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Full text of "Bullaire de l'inquisition française au XIVe siècle et jusqu'à la fin du grand schisme"

//f 




BULLAIRE 



DE 



LINQUISITION FRANCAISE 



BULLAIRE 

DE 

L'lfNQUISITION FRANCAISE 

AU XIV SlfiCLE i 

BT 

JUSQU^A LA FIN DU GRAND SCHISME 

PAB 

J.-M. VIDAL, 

RECTBUR DE SAINT-LOUIS-DES-PRAN^AIS A MOSCOO 



PARIS 

LIBRAIRIE LETOUZEY ET ANfi 

L. LETOUZEY, SUCC 
87, BOUL. RASPAIL, RUE DB VAUGIQARO, 82 

1913 



\-\xo 



Imprimatur : 
Fr. Albertus Lepidi, 0. P. 
S. P. Ap. Mag. 



Imprimatur : 

Parisiis, die 24 Maii 1912. 

J. Lapalme, can. 

▼ . G. 




INTRODUCTION 



Le dossier d'Inquisition que nous publions se presentc comme 
la partie centrale d'un recueil auquel manqueraient le commen- 
cement et la fin. Nous avons neglige volontairement Tlnquisi- 
tion frangaisc du xiii® siecle, car ses relations avec la papaute 
sont si bien connues que nous n*aurions pu glaner dans son champ 
le moindre document inedit qui valut la peine d'etre publie. 
Nous n'avons pas pousse nos recherches plus loin que le Grand 
Schisme, faute de temps d'abord, et surtout faute d'avoir 
Tespoir de rapporter un butin quelque peu appreciable d'une 
longue et fastidieuse excursion a travers rinterminable serie 
des Regesta du xv® siecle et des siecles suivants. 

L'interet que presente Thistoire de Tlnquisition en Francc 
suit une progression descendante, au gre de Timportance toujours 
decroissante des evenements qui la remplissent. L'^ge d'or du 
celebre tribunal a ete le xiii® siecle. Le xiv® vit le commencement 
de la decadence que les si^cles suivants ne firent que consacrer 
et qu'accroitre. On remarquera que cette marche vers le declin se 
traduit, precisement, d'un pontificat a Tautre, par une rarefac- 
tion progressive des rapports entre le Saint-Siege et les tribu- 
naux de plus en plus inactifs. Les premiers papes du xiv« si^cle 
nous ofTrent une riche moisson de documents, les derniers, a 
peine quelques maigres gerbes. Leurs successeurs du xv« siecle 
auraient ete encore plus parcimonieux. 

Nous nous sommes doiic limite a ce que Ton pourrait appeler 
la periode moyenne de Texistence de Tlnquisition fran^aise. 
Cette pcriode coincidant avec celle de la papautc avignonnaise, 
nous avons donne a notre recueil les limiles chronologiques dc 
celle-ci en y comprenant, il va de soi,^s annees du Grand Schisme. 
Bien que plusieurs pieces de ce dossier soient connues ^, la con- 

1. Nous avons evite de reiinprimer certains documents deja accessibles aux 
leclcurs et dont le texte a ctc donne avec une correction suinsantc par lcurs edi- 
lcurs. Nous nous bornons a les analyser. 

D U L L A r» K — \ 



II BULLAIRE DE L INQUlSiriOrs FRANQAISE 

Irfbution qu'il apporte a Thistoire de rinquisition peut paraitre 
importante par le grand nombre de documents inedits qu'il 
renferme, par les lacunes qu'il vient combler et les details juri- 
diques, biographiques et topographiques qu'il aide a preciser. 
On ne peut trouver inutile que nous relevions dans quelques 
paragraphes les traits principaux qui constituent, a nos yeux, 
le prix de cette contribution. Ils ont rapport : 1° a Torganisation 
territoriale de Tlnquisition; 2° au personnel des tribunaux; 
3*^ a leur competence, c'est-a-dire a leurs justiciables; 4® a leur 
procedure; 5° a leurs relations avec la Curie et a Taction de cette 
derniere. 



ORGANISATION TERRITORIALE DE LINQUISITION 
EN FRANCE, AU XlVe SIECLE. 

Cette organisation avait ete en grande partie realisee au siecle 
precedent, a travers des tatonnements qu'il n'entre pas dans notre 
cadre de retracer. Franciscains et dominicains, les deux ordres 
mendiants recemment crees, avaient ete appeles a Thonneur de 
poursuivre riieresie sur notre territoire, et ^'avait ete une premiere 
necessite de delimiter les provinces confiees a la surveillance des 
uns et des autres. On avait confine les franciscains dans les con- 
trees du sud-est de la France : Provence, Comtat-Venaissin et 
Avignon, Savoie et Dauphine, Lyonnais et Yivarais et meme 
vallee d'Aoste (1265, 1267, 1288, 1290, 1292 ^). Cetait une 
premiere circonscription. 

Les freres precheurs avaient eu la part du lion : tout le resle 
de la France d'alors, et certaines autres provinces, telles que la 
Franche-Comtc, la Lorraine, les Flandres, mouvant de TEmpire ^ 

L'Inquisition s'organisa d'abord dans les contrees dontlasitua- 
tion, au point de vue de la foi, reclamait son intervention. 



1. Wadding, Annales minorum, Ronie, 1733, t. v, p, 177-179, ad ann. 1288 
n. 14, 21 ; p. 232-234, ad ann. 129^, n. 3-6 ; p. 292, ad ann. 1292, n. 3 (pape 
Nicolas IV) ; t. XIII, ad ann. 1458, Clement IV, cite par Pie II; Sbaralea, Bul- 
larium franciscan., Rome, 1765, t. iii, p. 38, 129 (1265, 1267). 

2. Gregoire IX : Potthast, n. 9155, 9235, 9263, 9993, 9995; Doat, t. xxx, 
fol. 149; — Innocent IV : Potthast, n. 11083, 12766; Doat, t. xxxi, foL 90, 97, 
100 ; — Alexandre IV: Doat, t. xxxi, foL 193 v-o, 230; Polthast, n. 16611. 



INTRODUCTION l!l 

Le besoin crea l'organe *. Toulouse, des les premiers temps, Car- 
cassonne, peu d'annees apres, furent des centres inquisitoriaux; 
car ces villes etaient au cceur de l'albigeisme, rheresie dangereuse 
du moment. Chacune eut son tribunal permanent, et comme il 
fallait eviter les conflitsde competence locale entre magistrats 
((ui voisinaient, on delimita, a tout le moins, a grands traits, les 
territoires ressortissant a chacun d'e'ux. 

L' Inquisition dominicaine chercha a s'asseoir dans d'autre8 pro- 
\inces; mais iln'yavait point d'urgence : les heretiques y etaient 
rares : c'etaient des vaudois et puis quelques cathares emigres 
du pays toulousain. La presence de ces sectaires en Bourgognc 
eten Franche-Comte^ fut la cause deretablissement (en 1233 et 
1247),aBesan(on,d'untribunalqui nedevintpermanentqu'agrand* 
peine '. II fut meme supprime, en 1255, faute de ressources *, 
Enfin, en 1290, le pape Nicolas IV chargea le provincial des domi- 
nicains de Paris de designer trois inquisiteurs pour les dioc^ses 
de Besangon, Geneve, Lausanne, Sion, Metz, Toul et Verdun *. 
Cest le quatrieme ressort inquisitorial de F^rance. 

11 yen avait un cinquieme, dont le centre etait Paris et quicom- 
prenait Timmense territoire situe au nord du Languedoc jusquo 
vers les Flandres. L'inquisiteur prepose a la surveillance de tout ce 
pays prenait le titre d^inquisiteur in regno Franciae. Robert le 
Bougre, 'nomme par Gregoire IX, le 23 aout 1235, a juridic- 
tion sur les provinces de Sens, Reims « et le3 autres pro- 
vinces du royaume de France. » Simon Duval se transporte, en 
1277 et 1278, successivement a Caen, a Orlcans, a fivreux; il 
a juridiction sur les heretiques de Li^ge ®. En 1285, son successeur 
Guillaume d'Auxerre m^dite une tournee inquisitoriale en Cham- 

1. Lea, Histoire de Vlnquisition, trad. fran^. de S. Reinach, Paris, 1900-1902, 
t. I, p. 375-378 ; t. ii, p. 59. 

2. £n 1232 fut faite unc prcmicrc tentative. Mais Robcrt lo Bougro, designd 
comme inquisitcur dans cci proviuceg, nc parvint pas a y institucr un tribunal 
permancnt. II fut un magistrat ambulant. On lc vit poursuivrc les hcretiques 
•lans les dioc^ses de Sens, de Ncvers et de Reims, a Peronne, Cambrai, Douai, 
LiUe, etc. Lea, llistoire de 1'Inquisition, t. ii, p. 133-137. 

3. Greg. IX : Potlhast, n. 9235 ; Innoc. IV : Ripoll, Bullarium ordinis fralrum 
pracdic, Rome, 1729, t. i,p. 179, 183. 

4. Potthast, n. 15995 : 21 aout 1255. 

5. Ripoll, op. cil.,t. ir, p. 29 : 27 juin 1290. 

6. Potthast, n. 999 J, 9995; Martene, Tlieaaurus no^us anecdolorum,PaiTi9,\in, 
t.v.col. 1809, 1811-1813. 



iV BtlLLAlRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

pagne et en Brie ^. Bref, rinquisiteur de Paris a juridiction sur 
les deux tiers de la France. Si les circonstances Texigent, cette 
immense circonscription pourra etre partagee en deux ou plusieurs 
autres. Cela se produira, en effet, au cours du xiv^ siecle. 

Au reste, Paris est le siege de Fautorite a laquelle le Saint-Siege 
a delegue le pouvoir de creer et de revoquer les inquisiteurs domi- 
nicains de France. Cest le provincial des freres precheurs de Paris 
qui, aux termes de diverses bulles de papes,dontla derniere est 
celle de Nicolas IV, du 22 juin 1290, pourvoit aux diverses Inqui- 
sitions de ce pays; et nous avons vu qu'il nomme aussi a celle de 
Bourgogne et de Lorraine ^. 

II n'etait, en dehors de la Provence, que deux petits pays qui 
echappassent a son autorite, parmi ceux qui sont compris 
dans les limites actuelles de la France : c'etaient le Roussillon et la 
Cerdagne, possessions des rois de Majorque, places sous la juridic- 
tion de Tinquisiteur d'Aragon. Mais, la aussi, des modifications 
furent introduites au cours du xiv^ siecle. 

Ainsi, lorsque celui-ci commence, on compte six ressorts inqui- 
sitoriaux entre lesquels se partage le territoire que nous connais- 
sons maintenant a la France. Voyons les changements qui s'ope- 
rerent au cours de ce siecle et essayons d'apporter plus de precision 
dans la distinction de ces ressorts. 

1° Inquisition de Proi^ence. — II n'est que de decliner les titres 
donnes aux inquisiteurs pour connaitre les territoires sur lesquels 
ils ont pouvoir. Ce sont d'abord des noms empruntes a la geogra- 
phie ecclesiastique. Inquisiteur dans les provinces d^Arles, Aix, 
Embrun et Vienne : c'est Tappellation la plus frequente, et elle 
persiste durant tout le siecle (n. 15, 33, 40, 49, 211, 286, etc). Ces 
quatre provinces ecclesiastiques constituent un domaine qui a 
pour limites, a Test les Alpes, a Touestle Rhone, au nord encorc 
le Rhone.Meme la province deVienne deborde ces limites.A Touest, 
au dela du Rhone, elle englobe le diocese de Viviers ou Ton verra 
Hugues Cardillonaller faire des enquetes en 1365 (n. 253). En re- 
vanche, les dominicains ont regu le diocese de Geneve dans le lot 
aeux assigne par Nicolas IV (1290) en Bourgogne et en Franche- 
Comte^. Gregoire XI voulut peut-etre reformer cette anomallo, 

1. Doat, t. xxxir, p. 127. 

2. RipoU, op. ciL, t. II, p. 29; Potthast, n. 23297. 

3. RipoU, ibid.; Potthast, n. 23298 



INTRODUCTION V 

cn 1375. II donna a Francois Borrel un brevet d'inquisiteur pour 
toute la province de Vienne, y compris les diocescs de Viviers et 
de Geneve (n. 292). Mais les successeurs immediats de ce moine 
n'heriterent pas de ce surcroit de territoire (n. 322, 338). Martin V 
essaya pourtant de rattribuer encore a Pons Feugeyron, en 1418. 
II se heurta aux protestations des dominicains, qui obtinrent la 
revocation de cette mesure (n. 338, note 2). 

Gregoire XI avait ajoute, en 1375, une autre province aux 
quatre premieres : celle de Tarentaise, dans laquelle nul inqui- 
-iteur ne s'etait encore montre (n. 286). Des lors, le magistrat 
franciscain eut juridiction au dela des Alpes d'Italie etdeSuisse, 
jusque dans les dioceses d'Aoste et de Sion *. Pons Feugeyron, 
nomme en 1409, avait regu des pouvoirs encore plus etendus 
(n. 338). En dehors des territoires des cinq provinces, Alexandre V 
puis (1418) Martin V lui attribuerent les dioceses de Lyon et de 
Belley ^. Pierre Fabre, ou Faure, nomme le 10 septembre 1419, 
demeura confine dans les cinq provinres traditionnelles ^ 

Les inquisiteurs portent aussi des titres empruntes a la geogra- 
phie civile : Inquisiteur dans la pro^nnce de Proi^ence (n. 112, 171 feis, 
149, 224, etc); dans le pays de Proi^ence : in partibus Provdnciae 
(n. 74, 75, etc); dans les comtes de Proi'ence et de Forcalquier (n. 15, 
338) ; dans le Comtdt Venaissiny les comtes de Provence et de For- 
calquier (n. 71, 338, etc); dans le Dauphine, etc (n. 49, 211, 28G, 
298, 328, 338). On nomme aussi quelquefois la ville et le diocese 
d^ Avignon (n. 49, 326, 338); une fois, la principaute d*Orange 
(n. 338); deux fois, la ville de Marseille (n. 91, 120). Les titres 
donnes a Pierre Fabre, qui clot la liste des inquisiteurs dressee 
j»ar nous, forment tout un cortege : inquisiteur dans le Dauphinej 
les provinces d'Arles, d'Aix, d' Emhrun, de Vienne et de Tarentaise, 
dans les comtes de Pruvence et de Forcahjjuer. le Conitat Venaissiny 



1. Les dioceses de Mauricnnc, Tarentaise et Aoste avaient ete deja attribucs 
a rinquisition franciscainc par Clement IV. Mais il est probable que pratique- 
ment lcs inquisiteurs avaient ete emp6chcs ou avaient ncglige de paraitre dans ces 
contrces. Voir p. xiv, 6°. 

2. Bien que Lyon ct Belley ne soient pas mentionnds dans les titres de la plu- 
part des inquisiteurs proven^aux du xiv® siecle, ils faisaient, au moins thcoriquc- 
nieiit, partie du ressort de Provence. Clcment IV, d'abord, et Pic II, cn l'i5S, les 
attribuent fornicliement aux inqiiisiteurs franciscains que le ministre provincinl 
de Bourgogne <loit instituor cn Provence. Voir p. xiv 6°. 

3. Eubel, Dullarium Iranrisconum, Rome, 1904, t. vii, n. l^i^l. 



VI BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

la principaute d^Orange, les i^illes d' Avignon et de Marseille el les 
autres i^illes et dioceses ^. Rien n'est oublie. 

Le vulgaire avait des formules plus courtes. La plus frequem- 
ment usitee fut celle qui figure dans Tadresse du brevet de Pons 
Feugeyron (n. 338) : inquisiteur dit d'Awignon. Elle &'imposa natu- 
rellement : la residence principale du juge etait la ville des papes. 

II est sur que le tribunal eut des succursales dans les localites et 
les dioceses dont la situation religieuse laissait le plus a desirer, et il 
est probable que la plupart furent des tribunaux d'occasion, 
qui, s'il etait necessaire, devenaient ambulatoires ^. En tout cas, 
il est avere que la mission d'inquisiteur fut donnee a plusieurs reli- 
gieux a la fois ^. Michel Lemoine TexerQait peut-etre, en memo 
temps que Jean de Verunis (n. 15). Sous Jean XXII, il rexerga 
conjointement avec Jacques Bernard (n. 33), Guillaume Astre 
(n. 49), Catala Faure et Pierre Pascal (n. 33-35). Ces deux derniers 
n'etaient, il est vrai, que de simples commissaires, charges d'inter- 
roger les heretiques du diocese de Valence. Jean de Badis, qui 
parait avoir ete tout d'abord inquisiteur local a Marseille, devint 
ensuite le collegue de Guillaume de Montrond (n. 91, 120, 171 bis, 
129). Sous Urbain V et Gregoire XI, la repression tres vive de 
rheresie vaudoise necessita Temploi de trois et mcme de quatrc 
magistrats (n. 224, 232, 233, 241, 286, 298, 299); enfin Antoine 
Alphand, ou Alhaudi, inquisiteur durant le Schisme, se vit donner 
pour collegue Pons Feugeyron. 

A trois reprises meme, les papes confierent a des personnages 
autres que des freres mineurs des missions temporaires dans la 
circonscription de Provence. Benoit XII donna, en 1336, a roffi- 
cial d'Avignon, des pouvoirs d'inquisiteur contre les delinquants 
en matiere de foi qui s'egareraient in Curia (n. 150). Urbain V 
ajouta un brevet du meme genre a celuide legat apostolique qu'il 
confiait a son auditeur Bernard duBosquet, pour les provinces dc 

1. Eubel, loc. cil. Fran^ois Borrel, dans les lettres de penitence delivrees, en 
137o a une vaudoise (voir Appendice de ce recueil), detaille encore davantagc ses 
titres. Aux noms qu'on vient de lire, il ajoute : le Dauphine, le Viennois, les 
comtes de Valence et Die, d'Albon, de Savoie, de Geneve, et la ville de Salon. 

2. La succursale de Vienne parait neanmoins avoir ete permanente, temoin 
les bulles n. 306, 307, j)ar lesquelles sont crees dans cette ville une prison et 
un hotel pour Tlnquisition. 

3. Lcs inquisiteurs titulaires avaient quelquefois des lieutenants ou vicaires : 
ex., n. 252. 



INTRODUCTION VII 

Lyon, Vienne, Embrun, Tarentaise et Besancon (n. 241-244). 
Enfin Gregoire XI remit (1371) a reveque de Massa une commis- 
sion exceptionnelle contre les vaudois de Provence, du Dauphine 
et de rEmbrunois (n. 290, 292). 

2° Inquisition de Toulouse. — Le religieux place a la tete de ce 
tribunal, comme d'ailleurs ses collegues de Carcassonne et de 
Tours, prend le titre d' inquisiteur dans le royaume de France, 
auquel il ajoute la formule limitative : Tolosae residens (n. 103). 
Plus brievement et plus souvent, on le nomme inquisiteur in 
partihus Tolosanis (n. 59, 83, 195, 273, etc); inquisiteur de Tou- 
lousej tout court (n. 214) ; inquisiteur dans la ville et le diocese de 
Toulouse (n. 334); inquisiteur dans la province de Toulouse. D'au- 
tres formules sont plus amples sans etre plus claires : inquisiteur 
dans la ville et le diocese de Toulouse, et dans les autres i>illes, dioceses, 
castra, bourgs, localites et confins du royaume de France, ou Vinquisi- 
teur de Toulouse a coutume d'exercer son office (n. 59, 83, 183, etc). 

Voyons quels sont ces dioceses, ces villes et ces pays. Cest 
d'abord la proi^ince d*Auch. Le magistrat que le pape se dis- 
pose a nommer, a la priere du senechal de Toulouse, apres la 
promotion de Bernard Gui a reveche de Tuy, aura le titre d'in- 
quisiteur dans cette province (20 decembre 1323 : n. 57 bis). 

Le brevet confere, en 1386, a Bernard Bosquarel (n. 321) porte 
un qualificatif equivalent : inquisiteur dans les pays de Gascogne, 
de Languedoc et les autres ^. La Gascogne, la province d'Auch, c'est 
le pays au sud de la Garonne jusqu'aux Pyren^es : Bearn, Arma- 
gnac, Bigorre, Comminges, une partie de la Guyenne. Le Langue- 
doc, c'est la contrce qui s'etend de la Garonne au Rhone; ce sont, 
a partir de Tan 1317 ^, les provinces ecclesiastiques de Toulouse 
et de Narbonne. 

Mais, du c6te languedocien, la juridiction de Tinquisiteur 
ne depasse pas les limites du Lauraguais. Le dioc^se de Carcassonne 
et, au nord, ceux de Castres et d'AIbi ressortissent au tribunal 
carcassonnais. L'inquisiteur de Toulouse a beau sieger dans la 
capitale du Languedoc, il ne surveille qu'une petite partie de ce 

1. Hugues Lenoir, inquisiteur, un demi-sifecle plus tard, portera i peu prds 
e mt^me titrc, in loto regno Francia^,diicalu Aquilania^Occitanisqir parlihns 
et tola Vasconia inquisitor. Ilansen, Quellen und Untersuchungen zur Geschichle 
des Ilexenwahns, Boiin, 1901, p. 19. 

2. Date dc la crcation dc la province ccclesiastique de Toulouse. 



Vril BTILLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

pays. II a beau s'appeler inquisiteur dans la province de Toulouse, 
il n'a pas juridiction sur tous les dioceses suffragants de cet arche- 
veche. Les territoires compris dans la senechaussee de Carcas- 
sonne — et le diocese de Pamiers en est, probablement aussi celui 
deMirepoix^ — sont soumis a Tlnquisition voisine. II luireste, en 
dehors du diocese metropolitain, ceux de Lavaur, Saint-Papoul, 
Rieux, Lombez et Montauban, que Jean XXII demembra, en 
1317 et 1318, du territoire toulousain. 

II a, aussi, juridiction sur le Quercy, TAgenais et le Rouergue. 
Deja, au siecle precedent, deux inquisiteurs de Toulouse, Pierre 
Cellani et Guillem Arnaud, avaient regu une delegation pour le 
diocese de Cahors ou ils firent une tournee d^inquisition^ (1233, 
1240, 1242). Deux autres inquisiteurs toulousains, Bernard 
de Caux et Jean de Saint-Pierre (1244-1248), s'intitulaient plus 
tard inquisiteurs dans les dioceses de Cahors et d' Agen ^. Bernard Gui, 
a son tour, fit des i roces a de nombreux heretiques des dioceses 
de Cahors et de Rodez, et, en 1312 et 1322, assiste des commis- 
saires episcopaux de ces dioceses, il prononga a Toulouse la sen- 
tence de plusieurs de ces coupables ^. Notre recueil fait mention 

1. Pour Pamiers, la cliose est sure. Cest rinquisiteur de Carcassonne qui y 
reprime rheresie, en compagnie de reveque. Vidal, Le tribunal d'Inquisition de 
Pamiers, extrait des Annales de Saint-Louis-des-Frangais, annees 1904-1905. — 
Pour Mirepoix, dont le territoire s'etendait entre les dioceses de Pamiers et de 
Carcassoune, il y a toutes les probabilites que la punition des heretiques y ait ete 
reservee a l'inquisiteur de Carcassonne.Bernard Gui, inquisiteurde Toulouse, con- 
damna plusieurs heretiques de ce diocese, en 1321 et 1322. Mais, la premiere fois 
au moins, il agissait de concert avec son coUeguede Carcassonne, Liber sententia- 
rum Inquisitionis Tohsanae dcB. Gui, publie parLimborch, Amsterdam, 1692, 
p. 291 sq., 330, 334. 

2. Chronique de Guillem Pelliso, ed. Molinier, Le Puy, 1880, p. 13 ; E. Albe, 
L'heresie albigeoise et V Inquisition en Quercy, dans Revue d'histoire de V Eglise de 
France, 1910, t. i, p. 276-287. 

3. Mgr Douais, Documents pour servir d Vhistoire de V Inquisition dans le Lan- 
guedoc, Paris, 1900, t. ii, p. 32, 40. Innocent IV, donnrnt, en 1247, aux inquisi- 
teurs de Guyenne et de Languedoc, le pouvoir d'appeler les heretiques hors des 
localites qu'ils habitent, mentionne les dioceses ou ils ont juridiction. Cahors, 
Le Puy, Mende, Rodez, Bordeaux sont du nombre. Ripoll, op. ciL, t. i, p. 179. 

4. Ces details sont attestes par le Lifcer senfenZiarum : .4cfe d^ /oi de Toulousc 
en 1312 : condamnations d'heretiques des dioceses de Toulouse, Cahors, Lec- 
toure. Les eveques de ces dioceses envoient leurs vicaires sieger aupres de 
1'inquisiteur (p. 115, 137-138, 155, 156, 162, 174). Acte de foi de 1319 : condam- 
nation d'heretiques originaires des dioceses de Cahors, Saint-Papoul, Montauban , 
Auch, Toulouse, Albi, Rieux, avec la coUaboration des eveques interesses ou 
de leurs representants (p. 209-210 sq.). Actede foi de 1322: condamnation 



INTRODUCriON IX 

(run lieutenant de rinquisiteur dans le Quercy, sous Clement VI. 
Cest Gasbert d'Orgueil, dominieain (n. 203) ; mais on ne sait 
de quel inquisiteur il s'agit. Pour le Rouergue, la juridiction in- 
quisitoriale etait peut-etre insuffisamment definie. Si Bernard 
Cui parait y avoir droit exclusif d'inquisiteur en 1322 ^, en 133(>, ** 
« 'cst rinquisiteur de Carcassonne Aymon de Caumont qui y 
enquete sur le compte d'un franciscain deMillau (n. 174),et le 
papene soupQonne pas qu'il outrepasse ses droits. Le Rouergue 
n'etant pas infecte par rhcresie, au temps ou 1' Inquisition s'etablit, 
les inquisiteurs s'abstinrent d'y paraitre. II est probable que la 
(ompetence territoriale y demeura dans le vague. 

Pareil fait s'ctait produit pour le Bordelais ^. Jusqu'en 1329, 
la ville de Bordeaux et le pays d'aIentour avaient si peu donne 
d'apprehension au point de vue de la foi qu'on ne s'etait pas 
preoccupe de determiner le ressort inquisitorial dont ils etaient. 
La question vint a se poser pourtant, et rinquisiteur de 
Toulouse, Pierre Brun, voulut la faire resoudre par le pape. 
Jean XXII autorisa le juge toulousain a considerer le Bordelais 
<'omme une partie de son lot, tout en reservant, il va de soi, les 
(Iroits des ordinaires et, de plus, ceux des autres inquisiteurs, s'ils 
< n avaient (n. 83). La litterature inquisitoriale est muette sur ce 
qui advint en pratiquCi 

Au nord du Bordelais, du Quercy et du Rouergue s'exerQaient 
d'autres juridictions. 

3° InquLsition de Carcassonne. — Vinquisiteur depute dans le 
royaume de France et residant d Carcassonne (n. 84, 162, etc), qui 
se nomme encore inquisiteur in partibus Carcassonensibus (n. 17, 
53, 74, 84, etc), poursuit rheresie, d'abord dans les contrees 
languedociennes qui s'etendent des limites orientales des dioceses 
<le Couserans, de Rieux, de Saint-Papoul, de Lavaur et de Mon- 

d'heretiques des dioceses de Toulouse, Auch, Montauban, Rodez, Albi, Mirepoix, 
Rieux, Saint-Papoul : meme collaboration (p. 334 sq,). Aux deux premiers actes 
de foi, assiste aussi rinquisiteur de Carcassonne. Au dernier, Bernard Gui repre- 
' Mte seul rinquisition. 

1. Les hereliques juges par Bernard Gui, en 1322. faisaient partie d'un 
ffroupe de vaudois i.nmigres de Bourgognc, k la fin du si^cle prcccdent, et qui ne 
parnissent pas avoir fait beaucoup de prosclytes dans le pays. 

2. Innocciit IV (12''i7) avait cependant mentionne Ic diocdse de Bordeaux 
parmi ccux qui se trouvaient placcs sous la juridiction des inquisifcurs d'Aqui- 
taine ct de Languedoc. Ripoll, op. cil., t. i, p. 179. 



X BULLAIRE DE L INQUISITION FRANCAISE 

tauban, jusqu'a la rive droite du Rhone; c'est-a-dire, pour parler 
selon la geographie administrative de Tepoque, dans les sene- 
chaussees de Carcassonne et de Beaucaire, et cette qualite est 
insinuee par la formule : inquisiteur depute dans la senechaussee 
de Carcassonne, que Ton releve une fois dans le bullaire (n. 154). 
Le titre d' inquisiteur in pro<^incia N arhonensi ^ (n. 259) est une for- 
mule juste, mais incomplete, comme la precedente. Pamiers et 
Mirepoix, a Touest, relevent de la province de Toulouse ; Albi et 
Castres, au nord, de celle de Bourges. En revanche, Elne, qui est 
de la province de Narbonne, depend inquisitorialement d'un 
ressort etranger. 

Si la frontiere de la circonscription carcassonnaise est naturel- 
lement etablie au sud, il n'en est pas de meme au nord. Pour 
TAlbigeois et le Castrais, point de difTiculte. II est assez notoire 
que le tribunal de Jean Galand (1278-1293) et de Nicolas d'Abbe- 
ville (1293-1302) ^ eut fort a faire de ce cote; et Ton sait aussi 
que Bernard de Castanet, evcque d'Albi (1275-1308), se fit le 
collaborateur empresse de ces deux religieux ^, Aussi les inquisi- 
teurs de Carcassonne ajoutent-ils parfois a leur titre principal 
celui d'inquisiteur d'Albi : in partihus Carcassonen. et Alhien, 
(n. 11, 176) *. 

Au nord derAlbigeois, c'est le Rouergue, qui peut etre reven- 
dique par Tinquisiteur de Carcassonne aussi bien que par celui 
de Toulouse, puisque Tun et Tautre le visitent tour a tour. Vers 
le nord-est, le diocese de Mende releverait sans doute de Carcas- 
sonne, s'il s'y trouvait des heretiques; et ce qui induit a le croire, 
c'est d'abord la bulle d'Innocent IV ^ (1247), mettant ce diocese 
et celui du Puy dans le domaine des inquisiteurs de Languedoc; 
c'est ensuite le fait suivant. 

En 1405, le pape d'Avignon, Benoit XIII, ayant eu connaissance 
de faits d'heresie, de sorcellerie et de magie advenus dans le dio- 
cese du Puy, voulut y introduire Flnquisition, qui, jusqu'alors, 
s'etait abstenue d'aborder ces parages par egard pour un privilege 

1. Porte au siecle precedent par fitienne de Gatine (1264). Potthast, n. 19293. 

2. Mgr Douais, Documents...^ t. i, p. clxxxii-cxcvii. 

3. Biblioth. nat., ms. lat. 11847; Douais, op. cit., t. i, p. xcii-xcviii, cxciii- 
cxcv; Molinier, Ulnquisiiion dans le midi de la France, Paris, 1881, p. 79-105. 

4. Gf. Mgr Douais, op. cit., t. ii, p. 330 : inquisitor in parlihus All>i'^esii el 
Carcrtssone. 

5. Ripoll, op. ci'.., t. T, p. 179. 



INTRODUCTION XI 

d'pxemption dont se reclamaient les habitants. Le pape confla 
iin mandat supplementaire de trois ans a Tinquisiteur de Carcas- 
sonne (n. 332). Le Puy n'etait pas aux portes de Carcassonne; 
rinquisiteur de Provence, qui possedait le diocese de Viviers 
dans son ressort, eut ete le plus naturellement designe. Si le pape 
choisit rinquisiteur languedocien, c'est parce que le Velay, n'etant 
qu'un prolongement duLanguedoc,dependait eventuellement de sa 
circonscription. Si Le Puy en dependait, Mende a plus forte raison. 

En comptant les dioc^ses, qui, a titre defmitif ou transi- 
toire, relevent de Tlnquisition de Carcassonne, on atteint le 
chilTre de dix-sept : immense domaine confie a la surveillance d'un 
seul homme ! Nous n*avons pas a insister sur les Inquisitions 
auxiliaires et les lieutenances que les magistrats carcassonnais 
creerent, ou laisserent creer par les eveques dans les villes et les 
dioceses les plus atteints par Theresie, ainsi a Albi et a Pamiers. 
Ces succursales firent une besogne intense sous Bernard de Cas- 
tanet et Jacques Fournier. Notre recueil n'apporte qu'une modeste 
contribution a Thistoire d'ailleurs bien connue de ces tribunaux ^. 
On remarquera surtout les pi^ces qui se rapportent au commis- 
saire inquisitorial Menet de Robecourt, dont les exces de zele 
^furent a trois reprises d^nonces au Saint-Siege (n. 28, 176, 181, 
186, 189). 

Ce meme Menet de Robecourt exer^a aussi les fonctions d'inqui- 
[titeur adjoint dans la ville de Montpellier. Ce rdle fut confi6 
guccessivement aux dominicains Arnaud de Bellevue, vers 1326, 
ki Raymond Pelat, en 1329 (n. 88-189), Arnaud Delher, en 1357 
(n. 28, note 2), Bernard de Gaillac, enl391, Raymond Cabassa 
cn 1417. 

II est peu probable, neanmoins, qu'il ait existe une succursale 
permanente de Tlnquisition dans cette ville. L'heresie parait n'y 
avoir fait que de rares victimes. Durant tout le xiv® si^cle, a 
rexceplion de quelques spirituels ou beguins, et de quelques 
sorciers, Tlnquisition n'y trouva rien a reprendre, que Ton sache. 
Jean XXII se plut, au contraire, a louerles Montpellierains de 
leur fidelite a la vraie foi et recommanda aux inquisiteurs d'eviter 
de les molester (n. 20). Urbain V reedita ces bienveillantes dispo- 
sitions, en 1363 (n. 231). 

1. Voir J.-M. Vidal, Le tribunal d'1nquisition de Pamiers, de']k cite ; sur le tri- 
bunal d'AIhi, voir Molinior, Dounis, op. cit. 



XII BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

Toutefois rinquisiteur de Carcassonne voulut, en 1329, proceder 
a la repression de certains crimes contre la foi commis dans cette 
ville. Oublieux des regles de la procedure, son lieutenant Ray- 
mond Pelat s'abstint de demander sa collaboration a reveque 
de Maguelonne. Jean XXII lui fit defense de proceder sans en avoir 
refere a Tordinaire (n. 88-89). Quelques mois apres, il est vrai, 
le pape dut reconnaitre que Tinquisiteur avait des raisons serieuses 
de se passer de Teveque. Ce recours entrainant d*is longueurs et 
des complications, on put, par exception, le negliger (n. 98). 

A son tour, le tribunal episcopal condamna un jour trois 
sorcieres, sans en prevenir rinquisiteur. Celui-ci temoigna un vif 
mecontentement et entama une procedure. Le pape Benoit XII 
dut intervenir pour regler le conflit (n. 172-173). 

Quarante ans plus tard, les relations n'etaient pas mieux eta- 
blies entre le juge monastique et Feveque. Les Montpellierains 
demanderent a Clement VII de decider de nouveau que celui-ci 
ou son vicaire participassent d'office aux proces engages contre 
les citoyens suspects d'heresie (n. 311). 

4° Inquisition de Majorque, de Roussillon et de Cerdagne. — 
Le royaume de Majorque existait depuis 1262. Jacques le 
Conquerant, roi d'Aragon, Tavait distfait de ses Etats en faveur 
de son second fils, Jacques I^^ ^. Mais, au point de vue de la defense 
de la foi, nulle separation n'avait ete faite. Les iles Baleares, le 
Roussillon et la Cerdagne continuaient a ressortir a flnquisition 
aragonaise, laquelle, meme apres la creation d'une province 
dominicaine d'Aragon, en 1301, continua a dependre, au moins 
pour la creation et la destitution de ses magistrats, de la province 
d'Espagne ^. 

Pour le royaume de Majorque, cette situation dura cinquante 
ans. Mais, le 7 juillet 1313, Clement V, ayant resolu de constituer 
ce petit £tat en circonscription inquisitoriale autonome, donna 
au maitre general des dominicains mission d'y deleguer des ma- 
gistrats (n. 12) ^ et, depuis lors, semble-t-il, le tribunal y exista 

1. Le:;oy de la Marche, Relations politiques de la France avec le royaume de 
Majorqne, Paris, 1892, t. i, p. 101-123. 

2. Jusqu'en 1351, date a laquelle Clement VI remit au provincial d'Aragon 
le soin de nommer les inquisiteurs de sa province. Ripoll, op. cif., t. i, p, 18'i ; 
t. n, p. 235. 

3. Etaient oxccptcs les fiefs du roi de Majorque dans le royaumo de Francc, 



INTRODUCTION XIII 

sans intcrruption, ayant pour siege principal la ville de Pcrpignan 
(n. 9(3-97 notes, 327), qui etait la localite importante du royaurne. 
Meme apres la reannexion de cet £tat a celui d'Aragon (1348), 
rinquisition roussillonnaise garda son autonomie. 

Certains indices permettent de croire qu'elle eut, par moments^ 
beaucoup a faire : ainsi, l'existence de deux lieutenants de Tin- 
quisiteur, en 1331 et 1333 (n. 108),et, vers cette meme epoque — 
les juges monastiques ne suffisant pas — la concession d'un brevet 
d'inquisiteur general a reveque d'Elne, Gui de Terrena (n. 125, 
125 bis, 127) K 

En depit des droits reconnus, en 1351, au provincial d'Aragon, 
de nommer les inquisiteurs de la province, le tribunal de Majorque 
ne cessa pas de relever du maitre general (n. 197-198). Au besoin, 
le pape rappelait ce prelat a Texercice de son devoir (n. 327). 

L'heresie ctait-elle, verslafindu Grand Schisme, si frequente et 
si dangereuse dans le pays qu'il pariit necessaire d'y etablir deux 
tribunaux d'Inquisilion, au lieu d'un ? ou bien s'etait-on rendu 
compte que les conditions geographiques permettaient difTicile- 
ment de maintenir Tunion des iles Baleares et des pays de terre 
ferme dans une mcme circonscription ? Bref, Benoit Xlll crea 
deux ressorts d'Inquisition dans Tancien royaume. L'un fut formc 
des iles, Tautre des comtes de Roussillon et de Cerdagne (18 mars 
1413) ; et cette reforme, approuvee par Martin V, en 1420 (n. 335 
et note), demeura definitive. Le diocese d'EIiie constitua donc 
un ressort a lui seul, 

5° Inquisition en Corse. — Avant de quitter la France meri- 
dionale, disons que, les heresies vaudoise et albigeoise ayant paru 
jusque dans Tile de Corse *, Tlnquisition s'y montra par intermit- 
tences pour les y reprimer. Des freres mineurs y furent envoyes 
a plusieurs reprises, sur Tordre des papes. En 1340 ^ d'abord; 
puis en 1369. La deuxieme fois, la mission fut confice a un 
groupe de religieux, dont frere Mondino de Bologne etait le chef *. 

c'cst-a-dire la seigncuriedc Montpellier, la baronnie d'Auniela8 et la vicomlc dc 
Carladez. Lecoy de la Marchc, op. cit., t. i, p. 128, 14''i-147. 

1. J.-M. Vidal, Proces d'inquisition contre Adhemar de Mossel, dans Rei'ue 
dhisl. de V flglisz de Frunce, 1910, t. i, p. 68'j-G8 \. 

2. Qui fut, durant les xiv^ et xv« sidclos, l'enjeu que sc disputerent sans treve 
es G^''nois et les Aragonais. Jacobi, Histoire de la Corse, Paris, 1835, 2 vol 

3. Wadding, Annal. min., t. vii, p. 232, ad ann. 1340, n. 10. 
fi. Ibid., \. vii, p. 213, ad ann. 1369, n. \. 



XIV BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAlSE 

En 1372, un mandat d'inquisiteur general pour toule Vi\e 
etait donne a Teveque de Mariana, de Tordre des carmes (n. 268). 
Mais Tannee suivante, Teveque d'Ajaccio et le vicaire general 
des franciscains regurent de nouveaux pouvoirs et de nouveaux 
ordres (n. 279-280). En 1377, Leonard de GifTon, general des 
franciscains, fut invite par Gregoire XI a deleguer un autre inqui- 
siteur en Corse et en Sardaigne; car les deux iles se trouvaient 
encore infestees d'heretiques (n. 309). En 1395, enfin, envoi d'un 
nouvel inquisiteur : le franciscain Frangois Bonaccorsi, 6vcque 
de Gravina dans la Lucanie, nonce apostolique et administra- 
teur de Teglise d'Accia, dont Feveque avait disparu depuis dix 
ans ^ 

6® U Inquisition dans le Lyonnais, la Bouj'gogne, la Franche- 
Comte et la Lorraine. — Decrire les vicissitudes de Torganisation 
de rOffice dans ces contrees est une tache malaisee. La penurie 
des documents est telle que mieux vaut reconnaitre Timpuissance 
ou Ton se trouve d'arriver a des conclusions certaines. On ne peut 
que grouper les indications fournies par quelques pieces eparses 
et proposer des conjectures. 

11 est pourtant un fait que Ton doit considerer comme suffi- 
samment etabli : c'est rexistence, a dater de la buUe deja citee 
de Nicolas IV (1290 ^), au provincial des dominicains de France, 
jusque vers le milieu du xv® siecle, d'un ressort dont le chef-lieu 
etait BesanQon et qui comprenait les dioceses de Besan^on, 
Geneve, Lausanne, Sion, Metz, Toul et Verdun, c'est-a-dire le 
comte de Bourgogne, ou Bourgogne orientale (Franche-Comte), 
le comte de Geneve et la Lorraine. Or, les sept dioceses enumeres 
par Nicolas IV, une bulle de Martin V les attribue encore tous 
a Ulrich de Torrente, en 1424; et cet Ulrich en avait herite de Jeau 
Brucelli, avant 1420 ^. Entre ces deux dates et ces deux faits con- 
cordants, peu de noms et d'evenements a noter. 

On apprend qu'en 1298 un inquisiteur de Besangon, Giii de 
Reims, dominicain, harcelait avec tant de zele les vaudois de 
Bourgogne que beaucoup de ces gens s'enfuircnt jusqu'en Rouer- 



1. Regest. Vatic, t. cccxiv, fol. 376, lettre du 3 aout 1395. 

2. Ripoll, op. cit., t. II, p. 29. 

3. Ripol], op. cil, p. 644 ; Hai;seii, Quellm, p. 455. 



IMHODUCTION XV 

gue et en Gascogne, ou ils accrurenl le contingent des jusliciables 
de Bernard Gui ^ 

Avant 1310, un inquisileur de Lorraine interroge la beguino 
Marguerite Porrete ^. 

En 1312, peut-etre meme en 1310, Geraud d'Auxonne, inqui- 
siteur bizontin, re^ut des lettres du pape Clement V (n. 8-10), 
dans lesquelles il etait qualifie d'inquisiteur dans les provinces 
de Lyon et de Besangon. Cette formule ne comprend plus qu'en 
partie celle de Nicolas IV. La province de Lyon, c'etait la Bour- 
i,M)gne occidentale : les dioceses de Lyon, Autun, Chalon, Macon, 
Langres; la province de Besan^on, c'etait la Bourgogne orientale : 
les dioceses de Bl^le, Belley, Lausanne et Besan^on. 11 n^est plus 
question de ceux de Geneve et de Sion, ni dcs trois eveches lorrains. 
En revanche, avec Garin de Bar, auquel est adressee une bulle, 
en 1326, reapparait la nomenclature tradilionnelie : inquisiteur 
dans les dioceses de Besanfon, Gene^^ey Lausanne, Sion, Metz, Toul 
et Verdun (n. 05). Puis nous retrouvons des variantes geographiques 
et des titres qui semblent ne qualifier qu'une competence res- 
Ireinte. En 1364, Jean Lemoine et, en 1398, un religieux anonyme 
sont inquisiteurs dans la proi>ince de Besangon (n. 244, 329). Par 
contre, Reginald de Rucesses, mort vers 1345 ^ Jean de Fonte, 
([ui cesse ses fonctions en 1356 *, et Martin d'Amance, elu evcque 
en 1381, s'intitulent tous trois inquisiteurs de Lorraine (n. 316). 
Et c'e8t tout pour le xiv® siecle. 

Au xv^, c'est la bulle de Martin Vquinous sert de point d'arri 
vee. Apres celte date, il semble qu'il se soit produit un remanie- 
ment des circonscriptions : remaniement dans le sens de la multi- 
plication des ressorts. Vers 1458, les diocfeses de Gen^ve, Lausanne 
et Sion ont leur autonomie, qu'ils possedent encore en 1481 ^ 
La Suisse de langue frangaise s'est detachce de Tlnquisition dc 
Bourgogne, et son in^iuisiteur reside a Lausanne •. 

11 est probable que la Lorraine se separa de ineine, et peut-etre 

1. Liber sentent., p. 209 sq., 252, 255, 334 sq. 

2. P. Fredericq, Corpus docunietUorum I nquisitionis haerelica^ praviUUU Ncw- 
andicae, Gand, 1889, t. i, p. 156, 159. 

3. Annee dominicaine, Lyon, 1893, juin, p. 116. 

4. RcichnTt, Acta capitulorum generalium ordinis praedicalorum, Rome, 1899 
t. II, p. 374. 

5. Hanaen, op. cit., p. 473, 477, 488, 499. 
G. Ibid., p. 488, nole. 



XVI BULLAIRE DE L*I NQUISITION FRANgAlSC 

les qualificatifs porLes par rin({uisiteur incoiinu de 1310, puis par 
Reginald de Rucesses, Jean de Fonte et Martin d'Amance, prou- 
vent-ils que le demembrement se preparait deja des le :xiv^ siecle. 

En 1423, il est question d'un inquisiteur pour le diocese de 
Verdun, et cct inquisiteur a des vicaires ^. En fin de compLe, la 
Franche-ComLe forma sans doute a elle seule le ressort inquisi- 
torial de BesanQon ^. 

Et le Lyonnais ? Son cas est assez embrouille. ClemenL IV 
parait attribuer les dioceses de Lyon et de Belley a flnquisition 
de Provence, puisqu'il donne au provincial des freres mineurs de 
Bourgogne le pouvoir de deleguer les inquisiteurs quiinstrumen- 
teront dans ces diocescs aussi bien qu'en Dauphine cL en Provence^. 
Cependant, on a vu que Pons Feugeyron, nomme inquisiteur 
cn 1409 (n. 338), est le seul juge franciscain dont la delegation 
s'etende aussi a ces deux eveches. Vers le milieu du xiii^ siecle, 
c'etait un dominicain, Etienne de Bourbon, qui menait campagnc 
contre les vaudois du Lyonnais *. Ce qui est plus embarrassant, 
c'est d'abord la delegation du frere precheur Geraud d'Auxonne 
(1310) s'etendant, ainsi qu'on ]'a diL, aux provinces de Lyon et 
de Besangon. Cest ensuite la nomination faite, le 4 octobre 1322, 
par le provincial de France, du dominicain Pierre Candelari, du 
couvent de Lyon, comme inquisiteur dans les dioceses de Lyon, 
Macon et Clermont ^. Les freres prccheurs allaient-ils donc sur 
les brisees des freres mineurs? En tout cas, la prescription fut 
rompue par Feugeyron, en 1408; et, en 1458, le provincial de 
Bourgogne entendit ne pas laisser perimer ses droits. II fit renou- 
veler par Pie II les dispositions bicentenaires de Clement IV. 
Ainsi Belley et Lyon continuaient a ressortir au tribunal francis- 
cain de Provence ^. Si les juges de ce tribunal s'abstinrent presque 

1. P. Fredericq, op. cit., t. ii, p. 248. 

2. En 1529, Jeaii Boni est dit inquisilew dans V archevcche de Desancon el ses 
dioceses. Hansen, op. cit., p. 513, note. 

3. In Lugdunen., Vienmn., Belli^^en., Gralianopolilan., Maurianen., Viuarien., 
Valentin , Tarentasien. et Augusten. civitatihus et diocesibus. BuUe de Pie II : 14 
octobre 1458, dans Regest. Vatican., t, cccclxix, fol. 302; Wadding, ad ann. 
1458, n. 13. 

4. Quetif et Echard, Scriptores ordinls praedicatorum, Paris, 1719, t. i, 
p. 184, 192, 193. 

5. II prit possession de sa charge, a Lyon, le l'^'" avril 1323, en presence des 
officiaux des trois prelats de son ressort. Annee dominicaine, septembre, p. 89. 

6. Regest. Vatic, t. cccclxix, fol. 302; Wadding, ad ann. 1458, n. 13. 



INTIIODUCTION XVlI 

lous dc joindre ces deux dioceses a renumeration de leurs do- 
maines ordinaires, c'est, sans doute, qu'ils n'avaient pas Toccasion 
d'aller y rechercher des heretiques. 

Les dominicains, trouvant la place a prendre, s'y installerent 
simplement. Plus tard, les franciscains tenteront de meme d'an- 
nexer Geneve a la circonscription de Provence. Sans doute, la 
place y etait-elle aussi a prendre pratiquement. Les papes inter- 
venaient au bon moment et tranchaient ces conflits en ramenant 
les competiteurs chacun chez soi. 

On comprend que Clement V donne a Geraud d'Auxonne le 
titre d'inquisiteur dans les provinces de Lyon et de BesanQon. 
Les freres prccheurs comptaient presque tout le territoire de ces 
metropoles dans leurs ressorts de Bourgogne et de France, et les 
heretiques dont le pape voulait que Gcraud s'occupat se trou- 
vaient precisement dans le diocese de Langres (n. 8-10). 

Quant a preciser auquel des deux ressorts, de Paris ou de Besan- 
gon, appartenaient les dioceses de la province de Lyon et celui de 
Clermont mentionnes dans les lettres de Gcraud d'Auxonne 
et de Pierre Candelari, ce n'est possible que par conjecture. Le 
provincial des dominicains de Paris nommait les inquisiteurs de 
BesanQon aussi bien que ceux de France. Geraud d'Auxonne, 
inquisiteur bizoniin el lyonnais, a pu etre un dcs trois magistrats 
bourguignons, comme un des six fran^ais (bulles de Nicolas IV). 

Topographiquement, il semble que le ressort de Besangon attire 
a lui la province lyonnaise; mais TAuvergne est trop excentrique 
pour subir la meme attraction. Ciermont parait devoir etre reven- 
dique par Paris. Au fait, une delimitation precise et permanente 
a-t-elle reellement existe dans ces paragcs? Le peu que nous 
livrent les rares documents ne nous donne-t-il pas Timpression 
d'une variabilite de competence territoriale qu'il faut peut-ctre 
attribuer au bon vouloir de Tautorite qui delegue? Le provincial 
dcs dominicains devait, en constituant des inquisiteurs, s*in- 
spirer, sans doute, des circonstances, dont les principales etaient 
les necessites locales et les facilites topographiques. Le besoin 
d'une demarcation territoriale n'etait urgent que dans les 
contrees de grande activite inquisitoriale : la ou des conflits de 
juridiclion etaient a redouter. Ailleurs, on pouvait se contenter 
de moins de precision et, en attendant, assigner aux magistrats 
qu'on deleguait des domaines dont Tetendue variait au gre deg 
occurrences. 

BULLAIRE - B 



XX BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

nus de Saint-Pierre, dans celui de Tournai, en 1355^; Nicolas 
de Vassy, dans celui de Chalons, en 1362 et 1363 ^; frere Jean 
Thomas, en 1389 ^. Enfin, Nicolas de Peronne, qui devint, en 
1403, inquisiteur titulaire dans le diocese de Cambrai, y avait 
jusqu'alors exerce les fonctions de vice-inquisiteur (n. 330). 

Ce dernier fait est a considerer, car il n'est pas autre chose, je 
crois, que le premier pas vers le demembrement de Tlnquisition 
de Paris. Pierre d'Ailly, eveque de Cambrai, s'etait plaint a 
Benoit XIII que les travaux de Tlnquisition dans son diocese 
fussent trop souvent entraves par Topposition de ses sujets 
des pays d'Empire, qui contestaient au religieux nomme par le 
provincial de France le droit d'enqueter sur un territoire rattache 
a une autre province monastique. 

Le pape delegua a reveque le pouvoir de conferer a Nicolas 
de Peronne le titre d'inquisiteur autonome pour le diocese de Cam- 
brai, et, le cas echeant, de lui donner pour successeur le prieur 
des dominicains de Saint-Quentin (n. 330). Ces juges etaient ren- 
dus exempts de toute obedience monastique en ce qui concer- 
nait leur mission. Cet etat de choses ne devait durer, en principe, 
que le temps de Tepiscopat de Pierre d'Ailly. En fait, le demem- 
brement fut definitif *, bien que Tetendue du ressort et le mode 
de nomination de Tinquisiteur de Gambrai aient subi des variations. 
En 1431, ce magistrat, qui a juridiction sur Cambrai et sur Liege, 
se reclame du provincial d'Allemagne, comme de son mandant 
naturel ^. En 1460, Tinquisiteur de Cambrai va presider un acte de 
foi a Arras ®. En 1479, les eveches de Cambrai, Therouanne, Tour- 
nai et Arras forment, semble-t-il, une circonscription distincte, 
dont Jean Levasseur (Vassoris) est le chef '^. Mais nous n'osons 
affirmer que ce groupement de dioceses ait tenu bienlongtemps. 

1. Fredericq, op. ciL, t. ii, p. 143. 

2. Denifle-Chatelain, Chartularium universitalis Parisiensis, Paris, 1894, 
t. III, p. 99, n. 1272 : proces de deux dominicains hostiles a la doctrine de rimma- 
culee Conception. 

3. Quetif et fichard, op. ciL, t. i, p. 694. 

4. En 1410, ce sont deux dominicains, au lieu d'un, qui sont inquisiteurs dans 
le diocese de Cambrai : Henri Selle et Laurent Girons. Fredericq, op. ciL, t. i, 
p. 266-267. Cf. p. 271. En 1411, c'est le prieur des dominicains de Saint-Quenlin 
qui dirige le tribunal de Cambrai. 

5. Fredericq,'op. ciL, t. i, p. 329. 

6. Ibid., p. 380. 

7. Hansen, Quellen, p. 501, note 1. 



INTRODUCTION XXI 

Au cours de la premiere moitie du siecle, Therouanne, Tournaiet 
Arras etaient encore rattaches a la circonscription de France ^. 
L'inquisiteur de Paris les visita en personne a plusieurs reprises. 
Notons ses voyages a Arras, en 1461, et a Lille, en 1465 ^. Habi- 
tuellement, il etait represente dans ces pays par un vicaire general, 
dontla residence avait une fixite relative. En 1420, Pierre Floure 
reside a Saint-Omer : on Tappelle inquisiteur de Saint-Omer*. En 
1459, 1460, 1462, un autre vicaire inquisitorial, peut-etre deux, sont 
fixes a Arras et a Tournai, et ils ont juridiction sur Lille *. Ces 
trihunaux a poste plus ou moins fixe n'etaient, malgre tout, que 
des emanations de celui de Paris, et des emanations qui n'avaient 
pas leur pleine autonomie. 

On peut conjecturer qu'a la longue la Champagne eut aussi 
son tribunal. Cest ce que semble annoncer le titre porte, en 1419, 
par Pierre Floure, vicaire de Tinquisiteur de Paris, qui se ditinqui- 
siteur de Reims *. En Normandie, le diocese de Rouen constitua 
une lieutenance, dont Tun des titulaires, Jean Lemaitre, delegue en 
1424 par Jean Graverant, inquisiteur de France, fut, quoi qu'il en 
eut, mele au proces de Jeanne d'Arc *. En 1431 (13 juillet), un mois 
et demi apres le supplice de la Pucelle, Jean Graverant lui-meme 
86 vit confirme, par le pape Eugene IV, dans la charge d'inquisi- 
teur de Rouen. Son successeur y fut confirme de meme, sep\ ans 
plus tard (1438) '. La teneur des rescrits pontificaux semblerait 
indiquer que le tribunal rouennais avait acquis son autonomie. 

En revanche, les religieux dominicains qui menent des proce- 
dures, en 1432 et 1453, dans le diocese d'£vreux, sont toujours 
des vicaires generaux de Tinquisiteur de France ®. 

Dans rOrleanais, nulle Inquisition locale n'existe lorsque 
Pierre Floure, lieutenant du magistrat parisien, y instrumente 
contre les heretiques, vers 1415 ®. 



1. Pierre Floure, vicaire de l'inquisitcur de Paris, fit des procdsadesheretiques 
de Lille et de Tournai, en 1411, 141G, 1417. Frcdericq, op. cit., t. i, p. 280-281. 

2. Fredericq, op. ciL, t. i, p. 394, 411. 

3. Quetif et fichard, op. cit., t. i, p. 754-755. 

4. Fredericq, op. cil., i. i, p. 346, 353, 362, 374, 397 ; t. ii, p. 200. 

5. Ibid., t. I, p. 298. 

G. Quicherat, Proces de Jeanne d'Arc, t. i, p. 33, 35, 122-124, ctc. 

7. Ripoll, op. cit., t. III, p. 8, 22. 

8. llaiisen, op. cit., p. 470 ; Lea, Hist. de VJnquis., t. ii, p, 100. 

9. DcniMe, Charlitl., l. iv, n. 2065. 



XXII BITLLAIRE DE l'iNQUISITION FRANQAISE 

Des pays d'au-dessoiis de la Loire : Nivernais, Berry, Bourbon- 
nais, Auvergne, on n'a nulle nouvelle. Peut-etre le Limousin 
etait-il, au xv^ siecle, rattache a rinquisition toulousaine. On 
voit que Jean Dupuy, « inquisiteur dans la province de Toulouse,» 
intenta, vers 1417, un proces a des clercs limousins qui avaient 
neglige de se faire absoudre d'une sentence d'excommunication. 
L'afTaire vint en appel au tribunal apostolique et Martin V 
nomma Tarcheveque de Toulouse pour en connaitre ^. Ce fait 
peut ne rien prouver, s'il s'agit de clercs etrangers, par exemple 
d'etudiants, residant a Toulouse. Mais ce detail n'est pas marque 
dansla piece. En definitive, le Limousin a pu appartenir a Tou- 
louse, comme a Poitiers ou a Paris. 



Cette revue geographique nous a permis de constater que le 
XIV® siecle ne fit que developper les institutions ebauchees par le 
xiii^. L'Inquisition s'installa dans de nouveaux sieges : a la fin 
du siecle, le territoire qu'embrasse la France actuelle se trouva 
partage en sept ou huit districts qu*une tendance tres marquee 
portait a subdiviser et demembrer encore. On en arriva, en certains 
endroits, a creer des inquisiteurs diocesains. L'esprit particulariste 
y pojissait, aussi bien que la preoccupation, chez les ^veques, de 
tenir bien en main le rouage inquisitorial et, qui sait ? d'amoin- 
drir, en la partageant, la puissance des inquisiteurs interprovin- 
ciaux ou interdiocesains. 

Uiie autre remarque a ne pas oublier, c'est Timprecision que pa- 
raissent avoir eue les confins de certaines circonscriptions. Mais 
il ne faut peut-etre s'en prendre qu'a la disette d'informations 
vraiment deplorable oii nous nous trouvons par rapport a trois 
des principaux tribunaux de la foi. 

II. — LE PERSONNEL DES TRIBUNAUX 
1° Les juges. 

Dans les tribunaux d'Inquisition du xiv® siecle, au moins 
pour les actes essentiels de la procedure, les juges sont deiix 
d'office : Tinquisiteur monastique et Teveque diocesain. 

1. RipoU, op. cit., t. II, p. 533. 



t 



INTRODUCTION XXIII 

Tel est le droit etabli par le concile de Vienne (decret Multo- 
rum ^), et ron peut dire qiie c*est la reforme capitale du aiecle, en 
nnatiere d'Inquisition. Nous n'avons pas a y insister ici. La chose 
est trop connue. On sait aussi a quels conflits et a quels abus de 
pouvoir le legislateur pretendit couper court en obligeant les inqui- 
siteurs a reprendre contact avec les prelats, a roeuvre desquels 
ils ne faisaient, somme toute, que coUaborer, et en invitant ces 
derniers a ne pas se desinteresser de la defense de la foi, non plus 
que de la maniere dont leurs diocesains ^taient traites par les inqui- 
siteurs. 

Cette idee si simple de la collaboration du juge monastique, spe- 
cialise dans la repression de Terreur, et du juge diocesain, qui 
avait sur ce meme point des droits intangibles, il avait fallu pres 
d'un siecle pour qu'on se decidat a la mettre partout en pratique ^. 
Lorsque le concile en eut fait un article fondamental de la proce- 
dure d'Inquisition, les faits demontrerent, sauf de rares exceptions, 
que sa realisation ne soufTrait aucune difficulte. S'il est une con- 
clusion quiressort nettement et solidement etablie de Tctude de 
nos documents, c'est bien celle-Ia. Les exceptions faites a cette 
regle universellement et pacifiquement appliquee, ce sont, en 
dehors des incidents de Montpellier deja racontes, quelques com- 
missions generales d'inquisiteurs concedees k des eveques ou k 
d'autres personnages d'un merite distingue : ainsi Guillaume 
Lombard, inquisitevir in Curia (n. 153), Bernard du Bosquet, 
legat apostolique (n. 241), et peut-etre Antoine de Riparia, eve- 
que de Massa, inquisiteur dans le Dauphine (n. 290 sq. ^). 

Tous les autres personnages, moines, prelats ou dignitaires du 
clerge seculier, qui regoivent un mandat d'inquisiteur, sont invites 
a se conformer a la regle ; et ceux dont les textes nous disent qu'ils 
ae sont mcles de poursuivre Th^resie, nous sont presentes de 



1. Clementin., lib. V, tit. iii, cap. 1. 

2. Voir un aper^u des rapports entre evSques et inquisiteurs au xiii* gi^cle, 
dans Lea, op. ci7,, t. I, p. 375-383 ; voir aussi n. 5 de ce recueil et note 3. 

3. Nous ne parlons pas des commissions donnces par le pape a des cardinaux, 
k des prelats, ou a d'autres personnages, pour Texamen d'a(Taires venues en appel. 
Elles ne sauraient rentrer dans la categorie des proces dont il s*agit ici et qui 
sont tous de premiere instance. Excluons aussi les enquStes prescrites direc- 
tement par le p^pc k propos de crimes dont il entreprend lui-meme la 
repression. 



XXIV BULLATRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

meme comme n'ayant pas manque de s'y tenir; ou bien ils sont 
blames de ne TaVoir pas fait ^. 

II y a mieux. LorsqueTordinaire d'uninculpe demeure inconnu, 
ou s'il est empeche de prendre part au proces, ou meme s'il 
est suspect de partialite, le pape designe d^office un ou plusieurs 
prelats pour tenir sa place aupres de Tinquisiteur. Ainsi fit 
Jean XXII pour le proces de Jean rArcheveque, sire de Parthenay 
(n. 46, 47, 52), et celui d'Adhemar de Mosset (n. 132, 135, 136, 139). 
Le pape rappela meme au juge de Jean rArcheveque quels etaient 
les actes auxquels, sous peine de nullite, devaient prendre part 
les eveques delegues. Le decret Multorum exigeait la participation 
de Tordinaire pour Tapplication de la torture, pour la garde et 
Tadministration des prisons et, il va de soi, pour Tediction des 
sentences ^. Jean XXII precise que Tinquisiteur devra commu- 
niquer aux prelats les dossiers deja constitues et ceux qui se- 
ront formes dans la suite, tam circa proferendam sententiam quam 
omnes alios actus etiam ante prolationem ejusdem sententiae (n. 46, 
55, 56). 

Des magistrats episcopaux, nous avons peu de chose a dire. 
Notons seulement ceux qui paraissent avoir pris le plus a cceur 
leur role de gardiens de Forthodoxie. J'ai nomme Bernard de 
Castanet, a Albi; j'ajoute, pour ce meme siege, Bertrand Des- 
bordes (n. 7) et Geraud de Farges (n. 11). A Pamiers, je remarque 
Jacques Fournier (Benoit XII) et Dominique Grima (n. 82, 116). 
Ce dernier, moins actif que son predecesseur, merita un rappel a 
Tordre du pape Jean XXII (n. 124). A Narbonne,notons Bernard de 
Farges (n. 14); a Maguelonne et a Beziers, Andre et Guillaume 
Fredol, qui, tous deux, font des proces aux beguines de leurs dio- 
ceses (n. 18, 18 his)\ a Mirepoix, Raymond d'Athon, qui con- 
struit une prison pour les heretiques (n. 62); a Elne, le celebre 
Gui de Terrena, que ses biographes nomment le marteau des 
heretiques (n. 125 sq.); a Carcassonne, Jean Fabre, qui procedc 

1. Je me borne a des renvois : n. 22, 30 bis, 31, 33, 76, 87, 88, 89, 92, 96, 97, 127, 
148, 193, 211, 230 (a remarquer le rappel a Tordre adresse par le pape aux inqui- 
giteurs), 236, 248, 254, 257, 273, 281, 308, 329, 338. Voir peut-6tre une exception, 
n. 14 : la eurie de Narbonne parait avoir procede seule a rexamen d'un sus- 
pect. Mais le pape appelle la cause a son tribunal.On sait par ailleurs que Bernard 
de Farges, archev6que de Narbonne, eut recours a Tinquisiteur de Carcassoune 
pour Texercice ordinaire de rinquisition. Douais, op. cit., t. i, p. lxxih. 

2. ClemcnL, lib. V, tit. m, cap. 1. 



INTRODUCTION XXV 

contre quelques capitaines des grandes Compagnies (n. 236); a 
Embrun, deux archeveques, qui se consacrent a Textermination 
des vaudois : Guillaume Desbordes et Pierre Amelii (n. 211, 222, 
260); a Paris enfm, Hugues Michel de Besangon, mele au proc^s 
du fraticelle Conrad (n. 92), Etienne de Paris, qui reprima les 
beghards (n. 257), et Aymeric de Maignac, un des juges de Hugues 
Aubriot (n. 319). 

Les religieux qui furent les auxiliaires de ces prelats retiendront 
plus longtemps notre attention. Voici, d'abord,parcirconscriptions, 
les listes de ceux dont nous avons retrouve la trace. Quelques- 

.unes de ces listes presentent beaucoup plus de lacunes que de 

^places occupees dans rechelle chronologique. On nous pardonnera 
le n*en savoir pas plus que les documents. Si fragmentaires soient- 

Lelles, ces nomenclatures ont pourtant le merite d'etre un premier 
cssai, et c'est aussi leur excuse. Les trois grandes Inquisitions 
meridionales sont les plus favorisces; nous avons pu etablir pres- 
que sans discontinuite la serie de leurs chefs. Ce travail n'avait, 

ipour aucune d'elles, jamais ete pousse aussi loin que nous avons 

[cssaye de le faire *. 

2® Inquisiteurs generaux de France ou de Paris (ord. praed.). 

[1285,1300 (?). — Jean d'Aubigne. Quetif e t fichard, ^crt>. orf/. 

praed., 1. 1, p. 464 ; Histoire litter. de la France, t. xxvi, p. 445-446. 
,1303 (?), 1307, 1310. — Guillaume de P aris. Michelet, Proces des 

Templiers (Documents inedits), Varisj 1841-1851, t. ii, passim^ 

Fredericq, Corpus, t. i, p. 156-160 ; t. ii, p. 53-57, 63-65; Hist. 

litter. de la France, t. xxvii, p. 140-152. 
^1330, 1332. — Aubert de Chalons (n. 89, note 2). 
[... 1355 ... — Lininus de Saint-Pierre, vicaire de Finquisiteur 

dans le diocese de Tournai. Fredericq, op. cit., t. ii, p. 143.] 
[1362. — Nicolas de Wassy, « inquisiteur sous-delegue dans le 

diocese de Chalons. » Denifle, Chartul., t. iii, p. 99, n. 1272. ] 
',..1364... — Guillaume Rochini, ou Rouchin. Denifle, op. cit,, 

t. III, p. 122. 

1. Percin, pour rinquisition de Toulouse, Bouges et Mahul, pour cclle de 

[tCarcassonne, Mgr Douais pour les deux, ont donne des listes d'inquisiteurs du 

:iv*' siecle. Nous ajoutons bcaucoup de noms a ceux qu'ils connaissent. Surtout, 

nos documents nous apportent mainte precision chronologique. En revanche, 

nous faisons figurer dans nos catalogues des noms de personnages sur lesquels 

nous n'avons d'autrcs refcfences que les ouvrages de ces crudits. 



XXVI BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

1368-1386. — Jacques de Morey, ou de Moray = de Moreyo 
(n. 274, note 1). 

1382... — Jean Textoris = Tissier (?) (n. 316). 

1386 ... — Frere Vital (n. 274, note 1). Denifle, op. cit., t. iii, 
p. 303, note 1. 

[1389... — Jean Thomas, vicaire de Tinquisiteur Vital. Quetif et 
fichard, op. cit., t. i, p. 694 ; Denifle, op. cit., t. iii, p. 187, n. 
1355.] 

1411,1413,1416, 1419, 1420. — Pierre Floure, vicaire general de 
rinquisiteur de France (Fredericq, op. cit., t. i, p. 280, 281 ; 
Denifle, op. cit, t. iv, n. 2000, 2001, 2065); puis (1417) « inqui- 
siteur deput^ pour tout le royaume de France» (Fredericq, op.cit., 
t. II, p. 200-202); « inquisiteur de la province de Reims)) (Frede- 
ricq, op. cit., t. i, p. 298); enfin (1420), inquisiteur de Saint- 
Omer. Quetif et Echard, op. cit., t. i, p. 754-755. 

1413, t 1414. — Jean Poleti = Paulet (?), inquisiteur general. 
Quetif et fichard, op. cit., t. i, p. 754; Denifle, op. cit., t. iii, 
p. 554, n. 1594. 

Inquisiteurs de Cambrai. 

...1403... — Nicolas de Peronne, vicaire de Tinquisiteur de France 

dans le diocese de Cambrai, puis (1403) inquisiteur titulaire dans 

ce ressort (n. 330). 
Vers 1410. — Henri Selle, de Herenthals et Laurent Girons 

[Gerunlii), dominicains, inquisiteurs. Fredericq, op. cit., t. i, 

p. 266-267. 
1411... — Le prieur des dominicains de Saint-Quentin, inquisiteur. 

Fredericq, op. cit., t. i, p. 271. 

3^ Inquisiteurs de Toulouse (ord. praed.). 

1290-1300. — Foulques de Saint-Georges. Ms. lat. 4270 de la 
BibL nat. ; Bern. Gui, dans Martene, Vet. script., t. vi, coL 510 sq. 

1302, t 1304. — Guillaume de Morieres. CL n. 4, note 1 ; Martene, 
Vet. script., t. vi, coL 510-511. 

1304, 1306. — Arnaud Duprat de Condom. Martene, op. cit., 
coL 463; Percin, Monum, com^ent. Tolosani ord. FF. praed, : 
Inquisitio, Toulouse, 1693, p. 110; Douais, Les jreres pre- 
cheurs en Gascogne, Paris-Auch, 1885, p. 305. 

1306-1323. — Bernard Gui (n. 44, note 1). 



INTRODUCTION XXVIl 

1320. — fitienne Barrau, de Toulouse, sans doute lieutenant 

de rinquisiteur. Percin, loc. cit.] 
[1320. — Raymond de Junac, lieutenant de Tinquisiteur. Liher 

sententiarum, publie par Limborch, p. 178, 274 ; J.-M. Vidal. 

Vemeute des Pastoureaux^ dans Annales de Saint-Louis-deS' 

Frangaisy janvier 1899, p. 156,] 
1320. — Dominique Grima, lieutenant de Bernard Gui. Liher 

sententiarumy p. 274.] 
1324-1340 (?). — Pierre Brun (n. 59 et note). 
1340. — H. Nigri. Douais, Documenta pour aervir d Vhiatoire de 

V Inquisition, p. cxxxiii, cxxxvii. 
1342-1344. — Pierre Gui (n. 183). 
1344-1347, ou 1348. — Jean Desmoulins = de Molinis, de Molen- 

iino (n. 195). 
[1346. — Gasbert d'Orgueil, lieutenant de Tinquisiteur : n. 203.] 
1348, 1357. — Pierre de Salgues (n. 207). 
1350-1352 (?). — Pierre de Maricalmo = de Mercalm *. 
[1348, 1349. — Pierre Sicard, lieutenant de Tinquisiteur (n. 208 et 

note). Douais, Documents, p. xcviii.] 
...1372-1386. — Hugues de Verdun (n. 273). 
1386-1404. — Bernard Bosquarel (n. 321). 
1404-1407. — Jacques Gilbert (n. 331). 

1407 (?)-1411. — fitienne de Lacombe = de Cumha (n. 334). 
1411... — Jean de Podio (n. 344). 

4° Inquisiteura de Carcasaonne {ord. praed.). 

1299-1303 (?). — Nicolas d^Abbeville ; — 1292-1304. — Bertrand 

de Clermont. Ms. lat. 11847, Bibl. nat.; cf. Douais, Documents, 

t. I, p. cxci-cxcvii. 
1303-1310. — GeofTroi d'Ablis = de Ablusiia (n. 4, note 2). 
[1303. — Sicard Faure, lieutenant de Geoffroi d'Ablis. Douais, 

op. cit, p. cxxxiiii-cxxxvii.] 
[1308. — Geraud de Blumac, lieutenant de Geoffroi d^Ablis. 

Douais, op. cit., p. cxxxiii, cxcviii-cciii.] 

1, Originaire du Roucrgue, profes du couvent de Rodez, fut fait ^niaitre 
en theologie par le pape. Deniflo, Quellen zur Gelehrtengeschichte des Predigeror- 
denn, dans Archi\^ fiir Lilteratur, t. ii, p. 224. Le chapitre de Rieux, en 1350, 
Telut provincial de Toulou^e. Le continuateur de Bernard Gui (Martene, op. 
cit., col. 433) ^it qu'il occupa cette charge quatorze ans et qu'il cumula cellc 
d'inquisiteur deux ans durant. II cessa ses fonctions de provincial en 1363 ct 
moTirut rette mftme annee. Cf. Percin, op. cit., p. 78. 



XXVIII BULLARE DE l'nQUSITION FRANgAISE 

[1303. — Jean de Falgosio, lieutenant de Geoffroi d'Ablis. 

Douais, loc. cit.] 
1316-1324. — Jean de Beaune (n. 21, note 2). 
[1318, 1329. — Gaillard de Pomies, lieutenant de Tinquisiteur 

de Carcassonne dans le diocese de Pamiers. J.-M. Vidal, Le Irihu- 

nal (Tlnquisition de Pamiers, Toulouse, 1906, extrait des Anna- 

les de Saint-Louis-des-Francais, 1904-1905, p. 72-75, 84-85.] 
[1317, 1320. — Pierre d'Arzens et Arnaud de Floure, lieutenants (?) 

de rinquisiteur de Carcassonne. D'apres Mahul, Cartulaire... 

du diocese de Carcassonne, Carcassonne-Paris, 1857-1882, t. v, 

p. 693.] 
1324-1328. — Jean Duprat = de Prato (n. 74). 
[1325. — Bernard Brice, lieutenant de Jean Duprat. Douais, loc, 

cit.] 
[1326. — Arnaud de Bellevue, delegue par J.Duprat a Montpellier. 

Quetif et Echard, op. cit., t. i, p. 583.] 
1328-1336. — Henri de Chamay = Chamayo (n. 84, note 1). 
[1325,1340. — Menet de Robecourt, chanoine de Montreal, com- 

missaire de 1'inquisiteur a Albi, a Carcassonne et a Montpellier : 

n. 28, note 2.] 
[1325-1329. — Raymond Pelat, ord. praed., commissaire de Tin- 

quisiteur a Montpellier : n. 28, note 2, et 88, note 4.] 
1337-1348. — Aymon de Caumont (n. 162, note 1). 
1350. — Imbert de Sens, ou de Serres. P. Bouges, Histoire de Car- 

cassonne, Paris, 1741, p. 470-471; Mahul, Cartul.,t. v. p. 693. 
1351 (?)-1354 ... — Amedee de Langres = de Lingonis (n. 216). 
1357... — Etienne de Ecclesia = de TEglise, Gleizes (?) (n. 223, 

note). 
[1357... — Arnaud Delher, lieutenant d'Etienne de Ecclesia a 

Montpellier (n. 28, note 2). G^rmain, Une consultation inquisito- 

riale au xiv® siecle, Montpellier, 1857, p. 330-341.] 
...1364-1369. — Guillaume Chevalier = Militis (n. 236, note 1). 
[1364. — N...., lieutenant de rinquisiteur : n. 248, 254.] 
1371, 1387. — Durand Salvan (n. 206, note 3). Doat, t. xxxv, 

fol. 136-161 ; Bouges, Mahul, op. c t. 
1376. — Arnaud Grossi, ou Crossi. Mahul, loc. cit. 
1380. — Paul de Nimes. Mahul, loc. cit. 
1383. — Matthieu d'01mieres. Mahul, loc. cit. 
138... 1391. — Pierre de Bancheijo (n. 323). 
[...1391... — Bernard de^Gaillac, vicaire de rinquisiteura Mont- 



INTRODUCTION 



XXIX 



pellier. Thalamus Pan>us de Montpellier. Societe archeologique 

de Montpellier, 1841, p. 417.] 
1391, 1396. — Bonitus Litel (n. 324). 
1407. — Pierre de Matriolis (n. 333). 
1407, 1411, 1422. — Pierre de Maralogio = Manejols (n. 341, 

note 3). 
[1417... — Raymond Cabassa, vicaire de Tinquisiteur a Mont- 

pellier. Thalamus Parvus de Montpellier, p. 465.] 
1422, 1424. — Raymond de Tilio. Ripoll, op. cit., t. ii, p. 610, 637. 

5° Inquisiteurs de Mdjorque^ ou de Perpignan {ord. praed.). 

1313. — Creation d*un ressort special d'Inquisition pour le 

royaume de Majorque (n. 12). 
...1315... Bernard Aguile. Finke, Acta Aragonensia^ Berlin, 

1908, t. II, n. 532, p. 851. 
1329 (?). — P. Firmacii (n. 96, note 2). Proces d* I nquisition contre 

Adhemar de Mosset. dans Revue d'hist. de V Egl. de France, 1910, 

1. 1, p. 720. 
1332-1343. — Raymond de Durfort ». 
[1331. — Frangois Sala, lieutenant de Tinquisiteur dans le diocese 

de Majorque : n. 108.] 
^1333. — Raymond Dur (n. 96, note 2). Douais, U I nquisition 

en Roussillon, dans Annales du Midi, 1892, p. 537. 
1332... — Gui de Terrena, eveque d'Elne, de Tordre des carmes, 

inquisiteur extraordinaire dans le royaume (n. 125 bis, 127). 
[1333. — Jean Cerda, lieutenant de Tinquisiteur. Proces d^Inqui- 

sition contre Adhemar de Mosset., loc. cit., p. 577.] 
[•;.1357. — Jacques Dominici, inquisiteur general dans le royaume. 

Quetif et fichard, op. cit., t. i, p. 662. 
1395... — Pierre Riba = Ripae (n. 327). 
1413. — Division du royaume en deux circonscriptions inquisi- 

toriales (n. 335). 
1413. — Bernard Pages, inquisiteur des comtes de Roussillon et 

de Cerdagne. Ibid, 



1. Maitrc cn theologie, ne a. Vinasavary(Aude), inquisiteur dc Majorque, pui«, 
durant cinq ans, provincial de Toulouse (1343-1348), prieur de Prouille. Bernard 
'Gui, dans Martene, op. cil., t. vi« col. 432. 



XXX BULLAIRE DE l'iNQUISITIO^I FRANgAISE 

1413. — Guillem Segarra, inquisiteur des iles Baleares (n. 335) 
1417. — Frangois Sala, inquisiteur d'Aragon et du comte de 

Roussillon (n. 337). 
... — Bernard Moyl, inquisiteur de Roussillon (n. 335). 
...1420... — Antoine Murta, maintenu par Martin Y (n. 335) 

a rinquisition de Roussillon. 

6° Inquisiteurs de Poitiers, de Tours et de Bretagne [ord. praed.). 

1317, 1325. — Maurice de Saint-Paul (n. 13, 31, 32, 46, note 5). 
...1335-1343. — Jean Aufroid, ou Aufred = Aujredi (n. 143, 

note 6). 
... 1335... — AlainThomas, vicaire de Jean Aufroid : n. 143,158.] 
1343, 1344. — Arnaud Mandavin (n. 187, 194). 

7° Inquisiteurs dans le Lyonnais, la Franche-Comte, 
la Bourgogne et la Lorraine (ord. praed.). 

1298... — Gui de Reims, inquisiteur de Bourgogne (n. 26, note 2) 

avant 1310. — N..., inquisiteur de Lorraine. Fredericq, op.cit., 

t. I, p. 156, 159. 
1310 (?), 1312. — Geraud d'Auxonne, inquisiteur des provinces 

de Lyon et de Besangon (n. 8, 9, 10). 
1322, t 1323. — Pierre Candelari, inquisiteur dans les dioceses 

de Lyon, Macon et Clermont, nomme par le provincial de 

France. Annee dominicaine, Lyon, 1900, septembre, p. 89. 
...1326... — Garin de Bar, inquisiteur dans les dioceses de Besan- 

Qon, Geneve, Lausanne, Sion, Toul, Metz et Verdun (n. 65). 
t 1345. — Reginald de Rucesses, inquisiteur de Lorraine. Annee 

dominicaine, Lyon, 1893, juin, p. 116. 
... — 1356. — Jean de Fonte, inquisiteur de Lorraine, releve de 

ses fonctions par le provincial de France. Reichert, Acfacapi^ 

general. ord. praedic, t. ii, p. 374. 
...1364... — Jean Lemoine = Monachi^ inquisiteur dans la pro- 

vince de Besangon (n. 244). 
... — 1381. — Martin d'Amance, inquisiteur de Lorraine (n. 316), 
1398. — N..., inquisiteur dans la province de Besangon (n. 329). 
Avant 1420. ■ — Jean Brucelli, inquisiteur dans les dioceses de 

Besangon, Geneve, Lausanne, Sion, Toul, Metz, Verdun. Ripoll, 

op. cit,, t. II, p. 644 ; Hansen, op. cit., p. 455. 



INTRODUCTION XXXI 

1420, 1424. — Ulrich de Torrente, inquisileur comme le precedent. 
Ripoll, Hansen, loc. cit. 

S^ Inquisiteurs d*Auignon, de Prouence^ du Dauphine 
et de Sa^oie (ord. min.). 

[303. — Guillaume de Saint-Marcel (Wadding, Annal. min.y 

ad ann. 1303, n. 27), puis (1309) inquisiteur dans le royaume de 

Naples (ibid., ad ann. 1309, n. 4), et (1310) penitencier apos- 
tolique (ad ann. 1310, n. 10). 
,..1305, 9 aout. — Fr. Fortis. Archiv. Vatic, /n«<rMm., caps. vii, 
mn. 1305, n. 9, 10. 
„.1312... — Jean de Verunis. Reg. Clem. V, edit. Cassin., n. 8851 ; 

Eubel, Bullarium franciscan., t. v, n. 203. 
fl312-1328... — Michel Lemoine (n. 15, note 2). 
.1321... — Jacques Bernard (n. 33). 
...1321. — Catala Faure et Pierre Pascal de Saliente, commis- 

saires de Tinquisiteur de Provence dans le diocese de Valence, 

massacres par les heretiques : n. 33-35, 40.] 
1322-1332. — - Guillaume Astre (n. 49, note 3). 
1330, 1338. — Jean de Badis, d*abord inquisiteur pour le diocese 

de Marseille (n. 91, 120), puis inquisiteur de Provence (n. 171 his). 
1333, 1342. — Guillaume de Montrond = Monterotundo (n. 129). 
1336... — Guillaume Lombard, oflicial d*Avignon, re^oit un man- 

dat special d'inquisiteur in Curia (n. 150). 
...1352,1355. — Pierre de Montihus = Desmonts (n. 211, note 2). 
...1359... — Bernard de Podio = Dupuy, ou Delpech (n. 224). 
...1363, 1365. — Hugues de CardiUon (n. 232). 
1363... — Jean Richard, specialement charge du diocese d'Em- 

brun (n. 233). 
1364... — Bernard de Bosqueto = du Bosquet, del Bosquet, 

Delbousquet, auditeur du sacre palais, legat apostolique, 

inquisiteur extraordinaire en Provence, Savoie, Franche-Comte 

(n. 241-244). 
1365. — N..., inquisiteur dans la province d'Arles, et N..., son 

vicaire (n. 252). 
1366... — Etienne de Tegula, inquisiteur (peut*6trc occasionnel) 

in Curia (n. 261). 
1371-1393. — Fran^ois Borrelli (ou Borrilli) = Borrel, Bourret 

(n. 286, note 1). 



XXXIV BULLAIRE DE l'iNQU1SITION FRANQAISE 

porter nieme siir le provincial de Toulouse, s'il y avait avantagc 
a le preferer a tout autre religieux (n. 184-185). 

Au debut du xv^ siecle il semble que la pratique ait change. 
Cest le vicaire du provincial de Toulouse qui nommc Jean 
Dupuy, dont Jean XXIII ratifie le choix en 1414 (n. 344). La 
bulle remarque propriis terminis que c'est au provincial de Tou- 
louse que, « selon les privileges concedes a Tordre des freres pre- 
cheurs et a ce provincial, reviennent Tinstitution et la destitution 
de rinquisiteur dans cette province ^. » 

On trouvera d'autres exemples de nominations faites par les 
provinciaux. Celles de Jacques de Morey, inquisiteur de Paris 
(n. 312), de Guillem Astre et d'Antoine Alhaudi, inquisiteurs fran- 
ciscains de Provence (n. 71, 325); de Frangois Sala, inquisiteur 
d'Aragon et de Roussillon (n. 337). Les inquisiteurs de Tordre 
des carmes etaient eux-memes elus de cette maniere (n. 268). 

Et pourtant, la plupart des magistrats dont il est question dans 
nos documents doivent leur brevet a une autre autorite. Quel- 
ques-uns le tiennent de leur general. Aux termes de la concession 
de Clement V (n. 12), les inquisiteurs de Majorque devront etre 
designes par le maitre general des dominicains; et cette pratique 
se maintient durant tout le siecle (n. 197, 198, 327, 335). Les inqui- 
siteurs franciscains des iles de Corse et de Sardaigne sont choisis 
par leur ministre general (n. 309); enfin, Jean Tissier {Textoris), 
inquisiteur de France, doit sa charge a son superieur general (n. 317). 

D'autres, et c'est le grand nombre, la doivent directement au 
pape. En matiere d'Inquisition, comme en matiere de benefices, 
Tinitiative pontificale previent souvent celle des collateurs ordi- 
naires. II est vrai, le pape reprend Fexercice d'un droit qu'il n'a 
fait que deleguer. Pierre Brun (n. 59), Pierre Gui (n. 183), Pierre 
de Salgues (n. 207), Bernard Bosquarel (n. 321), Jacques Gilbert 
(n. 331), inquisiteurs de Toulouse; Aymon de Caumont (n. 162), 
Bonit Litel (n. 324), inquisiteurs de Carcassonne; Arnaud Manda- 
vjn (n. 187-188), inquisiteur de Tours; Teveque de Mariana, inqui- 



1. Ripoll, op. cit., t. II, p. 522. MSme note dans la bulle de Martin V, ratifiant, 
en 1422, le cho.x de Raymond de Tilio comme inquisiteur de Car assonne. II 
est dit que ce religieux a ete choisi par le provincial de Toulouse, habens ad 
hoc, ul dicelat, a prefata Sede [apostolica) potestatem. Ripoll, op. cit., t. ii, p. 610 
Ainsi le provincial de Toulouse avait conquis le droit dc nommer aux deiix 
Inquisitions de son ressort. 



INTRODUCTION XXXV 

siteur en Corse (n. 268); Guillem Segarra, inquisiteur des fles 
Baleares (n. 335), recoivent leur delegation directement du 
Saint-Siige. II est k remarquer que la plupart de ces brevets 
concernent des inquisiteurs languedociens. N'etait-ce pas, de la 
part des superieurs provinciaux du Midi, une fa^on elegante 
d*evincer leur confrere parisien? 

Si le pontife ne fait pas lui-mdme la nomination, il arrive que 
Telu presente cet acte a sa ratification. Cela advient pour Jean 
Tissier, elu du general (n. 317), pour Pierre Rive, que ce haut digni- 
taire a choisi, sur Tordre de Benoit XIII (n. 327), pour Frangois 
Sala, creature du provincial d'Aragon (n. 337), et pour Jean 
Dupuy, elu de celui de Toulouse (n. 340). 

Le brevet ordinaire delivre par le Saint-Siege ne conferait d'ail- 

leurs aucun privilfege nouveau : ni inamovibilite, ni exemption par 

rapport aux superieurs monastiques. Les provinciaux et les gene- 

raux des deux ordres mendiants pouvaient destituer m^me les 

creatures de la Curie ^. Mais il y avait des exceptions a ces r^gles 

susceptibles de devenir genantes. Le pape conferait parfois 

rinamovibilite a ses elus ou aux elus des superieurs monasti- 

ques. Cela advint surtout pour les inquisiteurs franciscains, 

•uxquels la coutume de leur ordre tie concedait qu'un mandat 

qui durait ordinairement cinq ans^ (n. 71). II n'etait pas rare 

que le pape, sollicite par les interesses, leur accordat de ne 

»ouvoir etre revoques par leurs superieurs, sine licentid Sedis 

ipostolicae, ou au moins sans motif grave. Notre Bullaire pre- 

lente trois concessions de ce genre ^ (n. 71, 312, 327), dont la 

lcuxi^me (n. 312) est en faveur de JacquesdeMorey, dominicain, 

[ue ses sup^rieurs ont promu depuisonzeansetauquelClement VII 

lonne, en 1379, de nouveaux pouvoirs, avec le privilege de Tina- 

lovibilite *. 



1. Bulles dlnuoceut IV (1246): Doat, t. xxxi, fol. 73-74; d'AIexandpe IV 
|1256) : Doat, t. xxxi, fol. 193; surtout Reichcrt, Acla capil. gen., t. ii, p. 295 
|chap. du Puy, cn 1344). 

2. L'evgque de Mariana re^oit de Gregoire XI un mandat qui est limit^ 
falemcnt a cinq ans (n. 268). 

3. On en trouve d'autrc8 dans Wadding, op. cil.,U vii, p. 8, ad ann. 1323. 
17; p. 225, ad ann. 1339, n. 1; p. 320, ad ann. 1375, n. 30. 

4. En revanchc, Clcmcnt VI rcstreiut a dcux ans le mandat d^inquisiteur qu'ii 
lonne a Michele Lapo, eu Totcane. Wadding» op.cit,, t. viii, p. 5, ad ann. 1347, 

10. 



XXXVI BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

Dans tout ce qui ne concerne pas rexercice de leur magistrature, 
les inquisiteurs sont soumis a leurs superieurs locaux, provinciaux 
ou generaux, comme les autres religieux. Ce n'est pas qu'ils n'aient 
conquis peu a peu quelques privileges. Ils avaient surtout une 
tendance a s'emanciper du joug des prieurs conventuels. Le cha- 
pitre du Puy, en 1344, rappelle les juges dominicains au devoir 
de Tobeissance monastique. II leur defend de choisir leur soc us 
sans en referer au provincial et au prieur de leur couvent; il les 
avertit que leurs superieurs ont le droit de les corriger et meme 
de les destituer ^. Le chapitre de Bordeaux (1324), voulant pre- 
venir tout danger de prodigalite et de cupidite de leur part, exige 
qu'ils presentent, tous les ans, leurs comptes aux provinciaux. 
Ceux-ci revoqueront ceux d'entre euxqui serontreconnuscoupables 
de Tune de ces fautes ^. Le chapitre de Bourgesdel376prescrit aux 
inquisiteurs de resider dans les chefs-lieux de leurs ressorts. Le 
pape s'etant plaint de leur inertie, leurs superieurs veilleront a ce 
qu'ils remplissent leurs devoirs sans negligence ^. 

Divers autres chapitres avaientexpressementdefenduaux inqui- 
siteurs de se rendre aupres de la Curie sans Tautorisation de leur 
general *. Mais ils finirent par obtenir de Gregoire XI une bulle qui 
levait cette defense et qui leur permettait par surcroit de choi- 
sir, parmi les freres de leur province, tel socius qui leur agrccrait ^. 
Cette concession fut faite aussi aux moines de Tordre franciscain 
(n. 275). Ainsi la regle monastique flechissait en faveur de ceux 
que les papes protegeaient avec un soin particulier ^ 

11<* Personnel suhalterne. — Du personnel subalterne des tri- 
bunaux d'Inquisition, notre recueil ne nous fournit pas Foccasion 

1. Douais, Les freres precheurs en Gascogne, Paris-Auch, 1885, p. 55-56; 
Reichert, Acta cap. gen., t. ii, p. 295. 

2. Reichert, op. cit., t. ii, p. 153. 

3. Op. cit., p. 431. Le chapitre de Florence (1321) avait charge lcs provinciaux 
dc punir les abus de pouvoir et les exactions dont se rendraient coupables les 
iuquisiteurs (p. 134). 

4. Chap. de 1329, 1330, 1331, etc; op. cil., p. 192, 210, 219, etc. 

5. Voir les reglements des chapitres provinciaux de la province domini- 
Caine de Provence au xiii^ siecle, relativement aTInquisition dans le Midi de la 
France, dans Douais, Les freres precheurs en Gascogne, p. 63-65. 

6. Les papes marquaient souvent leur satisfaction aux inquisiteurs en les 
elevant a repiscopat. Ce fut le cas pour Bernard Gui (n. 44), Jean Duprat 
(n. 74), Pierre Brun (a. 59) et Guillaume Astre (u. 119). 



INTRODUCTION XXXVII 

de parler longuement. On aura releve, sur les listes donnees plus 
haut, quelques noms de vicaires ou lieutenants des inquisiteurs. 
Ce sont, dans la plupart des cas, des religieux appartenant au 
meme ordre que ceux-ci. Ils sont delegues, soit pour toute la cir- 
conscription, soit pour une partie, et Tinquisiteur leur donne les 
pouvoirs qu'il lui plait. Ils peuvent etre deputes ad universas 
causas. Mais il en est dont les pouvoirs sont plus restreints et qui 
prennent ordinairement le nom de commissaires. Ainsi, Menet 
de Robecourt, delegue a Montpellier, n'a que le droit, en rabsence 
de rinquisiteur et de son lieutenant, d'entendre et d'ecrire, par 
maniere d'information provisoire, les depositions et les aveux 
en matiere de foi. Dans la suite, il exer^a les memes 
fonctions a Albi et les ridicules tracasseries qu'il fit subir aux 
citoyens de cette ville, ses « oppressions » et ses « corruptions » 
lui valurent d'etre poursuivi devant le tribunal de BenoitXII. II 
fut condamne, et le pape blama nettement celui qui lui avait 
donne un mandat qu'il etait incapable de remplir. Le cardinal 
Fournier avait deja reprouve, comme abusive, la pratique qui 
consistait a confier des enquetes a un simple notaire (n. 176). 
Les documents ayant rapport a cet officier sont parmi les plus 
interessants du recueil (n. 28, 154, 176, 186). 

Relevons la mention d'autres notaires (n. 19, 142, 180, 201, 204, 
205, 215, 221, 223, 256, 326); de jures et de familiers du Saint- 
Office(n. 176, 200) ; de gedliers de prisons (n. 219) et de sergents 
(n. 171 hls, 205,206), auquelslepape accorde des benefices ou confie 
des missions. Notons aussi un assesseur, ou juge adjoint, et des 
conseillers du tribunal de Carca?sonne (n. 205-20 )). Enfin une bulle 
de 1414 rev^Ie Texistence, aupres de Tlnquisition de Provence, 
de deux promoteurs de la foi, Tun pour Teveque, Tautre pour 
rinquisiteur (n. 343 et note 3) : et c'est la une nouveaute, qui 
|ira, peu a peu, s'ctablissant partout. 

12° Exemptions. — Les officiers de Tlnquisition etaient exempts 
de la juridiction seculiere. IIs pretendirent quelquefois Tetre aussi 
des impositions et des taxes levees par ordre du roi ou des magis- 
[trats municipaux. Un conflit s'eleva a ce propos vers le milieu 
du XIV® siecle, entre les consuls de Carcassonne et quelques con- 
seillers, notaires et jures de Tlnquisition. Munis de Tautorisalion 
du roi de France,les consuls avaient compris dans la repartition 
des tailles et imp6ts plusieurs subalternes du tribunal alors prc- 



XXXVIII BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

side par Aymon de Caumont. Ceux-ci refuserent de s'executer, 
pretextant Timmunit^ du Saint-Office. Les consuls passerent 
outre et procederent a une saisie de gages, en attendant le regle- 
ment du differend. L'inquisiteur prit fait et cause pour ses 
subordonnes et invoqua les privileges conferes a son tribunal, 
soit par le Saint-Siege, soit par le roi de France. II fit somma- 
tion aux magistrats municipaux de restituer les gages saisis de force 
et, comme les consuls n'avaient cure d'obeir, il les excommunia. 

L'alTaire fut portee au tribunal de Clement VI, qui, afin d'eviter 
aux parties les desagrements et les longueurs d'un proces, leur pro- 
posa d'etre pour elles un compositeur amiable. Etienne Aubert, 
cardinal du titre des Saints-Jean-et-Paul, presida aux pourparlers 
et parvint a etablir par compromis que Texemption de tailles, 
impots et gabelles ne serait, a Tavenir, concedee qu'a trois 
conseillers, officiers, ou jures et a un notaire de Tlnquisition. Les 
autres agents du tribunal rentreraient dans le droit commun. 
L'exemption des quatre privilegies serait entierement a la dispo- 
sition de Tinquisiteur, qui pourrait en faire beneficier qui bon lui 
semblerait, pour le temps qu'il lui plairait, la faveur etant trans- 
missible d'un officier a Tautre a volonte. En outre, on convint que 
chacun des membres de Tlnquisition observerait les statuts 
municipaux existants et a venir, sous peine des sanctions portees 
contre les infracteurs (n. 205-206). 

Cette convention equitable ne parvint pas a empecher que les 
difficultes recommenQassent quelques annees plus tard, a pro- 
pos des droits de fouage et des contributions extraordinaires 
levees pour la refection des murailles du bourg. On discuta encore; 
rexcommunication fut fulminee, et on revint devant le pape. 
Cette fois aussi un compromis termina le litige. Les quatre offi- 
ciers exempts durent payer les taxes pour Tentretien des murs de 
la ville (18 mai 1372 i). 

13° Gages et frais. — L'exemption des impots n'etait pas le 
seul avantage que procurat aux officiers de Tlnquisition leur 
collaboration a la defense de la foi. Chacun d'eux, depuis Tinqui- 
siteur jusqu'au simple familier, percevait des gages, qui, le plus 
souvent, etaient payes par les caisses du roi. Glanons dans notre 
recueil quelques renseignements sur cette mati^re. 

1. Doat, t. XXXV, fol. 136 vo, 161. 



INTRODUCTION XXXIX 

On admettait partout, au moins en principe, que les frais de 
rinquisition devaient etre a la charge de quiconque — roi, sei- 
gneurs, prelats — beneficiait des biens confisques. Mais, en prati- 
que, les interesses se faisaient souvent prier pour s'executer. 
Les papes n'ayant etabli aucune regle precise, on tatonna long- 
temps, au desespoir des inquisiteurs ^. 

En France neanmoins, la question etait reglee depuis saint 
Louis, pour les territoires de la couronne. Les caisses des EncourSy 
ou produits des confiscations, devaient subvenir aux gages du 
personnel ct aux depenses de Tlnquisition. Pour son compte, Tin- 
quisiteur de Carcassonne percevait dix sols par jour^ (1246). 
En 1322, Arnaud Assalhit, procureur des encours. payait tous 
les frais de Tlnquisition de Carcassonne; il servait a Tinquisiteur 
un traitement de 150 livres par an ^. En 1337, le fisc des encours 
soldait toujours les depenses du Saint-Ofiice toulousain *. 

Mais alors survinrent la guerre d'AngIeterre et les incur- 
sions des compagnies de routiers; survint aussi la disette 
d'heretiques. Les confiscations ne donnant que d^insufiisantes 
ressources, Tlnquisition eut de la peine a vivre. En 1364, pour 
faire face aux depens du proces des routiers, inculpes de propos 
malsonnants, et a ceux de leur entretien dans les prisons, le pape 
Urbain V imposa les eveques de la region narbonnaise. Les con- 
tributions permirent de couvrir les depenses de Tinquisiteur et 
de son notaire (n. 246, 255). 

Quelques annees plus tard, le tresorier royal, ne pouvant meme 
plus solder le traitement du juge principal, ordonna la levec d'un 
impdt de 26 livres tournois dans la ville de Carcassonne ^. 

Dans le sud-est la situation n'etait pas plus brillante. La cam- 
pagne engagee par Gregoire XI contre les vaudois du Dauphine 



1. Voir, sur ce chapitrc, Lea, Uist. deVInquis.,t. i, p. 592 sq. Onn*a pas oubIi6 
que rinquisiticn avait du Hre suspendue en Bourgogne, au milieu du xiii® sidcle, 
parce que les ressources y manquaient. 

2. Dom Vaissete, Histoire de Languedoc, ed. Privat, t. viii, col. 1206. Saint 
Louis avait decide que les seigneurs qui percevaient les droits d'encours contri- 
bueraient k rentretien des prisonniers. Op. cit.^ t. yiii, col. 1435-1436. 

3. Mahul, Cartulaire, t. v, p. 672. 

4. Hist. d? Languedoc, t. x, Preuves, col. 791-792, 802. Cette ann^e-l&, l'in- 
quisiteur Pierre Brun re^oit 140 livres, 10 sols (n. 802). 

5. Chronique de Hardit^, ad ann. 1868; His/. de Languedoc, t. x, Preuves 
col. 50. 



Xr BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

et de Provence faillit etre compromise par rinsuffisance des res- 
sources, autant que par Thostilite des seigneurs, le mauvais vou- 
loir des officiers royaux et Tindolence des prelats. Nul ne voulait 
contribuer aux frais. Le pape commenga par demander au roi de 
France de faire observer dans toutes les provinces de sonroyaume 
Tusage languedocien des pensions servies par TEtat ou, si cette 
pratique ne lui agreait pas, de decider que les ofTiciers royaux 
abandonneraient aux inquisiteurs la part qui leur revenait de 
droit sur les confiscations (27 mars 1373; n. 277). 

II ecrivit aux eveques de France pour les engager a se faire, 
aupres du souverain, les avocats des desirs pontificaux. II leur 
laissait clairement entendre qu'a defaut du roi, il leur appartien- 
drait a eux-memes, pour qui, somme toute, les inquisiteurs tra- 
vaillaient, de payer les frais du tribunal (n. 278). 

Ce furent les prelats qui durent s'executer, a la place du roi et 
des seigneurs. Le 17 juin 1375, le pape imposa aux eveques des 
provinces d'Aix, Arles, Embrun, Vienne et Tarentaise une contri- 
bution extraordinaire payable en six annuites : la premiere etait de 
4 000 florins, les cinq autres chacune de 800 florins ^. A cet effet, 
les revenus provenant des restitvitions et des legs incertains demeu- 
raient, dans chaque diocese, frappes d'une sorte d'hypotheque 
pour Tequivalent de la quote-part episcopale. Les sommes 
realisees de la sorte devaient servir a la construction de prisons 
inquisitoriales a Embrun, Vienne et Avignon, a Tentretien des 
prisonniers, aux gages des juges et de leurs agents (n. 296). L'eve- 
que d'Avignon etrinquisiteur Frangois Borrel, charges depercevoir 
le subside, eurent pouvoir d'user des censures ecclesiastiques 
contre les contribuables mal disposes (n. 297). 

Deux mois plus tard, Gregoire XI mettait encore a la charge 
de Tepiscopat et du clerge des cinq provinces les depenses et 
rentretien d'un inquisiteur special qu'il venait de nommer : 

1. Clement VI et Innocent VI avaient deja use du meme moyen a Fegard 
des eveques d'Allemagne, a la priere de Tinquisiteur Jean Scadelant. La contri- 
bution imposee aux prelats des provinces de Mayence, Cologne, Treves, Salz- 
bourg, Magdebourg et Breme, etait de 580 florins d'or. Mais les contribuables 
ne mirent aucun empressement a s'executer. Les papes avaient envoye lettres 
8ur lettres, en 1349, 1353, 1355. L'inquisiteur se plaignait, en novembre 1357, 
de n'avoir encore rien re^u. Archiv. Vatic, Supplicat., t.xxvii, fol. 271 v"; 
Sauerland? Urkunden und Regesten zur Geschlchte der Rheinland, aus den 
Vatikanischen Archii^en, Bonn. 1907, t. iii, n. 777; t. iv, n, 66, 67, 253. 



INTRODUCTION XLI 



reveque de Massa. La provision journaliere de ce personnage 
etait fixee a 4 florins (13 aout 1375; n. 301). 

En octobre de la meme annee, le pape expliqua que Tentretien 
des prisonniers devait etre a la charge des prelats dont ces prison- 
niers etaient les sujets, sauf a repartir les depenses des eveques 
qui seraient, de ce chef, trop lourdement oberes, entre ceux qui 
auraient moins de frais (n. 302). Mais les exacteurs de la contribu- 
tion paraissent s'etre heurtes a une mauvaise volonte, ou a une 
indiflerence deconcertantes; si bien que lc pape, oblige de revenir 
au premier expcdient, pressa encore le gouverneur du Dauphine 
et son conseil de faire Tabandon d'une part des confiscations 
(18 mai 1376; n. 305). Puis il soUicita la charite des fideles pour 
rentretien des heretiques dans les prisons (n. 308). 

II fallait tirer, au plus tot, le tribunal de la foi de rembarras oii 
le jetait fabstention de tout le monde. Enfm, apres dc vifs debats, 
le roi consentit, en 1378, au paiement de 190 livres tournois par 
an pour Tlnquisition dauphinoise. 

Cette ordonnance tomba en desuetude durant le Grand Schisme, 
car, lorsqu'AIexandre V voulut subvenir aux frais de Pons Feu- 
geyron, qu'il nommait inquisiteur dans ces contrees (1409), il prit le 
parti de taxer les juifs d'Avignon; sauf, si les juifs ne rendaient 
pas, a solliciter de nouveau la gcnerosite des cveques (n. 339). Mais 
les eveques du xv^ siecle ne furent pas mieux disposes que leurs 
predecesseurs. L'archeveque d'Embrun laissait Tinquisiteur Pierre 
Faure dans un tel denuement que ce religieux declare, en 1432, 
que son extreme pauvrete ne lui permet pas de se rendre au concile 
de Bale. II n'a pas re^u un denier de Tfiglise de Dieu; on ne lui 
sert point de gages, et pourtant il a deploye durant deux ans une 
grandc activite contre les heretiques de TEmbrunois ^. II etait, 
heureusement, en bon fils de saint Frangois, habitue aux priva- 
tions. Au reste, il n'y avait pas que des religieux mendiants qui 
travaillassent a la defense de la foi pour la seule gloire de Dieu. 
Vn des predecesseurs de Pierre F'aure a Tlnquisition de Provence 
recommanda (1394) a Benoit XIII, pour une expectance de bene- 
fice, un notaire de son tribunal, qui avait, durant dix ans, exerce 
ses fonctions sans recevoir le moindre honoraire, car « cet olTice ne 
rapportait rien » (n. 326). 

1 MarttMie, lV/^r»/m scri ptorum nmpliftft. coUect., Varifi, M33, i. viii, coi, liil. 



XLII BULLAIRE DE l'iN QUISITION FRANgAISE 

14° Maisons et prisons. — Dans les villes d'Inquisition, le tri- 
bunal est etabli soit dans un hotel special, soit dans le couvent 
qu'habite le juge, soit dans un des appartements de revcche. A 
Toulouse, a Auch ^, Tlnquisition est logee chez elle. A Avignon, 
un logis attenant au couvent des franciscains a ete amenage en 
pretoire et on y conserve les archives du greffe. II n'est point 
inhabitable, puisque, en 1331, durant une absence de rinquisiteur 
Guillaume Astre, des prelats et des religieux franciscains s'y 
installent, si bien qu'il faut recourir au pape pour les en deloger. A 
Vienne, Tlnquisition a son hotel, a partir de 1376. Gregoire XI 
rinstalle dans une maison du chapitre metropolitain, pres de 
rhopital de la ville (n. 307). A Perpignan, le Saint-OfTice n'a 
pas d'autre residence que le couvent des freres precheurs (n. 327). 
A Carcassonne, a Angouleme (n. 194), de meme. 

Quant aux prisons, nous n'en parlons ici que pour signaler celles 
que reveque de Mirepoix fait construire dans sa ville episcopale, 
ce dont Jean XXII le felicite en 1325 (n. 62); celles que Gre- 
goire XI ordonna de batir a Arles, Embrun et Avignon (n. 295- 
296); celle qu'il fit etablir a Vienne dans un local de la maison 
archiepiscopale appele Palais i>ieux (n. 306). 

Le concile de Vienne (decret Multorum) avait etabli le regime 
de surveillance en partie double qui etait applique dans ces pri- 
sons. L'eveque et Tinquisiteur y entretenaient chacun leur geolier; 
toutes les portes des cellules avaient deux cles, une pour chaque 
geolier, et Tun et Tautre de ces officiers pretaient serment devant 
Teveque et devant Tinquisiteur. Or ces dispositions etaient, pa- 
rait-il, violees par Guillaume Chevalier, inquisiteur de Carcassonne 
au temps de Teveque Pierre de Cros. Celui-ci se plaignit a Urbain V 
de ce que ce religieux lui contestat le droit d'avoir un geolier aupres 
d'un des cachots de la Mure de Carcassonne, et de tenir une des 
cles de ce cachot. De plus, Tinquisiteur pretendait rempecher de 
recevoir le serment des notaires et des autres subalternes du tri- 
bunal. Cetait un relief des vieilles disputes. La rivalite des deux 
juridictions persistait en depit des lois conciliatrices. Le pape 
chargea (1364) Teveque de Saint-Papoul de faire respecter ces lois, 
si elles avaient ete violees par Finquisiteur (n. 251). 



1. Ainsi qu'il resulte d'une note du Registre 32 des Collecioriae (archives du 
Vatican), fol. 74 v° : Hospitium no^'um quod {'ocatur Inquisitionis (ad ann. 1370- 
1371). 



INTRODUCTION XLIII 

III. — LES justiciabi.es de uinquisition francaise 

AU XlVe Sl£CLE 

Ceux que rinquisition recherche et punit au xiv* si^cle, ce sont 
les adeptes de rheresie, quelle qu*elle soit et quels qu*ils soient : 
partisans des vieilles erreurs : albigeoise et vaudoise; d'erreurs 
plusrecentes : fraticelles, beguins, beghards; apostats judalsants 
ou islamisants ; inculpes de schisme ou de tendances schismatiques ; 
fervents de pratiques superstitieuses et de sciences occultes; enfin 
blasphemateurs, excommuni^s et, exceptionnellement, concubinai- 
res. Trois esp^ces de criminels provoquerent particuli^rement 
rintervention des papes du xiv® siecle : les vaudois du Dauphin^, 
les fraticelles du Midi et les sorciers d'un peu partout. Les autres 
ne tiennent que peu de place dans ce recueil. Aussi nous borne- 
rons-nous, surleur compte, a de brfeves remarques. 

l*' Ualhigeismey la grande her^sie du xiii® siecle, est presque 
(^teint au xiv^, et des derniers efTorts faits par Tlnquisition lan- 
guedocienne pour en achever Textirpation, au d^but du sifecle : 
des travaux de Bernard Gui, k Toulouse, de GeofTroi d'Ablis et de 
Jean de Beaune, a Carcassonne, de Bernard de Castanet, a Albi, 
et de Jacques Fournier, a Pamiers, il n'est dit mot dans ce recueil. 
Un seul document ordonnant Textradition de quatre justiciables 
de ce dernier prelat refugies en Aragon interesse Talbigeisme du 
pays de Foix (n. 53). Et puis, il y a les bulles qui se rapportent a 
la liquidation de procedures trainant depuis des annees dans les 
fjreffes languedociens (n. 17, 21, 106, 166) ou a la correction des 
abus (n. 3-7, 176, 181, 186, 189) reproches a certains juges; mais 
elles n'ont qu*une relation indirecte avec Terreur; et, d'ailleurs, 
il en sera question plus loin. 

20 Les juijs et les paiens etant toleres par rj^^glise, ses tribu- 
naux n'ont a connaitre de leurs croyances religieuses que si, apres 
s'etre convertis au catholicisme, ils reviennent au judaisme ou 
a rinlidelite, iit canes ad vomitum. On les traite alors en apostats. 
Gregoire XI signale, en 1372, aux inquisiteurs, afin qu'ilsles re- 
cherchent, les chretiens apostats qui ont renie le Christ pour aller 
a Mahomet et les Maures qui sont revenus a Mahomet apres s'etre 
convertis au Christ (n. 272). — Quant aux chr^tiens qui nouent 
des relations avec les fils de rislam, qui lonr rendent des services. 



XLIV BULLAIRE DE L INQUISITION FRANQAISE 

font le commerce avec eiix, aident a leur ravitaillement en navires, 
en vivres et en denrees, toutes choses defendues par les con- 
ciles et les papes, ne peut-on pas les assimiler a des fauteurs du 
paganisme? Cela parait ne faire aucun doute pour Jean XXIP, 
quilivre a rinquisition jusqu'aux doctrinaires qui enseignent que 
tout cela est licite (n. 66 bis). Cest une premiere extension de 
la competence des inquisiteurs. 

Les memes rigueurs atteignent les convertis d'Israel retournes 
a la loi de Moise et leurs fauteurs. Divers papes du xiii^ siecle 
avaient place cette nouvelle espece dans les attributions de Tlnqui- 
sition 2. Ceux du xiv^ provoquerent ou faciliterent, a cet egard, 
Taction des tribunaux. Benoit XII (1338) pourvoit desarecom- 
mandation les emissaires de Tinquisiteur de Provence, charges 
de debusquer un apostat judaisant, en Savoie et en Dauphine 
(n. 171 bis). Innocent VI (1359) donne des lettres du meme genre 
a un inquisiteur qui va rechercher des coupables de cette espece 
jusque dans TAragon et la Castille (n. 224-229). Urbain V (1364) 
invoque la cooperation du senechal de Provence, du comte de 
Savoie et des seigneurs de ces pays pour la capture de juifs here- 
tiques, desiree par Hugues de Cardillon (n. 235). Enfm, Cle- 
ment VII, en 1387, et Alexandre V, en 1409, s'emploient a faci- 
liter ou a provoquer Tintervention des inquisiteurs soit contre 
ces apostats et leurs partisans, soit contre les juifs qui font du 
proselytisme parmi les chretiens (n. 322, 338). 

Tout en ordonnant la repression de ce crime d'apostasie, les 
papes veillaient a ce que les tribunaux observassent, a Tegard 
de tels prevenus, les regles ordinaires de la procedure. Certains 
inquisiteurs, suivant en cela les prejuges communs au moyen age, 
avaient quelque tendance a supprimer, dans les causes des juifs, 
les dispositions du code iiiquisitorial favorables aux accuses. 
Innocent VI (1360"* rappelle arobservationintegrale de cesregles 
les inquisiteurs de Provence, auxquels les juifs de leur ressort 
reprochaient de ne ermettre a ceux d'entre eux qu'ils poursui- 
vaientnidepresenter leur defense,ni d'avoircopie des temoignages. 
Au surplus, ces juges se dispensaient de recourir aux eveques dio- 
cesains pour proceder aux actes importants, tels que rcmpri- 
sonnement, la torture et la sentence (n. 230). 

1. Bulle du 5 septembre 1324, Raynaldi, An^mles, ad ann. 1324, n. xi.iv. 

2. Voir n. 2.^10, note 1. Sexl., lib. V, tit. n, cap. 13. 



IMRODUCTION XLV 

Grejroire XI (1372) dut aussi, a la requete des juifs de Provencc, 
d'Avignon et du Comtat, reediter les dispositions d'une buUe de 
Boniface VIII, se rapportant a un autre detail de procedure. Ce 
pontife avait decrete par lettre speciale que la regle selon laquelle 
la revelation a Taccuse des noms de ses accusateurs devait tou- 
jours se faire, sauf le cas d'un danger possible pour ceux-ci, s'eten- 
droit aussi aux prevenus israelites. Or, les inquisiteurs de Provence 
n'avaient cuie d'observer cette r^gle, sous pretexte que les accuses 
etaient puissants et riches (n. 269-271). 

Quelques annees plus tard, Clement VII prit a Tegard des juifs 
des provinces de Sens, Reims, Rouenet Lyon, une mesure autre- 
ment radicale. Les inquisiteurs faisaient subir a certains de ces 
malheureux de si injustes traitements que le pape leur enleva le 
droit de connaitre des causes des israelites et le transfera aux curies 
diocesaines (n. 318). « Si la perfidie des juifs est condamnable, 
il cst ])0urtant utile aux chretiens de conserver ceux qui ont garde 
les figures du Christ. wCest la raison traditionnelle pour laquellc 
les papes ont toujours protege les fils d'Israel. 

3® Parmi les justiciables de Plnquisition prevenus dc ten- 
dances schismatiqueSj il faut probablement s'abstenir de placer 
le dominicain Thomas Walleis, incarcere par Pinquisiteur d'Avi- 
gnon, au temps de la dispute sur la vision beatifique. Le bruit 
courut qu'il avait ete apprehende pour son hostilite a Topinion 
personnelle de Jean XXII et a cause d'un sermon dans lequel il 
avait anathematise les negateurs de la vision beatifique immediate. 
la suite du proces demontra qu'il s'agissait d'autre chose, et 
Jean XXII protesta, aupres du roi de France, qu'il n'avait aucune 
part dans cette arrestation (n. 129 et notes). Quand bien meme 
le pape n'aurait pas ete etranger a cette mesure, ni non plus 
le motif repandu dans la foule, Walleis ne pourrait etre tenu pour 
schismatique. Tout au plus a-t-il manifeste trop vivement qu'il 
rejetait ropinion du pontife. On sait que Benoit XII fit du senti- 
ment <ju'il soutenait un dogme de foi. 

II ne faut pas non plus prendre au tragique le cas de ces routiers 
que rinquisition de Carcassonne, avec Taide de la foule ameutee, 
fit passer, en 1364, des prisons seculieres dansles cachots du Saint- 
Office, sous pretexte de propos contre la foi et specialement contre 
Tautorite du pape qu'on les avait entendus proferer. II s'agissait 
plutot de gens charges de crimes de droil commun, — dont Tln- 



XLVI BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAlSE 

quisition connut d'ailleurs par faveur speciale (n. 249), — de 
soldats pillards, homicides, incendiaires, coupables de viols, de 
sacrileges, de pillages d'eglises. Ils ont du ajouter a ce bagage des 
pratiques de sorcellerie, des blasphemes, des grossieretes theo- 
logiques et des insultes a Tadresse du pape. Tout cela leur valut 
d'etre condamnes. Mais il semble que ce ne fut pas ala peine capi- 
tale. L'un des principaux fut delivre de ses chaines au bout de 
quelques annees (n. 234, 236 et notes). 

Des schismatiques a peine plus authentiques que les precedents, 
ce sont les partisans des diverses obediences du Grand Schisme, 
par rapport a leurs adversaires. L'histoire impartiale ne voit, 
durant cette douloureuse periode, de schismatiques dans aucun 
camp. Mais les deux et trois camps s'anathematisaient mutuel- 
lement et usaient les uns contre les autres de toutes les armes a 
leur portee. L'Inquisition ne fut pas oubliee. Signalons la lettre 
d'Alexandre V, tragant a Pons Feugeyron (1409) les limites de 
sa competence. Les adversaires du concile de Pise et de la pa- 
paute qui en est issue s'y trouvent compris (n. 338). Un de ces 
adversaires, Pinquisiteur toulousain Etienne Lacombe, avait mis 
en mouvement son tribunal contre des moines dominicains ct 
franciscains qui avaient fait adhesion au pape pisan. Lui-memc 
6tait reste fidele a Benoit XI IL II dut s'en expliquer devant 
rarcheveque de Toulouse, delegue par Jean XXIII (n. 340). L'In- 
quisition, elle aussi, se trouva divisee durant la crise generale ^. 

4*^ Les blasphemateurs et surtout les excommunies, contempteurs 
de la censure, etaient assimiles a des heretiques, lorsque leur fait 
n'ctait pas imputable a la negligence ou a la legerete. Le blaspheme 
simple demeuraitreserve auxcuries diocesaines. Urbain V rappela 
cette regle a Guillaume Chevalier, inquisiteur de Carcassonne 
(1366), qui depassait souvent les bornes de sa competence (n. 259). 
Le successeurde ce juge, Pierre de Matriolis, ayant la meme pro- 
pension, fit un jour un proces a un bon chretiende Caunes en Miner- 
vois, ancien consulet marguillier de sa paroisse, qui avait profere 
par inadvertance quelques blasphemes contre Dieu et contre la 

1. Des prevenus authentiquement schismatiques, c'etaient les fraticelles 
et les beguins, ceux surtout qui faisaient adhesion a Louis de Baviere et a l'anti- 
pape Nicolas V. Nous allons les retrouver sans tarder. Signalons cependan^ 
des ici, le medecin Felicien d'Assise, sous-diacre, familier de Louis dc Baviere, 
qui nc parait pas avoir fait parlie de rordrc des freres minours (n. 118). 



INTRODUCTION XLVII 

Madonc. Benoit XIII deputa deux chanoines pour lui faire rendre 
justice (n. 333). Pierre de Marvejols, successeur de P. </e iV/afrioZis, 
Iracassa cncore plus grievement un autre blasphemateur, dout 
Jean XXIII regut les plaintes (n. 341). 

Le fait de tenir bon soi:s rexcommunication encourue pour 
iin manquement disciplinaire ne constitua surement un crime 
contre la foi qu*a partir du concile de Trente ^. Mais, bien avant 
ce concile, la tendance generale etait de considerer comme sus- 
pects d'heresie 4es excommunies contumaces. On n'avait aucun 
doute qu'ils le fussent en elTet, s'ils avaient encouru cette censure 
pour un delit de doctrine et s'ils avaient neglige de s'amender. 
Quant aux autres, saint Louis avait trace une ligne de conduite 
pour leur punition, en Languedoc. Au bout d*un an, s'ils ne 
s'etaient point soumis, on confisquait leurs biens ^. 

Papes et inquisiteurs scvirent aussi, au nom de la foi outragee, 
contre de tels obstines. Boniface VIII pressait, en 1294, Pinqui- 
sileur de Carcassonne de poursuivre les magistrats de Beziers, 
qui ne faisaient aucun cas des foudres de rEglise ^ GeolTroy 
d'Ablis traita en heretique Jean de Pecquigny, commissaire royal, 
excommunie pour obstruction au Saint-Ofiice, sous pretexle 
(ju^ayant fait appel de cette censure au tribunal du pape, il etait 
rcste plus d'un an sans se faire absoudre (n. 4). 

En 1301 et en 1303, des conciles de Reims ordonnerent la pu- 
nition des excommunies, comme heretiques, apres deux annees 
de contumace *. En 1398, Benoit XIII prit 1'initiative de mesures 
repressives de ce genre contre certains paroissiens de Morteau, 
111 dioc^se de BesanQon, qui se trouvaicnt depuis fort longtemps 
sous le coup de censures dont ils refusaient de solliciter 1'absolu- 
lion (n. 329). On se souvient que Pinquisiteur de Toulouse Jean 
Dupuy fit un proces a certains clercs limousins coupables d'une 
semblable negligence ^ Enfm Nicolas Eymerich, inquisiteur 
d'Aragon, trouvait tout naturel que Tlnquisition connut des delits 
de ce genre; et elle en connaissait, eilectivement, dans le pays 
ou vecut 1'auteur du Directorium ®. 

1. Sesaion xxv, De re/orni.t cap. 3. 

2. Ordonnances des rois de France, Paris, 1723, t. i, p. 52. 

3. Histoire de Languedoc, t. ix, p. 199-200. 

4. Fredericq, Corpua..., t i, p. 150. 

5. Ripoll, op. cil., t. II, p. 533. 

G.Director. inquisil., cd. Pegna, Rome,1587, Ih' part., qus^t. xlvii, p. 300-361 . 



XLVIII BULLAIRl!; DE L INQUISITION 1 RANgAISE 

5° Les gens de Morteau, dont Tobstination provoquait Tin- 
tervention de Benoit XIII, s'etaient en outre rendus coupables 
de crimes de droit commun : adultere, inceste,concubinage,stupre, 
pour lesquels ils se vantaient d'avoir rimpunite. Le pontife vou- 
lut que Tinquisiteur et rofficial reprimassent ces desordres. Lc 
premier fut ainsi amene a s'occuper de delits qui n'etaient pas 
de sa competence ordinaire (n. 329). Gregoire XI (1375) avait 
aussi donne pouvoir a Tinquisiteur Frangois Borrel et a Teveque 
de Massa contre les clercs et les religieux concubinaires des pro- 
vinces de Vienne, Embrun et Tarentaise, que leurs prelats, du- 
ment requis, auraient neglige de punir (n. 300). Enfin, Pons Feu- 
geyron regut d'Alexandre V un surcroit de facultes debordant la 
competence Ordinaire de Tlnquisition contre des criminels de 
droit commun, notamment contre les usuriers (n. 338). Au reste, 
Nicolas V remettra plus tard a Hugues Negre {Nigri), inquisiteur 
en Languedoc et en Gascogne, le droit de punir non seulement le 
blaspheme et la sorcellerie, mais encore les actes sacrileges et 
les crimes contre nature ^. Les vrais heretiques manquant, Tln- 
quisition se rabattait sur les criminels qui pouvaient leur ctre 
assimiles. 

6^ Une des especes qui se pretaient le plus frequemment a cettc 
assimilation,c'etait le crime de sorcellerie,sous ses formes diverses : 
divination, magie, sortilege, alchimie, surtout culte des demons 
et pactes demoniaques. Cetait la plaie du temps. La cure medici- 
nale qui en fut faite occupa, durant de longues annees, aussi bien 
les cours civiles que les ofTicialites diocesaines, les tribunaux d'In- 
quisition et la justice personnelle des papes. Notre recueil contient 
des pieces se referant a Tceuvre de ces trois dernieres juridictions. 

La distinction entre les pratiques simplement superstitieuses 
et la sorcellerie et roccultisme ayant saveur d'heresie avait ete 
posee par Alexandre IV, en 1260. Devins et sorciers de marque 
commune devaient etre abandonnes aux curies diocesaines; seuls 
les cas compliques de theories et d'actes heretiques etaient de la 
competence du tribunal de la foi ^. On s'en tint jusqu'a nouvel 
ordre a cette distinction, sauf a se disputer dans la pratique sur la 
realite de la sa^eur heretique. 



1. Ripoll, op. cil., t. III, p. 301. 

2. Ripoll, op. cit., t. I, p. 388 ; Se.iL, Ib. V, tit. n, cap. 8, § 4. 



INTRODUCTION XLlk 

Jean XXII contribua a accentuer la repression de ces crimcs. 
A deux reprises, en 1320, par Tentremise du cardinal Guillaume 
(lOudin, et en 1330, par lui-meme, il pressa les inquisiteurs et les 
prelats des provinces de Toulouse et de Narbonne de punir les 
individus reconnus coupables de ces pratiques criminelles : invo- 
cateurs des demons et ceux qui concluaient avec eux des pactes 
impies; fabricateurs et baptiseurs d'images de cire; envouteurs 
et sorciers; profanateurs des sacrements de Tfiglise, en particu- 
lierdereucharistie. Le pontife ne distinguait plus entre supersti- 
lions simples et superstitions melees d'heresie.Tous les cas enon- 
ces dans ses lettres etaient consideres comme des attentats contre 
la foi (n. 30 bisj 103). D'ailleurs, les fideles furent avertis que qui- 
conque s'adonnerait a ces pratiques condamnees et, apres avoir 
regu sommation de les cesser, persisterait dans son erreur, serait 
iraite comme heretique. Le meme sort attendaitles detenteurs de 
livres de magie qui n'en feraient pas livraison dans les huit jours 
(n. 72 bis). L'insistance du pape prouve que cette afTaire lui tenait 
a ccEUP. Lui et ses successeurs s'occuperent de plusieurs cas, soit 
en les recevant en appel, soit en les faisant juger pour leur compte. 

En 1319, Jean XXII commande a Jacques Fournier, eveque de 
Pamiers, de proceder contre trois sorciers, envoAteurs et invo- 
cateurs de demons detenus dans les prisons episcopales (n. 24). 
En 1323, il charge trois commissaires de faire justice d'un moine 
de Figeac, inculpe d'alchimie, de necromancie, de divination, 
d'envoutement et de fabrication de fausse monnaie (n. 50). En 
132G, un cardinal est depute pour juger un chanoine de Saint- 
Caprais d'Agen, captif dans les prisons pontificales, sous Tincul- 
palion d'occuItisme demoniaque et de magie (n. 67). La meme 
annee, trois autres cardinaux s'occupent des gestes d'un groupe 
(l'envoilteur8 et d'invocateurs du demon, quelacurie diocesainede 
Toiilouse a interroges, puis remis aux mains des officiers royaux, 
cjui les ont conduits a Paris et, de la, a Avignon (n. 72, 72 bis). 
L'annee suivante, c*e8t un moine de Valmagne, au diocese d'Agde, 
que lepapeenleveautribunalderevequeet fait conduire iiAvignon 
(n. 77). En 1331, c'est rappel de deuxjusticiablesde rinquisition 
de Paris, qui se pretendent indfiment charges du crime d'herp.sie 
et de sorcellerie (n. 109-111 ^). 

Le defile des cas de sorcellerie continue sous Benoit XII, 

1. Voir ciicore n. 29, 30. 



L BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

avec le noble Herve de Trevalloet qui se dit faussement 
inculpe d'envoutement (n. 143); le clerc Guerin de THay, recidi- 
viste du sortilege (n. 146); le necromancien anglais Guillaumc 
Altafex (n. 150, 152); trois Bearnais et un Arlesien, magiciens, 
sorciers et devins (n. 159-161); deux sorcieres du Vivarais, qui 
s'etaient, disait-on, donnees au diable et lui payaient un cens 
annuel de ble (n. 171); trois autres sorcieres du diocese de 
Maguelonne, que la curie diocesaine et Tautorite seculiere avaient 
condamnees sans attendre Tinquisiteur (n. 172); enfin, plusieurs 
moines de Boulbonne (diocese de Mirepoix), envouteurs et 
chercheurs de tresors, dont lepaperemit la punition a leur abbe 
(n. 175, 179). A Fexception de celui-ci, tous les autres cas furent 
juges a Avignon. 

Les successeurs de BenoitXII eurent peu d'occasions d'intervenir 
dans des affaires de cette nature. Clement YI fait pourtant ter- 
miner, en 1343, le proces d'un clerc narbonnais detenu dans 
ses prisons (n. 192). Innocent VI donne (1354) a reveque de 
Rodez et a Tabbe de Gaillac le pouvoir de proceder contre plu- 
sieurs religieux du Rouergue suspects de ces sortes de crimes 
(n. 218, 220). 

En 1374, a la priere (Je Jacques de Morey, inquisiteur de Paris, 
Gregoire XI dut etablir, a Tencontre de certains lettres, que la 
competence des juges de la foi s'etendait bien aux invocateurs 
des demons. En consequence, Tinquisiteur pouvait sevir 
contre les coupables de cette espece, nombreux dans son 
ressort (n. 285). On n'a pas oublie la commission temporaire 
delivree, en 1405, par Benoit XIII, a Tinquisiteur de Carcas- 
sonne, contre les devins, sorciers et magiciens du diocese du 
Puy (n. 332). Terminons par la curieuse affaire que Jean XXIII 
donna a examiner, en 1411, a Tabbe de Saint-Gilles. Trois bour- 
geois de Narbonne etaient inculpes d'avoir voulu,par des passes de 
magie et des operations demoniaques, detourner le cours de 1' Aude. 
dans le but bienfaisant d'eviter a la ville des inondations tro]) 
frequentes. Aussitot rofficialite se met en mouvement etfaitunc 
enquete. Survient Tinquisiteur, qui instrumente de son cote, 
non sans molester gravement les inculpes. Cest ce confiit qui est 
soumis au pape (n. 342). 

Bien que la sorcellerie soit alors a la mode et qu'il existe une pro- 
pension generale a y croire, le pape ne se laisse pas prendre aux 
calomnies et aux machinations des faux temoins, quand elles 



irVTRODUCTION Ll 

visciit des personnes de qualite. Ainsi Benoit XII fit faire un pro- 
res a des clercs et a des laiques biterrois qui avaient accuse leur 
(V^que, Guillaume Fredol, d'avoir tente d'envouter Jean XXII 
(n. 164,168). Les justiciables des tribunaux d'Inquisition qui se 
pretendaient injustement poursuivis avaient la ressource de 
iccourir au pape, qui faisait proceder a un examen approfondi 
de leur cause par les dicrnitaires de sa cour. Ainsiadvint-il pour 
llerve de Trevalloet, Anselinede Gdnes et Reginald de Cravant 
(n. 143, 109-111) K 

7° On n'a pas ete sans remarquer que, parmi les amateurs 
d occultisme et de sciences prohibees, il y avait nombre de clercs, 
de nioines et de pr^tres. Ce ne furent pas les seuls ecclesiastiques 
(jui eurent a repondre de leurs croyances devant les tribunaux 
du Saint-OfFice. L'ordre de saint FranQois vit une foule de ses 
membres y paraitre sous Tinculpation d^heresie et de schisme. 
Cetaient les idealistes du groupe des spirituelsy et leurs adeptes 
du tiers ordre s6culier, les beguins', les fervents de la pauvrete 
ubsolue et de lamendicite efTective,quircvaientderimposercomme 
regime a l'universalite des chretiens. Ces religieux pensaient, u lu 
suite de 1' Evangile eternel et de leur docteur fran^ais, Pierre de Jeaii 
d'01ive, que rere allait venir de rascctisme monacal et du regne de 
rEsprit-Saint. L'ere du Christ finirait et TEglise corrompue 
des clercs, des ^veques et du pape aurait le sort de Babylone. 

On connait le detail dc ces theories *. En pratique, elles s*etaient 

1. Voir plus bas, p. lxxii, 2° 

1. Sur rorigine, les erreurs, le d6veIoppement des spirituels, la vie et lcs 
ecrits de Joachim de Flore, leur precureeur et leur source lointaine, les oeuvres 
de Pierre de Jean d'01ive, leur porte-drapeau cn France, voir, dana Archi^' fiir 
Lilleralur und Kirchenge^chichte, 1885, t. i, p. 49-140, Tetude du P. Denine sur 
V lu'angile elernel el la commission d'Anagni; ibid., t. i, p. 509; 1887, l. iii, 
|). 555-623; 1888, t. iv, p. 1, celle du P. Fr. Ehrlc sur Les spirituels; ibid., 
1886, t. 11, p. 106-164, 249-336, Vllistoria septem tribulaticnum; ibid., t. iii, 
1>. 409-552, le memoire du P.Ehrle sur Pierre de Jean d'Olive el ses ecrils; daus 
llaluze, Misccllanea, Lucques, 1761, t. iii, p. 258-271, soixantc articlcs tires du 
( ommenlaire d'01ivc sur TApo alypse. Cf. Lea, Jlist. de 1'Jnquis., trad. fr., t. lu, 
|). 1- 108; Gebhart, L' Jlalie mystique, Paris, Hachelte; Tocco, Ueresia ne^ 
medio evo, Florence, 1884, p. 261-562; du meme, Studii /rancescani, Naples, 
1909, p. 191-222, 227-310; J.-M. Vidal, Proces d'Jnquisition contre Adhemar dc 
Mossct, dans Revue d'histoire de V £glise de I''rance, t. i, p. 557-566; Callaoy, 
L' idealisme franciscain spiriluel au xiv^ siecle. ^tude sur Lbcrlin de Casal, 
l.ouvain, 1911. 



Lll BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

Iraduites, durant tout le xiii^ siecle et les premieres annees du 
xiv^, par d'apres et tenaces revendications touchant la stricte 
observance de la regle de saint Frangois, en particulier en ce qui 
concernait la forme des frocs, qui devaient etre etriques et gros- 
siers, et la propriete des denrees d'alimentation et des provi- 
sions de vivres, qui etait consideree comme illicite. 

L'autorite ayant toujours refuse d'accorder a ces rigoristes 
Tautonomie qu'ils reclamaient, c'etait, dans un grand nombre 
de couvents. la guerre allumee entre cette minorite etlamajorite 
des freres. Les zelateurs s'etaient developpes en Italie et dans le 
Midi de la France, surtout a Narbonne et a Beziers, ou le saint 
et le theoricien du groupe, Pierre de Jean d'01ive, avait 
vecu. Des qu'ils se sentirent en nombre, ils chasserent des cou- 
vents de ces deux villes les freres de la communaute et essayerent 
de former une agregation independante. 

A la demande des superieurs franciscains, Jean XXII essaya 
de couper court aux desordres. II dut recourir a la contrainte 
pour avoir raison de la plupart. Le 17 fevrier 1317, il ordonna 
aux inquisiteurs de Languedoc de traiter desormais comme 
heretiques tous les dissidents, quelque nom qu'ils se donnas- 
sent : fraticelles, jreres de la pawre <^ie, bizoches, ou beguins ^. Le 
7 octobre suivant, la bulle Quorumdam exigit (n. 14 bis) condamna 
les costumes singuliers des spirituels et porta un grave coup 
au principe de la pauvrete absolue ^. Mais, des le 27 avril, les offi- 
ciaux de Narbonne et de Beziers avaient regu un ordre de citation 
generale des recalcitrants au tribunal du pape ^. Soixante-quatre 
d'entre ceux-ci prirent le chemin d'Avignon, conduits par Tagi- 
tateur Bernard Delicieux. Jean XXII les somma, en plein consis- 
toire, de revenir a resipiscence. Ses instances reussirent a en deci- 
der une quarantaine. Les vingt-cinq autres et Bernard Delicieux 
furent irreductibles *. 

Aussitot rinquisition s'empara de leurs personnes. Le 8 novem- 
bre, Jean XXII ordonna a Michel le Moine, inquisiteur de Pro. 

1. Doat, t. xxxiv, fol. 147, cite par Lea, liist de Vlnquis., t. m, p. 85, ct pur 
Tanon, Ilistoire des trihunaux de V Inquisition en France, Paris, 1893, p. 77. 

2. Exlrav. Joan. XXII, tit. xiv, c. i. 

3. Voir n. 13 6rs et Wadding, Annal. inin., t. vi, p. 268, ad ann. 1317, 
n. xi-xii; Euhcl, Bullarium franciscan., t. v, n. 266. 

4. Historia septem trihulationum, dans Archi\> fUr Litteratur und Kirchen' 
geschichte, 1886, p. 142-149. 



INTRODUCTION Mll 

vence, de faire le proces aux vingt-cinq coftipagnons de Bernard 
(n. 15). Quatre d'entre eux, s'etant montres obstines jusqu'au 
bout, furent livres au bras seculier et brules, le 7 mai 1318, a 
Marseille. Un autre fut condamne a la prison perpetuelle, et les 
vingt derniers, a des penitences legeres *. 

Quant a Bernard Delicieux, le pape remit le soin de le juger 
1 une commission speciale, composee de trois eveques, qui, 
^tir des imputations etrangeres a rerreur des spirituels, le con- 
(lamna, en 1319, a la degradation ecclesiastique et a la prison 
perpetuelle ^ . 

La dcroute des spirituels du premier ordre fut suivie de cellc 
de leurs adherents, les fr^res et soeurs du tiers-ordre : beguins 
et beguines. Le 30 decembre 1317, Jean XXII supprima leur 
pretendue congregation, avec celle des adeptes d'AngeIo Clareno, 
et en excommunia les membres qui demeureraient insoumis ^ 
(n. 16). L'Inquisition en condamna un grand nombre, a Nar- 
honne, a Lunel, a Lodeve, a Beziers, a Capestang, a Pezenas, 
a Carcassonne et a Toulouse (n. 16, note 1). Jean XXII suivit 
de pres ces operations judiciaires. Le 18 septembre 1318, il se 
faisait transmettre par les eveques de Maguelonne et de Beziers 
les dossiers de certaines causes qu'il voulait sans doute faire juger 
sous ses yeux (n. 18, 18 bis), 

Le contr6Ie pontifical n'etait pas inutile. Beaucoup d'erreurs 
etaient commises au prejudice des beguins et des beguines. Tout 
n'etait pas a rejeter dans ce groupe. II y avait d'excellent grain 
a cote de la paille. L'£glise avait encourage le tiers-ordre et les 
ipoupements de beguines. II ne fallait pas qu'il y eCkt sur ce point 
d'equivoque possible *. Cest pourquoi le pape ordonna qu'on 
s'enquit soigneusement des croyances des membres du tiers-ordre 



1. Baluze-Mansi, Miscellanea, t. ii, p. 248-250; Chion. de J. de Saint Viclor, 
dan? Ilistoriens dela France, t. xxi, p. GCt; Flores chron. Bern.Gnidonis, ihid. 
p. 734; llistoire de Languedoc, t. ix, p. 198-199, 390, 396-397. 

2. Voir n. 22 et note 4. 

3. Le 23 jaavicr 1318, nouvelle condamnation, portee, cette fois, contre les 
spirituols toscans, emigrcs en Sicile, sous la conduite d'Henri de Ceva. Bullo 
Gloriosam Ecclesiam, Eubel, op. cit., t. v, n. 302. 

4. Clemcnl., lib.V, tit. iii, cap. 2 : condamnation dcs beghards et beguincs 
heretiques et protection accordee aux beguines fideles et continentes. Cf. 
Exlrai». com., lib. III, tit. ix, etBaluze, Vitae pap. Aven., Paris, 1693, t. n, 
p. 436. DoFensc de molester lcs beguincs non suspectcsd'hcrcsio(JeanXXir,1321). 



LrV BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

et qii'on ne cherchat tjuerelle qu'a ceux dont Torthodoxie parai- 
trait suspecte (26 fevrier 1322; n. 37 ^). Par ailleurs, comme il 
se produisait deja quelque relachement dans la repression de 
ces derniers, Jean XXII rappela les evcques et les inquisiteurs 
a Tobservation de la bulle du 30 decembre 1317 contre les beguins 
(leraoAt 1322; n. 39). 

Or, a la date de cette derniere bulle, le conflit franciscain avait 
pris une tournure et acquis une portee nouvelles. A une querelle 
d'ordre tout pratique, a propos de frocs et de greniers, avait suc- 
cede une dispute sur le terrain de la doctrine pure; aune question 
de discipline monastique, une question de dogme. Cela etait 
inevitable. Les frocset les greniers n'etaient que les symboles d'une 
irreductible divergence en matiere de foi. Les spirituels avaient 
toujours proclame qu'en exigeant rapplication stricte de la r^gle 
seraphique, ils ne faisaient que demander la mise en usage de la 
pauvrete absolue pratiquee, disaient-ils, par le Christ et les apotres. 
Et c'etait la leur position dogmatique : le Christ et les apotres 
n'ont rien possed6 en commun ni individuellement; donc la pau- 
vrete rigoureuse est une loi d'Evangile. 

Ce qui etait bien plus grave, c'est que cette position doctrinale 
etait tenue non seulement par les partisans de sa realisation im- 
mediate, moyennant Tadoption d'un costume grossier et Tabandon 
des biens terrestres, meme d'usage quotidien, mais aussi par la 
majorite des «opportunistes» de la communaute, qui pensaient 
que c'6tait la le principe fondamental, la raison d'etre de leur 
ordre. Ceux memes qui avaient contribue a la punition des zela- 
teurs, quelques hauts dignitaires franciscains, le general en tete, 
se trouvaient conduits par la logique des faits et des idees, soit a 
renier leur pere saint Frangois, soit a passer a Tennemi, si Tauto- 
rite supreme de TEglise, engagee a fond dans la repression des 
spirituels, songeait a vider une fois pour toutes le debat theolo- 
gique qui dominait la querelle. 

Or, en 1321, le debat theologique s'ouvrit, a Narbonne d'abord '^, 
au cours d'un proces de beguinisme, a Avignon ensuite, devant le 

1. Autres lettres dans ce sens a rarcheveque de Reims, aux eveques de 
Noyon et d'Amiens (13 juin 1325). Mollal, Jean XXII, Letlres communes, Paris, 
1909 sq., t. V, n. 22537, 22538,22548. 

2. Nicolaus Minorita, dans Baluze, Miscellanea, t. iii, p. 207; Chron. de Glass- 
berger, ad ann. 1321, dans Analecta franciscana, Quaracch*, 1887, t. ii, p. 128- 
129. 



INTRODUCTION LV 

pape. Les franclscains se referaient a la biille de Nicolas III Exit 
qui seminat (1279 *), qui avait decrete que la regle de saint 
Francois etait inspiree du Saint-Esprit, et qu'en ordonnant 
la pratique de la pauvrete, elle n'avait fait que se conformer 
a Texemple du Christ et des apotres. Cette bulle avait re^u une 
interpretation oflicielle dans le canon Exii^i de paradiso du con- 
cile de Vienne *, qui accordait quelque satisfaction auxrigoristes. 

Jean XXII coupa court a ces objections en levant les censures 
portees dans ces documents contre ceux qui rouvriraient les dis- 
cussions ^ Une commission de theologiens, saisie de la question 
de doctrine, se prononca en majorite pour la condamnation de la 
th^se franciscaine *. Entre temps, le chapitre general des freres 
mineurs, reuni k Perouse (1322), a Tinstigation de Michel de 
Cesene, general de Tordre, de Guillaume Ockam et de Bonagrazia 
de Bergame, s'etait inscrit solennellement en faveur de Topinion 
contraire ^. 

Jean XXII repondit, un an plus tard, par la constitution dog- 
matique Cum internonnullos (12 novembre 1323). II y condamnait 
comme heretique la doctrine qui soutenait que le Sauveur et 
les siens n'avaient rien possede, en commun ni en particulier ®. 

L'apparition de cette buUe dechaina une violente tempete qui 
faillit meme compromettre Funit^ de Tfiglise. La guerre de fa- 
mille devint une guerre de toute la societe chretienne. Tandis 
qu'un grand nombre de freres mineurs faisaient leur soumission, 
les revoltes continuerent a defendre la these heretique. Michel, 
Bonagrazia et Guillaume, mis en etat d'arrestation a Avignon, s'en- 
fuirent sans attendre la decision du pape a leur endroit (25 mai 
1328; cf. n. 80). IIs allerent grossir le troupeau des adversaires 



1. Sext., lib. V, tit. xii, cap. 3; Wadding, op. cil., t. v, p. 73-74, ad ann. 1279 
n. X, xr. 

2. Clement., lib. V, tit. xi, cap. 1. 

3. Wadding, op. cit., t. vi, p. 395, ad ann. 1322, n. 50; buUe Quia nonnunquam. 

4. Baluze, Vitaepap. A\>enion., 1. 1, col. 598; Raynaldi, Annal. Eccl., ad ann- 
1322, n. 53; Chronique de Glassberger, dans Analecta /ranciscana, t. ii, p. 128, 
129; surtout, F. Tocco, La quistione della poi>eridnel secolo xvi, secondo nuov. 
documenti, Naples, 1910, c. i, p. 1-173. 

5. Baluze, Miscell, t. ii, p. 207-208. 

6. Extravag. Joan. XXII, tit. xvi, c. iv. Cf. Goller, Die Publikation der 
Extravagante Cum inter nonnullos jQhanns XXII, dans Rdmische Quarlal- 
srhrift, 1908, t. xxir, p. 143-146. 



LVI BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

de la papaute, alors groupes autour de Louis de Baviere, et ils 
adhererent a Tantipape imperial, Pierre de Corvara ^. 

Des jors, a cote des spirituels purs, parurent a la barre des 
Inquisitions ceux de leurs freres qui ajoutaient a Terreur fonda- 
mentale une opposition schismatique a la personne de Jean XXII. 

Nous connaissons certains de ces prevenus par les pieces de 
notre collection : Guillaume Negre, franciscain roussillonnais, 
que Jean XXII fait examiner par Teveque d'Elne, en 1326 (n. 70) ; 
un groupe de religieux, tres probablement des fraticelles, que 
reveque de Pamiers est invite a punir, en 1328 (n. 82); surtout 
Barthelemy Bruguiere, adversaire et detracteur du pape, dont le 
proces provoque un conflit aigu entre rinquisiteur et les francis- 
cains de Carcassonne (n. 84, 102, 145); et puis Geraud Rostang, de 
Genes, fauteur de Michel de Cesene, qui avait ete jusqu'a afficher 
un factum aux portes de Notre-Dame de Paris (n. 85); le frati- 
celle allemand Conrad, calomniateur du pape, poursuivi en 1320 
par rinquisition de Paris (n. 92, 100) et finalement acquitte, a la 
priere de la reine de France (n. 104-105); le Catalan Bernard 
Fustier, justiciable de reveque et de Tlnquisition de Majorque 
(n. 108) ; le medecin Felicien d'Assise, familier et chapelain de Louis 
de Baviere, partisan de Pierre de Corvara (n. 118); le noble roussil- 
lonnais Adhemar de Mosset, inculpe de beguinisme (n. 130 bis, 
130 ter). Sous Benoit XII, le moine provengal Raymond Richard, 
refugie a Naples,auteur d'un libelle qui avait fait scandale (n. 151) ; 
Guillaume de Castiglione, fraticelle toscan, heretique et schis- 
matique (n. 157, 170); ritalien Andre de Galiano, chapelain des 
clarisses de la reine Sancia a Naples, accuse d'avoir preche contre 
le pape et ses decisions (n. 163) ; le Rouergois PierreCalvet (n. 174). 
Sous Clement VI, le beguin converti Pierre de Tournemire (n. 189) ; 
le cordonnier narbonnais Blaise Boyer, partisan des spirituels 
(n. 209); un groupe de fraticelles et de beguins, italicns ou fran- 
Cais, poursuivis en 1358 in Curia, par Tinquisiteur de Provence 
(n. 211, note 2). Sous Innocent VI, le predicateur Guillaume Ber- 
nard du Puy {Podio), auteur d'opuscules sur la pauvrete du Christ 
(n. 214 bis); enfin, deux autres religieux que le pape reclama a 
rinquisiteur de Carcassonne (n. 215-216). 

La repression se relachait avec la disparition progressivc dcs 

1. Sur ces evenements, vo;r Baluze, Miscell.j t. iii, p. 206 358; Wadding, np. 
cil. t. VII, ad ann. 1326 sq.; Raynaldi, op. cif.,Sid ann. 1323 sq. 



INTRODUCTION I.VII 

heretlques. La negligence des juges etait aussi pour quelque chose 
dans rinaction de certains tribunaux. Clement VI se plaignit au 
ministre general et aux provinciaux franciscains de celle des inqui- 
siteurs de leur ordre et leur ordonna de stimuler les endormis et 
de punir les coupables (24 avril 1346 ; n. 202). En depit des rigueurs 
du Saint-Oflice, les pousses du franciscanisme dissident se main- 
tinrent jusque vers la fin du siecle suivant ^. 

Une secte qui a eu, en France, quelques rapports avec celi(?s des 
beguins provengaux, fut celle des beghards ^, auxquels le pape 
Urbain V ordonne aux cvcques de France de faire la guerre (3 sep- 
tcmbre 1365; n. 257). Nous voyons que le roi lui-meme s'occupa 
de faciliter leur mission aux juges d'Inquisition (n. 276). D'autres 
sectes voisines de celles-ci prirent le nom de turlupins et de lollards 
et virent plusieurs de leurs adeptes aux prises avec Tlnquisition, 
notainment dans le nord. En 1373, turlupins et lollards de Paris 
demandent en nombre a ctre reconcilies avec r£glise. Gregoire XI 
accorde a rinquisiteur de France tout pouvoir pour les absoudre, 
moyennant une penitence, pourvu que leur conversion paraissc 
sincerc (n. 274). 

Bien que la guerre menee contre ces sectes ait durc longtemps et 
qu'on en connaisse maint episode, nous n'avons pas a en parler 
plus longuement ici. Les documents pontificaux s'y rapportant 
et interessant la France se reduisent a ceux que nous venons dc 
signaler *. 

8° Comme la secte cathare, celle des vaudois etait un legs du 
si^cle precedent que Tlnquisition du xiv® si^cle s*appliqua a 
liquider. Mais tandis qu'elle reussit a avoir raison de ralbigeisme, 
elle ne put venir a bout de la vaudoisie. Les raisons en furent la 
didusion de la secte en dehors des pays ou, des les commencements, 
fonrtionna Tlnquisition, et surtout les solides retrancheinents 
qu'elle sut se creer dans les vallees reculees et les villages inac- 
cessibles des Alpes. Son apparition et son enracinement dans lc 
Dauphine,rEmbrunois et la Bourgogne datent des premiers temps 



1. Lea, Uisl. de V Inquisition, t. iii, p. 200-215. 

i. Le concile de Vienne avait condamne les b5ghards et les beguines, el 
conric leur punition aux inquisiteurs et aux evSques. Clemenl, lib. V, tit. iii 
cap. 3. 

.1. Sur ros soctos, voir unc bibliographie, n. 257, notel. 



LVIII BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

de son existence. Ses adeptes vecurent la et s'y organiserent en 
paix, tandis que leurs freres du Quercy, du Toulousain et du Lan- 
guedoc partageaient le sort des cathares. J'ai dit que Bernard Gui 
travaillait encore, de 1316 a 1322, a debusquer quelques groupes 
de ces heretiques, emigres deBourgogne, des retraites d'occasion 
qu'ils avaient trouvees dans le Rouergue et la Gascogne ^. 

Ces expatriations avaient ete provoquees par la repression 
systematique de Theresie entreprise en Bourgogne, vers la fin du 
XIII® siecle. Malheureusement, on n'a point de details sur les resul- 
tats de cette campagne. Dans le Dauphine et en Provence, Tlnqui- 
sition franciscaine parait n'avoir pas inquiete les communautes 
vaudoises avant Tordre formel qu'elle regut de Nicolas IV, en 
1288, de traiter ces populations en heretiques ^. Le pape voulut 
qu'on leur appliquat les edits de Frederic II; et il ecrivit dans ce 
sens aux magistrats et aux seigneurs du pays. Qu'advint-il de 
ces ordres? II m'est impossible de le dire. On sait qu'une execu- 
tion de vaudois eut lieu a Avignon, en 1315, et qu'a cette date 
la vallee de Cluson (dans le pays d'Embrun) etait visitee par 
les inquisiteurs ^; et c'est tout. 

Nous arrivons ainsi au pontificat de Jean XXII et a Taction 
des Inquisitions languedociennes contre les vaudois : aux tra- 
vaux de Bernard Gui, a Toulouse, a ceux de Jacques Fournier, a 
Pamiers. Precisement, deux pieces de notre serie se referent a 
ces travaux. Cest, d'abord, un sauf-conduit donne par JeanXXII, 
le 26 aout 1319, a un emissaire de reveque de Pamiers, qui avait 
conduit a Avignon quatre vaudois, dont un diacre de la secte, 
que le pape renvoyait a leur juge naturel (n. 25). Ces heretiques 
etaient des emigres dauphinois qui avaient trouve refuge a Pa- 
miers et y avaient fait de rares proselytes. Ils furent livres au bras 
seculier, en 1320 et 1321 \ 

L'autre piece se rapporte a Jean Philibert, pretre bourguignon, 
une premiere fois condamne comme vaudois par finquisiteur 

1. Limborch, Liber sentent. inquis. Tolosanae, de Bernard Gui, p. 200-201, 
207-208, 216-243, 252-254, 262-265, 289-290, 340-347, 352, 355, 364-366. 

2. Wadding, op. cit., t. v, p. 177-180, ad ann. 1288, n. 14-21; p. 292, ad ann. 
1292, n. 3; Raynaldi, op. cit.^ad ann. 1288, n. 27-28. 

3. Liher. sent. de Bernard Gui, p. 340, 345, Muston, Ilistoire des vaudois. 
Israel des Alpes, premiere histoire complete des vaudois, e<c.,'Paris, 1851, 1879, 
t. in, p. 341. 

4. .T.-M. Vidal, Lr tribunal d'Inquisition de Pamiers, tir. h part, p. 129, 212, 215. 



INTRODUCTION LlX 

de Bourgoorne, puis devenu emissaire de cet inquisiteur, 
emigre en Gascogne, retombe dans Terreur et rondamne une 
deuxieme fois par Bernard Gui. Le pape ordonne a rarchevcque 
de Toulouse de proc^der k sa d^gradation canonique (6 fevrier 
1320; n. 26). 

Jean XXII, absorb^ par sa lutte contre les fraticelles et les sor- 
ciers, prit moins garde a rh^r^sie vaudoise. Nous n*avons de lui, 
en dehors de ces deux lettres, qu'un ordre donne a Jean de Badis, 
inquisiteur de Marseille, relativement a la remise d'un fugitif 
piemontais que l'inquisiteur de ce pays poursuivait pour i>audoi- 
sie^ et qui avait ^te capture a Marseille (8 juillet 1332; n. 120). 

II est probable cependant qu'il faut imputer a des vaudois lc 
meurtre de deux commissaires de Tlnquisition, dans le diocesc 
de Valence, qui se nommaient Catala Faure et Pierre Pascal de 
Saliente (1321). Le pape ordonna qu'une enquete fut faite pour 
etablir les responsabilites et punir les coupables * (n. 33-35, 40). 

Benoit XII eut une action plus resolue contre ces heretiques. 
L'Inquisition de Toulouse en avait,durant les annees 1328 et 1329, 
traque et saisi quelques-uns, tandis que d'autres avaient cher- 
che unasile plus siir jusque dans le B^arn. Le pape engagea le 
comte de Foix, souverain de ce pays, a les y faire rechercher acli- 
vement et k aider a leur punition (29 mars 1335; n. 144). Peu 
aprfes il adressait la meme priere au dauphin de Viennois, tou- 
chant les sectaires caches dans son litat (n. 147). En meme temps, 
Teveque de Valence et Die recevait Tordre de seconder sans 
n^gligence le travail de Tlnquisition sur ses terres (n. 148). 

L'annee suivante, le meme pape sommait les prelats, les inqui- 
steurs, les nobles et les officiers seculiers de Lombardie de s'em- 
ploiyer a la capture de plusieurs Embrunois qui avaient pass^ les 
Aipes pour echapper aux recherches de Tinquisiteur de Provence 
(13 avril 1336; n. 149). Nous savions par ailleurs * qu'une tournee 
inquisitoriale avait ete faite, precisement cette annee-la, dans 
les montagnes d'Embrun; que plusieurs condamnations furent 



1. Les deux heretiques que le bailli de Brian^onnaiset le chAtelain de Queyras 
rcfusaicnt de livrer h rinquisition, en 1331, 6taient probablement aussi dc3 
vaudoi8(n. 114). 

2. Valbonnais, Memoires pour servir d Vhistoire du Dauphind, Paris, 1711, 
p. 346. 



LX BULLAIRE DE L INQUISITION FRANCAISE 

prononcees dans la Valpute (Vallouise), les annees suivantes, et 
qu'on y exhuma meme des cadavres d'heretiques ^. 

A partir de ce moment, Tlnquisition dauphinoise ne cessa d'etre 
sur la breche. Plusieurs archeveques d'Embrun combattirent 
vaillamment a ses cotes. Pasteur de Serrescuderio a fit aux vaudois 
une guerre implacable, » aide en cela par les officiers du dauphin 
Humbert ^. Ils brulerent douze habitants de la Valpute, en face 
de la cathedrale ^ 

Son successeur Guillaume des Bordes (1351-1361), aide de Pierre 
des Monts, inquisiteur,nerestapasinactif*. Parunelettre du 7 mars 
1352, Clement VI s'efforQa d'interesser les archeveques, eveques, 
membres du clerge, moines, seigneurs et ofTiciers civils de toute la 
contree aux efforts de ces deux hommes (n. 211). Mais, si zeles 
qu'ils fussent, les justiciers ne pouvaient se mettre a la poursuite 
de leurs justiciables qui fuyaient de tous cotes. Certains de ces 
heretiques chercherent refuge jusqu'au fond de la Calabre. In- 
nocent VI les signala au roi et aux inquisiteurs du royaume de 
Naples (8 janvier 1353; n. 213). 

En 1263, un nouvel appel est lancc par Urbain V a Tepiscopat 
des quatre provinces de Provence et du Dauphine. Frere Hugues 
Cardillon se prepare a entrer en campagne; il sollicite le concours 
des ordinaires (n. 232) et celui du dauphin (n. 232 bis). Jean 
Richard, son collegue, qui va instrumenter danslesvalleesdudio- 
cese d'Embrun, reclame les memes appuis (n. 233) et, en outre, 
celui du comte de Savoie et du senechal de Provence (n. 237-238). 

Un troisieme inquisiteur — inquisiteur d'occasion — ■ fut le 
nonce Bernard du Bosquet {de Bosqueto), que le pape envoya 
(1364) dans les provinces de Lyon, Vienne, Embrun, Tarentaise 
et Besan^on. II lui donna une commission lui permettant de pro- 
ceder contre les heretiques qu'il rencontrerait sur sa route, et des 
lettres le recommandant aux ecclesiastiques et aux seculiers 
(n. 241-244). 



1. J. Chevalier, Memoire historique sur les heresies en Dauphine, Valence^ 
1890, p. 17 sq. 

2. Gallia christiana, t. iii, col. 1087; Valbonnais, op. cit., p. 191-192, 221. 

3. Muston, op. cit., t. i, p. 52. 

4. En 1353, cent cinquantevaudoisfurent rcconcilies avec rEglise et condamnes 
Ji porter des croix. En 1354, dix-huit autres heretiques de Largentiere firent leur 
abjuration. Chevalier, op. ci ., p. 160 



INTRODUCTION f.XI 

Pendant que rinquisition deployait contre les montagnards 
alpins toutes les ressources de son zele, rarcheveque d'Embrun, 
Pierre Amelii (1365-1378), avait Tidee d'essayer d'un autrc 
moyen pour ramener ces egares. II songeait a donner aux 
populations delaissees, en particulier a celles de la Valpute, des 
pasteurs dignes et instruits, capables de les catechiser et de corriger 
leurs erreurs. Mais il etait un obstacle a la realisation de ce 
projet : c'etait Tappauvrissement des benefices ruraux, par suite 
dc la rapacite des decimateurs etrangers. Quand ces prelats ou 
ces moines avaient preleve leur dime, il ne restait plus quc des 
revenus si maigres qu'on ne pouvait les proposer decemmenl a des 
ecclesiastiques lettres, ayant fait de serieuses etudes. L'archeveque 
deinanda au pape de permettre que ce regime peu equitable fut 
reforme, de faQon que les titulaires des paroisses eussent de quoi 
subsister, sans etre contraints de se livrer a des travaux manuels. 
En attendant la reallsation de cette reforme, Tarcheveque son- 
geait a faire prccher des missions dans la contrec et il suppliait le 
pape d'attacher a ce service quatre moines mendiants, qui 
seraient provisoirement exempts de Tobedience de leurs supe- 
lieurs. Enfin, il demandait que Ton prit des mesures de rigueur 
contre les seigneurs du pays qui, sous main, mettaient des entraves 
a rceuvre de Tlnquisition. Urbain V acccda aux requetes de 
rarcheveque, le 3 aoiit 1366 (n. 260). Piusieurs frj: nciscains 
furent mis a la disposition du prclat, qui se felicita du zele 
deploye et des succcs obtenus par deux d'entre eux, dont Tun, 
FranQois Borrel, devint cnsuitc inquisiteur. Voir les docu- 
nients publies en appendice.lVidee d'une propagande pacifique par 
la predication et la polemique devait etre reprise et realisee avec 
bonheur, trente-cinq ans plus tard, par saint Vincent Ferrier ^. 

Pour le moment, la premiere maniere non seulement ne fut pas 
abandonnee, mais au contraire elle fut intensifiee, surtout lors- 
quc Gregoire XI devint pape. Jusqu'alors il semble qu'on s'en 
fiit tenu a des cntreprises timides, plutot penibles. Les inquisi- 
teurs n'avan9aient qu'a grand'peine. Les prelats, sauf queicjucs 
exceptions, les accueillaient avec indifference et froideur. Les 
fonctionnaires royaux et les seigneurs ne se faisaient pas scrupule 
d'entraver leur action. Le pays n'etait pas siir. Pour y penetrer, 

1. Bouchcr, Histoire chronologique de Prouence, Aix, 166^i, t. ii, p. 427 
Douais, Les freres preduws de Limoges, Toulousc 1892, p. 64-66. 



LXII BULLAlllE DE l'iNQUISITION FRA.NCJAISE 

il fallait organiser de vraies expeditions armees. La garde des pri- 
sonniers y etait presque impossible. Les officiers et hommes 
d'armes, protegeant ouvertement ou sournoisement les heretiques, 
n'accueillaient dans leurs prisons ceux qui leur etaient remis que 
pour les rendre a la liberte aussitot apres. 

Gregoire XI consacra ses efforts a remedier a ce triste etat de 
choses. II adressa, des le 27 mars 1372, un premier appel au comte 
Amedee de Savoie, a Aymar VI, comte de Valentinois, au gou- 
verneur du Dauphine, a Farcheveque d'Embrun et a Teveque 
de Valence, les exhortant a remplir, a Tendroit des ennemis de la 
foi, leurs devoirs de seigneurs et de prelats catholiques (n. 263-267). 
L'annee suivante (27 mars 1373), tout en complimentant le roi 
de France de son zele contre les beghards et les turlupins, il lui 
reprocha le peu d'interet qu'il temoignait a la poursuite des here- 
tiques dauphinois et sa coupable tolerance a Tendroit de fonc- 
tionnaires qui semblaient etre au service des sectaires plutot 
qu'a celui d'un prince chretien (n. 276). Charles V enjoignit au 
gouverneur du Dauphinc de faciliter la tache des inquisiteurs. 
Gregoire lui-meme insista dans ce sens, le 11 octobre 1373, aupres 
de cet ofTicier et des ev^ques de Valence et de Geneve (n. 281-288). 
Mais les intentions et les ordres du pape resterent incompris. 
Le principal obstacle residait dans la mauvaise volonte du gou- 
verneur, Charles de Bouville, et de certains seigneurs dauphinois 
et savoyards. En 1375, le roi Charles fut invite a sevir contre les 
olliciers negligents (n. 287); Amedee de Savoie, a faire cesser les 
difTicultes soulevees par les nobles de ses Etats (n. 289). Ceux-ci 
et les Dauphinois recalcitrants se virent rappeler le sort fait jadis 
au comte Raymond de Toulouse, dont ils semblaient partager 
les sentiments a Tegard de Ferreur (n. 290). Charles de Bouville 
rcQut un avertissement salutaire (n. 291); les prelats des trois 
provinces de Vienne, de Tarentaise et d'Embrun, les eveques de 
Valence, Viviers, Grenoble et Geneve furent sommes de mettre 
lin a leur coupable indiflerence, de prendre la defense des inqui- 
siteurs et de recevoir dans leurs cachots les coupables qui leur 
seraient remis (n. 292). Chacun d'eux dut, en outre, faire promul- 
guer, une annee durant, les dimanches et fetes, dans les eglises 
de son diocese, les anathemes lances contre les heretiques (n.293). 
A tous le pape annon^ait Tenvoi d'un legat special, charge, avec 
rinquisiteur Frangois Borrel (n. 286, note 1), de diriger la luttc 



INTRODUCTION LXIII 

Celait Antoine, eveque de Massa, dont la mission commenga dans 
les premiers jours de mai 1375. Le 6 de ce mois, Gregoire XI 
etendit la juridiction des inquisiteurs a la province de Tarentaise, 
ou nul n'avait jusqu'alors inquiete les heretiques (n. 286). Puis 
il donna a FranQois Borrel la liberte d'organiser dans les provinces 
infestees une campagne de missions dont on pourrait chargerles 
doininicains, les augustins, les carraes et les freres mineurs 
(n. 294). 

Les efforts de Teveque de Massa et de Tinquisiteur Fran^ois 
Borrel furent couronnes d'un plein succes. Ils decouvrirent tant 
d'heretiques que toutes les prisons du paysen regorgerent bientot. 
11 devint urgent de songer a les loger, a pourvoir a leur entretien 
ct a celui des inquisiteurs et de leurs ofliciers. Le pape decreta la 
construction de « murs » a Arles, Vicnne, Embrun et Avignon, et, 
le 11 juin, accorda cent jours d'indulgences a ceux qui contribue- 
raient k cette oeuvre pressante (n. 295). Par ailleurs, il taxait les 
archevoques et evequesdes provinces d'Arles,Aix,Embrun, Vienne 
et Tarentaise, pour une contribution immediate de 4 000 florins et 
pour cinq annuites de 800 florins chacune, destinees a fournir 
rentretien d<!8 prisonniers, la pension dcs inquisiteurs ct le salairc 
de leurs oiHciers. Ces sommes seraient prelevccs sur les fonds 
des ceuvres pies et les restitutions des biens mal acquis. Chacun 
des prelats remettrait sa quote-part a revequc d'Avignon ct 
a rinquisiteur F^ran^ois Borrel, qui, en meme teinps qu'il8 
elaient charges de fulminer rexcommunication contre les refrac- 
taires (n. 296-297), devaient centraliser les fonds, en garder les 
trois quarts pour etre employes par eux-memes et remettre le 
quatrieme au franciscain Bertrand de Saint-Guillem, inquisiteur 
occupe sur un autre champ de la Provence (n. 298). 

Beaucoup d'heretiques, fuyant la repression, s'etaient refugies 
en pays non soumis a la juridiction des inquisiteurs. Gregoire 
voulut qu'on allSit les debusquer, en quelque lieu qu'ils fussent 
(n. 299). II exigea aussi (iu'a defaul des eveques, les inquisiteurs 
punissent les clercs et les religieux concubinaires, dont le nombre 
etait considerable dans ces contrees (9 aout 1375; n. 300). 

Les prclats ne mettaient point de hate a apporter leur 
contribution pecuniaire. II fallait cependant pourvoir a la 
subsistance de reveque de Massa. Grcgoire fixa a quatre florins 
par jour les emoluments qui devaient lui ctre assures par lcs 



LXIV bULLAIRE DE L INQUISITION 1 RANQAISE 

cv^eches, les inonasteres, les cglises, les chapitres et les aulrcs 
communautes (n. 301). Le 7 octobre, en reponse aux questions 
anxieuses des inquisiteurs sur Tentretien des prisonniers, il fit un 
dcvoir a chaque eveque de pourvoir a celui de ses diocesains, soiis 
peine d'y etre contraint a coups de censures et par la force secu- 
liere (n. 302). 

Le 28 decembre 1375, nouvelles plaintes du pontife; reproches 
severes adresses a Charles de Bouville et au conseil delphinal. 
Mecontent de Tattitude qu'ils s'obstinent a garder, le pape va cu 
referer au roi, dont ils meprisent les volontes. II les requiert de 
vciller a la surete des inquisiteurs et de leurs gens (n. 303). Le 18 inai 
1376, Gregoire insiste encore, mais c'est pour demander qu'uno 
partie du produit des biens confisques revienne a Tinquisiteur. 
selon la coutume (n. 305). On se rappelle qu'en 1373 il avait presse 
le roi (n. 277) d'en user a Tegard de tous les inquisiteurs de son 
royaume, comme avec ceux de Laiiguedoc, a qui, en echange de 
leur part sur les confiscations, il assurait une pension fixe. 
Charles V finit par accepter (1378) cette combinaison pour ceux 
du Dauphine ^. 

La mission de Feveque de Massa etait finie en juillet 1376. 
Avant son retour a Avignon, le nonce avait choisi, dans la ville de 
Vienne, un local dependant de la mense archiepiscopale, pour y 
construire les prisons de Tlnquisition. Le pape ratifia ce choix. 
le 22 juillet, et etablit, ce meme jour, rhotel de rOffice dans une 
maison du chapitre sise pres de Thopital de la ville (n. 306, 307). 
Une detente semble s'etre produite dans la repression apres 
le depart de reveque de Massa. Neanmoins Tentretien des prisou- 
niers constituait toujours la difficulte capitale, que les taxes im- 
posees aux prelats avec menaces n'avaient pu resoudre. A la 
priere de FrauQois Borrel, de plus en plus embarrasse, GregoireXI 
fit appel a la piete et a la charite des fideles pour susciter des con- 
tributions genereuses (15 aout 1376; n. 308). 

Le pape etant mort, la periode agitee du Grand Schisme permit 
aux vaudois de reprendre des forces. Frangois Borrel contiiiua 
neanmoins a les harceler jusqu'en 1393 ^ (n. 286, note 1). Mais la 

1. Lea, llisloirede V Inquisilion, t. i, p. 598; t. ii, p. lo2. 

2. Chevalier, op. cit., p. 23-25. Le l^r juillet 1380, il prononga la sentence de 
108 habitants de Valpute, dc 32 de Largentiere et de 29 de Fressinieres. Op. 
cil., p. 129-131. 



iNtRODtCTlbN LXV 

])rocedure inquisitoriale ne reprit avec quelque intensite qu'apres 
le Grand Schisme, sous Tinquisiteur Pierre Faure ^. Elle fut con- 
linuee durant tout le xv® siecle. En 1488, une sorte de croisadc 
fut menie organisee pour rextermination des montagnards irre- 
ductibles. Ils furent traques jusque sur les sommets des Alpes 
et massacres. Ceux qui survecurent a cette battue se fondirent 
plus tard avec les reformes *. 

IV. — DfiTAILS DE I.A PROCfiDURE INQUISITORIALE 

La reforme essentielle apportee a Tordre traditionnel de la 
procedure inquisitoriale, au cours du xiv® siecle, c*est retablis- 
sement des tribunaux mixtes, dont il a ete deja question 
(p. xxiii-xxiv). II etait donc entendu que, siTeveque et Tinquisi- 
teur pouvaient Tun sans Tautre proceder a la capture et a 
rincarceration des suspects, conduire Tinstruction des proces, 
interroger prevenus et temoiirs, il leur etait defendu, sous peine 
de caducite de leurs actes, soit d'emettre une ordonnance de 
torture, soit de prononcer des sentences sans s*etre concertes ou 
sans s'etre delegue leurs pouvoirs '. 

II est bon de rappeler que ces precautions avaient iie prises 
a la suite d'une enquete faite, sur Tordre du pape Clement V, dans 
les ressorts inquisitoriaux de Toulouse et de Carcassonne, par les 
cardinaux Taillefer de la Chapelle et Berenger Fredol (1306-1310). 
Elles s'opposaient comme des remedes aux irregularites et aux 
abus constates; elles pretendaient en prevenir, dans la mesure du 
possible, le triste retour. Plusieurs pieces du dossier de ClementV, 
loutes deja connues, il est vrai, se rapportent a ces evenements 
(n. 3-7, 11; voir les notes ), et nous avons deja dit que Tentente 
des deux juges avait ete la grande loi mise en pratique par tous les 
tribunaux au xiv® si^cle. 

Sur les particularites juridi^iues du code inquisitorial, rieu 

1. Martene, Veler. Hcripf.t l. viii, col. 161. 

2. Sur ces eveiiements, voir Leger, Uisloire des Eglises evangeliques des vcUlecs 
de Piemont ou vaudoises, Leyde, 1669, I. II, c. ui, p. 21, 23-25 ; Perrin, Histoire 
des vaudois, Geneve, 1618, c. iii, viii; Raynaldi, ad ann. 1487, n. 25; J. Chevalicr, 
op.cit., p. 27-127. 

3. Clrment , lib. V, tit. iii, cap. 1 : decret Multoruni querela. Cf. le prescnt 
recueil, n. 5, note 3. 

BULI.AIRE- E 



LXVI BULLAIRE DE L IN(,)U1SITI0N IRANgAISE 

de bien nouveau dans le bullaire : des reeditions de prescriptions 
anciennes; quelques details curleux touchant Tappiication de 
certaities regles. 

10 A deux reprises, 3 juillet 1322 (n. 38) et 25 mai 1328 (n. 79), 
Jean XXII rappela ce que Martin IV avait statue (1281 '), sur le 
droit d'asile, denie aux heretiques et aux suspects. Les agents de 
rinquisition et meme les agents de la force seculiere pouvaient 
arracher ces sortes de prevenus des enceintes sacrees ou ils cher- 
chaient refuge. Le roi de France lui-meme insistait pour que cette 
loi fut observee. II n'y avait qu'une precaution a prendre, c'etait 
d'avoir Tagrement de Feveque et de Tinquisiteur (n. 79). 

2° Une autre regle du droit, fixee des le xiii^ siecle et ayant pour 
but de faciliter la defense des prevenus, c'etait la communication 
qui devait leur etre faite du dossier des charges regues contre 
eux ^. Boniface VIII avait etabli une importante precision con- 
cernant la publication des noms des accusateurs. II ne fallait pas 
que Texception de droit touchant la reticence de ces noms a 
faire par mesure de precaution fut une regle absolue. On devait 
d'abord s'assurer que le danger etait reel, qui menagait les te- 
moins dont les noms auraient etedivulgues. Si nul danger n'etait 
a prevoir, on devait en user comme dans la procedure ordinaire^. 
J'ai dit qu'Urbain V, d'abord, GregoireXI, ensuite, durent rappeler 
les inquisiteurs provengaux, le premier a Tobservation de Fan- 
cienne regle touchant la communication des charges, le deuxieme 
a rapplication de la decretale de Boniface VIII, sur la divulgation 
des noms; et cela, a propos des juifsqui se plaignaient d'etre sou- 
mis surces points a un traitement d'exception (n. 230, 2G9, 270). 

30 Ccs juifs se plaignaient d'ailleurs d'autres procedes arbi- 
Iraires, en particulier de n'etre juges que par lesseulsinquisiteurs. 
L'eveque diocesain n'etait jamais appele a leurs proces. On les 
mettait a la torture, on les condamnait a la prison etroite sans lui 
cn referer. Violation manifeste du decret de Vienne ! 

L'allusion a la torture est a souligner.EUe n'e3t pas la seule f[ui 

1. Ripoll, op. cit., t. II, p. 1. 

2. Voir n. 230, note 2. 

3. Sexl., lib. V, tit. u, De haereticis, cap. 20, 



IMTRODUCTION LXVII 

se prcsente dans le recueil. D'abord Clement V, dans sa lettre 
aux cardinaux de la Ghapelle et Fredol, signale ce moyen de 
contrainte comme etant un des actes du proc^s qu'il faut le plus 
entourer de precautions. II prescrit par avance celles queledecret 
Multorum promulguero plus tard : notamment la presence de 
Tordinaire au jugement interlocutoire de torture (n. 3). 

L'emploi de la torture par les Inquisitions languedociennes 
sert d'exemple a un olficial de Poitiers, qui tourmente une femme, 
prevenue de sorcellerie, en lui appliquant des charbons ardents 
a la plante des pieds (n. 23). Bernard de Puigcertos, inquisiteur 
d'Aragon, aurait menace un de ses justiciables des tourments 
de la question, pour avoir de lui des aveux (n. 53, note 2). Les 
inquisiteurs de Tours, Jean Aufroid et Alain Thomas, usent de la 
lorlure pour ouvrir la bouche aux domestiques d'Herve de Tre- 
valloet, leur prevenu (n. 143) ; Menet de Robecourt, commissaire de 
rin(|uisition de Carcassonne, est accuse d'avoir fait subir un trai- 
tement identique a certains temoins albigeois et castrais, 
qui avaient charge un juif converti (n. 186); enfin, Jean de Cor- 
iieilla, damoiseau du diocese de Saint-Pons, inculpe de blasphe- 
ines, aurait ete applique au chevalet par Tinquisiteur de Car- 
cassonne, Pierre de Maralogio ^ (n. 341). 

4<^ Plusieurs lettres pontiftcales portent concession de dispense 
cn faveur de clercs, de reIigieux,ou meme de simples laiques, enta- 
ches d'irregularite parce qu^ils sont fils ou petits-fils d'heretiques. 
Telle etait la rigueur des sanctions. La tare paternelle se trans- 
mettait jusqu*a la deuxieme generation, tandis que la tare ma- 
lernelle n'atteignait que la premiere ^. L'liitat, aussi bien que 
rEglise, excluait de ses faveurs les descendants d'heretiques. Mais 
les papes levaient mis^ricordieusement Tobstacle. Guillem Garric 
el (iiiillcni Peyre, dc Carcassonne, tousdeux profes de Tordre des 
ficres prccheurs (n. 08, 8H), Isarn d'Aragon, chanoine de Carcas- 
sonne (n. 93, 191), Bernard, Nicolas et Barthelemy Embrin, 
Irinitaires de Limoux (n. 107), Bertrand Boyer, dominicain de la 
l^rovince de Toulouse (n. 115), dontles peres ou les grands-peres 
sont mortsdans Theresie ou ont ete condamnes pour ce crime 

1. Voir J.-M. Vidai,Le/ri6una/d7n^ui«mon de Pamiers, p. 170-184; Tanon, 
Uis'oire des Iribunaiix de 1'Inquisition en France^ Paris, 1893, p. 375-384. 

2. Voir buUe n. 68, note 2. 



LXVIII BULLAIRE DE L^NQUISITION FRANCAISE 

depuis vingt, quaranle et meme soixante-dix ans, sont rendus 
aptes aux charges de leur ordre et aux divers ministeres monas- 
tiques. Le laique Raymond de Tornesan, de Limoux, dontle grand- 
pere a ete condamne pour heresie apres sa mort. est declare ca- 
pable d'exercer les magistratures publiques (n. 212). 

5*^ Quelques rares documents se referent precisement aux pro- 
cedures posthumesde Tlnquisition. Onnoterala bulle du 15 mars 
1319 exonerant les freres mineurs de Carcassonne de toute respon- 
sabilite a Tendroit des restes de Castel Faure, dont la memoire a 
ete condamnee. Ces restes etaient recherches dans le cimetiere 
conventuel pour etre exhumes et brules, mais ils etaient si bien 
meles a ceux d'autres morts qu'il avait eteimpossible delesrecon- 
naitre (n. 21). 

Des proces furent faits aussi au pere de Guillaume Peyre, pres 
de quarante ans apres sa mort (n. 86) ; a Pierre d'Aragon (qu'une 
enquete datant de vingt ans avant sa mort avait reconnu inno- 
cent), quinze ou seize ans apres son deces (n. 93); a Bernard 
Arnaud Embrin, soixante-quinze ans apres sa mort (n. 107). 
a Guillem Fenasse d'Albi, trente ans apres sa mort (n. 166). Enfin 
on trouvera aux n. 106 et 166 une piece ayant rapport a des pro- 
cedures engagees contre des defunts, apres trente et quarante ans. 
Mais ces comptes tres anciens que Tinquisiteur de Carcassonne 
tenait a regler avec ces disparus, les heritiers de ceux-ci les firent 
epurer en cour d'Avignon, et Texamen des dossiers ne donna pas 
raison a Tinquisiteur (voir n. 106, note 3). 

6° L'execration et Tignominie n'atteignaient pas que la me- 
moire etlesrestes mortels des heretiques; elles s'attachaient aux 
demeures qu'ils avaient habitees. La destruction de ces maisons 
fut d'abord ordonnee par les empereurs d'Allemagne Otton IV ^ 
(1210), Frederic II ^ (1232), puis par le concile dc Toulouse ^ 
(1229 ); enfin, par Innocent IV * (1252) et Alexandre IV ^ ( 1257). 

1. Muratori, Antiquitates ItaL, t. v, p. 90. 

2. Huillard-BrehoUes, Historia diplomaticaFriderici secundi, etc.,Va.Tis, 1852- 
1861, t. ir, p. 299. 

3. Conc. de Toulouse, 1229, can. 6 : Labbe-Cossart, t. xi, part. 1, col. 422. 

4. Ripoll, op. cit., t. I, p. 210. 

5. Ibid., p. 330. 



INTRODUCTION LXIX 

Les prescriptions pontificales visaient les demeures desheretiques, 
de leurs fauteurs, de leurs receleurs et celles ou ils avaient celebrc 
leurs rites. Ces batiments ne pouvaient etre releves. Leur empla- 
cement devenait un depotoir infect. Bernard Gui precise ^ que 
cet endroit devait rester a jamais inculte et sans cl6ture, pour 
servir de depot d'ordures (sordium). On a un vivant commentairc 
de ces prescriptions dans la supplique d'Aymon de Caumont 
au pape Clement VI, publiee sous le n. 190. On y voit qu'un de 
ces endroits maudits, situe dans le plus beau quartier de Carcas- 
sonne, etait devenu, a cause de Tinfecte puanteur des immondices 
(jui s'y accumulaient depuis des annees, un tel foyer d'epidemies 
(jue les riches bourgeois du voisinage etaient contraints de deserter 
leurs hotels. Afin de parer a ce danger permanent pour la sante 
publique, afin de pouvoir dresser autour de ce cloaque une cloture, 
iion pas de pierres, mais de piquets de bois, il fallutl'agrement du 
pape. 

A plus forte raison fallait-il Tagrement du pontife pour faire 
cesser completement Tinterdit et la malediction. BernardVersavin, 
secretaire du duc d'Anjou, se munit d'une autorisation en bonne 
forme pour entrer en possession de certaines proprietes de ce 
irenre, qu'il desirait acheter ou esperait obtenir gratuitement de 
la munificence de son maitre. II put y blltir ou y organiser la cul- 
ture (n. 284). Certains jurisconsultes italiens pretendaient qu'il 
sufTisait a un catholique d'avoir possede pacifiquement un terrain 
de cette nature pendant quarante ans, pour avoir le droit d'y con- 
struire une maison. D'autres tenaient pour la perpetuite de Tin- 
terdit inquisitorial. Dans ce pays, les autorisations de batir sur les 
terrains maudits finirent par Hre delivrees par les inquisiteurs 
eux-memes ^. En France, nous savons qu'a la suite d'une discussion 
entre les ofliciers royaux et les inquisiteurs du Dauphine, Char- 
les V abolit la pratique de Texecration des maisons pour cette 
province; et le pape Gregoire XI acquies^a a sa decision ^. 



1. Practica I nquisUionis heretice pra.>itatis, ed. Douais^.Paris, 1886, p. 59- 
159. 

2. Zanchini, Tractalus de haereticis, Rome, 1579, p. 241-24'i. 

3. Isambert, Anciennes loix francaises, Paris, 1822-1833, t. v, p. 491. 



LXX BULLAIRE DE l'iNQUIS1TI0N FRANgAISE 

V. — L'INQUISITION FRANQAISE ET SES JUDICIABLES EN 
RELATION AVEC LA CURIE. — ACTION PERSONNELI>E DES PAPES 

Ce recueil est le dossier des rapports du pape avec Tlnquisi- 
tion de France. Que ces rapports aient ete frequents, il n'est rien 
qui soit plus comprehensible. Les tribunaux d'Inquisition par- 
ticipaient a la juridiction eminente et privilegiee du pontife; leurs 
chefs etaient « deputes par Tautorite apostolique »; ils travail- 
laient a la defense de Torthodoxie, dont le pape etait le regula- 
teur; les details de leur code de procedure avaient ete fixes ou 
approuves par Rome. II etait naturel que le pape suivit leurs tra- 
vaux d'assez pres, qu'eux-memes eussent repours aux directions 
du Saint-Siege et qu'ils sollicitassent de lui, quand il etaitneces- 
saire, un siircroit de facultes ou un concours eminemment efficace. 

D'autre part, Tlnquisition se trouvait mise en contact avec 
la Curie, a Toccasion des appels interjetes, au tribunal supreme 
de TEglise, par des justiciables mecontents de la procedure ou 
des sentences. On constatera que Toccasion d'intervenir dans 
les affaires d'Inquisition a ete fournie au pape par les accuses 
plus frequemment que par les juges; ce qui signifiera sans doute 
que ceux-ci eurent moins besoin de directions et de lumieres que 
de correction et de reforme. 

Enfin, en dehors des cas ou rintervention pontificale fut solli- 
citee par les juges ou par les prevenus, ejle se produisit en mainte 
circonstance, directe, spontanee, soit pour provoquer la repres- 
sion d'une heresie et procurer aux inquisiteurs la bienveillance 
et la collaboration des pouvoirs seculiers, soit pour une action 
judiciaire a entreprendre au nom du pape, par-dessus toute autre 
juridiction. 

Voyons les cas les plus saillants, qui ont trait a chacune de ces 
formes d'intervention. 

1® lnteri>ention sollicitee par les inquisiteurs. — A la demande 
des interesses ou de leurs superieurs monastiques, le pape accorde, 
confirme, proroge des brevets d'inquisiteurs; il modifie les cir- 
conscriptions; il concede des graces, des benefices, des privileges, 
des exemptions aux juges et aux officiers des tribunaux; il etend 
la competence des magistrats a des especes nouvelles; il apporLc 



INTRODUCTION LXXl 

des precisions ou des derogations aux rfegles juridiques. Les cha- 
pitres qui precedent sont remplis d'exemples rentrant dans Tune 
ou Tautre de ces categories. 

Certains inquisiteurs sollicitent des eclaircissements surlacon- 
duite a tenir dans les cas embarrassants. Pierre Brun, envoyant 
au pape un rapport sur ses travaux, lui soumet TafTaire d'un pre- 
tre inculpe d'heresie sur la denonciaton d'accusateurs dont cer- 
tains etaient suspects de faux temoignage. Le pape voulut qu'on 
8'en remit aux lumieres d'une assemblee consultative (n. 63, 69). 
Henry de Chamay, engage dans une procedure contre Barthc- 
lemy Bruguiere, fraticelle, que ses freres en religion ont tente 
d'arracher des mains de Tinquisiteur, ne sait comment se tirer 
de cette epineuse aflaire. Le pape lui ordonne d'aller de Tavant 
(n. 84). Des reponses du meme genre sont faites a d'autres inqui- 
siteurs ou eveques hesitants (n. 24, 90, 92, 112). 

Le pape est Tintermediaire et Tarbitre naturel entre les trihu- 
naux d'Inquisition, soit pour trancher les conflits de competence, 
soit pour faciliter la transmissiondesprisonnierset deleursdossiers, 
soit pour provoquer des echanges de bons services entre magis- 
trats travaillant a la meme cBuvre. Jean XXII ordonne Textra- 
dition d'un groupe d'heretiques, sujets de Tlnquisition de Pamiers, 
captures en Aragon. La raison qui motive cet acte, c'est que ces 
individus peuvent fournir de precieuses indications au juge appa - 
meen sur leurs complices. D'ailleurs, leur arrestation etait Toeu- 
vre d'un limier de Jacques Fournier (n. 53). D'autres cas d'extra- 
dition se presentent aux n. 74 et 120. L'inquisiteur de Carcassonnc 
reclame deux de ses prisonniers fugitifs a son colUgue de Provence 
qui les a arretes; et Tinquisiteur de Piemont veut ravoir un vau- 
dois de ses terres capture a Marseille. 

Les expatriations d'heretiques etant chose frequente, rceuvre 
des inquisiteurs aurait ete compromises'ils ne s'etaient entr'aides 
pour capturer leurs justiciables fygitifs, Benoit Xll ordonne aux 
prelats et aux inquisiteurs de Piemont de rechercher et d'appre- 
hender les vaudois provenQauxquiont trouve unrefuge sur Tautre 
versant dcs Alpes. L'inquisiteur de Provence envoie des emissaires 
poijr diriger les operations (n. 149). Meme requisition aux prelats, 
au clerge, auxseigneurs et aux ofliciers, et jusqu'au roi d'Aragon, 
pour la capture d'heretiques recherches dans ce pays par Tinqui- 
siteur de Toulouse (n. 195-196). Bernard Dupuy, inquisiteur 



I>XXII BULLAIRE DE L INQUISITION FRAN^AISE 

de Provence, proceda en personne a la recherche de ses sujets 
fugitifs; et, comme il comptait pousser aussi jusque dans TAra- 
gon, la Castille etle royaume de Leon, Innocent VI invita les 
rois de ces pays a lui faciliter son oeuvre (n. 224). II lui donna des 
lettres pour le legat Gui de Boulogne, pour les prelats, les inqui- 
siteurs, les nobles, les membres du clerge, les ofTiciers de la force 
publique, et, faveur plus rare, lui conceda la faculte de proceder 
sommairement contre ces fugitifs, en quelque lieu que ce fut 
(n. 225-229). 

La communication des dossiers d'une Inquisition aTautre etait 
quelquefois ordonnee par le pape, a la priere des inquisiteurs. 
Les documents du grefTe suivaient le suspect extrade; ou bien 
ils etaient transmis pour information a un juge qui esperait y 
saisir les preuves de la culpabilite d'autres heretiques. Enfin, 
les pieces de la procedure de premiere instance etaient toujours 
reclamees par le juge d'appel. (Voir n. 30, 65,75,82,94,109-111, 
140, 146, 158, 172, 176.) 

2° Interyention du pape provoquee par les justiciables de Vln- 
quisition. — II est de mode, dans les ouvrages modernes traitant 
de la procedure d'Inquisition, d^affirmer que Tappel des inCuIpes 
au Saint-Siege constitufit une rarete. II etait, dit-on, rendu 
difTicile par les inquisiteurs qui refusaient presque toujours les 
lettres apostoli, sans lesquelles un appelant ne pouvait aller en 
deuxieme instance. Et Ton ajoute, en tout cas, que Tappel au 
Saint-Siege n'etait admis que d'une sentence interlocutoire. « Les 
sentences definitives, et particulierement les sentences de mort, 
n'etaient susceptibles d'aucun recours ^. » Et, de vrai, les 
canons exigeaient cette exclusion, en haine de Terreur ^. Pourtant 
la rigueur des canons flechissait quelquefois ; et le Saint-Siege 
n'etait inaccessible ni aux simples prevenus ni meme, quoique 
plus rarement, aux condamnes. Quelques pieces de notre recueil 
etablissent ce fait pour les deux categories de justiciables. 

Laissant de cote les cas ou le pape refuse d'entendre un recours 
qui ne lui parait pas se presenter de fagon normale et renvoie Ics 
plaideurs aleurs premiers juges (n. 31, 100), parlons des appels qu'il 

1. Lea, llist. de VlnquisUion, t. i, p. 508 ; Tanon, Hisl. des trihunaux de Vln- 
quisition, p. 436, 438-440. 

2. Sv.rt., lil). V, til. r, cap. 18. 



INTRODUCTION LXXIII 

consent a faire discuter sous ses yeux, ou bien ailleurs en sonnoin. 

II s'agit quelquefois moins d'un appel en forme presente par un 
accuse que d'une information extrajudiciaire que celui-ci adresse 
ou fait adresser au pape pour lui signaler ce dont il a a se plain- 
dre. Si la chose en vaut la peine, le pape peut, soit evoquer la 
cause a son tribunal, soit exiger communication du dossier, et 
suspendre provisoirement le cours des debats (n. 13, 14, 100). 
Ainsi Jean XXII, ayant oui dire que des proc^s etaient intcntes» 
a Toulouse et a Carcassonne, contre des defuntsqui iravaient pas 
«'te convaincus d'heresie de leur vivant, defend aux inquisiteurs 
d'aller plus avant sans lui avoir communique les dossiers a lui- 
ineme (n. 106). 

L'evocation d'une afTaire au tribunal papal peutavoirlieu, aplus 
forte raison, lorsque Tappel a ete presente selon toutes les regles. 
Ainsi, dans la cause de Jean de Parthenay, le pape decide que Ton 
ne tiendra compte, en appel, des dossiers de la prcmifere instance 
que pour simple information, et qu'on recommencera toutes choses 
conime s'il n'avait ete rien entrepris par Tinquisiteur de Tours 
(n. 6(j), Benoit XII fait reprendre de ineme tout le proces engage 
par Menet de Robecourt contre les bourgeois d'Albi (n. 176). 

Enfin, le motif de Tevocation d'une afTaire au tribunal papal 
peut dtre simplement Tinterct particulier qui s'attache soit au 
delit, soit au prcvenu, et dont le pape a saisi rimportance. Maisil 
s'agit alors de proces engages sur Tinitiative mcme du pontife. 
Nous les retrouverons bientdt ^. SoIIicitee ou non, lapreoccupa- 
tion de la cause par le tribunal apostolique suspend Taction du 
juge inferieur. L'afTaire est entreprise, ou reprise ab ovo. 

L'appel proprement dit des justiciables de Tlnquisition au tri- 
bunal du pape fut relativement frequent au xiv® siecle. D'abord, 
celui des condamnes, dont je puis signaler trois cas bien certains. 
Lcs deux premiers furent soumis a Jean XXII, qui, malgre sa 
severile pour les heretiques ou les suspects d'heresie, en admit 
la recevabilite. 

L'eveque de Paris Michel de Besangon et Tinquisiteur Atibert 
de Chalons ont fait un proces, pour heresie et sorcellerie, au chi- 
rurgien Jean Anselme de GSnes et au clerc auxerrois Reginald 
de Cravant. Les debats ont abouti a une condamnation. Lasentencc 

1. Vttir p. Lxxx, 3". 



LXXIV BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

a edicte le bannissement et une amende de centlivres, que chaque 
condamne a du payer avant d'etre delivre de sa prison. De plus, 
ils ont rcQu, comme penitence, des jeunes et un pelerinage a 
accomplir, le premier a Saint-Jacques de Compostelle, le second a 
Saint-Nicolas de Bari. Enfin, les juges leur ont extorque, per 
vim et Tnetum,\e serment de ne pas interjeter appel de cette sen- 
tence. 

Mais les condamnes,ne s'estimant pas lies par une telle promesse, 
s'empresserent, des qu'ils furent libres, de soUiciter du pape la 
revision de leur cause.L'accusation portee contre eux etait fausse; 
nuUe diffamation prealable ne la motivait; Vordo juris n'avait 
point ete observe; les juges avaient prononce la condamnation 
contre Tavis de leur conseil; ils avaient soumis leurs prevenus a 
un regime cellulaire des plus cruels, et cela, pour leur extorquer 
de Targent; enfin, il y avait ce serment indument arrache a la 
faiblesse des patiemts. Le recours etait hors des usages, les interes 
ses le savaient bien : Non obstante quod hujusmodi causae non 
sint de sui natura in dicta Curia [romana) pertractandae. 

Malgre cela, le pape consentit a le recevoir. II ordonna aux 
juges de faire la remise des documents afferents aux deux causes, 
dans les deux mois, et de se presenter eux-memes a sa barre, s'ils 
y avaient interet. Les magistrats livrerent les documents, dont 
le pape leur accusa reception, le 14 juin 1331 (n. 109-111). Nous 
ignorons Tissue du proces. 

Gregoire XI, qui partageait,a Tendroit des heretiques, les senti- 
ments de Jean XXII, regut aussi et fit discuter le recours d'un 
clerc de Cahors qui se pretendait favorise de visions, dont un cer- 
tain nombre de pretres et de docteurs avaient proclame Torigine 
divine, mais que Tinquisiteur Hugues de Verdun qualifia, apres 
enquete, de suggestions du Malin.Le visionnaire fut declare excom- 
munie et,apres qu'il eut demande et obtenud'etre releve de cette 
censnre, reconnaissant ainsi qu'il etait coupable, Tinquisiteur le 
cond^^mna a une amende, en punition, disait-il, de sa credulite. 

Mais le condamne en refera au pape. II n'avait cru a Torigine 
divine de ses revelations que sur Tavis de personnes autorisees, 
pretres et maitres es sciences theologiques, en particulier sur 
celui d'un dominicain nomme Raymond, lequel avait soigneu- 
sement examine Tecrit contenant le recit des visions et n'y avait 
rien releve qui ne f ut orthodoxe. Dans la suite, ce confident Tavait 
trahi, denonce a Tinquisiteur et condiiit en sa presence. Nulle 



INTRODUCTION LXXV 

ritation TiguMkre \Vordo juris avait ^te n^glig^. Apr^s interroga- 
f oire, Tinquisiteur avait exige du suspect une declaration ecrite con- 
tenant Texposede sonsentiment a Tendroit des fameuses visions. 
La declaration avait ^t^ ridig^e; rinculp^ y exprimait des doutes 
formels sur Torigine et la valeur des revelations; il ne croyait pas 
a leur authenticite, il en doutait. Mais le dominicain Raymond 
ayant rature une simple negation dans Tecrit, Texpression de 
doute s'etait transformee en declaration de croyance. La con- 
damnations'en etait suivie. Le pape ordonna^ Tevlque de Couse- 
rans de reprendre TenquSte sur le fait des visions, d*entendre les 
deux parties et de punir le visionnaire, s'il etait un imposteur 
ou une victime d'illusions diaboliques, d'infliger une penitence a 
rinquisiteur et a son socius, s'ils etaient reconnus coupables 
d'injustice (1377; n. 310). 

Ainsi, meme en matiere d'appel apres condamnation, la regle 
^anonique souffrait des exceptions. 

Lc recours d'un prevenq, au cours de Tinstruction, n'etait 
pas qne exception; la loi Tautorisait. II fut plus frequent que 
d'aucuns ne pensent. Cetait tantot la recusation du juge pour 
raison d'incompetence ou suspicion d'inimitie, tantot la pro- 
testation contre des vices de forme et des abus de pouvoir, 
qui le motivaicnt. Le sire de Parthenay recuse rinquisiteuf 
Maurice de Saint-Paul, parce que suspect de partialite, et reve- 
que de Paris, pour incompetence (n. 46, QQi). Herve de Trevalloet 
recuse ses deux juges, parce que parents ou amis de ses accusa- 
teurs, les Guergolle (n. 143). L'abbe et les moines de Gaillac invo- 
quent Texception d'inimitie pour recuser Toflicial de Rodez, dans 
le proc^s de certains de leurs freres inculpes d'heresie (n. 220). 
On doit en dire autant de Guillem Fenasse d'Albi, par rapport 
a un inquisiteur de Carcassonne, a propos d'un proc^s intente a 
la memoire de Guillem Fenasse, le Vieux (n. 166). Enfin, il faut 
voir une sorte de recusation de Tinquisiteur dans la petition de 
ce prevenu de Carpentras qui se morfond depuis longtemps dfins 
un cachot en attendant que son juge absent vienne reprendre 
Tinstruction de sa cause. Le malheureux voudrait payer a Tinqui- 
siteur ses frais de voyage, mais il n'en a pas les moyens. II supplic 
le pape de remettre son sort a un mi^gistrat plus facilement acccs: 
sihle. Urbain V designe rofTicial de Carpentras (n. 239). 



LXXVI BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

Les abus de pouvoir, les fantaisies juridiques des inquisiteurs, 
leurs sentences interlocutoires provoquent de frequents recours. 
Guillaume de Pecquigny, fils du celebre vidame d'Amiens, refor- 
mateur royal en Languedoc,demande au pape Clement Vla revo- 
cation de la sentence d'excommunication portee par GeofTroi 
d'Ablis contre son pere prevenu d'obstruction au Saint-OfTice. 
Le pape accueille le recours et depute, pour le discuter, trois 
cardinaux qui annulent la censure (n. 4 et note 1). 

On objectera peut-etre que Pecquigny etait un fonctionnaire 
de Philippe le Bel et que le pape qui le fit acquitter manquait 
de tendresse pour Tlnquisition. Voici Jean XXII et BenoitXII 
qui imitent Texemple de Clement V. 

Jean de Parthenay et Herve de Trevalloet se plaignent a eux 
des entraves mises a leur droit de defense.Le premier nepeut se 
concerter avec ses parents ou ses conseillers; nul notaire ne veut 
rediger son acte d'appel, sous pretexte que Tinquisiteur a fulmine 
Texcommunication contre tout scribe qui aurait prete ses services. 
Cest du moins ce que Ton raconte (n. 46). Le second affirme que 
ses juges ont sciemment regu le temoignage de gens subornes et 
payes; qu'ils ont prononce la saisie de ses biens et de ceux de 
sa femme et de ses freres, emprisonne et excommunie ses defen- 
seurs, torture ses domestiques et, comme ceux-ci n'etaient pas 
disposes a accuser leur maitre, qu'ils les ont tenus pour heretiques 
etlivres au bras seculier. La maniere dontBenoit XII parle de ces 
accusations prouve qu'il les croit fondees; et il n'y a aucun doute 
que certaines le fussent : ainsi la confiscation desbiensdc toute la 
familleTrevalloet et les injustes traitements infliges aux temoins 
(n. 143, 158, 167, 169). 

L'arbitraire juridique de Menet de Robecourt est denonce a 
Irois reprises au Saint-Siege : une premiere fois, par un groupe de 
bourgeois d'Albi, qui, soupgonnant ce magistrat d'avoir instru- 
mente sans mandat, Taccusent de leur avoir impute a crime une 
protestation presentee par eux au cardinal Fournier contre les 
faits et gestes de certains subalternes de rinquisition. Une deu- 
xieme fois, ce sont des temoins castrais et albigeois qui Taccusent 
de s'ctre laisse corrompre a prix d'argent par un juif prevenu 
d'heresie. Ils se plaignent d'avoir ete mis au secret, tortures et 
Sollicites de toutes manieres pour qu'ils consentissent a retirer 
leurs depositions contre ce juif; et, comme ils se montraient 



INTRODUCTION LXXVII 

ferrries dans leurs dires, ils allirment que Menet en avait fait 
inlerpoler la relation ccrite. Enfin, on les rendit a la liberte. Mais 
alors on craignit qu'ils ne denongassent les cnormites dont ils 
auraient ete temoins ou victimes, et Tinquisiteur en personne 
leur fit reintegrer leurs cachots (n. 186). Une troisieme plainte 
denon^a le refus persistant des inquisiteurs de Carcassonne de 
remettre aux heritiers de Pierre de Tournemire une copie des 
novissima verha de ce pretre, recueillies par Menet d^ Robecourt, 
quelques instants avant la mort du malheureux. Ainsila defense 
etait rendue impossible (n. 189). Au surplus, Tarbitraire de Menet 
avait trouve moyen de se produire lors de cette deposition in 
extremis. Deux religieux figuraient comme temoins dansle pro- 
ces-verbal, alors qu'ils n*etaient survenus que lorsque tout etait 
termine (n. 28, nole 3). Je dois remarquer que tousles griefs arti- 
culcs contre Menetde Robecourt, dans le premier et le troisifeme 
de ces recours, furent reconnus exacts; les jugements dcnnerent 
raison aux appelants. Pour ceux de la deuxieme categorie, 
nous devons nous en tenir au rapport des interesses; mais il est 
a croire qu'ils n'ont pas cree cette histoire de toutes pi^ces : en 
particulier, le fait de leur incarceration ne peut etre r^voque en 
doute. 

D'autres appelants denoncent les procedes fiscaux de leurs 
juges *. AlainBourret d'Exideuii se plaint d'une extorsion d'argent 
compliquee de pacte frauduleux, perpetree par Tinquisiteur de 
Tours, Arnaud Mandavin, a roccasion d*un proc^s intent6 au 
pere du plaignant. Cet inquisiteiir pretendit ne mettre son pre- 
venu en liberte que sur une caution de cent marks d'argent que 
quatre fidejusseurs s'engageraient a payer, s'ils ne pouvaient 
« presenter » leur client a toute requisition. II avait fallu en passer 
par la. Maintenant encore, bien que le libere fut mort depuis sept 
ans, rinquisiteurpretendaitobligersesfidejusseurs ale «presenter ». 
Illcsavait sommes de s'executer, et, comme ils ne le pouvaient, 
il les avait excommunies, eux et leurs femmes. Puis il avait lixe 
a soixante livres tournois la somme a payer pour obtenir Tabso- 



1. Les chapitres generaux de rordre des frferes pr^cheurs (Florence, 1321; 
Vienne, 1322) avaient charge les provinciaux de punir les abuides inquisiteurs 
en matiere d'exaction8 pecuniaires. Reichert, op. cit., t. ii, p. 134, 141 : do 
inquisitoribus heretice prai'itatis, quod non extorqueant pecuniam. 



LXXVIII BULLAIRE DE L INQUISITION FRANCAISE 

lution de cette censure. Alors fut decide le recours au pape, qui, 
(le 24 juin 1344), chargea reveque de Perigueux de faire rendre 
justice au plaignant et de citer Tinquisiteur au tribunal du Saint- 
Siege, si les faits allegues etaient exacts (n. 194). 

Etienne de Lacombe, inquisiteur de Toulouse et partisan de 
Benoit XIII, avait cherche querelle a sept dominicains ou fran- 
ciscains de cette ville, connus pour leur adhesion au concile et 
au pape de Pise. II avait instruit leur proces et les avait jetes en 
prison. Ils en appelerent a Jean XXIII, qui fit juger lelitige par 
rarcheveque de Toulouse. Ils furent acquittes (n. 340). 

Arnaud Pastou, de Caunes en Minervois, inculpe de blaspheme 
mais qui se pretend d'absolue bonne foi et de religion tres pure, 
denonce de meme Tinquisiteur de Carcassonne Pierre de Matriolis, 
qui, a la suggestion des ennemis du plaignant, Ta mis en etat 
d'arrestation et a tente de luiporter prejudice dans sa bonne 
renommee et dans ses biens (en 1407; n. 333). 

Un autre blasphemateur, du diocese de Saint-Pons, que Pierre 
de Marvejols, successeur du precedent inquisiteur a Carcas- 
sonne, a inculpe d'heresie pour quelques jurements proferes dans 
un mouvement de colere, qu'il a mis a la torture, depouille de 
ses biens, droits, cens et revenus, a qui il a refuse de statuer sur 
son sort et qu'il a laisse longtemps languir dans derudes cachots, 
demande justice a Jean XXIII; et le pape veut que, si soninno- 
cence ressort de Tenquete qu'il prescrit de faire, ce malheureux 
soit rehabilite et indemnise, et que, s'il est reconnu coupable, on 
le releve tout de meme de son excommunication et on le renvoie 
en paix (en 1411 ; n. 341). 

L'annee suivante, des bourgeois narbonnais se plaignirent 
du meme inquisiteur. 11 avait tente de leur extorquer de Targent, 
sous pretexte d'ecritures et de frais divers, au cours d'une en- 
qucte, commencee contre eux alors que deja rofficial etait saisi 
de ralfaire. Et, d'ailleurs, raccusation de sorcellerie qui avait 
motive Tun et Tautre proces etait, d'apres eux, pure calomnie 
(n. 342). 

Tels sont les cas d'appel au Saint-Siege que nous relevons dans 
nos documents. Ils sont — en comptant les recours pour recusa- 
tion et les evocations des causes provoquees par des recours — au 
nombre de dix-huit, dont trois ont suivi la sentence de condamna- 
tion. Je souligne encore Timportance de cette constatation, au 
nom des droits dus a la verite. 



INTRODUCTION LXXIX 

Quaiul il avait accueilli un appel, le pape nommait un ou 
plusieurs commissaires pour en connaitre *. L'instruction se 
faisait tantot in Curia (n. 4, 66, 106, 109, 111, 143, 158, 173, 176), 
lant6t extra Curiam (n. 166,186, 194, 220, 239, 280, 310, 333, 341, 
342). Quelquefois le pape se reservait la decision apres instruction 
close (n. 106-176) et il lui arrivait, soit de recevoir les rapports 
dcs commissaires (n. 140, 158, 169, 176), soit de rendre son juge- 
nienten plein consistoire (affaire Menet de Robecourt, n. 176). Les 
commissaires etaient des cardiliaux (n. 4, 106, 140, 158, 176 etc), 
oudeseveque8(n. 68, 166, 186, 194, 310, 340, 341), ou d'autres 
dignitaires ecclesiastiques (n. 220-239, 329, 342). 

Les documents ne permettentpas toujours de se rendre comptc 
du resultat final de rappel. Pour uiie dizaine des cas mentionnes 
Ton a de sullisants renseignements. Guillaume de Pecquigny, 
Jean de Parthenay, les bourgeois d'Albi, victimes de Menet de 
Robecourt, gagnent leurs proces ; les heritiers de Pierre de Tour- 
ntunire obtiennent que la revision de la cause de leur parent 
soit entreprise et elle aboutit, a la longue, a la rehabilitation du 
defunt. Herve de Trevalloet fait revoquer plusieurs mancEuvres 
odieuses decretees par les inquisiteurs, et il obtient que ceux-ci 
soient soinmes de justifier leurs actes. Tres probablement il 
eut gain de cause. Guillaume Fenasse, 1'abbe et les moines de 
(iaillac, qui recusent leurs juges, 9'en voient attribuer d'autre3 
plus impartiaux. Le prisonnier pauvre de Carpentras obtient 
d'etre juge par un magistrat dont le deplacement sera plus eco- 
nomique. Les religieux toulousains persecutes pour adhesion a 
robedience de Pise sont acquittes en appel. Enfin, les plaintes des 
heritiers du groupe de d6funts dont les Inquisitions languedocien- 
nes avaient repris les proces aboutirent a une miseaurebut totalo 
ou presque totale des dossiers reconnus inoffensifs. 

<^)uant aux appels dont nous ne connaissons pas la conclusion, il 
n'esl pas temeraire de conjecturer (fu'ils furent tous, ou peu 8'en 
faut, termines favorablement pourceux qui les avaient interjetes. 
Les abus denonces etaient trop criants, les denis de justice trop 
exorbitantspourn'avoir pas provoqu^, sinon toujours la puni- 



1. II nommiiit aussi des commissions rogatoircs pour proceder sur piace a 
dcs iiiterrogaloires de temoini, a des citations, etc. E.\. : n. 143, 151, 158, 17'i, 
176, 178, 180. 



LXXX BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

liondes jiiges ', du moiiis racquittement et la rehabililation 
des accuses. 

Sonime toute, la juridiction d'appel en matiere dTnquisition 
fut un bienfait pour les inculpes. Les injustices, la cupidite, la 
legerete, Tignorance de certains inquisiteurs ou commissaires 
d'Inquisition trouverent aupres de la Curie un bienfaisant contre- 
poids. Ces magistrats privilegies, les plus puissants de TEglise, 
eprouverent que leur fantaisie et leur zele excessif ne pouvaient 
tenir lieu de loi. La procedure de rinquisition etait assez excep- 
tionnelle pourqu'on se gardat de la rendre odieuse en la reduisant 
cncore ou en la compliquant de procedes vexatoires. Le controle 
pontifical devint d'autant plus necessaireque,les heretiques venant 
a manquer dans la plupart des tribunaux frangais, les juges eurent 
une naturelle tendance a ergoter sur des vetilles et a chercher 
noise a d'inoffensifs pecheurs ou a de pauvres gens superstitieux. 
11 fallait surveiller le rouage delicat de Tlnquisition pour qu'il 
iie fonctionnat pas a tort et a travers. Cest ce qu'il semble que les 
papes ont fait durant la periode que nous etudions. 

3° Interi^ention spontanee et action personnelle des papes en 
matiere d'heresie. — L'heureuse influence de la Curie romaine sur 
rinquisition frangaise ressort egalement de diverses interventions 
et mesures de clemence decidees en dehors de toute procedure 
d'appel. Clement V rend le plus grand service aux justiciables du 
Saint-Office en ecoutant les plaintes des populations du Langue- 
doc et en organisant renquete cardinalice qui prepare les voies 
aux reformes du concile de Vienne (n. 3 et notes). Jean XXII se 
aisse flechir par les instances de la reine Jeannc de France et fait 
grace au fraticelle Conrad, son ennemi (n. 104, 105). II rappelle 
en termes severes, au roi de Majorque et a reveque d'Elne, que 
leurs sentiments personnels a i'endroit du prevenu Adhemar dc 
Mosset ne doivent pas les entrainer a commettre des injustices. 
D'ailleurs, afin de faire contrepoids a rinfluence de cet eveque et 
de rinquisiteur, le pape leur adjoint Teveque de Maguelonne, 
pour juger cette cause (n. 131, 135, 136). 

Benoit XII fait reintegrer dans Tordre franciscain le fraticelle 
Barthelemy Bruguiere (n. 145) et Gregoire XI rend la liberte a 



1. Cependant, aux n. 194 et 310, le pape prevoit, le cas echeant, la punitioiij 
de rinquisitcur. 



INTRODUCTION LXXXI 

Bidon de Puyguillem, capitaine de routiers, apr^s six ans de pri- 
son {n. 262). Clement VI, ayant oui dire que les inquisiteurs de 
Majorque, de Roussillon et de Cerdagne manquaient d'impar- 
tialite dans leur procedure, ordonne au general des dominicains 
de les remplacer par des religieux non suspects (n. 197, 198). On 
n'a pas oublie les lettres d'Innocent VI et de Gregoire XI rappe- 
lant que les juifs prevenus d'heresie doivent etre soumis au regime 
juridique habituel, surtout en ce qui concerne Texercice du droit 
de defense (n. 230, 269, 271). On se rappelle Clement VII remet- 
tant aux ordinaires la connaissance des delits d'heresie commis 
par les juifs de diverses provinces frangaises, et cela, afin d'empe- 
cher ces prevenus d'etre molestes par les inquisiteurs (n. 318). On 
se souvient enfin qu'Urbain V invita Tinquisiteur de Toulouse k 
ne pas empieter sur les droits des ordinaires dans la repression du 
crime de blaspheme (n. 259). Dans toutes ces decisions^ on pergoit 
le souci tr^s efTectif de proteger les faibles contre Tinjustice et 
Tarbitraire et d'user de clemence envers les coupables venus a 
resipiscence. 

II faut relever aussi, au compte de Tindulgence et de la charite 
apostolique, les essais d'evangeIisation tentes aupres des popu- 
lations que Tignorance de la verite, plutdt que Tobstination dans 
Terreur, tenait ^loign^es de Torthodoxie. Ces essais sont rares, a la 
verite; du moins, nous n'en connaissons qu'un petit nombre, 
mais ils ont leur merite et leur signification. Rappelons Tenvoi 
de missionnaires dans les vallees du BrianQonnais, sollicite par 
rarcheveque d'Embrun accorde par Urbain V (n. 260); la mis- 
sion que Gregoire XI organisa, en 1375, dans les provinces d'Arles, 
d'Aix, d*Embrun, de Vienne et de Tarentaise, et qui dut avoir 
quelque ampleur, puisque des religieux de quatre ordres y furent 
employes : augustins, carmes, franciscains et dominicains (n. 294); 
enfin, les missions de Corse confiees aux fr^res mineurs a diverses 
reprises (cf. ci-dessus, p. xiii-xiv et n. 280). 

A cote de Tindulgence et de la douceur, la s6verite et la force. 
Presque toutes les pihces de ce bullaire temoignent de Timpor- 
tance que les papes attachaient k Taction de Tlnquisition. Elles 
ont pour but, soit d'organiser la repression de telle categorie 

1. Cf. n. 274 : letlre de Grrgoire XI pour la r^conciliation des LoUards peni- 
lenls; n. 319 : lacte de clemence en faveur dHugues Aubriot; n. 343 : la rati- 
fication de racquittement de Dominiquc Bens. 

BULLAIRE ' F 



LXXXII BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANQAISE 

de delits, soit d'introduire ou d'intensifier rinquisition dans les 
pays contamines. Nous les avons notees au cours des trois premiers 
paragraphes. Ce sont des actes d'initiative qui tiennent a Texer- 
cice du ministere et du magistere apostoliques. 

A la defense de la foi tous doivent contribuer, non seulement 
les juges monastiques et diocesains, les prelats, les clercs et les 
religieux, mais aussi les rois, les princes, les seigneurs, les fonc- 
tionnaires, les magistrats, les hommes de guerre, les gens de police 
et jusqu'aux bourgeois et aux manants. Le pape ne manque pas 
d'ecrire lettres sur lettres, pour rappeler a tous leur devoir. On 
remarquera celles qui sont adressees aux rois de France : a pro- 
pos de la discussion sur la vision beatifique et de Tincarceration 
de Thomas Walleis, qui combattait le sentiment du pape (n. 129, 
133-134, 138, 141); de la suspension des procedures contre les 
morts, en Languedoc,et du tarissement des encours qui en resul- 
tait (n. 140), et de Tincarceration des capitaines de routiers par les 
agents de Tlnquisition (n. 245); les felicitations que vaut a Char- 
les V son zele contre les beghards, zele qui aurait du aussi se de- 
ployer contre les vaudois du Dauphine (n. 276); les plaintes provo- 
quees par la mauvaise volonte des fonctionnaires royaux dans ce 
meme pays (n. 287), etc. Les rois d'Aragon (n. 195, 224), de Ma- 
jorque (n. 124 bis, 127 ter, 130 bis, 130 ter, 135), de Naples (n. 213), 
le dauphin de Viennois (n. 147, 232 bis), le comte de Savoie 
(n. 235-237, 263, 289), le comte de Foix (n. 144, 156, 159, 160), 
divers seigneurs (n. 196, 227, 235, 240, 242, 244, 253, 264, 290, etc), 
ou fonctionnaires (n. 29, 49, 114, 160, 196, 227, 235, 237, 265, 
283, 291, 303, 305) sont invites de meme a preter le concours de 
leur influence et de leur force a roeuvre catholique. 

Non contents de ces interventions de portee generale, les papes 
firent parfois proceder a la punition de quelques individus, en 
leur propre nom. Ils furent eux-memes inquisiteurs, tout en 
etant juges d'appel. S'ils prirent certaines affaires a leur compte, 
cela ne signifie pas qu'ils en avaient toujours directement connais- 
sance. Leur intervention a pu etre sollicitee par une petition extra- 
judiciaire. L'essentiel est de ne pas confondre ce mode de proce- 
dure avec celui des appellations. Un cas des plus notoires est celui 
de Bernard Delicieux, dont le proces fut instruit et juge par 
une commission pontificale. La citation elle-meme avait ete 
faite par commission rogatoire au nom de Jean XXII {supra, 
p. Liii). Le meme pape se fait remettre par les autorites civiles 



INTRODUCTION LXXXIII 

et religieuses de Carcassonne un pretre envoiiteur (n. 29, 30); par 
reveque de Beziers, un moine cistercien, prevenu de demono- 
manie (n. 77); par Teveque et l'inquisiteur de Faris, rheretique 
Frangois de Todi (n. 94), qu'il veut faire juger sous ses yeux. II 
designe deux cardinaux pour conduire le proces d'un chanoine de 
Saint-Caprais d'Agen que reveque diocesain a fait conduire a 
Avignon et qui est detenu dans les prisons pontificales sous Tin- 
culpation de sorcellerie et de magie (n. 67). D'autres prisonniers 
incarceres pour le meme motif, et dont plusieurs ont deja ete 
Fobjet d'enquetes judiciaires a Toulouse et a Paris, sont remis au 
jugement de trois cardinaux (n. 72). Un autre prince de TEglise 
est saisi de la cause d'Yves de Kerinou, pretre du diocese de 
Leon; et, comme il ne peut conclure les debats, trois autres 
dijjnitaires ecclesiastiques sont delegues a sa place (n. 128). 
L'airaire de Thomas Walleis est remise egalement a deux membres 
du Sacre-College (n. 129, note 1). 

Benoit XII, on ne Ta pas oublie, institua un inquisiteur special 
pour !a Curie. Cetait Guillaume Lombard, qui etait en meme 
temps ofTicial d'Avignon (n. 153). Le tribunal de ce juge ne man- 
qua pas d'occupations. Le pape lui-meme s'appliqua a lui en pro- 
curer : proces de Guerin de THay (n. 146), de Guillaume Altafex 
(n. 150, 152), tous deux sorciers; d'un groupe de Bearnais que le 
pape fit arreter par le comte de Foix et qu'il envoya chercher 
sur place (n. 156, 159, 160); du franciscain Guillaume de Casti- 
gllone pour le procfes duquel Lombard fut adjoint d'abord a un 
cardinal (n. 157), puis a Tinquisiteur de Provence (n. 170); pro- 
ces de deux autres Bearnais, prevenus de sorcellerie (n. 66); 
d'Andre de Galiano, fraticelle, qui fut acquitt6 (n. 163); de Jean 
Christophe, procureur in Curia (n. 165); enfin de deux sorcieres 
du Vivarais (n. 171). Entre temps le meme pape faisait instruire 
la cause du franciscain Pierre Calvet, de Millau, par le cardinal 
Guillaume Curti (n. 174), et remettait a Tabbe de Boulbonne le 
soin de punir certains de ses moines adonnes a Talchimie (n. 175, 
179). Enfm, il faisait citer a son tribunal deux bourgeois d'Albi 
et un notaire de Tlnquisitlon de Carcassonne (n. 178, 190). 

D'autres procedurcs furent engagees au nom des successeurs 
de Benoit XII : contre Raymond Gilles, clerc de Narbonne, pre- 
venu de sorcellerie (n. 192); contre Blaise Boyer, autre Narbon- 
nais, dont rafTaire, negligee par Tlnquisition, fut confiee a Tarche- 
veque de cctte ville (n. 209); contre le franciscain Guillaume 



LXXXIV BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 

Bernard du Puy, poursuivi a la dfimande de Tinquisiteur de Tou- 
louse (n. 214, 214 bis), et deux autres fraticelles deja interroges 
par cet inquisiteur (n. 215-217); contre un groupe de religieux 
du diocese de Rodez, adonnes a des pratiques superstitieuses 
(n. 218); enfin, contre des routiers suspects d'heresie (n. 234, 236, 
etc. -^). 

Tous les pontifes d'Avignon n'eurent pas Toccasion d'entrer 
personnellement en lice contre rheresie. Jean XXII et Benoit XII 
y parurent souvent, surtout le second, qui etait, si on peut ainsi 
parler, un inquisiteur de carriere. II avait cree et preside un tri- 
bunal de la foi, dans son diocese de Pamiers. Eveque de Mire- 
poix, il avait continue a faire la guerre aux heretiques. Cardinal, 
c'etait a lui que Jean XXII confiait de preference les dossiers 
d'appel, ou ceux des causes directement instruites par la Curie. 
Monte sur la chaire de saint Pierre, son zele contre Terreur s'exerQa 
sur un champ plus vaste (n. 24, note 1). 

Jean XXII, comme d'ailleurs les successeurs de Benoit XII, 
prefererent mettre en mouvement les rouages inquisitoriaux des 
provinces. Leur correspondance est surtout faite d'exhortations 
et de mandats adresses aux magistrats, pour les faire agir. En 
revanche, Tlnquisition fut redevable a Jean XXII de nouvelles 
especes ajoutees a sa competence : spirituels, beguins, fraticelles 
et toutes les varietes de sorciers. Or, la bonne moitie des proces 
dont il est question dans les bulles de ce pape et de ses successeurs 
— Urbain V et Gregoire XI exceptes — ont pour objet des pre- 
venus de ces categories. Ces crimes — notamment ceux de sor- 
cellerie — devinrent d'ailleurs, avec les peches de blaspheme, les 
seuls aliments dont durent se contenter, a partir du milieu du 
xiv® siecle, la plupart des tribunaux de France. L'Inquisition de 
Provence connut seule des jours de grand labeur sous Urbain V 
et Gregoire XI. Elle trouvait encore, dans les vaudois, des adver- 
saires nombreux et dignes d'elle. Elle fut aussi la seule a conserver 
une pleine raison d'exister, meme au siecle suivant; car les reliefs 
de la grande heresie mirent longtemps a disparaitre. 

Delimitation plus precise des divers lots de rinquisition sur 
la terre de France; etablissement de la succession des inquisi- 
teurs a la tete de chacun de ces lots; maints details releves sur 

1. Voir d'autres exemples : n. 240, 252, 261, 273, 314, 315, 329. 



INTRODUCTION LXXXV 

rorganisation et le fonctionnement des tribunaux; contribution 
documentaire a I'histoire des heresies; innovations importantes 
signalees dans le code de procedure; enfin, et surtout, constata- 
tion faite d'un usage frequent du recours au Saint-Siege et de 
rinfluence moderatrice et correctrice du pape sur les juges repre- 
hensibles : tel est le bilan des benefices que nous a valus le glanage 
de ces 350 documents dans le vaste champ des Registres ponti- 
ficaux. II n*e8t point n^gligeable et nous esperons qu'il sera 
apprecie de ceux qu'interesse le moindre fait touchant a Tln- 
quisition. 



BULLAIRE 



DK 



L'INQUISITION FRANQAISE 



BENOIT XI 

(1303-1304) 



HULLAiHfc: - i 



i 



BENOIT XI 

(1303-1304) 



— 1 - 

Benoit XI conjere d Guillem Sicre, de Carcassonne, « assesseur » 
du trihunal de V Inquisilion depuis de longues annees, un canonicat 
« suh exspectalione praehendae)^ dans la cathedrale d' Albi. — Rome, 
Latran, 10 mars i30A. 

RegeslumVaiicanum,t.i.j, fol. 140 vo, n. 611; Graudjean, Regis- 
Ire de Benolt XI, n. 746 (anal.). 

(iuillelmo Sicredi, de Carcassona, canonico Albien. — Sedis 
apostolice providentia ... — Datum Laterani, vi idus martii, 
anno primo. 



— 2 — 

Benoil Xi donne ordre au provincial des jreres mineurs (CAqui' 
laine ^ de se saisir de Bernard Delicieux, accuse d'a^oir jomente 
une rebellion contre les inquisiteurs de la foi et tente d^empecher la 
poursuite des herHiques; il devra le faire conduire sous eacorte aupres 
dc la Curie ^. — Viterbe, 16 avril 1304. 

Doat, t. xxxiv, fol. 14; Haureau, Bernard DSlicieuxet Vlnqui' 
sition albigeoise, Paris, 1877, p. 190; Eubel, BuUar. franciscanum 
u. 34 (in ext.). 

Bcncdictus cpiscopus, servus servorum Dci, dilecto filio mi- 
nlslro fralriini minorum in provincia Aquitanie, vel ejus vices 



4 BULLAIRE DE L INQUISITION FftANCAISE 

gerenti, salutem et apostolicam benedictionem. — Ea nobis de 
fratre Bernardo Delitiosi, tui ordinis, referuntur que non intendi- 
mus, prout etiam nec debemus, saltem propter exempliperniciem, 
si veritate nitantur, aliquatenus relinquere incorrecta. Ipse nam- 
que, ut accepimus, contra officium inquisitorum heretice pravi- 
tatis illarum partium, tanquam eadem forsitam pravitate re- 
spersus, vel contra inquisitores predictos livoris ardore succensus, 
non est veritus publice predicare et eorum pro suo posse oITicium 
impedire, concitando fidelium populos contra eos, ipsos tam in 
curia carissimi in Christo filii nostri regis Francie illustris quam 
alibi nequiter diffamando et se opponendo processibus eorumdem. 
Nos autem, predicto tuo in hac parte ordini deferentes, ac iiolentes 
propterea hujusmodi negotium cuiquam extra illum committere, 
discretioni tue, in virtute sancte obedientie, et sub excommuni- 
cationis et privationis officii tibi commissi et inhabilitatis ad 
omnia alia officia et administrationes obtinenda in ordine supra- 
dicto penis, quas te incurrere volumus ipso facto, si mandatum 
hujusmodi non duxeris adimplendum, districte precipiendo man- 
damus quatinus prefatum Bernardum caute, ut ipse id presentire 
non possit, comprehendere et sub fida custodia, quantum id fieri 
commode poterit, ad nostram presentiam destinare procures, ita 
quod nobis vel camerario nostro personaliter presentetur; man- 
datum nostrum in hac parte taliter impleturus quod non solum 
penas predictas evites. sed de obedientia commendari potius 
merearis. — Datum Viterbii, decimo sexto kalendas maii, ponti- 
ficatus nostri anno primo. 



1. Frere Pierre-Raymond de Saint-Romain, elu provincial d'Aquitainc, 
cn 1304, succedait dans cette charge a frere Raymond Rigaud. La bulle de 
Benoit XI fut presentee a Tun ou a Tautre de ces religieux. Othon de Pavie, 
UAquitaine seraphique, Auch, 1900, t. i, p. 141,248. 

2. Bcrnard DeUcieux, ne a Montpellier, entra en 1288 chez les freres mineurs 
et ne tarda pas a devenir Tun des membres les plus en vue de Tordre. Doue 
d'une eloquence fougueuse^ il exerga unc influence profonde sur les masses. On le 
vit a la tete de plusieurs mouvements populaires en Languedoc. II eut maillea 
partir avec trois papes : Benoit XI, Clement V et Jean XXII; il conspira contre 
le roi de France^ et surtout fit une guerre acharnee a rinquisition. 

Plusieurs incidents avaient provoque fenvoi du present mandat d'arret. 
D'abord, le proces intente, en 1300, par Nicolas d'Abbeville, inquisiteur de 
Carcassonne, a la memoire d'un riche bourgcois dc cette ville, Castel Faure 
(n. 21, note 1). Les franciscains, dont le cimetiere gardait les restes du defunt, 
prirent parti pour lui et thoisirent Bernard Delicieux, leur lecteur, pour defendre 



BENOIT XI 5 

les drolts du couvent. Le chapitre provincial de Marseille ratifla ce choix. Mais 
lorsque Bernard vint protester a la barre de Tlnquisition, Nicolas d'Abbeville 
refusa de Tentendre. Une deuxidme tentative n'eut pas plus de succes. Les no- 
taires ne voulaient pas rediger d'acte d'appel au pape, par peur de Tinquisiteur. 
II fut mdme tres diflicile de notifier a celui-ci le texte de ce document. On se 
borna a en clouer une copie sur la porte de rh6tel inquisitorial. II semble quc 
Taflaire n*eut pas de suite immediate (n. 21). Toujours est-il qu'il faiit y voir 
Tentree en lice de Bernard contre Tlnquisition et que ce fut un des griefs mis a 
i^A rhargo dans le prooes de 1319. Voir Haureau, Bernard Delicieux, etc, p. 1- 
11, 167-175, d'apres Doat, t. xxvii, fol. 178; t. xxxiv, fol. 123, 189; ms., Bibl. 
nat., lat. 4270, fol. 14-30, 35, 120, 148. 

Une deuxieme tentative plus grave, plus vaste et qui faillit etre couronnce 
de succes, fut celle de tous les mocontents d'Albi, dc Carcassonne et d'ailleurs, 
Bernard D^licieux k leur tSte, lors de Tenvoi de reformateurs royaux en Lan- 
guedoc (1301). Vingt-cinq honorables citoyens d'Albi, catholiques pratiquants 
ou passant pour tels, avaieut ete emprisonnes, en 1299, par Bernard de Castanet, 
leur evcque, et Nicolas d'Abbeville, inquisiteur. Une procedure sommaire et, 
disait-on, barbare avait fait de ces gens paisibles autant d'heretiques, con- 
vaincus par leurs propres aveux. D'aucuns avaient ete punis de prison a perp6- 
tuite; d'autres attendaient dans les cachots depuis deux annees que Ton voulut 
bien fixer leur^ort (voir n. 3, note 1). Les plaintes de ces malheureux et de leurs 
familles provoqudrent Tenvoi de deux ofliciers royaux, Richard Neveu et 
Jean de Pecquigny, qui entendirent les doloances des victimes et la defense 
dcs inquisiteurs. Bernard Delicieux ne cessait de proclamer Tinutilite de ce» 
cssais de reforme partielle et de predire la persistance des nbus tant que subsis- 
terait Tlnquisition dominicainc. II consentit cependant a aller devant le roi 
plaider, avec Pecquigny et une dclegation de citoyens d'Albi, la cause des p i- 
sonniers delaisscs. Ils obtinrent la revocation de Tinquisiteur de Toulouse, 
Foulques de Saint-Georges, ct la promulgatiou d'une ordonnance tendant a 
contre-balancer par Tintervention des ordinaires rinfluence exclusive des inqui- 
siteurs (1302). Une nouvelle instance, faite cette meme annee, ne reussit pas ^ 
I^rovoquer une reforme plus radicale. GeofTroi d'Ablis rempla^a Nicolas d'Abbe- 
ville a rinquisition de Carcassonne, et ce fut tout. Au mois d'aout 1303, Pec- 
quigny se rendit a Carcassonne. Alors, par ses predications enflammees, Bernard 
nclicieux contribua a provoquer une emeute populaire, qui for^a les portes des 
prisons et contraignit Geoffroi d'Ablis k une capitulation momentanee. Nous 
reprendrons ailleurs (n. 4, note 1) le rccit des demeles enlre Tinquisiteur et 
Pecquigny. Lorsque le vidame, excommunic par son adversaire, se fut dccide 
k en appeler au pape, Bernard prit sur lui de trouver des ressources pour parer 
aux frais de la procedure. Les villes d'Albi, de Carcassonne et de Cordes avaient 
souscrit 3000 livres; mais elles oublicrent leurs promesses, et Bernard dut 
8'endetter pour y faire hoijneur a leur place. 

Tandis qu'il travaillait a scconder lc vidame. arriva le mandat d'arrestation. 
Le provincial d'Aquitaine le fit executer par frcre Jean Rigaud (juillet 1304). 
11 fallut rccourir a lexcommunication pour avoir raison de Bernard. Toutefois 
raffaire cn resta la. Lc pape dominicain Benoit XI etant mcrl sur ces entrefaites, 
Bernard fut absous d*» la rensurc ct re^ut mcme les fclicitations du chapitr6 
d'AIbi. Haureau, op. cii , p. 12t70, 116-118. 



6 BULLAIRE DE l'iN QUISITION FRANgAISE 

Mais alorf5 Delicieux cut a rcpondre au tribunal du roi ducrime de lesc-majeste, 
pour avoir inspire le complot antifrangais des bourgeois de Carcassonne, cn 
1304. Mecontents des dispositions peu bienveillantes manifest^es a leur endrcit 
par Philippe le Bel, lors de son passage a Carcassonne, des consuls et des bour- 
geois de la ville, entre autres filie Patrice et Aymeric Castel, prirent la folle reso- 
lution de se donner un autre suzerain. Delicieux leur indiqua Ferrand, fils du 
roi de Majorque, qui n'etait etranger qu'a demi. II porta lui-meme leur message 
a rinfant, qui se trouvait a Montpellier, ou le roi, son pere, recevait alors Phi- 
lippe le Bel. Ce fut le roi de Majorque qui eventa la meche et revela le 
complot a son hote. Philippe sevit avec rigueur, n'ecoutant aucune excuse. Les 
conjures, Aymeric Castel excepte (voir n. 6, note 2), furent pendus; la ville fut 
privee de son consulat et de ses franchises et grevee d'une amende de 60000 
livres (29 septembre 1305). A la priere du roi, Clement V fit arreter Bernard et 
le fit conduire a Lyon. Mais il n'y eut point de proces engage contre lui. La cour 
pontificale le traina a sa suite dans sa vie errante, a Lyon, a Bordeaux, a Poi- 
tiers, k Limoges, et le ramena a Avignon. Le roi parut roublier jusqu'en 1310, 
ou il lui fit grace. Rendu a la liberte, l'agitateur rentra dans sa cellule et y vecut 
en paix pendant plusieurs annees. Nous ferons ailleurs le recit de ses dernieres 
luttes et de sa fin (voir n. 22, note 4). 

Sur ces evenements, lire HAUTeaxi, BernardDelicieux. etc.,ip. 102-142; flist. 
de Languedoc, t. ix, p. 277-279 et notes, p. 391, note 1. 



CLEMENT V 

(1305-1314) 



I 



CLEMENT V 

(1305-1314) 



— 3 — 

Clement V, emu des plaintes de nombre de personnes d* Albi et de 
Carcassonney injustement poursuivies pour heresie et incarcerees 
par ordre de Bernard de Castanet, ei'eque d^Albi, et des inquisiteurs ^ 
ordonne aux cardinaux Taillefer de la Chapelle * et Berenger Fre- 
dol ^, de delivrer des lettves de sauvegarde a Bernard Blanc ^ et a 
Francois Aymeric *, dominicains, ainsi quaux gens de Carcassonne, 
dWlbi et de Cordes, charges de poursuivre cette affaire. En attendanl 
la conclusion du proces, les commissaires devronl visiter lescachots 
de r Inquisition, surseoir a toute afjaire dlieresie et veiller a ce que 
nul prerenu ne soit condamne d la prison on soumis d la torture, ni 
meme appele en jugement det^ant Vinquisiteur sans le concours de 
Vereque diocesain. Pour le cas present, Vcv^eque d' Albi etant inte- 
ressc dans la cause, le pape lui substilue Vabbe de Fontfroide ®. 
En outre, les commissaires auront d s'informer des interpolations 
ou changemenls pratiques, disait-on, au prejudice des imputes,dans 
les livres de V Inquisition. — Charolles, 13 mars 1300. 

Archives com. d'Albi, GG^\ Doal, t. xxxiv, fol. 46;Compayrc, 
^iudeshistorique8...surVAlbigeoiSfK\h\,\9>k\,^. 241; Mahul, Car- 
tulaire... de Vancien diocese de Carcassonne, etc, Caroassonne- 
Paris, 1857-1882, t. v, p. 656 ; Douai^, Documents pour servir 
a Vhisloire de Vlnquisition dans le Languedoc, Paris, 1900, t. ii, 
p. 306 (in ext.]. 

Clemens episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis P[etro] 
lituli sancti Vitalis et Berengario tituli sanctorum Nerei et 
Achillei presbyteris cardinalihus, salutem et apostolicam bene- 
dictionem. — Lacrimosa [querimonia] quorumdam hominum dc 
partibus Carcassonensibus et Albiensibus et Cordue nostrum mul- 



10 BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

lotiens propiilsavit aiiditum, quod multi homines illarum par- 
tium per venerabilem fratrem nostrum B[ernardum], episcopum 
Albiensem, et dilectos filios inquisitorem seu inquisitores, qui 
sunt aut fuerunt pro tempore in partibus illis heretice pravitati»^, 
perpetuo muro adjudicati fuerunt et privati omnibus bonis suis 
contra Deum et justitiam et inique, cum illi homines catholici 
essent et veri ac boni christiani communiter usque tunc in illis 
partibus haberentur, prout dicti proponentes se ofTerunt proba- 
turos et de iniquis processibus episcopi ac inquisitorum multorum 
qui in partibus illis fuerunt, se sufTicienter docturos. Verum, quia, 
pendente hujusmodi questione, dubitant, ut asserunt, de personis 
prosequentium dictum negotium, quod graventur ab inquisi- 
toribus supradictis, quodque nulli ad ferendum testimonium 
contra inquisitores ipsos audeant conparere, qui si conparuerint 
quod inquisitores seviant contra eos, et quod contra illos de 
quorum agitur condempnatione injusta, qui in dictorum'episcopi 
et inquisitorum muris seu carceribus detinentur et adeo gravan- 
tur et hactenus sunt gravati carceris angustia, lectorum inedia 
etvictualium penuria et sevicia tormentorum quod reddere spi- 
ritum sunt coacti, adhuc amplius agraventur, nos providere 
illis de oportuno remedio curaremus... Licet autem causam scu 
questionem de dictorum episcopi et inquisitorum processibus in 
nostra curia coram venerabilibus fratribus nostris Ecclesie romane 
cardinalibus deputatis ad hoc tam a nobis quam a felicis recor- 
dacionis Benedicto papaXI, predecessore nostro, agitari velimus; 
quia tamen de premissis articulis incidentibus vos, qui de personis 
et negociis illarum partium pre ceteris cardinalibus notitiem obti 
netis et per partes illas transire habetis, ex aliquibus justis cansis 
facilius poteritis providere, circumspectioni vestre committi- 
mus et mandamus quatinus fratribus Bernardo Blanchi et Fran- 
cisco Aymerici, de ordine predicatorum, necnon et aliis tribus 
vel quatuor de quolibet predictorum locortim, Carcassonnensi 
scilicet et Albiensi et Cordue, qui dictum negotium prosequantur, 
auctoritate nostra securitatem prestetis, negotio supradicto pen- 
dente; quodque interim predictis incarceratis et immuratis, si 
eos videritis indigere, taliter providere velitis quod contra justi- 
ciam non graventur. Et quia publice utile est scire veritatem an 
inquisitores bene processerint, ut optamus, an perperam egerint 
et inique, quod absit, ut quilibet testes venire possint ad tesli- 
monium perhibcndum, volumus et mandamus quod, dictorum 



CLEMBNT V i\ 

processiium inquisitione pendente, vel saltem donec Sedesapo- 
stolira aliter duxerit ordinandum, inquisitores hereliee pravitatis 
in illis partibus, aut episcopus Albiensis predictus aliquem pro 
heresis facto captum vel capiendum duro carceri sive arto non 
tradant, nec tormentis exponant, ner ad inquisitionem proccdant 
nisi cum diocesano episcopo vel alio bono viro deputalo ab eo. Loco 
vero dicti episcopi Albiensis, quoniam de ipsius processu agitur, 
quantum ad hec, dilectum filium abbatem Fontisfrifridi, cistercien- 
sis ordinis, Narbonensis diocesis, vel alium bonum virum, de quo 
vobis expedire videatur, per vos volumus subrogari, stiloinquisitio- 
nis in ceteris salvo et libero permanente ; presertim quod quicumquo 
de hcresi suspccti habeantur per inquisitores predictos capi possint. 
Sane cum de cancellatione, aut suspensionc, mutationeque aliquo- 
rum librorum inquisitionis factis apud Carcassonam aliquando fuit 
propositum coram nobis, vobis mandamus, quatinus super pre- 
missis vos informetis, informationem ipsam, cum ad nos redio- 
ritis, relaturi, ne inquisitorem ipsum ad presentiam nostram 
dcferre oporteat dictos libros. Porro in premissis omnibus et 
in aliis, si qua circa premissa occurrerint incidenter, auctoritate 
nostra, non obstantibus quibuscumque privilejjiis que contra 
premissa nuUi volumus sufTragari, appellatione postposita, solum 
Deum habentes pre oculis procedatis, facientes quod decreveritis 
seu ordinaveritis in premissis per censuram ecclesiasticam 
firmiter observari, procuratoribus seu procuratori dictiepiscopi 
Albiensis ac inquisitoribus sepe dictis, necnon et dictis fratribus 
B[ernardo] et Francisco, et aliis impugnatoribus processuum predi- 
ctorum certum terminum peremptorie prefigentes, quo Burdegalis 
compareant coram nobis vel coram cardinalibus antedictis, 
quibus dictum negotium est commissum, in ipso prout justum 
fuerit processuri. — Datum Carriole, iii idus martii, pontificatus 
nostri anno primo. 

1. Bernard de Castanct, de Montpellier, auditeur du palais apostolique, 
ivlque d'Albi (mars 1275-juillet 1308), puia du Puy (1308-1316), fut cre^ cardi- 
nal-6vgquc de Porto, le 18 d^cembre 1316, et mourut le 17 aout 1317. Eubel, 
Hierarchia p. 14, 80, 91. II reprima vivement rheresie. Mgr Douais a fait le 
compte des audiences presidees par lui a Tlnquisition, en 1285-1286 etl299-1300 : 
cent vingt-neuf pour quarante-sept accuses. Documents, p. xcii, clxxxiin 
CLXXXVI, cxciii-cxcv. 

Les poursuites auxquelles il est fait allusion dans la presente bulle remontaicnt 
aux annccs 1286 et 1299-1300. EUes avaient ete entamees par lev^que d'Albi 
et par lcs inqnisitpurs Jean Galand et Nicolas d'AbbevilIe. Siir ces inquisiteun. 



12 BULT AIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

leurs travaux et les manuscrits contenant les proces intentes aux bourgeoia 
d'Albi, voir D onaiis, Documents, etc, p. xcii-xcvi, clxxxii-cxcvii; J.-M. Vidal, 
Un inquisiteur juge par ses victimes. Jean Galand et les Carcassonnais, Paris, 
1903. Bien que rorthodoxie de ces gens ne parut pas douteuse, ils avaient ete 
incarceres, juges et condamnes rapidement. D'aucuns n'avaient meme pas regu 
leur sentence. Le populaire, ne s'expliquant pas pourquoi on les avait traites 
de la sorte, accusait les inquisiteurs de leur avoir extorque des aveux a force 
de tortures, d'avoir falsifie leurs dc-positions; tout cela parcupidite: ils convoi- 
taient le patrimoine de leurs victimes. Des appels adresses au roi, au pape, au 
prieur des dominicains de Paris^ a Tautorite diocesaine (cf. Jean Galand, p. 6 sq., 
39-43) formulerent les griefs des villes mecontentes. Le roi envoya deux refor- 
mateurs; il prit certaines mesures partielles, comme la revocation des inquisi- 
teurs (n. 2, note 2), porta des ordonnances qui tendaient a diminuer la puissance 
des juges monastiques en leur imposant le controle des ordinaires. II ordonna 
aussi d'ameliorer le regime des cachots, mais refusa d'accorder la liberte aux 
prisonniers. Hist. de Lang., t. x, col. 379-380, 428-431. Las des refus du roi, 
les citoyens d'Albi s'adresserent au pape. Clement V, passant a Toulouse, avait 
entendu les doleances des femmes des prisonniers. II regut a Lyon les deux do- 
minicains Bernard Blanc et Fran^ois Aymeric qui apportaient une ncuvelle 
instance. II se laissa apitoyer et, le 13 mars 1306, il expedia la presente com- 
mission. Les deux cardmaux visiterent les murs de Carcassonne et d'Albi. Dans 
celui de Carcassonne languissaient quarante prisonniers jadis justiciables de 
Bernard de Castanet, eveque d'Alb.. D'aucuns ctaient vieux et malades et ils 
se plaignaient de leurs geoliers. Ceux-ci furent destitues. On crea deux surveil- 
lants generaux, ruu au compte de reveque, Tautre a celui de Tinquisiteur. 
Chacun fut muni d'une clef des cellules, et chaque porte de cellule eut une dou- 
ble serrure. On fit reparer les cachots; on accorda plus de latitude aux detenus. 
A Albi, des mesures semblables furent prises. Voir les proces-verbaux de ces 
visites dans Douas, Documenls,.., t. ii, p. 302-333. Mais bientot de serieuses 
difTicultes vinrent entraver Taction des commissaires. Le pape, circonvenu sans 
doute par les influences des gens intcresses, desavoua ses legats (le 12 aout 1308), 
declarant qu'ils avaient outrepasse ses instructions en exigeant la participa- 
tion de reveque diocesaiu aux travaux de rinquisition (n. 5). Les cardinaux 
avaient termine leurs travaux en 1310. Les prisonniers languissaient toujours 
dans leurs cachots. En vain, sur les instances de dix d'entre eux, Clement V 
invita-t-il (8 fevrier 1310) Bertrand Desbordes, eveque d'Albi, et rinquisiteur a 
statuer sur leur sort (n. 7), ce fut en pure perte. Un nouyel appel presente trois 
ans plus tard, une nouvelle exhortation du pape aux deux juges(19 avril 1313 : 
n. 11) n'eurent pas plus de succes.Les protcstations s'eteignirent avec la vie de 
ces malheureux.Voir le sort de quelques survivants dans Douais, op. cit., p. xciv- 
xcvi, cxciv-cxcvi, ccxxx-ccxxxii ; Im formule Communicalo, p. 35, 62; dans 
Doat, t. xxxiii et xxxiv, on trouve les comptes des biens de oes condamnes 
confisqucs pour hcresic; cf. Lea, llist. de Vlnquis., t. ii, p. 110; Molinier, IJln- 
quisition dans le Midi, p. 101-104. On trouvera au n. 166 une lettre de Benoit XII 
{l^''" juin 1337) intJressant run d'eux. Sur toute cette histoire, voir encore Hau- 
rcau, op. cit., p. 127-142; Molinier, op. cit., p. 88-105; Hist. de Lang., t. ix, p. 86, 
227, .334-337 et notes; Lea, op. cil., t. i, p. 472-473; t. ii, p. 83, 89-96 100- 
102, 105-110. 



CLEMENT V 13 

2. Picrre de la Chapelle-Taillefer, eveque de Carcassonne, le 15 mai 1291; 
cveque de Toulouse, le 25 octobre 1298; cardinal du titre de Saint-Vital, le 
15 decerabre 1305; eveque de Paleslrina, en deccmbre 1306; mort le 16 mai 1312. 
Balu/.e, Vilae pap. Avenion., i. i, col. 626; Gall. christ., t. vi, col. 892, t. xiii, col. 
35 ; Hist. de Lang., t. ix, Table, p. 1364 ; Hist. liUeraire de la France, t. xxvii, 
p. 423; Eubel, Hier., t. i, p. 13, 172, 515. 

3. Berenger Fredol, ncveu de Clement V, d'abord evSque de Beziers (1294); 
promu au cardinalat le meme jour que le precedent, re^oit le titre des Saints- 
Neree-et-Achillee, et, le 10 aout 1309, celui dc Tusculum; meurt le 11 juin 1323. 
Baluze, op. cit., t. i, col. 631 ; GaUia christ., i. vi, col. 341-344; Eubel, Hier., t. i, 
p. 13, 141. 

'i. Ce religieux etudia la philosophie au couvent des dominicains de Narboiine 
(1289), la theologie dans ceux de Carcassonne (1290) et de Toulouse (1293), 
fut sous-lecteur dans celui de Bezicrs, en 1296, lecteur dans ceux de Nimes 
(1299) et de Rieux (1301); poursuivit ses ctudes a Paris, en 1302. Douais, Acta 
capitul. provinc. ord. praed., p. 326, 334, 375, 404, 436, 458, 479. 

5. Fran^ois Aymeric fut nomme, en 1301, lecteur de la Bible au couvcnt de 
Toulouse. Douais, op. cit., p. 459. 

6. Fontfroide (Aude), pres Narbonne. Abbaye cistercienne. Arnaud Novelli, 
de Saverdun (Ariege), abbe dc Fontfroide, des I'an 1297; vice-chancelicr do 
rfiglise romaine, en 1308; cardinal du titre de Sainte-Prisque, le 18 decerabro 
1310; legat en AngleteiTc, en 1312; mourut Ic 14 aout 1317. Baluze, op. cit., t. i, 
col. 660; Hist. deLanguedoc, i. ix, p. 333-334; t. x, notcs, p. 69-71 ; Gall. christ., 
l. VI, p. 209 ; Eubel, Hirr., i. i,p. 13 ; Hist. litteraire de la France, t. xxxi, p. 205-213. 



- 4 — 

Clement V commet irois cardinaux poiir dirimer leliligeexislanl 
enlre Guillaume, fils de Jean de Pecquigny, vidame d'Amiens ^, 
et Vinqulsiteur de Toulouse, Geofjroi d^Ablis^, au sujel de Vex- 
communicalion lancee par cedernier contre le i'idame. — Poitiers, 
15 juillet 1308. 

Reg. Vat., t. Lv, fol. 227, n. 25; Regist. Clem. V (edit. Vat.), 
n. 3569 [in extenso). 

\ encrabili fratri Petro, episcopo Peneslriiio ^, et dilcctis liliis 
Berengario, titiili sanctorum Nerei et Achillei *, ac Stephano, 
tituli sancll Ciriaci in Termis ^, presbyleris cardinalibus. — Causam 
que vertebatur et vertitur seu verti poterat inter dilectos filios 
Guillelmum, natum quondam Johannis, domini de Pinquenio, 
militis, vicedomini Ambianensis, clericum, et suos ex una paite, 



14 BULLAIRE DE L*INQUIS1T10-N FIlANgAlSE 

et fralrciii Gaufriduin de Ablusiis, ordinis predicatorum, inquisi- 
torem heretice pravitatis in regno Francie per Sedem apostoli- 
cam deputatum, ex altera, super eo videlicet, quod idem inqui- 
sitor olim pretendens, dictum vicedominum tamquam fautorem 
hereticorum seu hereticalium personarum et impeditorem ofTicii 
pravitatis ejusdem, in excommunicationis sententias latas a 
canone incidisse, ipsum denunciavit et fecit excommunicatum 
jDublice nuntiari, vobis audiendam ac diffiniendam de plano 
sine strepitu et figura judicii, noii obstantibus quibuscumque 
commissionibus alias de causa ipsa in romana Curia factis, com- 
inisimus oraculo vive vocis. Comparenlibus siquidem, prout ex 
tenore vestre insinuationis accepimus, dictis partibus in judicio 
coram vobis, dictus Guillelmus, ad justificandum et anullandum 
hujusmodi denuntiationem seu denuntiationes inquisitoris 
ejusdem, nonnullas rationes, idemque inquisitor, ad justifican^ 
dum denuntiationes easdem rationes alias et articulos etiam 
producere curaverunt; ac nichilominus super hiis nonnullis 
allegationibus et disputationibus coram vobis factis et habitis 
per advocatos partium earumdem, demum per utramque ipsa- 
rum partium nonnulla instrumenta, littere, acta, jura et muni- 
menta exhibita et producta in causa hujusmodi extiterunt. 
Verum, quia, prout nobis exponere curavistis, causa eadem tam 
longum habet de sui qualitate progressum, quod, si in ea secun- 
dum juris ordinem procedatur, ad totalem cognitionem seu 
decisionem ipsius sine gravibus et magnis expensis ac laboribus 
aliisque dispendiis ipsarum partium non poterat perveniri, nos, 
qui finem litibus libenter imponimus, premissis omnibus benigna 
meditatione pensatis, volentes utriusque partium earumdem 
quieti paterna diligentia providere, dictisque laboribus, expensis 
et dispendiis obviare, discretioni vestre, de quorum experta 
prudentia et fidei circumspectione confidimus, per apostolica 
scripta mandamus, quatinus vos in hiis solum Deum habendo 
pre oculis in dicta denuntiationis seu denuntiationum causa et 
ipsam contingentibus, ac dependentibus ab eisdem auctoritate 
nostra simpliciter et de plano sine strepitu et figura judicii 
servato vel omisso juris ordine procedentes, causam, negotium, 
contingentia et dependentia hujusmodi totaliter terminare, 
prout vestre discretioni videbitur, procuretis. Proviso tamen 
quod per hoc nichil in favorem hereticorum aut pravitatis 



CLliMENT V 15 

Ijcrelice ((uomodolibet facialis. — Dalum Piclavis, idus julii, 
auiio lerlio. 



1. La cause de ce conflit, nous l^avons deja exposee p. 4, note 2. Ce fut le coup 
de force contre les prisons inquisitoriales de Carcassonne, perpctrc en aout 130J. 
Aussitot Geoflroi d'Ablis engagea la lutte contre le vidame. II lui fit un procds 
pcur obstruction au Saint-Officc. Pecquigny negligeant de comparaltre, Geoffroi 
rexcommunia (29 septembre 1303). Cette sentence fut promulguee a Paris ct 
dans le Languedoc, malgre les efforts tentes pour etouffer Taffaire. Le vidame en 
appela au pape et partit pour Tltalie. GeolTroi se fit repr^senter par Guillaume de 
Morieres, inquisiteur de Toulouse. Mais BenoU XI, favorable aux dominicains, 
mourut le 7 juillet 1304, et Mori^res et Pecquigny le suivirent de pres dans la 
tombe. L'affaire etait a peino eiigagee. Gcoflroi, fort contre son adversaire, 
decede le 29 septembre 1304, c'e8t-i-dire exactement une annee aprds son 
excommunication, le traita dcsormais en heretique contumnx et demanda que 
ses restes fussent exhum^s et brules. Mais Guillaume de Pecquigny s'ctait chargc 
de poursuivre la rehabilitation de son pere. L'expedition de la presente bulle 
raarque son premier succ^s. Le 23 juillet suivant, justice etait faite. Les car- 
dinaux annul^rent Tanatheme de Tinquisiteur. Cest en vain que celui-ci en 
rcfcra au pape. //i«/. de Lang., t. IX, p. 257-260; Haureau, Bernard Delicieux 
p. 48 sq. 

2. GeolTroi d'Ablis, ou d^Abluses, originairedu pays chartrain, fit ses premiSres 
etudes dans Ic couvent des dominicains de Chartres, ou il pronon^a ses vgbux. 
On lui confla dans divers couvents la mission d'enseigner la theologie. En 1303, 
ii fut appele a la charge d*inquisiteur de Carcassonne, k la placo de Nicolas 
d'Abbeviile. 11 exer^a des poursuites et prononga des sentences a Carcassonne, 
a Albi, a Pamiers, a Cordes et aillcurs. 11 mourut a Lyon, le 10 septembre 131 G. 
Voir, sur ses travaux et les manuscrils conlcnant le texte des proces ou des sen- 
tenccs qui lui appartiennent : Quetif et fichard, Scriptores ord. praed., Paris, 
1719, p. 532-533; Molinier, Llnquisition dans le Midi, Toulouse, 1880, p. 126- 
127 et notes ; Hist. litter. de la France, t. xxx, p. 416-421; Douais, Documenls, 

p. CXCVIII-CCIII. 

3. Pierrc de la Chapelle-Taillef er ; voir p. 13, note 2. 

4. BercMger Fredol; voir p, 13, note 3. 

5. £tienne de Suisy, vice-chancelier de Philippe le Bel, archidiacre de Bru- 
gcs; fait cardinal du titre de Saint-Cyriaque, le 15 d^cembrc 1305 ; mort lo 
10 decembrc 1311. Baluze, Vilae, t. i, col. 638; Ciacconius, Vitae... ponltif 
fom., etc, Home, 1677, t. ii, col. 376; Eubel, Hier., t. i, p. 13. 



i6 BULLAlllK DE l'iNQUIS1TION FRANCAISE 



5 



Le pape revoque la mesure par laquelle les cardinaux Taillefer 
de la Chapelle et Berenger Fredol, commissaires reformateurs en 
matiere inquisitoriale^, d Carcassonne, Alhi et Cordes^, a^aient 
restreint Vinitiative des inquisiteurs, en leur imposant Vohligation 
de nintenter des proces que de concert avec les ordinaires ^. — 
Poitiers, 12 aout 1308. 

Reg. Vat., t. LV, n. 568, fol. 110 vo ; Doat, t. xxxiv, fol. 112; 
Reg. Clem. V (ed. Vat.), n. 2923 (anal.) ; Percin, De Jnquisilione, 
part. III, c. III, p. 100; RipoU, Bullarium ord. praedicatorum 
Rome, 1730, t. ii, p. 112 {in ext.). 

Ad perpetuam rei memoriam. — Dudum venerabili fratri 
nostro Petro, episcopo Penestrino, tunc tituli sancti Vitalis, 
ct dilectis filiis nostris Berengario, tituli sanctorum Nerei et 
Achillei, presbiteris .cardinalibus, per nostras sub certa forma 
litteras duximus committendum ut ipsi circa negotium inqui- 
silionis heretice pravitatis in partibus Carcassonen., Albien. et 
Cordue super certis articulis seu dependentibus ab eisdem dili- 
genter inquirerent et nonnulla etiam ordinarent; qui, auctoritate 
litterarum hujusmodi quedam circa dictum officium ordinasse 
noscuntur. Quia vero nostre intentionis non extitit nec existit 
ut, occasione dicte commissionis seu alicuius mandati nostri 
super hiis cardinalibus ipsis facti, inquisitoribus pravitatis pre- 
dicte inquirendi conjunctim vel divisim cum episcopo vel epi- 
scopis ordinariis aut sine ipsis, prout eis licet secundum canonicas 
xanctiones, facultas aliquatenus restringatur, nos ordinationem 
l)er quam dicti cardinales facultatem inquirendi per se divisim 
inquisitoribus ipsis restrinsisse dicuntur, utpote intentioni nostre 
et juri contrariam viribus carere decernimus ct nullatenus obser- 
vandam, ordinatione ipsorum cardinalium circa ceteros alios 
articulos in omnibus et per omnia in suo robore duratura. 
Nulli, etc, nostre constitutionis, etc. — Datum Pictavis, ii idus 
augusti, anno tertio. 



1. Sur ces personnages et leur mission, voir n. 3, et notes. 

2. Cordes (Tarn), chef-lieu de cant., arr. de Gaillac. 



CLEMENT V 17 

3. Dans plusieurs dioceses, bien avant qu'clle fut crigce en regle, Tentente 
du jugc ordinaire et du juge delegue avait ete realisee. Je ne citerai que le cas 
de Bernard de Castanet, instrumentant k Albi de concert avec les inquisiteurs 
de Carcassonne (n. 3, note 1). Benoit XI la recommanda, le 2 mars 1304, aux 
inquisiteurs de Lombardie. Grandjean, Registres dc Benoit XI, Paris, 1883, 
n. 420. Philippe le Bel, dans ses cdits de 1302 et 1304 [Hist. de Lang., t. x, 
Preuvcs, col. 379-386, 428-431), la prescrivit pour la surveillance dcs prisons, 
Tarrestation et la mise en liberte sous caution des heretiques, et la conduite 
generale du proces. Clement V avait donne ordre aux cardinaux Taillefer de la 
Chapelle et Berenger Fredol (n. 3; Douais, Documents, t. ii, p. 308) de Tim- 
poser aux evdques et aux inquisiteurs des provinces meridionales. Quels motifs 
eut le pape de revenir sur cette mesure et de la revoquer purement et simplc- 
ment ? II est probablc que la prcsente bulle fut expediee par surprise et sur Ics 
vives instances des inquisiteurs. Ncanmoins le principe de rententc ctait pose et 
le concile de Vienne, en 1312, Tintroduisit dans le droit. 

Ce fut le celebre decret Multorum (Clement., I. V, tit. iii, c. 1) qui donnait i 
rev^que les m^mes pouvoirs qu'a Tinquisiteur. IIs pouvaicnt Tun sans Tautro 
citer et incarcerer les coupables. IIs ne devaient les enfermcr au mur ctroit, les 
soumetlre a la torture et prononcer leur sentence que de conserve. La surveillance 
des murs leur appartiendrait a tous deux et ils rexerceraient chacun par un gar- 
dien asscrmente. La promulgation de cette constitution souleva les protestations 
des inquisiteurs de Toulouse et de Carcassonne, qui pretendirent que les procd- 
dures subiraient, si on Tappliquait a la lettrc, des retards prcjudiciables a la 
dcfense de la foi. Ilist. de Lang., t. ix, p. 334-337. Bernard Gui emit Tespoir de 
voir revoqucr cette decretale g^nante. Practica, ed. Douais, p. 188. Ces rccla- 
mations furent vaines, et les documents nous montrent Ics inquisiteurs n'agis- 
sant jamais qu'avec le concours du juge diocesain ou de ses delegucs. Voir Douais, 
Documenls..., p. cviii-cxxviii; J.-M. Vidal, Le tribunal d'Inquisition de Pa- 
miers, dans Annales de Saint-Louis-des-Franfais, 1904-1905, tirage k part, 
p. 72-74, (t, dans le present recueil, de nombrcuses applications de cette r^gle : 
n. 30, 33, 39, 46-48, 52, 55, 87-88, 96-97, 100, 109, 110, 132, 139, 148, 149, 193, 
230* etc. 



— 6 — 

A la suite de jAaintes adressces au pape par des habilanls de 
Carcassonne et de son ressorl inquisitorialj au sujet des vexations et 
des proces injusles que ces gens ai'aient du suhir dela part des inqui- 
siteurs, Clement V a charge les cardinaux Taillefer de la Chapelle 
et Berenger Fredol de proceder d une enquete. 11 leur a donne le pou- 
voir de placer sous sa propre sam>egarde les personnes chargecs de 
soutenir la cause des mcconlents *. Le pape somme les inquisiteurs 
de respecter un privilege de cette sorte concede par les commissaireSf 

B U [. I. A M\ K - 1 



18 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANCAISE 

sous Vapprohation du pontife lui-meme, d Aymeric Castel -, hour- 
geois de Carcassonne, un des principaux interesses dans Vafjaire. — 
Avignon, 6 septembre 1309. 

Reg. Vat., t. Lvi, n. 950, fol. 194 yO; Reg. Cleni. F, n. 4754 

(anal.) ; Douais, Les rnanuscrils du chdteau de Merville, p. 71, 

note 1 [in ext.)\ Mahul ^, Cartulaire du diocese de Carcassonne, t. y , 
p. 628. 

Dilectis filiis inquisitoribus heretice pravitatis in partibus Car- 
cassonen. constitutis. — Olim nobis ex parte quorumdam 
hominum de partibus Carcassonen. gravi fuit et lacrimosa con- 
questione monstratum quod per inquisitores pravitatis heretice 
illarum partium qui tunc erant et pro tempore fuerant multa 
fuerant illis injurie et gravamina irrogata et iniqui processus 
contra Deum et justiciam habiti contra eos. Quare suppliciter 
postularunt ut sibi super hiis dignaremus de oportuno remedio 
providere. Nos vero eorum clamosis et frequentibus supplicatio- 
nibus inclinati, venerabili fratri Petro, episcopo Penestrino, tunc 
tituli sancti Vitalis, et dilectis filiis nostris Berengario, tituli san- 
ctorum Nerei et Achillei presbiteris cardinalibus, qui preceteris 
cardinalibus personarum et negociorum illarum partium noticiam 
obtinent pleniorem, duximus committendum, ut cum per partes 
illas transitum facere tunc haberent, se de premissis propositis 
et aliis incidentibus plenius informarent et quicquid super hiis 
invenirent nobis fideliter referre curarent : eisdem nichilominus 
committentes ut personis prosequentibus hujusmodi negocium 
auctoritate nostra de securitate ydonea, pendente dicto nego- 
cio, providerent ne per inquisitores predictos possent gravari, 
aut per maliciam molestari, prout hec et alia in nostris litteris 
super hoc sibi directis plenius continentur. Prefati vero cardinales 
in commisso negocio procedentes, Aymerico de Castro, burgensi 
Carcassonen., qui de prosequentibus prefatum negocium extitit 
et existit et quibusdam aliis tunc negocium prefatum prose- 
quentibus securitatem hujusmodi pendente negocio auctoritate 
apostolica prestiterunt, illos recipientes sub protectione Sedis 
apostolice atque sua. Nos autem dictam securitatem sic pre- 
Btitam et receptionem sub protectione predicta ratas et gratas 
habentcs, ipsas quoad dictum Aymericum, qui nunc dicti hegocii 
prosecutor existit, volumus ct precipimus inviolabiliter obser- 
vari. Quia vero prefatus Aymericus per vos gravainina et vio- 



CL^MENT V 10 

lcntias sibi timet inferri, vobis et cuilibet vestrum dislrictius 
inhibemus ne dicto Aymerico molestiam aliquam inferre, aul inferri 
facere, aut conlra eum pretextu ofTicii vobis commissi proccdere 
modo quolibet presumatis, donec negocium hujusmodi per Sedem 
apostolicam fuerit terminatum, vel ab ipsa Sede aliud receperitis 
in mandatis, cum nos illius cxpeditioni celeri et felici dante 
Domino intendamus. — Datum Avinioni, viii idus septembris, 
anno quarto. 

1. Voir la bulie n. 3 et la iiole 1. 

2. Tandis que Nicolas d'Abbevilie prcparait contre Castcl Faurc un*do8sior 
d'ou devait sortir sa tondamnation (n. 21, note 1), Aymeric, fils du defunt, 
plaidait la causc dc sa famille et de ses concitoyens aupres du papeBoniface VIII. 
Mais il ne r^ussit k rien, sinon a irriter le pape. Lea, op. cit., t. ii, p. 80. Nous le 
retrouvons plus tard compromit dans le complot des Carcassonnais (n. 2, note 2). 
11 eut la chance d'echapper au chatimont qui frappa Elie Patrice et les consuls 
de la ville. Arrete enfin a Pierre-Bufl[iere, en Limousin, il sortit dc prison en 
payant une somme ciiorme. Ilist. de Languedoc, t. ix, p. 278, note. II repre- 
scnta encore ses concitoyens devaiit la commission cardinalice (n. 3), mission 
dangcrcuse, qui dut ^tre couverte dc la sauvegarde pontificale (n. 6). Aymcric 
ctait particulierement suspect aux inquiaiteurs. Jean XXII, qui, en matiirc 
d'Inquisition, avait d'autre9 sentiments que son predeccsseur, lui retira plus 
tard (n. 17) une faveur qui n'avait plus de raison d'etre, les travaux do la 
commission cardinalice etant definitivement interrompus. Aymeric Castel, 
Tun des chf fs des mecontents, fut sans doute compris daiis les procedures inenecs 
par rinquisition contre ceux dont elle avait eu a se plaindre, au cours des 
derniferes luttes. Voir llist. de LanguedoC, t. ix, p. 278; Douais. Documents... 
p. 305, 313-317, 328, 320-330. 

;i. Mahul, loc. cit., attribue cettc lcttre a Clcmcnt lV,ot il la date du viii dcs 
ities de deoembre 1268. 



-7- 

Clement V enjoint h VMque et aux inquistteurs (CAlbi de pro- 
noncer la senience qui doil terminer le procds de plusieurs citoyens 
d' Albi^ donl la prison prei'enti\'e a durc plus de liuit ans. Ces bourgeois 
ont jadis etc poursuivis par Bernardde Castanet, e^cque dWlbi, qui a 
neglige de fixer leur sort. Les juges pourront se ser^ir utilement 
des actes du procis commence devant divers commissaires aposto- 
liques, cardinaux ou autres ^. — Avignon, 8 f<^vrier 1310. 



20 BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

Reg. VaL, t. lvii, n. 125, fol. 33 \°; Doat, t. xxxii, fol. 60; 
Reg. Clem. V, n. 5238; Haureau, Bernard Delicieux et Vlnquisition 
alhigeoise, p. 194 [in ext.). 

Venerabili fratri.. episcopo Albiensi ^ et dilectis filiis inqui- 
sitoribus heretice pravitatis in partibus Albiensibus. — Signifi- 
carunt nobis Isarnus Colli, Petrus Fransa, Johannes Delport, 
Johannes Paish, Petrus de Rayschaco, Bernardus Casas, Guil- 
lelmus Salavert, Guillelmus de Landas, Isarnus de Cardalhaco 
et Guillelmus Borrelli, cives Albienses, quod ipsi olim, de man- 
dato venerabilis fratris nostri Bernardi, Aniciensis, tunc Albiensis 
episcopi, et inquisitoris seu inquisitorum qui erant tunc in partibus 
illis, occasione criminis hereseos, fuerunt carceri mancipati, et 
jam per octo annos et amplius, tam Albie quam Carcassone diri 
carceris angustias substulerunt sicut adhuc sustinent, quamvis 
nulla super hoc facta fuerit condempnatio de eisdem. Cum autem 
ex parte dictorum civium pluries fuerimus cum instantia requi- 
siti ut ad condempnationem vel absolutionem eorumdem prout 
jus exigit faceremus procedi, nos volentes quod circa illos vestri 
officii debitum exequamini sicut decet, discretioni vestre man- 
damus quatinus apud Albiam tu, frater episcope, per te, vel per 
alium, seu alios ad hoc ydoneos, vos vero, inquisitor vel inqui- 
sitores prefati, personaliter predictos cives ubicumque detinean- 
lur adduci ad vestram presentiam sub fida custodia facientes, in 
eodem negotio, quibuscumque processibus factis seu inchoatis 
per venerabiles fratres Leonardum, Albanensem, Petrum, nunc 
Penestrinum, tunc tituli sancti Vitalis, et Berengarium, Tuscu- 
lanum episcopos, tunc tituli sanctorum Nerei et Achillei, et dile- 
ctos filios nostros Johannem, tituli sanctorum Marcellini et Petri, 
presbyteros, ac Richardum, sancti Eustachii diaconum cardina- 
les, seu per dilectum filium Arnaldum, abbatem monasterii Fon- 
tisfrigidi, cisterciensis ordinis, Narbonensis diocesis, nunc sancte 
romane Ecclesie vicecancellarium, seu alios quoscumque, vigore 
commissionis seu commissionum per nos vel per felicis recorda-J 
tionis Benedictum papam XI predecessorem nostrum supei 
facto heresis dictos cives tangente factarum, ac subrogationej 
prefati abbatis in locum predicti olim Albiensis episcopi factj 
nequaquam obstantibus, in eodem negotio, solum Deum habenlesj 
pre oculis, ad inquirendum contra illos contra quos inquisitumj 
non est et contra illos etiam contra quos inquisitum extitit, se« 



CLEMENT V 21 

non plenp diligentcr ac plenarie secundum formam que debet et 
consuevit in talibus observari ; contra illos vero, contra quos 
plene inquisitum est, et contra predictos alios, cum plene fuerit 
inquisitum, ad sententiam ratione previa procedatis, etalia&con- 
tra illos vestri oiTicii debitum exequamini prout fuerit rationis, 
comunicato tamen primitus processu et inquisitione predietis 
preftitis Penestrino et Tusculano episcopis, eorum consiliis inhe- 
rentes. Per hoc tamen quo ad alios ordinationi facte dudum 
de mandato nostro tam Carcassone quam Albie per dictos Pe- 
nestrinum et Tusculanum episcopos, tunc, ut predicitur, presby- 
teros cardinales, et commissioni seu commissionibus tam per nos 
quam per dictum predecessorem nostrum factis, predictis et qui- 
buscumque aliis cardinalibus, et processibus habitis per eosdem 
super facto illorum hominum de Albia et de diocesi Albiensi con- 
tra quos per dictum Bernardum, Aniciensem, tunc Albiensem 
episcopum et inquisitorem seu inquisitores predictos condem- 
pnationis sententia lata fuit, nullum volumus prejudicium 
generari. — Datum Avinioni, vi idus februarii, anno quinto. 

1. Voir la buUe n. 3, note 1. 

2. Dertrand Desbordes, chapelain et camerier du pape, succcda a Bernard de 
Castanet sur le siege d'Albi, le 30 juiliet 1308 ; il fut promu au cardinalat, le 
18 decembre 1310, et re^ut le titre des Saints-Jean-et-PauI. II mourutIe12 sep- 
tcmbre 1311. Baluze, op. ciL, col. 659; Gall. christ., t. i, p. 22-23 ; Eubel, Hier, 
l. if p. 13, 80. Sur ses debuts h revSche d'AIbi, voir Hist. de Languedoct t. ix, 
l>. 336, note; voir aussi p. 308. 



— 8 — 

Clement V exhorte Vinquisiteur de Lyon d se rendre dans la viUe 
el le diocise de Langres et d trai'ailler d Vextirpation de Vheresie quif 
an rapport de Vereque, y recrute de nomhreux adeptes. A son defaut, 
le pape designe d'autres commissaires. — Prieure de Groseau 
(Vaucluse), 3 septembre 1310. 

neg.Vat.,t. Lvii^n. 665, fol. 169; Peg. Clem. V,n. 5813 (anal.). 

Dilerto filio .. inquisitori heretice pravitatis in Linjjonen. pro- 
vincia *, j.er Sedcni apostolicam constituto ^. — Cupientes ut 



22 BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

vinea Domini Sabahot ad cuius curam et custodiam sumus, dis- 
ponente Domino, licet immeriti, constituti, debitum reddat suis 
temporibus fructum, culture ipsius intendimus et ad ea operarios 
transmictimus et sollicitamus etiam otiosos, per quorum sollici- 
tudinem diligentem et sollicitam diligentiam omnisorde munda- 
tam in conspectu regis eterni se gaudeat devictis hostibus feli- 
citer triumphasse. Cum itaque, sicut ex parte ven. fratris nostri 
Guillermi, episcopi Lingonen. ^, fuit expositum coram nobis, in 
civitate ac diocesi Lingonen. heretica pravitas adeo^pullula- 
verit, ac plura reptilia venenosa que occultis conventiculis con- 
cepte iniquitatis sue virus ad captivandas insipientium animas 
parientes vineam ipsam tanquam vulpecule parvule demolliri 
pro viribus anxiantur et crevisse noscantur, quod nisi per 
Sedem apostolicam succurratur maturius, fidei orthodosse dis- 
pendium ibi poterit non immerito formidari ; Nos de circum- 
spectione tua plenius confidentes discretioni tue... mandamus qua- 
tinus in nomine Domini ad partes illas accedens, sic prudenter 
contra dictos hereticos juxta officii tui debitum diligens studium 
adhibere procures quod possis exinde non immerito commendari. 
Alioquin dilectis filiis .. priori de Sarconio, Lingonen. diocesis, 
et fratri Johanni Rufi, lectori fratrum conventus domus ordinis 
predicatorum Lingonen., nostris damus litteris in mandatis 
ut in defectum tuum id auctoritate nostra sine dilatione ahqua 
exequantur. — Datum ut supra [in prioratu de Grausello, 
III nonas septembris, anno quinto]. 

In eundem modum dilectis filiis.. priori de Marconio {sic), Lingo- 
nen. diocesis, et fratri Johanni Rufi, lectori fratrum conventus do- 
mus ordinis predicatoi^um, Lingonen. Cupientes, etc, ut supra, 
usque commendari. Quocirca mandamus quatinus si dictus in- 
quisitor mandatum nostrum in hac parte neglexerit adimplere, 
vos in defectum suum id auctoritate nostra sine dilatione aliqua 
exequi studeatis. — Datum ut supra. 

1. Une rubricelle, placee au sommet du folio 169, permet de corriger cette sus- 
cription: « Dilecto filio inquisitori heretice pravitatis in Lugdunensi provincia. » 
Le dioccse de Langres etait soumis a ]a metropole de Lyon. Voir Introduction 
p. xiv-xvni. 

2. Cet inquisiteur etait peut-etre Geraud d'Auxonne, a qui, moins de deux 
ans apres, fut adresse le document suivant. 

3. Guillaume de Durfort, promu a reveche dc Langres, le 15 novembre 130G; 
transfere a Rouen, en janvier 1319; mort le 24 novembre 1330. Gall. christ., 



CLEMENT V 23 

t. IV. col. 616-617; t. xi, col. 77 ; Eubel, Hier., t. i, p. .320, 447; E. Albe, Autoiir 
(le Jean XXII, ^v^ques quercynoia en France, dans yinnales de Saint-Louis- 
des-Frnnfais, 1906, tir. a part, p. 229. 



— 9 — 

Clement V ordonne a Geraud d^Auxonne ^, inquisiteur dans les pro- 
idrhces de Lyon et de Besangon, de reprimer Vheresie et de signaler 
au pape ceux qui s* opposeraient au lihre exercice de sa mission, ou 
qui, le dei^ant, refuseraient d^y concourir. — Vienne, 15 mars 1312. 

Reg. Vat., %. Lix, fo!. 229, n. 15, de Curia; Reg. Clem. V, n. 8766 
(in extenso). 

Dilecto filio fratri Geraldo de Aussona, ordinis predicatorum, 
inquisitori pravitatis heretice in Lugdunen. et Bisuntin. provin- 
ciig per Sedem apostolicam deputato. — Pervenit ad audien- 
tiam ... — Datum Vienne, idus martii, anno septimo. 

1. Auxonne (C6te-d'0r), chef-lieu de cant., arr. de Dijon. • 



— 10 — 



Clement V exhorte les seigneurs et harons des proi^inces de Lyon 
et de BesanQon a preter leur concours d Vinquisiteur dans la repres- 
sion de Vhercsie. — Vienne, 15 mars 1312. 

Reg. Vat., t. Lix, fol. 229 vo, n. 16, de Curia; Reg. Clem. V, n. 8767 
(anal.). 

Dilectis filiis universis ducibus, comitibus, baronibus et ceteris 
aliis nobilihus temporale dominium in Lugdunen. et Bisuntin. pro- 
vinciis habentibus. — Sicut ad audientiam nostram relatio fidc- 
digna perduxit, in terris vcstre temporali jurisdictioni subjcctis, 
hereses inaudite sunt orte et periculose nimis, que multorum rirn- 
plirinm anlmos infeccrunt : quocirca nobilitatem vestram mo 



24 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANCAISE 

nemus et hortamur iii Domino nichilominus per apostolica vobis 
scripta mandantes quatinus fratri Gerardo de Aussona, ordinis 
predicatorum, in Lugdunen. et Bisuntin. provinciis in quibus 
eedem terre vestre consistunt inquisitori pravitatis heretice per Se- 
dem apostolicam deputato, ad extirpandas huiusmodiheresessicad 
requisitionem ipsius favoribus et oportunis auxiliis sicut catholici 
viri et zelatores orthodoxe fidei assistatis, quod impedimentum 
nullum ei circa suum exequendum officium possit inferri et debi- 
tum inquisitio hujusmodi sortiatur effectum; scientes quod nos 
inquisitori eidem damus nostris litteris in mandatis quod suum 
impedientes ofTicium et in executione illius non prebentes ab eis 
possibile requisitum auxilium nominatim nobis intimare pro- 
curet, ut nos contra eos juxta censuram canonum nostri officii de- 
bitum exequamur. — Datum ut supra [idus martii, anno septimo]. 



— 11 — 



Cest en i^ain que le pape a insiste aiipres de Bertrand Deshordes, 
ancien eveque d'Albi, puis cardinal ^, et aupres des inquisiteurs 
pour quils terminassent les proces d^un certain nombre de bour- 
geois d' Alhi poursuii^is, il y a plus de douze annees, par Bernard 
de Castanet et par les inquisiteurs, et, depuis ce temps, prisonniers 
et attendant leur sentence ^ ; rien na ete decide d Vendroit de ces mal- 
heureux. Le pape invite Ve<^eque Geraud ^ et les inquisiteurs d s'en 
occuper enfin. — Avignon, 19 avril 1313. 

Reg. Vat., t. Lx, fol. 78 vo, n. 242; Reg. Clem.V,n. 9163 (m 
ext.). 

Venerabili fratri Geraldo, episcopo Albien. — Dudum expo- 
ncutibus nobis Ysarno Colli, Petro Fransa, Johanne Delport, 
Petro de Raysaco, Guillelmo Salevert, Guillelmo de Landas, 
Ysarno de Cardalhaco et quondam Johanne Payhs et quondam 
Guillelmo Borrelli et quondam Bernardo Casas, civibus Albien. 
quod ipsi de mandato venerabilis fratris nostriBernardi, Anicien.,1 
tunc Albien. episcopi, necnon inquisitoris seu inquisitorum, quij 
tunc erant in partibus illis occasione criminis hereseos quo re- 
spersi fore dicebantur capti fuerunt et carceri mancipati et per duo-^ 



CLEMENT V 25 

decim annos et amplius tam Albie, quam Carcassone carceris 
angustias sustinuerunt, sicut aliqui eorum superstites adpresens 
sustinere noscuntur, licet nuUa super hoc facta fuerit condempnatio 
de eisdem, nos ad eorum instantiam bone memorie Bertrando, 
tituli sanctorum Johannis et Pauli presbitero cardinali, tunc 
episcopo Albien., ac inquisitori, seu inquisitoribus predictis per no- 
stras sub certa forma dedimus litteras in mandatis, inter alia conti- 
nentes ut ipsi erga dictos cives eorum ofTicii debitum adimplerent 
prout ordo exigeret rationis. Sed Bertrandus, dum vixit, et inqui- 
sitores predicti, presentatis sibi hujusmodi nostris litteris, in hujus- 
modi negocio pro ipsorum voluntatis libito procedere distulerunt, 
in ipsorum civium prejudicium non modicum et gravamen, 
licet fuissent super hoc pluries legitimis temporibus humiliter 
requisiti. Nos igitur, qui sumus omnibus in justicia debitores, 
volentes civibus ipsis super hoc exhiberi et reddi justicie comple- 
mentum, acnolentes ut hujusmodi inquisitionis negociumergaipsos 
ulterius protrahatur, [fraternitati tue]mandamusquatinusunacum 
dictis inquisitoribus quibus super hoc etiam litteras ncstras diri- 
gimus exerceas ofTicii tui debitum sicut decet, ad inquirendum con- 
tra illos contra quos inquisitum non est et adversus illos contra quos 
inquisitum existit, sed non plene diligenter ac plenarie secundum 
formam que debet et consuevit in talibus observari; contro illos 
vero contra quos plene inquisitum est ad sententiam previa ratione 
procedas, et alias contra reliquos ofFicii tui debitum exequaris prout 
ordo exegerit rationis. Sic ergo in hujusmodi executionis mandato 
te solerter gerere studeas quod iidem cives qui longis temporibus 
carceris angustias sunt perpessi et cupiunt quod meruerunt 
rationabiliter in hac parte consequi non cogantur propter hoc 
habere recursum ad Sedem apostolicam iterato. — Datum 
Avinioni, xiii kalendas maii, anno octavo. 

In eundem modum dilectis filiis .. inquisitori, seu inquisitori- 
bus heretice pravitatis in Carcassonen. et Albien. partibus a Sede 
apostolica deputatis. — Dudum, etc, ut supra proximo, nil 
addito vel mutato usque : protrahatur. Discretioni vestre in 
virtute sancte obedientie per apostolica scripta districte 
precipiendo mandamus quatinus una cum venerabili fratre no- 
stro Geraldo, episcopo Albien., cui super hoc etiam lilteras nostras 
dirigimus, cum super hoc ab eo fueritis requisiti, exercentes 
vestri olficiidebitum sicutdecet, ad inquirendum contra illos con- 



26 BULLAIRE DE l'i NQUISITION FRANgATSE 

tra quos [etc, comme ci-dessus, jusqud] observari; contra pre- 
dictos omnes postquam de ipsis plene fuerit inquisitum, necnon 
et contra illos contra quos jam plene inquisitum est, ad sententiam 
[etc, comme ci-dessus, jusqud la fin, mutatis mutandis]. — Datum 
ut supra. 

1. Voir n. 7, note 2. 

2. Voir n. 3 (note 1) et 7. 

3. Geraud de Farges, transfere de Lectoure a Albi, le 12 janvier 1311; mort 
l'annee suivante. Gall. chrisl., t. i, col. 23; Hist. de Languedoc, t. ix, p. 347; 
Eubel, Hier., t. i, p. 80, 311. 



— 42 — 

Clement V ordonne au maitre general des fr^res precheurs d^in- 
stituer des inquisiteurs de la foi dans les domaines soumis au roi 
de Majorque ^, excepte dans ceux de ces domaines qui se trowent 
en France ^. — Prieure de Groseau, 7 juillet 1313. 

Reg. Vat., t. Lx, fol. 153, n. 474; Reg. Clem. V, n. 9484 [in 
ext.). 

Dilecto filio.. magistro ordinis predicatorum ^. — Ab exordio 
nascentis Ecclesie... — Datum in prioratu de Grausello, etc, 
nonis julii, anno octavo. 



1. Autres documents se rapportant a la nomination d'inquisiteurs dans le 
royaume de Majorque : n. 96-97, 125 bis, 127, 197-198, 327, 335, 336. Ces deux 
derniers documents, emanes de Benoit XIII (1413), ont trait a la division du 
royaume de Majorque en deux ressorts inquisitoriaux. 

2. Cetaient la seigneurie de Montpellier, la baronnie d'Aumelas et la 
vicomte de Carlad^s, pour lesquelles les rois de Majorque pretaient hommage 
au roi de France. Voir Histoire de Languedoc, t. ix, passim; Lecoy de la Marche, 
Les relations politiques de la France avec le royaume de Majorque, Paris, 1892, 
t. I, p. 128, 144-147. 

3. Berenger de Landorre, ne a Rodez en 1262; prend Thabit dominicain, a 
Toulouse, en 1282; fait ses ^tudes k Montpellier et a Paris et devient lecteur h 
Toulouse, en 1301. II est designe comme definiteur pour le chapitre provincial 
de Carcassonne en 1302. Le chapitre general de Genes le designe, en 130'i, pour 
lire les Sentences a Paris. £n 1306, il est fait provincial de Toulouse. II dirige 



CLEMENT V 27 

dcux ans c:^tt'? province, donl le chapitre le reelit en 1310. Entre temps, il avait 
recu le titre de maitre en theologie, Enfin le chapitre de Carcassonne, en 1312, 
le nomma maitre general, charge qu'il occupa ju8qu'en 1317. Le 15 juillet de 
cette annee, il fut promu k Tarchev^che de Compostelic. II mourut le 1" sep- 
tembre 1325. Mortier, Hisloire des mailres gineraux de Vordre des freres pri- 
cheurs, Paris, 1905, t. ii, p. 475-529; Eubel, Hier., t. i, p. 207, 



JEAN XXII 

(1316-1334) 



JEAN XXII 

(13164334) 



— 13- 

Le pape reclame d Maurice de Saini-Paul^ inquisitcur de Tou- 
raine, les actes du procis par lui intenie d Raoul Pincelot, clerc du 
diocese de Treguier, avec les renseignements quil croira devoir y 
joindre. Jusqud nouvel ordre, il ne derra plus se mcler de cetle 
afjaire. — Avignon, 11 avril [1317-1320]. 

Reg. Val,y U cx, fol. lvi, n. 269; Couloa, Lettres aecreUs el curicUes 
de Jean XXII, n. 1019 (anal.). 

Dileclo fillo fralri Mauricio de Villa [sancti] Pauli *, de ordine 
fratrum prcdicatorum, inquisitori heretice pravitatis in provincia 
Turonen. per Sedem apostolicam deputato. — Certa suadente 
causa volentes habere processum perte contra dilectum filium 
Kadulphum Pinzeloti, clericum diocesis Trecoren., super qui- 
busdam criminibus eidem impositis habitum, discrecioni tue per 
apostolica scripta mandamus quatinus totum processum ipsum 
sub tuo sigillo fideliter inclusum nobis per fidum mittere nuncium, 
nosque de singulis processum ipsum contingentibus per litteras 
tuas distincte ac particulariter informare absque more dispendio 
non omittas, non processurus ulterius contra clericum antedi- 
ctum donec a nobis vel apostolica Sede aliud inde receperis in man- 
datis. — Datum iii idus aprilis... 

1. Les aiitcccdcnts de ce rcligicux nous sont inconnus. II pronon^a une sen- 
tence de privation contre un moinc dc Marnioutier, convaincu d'heresic (cf. 
n. 31, 32, 36, 36 bin), et se renditcclebre par le proc^ qu'il osa inlcnterau «ire de 
Parthenay, Jean rArchevequc. Voir n. ^2 sq. Le Conlinuateur de G. de Nangis, 
edit. Gcraud, t. ii, p. 50, nous apprend qu'il ctait breton. 



32 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 



— 13 bis — 

Ordre est donne aux officiaux de Narbonne et de Beziers de 
citer au trihunal du pape un certain nomhre de freres mineurs 
rehelles aux constitutions du Saint-Siege relatii>es d leur ordre. — 
Avignon, 27 avril 1317. 

Reg. Aien., t. ii, fol. 97; Reg. Vat., t. lxiii, n. 117,118, de Curia ; 
\Yadding, Annal. min., ad ann. 1317, n. xi ; Riezler, Valihanische 
Aklen, Innsbriick, 1891, n. 52; Coulon, op. cit.. n. 190, rubr. ; Eubel, 
BuUar. francisc, t. v, n. 266, texle; Mollat, Jean XXII, Letlrcs comm.^ 
n. 5227-5228, rubr. 

Dilecto filio. . officiali Narbonensi. — Pridem ad nostri aposto- 
latus perducta notitia quod humani hostis procurante nequitia 
inter dilectos filios nonnullos ex fratribus ordinis minorum super 
quampluribus articulis gravium erat dissensionum et discordia- 
rum materia suscitata, nos qui ad hoc libenter intenta sollici- 
tudine vigilamus, ut cunctos Ecclesie filios in pacis pulcritudine 
preservemus, quasdam circa premissa ultre ea que per felicis 
recordationis Clementem papam V, predecessorem nostrum, ordi- 
nata fuerant ordinationes duximus faciendas, per quas hujus- 
modi dissensiones et discordias amputasse credimus et super illis 
fratribus ipsis bonum prcis et concordie provenisse. Verum quia, 
sicut noviter fuit expositum coram nobis, quidam ex dictis fra- 
tribus, vidclicet Guillelmus de Sancto Amantio, Raimundus Cri- 
velerii, Cervianus (a) de ..., Bernardus Parasolis, Berengarius 
Tortelli, Jacobus de Portali, Guillelmus Laurentii, Jacobus de 
Rivo, Laurentius de Salsis, Raimundus Carlati, Bertrandus (h) 
Durandi, Petrus Fabri, Bernardus Francisci, Guillelmus Sau- 
tons (c), Johannes Barr&vi, Guillelmus Rogerii, Raymundus Bor- 
dici, Arnaldus Raymundi, Bernardus de Alzona, Franciscus. 
Sysini, Pontius Roca, Johannes Raserii, Bernardus Autrinhaci (d)y 
Guillelmus Arnaudi, Raymundus Bels, Berengarius de Ferrali- 
bus (e), Guillelmus Tholosani, Bernardus [de] Boneti, Bernardus,j 

(a) Eubel : Germanus ; Riezler : omittit. 
[h) Eubel : Dernardus. 

(c) Eubel : Santonis ; Riezler : Sautoris. 

(d) Eubel : Antinihaci ; R\cz\cv : Aulunhaci [?) . 

(e) Eubel : Ferrantibus. 



JEAN XXII 33 

Torncrii, Berlrandus Grancarota (a), Johannes Corvi, Pctrus Au- 
stensii, GuillelmusPorcelli, Johannes Ecclesie, Raymundus Ferrerii 
Johannes Pruni (6), Raymundus Borditi, Gentilis de Marchia, Ber- 
nardus de Savarduno, Raymundus Johannis, Raymundus Ma- 
^astri, Guillelmus Rosseti, Guiraudus Martini, Petrus Vitalis, Guil- 
lelmus Vesiani et Jacobus de Monteesquino quasdam appella- 
liones interposuerunt et protestationes fecerunt, ex quibus non 
solum statui dicti ordinis detrahitur, immo inter fratres predictos 
ulterioris dissencionis et scandali, sicut verisimiliter creditur, 
inducitur incentivum, et etiam honori Sedis apostolice derogatur. 
Nos intendentes super hiis remedium apponere (c) salutare, di- 
scretioni tue per apostolica scripta in virtute obedientie districte 
precipiendo mandamus quatinus per te vel alium seu alios, fra- 
tres eosdem superius nominatos ex parte nostra peremptorie et 
sub excommunicationis pena, quam eos, si contra fecerint, incur- 
rere volumus ipso facto, citare procures, ut decimo die post cita- 
tionem hujusmodi apostolico se conspectui personaliter represen- 
lent, facturi et recepturi super premissis quod ordo dictaverit 
rationis. Diem vero hujusmodi citationis et formam et quicquid 
inde duxeris faciendum nobis per tuas litteras harum seriem con- 
tinentes fideliter intimare procures. — Datum Avinioni, v kalen- 
das maii, anno primo. 

Dilecto filio.. officiali Biterrensi. — Pridem ad nostri aposto- 
latus ... (etc.y ut supra proxime), Verum quia, sicut noviter 
fuit expositum coram nobis, quidam ex dictis fratribus, videlicet 
Bernardus Martini, Petrus Dominici, Vincentius Guiraudi, Bc- 
rengarius Julioli, Petrus Bayssi, Petrus Raymundi Gontardi, 
Pelrus Raymundi de Mayraco, Bernardus Andree, Bernardus 
Pelherii (<i),BernardusGuille,BerengariusCo(i, Deodatus Michaelis, 
Jacobus Seguini, Pontius Portanove, Johannes Fabri et Guillel- 
mus Radulphi, quasdam appellationes (e/c, ut in eadem usque in 
finern). — Datum ut supra. 

(a) Riozler: Graricarola (?). 
(6) Riczler : Primi. 

(c) Eiibcl : opponere, 

(d) Eubel : Polherii. 



BULLAIHfc: - 3 



34 BULLAIRE DE L*INQUlSlTION FRANgAISE 



— 14 — 

JearT' Ferrier, clerc de Narbonne, reconnu innocent du crime 
dlieresie dans un premier proces, a ete recemment incarcere par 
la curie archiepiscopale, sans que le motif de cette mesure soit bien 
clair. Le pape appelle cette cause d son tribunal et ordonne d Varche- 
veque de citer son prisonnier et de le deli^'rer de ses chaines, s^il 
n*y a aucun obstacle, sinon de le jaire conduire d Aidgnon sous 
bonne escorte, — Avignon, 21 jiiin [1317-1320]. 

Reg. Val., t. cix, fol. 146 yo, n. 594; t. cx, part. 2, fol. 56, 
n. 270; Coulon, op. cit., n. 1108 (anal.). 

Venerabili fratri B.. ^, archiepiscopo Narbonen. — Ad no- 
strum pervenit auditum quod licet dilectus filius Johannes Fer- 
rerii, clericus tue diocesis, pridem super quibusdam negocium 
tangentibus fidei per tuam curiam inquisitus, innocens, fidelis ct 
catholicus repertus extiterit, nuper tamen per eandem curiam ex 
eadem causa vel forsitan alia captus fuit et adhuc in carcere 
detinetur. Nos igitur certa de causa prefatum clericum habere 
presentem necnon de articulis super quibus interrogatus ut pre- 
mictitur per tuam curiam extitit, ac de responsione data per 
eum ad illos, necnon de causa nove detentionis plenarie infor- 
mari volentes, fraternitati tue... mandamus quatinus clericum 
iipsum, si non subsit causa quare debeat detineri, statimrestitu 
facias pristine libertati, injuncturus eidem ut certo competenti 
termino per te sibi super hoc prefigendo compareat personaliter 
coram nobis. Alioquin si causa detentionis aliud exigat, ipsum 
sub honesta et non indecenti custodia ad presentiam nostram 
indilate transmittas; informaturus nos per tuas litteras harum 
seriem continentes de omnibus et singulis antedictis, ac missu- 
i?us olTicialem tuum qui causam dicte captionis et detentionis in 
nostro auditorio prout justum fuerit prosequatur. — Datum 
Avinioni, xi kalendas julii. 

1. Bernard de Farges, neveu de Clement V; eveque d'Agen, le 25 fevrler 1306; 
archeveque de Rouen, le 4 juin de la meme annee; transf6re h Narbonne, le 
15 mai 1311 ; meurt en juillet 1341. Gallia chrisL, t. ii, col. 923-924; t. vi, col. 87- 
90; t. XI, col.75;Eubcl, Ilier., t. i, p. 76, 373, 447. Bernard de Farges participa 
1'ceuvre a inquisitoriale soit personncllement, soit par ses delegues Bertrand, 



JEAN XXII ,35 

Dauriac, Hugues dc Badefol et Germain d'AIanh. II tint lui-raSmc, lo 11 decem- 
cembre 1328, un sernwn solcnncl dans lc cimetiero de Saint-Fciix dc Narbonne. 
Douais^ Documents...f t, i, p. lxxiii-lxxiv. 



— 14 bis 



Jean XXII explique quelques articles obscurs de la rdgle des 
freres mineurs. II condamne Vusage des frocs courts, etroits el 
grossiers, adoptes par les spirituels, et ordonne d ceux-ci d*adopter 
le costume prescrit par les superieurs de la communauti. Ils devront 
de mime se soumettre d la regle de la communaute, touchant Vusage 
des greniers et des provisions alimentaires. — Avignon, 7 octobre 
1317. 

Reg. Vat.f t. Lxvii, n. 57; Exlrai'ag. Joan. XXII, tit. xiv;Wadding, 
ad ann. 1317, n. 18; Eubel, Bull. franc., t. v, n. 289, p. 128 
{in ext.). 

Ad perpetuam rei memoriam. — Quorumdam exigit... — Da- 
tum Avinioni, nonis octobris, anno secundo {Wadding : idibus 
aprilis, an. secundo). 



— 15 — 

Jean XXII ordonne d Vinquisiteur de Provence^ Michel Le Moine^ 
franciscain, de poursui^>re certains spirituels designes nominati- 
vement dans la hulle ^. — Avignon, 8 novembre 1317. 

Keg. Aven, t. xi, fol. 541 ; Reg. Vat., t. lxix, n. 142, dc Curifi; Wad- 
ding, ad ann. 1317, n. xiv; Baluze (Mansi), Miscellanea t. ii, p. 247; 
Riezler, Valikanische Akten, n. 135 (fragm.) ; Eubel, Dullar. 
franciscanum, t. v, n. 293 (m exl.)\ MoUat, Jean XXII, Lellres 
communes, n. 8133 (anal.). 

Dilecto filio fratri Michaeli Monachi ^, ordinis fratrum minorum, 
inquisitori heretice pravitatis in Provincie ac Forcalquerii comi- 



36 , BULLAIRE DE L*INQUISlTlON FRANgAISE 

tatibus, necnon et in civitatibus, terris et locis infra Arelatcn- 
sem, Aquensem, Ebredunensem et Viennensem provincias con- 
sistentibus auctoritate apostolica deputato. — Super omnia 
desiderabilia... — Nuper siquidem non absque multa mentis tur- 
batione percepto quod nonnulli pseudo minorum ordinis fratres 
solo nomine professores ad eam mentis inopiam et cecitatem 
devenerant quod heretica labe respersi adversus saluberrimam 
christiane fidei veritatem impie sentiebant et alios verbis menda- 
cibus sub mentite palio sanctitatis in errorum suorum devium 
trahere ipsosque errores defendere pro viribus conabantur, nos 
qui solicitudine vigili contra talium dolosam astutiam oportunum 
remedium libenter ubilibet adhibemus, ne virus hiljusmodi in 
eodem ordine sub specie sanctitatis hujusmodi subintraret, tibi 
mandasse recolimus oraculo vive vocis, ut adversus eosdem pseudo 
fratres procederes juxta canonicas xanctiones et de illis faceres 
justitie complementum. Vcrum intendentes. ut eo tutius ad hujus- 
modi pestis omnimodam exterminationem procedas quo per nos 
certiori fueris auctoritate munitus, discretioni tue de qua fidu- 
ciam obtinemus in Domino specialem per apostolica scripta com- 
mictimus et mandamus quatinus contra fratres Johannem 
Barravi, Guillelmum Santoni, Deodatum Michaelis, Pontium 
Rocha, Bernardum Aspa, Berengarium Tortelli, Petrum Fabri, 
Vincentium Geraudi, Bernardum Antiniaci, Guiraudum Martini, 
Bernardum Francisci, Guillelmum Arnaudi, Jacobum Seguini, Jo- 
hannem Raserii, Raymundum Bordini (a), Arnardum Raymundi, 
Franciscum Sadictii (6), Guillelmum de Sancto Amantio, Franci- 
scum de Badonis, Serviatium (c), Philippum Ferrarii, Arnaudum 
Maurini, Jacobum de Rivo, Arnaudum de Felginio, Guillelmum Gi- 
raudi et Bernardum Boneti pseudo dicti ordinis professores, eadem 
labe respersos, quorum aliqui a quibusdam mandatis auctoritate 
nostra factis eisdem, certas appellationes et protestationes inter- 
posuisse noscuntur, et omnes et singulos ipsis adherentes sic effi- 
caciter et solerter juxta statuta canonica procedere studeas quod 
per tue solicitudinis circumspectam prudentiam dicti ordinis sacra 
plantatio, exterminatis vulpeculis, que illum venenosis morsibus 
demoliri presumunt, fructus aflerat catholice puritatis. Nos 



(a) Eubel : Dordlti, 
(6) Eiibel : Sanctli. 
(c) Eubel : Serinanum. 



JEAN XXII 37 

cnim super premissis (a) contra eos juxta statuta hujusmodi pro- 
cedendi et alia omnia et singula que circa premissa oportuna 
fuerint faciendi et etiam exercendi : non obstantibus quibus- 
cumque privilegiis, indulgentiis et litteris apostolicis generalibus 
vel specialibus eidem ordini aut ipsius (b) ordinis fratribus vel 
eorum aliquibus sub quavis verborum forma concessis, que pseudo 
fratribus et adherentibus supradictis contra premissa vel aliquod 
])remissorum in nullo volumus sufTragari; et tam de duabus die- 
tis in concilio gen^ali quam felicis recordationis Bonifatii 
pape VIII predecessoris nostri [auctoritate] editis, per quas judices 
a Sede deputati predicta extra civitatem et diocesim in quibus 
deputati fuerint aut aliquos ultra unam dietam a fine sue(c) diocesis 
trahere prohibentur, et aliis contrariis constitutionibus quibus- 
cumque; sive si aliquibus communiter vel divisim a dicta sit Sede 
indultum quod interdici, suspendi, vel excommunicari aut extra 
vel ultra certa loca trahi vel ad judicium evocari non possint per 
litteras apostolicas non facientes plenam et expressam ac de verbo 
ad verbum de indulto hujusmodi et eorum personis ac locis et 
nominibus propriis vel ordinibus mentionem; et qualibet alia 
dicte Sedis indulgentia generali vel speciali, cujuscumque teno- 
ris existat per quam tue jurisdictionis explicatio (d) valeat 
in hac parte quomodolibet impediri, et de qua cujusque (e) toto 
tenore habenda sit in nostris litteris mentio specialis, plenam 
tibi concedimus tenore presentium potestatem. Volumus insuper 
et apostolica auctoritate decernimus quod a data presentium tibi 
sit in premissis omnibus et singulis presentibus et futuris perpe- 
tuata potestas et jurisdictio attributa ut eo vigore illaque firmi- 
tate possis in premissis omnibus et singulis ceptis et non ceptis, 
presentibus et futuris procedere, ac si jurisdictio tua in dictis (/) 
omnibus et singulis per citationem vel alium modum perpetuata 
legitimum extitisset. — Datum Avinioni, viii idus novembris, 
anno secundo. 

(a) Eubel : praemissa. 
(6) Eubel : ipsis. 

(c) Eubcl : finibus. 

(d) Eubel : execulio. 
{e) Eubcl : ejusque. 
(/) Eubel : praedictis. 

1. Sur les spirituols ct Ihistoire de leur poursuite en justice, voir rintroduc 
tion, p. M Lvii. 



38 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

2. Michel Lemoine est surtout celebre par les poursuites qu'il exer^a contre 
ce groupe de religieux. II s'etait d'ailleurs toujours montre severe pour les spi- 
rituels. Le 13 juillet 1312, il fut cite par Clement V avec Jean de Verunis, in- 
quisiteur de Provence, le provincial et d'autres freres mineurs de la province, 
pour repondre des mauvais traitements qu'ils avaient fait subir k certains de 
ces fraticelles. Le pape les gourmanda en plein consistoire et ordonna que les 
deux inquisiteurs fussent revoques. Regest. Clem. V (ed. Vatic), n. 8851; Eubel, 
Bullar. franc., t. v, n. 203 et note 8. II est probable que cette mesure n'eut pas 
de suites, ou qu'elle fut peu aprcs retiree, puisque, en 1317, MichelLemoine est 
appele a punir les fraticelles dont il est question dans la presente lettre. 
L'inquisiteur 8*acquitta d'abord de sa mission ^a Tegard des princi" 
paux coupables qu'il jugea et condamna en 1318 (voir Introduction, loc. cil.), 
puis il se mit a rechercher leurs partisans et leurs defenseurs, dans les diverses 
provinces de Tordre. Voici la lettre qu'il adressa au provincial de Tos- 
cane, le 3 decembre 1319. Rome, biblioth. Casanaten., ms. 1730, folio 
234 vo (273 vo) -235 v» (274 v»). 

« Reverendo in Christo Patri, fratri.. ministro Thus[cie] et ejus vicario, 
frater Michael Monachi, ordinis fratrum minorum, inquisitor heretice pra- 
vitatis auctoritate apostolica constitutus et ex speciali commissione sanctissimi 
patris et domini Domini Johannis divina providentia pape XXIIinquisitor et 
judex contra quosdam pseudofratres heretica labe respersos eisque adherentes 
ubilibet per totum ordinem deputatos (sic), ac etiam Reverendi patris fratris 
Michaelis, generalis ministri prefati ordinis commissarius in hac parte, salutem 
in domino Jhesu Christo. Noveritis me dudum recepisse litteras prefati domini 
pape ejus vera bulla in filo canapis pendente bullata,s, non abolitas, nec rasas, nec 
viciatas, neccancellatas necsuspectas inaliqua sui parte, quorum tr^nscriptum 
ex ipsis originalibus litteris sumptum et autentico munimine roboratum vobis 
transmitto presentibus litteris colligatum. Volens igitur commissionem michi fa- 
ctam ac mandatum apostolicum in ea contentum, prout teneor,exequi reverenter; 
cum ad audientiam meam sit fide digna et certa relatione deductum multos ex\ 
pseudo fratribus in dicto rescripto apostolico nominatis et eisdem adherentibus, 
qui coram me in judicio quosdam abjuraverunt errores et se propria sponte 
eorum jnramento vallata ad penitentias eis datas observandasinviolabiliter 
astrinxerunt, contra ipsorum promissionem et juramentum crimen apostasie 
dampiiabiliter incurrisse et per diversas mundi partes latenter discurrere in 
animarum suarum et aliorum prejudicium et discrimen et scandalum non modi- 
cum ordinis memorati, auctoritate apostolica qua fungor in hac parte pro primo, 
secundo et tertio et peremptorio termino vos moneo vobisque in virtute obe- 
dientie sancte et sub excommunicationis pena districte precipio et injungo 
quatinus per vos et alios cum exacta diligentia de predictis apostatisinquiratiSj 
si infra vestram provinciam alicubi latitent vel discurrant. Et si quos do hujus- 
modi pestiferis viris in predicta vestra provincia poteriti§ reperire eos capiatis 
vel capi faciatis et in disciplinam ordinis sub fida custodia detineri invocato 
ad hoc si opus fuerit cuxilio brachii secularis. Si autem aliquos vel aliquem do 
prenominatorum speudo (sic) fratrum adherentia ct secta notatos probabili 
suspicione, vel fautores, aut defensores eorum in prefata vestra provincia 
habeatis, procedatig contra eos et eorum quemlibet juxta canonicas sanctiones, 
sub quibus quantum michi licct et possum auctoritate apostolica michi concessa, 



I 



JKAN XXII 39 

committo vobis plenarie vicei meas, doncc ipsas duxero revocandag. Nomina vero 
omnium illorum apostatarum et defensorum et fautorum ipsorum, cisque adho- 
rentium, ac suspectorum de ipsorum secta ct adherentia, quos in sepe dicta vestra 
provincia vos contigerit reperire cum probationibus quas inveneritis sub sigillo 
officii vestri volo quod teneamini michi fideliter et ccleritcr intimare. Attenden- 
tcs tam sollicite quam prudenter ne aliquibus per malitiam vel invidiam aut 
odium vel vindictam, vel alias indebite dicti criminis nota aliqualiter impona- 
tur; sub ejusdem etiam districtione precepti vobis injungens quod in singulis 
notabilibus conventibus vestre provincie predictamcommissionemmichiaprefato 
domino papa factam cum presentibus litteris legi coram fratribus publice facia- 
tis et in actis sive libris vestre provincie ad cautelam futurorum et in rei perpe- 
tuam memoriam registrari sic quod tam penes vos quam successores vestros 
remaneant perpetuo et fideliter conserventur. Quicquid autem super premissis 
feceritis michi quam cito comode poteritis per vestras litteras sigillo officii vestri 
munimine roboratas studeatis fideliter et plenarie demandare. — Datum Massilie, 
anno Domini M» CCCo XIX, die m» decembris. » 

Le 21 mars 1327, Michel Lemoine re^ut avis de remettre k Tinquisiteur de 
Carcassonne un beguin, Pierre Trencavel, et sa fille Andree, evad^i du mur 
de Carcassonne. Le 1®' juin 1328, Jean XXII le chargea de recueillir, au nom 
de la Chambre apostolique, les objets, livres, hardes, ayant appartenu k Michel 
de Cesdne et k Bonagrazia de Bergame (n. 80). II eut pour coIUgues dans la 
tharge d'inquisiteur de Provence. en dehors de Jean de Verunis, les franciscaina 
Jacques Bernard (cf. n. 33, 40) et Guillaume Astre (cf. n. 49, note 3, 71, etc). 
Voir une courte notice 8ur cet inquisiteur dans Hiat. litt. de la Francey t. xxxii, 
p. 582. 



-46 — 

Jean XXII excommunie el supprime la secte des fraticelleSt 
freres de la pam>re i^ie, bizoches ou beguins, quiy pretextant une 
autorisation du pape Celestin V ^, s* etaient etablis et multiplies en 
Italie, en Sicile, en Pro^>ence, a Narbonne et d Toulouse. — Avignon, 
30 d^cembre 1317. 

Reg. Aven., t. x, fol. 452 v»; Reg. Vat., t. i.xvii, n. 68, d« Curia; 
Doat, t. xxxiv, fol. 147; Mahul, Cartul. ,t.y, p. 660; Corpus iuris : 
Extraif. Joan. XXII, lit. vii; Eubel, Dullar. franc, t. \, p. 134, 
n. 297; Mollat, Jean XXII, n. 8147. 

Ad perpetuam rei memoriam. — Sancta romana atque uni- 
versalis Ecclcsia... — Datum Avinioni, iii kalendas januarii, 
anno secundo. 



40 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

1. II s'agitdes freres de la pauvre vie, ou ermites celestins (appeles aussi 
quelquefois fraticelles), approuves par Celestin V. Ils pretendaient mener une 
vie strictement eremitique, basee sur la pratique de la pauvrete absolue. Leurs 
chefs furent Fra Liberato et Fra Angelo Clareno, contemporain de Jean XXII. 
Angelo a raconte, dans son Historia septem tribulationum {Archii> fiir Litteratur 
und Kirchengeschichte, t. ii), les persecutions auxquelles ils furent en butte, 
d'abord de la part de leurs freros du grand ordre franciscain, et puis de celle des 
successeurs de Celestin V sur la chaire de saint Pierre. Leurs prieres et leurs 
instances ne purent jamais obtenir du Saint-Siege la reconnaissance canonique 
de leur agregation. Les beguins ou bizoches etaient les membres du tiers-ordre 
franciscain, affilies aux spirituels et partageant leurs erreurs (voir Introduction). 
II ne faut pas les confondre avec les beguins orthodoxes, que Tfiglise a toujours 
reconnus. En fevrier 1322 (n. 37), Jean XXII ordonna precisement, dans le mid. 
de la France et le nord de TEspagne, une enquete destinee a distinguer les bons 
des mauvais. Par suite, un grand nombre de ceux-ci furent brules a Narbonne, 
Lunel, Lodeve, Beziers, Capestang, Pezenas, Carcassonne et Toulouse (annees 
1319, 1320, 1321 et 1322). Voir Liber sententiarum, p. 313; Lea, Hist. de Vlnquis 
(trad. fr.), t. iii, p. 89-95; Tanon, Hist. des trib. de Vlnquis., p. 83-86; Mahul, 
CartuL, t. v, p. 660-661, 672-683, d'apres Doat, t. xxvii et xxviii, passim; 
Bernard Gui_, Practica, p. 264. Sur les beguins en general, voir Mosheim, De be- 
ghardis et beguinabus commentarius, Leipzig, 1790; Tocco, Studii francescani, 
Naples, 1909, p. 227-310; Tanon, op. cit., p. 79-83; J.-M. Vidal, Proces d'Inqui- 
^ition contre Adhemar de Mosset, dans Rewue d'histoire de VEgUse de France, 
1910, t. I, p. 555-589, 682-699. 



— 16 bis — 

Jean XXII condamne les spirituels qui ont emigre de la Toscane 
en Sicile, ayant pour chej Henri de Ce<^a, apostat jranciscain, 
et qui y ont constitue une sorte de congregation independante ^. // 
ordonne aux prelats de punir ces rebelles. — Avignon. 23 jan- 
vier 1318. 

Reg. Aven., t. viii fol. 238; Reg.Vat., t. lxvii, n. 381; DuUar. 
rom. (ed. Taurin, 1859), t. iv, p. 261; Raynaldi, ad ann. 1318, 
n. 45-52; Wadding, ad ann. 1318, n. 10-23 [in ext.); Eubel, t. v, 
n. 302, p. 137-142 [in exl.) ; MoUat, op. cil., n. 6216. 



Venerabilibus fratribus patriarchis, archiepiscopis et episcopis 
ac dilectis filiis electis, acl quos littere iste pervenerint. — Glo 
riosam Ecclesiam... — Datum Avinioni, x kal. februarii, pon 
tificatus nostri anno secundo. 

1. Voir Tocco, Studii francescani, p. 395-421. 



JEAN XXII ''ll 



— 17 — 



Jean XXII revoque les lettres de sauvegarde concedees jadis par 
Clement V d Aymeric Caslel, de Carcassonne, et d d'autres. — Avi- 
gnon, 30 mars 1318. 

i?eg. ^^'«n.,!. VIII, fol. 405; i?cg. VcU., t. lxvii, n. 728; Doat, 
t. XXXIV, fol. 138-140; Mahul,Car/u/., t. v, p. 660 (anal.); Mollat 
op. cil., n. 6776 (anal.). 

Dilectis filiis inquisitoribus heretice pravitatis in partibus 

Carcassonen. constitutis, salutem. — Utcommissum vobis nego- 

tium catholice fidei auctore Domino in vestris manibus prospc- 

retur, libenter apostolice sollicitudinis partes spponimus et quequo 

obstantia submovemus. Olim siquidem felicis recordationis Clc- 

menti pape V predecessori nostro pro parte quorumdam hominum 

de partibus Carcassonen. suggesto quod inquisitores pravitatis 

heretice illarum partium qui tunc erant et pro tempore fuerant 

multa illis gravamina et injurias irrogarant, iniquos contraeoset 

alios illarum partium processus contra justitiam facientes ^, idem 

predecessor hujusmodi suggestionibus aurem accomodans. bone 

memorie Petro, episcopo Penestrino, tunc tituli sancti Vitalis ^, 

et venerabili fratri nostro Berengario, episcopo Tusculano, tunc 

tituli sanctorum Nerei et Achillei ' presbiteris cardinalibus, qui par- 

tium iilarum notitiam obtinebantet perpartes illas transitum fa- 

cere tunc habebantsuisdedit litteris inmandatisutdepremississug- 

gestionibus et aliis incidentibus se plenius informarent et nichilo- 

minus interim personis prosequentibus negotium memoratum de 

securitate ydonea pendente dicto negotio auctoritate apostolica 

providerent, nec permitterent eos per inquisitores eosdem aliquate- 

nus molestari; prefati quoque cardinales hujusmodi commissionis 

pretextu Aymerico de Castro, burgensi Carcassonen., et quibusdam 

aliis tunc negotium prosequentibus supradictam securitatem 

hujusmodi pendente dicto negotio apostolica auctoritate pre- 

stantes, illos sub sua protectione et Sedis apostolice receperunt; 

quam receptionem idem predecessor ratam habens et gratam 

mandavit illam inviolabiliter observari, eisdem inquisitoribus di- 

strictius inhibendo ne contra prefatum Aymericumet alios ofricii 



42 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAlSB 



eorum pretextu procederent quoquomodo donec prefatum nego- 
tium esset per Sedem apostolicam terminatum et a Sede ipsa aliud 
reciperent in mandatis. Quia vero prefati Aymericus et alii circa 
proposita et objecta per eos ulterius coram predecessore prefato ac 
etiam coram nobis negotium ipsum prosequi neglexerunt et quasi 
negligunt, prefata protectione securi, nos nolentes sicut etiam nec 
debemus propterea vestrum officium impediri, securitatemipsam 
penitus revocantes, discretioni vestre per apostolica scripta man- 
damus quatinus contra eumdem Aymericum et alios in decreta 
vobis provincia Deum et justitiam habendo pre oculis procedentes, 
non obstantibus securitate predicta et aliis securitatibus, prote- 
ctionibus, confirmationibus, ordinationibus et inhibitionibus qui- 
buscumque dicti predecessoris, aut aliorum quorumlibet juxta 
formam vobis traditam ac canonicas sanctiones et de peritorui 
consilio ofTicii vestri debitum curetis exequi diligenter. — Datum^ 
Avinioni, iii kalendas aprilis, anno secundo. 

1. Sur les allusions contenues dans cette bulle, voir les documents n. 3, note 1, 
et 6, note 2. 

2. Pierre de la Chapelle, p. 13, note 2. 

3. Berenger Fredol, p. 13, note 3, 



— 48 — 



Le pape reclame d Veveque de Maguelonne ^ les dossiers de Ven* 
quete faite par lui dans son diocdse contre des beguins et d^autrei 
heretiques. — Avignon, 18 septembre 1318. 

Reg, VaL, t. cix, fol. 159 vo, n. 655 ; t. cx, part. 2, fol. 61, 
n. 287; Eubel, BulL, n. 340 [in ext.)\ Coulon, n. 725 (anal. 

Venerabili.. fratri episcopo Magalonen. — Cum sicut audivi* 
mus... — Datum Avinioni, xiiii kalendas octobris, ann< 
tercio. 



1. Andre Fredol, O. S. A., eveque d'Uzes, le 20 mars 1314; transfere i] 
Magueloline, le 18 fevrier 1318; meurt le 29 fevrier 1328. GalUachrisL, t. vr, 
col. 633, 780-781 ; Eubel, Hier., t. i, p. 334, 539. 



JEAN XXII 43 

— 18 bis — 

Meme lettre adressee n Veveque de Beziers *. — Avignon, 18 sep- 
tembre 1318. 

Reg. Vat., t. cx, part. 2, fol. 61, n. 287; Coulon, n. 726. 
In e. m. episcopo Biterrensi. 

1. Guillaume Fr6dol, d'abord abb6 de Saint-Tibery, promu h Bdziers, lc .*> ma 
1313; mort en 1349. Eubel, Ilier., p. 141. 



— 19- 

Sur les instances de Bernard Gui, inquisiteur de ToulousBf 
Jean XXI l confere des benefices vacants a deux neveux et d deux 
notaires de cet inquisiteur. — Avignon, 21 septembro 1318. 

Reg. Aven., t. xi, fol. 32 v», 36, 39, 78; Reg. Vat.,U lxix, 
n. 96, 100, 114, 115; Mollat, Jean XXII, n. 8434-8437 (anal.). 

1° Parochia dc Tiiragello *, Pictaven. dioecesis, per dimissionem 
Joannis de Estapo vacans, confertur Aymerico Hugonis, nepoti 
fratris Bernardi Guidonis, inquisitoris Tolosani. — Litterarum scien- 
tia. — In eundem modum abbati Monasterii novi, et subdecano 
S. Hilarii Pictaven., ac Guidoni de Velletro, canonico Belvacen. 

2° Canonicatus sub exspect. praebendae ecclesiae Montisregalis ^, 
Carcassonen. dioeccsis, confertur Petro Boerii, ipsius inquisitoris 
ininquisitionis officionotario. — Laudabilibus tue probitatis meri- 
tis. — In eund. mod. praeposito Tolosano, etGuidonide Velletro, 
Belvacen., ac Raymundo Costa, Ruthenen. canonicis. 

3° Canonicatus sub exspect. praeb. et dignitatis seu ofTicii eccle- 
siae S. Pauli de Fenolhedesio ^, Electen. dioec, confertur Guidoni 
Guidonis, dicti inquisitoris nepoti. — Tuam sinceram devotionem. 
— Ineund. mod. archidiacono Carcassonen., et duobus supra 
proxime dictis canonicia. 

4° Canonicatus sub exspect, praeb. ecclesiae S. Felicis Tolo- 



44 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 



sanae dioecesis, confertur Jacobo Manivesii [Marquesii ?], in officio 
inquisitionis notario, rectori eccl. de Davitz ^, Castren. dioec. — 
Yirtutum studiis. — In eundem modum archidiacono Albien., et 
cancellario Tolosan., ac Guidoni de Velletro. 

Pro omnibus : Datum Avinioni, xi kal. octobris, pontificatus 
nostri anno tertio. 

1. Thurageau (Vienne), arrond. de Poitiers. 

2. Montreal (Aude), arrond. de Careassonne. 

3. Saint-Paul-de-Fenouillet (Pyrenees-Orientalcs), arrond. de Perpignan. 

H. Saint-Felix-de-Caraman (Haute-Garonne), cant. de Revel, arroud. de 
Villefranche. 

5. Avits, commune de Castres (Tarn). 



— 20 — 

Le pape recommande aux inquisiteurs de la foi presents et d ^enir 
de s'abstenir de toute molestation d Vendroit des consuls et des bour- 
geois de Montpellier, dont la fidelite seculaire d V Eglise catholique^ 
jadis remarquee par plusieurs papes, merite encore d'etre vi{>ement 
louee, — Avignon, 2 novembre 1318. 

Reg. VaL, t. cx, n. 960; Coulon, n. 756 A [in exL). 

Dilectis filiis inquisitoribus heretice pravitatis in regno Fran- 
cie per Sedem apostolicam deputa tis et in posterum deputandis. — 
Etsi zelo fidei ^ ... — Datum Avinioni, iiii nonas novembris, 
anno tercio, 

1. Voir plus bas, n. 231, la confirmation de cette bulle par Urbain V; et dans 
Coulon, n. 756 B, 756 C, 756 D, 756 E, des lettres d'Honorius III et d'AIexan- 
dre IV en faveur de Montpellier. Voir plus loin, les n. 78, 87, 88, 98, 172, 311. 



— 21 — 



Le corps de Castel Faure, bourgeois de Carcassonne decede 
depuis plus de quarante ans, a ete ensei>eli dans le com>ent des 
Jreres mineurs de cette ville^. Naguere,une sentence de Vinquisi- 



JEAN XXII 45 

(eur Jean de Beaune ^, execrant la memoire du defunt, com^aincu 
d^hercsicy ordonnait Vexhumation et la cremation de ses restes^ si 
toutefois il etait possible de les reconnaitre parmi ceux des autres 
jnorts. Les freres mineurs, faussemep,t accuses d^avoir mele les 
ossemetits de Vhcretique a ceux des autres, afin d*empecher Vexe- 
cution de la sentence, sont reconnus innocents de ce crime d la 
suile d^une information entreprise par ordre du pape. — Avignon, 
15 mars 1319. 

Reg. Aven., t. xi, fol. 251 v» ; Reg. Vat., t. lxix, fol. 124 yo, n. 389; 
Eubel, Bull.,n. 357 {in ext.); MoUat, n. 9059 (anal.). 

Dileclis filiis Petro Vitalis, guardiano, Arnaldo Gheminarii et 
Petro de Montelongo, ordinis fratrum minorum Carcassonen. etc. 
— OfTicii nostri debitum exigit ut que justicic convenire percipi- 
mus exequantur. Sane in nostra et fratrum nostrorum presentia 
propositum extitit quod corpus quondam Castelli Fabri civis Car- 
cassonen. in loco fratrum vestri ordinis Carcassonen. sepultum fuit 
quadraginta annis et amplius jam elapsis; sed comperto pridem 
quod dictus Castellus heretica fueratlabe respersus, dilectus filius 
Johannes de Belna, ordinis fratrum predicatorum, in illis partibus 
inquisitor hereticorum per Sedem apostolicam deputatus, pronun- 
ciavit sententialiter ossa que dicti corporis fuerant exhumanda 
fore ac incendio, si discerni possent ab aliis fidelium ossibus, con- 
cremanda. Cumque perlatum ad nostram audientiam extitisset 
quod vos ne in eisdem ossibus ipsius Castelli talis executio fieri 
posset illa commiscueratis cum aliis ossibus fidelium eorundem 
ct alias impedimentum prebucratis ne dicti inquisitoris pronun- 
cialio hujusmodi cxequtioni debite mandaretur, nos scire volentes 
an predicta per vos fuissent operibus adimpleta et invosanima- 
verterc (sic) si vos supcr hujusmodi invenissemus culpabiles exti- 
tisse, hujusmodi negotium examinavimus diligcntcr, et quia 
per hujusmodi cxaminationem invencrimus quod tam fidclium 
quani Castelli prefatorum ossa cadem diu ante pronunciationem 
hujusmodi simul fuerant diversis temporibus et locis absque 
culpa vcstra commista, vosque in executione predicta facienda 
inipedimentuni aliquod nullatcnus prcstitisse, sicut nobis minus 
vcridica fuerat insinuatione suggestum, vos in hac partc dc fralrum 
nostrorum prcdictorum consilio omnino inculpabiles reputamus, 
vosquo decernimus nulla proptcr hoc nota infamie maculatos. 



46 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

Nulli ergo, etc, nostre reputationis et constitutionis infringerc, elc. 
— Datum Avinioni, idus martii, anno tercio. 



1. Ce riche bienfaiteur des franciscains de Carcassonne etait mort en 1278, 
assiste de six de ces religieux et son corps avait ete inhume dans le cimetiere 
du couvent. Une enquete secrete, entreprise vingt-deux ans apres, par Nicolas 
d'Abbeville et au cours de laquelle des temoins reputes serieux furent interroges, 
vint ternir la reputation d'orthodoxie attachee a la memoire du defunt. L'in- 
quisiteur acquit la conviction que Faure avait ete regu dans la secte cathare a 
son lit de mort. II fit proclamer, en Tan 1300, dans toutes les eglises de Carcas- 
sonne, un avis aux parents ou amis du mort, les invitant a defendre sa memoire. 
On sait deja le role joue dans cette affaire par les freres mineurs et surtout par 
Bernard Delicieux (n. 2, note 2). Ils essayerent d'opposer aux temoignages des 
ennemis de Castel Faure les depositions des freres qui avaient rcQu son dernier 
soupir. L'inquisiteur affecta de ne rien entendre. Un appel au pape, redige a 
grand'peine par un homme de loi qui tremblait de peur et voulut rester inconnu, 
ecrit par un notaire etranger, fut notifie a Tinquisiteur par surprise, au moyen 
d'un placard clou^ a la porte de son hotel. Pour le moment, toute procedure 
fut suspendue. Puis Nicolas d'Abbeville fut destiLue de sa charge (1302). Le pon- 
tificat de Clement V amena une detente. Le fils de Castel Faure, Aymeric, avait 
rcsolument pris la defense de ses concitoyens mecontents (n. 6, note 2). On n'osa 
probablement plus parler de son pere. Le dossier compile par Nicolas d'Abbe- 
ville ne fut rerpis que par Jean de Beaune, des que relection de Jean XXII eut 
inaugure une 6re nouvelle. La bulle du 15 mars 1319 nous apprend que cet 
inquisiteur venait de prononcer la sentence si longtemps attendue. Les ossemeuts 
du defunt devaient etre exhumes et jetes au feu, si toutefois il etait possible d'en 
faire le triage dans Tossuaire du couvent. Le bruit courut que les freres mineurs, 
desireux de preserver coute que coutc les restes de leur bienfaiteur de cette 
suprSme execution, les avaient meles ^ ceux d'autres defunts pour rendre 
inapplicable la sentence. Si ce bruit etait fonde, les franciscains couraient le 
risque d'etre punis pour avoir mis obstacle a Texercice de rinquisition. Mais 
le pape n'ecouta les insinuations de leurs ennemis que pour ordonner une 
enquetc. Celle-ci leur fut favorable et Jean XXII les reconnut innocents par 
la presente bulle. 

Si les ossements de Castel Faure continuerent a reposer en terre benite, la 
sentence de Jean de Beaune regut, pour le reste, une rigoureuse application. 
Les biens du defunt furent confisques. Le tresor royal en percevait encore 
les revenus en 1323. Doat, t. xxxiv, fol. 189, 215; Mahul, CarL, t. v, p. 670, 
671. En 1338, rhotel de Castel Faure a Carcassonne fut Tobjet d'une contes- 
tation entre le fisc et Pierre de Manse, qui pretendait le tenir en legitime 
propriete do la reine, cello-ci Tayant ro^u en don du roi Philippe le Bel. Pierrd»] 
linit par robtenir de la liberalite de Philippc de Valois. llisl. de Lang., t. x,^ 
p. 831-833. 

La femme de Castel Faure, Rixende, convaincue d'heresie, comme son mari, : 
longtemps apres sa mort, fut condamnee en 1329. L'assemblcc consultative du 
8 septembre 1329 pronon^a rexhumation de ses os (Douais, La formule Com- 



JEAN XXII 47 

municato, elc, p. 58) et cette sentencc fut executee. Doat, t. xxvii, fol. 
235 yo sq. ; Mahul, CarluL, t. v, p. 688. 

II a ete question ailleurs d'Aymeric Castel (n. 6, note 2). Sur 1'aiTairc de 
Castel Faure, voir encore Haureau, Bernard Delicieux, elc, p. 1-11, 167-175; 
d'apr^s Doat, t. xxxiv, fol. 123-130. 

2. Jean de Beaune, originaire de la ville de ce nom, en Bourgogne, fit ses 
6tudes et sa profession religieuse dans le couvent des fr^res prScheurs de Dijon, 
En 1316, ii fut nomme a Tlnquisition de Carcassonne, en rcmplacement de Geof- 
froi d'Ablis, decede. Outre le proces de Castel Faure repris par lui, enl3l8ou 
1319, il poursuivit oi/ recommen^a ceux de Guillaume Salavert et d'Isarn Coll, 
d'Albi (1319; Biblioth. nat., ms. lat. 11847, fol. 43 sq.), et celui de Guillem Garric, 
de Carcassonne (1320-1321; Douais, Guillaume Garric et le tribunal de V 1 nquisi- 
tion, p. 9). II se preta a la fondation d'une succursale du tribunal de 1'Inquisi- 
tion a Pamiers (n. 24, note 1) et delegua le dominicain Gaillard de Pomies 
(10 d^cembre 1318) pour le remplacer aupres de 1'evSque Jacques Fournier. 
Ms. Vatican lat. 4030, fol. 69. La part qu'il prit personnellement aux travaux 
de ce tribunal se borne a une intervention tardive pour la conclusion des procds. 
Le 1*' mai 1320, il pronon^a, avec Teveque, la peine de mort contre deux vaudois 
obstines et difTerentes penitences contre d'autres heretiques. Ms. 4030, fol. 15, 
18, 21, 22. Le 8 mars et le 2 aoAt 1321, le 4 et le 5 juillet 1322, le 19 juin 1323, il 
assista a des actes de foi celebr^s k Pamicrs. Limborch, Lib. sent., p. 286-289, 
291-298, 393; ms. Vat. 4030, passim. D'autre8 ceremonies de ce genre furent pre- 
sidees par lui, a Toulouse (30 septembre 1319; Limborch, op. cit., p. 209) avec 
Bernard Gui, et a Lodeve (3 juillet 1323; Doat, t. xxviii, fol. 8-37) avec les vi- 
• aires generaux de Tevfique. S*il faut en croire dom Vaissete, Hist, de Lang., 
t. IX, p. 398, il aurait tenu, en avril 1324, k Carcassonne, une assembl^e consul- 
tative prccedant le jugement de divers heretiques. II est avcre que Vauto da /«' 
de Lodevo fut prepare par une reunion semblable convoquee par lui, le 2 juil- 
let 1323, dans la salle du chapitrc. Douais, La formule Communicato, p. 16-19. 

Le 29 juin 1321, il proceda k la r^conciliation du bourg de Cordes (Limborch, 
op. cit., p. 277-282) et^ la mfeme ann^e, se rendit k Narbonne pour juger un be- 
guin. Ce fut k Foccasion de rassemblee convoquee pour examiner la culpabilite 
dc ce prevenu qu'eclata la fameuse dispute sur la pauvrete du Christ et des 
apotres, dont les suites furent si desastreuses (n. 37, notel). Hist.de Lang., 
t. IX, p. 397. Signalons cncore quelques actes emancs do Jean de Bcaunc ou 
auxquels il eut part : le 14 janvier 1322, il delivra, de concert avec J. Four- 
nier et B. Gui, des lettres de f61icitations k Arnaud Sicre, espion do rinquisi- 
tion. Ms. Vat. lat. 4030, fol. 132 C; cf. n. 53. On verra ailleurs (n. 41) qu'il fut 
choisi, par Teveque Pierre de Roquefort, comme executeur de ses dernieros 
volontcs. 

II resulte de divcrs passages du Registre do-4'Inquisition de Pamiers (ms. 
4030, fol. 180, 301, 304, 311) qu'il etait mort en aout 1324. Le 7 de ce raois, 
raudionco du tribunal est presidce par Jcan Duprat, son successeur. On attribue 
k Jean de Beauno une critique des erreurs de Pierre de Jean d'01ive, entreprise 
par ordre de Jean XX H et que Baluze a publiee. MiscelL, edit. Mansi, t. ii, 
p. 274-276. Sur cet inquisiteur, voir Quctif et fichard, Scriplores ord. praed., t. i, 
col. 585-586; J.-M. Vidal, Le tribunal d' I nquisition de Pamiera, p. 86-88. 



48 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANQAISE 



— 22 — 

Le pape delegue Varcheveque de Toulouse ^, les es^eques de 
Pamiers ^ et de Saint-Papoul ^, pour connaitre des crimes imputes 
d Bernard Delicieux, de Vordre des freres mineurs *. — Avignon, 
16 juillet 1319. 

Reg. Aven., t. xii, fol. 10 v^; Reg. Val., t. lxix, n. 866; t. cx, 
part. 2, fol. 3; Wadding, ad ann. 1318, n. xxiv; Baluze, Vitae, 
t. II, col. 341 ; Eubel, BulL, n. 372 [in ext.) ; Mollat, Jean XXII 
n. 9799. 

Venerabilibus fratribus.. archiepiscopo Tolosano et. Appa- 
miarum ac. Sancti Papuli episcopis. — Etsi cunctorum nequitia 
redundans in proximi lesionem merito cunctis bonis mentibus esse 
debeat odiosa, illorum tamen actus nepharios acrius prosequi debet 
censura judicii, qui voto regularis professionis astricti sub agni 
specie gestant lupum et sanctimonie habitum et pietatis opera 
cxterius pretendentes per machinationes detestabiles proxi- 
morum exterminia moliuntur. Sane ad audientiam nostram fama, 
immo verius, infamia publica deferente pervenit, quod (a) Bernardus 
Deliciosi, ordinis minorum, in profunda malorum opera obsti- 
nans vota sua in illum prorupit horribilis factionis excessum ut, 
conspirans in mortem felicis recordationis Benedicti XI prede- 
cessoris nostri, operam dederit ut idem predecessor veneni po- 
culo necaretur; et quod ad nephanda alia applicans actus pravos 
molitus est cum quibusdam hominibus Carcassonen.(6)necnon cum 
syndicis Albiensibus et castri de Cordua, Albiensis diocesis, ut a 
iidelitate clare memorie [Philippi] regis Francie recederent et 
quendam potentem in dominum sibi assumerent, ac Carcassonen- 
sem cum burgo, et Albiensem sibi traderent civitates et castrum 
predictum ; litterasque huiusmodi proditionis habite et tra- 
ctate scripsit et sigillatas sigillo consulatus Carcassonen. detulit 
et assignavit dicto potenti, ipsumque rogavit et sibi consuluit 
quantum potuit et induxit, ut civitatum, burgi et cfistri predi- 
ctorum dominationem reciperet, cum ex hoc posset toti patrie 
dominari : cuius quidem proditionis Petrus Probi, de Castris, ct 



(a) Wadding, Eubel : quod frater. 

[b) Wadding, Eubel : hominibus burgi. 



JEA.N XXll 49 

Arnaldus Garsie, de Albia, clerici, conscii et participes fuisse 
dicuntur. DictusqueBernardus populum Carcassonen. subdolis pre- 
dicationibus ac suasionibus deceptivis (a), adversus inquisitores he- 
retice pravitatis et ordinem fratrum predicatorum sic studuit con- 
citare quod prefatus populus ad domum et ecclesiam dictorum pre- 
dicatorum in multitiidine gravi et armorum impetu concurrentes 
ipsorum domum et ecclesiam expugnarunt. Idemque Bernardus 
carceres dictorum inquisitorum fecit seu procuravit frangi ct 
aperiri, et inde plures dampnatos dc heresi abstrahi et liberari, 
et quamplures domos hominum burgi Carcassonen. amicorum 
dictorum predicatorum penitus demoliri, prede ipsorum bonis ac 
viridariis et prediis expositis vastitati. Et alias (/>) plures sermones, 
tam in ecclesiis, quam extra publice fecisse dicitur adversus inqui- 
sitores et predicatores prcdictos, ex quibus eos graviter infamavit, 
ct in fidelium cordibus reddidit odiosos; eorumque processus cor- 
ruptus pecunia coram quibusdam predecessoribus nostris romanis 
pontificibus et dicto rege Francie studuit impugnare, hereticis 
seu credentibus ct receptatoribus eorumdem prebendo auxilium 
consilium et favorem; prefatis clericis eidem in proditione (c) et 
prcdicationibus et aliis commissis contra officium inquisitorum pre- 
dictorum consentientibus, participantibus et alias sibiprestantibus 
auxilium, consilium et favorem. Preter hec, idem Bernardus non- 
nullaalia detestabilia presumpsisseet commisissedicitur, que non 
posscnt presentibus absque difTusa recitationis serie enarrari. Licet 
igitursuper premissorum aliquibus et aliisdetestabilibus commissis 
per eum contra dictum Bernardum de mandato Sedis apostolice 
fuerit hactenus inquisitum, quam inquisitionem vobis duximus 
remittendam : volentes tamen, ut super premissis et nonnullis 
aliis articulis, quos vobis sub bulla nostra mittimus interclusos, 
super quibus etiam dictus Bernardus publica infamia noscitur 
laborare, per vos diligentius inquiratur, fraternitati vestre prcsen- 
tium tenore committimus ct mandomus, quatinus, vos, velduo 
vcstrum, in civitatc Tholosana {d) vel alibi, ubi expcdire videritis, 
dc predictis omnibus ct aliis singulis in articulis predictis con- 
tentis contra Bernardum et clericos supradictos, quos iamcaptos 

(a) Wadding, Eubel : decipiens- 

(b) Wadding, Eubel : atiter. 

(c) Reg. Ai'en. et Val. : prcdicatione. 

(d) Wadding, Eubcl : Toloaae. 

BULLAIHh: - 1 



50 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

et sub cnstodia fida detentos ad vos mitti volumiis ct mandamus, 
et quoscumque alios clericos, de quibus vobis videbitur, summa- 
rie et de plano, ac sine strepitu et figura iudicii inquiratis diligen- 
tius veritatem; et, si per inquisitionem iam factam, vel per vos 
faciendam, seu per confessionem eorum aut alias (a) vobis legitime 
constiterit de premissis vel eorum aliquibus, contra eos ad penas 
debitas, etiam degradationem, quam per vos aut duos ex vobis 
fieri volumus, nullis episcopis seu prelatis aliis, si haberi non 
possint commode, convocatis, et penas alias graviores, si enor- 
mitatum ipsarum exegerit qualitas, auctoritate nostra iuxta 
sanctiones canonicas, appellatione seu provocatione remota, proce- 
datis : constitutione aliqua non obstante, seu indulgentiis apo- 
stolicis ordini predicto concessis, quod fratres dicti ordinis per 
litteras apostolicas nequeant conveniri, vel contra ipsos quoquo 
modo procedi non possit, nisi in dictis litteris de indultis(6) 
huiusmodi eorumque toto tenore de verbo ad verbum plena et 
expressa mentio habeatur ; contradictores per censuram eccle- 
siasticam appellatione postposita compescendo. Testes autem 
qui fuerint nominati, si se gratia, odio vel timore (c) subtraxerint, 
censura simili appellatione cessante compellatis veritati testi- 
monitim perhibere. — Datum Avinioni, xvii kal. augusti, anno 
tertio. 

(a) Wadding^ Eubel : aliter. 

(b) Wadding, Eubel : indulgentiis. 

(c) Wadding, Eubel : amore. 

1. Jean Raymond de Comminges, eveque de Maguelonne, le 29 juillet 1309; 
transfere a Toulouse, dont il est le premier archeveque, le 13 novembre 1317; 
cree cardinal du titre de Saint-Vital, le 18 decembre 1327; eveque de Porto, en 
1329; mort le 20 novembre 1344. Baluze, Vilae, col. 753; Gall. christ., t. vi, 
col. 779; t. XIII, col. 38-39; Hist. de Lang., t. ix, p. 444-445; Eubel, Hier., t. i, 
p. 15, 334, 515. 

2. Jacques Fournier; voir n. 24, note 1. 

3. Raymond de Mostuejouls, abbe de Saint-Tibery, puis eveque de Saint- 
Flour (31 juillet 1317); transicre a Saint-Papoul, le 16 avril 1319; et promu au 
cardinalat, le 18 decembre 1327. II mourut le 13 novembre 1335. Gallia christ., 
t. VI, col. 714 ; t. II, col. 422-423 ; t. xiii, col. 301-302 ; Hist. de Lang., t. ix, p. 368 ; 
Eubel, Hier., t. i, p. 15, 261, 409. 

4. Sur les debuts de Bernard Delicieux, voir n. 2, note 2. Bernard se mit, en 
1317, a la tete des spirituels de Narbonne et de Beziers (n. 15) et tenta 
de prendre leur defense devant le pape. II fut jete sur-le-champ en 
prison et soumis a une enquete dont le pape confia la direction a Guillaume 
Mechiu, evcque dc Troyes, et a Pierre Letessier, abbe de Saint-Serniii. Trois 



i 



JEAN XXII 51 

chcfs d'accusation pesaicnt sur lui : !<> envoutementayant causc la mort du pape 
neuoit XI; 2° conspiration contre lc roi de France, dans lc but de livrcr Carcas- 
sonne, Albi ct Cordes k rinfant de Majorquo; 3° obstruction au libre cxercico 
de rinquisition. Le dossier fut constitue au bout de deux ans; et, le 16 juillet 
1310, par la presente buUe, Ic pape delegua Ics jujres de Bernard. Tous trois 
sc reunirent d'abord a Castelnaudary; puis, rareheveque de Toulouse s'ctant 
ictire, les deux eveques se fixerent a Carcassonne, oii le prcvenu avait ctc trans- 
ferc. L'inquisitcur Jcan dc Beaune s'assit a c6t6 d'eux, k Taudicnce, ainsi que 
le scnechal de Carcassonne et les rcformateurs royaux, Raoul, cv6quc dc Troyes, 
ct Jean, comte de Forez. 

Devant cette cour impotante comparurent d'abord d'anciens complices do 
Bcrnard dans les aflaircs d'AIbi et de Carcassonnc, qui sc firent ses accusateurs. 
II subit lui-mcme de nombrcux interrogatoires, avoua sans difTicuItc la part 
qu'il avait eue dans les troublcs suscitcs contre Flnquisition, mais refusa de se 
reconnaitre coupablc de trahison. La torture ne vint pas h bout de son obstina- 
tion, sur ce point pas plus que sur Ic chof d'envoutement. Le proccs, commencc 
en septembre, fut clos le 8 deccmbre. Retcnu coupablc d'obstructioo 4 rinqui- 
silion sous diverscs formes, de trahison contre le roi de Francc et de necroman- 
cie, mais reconnu innocent de tout complot contre Benoit XI, Taccuse fut con- 
damne a la degradation ecclesiastique ct a remprisonncmcnt perpctucl, au pain 
ct a Tcau, dans le « mur » de Carcassonne. On proceda sur-le-champ a sa dcgra- 
dalion. Voir la sentence dans Limborch, Liber setitent. Inquisilionis TftoloManaes 
j). 2G8-273. Lcs procureurs royaux, Raymond Foucault et Raymond Leccurt, 
protestercnt, lc Icndemain^ contre cette sentencc, a leur avis trop cldmcnte, 
et firent appel au pape. Par contre, les juges de Bernard, pris de pitie pour sa 
faiblcsse ct scs infirmitds, le dispens6rent des fers et du jctkno. lU lui laissaicnt 
mcme le froc de son ordre; mais le pape ordonna de le lui arracher, le 25 f^vrier 
1320 (voir n. 27). Haureau, Bernard Delicieux, p. 143-165, 198-218; Hiat. de 
Lang., t. IX, p. 300-393 ct notcs. Voir aussi Fragnunta ord. praed. dc B. Gui, daus 
Ilisl. des Gaules el de la France, t. xxi, p. 743-744, 748-749; Baluzc. Vitae, t. i, 
col. 116, 648 sq., 672, 676, 681, 691, 696, 753, 758. 



— 23 — 

Le pape Jean XXII releve un juge ecclcsiastique de Virregula- 
rilc quil a pu conlracter en appliquant d la torture une femme accu- 
see de sortilege et d*heresie et en causant la mort de la malheureuse. 
— Avignon, 28 juillct 1319. 

Reg Aven., t. xii, fol. 482 v»; Hcg. Val., t. lxix, fol. 452, 
n. 1437; MoIIat, Jean XXII, n. 9843 (anal.). 



5!J BULLAIRE DE L^INQUISltlON FRANgAlSE 

Dilecto filio Seguino de Belegneyo, canonico Eduen., etc. — 
Petitio tua nobis exhibita continebat quod cum tu olim venera- 
bilis fratris nostri Fortii ^, episcopi Pictavien., judicis ecclesiastici 
officium exerceres, et quedam mulier super criminibus sortilegii 
et heretice pravitatis publice diffamata coram te super crimi- 
nibus ipsis accusata fuisset nicliilque confiteri voluisset de cri- 
minibus antedictis, tu, de consilio quorumdam proborum qui 
se asserebant vidisse penis examinari hereticos in partibus 
Tholosanis ^, fecisti plantas pedum eiusdem mulieris iuxta car- 
bones accensos apponi, que ipsorum calorem sentiens et ardorem 
quamplurima erronea et orrenda contra catholicam fidem fuil 
confessa et multos in dictis erroribus sibi consocios et complices 
revelavit, qui exigentibus eorum demeritis fuerunt postmodum 
juxta iuris exigentiam condempnati ; que omnia sic inventa, ut 
communiter creditur, nunquam revelata fuissent nisi median- 
tibus tormentis eiusdem {sic) predicta mulier revelasset. In quibus 
quidem sic revelatis et confessis dicta mulier perseverans, dum 
deliberaretur que pena propter premissa imponenda fuisset ei- 
dem, in carcere eiusdem episcopi diu post confessionem predi- 
ctam debitum nature persolvit. Verum quia dubitatur ne propter 
predicta tormenta citius decesserit quam alias decessisset mulier 
supradicta si tormentata minime extitisset ; propter quod, quamvis 
propter defensionem et zelum catholice fidei consensisses, dubitas 
irregularitatis maculam incurrisse, nobis humiliter supplicasti ut 
tecum super irregularitate si quam ob hoc incurristi dispensare 
misericorditer dignaremur. Nos itaque tuis in hac parte supplicatio- 
nibus inclinati benignius annuentes ac tibi de salubri remedio provi- 
dere volentes, tecum super irregularitate huiusmodi, si quam pro- 
pterea forsitan contraxisti, quod, ea non obstante posses ad omnes 
ordines promoveri et ecclesiasticum beneficium obtincre, etiam 
si dignitas fuerit, auctoritate apostolica dispensamus. Nulli ergo, 
etc, nostre dispensationis infringere, etc. — Datum Avinioni, 
V kalendas augusti, anno tercio. 



1. Fortius d'Auch, ou Daux, chanoine de Poitiers, devient eveque de cette 
eglise, le 29 mars 1314; il meuit le 8 mars 1357. Gallia chrisL, t. ii, 1190-1191; 
Eubel, Hier., t. i, p. 419. 

2. L'usage de la torturc dans lcs tribunaux d'Inquisition fut autorise par des 
bulles d'Innocent IV, 15 mai 1252 (Potthast^ n. 14592), d'Alexandre IV, 



JEAN XXll 53 

30 novembre 1259 (Potthast, n. 17714) ct de Clement IV, 3 novembre 
1265 (Potthast, n. 19433). Nous avons relevo {Jean Galand, p. 18-20; 
Tribunal d'Inquisition de Pamiers, p. 170-177) un certain nombre d'allusions a 
cet usage dans les tribunaux du Midi. Le pr^sent recueil en offre quelqucs autres 
(n. 53 note, 143, 186, 341). 



— 24 — 

Ordre est donne par Jean XX JI d Vevcque de Pamiers de pro- 
ceder contre trois indwidus voues aux pratiques de la magie et au 
culte des demons. — Avignon, 28 juillet 1319. 

Reg. Vat., t. Lxix, n. 963; Mollat, Jean XXII, n. 9842 (anal.). 

Venerabili fratri .. ^ episcopo Appamiarum. — Ad audientiam 
nostram non sinc dolore cordis pervenit quod filii Belial Petrus 
Ademarii, presbitero [sic), et Petrus Ricerdi ^^ ordinis carmelita- 
rum, et Galharda Enquede, de Monte • Galhardo ^, mulier, per 
devia vitiorum vagantes factionibus ymaginum, incantationibus 
et consultationibus demonum, fascinationibus, maleficiis et aliis 
diversis adinventionibus superstitiosis intendunt * , sicque non 
solum seipsos precipitant in gehennam, sed et multos trahunt 
verbis, perit... et exemplis. Nos autem viam precludere huius- 
modi et aliis erroribus ingenti desiderio afTectantes, ac confisi 
de zelo quem ad iustitiam geris ut criminosi et crimina compe- 
scantur, fraternitatem tuam hortamur attente per apostoHca ni- 
chilominus tibi scripta mandantes quatinus contra presbiterum, 
Petrum Ricardi et mulierem predictos, quos tuus carcer dicitur 
petinere inclusos, et alios si qui sunt principales in illis partibus 
errorum huiusmodi sectatores inquiras per le, vel alium, scu 
alios, summarie, de plano, sine strepitu et figura iudicii, auctori- 
tate nostra ubi tua non sufTecerit plenarie veritatem; et si pres- 
biterum, Petrum et mulierem et elios supradictos huiusmodi 
scelerum inveneris fore reos, cum dignum sit rigorose procodere 
ubi sic graviter deliratur, de hiis que contra tales iuris sancit 
auctoritas nil omittas,ita quod dum suos actores debita pena tenuc- 
pit, cessent crimina. proscribantur delicta, catholica fidcs ex erro- 
pibus j)redictis turbata rlarescat, status oius in tranquillo rema- 



54 BULLAIRE DE L*INQUISlTION FRANCAISE 

neat, puniantur sui sceleritate malefici et ceteri perversa presu- 
mere terreantur. — Datum Avinioni, v kal. augusti, annotercio. 



1. Jacques Fournier, de Saverdun (Ariege), d'abord profes dans le monast^re 
cistercien de Boulbonne, puis abbe de Fontfroide, au diocese de Narbonne, 
fut promu a reveche de Pamiers, le 19 mars 1317. Transfere a Mirepoix le 3 mars 
1326, il fut cree cardinal (du titrc de Sainte-Prisque) le 19 decembrel327, et fut 
elu pape (Benoit XII) le 16 decembre 1334. Gallia christiana, t. vi, col. 199, 
210-211 ; t. XIII, 160-161, 268-269; Eubel, Hier., p. 15, 16, 94, 360; X. Le Bache- 
let, Benoit XII, dans Dictionnaire de theologie catholique de Vacant-Mangenot, 
t. II, col. 653-704; J.-M. Vidal, Notice sur les oeuvres du pape Benoit XII, dans 
Re^ue d'histoire ecclesiastique, 1905, t. vi, n. 3, 4. 

fitant eveque de Pamiers, il derploya une grandc activite dans la repression 
de rheresie. II crea une succursale de 1'Inquisition de Carcassonne, et, avec 
1'aide de Gaillard de Pomies, lieutenant de Tinquisiteur, il fit des proces a plus 
de cent heretiques, ses diocesains. Les actes de la plupart de ces proces sont 
contenus, les sentences exceptees, dans un volumineux manuscrit conserve a 
la bibliotheque Vaticane sous la cote : Vat. lat. 4030. La description de ce volume 
a ete faite par Mgr Douais, Documents, etc, p. ciii-cvii; par Gh. Molinier 
£tudes sur quelques manuscrits des bibliolheques d'Italie concernant 1'Inquisition 
el les croyances heretiques du xii^ au xvn® siecle, dans Archives des missions 
scientifiques et litteraires, t. xiii, et par nous-meme, Le tribunal d'Inquisition 
de Pamiers. II est heureusement completd par le Liber sententiarum Inqui- 
sitionis Tholosanae, publie par Limborch, et par les tomes xxvii et xxviii de 
Doat, ou ron trouve la conclusion d'un bon nombre de proces presides par Jac- 
ques Fournier. Douais, Documents, etc, p. cviii-cx. 

Le ms. 4030 ne contient pas les interrogatoires des trois sorciers dont il est 
question dans le present document. Nous savons neanmoins que le moine Pierrc 
Record, convaincu de sorcellerie, fut condamne a la degradation et a la prison 
perpetuelle, le 17 janvier 1329, par le successeur de Jacques Fournier, Domi- 
nique Grima, et par les inquisiteurs Hcnri de Chamay et Pierre Brun. Doat 
t. xxvii, fol. 150-156. Notre recueil compte plusieurs documents se referant k 
1'action de Jacques Fournier contre rheresie, a Pamiers : n. 22, 25 (note 4), 27, 
53 (note 6), 64; a Mirepoix : n. 73; durant son cardinalat : n. 100, 128, 140, 141^ 
176; durant son pontificat : n. 142-181. 

2. II faut probablement lire Pctrus Recordi. Un carme de cc nom fut con- 
damne pour sorcellerie, a Pamiers, le 17 janvier 1329. Voir note precedente e1 
Lea, Ilist. de Vlnquisition, trad. fr., t. iii, p. 550-551. 

3. Montgailhard (Ariege), cant. et arrond. de Foix. 

4. Sur les pratiques de sorcellerie et leur repression, voir n. 30 bis, 67, 103, 
ct fntroduction, p. xlviii-li. 



JEAN XXII 55 



— 25 — 



Sauj-conduit puur Bertrand Barrau, chapelain de Veveque de 
Pamiers, charge de ramener d ce dernier les heretiques Raymond 
de la Cote et Jean de Vienne et deux femmes que Vevrque avail cru 
devoir envoyer a la cour d' Avignon. — Aviirnon, 26 aoOt 1319. 

Reg. Aven., t. xt, fol. 547; Reg. Vat., t. lxix, n. 151, de Curia; 
Mollat, Jean XXII, n. 10236 (anal.). 

Universis ad quos presentes littere pervenerint, salutem. — Cum 
ven. frater noster..* episcopus Appamiarum, Raymundum de 
Costa 2 et Johannem de Viana ' cum duabus mulieribus, quos pro 
certis corum criminibus * cepcrat, nobis captos transmiserit, nos- 
que illos per Berlrandum Barravi ^, prcfati episcopi capellanum, ex 
certis causis ligatos ad prefatum episcopum renunciamus, Uni- 
versitatem vestram requirimus et attente rogamus per aposto- 
lica vobis scripta mandantes quatinus prefatum capellanum, cum 
pcp partes vcstras transitum fecerit, libere permittatis abire 
cum carceratis eisdem ; ita quod eos secure et liberc reducere 
valeat ad episcopum memoratum, nuUam sibi ot eis molestiam 
seu violentiam inferentes, taliter quod vos propterea de prompta 
obeditione commcndare merito valeamus. — Datum Avinioni, 
VII kalcndas septcmbris, anno tcrtio. 



1. Jacq\ies Fournier ; voir n. 24, note 1. 

2. La C6te-Saint-Andrc (Isere), arrond. de Vienne. 

3. Vienne, sous-pr^fectuife du depart. de risftre. 

4. Lcs deux femmes avaient nom Agn^s Franc et Iluguettc, et, comme le 
diacre Raymond de Sainte-Foi et Jean Fustier, mari de la deuxieme, elles appar- 
tenaient k la secte vaudoise. Leurs procc-s sont contenus dans le ms. 4030, lat. 
Vatican.(n. 24, note 1) ; celui de Raymond, du fol. 1 ou fol. 17 v^; celui d'Agnd8, 
du fol. 17 vo au fol. 18 \°; celui de Jean, du fol. 107 au.fol. 109 v»; celui d'Hu- 
guette, du fol. 109 v" au fol. suivant (non foliot^). Le texte en est plein d'inter6t 
k cause des noml)reux renseignements qu'il olTre sur les doctrincs de la secte. 
Ces quatre individus ^taient venus du Dauphin6, ou sans doute ils n'^taient pas 
en sflret^, 8'6tablir k Pamiers. Group^s autour de leur diacre, ils menaient une 
vie simple et laborieuse. Saisis par ordre de Jacques Fournier, en 1319, ils 
furent d'abr.rd interroges pnr lui et envoyes k Avignon. Mais le papo les fit 
reconduire immediatement k Pamiers (n. 25). Leurs proc6s se poursuivirent 
en 1:^20 et l'^21. Raymond de la CAte et Agn^s Franc furent livres au bras 
seculier le 1" mai 1320 (ms. 4030, fol. 27 v», 32 v^, 33, 35); Jean de Vienne el 



56 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANQAISE 

Huguette, sa femme, subirent le meme sort le 2 aout 1321. Leur sentence a ete 
publiee par Limborch, Liher senL, p. 289-291. Voir Vidal, Le trihunal d'Inqui- 
sition de Pamiers, p. 15, 30, 129-135, 212, 215. 

5. Ce Bertrand Barrau prend part comme temoin d'onice a plusieurs seances 
du tribunal de rinquisition de Pamiers. Ms. 4030, fol. 106, 109, 112 v», 151 v^, 
156, etc 



— 26 — 

Le pape ordonne d V archeveque de Toulouse ^ de proceder, selon 
les regles canoniques, d la degradation de Jean Philibert ^, pretre 
du diocese de Besangon, hahitant dans le diocese d' Auch et inculpe 
d^heresie vaudoise. — Avignon, 6 fevrier 1320. 

Reg. Vat.,t. Lxx, fol. 11 v^, n. 41, de Curia; Limborch, Liher 
sentent. Inquisitionis Tholosanae, p. 274; Douais, Practica Inqui- 
sitionis heretice prai^itatis, p. 120; GueraLTd, Documents pontificaux 
sur la Gascogne, t. i, p. 172, n. 113 [in ext. in omnihus loc. cit.); 
Coulon, n. 998 (anal.) ; Molkt, op. cit., n. 12061 (anal.). 

Venerabili fratri .. archiepiscopo Tholosano. — Nuper fide 
digna relatione... — Datum Avinioni, vtii idus februarii, anno 
quarto. 



1. Jean Raymond de Comminges ; voir n. 22, note 1. 

2. Cet heretique etait originaire de la Chapelle-Saint-Sauveur (Saone-et- 
Loire). Ayant regu, vers Tan 1293, mission de Tinquisiteur de Bourgogne de 
rechercher et de capturer certains vaudois fugitifs, il poussa jusque dans le 
diocese d'Auch, oii il se trouva en contact avec des communautesd'heretiques. 
II se fixa au milieu d'elles et se laissa gagner a leurs doctrines et a leurs pratique8,| 
De retour dans son pays natal, en 1298, il fut traduit devant Tinquisiteur Gui 
de Reims, interroge et emprisonne a Saint-Laurent-la-Roche (Jura). On ne pul 
lui arracher ni le serment de dire la verite, ni les noms des heretiques frequentes 
par lui en Gascogne. On en tira cependant quelques details sur les doctrines 
de la secte. II finit par abjurer, et, sous condition qu'il s'appliquerait desormais 
a la poursuite des heretiques, on le mit en liberte. II reprit aussitot le chemin 
de la Gascogne et revint a ses anciennes erreurs. En octobre 1311, il fut arrete, 
conduit a Toulouse et interroge par Bernard Gui. II rejeta de nouveau Terreur 
vaudoise, mais sans conviction, puisque, de sa prison meme, il continuait a 
correspondre avec un des chefs de la secte, qui lui envoyait des vetements. 
Son proces dura jusqu'en 1319. Le 30 septembre de cette annee, dans la cathe- 
drale de Toulouse, Philibert fut condamne comme relaps «^ otre livre au bras 



JEAN XXII 57 

sccuHor, opr^s avoir subi la degradation canoniquc. Comme on le voit par lo 
present document, cette operation n'avait point ete encore accomplie le 6 fe- 
vrier 1320. L'archevdque re^ut la bulle du pape le 5 mars suivant, a Mielan 
(Gcrs). II ne Texecuta que le 15 juin, non sans avoir pris connaissance du 
dossier de Tlnquisition. La degradation eut lieu dans la cathcdrale toulousaine, 
en presence de plusieurs abbes, prelats, docteurs, des representants de Tinqui- 
siteur et d'une foule nombreuse. Philibert, successivement depouille des insignes 
de chaque ordre, fut remis, la t^te rasee, aux ofTiciers civils, qui Texecutdrent 
sur-Ie-champ. Liher sententiarum Inquis. Tlwlosanae, publie par Limborch» 
p. 252-255, 274-276; Douais, Practira Inquisitionis her. prai^., p. 120. 



— 27 — 



Le pape ordonne aux eveques de Pamiers et de Saint-Papoul, 
juges de Bernard Delicieux, d^aggraver la sentence portee contre 
luij en lui arrachant le froc religieux ^. — Avignon, 25 fevrier 1320. 

Baluze, Vitae, t. u, col. 365; Eubel, BuU., n. 388 (m ext.). 

Johannes episcopus, servus servorum Dei, venerabilibus fra- 
tribus Appamiensi et Sancti Papuli episcopis salutem et apo- 
stolicam benedictionem. — Cum nimis indecens videatur quod 
frater Bernardus Delitiosi, ordinis minorum, pro tam enormibus 
criminibus condemnatus, relijrionis adeo venerabilis habitum 
extra dictum ordinem in carcere deferat, presertim cum si pro 
levioribus culpis esset ad ipsius ordinis carcerem deputatus, 
hujusmodi habitum in eodem ordine non deferret, fratcrnitati 
vcstre de fratrum nostrorum consilio per apostolica scripta 
precipiendo mandamus quatinus eidem fratri Bernardo, 
sublato cujusvis tarditatis obstaculo, dictum habitum auferatis, 
ab omni mitigatione penitentie per vos eidem imposite, quam 
nobis et apostolice Sedi reservamus specialiter abstinendo, nisi 
a nobis super hoc aliud receperitis in mandatis. — Datum Avi- 
nioni, v kalendas martii, pontificatus nostri anno quarto. 

1. Voir n. 22 note 4. 



58 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 



— 28 — 

En consideratlon de Jean de Beaune^, inquisitenr de Carcassonne, 
Jean XXII accorde d Menet de Rohecourt ^, clerc de Toul, notaire^ 
Vexpectatii>e d'un henefice a^ec ou sans charge d'dmes, dont la col- 
lation revient a V archeveque de Narhonne dans son propre dioccse. — 
Avignon, 11 mars 1320. 

Reg. Aven., t. xiii, fol. 502; Reg. Vat., t. lxx, n. 1105; MoIIat, op, 
cit., n. 11109. 

Dilecto filio Menneto de Roberticuria, clerico Tullen. diocesis, 
notario, salutem, etc. — Datum Avinioni, quinto idus martii, 
anno quarto. 

1. Voir p. 47, n. 2. 

2. Robecourt (Vosges), cant. de Lamarche, arrond. de Neufehateau. Menet, 
clerc du diocese de Toul, notaire de par rempereur et le roi, attache a Tlnquisi- 
tion, devint notaire apostolique le 29 octobre 1323. Regest. Vatic., t. lxxv, 
n. 1723. Un document du 14 fevrier 1335 nous apprend qu'il etait chanoine 
de Bourges {Regest.Vaiic, t. cxx ep. 577; Vidal, Leltres communes de Denoit XII, 
n. 1256) ; un autre, du 18 fevrier 1340, le qualifie de chanoine de Montreal, au 
diocese de Carcassonne (n. 176). Le contenu nieme de cette derniere piece laisse 
supposer qu'il ne monta pas plus haut daas rechelle des dignites ecclesiastiques. 
Son nom figure au bas des actes de rinquisition de Carcassonne, des Tan 1321. 
II est present ^ la reconciliation de la ville de Cordes (21 juin 1321). Limborch, 
op. cit., p. 281. Les 30, 31 juillet et 1" aout de la meme annee, il dresse le proces- 
yerbal des aveux de plusieurs heretiques de Pamiers. Ms. Vat., lat. 4030. fol. 87, 
89, 93, 100-103, 109, etc. 

II instrumente dans un grand nombre d'actes presides par Jean Duprat et 
Henri de Chamay, de 1323 a 1330. II assiste aux consultations juridiques provo- 
quees dans diverses villes du Midi par ces deux inquisileurs. Douais, La formule 
Communicalo, p. 16-62. Le 5 octobre 1325, en vertu de la delegation re^ue de 
rinquisiteur, « d'entendre et d'ecrire, en son absence et en rabsence de ses 
lieutenants, par maniere d'information provisoire, les depositions et les aveux 
en mati^re de foi, » il fait saisir et interroge le pretre Pierre de Tournemire, de 
Montpellier. Ce malheureux s'etait fait affilier, des Tdge de douze ans, a la secte des 
beguins, et, bien qu'il se fut repenti au bout de six mois et eut fait penitence 
de sa faute, on n'hcsitait pas a y revenir. Sans egard pour son etat, qui etait 
desespere, sans consentir a recevoir une forte caution offerte par ses amis, Menet 
de Robecourt et Raymond Pelat, son collegue, Tavaient fait hisser sur un cheval 
et trainer demi-mort jusqu'a Beziers. Plusieurs chutes avaient encore aggrave 
son mal et les medecins declaraient qu'il faUait renoncer a passer outre. Malgre 
leurs protestations et celles des amis du malade, celui-ci fut conduit a Carcas- 



JBAN XXII 69 

Bonne, ou, h la hftte, il fut interrog^ par Menet et put, avant d'expirer, protester 
de son orthodoxie. Le procds-verbal de ces dcclarations suprSmes fut plus tard 
attaquc pour avoir ete dresse contre toutes Ics r^glcs du droit. Menct y avait 
mentionne, comme 8'ils eussent et? temoins de la scene, deux religieux qui 
n'avaient presque rien entendu. Voir leur deposition, faite le 2^ octobre, dans 
Doat, t. XXXV, fol. 11 ; Mahul, Cart., t. v, p. 675. Ce n'avait pas ^te sans grande 
peine que les amis du defunt 8'etaient fait livrer copie do cet acto et des autrcg 
depositions. Ni rinquisiteur Jean Duprat ni ses successeurs n'avaient consenti 
k Icur rcndre justice. Aymon de Caumont fut somme par Clement VI d'ecouter 
les plaignants (n. 189). Mais quatorze annees 8'ecoulerent encore avant qu'uno 
assemblee de jurisconsultes fut appelee a statuer sur le cas de Pierre de Tourne- 
mirc, mort depuis trente-deux ans. Le 21 ddcembre 1357, vingt-sept conseillers, 
reunis a Montpellier, sous la prcsidence de Tcvc^que de Maguelonnc et de frdre 
Arnaud Delher, prieur du couvent des dominicains de Montpellier et lieutenant 
de rinquisiteur de Carcassonnc, £ticnne de Y^gVise, donndrent gain de cause 
aux hcritiers du dcfunt, dont la mcmoire fut rehabilitce. Voir n. 189 et Gcrmain, 
Une consultation inquisitoriale au xiv*' siecle, dans Mem. de la Societe archeol, 
de Montpellier, t. iii, p. 330-341 ; dans Mahul, Cartul., t. v, p. C75, la dcposition 
d'un dcs religieux, temoins de la mort dc P. dc Tournemirc. 

Pierre de Tournemire ne fut pas le seul a patir des durs proc^d^s dont il semble 
que Menet de Rob6court ait eu rhabitude. On lira plus loin (n. 176) la sentence 
prononcee contre cc notairc par Benoit XII a la suite do poursuites abusives 
entreprises contrequelques bourgeois d'AIbi, qui, outrcs des excds de certains 
inquisiteurs, les avaient denonces au pape. Non seulement cette proccdure 
fut annulee, mais son auteur fut condamne aux depens et au paiement 
d'une amende, destituc de ses charges aupres de Tlnquisition et rendu inapte i 
en tenir d'autre8 a ravenir (18 fevricr 1340; cf. n. 154-155, 176, 181). 

Quelques habitants d'AIbi et de Castres dcnoncerent k Clement VI la conduite 
Bcandalcuse de Menet dans rafTaire du juif converti et relaps, Jean de Lombers. 
Pour r^duire h n^ant Ics accusations dont ces bourgeois Tavaient accable, celui- 
ci ne trouva rien de mieux que de corromprc k prix d'argent le commissaire 
inquisitorial, qui devint tout a coup son plus ardent d^fenscur. Mais les temoins, 
trop veridiques, gSnaient fort la manoeuvre de cclui-ci. No pouvant obtenir 
d'eux qu'il8 retractassent Icurs depositions, il en fit interpoler le texte et se 
promit bien de lirer vengeance de cette obstination. Et de fait, les malheureux 
furent saisis par ordre de rinquisiteur, le 25 decembre 1342, et jctes dans d'obs- 
curs cachots, d'ou leurs plaintes reussirent cependant a 8'elever jusqu'au pape. 
Clement VI commit reveque de Carcassonne pour examiner leurs griefs (31 jan- 
vier 1343). Cf. n. 186 et J.-M. Vidal, Menet de liobecourt, commissaire de Vlnqui- 
sition de Carcassonne, dans le Moyen dge, 1903, p. 425-449. 



60 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANCAISE 



— 29 — 

Jean XXII exige du senechal de Carcassonne, Aimeri duCros \ 
la remise d'un pretre inculpe de sorcellerie et de ses complices incar- 
ceres d Carcassonne. Deux familiers du pape, Gaillard de Mazeroles 
et Pierre de Lapenne, sont charges de conduire les coupahles a A^n- 
gnon. — Avignon, 22 juin 1320. 

Reg. VaL, t. cx, part. 1, fol. 57 v», n. 190 ; Coulon, n. 1109 
[in exL). 

Dilecto filio nobili viro Aymerico de Cros, senescallo Carcasso- 
nensi. — Operosum studium quod... — Datum Avinioni, x kal. 
julii, anno quarto. 

1. Aimeri du Cros, senechal de Carcassonne et de BezierS; de 1311 a 1321. 
Leopold Delisle, dans Historiens des Gaules, t. xxiv, Preface, p. 257-258 ; His" 
toire de Languedoc, t. ix, p. 404. 



— 30 — 

A Vei>eque et d Vinquisiteur de Carcassonne, touchant V execution 
du mandat qui precede. Ils remettront aux em^oyes apostoliques, ai^ec 
les coupables, les actes des proces qui leur ont ete intentes. — Avi- 
gnon, [22 juin 1320]. 

Reg. VaL, t. cx, part. 1, fol. 57 v», n. 191 ; Coulon, n. 1110 
[in exL). 

Ven. fratri P[etro] ^, Carcassonen. episcopo, et dil. filio inqui- 
sitori ^ her. prav. in partibus Tholosan. et Carcassonen. a Sede 
apostolica deputato. — Presbiterum illum de... — Datum ut 
supra. 

1. Pierre de Roquefort; cf. n. 41, note 1. 

2. Jean de Beaune ; cf. n. 21, note 2. 



JEAN XXII 61 



30 bis — 



Par ordre du pape Jean XXI I, le cardinal Guillanme Goudin ecril 
aux inquisiteurs de Toulouse et de Carcassonne pour leur recomman- 
der de sevir contre les im^ocateurs des demons, ceux qui les adorent et 
font des pactes a^^ec eux,,qui fabriquent des images de cire ou de 
toute autre maticre, les haptisent ou les confirment; contre les sorciers 
et ceux qui abusent de V eucharislie et des autres sacrements pour 
produire des malefices. Les inquisiteurs devront proceder deconcert 
avec les eveques diocesains. Ainsi la competence des inquisiteurs 
se trouve etendue d de nouveaux cas ^. — Avignon, 22 aoikt 1320. 

Reg. Vat., t. xcviii, n. 2, de Curia : document inser^ dans une 
buUe de Jean XXII du 4 novembre 1330; Doat, t. xxxiv, fol. 
181; Raynaldi, Annal., ad ann. 1320, n. 31; Hansen, Quellen 
und Untersuchungen zur Geschichte des HexenwaJins im Mittelalter, 
Bonn, 1901, p. 4, n. 4 {in ext.), 

Frater Guillclmus miserationc divina episcopus Sahinen. * 
religioso viro .. inquisitori heretice pravitatis in partibus Car- 
cassonen. ^, salutem in Domino sempiternam. — Sanctissimus 
pater noster et dominus Dominus Johannes divina providen- 
tia papa XXII optans ferventer maleficos, infectores gregis 
dominici, efTugare de medio domus Dei, vult, ordinat vobis- 
que committit quod auctoritate sua contra eos qui demonibus 
immolant vel ipsos adorant aut homagium ipsis faciunt dando 
eis in signum cartam scriptam seu aliud qiiodcumque, vel qui 
expressa pacta obligatoria faciunt cum eisdem, aut qui operantur 
vel operari procurant quamcunque ymaginem, vel quodcumque 
ahud ad demonem alligandum, seu cum demonum invocatione 
ad quodcumque maleficium perpctrandum, aut qui sacramento 
bablismatis (sic) abutcndo ymagincm dc cera scu de re alia fa- 
clam babtizant, sive faciunt babtizari, seu alias cum invocatione 
demonumipsam fabricant quomodolibet aut faciunt fabricari, aut 
bi scienler babtismus, seu ordo, vel confirmatio iterantur; item 
de sortilegis et maleiicis qui sacramento eucharistie seu ostia 
consacrala necnon et aliis sacramentis Ecclesie seu ipsorum ali- 
quo, quoad eorum formam vel materiam utendo eis in suis 
sortilegiis seu maleficiis abutuntur, possitis inquirere et alias 
procedere contra ipsos, modis tamen servatis qui de procedendo 



62 BULLAIRE DE L*INQUISlTION FRANgAISE 

cum prelatis in facto heresis vobi? a canonibus sunt prefixi. 
Ipse namque dominus noster prefatus potestatem inquisitoribus 
datam a jure quoad inquisitionis officium contra hereticos nec- 
non et privilegia ad pretactos casus omnes et singulos ex certa 
scientia ampliat et extendit quoad usque duxerit revocandum. 
Nos ita premissa omnia vobis significamus per has nostras patentes 
litteras de prefati domini nostri pape speciali mandato facto 
nobis ab ipso oraculo vive vocis. — Datum Avinioni, die xxii 
mensis augusti, anno Domini millesimo trecentesimo vicesimo, 
pontificatus predicti domini pape anno quarto. 



1. En 1330, le pape Jean XXII rappela les archeveques et evcqucs des pro- 
vinces de Narbonno et de Toulouse, ainsi que lcs inquisiteurs dc Toulousc ct dc 
Carcassonne, a Tobservation de la lettre de Guillaumc Goudin. Voir n. 103. 
Sur la repression de la sorcellerie, voir au meme n. 103, note3, eti'Introduction, 

§ p. XLVIII-LI. 

2. Guillaume Goudin ; voir n. 72, note 1. 

3. Jean de Bcaune (p. 47, note 2). 



— 31 — 

Jeati XXII ordonne aux destinalaires de recueillir et de conserver 
au nom du Saint-Siege les biens meuhles appartenant jadis d Othon de 
Randeis ou Berardois, moine de Marmoutier^ prieur de Saint-Martin- 
au-Val, d Chartres, poursuivi, pour heresie, par Vinquisiteur de 
France et les commissaires de V archeueque de Tours, incarcere par 
ordre du pape et prii^e par sentence de son prieurc et de ses hiens. — 
Avignon, 31 aout 1321. 

Reg. Aven., t. xiv, fol. 516; Reg. VaL, t. lxxi, fol. 68 v», n. 197, 
de Curia; Coulon, n. 1283 ; Mollat, n. 14324 (anal.). 

Dileclis filiis magistris Bertrando Cariti, archidiacono Vauren., 
et Raymundo de Parisius, canonico Turonen. — Cum olim di- 
lecti filii Martinus (sic) de Sancto Paulo ^, ordinis predicatorum, 
inquisitor heretice pravitatis in regno Francie ])er Scdem aposlo- 
licam constitutus, ct Guillermus, decanus ecclesie sancti Johannis 
Andegaven., ac Draconus, officialis et canonicus Turonen., 



JEAN XXII 63 

ad hoc per ven. fratrein noslrum .. ^ Turonen. archiepiscopum 
deputati, Odoncm de Randeis ^, monachum Maioris monaste- 
rii * Turonen., tunc priorem prioratus sancti Marlini in Valle Car- 
noten. ^, ad monasterium ipsum spectantis, citari fecissent ut certo 
peremptorio termino comparerct personaliter coram eis super 
crimine heresis et receptione, defensione et fautoria hereti- 
corum, super quibus delatus extiterat, mandatis eorum plene 
pariturus, idem Odo coram inquisitore, decano et ofliciali predictis 
comparere contempnens ad apostolicam Sedem accessit. Nos 
vero adventu ipsius Odonis audito eum capi fecimus et carcerali 
custodie mancipari ; ac deinde ipsum ad dictum inquisitorem 
puniendum iuxta canonicas sanctiones remictentes, prioratum 
ipsum anlequam ad privationem procederetur ipsius collationi 
et dispositioni nostre et apostolice Sedis excertis causis duximus 
reservandum. Cumque postmodum Odo prefatus per inquisito- 
rem ac decanum et ofTicialem eosdem dicto prioratu omnique 
peculio et proprio quolibet habitis in ordine suo privatus fuisset, 
nos peculium et proprium supradicta, [ac] omnia bona sua mobilia 
que tenipore dicte privationis habebat, in quibuscumque con- 
sistcrent, ut de illis iuxta nostrum beneplacitum secundum Deum 
videremus expediens disponere et ordinare possemus, mandavi- 
mus custodiri. Quocirca [dictis executoribus mandat ut de peculio 
ac proprio et bonis predictis se informent et eadeniy sii'e in pecunia 
aaut i^asis argenteis, librisy supellectilibusj depositis et nominibus 
{fii^isj viclualibusj equis et aliis quibuscumque animalibus et bonis 
consistant)) d detentoribus recipiant]. — Datum Avinioni, ii ka- 
lendas septembris, anno quinto. 



1. Maurice de Saint-Paul, inquisiteur; voir n. 13, note 1. 

2. GeofTroy de la Haye, chanoine de Tours ; promu a i'archevSche de cette 
vilie, lc 20 fevrier 1313; mort le 6 avril 1323. Gall. chrisL, t. xiv, col. 116-117; 
Eubel, Hier., t. i, p. 531. 

3. Dans le docum. n. 36, on ht Oddonem Berardois. 

4. Marmouticr (Indrc-et-Loire), communc de Sainte-Radegonde, arrond.de 
Tours. 

5. Saint-Martin-au-Val, k Chartrcs, abbayc bcncdictinc. 



64 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 



— 32 — 

Les executeurs apostoliques charges de recueillir les biens d^Othon 
de Randeis deuront remettre d V inquisiteur Maurice de Saint-Paul 
la somme de 240 li^res de petits tournois, en dedommagement des 
depenses occasionnees par la capture et le proces du moine hereti- 
que. — Avignon, l^r septembre 1321. 

Reg. Aven., t. xiv, fol. 532 v^; Reg.Vat., t. lxxi, fol. 68 v», n. 198, 
de Curia; Coulon, op. cit., nol284; MoUat, op. cil., n. 14325 (anal.). 

Eisdem. — Cum nos vobis et vestrum cuilibet per alias nostras 
demus litteras in mandatis ut omnia peculium et proprium ac 
quelibet bona mobilia que ad Odonem de Randeis, monachum 
Majoris monasterii Turonen., olim priorem prioratus sancti Martini 
de Valle Carnoten. ad monasterium ipsum spectantis ... manda- 
verimus custodiri, vobis nostro et Ecclesie romane nomine a 
quibuscumque detentoribus eorumdem faciatis integraliter assi- 
gnari... Volumus... quatinus ducentas quadraginta libras 
turonensium parvorum dilecto filio Mauritio de Sancto Paulo, 
ordinis predicatorum, inquisitori heretice pravitatis in regno 
Francie per Sedem apostolicam constituto, quos pro captione 
et insecutione dicti Odonis et aliis contingentibus eundem expen- 
dit de peculio proprio et bonis predictis restituere indilate 
curetis... — Datum Avinione, kalendis septembris, anno quinto. 



— 33 — 

Une conspiration a ete tramee par les heretiques du diocese dei 
Valence contre Catala Faure et Pierre Pascal de Saliente, francis- 
cains, commissaires de Vinquisiteur de Provence, charges de pour- 
suii^re Vheresie dans ces contrees. Aides de quelques heretiques con- 
^ertis, ces hommes ont organise un guet-apens, d'abord au chdteau 
de Chabeuil ^, puis dans celui de Montelier ^, localites visitees par 
les deux religieux; et tandis que ces derniers se reposaient dans le 
prieure de Montelier, les conjures, brisant d coups de hache les portes 
de la maison et de la chambre ou ils dormaient, les assaillirent ei 



JEAN XXII (j:[) 

les massacrerent ^. Le pape ordonne aux e\'eqiies de Valence et de 
Vii^'iers et d Vinquisiteur de proceder d une enquete rigoureuse sur 
ces faits et de faire prompte et impitoyable justice des coupahles. 
— Avignon, 30 novembre 1321. 

Reg. Aven., t. xvii, fol. 381 v»; Reg. Vat., t. lxxii, n. 41, de 
Curia; Wadding, ad ann. 1321, n. xxii; Eubel, Bull., u. 453 (in 
exl.); MoUat, op. cit., n. 16122 (anal.j. 

Venerabilibus fralribus.. Valentin,* et.. Vivarien.^ episcopis, et 
dilecto filio fratri Jacobo Bernardi ®, ordinis ininorum, inquisitori 
herelice pravitatis in Arelaten., Aquen., Viennen. et Ebredunen. 
provinciis per Sedem apostolicam deputato. — Vox sanguinis 
innocentis... — Datum Avinioni, ii kalendas decembris, ann.o 
sexto '. 



1. Chabeuil (Drome), chef-lieu de cant., arrond. de Valence. 

2. Montelier, commune du cant. dc Chabeuil. 

3. Ccs deux rcligieux etaicnt les vicaires de Jacques Bernard dans tout le 
diocese de Valence. Voir Chronica XXIV general. ord. min., dans Analecta 
franciscana, Quaracchi, 1897, p. 479-480, et Chronica jr. Xicolai Glassberger, 
ihid., 1887, p. 128. 

'i. Guillaume de Roussillon, evcque de Vaience, en 1298; mort en 1331. 
Gallia chrisl., i. xvi, col. 321-323; Eubel, Hier., t. i, p. 542. 

5. Guillaume de Flavacourt, archidiacre de Rouen; promu a Viviers, le 
9 juillet 1319; transfere a Carcassonne, le 16 juin 1322; a Auch, le 26 aout 
1323; eta Rouen, le 18 janvier 1357; il mourut en 1359, Gall. christ., t. i, col. 994- 
995; t. VI, col. 895; t. xi, col. 81; t. xvi, col. 572; Eubel, Ilier., t. i, p. 123, 
172, 447, 565. Sur les precedents de ce pcrsonnage, qui avait ete chancelier dc 
Charles, comle de la Marche (Charles IV ie Bei), voir Guerard, Docunients pon- 
tificaux sur la Gascogne, n. 58, 76, 87, 88, 89, 99. Sur ies missions qu'ii rcjjut du 
roi de France en Languedoc, voir Ilist. de Lang., t. ix, p. 523-525, 604-605, 
614. 

6. Jacques Bcrnard partageait aiors ie titre d'inquisiteur de Provence avcc 
Michci Lcmoinc (cf. n. 15, note 2) et, en 1322, avec Guiliaume Astre (cf. n. 49, 
note 3, n. 71, etc). 

7. Les meurtriers des dcux religicux furcnt arrStes par les gcns du comte de 
Valentinois, Aymar de Poitiers, a qui rinquisiteur Jacques Bernard ies rcclama 
pour les juger. Mais lc comtc rcfusa de les lui livrer el il ies fitconduirea Avignoii. 
J. Chcvalicr, Memoire historiquc sur les heresies en Dauphine avanl le xvi'^ sihle, 
Valcnce, 1890, p. 12-15. 



UUI.LAIRE 



CG BULLAIRE DE l'iNQU1SIT10N FRANgAlSE 



-34- 

Letlre aux seigneurs et aux <^illes sur le meme sujet. — Memc datc. 

Reg. Aven., t. xvii, fol. 382; Reg. Vat., t. lxxiii, n. 42, de 
Curia; Wadding, loc. cit., n. xxiii; Coulon, op. cil., n. 1335 
(anal.); Mollat, op. cit., n. 16123 (anal.). 

Dilectis filiis nob. viris comitibus, baronibus, ceterisquc nobi- 
libus, necnon universitatibus civitatum, castrorum ct villarum 
ad quos presentes pervenerint, salutem. — Vox sanguinis inno- 
centis [etc., comme ci-dessus, mutatis mutandis]. — Datum Avi- 
nioni, ii kalendas decembris, anno sexto. 



— 35 — 

Le pape charge Veveque de Valence de jaire une enquete sur la 
^ie des religieux massacres, sur leur martyre et la profession de foi 
qui Va precede, et les miracles qui se produisent d leur tomheau, 
dans Veglise des freres mineurs de Valence ^. — Avignon, 30 no- 
vembrc 1321. 

Reg. Val., t. Lxxiii, n. 43, de Cur.; Reg. Aven., t. xvii, fol. 382 v^; 
Wadding, loc. cil., n. xxiv [in exl.) ; Raynaldi, Annales, adann. 1321, 
n. XVII ; Eubel, Bull., n. 454 [in ext.) ; Coulon, n. 1336(anal.) ; Mollat, 
n. 16124 (anal.). 

Venerabili fratri .. episcopo Valentin. — Vox sanguinis inno- 
centis... — Datum ut supra. 

1. Un ancien provincial des freres mineurs dit en parlant de cette eglise : 
Ubi frater Petrus et frater Cathalanus ab haereticis marlirizali requiescunt, qui in 
hora mortis suae apparuerunt cuidam sanctimoniali infirmae, primo sanguino- 
lenli Iranseuntes ante illam, postea totaliter gloriosi, innuentes ei quod in crastino 
iret ob\nam corporibus eorum pro recuperanda satute ; quo jacto perjecte curata 
esl. Eubel, Bult., p. 588, note 96; cf. Chron. XXIV gener., p. 479-480. Ce dernier 
chroniqueur suppose que le proces de canonisation de ces deux freres fut arrete 
a cause des troubles suscites dans rordre par les fraticclles. 



i 



JEAN XXII 67 



— 36 



Le pape confere d Reginald Grosbois, procureur de Vahhaye de 
Marmoutier aupres de la curie, le prieure de Saint-Martin-au-Val 
d ChartreSj vacant par la sentence de privation prononcee contre 
Othon de Randeis, ou BerardoiSf heretique et parjure. — Avignon, 
14decembre 1321 ^. 

Reg. Auen.f t. xvi, fol. 260 vo, n. 333; Mollat, op. cit., n. 14864 
(anal.). 

Dileeto filio Refjinaldo Groshois, monacho Maioris monasterii 
Turonen. ad romanam Ecclesiam nullo medio pertinentis, ordi- 
nis sancti Benedicti, priori prioratus sancti Martini in Valle Car- 
noten. dicti ordinis, eidem monasterio iinmediate subiecti, salu- 
tein, etc. — Rcligionis zelus, morum honestas.. . — Sane dile- 
ctus filius ..^ abbas Majoris monasterii Turonen. ad romanam 
Ecclesiam nullo mcdio pertinentis, ordinis sancti Benedicti, nobis 
significare curavit quod frater Mauricius, ordinis predicatorum, 
inquisitorin regno Francie heretice pravitatis auctoritate aposto- 
lica deputatus una cum dilecto filio .. officiali Turonen. et Guil- 
lelmo de Brion, canonico ecclesie sancti Johannis Andegaven., 
quos venerabilis frater noster.. ^archiepiscopus Turonen. ad hoc 
duxerat specialiter dcputandos contra Oddonem Bcrardois *, mo- 
nachuin dicti Majoris monastcrii, tunc priorem prioratus sancli 
Martini in Vallc Carnoten. ad dictum monasterium imme- 
diate spectantis, ordinis memorati, super criminc credentie, 
reccptationis, defensionis ct favoris hereticorum et pravitalis 
heretice inquisivit; in qua inquisitione dictum Oddonem super 
premissis culpabilem reperit manifeste. Et quia super certis 
articulis iuratus coram eis dicere veritatem et post iuramentum 
huiusmodi in dictis articulis contenta negavit, ac deinde que nega- 
verat in iudicio coram eis forc vera libere fuit confessus, reatum 
proptcr hoc periurii incurrendo, administrationc et cura tam 
spirituali quam temporali et qualibet presidentia per eorum scn- 
tentiam exigente iustitia privaverunt. Quibus omnibus ad noti- 
tiam nostram deductis, nos intendentes de prioratu prcdicto hac 
vice persone ydonee providere, ipsum collationi et disposilioni 
nostre specialiter duximus reservandum. — \picto Reginaldo 
Grnsbois, ejusdeni monaslerii procuratori in curia, confertur dictus 
prioraLus.] Datum Avinioni, xviiii kalendas januarii, anno sexto. 



68 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

1. Voir, sur cette Jjulle, les n. 31, 32, 36 iis. 

2. Jean de Mauleon, abbe de Marmoutier de 1312 a 1330. Gall. chrisi., 
t. XIV, col. 230. 

3. GeofTroy de la Haye ; voir n. 31, note 2. 

4. Aux n. 31 et 32, on lit Odonem de Randeis. 



— 36 bis 



Le pape mande a Bertrand Cariti et a Raymond de Paris de 
vendre certains hiens (ble, vin, animaux et mobilier), qui ont ete 
confisques d Othon de Randeis pour crime dlieresie ^. Le prix 
de^ra en etre verse d la Chambre apostolique ^. — Avignon, 
28 decembre 1321. 

fteg. Val., t. cxi, fol. 4 v»; Coulon, op. cit., n. 1346 (anal.). 

Bertrando Cariti, archidiacono Vaurensi, et Raymundo de 
Parisius, canonico Turonensi. — Dudum Odone de Randeis... — 
Datum Avinioni, v kalendas januarii, anno sexto. 

1. Voir n. 31, 32, 36. 

2. Le 5 juillet 1322, quittance fut donnee a Bertrand et a Raymond de 3 542 
florins et 79 deniers d'orarf cathedram provenant des biens d'Otho;i et des revenus 
du prieure de Saint-Martin-au-Val, a Chartres. Coulon, op. cit., n. 1466; Goller, 
Die Einnahmen der Apostolische Kammerunter JohannXXII, Ptderborn, 1910, 
p. 476. Autre versement de 70 florins, le 18 novembre 1329. GoUer, ihid. 



— Zl — 

Jean XXI 1 ordonne d plusieurs archeveques de jaire une enquete 
sur la vie, les moeurs, les croyances et les pretentions de cerlains 
freres et sceurs du tiers-ordre de Saint-Francois dont V orthodoxie 
est douteuse et les intentions suspectes; il decide que ceux dont les 
croyances seront entachees d'heresie de^ront etre remis d V Inquisition^. 
— Avignon, 26 fevrier 1322. 



JEAN XXII 69 

Reg. Ai>en., t. xvii, fol. 409, 410; Reg. VaL, t. lxxiii, n. 52, 
de Curia; t. cxi, ii. 392; Wadding, Reg. Joan. XXII, n. cxi; 
Raynaldi, Annal., ann. 1322, n. li; Eubel, BulL, n. 462 [in exL); 
Coulon, n. 1381 (anal.) ; MoUat, n. 16131 (anal.). 

Ven. fratribus universis archiepiscopis et episcopis per Narbo- 
nen., Tolosan., Auxitan., Burdegalen,, Terraconen., Arelaten., 
Aquen., Viennen. et Ebredunen. provinciis constitutis. — Si ea 
que... — Datum Avinioni, iv kalendas martii, anno sexto. 



1. Voir, n. IC, la condamnation des bcguins heretiques. 



— 38- 

Jean XXII statiie que les heretiques et les personnes seulement 
soup^onnees d^heresie ou (Tapostasie pourront etre poursuiides jus- 
que dans les eglises ou, d'ordinaire, ils ne cherchent asile que pour 
echapper d V Inquisition. — Avignon, 3 juillet 1322 ^. 

Reg. Aven., t. xvi, fol. 488 v»; Reg. VaL, t. lxxiii, n. 853; 
Wadding, ad ann. 1322, n. lxviii (in e.rL); Ripoll, Bull. prsed., 
t. II, p. 155 (in exL); Mollat, n, 15711. 

Dilcctis filiis inquisitoriI)us heretice pravitatis perregnum Fran- 
cie constitutis, salutem, etc. — Ex parte vestra fuit nuper proposi- 
tum coram nobis quod nonnulli de heretica'pravitate culpabiles vel 
suspecti aut accusati seu conversi de judaica cecitate ad fidem- 
catholicam, postmodum appostatantes ab ipsa, ad ecclesias confu- 
giuntnon ad salutis remedium scd ut vestras manus cfTugiant et 
suorum scelerum vitentjudiciumuItionis^superquoapostoliceSedis 
providentiam humiliter implorastis. Nos igitur ad extirpandos 
orthodoxe fidei inimicos et herbam tam noxiam tamque pesti- 
feram de orto dominico radicitus evellendam sollicitis studiis 
intendentes, discretioni vestre, ad instar felicis record. Mar- 
tini papo II II predccossoris nostri, qui per apostolicas litteras 
inquisitoribus hcrctico j)ravitatis per regnum Francie con- 
stitutis idem mandavit, per apostolica scripta mandamus qua- 



70 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANQAISE 



tinus contra illos quos de hujusmodi heretica pravitate fore 
culpabiles vel de illa notabiliter suspectos esse vobis constiterit, 
accusatos etiajn de labe predicta, conversos quoque judeos et 
postmodum patenter vel verisimilibus indiciis appostatantes a fide, 
juxta qualitatem delicti exequamini libere officii vestri debitum, 
ac si ad ecclesias et loca predicta minime confugissent : contra- 
dictores per censuram ecclesiasticam appellatione postposita 
compescendo. Et ut nullum in hac parte possit obstaculum 
vobis poni, venerabilibus fratribus nostris archiepiscopis et 
episcopis per regnum Francie constitutis per alias nostras lit- 
teras injungimus ut vos non impediant quominus hujusmodi 
mandatum nostrum implere libere valeatis, sed potius ad requi- 
sitionem vestram in hiis vobis assistant, sicut extiterit opor- 
tunum. — Datum Avinioni, v nonas juHi, anno sexto. 



i.Danslo Bull. rorn., ed. Cocquelines, t. iir, part. 2, p. 154, cette bulle porte 
la date du 13 aout 1317. A la demande du roi de France, le pape cn renouvela les 
dispositions, le 25 mai 1328. Toutefois la force scculiere ne put penetrer dans 
les eglises, pour en chasser les beretiques, qu'avec le consentement de 
Teveque et de Tinquisiteur (cf. n. 79). Martin IV avait deja, en 1281, sup- 
prime le droit d'asile pour les heretiques et les juifs relaps. Ripoll, op. cit., t. ii, 

p.i. 



— 39 — 

Jean XXII ordonne aux archei^eques et evcques, ainsi quaux 
inquisiteurs jranciscains et dominicains de Sicile, d' Italie, de Pro- 
i'ence, de Narbonne et de Toulouse, de veiller a V ohseri^ation stricte 
de la hulle Sancta romana ^, condamnant les jraticelles et autres 
pseudo-franciscains. — Avignon, 1^^ aout 1322. 

Reg. Vat., t. Lxxiii, fol. 407, n. 1189; Wadding, Reg. Joan. XXII, 
n. cxviii; Eubel, Bull., n. 474 (in ext.). 

Ven. fratribus archiepiscopis et episcopis et dilectis filiis fratri- 
bus predicatorum et minorum ordinum, inquisitoribus heretice 
pravitatis ad quos presentes littere pervenerint. — Du- 
dum fidedigna relatio ad apostolatus nostri pervenit audi- 



JEAN XXII 71 

tum quod nonnulli viri pestiferi qui vulgariter fraticelli, seu 
fratres do paupere vita, aut Bizoki sive Bichini vel aliis priva- 
tis nominibus nuncupantur, in diversis Italie partibus ac insula 
Sicilie, comitatu Provincie, Narbonen. et Tholosan. civitatibus 
et diocesibus atque provinciis aliisque diversis cismarinis et 
ultramarinis partibus contra sacros canones habitum nove 
religionis assumere, congre^ationes et conventiculas facere et 
superiores sibi ipsis eligere quos ministros, seu custodes, vel 
guardianos aut aliis nominibus appellabant, plurimos ad eorum 
sectam recipere, loca etiam de novo construere et ab aliis con- 
structa recipere et communiter habitare et publice mendicare 
et alia facere quasi eorum secta foret una de religionibus per 
Sedem apostolicam approbatis temeritate dampnabili pre- 
sumebant; et ut error ipsorum veritas et impietas religio puta- 
retur, plurimi eorum regulam ordinis fratrum minorum quam 
sanctus Franciscus instituit se profiteri et observare ad litteram 
confingebant quamquam sub obedientia .. generalis vel prqvin- 
cialium ministrorum ipsius ordinis minime morarentur, pre- 
tendentes a sancte memorie Petro confessore tunc Celestino 
papa V predecessore nostro. hujusmodi vite seu status privile- 
gium habuisse, quod tamen si etiam ostendissent caruisset et 
careret roboris firmitate, cum pie memorie Bonifacius papa VIII 
predecessor noster ex certis causis rationabilibus omnia privi- 
legia ab ipso Celestino cqncessa que per ipsum Bonifatium non 
contingeret approbari viribus penitus vacuasset, dictumque vite 
privilegium non reperiatur per eundem Bonifacium approbatum;et 
quod quidam eorum dictum habitum et vivendi ritum a quibusdam 
episcopis seu eorum superioribus vel aliis ecclesiarum prelatis se re- 
cepisse diccbant, quosneceisrecipere nec dictis episcoplsseueorum 
superioribus vel aliis ecclesiarum prelatis concedere licuerat contra 
formam conoilii generalis. NonnuIIi etiam ex ipsis asserentes 
se esse de tertio ordine beati Francisci penitentum nuncupato, 
dictum statum et ritum eorum satagebant sub velamine talis 
nominis palliarc, cum tamen in regula dicti tertii ordinis talis 
vivcndi ritus nullatenus esset concessus; quodque quidam corum 
a veritate catholice fidei deviantes ecclesiastica sacramenta 
sperncbant et errores alios studebant multipliciter seminarc : 
iios attendentes quod talium dampnanda temeritas in ejusdem 
fidei detrimentum, fidelium scandalum, prefati minorum et alio- 
rum ordinum opprobrium et etiam suarum et aliarum ani- 



72 BULLAIRE DE L*INQ UISITION FRANQAISE 

marum multarum pernitiem redundabat, seetam, ritum et sta- 
tum hujusmodi de fratrum nostrorum consilio auctoritate 
apostolica nuUius fuisse et esse decernimus firmitatis, et quate- 
nus de facto processerant de consilio et auctoritate premissis 
revocantes omnino perpetue prohibitioni subjecimus eosque 
ab Ecclesia Dei penitus duximus abolendos : eisdem personis 
et aHis quibuscumque sub pena excommunicationis quam eas 
si secus facerent incurrere volulmus ipso facto injungentes ex- 
presse ne statum sive sectam et ritum^hujusmodiabipsis assum- 
ptum ulterius sectarentur vel de novo ipsum assumere presu- 
merent quoquomodo, prout in constitutione nostra super 
hoc edita que incipit Sancta romana atque unwersalis Ecclesia 
plenius continetur. Quia igitur, sicut accepimus, in nonnullis 
cismarinis et ultramarinis partibus prenominati pestifere secte 
viri contra predictos processus venire et facere moliuntur, 
nos, attendentes quod parum esset prohibuisse premissa nisi 
sit qui eadem tueatur et puniat transgressores, discretioni vestro 
in virtute obedientie districte precipiendo mandamus quati- 
nus vos et singuli nostrum ad requisitionem rectorum et vica- 
riorum seu procuratorum et nunciorum dicti ordinis minorum 
et cujuscumque eorum dictam constitutionem seu prohibi- 
tionem nostram quoad omnia ejus capitula prout jacent au- 
ctoritate nostra faciatis per censuram ecclesiasticam et alia 
juris remedia prout expedire videritis appellatione remota 
inviolabiliter observari : contra quoscumque qui adversus con- 
tenta in ea vel eorum aliquod facere presumpserint cujuscumque 
status aut conditionis extiterint ad penas debitas procedentes 
juxta canonicas sanctiones : contradictores per censuram ean- 
dem apellatione postposita compescendo, invocato ad hoc 
si opus fuerit auxilio brachii secularis. Non obstantibus [etc.]. 
Volumus insuper quod a data prcsentium sit vobis et unicuique 
vestrum in premissis omnibus et eorum singulis perpetuata 
potestas et jurisdictio attributa ut eo vigoro eaque firmitate pos- 
sitis in premissis omnibus procedere ac si predicta omnia et 
singula coram vobis cepta fuissent et jurisdictio vestra etcujus- 
libet vestrum in premissis omnibus et singulis per citationem 
vel modum alium perpetuata legitimum extitisset constitutione 
qualibet contraria non obstante. — Datum Avinioni, kalcndis 
augusti, anno sexto. 



JEAN XXII 73 

1. Cette bulle est du 30 decembre 1317. Reg. Val., I. lxvii, fol. 322, n. 68, 
de Citria; Eubel, liulL, n. 297. Voir n. 16. 



— 40 — 

Jean XXII renouvelle la commission donnee le 30 novemhre 
i321 (voir n. 33) aiix ei>eques de Valence et de FtViers etd Vinqui- 
sileur de Pro^^ence, pour la punition des assassins de deux freres 
mineursj commissaires de V Inquisition. — Avignon, 17 novem- 
bre 1322. 

Reg. Aven., t. xviii, fol. 148 v»; Reg. Vat., t. lxxiv, n. 186; 
Eubel, Bull, n. 485 (anal.) ; Mollat, n. 16598 (anal.). 

Ven. fratribus.. Valentin. et .. Vivarien. episcopis, ac dilecto 
fiIio..ordinis minorum, inqiiisitori heretice pravitatis in Arelaten., 
Aquen., Viennen. et Ebredunen. provinciis per Sedem apostoli- 
cam deputato. — Vox sanguinis innocentis... — Datum Avinioni, 
xv kalendas decembris, anno septimo. 



-41- 



Jean XXII ordonne d Jean de Beaune, inquisiteur de Carcas- 
sonne, et d Bertrand d*Auriac, executeurs testamentaires de Pierre de 
Roquejort ^, ci^eque de Carcassonne, de remplir les dernieres ^'olon- 
tes du prelat. — Avignon, 15 juin 1323. 

Reg. Auen., t. xvi, fol. 590, n. 991. 

Dilecto filio Johanni de Belna ^, ordinis fratrum predicatorum, 
inquisitori heretice pravitatis in regno Francie per Sedem apo- 
stolicam deputato, et Bcrtrando de Auriacho ', canonico ecclesie 
S. Vincentii de Montercgali *, Carcassonen. diocesis, executoribus 
testamenti, seu ultime voluntatis bone memorie Petri, episcopi 
Carcassonen., salutem. — Exposuistis nobis... — Datum Avinioni, 
xvii kalendas jnlii, anno septimo ^ 



74 



BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANCAISE 



1. Pierre de Rochefort ou Roqucfort, elu eveque de Carcassonne, le 17sep 
tembre 1300; mourut le 31 mars 1322. Gallia christ., t. vi, col. 893-895; Eubel, 
Hier., 1. i, p. 172; Mahul, Cartulaire... clu diocese deCarcassonne, t. v, p. 441-4^i5. 

2. Voir p. 47, note 2. 

3. Bertrand d'Auriac fut d'abord commissaire de Tarcheveque Bernard de 
Farges, dans la ville et le diocese de Narbonne, pour les causes d'heresie ; puis 
il devint vicaire general de Teveque de Carcassonne etinquisiteurepiscopal(1318- 
1329 ?). II prononga, avec Bernard Gui et Jean de Beaune, la sentence de Guil- 
lem Garric, de Carcassonne, le 14 juillet 1321. Liher sentenL, p. 282. II participa 
a nombre de proces, de consultations inquisitoriales et A'actes de foi. Douais, 
La formule Communicato, etc, p. 30, 34, 56; Documents pour sermr a Vhist. de 
Vlnquisilion, p. lxxiii, cxxii sq. 

4. Montreal (Aude), arrond. de Carcassonne. 

5. Des contestations s'etaient elevees entre le chapitre de Carcassonne et 
/es executeurs testamentaires de P. de Roquefort. Jean XXII decida, le 30 octo- 
bre 1322, que les volontes du defunt seraient executees a la lettre. Le nouvel 
ev^que eut les ornements et les vases sacres et le chapitre se contenta des legs 
faits par le defunt a Teglise cathedrale. Mahul, Cartulaire, t. v, p. 443-445, 569. 
Sur le reglement de cette succession, voir d'autres lettres de Jean XXII:CouIon, 
op. cit., n. 1363-1365, 1382-1386, 1420, 1440-1442, 1471, 1473-1474, 1510, 1525- 
1526, 1574, 1583, 1665. 



— 42 



Jean XXII donne a Vinquisiteur de Tours, Maurice de Sainl- 
Paul, le pou^oir de connaitre des crimes qui rele^^ent de son trihw 
nal, meme en dehors des limites de sa circonscription inquisitoriale. 
— Avignon, 9 juillet 1323. 

Reg. Vat., t. cxi, n. 876, 878; J.-M. Vidal, Le sire de Parthe- 
nay et V Inquisition (1323-1325), dans Bulletin historique et philo- 
logique, 1903, p. 422; Coulon, n. 1754 (anal.). 

Mauricio \ de ordine fratrum predicatorum, inquisitori heretice 
pravitatis in provincia Turonen. — Cum de criminibus ad iuris- 
dictionem [tuam], ratione officii inquisitionis tibi commissi spe- 
ctantibus infra provinciam tibi decretam commissis. te plerum- 
que cognoscere suadente utilitate, sicut accepimus, ex certis causis 
expediat extra illam, nos ad extirpanda dicta crimina inten- 
fiis desideriis inspirantes, super huiusmodi criminibus procedendi 
et difTiniendi, ac exequendi quod canonicum fuerit ubilibet extra 
dictam provinciam eo modo quo tibi existenti infra ipsam com- 



JEAN XXII 75 

petere, prout et quotiens videris expedire, plenam tibi concedimus 
aurtoritate presentium facultatem. Per hoc autem prelatis eiusdem 
provincie seu aliis in quorum diocesibus te contigerit extia tuam 
provinciam exercere predicta vel aliqua de predictis nullum inten- 
dimus preiudicium generari. — Datum ut supra proxime. [Avi- 
nioni, vii idus julii, anno VII®.] 

1. Maurice de Salnt-Paiil, n. 13 ot note 1. 



— 43 — 

Peponse du pape au roi de FrancBy au sujet des crimes imputes 
d un seigneur jrangais. Des instructions ont ete donnees d ce sujet 
d Vinquisiteur de TourSy Maurice de Saint-Paul. — Avignon, 
9 juillet 1323. 

Reg. Vat., t. cxi, n. 879; Vidal, Le aire de Parthenay, 
p. 423; Coulon, op. cit., n. 1755 (m exl.); Mollat, dans Annales de 
Saint-Louis-des-FranQais, jauvier 1904, p. 90 (in ext.\. 

Regi ^ Francie. — Regalis excellencie litteras horribilia quedam 
per nobilcm illum ^, de quo in ipsis mentio habebatur, sicut asse- 
ritur, in fidei catholice derogationem commissarecepimus, inter 
cetera continentes. Quarum tenore diligenter inspecto, super 
hiis que per eas regia providentia postulabat dilecto filio Mauricio, 
de ordine fratrum predicatorum, inquisitori heretice pravitatis 
in provincia Turonen. auctoritate apostoHca deputato, prout 
considerata qualitate negotii Deo gratum existere, tue magni- 
ficentie nostreque decentie convenire vidimus, nostras patentcs 
litteras deslinamus. Nec super mora expeditionis huiusmodi mi- 
retur, sed nos polius excusatos habeat, quesumus, regia celsitudo. 
Nam litteras predictas scriptas in vulgari gallico minus plene legere 
scivimus nec legendas alii libenter committere volebamus; quod 
tandem facere et eas transferri de gallico in latinum oportuit, ut 
eorum valeremus percipere plenius intellectum. Quare velit amodo 
nobis regia serenitas scribere litteraliter ut communicare secreta 
regia aliis nisi videremus cxpediens non sit opus, sed per nos Ht- 
toris lcctis regiis ct faciliter intellectis possimus citius quod super 



76 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

illis expedire secundum Deum videbimus respondere. — Datum 
Avinioni, vii idus julii, anno VII^. 

1. M. Coulon imprime Reginae, ce qui est une erreur. 

2. Jean rArcheveque, sire de Parthenay. Voir n. 46, note 5. 



44 — 



Malgre sa recente promotion d Veveche de Tuy, Bernard Gui 
pourra continuer jusqud nom'el ordre d exercer les fonctions d^iu' 
quisiteur de Toulouse. — Avignon, 1^^ septembre 1323. 

Reg. Vat., t. cxr, n. 895; Coulon, op. ciL, n. 1778 (anal.). . 

Bernardo, electo Tuden. ^. — Licet de te inquisitore heretice 
pravitatis in partibus Tholcsanis auctoritate apostolica depu- 
tato, nuper ecclesie Tuden. tunc pastoris solatio destitute me- 
ritis tuis exigentibus, intendentes potius providere ecclesie quam 
persone, duxerimus providendum, te preficiendo illiin episcopum 
et pastorem; volumus tamen et nostre intentionis existit quod 
ofTicium Inquisitionis predicte geras et prosequaris diligenter 
ac fideliter donec aliud ordinaverimus super hoc ^, sicut prius. 
— Datum Avinioni, kalendis septembris, anno VII°. 

1. Bernard Gui, dominicain, inquisiteur a Toulouse, de 1307 a 1324; promu 
a rdveche de Tuy, en Galice, le 26 aout 1323; transfere a Lodeve, le 20 jnillft 
1324; mort le 30 decembre 1331. Personnage tres connu_, sur lequel il nous 
parait inutiie d'insister. Voir, sur sa vie, scs oeuvres et son role comme inquisi- 
teur : Quetif et fichard, Script. ord. praed., t. i, p. 576-580; Gallin christ., t. vi, 
col. 554-555; Ilist. de Languedoc, t. ix, p. 395 et note 4; L. Delisle^ Notice siir 
les manuscrits de B. Gui, 1879. p. 170-188; Molinier, Ulnquisition dans le Midi, 
p. 206-210; Eubel, Hier., t. i, p. 323, 529; Haupt,. dans Realencyclopridie dc 
Hauck, t. VII, p. 230, art. Guidonis; Hurter, Nomenclator litterarius theologiae 
catholicae, ed. 1906, t. ii, col. 574-579. 

2. II ost probable que Bernard Gui conserva le titre et les fonctions d'inqui- 
siteur de Toulouse jusqu'a la nomination de Pierre Brun, qui eut lieu le 27 juil- 
let 1324 (n. 59). Entre temps, le scnechal de Toulouse, Jcan de Trie, demanda h 
Jean XXII de pourvoir a la chargc d'inquisiteur dans la province d'Auch. Le 
pape repondit, le 20 decembre 1323, que la nomination du titulaire ne pourrait 
beaucoup tarder (n. 57 his). 



JEAN XXII 77 



— 45 



Le pape communique au roi de France sa decision touchant 
Vappd porte d son tribunal par le sire de Parthenay et les memhres 
de sa faniille contre Vinquisiteur Maurice de Sainl-Paul. — Avi- 
gnon, septembre 1323. 

Reg. VcU.y t. cxii, lol. 1 v», II. 493; Vidal, Le sirede Parlhenayf 
p. 424. 

Eidem rejri [Francie]. — Exccllentiam regiam volumus non 
latere quod cum nonnulli hiis diebus preteritis ad Sedem apo- 
stolicam pervenissent, asserentes pro parte nobilis viri Johannis 
de Perliniaco ^ ac eius consortis et nonnullorum sibi sangui- 
nem [sic) coniunctorum propter plura gravamina que dicto nobili 
per dilectum filium Mauricium dc Sancto Paulo, inquisitorem 
heretice pravitatis in provincia Turonen. auctoritate apostolica 
deputato, dicebantur illata, ad sedem fuisse appellatum eandem 
que nostro volebant apostolatui intimare; tandem intellectis 
que volebant proponere plenius, ac super ipsis cum fratribus 
nostris deliberatione prehabita diligenti, que Deo grata, nostro 
et tuo honori convenientia, ac oportuna iusticie vidimus de fra- 
trum ipsorum consilio duximus ordinanda; que utique scriptura 
interclusa presentibus circumspectioni tue poterit seriosius rese- 
rare. — Datum Avinioni, nonis septembris, anno octavo. 



1. Parthenay (Deux-Sevres), chef-lieu d'arrond. Le chdteau, datant des pre- 
miers temps de la fcodalite, dcvint un fief important. Les seigneurs se preten- 
daient issus dc Lusignan. Ils portercnt, des la fin du xi® siecle, le nomde VArche- 
vique. Le chateau actuel est du xiii'^ et du xiv« siecle. 



— 46 — 

Lc sire de Parthenay, Jean V Archeveque, et sa famille sont en 
butte aux j^erseculions de Vinquisiteur Maurice de Saint- 
Paul. Le noble personnage a ete arrete el incarcere d Paris par ordre 



.7.8 BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

de ce juge. Personne, pas meme sa femrne et un conseiUer 
quelconque, ne peut penetrer dans son cachot. II nest tenu aucun 
compte de Vappel au Saint-Siege interjete par lui. Le pape defend 
d Vinquisiteur de poursui^re cette cause sans s'etre concerte avec 
1'eveque diocesain et, d son defaut, ai'ec les ci^cques d' Arras et de 
Viviers. — Avignon, 5 septembre 1323. 

Reg. Vat., t. cxii^ fol. ii, n. 494; VidaJ, op. cit., p. 424. 

Fratri Mauricio de Sancto Paulo, inqiiisitori heretice pravitatis 
iii provincia Turonen. auctoritate apostolica deputeto. — Ad 
nostram fratrumque nostrorum sancte romane Ecclesie cardina- 
lium audientiam, pro parte viri nobilis Johannis Archiepiscopi, 
domini de Pertiniaco, militis, eiusque consortis ac nonnullo- 
rum coniunctorum eidem nobili linea parentele, insinuatio hiis 
diebus flebilis et clamosa perduxit quod tu ex odii fomite 
contra eundem nobilem, sicut antea verbis satis expresseras, pro- 
vocatus, quedam imponens eidem pro libito voluntatis que 
sapere pravitatem hereticam asserebas, ipsum capi etadduci Pari- 
sius et diro mancipari carceri ^ procurasti ; ad cuius presen- 
tiam consortem eius predictam, seu aliquem de eiusdem nobilis 
genere, prelatum etiam et adhuc consiliarium aliquem, cum [quo] 
posset deliberare super hiis que sibi imposueras seu imponere 
intendebas, licet velut juris ignarus seu inscius et in simplicitate 
militari nutritus dirigi super premissis sano peritorum coiisiUo 
plurimum indigeret, introire, licet instanter et humiliter requi- 
situs super hiis sepius, non sinisti. Propter quod et multa alia 
habentes te suspectum merito tam pro parte procuratoris eius- 
dem nobilis, quam eius consortis et nonnullorum aliorum de 
ipsius nobilis genere, te velut suspectum dicto nobili ex premissis 
ct aliis causis suspicionis pluribus legitime recusarunt. Cumque 
tu causas huiusmodi admittere indebite recusasses, exhoc necnon 
et quia notariis publicis requisitis quod de propositis et petitis 
publica conficerent instrumenta expresse sub pena excommuni- 
cationis quam in ipsos si contra facerent promulgasti, ne ipsa con- 
ficerent, precipere presumpsisti, sencientes dictum nobilem ac 
se multipliciter indebite pregravari, pro parle dicti nobilis, con- 
sortis et aliorum nobilium predictorum fuit canonice in scriptis 
ad Sedem apostolicam appellatum. Cui seu quibus appellationibus 
tu deferre indebite renuens in dicti nobilis et aliorum premisso- 
rum preiudicium et aposlolice Sedis contemptum sevcrius solito 



JEAN XXII 79 

contra diclum nobilem procedere exarsisti. Quocirca pro parte 
dicti nobilis et aliorum premissorum nobis fuit instanter ct 
humililer supplicatum ut dicto nobili ac prcmissis aliis curare- 
mus super premissis de oportuno remedio providere. Nos autem 
cum fratribus nostris predictis super premissis deliberatione pre- 
habita diligenti, multis hinc inde in examen recte considerationis 
adductis, cupientes ne splendorem negotii fidei contingat per 
inordinationem aliquam offuscari, nec prefatum nobilem indebite 
pregravari, tibi de fratrum nostrorum premissorum consilio, sub 
virtute sancte obedientie precipimus et mandamus quatinus 
sic iusle, sic mature, sic provide cures in premissis procedere quod 
ipsi nobili seu aliis supradictis iusta de te materia conquerendi 
de te (sic) non sumpserit, nec nos oporteat super hiis aliud reme- 
dium adhibere; libi nichilominus de eorumdem fratrum nostro- 
rum consilio districtius inhibentes ne ad sententiam contra pre- 
fatum nobilem, nisi vocato diocesano ad quem eorumdem 
criminum * propositorum seu proponendorum contra dictum 
nobilcni spectat cognitio, seu ipso diocesano nolente vel non 
valente premissis intendere, cui procedere in dicto negotio 
extra suam diocesim auctoritatem et licentiam absque alicuius 
ordinarii preiudicio impertimur, vocatis venerabilibus fratri- 
bus P. Atrabaten. ^ et P. Vivarien. * episcopis, quos unius loco 
haberi volumus, et eorum quemlibet, ubi ambo ne(|uirent in- 
teresse vcl nollcnt, in ipsius diocesani locum in casu predicto 
quoad premissa omnia subrogamus, quibusque et eorum sin- 
gulis iuxta ordinationem predictam communicare processum 
contra prefatum militem habitum et habendum tenearis ex 
integro aliquate^us non procedas; attentius provisurus quod 
si forsan inter te et diocesanum predictum scu subrogatos eidcm 
circa ])rocessum seu proferendam sententiam dubietatem, vel 
conlrarietatem contingeret suboriri, nequaquam nobis incon- 
sultis ad sententiam proccdcrc presumatis. Decernentes irritum 
et inane si secus a te vel ipsis contingeret attemptari. Diocesa- 
num autem dicti nobilis certum exprimere nequivimus quia 
qui ille sit propter diversa domicilia et delicta que habere et 
commisisso dicitur ignoramus. — Datiim Avinioni, nonis septem- 
bris, anno octavo ^. 

1. La prisou du Tempic, s'»! faut en croiro lcs Continualeurs de GuiUaume de 



80 BULLAIRE DE l'iISQUIS1TION FRANgAlSE 

Nangis, ed. Geraud^ t. ii, p. 50, et dc ./. de Saint-Viclor, dans Hisl. des Gaules 
et de France, t. xxi, p. 681. 

2. Reg. : terminum. 

3. Pierre de Chappes, chancelier de France; eveque d'Arras, le 29 octobre 
1320; eveque de Chartres, le 21 mai 1326; cardinal du titre de Saint-Martin- 
aux-Monts, le 18 decembre 1327; mort le 24 mars 1336. Baluze, col. 764; Gall. 
christ., t. III, col. 335; t. viii, col. 1172; Eubel, Hierarchia cafholica, t. i, p. 15, 
117, 173. 

4. Pierre de Mortemart, eveque de Viviers, le 16 juin 1322; transfere a 
Auxerre, le 7 octobre 1325; cree cardinal du titre de Saint-fitienne in Coelio- 
monte, le 18 decembre 1327; mort le 14 avril 1335. Gallia christ., t. xvi, col. 
572-573; t. xii, col. 315-316; Eubel, Hier., t. t, p. 15, 122, 565. 

5. A/Jaire du sire de Parthenaij (n. 42-43, 45-48, 51-52, 54-58, 60,66). VoirJ.-M. 
Vidal, Le sire de Parthenay et Vlnquisition (1323-1325), dans^Bulletin historique ct 
philologique, 1903, p. 414-434. Le motif qui valut a Jean rArchevcque, sire de 
Parthenay, d'ctre poursuivi par rinquisiteur deTours,motif queleschroniqueurs 
ont passe sous silence, c'est bien le crime de sorcellerie auquel fait allusion le 
document n. 46. II est clairement exprime dans la consultation que le juriste 
Oldrado da Ponte, de Lodi, fut appele a donner, precisement au sujet de cette 
affaire, aux commissaires pontificaux charges de la juger. Voir le texte dans 
Hansen, Quellen und U ntersuchungen zur Geschichte des Hexenwahns, Bonn, 
1901, p. 55-59, d'apres Tincunable Consilia seu questiones domini Oldradi de 
Laide, ulr. iur. doct. cximii, Rome, 1472. Hansen n'a pas vu que cette interes- 
sante piece appartenait au dossier de rafTaire Parthenay; d'ailleurs, le nom de 
rinculpe est defigure par lui en Partimacho. Jean de Parthenay fut donc pre- 
venu de pratiques de sorcellerie, de fabrication d'images de cira, d'incantation3 
demoniaques perpetrees dans le but de se procurer les faveurs d'une femme 
qu'il aimait. Oldrado da Ponte laisse entendre (loc. cit., p. 58) que la jalousie 
d'une autre femme et d'un ennemi de Jean rArcheveque, nomme Jean, ne fut 
pas elrangere a la diffamation du noble Poitevin. II affirme expressement que 
les inquisiteurs avaient eux-memes une inimitie personnelle aregarddecedernier 
(p. 58). Les parents et les autres defenseurs de Parthenay ne manquerent pas 
d'insister la-dessus (n. 46). Toujours est-il que rinculpje fut, au dire du 
Continuateur de Guillaume de Nangis, denonce au roi de France, qui le fit saisir 
en 1323, conduire a Paris et enfermer dans les cachots du Temple. Ses biens 
furent sequestres et son proces commen^a. Tout aussitot se posa la question de 
competence. Maurice de Saint-Paul tenait evidemment a mener lui-meme la 
procedure; mais il n'avait point de juridiction sur Paris. Le roi de France de- 
manda au pape d'etendre le rayon de sa competence territoriale pour qu'il lui fut 
possible de connaitre, hors de sa province, des delits d'heresie perpetres dans 
les limites de cette province. Le pape accorda la faveur, le 9 juillet 1323, en 
ayant soin de reserver les droits des ordinaires dans les dioceses desquels Tinqui- 
siteur exercerait ses fonctions (n. 42). En terminant sa lettre (n. 43), il s'excusait 
d'avoir tarde a rexpedier, ce qui prouverait qu'a la date du 9 juillet Jean 
rArcheveque etait, depuis deja longtemps, en prison. 

Rien ne s'opposait pius a ce que Maurice de Saint-Paul conduisil en personne lc 
proces. Par ailleurs, Teveque de Paris (alors Etienne de Bourret : n. 66, note 3) 



JEAN XXII 81 

otail designe par lc pape pour y prendre part en lant qu*ordinairc du diocese. 
Mais^ des les premiers interrogatoires, Parthenay et ses parents recuserent for- 
mellement leurs juges : rinquisiteur comme ctant suspect de partialite (n. ^j6) ; 
Tevcque commc n'ayant aucune juridiction sur Taccuse et, partant, aucun droit 
de sieger au tribunal (n. 66). La defense n'etait rien moins qu'aisee; ni sa femme 
ni ses parents ni aucun conseiller ne pouvaient penetrer ju8qu'au prisonnier, pour 
en arretcr les details. Lorsqu^iis voulurent faire rediger Tacte de recus4tion et, 
plus tard, un appel au Saint-Siege, ils ne purent trouver des notaires qui voulus- 
sent s'en chargcr, par crainte de Texcommunication dont Maurice de Saint-Paul 
les avait, disaient-ils, menaces (n. 46). Un rccours au pape fut cependant libelle 
ct apporte a Avignon par des parents ou dea amis du detenu (n. 45). On y dcnon- 
gait Ics procedes de Tinquisiteur; on le recusait formellemcnt, ainsi du reste que 
rev^quede Paris. Ce fut un motif pour les juges de redoublcr de severite et de 
prcsscr Tinstruction Le Continualeur de Nangis pretend qu'une assemblee de pre- 
lats et de jurisconsultes fut convoquee, peut-dtre afin d'intimiderraccuse;maisil 
refusa de repondre aux injonctions de ses juges et, obstiuement, les rccusa. II 
semble ncanmoins qu'au cours des interrogatoires il ait un moment faibli et fait 
des aveux dont rinquisitcur se servit contre lui devant la commission pontificale 
(n. 66, et Hansen op. cit., p. 57). Cependant, sur de nouvelles instances de la par- 
tie lesee, le pape prenait une mesure importante. Le 5 septembre 1323, il ecrivait 
k Maurice de Saint-Paul pour lui recommander la justice et la moderation a 
Tegard du prevenu qui, dcsormais, devrait n'avoir plus a sc plaindre de lui; puis, 
exciuant la cooperation de rev6que de Paris, il exigeait qu'on 8'assurdt celle 
de iordinaire dont Parthenay etait le sujet. A d^faut de cet ev^que, qui pouvait 
demeurer inconnu, ou bien ne pas vouloir preter son concours, le pape designait 
Pierre de Chappes, eveque d'Arra8, et Pierre de Mortemart, ev6que de Vivicrs. 
Ces prclats recevraient communication des actes du proces et assisteraient k 
toute rinstruction. En cas de divergence entre Ics juges, on recourrait au Saint- 
Siejre. Le pape informa aussitot le roi de celte mesure (n. 46-48). Mais rien n'ctait 
moins aise que de trouver Tordinaire competent, Jean rArchevequo ayant 
des domiciles en plusieurs endroits. Le pape resolut (5 novembrc) de passer outre, 
avec le concours des ev^ques d'Arras et de Viviers (n. 51, 52, 54). Un douto 
subsistait encore au sujet de la part que devaient prendre ces prelats a la proce- 
dure d'instruction. L'existence de ce doute temoigne peut-dtre de la mauvaise 
volonte de Maurice de Saint-Paul a Tegard de ses coll^gues. Jean XXII declara 
(l'^'" dccembre) que les dcux prclats devaient 6tre presents a tous les actes du 
proci's, comme rinquisiteur, et avoir communication des documents du dossier 
(n. 5o, 56). Maurice de Saint-Paul re?ut a Avignon la reponse pontificale. II 
avait cru devoir allcr prcsenter personnellement des observations au pape. II 
clait d'ailleurs trcs altaquc en cour par les amis de Parthenay et par d'autres 
qui eusscnt voulu reglcr avec lui leurs difTerends. Mais le pape lui ordonna de 
se rcndre a Paris pour y continuer lc proces (n. 57). Un temps prccieux s'otait 
ecoule en discussions de compctence. On en j)erdit encore beaucoup. Six mois 
de Tannee 1324 se passcrent sans que les jugcs proccdassent a autre chose qu'i 
la citation de Tinculpe (n. 66). Qu'advint-il pendant ce laps de temps ? Jean 
rArcheveque avait des amis en cour. Leur influcnce ne fut pas etrangcre au 
brusque changcmcnt qui s^opcra dans les senlimcnts du roi et dans la marche 
du proces. Lc roi conscnlit d'ubord a restitucr les biens confisques; puis ii fit 

U U L L A I 11 K — (i 



82 liULLAIRE DE l'iNQUIS;1TION FRANgAlSE 

coiiduire le piisonnier a Avignon, ou raflairc dcvaii dcsormais sc poursuivre, 
Jean rArcheveque etait arrive in Curia, lc 7 juiilet 1324. Le pape rannonce au 
roi (n. 58). 

Le transfert de sa cause en cour d'Avignon constituait un succes pour Tin- 
culpe. A bon droit, il pouvait esperer trouver la plus de justice qu'a Paris. On 
evincait Maurice de Saint-Paul; de juge qu'il etait, il devenait partie, et 
il etait «Dblige de prouver ses dires. Jean XXII n'eut pas l'initiativc 
d'une pareille transformation. Ici encore il est necessaire de faire intervenir 
des influences de famille ou d'amitie. Un manuscrit de la Chronique de Saint- 
Vietor (Continuatcur) nous les montre s^exer^ant en cour d'Avignon par rcntre- 
mise de Teveque dc Noyon, Foulques de Rochechouart, ct obtenant du pontifc 
la remise de raffaire a de nouveaux juges. 

Ceux-ci etaicnt au nombre de quatre : Picrre de Chappes, dcvenu cvcquc de 
Chartres, Pierre de Mortcmart, devenu cvcque d'Auxerre, Bertrand de Daux 
archevequo d'Embrun, et Raymond de Moustuejouls, eveque de Saint-Papoul. 
Jean XXII etait resolu a proceder avec la plus graude maturite ct d'allcr au 
fond. On ferait table rase des procedures entrcpriscs a Paris; on n'cn tiendrait 
compte qu'a titro d'information; le prevcnu scrait soumis a do nouveaux in- 
terrogatoires (n. 66). Cetait annuler roeuvre de rinquisjteur. 

Parthenay jura devant le pape de dire la verite, puisilfutremisasesnouveaux 
juges, qui tinrent audience dans le palais apostolique. Une premiere seance 
fut consacree k son examen au sujet des aveux faits par lui devant rinquisiteur, 
On rinterrogea aussi sur d'autres delits dont il etait accusc, bien qu'il se fut de- 
fendu de les avoir commis. Ses reponses furent claires et precises. II les confirma 
dans une deuxiemo scance, devant Bertrand de Daux et Raymond de Moustue- 
jouls, qui obtinrent de lui de nouveaux eclaircissements. Puis il fallut citcr des 
temoins a charge dont Tavis paraissait bon a rccueillir. Ils avaient ctc designes 
par rinquisiteur. Cetait d'abord un dominicain, Jean de Bourdinaria. Maitre 
Oldrado da Ponte (Hansen, op. cit., p. 58) le tient pour un traitrc qui a flatte 
Jean de Parthenay, en lui ecrivant des lettres d'amitie dont Tinstruction a eu 
connajssance, et qui, ensuite, Ta trahi. Cetait un juif converti, Jean de Forez, 
enuemi de 1'accuse, dont le meme jurisconsulte juge qu'il faut tenir le temoi- 
gnage pour suspect, a cause de rindignite du personnage. Hansen, op. cil., 
p, 58. Cetaient Alain Breton, de Parthenay, ancien scrviteur du sirc, et un 
noble du voisinage, Hugues Bisto [ihid.], dont la deposition fut plutot favorable 
a raccuse. Enfm deux dominicains vinrent aussi, qui firent au savant juriscon- 
sulte refiet de deux comperes recitant une legon apprise par coeur, trop subtils 
Gt trop astueieux, d'ailleurs se contredisant souvent, et ayant plus Tair de juges 
que de temoins. Ihid., p. 58. 

Jean XXII avait prie le roi d'user de son autorite pour quc ccs personnes 
repondissent sans tarder a leur citation (13 septembre 1324, n. 60). Leurs depo- 
sitions re^ues en presence des defenseurs de Taccuse parurent insuffisantes ; 
et Maurice de Saint-Paul fut requis de presenter d'autres temoins pour etayer 
ses dires. Mais il iie put en designer un scul, tandis quc la partie adverse opposait 
de nombreuses excoptions, prcseutait des cedules et des documents qui paru- 
rent finalement devoir suffire a eclairer la religion des juges. L'instruction fut 
close et fon en rcfera au pape. Le 23 juillet 1325, celui-ci delegua rarchcvequo 
d*Embrun et l'eveque de Saint-Papoul pour prononcer la sentence. Ils devaienl, 



JEAN XXII B3 

au preulable, 8'eclairer des conseiU d'une assemblee de jurisconsultcs (n. 66^ 
Un de ces jurisconsultes fut probablement maitre Oldrado da Ponte, dont nous 
avons la consultation ecrite. Hansen, op. cil., p. 55-59. Les ennemis de Parthe- 
nay, et en particulier les inquisiteurs, avaient pretendu ^tablir que les pratiques 
superstitieuses imput^es k ce dernier ctaient entachees d*her^8ie. Oldrado 
8'attacha a prouver qu'il ne s^agissait que de simples sortil^ges et philtres 
d'amour. La passion violente excusait le chevalier, nou moins que son ignorance 
et sa rusticitc toute militaire. On ne voyait pas qu'il eut rendu au d^mon un vrai 
culte d'adoration. Au surplus, la.preuve testimoniale de ces crimes ctait loin 
d'6tre faite. En ce qui le concernait, Oldrado recusait tous les t6moins parce 
que suspects, partiaux ou indigncs, et il so pronon^ait pour Tacquittement. Par» 
thenay fut eu cITet acquitte. Hansen, op. cit., p. 59. Lc Conlinualenr de Jean de 
Sainl-Victor le note en ces termes : « Dont la cause fut estaignie; quar le dit 
seigneur avoit en le court pluseurs qui le deportoient (favorisaient). Et bien 
apparut en la fin; car il s'cn vint puis franc et delivre ct absous par le papo, 
si com Ton dit, de cc (jui li ctoit uppose. • Voir Conlin. Chron. Joan. a S. Victoref 
duiis ilisl. des (Jaules et dc la France, t. xxi, p. 681 et note 1; Conlin. Chron. 
G. de Nangiaco, edit. Geraud, t. ii, p. 50-51. 



— 47 — 



A defaul de Veveque dioceaain^ le pape designe les e\>eques de 
Vii^iers el dWrras pour poursui^re, de concert avec Vinquisileur 
Maurice de Sainl-Pauly Vafjaire du sire de Parlhenay. — Meme 
datc. 

Reii. Val., U cxii, u. 495; Vidal, op. cit., p. 42G. 

Atrabaten. et Vivarien. episcopis. — Pro partc viri nubilis 
Johannis Archiepiscopi, domini de Pcrtiniaco, militis, eiusque 
consortis ac nonnullorum dicto nobiii coniunctorum linea pa- 
rentele ad apostolatus nostri ac fratrum nostrorum sancte ro- 
mane Ecclesie cardinalium, insinuatio hiis diebus flebilis et cla- 
mosa perduxit auditum quod dilcctus filius frater Mauricius de 
Sancto Paulu, ordinis predicatorum, inquisitor herctice pfavitatis 
in provincia Turonen. auctoritate apostolica deputatus, ex odii 
fomite (e/c, comnie dans la precedente, mutatis mutandis, jusqud) 
coiiiinisisse in diversis diocesibus dicitur i«^noramus. Quocirca 
fraternilati vcslre in virlute sanctc obedicnlie districte prcci- 
picndo mandamus quatinus in co casu ubi dioccsanus eiusdem 



S4 BULLAIRE DE L*INQUlSrnON FRANgAlSE 

nobilis non potuerit vel noluerit cum inquisitore predicto supcr 
premissorum executione personaliter interesse, vos vel alter ve- 
strum loco diocesani predicti et extra civitates et dioceses vestras 
quacumque constitutione contraria non obstante cum inquisi- 
tore prefato illa exequi procuretis : quod si non ambo hiis exe- 
quendis potueritis vel nolueritis interesse, alter vcstrum cum 
inquisitore predicto ea nichilominus exequatur : ita tamen quod 
si vos ambo simul processeritis cum eodem loco unius censea- 
mini non duorum. — Datum ut supra. 



— 48 — 

Ordre de remettre aux destinataires les deiix lettres qui precedenl 
— Avignon, 13 septembre 1323. 

Reg. Vat., t. cxii, n. 496, 498; Vidal, op. cit., p. 427. 

Johanni de Arpadella ^, decano Xantonen. — Cum super nego- 
tio nobilis viri Johannis dicti Archiepiscopi, domini de Pertiniaco, 
quod coram dilecto filio Mauricio de Sancto Paulo, ordinis fra- 
trum predicatorum, inquisitore heretice pravitatis in provincia 
Turonen. auctoritate apostolica deputato, vertitur tam venerabi- 
libus fratribus nostris Petro, Atrabathen., et Petro, Vivarien. 
episcopis, quam eidem inquisitori certas litteras apostolicas de- 
stinemus, nos volentes eis et ipsorum cuilibet sicut tibi diriguntur 
litteras huiusmodi fideliter presentari, discretioni tue... manda- 
mus quatinus dictas litteras eisdem episcopis singulas quas 
duplicatas mittimus singulis videlicet et inquisitori ex parte 
nostra presentare procures. — Datum Avinioni, idus scptembris, 
anno VI IR 

Eidem. — Cum certas litteras (efc). Volumus et... mandamus 
quatinus circa presentationem litterarum huiusmodi diligentiam 
adhibeas oportunam; [et] de illa fieri facias curialiter et pruden- 
ter publicum instrumentum, quod nobis destinare quantocius 
non omittas. — Datum Avinioni, ut supra. 

1. Jean d'Arpadelle, docteur es lois, chapelain du pape, d'abord chanoine 
dc Paris; doyen de Saintes. le 23 mai 1323; prevot de Sussey dans le diocese 



\ 



JEAN XXII 85 

(VAulun, !e 1" aout 1328; archidiacre de Brie dans le chapitre de Paris, le 
12 mars 1331 ; devint evSquc de Frejus, le 6 novembre 1340. II mourut en 1343. 
Dcnifle, Chartular., t. n, n. 834, note 1; Eubel, Hier., t. i, p. 262; Albands, 
GaU. chri^^t. novis., t. i, col. 363-364; Daumet, Benoit XII, n. 514, 587, 623, 887; 
Albe, Autour de Jean XXII, ^viques quercynois en France, extr. des Annales 
de Saint-Louis-des-FranQais, 1906, p. 175-176. 



-49 — 



Jean XXII ordonne d Henri Dauphin, gouverneur du Dauphinc, 
sous la menace des peines canoniques, de remettre sans retard d 
V inquisiteur de la joi les heretiques d qui il accorde protection et 
faveur; il Vinvite d seconder avec zele Voeuvre de cet inquisiteur 
dans ses terres. — Avignon, 15 octobre 1323. 

Reg. Vat., t. cxii, n. 957; Sauerland, VcUikanische Urkunden 
und Regesten zur Geschichte Lothringens, t. i, dans Quellen zur 
Lothringischen Geschichte, Metz, Scriba, 1901, n. 399 (anal.). 

Henrico *, electo Methen., gubernatori Dalfinatus Viennen. — 
Auditui nostri apostolatus infausti rumoris assertio pertulit 
hiis diebus quod in terris dilecti filii nobilis viri Guigonis *, dalfini 
Viennen., nepotis tui, quarum gubernator existis, nonnullis per- 
sonis repertis de heretica pravitate reprehensis, tu ac ministri 
et ofliciales tui et eiusdem dalfini dictas personas dilecto filio G. ^, 
ordinis fratrum minorum, eiusdem pravitatis inquisitori in illis 
partibus auctoritate apostolica deputato, licet requisiti cum in- 
stancia sepius, remittere recusastis, ex quo splendor negocii fidei 
non absque periculis multipliciter super hiis dicitur in eisdem 
partibus obfuscari. Quocirca discretionem tuam rogandam duxi- 
mus et hortandam, tibi nichilominus districtius iniungentes qua- 
tinus attente considerans quantis favoribus iura canonica et 
civilia diclum Inquisitionis negotium prosecuntur, quantisque 
penis et periculis gravibus domini temporales et alii negotium 
impedientes huiusmodi vel ei suum denegantes favorem cum 
requiruntur super hoc subiacere noscuntur, quodque tu qui per- 
sona ecclesiastica ad honorem status pontificalis electa esse 
dinosceris, si circa id possis reperiri quod absit reprehensibilis, 
penis gravioribus esscs dignus, omnes et singulos de dicto crimine 



86 BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

heresis culpabiles et suspectos de quibus capiendis et eideminqui- 
sitori remittendis per ipsum fueris requisitus huiusmodi requi- 
sitionibus cessante difficultate qualibet obtemperando, et per 
eosdem ministros et officiales obtemperari faciendo remittere non 
postponas : ita quod vitatis quibusvis tuis et eiusdem dalfini ac 
lerrarum suarum periculis, inde valeas merito commendari; 
alias non poterimus preterire quominus contra te dictosque 
dalfinum, ministros et officiales ac terras, prout suadebit iu- 
sticia et expedire videbimus, procedemus. — Datum Avinioni, 
idus octobris, anno octavo. 



1. Henri Dauphin, d'abord destine au si^ge de Passau, fut choisi pour cclui 
(le Metz le 4 mai 1319. Ayant resigne son eveche (1325), il prit le nom de 
baron de Montauban. II administrait le Dauphine pour son nevcu, Guigues VIII, 
depuis Tan 1319. Gallia chrisL, t. xin, p. 770; Eubel, Hier., t. i, p. 354; Vidal, 
J nter^ention du pape Jean XXI J dans le conflit enlre la Savoie et le Daupliinr, 
dans Revue des quest. hist.^ octobre 1900, tir. a part, p. 7. 

2. Guigues VIII, fils de Jean II et de Beatrix de Hongric, ne en 1310, succedo 

a son p6re, le 5 mars 1319, sous la tutelle de son oncle, Henri Dauphin; il meurt ^ 
!e 23 juillet 1333. U. Chevalier, Repertoire, etc. Biobibl., col. 945; Vidal, op. cil. 9 

3. Guillaume Astre, dont on trouve le nom parmi ceux des freres mineurs 
qui prirent part aux discussions engagees, a Fepoque de Clement V, au sujet des 
spirituels, fut un des champions des conventuels. fitant gardien du couvent 
de Beziers, il fit, de concert avec le gardien du couvent de Montpellier, un proccs 
aux spirituels de son obedience et les declara heretiqvies, schismatiques et apo- 
stats de 1'ordre. Ils se defendirent a la cour du pape et Astre dut justifier ses 
actes. Ehrle, Die Spiritualien, dans Archiv fiir Lilteraiur, 1888, t. iv, p. 37, 61, 
63. II aurait ete nomme a rinquisition de Provence par les superieurs cle rordrc, 
vers 1322. A cette daio, deux autres freres mineurs, Michel Lemoine (n. 15, 
note 2) et JaCqUes Bernard (n. 33), s'occupaient deja de la poursuitc derheresio 
dans la province. Les statuts provinciaux des freres mineurs approuves par lc 
general fixaient a cinq annees la duree du mandat inquisitorial pour les mem- 
bres de Vordrc, lesquels ctaient d'ailleurs, pour rinstitution et la revocation, 
k la merci de leurs provinciaux. Mais Guillaume Astre, dont le zele plaisait a 
Jean XXII, obtint, le 27 octobre 1326, d'6tre confirme dans cette charge, usqur 
ad beneplacilum sanctae Sedis (n. 71). Le 21 mars suivant, il rcQut rordre dr 
transmettre a rinquisiteur de Carcassonne copie authentique des aveux d'un 
pretre relaps, Bernard Marty ou Maury, de Narbonne (n. 75). Le 9 octobre 1331, 
il obtint d'^tre remis en possession, k Avignon, des maisons et des logis de fln- 
quisition dans lesquels des prelats et des moines de Tordre s'etaient indumcnt 
installes (n. 113). Des rannee 1328, Beatrix de Levis 1'avait recommande au 
pape pour un eveche. Jcan XXII prit bonne note de ce desir [Reg, Vat., t. cxiv, 
fol. 195 vo) et promut rinquisiteur au siege d'Apt, le 12 juin 1332 (n. 119). 
Guillaume s'occupa encore quelque tomps des affaires du tribunal, notammont 
du partage, entre lo flsc apostolique ct un certain Pierrc de Gigondas, do Car- 



JEA?< XXII 87 

pentras, des biens de ce dernier. configques pour her^sie (n. 121-123). II mourut, 
a Apt, le 8 octobre 1336. Baluze, a tort, le fait vivre ju8qu'eu 1350. Albands, 
Gall. christ. novissima, col. 1\^-2M\ Eubel, //i«*., t. i, p. 95. 



— 50 — 

Le pape designe les commissaires qui dei>ront faire justice de 
Guillaume Rohert^ moine de Figeac, voue aux pratiques de la magie 
et de la necromancie, faux monnayeur et convaincu d^autres crimes. 
— Avignon, 1®"^ novembre 1323. 

/?«g.yli'en.,t. xx,fol. 160 vo, n. 228; /?eg. Vat., t. lxxvi, n. 178; 
Mollat, op. cit., n. IS/i^G (anal.). 

Dilectis filiis ..^ monasterii Casedei ^, Claromonlen. diocesis, 
et ..'^ Claromonten. ac Secureti * Anicien. ecclesiarum abbatibus, 
salutcm. — Nupcr dilectus filius Guillelmus ^, abbas monasteril 
Figiaccn., Cluniacen. ordinis, Caturcen. diocesis, nostro apostola- 
lui intimavit quod dudum Guillcrmus Roberti, monachus ipsius 
monastcrii, in eodem monasterio receptus extitit in monarhum 
ot in fratrem; et quod postquam ibidem tanquam monaclius 
ipsius monastcrii, pcr pbirium annorum curricula moram Iraxc- 
rat ct pro monacho ipsius monastcrii al) omnibus publicc habc- 
batur, dans in commotioncm dampnabilcm pedes suos, cepit tam 
a profcssionis propric rcgula quam a fide catholica dcviarc, 
sacrilejriis alquimic, nigromanlic, auguriis ct aliis prophanis 
ct prohibitis artibus se in proprie salutis interitum ct perniciem 
immiscendo. Pretcr hcc alia scclera premissis accumulans false 
inonete forc dicitur fabricator ac ymaginum et votorum cereo- 
rum confictor, per ymagines atque vota huiusmodi impia sorti- 
lcgia exercendo, pluribus etiam aliis criminibus et sceleribus forc 
(iicitur irretitus; proptcr que per curiam carissimi in Christo 
filii nostri Caroli, regis Francie iUustris, captus extitit ctcarcerali 
custodie mancipatus. Ft tnndcm ad rcquisitionem eiusdem al)ba- 
tis onndcm monachum sui nionastcrii repetentis idem monachns 
sibi per dictam curiam extitit restitutu» iuxta sanxiones crmo- 
nicas punicndus. Vcrum dictus monachus ut debitam pro diclis 
scclcribus cfTugcrc valcat ultioncm nd premeditatam malitiam 



88 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISF 



se convertens falso et malitiose pretendit se esse monacliummo- 
nasterii Userchien. *, ordinis sancti Benedicti, Lemovicen. diocesis, 
seque fore ad abbatem dicti monasterii propterea remittendum 
et per eum etiam puniendum; ac nichilominus ne per dictum 
abbatem Figiacen. monasterii puniatur pro parte dicti abbatis 
Userchien. seu prefati monachi «d Sedem apostolicam fuisse dici- 
tur appellatum. Quare prefatus abbas Figiacen. nobis humiliter 
supplicavit ut ne tali pretextu eiusdem monachi scelera remaneant 
impunita providere sibi super hoc de oportuno remedio curare- 
mus. Quocirca [mandat iudicibus iit iustitiae exhibeant comple- 
mentum]. — Datum Avinioni, kalendis novembris, anno octavo. 



1. Jean de Champdorat^ elu le 7 mai 1318, abbe de la Chaise-Dieu; eveque; 
du Puy, le 25 septembre 1342; mort en 1356. Hist. de Languedoc, t. ix, p. 563; 
Gall. christ., t. ii, col. 342-343, 725; Eubel^ Hier., t. i, p. 91. 

2. La Chaise-Dieu (Haute-Loire), arrond. de Brioude. 

3. fitienne, abbe de Teglise de Clermont des 1302. Gall. christ., t. ii, col. 309. 

4. Saint-Michel de rAiguille, ancienne abbaye dans le voisinage du Puy, 
dignite du chapitre. 

5. Guillaume de Ventadour_, abbe de Figeac en 1315. Gall. christ., t. i, col, 
175. 

6. Uzerche (Correze), chef-lieu de cant., arrond. de Tulle. 



— 51 — 



Lettre au roi pour lui communiquer les mesures prises dans le] 
document sui<^ant. — Avignon, [5] novembre 1323. 

Reg. Vat.y t. cxii, part. 2, fol. iv v^, n. 506; Vidal, Le sire de Par- 
thenay, p. 428. 

Ipsi regi [Francie]. — Serenitatis regie litteris super negocio; 
domini de Pertiniaco per nos, licet tarde, receptis, verentes quod. 
inquisitor ante provisionem a nobis super hoc faciendam requi-'i 
sivisset ordinarium nobilis antedicti, idcirco eidem inquisitori. 
et eius in hac parte collegis sub certa forma per nostras patentes. 
litteras soribendum providimus in forma quam continet ccdnla' 



JEAN XXII 89 

presentlbus interclusa. — Datum Avinioni, novembris (sic)j 
anno octavo. 



— 52 — 

Uordinaire dont le sire de Parthenay est le sitjet ne ponvant elre 
clairement determine, d cause de la multiplicite de$ domiciles de ce 
seigneur, le pape decide que les eveques d' Arras et de Viviers pren- 
dront sa place au tribunal d' Inquisition, aupres de Vinquisiteur 
Maurice de Saint-Paul. — Avignon, 5 novembre 1323. 

Reg. Vat., X. cxn, n. 507; Vidal, loc. cit., p. 428. 

Venerabilibus fratribus Petro, Atrabaten., et Petro, Vivarien. 
episcopis, et dilecto filio Mauricio de Sancto Paulo, inquisitori 
lieretice pravitatis in provincia Turonen. auctoritate apostolica 
fleputato. — Pridem pro parte viri nobilis Johannis, dicti Archi- 
cpiscopi, domini de Pertiniaco \etc., voir auxn. 46,47le detaildes 
parties narrative et dispositive, jusqu^d la fin du n. 47]. Cum au- 
tem propter diversa domicilia que dictus nobilis in diversislocis 
habero dicitur, quis eius sit diocesanus hesitari probabiliter et 
negotium posset huiusmodi non absque periculis retardari, nos 
super hiis et ne dictus nobilis h>nga detentione carceris contra 
iusticiam pregravetur diucius, providere salubriter cupientes, 
discretioni vestre per apostolica scripta mandamus quatinus^ 
vos, dicti episc/)pi, vel alter vestrum una tecum, inquisitore pre- 
dicto, prefati nobilis irrequisito diocesano, nisi ante presentalionem 
presentium vobis faciendam extitisset super hiis (cui in tali casu 
preiudicare non intendimus) forcitan requisitus, mature proce- 
dere super eodem negocio studeatis; aliarum litterarum nostra- 
rum tenoribus plene super omnibus aliis observatis. — Datum 
Avinioni, nonis noveml)ris, anno octavo. 



90 BULLAIRE DE l'iNQU ISITION FRANgAlSE 



— 53 — 

Jean XXII ordonne d Vef^eque de Lerida et d Vinquisiteur d^Ara- 
gon de remettre aux mains de Jean de Beaune, inquisiteur de Car- 
cassonne, ou de ses gens, Pierre et Jean Maury, de Montaillou, 
Esperte, et Mathea, de Tarascon, au diocese de Pamiers, here- 
tiques fugitifs refugies en Aragon. — Avignon, 8 novembre 1323. 

Reg. Vat., t. Lxxvi, fol. 2, n. 4, de Curia; t. cxii, n, 822; 
Mollat, op. cil., n. 20315 (anal). 

Venerabili fratri .} episcopo Ilerden., et dilecto filio..^ inqiii- 
sitori heretice pravitatis in partibiis regni Aragoniim aiictori- 
tate apostolica deputato. — Significavit nobis dilectus filius Johan- 
nes de Belna ^, ordinis fratrum predicatorum, inquisitor heretice 
pravitatis in partibus Carcassone auctoritate apostolica depu- 
tatus, quod cum legitime constitisset eidem Petrum et Johannem 
Maurini, de Montealionis *, laycos, et Spertam et Matheam, ipsius 
Sperte filiam, de Tarascone ^, diocesis Appamiarum, detestabilc 
crimen heresis infra terminos Inquisitionis dicte pravitatis partium 
predictarum Carcassone horribiliter commisisse, predictus in- 
quisitor prefatos hereticos fugitivos ^ et in partibus regni Ara- 
gonum latitantes capi per certum suum ad hoc deputatum nim- 
cium ', non absque multis periculis et expensis variis procuravit, 
dictusque nuncius dictosque (sic) Johannem Maurini, et Espor- 
tam, ac Matheam tilji, frater episcope, dictumque Petrum Mau- 
rini tibi, fili inquisitor, tradidit custodiendos fideliter donec pre- 
dictus inquisitor. Carcassonen. ipsos duceret repetendos. Cum 
autem, sicut habet eiusdem inquisitoris Carcassonen. assertio, 
dictorum hereticorum presentia in partibus Carcassonen. pre- 
dictis esse speretur orthodoxe fidei plurimum fructuosa, pro co 
quod si contingat eos vel eorum aliquos operante gratia divina 
redire ad ipsius fidei unitatem per ipsos multorum qui sunt in 
eisdem partibus pravitatis predicte fermento respersi procurari 
forsan ad fidem catholicam poterit conversio salutaris et Inquisi- 
tionis officium propter hoc utiliter informari : Nos qui ad huiiis- 
modi fidei negotium ex apostolice debito servitutis afficimur et 
ut procedat prospere desiderabiliter afTectamus, discretioni ve- 
stre... mandamus (fuatinus predictos Johannem et Petrum, qui 
in eisdem ])arlibus Carcassonon. mulla liorrIl)illa conlra fidom 



JEAN XXII 91 

catholicam commisisse dicuntur, necnon et dictas Espertam 
ct Matheam predictas, nisi forsan mulieres ipse in eisdem par- 
tibus regni Aragonum talia contra fidem commisissent eandem ex 
quibus essent per vos merito retinende et de eis in ipsis partibus 
iusticia ministranda, prefato inquisitori Carcassonen. per suum 
certum nuncium ad vos propter hoc specialiter destinandum suis 
sumptibus vos et vestrum quilibet sub fida custodia transmittatis ; 
prius tamen ab eisdem hercticis vel ilHs quos prefato inquisitori 
duxeritis transmittendos diligentius inquisitis que ad utilitatem 
eiusdem fidei et utiliorem executionem officii memorati videritis 
inquirenda. — Datum Avinioni, vi idus novembris, anno octavo, 



1. Pons de Villemur, archidiacre de L^rida et chapelain du pape, fut promu 
k Lerida, le 2G f^vrier 1322; il mourut en 1324. Eubel, Hier., t. i, p. 294. 

2. Bernard de Puigcertos, dominicain. Des Tan 1314, il recherche et condamno 
des her^tiques de la secte des spirituels. Lea, Hiatoire de Vlnquis., t. iii, p. 101. 
Lc 5 septembro 1328, Jean XXII lui mande de suspendre renquete faite par lui 
contre certains frires mineurs de son pays. Eubel, Bullarium franciacanum, t. v, 
n. 729. Lc prieur provincial des dominicains de Saragosse re^oit la mdme som* 
mation, le 29 d^cembre suivant. U s^agissait d'un groupe de fraticelles parti* 
culi6rement remuants. Eubel, n. 748. Voir aussi Llorente, Hiat. crilique de Vln' 
quisilion d'Espagne, Paris, 1818, t. i, p. 81, n. 9. Des actes de cet inquisiteur rien 
nc reste, croyons-nous, quc les interrogatoires qu'il fit subir aux quatre h6r6' 
tiques dont il est qucstion dans la bulle. Nous publions un document qui per* 
mettra dc se rendro compte des proced^s employes par lui contrc les gens suspeots 
dheresie. II se rapportc probablement a Tun dcs fraticelles dont Jean XXII eut 
a «'occupcr et prouve, en tout ca«, que Bcrnard do Puigcertosrestacnchargepen- 
dant pr^s de trente anneos. II n'6tait copcndant plus inquisitcur on 1345, lorsquo 
CI6ment VI expedia la bulle qui suit {lieg. Vat., t. ccxviii, fol. 104 v», n. cxxxi) : 

« Ven. fratri [Arnaldo], archiepiscopo Tcrraconen., salutem. — Debitum 
ofTicii nostri... Pctitio siquidem dilecti filii Bcrnardi de Camporotondo, de tcrcio 
ordinc beati Francisci, clerici coniugati tue dioccsis, nobis nuper exhibita con- 
tinebat quod dudum, licet ipse verus catholicus et firmus in fide christiana 
existerct et existat, tamen dilectus filius Bernardus de Podiocertoso, ordinis 
fratrum predicatorum, tunc inquisitor herotico pravitatis in rogno Aragonio 
pcr Scdom apoatolicam deputatus, coiitra oundem Bornardum voluntario et alias 
indebito, o«Iii rancore concepto, inquisivit do fido catholica contra ipsum, ot 
aliquos testes corruptos ct inimicos capitales dicti Bernardi contra ipsum recepit 
de facto; et quod cum ipse Bornardus de predictis se vellet iuste defendere coram 
inquisitore predicto, idem inquisitor advocato ipsius Bernardi prohibuit quod 
«ibi in cauaa illa pntrocinium non prestarot, ac omnes defensiones super hiiii 
sibi necesKHrinH dencfjuvit eidein, ac oum fecit carceris custodie mancipnri et 
captum ftiaiu dotineri; ct nichilominus quondnm suurn ndvocatum, (](ii ei 
pntrocinium pre»titornt, por blanditins ct porstuisiones induxit ut pidemBornnrdo 
OOnsuleret quod ipso Hernardus aliquos rortos confitorolur errorofl, promitteng 



92 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

idem inquisitor in manibus ciusdem advocati se cum eodem Bernardo cum facili 
penitentia per eundem inquisitorem ad cognitionem dicti advocati imponenda 
eidem super hiis dispensare, si predictos confiteretur errores; alioquin, sicut 
idem inquisitor comminatus fuit, dictus Bernardus nunquam liberaretur a 
carcere, sed ipse inquisitor eum tociens exponeret questionibus et tormentis, 
quod ipse inquisitor, vellet aut noUet dictus Bernardus, extorqueret quantum 
vellet ex ore ipsius Bernardi; necnon prefatus inquisitor eundem Bernardum 
sic eum detinendo captivum publice proclamando per ecclesias in sermonibus 
fecit in illis partibus super dictis erroribus indebite diffamari. Propter que dictus 
Bernardus sentiens ab eodem inquisitore procedente contra ipsum inique et 
injuste ac ex odio indebite se gravari ad Nos et Sedem apostolicam appellavit. 
Quocirca fraternitati tue... committimus et mandamus quatinus vocatis qui 
fuerint evocandi et auditis hinc inde propositis, quod iustum fuerit appellationo 
remota decernas, faciens quod decreveris per censuram ecclesiasticam firmiter 
observari... — Datum Avinioni_, x kalendas septembris, anno quarto. » 

3. Jean de Beaune; voir p. 47, note 2. 

4. Montaillou (Ariege), cant. d'Ax-les-Thermes, arrond. de Foix. 

5. Tarascon (Ariege), chef-lieu de cant., arrond. de Foix. 

6. Les freres Jean et Pierre Maury, Mathea, femme, et Esperte, belle-mere 
du premier, avaient quitte le pays de Foix et fui en Catalogne a la suite de la 
capture des principaux ministres cathares par Bernard Gui. Cetaient de pauvres 
bergers qui, dans Texil, continuerent a exercer leur humble profession, comme 
aussi a pratiquer la rehgion cathare, sous la conduite d'un parfait, fugitif comme 
eux, Guillem BeHbaste. Ils furent decouverts par Arnaud Sicre, espion de Tln- 
quisition. Behbaste fut saisi d'abord; puis ce fut le tour de Pierre Maury, pris 
a Flix (prov. de Tarragone), des deux femmes et de Jean Maury apprehendes 
a Casteldazens (prov. de Lerida), en mai 1323. Les quatre derniers furent 
remis a rinquisiteur d'Aragon et incarcercs a Lcrida. Guillaume Costa, Heu- 
tenant de rinquisiteur, les interrogea, les 14 et 15 mai. Bernard de Puigcertos 
les examina lui-meme, ainsi que Teveque de Lerida, en juillet, aout, septembre 
et decembre suivants. Les dossiers de ces audiences furent plus tard transmis 
k Teveque de Pamiers, qui les fit transcrire en tete des proces de Jean et de 
Pierre Maury. Ms. Vat., lat. 4030, fol. 209 vO-213 v», 247-248 v». A la priere do 
Jean de Beaune, inquisiteur de Carcassonne, le pape lanca Tordre ci-dessus, 
le 8 novembre 1323. II visait surtout les deux freres Maury, susceptibles de 
faire des revelations importantes, et d'ailleurs particulierement compromis 
dans rheresie. Esperte et Mathea pouvaient a la rigueur etre jugees en Cata- 
logne, ou il semblait qu'elles eussent commis leurs fautes les plus graves. ElTec- 
tivement, rextradition parait n'avoir eu lieu que pour Jean et Pierre Maury. 
Remis a Jacques Fournier, ces deux herctiques comparurent devant lui durant 
les mois de fevrier, juin et aout 1324. 

La deposition de Pierre Maury est particulierement longue et curieuse, en 
ce qui concerne la doctrine et la vie des derniers ministres cathares. Elle s'etend 
du fol. 249 au fol. 274 v°, du ms. 4030 Vatic. latin, et se termine par une serie 
de soixante-deux propositions erronees professees par Taccuse ou par les chefs 
de la secte. La confession de Jean Maury tient, dans le meme registre, du fol. 
213 v° au fol. 224. Les deux freres furent condamnes, le 12 aout 1324, a la prison 
perpetuelle. Doat, t. xxviii, fol. G6. Leur cas avajt etc soumis au prealable a' 



JEAN XXII 93 

unc assemblee de juristes et de theologiens rcunie, le 9 aoiit, a reveche de 
Pamiers. Douais, La formule Communicalo, etc, p. 23. Voir J.-M. Vidal, Les 
derniers ministres dc 1'albigeisme en Languedoc, dans la Ha^ue des questions 
hisloriques, janvicr 1906, § III; Le tribunal d'Inquisition de Pamiers, tir. a part, 
p. 45-46, 50-51, 217. 

7. Arnaud Sicre; voir note precedente et nos deux opuscules cites. 



-54 — 

Ordre de presenter la lellre dii 5 no^embre, ci-deasiis (ii. 52). — 
Avignoii, 10 novembre 1323. 

Reg. Vat., t. cxii, n. 513; Vidal, Le sire de Parthenay, p. 429. 

Magislro Johanni de Arpadella ^, decano ecclesie Xanloiien., 
capellano noslro. — Super negotio, elc. [Mandatur ei ut litteias 
praedictis episcopis et inquisitori directas praesentet et de prae- 
sentatione papam certiorem faciat]. Datum ut supra [Avinioni, 
iiii idus novembris, anno octavo]. 

1. Cf. n. 48, note 1. 



— 55 — 

Le pape declare que Vinquisiteiir devra, ai^ant le prononce de la 
sentence, donner aux ei^eques d^Arras et de Vi^iers communication 
des actes du dossier de Jean V Archeveque. — Avignon, 1®^ decem- 
bre 1323. 

Reg. Vat., t. cxii, part. 2, fol. 7, n. 528; Vidal, op.cit., p. 429. 

Pelro, Atrabaten., et Pelro, Vivarien. cpiscopis. — Dudum ex 
parte nobilis viri Johannis dicti Archiepiscopi [etc. Voir le detail des 
parties narrative et dispositive, ci-dessus, n. 46, 47 et 52, jusqud la fin 
de cetle derniere lettre]. Verum, sicut accepimus, quidam in dubium 
utrum iuxta tenorem litterarurh nostrarum vobis et vestrum 
cuilibet iu prolatione sententie tantum processus habilos et 
habendos communicare predictus inquisitor, seu vobiscum vel 



'J4 BULLAIIIE DE L INQUISITION FRANQAISE 

cum allero vestrum deberet super omnibus procedere, revocare 
nitantur; nos dubitationem huiusmodi, ne per eam dictum posset 
negotium impediri, amputare volentes, quamvis perearumdem 
litterarum tenores evidenter pateret, auctoritate presentium 
declaramus nostre intentionis existere ac etiam extitisse quod 
vos, vel alter vestrum, una cum eodem inquisitore procedatis 
in prelibato negotio, ipseque vobis et vestrum cuilibet processus 
habitos et habendos communicare, tam circa proferendam sen- 
tentiam, quam omnes alios actus etiam ante prolationem eius- 
dem sententic teneatur. Quocirca fraternitati vestre per aposto- 
lica scripta mandamus quatinus vos et cuilibet (aic) vestrum 
una cum eodem inquisitore iuxta tenores litterarum nostrarum 
vobis directarum super hoc ac declarationem nostram huiusmodi 
in dicto negotio procedatis. Cui quidem inquisitori per alias no- 
stras litteras mandavimus et ctiam auctoritate presentium inlii- 
bemus ut sine vobis aut vestrum altero supcr memorato negotio 
ad actum aliquem non procedat. — Datum Avinioni, kalendis 
decembris, anno octavo. 



— 56 — 

NolificaUon de la mesure qui precede d Vinquisiteur Maurice 
de Saint-Paul. — Avignon, 1^^ decembre 1323. 

Rcg. VaL, t. cxii, iol. 7 vo, n. 529; Vidal, op. cit.,\). 430. 

Mauricio de Sancto Paulo, ordinis predicatorum, inquisitor 
lieretice pravitatis in provincia Turonen. — Dudum exparte... 
[comme ci-dessus, mutatis mutandis). Quocirca discretioni tue 
per apostolica scripta mandamus quatinus sine predictis epi- 
scopis vel eorum altero super dicto negotio ad actum aliquem 
non procedas, sed iuxta intentionem et declarationem nostras 
huiusmodi prudenter super hiis sic te geras quod inde debeas 
merito commcndari. — Datum Avinioni, kalendis decembris, 
anno octavo. 



JEAN XXII 95 



— 57 — 



Le pape annonce au roi de hrance quil a donne conge d Vinqui- 
sileur Maurice de Saint-Paul, malgre les instances de certains de 
ses ennemis qui eussent woulu le retenir. — Avignon, 5 decera- 
bre 1323. 

Reg. Vat., t. cxii, fol. 6 vo, n. 522; Vidal, op. cit., p. 430. 

Eidcm [rej^i Francie]. — Venienlciii nuper ad noslrain pre- 
sentiain dilecluin lilium Mauricium de Sancto Paulo, ordinis 
fratrum predicatorum, inquisitorcm heretice pravitatisin pro- 
vincia Turonen... benij^ne recepinius; et super hiis que nobis 
exposuit pacionter audivimus et intclleximus diligentcr. Et eccc 
quod eundem, non obstantc quod aliqui eum super nonnullis 
objectis nunc et alias contra ipsuin de quibus olFerebant fidem 
se sufncienter facturos instanter peterent in curia retineri, pro sui 
executione ofTicii duximus reinittendum. Voiumus tamen quod 
in negotio doinini de Pertiniaco sine vcncrabilibus fratribus 
nostris Atrabaten. et Vivarien. episcopis vel altcro ipsorum, ul 
vitetur omnis suspicionis materia, non procedat. — Datum ut 
supra [Avinioni, nonis decembris, anno octavo]. 



— 57 bis — 

Jean XXI 1 annonce d Jean de Trie, senechal de Toulouse, quil 
a Vintention de nommer un inquisiteur de la foi dans la province 
d' Auch. II espere que Varcheveque d\Auch designera de son cote 
celui quil entend lui donner comme coUaborateur . — Avignon, 
20 decembre 1323. 

lieg. Vat., t. cxii, n. 527; L. Gucrard, Documents pontificaiix 
sur la Gascogne, Paris-Auch, 1903, t. ii, p. 109-110, n. 267 
(in exi.), 

Dilecto fiiio nobiii viro Johanni de Tria \ domino de Mou- 
chiacocastro^, senescallo Tiioiosanoet Albicnsi. — Dilectum filium 
Pliilipi)uni, thesaurarium ecciesie Baiocensis, fratrem tuum, ac 



96 BULLAIRE DE l'iNQU ISITION FRANgAISE 

tue nobilitatis litteras nobis per ipsum presentatas afleetu beni- 
gno recepimus, et que ipse nobis explicare curavit verbotenus 
et littere continebant predicte, pleno coUegimus infcellectu. 
Sane super eo quod de inquisitore heretice pravitatis in provincia 
Auxitana deputando litterarum habebat series predictarum, 
tue prudentie respondemus quod, quantum Sedem tangit aposto- 
licam, intendimus breviter de persona ydonea super hoc provi- 
dere^; ven. fratrem nostrum Guillelmum, episcopum olini 
Carcassonen., electum Auxitan. *, idem facturum, quantum 
ad ipsum pertinere dinoscitur, supponentes ^. Ceterum ad ea 
que de quibusdam dubiis, sub verbo sibi commisse per easdem 
litteras credentie dictus thesaurarius explicavit, respondimus, 
prout ipse tibi referre poterit oraculo vive vocis, quem tui con- 
sideratione et sue probitatis obtentu recomendatum habere pro- 
ponimus, loco et tempore congruis et gratiis et favoribus opor- 
tunis. — Datum Avinioni, xiii kalendas ianuarii, anno octavo. 



1. Jean de Trie, seigneur de Mouchy-le-Chatel, senechal de Toulouse et 
d'Albi, de 1323 a 1325. Leopold Dehsle, Chronologie des haillis et des senechaux, 
dans Recueil des hist. des Gaules, t. xxiv, Preface, p. 265-266. 

2. Mouchy-le-Chatel (?), Oise, arrond. de Beauvais. 

3. Bernard Gui venait de quitter Tlnquisition de Toulouse pour monter sur 
le siege episcopal de Tuy (1®' septembre 1323 : n. 44). Pierre Brun^sonsuccesseur, 
fut nomme par le pape, le 27 juillet 1324 (n. 59). 

4. Gmllaume de Flavacourt; cf. p. 56, note 5. 

5. M. Guerard, Documents, t. ii, p. 109, n. 267, resumant cette piece, ecrit 
que c'est le tresorier de Bayeux lui-meme que le pape va nommer inquisiteur 
d'Auch. Le pape se borne a parler d'une personne idoine. M. Leopold Dehsle, 
op. cit., p. 265, ne se trompe pas moins lorsqu'il decouvre dans la lettre que c'est 
rarcheveque d'Auch que Jean XXII va choisir. 



— 58 — 

Le pape injorme le roi de V arrivee de Jean V Archei>eque amene 
en cour d^Ai^ignon par deux officiers royaux. — Avignon, 
7 juillet 1324. 

Reg. Vat., t. cxii, fol. 30 v^, n. 664; Vidal, op. ci7., p. 430. 



JEAN XXll 97 

Prefato regi Francie. — Celsitudinem regiam volumus non 
latere quod dilecti filii nobiles viri Petrus de Macheriaco, miles, 
et Antonius, serviens armorum tui, ad nostram presentiam 
venientes, nobilem virum Johannem Archiepiscopi, militem, 
dominum de Perliniaco, nobis ex parte regia die date presentium 
presentarunt. — Datum Avinioni, nonis iulii, anno^^octavo. 



— 58 bis — 



Le pape attesle que Jean V Arche\>eque a comparu devaiU lui 
ce meme jour. — Avignon, 7 juiilet 1324. 

/?«g. /li'«i., t. XXI, fol. 170 \°; Reg, Fo/., t. lxxvh, u. 1454; 
Mollat, op. cif., n. 19901 (anal.). 

Universis presentes litteras inspecturis, salutcm. — Noscat 
universitas vestra quod nobilis vir Johannes Archiepiscopi, 
dominus Parteniaci, miles Pictaven. diocesis, die septimo presen- 
tis mensis iulii, apud Avinionem, in consistorio personaliter repre- 
sentavit se et comparuit coram nobis; in cuius rey (sic) testimo- 
nium presentes litteras eidem nobili duximus concedendas. — 
Datum Avinioni, nonis iulii, anno octavo. 



— 59 — 

Jean XXII nomme Pierre BruUy dominicain, d Voffice d^inqui' 
siieur de Toulouse. — Avignon, 27 juillet 1324. 

Reg. Val., t. cxii, fol. 88, n. 407. 

Dileclo lilio Pclro Biuni ^, ordinis fratrum prcdicaloruni, in({ui- 
sitori heretice pravitatis in partibus Tholosanis per Scdcm apo- 
stolicam deputato. — Inter curas assiduas et solicitudines varias 
que ministerio apostolice servitutis incumbunt illa nos angit potis- 
sime ut negocium fidei ad Dei gloriam et honorem ubique per pcr- 
sonas salubriter dirigatur ydoneas et nostris temporibus pro- 
speretur. llinc est quod nos attendentes quod diviiia Providenlia 

BULLAIRE — 7 



98 BULLAIRE DE l'i NQUISITION FRANgAlSE 

thesaurum tibi scientie contulit teque multis virtutibus edo- 
tavit, ita quod cis {sic) tibi per vite meritum et aliis proficere per 
exemplum, oflicium inquisitionis heretice pravitatis in Tholosan. et 
aliis partibus in quibus inquisitor eiusdem pravitatis in dictis par- 
tibus qui fuit pro tempore auctoritate apostolica deputatus, illud 
consuevit actenus exercere auctoritate tibi presentium duximus 
usque ad apostolice Sedis beneplacitum committendum, faciendi, 
gerendi et exercendi in partibus antedictis omnia que ad offi- 
cium pertinent huiusmodi facultatem plenariam concedentes. 
Quocirca discretioni tue per apostolica scripta mandamus quati- 
nus prefatum officium sic solerter et fideliter exequaris quod exinde 
divinam et apostolice Sedis gratiam valeas uberius promereri. Per 
hoc tamen non intendimus alias ei cui ex Sedis predicte [voluntate] 
deputare inquisitorem pravitatis eiusdem in dictis partibus com- 
petit aut ordini tuo imposterum super predictis quomodolil)ct 
derogare. — Datum Avinioni, vi kalendas augusti, anno octavo. 

1. Les debuts de Pierre Brun nous sont inconnus. Mgr Douais, Documenls, etc, 
p. cxxiii, cxxxiii, le fait entrer en charge, a rinquisition de Toulouse, des 
Tannee 1318. Le document ci-dessus prouve qu'il n'y fut nomme que le 27 juil- 
let 1324. Bernard Gui venait d'etre promu a l'eveche de Tuy (n. 44). Son succes" 
seur continua si bien son oeuvre que_, dcs Tannee suivante (20 septembre 1325), 
il mcrita d'etre loue par le pape pour son zele (n. 63). Son tribunal examinait 
alors le cas d'un pretre accuse d'heresie; mais Fon soupQonnait fort ses denon- 
ciateurs de Tavoir charge a faux. L'inquisiteur ayant consulte le pape sur la 
conduite a tenir, Jean XXII proposa la convocation d'une assemblee consulta- 
tive (n. 69). En decembre 1325, P. Brun, assiste d*Henri de Ghamay, inquisiteur 
de Carcassonne, et du commissaire de Teveque de Beziers, prononga la sentencej 
de six heretiques. Doat, t. xxvii, fol. 89-91. Le 1^'' mars 1327 (n. st.), il assista,] 
avec Teveque d'Alet et Jean Duprat^ a un acte de joi celebre a CarcassonneJ 
Doat, t. xxviii, fol. 178-186. Durant les annees 1328-1329_, on le trouve, a Car- 
cassonne, a Narbonne, a Pamiers, a Beziers, presidant, avec Henri de Chamayj 
et les eveques du Languedoc ou leurs delegues, a des abjurations d'heretique8, ; 
a des consultations de theologiens et de canonistf s, a des actes de foi, a des pro- 
nonces de sentence. Douais, Documents, elc, p. cxi-cxii, cxxiv-cxxviii; La 
formule Communicato, p. 41-49. Le 24 novembre 1328, il jugea Barthelemy 
Adalbert, notaire de Tlnquisition de Carcassonne. coupable de graves delit8:j 
dans Texercice de ses fonctions. II termina ainsi un conflit de juridiction qui 
s'etait eleve entre Teveque de Carcassonne, Pierre Rodier, et Tinquisiteur Jean 
Duprat, au sujet de la punition de ce subalterne. l5veque et inquisiteur s'etaient, 
du reste, entendus pour lui remettre cette cause. Douais, Docum., p. Lxxxinj 
Lxxxvii. Bardin raconte dans sa Chronique [Hist. de Lang., t. x, Preuv., col. 37) j 
que rinquisiteur eut, en 1329 et 1330, a defendre les privileges de son tribunall 
contre Guillaume de Villars, juge d'appeaux de Toulouse, charge par le roi de 
couper court aux empietements des cours ecclesiastiques sur la justice royale. 



JEAN XXII 99 

D6s qu'il eut rcvise les livres des tribunaux ecclesiastiques^Iercformatcurreclama 
les siens u linquisiteur; et, sur le refus categorique de cc dernier, il fit forcer 
les portcs de la salle ou ils etaient conserves. Pierre Brun en appela au Parlement 
de Paris, qui, le 17 mai 1331, lui donna raison, avec le curieux considerant 
que rinquisition dtait moins un tribunal ecclesiastique qu'une cour royale. 
Percin, Inquisitio, p. 101, dans Monum. con^>ent. Tholos.; Hist. de Lang., t. ix, 
p. 458-459. Le 22 fevrier 1329, la juridiction de Tinquisiteur de Toulouse fut 
etendue a la villo et aux environs de Bordeaux (n. 83). En 1330 et 1332, Pierro 
Brun assista k des condamnations d'heretique8 prononcees a Carcassonne par 
rinquisiteur et rofiicial de cette ville. Hist. de Lang., t. ix, p. 401; Douais, La 
procedure inquisitoriale en Languedoc au xiv« siecle, Paris, Picard, 1900, p. 39. 
En juin 1337, il tint lui-meme, a Toulouse, un acte de foi auquel fut convie 
Aymon de Caumont, inquisiteur de Carcassonne. Douais, La procMure, etc, 
p. 23, 38. Son activite dans la chasse a rheretique ressort du livre de comptes 
de la scnechaussee de Toulouse pour Tan 1337. Le procurcur royal prepose a 
la gcstion des biens confisques per^oit les revenus de trente hcretiqucs; il 
additionnc Ics frais d'un « sermon » public — pcut-Stre celui dont il vient 
d'ctre qucstion — quil paya lui-meme; enfin il constate que lcs prisons de rin- 
quisition rcnfeiment quatre-vingt-deux condamncs. Hist. deLang., t. x.Preuves, 
col. 782, 792, 813-815. En 1338, Brun etait encore en charge. Le 19 mai, il fut 
choisi comme executeur testamentaire par Eleonore de Montfort, contesse de 
Vendome. Ilist. de Lang., t. ix, p. 579. Percin, Monum. conv. Tolos., p. 71, 
affirme qu'il Ggura comme definiteur au chapitre de son ordre tenu a Condom 
en 1340 et qu'il occupait encore a cette date la charge d'inquisitcur de Toulousc. 
11 est probable qu'il la conscrva jusqu'a sa promotion k TevSche de Couserans 
(26 juin 1342) ou a la nomination de son succcsseur, rinquisiteur Picrrc Gui 
(24 juillet 1342). II succ6dait, sur Ic si6ge de Couserans, a Pierro de la Palud, 
patriarche de Jerusalem. 11 y raourut en 1345. Eubel, Hier., t. i, p. 211. 



— 60 — 

Le pape prie le roi de France de jaire venir sans retard en cour 
d'A^'ignon certains reUj^ieux et laics dont le temoignage est utile 
a V instruction du proces du sire de Parlhenay. — Avignon, 13 sep- 
tembre 1324. 

Reg. Vat., t. cxiii, n. 1; Vidal, op. cit., p. 431. 

Regi Francie. — Cum in negotio inquisitionis contra nobilem 
virum Johannem Archiepiscopi, dominum de Pertiniaco, super 
crimine heresis apud Sedcm apostolicam inchoato, dilecti filii 
Johannes de Bourdinaria \ ordinis fratrum predicatorum, Johan- 
nes de Foresio ^, conversus, (jui anle conversionem suam Abraam 



100 BULLAIRE DE L^INQUISI TlON FRANgAISE 

de Perpiiiiano vocabatur, et Alanus Brito, morans Pertiniaci, 
dudum familiaris dicti nobilis, pro testibus credebantur nuilli- 
pliciter oportuni, celsitudinem regiam attentius deprecamur (jua- 
tinus prenominatas personas et alias, si quas dilectus filius inqui- 
sitor heretice pravitatis eidem celsitudini duxerit super hoc nomi- 
nandas, ad eandem Sedem celeriter et secrete sicut ipsius qualitas 
exigit negotii mittere non postponat. — Datum Avinioni, idus 
septembris, anno nono. 

1. « Adulator et dicti dcmini Johannis de Partiniacho proditor, ut apparet 
ex litteris quas ipse misit domino Johanni de Partiniacho et que producte sunt 
in iudicio. » Oldrado da Ponte, dans Hansen, op. cit., p. 58; cf. ci-dessus, n. 46, 
note 5. 

2. « Unus quondam judeus^ nunc christianus factus, cuius testimonio in 
quautum pro eo dicit utitur dominus Johannes de Partiniacho, in quantum vero 
contra eum dicit in aliquo non, obstante ratione vilitatis sue et facinorum suo- 
rum tam ante baptismum quam post, et quia unicus est cuius etiam in causa 
civili dicto non staretur... et quia inimicus... » Ibid. 



— 61 — 

La proi^ince dominicaine de Toulouse ayant ete recemment dis- 
traite de V ancienne pro^nnce de Proi^ence, le pape decide que desor- 
mais la presentation des candidats aux fonctions d' inquisiteur di 
Toulouse appartiendra au provincial de Toulouse. Le proi>incial 
de France, d qui Nicolas IV a concede le droit de nommer lei 
inquisiteurs en France, de^>ra choisir parmi les personnes qui 
lui auront ete designees de la sorte. — Avignon, 1®'* novembre 1324, 

Reg. A^en., t. xxii, fol. 359 v», n, 542; Reg. Vat., t. lxxviii,] 
n. 542; Mollat, JeanXXII, n. 20943 (anal.). 

Dilecto filio ^.. priori provinciaU fratrum ordinis predicatorui 
in Francia, salutem. — Dudum felicis recordationis Nicolauj 
papa IIII predecessor noster desiderans per apostolice Sedis dili- 
gentiam contra hereticorum dolosam astuciam, ne morbus huius- 
modi dilTusius serperet locorum ubilibet et maxime in christia» 
nissimo regno Francorum in quo precipue fides cathoHca viger( 
dinoscitur, oportunum remedium adhibcri ut negocium fidej 
iugi profectu, elisis quibusUbet prorsus erroribus, posset fortitei 
prosperari, i^riori provinciaU fratrum ordinis predicatorum inj 



JEAN XXII 101 

Francia qui tunc erat, eius proprio nomine non expresso, suis dedit 
litteris in mandatis ut de consilio aliquorum discretorum fra- 
trum eiusdem ordinis eligeret sex de fratribus dicti ordinis pro- 
vinciarum Francie et Provincie ydoneos ad huiusmodi opus 
dominicum exequendum, prout in litteris predecessoris eiusdem 
pleiiius continetur 2; quarum litterarum vigore extunc extitit 
observatum quod per priorem provincialem dicti ordinis provin- 
cie Provincie de discretorum consilio priori provinciali dicti ordi- 
nis in Francia, quotiens erat expediens, alique persone ydonee 
noniinate fuerunt, quarum unam dictus prior provincialis Francie 
ad exequendum huiusmodi ofTicium in dicta provincia Provincie 
deputabat. Cum autem postmodum sicut accepimus in generali 
capitulo dicti ordinis aput Bisuntium celebrato per magistrum 
gcneralem eiusdem ordinis et diflinitores eiusdem capituli dicta 
provincia Provincie * in duas provincias sit divisa* , quarum altera 
iuxta ordinationem dicti capituli denominatur provincia Tholo- 
sana, in qua quidem provincia, secundum brdinationem dicti 
capituli, Carcassona ctiam continetur, ac duo inquisitores exillis 
sex, unus videlicet Tholose, et alius Carcassone specialem habent 
et faciunt mansionem, habentes ibidem domos suosque processus 
ac libros et carceres ad personarum custodiam que sunt pravitatis 
heretice labe resperse specialiter deputatos : nos attendentes equi- 
tati consonum et etiam rationi quod, sicut ante divisionem pro- 
vincie memorate factam in predicto capitulo, per priorem provin- 
cialem eiusdem provincie Provincie eidem priori provinciali Fran- 
cie aliqui fratres ydonei nominabantur de consilio discretorum, 
quorum unus dictus prior provincialis Francie ad exercendum 
in civitate Tholosana et dicto regno huiusmodi inquisitionis offi- 
cium deputabatur, sic deinceps huiusmodi fratrum nominatio 
per priorem provincialem dicti ordinis qui est et erit pro tempore 
in provincia Tholosana de discretorum consilio fieri debeat, et 
unus illorum ad nominationem huiusmodi in eisdem Tholosana 
provincia atque regno ad exercendum predictum officium depu- 
tari, discretioni tue per apostolica scripta in virtute obedientie 
districte precipiendo mandamus quatinus de cetero, quotiens 
expedierit per cessionem vel decessum seu amotionem vel priva- 
tionem inquisitoris pravitatis eiusdem in dicta provincia Tholo- 
sana inquisitorem alium inibi ordinare, tu et successores tui prio- 
res provinciales dicti ordinis in Francia unam de personis quas 
prior provincialis dicti ordinis in dicta provincia Tholosana qui 



102 BULLAIRE DE l'iN QUISITION FRANgAISE 

est et erit pro tempore, tibi vel dictis tuis successoribus duxerit 
nominandas ad predictum officium exercendum in dictis Tho- 
losana provincia atque regno teneamini deputare, statuto quo- 
cumque contrario non obstante. — Datum Avinioni, kalendis 
novembris, anno nono ^. 



I 

( 



1. Hugues de Vaucemain, d'Auxerre, mattre en theologie enl323; provincial 
de France, de 1324 a 1333; general de l'ordre, le 22 mai 1333; mort le 6 aoiit 1341 
Quetif et Echard, Script. ord. praed., t. i, p. 580-581 ; Reichert^ Acta capit. gener. 
ord. praed., t. u, p. 118, 125; Mortier, Histoire des maitres generaux, t, iii, p. 87 
166; Denifle, ChartuL, t. ii, p. 230, 238, 270, 275, 402; A.nnee dominicaine, Lyon 
1886, t. III, L8 mars. _ 

2. Voir Potthast, n. 23297, et E. Langlois, Les registres de Nicolas IV, n. 2776- « 
2777 : lettres des 22 et 27 juin 1290. Nicolas IV ne faisait que suivre rexemple 

de ses predecesseurs. Des 1233 (20 avril), Gregoire IX donnait au provincial 
des dominicains de Provence commission de designer les religieux qui devaient 
entreprendre une predication contre rheresie. Ripoll, op. cit., t. i, p. 47. Inno- 
cent IV renouvelait ce privilege, le 20 juillet 1243; Doat, t. xxxi, fol. 97. Dix 
ans plus tard (24 octobre 1253), il ordonnait au prieur des dominicains de Paris 
de deleguer des inquisiteurs dans les domaines du comte de Poitiers et de Tou- 
louse. Doat, t. xxxi, fol. 90. Le 7 juillet 1246, il avait concede au general des 
freres precheurs le pouvoir de revoquer les inquisiteurs nommes par le Saint- 
Siege et de les remplacer par d'autres. Doat, t. xxxi, fol. 73. Le 20 octobre 
1248, le provincial d'Aragon et S. Raymond de Pennafcrt recevaient commission 
d'en designer pour les dioceses de la province de Narbonne mouvant de TAragon. 
Berger, Reg. d'I?inocent IV, n. 4156; Potthast, n. 13057. Alexandre IV enfin 
conflrma et renouvela, en faveur du general et des provinciaux dominicains, 
1e pouvoir de donner et de revoquer le brevet d'inquisiteur (13 mai 1256). Doat, 
t. XXXI, fol. 193. Les superieurs generaux et provinciaux de Pordre des freres 
mineurs jouissaient d'ailleurs du meme privilege (n. 71). 

3. L'ancienne province de Provence comprenait, a peu de chose pres, les pays 
situes entre les Alpes, le Rhone, les Pyrenees et une ligne traversant la France 
de Fest a Fouest, a la hauteur de Limoges. 

4. Cette mesure avait ete decidee dans le chapitre general tenu a Cologne, en 
1301, et confirmee dans celui de Bologne, en 1302. Reichert, Acta capit. general. 
ord. praed., t. i, p. 302-303, 312. Le chapitre de Besan^on, en 1303, ne fit que la 
renouveler en ces termes : « Confirmamus has constitutiones : primo hanc quod 
provincia Provincie dividatur et dividimus cam in duas, ita quod conventus 
Tholosanus, Carcassonensis, Appamiensis, Castrensis cum ceteris conventibus 
versus Lemovicam, Burdigalam et Baionam cum monasteriis sororum inter- 
clusis sint una provincia et vocetur provincia ThoIosan&; et teneat primum 
locum in choro sinistro. Conventus vero Montispessulani cum conventibus 
Narbonensi, Bitterensi, et tribus conventibus de dominio regis Majoricarum, et 
conventibus Amijiani, Podiensi, Albenacii, Marologii, Alestensi, Nemausensi ; 
et conventibus qui sunt ultra Rhodanum cum monasteriis sororum interclusis 
sint alia provincia, et provincia Provincie nominetur, et teneat locum in choro 
dextro post provinciam Aragonie. » Reichert, op. ci7., p. 317. 



JEAN XXII 103 



5. Clement VI, a la requete de rinquisiteur de Toulouse, Pierrc Gui, renou- 
vela, le 7 septcmbre 1342, les dispositions de la presente bulle, en specinant 
que le choix du provincial de France pourrait se porter sur le provincial de 
Toulouse (cf. n. 184-185). 



- 62 - 

Jean XXII loue Veveque de Mirepoix d^avoir fait construire des 
prisons pour les heretiques dans sa ville episcopale. II Vexhorte d 
remplir avec zele son role d* inquisiteur. II lui promet une reponse 
prochaine aux doutes par lui soumis au Saint-Siege. — Avignon, 
21 mars 1325. 

Reg. Vat., t. cxni, n. 81. 

Venerabili fratri Raymundo ^, episcopo Mirapiscensi. — Fra- 
ternitatis tue litteris solita benignitate receptis et earum pagina 
seriose perlecta, placet nobis provisa per te carceribus muri 
eonstructio pro perfidis hereticis carcerandis. Ceterum, ex peti- 
tionibus pro parte tua nobis exhibitis, quibusdam, prout potui- 
mus, per nos benigniter exauditis, quia nobis et sancte romane 
Ecclesie infestissima noscitur ipsorum hereticorum invida ra- 
bies, que inconsutilem Dei tunicam seva dentium pravitate di- 
scindit, dilectionem tuam solicita excitatione requirimus et hor- 
tamur atlente quatinus incumbenti tibi oflicio Inquisitionis he- 
reticorum huiusmodi sic te, prout ardua materia exigit, diligcn- 
ter et efficaciter habeas, quod preter divine retributionis premium 
consequaris inde apud nos et apostolicam Sedem favoris et gratie 
incrementum. Super dubiis autem super quibus nos consultare 
curasti, consilium cum fratribus nostris habebimus [et] quod visum 
extiterit tibi per alias nostras litteras rescribemus. — Datum 
XII kal. aprilis, anno nono. 

1. Raymond d'Athon, augustin, abbd de Saint-Sernin de Toulouse, en1301; 
premier ev6que de Mirepoix, promu le 17 fevrier 1318; mort en 1325. Gall. 
christ., t. XIII, col. 96, 267; J/ist. de Lang., t. ix, p. 370; Eubel, Hier., t. i, p. 360. 
II assista, le 8 decembrc 1319, k la condamnation de Bernard Delicieux. Lim- 
borch, op. cit., p. 268-273. Le 20 fevrier 1325 (n. st.), il s'excusa aupres de Jean 
Duprat, inquisiteur de Carcassonne, de ne pouvoir participer a Vacte de foi d\i 
dimanche suivant, a Carcassonne, et d^I^gua a sa place Bertrand de Roumen- 



104 



BL LLAIRE DE L INQUISITION FR.VNCAISE 



goux. Doat, t. xxviir, fol. 141 \°. Le Liher sententiarum publie par Limborch 
nous le montre (p. 330-333) avec Bernard Gui et Jean de Beaune, condamnant, 
en 1322, plusieurs beguins au mur. Voir abbe F. Robert, Ilistoire des e^^eques 
de Mirepoix, dans Bulletin historique du diocese de Pamiers, 1912, t. i, p. 39-46. 



— 63 



Le pape repond d Pierre Brun, inquisiteur de Toulouse, en lefeli' 
citant du zele quil deploie contre Vheresie et en Vengageant d pro- 
ceder en justice contre un pretre inculpe de ce crime. — Avignon, 
20 septembre 1325. 

Reg. Vat., t. cxiii, n. 1115. 

Petro Bruni ^, de ordine predicatorum, inquisitori heretice 
pravitatis in partibus Tholosanis auctoritate apostolica deputato. 
— Missis nobis litteris tuis quibus quedam que super negotio Inqui- 
sitionis tibi commisso acta fuerant intimans a nobis quid super 
quibusdam aliis dictum negotium tangentibus agere debeas edo- 
ceri petiisti, benigne receptis, earumque serie plenius intellecta, 
tuam super predictis adhibitam diligentiam commendantes, 
negotio huiusmodi credimus expedire quod contra illum capel- 
lanum, seu rectorem ^, de labe heresis vehementer ut predictc 
littere continebant suspectum, iuste procedere non postponas,! 
aliis quousque de pace Vasconie certiores rumores receperis subj 
taciturnitate seu dissimulatione dimissis. — Datum Avinioni, 
XII kalendas octobris, anno decimo. 

1. Voir n. 59, note 1. 

2. Voir, au n. 69, la reponsc du pape a une qucstion posee par P. Brun 
sujet de ce pretre. 



64- 



En recompense des services rendus par Jacques Fournier, e^>eqm 
de Pamiers, dans la poursuite des heretiques, Jean XXII lui con- 
cede le henefice des fa^^eurs spirituelles accordees ordinairement am 
inquisiteurs de la foi. — Avignon, 22 fevrier 1326. 



JEAN XXII 105 

Reg.Aven.,t.xxiy,ioL^ii;Reg. Val., X. lxxx, n. 749; Mollat. 
op. cit., n. 24466 (anal.). 

Venerabili fratri Jacobo, episcopo Appamiarum ^, salutem... 
— Cum sicut accepimus tu zelo pie devotionis accensus iuxta pa- 
storalis ofTicii debitum multos labores in Inquisitione pravitatis 
heretice quam in locis tibi subiectis exercuisti hactenus pertu- 
lisse noscaris et perferre speres, pro favore fidei, in futurum, ut 
prediclis laboribus fructus non desit per quem tibi eterna prcmia 
repensentur, tuis supplicationibus inclinati, fraternitati tue pro 
huiusmodi Inquisitionis negocio laboranti illam plenam tuorum 
peccatorum veniam indulgemus que inquisitoribus pravitatis 
eiusdem per privilegia Sedis apostolice est concessa*. Nulli, etc, 
nostre concessionis, etc. — Datum Avinioni, viii kal. martii, 
anno decimo. 



I4 Jacques 1'ournier (n. 24, note 1); cf. n. 73. 

2. Durant leur vie, les inquisitcurs beneficiaient des grticcs attachees a la 
risite des sanctuaires de Palestinc. Ils avaient droit a rindulgoncc in articulo 
mortis. Lea, Hist. de Vlnquisition (trad. franc), t. i, p. 271; Tanon, Uistoirc des 
trihunaux de Vlnquisition en France, p. 202. 



-65 — 

Le pape donne a Garin de Bar, inquisiteur dans les dioceses de 
Besangon, Genkve^ Lausanne, Sion, Toul, Metz et Verdun, le pou- 
voir de continuer, meme en cour d^Avignon, le proces de Guiot Lefol- 
let, retenu pour heresie dans les prisons pontificales. II pourra 
reprendre la procedure dejd commencee par lui-meme, par Varche- 
veque d' Aix et Vinquisiteur de Carcassonne. au nom du pape. — 
Avignon, 6 mai 1326. 

Reg. Vat., t. cxiii, n. 1447; Sauerland, Valikanische Urkunden 
und Regeslen zur Geschichte Lothringens, Metz, 1901, n. 493 (anal.). 

Dileilo (ilio Garino ^ de Barro ^, ordinis fralrum prcdicalorum, 
inquisil(»ri herctice pravitatis in Bisuutin., Gebennen., Lausanen., 
Sedunen., Tullen., Meten., et Virdunen. civitatibus et diocesibus, 
aiirtoriiate apostolica deputato. — Cum Guiotus Lefolet, de Fra- 



106 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANCAISE 

xino ^, laicusBisuntin. diocesis, qui de crimine heresis vehementer 
suspectus et culpabilis sicut accepimus reputatur. apud Sedem 
apostolicam detineatur carceribus mancipatus, nos cupientes 
ubique labem huiusmodi criminis extirpari, ut apud Sedem ean- 
dem contra dictum Guiotum super predictis inquirere ac proce- 
dere, tuique officii debitum in hac parte libere valeas exercere, 
processum alias per te ac venerabilem fratrem nostrum Jacobum, 
archiepiscopum Aquen. *, et dilectum filium ^». inquisitorem here- 
tice pravitatis in partibus Carcassonen. auctoritate apostoHca 
deputatum, de mandato nostro vive vocis oraculo vobis facto, 
habitum contra ipsum, si oportunum fuerit et expedire videris, 
nichilominus resumendo. — Datum Avinioni, ii nonas maii, 
anno decimo. 



1. Nous n'avons pas recueilli de renseignements sur ce religieux. 

2. Bar-le-Duc (Meuse). 

3. Frasne (Doubsl, cant. de Levier, arrond. de Pontarlier. 

4. Jacques de Concos^ dominicain, eveque de Lodeve^ le 14 fevrierl318; 
archeveque d'Aix^ le 9 juillet 1322; mort en 1329. Gallia christ., t. i, col. 321- 
322; t. VI, col. 553; Albanes, Gallia chr. novis., t. i, col. 82-83; Eubel, Ilier., 
t. i, p. 96,323; Doat, t. xxviii, fol.ll vo, 13, 15,21 vO; A. Albe, Autour de 
Jean XXII : Evequcs quercynois en France, dans Annales de Saint-Louisdes- 
Frangais, 1906, tir. a part, p. 155-157. Ses vicaires generaux, a Lodcve, 
condamnerent plusieurs beguins, 

5. Jean Duprat; voir n. 74, note 2. 



— 66 — 

Apres avoir jait le recit detaille de la procedure suivie jusqud 
ce jour contre le sire de Parthenay, tant autribunaldeV Inquisition 
de Paris quen cour d'' Avignon, le pape donne ordre d ses commis- 
saires, Varche<^eque d' Emhrun et Vei^eque de Saint-Papoul, de ter- 
miner le proces par le prononce de la sentence. — Avignon, 23 juil- 
let 1326. 

Heg. Awen., t. xxv, fol. 466; Reg. Vat., t. lxxxi, fol. 380 v^^ 
n. 2528; Vidal, op. cit., p. 431. 

Venerabilibus fratribus Bertrando, archiepiscopo Ebredunen. ^, 
et Raymundo, episcopo Sancti Papuli ^, salutem. — Cum oHm 



JEAN XXII 107 

dilectus filius Mauricius de Sancto Paulo, ordinis predicatorum, 
inquisitor heretice pravitatis in regno Francie auctoritate apo- 
stolica deputatus, contra nobilem virum Johannem Archiepi- 
scopi, dominum de Partiniaco, Pictaven. diocesis, super certis 
articulis sapientibus, ut ipse inquisitor dicebat, pravitatem ean- 
dem, ex officio suo inquirere incepisset et vellet ulterius in negotio 
inquisitionis huiusmodi procedere contra eum; tam ipse nobilis, 
qui occasione huiusmodi captus ductus Parisius fuerat, et inibi 
detentus in custodia carcerali, quam nonnulli consanguinei ipsius 
nobilis eundem inquisitorem ex certis causis suspectum habentcs, 
ipsumque propterea recusantes, ab eo ad Sedem appellarunt ean- 
dem. Ac ven. frater noster '.. episcopus Parisien. post appellatio- 
nem huiusmodi, quandoque per se, ac interdum per alios ex pote- 
state ordinaria, quam in ipsum nobilem tunc Parisius ut prefertur 
detentum se super hiis habere dicebat, contra eum cepit cum 
dicto inquisitore procedere super articulis prelibatis. Et tam 
predicto nobili dum sic detineretur quam eisdem consanguineis 
proponentibus certas causas propter quas asserebant eundem 
episcopum id de iure non posse facere nec debere; ac per eosdem 
nobilem et consanguineos quibusdam appellationibus proinde 
ad Sedem ipsam emissis, quibus dictus inquisitor non duxe- 
rat deferendum, sed contra eundem nobilem nichilominus proce- 
debat; nos de fratrum nostrorum consilio eidem inquisitori per 
nostras inter cetera litteras duximus iniungendum ut super pre- 
dictis nisi vocato diocesano nequaquam procederet, et eo interesse 
nolente vel non valente, ut super eisdem una cum ven. fratribus 
nostris Petro, Carnoten. *, tunc Atrebaten., et Petro, Autisiodo- 
ren. ^, tunc Vivarien. episcopis, quos ... inlocum ipsiusdiocesani 
Bubrogavimus... procedere procuraret ®. Verum quia propter 
diversa domicilia que ipse nobilis in diversis locis noscebatur 
prout noscitur obtincre quis eius diocesanus foret poterat hesitari 
probabiliter et negotium huiusmodi non absque more periculo 
retardari, nos postmodum tam Carnoten. et Autisiodoren. epi- 
scopis quam inquisitori prefatis per alias nostras dedimus litteras 
in niandatis ut ipsi Carnoten. et Autisiodoren. episcopi, vel eorum 
alter una cum eodem inquisitore, dicti nobilis irrequisito diocesano, 
nisi ante presentationem litterarum ipsarum eisdem Carnoten, et 
Autisiodoren, episcopis ac inquisitori directarum tunc faciendam 
fuisset idem diocesanus super hiis forsitan requisitus, iuste ac 
mature in negotio ipso procederent, aliarum litterarum no- 



108 BULLAIRE DE l'i NQUISITION FRANCAISE 

strariim siipradictarum tenoribus observatis "^. Quarum quidem 
litterarum ad dictos Carnoten. et Autisiodoren. episcopos et inqui- 
sitorem ut prefertur directarum auctoritate, cum ipse diocesanus 
nondum requisitus fuisset, ad citationem duntaxat processum 
extitit contra nobilem memoratum. Deinde vero inquisitore ac 
nobili prefatis ad dictam Sedem accedentibus et constitutis etiam 
apud ipsam, nos volentes iuxta exigentiam premissi negotii ad 
examinationem veritatis et difTinitionem etiam ipsius negotii 
cum debita maturitate procedere, non obstantibus premissis seu 
quibusdam aliis processibus tam ante quam post recusationem 
et appellationes huiusmodi per dictos inquisitorem et episcopum 
Parisien., seu alios quoscumque quomolibet habitis contra nobi- 
lem antedictum, totum huiusmodi negotium ac omnia emergen- 
tia et dependentia ex eodem super articulis omnibus antedictis 
heresim, ydolatriam et sorlilegia tam simpHcia, quam heresii 
sapientia manifeste quoquomodo tangentibus ad nos ct examei 
apostolicum de eorumdem fratrum consilio et apostolicc pote- 
statis plenitudine duximus revocanduin; et voluimus, dictis 
processibus nequaquam obstantibus, examinari de novi 
eundem nobilem super articulis supradictis. Ipsoque nobili proptei 
hoc ad nostram presentiam evocato, ab eo super sancta Dei 
evangelia corporaliter a se tacta iuramentum recepimus de meraj 
et plena veritate dicenda super omnibus et singulis articulis memo-j 
ratis. Postmodum autem vobis et predictis Carnoten. et Autisio- 
doren. episcopis in nostra presentia constitutis cognitionei 
predicti negotii commisimus oraculo vive vocis; ita quodl 
omnes, aut tres, aut duo de vobis et apud Sedem predictam del 
negotio cognosceretis eodem; et quotienscumque aliquem vel 
aliquos ex vobis abesse contigeret alii possent per se in negotioj 
ipso procedere, et iidem se taliter absentantes illud resumerel 
et in illo ac si nunquam absentes fuissent procederej 
quociens existeret oportunum. Vohiimus insuper et expressej 
vobis dictisque Carnoten. et Autisiodoren. episcopis iniunximus 
ut ante omnia examinaretis diligenter prefatum nobiiem et re-j 
sponsiones audiretis ipsius super dictis articuHs super quibus iura- 
vit, ut premittitur, coram nobis dicere veritatem. Sane predictoj 
nobiU coram vobis et ipsis Carnoten. et Autisiodoren. episcopis inj 
nostro consistoriaH Palatio in iudicio constituto et a vobis et supra' 
proxime nominatis episcopis interrogato cum diHgentia, et re-| 
spondente distincte et singulariter super articuHs memoratis, quo- 



JEAN XXII 109 

rum quidain fuudantur super hiis que ipse nubilis coram dicto 
inquisitorc ut coram suo iudice dicitur iudicialiter fuisse confcs- 
sus, reliqui vero super hiis que dictus nobilis ultra contenta in 
predictis aliis articulis asseritur commisisse eaque in sua confes- 
sione huiusmodi subpressisse; dictoque nobili postea a vobis, 
eisdem Carnoten. et Autisiodoren, episcopis tunc absentibus, in- 
terrogato per idem iuramentum ab eo ut supra dicitur prestitum 
si perseverabat in huiusmodi responsionibus suis, aut si volebat 
aliquid addere vel detrahere aut mutare in illis; et respondente 
quod perseverabat in eis nil addendo, vcl detrahendo, aut etiam 
mutando. Et subsequenter per ipsum nobilem coram vobis et 
dicto episcopo Carnoten., eodem episcopo Autisiodoren. tunc 
absente, prestito de mera et plena veritate dicenda, super sancta 
Dei evangelia a se tacta corporaliter iuramento, vos et ipse 
Carnoten. episcopus interrogastis eundem nobilem super veritate 
factorum in certis eisdem articulis contentorum, que coram dicto 
inquisitore fuisse confessus expriniitur in eisdem, ac super hiis 
factis responsionibus per nobilein antedictum; receptis qucxjue 
ac examinatis diligenter quibusdam testibus per quos verisimilitcr 
credebatis veritatem in dicto negotio posse melius inveniri super 
articulis memoratis, a testibus ipsis, presente parte nobilis ante- 
dicti, primitus solito de veritate dicenda iuramento recepto, 
ac eadem etiam parte presente ipsorum attestationibus publi- 
catis; cum idem inquisitor nollet nominare aliquem vel aliquos 
tcstes ad instructionem vestri olficii super negotio memorato; 
et contra attestationes easdem datis quibusdam exceptionibus 
et nonnullis scripturis in dicto negocio productis pro parte 
nobilis ])relibati; et in eodem negotio ad informationem vestram 
cx parte ipsius nobilis quibusdam allegationibus factis et datis; 
ac demum facta nobis per vos super premissis omnibus et sin- 
gulis relatione plenaria et fideli, nos intendentes, prout ofTicii 
nostri debitum exigit, ut premissum negotium suadente iusticia 
sententialiter terminetur, fraternitati vestre de eorundem fra- 
truni consilio per aposlolica scripta committinuis et mandamus 
quatinus in ipso negotio ad ulteriora apud eandem Sedem, ut 
expedire videbitis, procedentes et habentes pre oculis solum 
Deuni; ac omnil)us in negotio predicto actitatis, habitis, et pro- 
ductis et atteslationibus anledictis diligenti examinatione discus- 
818, et prout tanti negocii qualitas exigit, et communicato super 
eis consilio porilurum, et super illis digesta deliberatione secuta, 



110 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

sepedictum negotium curetis auctoritate nostra per difTmitivam 
sententiam terminare; facientes quod decreveritis per censuram 
ecclesiasticam, appellatione remota, firmiter observari. — Datum 
Avinioni, x kalendas augusti, anno decimo ^. 

1. Bertrand de Daux, promu a rarcheveche d'Embrun, le 26 aoiit 1323; car- 
dinal du titre de Saint-Marc^ le 18 decembre 1338; eveque de Sabine, le 4 novem- 
bre 1348; mort le 21 octobre 1355. Baluze, op. cit, col. 811; Gall. christ., t. iii, 
col. 1085-1086; dom Vaissete, Histoire de Languedoc, t. ix, p. 478; Eubel, Hier., 
t. I, p. 243. 

2. Raymond de Moustuejouls, abbe de Saint-Tibery, puis eveque de Saint- 
Flour (31 juillet 1317); fut transfere a Saint-Papoul, le 16 avril 1319; et prornu 
au cardinalat, le 18 decembre 1327. II mourut le 13 novembre 1335. Gall. christ.. 
t. II, col. 422-423; t. vi, col. 714; t. xiii, col. 301-302; Hisioire de Languedoc, 
t. IX, p. 368; Eubel, Hierarchia, t. i, p. 15, 261, 409. , 

3. IKtienne de Bourret, eveque de Paris, le 20 aout 1320; mourut le 24 novem- 
bre 1325. Gallia chrisL, t. vii, col. 125-127; Eubel, Hier., t. i, p. 410. 

4. Voir n. 46, note 3. 

5. Voir n. 46, note 4. 

6. N. 46, 47. 

7. N. 52. 

8. Voir, n. 46, note 5, un resume de toute cette aflaire 



— 66 bis — 

Jean XXII ordonne aux inquisiteurs de poursui^^re les personnes 
qui se permeltent d^ajfirmer et d^enseigner quil est licite de porter 
ou d^en^oyer d Alexandrie et dans les autres localites de V Egypte 
au poui^oir des Sarrasins des i^ii^res et toutes autres marchandises, 
sous pretexte que la defense portee par les conciles, et en parlicu- 
lier par celui de Lyon, ne <^ise que le commerce des armes, les 
na^fires, les hois de construction pour na<^ires et le ser<,dce prete 
par des chretiens sur les flottes des infideles. La dejense a ete etendue 
par des bulles de Clement V et de Jean XXII aux denrees alimentaires 
et d toutes les autres marchandises destinees aux i^illes egyptiennes. 
Jean XXII a meme decide que les injracteurs de cette defense 
seraient poursuii^is commeheretiques. — Avignon, 1^^ juillet 132G. 

Reg. VaL, t. cxiii, fol. 247. 

Dilectis filiis inquisitoribus hcretice pravitatis. — Olim in 



JEAN XXII 111 

generali * et Lugdunen. ^ consiliis ac subsequentcr per fel. record. 
Nicolaum quartum ^ et Bonifacium VIII * romanos pontifices, 
predecessores nostros, contra illos falsos et impios christianos qui 
adversus Deum Redemptoren nostrum et populum christianum 
Sarracenis ferruin, arma quibus christianos impugnant, ac ligna- 
mina galearum et aliorum vasorum navigabilium deferunt, et in 
cos qui eis galeas vendunt aut naves, quique in piraticis 
Sarracenorum navibus curam gubernationis exercent, vel in 
machinis aut quibuslibet aliis aliquod eis impendunt auxilium vel 
(onsiliuin in christianorum dispendium et specialiter Terre Sancte, 
fuerunt tam excommunicationis quam alie diverse spirituales 
et temporales pene et sententie promulgate. Necnon pie memorie 
tllcmens papa V ^ predecessor noster dicti Nicolai vestigiisinhc- 
rcndo, duxit auctoritate apostolica statuendum ut nullusarma, 
equos, ferrum, lignamina, victualia et alia quecumque merci- 
inonia in Alexandriam vel alia loca Sarracenorum terre Egipti 
deferre, mittere seu de portibus eorum ut eisdem deferantur 
extrahere, seu extrahi permittere [repetition :seu de portibus eo- 
runi ut eisdem deferantur extrahere, seu extrahi permittere], 
uut eis alias auxilium vel favorem prestare quoquomodo presumat ; 
decernentes eos qui contra huiusmodi constitutionem suam 
temerario ausu venire presumerent, eo ipso excommunicationis 
sententie subiacere, aliis nichilominus penis diversis contra illos 
inflictis. Nos quoque dudum percepto quod nonnulli solo duntaxat 
iioinine christiani presumpserant in illuin errorem ausu dampna- 
bili prorumpere ac etiam presumebant, ut pertinaciter assererent 
ubillarum rerum commercio et negotiorum exercitio fore solura- 
modo abstinendum, que duntaxat in prefatis consiliis prohibentur, 
inendaciter quinimo dampnabiliterastruentescontraconstitutiones 
predictas victualia et alia quecunque mercimonia preter dicta 
in eisdeni consiliis prohibita in Alexandriam vel alia loca Sarrace- 
horum terre Egipti deferre vel mittere non esse peccatum, se et 
alios per aflirmationem erroris huiusmodi pertinacem in pecca- 
torem [sic) fecein et labem pravilatis heretice inmergendo : que per 
eosdem nichilominus Bonifacium et Clementem facta fuerunt 
3uper hiis rata et grata habentes, illa duximus auctoritate apo- 
stoliia uj)probunda et etiam innovanda,illorumerroremquiastruere 
vel allirniare pertinaciter contendcbant victuuliu et aliu quecum- 
que mercimonia preter predicta in eisdem consiliis prohibita in 



112 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

Alexandriaiii vel alia loca Sarracenorum terre Egipti deferre vel 
niittere non esse peccatum dampnantes et expressius reprobantes, 
ac decernentes eosdem tanquam hereticos puniendos ^. Et licet 
approbatio, innovatio et declaratio nostre predicte fuerint in 
diversis partibus solenniter publicate, aliqui tamen, qui eorum 
nequeunt ignorantiam allegare, labem vitare criminis huiusmodi 
non curantes, sed se ipsos in profundum malorum et dampna- 
tionis precipicium potius immergentes, asserere ac affirmare perti- 
naciter et quod est detestabilius astruere ac dogmatizare verbo 
et scriptis quod deferre vel mittere Sarracenis in Alexandriam vel 
aliam terram eorum victualia et alia quecumque mercimonii 
preter predicta in eisdem consiliis prohibita non est peccatui 
presumpserunt, sicut infesta multorum insinuatione percepimus 
dampnabiliter et presumunt in huiusmodi dampnosam heresin? 
incidendo. Nos autem animarum periculis aliisque malis innumeris 
fidei et fidelibus imminentibus ex premissis obviari salubriter et 
celeriter cupientes, discretioni vestre in virtute obedientie per 
apostolica scripta districtius precipiendo mandamus quatinus 
advcrsus eos qui premissa pertinaciter asserere, affirmare, seu 
astruere, vel dogmatizare post publicationem dictarum appro- 
bationis, innovationis, et declarationis presumpserunt, vel presu- 
ment in posterum, procedere, prout vobis ex iniuncto Inquisitionis 
officio competit, iuxta formam canonum taliter exacta diligentia 
studeatis quod preter mercedis eterne premium valeatis nostram 
et apostolice Sedis gratiam uberius promereri; nos reddituri nichilo- 
minus de processibus quos inde feceri[ti]s certiores, — Datum 
Avinioni, kalendis iulii, anno decimo. 

1. Conc. de Latran. DecreL, lib. V, tit. vi, cap. 6, 11, 12, 17. 

2. Conc. de Lyon, 1245. Labbe-Cossart, Concil., t. xi, part. 1, col. G56. 

3. Bulle de 1291. Raynaldi, ad ann. 1291, n. xxvi. 

4. Constitution Fuit olim, 1299, in die Coenae Domini. BuUarium roman, 
ponlif., ed. Cocquelines, t. iii, part, 2, p. 92-93. 

5. Extramg. com., lib, V, tit. ii. 

6. Bullc du 5 septembre 1324. Raynaldi, ad auu. 1324, n. xliv. 



I 



JEAN XXII 113 



— 67 — 



Jean XXII donne commission au cardinal Berlrand de Mon- 
fa^'es, d Vefjet de terminer le proces de Bertrand d* Andiran, chanoine 
(le Saint-Caprais d* Agen^ accuse de s*etre livre aux pratiques de 
lamagieydeValchimieetd autres superstitions. — Avignon, 23 aout 
1326. 

Reg. Vat.y t, cxiii, n. 1096. 

Dilecto filio Bertrando, sancte Marie in Aquiro diacono cardi- 
nali ^. — Dudum ad venerabilis fratris Amaneri *, episcopi Agen- 
ncnsis, notitiam fama publica deferente perducto quod Bertran- 
dus de Andirano ', canonicus ecclesie sancti Caprasii Agennensis, 
ct quidam sui familiares et complices eo prescnte, sciente et per- 
niittente fierique faciente, ac postmodum ratum habente, nedum 
in domo quam idem Bertrandusincivitate Agennensiinhabitabat, 
sed aliis locis pluribus et diversis dampnatis scientiis et artibus 
non absque transgressione fidei catholice iuris(|ue canonici et 
civilis usus seu abusus fuerat in sue perniciem anime diutius 
et frequenter contra bonos mores, et in detrimentum plurium 
utebatur, quodque ipse ad usum, seu abusum scientiarum seu 
artium prohibitarum huiusmodi, diversos libros, scripturas ac 
vasa vitrea, terrea et lignea et alia instrumenta diversa cum qui- 
bus varios pulveres et liquores tam fetidos, quam alios, et alia 
quamplura dampnata et illicita composuerat ac etiam componebat. 

Et insuper quod idem Bertrandus, dictis utendo seu abutendo 
scientiis et artibus, demum temptare demones et malignos spiritus 
invocare, coniuria et alia illicita et dampnata ad illum finem com- 
mittere satagebat quod exinde tremenda tonitrua, coruscationes, 
fulgura, tempestates, grandines, demoniorum percussiones, inva- 
siones ac mortes hominum et alia dampna innumera sequerentur *. 
Item quod eodem Bertrando mandante ac fieri faciente, Petrus 
de Auriaco ^, laicus, et Johannes de Ponte, clericus de Limosio ®, 
familiares dicti Bertrandi, de furchis patibularibus civitatis pre- 
dicte duo capita et unum brachium hominum suspensorum in 
furchis eisdem de nocte ceperant et apportaverant ad civitatem 
eamdem; qui capti cum eisdem capitibus et brachio extiterunt 
per custodes seu vigiles civitatis eiusdem, eodem Petro ex sua con- 
fessione flammarum incendiis iusto iudicio tradito et prefato 
Johanne in carceribus memorati episcopi mancipato. Et preterea 

BULLAIRE - 8 



114 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANQAISE 

quod dictus Bertrandus in domo sua receptaverat multociens, 
ac etiam receptabat plures personas que dictis scientiis et arti- 
bus utebantur conversando publice cum eisdem; quodque de 
predictis omnibus erat et fuerat prefatus Bertrandus apud civita- 
tem eamdem multipliciter diffamatus. Prefatus episcopus nolens 
premissa sic enormia incorrecta conniventibus oculis pertransire 
contra dictumBertrandumpropter hoc suis carceribus mancipatum 
incepit inquirere diligenter. Et tandem propter criminum enor- 
mitatem huiusmodi et ut exhiberetur plenius super hiis iusticie 
complementum, ipsum Bertrandum ad Sedem apostolicam sub 
fida custodia transmittere procuravit. Nos autem super predictis 
et ea tangentibus volentes plenius informari tibi ac bone memorie 
Petro, tituli sancti Stephani in Celiomonte ^, presbitero cardinali, 
ut veritatem solerter inquirere nobisque reflerre quod repereritis in 
hac parte fideliter curaretis commisimus viva voce. Cuius quidem 
commissionis auctoritate ad actus non nullos dum adhuc dictus 
Petrus cardinalis vitam in humanis ageret in predicto negotio 
procedere curavistis. Et subsequenter eodem cardinali sicut Do-, 
mino placuit vita functo, tu de mandato nostro vive vocis oraculo 
tibi facto, super premissis ad actus alios, prout eiusdem exigebat 
qualitas negocii, processisti. Volentes itaque negocium huiusmodi 
exigente iusticia fine debito terminari, ac de tue circumspectionis 
exquisite providentia plenam in Domino fiduciam obtinentcs, 
discretioni tue per apostolica scripta committimus et mandamus 
quatinus resumptis omnibus processibus tam per te ac eundem 
cardinalem simul, quam per te solum et quosvis alios super pre- 
dictis habitis eisque completis et perfectis, si perfecti forsitan non 
fuerint et completi, habendo pre oculis solum Deum, prefatum 
Bertrandum, qui propter predicta nostris detinetur mancipatus 
carceribus, absolvendo vel condempnando, prout de iure fuerit 
et secundum Deum tibi videbitur, studeas dictum negocium fina- 
liter terminare ^. — Datum Avinioni, x kalendas septembris, 
anno decimo. 

1. Bertrand de Montfaves, chanoine de Chalons, de Cahors et de Lyon, promu 
au cardinalat le 18 decembre 1316; mourut le 1" decembre 1342. Ciacconius, 
col. 411-412; Baluze, Vitae, col. 728-731; Eubel, Hier., t. j, p. 14; Albe, Autour 
de Jean XXII. Le cardinal de Montfaves, Cahors, 1904. 

2. Amanieu de Farges, promu a Agen en 1314; mort en 1357. Gallia chr.. t ii, 
col. 924; Eubel, Hier., t. i, p. 76. 

3. Andiran (Lot-et-Garonne), arrond. et cant. de Nerac. 



JEAN xxn 115 

4. Cetaient \k dcs griefs dirigcs assez souvciit contre ceux qui avaient 
uiie reputation de magiciens (voir un exemple dans Lamothe-Langon, 
Hisloirede Vlnquisiiion en France, t. iii, p. 233 sq., cit^ par Hansen, Quellen und 
Vntersuchungenutr Geschichtede^ Hexenwahns undder Hexenver/olgunq in Mil- 
telalter, p. 450-453). En ccrtains lieux, au lieu de punir ces hommes, on 
prenait le parti de se les attacher, moyennant retribution. Moissac, par excm- 
ple, avait son tempestarius, charge de faire la pluie et le beau temps dans la region 
ou, au moins, de conjurer Torage : vira la malino, comme on dit dans le patois 
local. Lagreze-Fossat, l^tudes historiques sur Moissac, t. ii, p. 297. 

5. Auriac (Lot-et-Garonne), cant. do Dura?. arrond. de Marmande. 

6. Limoux ? (Aude). 

7. Pierre Tissier, de Saint-Antonin, vice-chancelier de rflglise romainc; cre^ 
cardinal, le 19 decembre 1320; mort en juin 1325. Baluze, op. cit., t. i, col. 749; 
Ciacconius, t. ii, col. 416-417; Eubel, Ilier., p. 15. 

8. Autres documents sur la sorccllcric et les pratiqucs supcrstitieuses, n. 24, 
;0 bis, 50, 72, 77, 103 (note 3); cf. Litroduction, p. xlviii sq. 



-68 — 

Jean XXII declare le dominicain Guillem Garric, de Carcassonne 
apte d exercer les jonctions dii ministere sacre et d accomplir, dans 
son ordre, les actes requis d^un hon religieux, bien que la memoire, 
de son grand-pere et de sa grand* mere ait ete execree pour cause d*he- 
resie. — Avignon, 25 aoAt 132G. 

Reg. Avfn., t. xxv, fol. 441, n. 2480. 

Dilecto filio Guillelmo Garrici ^ de Carcassona, fratrum predi- 
catorum ordinis professori, salutem, etc. — Solet plerumque... 
Ex tenore siquidem pro parte tua nobis exhibite petitionis acce- 
pimus quod avus et avia tui paterni multis annispost obitum 
eorum elapsis fuerunt de heresi condempnati. Quare pro parte 
tua nobis extitit humiliter supplicatum ut tibi ac statui tuo in 
hac parte benigne consulere et de oportuno providere remedio 
misericorditer dignaremur. Nos igitur... tecum... ut legendi ac 
predicandi et confessiones audiendi ofFiciis... uti, necnon et ad 
electiones quascumque... admitli omnesque actus legittimos sicut 
alii fralres ipsius ordinis habiles et ydonei exequi et exercere 
[eic.] valeas... dispensamus ^. — Datum Avinioni, viii kalendas 
septembris, anno decimo. 



116 BULLAIRE DE L*INQUISITION FRANgAlSE 

1. II etait peut-Stre apparente a Guillem Garric, professeur de droit, de 
Carcassonne, heretique fervent qui participa a plusieurs complots contre Tln- 
quisition et fut deux fois condamne par elle (1300; 1321). Voir Douais, Guillaume 
Garric de Carcassonne, professeur de droit, et le trihunal d' Inquisition {1285- 
1329), p. 6-10, extrait des Annales du Midi, 1898. 

2. Le statut Cupientes de saint Louis (1228; Ordonnances des rois de France, 
Paris, 1723, t. i, p. 50-53) excluait des charges publiques les heritiers des con- 
damnes ad murum. Alexandre IV decida que ni les heretiques, ni leurs fils, ni 
leurs petits-fils ne pourraient etre pourvus d'un benefice ou office ecclesiastique. 
Sext., lib. V, tit. De haereticis, cap. 2; Potthast, n. 18115. 

Boniface Vtll declara que, dans la ligne maternelle, Texclusion s'arretait a 
la premiere generation. Les petitsfils d'une femme heretique n'etaient donc 
pas atteints par elle. Sext., lib. V, tit. De haeret., cap. 15; voir Introducticn, 

p. LXVII. 



— 69 — 



En reponse d une question d lui posee par Vinquisiteur de To 
louse au sujet d^un pretre accuse d^heresie par des temoins en 
partie suspects, le pape conseille la reunion d' une assemblee consul- 
tative. — Sans date. [Avignon, 1325-1326.] 

Reg. Vat., t. cxiii, n. 2211. 

Inquisitori heretice pravitatis in provincia Tholosana auctori- 
tate apostolica deputato ^. — Super consultatione quampertuas 
litteras de tribus monachis et uno clerico seculari quendam pres- 
biterum ^ de crimine heresis accusantibus et testes nominantibus, 
quorum aliqui sunt de falsitate convicti, ac aliis contentis in eisdem 
litteris facere curavisti, breviter respondemus : quod cum facti 
noticiam plenius habeas, et in loco ubi copia peritorum reperitur 
existas, volumus et expediens reputamus quod peritorum ipsorum 
adhibito consilio ^, et debita maturitate servata quod iuris et 
equitatis fuerit super premissis omnibus exequaris. 

1. Pierre Brun; voir n. 59, note 1. 

2. Sur ce pretre, voir n. 63. 

3. Sur les consultations inquisitoriales, voir Douais, La /or/nuZe Communicalo 
bonorum virorum consilio des senlences inquisitoriales, dans Moyen dge, 1898, 
p. 157- 192. 



i 



JEAN XXII 117 



— 70 — 

Jean XXII ordonne a Ve^>eque d*Elne ^ de faire une enquete sur 
les erreurs professees par le franciscain Guillaume Negre^ de Ville- 
franche *, au sujet de la pauvrete absolue du Christ et des apdtres '. 

— Avignon, 10 octobre 1326. 

Iteg. Vat., t. Lxxxii, lol. 1, n. 3, de Curia; Reg. Ai>en.,t. xxvi, 
fol. 1, n. 3, de Cur.\ Eubel, BulL, n. 633 (m cx/.). 

Ven. fratri.. episcopo Elnen. — Apostolice servitutis studium... 

— Datum Avinioni, vi idus octobris, anno undecimo. 

1. Berenger Batlle, chanoine, puis, le 3 scptembre 1320, ^vSque d'Elne (/?c- 
gesta Vat., X. lxx, n. 1490; Mollat, op. cit., 11991) ; transfere a Majorque, le 27 
juillet 1332; ily meurt le l"novembre 1349. Gall. christ., t. \i, col. 1056; Eubel, 
Ilier., t. I, p. 248^ 337. Le 24 avril 1330, il re^ut du pape Jean XXII Tordre de 
poursuivre, de concert avec rinquisiteur; les h^r^tiques de son diocdse (n. 96). 

2. Villefranche-de-Conflent (Pyrenees-Orientales), arrond. et cant. de Prades. 

3. Sur la ditcussion touchant la pauvrete evangelique, voir rintroduction, 
p. Li sq.. 



- 71 — 



Le pape confirme V inquisiteur Guillem Astre ^ dans sa charge; 
nonohstant les decisions du ministre general et des chapitres pro- 
vinciaux de Vordre des freres mineurs, d^apres lesquelles nul membre 
de cet ordre ne peut exercer la charge d^ inquisiteur au deld de cinq 
annees; nonobstant le droit concede par le Saint-Sidge aux provin- 
ciaux du meme ordre d'instituer et de revoquer les religieux choisis 
par eux *. Le pape loue le zele de Guillem Astre. — Avignon, 27 oc- 
tobre 1326. 

Reg. Aven., t. xxix, fol. 300; Reg. Va/., t. lxxxvi, n. 1686; 
Wadding, Annales, ad ann. 1327, n. v; Eubel, DulL, n. 684 (m ex/.). 

Dilecto filio Guillelmo Astre, ordinis fratrum minorum, inqui- 
sitori heretice pravilatis in Venaysino, necnon Provincie et For- 



118 BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANCAISE 

calquerii comitatibus, et civitate Avenionen. omnibusque terris 
et locis infra Arelaten., Aquen., Ebredunen. et Viennen. provin- 
ciarum terminos constitutis auctoritate apostolica deputato. — 
— In Inquisitionis officio... — Datum Avinioni, vi kalendas 
novembris, anno undecimo. 



1. Voir n. 49, note 3. 

2. Voir n. 61, note 2. Cf. Introduction, p. xxxii sq. 



— 72 — 

Jean XXII confie aux trois cardinaux Guillaume Goudin, Pierre 
d' Arrahlay et Bertrand de Montfa^es le proces de plusieurs clercs 
et laics des dioceses de Toulouse et de Cahors, en particulier 
celui du prieur de Saint-Sulpice [Tarn), accuses d'a<^oir jabrique 
des images de cire et de pierre destinees a Ven^outement, d Vinvoca- 
tion des demons et d d^autres pratiques condamnables. — Avignon, 
14 novembre 1326. 

Reg. Vaf., t. cxiv, fol. 72, n. 459. | 

Venerabili fratri Guillermo, episcopo Sabinen. ^, et dileclis filiis 
Petro, titulisancte Susanne^, presbitero acBertrando, sancte Marie 
in Aquiro^, diacono cardinalibus. — Ad nostram dudum audientiam 
multorum relatio non contempnenda perduxit quod nonnulli pcr- 
ditionis filii ct iniquitatis alumpni detestande factionis nefariis 
operationibus dampnabiliter intendcntes, quasdam sub figura 
seu typario regio confiatiles ymagines plumbeas, vcl eliam lapi- 
deas fabricarunt seu fabricari fecerunt, ut magicis artibus hor- 
renda maleficia, incantationes et invocationes demonum aliaque 
nefanda et prohibita opera exercerent. Sane quia occasione nefandi 
sceleris huiusmodi, per curiam venerabilis fratris nostri*.. archi- 
episcopi Tholosani, Petrus Raymundi Esparverii et Petrus Engll- 
berti, Tholosan., ac Johanncs Ferrerii, Caturcen. diocesum clerici, 
etnounulli alii capti et ipsius archiepiscopi carceri mancipatiall- 
quali processu ibidem habito contra eos ^ ct subsequeuter per 



JEAN XXII 119 

officiales regios Tholosan. ducti Parisius cxtiterunt; acdemum 
prefati clerici per carissimum in Christo filium nostrum Carolum, 
regem Francie et Navarre illustrem, ad nos transmissi fuerunt. Et 
nichilominus Geraldus Barasci, prior prioratus sancti Sulpitii, 
ordinissancti Benedicti, Tholosane diocesis,super premissis delatus, 
contra quem in romana Curia processus aliqui sunt occasione 
huiusmodi habiti nostris detinetur carceribus mancipatus. Nos 
volentes de tam excessu detestabili scire plenius veritatem, vo- 
bis de quorum probata fide et experientia fiduciam in Domino 
gerimus specialem, committimus per presentes quatinus vos duo 
aut unus vestrum, resumptis in eo statu quo sunt processibus in 
eadem romana Curia premissorum occasione habitis, super statu 
et conditione dictorum clericorum, ac de predictis omnibus et 
singulis, tam contra ipsos et priorem prefatum quam quoscumque 
alios cuiuscumque gradus, dignitatis, status, ordinis vel condi- 
tionis existant summarie, simpliciter et de plano ac sine strepitu 
iudicii et figura, non obstantibus quibuscumque processibus 
super predictis extra curiam habilis inquiratis cum diligentia ple- 
nius veritatem; nobis que circa premissa feceritis referre fideliter 
procurantes ut super eis ulterius procedere, sicut tanti criminis 
piaculum exigit ac honori Dei et iusticie convenire videbimus, 
valeamus *. Volumus autem vobisque vestrum cuilibet presentium 
tenore concedimus ut tam in prefata Curia quam extra citare 
possitis etiam personaliter eos de quibus pro premissis vobis 
videbitur expedire. — Datum Avinioni, xviii kalendas decem- 
bris. 

1. Guillaumc Goudin, de Bayonne, doniinicain, lecteur en theologie a la cour 
pontificale, en 1306; fait cardinal du titre de Saintc-Cccile, le 23 decembre 1312; 
puis evcque de Sabine, Ic 12 scptcmbre 1317; mcurt le 4 juin 1336. Daluze, 
Vitae, col. 671; Ciacconius, t. ii, col. 384-385; Denifle, Arch. fur Litteralur, t. ii, 
p. 212, n. 53; Eubel, Ilier., t. i, p. 14; Anni-e dominiraine, Lyon, 1893, juin, 
p. 87-92; voir un acte de lui, n. 30 his et 103. 

2. Picrre d'Arablay, chancelier du roi de France, le 22 juillet 1316; cree 
cardinal du titrc dc Sainte-Suzanne, le 18 decembre 1316; promu & revochd 
de Porto, cn 1328; meurt en 1329. Baluze, Vitae, col. 731, 796; Ciacconius, t. ii, 
col. 411; Eubel, Ilier., t. i, p. 14. 

3. Bertrand de Montfavdg : voir n. 67, noto 1. 

4. Jean Rayniond deComminges; voir n. 22, note 1. 

5. Voici, d'apres un rj</imi/s de rofficial dc Toulouse, le texte desaveux faits 
en 1323, par Pierrc Rayinond E^parvirr et Picrrc Engilb(^rt,dcvant lo procurcup 
de rarchevgque. Archiv. Valic, /nsfr. miscell^ 132:5, 27 juin. Original, avec 



120 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

double queue de parch. sans sceau; Hansen, ()Me//cn wni Untersuchungen zur 
Geschichte des Hexenwahns, p. 447, n. 4. 

« Noverint universi quod nos officialis Tholosanus vidimus, legimus, tenuimus 
et inspeximus diligenter quasdam confessiones factas per Petrum Raymundi 
Sparverii et Petrum Engilberti, clericos, una cum quibusdam superscriptione et 
subscriptione earumdem contenlas in quodam libro curie criminum domini 
iiostri domini archiepiscopi Tolosani* copcrto pelle vituli, scriptas manu magistri 
Stephani Brossardi notarii dicte rurie criminum; quas quidem confessione?, 
superscriptionem et subscriptionem earundcm per Petrum Cellararii publicum 
Tholose notarium abstrahi de dicto libro fecimus et in formam publicam redigi; 
quarum quidem confessionum, superscriptionis et subscriptionis earundem tenor 
sequitur sub hiis verbis : 

« Confessiones facte per Petrum Raymundi Sparverii et Petrum Engilberti 
clericos, in curia archiepiscopcli Tholose. 

« Anno Domini MoCCC°XXIIP, die lune postfestum Nativitatis beati Johau- 
nis Baptiste, Petrus Raymundi Sparvcrii^ clericus, iuratus et interrogatus supcr 
facto ymaginum repertarum per curiam secularem in domo in qua inhabitat 
Tholose, dixit et confessus fuit quod hoc anno quadam die de qua dixit se non 
recordari, ex quo venit de curia romana dominus prior sancti Supplicii**, qui 
in domo ipsius deponentis morabatur^ in camera superiori secrete cum Pelro 
Engilberti_, magistro Petro Fabri et quondam scutifero suo quodam vocato Ber- 
trando loquebatur. Et cum per pausam ita secrete loquuti fuissent, finitis 
ipsis verbis seu consilio inter ipsos, et descendissent inferius, ipse deponens 
interrogavit ipsum dominum priorem cuiusmodi consilium sic secrete inter 
se habuerant. Qui dominus prior respondit et dixit : Nichil ad te_, quia tu es 
ita loquax quod nichil potes secrete tenere. Tamen si tu velles csse fidelis et 
tenere sccrete cgo bene dicerem tibi. Et tunc ipse deponens, promisso quod 
nemini revelaret, ymmo secrete teneret quicquid sibi diceret, dictus dominus 
prior dixit sibi ostendendo quandam peciam pargameni in qua erat depicta que- 
dam ymago ad effigiem hominis : Ego loquebar Petro Engilberti quod perqui- 
reret michi unum hominem qui secrete talliaret michi unum molle ad simili- 
tudinem istius ymaginis in lapide; et ymago de plumbo quam in ipso molle 
faciemus loqueretur, ut dicit Petrus Fabri, semel in mense dicendo veritatem de 
hiis que petentur ab ea : ita quod dicet nobis veritatem alquimie in qua tantum 
laboravimus. Item et dicet etiam nobis veritatem, si filie vicecomitis Bruni- 
quelli *** fuerunt potionate (Hansen : patronafe !) ; nam dictus vicecomes credit 
quod fuerunt potionate et rogavit me instanter quod modis omnibus scirem sibi 
veritatem. Item dixit quod dictus Petrus Engilberti fecit fieri dictum molle 
Petro Calhavelli; in quo molle fuerunt facte tres ymagines tantum deplumbo 
pro assagio; quas ymagines ipse dominus prior posuit in archa, cuius clavem 
sibi tradiderat mater ipsius deponentis, ut dixit. 

« Petrus Engilberti, clericus Tholose, iuratus et interrogatus super predictis 
dicere veritatem, dixit in cfTectu idem quod dictus Petrus Raymundi; et quod 
ipse loquens fecit fieri dictum molle ad prcces dicti domini prioris dicto Petro 
Calhavelli; et quod dictus Petrus Fabri dixit, ipso dcponente audiente et ipso 
domino priore, quod ipse habebat artem cum qua loqui faceret ymagines in ipso 
molle factas, dum tamen fierent sub debita constellatione; et quod ymagin.cs 
ipse dicerent et revelarent eis thesaurum absconditum in partibus istis. Dixif 



JEAN XXII 121 

etiam quod in ipso molle f uerunt per ipsum dominum priorem ipso prescnte 
et dicto Petro Fabri facte tres ymagines de plumbo pro assagio; non tamen 
cum ipsis aliquid operati fuerunt^ quia nullum viguorem habebant pro eo quod 
non erant factc sub constcllationc debita. Dixit etiam quod aupra dictam yma» 
ginem erat sculpta effigies scorpionis et a parto retro erant sculpte littere que 
non liene legi poterant; verumptamcn videtur sibi. ut dixit, quod esset ibi 
scriptum : « Rex Salamonis. « 

« Predicte confessioncs facte fuerunt in presentia magistri Raymundi Johan- 
nis de Molinis, procuratoris domini nostri archiepiscopi Tholosani, qui dictos 
clericos super predictis audivit et examinavit; et domini Pontii Malafossa, 
thesaurarii dicti domini nostri archicpiscopi; et Bernardi Deyde, carcerarii 
(Hansen : cartararii !) et mei Stcphani Brossardi, clerici, notarii curie criminum 
archiepiscopalis Tholose, qui ctiam omnibus et singulis per dictos clericos 
dictis^ depositis et confessatis presens interfui, una cum procuratore, thesau- 
rario, ct carcerario predictis, vidclicetdum predicta clerici predicti deponebant 
et confitebantur; et eorum confessiones in libro dictft curie scripsi et registravi. 

« Que quidem omnia et singula superius scripta^ cgo Pctrus Cellararii. notariut 
Tholose prcdictus de mandato et ad rcquisitionem prefati domini ofTicialis de 
libro dicte curie, fideliter et de verbo ad verbum, prout in dicto libro contine- 
bantur abstraxi et in hanc formam publicam redegi, die tercia mensis marcii 
regnante domino Karolo Franchorum et Navarre regCj et domino Johannc archi- 
episcopo Tholosano. Anno ab incarnatione Domini millesimo CCC° XXVI°, in 
presentia ct testimonio domini Bartholomei de Albia, rcctoris ecclcsie Bcllipodii 
Garnesii****, Tholosane dyoccsis, et magistri Alberti Fabri, Tholose notarii; et 
mel Petri Cellararii, publici Tholosc notarii predicti, qui cartam istam scripsi et 
signo meo consueto signavi. [Signutn.) 

« £t nos ofllcialis Tholosanus in testimonium premissorum et ad maiorcm 
firmitatem habendam huic presenti publico instrumento sigillum autenticum 
curie archicpiscopalis Tholosane apponi fecimus et appendi. » 

*Jean Raymond de Commingcs; voir n. 22, note 1. — **Saint-SuIpice (Tarn), 
cant, ct arrond. de Lavaur. : — ***BruniqueI (Tarn-et-Garonne), cant. dc Monclar, 
arrond. de Montauban. Chef-lieu d'une vicomtc au moyen 3ge. Voir Grande 
encijclopedie. — ****Beaupuy (Tarn-et-Garonne), cant. de Beaumont, arrond. d© 
Castelsarrasin. 

6. Voir au n. 78 his un autre document se rapportant h. cette mdme aflaire. 



— 72 bis 



Jean XXII defend rigoureusementj sous peine d* excommunica- 
tion, d tous les chretiens de s^adonner au culte des demons, d la 
fabrication d'images de cire et d Vusage de tous aulres objels destines 
d enchainer le demon d merci, et d pratiquer des malefices. Ceux qui, 



122 



ULLAIRE DE l'iNQU ISITION FRANgAISE 



dumenl avertis d'apoir d s*ahstenir de ces pratiques, ne se seront pas 
soumis dans les huit jours, seront poursuivis comme heretiques. 
Meme menace contre les detenteurs de li^res de magie qui nen au- 
ront pas fait remise dans la huitaine. — Avignon, 1326 ou 1327. 

Raynaldi, Ann., ad ann. 1327, n. 45; Magn. BiilL roman., ed. 
Cocquelines, t. iii, part. 2, p. 194; Hansen, Quellen und Unfersu 
chungen zur Geschichte des liexenwahns, p. 5 n. 5. 

Super illius specula. — Datum Avinioni, etc. 



— 73 — 



Jean XXII confirme pour Jacques Fournier, e<^eque de Mire- 
poix, la concession dHndulgences d lui faite tandis quil etait 
ei^eque de Pamiers, en recompense de son zele contre Vheresie. — • 
Avignon, 12 janvier 1327. 

Reg. Vat., t. Lxxxii, ep. 633; Reg. Aven., t. xxvi, fol. 413. 

Venerabili fratri Jacobo ^, episcopo Miraspiscen., salutem. — 
Dudum te ecclesie Appamiarum regimini presidente ac per tel 
nobis exposito quod tu zelo pie devotionis accensus iuxta pasto- 
ralis officii debitum multos labores in Inquisitione pravitatis 
heretice quam in locis tunc tibi subiectis exercueras pro favore 
fidei pertuleras et sperabas in antea perferre; nos, ut predictisi 
laboribus fructus per quem eterna tibi recompensarentur premia 
non deesset, tibi, pro huiusmodi negotio laboranti, illam plenam 
tuorum peccatorum veniam duximus indulgendam que inquisi- 
toribus pravitatis eiusdem per apostolice Sedis privilegia est con-' 
cessa ^; nos igitur [nolentes] ex eo quod postmodum te a vinculo 
quo eidem Appamiarum ecclesie tenebaris auctoritate apostolica 
penitus absolventes, ad Mirapiscensem ecclesiam duximus trans- 
ferendum ^ a predicta indulgencia sentias teexclusum, qui etiam 
sicut accepimus in Inquisitionem huiusmodi devote laborare non 
cessas; nos tuis supplicationibus inclinati, tibi pro huiusmodi 
Inquisitionis negocio laboranti, eandcm indulgenciam auctori- 
tate predicta de speciali gratia duximus concedendam. Nulli ergoJ 



JEAN XXll 



123 



etc, nostre concessionis infrangere, elc. — Datum Avinioni, 
II idus ianuarii, anno undecimo. 



1. Jacques Fournier : voir, n. 24, nole 1. 

2. Voir n. 64. 

3. Fouruier avait ete transfore a Mircpoix, lc 3 mars 1326. 



— 74 - 



Jean XXII ordonne d Michel Lemoine ^, inquisiteur de Pros^ence^ 
de remettre aux mains de Jean Duprat *, inquisiteur de CarcassonnCf 
Pierre Trencavel ', du diocese de Beziers^ condamne pour heresie, 
et Andree, sa fille^ suspecte du meme crime^ tous deux evades de la 
prison inquisitoriale de Carcassonne, et presentement detenus dans 
celle de V Inquisition de Provence. — Avignon, 21 mars 1327. 

Reg. Vat., t. cxiv, fol. 74 vo, n. 469; Doat, t. xxxv, fol. 18; 
Eubel, BuU., n. 654 (m ext.). 

Michaeli Monachi de ordine fratrum minorum, inquisitori here- 
tice pravilatis in partibus Provincie auctoritate apostolica depu- 
tato. — Exinsinuatione dilecti filii Johannis de Prato, ordinis fra- 
trum predicatorum, inquisitoris heretice pravitatis in partibus 
Carcassonen. auctoritate apostolica deputati, nuper accepiinus 
quod Petrus Trencavelli, Biterren. diocesis, de crimine hercsis 
olim Carcassone in sermone publico condempnatus ctmurocar- 
cerali (juem fregisse temerariis ausibus j)ostmodum ct indeaufu- 
gisse dicitur, deputatus, necnon et Andrca, eiusdem Petri filia, 
dc criininc huiusmodi vchementcr suspecta ct ctiam fugiliva, 
tuis niancipati carccril)us detinenlur. Cum autcin negotio fidei ex- 
pediat (juod prefati Petrus et Andrea, ut de aliis per ipsos, ut 
fertur, infcctis ipsorumque faiitoribus in eis partibus possit 
habcri certitudo plenior, inquisitori restituantur predicto, nos qui 
negotium huiusmodi ubique cupimus cooperante Domino pro- 
sperari prcfati in((uisitoris in hac parte supplicationibus inclinati, 
discretioni tuc per apustolica scripta mandanius quatinus eidem 
inquisitori, vel eius certo nuntio predictos Petrum Trencavelli 
et Andreom filiam eius rcstitucrc cessante difficultatis obstaculo 



124 BULLAIRE DE L*I NQUISITION FRANCAISE 

non postponas. — Datum Avinioni, xii kalendas aprilis, anno 
undecimo. 

1. Voir n. 15, note 2. 

2. Jean Duprat, normand, d'£vreux ou de Rouen, etudiait, enlSOl^ la theo- 
'ogie dans le couvent des dominicains de Condom. Douais, Acta capit. proinnc, 
ord. praed., p. 460. En mai 1311 et 131 2^ les chapitres generaux de Naples et de 
Carcassonne le designerent pour renseignement du livre des Sentences a Paris. 
Denifle, Chartul., t. ii, p. 148, n. 690; p. 156, n. 696; Reichert, Acla capit. gener, 
ord. pracd., t. ii, p. 62. II fut fait maitre en theologie en 1318; le 13 novembre de 
cette annee, il preta le serment de garder les privileges de rUniversite de Paris. 
Denifle, op. cit., p. 227, n. 776. II assista au chapitre general de Bordeaux, eii 
juin 1324. Denifle, op. cit., p. 275, n. 830. II etait, a cette date, inquisiteur de 
Carcassonne. Quetit et fichard, Script., t. i, p. 593-594, commettent une grande 
erreur quand ils retardent sa promotion a cette charge jusqu'en 1334, Ccs 
auteurs sont, du reste, peu renseignes sur son compte. Le 11 avril 1328, Duprat 
fut promu a Teveche d'fivreux, vacant par la mort d'Adam de risle. Regesl, 
Vat., t. Lxxxvi, ep. 1437. Le chapitre general tenu cette meme annee a Toulouse 
imposa aux freres la celebration d'une messe aux intentions du nouvel elu f t 
de son successeur a rinquisition de Carcassonne. Reichert, Acta capit. gen., 
t. II, p. 184. Duprat se demit de son siege, en juin 1333. Le 30 juillet, le pape 
nomma a sa place Guilllaume des Essarts. Reg. Vat., t. civ, ep. 618. Lo 
27 septembre, il conceda a Teveque demissionnaire, pour le reste de ses jours, 
la jouissance du manoir di' Sac, detache provisoirement de la mense d'Evreux, 
et une rente annuelle de 800 livres tournois. Reg. Vat., t. cvii, ep. 154. Jean 
Duprat etait mort en octobre 1335, ainsi qu'il resulte d'un document date du 
9 de ce mois. Reg. Vat.^ t. cxix, ep. 849. Quetif et fichard le font mourir en 1338. 

J'ai dit qu'il succeda a Jean de Beaune, a rinquisition de Carcassonne (n. 21, 
note 2). En aout 1324, il assista a plusieurs audiences de Tlnquisition 
de Pamiers, consacrees a terminer divers proces pendants. Les 9, 10 et 11 aout, 
il reunit, avec reveque Jacques Fournier, un grand nombre de conseillers 
auxquels furent soumis les cas des heretiques qui allaient etre juges. Douais, 
La formule Communicato, p. 20-29. Les 12 et 13 aoiit, il prononga, dans deux 
« sermons » solennels tenus dans le cimetiere Saint-Jean et dans Teglise de Notre 
Dame-du-Camp, la sentence de ces accuses et la grace de nombreux penitents. 
Doat, t. xxviii, fol. 56-93. Le 24 fevrier 1325 (n. st.), par son initiative, fut 
tenu k Carcassonne, en presence des eveques de cette ville et de Pamiers, un 
autre acte de foi qu'avaient precede, le 22 et le 23, des assemblees de juriscon- 
sultes. Doat, t. xxviii, fol. 96-107; Mahul, Carlul. t. v, p. 672-674; Douais, 
La jormule, etc, p. 29-36. Le lendemain, 25 fevrier, Duprat interiogea Guillem 
d'Aire, de Quie, dont le proces etait pendant devant le tribunal de Pamiers 
Ms. Vat., lat. 4030, fol. 310-312. Le 1" mars, il delivra des lettres d'absolution 
a Jean d'Avignon, de Narbonne, et lui imposa des pelerinages. Doat, t. xxviii, 
fol. 171-174; Mahul, op. cit., t. v, p. 675. En 1325 ou 1326, il entreprit, par ordre 
du pape, avec rarcheveque d'Aix et rinquisiteur de Besancon, un proces contre 
Guyot Lefollet, de Frasne, heretique prisonnier a Avignon (cf. n. 65). Le 1®'' mars 
1327 (n. st.), de concert avec les eveques de Carcassonnc et d'AIet, Tinquisiteur 
Pierre Brun, de Toulouse, et divers commissaires episcopaux, il celebra un aulo 



JF.AN XXI» 125 

da fe dans le marche couvert de Carcassonne. Doat, t. xxviii, fol. 178 sq.; Mahul, 
op. cil., t. V, p. 676-683. Le 21 mars, Jean XXII lui annon^ait la remise, par 
Michel Lemoine, inquisiteur de Provence, de deux heretiques fugitifs, Pierre 
Trencavel et Andrce, sa fille, ainsi que des actes du proces d'un pr^tre relaps, 
Bernard Martin, dont le contenu pouvait lui 5tre utile. Tout en le felicitant de 
8on zele contre rheresie, il Texhortait a terminer par une entente amicale un 
difTerend qu'il avait avec les gens de Carcassonne. L'eveque Pierre Rodier pou- 
vait servir d'arbitre (n. 74, 75, 76). Mais une discussion de competence existait 
deja entre ce prelat et rinquisiteur, a propos de la punition de Barthelemy 
Adalbert (n. 180, note 2), notaire de Tlnquisition, coupable d'exactions. Chacun 
d'eux revendiquait pour lui-m^me le droit de juger le coupable, dont la deten- 
tion se prolongeait outre mesure. IIs finirent par 8'entendre et deleguSrent k 
rinquisiteur Pierre Brun leurs pouvoirs respectifs, le 4 mars 1328. Douais, 
Documenls, t. i, p. lxxxv-lxxxvii. En 1326 ou 1327, Jean Duprat se disposait 
a jugcr, a Montpellier, une femme convaincue d'heresie. Le pape lui ordonna 
de prononcer la sentence a Carcassonne (n. 78), sans doute, par cgard pour la 
fidelite traditionnelle des habitants de Montpellier (n. 20, 231). 

£n dchors des actes inquisitoriaux de Jean Duprat, on lui attribue un Com- 
mentaire sur lea IV livres des Sentences et plusieurs Sermons. Quetif et lichard, 
Script.,i. I, p. 593-594 ; Vidal, Le /rtft. d'//i^. de Pamiers (tir. a part), p. 88-91. 

3. Pierre Trincavel ou Trencavel, de Lieuran-Cabrieres (Herault), ctait Tun 
des chefs de la secte des beguins. II avait recueilli unesomme d'argentdestinde, 
dans sa pensee, a payer les frais d'emigration de ses freres et de lui-mdmc en 
Grece et a Jerusalem, ou, pensait-il, ils trouveraient quelque surelc. Saisi avec 
sa fille Andree, il fut juge et condamne au mur. Mais ils reussirent tous deux k 
8'evader. Hist. de Languedoc, t. ix, p. 396, 399, note 2; Lea, Hist. de Vlnquis., 
id. fr., t. III, p. 90-91; Mahul, CartuL, i. v, p. 680-681. Les registres de Doat 
contiennent les procds de plusieurs partisans de Trencavel, fitienne Gramat 
de Beziers (t. xxvii, fol. 9), Blaise Boyer, tailleur de Narbonne (fol. 84), le pretre 
Jean Roger (fol. 171), Bernard Maurin, prStre de Narbonne (t. xxxv, fol. 21-47), 
dont il est aussi question au n. 75. 



— 75 - 

Le pape ordonne a Vinquisiteur de Proi>ence, Guillaume Astre ^ de 
remetlre d Jean Duprat *, inquisiteur de Carcassonne, copie aulhen- 
tique des aveux du pretre Bernard Martin [ou Maury], de Narbonne, 
d^abord condamne aux croix pour heresie, puis relaps et li^^re au 
bras seculier d la suite d'un proces fait en cour d'Avignon ^. On 
espere que cette piece aidera d decom>rir ses fauteurs et complices. — 
Avignon, 21 mars 1327. 

Reg. Vat., t. cxiv, iol. 75, n. 470; Doat, t. xxxv, fol. 46; 
Eubel, Bull., n. 655 (tn ext.). 



126 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 



Guillelmo Astre, ordinis fratrum minorum, inquisitori hereticc 
pravitatis in partibus Provincie, auctoritate apostolica dcputato. 
— Dilecti filii Johannis de Prato, ordinis fratrum predicatorum, 
inquisitoris heretice pravitatis in partibus Carcassone auctori- 
tate apostolica deputati, supplicationibus inclinati, discretioni 
tue per apostolica scripta mandamus quatinus transsumptum 
confessionis coram te facte per quondam Bernardum Martini, 
presbiterum Narbonen., olim sicut accepimus in eisdem partibus 
supercrimine heresis convictum et ad cruces deferendas publice 
condempnatum, ac postea relapsum et etiam fugitivum, qui per te 
nuper apud Sedem apostolicam de mandato nostro super hiis 
procedente relictus extitit, exigente iustitia, curie seculari, eidem 
inquisitori vel eius certo nuncio sub manu publica, ut perillam 
informari de fautoribus et complicibus dicti heretici plenius 
valeat, cessante difTicultatis obstaculo studeas assignare. — Da- 
tum ut supra [xii kalendas aprilis, anno undecimo]. 



1. N. 49, note 3. 

2. N. 74, note 2. 

3. Dans le t. xxxv, de Doat, fol. 21-47, on trouve une copie de ce proces. On 
y voit que Maury etait un fraticelle disciple de Pierre Trencavel (n.74), et qu'il 
se reclamait de Pierre de Jean d'01ive comme de son docteur prefere. Le proces 
occupa rinquisiteur durant deux mois; et Taccuse, obstine, fut livre au bras 
seculier. v 



— 76 



Le pape notifie d Jean Duprat, inquisiteur de Carcassonne, les 
mesures prises dans les deux bulles qui precedent. II lui recommande 
d'user de prudence afin d^arrii^er d un accommodement a^ec les 
bourgeois de Carcassonne ; Vei^eque de cette ville de<^rait etre, en tout 
cas, consulte. — Avignon, 21 mars 1327. 

Reg. VaL, t. cxiv, n. 649, fol. xiv. 

Dilecto filio Johanni Petro de Prato ^, ordinis fratrum predi- 
catorum, inquisitori heretice pravitatis in partibus Carcassonen. 
auctoritate apostolica deputato. — Litteras tuas benigne rece- 
pimus et que continebantur in eis sano collegimus intellectu 



JEAN XXII 127 

operosam dilinjentiam qiiam adhibere non cessas super negotio 
fidei purimum in Domino commendantes. Et ecce quod dilectis 
filiis Michaeli Monachi *, et Guillelmo Astre *, de ordine fratrum 
minorum, inquisitoribus heretice pravitatis in partibus Provincie 
auctoritate apostolica deputatis, super restituendo Petrum Trencu- 
nelli {sic) * dampnatum et Andream eius filiam suspectam de he- 
resi et confessionem Bernardi Martini dudum relapsiet curiesecu- 
lariapud Avinionem relicti tibi vel tuo certo nuncio iuxta tue pe- 
titionis instantiam assignanda litteras dirigimus oportunas. Cete- 
rum super compositione facienda cum Carcassonensibus ^ de qua 
tue predicte faciebant littere mentionem te sic prudenter et con- 
sulte procedere volumus quod nulla possit exinde suspicio pro- 
babiliter exoriri; circa quod expediens crederemus quod venerabilis 
frater noster *.. episcopus Carcassonen. super tractatu composi- 
tionis huiusmodi vocaretur. — Datum Avinioni, xii kalendas 
aprilis<, anno undecimo. 

1. N. 74, note 2. 

2. N. 15, note 2. 

3. N. 49, note 3. 

4. N. 74, notc 3. 

5. Je n'ai pu savoir quel ^tait Tobjet de cette entente. 

6. Pierre Rodier, limousiR, chancelier de France, sous le roi Charles IV promu 
a Carcassonne, le 19 novembre 1323; mort en janvier 1330. Call. christ., t. vi, 
col. 896; Mahul, Cartul., t. v, p. 445-446; Eubel, Flier., t. i, p. 172. II presida avec 
rinquisiteur Jean Duprat les assemblees consultatives des 22 ct 23 icvrier 1325 
(n. st.), ^ Carcassonne (Douais, La formule Communicato, p. 29-36), et lo 24 
fivrier celebra avec le m6me inquisiteur un acte de foi dans celte ville. II pr^- 
sida aussicelui du 1" mars 1327 (n. st.), avec Veveque d'AIet, Jean Duprat 
et P. Brun. Doat, t. xxviii, fol. 178-186. Le 8 scptembre 1329, il re^ut le 
serment d'obcis3ance aux ordres de rinquisition prononce par le senechal et 
les ofliciers civils de la ville. Doat, t. xxvii, fol. 188-190. J'ai dit (n. 59, note 1) 
qu'i Toccasion d'un conflit de competence surgi en 1328, entre lui et 
rinquisitcur llenry de Chamay, ils avaient, d'un commun accord, remis leurs 
droits respectifs k Tinquisiteur P. Brun. Douais, Documents, p. lxxxiv-lxxxvh. 



— 77 



Le pape ordonne d Ve{>eque de Beziers de faire conduire 
sous honne garde. aupres de la CuriCf Raymond Michel, moine de 
Valmagne, au diocese de Beziers^ accuse de pratiques superstitieu- 



128 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANQAISE 

565, telles que V irn>ocation des demons. — Avignon, 29 mai 1327. 

Reg. Ai^., t. xxvri, fol. 266, n. 1764» 

Ven, fralri.. ^ episcopo Biterren., salutem. — Nuper ad aposto- 
latus nostri quorumdam relatione pervenit auditum quod qui- 
dam servientes tui Raymundum Michaelis, monachum monasterii 
Vallis Nigre ^ {sic), Cistercien. ordinis, Agathen. diocesis, pro eo 
quod dicebatur ipsum quedam experimenta demonum invoca- 
cationes continentia penes se habere, et apud eum inventa fore 
ceperunt, arrestarunt et carceribus tuis etiam manciparunt prout 
adhuc idem monachus ibidem teneri dicitur mancipatus. Nos 
igitur volentes de predictis cum eodem monacho scire veritatem, 
fraternitati tue per apostolica scripta mandamus quatinus 
eundem monachum sub fida custodia necnon informationem et 
processus si quos super predictis habuisti forsitan contra eum nobis 
mittere non postponas. — Datum Avinioni, iiii kalendas iunii, 
anno undecimo. 



1. Guillaume Fredol, abbe de Saint-Tibery au diocese d'Agde; promu a 
Beziers, le 5 mars 1313; mourut en 1349. Gall. christ., t. vi, col. 347-348; Hist. 
de Languedoc, t. ix, p. 456-457; Eubel, liier., X. i, p. 141. Certains clercs de son 
diocese Taccuserent d'avoir tente de faire mourir Jean XXII a TaiJe de prati- 
ques de sorcellerie. Benoit XII ordonna une enquete (n. 164, 168) qui, sans 
doute, conclut a son innocence. 

2. Abbaye de Valmagne, aujourd'hui dans la commune de Villeveyrac (He- 
rault), cant. de Meze, arrond. de Montpellier. 



— 78 — 

Le pape ordonne d Jean Duprat, inquisiteur de Carcassonne, de 
prononcer la sentence d^une femme heretiqued Carcassonneet non d 
Montpellier. ~ Avignon, 1326-1327. 

Reg. VaL, X. cxiv, n. 1795. 

Johanni de Prato ^, ordinis fratrum predicatorum, inquisitori 
heretice pravitatis in partibus Carcassonen. — Nuper fidedigna 
relatione percepimus quod super inquisitione contra quandam 



JEAN XXlt 129 

mulierem [ ] Bonete, ratione criminis heresis cuius[?] fore 

culpabilis dicitur per te factam, intendis [apud] Montcmpessul- 
lanum, Magalonen. diocesis, [difTinitivam] sententiam proferen- 
dom. Sane cum cer[tis causis] rationabilibus melius et expedien- 
tius [videatur quod] apud Carcassonam locum utique ad ta[le 
opus] accomodum sententia huiusmodi proferatur, [discretioni 
tue] presentium tenore mandamus [quatinus] apud Carcassonam 
et non in Montepessulano [dictam] sententiam prout et quando 
tibi ex[pedierit proferre] te disponas. — Datum Avinioni, idibus 
[ ], anno duodecimo *. 

1. Voir n. 74, note 2. 

2. La marge du registre ^tant k demi d^truite par l'humidite, nous avons, de 
notre mieux, supplee, en les placant entre des crochets, les mots efTaces ou illi- 
sibles. 



— 78 bis - 



Le pape ecrit aux troia cardinaux commissaires quHl avait char- 
ges, le 14 noi>embre 1324, (V instruire un proces de sorcellefrie (cf. 
n. 72), d'ai>oir d terminer ce proces. — Avignon, 8 novembre 1327. 

Reg. Vat., t. cxiv, part. 2, fol. 179, n. 1735; Hansen, Quellerif 
etc, p. 671. 

Venerabili fratri Guillelmo, cpiscopo Sabinen., ct dilectis filiis 
Petro lit. Sancte Susanne, presbitero, ac Bertrando S. Marie in 
Aquiro diacono cardinalibus ^ — Dudum ad nostri apostolatus 
auditum [etc.y comme au n. 72, avec de legeres variantes de forme, 
jusqu^d : videremus con^eniens valeremus']. Sane cumvosad inqui- 
rendum super predictis iuxta tenorem litterarum processeritis 
predictarum nobisque referenda fideliter duxeritis que per vos 
facta et reperta in hac parte fuerunt, nos, quiexiniuncto desuper 
apostolatus oflicio sumus omnibus tam sapientibus quam insipien- 
tibus in iustitia debitores, volentes super premissis exhiberi iu- 
stitie complementum, ac de vestre et cuiuslibet vestrum exqui- 
site lircumspectionis prudenlia plenam in Domino fiduciam 
obtinentes, vobis presentium tenore committimus et mandamus 
quatinus vos, vel duo aut unus vestrum per vos, vel aliurn, sen 

BULLAIRE - 9 



130 BULLAIRF. DE L^INQUISItlON PtlANCAlSE 

alios prefatum negotium quoad dictos clericos et priorem difTinire 
ac decidere prout iustitia exegerit studeatis. — Datum Avinioni, 
VI idus novembris, anno duodecimo. 



1. Sur ces personnages, voir n. 12, notes. 



Avignon, 17 septembre, 6 octobre, 9 novembre 1327. 

Introit. et exit., t. cxlii, fol. 60; Goller, Die Einnahmen der 
apostolischen Kammer unter Johann XXII, p. 575. 

« Anno a Nativitate Domini M^ CCCo XXVIP, dominus noster 
papa fecit nobis tradi per manus domini fratris Guillelmi Astre, 
ordinis fratrum minorum, inquisitoris heretice pravitatis et Johan- 
nis Banaldi, canonici Cavallicen., die xviio septembris : xxx milia 
flor. auri. 

({ Item, die vi* octobris, per eosdem : iii" flor. auri. Item, die 
IX novembris, per eosdem et executores [testamenti] domini 
Vitalis, bo. me. episcopi Albanen. ^ : m flor. auri. 

« Qiie summe florenorum fuerunt misse domino Bertrando, 
cardinali legato in partibus Lumbardie ^, cum aliis quantitatibus 
florenorum per nos traditorum per discretos viros dominos 
Heliam Manhani et Guillermum Truelli, quibus tradite fuerunt 
dicte summe florenorum ad portandum dicto dom. legato. » 

1. Vital du Four, ord. minorum, cardinal du titre de Saint-Martin-aux-Monts, 
le 23 ou 24 decembre 1312; eveque d'Albano, en juin 1321; mort le 16 aout 
1327. 

2. Bertrand du Poujet, cardinal du titre de Saint-Marcel, le 18 ou 19 decem- 
bre 1316; eveque d'Ostie, le 18 decembre 1327; mort le 3 fevrier 1352. 



i 



- 79 - 

Sur la demande du roi de France, le pape decide que les apostats 
et les heretiques seront desormais pri^es du droit d'asile et que meme^^ 
la force seculiere pourra les saisir dans les eglises oii ils auraie? 



JEAN XXII 131 

cherche refuge, poun^u que Veveque ou Vinquisiteur y consentent. 
— Avignon, 25 mai 1328 ^ 

Reg. Aven., t. xx*, fol. 439 yo. 

Carissimo in Christo filio Philippo regi Francorum illustri salu- 
tem. — Celsitudinis tue sincera devotio promeretur ut votis tuis 
hiis maxime que favorem fidei respicere dinoscuntur favorabi- 
liter annuamus. Hinc est quod nos tuis supplicationibus inclinati 
ut in regno tuo apostatantes a fide catholica vel heretici ad eccle- 
sias confugientes ut per unitatem {sic) earum in apostasia vel 
heresi defendantur nullam tutelam propterea ab eisdem ecclesiis 
consequantur, sed locorum episcopis, vel inquisitoribus heretice 
pravitatis illarum partium super hoc requisitis, si dictorum epi- 
scoporumvel inquisitorum seu alterius eorundem accedat assen- 
sus, de dictis ecclesiis libere abstrahi valeant etiam per brachium 
seculare serenitati tue ol) favorem eiusdemcatholice fidei aucto- 
rilate presentium indulgemus. Nulli ergo, etc, nostre concessionis 
infringere, etc. — Datum Avinioni, viii kalendas iunii, anno 
duodecimo. 



1. Voir une buUe identique adressee, le 3 juillet 1322, aux inquisiteurs de 
France, au n. 38. 



— 80 - 



Jean XXII ordonne d Michel Le Moine, inquisiteur de Provence, 
de recueillir les biens et les objets ayant appartenu d Michel de 
Cesine et d Buonagrazia de Bergame, inculpes d^heresie et fugitifs; 
ils devront interroger les personnes qui pourraient etre instruites 
de Vendroit ou ils se trowent, Quand ils les auront recueillis, ils les 
remettront aux em^oyes du pape. — Avignon, 1®' juin 1327 *. 

Reg. Vat.y t. cxiv, n. 1546, fol. clii; Eubel, BuW., n. 713 [in ext.). 

Micbaeli Monachi *, de ordine fratrum minorum, inquisitori 
heretice pravitatis in partibus Provincie auctoritate apostolica 
depulato. — Cum Michael de Cesena ^, olim ordinis fratrum mino- 



132 BULLAIRE DE L*INQUTSlTlON FRANgAlSE 

rum generalis minister, cui delato super diversis articulis fautoriam 
et defensionem hereticorum ac heresim tangentibus de quibus 
asserebatur esse culpabilis per nos sub excommunicationis, depo- 
sitionis ab ofTicio ac inhabilitationis ad quecumque dignitates et 
beneficia ecclesiastica penis et sententiis quas ipsum si mandato 
et inhibitioni nostris contraire presumeret incurrere voluimus 
ipso facto, ne de civitate Avinion. absque nostra licentia recedere 
presumeret, dudum duximus districtius inhibendum; et Bona- 
gratia * de ordine ipso, qui post inhibitionem ne de curiaromana 
recederet per nos eidem, delato etiam super nonnullis criminibus 
et excessibus, factam, ad sancta Dei Evangelia [iuravejrat se sine 
nostra licentia de [dicta civitate non] recessurum, tanquam male 
sibi [super istis impojsitis conscii, furtive ac de nocte[de civitate 
prejdicta et curia nostra recesserint fugitivi, [ac per conjsequens de 
premissis eisdem ut prefertur impositis[ ?], vehementer suspectos 
seu [convictos ?] se reddentes, et sicut accepimus [nonnuUa bona] 
ipsorum quorum aliqua nos et romanam Ecclesiam [dicun]tur 
contingere, tam penes te quam penes dilectos [filios] conventum 
fratrum dicti ordinis Massilien. ac nonnullas alias eiusdem conven- 
tus [singulares perso]nas esse dicantur, discretioni tue per apo- 
stolica scripta committimus et mandamus quatinus predictis con- 
ventu et singularibus eiusdem personis ad [tuam present]iam evo- 
catis, per teque sibi premissis expositis, [ipsis] et eorum singulis 
sub excommunicationis ac depositionis [a] quibuscumque officiis et 
inhabilitatis [ad quas]cumque dignitates et beneficia ecclesiastica 
[penis et] sententiis, quas ipsos et corum singulos effectualiter 
non parentes incurrere [volumus ipso] facto, precipias ex parte 
nostra districtius [et eisdem iniun]gas ut bona predicta, que 
ipsi, vel aliquis [ipsorum] habuerint aut sciverint, quecumque [sint 
et in] quibuscumque rebus, sive plicatis aut [displicatis?], con- 
sistant, tibi revelent integraliter et [assignent]; tuque ipsa ad 
manum nostram recipiens [tam ista quam] illa que tecum fuerint, 
venerabili fratri [nostro.. ^ Vigin]timilien. episcopo et dilecto fiHo 
Gasberto de Monte[?] Lauduno, canonico Turonen., et eorum 
cuilibet [quos] illuc propterea destinamus specialiter studeas 
[assigna]re, similes penas et sentencias eo [ipso nisi pre]missa 
compleveris incursurus. Volu[mus tamen] quod assignatis bonis 
predictis episcopo et [canonico] memoratis vel eorum alteri, cum 
ipsis [ad nostram] te conferas incunctanter presentiam, nobis 
[cum illud ?] mandabimus assignaturus una cum eisdem[bona 



JEAN XXll 133 

prejdicta et nos informaturus nichilominus super [illis] et aliis 
de quibus tecum voluerimus in[formari]. — Datum Avinioni, 
kalendis iunii, anno duodecimo. 

1. Nous donnons, de cette bulle, le iexie in exlenso,]e V. Eubel n'ayant pas^ 
selon nous, toujours interprete avec cxactitude les lacunes nombreuses que 
presente le registre, par suite de la deterioration de sa marge k cet endroit. 

2. Michel Lemoine : voir n. 15, note 2. 

3. Michel de C^sene, franciscain^ maitre en theologie, elu ministre general 
de Tordre a Naples, en 1316. Le chapitre gcneral preside par lui a Perouse, en 
1322, ct ou fut proclamee comme vraie la doctrine de Tabsolue pauvrete du 
Christ et dcs ap6tres, est lo point de depart du schismc qui desola Tordre de 
Saint-Frau^ois et, bientdt, r^glise elle-mdme. Michel en demeure particuli^re 
ment responsable. 

Le 8 juin 1327, il fut cit^ k la cour d'Avignon ou une enquSte fut faite par 
ordre du pape. Mais Tann^e sulvante, le 25 mai, en compagnie de Guillaume 
Ockam ct de Buonagrazia de Bergame, il 8'enfuit d'Avignon et sc rcfugia auprcs 
du roi de Bavi^rc. Jean XXII le frappa des censures ecclesiastiques et le deposa 
desa chargc dc gcneral, le 6 juindela mSme annee. II mourut a Munich, le 
29novcmbre 1343. Raynaldi, ad ann. 1322, n. liii-liv; 1327, n. xlvii; 1328, 
n. Lxii-Lxvii; 1329, n. xxii-lxviii; 1331, n. viii-xvii; Denine, Cluirt.y t. ii, 
p. 290; Lea, Hist. de Vlnquis., trad. fr., t. iii, p. 158-185. 

4. Buonagrazia de Bergame, procureur gcneral de l'ordre des franciscaius, 
-iiivit Michel de Cesene dans le schisme; ii mourut a Munich, le 29 juin 1347. 
U. Chevaiier, Repertoire, art. Buonagrazia. 

5. Raymond, de Tordre des frdres mineurs; evdque de Vintimille, le 26 uo- 
vembre 1320; transfere a Vence, lo 6 septcmbre 1328; a Nice, le 10 janvier 
1334; mort Tannee suivante. Gall. christ., i. iii, col. 1222, 1286; Eubei, llier., 
t. I, p. 381, 550, 560. 



— 81 — 



Le pape prie le roi de France de permeltre que les inquisiteurs 
fassent justice des fauteurs de Louis de Baviere refugies dans son 
royaume. II lui em'oie les actes du proces de Pochin Eshurre 
et Vengage d ne pas contrecarrer Vaction de V inquisiteur de Pro- 
vence. — Avignon, 30 juillet 1328. 

Heg. Vat., t. cxiv, ii. 1885, foi. cci v» K 

Eidem regi [Francie]. — [Nuper] fili carissime multi Tusci 
amici[?] et servitores hercticorum Bava[rorum qui...] 



134 BULLAIRE DE L*INQUISIT10N FRANgAISE 

in regno tuo moram trahunt [ ] ut contra fautores ipsorum in 
ge[ ] rogamus celsitudinem regiam de [ ] 

contra illosut. . Inquisitores permittat procedere et de [?] ipsis. . 
iustitiam ministrare [ ] Altissimo et Ecclesie sancte 

[sue ] multa comoda temporalia reportare. Processum autcm 
per inquisitorem Provincie ^ contra Pochinum Esbure factum 
excellentie regie mittimus, de quo dilectus filius Johannes Aufune, 
cantor Constantien., circumspectionem poterit regiam informare; 
super quo ordinet taliter providentia regia quod inquisitoris 
processus in ministranda iustitia per gentem regiam nequeat 
impediri. Datum ut supra. — [Avinioni, iii kalendas augusti, anno 
XII.] 

1. Nous n'avons pu combler les lacunes qui resultent de la deterioration du 
fol. 201. 

2. Michel Lemoine (n. 15, note 2) ou Guillaume Astre (n. 49, note 3). 



— 82 — 

Le pape accuse reception des dossiers d^un proces intente a des 
religieux, II loue le zele de Veveque de Pamiers et Vengage d conti 
nuer, — Avignon, 8 aout 1328. 



Reg, Vat., t. cxiv, n. 1893. 



i 



Dominico ^, episcopo Appamiensi. — Missos nobis processus 
per te contra religiosos illos pestiferos habitos litterasque frater- 
nitatis tue recepimus tuam in hac parte diligenciam in Domino 
commendantes, eamque attentius exhortantes quatinus ad per- 
fectionem eorum que restant de illis agenda fideliter et solerter 
procedens que inde repereris nobis quantocius mittere non post- 
ponas. — Datum Avinioni, vi idus augusti, anno XII®. 

1. Dominique Grima, de Tordre des freres precheurs; etudiant en theologie 
dans les couvents de Toulouse et de Garcassonne (1291-1292); sous-Iecteur du 
couvent de Toulouse, en 1301; licencie en theologie, a Paris; lieutenaut de Fin- 
quisiteur de Toulouse, Bernard Gui, en 1320; docteur et lecteur du Palais apos- 
tolique a Avignon (1321-1326); nonce du pape aupres du roi de France_, en 
1322 et 1323; promu a reveche de Pamiers, le 3 mars 1326; mort en 1348. Gall- 



JEAN XXII J35 

chr., t. XIII, col. 161; Perciii, Monum. com». Tolos. ord. praed., p. 75-76; 
Quetif et fichard, Script. ord. praed., t. i, p. 612-613; Annee dominicaine, nouv. 
ed., Lyon, 1883, janvier, p. 917-919; Limborch, Liber senteniiarum, p. 274; 
Dout.is, Acta capit. provinc. ord. praed., p. 351, 362, 459; Denifle, CharluL, t. ii, 
n. 834, note 1; Denifle, Archiv fur Litteratur, t. n, p. 219, n. 79; Eubel,.i/ icr., 
t. I, p. 94. Dominique Grima continua k Pamiers roeuvre de Jacques Fournier 
(n. 24, note 1). Mais il y mit moins de zele. On ne peut signaler qu*un seul acte 
de foi celebre dans cette villc durant son cpiscopat (du 17 au 22 janvierl329, 
n. st.) ct dans lequel vingt-cinq heretiques seulement furent condamnes, tandis 
que cinquante penitents juges par Jacques Fournier beneficinient de diverses 
rcinises de peincs. Doat, t. x-\vii, fol. 140-156. Cet acte de foi avait ete precede 
d'une consultation inquisitoriale (13-14 janvier) dans laquelle on avaitdiscute 
le cas de dix-huit prevenus. Douais, La formule Communicato, p. 41-45. Le 
24 octobre 1331, Jean XXII demanda a Dominique Grima de lui adresser un 
rapport sur les travaux de Tlnquisition dans son diocese depuis les debuts de 
8on episcopat (n. 116). Ce rapport trahissant evidemment la negligence du 
prelat a accomplir les devoirs de sa chargc, Ic pape le lui reprocha en des termes 
peu flatteurs, le 6 octobrc 1332, et Tengagea a remplir scrupuleusement ses 
obligations (n. 124). Vidal, Le tribunal d' Inquiaition de Pamiers, p. 81-83. 



Avignon, 14 uovembre 1328. 
IrUroit, et exit., t. c, fol. 34; GbWer, Die Einnahmen,etc.,^. 344. 

« Dic xnii inensis novembris[1328]frater Henricus de Samayo 
(sic) inquisilor heretice pravitatis Carcassonensis, assignavit Ca- 
mere per manus fratris Johannis Taurini, domini pape penitentiarii 
peccuniam per ipsum receptam a quadam persona quam non 
nominavit ex commutatione voti emissi de visitando limina S. 
Jacobi, videlicet xxx flor. auri. » 



— 83 — 



Le pape dedare que la jurldiction de Vinquisiteur de Toulouse 
doit s'etendre sur la ville de Bordeaux el ses alentours, sans preju- 
dice pour Vaction des juges ordinaires ou delegues. — Avignon, 
22 fevrier 1329. 

neg. Val., t. cxv, fol. 133, n. 599 



136 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

Petro Bruni ^, de ordine predicalorum, inquisitori heretice 
pravitatis in partibus Tholosanis auctoritate apostolica deputato. 
— Dudum tibi de cuius circumspectione plenam in Domino fidu- 
ciam gerimus inquisitionis heretice pravitatis officium in Tholo- 
sanis et aliis partibus in quibus illud tui predeccssores in eodem 
officio consueverunt hactenus gerere per nostras certi tenoris 
litteras commisimus exercendum. Sane quia nunc per aliquos 
dicitur in dubium revocari an iidem predecessores in civitate 
Burdegalen. et circumvicinis partibus soliti fuerint et tibi per 
consequens dictum ibidem competat officium exercere, nos qui 
negotium fidei ubique sublatis impedimentis quibuslibet cupimus 
prosperari, volentes periculis que circa dictum negotium ex dubiis 
huiusmodi possent contingere salubriter obviari, te posse in eis- 
dem civitate ac partibus officium exercere predictum tenore 
presentium declaramus. Per hoc tamen intentionis nostre nequa- 
quam extitit nec existit alicui alii cui forsan iure ordinario vel 
ex delegatione Sedis apostolice contra hereticos aut credentes, 
fautores vel receptatores illorum in eisdem civitate ac partibus 
ius procedendi competeret quin ipse una tecum vel per se uti 
iure suo valeat iuxta sanctiones derogare. — Datum Avinioni 
VIII kalendas marcii, anno tertiodecimo. 

1. Voir n. 59, note 1. 



— 84 — 



Le pape mande d Vinquisiteur de Carcassonne, Henri de Chamay ^, 
d' entreprendre le proces de Barthelemy Brugere ^, frere mineur, 
La supplique de Vinquisiteur contient le detail des charges qui 
pesent sur ce religieux. II a, dans ses paroles, manifeste des doutes 
sur la legitimite de Jean XXIL Deux dominicains le denoncent 
d Vinquisiteur qui procede d une enquete et conclut d sa culpahilite 
entiere. Un conflit s^elei>e entre les inquisiteurs et les superieurs de 
Barthelemy au sujet de la punition du coupable. V inquisiteur le 
cite en vain d plusieurs reprises ; Vinculpe refuse de comparaitre 
et le gardien des franciscains de Carcassonne de le lii^rer. On recourt 
d la force et on Varrete. V inquisiteur Vinterroge et lui arrache des 



JEAN XXII 137 

a^^eux (Tou il resulte qu^il partage quelques-unes des idees des fra- 
ticelles. Henri de Chamay recourt au pape pour savoir quelle con- 
duite il doit tenir d Vendroit du coupable et de ses superieurs qui 
ont, il est wrai, fait leur soumission {25 fevrier 1329). — Le pape 
approuve la conduite de Vinquisiteur ct lui ordonne de proceder. 
— Avignon, 5 avril 1329. 

Reg. Val., t. cxv, fol. 147 yo, n. 706; Eubel, BulL, n. 785 
(m ext.). 

Henrico de Chamayo, ordinis fratrum predicatorum, inquisi- 
tori heretice pravitatis in partibus Carcassone auctoritate apo- 
stolica deputato, — Nuper tuaslitteras... — Datum nonis aprilis, 
anno tertiodecimo. 



1, llonri (le (^hamay succeda, dans la charge d^inquisiteur dc Carcassonnc 
a Jean Duprat, promu k rev^chc d*fivreux, Ic 11 avril 1328. II cUiit cntre cn 
fonctions lorsque, le 24 novembre 1328, Pierre Hrun rendit la sentence de Bar- 
thelemy Adalbert, notaire de rinquisition. Douais, Docum., p. lxxxvii. II de- 
ploya contre Theresie une grande i.ctivite. Voir dans Douais, op. cit., p. cxi-cxii, 
cxxiv, cxxv^ cxxvii-cxxviii, la mention dts principaux actes de la procedurc 
auxquels il presida en compagnie des cveques dioccsains ou de leurs commis- 
saires. Cf. Mahul, Cartul., t. v, p. 684-689; Hisl. de Languedoc, i. ix, p. 399-401 ; 
Lca, Hist. de Vlnquisilion, t. ii, p. 14^6. Mgr Douais a publie [La formule Com- 
municato, p. 37-62) le texte de cinq consultations provoqu^es par lui, en 1328 
et 1329, a Narbonne, Pamiers, Beziers et Carcassonne. Ses actcs remplissent 
les tomes xxvii et xxviii de la coUection Doat. 

Le 25 fevrierl329, il adressa au pape la supplique touchai\t rafTaire de Barthe- 
lemy Brugere. ( Voir la note suivante.) A sa requcte, le roi Philippe VI de Valois 
conflrma, en novembre de cette m6me annee, plusieurs privileges coneedes par 
les rois de France a Plnquisition, en particulier le statut Cupientes de saint 
Louis : 1° Les maisons d'her^tiques devront 5tre detruites ; 2° Les fils et petits- 
iils d'h^retiques scront exclus des charges publiques ; 3*^ Les prisons de Tln- 
quisition seront, en temps opportun, reparees aux frais du roi et de ccux qui be- 
neficient des confiscations; 4° Tous, nobles, ofiiciers, sergents d'armes,-fonction- 
naires civils, seconderont rinquisition dans la capture, la garde et rexecution 
des coupables, des qu'ils seront requis pour cela; 5° Le roi n'empechera pas lc 
libre exercice du tribunal, Ordonnances des rois de France, t. ii, p. 40 sq. ; Paul 
Fredericq, Corpus docunient. Inquisit. her. pra^». Neerlandiae, t. ii, p. 90-92, 
n. 56. L'ordonnance de Saint-Germain-en-Laye eut pour complement la lettro 
de 1334, adrcssee aux senechaux de Nimes, de Toulouse et de Carcassonne 
pour leur recommander de respecter les privileges du tribunal. Hist. de Langue- 
doc, t. x, Preuves, col. 37-38. Le 28 octobre 1329, Henri de Chamay et Raymond 
Pelat, son lieutcnant a Montpcllier, se virent rappeler par le pape a Tobserva- 
tion du decret Mullorum touchant l'action commune de 1'eveque et de Tinqui- 



138 BULLAIRE DE L*1NQU1S1T10N FRANgAISE 

siteur dans cctte ville (n. 87-88). Six mois apres (27 avril 1330), afin d'eviter 
les complications et les retards causes par le recours a Teveque de Maguelonne, 
rinquisiteur et son commissaire furent autorises a passer outre (n. 98). Le 6 fe- 
vrier 1330, Jean XXII felicita Henri de Chamay de Tarrestation de deux here- 
tiques italiens et Tengagea a commencer leurs proces sans retard (n. 90). Henri 
fut implique, cette meme annee et les suivantes (1330-1335), dans raffaire des 
procedures intentees a des defunts (n. 106, note 3, et 140). Nous savons, par une 
bulle de Benoit XII (n. 166), qu'il fit ou continua le proces de Guillaume 
Fenasse d'Albi. L'affaire fut portee devant le pape Jean XXII, puis devant 
Benoit XII. Le fils du defunt finit par obtenir qu'elle fut confiee a un juge moins 
partial (n. 166). Uno lettre d'Aymon de Caumont, successeur d'Henri de Cha- 
may, nous fournit la date d'une sentence prononcee, par les inquisiteurs de 
Toulouse et de Carcassonne, contre rheretique Raymond Sicred, de Cavanac 
au diocese de Carcassonne : c'e8t le 27 septembre 1332. Douais, La procedure 
inqiiisitoriale, p. 39. Henri de Chamay cessa ses fonctions d'inquisiteur, a la 
fin de rannee 1336. Aymon de Caumont fut nomme a sa place, le 20 janvier 
1337 (n. 162). 

2. . Barthelemy Brugere fut denonce, en fcvrier 1329, par deux freres precheurs 
pour avoir tenu des propos suspects a Albi, le jour de la fete de saint Antoine 
(13 fevrier, fete de la translation des reliques). Parvenu, disaient-ils, a cet endroil 
du canon de la messe ou il est prescrit de prononcer le nom du pape regnant, 
il avait hesite, ce jour-la, entre Jean XXII et Tantipape Nicolas V. On rappro- 
chait ce fait d'autres paroles qui lui avaient echappe et ron doutait fort de 
sa fidelite au pape legltime. L'inquisiteur convoque d'urgence une assemblee 
de juristes pour savoir s'il y a lieu d'engager un proces. Tous sont d'avis que le 
cas (^st grave. Un notaire est expedie, porteur d'un mandat d'amener. Barthe- 
lemy et le gardien du couvent d'Albi le suivent volontiers vers Carcassonnc. 
Arrives pres de la ville, le notaire et le gardien font prier Tinquisiteur de per- 
mettre aux deux religieux de prendre logement dans le couvent dcs freres mineurs. 
Henri de Chamay condcscend, propter ordinis reverentiam. Les deux freres 
pretent serment de se presenter devant le juge, dans la soiree ou le lendemain 
matin. Mais, apres le diner, le custode, le gardien et le lecteur du couvent vont 
prier rinquisiteur de s'en remettre a eux pour la punition de leur frere. Henri de 
Chamay ne peut abdiquer ses droits; mais il assure les religieux que rhonneur 
de leur ordre sera sauf. On convient que le coupable sera livre des le lendemain 
matin : or, a rheure dite, nul ne se presente. Deux commissaires et un notaire 
vont alors sommer les freres mineurs de tenir leurs engagements. Le custode 
replique qu'il n'en a pris aucun. Une citation en bonne forme est redigee, et 
comme Barthelemy refuse toujours de se rendre, il est declare contumax, sauf 
ses explications. A la priere d'Henri de Chamay, rofficial de Carcassonne s'en- 
tremet pour venir a bout de cette obstination. II echoue. Un conseil inquisitorial 
rcuni d'urgence decide alors que, Tevasion du coupable etant a craindre, il y a 
lieu de proceder a son arrestation de force et sans tarder. Un notaire et six per- 
sonnes du « conseil secret » se presentent donc a la porte du couvent des fran- 
ciscains et font une derniere sommation. Le custode et le gardien se declarent 
exempts. Ordre leur est intime d'exhiber leur privilege. Nouveau refus. Enfin 
sur la menace de rintervention de la force publique, les superieurs livrent le 
coupable. Un interrogatoire sommaire auquel il le soumet suffit a Tinquisiteur 



JEAN XXII 139 

poiir se convaincre de la vcritc des denonciations. II obtient en outre de precieuses 
revclations sur les sentiments de rancune et de haine voues a Jean XXII par 
certains freres mineurs d'AIbi, qui ne pardonnent pas au pape d'avoir condamne 
les fraticelles et Michel de Cesine. Barthelcmy se repent de ses fautes et abjure; 
le gardien et le custode font amende honorable. 

Le pape approuva fort la conduite d'Henri de Chamay et Tengagea a faire 
au moine rebelle un proces en regle. L'enqudte etait terminee a la fin du mois 
d'aout 1329. Le 9 septembre suivant, le cas de Barthelemy Brugere fut soumis 
a Texamen de vingtdeux conseillers assemblcs, a Carcassonne, in aula domus 
I nquisitionis. 

IIs se prononcerent tous pour remprisonnement et la plupart d'entre eux 
furent d'avis que cette sentence devait ^tre lue en « sermon public » et que, 
par egard pour le pape, contre raulorite duquel Barthelemy avait dogmatise, 
celui-ci devrait retracter ses erreurs en presence de la foule. Douais. La formule 
Communicato, p. 61. J'ignore si leprononcedu jugement eut la publicilc reclamee 
par ces jurisconsultes. Toujours est-il que Barthel''my fut condamne a la prison 
(n. 145) et que le gen^ral de Tordre, Gerard Othon, le chassa de la famille fran- 
ciscainc. Le froc religieux porte par Barthclomy dcvant faire retour a ses freres, 
Jean XXII ordonna, le 16 decembre 1330, que restitution en fut faite au pro- 
cureur de Tordre ou au gardien de Carcassonne (n. 102). Le coupable accomplit 
sa penitence avec un grand esprit de componction, si bien qu'il m6rita bientdt 
d'^tre mis en liberte. Ce fut toutefois k la condition de continuer dans le monde 
Texpiation de ses fautes en rccitant des psaumes et en accomplissant des jetines. 
Dcs qu'il aurait rccouvrc Tusage de gon sacerdoce, il devrait, en outre, celebrer, 
Irois ans durant et chaque semainc, deux messes aux intentions du pape, Tune 
du Saint-Esprit, Tautre do la sainte Vierge. II supplia bientdt Benoit XII de le 
reintcgrer dans Texercice de ses ordres. Le pape le soumit a une probation de 
deux annces, mais ordonna au general des frdres mincurs de le readmettre, on 
attendant, au nombre de ses eufants (11 avril 1335; n. 145). 



- 85 — 

Jean XXII ordonne au chantre de Paris de faire rechercher el' 
arreter le jrere mineur Geraud Rostang, de Genes, fauteur de Michel 
de Cesene, dont il a favorise la fuite. — Avignon, 13 juillet 1329. 

Reg. Val., t. cxv, fol. 151 v», n. 732. 

Gcraldo do Capmnlo \ cantori ecclesie Parisien. — Cum clausc 
littere venerabili fratri nostro . . * episcopo Parisien. et dilectis filiis 
universitati magistrorum et scolarium studii Parisien. directe 
ianuis Parisicn. aflixc ecclesie hiis diebus, quas sic clausas nobis 



140 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

dicti episcopus et Universitas una cum suis aliis clausis similiter 
litteris transmiserunt,. essent cuiusdam fratris minoris fatui sequa- 
cis et fautoris illius prophani Michaelis de Cesena, heretici et scis- 
matici, qui se facit Geraldum Rostagni de Janua ^ nominari, 
quique dicto Michaeli in fuga quam fecit deloco curie nostre affuit 
consiliis et auxiliis, ut ipse in eisdem litteris attestatur, volumus 
et tue discretioni mandamus quatinus an dictus Geraldus sit 
in partibus Francie investigare solerter et fideliter et ut 
capiatur si reperiri valeat operosum adhibere studium non 
postponas, nobis quicquid inde repereris et egeris rescripturus. 
— Datum ut sup^a [Avinioni, iii idus iulii, anno terciodecimo] ^. 

1. Gerard de Campinulo (ou Capinulo, ou Campomuli), docteur es lois, archi- 
diacre de Sarlat, vicaire general d'Avignon^ le 5 juillet 1318(Goulon, Lettres... 
de Jean XXII, n. 644, 645) ; chanoine et chantre de Paris, le 11 mars 1326, cha- 
noine de Gahors en 1322. 11 est charge par le pape, en fevrier 1329, de se saisir 
de rheretique Cecco d'Ascoli [Reg. Vat., t. cxv, n. 700, 702), et, en mai, de 
publier, a Paris, les sentences prononcees contre Jean de Jandun, Marsile de 
Padoue, Louis de Baviere et Pierre de Corbiere. Reg. VaL, t. cxv, n. 744. Le 
13 juillet, Gerard regoit le present mandat du pape. Le 11 decembre, Jean XXII 
lui envoie son propre memoire sur lcs erreurs de Michel de Cesene, en le char- 
geant de le communiquer a reveque et a rUniversite. Reg. Vat., l. cxv, n. 1621. 
Voir une autre lettre adressee au meme personnage, n. 101. Denifle, Charlul., 
t. II, p. 298, note 1, 320, 332. 

2. Hugues Michel de Besangon; voir n. 92, note 1. 

3. Cf. Raynaldi, ad ann. 1329, n. xxji. 

4. Le meme jour, Jean XXII ecrit sur le meme sujet a Hugues Michel de 
Besanfon (n. 92, note 1), eveque de Paris, et a rUniversite. Reg. Vat., t. cxv, 
n. 731; Denifle, Chart., t. ii, n. 895. 



— 86 — 

Le pape donne ordre au cardinal-e^eqiie de Sahine de declarer le 
dominicain Guillaume Peyre, de Carcassonne, apte d exercer le 
minislere sacre et d participer aux chapitres de son ordre, nonohstant 
la sentence qui a frappe recemment la memoire de son pere, decede 
depuis quarante ans. 11 devra toutefois etre exclu de la charge de 
prieur, — Avignon, 31 juillct 1329. 

Reg. A^en., t. xxxiii, fol. 522, n. 2438. 



JEAN XXll 141 

Venerabili fratri Guillermo *, episcopo Sabinen., salutem. 
— Significavit nobis dilectus filius Guillermus Petri, ordinis pre- 
dicatorum, Carcassonen. diocesis, quod patersuus, quisicut asserit 
fere sunt quadraginta anni elapsi de hac luce migravit, per inqui- 
sitores heretice pravitatis in illis partibus auctoritate apostolica 
deputatos fuit, non est diu, de heresi condempnatus; quaredictus 
Guillermus Petri nobis humiliter supplicavit ut cum ipso pro- 
pterea a beneficiiset ofliciis publicis sic exclusus ^ providere sibi 
super premissis statui suo de benignitate Sedis apostolice misericor- 
diter dignaremur. Nos itaque... fraternitati tue... dispensandi cum 
dicto Guillermo auctoritate nostra quod ofHcium predicationis 
exercere ac confessiones audire licite sicut et ceteri fratres eius- 
dem ordinis, necnon et habere in tractatibus et electionibus vocem 
in capitulo ac etiam officia dicti ordinis citra prioratum conven- 
tualem duntaxat obtinere valeat, si ei alias huiusmodi officia 
legitime committantur... plenam et liberam si hocexpedire videris 
concedimus auctoritate presentium facultatem. — Datum Avi- 
nLoni, ii kalendas augusti, anno terciodecimo. 

1. Guillaume-Pierre Goudin; voir n. 72, note 1. 

2. Voir, sur cette exclusion, la bulle 68, note 2, et Introduction, p. lxvii. 



— 87-88 — 

Le pape ordonne d Henri de Chamay^ inquisiteur de Carcassonne^ 
el d Raymond Pelat^ son commissaire d Montpellier, de nintenter 
aucun proces d'heresie dans ceite ville sans en referer d Ve^^eque de 
Maguelonne ou d son vicaire, — Avignon, 28 octobre 1329. 

Reg. Vat., t. cxv, fol. 315 y°, n. 1612, 1613. 

Henrico de Chamaio *, ordinis fralrum prcdicatorum, inquisi- 
tori heretice pravitatis in partibus Carcassonen. auctoritate apo- 
slolica deputato. — Ex causis rationabilibus que ad hoc nos indu- 
cunt volumus tueque discretioni mandamus quatinus inquisitionis 
tibi commissum officium, cum ipsum in villa Montispessulani, 
Magalonen. diocesis, te contigerit per te vel alium exercere, vene- 
rabilem fratrem nostrum ^.. episcopum Magalonen. loci ordinarium 



l''»^ BULLAIRE DE L*INQUISlTlON FRANgAlSE 

vel eius vicarium in hiis habeas evocare ^. — Datum ut supra 
[Avinioni, v kalendas novembris, anno quartodecimo]. 

Raymundo Pelati *, ordinis fratrum predicatorum. — In Inqui- 
sitionis negotio per dilectum filium Henricum de Chamayo, inqui- 
sitorem heretice pravitatis in partibus Carcassonen. auctoritate 
apostolica deputatum nuper tibi commisso in villa Montispessulani, 
Magalonen. diocesis, exercendo, volumus tibique mandamus ex 
causa quatinus ven. fratrem nostrum episcopum Magalonen. 
loci ordinarium vel eius vicarium habeas et debeas evocare, nec 
in eodem negotio prefato ordinario vel eius vicario non vocatis 
quovismodo procedas si tamen ipsi vel eorum aliquis in hiis vo- 
luerint interesse. — Datum ut supra. 

4 

1. Henri de Chamay; voir n. 84, note 1. 

2. Jean de Vissec, prevot, puis eveque de Maguelonne (14 mars 1328); mort 
le 28 aout 1334. Gall. christ., t. vi, col. 781-782, 827; Eubel, Hier., t. i, p. 334. 

3. A cause des complications presentees par le recours a reveque de Mague- 
lonne, Jean XXII permit peu apres (27 avril 1330) a rinquisiteur de s'en passer 
(n. 98); mais Clement VII, a la priere des habitants de Montpellier, exigea de 
nouveau la presence de Teveque (n. 311). 

4. Raymond Pelat, dont nous apprenons ici qu'il faisait roffice de lieutenanl 
de l'inquisiteur de Carcassonne dans la ville de Montpellier, participa a Tassem- 
blee consultative chargee, le 4 juin 1329, d'examiner les fautes du franciscainl 
Pierre Julien. II fut d'avis que ce religieux, bien que relaps, ne devait etre con-j 
damne qu'a la prison perpetuelle. Doat, t. xxvii, fol. 163-170; Douais, La for' 
mule Communicaio, etc, p. 51, 54. De concert avec Menet de Robecourt, comji 
missaire de rinquisition (n. 28, note 2), il fit saisir dans son lit le pretre Pierrel 
de Tournemire, accuse d'avoir embrasse dans son jeune age la secte des beguins,] 
et le fit conduire demi-mort a Carcassonne, oii il expira (n. 189). 



— 89- 

Le pape ordonne d Ves>eque cV Amiens et d Vinquisiteur de Francel 
d'intenter un proces d^heresie au clerc Frangois de Todi, inculpe\ 
d'ai>oir preche no?nbre d'erreurs contre Vunite de V ^glise, la resur-) 
rection de la chair et le sacrement de Veucharistie. — Avignonj 
9 janvier 1330. 



JEAN XXI! 143 

Reg. Val., t. cxv, fol. 304 v*», n. 1544; L. Fumi, Eretici e rihelli 
neW Umhria, etc, dans Bollettino deUa regia depulazione di storia 
palria per VVmhria, an. v, p. 39 [in ext.). 

Episcopo Ambianen. * el.. ^ inquisitori heretice pravitatis in 
regno Francie auctoritale apostolicadeputato. — Pridem ad au- 
dientiam nostri apostolatus pervenit quod Franciscus de Tuderto, 
clericus, ad partes regni Francie, ubi inter cetera regna mundi 
clarere religio christiana noscitur, dudum se conferens, ibidem 
nonnuUos errores et hereses pcssimos presertim contra illos arti- 
culos in symbolo apostolorum contentos videlicet : Unam sanctam 
Ecclesiam catholicam ; et Carnis resurrectionem, necnon et contra 
venerandum et vivificum sacramentum altaris in locis diversis 
et pluribus nonnuUis personis presentibus predicare ac dogma- 
tizare in divine maiestatis contumeliam et ofTensam ac fidei et 
(idclium opprobrium et iacturam non sine magna temeritate 
presumpsit. Cum autem idem Franciscus propter hoc et alia 
nephanda per ipsum adversus fidem orthodoxam commissa vestris 
dctinealur carceribus mancipatus, nos volentes super hiis iustitiam 
exhiberi, discretioni vestre per apostolica scripta mandamus quati- 
nus tu, fraterepiscope, apostolica auctoritate, et tu, fili inquisitor, 
ex officio Inquisitionis tibi eadem auctoritate commisso, super 
predictis et ea quomodolibet tangentibus ac aliis erroribus et 
heresibus quibus eundem Franciscum irretitum fore reperitis (sic) 
vel respersum, summarie, simpliciter et de plano, ac sine strepitu ot 
figura iudicii iuxta xantiones {sic) canonicas et privilegia ofiicio 
supradicto concessa tam cuni ipso quam contra ipsum veritatem 
viis et modis quibus expedire videritis inquirentes, exequi quod 
iustitia in hac parte dictaverit studeatis, nobis quicquid super 
predictis feceritis fideliter rescripturi. — Datum v idus ianuarii, 
anno quartodecimo. 

1. Jean de Cherchemont, dvdque de Troyes, le 26 avril 1324; transfer^ k 
Amiens, le 18 fevrier 1326; mourut le 26 janvier 1373. Gall. christ., t. xii, col. 
510-511; t. X, col. 1192-1193; Eubel, Hier., t. i, p. 84, 521. 

2. Aubcrt de ChSIons deploya une certaine activite contre Th^resie durant 
les annecs 1330, 1331 et 1331. Outre le procds de Fran^ois de Todi (n. 94-95), 
il participa aux poursuites intentees par Teveque de Paris et son officialite, 
contre le fraticelle allemand Conrad (n. 92 et note, 100-101, 104-105) et le clerc 
Guerin dc THay, accuse de sorcellerie et de magie (n. 146). Celles qu'ils enlre- 
prirent tous deux, je ne sais pour quel motif, contre maitres Anselme de G6nes, 
chirurgien dc Paris, et Reginald de Cravan, clerc du diocese d'Auxerre, ne sont 
point k leur honneur (n. 109-111). Partant d'uae fausse accusation d'h^r^8ie et de 



144 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

sorcellerie, ils jeterent ces deux personnages en prison. leur intenterent un pro- 
cesinjuste et^ apres avoir reQu de ces malheureux le serment qu'ils ne revele- 
raient a personne les procedes dont ils avaient ete victimes, et surtout qu'ils 
n'appelleraient pas de leur sentence, ils les condamnerent au bannissement, a 
des pelerinages, a des jeunes et a une amende de 100 livres parisis. Le pape, a 
qui les deux victimes avaient recours, exigea des deux juges la remise des actes 
de la procedure. 



— 90 — 

Le pape loue Henri de Chamay, inquisiteur de Carcassonne, de 
V arrestation de deux heretiques italiens ; il Vengage d leur faire 
justice. — Avignon, 6 fevrier 1330. 

Reg. Val., t. cxv, fol. 318 v", n. 1634. 

Henrico de Chamayo ^, ordinis fratrum predicatorum, inqui- 
sitori heretice pravitatis in partibus Carcassonen. auctoritate apo- 
stolica deputato. — Si diligenter intelleximus que super captione 
illorum duorum Italicorum ac confessione et incarceratione ipso- 
rum misse nobis tue littere continebant, inde tuam circumspe- 
ctam diligentiam multipliciter in Domino commendantes; et quia 
de hiis super quibus apud te delati sunt novisse te plenius credi- 
mus veritatem, volumus et placet nobis quod habens pre oculis 
solum Deum ordinare iusticia exigente quod expedire in hac parte 
cognoveris non postponas. — Datum Avinioni, viii idus februa- 
rii, anno quartodecimo. 

1. Voir n. 84, note 1. 



— 91 — 



Le pape ordonne d Jean de Badas, inquisiteur de Marseille, de 
s^informer si Vattentat commis par un notaire du diocese d^Arles 
et sa femme contre la personne de Guillaume des Baux, seigneur de 
Berre, est de sa competence. Si oui, il devra leur intenter un proces 
d' I nquisition. — Avignon, 19 fevrier 1330. 

Reg. Vat., t. cxv, fol. 410 v», n. 2091; Eubel, n. 839 (anal.). 



JEAN XXII 145 

Johanni de Badas ^, ordinis fratrum minorum, inquisitori here- 
tice pravitatis in partibus Massilien. auctoritate apostolica depu- 
talo. — Fidedigna relatione percepimusquodGantalinusGantalini, 
notarius, et Berengaria, eius uxor, Arelaten. diocesis, instigatione 
diabolica circumventi tanquam proprie salutis immemores contra 
dilectum filium nobilem virum Guillelmum de Baucio ^, dominum 
de Berra ', prefate diocesis, quoddam nefandumfacinoris crimen 
committere presumpserunt in atrocem Creatoris nostri ofTen- 
sam et scandalum plurimorum. Nos igitur cupientes quod delin- 
quentium sic puniatur temeritas quod nec pena desit eisdem 
et ipsius metu a committendo similia alii arceantur, diseretioni 
tue... mandamus quatinus super crimine huiusmodi, an videlicet 
eius punitio et correctio ad te, ratione tui officii, pertinere noscatur 
cum peritis te studeas quantocius informare, et, si ita esse com- 
pereris, contra eosdem Gantalinum et Berengariam ad inquisi- 
tionem, punitionem et correctionem super crimine prefato pro- 
cedas iuxta canonicas sanctiones et privilegia eidem officio ab 
apostolica Sede concessa, quominus de ipsis per dictum nobiiem, 
si alias ad eum pertineat, possit iustitia fieri ipsum non impedias 
quomodolibet nec molestes. — Datum xi kalendas martii, anno 
quartodecimo. 

1. A celte date, la charge d^inquisiteur de Provence etait excerc^e par Guil- 
laume Astre (n. 49, note 3), et peut-Stre aussi par Michel Lemoine (n. 15, note 2). 
Jean de Badas ^tait exclusivement delegue pour le diocdse de Marseille. Le 
8 juillet 1332, le pape lui ordonna de remettre aux mains de Tinquisiteur de 
Piemont un vaudois fugitif, nomme Martin Pastre (n. 120). PIus tard Badas 
parait dans les documents avec le titre d'inquisiteur de Provence. Ainsi, dans 
la lettre de recommandation que Benoit XII conc^da, en 1338, k deux ^mis- 
saires de Tlnquisition charges de rechercher un juif rejudaisant (n. 171 bis). 

2. Guillaume II des Baux, fils de Bertrand II, seigneur de Berre, en 1309, 
mort sans posterit^ en 1344. Son frdre Bertrand III, duc d'Andria, lui succ^da. 
De Mas-Latrie, col. 1560. 

3. Berre (Bouches-du-Rhdne), chef-lieu de cant., arrond. d'Aix. 



— 92 — 



Le pape felicite Vei>eque ^ et Vofficial de Paris du zele dont ils jont 
preuve d Voccasion du proces de Vheretique Conrad ^. II a regu la 
cedule de defense de ce malheureux, jointe aux lettres qu^eux-memes 



BULLAIRE^ 10 



146 BULLAIRE DE L*INQUISITION FRANCAISE 

lui ont ecrites. II leur ordonne de conduire cette affaire d bon termCy 
non sans s^assurer du concours de Vinquisiteur, si celui-ci <^>eut le 
leur preter, — Avignon, 28 fevrier 1330. 

Reg, Vat., t. cxv, fol. 319, n. 1638; Eubel, Bullar., n. 842 [in ext.), 

Episcopo et.. ofTiciali Parisien. — Litteras vestras novissime 
recepimus cedulam illius Conradi presumptuosi heretici conti- 
nentem, ex quarum serie zelum intensum quem ad exaltationem 
fidei Ecclesieque sancte Dei ac nostrum honorem geritis perce- 
pimus evidenter; super quo vestram diligentiam plurimum in Do- 
mino commendantes, ut ubi deliquit sic publice puniri debeat 
expedientius extimantes, ut super propositis per eum et ahis, 
si qua proposuerit, si in ipsis persistat pertinaciter, cum sint do- 
ctrine evangelice ac apostolice et sancte romane Ecclesie eviden- 
ter obvia, faciatis vos vel alter vestrum cum inquisitore seu eius 
locumtenente, si adesse voluerit, taliter iusticie, complementum 
quod cedat ceteris in exemplum. Super premissis nil scribimus 
aliud, scientes vestram doctam scientiam et approbatam expc- 
rientiam ad hec sufficere et maiora; scimus etiam quod ad omnia 
et singula per ipsum proposita in libello quem nuper vobis mi- 
simus est sufficienter ac evidenter responsum. — Datum Avi- 
nioni, ii kalendas marcii, anno quartodecimo. 

1. Hugues Michel de Besangon, elu le 14 janvier 1326; mort le 29 juillet 1332. 
Gall chrisU, t. vii, col. 127-129; Gams, op. cit., p. 596; Eubel, Hier., p. 410. 

2. Conrad etait un fraticelle allemand oppose a Jean XXII, contre lequtl il 
repandait toutes sortes de calomnies melees a des erreurs dogmatiques (n. 105). 
L^ofTicialite de Paris le jeta en prison et commen^a a instruire son proces, qui 
se poursuivit avec le concours de Tinquisiteur Aubert de Chalons (n. 89, note 2). 
L'afcuse presenta une defense ecrite qui fut communiquee au pape avec les 
autres actes du proces. Les cardinaux Jacques Fournier et Pierre de Mortemart 
examinerent ce dossier et formulerent leur opinion. Le 30 juin 1330, en retour- 
nant a reveque et a rinquisiteur les documents annotes par les deux cardinaux, 
le pape leur ordonnait de continuer le proces (n. 100). Geraud de Capmul, chantre 
de Paris, devait stimuler leur zele (n. 101). Mais le fraticelle allemand avait 
reussi a capter les bonnes graces de la reine Jeanne. II eut merite la prison per 
petuelle; par egard pour la reine, le pape consentit, le 23 novembre, a sa raise 
en liberte a condition qu'il donnat des signes suffisants de repentir (n. 104-105). 



Jean XXII 147 

— 93 — 

Pierre d' Aragon, pere d' Isarn d^Aragon, chanoine de Carcassonne, 
denonce de son ^>ivant comme heretiqiie, mais reconnu innocent, et 
mort ^ingt ans apres dans la pleine orthodoxie, a ete recemment 
condamne par sentence de Vinquisiteur de Carcassonne. Isarn, son 
heritier, est declare apte d posseder tous benefices ecclesiastiques 
(dignites et personnats non exclus) en dehors cependant de la charge 
episcopale. — Avignon, 19 mars 1330. 

Reg. Aven.f t. xxxv, fol. 352. 

Dilecto filio Isarno de Aragone ^, canonico ecclesie Carcassonen. 
ordinis sancti Augustini, salutem. — Meritis tue probitatis... Sane 
j)etitio tua nobis exhibita continebat quod quondam Petrus de 
Aragone, pater tuus, dum viveret super crimine heresis delatus 
fuit ^ coram inquisitore pravitatis heretice auctoritate apostolica 
in illis partibus deputato et per eundem inquisitorem etiam arre- 
status et nunquam illud confessus, ac demum fuit per inquisitorem 
eundem abarresto huiusmodirelaxatuset dimissus in pace. Post- 
(|ue idem Petrus per viginti annos vel circa bene et laudabiliter 
vixit et in lecto sue ultime egritudinis constitutus receptis per eu m 
occlesiasticis sacramentis, dixit in fine suo in presentia multo- 
rum religiosorum et aliorum bonorum virorum ibidem astantium 
se mori in vera catholica fide quam tenebant romanus pontifex 
ct sancte romane Ecclesie cardinales, eamque se tenere et in ea- 
deni velle mori fuit professus, et sic diem clausit extremum, et 
ut fidelis fuit traditus ecclesiastice sepulture; quodque quidam 
alius inquisitor^ pravitatis eiusdem auctoritate predicta in eisdem 
partibus deputatus noviter inquisivit super dicto crimine contra 
prefatum defunctum, citatis super hiis dicto Isarno et aliis filiis 
dicti defuncti et ceteris possessoribus hereditatis ipsius, ac 
demum dictum defunctum dicto crimine fuisse respersum senten- 
tialiter declaravit. Quare nobis humiliter supplicasti, ut ne propter 
hoc tu a beneficiis ecclesiasticis repellaris *, providere tibi... digna- 
remur Nos ilaquc... te... ad quecumque beneficia ecclesiastica re- 
gularia obtinenda, etiam si dignilales seu personatus existant, citra 
tamenepiscopales dignitates... habilitamus et habilem reddimus ^.. 
Nulli ergo, etc. — Datum Avinioni, xiiii kalendas aprilis, anno 
quartodecimo. 



148 BULLAIRE DE L*INQUISlTlON FRANC-AISE 

1. Aragon (Aude), cant. d'AIzonne^ arrond. de Carcassonne. 

2. On trouve dans Doat, t. xxvi, fol. 148-151 v^ (cf. Mahul, Carlul, t. v, 
p. 649) Tacte de presentation d'une lettre de rinquisiteur de la province romaine 
Adam de C6me_, a Tinquisiteur de Careassonne, Bertrand de Clermont. Cette 
lettre est du 18 mai 1293 et elle est remise a son destinataire, le 19 juin suivant. 
Elle donne a Pierre d'Aragon, damoiseau de Carcassonne, la permission de se 
presenter dans les trois mois a Tinquisiteur Bertrand; pour etre examine par 
lui. S'il ne peut s'accorder avec ce juge, Taccuse devra, dans les trois mois qui 
suivront, se representer devant rinquisiteur italien. Pierre d'Aragon fut inter- 
roge par Bertrand de Clermont et son collegue, Tinquisiteur de loulouse; mais 
il nia toute participation a rheresie. Finalement il fut reconnu innocent et il 
mourut vingt ans apres, dans la pleine orthodoxie. Ce fut Henri de Chamay qui 
reprit le proces dont rissue fut une condamnation. Les enfants du mort etaient 
frustres de leur heritage et rendus inaptes a exercer aucune charge ecclesiastique 
ou civile et k obtenir un benefice. Une maison provenant de cette confiscation 
tut donnee, en mars 1330, par le roi Philippe VI, a Jacques de Boulay, son 
notaire. Elle se nommait la Bastide et etait sise a une lieue de Carcassonne, 
entre les villages de Casilhac et de Cavanac. Hist. de Languedoc, t. x, Preuves, 
col-. 705-706. 

3. Ilenri de Chamay (n. 84, note 1), d'apres une supplique presentee par le 
meme Isarn d'Aragon, a Clement VI, en 1343 (n. 191). 

4. Voir, sur cette exclusion, le n. 68, note 2, et Introduction, p lxvii. 

5. Isarn d'Aragon etait prevot de Capendu (Aude), en meme temps que 
chanoine de Carcassonne, lorsque fut prononcee la sentence qui frappait la mi- 
moire de son pere. Jean XXII nt se borna pas a le rendre apte a conserver ces 
benefices et dignites, il lui confera le prieure de Trebes (n. 191), non loin de 
Capendu. Mais le prieur de Trebes ayant charge d'ames, Isarn supplia, au bout 
de douze annees, le pape Clement VI d'ajouter une clause speciale, dans ce sens, 
k la dispense de Jean XXII (n. 191). Isarn d'Aragon etait mort le 10 mai 1345. 
Son canonicat de Carcassonne fut confere au Limousin Jean la Baillia. Mahul, 
CartuL, t. v, p. 572-573. 



~ 94 - 95 — 



Le pape ordonne d Ve^eque d^Amiens et d Vinquisiteur de France 
de faire conduire sous bonne garde, d Aidgnon, Vheretique Frangois 
de Todi. II ecrit au roi de France sur le meme ohjet. — Avignon, 
7 avril 1330. 

Reg. Vat., t. cxv, fol. 320 v», n. 1655. 

Episcopo Ambianen. ^ et dilecto filio.. ^ inquisitori heretic( 
pravitatis in partibus regni Francie auctoritate apostolica depu- 



JEAN XXII 149 

tato. — Scripsisse pridem vobis meminimus ut de Francisco de 
Tuderto, qui heresis et scismatis vehementer suspectus criminibus 
vestris detinetur carceribus mancipatus exhibere iustitiam solum 
Deum pre oculis [habentes] curaretis. Sane quia certis causis emer- 
gentibus post modum nobis et quibusdam ex nostris fratribus 
videretur expediens quod idem Franciscus ad Sedem apostolicam 
mitteretur, volumus quatinus nisi iam ad ferendam sententiam 
contra eum processeritis vel existatis in promptu procedendi 
ad illjim prefatum Franciscum sub fida tamen custodia una cum 
processu et inquisitione contra ipsum habitis nobis transmittere 
fideliter studeatis. Et ecce quod nos carissimum in Christo filium 
nostrum Philippum, regem Francie illustrem, per nostras litteras 
quas vobis mittimus cum presentibus exhortamur ut personas 
quas ad adducendum predictum Franciscum ad nostram presen- 
tiam deputaveritis de securo conductu faciat provideri, quas 
quidem litteras presentari sicut oportunum cognoveritis faciatis. 
— Datum Avinioni, vii idus aprilis, anno quartodecimo. 

Ibid., n. 1656; L. Fumi, Eretici e ribelli, etc., dans BoUettino 
di storia palria per VUmbria, an. v, p. 40 (m ext.). 

Eidem regi (Francie). — Cum nos venerabili, (etc. ut prsedictis 
personis de securo conductu faciat provideri). — Datum Avinioni, 
VII idus aprilis, anno quartodecimo. 



1. Jean de Cherchemont : voir n. 89, note 1 
2i Aubert de Chaions : voir n. 89, note 2. 



— 96-97 — 



Lettres dii pnpe d Ve^^eque d' Elne * et d V inquisileur de Majorque * 
pour les exhorier d poursuivre de conserve les heretiques du diocese 
d'Elne ». — Avignon, 24 avril 1330. 

lieg. Vat., t. cxv, fol. 380 v^, 381, n. 1988, 1989; J.-M. Vidal, 
Proces d'Jnqiiisition contre Adhemar de Mosset, noble roussillon- 
nais inculpe de beguinisme [1332-1334), dans Revue d'histoire de 
V/tglise dc France (1910), t. i, p. 567. 



150 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

Episcopo Elnen. — Cum nonnulle persone de fide suspecte 
catholica dicantur in tuis civitate et diocesi conversari, fratcr- 
nitati tue per apostolica scripta mandamus quatinus pastoris 
ofTicium exequens diligenter, personas huiusmodi solerter et fide- 
liter perquirere, ac contra eos, ne fideles suis erroribus inficere 
valeant, sed fides ipsa subductis erroribus huiusmodi pocius 
ibidem preclara prefulgeat, exacta diligentia procedere iuxta 
statuta carionum, solum Deum habens pre occulis, non postponas. 
Contradictores, etc. Non obstantibus quibuscumque privilegiis 
[etc.]. Volumus autem quod si te ac dilectum filium.. inquisitorem 
heretice pravitatis in terris carissimi in Christo filii nostri Jacobi, 
regis Maioricarum * illustris, auctoritate apostolica deputatum, 
cui etiam super hiis per alias litteras nostras scribimus, divisim 
super premissis contingat procedere, in proferenda sentcntia 
vobis invicem teneamini iuxta sanctiones canonicas, ut sine su- 
spicione procedat negocium huiusmodi, communicare processus ^. 
— Datum VIII kalendas maii, anno quartodecimo. 

Eidem inquisitori. — Cum nonnulle persone [etc, comme ci- 
dessus, mutatis mutandis, jusqud la fin]. — Datum utsupra. 

1. Berenger Batle, voir n. 70, note 1. 

2. En 1333, rinquisiteur du royaume de Majorque etait Raymond Dur, 
dominicain. Douais, L' Inquisition en Roussillon, dans Annales du Midi, 1892, 
p. 537. D'autre part, le proces d'Adhemar de Mosset signalc une enquete faite 
apres Tannee 1329 par P. Firmacii, egalement#iualifie d'inquisiteur. II s'agit 
ici vraisemblablement de Tun de ces deux personnages. 

3. Autres pieces concernant le diocese d'EIne : n. 99, 124 his, 125, 125 his, 
127, 127 his, 127 ter, 130 his, 130 ter, 132, 135-136, 139. 

4. Jacques II, fils de Fernand, infant de Majorque, ne en 1315, mort en 1349, 
avait succede a son oncle Sanche, en 1324. II fut le dernier roi de Majorque. 
Cest lui dont le nom revient a chaque instant dans le proces de Teveque d'EIne 
contre Mosset, et qui est Taccusateur principal de ce noble. Voir Leeoy de la 
Marche, Relations de la France ai>ec le royaume de Majorque, Paris, 1892, t. ii, 
p. 4 sq. ; de Mas-Latrie, Tresor de chronologie, col. 1736; U. Chevalier, Repertoire 
des sources historiques du moyen dge. Bio-hibliographie, 2° ed., col. 2320. 

5. La collaboration de Teveque diocesain et de Tinquisiteur avait ete imposee 
par le concile de Vienne, au moins pour Telaboration et Tediction des sentences 
les plus graves. Clementin., lib. V, cap. 1. 



JEAN XXII 151 

— 98 — 

Le pape decide quHenri de Chamay ^, inquisiteur de Carcassonnef 
pourra exercer seul son office dans la ville de Montpellier, le recours 
d Veveque diocesain ^ entrainant des retards et des complications^. — 
Avignon, 27 avril 1330. 

Doat, t. XXXV, fol. 85; Percin, Monum. com». Tholosani, part. III, 
p. 100; Ripoll, op. cit., t. ii, p. 192. 

Johannes episcopus servus servorum Dei, dilecto filio fratri 
Henrico de Chamayo, inquisitori Carcassonensi, ordinis fratrum 
predicatorum, in regno Francie per Sedem apostolicam deputato, 
salutem et apostolicam benedictionem. — Cum sicut nuper. — 
Datum Avinioni, ii kal. maii, pontificatus nostri anno decimo- 
quarto. 

1. Voir n. 84, note 1. 

2. Jean de Vissec, ev^que de Maguelonne; voir n. 87, note 2. 

3. Le 28 octobre precedent, le pape avait, au contraire, exige le concours de 
l'ev«que de Magueionne (n. 87-88). C16ment VII l'exigea aussi en 1379 (n. 311). 



— 99 — 

Le pape engage le roi de Majorque * d seconder de tout son pou- 
voir Vaction de Veveque d^Elne et de Vinquisiteur de Majorque contre 
les heretiques du diocese d' Elne \ — Avignon, 8 mai 1330. 

Reg. Vat., t. cxv, fol. 398, n. 2025; Vidal, Procks ... conlre 
Adhemar de Moaset, dans Re^'ue d'hi8t. de V £gl. de France, p. 568. 

Regi Maioricarum. — Ad audientiam nostri apostolatus per- 
ducto quod in civitate ac diocesi Elnen. nonnulle persone de fide 
suspecte catholica conversantur, ven. fratri nostro.. episcopo 
Einen. et diiecto filio.. inquisitori heretice pravitatis in eisdem 
partibus auctoritate apostolica deputato damus... in mandatis 
ut adversus personas huiusmodi, ne fideles partium carumdem 
suis erroribus inficere valeant, procedere studeant diligenter. 
Quocirca regiam excellentiam attentius deprecamur quatinus 
eidem episcopo et inquisilori, ac ipsorum cuilibet, in hac part 



152 



BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 



assistere consiliis, auxiliis et oportunis favoribus pro divina et 
apostolice Sedis reverentia zeloque dicte fidei regalis magnifi- 
centia non omittat. — Datum Avinioni, viii idus maii, anno 
quartodecimo. 

1. Jacques II, fils de rinfant Fernand de Majorque, ne en 1315, mort en 1349, 
succeda a son oncle Sanche en 1324. Lecoy de la Marche, Relations de la France 
avec le royaume de Majorque, t. ii, p. 4 sq. Bibliographie, dans Chevalier, Reper- 
toire des sources historiques du moyen dge, Bio-hihliographie, 2^ ed., col. 2320. 

2. Voir n. 96-97, 124 his, 125, 125 his, 127, 127 his, 127 ter, 130 his, 130 tcr, 
132, 135-136, 139. 



— 100 — 

Le pape renvoie d Vei^eque de Paris ^ et d Vinquisiteur de France ^ 
le dossier du franciscain Conrad^, ainsi que les opinions motii^ees] 
des cardinaux de Sainte-Prisque ^ et de Saint- Etienne au mont 
Celius ^, qui en ont fait Vexamen. Ueveque et Vinquisiteur devront 
continuer le proces, — Avignon, 30 juin 1330. 

Reg. Vat., t. cxv, fol. 325 v^, n. 1701 ; Eubel, Bull., n. 857 (m exl.),\ 

Episcopo Parisien. et.. inquisitori heretice pravitatis in parti- 
bus Francie auctoritate apostolica deputato. — Processum contra 
Conradum... — Datum Avinioni, ii kalendas iulii, anno quarto- 
decimo. 

1. Hugues de BesanQon, n. 92, note 1. 

2. Aubert de Chalons, n. 89, note 2. 

3. Voir n. 92, note 2. 

4. Jacques Fournier, n. 24, note 1. 

5. Pierre de Mortemart, n. 46, note 4. 



— 101 — 



A Geraud de Capmul, chantre de Paris, sur le menie ohjet. — 
Avignon, 30 juin 1330. J 

Reg. Vai., t. cxv, fol. 325 vo, n. 1703. 



JEAN XXII 153 

Geraldo de Capmulo ^ canlori ecclesie Parisien. — Ecce vcne- 
rabili fratri nostro .. episcopo Parisien. et dilecto filio .. inquisi- 
tori heretice pravitatis in partibus Francie auctoritate aposto- 
lica deputato scribimus iuxta formam quam cedula continet pre- 
scntibus interclusa, volentes tueque discretioni presentium tenore 
mandantes quatinus ut prefati episcopus et inquisitor ea quc 
sibi scribimus compleant solicitudinem adhibere studeas opero- 
sam; rcscripturus nobis fideliter quicquid agi contigerit in hac 
parte. — Datum ut supra. [Avinioni, ii kalendas iulii, anno 
quartodecimo.] 

1. Voir n. 85, note 1. 



— 102 — 

Jean XXII donne ordre d Vinquisiieur de Carcassonne ^ de res- 
tiluer au procureur des jranciscains RaymonddeLadoSyOuau gar- 
dien du cou\fent de Carcassonne^ Vhahit religieux porte par Barthe- 
lcmy Brugere ^, condamne d V emprisonnement pour heresie el 
expulse de son ordre par Geraud d^Othon^, minislre general. — 
Avignon 16 septembre 1330. 

Reg. Vat., t. cxvi, fol. 29, n. 1 ; Doat , t. xxxv, fol. 87 ; Eubel, 
BulL, n. 874. [in ext.). 

Inquisitori heretice pravitatis in partibus Carcassonen. aucto- 
ritate apostolica deputato. — Exposuit nobis dilectus... — Da- 
tuni Avinioni, xvi kalendas octobris, anno quintodecimo. 

1. Henri de Chamay, n. 84, note 1. 

2. Voir sur cette affaire, n. 84, note 2. 

3. Geraud d'Othon, docteur en th^ologie, de la province d'Aquitaine; elu 
general de Tordre, k Paris, en 1329, aprds la d^position de Michel do Ccsene; 
il devint patriarche d'Antioche et commcndataire de reglise de Catane, le 
27 novembre 1342. II mourut vcrs 1363. Denifle, CharluL, t. ii, p. 424, notc 5, 
j). 425; Eubel, Ilier., t. i, p. 93, 183; Othon de Pavie, L'Aquitaine seraphiquc, 
t. I, p. 202-221 ; A. Albe, Autour de Jean XXII, Les Querajnois en Italie (Anna- 
les de Saint-Louis-des-Frangais, 1904), tir. k part, p. 143-146. 



154 BULLAIRE DE L*INQUISITION FRANgAIS] 



— 103 — 

Jean XXII fait tenir aux archeveques de Toulouse et de Nar- 
bonne et d leurs suffragants, ainsi quaux inquisiteurs de Toulouse 
et de Carcassonne, la lettre ecrite, le 22 aout 1320 (n. 30 bis) par le 
cardinal Guillaume Goudin, di^eque de Sabine ^, aux inquisiteurs 
residant d cette epoque dans ces memes i^illes ^. Par cette lettre, au 
nom du pape, la competence des inquisiteurs etait etendue aux cas 
suivants : ini>ocation et adoration des demons; fabrication dHmages 
de cire ou de toute autre matiere ; bapteme confere d ces images; 
abus des sacrements et en particulier de V eucharistie dans des 
malefices. Le pape, ayant appris la persistance de pareils abus dans 
les dioceses du Midi, recommande aux prelats et aux inquisiteurs 
de terminer de conserve les proces intentes par eux pour ces motifs 
et d^en envoyer les actes au Saint-Siege qui a<^isera aux mesures 
d prendre. Nulle procedure de cette sorte ne de<^ra etre entreprise, 
jusqud nouvel ordre, sans Vai^is du pape ^. — Avignon, 4 novembre 
1330. 

Reg. A\>en.y t. xxxvii (Jean XXII, t. xxxvi), fol. 135 \°, 136 ; 
Reg. Vat., t. xcviii, n. ii, iii, De curia; Percin, Monum. conuent. 
Tholosani, part. III, p. 99; RipoU, t. ii, p. 192; Ilansen, Quellen, 
etc, p. 6, n. 6. {in ext.). 

Venerabilibus fratribus ..* archiepiscopo Narbonen. ejusque 
suffraganeis, et dilecto filio..^ inquisitori heretice pravitatis in re- 
gno Francie per Sedem apostolicam deputato, Carcassone residenti, 
salutem. — Dudum venerabilis frater noster Guillermus episco- 
pus Sabinen. scripsit tibi, fili inquisitor, de mandato nostro per 
suas litteras in hac forma. Frater Guillelmus (eic, comme au 
n. 30 bis). 

Sane noviter intellecto quod errores et abhominationes in eis- 
dem litteris comprehensi in partibus iUis de quibus in litteris 
ipsis habetur mentio adhuc vigent, nos cupientes super ipsis, ne 
deinceps pullulent plenius providere, discretioni vestre presen- 
tium tenore committimus et mandamus quatinus omnes inqui- 
sitiones quas auctoritatc litterarum huiusmodi vos fratres ar- 
chiepiscopi et sufFraganei, prout quemlibet vestrum tangit, et tu, 
inquisitor prefate, cum singulis eorumdem insimul, vel tu, inqui- 
sitor solus per te ipsum hactenus inchoastis, si complete non fue- 



JEAN XXII 155 

rint, vos, archiepiscope et suffraganei, quilibet vestrum videlicet 
in sua diocesi per se vel alium quem ad hoc deputandum duxe- 
ritis, et tu, inquisitor predicte, insimul celcriter compleatis, 
quas postquam compleveritis una cum illis que iam per te 
solum, prefate inquisitor, forsitan sunt complete nobis sub vestris 
sigillis fideliter interclusas quantocius poteritis transmittatis, ut 
eis visis quid faciendum sit tam super illis de quibus fuerit inqui- 
situm (juam super omnibus ceteris de quibus nondum est ince- 
ptum incjuiri plenius et certius auctore Domino disponamus. Tu 
vero, inquisitor predicte, super illis de quibus adhuc inquirere 
non cepisti, pretextu dictarum litterarum nisi forsan aliud a nobis 
reciperes in mandatis te nullatenus intromittas. Per hec autem 
non intendimus vobis vel vestrum alicui quantum ad illa que a 
iure vobis alias sunt permissa in aliquibus derogari. — Datum 
Avinioni, ii nonas novembris, anno quintodecimo. 

Venerabilibus fratribus .. • archiepiscopo Tholosano eiusque 
sufTraganeis, et dilecto filio .. ' inquisitori heretice pravitatis in 
regno Francie per Sedem apostolicam deputato Tholose residenli, 
salutem. — Dudum venerabiiis frater... — Datum Avinioni, 
II nonas novembris anno XV^. (Doat, t. xxxiv, fol. 181.) 

1. Guillaume Goudin, voir n. 72, note 1. 

2. Bernard Gui (n. 44, note 1) et Jean de Beaune (n. 21, note 2). 

3. Bien avant Jean XXII, la corapetence des inquisiteurs avait ete etendue 
k ces pratiques superstitieuses, mais pour le cas seulement oii clles avaient uno 
relatioii directe avec la foi. Voir a ce sujet une bulle d'Alexandre IV (10 janvier 
1260). Ripoll, t. I, p. 388. 

Jean XXII semble n*avoir mis aucune restriction, sinon momeutaMce, k 
action inquisitoriale contre ces delits, devenus, a cette epoque, d'une frequence 
menacante (n. 30 bis). Au lieu des vieilles pratiques superstitieuses usitees de 
tout temps, on avait vu, d^s le xiii® si^cle, se repandre en France Tart plus 
raffine de Tltalie et de TEspagne. L'efTroi provoque par roccultisme 8'accrut 
tout a coup. Le pape Jean XXII Teprouva, semble-t-il, a un vif degre; il inter- 
vint maiiites fois pour stimuler le z^le des inquisiteurs, et meme fit poursuivre 
les suspects en son nom propre. Ses successeurs suivirent son exemplc. On trou- 
vera dans ce recueil plusieurs documeuts se referant a la repression de ces pra- 
tiques : n. 24, 30 6i«, 50, 67, 72, 77, 91, 146, 150, 152,156, 159-160, 161, 171, 
172, 173, 175, 177, 179, 192, 220, 285, 338, 342; cf. Introduction, p. xlviii. 

L'ouvrage capital a ctudicr sur la mati^re est Hansen, Zauberwahn, Inqui- 
sition und Ilexenprocess im Mittelalter, Bonn, 1900. Le m^me auteur a forme un 
precieux recucil de documents sur la sorcellerie et la repression de ce crime 
dans Quellen und Cnlersuchungen zur Geschichte des Hexenwahna und der Hexen- 



156 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 



verfolgung in Mittelalter, Bonn, 1901. Les principales buUes papales contre la 
sorcellerie gont reproduites en tete de ce volume. Voir encore Hatzfeld, Dar- 
mesteter et Thomas, Dictionnaire general de la langue jrangaise, art. Bougre; Lea, 
Hist. de V Inquisition, t. iii (trad.), p. 522-524, 547-548; Tanon, //is<. des tribu- 
naux d'Inquisition, p. 246-251. 

4. Bernard de Farges; voir n. 14, note 1. 

5. Henri de Chamay : n. 84, note 1. 

6. Guillaume de Laudun, dominicain, maitre en theologie, le 13 juin 1314; 
lecteur du Palais apostolique en 1317; promu a Tarcheveche de Vienne, le 
27 fevrier 1321; transfere a Toulouse, le 19 decembre 1327; se dcmet de son 
siege en 1345. Gall. christ., t. xvi, coL 104-105; t. xiii,col. 39-40; Denifle, Chart., 
t. II, p. 156, note 1 ; Archiv fiir Litt., t. ii, p. 215, n. 66; Eubel, Ilier., t. i, p. 559; 
Hist. de Lang., t. ix, p. 613-614. 

7. Pierre Brun : n. 59, note 1. 



— 104 — 



Ue^eque de Paris et Vinquisiteur de France regoi^^ent du pape 
Vordre de remettre a ses superieurs, sHl donne des signes sufpsants 
de repentir, le franciscain Conrad, fraticelle allemand, condamne 
par eux a la prison perpetuelle. Ils de<^ront dresser un instrument 
puhlic de cet acte de clemence. — Avignon, 23 novembre 1330 ^ 

Reg. Vat., t. cxvi, foL 32 v», n. 17; Eubel, Bull., n. 884 {in ext.). 

Episcopo Parisien. et inquisitori heretice pravitatis in regno 
Francie auctoritate apostolica deputato. — Pridem intelleximus 
quod... — Datum ix kalendas decembris, anno quintodecimo. 

1. Voir, sur cette bulle, le n. 92, note 2. 



— 105 — 



Le pape remontre d la reine Jeanne ^ de France que la faute du 
franciscain Conrad, qui a traite Jean XXII d' lieretique et a repandu 
sur son compte des relations calomnieuses, nest point legere et que 
le chdtiment qui lui a ete inflige est loin d'etre proportionne d la 
gravite de ses crimes. Neanmoins, par egard pour Sa Majeste, le 
pape consent d user de clemence ; il ^ient de donner d Vepeque de 



JEAN XXII 157 

Paris et d V inquisiteur Vordre de reldcher ce frere mineur^ s*il donne 
des signes suffisants de repentir. — Avignon, 24 novembre 1330 ^. 

Reg. Vat., t. cxvi, fol. 53, n. 103; Eubel, BulL, n. 885 [in ext.). 

Johanne, regine Francie. — Litleras regias super ... — Datuni 
VIII kalendas decembriS, anno quintodecimo. 

1. Jeanne, fille de Robert II, duc de Bourgogne, ^pouse Philippe de Valois, en 
juillet 1313; reine de France en 1328; meurt en 1348. De Mas-Latrie, col. 1523. 

2. Voir n. 92, note 2. 



— 106 — 



Le pape, ayant oui dire que les prelats des provinces de Narbonne 
et de Toulouse et les inquisiteurs de Toulouse et de Carcassonne se 
preparent d condamner pour heresie certains dejunts qui n*en 
avaient pas ete convaincus de leur vivant, leur ordonne de ne 
prononcer dorenai>ant de telles sentences quapres avoir con- 
sulte le Saint-Siege. Le pape reclame les dossiers des proces de 
cette sorte actuellement en cours. — Avignon, 18 d^cembre 1330. 

Reg. Aven., t. xxxvii, fol. 136; Reg. Vat., t. xcviii, fol. 3, n. 4, 5, 
de Curia. 

Venerabilibus fratribus.. * archiepiscopo Narbonensi eiusque 
sufTraganeis, et dilecto filio .. * inquisitori heretice pravitatis in 
regno Francie per Sedem apostolicam deputato, Carcassone resi- 
denti, salutem. — Etsi ofTicium Inquisitionis heretice pravitatis 
magnis sit amplectandum favoribus et expeditis auxiliis et con* 
siliis prosequendum, decet tamen et expedit, ymo necessarium 
est omnino ac debitum ut sic procedatur in illo quod favor non 
pariat odium, nec ex celeritate iudicii detrahatur iustitie nec con- 
scientie puritati desit iudicium rationis. Cum igitur sicut accepi- 
mus vos seu aliqui vestrum intendatis etdisponatis in brevi pro- 
cedere ad condempnandum de heresi quosdam iam dudum defun- 
ctos, qui de illa confcssidum viverent non fuerunt, nos volentes 
ad hoc cum niatura ac plena deliberatione procedi et ex presentibus 
vel instanlibus ad sequentia formam dari, ex certis causisquead 



158 BULLAIRE DE L*INQUISlTlON FRANQAISE 

id nostrum et fratrum nostrorum animos rationabiliter induxerunt, 
vobis et vestrum cuilibet de consilio fratrum ipsorum aucto- 
ritate presentium inhibemus, ne ad condempnandum vel 
absolvendum aliquem mortuum de heresi de qua cum viveret 
confessus non fuerit per vos vel alios aliquatenus procedatis, nisi 
nobis prius consultis super hoc, et omnibus processibus origina- 
libus factis circa defunctos huiusmodi, si iam completi sint, alio- 
quin cum completi fuerint, per nuncios fideles integraliter nobis 
missis ^; quod si secus feceritis nos id decrevimus irritum et 
inane. — Datum Avinioni, xv kalendas ianuarii, anno quinto- 
decimo. 

Venerabilibus fratribus .. * archiepiscopo Tholosano eius- 
que suffraganeis et dilecto filio .. ^ inquisitori heretice pravitatis 
in regno Francie per Sedem apostolicam deputato Tholose resi- 
denti, salutem. — Etsi officium Inquisitionis, etc, zfsrjrwe /n finein. 
— Datum ut supra. 

1. Bernard de Farges; voir n. 14, note 1. 

2. Henry de Chamay; voir n. 84, note 1. 

3. Cette bulle a son origine dans les poursuites reprises, en 1330, par Henri 
de Chamay, inquisiteur de Carcassonne, cpntre dix-huit heretiques des dioceses 
de Narbonne et de Carcassonne, decedes depuis longtemps. Les depositions 
remontaient a quarante et quarante-six ans (1284-1290); les delits, a qiiarante- 
sept et meme a soixante-deux ans. La procedure avait ete commencee par les 
jnquisiteurs Jean Galand et Guillaume de Saint-Seine et par Teveque d'Albi, 
Bernard de Castanet; reprise en 1309, par Geoffroi d'Ablis, et, en 1320, par 
Jean de Beaune, et jamais conduite a terme. Henri de Chamay voulut en finir 
et fit inviter les heritiers des defunts a presenter leur defense a partir du 17 sep- 
tembre 1330. Quelques jours apres la Saint-Martin (11 novembre), Tinstruction 
etait terminee. Sur les dix-huit coupables il semblait prouve que quinze avaient 
assiste a Vheretication ou initiation d'autres croyants et adore les heretiques, 
et que trois avaient eux-memes ete heretiques sur leur lit de mort. Sur ce nombre 
on comptait cinq pretres, trois femmes et un officier royal du chateau de Cabaret. 
Voir leurs noms dans Mahul, CartuL, t. v, p. 688, et Douais, Docum., p. ccix- 
ccx. Leurs heritiers, apprenant les intentions de rinquisiteur, se plaignirent 
amerement au pape et lui remontrerent le dommage qui resulterait pour eux 
de ces poursuites injustes, disaient-ils, et abusives. Jean XXII desira 
s'informer et, par la bulle publiee ici, il ordonna de surseoir a toute poursuite 
contre les defunts non convaincus d'heresie de leur vivant et de n'en entreprendre 
a ravenir que sur Tavis favorable du Saint-Siege. En outre, il exigeait la remise 
integrale des livres contenant les depositions et la suite de Tinstruction (18 de- 
cembre). 

Henri de Chamay apporta lui-meme ces documents a Avignon. Cetait 



JEAN XXII 



159 



\ine copie authentique des /iVre« dixieme et onzieme de rinquisition de Carcas- 
sonne dont Clement V avait jadis demande communication afin de s'assurer 
de la verite des bruits qui couraient sur les procedures inquisitoriales. On y 
voyait le paraphe de ce pape a chaque feuillet. Doat, t. xxxii, fol. 168 \° ; 
Mahul, CartuL, t. v, p. 689. Jean XXII en fit faire Texamen par une commission 
dont les membres restent anonymes dans le rapport redige par eux, mais qui 
furent les cardinaux Jacques Fournier et Raymond de Moustuejouls. « Ayant 
tous deux exerce les fonctions episcopales et inquisitoriales dans ces contrees^ 
dit plus tard le pape au roi de France, ils pouvaient avoir sur les faits allegues 
une information plus rapide » (n. 140). Henri de Chamay n'avait point cache 
l*embarras que lui avaient cause les divergences existant dans les depositions 
de plusieurs temoins. Les commissaires pontificaux conclurent que les temoi- 
gnages se detruisaient si bien les uns les autres qu'il etait impossible d'y trouver 
des preuves sufiisantes de culpabilite. IIs se prononcerent donc contre la reprise 
des poursuites. II est probable que leur rapport fut prSt dans le courant dc 
lannee 1331. Et Iorsqu'iIs le present^rent au pape, Tinquisiteur Henri de Cha- 
may se trouva d'accord avec eux au sujet de la confusion qui regnait dans le 
volume. Aux deux cardinaux Fournier et de Moustuejouls, le pape adjoignit 
alors les cardinaux Pierre de Chappes et Pierre Tissier de Saint-Antonin et la 
commission ainsi composce continua la revision et la confrontation des temoi- 
gnages. Elle n'en etait point venue k bout en mars 1334. II faut croire que le 
pape lui confia rexamen de nouveaux dossiers et qu'ellc put ainsi, Theure venue, 
se prononcer sur toutes les causes restees pendantes au tribunal de Carcassonne. 
Cependant le roi de France avait ete informe par ses ofiiciers de la cessation des 
jjoursuites contre les dcfunts. Et, sans doute, parce que son fisc souffrait de Tar- 
ret subit des confiscations, il se permit de faire des remontrances au pape, alle- 
fjuant la tradilion des tribunaux d'Inquisilion a rendroit des heretiques defunts. 
Le pape expliqua sa conduite, le 10 mars 1334 (n. 140). Voir sur cette affaire 
Hist. de Lang., t. ix, p. 401 et note 1 ; Douais, Docum., p. ccvii-ccx et notes ; 
J.-M. Vidal, Jean Galand, p. 27-29. Le rapport des cardinaux se trouve dans 
Doat, t. xxxii, fol. 164-240; une partie en a ete iraprimee par Mahul. CartuL, 
t. V, p. 688-689; Douais, p. ccix, note 1, en publie le debut. 

4. Guillaume de Laudun; voir n. 103, note 6. 

5. Pierre Brun : n. 59, note 1. 



— 107 — 



Jean XXII declare que Bernard Etnhrin, pretre, Nicolas, son 
frerey Barthelemy, son cousin, tous trois religieux trinilaires, sont 
aptes d recevoir des benefices et d exercer des charges publiques ; 
nonobstant la sentence de Vinquisiteur de Carcassonne qui a fletri 
la memoire de leur grand-pere paternel, Bernard-Arnaud Embrin, 




160 BULLAIRE DE l'inQUISITION FRANgAlSE J 

de Limoux, condamne pour heresie il y a soixante-quinze ans. 
— Avignon, 19 decembre 1330. 

Reg. Aven., t. xxxix, fol. 638. 

Dilectis filiis Bernardo Embrini, presbitero, et Nicolao Embrini, 
germanis, .ac Bartholomeo Embrini, eorum consanguineo, fratri- 
bus domus de Limoso ^, ordinis sancte Trinitatis et Captivorum, 
Narbonen. diocesis, salutem, etc. — Religionis zelus ... Sane peti- 
tio pro parte vestra nobis exhibita continebat quod ex eo quod con- 
dam Bernardus Arnaldi Embrini, laicus de Limoso, Narbonen. 
diocesis, avus paternus vester, post suum obitum iam sunt se- 
ptuaginta quinque anni elapsi vel circa super heretica pravitate 
delatus per.. inquisitorem pravitatis predicte auctoritate aposto- 
lica tunc in illis partibus deputatum asserentem dictum Bernar- 
dum impenitentem et inconfessum de pravitate huiusmodi deces- 
sisse de labe pravitatis predicte sentencialiter extitit condem- 
pnatus ^, vos utpote nepotes ipsius per paternam lineam descen- 
dentes a beneficiis ecclesiasticis et publicis ofTiciis propterea ti- 
mentes excludi ^, nobis humiliter supplicastis ut vobiscum super 
premissis misericorditer agere dignaremur. Nos igitur attendentes 
quod, sicut dilecti filii.. ministri domus de Limoso, ordinis sancte 
Trinitatis et Captivorum, dicte diocesis, testimonio fidedigno per- 
cepimus, in ordine vestro laudabiliter vos geritis.. quod ... possi- 
tis admitti ad ofTicia prelibata et administrationes vestri ordinis 
supradicti vobiscum... dispensamus. Nulli ergo, etc. — Datum 
Avinioni, xiiii kalendas ianuarii, anno quintodecimo. 

1. Limoux (Aude), chef-lieu d'arrondissement. 

2. Les Embrin de Lmoux etaient une famille d'heretiques. Un Bernard 
Embrin aurait^ des 1263, du accomplir un voyage outre-mer par suite d'une cori- 
damnation de rinquisition de Carcassonne. Mais, deja avance en age et malade, 
il n'avait pu s'acquitter personnellement de cette obligation. Ses freres, Arnaud 
et Bernard-Arnaud, presses de payer la dette fraternelle, en refererent au pape 
Urbain IV, qui, le 28 mars 1263, somma les inquisiteurs de ne plus les inquieter 
a cet endroit. Doat, t. xxxi, fol. 283. 

La bulle de Jean XXII nous apprend qu'un Bernard-Arnaud Embrin, grand- 
pere des trois religieux trinitaires (et qui serait different de celui dont il vient 
d'etre question si, en 1330, soixante-quinze annees separaient ses petits»fils de 
Tepoque de sa mort), avait ete condamne comme heretique impenitent apres 
son deces. La sentence d'exhumation de ses restes fut-elle executee immediate- 
ment ? Je ne sais. Toujours est-il que, le 3 decembre 1318, les inquisiteurs Jean 
de Beaune, Bertrand d'Auriac, Hugues de Badefol, les eveques de Castres, de 
Pamiers et d'Alet prononcerent une peine semblable contre un autre Bernard- 



' JEAN XXII ICI 

Arndud Embrin. Les termes de la bulle de Jean XXII ne permettent pas d'iden- 
tincr ce dernier avec raieul des moines de Limoux. Doat, t. xxxii, fol. 113, 
Vidimus de 1331. 

Enfin un Arnaud Embrin, de Limoux, heretique rclaps, fut livre au nras 
soculier, le 18 decembre 1300, par sentence de rinquisiteur Nicolas d'Abbeville, 
des eveques de Beziers, de Maguelonnc, d'Elne et de Pamiers. Lmc. cil., et 
Mahul, CarluL, t. v, p. 629, 641. 

3. Voir sur cette exclusion n. 68, note 2. 



— 107 bis — 

Retractalion et ahjuration de jrere Veran Boyre, de Grasse, frati- 
celle, de\'ant le pape Jean XXII et devant trois cardinaux commis- 
saires. Sa reconciliation par Jacques Fournier, cardinal de Sainte- 
Prisque. — Avignon, 20 decembre 1330. 

Diversorum Miacellan., armar. xxxiv, t. ii, fol. 17 v». 

Confessio et abjuratio fratris Verani. In nomine Domini, amen. 
Anno a Nativitatc ejusdem millesimo CCC** XXX®, die xx men- 
sis decemhris, indictione xiii, pontificatus sanctissimi patris 
in Christo et domini nostri domini lohannis divina providentia 
pape XXII, anno XV°, in mei publici notarii et testium subscri- 
ptorum presentia personaliter constitutus, Avinione, inpapalipa- 
latio, coram reverendis patribus in Christo dominis cardinalibus 
infrascriptis, frater Veranus Boyre *, ordinis fratrum minorum, 
non coactus, nec compulsus, sed gratis et sponte legit ibi quan- 
dam sedulam papiream manu sua propria ibidem scriptam, et 
contenta in dicta sedula dixit et asseruit die date presentis in- 
strumenti coram prefato domino nostro summo pontifice dixisse 
iterum et se confessum fuisse. 

Tenor vero dicte sedule dicitur esse talis : Ego, frater Veranus 
Boyre, constitutus in presentia sanctissimi in Christo patris et 
domini, domini lohannis Dei gratia pape XXII, ad cor rediens 
confiteor quod tam ex diabolica sucgestione quam ex fatua ac 
dementi informatione in tanta rebellione contra sanctitatem pre- 
dicti domini perstiti usque modo; nunc vero, ex informationc 
sollempnium dominorum tam cardinalium quam aliorum confi- 
teor ipsum Ecclesie verum sanctum et catholicam papam, ac 

BULLAIRE - 11 



162 BULLAIRE DE L*INQUISITION FRANgAISE 

sponsum legitimum, ac unicum Ecclesie sancte Dei, et vicarium 
Jeshu Christi; et constitutiones suas, quarum una incipit : Adcon- 
ditorem canonum, alia : Cum inter nonnullos, et alia : Quia quo- 
rumdam, confiteor sanctas, catholicas atque iustas et quod con- 
tinetur in eisdem esse catholicum, credo et teneo catholicum; 
quod vero continetur in eisdem esse hereticum, credo et teneo 
hereticum : presertim quod sententiatur ibi de proprio et comuni 
Christi et apostolorum, et si quid dixi oppositum, in quantum 
dixi oppositum revoco, paratus etiam hec et alia abiurare que 
predictus dominus duxerit abiuranda, petens misericordiam ab 
eodem domino sicut ab illo qui est claviger regni celestis, a quo 
non dubito optinere veniam quodadmodum importune et cum 
lacrimis, sicut (a) Maria Magdalena a domino Jeshu Christo. 

Postque ibidem dictus frater Veranus, de Grassa ^ oriundus, 
ordinem fratrum minorum professus, constitutus in iudicio 
personaliter coram reverendis patribus dominis Dei gratia 
Bertrando, episcopo Tusculano ^, Jacobo *, tituli Sancte Prisce 
presbitero, et Bertrando ^, Sancte Marie in Aquiro diacono 
cardinalibus, quibus sanctissimus in Christo pater et dominus 
noster predictus super hoc comiserat vices suas, sponte, 
tactis per ipsum fratrem corporaliter sanctis IIII*^'* Dei euvan- 
geliis coram eo positis, abiuravit hereses infrascriptas, quas 
dudum in iudicio et extra confessus fuit credidisse, docuisse, 
asseruisse, tenuisse et pertinaciter tanto tempore defPendisse : 
videlicet illam que asserit quod Redemptori nostro Domino 
Jeshu Christo eiusque apostolis in hiis que ipsos habuisse 
Scriptura sacra testatur nequaquam ius ipsis utendi aut consu- 
meildi competierit, nec illa vendendi seu donandi ius habuerunt, 
aut ex ipsis alia acquirendi, que tamen ipsos de premissis fecissc 
Scriptura sacra testatur, seu ipsos potuisse facere supponit aperte. 
Et etiam illam que asserit Dominum nostrum Jeshum Christum 
et apostolos eius nullum ius habuisse in rebus temporalibus qui- 
bus usi sunt vel usi fuisse leguntur, quo possent illas res iure suo 
consumare, dare, vendere, emere vel alias iuste alienare in quos- 
cumque, nec in proprio nec in comuni nisi simplicem facti usum. 
Et illam que asserit quod constitutiones domini nostri pape su- 
pradicti, Cum inter nonnullos, Quia quorumdam, et Ad conditorem 
canonum, in quibus contrarium determinatur, sunt heretice quoad 



(o) Heg. : nec. 



f 



JEAN XXll 163 

predicta et quedam alia in eis contenta; et quod idem dominus 
noster papa ab illo tempore citra quo dictas constitutiones fecit 
fuit factus hereticus, et quod ex tunc quicquid constituit et in- 
stituit ut papa fuit nullumj irritum et inane; articulosque omnes 
alios contentos in sua confessione facta coram dictis dominis 
cardinalibus quos idem dominus noster papa iudicavit vel iudi- 
cabit hereticos esse, et erroneos, vel blasfemos, aut scismaticos 
contra fidem Domini nostri Jeshu Christi, vel contra illam quam 
tenet et docet sancta romana Ecclesia, quas hereses elarticulos 
aliquo tempore, ut predictum est, tenuit pertinaciter et deflendit, 
ft generaliter omnem heresim extollentem se adversus scientiam 
Dei et fidem Domini nostri Jeshu Christi etsancte romane Eccle- 
sie; necnon etiam et omnem favorem, receptationem et deffen- 
sionem, ac participationem hereticorum, sub pena que de iure 
debetur relapsis in heresim in iudicio abiuratam. Item iuravit 
atque promisit pro posse suo persequi hereticos cuiuscumque 
secte dampnate, et specialiter secte illorum qui tenent dictos arti- 
culos in dicta sua confessione contentos, et credentes, fautores, 
receptatores, et defensores eorum, et etiam illos quos sciret vel 
•Tederet pro facto heresis fugitivos et quemlibet predictorum, 
oosque facere capi et reddi pro posse suo dicto domino nostro 
pape, vel episcopis et inquisitoribus heretice pravitatis, quando- 
cumque et ubicumque sciverit esse predictos vel aliquem eorum- 
dem. Item iuravit atque promisit se tenere et servare ac defTen - 
dere fidem catholicam quam sancta mater Ecclesia et idem domi- 
nus papa predicat et observat. Item iuravit et promisit obedire 
et parere mandatis Ecclesie et dicti domini nostri pape, episco- 
porum et inquisitorum, et venire ad diem et dies coram ipsis, 
vel eorum locatenentibus quandocumque et quocienscumque 
niandalus seu requisitus fuerit ab eis per nuncium, vel litteram, 
aut alias et numquam fugere, nec se scienter et contumaciter 
absentare, ac suscipere et complere pro posse suo penam seu peni- 
tentiam quam sibi duxerint iniungendam. Et ad hoc obligavit 
se ipsum. Qua abiuratione per eum facta petiit humiliter se ab- 
solvi a sententiis excommunicationum quas incurrerat propter 
credentiam et defTensionem pertinacem predictarum heresum, et 
fautoriam heretice pravitatis. Et ibidem fuit per dictum dominum 
Jacobum, de voluntate et assensu, ac in presentia aliorum domi- 
norum cardinaliuni predictorum, qui eidem super hoc comise- 
ranl vices suas, a dictis sententiis excommunicationum absolutus 



164 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FnANQAlSE 

in forma Ecclesie in talibtis observari consueta, et reincorporatus 
ecclesiastice unitati. Acta fuerunt hec anno, indictione, die, loco 
et pontificatu predictis, presentibus venerabili patre domino fratre 
Ramundo ® episcopo Venciensi, domino Arnaldo Barte, canonico 
ecclesie Montisregalis'', Carcassonensis diocesis, et Guillelmo de Bo- 
laresio, hostiario dominipape, ad hec vocatis specialiter et rogatis. 
Et ego Guillelmus de Petrilia, diocesis Caturcensis, Camere 
domini pape clericus, auctoritate apostolica publicus notarius, 
predictis confessioni, abiurationi, absolutioni, et omnibus ahis 
suprascriptis interfui et presens instrumentum de mandato di- 
ctorum dominorum cardinalium propria manu scripsi, et requi- 
situs in publicam formam redegi meoque signo solito consignavi. 

1. Le 21 octobre 1329, le pape avait donne ordre au gardien du couvent 
des freres mineurs de Grasse de faire conduire ce religieux a Avignon, sous bonne 
garde. Guy Fulcosii, prevot du chapitre de Grasse et chapelain du pape, avait 
ete charge de veiller a la prompte execution de cet ordre. Voici le texte des deux 
brefs de Jean XXII : 

Reg. Vat., t. cxv, fol. 212, n. 2119. 

Magistro Guillelmo Fulcosii, preposito ccclesie Grassensis, capellano nostro. 
— Que venerabili fratri nostro Amelio, episcopo Castrensi, scribere curavisti 
vidimus et intelleximus diligenter, sedulam itaque dihgenciam per te super hiis 
adhibitam, ac fidelitatem quam ad nos et Ecclesiam ex hoc te gerere pretendisti 
plurimum in Domino commendantes, tuam prudentiam exhortamur, quatinus 
sic ordinare prociires quod ille de quo scripsisti liberum volatum non habeat, 
sed ad nostram dmnino presenciam adducatur; credimus siquidem quod iam 
ilHus superior illuc pro premissis miserit adimplendis ; quod si forsan non fecerit, 
ecce dilecto filio.. Gardiano fratrum minorum Grassensium per nostras quas 
per te sibi presentari volumus litteras scribimus ut eum per se, vel alium, seu 
alios, sub secura custodia ducere ad dictam presenciam non omittat. Super 
quibus per eumdem Gardianum ut sibi scribimus exequendis curet tua pruden- 
cia operosam solicitudinem adhibere. — Datum Avinioni, xii kalendas no- 
vembris, anno XIV. 

Reg. Vat., t. xcv, fol. 212, n. 2120. 

Gardiano fratrum minorum Grassensium. — Cum Veranum Boyre, ordinis 
fratrum minorum, certis ex causis velimus nostro conspectui presentari, di- 
scretioni tue in virtute sancte obedientie ac sub excommunicationis pena, quam 
te incurrere volumus ipso facto, si te negligentem in hac parte vel remissura 
reddideris, districtius precipiendo mandamus quatinus eumdem Veranum per 
te, vel ahum, seu alios, ad nostram adducere presenciam sub secura custodia 
non postponas, te taUter super hiis habiturus, quin pocius de diHgencia et obe- 
diencia commendari valeas quam de negHgencia reprehendi. — Datum Avi- 
nioni, xii kalendas novembris, anno XIV. 



I 



JEAN XXII 165 

2. Grasse (Alpes-Maritimes). 

3. Bertrand de la Tour, ord. min., cardinal du titre de Saint-Vital, le 19 ou 
20 decembre 1320; eveque de Tusculum en 1323, mort en 1332. 

4. Jacques Fournier; voir u. 24, note 1. 

5. Bertrand de Montfav^s; voir n. 67, note 1. 

6. Raimond, ord. min., ev^que de Vintimille, le 26 novembre 1320; tran«- 
fere a Vence, le 6 septembre 1328. Eubel, Ilierarchia, t. i, p. 550, 560. 

7. Montreal (Aude), arrond. de Carcassonne. 



— 108 — 

Le pape ahsout ad cautelam Vei^eque de Majorque, qui a admis 
a sa table le franciscain Bernard Fustier^ pre^>enu d^heresiedei>ant 
le trihunal d^Inquisition de Majorque, durant Vinstruction du 
proces. — Avignon, 16 fevrier 1331. 

lieg. Vat., t. xcviii, fol. 404, n. 956. 

Guidoni, episcopo Majoricensi ^. Sincere devotionis affectus ... 
Sane petitio tua nobis exhibita continebat quod dudum cum 
coram teet dilecto filio Francisco Sale*, ordinis fr. predicatorum, 
locumtenente dilecti filii .. ' inquisitoris heretice pravitatis in terris 
carissimi in Christo filii nostri .. * regis Maioricarum illustris, Ber- 
nardus Fusterii, ordinis fratrum minorum, super facto fidei de- 
latus fuisset et apud eum multe reperte fuissent littere multas et 
patentes hereses continentes quarum plures sibi miserat quidam 
civis Gorunden., tu et dictus Franciscus eisdem litteris habitis 
circa materiam lilterarum ipsarum in generali triginta duo 
capitula et circa quamlibet litterarum ipsarum etiam in speciali 
certa capitula formavistis, prout materia et errores in eis contenti 
exigebant et prout vobis visum fuerit expedire. Et postmodum 
super predictis capitulis inquisivistis contra Bernardum predi- 
ctum ^ recipiendo eius confessionem pernotarium publicum coram 
pluribus religiosls et aliis personis honestis et peritis; sicque pro- 
cessu huiusmodi adhuc penes predictum notarium existente nec 
per vos habito nec aliter viso, cum propter brevitatem temporis 
non potuisset a notario transcribi, nec etiam copiari, necdum 
habita per vos coUatione etiam de confessioiiibus dicti Bernardi 
que fuerunl plures, varic et prolixe, quadam die de consilio plu- 



166 ^ BULLAIRE DE L*INQUISlTION FRANgAlSE 

rium sapientum, tu et dictus locumtenens eundem Bernardum 
in tua episcopali domo detineri fecistis ne posset de eius fuga 
periculum imminere, et tunc illa die, semel duntaxat dictus 
Bernardus in publico palatio tuo episcopali publice et mani- 
feste vobis et pluribus aliis etiam de familia tua presentibiis 
et comedentibus in mensa tua comedit. Adhuc enim non consta- 
bat ex processus examinatione predicti nec ex dictarum con- 
fessionum coUatione, cum nondum fecissetis eandem, nec etiam 
inquisitio tunc completa esset, sicut nec adhuc existit, an dictus 
Bernardus esset fautor hereticorum aut hereticus excommunicatus, 
licet suspectus super hiis haberetur. Deinde vero post aliquot 
dies de mandato vestro dictus Bernardus qui prius in quadam 
honesta camera detinebatur inclusus fuit carcerali custodie usque 
ad remissionem de eo postmodum ad nos factam detentus ct 
etiam mancipatus. Quare tu nobis humiliter supplicasti ut cum 
dictus Bernardus ad palatium et mensam predicta non fuerit 
per vos in ipsius favorem admissus, nec circa inquisitionern 
huiusmodi fuerit aliquid de contingentibus pretermissum, nc 
tamen pretextu admissionis huiusmodi contra te possit de 
facto aliquid impingi per emulos malignantes providere tibi 
super hoc de oportuno remedio paterna diligentia dignare- 
mur. Licet igitur pateat ex predictis quod nullus favor eidem 
Bernardo in heresi vel sicut heretico per predicta videtur impensus, 
ct ob hoc non videaris super hoc aliquo remedio indigere, nos 
tamen ut contra te super hoc obloquentium ora claudantur, te 
ab omni reatu quod ex predictis incurrere potuisses de apostolicc 
potestatis plenitudine ad cautelam absolvimus, tecumque supra 
hiis etiam dispensamus» Nulli ergo, etc, nostre absolutionis et di- 
spensationis infringere, etc. — Datum Avinioni, xiiii kalendas 
martii, anno quintodecimo. 

1. Gui de 'Terrena; voir n. 125 bis, note 1. 

2. FranQois Sala est au nombre des etudiants du couvent des freres precheurs 
de Majorque, mentionnes par les actes du chapitre dc la province d'Espague, 
tenu a Barcelone en 1299. Douais^ Acta capitulorum provincialium ord. prae- 
dic, Toulouse, 1892, p. 646. 

3. Raymond Dur, qui etait inquisiteur du royaurae de Majorque en 1333, 
ou bien P. Firmatii, qui Ta ete apres 1329. Voir n. 96, note 2. 

4. Jayme II; cf. n. 99, note 1. 

5. Cette enquete remontait a plusieurs annees. Le pape, informe du fait, 
voulut avoir communication des dossiers et on les hii remit. Mais il ne se pressait 
pas d'en faire ]'examen et de statuer sur le sort de linculpe. Pendant ce temp 



JEAN XXII 167 

telui-ci laiiguissait dans les cachots de rinquisition. Le roi d'Ar;igon Jayme II 
s'emut de ces lcnteurs et ecrivit au cardinal Napoleon Orsini pour qu'il attirat 
l'atlention du pape sur cette affaire. Gui de Terrena, eveque de Majorque, lors 
d'un voyagc a Avignon, se permit aussi d'insister pour que Ton se souvint enfin 
de Bernard Fustier. Mais le pape remettait toujours a plus lard sa decision. 
Finke, Acta Aragonensia, Berlin, 1908, t. ii, p. 796-797. Enfin, Bernard Fustier 
fut conduit a Avignon, vers la fin de 1326 ou au commencement de 1327. Le 
5 decembre 1326, Jean XXII donna un sauf-conduit a ceux qui devaient Tac- 
compagner. Eubel, Bull., t. v, n. 639. On ignore Fissue du proces. 



— 109 — 

Le pape a regu la plainte de mailre Jean Anselnie de Genes, 
chirurgien, contre Veveque de Paris et V inquisiteur de France. Ceux- 
ci, Vayant faussement accuse d*heresie etde sortilege, Vont detenu 
pendant longtemps dans leur prison, puis, au mepris des conseils 
de jurisconsultes eminents, Vont condamne, comme parjure, d etre 
hanni et d faire le pelerinage de Saint-Jacques de Compostellc, 
d jeuner, sept ans durant, tous les vendredis au pain et d Veau, et d 
payer une amende de 100 livres parisis. Ils lui ont, au prealahle, 
extorquc par la force le serment de ne point faire appel de leur sen- 
tence injuste. Mais le malheureux, dclii're de ses chaines, a recouru 
au pape. Celui-ci ordonne d Veveque et d V inquisiteur de faire exe- 
cuter par leurs notaires une copie authentique des actes de ce proces 
et de Venvoyer au Saint-Siege avant deux mois. — Avignon, 14 mars 
1331. 

Reg. Aven., t. xxxviii, fol. 704; Reg. Vat., t. c, n. 723. 

Venerabili fratri.. ^ episcopo Parisien. ct dilecto filio Auberto 
de Cathalauno ^, ordinis fratrum predicatorum, inquisitori here- 
lice pravitalis in regno Francie aucloritate apostolica deputato, 
salutem, etc. — Gravem dilecti filii magistri Johannis Anselmi de 
Janua, cyrurglci laici, olim Parisius commorantis, querelam recc- 
pimus contincnlcm quod vos miiius veraciter asserentes eundem 
in crimine sortilegii deliquisse sibique aliqua herelica, seu here- 
sim sapientia imponentes ex arupto, nulla contra ipsum super 
premissis infaniia precedente, nuUoque iuris ordine observato, 
omnique deffensione legitima sibi penitus denegata contra ipsum 
inquisivistis ct processum fecisti [s] super premissis et corum 



1G8 BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

occasione perperam, indebite et iniuste eum que per multa tem- 
pora detinuistis carceri mancipatum; eoque ab excommunicationis 
sententia quam eum pretendebatis propterea incurrisse, primitus 
absoluto, contra ipsum, spreto consilio quamplurium magistro- 
rum in sacra pagina et decretis universitatis Parisien. et aliorum 
iurisperitorum, quamvis ad hoc per vos fuisset eorum consilium 
requisitum, sententiam promulgastis iniquam,i psum per dictam 
sententiam declarando periurum, eumque a toto regno Francie 
baniendo, sibique imponendo quod ad sanctum Jacobum ^ pere- 
gre proficisci, et quod in pane et aqua singnlis se:^tis feriis usque 
ad septem annos debeat ieiunare, ipsumque ad solvendum nobis 
(sic) centum libras bonorum Parisiensium condempnastis, 
sibique plura alia gravamina et iniurias multiplices inferendo; 
receptis postmodum ab eodem ante et post prefatam sententiam 
per vim et metum nichilominus iuramentis, quod de vobis quere- 
lam non deponeret, nec reclamaret, nec impugnaret sententiam 
memoratam; et de quibusdam aliis non faciendis vel non dicen- 
dis et aliquibus faciendis et dicendis per eum prout nobis (sic) 
illa libuit ab eodem quem tenebatis in durissimo carcere extor- 
quere; postque relaxastis eundem a carcere prelibato. Quare pre- 
fatus magister Johannes super premissis ad apostolicam Sedem 
recurrens nobis humiliter supplicari {sic) ut cum huiusmodi 
inquisitio, sententia et processus perperam facti et lati fuerint 
contra eum et pro parte ipsius fuerit propterea ad nostram 
audientiam sicut asserit apellatum, dictaque iuramenta inique 
vi et metu extorta fuerint ab eodem ac Inquisitionis sententie 
ac processus predictorum copiam per eum petitam pro 
deffentione sua non potuerit nec possit habere, predicta 
iuramenta relaxare, si relaxatione indigeant ac causam seu 
causas nullitatis, iniquitatis, et iniustitie inquisitionis et sen- 
tentie ac processus predictorum ac appellationis prefate ac 
etiam negotii principalis in romana curia audiendas et deci- 
dendas committere dignaremur; non obstante quod huiusmodi 
cause non sint de sui natura in dicta curia pertractande. 
Quocirca discretioni vestre per apostolica scripta mandamus 
qnatinus vos vel alter vestrum cui presentes littere fuerint 
presentate huiusmodi inquisitionem et sententiam, omnesque 
processus per vos habitos super premissis fideliter per nota- 
rios publicos per vos in prefatis inquisitione et sententia ac 
processibus dudum adhibitos in scriptis redactos sub vestris 



JEAN XXII 169 

inrlusos sijriHis infra duorum mensium spatium a receptione 
presentium computandum nobis per proprium nuntium destinare 
curetis *. Et si forte volueritis vel vestra crederitis interesse 
aliquam vel aliquas personam seu personas super predictis in- 
structas ad nostram presentiam destinetis; diem vero receptionis 
presentium et remissionis inquisitionis et sententie ac processus 
predictorum nobis per vestras litteras harum seriem continentes 
fideliter intimare curetis. — Datum Avinioni, ii idus martii, 
anno quintodecimo. 

1. Hugues Michel de Besau^on; voir ii. 92, aote 1. 

2. Voir n. 89, note 2. 

3. Saint-Jacques do Galice, Tun des grands p^lerinages. 

4. Le pape accuse reception de ces pieces le 14 juiii (n. 111). 



— iiO — 



Le pape prescrit les memes mesures d Vendroil de Reginald de 
Cravant, clerc du diocdse d*Auxerre, faussement accuse d* heresie et 
de malefices et condamne par Vei'eque de Paris et V inquisileur aux 
memes peines que le precedent. — Avignon, 14 mars 1331. 

Reg. Aven., t. xxxviii, fol. 704; Reg. Vat., t. c, n. 725. 

Venerabili fratri episcopo Parisien. et dilecto filio Auberto de 
Catalauno, ordinis fratrum predicatorum, inquisitori heretice pra- 
vitatis in regno Francie auctoritate apostolica deputato, salutem, 
etc. — Gravem dilecti filii magistri Reginaldi de Crebanno *, cle- 
rici Autissiodoren. dyocesis, querelam recepimus continentem 
quod vos imponentes eidem quod ipse retulerat cuidam nobili 
cuius tunc consiliarius existebat, eundem nobilem sic maleficia- 
tum existeret, prout, ex assertione magistri Johannis Anselmi 
de Janua cirurgici tunc Parisius commorantis, habentis (?) a 
quodam tercio eidem magistro Reginaldo totaliter incognito 
perceperat, quod idem nobilis ad cognoscendum uxorem suam 
erat impotens nec poterat velle vel pati quod ille qui prefata 
maleficia fecerat puniretur; et quod etiam idem nobilis non 
poterat velle vel nolle contra formalem voluntatem cuiusdarn 



170 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANQAISE 

consiliarii sui; quodque idem magister Reginaldus commiserat 
sacrilegia expresse heresim sapientia : ex arupto, nuUa contra 
ipsum super premissis infamia precedente, nulloque iuris ordine 
observato omnique deflentione legitima sibi penitus denegata; 
postquam ipsius bona omnia arestari fecislis, sicut et adhuc 
illa dilecti filii.. decanus et capitulum ecclesie Autisiodoren., 
et camerarius, ac maior de Crebanno, et Guillelmus Budini, 
armiger, eiusdem Autissiodoren, dyocesis, ac. .^ prepositusregius 
Parisien. pretextu quorumdam sententie et processuum per vos 
contra dictum magistrum Reginaldum habitorum de facto reti- 
nent arestata, eum per sex menscs cum dimidio captivum incru- 
deli carcere terribili tenuistis, eoque ab excommunicationis 
sententia quam eum pretendebat propterea incurrisse primitus 
absoluto, sententiam contra eum, spreto consilio quamplurium 
magistrorum in sacra pagina et decretis Universitatis Parisien. et 
aliorum iurisperitorum, quamvis ad hoc fuisset per vos eoruni 
consilium requisitum, promulgastis iniquam ipsum per dictam sen- 
tentiam declarando periurum, eumque a toto regno Francie ban- 
niendo, sibique imponendo quod ad sanctum Nicholaum de Baro ^ 
peregre proficisci[e^c., comme ci-dessus jusqu^d]mierendo. Quas qui- 
dem centum libras Parisiensium ab eo priusquam ipsuni relaxaretis 
ad (sic) dicto carcere extorsistis; receptis ab eo ante et post 
prefatam sententiam [etc, comme ci-dessus jusqud] extorquere; 
postque eum a dicto carcere relaxastis. A quibus quidem senteii- 
tia et processibus pro parte dicti magistri Reginaldi quamcito ct 
prout fuit sibi tutum et possibile extitit ad Sedem apostolicam 
apellatum. Quare dictus magister Reginaldus nobis humiliter 
supplicavit ut causas appellationis huiusmodi et negotii princi- 
palis ac nullitatis seu iniusticie sententie huiusmodi et processum 
(sic) per vos in premissis habitorum inromana curia audiendaset 
decidendas, non obstante quod de sui natura non sint in dicta 
curia pertractande, comittere dignaremur. Quocirca [elc, comme 
dans la precedente jusqu^d la fin]. — Datum Avinioni, ii idus 
marcii, anno quintodecimo. 

1. Cravanl (Yonne), arrond. d'Auxerre, cant. de Vermanton. 

2. La prevote de Paris eut pour titulaire Hugues de Crusy jusqu'au 19 no- 
vembre 1330, date a laquelle elle fut confiee a Jean Milon, qui la garda jus- 
qu'au 13 avril 1334. De Mas-Latrie, op. cit., col. 2186. 

3. Saint-Nicolas de Bari^ en Italie. 



JEAN XXII 171 



— iil — 



Le pape accuse reception des acles des proces de Reginald de Cra- 
yant et de Jcan de Genes quilui ont ete reniis au noni deVcveque de 
Paris et de Vinquisiteur de France. — Avignon, 14 juin 1331 ^. 
Reg. Vat., t. cxvi, fol. 61 v», a. 172. 

Hugoni episcopo Parisien. et Arberto de Cathalauno, ordinis 
fratruni predicatorum, iniiuisitori heretiee pravitatis in regno 
Francie auctoritate apostolica deputato. — Cum pridem per 
diversas nostras litteras vobis ex certis causis ad hoc nos moven- 
tibus dederimus in mandatis ut inquisitionem et sententiam ac 
omnes processus per vos contra Reginaldum de Crebano et Johan- 
iiem de Janua, cirurgicum, habitos nobis mitlere curaretis, scire 
vos volumus quod dilectus filius Egidius dc Ulcheyo, canonicus 
ecclesie sancti Martini de Campellis in Bria *, Parisien. diocesis, 
nuncius vester, diversos rotulos eonlinentes, ut in eis legebatur, 
inquisitionem et sententias et processus adversus predictos Regi- 
naldum et Johannem per vos ut prefertur habitos pro parte vc- 
stra nostro Apostolatui presentavit. — Dutuni xviii kalendas 
iulii, anno XV. 

1. Voir les deux buUes precedeutcs. 

2. Champeaux (Seine-et-Marue), arrond. de Melun, cant. de Mornant. 



— iii bis — 

Aveux et retractation de Raphael Suppa, fraticelle, devant le pape 
Jean XXII ; son absolution et sa reconciliation. — Avignon, 
14 juin 1331. 

Diversorum MisceU., armar. XXXIV, t. ii, fol. 33. 

Instrumentuni absolutionis jratris Raphaelis de Suppa. — 
In noinine Domini, amen. Anno a Nativitate eiusdem millesimo 
CCCo XXXI®, indictione xiiii, die mensisiunii xiiii, pontificatus 
sanctissimi patris et domini nostri domini Johannis divina pro- 
videntia pape XXII, anno XV, in mei notarii et testium sub- 
scriptorum presentia, Avinione, in palatio apostolico in consisto- 



172 BULLAIRE DE l'inQUISITION FRANQAISE 

rio publico coramprefato domino nostro summo pontifice et sacro 
collegio reverendorum patrum in Christo dominorum sancte ro- 
mane Ecclesie cardinalium personaliter constitutus frater Raphael 
Suppa, de Janua, ordinis fratrum minorum, quamdam papiri 
cedulam legit coram domino nostro papa et collegio predictis,. 
formam que sequitur continentem : 

Pater beatissime, ego non sum litteratus multum, nec fui secu" 
tus studia, et ideo, licet credam firmiter et confitear simplicitei 
omnia que credit et confitetur sancta romana Ecclesia. nescirei 
tamen ipsa omnia per sermonem explicare; quicquid tamen sit d< 
omnibus, duos tamen articulos qui continentur in quadam decre* 
tali Sanctitatis Vestre que incipit : Cum inter nonnullos, ego cord< 
credo firmiter et ore confiteor simpliciter esse veros, sanctos et 
catholicos, quorum primus dicit quod asserere pertinaciter Chri- 
stum redemptorem nostrum eiusque apostolos non habuisse in ho( 
mundo in specialinec etiam in comuni hereticum est sensendumj 
cum Scriptura sacra, que in omni parte sua veritatem continet e1 
per quam veritatis catholice probantur articuli, oppositum astrual 
ovidenter. Pater sanctissime, ego credo firmissime hereticam ess< 
huiusmodi assersionem. Secundus articulus dicit quod assererc 
pertinaciter Christum redemptorem nostrum eiusque apostolos 
in rebus quibus utebantur in hoc mundo non habuisse aliquoc 
ius utendi, vendendi, seu donandi, ac ex ipsis aliqua alia acqui-' 
rendi, hereticum est sensendum; quia tunc sequeretur quod usui 
eorum fuisset iniustus, eo quod sine iure fuissent usi, quoi 
specialiter de Christo nefas est sentire. Pater sanCtissime, eg( 
credo firmissime hereticam esse huiusmodi assertionem et eg( 
oppositum teneo, et semper promitto me tenere. Pater beatis^ 
sime, verum est (fuod ego adhesi Michaeli de Sezena, non tamen e: 
(juo scivi eum fuisse depositum ab ofTicio per Sanctitatem Vestrami 
et exhibui ei reverentiam sicut generali ministro; numquam ta^ 
men favi sibi in sua heresi. Adhesi etiam Bavaro heretico et pei 
Sanctitatem Vestram de heresi dampnato, exhibuique ei reveren'; 
tiam sicut imperatori; numquam tamen favi sibi in sua heresij 
nec umquam credidi ipsum fuisse verum imperatorem, quia noi 
erat confirmatus per Sanctitatem Vestram. Item adhesi Petrc 
de Corvaria, sismatico et heresiarche, exhibuique ei reverentiai 
sicut pape; num([uam tamen favi sibi in sua heresi, nec umquam 
credidi ipsum esse verum papam. Unde, Pater sanctissime, ego 
dampno omnium istorum hereses, et quia eis fuvi qui erant 



JEAN xxn 173 

heretici, quamvis ego non scirem eos esse hereticos, recognosco 
me esse culpabilem et peto veniam et misericordiam Vestre San- 
ctitatis et sum paratus iurare ad sancta Die euvangelia numquam 
alicui de istis me prestare consilium, auxilium vel favorem, donec 
redierint ad sancte romane Ecclesie unitatem. 

Qua quidem cedula per eumdem fratrem Raphaelem integra- 
liter lecta et per dominum nostrum papam bcnigne audita, idem 
frater ante pedes Sanctitatis eiusdem domini nostri pape humi- 
liter prostratus flexis genibus iuravit capitula infrascripta. In 
primis iuravit ad sancta Deieuvangelia corporaliterlibro tacto, se 
tenere iidem et tenuisse et credere et tenere quod docet et tenet 
sancta mater Ecclesia. Et credidit et credit quod non spectat ad 
imperatorem papam deponere et alium facere; sed hoc hereticum 
reputat et heresim per Ecclesiam dampnatam. Itemiuravit stare 
et parere mandatis Ecclesie et domini nostri pape super illatis 
iniuriis, contumaciis, rebellionibus, fautoriis et aliis implicite 
vel explicite per eum confessatis et non confessatis, et ceteris sen- 
tentiis quas incurrit ab homine vel a iure propter premissa vel 
ea tangentia. Item iuravit et promisit domino nostro summo 
pontifici et successoribus suis canonice intrantibus fidelitatem, 
obcdientiam et reverentiam debitas. Item iuravit et promisit 
quod non erit cum Bavaro, nec cum Petro de Corvaria, nec cum 
aiiis hereticis seu scismaticis, nec eorum sequacibus per Ecclesiam 
(lenotatis, vel denotandis, nec eis auxilium vel favorem dabit 
in futurum, directe vel indirecte, publice vel occulte, sed Ecclesie 
et domino nostro predicto et successoribus suis canonice intran- 
tibus fidelis erit. Item quod nulli obediet nec adherebit ut impe- 
ratori, seu admiiiistratori imperii, nisi ille primitus per Sedem 
apostolicam fuerit aprobatus. Item iuravit et promisit obliga- 
tionem, coniurationem, conspirationem, seu ligam non facere 
cum Bavaro dampnato, aut cum aliis dampnatis per dominum 
papam et sanctam matrem Ecclesiam, et factam si qua esset 
exnunc dimittit et abicit cum efTectu. 

Quibus articulis specifice ut premittitur iuratis, idem dominus 
noster papa more pii patris dictum fratrem Raphaelem miseri- 
cordiam et non iudicium postulantem a confessatis dictis, etreco- 
1,'nitis dumtaxal, ct in dicta cedula contentis et ab excommuni- 
cationis sententia et aliis penis et sententiis, quas propter premissa 
et ea tangentia per processus generales vel speciales contra 
rebelles Ecclesie factos incurrit, presencialiter absolvit, ipsum- 



174 BULLAIRE DE L*INQUISITION ^RANQAlSfi 

que habilitavit et restituit ad famam et statum pristinum et hono- 
res, et ad bona que prius legitime obtinebat, dum tamen per di- 
ctum dominum nostrum papam aut per alium de mandato ipsius 
super hoc potestatem habentem de ipsis bonis interim non sit 
aliud ordinatum, seu in eisdem bonis alteri ius quesitum; nec- 
non et super irregularitate contracta propter premissa vel ah- 
quod premissorum, dum tamen non in contemptum clavium, 
divinis se immiscuerit secum misericorditer dispensavit; hoc 
expresse per ipsum dominum nostrum papam adiecto et rettento 
quod si idem frater Raphael contra premissa iurata et promissa, 
vel aliquod eorum per se vel alium aliquid faceret vel contrave- 
niret, quod tunc in eisdem sententiis et penis quibus tenebatur 
antea, relabatur et reincidat eo ipso; et quod absolutio et habi- 
litatio et dispensatio antedicte sint casse, irrite et nullius roboris 
vel momenti; habeanturque premissa in favorem ipsius fratris 
Raphaelis facta et gesta extunc penitus pro infectis. 

Commisitque idem dominus noster papa reverendo patri in 
Christo domino Bertrando, episcopo Tusculano, ut eidem fratri 
Raphaeli pro premissis penas et peiiitencias imponeret salutares; 
de quibus omnibus et singulis, ut premittitur, actis et gestis 
prefatus dominus noster mandavit michi infrascripto notario ut 
inde facerem publicum instrumentum. 

Acta fuerunt hec anno, indictione, die, mense, pontificatu et 
loco quibus supra, presentibus venerabilibus viris dominis Gas- 
berto, archiepiscopo Arelatensi, camerario, Bernardo Stephani, 
notario, Francone de Bort, milite, Hugone Ademarii, domicello, 
magistris hostiariis domini nostri pape, et aliorum fidelium mul- 
titudine copiosa, testibus ad premissa vocatis. Bt ego Guillelmus 
de Petrilia, Caturcensis diocesis, Camere domini pape clericus, 
auctoritate apostolica publicus notarius, dictis supplicationi, 
iuramentorum prestationi, absolutioni, dispensationi, commis- 
sioni et omnibus aliis supradictis una cum predictis testibus pro- 
sens fui et huic publico instrumento, manu Johannis Palaysini, 
clerici dicte Caturcensis diocesis, auctoritate apostolica notarii 
publici, vice mea scripto, me supscripsi et ipsum meo signo solito 
signavi requisitus. 



JEAN XXII 175 



— 412 



Jean XXII mande d Guillem Aslre ^, inquisiteur de Pro^ence, 
de poursuivre Vafjaire quil a entreprise et au sujet de laquelle il a 
consulte le pape. — Avignon, 5 aoilt 1331. 

Reg. Vat., \. cxvi, fol. 215, n. 914 ; Eubel, Bullar., n. 922 [in ext.). 

Guillelmo Aslre, ordinis fratrum minorum, inquisitori heretice 
pravitatis in provincia Provincie. — Negotium super quo... - — 
Datum nonis augusti, anno quintodecimo. 

1. N. ^9, note 3. 



— 113 — 



Le pape ordonne de restituer d Guillem Astre *, inquisiteur d*A^i- 
^non et autres lieux^ les maisons et logis construits d Vusage de 
V Inquisition et de ses archives, dans les dependances du couvent 
des franciscains d* Avignon^ et dans lesquels certains prelats ou reli- 
^ieux du meme ordre se sont indument instaUes en Vahsence des 
inquisiteurs. — Avignon, 9 octobre 1331. 

Reg. A^^en., t. xlii, fol. 218 v»; Heg. Vnl., i. ciii, n. 1502 ; Euhel, 
BuHar., n. 930 (m ext.). 

Ven. fratri .. * episcopo Cavallicen., et dilectis filiis .. decano 
Engolismen., ac. preposito Carpentoraten. ecclesiarum. — Si- 
gnificavit nobis dileclus. — Datum Avinioni, vii idus octobris, 
anno sextodecimo. 



1. N. /»9, note 3. 

2. GeofTroy Isnard, prevAt du chapitro d*Aix et medecin de Jean XXII; 
promu a Tevgche de Cavaillon, le 19 avril 1322; transfere a Riez, le 17 aout 
1334; mort le 26 juillet 1348. GaU. ctirisL, t. i, col. 405, 946 ; Albanes, GalUa 
christ. novits., t. i, col. 607-608; Eubel, Hier., t. i, p. 185. 



176 BULLAIRE DE L*INQUISlT]ON FRANQAISE 



— 144 — 

Jean XXII bldme le hailli de Briangonnais et le chdtelain de 
Queyras pour les obstacles quils mettent d Voewre de la poursuite 
des heretiques. II les somme en particulier de lii^rer d V inquisiteur 
ou d Vei^eque du lieu deux heretiques d qui ils accordent protection. 
— Avignon, 19 octobre 1331. 

Reg. VaL, t. cxvi, fol. 310, n. 1461. 

Trieto Boerii, bailivo Briansonesii^, et Johanni de Bellacumba, 
castellano Cadracii^, Ebredunen. diocesis. — Si attenderetis 
sedule et consideraretis attente penas quas canones irrogant hiis 
qui officium Inquisitionis impedire presumunt, credimus quod 
impedimenta vitaretis adhibere super hoc qualibet et impen- 
dere cum omni promptitudine auxilium, favorem et consilium 
curaretis. Sane quia sicut displicenter audivimus duos hereticos 
perfidos dicimini detinere captivos, eosque diocesano loci seu 
inquisitori eiusdem heretice pravitatis a Sede apostolica deputato, 
ne procedant contra ipsos, ut debent, recusatis tradere ab eis 
propterea requisiti, discretionem vestram requirimus et mone- 
mus attente vobis nichilominus salubri consilio suadentes qua- 
tiniis diocesano vel inquisitori predicto ad requisitionem ipsius 
predictos captivos absque mora qualibet assignetis, eos in 
suum carcerem pro executione sui officii sub fida vestra custodia 
deducentes. In hiis taliter vos habentes quod sententias evitare 
possitis et penas huiusmodi, nec minus de zelo catholice fidei 
ac obedientie debito valeatis merito commendari. — Datum xiiii 
kalendas novembris, anno XVF. 



1. Le BrianQOnnais comprenait les cantons modernes de Briangon, du Mone- 
tier, d'Aiguilles et de TArgentiere (Hautes-Alpes). Voir Roman, Dictionnaire 
topographique du dep. des Hautes-Alpes, Paris, 1884, p. 21. 

2. Mandement et chatellenie de Queyras dans le bailliage de BrianQonn ais; 
aujourd'hui, canton d'Aiguilles, arrond. de Brianyon (Hautes-Alpes). Roman, 
op. cit., p. 124. 



jEAN xxn 177 



— 415 



Le pape ordonne au provincial des dominicains de Toulouse de 
declarer que Berirand Boyer, frere du meme ordre, est apte d occuper 
les charges de son ordre et d produire les acles d^un bon religieux, 
nonobstant la condamnation pour heresie qui a frappe son grand- 
pere paternel, il y a environ soixante-dix ans, et trente ans a^ant la 
naissance de Bertrand. — Avignon, 20 octobre 1331. 

Reg. Aven., t. xl, fol. 330 v», n. 600. 

Dilecto filio . . ^ priori provinciali fratrum ordinis predicato- 
rum provincie Tholosane, salutem. — Petitio pro parte dilecti 
filii Bertrandi Boerii, ordinis fratrum predicatorum, nobis exhi- 
bita continebat quod . . quondam avus ipsius secundum paternam 
lineam propter contumaciam in causa fidei, elapsis iam septua- 
ginta annis vel circa, extitit tanquam hereticus condempnatus, 
et quod prefatus Bertrandus qui post triginta annos vel circiter 
a tempore condempnationis huiusmodi natus et tandem eundem 
ordinem ingressus extitit publica officia ipsius ordinis eidem 
imposita et alios actus legitimos exercuit, ignorans tunc tem- 
poris penas in filios, nepotes et alios ab hereticis descendentes 
in iure generaliter promulgatas * et quod ex quo de dictis penis 
ad ipsius pervenit notitiam ab executione publicorum ordinum 
totaliter se subtraxit. Quare pro parte ipsius Bertrandi fuit nobis 
humiliter supplicatum ut ne ipse occasione huiusmodi eidem or- 
dini reddatur onerosus vel quasi inutilis, cui prout etiam fidedi- 
ignorum testimonio percepimus potest in multis propter ipsius 
sufficientiam existere fructuosus, iuris impedimento semoto quod 
ipsum apprehendere noscitur, in premissis providere sibi super 
hoc de benignitate apostolica dignaremur. 

[Pontifex ergo dicto priori provinciali committit et mandat ut 
cum eodem Bertrando, qui per decem et septem annos et am- 
plius in eodem ordine professus extitit, dispenset ut officia publica 
et alios actus legitimos exercere possit.] 

Datum Avinioni, xiii kalendas novembris, anno sextodecimo. 

1. Helie de Ferri6res de Salagnac. Voir une lettre de lul aux prieurs des cou- 
vents de sa province, dans Reichert, Litlerae encycllcae magislrorum generalium 

BULLAIRK — 12 



178 BULLAIRE DE L*INQ UISITlON FRANQAlSE 

ordinis praed., p. 333. Gf. E. Albe^ Autour de Jean XXII, dans Annales de 
Saint-Louis-des-Frangais, juillet 1902, p. 366, 396, note. 

2. Voir, sur ces peines, n. 68, note 2; Introduction, p. lxvii. 



— 116-117 — 



Jean XXII demande aux eveques de Pamiers et de Mirepoix un 
rapport sur les progres et les resultats de V Inquisition dans leurs 
dioceses. — Avignon, 21 octobre 1331. 

Reg. Vat., t. cxvi, n. 1071, 1072. 

Domlnico ^, episcopo Appamiarum. — De statu negotiorum 
fidei tuarum civitatis et diocesis volentes efiici certiores, frater- 
nitati tue presentium tenore mandamus quatinus in quo statu 
nunc sunt eadem negotia et que notabilia circa illa gesta sunt 
postquam regimini ecclesie prefuisti nobis quantocius intimare 
fideliter non postponas. — Datum viiii kalendas novembris, 
anno XVK 

Petro 2, episcopo Mirapiscen. — Volentes de statu negociorum 
fidei tam tuarum quam vicinarum civitatum et diocesum habere 
noticiam pleniorem, fraternitati tue presentium tenore mandamus 
quatinus de statu huiusmodi et eorum circumstantiis notabilibus 
nos efficere fideliter et celeriter studeas certiores. Ceterum super 
certis' defectibus, quos in quibusdam processibus factis per pre- 
decessores tuos adversus aliquos hereticos reperis, nos quid agere 
debeas duxeris consulendos, volumus quod contra alios, illis 
omissis ad presens super quibus nondum plene deliberavimus, 
cures procedere iusticia mediante. — Datum ut supra. 



1. Dominique Grima; voir n. 82, note 1. 

2. Pierre de Lapeyrarede, dominicain, maitre en thcologie; succede a 
Jacques Fournier sur le* siege de Mirepoix, le 19 decembre 1327; meurt le 
19 aout 1348. Raynaldi, an. 1327, n. 55; Gall. christ., t. xiii, col. 269-70; Denifle, 
iChart., t. ii, n. 850; Archii^ fur Litteratur, p. 219, n. 81 ; Eubel, Ilier., t. i, p. 360; 
E. Albe, Autour de Jean XXII, dans Annales de Saint-Louis-des-Frangais, 
janvier 1903, p. 188-189. 



JEAN XXII 179 



— 118 — 



Jean XXII ordonne d Vei^eque de Carpentras el d Pierre Dan- 
roche de poursuivre Venquete et le proces commences contre Felicien 
d*Assise, sous-diacre, medecin, accuse d'avoir profere des paroles 
injurieuses d Vadresse du pape et des cardinaux, fauteur de Pierre 
de Corbiere, defenseur, familier et chapelain de Louis de Bai^iere. 
— Avignon, 28 avril 1332. 

Reg. Vat., t. cxvi, fol. 302 vo, n. 1434 ; Riezler, Valikanische 
Akten, n. 1434 (anal.); Fumi, Eretici eribelli, etc, dans Bollettino 
di atoria patria per VVmhria, an. V, p. 265 [in ext.). 

Hugoni, electo Carpentoracten. ^, et Petro Danrocha, preposito 
ecclesie Haenten. *, Lemovicen. diocesis. — Dudum ad audientiam 
nostri apostolatus multorum insinuatione perlato quod Felicia- 
iius de Assisio, subdiaconus, phisicus, contra nos et sanctam 
romanam Ecclesiam cetumque venerabilium fratrum nostrorum 
eiusdem Ecclesie cardinalium et specialiter contra nonnullos 
ipsorum nefanda blasphemia et diflamatoria proferre temerariis 
non erubuerat ausibus, quorum nonnulla manifestius heresim 
sapiebant; nec hiis contentus ad suam perfidiam apertius pro- 
palandam Petrum de Corbario, dum se pro papa scismatice gere- 
ret eidem velut sc^smaticus et de heresi vehementer suspectus 
adherere dampnabiliter eiusque statum sepius presumpserat 
multipliciter commendare; Ludovico quoque de Bavaria heretico 
et scismatico manifesto ante et postquam etiam fuit per nos pri- 
vatus sententialiter iure, si quod sibi ad regnum vel imperium 
Romanorum forsitan competebat, et subsequenter de heresi 
condempnatus adheserat et faverat multipliciter, et erat familiaris 
et capellanus eiusdem ac errores et hereses quos dictus Ludovicus 
defendit, dampnabiliter approbaverat, sustinuerat, et defenderat, 
aliaque horrenda varia commiserat et nefanda, nos scire volentes 
super hiis verilatem, tibi, fili electe, ut archidiacono Cantua- 
rien., et tibi, fili preposite, nominibus propriis vestris expressis 
commisisse meminimus per nostras alias certi tenoris litteras 
et mandasse ut de predictis et ea tangentibus ac aliis, que in cri- 
mine scismatis vel heresis caderent, seu perque fautorseu defensor 
scismatum seu heresum aut scismaticorum vel hereticorum pre- 
dictus Felicianus aliqualiter appareret, simpliciter et de plano. 



180 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAlSE 



iuxta formam canonum et privilegiorum Inquisitionis negocio 
concessorum, tam cum ipso quam cum aliis vos informare solerter 
et fideliter curaretis; inquestam per notarium scribi publicum et 
in formam redigi publicam faciendo et ad nostram audientiam 
quicquid per vos in hac parte reperiri contingerit referendo, sicut 
in litteris nostris predictis plenius continetur. Et licet vos tunc 
super premissis procedere ceperitis secundum traditam vobis for- 
mam, tuque fili electe per nos interim promotus fueris in episco- 
pum Carpentoraten., aliis tamen occupatinegotiis, inquisitionem 
ipsam perficere sicut accepimus nequivistis. Nos itaque volentes 
perfici negotium supradictum discretioni vestre per apostolica 
scripta committimus et mandamus quatinus super eodem negotio 
procedere iuxta litterarum predictarum tenorem et continentiam, 
prout ante promotionem potestatis huiusmodi exacta diligentia 
studeatis. — Datum iiii kalendas maii, anno XVI®. 



1. Hugues d'Engoleme,- archidiacre de Cantorbery, promu le 4 fevrier 1332, 
mort en 1346. Gall. chrisL, t. i, col. 906; Eubel, Hier., t. i, p. 174; E. Albe, 
Autour de Jean XXII, IV® partie, JEi^eques quercynois en France, extrait des 
Annales de Saint-Louis-des-Frangais, 1906^ p. 195-197. 

2. Eymoutiers (Haute-Vienne), arrond. de Limoges. 



— 119 — 

Guillem Astre ^, de Vorclre des freres mineurs, inquisiteur de Pro- 
{>ence, est promu d Vweche d'Apt, vacant par la translation de 
Bertrand Acciajoli d Ve^eche de Bologne. — Avignon, 12 juin 1332. 

Reg. Vat., t. cii, n. 1086; Wadding, Reg. Joan. XXII, n. cxlvi; 
Eubel^ Bull., n. 984 [in ext.) ; Albanes, Gallia christ. novissima, t. i 
Instr., col. 148 [in cxt.). 

Guilelmo Astre, electo Apten. — Supremc dignitatis fastigio... 
— Datum Avinioni, ii idus iunii, anno sextodecimo. 

1. N. 49, note 3. 



JEAN XXII 181 



— 120 — 

Jean XXII mande d Vinquisiteur de la uille el du diocese de 
Marseille * de remettre le vaudois Martin Pastre, fugitif pour cause 
d^heresie, d Jean Auhert de Castellario, dominicain, inquisiteur de 
Piemont ^. — Avignon, 8 juillet 1332. 

Reg. Aven., t. xl (Joan. XXII, n. xxxix), fol. 608 v»; Reg. Val., 
t. cii, n. 1270; Wadding, ad ann. 1332, u. vi; Euhel, Bull., n. 987 
{in ext.). 

Dilecto filio Joanni de Badis, ordinis fratrum minorum, inqui- 
sitori heretice pravitatis in civitate etdiocesi Massilien. per Sedem 
apostolicam deputato vel etiam eius vicesgerenti. — Nuper ex 
relatione... — Datum Avinioni, viii idus iulii, anno sextodecimo. 

1. N. 91, note 1, 171 bis. 

2. Les £:tat8 de Phiiippe de Savoie, le Piemont et la haute Lombardie etaient 
alors infestes d'herctique8 vaudois dont l'audace etait telle qu'ils n^hesitaient 
pas a s'y reunir en congres au nombre parfois de plus de cinq cents. Ils tenaient 
en echec la puissance de rinquisiteur, mettaient le si^ge devant les chateaux 
ou il trouvait asile et massacraient les pr^tres qui montraient trop de zele contre 
la secte : ainsi le recteur d'Engravia dans le dioc^se de Turin. Reg. Aven., t. xl, 
fol. 608 v^; Wadding, loc. cit. Martin Pastre, surnomme Pierre Martyr, ou 
Juziano, etait Tun des chefs de ces communaut^s vaudoises. II dogmatisait 
surtout contre rincarnation du Christ et sa presencc reelle dans le sacremeiit 
de reucharistie. Vingt annees durant, il avait dejouc les recherches de rin- 
quisition. II fut flnalement capturc par Tinquisitcur do Marseille. Loc. cit. 



— 121 — 

Le pape decide que Guillem Astre ^, eveque elu d^Apt, inquisiteur 
dans le Comtat Venaysin^ dei*ra faire deux parts des hiens de 
Pierre de Gigondas, hourgeois de Carpentras, confisques pour 
heresie : cinq mille florins seront verses d la Chamhre apostolique^ 
et le reste des dix mille florins d^or qui representaient la fortune de 
Pierre sera consacre d Ventretien de ses enfants etdlarestitutiondc 
sommes indument acquises par usure^. — Avignon, 22 aout 1332. 



182 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

Reg. Vat., t. cxvii, fol. 22, n. 298; Alban6s, Gallia christ. novissima, 
t. i, Instr., col. 149 [in ext.). 

Guillelmo, electo Apten., inquisitori heretice pravitatis ii 
comitatu Venaysini ceterisque aliis partibus vicinis per Sedei 
apostolicam deputato, salutem. — More celestis misericordia" 
rum... — Datum Avinioni, xi kalendas septembris, anno sexto, 
decimo. 

1. N. 49, note 3. 

2. Voir les deux bulles suivantes. Le tresorier de la Chambre apostoHquC 
per^ut encore, en 1344, une somme de 1 900 florins provenant « de quadam com-J 
positione facta tempore dom. Guillermi de Granhohis, predecessoris si 
cum Petro de Gigundasio, qui per inquisitorem heretice pravitatis fuerat con^ 
dempnatus. » Regest. Aven., t. lxxxv (Clem. VI, t. xxx), fol. 526. 



— 122-123 — 

Noui^elle lettre d Veveque d^Apt sur le meme objet et ordre au tresi 
rier du Comtat Venaissin de percevoir les cinq mille florins destines 
la Chambre apostolique sans toucher au reste de la somme. — Avi-j 
gnon, l^'* octobre 1332 ^. 

Reg. Vat., t. cxvii, fol. lii, n. 298, 299. 

Venerabili fratri Guillelmo, episcopo Apten. — Patris miseri^ 
cordiarum vicesgerens in terris romanus pontifex ad collapsaj 
afflictasque personas pietatis sue libentius intuitum dirigit eii 
prout placere credit Altissimo miserando. Sane lecta coram nobis' 
tua petitio continebat quod Petrus de Gigundassio ^, civis Carpen- 
toraten., qui coram te, inquisitore heretice pravitatis in provincia 
et comitatu Venaissini auctoritate apostolica deputato, de crimino 
heresis per suam confessionem convictus usque ad valorem deccm- 
milium florenorum auri vel circa in bonis tam mobilibus quani 
immobilibus noscitur, sicut a fidedignis tibi datum est intelligi, 
obtinere : quorum quidem bonorum magiiam partem acquisivisse 
dicitur per usurariam pravitatem. Cum autem ipse qui de commis- 
sis penitens pravitate heretica penitus abiurata per te absolutus 
iuxta Ecclesie formam ab excommunicationis sententia quam 



JEAN XXII 183 

propter premissa incurrerat extitit et restitutus eiusdem Ecclesic 
unitati, tam pro restitutionibus de usuris huiusmodifaciendis 
quam suis alendis liberis multipliciter oneratus lamentabiliter, ut 
dicta subnectebat petitio, supplicavit ut nos ad quos bona prcdlcta 
ratione dicti criminis confiscata pertinent pleno iure occulos mise- 
ricordie convertentes ad ipsum de bonis eisdem quinque milia 
florenorum auri pro Camera nostra facere recipi et residuum bo- 
norum predictorum sibi pro predictis faciendis restitutionibus 
ct alimentandis liberis dare ac concedere de benignitate aposto» 
lica dignaremur. Nos... fraternitati tue... faciendi per dilectum 
filium thesaurarium comitatus nostri Venaissmi infra quem 
civitas Carpentoraten. consisterc noscitur, quinquemilia flore- 
iiorum auri de bonis predictis nomine nostro et dicte Camere 
recipi, solvendorum, prout eidem thesaurario per alias nostras 
litteras mandamus, residuumque dictorum bonorum prefato Petro 
tam pro dictis faciendis restitutionibus quam alimentandis suis 
liberis cum eidem thesaurario tantum super dictis quinque milibus 
florenorum fuerit [satisfactum] vice et auctoritate nostra donandi 
et concedendi de gratia speciali plenam et liberam concedimus 
tenore presentium facultatem. — Datum Avinioni, kalendis 
octobris, anno XVIIo. 

Guillelmo de Granholis, canonico Baiocen., comitatus Venayssini 
nostro et Ecclesie romane thesaurario. Venerabilis fratris nostri 
Guillelmi, episcopi Apten., inquisitoris heretice pravitatis in pro- 
vincia et comitatu Venaissini auctoritate apostolica deputato, lecta 
coram nobis petitio continebat [etc. ut supra usque in finern i^er- 
bis competentibus mutatis]. Quocirca discretioni tue... mandamus 
quatinus dictos quinque milia florenos {sic) auri modo qui sequitur 
solvendorum : statim medietatem videlicet, et aliam medietatem 
hinc ad unum annum datis tibi sufficientibus et idoneis super 
hoc fideiussoribus nostro et Camere nostre nomine recipere ac 
solventes tibi et assignantes dicta quinque milia florenorum auri 
absolvere de hiis que inde tibi soluta et assignata fuerint plenius 
studeas et qultare, in bonis predictis residuis, postquam de dictis 
quinque nillibus flor. auri libi nomine predicto satisfactum ut 
premittitur fuerit, dictum Petrum vel suos premissorum occasione. 
nullatenus molestando. — Datum ut supra. 

1. Voir la bullc qui precede. 

2. Gigondas (Vaucluse), cant. do Beaumes, arrond. d'Orange. 



184 BULLAIRE DE l'iNQUISIT10N FRANgAISE 

— 124 — 

Jean XXII reproche vwement a Dominique Grima, ei^eque de 
Pamiers, sa negligence coupable en ce qui concerne la repression de 
Vheresie dans son diocese. II Vengage d secouer sa torpeur et d rem- 
plir son de<^oir. — Avignon, 6 octobre 1332. 

Reg. Vat., t. cxvii, n. 402. 

Dominico ^, episcopo Appamiarum. — Ad nostri apostolatus 
displicibili ad modum insinuatione pervenit quod pestis heresis 
in tua diocesi crebrius solito, cuius occasio esse pro magna parle 
prelati negligentia dicitur, invalescit. Cum autem ad pestem huius- 
modi de tuis civitate et diocesi extirpandam adeo ex debUo 
tui pastoralis officii sis astrictus quod si notabiliter circa hec te 
negligentem redderes ab eodem esses officio repellendus, frater- 
nitatem tuam attentius exhortamur quatinus premissa necnon 
laudabilem diligenciam quam tui predecessores circa extirpatio- 
nem adhibuerunt huiusmodi consideranter attendens, te a pigricie 
sompno nocivo plurimum excitans adversus hereticos, credentes, 
fautores et receptatores eorum solerti adhibita diligencia, iuxta 
sanxiones canonicas et privilegia officio Inquisitionis heretice 
pravitatis concessa procedere, sermonesque innovare ac facere 
sicut alii pastores vigiles non postponas; ita quod hac extirpata 
peste mortifera, fides ibidem catholica fulgeat curaque tua circa 
custodiam comissi tibi gregis dominici appareat, quamvis excussa 
negligentia, merito fructuosa. Ad creandos enim plures prelatos 
in illis partibus ^ principaliter hoc nos movit, ut per eorum vigi- 
lationem credulam [sic) hec pestis Deo odibilis nimium et infe-j 
ctiva catholici populi de partium ipsarum finibus fugaretur, — 
Datum Avinioni, ii nonas octobris, anno XVII^. 



1. Dominique Grima, voir n. 82, note 1. 

2. Allusion a la creation de nouveaux evSches dans la province de Toulouse,^ 
faite en 1317-1318. L'evechc de Pamiers avait ete fondc par Boiiiface VIII, en 
1295. Vidal, Les origines de la province ecclesiastique de Toulouse, extrait des 
Annales du Midi, Toulouse, Privat, 1903. 



JEAN XXII 185 



124 bis 



Le pape felicLte le roi Jacques II de Majorque du zele quil deploie 
contre les ennemis de la foi dans son royaume, et il Vexhorte d con- 
tinuer d'en faire preuve d Vavenir. — Avignon, 11 novembre 1332. 

Beg. Val., t. cxvii, n. 772; Raynaldi, Annal. Eccl., ad ann. 1332, 
n. XXVIII ; Vidal, Proces... contre Adhemar de Alosset,dsLm Revue d'hist, 
de V£gl. de France, 1910, t. i, p. 685. 

Jacobo ^, regi Maioricarum. — Quam laudabiliter zelo caritatis 
accensus ad tuendam veritatem catholice fidei eiusque prose- 
quendum emulos, fili carissime, movearis, tam tue quam vene- 
rabilis fratris nostri Guidonis, episcopi Elnen., nobis littere nun- 
tiarunt; quod utique Deo ad gloriam, adiungeres (sic) tibi meri- 
tum, angelis et bone voluntatis hominibus cedit ad gaudium ct 
ceteris catholicis principibus ad exemplum. Hec, fili dilectissime, 
si in ipsis perstiteris, redent {sic) te Deo acceptabilem in presenti; 
per hec illam in futuro coronam recipies quam Dominus diligen- 
tibus se repromisit. Et quia nichil est quod lumine clariore pre- 
fulgeat quam recta fides in principe, que, cum vcritatemrespiciat 
luminis, et tenebras respuit et nescit defifectui subiacere, excel- 
lentiam regiam rogamus attente ut donum istud Illi a quo de- 
scendit omne datum obtimum {sic) et omne doiium perfectum 
attribuens, de tam excellenti munere non omittas gratias iugiter 
exhibere. Nos autem divinam potentiam cernui exhoram^is ut 
semina que in te iecit nutriat, et usque ad producendum fructum 
obtatum {sic) quibuscumque sublatis perducat obstaculis, teque in 
hoc ardore fidei, in hac devotione mentis, in hoc religionis sludio 
sine defTectu in tempora longiora conservet. — Datum iii idus 
novembris, anno XVIR 

1. Voir n. 99, note 1. 



— 125 — 



Annongant d Veveque d*Elne^ Gui de Terrena, Venvoi de la lettre 
precedente, Jean XII Vengage d donner au roi de Majorque les 
renseignements necessaires sur les intentions pontificales et d proce- 



186 BULLAIRE DE l' INQUISITION FRANgAlSE 

der lui-meme a^^ec soin d la poursuite des heretiques. — Avignon, 
13 novembre 1332. 

Reg. Vat., t. cxvii, n. 771 ; Vidal, Proces, etc, p. 685. 

Guidoni, episcopo Elnen ^. — Receptis benigne fraternitatis 
tue litteris et que continebantur in eis plenius intellectis, devo- 
tionem tuam et providentiam super hiis plurimum in Domino 
commendantes, ecce quod carissimo in Christo filio nostro Jacobo, 
regi Maioricarum illustri, per nostras clausas scribimus litteras, 
quorum tenorem continet cedula presentibus interclusa. Per 
alias etiam patentes litteras tue predicte fraternitati certa commit- 
timus super extirpanda in eis partibus heretica pravitate, tuani 
eamdem providentiam attencius exhortantes, quatinus, tain 
circa instruendum et inducendum regem eundem ut nostris acqui- 
escat salubribus exhortationibus, quam circa executionem })rovi- 
dam commissionis predicte sic tue solicitudinis studium inter- 
ponas quod divinam et nostram ex hoc benedictionis gratiani 
uberius merearis. — Datum, idibus novembris, anno decimo se- 
ptimo. 

Sequitur tenor cedule de qua in proxima precedenti nota habe- 
tur mentio. (II s'agit de la lettre au roi qui precede.) 

1. Voir n. 125 his, note 1. 



125 bis — 



Le pape concede d Gui de Terrena, e^eque d^Elne, le pou^oi 
d'exercer des poursuites contre les heretiques de son diocese, meme 
en dehors des limites de ce dernier. — Avignon, 9 novembre 1332. 

Reg. Vat., t. cxxvii, fol. 99, n. 490; Vidal, Proces... contre Adhemar 
de Mosset, p. 685. 

Yenerabili fratri Guidoni ^, episcopo Elnen. — Catholice fidei 
negocio, ut extirpata heresis peste de medio fidelium clariiis 
ubique fides ipsa prefulgeat, favorem quem secundum Deum pos- 
sumus impendere cupientes, fraternitati tue... ut contra quos- 
cumque viros et mulieres tuarum civitatis et diocesis suspectos 



i 



* JEAN XXII 187 

vcl difTainalos de heresi, cuiuscumque status vel conditionis exi- 
stant, etiam episcopali dignitate prefulgeant, extra tuas predictas 
civitatem et diocesim procedere tuumque ofTicium super hiis 
exercere plenarie, quibuscumque constitutionibus contrariis 
nequaquam obstantibus, valeas, licentiam et facultatem ple- 
nariain concedimus per presentes. Per hoc autem dilecto filio.. 
inquisitori eiusdem pravitatis in illis partibus auctoritate apo- 
stolica deputato non intendimus in aliquo preiudicium generari. 
— Datum Avinioni, v idus novembris, anno XVII°. 

1. Gui de Terrena, provincial des carmes de Provence, puis general de l'ordro 
(1320), promu a revdche de Majorque, lo 15 avril 1321; Iransfero a Elne, le 
27 juillet 1332; mort le 21 aout 1342. Gallia christ., t. vi, col. 1056-1057; Eubel, 
Hier., t. i, p. 248, 337. Voir une notice plus detaillee dans Vidal, op. cit., p. 682- 
684. Plusieurs documents de ce recueil se rapportent a son action inquisito- 
riale, en particulier au proces d'Adhemar de Mosset; voir n. 125, 127, 127 his, 
127 ter, 130 his, 130 ter, 132, 135-136, 139. 



— 126 — 

Le pape ordonne d Veveque de Carpentras et d Pierre Danroche^ 
ses cornmissaires dans le proces de Vheretique Felicien d^Assise, 
de prononcer la sentence ^, — Avignon, 21 novembre 1332, 

Reg. Vat., t. cxvii, fol. xxxv, n. 199. 

Venerabili fratri Hugoni, episcopo Carpentoraten., et dileclo 
filio Petro Danrocha, preposito ecclesie Haemen., Lemovicen. 
diocesis. — Dudum ad audientiam [etc.^comme ci-dessus, n. 118, 
jusqu^d] plenius continetur. Cupientes igitur finem imponi 
Inquisitionis negotio supradicto, discretioni vestre tenorc 
presentium committimus et mandamus quatinus ad senten- 
tiam in dicto negotio diflinitivam ferendam ratione previa 
iuxta datam vobis a Deo prudenliam non obstante quod su- 
per prcmissis nobis relatio facta non fueril procedere studeatis. 
— Datum Avinioni, xi kalendas decembris, anno decimoseptimo. 

1. Voir la bulle 118. 



188 BULLAIRE DE L^INQUISITION FRANgAISB 



— 127 — 

Le pape concede a Gui de Terrena, e\'eque d'Elne, le pouvoir 
de poursuwre dans tout le royaume de Majorque les heretiques de 
quelque condition quils soient, originaires ou non de son propre 
diocese, sans prejudice d'ailleurs pour les droiis des inquisiteurs 
et des eveques diocesains. — Avignon, 27 decembre 1332. 

Reg. Vat., t. cxvii^ fol. cl v^, n. 764; Vidal, Proces... contre 
'Adhemar de Mosset, p. 686. 

Guidoni, episcopo Elnen. — Cum vulpeculas demoliri vineam 
domini Sabaoth sicientes, que se ad regnuin Maioricarum inter- 
dum sicut accepimus conferunt, de illarum desideremus partium 
finibus extirpari, fraternitati tue ... ut contra quascumque per- 
sonas tuarum civitatis et diocesis, et etiam undecumque origi- 
nem traxerint suspectas vel diffamatas de heresi cuiuscumque 
status, ordinis, dignitatis, vel conditionis existant, etiamsi ponti- 
ficali prefulgeant dignitate, possis extra tuas predictas civitatem 
et diocesim in quacumque parte regni predicti Maioricarum secun- 
dum- sanxiones canonicas et privilegia officio Inquisitionis here- 
tice pravitatis concessa procedere tuumque plenarie ofTicium, non 
obstantibus quibuscumque constitutionibus contrariis exercerCj 
licentiam et facultatem plenariam tenore presentium elarginius^ 
Per hoc autem dilectis filiis inquisitoribus pravitatis ejusdc] 
in illis partibus auctoritate apostolica deputatis vel diocesanis 
talium, seu in quorum diocesibus premissa commissa fuerinl 
'nolumus, nec intendimus in aliquo derogare. — Datum vi kal. 
ianuarii, anno decimoseptimo ^. 

1. Voir n. 124 his, 125 his, 127 his, 127 ter, 130 his, 130 ter, 132, 135-136,139^ 



127 bis — 



Le pape felicite Veueque d' Elne de son zele et lui annonce Ven- 
voi de la commission inquisitoriale qui precede (ii. 127). — A.vi-] 
gnon, 28 decembre 1332. 



JEAN xxn 189 

Reg. Vat., t. cxvii, n, 777 ; Vidal, Proces, etc, p. 686. 

Eidem episcopo Elnen. — Zelum purum quem ad dilatandum 
fidem catholicam ac errores et hereses extirpandos habere cum 
executione prompta dinosceris, multipliciter in Domino commen- 
dantes, fraternitatem tuam rogamus et hortamur attencius, qua- 
tinus, habens pre oculis solum Deum, quem [sic) incumbent tibi 
super hiis ad Dei laudem et honorem Ecclesie sancte sue studiosis 
operibus exequi non postponas. Et ecce, frater, quod commissio- 
nem tibi mittimus de qua carissimus in Christo filius noster 
Jacobus, rex Maioricarum illustris, super extirpandis heresibus 
de partium illarum finibus nobis scripsit. — Datum v kal. 
ianuarii, anno XVI 1°. 



127 ter — 



1' elicilalions au roi de Majorque pour son devouement d la cause 
de la foij av^ec notificalion de Venvoi d*une commission d^inquisi- 
leur general pour Veveque d*Elne. — Avignon, 28 decembre 1332. 

Beg. Vai., t. cxvii, n. 776; Vidal, op. cU., p. 687. 

Jacobo, regi Maioricarum. — Leta manu receptis magnificentie 
regie litteris nobis novissime presentatis, per quas devotionem 
sinceram quam ad nos et romanam geris Ecclesiam delectabiliter 
recensendo, ad extirpandum errores et hereses de finibus regni tui 
te pure ac recte intentionis zelum habere cum prompta execu- 
tione operis descripsisti, exinde sublimitati regie gratiarum refe- 
rinius uberes actiones, eam rogantes et in Domino exhortantes 
allente, quatinus in huiusmodi laudabili proposito stabiliter per- 
severet. Et ecce, fili carissime, quod comissionem venerabili fra- 
Iri nostro Guidoni, episcopo Elnen., iuxta formam petitam mitti- 
inus, ac carissimo in Christo filio nostro Philippo, regi Francorum 
illustri, pro concedenda tibi dilatione afTectuose scribimus, ut 
petisti. — Datum v kalendas ianuarii, anno XVII. 



190 BULLAIRE DE L*INQUISITI0N FR\NgAlSE 



— 128 — 

Le pape confie d trois commissaires la cause (TYi^es de Keri' 
nou, pretre du diocese de Leon, accuse d^avoir tenu des propos sus- 
pects d^heresie. Ce pretre, denue de ressources, ne peut venir se 
defendre damnt le cardinal Jacques Fournier, qui a ete charge de 
cette afjaire. — Avignon, 25 janvier 1333. 

Reg. As>en., t. xliii, fol. 539 \^. 

Dilectis filiis.. archidiacono de . Kementyli ^ et magistro 
Guidomari, ac Guillelmo Evenok, canonicis ecclesie Leonen., 
salutem. — Sua nobis dilectus filius Yvo de Kerinou, rector pa- 
rochialis ecclesie de Plebesizin ^, Leonen. diocesis, petitione 
monstravit quod nos olim ad eiusdem Yvonis instantiam cau- 
sas tam super dicta ecclesia quam etiam super quibusdam 
verbis per nonnullos emulos sibi impositis, que quidem verba 
apud quosdam heresim sapere dicebantur, dilecto filio nostro 
Jacobo^, tituli sancte Prisce, presbitero cardinali, apud Sedem 
apostolicam audiendam commisimus et fine debito terminandam; 
coram quo inter ven. fratrem nostrum Petrum *, episcopum 
Leonen., et dilectos filios Guillelmum^, abbatem monasterii beati 
Mathei in Finisbusterrarum ^, ordinis sancti Benedicti, ac magi- 
strum Mauricium de Campoduro, rectorem ecclesie de Milifac ', 
dicte diocesis, decretorum doctorem, et Prigentium de Castro- 
sapientis, ordinis fratrum predicatorum, ipsius episcopi com- 
missarios et BernardumCadiaci, presbiterum, qui se asserit ipsius 
ecclesie de Plebesizin rectorem, ex parte una, et dictum Yvonem 
de Kerrinou, ex altera, fuit in causis processum multipliciter 
memoratis. Cum autem cause ipse nondum sint decise dictus- 
que Yvo de Kerrinou, sicut asserit, paupertate depressus nequeat 
amplius apud Sedem predictam prosequi causas ipsas, discre- 
tioni vestre... mandamus quatinus partibus convocatis causas 
easdem auctoritate nostra, servatis legitimis processibus coram 
dicto cardinali habitis, audiatis et appellatione remota, fme 
debito decidatis... — Datum Avinioni, viii lcalendas februarii, 
auno decimoseptimo. 

1. L'archidiacone de Kemenet-Ili s'etendait sur les cantons modernes de 
Lesneven, de Lannilis et de Landerneau, dans rarrond. de Brest (Finistere). 



JEAN XXll 191 

2. Probablement Sizun (Plehs Sizun), cheMieu de canton, arrond. de Morlaix. 

3. Jacques Fournier; voir n. 24, note 1. 

4. Pierre-Bernard de Guemene, evfeque d« L^on, le 18 mai 1328; tranafere 
a Saint-Malo, en 1349, et a Rennes, le 14 janvier 1359; mort en 1362. Gall. 
chrisl., i. XIV, col. 757, 978, 1007; Eubel, Hier., t. i, p. 315, 333, 437. 

5. Guillaume le»". Gall. christ., t. xiv, col. 988. 

6. Saint-Matthieu, ou Saint-Mahe, ancienne abbaye a la pointe de Saint- 
Matthieu, cant. de Saint-Renan, arrond. de Brest. 

7. Probablement Milizac (Finist^re), cant. de Plabennec, arrond. de Brest. 



— 429 — 

Jean XXII met en garde le roi de France contre les rapports 
mah'eillants de cerlaines personnes aii sujet de Vattitude du pape 
dans la question de la i^ision beatifique ^. U arche^eque de Rouen, 
Pierre Roger ^, retahlira la verite sur ce point, comme aussi sur 
le fait de Varrestation d^un dominicain, Thomas Walleis^, que les 
inquisiteurs d' Avignon * ont incarcere, moins parce quHl soutenait 
une opinion contraire d celle du pape que pour avoir profere dans 
ses sermons des heresies qualifiees, — Avignon, 28 fevrier 1333. 

lieg. Vat., t. cxvii, n. 531 ; Denifle, Chartular., t. ii, p. 415, n. 971 

(m ext.). 

Regi Francie. — Quia sicut habet ... — Datum Avinioni, 
n kalendas martii, anno decimoseptimo. 

1. Je rappelle que, dans la dispute soulevee, en 1331, a propos dela vision 
beatifique, Jean XXII soutint que les dmes des justes nc jouissent pas^ avant le 
jugement dernier, de la vue inluitive de Dieu. Cette attitude ne laissa pas que 
d'etonner; car la majeure partie des theologiens, sans parler de la generalite des 
fidMes, tenaient pour la vision beatifique imm^diate. L^Universite de Paris 
8'emut et Philippe VI de Valois avec elle. L'opinion de Jean XXII fut vivement 
censuree et le roi se permit de faire des remontrances k Sa Saintete. Voir les 
documents se rapportant k ces episodes de la lutle dans Raynaldi, ad ann. 1331, 
i33^, 1334. On sait que Jean XXII, reconnaissant son erreur, la retracta sur 
son lit de mort, et que son successeur Benoit XII dennit le dogme de la vision 
Iteatifiquo immediate. Raynaldi, ad ann. 1334, n. xxxv; ad ann. 1335, n. iii. 

2. Pierre Roger, O. S. B., mattre en theologie, en 1323; moine de Tabbaye 
de la Chaise-Dieu; prieur de Saint-Pantaleon au diocese de Limoges, puis (1324) 
de Saint-Baudile dans celui de Nimes, et de Savigny dans celui do Lyon; abbe 
de Fdcamp, le 23 juin 1326; promu k r^v6ch6 d'Arras, le 3 dicembre 1328; 



192 BULLAIRE DE L*INQUlSlTlON FRANgAlSE 

transfere a Sens, le 24 novembre 1329; a Rouen, le 14 decembre 1330; cardinal 
du titre des Saints-Neree-et-Achillee, le 18 decembre 1338; pape sous le nom de 
Clement VI, le 7 mai 1342; mort le 6 decembre 1352. Baluze, Vitae, t. i, col. 835, 
836; Gall. christ., t. iii, col. 336; t. xi, col. 77-78; t. xii, col. 72-73; Eubel, Hier., 
p. 17, 117, 447, 471; Denifle, ChartuL, t. ii, p. 272, note 1. 

3. Thomas Walleis, ou le Gallois, dominicain anglais, maitre en theologie 
avait nettement pris parti contre les fraticelles, a Bologne et a Arezzo. Dans 
cette derniere ville, disait-il lui-meme, il avait soutenu une discussion publique 
devant cinquante freres mineurs plus ou moins infeodes a la secte, et les avait 
demasques. II dira plus tard devant ses juges que ce fut la la cause principale 
de son arrestation. L'inquisiteur ne la lui avait point, du reste, cachee.Il se trou- 
vait a Avignon quand s'ouvrit le debat sur la vision intuitive. Au dire de cer- 
tains, il aurait commence a precher le 27 decembre 1331. L'inquisiteur Guil- 

I aume de Montrond affirma que son premier sermon avait eu lieu le 3 janvier 
1333. Le theme en etait : Implebit illum spirifu sapientiae et intellectus. 
L'orateur y defendait la these de la vision immediate et lan^ait Tanatheme contre 
les partisans de Topinion adverse. Le sermon fut suivi d'une declaration ecrite 
jue devant la foule. Peu de jours apres, Thomas etait arrete par ordre de Tin- 
quisiteur, comme suspect d'heresie. Dans un proces-verbal, date du 9 janvier 
1333, Guillaume de Montrond declare avoir releve dans le sermon du dominicain 
six erreurs au moins. Mais aucune n'avait trait directement a la question contro- 
versee. Le motif de Tarrestation, d'apres frere Thomas, j'ai deja dit quel il etait. 

II ne cesse de protester contre Finquisiteur qui lui est « hostile », et de dire qu'il 
trouverait plus de justice a la cour du khan des Tartares ou chez le sultan que 
chez un tel juge. Les livres de comptes de la Chambre relevent les sommes 
d'argent payees a ce dernier, de fevrier a octobre 1333, pour Tentretien de son 
prisonnier. Introitus et exitus, t. cxxxii, fol. 64-66. 

La nouvelle de cette arrestation avait emu le roi; d'autant qu'a s'en tenir 
aux bruits qui couraient, le predicateur n'avait ete incarcere que par ordre du 
pape dont il avait publiquement censure ropinion. On disait aussi que ce mal- 
heureux etait soumis a de mauvais traitements. Jean XXII se hata de rassurer 
le roi par ses lettres du 28 fevrier et du 12 mars (n. 129-130). Cetait Tinqui- 
siteur qui avait ordonne Tarrestation. Le motif en etait moins le fait d'avoir 
censure Tavis du pape que d'avoir profere des erreurs sur d'autres points de 
doctrine. Quant au prisonnier, ce n'est pas dans un cachot infect qu'il est en- 
ferme, mais dans une cellule spacieuse, qui ne doit point lui faire regretter celle 
de son couvent. Enfin le pape mettait le roi en garde contre les rapports mal- 
veillants et les fausses nouvelles. 

Cependant Thomas Walleis occupait les loisirs de sa detention a composer, 
sans livres ni references, une sorte de traite qui, dans sa pensee, devait etre une 
defense. II Tintitula : De instantihus et momentis et prit ce texte de rficriture 
pour theme : Non est ve9trum nosce tempora vel momenta. II ecrivit aussi des 
Reponses k quelques articles qui lui furent objectes au cours de son proces. Le 
traite De instantihus tomba entre les mains de Tlnquisition qui en fit son profit. 
Les 6, 7, et 15 septembre 1333, une commission de prelats, de religieux et de 
docteurs de marque, au nombre de treize, se reunit, par ordre du pape, sous la 
presidence des cardinaux-eveques de Palestrina et de Tusculum, et de Gasbert 
de Laval, archeveque d'Arles, camerlingue, pour examiner dix-huit propositions 



JEAN XXII 



193 



reputees erronees, tirees, les onze prentxi^res d*un opuscule de Durand de Saint- 
Pour^ain, et les sept autres des ecrits de Thomas Walleis. Denifle, CharluL, 
t. II, n. 975. Des sept articles imputes k Thomas, trois provenaient de son 
sermon; les quatre autres, du traite De instanlibus. L'auteur se plaignit plus tard 
qu'on lui eut faussement attribue vingt-quatre erreurs, disant que ses ennemis 
avaient peine pour les extraire de ses ouvrages et en particulier d'un traite dont 
ils n'etaient pas surs qu'il fiit Tauteur et que la plupart n'avaient jamais lu. 
Nul ne s'etait enquis de lui 8'il Tavait ^crit ou non. Les pages sorties de sa plume 
n'etaient qu'une ebauche, semee de blancs et de lacunes, une sorte de brouillon 
k son usage personnel, fait k la hSte et sans un livre. II 8'en etait dessaisi, dit-il, 
promptement, ne voulant point livrer ses ecritures aux gens qui penetraient 
a tout instant dans sa cellule. Or ses adversaires avaient tire de la les articles 
incrimincs. Jean XXII dira plus tard (n. 138) que cet ecrit renfermait au moins 
seize erreurs. D^s le 15 septembre, le pape priait le roi et la reine (n. 133-134) 
d'ecouter les explications que Pierre Roger, archevSque de Rouen, avait mis- 
sion de leur apporter, de vive voix, au sujet de ces erreurs et de celles de Durand 
de Saint-Pour^ain. Deux mois apr^s (18 iiovembre 1333), c'etait le traite m6me 
de Thomas Walleis que Jean XXII faisait remettre k Leurs Majestes, avec une 
defense, ecrite par lui-mSme, de Topinion qui lui tenait k coeur. Pierre Roger 
devait fournir les eclaircissements et, au besoin, apporter d'autres arguments 
(n. 137-138). 

A cette date, cependant, la cause de Thomas Walleis avait ete retiree k Tln- 
quisition, et lui-mSme transfere dans les cachots du pape (22 octobre 1333). Le 
geolier re^ut deux sols par jour pour son entretien. Introitus et exitus, t. cxxxvi, 
fol. 76, 78 vo. L'a(Taire fut confiee aux cardinaux Jacques Fournier et Raymond 
de Mostuejouls, tous deux experts dans les choses d^Inquisition. A partir de 
ce moment, le religieux fut mieux traite. Cest rassurance que le pape se plait 
k donner au roi, le 20 mars 1334, en lui annon^ant cette transformation (n. 141) . 
Le 15 mars, Thomas comparut pour la premi^re fois devant ses juges et se plai- 
gnit am^rement des procedes peu d^Iicats dont on avait us^ k Tegard de sa per- 
sonne et de ses ecrits. La suite de son proc^s nous est inconnue. II etait encore 
en prison sous le pontificat de Benott XII (Jacques Fournier), et en vie, quoique 
libere, sous celui de Clement VI (Pierre Roger). Le 21 fevrier 1349, un de ses 
amis essaie d'apitoyer le pape sur le sort de ce religieux, Age et malade. Voir, 
8ur cette aflaire, Qu^tif et £chard, op. cit., t. i, p. 597-602; Denifle, Chartular., 
t. II, p. 415, 424 et docum. n. 971, 975. Cet auteur a consulte le ms. Ji. 3.10 de 
la bibliotheque de Cambrigde, qui contient en grande partie les actes du procds. 
Mortier, Hiatoire des maltres giniraux, t. iii, p. 76-81. 

4. L'un d'eux etait Guillaume de Montrond, inquisiteur de Provence. A sa 
demande, le 13 avril 1336, Ic pape Benoit XII engagea les prelats, les inquisi- 
teurs, les seigneurs et les villes de Lombardie k se prSter k la capture de certains 
vaudois originaires de Provence et refugies en Lombardie (n. 149). Les actes 
du proc^s d'Andre de Galiano font allusion k un des socii de cet inquisiteur, 
Pons Rebolh, qui assista, avec lui, le 29 juillet 1338, a racquittement de ce 
frere mineur, prononce par le commissairc apostolique, Guillaume Lombard. 
Regesl. A^enion., t. lvii, fol. 475 sq. ; cf. n. 163. Le livre de comptes des Claveries 
du Comtat Venaissin nous transmet le nom d'un heretique de Malaucene (Vau- 
cluse), maftre Guillaume Andr^, condamn^ par lui, et dont les biens, confisqu^s 

BULLAIRE — 13 



194 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

au profit des caisses pontificales, figurent parmi les recettes de 1337-1338. 
Regest. A^enion., t. liii, fol. 327. Guillaume de Montrond etait encore en charge 
en 1342. Le 11 juillet de cette annee, Clement VI lui accorda, pour son neveu, 
Pons de Montrond, moine benedictin de Psalmody (Gard), la collation d'un 
prieure dans le diocese de Nimes (n. 182). 



— i30 — 



Jean XXII au roi de France. II le met en garde de nou^eau 
contre les rapports mali^eillants et Vassure que le religieux incarcere 
a Avignon Va ete non par le pape, mais par les inquisiteurs, non 
pour ai>oir soutenu que les dmes des justes jouissent de la ^we de 
Vessence dipine a<^ant le jugement, mais parce quil enseignait des 
heresies dans ses discours. II nest pas detenu dans une prison etroite, 
mais bien dans une chambre con^enable ^. — Avignon, 12 mars 
1333. 

Reg. Vat., t. cxvii, fol. 109 v^, n. 541 ; Denifle, Chartul., t. n 
p. 417, n. 973 {in eoct.). 

Eidem regi [Francie]. — Innotuimus nuper ... Sane quia, 
sicut intelleximus, viri mendaces non cessant mendaciis variis 
animum regium contra nos irritare, rogamus circumspectionem 
regiam ut nolit talibus fidem dare. Quicquid enim de fratre illo 
capto Avinioni exposuerunt, quantum ad hoc quod nos ipsum 
ceperimus aut captum teneamus, quodque captus est quia 
predicaverat sanctorum animas videre divinam essentiam, et 
quod in diro carcere detinetur, totum est veritati [contrarium]; 
quia non per nos, sed per inquisitores heretice pravitatis captus 
extitit et captus detinetur; nec ob hoc quod premissa predicaverat, 
cum nonnulli alii predicaverint et plures de hoc disputaverint, 
qui nequaquam fuerunt capti, sed quia in sermone suo do- 
gmatizare hereses dicebatur, ideo ab inquisitoribus fuit captus 
et adhuc detinetur, non in diro carcere, sed in una honesta camera, 
de qua in suo ordine esset bene contentus... — Datum iiii idus 
marcii, anno XIIII°. 

1. Voir la buUe precedente, note 3. 



JEAN XXII 195 



— 130 bis — 



Le pape se reserve (V entrelenir le roi de Majorque de Vafjaire 
d' Adhemar de Mosset ^ dans Ventrevue quil doit avoir avec lui, d 
bref delai, d Avignon. — Avignon, le 31 mars 1333. 

Reg. Vat., t. cxvii, n. 786; Vidal, Procis, etc., p. 691. 

Regi Maioricarum. — Cessit nobis ad gaudium felix regius 
transitus, Illique pro eo referimus gratias qui ventis marique 
imperat et obediunt ei; cui utique gaudio adecit letitiam spes 
que habetur probabiliter quod via regia excellentie afTeret regie 
honoris ac comodi incremento : quod Ille dignetur efficere cui 
cum voluerit subest posse. Sane presentia regia nobis cum aderit 
gaudia merito cumulabit. De facto AdemarideMossetoad presens 
nil scribimus, quia illud intendimus, dante Domino, auditui regio 
vive vocis oraculo latius explicare. Profecto, fili carissime, com- 
paratio Habrae in litteris adiecta regiis apud nos impertinens 
admodum visa fuit, ideoque illam deinceps petimus a litteris regiis 
exulare. Gratia Domini cor regium in agendis dirigat et protegat 
ab adversis. — Datum ii kalendas aprilis, anno decimoseptimo. 

1. Sur le procis d'Adh^inar de Mosset, voir notre memoire Procia d^Inquisi- 
tion contre Adhemar de Mosset, noble Roussillonnais, inculpi de higuinisme, 
dant Revue dhist. de V £glise de France, t. i, p. 555-589, 682-699, 911-724 ; et 
les n. 130 Ur, 135-136, 139. 



— 130 ter — 



Le pape n^a pu encore s^occuper de Vafjaire de Mosset, mais il 
ne tardera pas d prendre les dispositions necessaires. — Avignon, 
18 avril 1333. 

Reg. Vat., t. cxvii, n. 787; Vidal, op. cit., p. 692. 

Eidem regi. — Scripturas illas de quibus sermo inter te, fili 
carissime, et nos habitus fuit transcribi mandavimus, quas cum 
scripte fuerint tue celsitudini transmittemus. De facto Ademari 
nondum ordinavimus, aliis arduis occupati; sed de illo cito dante 



I9ft BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

Domino curabimus ordinare. — DatumXIIII kalendas maii, anno 
decimoseptimo. 



- 131 — 

Le pape ordonne d Alain Gontier, e^eque de Quimper, de faire 
justice de Vaccusation d'heresie portee par Y^es de BoisboisseL 
ancien e<^eque le Quimper, depant le parlement de Bretagne, contre 
Yi^es de Gormon, abbe de Landevennec, et par suite de laquelle 
Jean III, duc de Bretagne, a confisque les biens de Vabbaye. — 
Avignon, 13 aout 1333. 

Reg., t. xLiii, fol. 584 v^; Gall. christ., t. xiv., col. 897-898 
(anal.). 

Venerabili fratri Alano ^, episcopo Corisopiten., salutem. — Cum 
simus omnibus... Ex tenore siquidem petitionis dilecti filii Yvonis^, 
abbatis monasterii sancti Wingolai de Landegennoc ^, ordinis 
sancti Benedicti, tue diocesis, nobis porrecte collegimus quod 
olim ven. fratre nostro Yvone *, Maclovien., tunc Corisopiten. 
episcopo, proximo predecessore tuo, dum ecclesie Corisopiten. 
regimini presidebat in personam dicti abbatis quem prefecera' 
mus ipsi monasterio in abbatem, dictumque monasterium suum 
dura diutina et indebita indignatione concepta, ex indignatione 
huiusmodi coram dilecto filio nob. viro Johanne, duce Britannie ^, 
in Parlamento publico prelatorum et baronum ducatus eiusdem 
Britannie, in quo quidem ducatu ecclesia et monasterium prefata 
existere dinoscuntur, minus veraciter proponente quod eundem 
abbatem de heresi suspectum habebat, ac petente a prefato 
duce dictum abbatem sibi tradi per eum de huiusmodi crimine 
puniendum, predicto abbate ne traderetur dicto predecessor 
tuo ad sui defensionem in contrarium asserente, tandem prefa- 
tus dux iamdictum abbatem presentem et consentientem rece- 
pturum super huiusmodi propositis iusticie complementum ad 
nostrum et apostolice Sedis iudicium remisit, cum suarum testi- 
monio litterarum : asserens pro suo libito quod temporalia dicti 
monasterii ad manum suam poneret et teneret, donec aliquam 
fidem de innocentia eiusdem abbatis haberetur; et quod asse- 



JEAN XXII 197 

ruit de dictis temporalibus ad manum suam ponendis et tenendis 
ut prefertur operis subsequentis executione complevit. Quare 
nobis idem abbas humiliter supplicavit, ut cum ipse propterea 
et alia personaliter ad dictam Sedem et ad presentiam nostram 
accesserit cum litteris prelibatis et per eundem predecessorem 
seu pro eius parte nichil contra eum super huiusmodi hereseos 
crimine propositum fuerit, vel obiectum, idemque dux adhuc 
ad manum suam temporalia teneat supradicta, ipseque abbas 
de tali crimine se reputet innocentem, preservare ipsum exinde 
ab infamia maculosa suoque providere statui ac indempnitati 
eius et ipsius monasterii precavere quoad temporalia prefata, 
de ipsius sedis clementia dignaremur. Quia igitur... Fraternitati 
tue... mandamus et committimus quatinus auctoritate nostra, 
vocatis dicto predecessore et aliis qui fuerint evocandi et auditis 
hinc inde propositis de huiusmodi per ipsum predecessorem con- 
tra dictum abbatem in eodem Parlamento ut supradicitur pro- 
positis inquiras summarie et de plano sine strepitu et figura 
iudicii cum diligentia veritatem, et de premissis facias iusticie 
complementum. Contradictores... Non obstantibus... — Datum 
Avinioni, idus augusti, anno decimoseptimo. 

1. Alain Gontier (cf. n. 143), chanoine de Nantea, docteur en theologie, promu 
a revSche de Saint-Malo, le 2 mars 1317; transfere k Quimper, le 22 janvier 
1333; mort vers 1335. GalL chrisL, t. xiv, col. 883, 1007; Eubel, Ilier., t. i, 
p. 219,333. 

2. Yves de Gormon, abbc de Saint-Guenole, le 17 aotkt 1317, mort le 17 juin 
1344. GalL chrisL, t. xiv, col. 897-898. 

3. Landevennec (Finist^re), cant. de Crozon, arrond. de Ch&teaulin. 

4. Yves de Boisboissel, evlque de Treguier (7 octobre 1327); promu k 
Quimper, le 31 aoikt 1330; transfere a Saint-Malo, le 22 janvier 1333; mort en 
1348. GalL chrisL, t. xiv, col. 883, 1007, 1125; Eubel, Hier., t. i, p., 219, 333, 521. 

5. Jean III /c Bon, fils d*Arthur II et de Marie de Limoges, ne le 8 mars 
1286; duc de Bretagne de 1312 a 1341. De Mas-Latrie, op. cit., col. 1573; Arl 
de verifier les dales, II® part., t. xiii, p. 218. 



— 132 — 



Le pape decide que Veveque de Maguelonne ^ devra se joindre 
a celui d' Elne^ et d Vinquisiteur pour conduire le proc^s d^ Adhe- 
mar de Mosset *, inculpe d'heresie, qui refuse d' ohtemperer d la 



198 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

citation lancee contre lui par Vepeque d'Elne, sous pretexte quil 
echappe d la competence de ce prelat. — Avignon, 13 septem- 
bre 1333. 

Reg. Vat., t. cxvii, n. 919; Vidal, Proces contre Adhemar, p. 694. 

Venerabilibus fratribus Guidoni, Elnen., et Johanni, Maga- 
lonen. episcopis. — Intelleximus nuper quod tu, frater, Elnen. 
episcope, contra nobilem virum Ademarium de Mosseto, tue 
diocesis, super certis capitulis heresim et errores tangentibus de 
quibus ipse suspectus dicebatur existere volens procedere ut debe- 
bas, eundem nobilem, tam vigore litterarum nostrarum, inde 
tibi directarum, quam iure potestatis ordinarie citari fecisti ut 
certo sibi prefixo termino coram te responsurus dictis capitulis 
compareret. Sed ipse moliendo declinare absque iusta et rationa- 
bili causa forum tuum parere citationi huiusmodi non curavit. 
Nos igitur, volentes quod super eodem negotio pure ac iuste, 
cessante suspitione qualibet, procedatur, te, frater, episcope Ma- 
galonen., in eodem negotio tenore presentium duximus adiun- 
gendum. Quocirca fraternitati vestre... committimus et mandamus 
quatinus, vocato dilecto filio.. inquisitore heretice pravitatis in 
eis partibus auctoritate apostolica deputato, vel eius vicesge- 
rente, ac una cum ipso, in loco seu locis de quibus vobis videbitur 
non suspectis, etiam extra vestras vel alterius vestrum civitates 
et dioceses, super dicto negotio iuxta statuta canonum et privi- 
legia concessa officio Inquisitionis pravitatis predicte solerter 
et fideliter procedere ac exhibere complementum iusticie solum 
Deum habendo pre oculis studeatis. — Datum Avinioni, idus 
septembris, anno decimo octavo. 

1. Jean de Vissec; voir n. 87, note 2. 

2. Gui de Terrena; voir n. 125 his, nole 1. 

3. Voir n. 130 his, 130 ter, 135-136, 139, et notre m^moire deja cite. 



— 133 — 

Le pape annonce d la reine de France^ que V archei^eque de Rouen, 
Pierre Roger ^, lui fournira de {>ive voix toutes les explications desi- 
rahles sur les erreurs professees, soit par Thomas Walleis, domi- 



JEAN XXII 199 

nicain, arrete d Avignon ', soit par Durand de Saint-Pourgain *, 
eveque de Meaux, dans Vopuscule dont il est Vauteur ^, au sujet de 
la vision beatifique. — Avignon, 15 septembre 1333. 

Reg. Vat., t. cxvii, n. 929; Denifle, Chartularium, t. ii, p. 425, 
n. 976. 

Regine Francie. — Quod te filia... — Datum xvii kalendas 
octobris, anno decimo octavo. 

1. Voir n. 105, note 1. 

2. Voir n. 129, note 2. 

3. Voir n. 129, note 3. 

4. Durand de Saint-Pourgain, de Tordre des fr^res prScheurs; maitre en theo- 
logie, en 1312; destin^ d'abord (26 aout 1317) au nouvel evSche de Limoux; 
transf^r^ au Puy, le 14 fevrier 1318, lorsque Jean XXII eut abandonne le projet 
d'unev^chea Limoux; ev^que de Meaux, le 13marsl326; mort le 10 septembro 
1334. Eubel, Hier.,p. 91, 319, 349; Gall. chrisL, t. ii, col. 723; t. vm, col. 
1634-1635; Quetif et £chard, Script. ord. praed., t. i, p. 586-587; Denifle, Chart., 
t. 11, p. 218, note 11, p. 424. Voir U. Chevalier, Repertoire, etc. 

5. Jean XXII avait demande, sur la vision beatiflque, leur avis aux th^olo- 
giens les plus celebres. Durand fut invite a formuler le sien par ecrit. II defendit 
Topinion de la vision immediate dans un opuscule qui deplut au pape et qui fut 
defere a une commission de th^ologiens. Ceux-ci y relevferent onze articles erro- 
nes, Bur lesquels Tassemblee des 6, 7 et 15 septembre 1333 eut k se prononcer. 
Voir n. 129, note 3. 

L'opuscuIe de Durand a ete publi^ en partie et en partie analyse par Ray- 
naldi, ad ann. 1333, n. xlix-lvii, d'apr6s le texte que le cardinal Jacques Four- 
nier (Benoit XII) a fait joindre au traite dans lequel il prend lui-mdme la 
defense de TevSque de Meaux. Ms. lat. Vat., 4006, fol. 285 sq.; cf. J.-M. Vidal, 
Notice 8ur les ceuvres du pape Benotl XII, dans Revue d'histoire ecdesiastique, 
1905, t. VI, p. 792-795. 



— 134 — 

Meme lettre au roi de France. — Avignon, 15 septembre 1333. 

Reg. Vat., t. cxvii, fol. clxxxviii, n. 931. 

Eidem rcgi [Francie]. — In quot errores * in suo sermone here- 
tice pravilalis, quotquc etiam.. Melden. episcopus dogmati- 
zaverit in quodam libello quem hiis diebus preteritis ordinasse 
dicitur et a quot magistris sint errores predicti dampnati ven. 



200 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 



frater noster P., Rothomagen. archiepiscopus, circumspectioni 
regie, si audire libuerit, lacius explicabit, cui placeat excellentie 
regie fidem indubiam adhibere. — Datum ut supra (xvii kalendas 
octobris, anno decimo octavo). 

1. La lettre precedente adressee a la reine de France permet de combler ainsi 
la lacune qui existe a cet endroit : in quot errores [predicator ille qui captus fuit 
A^inione ab inquisitoribus pravitatis heretice in suo sermone inciderit) quotque 
etiam . . Melden., etc. 



135-136 — 



Le pape notifie au roi de Majorque Vadjonction, faite par lui, de 
Vei>eque de Maguelonne d Veveque d' Elne et d Vinquisiteur pour la 
conduite du proces d* Adhemar de Mosset. 11 insiste aupres du roi 
comme aupres de Veveque d' Elne pour que nulle injustice ne soit 
commise d Vegard de ce seigneur ^. — Avignon, 7 octobre 1333. 

Reg. Vat., t. cxvii, fol. ccxlv v^, n. 1248, 1249; Vidal, Proces, 
etc, p. 695, 696. 

Regi Maioricarum. — Ut inceptum per venerabilem fratrem no- 
strum Guidonem, episcopum Elnen., contranobilem virum Adema- 
rium de Mosseto inquisitionis negotium pure ac sine suspitione 
procedatur, ven. fratrem nostrum Johannem, episcopum Magalo- 
nen.,eidem Elnen. episcopo ac inquisitori heretice pravitatis duxi- 
mus adiungendum. Quocirca regiam excellentiam rogamus attente 
quatinus ipsum nobilem, ne inferatur sibi iniuria, sed potius, quan- 
tum sine preiudicio eiusdem Inquisitionis negocii fieri poterit, 
tractetur favorabiliter benivolentia regia habeat commendatum. 
Datum nonis octobris, anno XVIII. 

Eidem episcopo Elnen. — Cum, sicut novit tua fraternitas, in 
negotio fidei puritas sit servanda, fraternitatem hortamur ean- 
dem quatinus, ne, super negotio inquisitionis per te contra nobi- 
lem virum Ademarium de Mosseto incepte, sibi aliqua inferatur 
per te, aut collegam tuum, vel inquisitorem iniuria sed pure pro- 
cedatur et iuste studeas precavere. — Datum ut supra. 

1. Voir, sur cette affaire, les n. 125 bis, 127, 130 bis, 130 ter, 132, 139. 



JEAN XXII 



— 137 — 



201 



Le pape eni>oie a Pierre Roger, archeveque de Rouen, Vopuscule 
ecrit par Thomas Walleis, pour defendre ses erreurs. II dei^ra le 
remetlre au roi et d la reine de France avec un memoire ecrit par le 
pape lui-meme en fai^eur de Vopinion contraire d la vision beati- 
fique immediate. U archeveque de^^ra s'efforcer de faire accepter cette 
opinion par Leurs Majestes ^. — Avignon, 18 novembre 1333. 

Reg. Vat., t. cxvii, n. 979; Denifle, ChartuL, t. ii, p. 427, n. 979 
[in ext.). 

Petro archiepiscopo Rothomagen. — Fraternitatem tuam volu- 
mus... — Datum Avinioni, xiiii kalendas decemhris,anno XVIII. 

1. Voir n. 129, notes. 



— 138 — 

Le pape ecrit au roi de France sur le meme sujet .* le sermon de 
Thomas Walleis; son arrestation pour cause d'heresie; Vopus- 
cule quil a ecrit dans sa prison pour sa defense et dans lequel sont 
contenues au moins seize heresies. Le roi doit itre en garde contre 
les intrigues des partisans de ce malheureux *. — Avignon, 18 no- 
vembre 1333. 

Reg. Vat., t. cxvii, n. 173; Denifle, Chartul., i. ii, p. 428, n. 980 
(m exf.). 

Regi Francie. — Fili carissime, per plures... — Datum xiiii 
kalendas decembris, anno XVIII. 

1. Voir n. 129, note». 



202 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 



— 139 — 

Vei>eque de Maguelonne etant absent, sans espoir de retour pro- 
chain, le pape designe Hugues Auger, chanoine de Narbonne, pour 
le remplacer dans Vaffaire d' Adhemar de Mosset ^. — Avignon, 
13 janvier 1334. 

Reg. Aven., t. cccxxxviii (Bened. XIII, t. lxi), fol. 100, Bullae 
Joannis XXII; Regest. Vatic, t. cvii, n. 976; Vidal, Proces, etc, 
p. 696. 

Ven. fratri Guidoni, episcopo Elnen., et dilecto filio Hugoni 
Augerii, canonico Narbonen., salutem, etc. — Dudum intellecto 
quod tu, frater episcope, contra nobilem virum Ademarium de 
Mosseto, Elnen. diocesis, super certis capitulis heresim et errores 
tangentibus de quibus idem Ademarius suspectus dicebatur 
existere, volens procedere, ut debebas, eundem nobilemtam vigore 
litterarum nostrarum inde tibi directarum quam iure potestatis 
ordinarie citari feceras ut certo sibi prefixo termino coram tej 
responsurus [super] dictis capitulis compareret, et quod ipsej 
Ademarius moliendo declinare absque iusta et rationabili causaj 
forum tuum parere citationi huiusmodi non curarat, nos volentes 
quod super eodem negotio pure ac iuste, cessante suspicione qua* 
libet, procederetur, ven. fratrem nostrum Johannem, episcopuraj 
Magalonen., in eodem negotio per nostras certi tenoris litterasj 
duximus adiungendum, dantes tibi et eidem episcopo per eas- 
dem litteras in mandatis ut tu et ipse, vocato dilecto filio . . inqui-j 
sitore heretice pravitatis in illis partibus auctoritate apostolicaj 
deputato, vel eius vices gerente, ac una cum ipso, in loco seu locisj 
non suspectis de quibus tibi ac dicto Magalonen. episcopo videre- 
tur, etiam extra vestras vel alterius vestrum civitates et dioceses 
super dicto negotio, iuxta statuta canonum et privilegia concessaj 
ofTicio Inquisitionis pravitatis predicte solerter et fideliter proce- 
dere, ac habendo pre occulis solum Deum complementum exhiberej 
iusticie studeretis, prout in nostris inde confectis litteris pleniusi 
continetur. Verum cum [orig. : tam] predictus Magalonen. epi- 
scopus absens et in remotis partibus esse dicatur, nec de eius vicinoj 
redditu speretur ad presens, Nos... te, fili Hugo, in huiusmodij 
negotio prefato Magalonensi episcopo tenore presentium subro- 
gamus. Quocirca discretioni vestre per apostolica scripta manda-J 



JEAN XXII 203 

mus quatinus, vocato dicto inquisitore, vel eius vices gerente, ac 
una cum ipso in premissis solerter et fideliter procedere ac com- 
plementum iusticie reddere studeatis... — Datum Avinioni, 
idus ianuarii, anno XVIII. 

1. Voir sur cette affaire ies n. 130 bia, 130 ter, 132, 135-136 et notre m^moire : 
Proces d' Iiiquisition, etc. 



— 140 — 



Le pape informe le roide Francedes mesures prises jusqu dce four 
d Vendroit des poursuites exercees par certains inquisiteurs contre des 
defunts non convaincus d*heresie de leur \fivant. Le pape a defendu 
que Von pronongdt des sentences contre de telles gens avant d^avoir 
pris son propre avis. II a confie Vexamen de cette question d^abord 
d deux, puis d quatre cardinaux, dei>ant lesquels a comparu Vinqui- 
siteur de Carcassonne. Cette commission na point termine ses tra- 
vaux. — Avignon, 10 mars 1334. 

Reg. Vat., t. cxvii, fol. cxcii vo, n. 965. 

Regi Francie. — Ex serie quarumdam litterarum regiarum 
nobis presentatarum hiis diebus preteritis perdilectum filium ma- 
gistrum Guidonem Baudeti, decanumecclesie Parisien,, clericum 
regium, percepimus excellentie fuisse regie intimatum quod gentes 
nostre dilectis filiis.. inquisitoribus heretice pravitatis Tholose 
et Carcassone inhibuerant ne de crimine heresis inquirendo se 
intromitterent specialiter contra illos qui mortui fuerant non 
confessi de crimine antedicto; ideoque circumspectio regia nos 
rogabat ut mandatum deberemus huiusmodi revocare, cum de 
hiis consueverint dicti inquisitores etiam contra mortuos inqui- 
rere a tanto tempore de quo memoria in contrarium non existit. 
Ad que providentie regie taliter respondemus quod verum est 
quod clamosa insinuatio ad nostrum fratrumque nostrorum per- 
duxit auditum quod inquisitores ad proferendum sententias su- 
per dicto crimine contra mortuos, non servata iustitia, in grave 
heredum ipsorum preiudicium et totius ipsorum generis proce- 
debant et procedere intendebant. Nos itaque cum fratribus 



204 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

nostris super hiis deliberatione prehabita diligente volentes de 
hiis que contra inquisitores proposita fuerant informari ple- 
nius ac taliter providere quod nec crimen impunitum rema- 
neat et mortuorum qui conqueri nequeunt iustitia illibata ser- 
vetur, dictis inquisitoribus de fratrum eorumdem consilio scripsi- 
mus ne ad condempnandum vel absolvendum aliquem mortuum, 
qui de heresi de qua cum viveret non fuisset confessus, procederent 
nisi prius nobis consultis super hoc et omnibus processibus origi- 
nalibus factis contra defunctos huiusmodi, si tuncessent completi, 
alioquin cum essent completi, per nuntios fideles integraliternobis 
missis ^. Postque .. ^ inquisitore Carcassonen. comparente per- 
sonaliter coram nobis, nos de fratrum eorundem consilio exami- 
nationem dicti negotii, ut dictum negotium expeditionem (sic) 
consequeretur exitum, commisimus dilectis filiis Jacobo^, sancte 
Prisce, et Raymundo *, tituli sancti Eusebii, presbiteris cardinali- 
bus, qui pro eo quod in partibus illis episcopi fuerant ac frequenter 
in negotiis Inquisitionis interfuerant habere poterant promptius 
noticiam de predictis. Qui tandem inquisitore presente relatione 
facta in consistorio nobis et dictis fratribus de predictis, cum 
inquisitor cum relatione predictorum cardinalium concordaret 
in omnibus, pluries ipsos audivimus hinc et inde. Tandem ut nego 
tium posset promptius expediri duobus prefatis cardinalibus 
adiunximus dilectos filios nostros Petrum ^, tituli sancti Martini 
in Montibus, et Petrum ^, tituli sancti Stephani in Coeliomonte 
presbiteros cardinales, qui una cum duobus prefatis vel eorum 
altero procederent in negotio antedicto. Hec sunt que fecimus in 
predictis multorum clamoribus excitati qui multa conmita {sic) 
illicita per inquisitores contra mortuos specialiter asserebant. 
— Datum Avinioni, vi idus marcii, anno XVIII. 

1. Voir cette bulle, n. 106. 

2. Henri de Chamay, n. 84, note 1. 

3. Jacques Fournier; n. 24, note 1. 

4. Raymond de Mostuejouls; n. 22, note 3. 

5. Pierre de Chappes; n. 46, note 3. 

6. Pierre Tissier de Saint-Antonin ; n. 67, note 7. 



JEAN XXII 205 



— 141 



Jean XXII annonce au roi que Thomas Walleis a ete relire 
des mains des inquisiteurs dont il avait d se plaindre et enferme dans 
les prisons du pape ^. Sa cause a He confiee aux deux cardinaux 
Jacques Fournier ^, du titre de Sainte-Prisque, docteur en theologie, 
et Raymond de Mostuejouls *, du titre de Saint-Eusebe, tous deux 
experts dans les choses d* I nquisition, pour y avoir ete meles dans 
la province de Toulouse. On traite ce religieux aussi humainemenl 
que possible. — Avignon, 20 mars 1334. 

Reg. Vat., t. cxvii, n. 1007; Deniae, Chartul., t. ii, p. 440, n. 986 
(m ext.). 

Regi Francie. — Si nuncios primos... — Datum Avinioni, xiii 
kalendas aprilis, anno XVIII. 

1. Voir n. 129, note 3. 

2. N. 24, note 1. 

3. N. 22, note 3. 



BENOIT XII 

(1334-1342) 



BENOIT XII 

(1334-1342) 



— 142 — 

Benoit XII ratifie la concession faite par Veveque^ approuvee 
par le chapitre de Pamiers, de Vofpce de notaire des causes ciwiles 
de Vofficialite diocesaine en fa^feur d^Arnaud Raymond Falcou^ 
familier du pape, en raison des services par lui rendus d BenoitXlI 
iandis quil etait eveque de Pamiers et d la tete du tribunal de VIh' 
quisition. — Avignon, 23 fevrier 1335 

Reg. Vat.y t. cxx, n. 849; J.-M. Vidal, BenoU XII, Lettres com- 
muneSf n, 2301 ; cf. uovam confirm. postulatam ab Arnaldo 
Raymundo, Supplicat Clem. VI, t. ii^ fol. 170. 

Dilecto filio Arnaldo Ramundi Falconis ^, clerico Appamia- 
rum, familiari nostro, salutem, etc. — AfTectus benivolentie 
specialis quem ad personam tuam intuitu tue placide familia- 
ritatis gerimus et habemus, et obsequiorum gratitudo continua 
que nobis ab olim fideliter impendisti et exhibere sedulis et de- 
votis studiis non desistis [ ], nos excitant et inducunt 

ut personam tuam favore benivolo prosequentes votis tuis libe- 
raliter annuamus. Sane oblata nobis tua petitio continebat quod 
nuper venerabilis frater noster Dominicus ^, episcopus Appa- 
miarum, attendens et considerans gratum servitium per te 
ecclesie Appamiarum in ofiicio Inquisitionis heretice pravitatis 
tempore quo dudum, antequam ad cardinalatus honorem et 
deinde ad apostolicam dignitatem et regimen universalis ecclesie, 
licet inmeriti, essemus assumpti, prefate ecclesie Appamiarum 
prefuimus, fideliter impensum; tam ob hoc quam ex aliis iustis 
et rationalibus causis in aliquo remunerare te volens, tabula- 
rium causarum civilium curie sue ofiicialatus Appamiarum .cum 

BULLAIRE — 14 



210 BtJLLAIRE DE L*INQUISiTlON FRANgAISB 

medietate totius emolumenti ratione omnium scripturarum ad 
idem tabularium pertinentium exinde proventuri, tibique tan- 
quam benemerito per suas litteras ad vitam tuam dedit et con- 
cessit pro se suisque successoribus ac etiam assignavit; volens et 
concedens nihilominus quod tu tabularium ipsum regere ac ei 
deservire valeres communibus expensis totius prefati emolumenti 
eiusdem tabularii per te vel per sufficientem et ydoneum su- 
stitutum; quodque postmodum dilecti filii capitulum prefate 
ecclesie Appamiarum donationem seu concessionem huiusmodi 
tabularii predicti per dictum episcopum tibi ut premictitur 
factam gratam et acceptam habentes confessi fuerunt eandem 
de ipsorum assensu et consilio esse factam, ipsamque donatio- 
nem et concessionem laudaverunt, ratificaverunt et etiam appro- 
baverunt; necnon et ad maiorem roboris firmitatem in premissis 
omnibus et singulis ipsorum consensum et assensum dederunt 
expresse, prout in quibusdam super hoc confectis patentibus 
litteris ipsius episcopi et publico instrumento dictorum capituli 
sigillis munitis, quorum tenores de verbo ad verbum presen- 
tibus inseri fecimus, plenius continetur. Quare nobis humiliter 
supplicasti ut donationem, concessionem et assignationem hu- 
iusmodi ipsius episcopi ad vitam tuam, ut premictitur, factas, 
necnon laudationem, ratificationem et approbationem predi- 
ctas eorumdem capituli confirmationis nostre fulcire munimine 
dignaremur. Nos itaque, premissorum premeritorum tuorum 
obtentu, tuis in hac parte supplicationibus inclinati, premissa 
omnia et singula in litteris et instrumento prcdictis contenta 
rata habentes et grata, illa auctoritate apostolica ex certa scien- 
tia confirmamus et presentis scripti patrocinio communimus. 
Tenores vero dictorum litterarum et instrumenti tales sunt : 
Frater Dominicus, Dei et apostolice Sedis gratia Appamia- 
rum episcopus, dilecto nobis in Christo magistro Arnaldo Ra- 
mundi Falconis, clerico ac notario Appamiarum, salutem in 
Domino Ihesu Christo. Quoniam dignum est et rationi conso- 
num ut illi qui Ecclesie fidehter deservierunt ab ea reportent 
commodum et honorem et quod propter eorum sufficientiam 
ac fidelitatem ad regimen officiorum ecclesiasticorum gratiose 
assumantur, igitur attendentes et considerantes gratum servi- 
tium ecclesie Appamiarum in officio Inquisitionis heretice pra- 
vitatis et aUas, prout ex fidedignorum testimonio percepimus, 
dudum per te fideliter impensum tempore quo sanctissimus ni 



BBNOIT XII 211 

Christo pater et dominus, dominus Benedictus papa XII preerat 
ecclesie Appamiarum predicte, de quibus (!) erga nos lauda- 
biliter commendaris; ideoque consideratione servitii antedicti, 
obque reverentiam dicti domini nostri pape, et ex aliis iustis 
causis et rationibus, te volentes in aliquo remunerare de presenti, 
tabularium causarum civilium curie nostre officialatus Appa- 
miarum tibi tanquam benemerito tenore presentium pro nobis 

Iet successoribus nostris damus ad vitam tuam et concedimus 
ac etiam assignamus cum medietate totius emolumenti ratione 
omnium scripturarum ad idem tabularium pertinentium exinde 
proventuri; quod regere et deservire valeas communibus expen- 
sis totius emolumenti dicti tabularii per te vel per sufficientem 
fit idoneum sustitutum. In cuius rei testimonium sigillum no- 
strum duximus presentibus appendendum. Datum et actum 
Avinioni, in hospicio hribitationis nostre, die vicesima mensis 
ianuarii, anno Nativitatis Domini millesimo trecentesimo trice- 
simo quinto. 

\n iiomine Domini. Amen. Noverint universi quod nos Jaco- 
bus Albenonis, sacrista et prior claustralis, Germanus de Ca- 
stronovo, archidiaconus, Hugo Artaudi, operarius, Bertrandus 
de Marcafabba ^, precentor, Guillermus dc Sancto Michaele *, 
infirmarius, Petrus Durbanni, prior prioratus Sanctorum Bau- 
dilii * et Victoris *, Arnaldus de Liphiaco, prior prioratus de 
Vallibus ', et Bernardus de Combatorta, canonici ecclesie Appa- 
miarum, ex certa scientia omnes unanimiter congregati in capi- 
tulo ecclesie memorate ad sonum campane, ut moris est, capi- 
tulum ibidem facientes et representantes, attententes et con- 
siderantes quam plurima grata servicia que magister Arnaldus 
Ramundi Falconis, clericus ac notarius curie ofTicialatus Appa- 
miarum, tempore quo Sanctissimus in Christo pater et domi- 
nus, dominus Benedictus papa XII preerat ecclesie Appamia- 
rum predicte, fideliter eidein ecclesie impendit adhucque impen- 
dere non cessat, pro ea ac in ofFicio Inquisitionis heretice pra- 
vitatis dilit^enter laborando, que cedunt ad honorem et utilita- 
tem ecclesie Appamiarum predicte; ob quorum servitiorum re- 
munerationem ac honorem dicti Domini pape reverendus in 
Christo pater dominus Dominicus, Dei gratia Appamiarum epi- 
scopus, eidem magistro Arnaldo Ramundi, tanquam sufficienti 
et ydoneo, tabularium causarum civilium curie ofFicialatus Appa- 
miarum dedit perpetuo et concessit gratiose, prout in patentibus 



212 BULLAIRR DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

litteris ipsius domini episcopi suo sigillo impendenti nobis ob- 
stensis, presentatis, ac per notarium infrascriptum perlectis, 
sigillatis, plenius et latius continetur; idcirco nos capitulum 
ecclesie predicte donationem seu concessionem dicti tabularii 
eidem magistro Arnaldo Ramundi tanquam benemerito debite 
ac iuste factum, gratam et acceptam habentes, confitemus ean- 
(lem donationem de nostro consilio et assensu factam esse, et 
easdem donationem et concessionem laudamus, ratificamus et 
approbamus, et nostrum consensum et assensum premissis om- 
nibus et singulis impertimur ad maiorem roboris firmitatem, 
et ad premissorum-omnium testimonium; et ad maiorem ac per- 
petuam roboris firmitatem de premissis habendam nos capitulum 
predictum huic presenti publico instrumento sigillum nostrum 
apponi iussimus et appendi. — Acta fuerunt hec in dicto capi- 
tulo prefate ecclesie Appamiarum, vicesima nona die mensis 
ianuarii, anno a Nativitate Domini millesimo trecentesimo tri- 
cesimo quinto, pontificatus sanctissimi in Christo patris et do- 
mini nostri, dicti domini Benedicti pape XII, anno primo; do- 
mino Philippo, Dei gratia Francie rege regnante, et dicto 
domino Dominico, Appamiarum episcopo presidente; presen- 
tibus discretis viris dominis Arnaldo de Rivobuxa ®, Bernardo 
Galliri, Bernardo Guillermi, presbiteris prebendariis seu bene- 
ficiatis in dicta Appamiarum ecclesia, Petro de Beciaco, clerico 
de Appamiis, et Arnaldo Orfaudi, serviente curie terre Pariagii 
inhiti inter dominum nostrum Francie regem et dictam eccle- 
siam Appamiarum testibus ad premissa vocatis specialiter et 
rogatis. Et ego Bertrandus de Pulchro Stramine(?), de Appamiis, 
tabellio seu notarius auctoritate apostolica et regia publicus, 
qui ostensioni et presentationi dictarum litterarum, laudationi, 
ratificationi, approbationi donationis et concessionis predi- 
ctarum tabularii memorati et aliis premissis omnibus una cum 
prenominatis testibus interfui, et easdem litteras coram dicto 
capitulo in latino de verbo ad verbum et coram eisdem testibus 
perlegi et cartam istam recepi, scripsi et mea manu propria in 
hanc publicam formam redegi, et signo meo consueto quo in 
aliis predicta auctoritate apostolica publicis utor instrumentis 
signavi, vocatus, rogatus et requisitus. 

Nulli ergo, etc, nostre confirmationis..., etc. 

Datum Avinioni, vii kalendas martii, anno primo. 



BENOIT XII 213 

4. Arnaud Raymond Falcou, « clerc de Pamiers, notaire du roi de France 
et de Tevdque, » est un membre subalterno du grefle de Tlnquisition de Pamiers. 
II assiste et supplee les notaires attitres en trois circonstances (ms. Vat. lat., 
4030). Son rdle est surtout d'enregistrer les actes dresses par d'autres (ex. : fol. 
161 yo, 133, etc). II fut fait notaire apostolique le 5 aoiit 1325. Regesta Ai-en., 
Joan- XXII, t. XXI, fol. 154. Benoit XII Ic retint a son service comme « familier 
et commensal » Regest. Vatic. t. cxlvh, n. 771. En Tan 1335, revSque D«»mi- 
nique Grima lui attribua la charge de notaire des causes civiles pr6s rofiicijilite 
de Pamiers, avec la moitie seulement des emoluments. Cette concession, 
approuvee par le chapitre, fut confirmee par le pape (bulle ci-dessus). Comme 
Falcou, qui ne residait pas, avait quelque peine k recueillir la part d*emolu- 
ments qui lui revenait, Clement VI designa des executeurs charges do lui 
faire rendre justice /?cg. Vat., t. cxlvii, n. 771 ; Vidal, Le <rt6una/ d'Inqui- 
sition de Pamiers, p. 103-104. 

2. Dominique Grima; voir n. 82, note 1. 

3. Marquefave (Haute-Garonne), cant. de Carbonne, arrond. de Muret. 

4. Saint-Michel (Ariege), cant. et arrond. de Pamiers. 

5. Saint-Bauzeil (Ari^ge), cant. de Varilhes, arrond. de Pamiers. 

6. Saint-Victor-Rouzaud (Ari^ge), arrond. et cant. de Pamiers. 

7. Vals (Aridge), com. et cant. de Varilhes, arrond. de Pamiers. 

8. Ribouisse (Aude), cant. de Fanjeaux, arrond. de Castelnaudary. 



— 143 — 

Herve de Trei^alloet, victime de haines et de jalousies^ a ete accuse 
devant Veveque de Quimper et les inquisiteurs de Tours d^avoir 
envoute Pierre de Guergolle. Les juges, prevenus contre lui, ont 
fait proceder d la confiscation de ses hiens et de ceux de sa famille, 
ont excommunie et emprisonne ses partisans, mis d la torture et li\'re 
au bras seculier ses domestiques. La cause est portee au tribunal 
de Jean XXII. Vun des inquisiteurs et le procureur des Guergolley 
i^enus d A^^ignon pour se justifier, s'enfuient au moment critique. 
Pour en finir, d la requete de Vaccuse, Benoit XII designe trois 
commissaires qui citeront Veveque de Quimper, les inquisiteurs 
et les autres interesses. — Avignon, 15 mars 1335. 

Reg.Vat. t. cxix, n. 161; J.-M. Vidal, Benoil XII, LetUres com- 
munes, n. 2304 (analyse) ; A/Jaire d' envoutement au tribunal d'Inqui- 
sition de Tours, dans Annales de Brelagne, juillet, 1903, p. 491 

(in ext.). 

Dilectis filiis .. ^ abbati monasterii de Calma *, Nanneten. 
diocesis, et .. thesaurario Veneten., ac Henrico de Bellomonte, 



214 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

canonico Nanncten. ecclesiarum, salutem, etc. — Officii nostri 
debitum exigit ut cuique poscenti iustitie plenitudinem impen- 
damus. Nuper siquidem pro parte nobilis viri Hervei, domini 
de Trevalloet ^, Corisopiten. diocesis, tam suo quam sibi ad- 
herentium nomine fuit nobis expositum cum querela quod 
dudum nobilis vir Johannes, dominus de Guergolle *, ac Johan- 
nes, patruus suus, domicellus dicte diocesis et quamphires alii 
sui emuli et inimici capitales ex odii preconcepto rancore et con- 
ficta conspirationis malicia secrete ac latenter detulerunt ipsum 
Herveum super sortilegio heresim sapiente, quod invultuatio 
in illis partibus vulgariter nuncupatur; denunciando eum quod 
invultuasset condam Petrum, dominum dicti loci de Guergolle, 
prefati Johannis, domini de Guergolle, patrem, ac sibi ob hoc 
mortis occasionem dedisset; hec exponentes coram bone memorie 
Alano ^, episcopo Corisopiten. et dilectis filiis Johanne Aufredi ^ 
et Alano Thome ', ordinis fratrum predicatorum, inquisitoribus 
heretice pravitatis in illis partibus, affinibus et faventibus parti 
adverse, super predictis subornatis, et toto illicito conatu proce- 
dentibus. Quodque ipsi delatores et emuli occulte produxerunt 
adversus eumdem Herveum super premissis coram eisdem epi- 
scopo et inquisitoribus tres falsos testes, domesticos suos, pretioj 
corruptos ac maligne instructos, et subornatos per eosdem dela- 
tores et emulos, vilissime quidem conditionis et infames; ad 
quorum simplicem et occultam depositionem prefati episcopus 
et inquisitores proinde suspecti mandaverunt et fecerunt predi- 
ctum Herveum ignorantem et absentem, ner citatum, seu voca- 
tum, super hiis suis bonis omnibus lotaliter spoliari; et etiam 
dilectam in Christo filiam Catherinam de Ponte, uxorem, et 
fratres ipsius Hervei, non suspectos, nec delatos super predictis 
bonis eorum propriis exui contra ius et iusticiam et consuetu- 
dinem patrie per potentiam ct curiam secularem. Et licet prefa- 
tus Herveus quamprimo hec ad suam notitiam pervenerunt 
recusasset dictum episcopum et inquisitores ut suspectos, et ab 
eis ad Sedem apostolicam supradicto nomine appellasset, ct 
huiusmodi appellationem cum solemnitatc iuris et ul debuerat 
insinuasset, iterque arripuisset ad dictam Sedem pro appella- 
tione ipsa prosequenda et sua innocentia ostendenda; predicti 
tamen episcopus et inquisitores eum coram ipsis ad iudicium 
evocari fecerunt ad locum etiam sibi non tutum, neminem ad- 
mittentes ad ipsius Hervei absentiam excusandum; ymo excom 



BENOIT XII 215 

municarunt et in arresto tenuerunt omnes pro eo comparentes, 
ct eumdem Herveum contumacem reputarunt, quia non compa- 
rebat coram eis, licet minime teneretur; et tam in eum ob hoc, 
quam in omnes qui sibi darent consilium vel favorem excommu- 
nicationis sententiam fulminarunt. Et insuper fecerunt alios 
processus varios contra eum. Et tandem ipsi episcopus et inqui- 
sitores, ad instigationem dictorum delalorum et emulorum, 
confovendo et sequcndo huiusmodi odium preconceptum, man- 
darunt quamplures domesticos ipsius Hervei capi et incarccrari 
diversisque tormentorum generibus lacerari; dictique domestici 
asperitate et gravedine tormentorum ipsorum compulsi, duran- 
tibus ipsi tormentis et propter eorum dolorem nimium, causa 
evitandi tale martirium, variabile testimonium protulerunt; 
quo emiss9 solum vi et metu tormentorum fuerunt etiain in 
odium dicti Hervei per ipsos episcopum et inquisitores ad cer- 
tum ultimum supplicium condempnati, et ad illud postea depu- 
tati per iudicem secularem, quanquam corum innocentiam 
super hoc ante et post huiusmodi sententiam et tunc et in depu- 
tatione huiusmodi publice promulgarent, celestem Curiam in 
testimonium evocantes. 

Alter propterea dictorum inquisitorum quem dictus Herveus 
principalem asserit et procurator partis denunciantis venerunt 
ad romanam Curiam contra eum cum omnibus processibus 
et inuninieiitis suis quibus eum aggravare valerent; intellecto 
quod felicis recordationis Johannes papa XXII predecessor 
noster de huiusmodi negocii meritis cognoscere intendebat, et 
cum sese ad recessum parassent, fuit ad instantiam ipsius Hervei 
per camerarium dicte Sedis, de mandato ipsius predecessoris, 
huiusmodi recessus prohibitus, ipsiquc fuerunt ad palatium apo- 
stolicum ad iudicium convocati;et demuinetiam de dicti prede- 
cessoris mandato fuit iniunctum eisdem quod prosequerentur 
dictum negotium, ipsique suos processus defenderent, ac de 
illis predecessorem informarent eumdem; nec antea quam 
premissa efTicerent de romana Curia prcdicla sub cerla pena 
recederent. Quibus non obstantibus ipsi alter inquisitor et pro- 
curator se noctu dc ipsa romana Curia contumaciter absenta- 
runt, quamvis fuissent ex abundantia citati et diutius expectati. 

Unde cum predictus Herveus ad presidium eiusdem Sedis 
ianuludum recursum habuerit pro iustitia super predictis obti- 
nenda, sitque nudatus omnibus bonis suis et terrenorum neces- 



216 BULLAIBE DE L*INQUIS1TI0N FBANgAISE 

sitati subiectus, ac dictus episcopus fuisset interim de rebus 
humanis exemptus, nobis devotc ac humiliter supplicavit ut 
super premissis providere sibi sic nudato et bonis temporalibus 
egenti, cum hec, sicut asserit, adeo sint notoria quod nulla pos- 
sunt tergiversatione celari, de ipsius Sedis clementia misericor- 
diter dignaremur. Quia igitur iuris exigentia postulat ut quis- 
quis patefacere volens suam innocentiam susceptricem inveniat 
iustitie ianuam, nec possit calumpnia prevalere, nos ob zelun\ 
ipsius iustitie, huiusmodi supplicationibus annuentes, discre- 
tioni vestre per apostolica scripta mandamus quatinus vos, vel 
duo, aut unus vestrum, per vos, vel alium, seu aHos, venerabi- 
lem fratrem nostrum Alanum ^, episcopum Corisopiten., supra- 
dicti Alani proximum successorem et inquisitores prefatos, 
necnon omnes alios qui sua crediderint interesse ex parte nostra 
peremptorie citare curetis, ut infra duorum mensium spatium 
post citationem huiusmodi Alanus episcopus, per se vel procu- 
ratorem ydoneum, si sua crediderit interesse, ac inquisitores 
predictos super omnibus et singulis supradictis sufficienter et 
plenarie informati, et cum prefatis processibus; necnon omnes 
alii, qui ut predicitur sua crediderint interesse, cum omnibus 
actis, iuribus, et munimentis suis ad dictum negotium facien- 
tibus personaliter conspectui apostolico se presentent; parti 
dicti Hervei super eis de iustitia responsuri, ac facturi et rece- 
pturi supcr illis quod iustitia suadebit. Diem vero citationis huius- 
modi et formam et quicquid super predictis duxeritis facien- 
dum, nobis per vestras litteras harum seriem continentes curetis 
quantocius fideliter intimare. — Datum Avinioni, idus martii, 
anno primo ^. 

1. Michel de Treal. Gallia christ., t. xiv^ col. 852. 

2. La Chaume (Loire-Inferieure), comm. de Machecoul, chef-Heu de canton 
de Tarrond. de Nantes. 

3. Trevalloet, localite que nous n'avons pu identifier. Les Trevalloet furent 
seigneurs de Pont-rAbbe. Supplic, t. xcii (Bened. XIII), fol. 160 v^. 

4. Guergolle, ou mieux Quercorle [castrum Cole), dans 1 'archidiacone de 
Poher (voir A. de Courson, Cartulaire de Vahbaye de Redon, Paris, 1863, p. 533), 
aujourd'hui Corlay, chef-lieu de canton du depart. des C6tes-du-Nord, arrond. 
de Loudeac; ou bien Corlay-le-Haut, localite voisine de la precedente. 

5. Alain Gontier. Cf. n. 131, note 1. 

6. Jean Aufred, ou Aufroid, frere precheur, de Poitiers, fut recu mattre en 
theologie, en 1327, par le chanceUer de Paris, sur un ordre de Jean XXII 
(13 decembre 1327). Denifle, ChartuL, t. ii, p. 304, n. 868; Arch. fiXr Litteratur, 



BENOIT XII 217 

t. II, p. 220, n. 87. II fut du nombre des theologiens qui, durant les mois de 
juillet et d'aout 1335^ discuterent avec Benoit XII sur ia question de la vision 
bcatidque et sur le traite compose par le pape a ce sujet. Son nom : « Johanni 
(le Quolibet {sic) inquisitori Pictavie, » figure dans le t. cxlvi, fol. 112 v^, des 
Introilus et exitus. Arch. Vaticanes; cf. Deniflo, Chartul., i. ii, p. 453. 11 eut 
pour successeur k rinquisition de Tours et de roitiers frdrc Arnaud Manda- 
▼ in, son commissairc, quo le pape Clemeut VI nomma, e 28 fevrier 1343^ a la 
requete du procureur gcneral des dominicains (n. 187, 188). 

7. Religieux inconnu. 

8. Alain Angall de Riec, ev^que de Quimper avant 1335, mort avant 1353. 
Gams, Series episcoporum, p. 605; Eubel, Hier., t. i, p. 219; Gall. christ., t. xiv, 
col. 883-884. 

9. Dix ans aprds l'acquittement du sire de Parthenay, prononce k Avignon 
en depit de Tinquisiteur de Tours (n. 46, note 5); le tribunal charge de veiller 
sur la foi des Bretons se trouvait engage dans une affaire qui eut avec celle-Ia 
beaucoup de ressemblance. 

Les Trevalloet et les GuergoUe, hobereaux de Bretagne, se sont voue une haine 
mortelle. Pierre, chatelain de GuergoIIe, est, un jour, terrasse par un mal mys- 
terieux, ou qui fut juge tel. On prononce le mot d'cuvoiktement. Et on nomme 
les artisaus du malefice : Herve de Trevalloet. Yvon Beseuc, son domestiquc, 
et, probablement, le prdtre Guillaume de Blemcan, ou Blerachant^ le baptiseur 
de la poupee de cire, plus tard mis au secret pour complicite. II y a alors a a 
t^te de rinquisition de Tours et du dioc^se de Quimper deux religieux et un 
prelat parents ou amis des Guergolle. L'heritier du defunt, son oncle, damoi- 
seau du pays, d'autres rivaux d'Herve de Trevalloet 8'en vont leur denoncer 
le forfait et n'ont pas de peine a les gagner a leur cause. IIs ont la precaution^ 
declare Taccuse^ de corrompre a prix d'argent trois de ses domestiques qui 
viennent, dans le plus grand secret, charger leur maitre. Les inquisiteurs et 
['cvSque acceptent ces depositions « viles et infAmes « et, a Tinsu des interesses, 
prononcent la saisie de leurs biens. Le duc de Bretagne, Jean III, execute cette 
sentence. 

A la nouvelle du desastre qui fond sur lui et sur les siens, Herv6 de TrevaUoet 
fait rediger un acte de r^cusation et un recours au Saint-Si^ge, dont les juges 
rc^oivent communication selon les r^gles. Puis il part pour Avignon, fort de 
son innocence. 

Cest alors que Jean Aufroid, Alain Thomas et Alain Gontier lancent leur 
citation tontre lui. Le lieu fixe pour la comparution n'est point siir. Les amia 
ou parents de Tinculpe qui se presentent a sa place sont mis en etat d'arresta- 
tion apres avoir ete excommunies. A quoi hon d^ailleurs tenter d'excu8er Tab- 
sent? Les juges n'admettent point d'excu8es. Ilerve est declare contumax et 
frappe d'cxcommunication; excommunics aont ceux qui le conseillent ou le 
favonsent. La procedure se poursuit. Les juges sont talonn^s par les d^Iateurs 
qui leur communiquent leur haine. 

Juges et denonciateurs affichent cependant la preoccupation de baser solide- 
ment Tacte d'accusation. Ils feront parler les domestiques de leur victime. 
Deja trois de ces subalternes leur ont rendu service. Mais ceux qu'il8 interrogent 
maintenant se montrent durs k la detente. On les arrSte, on les met au secret 
et a la question. IIs parlent sous le coup de la douleur; ils font des recits contra- 



218 BULLATRE DE L^INQUISITION FRAN^AISE 

dictoires, qui ne satisfont personne. IIs deviennent gSnants, non contents d'Stre 
inutiles. On s'en debarrasse en les livrant au bras seculier. Jusqu'au dernier 
moment, ils s'obstinent a crier leur innocence et a en appeler a la « Cour ce 
leste » qui les entend. 

Mais ces exces semblentefTrayer ceux meme qui les commettent. Et d'ailleurs 
la presence d'Herve de Trevalloet aupres de la Curie commence a leur donner 
a penser. Jean Aufroid et le procureur de Jean de GuergoIIe estiment qu'il faut 
aller voir. Ils s'acheminent vers Avignon. munis de documents destines a ecra- 
ser leur adversaire. Mais, a Avignon, ils sentent le terrain glisser sous leurs pas. 
Jean XXII a resolu de traiter raffaire a fond. Ils jugent prudent de s'en retour- 
ner en Bretagne. Herve de Trevalloet a beau leur faire signifier par le camer- 
lingue Tordre de comparaitre pour justifier leurs actes; en vain leur interdit- 
on de sortir de la ville avant la fin du proces, les deux Bretons s'en echappent 
a la faveur de la nuit. 

Jean XXII meurt sur ces entrefaites. Alain Gontier, ev^que de Quimper 
Tavait precede ou le suivit dans la tombe. Herve de Trevalloet expose alors au 
nouveau pontife, Benoit XII, Tetat d'extreme denument oii Ta jete Tinjuste 
spoliation et lui demande d'y porter remede. Le pape charge trois commissaires 
de proceder a la citation peremptoire des inquisiteurs et des autres interesses ; 
chacun desquels devra comparaitre devant lui, avant quarante jours, porteur 
des actes du dossier et de tous autres documents qui pourront servir a le justifier. 
Ce mandat fut lance le 15 mars 1335 (n. 14o). 

Les interesses, obeissant a la requisition pontificale, comparurent au jour 
marque. Benoit XII confia d'abord leur cause a Raymond de Mostuejouls, 
cardinal de Saint-Eusebe, qui mourut le 13 novembre 1335, n'ayant pu que 
preiidre contact avec eux. Annibal de Ceccano, eveque de Tusculum, assuma 
alors la direction des debats, qui furent longs. Herve de Trevalloet et son domes- 
tique, Yvon Beseuc, protestaient vigoureusement de leur innocence. IIs faisaient 
surtout ressortir Tenormite de Tattentat commis; avant toute procedure, contre 
les membres de la famille de Trevalloet, depouilles de leurs biens quoiqu'i]s 
ne fussent point en cause. Jean Aufroid et son vicaire juraient que la spoliation 
n'avait ete ni voulue ni ordonnee par eux. Le cardinal-commissaire se pronon^a 
d'abord sur ce point dont la solution devait aplanir bien des difTicuItes. II or- 
donna la levee du sequestre et la restitution pure et simple des biens d'Herve, 
d'Yvon et de la famille Trevalloet. II decida aussi le transfert aux prisons apo^- 
toliques du pretre Guillaume de Blemcan, compromis dans le pretendu complot 
et prisonnier de rdveque de Quimper. 

Benoit XII reprit pour son compte les dispositions de son commissaire et les 
completa en consistoire public. II voulut qu'avec le pretre prisonnier on fit 
venir, aux frais des interesses, tous les temoins jadis entendus et ceux dont la 
deposition paraitrait utile a recevoir. II exigea la remise des aveux extorques 
aux domestiques d'Herve morts sur le bucher ou dans leurs cachots. II ordonna 
la comparution des notaires de Tlnquisition qui devraient presenter leurs proces- 
verbaux dans leur expedition originale, r.on interpoles ni alteres. II prescrivit 
la restitution integrale des biens de la femme, de la mere, des freres et soeurs 
d'Herve. Mais il voulut que celui-ci ne recouvrat, pour le moment, que ce qui 
lui serait necessaire pour subsister lui-meme et couvrir les depenses du proces. 
Les eveques de Quimper et de Vannes furent charges de pn'sider, soit a la levee 



BENOIT XII 219 

du sequestrc, soit k la requisition des temoins (24 novembre 1336; cf. n. 158). 

Sept mois s'ecoul^rent sans que ces sages prescriptions re^ussent un commen- 
cement d'execution. Les prieres d'Herve et d'Yvon Beseuc ne purent venir k 
bout de la nonchalance des prelats Par ailleurs, le recrutement des temoins 
8'operait a grand'peine. Herve n'en pouvait trouver qui n^afTichassent des pre- 
tentions exorbitantes. Sa fortune n'aurait pas sufTi k payer leurs frais de depla- 
cement. Benott XII, informe, chapitra les prelats, en les chargeant de reduire 
ces exigences a de justes proportions (22 juin 1337; n, 167). 

Ce nouveau mandat eut, a peu pr^s. le sort du premier. L'ev5que do Quimper 
86 borna a expedier a Avignon le prisonnier recUme par le pape. S'il essaya 
d'obtenir la lcvee du sequestre, il se heurta k ropposition du duc de Bretagne. 
Troisi^me mandat, cette fois avec clauses comminatoires ^ Tadresse des prelats 
et du dur. On etait au 13 decembre 1337 (n. 169). 

Commentse terncina leproces? Nous Tignorons. Nos informations 8'arrdtent 
avec ce dernier document, k la fin dc 1337. II n'e8t point douteux que Jean 
Aufroid ait merite une punition. Mais il est a peu prcs certain qu'elle ne lui fut 
point infligee, sinon tr^s leg^re. II mourut k Avignon, vers 1342, etant encore 
en charge. Clement VI nomma son successeur, Arnaud Mandavin, le 28 fevrier 
1343. Regest. Aven., X. lxvii, fol. 370. Peut-itre le procii n'^tait-il point termine 
k cette date. 



— 144 — 

Le pape exhorte Gaston *, comte de Foixy d faire rechercher acti- 
vement et capturer dans ses domaines du Bearn les heretiques vaudois 
qui s'y sont refugies, esperant y hraver impunement Vinquisiteur de 
Toulouse *. — Avignon, 29 mars 1335. 

Peg. Va/., t. cxxx, n. 125, fol. 21 ye; Daumet,Benof/ XII, n. 33 

(m est.). 

Dilecto filio nolWli viro Gasioni, coiinli Fuxi. — Kxponeiitc 
uobis dilecto... — Dalum Avinioni, iv kalendas aprilis, anno 
primo. 

1. Gaston II, iils deGaston I*', comte de Foix en 1315; mort en septembre 
1343. Hist. deLang., t. ix, p. 353, 547, etTablc des matiftres, au mot Gaston //» 
p. 1262 12.i3; de Mas-Latrie, op. cit., col. 1603. 

2. rierre Brun : n. 59, notel. 



220 BULLAIRE DE l'iNQUIS1T10N FRANgAISE 



— 145 — 

Le pape ordonne aii ministre general des freres mineurs de rece- 
i^oir dans son ordre Barthelemy Brugere, jadis fraticelle, partisan 
de Vantipape Pierre de Corbiere, condamne par Vlnquisition, et 
recemment absous sous condition quil continuerait d expier son 
crime hors de sa prison. Apres deux annees, sHl persevere, ilpourra 
etre readmis d la celebration des saints mysteres^. — Avignon, 
11 avril 1335. 

Reg. Vat., t. cxix, n. 456; Reg. Aven., t. i, fol. 248 yO; Riezler, 
V atikanische Akten, n. 1722. 

Dilecto filio .. ^ ministro generali ordinis fratrum minorum, 
salutem. — Compatiens et misericors in suis actibus sancta 
mater Ecclesia filiis excedentibus et deliris mavult mansuete ac 
modeste ignoscere quam in eos rigide ultionis iudicium exercere; 
tunc enim ad miserationis clementiam pronius inclinatur cum 
amplius de vera oris confessione presumit et de contritione 
cordis humili evidentius comprehendit et presertim peracta 
penitentia salutari. Porrecta siquidem nobis dilecti filii Bartho- 
lemci Brugerie, Albien. diocesis, presbiteri tui ordinis profcb- 
soris, petitio continebat quod dudum, protho [sic) dolor ! tempore 
quo in abhominationem Dei et scandalum sancte matris Ecclesie 
Rome fuit erectum ab impiis et filiis Bellial simulacrum anti- 
pape, dictus Bartholomeus dilecto filio inquisitori heresis in 
Carcassonen. partibus extitit accusatus et per eum ad suum 
carcerem in penam ipsius Bartholomei per septennium condem- 
pnatus, pro eo quod in quadam ecclesia dicte diocesis in pubUca 
predicatione dixerat quod rumor erat quod duo erant pape, 
unus Avinioni et alius in dicta Roma quam imperator fecerat 
fieri et pro quo eorum ipse et eum tunc audientes orare deberent, 
an pro illo qui existebat Avinioni, vel pro eo qui erat in dicta 
Roma; ipsi audientes dictam suam predicationem viderent; 
sed cum fortiore ipse ac dicti audientes se tenere debebant. Et 
in festo beati Antonii ^ eiusdem ordinis ad quod fratres predica- 
tores venerant idem Bartholomeus cum duobus ipsorum predi- 
catorum in capitulo dixerat quod quando fuerat in illo passu 
misse in quo oratur pro domino papa, sibi acciderat cogitatio 
pro quo debebat orare, an pro verissimo Christi vicario romano 



{ 



BBNOIT XII 221 

pontifice, vel pro antipapa iam dicto; ipsoque capto existente 
in dicto carcere per ministrum generalem dicti ordinis, qui tunc 
erat, habitu ipsius ordinis expoliatus et ad procurationem .. 
generalis procuratoris predicti ordinis in romana Curia de man- 
dato felicis recordationis Johannis pape XXII, predecessoris 
nostri, habitus quem dictus Bartholomeus gestabat fratribus 
ipsius ordinis extitit assignatus; et postremo post longam per 
eum tolleratam penitentiam patienter per dictum inquisitorem 
pie consideratis patientia humili et conversatione devota idem 
inquisitor ipsum de prefato carcere miseridorditer liberavit, 
certis sibi penitentiis iniunctis, utpote psalteriis et ieiuniis, et 
quod quam cito cum eo super executione ordinum et oflicii sacer- 
dotalis existeret dispensatum, per triennium duas missas pro 
domino papa, unam de Sancto Spiritu et aliam de beata Virgine 
Maria celebrare teneretur, qualibet septimana. Quare nobis 
prefatus Bartholomeus supplicavit humiliter et devote quatinus 
secum ut huiusmodi penitentiam, sicut cupit, valeatadimplere, 
et alias commodius domino famulari super executione predicta 
dispensare ipsumque ad eam integre restituere misericorditer 
dignaremur. Quia igitur eadem sancta Ecclesia nulli claudit 
sue pietatis gremium ad eam humiliter redeunti, nos ad instar 
misericordiarum Patris et Domini miserentis ipsius Bartholomei 
piis et devotis in hac parte supplicationibus inclinati, discre- 
tioni tue per apostolica scripta mandamus quatinus eumdem 
Bartholomeum, nisi aliud canonicum obsistat, auctQritate nostra 
recipias et recipi facias in tuo et eius ordine supradicto, et si 
post duos annos post receptionem huiusmodi predictus Bartho- 
lomeus tibi emendatus bene videbitur cum eo eadem auctoritate 
dispenses ut in susceptis ordinibus secrete valeat celebrare ac 
eliam ministrare, iniuncto eidem quod salubriter conspexeris 
n iungendum. — Datum Avinioni, iii idus aprilis, anno primo. 

1. Voir 8ur celte aflaire : n. 84, note 2. 

2. Geraud d'Othon; n. 102, note 3. 

3. Le 13 fevrier, fSte de la translation des reliques (n. 84, note 2). 



222 BULLAIRE DE L*lNQUlSITION FRANgAISE 

— 146 — 

Benoit XII invite Guillaume de Chanac, eveque de Paris, d recher' 
cher et d se faire remettre les actes des proces intentes par son pre- 
decesseur, Hugues de Besangon, et par V inquisiteur de France 
au clerc Guerin, de Ullay, accuse de maleficesetdesortileges pra- 
tiques contre dii^erses personnes de rang eleve. — Avignon, 24 avril 
1335. 

Reg. Vat., t. cxxx^ foi. xxxii n. 161; Dauniet op. cit.,, n. 47. (anai). 

Venerabili fratri Guillelmo ^, episcopo Parisien. — Curn Gue- 
rinus, clericus, oriundus de villa De Lay ^, tue diocesis, quisuper 
diversis horrendis sortilegiis, maleficiis et erroribus infamatus 
nostris carceribus detinetur, asserat quod ipse alias supernonnullis 
de dictis sortilegiis, maleficiis et erroribus tempore bone memo- 
rie Hugonis '^, episcopi Parisien., predecessoris tui, delatus et in- 
famatus et propterea etiam carceri mancipatus, quedam de 
illis coram prefato predecessore tuo et dilecto filio . . ^inquisitore 
heretice pravitatis in illis partibus auctoritate apostolica depu- 
tato confessus extitit et pro illis sibi fuit penitentia salutaris 
iniuncta, nichilominus subiungendo processus super predictis 
habitos existere penes dilectum filium Johannem de Sabaudia, 
notarium publicum in Viconovo, prope Parisien. ecclesiam, tunc 
temporis commorantem, nos de hiis et aliis quibusvis processi- 
bus habitis contra ipsum quomodolibet presertim quia contra 
certas excellentes personas machinatus suis dampnatis factio- 
nibus fuisse dicitur habere volentes certitudinem pleniorem, fra- 
ternitati tue per apostolica scripta mandamus quatinus processus 
predictos, ubicumque vel apud quoscumque fuerint, perquiri 
faciens diligenter illos nobis in formam redactos pubUcam fide- 
liter, integraliter, et celeriter mittere non postponas. — Datum 
Avinioni, viii kalendas maii, anno primo. 

1* Guillaume de Chanac, docteur es lois, archidiacre, puis (13 aout 1332) 
eveque de Paris; patriarche d'Alexandrie, le 27 novembre 1342; mort en 1350. 
Gall. chrisL, t. vii, col. 129-131 ; Eubel. Hier., t. i, p. 81, 410. 

2. L'Hay (Seine), canton de Villejuif, arrond. de Sceaux. 

3. Hugues de Besanfon; voir n. 92, note 1. 

4. Aubert de Chalons; n. 89, note 2. 



BBNOIT XII 223 



- 146 bis — 



Dominique Grima^ eveque de Pamiers^devra tenir la main d ce 
que son official nempiete pas sur les droits et la juridiction du 
comte de Foix. Lui-meme et ses ofjiciers devront s*abstenir de mo- 
lester les sujets de ce comte sous pretexle dHnquisition. — Avignon, 
11 juin 1335. 

Reg. Vat., t. cxxx, fol 56 r*>, n. cccxxxvii; Daumet, op.cit.^ 
n. 65, rubrique; Vidal, BenoU XII, letlres secretes, n. 341 [in ext.), 

Venerabili fratri Dominico *, episcopo Appamiaruin. — Ex 
conquestione dilecti filii nobilis viri Gastonis *, comitis Fuxi, 
percepimus quod dilectus filius.. ofTicialis tuus cognoscendo 
et difliniendo de hiis que ad iurisdictionem ecclesiasticam de 
consuetudine vel de iure minime pertinent, iura et iurisdictio- 
nem dicti comitis de novo et indebite occupat et perlurbat; 
quodque tu vel idem ofricialis, aut alii ministeriales tui sub pre- 
textu Inquisitionis heretice pravilatis nonnullos prefati comitis 
subditos minus rationabiliter molestatis. Sane quia tuam decet 
solicitudinem sic prudenter et diligenter iura ecclesie tue manu- 
tenere ac defendere sicque pure fidei negotium, prout ad te spectat, 
prosequi catholice quod aliorum iura non usurpes vel turbes 
indebite, nec fermentum in eodem negotio quod sinceritatem 
eius inficiat misceatur, fraternitatem tuam attentius exhorta- 
mur in Domino eidem nihilominus iniungentes quatinus eun- 
dem oflicialem a novitatibus inferendis circa premissa vel attem- 
ptandis indebitis cohibeas et provideas nichilomiuus diligenter, 
quod sic pure sicque iuste per te tuosque ministros negotium 
fidei solerti adhibita diligentia pertractetur quod nullus nisi 
culpabilis, delatus, vel suspectus de fide ipsa fuerit per te vel 
ipsos contra sanxiones canonicas quomodolibet molestetur, 
nobis distincte ac seriose quicquid in premissis et eorum singulis 
egeris nichilominus rescripturus. — Datum Avinioni, iii idus 
iunii, anno primo. 

1. Voir n. 82, note 1. 

2. Gaston 11; voir n. 144 note 1. 



224 BULLAIRE DE L*INQUISITION FRANgAISE 



— 147 — 

Benoit XII exhorte le dauphin de Viennois Humhert ^ d recher- 
cher soigneusement les heretiques i^audois refugies dans ses terres 
et d les livrer aux inquisiteurs. — Avignon, 16 juin 1335. 

Reg. Vat., t. cxxx, n. 345^ fol. 58; Daumet, op. cit., n 69 {in ext.). 

Dilecto filio nobili viro Humberto, Dalfino Viennensi. — 
Deducto nuper ad ... — Datum Avinioni, xvi kalendas iulii, 
anno primo. 

1. Humbert II^ fils de Jean II et de Beatrix de Hongrie; ne en 1312; succ^de 
k son frere Guigue VIII, le 23 juillet 1333; vend Tfitat du Dauphine k Jean, duc 
de Normandie, par un acte du 9 juin 1;^44; part pour ia croisade en 1345; entre 
dans Tordre des dominicains a Lyon^ le 17 juillet 1349; devient pretre a Avi- 
gnon, le 25 decembre 1350; patriarche d'Alexandrie. le 1" janvier 1351; admi- 
nistrateur de reglise de Reims, le 30 avril 1352; meurt le 22 mai 1355. Guy 
Allard^ Histoire de Humhert II, dauphin de Viennois, Grenoble, 1688; de Mas- 
Latrie, op. cit., col. 1700; Noui^. hiogr. gen. (Didot), art. Humhert II; U. Che- 
valier, Repertoire, etc. ; Eubcl^ Hier., t. i, p. 82, 440. 



— 148 - 



Le pape presse Ve^eque de Valence de seconder de toutes ses forces 
Voeuvre de la repression des heretiques ^audois entreprise dans 
son diocese par les inquisiteurs de la foi. — Avignon, 16 juin 1335. 

Reg. Vat., t. cxxx, fol. lviii^ n. 344; Daumet, op. cit., n. 68 (anal.). 

Venerabili fratri .. ^ episcopo Valentin. — Ad nostri aposto- 
latus pervenit auditum quod in terris tibi ratione Valentin. 
et Dien. ecclesiarum subiectis nonnulli latitant heretici preser- 
tim de secta dampnata Waldensium ibidem suis venenosis sug- 
gestionibus fideles inficere periculose nimium satagentes. Sane 
quia nisi predicti heretici extirparentur, ut expedit, magnum 
detrimentum fidei catholice ad cuius defensionem specialiter 
ex tui presulatus officio es astrictus et periculosa fidelium par- 
tium illarum scandala possent sequi, fraternitatem tuam attente 
requirimus tibique districtius iniungimus et mandamus quatinus 
consideranter attendens quod multum periculosa et reprehen- 



BBNOIT XIl 



225 



sibilis tua si, quod absit, interveniret negligentia, existeret in hac 
parte tuum ofllcium circa perquirendos diligenter et fideliter 
dictos hereticos, ac capiendos et puniendos exercere solerti adhi- 
bita diligentia non omittens, dilectis filiis inquisitoribus * heretice 
pravitatis auctoritate apostolica deputatis in illis partibus 
assistere super hiis prout ad ipsos pertinuerit studeas auxiliis, 
consiliis et favoribus oportunis. — Datum Avinioni, xvi kalen- 
das iulii, anno primo. 

1. Aymar de la Voulte prevdt de reglise d'Apt; ^vlque de Viviers, le 16 aoiit 
1326; transfere a Valence et Die, le 22 avril 1331; et, de nouveau, a Viviers, 

e 24 janvier 1337; mort en 1365. Gall. chrisl., t. xvi, col. 323, 574-575; Albands, 
Gall. chr. noviss., i. i, col. 300 (23) ; Eubel, Hier., t. i, p. 543, 565. 

2. L'un de ces inquisiteurs ^tait Guillaume de Montrond; n. 129, notes 3, 4. 



— 149 — 



A la demande de Guillaume de Montrond, inquisiteur de Pro- 
vence^ le pape ordonne aux prelats, aux inquisiteurs, aux seigneurs 
temporels et aux s^^illes de Lombardie de se preter d la capture de 
certains heretiques de V Emhrunois et d^autres contrees de Proi^ence, 
refugies au deld des Alpes. — Avignon, 13 avril 1336. 

Reg. Vat., t. cxxxi, fol. xix, n. 65. 

Venerabilibus fratribus archiepiscopis et episcopis et dilectis 
filiis inquisitoribus heretice pravitatis, necnon nobilibus viris 
baronibus et dominis temporalibus quibuscumque ac communi- 
tatibus et universitatibus in partibus Lombardie constitutis. — 
Exposuit nobis dilectus filius Guillelmus de Monterotundo *, 
ordinis fratruin minorum, inquisitor heretice pravitatis in pro- 
vincia Provincie auctoritate apostolica deputatus, quod nonnuUi 
heretici Ebredunen. et aliarum terrarum infra provinciam sibi 
decretam consistentium, ut manus eiusdem inquisitoris effugiant 
suosque dififundant lacius dampnatos errores et hereses, se ad 
partes vestras sepius Iransferunt ibique nituntur tanquam vul- 
pecule demolientes vineam Domini Sabahot latitare. Cum au- 
tem expediat tales notos fieri et de medio fidelium, ne gregem 
Domini cum sua venenosa contagione inficiant, extirpari, vos 

BULLAIRE — 4 5 



226 BULLAIRE DE L*INQUISlTlON FRANCAISE 

et vestrum singulos attente requirimus el in Domino exhorta- 
mur vobis nichilominus districtius iniungentes quatinus tanquam 
viri catholici et orthodoxe fidei zelatores, cum per prefatum in- 
quisitorem vel certos ipsius nuncios requisiti fueritis, dictos here- 
ticos capiatis et captos sub fida et tuta custodia eidem inqui- 
sitori ad expensas eiusdem Inquisitionis officii remittatis. — Da- 
tum Avinioni, idus aprilis, anno secundo. 

1. Voir n. 129, notes 3, 4. 



— 150 — 

Le pape mande d Ve^eque de Paris de faire conduire sous bonne 
garde, d A<^ignon, le necromancien anglais Guillaume Altafex, 
accuse de malefices. — Avignon, 13 avril 1336. 

Reg. VaL, t. cxxxi, fol. xix^ n. 66; Daumet^ op. cit., n. 160 (anal.) ; 
Hansen^ Quellen und Unters. zur Gesch. des Hexenwahns, p. 8, n. 8. 

Venerabili fratri .. ^ episcopo Parisien. — Volentes Guillel- 
mum Altafex ^, nigromanticum, de Anglia, qui pro quibusdam 
maleficiis seu factionibus ab eodem perpetratis ut asseritur 
tuis detinetur mancipatus carceribus, ad Sedem apostolicam 
certis ex causis adduci, fraternitati tue per apostolica scripta 
mandamus quatinus eundem Guillelmum ad dictam Sedem 
quantocius mittere sub fida custodia non postponas. Et nichi- 
lominus quasdam laminas cum quibus operari dicebatur in 
eisdem maleficiis et factionibus componendis perquiri ac recu- 
perari et transmitti nobis facias, prout dilectus filius magister 
Guillelmus Lombardi ^, canonicus Mirapiscen., officialis Avinio- 
nen., premissa designando clarius tibi scribit. — Datum ut supra. 

1. Guillaume de Ghanac; voir n. 146, note 1. 

2. Guillaume Lombard, official d'Avignon, re^ut, ie \" juin 1336, commis- 
fiion de lui faire un proces (n. 152), 

3. Guillaume Lombard etait probablement originaire du diocese de Mirepoix 
ou de celui de Pamiers. Cela explique la faveur qu'il trouva aupr^s de Be- 
noit XIL Quelques jours a peine apres son election, celui-ci lui confera un cano- 
nicat dans Teglise de Mirepoix, suh exspectatione praebendae, dignitads. \>e. perso- 
natus, \>el officii. A cette date (9 fevrier 1335), Guillaume, docteur es lois, etait 
professeur k TUniversite de Toulouse. Arch. Vatic, Regest. Aven., X. xlvih, 



1 



BENOIT XII 227 

fol. 40 \°; J.-M. Vidal, Benott XII, n. 315. Le 28 mai suivant, il est nomme 
cur6 d'Antioque dans le dioc^se de Mirepoix, mais il abandonnerexpectative 
d'une dignitc ou d'un personnat dans le chapitre de Mirepoix. Reg.Vatic, t. cxx 
n. 57; Vidal. op. cit., n. 151. 

Le 3 octobre, le pape lui confdre une pr6bende dans ce m^me chapitre. Reg, 
Vat., t. cxix, n. 806; Vidal op. cit.^ n. 247. Le 3 d^cembre. ii le nomme official 
d'Avignon. Reg. Vat., t. cxxx, fol. 136 v^, n. 701; Vidal, op. cit., n. 43a. Guil- 
laume devient alors « familier » du pape et reside in curia. Le 17 juin 1336, il 
re^oit un mandat d^inquisiteur pour Avignon et les localites ou se trouvera le pape 
(n. 153). I devenait urgent de purgfer la ville et la cour pontificale d'une quan- 
tite d'h<^r^tique8, de schismatiques et de sorciers qui s'y croyaient en sOrete. 
Nombreux sont les coupables dont Guillaume Lombard re^oit mission de faire 
le proc^s : le necromancien Guillaume Altafex (n. 150, 152), le fraticelle Guil- 
laume de Castiglione (n. 157, 170); les sorciers Pierre Delcasse et Jean de Sau- 
ves (n. 161); le fraticeile Andre de Galiano (n. 162, et notes) , Jean Christophe, 
avocat d'Avignon (n. 165); 1e moine Raymond Amelius, du monastdre de Saint- 
Polycarpe, hcretique begum (mai 1337-septembre 1338), dont le proces a 6te 
publie par Mgr Douais, La procedure inquisiioriale en Languedoc au xiv^ aiede 
d'apres un proces inedit de Vannee 1337, Paris, 1900, p. 31-89; deux sorci^res du 
dioc^se de Viviers, Catherine Andrieu et Simone Guiot (n. 171), etc. 

Le 13 septembre 1337, BenoU XII avait recoinpense son ami en lui donnant 
la prev6t6 de Barjols, au dioc^se de Frejus, possedee par le defunt cardinal 
Arnaud de Vie. Reg. Aven., t. li, fol. 211 v»; Vidal, op. cit., n. 4323. 



— 151 — 

Citation lancee contre le franciscain Raymond Richard, auteur 
d'un opuscule contenant nombre d^erreurs qui ont fait scandale 
d Paris et d Montpellier. Ce moine, originaire de la province de 
Proi'ence, est actuellement residant d Naples. — Avignon^ 7 mai 
1336. 

Reg, Aven., t. l, fol. 450 v«; Reg. Vat., t. cxxii, n. 625, de Curia. 

Venerabilibus fratribus ..^ archiepiscopo Neapolitano, ac .. * 
Nolan. et .. ^ Suessan. episcopis, salutem, etc. — Vas electionis 
decor {sic) egregius et eximius predicator Paulus apostolus 
perversitatem eorum qui sanctorum Patrum doctrinis eterudi- 
tionibus non contenti dum nova exquirere dogmata satagunt 
in errores varios et pernitiosos plurimis et maxime simplicibus 
prolabunlur provide refrenare desiderans non plus sapere quam 
oportet sapere, sed sapere ad sobrietatem salutari doctrina 



228 BULLAIRE DE l'inQUISITION FRANgAISE 

suggessit. Hanc igitur apostolicam disciplinam, sicut miranter 
audivimus, Raymundus Riccardi, de provincia Provincie oriun- 
dus, ordinis fratrum minorum, minime apprehendens ne quando 
irasceretur Dominus contra eum et de via iusta lapsus in devium 
deperiret, quoddam libellum, dum esset Parisius, de erronei cordis 
archivi dicitur fabricasse in quo multi et varii continentur 
errores; dictumque libellum una cum quibusdam litteris ad 
Montepessulanum, Magalonensis diocesis, sicut fertur, temere 
destinavit; ex cuius missione libelli propter dictos errores con- 
tentos in eo in dicto loco Montispessulani magnum, ut dicitur, 
scandalum est exortum. Quia igitur de veritate premissorum 
per eundem Raymundum volumus informari, fraternitati vestre 
per apostolica scripta mandamus quatinus vos vel duo aut unus 
vestrum per vos, vel peralium, seualios eundem Raymundum, 
Neapoli sicut accepimus commorantem, quamprimum poteritis 
post receptionem presentium, peremptorie ex parte nostra 
citetis ut infra duorum mensium spatium post citationem ve- 
stram cum predicto hbello personaliter apostolico se conspectui 
representet, nostris et apostolice Sedis super premissis mandatis 
et beneplacitis pariturus et alias super hiis facturus et acce- 
pturus quod eius super hiis merita vel demerita postulabunt. 
Diem vero huiusmodi citationis et formam et quidquid super 
hiis duxeritis faciendum nobis per vestras patentes litteras 
harum seriem continentes, quantotius intimare curetis. — Da- 
tum Avinioni, nonis maii, anno secundo. 

1. Jean Orsini, chapelain du pape, promu le 23 decembre 1327; mort en 1358. 
Eubel, Hier., p. 376. 

2. Nicolas, eveque de Bisignano (2 avrill319), puis de Nole (22 octobre 1331); 
mort en 1340. Eubel, Hier., t. i, p. 140, 387. 

3. Jean de Paolo, ev§que de Sessa. depuis 1330. Gams, Series episc, p. 921. 



— 152 — 

Uofpcial (TAingnon, Guillaume Lombard, regoit commission 
de faire justice des crimes imputes d Guillaume Allajex, necro- 
mancien anglais, incarcere dans les prisons papales. — Avignon, 
ler juin 1336. 



BENOIT ^II 229 

Reg. Vat.fi. cxxxi, fol. xxxvii v^, n. 130; Daumet op. cit., n. 185 
(anal). 

Dileclo filio magislro Guillelmo Lombardi *, canonico Mira- 
piscen. — Cum Guillelmus Altafex *, clericus Londonien., pro 
maleficiis et factionibus aliisque detestandis excessibus ab eo 
commissis, ut asseritur, nostris detineatur carceribus mancipa- 
tus, nos volentes iustitiam super hiis exhiberi discretioni tue 
per apostolica [scripta] committimus et mandamus quatinus 
super premissis et ea quomodolibet tangentibus, tam cum eodem 
Guillclmo quam alias, prout rationis et iuris equitati videris 
convenire, solerti adhibita diligentia veritatem inquirens exhi- 
bere studeas iusticie complementum. — Datum ut supra [Avi- 
nioni, kalendis iunii, anno secundo]. 

1. N. 150, note 3. 
2 Cf. n. 150. 



— 153 — 



HeiKtil XII commet Guillaume Lomhard, ofpcial d^ Ai'ignon, 
pour proceder, selon les pri^nleges et les regles de V Inquisition, contre 
les gens qui, en cour d^ Avignon et dans les localites ou se trouvera 
le pape, se rendront coupables de crimes d'heresie, de schisme, 
de malefice, de sortilege, et tenteront de corrompre la foid'autrui, 
— Avignon, 17 juin 1336. 

Reg. Vat., t. cxxxi, fol. xliii, n. 153; Hansen, ^ueWen, etc, p. 8, 
n. 9 (anal.) ; Douais, La procedure inquisitoriale en Languedcc cui 
xiv« siecle, p. 34. 

Dilecto filio magistro Guillelmo Lombardi ^, canonico Mira- 
piscen., ofiiciali Avinionen. — Inter multas solicitudines quas 
nobis offirium apostolice servitutis indicit illa insidet potissi- 
mum cordi nobis ut splendor catholice fidei ubique resplendeat, 
errorum tenebris profugatis. Sane cum, sicut accepimus, apud 
romanam Curiam, ubi fidei eiusdem radius lucere debet clarius, 
sint et quand()({ue veniant persone iniquitatibus plene que suis 
heresibus et erroribus pessimis fidem ipsam quantum in eis est 



230 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

corrumpere satagunt et alios in errores inducere non sine gra- 
vibus periculis moliuntur, nos obviari eisdem periculis ac faveri 
et observari sinceritatem ipsius fidei cupientes, de tue quoque 
fidelitatis et circumspectionis industria plenam in Domino 
fiduciam obtinentes, discretioni tue adversus quascumque per- 
sonas ecclesiasticas vel mundanas, religiosas velseculares de here- 
sis, scismatis, maleficiorum, factionum, sortilegiorum vel aliis 
criminibus fidem predictam tangentibus suspectas, diflamatas, 
vel delatas, cuiuscumque status, ordinis, religionis, dignitatis 
vel conditionis existant, super hiis eorumque singulis vel ea quo- 
modolibet tangentibus inquirendi et procedendi easque corri- 
gendi et puniendi iuxta sanctiones canonicas et privilegia officio 
Inquisitionis heretice pravitatis concessa in eadem curia et ubi 
nos fuerimus, et alia faciendi et exercendi que circa hec fuerint 
quomodolibet oportuna; et insuper testes propterea necessarios 
coram te citandi per nuncios, vel litteras, tam in eadem curia 
quam extra eam; necnon eis de quibus tibi videbitur, qui propter 
premissa vel eorum aliqua fuerint excommunicationis vinculo 
innodati, absolutionis beneficium iuxta ^formam Ecclesie impen- 
dendietinvocandi, quotiens propter predicta opus extiterit, auxi- 
lium brachii secularis. Contradictores, etc. Non obstantibus quibus- 
vis exemptionis velaliis privilegiis, gratiis et litteris apostolicis sub 
quacumqueforma velexpressione verborum quibuscumque perso- 
nisvellocis religiosis vel secularibus ab apostolica Sede concessis, 
etiamsi de illis esset specialis et expressa de verbo ad verbum 
in presentibus mentio facienda, seu si aliquibus [etc.'] plenam 
concedimus tenore presentium facultatem. — Datum Avinioni, 
XV kalendas iulii, anno secundo. 

1. N. 150, note 3. 



— 154 — 



Citation lancee contre Menet de Rohecourt, commissaire de Vin- 
quisiteur de Carcassonne, d Vefjet dHnformer le pape au sujet de 
proces intentes d certains hourgeois d'Alhi. — Pont-de-Sorgues, 
31 juillet 1336. 



BENOIT XII 231 

Reg. Aven., t. xlix, fol. 183 vO; Reg. VaL, t. cxxi, n. 327; J.-M. 
Vidal, Menet de Rohicourt, commissaire de Vlnquisition de Car- 
cassonne, dans Moyen dge, 1903, p. 'i37. 

Venerabili fratri.. * episcopo Carcassonen., salulem. — In- 
tendentes cum dilecto lilio Memeto (sic) de Roberticuria ^, 
notario et commissario dilecti filii.. ' inquisitoris heretice pravi- 
tatis in senescallia Carcassonen. auctoritate apostolica deputati 
super nonnullis processibus contra dilectos filios Bernardum 
de Grava, licentiatum in legibus, Pontium Rogerii, Giraudum 
Colli *, Bernardum Asturconis * et Durandum de Monteacuto, 
cives Albien., per eundem Memetum, ut dicitur, factis, certis 
ex causis plenius informari, fraternitati tue per apostolica scripta 
mandamus quatinus per te vel alium seu alios eundem Meme- 
tum ex paite nostra peremptorie citare procures ut ipse infra 
unius mensis spatium a tempore citationis huiusmodi cum dictis 
processibus apostolico conspectui personaliter se presentet. 
Diem vero citationis huiusmodi et formam et quicquid inde 
feceris, nobis per tuas litteras seu instrumentum publicum ha- 
rum seriem continentia nobis intimare fideliter quantotius non 
postponas. Datum apud Pontem Sorgie, Avinionensis diocesis, 
II kal. augusti, anno secundo •. 

1. Pierre Despres, ou de Moussy,- notaire du pape^ archidiacre de Bayeux, 
puis successivement ev^que de Meaux, 27 fevrier 1321; de Viviere, 7 octobre 
1325; de Bayeux, 16 aodt 1326; et de Carcassonne, 3 janvier 1330; il meurt 
vers 1338. Gallia christ., vni, col. 1634; t. xvi, col. 573; t. vi col. 897-898; Eu- 
bel, Hier,, t. i, p. 127, 172, 349, 565. 

2. Voir n. 28, note 2. 

3. Henri de Chamay; cf. n. 84, note 1. 

4. Un Giraud Coll avait ete delegue, en 1306, par les consuls -jtla ville d'Albi 
pour obtenir justice de la Commission cardinalice. Douais Documents, etc, 
t. II, p. 319. Disons aussi qu'au nombre des prisonniers de Tlnquisition de Car- 
cassonne, de 1300 a 1319, se trouvait Isarn CoII, d'AIbi, condamne en 1319,. 
Regest. Clem. V, n. 5238, 9163; cf. n. 3, 7, 11. 

5. Un Bernard Astruc, bourgeois d'AIbi, avait approuve la delegation de 
Giraud Coll (cf. note precedente) en 1306. Douais, op. cit., t. ii, p. 318. 

6. Autres documents se rapportant a cette afTaire, n. 155, 176, 181; ayant 
trait a rhistoire de Menet de Robecourt, n. 28 (et note 2), 186 et 189. 



232 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 



— 155 — 

Citation des bourgeois d'Albi molestes par Menet de Robecourt. 
— Pont-de-Sorgues, l^r aout 1336. 

Reg. Aven., t. xlix, fol. 167 v^; Reg. Fa<., t. cxxi, n. 299; Vidal, 
op. cit,, p. 438. 

Venerabili fratri .. ^ episcopo Albien. salutem, etc. — In- 
tendentes super nonnullis certis negotiis cum dilectis filiis Ber- 
nardo de Grava, licentiato in legibus, Pontio Rogerii, Giraudo 
Colli, Bernardo Asturconis et Duranto de Monteacuto, civibus 
Albien., certis ex causis plenius informari, fraternitati tue per 
apostolica scripta mandamus quatinus per te, vel alium, seu alios, 
Bernardum de Grava, Pontium, Giraudum, Bernardum Astur- 
conis et Durandum predictos ex parte nostra peremptorie citare 
procures ut ipsi infra unius mensis spatium a tempore citationis 
huiusmodi apostolico conspectui se presentent. Diem vero 
citationis huiusmodi et formam et quicquid inde feceris nobis 
per tuas litteras, seu instrumentum publicum, harum seriem 
continentia nobis intimare fideHter non postponas. — Datum 
apud Pontem Sorgie, Avinionensis diocesis, kalendis augusti, 
anno secundo ^. 

1. Pierre de Vie, petit-neveu de Jean XXII, archidiacre de Fenouilhet dans 
^e chapitre de Narbonne, chapelain du pape, eveque d'Albi, le 15 juin 1334; 
mort vers 1337. Gall. christ., t. \, col. 25-26; Eubel, Hier ,t. j, p. 80; E. Albe, 
Autour de Jean XXII, dans Annales de Saint-Louis-des-Frangais, octobre 1902, 
p. 122-126. 

2. Voir n. 154, 176, 181, 186, 189. 



— 156 — 



Benoit XII mande d Gaston II, comte de Foix,de faire arreter 
et conduire d Avignon sous bonne escorte plusieurs indi^idus, 
originaires de ses terres ou des eni>irons, inculpes de malefices et 
de pratiques demoniaques. — Avignon, 5 octobre 1336. 

Reg. Vat., t. cxxxi, fol. 81 v", n. 302; Daumet, op. cit., n. 252 (anal.). 



BENOIT XII 



233 



Dilecto filio nobili viro Gastoni ^, comiti Fuxi. — Cum Petrus 
de Coarasa ^, Nicolaus de Saintboys *, ac dictus Lespaylier de 
Sola et Divinus de Salias *, infra terras tue ditioni subditas seu 
tibi vicinas commorantes, de maleficiiset invocatipnibus demo- 
num aliisque factionibus horrendis vehementer suspecti et diffa- 
mati publice ac culpabiles, sicut fidedigna relatio perduxit ad 
nostri apostolatus auditum, existant, nos volentes scire veri- 
tatem super premissis plenius cum eisdem, ut debite corrigi si 
veritas sufTragetur relatibus valeant, et tales facinorose pre- 
sumptiones vitentur, nobilitatem tuam rogamus, requirimus 
et in Domino attentius exhortamur quatinus supranominatos 
et eorum singulos capi solerter facias et ad nostram presentiam 
sub fida et secura custodia destinari *, te taliter super hiis habi- 
turus quod nos sinceram devotionem tuam quam ad Deum et 
Sedem apostolicam te habere indubie supponimus exinde com- 
mendare merito Valeamus. — Datum Avinioni, iii nonas octo- 
bris, anno secundo. 

1. Gaston II; voir n. 144, noie 1. 

2. Coarraze (Basses-Pyrenees), canton de Nay-Est, arrond. de Pau. 

3. Saint-Bo^s (Basses-Pyrenees), cant. et arrond. d*Orthez. 

4. Salies, chef-Iieu de cant., arrond. d'Orthez. 

5. Le pape finit par envoyer, en decembre, des sergents d'armes querir deux 
de ces coupables, Pierre dc Coarraze et Devi de Salies (n. 159, 160). Ils furent 
conduits a Avignon et ecroues a la prison papale, a la disposition de Guillaume 
Loinbard, inquisiteur. Les registres dcs comptes d( la Chambre temoignent de 
leur presence dans ces cachots en juin 1337. Introitus el exitus, t. clxi, fol. 95. 
Leur entrctien coAta 12 deniers par jour, soit 23 florins, du 14 janvier au 
12 juin 1337. 



— 157 - 

Le pape designe Guillaume Lomhard pour poursuivre, en com- 
pagnie de Bertrand du Poujet, cardinal-eveque d^Ostie, et d la 
place de Bernard d^Albi, recemment promu d Veveche de HodeZy 
le proces du franciscain Guillaume de Castiglione, inculpe d'heresie 
el de schisme. — Avignon, 18 octobre 1336. 

Rsg. Vcd., t. cxxxi, fol. xciv, n. 348- 



234 BULLAIRE DE l'inQUISITION FRANQAISE 

Dilecto filio magistro Guillelmo Lombardi ^, canonico Mira- 
piscen., iuris civilis professori. — Dudum ad audientiam nostram 
perducto quod Guillelmus de Castillione Piscaria, de Tuscia, 
ordinis fratrum minorum, romanam sequens curiam, erat de 
scismatis et heresis aliisque horrendis criminibus vehementer 
suspectus et etiam diffamatus, nos qui non solum in eadem curia 
sed ubique purgari crimina huiusmodi et extingi, ac puritatem 
et sinceritatem fidei orthodoxe prefulgere desideriis optamus 
intensis, venerabiUbus fratribus nostris Bertrando ^, Ostien., 
et Bernardo ^, Ruthenen. episcopis, tunc decano ecclesie Bel- 
vacen., vive vocis oraculo duximus committendum ut super pre- 
missis et ea tangentibus, tam cum eodem Guillelmo quam alias, 
prout rationabiliter esset secundum sanctiones canonicas facien- 
dum, veritatem diligenter inquirerent et exhibere iusticiam 
procurarent. Et licet ipsi ad aliquos actus ut intelleximus proces- 
serint iuxta tenorem commissionis per nos ut premittitur super 
hiis sibi facte ; quia tamen dictus episcopus Ruthenen. de curia 
predicta recedens ad suam accessit ecclesiam Ruthenen., ulterius 
processum non extitit in negocio supradicto. Nos igitur nolentes 
negocium ipsum ulterius retardari, te super predictis loco pre- 
fati Ruthenen. episcopi tenore presentium surrogamus et adiun- 
gimus Ostien. episcopo memorato *; discrecioni tue per aposto- 
lica scripta mandantes quatinus sic solerter et fideliter te gerere 
una cum ipso studeas in hac parte quod inde valeas merito com- 
mendari. — Datum Avinioni, xv kalendas novembris, anno 
secundo. 

1. Voir n. 150, note 3. 

2. Bertrand du Poujet, cardinal du titre de Saint-Marcel, le 18 decembre 
1316; ev^que d'Ostie, le 18 decembre 1327; mort le 3 fevrier 1352. Ciacconius,] 
t. II, col. 409-410; Baluze, t. i, col. 725; Denifle, Archw fur Litteratur, t. ii,| 
p. 217-218; Eubel, Hier., t. i, p. 14; E. Albe, Autour de Jean XXII, dans Anna- 
les de Saint-Louis-des-Frangais^ janv. 1903, p. 206-220. 

3. Bernard d'Albi, ne a Saverdun (Ariege), doyen de Beauvais, licenc-e en] 
decret, chapelain de Benoit XII, fait par lui eveque de Rodez, le 31 janvieri 
1336, promu au cardinalat (titre de Saint-Cyriaque), le 18 decembre 1338 ;| 
evSque de Porto, le 19 janvier 1349; mort le 23 novembre 1350. Gall. christ.y] 
t. I, col. 217-218; Ciacconius, t. ii, col. ^ll-kl^-, Baluze, t. i, col. 820-822, 860- 
862; Hist. de Lang., t. ix, p. 479; Eubel, Hier., t. i, p. 17, 449. 

4. Le proces fut termine par Guillaume Lombard et par rinquisiteur de' 
Provence (n. 170). 



BENOIT XII 235 



— 158 



La cause d^Herve de Trevalloet a ete d'abord debattue, en cour 
d^Ai^ignon, devanl le cardinal Raymond de Moustuejouls, puis, 
pendant la maladie et apres la mort de ce dernier, devant Veveque 
de Tusculum, Annibal de Ceccano, qui, d la demande d^Hervc el 
de ses parents, prononga la levee du sequestre pose sur les biens 
de la famille. U ordonna, en outre, que Guillaume de Blemcan, 
pretre du diocese de Leon, incarcere par les inquisiteurs, fut con- 
duit d Ai^ignon. Le pape maintint cette derniere disposition et 
somma les interesses de presenter leurs temoins, les dispositions 
des personnes, mortes ou vivantes, impliquees dans Vaffaire, les 
actes authentiques des notaires, enfin tous les documents necessai- 
res d une information complete. De plus, il approuva la levee du 
sequestre de tous les biens des freres et de la femme d^Herve, mais 
il la restreignit, pour ce dernier, d la part qui lui serait necessaire 
pour se sustenter et subyenir aux frais tlu proces. Les eveques de 
Quimper et de Vannes sont charges de presenter la citation aux 
parties et aux temoins. — Avignon, 24 novembre 1336. 

Regest. Vatic, t. cxxii, n. 6^4 ; Vidal, Affaire d'envoAtement, etc., 
dans Annales de Bretagne, juillet 1903, p. 496 (m exL). 

\ enerabilibus fratribus .. ^ Corisopilen. ei .. * Veneten. epi- 
scopis, sahitein,etc. — Incausa que vertitur inter nobilem virum 
Herveum, dominuin de Trevalloet, et Ivonem Beseuc, familiarem 
ipsius, Corisopiten. et Leonen. diocesum, ex parte una, et dile- 
»'tos filios Johannem Aufredi, ordinis predicatorum, inquisitorem 
heretice pravitatis, et Alanum Thome, eiusdem ordinis, vicarium 
inquisitoris eiusdem in provincia Turonen.,ex altera, super non- 
nullis criminibus et sortilegiis que in necem quondam Petri 
domini de Guergolle, eiusdem Corisopiten. diocesis,iidem Herveus 
et Ivo dicebantur nequiter perpetrasse, apud Sedem apostoli- 
cam de speciali commissione nostra, primo coram bone memorie 
Raymundo ^, tituH sancti Eusebii presbitero cardinali, lunc 
vivente, et deinde postquam ad nonnuUos actus fuit per dictas 
partes coram eodem cardinali processum, eodem cardinali graviter 
egrotante et propterea in causa huiusmodi procedere non valente, 
coram venerabili fratre nostro Anibaldo *, episcopo Tusculano, 
inter easdem partes diutius ventilata; ac demum dictis Herveo, 



236 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANCAISE 

et Ivone ofTerentibus et exhibentibus nonnullis articulis super 
iure et innocentia eorumdem coram episcopo memorato, ac 
proponentibus etiam coram eo quod ipsi necnon fratres et sorores 
carnales dicti Hervei, ac nobilis mulier Caterina de Ponte uxor 
ipsius. bonis suis omnibus mobilibus et immobilibus ante omnem 
actum iudicialem habitum contra eos de mandato di(itorum 
inquisitoris et vicarii per secularem curiam fuerant spoliati; 
et petentibus ante omnia se restitui ad bona predicta, dictis 
inquisitore et vicario asserentibus quod bonorum predictorum 
spoliatio seu sequestratio facta non fuerat ad eorum instantiam 
vel mandatum; idem episcopus decrevit bona mobilia et immo- 
bilia ex causa predicta dictis Herveo et Ivoni ablata, arrestata, 
sequeStrata seu quomodolibet accepta, fore eisdem reddenda 
et restituenda; et quod Caterine uxori eiusdem Hervei et Henrico 
fratri et aliis suis, quorum bona dicebantur propter predicta 
arrestata, ablata, sequestrata, seu alias accepta, restituerentur 
eisdem. Decrevit etiam quod Guillelmus de Blemcan, presbiter 
Leonen. diocesis, qui occasione premissorum per dictos inquisi- 
torem et vicarium, seu de mandato ipsorum dicebatur carceri 
mancipatus, sub fida custodia ad romanam curiam mitteretur. 
Quibus omnibus et nonnullis aliispremissa contingentibus relatis 
et propositis in Consistorio coram nobis super predicto nego- 
cio in dictarum partium presentia taliter duximus ordinandum : 
videlicet quod prefatus Guillelmus sacerdos, qui de dictorum 
inquisitoris et vicarii, ac etiam bone memorie Alani ^, episcopi 
Corisopiten., tunc viventis, mandato detentus fuerat et detine- 
batur adhuc in carcere venerabilis fratris nostri .. ^ episcopi 
Corisopiten., sucessoris eiusdem Alani episcopi, mancipatus, 
sub fida custodia, et alii testes qui fuerant alias super hiis exa- 
minati, si viverent, et generaliter omnes qui super hiis scire 
possunt quomodolibet veritatem et probabiliter deponere, et 
per utramlibet dictarum partium fuerint nominati, ad nostram 
presentiam sumptibus producentium personaliter evocentur. 
Attestationes quoque et confessiones illorum qui premissorum 
occasione dicuntur fuisse combusti vel in carceribus mortui, 
vel districti nobis etiam destinentur. Et quod etiam notarii 
publici, qui per dictos Herveum et Ivonem seu per eorum pro- 
curatores vel alterum eorumdem super dicto negotio dicuntur 
fecisse processus vel consignasse aliqua instrumenta, una cum 
dictis processibus seu instrumentis veris, perfectis, seu integris, 



I 



BENOIT XII 



237 



non truncatis, nec diminutis, nec alteratis ex nova fabrica, ad 
nostram presentiam similiter evocentur. Et quod in totum bona 
mobilia et immobilia eiusdem Caterine, uxoris dicti Hervei, 
matris et omnium fratrum et sororum ipsius, ob premissa vel 
eorum occasione arrestata seu detenta, dearrestentur et resti- 
tuantur eisdem. Bona vero mobilia et immobilia dicti Hervei 
dearrestari et extra sequestrum poni modo vohimus infrascripto; 
videlicet quoad omnem necessariarum suarum suflicientiam 
expensarum, et quoad omnes alias expensas litis huiusmodi 
pro advocatis, procuratoribus, notariis, testibus, nunciis et 
generaliter pro omnibus que in causa seu lite huiusmodi 
incunbunt vel incubuerunt facienda. Quocirca fraternitati vestre 
per apostolica scripta districte precipiendo mandamus quatinus 
vos, vel alter vestrum, per vos, vel alium, seu alios, predictos 
omnes ad nos, ut premittitur, evocandos peremptorie ex parte 
nostra citare ut infra duorum mensium spatium post citationem 
huiusmodi dicti notarii cum dictis processibus, seu instrumentis 
veris, perfectis et integris, ut prefertur, necnon alii testes 
expensis producentium, quas eis in veniendo ad presentiam no- 
stram, stando in romana curia, et redeundo ab ea precipimus 
exliiberi, personaliter compareant coram nobis; ac nichilominus 
alia predicta omnia et singula per nos, ut premittitur, ordinata 
iuxta ordinationem huiusmodi executioni debite demandare 
curetis. Contradictores per censuram ecclesiasticam, appellatione 
postposita, compescendo. Non obstante [etc.] — Datum Avinioni, 
viii kalendas decembris, anno secundo '. 

1. Alain Angall; voir n. 143. 

2. Jean Le Parisy, evfique de Vannes en 1312,mortle 20 janvier 1339. Gams 
p. 650; Gall. chrlsL, t. xiv, col. 929; Eubel, Hier., t. i, p. 550. 

3. Raymond de Moustuejouls; voir n. 22 (note 3). 

4. Annibal de Ceccano, chanoine do Beauvais (1303), de Paris ct de Reims 
(1317), de Compostelle^ de Braga, de Viseu, d'Autun, archidiacre de Beaune 
et d'Arra8, chanoine de Saint-Pierre de Rome (16 septembre 1323), docteur 
en theologie, est fait archeveque de Naples, le 5 mai 1326; cree cardinal.du titre 
dft Saint-Laurent in Lucina, le 18 decembre 1327; ev^que de Tusculum, enl333T 
il meurt en 1350. Baluze, Vitse pap. Aven., col. 755; C.iacconius, t. ii, col. 419- 
42^1 ; Denitle, Chart., t. ii, p. 281, note 4; Eubel, Hier., t. i, p. 15, 376. 

T). Alain Gontier; voir n. 131. 

6. Alain Angall; voir n. 143. 

7. Voir sur cette affaire les n. 143 (note 9), 167. 169 



238 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 



— 159 — 

Lettre de Benott XII d Gaston de Foix,pour le feliciter de la capture 
de deux sorciers efjectuee sur ses terres. II lui envoie deux hommes 
d^armes charges de conduire ces criminels d Ai^ignon. — Avignon, 
21 decembre 1336. 

Reg. Vat., t. cxxxi, fol. ci \^, n. 372; Daumet_, op. ctf., n. 253 
(anal.); Hansen, Quellen, etc, p. 9^ n. 12 {in ext.). 

Dilecto filio nobili viro Gastoni ^, comiti Fuxi. — Nobilitatis 
tue insinuatione percepimus quod tu ferventem et purum ad 
Deum et fidem catholicam zelum habens, duos homines, vide- 
licet Petrum de Coaraza, presbiterum, et dictum Devi de Solies, jB 
qui de sortilegiis, factionibus, maleficiis, magicis artibus et aliis 
detestandis criminibus diffamati publice vehementerque suspecti 
fore dicuntur, pridem in terris tuis Bearni capi fecisti eosque 
restituendos et assignandos Ecclesie, ut de predictis corrigi et 
puniri iusticia exigente valeant, tute facis in tuis carceribus cu- 
stodiri. Cum autem eosdem homines ad Sedem apostolicam, ut 
de ipsis melius et plenius iusticia fieri valeat, velimus adduci, 
eamdem nobilitatem tuam requirimus et attentius in Domino 
exhortamur quatinus per dilectos filios nobiles viros Ramun- 
dum de Vonco, magistrum ostiarium, et Rogerium de Quinballo, 
servientem armorum nostros, quos propter ea specialiter desti- 
namus, et alios de quibus pro tutiori custodia expedire videris 
per te super hoc deputandos et assignandos memoratos Petrum 
de Coaraza et dictum Devi ad Sedem predictam procures mittere 
fideliter et secure... — Datum Avinioni, xii kalendas ianuarii, 
anno secundo ^. 



1. Gaston II; voir n. 144, note 1. 

2. Voir n. 156. 



BBNOIT XIl 



239 



160 — 



Lettres a diverses personnes au sujet des deux sorciers captures 
en Bearn. — Avignon, 21 decembre 1336. 

Reg. Vat:, t. cxxxi, fol. 101 vMOl, n. 373-376; Hanaen Quellen 
eic, p. 10, n. 13-16; Daumet, op. cit., n. 255, 256 (anal.) 

Eidem comiti, qui captionem predictorum nequam homi- 
num pontifici per magistrum Bartholomeum Marchi, iuris civi- 
lis professorem, nuntium suum, notam fecit, littera commenda- 
toria. — Datum ut supra proxime. 

Venerabili fratri episcopo Tarvien. ^. — Ut processus et infor- 
mationes per eum contra dictos Petrum et Devi habitos, sub 
suo sigillo pontificimittatinclusos mandatum. — Datum ut supra. 

Dilecto filio magistro Bartholomeo Marchi, clerico Caturcen. 
diocesis, iuris civilis professori. — Mandatur ei ut de excessibus 
et criminibus ac maleficiis dictorum Petri et Devi, ac nonpul- 
lorum aliorum eorundem complicium, se informet et referat, 
in partibus Bearni. — Datum ut supra. 

Venerabilibus fratribus archiepiscopis et episcopis, ac dilectis 
filiis electis, abbatibus, prioribus, decanis [et aliis ecclesiasticis, 
secularibus et regularibus personis], littera super conductu et 
provisione necessariorum pro prefatis Raymundo de Vonco et 
Rogerium de Quimballo, qui dictos maleficos ad curiam roma- 
nam adducunt. — Datum Avinioni, xii kalendas ianuarii, 
anno secundo. 

1. Guillaume de Lanta, abb^ de L^zat, ord. Clun., promu k r^v^che de 
Tarbes, le 26 octobre 1316; transf^r^ k Agde, le 2'» novembre 1339; mort en 
13'»2. GaU. chriet., t. i, col. 1^4-1235; t. vi, col. 689; Eubel, t. i, p. 75, 500. 



— 161 — 



Ordre d Guillaume Lombard de proceder contre deux prisonnierSj 
invocateurs des demons, sorciers et magiciens. — Avignon, 18 jan- 
vier 1337. 

Reg. Vat., t. cxxxii, f o . iv \°, n. 10; Hansen, Queilen, etc., 

p. 10, n. 17 [in ext.). 



240 BULLAIRE DE L*INQUISlTION FRANgAISE 

Dilecto filio magistro Guillelmo Lombardi ^, canonico Mira- 
piscen., iiiris civilis professori, familiari nostro. — Cum Petrus 
de Quercu, de Canarerio ^, presbiter Tarvien. diocesis, et Johan- 
nes de Salvis, laiciis de Arelate, super invocationibus demonum, 
maleficiis, factionibus, artibus magicis et similibus criminibus 
detestandis vehementer diffamati, sicut accepimus, et suspecti, 
nostris propterea detineantur carceribus mancipati, nos inquiri 
veritatem super hiis volentes et iustitiam exhiberi, discretioni 
tue... committimus et mandamus quatinus tam cum ipsis quam 
alias, prout iuris et rationis equitati convenire videris, super 
premissis et ea tangentibus solerti et fideli adhibita diligentia 
yeritatem inquirens exhibere iuxta merita vel demerita dicto- 
rum Petri et Johannis et cuiuslibet ipsorum studeas iusticie 
complementum. Contradictores, etc. Non obstante [etc.]. — Da- 
tum Avinioni, xv kalendas februarii, anno tercio. 

1. N. 150, note 3. 

2. Canarie (?), Hautes-Pyrenees, com. d'Argeles-de-Bigorre. 



— 162 — 

Le pape confie d Aymon de Caumont, de Vordre des freres pre- 
cheurs, la charge d' inquisiteur de Carcassonne. — Avignon, 20 jan- 
vier 1337. 

Reg. Ai>en., t. li^, fol. 40; Reg. Vat., t. cxxiv, n. 54. 

Dilecto filio Aymoni de Calvomonte ^, ordinis fratrum predi- 
catorum, salutem. — Licet ubilibet Sedis apostolice diligencia 
adversus heretice pravitatis labe respersos quorum nequitia 
serpit ut cancer, ne in aliorum pernitiem sua venena diffundant, 
remedium libenfer adhibeat oportunum, in Carcassonen. tamen 
civitate et diocesi aliisque civitatibus et diocesibus, castris, villis, 
locis et terminis infra regnum Francie constitutis in quibus 
inquisitores pravitatis predicte Carcassone communiter residen- 
tes consueverunt seu potuerunt super pravitate predicta inquisi- 
tionis officium exercere, de specialis benignitatis affectu preci- 
pue cupimus ut negocium fidei iugi profectu elisis omnino et 



BENOIT XII 241 

eradicatis erroribus prosperetur, ac fides catholica fortius con- 
valescat. Ad hec per nos et alios desiderantes attentius vigilare, 
talernque ad huiusmodi negotium fidei ibidem efTicaciter promo- 
vendum deputare personam cuius honesta conversatio exem- 
plum tribuat puritatis, eiusque labia erudita doctrinam fundant 
vere sapientie salutarem, ut eius sacro ministerio omne fermentum 
exinde labis huiusmodi expurgetur, ad personam igitur tuam 
quam sinceritate reHgionis et fidei maturitate, morum et litte- 
rarum scientia Dominus insignivit, nostre dirigentes considera- 
tionis Jhtuitum, te inquisitorem eiusdem heretice pravitalis in 
Carcassonen. civitate et diocesi aliisque civitatibus et diocesibus, 
castris, villis, locis et terminis antedictis, auctoritate apostolica 
usque ad eiusdem Sedis beneplacitum deputamus; discretioni 
tue per apostolica scripta mandantes tibique in remissionem 
peccaminum iniungentes quatinus in caritate Dei, hominum 
timore postposito, virlutem spiritus induens ex alto, predi- 
ctum Inquisitionis ofTicium in eisdem Carcassonen. civitate et 
diocesi, ahisque civitatibus et diocesibus, castris, villis, locis et 
terminis, prout tanti negocii utilitas suadebit, sub spe mercedis 
eterne sic efFicaciter prosequi et exequi studeas diligenter ut 
per solicitudinis tue prudentiam radix pravitatis eiusdem ex- 
inde penitus evellatur et vinea Domini, exterminatis vulpecuUs 
que perversis morsibus demoliuntur eandem, fructus afTerat 
cathoHce puritati; in huiusmodi negocio processurus tam secun- 
dum indulgentias et privilegia inquisitoribus pravitatis predicte 
in regno Francie auctoritate apostoHca deputatis, seu officio In- 
quisitionis fiuiusmodi ab eadem Sede concessa, quam secundum 
canonicas sanctiones. Per huiusmodi autem deputationem de 
persona tua huiusmodi inquisitionis officio per nos factam, nul- 
lum eisdem vel quibuscumque aHis privilegiis dictis ordini, vel 
inquisitoribu8,seu ofFicio.si qua sint cis ab eadem Sede concessa, 
vohimus preiudicium generari. — Datum Avinioni, xiii kalendas 
ebruarii, anno tercio. 

1. Aymon de Caumont succedait u Henri de Chamay (n. 84, note 1). Ses acte« 
comme inquisiteur sont peu connus. II rcprit le proces de Guillaume Fenasse, 
d'Albi, de son vivant repute bon catholique, et contre qui Henri de Chamay 
avait entame une information (n. 166). En juin 1337, il assista i un sermon pu- 
blic tenu k Toulouse. Cest pourquoi il ne put faire executer Textrait des regis- 
tres de Tlnquisition de Carcassonne demande par Tinquisiteur de la Curie, 
Guillaume Lombard, pour s^assurer de Texistence de plusieurs h^r^tiques, dans 

BULLAIRE - 16 



242 BULLAIRE DE L*INQUISlTlON FRANgAISE 

rascendance du moine Raymond Amelius. Aymon s'en excusa, le 4 juin 1337. 
Douais^ La procedure inquisitoriale, etc, p. 38-39. En 1339, les juges laiques de 
Brissac (Herault) avaient poursuivi et condamne, au nom des coseigneurs de ce 
chateau (reglise de Maguelonne et le sire d'Agoult),trois sorcieres dont les fautes 
etaient de la competence de Tinquisiteur de Carcassonne. Celui-ci ouvrit une 
enquete contre les magistrats usurpateurs. Le conflit s'aggrava si bien que le 
pape fut contraint d'appeler Taffaire a son tribunal. L exigea des juges seculiers 
et de rinquisiteur la remise des dossiers et la cessation de toute action judi- 
ciaire. Le 21 fevrier 1340, ni les juges laiques, ni i'inquisiteur n'avaient livre 
leurs actes respectifs, L'eveque de Maguelonne fut charge de faire executer 
l'ordre pontifical (n. 172^ 173^ 177). En 1339, Aymon de Caumont denonQa 
au pape un frere mineur de Milhau, Pierre Calvet, accuse d'avoif, en par- 
ticulier ou en public, profere des paroles suspectes d'heresie. Guillaume 
Court^ cardinal des Saints-Quatre-Couronnes examina Taffaire et fit proceder 
a un supplement d'enquete (n. 174). J'ai parle ailleurs (n. 28, note) du proces 
du juif relaps Jean de Lombers. Aymon de Caumont etait de connivence avec 
son commissaire et ce fut par son ordre que les temoins embarrassants furent 
jetes dans des cachots (n. 186; 31 janvier 1343), On lira plus loin (n. 190) sa 
requete tendant a obtenir du pape rautorisation d'entourer d'une palissade 
en bois certain local du bourg de Carcassenne transforme en depot d'immon- 
dices apres Texecration de deux maisons d'heretiques. Clement VI permit 
Terection de la cloture. Le 11 avril 1344, le meme pontife manda a Aymon de 
Caumont et a Tev^que de Maguelonne^ Arnaud de Verdale, de reprendre Tin- 
formation jadis commencee contre un notaire royal du diocese de Mende, Jean 
Sauret, coupable d'avoir tenu des propos suspects d'heresie (n. 193). Un Sermon 
public fut tenu par Aymon, a Carcassonne, le deuxieme dimanche apres Pa- 
ques de Tan 1346. Doat, t. xxxv, fol. 120; Mahul, CartuL, t. v, p. 690 : convo- 
cation de rofTicial d'Albi, faite par Tinquisiteur. 

Un conflit epineux avait surgi, sur ces entrefaites, entre les conseillers et les 
ofriciers de Tlnquisition et les consuls de Carcassonne, a propos des taxes et des 
tailles dont les premiers se pretendaient exempts. Les consuls s'etant assure 
des gages sur les biens de leurs adversaires, Tinquisiteur, apres sommation, ful- 
mina Tanatheme. L^affaire fut soumise au pape, qui, en attendant qu'elle fut 
conclue, ordonna (27 mars 1348) la restitution des gages et la suspension des 
censures (n. 205). Par son ordre_, les parties se rendirent a Avignon, oxi fitienne 
Aubert, cardinal des Saints-Jean-et-Paul parvint a les mettre d'accord sans 
proces. II fut convenu que Texemption invoquee pour les subalternes du tribu- 
nal serait restreinte a trois conseillers, ofTiciers ou jures, et a un seul notaire, 
dont la designation appartiendrait a Tinquisiteur; et que nul ne serait dispense 
d'observer les divers reglements de po.ico edictes par les consuls pour le bien 
de la communaute. Le pape ratifia ces conventions, le 22 juin 1348 (n. 206). 
Je ne sais si ce fut Amedee de Langres, dont le nom parait pour la premiere fois 
le 30 mars 1354 (n. 216), qui succeda a Aymon de Caumont a la tete de Tlnqui- 
sition de Carcassonne. Voir encore sur cet inquisiteur, dans le present recueil, 
les n. 201 et 204. 



, BBNOIT XII 243 

— 463 — 

Guillaume Lombard regoit Vordre d'instruire le proces du frire 
mineur Andre de Galiano, jadis re^>olte contre Vautorite de 
Jean XXII, partisan de Michel de Cesene, heretique et schismati- 
que. — Avignon, 12 avril 1337. 

Reg. Vat., t. cxxxii, fol. xxv, n. 75. 

Dilecto filio iiiagislro Guillelnio Lombardi *, canonico Mira- 
piscen., iuris civilis professori, familiarinostro. — Ad audientiam 
nostri apostolatus pervenit quod Andreas de Galiano *, ordinis 
fratrum minorum, Deum et Sedem apostolicam fidemque catho- 
licam graviter ofTendere, eiusdem ordinis honestate calcata in 
sue detrimentum anime ac plurimorum scandalum, non formi- 
dans, olim adversus felicis recordatioriis Johannem papam XXII 
predecessorem nostrum eiusque auctoritatem et Sedem prefatam 
nonnulla falsa et detractoria que scismatis et heresis sapiebant 
crimina, dixit, asseruit, predicavit et docmatizavit perniciosis 
et temerariis ausibus tam publicc quam occullc potestali 
el auctoritati predecessoris prefati, dum adhuc viveret, et Sedis 
eiusdem ori suo improvide laxata licencia diversimode detra- 
hendo. Et ulterius tam Michaeli de Cesena ^, olim ministro 
fratrum ordinis minorum, de heresi et scismate condempnato, 
quam aliis diversis hereticis et scismaticis super multis here- 
sibus, erroribus et scismatibus adhesit et favit ac rebelliones 
et inobcdientias innumeras contra dictam Sedem et fidem catho- 
licam aliosque diversos excessus detestandos et alias multipli- 
citer patrare ac committere non expavit. Nos igitur volentes 
supcr hiis iusticie debitum exhiberi, discretionitue per apostolica, 
scripta committimus et mandamus quatinus tam cum eodem 
Andrea quam alias, sicut exigente iusticia fuerit oportunum, 
super predictis et ea quomodolibet tangentibus simpliciter et de 
plano sine stropitu et figura iudicii veritatem inquirens, exhibere 
iuxla ipsius Andree merita vel demerita studeas iusticie com- 
plementum. Nonobstantibus exemptionis aut quibusvis aliis pri- 
vileflriis, gratiis et indulgentiis[c/c.]. — Datum Avinioni, ii idus 
aprilis, anno tercio. 

1. Voir n. 150, note 3. 

2. Andr4 de Galiano embrassa Tordre francitcain k Solmonne* par devotion», 



244 BULLAIRE DE L*INQUISITION FRAN^AISE 

ainsi qu'il le dit lui-meme. Le provincial de Penne le prit d'abord pour socius; 
puis (1313-1314) Tenvoya k rUniversite de Naples et enfin a celle de Paris. 
Ses etudes terminees, Andre fut nomme lecteur dans divers couvents et succes- 
sivement custode de la custodie de Chieti et provincial de Penne. En 1329, 
il cessa ces fonctions et, a la demande de Teveque d'Aversa^ avec Tautorisation 
de frere Luc de San Giorgio, vicaire provincial de Penne, il alla occuper a Naples 
la charge de chapelain du couvent royal des clarisses du Corpus Domini. 

Fraticelle convaincu, il eut pour collegue dans la charge de chapelain le fr^re 
Pierre de Cadeneto, egalement partisan de la secte. Ils trouverent aupres du 
roi Robert et la reine Sancia^ fondateurs du monastere, une protection efTicace 
pour leurs personnes et leurs idees. Hs eurent raudace(on les en accusa du moins) 
de precher publiquement contre les statuts de Jean XXII et en particulier 
contre la bulle Cum inler nonnullos. Ils essayerent meme de faire des proselytes; 
mais leurs tentatives furent denoncees a Jean XXII, qui, le 13 novembre 1331, 
ordonna au general des franciscains, Geraud d'Othon, de les citer a comparaitre 
en cour d'Avignon et de les suspendre de leurs charges. Eubel, BulL, t. v 
n. 945. Le 13 mars 1332. le pape reprochait vivement au roi Robert de favoriser 
en la personne de ces moines les pires ennemis de Tl^glise. Raynaldi, /Inna/., 
ad ann. 1332, n. xx. Cependant Geraud d'Othonn'avait pas attendu d'y etre 
invite pour proceder contre ses deux sujets schismatiques. Le jeudi 31 octobre 
1331, il avait fait recueillir, a Naples, les depositions de onze freres mineurs. 
Un autre jour, sept autres furent entendus. parmi lesquels Bernard Quin- 
trono (?), socius du prevenu. Voirletexte de ces depositions dans Archiv.Vatic, 
Reg. Avenion., t. lvii, fol. 452-468. Mais le proces se poursuivit devant le tri- 
bunal du pape, qui, le 4 decembre 1332, annonQait au roi et a la reine de 
Naples ses intentions d'examiner lui-meme raffaire. Eubel, Bull., n. 1001. Cepen- 
dant les coupables. cites depuis plus d'un an, avaient fait fi de cette sommation. 
lls se trouvaient de ce chef excommunies. La reine Sancia prit fait et cause 
pour eux et demanda, en faveur du monastere du Corpus Domini et de ses cha-, 
pelains, Texemption totale de robedience du general de Tordre et le transfertl 
de toute juridiction entre les mains du provincial de la Terre de Labour. EUe] 
exigeait que ce dernier eut pleine liberte de choisir dans Fordre tout entier les 
freres destines au monastere royal. Elle reclamait en outre la rehabilitation- 
complete des deux excommunies. Jean XXII proposa (18 avril 1333) une sortei 
d'arrangement. II ne pouvait etre question d'exempter le couvent et les chape-j 
lains de Fobedience generalice. Si la reine consentait a rendre ses bonnes graceaj 
au general, Geraud d'Othon, le pape ferait absoudre et rehabiliter les deux freres,] 
a la condition toutefois qu'ils jurassent sur Tfivangile n'avoir jamais dogmatisej 
contre la doctrine definie sur la pauvrete du Christ et des apotres; n'avoir pointj 
cru les erreurs reprouvees par la bulle Cum inler nonnullos] n'avoir point adherej 
au schisme de Louis de Baviere et de Michel de Cesene. Eubel, Bull., n. 1016,] 
1017. Les deux moines etaient sauves, pour le moment du moins. Apres la mort 
de Jean XXII, frere Andre de Galiano fut denonce une seconde fois pour les 
memes crimes.' Benoit XII le cita in curia, le fit incarcerer et chargea Guil'aume 
Lombard de la nouvelle instruction (voir bulle ci-dessus, 12 avril 1337). Des^ 
fragments considcrables de ce proces se trouvent dans le Registre d'Aifignon,\ 
i. Lvii, fol. 470-523. L'accuse presenta trente et un « articles » de defense 
(fol. 478-485 vo). Environ trente-cinq temoins se porterent garants de son or- 



BENOlT XII 245 

thodoxie. Cetaient des gens de condition : seigneurs^ dignitaires de la cour 
de Naples, fonctionnaires royaux, membres cminents de Tordre des freres mi- 
neurs (fol. 486-523). L'accu8e re^ut communication des charges qu'il refuta 
au jour marque: puis il fit plusieurs observations juridiques (fol. 470-474). 
Le 2 mai 1338, rinstruction etait c ose (fol. 474). Le 30 juiii, cinq auditeurs 
du Palais apostolique, appeles en consultation, opin^rent qu*il y avait lieu 
d'absoudre le prcvenu, mais apres une purgation canoniquc de quinta manu. 
Andre de Galiano et cinq freres mineurs execut^rent cette formalite le 28 juil- 
let. Le lendemain, racquittement fut prononce. Rien n'avait ete sufTisamment 
etabli a la charge d'Andre, qui par aillours jouissait (rune bonne renommeo 
(fol. 475) Eubel a publie ce proccs dans son Bullar. francisc, t. vi, p. 597-627; 
Ehrle en avait donne une partie dans Archiv> fiir Litteraiur, etc., t. iv, p. 82-95, 
3. N. 80, note 3. 



— 164 — 

Ordre de proceder d iine enquete dans Vaffaire de certains clercs 

et laics du diocese de Beziers auteurs d^un coniplot de faux temoi- 

gnage contre Guillaume Fredol, leur eveque, accuse d^avoir tente 

un malefice contre la personne du pape Jean XXII. — Avignon, 

27 avril 1337. 

Reg. Vat., t. cxxxii,foI. 27 vo,n. 85;Daumet. op. cil., n. 286 (anal.) ; 
Hansen, Quellen, etc., p. 11, n. 20 (m ext.). 

Dilectis filiis magistris Aiiialdo de Verdala ^ decano sancti 
Pauli de Fenolhedesio ^, Electen. diocesis, et Petro de Monte- 
spertuli, archidiacono de Lunacio ' Biterren. ecclesiarum. — 
Pervenit nuper ad noslri apostolatus audituin (juod Franciscus 
Juliani et Michael de Parietibus *, clerici Biterren. diocesis et 
alii nonnulli clerici et laici [etc.y comme ci-dessous,n.l68, jusqua] 
circa illas. Cuin auleiu prefati Franciscus et Michael quidamque 
alii clerici et laici, qui huiusmodi factionis ministri dicuntur 
cxistere, detineantur ad j^resens in civitate Biterren. carceribus 
mancipati, nos volentcs ne tam cxeeranda facinora remaneant, 
si veritas sulTragetur relatibus, incorrecta et ut etiam indem- 
pnitali fame provideatur eiusdem episcopi veritatem inquiri 
super hiis ct iustioiam exhiberi, discretioni vcstre per aposto- 
lica scripta committimus ct inandamus quatinus vos, vel alter 
vestrum, super predictis et ea quomodoiibet tangentibus, tam 
cum eisdein captis quam cuin aliis de (juil)us vobis expedire 



246 BULLAIRE DE l'iNQU1S1TION FBANQAISE 

videbitur, simpliciter et de plano sine strepitu et figura iudicii 
veritatem diligentius inquiratis facientes quos culpabiles vel 
suspectos de premissis repereritis custodiri diligenter et tute, 
donec nos aliter circa hec duxerimus ordinandum. Contradi- 
ctores quoslibet et rebelles per censuram ecclesiasticam appel- 
latione postposita compescendo. Inquestam vero et quicquid 
in hac parte feceritis et inveneritis nobis fideliter et celeriter 
transmittatis. — Datum Avinioni, v kalendas maii, annotercio^. 

1. Arnaud de Verdale, chapelain de Benoit XII, promu par lui a 1'eveche 
de Maguelonne, le 15 mars 1339 mort le 23 decembre 1352. Gall. christ., t. vi, 
col. 783-786; Germain, Arnaud de Verdale, eueque et chroniqueur [Societe archeol. 
de Montpellier) , p. 2-40; Hist. de Lang., t. ix. p. 632; Eubel, Hier.^ t. i, p. 334. 

2. Saint-Paul-de-Fenouillet (Pyrenees-Orientales), chef-Iieu de cant., arrond. 
de Perpignan. 

3. Lunas (Herault), chef-lieu de cant., arrond. de Lodeve. 

4. Perieis (Herault), hameau dans Nissan, cant. de Capestang, arrond. de 
Beziers. 

5. Voir la suite de cette affaire au n. 168. 



— 165 — 

Guillaume Lombard regoit commission de faire justice des cri- 
mes de faux, de rapt, de i^iol, d'heresie et d' apostasie imputes d 
Jean Christophe, procureur aupres de la Curie. — Avignon, 6 mai 
1337. 

Reg. Vat., t. cxxxii (secr. Ben. XII, an. III), fol. xxx, n. 97. 

Dilecto filio magistro Guillelmo Lombardi ^, canonico Mira- 
piscen., iuris civilis professori. — Cum Johannes Christofori, 
procurator romanam sequens Curiam, de falsitate instrumento- 
rum publicorum, litterarum et sigillorum autenticorum, raptibus 
et deflorationibus virginum, necnon heresis, apostasie, aliisque 
diversis criminibus et delictis vehementer diffamatus et suspectus 
existere asseratur, nos volentes inquiri veritatem diligenter 
super hiis et iusticiam exhiberi, discrecioni tue... committimus 
et mandamus quatinus, si eundem Johannem infamatum repe- 
reris de premissis, super eis et ea tangentibus simpliciter et de 



BENOIT XII 247 

plano sine strepitu et figura iudicii solerti adhibita diligentia 
veritatem inquirens, exhibere studeas iusticiecomplementum. — 
Datum Avinioni, ii nonas maii, anno tercio. 

1. N. 150, note 3. 



— 166 — 



Benott XII commei Ve\fique de Castres pour trancher un difje- 
rend entre Guillaume Fenasse, bourgeois d^Albi, et Vinquisiteur 
de Carcassonne. Ce dernier, d Vinstigalion de certaines personnes 
ennemies de la famille Fenasse, avait engage une procedure secrete 
contre Guillaume Fenasse, pere du plaignant, toujours repute bon 
catholique. Uaccuse, fort de son droit, comparut devant son juge, 
demandant la copie des depositions regues, afin de les refuter. II 
fit remarquer d V inquisiteur Vinimitie qui existait entre lui et ses 
calomniateurs. Non content de refuser cette copie, le juge jeta le 
malheureux dans des cachots infects ou il mourut. Son fils Guillaume 
a en vain tente d'obtenir pour lui la sepulture ecclesiastique, de 
prendre sa defense et de venger sa memoire. II a fait appel au pape. 
Mais Jean XXII est mort sur ces entrefaites el justice na pu etre 
encore rendue. II a demande d Benoit XII de lui donner des juges 
moins prevenus que Vinquisiteur et ses commissaires, qui ont 
reporte sur lui la haine quils avaient pour son pere. — Avignon, 
ler juin 1337. 

Reg. Aven., t, li, !oI. 143; Reg. Vat., t. cxxiv, n. 230. 

Venerahili fratri .. * episcopo Castren., sahitem. — Instantia 
cotidiana deposcit apostolatus officium nobis superna disposi- 
tione commissum ut ad reddendum cuique iusticie debitum 
a Sedis apostolice auctoritate supprema suppliciter postulatum 
parati simus prout esse volumus et debemus. Ex tenore si qui- 
dem petitionis dilecli fihi Guillelmi Fenasse, civis Albien., porrecte 
nobis accepimus quod quondam Guillelmus Fenasse senior *, 
eius pater, civis Albien., semper calhoHce vixit, necaUqua heresis 
infamia dum viveret laboravit, neque de heresi aliqua extitit 
condempnatus. Verum dilectus filius .. '* inquisitor Carcassonen. 



248 BULLAIRE DE l'inQUISITION FRANQAISE 

siiper heretica pravilate, ad denunciationem secretam quorum- 
dam emulorum suorum contra quos idem Guillelmus defunctus 
per viam iuris super certis articulis in iudicio victor fuerat, eum 
coram se personaliter citari fecit, asserens se inquisivisse de fide 
contra eum licet absentem, idque penitus ignorantem, ac ipsum 
de sua puritate confisum comparentem et petentem copiam 
processus contra eumdem facti, ut de falso posset testes arguere, 
necnon asserentem quod ipsi emuli sibi fucrant publice commi- 
nati quod ipsum realiter et personaliter curarent penitus dissi- 
pari, huiusmodi copia denegata, fecit adeo diris carceribus 
mancipari quod infra breve tempus ibidem miserabiliter 
expiravit; post cuius obitum ipse Guillelmus eius filius ad 
purgandam famam dicti patris et suam ac generis utriusque 
humiliter petiit ab inquisitore predicto sibi concedi ut posset 
predictum patrem ecclesiastice tradere sepulture, sibique dictam 
copiam faceret ut memoriam ipsius patris tanquam veri et boni 
christiani posset defendere. Sed idem inquisitor hec prorsus facere 
denegavit, quamquam super hoc fuisset pluries humiliter coram 
personis autenticis requisitus; propter que idem Guillelmus 
filius, tempore felicis recordationis Johannis pape XXIIprede- 
cessoris nostri, ad Sedem apostolicam appellavit, propositoque 
huiusmodi negocio in consistorio coram ipso predecessore, de 
mandato suo idem inquisitor tunc morans Avinione fuit ad iudi- 
cium evocatus, sed ob supervenientem dicti predecessoris 
obitum non fuit ultra processum in negocio prelibato. Quarenobis 
predictus Guillelmus filius humiliter supplicavit ut cum dictus 
inquisitor ac eius et officii sui commissarii propter appellationem 
huiusmodi graviter conceperint contra eum, sibique periculosum 
existat quoad famam et res suas si eiusdem patris vitam catho- 
licam et memoriam minime defensaret et longe periculosius sit 
eidem in manus inquisitoris et commissariorum predictorum 
incidere, providere super premissis per opportuni remedii suffra- 
gium de apostolica clementia dignaremur. Quocirca fraternitati 
tuc per apostolica scripta committimus et mandamus quatinus, 
vocatis qui fuerint evocandi, causam ipsius appellationis et nego- 
cii principalis cum eam contingentibus, emergentibus et connexis, 
simpliciter ac de plano sine strepitu et figura iudicii audias et 
fme canonico terminare procures, faciens quod decreveris per 
censuram ecclesiasticam sublato appellationis obstaculo firmiter 
oJ)servari. Testos autem qui fucrint nominati. si se gratia, odio 



BENOIT XII 249 

vel timore subtraxerint, censura simili appellatione cessante 
compellas veritati testimonium perhibere. Non obstantibus tam 
de duabus dietis in concilio generali, quam felieis recordationis 
Bonifacii pape VIII predecessoris nostri qua inter cetera cave- 
tur ne aliquis extra suam civitatem vel diocesim, nisi in certis 
exceptis casibus, et in illis extra unam dietam a fine sue diocesis 
ad iudicium evocetur; et quibuslibet aliis constitutionibus a 
predecessoribus nostris romanis pontificibus in contrarium edi- 
tis, per quas tue iurisdictionis explicatio possit super predictis 
quomodolibet impediri. Seu si aliquibus communiter vel divi- 
sim a Sede sit indultum eadem quod excommunicari, suspendi 
vel interdici non possint per litteras apostolicas non facientes ple- 
nam et expressam ac de verbo ad verbum de indulto huiusmodi 
mentionem. — Datum Avinioni, kalendis iunii, anno tercio. 

1. Amiel de Lautrec, abbe de Saiiit-Sernin de Toulouse, O. S. A., elu evSque 
de Castres, le 5 decembre 1326; mort en 1337^ entre juin et decembre. Gall. 
christ , t. I, col. 67-68; Hist. de Lang., t. i\, p. 372; Eubel, Hier., t. i, p. 179. 

2. Probablement Guillem Fenasse, dit le Boiteux, dont le procds remonte- 
rait a Tan 1300. Douais, Documents, etc^ p. xcv, cxciv. Cf. n. 3, note 1. 

3. Depuis Tan 1300, six inquisiteurs avaient passe a la tSte du tribunal de 
Carcassonne : Nicolas d'AbbevilIe, Geoilroi d^Ablis, Jean de Beaune, Jean Du- 
prat, Henri de Chamay et Aymon de Caumont. II semble que ce soit de ces 
deux derniers que Guillaume Fenasse, le jeune, ait eu le plus a se plaindre. 



— 167 — 



Benoit XII presse les eveques de Quimper el de Vannes d^accom- 
plir la commission regue du pape dans Vafjaire de Her\.'e de Tre- 
valloet. Ils devront^ en particulier, reduire d de justes proportions 
les indemnites exigees par les temoins pour se rendre aupres de la 
Curie. — Avignon, 22 juin 1337. 

Reg. Val., i. cxxiii, n. 362; Vidal, /l/7atre d'envoiUement, eto 
dans AnncUes de Bretagne, juillet 1903, p. 499 (in ext.). 

Venerabilibus fratribus .. Corisopiten. et .. Veneten. episcopis, 
saiutem, et cetera. — Nuper nobilis viri Hervei, domini de Tre" 
valloet, et Ivonis Boseuc, familiaris ipsius, Corisopiten. et Leo- 
nen. diocesum, conquestione pcrcepimus quod super causa que 
inter cos, ex partc una, et dilectos filios Johannem Aufredi» 



250 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgA.ISE 

ordinis predicatorum, inquisitorem heretice pravitatis, et Alanum 
Thome, eiusdem ordinis, vicarium inquisitoris eiusdem in pro- 
vincia Turonen., cx altera, super nonnullis criminibus et sorti- 
legiis que in necem quondam Petri, domini de Guergolle, eius- 
dem Corisopiten. diocesis, iidem Herveus et Ivo dicebantur 
nequiter perpetrasse, apud Sedem apostolicam fuerat venti- 
lata, sicut adhuc etiam ventilatur; nos inter alia in dictarum 
partium presentia taliter duximus ordinandum, videlicet quod 
Guillermus de Bemcant, presbiter eiusdem Leonen. diocesis, 
qui de dictorum inquisitoris et vicarii [etc, comme au n° 158, 1 
dans des termes d peu pres identiques, jusqud] incumberent fa- 
cienda. Vobisque per litteras nostras dedimus in mandatis ut 
vos, vel alter vestrum [etc, comme au n^ 158, dans des termes 
d peu pres identiques, jusqud] per nos ut premittitur ordinata 
curaretis executioni debite demandare. Et quod licet predicte 
littere vobis ex parte nostra fuerint presentate, et ut ad eorum 
executionem procederetis iuxta tenorem ipsarum per dictos 
Herveum et Ivonem seu procuratores ipsorum fueritis cum 
instantia humiliter requisiti, vos tamen ad premissorum execii- 
tionem hucusque non curastis procedere, nec curatis, in non 
modicum dictorum Hervei et Ivonis et aliorum predictorum 
quorum interest preiudicium et gravamen. lidem quoque Her- 
veus et Ivo nobis exponere curaverunt quod prenominati testes, 
qui super veritate dicenda ad romanam curiam sunt vocandi, 
adeo immoderatas expensas exigunt ab eisdem, quod ad solu- 
tionem earumdem eiusdem Hervei non sufficerent facultates. 
Quocirca fraternitati vestre per apostolica scripta in virtute 
obedientie districte precipiendo mandamus quatinus vos... ad 
premissorum executionem procedere studeatis, iuxta predicta- 
rum nostrarum super premissis vobis directarum continentiam 
litterarum. Et ne dicti testes et alii ad eandem curiam propterea 
personaliter evocandi in exigendis expensis superfluis metam 
rationis excedant, easdem expensas refrenare, moderari et ta- 
xare provide studeatis, prout vobis, Deum habendo pre ocu- 
lis, videbitur expedire. Sic vos in predictis habentes quod non 
possitis de inobedientia vel contemptu super premissis ratio- 
nalibiter increpari. Datum Avinioni, x kalendas iulii, anno tercio ^. 

1. Voir d'aulres documents sur cette meme aftaire, n 143, 158, 169. 



BENOIT XII 251 



— 168 — 



Le pape designe les juges qui devront ahsoudre ou p unir les 
auteurs du complot de faux temoignage machine contre Veveque 
de Beziers, accuse d^avoir tente d^envouter Jean XXII. — Avi- 
gnon, 29 octobre 1337. 

Reg. Aven., t. li, fol. 250; Reg. Vat., t. cxxiv, n. 412 et 132, 
fol. 100 vo, n. 343; Daumet^ op. cit., n. 371 (analyse) ; Hansen, Quellen, 
etc, p. 12, n. 20 (m ext.). 

Dilectis filiis Petro de Montespertuli, archidiacono de Luna- 
cio Biterren.,et Guidoni Guidonis, utriusque iuris professori, pre- 
centori Lodoven. ecclesiarum, salutem. — Ad ausus nefarios 
improborum et malignantium reprimendos et ne ab eis innocen- 
tes et probi gradientes per viam rectitudinis molestentur, admo- 
dum oportuna dinoscitur esse iusticia cuius lima excessus et cri- 
mina delinquenlium corrigantur. Dudum siquidem perducto ad 
nostri apostolatus auditum quod Franciscus Juliani et Michael 
de Parietibus, clerici Biterren. diocesis, aliique nonnulli pef- 
ditionis filii, clerici et layci, olim tempore felicis recordationis 
Johannis pape XXII predecessoris nostri, ad patrationem fla- 
L'itiosi sceleris per quam innocentem moliebantur suis nefandis 
studiis perdere nequiter intendentes, per litteras seu scripturas 
falsas et proditorias quas ipsi composuerant seu componi fece- 
rant, tam prefato predecessori quam quibusdam sibi assisten- 
tihus falso et mendaciter intimarunt venerabilem fratrem no- 
strum Guillelmum ^ episcopum Biterren., quasdam ymagines 
cereas baptizatas contra dictum predecessorem et eius vitam 
fabricasse seu fabricari fecisse ac commisisse maleficia circa 
illas. Nos ne tam execranda facinora remanerent, si veritas suf- 
fragaretur relatibus, incorrecta, et ut etiam indempnitati fame 
provideretur eiusdem episcopi veritatem inquiri et iusticiam 
exhiberi volentes, tibi, fili archidiacone, ac dile«to filio magistro 
Arnaldo de Verdala, decano ecclesie sancti Pauli de Fenolha- 
desio, Electen. diocesis, capellano nostro. per nostras certi tenoris 
litteras ^ commisisse meminimus ac mandasse, ut tu et ipse 
decanus vel alter vestrum super premissis et ea quomodolibet 
tangentibus, tam cum predictis Francisco et Michaele ac qui- 
busdam aliis clericis et laicis, qui propterea detineri dicebantur 



252 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

in civitate Biterren. carceribus mancipati, quam aliis de quibus 
nobis videretur expediens, simpliciter et de plano sine strepitu 
et figura iudicii veritatem diligenter inquirere, nobisque referre 
quicquid vos reperire super premissis contingeret fideliter cura- 
retis, sicut in eisdem litteris plenius continetur. Cum autem in- 
questam per te ac eundem decanum super et de premissis 
factam nobisque iuxta litterarum ipsarum tenorem remissam 
videri diligenter fecerimus et relationem audiverimus plenariam 
super ea, nos super predictis exhiberi volentes iusticie com- 
plementum, discretioni vestre per apostolica scripta committi- 
mus et mandamus quatinus eandem inquestam quam vobis 
transmittimus videntes ac solerter et fideliter examinantes. 
necnon complentes et perficientes, si qua complenda et perfi- 
cienda fuerint circa eam, tandem adhibitis vobiscum sapientibus 
hominibus de quibus vobis videbitur, tam absolvendo innocentes, 
si qui forsan iniuste delati vel accusati fuerint in hac parte, quam 
nocentibus et culpabilibus penas et penitentias debitasimponendo 
exhibere solenniter et publice ut ceteris in exemplum trans- 
eat iusticiam studeatis; contradictores per censuram ecclesia- 
sticam appellatione postposita compescendo. Vos taliter super 
hiis exhibituri quod debito (sic) satisffiat circa premissa iusti- 
cie vestraque inde debeat prudentia merito commendari. — Da- 
tum Avinioni, iiii kalendas novembris, anno tercio. 

1. Guillaume Fredol, n. 77, note 1. 

2. Voir n. 164. 



— 169 — 

Benoit XII resume les actes de la procedure suwie jusqud ce 
jour dans Vafjaire d^ Herve de Trwalloet ^. Puis il reproche aux 
ei>eques de Quimper et de Vannes de na^^oir rempli jusquici qu une 
partie de leur commission : d savoir^ Venvoi d Ai^ignon du pretre 
implique dans Vafjaire. II les presse de proceder au lewer du se- 
questre des biens de la famille Tre^alloet. Ils deuront sommer le 
duc de BretagnCf qui les tient en arret, de les restituer sans retard 
aux proprietaires, en ohservant, pour ceux d'Her<^e, les disposi- 
tions des precedentes bulles. — Avignon, 13 decembre 1337. 



BBNOIT XII 253 

Regest. Aven., t. hi fol. 298 v«; Regest. Vat., t. cxxiv, n. 503; 
Vidalj Affaire d'en\'oiitement, Hans Annales de Brelagne, juillet 
1903, p. 500 [in ext.). 

Venerabilibus fratribus .. Corisopiten. et.. Veneten. episcopis, 
salutem. — Dudum in causa que vertebatur et adhuc vertitur 
inter nobilem virum Herveum de Trevalloet et Ivonem Bosec, 
familiarem ipsius, Corisopiten. et Leonen. diocesum, ex parte 
una, et dilectos filios Johannem Aufredi, ordinis predicatorum, 
inquisitorem heretice pravitatis, et Alanum Thome, eiusdem 
ordinis, vicarium inquisitoris eiusdem in provincia Turonen., 
ex allera, super nonnuUis criminibus et sortilegiis que in necem 
quondam Petri, domini de Guergole, eiusdem Corisopiten. dio- 
cesis, iidem Herveus et Ivo dicebantur iiequiter perpetrasse, 
apud Sedem apostolicam de speciali commissione nostra, primo 
coram bone memorie Raymundo, tituli sancti Eusebii, pres- 
bitero cardinali tunc vivente, ac deinde postquam ad nonnullos 
actus fuit per dictas partes coram eodem cardinali processum, 
eodem cardinali graviter egrotante et propterea in causa huius- 
modi procedere non valente, coram venerabili fratre nostro Anni- 
])aldo, episcopo Tusculano, inter easdem partes diutius venti- 
lata; ac demum dictis Herveo et Ivone ofTerentibus et exhiben- 
tibus nonnullos articulos super iure et innocentia eorumdem 
coram episcopo memorato; ac proponentibus etiam coram eo 
quod ipsi, necnon fratres et sorores carnales dicti Hervei, et 
nobilis mulier Caterina de Ponte, uxor eiusdem Hervei, bonis 
suis omnibus mobilibus 6t immobilibus, ante omnem actum 
iudicialem habitum contra eos, de mandato dictorum inqui- 
sitoris et vicarii per secularem curiam fuerant spoliati; et 
petentibus ante omnia se restitui ad bona predicta; dictis 
inquisitore et vicario asserentibus quod bonorum predictorum 
spoliatio seu sequestratio facta non fuerat ad eorum instantiam 
vel mandatum; idem episcopus decrevit bona mobilia et immo- 
bilia, ex causa predicta dictis Ilerveo et Ivoni ablata, arrestata 
et sequestrata seu quomodolibet accepta, fore eisdem reddenda 
et restituenda; et quod Caterine, uxori, et Henrico, fratri eiusdem 
Mervei, et aliis suis quorum bona dicebantur propter predicta 
arrestata, ablata, sequestrata, seu alias accepta, restituerentur 
eisdem. Decrevit etiam quod Guillelmus de Blerachant, presbiter 
Leonen. diocesis, qui occasione premissorum per dictos inquisi- 
torem et vicarium, seu de mandato ipsorum dicebatur carceri 



254 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

mancipatus, sub fida custodia ad romanam Curiam mitteretur. 
Quibus omnibus et nonnullis aliis premissa contingentibus rela- 
tis et propositis in Consistorio coram nobis, super predicto nego- 
cio in dictarum partium presentia taliter duximus ordinandum : 
videlicet quod prefatus Guillelmus sacerdos, qui de dictorum 
inquisitoris et vicarii et etiam bone memorie Alani, episcopi 
Corisopiten., tunc viventis, mandato detentus fuerat et tunc 
etiam detinebatur in carcere tuo, frater episcope Corisopiten.5 
successor eiusdem Alani episcopi, mancipatus, sub fida custodia, 
et alii testes qui fuerant alias super hoc examinati si viverent, 
et generaliter omnes qui super hoc scire possent quomodolibet 
veritatem, et probabiliter deponere, et per utramlibet dictarum 
partium existerent nominati, ad nostram presentiam sumptibus 
producentium personaliter vocarentur. Attestationes quoque et 
confessiones illorum qui premissorum occasione dicebantur fuisse 
combusti, vel in carceribus mortui, vel districti, nobis etiam 
mitterentur; et quod etiam notarii publici qui per dictos Her- 
veum et Ivonem seu per eorum procuratorem vel alterumi 
eorumdem super dicto negocio asserebantur fecisse processus, 
vel consignasse aliqua instrumenta, una cum dictis processibusj 
seu instrumentis veris, perfectis, seu integris, non truncatis, seu 
diminutis, nec alteratis ex nova fabrica, ad nostram presenciam 
similiter vocarentur; et quod in totum omnia bona mobilia et 
immobilia eiusdem Caterine, uxoris dicti Hervei, matris etiam 
et omnium fratrum et sororum ipsius, ob premissa vel eorum 
occasione arrestata, seu detenta, dearrestarentur et restitue- 
rentur eisdem; bona vero mobilia et immobilia dicti Hervei 
dearrestari et extra sequestrum poni modo volumus infrascripto : 
videlicet, quoad omnem necessariarum suarum sufficientiam 
expensarum et quoad omnes alias expensas litis huiusmodipro 
advocatis, procuratoribus, notariis, testibus, nunciis et generaliter 
pro omnibus que in causa seu lite huiusmodi incumbebant vel 
incumberent facienda. Ac nichilominus vobis per literas nostras 
districte dedimus in mandatis ut vos, vel alter vestrum, per vos,^ 
vel alium, seu alios, predictos omnes ad nos, ut premittitur, 
evocandos peremptorie ex parte nostra citare ut infra duorum 
mensium spacium post citationem huiusmodi dicti notarii cum 
dictis processibus seu instrumentis veris, perfectis et integris, 
ut prefertur; necnon alii testes expensis producentium, quas eis, 
in veniendo ad presenciam nostram, stando in romana Curia 



BENOIT XII 255 

et redeundo ab ea precepimus exhiberi, comparerent personaliter 
coram nobis; ac alia predicta omnia et singula per nos, ut pre- 
mittitur, ordinata iuxta ordinationem huiusmodi demandare 
executioni debite curaretis. Contradictores per censuram eccle- 
siasticam, appellatione postposita, compescendo. 

Cum autem, sicut dictorum Hervei et Ivonis conquestione 
percepimus, tu, prefate episcope Corisopiten., qui solus in exc. 
cutione premissorum, prout ex forma litterarum nostrarum pote- 
ras, procedere incepisti, premissa in parte dumtaxat : videlicet 
in mittendo dictum Guillelmum sacerdotem captivum ad roma- 
nam Curiam fueris executus; ac de restitucione bonorum mobi- 
lium et immobilium subtractorum uxori, matri et fratribus 
Hervei predicti et ipsi Herveo, eisdem spoliatis, iuxta dictarum 
litterarum nostrarum continentiam, facienda; necnon de aliis 
pluribus et diversis articulis in eisdem litteris nostris contentis 
seriosius et expressis te non intromiseris; nec aliquam execu- 
tionem feceris super eis, in premissorum mandatorum nostrorum 
contemptum et predictorum Hervei et Ivonis et eorumdem spo- 
liatorum preiudicium et gravamen;nos volentes quod premissa 
omnia et singula executioni debite demandentur, fraternitati 
vestre, in virtute obedieRcie per apostolica scripta districte 
precipiendo mandamus quatinus vos, vel alter vestrum, per 
vos, vel per alium, seu alios, in executione premissorum 
singulorum et omnium procedatis iuxta priorum super hiis vo- 
bis directarum continentiam litterarum. 

Ceterum quia dilectus filius nobilis vir Johannes ^, dux Bri- 
tannie, predicta bona ad uxorem, matrem, et fratres eiusdem 
Hervei spectancia dicitur detinere indebite occupata; cum nec 
uxor pro marito, nec mater pro filio, nec frater pro fratre, nec 
aliquis alterius odio pregravari, eundem ducem ex parte nostra 
requirere et monere curetis ut infra certum peremptorium ter- 
minum competentem, quem ei ad hoc duxeritis prcfigendum, 
predicta bona spoliatis restituat supradictis, necnon dicto Her- 
veo secundum modum determinatum in aliis nostris litteris 
supradictis; ad id eum per censuram ecclesiasticam appellatione 
postposita compellendo. Non obstante si dicto duci vel quibusvis 
aliis communiter vel divisim a Sede apostolica sit indultum 
quod excommunicari [etc,]. — Datum Avinioni, idus decembris, 
anno tercio. 



256 BULLATRE DE l'iNQUISITTON FRANgATSE 

1. Voir n. 143 (note 9), 158, 167. 

2. Jean III, le Bon, fils d'Arthur II ot de Marie de Limoges, ne le 8 mars 
1286; duc de Bretagne, de 1312 a 1341. De Mas-Latrie, Tresor de chronologie^ 
col. 1573; Art de verifier les daies, II^ part., t. xiii, p. 218. 



— 170 — 



Benoit XII decide que le proces de Guillaume de Castiglione, 
frere mineur, accuse d^heresie et de schisme, devra etretermine par 
Guillaume Lombard et par Vinquisiteur de Proi^ence, d la place 
des eveques d'Ostie et de Rodez, empeches. — Avignon, 15 decem- 
bre 1337. 

Reg. VaL, t. cxxxii, fol. cviii v^, n. 367. 

Dilecto filio magistro Guillelmo Lombardi, preposito ecclesie 
Bariolen. ^, Foroiulien. diocesis, iuris civilis professori. — Olim 
ad audientiam nostri apostolatus deducto quod Guillelmus de 
Castilione Piscaria, de Thucia, ordinis fratrum minorum, roma- 
nam sequens Curiam, erat de scismatis et heresis aliisque hor- 
rendis et detestandis criminibus vehementer suspectus ac etiam 
diffamatus, nos qui crimina huiusmodi et alia que catholice 
fidei essent obvia extirpari ubique, claritatemque ipsius fidei 
illesam servari desideriis optamus intensis, primo venerabilibus 
fratribus nostris Bertrando ^, Ostien., et Bernardo ^, Ruthenen., 
tunc decano ecclesie Belvacen., episcopis, vive vocis oraculo du- 
ximus committendum, ut super premissis et ea tangentibus, tam 
cum eodem Guillelmo quam alias secundum sanctiones canonicas 
faciendum existeret veritatem diligentius inquirentes, super eis 
iusticiam exhiberent. Ac deinde, cum ipsi ad actus aliquos super 
hiis processissent dictusque Ruthenen. episcopus de romana 
Curia se absentans ad suam Ruthenen. ecclesiam de nostro 
beneplacito accessisset, nos negotium celeriter volentes ob favo- 
rem fidei compleri predictum, te prefato Ostien. episcopo in 
eodem negotio per nostras certi tenoris litteras * providimus 
adiungendum. Cum autem inquesta super premissis completa, 
ut intelleximus, fuerit ita quod parum aut nichil restat nisij 
decisio facienda, nos attendentes quod dictus episcopus 



1 



BENOIt XII 



257 



Osticn. ad hec vacare commode, aliis arduis negociis occupatus, 
non polest et volentes prout iusticia exegerit negocium termina- 
nari predictum, ut tu et dilectus filius .. Mnquisitorheretice pra- 
vitatis in provincia Provincie auctoritate apostolica deputatus, 
veleius vices gerens complere acperficeresi qua complenda vel 
perficienda super eadem inquesta fuerint et prout merita vel 
demerita dicti Guillelmi exegerint, exhibere super premissis va- 
leatis iusticie complementum, plenam tibi et sibi concedimus 
tenore presentium potestatem. — Datum Avinioni,;xviii kalen- 
das ianuarii, anno tercio. 

1.' Barjols (Var), cheMieu de cant., arrond. de Brignoles — Guillaurat Lom« 
bard; voir n. 150, note 3, 

2. Bertrand du Poujet; voir n. 157^ note 2. 

3. Bernard d'Albi; voir n. 157, note 3, 

4. Cf. n. 157. 

5. Guillaume de Montrond (?), n. 129, note 4. 



— 171 — 



Ordre d Guillaume Lomhard de proceder en justice contre deux 
femmes du dioc^se de Vii>iers, incarcerees d Ai^ignon, accuseea 
d*ai>oir conclu un pacte aK>ec le demon et de s^etre livrees dd*autres 
pratiques superstitieuses. — Avignon, 7 avril 1338. 

Reg, VtU., t. cxxxii, fol. XXIX, n. 94; Daumet^ oprcit,,lTu 438 
.(anal.); Hansen, Queilen, etc., p. 13, n. 21 {in ext.). 

Dilecto filio magistro Guillelmo Lombardi *, preposito eccle- 
sie de Bariolo, Foroiulien. diocesis, iuris civilis professori. — Non 
absque horrore detestando percepimus quod Catherina Andrieva 
de Sancto Paulo Lofrech • et Simona Guiota de Balneolis ', 
mulieres Vivarien. diocesis, ex eo capte dudum et ad Sedem 
apostolicam remisse fuerunt quia diabolico exagitate spiritu 
olim se in corporibus et animabus dederunt diabolo, eidem 
censum spu servitium de blado annuum promittendo etaliquibus 
temporibus persolvendo et alia quedam superstitiosa et dam- 
pnabilia cum eodem diabolo verbo et opere horribiliter commit- 
tendo. Nos igitur talia et similia extirpari de finibus fidelium 

BULLAlRE-17 



258 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

4iciasque mulieres de tantis corrigi facinoribus lima iusticie 
cupientes, discrecioni tue de qua fiduciam in Domino gerimus 
specialem per apostolica scripta committimus et mandamus 
quatinus tam cum eisdem mulieribus quam alias, prout tibi 
pro veritate plenius circa hec indaganda videbitur expediens, 
super premissis et dependentibus ab eisdem diligenter veritatem 
inquirens prefatas mulieres et quanlibet earum,prout de predi- 
ctis culpabiles inveneris, punire ac corrigere penitentiasque ipsis 
imponere studeas, sicut iusticia exigerit, cum temperamento tamen 
misericordie, prout earum contricio meruerit et racioni conve- 
nire cognoveris salutares. — Datum Avinioni, vii idus aprilis, 
anno quarto. 



1. N. 150, note 3. 

2. Probablement Saint-Paul-le-Froid (Lozere), cant. de Grandrieu, arrond. 
de Mende. 

3. Probablement Bagnols (Lozere), cant. du Bleymard, arrond. de Mende. 



— 171 bis — 

Benoit XII mande aux prelats ei d toutes autres personnes eccle- 
siastiques, seculieres et regulieres, aux seigneurs et aux villeSy 
vouloir accorder leur appui ei preter secours d Raimond Rahotl 
et d Laurent Raimberti, que Vinquisiteur de Provence, Jeanl 
Badas, en^oie d la recherche de V Espagnol judaisant Alphonsel 
Diaz, qui s^est refugie chez les Juifs de la Sa^^oie oudu Dauphine, 
Ils devront faciliter la capture du fugitif etde ses hiens. — Avignon 1 
6 juillet 1338. 

Eeg. Vnt., t. cxxxiii, n. 475; Eubel, BulL, t. vi, n. 92 (anal.). 

Venerabilibus fratribus, etc. — Pro parte dilecti filii Johannis 
de Badis ^, ordinis fratrum minorum, inquisitoris heretice pra- 
vitatis in provincia Provincie auctoritate apostolica deputati, 
percepto, quod ipse ad capiendum et ad suam presentiam addu- 
cendum Alfonsum Dias de partibus Ispanie oriundum, qui olim 
de iudaismo ad fidem conversus catholicam, et sacris {sic) ba- 
ptismatis gratiam consecutus postmodum instigante di^bolo qui 



BENOIT XII 259 

saluti hnmane invidet in erroreni iudaice ceoitatis pristinum 
!aiu[uain canis ad vomitum sicut asseritur est subversus, cum 
iudeis in DaHinatu seu comitatu Sabaudie vel circumvicinis 
partibus iugiter conversando, providit dilectos filios Ramundum 
Raboti, monachum monasterii S. Euticii ordinis S. Benedicti, 
Spoletan. di, et Laurentium Raimberti, laicum, civem Avi- 
nionen., exhibitores presentium destinandos, universitatem 
vestram rogamus, monemus, requirimus et in Domino attentius 
exhortamur quatinus prefatis monacho et civi ac eorum cui- 
libet, ut eundem Alfonsum capere cum omnibus bonis suis et 
ad prefatum inquisitorem adducere valeant... sicut vos requi- 
sierint assistatis eisque prestetis circa hocauxilium, consilium et 
favorem... — Datum Avinioni, ii nonas iulii, anno quarto. 

1. Voir n. 91 120. 



— 172 — 



Le pape reclame aux vicaires generaux de Maguelonne et d Ray- 
mond Peyre, seigneur d^Agoult, les proces faits par les juges de 
la curie seculi^re du chdteau de Brissac d trois sorcieres, au pre- 
judice de Vinquisiteur de Carcassonne. — Avignon, 28 mars 1339. 

Reg. Ai'en.^ t. 1.111, fol. 143 v»; Reg. Vat., t. cxxvii, n. 306. 

Dilectis filiis vicariis ecclesie Magalonen. et nobili viro Ray- 
mundo Petri, militi, domino Agautici ^, Magalonensis diocesis, 
salutem, etc. — Ad audientiam apostolatus nostri pervenit 
quod nuper in castro de Brixiaco *, Magalonen. diocesis,adeccIe- 
siam Magalonen. et te, fili Raymunde, communiter pertinente, 
per quosdam iudices seculares communis curie utriusque vestrum 
castri predicti contra quondam Michaelem Gauterie et Erme- 
niardam de Cornutis et Agnetem Fabrice, mulieres, ut asseritur^ 
sortiiegas et maleficas, certus habitus est processuset contraeas 
condempnationis sententia promulgata et executioni mandata 
in preiudlcium dilecti filii .. ^ iiiquisitoris heretice pravitatis in 
regno Francie per Sedem apostolicam deputati Carcassone 
residentis. Cum igitur certis ex causis veliraus de huiusmodi 



260 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

processu et sententia informari, discretioni vestre per apostolica 
scripta districte precipiendo mandamus quatinus processum 
huiusmodi super premissis habitum nobis sub vestris inclusum 
sigillis fideliter curetis quantocius destinare. Datum Avinioni» 
X kalendas aprilis, anno quinto *. 

1. Agoult^ aujourd'hui Goult (Vaucluse)^ cant. de Gordes, arrond. d'Apt. 
Cette localite est le berceau de la famille d'Agoult, dont un des membres posse- 
dait le chateau de Brissac dans le diocese de Maguelonne. 

2. Brissac (Herault)^ cant. de Ganges^ arrond. de Montpellier. Cetait jadis 
une baronnie dependante du comte de Melgueil et de Montferrand, c'est-a-dire 
de Teveque de Montpeilier. E. Thomas^ Dictionnaire topog. du depart. de VHe- 

rault, Paris, 1865, p. 26. 

3. Aymon de Caumont; n. 162, note 1. 

4. Sur la meme aflaire, voir la bulle suivante et le n. 177. 



— 173 — 

Benoit XI 1 redame a Vinquisiteur de Carcassonne ou d sei 
lieutenants les actes des proces entrepris par eux d la suite de la' 
condamnation des trois sorcieres dont il vient d'etre question. Le 
pape se reserve Vexamen de Vaffaire, defend aux inquisiteurs de 
s^en occuper ^avantage et ordonne la mise en liberte conditionnelle 
des personnes incarcereesd cette occasion. — Avignon, 5 avril 1339. 

Reg. Aven., t. liii, fol. l^iS vO; Reg. Vat., t. cxxvii, n. 307. 

Dilecto filio .. ^ inquisitori heretice pravitatis in regno Francie 
per Sedem apostolicam deputato Carcassone communiter resi- 
denti vel eius locumtenentibus, salutem, etc. — Ad audientiam 
apostolatus nostri pervenit quod pro eo quod in castro dc Bri- 
xiaco, Magalonen. diocesis, ad Magalonen. ecclesiam et dilectum 
filium nobilem virum Raymundum Petri, militem, dominum 
Agautici eiusdem diocesis communiter pertinenle, per quosdam 
iudices seculares communis curie eorumdem contra quondain 
Michaelem Gauterie et Ermeniardam de Cornutis ac Agnetem 
Fabrisse, mulieres, ut asseritur, sortilegas et maleficas, certus 
habitus est processus et condempnationis sententia promul- 
gata et executioni mandata in officii tui, fili inquisitor, prciudi- 



BHNOIT XII 261 

( iuin et conlemptiim per vos seu alios de mandato tuo, prefate 
iiiquisilor, contra nonnullas personas certi habiti sunt processus. 
(lum autem certis ex causis tam de toto processu super premissis 
liabito per dictos iudices seculares (fuam de toto processu super 
hiis per vos vel alios de mandato vestro postmodura subsecuto 
velimus plenius informari, ac propterea dilectis filiis .. vicariis 
ecclesie Magalonen. dictoque nobili nostris demus litteris in 
niandatis ut dictum processum. per eosdem iudices seculares 
super premissis habitum, sub eoruin inclusum sigillis quantocius 
iiobis destinarc procurent, discrecioni tue per apostolica scripla 
mandamus quatinus omnem processum, omnemque informa- 
tionem per vos, seu de mandato vestro contra quoscumque 
factos et habitos pretextu executionis sententie supradicte contra 
mulieres prefatas per iudices memoratos fideliter in scriptis 
redactos nobis de verbo ad verbum sub vestris inclusis sigillis 
omni mora et occasione cessantibus quantocius destinare curetis. 
Nos insuper totum huiusmodi negocium ad nostrum et eiusdem 
Sedis revocamus examen, vobis districtius inhibentes ne contra 
revocationem huiusmodi quicquid attemptare vel facere presu- 
inatis, ac decernentes irritum et inane sisecus super hiis per vos 
vel quoscumque alios scienter vel ignoranter contigerit attem- 
ptari. Eos autem quos premissorum occasione cepistis seu 
arrestastis, seu capi vel arrestari fecistis, recepta ab eis nomine 
nostro et pro parte Sedis eiusdem ydonea cautione quod 
cerlo termino peremptorio competenti per vos,prefati inquisitor 
vcl locumtenentes, eis prefigendo apostolico conspectui persona- 
liler se presentent a carcere seu arresto huiusmodi liberetis, 
nobis diem prefixionis huiusmodi et quicquid super hiis feceritis 
per vestras litteras ({uantocius intimundo. — Datum Avinioni, 
nonis aprilis, anno quinto *. 



1. Aymon de Caumont; n. 162, nolu 1. 

2. Sur cette ailaire, voir bulle precedcnle et u. 177. 



262 BULLAIRE DE L^INQUISITION FRANgAISE 



— 174 — 

Le pape prescrit un supplement d^enquete dans la cause du 
jrere mineur Pierre Cahet, du couvent de Milhau, accuse par 
Vinquisiteur Aymon de Caumont, et dont le proces est confie au car- 
dinal Guillaume Court. — Avignon, 27 juillet 1339. 

Reg. Ai^en., t. xci, fol. 483; Reg. Vat., t. cxxvii, n. 546; Eubel, 
Bullarium franciscanum, t. \i, p. 72_, n. 115 Un ext.). 

Dilectis filiis.. preposito monasterii Bellimontis ^ per preposi- 
tum soliti gubernari, et.. priori sancti Leontii ^, Vabren. et 
Ruthenen. diocesum, salutem. — Dudum per dilectum filium 
Aymonem de Calvomonte ^, ordinis predicatorum, inquisitorem 
heretice pravitatis in regno Francie, nostro apostolatuiintimato 
quod dilectus filius Petrus Calveti, ordinis minorum, in loco 
fratrum dicti ordinis de Amiliano *, Ruthenen. diocesis, non- 
nulla contra fidem catholicam asseruerat et publice coram po 
pulo predicarat, et quod ipse inquisitor quandaminformationem 
tunc nobis per eum sub suo sigillo transmissam fecerat et rece- 
perat; nos volentes super hiis veritatem diligentius indagare, 
dilecto filio nostro Guillelmo ^, tituli sanctorum Quatuor Coro- 
natorum presbitero cardinali, commisimus et mandavimus ora- 
culo vive vocis ut super contentis in informatione predicta ex 
oflicio inquireret; et que super hiis inveniret nobis fideliter re- 
ferre curaret. Coram quo cardinali prefato Petro in iudicio com- 
parente ac per eum quibusdam capitulis sibi per dictum cardi- 
nalem super premissis exhibitis factis nonnuUis responsionibus 
et contra dictam informationem ipsius inquisitoris quibusdam 
exceptionibus datis, necnon per Petrum prefatum ad defensio- 
nem suam certis articulis formatis et traditis coram cardinali 
predicto in terminis ad singulos actus huiusmodi supradicto 
Petro successive et peremptorie per cardinalem eundem assi- 
gnatis; quia per ea que coram prefato cardinali apud dictam 
Sedem in negotio predicto sunt habita non potest apud Sedem 
eandem de ipsius negotii meritis plene liquere, discretioni vestre 
per apostolica scripta mandamus quatinus vos vel alter ve- 
strum testes, litteras et instrumenta que prefatus Petrus Calveti 
super dictis suis articulis quos idem cardinalis vobis sub suo 
sigillo transmittit iiaclusos, coram vobis duxerit producenda 



i 



BENOIT XII 



263 



infra triiim mensium spatium post receptionem presentium pru- 
denter recipere, ac testes ipsos iuxta datam a Deo vobis pruden- 
tiam diiigenter examinare curetis; litteras et instrumenta pre- 
dicta transcribi fideliter faciendo; depositiones omnium testium 
predictorum fideliler in scriptis redactas una cum articulis 
supradictis ac transsumptis litterarumet instrumentorum predi- 
ctorum sub vestris sigiilis inciusas ad nostram presentiam 
quantocius transmissuri ac significaturi nobis que et quanta 
sit fides eisdem instrumentis et iitteris adhibenda; prefixo 
eidem Petro Caiveti termino peremptorio competenti, quo cum 
omnibus actis, iuribus* et munimentis suis huiusmodi causam 
tangentibus apostoiico sc conspectui representet iustam dante 
Domino sententiam recepturus. Testes autem qui fuerint nomi- 
tiati, si se gratia, odio vei timore subtraxerint, per censuram 
ecciesiasticam appeliatione cessante cogatis veritati testimo- 
nium perhibere. Diem vero prefixionis huiusmodi et formam 
et quicquid super premissis duxeritis faciendum nobis per 
vestras iitteras harum scriem continentes fideiitcr intimetis. 
— Datuin Avinioni, vi icalendas augusti, anno quinto. 

1. Belmont (Aveyron), chef-lieu de cant., arrond. de Saint-Affrique. 

2. Saint-Leons (Aveyron), cant. de Vezins, arrond. de Milhau. 

3. Voir n. 162, note 1. 

4. Milhau, chef-Iieu d'arrond., depart. de rAveyron. 

5. Guillaume Court, cistcrcien, neveu de Benoit XII, abbe de Boulbonno, 
dans le dioc^se de Mirepoix, maltre en theologie; ev6que de Nime», le 3 avril 
1337; transferd^ Albi, le 3 decembre suivant; cree cardinal du titre des Saints- 
Quatre-Couronnes, le 18 decembre 1338; ev^quo de Tusculum, le 18 decembre 
1350; mort le 12 juin 1361. Baluze, col. 816; GalL chrUt., t. xiii, col. 294; 
t. VI, col. 450; t. I, col. 26-27; Hiiil. de Lang., t. ix, p. 479; Eubel, Hier., t. i, 
p. 17, 378-380; Demfle, Cluirlul., t. ii, p. 718. 



— 175 — 



Benoit XII ordonne d Vahbe de Boulbonne de jaire une enquete 
sur cerlains crimes imputes d plusieurs de ses moines el d un clerc 
du diocese de Rieux, le.squels, i>oulant pratiquer clandestinemeni 
Valchimie et decou^ir un pretendu iresor enchante^ cn>aient_ fait 



264 BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

jahriquer une image de cire, tente de la baptiser, pour la percer 
ensuite d Vaide d^aiguilles et apprendre d'elle Vendroit ou se trou» 
vait le tresor. — Avlgnon, 2 decembre 1339. 

Regest. Aven., t. Liii/fol. 253 \^\Regest.Vatic.,\. cyiy.\ii,iu 758; 
Hansen, Quellen, etc.,. p. 14, n. 22 {in exl.). 

Dilecto filio Duraiido ^, abbati monasterii de Bolbona^, Ci- 
stcrcien. ordinis, Mirapiscen. diocesis, salutem, etc. — Ad au- 
dientiam nostram pervenit quod Guillelmus de Mosseto, alias 
dictus spurius de Mosseto, clericus Riven. diocesis, Raymundus 
Fenolh, Arnaldus Gifre, Bernardus Aynerii, ac Bertrandus de 
Causaco ^, monachi monasterii tui, ad secularia desideria et lucra 
temporalia, que militant adversus animam, queve debebant 
velut stercora extimare, retro vertentes affectus, quadam die, 
ut possent clandestine alchimiam exercere, ad portam dicti 
monasterii invicem convenerunt, se fidei prestite vinculo astrin- 
gentes, quod nemini revelarent nec panderent illa que facerent 
de alchimia supradicta. Idemque Guillelmus de Mosseto dixit 
eisdem monachis quod ipse sciebat quemdam montem incan- 
tatum prope villam de Limoso, in quo erat absconsus infinitus 
thesaurus incantatus, cuius thesauri custodie quedam mulier 
similiter incantata fuerat deputata, et quod ad faciendam di- 
ctam alchimiam et detrahendum dictum thesaurum de monte 
prefato per ipsos monachos, erat eis necessaria quedam imago 
cerea que loqueretur et baptizaretur. 

Quam ymaginem postmodum idem Guillelmus emit et defferrl 
fecit ad domum Petri Garaudi, civis Appamiarum, per quemdam 
famulum dicti Petri; quodque postmodum dicta ymago fuit de 
domo dlctl Petri recepta et per dlctum Raymundum Fenolh 
ad prefatum monasterium clandestine deportata, et posita super 
altare capelle beate Caterine, quod est iuxta portam dicti mo- 
nasterli, super quo, per Inconsiderationem monachorum dicti 
monasterii non advertencium quod dicta ymago erat ad commlt- 
tendum sacrilegium fabricata, per plures dies dlcitur perman- 
sisse; postque per prefatum Raymundum ad domum eiusdem 
Petri extitit reportata. Idemque Gulllelmus in presencia dlcti 
Petrl Garaudi interrogavlt eundem Raymundum si dicta ymago 
extiterat baptizata; qui respondit quod non, quia eam nequi- 
Verat baptizare. Subsequenter vero dicta ymago per eundem 
petrum Garaudi tibi extitit assignata, tuque, in cofino, inquo 



I 



BENOIT XII 265 

fucrat reporlata, novem acus, cuiii quibus dicta yinago pungi 
tlebebat, sicut accepimus, invenisti. Dictus quoque Raymundus, 
ut dicitur, fuit confessus et etiam probalur per unum secularem 
quod idem Raymundus reccpit ct penes se tenuitlibrum in quo 
erat scripta forma traditionis baptisinatis sacramenti per plures 
dies. Dictus etiam Bernardus dicitur fuisse confessus se habuisse 
librum sacri baptisini ab ccclesia de Monte alto *; sequc dictum 
librum misisse dicto Raymundo, qui plures dies tenuit eum et 
postea ipsum remisit rapellano ecclesie memorate. Diritur etiam 
per quemdam clericuin dicte ecclesie de Monte alto fore relatum 
quod idem Bernardus eumdem clericum rogavit ut accomodaret 
et traderet sibi sanctum crisma dicte ecclesie; quod idem cle- 
ricus facere recusavit, dicens (juod ad dictum Bernardum mona- 
chum non spectabat alicui impendere sanctum [crisma. 

Cum itaque, si premissis veritas sufTragetur, prefati monachi, 
fabricando vel fabricari faciendo dictam ymaginem ipsamque 
super prefato altari ponendo et tenendo per plures dies, duin 
inissa ibi celebrabatur, dicte ymagini volendo conferre baptis- 
matis sacramentum ad exercendum huiusmodi alchimiam et 
prefatum thesaurum absconditum exquirendum, gravis reatus 
macula contraxisse noscantur, ac propterea sint graviter puniendi, 
discretioni tue... mandamus quatinus secrete te de premissis 
studeas informare, et taliter providere procures quod dicti mo- 
nachi, qui premissa perpetrare temere presumpserunt, non 
possint fugere et per fugam evadere debitam disciplinam; quod- 
que libros, scripturas ct res ipsorum alias capias et custodias 
diligenter; nobisque insuper referas per tuas litteras quecumque 
super hiis inveneris, queve in premissis duxeris facienda. Contra- 
dictores per censuram ecclesiasticam, appellatione postposita, 
compescendo. Testes autem qui fuerint nominati, si se gratia, 
odio vel timorc subtraxerint, censura simili, appellatione 
cessante, compcllas veritati testimonium perhihere. — Datum 
Avinioni, [i]v nonas decembris, anno quinto *. 

1. Duraiid, abbe de lioulbonne, successeur de Guillaume Gourt. Gallia chrisl., 
i. xni, col. 294; J.-M. Vidal, Benoit XII, Leltres communes, ii. 4071. 

2. Boulhoniie, commune de Cintegabelle, arrond. de Muret (Hautc-Garonn§). 

3. Cahuzac (Aude), cant. de Bolpech, arrond. de Casleinaudary. 

4. Montaut (Ariege), canton de Saverdun, arrond. de Pamiers. 

5. Suite de ratlaire, n. 179. 



266 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 



— 176 — 

Acte consistorial du 18 fwrier 1340. — A Vepoque de la promo- 
tion de Veveque d^Albi, Pierre de Vie, cinq consuls de cette ^ille 
etaient <,'enus d Avignon rendre hommage au pape Jean XXI 1, aux 
cardinaux et d leur noweau pasteur, au nom de leurs concitoyens. 
Vun d^eux, Giraud Coll, se plaignit au futur Benoit XII, alors 
cardinal Fournier, des exces commis d Alhi par certains notaires 
ou jures de V Inquisition, coupables, disait-il, dHnjustices et d'exac- 
tions. 

Jean XXII mourut sur ces entrefaites. Benoit XII lui succeda. 
Alors Menet de Robecourt, soi-disant commissaire de Vinquisi- 
teur de Carcassonne, prenant pretexte des plaintes formulees par 
les consuls d^Albi, entama contre eux une action judiciaire pour 
ai>oir tente d' empecher le libre exercice de V Inquisition. 

Benoit XII appela Vaffaire d son tribunal et en confia la con- 
duite, d'abord, au cardinal Bertrand de Montfa<^ez, puis au cardi- 
nal Pierre Bertrand. Les debats furent longs. On entendit une 
foule de temoins cites d la requete des deux parties, soit d Avignon, 
soit ailleurs. Enfin Benoit XII en personne prononga la sentence. 
Guiraud Coll, principal interesse, fut retabli dans tous ses droits 
et dans sa bonne renommee; les frais du proces et les dommages 
subis par lui de^aient lui etre restitues par son adi^ersaire. Menet 
de Robecourt etait re^^oque de son office de commissaire de V Inquisi- 
tion et declare inapte d rece^oir une charge quelconque dans un 
tribunal inquisitorial. — Avignon, 18 fevrier 1340. 

Regesl. Aveii., t. liv, fol. 88; Re^. Val., t. cxxviii, n. 58; J.-M. 
Vidal^ Benoit XII, n. 8153 (anal.) ; Menet de Rohecourl, dAiis Moyen 
dge, 1903, p. 438. 

Ad futuram rei memoriam. — In immensum crescit presum- 
torum impunita temeritas et non absque lesione multorum nimis 
relaxatur delinquenda licentia que iuris terminis non arcetur. 
Dudum siquidem in promotionis nostre primordiis ad apicem 
apostolice dignitatis, pro parte dilecti filii Guiraudi Colli ^, civis 
Albiensis, fuit propositum coram uobis quod olim, tempore 
Johannis pape XXII predecessoris nostri, bone memorie Petro 
de Via ^, episcopo tunc electo Albien. et de novo per predeces- 
sorem eundem promoto in episcopum Albien., ac huiusmodi 



BENOIT XII 267 

promotione ad communitatis Albien. deducta notitiam, dicta 
rommunitas dilectos filios magistrum Bernardum de Grava, 
licentiatum in legibus, Pontium Rogerii, eundem Giraudum 
Colli, Bernardum Austruconis '\ ac Durantum de Monteacuto, 
cives et consules Albien., ad veniendum ad romanam Curiam 
et impendendum dicto predecessori eiusdemque fratribus sancte 
romane Ecclesie cardinalibus, de quorum numero tunc cramus, 
dictoque Petro tunc electo in dicta curia existenti reverentiam 
spccialiter deputavit. Dictique consules propter hoc ad dictam 
curiam accedentes {>refatis predecessori et nobis tunc tituli 
sancte Prisce presbitero cardinali et quampluribus aliis sancte 
romane Ecclesie cardinalibus dictoque Petro tunc electo, nomine 
communitatis ciusdem reverentiam impenderunt; et quod idem 
Giraudus CoIIi una cum dictis aliis consulibus coUegis ipsius 
coram nobis, tunc ut premittitur cardinali, personaliter consti- 
tutus, post impensam huiusmodi reverentiam hec verba vel 
similia protulit in efTectu, videlicet : quod aliqui homines laici 
crant in civitate predicta dicentes se iuratos officii Inquisitionis 
heretice pravitatis, de quibus dicebatur quod propter favorem 
riusdem oflicii recipiebant multas corruptiones et faciebant 
multas oppressiones et exactiones de quibus non recipiebat ali- 
quem honorem ofHcium nec civitas prelibata; et quod esset 
bonum quod nullus notarius faceret processus vel audiret per- 
sonas super facto fidei nisi inquisitor huius esset presens; adiecto 
in propositione predicta quod nos huiusmodi verbis respondera- 
mus per hec verba vel similia in effectu, videlicet quod tcmpori- 
bus quibus nos audiebamus testes vel aliquos de facto fidei 
nolebamus quod aliquis notarius eos audiret, nisi nos presentes 
cssemus. Va tunc per dictos consules vel aliquem eorum nobis 
fuerat humiliter supplicatum quod eidem predecessori tunc 
viventi supplicaremus quod tale in hac parteremedium adhi- 
beret quod boni possent vivere et mali punirentur. Et quod 
tandem dicto predecessore defuncto nobisque ad apicem summi 
apostolatus assumptis, magister Mennetus de Roberticuria *, 
canonicus ecclesie Montisregalis ^, Carcassonen. diocesis, nota- 
rius, pro commissario Inquisitionis pravitatis eiusdem in parti- 
bus Carcassonen. et Albien. se gerens, super dictis verbis etaliis 
quibuscumque per eosdem consulos Albien. officiura seu ministros 
dicte Inquisitionis tangentibus, nobis tuuc cardinali dictis 
seu prolatis, que idem Mennetus in iniuriam et impe- 



268 BULLAIRE DE L*INQUISITION PRANgAlSE 

dimentum negolii fidei et olFicii dicte Inquisitionis et fautoriam 
hereticorum redundare dicebat, quosdam processus formaverat 
et fecerat contra dictum Giraudum super hiis inquirendo et non- 
nullos testes recipiendo, ipsumque propterea multipliciter difTa- 
mando et alias expensis et laboribus pregravando. Propter que 
nos intendentes cum predictis Bernardo de Grava, Pontio, 
Giraudo, Bernardo Austruconis et Duranto super nonnuilis 
certis negociis, et deinde volentes cum dicto Menneto supei- 
eisdem processibus contra ipsos, ut dicebatur, factis pleniu ; 
informari, dictos Mennetum, notarium, magistrum Bernardum, 
Pontium, Guiraudum, Bernardum Astruconis et Durantum, ad 
nostram presentiam fecimus personaliter evocari ^. Quibus Ber- 
nardo de Grava, Pontio, Giraudo, Bernardo Astruconis et Du- 
ranto ad dictam curiam venientibus dictoque MenneLo, necnon 
prefatis Bernardo de Grava, Giraudo, ac Bernardo Austruconis 
in consistorio coram nobis personaliter constitutis, ac per dictos 
Bernardum de Grava et Guiraudum suo et quarumdam aliarum 
personarum civitatis eiusdem nomine, contra dictum Mennetum 
propositis multis variis et diversis, et per dictum Mennetum 
ad proposita ipsa responsionibus subsecutis; iios dilecto filio 
nostro Bertrando ', S. Marie in Aquiro diacono cardinali, in 
dicto consistorio tunc presenti, commisimus et mandavimus 
oraculo vive vocis, quod super propositis et responsis predictls 
ipsas partes audiret et quod super eis idem cardinalis se infor- 
maret, nobisque referret. Ac nichilominus postea sibi manda- 
vimus viva voce, quod processum etiam contra dictum Guirau- 
dum et alios consules per dictum Mennetum factum et habitum 
statim faceret sibi deferri. Quo siquidem processu prefato cardi- 
nali delato, et etiam assignalo, dictisque Menneto, Bernardo 
de Grava et Giraudo coram eo postea in iudicio constitutis, idem 
cardinalis eisdem Menneto et Giraudo ad dicendum, proponen- 
dum et dandum in scriptis quicquid alter contra alterum dicerc, 
proponer6 et dare vellet, certum assignavit terminum. In quo 
prefatis Menneto et Giraudo comparentibus in iudicio coram 
eo, idem Giraudus contra dictum Mennetum quendam libellum 
exhibere curavit, in quo idem Giraudus inter alia asserebat 
quod idem Mennetus, tunc pretendens se notarium et commis- 
sarium officii memorati, vocatis dicto Giraudo et eius collegis 
predictis super dictis verbis per eos propositis coram nobis, 
in nostrum et eiusdem Sedis contemptum ac diffamationem 



BENOIt XII 269 

dicti Giraudi eiusque nonmodicum preiudicium et gravamen 
inquisitionein formaverat et processus fecerat contra eum; 
(juare pelebat eundem Mennetuin ad exhibendum ipsos [jroces- 
s\is compelli sihi({ue decerni copiam eorumdem seque repertum 
innocentem et immunem a contentis in eis per eandem Sedem 
absolvi, dictosque processus viam dare et facere cancellari seque 
restitui auctoritate apostolica in integrum ad suam bonam 
famam, statum et honores in quantum ejus opinio propter hoc 
fuerat de facto vel alias quoquomodo gravata; dictumque Menne- 
tum compelli ad faciendum fidem et exhibendum potestatem 
et mandatum, si quod habebat, cuius auctoritate et vigore 
ad dictos processus et actus processerat, ut prefertur; prote- 
stando de dampnis et expensis in prosecutione predictorum 
factis et in antea faciendis. Ac deinde exhibitis per dictum Menne- 
tum quibusdam exceptionibus contra libellum prefatum; et 
contra ipsas exceptiones aliquibus pro parte dicti Guiraudi 
replicationibus subsecutis, exhibitis quoque in iudicio per dictum 
Guiraudum nonnuUis positionibus et articulis super dictis, pro- 
positis et petitisper eum adinformationem cardinaliseiusdem, ac 
nounullis exceptionibus per dictum Mennetumdatis contra posi- 
tiones et articulos prelibatos et ad eas pro partedicti Giraudi 
aliquibus replicationibus subsecutis in terminis ad actus huius- 
modi per eundem cardinalem predictis partibus peremptorie* 
et successive prefixis; demum nos eidem cardinali mandavimus 
et commisimus oraculo vive vocis quod super dictis articulis 
per eundeni Giraudum exhibitis ad pleniorem informationem 
posset testes qui existerent nominati extra romanam Curiam 
de diversis locis ad ipsam curiam evocare, ipsosque recipere et 
examinare; necnon etiam extra ipsam Curiam receptionem et 
examinalionem ipsorum testium personis ydoneis uni vel pluri- 
bus in diversis partibus prout sibi visum foret committere. Ac 
nonnullis testibus pro parte dicti Giraudi productis super arti- 
culis et informatione predictis et probatione ij^sorum in termino 
ad hoc prefixo et ab ipsis testibus per dictum cardinalem, pre- 
sente dicto Menneto, iuramentis receptis; ac demum prefato 
cardinali pro certis arduis et urgentibus negotiis de mandato 
nostro se de romana Curia absentante, nos causam seu causas 
huiusmodi in slatu in ({uo remanserant coram eo tempore re- 
cessus sui de curia mcinorata, dilccto filio nostro Petro *, tituli 
sancti Clementis presbitero cardinali, ad instantiamdicti Giraudi 



270 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

audlendas commisimus et nobis postmodum referendas. Ac 
deinde de mandato eiusdem Petri cardinalis ex speciali commis- 
sione super hoc per nos sibi facta,nonnullis testibus reprobatoriis 
pro parte dicti Menneti contra dictos testes pro parte dicti 
Giraudi productos extra dictam Curiam romanam receptis, et 
eorum attestationibus una cum tenoribus plurium instrumento- 
rum et litterarum coram commlssariis et receptoribus dictorum 
testium productorum remissis ad eandem curlam iuxta morem; 
nos eidem Petro cardinali attestationes et processus huiusmodi 
recipiendos et aperiendos, ac causam huiusmodi resumendam 
et audiendam commisimus et nobis postmodum referendam. 
Presentatis igitur dicto Petro cardinali attestationibus et pro- 
cessibus huiusmodi, et deinde dicto Giraudo et magistro Nicolao 
de Hermondivilla, procuratore prefati Menneti, coram Petro 
cardinali predicto in iudicio comparentibus, ac omnibus et sin- 
gulis sigillis appositis et appensis in eis omnibusque attestatio- 
nibus, remissionibus et processibus in huiusmodi causa in parti- 
bus habitis dicto Petro cardinali exhibitis; et per ipsos Giraudum 
et Nicolaum hinc inde recognitis et etiam confessatis; et 
quibusdam aliis instrumentis et litteris autenticis ut prima 
facie apparebat exhibitis; ac deinde prefatis Nicolao pro- 
curatore et Giraudo coram dicto cardinali in iudicio constitutis, 
idem Petrus cardinalis, in presentia eorumdem Giraudi et 
Nicolai, attestationes et processus huiusmodi omnes et singulos 
aperuit et etiam publicavit et pro apertis habuit et etiam publi- 
catis. Ac ilico post predicta Giraudus et Nicolaus procurator 
prefati, quilibet videlicet pro parte sua sponte in causa huius- 
modi concluserunt; idemque Petrus cardinalis cum eisdem con- 
clusit et habuit pro concluso. Denique facta per eundem Petrum 
cardinalem nobis de omnibus et singulis actis, actitatis, habitis et 
productis in causa huiusmodi ac attestationibus et processibus 
in eadem causa factis, tam coram dicto Bertrando cardinali 
quam etiam coram eo, relatione plenaria et fideli, nos, de fra- 
trum nostrorum consilio, sententialiter et diirinitive pronun- 
tiamus, decernimus et declaramus non licuisse dicto Menneto 
formare vel facere processus aliquos seu procedere vel inquirere 
potuisse contra dictum Giraudum ratione, vel occasione, seu 
causa dictorum verborum per ipsum Giraudum olim ut pre- 
fertur in eadem Curia romana coram uobis tunc cardinali, ut 
premittitur, prolatorum; neque ipsum Mennetum pretextu po- 



BENOIT XII 271 

testalis vel commissionis cuiuspiam per dictum inquisitorem 
sibi facte premissa facere poluisse; ipsumque processum per 
dictum Mennetum contra dictum Giraudum factum et habitum, 
ut prefertur, tanquam temerarium et de facto presumptum 
cassamus, anullaraus et irritamus, et cassum, nullum et irritum 
iiunciamus; ac nichiloininus pronuntiamus, decernimus et decla- 
lamus eundem Giraudum fuisse et esse bone opinionis et fame; 
nullamque infamiam vel difTamationem per huiusmodi processus 
et inquisitiones habitos seu habitas, factos seu factas contra 
eum per dictum Mennetum super dictis verbis, per eundum Girau- 
dum in dicta Curia romana prolatis vel eorum pretextu seu 
occasione incurrisse; dictumque Mennetum dicto Giraudo inex- 
pensis per eum in huiusmodi causa factis, quatenus articulum 
dictorum verborum per eum in eadem Curia prolatorum concer- 
nunt, cum restauratione et emendatione dampnorum que dictus 
Giraudus propterea incurrit eidem Giraudo restituendis, prout 
hec omnia fuerant per dictum Giraudum petita, sententialiter 
t ondempnamus; ipsorumque expensarum et dampnorum taxa- 
tionem eidem Petro cardinali committimus modo debito facien- 
dam •. Prefatum quoque Mennetum quocumque officio circa 
Inquisitionis negotium heretice pravitatis vel eius occasione 
({uomodolibet vel ubilibet exercendo perpetuo apostolica aucto- 
ritate privamus. Insuper volumus et districte precipimus quod 
idem Mennetus nullum ofTicium circa negotium Inquisitionis 
heretice pravitatis quocumque modo possit deinceps recipere, 
vel quomodolibet exercere, vel de illo se intromittere quoquo- 
modo absque nostra vel successorum nostrorum romanorum 
pontificum licentia speciali. Supplentes omnem defectum, si 
quis forsitan foret ex solemnitate iuris omissa vel pro eo quod 
idem Mennetus tempore huiusmodi per nos prolate sententie 
presens non extitit, vel alias quocumque modo in processibus 
supradiclis. NuUi ergo, etc, nostre cassationis, anullationis, irri- 
tationis, nuntiationis, condempnationis, commissionis, priva- 
tionis, voluntatis, pronuntiationum, declarationum, constitu- 
tionum, precepti et supplementi infringere, etc. **. — Actum 
Avinioni, in palatio nostro apostolico xii kalendas martii, 
anno sexto. 

1- Voir M. 154, note 4. 

2. Pierre de Vie; n. 155, note 1. 



272 BULLAIRE DE L*INQUlSlTION PRANgAlSB 

3. Voir n. 154, note 5. 

4. Voir n. 28, note 2, et 154, 155. 

5. Montreal (Aude), chef-lieu de cant., arrond. de Carcassonne. 

6. Voir les citations, n. 154, 155. 

7. Bertrand de Montfavez, n. 67, note 1. 

8. Pierre Bertrand, docteur in ulroque jure, archidiacre de Billom dans 1© 
chapitre de Glermont, fut promu a reveche de Nevers, le 28 janvier 1320; trans- 
fere a Autun, le 19 mai 1322; cree cardinal du titre de Saint-Clement, le 20 de- 
cembre 1331; il mourut le 24 juin 1348. Baluze, col. 782; Gall. christ., t. xii, 
col. 647; t. IV, col. 408-412; Hist. de Lang., t. ix, p. 459-460; Eubel, Hier., t. i, 
p. 15, 71, 386. 

9. Le cardinal Pierre Bertrand fixa a 150 florins d'or de Florence la somme 
que Menet de Robecourt devait payer a Giraud Coll. Le 15 aoiit 1340, Benott XII 
nomma les executeurs de ce jugement (cf. n,^181). 

10. Voir sur cette curieuse affaire les n. 28, note 2, 154, 155, 181. 



— 177 



I 



Le pape a reclame, tant d Vinquisiteur de Carcassonne qu^aux 
vicaires de Veglise de Maguelonne et au seigneur d^Agoult, les 
proces faits par eux ou leurs juges d trois sorcieres du ressort de 
Brissac. Mais c^est en vain. Le mandement pontifical a ete supprime 
ou tenu secret. Benoit XII en ecrit d Ve^^eque de Maguelonne, 
lui ordonnant de faire executer sa volonte, de rechercher les coupables 
et d'informer sur la falsification qu'on dit ai>oir ete faite des actes 
de ces proces. — Avignon, 21 fevrier 1340. 

Reg. Vaf., t. cxxxv fol. x, n. 28; Daumet, op. cit.,n. 693 (anal.). 

Venerabili fratri ..^ episcopo Magalonen. — Dudumad audien- 
tiam apostolatus nostri perlato quod pro eo quod in castro de 
Brixiaco ^, Magalonen. diocesis, ad tuam Magalonen. ecclesiam 
et dilectum filium nobilem virum Raymundum Petri, militem, 
dominum Agautici, eiusdem diocesis, communiter pertinente. 
per quosdam iudices seculares curie communis ecclesie acnobilis 
predictorum contra quondam Michaelem Gauterieet Emengar- 
dam de Carnicis ac Agnetam Fabrice, mulieres ut asserebatur 
sortilegas et maleficas, certus habitus processus fuerat et con- 
dempnationis sententia promulgata et executioni mandata in 
officii dilecti filii ^ inquisitoris heretice pravitatis in illis parti- 



BENOIT XII 



273 



bus auctoritate apostolica deputati, ut dicebatur, preiudicium 
et contemptum, per eundem inquisitorem seu de mandato suo 
contra nonnullas personas certi fuerant facti processus. Nos 
certis ex causis tam de toto processu super premissis habito per 
dictos iudices seculares quam processu predicto per eundem 
inquisitorem vel de suo mandato exinde postmodum ut pre- 
mittitur subsecuto volentes plenius informari, prefato inqui- 
sitori ac dilectis filiis vicariis ecclesie predicte tunc vacantis, 
necnon nobili memorato per diversas litteras nostras * dedisse 
meminimus in mandatis ut ipse inquisitor processum ex officio 
suo super premissis habitum dictique vicarii et nobilis alium 
Itrocessum et sententiam factum et latam per predictos iudices 
contra mulieres predictas nobis integraliter de verbo ad verbum 
sub suis sigillis interclusos destinare quantocius procurarent, 
et causam seu negocium huiusmodi ad nostrum et apostolice 
Sedis advocantes examen, inter alia prefato inquisitori et eius 
locumtenenti, ne quicquam contra huiusmodi advocationem 
attemptare presumerent vel facerent districtius duximus exhi- 
bendum, ac decernendo ex tunc irritum et inane si secus scienter 
vel ignoranter contingeret super hiis attemptari, prout in eisdem 
litteris plenius continetur. Cum autem sicut intelleximus aliqui 
litteras nostras predictas sic maliciose retinuerint et subticuerint 
usque modo quod nequaquam fuerunt executioni mandate, fra- 
ternitati tue... mandamus quatinus eosdem processus et senten- 
tiam iuxta predictarum litterarum nostrarum seriem facias 
quantocius nobis mitti et contenta in eisdem litteris executioni 
debite demandari. Contradictores, etc. Et nichilominus super 
suppressione ac retentione maliciosa litterarum ipsarum necnon 
falsificatione que de ac super processu coram predictis iudicibus 
secularibus habito facta fuisse dicitur informatione diligenti 
recepta eam nobis sub tuo fideliter inclusam sigillo mittere non 
postponas. — Datum Avinioni, ix kalendas marcii, anuo sexto. 

1. Arnaud de Verdale; voir n. 164, note 1. 

2. Pour touies les referenceg, voir n. 172, notes. 

3. Aymoi» de Caumont; n. 162, note 1. 

4. Cf. n. 172, 173. - 



BULLAIRE - i8 



*274 BtJLLAIRE DK L*I NQUlSlTlON FRANgAlSE 



^178 — 

Ordre de citer deux bourgeois d^Albi d propos d'une afjaire 
d'inquisition. — Avignon, 6 juillet 1340. 

Reg. Auen., t. liv, fol. 26 v^; Reg. Vat., t. cxxviii, n. 14, 35, de 
Curia; Daumet, op. cit., n. 743 (anal.). 

Venerabili fratri .. ^ episcopo Albien. salutem. — Cum de qui- 
busdam apostolatui nostro relatis, que negocium fidei tangere 
disnoscuntur [sic), velimus cum Bartholomeo Maurelli^ et Guil- 
lelmo Fransa ^, laicis civitatis et diocesis Albien.,inquirere verita- 
tem, fraternitati tue per apostolica scripta mandamus quatinus 
per te vel per alium, seu alios eosdem Bartholomeum et Guillel- 
mum peremptorie ex parte nostra citare procures ut vicesima 
die post citationem luam personaliter apostolico conspectui 
se presentent ut cum eis de premissis indagare possimus etscirei 
plenarie veritatem. Diem vero huiusmodi citationis et formamj 
et quicquid exinde feceris, nobis per tuas litteras harum seriei 
continentes quantocius intimare procures. — Datum Avinioni, 
ii nonas iulii, anno sexto. 



1. Pictavin de Montesquieu, chanoine, puis (19 juin 1325) eveque de Bazas;] 
eveque de Maguelonne, le 12 septembre 1334; eveque d'Albi, le 27 janvier 1339;| 
promu au cardinalat (titre des Saints-Douze-Apotres), le 17 decembre 1350;J 
mort le 1" fevrier 1355. Gall. christ.^ t. \, col. 27, 1203; t. vi, col. 782-783; Hist. 
de Lang., t. ix, p. 622-623; Eubel, Hier., t. i, p. 80, 334, 546. 

2. Un Barthelemy Maurel, d'Albi, avait ete delegue, le 24 janvier 1306 (n. st.) 
par ses concitoyens, pour defendre les interets de la ville devant la commission] 
cardinalice. Douais, Documents, etc, t. ii, p. 318. 

3. Ce Guillaume Fransa etait probablement un descendant de Galhard Fransa,i 
poursuivi pour heresie, en Tan 1300, par B. de Castanet et Nicolas d'Abbevill«] 
(n. 3, note 1), ou bien de Pierre Fransa, egalement incarcere a cette epoque,] 
mais qui, en 1313, attendait encore dans sa prison que Ton terminat son proc^a, 
(n. 7 et 11). 



BENbit xit 275 



— 179 — 

nenotl XI l mande aux abbes de Boulbonne et de Berdoues de 
faire justice de quatre nioines de Boulbonne inculpes de maleficeSj 
({alchimie et de superstition. — Avignon, 23 juillet 1340. 

Reg. Aven., t. liv, fol. 294; Reg. Vai., t. cxxviii, n. 281. 

Dilectis filiis, Durando *, de Bolbona, et Raymundo ^, de Ber- 
donis ^ monasteriorum abbalibus. Cistercien. ordinis, Mirapiscen. et 
Auxitan. diocesum, salulem, etc. - Dudum ad audientiam nostram 
deducto quod Raymundus Fenolh, Arnaldus Guifre, Bernardus 
Aynerii et Berlrandus de Causaco, monachi monasterii lui, fili 
abbas de Bolbona, ad lucra temporalia retro vertentes affectns, 
pro exercenda alchimia, nec non pro exquirendo et habendo 
(lucdam thesauro abscondito, quandam ymaginem ceream fieri 
feceiunt, seu procurarunt habere, quam, in divine maiestatis 
olTensam et in iniuriam, intendebant baptizare seu facere 
haptizari, licet, sicut asseritur, faciente Deo, ad actum bapti- 
zationis huiusmodi complete minime sit processum. 

Nos attendentes quod dicti monachi graviter excesserunt in 
premissis et propterea erant m«rito corrigendi, tibi, prefate abbas 
(lo Bolbona, nostris dedimus litteris in mandatis * ut secrete te 
<le premissis informare studeres et super hiis taliter providere 
< urares quod dicti monachi, qui premissa temere presumpserant 
attemptare, non posscnt fugere et per fugam evadere debitam 
tlisciplinam; nobisque per litteras tuas referres quecumque super 
liiis invenires, quevc in premissis duceres facienda, prout in 
cisden» litteris plenius continelur. Tuque, earumdem litterarum 
nostrarum forma servata, de premissis studuisti diligentius infor- 
mari dictosque monachos carceri mancipasti, prout nobis, ex 
parte tua, postmodum extitit intimatum. 

Quocirca discretioni vestre per apostolica scripta committimus 
et mandamus quatlnus super premissis auctoritate nostra iusti- 
tiani fa(^iatis; ita quod eorum correctio ceteris similia attemptare 
volonlibus cedere valeat inexemplum, contradictores per censu- 
ram ccclcsiasticam, appellatione postposita, corapescendo. — 
Datum Avinioni, x kalendas augusti, aano sexto. 

1. Voir n. 175, note 1, 



276 BULLAIRE DE L*INQUISlTlON FRANgAlSE 

2. Raymond de Taurins. GaUia christ., t. i, col. 1022. 

3. Berdoues (Gers), comm. de Lasserre-Berdoues, arrond. de MJrande. 

4. Voir n. 175. 



— 180 — 

Citation de Barihelemy Albert ou Adalbert, notaire de V Inquisi- 
tionde Carcassonne. — Avignon, 29 juillet 1340. 

; -Reg. Vat., t. cxxviii, fol. 18, n. 35, de Curia; Daumet, op. cit., 

n. V^') (anal.) 

Ven. fratii .. ^ episcopo Carcassonen., salutem, etc. — Cum 
de quibusdam apostolatui nostro relatis que negotium fidei 
Langere dinoscuntur velimus cum Bartholomeo Alberti^, notario 
Inquisitionis de Carcassona, inquirere veritatem, fraternitati tue 
per apostolica scripta mandamus quatinus statim per te vel per 
«lium, seu alios eumdem Bartholomeum peremptorie ex parte 
nostra citare procures ut vicesima die postcitationem huiusmodi 
personaliter apostolico conspectui se presentet ut cum eo in 
premissis indagare possimus et scire plenarie veritatem. . . — Datum 
Avinioni, ii kalendas augusti, anno VI. 

1. Gaucelin de Jean, archidiacre de Cahors, notaire et familier du pape, 
promu a reveche de Carcassonne, Je 22 mai 1338, mort on 1347. Gall. christ. 
t. VI, col. 898-899; Eubel, Hier., t. i, p. 172; Mahul, CartuL, t. v, p. 447; 
E. Albe, Autour de Jean XXII, dans Annales de Saint-Louis-des-Frangais, 
janv. 1903, p. 167-168. 

2. Ce personnage fournit une longue carriere aupres du tribunal de rinqui- 
sition de Carcassonne. Notaire du roi et de roffice, il etait, de plus, en 1305, 
iieutenant de Pierre Raoul, procureur des « Encours ». A ce titre, il fait resti- 
tuer, le 24 decembre de cette annee, leurs biens confisques a Marquise Botolh 
et a Guillaume Escaunier, d'Arques. Ms. Vat. lat. 4030, fol. 110; Molinier, 
dans Archives des Missions, t. xiv, 3^ serie, p. 308. En 1309, il instrumente aux 
audiences du tribunal preside par GeofTroi d'Ablis. Molinicr, V Inquisilion 
dans le Midi, p. 132. Le 7 aout 1310, il rcQoit a Carcassonne les premiers aveux 
de Bernard Clerc, de Montaillou, dont une copie a ete inseree dans le Registre 
de Jacques Fournier. Ms. Vat. lat. 4030, fol. 173. II se rend a Pamiers en avril 
1320, en mars 1321 et en mars 1323, et figure aux audiences ou vingt prevenu, 
environ ratifient leurs precedents aveux ou abjurent en presence de reveque et 
de 1'inquisiteur. Ibid., fol. 15, 21, 23, 26, 36, 164, 173; cf. Vidal, Le trihunal d' In- 
quisilion de Pamiers, p. 106-107. Barthelemy Adalbert n'etait pas incorrup- 



BENOfrT XII 277 

tible. Un certain Michel Maury, t!e Ravenac, poursuivi pour heresie, reussit a 
lacheter. Le notaire s'einploya, pour sauver son client, a suborner ses denon- 
ciateurs; niais ni la douccur ni les niauvais traitemenis ne parvinrent a les faire 
revenir sur leurs dires. Adalbert fut demasque, jete en prison et soumis a une 
procedure qui traina d'autant plus que Teveque de Carcassonne, Pierre Rodier, 
et rinquisiteur Jean Duprat, se disputant Ic droit exclusif de la conduire, 
mirent deux ans a 8'accorder. Ils y parvinrent, lo 4 mars 1328 (n. st.), en com- 
mettant leurs droits respectifs de juges a Tinquisiteur de Toulouse, Pierre 
Brun. Douais, Documents, etc, t. i, p. lxxxv-lxxxvii. Ce dcruier rendit son 
jugement le 24 novembre suivant. Barthclemy ctait delivre de la prison, oii il 
avait soufTcrt plus de deux ans et conlracte une grave maladic. Sa peinc se 
borna a des jeunes, des aumdues et des pelerinages. Doat, t. xxvii, fol. 112-118; 
Mahul, Carl.y t. v, p. 684. II reprit bientot aprds ses fonctions de notaire. Le 
8 spptcmbre 1329, il assista a la consultation inquisitoriale tenue a Carcas- 
sonne. Douais, La formulc Communicato, p. 58. Le document public plus haut 
iious le montre encore cn chargc en 1340 et, a ce titre, appelc pour ioformation 
et peut-dtre pour punition par le pape Bouoit XII. 



— 181 — 



Le pape designe les executeurs de la sentence prononcee contre 
Menetde Rohecourt. Ces juges devront exiger de ce dernierle paie- 
ment de la somme de 150 florins d^or fixee par le cardinal Pierre 
Bertrand comme indemnite due d Giraud Coll^ pour frais de 
proces et dommages. — AvijTnon, 13 aoul 1340. 

lieg. Val., i. cxxviii, n. 327; Vidal, Menet de Robecourt, dans 
Moyendge, 1903, p. 444. 

Venerabilibus fralribus Albien. * et Caslren. ^ episcopis, ac 
dilecto filio decano ccclesie Beate Marie de Villanova propc 
sanclum Andream ^, Avinionen. diocesis, salulem, etc. — Dudum 
in promolionis nostre primordiis [etc, comme ci-dessus n. 176 
jusqud] in processibus supradictis, prout in aliis litteris nostris 
super hiis confectis plenius conlinetur. Poslmodum vero Giraudo 
et Nicliolao j)redictis corani eodem Pclro cardinali in iudicio 
comparcnlibus, ac diclo Giraudo dampna et expensas predicta 
taxari petente, dictus Petrus cardinalis expensas et dampna 
huiusmodi in centum quinquaginta florenis auri de Florcnlia 
provida moderatione taxavil, eiusdem Giraudi super hiis iura- 
mento secuto, prout in instrumento publico inde confecto eius- 



278 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 



dem Petri cardinalis sigillo munito plenius dicitur contineri. 
Nos itaque ipsius Giraudi supplicationibus inclinati, discretioni 
vestre per apostolica scripta mandamus quatinus vos, vel duo 
aut unus vestrum, per vos, vel alium, seu alios huiusmodi 
sententiam executioni debite demandantes eamque ubi et quando 
expedire videritis sollempniter publicantes, faciatis auctoritate 
nostra eidem Giraudo de huiusmodi quantitate peccunie pro 
dampnis et expensis predictis iuxta litterarum condempnationis 
ac instrumenti predictorum taxationis tenores plenam et debitam 
satisfactionem impendi. Contradictores per censuram ecclesia- 
sticam, etc, appellatione postposita compellendo. — Datum 
Avinioni, xviii kalendas septembris, anno sexto. 



1. Pictaviii de Montesquieu; ii. 178, nole 1. 

2. Jean Despres, eveque de Coimbre (23 aout 1333), transfere a Castres, le 
3 decembre 1337; mort en 1348. Gall. chrisL, t. i, col. 68; Eubel, t. i, p. 203; 
Albe, Autour de Jean XXII, Eweques quercynois en France, dans Ann. de Sainl- 
Louis des-Frangais, 1906, tir. a part, p. 148-149. 

3. Saint-Andre de Villeneuve-les-Avignon (Gard), chef-lieu de cant., arr. 
d'Uzes. 



CLEMENT VI 

(1342-1352) 



CLEMENT VI 

(1342-1352) 



— 18 — 

Guillaume de Montrondy inquisiteur de Provence, ohtient du 
pape Clement VI, en fa^>eur de son neveu, Pons de Montrond, la 
collation d'un prieure dans le diocesede Maguelonne. — Avignon, 
11 juilJet 1342. 

Supplicat. Clem. VI, t. i, fol. 59. 

Supplicat S. V. humilis et devotus vester frater Guillermus 
de Monterotundo ^, inquisitor heretice pravitatis in Provincia, 
quatinus sibi specialem gratiam facientes in personam Pontii 
de Monlerotundo, nepotis sui, monachi monasterii Psalmodien. ?, 
ordinis sancti Benedicti, Nemausen. diocesis, de prioratu de 
Varenissis, diocesis Magalonen., cuius cura per vicarium exer- 
ceri consuevit, consueto per j)redicti monasterii monachos guber- 
nari, cuius etiam fructus XXX lib. turon. secundum taxationem 
decime val. annuum non excedunt, vacantem apud Sedem apo- 
stolicam per mortem Petri Bedocii, monachi eiusdem monaslerii, 
eidem Pontio dignemini providere cum non obstantibusetclau- 
sulis opportunis cl cxecutoribus. — R. — Et quod transeat 
sine alia lcctionc : Fiat. H. — Datum Avinioni, v idus iulii> 
anno primo. 



1. Voir n. 121), nole 'i. 

2. Saint-Piorre-de-Pgalmody, dans la comm. d'Aiguesmortes arrond. de Nimes 
(Qard). 



282 BULI.AIRE DE l'iNQU1SIT10N FRANgAISE 

— 183 — 

Pierre Gui, dominicain, esl nomme inquisiteur de Toulouse. — 
Avignon, 24 juillet 1342. 

Reg, Aven., t. lxvii (Clem. VI, t. xii), fol. 40 v", n. xxx. 

Dilecto filio Petro Guidonis ^, ordinis fratrum predicatorum, 
salutem, etc. — Licet ubilibet Sedis apostolice diligentia ad- 
versus heretice pravitatis labe respersos, quorum nequitia serpit 
ut cancer, ne in aliorum perniciem sua venena diffundant, rcme- 
dium libenter adhibeat oportunum, in Tholosana tamen civi- 
tate ac dyocesi aliisque civitatibus et dyocesibus, castris, villis, 
locis et terminis infra regnum Francie constitutis in quibus per- 
sone dicti ordinis inquisitores pravitatis eiusdem per Sedem 
apostolicam deputate Tholose comuniter residentes consueve- 
runt seu potuerunt super pravitate predicta Inquisitionis ofTicium 
exercere ex specialis benignitatis affectvi, precipue cupimus ut 
negotium fidei iugi profectu elisis omnino et eradicatis erroribus 
prosperetur, ac fides catholica forcius invalescat, ad hec per nos 
et alios desiderantes attentius vigilare talemque ad huiusmodi 
negocium fidei ibidem efficaciter promovendum deputare i^er- 
sonam cuius honesta conversatio exemplum tribuat puritatis 
eiusque labia erudita doctrinam fundant vere sapientie salu- 
tarem, ut eius sacro ministerio omne fermentum exinde labis 
huiusmodi expurgetur; ad personam igitur tuam, quam sinceri- 
tate religionis et fidei, maturitate morum et litterarum sciencia 
dominus insignivit, nostre dirigentes considerationis intuitum, 
te inquisitorem eiusdem heretice pravitatis in Tholosana civi- 
tate ac dyocesi, aliisque civitatibus et diocesibus, castris, villis, 
locis et terminis antedictis auctoritate apostolica usque ad eius- 
dem Sedis beneplacitum deputamus, discretioni tue peraposto- 
lica scripta mandantes, tibiqueinremissionem peccaminum iniun- 
gentes quatinus in caritate Dei, hominum timore postposito, 
virtutem spiritus induens ex Alto, predictum Inquisitionis offi- 
cium in eisdem Tholosana civitate ac dyocesi, aliisque civitati- 
bus et dyocesibus, castris, villis, locis et terminis, prout tanti 
negocii utilitas suadebit sub spe mercedis eterne sic efficaciter 
prosequi et exequi studeas diligenter ut per solicitudinis tue 
prudentiam radix pravitatis eiusdem exinde penitus evellatur 



CLEMENT VI 283 

et vinea Doinini, exterminatis vulpeculis, que perversis morsibus 
denioliuiitur eandem, fructus afferat ratholice puritatis; in 
huiusmodi negocio processurus tam secundum indulgentias et 
privilegia inquisitoribus pravitatis eiusdem in regno Francie 
aucloritale apostolica dej)utatis, seu oflicio Inquisitionis huius- 
iiiodi ab eadem Sede concessa, quam secundum canonicas san- 
("tiones. Per huiusmodi autem deputationem de tua persona 
huiusnn>di Inquisitionis ollicio per nos factam locorum ordina- 
riis quominus ipsius Inquisitionis onicium super labc predicta, 
ppout volunt canonice sanctiones exercere valeant, necnon pre- 
(lictis vel (luibuscunKjue aliis privilcgiis dictis ordini vel inqui- 
sitoribus seu oflicio, si (fua sint eis ab eadem Sede concessa, no- 
lumus preiudicium generari. — Datum Avinioni, viiii kalendas 
augusti, anno primo. 

1. Pierre Gui, probableineiit fils de Laurent, frere du celebro iiiquisiteur, 
liernard Gui, herita des ecrits de son oncle et embrassa comme lui l'ordre des 
Ir^res precheurs. II ctudiait a Carcassonne des 1313. II devint professeur de theo- 
logie, puis prieur (1326) du couvent de Limogcs. Le chapitre de Toulouse le re 
leva de cette derniere charge, Tann^fe suivante -(1327). Pierre occupa successi 
Temcnt celles de lecteur a Albi (suivant Percin), de prieur a Perigueux (1333) 
et a Carcassonne (1336). Tandis qu'il (*lail supcrieur du couvent de Carcas- 
sonne, il fit transcrire en doux volumcs lc rccueil des \'ie8 des saints, form(» 
par son oncle, et commcn^a riiistoirc dos dominicains illustres. Le chapitre 
general de Bruges, en 1336, recommanda co dernicr ouvrage aux fr^res et 
leur ordonna d'y collaborer. Reichert, Acla capi'. gen. ord. praed., t. ii, p. 241. 
En 1338 (n. st.), vers la mi-car^me, Pierre Gui fut elu. a Montauban, provincial 
de Toulousc. II conserva cette charge jusqu'a sa nomination a Tlnquisition de 
cettc ville (2'i juillet 1342). Percin et l^chard affirinent cependant (ju^il rcmplit, 
daiis rintcrvalle, lcs fonctions de professour de thcologic a recole des chanoines, 
de Saint-fUienne. Voir gur P. Gui : Percin, Monum., p. 71, 77; Inquisitio, p. 102; 
Quetif et fichard, Scriplores, t. i, p. 625; Leopold \y^\\%\ii, Solice sur les mss de 
B. Gui, 1879, p. 173, 174 et note 1; Ch. UoVuuer, L' Inquisition dana le .Midi, 
p. 208, note 1. L'inquisiteur avait deux neveux : Pierre Gui, clerc et bache- 
lier hi lois, Age de vingt-trois ans on 1343, pour lequel son oncle soUicitc une 
dispense d'Sge qui lui permette de posseder un benefice avec charge d^dmes; 
et Guiard Gui, pour qui rinquisiteur obtient des lettres de chanoine regulier de 
la cathedrale de Toulouse (14 juillet 1343). Reg. sup. Clem. VI, an. II, part. III, 
fol. 101 v". Des actes de Pierro Gui comme inquisiteur, nous ne pouvons signa- 
ler quc le proces qu'il fit, de concert avec les vicaires de rarcheveque de Tou- 
louse, en 1325, a soix^nte-trois heretiques, en grandc partie des sorciers et des 
niagiciens. Lamothe-Langon, Histoire de Vlnqusiition en France, t. iii, p. 226 
sq., cite par Hansen, Quellen und Untersuchungen, etc, p. 450, n. 7. Notons aussi 
la petition qu'il adresse au pape pour avoir une confirmation de la bulle de 
Jean XXII au provincial de France au sujet de la delegation de linquisiteur 



284 BULLAIRE DE L*INQUIS1T10N FRANgAISE 

de Toulouse. Ayant probablement eprouve quelques difficultes a obtenir de ce 
provincial d'6tre lui-meme promu a cette charge, tandis qu'il etait provincial 
de Toulouse, il se fit d'abord deleguer par le pape, puis il fitpreciserquelebrevet 
d'inquisiteur de Toulousc pourrait sans inconvenient etre donne au provincial 
residant dans cette meme ville (n. 184-185). Le meme jour (7 septembre 1342), 
ii obtenait la nomination de deux notaires pour son tribunal (n. 184). II ne resta 
en charge que moins de deux ans. En 1344, Jean Dunioulin lui succeda. 11 mourut 
a Saint-Girons, en 1347, et fut enseveli a Limoges. Outre le-recueil des Viesdes 
sainls composees par son onclc, compile par lui, et les Vies des dominicains illus- 
tres, ouvrage reste inacheve, on lui doit un Rapporl sur la visite du monaslere de 
Prouille, faite par lui le 25 octobre 1340. Quetif et fichard, op. cil., p. 625. 



— 184 — 

Suppliques de Vinquisiteur de Toulouse, Pierre Gui, tendant : 
1° d faire confirmer par Clement VI le privilege de nomnier Vin- 
quisiteur de Toulouse accorde par Jean XXII au provincial des 
dominicains de France {cf. n. 61); 2^ d obtenir la creation de deux 
notaires pour V Inquisition. — Ratifiees a Villeneuve-les-Avi- 
gnon, 7 septembre 1342. 

Supplical., t. 1, fol. 180 v^. 

Supplicat S. V. devotus filius vester frater Petrus Guidonis, 
inquisitor Tholosanus, quatinus ad instar felicis recordationis 
domini Johannis pape XXII ^ dignemini precipiendo mandare 
priori provinciali ordinis predicatorum in Francia ^, qui nunc 
est vel erit pro tempore, cui ex indulto apostolico incumbit 
sex fratres eiusdem ordinis inquisitores in regno Franciedeputare, 
quatinus de cetero, quociens expedierit inquisitorem ponere iii 
Tholosa, aliquem de fratribus nominatis per priorem provin- 
cialem eiusdem ordinis Tholosanum qui erit pro tempore, iuxta 
tenorem indulti memorati domini Johannis, teneatur in Tholosa 
atque regno Francie inquisitorem deputare; et quod addatur 
in rescripto per Sanctitatem Vestram reformando ac innovando : 
seu de persona ipsius prioris provincialis Tholosani ^, si tibi ina- 
gis utilis ac ydoneus pro ofTicio fidei videatur. 

Addatur in indulto apostolico quod etiam provincialis ipse 
Tholosanus possit assumi : Fiat. R. 

— Item supplicat S. V. quatinus cum ofFicium Inquisitionis 



CLEMENT VI 285 

non valeat exequi sinc auctoritate notariorum, quod dignemini 
gerenti vices vestri vicecancellarii imponere et mandare ut 
duos clericos aptos ad hoc et ydoneos per eumdem inquisitorem 
sibi presentatos habeat ad huiusmodi tabellionatus officium au- 
ctoritate vestra depulare. — Fiat. R. Et quod transeant sine alia 
lectione : Fiat. R. — Datum apud Villamnovam, Avinionen. 
diocesis, vii idus septembris, anno primo. 

1. Voir la bulle de Jean XXII au n. 61, cf. note 2. 

2. Pierre de Baume (-les-Dames), maitre en theologie, en 1325, elu provin- 
cial de la province de France dans le chapitre general de Dijon, en 1333, et gene- 
ral de Tordre, en 1343, dans le chapitre de Paris; mort le 1" maris 1345. Quetif et 
fichard, ScripL, t. i, p. 614-616; Denifle, ChaH., t. ii, p. 250; Archw, etc, t. ii, 
p. 219, n. 80; Mortier, Hiat. des maitres generaux, t. iii, p. 186-216. 

3. Pierre Gui etait lui-mSine provinrial de Toulouso lorsqu^il fut nomme in- 
quisiteur (n. 183, note 1). 



— 185 — 



Bulle de Clement VI ratifiant la concession^ faite par JeanXXII 
au proi'incial des dominicains de France, de deleguer Vinquisi- 
teur de Toulouse {cf. n. 61); ai'ec celie clause, que le choix pourra 
porter sans inconvenient sur le prouincial de Toulouse lui- 
meme ^. — Villeneuve-les-Avignon, 7 septembre 1342. 

lieg. Aven., t. lxvii (Clem. VI, t. xii), fol. 102, n. cxxi; Reg. 
Vat.;i. CLV, fol. 202 yo, n. 121. 

Dilecto filio . . priori provinciali fratrum ordinis predicatorum in 
Francia, salutem, etc. — Dudum felicis recordationis Johannes 
papa XXll predecessor noster, attendens quod olim pie memorie 
Nicolaus papa llll predecessor noster, desiderans per apostolice 
Sedis diligenliam contra hereticorumdolosam astutiam, ne mor- 
bus huiusiModi difTusius serperet locorum ubilibet, et maxime 
in chrislianissimo regno Francorum in quo precipue fides cha- 
tolica [sic) vigere dignoscitur, oporlunum reinedium adhibere 
ut negocium fidei iugi profectu, elisis quibuslibet prorsus erro- 
ribus, j)osset forcius prosperari, priori provinciali fratrum ordi- 
nis predicatorum in Francia qui tunc erat, eius proprio nomine 



286 BtlLLAlRE DE L*INQtJISltiON l?RANgAlSE 

non expresso, suis dedit litteris in mandatls ut de consilio aliquo- 
rum discretorum fratrum eiusdem ordinis eligeret sex de fratri- 
bus dicti ordinis provinciarum Francie ac Provincie ydoneos 
ad huiusmodi opus dominicum exequendum, prout contine- 
batur plenius in litteris Nicolai predecessoris eiusdem^. Quarum 
litterarum vigore tunc observatum extiterat quod per priorem 
provincialem dicti ordinis provincie Provincie de discretorum 
consilio priori provinciali dicti ordinis in Francia, quociens fue- 
rat expediens, alique persone ydonee nominate fuerant, quarum 
unam dictus prior provincialis Francie ad exequendum huius- 
modi ofTicium in dicta provincia Provincie deputabat; et quod 
postmodum, sicut eidem Johanni predecessoriexpositumfuerat, 
in quodam generali capitulo dicti ordinis apud Bisuntium cele- 
brato per magistrum generalem dicti ordinis et difTinitores e:us- 
dem capituli qui tunc erant, dicta provincia Provincie in duas 
provincias divisa fuerat "^, quarum altera iuxta ordinationem 
dicti capituli tunc denominabatur sicut et nunc denominatur 
provincia Tholosana; in qua quidem provincia iuxta ordinatio- 
nem eiusdem capituli continebaturetiam Carcassona, ac duo in- 
quisitores ex illis sex, unus videlicet Tholose, et alius Carcassone 
specialem haberent et facerent mansionem, habentes ibidem 
domos suosque processus ac libros et carceres ad personarum 
custodiam, que sunt pravitatis heretice labe resperse specialiter 
deputatos. Idem Johannes predecessor conspiciens equitati 
consonum et etiam rationi quod sicut ante divisionem provincie 
memorate factam in predicto capitulo eidem priori pro- 
vinciali Francie per priorem provincialem eiusdem provincie 
Provincie nominabantur aliqui fratres ydonei de consilio discre- 
torum, quorum unum dictus prior provincialis Francie ad exer- 
cendum in civitate Tholosana et dicto regno huiusmodi Inqui- 
sitionis officium deputabat, sic deinceps huiusmodi fratrum nomi- 
natio per priorem provincialem dicti ordinis qui tunc erat et 
esset pro tempore in provincia Tholosana de discretorum consi- 
lio fieri deberet, et unus illorum ad nominationem huiusmodi in 
eisdem Thoiosana provincia atque regno, ad exercendum huius- 
modi ofiicium deputari. Idem Johannes predecessor tibi in vir- 
tute obedientie suis dedit litteris districtius in mandatis ut 
de cetero quotiens expediret per cessionem, vel decessum, 
seu amotionem, vel privationem inquisitoris pravitatis eiusdem 
in dicta provincia Tholosana inquisitorem alium ordinari, tu et 



CLlfeMENT V! 287 

successores lui priores provinciales dicti ordinis in Francia unam 
de personis quas prior provincialis dicti ordinis in dicta provincia 
Tholosana qui erat et esset pro tempore, tibi vel dictis tuis succes- 
soribus nominandas duceret ad predictum officium exercendum 
in dictis Tholosana provincia atque regno tenereminideputare, 
statuto quocumque contrario non obstante, prout in ipsius 
Johannis lltteris plenius continetur. Nos igitur que per eundem 
Johannem predecessorem circa premissa sunt gesta et habita 
sub adiectione infrascripta rata et grata habentes, ac ea ex certa 
scientia approbantes et etiam innovantes, dignumque ac rationi 
consentaneum arbitrantes, ut quociens deinceps huiusmodi 
nominationis dictorum fratrum tibi vel tuis successoribus fa- 
( iende casus emerserit etiam de persona ipsius prioris provin- 
< ialis Tholosani, si utilis et ydoneus pro huiusmodi negotio fidei 
\ ideatur, ad exercendum huiusmodi Inquisitionis officium depu- 
tanda per te ac successores tuos possit et debeat ordinari; discre- 
fioni tue in virtute obedientie per apostolioa scripta districte 
precipiendo mandamus quatinus de cetero, quociens in dicta pro- 
vincia Tholosana inquisitorem alium, ut predicitur, expedierit 
ordinari, tu et successores tui priores provinciales dicti ordinis 
in Francia, postquam iuxta predictum ipsius Johannis prede- 
cessoris mandatum per eundem priorem provincialem provin- 
cie Tholosane, qui est et erit pro tempore, tibi vel eisdem tuis 
successoribus huiusmodi eorundem fratrum nominatio facta 
fuerit, ut prefertur, aut unum de dictis fratribus tibi vel eisdem 
successoribus taliter nominatis, aut priorem eundem nominan- 
lem, si forsan tibi vel eisdem tuis successoribus id expediens vel 
alias idem prior magis utilis et ydoneus pro huiusmodi oflicio 
fM (idei negocio videatur, ad predictum olFicium exercendum in 
(lictis Tholosana provincia atquc regno, predicto ipsius Johannis 
predecessoris mandato ac statuto (juooumciue contrario nequa- 
«luaiM (»bslantil>us, aurtorilate apostolioa deputetis. — Datum 
apud Villainnovam, Avinioncn. diocesis, vii idus septembris, 
iimo primo. 

1. Voir document pr^cedent, et les notes qui raccompagnent. 

2. Cf. n. Gl et note 2. 

3. Cf. n. 61, nole 4. 



288 BULLAIKE DE L*INQUISITI0N FRANgAISE 



— 186 — 

Clement VI commet Ve^eque de Carcassonne pour entendre 
les griefs de certains clercs et laics des dioceses de Castres et 
d^Albi contre Vinquisiteur de Carcassonne^ Aynion de Caumont, et 
son commissaire Menet de Robecourt. Ce dernier s^etant laisse cor- 
rompre par Jean de Lombers, juif, accuse d'heresie, fit tous ses 
efforts pour arracher aux plaignants une retractation de leurs temoi- 
gnages contre le coupable; n^y pouvant reussir, il fit interpoler 
le texte des depositions, se reser^ant d'exercer des poursuites contre 
leurs auteurs. Ceux-ci furent saisis par ordre de V inquisiteur , le 
25 decembre 1342, et jetes dans des cachots obscurs, d^oii Von espe- 
rait que leurs protestations s' eleveraient ^ainement. — Avignon, 
31 janvier 1343. 

Reg. Aven.. t. lxi, fol. 457 vO; J.-M. Vidal, Menet de Rohecourt, 
dans Moyen dge, 1903, p. 21 [in ext.). 

Venerabili fratri .. ^ episcopo Carcassonen., salutem, etc. — 
Officii nostri debitum exigit ut nos qui sumus omnibus in iusticia 
debitore^ eam cunctis poscentibus ministremus. Exhibita si- 
quidem nobis pro parte dilectorum filiorum Amelii Massoti, de 
Brisatesta ^, soluti, Duranti Ros, Raymundi de Ulmo, Jacobi 
Matfredi, de Graulheto ^, et Isarni de Cunho, de Podiobegone *, 
coniugatorum clericorum, et Guillelmi Textoris, et Johannis de 
Broliis, laicorum, Castren. et Albien. diocesum, petitio conti- 
nebat quod cum dudum quidam nomine Johannes de Lombers ^ 
olim iudeus, coram dilecto filio Aymone de Calvomonte ^, or- 
dinis predicatorum, inquisitore heretice pravitatis in regno 
Francie auctoritate apostolica deputato, in Carcassona commu- 
niter residente, et Manneto de Roberticuria, se notarium et com- 
missarium Inquisitionis pravitatis eiusdem tunc dicente, de pra- 
vitate ipsa delatus fuisset, et clerici ac laici supradicti ad 
perhibendum testimonium in Inquisitione huiusmodi contra 
dictum Johannem de Lombers facienda citati fuissent; ipsi- 
que super hiis que sciebant et super quibus interrogati fuerant 
puram et meram veritatem deposuissent; ac prefatus Johannes 
olim iudeus, per dictum inquisitorem seu eius officialem super 
Inquisitione predicta citatus et recusans contumaciter compa- 
rere prefatum Mannetum corrupisset per pecuniam et alias ut 



cliSment VI 289 

a (lelatione evaderet supradicta; et tandem procurasset et fe- 
risset quod dicti clerici et laici incarcerati, immurc^ili, questio- 
nati et inducti fuerunt ad hoc ut contra veritatem eorum 
dicta mutarent; tandem prefatus Mannctus, qui dictos testes ad 
mutandum dicta eorum induxerat, multaeisdem promisit testi- 
hus ut deviarent a testimoniis et dictis eorum, iurando super 
• luodam breviario ad sancta Dei Euvangelia corporaliter manu 
lucla quod nunquam testimonia et dicta huiusmodi revelarentur 
eorum; et quod licet ipsi testes firmi forent et perseverarent in 
testimoniis veris depositis pcr eosdem, tamen si aliqua variatio 
facta fuit, dictus Mannetus per violentiam et metum qui cadere 
poterat in constantem eam fieri fraudulenter et dolose fecit et 
scribi prout voluit illa que ipsi testes minime affirmarant nec 
in proposito fuerant affirmandi, ad hoc ut idem Johannes olim 
ludeus ab Inquisitione absolveretur eadem, et contra dictos 
testes posset procedere ac ab ipsis pecunias et bona eorum alia 
extorquere; quodque ipsis testibus se prout immunes sunt scien- 
tibus a carceribus et vinculis in quibus propter predicta detenti fue- 
rant absolutis et etiam liberatis, prefatus inquisitor eosdem testes 
jn die festivitatis Nativitatis Domini nostri Ihesu Christi de nocte 
capi fecit et carceribus mancipari, eosque in eisdem carceribus 
sine aliqua iusta causa detinuit et detinet indebite et iniuste, 
ne malicia et iniquitas ipsius et dicti Manneti et tante temeri- 
tatis versutia in notionem veniant atque lucem; et quod ipsi 
testes alias adeo opprimuntur quod non possunt se defendere, 
sed sine aliqua culpa propter iniquitatem et versutiam supra- 
dictas in dictis carceribus detinentur et in eis formidant putre- 
fieri, nisi ipsis per apostolice Sedis providentiam succurratur. 
Quare pro parte ipsorum clericorum et laicorum testium fuit 
nobis humiliter supplicatum ut providere ipsis in hac parte de 
oportuno remedio dignaremur. Nos igitur cupientes unicuique 
fidelium iusticiam exhiberi, ac gerentes de tua fidelitate et cir- 
cumspectione probata fiduciam in Domino specialem, frater- 
nitati tue per apostolica scripta committimus et mandamus 
quatinus, vocatis prefatis inquisitore et Manneto, ac aliis qui 
fuerint evocandi, huiusmodi causamaudias et facias super pre- 
missis auctoritate apostolica iusticie complementum. Contra- 
dictores per censuram ecclesiasticam appellatione postposita 
compescendo. Testes autem qui fuerint nominati, si se gralia, 
odio, vel timore subtraxerint, censura simili appellatione cessante 

BULLAIRE - 19 



290 BULLAIRE DE L*INQUISITlON FRANCAISE 

Compellas veritati testimonium perhibere. Non obstante si eidem 
inquisitori vel quibusvis aliis comrauniter vel divisim a Sede 
apostolica sit indultum quod interdici, suspendi, vel excommu- 
nicari non possint per litteras apostolicas non facientes plenam 
et expressam, ac de verbo ad verbum de indulto huiusmodi men- 
tionem. — Datum Avinioni, ii kalendas februarii, anno primo '. 



1. Gaucelin de Jean; voir n. 180, note 1. 

2. Briatexte (Tarn), cant. de Graulhet, arrond. de Lavaur. 

3. Graulhet (Tarn), arrond. de Lavaur:, 

4. Puybegon (Tarn), cant. de Graulhet. 

5. Lombers (Tarn), cant. de Realmont, arrond. d'Albi. 

6. Aymon de Caumont; voir n. 162, note 1. 

7. Voir une notice sur Menet de Robecourt au n. 28, note 2; et d'autres docu- 
ments le concernant, n. 154, 155, 176, 181, 189. 



— 187 — 

Le procureur general des freres precheurs ohtient du pape Cle- 
ment VI la promotion d' Arnaud Mandavin, prieur du cowent 
d^Angouleme, d V Inquisition de Tours et de Poitiers, apres la mort 
de Jean Aujred. — Villeneuve, 28 fevrier 1343. 
Supplic, t. II, fol. 62. 

Supplicat S. V. devotus et humilis orator vester frater Ro- 
stagnus, procurator generalis ordinis fratrum predicatorum in 
curia, quod cum post obitum fratris Johannis Amfredi^, magistri 
in theologia et inquisitoris quondam Pictavie et provincie 
Turonen., non sit provisum de inquisitore qui in illis partibus 
debeat Inquisitionis ofTicium exercere, quatinus dignemini de di- 
cto officio providere fratri Arnaudo Mandavini ^, priori eiusdem 
ordinis in conventu Engolismen., ut predictus irater Arnaudus 
possit auctoritate Sanctitatis Vestre antedictum officium in 
locis, terris ot provinciis exercere in quibus dictus quondamfra- 
ter Johannes Amfredi et sui predecessores ipsum Inquisitionis 
officium exercebant aut poterant vel consueverant exercere 
secundum privilegia indulta a Sede apostolica inquisitoribus 
eiusdem ordinis in terris et provinciis antedictis; adhicientcs, 



CL^MENT VI 291 

i Sanctitati Vestre placuerit, quod ex commissione huiusmodi 
unllum ex hoc preiudicium ordini vel illis ad quos spectat ex 
iiidullis privilegiis providere preiudicium generetur, cum non 
obstantibus et clausulis oportunis. — Fiat, cum adrelationemcar- 
dinalis sancte Sabine ^ et aliorum de ordine ad hoc fuerit suffi- 
ciens reputatus. R. — Et quod transeat sine alia lectione : Fiat. R. 
— Datum apud Villamnovam, Avinionensis diocesis, ii kalendas 
martii, anno primo. 



1. Jean Aufred; n. 143, note 6. 

2. Arnaud Mandavin etait lieutenant de Jean Aufred, avant de lui succeder 
comme inquisiteur. La seule piece ou il soit question de lui dans ce bullaire, 

II dehors de celL qui prec6de et de la suivante, est une longue et grave plainte 
d'un noblo perigourdin contre les actes de cet inquisiteur (n. 194). 

3. Gerard de Daumar, de la Garde, dominicain, maitre en theologie en 1342 ; 
la meme annce, elu, dans le chapitre general de Carcassonue, generalde Tordre; 
cree cardinal-evfique de Sabine, le 20 septembre suivant;]mort le 28 soptembre 
1 343. Baluze, col. 852 ; Douais, Les freres pricheurs en Gascogne, p. 405 ; Denifle 
Arc/iiV, etc, t. ii, p. 220, n. 96; Eubel Hier., t. i, p. 17; Mortier, Les mailres 
Aeneraux, t. iii, p. 167-185. 



— 188 — 



Nomination (TArnaud Mandavin d V Inqiiisition de Tours et 
de Poitiers. — Villeneuve, 28 fevrier 1343 ^ 

Heg. Aven.f t. lxvii (Clem. VI, t. xii), fol. 370, n. dcxviii. 

Dilecto filio Arnaudo Mandavini, ordinis predicatorum, salu- 
tem, etc. — Licet ubilibet Sedis apostolice diligentia adversus 
heretice pravitatis labe respersos, quorum nequitia serpit ut 
cancer, ne in aliorum perniciem sua venena difTundant, remedium 
libenter adhibeat oportunum, in Pictavia tamen necnon civi- 
tatibus, diocesibus, provinciis, castris, villis, locis et terminis 
infra regnum Francie constitutis in quibus quondam Johannes 
Aufredi, ordinis fratrum predicatorum, magister in theologia, 
incfuisilor heretice pravitatis predicte, qui nuper in romana 
Curia diem clausit extremum, et alie persone dicti ordinis inqui- 
silorcs pravitatis eiusdem per Sedem apostolicam deputati. 



292 BULLAIRE DE L*INQUlSITION FRANgAlSfi 

inquisitores Pictavie nuncupati consueverunt seu potuerunt 
super huiusmodi pravitate Inquisitionis officium exercere, ex spe- 
cialis benignitatis affectu precipue cupimus ut negocium fide 
iugi profectu elisis omnino et eradicatis erroribus prosperetur 
ac fides catholica fortius invalescat, ad hoc per nos et alios desi- 
derantes attentius vigilare talemque ad huiusmodi negotium 
fidei ibidem efficaciter promovendum deputare personam cuius 
honesta conversatio exemplum tribuat puritatis, eiusque labia 
erudita doctrinam fundant vere sapientie salutarem, ut eius 
sacro ministerio omne fermentum exinde labis huiusmodi ex- 
purgetur, ad personam igitur tuam, circa quam sinceritate reli- 
gionis et fidei, maturitate morum, et litterarum scientia Do- 
minus insignivit, nostre dirigentes considerationis intuitum, 
te, quem ex dilecti filii nostri Geraldi, tituli sancle Sabine pre.;- 
biteri cardinalis, et aliarum personarum notabilium prefati 
ordinis nobis facta relatione fideli ad hoc sufficientem et ydo- 
neum reputamus, inquisitorem eiusdem heretice pravitatis in 
Pictavia, necnon civitatibus, diocesibus, provinciis, castris, 
villis, locis et terminis antedictis auctoritate apostolica, usque 
ad eiusdem Sedis beneplacitum deputamus, discretioni tue per 
apostolica scripta mandantes, tibique in remissionem peccami- 
num iniungentes quatinus in caritate Dei, hominum timore 
postposito, virtutem spiritus inducens [sic) ex Alto, predictum 
Inquisitionis officium in Pictavia, necnon civitatibus, diocesi- 
bus, provinciis, eastris, villis, locis et terminis antedictis, prout 
tanti negocii utilitas stuadebit (sic), sub spe mercedis eterne 
sic efficaciter prosequi et exequi studeas diligenter ut per solici- 
tudinis tue prudentiam radix pravitatis eiusdem exinde penitus 
evellatur, et vinoa Domini, exterminatis vulpeculis que perversis 
morsibus demoliuntur eandem, fructus efferat catholice puritatis. 
In huiusmodi negotio processurus tam secundum indulgentias 
et privilegia inquisitoribus pravitatis eiusdem in regno Francie 
auctoritate apostolica deputatis, seu officio Inquisitionis huius- 
modi ab eadem Sede concessa, quam secundum canonicas san- 
ctiones. Per huiusmodi autem deputationem de tua persona hu- 
iusmodi Inquisitionis officio per nos factam locorum ordinariis. 
quominus ipsi Inquisitionis officium super labe predicta proul 
volunt canonice sanctiones exercere valeant, necnon predictis 
vel quibuscumque aliis privilegiis dictis ordini vel inquisitoribus 
seu officio, si qua sint eis ab eadem Sede concessa, nolumus preiu di 



CL^MENT VI 293 

cium generari. — Dalum apud Villaranovara, Avinionensis dio 
cesis, II kalendas marcii, anno primo. 

1. Voir le document qui precede et les tiotes. 



— 189- 

Ordre est donne d Vinquisiteur de Carcassonne de rendre justice 
aux heritiers et defenseurs de Pierre de Tournemire, pretre, jadis 
accuse d^as^oir professe Verreur des heguins. Ce malheureux, grave- 
ment malade, avait ete jete en prison d Montpellier, puis conduit d 
Carcassonne quoique son etat fiU desespere. Apres sa mort, son 
corps etait reste prive de la sepulture ecclesiastique. — Avignon, 
13 juin 1343. 

Reg. Aven., t. lxxiv, fol. 31 ; J.-M. Vidal, Menet de Robecourt, 
dans Moyen dge, 1903, p. 447 {in ext.). 

Dileclo filio ..* inquisitori heretice pravitatis in regno Francie 
per Sedem apostolicam deputato, Carcassone comuniter residenti, 
salutem, etc. — Ex parte dilectorum filiorum consanguineorum 
et afTmium quondam Petri de Tornamira ^, de Montepessulano, 
presbyteri Magalonen. diocesis, fuit expositum coram nobis quod 
dilectus Mannetus de Roberticuria ^, tunc notarius et commis- 
sarius, ut dicebat, inquisitoris heretice pravitatis Carcassonc 
qui tunc erat, dictum Petrum gravi inrirmilate laborantem iii 
Montepessulano capi fecit et in carcere detineri, ubi cum dictus 
Pelrus coram dilecto filio Raymundo Pelati *, ordinis predica- 
torum, allero commissario inquisitoris eiusdem, examinaretur 
super eo quod ipse Petrus in etate duodecim annorum vel circa 
constitutus dicebatur habitum beginorum reprobatorum per 
sex inenses et non amplius detulisse, et cum eis perseverasse, 
summisit se propterea correctioni et dispositioni Sedis apostolice 
et veniam petiit de peccatis; quodque licet dictus Petrus foret 
<{uasi semimortuus et amici eius ratione dicte infirmitatis vellent 
fideiubere usque ad summam viginti milium librarum parvorum 
turonensium de presentando ipsum Petrum Carcassone, certa 
die, tamen ipsi commissarii huiusmodi fideiussionem noluerunt 
recipere, sed ipsum pcr plures servientes de nocte de Montepes- 



294 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

sulano detrahi et ad castrum Lupiani ^quasi semimortuum duci; 

qui, propter dictam infirmitatem et nimiam debilitatem ipsiua, 

priusquam servientes qui eum ducebant per quatuor leucas 

equitarent, ter de equo quasi mortuus cecidit prostratus ad tcr- 

ram; ac deinde prefati commissarii eum per tres dies quasi mor- 

tuum tenentes eundem ipsum postmodum fecerunt Biterris 

adduci; quodque cum medici illis, qui eum ducebant, dicerent 

quod sine periculo maximo non poterat ultra duci, et eius amici 

vellent ut prefertur sufTicienter cavere de representando eundem 

certa die, ipsi tamen hoc facere recusarunt, sed eum sic infirmum 

Carcassone adduci fecerunt ubi cum dicto presbitero super pre- 

dictis de novo extitit inquisitum; dictusque Petrus ultimo 

super premissis deposuit quod predictorum beguinorum dictis 

et eorum regule non credebat nisi in quantum per dicta san- 

ctorum vel sacram Scripturam aut sanctam Ecclesiam approbaren- 

tur; et facta depositione huiusmodi subito expiravit; cuius 

corpus fuit in loco prophano huiusmodi occasione sepultum. 

Ob quam causam amici predicti eiusdem Petri fidem catholicam 

et sanctam matrem Ecclesiam immaculatam, et se ipsos indem- 

pnes servare volentes, prefatum inquisitorem qui tunc erat et 

successores suos postmodum ipsumque Mannetum diutius secuti 

fuerunt petentes et requirentes ab eis ut copiam depositionis et 

confessionis dicti Petri, tam in Montepessulano quam Carcassone 

factarum, eis concederent ut possent ipsum Petrum in casu in 

quo reperiretur immunis petere super hiis iustitiam ministrari; 

quod obtinere ab ipsis nullatenus potuerunt nec iustitiam aliquam 

reportare. Quare prefati consanguinei et afTmes nobis humiliter 

supplicarunt ut providere ipsis super hoc de oportuno remedio 

dignaremur. Nos igitur... discretioni tue... committimus et man- 

damus quatinus, vocatis qui fuerint evocandi, facias super pre- 

missis iustitie complementum; contradictores [efc.]; testes 

autem qui fuerint nominati [eic.]; non obstantibus [eic.]. — 

Datum Avinioni, idus iunii, anno secundo. 

1. Aymon de Caumont; n. 162, notel. 

2. Tournemire (Aveyron), arrond. et cant. de Saint-Affrique, ou bien Cantal, 
cant. de Saint-Cernin, arrond. d^Aurillac. 

3. Menet de Robecourt; n. 28, note 2. 

4. N. 87-88, note 2. 

5. Loupian (Herault) chcf-lieu de cant., arrond. de Montpeliier. 



CLEMENT V 



295 



— 190 — 

Uinquisiieur Aymon de Caumonl expose au pape quil exisle, 
dans un des principaux quartiers du bourg deCarcassonne, d Ven- 
droit ou s^eleifaient jadis deux hdtelsd'hereliques,uneplacede^enue 
un depot dHmmondices, par suite de la demolition et de V execration 
de ces hdtiments. Ce cloaque fetide rend inhabilable le quartier 
{foisin et compromet gravemeni la sante publique. A la demande 
de plusieurs habitants et de Vinquisiieur, le pape ordonne que cette 
place soit fermee d'une palissade en bois, — Vilieneuve, 22 aoOt 
1343. 

Heg. Supplic. Clem. VI, aii. II, part. III, fol. 169 vo. 

Paler sanctissime, nuper exposito Vestre Beatitudini per fratrem 
Aymonem de Calvomonte *, inquisitorem Carcassonen., quod in 
burgo Carcassone ({uedam platea in una de melioribus partibus 
dicti burgi consistebat in una carreria publica usque ad aliam 
per transversum pertingens, in qua fuerant ab olim due domus 
contiguc, una videlicet quondam Raymundi Guillermi Mate 
et altera quondam Guillermi Martini Frenerii de Carcassona, 
dudum per inquisitorem Carcassonen. qui tunc erat de crimine 
lieresis per eos nequiter perpetrato sententialiter dampna- 
torum, que in detestationem dicti criminis dirutioni exposite et 
])erpetuo sterquilinio fuerant depulate^^et quod in eadem pla- 
tea tot sordes et immunditie que inibi continue proiciebantur 
et ponebantur adeo cumulabantur ibidem quod, propter fetorem 
vel infectionem dicti loci, non solum per viriniam undiquedicte 
plulee contiguam, ymmo etiam in magna [)arte dicti burgi aer 
presertim estivo tempore adeo corruptus et fetidus reddebatur 
<Iuod inde nonnuUis frequenter egrotantibus habitatores domo- 
rum vicinarum domos suas eliam pretiosas, solempnes et magnas, 
quas ibidem inhabitant, relinquere et quasi desertas dimittere 
nisi de remedio provideretur, necessario oporteret; et quod pro 
pterea nonnullis personis notabilibus dicti burgi cum instantia 
devote supplicantibus dicto inquisitori sepius et frequenter ut 
eis daret licentiam claudendi dictam plateam undique non de 
muro sed de palis ligncis usque «d altitudinem octo vel novcm 
pahnoruni super terram; ita tamen quod diclu platea desuper 



296 BULLAIRE DE L*IN QUISITION FRANgAlSE 

aperta et per totum inhabitabilis in detestationem dicti crimi 
nis perpetuo remaneret; idem inquisitor hoc facere iiunquam vo 
luerat Vestra Beatitudine inconsulta; ipsoque inquisitore Ve 
stram S. consulente quod sibi super hoc videretur et placeret 
eadem Vestra Sanctitas respondit quod idem inquisitor, si sibi 
videretur expediens, audacter dictamlicentiam largiretur. Digne 
tur igitur eadem S. V. concedere et mandare super hoc fieri 
litteras oportunas; inhibendo ne aliquis dictam plateam presu- 
mat aliter quam supra dictum sit claudere aut in eo quoquo- 
modo aliquid edificare sine Sedis apostolice licentia speciali. 
— Fiat. R. 

Item supplicat humiliter dictus inquisitor quatinus Beatrici 
nate quondam Hugonis le Sourrier, de Spinalo, Tullen. diocesis, 
carissime consanguinee sue germane, concedere dignemini gra- 
ciose quod confessor suus semel in mortis articulo generalem 
peccatorum suorum remissionem auctoritate apostolica indul- 
gere valeat ut in forma. — Fiat. R. — Et quod transeat sine alia 
lectione Fiat. R. 

Datum apud Villamnovam, Avinionen. diocesis, xi kalendas 
Bcptembris, anno secundo. 



1. Aymon de Caumont; n. 162, no4 . 

2. Sm* Texecration et la destruction des maisons, voir rintroduction. 

p. LXVIII, LXIX. 



i 



— 194 — 



Isarn d'Aragon, chanoine de Carcassonne et prieur de Trebes^ 
demande et obtient de pouvoir conserver son prieure a^ec charge 
d^dmeSy en depit de la condamnation pour heresie qui a frappe 
son pere longtemps apres sa mort ^. — Villeneuve, 6 octobre 
1343. 

Supplic. Clem. VI, an. II, part. I, fol. 252 v^. 

Significat S. V. Isarnus de Aragone, canonicus Carcassonen., 
quod quondam Petrus, pater eiusdem, dum vitam duceret in 



CL^MENT VI 297 

humanis, super crimine heresis delatus fuit etarrestatus et nun- 

(juam illud confessus et ab arresto liberaliter relaxatus per 

inquisitorem Carcassone et dimissus in pace; et in lecto ultime 

egritudinis sue asseruit viva voce se tenuisse et tenere, credere 

r[ profileri illam fidem catholicam quam dom. papa et domini 

ardinales S. rom. Ecclesie docent, predicant et observant, et 

ic christianissime diem suum clausit extremum receptis per eum 

devote Ecclesie sacramentis, lanquam verus catholicus et bono- 

rum operum sectator. Verum frater Henricus de Chamayo ^, 

tunc inquisitor Carcassonen., post obitum dicti Petri per XVI 

annos cepit resumere dictam Inquisitionem contra prefatum 

defunctum, reiectis defensionibus pro parte ipsius defuncli 

})ropositis, eumque respersum dicto crimine sententialiter decla- 

ravit; el sic dictus canonicus privatus fuit omnibus bonis suis 

patrimonialibus ac etiam prepositura de Canesuspenso ^ quam 

canonico titulo possidebat in ecclesia predicta. Et dom. Johannes 

fe. re. XXII pie et misericorditer dicto Isarno compatiens 

eundem habilitavit ad quecumque beneficia ecclesiastica regu- 

laria obtinenda, etiamsi dignitates, seu personatus existant *; 

ac etiam mandavit j^rovideri eidem de prioratu de Tribusbonis *, 

eiusdem ecclesie, qui tunc sperabatur vacare per translationem 

prioris, cui prioratu cura imminet animarum. Unde quia in hu- 

iusmodi habilitatione de animarum cura mentio non habetur, 

placeat S. V. extendere dictam habilitationem, videlicet etiam 

si curam habeat animarum et officia similiter, si eidem semel 

et quotiens et successive canonice conferantur, et vocem plenariam 

in capitulo, cum omnibus non obstantibus et clausulis oportunis et 

cxecutoribus. — Fiat. R. 

Datum apud Villlamnovam, Avinion. diocesis, ii nonas octo- 
bris, anno secundo. 

1. Voir la bulle n. 93 sur le mdme objet, et les notes qui raccompaguent. 

2. Hcnri de Chamay; n. 84, note 1. 

3. Capendu (Aude), chef-lieu de cant., arrond. de Carcassonne. 

4. Bullc n. 93. 

5. Trebes (Aude), cant. de Gapendu. 



298 



BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAISE 



— 49 — 

Clcment VI donne ordre d Guillaume d^ Auhussac^ eveque de 
Frejus, son tresorier, de continuer le proces de Raymond Gilles, 
clerc de Narbonne, incarcere d Ai>ignon et accuse de sortileges, 
de malefices et de pratiques demoniaques. — Avignon, 23 octobre 
1343. 

Instrum. miscell. (Arch. Vaiic), ann. 1343, 23 octob.; Reg.Vat., 
t. cxxxvii, fol. 129 \°, n. 443; E. Deprez, Lettres secreies et curiales 
de Clement VI..., Paris, n. 481. 

Venerabili fratri Guillelmo ^, episcopo Foroiuliensi, thesau- 
rario nostro. — Super eo quod... — Datum Avinioni, x kalendas 
novembris, anno secundo. 

1. Guillaume d'Aubussac, eveque de Frejus, en 1333; mort enl346. II avait 
ete, a Rouen, vicaire general de Pierre Roger (Clement VI). Gad. christ., 
t. I, col. 435; Albanes, Gall. christ. noi>iss., t. i, col. 364-366; Eubel, Ilier., t. j, 
p. 262. 



— 193 — 



Clement VI ordonne d Veveque de Maguelonne et d Vinquisiteur 
Aymon de Caumont de poursuii^re Venquete entreprise contre mai- 
tre Jean Sauret, clerc du diocese de Mende et notaire royal, accuse 
d'ai^oir jadis tenu des propos d^une orthodoxie douteuse. — Avi- 
gnon, 11 avril 1344. 

Reg. Ai^en., i. lxxvi, fol. 370 v» 

Ven. fratri nostro Arnaldo ^, episcopo Magalonen., et dilecto 
filio Aymoni de Calvomonte ^, ordinis fratrum predicatorum. 
inquisitori heretice pravitatis per Sedem apostolicam in regno 
Francie deputato, Carcassone residenti, salutem, etc. — Officii 
nostri debitum... Sane ex tenore petitionis pro parte dilecti 
filii magistri Johannis Saureti, clerici Mimaten. diocesis, notarii 
carissimi in Christo filii noslri Philippi Francio rcgis iilustris, 
nuper nobis oblate percepimus quod idem magister Johannes 



CLl&MENT VI 299 

per procuratorem luum, frater episcope, diu detentus extitit 
pro co quia ipse magister Johannes linguam suam laxavit ad 
quedam verba fatua que fidem catholicam prima facie sapere 
niinime videbantur, illaque scripto etiam confirmavit licet post- 
niodum se et omnia dicta sua submiserit correctioni Sedisaposto- 
lice, prout in processu per te, fratcr episcope, super hoc habito 
])lenius dicitur contineri. Subiungebat etiam ipsa petitio quod 
tu, fratcr episcope, ad ipsius magistri Johannis expeditionem» 
pro eo ne quis procedere {sic) quia negotium huiusmodi tempore 
felicis recordationis Benedicti pape XII, predecessoris nostri, 
ad Sedem apostolicam extitit devolutum; quare pro parte dicti 
niag. Johannis fuit nobis humiliter supplicatum ut providere 
sibi super hoc oportuno remedio dignaremur. Nos igitur ... 
volentes dicto mag. Jolianni supcr hiis iusticiam exhiberi, di- 
scretioni vestre... committimus et mandamus quatinus premissis 
non obstantibus exhibeatis ipsi magistro Johanni super hiis 
auctoritate apostolica iusticie complementum. Contradictores 
[etc.]; non obstantibus [elc.]. — Datum Avinioni, iii idus aprilis, 
anno secundo. 



1. Arnaud de Verdale; voir n. 16'!, note 1. 

2. Aymon de Caumont, n. 162, note 1. 



- 194 — 



Une plainle tres grave a cte portee au Saint-Sicge contre Arnaud 
Mandavin, jadis lieulenant de V inquisiteur de Poitiers^ depuis 
devenu lui-meme inquisileur. Alain Bourret d^Exideuil Vaccuse 
d'a^>oir essaye d' exlorquer a son pere, Guillaume Bourret, incarcere 
80US pretexte d'heresie, une somme de soixante livres, dont en rea- 
lite il a pergu vingt-neuf. II a use, pour cela, de prete-noms qui 
passaient pour etre les creanciers du detenu. De plus, celui-ci ne 
fut mis en liberte quapres a\>oir nomme quatre fidejusseurs, qui, 
sous peine d^une amende de 100 marcs d^argent, s*engagerent d 
presenler leur client d toute requisition. Guillaume Bnurret est 
mort dcpuis sept ans et neanmoins Vinquisiteur ne cesse de mo- 
lester ses repondanls parce qu^ils ne peuvent tenir cel engagement. 



300 BULLAIRE DE l'iNQUTS1TION FRANgAISE 

Ils ont ete excommunles et cites par liii, et Alain Bourret, qui s^est 
presente en leur nom, a ete mis en demeure de debourser lasomme 
de soixante livres pour obtenir la rwocation des censures. Le pape 
ordonne une injormation. Les sommes extorquees seront restituees 
immediatement; les fidejusseurs seront absous de leurs censures 
ei Arnaud Mandavin devra comparaitre, ai^ant quarante jours, 
devant le pape. — Avignon, 24 juin 1344. 

Reg. Aven., t. lxxvii, fol. 265 yo, n. lxxx. 

Ven. fratri ... ^ episcopo Petragoricen., salutem. — Querelam 
Alani Borrelli de Exidolio ^, quondam GuillelmiBorrellinati, c!e- 
rici Petragoricen. diocesis, recepimus continentem quod cum 
dilectus filius Arnaldus Mandavini ^, ordinis predicatorum, nunc 
se inquisitorem, olim vero se locumtenentem, seu vicarium 
dilecti filii Johannis Aufredi *, eiusdem ordinis, tunc inquisito- 
ris pravitatis eiusdem in diocesi predicta, asserens, dictum Guil- 
lelmum, patrem ipsius Alani, tunc viventem, teneret et tenuisset 
per quatuor vel quinque menses in vinculis ferreis carceribus 
mancipatum, minus vere pretendens dictum Guillelmum verbo- 
tenus vel alias in fide catholica erravisse, idem Arnaldus per vim 
et metum qui cadere poterant in constantem, seu alias, dictum 
Guillelmum ad obligandum se erga Ricardum Anglici et Guil- 
lelmum Pictavini, laicos in Engolisma commorantes, compulit 
fraudulenter, ut in eorum personis ad sui commodum sexaginta 
libras monete currentis recognosceret minus vere ex vero et puro 
mutuo se debere; dicto tamen Guillermo infra domum fratrum 
predicatorum Engolismen. tunc arrestato manente; addens 
et conveniens idem Arnaldus quod prefati Ricardus et Guiller- 
mus darent et cederent pietatis intuitu priori et fratribus domus 
predicatorum Engollsmen. debitum supradictum, cujus domus 
idem Arnaldus tunc temporis prior erat; de qua pecunie summa 
ipse Arnaldus, vel alius eius nomine, inquisitor nunc ut dicitur 
dicte pravitatis, a dicto Alano vigintinovem libras et amplius 
dicte monete habuit et recepit, quamvis ut prefertur mutuum 
predictum factum seu contractum minime extitisset; dictusque 
Arnaldus tunc vicarius coegit prefatum Guillelmum, antequam 
ipsum a dicto arresto dimitteret, quod quatuor fideiussores, 
quorum unus fuit predictus Alanus, qui tunc nondum duodeci- 
mum etatis sue annum compleverat, daret, quos fecit subpenis 
gravibus obligare, videlicet quod totiens ot quandocumquc dicti 



CLEMENT VI 



301 



fideiussores essent per inquisitorem qui tunc erat vel eius vica- 
rium requisiti dictum Guillermum sub pena centum marcharum 
argenli et aliis gravioril)us penis inquisitori vel vicario redde- 
rent supradiclis; et quod licet dictus Guillermus iam septem 
annis elapsis viam fuisset universe carnis ingressus, tamen prefa- 
tus Arnaldus dictos fideiussores et Alanum, pro eo quod ipsi 
eundem Guillermum iamdiu, ut prefertur, defTunctum restituere 
non valebanl, per plures capellanos mandavil ct fecit excom- 
municatos ac ipsorum fideiussorum uxores et familias per dictos 
capellanos interdictos publice nunciari; ac dictos fideiussores 
apud Engolismam citari coram ipso, sibi de hiis que ad fidem 
et ofiicium Inquisitionis sibi, ut dicebat, commissum pertinent 
in Engolismen. ecclesia responsuros. Et demum cum idem Alanus 
pro se ac ipsis fideiussoribus procuratorio nomine ipsorum ab 
eodem Arnaldo absolutionis beneficium postularet, prefatus 
Arnaldus huiusmodi absolutionis beneficium eis denegavit im* 
pendere, nisisibisexaginta libras turon. parvorum persolveret; de 
quibus antequam impenderetur absolutio supradicta medietatem 
realiter assignaret et reliquam medietatem sibi solveret in terminis 
per eum propterea statuendis. Quare prefatus Alanus nobis 
humiliter supplicavit ut providere sibi super hiis de oportuno 
remedio dignaremur. Nos igitur... volentes eumdem Alanum 
a premissis gravaminibus relevari, fraternitati tue... commit- 
timus et mandamus quatinus vocatis qui fuerint evocandi de 
predictis auctoritate apostolica diligentius te informes et si repe- 
reris ita esse dictam pecuniam solutam Alano restitui facias 
memorato, eundemque Arnaldum compelias ut predictum 
Alanum super solutione dicte restantis pecunie non molestet, 
et tam eum quam fideiussores predictos a predicta excommu- 
nicationis et interdicti sententia alias iuxta Ecclesie forraara 
eadem auctoritate absolvas; et nichilominus prefatum Arnaldura 
ex parle noslra peremptorie citare procures ut infra quadraginta 
dierum spacium post citationem tuam huiusmodi apostolico 
se conspectui personaliter representet, super premissis iusticie 
pariturus et facturus et recepturus quod ordo dictaverit rationis ; 
diem vero huiusmodi citationis et formam et quicquid super 
hiis duxeris faciendum nobis per tuas litteras harum seriera 
continentcs sludeas fideliter intimare. Contradictores [cfc-.]. 
Non obstanlibus [elc.], — Datum Avinioni, viii kalendas iulii 
anno tercio. 



302 BtJLLAlRE DE L*1NQUISITI ON FRANCAlSfi 

1. Guillaume Aubert, chapelain du pape, elu eveque d'Apt, le 2 decembre 
1336; transfere a Perigueux, le l^'' octobre 1341; mort en 1347. Gall. cJtrisL, 
t. J, col. 363-364; t. ii, col. 1478; Albaues, Gall. chrisl. no\^iss., t. i, col. 247-248; 
Eubel, Hier., t. i, p. 95. 

2. Excideuil (Dordogne), chef-lieu du cant.^ arrond. de Perigueux. 

3. N. 187, note 2. 

4. N. 143, note 6. 



— 195 — 

A la priere de Jean Dumoulin, inquisiteur de Toulouse, Cle- 
ment VI exhorte le roi d^Aragon a jaire saisir les hcretiques origi- 
naires du pays toulousain refugies sur ses terres. — Avignon, 
11 decembre 1344. 

Reg. Vat., t. cxxxviii, fol. 146, n. dxxxviii; P. Mortier, His- 
loire cles maitres generaux des freres precheurs, t. iii, p. 276, note 2. 

Carissimo in Christo filio Petro ^, regi Aragonum illustri. — 
Habet memoria celebris... Sane nuper dilectus filius Johannes 
de Molendino ^, ordinis fratrum predicatorum, inquisitor here- 
tice pravitatis in partibus Tholosanis auctoritate apostolica depu- 
tatus, nobis insinuare curavit quod nonnulli pessimi heretici 
eorumque fautores, credentes et sequaces de predictis partibus 
Tholosanis, ubi suos dampnatos errores et hereses disseminare 
non sine magnis ipsius fidei et fidelium periculis moliuntur, ut 
manus inquisitoris predicti elTugere valeant, ad terras tue 
dicioni subiectas se sepe transferunt ct latitant in eisdem. Cum 
autem expediat purgare terras eisdem hereticis ac fautoribus, 
credentibus et sequacibus eorumdem, ne per ipsos mentes 
fidelium corrumpantur, excellentiam regiam requirimus, roga- 
mus et in Domino attentius exhortamur quatinus mandare ac 
iubere districte o fficialibus et subditis suis procuret, pro divina 
et apostolice Sedis reverentia zeloqueipsius fidei, regia celsitudo, 
ut hereticos, fautores, credentes et adherentes qui fuerint in ter- 
ris predictis reperti et nominati per litteras inquisitoris predicti 
ad requisitionem gentium inquisitoris eiusdem celeriter, fideU- 
ter et prompte capiant vel capi per gentes ipsas permittant, 
eis super hiis et ea tangentibus assistendo consiliis, auxifiis et 



CL^MENT VI 303 

favoribus oportunis. Te taliter super premissis, fili dilectissime, 
liabiturus quod a Deo consequaris perennis mercedis premium 
et clara tue devotionis sinceritas digne commendationis lau- 
dibus attollatur. — Datum Avinioni, iii idus decembris, anno 
tercio. 



1. Pierre IV, U Cirimonieux, roi d'Aragon de 1336 k 1387. Baluze, Vitx, 1. 1, 
col. 1365-1366; Nouv. biogr. gin., Firmin Didot, art. Pierre IV; de Mas Latrie, 
op, cit., col. 1735; U. Chevalier, Repertoire, elc. 

2. Jean Desmoulins (de Molino, de Molinia, de Moleruiino, de Molendinis)^ 
originaire du Limousin comme Gerard de Daumar {n. 187, note 3), fit sa pro- 
fession dans le couvent des fr6res pr^cheure de Brive. Percin aftirme qu'il de- 
vint lecteur du couvent de Toulouse. II est sur qu'il fut destine au professorat 
et qu'il re^ut le titre de docteur en theologie de Clement VI lui-m§me, a Avi- 
gnon (1342 ou 1343). II prit part, comme definiteur, au chapitre general du Puy, 
en 1344, et, peu apr6s, remplaga Pierre Gui, k Tlnquisition de Toulouse. II r^- 
sulte du document publie plus haut que ses eflorts se portdrent aussitdt sur cer- 
tains heretiques refugies en Aragon; mais nous ne pourrions citcr un seul acte 
emane de lui. Le 12 juin et le 8 octobre 1345, il fut charge par le pape de con- 
ferer le titre de docteur en theologie et le pouvoir d'enseigner a deux de ses^frdres 
en religion, Raymond de Paris et Bertrand de Saint-Michel (n. 199). Le 21 sep- 
tembre de la mSme annee, il obtint, pour Raoul Talot, clerc attache k son tri- 
bunal, l'office de notaire et Texpectative d'un benefice, a Toulouse; le 13 sep* 
tembre 1346, le pape lui accorda, pour le meme clerc, rexpectative d'un autre 
benefice, a Quimper (n. 200). Quetif et fichard, Script., t. i, p. 627, et Denifle, 
Chartul., t. ii, p. 565, note, pr^tendent a tort qu'il occupa la charge de maitre 
du Sacre Palais, des 1345; tout au plu8,y fut-il appele en 1347 ou 1348. Pierre 
de Salgues, son successeur k Tlnquisition de Toulouso (n. 207 note), ne re^ut 
8on brevet que le 9 aout 1348 (n. 207). Le chapitre general de Tordre, tenu 
k Barcelone, le 30 mai 1349, clut fr6re Jean maitre general. Clement VI le fit 
cardinal du titre de Sainte-Sabine, le 17 decembre 1350. II mourut lo 23 fevrier 
1353. Le chapilre de Valence, en 1370, prescrivit une messe pour le repos de 
8on kme. Reichert, Acla capil. gen. ord. praed., t. ii, p. 425. On lui attribue un 
trait^ : De reparatione hominis lapsi, et des sermons De tempore et de sanctis. 
Wadding pr^tend, d'ailleur8 sans preuves, qu'il aurait ete neveu du pape 
ClementVI. Sur ce personnage, voir Baluze^ Viite, t. i, col. 259, 296, 906; Percin, 
Monum., p. 78; Quetif et £chard, Script., t. i, p. 627-628; Denifle, Archiv fur 
Litleralur, t. ii, p. 221, n. 103; Chartular., t. u, p. 565 et note, 572; Douais, Les 
freres pricheurs en Gascogne, p. 439; Eubel, Hier., t. i, p. 18; Mortier, Hist. dea 
mattres generaux, t. iii, p. 274-288. 



P 



304 BULLAIRE DE L*INQUISITI0N FRANgAlSE 

— 196 — 

Le pape adresse la meme exhortation aux prelats, aux personnes 
ecclesiastiqueSf aux nohles et aux seigneurs du royaume d'Aragon. 
— Avignon, 11 decembre 1344. 

Reg. Vat., t. cxxxvm, fol. 146 vo, n. dxxxix. 

Venerabilibus fratribus archiepiscopis et episcopis, ac dile- 
ctis filiis electis, abbatibus, prioribus, decanis, prepositis, archi- 
diaconis et aliis personis ecclesiasticis, necnon nobilibus viris du- 
cibus, comitibus, baronibus, officialibus et aliis dominis tempo- 
ralibus quibuscumque constitutis in regnis et terris, carissimo 
in Christo filio nostro Petro, regi Aragonum illustri, subiectis. — 
Nuper dilectus filius [etc, meme theme que dans la precedente]' 
Universitatem vestram requirimus attentius et monemus, vobis 
nichilominus per apostolica scripta mandantes, quatinus hereti- 
cos, fautores, credentes et adherentes predictos, qui reperti 
fuerint in vestris terris et districtibus et per ipsius inquisitoris 
litteras nominati ad requisitionem gentium ipsius, celeriter, 
fideliter et prompte capiatis seu capi faciatis aut permittatis 
per gentes easdem, ipsis assistendo nichilominus super hiis et 
ea tangentibus consiliis, auxiliis et favoribus oportunis... — 
Datum Avinioni, iii idus decembris, anno tercio. 



197-198 — 



CUment VI ordonne au general des dominicains, puis aui>icaire 
general de Vordre, de deleguer dans le royaume de Majorque et 
les comtes de Roussillon et de Cerdagne des inquisiteurs non 
suspects de partialite. — Villeneuve, 22 fevrier, 15 mai 1345. 

Reg. Val., t. cxxxviii, fol. 213 yo, 285 v». 

Dilecto filio Parisio (sic) ^, magistro fratrum predicatorum. — 
Cupientes negotium fidei sic ubique dirigi et... [Ut in regno 
Majoricarum, ac Rossilionis et Ceritaniae comitatibus ahisque 
conviciiiis partibus, inquisitores, fratres de suo ordine deputet, 
qui non existant Petro ^, Aragonum, et Jacobo ^, Majoricarum 



CLEMENT VI 305 

regibiis, suspecti.] — Datiim apud Villamnovam, Avinionen. 
(liocesis, viii kalendas martii, anno tercio. 

Dilecto filio .. vicario generali ordinis fratrum predicatorum 
niagisterio eiusdem ordinis vacante. — Pridem attendentes 
(locens ct honestum existere quod in regno Majoricarum et ter- 
ris Confluentis et Ceritanie aliisque vicinis partibus non essent 
pro Inquisitionis officio exercendo persone partiales vel alterutri 
suspecte partium deputande, quondam.. * magistpo... fratrum 
ordinis predicatorum tunc in humanis agenti scripsisse memini- 
inus ut personas partiales velsuspectas, ut prefertur, ibidem non 
poneret, et si essent forsitan posite, amovere curaret easdem. 
Cum autem, sicut intelleximus, ad eundem magistrum medio 
lempore vita functum littere non pervenerunt supradicte, volu" 
iiius et tue discretioni mandamus quatinus super premissis, sicut 
cliclo magistro scripsimus, providere prudenter et provide non 
postponas. — Datum ut supra [auud Villamnovam, Avinionen. 
diocesis, idus maii, anno tercio ^]. 

1. II faut ^videmment lire Pelro. Cest Pierre de Beaume qui etait gen^ral des 
deminicains au debut de Tan 1345 (n.l8'i, note 2). II mourut le 1®' mars de cetle 
annec niemc et le chapitre gcneral de Brive lui donna, enl346, pour successeur, 
Garin de Giac. Reichert, Acta capit. gen. ord. praed., t. ii, p. 307, note 1. S'il 
fuit maintcnir la lecturc Parisio, ia suitc de radresse devrait Hre corrigee ainsi 

lil suit : ordinis predicatorum, magistro in Iheologia, priori provinciali in pro- 
vuxcia Pro^incie. Cest le titre donnc k fr6re Parisius par Ic reg. des Suppliques 
de Clement VI, an. II, part. II. fol. 193, dans une requete presentee au pape, au 
nom de Parisius lui-meme, en faveur d'un tiers. Mais il me semble, et la lettre 
au vicaire general de Tordre (15 mai) le prouve surabondammeut* que c'est 
bien au general quo le pape ccrit, 

2. Pierre IV; voir n. 195, note 1. 

3. Jacqucs II; voir n. 99, note 1, 

4. Pierre de Beaume, dec^de le i^^ matit 

5. Voir n. 12. 



— 198 bis — 



Les tresoriers du pape donnent quittance d Pierre d*Artix, 
tresorier du Corntat Venaissin, d'une somme d*argent provenant 
des confiscationSy des condamnations et des compositions du tri- 



BULLAIRE -20 



306 BtJLLATRE DE L'iNQUISITION FRANCAISR 

bunal d^Inquisition dans leComtat. — Avignon, 1®^ jiiin 1345. 

Ohligaliones, t. xix, fol. 133 y^. 

Universis, etc, permissione divina Stephanus, Cassinen., et Guil- 
lelmus, Forojulien. episcopi, domini pape thesaurarii, salutem 
in Domino. — Universitati vestre tenore presentium innotescat 
quod cum venerabilis vir dominus Petrus de Artisio, canonicus 
Anicien., Comitatus Venayssini thesaurarius, de resta compoti 
per ipsum camere dom. nostri pape redditi de anno Dominimille- 
simo CCCXXXYIIP, de receptis per eum de bonis confiscatis, com- 
positionibus et condempnationibus ratione officii Inquisitionis 
heretice pravitatis dicti Comitatus et expensis factis et solutis 
per eum de pecunia exinde recepta in octoaginta sex floren. auri 
et duobus terliis, et per computum per eundem dom. Petrum, 
de anno Domini millesimo CCC^XLIIIP de receptis per eum de 
bonis, condempnationibus et compositionibus supradictis et ex- 
pensis factis et solutis de pecunia exinde recepta prefate camere 
redditum, in quinquaginta quinque floren. auri, uno denario 
turon. gross. argenti et uno quarto gross. camere predicte re- 
manserit obligatus; idem dom. Petrus de dictis restis, die date 
presentium realiter et manualiter dicte camere satisfecit in 
centum quadraginta uno flor. auri, novem denar. turon. gross. 
argenti et duobus den. robertinis parvis. De quibus restis sic 
solutis ipsum dom. Petrum, heredes et successores suos ac bona 
eorum absolvimus prefate camere nomine tenore presentium 
et quitamus. In cuius rei testimonium presentes litteras 
fieri fecimus et sigillorum nostrorum appensione muniri. — Da- 
tum Avinioni, die prima mensis iunii, anno Domini M° CCC° 
XLIIII**^, indictione XII, pontificatus sanctissimi patris et doinini 
nostri domini Clementis divina providentia pape YI, anno ter- 
cio. 



— 199- 

Jean Dumoulin ^ inquisiteur de Toulouse, maitre en theologie 
d la demande d' Elie de Nabinal^, cardinal du titre de Saint-Vi- 
tal "^, est charge par le pape de conjerer le titre de docteur et le pou- 



i 



CL1&ME.NT VI 307 

^'oir (Tenseigner dans VUniversite de Toulouse d Raymond de 
Paris *, dominicainj professeur de iheologie, lecteur d Perigueux, 
el d Bertrand de Saint-Michel ^, religieux du meme ordre. — Ville- 
neuve, 12 juin; Avignon, 8 octobre 1345. 

Reg. Vat., t. ccxviii, fol. 52, 149, n. 4, 233; Mortier, Hist.dea 
mattres genirauXy t. iii, p. 277, note 1. 

Dileclo filio Johanni de Molendino, ordinis fratrum predica- 
torum, inquisitori Tholose commoranti, sacre theologie magis- 
tro, salutem, etc. — Viri sacre religionis... — Datum apud Vil- 
lamnovam, Avinionen. diocesis, ii idus iunii, anno quarto. 

Dilecto filio Johanni de Molinis, ordinis fratrum predicatorum, 
inquisitori heretice pravitatis in regno Francie deputato, Tholose 
communiter residenti, sacre theologie magistro, salutem. — 
Viri sacre religionis... — Datum Avinioni, viii idus octobris, 
anno quarto. 

1. Jean Dumoulin; voir n. 195, note 2. 

2. Itlie de Nabinal franciscain, maftre en th^ologie; provincial d'Aquitaine, 
de 1325 a 1328; archevdque de Nicosie, le 16 novembre 1332; patriarche de 
Jenisalem, le 12 juillet 1342; cardinal du titre de Saint-Vital, le 20 septembre 
1342; mort le 13 janvier 1348. Ciacconius, t. ii, col. 497; Baluze, Vilae, t. i, 
col. 242; Euboi, llier., t. i, p. 287, 362; DeniOe, Chart., t. ii, p. 343; Othon 
de Pavie, UAquitaine seraphique, t. i, p. 200-206. 

3. Voir dans Denifle, Chartul., t. ii, n. 1107, la supplique du cardinal de Nabi- 
nal. 

4. Raymond de Paris, au dire du cardinal son protecteur, avait enseign^ en 
divers endroits le livre des Sentences, la Bible et d'autre8 traites, et exerce le 
ministere de la predication. Denide, loc. cit. 

5. Ce reli^ieux fut designe, en juin 1340, comme lecteur du couvent de Tou- 
Jouse. Douais, f.es freres precheitrs en Gascogne, p. 400; Denille, Chartul., t. ii, 
p. 500, .^72. 



— 200 — 



Jean Dumoulin ^, inquisiteur de Toulouse, demande et ohtient, 
pour Haoul Talot, pretre du diocese de Quimper, attache au tribu- 
nal de V 1 nquisition '. le 21 septemhre 1346 :i^ Voffice de notaire; 
2^ Vexpectative d\in henefice dont la coUation apparlient dVarche- 



308 BtJLLAlRE DE L*INQUISITI0N fRANgAISfi 

veque de Toulouse et i^alant 60 Iwres avec charge d'armes et 40 li- 
vres sans charge d'dmes; 3° le 13 septemhre 1346, il obtient pour 
son protege V expectati<^'e d'un benefice relevant de Veveque et du 
chapitre de Quimper. 

Suppl. Clem. VI, an. IV, part. I, fol. 13, 18vO; et an. V, part. III, 
fol. 9. 

Supplicat S. V. humilis... — Datum apud Viliamnovam, 
Avinionen. diocesis, xi kalendas octobris, anno quarto. — Da- 
tum Avinioni, idus septembris, anno quinto. 



1. N. 195, notc 2. 



— 201 — 

Aymon de Caumont ^, inquisiteur de Carcassonne, obtient du 
pape en faveur de Jean d' Epinal, pretre du diocese de Toul, notaire 
de Vlnquisition, la collation d^un benefice dans Veglise de Saint- 
Die. Sa Saintete dispense ce notaire du de<^oir de la residence dans 
ce benefice, tant quil remplira ses fonctions aupres de V Inquisi' 
tion. — Avignon, 4 janvier 1346. 

Supplic. Clem. VI, an. IV, part. I, fol. 158. 

Sanctissime Pater.... Nuper — Fiat. R. — Datum Avinioni. ii 
nonas ianuarii, anno quarto. 

1. N. 162. note 1. 



— 202 — 



Clement VI se plaint au general et aux proi>inciaux de Vordre 
des freres mineurs de la negligence de certains inquisiteurs du 
meme ordre d poursuivre les fraticelles; il leur ordonne de jaire 
cesser cette negligence. — Avignon, 24 avril 1346. 



CLEMKNT VI 309 

Eeg. Vat., t. cxxxix, n. 1107; Riezler, Vatikanische Akten, n. 
2254 (anal.). 

Dilectis filiis .. ^ generali et provincialibus ministris ordinis 
fratrum minorum. — Intelleximus displicenter quod licet in 
tliversis partibus multi fratricelli, quorum secta per Ecclesiam 
reprobata extitit et dampnata, pestiferos errores et hereses dis- 
seminare pcriculose nimium moliuntur, tamen nonaulli fratres 
\ostri ordinis, quibus Inquisitionis heretice pravitatis in diversis 
sibi decretis provinciis ne«»otium auctoritate apostolica est com- 
missum, super corrigendis et puniendis fratricellis eisdem super 
predictis ac eisdem erroribus et heresibus extirpandis se reddunt 
tl reddidcrunt hactenus nimium negligentes. Cum autem negli- 
gentia huiusmodi eo nobis sit molestior non indigne quo vere- 
mur ex ea fidei catholice maiora pericula proventura, di- 
scretioni vestre... mandantes quatinus vos et quilibet vestrum 
eosdem inquisitores commonere ac solicitare curetis ut ipsi ad- 
liibita fideli et solerti diligentia sic super premissis sui debitum 
officii exequantur quod pocius de ipsa commendari valeant quam 
de negligentia redargui vel puniri. Si vero de negligentia huius- 
modi certificati fueritis, super quo vos esse volumus diligentes, 
exinde nos certiores eflicere quantocius procuretis. — Datum 
ut supra [Avinioni, viii kalendas maii, anno quarto]. 

1. Forlanier Vassal, quercynois, frere luineur du couvcat de Gourdon 
gardien du couvent d'Avignon; elu ministre general de Tordrc, lo 11 juin 1343; 
archev^que de Ravenne, le 28 octobre 1347; patriarche dc (irado, le 28 mai 1351 ; 
cardinal, le IG septembre 1361 ; mort en octobro ou noveinhre suivant. Baluze, 
Vil.pap. Ai>enion., t.,i, d5\-9b't\ X\he, Aulour de Jean XXII. PreUUsoriginaires 
du Queraj, tir. a i>art, p. 30-33. 



— 203 — 

Veveque <V Albi est charge de reprendre ei de terminer Vafjaire 
pendante enlre Veveque de Cahors et ses commissaires,d*une part, 
et Bernard Perrier de Cajarc, de Vautre. Ce dernier a ete, une pre- 
miere fois, poursuivi et condamne pour usure; mais lasentencede 
Vevequc a ctc cassce par Vauditeur du palais apostolique. Unei 




310 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

deuxieme fois, Bernard Perrier fut accuse de pratiques usuraires; 
cette fois, il recusa ses juges, prevenus contre lui, et fit appel 
au pape. Mais les juges nen poursui^^irent pas moins leur proce- 
dure, Vaccuse ahsent, le condamnerent une deuxieme fois comme 
usurier et confisquerent ses hiens au profit de Veveque. Le pape 
ayant nomme des commissaires pour connaitre de ce litige, Vweque 
de Cahors et ses partisans ne trouverent rien de mieuxque de faire 
inter^>enir V Inquisition. Mais Gashert d'Orgueil,lieutenant de 
V inquisiteur , et Barthelemy Fons, commissaire de Veveque, ne 
sont pas moins suspects d Vaccuse, qui recourt unefois de plus au 
Saint-Siege et en ohtient le present mandat. — Avignon, 12 aout 
1346. 

Reg. Vat., t. cLxxiv, fol. 414, ii. 1313, 

Ven. fratri ..^ episcopo Albien., salutem, etc. — Sua nobis 
dilectus filius Bernardus Peyrerii de Caiarco ^, laicus Caturcen. 
diocesis, petitione monstravit quod cum olim ven. frater noster 
Bertrandus ^, episcopus Caturcen., contra eundem Bernardum, 
plus ex odii fomite quam zelo iusticie, percuriam seu commissa- 
rios suos fecisset inquiri et procedi mandasset super usuraria pra- 
vitate, et tandem contra eundem Bernardum fuisset super hoc 
diffinitiva sententia promulgata, pro parte dicti Bernardi ab 
eadem sententia fuit ad Sedem apostolicam appellatum, dictaque 
sententia per certum auditorem causarum Palatii apostolici in 
causa appellationis huiusmodi a Sede ipsa deputatum revocata 
fuit, dictusque episcopus eidem Bernardo in expensis legitimis 
condempnatus. Ac postmodum cum predictus Bernardus 
peteret sibi fieri ab eodem episcopo satisfactionem huiusmodi 
expensarum, prefatus episcopus necnon Pontius de Heremo et 
Stephanus Lacosta, clerici dicte diocesis, contra dictum Bernar- 
dum indebite odii rancore concepto consilium et tractatum fece- 
runt et deliberaverunt qualiter dampnificare possent eundem 
Bernardum indebite, ac dictus episcopus post consilium et tra- 
ctatum huiusmodi minus veraciter pretendens quod dictus Ber- 
nardus usurarius existebat et contractus usurarios inhierat 
questionem^^^usurarum huiusmodi refricando dictis Pontio et 
Stephano ordinaria auctoritate commisit ut super premissis 
contra eundem Bernardum ex officio inquirerent; dictique Poii- 
tius et Stephanus eundem Bernardum super premissis coraiii 
86 fecerunt pretextu dicte commissionis ad iudiciura evocari; 



CLEMENT VI 311 

ex parle vero dicti Bernardi fuit coram Pontio et Stephano pre- 
dictis propositum quod dictus episcopus et ipsi ante dictam com- 
missionem contra dictum Bernardum indebite odii rancore con- 
cepto consilium et tractatum fecerant et deliberaverant qualiter 
dictum Bernardum dampnificare indebite possent; propter 
que idem Bernardus dictos Pontium et Stephanum merito su- 
spectos habebat. Quare ab oisdem Pontio et Stephano fuit humi- 
liter postulatum lit cum in hac parte proprium factum dicti 
episcopi coram quo alias causa huiusmodi suspicionis contra 
dictos Ponlium et Stephanum probanda esset ageretur per eun- 
dem Bernardum ad eligendum cum eis arbitros coram 
quibus causa suspicionis huiusmodi probaretur se admitti, ut 
ea probata dictus episcopus negotium huiusmodi committeret 
alicui non suspecto. Et quia dicti Ponlius et Stephanus eum super 
hoc aiidire contra iusticiam recusarunt, pro parte dicti Bernardi 
exinde sentiens indebite se gravari, fuit ad Sedem appellatum 
predictam; ac dictus Pontius et Petrus Raymundi de Morengio, 
clericus dicte diocesis, auctoritate ut dicebat dicti episcopi sibi 
in ea parte commissa, huiusmodi appellatione contempta, contra 
dictum Bernardum pro prosecutione appellationis huiusmodi 
apud Sedem apostolicam constitutum et non vocatum uberius 
ad Inquisitionem super premissis ex ofTicio descenderunt de 
facto, et in eiusdem Inquisitionis negotio de facto procedentes 
sententialiter et de facto pronunciaverunt dictum Bernardum 
emisse plures res minus quam valerent et ob hoc et alia ipsum 
fore usurarium ac bona ipsius Bernardi capi et ad manus eo- 
rum et dicti episcopi poni fecerunt. Propter que pro parte ipsius 
Bernardi, quam cito hec ad suam pervenerunt noticiam, iterato 
ad dittam Sedem cxtitit appellatum, idemquc Bernardus super 
appellationibus huiusmodi apostolicos ad. * prepositum mona» 
sterii sancti Salvii Albien. per prepositum soliti gubernari et ., 
officialem, ac quondam Petrum Gausentii, canonicum Albienses, 
sub certa forma litteras impetravit huiusmodi clausula litteris 
ipsis apposita, quod si non omnes hiis exequendis interesse pos- 
sent, duo ipsorum nichilominus exequi procurarent; dictosque 
episcopum, Pontium et Stephanum fecit in causa appellationis 
huiusmodi coram predictis ofliciali Albien. et Petro canonico, 
eodem preposito notorie in remotis agente, auctoritate dictarum 
litterarum ad iudicium evocari. Et deinde dicto Bernardo 
referentu nobis quod postquam aliquandiu coram predictis offi- 



3i2 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANQ^ISE 

ciali Albien. et Petro canonico in huiusmodi causa processum 
extiteritj prefatus Petrus canonicus viam fuerat universe carnis 
ingressus vicibus suis altero non commissis, propter quod causa |fl 
huiusmodi remanserat et remanebat indecisa; ac supplicante 
nobis ut cum predictus prepositus in eisdem remotis ageret, 
ncc de ipsius vicino reditu speraretur, providere sibi super hoc 
do oportuno remedio dignaremur : nos dilectis filiis Raymundo 
de Prohinis et Anglico de Subertio, canonicis Albien., dictoque 
officiali Albien. nostris sub ea forma dedimus litteris in mandatis 
ut si esset ita, legitimo coram dictis ofTiciali Albien. et Petro ca- 
nonico in huiusmodi causa habito servato processu, in eadem 
causa procederent iuxta predictarum eisdem preposito, ac 
ofTiciali Albien. et Petro canonico directarum continentiam lit- 
terarum; dictusque Bernardus fecit eundum episcopum coram 
prefatis Anglico canonico et ofFiciali Albien., ac Guillelmo de 
Popia, canonico Albien., cui quidem Guillelmo prefatus Raymun- 
dus de Prohinis commiserat super hoc non tamen totaliter vices 
suas, auctoritate ultimarum litterarum et commissionis huius- 
modi ad iudicium evocari; coram quibus Anglico et ofTiciali 
Aibien. ac Guillelmo de Popia inter dictas partes coram ipsis 
in iudicio comparentes ad nonnullos actus in causa huiusmodi 
dinoscitur fuisse processum; quodque postmodum Gasbertus 
do Orgolio ^, ordinis fratrum predicatorum, se comissarium 
seu locumtenentem .. inquisitoris heretice pravitatis in illis par- 
tibus, et Bartholomeus de Fontibus, clericus dicte diocesis, super 
hoc ab eodem episcopo specialem commissionem se habere 
asserentes, eundem Bernardum citari mandaverunt et fecerunt 
ut certa die coram eis compareret super articulis fideiresponsurus 
aliqua clausula specialiter de suspicione fidei non adiecta; pro- 
pter quod pro parte dicti Bernardi habentis eosdem Gasbertuin 
et Bartholomeum ea ratione suspectos quod Bartholomeus eius- 
dem episcopi subditus, et tam ipse quam Gasbertus predictus 
dicto episcopo nimis favorabiles existebant, ad dictam Sedem 
extitit appellatum. Quare prefatus Bernardus nobis humiliter 
supplicavit, ut sibi vexato, ymo quasi totaliter exinanito labori- 
bus et expensis, ac parato coram competenti iudice super pre- 
missis omnibus de iusticia respondere, et ne super premissis co- 
ram diversis iudicibus litigare cogatur, providere sibi super lioi' 
dc oportuno remedio dignaremur. Nos itaque... fraternitati 
...tue mandamus quatinuSj vocatis qui fuerint evocandi, omnes 



CLE&IENT VI 



313 



prediclarum appellalionum et etiam ipsius principalem fidei 
causas audias et quod canonicum fuerit apellatione remota 
decernas, faciens quod decreveris per censuram ecclesiasticam 
firmiter observari. Testes autem [etc.]. Non obstantibus [e/c]. — 
l>atum Avinioni, ii idus augusti, anno quinto. 



1 Pictavin de Montesquieu; voir n. 178, noto l. ♦ 

2. Cajarc (Lot), chef-lieu de cant., arrond. de Figeac. Sur la famille Perrier 
dc Cajarc, voir Albc, Aulour de Jean XXII, dans Annales de Sainl-Louis-dcs- 
I rancais, juillet 1902, p. 388-389. 

.!. Bertrand de Cardaillac, evcque de Rioux (27 fovrier 1321), Iransfere a Ca- 
hors, le 20 juillet 1324; mort vers 1366. Gall. christ., t. i, col. 141; t. xiii, col. 
18G-187; Eubel, Ilier., t. i, p. 184, 443; Aibc, op. cit., avril 1903; tir. a part, 
p. 201-205. 

4. Ratier de La Penne, prcvdt de Saint-Salvi dci 1334. Gall. christ., t. i 
col. 50. 

5. Gasbert d*Orgueil, originaire de la localile de ce nom, paroisse de Saint- 
Avit de La Capelle-Cabanac, com. de Mauroux (Lot), prononca scs voeux chez 
les dominicains de Cahors, devint lecteur du couvent de Toulouse et futfait 
maitrc en theologie a Avignon, par ordre du papo. A cette date (1346-1347), 
il etait commissaire de rinquisition dans lo diocese de Cahors. En 1349, il fut 
charge par le pape d'une mission auprcs de Jean Cantacuzene, empereur 
d'Oricnt. Poiidant son ahsence, le chapitre dc Tordre, tenu a Barcelone, desi- 
gna frere Pierre de Maricalmo, pour rempl-r a sa place les fonctions de lecteur 
du couvent de Toulouse. Reichert, Acta capit. gen., t. ii, p. 330. Avantson de- 
part pour lOiient, Clement VI Tavait promu a reveche de Ceneda en Dalmatio 
(13 iiovembre 1349). L'empereur d'Oricnt Tcut c.i grande estime. II traita 
aussi avec Charles IV, roi des Romains, coniinc K'^at du pape. II administra 
pendant vingt-cinq ans rcglise de Ceneda et mourut cn 1374. II avait compose 
une Relation de sa legalion aupres de Jean Cantacuzene, aujourd'hui perduo. 
Quetif et £chard, ScripL, l. i, col. 674; Ughelli, Italia sacra, i. v, col. 211 ; ^Vad- 
ding, Annal. min., t. iii, ad. ann. 1349, n. 1; Raynaldi, ad. ann. 1350, n. 28; 
1374, n. 1; Denifle, Archiv, t. ii, p. 222, n. 112; Douais, Les frcres pr^cheurs cn 
Gascogne, p. 404; Eubel, Hier., i. i, p. 187; Alhe, Prelats originaires du Quercy, 
dans Annales de Sainl-Louis-des-Franfais, 1904, p. 157-159; tir. a part, p. 20-23. 



— 204 - 

Aymon de Cauniont ', inquisiteur de Carcassonney obtient de 
Clemenl 17, en javeur de Jean Theobald de Bury, clercdu diocdse 
de Toul, vicaire de Veglise de Saint-Dic et notaire de V I nquisition, 



314 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANQAISE 

V expectati^e d^un benefice relevant de Vahhesse et des religieuses 
henedictines de Remiremont. — Avignon, 19 septembre 1346. 

Suppl. Clem. VI, aii. V, part. III, fol. 21 yo. 

Supplicat S. V... — Fiat. R. — Datum Avinioni, xiii kalendas 
octobris, anno quinto. 

1. N. 162, note 1. ♦ 



— 205 — 

Plusieurs officiers ou notaires de V Inquisition de Carcassonne 
ayant refuse de payer les tailles imposees par les consuls, ceux-ci 
ont pris des gages, mais ont ete frappes d' excommunication et 
d^interdit par Vinquisiteur. Le pape ordonne que les gages soient 
renduSj que les censures soient le^ees et que les parties comparais- 
sent devant son trihunal, dans la semaine de Pdques, pour tra<^ail- 
ler d un accommodement. — Avignon, 27 mars 1348. 

Reg. Aven., t. xcvin (Clem. VI, t. xliv), fol. 318 \°, n. 461; 
)ouble expedition, fol. 318, 318 vo. 

Dilectis filiis .. archidiacono et officiali Carcassonen., salutem, 
etc. — Petitio Bernardi Corarie (?), Bernardi Mercerii, PauliTe- 
reni, Guillelmi Montanerii, Petri Perrerii, Guillermi de Fresen- 
chis, Berengarii Montanerii et Raymundi Rogerii, consulum ci- 
vitatis Carcassonen., nobis nuper exhibita continebat quod 
cum ipsi dilectos filios magistrum Bernardum Fontisgrive, le- 
gum doctorem, et Guillermum Nadini ^, Guillermum Boerii et 
Arnaldum Siferedi ^, notarios, ac Johannem Mercerii et quos- 
dam alios cives Carcassonen. , tam iure proprio quam vigore 
cuiusdam concessionis eisdem consulibus per carissimum in 
Christo filium nostrum Philippum regem Francie illustrem 
facte, in certa quantitate peciinie talliassent et imposuissent eis- 
dem, margister Bernardus ^, Guillermus Boerii et Arnaldus ac 
Johannes et alii predicti asserentes se consiliarios, ministros et 
servientes dilecti filii Aymonis de Calvomonte *, ordinis fratrum 
predicatorum, inquisitoris heretice pravitatis in provincia Car- 
casson. auctoritate apostolica deputati, existere acseproindea 



CLEMBNT VI 315 

solutione ac prestalione lalliarum et quorumdam aliorum one- 
rum liberos et immunes, tallias huiusmodi eis impositas solvere 
dictis consulibus recusarunt; quodque idem inquisitor contra 
dictos consules, pro eo quod magistrum Bernardum, Guillel- 
mum Xadini, Guillermum Boerii et Arnaldum ac Johannem et 
alios predictos ad solvendum huiusmodi tallias compellentes, certa 
pignora receperant seu recipi fecerant ab eisdem, nonnullos 
processus excommunicationis et interdicti acalias penaset sen- 
tentias continentes fecit et habuit, a quibus pro parte dictorum 
consulum fuit ad Sedem apostolicam appellatum; quare pro 
parte consulum eorumdem fuit nobis humiliter supplicatum 
ut providere ipsis super hoc de oportuno remedio dignaremur. 
Nos igitur... cupientes quod huiusmodi inter dictos consules 
et cives suborta dissensio sublatis litigiorum anfractibus ami- 
cabiliter terminetur, discretioni vestre... mandamus quatinus 
vos, vel alter vestrum, si ita est, huiusmodi pignora dictis magis- 
tro Bernardo, Guillermo Nadini, Guillermo Boerii, Arnaldo et 
Johanni, ac aliis quibuscumque consiliariis, servientibus et 
ministris inquisitoris eiusdem occasione huiusmodi accepta au- 
( toritate nostra sub recredentia restitui faciatis, ac pignoribus 
ipsis ut predicitur restitutis, suspendatis huiusmodi processus 
ac penas et sententias contentas in illis usque ad unum men- 
sem a festo Resurrectionis dominice futuro proxime computan- 
dum; mandantes utrique partium predictarum quod infra octa- 
bas dicti festi persevel procuratores eorum legitimos cum pleno 
et suflicienti mandato ad concordiam huiusmodi faciendam cum 
omnibus actis, iuribus et munimentis quibus voluerint in huius- 
modi causa uti coram nobis studeant comparere, ut discussis 
iuribus corundem, quod iustum fuerit valeat ordinari. Si 
autem pacis hostis faciente malicia partes ipse non possent in- 
terim amicabiliter concordari, non intendimus per mandatum 
nostrum huiusmodi processibus inquisitoris et appellationibus 
consulum predictorum preiudicare in aliquo; quinimo quod eodem 
lapso mense, si partes ipse concordiam non duxerint invicem fa- 
ciendam, processus necnon sententie el pene in eis contente ac 
appellationes huiusmodi in eorum permaneant lirmitate, et quod 
predicta pignora in eo statu in quo nunc sunt reponantur; super 
quibus ciui( quid faciendum duxeritis nobis per patentes vestras 
litteras formam presentium continentes fideliter intimare curetis. 
— Datura Avinioni, vi kalendas aprilis, anno sexto. 



31G BULLAIRE DE l' INQUISITION FRANgAISE 

1. Guillem Nadiui (ou Naudi), de Carcassonne, « de par le roi notaire public, 
notaire de Monseigneur reveque, specialement dans roffice d'Inquisition, » 
tient la plume aux seances du tribunal d'Inquisition de PamierS;, de 1323 a 1325. ^ 
II figtire dans quarante-six causes et dans une centaine d'interrogatoires. La ■" 
redaction du derniers tiers du ms. Vat. lat. 4030 [Registre de Jacques Fournier, 
eveque de Pamiers) lui appartient presque entierement. Voir Douais^ La 
formule Communicalo, p. 24, et J.-M. Vidal, Le trihunal d' Inquisition de 
Pamiers, p. 102. Le 4 janvier 1346, Guillaume Nadini obtient du pape Cle- 
ment VI, pour lui-meme; pour sa femme Cccile et sa belle-mere, Bernarde Ri- 
vifere, rindulgence in articulo morlis. Regest. Suppl. Clem. VI, an. IV, t. i, fol. 
153. Voir, sur une mission remplie par ce notaire, les n. 215-216. 

2. Au fol. 318, on lit Arnaldum Sicredi, qui parait etre la version vraie. 
Cet Arnaud Sicre etait attache au tribunal de Carcassonne des l'an 1329. Cf. 
Douais, La formule, etc, p. 58, 62. 

3. Au fol. 318, le nom Bernardus cst suivi de Guillermus Nadini. 

4. N. 162, note 1. 



— 206 — 

Le pape ratifie et confirme les conventions stipulees d Vamiable, 
par les soins du cardinal Etienne Aubert, entre Aymon de Cau- 
mont, inquisiteur de Carcassonne, les conseillers, ofpciers et 
notaires de V Inquisition d'une part, et les consuls de Carcassonne, 
de Vautre, d Vendroit des tailles, gabelles et autres taxes. II &st 
com^enu que V exemption in<^oquee en fa^^eur des subalternes du 
tribunal nexistera desormais que pour trois conseillers, o/fi- 
ciers, ou jures, et un seul notaire, designes par V inquisiteur el 
ses successeurs. Cette exemption ne s'etendra pas aux reglemenls 
de police et aux penalites edictes par les consuls pour le bien de la 
communaute. Les censures portees par Vinquisiteur seront re^o- 
quees et les gages rendus ^. — Avignon, 22 juin 1348. 
Reg. Aven., t. c, fol. 58 v». 

Ad perpetuam rei memoriam. — Ea que iudicio... Dudum 
siquidem inter dilectos filios Aymonem de Calvomonte, ordlnis 
fratrum predicatorum, inquisitorem heretice pravitatis in regno 
Francie per Sedem apostolicam deputatum, Carcassone commu- 
niter residentem, et magistrum Bernardum Fontisgrive, leguin 
doctorem, consiliarium, et quondam Bernardi Taurellilicenciati 
in legibus ac quondam Philippi Philippi, iurisperiti, ac quon- 
dam Raymundi Folcaudi, consiliariorum ac iuratorum officii 



CLl.MENT VI 



317 



Inquisitioiiis predicte, heredes et nonniillos alios asserentes fc 
consiliarios, notarios et iuratos eiusdem officii ex una parte, ac 
Bernardum Mercerii, Guillermuni de Frezinchis, Petrum Peyre- 
rii, Paulum Terreni, Berengarium Montanerii, et Raymundum 
Rotgerii, consules burgi Carcassonen., i^ro se et nomine universi- 
tatis dicti burgi, super eo quod predicti consules suo et dicto- 
rum universitatis nomine certas tallias et impositiones urgen- 
tibus necessitatibus et negotiis universitatis dicti burgi, tam iure 
proprio quam alias ex concessione regia ut dicebant, imposue- 
rant et impositas a dictis consiliariis, notariis et iuratis, ([uemad- 
modum et ab aliis incolis dicti burgiexigebant et solvi petebant, 
et ab ipsis consiliariis, notariis, iuratis dicte Inquisitionis exi- 
stentibus tunc in mora huiusmodi tallias et impositiones exol- 
vendi propter hoc certa pignora receperant seu recipi fecerant; 
inquisitor vero predictus nonnulla privilegia tama Sede aposto- 
lica quam a carissimo in Christo filio nostro .. rege Francie illu- 
stri inquisitori ac consiliariis, notariis et iuratis eiusdem Inquisi- 
tionis officii, ut asserebat, concessa se habere et illorum vigore v 
tonsiliarios, notarios, iuratos dicti officii Inquisitionis fuisse libe- 
ros et immunes a solutione talliarum et impositionum huius- 
modi impositarum et imponendarum, et in possessione seu quasi 
libertatis et immunitatis huiusmodi fuisse et esse dicebat, ex al- 
tera, materia questionis exorta. Tandem, quia prefatus inquisi- 
tor auctoritate apostolica qua in ea parte fungere se asserebat 
prcnominatos consules monuerat ut huiusmodi pignora recepta 
restituerent eis a quibus ilia receperant; et nichilominus eosdem 
consules, quia monitioni huiusmodi non paruerant, nominatim 
(juantum in eo fuit interdixit et excommunicavit, et sententiam 
excommunicationis huiusmodi contra eos et nonnullos partici- 
pantes etsdem nominatim etiam aggravavit, pro parte dictorum 
consuhim suo et dicto universilalis nomine ad Sedeiu predictam 
exlilil a])pellatum. Iluiusmodi namquc appellationis et proces- 
sus negocio pro parte dictorum consulum et universitatis propo- 
sito in consistorio coram nobis altera parte presente, nos volen- 
tes earumdem partium parcere laboribus et expensis et affectanles 
quod huiusmodi suborta dissensio sublatis litigiorum anfracti- 
l)us terminaretur amicabiliter, inter partes easdem ordinavimus 
quod predictis pignoribus eis a quibus recepta fuerant sub recre- 
dentia restitutis huiusmodi processus dicti inquisitoris ac pene 
et seotentie contente in illis usque ad unum mensem a tunc 



p 



318 feULLAlRE DE L*INQUISITI0N FttANgAlSE 

instanti festo Resurrectionis Dominice computandum suspende- 
rentur, mandari facientes utrique partium predictarum quod 
infra octabas predicti festi per se vel procuratores eorum legi- 
timos cum pleno et sufTicienti mandato ad concordiam huius- 
modi faciendam et cum omnibus actis, iuribus et munimentis 
quibus vellent in huiusmodi causa uti, coram nobis comparere 
curarent. Factis itaque post modum in partibus illis iuxta ordina- 
tionem nostram predictam restitutione pignorum ac suspensione 
processuum, penarum et sententiarum predictorum et subse- 
quenter comparentibus personaliter in romana Guria inquisitore 
pro se et dictorum consiliariorum, notariorum et iuratorum 
ac heredum nomine, necnon Paulo Terreni, et Guillermo de Fre- 
zinchis, consulibus antedictis, pro se et aliis consulibus et uni- 
versitate predictis, nos etiam ad supplicationem partium pre* 
dictarum dilecto filio nostro Stephano ^, tituli sanctorum Johan- 
nis et Pauli pres))itero cardinali, commisimus et mandavimus 
oraculo vive vocis ut partes ipsas super premissis per viam ami- 
cabilem exquisitam ad pacem et concordiam reducere procu- 
raret. Coram quo quidem cardinali prefatis inquisitore ac Paulo] 
et Guillermo consulibus pro se et nominibus supradictis cui 
sufEcientibus mandatis personaliter comparentibus, et pei 
eundem cardinalem cum eisdem partibus super pace et con-i 
cordia huiusmodi faciendis inter eos diversis tractatibus habi-i 
tis, tandem partes ipse volentes pacem liti preferre spontanea- 
voluntate eodem cardinali tractante amicabiliter pro bono pacis; 
et concordie componendo ad invicem convenerunt, videlicetj 
quod inquisitor predictus et eius in dicto Inquisitionis officioj 
successores possent tres personas de consiliariis, officialibus et 
iuratis dicti officii Inquisitionis et etiam unum notarium deser-j 
vientem officio Inquisitionis predicte, quos maluerint et elege- 
rint, solum et duntaxat reddere quictos, liberos et immunes a 
talliis, questis, gabellis et aliis impositionibus quibuscumque factis^ 
et faciendis indictis et indicendis per consules predictos, qui 
tunc erant et alios qui pro tempore essent burgi predicti, solum j 
et duntaxat pro futuris temporibus; ita videlicet quod ultra 
predictum numerum dicti inquisitor et successores nuUum 
alium consiliarium vel notarium possent immunes reddere a 
premissis, sed predicto duntaxat numero essent contenti; possent 
tamen dicti inquisitor et successores illos dimittere et mutare 
prout et quotiens eis placeret;sic tamen quod si exemptos per 



CI.EMENT VI 319 

unum inquisitorem successor ipsius vellet exemptos esseillipre- 
(Jicta exemptione gauderent sicut prius; sed si alios vellet exi- 
mere, predicti presens exempti extunc omnino cessarent ab 
exemptione predicta; ceteri vero consiliarii et iurati dicti officii 
Inquisitionis, cuiuscumque conditionis existerent, qui tunc erant 
et pro tempore forent habitatores et incole dicti burgi, preterquam 
duntaxat predicti tres auxiliarii et unus notarius non essent 
exempti occasione seu pretextu officii supradicti a talliis, gabel- 
lis et impositionibus quibuscumqu^ per dictos consules indictis, 
et tam per eos quam per eorum successores pro tempore in po- 
sterum indicendis, immo compelli possent ad solvendum huius- 
modi gabellas, tallias et impositiones sicut ceteri habitatores 
et incole burgi predicti, nisi alias per privilegia vel de iure seu de 
consuetudine forent exempti, seu immunes contemplatione pter- 
sonarum suarum aut alias, non pretextu officii supradicti. Fuit 
etiam concorditer ordinatum quod dicti tres consiliarii et unus 
notarius per dictum inquisitorem et alios qui pro tempore forent 
eximendi, nonessent exempti occasione predicta observatione 
statutorum honestorum et rationabilium penas infligentium 
non observantibus ea, editorum et edendorum per consules pre- 
fatos pro utilitate incolarum et habitatorum dicti burgi; quin 
sicut ceteri incole et sub penis in eisdem contentis ad eorum 
observantiam tenerentur. Actum fuit etiam inter dictas partes 
(juod omnes processus et sententie excomunicationum facti et 
late per dictum inquisitorem seu eius locumtenentem contra 
consules predictos et eis participantes, necnon appellationes 
dictorum consulum et omnis eorundem processuum, sententia- 
rum et appellationum efTectus, et quecumque inde secuta, siet 
quatinus de iure tenerent, essent cassa et irrita et nullam dein- 
ceps optinerent {sic) firmitatem, et pro non factis et habitis 
ac interpositis penitus haberentur; prefati quoque consules una 
cum eorum participantibus, si et quatinus indigebant, sive sim- 
pliciter, sive ad cautelam per nos absolverentur a sententiis 
et processibus supradictis. Quam quidem amicabilem compo-. 
sitionem prefati inquisitor et consules presentes et eorum quili- 
bet pro se et nominibus supradictis prout quemlibet eorum tan- 
gebat laudaverunt, approbaverunt, ratificaverunt et omolo- 
gaverunt expresse ac ratam, gratam et acceptam in omnibus 
et per omnia habuerunt, prout in patentibus litteris inde confe- 
ctis ejusdem cardinalis sigilb» munitis j)lriiius (ontinetur. Nos 



320 SULLAIftE DE L*INQUISITI0N FRANgAISE: 

itaque eorumdem inquisitoris ac consulum et universitatis 
supplicationibus inclinati compositionem huiusmodi provide 
factam ratam habentes et gratam, ipsam auctoritate apostolica 
ex certa scientia confirmamus et presentis scripti patrocinio 
communimus ^. Nulli ergo, etc, nostre confirmationis et com- 
munitionis infringere, etc. — Datum Avinioni, x kalendas iulii, 
anno septimo. 

1. Voir la bulle precedente. 

2. fitienne Aubert, chanoine deT^aris, docteur es lois, eveque de Noyon, le 
23 janvier 1338; transfere a Clermont, en 1340; promu au cardinalat (titre des 
Saints-Jean-et-Paul), le 20 septembre 1342; eveque d'Ostie, le 13 fevrierl352; 
pape, sous le nom d*Innocent VI, le 18 decembre 1352; mort le 12 septembre 
1362. Baluze, Vitse, t. i, col. 321-362, 918-794; Giacconius, t. ii, col. 495; GaU. 
christ., t. II, col. 287; t. ix, col. 1015; Eubel, Ilier., t. i, p. 17, 199, 390. 

3. Le diflerend se rouvrit quelques annees plus tard. Les consuls carcasson- 
nais pretendirent que, si les trois conseillers et le notaire de Tlnquisition etaient 
exempts de tailles, gabelles et autres taxes municipales, ils ne Tetaient nulle- 
ment des droits de fouage et des autres charges imposees par le roi de France. 
L'inquisiteur Durand Salvan en refera au pape Gregoire XI, qui confia au car- 
dinal Bernard du Bosquet It soiu d'amener les parties a composition ou bien 
d'instruire le proces^ s'il y avait lieu. Le cardinal mourut avant d'avoir fait ra- 
tifier i'accord verbal que les procureurs des parties avaient conclu, sans pouvoir, 
faute de mccndat, le consigner par ecrit. L'inquisiteur n'en avait pas moins 
fulmine rexcommunication contre ses adversaires. Ce fut le cardinal Guillaume 
d'Aigrefeuiile qui termina le litige, en decidant que, Texemption fiscale restant 
entiere en ce qui concernait les tailles, subsides, impots decretes par les consuls 
et le roi de France, les quatre privilegies de Tlnquisition seraient tenus de con- 
tribuer aux depens necessites par la construction et Tentretien des murs de la 
ville (18 mai 1372h Doat, t. xxxv, fol. 136 vO-161. 



— 207 — 

Pierre de Salgues, dominicain, est nomme inquisiteur de Tou- 
louse. — Avignon, 9 aout 1348. 

Reg. Aven., t. c, fol. 79 v», n. 81. 

Dilecto filio Petro de Salgis ^, ordinis fratrum predicatorum, 
salutem. — Licet ubilibet Sedis [efc, comine au n. 183, dans les 
memes termes jusqua la fin]. — Datum Avinioni, vidus augusti, 
anno septimo. 



CLlfeMENT VI 321 

1. Pierre de Salgues etait prieur du couvent de Toulouse lorsque, en mai 1342, 
le chapitre general de Carcassonne le nomma lecteur du mSme couvent. Reichert, 
Acla capit. gen., t. ii, p. 283. En 1344 le chapitre du Puy Tenvoya a Paris comme 
lecteur des Sentences. Op. cit., p. 304. II re^ut le titre de docteur en theologie, 
en 1345. Denifle, Archiv, t. ii, p. 223, n. 119. II remplaga peut-Stre frere Jean 
Dumoulin (n. 195, note 2) k i'Inquisition de Toulouse. Sur son activite comme 
inquisiteur, voir n. 213, 214. L'Hisloire de Languedoc,t. ix, p. 402, mentionne, 
dapres les Comptes des senechaussees de Toulouse et de Carcassonne, un acte de 
foi celebre en mai 1357, a Carcassonne, et auquel il assista. Le 30 ]uin 1354, 
Innocent VI le chargea d'une missioa dont nous transcrivong ici la teneur : 

Reg. Aven., t. cxxvii, fol. 563. 

« Dilecto filio Petro de Salgis, ordinis fratrum predicatorum professori, in- 

quisitori heretice pravitatis in provincia Tholosana, salutem, etc. — Exibita 

nobis pro parte dilectorum iiliorum magistri Johannis Marchesii, legum do- 

ctoris, et Johannis Marescalli, civium Tholosan., tutorum dilecte iu Christo filie 

Germane quondam Germani de Cathena filie pupille Tholosan., petitio conti- 

nebat quod dictus Germanus condens de bonis suis in sua voluntate ultima testa- 

mentum dictam Germanam, filiam suam minorem, tunc etatis decem annorum 

in omnibus bonis suis universalem sibi heredem instituit, dictosque Johannem 

Marchesii et Johannem Marescalli. tutores dicte filie sue, in eodem testamento 

constituit et dedit; quodque postmodum dicti tutores, dicto Germano de hac iuce 

subtracto, verissimiliter metuentes quod prefata puella per quosdam nobiles 

Tholosanos cives volentes ipsain puellam secum abducere ct ad matrimonium 

contrahendum cogere raperetur, prefatam puellam commendarunt ad tempus in 

monasterio canonicarum S. Saturnini Tholosani, ordinis sancti Augustini, in 

quu quedam amita dicte Germane canonica existebat. Cumque postmodum 

duobus diebus elapsis predicti tutores dictam puellam repeterent. . abbatissa 

dicti monasterii illam eis restituere recusavit, propter quod orta super hiis inter 

dictos tutores ex una parte et . . abbatissam et conventum dicti monasterii 

ex altera coram . . officiali Tholosani non ex delegatione apostolica materia 

questionis, prefatis tutoribus petentibus dictam puellam eis restitui vel saltem 

in aliquo tuto loco in quo eius voluntas posset sine suspicione perquiri utrum 

vellet in monasterio vel in seculo remanere. Et causa huiusmodi ad Sedem 

apostolicam introducta et coram diversis auditoribus Palatii apostolici succes- 

sive in causa deputatis eadem diutius etiam ventilata, tandem causa ipsa co- 

ram dilecto filio magistro Symone de Sudbiria, cancellario ecclesie Saresbirien., 

cappellano nostro et auditore causarum dicti Palatii, noscitur lis pendere. Cum 

autem sicut eadem petitio subiungebat prefata puella per violentiam et contra 

voluntatem oorumdem tutorum et pupille et amite ipsius adhuc in dicto mona- 

sterio tenoatur, ipsique tutores et amici eorumdera . . abbatisse et conventus 

in hoc introductiones et fraudes verisimiliter pertimescant, fuit nobis pro parte 

ipsorum humiliter supplicatum ut providere eis super hoc paterna diligentia 

dignaremur. Nos... discretioni tue de qua in hiis et in aliis gerimus in Domino 

fiduciam specialem... mandamus quatinus prefatam puellam in aliquo honesto 

«t tuto loco, in quo ipsa puella super premissis suam possit exprimere libere 

voluntatem, auctoritale nostra poni facias et procures, contradictores... e/c, 

BULLAIRK - 21 



P 



322 BULLAIRE DE L* INQUISITION FRANgAlSE 

Non obstantibus, etc. — Datum apud Villamnovam, Avinionen. diocesis, 
II kalendas iulii, anno secundo. » 

J'ignore a quelle date expira le mandat inquisitorial de Pierre de Salgues et 
quel fut son successeur. Percin, Monum., p. 78, et Martene, Ampliss. collecf., 
t. VI, 433, parlent de Pierre de Mercalm [de Maricalmo), de Rodez, provincial 
de Toulouse, comme ayant occupe deux ans durant cette charge. Nos documents 
sont muets sur ce personnage, et le premier inquisiteur dont il est question 
apres Pierre de Salgues est Hugues de Verdun, qui n'apparait qu'en 1372 (n. 273 
note 2). Sur P. de Salgues, voir auteurs cites, Quetif et Echard, Script., t. i, 
p. 674; Denifle, t. ii, p. 526 et note, 550, n. 1091. 



-^ 208 — 

Die xxiiii octobris, anno quo immediate supra [1348], 
frater Petrus Sicardi, de ordine predicatorum, locum tenens 
generalis inquisitoris Tholosani \ Lemovicen. diocesis, et de 
conventu Sancti Juniani ^, receptus fuit in officio penitentiarii 
domini pape ^ 

1. Alors Pierre de Salgues; n. 207, note 1. 

2. Saint-Junien (Haute-Vienne), chef-heu de cant., arrond. de Rochecnouart. 
Les dominicains s'etabhrent dans cette ville des 1293. 

3. Pierre Sicard reQut, le 1" fevrier 1349 (n. st.),le serment par lequel les con- 
suls de Cordes s'engageaient a construire le portail de la chapelle qu'ils avaient 
fait batir a Cordes, et a y placer les statues de Tev^que d'Albi et des inquisiteurs 
de Toulouse et de Carcassonne. Douais, Documents, t. i, p. xcviii-cii, note 



— 209 — 



Plusieurs citoyens de Narbonne ayani denonce la negligence 
des juges competents d Vendroil de Blaise Boyer, leur concitoyen, 
dont le proces pour heresie a ete abandonne par suite de tentatives 
de corruption, Clement VI ordonne d Varche^eque de Narbonne 
de proceder d une enquete et de poursui^re Vafjaire, s'il y a lieu, — 
Avignon, 5 septembre 1351. 

Reg. Aven., t. cxix, fol. 235, 



CLEMENT VI 323 

Ven. fratri .. ^ archiepiscopo Narbonen., salutem, etc. — Petitio 
dilectorum filiorum Caroli Vitalis, Antonii de Bagis, Pontii Bedo- 
cii, et Raymundi Boquerii, civium Narbonen., nobisnuper ex- 
hibita continebat quod licet Blasius Boerii *, civis Narbonen., 
fuerit et sit de pravitate heretica publice diffamatus et per in- 
quisitores Carcassonen. qui fuerunt pro tempore nonnulli proces- 
sus habiti fuerunt contra eum, sicut suspectum et diffamatum 
publice de huiusmodi pravitate, tamen intervenientibus preci- 
bus, donis et muneribus, sicut in civitate Narbonen. et circum- 
vicinis partibus publica fama refert, processus huiusmodi re- 
manserunt et remanent in suspenso, non sine iniuria catholice 
fidei et gravi Christifidelium periculo et scandalo plurimorum. 
Quare dicti Carolus et alii nobis humiliter supplicarunt ut, ne 
contagiosus et pestilens homo idem contagio suo simplices 
fideles contaminet et avertat a via catholice veritatis, providere 
super hoc de oportuno remedio dignaremur; ideoque frater- 
nilati tue... mandamus quatinus si, vocatis dicto Blasioet aliis 
qui fuerint evocandi, premissa inveneris vera esse huiusmodi. 
legitime habitis servatis pro.cessibus quod canonicum fuerit 
auctoritate nostra et ex officio tuo etiam postposita appellatione 
(lecernas, faciens quod decreveris per censuram ecclesiasticam 
tirmiter observari. Non obstantibus [etc.]. — Datum Avinioni, 
nonis septembris, anno decimo. 



1. Pierre de la Jugie, prieur de Sainte-Llvrade, puls abb^ de Saint-Jean*d*An'' 
g^ly (18 aoQt 1342); abb^ de la Grasse, O. S. B., au dioc^se de Carcastonne, le 
4 fevrier 1343; archevfique de Sarragosse, le 2 mars 1345; transfere ik Narbonne, 
le 10 janvier 1347; et k Rouen, le 27 aoflit 1375; cardinal du titre de Saint-Cle- 
ment, le 20 decembre 1375; mort le 19 novembre 1376. Baluze, Vitae, col. 1130, 
1456; c;ulL chriat., t. vi, col. 91-94, 957-958; t. xi, col. 84; U. Chevalier, Riper- 
toire; Eubel, Hier., t. i, p. 21, 1^8, 373, 447; Hi»t. de Languedoc, t. ix, 
p. 630-631. 

2. Blaise Boyer, cordonnier de Narbonne, comparut en 1325 devant l'Inqui- 
sition de Carcassonne et il avoua avoir ^te en relations avec plusieurs des sp'- 
ritucls condamn^s k Marseille en 1318 (n. 15, note 1). 



32'l BULLAIRE DE l'iNQU ISITION FRA.NC;AISE 



— 210 — 

Clement VI decrete que les inquisiteurs de Tours et de Poitiers ^ 
devront aussi exercer leur office dans les comtes d' Anjou et du 
Maine, jadis declares exempts de la juridiction inquisitoriale 
frangaise par Nicolas IV, comme faisant partie des domaines 
du roi Charles II ^ de Sicile ^. — Villeneuve, 26 septembre 1351. 

Reg. Aven., t. cxix (Clem. VI, t. lxiv), fol. 307 v»; Raynaldi, 
AnnaL, ad ann. 1351, n. xxxvii; Ripoll, Bullarium, t. ii, p. 236. 

Ad perpetuam rei memoriam. — Datum apud Villamnovam, 
Avinionensis diocesis, vi kalendas octobris, anno decimo. 

1. Probablement alors Arnaud Mandavin, nomme le 28 fevrier 13-^3 (n. 187- 
188). 

2. Charles 11, le Boileux, comte d'Anjou, du Maine, de Provence, roi de Sicile 
de 1285 k 1309. De Mas-Latrie, col. 1711; Nouv. biog. gen. (Didot), art. Char- 
les II. 

3. Le 22 juin 1290, Nicolas IV avait donne ordre au provincial des domini- 
cains de France de charger six religieux de son ordre de poursuivre les heretiques 
en France, en dehors des terres soumises au roi de Sicile. Potthast, n. 23 297; 
E. Langlois, Les regislres de Nicolas IV, n. 2776. Ce pape avait pose la meme 
restriction aux delegations d'inquisiteurs en Provence et dans le comte de 
Forcalquier pour les territoires mouvant du royaume de Naples. Langlois 
op. cil., 319-321. 



— 211 — 

Le pape exhorte les prelats, les personnes ecclesiastiques, reli- 
gieuses et seculieres, les nobles, les seigneurs, les offlciers ciinls 
d seconder de leurs conseils et de leur concours efjectif la repres- 
sion de Vheresie entreprise par Varche^eque d^Embrun, Guillaume 
de Bordes ^, et Pierre des Monts ^, inquisiteur de la foi dans les 
provinces d' Aix, de Vienne, d^Arles et d'Embrun. — Avignon, 
7 mars 1352. 

Beg. Vat., t. cxT.v, fol. 198; Wadding, ad ann. 1352, n. xv {in e.rt.) ; 
Eubel, BuU., t. vi, n. 60 {in ext.). 



CLEMENT VI 325 

Venerabilibus fratribus archiepiscopis et episcopis ac dilectis 
filiis electis, abbatibus, prioribus, et aliis ecclesiarum et mona- 
steriorum prelatis et clericis ecclesiasticisque personis, secula- 
ribus et regularibus et ecclesiarum et monasteriorum ipsorum 
capitulis et conventibus, acnob. viris principibus, ducibus, mar- 
chionibus, comitibus, baronibus ceterisque dominia temporalibus, 
necnon seneschallis, ballivis, iusticiariis et aliis ofFicialibus, 
universitatibus quoque et conimunitatibus civitatum, castro- 
rum, et alioruni quorumcumque locorum, ad quos presentes 
littere pervenerint, salutem. — Sicut expedit ad... — Datum 
Avinioni, nonis martii, anno X. 

In eundem modum dil. filiis senescaUo et aliis oiliciaiibus 
Provincie pro carissimis in Christo fiiiis nostris rege et regina 
Siciiie iliustribus. 

In eundem modum dilectis filiis universis ofiicialibus Daiphi- 
natus Viennen. pro diiecto filio nob. viro Daiphino Viennen. 

1. Guillaume de Bordes, archidiacre de Meaux^ iiotaire et familier du pape, 
promu a Embrun le 4 juillet 1351; mort eu 1361. Gall. chrisL, t. iii, col. 1087; 
Eubel, Hier.y t. i, p. 243. Ce prelat, usant envers les vaudois de ses montagnes 
moins de violence que de douceur et de persuasion, reussit a en convertir un bon 
nombre. Lea, Hist. de Vlnquisition, t. ii, p. 179. 

2. Pierre des Monts ou Dumont pronon^a quelques peines contre sept vau- 
dois, en 1353. Lea, loc. cit. En 1355, sur Tordre d'Innocent VI, il entreprit, 
avec le concours de Jean deBesse, official d'Avignon, un proces d^heresie contre 
Anglesa Pradel, de Toulouse, fr^re Marin Marquis, tertiaire do Saint-FranQois, 
Bernarde, fiUe de Pierre du Marsan, de Mas-Grenier, Thomasie, fille de Marc de 
Romano, du diocese de Marsicano, Jacquette, fiUe d'Audrard de Perpignan, 
et Blanche Viguier, de Portet, dans le diocSse de Toulouse. Ces six individus 
etaient accuses de partager les crreurs des fraticelles sur la pauvrete du Chrtst 
et des apdtres et de denigrer les decretaies dc Jean XXH. Leurs depositions 
furent soumises a une assemblee consuitative qui, des sa premi^re rcunion, se 
declara satisfaite a Tendroit des cinq femmes. Certaiiies declarations de frere 
Marin no paraissant pas suffisamment claires, les dbnsulteurs oxigerent qu'il 
fut soumis a un examen plus approfondi. Trois nouvelles seances furent consa- 
crees a la discussion des explications fournies par le pr^venu, qui, onfin, paru- 
rent suffisantes. Le 12 juillet 1355, dans lc cimetiere des fr^res mineurs d'Avi- 
gnon, rinquisiteur, le camerlingue et ie tr^sorier pontificaux condamnerent 
ces herctiques a la prison perpetuelle, mais peu apr6s les cinq femmes obtinrent 
la commutation de cette peine en un pelerinage a Saint-Jacques de Compos- 
telle. On leur accorda mSme un sursis de trois ans pour accomplir cette penitence. 
Le texte de ces proces a ete publie par le P. Eubel, BiUlar. francisc, t. vi, p. 627- 
638. Nons publions nous-mSmc, en appendice, lc textedes iettres accordant aux 
cinq femmcs le sursis de trois annces. 



326 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FBAN(AISB 



— 212 — 

Varcheveque de Narbohne devra rendre apte d exercer les 
charges publiques le laique Raymond de Tournissan, dont le 
grand-pere a ete condamne pour heresie apres sa mort. — Avignon, 
25 juin 1352. 

Reg. Vat., t. ccxiii, fol. 318, n. 202. 

Ven. fratri ..^ archiepiscopo Narbonen., saliitem, etc. — Exhi- 
bita nobis pro parte dilecti lilii Raymundi de Tornesano ^, de 
Limoso, laici tue diocesis, petitio continebat quod quondam Petrus 
Stephani de Tornesano, laicus Carcassonen. diocesis, avus eius- 
dem Raymundi, post eius obitum per inquisitorem heretice 
pravitatis in partibus illis auctoritate apostolica deputatum, 
extitit sicut hereticus condempnatus. Quare pro parte ipsius 
Raymundi nobis extitit humiliter supplicatum ut, cum ipse 
occasione huiusmodi nequeat publica ofTicia exercere, nec etiam 
ad dignitates assumi, que persone competunt seculari ^, sibi 
qui, ut asseritur, fideliter firmiterque in sinceritate fidei catholice 
semper perstitit et persistit, providere de benignitate apostolica 
dignaremur. Nos igitur... fraternitati tue... committimus et 
mandamus quod si est ita eidem Raymundo quod, premissis ac 
felicis recordationis Innocentii IIII, et Alexandri III I, ac Boni- 
facii VIII romanorum pontificum predecessorum nostrorum et 
quibuscumque aliis constitutionibus ac statutis, seu consuetudini- 
bus contrariis nequaquam obstantibus, idem Raymundus huius- 
modi publica officia exercere et ad dignitates assumi, que persone 
competunt seculari, libere et licite valeat apostolica auctoritate 
concedas. — Datum Avinioni, vii kalendas iulii, anno unde- 
cimo. • 



1. Pierre de la Jugie; voir n. 209, note 1. 

2. Tournissan (Aude), cant. de Lagrasse, arrond. de Carcassonne. 

13. Sur cette exclusion, voir n. 68, note 2, et Introduction, p. lxvii, 4». 



INNOCENT VI 

(1352-1362) 



INNOCENT VI 

(1352-1362) 



— 213 — 



Le pape Innocent VI mande au roi de Naples de seconder les 
efjnrts des inquisiteurs de son royaume qui ont regu mission de 
pourchasser les nomhreux heretiques emigres des montagnes de 
V Emhrunois jusque dans la Calahre. — A Vinquisiteur du royaume 
de Naples, d Alexandre de Padula, Marchesinode Monopoli^ 
Lrangois de Messine et Barthelemy de Solmone^ autres inquisi- 
teurs, il donne ordre de sevir contre ces refugies. — Avignon, 8 jan- 
vier 1353. 

Beg. Vat., t. ccxxxv, fol. 9 v*», 10; Deprez, Innocent VI (1352- 
1362), Letlres closes, pcUentes et curiales se rapporlant d la France, 
Paris, 1909, n. 14-16 (m ext.). 

Carissimo in Christo filio Ludovico ^, regi Sicilie illusiri, salu- 
tein. — Perduxit ad nos... — Datum Avinioni, vi idus ianuarii, 
anno primo. 

Pilecto filio .. inqqisitori herctice pravitatis in regno Siciiie 
»eu terra citra Farum auctoritate apostolica deputato, saiutem, 
etc. — Innotuit nohis... — - Datum Avinioni, vi idus ianuarii, 
anno primo. 

Dilecto filio Alexandro de Padula ^, ordinis predicatorum, 
MKpiisitori her. prav. in regno Sicilie, seu terra citra Farum auctor. 
aposl. deputato, sahitem, etc. — Innotuit nobis... — Datum 
u^t.supra. 

In V. m. diiecto filio Marchisio de Monopuio ^, ordinis ptcdi- 
Qelo.curn, inquisitori, etc. [ul supra]. 
• In e. m. Francisco de Messana, ord.pred., etc. . . 



330 BULLAIRE DE l'iNQUISIT10N FRANgAISE 

In e. m. Bartholomeo de Sulmona, ord. pred. 

1. Louis de Tarente, mari de Jeanne V^, reine de Naples, couronne rol le 
27 mai 1352, mort le 25 mai 1362. 

2. Alexandre de Padula fut institue inquisiteur dans le royaume de Naples 
en 1352. Quetif et Echard, op. cit., t. i, p. 640. 

3. Marchesino de Monopoli etait deja inquisiteur en Apulie, en 1343, ainsi 
qu'il resuite d'un diplome que lui adressait, le 24 novembre de cette annee 
Jeanne, reine de Naples. Quetif et Echard, op. cil., 1. 1, p. 616. 



— 214 — 

Le procureur de Vinquisiieur de Toulouse postule et obtient 
du pape Innocent VI que Vexamen du dossier de frere Guillaume Ber- 
nard Delpech, franciscain, forme parV Inquisitiontoulousaine,etcelui 
des ecrits de ce mcme religieux, oii Von dit que se trouvent des erreurs 
contre la foi, soient confies aux cardinaux Pierre de Cros et Gilles 
Rigaud, avec le droit de citer et de contraindre Vinculpe. — Avignou, 
16 mars 1353, 

Supplic, t. XXIII (Innoc. VI, ti i), fol. 115 v». 

Supplicat Sanctitati Vestre assiduus et devotus orator vester 
procurator inquisitoris Tholosani ^ heretice pravitatis quatinus 
examinationem confessionis facte coram vicario archiepiscopi 
Tliolosani ac vicario dicte Inquisitionis per fratrem Guillelmuni 
B. de Podio '^, ordinis minorum, super factis fidei, necnon expo- 
sitionis dicte confessionis et littere per ipsum misse sui ordinis 
capitulo generali et quorumdam librorum per ipsum composito- 
rum et aliorum dictorum suorum, in quibus contineri dicuntur 
aliqua contra bonos mores et aliqua erronea et hereticalia contra 
fidem, cum omnibus aliis negotium fidei catholice tangentibus 
ac emergentibus, dependentibus et connexis, cum potestate ci- 
tandi in Curia et extra ac compellendi ipsum et alios super hiis 
iuxta raorem et stilum Inquisitionis heretice pravitatis et alias, 
ut iura volunt, reverendissimis patribus in Christo ac dominis 
Autissiodoren. ^ et sancti Dyonisii * cardinalibus commictere 
dignemini, maxime cum per predecessorem vestrum dominum 
Clementem sancte memorie dictum negotium, ut dicitur, eisdera 



INNOCENT VI ^ 331 

fuerit commissum, ut facta vobisrelatione statuat eadem Sancti- 
tas quod placebit. 

Audiant predicti cardinales et citent, ut petitur, et referant. G. 
— Datum Avinioni, xvii kal. aprilis, anno primo. 

1. Pierre de Salgues; voir n. 207, note 1. 

2. Guillaume Bernard Delpech est signale par un Provinciale fransciscain, de 
1343 environ, conune etant originaire do Castelnaudary, et faisant partiedu 
couvent de co lieu. II fut un predicateur renomme. Eubel, Provinciale ord. fratr. 
minorum vetustiasimum secundum Cod. Vatic. n. 1960, Quaracchi, 1892, p. 17, 
note 20; cf. Wadding, Annales min., Rome, 1733, ad ann. 1334, p. 168, n. 25. 
Jean XXII le nomme, en 1333, membro de la commission chargee d'examiner 
les ecrits de Durand de Saint-Pour^ain et de Thomas Walleis (cf. n. 129 et notes; 
Denifle, Charlular., t. ii, p. 418, n. 975) sur la vision b^atifique. Benott XII 
le charge, en 1330, d'etudier, avec d^autres roligieux ct prelats eminents, la re- 
forme des coustitutions de Tordre franciscain. Eubel, BuU. franc, t. vi, p. 26, 
n. 51. Nul doute qu'il ait compte parmi les meilleurs theologiens de son ordre. 
Nous le voyons ici aux prises avec rinquisition, qui lui reproche certains ^crits 
eontre la foi et les bonnes moeurs, en particulier des livres sur la pauvrete du 
Christ, evidemment entachcs de beguinisme, et d'aulres touchant le sacrement 
de Teucharistie. Les pr^liminaires du proces se sont deroules k Toulouse; puis 
I'airaire a ete portee ou appelee au tribunal du pape, qui la confie au cardinal 
de Cros. La conclusion de renqudte ne dut pas ^tre trop defavorable k Taccuse, 
piiisque deux ans plus tard (1355) il fut au nombre des th^ologiens appeles en 
consultation a Avignon par rinquisiteur de Provence, pour statuer sur le cas 
de plusieurs beguins et beguines. Eubel, Bull. francisc, t. vi, p. 629, 634, 635. 

3. Pierre de Cros (de Croso), limousin, neveu de Clement VI, mattre en theo- 
logie, evlque de Senlis, le 31 aoiit 1344; transfere a Auxerre, le 1" decembre 
1349; cree eardinal du titre de Saint-Martin in Montihus, le 17 decembre 1350; 
mort le 23 septembre 1361. Baluze, Vilae, t. i, p. 900; Gall. christ., t. x, col. 1427- 
1428; t. XII, col. 319; Eubel, Hier., p. 18, 122, 475. 

4. Gilles Rigaud, abbe de Saint-Denis, O. S. B., cree cardinal du titre de 
Sainte-Prax^de, le 17 decembre 1350; mort le 10 septembre 1353. GaUia chrisl., 
t. VII, col. 399-400; Baluze, op. cit., col. 905; Eubel, op. cit., p. 18. 



— 214 bis 



Supplique tendant d obtenir quelques modifications d la pre- 
cedente. Les ecrits dudit franciscain roulent sur la question de la 
pauvrete du Christ et des apotres, et sur Veucharistie. Le cardinal 
Pierre de Cros est seul charge de Venquite, et le vape lui-mime 
se reserue la sentence. — Avignon, 15 avril 1353. 



332 BULI.AIRE DE l'iNQUISITION FRANgAlSE 

Supplic.j t. XXIII (Innoc. VI, t. i), fol. 127 v». 

Supplicat Sanctitati Vestre procurator inquisitoris Tholosani 
quod examinationem confexionis [sic) facte coram vicariis archie- 
piscopi et inquisitoris predicti per fratrem Guillelmum Bernardi 
de Podio, ordinis minorum, et expositionis dicte confessionis 
et littere per ipsum misse sui ordinis capitulo generali, necnon 
et quorundam librorum per ipsum compositorum de paupertate 
Christi ac apostolorum et de sacramento altaris, in quihus mulla 
contineri dicuntur contra bonos mores et nonnulla erronea contra 
fidem cum aliis negotium fidei tangentibus... cum potestate 
citandi in Curia et extra Curiam testes, examinandi, compellendi 
ipsum et alios super premissis de veritate dicenda iuxta morem 
Inquisitionis heretice pravitatis et alias, prout fuerit iuris et 
rationis, duobus de reverendissimis patribus et dominis cardina- 
libus committere dignemini, et per eos, auditis allegationibus 
et probationibus prefati procuratoris contra dogmata predicti 
fratris Guillelmi B., factaque vobis relatione, statuat eadem 
Sanctitas quod placebit. 

Audiat et referat Autisiodoren. cardinalis. G. — Datuin 
Avinioni, xvii kal. maii, anno primo. 



— 215 — 

Sauf-conduit pour deux notaires de Carcassonne qui conduisent 
d Ai^ignon les fraticelles Jean de Castillon et Frangois de Arquata. 
— Avignon, 19 mars 1354. 

Reg. A^en., X. cxxviii (Innoc. VI, t. viii), fol. 43, ii. 2, 3. 

Ven. fratribus .. patriarchis, archiepiscopis et episcopis, ac 
dilectis filiis electis, abbatibus, prioribus, decanis, prepositls, 
archidiaconis, archipresbiteris, plebanis, rectoribus et aliis eccle- 
siarum et monasteriorum prelatis, ipsorumque vicesgerentibus; 
capitulis quoque et conventibus ecclesiarum et monasterioruni 
ipsorum, ceterisque personis ecclesiasticis, secularibus et regula- 
-pibus, exemptis et non exeinptis Cistercien., Cluniacen., Pre- 
monstraten., sanctorum Benedicti et Augustini, et aliorum or- 



INNOCENT Vl 333 

dinum et domorum Hospitalis sancti Johannis Jerosolimitani 
magistris, prioribus et preceptoribus, salutem, etc. — Cum 
nuper mandaverimus quod Johannes de Castillone et Franciscus 
de Arquata *, ordinis fratrum minorum, heretica sicut accepi- 
mus labe respersi, in civitale Carcassonen. detenti, ad romanam 
Curiam ubi de ipsis volumus ministrari [iusticiam] adducantur, 
universitatem vestram hortamur et rogamus attente per apo- 
stolica vobis scripta, mandantes quatinus dilectis filiis Guil- 
lelmo Picardi et Guillelmo Nadini ^ de Carcassona, notariis 
publicis, et aliis per quos ipsos Johannemet Franciscum adduci 
contigerit, peromnia loca et territoria vestra cum ad illa perve- 
nerint de securo conductu si requirendum duxerint necnon de 
ipsorum necessariis providere curetis... — Datum Avinioni, 
xiiii kalendas aprilis, anno secundo. 

Dilectis filiis nobilibus viris ducibus, principibus, comitibus, 
baronibus, senescallis, iusticiariis, capitaneis, rectoribus, baiu- 
lis, ofTicialibus, ceterisque dominis temporalibus; universatibus 
quoque et communitatibus civitatum, castrorum, territorio- 
nim, et aliorumcumque (sic) locorum, ac aliis universis et sin- 
^ulis ad quos presentes littere pervenerint, salutem, etc. — 
Cum mandaverimus quod [etc, comme ci-dessiiSj jusqud la fin]. 

1. Ces deux franciscains^ dont Tun etait prStre et l'autre frere convers, 
avaient repris et enseignaient les doctrines des fraticelles sur ia pauvrete du 
Christ et des apdtres. Saisis ^ Montpellier, remis a Tinquisiteur de Carcassonne, 
ils furent reclames par le pape et conduits k Avignon. Au cours de leur proces, 
ils present^rent une longue c^dule contenant leurs erreurs. Ils y proclamaient, 
entre autres choses, que Jean XXII et ses successeurs, jusqu'^ Innocent VI, 
itaient heretiques pour avoir excommuni^ les fraticelles. Ils furent condamnes 
k la dcgradation canonique et livres au bras sdculier, la semaine de la Pentec6te 
de Tan 1354. On raconte qu'en marchant au supplice ils chantaient : Gloria 
in exceUis Deo. Raynaldi, Annal., ad ann. 1352, n. xxxi. 

2. Cf. n. 205, note 1. 



— 216 — 

Vinquisiteur de Carcassonne, Amedee de Langres, de^TU veiller 
d ce que les deux notaires chargesde conduire d Ai>ignon les frati- 
celles Jcaii dc Castillon ct Francois de Arquata re(;oi^'ent la sonune 




334 BULLAIRE DE L*INQUISltlON FftANCAlSfi 

de quatre florins par jour des personnes ecclesiastiques dans les 
localites traversees par eux. — Avignon, 30 mars 1354. 

Reg. Aven.y t. cxxviii, fol. 45, n. 9, de Curia; Mahul^ Cartulaire 
de... Carcassonne, t. v, p. 690 (anal.). 

Dilecto filio Amedio de Lingonis ^ ordinis fratrum predica- 
torum professori, inquisitori heretice pravitatis inregno Francie 
auctoritate apostolica deputato, Carcassone moram trahenti, 
salutem, etc. — Cum nuper mandaverimus quod Johannes de 
Castillone et Franciscus de Arquata [etc, comme ci-dessus, 
n. 215 jusqud] adducantur, discretioni tue per apostolica scri- 
pta committimus et mandamus, quatinus dilectis filiis Guillelmo 
Picardi et Guillelmo Naudini de Carcassona, notariis publicis, 
et aliis per quos prefatos Johannem et Franciscum ad dictam 
Curiam adduci contigerit, singulis diebus, ad ipsam Curiam 
veniendo, de quatuor florenis auri pro eorum necessariis a personis 
ecclesiasticis exemptis et non exemptis quibuslibet [etc.] facias 
auctoritate nostra integre provideri. Contradictores [etc.]. 
Datum Avinioni, iii kalendas aprilis, anno secundo. 

4. Successeur d*Aymon de Caumont (n. 162) ou d'Imbert de Sens (d'apre8 
Bouges et Mahul), a rinquisition Garcassonne, il reste en charge probable- 
ment jusqu'a l'arrivee d'fitienne de Ecclesia (n. 223, note 1). Ses actes comme 
inquisiteur nous sont inconnus. Voir deux suppliques de lui, n. 219. 



— 217 - . 

Lettre aux prelats dans le meme sens. — Avignon, 30 mars 1354, 

Reg. Aven., t. cxxviii, fol. 45, n. 10, de Curia. 

Ven. fratribus patriarchis [etc, comme ci-dessus, n. 215, 216, 
jusqud] mandantes quatinus dilectos filios Guillelmum Picardi 
et Guillelmum Nadini, de Carcassona, notarios publicos, et alios 
per quos dictos Johannem et Franciscum ad dictam Curiam adduci 
contigerit, cum per partes vestras transitum fecerint, ob reve- 
rentiam apostolice Sedis et nostram benigne recipientes et ho- 
neste tractantes, eis diebus singulis ad dictam Curiam veniendo 
de quatuor florenis auri pro eorum necessariis et de securo con- 



INNOCENT VI 335 

ductu, cum super premissis per eos vel eorum nuncios fueritis 
requisiti, liberaliter providere ac mandatum nostrum huiusmodi 
sic eflicaciter adimplere curetis quod nos devotionem vestram 
exinde commendare merito valeamus. — Datum Avinioni, ii 
kalendas aprilis, anno secundo. 



— 218 — 



Ue\>eque de Rodez refoit le pouvoir de poursuivre plusieurs reli- 
gieux de son diocese, adonnes aux pratiques de la magiej de la sor- 
ceUerie et aux invocations des demons. — Avignon, 4 avril 1354, 

Reg.. Aven., t. cxxvi, fol. 436 v«, n. %. 

Dilecto filio.. ofiiciali Ruthenen., salutem, etc. — Nupe 
pro partetua nobis extitit intimatum quod ad audientiam tuam 
noviter fama publica referente deducto quod nonnulli perdi- 
tionis et iniquitatis filii Ruthenen. civitatis et diocesis se magicis 
artibus, sortilegiis et invocationibus demonum implicabant 
iu ad recipiendum super hiis informationem congruam et etiam 
diligentem ex oflicio procedens, per informationem huiusmodi per 
te rite habitam invenisti Hectorem Lenihati, priorem prioratus de 
Mayrinhagas^ ac Johannem Carrerii et Pontium de Pradinis *, 
monachos, Johannem Blanchi et Johannem Girla, conversos mo- 
nasterii Bonecumbe ^, Cluniacen. et Cistercien. ordinum, dicte 
diocesis, fore de premissis omnibus vehementer suspectos, et 
etiam difamatos; sed occasione exeinptionis et privilegiorum 
prefatis ordinibus a Sede apostolica concessorum contra ipsos 
priorein et monachos et conversos super liiis procedere non es 
ausus. Nos igitur... discretioni tue descendendi ad inquisitionem 
hac vice auctoritate nostra si est ita contra predictos priorem, 
mona<;hos ei ronversos el quemlibet eorum super premissis 
omnibus ei singulis, cosquc si per inquisitionem huiusmodi a te 
super hiis rite habendam ipsos culpabiles inveneris in premissis 
vel aiiquo preinissorum, corrigendi ei etiam puniendi iuxta 
cano nicassanctiones, non obstante[e<r.], plenam ei liberam con- 
cedimus ienore presentium facultatem. — Datum Avinioni, ii 
nonas aprilis, anno secundo. 



33fi BULI.AIRE DE L*INQUISITION FRANgAISE 

1. Mayrignagues (Aveyron), cant. de Villeneuve^ arrond. de Villefranche. 

2. Les localites du nom de Pradines, ou Pradinas sont nombreuses dans 
Tarrond. de Rodez. 

3. Bonnecombe (Aveyron), com. de Comps-la-Grandville, cant. de Cassagnes- 
Begonhfes^ arrond. de Rodez. 



— 219 — 

Amedee de Langres, inquisiteur de Carcassonne, postule deux cano- 
nicats, Vunpour Guillaume Picard, de Caumont, notaire inquisitorial 
et gardien du mur des heretiques d Carcassonne, Vautre pour Jean 
Micheleti, familier de Vinquisiteur. II les obtient, le 11 juin 1354. 

SupplicaL, t. XXV (Innoc. VI, an. II), fol. 138 v». 

Supplicat Sanctitati Vestre devota et humilis creatura ve- 
stra frater Amedeus de Lingonis ^, ordinis predicatorum, inqui- 
sitor heretice pravitatis in Carcassona, quatinus dilecto et fideli 
familiari suo Guillelmo Picardi de Calvomonte, clerico Lingonen. 
diocesis, apostolica, imperiali et regia auctoritatibus, ac officii 
dicte Inquisitionis speciali notario, et custodi muriin quo rei pro 
crimine heresis detinentur, qui dicto officio pluribus annis bene 
et fideliter deservivit et in ipso officio continue laborare non cessat, 
de canonicatu... eccl. Cathalaunen. et prebenda in eadem 
ecclesia dignemini... de speciali gratia providere... 
Fiat... G. 

Item.. supplicat inquisitor predictus quatinus dilecto fami- 
liari suo Johanni Micheleti, subdiacono Lingonen., de canoni- 
catu... eccl. B. M. de Belna ^, Eduen. di., et prebenda... digne- 
mini de speciali gratia providere... 

Vel similem gratiam faciendo in eccl. S. Martini de Chableiis ^, 
Lingonen. dioc... 

Fiat. G. — Datum apnd Villamnovam, Avinionen, dioc,, iii 
idus iunii, anno secundo. 

1. Amedee de Langres; n. 216, note. 

2. Beaune (G6te-d'0r). 

3. Chablis (Yonne), arroiul. d'Auxerre, 



INNOCENT VI 



337 



— 220 



Le pape commel Vabbe de Gaillac pour proceder en justice contre 
cerlains moines de Bonnecomhe accuses par Vofjicial de Rodez 
de pratiquer la magie et d^ai^oir commerce a^>ec le demon. — Ville- 
neuve, 24 juin 1354. 

^7?«^. Aven., t. cxxvii (Innoc. VI, t. vii), fol. 562 v^. 
Dilecto filio .. ^ abbati monasterii Galliaci, Albien. diocesis, 
lutem, etc. — Exhibite nobis nuper dilectorum filiorum .. * 
abbatis et conventus monasterii Bonecumbe, Cistercien. ordinis, 
lUithenen. diocesis, petitionis series continebat quod olim.. 
olliciali Ruthenen. nobis suggerente quod nonnulli monachi 
et conversi eiusdem monasterii se magicis artibus et invocationi- 
bus demonum implicabant, dictusque officialis per informatio- 
nem per eum super hiis ut asserebat rite habitam nonnullos 
dicti monasterii monachos et conversos tunc nominatim ex- 
pressos invenerat de premissis omnibus fore vehementer su- 
spectos et etiam difTamatos, scd quia exempti erant, contra eos 
procedere non audebat : nos ad suggestionem huiusmodi per 
nostras litteras eidem ofliciali commisimus quod si relata huius- 
modi veritate niterentur, et per inquisitionem per eum super 
hiis rite habendam ipsos monachos et conversos tunc expressos 
roperiret culpabiles in premissis, eos puniret et corrigeret iuxta 
canonicas sanxiones. Cum autem, sicut eadem petitio subiun- 
gebat, prefatus officialis nulla super premissis inquisitione 
prehabita, formam mandati excedens, Johannem Girla, conver- 
sum dicti monasterii in dictis litteris nominatum capi et carceri 
mancipari fecerit, dictosque abbatem et conventum et perso- 
nas in eodem monasterio degentes odio persequatur, pro parte 
ipsorum abbatis et conventus nobis fuit humiliter suppli- 
catum ut providere eis super hiis de oportuno remedio digna- 
remur. Nos itaque... discretioni tue... mandamus quatinus 
si per informationem per predictum officialem rite habitam seu 
alias eosdem monachos et conversos in premissis vel aliquo pre- 
missorum inveneris culpabiles seu etiam diflamatos, illos corri- 
gas eisquc penam infligas... Contradictores... [efc.]. — Datuin 
apud Villanmovam, Avinionen. diocesis, viii kalendas iulii, 
anno secuiido. 

BULLAIRE - 22 



338 nUI.LAlRE DE lSnQUISITION FRANgAISE 

1. Arnaud du Falga. Gall. christ., t. i, col. 54. 

2. Raymond (?). Gall. chrisL, t. i, col. 253. 



— 221 — 

V inquisiteur Pierre des Monts obtient pour son notaire et fami- 
lier, Guillaume Pini, un canonicat dans Veglise de Cai^aillon, 
en recompense des sennces quil a rendus en trai'aillant d la repres- 
sion de Vheresie, surtout dans la pro^nnce d' Emhrun. — Avignon, 
15 mars 1355. 

, Reg. Supplic, t. XXVI (Innoc. VI, an. III), fol. 71 v". 

Supplicat S. V. humilis orator vester frater Petrus de Mon- 
tibus ^, ordinis fratrum minorum, in Arelaten., Aquen,, Viennen. 
et Ebredunen. provinciis inquisitor heretice pravitatis, quatinus 
sibi in personam dilecti notarii et familiaris sui continui com- 
mensalis Guillelmi Pini, diocesis Carpentoraten., qui eiusdem 
inquisitoris obsequiis per septennium solicite institit et secum in 
huiusmodi Inquisitionis ofTicio, presertim in Ebredunen. provin- 
cia, non sine sue persone periculo plurimum laboravit, specialem 
gratiam faciendo, eidem Guillelmo de canonicatu eccl. cathe- 
dralis Cavallicen.... dignemini providere... 

Fiat G. — Item quod transeat sine alia lectione : Fiat. G. — 
Datum Avinioni, idus martii, anno tertio. 



1. Voir n. 211, note 2. 



— 222 — 



Guillaume de Bordes, archei^eque d' Embrun, obtie?it un canonicat 
dans VegUse d' Agen pour son sncaire, Jean Guilhamin, qai s'est 
employe avec zele d la repression de Vheresie dans V Embrunois. 
— Avignon, 9 mai 1355. 



INNOCENT VI 339 

Supplic, t. XXVI (Innoc. VI, an. III), fol. 98 v«. 

Supplicat S. V. devolus orator vcster Guillelmus, archiepisco- 
l»us Ebredunen. ^, quatinus sibi in personam Johannis Guilha- 
>uini, licentiati in decretis, vicarii sui, qui in Inquisitionis oflicio 
heretice pravitatis in illis partibus plurimum laboravit, multis 
se preterea periculis exponendo, specialem gratiam facientes, 
eidem Johanni de canonicatu eccl. Agennen... (sic). 

Fiat. G. — Datum Avinioni, vii idus maii, anno tertio. 

1. Guillaume de Bordes, n. 211, note 1. 



— 223 — 



Innocent VI accorde d Etienne de Ecclesia, inquisiieur de Car- 
rassonne, la faculte de creer deux notaires pour le tribunal d^ln- 
ijuisition. — Avignon, 30 juillet 1357. 

Supplic, t. XXVII (Innoc. VI, an. V), fol. 194. 

Dignetur S. V. concedere fr. Stephano Ecclesie ^, inquisitori 
Carcassonen., quatuor tabelliones auctoritate apostolica, qui in 
(licto Inquisitionis ofFicio in diversis sibi commissis partibus 
^cribere et annotare valeant, ut in forma. 

Fiat de duobus in Cancellaria nominandis. G. — Datum Avi- 
nioni, iii kal. augusti, anno quinto. 

1. fitienne de Ecclesia (de rfiglise) etait originaire de Clermont en Auvergne. 
Les actes du chapitre gencral des dorainicains de Barcelone, en 1.349, le mention- 
nent comme procureur de Tordre a Avignon et notent Timposition de 5 florins 
par province qui fut decidee par le chapitre comme contribution aux depenses 
de ce religieux. Reichert, Acla, t. ii, p. 331. En 1350, le pape Cl^ment VI lui 
conf^ra le titie de docteur. Denifle, Quellen zur Gelehrtengeschichle des Predi- 
gerordens im xin und xiv Jahrhundert, dans Archii^ fiir LiUeratur, t. ii, p. 224. 
En mai et juin 1355, il fit partie de la commission de theologiens appelee par 
rinquisiteur d*Avignon, PieTO des Monts, k examiner le beguin Maurino Mar- 
chioni, et plusieurs beguines. Eubel, BuU. franc, t. vi, p.629, 635. II fut nomme 
inquisiteiir de Carcassonne par le provincial des dominicains de France, en 1357, 
et resta en charge jusqu'^ rarrivee de Guillaume Chevalier (n. 236). II se demit 
alors et se retira dans le couvent de Clermont. Quetif et Echard, op. cit., t. i, 
p. 660; Mahul, CartuL, t. v, p. 693. 



340 BULLAIRE DE L*INQUISITlON FRANgAISE 



— 224 — 

Le pape recommande d la bienveillance des rois d^Aragon ^ et 
de Castille ^ V inquisiteur de Proi^ence, Bernard Dupuy ^, charge 
de remplir, dans leurs royaumes, une mission interessant la foi. 
— Avignon, 25 septembre 1359. 

Reg. VaL, t. ccxli^ fol. 135, 135 \°; Wadding, op. cit., ad ann. 
1359, n. III [in ext.). 

Carissimo in Christo filio Petro, regi Aragonum illustri, salu- 
tem. — In desideriis nostris... Cum itaque nos dilectum filium 
Bernardum de Podio, ordinis fratrum minorum professorem, 
magistrum in sacra pagina, inquisitorem heretice pravitatis 
in provincia Provincie auctoritate apostolica deputatum, inter 
alias ad Aragonie partes et alias tibi subiectas pro magnis et 
arduis negotiis fidem christianam tangentibus destinemus, 
magnificentiam regiam paterno rogamus et hortamur aflectu 
quatinus eundem inquisitorem propensius recommendatum tua 
serenitas secum habens, eius exhortationem in hiis que negotia 
predicta contingunt pro divina et nostra ac apostolice Sedis reve- 
rentia exaudias et succincte iubeas expediri, ut idem inquisitor 
in negociorum ipsorum exequtione votiva valeat felicius pro- 
sperari, nosque celsitudinem tuam dignis in Domino laudibus 
attollamus. — Datum Avinioni, vii kalendas octobris, anno 
septimo, 

Carissimo in Christo filio Petro regi Castelle et Legionis illu- 
stri, salutem. — In desideriis nostris... [etc, ut supra]. 

1. Pierre IV; voir n. 195, note 1. 

2. Pierre le Cruel, roi de Castille et de Leon, de 1350 a 1368. De Mas-Latrie, 
op. cit., col. 1736; Now. biog. gen., art. Pierre ; U. Che\a\\er, Repertoire, etc. 

3. Bernard Dupuy allait rechercher et punir les juifs du Comtat Venaissin, 
qui, apres s'etre convertis au catholicisme, etaient retournes aux pratiques ju- 
daiques (cf. n. 229). La recherche de ces*apostats fut continuee par Hugues 
de Cardillon, sous Urbain V (n. 235). 



1 



INNOCENT VI 341 



225-228 — 



Lettres a divers sur le meme sujet. — Avignon, 25, 26 septem- 
bre 1359. 

Reg. Val., t. ccxLi, fol. 135 v«, 136, 137. 

Venerabili fralri Guidoni ^, episcopo Portuen., apostolice 
Sedis legato, salutem. — Cum dilectum filium Bernardum de 
Podio, ordinis fratrum minorum [etc., mSme sens queci-dessus^ 
mutatis mutandis. — Dicto episcopo mandat ut dictum fratrem 
suis consiliis in agendis di»igat]. — Datum Avinioni, vi kalen- 
das oclobris, anno septimo. 

Dilectis filiis .. inquisitonbus heretice pravitatis ubilibet 
aiictoritate apostolica deputatis, salutem, etc. — Cum pro 
nonnuUorum [eisdem mandat ut ipsi inquisitori consiliis opor- 
tunis et auxiliis assistant]. — Datum Avinioni, vii kalendas 
octobris, anno septimo. 

Dilectis filiis nobilibus viris ducibus, principibus, marchio- 
nibus, comitibu?, baronibus,senescallis, iusticiariis, potestatibus, 
capitaneis, gubernatoribus, rectoribus, bailivis, officialibus, 
ceterisque dominis temporalibus, necnon universitatibus et 
communitatibus civitatum, castrorum, terrarum, villarum et alio- 
rum quorumrun([ue locorum, et aliis universis et singulis ad (juos 
presentes littere pervenerint, salutem, etc. — Cum nos dilectum 
[etc. ; ut ipsi assistant consiliis et auxiliis oportunis]. — Datum 
Avinioni, vii kal. octobris, anno septimo. 

[Simili modo] archiepiscopis et episcopis [ct aliis preiatis, 
ej, personis ecclesiasticis, sccularibus et reguiaril)us]. 

1. Guy de Boulogne, ou de Montfort. chanoine d^Amiens; archev^que de Lyon, 
le 11 octobre la^iO; cardinal du titre de Sainte-Cecile, le 20 septembro 13''i2; evS- 
que de Porto en 1350; mort a Lerida, le 25 novembre 1373. Gall. christ. t. iv, 
col. 164-166; Baiuze, VUae, t. i, col. 837-840, 1037-1038; Eubel, Uier., 1. 1, p. 17- 
330. 



342 BULLAIBE DE l'iNQU1SI TION FRA>gAISE 

— 229 — 

Innocent VI donne d Bernard Dupuy, frere mineur, inquisiteur 
de Provence, le poui^oir de se saisir, en quelque lieu quilsse trou- 
{>ent, de certains juifs convertis, retournes au judaisme et refugies 
hors des limites de f:a proi^ince. II leur fera un proces sommaire 
et les punira ^. — Avignon, 30 septembre 1359. 

Heg. Vat., t. ccxLi, fol. 13, 134; Wadding, op. cit., an. 1359, n, ii 
(in exl.) ; Eubel, BulL, t. vi, n. 772. 

Dilecto filio Bernardo de Podio, ordinis fratrum minorum 
professori, magistro in sacra pagina,* heretice pravitatis inquisi- 
tori in provincia Provincie auctoritate apostolica deputato, 
salutem. — Anxia nimis mente percepimus nonnullos ini- 
quitatis filios et perditionis alumpnos, spontanee relicto iudaice 
cecitatis errore per lavacrum regenerationis ad fidem christianam 
conversos eandem fidem catholicam abnegantes ad prebilatam 
cecitatem iudaicam velut canes ad vomitum dampnabiliter 
rediisse, qui se de tue Inquisitionis finibus ad partes incognitas 
vel distantes clandestine contulerunt, quod tanto magis repro- 
bum et absurdum fore dinoscitur quanto ex hoc Ghristi nomen 
sanctissimum quadam interstina {sic) hostilitate detestabilius 
blasffematur ; nos igitur qui sub nostris desideriis gerimus et 
instancia multe solicitudinis exitamur ut fides catholica nostris 
prosperetur temporibus et calamitas heretice pravitatis de fmi- 
bus fidelium extirpetur, adversus tales neophitas novercales illo 
volentes tibi remedio subvenire per quod ipsorum compescatur 
temeritas et aliis aditus committendi similia prechidatur, discre- 
tioni tue de qua experimento laudabili in maioribus comprobata 
fidem in Domino gerimus pleniorem, super hiis summarie et de 
plano absque strepitu et figura iudicii vocatis evocandis cum 
fideli diligentia et soUerti ubicumque fueris plenius informandi, 
et si repereris ita esse huiusmodi iudaisantes ad presens ubi- 
cumque vivi fuerint adinventi per te, vel alium, seu alios capiendi, 
detinendi, incarcerandi, ducendi et debite puniendi, et capi, 
detineri, incarcerari, duci et puniri debite faciendi, ubicumque 
videris expedire, et mortuos exhumari etde sic exhumatis iusti- 
ciam debitam si nondum facta extiterit faciendi; contradictores 
quoque cuiuscumque gradus, status, ordinis, vel conditionis 



INNOCENT VI 343 

existant, etiamsi poniincali vel qualibet alia ecclesiastica vel 
miindana dignitate prefulgeant, auctoritate apostolica per cen- 
suram ecclesiasticam appellatione postposita compescendi; in- 
vocandique deinde ad hoc si opus fuerit auxilium brachiisecularis, 
ac reliqua premissa necessaria exercendi. Non obstante si aliqui- 
bus communiter vel divisim a Sede apostolica sil indultum [etc.] 
et quibuscumque aliis lilteris, privilegiis, seu commissionibus 
apostolicis quibuscumque inquisitoribus seu quibusvis aliis sub 
quacumque forma verborum concessis per que presentibus non 
expressa vel totaliter non inserta aceorumeffectus posset differri, 
seu alias quomodolibet impediri, et de quibus quorumque totis 
tenoribus habenda sit in nostris litteris mentio specialis; seu 
si ordini tuoa Sede predictasit concessum quod fratres eiusdem 
ordinis non teneantur se intromittere de quibuscumquenegotiis 
que ipsis per eiusdem Sedis litteras committuntur, nisi in eis 
de concessione huiusmodi plena et expressa mentio habeatur 
plenam et liberam huiusmodi prosecutione durante duntaxat 
tenore presentium concedimus facultatem. Per hec autem non 
intendimus ut inquisitoribus quibuscumque seu olFiciis eorum- 
dem in ceteris preiudicium aliquod afferatur, nec eorumaudien- 
ciis vel debitis exercitiis detrahatur. — Datum Avinioni, ii 
kalendas octobris, anno septimo *. 

1. Voir n. 224 a 228. 

2. Wadding, loc. cil., habet : xi kcU. octobris. 



— 230 — 



Les inquisiteurs de Provence devront s^ahstenir de molester les 
juifs justiciahles de leur trihunal, soit en refusant d'entendre leur 
defense, ou de leur livrer copie des accusations et des temoignages 
reQUs contre eux^ aoit en negligeanl de s*adjoindre Veveque diocesain 
pour les condamner, les soumettre d la torture ou d la prison pre- 
s^entive. — Villeneuve, 27 juin 1360. 

Reg. Aven., t. cxliv, fol. hi^\Supplic., X. xxxi, fol. 128 v» : suppli. 
catio syndicorum ludeorum. 



344 BULLAIRE DE l'iNQUIS1TION FRANgAISE 

Dilectis filiis universis inquisitoribiis heretice parvitatis per 
Arelaten. et Massilien. civitates et dioceses ac Provincie et Fol- 
calquerii comitatus per Sedem apostolicam deputatis, salutem, 
etc. — Significaverunt nobis universi iudei in Arelaten. et Massi- 
lien. civitatibus et diocesibus ac Provincie et Folcalquerii comi- 
tatibus habitantes quod nonnulli exvobis, in citationibus, inqiii- 
sitionibus et aliis processibus quos contra ludeos ipsos vel eorum 
aliquem ratione officii vestri Inquisitionis heretice pravitatis 
fecistis hactenus et facitis ^, defensiones et exceptiones legiti- 
mas contra huiusmodi inquisitiones, citationes et processus 
pro parte ipsorum ludeorum per se vel eorum procuratores pro- 
positas admittere eisque articulorum super quibus contra eos 
huiusmodi citationes, inquisitiones et processus fiunt, necnon 
attestationes et aliarum probationum in eis receptarum copiam 
tradere et facere eorum sumptibus et expensis ^ recusastis hactenus 
et etiam recusatis; et insuper contra eos absque diocesanis 
locorum aut eorum seu capitulorum sede vacante delegatis 
ad condempnationem procedere, ipsos tormentis exponere, duro 
carceri qui magis ad penam quam ad custodiam videtur tendere 
presumitis mancipare ^, et alias eos ratione huiusmodi officii 
multis gravatis laboribus et expensis indebite et iniuste : super 
quo ipsi ludei ad apostolice Sedis remedium humiliter recurrerunt. 
Cum igitur pietas christiana ludeos ipsosreceptet et cohabitatio- 
nem sustineat eorumdem, nos eis super hiis et ut huiusmodi 
officium contra eos cum debita maturitate procedat, ne forsan 
absque culpa dampnentur, providere volentes, auctoritate aposto- 
lica vobis et aliis inquisitoribus heretice pravitatis in dictis civi- 
tatibus et diocesibus ac comitatibus per Sedem apostolicam depu- 
tandis precipimus et mandamus quatinus in citationibus, inqui- 
sitionibus, et aliis processibus per vos ratione huiusmodi oflicii 
vestri Inquisitionis heretice pravitatis contra ipsos ludeos vel 
eorum aliquem factis seu in antea faciendis eorum exceptiones 
et defensiones legitimas contra huiusmodi citationes, inquisi- 
tiones et processus per ipsos ludeos debito modo propositas et 
proponendas in antea, et alias ipsos ad defendendum se in pre- 
missis, prout iustum fuerit, admittatis, eisque articulorum super 
quibus huiusmodi citationes, inquisitiones et processus fiunt 
seu fient, necnon attestationum et aliarum probationum super 
hiis produGtorum et receptorum ac producendorum etrecipien- 
dorum imposterum copiam, si iJJam debite petierunt aut 



INNOCENT VI 345 

inantea petierint, eorum tamen sumptibus et expensis, dum- 
modo id sinc periculo fieri valeat, tradatis; et insupercontra eos 
super hiis absque diocesano loci seu eius aut sede vacante capi- 
tuli subdelec^ato, nisi si et prout permictunt canonice sanctiones 
nullatenus procedatis, et alias in premissis ab ipsorum ludeo- 
rum gravaminibus abstinere curetis; statutis, privilegiis et 
ortlinationibus per iios seu i^redccessorcs nostros romanos pon- 
liliccs factis seu inquisitoribus dicte herelice pravitatis conces- 
sis contrariis non obstantibus quibuscumque; nos enim irri- 
tum decernimus et inane si secus [e<c.]. Presentibus post quin- 
quennium minime valituris. — Datum apud Villamnovam, 
Avinionen. diocesis, v kalcndas iulii, anno octavo *. 

1. Ce fut Clemcnt IV qui confia aux inquisiteurs la punition des juifs convcrtis 
retourncs au judaismc. Potthast, n. 20081, 20082, 20095. Gregoirc X renouvela 
ces statuts (Potthast, n. 20720, 20724, 20798); ainsi quc Nicolas III (Doat, 
t. XXXVII, fol. 191) et Nicolas IV. Langlois, Registres de Nicolas IV, n. 322 
Clement VII, a la dcmande des juifs dcs provinces dc Sens, Rouen, Reims et 
LyoM, molestcs par les inquisiteurs, enleva a ces derniers la connaissance des 
crimes imputes aux fils d'Israel (n. 318). Voir Introduction, p. xliii sq. 

2. Les accuses avaient le droit de reccvoir copie, a lcurs frais, des tcmoignages 
rocueillis contre eux, moins ccpendant les noms des accusateurs, quand il pou- 
vail y avoir du danger pour ceux-ci. Cette pratiquc avait ete imposee ou sanc- 
tionnee par divers papcs : Gregoire IX (Noui^elle Rei^ue historique du droil fran- 
fow, 1888, p. 673); Innocent IV (Ripoll, Bullar., t. i, p. 211; Practica delicr- 
nard Gui, edit. Douais, p. 189); Alcxandre IV (Teulet, Layettes du Tresor des 
chartes, n. 4112, 4221); lioniface VIII (SexL, lib. V, tit. De haerelicis, cap. 20). 
Voir Vidal, Le trihunal d' J nquisilion de Paniicrs, p. 188-194, ct Introduction, 
p. LXVI. 

3. Lo decrct Multorum, promulgue par Clement V dans le concilc do Vienne 
et insere dans le recueil dos CU-meiUines (lib. V, tit. ii, cap. 1), exigeait Ten- 
tcntc de rcvequc ot de rinquisiteur pour los actes rappelcs dans la prcsente 
bulle. Cf. n. 5, notc. 3. 

4. Voir d'autrcs lottros on faveur dcs juifs contro les inquisiteurs aux 
n. 269-270, 318. 



URBAIN V 

(1362-1370) 




URBAIN V 

(1362-1370) 



— 231 — 

A la requete des consuls et du peuple de Montpelliery Urbain V 
renom>elle le pri^ilege d eux concede par Jean XXIIy en considi' 
ration de leur zele pour la joi, d savoir : de n^etre pas molestes par 
les inquisiteurs, d tnoins d^un motif grave. — Avignon, 2 janvier 
1363. 

Reg. VaL, t. ccLxi, fol. 60. 

Eisdem [consulibus et populo Montispessulani, Magalonen. dio- 
cesis], salutem, etc. — Fidei et devotionis... Hinc est quod nos 
vestris supplicationibus inclinati mandatum dudum in favorem 
vestrum factum per felicis recordationis Johannem papam XXII 
predecessorem nostrum inquisitoribus heretice pravitatis inre- 
gno Francie tunc per Sedem apostolicam deputatis et inposte- 
rum deputandis quod in ipsius predecessoris litteris, quarum 
tenorem presentibus inseri fecimus, plenius continetur, auctori- 
late apostolica innovamus et presentis scripti patrocinio com- 
munimus. Tenor autem dictarum litterarum talis est : 

« Johannes *, episcopus, servus servorum Dei, dilectis filiis 
infiuisitoribus heretice pravitatis in regno Francie per Sedem 
aposlolicam deputatis et imposterum deputandis, salutem et 
apostolicam benedictionem. — Etsi zelo fidei christiane ad 
cuius defensionem tenemur ex ofTicii debito et nichilominus 
(livini amoris igne succendimur labem heretice pravitatis abo- 
leri de credentium finibus cupiamus, quia tamen iuxta euvange- 
lice veritatis eloquium dum de agro Domini colliguntur zizania 
triticum conservari debet in horreo reponendum, commissum et 



350 BULLAIRE DE l'iN QUISITION FRANgAISE 

committendum vobis Inquisitionis officium sic vos volumus con- 
tra hereticorum perfidiam viriliter exequi ut in eos qui fidei 
christiane professores et divini nominis veri cultores extiterunt 
illud non contingat extendi. Sane nonnullis ex predecessoribus 
nostris lomanis pontificibus ab olim, sicut in eorum litteris au- 
divimus contineri, fuit testimoniis fidedignis assertum quod 
villa Montispessulani, Magalonen. diocesis, erat illis temporibus 
a macula heretice pravitatis immunis et dilecti filii consules 
et populus eiusdem ville supra firmam petram catholice fidei 
stabiliti non declinarant ad dexteram velsinistram, quinimo in 
devotione sancte romane Ecclesie, matris sue, firmiter et fideliter 
persistentes illis laudabiliter inherebant que ad apostolice Sedis 
redundarent honorem, necnon per Dei gratiam de villa, consuH- 
bus et populo memoratis audivimus hucusque contrarium, 
immo ipsos in solita sinceritate catholice fidei et Ecclesie devo- 
tione credimus iugi perseverantia permanere. Quia itaque con- 
sules et populus antedicti pro huiusmodi meritis per vos cunctos- 
que fideles sunt favorabiliter prosequendi, iustumque videtur 
et decens ut in gravamine ipsorum vestrum non cedat officium, 
sed tantum illorum faciem ignominia repleat qui probabiliter 
suspecti creduntur quod catholicam respuant puritatem, nos 
eorum supplicationibus inclinati, devotioni vestre per apostolica 
scripta mandamus quatinus ipsos, vel eorum aliquem pretextu 
vestri officii non molestetis in aliquo vel gravetis indebite ; quin- 
ymo eos habeatis propensius commendatos quandiu, ut pre- 
missum est, fideliter egerint et devote ut scelus {sic) fidei et fer- 
vor devotionis eorum tanto fortius accendatur quanto se per 
hoc maiorem sensierint invenisse favorem. — Datum Avinioni, 
iiii nonas novembris, pontificatus nostri anno tertio. » 

Nulli ergo nostre innovationis, etc, infringere. — Datum Avi- 
nioni, iiii nonas ianuarii, anno primo. 

1. Reg. VaL, t. cx, n. 960; Coulon, Lellres secretes et curiales de Jean XXII, 
n. 756 A [in ext.) ; plus haut, n. 20. 



URBAIN V 351 



— 232 — 

Urhain V exhorte les prelats des proifinces d^Arles, Aix, Em- 
irun, Vienne, d seconder de tout leur pouvoir Vinquisiteur Hugues 
de Cardillon^, de Vordre des frires mineurs, et ses successeurs, dans 
la poursuite des heretiques de ces provincea *. — Avignon, 8 juin 
1363. 

Reg, VaL, t. ccxLv, fol. 205 v«; Wadding, ad ann. 1365, n. xiv, 
(rn exL)\ Raynaldi, Ann., ad ann. 1363, n. vii; Lecacheux, Le<lr«« 
secretes et curiales du pape Urbain V, Paris, 1902, n. 497 (anal.) . 

Venerabilibus fratribus Arelaten., Aquen., Ebredunen. et 
Viennen. archiepiscopis eorumque suffraganeis, ac dilectis filiis 
eorumdem archiepiscoporum et sulTraganeorum vicariis et offi- 
cialibus, necnon abbatibus, prioribus, decanis, prepositis, archi- 
diaconis, aliisque prelatis et rectoribus ecclesiarum. — Etsi 
cunctis bonis... — Datum Avinioni, sexto idus iunii, anno primo. 

1. Hiigues de Cardillon etait gardien du couvent des freres mineurs d'Avi- 
gnon, en 1355, lors du proces du beguin Maurino Marchioni et de plusieurs 
beguines. II assista a leur condamnation, le 12 juillet de cette annee. Eubel, 
Bullar., t. VI, p. 637-638. 

Devenu inquisiteur, il eut pour coll^gue Jean Richard, charge sp^cialement 
de la province d'£mbrun (n. 233) et des Vallees (n. 237). On a vu plus haut 
(n. 211) qu'un autre frauciscain, Pierre des Monts, faisait, en 1352, roffice d'in- 
quisiteur conjointement avec rarcheveque d'Embrun, Guillaume Desbordes. En- 
fin on se souvient que Bernard Dupuy fut specialement charge par Innocent VI, 
en 1359, de rechercher les juifs relaps, refugi^s enAragon (n. 224-229). Hugues 
de Cardillon s'attacha aussi a decouvrir, en 1364, les criminels de cette espece. 
Urbain V demanda au senechal de Provence, au comte Am^d^e de Savoie, et 
k d'autres seigneurs de lui prSter pour ceia leur appui (n. 235). Hugues de Car- 
dillon etendit ses recherches jusquo dans le diocese de Viviers (n. 253). 

2. Urbain V poussa activement contre les vaudois de Provence, du Dauphine 
t de ]a Savoie la lutle commencee sous Benoit XII (n. 147, 148, 149), continuee 

par Clement VI (n. 211) et k laquelle Gregoire XI devait consacrer tous ses 
eflorts I(n. 276, 281-283, 286-308). Outre la bulle qui prec6de, voir aux 
n. 232 his, 233, 237, 238, 2^il, 242-244, 253, 260, d^autres lettres par lesquellcs 
il fait appel au concours des princes, des seigneurs, des officiers royaux contre 
rheresic, del^gue comme inquisiteur special dans les provinces de Lyon, Vienne, 
Embrun, Tarentaise et Besan^on son propre chapelain et auditeur, Bernard 
du Bosquet, et organise la poursuite dans |e diocdse de Viviers. Voir Introduc- 
p. Lvii sq. 



tion. 



352 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAIS] 



— 232 bis — 

Lettre du pape au dauphin de Viennois, dans le meme sens que 
la precedente. — Avignon, 8 juin 1363. 

Reg. Vat., t. ccxLv, fol. 206; Lecacheux, op. cit ., n. 498. 

Nobili Carolo ^, delphino Viennen., ejusque officialibus in 
Delphinatu Viennen., salutem. — [Ut supra.] 

1. Charles, qui fut le roi Charles V, fils de Jean II le Bon et de Bonne de 
Luxembourg, prit le titre de Dauphin de Viennois a ravenement de son pere 
au trone (1350) et le garda jusqu^a son propre av^nement, 8 avril 1364. De 
Mas-Latrie, op. cit.^ col. 1524; U. ChevaHer, Reperloire, etc. 



— 233 — 

Le pape adresse aux prelats, seigneurs et officiers une recom- 
mandation semblable d celledu n. 232 en fai^eur de Jean Richard^, 
inquisiteur de la foi specialemenf delegue dans le diocese et la 
proidnce d' Embrun. — Avignon, 17 juillet 1363. 

Reg. Vat., t. ccxLv, fol. 224 v»; Wadding, Annal, ad ann. 1363, 
n. XV [in ext.) ; Lecacheux, op. cit., n. 542 (anal.) ; Eubel, BulL, 
t. VI, n. 879 [in ext.). 

Venerabilibus fratribus [etc, comme ci dessus, n. 232]. — Sicut 
expedit ad... — Datum Avinioni, decimo kalendas augusti, 
anno primo. 

In e. m. dilectis filiis nobilibus viris, principibus, ducibus 
etc... ad quos presentes littere pervenerint. 

1. Voir n. 232, note 1 et 237, 338. 



URBAIN V 353 



- 234 — 



Le pape ordonne d Veveque de Lomhez ^ d' enlreprendre une in- 
formation contre certains routiers des Grandes Compagnies ^ eta- 
blis dans son diocese et qui, non contents de commettre des exccs 
de toute sorte contre les personnes et les choses ecclesiastiques, 
osent proferer des heresies contre V £glise et Vautorite du pontife 
romain. — Avignon, 7 juin 1364. 

Reg. Vat f t. ccxLvi, fol. 232 v^; Denifle, La desolcUion etc., t. ii, 
p. 440, note 3; Lecacheux, op. cil., n. 987 {in exl.). 

Venerabili fratri.. episcopo Lomberien., salutem. — Ad au- 
dientiam nostri apostolatus... — Datum Avinioni, vii idus iu- 
nii, anno secundo. 



1. Guillaume de Durfort, archidiacre de Saint-Antonin dans T^glise de Rodez, 
chapelain du pape 'auditeur du Palais apostolique; 6v£que de Lombez, lel8 jan- 
vier 1363; mort en avril 1375. Gall. chrisf., t. xiii, col. 324; Eubel, 1. 1, p. 323. 

2. Cf. n. 236, note 4. Sur les courses des Grandes Compagnies dans le Midi, 
voir Baluze.. Vitae, i. i, col. 402, 405, 418, 421, etc; Denifle, La diaolation des 
eglises, monasteres et hdpitaux en France pendani la guerre de Ceni ans, Paris, 
1899, t. II, p. 376-443. 



— 235 — 



Urhain V exhorte le senechal de Prowence, le comte Amedee de 
Savoie, et d*autres seigneurs d priter leur concours d Hugues de 
CardiUon, inquisiteur de Provence, dans la recherche de certains 
juifs, originaires de cetle comte et de celle de Forcalquier, qui, apres 
ai>oir ahjure le judaisme, en ont repris les pratiques et se sont refugies 
on ne sait en quel lieu. — Avignon, 26 juin 1364. 

Reg. Vat., i. ccxlvi, fol. 230, 230 v»; Wadding, Annal., ad ann. 
1364, n. XIV (m ex/.) ; Lecacheux, op.cit., n. 1041-1043; Eubel, Bull., 
i. VI, n. 914 (m ext.). 

Dilerto filio nol)ili viro Fulconi de Agouto ^, domino Vallium 
Saltus - <'t Ojb» •', Provincie senescallo. — Dilecti filii Hugonis... 

BULLAIRE - 23 



354 BULLAIRE DE L*INQU [SlTlON FRANgAISE 

— Daliim Avinioni, sexto kalendas iulii, anno secundo. 

Dilecto filio nob. viro Amedeo ^, comiti Sabaudie. mutatis 
mutandis. 

In eundem modum, nobili viro Ademaro de Pictavia ^, comiti 
VaJentinensi. 

In e. mod. nob. viris.. dominis quarumcumque terrarum 
Arelaten., Aquen., Ebredunen. et Viennen. provinciarum, mu- 
tato numero singulari in pluralem. 



1. Agoult; voir n. 172, note 1. 

2. Sault (Vaucluse), chef-lieu de cant., arrond. de Carpenlras. Le chate; 
remonte au xi® siecle. 

3. L'Oulle, riviere qui a sa source dans les Hautes-Alpes et se jette dans 
TEygues (Drome). Le Val-d'Oulle comprenait les communes de Cornillon, de 
Charce, Cornillac, Lemps, Pommerol, Remuzat, Saint-May. Les comtes de Pro- 
vence avaient infeode le Val-d'Oulle aux d'Agoult, au xiv® siecle. Brun-Durand, 
Dictionnaire topog. du depart. de la Drome, Paris, 1891, p. 401. 

4. Amedee VI, dit le comte Verd, fils d'Aimon, ne a Chambery, en 1334; comte 
de Savoie, en 1343; mort le 1" mars 1383. De Mas-Latrie, op. cit., col. 1704; 
Nouv. hiogr. gen., art. Savoie; U. Chevalier, Repert., Bio-hibl., col. 100, 2403. 

5. Aymar VI de Poitiers, fds de Louis I" et de Marguerile de Vergy, succede 
a son pere en 1345; meurt en 1373. De Mas-Latrie, op. cit., col. 1692; J. Cheva- 
pier, Memoires pour sen^ir a Vhistoire des comtes de Valentinois et Diois, Paris, 
1897, p. 330 sq. 



I 



— 236 — 

Urhain V donne ordre d Veveque ^ et d Vinquisiteur ^ deCarcas- 
sonne de faire une enquete sur des propos contre la foi et Vautorite 
du pape tenus par sept routiers des Grandes Compagnies dont le 
marechal de France, Arnoul d' Audrehem ^, etles bourgeois de Car- 
cassonne se sont emparcs recemment *. Arnoul leur avait prornis 
la vie sauve et la delivrance d href delai; le Ueutenant de Vin- 
quisiteur les fit enfermer dans les cachots deVe^eque. — Avignon,' 
10 juiUet 1364. 

Reg. Vat., t. ccxLvi, fol. 269 v»; Denifle, La desolation des eglises, 
etc, t. II, p. 439, note 2; Lecacheux, op. cit., n. 107t. 

^cn. fratri Johanni, episcopo Carcassonen., ac dilecto filio .. 



URBAIN V 355 

ordinis fratrum predicatorum in partibus Carcassonen. inquisi- 
tori heretice pravitatis vel .. eius locumtenenti, salutem, etc. — 
Tua nobis, frater episcope, nuper notificavit epistola quod se- 
ptem viros nefarios de illa gente dampnabili que Magna Societas 
appellatur, qui contra (idem catholicam presertim potestatem 
clavium a Salvatore nostro domino Ihesu Christo beato Petro 
apostolo et in eius personam suis successoribus traditam, quedam 
verba hereticalia pollutis labiis prctulerunt, tibi per dilectum 
filium nobilem virum Arnulfum, dominum de Audenham, 
raarescallum Francie ac carissimi in Christo filii nostri Caroli, 
regis Francie illustris, locumtenentem, qui eosdem viros pro- 
pter alios eorum excessus ceperat, eis cum voluntate communi- 
tatum illarum partium sub protestatione proprii iuramenti 
eiusdem marescalli vite incolumitate promissa, traditos ad ma- 
num inquisitoris eiusdem sub fida per te custodia, exeoquod 
super ipsorum captorum dimissione seu liberatione quam idem 
marescallus se promisisse dicebat, eodem locumtenente inqui- 
sitoris asserente illos sibi debere tradi, retinendos in tuis episco- 
palibus carceribus tenes inclusos, per te custodiendos donec super 
premissis nostre daremus beneplacitum voluntatis, quod a nobis 
cum multa instantia postulasti. Nos igitur nolentes, sicutnec 
velle debemus, quod propter premissa huiusmodi negotium sa- 
cre fidei quam attentissima cura debemus protegere negligatur, 
sed quod de verbis huiusmodi, que si vera sint proferentes eos- 
dem reddunt vehementer de fide suspectos, diligentius inquira- 
tur; discretioni vestre in virtute sancte obedientie districte pre- 
cipiendo mandamus quatinus de verbis eisdem ex vestro officio 
curetis solerter inquirere veritatem et ea que inde inveneritis 
nobis sub manu publica vel sub vestris sigillis clausa et nemini 
revelata quam cito commode poteritis destinare curetis ut ma- 
ture providere possimus quid per vos agendum fuerit in premis- 
sis; inlerimque tu, episcope, viros eosdem nulli, cuiuscumque 
status existat, presumas tradere sed illos caute facias custodiri 
donec aliud a nobis receperis in mandatis. — Datum Avinioni, 
VI idus iulii, anno secundo. _ 

1. Jean Fabre, cousin d'Innocent VI, abbe de Grammont; evfique duPuy, 
le 12 octoljre 1356; transfere a Tortose, le 27 fevrier 1357; et a Carcassonne, 
le 10 janvier 1362. Ga//. chrint., t. vi, col. 901 ; Eubel, Hier., t. i, p. 91, 172, 231 ; 
Mahul, CartuL, t. v, p. 454-455. 

2. Guillaume Chevalier {Militis), originaire d'Anger3, fit sa profession reli- 



356 BULLAIRE DE L*INQUIS1TI0N FRANgAISE 

gieuse au couvent des dominicains de celte ville. La maitrise en theologie lui 
fut conferee sur Tordre de Clement VI (31 juillet 1350) par Guillaume Munier. 
Son nom figure dans le catalogue des maitres de rCJniversite d'Angers. Denifle, 
Archiv fiir Litteratur, t. ii, p. 223, n. 123. En 1357, il etait procureur general 
de rordre. Reg. suppL, t. xxvii ,fol. 308 v^. Puis il fut nomme inquisiteur de Car- 
cassonne, a la place d'fitienne de Ecclesia (n. 223). II eut a proceder contre les 
sept capitaines de routiers pris au siege de Peyriac (voir note 4). L'eveque de 
Carcassonne Taccusa, en 1364, d'empieter sur ses droits touchant la garde des 
murs de rinquisition et le serment de fidelite des officiers du tribunal (n. 251). 
II usurpait aussi le droit de punir les blasphemateurs non suspects d'heresie; 
le pape lui ordonna, le 30 mai 1366, de ne pas depasser les limites de sa compe- 
tence (n. 259). Par ordre du meme pontife, le tresorier de la Chambre lui paya, 
le 14 decembre de la meme annee, une somme de 40 florins. Introitus et exitus, 
t. cccxxvi, fol. 156. Le 22 juin 1369, Chevalier fut elu patriarche de Jerusalem. 
II mourut le 12 decembre 1371. Voir Quetif et Echard, ScripL, t. i, p. 673; De- 
nifle, ChartuL, t. ii, p. 660, 1183; Eubel, Hier., t. i, p. 287. 

3. Arnoul d'Audrehem, ne vers 1305, devint capitaine du roi en Bretagne, 
en 1342; marechal de France, en 1351 ; lieutenant du roi en Poitou, Saintonge, 
Limousin, Angoumois, Perigord, le 6 mars 1352; lieutenant en Normandie, en 
1353; lieutenant en Artois, Picardie, Boulonnais, en 1355; lieutenant en Lan- 

^uedoc, en 1360. En novembre 1364, il fut remplace a la lieutenance du Lan- 
guedoc par le duc d'An]ou. II se demit peu apres de sa charge de marechal 
de France et, le 20 juin 1368, regut le titre purement honorifique de porte- 
oriflamme. II mourut a Saumur, en decembro 1370. Voir E. Molinier, Etude 
sur la vie d'Arnoul d'Audrehem, dans Acad. des inscriptions et belles-lettres, Me- 
moires, etc, 1883, IP serie, t. vi, l''^ part. 

4. Une bande de compagnons, ayant a leur tete probablement Bertucat 
d'Albret, s'etait emparee par surprise, le 11 novembre 1363, du chateau de 
Peyriac, en Minervois. Le 16 novembre, Arnoul d'Audrehem, a la tete des mi- 
lices de Carcassonne, des troupes de la province et de celles du vicomte de Nar- 
bonne, vint mettre le siege devant la place. II fut obUge de le lever a cause des 
intemperies. Les attaques recommencerent rannee suivante (1364), mais le 
chSteau ne fut repris que dans la nuit du 18 au 19 juin, grace a rintervention 
des troupes de Montpellier. Voir sur ce fait d'armes : le Thalamus Parvus de 
Montpellier, dans Societe archeologique de Montpellier (1840), p. 366; Hist.de 
Lang., t. IX, p. 760-764; E. Molinier, ^tude sur la ^ie d'A. Audrehem, loc. ciL, 
p. 143-162; Denifle, La desolation des eglises, monasteres et hopitaux en France 
pendant la guerre de Cent ans, t. ii, p. 438. 

Les routiers furent disperses ou massacres, a Texception de sept capitaines 
(voir leurs noms au n. 246), qui furent faits prisonniers et incarceres provi- 
soirement a Trebes. On decouvrit bientot que ces sept compagnons avaient tenu 
des propos contre !a foi et denigre Tautorite du pape. Le lieuvenant de Tinquisi- 
teur exigea qu'ils lui fussent livres. Seconde par la foule, dont rexcitation 
etait grande contre ces brigands, il obtint leur transfert dans la prison epis- 
copale de la cite de Carcassonne (n. 245). Une grave discussion s'eleva 
aussitot entre le marechal d'Audrehem ct Tlnquisition a propos de ce coup 
de force. Audrehem afTirmait avoir promis par serment la vie sauve et la liberte 
aux prisonniers, dont le commissaire inquisitorial pretendait faire justice, selou 



m 



URBAIN V 357 

ses droits. L'ev*que Jean Fahre en refera au pape. La reponse d'Urbain Va 
ete analysee plus haut. L'Inquisition ctait maiircsse d'enqueter, mais sous la 
haute direction du pontifo lui-mcme (10 juillet 1364). Peu de jours apres, ie 
bruit courut dans le bourg de Carcassonno quc ccrtaincs gcns dc la citc avaient 
tente de faire s*evader les prisonniers. Aussitot deux mille Carcassonnais so 
presentent en armcs devant^^les remparts, mena^ant de mort quiconque favori- 
serait cette cvasion. Arnoul d'Audrehem se trouvant alors dans lc chateau de la 
cite. cette emeute constituait une insulte au roi. Les consuls demanderentdos 
lettres de remission, qui, grdce au pape (13 scptembre 1364; n. 245), furent 
accordees. Hist. de Lang., t. x, Prcuves, col. 1329-1331. Lc bruit d'un complot 
pour la delivrance des detenus avait sans doute quelque fondement, car le pape 
fit promulgucr des censures dans les provinces de Toulouse et de Narbonne 
et dans les dioceses de Castres et d'Albi, contre quiconque en renouvellerait 
ressai (18 octobre 1364; n. 247). II statua egalement que les frais occasionnes 
par rentretien et le proccs des sept compagnons seraient repartis entre les eve- 
ques dans les dioceses desqucls ils avaient perpetre Icurs forfaits (n. 246). 
L'inquisiteur Guillaume Chevalier et un clerc du tribunal furent plus tard 
indemnises de Icurs peincs ct dc leurs depens, a Taide des sommes recueillies 
( n. 255). Ce ne fut que le 19 octobre, au regu de renquSte de infamia, qu'Urbain V 
ordonna a rinquisiteur et a rdv^que d*entreprendre lo proces k fond. II se re- 
servait toutefois d'en examiner les actes, avant la conclusion (n. 248). Le mSm& 
jour, il autorisait Teveque de Carcassonne et son vicaire general a connaitre 
des crimes le droit commun : sorcellerie, adulteres, homifcides, incendies, viola- 
tions d^eglises, etc, dont les sept brigands 8'etaient rendus coupables en diverg 
lieux du Languedoc (n. 249). Enfin, il faisait a Jean Fabre la recommandation 
pressante de prendre les mesures necessaires pour emp^cher Tevasion ou la mise 
en libertc des captifs (n. 250). Lorsque Tenqu^te fut terminee, Guillaume Che- 
valier en alla communiquer personnellement le dossier k Urbain V. Apres mi^re 
discussion, lc pape prcscrivit un supplement d'informatiun, un nouvel appel 
de temoins, un examen plus minutieux des prevenus; apres quoi, les juges pro- 
nonceraient eux-m^mes (18 mars 1365; n. 254). II en fut, sans doute, comme 
Tordonnait le pontife. Nous ne connaissons le sort que d'un seul des inculpes, 
Bidon de Puyguilhem, qui, convaincu d'hcresie, fut condamnc a la prison perpe- 
tuelle. Aprcs quclques annees de detention, contrit et retourne.au giron de TE- 
gHse, il supplia Grcgoire XI de lui faire grdcc. Le pape s'en remit a Tinquisitcur 
de la lui accorder, s*il y avait lieu, moyennant une penitence (14 mai 1371 ; 
n. 262). II est a prcsumcr que les six autrcs subirent la mdme peinc et, peut- 
6tre, bencficierent de la m6me grskcc. 



- 237 — 

Le pope exhorle le senechal de Pro^fence d seconder de tout son 
pouvoir, dans la poursuite des heretiques des Vallees, Vinquisiteur 
franciscain Jean Richard^. — Avignon, 19 jiiillot 1364. 



358 BULLAIRE DE l'iNQU1S1T10N FRANgAlSE 

Heg. VaL, t. ccxlvi, fol. 255 v»; Wadding, AnnaL, ad ann. 1364, 
n. XV (in exL) ; Lecacheux, op. ciL, n. 1103; Eubel, BulL, t. \i, n. 915 

(m exL). 

Dilecto filio, nobili viro .. senescallo Provincie. — Ad nostrum 
pervenit... — Datum Avinioni, xiv kalendas augusti, anno II. 

1. Cf. n. 232, notes 1, 2. 



— 238 — 

Meme exhortation d Amedee ^, comte de Savoie. — Meme date. 

Beg. VaL, t. ccxlvi, fol. 255 v^; Wadding, loc. ciL, n. xvi [in exL) ; 
Lecacheux, op. ciL, n. 1104; Eubel, Bullar., n. cit. 

Dilecto filio nob. viro Amedeo, comiti Sabaudie — Cum di- 
lectus filius... — Datum ut supra. 

1. Cf. n. 235, note4. 



I 



— 239 — 

Uofficial de Carpentras devra terminer seul le proces de Pierre 
Michel, commence, sur une fausse denonciation, par V inquisiteur 
de Provence. Uinculpe a suhi une longue et rude prison preven- 
tis>e et il est denue des moyens necessaires pour payer les frais de 
deplacement de V inquisiteur . — Avignon, 20 juillet 1364. 

Beg. VaL, t. ccxlvi, fol. 281; t. ccli, fol. 299 vo, n. 388; Leca- 
cheux, op. ciL, n. 1114. 

Dilecto filio officiali Carpentoracen. salutem, etc. — Exhi- 
bita nobis pro parte dilecti filii Petri Michaelis, laici in civitate 
Carpentoraten. commorantis, petitio continebat quod olim falso 
suggesto dilecto filio inquisitori heretice pra^^^itatis in partibus 
illis per Sedem apostolicam deputato quod idem Petrus crimine 
heresis erat infectus, idem inquisitor ad falsam suggestionem 
huiusmodi contra eundem Petrum, quem propterea capi fecit 
et carcerjbus ven. fratrjs nostri episcopi Carpentoraten. man- 



URBAIN V 359 

cipari, super prcinissis ex olficio iiujuisilionem inchoans, contra 
ipsum Petrum ad nonnuUos actus in huiusmodi inquisitionis 
iiegocio solus processit. Cum autem sicut eadem petltio subiun- 
gebat idem Petrus, qui, sicut asserit, propter premissa in pre- 
dictis carceribus cum cathena ferrea crudeliter alligatus per 
magna tempora detentus fuit et adhuc etiam detinetur, non habeat 
unde dicto inquisitori, qui quandoque in partibus longinquis 
a civitate predicta distat, in expensis pro veniendo ad civitatem 
ipsam providere possit, pro parte ipsius Petri nobis fuit humiliter 
supplicatuin ut providere ei super premissis de oportuno remedio 
de benignilate apostolica dignaremur. Nos itaque... discre- 
tioni tue... maiidamus quatinus, legitimo per dictum inquisitorem 
iii huiusmodi inquisitionis negotio habito servato processu, in ipso 
inquisitionis negotio solus procedas; et si ipsum Petrum culpabi- 
lem inveneris in premissis eum punias iuxta canonicas sanctio- 
nes, alioquin dictum I^etruin prout canonicum fuerit absolverc 
non postponas. Testes autem [cic.]. Non obstante [eic.]. — Da- 
tum Avinioni, xiii kalendas augusti, anno secundo. 



— 240 — 

Urbain V loue la comtesse de Comminges de la capture de Bernard 
de Jusfian, coupahle d' a^oir tenu des propos suspects d*heresie. Elle 
devra garder soigneusement ce prisonnier, ou hien le remetlre d 
Vofficial d'Auch. — Avignon, 1«' septembre 1364. 

Iteg. Vat., l. ccxLvi, fol. 307; Lecacheux, op. cit., n. 1201 (m ejrl.) 

Dilecte in Christo lilie nobili mulieri Johanne *, comitisse Conve- 
narum, salutem, etc. — Ad nostrum pervenit auditum quod no- 
bilem virum Bernardum de Jussano, dominum de Cardilhaco *-, 
militem Convenarum diocesis, qui quedam verba heresim sapien- 
tia dicitur protulisse aliosque similia verba proferentcs et suspe- 
ctos de heresi receptasse ac defendisse eisque dedisse auxilium, 
consilium et favorem, ex quibus suspectus redditur de heretica 
pravitate ex suis aliis demeritis detines captivatum; quod nos 
gratum habentes ac intendentes, prout ad nostrum officium 
pCTtinet, Ruper hiis inquiri facere contra eum, nobilitatem 



360 BULLAIRE DE l']NQU1SITION FRANgAISE 

tuam rogamus et hortamur ac tibi nichilominus districte manda- 
mus quatinus prefatum militem sine nostra speciali licencia non 
relaxes; et si forte tibi ex quacumque causa redderetur mole- 
stum eundem militem diutius retinere, ipsum ad dilectum filium 
..ofTicialem Auxitan. procures sub fida custodia destinare, in hiis 
taliter te gerendo quod de zelo catholice fidei commendari merito 
valeas et, quod absit, de contrario non noteris. — Datum Avinioni, 
kalendis septembris, anno secundo. 

1. Jeanne de Comminges, petite-fille du comte Bernard VII, epouse de Pierre- 
Raymond II, cousin de son pere. De Mas-Latrie, op. ciL, col. 1587. 

2. Cardeilhac (Haute-Garonne), arrond. de Saint-Gaudens. 



— 241 — 



Urbain V confie d Bernard du Bosquet, son chapelain, auditeur 
du Palais apostolique, le mandat de poursuivre les heretiques dans 
les provinces de Lyon, Vienne, Embrun et Besangon^. — -Avignon, 
2 septembre 1364. 

Reg. Vaf., t. ccxLvi, fol. 322 v^; Lecacheux, op. cit., n. 1204 (anal.). 

Dilecto filio magistro Bernardo de Bosqueto, canonico Catur- 
cen., legum doctori, capellano nostro, ac sacri palatii apostolici 
causarum auditori, apostolice Sedis nuntio, salutem. — De tua 
circumspectionis industria donoque scientie quo personam tuam 
novimus insignitam, necnon zelo fervido quem habes ad fidem. 
catholicam gerentes in Domino fiduciam pleniorem, tibi, quem 
ad certas partes pro nonnullis arduis negotiis presentialiter de- 
stinamus, ubique locorum, presertim in Lugdunen., Viennen.,^ 
Ebredunen., Tarantasien. et Bisuntin. civitatibus, diocesibus: 
et provinciis contra quoscumque hereticos seu de heretical 
pravitate suspectos, ac eorum receptatores et defensores seu ipsisi 
dantes auxilium, consilium et favorem auctoritate nostra inqui-: 
rendi, et alias prout suadebit iusticia summarie de plano ac sine, 
strepitu et figura iudicii procedendi eosque capiendi seu capij 
faciendi etcarceribus mancipandi, et ad romanam Curiam dueil 
faciendi aliasque puniendi, et ad hoc quoscumque ecclesiarumi 
et jnonasteriorum prelatos aliasque personas ecclesiasticj^s se- 



URBAIN V 



361 



culares et regulares etiam ordinum mendicantium, necnon duces, 
comites, barones, nobiles, dominos et olTiciales, ac universitates 
(|uorunu'um([ue civitatum, opidorum, castrorum, villarum et loco- 
rum ex parte nostra requirendi ac eorum seculare brachium 
invocandi, necnon contradictores quoslibet et rebelles, cuiuscum- 
({ue status, ordinis, sexus, vel conditionis extiterint, etiamsi 
pontificali vel alia quavis ecclesiastica vel mundana prefulgeant 
ilignitate, auctoritate nostra per censuramecclesiasticam et alia 
iiiris remedia compescendi. Non obstantibus, elc. [clauses ordi- 
naires] plenam concedimus tenore presentium facultatem. — 
Datum Avinioni, iiii nonas septembris, anno secundo. 

1. Cf. n. 232, notes, 1, 2. 



— 242-244 



Lettres d divers prelatSj seigneursj villes sur la mission confiee 
d Bernard du Bosquet. — Avignon, 2 septembre 1364. 

Reg. Vat., t. ccxLvi, fol. 333, 334; Lecacheux, op. cit., n. 1205. 

Ven. fratribus .. archepiscopis et episcopis [et aux autres per- 
honnes ecclesiastiques, seculieres et regulikres, ainsi quaux seigneurs 
et magistrats civils : ut eidem nuntio credant et predicta exe- 
quantur. — Datum ut supra]. 

Ven. fratri Guischardo *, episcopo Sedunen., salutem, etc. — 
[Meme lettre.] Datum, etc. 

Eodem modo, Alamanno ^, episcopo Gebennen. ; Aymoni ^, 
episcopo Lausanen. ;.. abbati monasterii S. Mauritii Agaunen. *, 
Seduncn. diocesis; Johanni Monachi, ordinis predicatorum, 
mquisilori heretice pravitatis in provincia Bisuntin. ; Johanni 
de Senay, lectori conventus fratrum minorum de Chamberiaco ^ 
Gratianopolitan. diocesis; Guillelmo de Pisy, preposito ecclesie 
Montisiovis, Lausanen. diocesis-; universitatibus civitatum Ge- 
bennen., Lausanen., Sedunen., villarum de Ferburgo, de Berna *, 
de Paterniaco ', Lausanen. diocesis; nobilibus viris Johanni 
de Cossenay **, militi, Ilugoni de Gebennis, militi, Antonio de 
Turre, domino Castilionis **, Ludovico de Novocastro ^" militi, 
Guillelmo de Grandissono ^*, militi, ..baiulo Chablesii ^^, militi, 



362 BULLAIRE DE l'iNQU1SITION FRANgAlSE 

.. comiti de Gruyere ^•\ militi Lausanen. diocesis, Aymoni de Pon- 
tevitreo, domino Agrimontis, nobilibus mulieribus Bone ^*, co- 
mitisse Sabaudie, Mathildi ^^, comitisse Gebennen. 

1. Guichard Tavelli, chanoine de Geneve, promu a reveche de Sion, le 25 sept. 
1342; mort le 8 aout 1375. Eubel, t. i, p. 465; Gall. christ., t. xii, col. 745-746. 

2. Guillaume Alaman, eveque de Geneve, en 1342; mort en 1366. Eubel, 
Hier., t. i, p. 271 ; Gall. chrisL, t. xvi, col. 428-430. 

3. Aymoii de Cossonay, eveque de Lausanne, le 8 juin 1355; mort le 6 mars 
1375. Eubel, Hier., t. i, p. 309. 

4. Saint-Maurice-d'Agaune, dans le Valais. 

5. Chambery, chef-Heu du depart. de la Savoie. 

6. Fribourg, Berne, chefs-Iieux des cantons de ce nom. 

7. Payerne, cant. de Lausanne. 

8. Cossonay, cant. de Lausanne. 

9. Chatillon-de-Michaille (Ain), chcf-lieu de cant., arrond. de Nantua. 

10. Neuchatel, chef-lieu du cant. de ce nom. 

11. Grandson, cant. de Lausanne. 

12. Le Chablais s'etendait sur Tarrond. moderne de Thonon (Haute-Savoie). 

13. Gruyeres, dans le cant. de Fribourg. 

14. Bonne de Bourbon, veuve de Godefroy de Brabant, epouse Amedee VI, 
le comte Verd, en 1357; morte le 29 janvier 1403. Noui^. biog. gen., art. Sa^oie'. 
Amedee VI; de Mas-Latrie, op. cit., col. 1704. 

15. Mathilde, fille de Robert VII, comte d'Auvergne et de Boulogne, epousa 
Amedee III, comte de Genevois (1320-1367) en 1334. Art de verifier lesdales) 
t. III, p. 607. 



— 245 — 

A Vissue du coinhat Iwre naguere contre une hande de routiers 
des Grandes Compagnies par les hourgeois de Carcassonne et les 
afficiers royaux, sept des principaux chefs ont ete faits prisonniers 
sous condition d'a^oir la {>ie sam^e. Or, ces gens-ld, etant suspects 
d^heresie, ont ete incarceres par ordre de Vinquisiteur. Le pape 
prie le roi de France de ne pas trower mau^ais que les Carcasson- 
nais aient en cela prete concours d Vinquisiteur, et que leurs pri- 
sonniers ne soient mis en liherte quapres la conclusion du proces ^. 
— Avignon, 13 septembre 1364. 

Reg. Vat., t. ccxLvi, fol. 312; Prou, £tude sur les relations poli- 
tiques du pape Urbain V a<^ec le roi deFrance, dans Bibl. de V Ecole 
des hautes etudes, fasc. 76, p. 116, n. SS {in ext.); Lecacheux, n.l227. 



UBBAIN V 363 

Carissiiiio in Christo filio Carolo, regi Francie illuslri, salulem, 
etc. — Regiam sublimitatem credimus non latere quod dudum 
dilecti filii cives civitatis tue Carcassonen., sive habitatores 
suburbii eiusdem, tuos ofiiciales et gentes sequentes fideliteret 
audacter illas pravas gentes que se Societates appellant tunc par- 
tes illas depopulantes immaniter, tanquani viri fideles et strenui, 
niagnanimiter fuerunt aggressi et viriliter prosecuti;easque tan- 
dem de eisdem partibus expulerunt, multis ex ipsis cesis et ca- 
ptis : inter quos quidem caplos se})tem fuisse dicuntur, qui so 
dictarum societatum capitaneos faciebant et qui per aliquos 
tuos officiales sub fidc salvationis personarum ipsarum recepti 
fuissc dicuntur. Sed quia ad dilcctum iilium .. inquisitorcm hcrc- 
tice pravitatis in eisdem constitutum partibus fidedigna relatione 
pervenerat quod iidem septem viri propter multa hcreticalia 
que dixerant et fecerant multipliciter suspecti erant de labe 
heretice pravitatis, ipsos tanquam tales fecit suo nomine arrestari 
et in carceribus episcopatus Carcassonen. curie detineri; nosque 
premissis prolatis ad nostram notitiam mandavimus eosdem 
non dimitti captivos, sed per [eundem inquisitorem procedi 
^per suspitione huiusmodi mediante iusticia contra eos. Quare 
cum iidem cives seu habitatores tanquam viri catholiciper dictum 
inquisitorem seu eius vicarium requisiti eidem tam propter 
reverentiam Dei et catholice fidei, quam propter bonum regni 
tui, ne dicti mali viri, si relaxati forent, j)eiora prioribus in regno 
committerent memorato, in dicta detentione favisse noscantur, 
eos de hiis merito laudandos serenitati tue affectuosius commen- 
damus-.eam rogantes attente (juatinus cum, prout audivimus, 
predicta gesta fuerunt in favorem fideiet pro bono tui regni, etiam 
post dationem dicte per eosdem tuos ofliciales date fidei, ut 
preferlur, et periculosum foret nimium eosdem captivos nondi- 
scusso negotio catholice fidei relaxare, contra cives eosdem, si 
forte apud regiam maiestatem de premissis ab aliquibus culpa- 
rentur, niansuetudo regia non turbetur; quinimo eos tanquam 
Deo devotos et sibi fideies et eorum negotia commendatos ha- 
beal ct preclpua benivolentia prosequatur. — Datum Avinioni, 
idus septcnibris, anno secundo. 

1. Voir 11. 236, note 4. 



364 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 



— 246 — 

Le pape decide que les archeveques de Narhonne el de Toulouse 
et leurs suffragants, ainsi que les eveques de Castres et d^Albi, 
contribueront, avec Vei>eque de Carcassonne^ aux depenses occasion- 
nees par la garde des sept capitaines de routiers, incarceres pour 
heresie. — Avignon, 18 octobre 1364. 

Reg. Val., t. ccxLvi, fol. 371; Lecacheux, op. cil., i\. 1310 (anal.). 

Ven. fratri.. ^ archiepiscopo Narbonen., salutem, etc. — Cum 
per nostras litteras ven. fratri nostro .."^ episcopo Carcassonen. 
duxerimus iniungendum quod nob. viros Ademarium de Por- 
tabove, militem de comitatu Sabaudie, ac Geraldum FabrideDu- 
ratio ^, Bernardum Rigaldi, Guillelmum Arnaldi de Maloleone ^ 
Raymumdum de Poquier, Bidonem de Podio Guillelmi ^, ac 
Bernardum de Laborda ^, domicellos Agennen., Aduren., Sar- 
laten. et Convenarum diocesum, de heretica pravitate suspe- 
ctos, quos de nostro mandato tenet carceratos ', et prout dicitur 
multi timorem Dei et amorem sacre fidei non habentes liberare 
conantur, diligenter faciat custodiri ac super fide contra ipsos 
inquirat, et in hiis et aliis ea tangentibus nonnuUas expensas 
oporteat fieri per episcopum prelibatum, nos volentes quod onus 
expensarum huiusmodi eo portetur levius quo divisum fuerit 
inter plures, fraternitati tue committimus et mandamus quati- 
nus de huiusmodi expensis per ven. fratres nostros.. archiepi- 
scopum Tholosanum ®, ac eius et tuos suffraganeos, necnon Albien. ^ 
et Castren. i^ episcopos pro ipsorumrata, secundum quod aposto- 
lice camere soivunt commune servitium, facias satisfactionem ini- 
pendi. Contradictores etc. Volumus etiam quod in huiusmodi 
expensis eadem tua fraternitas et idem episcopus Carcassonen. 
pro rata huiusmodi contribuant, alioquin tu illas penas incurras 
quas in contradictores eosdem duxeris promulgandas. Non 
obstante {etc.\ — Datum Avinioni, xv kalendas novembris, 
anno secundo. 



1. Picrre de la Jugie; voir n. 209, note 1. 

2. Jean Fabre; voir n. 236, note 1. 

3. Duras (Lot-et-Garonne), chef-lieu de cant., arrond. de Marmande. 



URBAIN V 365 

h. Mauleon (Gers), cant. de Cazaubon, arrond. de Condom, ou bien : Mauleon- 
Barousse, chef-lieu de cant. du dep. des Hautes-Pyrenees. 

5. Puy-Guilhem (Dordogne), cant. de Sigoul^s, arrond. de Bergerac. Ancienne 
chatellenie. 

6. Laborde (Hautes-Pyr^nees), cant. de Labarthe, arrond. de Bagneres-de- 
Bigorre. 

7. Voir, sur cette aflaire, le n. 236, note 4. 

8. GefTroy ou Godefroy de Vayrols, d'abord evSque de Lausanne (20 novembre 
1342), puis de Carpentras (19 fevrier 1347), puis de Carcassonne (ISjanvier 
1357); archeveque de Toulouse, le 10 mars 1361; mort le 10 mars 1376. Gall. 
christ., t. I, col. 906-907; t. vi, col. 900; t. xiii, coL 41-42; Eubel, Hier., t. i, 
p. 172, 174, 309, 515; E. Albe, Autour de Jean XXII. ^^iques quercynois en 
France, dans Annal. de Saint-Louis-des-Franfais, 1906, p. 255-259. 

9. Hugues Aubert, archidiacre de Noyon, notaire apostoHquc; eveque d'Albiy 
le 28 novembre 1354; mort en 1379. Gall. christ., t. i, col. 28; Hist. de Lang., 
t. IX, p. 757; Eubel, Hier., t. i, p. 80. 

10. Raymond de Sainte-Gemme, notaire apostolique, promu le 27 mai 1364; 
mort en 1373. Gall. chrisL, t. i, col. 69-70; Eubel, Hier.,t. i, p. 179. 



- 247 — 

Les archei>eques de Toulouse et de Narbonne et leurs suffragantSf 
les eveques d*Albi et de Castres,des>ront solennellement promul- 
guer Vexcommunication et Vinterdit contre ceux qui tenteraient 
de delivrer ou de faire s*evader les sept capitaines de routiers retenus 
dans les cachots de Vev^que de Carcassonne ^. — Avignon, 18 oc- 
tobre 1364. 

Reg. Vat., t. ccxLVi, fol. 371 ; Lecacheux, op. cit., n. 1321 (anaL) 

Ven. fratribus.. Narbonen. et .. Tholosan. archiepiscopis ac 
eorum suffraganeis, necnon Albien. et Castren. episcopis, salutem, 
etc. — Circa defensionem calholice... Cum itaque ven. frater noster 
Johannes, episcopus Carcassonen., nobiles viros [etc, ut supra, 
n. 246] de herctica pravitate suspectos, contra quos ipseepisco- 
pus ot dlleclus filius.. inquisitor heretice pravitatis in partibus 
Carcassone super fide de nostro mandato procedunt, detineat 
carceratos, nos considerantes quod quidam potentes conatisunt 
hactenus et ipsi vel alii conari possent forsitan infuturum di- 
ctos liberaie cajjtivos ; et propterea, licet conlra talia presuinentes 



366 BULLAIRE DE L*INQUISITlON FRANgAISE 

per sacros canones et leges provisum existat, volentes tamen 
ex habundanti nostris remediis futuris periculis in hac parte 
salubriter obviare, ut timeatur amplius quod specialiter quam 
quod generaliter fuerit interdictum, fraternitati vestre tenore pre- 
sentium committimus et mandamus quatinus per vos, vel alium, 
seu alios, per publicum edictum proponendum in vestris cathe- 
dralibus et aliis civitatum et diocesum vestrarum ecclesiis in 
quibus id faciendum videritis expedire, universis et singulis per- 
sonis cuiuscumque status, ordinis, sexus, vel conditionis existant, 
ex parte nostra inhibere curetis eis sub excommunicationis in 
personas et interdicti in terras eorum, si quas habuerint, penis 
districte mandantes, ne carceres dicti episcopi vel alios in quibus 
iidem captivi detinebuntur publice vel occulte, aperire seu fran- 
gere aut aliud pro fuga, seu violenta aut clandestina liberatione 
dictorum captivorum preter conscientiam et voluntatem dicti 
episcopi Carcassonen. attemptare presumant aut attemptanti- 
bus dare consilium et favorem ; alioquin in personas talia pre- 
sumentium excommunicationis et in terras eorum, si quas lia- 
buerint, interdicti sententias auctoritate nostra promulgetis; et 
ubi vobis constiterit aliquos de vestris civitatibus et diocesibus 
seu in eisdem et ipsarum aliqua contra vestram, ymo nostram 
inhibitionem huiusmodi attemptasse, dequa summarieet de plano 
[eic.], singuli vestrum in suis civitatibus et diocesibus se...stu- 
deant informare, publice nuncietis eosdem et ipsorum terras, si 
quas habuerint, ut prefertur, huiusmodi sententiis subiacere, 
cum comminatione quod nichilominus contra ipsos tanquam 
contra fautores hereticorum prout suadebat iusticia procedetur. 
— Datum ut supra. 

1. Voir sur cette affaire le n. 236, note 4. 



— 248 — 



Ve^eque et Vinquisiteur de Carcassonne reQoivent Vordre de 
jaire une enquete sur la culpabilite des sept chejs de bandes, leurs 
prisonniers, et d'en enwoyer au pape le dosner, des quil sera 
termini' ^. -- Avignon, 19 octobre 13C)4. 



uttBAiN V 367 

Reg. Vat.y t. ccxLvi, fol. 372; Doat, t. xxxv, fol. 132; Mahul, 
Cartul. de... Carcassonne, i. v, p. 690 (anal.) ; Lecacheux, op. cil., 
ii. 1312 (anal.). 

Ven. fratri Johanni, episcopo Carcassonen., et dilectis filiis 
inquisitori heretice pravitatis in partibus Carcassone ac eius 
locumtenenti, salutem, etc. — Super custodiam gregis... Cum ita- 
que tu, frater episcope, nobiles viros [etc, ut supra n. 246] de no- 
stro mandato tuis teneas carceribus mancipatos, nos intendentes 
quod per vos contra ipsos, contra quos de nostro mandato de 
infamia inquisistis super veritate dicte pravitatis, diligentius 
inquiralur, discretioni vestre... commiltimus et mandamus 
quatinus vos, vel duo, aut unus vestrum contra dictos nobi- 
les et quemlibet ipsorum super verbis et factis eorum heresim 
sapientibus diligenter inquirere studeatis; demumque deposi- 
tiones testium quos receperitis in predictis et totum processum 
Inquisitionis huiusmodi fideliter in scriptis redactos sub vestris 
sigillis clausos, vel in autentica forma, cum ex ipsis ferenda sen- 
tentia plenius informari velimus, nobis fideliter transmittere pro- 
curetis. Testes autem, etc. — Datum Avinioni, xiiii kalendas 
4iovembris, anno secundo. 



1. Voir n. 236, note 4. 



- 249 - 



L'eveque et Vofficial de Carcassonne regowent commission de 
ionnaitre des crimes de droit commun : sorcellerie^ ndulteres, homi- 
cides, incendies, violations d^eglises et autres sacrileges, imputes 
aux sept capitaines de routiers et qu*ils auraient perpetres en di- 
i>ers lieux des pros^inces de Toulouse et de Narbonne, des diocises 
de Castres et d'Albi. — Avignon, 19 octobre 1364. 

Reg. Vat., t. ccxLvi, fol. 372 v»; Denifle, La desolation des eglises 
t. II, p. 440, note 1 (fragm.) ; Lecacheux, op. cit., n. 1313 (anal.). 

Ven. fratri Johanni, episcopo Carcassonen., ac eius vicario 
in spiritualiljus, salutem, etc. — Ad audientiam nostram nuper 



S68 BULLAIRE DE l'iNQUISITION FRANgAISE 

perduxit relatio fidedigna quod nobiles viri [etc, ut supran. 246] 
quos tanquam de heretica labe suspectos, tu, frater episcope, 
de nostro mandato tenes carceribus mancipatos, de sortilegiis, 
adulteriis et homicidiis in personas ecclesiasticas perpetratis, 
necnon de incendiis et violationibus ecclesiarum, ac de stupris 
sanctimonialium et aliis diversis sacrilegis criminibus, quorum 
cognitio ad ecclesiasticum forum dinoscitur pertinere, in diver- 
sis locis Narbonen. et Tholosan. diocesum et provinciarum, ac 
Albien. et Castren. diocesum commissis sunt publice diffamati, 
nos igitur... discretioni vestre tenore presentium committimus 
et mandamus quatinus... de infamia huiusmodi criminum et 
deinde de veritate ipsorum auctoritate nostra diligentius inqui- 
ratis ac faciatis iusticie complementum. Non obstante quod tibi, 
frater episcope, et dilecto filio .. inquisitori heretice pravitatis 
in partibus Carcassone hodie duxerimus committendum quod 
super graviori crimine, videlicet heresis, contra captivos huius- 
modi procedatis; contradictores [e<c.]. — Datum ut supra. 



— 250 — 

Ve^eque de Carcassonne regoit la recommandation expresse de 
prendre toutes les mesures necessaires afin d^empecher Ve^asion 
ou la mise en liberte des sept chefs de bandes ^. — Avignon, 19 oc- 
tobre 1364. 

Reg. VaL, t. ccxLvi, fol. 373; Lecacheux, op. cit., n. 1314 (anal.) 

Ven. fratri Johanni, episcopo Carcassonen., salutem, etc. — Cum 
tua fraternitas nobiles viros [etc, ut supra n. 246] qui fuevimt de 
dampnabilibus comitivis de heretica pravitate suspectos, contra 
quos tu et dilectus filius .. inquisitor... inquisitis, detineas carce- 
ratos, nos considerantes quod quidam potentes conati sunt 
hactenus et ipsi vel alii conari possent forsitan in futurum dictos 
liberare captivos, licet de tua vigilancia in hiis et aliis nullatenus 
hesitemus, ut tamen tanto ad huiusmodi custodiam solicitius 
sis attentus, quanto ad hoc per nos fueris excitatus, eandem fra- 
ternitatem presentibus exhortamur mandantes quatinus eosdem 
captivos in tuis carceribus episcopalibus, si ibidem ipsos tute 



URBAIN V 

valeas retinere, alioquin in burgo civitatis Carcassonen. aut in 
alio loco tuto de quo tibi videbitur diiigentissime facias custo- 
diri, ita quod de ipsorum fuga seu evasione per incuriam custodum 
aut propter debilitatem loci vel violentam efTractionem car- 
cerum a quibusvis eorum fautoribus faciendam, quod absit, 
nuUatenus formidetur. — Datum Avinioni, xiiii kalendas no- 
verabris, anno secundo. 

1. Voir n. 236, note 4. 



— 251 — 



Veveque de Saint-Papoul est charge de faire respecter par Vin' 
quisiteur Guillaume Chevalier les droils de Vei^eque de Carcassonne 
d nommer un des gardiens et d tenir une des clefs du cachot inqui- 
s itorial et d rece^>oir le serment de fidelite des notaires et des officiers 
subalternes. — Avignon, 25 octobre 1364. 

Reg. Vat.y t. CJ.V1II (t. ix, Urb. V), fol. 338 vO; Reg. Vat., t. ccun, 
fol. 142 vo. 

Venerabili fratri .. * episcopo Sancti Papuli, salutem, etc. — 
Exhibita nobis pro parte venerabilis fratris nostri Johannis ^ epi- 
scopi Carcassonen., petitio continebat quod licetepiscopiCarcas- 
sonen. qui fuerunt pro tempore iuxta iuris communis dispositio- 
nem ^ unum custodem et unam de clavibus cuiusdam calceti 
(sic) siti inter carceres hereticales consistentes iuxta muros ci- 
vitatis Carcassonen., qui carceres muri vulgariter nuncupantur *, 
in quo quidem calceto ipsius episcopi subditi in heresis crimine 
deprehensi consueverunt carceri mancipari, tenere, ac etiama 
notario et clientalis, ac aliis servitoribus in officio Inquisitionis 
heretice pravitatis servientibus iuramenta fidelitatis recipere 
I consueverint, tamen dilectus filius Guillelmus Militis ^ ordinis 
fratrum predicatorum professor, inquisitor heretice pravitatis 
in partihus illis per Sedem apostolicam, ut asscrit, deputatus, cun- 
dem Johannem episcopum super iure et usu tenendi ac habendi 
cuslodcii» et unain de clavibus huiusmodi in dicto calceto, ac 
recipiciuli iinanHMitji jiredicta multipiiciter perturbat, molestat 

BULLAIRE. - 24 



370 BULLAIRE DE t'lNQUlSlTlON FRANCATSE 

et iiiqiiietat, in ipsius Johannis episcopi et ecclesie sue Carcas- 
sonen. preiudicium non modicum et gravamen. Quare pro parte 
dicti episcopi nobis fuit humiliter supplicatum ut providere 
ei super hoc de oportuno remedio dignaremur. Nos itaque 
ipsius episcopi supplicationibus inclinati fraternitati tue per 
apostolica scripta mandamus quatinus si, vocatis dicto Guil- 
lelmo et aliis evocandis, simpliciter ac de plano ac sine stre- 
pitu et figura iudicii inveneris ita esse prefatum Guillelmum, ut 
a perturbationibus, molestationibus et inquietationibus huius- 
modi omnino desistat, per censuram ecclesiasticam appellatione 
remota compellas. Contradictores [etc.]. Non obstante sieidem 
Guillelmo vel quibusvis aliis communiter vel divisim [etc.]. — 
Datum Avinioni, viii kalendas novembris, anno secundo. 

1. Pierre de Cros, abbe de Tournus, O. S. B., dans le diocese de Chalon; 
promu a Saint-Papoul, le 27 juillet 1362; archeveque de Bourges, le 9 juin 1370, 
puis d'Arles (2 aout 1374) ; cree cardinal du titre des Saints-Neree-et-Achillee, 
par Clement VII, le 23 decembre 1383; mort lel6 novembre 1388. Baluze, Vitae, 
col. 1302; Gall. chrisL, t. ii, col. 83; 1. 1, col. 578-579; t. iv, col. 973; t. xiii, 
col. 304; Eubel, Hier., X. i, p. 26, 104, 142, 409. 

2. Jean Fabre; n. 236, note 1. 

3. Decret M ui/orum/ dans ClemenU, lib. V, tit. iii, cap. 1. Cf. les ordonnances 
des cardinaux Taillefer de la Chapelle et Berenger de Fredol. Douais, Documents, 
t. II, p. 326-329; cf. etiam supra, n. 5, note 3. 

4. Sur les prisons episcopale et inquisitoriale de la cite de Carcassonne, voir 
M. Ch. Molinier, U Inquisition dans le Midi, p. 435-442. 

5. N. 236, note 2. 



— 252 — 

V inquisiteur de la pro^>ince d' Arles et son ^icaire sont char- 
ges de faire une enquete contre trois heretiques originaires du dio- 
cese de Geneve^ captifs d Avignon. — Avignon, l^'* janvier 1365. 

Reg. Vat., t. ccxLvii, fol. 197; Lecacheux, op. cit., n. 1489 (anal.); 
Eubel, BulL, t. vi, n. 928 (anal.). 

Dilectis filiis inquisitori heretice pravitatis in provincia Arela- 
ten. constituto ^ et eius vicario, salutem, etc. — De vestra cir- 
cumspectione ac zelo sacre fidei gerentes in Domino fiduciam 



URBAIN V 371 

specialem vobis et utrique vestrum in solidum inquirendi con- 
tra Jacometum Luchet, clericum, et Jacometum de Hermencia ^, 
ac Ancelmum de Romelherio ^, laicos Gebennen. diocesis, de here- 
tica pravitate suspectos, nostris in romana Curia carceribus 
raancipatos, ac ipsos penis debitis puniendi et condempnandi ; 
< ontradictores quoque auctoritate nostra per censuram ecclesia- 
slicam appellatione postposita compescendi plenam concedimus 
tenore presentium facultatem; non obstante si eis vel eorum 
alicui a Sede apostolica indultum existat quod interdici, suspendi 
vel excommunicari non possint per litteras apostolicas non fa- 
cientes plenam et expressam ac de verbo ad verbum de indulto 
huiusmodi mentionem. — Datum Avinioni, kalendis ianuarii, 
anno tercio. 



1. Pierre des Monts (n. 211), ou Bernard du Puy (n. 224), ouencore Hugues 
de Cardillon(n. 232), sinon Jean Richard (n. 233). 

2. Hermance, dans le cant. de Geneve. 

3. Rumilly (Haute-Savoie), arrond. d'Annecy. 



— 253- 



Le pape mande d Vev^que ^, aux personnes ecclesiastiques^ aux 
seigneurs et aux ofpciers cisfils du diocese de Vii^iers, de concourir 
aux poursuites engagees par Vinquisiteur Hugues de Cardillon 
contre les heretiques de ce diocise. — Avignon, 4 mars 1365. 

Reg. Vai.f t. ccxLvii, fol. 57 v^; Wadding, Annal., ad ann. 1365, 
n. IV (in exl.)\ Lecacheux, op. cU., n. 1620 (anal.) ; Eubel, BulL, 
t. VI, n. 936 a (in ext.). 

Venerabili fratri episcopo Vivarien., ac dilectis filiis univer- 
sis abbalibus, prioribus, et parochialium ecclesiarum rectoribus, 
aliisque personis ecclesiasticis, necnon dominis terrarum, aliisque 
nobilibus et universitatibus civitatis et castrorum, ac locorum 
diocesis Vivarien., ad quos presentes pervenerint. — Ad audien 
tiam nostram... — Datum Avinioni, iv nonas martii, anno III. 

In eund. modiiin nob. viro Guidoni, domino loci de Monte- 
iauro ^, niiiiti \ ivarien. diocesis. 



372 BULLATRE DE L*INQUISTTlON FRANgAlSE 

In e. m. nob. viro .. domino castri de Rupe ^, militi Vivarien. 
diocesis. 



1. Aymar de la Voulte; voir n. 148, note 1. 

2. Le 31 octobre 1366, ce chevalier est recommande par le pape au roi Char- 
les V. Reg. Vat., t. ccxlviii, fol. 168 v"; Prou, Relations politiques du pape 
Urbain V, p. 152, n. 73, dans Bihl. de V £lcole des hautes etudes, fasc. 76. 

3. Probablement Rocher (Ardeche), cant. et arrond. de Largentiere. 



— 254 — 



Urbain V ordonne d Veveque et d Vinquisiteur de Carcassonne 
de proceder d un supplement d^enquete dans Vaffaire des sept ca- 
pitaines de routiers, a^>ant de prononcer la sentence^. — Avignon, 
18 mars 1365. 

Reg. Vat., t. ccxLvii, fol. 233; Lecacheux, op. cit., n. 1644. 

Ven. fratri Johanni, episcopo Carcassonen., et dilectis filiis 
inquisitori heretice pravitatis in partibus Carcassonen. ac eius 
locumtenenti, salutem, etc. — Dudum cum tu, frater episcope, 
nobiles viros Ademarium de Portabove, militem de comitatu 
Sabaudie, et Gerardum Fabri, de Duracio, Bernardum Rigaldi, 
Guillermum Arnaldi de Maloleone, Raymundum de Poquier, Bido- 
nem de Podioguillelmi, ac Bernardum de la Borda, domicel- 
los Agennen., Aduren., Sarlaten. et Convenarum diocesum ^, de 
heretica pravitate suspectos, de nostro mandato tuis teneres 
carceribus mancipatos, nos volentes quod per vos contra ipsos, 
contra quos de nostro mandato de infamia inquisiveratis, super 
veritate dicte pravitatis diligentius inquireretur, vobis et cuili- 
bet vestrum per alias nostras litteras commisimus et manda- 
vimus ut super verbis et factis eorum heresim sapientibus dili- 
genter inquirere studeretis, ac depositiones testium quos reci- 
peretis in predictis et totum processum Inquisitionis huiusmodi 
fideliter in scriptis redactos sub vestris sigillis clausis vel in au- 
tentica forma, cum ex ipsis super ferenda sententia plenius infor- 
mari vellemus, nobis fideliter transmittere curaretis, prout in 
nostris inde confectis litteris plenius continetur ^; vos huiusmodi 



URBAIN V 373 

litteris reverenter receptis, sicut obedientie filii, ad executionem 
contentorum in ipsis litteris procedentes, eosdem nobiles ac non- 
nullos testes examinastis et ad alia processistis prout extitit ra- 
tionis; que omnia in auttentica forma, tu, fili inquisitor, nobis 
personaliter detulisti. Verum quia hiis apud apostolicam Sedem 
mature discussis nobis pro maiori prolatione videtur quod dicti 
nobiles ac iidem testes de novo et alii etiam testes adhuc ple- 
nius examinentur, volumus ac vobis et cuilibet vestrum commit- 
timus et mandamus quatinus non obstante quod in processu seu 
causa huiusmodi per vos sit conciusum et per eosdem nobiles 
seu quosdam ex eis renunciatum defensionibus faciendis, 
eosdem iam receptos et alios testes de novo examinare curetis, 
ac contra ipsos nobiles alias procedatis prout rationis extiterit 
usque ad diirmitivam sententiam inclusive. Testes autem, etc. 
— Datum Avinioni, xv kalcndas aprilis, anno tercio. 

1. Voir sur cette aflaire le n. 23G et les notes. 

2. N. 24.6 et notes. 

3. N. 248. 



— 255 — 

Varcheveque de Narbonne devra indemniser Vinquisiteur Guil- 
laume Chevalier et le clerc Jacques Sophie, occupes au proces des 
sept capitaines de Compagnies, d Vaide des sommes d^argent quil 
a reQues,d tilre de contribution, des prelats du Languedoc. — Avi- 
gnon, 18 mars 1365 K 

Reg. Vat., t. ccxLvii, fol. 64 v»; Lecacheux, op. cit., n. 1642. 

Venerabili fratri .. archiepiscopo Narbonen., salutem, etc. 
— Dudum tibi per nostras litteras dedimus in mandatis quod 
pro expensis custodie carceralis nobilium virorum Ademari de 
Portabovc, militis de comitatu Sabaudie, Geraldi Fabri de Du- 
ratio, Bernardi Rigaldi, Guillelmi Arnaldi de Maloleone, Ray- 
mundi de Poquier, Bidonis de Podioguillelmi ac Bernardi 
de Laborda, domicellorum Agennen., Aduren., Sarlaten. et Con- 
venarum diocesum, de heretica pravitate suspectorum, quos 



374 BULLAIRE DE l' 1 NQUISITION FRAN^AISE 

ven. frater .. episcopus Carcassonen. de mandato nostro tene- 
bat tunc temporis, prout tenet, carceratos, ac Inquisitionis 
contra eosdem nobiles faciende per ven. fratres nostros .. 
archiepiscopum Tholosanum eiusque suffraganeos, necnon Al- 
bien. et Castren. episcopos, pro ipsorum rata, secundum quod 
camere apostolice commune servitium per ipsos est solvi con- 
siietum, faceres satisfactionem impendi; voluimusque quod tu 
et prefatus Carcassonen. episcopus ad huiusmodi expensas pro 
rata vestra contribuere curaretis. Cumautem dilecti filii Guillel- 
mus Militis, ordinis fratrum predicatorum, inquisitor Carcas- 
sonen., ac Jacobus Sophie, clericus Carcassonen., bacalarius in 
legibus, ineodem negotio, utaudivimus, laboraverunt et expensas 
fecerunt multipliciter presertim ad romanam Curiam veniendo, 
tuque, ut ad nostrum pervenit auditum, certas pecunias ab eisdem 
archiepiscopo, suflraganeis et episcopis receperis pro premissis, 
volumus et tenore presentium fraternitati tue mandamus quati- 
nus dictis inquisitori et Jacobo de expensis rationabilibus quas 
ipsos in dicto negotio iam fecisse et facere in futurum tibiconsti- 
terit, de huiusmodi pecuniis per te receptis vel recipiendis, prout 
equitas suadebit, satisfiieri facias competenter. — Datum ut 
supra [Avinioni, xv kalendas aprilis, anno tercio]. 

1. Voir le n. 246 et les notes. 



— 256 — 

Guillaume Chevalier ^, inquisiteur de Carcassonne, regoit le 
pouvoir de conferer le notariat d Jean Alleman, clerc de Beziers, 
et d Jean Bunbelet, clerc de Carcassonne. — Avignon, 21 mars 
1365. 

Reg. Aven., t. clix, fol. 377. 

Dilecto filio Guillelmo Militis [eic.]. — Necontractuum memo- 
ria... — Datum Avinioni, xii kailendas aprilis, anno tertio. 

1, -Guillaume Chevalier, n. 236, note 2, 




VRBAIN V 375 



— 257 — 

Urbain V ordonne aux ei>eques et aux inquisiteurs du royaume 
de France de poursuivre les beguins ou beguards ^. II transmet 
d Ve^eque de Paris * un rapport sur la vie^ les mrurs^ les erreurs 
et les refuges de ces heretiques ; les autres prelats pourront en pren- 
dre connaissance. — Avignon, 3 septembre 1365. 

Reg. Vat.f t, ccxLvii, fol. 309; Raynaldi, Annal., an. 1365, n. xvii 
(m ext.) ; Paul Fredericq, Corpus docum. Jnquisitionis her. praw. 
Neerlandiae, Gand, 1889-1896, t. i, p. 206, n. 208. 

Venerabilibus fratribus universis archiepiscopis et episcopis, 
ac dilectis filiis inquisitoribus heretice pravitatis per regnum 
Francie constitutis ad quos presentes pervenerint, salutem, etc. 
— Super custodiam gregis... Sane ad audientiam nostram fide- 
digna relatione pervenit quod quidam filii Belial utriusque 
sexus, qui begardi, seu beguini vulgariter nuncupantur, et sub 
oviria pelle lupinam feritatem abscondunt multis erroribus 
detestal)ilibus involuti in diversis civitatibus, castris, villis, et 
locis regni Francie latitantes, nonnullos fideles, presertim simpli- 
ces a via veritatis avertere et secum in gehennam trahere moH- 
iinlur. Nos igitur cupientes quod adversus talium nefandorum 
versutiam periculosam nimium oportunis remediis celeriter 
occurratur, discretioni vestre presentium tenore districte preci- 
piendo mandamus quatinus, receptis presentibus, omni mora 
sublata, contra begardos eosdem ac credentes ipsorum errori- 
bus, necnon faulores, defensores et receptatores eorum, cum 
omni diligentia, appellatione postposita, vestri officii debitum 
cxequi studeatis, invocato ad hoc, si opus fuerit, auxilio brachii 
secularis. Sic itaque super hiis vos reddatis solicitos et intentos 
quod, preter retributionem divinam, nostram etapostolice Sedis 
gratiam mereamini uberius obtinere. Ut autem de talium locis, 
vita, conversatione, ac erroribus sitis plene informati et contra 
eos procedere melius valeatis, quandam informationem super 
hiis nobis traditam venerabili fratri nostro .. episcopo Parisien., 
8ub bulla nostra transmittimus cuius copiam singuli vestrum 
recipiant ab eodem. — Dalum Avinioni, iii nonas septembris, 
anno tercio. . 



376 BULLAIRE DE L INQUISITION FRANgAlSE 

1. Les beghards ou turlupins etaient venus d'Allemagne. Voir, sur leur ex- 
tension dans ces pays, leurs croyances et leurs rites, Lea, Hist. de V Inquisilion, 
ed. fran^., t. ii^ p. 419-428, 441-450, 462-464. Une femme de cette secte avait ete 
brulee a Paris en 1310; elle se nommait Marguerite Porete. Cf. Lea, loc. cit., 
p. 144-145. Sous Charles V, il y eut une recrudescence de cette heresie et le pape 
langa Tappel ci-dessus. La repression favorisee par le roi (n. 276) fut activement 
poussee par Jacques de Morey, inquisiteur de France (n. 274, note 1). Les livres 
et les vetements des heretiques furent brules sur le marche aux porcs. En 1373, 
on condamna au bucher une sectatrice influente, Jeanne Daubenton. Le corps 
d*un heretique de marque, son compagnon, decede dans sa prison quinze jours 
avant la date fixee pour Tacte de foi, fut conserve dans de la chaux vive afin 
d'etre donne en spectacle a la foule avant de devenir laproiedes flammes. Ray- 
naldi, AnnaL, ad ann. 1373, n. 21. Jacques de Morey, inquisiteur « desBougres», 
re?ut du roi Charles V, le 2 fevrier 1373, « pour en recompensation de plusieurs 
paines, missions et despens qu'il a eus, souffers et soustenus, en faisant pour- 
suitte contre les Turlupins et Turlupines... » une gratification de 50 francs. 
Du Cange, Glossarium, au mot Turlupini. Le roi lui-meme fut felicite par Gre- 
goire XI, le 27 mars suivant (n. 276). II resulte des lettres adressees par le meme 
pontife, le 1" fevrier 1373, a Tinquisiteur, que beaucoup d'heretiques n'atten- 
daient pas d'etre poursuivis par le tribunal pour se convertir; ils quittaient 
spontanement Theresie et demandaient a etre reconcilies (n. 274). 

Voir, sur les beghards, Mosheim, De beghardis et beguinabus commenlarius , 
Leipzig, 1790; Delacroix, Essai sur le mysticisme en Allemagne au xiv^ siecle, 
Paris, 1899; p. 77-134; un bon resume par F. Vernet dans Dictionnaire de theo- 
logie calholique, art