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L Sc^/(,^c '^^ 



HARVARD COLLEGE LIBRARY 




BOUGHT FROM THE INCOME OF THE FUND 
BEQUEATHED BY 

PETER PAUL FRANCIS DEGRAND 

(1787-1855) 

OF BOSTON 

FOR FRBNCH WORKS AND PERIODICALS ON THE EXACT SCIENCES 

AND ON CHEMISTRY. ASTRONOMY AND OTHER SCIENCES 

APPLIED TO THE ARTS AND TO NAVIGATION 



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BULLETIN 



SOCIETE ACADEIIQUE D'AGRIOIITIIRE 



tii(, 



DE POITIERS. 






N« 9S. — BuujBTiN DE Janvier 1865. • ^'. 



POITIERS 

IMPRIMERIE DE HENRI OUDIN. HUE DE L'ÉPERON , 4. 

FAHI8 
DEBACHE» LIBRAIRE, RUE DU BOULOY . 7, 




A 



HARVARD COLUGE LiuRARY 
CEC3AND FUWD 



BULLETIN fy, 

: DELA ■ ,. -r iJ^VUl. 

SOCIÉTÉ Académique d'agriculture 



B6LLE»'LETTRES , SCIENCES ET ARTS 

DE POITIERS. / 



/\Â. 



*^ — ^-f- 



N* 93. 



SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU 3 JANVIER 4865. 



38 membres astj&tenl & la séance. 

M. le Présideot fait part à la Société : 

!• D'uoe lettre par laquelle M. Botthlon, député de la Vienne, 
loi fait connatlre qu'il vient de recommander à M. le général 
Fleury le travail de M. Théodore Gaillard sur la suppression 
do haras de SftiaHtfaixeot ; 

%^ D*one lettre de H. des Noubs db la Cagaudièbb , dont le 
nom a déjà été si souvent prononcé dans les Bulletins de la 
Société d'acclimatation , pour ses belles expériences de pisci- 
cDltures Ils'agii cetlafois de l'obtention d'one ppire nouvelle 
de semif^ , npmmée par l'inventeur : Boyale-Yendée ; 

à* Enfln M. le Président signale parmi les nombreux impri- 
més reçus en décembre , le rapport général du conseil ff hygiène 
publique du département de la Seine , pour la période 1859 à 
1861 , offert par notre sarant collègue M. Robinet, Co docu- 
ment renferme beaucoup de choses fort inléressantps^ entre 
antres des échelles indiquant la marche des trois épidémies de 
choléra qui, ensemble, ont enlevé 46,786 individus. Elles ont 
présenté cette différence singulière que la première a atteint 
son maximum le quinzième jour et a dur^ six p)ois;.quela 
seconde a atteint son ma^mnm Iq dixième jour et «.duré huit 
mois; et que (^ troisième ^ atteint son maximum le doux cent 
cinquaiite-einqmème jour et a duré quatorxe ooioii. 

Leclore par M. MuafbbtAIs, d'une noie aor son Moniteur, 
mslrumen.i dépp^^ par lui stir le hute^u. 

BuUetin de janvier 1805. i 



— Par M. BiUAiiT , d*uD6 noie sur le frèoe préftenié en 
août par M. Fortuné Pasquiers , jardinier-pépiniériste à Poi- 
tiers. 

<— Par M. DB SouviGKT , d*un rapport sur les mémoires pré- 
sentés sur les questions de sylviculture , misesf au concours 
en janvier 186S, rapport qui attribue la médaille à M. Boucard, 
sous-inspecteur des forêts. 

Sont élus comme membres titulaires non résidants : 

MM. Lbspihais , de Loudun « 

DB Labboussb, au Vieil-Ayrault , psès Laferrière. 

La réélection du conseil et du bureau pour Tannée 1865 a 
iieu , et les noms suivants sortent de Fume. 

Bureau : 
MM. GkïLLJOJi , préBidml. 
Bbossabd, viee^priaiderU. 
JouT , eecrétaire» 
PiHOAULT, «rôorier. 
Maudutt , arehiviue. 

Conseil : 

MM. DB CCBZOR , COUBIIB , DB LA MiHABDliBB. 

Le séance est levée. 

LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. 

La Société académique de Poitiers fondée en 1789 compte 
au l*' janvier 1865 : 
1® — .1 membres d'honneur ; 
2® — 6 membres honoraires ; 
3^—163 membres titulaires; 
4* — 31 membres correspondants. 

Membres d'honneur. 
MM. 

Le Préfet do la Vienne. 
Le Maire de Poitiers. 
Le Président du conseil général. 
Le Député de Beauchamp^ représentant la 1'* circonscrip- 
tion de la Vienne : ChAtelierault et Montmorillon. 
Le Député de Soubeyran , représentant la S* circonscrip- 
tion delà Vienne : Poitiers (nord) et Loudun. 



-« 3 — 

Lb Dépoté BoorloD , représeutaot la 3* cireonêeriptioii d« 

la Vienne : Poitiers (sud) elGivray. 
Le Re€tear de rAcadémie de Poitiers» 

Membres honôraire$. 
MM. 
1829 lisodQyt pire , eonserrateor dee masées, 
18«9 Desroziers, reclear'de rAcadémie ^. 
1831 Robin i professeur de mosiqoe. 
1840 Bonnet , professe*or à l'école de Médecine. 
484S Ceiranlt des Loges pire. 

1843 Le comte de Laelie Saint-Jal w. 

Membres tUulaires. 
MM. 
1818 De la Marsonnière , docteur en médecine. 
18i3 De Boismorand , agriculteur , à Boismorand. 
18S8 Duval, maire de CeHe-LéyèoaDlt. 
18S8 Garran de Balzan , conseiller honoraire. 
18S8 Legentil ^ , président de chambre. 
1833 Cardin , ancien magistrat. 
1833 Gaillard H^ , professeur à Técole de Médecine. 
1839 Pingault , professeur & l'école de Médecine. 
1839 Grîmault père , ancien pharmacien. 
18&0 Pontois 4f , avocat , adjoint au Maire. ' 

1844 Mauduyt , pharmacien , membre du conseil d'hygiène. 

1846 De Chaslain , agriculteur , à TEpinoux. 

1847 De Curzon , agricolteor , à Moulinet. 

18&8 Sorph (Gusman), m.du conseil gén.de la Vienne,à Savigné. 

1849 Brossard » professeur à Técole de Médecine. 

1849 De SouTîgoy , insp. des forêts, en retr., èlaOuillonnière. 

1849 Gaillard (Théodore) , membre du conseil municipal. 
4849 De Horineau» banquier. 

1850 Gilie de la Toùrette , prés.du comice agricole, à Loudun. 
I8S0 Lamartinière , agriculteur, à Vounenil-sous-Biard. 
1850 De Constant, agriculteur, à Toucheroux. 

1850 Courbe (Eugène)» ancien prés, du tribunal de commerce. 

1850 Oudin , imprimeur , membre du conseil municipal* 
4851 Bonnet ^ , président du tribunal. 

4851 Degote W, receveur général. 
1854 Chenier , agriculteur ^ à Rembard* 

1851 Lafond (Hector) , agriculteur , à Larergne. 



— 4 — 

1851 DQCréfDiers, membvdncoiisei) géHMàBoorg-ArGhambaud. 

18S1 DeCougny.àSavîgdy. 

18S3 Aubrun , notaire. 

1853 Guignard , professeur à Técole de Médecine. 

1853 Le comte de Halartic. 

1853 LafoDd (Âdolfihe) , a$^cullieiw, an Peux d^ Parsao. • 

1853 Lagarenne , ac^jcultetir , à La Viiledieu. 

1853 Opter (Epiphane) , banquier, à MontmofiUon. 

1853 Bonneau de Beauregard, agriculteur, à Laronddie. 

1853 Boncenne, juge de paix à Yivdne* 

1853 Bouin de Beaupré, avocat, membre du conseil AunicipaL- 

1853 Romand , négociant , adjoint au Maire. 

1853 De Mascurault , Maire de Marçais. 
4853 Bain , agriculteur, a la Cigogne. 

1854 De Grou^eau , directeui* de Técole des Bradiëres. . 
1854 Lecointre (Eugène), à Alencon. 

1854 Triebct (Philippe) , à Nienil-rEapoir. 

1854 De Terrasson , capitaine d^état-od^or , h Viilemort. 

1854 Thoinnet, membre du conseil général de la Vienne. 

1854 Lamartiniteo (Jules), Maire de Gisais. . 

1855 Le baron Du P^stural , Maire de Voune«]il-90os-Bi$rd. : 
1855 Savatier (Jules), substitut du procureur impérial. 

1855 Savatier (Gustave) , agriculteur, à Léaigny-sur-Oeose. 

4856 Gillot SaiQt*Evre , professeur à la Faculté des Scieocea. 

1856 Autellet , membre du conseil municipal. 

1856 Guiot de la Ro.chère, prés, du com. de l'Isle-Joupdain. 
i856 Bardy, conseiller à la eour impériale. 

1856 Rouil ^.agriculteur à Motigoa. 

^856 De Mo(ntjon , agriculteur à Mignaloux. 

1856. De SmWy « agriculteur |. à Vounêuil-80us*Biard. 

1857 Cirotleau Ois , médecin-vétérinaire. 

1857 Lecointre (Gabriel), agriculteur^ an Frégoaudies. 

1857 AittelM, docieur^médecin , à Civray. 

1857 Bourbeau 'k , professeur è la Faculté de droit. 

1857 Bréchard , membre du conaeil municipal. 

1857 Marquis Aymar de la Ghevallerie , agrioalleur , à PUloiié* 

1857 Le baron du Puynode, agriculteur, aui Ou^teauoc. 

1867 Guitteau , préparateur de chimie à la Faculté des sciences^ 

4857 De Sa vin-Larclauae» direct, delà ferme école de Honis. 
1857 Durand , membre du conseil municipal. 



1857 Babaolt de Chaumont, agfic8tteaT« à ClutuinonU 
i857 De MoQlmartia, apiculteur, air Beia*Doiioel. 

1858 De Tvdeii , agricoltettr , à Vispis, 
18S8 De Seîntris , avoué à la towf. 

1858 Bruant , pépiniériste, meuibre du conaeil muaieipal. 
.1858 Bnguier, homiedheur^à Saiut-Geneat. 

1858 Mulard , agrioulleur , à P)euBiai;tki. 

1859 De Houlin-Rochefort , agrioulteuri à Magot. 
1859 Price , agriculteur , à Peieac. 

1859 Laprade , agriqulteur , à Mazerelies. 

1859 ArnauUdela Ménardière,pré8«ducomédeSaiat-6eorgei 

1859 Le baron Laurenccao, anaen représentant. 

1859 Tribert « membre du conseil général de la Vienne; 

1860 Toucbois , avoué au tritanaL 

1860 Cointe de Croï, agnculleor, au cbA^eau de Crémêult; 

1860 Constantin , docteur-méde^n , à la Yergne. 

4861 OriUard,dir. de Téq* de Médecine, lanc. Mwede Poitiers, 

1861 Jolly (Aleiandre) , avocat. 

1861 Le comte de Briey; agriculteur, au cbéteau de la Roche. 

4861 De May de Fontafret^ agriculteur , à Saint-Georges. 

1861 AmirauU-Rocbèr , agriculteur, à Loudua. 

1861 Tbibaudeau , banquier. 

1861 Descbamps, agriculteur, à Mazais. 

1861 Delà Massardi^re, prés, du comice agric. de CbAteHerault. 

1861 Malapertfils, pbaiwiaeîen, prof.suppL è Téc. de Médecine. 

1861 Potier , avocat. 

1861 Coirault dea Logea (Cbarles), agriculteur, au Theil. 

1864 De Campagne , agriculteur» au cbAteau du Fou. 

4861 Bonneaude Beauregwrd (Léonce) j à Larondelte. 

1861 Booneau de.Beauregard (Jules), è LarondeUe: 
1863 Le comte.de Laiaire, viticulteur, k Mornay. 
1863 Hivonnait, directeur de l'école de dessin. 

1862 Coirault dea Loges (BrueM)» juge aoppJéam, à Partbeday 

1862 Troueasart, professeur à la Faculté des» sciencea. 

1863 Pissis, ancien conservateur dea bypotbèques, 
1868 Perfaad, ingénieur en chef (les ponts et chaussées. 
1861 DelaTaolado, directeur dos contrAutions directes. 
1863 Lamirande , banquier. 

1863 De Laportb , agrioultetfr , è Saivre^ 

1863 Petit-Vée^ président du tribunal do commerce. 



^ 6 — 

1863 HériDe , avoué à la cour. 

1862 Leblanc-Turqaand, manafaolmer à Biard. 

186S Do la Faire (Gaston), agriculteur , è VilleoeoTe (lodre). 
1861 D*Hugonneao« agricollear, è Vouneoil'sous-Bîard. 

1863 Boncard , inspecteur des forêts. 

I86i Boorlon Wi député, représentaot le départ, delà Vienne. 

1861 De Beaochamp ^ , déptilé» repréa. le dép. de la Tienne. 
1863 Poireault , pbarmaoieo. 

1863 Martineao, avoué à la cour. 

1863 DurivauU, agriculteur , è Varennea. 

1862 ThébauU , professeur au Lycée. 

1863 CoutauU fils , agriculteur, à Usson (Vienne). 
18B3 Bellot, banquier. 

4863 Thiellens, docteur ès-scienc. natur. , àTirlemont(Belgiq.) 

1863 Gérard (Jules), maire de Saniay. 

1863 Duchastenier, procureur impérial. 

1863 Laurence , à Bonneuil-Hatours. 

1863 De Montesquiou, h Purnon. 

1863 Mayaonnay (Léopold), à Usaon. 

1863 Loqoin, è Bordeaux. 

1863 Bourdin^Garnier^ membre du conseil municipal. 

1863 Cornet de Laminière, propriétaire. 

1863 Hector Berge , homme de lettres , à Bordeaui. 

1863 Barbier, chef de difision à la préfecture. 

1863 Botool , propriétaire è Montmorillon. 

1863 Bellot , maire de Vivdne. 

1863 Ôe Traversay (Auguste) , agriculteur à Bourg-Jolly. 

1863 Cbevrier fils , agriculteur è Clan. 

1863 De Corel, référendaire è la cour dea comptes. 

1863 De Faolereau , directeur de Tassuranco motnelle. 

1863 Lecointre (Paul), propriétaire à Poitiers. 

1863 Person fils, propriétaire à Marsais. 

1863 Poirier (Abel) , maire de Véniers, à Loadun. 

1863 Calmeil (Victor) , avocat. 

1863 Branthdme atné, iToitiers. 

1863 De Sottbeyran, député, représ, le départ, de la Vienne. 

1863 De Rattier de Sus-Vallon, homme de Iettre8,k Bordeaux. 

4863 Huguet (Jean) , & BrigueiMe-Chantre. 

1863 Babioet (Joseph) , propriétaire au Murault. 

1863 Babinet (Adrien) , propriétaire au Muraoll. 



1863 Marchand (Gharle8)\ hprticnkeur. 
1863 De Rogier, proprîéUike à Moatlotiii.. 
4863 De HontjoQ (Domîoiqae) » i Boiroevaox«< 

1863 De Moatjoo (Bmle), à Ligogé. 

1864 Rayoal, professeur aa Lycée. 

1864 De Samtte, propoéUîre aa cbéioao de Fleuré* 

1864 Hiilet, propriilaîre aa château du Bouchaod. 

1864 Boargueil , propriétaire à Chaunajr. 

1864 Piogaolt-DemollieDa » à Beljouanea» 

1864 De SaintrLoDg , aex Tooches* 

1864 Amîet , président dn comice agricole de Mirebeau. 

1864 De la Tooreite fils, secrétaire du corn, agric. de Loudan. 

1864 Penin , propriétaire à Beaupuy. 

1864 Jfarqeei, direeteor de )a colome agricole de Si-Hîtaire. 

1864 Bourqnin-f propriétaire au Touilenet. 

1864 Boisseau , propriétsire à Plaisance , près Monlmorilion. 

Mtfnbm eorrwpcndo/ntê» 
sua* 
18ji» Gaillard (Nicias) ^ , prés, de ehamb. à la cour de cassation. 
1840 Robinet 4( , président de FAcadémie de médecine. 
1848 Griîner ^ , professeur à Técele des Mines k Paris» 

1848 Le duc des Cars , à Paris. 

1849 Delzons , iosp. des contrib. directes , à Mont-de-Marsan, 

1850 Chazaud j^^, ancien députée Paris. 
18Si L*abbé Dupuis, à Aucb. 

1853 Boreau , directeur du Jardin des plantes , à Angers. 
I8SS Raolin, prof, de géologie à la Fac. des scienc^à Bordeaux. 
4853 Dobud if , ing. en chef des ponts et chaua., à Perpignan. 
485» Fennebresqne, directeur des eoltures , à Mettray. 

1854 DeSeiBt^MarsauU, prés, de la* Soc. d'agr.à La Rochelle» 
185* Bonnemaison , à Jensac. 

1855 Richard , manuiaciarier , Maire à ChoUet. 
185» D*Abnour, professeur en Angleterre. 

1857 Moll , professeur au Conservaltrire des arts et métiers. 
185» De Lyron d'AyroIes , à Nantes. . 

1857 truérin (Jules^, docteur en médecine à Paris. 

1858 De Sohind , préaident de la société linnéenne , à Angers. 

1858 Le comte Odart , a Tours. 

1859 Béreau , coBseiller à la cour d'Angers. 

18»a De Ladmirault ^ , généraHe division» à Paris. 



— 8 — 

1860 Liège , propriétaire , à Lezaj. 

1860 Place, médecin* vétérinaire , à* Niort, 

186S Le docteur Giiyol (Jules) ^ , à faris. 

1863 Deiranoaz , ancien rédacteur de la Ferme. 

1863 Cornay , doctear-^médecÎTi k, Paris. 

1863 Mazure, prolassear de phyiiqoe w Ijroée d'Orléana» 

1863 LandooEy , cooservalear des hypothèqoee è Segré. . 

1863 Coussin, auteur du Catéchisme agrieoie; 

1863 Barrai , rédacteur du Journal d'agriculture pratique^ 

1864 Le Breton ^, 8ous-intendaolmililatre(feçu tilul.en 1854). 

CONCOURS DE SYLVICULTURE. 

EAFPOB!! 0£ LK COMWSSIOH GOMFOSÉB M OL BUtCSlAD 
:BT m 80DYI0HT. 

La Sjciété d'agriculture a offert une médaille, au meilleur 
mémoire sur la sylviculture dans le départeiàent de la Vienne, 
comprenant : 

1^ La statistique du bois (état passé , état actuel) ; 

2<> Les règles pratiques d'une bonne gestion forestière; 

3* Le reboisement des Landes. 

M. Boucard , sous-inspecteur dfs forêts, chef de service du 
département , a présenté un mémoire qui traite spécialement 
et d'une manière complète la dernière question. 

Quant à la première et è la seconde , Pautcur annonce qo*il 
s*en occupe , et qu'il espère remettre son travail à la Société , 
au coursde 186S. 

Le mérite 'de son mémoire sur le reboisement eufflrait pour 
convaincre la Société, que M. Boui^ard saura remplir parfai- 
tenietit lè pro'gramme,'mai3 nous savons d'ailleurs que cet 
agent laborieux , intelligent et instruit , a vu couronner par la 
Société d'agriculture de l'Indre un travail analogue è celui de- 
mandé pour la Vienne. 

Le-cadre adopté pour le statistique forestière do département 
de rindro comprend , par commune, canton, arrondisaemerrt : 
1* la surface totale ; 3* l'étendue des terres Inbourablee , prai- 
ries et autres cultures ; 9> celle des bois soumis au régime 
forestier , ou appartenant aux parlicdliers ; 4* l'étendue des 
terres incultes; 5^ la piopùlatiun effective; 6* la mortalité 
moyenne annuelle |jefr 1,000 hebltaut8« 



— 9 — 

n suffira, 011 rraiplissaiit ce cadra pour le dépaiieftieiildo là 
YteoM, d*y ajpater qoetqoes renseignraieDls sur les ancienoea 
feréta dispaniea « aar les causes de leur deatroctien , enfin aur 
l«a produite et Pe^pioHatton des bois actuellement existants. 

A regard de la deuxtftme qoesliev , elle a été paifailement 
éhwidée par M. Boocard, dans le «léoiotre eoproané dans 
rindre : on j trouve on traité complet des conditions d*one 
boDoo régie forestière , et nous exprîmens le vœu qae Tautenr 
fMse nue édition appliquée an département de la Vienne , de 
soB exoeHent travail de 1864 , qui nous a paru mériter la mé* 
daille offinle par la Société d'agriculture de Poitiers. 

Le mémoire so> le reboisement, qui nous a été remis H j a 
quriques jours , est complet, les principes sont excellents, les 
procédé» indiqués août pratiquée : il nous suffira pour le prou* 
ver de faire Tanalyse soDMDaire des points principaux. 

Los terres incultes. Landes en Gascogne, Brandes en Poi-* 
Ion , se divisent en trois classes. 

Los unes ont une grande fertilité naturelle , et peuvent ftlre 
Kvréea immédiatement à la culture intensive ; c*est du pain , 
de la viande qu*il faut leur demander , et non des produits 
forestiers. 

D'autres, d'une fertilité moyenne, ne peuvent être utilisées que 
pour la culture extensive on ordinaire ; ici les prodoits fores- 
tiers lutteront avec avantage contre des céréales et des her* 
bages médiocres* 

Lorsque les propriétaires n'auront pas besoin de conserver 
ees ajonnières si précieuses comme litières , et fournissant de 
bons fumiers , lorsque des considérations locales détermine- 
ront le défrichement des brandes , de moyenne fertilité , on ne 
devra donc pas hésiter à les convertir en bois. 

1}uant aux landes infertiles , dont le sol ne pourrait produire 
ni blé ni pré, inutile de dire que le reboisement est le seul 
moyen d^en tirer parti. 

Les terrils incultes se classent encore d'après la composition 
do sol, siliceux, calcaire , argileux. 

Les sables légers; inconsistants, tels qu'on en trouve dans 
rarrondissemenl de CbAtellerault, se couvrent principalement 
de genêts (genista byspanica-genista anglica) , et sont natureile- 
mentittdiqués pour des boisements temporaires. Onroit dttns la 
Sologao^des terrains de ceiie natuiie «'soumis à un- assolement 



— 10 - 

forestier euUural de dix ans : ce sont en général des lerres 
épuisées, effritées, par des ealtures sans engrais ; quadt aoi 
laodesr on préfère en Sologoe les défricher pour produire des 
céréales, et remplacer par des terres oeuTes les aucions 
champs que le reboisemeat doit refaire* 

Les semis de pin maritime y réussissent Cacilomoni sans 
autre trsTail qu'un hwsage pour couvrir la graine répandue à 
la volée. La préférence donnée à cette essence peu estimée 
est ici justifiée par sa croissance rapide , et parce qu'elle doit 
disparaître dès la huitième année, pour faire place à d«n 
récoltes de seigle et une d'aroine , avee laquelle on recom- 
mence le seoGÛs résineux. Après deux rolalions de cet assole- 
ment , les pins ont par leurs racines et leurs aiguilles , donné 
au sol la conûstance et Thumus , qoi permettent soit de le 
livrer à la culture exclusive des céréales « soit de procéder au 
boisement définitif, en mélsngeant au pin maritime, 1^ pin 
sylvestre, le chêne , le frêne , l'érable» le cb&taignier, le bon** 
lean , etc. Dans ce cas, le pin maritime est admis à titre d'abri 
tutélairé, accordé aux jeunes plants des autres essences , et 
doit disparattre bientôt» 

Les sols calcaires &u argîlo- calcaires sont en général des- 
tinés aux cultures arables; cependant sur le bord des rivières, 
on rencontre certains coteaux , à base de roches calcaires , où, 
l'on ne voit guère que Tépine noire (prunus spinosa) , le gené- 
vrier (juniperus communi») et le buis nain (buxus humilis) : 
ces terrains sont faciles à repeupler en chênes , charmes et 
bouleaux j en ayant toujours soin d'utiliser les essences rési- 
neuses comme abri protecteur.' 

Les doux classes dont il vient d'être question sont des excep- 
tions dans le département de la Vienne; la majeure partie des 
brandes sont assises sur des sols argileux ou Srgilo-siliceux , 
couverts d'un épais tapis de plantes difQciles à détruire. On y 
voit dominer l'ajonc (ules), les différentes espèces de bruyères 
(erica-vulgaris-cinerea-tetraiix et scoparia), les houx » les fou- 
gères et l'envahissante cuscutte. 

C'est pour le boisement de ces sortes de landes , que l'au- 
teur a surtout indiqué les meilleurs procédés. 
. Avant tout , dit-il , on doit assainir le sol. 

Ensuite choisir les essences convenables» 

Le chêne, sons notre climat, est le plus préi h ux des arbres 



— 11 — 

feiwlMis; mais on n% peut «splf tf rimplaoter dès le début. 
Il IbiqI traiuîieiii8«0i>t utiliser les essences résineases ii erois» 
seoee ploa tapide; m întrodoH ensnile sons les beis résineux 
les autres essences (ohène , bètre, cbarase, frêne, érable, 
rMtaignier , acacia, tremble et bouleau) , selon Teptitude du 
terrain. 

La préparation du sol sefail arec ou sans défrichement : 

Si les branles» peu fournies ; permettent aux graines de pin 
«Tarrirer sûrement jusqo^ià terre» il peut suffire do les semer k 
la Tolée. 

Si les plentes nuisibles pins abondantes n*ont cependant 
pas une Taleor notable « on peut, après les avoir coupées rez 
terre, les brûler sur place au lieu de les enlever : c*est Téco- 
buage à feu coiffant. 

On peut encore écobuer à feu couvert , après avoir exploité 
et enlevé les brandes dont les produits ont une certaine valeur; 
ou découper ou trancher le sol gazonné , puis on dresse avec 
ces trandies desséchées , des fourneaux , auxquels on met le 
foo : les cendres obtenues sont répandues avec les graines. 

Dans tous les cas, il convient de promener des herses sur 
les terrains ^ pour fixer les semences. 

Il est certaines contrées où , sans opérer un défrichement 
parfait, il $st nécessahre d*ouvrir le sol au moyen du scarifi- 
cateur ; c*est le cas de se servir de l'eicollent instrument de ce 
genre , inventé par feu M. Dubois, mon collègue et successeur 
à Bloîs. 

Hais lorsque Ton opère sur un bon fonds , lorsque Ton veut 
installer immédiatement avec les pins , le chêne et les autres 
essences feuillues , on ne doit pas hésiter à faire on défriche- 
ment complet. 

On commence par arracher les racines de brandes à la 
pioche ; cette coûteuse opération est ordinairement payée en 
partie par les cherbons de cosse» : on fait ensuite deux labours 
à la charrue ; on herse entre les labours ; enfin on répand 
400 kilog. de noir animal, ou plus économiquement 760 kilog. 
de phosphnte de chaux produisant les mêmes effets ; on sème 
du seigle, qu*un dernier hersage recouvre, et Ton obtient ainsi 
une bonne récolte. Ce procédé se répète une seconde fois en 
diminuant de moitié la dose de l'engrais ; enfin la troisième 
année avec une dernière avoine, on sème un mélange de pins 



- ja - 

narilimfs^ pio^ sylveatres^glandi», Mne» , châUiiQeB» frteal« 
J)ouleaux , el Y ou a créé aiiiftî d'ua 8«ul cou^^ ua bois^parAiiC, 
auquel on danoar^ au for et i mesuc e « la lumière ai reapace 
o^essaires, ^n.saariiiaiit la pauvre pin marUimei employé 
pour servir d'abri lutélaire aoai auUraa eapècaa daos: leur jeaae 
âge. 

Obaenralion importanle : ae bien garder de rien bhUer ou 
incuiver, lorsque Ton doit faire usage dea engrais i phosphatés. 
, Tous cas procédés sont décjriU par M. Boocard^ avec les 
détails les plus intéressants et les plus utiles : les propridiairea 
du département liront avec empressemenl aon mémoire, dans 
un prochain Bulletin de la Sociétéi, ils y puiseront de précieux 
.enseignements et des règles pratiques. 

On reconnaît dans ce travail remarquable Tcsuvre d'un élève 
distingué de récole forestière de Nancjfi dont rezcelleDt dineo- 
teur, M. Parade, cité à bon droit par M. Bo«eard» failMiorilé 
Plirmi nou(. 

Hélas 1 ce savant .foreatier vient d'être enlevé» tant récem^ 
ment, à la vénération de ses nombreux élèves; je fus son con- 
temporain , son ami ; qu'il me soit diOiM^ per.mi4 de aaiair cette 
occasion d'exprimer des regrets que je partage , uqe douleur 
que je ressens avec tous ceux qui l'ont connu et apprécié. Je 
ji* essaierai pas d'énumérer ses. titres a la reconnaissance pu* 
blique; qu'il me surflse de rappeler qu'après avoir secondé son 
beau-père , M. Lorentz, notre maître dans la science forestière, 
le sarant fondateur do l'école de Nancy , il lui succéda, et pen- 
dant vingt-cinq ans sut diriger cet établissement, avec un 
talent qui n^eut d'égal que son cœur parfait. 

Cest à juste titre que le gouvernement a voulu que les fu- 
nérailles de M. Pjrade se fissent aux frais de l'État. 

Urç^jfijwrleur,}. w SOUYIGNY. 



<»B8BaVATI01l6 flUi LB FBÈm FRÉSBRTÉ PAB H. PASQUIBHS ^ 

bans une des précédentes séances de la Société d'agrjcul- 
ture, mon confrère, M. Pasquiers, présenta des fouilles d'un 
frêne provenant de ses semis , dont lo caractère particulier est 
d'avoir des feuilles entières au lieu de composées, comme le 
sont ordinairement celles de ses congénères'; cette présentation 

* Vôlrleiulleiliid^MAliaei. 



— 18 — 

était aecomptgaée d'une; nota rtyrodoite dans le Bailétincla 
mois d'août « reçu seulement eo décembre. . • 

Éiaiil arrif^ à la aéaBoa! après lé lecture de cètle note t je 
B*ai pa y répondea iiidiédiateflMnt ; cçpiendant / dTaprëB lêa 
raMaîgBamaiits^qai me bueni donnés par <pieb|aee meoibtie^i 
fù cra devoir faire des ebaervatioiià , notamtnent aar le ûoià 
prinutiremeot adapté uni/Mîa, 411a je proposai- de remplacer 
partiiK/WJate, c'ast^k^dife à unas^le foliole et non pas k une 
saala ianilla , nom qui loi à été conservé ; on poorratt égaler 
■lani dire, d'accord avec qaaiqaes botanistes, unifoUala (Aag; 
4a Sl-Syoira. Botaaiqoe). 

Je fis également remarquer que nous possédions dans la 
eommarca et depuis fbrt loiygtemps, une variété connue sôos 
la Bom de frêne à aue fouine (fravinus monophylla) » et que 
sella présentée pourrait Ueu être identique , sans cepeadani 
raffiruQiar autraosaut, n'ayant point fait une étude comparative 
de l'arbre tout entier. Ces quelques observations ne figurant 
point aa Bulletin « j*ai éro devoir les signaler da nouveau « et 
coueaissaiH maintaaaut la note qui accôttipagoait la présen-^ 
talion , je vaia essayer de les rendre plus complèles. 

La fréna dont on ne nous a présenté que les feuilles est-3 
bien réellemeat un nouveau gain, ou ne serait-ce pas platdt 
celui que nous coun.aii^isons déjà sous lé nom de tnonoph^Ua i 
U n'est possible de s'en assurer qu'en les comparant tous les 
deux ; si mon confrère eût déclaré Tavoir fait, je n'aurais point 
élevé de doutes sur la réalité de sa nouveauté ; mais M. Pas- 
qaiera dit au contraire , qu'il n'en a jamais rencontré de sem- 
blabla dans le commerce 1 et « qu'il lai a été impossible d'an 
« trouver fa manlioa sur aucun catalogue» malgré les recher* 
f chas conseiracieuaas auxquellea il s'est livré ». 

Ce frêne est cependant indiqué sur plusieurs.prix courants, et 
notamment sur celui da H: André Leroy « d'Angers , sous le 
nom de fraxinuê exeekior, numopkifUa , hèùB eomoMia à une 
feuille. 

Bu consultant aussi le Bon Jardinier, on y trouve cette même 
variété sous la nom de flrtne à fuuiUes simpha (monopbylia) 
avec la description soivanie : 

■ Cet arbre, cçnsidéré par quelques botanistes comme une 
t é^pkêf pourrait bîen n'être qu'une variété du frêne commun» 
t sas fauiltas sont siaiplas et non composées , ovala^-danté^s; 



— 14 — 

« OD dit que ses nrmnes produisent souvent des iodirtdus à 
t feuilles pennées. » 

Je possède cette variéfé dans mes cultures ; et il en eiiste 
00 fort sufet^ qui fut planté au début d*une pépinière créée à 
Poitiers» il y a plus de S5 ans , par un amateur de notre ville, 
M. Fradin ; il est planté dens la partie appartenant maintenant 
à H. Derazais , il serait donc très-facile de Fétudier. 

Cet arbre n*a aucunement Taspect du frêne commun . parmi 
lesquels il est généralement classé : aussi serait-on tenté de le 
réunir aux frênes blancs d'Amérique avec lesquels il a de 
Tanalogie. M. Pasquiers pouvait donc facilement s*y tromper , 
et ranger le sien parmi ces derniers. 

U est dit aosai dans la note de présentation , t que ce firêne 
« n*a accun rapport avec celui à feuille d*aucuba , et à longues 
t feoiUes , qui eux aussi ont les fisuilles simples , mais doivent 
c être plutôt considérés comme des arbustes que comme des 
t arbres forestiers. » 

Il 7 a ici erreur , les deot variétés signalées appartiennent à 
le série des frênes d* Amérique , qui tous sont de grands arbres, 
et leurs feuilles sont composées et non pas simples comme le 
dit le présentateur. 

Maintenant de tout ce qui précède , je ne veux pas tirer 
comme conséquence que le frêne de M. Pasquiers n*est pas 
une nouvelle variété, je serais désolé également qu'on supposât 
que j'ai écrit ceci dans le but de déprécier Tobtention dé mon 
estimable confrère, je voulais simplement prouver qu'une étude 
comparative était indispensable avant de livrer cet arbre au 
commerce , mais les feuilles obtenues cette année ne peuvent 
servir à la comparaison , car si elles se sont développées sur 
des sujets ayant émis des pousses de quatre mètres de hauteur, 
eMes doivent nécessairement avoir acquis un développement 
inaccoutumé. Cest Tbistoire des plantes et arbres se trouvant 
dans des conditions exceptionnelles. 

Ce qo*il y aurait de plus convenable , suivant moi , ce serait 
de greffer au printemps les deux variétés, sur des sujets placés 
exactement dans les mêmes conditions , et «i celle présentée 
offrait une supériorité dans Taropleur du feuillage, la soumettre 
de nouveau à Tappréciation de la Société , qui pourrait alors 
se prononcer avec assurance et en faire même l'objipt d'un 
rapport spécial; en outre» si Texaraen prouvait que ce n'est 



~i5 — 

qu^QDO soiis-variéié de celle coMae, H serait, je eroii , conve» 
nable , pour reppelor sod origine et ae pas ajouter encore à 
la confusion qui règne (U^à trop en horticulture , d*adopter 
comme nom définitif, celui de fraxinus monophylla ioli/blta, 
frêne uionophylle à larges feuilles. 

BRUANT , jardinUr-pipiniériMe. 



LB MOUSTSUR-HALAPBET. 

Une disciétioir, mal entendue peut-être, m*a empêché jus*- 
qn*ici de tous présenter un petit appareil dont je suis rinren- 
teor. Cet instrument étant destiné au commerce , je devais 
m*occnper d'établir son succès à ce point de vue et f ai ronlu 
me débnnasser d*eberd des questions d'intérêts qui regardent 
pan Boire Sociéfté ; maintenant qu'elles sont réseioes , je me 
permetirai de vous exposer comment de simples principes de 
phjraiqae peuvent être appliqués utilement aux dioses les plus 
nsoelles» 

La réussite des œu& mollets a déjà préoccupé beaucoup de 
gens; les uns ont imaginé des clèpsydes , d'autres des sabliers 
compteurs ; la naïve cuisinière en agit autrement , elle égrène 
son chapelet, dit un Faler ou un Ave , compte jusqu'à cent , 
cent dix, cent vingt , bienheureuse quand une casserole ren- 
versée, un accident quelconque arrivé dans la cuisine, ne 
vient pas interrompre dans son cours ce chronomètre vivant ; 
ce aont là dés à peu près qui conduisent à une réussite impara 
faite, à de fréquents mécomptes. 

Lee difficultés qu'on éprouve à bien faire cuire un œuf à la 
coque viennent de ce que les matières organiques et les 
liquides sont en général assez mauvais conducteurs de la cha- 
leur. L'œuf est dans ce cas* Lorsqu'on le plonge dans l'eau 
booîllante, sa première couche , celle qui touche à la coque , 
absorbe bientôt toute la chaleur et se coagule très-vite* Elle 
oppose ainsi un obstacle très^grand à la transmission de la 
chaleur qui ne peut plus atteindre qu'imparfaitement le reste 
de l'oauf ; une seconde couche passe à l'état laiteux , et le 
jaone et le milieu ne cuisent pas. Vous avez alors un œuf à 
Bsoitîé cru et à moitié cuit, et si on le laisse plus longtensps 



dAwreftn, il devint dv , parce qa*il est impMwblo de laisir 
Je «nomeni critique où il aUeiot uo degré par&iLde Quiasoti* 




1 



Fiat. 



J*ai eu Fidie de coasUraire le petit appareil trkft-aimple > que 
)>i rhonneur de vous préseotefé 

Au moyen de cet appareil que Ton place dans^uiie casserole^ 
les œofji suoi ploogés dans Teas encore froide^ Le plateau A , 
fig. 1» qui supporte les œufo est percé de trois trous 000 qui 
permetlenl à Feau de s*écouler rapidement» lorsqu*ap moment 
voulu y on doit enlever Tappareil. La tige T est muuie d*un 
thermoflràtre centigrade dont trois degrés sont en évidence et 
indiqués ^i les n^ 1 , 9, 3. Une gstne B » fig. 3 , recouvre le 
thermomètre quand on né se sert pas de Tappareil dans la 
crainte de fracture. On doil Tenlever an moment de la mise sur 
le feu, afin de pouvoir consulter Talcool coloré en rouge qui 
monte à mesure que le liquide s*échauffe, on la remet au 
moaient de retirer Tappareil du fourneau ; uoe fois entrée, on 
la fait tourner , le petit crochet saisit le bourrelet, et l'on peut 
ainsi prendre le tuyçu sans se brûler. 

Voici maintenant la manière dont Tœuf arrive è sa parfaite 
cuisson : Tappareil étant soumis à FaotioQ do calorique , les 
«u& s'échauffent gradnellemeni et également en même temps 
queTeau ; alors il se passe le phénomène fi«ivan4 : au n* 1, la 
plus grande partie de Talbnmine ou blanc de l'œuf est encore 
liquide, au n^ % la plus grande partie est passée è l'état laiteuï, 
eefin au n^" 3, tout Fœuf est à Félat laiteux . état qui est le 
point de perfection pour les gourmets, le blanc et le jaune ont 
en effet la même consistance, celle d'une gelée, et on peut les 
mélanger avec la plus grande facilité. 

rai donné à mon appureil le nom de KblMsiâr ou de cuitr» 



— 17 — 

œuf h lbiBra»9mètre ; on peot en construire de loates les façons 
el de tontes tesdinieneions; l'adjôncâon du thermomètre est 
la chose nouvelle , et c'est là que glt Tinvenlion. Celui repré* 
sente dans la figure est pour six œufs. 

Je demande à la Société la permission de déposer deux 
exemplaires de mon moUeleur; puisse, Messieurs, ce petit 
appareil, à son entrée dans le monde, gagner votre sympa- 
thie; il Toos en témoignera sa reconnaissance en vous donnant 
des œufs mollets toujours cuits snirant vos désirs. 

P. MALAPERT. 



POUB BOTALB-VKHnÉB* 

11. des Noubes de la Cacaudière fait hommage à la Société 
de trois poires d'une variété nourelle obtenue par lui de semis. 

Cette poire, qui a reçu le nom de Ibytak-Vendie , appartient 
à Tespèee des Daffifmé$. Elle est d'un volume ordinaire , d'une 
jolie forme et ^e conserve jusqu'à Pâques. Les échanlllloas 
offerts à la Société ont un peu souffert dans le traniport et ne 
sont pas aussi beaux que M. des Nouhes l'aurait voulu , les 
envois Caits à la société d'horticulture de Paris et au comice 
horticole d'Angers ayant épuisé les plus beaux fruits. 

Le sujet , né à la Cacaudière on 1851 , a fructifié en 1860. 
L*arbre, très-épineux dans sa jeunesse, a perdu promptement 
ses opines. Il est très-ferlile. 

H. A. Leroy considère cette poire comme une des meilleures 
de l'espèce, et il Ta fait graver et reproduire dans sa pomologie. 

On sait que M. des Nouhes , qui s'occupe avec succès d'hor- 
ticulture, a déjà obtenu plusieurs autres variétés de poires 
très-méritantes qui figurent dans les catalogues. 

nOTB Sra LIS BÉuusas HmiiAiiuauBs \ 
M. le conseiller référendaire de Corel transforme *compié- 

tement son domaine de la Badonnière, près de Coulombiers. 
n y a installé.on bélier hydraulique qui nous a paru mériter 

d'être décrit. 
Les propriétaires par lesquels ne sont pas utilisées aujoor* 

d'hni les chutes d'eau, réputées autrefois trop faibles pour 

* NoTB DB LA liDACTioN.— Ce travail D*a pu être lu en séance publique ni 
soumis à la diteauloo. Le conseil a cru detoir en autoriser rimpression en 
laisiaot la reeponsabllité à rauteur. 

2 



~ w — 

6lr» arccepléa» commt TuteAsim drdépansos bM.raténdiiMw, 
sool.iniéroMéft à connatire touâles éléaieoto ds aiiccte obtumi 
pir notre, hooor^ble coo&ère. 

En matière de propohijon comme en toute eoiret la seienoe 
a marché b^aodoup, el Tappareil hydraufiqoe, inveoUonde 
MoDtgolfier, a étébejireusecneDt perfeclioooé par M« Eniesl 
Bollée, fondeur et mécaiiicien de la lîUe du Maas. 

La machine étudiée par nous dans le pare de la '.Badooniëre 
est rœuvrc de cet bebiie îndualriéL 

Elle est ifl premiteé qui ait été créée dansvle département 
de la Vienne. 

Une seconde existé déjè aux entirôns de Coulombiers. Elle 
concourt Y avec une puissance moindre, à Tamétiofation de la 
propriété de notre jeune confrère, H. Person. 

Le bélier de la Badonnière a pour tout motemr une chute 
de 3 mètres 10 centimètres, et il tiève4'e«u h «ne hauteur de 
3i mètres, en lai imposant un débit de 110,000 litres en vingt- 
quatre heures. 

Le liquide déplacé dans une proportion si large a pour réci- 
pienti à 480 mètres de son point de départ, un bassin creusé 
sur le point le plus élevé du parc , par-delà le château mainte- 
nant en construction. 

Le trop plein de ce réservoir suit le cours naturel qui le 
ramène au ruisseau, d'ob il est sorti. 

Après avoir pourvu à Tarrosage d'un immense potager, feau 
se précipitera bientdl, de cascade en cascade , le long des pentes 
oh un goût ingénieux a réglé déjà sa distribution, de manière 
à rendre le paysage plus riant ^ les cultures plus productives. 

Le bélier placé au pied du barrage qui mesure la chute, est 
protégé par une tourelle de pierre avec couverture en ardoise, 
dont le prix de revient est 1,M0 fr. Il a CQÛté lui-même, 
pose €0 Aprlbe, 2,000 fr. 

Il consiste en un corps métallique qui s^élève et 8*abaiss6 
régulièrement , et en up tuyau d*asfcenston , dont le diamètre 
est, à l'intérieur, de 60 millimètres. 

Le tuyau, coulé en fonte éprouvée à plusieurs atmosphères, 
est livré et posé au prix de 5 fraocs 00 centimes le mètre. 

M. Ernest Bollée accepte des abonnements de fi fr« à 100 fr. 
par année, selon les dimensions des béliers cooatroita par lui 
conformément à son brevet. 



— 19 — 

SetljpvsMiif |« timbra da. iS, al U tiaQt MMPJours & la 

4npositiaD des propriétaires areo lesquels il Iraiie i h forfait 

pour SO aoiiâaè, toutes les piècos sans. exceptioD, par lesquelles 

il ja lieu de remplacer celles qui s'uséat où se détériorent. 

Les bélîars revêtus de sa marqua ne demandent ni graissage 
jfériodiqaa, ni surveillance habituelle. On les ajuste et ou D*a 

pla3 à s'occuper d*eui .jusqu'à ce que le temps ou un fait acci- 

deotei oblige à Içs reoiaoier. 

L'objection si sérieuse d^es frais cTectretieti et de l'aida fré*- 
qoèotd^on mécanicien» est donc quant à eux sans valeur aucune. 

La supériorité essentielle du bélier hydraulique sur la pompa 
aspirante et foulante , c'est que Peau déplacée parle premier 
coôla comme si elle s'échappait'd'un'e source vive , d^ qu'elle a 
alteint le fatte sur lequel elle est dirigée , tandis que Ja loi du 
jet de la ponape est Tintermittencp. 

La rigole qui ,^à la Badonnière , sert de prolongement ao 
tojau d'ascension, est creusée à ciel ouvert, et à h profondeur 
d'en mètre* 

Un cours d'eau débitant trente litres par minute, sufQt au 
plos faible de ces appareils. Un débit de 7,300 litres est néces- 
saire pour 4e plus .puissant. 

Le béUor ast préférable à la roue hydraulique, surtout parce 
qu'il fonctionne normalement dans les plos petits ruisseaux^ 

Agencé au plus bas des chutes .motrices, U utilise toute la 
force de ces dernières. 

Sousraction d'une chuté d'un mèïrp, il élève l'eau à 7 mètres 
Mcamimèlpsaf au anayim d*uti tiiifaa #efleansiou iont la ioa«A 
gueur ait *i t8^ à It aorèlfas, et il débita à dotta hauteur 
2704ttnifàl'baiira. 

Si la dMUe ast da S mètre» au lieu d'an , la nieehioe alèva 
l'emi à 15 mètres,, ou en débile 540 litres à rbeore. Las deat 
résultats na se -oumolant pas. On acquiert l'un ourautrai k 
son choix. 

Noos çj^oyons an avoir dit assez pour qve la Société se jaga 
iDtorîs^ è* féiicitar sur sa belle eptreprisa notre coo&èca 
M. da Corel, et à donner en exeo^pla aux propriétaires de la 
Vieaiia e^lta e;c|M6riaii€e décisive d'un système dont.l'appli- 
estian eal autour de nous plus opportune qu'ailleurs. 

• OostànE BARDV. 



ROTB sua UN CAS DE VÉGÉTATIOlf ' nriNOMÉRlLB. 

Je dois à Tobligeance de M. Uoderowistz, du Dorât, de 
pouvoir signaler à la Société un phénomène de végétation 
extraordinaire et peut-être unique pour le genre du moins 
auquel la plante appartient. Ce phénomène , H. Underowisiz 
Ta observé dans la commune de Lathus (Vienne) sur la pro- 
priété de M. Pierre Tabuteau. Il s*agit d'un pied de chanvre 
gigantesque né spontanénaent (M. Tabuteau ne cultivant point 
la chanvre sur sa propriété) , sur de la terre de bruyère qu*ii 
avait déposée dans sa cour. 

Voici les dimensions de ce végétal : 

Hauteur totale « 3 m. 70 c. ; circonférence de la tige à sa 
basa , 0,30 r.; à 1 mètre plus haut, 0,13 c. Cette tige était sur- 
montée de 25 branches , dont les trois principales avaient : la 
première , 2 m. 70 c. de longueur ; la seconde , 3 m. 63 c. ; et 
la troisième , 2 m. 60 c. Ce pied de chanvre eitraordinaire a 
donné un boisseau de graines. 

Tel est , Messieurs , le végétal-phénomène que j^avais à vous 
faire connaître, et que, par lettre dû 13 septembre dernier , 
M. Underowislz m'offrait pour notre musée, offre que f eusse 
sans doute acceptée, si la Société, à cette époque, n\ût pas été 
en vacance ; mais que j*ai dû refuser, vu la difficulté de conser- 
ver cet objet. 

HAUDUYT , consereakur du muiie. 



lAPPORT SUR. LE ooucourb db LA pRin d'horuxur D*IIO>RB-Sr« 

U>UUI, FAIT A LA SOCIÉTÉ D*AeaiGULTVaB DK POITIBBa. 

Messieurs, Tannée dernière, en vous rendant compte du 
eoncours régional de Nevers, nous avions rbonDeur de vous 
dire que le f^it capital de ces grandes réunions , c* était Tattri- 
bution de la prime d*hotineor i 1 exploitatioo la plus méritante 
du département où siégeait le concours. 

Nol ne conteste le grand intérêt que présente une exposition 
d*animaos reproducteurs dans une région qui s^honore de 
posséder des éleveurs illustres. 

Une attention légitime est aussi acquise aux instruments et 
aux produits. 

Hais les exposants i$ ces diverses catégories n*appartiennent 
en général à Tagricnlture qae par le câté qui les révèle. Os 



— îl — 

peuvent même ne pas être agricoltears do toat, et pourtant 
obtenir des saccës sar le terrain choisi par eux » terrain qui 
n'est pas nécessairement agricoto. 

Il en est tout aotrement des concurrents dé la prime 
d^honneur; leurs titres d'agriculteurs doivent être vérifiés 
comme première condition de leur entrée dans la lice. C'est 
entre agriculteurs seulement que la lutte s'engagera ; et dès 
lors se comprennent celte émotion vive des concurrents 
sérieux, cette agitation générale de la foule agricole et cette 
inquiétude commune, relativement à une décision qui procla- 
mera 09e supériorité temporairement consacrée entre des 
prétentions rivales surexcitées et quelquefois abusées comme 
toutes les prétentions personnelles. ^ 

Dans ce travail sur les concurrents de la prime d*honneur 
d'Indre-et-Loire, noire bût est d'être utile aux agriculteurs 
de la Vienne, qui seront appelés prochainement à la même 
lutte. 

En 1868, le concours régional aura lieu à Poitiers. 

En 1867, dans moins de trois ans, les agriculteurs de la 
Vienne qui voudront concourir, devront déposer leurs mémoires 
et seront visités pour subir cette épreuve avec avantage. On ne 
peut pas se préparer de trop longue main. 

Rien ne s'improvise en agriculture, ni les hommes , ni les 
Iroits , ni les résultats. 

Sans doute, il semble aujourd'hui plus facile qu'autrefois 
d'arriver vite; on trouve plus à sa portée ce que le langage 
rustique appelle de l'avance ou des avancer, c'est-à-dire que 
l'on est plus en état de commencer avec avantage. On peut 
même se mettre en route avant qu'il y paraisse. 

Le capital intellectuel de l'agriculteur peut s'accrottre d'une 
science réelle. Son capital-argent, bien dirigé dans son emploi 
primitif par cotte science elle-même , lui procurera des res- 
sources d'une puissance immédiate, inconnue à nos anciens. 
Ify aurait-il que les machines elles engrais commerciaux, que 
la mécanique et la chimie agricole, nul n'oserait dénier la 
supériorité de l'agriculture moderne sur l'ancienne , du 
moins quant è l'abréviation des délais dans l'obtention des 
résultats. 

Haiscrci concédé, l'action du temps ne garde pas moins en 
agriculture une valeur indincutable. Elle produit chez les 



— 9iî — 

hommes rexpérience, dans la terre la vieille force, sur les 
résullats acquis la cerlitude. 

Ces considérations se raltaclienl directement â rexamen des 
titres des concurrents de la prime d*honneQr d*Indrti-et-Loiro. 
Elles, sont nées d*une impression générale et commune à Ions. 

Et en effet, dans toutes les exploitations visitées» sur ces 
domaines remarquables par la diversité de leur aspect, partout 
il y avait une même chose qui laissait a désirer, qui n*était pas 
complète , qui faisait défaut dans des parliosessontielles , c^étdit 
la consécration du temps. 

Des agriculteurs trop jeunes ou trop nouveaux , des 
propriétés en voie de formation plutdt que faites , des 
résultats sans' précision dans le présent, incertains dans le 
passé, sans garantie d*avenir : voilà quel a été» à des degrés 
différents, le cAté faible commun aux exploitations concur- 
rentes. 

La campagne d^Indre-et-Loire participe aux habitudes du 
chef-lieu. * 

Les mutations de la propriété y sont plus fréquentes 
qu^ailleurs. 

Les domaines bien cultivés d'ancienneté par le même éufti- 
valeurysont rares. 

L'agriculture rationnelle nous a semblé y être un fait de 
date récente, importé plutôt qu'indigène. 

Une opinion passée en proverbe peint nileui que toute 
analyse Tesprit de la "touraine , relativement à Tagricullure ; 
on dit : Closerie vaut mieux que métairie. Les circonstances 
locales expliquent cette opinion. Les vallées qui bordent la 
Loire et ses affluents sont d*une fertilité exceptfonnelle. Les 
pentes et les coteaux qui limitent ces vallées ont été utilisés pour 
la culture de la vigne et des plantations d*arbres fruitiers de la 
petite propriété. Dans ce double rayon parallèle se concentrent 
fa population , le travail actif , un prix élevé du sol morcelé, 
en un mot, la richesse agricole. 

Mais ces espaces privilégiés, pour être en Tooraine plus 
nombreux et plus développés qu'ailleurs, ne représentent 
cependant qu'une faible partie du territoire dopartementaL 

Celui-ci comprend de vastes plateaux où la terre est énéra- 
lement peu fertile, où l'absence du travail humain et le manqno 
de bras rendent la culture difficile et insufBsante. La valeur 



^ as — 

échangeable da soi a?iib|ey descend, sur quelques poipls^ au 
plus ba$ prix qui soit en Frottce elcetix que ce bas prix arait 
amrésfl*oni,pes louîours eu à s*applaudir d'avoir planlé leur 
leote agricole dena ç^ solitudes déshéritées où tout manquait 
quelquefois^ ju$qa*«ux cbemios pour y. conduire. 
. Bâtoftii^oua dé le dire «{ et la suite de oe récit le démbntrera. 
11 j a eo dee sufseès parliels parmi le» agriouUeurs; il y a eu 
i{ea âa»éiUoiaUans partieUee aussi, dans ces .domaines de la 
o^eimo et de laigrande ooitMre. Haie. le oeetrestia apparent et 
réefn'en subsiste pas moioe encore entre les plateaux et les 
raliées» enue,la métairie el le dost rie. Et o*est Fhonaeur des 
hoomies dont nous avons à nous entretenir qjne d*avoir eu 
confiance daes le drapeau de r^griculluro, a« milieu de ces 
conditioni.de choses et. de personnes» qui toutes conslituaieni 
des diffîcuUéi^ de situation. 

La prime d-homieur dlndre-et'* Loire a fait entrer dans la 
lice quatorze concuireots; Tuo d'eux s'est retiré dès le début. 
Quatre antres n'ont pas été nommés, mais trois médailles d'or 
ordinaires , dnq médaiUes d*or, grand module » ont fait cortège 
à la récompense supsème. C'est dire combien la luUe a été 
sérieuse et bell^ . 

Des quatre que nous ne nommerons pas, l'on représentait la 
rontiBo heureuse et satisfaite d'elle-même, joignant d'ordinaire 
les deux bouts peu distants, gagnant même quelque argent , 
grèœ è une économie extrôme el à des circonstances favora- 
bles. Cet honaôtefurmier est bien coovaîneu qu'il est l'un dos 
premiers agriculteurs ; et pourtant sa ferme n'a de remarquable 
que Toubli de tout te qui constitue, noue ne dirons pas la 
science ûi le progrès agricole, mai5 le métier tel qu'il. se pra- 
tique en France deiNiis KO ans. 

L'antre, eu conlraire, rapproché [du précédent par le peu 
d'importance de son exploitation, en dUière du tout au tout par 
sa valeur agricole; à celu»'ei rien :peut-ètre ne manquerait pour 
être un agrlcuiteur de m^ériie, s'il ne Vêtait pas ( ûcé en pré^ 
sence de difficultés à peu prèsinwjrmontables. Pourquoi, quand 
on tvouve à affermer partout des terres plus ou moins fertiles, se 
faire, sans avances sufiisantes, propriétaire de terres pauvres 7 
Pourquoi perdre eon temps à créer dams la sol des richesses 
accunnilées, quand on peut mon^noyer immédiatement les 
ricbeeses eiistant dans la to^rro d'aotrui ? Sans douta , tout 



— 44 — 

travail, oièmeiDgral, est respectable; mais quand on ea4 présumé 
avoir pu choisir , quand on a dû le faire , on est en fante de 
n'avoir pas sa opter pour on travail lucratif et rémnnérateor. 
Telle est la leçon donnée k regret à on homme d'intelligence et 
de bonne volonté dont Fexemple n'est pas à suivre. 

Les deux derniers concurrents non choisis apparUennenl i 
un tout autre milieu agricole. Us jouissent Tun et l'autre d'une 
grande fortune. Ils ont l'un et l'autre une posHioii aociale 
élevée en dehors de ragricolture. Ce n^est pas le besoin d'no 
état qui les a fait se dire agriculteurs. 

Ces quelques points de ressemblance établis , poursuivons 
notre examen. 

L'un est jeune et nouveau comme agriculteur, l'autre est 
déjà âgé et se livre à l'agriculture depuis asses longtemps. 

L'on n'accorde à la gestion d'un très -grand domaine que de 
rares instants, l'autre consacre tout son temps è une exploita- 
tion restreinte. Tous les deux sont sans régisseur ; mais l'uo 
peut s'en passer, grâce à sa présence constante, à son activité 
infatigable , à la faible étendue de son domaine ; l'autre est 
incompréhensible, disons le mot, inexcusable (i'état de sa 
grande propriété ne le prouve que trop), de ne pas être suppléé 
par quelqu'un qui, tant bien que mal , tienne lieu du malire 
éloigné. Le domaine de ce dernier pourrait servir de démons- 
tration aux plus tristes effets de l'absentéisme. Tout s'y trouve : 
interruption sans cause do toutes choses commencées, argent 
perdu en essais faute d'y avoir donné suite, aucune organisa- 
tion dans un personnel insuffisant et sans direction ; pas an 
seul service en marche régulière, enfin le pire de tous les dé- 
sordres, le désordre dans l'abandon et dans le silence. Bntrerai- 
je dans les détails ? Qui de vous ne les préjuge ? 

Que si noos passons de ce grand domaine à l'exploitation 
mise par nous en parallèle avec lui , le changement sera com- 
plet; mais les extrêmes se touchent. La cuhure abandonnée 
n'est pas la justification de la culture de luxe. Celle-ci peut 
être un mode de dépenser son temps et son argent , sans 
inconvénient pour un homme riche, mais ce serait une faute 
grave do la proposer en exemple à suivre. 

La tentation de l'imitation ne prend personne à la vue d'un 
domaine livré i l'abandon. Un domaine cultivé avec une recher* 
cfae raffinée peut, au contraire, séduire. La science entre le 



— M - 

bien el le mal jr e*t moios «ontible, elle a besoio d*ètrd fisia 
aFecane juste séférilé. . . 

L'eiploîtaiioD déni nous periont n'a pea àO haetarea de 
aoperfifiaaD aeaoienieBU ElieiealaaDaiodQtlrie anoaiée* On y 
coliife peu de pUntea sareMei. La beltara? e y ett pimcriie 
sTSiioMtiqoefliieia. 

CeUa exploilation predutt dea céréales avee on pan :da praî- 
rias ariificiaUes inlarcaléas sans régolarité. Cas ooniBiioàs sont 
celles qui esigsul le moins da aapital engagé» et 6>esi bien hen* 
reei. L*iniéièi de ce capital saiait son vent menacé* 

ao doit Aire ainai sur ce domaine. Les terres arabica y 
sont gravées d'une charge trop lourde en bâtiments ei en 
matériel sgricole* 

Las bâtiments» entièrement neufs ^ sont d'un loxedontle 
propriétaire a cru nécessaire de s'^cuser. De plus» les dispo- 
sitions aacosent des intenMons minutieuses dont s'affranchit à 
boa droit Tagriculteur qui n'est pas fantaisiste. 

Les fourrages, les récoltes, les animaux logés de cette ma- 
aim ne payeront pas les loyers . ce qu*ils doivent faire de 
toute nécessité économique^ 

Le même pécbé par excès se remarque dans les machines 
et instruments, tant de Tintérieur que de restérieur de la 
ferme. Une exploitation de 200 hectares, en marche intérieure, 
reculerait devant la dépense faite sous ce rapport dans ce petit 
domaine. Qu'ils soient bien choisis ; qn*ils soient excellents , 
pen importe. Ils ne sont pas k leur placie. Cest une çoUeciion 
d*amatenr ; ce ne sont pas les instruments de Iravail d'un 9gri- 
colieur. En voici deux exemples entre autres* Une laiterie 
reçoit le lait de deux ou trois vaches peu remarquables. Les 
produits se consomment sur place» Or cette laiterie contient 
toutes lei variétés de barattes récemment inventées. Uo cré- 
mier-nourricier de Paris ne trouverait pas remploi d'un 
aussi grand nombre d'appareils* 

L'eiploitation eosemeoce, année commune, une. quinzaine 
d'hectares de céréales. C'est peut-être beaucoup dire. Or, pen- 
dant que les grandes exploitations les mieui outillées hésitent 
encore à adopter les moisopneuses comme instrument pra- 
tique , ici Ton est déjà arrivé à en avoir deux. Oo vendra la 
première , soit ; mais la seconde , quelle sera sa destination ? 
Elle aura è faire, chaque année, la besogne qu*exécuteraient 



— M — 

8MS diffic»lté.deQX bons fooclMttra ea 4ix joarft, Lear dépanae 
repréftenlerait à peine Tintérèt do capital engagé daoa l'aefaal 
db la moinoniiease, avec son aofiortisBemetil et1«s réparetions 
«omécQlhres* Le ilroprifélaire sera done en perle de la Talear 
do tenpf 4es hooraiee el deé eberatiR néeesseirës an fonetjoci- 
nement de la machine. Tont, dans cotle oxpMl«liotl| porte le 
oacheiied^peoses'sans proporlion eiise les résultats à aUein- 
dre. Yoid nne porcbefie destinée à deux ou trois pores ou 
tvoies; flesanimaux jomronlderdenx cours^dailéesen |»ierro, 
séparées par un pool ptaieé enite deex , sur un eansl artificiel. 
Nos deux 00 trois fiorcs »y donneront les douceurs d^iin bain 
8alataifBi,*et pois on les contraindra à passer soos Térebe du 
pont, et ils auront ainsi Tavantage de plonger fout entiers. Vn 
ou deux baqoets d'eau dans les cours suffiraient, snivant 
noas^ kremplaeer ces coâteoses combinaisons. Dés combi- 
naisons, il 7 en a partout. Poarqnoi le poulailler est-il divisé 
en tant de compartiments? Cestque, d*aprës1e propriétaire, 
on coq ne peut servir utilement que quatre poules. Pourquoi 
ce petit ruisseau créé dé main d*bomme devant les ruches h 
miel? C'est que les abeilles ont besoin de boire. Mais pour^ 
quoi ces plantes aquatiques cultivées dans le ruisseau ? Cest 
afin que les abeilles poissent se poser et boire sans mouiller 
leurs ailes; évidemâient toaicéla est très-joH, trSs-coquet , 
et ce n'est pas nne intelKgdnce sans activité et sans éducation 
que colle du riche châtelain qu^ ie coiàplaît dahs^ces loisirs 
ingénieux, dans ces réspeélables iltusions. Mais* ce n'est pas 
de Pagriculture teHe qo>n demande une commission* de la 
piîm« dlioaneuiP. 

Que les concurrents futurs de 1b Vienne le sachent bien. Le 
luxo en agriculture n'est pas ut> titre. Il peut Vallier comme 
accessoire à certaines positions, même agricoles. Il peut être 
un devoir personnel on une convenance permise; mais il n^a 
pas le don d*éblouir et de surprendre. Sous l'éclat de ses 
enveloppes diaphanes, là rérité des situations reste entière. 
Elles sont bonnes ou elles sont niauyai^es ; elfes sont agricoles 
ou elles ne le sont pas. 

Pour épuiser ce sujet important, ajoutons quelques exemples 
tirés des exploitations primées. 

Aunez-vous dos chemins sablés et ratisses ; ^nr conduire à 



— 37 - 

t69 e&amps, cet état â*entreti6n ne fera que rendre plus cho- 
quante Pherbe trouvée dans les céréales. 

Atirie»Tons des luzernes en ligues , des céréales cultivées 
par trausplantaiiou , oes procédés exceptionnels rappellerodt 
l'ôiArli de ce sage précepte do père de f agticuhure française : 
Eo grande culture , pas de jardinage, c*est-à-ii}re , pas de frais 
superflus dont le payement ne soit pas garanti par une plos- 
raioe essorée. 

NdoB parlions tout à Pheure des bfitiments et des machines. 
Ayez à cet égard tout ce qui est nécessaire, tout ce qui est utile. 
Haie dons remploi d'unxapitàl'Oùia dépréciation et la'déterio- 
ration sont rapides, suivez l'exemple de i-agrieoHure anglaise : 
Soyez économes et réservés. Ne vous cassez pas les deux bras, 
an début d'une entreprise, pour avdr cédé è la manie de bftthr 
00 de vous monter une machine, dont le temps n^esl pas- 
eneere venu. 

€e8 considérations s*étendent aox animaux de travail et de 
vente. Ils ne seront jamais trop bons , ni trop nombreux , sMIs 
sont bons. Mais il y a encore là on écueil è éviter. Il faut qu'il 
a*y ail pas de disproportion avec Tensemble. 

Qoe si vous avez des béfiers de & à 5,0flD fr. pour le service 
de brebis sams valeur, Tattention donnée aux uns ne fera que 
mettre en relief la- défectuosité des autres. La pensée ne s^arrê* 
tera pas sor des améliorations à attendre d'accouplement» que 
la raison répudie. Bile ne verra, qu'un bel animal, une grande 
valeur sacrifiée et grossièrement compromise dans des mésal- 
liances inqualifiables. On ne saura pas gré à un concurrent de 
la possession d^anfmauz reproducteurs ainsi utilisés. Ils pour*- 
rottt être primés dans une exposition de concours régional. On 
ne sait ni dToh ils viennent, ni ce qu'ils font ; mais, en les 
jugeant sor place, dans la ferme k laquelle ils apportiennent, 
ce n'est pas en eux-mêmes qu'ils ont à être appréciés , c*est 
dans le réie qu'ils jouent , et votlè pourquoi leur proprié- 
taire ne gagnera rien à les présenter è une commission éclairée» 
Un dernier fait. Nous avons trouvé des faureaux Dorbam 
dans plusieurs exploitatiotis. Dans^ quélques^^imes, il» étaient à 
leur place, et nous dirons plus tard le parti avantageux qui en 
était tire. Âilletîrs, ils étaient là comme pierre d'attente, chez 
1f.'«<S^-{jrar exeinpië. 
Jkîia nous en avons rencontré un dans une fernre oh sa 



présence ne se jusUfiait ni dans le présent ni dans revenir. 
Noos eussions été désagréablement surpris , si nous n'avions 
pas été convaincus que ragricuUoor très-distingué à qui nous 
avions affaire, evait cédé à Tune de ces préoccupaiieos fantas- 
ques où s'égarent les meilleurs esprits, quand le ti|re de con- 
current les tourmente. 

Ses étables n* étaient pais mauvaises ; mais elles ne conte- 
naient rien de bien remari|uable, plutôt par la &ute du paya 
qu*il habite que par la sienne. Pour relever cette partie mo- 
deste de son exhibition , il a amené quelque chose et de lort 
loin • pour un prix relaliKement élevé ; il a fuit venir un taa- 
reao Durham, uniquement pour nous le montrer, Cest la 
meilleure supposition que novs puissions faire. Il avait entendu 
dire que le Durham avait de la vogue, et il nous en a servk 
Dépense bien inutile. 

Ces épisodes ralentissent notre récit et en troublent Tendre ; 
mais |1 était besoin de prémunir nos futurs concurrents contre 
des préoccupations chimériques, et de les empêcher de rêver, 
comme moyens de succès , toutes les impossibilités dont leur 
propre raison ferait justice dans toute autre circonslence. 

La supériorité d'une agriculture réellement forte et vigou- 
reuse résulte de Tensemble comme de tous les détails, L'éco. 
nomie rurale bien pratiquée , c'est de Fharmonie au premier 
chef, sans partie faible et sans e^^ubérance^ Une ferme mal 
conduite, c'est celle dont on peut dire que telle chose y est 
sacrifiée à telle autre, que tout a été sacriQé à telle chose. Ce 
que l'on ne peut pas bien faire ,«ce qui serait négligé, quelle 
qu*en soiila cause, doit être supprimé absolument et immédia- 
tement. La coexistence du bien et du mal , du bon et du mau- 
vais dans les grandes divisions d'une exploitation amène fatale- 
ment la ruine. Le mauvais mange le bon. 

Revenons à nos concurrents. Parmi les neuf qui ont été ré- 
compensés, huit, d'après le programme , ne fauraienl été que 
pour des améliorations partielles déterminées. Dans la vérité^ 
il n'y en a que deux à envisager à ce point de vue restreint : 
M. le marquis de Quincmonl, pour ses Viisies plantations d'arbres 
résineux et sa grande culture de la vigne à la charrue; 
M. Drœch del Castilb, pour la tenue remarquable d* une ferme 
placée dans une position particulière , et pour une culture de 
la vigne , faite avec une perfection exemplaire. 



- «9 — 

Lei sept ftotres cottcurrdnts étaient de vrais prétendants te- 
rmes à la prime d^bonneor. IV ne leur, a tnanqué poar Pob- 
teoir qne la nécessité pour la commission de faire entre enx 
«a rhoix; mais on peot dire à la gloire de cette lotte, qne 
betocoop de départements s'honoreraient d*atroir pour laoréats 
de la prime d*honneur quilques-ons de eeax qui, dans Tlndro- 
et^Loire , ne le som pas devenus. 

H. le marquis de Quinemont, dépoté d'Indre-et-Loire , est 
propriétaire i Parie , commone de Crouzîlle , canton dlndre- 
6(-Loire , arrondissement de Chinon. 

n ne se présentait pas an concours comme un agriculteur 
dirigeant one exploitation rurale proprement dite ; mais il 
tenait è faire apprécier ses trarabx deviticolture et de sylricnN 
tore. 

Par loiit pays; c'est une rode tâche que de créer et d'exploi- 
ter 60 hectares de vignes. Leur établissement engage un capital 
considérable ; dont le rerenu ne sera perçu qu'après plusieurs 
années. Annuellement encore, des dépenses seront nécessaires, 
dépenses d'une difiBcullé spéciale en ce sens que la main- 
d'oeavre en représentera la plus grande partie , et que la main - 
d^œoTre nVst paa toujours disponible et convenable , mime 
(wee d» targerd. Pour que l'opération soit bonne , dans une 
eofUrie oft las produite obtenus se tendront à bas prix , lé vigno- 
ble doit être constitué au meilleur marché possible et arec 
des dépenses annuelles relativement modérées. 

M. de Quinemont a de grandes qualités d'administrateur. 
1/établissempnt de ses vignes en donne la preuve. Il a su choi'* 
sir une terre de peu de valeur foncière et d'ene appropriation 
facile è sa deatinatioo. if a sfmpltOfé ses procédés de plantation 
par remploi d'itstroments à défoncer conduits par des anU 
maux. Il est arrivé ainsi è avoir -de bonnes vignes le ob il n'y 
avait que de maovaië champs , pour un prix très^inférieur è la 
différence vénale de ces deux natures de propriété. Drs terres 
plantées en vignes, pourvu que celles-ci soient bien venantes, 
valent communément le triple des terres arables de médiocre 
qualités Or, cbez M. de Quinemont, Técart entre le capital en- 
gagé et te résultat produit est considérable. C'e^t line richesse 
acquise définitivement à lui-même et au pays. 

Quel est son emploi? M: de Quinemont fait dés vins pour 
sa consommatidn ordinaire. Qu'il se soit très-préoccnpé du 



— 30 — 

QhoUdie^ciptgQs^ HO^a.le croyons ipcdqfl qo'on apo-lo dpre. 
U Yeut produire le plus de vin quUl pourra si la ineiUeMr 9 
dvec celle. Qooditîon oécessaire d'une qoaoliié aboodapie. De 
là quelques associations de planta fins avec de^ plants. atoins 
nobles , mais plus ferUles. 

A?ant ioui, M, de Quinemonl a^est.attacbi i|a prix.de revient 
de ses vins. En les produisent à bon marché , il a la certitude 
d'une réinunération. Il place, parmi les procédés eap)pl(»yës 
dans ce but , le labourage de la vigne & la charrue , les colla- 
res d*été avec des insirumoots de sarclage et de binago coo- 
duil^ par des animauk. 

Pour apprécier ces procédés dont l'iolroduciion eoTouraîoe* 
dans la culture en grand de la vigne, est Tun des titres d^boo* 
neor de M* de Quinemont , on jugerait mal en cherchant a^it- 
lement à savoir .s'ils coûtent plus ou moins d'arganV que ceux 
de la culture à bras» s'ils font on travail plus ou mciios ratis- 
faisant. Envisagez-les comme nécessaires « et vous ne dUo». 
terez plus avec eux. La culture à bras du sol de 60 hectares 
de. vigne exigerait de 1,S00 à 2,500 journées d'hommea. Où 
Jes prendre? Peut -être les tronverait^on ; mais tràs-exigeaotes 
et matiresses du marché « surtont parce qu'on ne pent pas les 
échelonner à sa guise , les distribuer arbitrairement. Les laçons 
de la vigne, pour être profitables et bien faites, ne dispqsent 
que d'un nombre de jours très-restreint t variable aoirant les 
conditions do sol et de Tatmosphère. L'oavrier le plus habile , 
placé à contre*temps dans les vignes, n'y fait que de maovpise 
besogne; el partout la vigne souffrira si tous omettes l'une de 
ces façons haKHlnelles, 

Il y a donc nécessité, et dans toup les casi on immense 
aTantagei pouvoir coneenirer le travail de la vigne 4aAs Tes* 
pace de temps le plus bref, qnand bien mAme cette ooncan*- 
tratten n'apporterait pas une économie de main^'œuvre appré* 
ciable en argent. Le prix de revint d'un travail ne se celeole 
pas seulement par l'argent déboursé. Il y a Tordre « la régu* 
larité , la sécurité du fonctionnement , le liberté d'action. Là 
se trouvent les conditions d'une bonne économie» et e'est 
celles que M. de Quioemoat a rencontrées pouf ses vigaes dans 
leur culture à la charrue. Les méthodes de viticoltufe du doc- 
teur Guyot ont été très-utiles à IL de Quinemont. 

En résumé, ses vignds sont belles et prospères. Elles le 



— 51 ~ 

senoBi plDS «€4^10* qpMd te y Èpfiiqnvn cbaknie amead^ 
ment Jos. résidas coasidérafoles des fonÉS à cfaafoxdePam, 
stratifiés «ract de$ débris végéiaux <|a*ii esi facile dé m proci»- 
nt MD8 déplaoemeoi. 

n esi désirable aacore que rimportaiico at la boiaa diièeK 
tioip dsa. celliers et d«s caT^s répoodeot k Téttediie et Hiu* bctts 
soins das vignables. Savoir faîte le via, te soigner et' la eon** 
serrer I èlre iogéeloiHillé en coaséqQeoee , tel est le coukmi^ 
oemenl de l'édifice viticole. C'est de ce çdié CjiUe pècfa« en 
général k jiriUcolture da centre. EUe a bewo de s'iastrairQ et 
de se déformer à cet égard. Liss craa en reooiti Ui lonl uoa 
eoDcarren^e mçios sérieuse par la supériorité da sol, du e)i«* 
mat et do cépage que par Thabileté dea vimfiealeOfsu Or, oeite 
habileté est mo fait peraoanel qui ne doit pas resler un privi- 
lège de ioeaU|é« 

A cdté de ses vignes , M. de Quioemont présentait à l'exa^^ 
men de la commissiou 3q6 hectares de bûi^ (essences rési** 
Dsuses) I plai^f s par lui dans des terres infertiles» 

Celte opération de la grande culture e't de la* grande pron 
piiété méritait Tattentiou la p^s. ))iepvQillania. Elle est un 
exemple à suivre dans toutes les ^onditiçms anjologues^ 

Or noua croy4>na & l'avenir on plulOt è la continuité dA hi 
grande prcynéié cia France, malgré dee prédictions etideaorla 
d'alarme qvi ne ^^t ni des faits ni des raisonnements sur 
des faits. 

Noua l'avons dit ailleurs , la grande, la moyenne' et la petita 
propriété ont toutes Urois leur rMson d'être. Elles sont toutes 
trois dans la nature des choses contre laquelle rien ne prévaut. 
Essayes de faire de la propriété moreetée ai même de la 
moyenne, là où elles n'ont pas laur raison d'être , et vous n'ap« 
nveres qu à des avortements ou à des apéculations^non viables. 
Une chose singuUère est celle-^ci : dans le même camp oh leâ 
ioqoiétBdeB sont vives , relativement aox incoBvéniebts du mor-*' 
CflUf ment du sol , on se plaint bien pljus encore de la dépoïKi'» 
latioB des caœpa^aeSé Les digaes proposées contre ces deux 
cooranla dont l'un iost imaginaire et Tautre irrésistible » prou- 
veot sans doute de bonnesintentions , mais il est dans la nature 
des choses qu'elles soient ou inutiles pu imppissanles, 

Mieax vaut rappeler le p6inl de départ de bien des erreui's. 
Bd traitant des conditions économiques dé la grande , de la 



— Si — 

moyenne et de la petilepropriélé «on a oublié 'déns le raison- 
nement et plut malheoreusement encore dans lea faits, qu*à 
cette division inégale du soi , correspondait des principes agri- 
coles diffi^rents et spécialisés. En d*autFfs termes^ demôoie 
qu*il y a et qQ*il y aura toujours une grande , une moyenne et 
une petite propriété , il y aura toujours une grande , une 
moyenne et une petite agriculture. A trois autonomies propres, 
correspondent trois ordres de faits, trois ordres de lois, trois 
ordres de procédés. 

Faîtes cette disiinction , cette séparation ; ne confondez pas 
entre eux dos faits, des lois et des procédés d*ordre3 différents, 
puis raisonnez et vous conclurez juste ; agissez et fous culti- 
verez profliablcmont, sinon non. 

Ces théories i Messieurs « nous ne sommes pas sortis des 
sapins de M. de Q'uinemont pour nous y livrer ; mats sous leur 
ombrage , nous nous sommes r9ppelés avoir vu des sapins 
plantés ailleurs, dans la moyenne et même dans la pelite pro- 
priété, et avec ce souvenir de fait se réveillait Tidée que nous 
en avions eue. 

La petite propriété et même la moyenne ne doivent pas 
spéculer à long terme. Elles ne doivent pas demander au temps 
la formation lento et massive de Thumus de leur sol. Elles 
n*ont pas è lutter contre Tespaoe et les impossibilités qui s*y 
rattachent. Elles ont , même pour les plus mauvais temps, dans 
des limites accessibles, remploi du drainage» des labours pro- 
fonds, des amendements , des engrais commerciaux , des en- 
fouissements de plantes herbacées; elles peuvent donner 
immédiatement è leur sol une fécondité relative qui ne sera 
pas la vieille force « mais qui sera suffisante pour une produc- 
tion rémunératrice. Elles ne planteront donc pas de bois « si 
ce n*est en bosquets , pour Tagrément de leur ombrage. Par- 
tout ailleurs , pourvu qu'il y ait de la terre cultivable , elles les 
arracheront et elles feront bien ; car elles ont besoin de mon- 
naie circulante plutôt que de trésors accumulés. Elles ont 
besoin de vivre avapt de capitaliser. {La tuile proehammnifU.) 
Cm. ARNAULT m tk MËNARDIÈRB. 



Dans le Bulletin de décembre 1864, page 336, ligne S4« 
au lieu de : caullarde et épiées ^ lisez : moiUarde et Ipécacuana. 

POIVIIRS.— TTPOGlUPlilB PI HXIUU OUDIH. 



— M — 

AniMare« asrle<»le«. 



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ÉPREUVES. 

Les penouoes qui ont fait usage de ces divers systèmes de manèges 
et de batteuses n*ont eu qu'il s'en louer sous tous les rapports. La 
painé sort intacte et le, Ùé bien nettoyé. Le trava!! est en raison àé la 
force employée.* 

On trouve dans cet Atelier des Batteuses à manège complet, depuis 
ADO jusqu'à l.SOO'frAicS; fnaChiues à Vapeur, depufs'!r,000 Jusqu^à 
8,000 fr.; Pompes de Jardin, Pompes à incendie, Coupe-racines, Laveurs, 
Prossoini eii£i km les iostroments et appareils mécaniques utiles à 
fagriculture. 

Le siénr 6SRTAI8 prendra, comme par le passé , fintérêt des per- 
soDiieB qui voudront bien Thonorer de leur oonfianœ, et tour offrira 
toutes tes garanties dMMMss. : 

8 



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Médaille S* elasM, EXPOSITION UHIYERSBLLB 1W5 

Trois médaillM Or.— U|i« m&daiUe TarmeU 

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— 38 — 

CHA^Rl^E TIQNCmONirE 

(BREVETÉE êi 6. D. G.) 

"DE /([^ f^Aftlè, à Aukmy <€^iarefitc-înféfi€ttre). 



La charCye Pliir ré|4R Mis loi nfAiOl^i pki< la culture 
des Tignei ,',«értoli ^9 vieilles q^i "seraî^Qt irré^liërement 
plaolées; elle se composo : 1^ d*un déchausseur; 9fi d*uD 
bineor; i^ d*un butteur, conalruiu complélemenl eo fer forgé, 
se ODontaDt sur le même âge à Taide de deux écrous. Celle 
charrue ne nécessite , dans les terrains de moyenne forée, que 
remploi d^ûù seul cheval ôii d*un sedl bœuf, quoique résistible 
à deux forts cheraui ou deux forts bœufs. 

fo Le déchausseur est aussi raehaaaseur en laissant, sur Té- 
taoçon de derant, une petiteiribcv saisie arec trois petites vis ; 
celle pièce doit aussi rester -è demeure pour le labour des 
jeunes .plantes, des vignes l^.autes., ^|.c...; elle se supprime seu- 
lement pour les deux deroiers tours dans les vignes basses. 
Ce même déchaussent (avec versoir à droite ou à gauche selon 
les demandes) , dont Favant-cérps se trouve incliné du côté 
opposé an versoir, par eonséqœht éloigné do plan deFagé 
d^environ m. 48 à SO c, pmhei d*è^pyocher très-près des 
soacJiQS safis auiraawi bourgeons ; la pointe du soc est déviée 
du cÂté opposé pQur éyiter qu^laso^^cfae ne soit atteinte par 
le soc; il ne reMe donc à enlever à la bêche qu'une petite 
bande, de içrre de m.. & à 10 c. de largeur entièrement crevée 
par les deux derniers tours de la charrue. 

Sf Lebinoir^ instroàient saeir Versoir, ayant deux larges 
couteaux tous en fer forgé et aciéré formant une largeur 
moyenne de m. 70 c. , coupe les herbes et racines laissant la 
terre à plat. — 

3* Le bûltour ,''avèc''ses ▼et'soirs pouvant s*écarter de m. 
30 è 40 o#, peut rechausser enuotseul tour un rang de^vigpea, 
ou jeunes plantes, ou plantes sarclées de 1 m. 10 c. de largeur. 
Cet instrument, résistible à 4 bœufs, peut être employée à 
faire des fossés dans les vignes pour y enfouir les fumiers. 

Prix des- trois instrOEtients , n^ 4, 170 fr.; fl^ S, 455. 

SO m'édaines dont 4 médaîDes d*dr et 9 réf^iSft de tttedaille 
d*or ont été décernées à cette même charrue. 



ENTREPOT 

OE 

liODIES ET nSTRUIERS D'iGUGOlTDBS 

ENGRAIS ET SEMENCES 

ALFRED PELirER 

RUE NECVE DU BATARDEAU, 12 

A CHATEIXEnALXT (Vimne). 



CONCOURS GÉNÉRAL ET NATIONAL d'aGRICULXURE 
PaM i880. 



CONGOtFRB DE C0IDCE8 
Tr«U MédUilllM ««arguai et frol« MéMllM de Ibreiuie. 



DÉPOSITAIRE 

De la fabrique: géoérale de Machines et lastrumenta d'agriculture 
de PEI.TIER JEÏÏITE , de Paris ,; i 

des Madiînes â battre et manèges, systèmes CltSïïZfi DES 'ROCHES , 
de M. MARÉCHAUX, de Monlmorîllon ; 

du Cribleur de M. JOSSE , 
des Charrues vigneronnes et autres de M. RENAVLT GOÛIN , 

des engrais de MM. PIGHEUM FRfiRES , de la Motte-Beuvroa 

POMPES A TOUS USAGES 

ETC., ETC. 

CHARRUE VIGNERONNE, 
BINEUSE, BUTTOIR, EXTIRPATEUR, HERSE VtGNEROlrtnE 

APPLICABLES A LA CULTURE DE LA VIGNE PLANTÉE EN LIGNES , 

ET A TOUTE AUTRE CULTURE. 

ÇHAQU£ INSTRUMENT SE VKND SÉPARÉMENT 

La OAllACtioa complète : 2M francs, à GhàteUeraiiit 



BULLETIN 



Bi u 



SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D'AGRICULTURE 

BELLES-LETTRES, SCIENCES ET ARTS 



N» 94. 



SOMMAIRE DE LA SIIANGB DU 7 FÉVRIER 4865. 



La correspondance renferme plodieors ouvrages et lettres , 
parmi lesquels M. le Président signale : 

1* L'ouvrage de M. db Gioossbau , directeur de la colonie 
agricole des Bradières , sur les comices agricoles ; 

i* Celui de M. PnoAins, ayant pour titre : L'agriculture 
réçulariiie par l'Étais au paini d» vue administratif et judiciaire; 

3* Uno lettre de M. le Président de la Société des Antiquaires 
de l'ouest , qui donne avis que 1m distribution des récompenses 
accordées aux sociétés savantes , à la suite du concours de 
1864 venait d'être flxée au samedi 9S, avril , par arrêté de son 
Excellence le ministre de Tinstruction publique , en date du 
23 janvier dernier ; 

4* Enfin une autre lettre, par laquelle le maire de Niort fait 
connattre qu*une exposition artistique, industrielle et horticole 
aura lieu dans celte ville pendant 1q mois de mai. 

M. DB CuBZON soumet à la Société un échantillon dos résidus 
de la savonnerie de Croutelle et signale les bons effets que 
peuvent en attendre les agriculteurs. Ses observations s'ap- 
puient d'une analyse de M. Gnitteau. — M. db Cubzon dépose 
aussi sur le bureau » et comme spécimen , un jeune pied de 
vigne abondamment pourvu de racines r t qu'il a obtenu par 
daa semis de bourgeons. — Plusieurs membres de la Société 
coaléssent les échecs par eux éprouvés dans cette méthode de 
multiplicatioD de la vigne. 

M. d'Ad^bbey» propriétaire à Fontaine, et M. db Rooibb, 

BBOetin de février 1866. à 



— 31 ~ . 
propriétaire à Lizon , près Sf ^çbeao , sont élos mambres liio* 
laires non-résidants. . - , .. 

beu^.proiMiiUions port^pt itkO(|îÇfa[^^tJQp;^a f^e^f^^ «l 
présentées» rune par M. do Grousseau, Tautre, par H. de Sou- 
Vigny, sont prisés fioe d rautdre..eliiCoiMîidiôMtkiD et ren- 
voyées au bureau. 

La Société nomme membre iù ôokiseil^n remplacement de 
notre regretté collègue, Charles de la Hénardièro, M. Guit- 
teaui préparateur à la Facu^éi4e;» sciences. 

La séance est levée. 



SÉAFCE DU SB JANVI8R l«6Jfc ' ' 

L'an 1865 et le 25 janvier» la Société d'agriculture, belles- 
lettres, sciences et arts de Poitiers s*est réunie en séance 
extraordinaire pour entendre Texposition des systèmes de 
drainage de M. Viet. - 

H. Viet , qui se présente comme conseiller d^agiicuUére , 
géologoe-hydroscôpe , est premier prix de la Sodété royale et 
centrale d'agriculture 1846-1847 ; il a traité toutes les grandes 
questions hydrologiques pour Paris f 84T-i861, trèsi-irécemment 
celles de Pârthenay, a exécuté d'importants travaux df'assai- 
nissemenC et de drainage dans plusieurs contrées de la France, 
et donné de nombreux coqseîls sur des questions agricoles. 

Un grand nombre de certificats attestent le snccès de' ces 
opérations et témoignent de l'entière satisfaction des personnes 
qui ont eu recours à son savoir et lui ent confié la direction 
de leurs travaux. Ces certificats communiqués^ à la Société, 
H. le Président donne îa parole à H. Yiet qui s^exprimié en ces 
termes : 

Le drainage , tel qu'il a été jusqu'à ce jour compr» et 
appliqué, laisse considérablement à désirer. Le plus généra- 
lement en effet on étudie un plan dans son cabinet, on nivelle 
le terrain , 6n fait fossés sur fossés', c'esi-è-dire frais sur frais, 
et quand tout le sol est sillonné de tuyaux , Topération parait 
complète et le propriétaire f st fier d*avbir on terrain si bien 
drainé. Tant de peines et de dépensés n'ont abouti cependant, 
pour Tordinaire, qu'à faire de la terre un véritable écumôir, à 
travers Içquel passent sans s'jr arrêter Teau pluviale et les 
engrais qu'elle entraîne. On a dans ce precùier cUs non pas 



— (îto — 

fttlai'Bt ) cQaJtfd^pésséffolnil. flàpproelw-l»bi»o^oiiift 1el« tninraz 
pour ëTÎter ce danger, alors s'échappent quelques pbiiH venant 
dnitamÎQ» ipbaâ dlèvés-v el l^dpéralion devient* ineaffisenlë. Il 
iiot enfin ajouter qne^dails toils-lee oaa,les luyaiii sfMislrttef t 
avec ripàdité ç et ifneîler tifaVatix.so«it'faieDlAl à refairaj. < '• • 

- Moii.'sjrsltaie est à M fois plusisiBipleiet'mpins coùiens, 
ploB ^alionoet ell tf uiiè rMssite a^snréec. H a' pour bases pré- 
aaiim, réiiidrappnifè«NRO'(|Q terraiffjiïs'apperié ser dés prin* 
dpea eerlamr^#i^dfol6gie et dî|i3rdroseopiie\ i| tient eôtnpte 
de le tlatore^et desi èoerfifioDs^dq soli; H ne perd jamms dé^'vue 
leif besoins j0ttmalrer^ de» iplèntei^. I) ne desskchë>pas le ten«, 
itfeeseiofl* Api^iqbêien^isndt ilne doB>ne>pés seèlement i(az 
t;lKKiipe la fertilité qa<i leur inanqne, il apporte ene<»re avee lui 
la santé publique. -i 

'^Oflpf tfssâitilr lin tei^ain tftec <|uel^aels obahces desùecës, 
11 fisnt artéter lémàt 11 ëQin;t>rifldpë; découvrir lès loyers iPb'b- 
mfdité; rbnipr'e' ledril bbtiiants ; eéisir à feûf arrivée dûn» le 
d^attip lés ebbî^ttûi Vltetinentdéeterl^insetrpérien^éldêriver 
leur cours à Taide d*un rigolagfe; IM chedip ,'ne<rece^nt qne 
les eèbt dû iéièl.se ti^uvnf' dans bied des cas éuffliauHhent 
nssiinî. S'il n'éb est pas eifa^, dt si le ehatnpf est d^^ei traite 
pkt eiéfxfplé et èssdkinelliië'po'ûr qud M' pet-lie ha tf (ode Itri- 
méme, féi^ùnihtïl'ibirU pariië ibférieuny, rende' ^6t(è tférdibte 
(Jrop hûiÀfde , il ij*y ^é qfu'à^prôtédék' %• dn iieconci el èti beiMn 
1 «1^ tréisiëiùe rigala'gé. Ld t^i^te du éhénip ésMlIe nnlté», ce 
qui n*arrive pour ainsi dire jamais, on èfëdse la f^enii^re 
figéle^(la Hgble dé <Cérivaiiob) dô maAièk>e* à'pttfvoqoér Ia< trente. 
Bnfin sr le tërMib est; (fé éa «Attire tellement 1ittpe)riliéablé qlie 
r«aQ ne pnKibe pa^ié tffttvèvse^, il devietit parfoHenafent inutile 
ii*èHef cbe^che^ dattâ les.cbuèfae^s inCériëorë^ de la terre végé- 
tale une ènd^ qtil né fteut y arrivai'. Ceit diûfi 1^ surface do loi 
qttil ftftif H^tor, et , podt celtto o^lMhiti^d dnèsicnpre diahiue 
suffit. On doit seulement avoir soin" iéiratèètéf rigolage s\^é- 
rîeur presque perpendiculairement à* la*' pdnto liatoreHe du 
terrain, et non pas, comtnë'Bêâùcdup seraient tentés de le faire, 
parallèlement à elfe;^Bn ti&éôthdPiiÇbiMï qu'une pente insen- 
«bto, Vead ft'écbule avec une ettréme lenteur, et ti'oeeasionne 
•jdmatS'detktavinuge. Une portion s'emboîti f)«tf à peu snr son 
parcoarti et lit siiperflù' s^éobappr. Ityii' des Gas>6)i on peut 
abréger le partonr» déVeéki en creosaot dei pàit^^kbsoTbaitts ; 



— 40 — 

' mais il faut qoe la naliire des Jerrains sy prMe » ei e'eal la 
mînariti des cas. 

. Voilà y en deux mois tout lé socrei da ikaiaage qat j*fl^- 
petteraî lè drainage rationneUGes règles ré|)ondei|t àiontes las 
objections; ces mojeDs saffisrnl dans tooa les cas* Le drai- 
nage ainsi appliqué mel le terrain le plus impariséableMans 
les conditions de devenir perméable. On aida encore à la rapi- 
dité de ce bon résultat » en apporfaal'ao terrain les éléaMnts 
qui lui manquent, soit le saoie, soit le caleaire^ 

Que le4 agriculteurs me peraiettent d*iosister en fint$sant 
, sur les avantages qu*offré dans le pratique la aîm^îeité dci anon 
système. Avec loi pas de mécomptes è redouter', pas d'opéra- 
tions inutiles ; le travail se fait au fur et à masura qu'on aa.aent 
le besoin. 

Je suis prêt au reste à fournir loptea les explications. 4ésî- 
rablus et è répondre à tontes les objections qa*on voudra tien 
me faire. J'ajouterai même que je prie ceax qni m'éconteni • 
de me signaler lei points qui leur paraissent encore obscurs , 
afin que je puisse les élucider. 

Les bornes Qiées à nos procès-verbaux ne qous peraiettent 
pas de rapporter ici les objections de différents membres pré- 
sents , ni les réponses de M. Vjet , et nous dévoua seidemont 
constater que ces réponses ont fait reconnaître chex M. Viet, 
une connaissance approfondie de Tart qu'il profosise^ une 
grande habitude des travaux du drainage , et une habileté pra- 
tique incontestable* 

Aussi tout en exprimant le regret de ne pouvoir se traas- 
porter en pleins champs, comme le demanderait M. Viet, pour 
entendre ses expUcations sur les Ueux mêmes, la Société.^oii 
à la fois et accomplir on devoir de justice « et rendre aux pro- 
priétaires un vrai service , en signalant aax agriculteurs la 
présence i Poitiers d'un homme dont les coqseiU ne sauraient 
leur être qu'éo^eujmeot utiles. 

La séance est levée. 



atfaiiNJs HE sa? onmiui. 

Nous devons avertir las agriculteurs qu'ils ont, en ce mn- 

ment , è leur disposition un engrais ,jlnconnu jusqu'ici dans 

nos contrées , mais très-apprécié aillaora, 300 mètres cubes 

des. résidus de la savonnerie do Croutelle s'étaient accomolés 



— 41 ^ 

là 8ao9 qu'en ail rherchi à on tirer proQi. M. Orillard , demeo- 
rMit à Pont Achard , les ayant acquis h nn prix avantageux, les 
ofira AUX cultivateurs à rai«un de 1 fr. 50 c. rheclolitre , prise 
CroutaUe. ou 3 fr. Thectolitra pm à Pont-Achard. 

La valeur de ces résidus n^étanf pas encore connue ici, 
aoQS devons dire qu-ils sont analogues aox cendres lessivées et 
d*iiBO pfGcanlé. pins grande , bien q» le prix m soit oioios 
élève. On peiH dont les employer partout où Ton emploie, les 
cendres et i la dodie de.doqoanie hectolitres è Thectare, suivant 
la utvre dés récoltes et do tevrain* lU ont ta< propriété d*ameu- 
Uir ^Bgalièromenl les sols trop compacts ; aussi doit-on les 
aé^aadre sor le lerrats et ks mouf oir par an labour «uperficieL 

On peut en faire desicompost , avec des curures de fossés ei 
sortoKI avec 4e la ton? te» 

Noire exèelient confrère, Mé Guitteau, a faitg avoo.son obli- 
gMWo ordinaire , i'aoalyio de cet engrais. 

La Toiti : 

Potasse libre 0,39 

Ùbaiix fibre 4,08 

Chlorure de potsssiom 0,80 

SfaHiife dé t>otassidm 0,79 

Hyposolfite do pelasse t,8i 

Snllèle de chaux 18,83 

Carbonate de chaux 34.03 

Sable , alumine , avec traces de ft<r 8,S9 

'Eàtt et matièros organiques 30,tS 

Total 100 • 

Oo voit par-cBlle analyse que ces résides réonissent i^ la fois 
k^propriéiéa de la chaux et do. plâtre , ce qui doit les rendre 
«ffiesrrs dan* des sois très-divers. 

On leur a trouvé une propriété qui n*est pas sans mérite, c^est 
celle d*él(»fgner les insectes ravageurs* M. de Chièvres, de Rode» 
part, et M. Miyrd^Tj jardinier cbex M* df^ LeFlang, à Boivre, certi- 
fient qon depuis qe*i!s en répandent dans leurs jardins, ils sont 
déUvrés dos toc^s et dos fomerones qui les dévastaient. 

L'eifiérienoe semble établir : l^. qu*il ne faut pas mélanger 
immédiatement ces résidus avec le sol , mais en faire d*abord 
]do yelits tas sur lesquels Fair puisse agir, i^ que moyennant 
cMIe précàotioD tls produisent de bons résultais danilf les prés 



— «a — 

bifB'et4anftteB etltiâres de cfacn&^iidebaltëfavas. On-iewct 
lewr aclioii:«iir las prairies arltficMie|i. i 



:•■ ..•/•• '1 ri ^ ••.:.<•'. I i «• . .• I 

.,|IOUXI7aA««09tLA.TIGW. , ... 

• A la léaneeido il mars taeivrecdaaC oqmpio àfa SOctélé 
d*aii admoire'da If; Ouda^t, da^Gèoda , aor^déa piaiots Ja tî^ms 
doiPiéitiom, j'en 'atMa extrait -là «réthéda aaiinmle pour la 
propagaiicm de la vigne (Voir le vaf>pGrt , buMelin «^W>. > * 

"f Sci avrH'.^avaoilo développaoïent dars boàlraa'da k vigoo, 
on cjoope.'sBr des aanuants itf ramiée, desboorgoona, sd 
Idor laisaaot de cbaMpie eâté quelqœa oenliaièlraB de beîauùOa 
ka place IVail enbairt^ à dix caoUaateea de dialaace lasiiuis 
des autres, dans une rigolo de dix centimèltesiKie profondMirei 
dal 15 il SO oentimètres'deiargeiiif^.On'lea aaupoudoe daioeii«- 
dres vives, on comble' la ngele de boona. terre bien menblOf 
et on arrose abondamment d*eau mélangée d* un sisièfp^ de 
pur^ti* 9n renouvelle Tarrosage s*il est néceasaire , do mapière 
à ce qu9 la terre soit toujours fraîche» les bourgeons ne apjptent 
guère qu'en juin ; mais ils prennent filora pn ((éveloppepiient 
tapi^Pr ^1 ils atteignent, à la fin de Tannée» de 75 een^à i m. • 
Bsaajé en France depuis deux n^^ pepjPQqé<lét>l|ppelé^ je ne 
saia^ pcwqooi t procédé Huddot^ puisqu'il ci$t usitédepuis long- 
teoips eo Piémont, ce procédé, dis-je^i.A^ paa réu^i eii plein 
air.((>ef| horticulteurs çopseillent. d*y repoQceir.e^ de pratiquer 
cette opération sous chflssis ou so|US.^l9Qhe I^(PU|t4 de Fîgne 
(chasselas-rose) que fai soumis à votre examen » et qui a été 
obtenu par plantation en p^ein air , sans aucun abri, ni aucuns 
soins partiottliera, prouva qu'il ffut eiiiappeler de celle déci-^ 
sien Iropibâtée.'^ Aig^ Ji'aslj pas lràs«*lût)gee : cifiqeanie fe»r 
timëtres de longueur, mais elle, est ibienaoAtée. Leobevekieat 
fort ettnombceux : .ses moines mesurent' de 38 oootimèlres à 
4 fttètreiEnfin', de Taiwu de tous, ce piaal de reiMlée est par-» 
faiiemeni pfopico à être misién|d»ce. Pour cette variété {ckoê^ 
isriai*i!Ofe>t:la réMtite a été de 80: p. 0/o;d(>syeox plaaié'. 
La variéÉé de «Mfeetaia qe m*a doiiaé que KO pousses anr 490 
J9»i : j'altrU)Ue ce- défipit'ià :ce qee lea. bois de> oetiO'' i^i^ne 
éteient trop gros^ 

PooijiMi donc .œ. succès» quand >qn à échoué partout 
'adlpans? Je ne Vetthbue ^o*à uiie»aéule choae*3icWtquei|'«i 



- 43 - 

•|i#&-4Mfr ^11 lermtD qui eslBef^ié coosummeiU frais , sans 
toe jamata humide. On doit comprnndri^ eo effel, qoe lea 
4ltaniAliv«s de sécbar^sse. el d^mmidilé , doivaDi 6lre mor- 
Mlea pour :lea boaleres. : leofa radicelles sont si tendres e( si 
tésoes q^e la sécheresse ou rhomidilé, qoelqae peu prolou- 
gtes ^*ellas aoteot , lea font dessécher ou pourrir. Tavais 
choisi on terrai» naiureUemeDt frais, abrité contre le soleil | 
à tel point qoe je n'ai pas eu à donver uoseularrpaeinent, pas 
mêmià en ptenlani* 

Je résome done ^insi les conditions qui doivent assurer 
partont le succès de cette méthode italienne : 

Chmir on teomn ooAhragé , natorellen^eot frais , sans être 
humide. Si 1*01^ n*a pas on sol de içetlo nature à sa disposition « 
maintenir avec le plus grand soin une fraîcheur normale par 
lee mojfena -artificiels que Ton connaît^ — Donner aux rigolea 
daelkiées à jeeetoir l^e yeux une profondeur d'autant plus 
irand^ que le terrain est plue sensible à la sécheresse. — Les 
fans plantéiB « reteopUr. la rigole d'u& terreau bien meuble et de 
amircf à ^oneecver le plqa lopglemps possible sa fratcheun -* 
Bo oe qui concerne la préparaiioo deayeus , les choisir avec 
soin ser oa beîs kien aoûté , mais pas trop gros* -r Coupe? le 
bois^à 4 ee9timètfeaiu«*dessu$^ de l'œil, Ji^is allonger le bois 
ao-dcMous de l'œil en raison de la nature sèche du terrain* H 
fMl que r^csUioe soit pas trop enwrré * afin de ne pas mettre 
•hslack» A sa sortie ; il Isut que la bwture s'enfonce phis pro- 
feadémeâl dans k sot pour y trouver la.fridcheur, à mesure que 
le sol est plus disposé à se dessécher à la surface. Dans les sols 
frais Y 1 ceoiimèûe de bois au-dessous de Tcsil suffit : dans les 
sois plue secs,, il en Mtj laisser deux et même trois. —Faire 
la section du bois en biais. — Ne pas coucher les yeux , mais 
les piquer debout dans la rigole. 

Oans cee cofMUMoos » leancc^ est certain.. 

I. M CUBZON. 



aaneaj smiiA covGoims or u Feuu d^hohhbije ]>*uiniB*BT- 

UMBB, KAIT ▲ Là SOGlAXÉ D'aGBICDLTUBB HK POlXUQlS. 

ÇSuUe.) 
La grande propriété au contraire aecomplit oo devoir , tout 
en faii^ant aéo aiaire« en plantant des bois. Bile y trouve un 
«eMmest deiiorM^ne to#it)en prouvant aa foree^ EUe ooiMnoe 



— 44 - 

séi tradiitons»cotnmi» elle affirme sA fof dans TavMîr. Ble 
â*inspire des seDliments de lu famille ei 4^ Taiiiotir do lerri* 
foire national , avec ces grandes et saines Idées pour tDOliHe, 
le reste loi est donné par surcroît, et e'estjaslice.Lesfrandes 
positions rurales sont ainsi comprises par nne démocratie éelai- 
rée qai loin dé les ébranler , sait y applaudir. Yoos le veiyes , 
Messieurs, nous sommes loin des lois agraire» et du môrcel- 
lement-indéfini de la propriété. 

Avant de quitter PèvJe, nous ne ferons plus qu^nne recom- 
m'andation à son propriétaire; Il a contribué H y a quelque 
irenle ans , comme membre du conseil général^ k doter son 
département d*on vaste réseau de chemins. Qu'il pratique chez 
lui cette excellente mesure. Que son vignoble ^t ses bois soient 
sillonnés Je bonnes voies d'exploitation. 

Noub connaissons unopropriété oti les fagots d'éclairctfsSage 
de sapins se vendaient difficilement 70 francs lé mHle , quand 
les bois'manquaient de routes à leur usage. On en a établi, et 
les mêmes fagots se sont rendus de iSO à 140 ffancs le arflle« 
avec un écoulement assuré. De bons -chemios trëcés dans le 
vignoble seront aussi profitables encore. 

Une autre médaille d*ora été obtenue par M. Dreuck de Cas* 
tillo , propriétaire è Oandé, commune de Monts-, canton de 
Montbazon , arrondissement do Tours. 

L'agriculture n^est ici que raccossoire et une dépendance 
d*une grande existence rurale. Une* ferme de peu d'importance 
comme élendne est enneiée è un ofaAteau , Ynn des plus beaux 
de la Touraine. 

Propriétaire d'une fortune considérable, étranger d^origioe, 
M. Dreuck est venu demander à la France, la beauté de ses 
sites, la douceur de son climat, et ce qui Phonore le plus, les 
garanties de toutes sortes qu'offrent ses mœurs et ses lois. 

Tous ceux qui ont suivi le chemin de fer de Paris è Bo^ 
deaux , ont vu près de la station de Monts , sur une éminence 
qui domine la vallée de l'Indre , un château remarquable par 
son élégante construction et les soins donnée è ses abords. La 
voilée se rattache au monticule par une môme perfection dans 
les détails de premier établissement et d'entretien. Un art savant 
et bien dirigé a su utiHser de grandes rvsaoorces naturelles, à 
Tafde de capitaux dont le comple n^était pet' è faire. 

M«is poop embrasser lesenehaBlements éeeëtté noerveillèose 



— 45 — 

donieqre^lool k «oav^nir resie profond 9l imUaçable, il faut 
arriver iosqu^aii {ilateao loinootei»» à ira? Ars \e9 cbemios qui. 
en cMf^ttdenl et i^oiy coadaiaeni , au oiilieu des parlerrea :cii 
fleura, des pièces dVau arliûcieUes» des galerie» viirées qui 
awfrisîDenilo cbâteau. 

Rien ne tous sera plus facile et nulle part tous ne troureroK 
dr barrière ou d^obalarle. La haute intelligoxice du propriétaire 
a compris que la meilleure protection de lanL do belles cbosea 
était dans l'admiration de ceux qui les visiiaient. El puis, dans 
ee pays qui loi doit sa plus riche parure , M. Dreuck a su se 
créer d'autres titres encore è un respect personnel rt au res* 
peetdes cbofes qqi lui appariienneot. U y a fait le bien sous 
toutes les formrs et dans des pfoporlioqs dont s'honoreraient 
des fortunes , mémo supérieures à la sienne. U a donné à ses 
csurres de bienfaisaoce des garanties de durée qui témoignent 
do calme et de la réflexion de sa rolonté bienveillante. 

Tel était r«gricuUeur auquel nous avions aiïaire. Sa modestie 
ne nous a pas étonné , et pourtant la forme dirigée sons ses 
ordres j d'ua mot nous pouvons le dire : elle ne dépare pas le 
château de Caodé. 

Les bâtiments sans luxe sont remarquables par leur bonne 
dîapositîon et leur appropriation convenable. Les. cours, I09 
fomiers , les instruments, toute la tenue générale de lintérieiK 
do la ieruie dénote rintelligence et Tordre. 

Les animaux sont de bon choix, eu égard a leur dostinalipn. 

Les cultures, céréales et prairies artificielles sont bien faiies. 

Lee prairies naturelles ont été assainies. 

Ud rigooblp important touche à la |>erfoction par sa tenue. 

Cependant tle Tayeu de M» Dreuek du Caatillô, cet état de 
choses, en apparence très-satisfaisant, manque d'une sanction 
nécessaire. Son agricultore « nous a-tril dit « n'est pas réntunér 
rethce. Cette déclaration n*esl pas appuyée sur des documents. 
Elle est probablegieni vrai^ ; mais elle peut être t'errenr d'une 
eomptabililéjnoo pro(^uite. Nous allons raisonner dans les deux 
Jiypolhèses. Vous saurez biontdt pourquoi. 

Hilgré le bien qui peut se dire de la ferme de M. Dreuck, 
eUo pèche par deux côtés ea&entiels. 3a production de fuoiier 
e»t MUe et n*e!»t pas suppl^iée p^r des achats d'engrais suffi- 
sants. Son assoleoieot est défeçtiioiix. On fait à Candé de la 
<eo)Uii«épiNIPjHe,aaoa labour» profonds, fana fortes^fpi9«rea. 



— 48 - 

iënî one propoflfûn convenable ëè plantes fomrf agèreii. Bms 
ces comRtfOtis , regHh^Ubre n'dsf pas rémanéMriiie , mfUs à 
qui la faute? Avec la tjulKntitd de ses prés lialtifel^, avec son 
sol, avbc rabondancô de ses eaut, arec le Voisinage (Ttane 
grande ville et la facilité des débouches , avec le capital qu*il 
peat y mettre ot'qui lui dontierait la liberté dans ses spécula- 
.(16ns agricoles, il ti^est pas rationnel que M. Dreurk perde de 
Targeut dans sa feroie. 

' Auircrnenf, il'feudVaft se ranger 6 ropinion trop répandue 
de ceux qui ne croient* pas que ragrictiltear puî^so pmal^ 
gagnéf de l'argent; et, nous ne partageons d^aucbne marttère 
cette hérésio' sceptique dont Padmrssion serait lé renversement 
de tous les principes économiques et dé toutes les fois qui 
régissent Kordre social. Tout travail utile et bien fait nourrirt 
l^homme qui s'y livre et le rémunère' en proportion cfe son 
habileté personnelle et des autres forces à la disposition do 
son industrie.' 

QoVI'y ait de prétendus agriculteurs travaillant saiïs bISné* 
flces.'Nous n*en'sorôhs pas plus étonnés que de voi^ perdre de 
Fargent à des individus qui tenteraient de faire des souliers 
sans être cordonniers' bu sans capital ni crédit pour h^'hc^ter 
do cuir. Mais qu*un agriculteur sachaut son métier, pourvu 
d*un capital et d'un crédit suffisant pour fonctionner i exempt 
de certaines infirmités physiques', inlollectuelles ou morales 
qui s'opposent à (ont succès, quelque chose que Ton faske, 
que cet agrii^olteur tfe gagne pas et ne gagne pas toujours dans 
la proportion de sa valeur et de ses forces , nous nierons le 
bit comme erroné, inadmissible et èbsorde. Que si Ton 
insiste, nous démontrerons facilement, nous découvrirons 
certainement des cauitos d'insuccès avouables ou inavouables , 
ioulfs étrangères* à rogriealteur et mièea à tort sur le compte 
d^une profession injustement culomniée. 

QiieMV Dreuck de Castillonotls pardonne dé prendre sa 
propriété comme' Tèccasion de ces réflexions très^sériëuses. 
D'aucune manière , èû personnalité ne saurait^ y éXre en- 
gagée.- 

Nous avons dit qu'il reconnëissait no pas gagner d'argent et 
qu'il poavait en* être ainsi pèr une faute facile è réparer. Qu'il 
fasse de- l'agriculture intensive, tout en étant altnéiiorante et 
«en prenant pèar baae 'dM''apétii)a<Hons aonueUes bien eôo* 



— 47- 

doil^t ^ avee lis:circoii9lanc65 Cwrorablet obîlM tfduvofl 
lea iDoyeas dant îi dispose, noms répeadansilu saccèsw 

Mais nous ne sommes pas coovtaioatis qoe M. Dmiak soit* 
•D perlfravAc «fin âgricuUtnp ; èi soloi d^ vient noire entre* 
enidance de douler d*ane affirmation que nous croyons sNKère. 

La "Arme de M.: Dre8ck:n*esl.qu0il*AGce8soiffft d*um faabita- 
tion seignenrliye.oà des dépenses d» UMite naiure doivent 
former on lourd hodgeu . -m 

Est- il bien certain quelle paricontnbotive de la ferme deîis 
les frais d^étaUissaaaenii de réconsimetien d<i cbâtieau , dans 
r«itvelien joomfilier do peœonnelqai rbabite,4ans le création 
at rentrelten des magnifiqnes jardine ^ui eu dépendent» est-il 
bien eeitaio que cette part eontribotive ait été complètement 
et éqnitablrmeni éteblie ? ' ' i 

A€andé,,l(L.Dreuck.nes*eslipBs. installé pour lui seul et sa 
bmiUe. Il a fondé un courent ^do religieuses oi| lea ieunes filles, 
éi la contrée sent gétàérenementinstroito» et mbraiisées. 
lFa4«on pas mis sooveni encilve la forme à contribution' poop 
eeèle ioslitntio& dont la charge jowrpelièra esl d eotanl plo» 
honorable qu'elle ost plus onéreuse? 

N90S poQS sofltmes posé ces qoestiotls, et une comptabilité 
i ^o prèa impossible à tënirne les a pas résolues. ■ 

Les senrlceà d*one ferme dépendante d'uA château habiié 
par an maître commun se présenteat sous toutes lets formes eil 
sent de tons les joors» 

On dérange de leur destinotidn le personnel, les animaux » 
les véhicules V On détournei les fumiets des dhampe pour les 
jardms* Od' prend les fourrages et raroine pour les tfaerauz dp 
luxe. Poli viennent les œufs, les volailles, les pommes dé 
terreietc' • 

ChiiOfrer en argent la somme que présentent à ta (In de f année 
ces valeurs iournellemeni obtenues d^ la ferme,, cela est^difB- 
eiie et sebiL trè8-*tnal..MaiÂ. le.ftiFaitrOQ; resterait km autre 
compte, eeiui du 'préjudice indiiient causé à la culture par le 
détournement à contre'4emps*de son persosinul, do sesani*» 
xaansvde sbs vébiooles', de fes^fumiers, de. ses fourragea 

Ailleurs (}o*à Caodé et dane d'autres circonatanicesi nous 
•roDs refoâ» coolradictoiFrmeni avec un propriéti^ire, le compte 
d)ttne/»ploiUitien'qoî Ip roibai4.,4iBaitHl».eAquHl votulaitsupp 
(HkafT^ li.A été ^Ûigé de*rteoQndfdtre^ qiiUl était imosle «i 



- 48 - 

iiif;rfi4.;8t forme ravail atirichi sans qu'il s en dbùtâl, sang qnMI 
y parût chbi elle. Ton» lea sacrifions étoiqnt venos do aon cAté, 
ei ils avaieiil ëlé eoDsiriérablea. 

Nous ne sertona fiéa éloadis qn'à Gandé les eboaea m se 
paaaeni ainsî. 

Uœ au(ra oauaed*erreur fiaotae trouver encore dacstacoo- 
fusion du capital immobilisé surcessivendeni et ioseosifoleiueiil 
sur la ferme avec les dépenses d'exploUatioa. 
Voici ce que nous avoM va aiileuni. . 
On ue 8*est pas mis» au début, en état de ma^r.hor régulië* 
remont. D'un autre câléy par :ie. fait d'i-oe productioD aug** 
montée, .los conditions ^de premier établis^omoni ne saffiaent 
plus. > Alors péniblameot et à Gonlre-(*fieor«aii|aogmeot&les 
b&timonts, le malériel.le cheptel vivant, lé fond de rouioment. 
On lé faite i*aido doarevenpà.d'one^H'odnctioii, méc4>iioue 
pour être emplogréo soua cotte forme. • 
. On s'eOraie, on se découpage de Tabscnce d'une réalisalion 
en argent libre « quand bien' m4me on nVn aurait pas beeoin , 
et Ton renonce à uneaxplcNlation directe sans bénéfices afipa- 
rents. On cherche un fermier. 

Or , qu'arrive^toii ? Pour rentrée do ce fermier , le proprié- 
taire est obligé de foire aon compte dci sortie, et en comparant 
oeloi-ci à son propre compte d'entrée« il trouve le plua souvent 
qiril a acquis sans le savoir , un capital double ou triple de 
celui qui serait provonu des annuités cumnlées d'un fermage 
semblable k celui où il a cherché une planche de salut. II 
éprouve alors des regrets lardib qui s'aggravent de la pensée 
que ces valeurs acquises ainsi découver(os, après avoir onricbi 
le fermier ne se retrouveront pUis entières à la fin du bail. 

Telle est Thistoire journalière dont chacun de noua connali 
des acIeuTs parmi aes voisins. 

Noua ne quilterona pas Candé sans parler de aes vignes. 
Rapprochées de» parterres do château , elles semblent en être 
la continnation. Comme établissement, eomme ronduîle et 
comme tenue , noua Savons dit, c*esl la perfection. Il y en a 
vingt beclares eiiltivés, moitié par là méthode Toorangèle , 
moitié par la méthode Guyoï. Ces méihodes diffèrent peu 
entre elles , quand elles sont liien eoivkia. Maïs re qni fait la 
aepériorilé de la ofeétbodeGeyot, c'est qu>||eest«odifiée,s7Sté* 
maliaée, qu*elle eat eoaaplèle dans «es règles éciitea, qe'eUe 



— 4tt — 

supprime Fflirbitram ûb noitiative!iBAvid«iBl)6, o'esl qii*ello 
esl etfio une aolovité ^ c est«4 dire-ki oboM la plua néoessairei 
fmHoCil el toiqoQta, daosto <iireelion des œavreà bomaines. 

HhÂlt pari mieai qu'à Candéeiilii^astttTÎ plo^rdi^leiiaeiimil 
les préceptes da matire. L'application en « été fiiieid'boe 
maaièca entAre et absolue : Téiat -adintrable des ingnes ainsi 
trtiléer est ta démeoslralion -iné^û^ de* Itf b<mté de. la mé- 
thode. 

M. Dreiiek se plditi de la 'qila)ilé:'de ses vins. 1) est è tcras 
é^rds on agrioalteor ei^eptionne). Ses tins ne. soni pas pins 
maofaisque beaucoup de e^ei (Jue'd'entres' propriétaires de 
laiFevmse-nous'OBt engagé à Vovrer bens » sads nous con- 
vrincre. L'état liydrdmélrtqne du wt- et de Patmosplitre de 
Csndé doit étrb. I^me des ovoses do péa de vinosité de ses 
proiiiiito Titièoles ; oiaia aircc les bonnes méthodes de viticol- 
Ivre qa*tl etfit,'M. Dreiiqk dQÎt pouvoir sméKorer ses vins^ 
posrva qu*il reettfie les procédés^de virâficatibn généralement 
défectoeox de la Tovraiiie. Qu'M prenne pour guide , oomme 
riaificateur , non plus seulement le docteur Guyot^ mais M. le 
ceiike' Odart , sott voisin ^fet sorlout H. Ladrej. Sa haute in- 
telligence et son bon sens* pratiqoe trouveront dans les pro- 
eédés rationoeb de ces difféhenta maîtres , cettx qa^il doit 
apflroprier aux circonstances déposition qu'il occape* 

La troinème médailki d'or'do concours a été obtenue f^ar 
' M. Haoreavx , propriétake è kChatevcommunedo Cbàticeaox^ 
canton de Vouvray, à dix kilomètres de Tours, pour la cbU 
Core des céréales. ' 

Avec ce edncurrent,iK)iiis entrons danr la série de cent dont 
ressemble de rexploitàtiona. opéré le f^Iaesemant. 
* Le programme' de la prime d'honneur, tous te savez , n*ad- 
métalsecond prix, ni accessit, pour cette dlsiin^ïtron^ Il ii*eu- 
lorise que des récompenses , sans corrélation 'avec etle; pdur 
des «aélloratiofls partielles tlétermioéaB. * ' •> 

Nous ne^oKhmps pesparttians de cette combinaistiblédmi- 
sistrstire. Bile se heortepfçbque toujoàrs contre Ifa vérité dos 
ibils rencontrés. Bile obligera. choisir, à grand potno ; dans des 
etphMtatiuns r^marquablea .^ar leur ens(»mble ; im fait part i- 
estier qui ne s*ett détache qù*imp8rfMtement et qui n'a rien 
<fneeptionBd. D*on a^Jlre côté, ortie •comblnaisoiî, pour cela, 
9»eUeie^ ifomi^et dltàiniie le.relieftdea réèom^nses dieici- 



— ..M — 

Kfifas «nfo la flmie drhonneorVtl ic'ehl «li graM itocii Be«a- 
coap ë'ambiUoD^ modesléa «Ida pr6lohtioaB réglées toraieat 
satiafcilas id'amver técoiidia«':tlroiiièina ,.q«alrtèai0t dfarmrar 
comiM M. HaBréamii dan^das Wttas toémorablai comme éêlles 
dl'adra^eA-Loira. • 

Toai aH gradué daoa la nature ei (larmi las hontmeii En liaK, 
aomma eo dfditti'iàégaHiéyast è paitoasaDÙbld, grâce è cette 
gradation même. Que gagne le lauréat de la prime d'hoiinésr 
au rida (file4*oa iDiagina> autour de luiTLM^ulaideDt dTbiï pié- 
destal ^ oDa pyramide att déaett, o'eat bon {toarlaalorabvaux, 
ce n'est pas la vérité ikns h vie. 

Donc 4 Messieurs», eA malgré la pragranme, à coomiëneer 
par llw Hanfeànit nonaoe troavarons ploi ii«ie4ès doncarrents 
dont ransamble de rejrploitatkn a dpéré la classement^ qui se 
soul plus, da tnoins rappt'oohés da -la. prime d'honimir, qui 
Font valenreasement diapatéOy at 4|oi 4 là Ittte terdiinée , quel 
qit*eii ait été le téaidlat « aont restés debottt et atec toos Imts 
titras.,. sur. ane arèwaora^te.oiilaaallëndenidea triomphes 
aMneors. 

M. Hëareaax y par nsscallaiiee de son cavaetèra et 1» «oble 
oaagalqv'il sait Hm d'anegrànde fortuna, a conquis^ eo Toi!- 
raine r (as /qrmpatbîaa générales. €e ehatelain, presque tous 
les coneorrents le .soalv est né sons - nM baureosa étoile^ Arant 
de fisira da Pagricoltora, cookma distf^ctien d'opèlents lofliirs, 
. S a d(k avoir dea aoocks dans le conimarce on dani! Tita- 
daslfia. 

n a déjà réassi en agricoltare autant que ppateible. Son do- 
0iaiaa a été bîaa.aehat&<Il aat béas. choisi, bie* placé. La 
direction imprîflMa à son exploitation est empreinte de ce 
cachet de pmdence qni n'exclnt paa le progrba, maia qui acarpt ^ 
beaacoepdn passé « aoil pouréfitoT des .mécomptes, soit par 
défiance de rinconau. 

Cependant de noaibraases smélionitîoDS aotit dé|k rcsnirre 
dÉM.Heureaes.Ilavait on soltrte-înégaU argtlo*silicauf ^ mar- 
ee«x , ealtairB svr dea points différents. Il a obvié aux incon- 
vénients de oea sols exeeasffii. H a aasaini , il a* amendé , il a 
sortoot enlevé des pierres* même en bloe« dans des propor- 
tions considérables. U a capté dea sources sur une baoleur 
éioîgoée de ehef^lieo de son dottnioe , il en a auiead le* a'àox 
îesqoe^i el aprba Jea eaeir otHIaéaa d^boré pmt f àgréasasi de 



-M - 

«# .eliiirioffBtf .dem^re.! il costa ej^çfi^^ Sf^^uft ÇboM à X^ 
(MHv jepr QtilisaiionigriqolA. 

Ces Uavaiui rmarquables ont &ii fajU avofi itiieiliqçyil^e.et 
écoQoqaie. y j ..: - • . 

11 ail JQSia «ncora de signaler la beat^té dos ^cojlas de loutfd 
natiir^^ oblenaf» Âla^suita de cette apprqprialiond*un terrain 
difficile* / . A \ 

HalbeqreuaemeQt^ qaand op.procè(|e dans qo ^^rdre /lucces- 
sif^qaellea qn^aoieot lêa raisons qi?e fen ^ pu avoir de procéder 
«ifisi, il hot on. temps très-Jong pour que tputes les parties 
d'un ensemble soient égales entre eUea. , \, 

LMnlérieor de la ferme de la Souche ne jréRpnd pas à T^iat 
deeenUores, Les b&timenta.ne sont pas encore disposés dans 
tel ordre, d*aii, naîtront If commodité et la si|Pip.liiiçation des 
serfices» Ce n*ei(t,pas du ^oxe qpe l'on regretle. On pourrait 
platAt en reprocher à quelq^ues partie^ récemment construites. 

lies fumiers poenraient aussi toe mieux disposé;^ et mieux 
Usités. 

'^nfin par oii pèehe esseetijellem^nt ^agriculture de |f . Çeu- 
raaia r c*esi par la qualité 4e se^ ai^iQiaux de yente etpar.la 
daiecluosité.de.sa>çûmptabfliAé^ . 

Des explications sent nécessaires sur ces deux sujolf.impor* 
lanls*^ ...• I •; 

Au début d'une exploitation , quand il s'agit d*appropriiE;r e^ 
de.lransCormor un terrain d^feci^^ux^ le ^dle (^e^ànmfn^ est 
tout tracé. Ce sont de^ forces à employer. Pour fair^ vjte et 
hien^ il lee faattRombreiix.^ti.fi^rtjs ]^^ soiot ^nif d^en^e de 
Forganisation du domaine , à bien cal^filer. Dès Içrs^ U ne,pe|it 
pas s'agir d*en Isire.dÂrectemept une source de re;venus« de 
spéculer immédia^eqie^t snr eux^ Uqis quai^ l'exploitation est 
entrée dans une vqie régulière « le râle des açiqafiux change. 
Qeelqoesrona restei^t i Tétat de botes de. travail» d^aulres de- 
rienuent bétail ,é^ vente» fit enfin il en est (|ui, acquièrent i^n 
esi;aetère mixteb.Us sont.ei) même ten^ips bètes de travail et 
bétes de raoïde*. ... 

Dans des domaine^ en .période avancée. comme celui de 
M. Heoreaux, les animai)^ de vente doivent qccupef .une grande 
pluee^lls doivent produire itn revenu direct par la spéculation 
spéciale dontil^aoni)*QbjeU Lçs cop^idérer uniquement comme 
das michiBee 4 (aMqqcr d^, ^'engrais, c'est une e^rreur ^ un 



— ss - 

faux calcul. L^engrais dans cette condilion reriendraii trop 
cher. Quil soit compté comme Tun des produits ou t{u\\ Tienne 
en déduction de la dépense occasionnée, rien dé plus juste ; 
mais entretenir des animaux de vente sans autre espoir que le 
'fumier quMts feront, c'est, nous le répétons^ suirre de vieux 
errements aujourd'hui inadmissibles, c'est s'abandonnera des 
idées mal conçues et qui n'en valent pas mieux pour être trop 
"répandues. C*est de là que vient la négligence dans le choix du 
bétail , dans son alimentation , dans les soins qu'il réclame. 

Une agriculture condamnable est celle qui vous dit : je n*ai 
des vaches, des moutons et des porcs qu'à cause de la néces- 
sité dé fumer mes blés. 

Produire de la viande, de la laine et du lait, c'est un métier 
nécessairement rémunérateur , s'il est bien fait. S*il ne Test 
pas , c'est du gaspillage , comme on en rencontre à chaque pas 
dans la pratique agricole, comme aucune autre industrio moins 
irivace no pourrait le tolérer, sans tuiner celui qui le com- 
mettrait. 

M. Heureaux a des vaches , des moutons et des porcs. Ces 
animaux ne sont pas bons. Ils mangent comme s'ils l'étaient; 
ils sont soignés de môme. S*ils consomment moins, s'ils peu- 
vent être plus impunément négligés, c*est pire encore. Rien ne 
vient de rien. Il n'y a pas de profits sans dépense propor- 
tionnée. 

M. Beureaux n'est pas dans une situation de fortune qui lui 
offre la mauvaise excuse de posséder des animaux de quilité 
inférieure. Il 7 a donc à cet égard une réforme à faire chez lui. 
II en sera largement payé. 

Tout fleurit dans une situation agricole oh fleurit l'industrie 
do l^étail , dit M. Le Coûteux , dans un article comme loi seul 
'sait en faire. Or à la Souche, à l'exception des chevaux de 
travail pourvus d'an embonpoint de sinécuristes, le bétail n'est 
pas florissant. Les spéculations dont il est l'objet ont dû tou- 
jours constituer M. Heureaux en perte. En outre, cet état fa- 
ctieux de choses a dû augmenter le prix de revient des céréales; 
leur fumure a dû coûter cher, et les terres à blés ont dû payer 
avec la leur la rente des terres à fourrages. 

Une comptabilité bien tenue l'aurait démontré depoia loog- 
teuips et aurait donné le désir d'y chercher un remède. 

Malheureusement à la Souche , il n'y a pas- de complabilîté 



piT .«|[N)9pt9«spéeîiiui/09 m^\k PW Rte U« dépensa el («a 
ft«eilei«.^ U fin f]« r«iméGt oo W^ la ms^s^ Vexfiiàani oa lé 
déficit constate la perte ou le gain de Tannée échue. r \. s 

M. jBporeaiii^ J[i*« pA» besoin de vivr^^^sos agncuUuve^ Il 
(rOQte dajpft lea xét oltats aqecewfa aiaai cunataiés i ua rereoik 
égal aa moins I calui que lui doDoerait un feraiier^ M» Heureoni 
ealfatisfoiL II ne perd pas d'argent ei Use payeuafetaiage. 

Cette pQsitioD aass doute est meilleure que celle des pnn 
piiétaifea qui dépensent safts riap.pioduina ; mais ce n>s( paa 
eneorp une p^yaition^agriaote , pas uqe raison pérçmpteire; elle 
est «sa bénéfices qui Inisoieolprofffesi Que M* Heanaaninesoîl 
paa propriétaire de la jonche ,e4 4]u!il ait un fermage à pkjreft 
qne M. Henreaui ne «oit pas capiialisie et qu*il ait à sesm V'mt 
lérM de ffargent de son eiptoitatlon «aiil Terra que son agri* 
coltnre présente suffirait è peine à sdder cette doubie^iette dp 
(sunage ei des inlarAliw Bien ne lui resterait pour ses dépemes 
parsokwellea ei.pour former.ce fonda lihre.de bénéfices annuek 
Iraient accru • auquel a deoit iunt. travattlenr. aolJEf , intalligeat 
et rangé,,. ftfUHPttl qnaod ii est^iSief d'entreprise. 

Uaffopr^éiaîresY^uqnl «of^if ^fpoiaip M. Heureaux, com- 
posent en France une classe nombreuse, respectable et impor- 
tante. Nous sommes de ceux qui désirent son accroissement 
et sa prospérité ; mais Mos hri devoès la irérflé sur tes eontfi'-^ 
tioas i|a*eHé éoHfetoplîr^ns son intértt et dans <^eld -du 

Vivre à la campagne, sur sa terre et ifeè'refèttui qtt^éUe 
produit,/ faire do ri^^^^joud^impfiir'afp! conseils ou par une 
action à peine suffisante pour occuper des loisirs heureux , 
c'éït-ae l^égûêoQ^4e1'tdir!Mliriiift««6^d^^^ (ioèté^ ^titf iûAre 
ftge, ou de mord^lllft'MsUiattifMM daâé^liurs rêveries que 
des poètes. 

Avec nos lois de succession que nous ne voMlons pas c^pn- 
ger, pais qui (rartionnent les fortunes* avec Taccrois^i^maa^ 
des besoins individuels que nous ne voulons pas réduira, parpc) 
qu^ilssont ia mesure de aolr^ perfejÇtibilité , la vie rurale, u'fBst 
jproposable et acceptable qu'à la condiûop i'éjLT^ lucrative , fil 
elle ne peut l'être suffisamment et dgrabie.qif n.t que par Tem* 
ploi des (oTces que chacun porte en soji. Cpt emploi i^ carac* 
térise d'un mot, le travail. Or., le trayail dont npus voulopa 
parler^ n'est p^^ 4^ de^x sort^ , ou do .iqoinp o*es]lfa;i pi^pn 

6 



de toiil ce A qdoi il iesi «ppMqaé^ i tûb&riniprdbni ijui éimiia 
tincU. •" i* •'• ' ' ■ '•*' 

i Où e dk défi tti«clime6 ,• que lémeiUeiire était celle qiA fifer- 
dâit le moins des force» oompaitbtes arec ba^ poîM&nee. La 
fliâmecKbee peorsé dire de& iridividueot ^deif eoeiéié elle- 
mènie^ Or nous ne conoaiësone phs d*éta4 aotiaU, fiaiidè« prc 
fesBtoii oii il 7 eit; plas de tordes perdees qae dans réM'egri- 
eole I que dens i^agriouhufe. Reveai^c ëui cbara[i^s ; conseille** 
t»on;ti)tJ8 les jours.HeHB'qoy feice? Sere^ee pMr-ye^dtr'one 
egusteDce<moiiik^a|^tdé^ moitw ddpdisiàre ^que cette des 9'tUës? 
Meule aiiiaveinènti;e'e8tflv:v*fe,'et le plMrlode de revistofice 
ierreslre comprend le Inie 'ltu->aième;îl «stdoTena lé déces*> 
fair# des privilégiés comme il eit irrésistible attraction de eeux 
qui n*jri sont pes parvenus. /: >' 

-^ Ihitte iprédication^oe peBpiera>nos campagnes d*anechorèites, 
d'Ie^soctéié tnniverait m«l son compte daDsi'inanUé dos forces 
Mioindltes périme sMicetiofl voionl'sire^' . - j * 

{La suite ptothaiHi^hent.) ' 
- Ce. ARNABtt ttr la MÉNARDIÈRE. 



■lliioiu nm l'ahaus^ hbs TB]Uf#aAaABi.BsnBeou>eKB,j^TsuR 
.L>GÇQiniiU9noii jiï] emii nss vi^m aia^ms. nm nioopii» 

FIXBS BÉSULTANT DB LA DÉCOHPOSITIOlf DBS MATIÈBBS Ç9M* 
;ill01IBB..9A«8 LA TBBBB. 

PREMIÈRE PARTIE. 

ANAUrSB DKS PRISIÇIPAjLBS^yAPIÉT^ OB TBBR^ AfUpLES , 

I. — MAhodê généraU d'analyse. 

'' Je ne reprè^di'ai pas ici Texposition de (a méthode générale 
qne je suis dènâ ranalyise dés terres arables , je rappellerai seu- 
lekhent que : 

!• Topère d*abord la lévigalion des ifrrés an moyen d'un 
courant d*eau ascendaitl , eonlinti et constant, produit par ub ap* 
pareil spécial de mon invention ; ' 

' S* et )<> Dans la parrie sableose et dans la partie argitmise se- 
parées par là lévigalion, je dose le calcaire en le dissolvant 
parVaction de Teau acidulée, par Faeide chlorhydriqne. 



— BB — 

. On pourra consoUer pour les- délaib les m^iQOifes quo|V)i 
publiés* 

i* En Ï9S9^8Ûrl'analiiise physique des ferres arables,. Dans ce 
méifloire se trouvent la description de Tappapei^ de lévigation , 
et rexplicalion des procédés d'analyse que remploie; 

S* 'Bq iSW y sur T analyse des marnes. t)dhs ce mémoire, après 
êroiir lait connaitre'les modifications et les perfectionnémoots 
que j'ai apportés à mes procédés d'analyse , j^ai exposé conô* 
menton peutlesappliquei'àranalyse des marnes et des engrais 
minéraux en général. ' 

U. ^ Delà néeeMi âe doser tes tnaOères orga^iiqueé daiià 
l'amuse physique des'terres arables* 

Daes ranalyse physique des terres arables de Sologne; 'j*ai 
cherché è compléter mes recherches sur la 'irature physlt(tfe 
des sols et dos soos*sols en déterminant -, autant quepoiisrbie 
dans rétat actuel de la science i les-' proportions dès matiëras 
organiques qui s'y trouvent. 

La matière organique , en effet , est' un élément physique 
important des terres arables. La décomposition des eogirais k 
des débria de yég<^taux daoï le sol donne naissance l"" è des 
màftèrev rolatifes qûr se dissipent peu à' peu dan^ f aii* du kol 
el de i^atmosphèff* ; S* à des tnatières fiie8(homu^, terreau» 
etc., etc.) qui pendant longtemps restent mélangées aux élé- 
ments physiques du sol et du sous*soL ' 

)e n*ai pas à me préoceuîpèr ici delà composition chimique 
de ces matièires diverses, mais seulement de leur rnfloence sér 
la nature'pbysiqoe dos terres arable^. Ces matières se trouvent 
dans toutes lès terres arables, elles sont en particulier Irès- 
aboadantes dans les (erres de brôyèi'es de la Sologne, Ce soàt 
elles qui rendent ces sols si légers , si sensibles aux rayons ar- 
dents du soleil , si hum'des en temps de pluie , malgré leur nd- 
tore sableuse. 

Il était donc utile, il était in4ispensable d*^n tenir compte, 
même dans une simple analyse physique.. 

Avant de faire connaître les résultats de mes analyses, ii est 
nécessaire que j'eipliq'ue comment j*ai dû procéder à la déter- 
mioation dos proportions de matières orgai^iques ccY^eoues 
dans les toi res d« Sologne» ' \ 



— 86 - 

nt. ->- Anttén proàédî de dosoQè dés ^ïhei organiqnes des 
terres arables. Recherches expérimentales sur Vit^uence que les 
fMtih'es )ty^^u^ei peuvent exercer sur tës résultats du griOage 
des terres arables. 

Le procédé employé par les anciens eeronooios, Tbâér, 
î)avy, e(c.« pour déteraiiaer les proportioas aes matières orga- 
niques qui se trouvent dans une terre arable » cpnsiste àgrillert 
dans un creuset chauffé au rouge , nn poids connu de terre 
préalableinènt desséchée. Les matières organiques brûlées ou 
volatilisées, disparaissent , tandis que les éléments minéraux , 
sable , argile, calcaire » etc.> retient dans le creuset. La perle 
de poids de la terre est considérée comme représentant le poids 
de la matière organique qu*elle renferme* 

Ce procédé est iQalheureuseaient ^ès^>iatp#rfait » ioul le 
,monde le. sait. La cause d'erreur principale provient dea effets 
fi» la chaleur rouge sur Taigile. L'argile , desséché :autoiit que 
possible à lOO^^perd ^u rouge une partie de.soo e^u de consti- 
tution et se transforme en matière de brique. 

Préoccupé de cette question , j*ai cherché à déterminer direC' 
temeôt les effets de la calciaation sur des terres dont la nature 
argileuse ne pouvait être mise en (|oute. Gr&ce à Tobligeance 
,d.e MBi Rivière et Arcbambaolt, fabricants de poieriea à Or- 
léapa, j*ai pu obtenir différents échantillons d'argilf^s., ttelles 
qu*on les relire des carrières et non encore mélangée^ au ci- 
ment sableux qu'elles reçoivent ayaut d*ètre envoyées aux 
ateliers. Ces échantillons offraient quelques traces de matières 
organiques. La matière noircissait sensiblement au commen- 
cement àe la calcination. Cependant cette faible qqantité de 
matières organiques ne pouvait avoir beaucoup d'influence sur 
la pei;te de poids due à la calcination. On pouvait regarder 
cette perte comme due principalement au dégagement 4^ 
Teau de constitution des argiles par Taclion de la chaleur» 

Les argfles soumises aux expériences ont offert les caractères 
suivants : 

lo Argile de Saràh^ près Orléans (Loiret). 

Cette argile est de couleur grisâtre, très-plastique, ferrugi- 
neuse. On remploie à fabriquer des poteries grossières aux* 
'quelles la cuisson donne la couleur de la brique. 

2* ÀrgUe as Chartres (Eure-et-Loire). 

Cette argile est blanche « plastique, sablonneuse, felle prend 



- S7- 

oae teinte roogefttre par sa calçinalion. Op çn fait des faleoees 
assez grossières. 

3« Argihde Sl-Amand (Nièvre). 

Cette argile est de couleur noire. Sa plasticité est médiocre,» 
Ille parait « è simple vge , fprmée ,d'qn S9b]e d'aue finesse ez-t 
trftme. La calcination lui (ait perdre sa couleur noire et lui 
donne une cooleur d'un blanc grbâtr^. QI|e sert à f8bric|U6r upe 
poterie d^ grès très-estimée. 

!• Argile de Neuny-^r-Lofre (Nièvre). 

Cette sr^He est blanche et rou((it à peine dans'^a calcination, 
BDeeat très^plastiqiie et sert à fabriquer <le la faïence fine. 

9* Terre de pipe deNeuvy^eur-l^re (Nièvre). 

Cette argile est phis blanche encore que ia précédente et reste 
Manehe après la cakination. Elle est très-plastique et sert à fa* 
hriqnor des pipes et des féïences. 

Âmtee ces argttes ont été soumises è l^nalyse phjrsiqoe dam 
mon appareil de lévigation en prenant toutes leaptécautiona 
eMnoaridées par leur Batore très-argileoee. 

Lea résultats de ces analyses sont consignés dans le tableau 
sfrifant : 

fine partie de chaque échantillon préalablement desséchée ao 
sdeBet potrérlsée, a été bomplétement desséchée à la tempé-^ 
rature de tOO*,f^n rei^tant eiposée k cette température pendant 
plaade Bbeorea eonsécutives dans ona étqve de Gay-Luâ$ac. 
Ao bout de .ce temps il ne aortail pas de Torifice de Tétuve 
assez de vapeur pour ternir la surface d*qne cuillère d'ar- 
gent. 

Des poids exacts de 5 grammes et de S grammes ont éié, 
pris pour chaqqe espèce d*argiie , au sortir de Fétuve. On les a 
soumis à la calcination dans un creuset de platine chauffé par 
la flamme d*one lampe à alcool , animée par un courant d*air* 
Je me sois attaché à faire ces calcinationa daas les mêmes 0001!» 
ditions absolument que pour les terres arables de Sologne. 

Pai calculé en centièmes du poids total les résultats obtenu^ 
dans les deux séries de calcinatioil faite^^ la pr^o^ière sur cinq 
grammes, la seconde sur quatre grammçSf Les résultats n*on| 
pas différé dans les ceptièmes^ mais dans les millièmes seule-; 
ment, j*en ai pris une moyenne pour Tinscrire au tableau sui- 
vant : 



.18 



tableau des résuUaU obtentu. 







COIIPOBtTIOHnmtQQB DBS All«ILB8. 


PrQportioDs ceotédmalec 
d*eau perdue 






t 


Sable. 


ArgOe. 


Calcaire. 


par la calcioatloB. 




Argde 


de Sanm. . 


22 


78 





6.8 






Chartres. . 


44 


54 


2 


6,0 




St-Amand. 


30 


70 . 


.0 


• 68 î : 






Neuvy. . . 


U 


86 





12,8 






Neuvy. . . 


6 


93 


1 


11.6 1 





Ces expériences œoDtreol que les argiles ierrugioeuses , 
oomma collas deSarsn, ou sableuses, comme celles de Char- 
tres .et.de Saint-Aoj^apd, ne perdept que 6 à 7. Ofo Ae leur poids 
par la calcination , tandis que les argiles qui contiennent peu dé 
sable et peu de ter comme celles de Neuvy, peinrent perdre 
jusqu'à ta OfQ de leur poids. 

Eu conséquence , il est hor^ de doute que dans le grillagedes 
terres arables, Teau disparaît en même temps qae les matières 
organiques. La perle de poids subie par la terre est plus 
grande que le poids des'matières organiques qu^elle contient; 
il n*est pas possible de doser ^actement les matières organi- 
ques d'un sol par le simple grillage* 

IV. -^ Dosage approximatif de$ maiiires organiques dans lès 
terres arables de la Sologne^ 
'*La méthode qui consiste à doser les matières organiques 
d'une h^rro arable par le grillage, est entachée d'erreur, mais 
dans Télat actuel de la science, il feutbien en convenir, on 
n'en connatl pas* d'autres qui puissent la remplacer avantageu- 
sement. Ecoulons sur cette question H. Boussingault. L'illustre 
agronome s'exprime ainsi dans son Étionomie rurale {V édition, 
1" volume, page 683): 

« La seule méthode à suivre , à mon avis , pour doser le 
a terreau d'un sol , ou les détritus organiques, c'est cell' de 
k Tanalyse élémentaire. C'est en brûlant une quanlitd 
« (Oûtlue de terre bien desséchée par l'oxide de enivre aidé 
fl d'un courant d'oxigène , que l'on pourra déterminer le car- 
• bohe et Thydrogène. Mais ce qu'il importe , , c'est de ' con- 
t naître la richesse en azote des débris organiques du terrain, 
f Une détermination d*azoto faite avec soin suffirait, car, de 



- S9 — 

f f loiieiHf» sftl$ . AoqoQÎs à Texamen ^1«8 pUiK riclMis en priii* 
• eipes; d'origine 'Ovgaoi^ae, sereni probabieQient oeoi qai 
« fonroirant la jios IotIo prppoction <l*aiol«h iCepenilanI Tmm^ 
'< ijrs«, QïaalhiiserioiHiakre, n'ihdiqiierA piiB.nicessaireiBeÉl 
c que celte malîira organiquer doive agir àctîTomeni: aor la lé* 
€ gétatîoo »/ 

Si f avais en'poor bntde faireTaiialjrs» chioiMfoe dee terrai 
lia Sologne^ aîi ppint de vue "de falimecitalioB des plantes /je 
D*aar8i.s pas hésité à suivre la méthode do M. Bouasingabll. 
Mits'mon but était sealement dofirire'i^analyse physique des 
sois; ce qOe j*avais J^soin de eonnatiçe élaii la proportiofl 
totale do la matière organique , ]o D*avaia pas à déterminer cep 
éléoeois. * . 

Deai raisons prlDcipales m*on( empêché de suivre la m&- 
Ihoda chimique, 

4* L'analyse chimique éléfiieolairedes« matières organiques 
ii*QBa lerf O'-ar^falO' n*éeh«ppe pas îk, la pause d^erreor qui en- 
tache le procédé du grillage. Dans Tanalyse élémentaire, en 
edei, le grillage de la matière organique est obtenu au moyen 
de Toxide de cuivre aidé (f un courant dToxygène pur au lieu 
fèue opéré par Toirgène deTatr. It n*en faut pas moin» chauf- 
frr la matière au rpoge \ par cotiséq«ietPt largile de la terre 
perilra eecpre dans cette .opération une partie de son eau de 
coDstitutipn. Oettn eau dégagée jra se joindre è celle que for*- 
mera Thydrogène de la matière organique; la proportion d'hy- 
drogène trouvée, déduite du po.ids.de Ifeao r^coeiHi^, aéra trop 
forte. DdD3. les terres • calcaires « oa ne.pouvaitpas non plus 
dosar le carbone de la mallàre organiqDei.ear è Tacide oarbor 
Biqoe qu'il formerait ,, ae joia^raiiracide carbonique provanani 
de la icalcinatiop des^carbonatea de la lerre/ 

3* Sn adoDethintmfiQie que Von puisse déterminer exacte- 
toant; les' poids du oerbone , de l'hydrogèùe et Je i'asptei on 
aa pourrait pas. en dédcâre If' poids total de la motière orger 
itiqae, il faudrait encore dosdr.M que trième .élément rToiigèiie 
dont le poids est souvenlpius grand que la moitié du poidsdle 
la matière orgsuique. 

En an mot, l'analyse cbimiqp» élémentaire d*un principe or- 
ganique eiige qnu Ton coaaaisse d*abord le poids total dé la 
matière sounnae à ^analyse ; les poids du oarbope » de Thydro- 

Sèaa.et de Facele/se.déteraBnient direotement , eiile peida>de 



— m — 

HTiéilgèii&ttiééduiljNiridiflémie». Mute qmmdttB^sgit^M^viff- 
itij^rct orgSBiiiqoétf ibébngén à la iem^ oi no eomlah pas k 
•poMTi tolël dqs léléoieiits organiques conieibQs dans un poids 
rioHiérdo terra, o*est pféci!»émei)l ce poids tolal q«'il s*agitak 
^lo' déterminer dans FaMlfie pbysiqiiadaa aols. 

J*ai dû me borner, par conséquent « à suivre raneieniia mé* 
^bode 4iè Tèaar et de Davy. J^ai désigné isous le nom dé Ma- 
'tïèrw ûrgamiqUm ai JBaii la )tofle de pMda que le grOlage a Mt 
Jtobir'èla teire. 

•' >'Ila6l josla de ibire remarquer qm pour lesierres de Sologne 
isoiiroises à Tanelfsev h oauee d'erreur s^nalée perd une groide 
^rtte de «oh inflaoueew - 

Eo jelaoi les yeux sur les tableaai qui conliennentieerasol* 
*à4s dbS' analyse^ phjfsiqoes , on voit que Targileest très^rare- 
ment rélément dominant. La plupart de ces terres. sont forâeiées 
-prQsqaa entièréaMit de graviers et de aaUe siUbeox Inalté- 
-rablesi'par la dhatootj q^iioatetianaMI paséllOIH la moindre 
^proportion d^oau. 

,y.. ^ Hw^W^i.numériques. desanalyae$» ObsanMtom pratiquée. 
B$mafque$thiorique9^ 

'' Ledomaine dont j'ai anatysé les ablset les sous-aatseat situé 
en Sologne ^ dans la contrée dite des Francs«8ois , comoDane 
-de Lailly, canton de Beéugency (Loiret). Il appartient è 
'Ul Aleiandlre Lémaigre» propriétaire^agticultenr è Oléiy qui 
raiplMto ft t^aide d'an niétèyer. ' 

• Ce» messieurs ont tboisi eux-mêmes sur lé lejrrain les i^ints do 

domaina dont ^analyse pourait leur offrir le p)os dlntéfèt. A 

^liliaqae slaiiaw lia om , eur ma demande r qoatifté la sol d^sprM 

sa valeur, et ils m'ons fboral de^ mnsaigneÊQenta'dnni f sfi prh 

nète^acmpuleuselnent sur ie terraio méffle^ Las titrés parles- 

quela jNii désigné la terre en chaque point, et les OtmrtMiim 

pmtiq^JmWf sa' etiUora noaoot que la rapitMiaatiov fidèle dm 

rebaaîgnements foornis par M. Lemaigva et paii aan métayer. 

j^ai ajauté les remarqoaa qui m*antété suggÀées et par reta- 

men du terrain et par les résultats des analyses. Mon but prni- 

-aipal, an faiaaiit cas ramarquet, esi de fournir qoelifues 

l'éiéfenaots dé- dtaoumion glilea poor apprécier l'inflaenae de la 

•namroi physique des terrée arablaade la£ologQO/, surleor 

>êegné>da fartiUté>TBlatioa^ at aor ledioin 



— M - 

deseograts di^QiDQded* cDllora qui lejor eoofiaDiMNit apé- 

cialemeot. 



ti^ 1. — Tmre mauofii^. 



HMimâ^Vêaapê. ^f^ 



fmubto 



8*«.««. 



Aff*^ 



C^^*^ 



ViSèrit organiiiMt 
«I 



Sol 

SoBMoi fi 50 c.) 



7jS 
87 



6,8 



7,« 



0.8 
0,« 



0.8 



Celle terre Ml, une des plus maaTwe» du dooMioe. Elle est 
siche, aride, |)rûiée,par le soleil. Son soasrsol, dit de Mâche^ 
Ftr, est presque onlièrement formé de caiUou< et de gravie^ 
(87 Ofo). |1 rend ce sol aride. 



JV* i. — Jlottfw tsm. 



Mtmilptd 



SA. ^ 



CdOon, 
(imvtan 

(fWMU* 



*} 

u 



Sible an. 



86.7 
tt.8 



ArfO*. 



«7j7 
iS.6 



Ctleiin. 



0.8 



MttUNi er(iaivNt 



7.i 



€eUe tarra est one'des meilleoras di idoinmsa , alla forma ao 
coatraste frappani avac la pièca voisine, 

La aoo$Hsoliait âne tarva glaifauae qoi consariw ao soi m 
ftalah i a raawi loi donoar tna homidité ficassifa/ La pièea 
a été aaméo daoa oaa darnièvas anfiéas. 

Rmarqiim théoriques. 

Lftil OfO'da a«iHoaz, groTlera el g9oa sbblé «ont praaqoa an- 
titamaoldorniéfi da aabia. 

Lonqaeffaimafié an acido aor aelta (arra poar oAdétarmli- 
aer la <aatcairai «ao affarraacaaae da gai acida carboniqbe eat 
parlia d'ijoe flaoltilada da petiCs graina caleairas ditaéœinéa 
dan§ la iDasaa« inaia non iolimamaot aoélaogia à la larra. Ga 
ftti flM' paiall aecoaar, de M mamèrè la ploa évidoDla , la adar- 
Mgatda la tarra. 



iV* s: L-i ferra de sàpiniètè trlié^UïïâilMê. 

CiiUovi. 



Sol. 



grotfitite 



"«' 



f7j5f' 



'5,6 



;o,i 



MiUéret orgaoifttM 
•t 



- f,»' 



soi 



Obâervatiûm proitjfuef. .... - 
Ce $pl , très-aitde • \^ '^^ffn ^oïlfidiol. dd^mèijtie oature; il l 
coDsa(^ à la cuNàle de^<pinj, ff^i \ce'iiii'onh)^^e\\^'\ïà'ï 
jarreux. 

Remarques Oiinriques. 
■ Des 'cailloQi sUideux de (oatés grosseurs âbondeui dail^ c^tte 
terre fie reste est formé presque eotîèrement de sable; cêpea- 
tfant on y trouve eircoreptos del 6 Ofo d'ar^ilè. ' * * * 

iV« 4. — Terre assez bonne, récemment difrichée. 

MttîèrM ornoiiniei 
R^ulUlidflranal7M.| ^^^ Sable fin. Argfle. Calei^. «t 



Sol. . . . 
i«-8.-8pl(à50c. 
2e 8.-801 (i 1 m. 



Giflloia, 

gravian 

et 


Sable fin. 

)* i*. 


Argfle. 


1 

Calei^. 


51 i 
68 ' 
76 


33 


«,8 


1.1 

traws. 



Observations pratiques. 



2.5 



Cette terre» défrich<^e depuis trois ans seulement, a donné 
jaftqu*ici d^as^ez bQiis piroduiia quoiqu'elle n*att pas encore été 
marnée. 

Cetie nature dn sol est -une ^s. pJus commune» de la 
contrée. I^e soius-sol à 1 mètre est une espèce de ittf cailMiteus 
dont l'effet est de laisser i^fiUrer assez rapidement les eaux de 
pluie. 

Remarques thioriquà. 
. Le féavllat 1 Ofo de calcaire , trou? é-par l'analyse'dkissone 
lerrn de Sologne non marnée , m*avait surpris tout d*ebord. 
Xen ai fait Tobeervation à M. Lemaigro qui m*e appris qu'avant 
le défrichage» des myriades de petits mollusqoea. poÛiilèrcnt 
dans la bruyère. Ce sont les débris de leurs coiiuilies ({ui onl 
pour aiosà dire marné celte lerrOé 

Dans cette pièce; .otidottiDO l^élémoni sableàx-^ ^mais qui 
n*est pas dépourvue d'argile (ilO^o). Icsmarnages^ ks engrais 



— <3 - 

et sorlool tine^rofiure affprOfHée à la naliire du tâftato , oiaîo- 
UeodroDt éerCaftieàieiit le degré de fertilité qu*on a obteno dès 
ledébol. 



MiUèrM ocgamqi^M 

6t 

•M d'aigu*. 



' 


A* 5. - 


■ Ttnrt noire de bruyht. 




Ctinon, 








RMUUderanaljM. 


gratlen 
•t 


SMt ta. 


ArtUa. 


Cdeain. 


Sw. • , . . 


38 


«7,8 


18.3 


0,6 


Sm^l(â40 6.) 


75 


IM 


6.8 


o:i 



48,3 

Observaiions pratiques. 
Celle tf rre est la plus mauvaise de la cooirée ; elle est mémo 
moins fertile que les'torresjarreuses où Ton plante les sapi- 
nières, f Quand on laboure'la terre dé bruyère, me répétait le 

• mi^tayer, elle est si légère, si peu consistante, qu'elle re- 
« tombe derrière la charrue et bouche en partie le sillon. Rien 
« n*y vient bien, et ce qu'il y. a de mieux à' faire pour luidpn- 

• nef du corps , c'est d*y mettre du jarre : » {Le jarre est une 
iirrecaiUouUuse). 

11 n*7 a pas de cailioui ni de graviers dans le sol ni dans le 
sous-sol, mois du sable de diverses grosseurs y domine, t Cest 

• ia matière noire de bruyère qui eo Tait le mal, » dit le métayer. 

Bemarques U^riquee ewja terre de bruyère. 

La terre de bruyère a particoltèremenl attiré mon attention { 
fai dû me demander quelle était la cause principale de son in- 
fertilité, et quels sont en conséquence les meilleors moyens 
dy porter remède. 

Le cali'aire y fait défaut; mais cela a lieu dans toutes les 
terres de Sologne que j*ai analy.sées ; l'argile est, danale sol 
sarloot , en proportions aussi grandes qoe dans las terres assez 
feriiles de Sologn.e (n^ 3et h* 4). 

Ce qui rond cette terre stérile est évidemment l'excès des 
matières organiques qoi s'y tronvenf. Elles me paraissent avoir 
dcQz fâcheuses influences, une influence physique et une in- 
fluence chimique. 

Influienee physique dé la matière organique dans les terres de 
Ifruyèrèi — Les matières organiques rendent le sol léger,' sans 
ronaistance , trop humide pendant le^ saisons pluvieuses , puU 
Térulent en temps de sécheresse. 



- 64- 
. Oo «^ra aMif m s«&i dtvtle d# voir ^'ttii^ ««tii Mble propor* 
Uan de QiaUèrM orgasiques (18 Qfo« ^ P^« M^) ^^^ ^^^ 

sol sableux, oaturellemeDt lourd eteompact la légèrflérelle 
défaut dç consistance (ji^'on remarqua dans las terres noires de 
bruyères. Un examen attentif de ce sol permet de s'en rendre 
compte. 

Quand on regarde de près, sur une feuille de papier blanc» 
I* terre de bruybre , on y distingue au milieu de grains de silex 
blancs^ des grains noirs irèf*>I6gers. Ces'grain$ paraissjBut ma 
premier abord formés exclusif emenl de malibre organique, 
maip si on les écrase avec un couteau , ou m on les délaye dans 
l'eau entre les doigts, on voit sortir du sein deU matière orga- 
nique des grains de silex blancs. 

On voit par là que la matière organique , dans sa décompo- 
sition! ^ empoisonné pour ainsi dire le sable en lui donnant ses 
propriétés. pliysiques, sa légèreté , son défaut de consistance || 
son bydroscopicité. 

Influence chimique de la matiire organique dam les terres de 
bruyères. — Pendant les manipulations de l'analyse, la terre 
de bruyère exhalait une sorte d*odeur d'évent, nauséabon4e • 
repoussante, les eaux de lavage concentrées étaient sensible- 
ment acides. Ces faits prouvent que dans leur décum(>osition , 
les matières organiques de la terre de bruyère éprouvent une 
fermentation idde et putride. Celte fermentation est fatale à la 
fégétation , elle iend à (aire pourrir les plantes ao lieu de favo- 
riflor leur développement. 

Pour combattroles effeis de la pourriture acide , }*ai cru ilo«* 
voir conseiller à M. Lemaigre d'amender avec la chaux ses spls 
de bruyère. Je crois que dans ce cas la chaux produirait de 
ùMilleura effets que la marBey qoe le noir animal ou que tout 
autre amendemenl calcaire. 

JV^ 6. — Terre noire meanoaise. 



i¥nltaUdtraiitl9M. 



SpI, • • . . 
Sous-sol (i 35 c.) 



Sravitri 


atbb an. 


hnoé. 


Cldei^ 


U 
33 


f».9 

40.4 


S3,â 


0,9 
0,6 



MttièrM orfuiqiiM 
M« d'aifOe. 



7.» 



Ob$enationt prati^u». 
Cette terre est de maarai^e qualité • iq^is .«Uf e$i' anoîDa 



daos tes idées da méUbjw^ loi doom 4m eorps. KUè t été llia^ 
née sans eo a? oir été aeneiblement aioé|iorée. 

ReHnarquei théorigUn* 

Les observations qàe j^ai présentées pour la terre de brujëra 
86 rapportent ^galemetit à cetle terre. La matière organique, 
qui y est en eicès, subit le pourriture acide et putride. Ce«t 
pour oelte raison principalement qu'elle paraj^F^^ âanâ U 
sol la fertilité que ftrail espérer la proportion DotaUe d*aigile 
qu'elle renferme» proj>,Qrtion qui c^sf aussi forte que dans la terre 
fertile n» a.. * ., 

La marne qu*a reçue cette terre n^a pas suffi ppur combattre 
Il fermentation acide de sa matière organique. Elle aurait , je 
le crois, besoin d'un chaulagç. . 

.iV^ 7. — T^rrejarrei^$$ midioere. 



ItettanaafaadbM. 


C«lBo«. 
fMwn 

CrM*ùlil* 


SOAttù. 


"Arglto. 


(idcUn. 


»eL • • • » 
SoBMal(iGOe.) 


70 
70 


IM 
18,3 


a.» 

9.0 


0,7 






1,6 

0buf9aiiani prdKgttas. 

Cette terre est de qualité médiocre. Elle est très-aride dans 
les années de sécheresse, elle a été cependant marnée il. y a 
qoelqtMs années. 

De gros cailloux et da nombreux gratiehi composent presque 
toate la terre. Le aens-eol eal de même nature » le^ jarre coo- 
tiBoe A plm d*nn saîèlce de profoidenlr. 

Le point 7 n^est pas distant de plus' de 10 è 1% mètres du 
point 6. Kn se ilirigeanl du point 7 fers les bâtiments de la 
ferme , on traverse la terre n** 6 , qui forme une bande de cou- 
leur noire de 15 à SD mètres de largeur. 

Le rapide changement de nature qu*on observe dans cette 
pièce se retmuf e dans la plupart des contrées agricoles, ^e Tai 
coBsleté, même en Beavoe, dans les fertiles plafnes du canton 
de Vofres, eu le sol arabte parah, è simple rue, avoir une corn- 
plèle ottifoit)iât& 

Qm finis éémottlrent d'une manière péremptoire la né^easilé 



jinUré le» dir9rae9:qtttlkéfl do'lcîRiesiBraUQfc • . 

JV^ 8. ^Bmne terre:' ' 



R^a]tat8d«riiiil7M. 


CtlUon, 
gnahn 

CnMublè 


8ibl« fln. 


ArgOa. 


Çilodra. 


•Mdfairgflé. 


$oL • • • • 
•l«,.^l{4J5c.) 

2ea.-8ol(iS0e.] 


31 

. 38 
17 


33 
33 


29,5 
86.8 
50,4 


0,8 
0,8 


5,7 

8.* 
i 7,0. 



Observatianê pratiqn». 
Cette terre est fertile» mais à air'degré un^eu moindre que 
celle du n^ 2. Le sou^-sol è 50 cent, est une glaise tfès- 
cokDpacte. 

Remarquée' ikéoriquei. 
Les matières ofganiquc^è sont en proportions un peu fortes 
dem te' sol.Oii y remarq^ç. dès débris dé mauvais^ herbe en 
grande quantité. ' 

Le sol avait été marfié avec succès il j avait quatre ans. 



RéraltaUdfl l'analyse. 



iV» 9^-^Terte<kpiiH[très'Mdioore.' . 

cailloux, 
fravien. 

et 
gros sable 



Soi 



SMUe fin. 



A^lOe. 



Calcaire. 



et 
•ait d'argile. 



7.5 



29 29,7 33 0,8 

ObeereaPUms prai^ues. 

Le-sous-sol est de môme nature que le sol. * • 
La malière organique abondante se compose eâ gMQde partie 
d*une innombrable (|uao4iM de fiJi>i'Ules#.de racines et de tiges 
de mauvaises kecbes. ' , 7 j » • 

C'est avec des terres de cette sorte que sont coBstiuits les 
murs des granges et même des anciennes babita^ipna de h 
Sologne. 

VL — Remargi<«». 

1^ Rbmakque, — Du marnage et du iihaidage det terrée é» 

, Sologne, — On peut remarquer tout d'abord que le çftlcAiref<«it 

.g4ai>raleaieot défaut dans les sois et dans les ^qus^sqIs da 

domaine ; les proportions de (Alcaire atteigne^ à peine Mn 

eentjèo^e. D'apfè$ les principes admis 6o.agraooiBie,r il faudrait 



— « — 

èMMlw0tito)««viM9 M^dvèa(i0ai#e)(iHirtaBqt]éiir loètoM 
iMiKié. lift théorie et 4*e<périwià ipratiqMt 4Ddi(liienl done*! 
eoBinie flQKnéetûttDls .néeossaiiM eîis tfirrest^ cet domaine >i 
loftéDgrais ealcams^ tesrbnarnas et lè8ipbo9pbàfte»4él çha'dx de 
tottTM'SoHe^' le tiTiiiéiaté pas^HdriéeipoiMiftoQlle monde eëiH' 
ftaftJMenéèllénts'effaiè delà marneeiiSeloj^e^iyi Lfimargre^ 
daos rexploilaiioo de son domaîoe , a loojoui^ Éni né avéa 
floéeti I chaque «aoaéoi^I ttiarne: dàtfs. âne plrudeoia OMSUce ; 
il «tieMiiera ë^gfemdol a ni8rtneir,àeaaerr8s de.Selefnd/Meis « 
jeaa saurais trop iei^péteivleale^rrea'dé broyèrea demandent 
à être rhauléea éOf ore triiifei'i|<f^èl6t^eifaiaméés , pour acquérir 
le df^gré-de^ftMHléqile faffeèpérer leur (M>iD|>09itietfiàiRdrdie. 

Que les afprimiltéiira qui poMèdent deaiérrcs noifes* de 
bruyè^rès fûë permetteni jde l^ur aërea^ef >une piit^et fècrr 
coafours •aetUil irte-pr^dÂix peW' aiaioer ën^demier rdssori 
et par des faits sur cette importante ^oeftlioo. Qu'its essaient 
famrtidér Jeurs tctros^noires débrayeras avec de laclMnix ; 
fB^ff^^fasserit même leura essais "sùr das'élenduea trëi^faibles 
sans trep deifrai»; qu^jla praliquirait, leur chaplageeuivaRtldS 
indications des Gaspérin «desBoussiogapU* Quexasichaulages 
soient feits , autant que possible » comparativement avec des 
minages et éveo le modede>eàhrrre oi^dfneirev^ns^nàeAde* 
ments nouveaux.; et alors les fbitrparli^ront d'eux-mêmes et 
pourront jeter quelquç lu.mi^re dans la science et dans la pp- 
tique agricole, ^ * . . . ' .. 

2* RsH^QUB. — Des glaises de Sotogne.' — Influences compa^ 
rk$ du calcaire et du sable jsHkeuûç, sur^ la nature physique des 
lemi àfôhtes. Y^tei terres 'arables 'àe'SoIogn'e ,fluô fàl aha- 
lysée? ; sont sableus'^s ; ce sa'ble est forrné de gtjifns, siliceux! 
Les cailloux" sont pèû, aboriiianls ,' éxcçpté dans'lifs tér^eïjar- 
reoses d«s sapinières.' 

Quelques sous-sols {n^ 2 ei à) sont formés d*une ôspSco de 
terre glaise. Dans ces glaisçs , les proportions d^argilo altei- 
pem à peiné SO'OjO; le reste est du sable siliceux. Quelques 
personnei s'étounerobt pedt-ètTe de (se qtf «né terre qui ton- 
lifmt moitié i^abté et moitié argile soft une ierre glaise, dure , 
compidefili^i^^httéabléèfr^âiu. s' ; v : ^ 

Cesl ffQ«, dané ces proportion», le sabtëi>iKce<lx :oe>iati 
qtie àoimef au odrpsàVûrgiie^, comme diseni les fabricaiMe dé 
foierfes. 1)7 % piêev'lM argftea quvebrveiiPàilft'fabflicatîon des 



— » — 

ptMéM «oDlÎMimileltoi-iBftoiliSid»! psofioftioM ODOtîdét^» 
blés d0 iable siUceuz. L'argile de. Gbeviree^i.idwi .eo (ù\ 
laeptals/al les «eeieUDft de Malermee., ao eimlieiU pes OKHoa 
éù Uêfiéù sable « d'iafiite mes analyass.. UVgtte 4e:SlirA0« 
près Odéassy en eomieoi Sa 0}0« et tes.Mticent» de poteries 
d*(Méflns'afeuteiil eMots de aeblie 4 Targile ds Serra» pii» 
9b4eoir 4e boas produits» 

Si« Stt lîsii do SO à 70 4|0 de sable siliceos* une ttorre arable 
eentient seeloiiiebi 6.è 10 ùfi de cekaire^ oeUa lesi^ Msait 
metibkirelipeiiiiéable à reett^ooeame j*Ai aa r4^«a«ieo 4e Tab* 
sorrer >daoe 4e3 4ernes rde Je Cka«eiile«*lDfériPieMre« 
. Le ealçeîffo aH donc • daas les teif es assUfAi •«» ttii^poi )]ai 
einettblit :1e sol beeacoap pias ^oe le aabla eîl^Boox na peut 
lelaire*<}aaDd on roudst emeDdertaiia.iertD evgileme,.^ Q*est 
pas do aabie qu'il fandcay oséLanger» 6*est uaa oifttiàra ciAcaire 
qui ooavisiidrB.eooime aniaodeiiiaol^ 

D'après las analTsee da d® S el du a* 4, nous •rayam» qaa le 
aeUa siliseai doii 6lra daoa las proposiioiia da 70 lOf/^. aa 
oïDias^ (poof qaa aea< propriétés physiques :pBédwîng#t< 
dans une tcirre ai^hté <» sur celles de Fargile, 

VIL *^ liifTis Ofoèto. ~ Oatsemia d0 bttf Jtrf #d< ^ 
lotniiol d -aprii Ai nature phyriqw^ 

Les terres arables du domaine de M. Lemaigre peuvent être 
d*aprës leur nature, et au point de vue agricole , classées en 
5 catégories. ' , 

i* Bonim terres (o^i et 8)« — Sol sahUhavgUeux^ ^ Sou»^ 
arffUwx. — Le sol est sableux , il contient de )()i 25 (^ d'arr 
gile , et 4 à 80^ de matières organiques. Le sous-sol ,eM glai- 
seul et entretient la fratcbeuir dans le soL 

Une marne riche en calcaire ai(gm'enterait encore leur 
fertilité. 

9!" i;err^ mUHûcr» argileuses à texcès^ — Cette terre (a'' 9) 
est glaiseuse ; elle contient plus de 30 0}0 d'argile. Elle pour- 
rait devenir fertile en Tamendant avec une marne sableuse. 

3* rerres médiocres (n<> 4). -r Sol et so^e^sol sableux à Fesseis, 
^— Cette tam (n« 4} esi sablepse dans la sous^l comme dans 
la sol« alla contient à peine 10 QrO d'argiia. R)leas| de qualité 
inédioflra perte qaa le sabla aiUoefti y 4oqum et la ^^4 tro^ 



sèebe. Elle demdnderait comme ameDdemeni une marne 
argileose employée en grande quantité. 

4* Terr$i matieoi» (n- 1 , 3 et 7). — &rf eUeiw-aol «Wa» 
coiiftnueics. — Le sable mêlé de caillonx eiKceux de toutes 
gromorsy domine; l'abondance des cattloux leorfait donner 
dans le pays le nom de terres jamusu. 

Les proportions d*argdle n'^atteignent pas même 10 0;0 tant 
dans le sol que Tiens les sous-eels. Ces terrains sont arides et 
brûlés par le soleil, fls acquerraient sans doute de la valeur en 
éiant émendéa généreosement au meyeo d^une marne trte- 
argilease; mais il y aurait & voir préalablement, par des essaie 
en petit , si la tbrre amendée pourrait payer suffisamment les 
frais de culture, ou s'il serait plus profitable de les réserver 
pour la culture du pin et ilu sapin. 

5* Terreê de bruyirei $térilm(n'^ b et 6). — Ces terres doi- 
veot leur stérilité à rexcès de» matières organiques qui ren- 
dent le sol léger et sans conaistanee, et qui Tempoisonnent par 
ieor fermentation acide et putride. Elles pourraient devenir 
fertiles par des chaaiagek sageanent (pratiqués. 

F. MAZURE. « 

{ïja suite prockainemefU,) 

REVUE* 

Ao mois de novembre dernier, M. Payen a présenté à la 
Société fiûpérraie d^agricollore , deux volutnineuses grappes 
de raisin muscèf blanc jaunâtre, légèrement doré, produites 
lor un pied de vi|g;no provenant d'une boniuire faite en 18f>9» 
par M. Cbantirier ^ et n'ayant qu'uo an <)e plantation. Dans le 
jardip de Jl. P.ayen , la bouture faite à Ja môme époque par. le 
procédé Hudelot , .transplanléê en mémo temps dans le môme 
M>1» apris moin3^d^,4év^lopp9ment et n'a pas encore fructifié. 
Les deux grappes pèsent ensemble 462 grammes. 

Dans la mâme séance^ M. Becquerel, qpi^, dans sa collection 
des diOèrenta cépag^a« possède une grande quantité de mua-* 
cats, se livre, depuis pAusieurs années * à la fabrication dn vin 
de moseat. Or , lorsque le moût fermente ser la pulpe, le vin 
perd l'odeur spéciaJe de muscat, tandis que le contraire a tteé 
quand la fermentation du jus se fait dans lé' tonneau sanV la . 
présence de la pulpe. " 



Aiin«iic«s agricoles. 



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et dé batteuses n'bnl eqqu^â' refa louer sous tous les rapports. La 
tritille sort tûtacte et le blé Uiénf tMfèyë. Ce tfavail est etf raMft de la 
force employée. i . • • ; ■ , - • / , 

'On tit)oVe dans cet AlëHér des mtteéées è ttiktiê^^tÊiphii , depuis 
MH'^Jusqa'à i;800fraiîoé? machines h tapeur, depul» 9;«Mê Jtisqû*! 
8i9MYn('P<^mfe8 4e }ardip, Pompes à incêndiie, Coqpe-racines, Lavetirs, 
^rssaoim eBAntDat^esioaUiimeiïtset a|)iMtrelIs méoaoiques utiles a 
Va^rkultore» » 

. UnieurUBVAiS prendra, oomme par le. passé, TiatérAt des pf- 
sonnes qui voudront bien Thonorer de leur co.ofiance, et leur pffrira 
toutes les garanties désirables. 



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( 



i> 



yificiîvi^ttuite, 



'I 



(Swrro foumeuw^ ïjierrcux)^ao' prix<-Alger^ . v .. W 

dlîâiTÙéfoû'nieuse' (terrain argileux) (l«rprizi Àgen 18Çp , . 70 ^. 
Gbarnie vigneronne chaussant et déchaussant. • • ,!• .'90 
<iaHtil!^éu86 ob è^vdiH^^ . . : \". . . iOO 

Hè*ëè'¥lgilëà«éViâ<îon. . . •' . . . . V, .' l 80 

ET TOUS AUTRES iN^WlWErrS. 

R8pffHtibteiirl paôe ■ piîrcifiB"'Berltsllite,llfiio^-Bfer]taiift^. 

BÉLlKft» sotrtHtobWit" 



— 72 - 

CHARRUE VIGNERONNE 

(BAMtÊB 8. G. D. 6.) 

DE A^ PARIS, ^^^^y (Charente-Inférieure). 



La charrue Paris réunit tous, les a? aptagef poMT la culture 
des vignes , surtout des vieilles qui seraieot irrégulièrement 
plantées; elle se compose : 1^ d*un déchausseuf; 9fl d*un 
binenr; Z^ d*un hntjft^yr / mpa^i^ rnmpli^tflmftnt en fer forgé, 
se montant sur le même âge à Paide de deux écroud. Cette 
charme ne nécessite^ dans les terrains de mojeiiB^ force, que 
remploi d'un seul cUeyal ou d*un seul bœuf» quoique Vésistible 
à deux forts chevaux ou deux forts bœufs. 

i^ Le décbausseur est aassi rtcbensafeur en laisaunt, sur l'é- 
tançon de devant, une petite pi^ce saisie avec trois petites vis ; 
cette pièce doit aussi .resteip à demeore pour le labour des 
jeunes plantes, des vignes liantes , etc. ; elle se supprime seu- 
lement pour les deiix derniers tours dans les vignes basses. 
Ce même déchausseur, (avec versoir à droite ou à gauche selon 
les demandes^, dont l'avant-corps se trouve iodioé du cAté 
opposé au versoir , par conséquent éloigné du plan de Tage 
d'environ m. 48 à SO c, permet d'approcher très^^rès des 
souches saiis nuire aux bourgeons ; la pointe du soc est déviée 
du cdté opposé pour éviter que la souche ne soit atteinte par 
le soc ; il ne reàte donc à enlever à la bêche qu'une petite 
bande de terre de m. 8 à 10 c. de larseur entièrement crevée 
par les deux derniers tours de la charrue. 

^ Lebinoir, instrument sans versoir, ajrant deux larges 
couteaux tous en fer forgé et aciéré formant une largeur 
moyenne de t) m. 70 c. , coupe les herbes et racines laissant la 
terre à plat. . . ' 

3* Le'bi/tteur*, avec ses verspirs pouvant s'écarteir de jn. 
30 à 40 c.,'peut rechausser en un seul tour un rang de vigies, 
ou jeunes plantes, ou plantes sarclées de i m. 10 c. de largeur. 
Cet instrument, réai^iblp;à 4 bcsofSf peut ètp -employé à 
faire des fossés dans les vignes pour y enfouir les fumiers. 

Prix des trois instruments, n^ 4, 170 fr.; n* S, 455. 

20 médailles dont 4 médailles d'or et 3 rappels de médaille 
.d*or ont été décernées <à cetlc^mèipe charme. 

Foitton.— Typ. de H. Oudih. 



BULLETIN 



DE lA 



SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D^AGRIGULTURE 

BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS 
DE P01T1ER9. 

N« 95. 
SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU 7 MARS I86S. 



35 membres sont présents. 

M. le Président ouvre la séance en ces termes : 

f Je DO pois » Messieurs , commencer cette séance sans 
donner on souvenir à notre bon collègue, M. de la Ménardière, 
si promptement enlevé à notre affection. TravaiUeur infatiga- 
ble , riche d*ono foule de connaissances solides, doué d*une 
merveilleuse facilité d'expression , il devait briller dans toutes 
les occasions oii les hommos se rassemblent pour échanger 
leurs pensées* 

f Naguèie nous admirions encore le bon goût et la délicatesse 
<ie sa critique qui savait louer et blâmer à propos , dire la 
vérité sur les choses, sans jamais offenser la juste susceptibi- 
lité des hommes qui se dévouent au bien public. 

• La Ménardière était plein de bienveillance , c'était le trait 
distinclif de son caractère, vif et impétueux dans la discussion, 
ardent dans ses opinions, il accueillait cependant les objec- 
tions et les répliques avec une bonhomie qui charmait ses 
adversaires. 

• U. de la Ménardière a rempli des fonctions importantes dans 
la Société , plusieurs fois inspecteur des concours, secrétaire, 
nous l'avions appelé dans la séance de janvier dernier à siéger 
au conseil , il était vraiment un des membres les plus labo- 
rieux et les plus aimés de notre compagnie. 

■ Son temps, son activité, sa fortune, consacrés au dévelop- 
pement des vérités utiles , sont autant de bonnes actions qui 

BalIetiQ de mars 1805. 7 



— 74 — 

lui vaudront une meilleure place dans ce lieu ob le Maître 
suprême de la vie pèse élernellement le bien et le mal. i 

A la suite dé aetle allocution , la parole est donnée à 
M. Brossard pour lire son rapport sur la proposition faite à la 
dernière séanco par M. de Grousseau. 

Après une intéressante discussion à laquelle prennent part 
MM. de Grousseau , de Curzon , Serph et Gaillard, M. de Grous- 
seau modifie ses conclusions premières et dépose sur le bareao 
une proposition rédigée ainsi qu'il suit : 

t La Société désireuse d'uncourager Tagriculture au point 
t de vue pratique tant dans Tarrondissement do Poitiers que 
t dans le département do la Vienne tout entier , s'occupera 
f des moyens d'organiser à Tavenir : !<> des concours d'ar- 
« rondissement transportables de canton en canton chaque 
t année ; 3^ des concours départementaux transporlablcs d^ar- 
ff rondissement ep arrondissement , d^ènnée en année à tour 
« de rôle. • 

M. Brossaed lit un rapport sur la proposition de M. de Sou- 
vignj , relative à Torganisation d'un cercle agricole. 

M. Sbbph demande que la Société d'agriculture de Poitiers 
se joigne à celle des Deux-Sèvres , pour prier S. Exe. le Mi- 
nistre de Tagricullure de ne pas retirer les primes que le goa- 
vernement donnait aux bétes de trait. Ce retrait cause une 
perte de 4 à 5,000 fr. à certains arrondissements. — Il sera 
fait droit à cette demande. 

Lecture du rapport do M. de Souvigny sur le commerce des 
engrais. 

La Société adopte en principe les propositions de MM. de 
Grousseau et de Souvigny, et charge le bureau deformerlrois 
commissions distinctes : Tune pour la proposition de H. de 
Grousseau , l'autre pour celle de M; de Souvigny, la troisième 
pour l'étude des engrais commerciaux. 

M. BB Lassât (Stanislas), propriétaire à Saint-Paixent, est 
nommé membre titulaire non-résidant* 

La séance est levée. 



PROCÈS- VERBAL DU âO MARS. 
L'an 1865 et le 2î mars , la Société d'a^riculttire , teUes- 
lettres , sciences et àris de Poitiers s'est réunie a rfidtol^ilto- 



— 75 -. 

Ville eo séance extraordinaire et dans la salle des actes de 
rélat cifîl. 

Une foule nombreuse se presse autour des membres de la 
Socioté, qui ont tous répondu h Tappel. 

M. Hastron , maire do Poiîiers , et M. Romand , son adjoint, 
honorent celte assemblée de leur présence. 

M. le Président ouvre la séance , et, souhaitant à M. le doc- 
teur Goyot la bienvenue au sein de la Société , lui donne la 
parole et lui cëde le fauteuil. 

M. Guyot s'exprime alors en ces termes : 

Je suis vivement touché , Messieurs , de racoueil qui m'est 
fait. On comprend ici le rôle important de la vigne , cette 
nombreuse assistance me le prouve. 

Je m'efforcerai, Messieurs, de répondre à Tinlérôt que votre 
présence me témoigne. 

Envoyé dans les divers départements de la France par Son 
Exe. H. le Ministre de l'agriculture , j'ai une double mission à 
remplir : étudier à fond tous les procédés de viticulture et de 
vinification , puis faire connaître à chaque département en 
particulier ceux de ces procédés qui lui sont applicables. 

Je ne puis vous exposer les différents modes de culture qui 
pourraient s'ajouter à votre propre méthode ou même la rem- 
placer, sans d'abord vous avoir dit ce que vous faites. 

Or, voici d'après les données que j'ai pu recueillir dans mes 
tournées à Cbauvigny , Châtellerauil , Saint- Georges, Neuville 
cl Poitiers , votre façpn de procéder : 

B£ I(à GPI^TUBB DB U VIGIIE DàJiS hk VIERRE. 

Partout, plantation sans défoncement préalable ( quelques 
légères modiGcations seulement dans les détails ; à Châtelle- 
rauil, on creuse uue rigole , on y dépose le plan, sur les raci- 
nes duquel on jette d'abord la meilleure terre , puis des fagots 
de brandes , puis encore de la terre; à Saint-Georges , Chau* 
^gny, Neuville et Poitiers, on se contente de creuser de pe* 
tites fosses séparées oh on place la branche pnracinée ou 
^ée^ en recourbant légèrement sa tige ; plusieurs propriétai- 
res ajoutent une certaine quantité de fumier è la terre qui doit 
combler la fosse. 

Eo général, on ne taille ni la première ni la deuxième année. 



- 76 - 

Mais à la Iroisième , on déchausse les petits ceps jusqu'au 
collet supérieur dos racines, et on les décapite. Plosieuirs sont 
tués du coup , d'autres poussent un sarment énorme ; d'autres 
enfin mieux inspirés donnent immédiatement naissance aux 
trois ou quatre sarments qui serviront à dresser la vigne. S'ils 
en ont un plus grand nombre, le vigneron choisit entre eux, 
taille en fiche ou flèche ceux qu'il conserve , les adonne à la 
production et sacrifie les autres. 

L'année suivante et ainsi de suite, on s'attachera à conser- 
ver le môme nombre de sarments que Ton courbe en arçon. 

Lo grand savoir-faire consiste à donner à cet arçon une cer- 
taine courbore destinée à favoriser à l'endroit même où se forme 
le coude, le développement de pousses suffisantes pour la taille 
de l'année suivante. Ce développement n'est au reste aidé par 
aucune opération sur les rameaux verts. Les cultivateurs du 
Poitou ne connaissent ni rognage , ni pinçage, ni ébourgeon- 
nage , ni effeuillage. 

Si nous passons maintenant aux façons que reçoit la terre, 
nous compterons trois cultures : 

La première se fait à la fin de l'hiver et au commencement 
du printemps, c'est la déchaussure : elle consiste à relever la 
terre en billons, entre chaque rangée de vigne. 

La seconde a lieu en mai, son nom de rabatage indique suffi- 
samment sa nature, on rabat les billons, on remet la terre à plat. 

La troisième enfin consiste en un simple binage, qui se 
donne à la fin de juin. 

 côté de ces trois façons uniformes pour toutes les contrées 
et revenant invariablement à tour do rôle chaque année , il en 
est une dernière fort importante pour la végétation de la vigue 
et sa fructification , et dont le retour n'a lieu qu'à des périodes 
assez inégales; je veux parler de la fumure. 

Chaque canton et souvent chaque propriétaire a un aména- 
gement qui lui est propre. Ici on fume tous les quatre, là tous 
les douze ans. Tel emploie 7 mètres cubes de fumier à la hoîs- 
selée, tel autre 7 hectolitres. Il arrive môme assez souvent que 
le viticulteur qui fume le plus abondamment est aussi celui qui 
fume à des époques le plus rapprochées. 

Si les données qu'on m'a fournies sont exactes , ce serait à 
Neuville qu'on fume le plus , et à Chfltellerault qu'on fume le 
moins. 



— 77 — 

VINIFICAIION DANS LA VIENNE. 

QusDl è voiro viniûcalioD , rien de plus simple : oo emplit 
le tonneau sans foulage préalable , puis on tire. 

Far exception , quelques propriétaires foulent dans la cuve, 
d*aolres dans la mets , pour ainsi dire jamais dans le tonneau. 

Oq lire après 15 à SO jours de fermentation. Par exception 
enrore après 5 , 6 ou 7 jours. 

Oo ne foule pas pendant le cuvage. Quelques innovateurs 
cependant fonleront deux et trois fois. 

Le plus ordinairement on fait des demi-vins , et il est à re- 
marquer que ceux qui pressent leurs râpes no mêlent pas le 
vin qQ*ils obtiennent de ce pressurage , au vin de goutte. 

Enfin on tire en vaisseaux vieux , quoiqu'il y ait tout avan- 
tage à ne se servir que de vaisseaux neufs ne donnant jamais 
de mauvais goût. 

Telle est en quelques mots la culture de la vigne et la vini- 
ficalton dans vos contrées. 

Si vous me demandez maintenant ce que j'approuve et ce 
qoe je blâme dans cette culture, je vous répondrai : 

OPINION DE H. LE DOCTEUR 6UV0T SUR LA/ CULTURE DE LA VIGNE 
DANS LA VIENNE. 

Dans le Poitou , la vigne est traitée par un procédé original 
c( avec une intelligenco que je n'ai trouvés nulle part ailleurs *• 

J'approuve voire culture en général. 

J*ai conseillé de nombreuses façons ; vous donnez de nom- 
breuses façons. 

J*ai conseillé de longs bois , vous laissez de longs bois. 

Hais je blâme : la décapilalion de la vigne et Thabitude où 
vous Aies de confier à uno seule branche moyenne le soin de 
reproduire bois et fruits. Voici mes raisons : 

Eu roupaul une tige , on rompt la communication qui exis- 
lail entre les vaisseaux séveux et cetle lige. Los quelques yeux 
conservés donnent naissance à dos gourmands non fruciifères. 
Oo perd un an. 

Au contraire , on drossant la vigne de suite , on récolte dès 

* Le Languedoc par exemple ne supporterait jamais votre long arçon , loi 
qol ne laisse qu'on oo deux nœuds. 



- 78 - 

la deuxième et la troisième année , el ces doux récoltes paient 
les frais de culture. 

Cette amputation de la vigne ne saurait se justifier que par 
une idée do symétrie ; mais cette idée elie-mAme serait fausse. 
La symétrie s'obtient très-bien en taillant au-dessus de terre. 
Ainsi dans l'Hérault (dont la culture du reste offre à d^autrcs 
points de vue de grands défauts), dans le Beaujolais ,1e Maçon- 
nais, le Languedoc, on taille sur deux yeux; sit^tque deux 
ou trois sarments sont [poussés , on les rogne ; un trotsitoïc 
se présenle-l-il bientôt, on Le rogne aussi, et voilà un cep 
drossé. 

Ce qui m'a frappé ici , c'est qu'on ne conserve pas le bois 
que pourrait nourrir la vigne ; les cépages el le terrain do votre 
pays me prouvent que vous pourriez obtenir une moyenne de 
60 à 80 hectolitres à Thectare , simplement par la taille et en 
dehors de toute fumure exagérée. 

Mais en forçant une branche moyenne à reproduire le bois 
et les fruits , vous demandez l'impossible et abrégez l'existence 
de vos vignes. 11 est mémo surprenant qu'elles puissent résister 
encore si longtemps , et j'ai été saisi d'admiration à la vue des 
bois énormes qu'elles vous donnent malgré les tortures quo 
votre taille lui inflige. 

Voici ce que je conseillerais : 

CONSEILS AUX VlGIfERORS DB LÀ VIBHIIE. 

Ordinairemont tout bon vigneron dos pays dont je vous citais 
les noms il y a un instant , adopte un cinquième sarment sitôt 
qu'il voit se former quelques gourmands, parce qu^il pense, ot 
avec raison^ que la sève n'a pas assez d'exuioires. 

Ici il y a une foule de sarments de cervelle. Puisque la sève 
est trop abondante , laissez deux issues au Ireu d'une. 

Vous formez une flèche pliée en arc pour empêcher que foute 
la force ne se porte aux extrémités. Pourquoi n'auriez-vous p3s 
recours au pincement, qui empêcherait en môme temps la 
coulure? 

Pourquoi ne pas laisser toujours uq coorçon?Voos auriez 
tous les ans des fruits magnifiques , et en outre l'avantage do 
rapprocher toujours la végétation du centre de l'arbre ; votre 
arçon ne serait plus à la fois branche à fruits et branche à bois. 
Or chaque fois qu'il y a beaucoup do bois, le vin ne vaut rien ; 



— 79 — 

Texpérionee Ta appris. Quaod le. fruit domine , le vin esl bon. 
EnGD, chaque fois que vous prendrez une branche à bois 9ur 
une branche à fruit avant 7 ou 8 ans do repos , vous aurez une 
taille slériU. Plus pn prend le sarnaent haut sur la branche à 
fruits, pl|i3 la laille sera prodaciivo, Je dois ajouter ici, qu*on 
m*a fait au sujet du courçop» et sous forme de lettre , une ob- 
jection à laquelle je me fais un devoir do répondre. 

Oo. nr affirme que tout vent un peu fort jette à bas. les sar- 
ments venus sur un courçon , ce qui n^arrive jamais à ceux du 
bout de Tarçonret on me demande si Tusage des courçons ne 
nécessite pas celui des écbalas. « 

Non , ce soin est inutile : je ne crois pas d'abord Taceident 
qu'on aie signale aossi fréquent qu'on semble le croire ; et en 
serait-il ainsi, on peut facilement apporter un remède au mal. 
Pincez tout, sauf les deux premières petites pousses de votre 
branche à fruits , et vous serez certain d'avoir assez de bois 
pourvoira taille. 

Là doivent se borner mes critiques sur les méthodes do votre 
proYtnco , d'autant plus que j*ai hâte de tous dire un mot de 
la culture de la vigne en général et des pratiques améliorantes. 

IDÉES GËKÉBALES SUR LA VIGNE. 

Du rHe de la fDitieuUure. — La vigne , cet arbrisseau colonisa- 
teur par oxcotlence, a été laissée jusqu'à ce jour sans ensei- 
gnement spécial. Je vous ai déjà dit , Messieurs, au commen- 
cement de cet entretien, que le gouvernement m'avait chargé 
de recueillir les éléments nécessaires pour réparer cette lacune. 

Sur 54,000,000 d'hectares qui composent le sol de la France, 
il n'existe que 3,160,000 hectares de vigne, c'ost-à-dire la 
viogt-cinquièmo partie. Or cotte vingt-cinquième partie repré* 
sente le quart du produit total agricole, ou 15 a 18 millions. 

Dans le département Ue la Vienne , la valeur du vin récolté 
par année est de 15 à 16 millions. 

IMnsles58 départements que j'ai parcourus, lorsque la vigne 
entre pour 1/11 dans la culture du sol, la richesse se trouve là. 

Depuis des siècles la viticuUuro a aidé l'Etat et favorisé 
l'éreciion de nos plus beaqx moaumonts. 

La vigne produit plus de 300,000,000 fr. Les octrois tirent 
de la vigne des ressources infinies. Il n'est pas de cuUure qui 
poisse lutter avec elle sous aucun rapport ; car en dehors des 



— 80 — 

sommes immenses qu'elle verse dans les caisses des grandes 
villes et de TEtal, elle assure encore 5, 7 à 15 0/0 i ceux qui 
la soignent. C*est te pivot de noire agricuUore. Dans nos 
75 départements vignobles, elle aide et elle soutient les autres 
branches de Tart agricole. Elle augmente le revenu de la terre 
et par suite le capital. (J*ai pu Voir ce résultat ici roftme.) 

Ces vérités, l-homme des champs les a comprises; deux 
exemples en feront foi. J*ai connu un riche propriétaire qui , 
dégoûté d'un grand faire-valoir , prit la résolution d'afTermer 
ses métairies ; douze d'entr*elles n'avaient pas do vignes ; elles 
n'ont pu se Jouer qu'au titre de 60 fr. l'hectare. Celles qui 
contenaient 1 hectare 1|2 à % hectares de vigne seulement ifo 
sont élevées à 120 fr. Thectare , et cependant ces dernières 
renfermaient les plus mauvaises du domaine. 

Dans la Savoie le métayer pose pour première question : 
y a-t-il des vigpei? 

Il me serait facile de donner des chiffres et des exemples de 
ce que je me contente d'énoncer. 

Au reste , la vigne n'est pas seulement pour la France ane 
richesse; la France qui, pour les vins de liqueur trouve des 
concurrents, a^ on peut l'afOrmer, le monopole des vins ali- 
mentaires, et SOS vins, qui acquièrent des prix excessifs, seront 
toujours une cause de prospérité qu'aucune autre culture no 
pourra fournir. 

Dans le Midi de la France , le blé , le mûrier, les olives , la 
garance ont p^rdo unu partie de leur valeur. Le vin se tient 
toujours à un prix relativement élevé. Aussi l'attention s'est- 
elle tournée du côté de la vigne, et de nouvelles et nombreuses 
plantations s'eflectuent-elles à chaque instant et de toute part. 

Cet accroissement dans la culture de la vigne est même si 
considérable, quo. quelques» économistes se sont déjà préoc- 
cupés de la quustion de savoir si on n'allait pas arriver bientôt 
à l'avilissement du prix du vin. Mais ils peuvent se rassurer sur 
ce point. Lo vin est regardé aujourd'hui comme une chose 
indispensable ; dovant lui se sont évanouies les fièvres palu- 
déennes des Landes , de Douibes et de la Sologne. Il en est 
pour le vin comme pour la viande, jamais la production n'at- 
teindra l'activité d'accroissement do la consommation. L'usage 
du vin deviendra de plus en plus général, et il peut facilement 
doublor sans que la sobriété en reçoive atteinte. 



— 81 — 

Ce n*est pas d'aojoiird^hui au resie que rinfluenee bienfai- 
saule du Ttn est connue ; nos grands législateurs, nos moralisles 
eux-mêmes s*en sont préoccupés. Noire histoire religieuse en 
eoQsenre de rives empreintes. Le vin est un symbole pour 
Dons. 

Lorsque les abbés créaient autour do leurs abbayes ces célè- 
bres vignobles devenus depuis nos premiers crus de France , 
ils n'avaient point en vue un but inavouable, ils agissaient 
ainsi en considération d'un grand devoir humanitaire à 
remplir. 

Si nous revenons à la pratique pure et simple, là encore les 
effets du vin ne seroftt pas moins sensibles. Réunissez plusieurs 
personnes; servez-leur du vin ; au milieu du repas les conver- 
sations seront cordiales , à la an il régnera entre tous une 
doDce intimité. Quel contraste avec la tristesse et ral)attcmont, 
que cause Tusage de la bière. 

Cest que chaque végétal agit sur notre organisation d'une 
façon que rien ne peut remplacer. Le vin excite la générosité 
dans tous les cœurs ; la bière éloigne de la cordialité et pousse 
èrisolemeni. 

Ainsi la vigne est notre arbre colonisateur par excellence, 
le rin on produit providentiel. La colonisation a marché avec 
le vin, parlant de TOrient, passant par la Grèce, Titalie, 
TEspagne... 

Disons rapidement, si vous le voulez bien. Messieurs, quel- 
ques mots do la méthode de culture la meilleure à appliquer 
à cet utile végétal, 

DU UBILLBUA MODE DE CULTIHB DE LA VI6KB. 

De la plantation. — Comment doil-on planter la vigne? Bien 
des méthodes sont usitées ; en suivant les unes on obtient une 
récolte au bout de s^pi à huit ans ; par d'autres, la vigne pro- 
doit dès la deuxième année. Si on attend sept à huit ans pour 
ri^coUer , c'est la ruine. Si à deux ans la vigne donne une 
réfolle, it y a là nne rémunéntion très-prompte. 

A côté de ces principes , il faut poser celte donnée de l'expé- 
rience : c'est que la précocité de la vigne est en raison inverse 
de la profondeur, à laquelle on la plante. Et il ne faudrait pas 
invoquer pour ou contre cette vérité la nature du sol el du 
climat; la terre et le soleil ne sont là pour rien. Le végétal, 



— 8Î — 

comme ranimai suit des lois immuables qu^il foui respocler. 
Voiià loule la raison ^ 

De trois en trois pouces on gagne un an. En ne descendant 
pas à plus de 15 centia^àLres , on récolte au bout de deux ans. 
Ce sont des faits que justifie la plus longue oxpéricnco. CgsI 
assez dire que la vigne n'exige pas de ces grands défoncemeuts, 
longs , dispendieux et sans but. 

Dans les pays où on est aujourd*bui le plus ardent à do* 
foncer , en Corse par exemple , on plantait il y a trente ans» à 
la barre. Les vignes réussissaient alors. Âujourd^hqi les pro- 
priétaires battent des mains quand ils ont obtenu de leurs bou- 
tures une pousse de 10 centimètres. Cet «isago ne peut se jus* 
tiûer, car il est vrai de dire que pQurvu qu^il n'y ait pas d'berbes 
sur la terre, cette dernière serait-elle dure comme un pavé , 
la vigne y pousse parfaitement *. 

La vigne , on le sait, acquière une végétation luxuriante sur 
des sols presque entièrement dépourvu» de terre végétalq, et y 
vit des siècles. Avec dos défoncements profonds au contraire , 
la vigne donne peu et meurt au boul de douze à quinze ans. 
Dans ce dernier cas , la vigne fait d'abord du cbevelu , mange 
le peu de terre qu'on lui a préparé, et n*a plus la force do faire 
ces grosses racines qui vont chercher la nourriture profonde- 
ment. 11 faut donc défoncer avec prudence, et 8*en abstenir 
quand on peut. 

Quant à la manière de placer la bouture, on peut la planter 
ou droite ou couchée. La vigne plantée droite réussit parlouts 
et dure longtemps ; couchée, elle ne produit que peu d^annéas. 

Le chois du sujet est aussi important. La bouture vaut mieux 
que le plan; le plan d'un an mieux que celui de deux; le pian 
de trois ans n*a plus de valeur. La bouture doit être préforée . 
purce que ses racines ne sont jamais mutilées; celles du plant 
au contraire doivent être coupées, et no servent pour ainsi dire 
à rien. 

Le plant est un estropié , la bouture un arbre avec ses raci- 
nes au lieu d'élection comme celles d'une graine. 

Les boutures doivent être choisies sur des sarments fertiles; 

* Au-dessous de 30 à 25 centimètres une graine ne peut pousser ; pourquoi 
Tooloir qu'âne bouture fasse des racines au-dessous dr i • • profondeur? 

* Disons en passant qu'id on plante bien la vigne, [».: .^ «/on la plante peu 
profofldément. 



— sa- 
la séleclion ost encore plus utile pour les plantes que pour les 
animaux. Des sarments empruntés à une souche stérile seront 
stériles. Dans la pratique il est nn critérium à la portée de 
tous : DO planter jamais de sarments auxquels no tiennent pas 
(les queues de raisins. 

Uexpéricnco a encore montré> contrairement aux idées tra- 
diiioonelles au sujet des crossetles, que leô boutures sont 
d'autant plus précoces qu'elles sont prises plus près de la tôte, 
et de moins en moins précoces à mesure que Ton sô rapproche 
du vieux bois. Ainsi les yeux les plus élevés donnent les plus 
belles boutures. 

Les sarments seront cueillis au mois de novembre, divisés 
de suite en boutures que Ton enfouit dans une fosse de 30 cen- 
timètres de profondeur , en une couche do 8 centimètres d'é- 
paisseur. Les recouvrir et les fouler. Non-seulement ainsi on 
les conserve , mais encore on les perfectionne, on les stratifié, 
on en prépare la germination. 

H faut planter à l'époque oîi tout végète, c'est-à dire du i*' 
au 30 mai. La pousse est plus forte , et en agissant ainsi on 
gagne des années. 

Pour planter , il est bonde prendre un cordeau ayant des 
nœuds à la distance voulue. Ces nœuds indiquent naturellement 
l'emplacement du la bouture, et abrègent considérablement le 
travail. La^ cheville destinée à percer les troiis est munie d'une 
barre transversale, qui sert à poser )o pied, et facilite Topera- 
tien, en même temps qu'elle empêche do descendre trop pro- 
fondément. Le terrain est-il mauvais , on prend une cheville 
un peu plus longue pour pouvoir déposer au fond du trou uno 
ou deux poignées de terreau^ 

Il ne reste -plus qu'à mettre en place la bouture : rien de plus 
Mmple, Topération se borne aux trois points suivants : couper 
à i millimètres au-dessous du nœud qui donnera naissanco 
aux racines. Enlever Tépiderme sur quatre faces, de raanièro 
à mettre à nu les parties vertes du iiber (l'épiderme seule s*op- 
posant à la formation des racines) , descendre jusqu'à ce qu'un 
œil affleure ce sol, et couper quelques millimètres au-dessus du 
second. J^insiste sur ce dernier point, à savoir qu'il no faut pas 
couper entre les nœuds. La moelle comprise entre deux nœuds 
appartenant toujours au nœud inférieur; couper la moelle, 
c*esi couper la cerveNe à ce dernier et causer sa mort. 



— 84 — 

La bouture ainsi placée, on tasse la terre tout autour jus- 
qu'à ce que le talon n'enfonce plus , car la terre compacte ren- 
ferme rhumidité ^ Ajouter do la terre jusqu*à ce qu*elle offleurc 
le nœud qu*on a laissé au dehors, et enfin prendre une terre 
légère ou du sable et en mettre deux poignées sur rœil; puis, 
si Ton veut, marquer la pbce de la bouture. Ces deux poignées 
do terre empêchent le grand air de dessécher les yeux laissés 
en dehors. 

Ces précautions prises , on ne manquera pas une bouture 
sur dix mille. 

Du provignage. — Certaines contrées r<»mp1acent les ceps 
morts à Taide du provignage. 

Cette méthode fient se placer naturellement à la suite des 
différents modes de multiplication de la vigne. 

Pour provigner, on enfonce en terre lors de la taille de 
printemps un long sarment, et on relève à deux yeux. Ce sys- 
tème est mauvais et fait du mal, parce que les deux bourgeons 
tirent de la sève et ne prennent racine qu*à la fin do Tété. 
Mais il ne nuit à la souche mère que par cetle seule raison , 
et lorsqu'on a le soin d'enlever l'écorco comme je l'enseigne , 
ces racines se forment de suite, elles nourrissent la branche, 
et les graines des raisins n'en grossissent que mieux *. 

Entretien du sot. ^ Quand on a un sol perméable , un simple 
grattage suffit. Mieux vaut agir plus légèrement et répéter plus 
souvent les mêmes façons '. 

* Les vers de terre qui recherchent rhumidité , ne vivent qae dans les ter- 
rains eompactet. 

* Dans les Vosges, on tire parti da provignage pour faire da plant de vigne. 
Dans ce but , on choisit parmi les sarments les plus longs le mieux disposé 
pour être allongé sor le sol. On laisse poassor les pampres, on oavre un petit 
sillon de 3 centimètres de profondeur; on couche le sarment dans ce sillon 
et on rabat la terre, de sorte qa*il ne sort plas que les petits pampres. 
Ceux-ci prennent racines et poussent à merveille sans fatiguer le cep-mère , 
parce qu*ii y a au-dessous de chacun d'eux des faisceaux de racines. Ce sont 
autant de petits pieds de vigne; j*en ai vu 17 à ua seul sarment. 

Un fait digne de remarque, c'est que, s'il y a des racines sous chaque œil , 
il n'y en a Jamais entre les yeux. 

On m'a affirmé que ce plant donnerait la même année en le plantant en 
novembre ; ce serait donc la Tigne annuelle. 

" Do reste, des expériences très-sérieuses ont été fait .- mh les cultures à 
plat et les cultures relevées. Elles prouvent que les cullur s à plat donnent 
des résullsts bien plus avantageux. A la colonie agricole de La Rochelle, par 



— 86 — 

Cest qu'il ne faut pas tourmenter les racines et exposer le 
chevelu au froid en mars, pour remettre aux ceps leur manteau 
lonqu'arriyeot les chaleurs du mois de mai. 

Passons à la taille de la vigne. 

De la taille. — La vigne est un arbrisseau très-puissant dont 
les vigoureuses racines von.t chercher Teau là où nulle autre 
ne peut aller. Dans la zdne torride , un seul arbre bravo les 
chaleurs tropicales, c*est la vigne; elle est encore couverte 
d'un riche feuillage quand les autres arbres sont dépouillés 
depuis longtemps déjà do leur verdure. On soumet donc la 
vigoe à une véritable torture, en la coupant sans cesse comme 
on le fait dans certaines contrées. On ne comprend pas géné- 
ralement assez que plus la vigne est riche en tiges , plus elle 
est vivace , plus elle porte de fruits , plus elle donne de bois. 
En la coupant à chaque instant , on enlève aux branches la 
force nécessaire pour qu*il y ait des raisins dans leurs yeux. 

Ainsi dans une foule de pays où on ne récolte que 12 hec- 
tolitres à rhectare , il sufQrait souvent d'ajouter deux ou trois 
branches à la taille ordinaire pour porter la récolte de 12 h 
32 hectolitres, et ce à la plus grande satisfaction du cep et au 
proGt de sa vigueur future et de sa longévité. 

Il est inutilo de faire remarquer que si on taille à long bois, 
il faut laisser moins de bras que lorsqu'on taille à court bois, 
et quant à la taille à long ou à court bois il y a une distinction 
à faire relativement agx cépages : les cépages Uns produisent 
sor long bois, les cépages grossiers sur court bois. La folle, 
par exemple , donne sur court bois, le quercy ne donne que 
sor long bois. 

Ces distinction^! et ces principes généraux posés , la taille de 
la vigne devieut bien simple. 

Pas de mutilation la première année, comme on le fait dans 
ces contrées ; mais simplement rabattre à deux nœuds au-dessus 
de terre les deux sarments qui ont dû pousser , et vous avez 
dès la seconde année au moins quatre brins, qui formeront vos 

exoaple, où oee eipérieDces ont été conduites avec une rare latelligence , les 
prodoits tant en vin qu'en bois ont été doubles de ceux obtenus par ta culture 
rdeiée. 

ToQiIes grands propriétaires adoptent aujourd'hui la culture à plat. 

U en cat de la méthode de billons comme de celle des grands défoncements. 
L'ane et l'autre se sont introduites on ne saurait dire pourquoi. 



— 86 — 

deux premiers bras et vous permettront d^adopter de suite le 
système de taille que vous n^abandonnerez plus. 

En effet, toute la taille de la vigne consiste à laisser une 
branche destinée à donner du fruit et un cogrçon , un mam , 
comme on dit dans ce pays , destiné à fournir du bois. Dès la 
seconde année vous avez donc deux branches a fruits et deux 
autres branches , que vous êoupez au-dessus de deux nœuds 
pour avoir du bois. Vous récoltez ta seconde année. Il vous 
sera facile dès la troisième d'augmenter le nombre des bras » 
si le! est votre désir. 

De la taille en ver L-^l^Ebourgeonnage. — La taille en vert est 
peut-être plus importante que l'autre. Avant le 10 mai, jetez à 
terre tous les bourgeons qui ne portent pas de fruits ou qui ne 
peuvent servir à la production du bois. Il est inutile do laisser des 
dévorants sans but, des bouches inutiles. Mais l'obourgeonne- 
ment doit se faire de bonne heure avant qu*il puisse faire plaie. 

2o Pincement. — Un mois plus tard , sitôt que les bourgeons 
portent une dixaine de feuilles , il faut pincer tous ceux qui 
portent des fruits. Ce pincement a lieu au-dessus des deuxièaie 
et troisième nœuds. Le pincement fait sortir le raisin là où il 
doit sortir, il empêche la coulure ^ 

Dans la Charente, le Maçonnais, la Bourgogne, tout le 
monde pince. Et cette opération n'est pas fort coûteuse , car , 
dans la Charente-Inférieure où on compte 10,000 ceps à l'hec- 
tare, six journées de femmes suffisent pour Tébourgeonnemenl 
et le pincement. 

L*eiïet du pinçage est tel qu'àThioncourI, oh on cultive le 
pineau en couronne, on obtient de 40 à 45 hectolitres à l'hec- 
tare ; mais aussi pince-t-on avec soin. 

3^ Ho^naye. — Après le pincement vient le rognage. Le ro- 
gnage est une opération qui se fait lorsque les grains de raisin 
sont formés. Il a pour effet de solliciter la sortie de contre- 
bourgeons qui donnent plus de diamètre à la branche et en 
font un sarment plein do sève et de vigueur, et capable do 
noiirrir un grand nombre de fruits. Voici l'explication de ce 
résultat ; 

Pendant le mois d'août, la vigne produit des substances ami- 



* M. "** a eu la paUence de pincer pendant dix ans, une ligne et non l'au- 
tre , Il a obtenu des vignes pincées 83,000 hectolitres de plus. 



— 87 — 

lacées et saccbaroldes qui se déposent dans les yeux. Ao prin- 
temps, la sève délaie ces sobstances et les porto dans les 
sarments '. 

ÂQi premières chaleurs du printemps , la sèvo vient d^bou- 
rer lesi bourgeons de la vigne, et ses battements les frappent 
comme les battements du cœur. Je dis la sève , ce n'est tnôme 
pas de la sève , car ce liquide monte par le bois dur ; c'est de 
reao avec qoelques sels térretx , qui s'élève ainsi par. la force 
du soleil. Celte eau trouve les fécules, les substances amilacées 
et saccharoîdes déposées dans les bourgeons , et eMe en fait le 
premier lait qui nourrira ces dernier&i jusqu'è ce qu'il y ait un 
système foliacé qui leur permette de vivre dans Tair. 

Rh bien ! la rognure fait qu'il y a dans le sarment plus de 
vigueur, et dans jes tiœuds plus de substances amilacéos et 
saccharoîdes. Sans lui les bourgeons seraient maigres et sans 
force. Renoncer au rognage , c'est renoncer h la fertilité de la 
vigne. 

Un antre avantage du rognage est de chasser l'oïdium, ou 
tout au moins de faciliter le soufrage. L'oïdium ne se manifeste 
que dans les vignes où le sol est couvert ; aérer le sol suffit 
pour faire disparaître les conditions nécessaires à son dévelop- 
pement. Le rognage doit se faire k 80 centimètres ou à 1 mètre 
ao-dëssus de la souche et dans les premiers jours de juillet. 

i*EffèuiUage. — La quatrième et dernière opération, TefTeuil- 
lage , opératieti moins importante que la précédente, s'effectue 
en vue de favoriser la maturité du fruit; mais elle combine 
également ses effetë avec 'ceux du rognage , pour éloigner 
roidium et aussi empêcher la hrMure ou grillure de la vigne. 
Voici comment : 

Chaque feuille ne vil que parce qu'elle évapore une certaine 
quantité d'eau ; les feuilles sont aut^tit de petites pompes qui 
soutirent l'humidité du sol. •Quatre ibètres carrés de feuilles 
tirent par jour poar rester vertes 4 kilos d'eau , qui fait à peu 
près 4 grammes pav fetiiHe. Quand it n'y a plus ii'eau dans la 
terre, les feuilles les plus hautes tarissent les feuilles eiUi 
raisins inférieurs. Tout le Midi et la Charente-Inférieure en 

' Oa a vonln savoir avee paella ferçe la sève montait dans la vigne. Le 
eélèbre Haies a fixé à Tei^trémiié d'an sarment qn t«be rempli de meroare, 
la sève a soulevé 86 centimètres de mercure, c'est dire que la force de la sève 
dépaiwde 1 atmosphère, 26 centièmes. 



— 88 — 

pariiculier grillaient quand elles avaient beaucoup de feuilles. 
Depuis les rognages et le pincement on n'y connaît plus la 
brûlure. 

Telles sont , Messieurs , les différentes opérations qui cons- 
tituent la vraie culture de la vigne. Si je ne craignais d'avoir 
abusé déjà de voire bienveillante attention par ce trop long 
entrelien, je vous demanderais de m'accorder encore quelques 
instants pour que je puisse vous dire rapidement quelques 
mots sur la vinification. 

vmiFiCATion. 

Dans les principaux vignobles et les meilleurs, les méthodes 
de fabrication ne changent pas. Elles diffèrent au contraire 
beaucoup dans les vignobles médiocres. 

Ce que j'ai vu ailleurs, joint à mon expérience personnelle , 
me permet de donner les conseils suivants : 

Ne vendanger qu'à maturité parfaite, le raisin donnant d'au- 
tant plus de sucre qu'il est plus mûr. 

Faire la vendange aussi rapidement que possible • mais ne 
pas vendanger par le froid , parce que la fermentation se 
fait alors trop attendre ^ et qu^il se manifeste un commence- 
ment de corruption. Les raisins récoltés le malin par le froid 
fermentent moins vite que ceux récoltés dans Taprës-midi ; il 
est bon de les laisser quelque temps dads la mets, afin qu'ils se 
réchauffent , avant de les vider dans la cuve. 

Remplir celte dernière le plus rapidement possible , la iér- 
mentation s'étnblira bientôt. 

Dès que le gros bouillon commence à diminuer , tirer et 
mettre en fûts. 

Choisir des vaisseaux neufe* 

Porter les. marcs au pressoir , répartir les vins do presse 
également dans les vins de gouUe. Les uns sont le complément 
des autres. Les vins de goutte seuls ont oioins de force et se 
conservent moins longtemps. 

Dans les pays où on cuve longtemps , on est poussé par les 
deux mobiles suivants : 

Fortifier le vin et augmenter sa couleur. Or, il est à remar- 
quer que le cuvage prolongé conduit à un résultat diamétrate- 
ment opposé. 



' Tcul corps solide plongé dans un liquide s'empara de Tes* 
prit de ee liquide ^ Plus le ÎDarc cesle en contacit avec le vio, 
plus celoî-ci est affaibli. Les boaîlieurs le savent si bien, qu'ils 
achètent à on prix double les râpes de ceux auxquels ils con- 
naissent Thabitudo de faire cuver longtemps leur vin. Par une 
raison analogie les rApes de vin rouge donnent toujours plus 
<f alcool qtte ïes autreau 

La seconde spéculation n*est pas mieux fondée. 

La couleur s^obtient par PélévatioD de la tenapératoi'e et non 
par la durée du conltfet. fille est magnifique quand la fer-*^ 
mentatioo s'effectoe rapidement; 

On peet se rendre compte^de ce fait par une expérience di*« 
reete : si on jette dans ene eert/iine qoantiié d'eau du marc de 
raisin et qu'on pièce le tbui sur le feu, en observera qu*èr 
3S degrés Teau h acquis une couleur de no i a 70 deux cou* 
leurs, a 100 qosfre coulèora *. 

Toicî une cootreHsxpérience qui ajoute ungrénd poids à la 
première : Laissez de Teau sur du marc pendant deux mois ; 
eHe sera à peine colorée. Ajoutes de Tesprit ou méfiez môme 
le marc dans Tesprit, Teffet sera le même ; mais ajoutez 30 0/0 
de sucre , et en trois Jours, voua aurez on vin aussi coloré que 
la premier. 

Enfin h ceux 'qui adoptent la métbode du long cuvage pour 
que les vinsse conservent, plus lougtemps , je dirai que dans 
la HaoteîSadoe, on fait avèo le môme nuisis les vins blancs, les 
vinsTOses , les vins rouges.' Ces vins se conservent adniirabla- 
oient» el les vins noirs ne se cblisorveni. pas. 

Pat les méthodes adoptées dans la Vienne^ vous n*obtenez 
qu'une coloration trouble , et vos vins sont de beaucoup infé- 
rieurs à ceux que vous pourries obtenir. 

Les conseils que je donne ici sont déjà contrôlés par^'expé* 
riencé. On pratiqoe le court cuvage à S6iDft*Romain , cher 
M. Marteau : à Saint-6eorges ' , chez M. Cbevrier, et ces agri- 
coheurs s'applaudissent de cette innovation. 

Qti*on abandonne donc pour toujours une vieille et mauvaise 

* Teot te monde n renurqué ce qui se pa«e pour l«t fraUs à Veainde-Tle. 
Le mtae effet ae produit ea pe f al oonoeroe les râpes, du raltin. 

■ Pour foire lei vins noirs, à Gayae , à Bergerac .on écrase les graines de 
rMta ; on ftiit (âiauffer, et aitôt qae te Vfn est chaOÏ; on Jette enr la cave. 

' A Clan , canton de Saint-Georges , ches M. Chevrier. 

8 



-90 — 

routind , pour enirer franchemeAldéo» une voie de sage amé* 
lioraiîpn. Je le dis à tou» les viliculteiira dè.ee pajrs^ parce que 
fon ai la conviciioo iolime, aveedessoinb el de,riD(eUigenGe 
la Vienne peot produire des viûs de. disliocliea. 

BRQl^TB SUR LE ÇOWBBf» l>^^ WÇlLiJB. 

Une commission présidée parM. Boussingaali, a élé ohargéé 
de diriger une enciuète sarla question des engrais- coiDOi.dr- 
cîanx. Elle saura, par TinlroducUon de quelques diisposiUQpis 
dans la k» , garaajLir les eisiltivateUrB coaire tes fraUde^u . . . 

Des peines sont édictées lorsqu'il jr;a tromcpeffie iWrtonaUira 
de la marobandiae', il sofflrait d'ajouter it'$m.m eor^po^itiên : 
d'ailleurs le cultivateur' a son recours en réparation ci?ile , ei^ 
domma^s-iatérètSy lorsque lafraude est dAtoent constatée.: 

Le point important de la question se tnoure dôtiedans ht 
constatation des fraudes, et par conséquent dans r^HAlyse des 
engrais, établissant d*une manitee certaine leur compo9ilH>n 
chimique. 

Dans plusieurs départements , par exemple dsns eeluî de 
Loire-Inférieure, on a cherché, par des arrêtés préfectoraux^ à 
soumettre les fabficaots d^engrais à une surreiUalice et 4 des 
vérifications précises, garanties précieuses pour les cultivateurs. 

Mais des débats juridiques élaiit survenus, les iH-rètés ont 
été. déclarés nuls et illégaux, parce que les mesure» dé poli^, 
les peines édictées empiétaient sur le domaine, d« la loi; on a 
prétendu aussi que ces mesures entraînaient les transoetioss 
commerciales , quoiquMl soit bien certain que la répression 
de la fraude ne peut que donner plus d'activité au commerce 
honnftte et loy<aI. 

En attendant que Tenquètè aitràvélé ce<qu*il y a de-mieux 
à faire , il importe que les intérêts de ceux que le défaut de 
vessoqrees ou .de lumières empêche do se protéger eux^aêmes, 
trouvent près des associations agtieoles laprotaotion queliCloi 
actuelle ne peut leur donner» 

Ces considérations ont déterminé notre sœnretvoistaevla 
Société d'agriculture , sciences, arts et belles-lettres de Tours, 
à provoquer auprès de M. |e Préfet d'Indre«et-Lôire , rétablis- 
sement d'un bureau de contrôle et de vérification pour Tana- 
lyse des engrais comtnerciaux. (Lire Terrèté du 9 juin 1864 « 
p. 65, 1864.) 



-. 91 ^ 

U n'y a rien dans cp% dispQ3itioDS qoi puisse être taié i'er^ 
troMi au commerce; on n*y troure ni mesures préventives de 
police 9 nipénalilé, rien enfin qni sorte des attributions admi- 
nistratives. 

Le Journal d'Agriculture pratique a fait suivre la publication 
de Tanèté qqi vient d*ètre cilé« de cette phrase pleine d*à- 
propos : cLa Société d'agriculture dlndre^-etr-Loire en provo- 
c quant cet bTv6\6 , a. hit un aQter qvA devrait être jipité par 
f toutes les sociétés de TEmpire. i Et en effet , un arrêté do 
M. le Préfet du Bas*Rbin , a institué à partir du l^^ janvier der- 
nier » à Strasbourg , un^ Icrbor^toire publia de chimie agricole , 
ajant les mêm^a attrit^tions que celui do Tours. 

Nous venons donc proposer à la Société de suivre Pei^emple 
donné» et de désigner une cooami^sion dp icinq meokbrefl, dont 
trois chimiste^ et 4eiux agri^teors • chargée : 

1* De formuler un irèglémentlponr les eipertiseset analyses 
chimiques des engrais commeVciaui ; 

%• De soumettre ce règlement à Tapprobation de M. le 
Préfal de la Viei^tie, en le priant do; désigner^ par un arrêté 
spécial, un chitnisle expert > lequel serait assermenté en. cette 
qualité; 

y De {aire les démarches nécessaires afin d'oblenir de 
H. le Préfet, qu'il veuille bien affecter à ces fonctions une in- 
demnité annuelle de 300 fr », attendu que rexrgoité des res- 
sources financières de la Société ne lui permet pas de a^bvonir 
i cette dépense; 

4* De faire appi>ouver par M* le Préfet le tarif des ^aia 
d'expertises et d'analyses chimiques, le^queja devront être pips 
on moins élevés, selon que l'indemnité annuelle réclamée 
aura été accordée ou refusée. 

. Ces dispositions mettraient cerlaineiment les cultivateurs  
même de reconnaître et d'éviter dans leurs (Mîbats d'engrais 
les sopi^iatiçatioqs ; mais, ^ous devons le dire , les fraudes ne 
sont peut-être pas ce qu'il y a de plus nuisit>}e à l'agriculture. 
D'abord elles sont p)us rares qu'on ne le suppose; nous avons 
la conviction que les fabricants d'engrais sont honnêtes, elque 
les tromperies assez rares sont dues aux détaillants, intermé- 
diaires peu délicats» 

Ce n'est donfi;pas tant dans la fraude qp'il fau( eberoher 
l'explication des nombreux insuccès et des plaintes do csnx 



qui emploieDt les engrais fabriqués, que dans leur prix exagéré 
él daos les choix mal combinés. 

Ainsi tel engrais ammoniacal sera apf^iqué dans un sol 
riche en azote et pauvre en phosphate et en potasse ; tandis 
que des engrais phospliatés pourront être donnés à des terrains 
pauvres en azote , mais ayoni un excès de ciflcaire et (Faeide 
pbosphorique; (f autreà fois là où il faudrait un engrais'cbmplet. 
On emploiera celui qui ne fournit qu'une seule des sobslarices 
nécessaires. 

Il est éWdefal qM dans ces différetits cas , ait aurait lort 
d'aitriboer à la fraude, i'insuccës dû à on «iuploi peu judi- 
cieux , qui a reilda (es engrais les ptas actife absolunieat 
inertes. ' '= :, 

Le devoir des sociétés agrioeles , esc d^éclàirer sons oe rap- 
port les cultivateurs, et de^ les mettre à ûiémé.'non-seDt^moûl 
d'approprier les engrais commerciaux à la quèAité de lears 
terres et à la nature des plantes qu^ils cultivent , mais encore 
de savoir se rendre comple approximativement de la Valeur 
rétlie de ce qu*oil leur livre , afin qu'ils éviteht par exemple 
de payer 33 fr. ce qui ne vaut à peu près que 11 fr. ' 

G*est dans ce but qu'un travail a été inséré au n* 73 de nos 
Bulletins , sous le titre de Ouide des at^kundCen^raU. tfais 
outre (\\xe ce travail éiait incomplet, par lé nature même delà 
documents qii*ii ôodiprend , il est assujetti è des variafloos 
exigeant d« continuelles modiûcations. 

Il nous semble donc nécessaire que le règlement pour le 
eMMiste expert, Toblige è tenir registre de toutes ses anhfyses, 
afin que' lé résultat soit livré chaque année à lé pliis grande 
publidiié; 

Enfin nous demandons que la commission des engrais soil 
chal^gée de dresser de concert avec Texpert chimiste , des la- 
bieAol iadiqàaàt : ^ 

i^ La composition des terrains principaux livrés à la culture ; 

9* L'énalyse chimique et la composition des plantes gêné- 
ràlemeiil cultivées , faisant conoattre pour ces plantes vertes 
ou sèches , pour leurs graines e\ leurs pailles , la proportion 
d^azolé , de phosphate, de potasse, magnésie , etc., etc. ; 

3* Enfin la richesse des engrais du commerce , en azote » 
phosphâtet potasse, magnésie, humus ou matières organiques 
et antres substances réputées fertilisantes. 



— 93 — 

Pois il serait convoiiablo que la commission fasse connatlre, 
à titre de renseignement, la valeqr ordinaire agricole de ces 
diverses substances , de manij^re que les pgricMlteurs , appli- 
quant ces bases d*éYalualion au résultat des analyses chimi- 
ques, puissenl d'uD coup d*CBil reconnaître. si les prix de vente 
sont à.peq près en rappoist avec la vale.ur réelle. 

Ou sait en effet que c'est là tm point très-important car« eo 
agriculture , lea prix de revient sont si peu rémunérateurs ^ 
qu*aveç dea écarts tels que ceux indiqués plus baul » il serait 
impossible aux cultivateurs de pouvoir employer les engrais 
commercimix^ dont cependant ils ont si souvent grand besoin, 
le rapporteur, J. DB SOU VIGNY. 



BAFPORT StR LB GORCOUBS DB LA PBIHB D^HOIinEUB b'iUDBB-BT- 
LOIBB, FAIT A LA SOGXÉiaâ B*AOBICULTDBB DE P0ITIBB8. 

{SuiU.) 

Il n*7 a donc qu'une chose possible et rraie dans la vie 
rurale; c*est }h comme ailleurs , la néceissfté d*un travail cons- 
tant, productif de valeurs utiles', productif de proflls t^gaux à 
Cdut que donnerait toute autre application du travail. Démon- 
trez que Tagriculture est une grnnffe , belle et forte industrie , 
que c'est un bon et excellent métier , aussi lucratif que tous 
ceux qui sollicitent l'activité humaine; étendex aux campagnes 
tous les avantages de la civilisation des villes ; faites que la vie 
matérielle, intellectuelle et morale y soit aussi développée, 
aussi pleine, aussi satisfaite, et alors la dépopulation s'arrêtera. 
Les propriélair(«s ruraux ne vendront plus le cottage de leur 
pèro pour acheter des maisons de' villes et de la rente. Le% 
ouvriers, largement salarias par l'agriculture, n'émigreront plus 
vers d'autres industries incapables de les mieux traiter qu'elle. 

Nous croyons toutes ces choses pratiquement possibles. Le 
seul tort de notre opinion,, est d'être .en avance de quelques 
oonéos sur les faits qui les démontreront infailliblement. La 
raisoo finit tou|our^ par* avoir raison , mais elle ne commence 
pas par là. Ainsi voyez « pour en revenir à M. Houreaux , son 
agriculiuio, glorifiée en Touraine , est sans résultat aucun; car 
ce n'en est. pas un que d'obtenir trois poqr cent de l'intérêt du 
capitJ»! engagé dans^ Y) ne acquisition immobilière , et cioq pour 
eeni d'un capital d'exploitation. Ces capitaux produiraient des 



- 94- 

froits civils par eux-mêmes, indépendamment de toute action 
industrielle. Us représentent un travail antérieur accumulé qui 
a droit à un salaire. Ils sont, si vous Taioiez mieui , une pois^ 
sance qui . contient des forces productives de voleur. Celu 
8*acbète et se paye. M. Heureaux en aurait trouvé le prix en se 
croisant les deux bras. Mais nous devons y insister. Oh est le 
prix de son terni» ®^ ^^ ^ valetir personnelle , dans Texploi- 
tation de la Souche? Il ne se retrouve pas , il est perdu; perdu 
sans regret , parce que le propriétaire est riche. Mais si sa 
famille et lui-même avaient besoin de ce prix ; «i la société 
éprouve un préjudice de Timproductivité du travail de Tan de 
ses membres las plus considérables , en rendrez-vous Fagri- 
culture responsable? La taxerez-vous d'impuissance ? Non. . 

Vous direz avec nous : l'agricilUure , comme profession, 
n'est pas exercée à la Souche. 

Et cependant une honorabilité dont le compte est toujours à 
faire^ des travaux importants d*amélioraiion foncière, de bonnes 
pratiques suivies., des écueils .évités , «i enfin une moyenne 
générale, supérieure h celle des propriétaires dans la mèn»o 
position que la 8iepn^, telle est la justification de la réçom-* 
pense obtenue par H. Peureaux, Pe même que les deviderakk 
signalés par nous, expliquent comment la médaille d*or n*a pas 
pu être du grand module comme celles décernées aux heureux 
concurrents dont nous allons vous entretenir. 

Médailles Sor grand module. 

Le premier qui s*ofire à nous dans cette catégorie, est 
M. Desloges , fermier du domaine de Mézières , commune de 
Doles, arrondissement de Loches. 

L'étendue dû domaine est de 119 hectares d*un seul tenant, 
en terres labourables , de bonne qualité. Le bail, commencé 
en 188S est de ^6 ans. Le prix de fermage est de 3,580 fr. ou 
de 30 fr» l'hectare. Ce concurrent , par sa personnalité et par 
sa position , se détache du groupe auquel il appartient. 

Une instruction réduite aux éléments primaires , un capital 
restreint^ une exploitation assez étendue pour appartenir ail- 
leurs et dans d^autres conditions à la grande culture , mais 
dirigée, en raison de circonstances personnelles et locales par 
tes règles de la moyeane , tels sept les faits pHneipaux «qui 
caractérisent la situation tvës-inléressânit dont nous avona à 



- 98 — 

vous entretenir. Eib est trèd-intéressant^ , disons-nous , parce 
que la moyenne propriété , )a moyenne culture et la classe 
d'agricalteurs qui y correspoind , représenlent an ensemble de 
choses et de personnes , qui fait le fonds du régime agricole 
de notra pays. 

Noos avons protesté en faveur de la grande propriété et de 
la grande culture , mais en les envisageant comnie des excep-" 
tioos néeèssoîf es*. Nons ne méconnaissons pas les faits et les 
droits de la petite propriété ; mais nous avons dit- que le mor- 
celleibëtit avaift des rëgle^ et des limites qu^il ne dépasserait 
pas ; nous avons dit qu'il était moins étendu qn^on ne le sup- 
posait généralement , et qu'il resterait toujours en dehors de 
loi one grande surface territoriale pour la moyenne et la giranda 
propriété rorale. La gratido étant l'excepÂon , la moyenne 
devient le fait général. 

Ces eoncMsionB MMs aefaablent d*accord avec les tendances 
qofi influent sur Pétai des fovtunes privées et sur la condition 
des personnes en Frattee. * 

Ëtonf admis qne noas soyions dans le vrai , c'est one heu- 
reuse renco^ntre que de trouver dans M. Desloges , un fermier 
et an fermier excellent, enriehi par ragricoltoro' dans un ordre 
de faits et d^idées accessibles au' plus grand nombre des agri- 
teheurs^ pratiqués do notre région centrale. 

Avant de s^installerà Mézitees en i%i% M. Desloges avait été 
fermier d*uti autre domaine. De cette première exploitation , 
nons ne savons qu'une chose : M. Desloges avait enrichi son 
propriétaire , sans s'enrichir lui-^mème. A Mézières, le progrès 
est sensible. Le propriétaire et le fermier se sont enrichis tous 
les deux. 

Le propriétaire de Méxiëres* réside fort loin de sa propriété. Il 
n*a de rapports avec elle que pour en percevoir les revenus. Leà 
iermiers précédents étaient restés malheureux. Le domaine 
offrait un triste aspect quand M. Desloges est venu Vhabiter. 
Mais le soi était bon, malgré les apparences , et c^est on premier 
mérite de i'évfoir reconnu. Un autre mérite, est celui d*avoir 
fait an bon bail d'une longue durée. 

Le bail de Menées permet'an fermier de faire sorte domaine 
des amâiorations fonisièréa , aveo la certitude de rentrer dans 
sei avaneea et aq delà. 

M. Desloges a commencé par augmenter à ses Irais et éaiis 



- 96 — 

le secours du propriétiiire « les b^lîmeDls d*exploitaiion qui 
étaient insuf&sanls. Us n'ont encore rien de bien rooiarqua- 
ble , ils pèchent m^e par de nombreux cdtës. Il y a lieu 
néanmoins de tenir coaipte à M. Desloges des dépenses faites 
par loi sur une terre affermée , en bâtiments qui loi soni indis> 
pensables et qu'il était dans Timpossibilité de faire construire 
par son propriétaire « 

M. Des)oge8 a fait du drainage sur la faible étendue qui en 
avait besoin. . . 

Il achète des engrais cpnSimerciaux. Il emploie le tourtf au« 
Sei^ fumiers de ferme pourraient être un peu mieux soignés. 
Les instruments tant d'intérieur que d'extérieur de la ferme 
sont bo.os en général» 

Us sont suffisants en nombre pçur les conditions modestes 
de son exploitation. 

La tenue générale de la ferme est bonne oomparativement à 
celle des fermes du pays. Elle n'aorail rien de remarquable 
dans certaines autres contrées de la fraoee. 

La production animale est bonne. On élève à Mézièras des 
chevaux , des bœufs, des moutQn«$ et de^ porcs. Xa bas3e-cour 
est bion peuplée ei bien conduite. 

M. Desloges se connaît en bel ail. Il sait bien acheter e| bien 
vendre. Peut-être devrait-il» au poiotoù ileaesti donner a uftays 
qu'il habite une impulsion plus grande vers des améliorations 
désirables. Le bétail est en général défectueux et de qualité 
inférieure dans tout le département d*Indrè-ot*Loire. 

L'assolement de Hézières est libre. Il comprend des plantes 
sarclées, des céréales, des prairies artificielles, et comme plante 
industrielle, le colza, introduit dans le pays par M. Desloges. 

Toutes les récoltes sont belles et prouvent de botmes façdns 
et de bons soins. Cependant quand nous avons dit par euphé- 
misme , que l'assolement de Hézières était libre , il eût été 
plus exact de lequalifi^^r d'irrégulier. 

La succession des cultures ne nous paraU pas irréprochable. 
Malgré la beauté des résultats dans leur ensemble, quelques 
changements de détails donneraient des récoll&s f^us belles 
enr^re et surtout plus écûnomiquemeot produites. 

Quoi, qu'il en soit , la ferme de Méaières ainsi organisée ei 
administrée, témoigne d'une haute .valeur personnelle, chez 
M. Desloges. 



— 97 — 

Elle troave sa rémtifiérfttîOD dans ona «tuatton flnaneîère 
6i€eHante , justifiée par one comptabilité, rodimentaire à la 
Térité,iiiais incontestable dans les résultats avantageui qu'elle 
énooee. 

Ces résultats sont tels qufils déitiontreni péremptoirement 
la \bh» que nous affirmerons toejonris : A saroir , que Tagri*- 
culture est ane profession aussi locrative que tonte antre, quand 
elle est. pratiquée par qoelqu*on qui joint à la connaissance de 
son métier les qualités d'inteiligf née, de moralité et d^actiTtié, 
nécessaires partout et toujours à qui vieût réussir. Ssisle-'t*il 
SD BMmde une. profession qui enrichisse celui qui ne la connatt 
pas^ et qui manque des qualités générales que nous indiquons? 
Pourquoi et pour qui ragrieulture anrait-eile cet absurde pri* 
filége? 

M. Desloges est on agrieultenr actif, intdlligent et rangé. Tel 
est Tooique source de ses bénéftces^ 

Ce n'est pas le capital. 

A peine M* Desloges 8iréilr*il i mettre 9 à 8^000 francs dans 
rexploitatioo dlune ferme de 119 lieetares. Db soii premier 
argent gagné, il a triplé son capital d'esploitation ; et depuis 
lors il a amassé un capital libre, placé par obligation en dehors 
de son agncolture. Ce capital est assez élevé pour que les 
revesQs en proYeoaqt paient sa ferme. 

Au boQt des quatorie ans qni lui restent è faire, M.^ Desloges 
aura triplé sa fur 1 01^9 • cesl-à-dire qu'elle sera derenue égale 
eo revenu, à irois fois.le pris de 1^ ferme qu*il esploite. 

Quelle est la profession qui salarie aussi géoérausetnent, 
honorablement et sûrement ceux qui s*y livrent? Quelle est 
celle qui doqna de tels bi'néfîces avec rengagement d*on aessi 
faible capital et eo n'cixigeant qu*4ine éducation: réduite aux 
premiers éléments? 

Vous vous n^peiez les résultats- financiers de Tc^riculture 
de la Souche. Nous ^a.somutnes bien loin à Mèzières. M. Heu- 
reaax.était,satisfaUd* obtenir de sa propriété un fermage^et de 
son argent PintérM légaU M» Oesioges ne verrait là que le 
payement d*une partie de sesrfraia géBéraux.Bn cultivant comme 
H, Heureaux» il n'aurait pr de qum vivre, ni de qnoi économiser^ 

Et. poerfant un observateur stiperficiel trouverait y des deux 
c6iés, une agricnUoie à jum près semblable. Jugë£ doifc sur 
les apparences? 



— 98 — 

La différemoe de productioii de oe» deux agricoUures De tient 
pas comme on pourrait te croire , à cette eircefistanee que 
M. D^aloges lait beaucoup de choses par loi»m6me , et que 
M. Heureaux en fait peu ou D*eo fait pas. Sans doute l'action 
dîreelo et oontinae du mBltre^ sa présence^ partout et toujours, 
dans les opjéretions agricoles « sont une condition favorable au 
succès, quand elle est praticable. Mais il ne faudrait pas loi 
altrifaiier une portée el des conséquences exagétées. Que le 
matire ait dans sa ferme une autorité incontestée, ttftme quand 
elle s'exerce par délégation , qu*il soit en esprit arec ses ser* 
f iieors et que ceux-4^i le sachent et Tacceptent , il pourra s'af- 
franchir de toute pariieipaiion matérielle et conquérir celte li« 
herté de Faction et de la pensée néeesaairo.p^uc embrasser (ootes . 
les parties de son administration et à diriger son entreprise 
an^c des rues en rapport arec son inportaace : faire tout par 
soi-même,' c'est se condamner h faire bieâ peu de eh^ees dans 
un tout bioD petit. ' 

Quel est donc en tbdustrîe Touvrier, quelqu'hahOe qu'il soit, 
iioni.les bénéfleod égalent cetaxde son patron? et quel est le 
patron .qui tronveri^lt son compte à faire Je trarail de ruo de 
sesooviiera? 

Le pultÎTatenr de "la petito propriété est le seul qui puisse 
prétendre à faire tout par iov-mème. Aussi, avoÉs-*nous entendu 
dire, ici et aiUeurSf que Tagricolture delà petite propriété était 
la plus rémunératrice et même la seule qui le fû4 , et toujours 
par cette raison , qu'elle n'a pas d'ouvrier à payer , et que ce 
4|oe Ton fait peur soi est fait ttiîeox et plus économiquement 
que ce que Ton fait pour hs autres. 

Nous ne partageons pas cette opinion. Nous considérons la 
petite propriété ooïkime lrës*-reslreirAe dans sa puissance et 
partant , dans ses bénéfices. 

Noos :croyoiis son cercle d'action agriaole trte-limîlé. Nous 
croj^na que la f rance* mourtfait de faim ; si elle- devait etten* 
drede la petite propriété son pain e% sa viande. Nous savons 
déjà' qu'il ne faut pas lui demander ke produits de la sytvicut- 
lore; La petite culture ne comporte pas davantage t'annexe 
d'aucune industrie agricole/ eUe ne fera ni su<»re,'ni alcool.* Le 
vio lui'MnênM ne sott de ses msins que daws un éiet-dlnfério- 
riié qui oblige' a le livrer pour- an^ .prix^éutic*dnp pta&feible 
que celui obtenu de la moyenne et de la grana'è oultura. 



— 99 — 

Qffefeste*lMi doac en supériorité «u euUitrateard^ la petite 
propriété? Uo chez^soi très-onéreoi , où ri est inomd A l'aise , 
et par suite moins libre que s'il était à loyer chez autrui. Un 
capital immobilisé beao«oup moine productif que s'il était resté 
à réiat de valeur immobilière. Une indlvidualilé condamnée à 
ratonieet à ramoindrî&semeni d'une partie de ses forces, à défaut 
d'uo emploi proportionné à la puissanice naturelle ou acqùiise. 

Que M« Deaiogea , au lieu de se faire fermier , âfit acheté de 
la terre et une maison pour les sept à huit mille francs qu^il 
possédait en entrant à Mézières , où en seraitMl aujourd'hui? 

Certsinement « 11 ne serait pas Fun das concurrei^ts de la 
prime d*honneor du département d*Ifidre^et^Loifre?Certainé-' 
ment il B*auraît pias décuplé son capitei ; certainement il n'au- 
rait pas vécu en donnant à ses facikhés un développement égal 
à leur étendue. Certainement il n'aurait «acquis ni la même 
valeur, ni la même importance» ni la même considération. 
Placez M. Desloges en présence d'un cultivateur propriétaire 
de la petite propriété i et demandez^^vons lequel dos deux pëse 
le plus dans l'opinion, celui qui compte le plua<et avec lequel 
on devra le pins compter dans U vie civile et dans la vie po- 
litique, celoî qui offre le plus de garanties à Tordre tout en 
présentant la plus grande valeur sociale î 

Noue vous répondrons sans hésitation : c^est le ferfl:iier qui 
l'emporte snr le propriétaire. 

Ainsi» Messieurs, débarrassoosr noua dé ces idées* transitoires 
qui tiennent à Tengouement d'une prétondue conquête. Ne 
BOUS exaltons plus comme des affranchis, pensons etréfléchis- 
looa en hommes libres^ La petite propriété est un droit , ras- 
pectODS-la ; elle est faible , protégeons-la. Elle est on état su- 
périeure an prolétariat , en ce sens qu'elle représente l'une 
des forces du capital aocunaulé, et qu'elle en constate l'eiia- 
teoee ; tenons-en compte à ce titre ; mais à l'égard des (Petits 
propriétairee , de la propriété morcelée et de l'agriculture qui 
s'y pratique , ne nous faisons pas d'illusion, ne c>mmettoos 
pas d^errcur de calculs. Deen et deui ne feront jamais plus de 
quatre de qoe^qm niantère que la «{aestion soit posée. Les 
affets seront toujours proportionnels aux causes. 

La moyenne agriculttire TempoMe sur la petite de toutes les 
turcea dont elle lui est supérieure. 

Nous avons va quel parti un fermier savait- en tirer. Nous 



— 100 — 

nous samoies emparés de aoa eiemple pour bettre en brèche 
des opinioB^ que OQua croyons maUTaises, et qui porieraient 
le jdécoaragement parioi des boconioB dont ié cœur doiis^ouvrir 
au contraire aux plus légUimes espérances.. 

La moyenne propriété 8*est Booreni égarée dans sa. voie mal 
tracée et mal éclairée. Elle a promené des regards indécis et 
inquiets^^siÀT la potile et la grande culture qui la côtoyaient. 
Tanlôt découragée defSDt des réiuit^la en apparenee sopé- 
rieurs eux siens i tantôt déduite et entraînée vers l'emploi des 
procédés économiques qui n'étaient pas de son domaino. De 
là des désertions et des chutes , des tentatives malheoreusos 
et doji désaslfids regrettables. 

Mais de ce que la moyenne propriété a épfouf é des pertes 
en commettant. des fautes et en se défiant d'elie*méme« s'en- 
smjji-ii qii*olio ne puisse pas éiro locraiifemejQt possédée ei 
exploitée dans des roodilîons. mieux régléas et plu|s con- 
fiantes. . 

La grande el la petite culture fefctnt*£)l6s aux produits de la 
Vienne une concurrenee ruinense? Non« mille fols non. 

Les résultats financiers de M. Debloges Je démontrent itviïc 
évidence , et hâtons^noas de le dire « ces. résultats n'ont rien 
d'exceptionnel , rien ^nl ne soit égalé et même dépassé par 
un grand nombre d^agrtculteurs dans les contrées de la France 
où la moyenne culture, comme exploitation directe du pro~ 
priétaire , /)u comme fermage , est régulièreinont et fortement 
organisée. 

Mous irons plus IpiU; et nous ne craindrons pas de contre** 
dire bien des opinions en avançant que gagner do rargenl 
n'est pas en agricaltore le plus difficile et le ploii méritoire. 
La commission de la prime d^honneur srmUe. avoir été de 
notre avis, car autrement elle eût placé en premièce ligoe 
MM. Desloges et de la Villeleroux, les deux concurrents dont les 
bénéfices agricoles actueltemDnt acquis sont les plus élerés et 
les moins discuti^les » M elle ne l'a pas fait pour d»s motifs 
dont nous démontrerons le bien fend<i. 

H.. de la Villejerous que nous venop^ de noAimier a, comme 
M. Desloges, obtenu une médaille d*or grand module. Il le sait 
dans Tordre asqenda^nl du rapport o(firiel. Il est propnêiQÎre 
de la Guéritaude, commune ^le Veignjii. canton «le Monlbaion. 
arrondissement de To^rs. 



— IW — 

Son domaiiûe eooiieni Î6S hectare», UO en terres laboara- 
bles , Mtn préâ natoreis , 10 ^o vigHe , 3S en bois. 

QtiéHe <fue soit la ilifférëdce êo étendae des exploitations 
qui nous restent à parcourir , la Ouéritande nous itilroduit 
dan^ ta grand» cuhote ^ el Bons n^en sbrlirons pfus. 

Partout nous trouverons reogëgeineAt de gf&^ capitaux, 
remploi des msirumenta pêrftîCtionDés et des macbines pais-' 
santés, ia sp4eulaliôn animale s'altachanl aut races d*éhHo , el 
enfin t'anneiion ài>xptôitaUon proprement dite , d*ûne ou de 
pIosieQ^s industries agricoles. 

CeKOondfliônasotrt relies des cinq cMtnrrents dont nous 
afonvkparlérraaHé part, dans la Vienne , ttous ne reneod^ 
trerioÉS tels mêtnes moyens d*actioii employés. Oil sont nos 
grands domaines aireo un eâpitatd'etptoitation de huit à douze 
cents francs pdr hectare? Oh sont ces machines fixes de huit 
i seize ehevanx^rapeurTaf^ant iharohe'r , d-un bout de rannée* 
àTautre, tool uH- âiatér)el d'intérieàr de ferme? Où sont les 
troapeaox de plusieurs centaines de têtes en brebis de race 
améliorée, pdre oér croisée? Oh Sont nos distineriès, nos fa- 
briques d*histrtiments aratoires , nosfrom&geries, vos engrais- 
semenis do bœnCs par centaines , nos engraiséomentl de mou- 
lons par milliers 4 

Esl-oe que la grande propriété et lés gros eapitaox sont rares 
dans la Vienne? ou bien y a-lroncromhin^ des formes d*amôdia^ 
tioQ supérieures, (>1qs frnetueuses qne celles d'Indre-et-Loire? 

Hélas indn. Cec|in nons manque alors; ÔA nous dispensera 
de le dire, et^acun le comprend , à' Texception de ceux qui 
ne savent pas s*a vouer des vérités désobligeantes. Mais passons* 

L'agrirnhurè dé la l3u<Svilàéde ri*^' rien d'exagéré dans ses 
proportions; rien de coïkrpl^uë dans sa marche, rien d*extrâ- 
ordiriaire dans au^eun des détails de sa eomposillon. Elle est â^ 
la grande enhuro par retendue du domaine, par le chiffre du 
capital , par Tensemble des moyens, par U nature des spéca- 
latioos et pour léât il'n*est aucun agrioultetir qui ne voulût être 
a la place de son heureurt' propriétaire et qui ne se crftt de uiHe 
è y monter sans rffort. 

Peut-être se féraiMl illusion à cet égard. L'harmonie d'uni 
eos(«ù3ble bien proportionné et parfaitement équilibré, dissi- 
mule souvent des forces mériiatHes dans leur acquisition 
comme dans leur fonctionnement. 



Quoi qu'il en soit « tout prospèire è la 6uérit«iido , tous les 
buts poursuivis sombleqt y èUo alteints avec une faeiliCé oatu* 
reUe qui n*a riea de ressoufOeskentet des fatigues «pparentes 
quo Fou remarque aillieurs* 

(Test qu'ici la terre, est saturée do cette poiasauee énergique, 
leateioeDt , aoccesAivomenl et insensibleuieot formée que acius 
appelons la vieille force. C'est que depuis longtealps la culture 
j est sortie de la période dos essais » des.tâtouuemenU et des 
expérimeotalipos; c'est que U. de la Vittelevoux,. Tagrifrulteur 
actuel , ii*a pas eu à traverser cet.te période, pénible , et qu'jl a 
été mi/i en poaiieMoo par héritage do résultat de iioarante 
années de travaux a<;complis par son père sur :1a Gttérîtaude » 
avec de grandes ressourcQs pécuniaires et une iAteUigeBce 
agricole remarquable^ C'ost qu*à la aomme^ incatovlable des 
vicbesses latentes ainsi accumuléae,.ae joint la disponibilité 
d'un capital libre ^ proportionné à tous les. besoins. C'est 
qu'enfiO' toa$ ces éléments de prospérité sont entre les mains 
d'un homme jeune , rigoureuf et bien portant ^.nourri des 
saines traditions de la vîe aglioolo et rurale , etapto par son 
instruction el son éducation , à ra<;coptation de touA les pro« 
grès à mesure qu'ils se produisent* 

La commission avait beaucoup à attendre d'uM' eaploiiation 
agricole, aussi favorisée , beaucoup à demander à celui qui la 
dirigeait. L'intérieur de la fernsie pnésente une bonne disposî* 
t^on de cours et de bâtiments : ceox*ci sent en partia renou- 
velés et doivent TAtre successiveme&t , la plan ost biaii conçu 
at ^'exécution se fait avec un confortable ea f»pport avec la 
foriqne du p^priétaire. 

Les fumi^^ sont bien traités ai bien placés relativement aux 
bâtiments dans une excavation i 4o.uble arrivée de chargement 
el de décbangement* La fosse à purin leur est coatiguê, et aile 
est mania d'une pompe qui permet un artosage commode du 
fumier pailleox. 

LeS' iosiruments tant d'intérieur que d^exlérieur de fonne 
sont complets, du meilleur choix et tous utilisée. 

Une machine à vapeur fixe sert à la distillerie et au fonc- 
tiaquement général des instruments et engins; i Taide d'un 
c&ble.da transmission • la machine isolée les met tous ea mou- 
yemeot à une grande distance et sur des points divers , sans 
craindre l'incendie des récoltes et des fourrages. 



— 102 — 

L«s eoosîstanees ammaies eomprennent des cbevamt cooraie 
bêtas da travail, des bœoCi , des vaches , des moutons et des 
poiTS comme bê«ea d^ vente. 

Les ehevain sont bons et en bon état. H; de Ta VilleleroQx 
désfîrerait pour les hbonrs \ti remplacer pat des bœofs.ll cède 
aoi désirs de ses laboareurs en né faisant pas une sabstitation 
4n*il croit plus éconotaiiqne. De beanx bœufs niVemais ont dû 
coûter trop cbér pour donner du bénéfice à la revente même 
après leur engraissement. 

La vacherie est magnifique et très^ien tenoe. ÉHe produit 
dft lait, du beofré el d^ fromage, des veaurd^Slèveet des 
vacbes de Templacemént. 

Les vaches choisies dans les races les meilledres faitîèfrea ou' 
eroiséea durbam ,'SOt)t 'dans un éial parfait. 

Le taureau durham qui les sert est deb'Onneqtjallté'. 

Grâce è^ lui', les veaux sont vendus en mdjrenrie trois fois 
plus cher que ne se vendreienlceux provenant d'un autre p^e. 

Le troupeaa de brebis d*élovege cornptënd cinq à six cents 
bêles d^origine berritbénm, âiérinos et de pajs , croisées 
avec des bélîera soutb-Kleiwn pure de grand prix. Le ifoùpeau 
B*est pas mftuv^is. Le croisement south-'down berrichon donne 
tes résultais les meilleurs ; le soutb-down fait moins bien avec 
Jes brebis qui ont du sang tiiéii'fnos. L^ancreû trou[!»eau dé'ta 
Guéritaude en contenait beaucoup. Il en résulte une disparate 
fedie è supprimet' par des réformés. 

Outre son troupeau d'élevage, H« de la VUlisleroux en-' 
graisse avec de la pulpe de betterave i;006l 1;!K)0 brebis'et 
montons achetés à cet effet. Ce séi^ice est bien-orgafiiséél 
bien UiL Utf homme habitué au commerce des moulons achète 
les animaux à mettre à Tengrais ; il lés revend quend^ ils sont 
engraissés I sans autres dérangement du propriétaire, qu*ua 
prélirement 4ô KO oeviimes par lèt€^ pour les deax opérations^ 
au profit de rintern^diaire qoi en est chargé. 

L» porcherie est ooiiipoaée d'animaux de races étrangères 
ou croisées eo bon élÀt et' de bonne qualité. 

La distillerie , système champenois , est établie avec ittlelli- 
gence* Bllo ne travaille que les betteraves de rexploitation, 
iO^OOO Ulogrammes par jour. On ne rectifie pas. Les flegmes 
sont achetée» à la ëiatillerie par on industriel qui fournit les 



- 104 — 

Nous vous avons dit l'état et la qualité des terres de la Goé- 
ritaude, eofflmeut elles avaient été^aociéltorées et booi&ées. 

Aussi toutes les productions végétales y sont-elles superbes. 
. Les betteraves, Tavoine , le tràfle et le froment 4onnenl des 
récoltes maxUnai La luzerne y vient aussi trèsrbien. Partout 
elle présente celte particularité de donner deux à trois coupes 
on récolle pleine dès la seconde année. On dirait qoe n*ayani 
PfBs -besoin d^aller chercher dans le sons -sol des principe fé- 
condants qu'elle trouve surabondamment dans le sol lui-oiôme» 
qlle aime aitei]\x tracer que pivoter. 

. L'assolement n'.esl pas régnlier d'ooe manij^e absplue. 11 se 
rapproche des principes par ses tendances plutôt rque par la 
constance des faits, ! 

Quelques rotations de culture pourraient donner Meu- à des 
observations criXiques. 

Néanniqins les soins et les façons donnés -eux cultures sont 
bons et bieq dirigés dans leur ensemble. Quelques récoltes oal 
à souITrir de la rareté des bras, . 

Los prés naturels sont aussi un peu- négligés, 
.. Dansées oircouâtances cultnrales^ le fait dominant de Vagri- 
culture de la Guoritaudu , c*est reicelleneo de sa situation 
financière : tous les comptes particuliers se soldent en béné- 
Gee et avec des bénéfices im4>oriauts » très-nets et trè^bîeo 
constatés. ' » . . 

Il n'y a qu'une exception au cpmpte 4'une pauvre ligne à 
tqrtk délaissée; fier le propriétaire, qui n'acit pas vigneron. 

, Du reste la perio à' cet égard est peu de chose , ei M, de l<t 
YilLeleroux n'A^n'cst pas moins. on agrioultejQr gagnant beau- 
coup , d'argent. S4)s résultats finffQcrei^' dépassent ceuiL de' 
M. Desipges, môme en tenant con^pte de la différence entre 
leurs deux ezploitaiions. On doit savoir gré à Tub et à l'autre 
d'offrir l'exemple de beaux bénéfices obtenus dans û^is coodi- 
tiens d'économie agricole tout à fait opposées, 

H. de la ViUsleroux se paie i%,000 francs de fermage , 
10,000 francs d'intérêt à 5 0|0 du capital engagé. Ces deux 
sommes sont portées au passif de sen exploitation avec les 
autres dépenses qui entrent dans les comptes débiteurs, La ba- 
lance entre eux et les comptes créditeurs est toujours au profit 
de ces dorniers , et représente réellement alors des bénéfices 
culturaui et industriels. Ces bénéfices triplent et quadruplent 



- 105 — 

nmirèl da cApita) ^ soi?aol I03 années : en moyenne , Tintérèl 
du capital d*ezploU»(ion dépasse 15 0|0* 

Qae si Ton considère que M. de la Villeleroux habite à la 
Geéritaode an chàteaa fort beau oh son existence a tout* 
rsmpleor ëe celle des autres ehftlelQÎns de le Vouraîne $ qiJ^il 
a un bétel à Paris où il passe plusieurs mois chaque hiver ; 
qQ*ea définitive, tout ce qu'il y a de gênant dans la surveillance 
et de pénible dans Padministralioâ incombe à an régisseur, le 
rdle de H. de la Villeleroux pourrait au besoin se réduire à 
rinitiatife et à une haute direction , on reconnaîtra que aa 
manière de gagner de l'argent est compatible avec les goûts 
fanés et délicats , avec les exigences multiples et rafffnées dee 
hommes de fortune et d^éducation supérieure. 

Cette situation agricole mérite d*èlre étudiée. Ceux qui la 
trooveront toute Xaita sont rares; mais un grand noftibre 
d'agriculteurs peuvent Tacquérir. Ils la laisseront .à leurs en* 
iaots, si par euz*mômes ils n*ont pas eu le teipps d-en jouir. 

Tel est le noble héritage recueilli par le propriétaire actuel 
de la Gnéritaude. Il s*hooore dTétre le continuateur des œuvres 
de son père , et ce titre , il le porte dignement ; mais il doit 
sartOQt le bénir d'avoir aplani pour lui toutes les grandes 
difScullés qui se trouvent et continuent longtemps aux com- 
mencements de chaque entreprise. Ces difficultés , s*il eftl en i 
les vaincre, une partie de sa vio et la meilleure 8*y serait con- 
sqmée. Son iqielligence et son courage a*y seraient fatigués. 
B n*eAt paa éehappé plu$ qu*un autre sur ces champs de ba- 
taille de la science à ces blessures profondes, dont en souffre 
toi^ours , Dséaie quand elles sont ctcatriiées^ 

Aussi était-il difficile que rabaenee d*un caractère tout à fait 
Bûfitant diez ragricolteur de la Gnéritaude, n'infhièi pas séir 
son classement parmi les vainqueurs du tournoi de Fa prime 
d*bonneor. 

{La miiê proehttihemenl.) 
Ch. ARNAULT db L4 MÉNARDIÈRB* 



— lOi» — 
Annonces' agrleolcs^ 



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Écrire à Alexandre BACQUET , à Saint-Quentin (Aisne). 



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et de batteuses n*ont eu qu'à s'en louer sous tous les rapports. La 
paille sort intacte et le blé bien nettoyé. Le travail est en raison de la 
force employée. 

On trouve dans cet Atelier des Batteuses à manège complet , depuis 
liOO jusqu'à 1,800 francs; machines à vapeur, depuis 2,000 jusqu^à 
8,000 fr.; Pompes de jardin. Pompes à incendie, Coupe-racines, Laveurs, 
Pressoirs; enfin tous les instruments et appareils mécaniques utiles à 
Tagriculture. 

Le sieur GERVAIS prendra, comme par le passé, Tin^ér^t des per- 
sonnes qui voudront bien Thonorer de leur confiance , et leur offrira 
toutes les garanties désirables. 



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DE A** PARIS, à Aulnay (Charente-Inférieure). 



La charrna Pftris réunit tous les avantages pour la culture 
des vîgne9 » surtout des vieilles qui seraient irrégulièrement 
plantées; elle se compose : 1" d'un déchausscur; 99 d'un 
bineur ; Z^ d'un butleur-, eon s tr ttHft- ooroploto ment en fer forgé, 
se montant sur le même âge à Taide de deux écrous. Cette 
cbarrue ne néçes^ila, dans )f s terrains du meycyiaei fofee, que 
l'emploi d^un seul eheVal ou d'un seul bœuf» qiH>ique résistible 
à deux forts chevaux ou deux forts bœufs. 

40 Le déchausse^r ôi|t aa^i req)iauss^r en Ia»$9a|t, sur Té- 
tançon de devant, une petite pièce saisie avec trois petites vis ; 
cott9 pi^Q9 doit aus»i rester è demeure pour la. laboot 4|es 
jeunes plantes, des vignes hautes , etc. ; eUe se supprime seu- 
lement pour les deux derniers tours dans les vignes basses. 
Ce même jdépbnusseqr (av9C versoir à droite ou è gauche selon 
les d»maude$),. dont Tavant-corps se trouve incliné du côté 
opposé au versoir, par conséquent éloigné do plan del'ago 
d'environ m. 48 à 20 c, permet d*approcher tràs^rës des 
souches sans nuire aux bourgeons ; la pointe du soc est déviée 
du côté opposé pour éviter que la souche ne soit atteinte par 
le soc; il ne reste donc è enlever k la bêche qu'une petite 
bande de terre de ou 8 à 10 c'. de largeur entièrement crevée 
par les deux derniers tours de la charrue. 

%'^ Lebinoir, instrument sans versoir, ayant deux larges 
couteaux tous en fer forgé et aciéré formant uno largeur 
moyenne de Cm. 70 c. , coupe les herbes et racines laissant la 
terre à plat. 

3* LjB batteur , avec ses versoirs pouvant s'écarter de m. 
30 à 40 Cv peut rechausser en un seul tour un rang de vignes, 
ou jeunes plantes, ou plantes sarclées de 1 m. 10 c. de largeur. 
Cet instrument, résistible à 4 bœufs, peut être employé à 
faire des fossés dans les vignes pour y enfouir les fumiers. 

Prix des trois instruments, no 4, 170 fr.; n<> 2, 155. 

SO médailles dont 4 médailles d*or et 3 rappels de médaille 
d'or ont été décernées à cette même charrue. 



Poitlen.— Typ. de H. Ouoin. 



BULLETIN 



1» LA 



SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE IFAGRICULTUBE 

BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS 

DE POI11ER9. 



N<» 96. 



SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU 4 AVRIL 4865. 



33 membres sont présents. 

Discossiun sur la vîlicaltore provoquée par la séance publi- 
que de M. le docteur Guyot. 

Uclore do rapport de H. Méhine, sur la tournée du docteur 
Gayotdans le canton de Saint- Georges, et de celui de M. dk 
CoimiT, sur la visite des vignobles de Hornay par le même. 

Communication : i* d*une lettre de remerciement de M. le 
docteur Gvtot ;* 

1* Du çiémoîre de M. Mazube , sur les avaniages comparés de 
k marne et delà chaux employées en agriculture; 

3* Des principes de ginéanomie , par M. CORifAr ; 

4* If lin travail sur les vins inconnus, par M . le comte de Caor. 



Les paroles de notre savant collègue auront rassentimont 
général, il y a certainement de très-bons vins dans les crus de 
Bordeaux , mais Us sont réservés aux privilégiés qui peuvent 
les acquérir à des prix exorbitants. Pour le public , Bordeaux 
D'est plus un lieu de production , c*est une manufacture de 
HDs. Un négociant n*a-t-il pas eu la naïveté cynique de mettre 
au rebot les noms illustrés des grands crus et d'appeler tout 
simplement ses composts Gérdme a^ 1 , n^» 2 , n^ 37 

Ces mélanges sont travaillés avec art, agréables à boire, 
préférés sans doute par quelques consommateurs, qui mettent 
aussi do la chicorée dans leur café. Mais quel rapport peut-on 
établir entre ces liquides et le vin naturel qui garde son goût, 
100 cachet, l'harmonie de sa composition? Les ignorants pré* 
lurent à Torigioal la copie bien brillante , bien vernie , bien 
encadrée d'un vieux mettre. 

Balletin d*avrfi i86S io 



— 1!0 — 

J*8Î assisté à des erpériences faites à Taide du microscope 
solaire; le fli à dentelle , pradiiîl de Tart, devient, sous Hn- 
fiuejQce d*uae puissanle lentille, un cftble grossier, hérissé 
d^négalités. Mois Taile d'une mouche présente toujours la 
même perfection absolue «ians les déuib 4e aa slnicture. Tel 
est le vin naturel comparé aux mélanges que Ton vend coos 
son nom. 6. 

LES VUfS INCONNUS. 

« Nos bons vins ne MMitikaf Mqa'nn fais 
• peuple penie ». 

I 

En reproduisant cet axiome un peu modifié dé Vakdlte , 
noes appi^lons TaUention des nombreux viticulteurs sur une 
question que nous croyons très-importante à une époque où 
la plantation de la vigne a pris un grand développemeDl. 

L^epinion commune , nous n*osons pas dire vulgaire , res« 
treinli un petit nombre do contrées de la France les vins dont 
la réputation a fait le tour du monde. 

En première ligne viennent le Bordelais . lit Bourgogne, la 
Champagne « puis les vins du Rhône, du Midi et quelques crus 
inutiles à mentionner. 

Ces contrées sont-elles les seules à produire chez mus des 
vins supérieurs , riches en qualités remarquables , savoureux , 
délicats , susceptibles de conservation , dignes en un mot de 
mériter une faveur spéciale, a Texception de beaucoup d*au* 
très inconnus en dehors de la localité? Nous ne le pensons pas. 

On sait en notre siècle qui sait beaucoup de choses, eom* 
mont se font les réputations. Il n'y a pas encore bien longtemps 
que nos rois réservaient pour leur table les vins de Suresnes» 
synonymes aujourd'hui de ceux que nous repoussons. Le ma* 
réohal de Richeli'eu a découvert les vins de Bordeaux , et sous 
Louis XIII on connaissait à peine le vin de Champagne. De 
verre en verre les réputations se sont établies , et Dieu sait 
'cependant ce que Ton fait boire sous ce baptême mensonger , 
de piquettes malsaines à nos compatriotes et aux étrangers. 
Cest à tel point que les docks de Londres sont encore encom- 
brés de vins frelatés expédiés après la loi du libre échange qui 
n'autorisait pas cependant de semblables tentatives d'empoi- 
aonnement. 



— 111- 

II résirile de eei état do chose» deux* faits importants : le 
premier, c*est qae nos vins renommés étant en tfbs^pelit 
Bombfe ei leur produit fort limité , ne suffisent pas aux exi- 
gences des consommateurs; Je second^ c'est que cette insuffi- 
sMceappeHe les fraudes les piu3: grossières « et que ees vins 
Matés sont généralement aujourd'hui au-dessous de leur 
répotation. 

Entre beaucoup d'autres , nous pourrions citer pour preuve 
de notre assertion le clos de Vougeot , si décrié après sa pos- 
sessioQ entre les mains d'un célèbre fournisseur. ' 

il n'en est ^lus maintenant ainsi qu^au commencement du 
sièote : un mouvement général s'est opéré dans la production 
des ^ns i partout on a planté de la vigne, et ce n'est pas seu- 
lement chez nous que cette tendance à une plus considérable 
prodoelion s'est manifestée , on a planté en Italie , en Algérie , 
en Crimée » en Amérique , partout ob le soleil promettait une 
réooke riche en qualités alcooliques, en vins offrant un arôme 
panieulier* 

La concnrrenee s'organise autour de nous , d'autant plus 
redoutable que les contrées du Nord qui consommrnt des vins, 
recherchent avant tout cette richesse d'alcool , qui engage nos 
voisin» les Anglais k viner ceux que nous leur expédions. Pour 
que leur goât s'épure, pour qu'ils en viennent, autant que 
climat le permettra , k apprécier des vins naturels , il faut que 
l'expérience leur apprenne ce qu'ils perdent en délicatesse en 
snivantleur système, et ce que la santé publique gagne à faire 
usage de boissons naturelle^ , vierges de tout mélange résul- 
tant presque toujours de la distillation de denrées nuisibles ou 
avariées. 

Il y a dans cette situation une leçon ponr les prodocteurs, 
an avertissement pour notre pays. 

Bnlratnés par Peiemple , par les promesses de l'avenir , les* 
prodscteurs en couvrant de vignes des terres presque toujours 
de qualité inférieore , recherchent les f épages qui doivent leur 
fournir la plus grande abondance. Dans des contrées favorisées 
par les éléments, appelées à produire les bons Tins, on les voit 
difflknier l'espace , plaiHer des vignes dégénérées , d'un pro- 
doit deuieos comme qualité , ou si cette qualité est assurée , 
coavnr k terre d'engrais, et lorsqu'arrive la récolte, se livrer 
à des coupages avec des vins inférieurs , tout en tâchant de 



— 1« — 

conserver un peu de cachet aux produits qu^ils metleni en cir- 
culation. 

Nous le disons avec assurance , cette façon de procéder est 
raliénation complète de Taveoir. 

Mieux compris, le développement de la viticulture offrirait 
d'immenses ressources à notre pays , dont les vins ne sont pas 
suffisamment connus. 

11 

Lorsqu'on a résidé dans quelques-unes dos contrées possé- 
dant des vignobles, pour peu qu'on soit apte à dégosier nos 
vins 9 on a dû reconnaître que chacune d'elles offrait des pro^ 
duits relativement supérieurs, mais seulement après que, grâce 
aux soins de quelques propriétaires intelligents , ces produits 
sont parvenus au point où ils doivent être appréciés- pour être 
convenablement classés. 

Ainsi rOrléanais , la Touratne , le Poitou « l'Anjou , ia Dor- 
dogne I THérault, etc., etc., produisent dans certains cantons 
des vins qui, bien soignés, arrivés à leur maturité de conser- 
▼ation , peuvent rivaliser avec ceux dont la réputation s*est 
étendue a& monde entier. 

Nous prévoyons que cette assertion trouvera bien des con- 
tradicteurs, il doit toujours en être ainsi lorsqu'on vient affir- 
mer une vérité nouvelle qui blesse à la fois les préjugés vul- 
gaires et les intérêts des monopoleurs, mais nous en appelons 
à tous ceux qui ont goûté les vins de Beaugeocy , produits de 
bonnes années , arrivés à leur Age; ceux de Chinon, de Bour- 
gueil, si fins et si susceptibles d'une longue conservation. Nous 
demandons si les meilleurs crus du Bordelais donnent des vins 
supérieurs à ceux de Champigny au bouquet de truffe , à ceux 
de Vouvray, valant les meilleurs Saint-Peray, aux vigoureux 
vins de Saumur, aux vieux produits de Vaux , de Bergerac , 
de Gahors et des Narbonno-Montagne , connus seulement des 
fabricants de mélange , qui n'y recherchent que leur montant 
ou leur couleur? 

Il en est de même des vins de l'Indre , 4e la Nièvre, de l'Ar- 
dèche , du Puy-de-Dôme , de l'Isère, du Gard et des Basses- 
Alpes. Dans chacune de tés contrées, quelques cantons pro- 
duisent des qualités supérieures , inconnues des consomma- 
teurs forains. 



— 1!3 — 

Ces vins, nous n'en doutons pas, peuvent rivaliser avec ceux 
que le préjogé a élevés en première ligne ; ils le pourront d'au- 
tant mieux , le jour où ils fixeront Taltention , que leur prix 
s'élèvera et qu^alors on leur donnera les soins qui manquent à 
la culture de la vigne et aux procédés de vinification. 

Mais cette appréciation vi ce développement ne sacraient 
être improvisés , ils exigeraient un classement général de nos 
produits viticoles , des oncouragrmrnts qu*on accorde géné- 
reusement depuis quelques années à nos comices agricoles , 
s'occupant trop exclusivement des produits de la ferme « sans 
tenir suffisamment compte des améliorations que quelques 
bons esprits appliquent à la viticulture et à la silviculture. 

Ils demanderaient Tapplication d'une législation réglemen- 
taire et prot«*ctnce , pour obtenir Tunité de mesures et la ré- 
pression des fraudes et des falsifications qui tendent tout à la 
fois à leur ruine et h Tnltération de la santé publique. 

Le concours des nombreuses sociétés d'agriculture qui 
eiisleot en France, ne saurait faire défaut, si Timpulsion était 
donnée par leur science , leur mérite incontestable , elfes four- 
Diraient une organisation complète appelée à rendre d*immen- 
ses services è notre viticuliure et k développer une source de 
richesses sur laquelle nous réclamons l'attention de nos 
lecteurs. 

D* R. DE CROY. 



lAFrOl^ SUB LBS BXPLOHATIOIIS DU DOGTBUa JULES 6U70T, A 

mnvnLB et au château de hobi^at , les 19 et 21 mabs 

DEBinEB. 

Messieurs , la question de la vigne déjà discutée et traitée 
parmi nous , trouve une opportunité nouvelle et marquée par 
le passage de M. le docteur Jules Guyot dans le département 
de la Vîeno'*. Sa mission , il nous Ta dit lui-même , est de 
visiter les différents vignobles de France , de signaler dans 
chaque pays les méthodes traditionnelles de culture , de les 
comparer, d'approprier par une assimilation raisonnée ce qu'il 
convient d*importer d'une contrée dans une autre, d'éliminer 
les usages mauvais et de leur substituer un système rénovateur. 

Notre mission à nous, Messieurs, est de vous rendre compte 
des explorations dans lesquelles nous avons eu la faveur d'ac- 
compagner le saf ant viticulteur. 



— IW — 

hbuviub. 
I 

C*ost à Neuville que , pour la première fois , le 19 mars der- 
nier, j'ai assisté aux inléressaotos causeries du doclour Goyot. 
Après la visite et Texamen sérieux de quelques vignobles de 
ro. canton, M. Guyot a développé devant une assemblée nom- 
breusio, ses principes sur la préparation des terrains, le choix 
des cépages, la plantation , la taille de la vigne« et sur la vinifi- 
cation. J'essaierai dans cet ordre , devons exposer d*abord les 
méthodes séculaires ei d'ailleurs productives des intelligents 
et laborieux habitants de ce riche canton. Ensuite , nous sui- 
vrons ensemble le célèbre professeur, au château de Horoay, 
près de Mirebeau, dans le remarquable vignoble de M. le comte 
de Laistre , où nous trouverons l'application de son système 
presque tout entier. 

La vigne, vous le savez, Messieurs, est l'arbuste le plus 
actif, le plus généreux de la création. Ses racines recherchent 
l'eau à des profondeurs infinies , et ses branches en.s*élançant 
peuvent garnir tout un coin do forêt. Hais son fruit ne mûrit 
pas partout ; il no peut arriver è maturité suivant H. Dubreuil, 
professeur d'arboriculture , qu^entre 35 et 50 degrés de lati- 
tude. Il résulte de ces doux conditions essenlieJles delà vi^poe, 
une variété très-grande dans le mode do culture de cet exubé* 
rant végétal , et aussi des nuances marquées dans le goût de 
ses produits. 

Ceci posé , revenons an milieu des vignobles de Neuriilo : 
les cépegf-s aoclimatés ei cultivés , sont pour les vins Touge5i : 
lo querey ou jacobin , le sainUmgeois ou dégoûtant , le rouge, ou 
bordelais, et quelques ceps de pin«au ; pour les vins blancs: 
la folle et le gros blanc ou blanquette; à Marigny-Brisay , le 
blaw-macep ou pineau blanc réussit et donne abondamment 

Pour planter la vigne dans ce pays, on fait un simple labour 
à la charrue ou avec l'ancien instrument appelé oreau, et même 
avec la houe à main. Le plant est choisi aussitôt les vendan- 
ges , au bout de la branche qui a été fixée en t^^rre , l'année 
précédente], et qui a fait racines. Depuis quelques temps les 
vignerons confient à une terre fertile, un plant destiné à faire 
des chevelus. La plantation en bouture est peu usitée. Les 
vignerons soigneux rognent, avant la mise en terre, le che* 
velu du sujet appelé vulgalren^ent ringée ou rigée. 



-. lis - 

Le mode de pIsÈtaHôn s'opèfe ordinairemeDl en quinconce 
kone dislênce de 1 mètre 33 cenrimëlres on 1 mètre 16 centi- 
mètres , par le- moyen de fossettes de 33 centimètres de lon- 
gaeur sur une largeur de 16 centimètres, et ft une profondeur 
de iS centimètres. Après avoir mis du fumier db ferme ou de 
la meilleure terre végétale prise sur place , on couche te plant 
dafis la fossette , droit Ou de travers , en te coudant à Tangle 
ioférieor de la fosse ; pois on reeoavre en tassant là terfe , et 
OD rogne à un œi] ou il^uï. Selon la vigdeor de la végétation , 
après deux ou trois ans, on ci*èuse autour du jeune cep jus- 
qu'au coilief des premières racines et on le rasa. Cotte opéra- 
tion donne naissance à deux , trois et quatre bras qoi sont 
coerbéa Fennée snivante. Ces bras reçoivent le nom de terges 
e« offons. Cètle dernière désignation vient de la formo en arc 
qo*on leur donne. Lôi^que le rognage ainsi pratiqué n^a fait 
sortir qu'on ou dùxït bras, on rogne de nouvipau Tannée sui- 
vante. Cette opération xiite rognagè on recepage , fatigué énor- 
ttéttent lés jeunes ceps ; et il ûO est qoi périssent. Mais sui- 
vons te cottrs tfe la taille : 

Ainsi sur la branche qui a été disposée en arc , Va^nnée pré- 
cédente , «"t qiiî a porté ffuit, on cboisit autant que possible le 
brin le plo^ rapproché de In 'Sontho afin d'élever moins rapi- 
liament le cep k^tôn conpe an-^esstis le surplus de la branthe 
froctifèfo. Ce sera pbnr Tannée suivante la branche h fruits 
^oi, au priolempa^ sera courbée en arc. Cette courbure a pour 
bol de favoriser la pousse des bourgeons inférieurs destinés à 
lormer tos branehea h bois. Dans cet aménagement très-pro- 
ductif de la vigne on a smn d'arrêter le cep , quand il tend à 
s*élaver par trop • an coupant au ras la vieille souche. L*époque 
de la taille à Neoville, est lliiver ttiut entier. 

Quant aux façôm ou htbùurs, oh en donne trois qui portent 
tee noms de débhauifoge, fabaUagé et binage. Le premier se fait 
Thtver et consiste à dégarnir la terre à une profondeur de 10 
centimètres environ ; le rabattage s'opère en avril , en retour- 
nant la terre au pied du oèp , et le binage qui se pratique en 
juin et Juillet est destiné è nettoyer la vigne des plantes para- 
siies. Si Ton demande beaucoup , on fume fortement : ainsi 
fon noot en moyenne tout les quàire à cinq ans , cent mètres 
cubes de famier d'étable à lliectare ; les débours des graines 
île irè^a aont fon voebërchéa , lea chiffons sont employés en 
peiilè quamité « ai 4a ^néofigara depuis qtrelqàe ttrmpft patMi 



- 116 — 

les engrais des vignobles de Neuville, Cultivées avec des soins 
minutieux les vignes donnent un rendement assez considé- 
rable : on obtient en moyenne, en vin rouge^ 84 hectolitres 
à rhectare , et 75 hectolitres en vin blanc. Les vendanges trop 
prématurées, enlèvent de la qualité au vin, qui d'ailleurs est 
Ionique et fait de bon ordinaire. L'égrappage n'est pas pratiqué 
et la vendange reste trop longtemps dans les cuves , c'est-à- 
dire 12, IS, 20 et même 25 jours sans.âtro foulée. 

GHATÇAU DB MOBIIAT. 

n 

Mdintenaqt» Messieurs, permettez-moi de vous conduire à 
Mornay oh nous verrons un vignoble organisé sur une vasto 
échelle, soigné sans restriction économique, et oiâTart a mar- 
qué son passage. M. de Laistre est un artiste en effet : 'aoimé 
d*un noble enthousiasme , il a fait une création ; et si Ton y 
reconnaît Tapplication de la molhotle du docteur Guyot, où y 
découvre aussi le sentiment intuitif de Torganisateur. 

Pour étre« autant que possible, exact et précis , j*aborderai 
les détails de Texploitation vinicole de H. de Laistre , j'essaie- 
rai d*ane!yser Tagencement simultané du choix des cépages, de 
la plantation , de la culture d^ sol , de» la laiilo , de l'échal^^- 
sèment et de la vinification de Mornay. 

L'élément calcaire domine dans eeierroir , qui présente use 
cei^ine analogie géologique avec les terrains de NeovîUe. 
Sitaé.environ à six kilomètres de Mirebeau, le cbftiesu s^élève 
au milieu de quarante-cinq hectares plantés de vignes , et en 
partie agglomérés dans un mélange de terres arables et de prai- 
ries. Un faire-valoir direct d*une étendue à peu près égale au 
vignoble , on est le complément indispensable pour la fabrica- 
tion des engrais, et pour occuper les vignerons dans la saison 
où la vigne ne réclame pas leurs bras. H. de Laistre. ne voulant 
pas se trouver au dépourvu de travailleurs , a attaché à son 
domaine, treize familles gagées à Tannée, dont denx chefs- 
vignerons et un tonnelier. 

Persuadé , suivant renseignement du maître , qu'une bonne 
méthode de culture et une taille raisonnée font produire aux 
fins cépages , une aussi grande quantité de vin qu'aux cépages 
vulgaires , le propriétaire de Mornay s'est appliqué à recher- 
cher les meilleures espèces. Son vignoble réunit un spécimen 
des cépages les plus délicats : ainsi le pineau noir de Batergo^ 
gne, le pineau gris Beutreê « le earbenel Sauoignon du Méàoe , 



- 117 -^ * 

k matoaim^ U pUuU de l'S$rmUagê ^ et d'auêrm encore com- 
poseDl en majeure partie , le tîgnoble de Momay. 

La plantatioo y eat pratiquée en lignes soivant le précepte 
de H. Goyot , conforme en cela aui exigences de la situation 
qai commande à cause du manque de bras, remploi de la 
charrue et des animaux. La beauté d'un vignoble échala&sé 
arec fil de fer, se révèle de suite « et Tcoil embrasse tmmédîa- 
tement la netteté et le b(>n état des rangs plantés en lignée 
droites* D'ailleurs « ce précepte remonte à des temps bien reca« 
léa : ne troavc«-t*on pas la consécration de FaUçiwmeni de» 
rougi, cbez les latins , dans ce passage de Virgile , rima^ortel 
aolfor des Géorgiqoeâ : « Panunt ordéns tUes? » 

Les meilleures plantations ae font en mai , dit M. Goyot, en 
boutures stratifiéesi verticalement à laborre ou dans une fosse 
peu profonde. La précocité de la vignes assure*t-il, est en raison 
du peu de profondeur de la plantation. M. Guyot appuie sa tbéo^ 
rie sur des données certaines» sur des faits : c'est de la viticul- 
ture expérimentale. 

H. de Laistre a planté à 1 mètre 10 centimètrea de distance, 
ce qui portp à huit aiille cent cups par hectare , après un labour 
à la cbarroe et en taisai^t à la bèehe une fossette de 90 centi* 
mètres cubes environ* Il a en outre renouvelé de vieilles vi- 
gnes à saucbes de 1 mètre 80 ceatieiètres d^élévation , en les 
recourbant en lignes, de manière à leur donner Faspect de là 
jeunesse, de la vigueur, étales faire produire aVec abondance. 

L'emploi de la charrue euelée d'un cheval , favorisée pa^ la 
régularité de la plantatîoB , s'effectue dans le vignoble de Mor« 
naj, avec la plus grande facilité. Toutefois, ce moyen n'est 
pas absolu, et les bras des vignerons donnent leur concours au 
cheval dans les premières façons d'hiver. Quoi qu'il en soit, le 
terroir est m t da toute plante nuisible , et à chaque saison , le 
vignoble doit présenter le même aspect. 

Le système moderne préconise (a culture à plat , en dépit de 
la culture à billons : est*ce à raison? es(*ee à tort? L*expérience 
le démontrera. La charrue , seul instrument possible pour Tex- 
ploitation des grands vignobles , en assure le triomphe. L'es- 
sentiel surtout, lorsque le sol a été. retourné légèremeâtà la 
première façon, c'est de le tenir le plus propre possible, par 
le retour fréquent de la ratissoire et de la herse triangulaire. 
Pardonnes-inoi de parler de mon expérience : je pratique 
cette coUurè en Tonraine, et jVn obtiens de bons résultats. 



- U8 - 

Nom amvmi^ à ie taill» Ijsi mM uHè \0f4ttaiiott ifttpo#Mtit# 
dans la culturo de ta rlgiie : « On èait, a écrit M. Goyot, qtie 
« les arbres abéndoniiM en pteîn ifàùi ta*oât (^vesqae besoin 
c .d'auoan soin , tandis que les arbres en quetiôoilles, eb éspa^ 
« liera ou on cordons ont besoin do lool ratt de TafborioaW 
a leur, il en eat demècoe pour la vignes • 

La tattfe <de le TÎgne se divise en UUUe ëkhe eién UMê verte. 
Lee mois de fémer et do œahi eonviënnetei le tniëux poor la 
latUe sèchè'oa taille d*<hiver. A celle époqiue, on abat ton» les sar- 
ments le plue p^ès possible de laaooche, àrexcepiido di^ddux : 
l'un dilbrèocheà féuils, raiitrebrencke à«bois, taillées dans Viieil 
au-dessus du bouioi) qu*«B veoi réserver* Le couraoB ou bttiii<ihe 
à boisdoil être coupé eourt, et la braoehe A fruits doit être ittaîiH 
tenue à une grande longueur. Cette taille la plossimple de leot^s, 
estCicile à appliqoer partoiut; elle donne d'excellents résoU^ts 
daiia les plaotaiioas en lignes , nsuoles d^éebalaë et de fi! dd fer. 
Telle est la pbysionomie des vignes de Horoay à la fin de mars. 
Quatorze hectares seulement sont échalassés evecdeâ piqttets 
de 1 mMre 30 centimètrea à chaque 'cep, et deut Mgn^s de fil 
de fér à chaque raag>. Ce mode d^échèlaaseknenl , facilite aaiià 
eoDteBlè d'abord le labourage é la cbavruë, poiet eèpital , ea- 
anite là taiUè d'hiver, enfin la taille terie , q^i cotiii^te 'dans 
rAoiir(;aoiinaga« \épin9mn9mi^ le f^9gna^éil'épampremmii. CTesl 
le couronnement dé rœavre , qm me doit pas néf^tg^r lotit bon 
praticien dana réeonomie et la direction d'oti vignoble. 

L'é^ourgeimiioga se fait au commencement de mai et a pour 
bet renlèvement de tous les bourgeena qui ne doitent donner 
ni fruits ni bois , et épuiseraient la plante inutilement. 

La pine$mmi soit de près réboorgeonnage « se pratique du 
10 *u 30 mai, et aonsiste à arrêter Teipension exubérante 
d'une pousse de Tannée , à reporter une sève perdue sur les 
fruits , à en augmenter le volume et à en fsvorisër la tnatora* 
tioo. Le ptnçige peut même empêcher la côniore. 

Le rognage est Topération du mois de juillet : il faut abattre 
è cette époque , vingt bu trente centimàtres de rameaut qui 
n'ont paa été soumis au piocemeht. 

L'^^mpramanl enfin facilite par l'enlèvement des (euilies 
eroisées et opaques du cep , la maturité et le perfaetionoement 
du :r«i8in* M. Geyol ajouta que cette opération peu ceftteuse 
et fatilo à exécuter peut prévenir l'oïdium. Voioi l'^xpHoalioa 
qu'il domm à ce sejet : te maladie de la vigne se dévetopre en 



— HB — 

trois joon à seiie ifogrét de cl^iiMir. Or y les feuilles tassées 
ensemble horizontalemeot, forment une espèce de coovoir oh 
les conditions nécessaires au détreloppement de l'oldiom se 
irooTent réunies. Il est d'ailleurs fiicîle d'observer réelosiôn 
spontanée dû fléau dans de t<^lles côndîtions'. 1^ y S ddoc ur- 
gence pour plus d*one raison, de bire répamprement. 

On atlribee même d*antres faitls pbysiofdgiqo^s aie pfésetece 
ou à Tabsence des feuilles de la rigoe sur le cep. Nous n'entre- 
rons pas dans plus de détails sur ce point : il faut IjSisser À t^expé- 
«ienee c» iitti échappe à la science. t 

Préconisée avec soin par M. le docteur Goyot • cette eïcdl- 
lente méthode 41 to taîMeentli^v «baeste oolBfriétement dans les 
vignobles de Neuville, re^çoit son ample et iolelUgeni accomplis-- 
sèment dans le vignoble de Mornay. Les fumures y sont en outre 
pratiquées avec la mesure qui activé suffisamment la végétation 
et la vigueur du cep \ et sauvegarde éu même temps la qualité 
et la pureté du fruit , et partant la qualité du vii|. 

Maintenant , Messieurs ,' il' vous iniéressera sSne dwte dii 
connattre à combien revient à 'Mornay, la plantation d'en bec- 
tare de vignes , quel est t^ rendement par hectare , la qualité 
gleocométrique du vin kuivant'Iés cépages, bt enfin le, prix 
de la culture annuèRè ^bi'^edèM/ 

Je transcne teifimeHéinaiii ooé éotè de fienaeigiièmMlta qui 
m*etti été domownikfués pàv M. île lÀMré Ini même > 

^ablifsemmt de 48A#4MiD0S4(a en^fiaf* 

4S hectares Ibboarés à la charrue, à SO fr. Tun %îtiO 

Pournituro et plantation de 330,000 plants 6,120 

100 kilos graine de lii^rne pour allées de service 100 
S,600 mètres courants de mur de 1 mëlro 30 d'olé- 

vsiioto faits et fournitures de matériaux 8,000 

330.000 échalas de 1 mètre 30 de hauteut 10,560 

Ifi.êOO gros piquets tendedrs 1,4S0 

8,000 kilos fil dé fe^ n> 10 recuit 4,i00 

' Pointes d'^uti pbuce de longueur !I00 

Plaetatiôrt de^ piquets et pose des fils de fer * t,000 

—■ É.1 11 IllHII 

î»,050 
Seit 800 fr, par hectare de vigne ; les allées de sexvif e eu 
SOS et par«4^sus le marché. 



— IM- 



28 hectolitres- 



8 i 9 heclolîtres. 



Rendmeta.ricoUêdeliUjàFheetare. 

Vieilles vignes! Pineau noir de Bourgogne, 44 hectoiitros. 
renouvelées | Pineau gris B^uvrot, 54 

en 1861. ( Cnrhenet Sauvignon , 42 

Jeunes vignesr 

de 4 aps^ \ Carbenet Sauvignon, 
et planiatioD.l 
Jeunes vignes/ 

de 3 ans | Pineau gris Boavrot, 
de plantation A 

Pmiê» glewùnvkriquês en 1864. 

Pineau noir , 12*. 

Pineau gris, 12. 

Carbenet, 11 25. 

Jacobin, 11^50. 

Pineau de Poitou, 12. 
Franc rouge ou 
chenin-noir , 8 50. 

Saintongeois, 9. 

Culture annuMe par hectare^ . 
Culture à le cherme ei dtchaossi^ie do caveilion , 96 fr. 
Taille, attacbage delatàfaocbeàfroiteetaermeBtagef 30 
Palissage des branches à fruits et ébourgeonnage , 24 



Plants 
introduits 
en Poitou. 

Aocieos pUots) 
du pays* 



Pinçage des pampres fmelifères , 

Deux binages à Tinstrument Portai de Houx , 

Accolage des bois et rogDage , 

Pour repasser le tout on aoûl , 

Remplacement des échalas et fils de fer , 



4 

8 
48 

8 
10 



118 fr. 
60 



Terreau ou fumier annuel , 

ToUl, 176 fr. 

Ces détails donnés consciencieusement , Messieurs, ont une 
importance dans la perfectionnement de la culture de la vigpe. 
Il est facile avec ces données de comparer Fancien système au 
nouveau , et d*en tirer des conséquences relatives au pays 
qu^on habite. Tout ne peut pas être absolu : tel sera favorisé 
par ta proximité des routes et des chemins de fer, par Tabon- 
dance du bois de chêne , châtaignier ou sapin , tel autre sera 



— t»t — 

privé de toute» ces conditiotos exirteement {an)rible8 à Titi- 
blissemeDt d*ua grand TÎgneble. De là des différences notables 
dans le prix d'un hectare planté. 

Dans la crainte d^abuser de votre bienveillante attention , 
Hessieurs^îe ne dtrei qu*on moi delà eint^teolion qui est le 
bot que doit atteindre tout bon viticulteur* D'abord les 
vendanges doivent Atre faites en parftiile naatorité : c'est le 
secret du bon vin. Li récolte doit se. foire par on beau temps 
et très-vite. Tous les raisins qei n'ont pas d'homogénéité dans 
leor maturité ne doivent pas être mdiés dans las cuves. Cest 
d^ailleors la méthode traditionnelle des grands crus : le pineau 
Doir fait les chambcrtins ; le earbenct sauvtgoon , les médocs ; 
le gamai , le vin de Beaojplais. 

H. Gujot n'admet pas l'égrappege , et recommande que le 
raisin placé dans les coves après avoir été écrasé, n*jr reste que 
qaatreà cinq jours dans les grandes années, et jusqu'ft sept 
joars dans les années ordinaires. S'il nous était permis d'émet**^ 
Ire notre humble opinion , nous dirions qu'il j a des vins excel* 
leots an Touraine et en Anjou, qui se font en pratiquant l'égrap- 
page. Dans quelques centres du bordelais , l'usage de l'égrap** 
page est en vigueur. D'ailleurs , il est indispensable d'égrapper 
dans les contrées où sévit l'eidium : le vin perdrait de la qua* 
lité et subirait Tinfluence du fléau. Voilà pour le vin rouge. Le 
vin blanc se fait tout au pressoir. 

H. de Laîstre fait établir en ce moment des caves immenses 
pour recevoir Jes tonneaux destinés à contenir les vins d^ son 
vignoble « qui sera bientdt tout en rapport , en même temps 
qu'il sera entouré de murs protecteurs. Car en propriétaire 
soigneux , il a compris que dans un pays où la vaine pâture 
existe encore, et où les bans dé vendanges subsistent, il ne 
fallaii pas reculer devant h dépense d'une solide elOiure. Lors- 
que tout sera achevé, le départemen,t de la Vienne possédera un 
des vignobles les plus complets et les plus distingués de France. 

Telle a été mon impression , Messieurs , peut-être imparfai- 
tement exprimée. Je crois surtout avoir dit la vérité et rendre 
on hommage sincère à qui il est dû. Les habiunts de NeoviHa 
enhivent bien la vigne , mais il leur faudrait changer loors cépa- 
ges et modifier la fabrication de leurs vins. M. de Laîstre a le 
mérite de i'imtiaUve d^ns notre contrée ; ses relations avec 
M. le docteur Gujot ne pourront que proûior au développe- 



— 144 — 

tf IroQve dissipée dans ratmosphère en se résolvant en gaz , 
ff on entraînée dans les couches profondes par la plaie ; e^est 
ff donc toi one perte sèche qu*on subit. Aussi vaut-il mteox 
ff fumer souvent et à petites doses , tandis que les terres argi* 
ff leuses peuvent être fumées plus largement ». 

Ainsi de Gasparin attribue à Targile seule la propriété d'ac- 
cumuler , d'emmagasiner les produits de la décomposition des 
engrais-, et dan^ sa pensée , le sable et le calcaire ne jouissent 
pas de celte propriété. Je ne crois pas me tromper en pensant 
que ta grande majorité des agriculteurs adoptent , sur cette 
question , Topinion de Tillustre agronome. 

n. -* Procédés d'expérimenUUion. 

Je me sais proposé après avoir fait Tanalyse des terres de 
Sologne , de rechercher par Texpérience si Taccumulation des 
produits de la décomposition des engrais avait lieu exclusive- 
ment pour Targile ou si le sable jouissait aussi de la même 
propriété y et dans ce dernier cas de déterminer autant que 
possible la part spéciale de ces deux éléments dans le phéno- 
mène. Les terres de Sologne que j'ai analysées étant presque 
entièrement dépourvues de Télément calcaire , il n^y avait pas 
lieu de rechercher la part d'action de cet élément ; mais on 
était par cela même dans les meilleures conditions possibles 
pour étudier comparativement l'action des deux autres élé- 
ments , du sable siliceux et de Targile. Le peu de calcaire qui 
se trouvait dans le sable et dans l'argile était , pour plus de 
sûreté, préalablement éliminé. 

J'ai apporté le plus grand soin à la séparation mécanique : 
1^ des cailloux et graviers ; i^ du sable ; 3* de l'argile. Je dois 
ici entrer dans quelques détails, afln de montrer avec quelles 
précautions j'ai procédé à des recherches dont les résultats 
pouvaient être en contradiction avec les idées admises par les 
plus illustres agronomes. 

4* Séparation des cailloux et des gratiers-dosage des gros dAris 
organiques. •— 100 grammes de terre séchée au soleil ont été 
délayés dans l'eau , puis jetés sur un passe-bouillon à fond de 
toile métallique. On a fait passer sur la terre 8 à 10 litres d'eau 
de manière à laver parfaitement les cailloux et les graviers 
restés sur la passoire ; on séparait ensuite avec le plus grand 
soin les gros débris organiques restés avec les graviers sur la 
passoire. On faisait tomber dans un bol ces graviers et ces 



— iî5 — 

débris organiques en versant de Teau sur la passoire renversée. 
Eo imprimant à l'eau un mouvement giratoire , elle maintenait 
en suspension les débris organiques en laissant les graviers au 
fond do bol , il ne restait plus qu'à la décanter. L*opératioD 
étail répétée plusieurs foi^ jusqu'à ce qu'il ne restât plus de 
traces de débris organiques dans les graviers : on recueillait à 
part , on faisait sécber et on pesait les gros débris organiques. 

Après avoir fait sécber à Tair les graviers et en avoir pris le 
poids , on les a mis tremper une demi-journée dans Feau con- 
tenant l/lO* diacide chlorbjdrique. Dans le plus grand nombre 
des cas, aucune trace d*effer?escence ne venait accuser la pré- 
sence du calcaire. Si une légère efrervesceace avait lieu » on 
sjoulait un eicès d'eau acidulée pour dissoudre sûrement le 
peu de calcaire qui pouvait se trouver dans les graviers. On les 
lavait ensuite è grande eau à plusieurs reprises. On les faisait 
dessécber complètement à Tétuve de 6ay-Lussac , et on en 
prenait, au sortir de Tétuye chaude, un poids exact de 
10 grammes poor être soumis immédiatement au grillage. 

S"» Séparatéon du sabU et de l'argUe. Leur préparation pour le 
grUlage. — Do laissait déposier la partie de la terre que Teau de 
lavage des graviers avait entraînée à travers la passoire. Au 
bout de 48 heures on décantait Teau au moyen d*un siphon. 
On réunissait complètement le dépôt dans une assiette creuse 
qo*on laissait à Tair jusqu*à ce que Peau fût évaporée. Le dépôt 
à moitié sec était réuni dans une capsule et desséché complè- 
tement à 100* dans une étuve de Gay-Lussac. On pesait 
10 grammes de terre encore très-chaude, c'est sur ces 10 gram- 
mes que portait la lévigalion au moyen de laquelle on séparait 
le sable de Targile. 

La lévigatîon était effectuée au moyen de fappareil de 
M. Masure. Elle éiait dans le plus grand nombre des cas très- 
facile à caose de la nature sableuse des terres de Sologne. 

Néanmoins pour échapper à toute cause d'erreur, quand je 
m'étais assuré que le courant d'eau n'entratnait plus de parti- 
cules argileuses , je faisais encore passer dans l'appareil au 
moins un litre d^eau.^Le sable et l'argile étaient réunis chacun 
de leur côté sur un filtre en papier. On les faisait sécher à 100* 
et on les pesait afin de déterminer les proportions de sable et 
d'argile de la terre analysée. 

Les filtres étaient ensuite remis sur leurs entonnoirs. Sur le 

it 



— 1Î6 — 

sable et sor Targile on versait en excès do Teaa additionnée 
d*aofde chlorhydrique , dont Teffet était de faire dtsparaîUiB 
tout le calcaire à Télat de dissolution. L^oicès d'acide était 
rnlefé par un lavage à grande eau. On faisait ensuite dessé- 
qher complètement les filtres à Tétuve. 

Dans le filtre à sable encore trèâ-chaud , on prenait avec le 
plus grand soin la partie du sable non adhérente an filtre , et 
on en pesait exactement 3 grammes. Ces i grammes étaient 
soumis immédiatement au grillage. 

On faisait de même pour Targile. Il ne fut pas totqoQrs pos- 
sible d*en obtenir S grammes , parce que iea proportions d'ar- 
gile sont très-faibles dans les terres de Soiogae. 

Dans ce cas on soumettait au grillage le poids d'argile qu*on 
pouvait retirer du filtre, en sacrifiant les parties adhérentes au 
papier. On calculait en conséquence la proportion centésîoiale 
de la perte subie dans le grillage. 

3^ Le sable pur deseéché à 100^ ne reiien^ pas d'eau. — La 
partie la plus importante de ces recherches était de déierfoifier 
les proportions des matières organiques qui pouveieat être 
restées adhérentes au sable et aux graviers. On do f eut dire , 
je le crois , que des graviers siliceux , que du sable siliceux , 
desséchés à 100^ par un séjour prolongé dans une éture de 
Gay-Lussac , conservent encore de Teau , et que cette eau en 
se dégageant au rouge, soit une des causes de la perle de poids 
subie par la matière pendant le grillage. 

Cependant , pour plus de sûreté, j'ai pris une pierre de grës 
blanc très-tendre , cette pierre s*est résolue en un sable fin, 
blanc et pur , sous la simple pression des doigts. J'ai laissé 
tremper ce sable dans Teau pure pendant plusieurs jours; je l'ai 
fait dessécher d'abord à l'air, puis dans Tétuveidansies mêmes 
conditions que les terres arables. Enfin je Tai soumis au grillage. 

J'ai constaté : 

1® Que sa couleur restait la même pendant toute la durée 
du grillage; 

2<> Que son poids était resté exactement le même* 

Je suis donc en droit d'affirmer que dans les circonstances 
où. je me suis placé , le poids que le grillage fait perdre aux gra- 
viers silicetus et au sable Vieeux des terres soumisee aux analyses 
représente eocaclemetU le poids de la matOre orgamqme qui re$te 
accumulée à leur surface. 



- «7 — 

Qoaol 8 Fargile , il esl évident que sa perte de poids est due 
k la fois i la matière organique qu-elle retient et à son eau de 
coDstitulion dégagée pendant le grillage. 

4* GriUage des malière$. — Le grillage a été fait dans un 
creaset de plaline chaufToe par la flarijuie d'une lampe à alcool 
assex vive pour porter le creuset au rouge. 

Oo tarait sur la balance le creuset conienant la matière qa*oo 
voulait griller. Après TopérAtion on rapportait le creuset sur 
son plateau; le poids qu^il fallait ajouter du cdté du creuset 
pour rétablir Féquilibre était évidemment le poids perdu par 
I« matière grillée. 

On pesait ensuite la matière refroidie , en y ajou^tant la perte 
de poids trouvée , on devai,t retrouver le poid$ de la matière 
soQuiise au grillage (10 grammes ppur les graviers, 2i gramtpes 
pour le sable et poiir TajjgUe). 

Les pesées ont été faites à moins d*un centigramme près. 
Les résultats étai^t donc obtenus à n3oinsd*uniOb*' près poiMT le 
sable et pour Targile, à moins d*un 1000" près pour les graviers. 

Ed résumé , avant de subir le grillage, les graviers, le sablç 
et Targile aviiient été soumis : 1® à un lavage à grande eau ; 
3® à un lavage à l'eau acidulée; 3^ à un nouveau lavage à 
graode eau. Le premier et le troisième lavages étaient suivis 
d'uD sécba|;e eçnApLet à lOO'^. 

La matière organique qui pouvait encore rester à leur sur- 
face n*étail évidemment soluble ni dans Teau ordinaire, ni dans 
Feau acidulée. Elle n'était pas non plus volatile à iOO<^. On 
avait perdu dans les opérations de lavage préliminaires les 
parties solubles dans Teau et dans les acides. Les résultats nu- 
mériques trouvés étaient donc tous trop faibles. Mais comme 
il s* agissait surtout d'expériences comparatives, les concliisions 
i tirer n'étaient pas entachées d'erreur. 

lil. — BhuUcUs généraux. 

Preuves de l'accumulation des produits de la décomposition des 
engrais sur les graviers,et sur le sable siliceux. — Bo opérant le 
gnlitfge du sable , j'ai constaté dans tous les cas que les grains 
siliceux qui avant l'opération paraissaient purs et ayaient la 
couleur de la silice , devenaient noirs au commencement dis 
grillage « puis perdaient bientôt cette couleur pour reprendre 
celle (qui leur est propre. 



— iî8 - 

La couleur noire, qu^on observait provenait évidenimeot de 
la carbonisation d'une matière organique par Taction décom- 
posante de ia chaleur. Le charbon était ensuite brûlé dans le 
grillage et disparaissait. 

Le même phénomène se reproduisait avec ia môme oottelé 
dans le grillage dos graviers. Des cailloux de la grosseur du 
pouce noircissaient également et reprenaient ensuite la cou- 
leur du silex. Tout le monde peut sans dif6culté répéter ces 
expériences si simples et si concluanti^s. 

Il était prouvé par ces faits, âa la manière la plus évidente, 
que la 8*'rface des graviers et du sable sUieeux des terres arables 
se recouvre d'une couche de matière organique provenant de la 
décomposition des engrais dans le soL 

Que cette couche y est assez fortement adhérente pour échapper 
à l'influence de lavages multipliés à teau ordinaire et mime à 
Veau acidulée, 

La propriété d'accumuler les produits de la décomposition 
des engrais organiques dans les terres arables n'appartient pas 
exclusivement a Targile , comme Tout pensé les agronomes 
allemands et de Gaspario ; la silice à Télat de sable, à Télat do 
graviers , à Téial de cailloux la possède également. 

IV. — BésuUois numiriq%us des expériences. 

Dans quelle proportion le sable et les graviers siliceux peu- 
vent-ils accumuler les produits de la décomposition des ma- 
tières organiques? C*cst ce que va nous apprendre le tableau 
suivant. 

bans les colonnes S , 3 et 4 sont inscrits les nombres qui 
représentent les résultats des expériences calculés en centièmes 
du poids total de la matière soumise au grillage. 

La 5* colonne contient les quotients des nombres de la 4* co- 
lonne divisés par ceux de la 3*, c'est-à-dire les rapports du 
poids perdu par Targile dans le grillage an poids perdu par le 
sable du même échantillon déterre arable. 

Enfin la i'* colonne contient les poids des gros débris orga- 
niques qu'on a recueillis dans 100 grammes de terre. Ces poids 
font juger do l'abondance des matières organiques en voie de 
décomposition. 



— 129 — 



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5' 32 g. 









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— 130 - 

ir* Remarque, — Los gros débris organiques dod eneof^ dé^ 
composés dams les terres arables sont eâ proportions (otijocn'4 
très-faibles, relativement aux proportions qui sont accàmttlées 
sur les éléments de fa terre, i( y a rarement l 0/0 de gros 
débris organiques , tandis qu*il y a en moyenne 15 0/0 de ma- 
tièreà organiques accumulées. Le terreau se trouve donc , dsas 
les terres arables , presque exclusivement à Tétai de maiière 
cond^nséo et incorporée pour ainsi dire aux éléments da \é 
terre. 

S' Remarque.'^ Abondance des matUres organiquee accumuUeê 
dans les sous-sols. — Si on considère à part les résultats obte- 
nus par les sous-sols consignés dans lo taMeati précédent « on 
voit que les produite de la décomposition des matières otgB'^ 
niques accumulés sur les différents éléments physiques de lé 
terre (graviers , sable et argile) sont presque dans toui te9 caà 
aussi abondants que dans le sol.labeuré et fumé. Si on ealculé 
les moyennes de ces résultats , on trouve : 



lloyeniMi 

des nutièret 

organiques aceamoltfes. 



Dans les sols. . . 
bans lès sons-sols. 



Sur les sntiers. 



0,35 OjO 
0,33 0/0 



Sur le stbie. 



4,33 OiO 
3,11 0/0 



Sur l'-argile- 



I3,«« 



Les moyennes diffèrent peu « surtout pour les graviers el le 
sable. Pour Targile , la moyenne est en général plue forte dans 
les sots que dans les sous-sols. 

En admettant que les racines des plantes cultivées puisseat 
tirer partie de ces matières organiques accumulées dans Ja 
terre , on voit qu'elles trouvent, à plus d*ua mètre de profon- 
deur, d'abondantes ressources tilimeùtaires. 

V; — Conduiions ew les pouvoirs condensateurs des Mmenis 
physiques des terres arables sur les engrais organiquee. 

j'appellerai pouvoir condensateur des éléments physiques dtfs 
terres arables sur les engrais organiques, la propriété que pos- 
sèdent spécialement ces éléments d'accumuler les pfcdàits de 
la décomposition des matières ok'ganiques; celte pr^priélé 
dtant estimée pour chacun d'enx en raison de leur poids. Les 
résultats numériques de mes recherches expérimentales me 
permettent d'en tirer les conclusions suivantes que je crois 



- 131 ~ 

soflisammeot motifées et que je soumets respectueiisement au 
jogement àe nos savants agronomes. 

i^ Pouvoir candensaUur'dei graviers but lea engraiê organiques 
^. — Les graviers siliceux , trois fois lavés, complètement 
desséchés à 100* ont sabi par raciion du grillage des pertes 
de poids très-sensibles qui ont varié entre ^ et 5 millièmes de 
leor poids. 

Cette perte de poids ne pent provenir que de la combustion 
des matières organiques accumulées à leur surfare. La pru- 
portion des ooatières organiques accumulées à la surface des 
graviers dépend : 

1* De rabondaneo des matières organiques do. soi ; 

ifi De la grosieur des cailloux et graviers dont nous n'avons 
pas tenn complo. 

La moyenne des résultais obtenus a été 0,34 0/0. 

Poor les terres de Sologne analysées , on peut considérer le 
pouvoir condensateur des graviers comme représenté par 0,0034 
ou^. 

^^ Pouvoir condensateur du sable silicoux sur les engrais orga- 
aiguei 0,035 ou^. — Le sable biliccux, séparé par la léviga* 
lion , lavé à Teau acidulée et à l'eau pure et complètement 
desséché à 100* , a éprouvé en subi&sani le grillage une perte 
de poids Irès-notable qui a été en général de S à 4 0/0 de son 
poids. 

Celte perte de poids ne peut provenir que de la combustion 
des matières organiques accumulées par le subie. 

Les proportions dépendent du plus ou moins d'abondance 
des matières organiques dans les sols arables. 

La moyenne dos résultats obtenus dans les terres de Solo^ 
gne est d'environ 3,5 0/0. On peut représenter par conséquent 
k pottDoir eondeneateur du sabls dam les terres arables par 0,035. 

1'* Rmnarque, -* Dans les expériences 3, 8 , 9 , 11 et 15 , les 
proportions de matières organiques tronvées dans le sable 
dépassent 4 0/0 et atteignent mémo 7 1/2 0/0 (expérience 9 
et IS). Mais dans ce cas le sable offre on caractère particulier 
qui me semble provenir de l'excès des matières organiques 
qui s*y trouvent La matière organique n'est pas tout entière 
concentrée à la surface des grains de sable , elle s'agglomère 
et forme de petits grains noirfttres qui , mélangés aux grains 
siliceux, modifient profondément leurs qualités physiques* 



_ 134 _ 

C*ost cet état de la matière organique qui caractérise d'one 
manière si tranchée les terres de brayère de la Sologne. 

2* Remarque. — Les sols sableux sont loin d*ètre dépoarvus, 
romme le croit, de Gasparin , de la propriété de retenir les 
produits de la décomposition des engrais. 

En admettant la moyenne 0,035 trouvée par rexpéneore 
pour le poids do la matière organique accumulée sur le sable, 
et en portant au minimum à 5,000,000 kilogrammes le poids 
de la couche labourée et fumée d'un hectare 4e terre sa- 
bleuse, on trouve qu*il pourrait y avoir accumulés dans le sol 
(5,000,000 + 0,035)175,000 kilogrammes de matières orga- 
niques. En admettant que ces matières organiques puisseni 
servir d*aliments aux plantes, c*est un poids suffisant pour plas 
de quarante récoltes de blé. Ce n*est pas certainemeni è nn 
défaut d'accumulation dos produits de la décomposition des 
matières orgariiques dans les terrains sableux qu'il faut attri- 
buer leur infertilité. 

3® Pouvoir condensateur de V argile mr les engrais organiques. 
— L*argile , séparée par la lévigation , lavée à plusieurs re- 
prises et dcssûchée à 100* , a éprouvé dans le grillage des 
pertes de poids qui ont varié de 5 à 12 0/0 en général, et qui 
dans les circonstances exceptionnelles ont atteint 14, 15 , 17, 
18 et même i8 0/0. 

Mais cette perte de poids n'est pas due seulement à la com- 
bustion des matières organiques , elle est due en grande partie 
à Tcau de constitution que la chaleur fait dégager de Targile. 
Il n'y a donc pas de conclusion précise à tirer de ces nombres 
pour évaluer l'extenaité du pouvoir que possède Pargile d'accu- 
muler les produits de la décomposition des matières organiques. 

Nous arriverons plus sûrement à nous faire une idée juste 
du pouvoir condensateur de l'argile en le comparant à celui 
du sable.' 

4* Comparaison des pouvoirs condensateurs de l'argUe eê du 
sable. — Nous avons inscrit dans la 5* colonne du tableau 1rs 
nombres qui expriment les rapports des poids perdus par l'ar- 
gile dans le grillage, au poids perdu par le sable dans chaque 
échantillon de terre arable. La plupart de ces nombres sont 
compris entre 2 et 3 , et ceux qui s'en écartent proviennent de 
conditions exceptionnelles dont il est facile de se rendre 
compte. 



— 133 — 

le nombre qui s'en écarte le pins (4,B) a oié trouvé pour le 
sol de la sapinière. Ce sol contient en grande quantité des 
débris de racines, d*écorces, de raoïeaux et d*aigui)1es de 
sapto en fragments assez petits pour traverser la passoire en 
graodes proporlions. Ces débris, à moitié décomposés, ont été, 
à cause de leur faible densité, entraînés avec Targile dans 
ropération de la lévigatioo, et ont ainsi augmenté l^s propor- 
tions de matières organiques trouvées dans Targile, sans y être 
à Tétat de matières accumulées. 

Les nombres (3, 7 et 3 , 6) trouvés pour la terre noire de 
bruyère, proviennent encore de Tabondance exceptionnelle 
des matières organiques dans ce sol. 

Bnfio le sol (n* 9) pour lequel on trouve 3, 8 est remarqua- 
ble par une innombrable quantité de fibrilles , de tiges et de 
racines des mauvaises herbes qui pullulent dans cette pièce de 
terre. Ces débris , assez petits pour traverser la passoire , se 
retrouvent naturellement en majeure partie avec Targile , sans 
j être è Tétai de produits décomposés. 

Oo peut donc en général regarder la perte de poids subie 
par l'argile dans le grillage comme étant de deux è trois fois 
feolement plus grande que la perte subie par le sable. 

U (aut observer encore que la perte de poids du sable est 
due exclusivement à la combustion des matières organiques 
qQ*il contient ; tandis que la perte de poids de Targile provient 
et des matières organiques qu^ellv tient accumulées et de son 
caa de constitution. 

Je crois donc être aussi près que possible de la vérité on 
concluant qu'à poid.s égal , la quantité de matières organiques 
que l!argile peut accumuler est tout au plus deux fois plus 
grande que celle du sable siliceux. U pouvoir condensateur de 
tarfgOe m irouterait ainsi /Ixtf à 0,07 I /l 5. 

5* L'aceumulation des produits do la décomposition des 
matières organiques dans le sol , tant sur le sable que sur Tar- 
gile . est-elle le résultat d'une action chimique ou l'effet d*une 
siibple adhésion mécanique? 

D'après ce qui précède , la silice en grains sableux , en gra- 
vicri de toutes grosseurs , jouit de la propriété d'accumuler 
les produits de la décomposition des matières organiques. 

Pour le sable siliceux , celte accumulatiop est évidemment 
ie résultat d'une simple coRdensation de \p matière organique 



- 134 — 

la surface des graîM. Si tfoe actio» chimique participe au 
phénomène^ elle serait difficile à cooiprendrjB dans rétat actuel 
de la scieocol 

Il est probable qo*il en est de même pour TargUe, du moiiia 
son action peut s'expliquer par une siospie condensaitoo de la 
nmlière organique sur ses particules. 

Si un certain poids d*argile peut accua>iiler une quantité 
plus grande de matière organique que le même poids dm subie 
(deux fois plu»,'d*après les expériences qui font le sujet de la 
V partie de ce mémoire) , on peut Texpliquer sans supposer 
au silicate d'alumine de Targite une action chimique particu- 
lière sur les produits de la déc ompositioq des matières orga- 
niques. Oe peut considérer simplement que les particules ai|;i- 
louses , étant plus petites que les grains de sable, présentent 
pour le même poids une surface plus grande aax principes or* 
ganiqoes qui viennent s'y accumuler. 

Oo peut voir dans ces phénomènes nne action cbimiqoe, on 
peut y chercher le secret de la dissolution de ces masses énor- 
mes de silice qui pénètrent dans les céréales pour aller solidi- 
fier leurs tiges ; mais qu'il y ait ou non nne action cbimiqoe 
dans raccumulation des produits de la décomposition des ma- 
tières organiques sur les divers éléments des terres arables, 
les quantités pondérables accumulées dépendent plutôt de 
l-état de division mécanique de cet élément que de leur natare 
chimique. 

Qu*on me permette une dernière remarque. Il résulte de là, 
je n*aî pas besoin de le faire remarquer longuement , qu'une 
simple analyse physique , telle qu'on peut la faire par la lévi- 
gation perfectionnée, permettra d'apprécier, de mesurer môme 
avec une approximation suffisante la quantité de matières or- 
ganiques provenant de la décomposition deaengraiS| qui pour- 
ront être accumulés et conservés à Télat de vieille graisse, 
dans une terre arable. 

J'appelle de tous mes vœux l'attention des savants et des 
agronomes sur ces questions importantes. 

F. MAZURE. 



— 135 — 

lATPOET SUE LB G01IC017B8 BB LA PEIMB D*HOIIHBUR B^IHDBB'BT- 
iOlEBv FAIT ▲ LA SOCIÉTÉ D*A«BICDLTUBB DB P01TIBB8. 

(SuUe.) 

Dans sa prospérité présente quelle était la part de son père, 
qoelle était la sienne ? Devait-on s*exposer à porter à sort actif 
des mérites antérieurs à sa naissance? 

Ineonte&tabloment , les résuftats obtenus sont fun de^ eoef- 
ficienls les plus énergiques dans les calculs d'appréciation ; 
mais en Constatant ce qu^lls sont, n'd-t-on pas à se denaander 
d*oii ils viennent? 

La différente des points de départ, le poids plus on moins 
loord des chargés taillftnimont poftéés dans la route , l'ibéga- 
Fité des obstacles franchis, 1^ faveiit ou la défavetfr des circons- 
iaoces accidentelles, ces cdûseS diverses soUt inévitablement 
variables d*uD Concurrente Un autte. One lutté à artties égales 
est impossible entre eux. Les juges dës'Causes otil donc à me8ù<^ 
rer ces artnes pôuf apprécier Tusagé qui en a été fait. Ne Voit 
que la fin sans le contrôle des moyens qui Tont amenée, ce 
Serait faire tombet le concours dans une constatation purement 
matérielle, iOadmissible et injuste partout ch la personnalité 
humaine est engagée. Or, c*est dans les moyens principale- 
ment que se révèlent Tintelligence , Tactivité, la conduite, en 
otj mot, la valeuf Agricole des concurrents. 

Celle de M. de la Villeleroux n^est pas douteuse et il en a 
fourni une preuve bien remarquable. 

Lors de la première visite, il ne s*était pds fendu toute fait 
compte des obligations du rAle qa*il s'était donné. 

Rien ne doit être négligé en pareille circdnstaùce, ûi lés 
moyens de forces , ni les moyens de fonds. 

Chacun se prévaut de ses droits, les expose et les prouve 
de son mieux. Cest d'aiHeurs un jour de félë où la parure est 
de rigueur. 

Parmi les concurrents sérieux et habiles, de Thabileté la plus 
légitime , la visite d*uné commission est précédée d'un coup 
de balai géûéral, mAme pour les choses où lé balai né peut être 
pris qu'au figuré. 

Or, H. de la VSlIélerôul, éônflènt dans sa force àVétft attendu 
Tarrivée de la comiillBSiOri , Sans 8*fttré livré , en préalable , fc 
cèUé apt»r6]^Midli de dfétMT qui suppricné, dissimulé ou cor- 



— 136 — 

rîge les parties faibles, rehausse et fait reluire les parties h met- 
tre en relief. 

Il lui en eût peu roulé, par etemple , de remplacer dans un 
troupeau , une vingtaine d» brebis défectueuses par des brebis 
meilleures, de foire éclaircir ses betteraves malgré la rareté des 
bras (il s'en trouve toujours en ras de nécessité) ; de donner à 
ses prés naturels une fumure d*hiver» des appareils d^irriga- 
tion , toui au moins une toiletie convenable par la suppres- 
sion des broussailles compromettantes; d^exposer, comme 
étant en voie d'exécution, un assolement judicieux au lieu de ne 
ravoir qu'en projet , pour remplacer un assolement difficile à 
défendre ; de passer sous silence une vigne négligée» etc., etc. 

Il y avait surtout un point auquel U. da la Villeleroux devait 
se rattacher. La prospérité financière de son exploitation n'é- 
tait pas douteuse. Elle ressortait de J'ensemble sans être affai- 
bli*) par quel(iues détails à critiquer. Donc , puisque cette 
prospérité était réelle , il fallait la rendre saisissante , en la 
fixant dans des chiffres établis par une comptabilité régu- 
lière. 

Et bien ! lors de la première visite de la commission , tous 
les éléments de cette comptabilité se trouvaient à la Guéri- 
taude; mais cette comptabilité elle-même n'existait pas dans sa 
forme probante. 

M. de la Villeleroux avait fait comme le misanthrope do Mo- 
lière dans son fameux procès : il avait négligé tous les moyens 
de procédure, oubliant qu'il était de l'essence des chose:! hu* 
maines que la forme donne Têtre au fond. 

Heureusement quelques Philintes amis, ou plus probable- 
ment M. de la Villeleroux lui-même, qui n'est un Alceste que 
sans le savoir, a fait des réflexions salutaires; et quelques mois 
après, lors d'une seconde visite, des changements en bien ^ 
avaient été accomplis en si grand nombre que l'exploitation 
de la Guéritande s'en trouvait transformée. 

La comptabilité elle-même , improvisée sans cesser d*êlre 
exacte, était signalée comme un modèle. 

Mais l'impression première ne pouvait pas être effacée. Elle 
était résultée d'un examen qui représentait l'état normal et 
accoutumé de l'exploitation. La seconde provenait de faits trop 
récents pour donner confiance ea la durée. 

Les corrections opérées sont un nouveau point de départ 



- 137 — 

parfaîlement choisi dans ane voie oh H. de la Villeleroux a 
déjà beaucoup d^avances. 

Ed conlinuanl à y marcher déflnîlivement, le cachet de sa 
personnalité s'imprimera sur l'œuvre de la Guéritaude , et dès 
lors son succès sera facile au prochain concours. Son agricul- 
ture en elTei , avec ses racines fortement implantées dans de 
bonnes traditions, avec son développement dans un milieu 
favorable, avec ses proportions rationnellement accessibles et 
saisissables, manifestera toujours exceptionnellement ce carac- 
tère do solidité et de sécurité qui est la qualité la plus désirable 
dans les entreprises humaines. Ce caractère , nous ne le retrou- 
verons plus, du moins aussi complet, dans ragriruUure des 
exploitations, que d*autres causes ont placées, cette année, 
au-dessus de la Guéritaude. 

Les agriculteurs do TOrfrasière, de Girardet, du Plessis et 
de la Briche dont il nous reste à parler, laisseront-ils à leurs 
enfants cette position agricole pleine de grandeur et de stabi- 
lité que M. de la Villeleroux a trouvée dans Théritage de son 
père et que ses travaux personnels promettent qu'il laissera 
loi même à ses fils? Nous voudrions Tespérer et le croire ; car 
ce que nous désirons le plus, c'est qu*il se constitue en France 
une classe d*agriculteurs qui trouvent dans sa condition telle- 
ment de considération et de profit que des familles s'y perpé- 
tuent avec ce sentiment que leur honneur et leur intérêt les 
raitachent à l'agriculture. 

Cette classe est à créer L'ngriculture , comme science et 
comme profession libérale, date d'hier, elle est sans tradition. 
Avant 1789, elle n'était qu'un métier abandonné à des hom- 
mes sans éducation , sans considération , amoindris et sacrifiés 
par les lois et les mœurs du temps. Qu'on ne nous objecte pas 
quelques faits isolés. Nous les connaissons ; mais nous savons 
la mesure. 

L'esprit de la réforme au xvi^ siècle et l'esprit philosophique 
au zvni* entrevirent et trouvèrent quelquefois ce qui dt^vait 
être la vérité dans l'état des hommes et «les choses de Tagri- 
cullure ; des famines périodiques el multipliées que nous ne 
reverrons plus , arrachèrent sous la pression de la faim quel- 
ques dispositions royales en faveur des classes rurales ; mais 
des ordonnances d'exception 9 transitoires et éphémères, des 
protestations- clairvoyantes d'une minorité opposante et sans 



— 133 — 

pouvoir ny^ipièchaieiit pas (jup Télat jgénérfJ 4e ragricuUure 
et des culiiyateurs ne fûl mauvais et dé^e^li^le » contraire ^ 
toute raison «t à tonte justice. Le oullivatenr , payç^n, maaaDt 
ou vilain , était resté le seul en France qui fût tailla()le et cor- 
véable à merci. 

Le travail de la terre envisagé en lui-mônae , quand il était 
dépouillé du prestige et des privilèges de la propriété,, était jugé 
indigne d'occuper im homme libre. %n s'y livrant, h noble 
tombait en dérogeance, r.ecclé^ïiastique sojjs le coup des lois 
canoniques, le bourgeois perdait le bénéfice des franchises de 
la charte municipale. 

Les choses restèrent ainsi jusqu*à la dernière heure, de pigr 

la législation et la jurisprudence, comme nous pourrions le 

démontrer avec des textes de loi , des arr£(is de parlement 

et des opinions de jurisconsultes de 1^ seconde moitié du xviu* 

^ siècle. 

Entre le régin^e des campagnes de cette époque et celui d'au- 
jourd'hui 11 y a la même différence qu'entre noire législation 
criminelle et la législation criminelle d'avant 1789, qui suivant 
l'expression de M. delà Perrière doit être abhorrée à jamais. 

"Nos agriculteurs n*ont rien à rechercher, rien à regretter 
dans ce passé que nous rappelons sans passion, car nous n'en 
craignons pas le retour. La culture libre sur un sol libre est 
sans précédents acceptables dans un milieu que flétrissait une 
double servitude , quel que fût le degré qu'elle atteigntt,*qurllô 
que fût la forme qui la déguisât; et de même J'agrioulture scienti- 
fique et rationnelle se sépare entièrement d'un métier pratiqué 
dans rignorance , à Taide d*un empirique sans principes et sans 
lois. 

Notre. siècle inaugure une agriculture nouvelle comme i! à 
inauguré un droit public tiouvédu I 

De là vient que les grandes individualités de noire époque , 
en agriculture comme ailleurs, sont celles qui ont rompu le 
pins franchement avec les traditions, où trop de choses pré- 
jugées obscurcissent Tintelligence , faussent le sens moral et 
embarrassent matériellement les voies qui conduisent à la re- 
ftherche du vrai. 

^. ÂANAULT M iiA ilUiHàRDIÈRS. 



— !»• - 



Des meilleures pomva^ de terre. — La société impériale et 
centrale d*agriculture de France avait nommé une commis- 
îoa«AiNtgt# é'étudtor icelta intétesBanle qu#8li«â. M. Clifftt 
fut désigné comme le dégustateur le plus digne; et de son 
importait traviiH tiotià av4>tis eitrah \m vnfiété^'StfWMt^s, que 
Ton peut ronsidirerijuAte titre comme dignas de la préférence 
des personnes qui veulent cultiver quelques bonnes pommes 
de Urre : 

1'* sÉRiB. — Jaunes fondes , de Horworst , ôéil violet, tlSgent. 

2* ïïÈaaL.*^Jaums km^m^ f«ap«low£i(iiBey., iWSiiia blosso- 
med, Hardy. 

3* sÈUE.'^Hmê§es ^nmdee^^^^okè^ Fortgr ibM, ée Strasbourg. 

4« sÉBiB. — Rouges longues — Xavier, Kidney rose. Pale red, 

»• stoïk. — Tictot». — Btetre irtatè iMrù ; BtJdtbott lancy , 
Hundred fold. 

Quant aux variétés telles que la Shaw , la Marjolin^ de pre* 
mière et de seconda suison,, la jaune longue de Hollande , la 
PoQssedebout etla'VSetelle , èNea sent4>éaucoup trop avanta- 
geusemefil c^mioea pt>«r (|«fHl «oit nééetsme d« tas recom- 
mander. 

Bien qoe depuis longtemps déjli en possession de la faveur 
dont elles joolssémt, ces pommes de 'tt^rre n^t^mt (>as été û&p^it- 
sées. La Harjolin de precuiëre Saison , dont il se fait à Paris un 
commerce cokisidérable , ne petit même , jasqù*^ pféseht du 
moips, fttre remplacée par aucune autre. Toutes du l'esté sont 
cahi?ées en gr^nd pour Tapprovisionnement de nos marchés ; 
ce qui prouve plus en leur faveur que tout ce que Ton pour- 
rait dire II car rarement les cultivateurs des envirops de Paris 
se teompent sur le mérite des {liantes qu^iU.adppient, 

H est r«assi un certain nombre d» pommes deJ^^equi^.pi^r 
leur vigueur et l'abondance de leurs produits, coAiieAP^t.^aqt 
pMiciiLièrem&o4 à la grande culluse. On f>eui en «former iine 
6*eérie'qiii tm çomjiosera de la maftière «nivanle : 

t^^Émj'*^ Pwiœes.de larro Gaillaud , Chardon « Jouii^ de 
Feitt'-yd/de TH^&vh^wk. , HaB^elWwEel 4»td'AutttM(id. 



— 140 — 



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La charftte PArii réuini toil» le» av«ntag«c fK)or la culture 
des vignes , surioui des vieilles qui seraienl irrégulièrement 
plantées; elle se compose : 1® d*un déchausseur; 9fi d*un 
bineur ; 3® d*un butteur, coB«4nH4» oofl^étemenl en fer forgé, 
se montant stir le môme âge a Taide de deux écrous. Cette 
charrue ne Déces!S4l4> « dun» iea terrains de moyenne farce, que 
remploi d*un seul thev^il ou d*un seul bœuf, quoique résîslible 
à deux forts chevaux ou deux forts boeufs. 

i^ Le dfU'htiusseur est aissi rc^chauseeur en laissant, sur Té- 
tançon de devant, une petite pièce saisie avec trois petites vis ; 
celle pièce doit aussi rester à demeure pour h* laboor des 
jeunes plantes^ des vignes hautes , etc. ; elle se supprime seu*- 
lement pour les deux derniers tours dans les vignes basses. 
Ce même déchausseur (avec versoir h droite ou à gauche selon 
les demandes), dont Tavanucorps se trouve incliné du côté 
opposé au versoir; par conséquent éloigné du plan de Tage 
d'environ m. 48 à 20 c-, permet d*approcher très-près des 
souches sans nuire aux bourgeons ; la pointe du soc est déviée 
du côté opposé pour éviter que la souche ne soit atteinte par 
le soc; il ne reste donc à enlever à la bêche qu'une petite 
bande de terre de m. 8 à 10 c. deiargeur entièrement crevée 
par les deux derniers tours de la charrue. 

2« Lebinoir, instrument sans versoir, ay^nl deux larges 
couteaux tous en fer forgé et aciéré formant une largeur 
moyenne de m. 70 c. , coupe les herbes et racines laissant la 
terre à plat. 

3* Le butteur , avec ses versoirs pouvant s*écarler de m. 
30 à 40 c, peut rechausser en iin seul tour un rang de vignes, 
ou jeunes pianies, ou plantes sarclées de 1 m. 10 c. do largeur. 
Cet instrument, résisiihie à 4 bœufs, peut être employé à 
faire des fossés clans les vignes pour y enfouir les fumiers. 

Prix des trois instruments, u^ 4, 170 fr.; n* !i, 155; 

HO médailles dont 4 médailles d'or et 3 rappels de médaille 
d*or ont été décernfîes è cette même ehiifrue. 



»»oilieM.— Typ. de H. Oroi». 



BULLETIN 



DE U 



SOCIÉTÉ ACADEMIQUE D'AGBIGDITURB 

BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS 
DB POIIIBR». 



NO 97. 



SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU i MAI 4865. 



40 membres sont présents. 
H. le Président ouTre la séance ol dit : 
ff Bien rôcçmment, Messieurs, la Société ^ perdu plusieurs 
de SOS membres. Permettez-moi d*ëlre en quelques mots 
trop courts, Tinterprëte de vos regrets. Nous avons perdu 
MM. Barrilleao , directeur de Técole de médecine » ancien 
trésorier de la Société ; de la Mônardiëre , njembre du con- 
seil » dont les niémoires pleins d'intérfii enrichissent encore 
nos dernien Bulletins; MM. de Gove , receveur-générfll el de 
fa Taulade, directeur des contributions dirt'Ctes , fonction- 
naires élevés dont les sympathies nous étaient acquises, 
t Nous avons encore à regretter M. Romand , membre ctu 
Conseil général , qui avait acquis une juste popularité par 
son généreux dévouement aux intér/^ts publics, 
t Un hopime éminent par la science , M. Nicias Gaillurd , 
président à la Cour de cassation , notre compatriote a été 
récemment enlevé à sa famille el aii pays qu*il honorait par 
son grand caractère , il était le délégué et le représentant 
ordinaire de la Société académique do Poitiers dans toutes 
les grandes réunions scientifiques qui ont lieu périodique- 
ment à Paris, que son souvenir et son exemple soient urt 
encouragement pour tous ceux qtri cherchent à s* élever par 
la voie droite de Uétude et dd devoir, t 

BaUetin de mai 1866. 12 



-- 144 — 

Les oarragcs offets à la Société pendant le mois précédent , 
sont : 

1^ Obeertaiimu mr quelques plautee raree ou nowoeUes d$ la 
Flore de Belgique, par H. Abhard TaiBtms; 

S* Les aiuga pyramidalii et geneveneis « par le mémo ; 

3* Ensemble général au vgsàme des stms^ par M. Aratou 
LoQUin; 

4® Mémoire sur les avantages comparés de la marne et delà 
chaux employés en agriculture ^ par M. Hâsitbb. 

La Société déride qu'une médaille sera offerte à la Société 
des labouroars pour être décernée lors de leur concours da 
7 présent mois. La Société nommera dos délégués pour la 
représenter à cette fête agricole. 
Sont éltis : 

Membre titulaire résidant. 

M. DB Clogk (Arthur), propriétaire. 

Membres titulaires non résidant. 

HM. Mâbtinbau , à la Grève. 

pBÉvosT-HAisoifivAT , à Availles-Limousino. 

Compte-rendu de la première démarche faite auprès de 
M. le Préfet de la Vienne , par la sous-commission chargée de 
conduire à bien la prqposition de M. de Grousseau (M. de Soq- 
vigny, rapporteur). — Sur cette lecture et sur les observations 
auiquelles elle donne naissance , la Société accorde en prin* 
cipe,sa coopération aux concours agricoles de départeraeot 
et de canton ; mais , considérant la modicité de son budget cl 
l'incertitude des allocations qui lui sont parfois accordées avec 
des destinations spéciales , elle ne s'engage à autre chose qu*à 
solder les frais do publicité dans les limites jugées nécessaires 
par son conseil d'administration. 

Rapport de M. Mauduyt sur la proposition de M. de Souvi- 
gny relative aux engrais commerciaux. — Adoption des con- 
clusions de ce rapport. — La Société publiera dans ses Bulletins 
les renseignements qu^elle pourra se procurer. 

Lecture de M. Trouessarl sur le mémoire ayant pour titre : 
Des avantages comparés de la nmme et de la chaux employés en 
agriculture, par M. Masubb. 

Lecture du rapport de la commission chargée de juger les 
bestiaux gras , par H. de Souvigny , rapporteur. 



L60(ur« dtt rapport, da U cooBQiisAiqn 4ihaf(;4» do JNser les 
animaux de U race Qme , p^r H. da Paslural . pr^wdea(«i*ap- 
porleor, 

La séance est levée. h 



lAFPon msh LA vnvnL bb ynrîaovnM m m. lb iiogtbub 
etnroT bahs ib CAirroii db 9AiifT>«B0B6B» ^ienne^). 

Messieurs, H. le docleur Guyol", après avoir visité les prin- 
cipales coutrées vilicoles de notre département, a bien voulu 
nous donner, dans une séance tenue à Poitiers même, les en- 
seignements et les conseils quMI s^étoit déjà plu à prodiguer à 
ceux qui avaient eu Tavanlage de se trouver avec lui sur les 
terrains mêmes qu*il a visités. 

Aussi, Messieurs, en vous rendant compte de sa visite aux 
vignobles du r^Hton de Saint-Georges « je n'aurai , pour vous 
faire profiter de ses utiles conseils, qu'à rappeler à vos souve- 
nirs ce qu'il vous a dit avec tant do charme et de bienveil- 
lance dans la séance tenue à rBétel-de-.Ville, le 

CDLlimB DB I^ ViaBB DANS LA CABTQH DB SAiOT-GBOBaBa. 

Avant de yoas perkr des excelfénts nvh que M. le docteur 
Guyol a bien voulu nous donner dani ce canton-, H est besoin 
de vous entretenir delà manière dont la culture de la vigne y 
est condoiter/depoTS le môÉnent d^ la plaiitatiOil do tép jusqu*à 
eeloi où Ton considéré qu'il est définit! vemrent formé pour la 
production , et pendant sa période de'iti'&dublion; * 

Les vignerons du canton de Saint-6eorgé9aprï^itt)ilreUoisî 
UD terrain dont la natnre convient^ à la* vigae défoncent ordi- 
oaireaient le sol soit à i^eide d^an labourage avec beatiaui , 
soit par no travail fait au pic, de nianière a* posséder une cou- 
che de terre très-meuble d^une épaisseur d*enriron 30 oenti- 
mètres. 

Sor ce terrain ainsi préparé , on crease dos fossettes d*ane 
profondeur de 90 à 25 centimètres , ayant 35 à 40 centimètres 
de longueur et IS centimètres environ de largeur. 

Ces fossettes sont alignées en losanges ; elles sont distantes 
eatr'eliea dans la ligne de d mètres t(0 centimètres ; tes lignes 
sont séparées par un intervalle d'un mètre 70 centimèlf^d en- 
viron. 



- 146 — 

Aos mois de /Sferter , mart oq avril on opère la plantation. 
' Les plants employés sont de trois sortes, pour tons les eé- 
pages cultivés dans lo canton. •• Ils consistent tn boutures, en 
plants enracinés venus en pépinières, -ou en plants qui ont 
racine Tannée même à Textrémité de la branche dont ils pro- 
viennent et avant d*eu être séparé6(c'est ce qu*on appelle rigées). 

Les habitants de la campagne donnent la préférence aui 
boutures sur les plants enracinés et les rigées , ils prétendent 
que les boutures seront toujours dans la suite, plus fructifères. 

Les boutures sont choisies autant que possible sur des ceps 
reconnus fertiles. Elles sont coupées soit quelque temps après 
la vendange quand le bois est bien mûr , soit au moment de 
la taille. 

Elles ne sont prises que sur un bois ayant porté des fruits et 
jamais sur les gourmands ; les sarments ainsi choisis sont des 
bois de Tannée venus sur un bois de Tannée précédente ; je ne 
vous décrirai pas la forme des boutures, je vous rappellerai 
seulement qu'elles se terminent à Tcxlrémité qui sera mise en 
terre, par une partie de vieux bois et deux crochets , ce qui lui 
a fait donner, sans doute, le nom de crossettes. 

Les crossettes servent è fairPi en pépinières, des plants enra- 
cinés eu bien elles sont plantées directement à demeure dans 
les vignobles. 

Si les crossettes sont coupées après les vendanges pour être 
plantées en place aux mois de février ou de mars, on les en- 
terre en attendant la plantation dans une petite tranchée , en 
ayant soin de faire sortir de trrre une portion du sarment qui 
surmonte le crochet. 

Lorsque Tépoque de plantation est arrivée , si on emploie 
do plant enraciné » on étale au fond des fossettes pré|»arées 
pour recevoir le plant , les racines de ce plant , et on coude 
légèrement le sarment au fond de la fossette en ayant le soin 
de Taligoer avec celui qui se trouve dans le mémo rang. On le 
cou vie de terre, quelquefois d'un peu de fumier ou de terreau, 
on remplit la fosse et on tasse fortement la terre avec le pied , 
on coupe la pointe du sarment qui sort de terre à deux yeux 
au-dessus du sol. 

Si ce sont des boutures qu'on veut employer et non du plant 
avec racines, on les met également dans des fossettes et on. les 
traite de la même manière que les plants enracinés. 



— 147 — 

U plantation à. la barre n*e8t pas possible à cause de la 
erossette. 

Telles soiil les opérations qai se pralii|oenl dans lool le 
canlon de Saini^^Georges lorsqu'il s* agit de planter une figne. 

Eil-fe ainsi que M. le docteur Ooyot nous conseille défaire 
iTerenir? 

* Il considère que c^est la bouture de préféreoee au plaet en- 
racina que nous dcTons adopter , il est on cela d*accord avec 
Topinion des vignerons qui regardent la bouture comme plus 
ferlik Hais au lieu de planter cette bouture, ainsi qu'on le fait* 
arec une portion de tieui bois qui y e»l adhérent par la base 
(le croebet), il nous dit de nous servir simplement du sarment 
dB Tannée , ayant des apparences de fertilité (notamment des 
qaeoes de raisins). 

D*aprës lui, les sarments destinés à la plantation doivent être 
coupés après vendange. En aitendant le temps de la plantation, 
ces sarments sont déposés par couche de 10 à 15 centimètres 
<1'épais5cur , an fond d*une tranchée profonde au moins de 
45 cenlîmèlre^. On les recouvre de terre sur une épaisseur de 
35 k 40 centimètres et on ta^se modérément. 

La stratification des sarments ainsi faiie les prédispose è une 
végétation vigoureuse. 

Au mois de mai les sarments sont découverts et on procède 
a leur plantation... lis» ont été enfouis en terre trop profondé- 
ment pour avoir émis des pousses. 

H s'agit alors de les préparer à être mis eu place. Chaque 
sarment stratifié peut fournir deux è trots plants. On a remar- 
qué que le plant pris au sommet du sarment est plus précoce, 
plos vigoureux et plus fertile que celui pris au milieu ; celui de 
Texirémité inférienre est le moins avantageux. 

Chaque plant au moment d'être mis en terre doit être écorcé 
jusqu'au vert, entre les deux yeux qui se trouvent è sa base. 
Celle opération permet aux radii*eUe« de se développer plus 
rapidement et par suite phis vigoureusement. 

il suffit que le terrain destiné à recevoir le plant ait reçu un 
l^ger labourage ; qu*il ait été hersé , puis roulé. Sur le terrain 
ainsi préparé on tond une corde, nouée de distance en 
distance , selon . Tespace qu*on vont laisser entre chaque 
plant. A chaque nœud on enfonce une barre dont rentrée 



— 148- 

M terra «si Toglée à 45 ou SO centimètres psr etip cheville 
transversale , et on fait ainsi à chaque nœad un trou ayant 
15 DU 80 oeiitiiDèli)^<d» profondeur^ on dépose dans le tron la 
bovèere qu'il 8*agit de planter' en ayant soin de faire couler aor 
le côté soit du terreau soit un peu de cendres. On tasse forte- 
nwpt^ 4ep7^ «v#o le l^lea. QiHoepp€! la tôle à pn œil au-deasus 
du sol, et cet œil est recouvert d*un peu de terre légère qui le 
< gari#tit des rayons du soleiL Pooc reconnaîtra la place d« la 
bimtf ce , on iiie^à Tendroit m^oie )a portion supprimée. 

Peu de semaines après , loutea les boutures ainsi établies 
Bipnireot lei^rs pçossos qui acquièrent dans Tannée même 
40 i SO centimètres. 

Selon M. le docteur Guyot cette façon de planter eat bien 
ptéférabto à la planlaiien en fossettes avec ou sans plants en<- 
racinés. Il fait aussi remarquer que moins le plant est établi 
profondément , pins il est vigoureux et précocct dans sa fructi- 
fication*. 

Tels sont , Heisieurs , les conseils que M. le docteur Guyot 
nous a donnés pour faire nos plantations de vignes dans le 
canton d^ Saint-Georges; vous voyez que clest tane grande 
modification apportée à notre manière de faire. 
• 

La vigne étant plantée , j*ai maintenant è vous parler des 
CttUiif<|s qu-elle reçoit pendant la première , la deuiièmo et la 
troisièase année- eprèsaa plantation. 

Dans notre canton , soit que les vignerons aient planté des 
snrnaepta eO{ao»néa , soit qu'ils aient employé de simples bou- 
tures) ils se contentent peadabt la première année de donner 
au«iettpes plnnts des labours seffisaots pour entretenir le sol 
dans un étal d^aoïeublisaeinent convenable et propre d'herbes. 
Quelques-uns cultivent nn rang de plantés sarclées entre les 
pieds de vigne (pommes de terre ou haricots). 

Aux mois de février ou de mars qui a soivi la. plantation, ils 
bèrhent. profondément le terrain. La plupart laissent alors sur 
le jeune plant tons les petits sarments qui se sont développés 
p(»idantla végéta-lion précédente , en quelque quantité qu'ils 
puiiisont éttfe , c'est dire qu'il n'est fait aucune taille. Le sol 
est etttmienu en bon éial de labour. 

Au mots d'avril suivant, au moment où le plant termine sa 
deuxième année d'existence, quelques vignerons procèdent à 



oBe ^ératioo qu'ils considérant comme d*oiie gr#n4e imporr 
Uoce 64 qu'ils «ppeÙepl le rogaage des visas ;d*autrès, et c'ei^i 
le plus graod BombrCj w foet subir cette opération qi^'one 
aimée plu^ tard , c'est-à-dire au moment oii la jeune vigne a 
accompli sa troisième année» Pepdaet la troisième année , les 
ceps ne refoivent aaoene taille, et comme pour les anodes 
préeédenleâ Ja çglture se borne à 4eQir le terrain en boi^ étiit 
de labour. 

Enfin la quatrième ou troisième ennée selon Iesc«s, pne 
pratique générale est le rognage entre deux lerrep dp tous les 
jeunes pkals. 

Pour cela futé, on décbansse lo cep jusqu'à la naissance des 
premières racines et au collet ob le plant se rattache an vieux 
bois ou crosselte , et on rogne le plont le plus bas possible. 
Ordinairement à la pousse qui suit ce rognage , il se développe 
deez» trois ou qustre sarments très^vigopreux, la terre relevée 
p»r le déchaussage est rabattue autour de ces sarments , et le 
eep se trouve dressé sur trois ou quatre bras, sortant, en ^mrê, 
d'une souche commune. 

A la taille qui soit le développement des trois ou quatre bois 
dont je parle , ils sont courbés en arçons dont l'extrémité est 
piqoée en terre et au mois d*octobre do la cinquième op qua» 
irtème année , selon les circonstances , la vigne est constituée 
el donne la première récolto , en admettant quq la plentetJOin 
ait réussi et ait été bien entf etenue de laboors. 

M. le doclisur Ouyot est loin d'approuver ce syHème, il a 
ftariout blâmé le rognage eqtre deux terres. 

Mais d'abord M. le docteur Guyot voudrait que, pendant les 
premières ennées, nous fissions sur les jeunes planls des opé« 
rations de taille. Ainsi pendant l'hiver qui snit Tannée de plan- 
talion , il serait selon lui avantageux de taiUer chaque pied en 
ne loi conservant que deux yeux francs , qui se dévetoppapt 
pendant cette deuxième année donneraient des bois à fruit qui 
produiraient dans le cours de la troisième année. 

Quant an rognage, c^est une opération qu'il déclare n'avpir 
VQ pratiquer nulle part ailleurs que dans notre contrée. Il la 
proscrit comme nuisible au jeune cep et comme pouvant même 
enlratoer sa mort. 

Il a interrogé dans notre canton plubieurs vignerons sur les 
raisons pour lesquelles ib rognaient ainsi leurs jeunes plants , 



— 190 — 

ei pas on n^a po hs lui Indiquer , si ce ii*e$t qo*M agissant 
aitiàij {l« obtenaietit Uois à qilâfre'braft, sorlant en terre il*uoo 
mêine souche el qui servaient k fermer leur'cep. Il est certain, 
Messieurs, que ,• si le rogoagé n'a que ce résultat « il faut dire 
que peur Tobtenir, on retardé la prodociion d*une année ou 
mèthé de deax , sans araricer la Tonnation du cep, car dès la 
trdisiStlie aitfiiéé on peut saas te rognage former complélèmeot 
un cep pour la production. 

Il est eneore une pratique parmi nous qui n'a pas les sym- 
pathies de H. le ddcfteur Guyot, e^esl le défoncement profond 
que Ton opère la deuxième année dans les terrains plantés : 
la vigne, dit* il , pendant sa végétation de même qne poar sa 
planftatlon se trouve mieux d'un labour superficiel que d*un 
•labour profond. 

Nous avons maintenant è vous parler d*une vigne formée. 
Comment la cuhive-t-on dans notre pays? 
* Le plus ordinairement du como#enccmc*nt de janvier à la fin 
do mars « on procède à la taille et au déchaussage. 

La tnille consiste à choisir sur chaque sarment qui a fructifié 
un Jeune bois de 80 centimètres à i mètre de longueur , on 
jette bas le reste du sarment et le jeune bois conservé devient, 
peAdtfAfl Tannée de la taille , le sarmcot fructifère de cette 
ménie année. 

Aussitôt après la taille on procède au déchaussage qui con- 
siste à enU^ver la terre du pitsd des ceps sur une épeisscar de 
5 à 8 centimètres au plus , pour la réunir on biUons entre les 
rangs de vigne. 

C^lé opération accomplie, on s'occupe au mois d'avril de 
piqiuer les arçons. 

Piquer les arçons, c'est plier, en arc les branches conservées 
lors do la'tailie en fixant leur extrémité en terre. 

Cette pratique a un double but, elle fait développer sur la 
branche ainsi pliée les bourgeons qui se trouvent plus rap- 
prochés du ce^y , ce qui permettra Tannée suivante de prendre 
le bot?» produit ' par lun de ces bourgeons comme branche à 
fruit. Et en outre en fixant en terru avec une certaine solidité 
rextrémité de la branchi) à fruit, on évite les dégéts qui seraient 
occasionnés par les grand.^ vents. 

Après le pliage des arçons on donne à la vigne une autre 



- m — 

tiAote qui ramène aux pieds des cep» , en nivelani le sol , la 
lerre qui avait été amoncelée en billons au milieu des rangs. 

G^etfl le rabattage. 

Enfin eu mois de juillel » on bine ; le binage no bit réelle- 
ment que tenir le terrain propre d'herbes. 

Là se bornent les cultures ou façons que la plupart des pro 
prié(aires du canton de Saint-Georges font donner annuelle- 
ment à leurs vignes. 
Ainsi : 

Point de pinçage ou pincement. 

Point d*éborgn.ige , 

Point de rognagt^ , . 

Point de pamprage. 

Le rendement moyen que l'on obtient dans le canton do 
Saiot-Georgps avec cette culture pnut être évalué pour le vin 
rouge à 20 hectolitres à l'hectare , et dans les parties du can- 
ton où Ton cultive la vigne blanche , cette dernière produit 
environ 50 hectolitres à Thectare. 

Ce rendement a paru bien peu considérable à M. Guyot qui 
nous a dérlaré avoir vu des vignobles bien moins favorisés en 
vigueur que les ndtres et qui produisent de 100 à 150 hecto- 
litres à rhectare , soit de 38 à S5 barriques de notre pays. 

Messieurs, quelque mode que nou^ adoptions, nous croyons 
qu'il nous serait impossible d'atteindre de pareils chiffres. 
Mais si nous devons, ainsi que Taffirmo M. le docteur Guyot , 
porter nos produits de 2|^à 40 hectolitres, par une conduite plus 
intelligente de la vigne, nous serions bien blftmabl<s do ne vouloir 
même pas essayer d'appliquer les conseils qu*il nous donne. 

Le faible rendement quo nous obteuons tiendrait surtout , 
s<lon lui, au défaut de travaux , accomplis directement sur le 
cep depuis le mois de niai jusqu^au moment des vendanges. 

La taille qui se pratique dans nos campagnes lui a semblé 
trèi-bunne. Il est , vous le savez, partisan des longs bois, et 
dans no>re tantou pa^ un pied n'est iailié à court bois. Mais il ne 
voudrait pas, aiusi que nous le pratiquons , nous voir prendre 
chaque année la branche à fruit sur la braocbo à fiuil de l'an- 
née précédente, c'est-à-dire lu nouvel arçon sur l'ancien arçon, 
parce qu'il no croit pas qu'il suit avantageux de faire produire 
à la fois du bois el du fruit à la même branche. 

Pour éviter cet inconvénient, il engage à laisser à chaque 



— 1!B — 

braoefae à fhril on coursoo de remptaoement qui, laillé à deox 
yooi francs (aa miliea da troisième), foarnh ohaqee anaée nne 
branche à frail et on coorson de remplacemaot, 

A part cette eiroonstance du.eoorson de remptaoeasént , 
notre taille paratt rationnelle k M. Guyot. 

Mais teut ce que nons faisons après ^ on pkildt tout ce que 
nous négligeons de dire est oauso de notre pea de succès. 

Voici pourquoi : 

Notre manière de tailler et de diriger la vigne sur trois ou 
quatre bras lui fait acquérir une très-grande vigueur, 

La végétation se porte surtout aux extrémités des sariQ^Dts 
si bien que malgré la courbure que nous donnons à nos bois , 
les bourgeons de Textrémité se transforment en sarments qui 
acquièrent quelquefois plusieurs mètres , la vigueur et la force 
des sarments diminuent proportionnellement à leur rappro- 
chement du tronc. 

Cest le contraire qu*il faudrait obtenir, c'est-à-dire avoir de 
beaux sarments près du tronc et une végétation moins vigou- 
reuse en bois à Textrémilé de Tarçon. Pour obtenir cela , il 
sufût de pinar les bourgeons de la vigne du 10 au 30 mai. 

Cest la première opération que M. le docteur Guyot nous 
reproche de ne pas faire. 

. Àvlac le pinçage ou pincement j il nous promet que nous 
aurons beaucoup moins de coulure , des raisins d'un voluoie 
et d*un poids doubles, une vigueur soutenue dans nos ceps, et 
par suite un rendement beaucoup plifs considérable. 

Il nous a expliqué comment ces résultats désirables devaient 
être produits et je vais essayer , Messieurs, de vous retracer 
ici, très-imparfaitement sans doute, les explications que j'ai pu 
recueillir de la bouche de Thabile viticulteur qui a visité nos 
vignobles. 

Du 10 au 30 mai , selon que les années sont plus ou moins 
précoces, les bourgeons do la vigne ont acquis unelongueor 
d'environ 15 ou 20 centimètres. 

Tous les raisins se montrent , presque toujours an nombre 
de deux par bourgeon , quelquefois au nombre de trois. A ce 
moment chaque bourgeon porte au-dessus du dernier raisin 
quatre à cinq petites feuillos. Il faut supprimer Textrémité du 



— 153 — 

boargttoii k. deox oq trois feuilles M^dessas de oe dernîef rsi* 
sin. (Test le pieçage. 

Ed mdme tecDps, les beurgeons qui ne portent ancon f^uil 
(fanfeni être eoler es du cep, à rexception, bien eniendo, de ceux 
qui sont tenus sur le eoursoo et qui doivent serrir à la tàUle de 
l'année sulfanie. Il faut égalemem enlerer de la touche tous 
les gourmands. C^tte seconde opération, qui se pratique en 
même temps gue le pinçage, se nomme éborgnage. 

Le pinçage et Téborgnage ont pour résultat de refouler la 
séTB vers la ba$e des bourgeons ainsi pinces. La sève est alors 
employée à nourrir le fruit plus abondamment, il devient plus 
Tigourem et par suite moins susceptible aux intempéries » il 
ne coule pas ou peu. 

La sève se répand également en plus grande quantité dans 
les bourgeons noo pinces qui prennent un développement très- 
rapide. 

Si réborgnage et le pinçage ne sont pas faits, la sève au lieu 
d'agir surtout sur les fruits et les bourgeons les plus néces- 
saires pour la taille suivante , se porto vers les extrémités dos 
braocbes de l'arçon. C'est li que la végétation est la plus abon- 
dante; mais elle y est inutile ^ car elle n'y produit que du bois 
au détriment même du fruit. 

Le pinçage et Téborgnage devant augmenter tout à la fois 
la vigueur d^ cep et la grosseur des raisins , suffiraient seuls , 
^mtù Popinion de M. le docteur Guyoi , pour doubler le rende- 
ment de nos vignes. 

Je vous ai dit, Messieurs, comment M. le docteur Guyot 
voudrait qno notre taille fût faiie. A chaque bras , il conseille 
de con^rver un couraon pour acQompagner Tarçon. Le cour- 
son devant fournir le bois de remplacement de Tannée sui- 
vanlo , si on ailopte avec ce mode de taille le pinçage de tom 
les bourgeons de la branche à fruit, vous comprenez combien 
deviennent précieux les deux seuls bourgeons conservés sur le 
coorson , puisqu'ils sont toute Tespérance de la [récolte sui- 
vante. Cependant, Messieurs, il se présente ici une difficulté 
que je vous demande la permission de vous signaler : 

Aux mois de juin et de juillet, s il survient dos grands vonts, 
les jeunes bois do courson qui seront d'autant plus forts qu'ils 
auront bénéficié de la sève des bourgeons pinces , seront près- 



— 454 — 

qu*in(aillibtemenl brisés par les venls , de sorte qu'il m res- 
torait aucun bois pour asseoir la taille Taonée soivatile. 

Cette objection a élé faite à H. lo docteur Guyoi qui a con- 
seillé alors de laisser sans pinçage non-seulement les deui 
bourgeons du courson ^ miis en outre deiix autres bourgeons 
sur la branche à fruit. Il est possible qu* en suivant son con- 
seil« le dégât soit moindre, mais il est à craindre qu'il devienne 
encore très-considérable. Cest un des inconvénients du pin- 
çage pour toutes les vignes non échalassées « car Téchalas et 
Taccolage seraient un remède mais très»coûteux. 

Nous supposons le pinçage accompli et les bourgeons du 
rourson respectés par Ics.vonis; ces derniers atteignent promp- 
tement une longueur do 1 mètre à 1 mètre SO centimètres. 

Dans les premiers jours de juillet , il est utile d'artèter leur 
développement. On doit les rogner à 80 centimètres ou 1 mètre 
de longueur. Ce rognage a pour effet de faire nattre à Taissella 
de chaque feuille de la branche rognée des bourgeons antici- 
pés de 10 à 20 centimètres et à la baf e de ces bourgeons des 
yeux très-volumineux qui seront selon M. Gujot très fructifères. 
Los vignerons de notre pays contestent à M. Guyot la fertilité 
des yeux venus dans ces conditions. 

Après le rognage vient Tépamptage utile pour que Pair et le 
soleil puissent arriver jusqu'aux raisins et hâter leur maturité. 

En outre lo rognage et Topamprage, dit M. Guyot , empê- 
chent la grillure des raisins. Il nous a donné à ce sujet ono 
explication des causes de la grillure dont voici le résumé : 

La grillure ne serait point c usée directement par los rayons 
solaires, mais par une évaporation trop considérable produite 
par les feuilles sous Tiofluence d'une température élevée. 

Les feuillfs ne peuvent évaporer que rhûmidité qu'elles 
tirent du sol. Quand le sol cesse d*être suffisamment humido • 
elles se des^^èchent ainsi que 1«'S raisins. Do là la grillure oa 
brûlure. 

L'Âpomprage diminuant le nombre des feuilles diminue en 
mémo temps la quantité d*eau évaporée, le sol reste plus long- 
temps imprégné d'humidité , par suite pas de grillure. 

J*espère que ceux qui , parmi nous , s'occupent de science, 
voudront bien nous faire connotire U*ur opinion au sujet tie celte 
théorie. Je dois dire que parmi les vignerons elle a été ronsi- 



^ 16.8 — 

dérée eomme conlram à rexpérieiice. Plos une Tîgne est forte 
en fndUêt^ moins elio est regardée comme eiposée è la grillure. 

AioMf HessieQrs» piD(age, éborgoage, rognage» épaœprage 
looi des eoios qoe M. le docteur Goyot voudrait nous voir 
ip^liqoer chaque «nnée à la cocdaite de nos vigoes. 

Il DOQS conseillerait en outre de remplacer le dérhaussage 
par un travail snperflciol de la terre qui laisserait le sol à plat 
et Doo en billons. 

Il nous dit que le déchaossage ne peut Atre que préjudî* 
ciable à la vigne , parce que , par suite de celte opération cer- 
taines parties des racines du cep sont mises presque à découvert, 
tao'lis que les mêmes racines do même cep sont è quelques 
centimètres de là recouvertes d'un billon qui a généralement 
ooe épaisseur de 30 à 38 centimètres. 

Cette situation des ceps loi parait anormale, alors suHout 
qu'elle se prolonge quelquefois pendant trois mois de Tannée. 

Ainsi il nous engage à remplacer le déchaussage par un bê- 
chage h plat. 

U se borne , Messieurs , tout ce qne notre mémoire nous 
fournit sur les enseignements de viticulture que M. le docteur 
Goyot a bien voulu nous donner. 

n me reste maintenant è vous parler de la vinification telle 
qu'elle se fait dans notre eaoton et de vous indiquer les amé- 
liorations que nous aurions k y ajouter pour tien faire. 

Les cépages cultivés dans le canton de Saint-Georges sont 
eQ petit nombre» on doit les réduire à cinq ou six espèces. Ce 
sont pour les vins rouges : 

1* Le cot — ^jacobin — qoercy, cépage le plus répandu aujour- 
d'hui; 

i"" Le bordelais qui porte le nom de cep rouge sur la rive 
gauche do Clain ; 

3^ Le pinot du Poitou (chanché) aujourd'hui à peu près dé* 
laissé à cause de son iniertilité. 

Pour les vins blancs : 

l*LafoUe; 

2« Le gros blanc (espèce de chasselas) ; 

3« Le blanc massé. 

Dans tout le département, la coutume du ban des vendanges 
existe , cependajit chacpn reconnaît que celte mesure ne pro- 



dnil attcan avantiige, tfi'eU» «st mémo fiqiaMe à la qoalilé do 
vin M mAme temps qu'elle est ane aileiila «o droit éa pro- 
priété. On â'étomie h joste raison qu'âne pareille contome 
sobsiste encore , et malgré <;ela chaque année le canton de 
Saint-Georges comme les antres cantons do département est 
obligé de subir le ban des vendanges. 

Chaque propriétaire non. dos se mei alors à vendanger, 
que le raisin soit mûr ou non. 

Ordinairement les cuves destinées à recevoir la vendange 
rouge peuvent contenir de SO à 60 hectolitres de raisins , soit 
de M à 18 barriques de vhi. 

On met rarement rooina de trois jours pour emplir une cuva 
de cette contenance , quelquefois même une semaine entière 
y est employée , si bien que les raisins du dernier jour n'en- 
trent en fermentation que quanti les premiers versés dans la 
cuve ont accompli la leur. D'ailleurs pendant tout le temps de 
la mise en cuve, la fermentation est sans oesse troublée par 
l'addition de nouveaux raisins. 

Avant de jeter les raisins dans la cuve , on a fbabitode do 
les écraser avec les pieds. 

On emplit la cuve à peu près en totalité et lalevmentatioD s'o- 
pérant» le marc s'élève bientôt au-dessus du bord de la cuve, sou- 
vent même te liquide se répand en écume au-dessus-de cebord. 

La cevaison est alora abandonnée è eUe^mâmei pendant 
quinze jours au moins et quelquefois an delà de vingt jours. 

Quand le vin est froid et clair , on procède au tirage. 

Le vin est mis dans des fûts ayani déjà servi où il attend la 
vente. Cependant quelques propriétaires ont le soin de teoir 
constamment leurs barriques pleines* 

Depuis quelques années seulement certains vigneroas se 
sont décidés è soutirer ^a mois de mars. 

M. Guyot a trouvé à blâmer, dans cette manière de faire , U 
lenteur que l'on met à emplir une cuve. Chaque cuvée devrait 
autant que possible être formée en un jour. 
. Il no faudrait d'ailleurs jamais emplir la cuve complétemenl, 
il est nécessaire de s*arfèter au moins à 40 ou 45 centimètres 
du bord. 

Quant au cuvago.il nous conseille de rebendonner è lui- 
mime « mais il recommande comme d'une absolue nécessité 
de ne pas le prolonger au delà do cinq à sept jours. 



— 1«7 — 

Le fia doii être tiré^ehaad encore et IreoUé* 

Nos fignéroDs ao eotttraire prétendent que leuvifin aura 
fins de conlenr et plus de force avec un euvage prolongé. 

H« Guyot nous a afBrmé, el son affirmaitton 8*appoie sur 
inexpérience faite dans les contrées qui produisent les meiUears 
fine de France , 

Qo*oo long codage faitperdre au vin : 

Son bouquet, 

Sa conlenr, 

Sa forée. 

PSr un trop long curage, les principes du rin se dénaturent, 
perdent toiMe énergie , toute saveur aromatique , car ce sont 
les principes les plus légers, les plus fugaces qui sont les 
premiers attaqués et qui naturellement disparaissent les pre- 
miers. Ainsi le bouquet n'existe qu^ dans les yios qui ont peu 
curé. 

En second lieu, le cuvâge prolongé loin d'augmenter la cou- 
leur Taitère sensiblement. 

La couleur ne p^il se former dans le vin que par le contact 
de ee Kqoide avec la pellicule du raisin , mais à la condîtiqp 
qoeh pellicule sera soumise à une température élevée. 

Quand la fermenlatioft est à eoe pins haut pojnt, vers le 
quatrième jour", la couleur se détache de la pellicule et colora 
le liquide ; mais qnand la fermentation tufisuUueuee a cessé et 
qoa la température a notablement diminué dans la cuve , la 
couleer du vin n'augmente plus. 

On peut se rendre compte de ce qui doit se passer dans la 
cave en versent de Teau à une température de 35 degrés sur du 
marc do raisin ; H perati qu*on obtient alors «ne couleur de vin 
et en élevant la température à 100 dogrés, on peut avoir quatre 
eonleurs de vin , et par contre expérience de Tenu froide ou à 
une température peu élevée versée sur du olarc ne se colore 
qoe 4*one teinte rosée. 

D'ailleurs on peut comparer des vins qui ont cuvé longtemps 
arec d'antres qui n'ont cuvé que quelques jours , et on verra 
que les premiers sont ternes , presque jaunes, tandis qup les 
seconde sont vifs et limpides. 

Enfin le cuvage prolongé enlève au vin une quantité notable 
d'esprit. 

Il paratt qoe les substances végétales ont une grande affinité 



- 188 — 

poar r alcool et qoo les marcs plongés dans le liquide s^imprè- 
goent d'eolanl plas d^esprit qu'ils sont restés d'aotanl plus 
longtemps en contact avec ce liquide. M. le docteur Goyot 
nous a donné comme exemple ce qui se passo pour les firôits 
mis à l'eau^de-vie ; ils absorbent beaucoup d^espril en même 
temps que le degré alcoolique du liquide oit ils séjoornent 
diminue. Si on pouvait douter de cotte vérité , il sufiBraîi d'in- 
terroger la distillation. 

Les bouilleurs qui achètent des marcs pour en exirairo l*eau- 
de-vie» les paient d'autant plus chers qu'ils ont cuvé plus 
longtemps. 

Ainsi l'eau-de-vie qui se trouve dans les marcs ne se Iroove 
plus dans le vin , le vin s'cbt affaibli. 

Les préceptes de vinification que M. le docteur Guyot nous 
a donnés se sont arrêtés là. 

Avant de nous quitter , il a pu goûter et apprécier les vins 
rouges et blancs que notre contrée produit ; qu'il nous soit 
permis de dire qu'ils estimé d'une qualité véritablement re- 
marquable les vins du pays (do 1846 à 1864) que M. Cbevrier, 
agriculteur distingué de Janlnay, a fait servir dans un magnifi- 
que repas qu'il a offert à M. Guyot et à ceux qui étaient accou- 
rus pour écouter ses leçons. 

Combien nous regrettons , Messieurs , que la tournée de 
H. Guyot dans notre canton n'ait pu se prolonger davantage, 
car la réflexion nous fait reconnaître aujourd'hui combiaa de 
points sont restés dans l'ombre, sans doute parce. que bous 
n'avons pas eu ou le temps ou la pensée d*attirerson attention 
sur tout ce qu'il nous serait si utifo de savoir soit en viticul- 
ture , soit en vinification. 

Ainsi nous avions encore bien des choses à apprendre sur 
les cépages, sur les engrais et le mode de leur enfouissement, 
sur la fabrication du vin blanc , sur l'ontretien des vins en 
cave, etc., etc. 

Espérons que dans le rapport que rédigera lui-même 
M. Guyot sur la tournée qu'il a faite dans notre département • 
nous trouverons les renseignements que nous regrettons de 
ne pas avoir aujourd'hui. 

A. HÉRINB. 



- IW — 

Gomisuoii DIS rams iiÉPABTsiMiiiarAitKs. , 

M. de SoaTigny: Noire respectable PtésMenl èfeurfaeiiMer 
de roos bire connatlte , H. le Préfet , te bot de 'tfotre visite ; 
cependani je crois devoir voes donner quelques eipli(5âtfôns. ' 

La Société d*agric«jllure, fondve en 1789 , doit sa légitime 
infloence à son ancienneté et à la composition de ses mem* 
bres qui représentent Télite des hooinies qui s'occupent d'a- 
griculture , de sciences , lettres et arts. 

Malgré cette organisation multiple, depuifs quinze à vingt ans 
la Société a consacré tous ses efforts, toutes ses 'ressources 
spécialement aux encouragements agricoles ; mais son budget 
est tràs-restreiot , les recettes ne sont dees <iu'à des eo&iaatiens 
personnelles et à quelques minimes subveoiioes avec destina- 
tion spéciale. 

Elle ne peut donc sufBre aux besoins qui se fopl sentir, auc 
désirs de ceux qui voudraient voir le déparlemeni de la Vienne 
marcher hardiment dans ce qu*on appelle<la voi^ du progrès. 
De là contre la Société d^agriculture des accusetions de SQmno- 
lance, de la part des hommes d'action. 

Ainsi nous nous trouvons dans cette position.: nous na/ai- 
tof» posasse!, parce que nous n^avons pas assez de ressources; 
et si nous réclamons des subventions , on nous répond que 
DOQs ne les méritons pas , parce que nous ne faîMompai asiex. 
Cf st un cerrlo vicieux . dont 11 di*peod de H. le Préfet et du 
(Conseil général de nous faire sortir. 

bans cet état de choses , notre collègue H. de Groosseau a 
propesé à la Société d'entrer dans une voie déjà tracée dans 
beaucoup de départements et qui consisté à établir des primes 
départementales et cantonales. La Société disposée à adoftter 
te système, a chargé notre commission de venir demander à 
M. le Préfet, s'il serait disposé à mettre à notre disposition les 
ressources indispensables pour cet objet. 

H. de Grousseau a développé son Système et a remis à M. le 
Préfet une note écrite à ce sujet. 

Lorsqu'il a été question de la proposition d'engager les corn- 
mone» à s'imposer , afin de contribuer au but indiqué , M, le 
Préfet a interrompu M. de Groosseau pour lui dire q^ft ne 
(allait pas songer k ce moyen. 

48 



IL le Préfet a dit quMI était très-décidé à faire eogmenter 
tes mtèdragetfielits destinés à règrfeuhdre , qaM était d^à 
eotré dans ceitfr Toie , qe^l n avait reçe des fÂicitaiions qai 
reogageniiefii à persialer , qu'il était di^à songé à élaUir «oe 
prime départeneDlale ; mais qu'il ne voyait pas pourquoi il 
chargerait la Société d'agriculture de la décerner ^ qu'il lui 
semblerait préférable de désigner lui-même un jury, choisi 
parmi les membres des sociétés et comices et de la chambre 
coQsullalive de Tagriculturei sur les indicstions des présidents^ 
jury qui procéderait comme pour les primes régionales ; qu'il 
craindrait que Tinterrention exclusive de la Société no la plaçât 
dans une position de supériorité • qui froisserait les comices 
d'arrondissement. 

M. de la Mes^ardière a dit qoe tels n'était pas è craindre, et 
que la Société n'aurait jamais offusqué ni firoissé personne. 

M. de Souvigny s fait observer que la Société trouvait 
dans sa force intellectuelle et dans sot) indépendance ce qui 
conduit h une modestie franche et bienveillante ; que, désireuse 
de faire le bien , elle ti'a aucune ambition , aucun désir de 
s'imposer et de faire sentir sa supériorité. 

Que si M. le Préfet croit pouvoir se passer de son inlerven- 
tion, elle n'en sera pas moins disposée à le seconder, heureuse 
d*ailleurs d'échapper à la lourde responsabilité qu'une mission 
spéciale lui imposerait. 

Hais que peut-être M. le Préfet regretterait d'avoir conservé 
seul cette responsabilité , en la remettant à des jurés désignés 
par lui-même ; que l'analogie avec les règles suivies pour les 
primes régionales n'était pas fondée « qu'en effet le ministère 
avait pour cel objet toute une organisation d'inspecteurs, 
d'adjoints, etc., qui fait défaut dans les départements. Enfin 
que l'indépendance des sociétés était une raison d'autorité 
précieuse dans cet ordre de chose sujet à récriminations, tan- 
dis que les corps à la nomination administrative, ne sauroient 
avoir la même influence. On en peut juger par les chambres 
consultatives qui ne se réunissant que sur convocations offi- 
cielles , et n'ayant à s'occuper que de questions soumises à 
leur examen « sont à peu près annulées» 

En nous congédiant i M. le Préiei nous a ch«ii;é de bina 
connaître à la Société ses intentions favorablea au aysfème 



-m- 

iodi«oi, 9011 iém de faire étiUir des pfîmffa d49erAMXMi4«le», 
mw tous la ré^eir^ (ormalle det moyens d'aaiéeoiKMi. 

K. DB SOUVIGNY. 



UFPOBT DB LA COMMISSION GHAK6ÉB d'ÉTUDIBB |.A QUB^TIOK 
DBS BUGBAIS GOMMBBGIATO. 

Messieurs, daQ( la «éaoce du 7 février, vous avez, surla pro- 
position de M. de Souvigny, noxnmô une commission oom<- 
posée de MM. de Soavigny , Troeeasart, Guitteau , Maiapert« 
Courbe, de Groosseau et moi, à YeSei do vous faire un rapport 
surla proposition de notre collègue, proposition ainsi formulée : 

l"" Solliciter de M. le Préfet un arrêté semblable à celui pria 
par son collègue de ripdre*el-Loire , le 9 juin 1864 , lequel a 
été pris sur la proposition faite par la Société d'agrîcoliare de 
ce département. Cet arrêté annulerait celui pris antérieure-' 
ment par M. Paube-dlvoy ; 

i* Mettre les cultivateurs en garde contre las charlatan. qui 
vendent comme engrais des sub^taaçes inertes ou a (usa près 
inertes. 

Indiquer la propriété ides engrais , tes sols où ils convien* 
DGOt, les plantes auxquelles ils peuvent être appliqués le plus 
Dlilemeni, enfin leur valeur commerciile basée sur la quantité 
de matières fertilisantes qu*ils contiennent. 

Vous le voyez , Mussieurs , la proposition de M. de Soavi- 
gny est divisée en deux parties bien distinctes. La commission, 
après avoir examiné cette double propositioB , partage entiè- 
rement la manière de voir de Tauteur quant à la prenière 
partie, et demande à la Société de vouloir bien prier son Pré- 
sident de solliciter de BL le Profet un arrêté conforme è eeluî 
pris par le Préfet dlndre-ei-Loire, pour Tanalyse des eagrais, 
en le priant de vouloir bien mettre à la charge du département 
Tallocation faite dans rindre-et-Loire par la Société d*agn- 
coHure , notre Société ne pouvant faire cette dépense. Le vé- 
rificateur nommé par H. Paulze-d'Ivoy serait, d'aprèa le vœu 
de la commission, maintenu par le nouvel arrêté. 

Quant à la deuxième partie de la proposition» la eoMunission 
ne partage pas la manière de voir de r/anteor. 
Ed effet, de quel droit la Société irait«elle signaler.au ipobiîa 



— 164 — 

agricole comme charlatans « tel oo tel fabricant (Tengrais; ce 
n'est qu'après des essais répétés et souvent renouvelés , qn^il 
peut être permis de condamner un engrais et encore faut-il 
y mettre une grande réserve. Du reste , rétablissemeni d'un 
laboratoire d'essai » oh tout agriculteur pourra moyennaol une 
faible rétribution » faire analyser Tengrais proposé, le mettra 
à fabri de fraudes trop souvent répétées au détriment de 
Tagriculture, et si Tacquéreur négligeait d'user du moyen que 
l'administralion , nous n*en doutons pas , mettra à sa dispo- 
sition , il n'aurait qu'à s'attribuer la faute qu'il aurait commise 
en achetant les yeux fermés. Il est bien entendu qu'avant de 
faire procéder à Tanalyse , l'acquéreur devra exiger du ven- 
deur une déclaration certaine et signée de lui , de la compo- 
sition de son engrais. 

M. de Souvigny demande encore que l'on indique le soi, 
les plantes auxquels tel engrais peut être appliqué avec avan- 
tage, et sa valeur commerciale suivant sa richesse. 

Cette dernière partie est^ il nous semble, résolue par l'adop- 
tion de la première; quand un agriculteur saura la composition 
de l'engrais qui loi est offert , il sera à même de discuter son 
prii , et d'acheter selon sa richesse en phosphate ou en azote. 
La Société ne peut donc pas entrer dans cette voie , puis com- 
ment le ferait-ello? Certes, la chimie a rendu de grands services 
et est appelée à en rendre de plus grands encore, mais jusqu'à 
présent si elle constate les quantités de matières fertilisantes 
contenues dans un engrais , elle ne peut indiquer dans quelles 
conditions elles seront plus ou moins assimilables. Tout ceci 
dépend et de la température et de la manière dont les engrais 
auront été employés. 

Il en est de même do l'emploi des engrais à telle ou telle 
plante, dans tel ou tel sol ; il existe tant de causes soit atmos- 
phériques, soit dans l'emploi pratique qui changent l'action 
d'un engrais , qu'il est impossible d'assigner avec certitude sa 
convenance à tel ou tel sol, à telle ou telle plante; car l'en- 
grais qui a parfaitement réussi , dans certaines circonstances, 
ne produira aucun effet dans d'autres circonstances , quoique 
dans un sol de même nature. 

La commission repousse donc cette partie de la proposition 
de M. de Soovigny, convaincue qu'il est impossible aujourd'hui 
de donner des renseignements certains. 



^ 163 — 

SeolenioDl elle recomiehqeMI tenit bon de prier Pessayeur 
des eograis de coDSlater sor on regiiitre ranalyse des engrais 
et d*iBaérer aolaDl que possible , dans ooe coloiine d^obser» 
rations , les résnltats obtenus par les agriculleors qui aorotent 
employé les engrais soumis à Fanalyse ; on aarait ainsi an 
boot d*iui certain leaips« non pas une eerlitude dans l'emploi , 
mais des données qa'il serait bon de consulter. 

HAUDUrr, mppotuur. 



LBTTIB ADBBS8ÉB A LA SOCIÉTÉ AU SUJBT D*U1I MÉMOIitB 
DB H. lUSUBB. 

Monsieur le Président , notre savant collègue , M. Masure , 
m*a chargé de présenter en son nom à la Société , on ezem- 
plaire de son Mémoire sur les avantages comparés de la marm eC 
de kL chaux employées en agricuUure. 

Cet excellent treTsil couronné par le comice central agricole 
de la Solognp , se recommande à Tattention des agriculteurs. 
Il est plein de faits et de renseignements précieux. 

Le mémoire se divise en deux parties: la première traite des 
propriétés générales de la marne et de la cbaux; la seconde 
fait Qoe application de ces propriétés aux terres arables de la 
Sologne. ^ 

Dans la première partie , qui seule est d'un intérêt général , 
i'aotear compare la doctrine de Gasparin et la doctrine chimi- 
que sur l'estimation de la valeur agricole des marnes : il si- 
gnale, pour chacune d'elles, les causes d'erreur, et donne 
cependant la préférence à la première. Il ronclut avec M. Gas- 
parin qoe la valeur agricole d'une marne est proportionnelle 
à la quantité de calcaire pubérulent qu'elle contient ; car si 
retie doctrine ne peut être regardée , ihéoriquement parlant, 
comme rigoureusement vraie , elle est basée sur l'expérience 
pratique. Il en résulte que l'analyse physiqtu^ qui seule fait 
connattre la quantité de eakaire puhéruleni , est plus im|»or- 
(anto pour les marnos que l'analyse c^imtgue. 

Pour les chaux, au contraire , c*est Vanalyse chimique qui a 
rarantage. Le prix de la chaux, en agriculture, doit être pro- 
porUonnol à la quantité de chaux caustique et libre, déterminée 
par cette analyse. 



Di ia èoadpsraîfeiM f^itMl ftit da '}^lt ratumnd* et du ptix 
maivfcoiiit des raaniei et des chai» , H résdila qu^en général 
on pajre « en agricnltorB , le calcaire de la ebaui irois foia plus 
ahec <|ua le calcaira dat marnctt. 

Dans les canakmcm» de cetta première parttéi il résume dans 
une.coQple de* pages , les oeanSafai aomfordttla ta marne et de 
la chaux. Voici.de reste ces conclusions : 

Avanlftgmfiàiéra/u» lU Ai n/notne tur la chaux. — De Pexamen 
comparatif que je viens de faire des propriétés générales de la 
marne et de la chaux, il résuTte clairement : 

Que la marne a sur la chaux : 

i* Vatanlage de pouvoir sans danger et sans inconvénient 
être empierrée en doses ésse^ fortes pour amender les proprié- 
tés plTfsfqilés dès sols. — Cet amendement est surtout hvo- 
rable^ sua sels argiteox4rop compactes et aux sols saMenx trop 
rfridiffS; 

2* Uatanlage d^offrir , aux dépéta d'apr^rovisionnement , le 
cakaire pulvérolent, élément actif par excellence , à des prix 
trois fois moins élevés qne celui du calcaire provenant do la 
chaux; 

S* Vatantage d^ètre d*on emploi plus facile sur le (erratn , 
et d^exercer une iuQueace moins dangereuse pour les récoltes 
et moins épuisante pour les engrais du sol. 

Avantages généraux de la chaux sur la marne. — De- son côté 
la thaux a fur la ma¥ne : 

V Vavantagèdfbire à poids ^gal trois fois plus riche en prin- 
ripes aCtib; ce qui évite le transport de matières inertes; 

ff L'atantage d*ètre employée è doses quinte à vingt fois 
plusTaffilas que la marne ot d'bccasiunner par conséquent des 
frais d6 transport relativemetil très-faibles : ces deux avantages 
n^en font qu*on en réalité; 

3^ £^ieaill^a de détruire promjitement et énergiquement 
racMixé des terrains , des sols de tourbe et rie bruj'ëre , et en 
général des terres )où les détritus organiques sont en excès. 

AtaHlagés équivalents de la marne et de la ehaïuc, •— BnOn la 
marne et la chaux tijffent les mimes avantages tmnme engrais cal- 
caires dans les sols qui n'exigent pas imiicricusemciil d*amcn- 
deilit«n( physique et qui n'ont pas do principes acides nuisibles. 
—-La marbe peut daos ce cas être employée à faibles doses 
comme la chaux , et les marnages devenir moins coûteux. 



— m — 

H est aiilê * à^M ce étoroier eas svrtôol , de déterttifner far 
Psnaffse la raleor agricole des marnes et des chao« qu'on 
peut se procurer , et de tenir cen)pte en outre de h distance 
oii Pon est des dé^Ots d^approvisionnement et de la facHHé 
plus au moins grande dés tbarrois, afin de calealer à l'airatice 
eompsretivement les frais de tonte nêtere qn'èceasiolineroill 
les marnages on les cbaaiages. 

iUmen^ d^tm'diôbe rttêUmnd êHUn Im mœnm§9i il ht cMmi- 
foget. — Pour appliquer ces pr6oeptes agricoles et faire en 
conséqaenee un emploi jtrdicieui do le marne et de la chant , 
il faut : 

1* Anal)fstT lessokà marner ou à éhlauhr. — Pbar conuattre 
la nature des sols qu*il s*agit de cbauler ou de marner , on ed 
détermine par Tanalyse les qualités physiques et la composi- 
tion minérale , afin de voir d'après les résultats obtenus : 

S'ils demandent un amendement calcaire abondant qii*un 
marnage è fortes doses peut seul leur dbnner; 

S'ils exigent la cbauz pour détruire leur acidité ou combattre 
la fâcheuse influence d*un excès de détritus organiques ; 

S*ils peuvent se contenter au contraire d*on engrrtis cal- 
caire» marne ou chaux , et' permettre dans ce cas de fliire vu 
choix judicieux entre les différentes marnes et ehanx dispo* 
Dîbles. 

3* Analyter les mamei et les chaux. — On déterminera par 
l'analyse la compositionittinécale et les qualités physiques des 
marnes et des chaux qu'on peut se procurer, afin de Toir 
quelles seront celles qui confiendmlent le mieux aux sols 
qu'on se proposio d'arnéBortar* 

a* Cakukrlepri9 de raetaiit des Mn*fia(^ al dai aheiib^aa.*^ 
On calculera préalablement d'après le p$ix éè Yenleaaxdépdls 
d'approvisionnement , d'après l^s frais présumés de charge- 
ment, de transport, d'épandoge et de culture, le prix de revient 
le plus probable des marnages et des chaulages qu'on veut 
pratiquer. 

4* Faire des essais pratiques paraUèles de marnage et de éhau- 
lage, — Enfin il est prudent , en cas de doute , do faire préala- 
blement ot parallèloment , des expériences pratiques de mar- 
nage et de rhaulage sur dos sols bien déterminés avec des 
engrais bien analysés , et pendant toute une rotation de cul- 
tares diverses. 



- «16 î^ 

La^ f^lal^ par)oroai «kurs d^euK-intBiea • et Yw% 4es 
plai^iesj^eri )e meilleur et le plos digne d'Aire écouté « pourvu 
qu*oà.«ficbfB r^^arpréieJrr.La ^uealion en reulla peine eu So* 
logi^ti car 4^111 la pensée des agricvUevra les plus éminenls 
de ivpfle cpi^^ée, l^ Sologoa devra au^marnages ei aqx duiu- 
logea rfff. réfltoér^ioA ^griciple. actuelle et. sa prospérité dans 
Tavenir. 

Kb r^^ufpé, daffA .la questipn di» marnage et.dn isbaulage, 
cooMBi^'^fins toutes celles qui intéressent la science agricole , 
il iis(J^B,qi|e ragricuUeur eop^alte.aci terre , set sf^rratt dUpo- 
nibUs^ ea bonne ei lee plantes qu^U veut eultiter. 

pwi.la de.oi](ième partie de ce travail « je traiterai soccossi- 
TC^iQ^lit ces quatre points importants de la question , pour 1rs 
terr.e^ .arables » pour les marnes et les cbaui de la Sologne , 
pour les différentes localités de cette contrée, et pour les plan- 
tes qu^oo y cultive. 

La solution de la questjupn des avantages comparés du mar- 

oag^ let c|q çbaulage des terres arables^ en Sologne^ pourra 

servir de guide tsit d*exemple aux études analogues que voo* 

dropl entreprendre ]«a agriculteurs « dans les autres contrées 

agricoles de la. France. 

Agréi>s»etc.. 

TROUESSART. 

rnsnàm eus. 

. Rapport de lacommiesUm. 

Membres de la commission : HM. Brossard , président ; Au* 
tellitfHaisooAais» do- Hoi^jou , Opter, de Soùvigny rappor- 
leort «tPetage aé^ioL 

g I*^. — Race botihe. 

La Don^enrlature des récompenses décernées , indiquo que 
le concours des bestiaux gras n*était brillant que dans la seule 
catégorie des bœufs ègrs de plus de 3 ans. 

L'eogrmsscmcnt i^récoce n*offrail qu*iin seul animal remar* 
quable , une génisse ayr-durham de 30 mois, appartenant à 
M, Laprade, de Mazcrolles. 

Hais parmi les onze bœuf^grns âgés, on admirait deux paires 
de beaux salers pressentes par M. Branihdme aîné, de Poitiers. 



— 167 - 

Cm qoaire colosses élaiont arrivés à an itat d*angraissem6Dt 
remarquable. 

La première paire snrloot est loul h feîi hors ligoe, et a 010- 
rite à son propriétaire la médaille d^honneur. Noos ne doo- 
loas pas qu'au prochain concours de Poissy , ces floagoifiques 
soimaas no fassenl honneur à M. Branihém«» et à rarraodis- 
sèment de Poitiers. 

M. Branthèoie a bien f oulo fsire mesurer ces qoaire beaux 
boob : Toici leur dimeniion : 

1** paire n*« 1 et S , hauteur 1 mètre 80 centimètres , cir- 
conférence L ^' .p. ^*| moyenne 2 m. 72 c.« longueur i m. 

Uc, poids vif à la '^^^^^W/iqk '(ensemble 2,150 kilog. : 

ces animaux donnant SS p. 0/0 de chair nette, on a pour leur 

poids neiLoi («nsemble 1»182 kilogrammes, 

D*aprës le procédé Dombasie, la circonférence de ces bœufs 

Air^ ')<*nsemble i^tSO. On voit qu'il 

n'est pas possible d'approcher davantage do chiffre réel justi- 
fié par Ih bascule. 

La seconde paire n<>* 3 et 4, a donné les mesures ci-après : 

' 'VI m. 66 c., lon- 
gueur! «s '{moyenne 2 m. 20 c. 

Ces bœufs n'ont pas été pesés ; mais le procédé Dombasle 

(506 k i 
leur assigne un poids net de| . '[1,000. Chiffres qui, multi- 

Î926k 1 
g^, •|l,830. 

Suivant le procédé Quotelet , la première paire devrait avoir 
&ur pied un poids total de 2,488 k. 

Et la seconde 1,994 

Ensemble 4,482 

Au lieu dos chiffres ci-dessus^' ^^ l 3,980 

D'oh résulte entre les deux procédés un écart de 502 



— »«8 — 

Soit plus do 8 p. 9/0. Or nous venons de roir qoe le pro- 
cédé Dombasie vérifié par le pesage , s*est trouvé trèsi-esart. 

ffous devons à M. Brantfadme de» remev dments po«r les 
préeieoz renseignements qo*ii nous e transmis ; qa^il reçoive 
égalenient nos félicitations sur ses sueeès; mais qu*ll doos 
permette (fespérer qa*il ne elH)isira pas ezeiosivenMnt le race 
saters pour ses engraissements. 

Sans deete nette race est la première pour le Iraveil 9 on 
comprend donc que dans une contrée où les bœufs sont em- 
ployés aoi labours, et Irès-rorement engraissés* on recherche 
les salers. Hais puisque Tindustrie des engraissements , tend à 
se généraliser parmi nous , il est è-propo9 de rappeler que la 
race de salers est Tune des moins aptes à prendre la graisse. 

Dans on classement de 32 races françaises « elle a obtenu le 
n* i^^ pour le travail » mais pour roptiiude à rengraissement • 
elle n*a que le n^ 19, et pour la qualité de la viande le u* 9. * 

La race limousine, qui est tout à fait à noire portée, possède 
au contraire des qualités très«-convenables sous le rapport des 
trois aptitudes : n*' 5 pour le travail, n* 6 pour Tengraissement 
et n* 5 qualité de la viande/ 

Il suffit d*avoir vu les belles foires de bceofs gras de Mont- 
morillon, le Dorât, les HéroUes et Tlsle-Jourdain, pour appré^ 
cier les excellents résultats qu*on y obtient , avec cette bonne 
race. 

Nous pensons que si notrp collègue sio^décide à en lessayer , 
il n*aura qu*à s'en féliciter au point de yue du profit. Nous 
comprenons que Ton se laisse tenter par le plaisir d'exposer 
des colosses qui frappent les regards du vulgaire corieux; 
mais que ce ne soit qu*à litre de rare exception. Si Ton veut 
que Tengraissement se généralise, on doit y destiner des races 
laissant un bénéfice net suffisant ; or les salers ne peuvent 
guère en donner. 

Nous devons exprimer de nouveau , au nom de la commis- 
sion , le désir de voir les animaux présentés aux concours , 
accompagnés de déclarations, énonçant : i<> le lieu de nais- 
sance et TAge ; 2<> la race et la filiation ; 3® les dimensions , 
hauteur , circonférence , longueur ; 4* le signalement ; b^ la 
durée de Tengraissement; 6** le régime suivi; 7* enfin la valeur 
des rations alimentaires. 



— 169' — 

§ ll.'^Bacê mm. 

Le nombre des concurrents étçit ielleiQent restreint , que 
Doos aurions fort peu de choses à dird , sMI n*y avait eu par- 
tage égal des membres de la cemmissioni au sai0\ (les sgneaux 
présentés par MM. Laprade et de la Porte» 

Le premier STait quatre joUa soutb-dqwB-berricboos d^ 
10 mois , d*one confermation irréprocbeUe i ^rfaiieicqeoi uni* 
formes, et joignant à une quslUé de laioe supéripure, un eip- 
bonpoiot satisfaisant 

Le second avail un lot de charmoise*j)oilevins » également 
beaux et gras, mais ayant moins d'uniformité de conformation, 
ce qui tient sans doute à la propension de la race améliorante, 
i dégénérer pr omptemeni^ 

Toutefois le partage égal de voii a déterminé celui des 
prix s» csquo entre les dq^ps concnrrenls^ 

Les membres de la commission ont regretté que les mou- 
tons gras ne fussent pas tondus avant d*ètre amenéaau con^ 
cours. Celle condition est en effet dés(irsble ; mais pour Fim^ 
poser, il faudrait que les concouis eussent lieu dans une 
sdseo moins rigoureuse; par le froid et la neige que nous 
avions le 23 mars» il eût été cruel et dangereux de déf^ouiUpr 
les pauvres bêtes de leurs obaudes toiaoos* 

Espérons que parmi les motifs qui pourraient déterminer la 
Société à retardor sa fôte agricole jusqu*au mois de mai« celui 
que notb venons d-exposier aura sa part d*infikienco. 

§ in. -r Race porcine. 

La commission a vu avec peine le peu d'empressement des 
fuUivateurs à présenter des porcs gras. On peut attribuer cet 
état de choses à ravilissement du prix de la viande sur pied , 
qui, D*étdot plus rémunérateur, n'excite plus les propriétaires 
à eograisser. Ceci est doublement regrettable , puisque malgré 
le peu do valeur de la viande sur pied, les prix à Tetal n'ont 
pas diminué proportionnellement. 

La commission n'a trouvé qu'une truie anglo-oraonnaise , 
digne d'être primée; elle sfvpartient à M. P. do Monijon, de 
Cbarassé. 

Le rapporteur , J. m SOUVIGNY. 



— 170 — 

aâcb oVmB. 

Rapp&rt de la cammistion. 

Messieurs, j*ai eu Thonneor de fdire Tannée dernière et qni^l- 
ques années antérieures un rapport sur rexposition des animaux 
reproducteurs de Fespèce ovine : fai été chargé cette année 
de TOUS présenter encore un rapport; ma tâche sera donc bien 
simplifiée et d'autant plus , laisses-moi vous le dire de suite , 
que la commission nommée par votre bureau pour décerner 
au concours do ce jour les primes aiïociées à cette race n*a , 
ni passé beaucoup de temps, ni été embarrassée pour remplir 
sa mission ; les animaux présentés étaient en bien moindre 
quantité et à quelques exceptions près en moindre qualité que 
Tannée dernière. 

Le concours do la mi-carème 1864 offrait une fort bonne 
exhibition de 61 animaux ; nombre qui devait nous faire bien 
augurer de celui de 1865 ; mois il n*en a pas été ainsi : il n*est 
venu cette année que 41 bêtes , plus 5 agnelles suivant leurs 
mères; ces agnelles ne devaient pas être comptées, cela fait une 
différence de SO bètes en moins sur le concours de 1864, 
chiffre énorme , Messieurs , comparativement et à ce concours 
de 1864 et au progrès qui se produit sur toutes les branches 
de Tagriculture, dont la race ovine n*est pas en dehors, croyez- 
le bien. 

Quelle cause recberchercz-vous attribuerex-vous à** cette 
absence , à ce mécompte , disons le mot , pour votre Société 
d'agriculture, qui sVfforce par tous les moyens en son pouvoir 
do faire rattraper à notre département la distance qui le sépare 
du progrès atteint par bi^n des départements nos voisins? 

La véritable cause, nous ne Pavons pas appris des exposants, 
mais nous Tavons entendu dire mémo dans votre commission, 
et si nous en jugeons d'après nous, elle ne se rattacherait qu*i 
répoque mal choisie de la foire de MU-Carime, Ce serait , Mes- 
sieurs , trop allonger ce rapport que d'entrer ici dans toutes 
ces raisons qui en sont la conséquence ; plusieurs de vous 1rs 
savent déjà et si nos souvenirs ne nous font défaut , cette épo- 
que aurait été reconnue telle par la Société dans une de ses 
séances. Pourquoi a-t-on fixé la même époque cette année ? 
Nous Tignorons , mais nous en posons la question, en deman- 



— 171 — 

daot qoo la Société veuille bien la résoudre par le cbapgemeDt 
(Tépoque. Je reviens à notre exhibition. 

La race française comprenait 9 béliers et 15 brebis dont 
5 SDÎtées. Le l^^' prix a été accordé à un bélier cbarmois de 
44 mois appartenant à M., de la Porte , de Sèvres ; cet animal 
a été trouvé bien , mais de petite taille ef pas assez étoffé. Le 
2* prix a été attribué à un bélier de 15 mois , valence pur, à 
H. Métajr, d^Iteuil ; cet animal nous a paru un peu languissant, 
mais s*il est bien soigné , il pourra devenir un bon tjpe. Une 
médaille a été donnée au lot de quatre jeunes béliers cbarmois 
de M. Domineray , de Bouresse; votre commission espère que 
ces animaux se feront, mais ils sont bien petits ; nous pensons 
que le peu do fourrage produit par Tannéo 4864 a dû être une 
cause de retard duns le développement de plusieurs des ani- 
maux de notre exhibition ovine ; mais le bon agriculteur doit 
savoir aujourd'hui que , quand la première récolte de fourra* 
ges manque, il ne doit plus espérer sur les deuxièmes et troi- 
sièmes coupes, mais qu'il lui faut, par tous les auxiliaires con- 
nus maintenant , obvier à une disotte plus que probable de 
nourriture. 

Le l*' prix des brebis de race française a été donné au lot 
ifi 5 brebis charmoises d*un an , du même H. de la Porte , de 
Serres; ces brebis sont également petites, mais nous ont paru 
dans de bonnes conditions de conformation. Le ï* prix a été 
donné aux 5 brebis suiiées , race valence , de différents âges , 
àU.Merlet, de Poitiers : ces brebis sont bonnes; mais à cause 
de leurs Ages différents , elles ne satisfaisaient pas Tœil par un 
bel ensemble ; nous espérons que M. Merlet tiendra compte 
pour une autre fois do notre avis tout à fait dans son intérêt, 
en lui rappelant qu'il nous a présenté mieux que cela. 

Race eraisée. 

Cette race comprenait 5 béliers et 4 brebis. Le 1^' prix des 
béliers accordé au dishley-poitevin, âgé de 15 mois, à M. Hétay 
déjà nommé, nous a paru un assez bon animal ; nous n*avons 
pas reconnu, s'il est le produit d'un croisement valence, ou 
delà petite race du Poitou; nous pencherions pour ce dernier 
croisement qui ne devrait pas être, comme nous l'avons dit 
Tannée dernière , aussi avantageux en tous points qu'avec la 



-m- 

race Talence. Le 2« prix a été doaoé au charmoii-poitevip de 
15 mois-, à H. toucher , de Benasie. Uoe menlioQ a été doa- 
néeau south^own poUevio, à H. La^irade, do Ma^erolles. 

Les brebis croisées n'étaient , comme voas Taveat vu, qo*aa 
nombre de quatre. Votre commission à donné néannioins oo 
1*' prix k ces 4 brebis south-down poitevines, à H. Laprade , 
malgré que le programme exigeait que les lots dussent se 
composer de S brebis. M. Laprade, si assidu à tous les concours 
régionaux et autres, aurait dû se souvenir de cette prescription 
qui n^est pas nouvelle pour lui. 

Race étrangère. 

4 béliers et 4 brebis présentés. Le 1*^ prix des béliers a été 
accordé au south-down de H. Laprade et le V prix au beau 
bélier dislhey de noire remarquable agriculteur , M. Emm. de 
CuTEon , de Moulinet. On nous a aussi présenté un énorme 
bélier lombardo-vénitien dit de Bergame , à Mme veuve Tur- 
quand, de Bîard , sur lequel votre commission n*a pu se pro- 
noncer voyant cette race ponr la premiàroïois. 

Le i**^ prix des brebis a été donné encore au lot de 4 brebis 
south-down de M. Laprade. Ici nous devons dire à cet agriru^- 
leur, qu^il veuille bien ne pas considérer ces exceptions de piif 
accordés à ces donx lots de brebis composés de 4 au lieu de 5 
Comme un hommage , une faveur en raison des beaux animaox 
qu*il présente toujours, mais comme un souvenir de la Société 
vis-ihvts d*un de ses membres qui a pu oublier. 

Nous dirons en terminant que votre commission a eu qoel- 
que peine à admettre comme race française la race cfaarmoise, 
que tont le monde sait être on composé de bien des races an- 
glaises et françaises et qu'elle exprime instamment encore 
cette année à la Société le désir que Tannée prochaine les 
animaux amenés au concours ei soumis à Pexamen de la com- 
mission puissent porter un numéro d*ordre, auquel serait ajouté 
l*ftge des animaux, plus le nom et la demeure du propriétaire. 

B. DU PATURAL. 



-178- 



Du fromage de pots appM Teweu. — On prend une espèce de 
peis elc>a(|iiieM oo,ir défaut, d'aulres ; mais lea preaûera don^ 
Bftnt Dfn véMiltil tteillliiir ^ UM ifiandlé da froana^tf plua 
abondante. 

On tsil gonfler lès poids dAAS f eaa tiède Utie dettt-joùrnée 
(mieux vaat pmlMger i'tctioii de Teau înaqu'i oe que les pois 
s'écrasent facilement sous Fongle) ; on les broyé k la meule , 
en ajauiaDl par petites odllerées i^s pois et feau dans laquelle 
ils ont gonflé. On recueille la purée qui s*écouIe et on la passe 
dans on If ûge pièce sut tin cadre de bols ; ou chauffe lé liquide 
qui s'écoule environ à 65* , puis on y ajoute du plâtre calciné 
en poudre (gros comme un œuf de itès-peiite dimension et 
m6me mpius, pour ^k» 500 à 3 lu de pois secs). On continue 
à chauffer en remuant. Quand le Tiquide commence à bouillir , 
on le relire avec une cutHer en bm et on le verse dans des 
moules garnis à Fintérienr d*un tissu assez lAcbe (les moules 
chinois sont fermés d*sn carré de 40 centimètres de câté sur 
8 à 11 de hauteur); on recOoVréle nrioulè d*un linge, puis d*une 
planchette qtl^ôh ch&Vgè de ptertes. 

On laisse la fromage reisuyer une heure eX demie et on peut 
le manger. 

Ces fromages , préparés ainsi , ne se èonseirvent pas plus de 
deuj jours en été; pour les conserver un temps considérable , 
on les presse très-fortement et on los aromatise par des plan- 
tes; le fromage sec se mange frit dans du beurre ou de la 
graissa^ 

Les quatre livres chinois (J41 livre 640 grammes) se vendent 
^ar oMireeatts de 3 à 4 sapèquas (iOO si^èquea 50 cf^iiiinètrea). 
Il yen <a 16 i»oroeaiis. 

On pe«t srièr dà sacrer les firomagès fraie. 

M. Champion a préparé du fromage avec des pois ordinat*^ 
ras* fen chiM ^ «n fabrique ces'fromagM avar« des pois et des 
bàrtetIU. 



- 174 — 



PHOSPHATE DE CHAUX FOSSILE 

ENGRAIS LE PLUS N&ESSAIRE , LE PLUS INDISPENSABLE, 
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force employée. 

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l'agriculture. 

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sonnes qui voudront bien Thonorer de leur confiance, et leur offrira 
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(BRiVETBE S. 6. D. G.) 

DE A^ PARIS, ^ ^"*"^y (Charente-inférieure). 



La charrue Paris réunit tous les avantages pour la culture 
des vignes , surtout des vieilles qui seraient irrégulièrement 
plantées; elle se compose :,i^ d*un déchausseur; 2<> d*un 
bineur; S*" d*un butleur, construits complètement en fer forgé, 
se montant sur le même âge à Taide de deux écrous. Cette 
charrue ne nécessite , dans les terrains do moyenne force, que 
remploi d*nn seul chovnl ou d*un seul bœuf» quoique résistible 
à deux forts chevaui ou deux forts bœufs. 

io Le déchausseur est aussi rechaus«eur en laissant, sur Té- 
tançon de devant, une petite pièce saisie avec trois petites vis ; 
cette pièce doit aussi rester à demeure pour le labour des 
jeunes plantes, des vignes hautes , etc. ; elle se supprime seu- 
lement pour les deux derniers tours daûs les vignes basses. 
'Ce même déchausseur (avec versoir à droite ou à gauche ^elon 
les demandes), dont l'avanl-corps se trouve incliné du côté 
opposé au versoir, par conséquent éloigné da plan de Tage 
d*environ m. 48 à 20 c, permet d*approcher très-près des 
souches sans nuire aux bourgeons ; la pointe du soc est déviée 
du côté opposé pour éviter que la souche no soit atteinte par 
le soc ; il ne reste donc à enlever à la bôche qu^une petite 
bande de terre de m. 8 à 10 c. de largeur entièrement crevée 
par les deux derniers tours de la charrue. 

2f Lebinoir, instrument sans versoir, ayant deux larges 
couteaux tous en fer forgé et aciéré formant un'o largeur 
moyenne de m. 70 c. , coupe les herbes et racines laissant la 
terre à plat. • ' f 

i^ Le butteur , avec ses versoirs pouvant s^écnrter de m. 
30 à 40 c, peut rechausser en un seul tour un rang de vignes, 
ou jeunes pianies^ou plantes sarclées de i m. 10 c. de largeur. 
Cet instrument, résistible à 4 bœufs, peut être employé à 
faire des fossés dans les vignes pour y enfouir les fumiers. 

Prix des trois instruments, n® 4, 170 fr.; n* 2, 155. 

20 médailles dont 4 médailles d*or et 3 rappels de médaille 
d*or ont été décernées à cette môme charrue. 



Poitiers.— Typ. de H. Oudim. 



BULLETIN 



Dl LA 



SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D'AGRICULTURE 

BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS 
DB POn IBR». 

N^ 98, 
SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU 6 JUIN 1865. 



31 membres sont présents. 

H. le Président fait une analyse sommaire de la correspon- 
dance, demande le titre de titulaire non résidant pour M. Sa- 
vatier qui habite aujourd'hui Châtellerault , et tait part d'une 
lettre par laquelle M. Timberteau invite la Société à assister 
au concours qu*il doit ouvrir entré ses serviteurs le lundi 5 juin. 

H. Teodbssa&t, professeur de physique h la faculté dos scien- 
ces de Poitiers, oCTre à la Société on ouvrage ayant pour titre : 
GalUieyia missùm seienti/i'jiie , sa vie el son procès. 

M. Hérine déposo sur le bureau un brin de vigne planté à la 
liarre (k la mi-mai dernier) , d'après toutes les règles de M. le 
docteur GuyoU Ce pUn eàt déjà enraciné et a poussé une tige 
de plusieurs centimètres. Sur trois hectares plantés ainsi , 
M. Mérine a aujourd'hui la prouve do la réussite des ^ ou || 
des plans employés , et encore y a-t-il lieu d'espérer que plus 
'1*00 sujet dont rœil supérieur a c té ou brisé ou dévoré par les 
iosectes , ne sont que retardés danï leur pousse , et non pas 
définitivement perdus. * 

M. de Curzon présente un travail sur les races bovines dé- 
sarmées, et conclut en conseillant à la Société de demandera 
l'administration d'affecter à cette race des primes spéciales 
dans les concours. 

Ces conclusions sont adoptées, et il est décidé qu'on adres- 

BaUetiD de juin 1865. i& 



- ^78 -, 
sera une supplique on ce sens à S. Bic. le Ministre de Fagri- 
culture. 

Peux rapports « l'un sur le çoncoofs régional dqMans, le 
second sur respo^itton des mimtox de basse-cour à celui de 
la Mi-Carème (Poitiers) sont lus par BfH. de Souvigny et Jolly. 

La sé(incé est i^?ée> 

ncns SOMKAniBS sus ut CORCOUIS UiGIONAL ÂGlICOIiS 

DIT MAI» (Sartbq) n 1865. 

Le concours du Mans a fait un pas immense dans cette voie 
OÙ Ton est entré depuis queïi^^é^ années , et qui tend à faire 
des expositions agricoles de simples accessoires à des réjouis- 
sances populaires. 

Ln ville et le département ayant Yoté des sommes considé- 
rables j des fêtes splendides et variées se sont succédé, pen- 
dant neuf jours , du 99 avril au 7 mai 1865. 

lo Concours d*orphéons, do fanfares et d'harmonies ; 

S* Retraites aux flambeaux ; 

S"" Carrousol; 

4® Illuminations ; 

5"^ Ballons; 

6^ Grand concert; 

10 Cavalcade historique; 
V^ Grand bal ; 

. 9^ Feu d'artifice et banquet de 300 couverts. 

Aussi la foule n'a pas fait défaut, principalement les 30 avril, 
6 et 7 mai ; elle était tellement considérable que les chemins 
de fôr ne pouvaient suffire à la tiansportér , et les vivres man- 
quaient pour la nourrir, 

11 y a donc lieu de croire que la ville par ses octrois et les 
bénéfices réalisés par le commerce, est rentrée largement dans 
ses dépenses. 

Mais pendant ce temps , que devenait le concours régional 
agricole, objet principal des réunions ? Il passait, nous Tavons 
dit y à l'état de simple accessoire , n'excitant pas Tempresse- 
meut qu'il méritait , car l'exposition des animaux était remar- 
quable, surtout dans 1ms espèces bovine et ovine. 

Raee$ bootnes. 

Sous le nom de races vendéennes figuraient iS taureaux et 



. — nf9- 

i9 racbes , en^ majeofe partie parthenais , dignes d*^ttirrr les 
regards et de faire hottnettr ào Poitoa. 

Notre éoOdgue nranibôifie a rempdi'té deux premier^ , un 
second et un troisième prix montant ensenible è 1,400 fr., 
oatre deux médailles d'or, une d^argent et une de bronze^ aVec 
cinq animaux de cette race; or le seul noin primé n*était pas 
sans mérite. 

Nos coll^oea Babioet, de la Vassardière et de Larclause ont 
obtenu : le premier, on premier et un second prix de 500 !ir. 
sar trois aniôiaox ; le deuxième « deux seconds prix do $00 fr. 
sur cinq animaux ; le troisième a peçii un troisième* prix de 
iOO fr. pour deux animaux. 

Le surplus des récompenses a été décerné à MM. Besnier, 
à Châlclleraoli; d*AlvaTèis, k Méré, et Métay; à ViW^ne; un seul 
coDCurrent étranger à notre département, M. Matthieu, de 
riodre, a reçu uo premier et un second prix montant à BOO fr. 

Noire bpnne et solide race qoi figurait en tête du lirrot , a 
dignement soutenu sa réputaiion , quoique disséminée dans 
trob régions» ayant cette année leurs concours à Saint-Brieuc, 
lo Mans et Niort. 

Venait ensoite la race eharollaise, magnifique, et magnîfi- 
qoemeat représeolée par 74 animaux , 30 taureaux et 44 va- 
ches; il serait difficile de trouver on ensemble plus parfait et 
plus homogène. 

Oq a dit qoe cette Tace s* était améliorée par )e sang durham» 
c(*la peut être , mais les charollais ayant conservé le caràot&re 
et le type de la race primitive^, il est plus exacl de dire qcMI y 
a une grande analogie entre les deux espèces , et que le cha- 
rollais est véritablement le dorham français. 

Oo aurait on seul teproche à faire aut animaux exposés , 
leur embonpoint excessif, reproche mi^rité par les durham 
également. Il est fâcheux que le jury n'applique pas plùâ strie- 
temetfl la règle qui exclut des ooàcours les reproducteurs trop 
grai Les possesseurs sont d'aotant plus dans leur tort ,* que 
leors bèlea ayant drs forftie^liaTifionieuses, ils devraient laisser 
le charlatanisme de Tembonpolnt h ceux qui ont besoin de 
dissimuler des défauts de confoemalion. 

Le mérite des concurrents était si général , que la comoiis- 
sion , outre les quinze prix essorés à cette race, a dû accorder 
seize mentions honorables. 



- 180 — 

Les prix principaux . ont été décernés à MU. le comte de 
Bouille , le comle Benoist d*Aiy, Signoret , Doury , Massé, etc. 

Dann les races françaises divex^s , on remArqnaii uo mé- 
lange incohérent de cotentins, limousins, bretons, mancesuz , 
morvandeaux , flamands , etc., surpris do se trouver ainsi cAle 
à côte; il y avait 71 de ces animaux. Nous ne nous y arrête- 
rons que pour faire remarquer .combien est difficile la tAche 
des jurés chargés d'établir une juste comparaison entre dos 
bestiaux si peu comparables. 

N'oublions pas cependant que notre coUègne M. Branthôme 
a eu un 3* prix de iOO fr., pour son charmant taureau 11* 
mousin* 

Nous Toici en présence de la belle race durham, représentée 
par 40 animaux superbes , 19 taureaux et 31 vaches. Comme 
toujours les vainqueurs ont été MH. Salval (deux premieis, 
doux seconds prix» deux, mentions et deux médailles d*or 
comme éleveur d'animaux primés , chex ceux à qui il les a 
vendus); Tiersonnier (un premier, deux troisièmes prix et une 
mention) ; Tacharl (un premier, un deuxième prix etdeax 
mentions) ; Poulain et Riverain (chacun un premier prix). 

Cette race outre ses quinxe prix a obtenu onze mentions ; 
c'est une large pari qui lui a été faite; mais destinée à l'amé- 
lioration des autres races , exigeante et supposant chex tes 
éleveurs un grand luxe de soins et de nourriture , une grande 
persévérance I elle justifie la générosité du programme. 

Quant aux races étrangères diverses, c'est d'abord un amal- 
game d'animaux n'ayant aucun point de contact outre eux ; 
mais de plus, cette catégorie était ici absolument inutile, puis- 
que pour disputer douze prix d*une valeur de 4,300 fr., dix 
bêtes seulement ont été présentées , qui étaient loin de valoir 
les primes offertes; à peine valaient-elles, les S,000 fr. distri- 
bués à six lauréats. 

C'est une chose fâcheuse que cette excitation donnée aux 
coureurs d'expositions , qui souvent recherchent les animeai 
de races peu répandues, dans Tunique but de les présenter el 
sans aucun intérêt pour l'agriculture de la région. 

Nous en dirons autant à propos des croisements divers, 
collection de produits d*aCcouplements bizarres et mal conçus : 
schwitz charollais, partbenais-limousin , cottentin-manceau » 
charoUais- breton , etc., etc. 



— 181 — 

Il nous semble que dans chaque région , il ne faudrait que 
deoi 00 iroîs catégories pour les races françaises reconnues 
los meilleores , ofie ràt^gorie pour la rac^ étrangère la plus 
répandue et produisant les meilleurs résultats datis la région ; 
enfin une catégorie pour les croisements avec cette race étran- 
gère : on dirigerait ainsi Ins éleveurs dans la voie la meilleure, 
en les détournant de ces tentatives excentriques , qui causent 
lantde pertes dé temps et d'argent. 

Par exemple nous comprenons dans notre région la caté- 
gorie des croisements durham; ils ont de grands succès et 
nous afons vu au ttans 50 beaux animaux , 18 taureaux et 
31 vaches dignes d*orner le concours. Aussi les treize prix 
offerts montant à 4,000 fr., n'ont pas paru suffisants au jury 
qoi a accordé en outre neuf menlions fionorables et deux mé- 
dailles d'éleveur. 

L'ensemble de l'exposition bovine comprenait donc 314 abi- 
maux , 118 taureaux et 196 vaches. 

Roessoetnas. 

L'espèce oviae était non moins bien représentée par 
31!rtètes, ISl béliers et 46 loU de cinq brebis. 

La rare Mérine et ses métis répandue dans la Beauce et le 
Maine , comptait 14 béliers et 40 femelles. Cette exposition 
sans être tr^-remarquaUe , a mérité les six prix offerts et une 
Deniioo honorable. ' 

La jolie petite race berrichonne avait 9 béliers et 15 brebis ; 
deux des prix destinés aux femellek n'ont pu être décernés. 

Les charmois étaient beaox et nombreux (18 béKers, W fe- 
meHes); tous les pf ix ont été distribués, plus un rappel de prix 
et une médaille d'éleveur. . ' 

Hais la catégorie latplos brilUnte était sans contredit celle 
des sooth-down, A%' béliers magnifiques et -55 brebis mon- 
traient ce que l'on doit attendre de cette race dans notre 
région. Sept prix montant è 1,900 fir. et une mention hono- 
rable ont été obtenns par HM. de Bouille , de Behagge , de 
SaintrHanrice et Riverain. 

Nos observations relatives aux bètes à cornes, sur le danger 
de disséminer les encouragements et d^égarer ainsi les efforts 
des éleveurs, subsistent à propos des moutons. 

Par exemple dans la catégorie des races diverses étrangères, 



— 18i — 

naos voyons figurer quatre béliers et trois lots de brebis se 
disputant six prix , dont quatre ont été dcc^vnés. Un de «es 
prix a été obtenu par notre collègue H. do LexcUu^e» poor un 
bélier dishley. 

Les racés françaises diverses comprenaient SbuàUers et? IqIs 
de brebis; 4 béliers et 26 femelles de race poitevine ont ob- 
tenu qiialre prix sur cinq, dont deux décernés à M, Cornet, 
d'Asnois (Vienne). 

Quant aux croisements qui comptent 26 qiâles et 45 femel- 
les, ceux qui dominent sont les soulh-down4)errichon8934t6les \ 
puis les soutb-down-oifort ou poitevins, U bètes.; les dishlej- 
poitevins ou berrichons» 9 tètes; enGn 4es cbarmoisesi-berri- 
chons, 11 bêtes. r ' , 

Quatre, prix ont été décernés aux croisements soulh-down , 
trois aux charmoises et un aux dishley. 

M. BILaitais, à Vivdne, a obtenu un 4* prix, et M. de Larclause 
une mention honorable. 

Porcs. 

L*expasitioq de Tespèce porcine n*avait ries de bien saittaol, 
et nous avouonsi qo*eUe a peu fixé hoire attention. 

20 verrats., 26 truies divisés en trois catégories ^en Msaient 
tons les honneurs, 

La race oraonnaise dôminaH parmi le^ indigènes pores ou 
croisées, 9 animaux sur 13 ont'obtenu six des sept prix 
accordés. 

Les Anglais »plus ou moins exactement dénommés formaient 
la tOFtalité des races étrangères pures eu croisées entre elle». 

Un 5* prix a été décerné dans cette catégorie à M. de Lar- 
clause, pour son verrat manchester. 

La 3* catégorie , celle des croisements divers entre Cacas 
firan^gaises et éirdngèros , comptait quatre verrats et six truie» • 
qui ont obtenu les cinq prix annonbés au programime. 
. Parmi les exposants de betitiaux de sotgre^départeineDt qui 
n'ont p^s éué primés, noOK voyons figurer MM; Laprade frères, 
à MazeroUes; Boulet, Pousset, à Ghâbellerault ; Martron, ^ 
Asnois; Thomas, à Châtain ; de Montjoo, à Ligugé, et Priée, à 
P.ersac ; quant aux derniers , il n*y a rien d*étonnaiit , car la 
plupart n'avaient présenté qu'un seul animal; mais pour 
MM» Laprade, riasuccès est d'autant plus remarquable' et dif- 



finle à expliqoer qu'ils avaient-douio saioiaui de race bovine» 
f béKers, 15 breMset oo verrat* 

Peut-être , ces Messieurs doivent-ils reconoattre nncoaTé» 
Qieni d'embrasser tous les genres seos s*a4laeher à des prio^ 
cipes raisonnes. Lnars siieeès préeédeots les avaient eocou* 
rages dans nue voie qui s fait son temps et ne pbovsit réussir 
qu*è une epoqoe oft les concurrents étaient moins nom* 
breut* 

Noos n*avpns que quelques mots à dire de la i« classe (ani- 
mani de ba^è-cour) ; sur 75 numéros, S8 af)partenaient à la 
bonne race de la Flèche , 15 à celle de Crëvecœur et 40 aui 
races l^ôrmandes. Le surplus paraissait égaré dans cette con- 
trée cù l'on a le bon*osprit de conserrer pures et sans croise- 
ments irréfléchis nos meilleures volailles françaises. 

H. Price, de Persac» a obtenu une médaille de bronze et 
30 francs poiît on lot de dorkiogs. 

IfMrumenU. 

L*ekpositfon des machines et instruments était ce que Ton 
de? idt attendre, le local prêtait admkablement à la faire valoir. 
Ao centre de la belle promenait^ des Jacobins , qoi rappelle 
sans régaler , notre nMgnifiqqe Blossac , se trouvait un beau 
jet d'eau , alimenté par un vaste bassin , sur lequel se prome- 
naient dé légères nacedes et autour duquel étaient rangés' les 
pompes et appareils è épuisement. 

Ce qu'il y avait de plus remarquable et de nouveau , c'était 
aoe machine àl>royer le ehanvro, inventée par M. Leveau, au 
Mans, et qui lui a mérité une médaille d'or grand module, de- 
mandée excoptionnellomeni au llifiistre. 

Quant aux 587 instruments figurant au livret» c'était comme 
partout unê'réunioA de charrues, de herses, scarîficatMrs , 
semoirs, houes, batteuses» faucheuses, moissonneuses ,*ma- 
Dëgés, (^ùpe-racines , râteaux, trieurs, contasseurs , bascu- 
les , pressoirs » Êflche-paille , machines à vapeur et appareils à 
coire lea légumes, tous plus ou moins dignes d'obtenir les mé- 
iHitles qui lébr oiii été décernées. 

A cet é^ard , qu'il nous soit permis d'exprimer on regret 
qui 00* s'applique pas plusku concours du Mans , qu'à tous l(^s 
sÂlies, EÉÛté que noàs avons entendu formuler souvent. 



- 184 - 

. Il a*agil de in Irop grande fecililé des jurés daos la.dislribu- 
lioo des médailles, il en résulte que tous les coostrncleors en 
-obtenanl pM ou moins, les cultivateurs ne juraient trouyor 
dans ces dislinction», comme cela devrait être, un indice et un 
guide pour les choix des instruments dont ils ont bosoie. 

Nous signalerons i* exposition do M. Chariot, du Mans, <|ui 
nous' a paru se distinguer par une bonne entente des instru- 
ments de culture , et, ce qui n*est pas à dédaigner, par gn bon 
marché très-appréciable. Nous j ayons vu un bon sraire Dom- 
basle à 50 fr. , une hrrse Yalcourt à 30 fr. , et un excellent 
rouleau uni en fonte avec qn brancard bien fait à 60 fr. Ce rou- 
leau avec deux disques indépendants fait 1 mètre de long, le 
constructeur nous a dit pouvoir loi dopner 1 mètre 50 conli- 
mètros avec trois disques pour 80 fr. 

Quoique les médailles ne soient pas un f igné irrécusable de 
supériorité, disons que la charrue de 50 fr., le rouleau de 60 fr., 
un batteur de 45 fr. et un appareil pour cuire à la vapeur de 
30 fr. ont été récompensés parmi les inventions de M. Èharlot. 

HH. Tertrais et Carlier , de Chftielleraolt , étaient les seuls 
exposants de notre déparlement, ils ont en un rappel do mé* 
daiUe d'argent« pour une machine à battre du prix de SOO fr., 
médaillée à Périgueuz en 1864. 

Produits. 

. Que dire^de l'exposition des produits agricoles, si ce n'est 
qu'au milieu des splendeurs du reste du concours, elle pouvait 
passer inaperçue avec s;es 27 numéros comprenant quelques 
betterayes .quelques bouteilles <)e vin , deux fromages et cinq 
litres de pressure liquide à i fr. l'un. 

CAeeatix. 

Le concours hippique ajouté par le département de la Sar- 

the, au programme ministériel . n*a pas jostiGé ce que l'on en 

devail espérer. Il s'est distingué surtout par le prix d'entrée 

fixé a 3 fr. , somme très-peu proportionnée au mérite des ani- 

.maux. 

On a remarqué sur la bonne et forte race locale perche- 
ronne les tristes effets des croisements hétérogènes et la pros- 
cription par Tadministration des haras des robes grises. 

Quelques gros étalons de trait et des juments demi-sang dé- 



— .185 — 

coQsaes fonnaienl une collection peîi nombreuse et peu inté- 
ressante* ' 

Toulefois nous avons trouvé ici quoique chos^ envier pour 
notre département , c*est Tinslitution d'étalons rouleurs , pri- 
méa par l'administration , qui se promènent dans les fermes 
pendant la saison de la monte. 

Otte organisation nous n^anqne à nous qui n'avons que des 
ateliers fort éloignés et souvent mal composés, 

fZeurs. 

Une charmante exposition florale avait été annexée au con- 
roars régional; c'était fort joli, les collection^ étaient nombreu- 
ses et complètes, un frais ruisseau serpentait au milieu de ces 
fleurs et s'élançait en murmurant à .travers des rochers de 
carton tellement bien imités, qu'il fallait un nombreux per- 
sonnel pour empêcher les curieux d'en prendre des échan- 
tillons. 

Pour ne rien oublier, nous devons dire que pendant la tenue 
do concours , M. Dubrenil, professeur d'arboriculture à Paris , 
a donné six leçons publiques et gratuites. 

La grande prime d'honneur a été décernée à H. LaigIe:Des- 
masares , à Saint-Pierre-des-Ormes (Sarthe). Noos ne savons 
rien des travaux et des cultures de ce lauréat, si ce n'est qu'il 
avait à l'exposition de nombreux animaux , des machines , des 
prodoits , et qu'il a eu quelques succès modérés : un prix sur 
quatre animaux d'espèce bovine, un prix sur trois porcs, une 
médaille sur six lots de volailles et une médaille pour sa col- 
lection de produits. 

Pendant que nous étions absorbé par l'examen des diverses 
parties du concours , une musique se f^it entendre , et la foule 
noos entraîne vers la place des Jacobins, oii , sans sortir de 
l'eneelnte , nous voyons défiler la brillante' cavalcade histo- 
rique. 

Voos auriez peine à comprendre l'à-propos de ce pompeux 
spectacle , si nous ne vous apprenions qu'il s'agissait d'une 
œuvre de bienfaisance ; or si la bienfaisance est de tous les 
temps, de toutes les circonstances, c'est surtout au milieu des 
choses de J'egriculture qu'elle est bien placée. 

• E DB SOUVIGNT. 



DBS 1ACB8 BOYOIBS DASAIMÉBS. 

Nous somifloâ tellement habitués à voir la tète de dos bœufs 
surmontée de cornes fiërès et monaçanies , qo^un bœuf à tAte 
nUe nèus semble tià adimal mutilé ëfêni perdu » comme dit 
Tacite , sutis honor aut gloria froniis, L*usagé d*atteler lé bœuf 
par !és cornes est si invétéré chez noui que, ce moyen de le 
faire travailler venant à nous manquer , nôés ne saurions plus 
qu*en faire. Tant il est vrai que Thabitude est une seconde 
nature ! tant est grande la force d'entraînement de la routine ^ 
de ce jugement à forfait , répulsif de toute discussion et de tout 
appel I 

Pourtant la tariété bovine à tète nue n*ést pas une invention 
moderne. Tacite nous apprend que Mes bϝfB de la Germanie 
étaient sètes cornes : Pline et Columèlle ont vanté ces races 
inoffensives. 

Les cornes ne sont pas un ornement , comme le pensait 
Tacite ; ce sont des armes : le mot armenhim , qui seimble 
dérivé d'arma , armatiim^ prouve que les Latins ravaieni com- 
pris ^ Hais ces armes, nécessaires à Tanimal sauvage « ne sont 
plus , dans Id vie domestique , qu*un embarras et un danger. 
No^ yeux , habitiiés à voir le bœuf at-oiitré de cette armature , 
induisent notre jugement en erreur , quand iU nous représen- 
tent comme diminué, comme incomplet , et par tonséquent 
eomme laid*un animal qui en est débarrassé. 

Oui, ffâns aucun doute, il est beau le taui'ean sauvage, avec 
sa' tète énorme, avec sc*s cornes recourbées, avec son regard 
menaçant : tout est beau qui est complet , qui remplit son Lut, 
qui va è sa fin , et le hiboU avait raison de trouver ses petits 



* Je lals qu'on fsft 4érlT0r armenium de aro (àp#) Je Uboure, «t qa'oa 
pourrait le faire dédfsr encore de ap/*«f , jointure. Mais tt me sembla que 
cas deux étymologies n'impliquent pas une dtilérenoe anâNante antre «raien- 
fttm et jtttiMfiIttm {jwtgo on/uvo). Jumentum s'applique aux tanfi oonme 
atout antre gros bétail , et il Indique ainsi l'apUtude hu labouràgs, à l'aUe- 
lage ! ne a'ensuit-U pas qu'U faut chercher dans armefilum une sl^DiOeaUen 
difiéiente et l'indication d'autres facnttés ches iee mêmes animaux? En dési- 
gnant par la mot armetiium une horde âe^êles faueet, Virgile aotorlsels 
racine (jue je donne ici, et qi^i nous montre les animaux sous leur aspect 
agressif, tandii^ que jjtmentum nous les présente au point de. vue de leur 
dttUsatlon dans la domesUelté. 



- 187 - 

mignons. Hais la beauté de ranimai domestique Vest pas la 
beauté de ranimai sauvage , parce que le but est cbapgé, parce 
que la fin est autre. Plus. philosophe en cola que Tacite, Vir- 
gile te a*y est pas trompé. Dans son admirable description du 
bœuf , 8*il en fait ressortir les beautés naturelles , toutes sm 
expressions sont calculées pour bien (aire comprendre que ce 
n*eat U qu'une beauté samrage, une baduMcU/^bniiM, selon Theu- 
reuM expression de Delille : 

OptifluiforiMB • 
forma boiis, cni i^rp$ caput , ca\ jdurim» earvûc...» 
. .• .et eamuris hirtm,tub comiàm a^I^ 

Ou me dira que ce n*e«t pas à titre d*omement que Ton 
eoaserre au bcoof sea cornes, mais à titre d'instrument de 
travail. Ici je ne pois mieux faire que de citer une autorité dont 
la compétence ne sera pas contestée. — Dans on rapport fait à 
la Société protectrice des animaui , M. Magne , directeur de 
Péeole d*Alfori » s'exprime ainsi : 

ff Les bœufs qui tirent par les épaules ont plus de force que 
caai 4oi tirent par les cornes , parce qu*iis sont plus libres 
dans 'leurs allures; qu'Us peuvent déplacer leur tôte^suivant 
leor convenavee , ce quriea rend phia soHitea sur leurs jambes 
et phis agiles. 

• En outre , quandils tirent par les épaules, les bœuf^ pro- 
duisent plus d*eOet pour une force (tonnée : Teffort qui pousse 
le corps en avant et effectue le tirage , résulte surtout de la 
contraction des muscles ettenseurs appartenant aux membres 
postérieurs et aux Iomb<»s. Or , cal effort se transmet par le 
ndiiê presque directement à la résistance » quand celle-ci est 
appliquée à un collier; tandis qu*il ne se transmet aux cornes 
que d*une manière indirecte , par l'intermédiaire de la colonne 
cervfcaie. Mais cette 'colonne n*est pas composée d'une seule 
pièce incémpressible et ne forme pas une ligne droHe avec le 
dos; elle est composée de petits os courts qui glissem les uns 
sor les autres , et ont entre eux d«*s.fibro-cartilages oompres- 
Mbles. Elle forme avec la tête ,<omme avec Je dos , on angle 
plus ou moins fermé , absorbant une partie de la force qui la 
pousse i^n avant. Il résolte de ces diverses circonstances qu'une 
force donnée, déployée par un' bœuf, produit plus d'effet avec 
l'attelago au collier qu'avec l'attelage au joug ; de sorte qu'il 



— . 18? — 

y a «vanlage à faire tirer les bœab par les épaules ; et perce 
qu'ils déploienl plus de forces , et parce que cette force pro- 
duit plus d'effet utile* 

t Nous ajoatoroqs que les animaux soulagés déjà parce qu'ils 
fq|it le même travail en éprouvant moins de fatigue , lo sont, en 
outre , parée qu'ils n*ont pas le cou tordu , lors même qu'ils 
travaillent sur fin sol en pente obliqua « comme ils Tont « lors- . 
qu'ils sont sous le joug ; que s'ils travaillent sur un sol rocîail- 
leux, ils peuvent mieux choisir leur chrmin et éviter Içs pierres ; 
que^lilires de lever et de secouer la tète, ils respirent plus 
facilement , sont moins exposés aux itonps de sang , et souffrent 
moins des insectes* ailés quMIs pensent Chasser; >nfin , que, 
dans les descentes, les animaux , avec le collier et le reculoir, 
ont plus de force pour retenir la voiture, que lorsqu'ils sont 
attelés par les cornes. » 

L'expérience de toes les jours conflrme cette théorie : car 
on, sait que , dans bien des contrées de l'Allemagne et da 
Nord, les boeufs , les vaches et même les taureauMe travaille^ 
qu'ft l'aide du collier. 

Objecterait-on la dépense ? Je ne dissimulerai pas que l'atte- 
lage par le collier coûte plus cher qne l'attelage à l'aide do 
joug. Mais ici Yécovumit ressemble beaucoup à eelle qoe nous 
pourrions faire en marchant les pieds nus , pour épargner fes 
souliers et les bas. Est-ce, je le demande , une jfoowmù que de 
fatiguer et- 4'user les anioMiux pour épargner la dépense du 
harnachement? 

Si pourlfint on tient à conserver le joug, M. Magne indique 
un moyen fort simple de s'en servir; c'est de. le placer sur le 
garrot, w L'attelage par le joug placé sur le garrot, dit-il, 
est une transition économique entre le joug attaché aux cornes 
et le collier. Si le tirage qui en résulte est inférieur à celui 
qu'on obtient avec le collier , il est , au point de vue de 
Téconomie , supérieur à celui que donne l'attelage par les 
cornes. • 

Enfin , et pour ne laisser jour à aucune objection d'aucune 
sorte, si Ton lient à faire tirer le bœuf par la tète , on n'a aucun 
besoin pour cela d'avoir recours à ses cornes. Nos moles n'ont 
pas de cornes, que je sache, et cependant on a ici la très-déplo- 
rable habitude do les faire tirer par la tète. Cela se faite Taide 
de gtiimpas et d'un joug placé sur le coa. Rien ne s'opposerait 



— 1«9 — 

donc h ce qu'on altelâl les bœo& désarmés de le môme 
manière et avec la mèmis économie. 

Mais j*tidmei^f|Qe tant dé bonnes raisons aeroni dédaignées, 
qae 1008 les moyeoade réforme saiDOi écartés, que les vieilles 
habitudes prévaudront et que l'on continuera à fetre tirer le 
bcsnf par les cornes et à exiger, par conséquent, r\n\i en ait. 
— A c6té des botes de travail, n'y a*t-il pas les bétes de rente 
dont Je nombre tond heureusement à s*accroUre tous le» jours? 
Les vaches laitières , les bœufs élevé3 en vue de la boucherie 
n!iont pas besoin de cornes: et, dès que cette armature n*est 
pas nécessaire » elle est nuisible. Quand la réforme devrait se 
borner pendant longtemps encore au désarmement des bètes 
de rente, ce serait déjà un grand bienfait. 

Il eat bien évident que chez la vache laitière et ches le blBuf 
destiné à la boucherie , les corner, n*ayant pas de destination 
utile, ne sont plus qu*un embarras et uu danger. Biles augmen- 
tent la dépense de la ration d'entretien, exigeant pour leur ac- 
croissement une quantité appréciable de nourriture. Chez les 
animaux désarmés , le part est plus facile, le sommet de la tète 
étant sensiblement plus étroit. Les cas d'avortemeot sont bien 
pins rares, les vaches n'étant plus exposées À recevoir des 
coups de corne. On peut , sans aucun inconvénient, mettre 
dsDs les mêmes pâturages avec les vaches et les bœufs à tête 
nue, des juments pooHnières, des- poulains « des brebis, sans 
avoir à redouter les accidents graves et nombreux qut résultent 
toujours de la communauté de pacagé entre ces diverses sortes 
d'animaux et l'espèce bovine pourvue de cornes. Les oldtures 
elles plantations d'arbres n'ont rien à redouter des animaux 
' désarmés. Ils peuvent être beaucoup plus rapprochés dans les 
étables. Enfin, et e'est là le point le plus essentiel, ceux 
qui les soignent et ceux qui les approchent n'ont rien à crain- 
dre de leurs atteintes, tant parce que ces animaux sont d*un 
caractère' naturellement paisible et doux , que parce qu'ils sont 
dépourvus de ces armes si terribles dans la colère etdangereuses 
même dans lès jeux. 

En stipposant tous autres mérites égaux , il n'y a donc pas à 
hésiter un seul moment sur la préférence à donner aux races 
bovines à tète nue; Que sera-ce quand on saura qu'à tous les 
avantages que nous venons d'énumérer , elles joignent encore 



— 190 — 

Teméniê d'offrir le» mailleiir» lypes sdt poor la prodoetion éfria 
viande , soit poor la production du kiit ? i 

Et notez bien qu'ici il ne s'agit point d'ip^orter à grands 
frais des animaui étrangles pour les sobsiitoer à ceux .du 
pays: il sufQt d'un croisemUQi.jtidîcieni pour modiderirès- 
sensib)ieojenl,Jes races Loeales et^our les débarrasser de cette 
armature très-dangereuse, dont, l!utilité ost ttès-tégHïâieitieBt 
contosiéo même pour les ,b(eofs de travail , et qui , dans tous 
les cas» ne saujail Aire tolérée chez les vaches laitières ni chei 
les aaimaui de boucherie ; sans doute, ce n'est pasduprèouer 
coup ni dès l^e premier degré.de crolsemeni qju'cMi arrivera à 
un désarmement uniforme et constant; mais, du premier eônp 
et par un seul crois^meot on obtient cerlaiaemeiit «ne pins 
grande quantité de lait et ona plus grande, aptitude pour l'en- 
graissement.Tous oeus.— . et e'ast le plus grand nombre — 
qui no se livrent pas à l'élève des bœufs. de travail , c«'ux qui 
n'ont des vaches que pour on tirer profit par le l^il, par le 
beurre et par les veaux de boucherie « ceux-là se privent d'une 
augo^entation importante dans leur produit net en* ne recou- 
rant pas aux races désarmée«,et.ils seraient inexeosables, ayant 
ces races sous.|a main, de ne pas se mettre en mosure d* éviter 
les nombreux et gravas accidents .dont les cornos de nos races 
bovines sont tous les jours la cause. 

Nous ne souffrons pas d*4irmes aux mains des enfants , tant 
que leur raison n'est pas assez dé? eloppée pour nous être une 
garantie qu*ils n'en abuseront ni contre les autres , ni contre 
oux-m^mes ; et nous ne nous inquiétons pas d'iOn voir de très- 
redoutables an front d'un animal sans raison, d'un animal 
évidemment plus fort que nous, et dangereux par sa masse 
toute seule I Nous martyrisons un porc inoffensif poor Tempe- 
cher de bouleverser le sol en y cherchant sa. nourriture ; nous 
mutilons nos chevaux pour satisfaire des caprices de mode , et 
nous ne nous préoccuperions pas de désarmer sans v4olenea et 
par le seul emploi des lois naturelles de la reproduction des ani- 
maux domestiques qui menacent notre sécuritéi Nos enfants , 
nos femmes ont peur dç no.s bœi^fs et de nos vaches h cause 
de leurs cornçs, et nous-mêmes, nous n'en approchons jamais 
sans défiance : détruisons donc le juste mo.lif de cette, frayeur, 
et, sans nous contenter de pous tenir à distance de ce danger 



- IW - 

pemaoepl. A(oiism(iaiigar.Uii-aèÉie.« et se cMdaiimolis plas 
DOS serrileors à y rester expQsés ; car c^est bieo de cette race 
qo*oB peol dire : Gloria 4^ tênûr I 

L^ races bovine» à tète aee sont noiDbf eut ea chez noa voi- 
sins d*oulre-HanehtB : rirlande a sa race» de Kerrj; l'Ëcoaae 
noDf ofif!0 ses races J^Angus, d'Aberdeen, de Gallowajr., si 
renomiDfes.aa pùint de vue de la qualité et de la prodnclion 
^coBoinîqoe de la vtaade; et nous trouvons en Angleterre 
même les iscet de Soffeik et de Norfolk, qui n'ont pas de 
rirales pour la production do Inil. Chez nous, ees belles et oti? 
les variétés de Tespèce bovine sont à pou près iaeoonues. 
Celte regretUble lacune dans notre économie animale ne pou^ 
TsitpBS échapper à rattentioD de la société d*accIimataAion » 
non plus qu'à la solUcîtnde de la société protectrice des ani^ 
maai, et- ces deux sociétés travaillent énergiquement à la pro- 
pagation des races désarmées. Le congrès international de 
bJeafaiesBce , voyant là surtout une question humanitaire et 
chrétienne « a joint ses efforts k ceux ûk% deux sociétés fran- 
çaises. Enfin, S. A. R. le prince Adalberi de Bavière , oncle du 
roi régnant,. toujours empressé d'apporter son concours^éclairé 
à toute œuvre qui intéresse le. progrès social e,t le bien-dtre 
des peuples^ a gracieusement accepté le protectorat de cette 
croisade pacifique. 

Mais , dépois longtemps déjà , lui homme d'une intelligence 
élevée et • d'un rare d^intéressement consacrait son savoir , 
ion activité , sa fortune , sa santé à In création d'une race ho* 
vioe tnançoMB à tète due. Dès 1840, H. DutrAne, conseiller ho- 
noraire à la. cour d'Amiens , s'était mis seul et résolument à 
l'osuvrc. Ce qu'il lui en a coèté de persévérance* de voyages , 
de fotigue et d'argent est impossible à dire. Il produit ses ani- 
maux à toua les concours, en Angleterre , en Belgique; et, 
luin de loucher les primes qui lui sont allouées , il les double 
pour créer de nooveaux«stqets d'émulation^ pour hflter la pro- 
pagation de ces raoes.inoffensiv6s et perfectionnées. La société 
d'acdimatation et la société protectrice des animaux distri- 
buent tous les apa des médaifles et des primes fondées p4r 
H. DotrAnOt II en a fondé en Belgique, en Allemagne» en An-n 
gletorrp. Les plus beaux produits de ses étables» il ne lesi vend 
pas^ illes donne. Le roi de Grèce, le roi des Belges , le roi de 
Siamja société d'aroUmatation de. Paris, celle de Cologne^ 



-494- 

celle de Muéieh , eelle de ie llarUoique , celle d'Alger et d'au- 
Ires qui m^échappeel , ont reçu de * ces cadeaux priociere. 
Enfin, il a doté la France d*tine race indigène désarmée, se 
reprodaisant par eUe*m6tne depeis vingt-cinq ans * et qo'oo 
peut considérer désormais comme bien firte. 

La race de SarlàM tire son «ooi du château do Sarlabot , 
canton de Dozulé (Calvados) , propriété oe H. Dutrâne^ fille A 
été créée 'par Tinfosion du sang de la race désarmée de Saf- 
folk dans la race CotentiHe. Les accouplements ont été com- 
binés de telle sorte que le sang cotentîn dominflt de plus ea 
plus à mesure qu*il acquérait la propriété d'exclure Tarmature 
frontale , et aujourd'hui la race Sarlabot ne se dislingue de la 
race Gotentine ancienne que par rafosence des cornes. Ce qui 
établit le mérite de cette nouvelle race , c'est que , dès 1857 , 
la boucherie de Paris ehoisissait dans son sein un de ces bœufs 
qu'elle exhibe dans ses promenades de carnaval : il pesait 
1,005 kil. et il fnt classé au. premier rang pourra qualité* t La 
race crét^e par H^ Dutrdne , dit M. Magne {rapport à la saâàé 
proteclrice des animaux) présente , h l'exception des cornes , 
tous les caracières extérieurs de la race Cotentini*. Elle en'a la 
taille élevée , le corps volumineux et le pelage dit brin^. Elle 
ressemble aussi à celte race par ses qualités laitiëroi et son 
aptitude à fournir do bonne viande. C'est la raoe Cotentine 
améliorée plutôt qu'une n<yivelle race& Quant à la production 
du lait , nous pourrions dire que nous avons eu occasion de 
l'observer surdeux vaches que M. Dutcâne avaiteu robligeance 
de mettre à notre disposition à Técolo d'Âifort. Elles donnaient 
beaucoup de lait qui était de très-bonne qualité, et elles pré* 
sentaient comme les vaches cotèntines en général , les signes 
qui annoncent une grande activité dos glandes mammaires •• 

Je m'arrêterais ici, Messieurs, et, comme je Tai fait jusqu'à 
ce jour, je garderais le silence sur la tentative que j'ai osée aa 
sujet du désarmement de l'espèce l^vine, si jene me croyais 
pas comptable d'une expérience qui vient à l'appuiide le tbàse 
que je développe devant vous. Vous me pardonnerez donc do 
vous, parler un peu de mes essais personnels, si vous y trOQvez 
un argument de plus en faveur d'une réforme désirable et 
facile. 

Il y a dix ans déjà , uno vache Angus étant venue par bavard 
k ma portée , je l'acquis dans le dessein de tenter la création 



- IW - 

d*QDaB<»as7BAee àii^^yuie^ JT igpQriiis ^rs riiei|f/9U8Q^ créaly>n 
de IL h conseîtleir DutrAiiÇy ol je n'i^v^is pas le choix des 
moyçiia, J'^q^ f^coura ap taureau hoIIaadais.CpUe qombinaif 
800 améliorait 1^' valf^r des produit? au poifit de vue de la 
laclaUoB^ oiaîd) eU^ devaU rendre, hi dé^armidin^qt plus diffi*- 
cilo..PottptaBti sialgréjJiaseAiiditigçs défavorables ^tj'ai réussi, 
aulHoft qu'il était possible qq aussi pi^fi ,4^ temps.. Mes produits 
hollando-aogps sont da premi^p taille » et vous eu -aji^ez.vu uo 
spédnea da^a la vache veiif^e paJC.i^Ai k M-^^i^ ^o^tJ^H * i^h 
méeau qoQçoiQfa Végiçoal.(iaToura ranoée darpièrp, et, celte 
aonéa, preoiîerprix 4^ votae x^oucour^^ Ces yarjies dpopept 
de SO à S5 litrea de lait ^ot^pliles se maintieuDeot e^ service 
peadaBl tout 1b lempa da la gastatji^a. Les produits mftles pau- 
veni èlre livrés è la bauabariç» à trois aps.au.priz inoyeii.de 
SOO fr. fuii* QMa«4 au«^ pr^^oite de l'accouplf^çut ide mes 
taafeaoi avec lea yacb^^a partheoaisés, ils sont moins élevés , 
mais d'une . eonioinqatioA beaucoup p)pa parfaite. Les vaches 
deeetle proveaanQe.doQPQn|de.|4 \ ii litres de lait, et ce lait 
esltrès-botireuz. 

Nos ezploJitatioQ n'étapt pas située dan$ une coiptrée oùTpn 
puisse se livrer à Télevage, la plupart des veaux qui naissent 
hors de chez mpi sont livrés à la boucherie. Nàanmoios, les 
propriétaires. .4e vaohea tiennent à les envoyer à mon taureau, 
malgré \0 prix de la ^illio , qui est de 3 fr., tandis qu'elle est à 
peu.prèa gratuite daiv les fermes , parce que les veaux qui en 
résaltent onlt, k.oinq ou six.sepiaineSf une plus-valuje de 45 à 
SOpb O/ô* J'en ai va qui ont p^é le lait de leur mère 2 fr. ,par 

A votée dernier concours , vous avez pu voir six vaches sans 
cornas, filles de mes taureaux. Cest beaucoup plus qu'on n'en 
pourrait réunir dans aucune autre exhibition française « et c'est 
UB^ preave que ceitp variété de, l'espèce bovine commence à 
êtreappréciéeici^l n'enspyirait être aulrement dès qu'on a pu 
sa rendre compte de.soa mérite au point de vue de lalactation et 
de la producliop ip laj via^tde. ^îputez à cela que ces animaux 
sont d'un caractère particulièrement doux, çt que leur robe, 
presqu.e iuftformégipqt blanche, avec quelques marques, noires, 
pour lea sujets de ma soi^che^.ou fauves, pour les métis parthe- 
nais, est très-satisfaisante k l'œil. Ce sont à la (ois et d'excel- 
lentes' bèKe8..de production et de charmants animaux de parc. 

15 



-m- 

Il S6rait donc désirable • à tous les poinls de ne « de voir se 
propager les races bovioes désarmées : il siifflratt pour cela de 
les faire contiattre ; car, partout oh eli'es seront connues, elles 
se feront apprécier. L'administration aiderait beaucoupr à leor 
diffusion', si elle leur affectait dans les concours des priiaes 
spéciale^. Ce ne serait pas là un privilège , mais une mesure de 
stricte justice. — Dans réiat actuel des cho^s , les variétés 
bovines fraoçaises désarmées njs peuvent être classées ratido- 
nellement dans les concours. On ne peut les faire coilcoorir 
avec les races locales dont elles sont sorties , précisémeniparce 
qu'elles en sont sorties, et parce que le sang élinnger qui les 
a améliorées ne f>eut concourir avec le sang français. Ôa ne 
peut pas davantage les classer parmi les races étrangères, 
puisqu'elles sont françaises par leur destination et par leur ori- 
glnb. On ne peut pas les confondre avec les croisementi ditm, 
parce que le but qu'on se propose dans les accooplemeots est 
tout autre. Dans les divers croisements classés dans cette caté- 
gorie , on s'est proposé Vamélioration des formes et l'augmeo- 
talion des attitudes au point de vue de la boucherie ou de Is 
lactation. Quand il s'agit de produire des animaux désanfUst 
cette condition du désarmement vient s'ajouter a toutes les aatres 
parties du problème h résoudre , et les prime toutes ; de telle 
sorte qun le produit corné, quelque parfait qu'il puisse être, 
doit toujours être sacriGé. La production des bœufs à tôte nue 
est une spécial Ué^ et à ce titre , elle doit avoir dans les concours 
sa catégorie spéciale, faute de qupi elle ne saurait s'y produire. 
On a compris que le Durham ne pouvait être assimilé è aucune 
autre race ; on a senti que les croisements Dnibam ne devaient 
pas être confondus avec les autres croisements : en ce qui 
coocorne les races désarmées*, la raison Je décider est absolo- 
ment Is même. 

Vous feriez donc, Messieurs, une chose favorable ab progris, 
et avantageuse pour le bien-être et la sécurité des classes agri- 
coles, si vous encouragtoZ'la propagation des races bovines 
désarmées, et si vous demandiez à l'administration de leur 
affecter des primes spéciales dans les concours. 

En. UE CURZON. 

Voici quelques renseignements comparatifs sur la pnKiuction 
du lait : 

D'après les expériences faites à Grand'Jouaa, M. Rieffel a 



— 195 — 

constaté qoe le produit annool d*une vache du Ayrshire est de 
S,700 litres, celui d'une pariheoaise de 1,700 litres, celui d'une 
brotodne'de l,iOO'' ^litres; ii s* agit dé vaclies donnant du lait 
pendant au moins 300 jours après le part; eequi donne par 
jour une moyenne de 9 litres pour la varhe d*'Ayr , de S 1/2 
pour la parthenaisa et de 4 pouf la bretonne. • > 

M. Heuzé porte à 1,020 litres le rendement en lait d*une 
bonne vache bien nourrie, pendant une laclalion de 280 jours. 
Ce qui donnerait on moyenne ufnpeu moins de 7 litres .par 
jour. 

Chez M. NaviUe , k TiUelte , près Genève , la produit d*une 
vache suisse est de 3,312 htres. Et chez H. viRero^, à Ritters- 
hof, les bonnes vaches donnent 3,000liti^ par an. 

Voici tè produit d'une de mes vaches hollando^angus': * 

Pendant les 60 premiers JQurs 20 litres par jour 1.200 litres. 

90 jours suivants 12 1 ;080 
60 9 5&0 

30 6. 180 

40 -5 *200 

20. 3 60 



Pendant 300 jours 3^60 litres. 

CTest un rendement moyen de 10 3/4 par jodr pendant 
300 jours. À cette époque, la sécroUon du lait coAtinuait 
encore; o^iais il devenait fort, et la vache n^jtant plus qu^ bïx 
semaines de son terme, on dut la faire tarir. 
> Quant à la question de dépense, U. Ri(*flfel a constaté que la 
vache parthenaisç rend 40 litres de lai\ pour 100 kil. de foin 
consommés, tandis que la vache d^Ayr en rend 50 litres pour 
la même quantité de fourrages. La ration de mes vaches éian^ 
de 18 kil. par jour, on voit que leur produit est équivalent à 
celai de la vache d^Ayr. La ration d'une bonne parthenaise est 
de 13 kil. par jour , donc : 
Dépe.nse de la vache • 

hollaodo-angus 6,500 k. de foio pour produire 3,26&lit. de lait, 
vache parthenaise 4;800 — — 1,920 — 

Différence 1,700 k. de fojn — 1,340 lit de lait. 

Cesl-à-dire que pour siroir en plus l»3£iO litres de lait , les- 
quels à 20 c. l'un donnent 268 fr., on dépense en plus 1,700 k. 



— 196 — 

de foio , lesquels I 6. fr, les 100 1^1. , coûtant lOi fr. D'où il 
résulte on bénéfice de 166 fr. ^ i: 

\ Vue autre cpnskléralioQ f^ra mieuxcomprencire encore^ s'il 
est possible , l'avantage qu*il y a , pour la production écono- 
mique do lait, à se, senrir des racbes ti<4landaise8 ou hoUando- 
angos. , 

ItrésuUe des données qyi Tiennent d'être produites qi^o six 
vaches hollando-angus donnent autant de lait que dix bonnes 
parthenalses^ Or , Is dépense de dix parthensises étant Féqui- 
valent.de 48,000 kii« de foin, et celle de six hoUando-angos 
n'étant que de 39,000 kâl., il y a donc une économie de 
9,000 kîL de foin pour la môme production de lail, soit 1 ,800 k. 
par tôle. De plus ; on sait qu'il n*y a que la moitié de l'a ration 
qui soit réellement productive , Psutre tnolifié étant d£pensée 
par l'animal pour le maintien de son' organisait , ce que Fon 
appelle la ration d'entretien .' Il résulte désintéressantes études 
de M. Isidore Pierre, que ceVte partie morte delà ration, cette 
perte sècbe, est beaucoup plus grande dans t^s petites races 
que dans les grosses. Sans tenir compte de cé^te différence , 
qui serait encore à l'avantage de la race hoUandaise ^ nqus 
voyons que dix vaches partfaenaises dépensent en pure perte 
et pour le seul entretien de leur vie i4,é00 kil. de foin ^ tandis 
que les six vaches holïando-angus donnant le môme produit 
en lait, ne perdent pour leur entretien que 19,S0O kiI.,d'oii nno 
économie de 4,500 kil. Ainsi , du côté des vaches parlhenaises , 
perte sache de &,500 kil. de foin , pois élaboration incomplète 
de la ration de production, d'oh une nouvelle perte de 4,IR)0 k. 
de foin qui passent dans les déjections sans avoir produit de 
lait. Perte totale» 9,000 kil. 

Je dois faire remarquer que je n'ai pas exagéré le produit 
des vaches hollandaises puisque j'ai pris pour type une vache 
donnant SO litres, tandis qu'il en est beaucoup qui en four- 
nissent 2S. M. Villeroy en a connu une (|^ui donnait 3S litres, 
et M. âagnei directeur d'Alfort, on a fait dessiner une autre 
qui fournissait 40 litres de lait par jour au moment du vêlage 
et qui en donnait encore 25 litres par^ jour au bout d'un an : 
c'est une production d'environ 12,000 litres dans une année. 



- 197 — 



BIPBOKT FAIT AU GORGOUBS DB LA HI-GABAmB. 

Mes^îetirsi iine foSs eu ipoiiif chaque année , la Société d*a- 
grienltura de Poitiers convie les cJuUtyaiiBurs de la .Vienoei 
une fête agricole dam laquelle ils exposent oe qulla ont pbtenu 
dd plas rmiarqtiàble; elle leur donne en retour^, des oonsqils , 
des encouragements sîncices, el>des récompenses trop ,peQ 
nombrenses et trop pea importantes pour les dédommager {diee 
sacrifices* qu'ils ont faits i jadais^onsidérable» cefpendfipt # pour 
qoi eetmèlt lés resscMirceis pluBqnasiodeaAea dont elle dispose. 

Je ne tous dirai pas Tintérèt que notre Société prend, à y^ 
trayaniti Vieus n'en idootez eertainemeolpast. sans cela^iertons- 
BOUS ici? Nous appartenens: tous à. la même famille» : Yoiip 
représenleB plus paarUcoUèrementla pratique» nous ipo^s, occu- 
pons an peu plus de^ théorie». :Noos. sommes aolidaires les uns 
des autres, attachés par le lien le plus fort- qui poisse attir /les 
bommiM, lé poursuite do même butw ' , - J . 

Pormettes-cboi ; cependant , de rons raptpeler en quelques 
mots ce qu'a tenté notre Société pourifain cesser rinfériorité 
agricole autrefois ptdrerbiale d* Mtre département. . ; i 

Ce département ' moins fororisé que qoelque^ autres qui 
peuvent puiser leur prospérité. à: plusieurs sources;,'est essen- 
tiellement accole; bien des eSôftsont étS tentés fMMir, y. dé- 
velopper' rindîtstrie , quelquefois ils ont été couroiinéi de 
succès I mais jusqu'à présent , ils n'ont pas modifié» d'une nia- 
Dîire senBibfe , ta physionomie ^denoa campagnea; Est^ un 
malhear? deTôtis-nons 110US en afUigéTfJe ne le crois pas. 
Nous afiîns encore, trop à faire pbur Améliorer notre sol ^ ne 
regrettons pas qd^un autre but ne soit pas otfeirt 'à' ilotre 
activité. ' ' 

La Société pensant 'avec raison que des concours éftblis 
enlr^ tous, les. agricultpurs dii département, exciteJf^aiéntfieur 
smolation et 'stiorâtênltent lêui- z^te , a fait trîsiter à pléUieurs 
époques lés prôpriélîS^'âek cultfvàteurs lés plus distingués. Elle 
a eu la salisfactip^n dp voir celui' qu'elle avait distingué entre 
tous , proclaibèla'éfréat du conièoùi's régional. ' " 

} Elles dépensé upe somme énorme pour montrer àbi égri- 
cniteors 'sitir^s à ^oi'tïéirs pèr le concours de 1860 , de belles 
jaments mulassières et des baudets d* un type irréprochable. 



— 198 — 

Ce n'est qu'au prix des plus grands sacriGces qù*ello est par- 
venue à Tàincre le préjugé qui i^t^nait cacbéo k tous les 
yeux , au foml d'étables obf cures , oetlo i;^chee^o agricole, qai 
fait la fortone de nos déf>artements de Touest* 

Aune époque où le diaulage était presque inconnu dans 
la Vienne , la Société a fait les plus grands eSorts pour le 
Tulgarisiar. 

En 1842 » elle publiait ta statistique du département , com- 
prenant dès lors rimportanee des roaseignemjDP^ qu*ello peut 
fournir. 

' En 1846 , elle a étudié les procédés lea plus économiques et 
les f)lus avèntagoor pour la fabrication du pain. 

En 18ft7, elle mettait au cuncours la <quo&tioD dos subsis- 
tances ol recherchait le moyen d'empAclier l'élévation exces- 
sive du prix dea^céréales. 

En 1853 , elle étudiait la culture des topinambours, en s'en- 
toorant de rensoîgnemeDts recueillie aop/è^ de tous les agri- 
culteurs du département f et publiait un traité dans lequel 
elle faisait tessortîr les tvaatages du ce pr^écieiux. tubercule. 

En 189(4, elle faisait imprintar un triùté compl^ d^efirainag^'. 

En 185S , elle étudiait comparativement les direics systèmes 
d'exploitation el do fermage. 

En i8S7 , la question de la boulangerie et dei Tamélioralion 
desbeslia«x. 

E» 1 888, «elle chargea un des agriculteurs les plus distingués 
de la Société de cultiver comparativement 45 variétés de fro- 
ment, et ello consigna dans ses Bulletips les résultats obtenus. 

En,;l8$9 , elle traita la question de Téchelle mobile et pro- 
posa la liberté du commerce des grains. 

' So 186tt elle publia un traité sur la race bovine et en parti- 
culier :$ur la r^ce parthenaise. 

Elle a provoqué une discussion très-approfondio sur la race 
. porcine , et ;$ur ,1a préférence à accorder soit aux races indi- 
jgènes , soit aux races étrangères. 

Bientdl après , elle s'est occupée de l'amélioration des mou- 
.. tons du département. 

Elle a mis au concours la que.*(tioi| d/e la conservation des 
grains» . . ,. 

Elle a recherché les causes de l'épuisement précoce des 
prairies artificielles. 



— 199 - 

Bile 8*est occupée de raméKoration des vignes e( du leur cul- 
ture h Taîde de la chfl|rrue«.EIle a achoié la ch«irrue Paris qu'elle 
a fait fimctienaer plusieun fois , devani on grand nombro d*a- 
griculleors. 

Elle a expérimenté des moiMoanenses Y des faucheuses » des 
machines à betire. 

Elle a proposé des prix ani propriétaires dont les bois 
seraient le mieax aménagés* 

ProfondémoiLt éaûie de l'émigration progressive des cultira- 
leurs WBTB les grands centres do population , elle a recherché 
les censés dé celte tendance funeste, et 4epuis un an elle s*oc« 
cope sans relâche de Tassistance des agriculteurs indigents* 

La auppreMieo du dépôt d^étalons de Saint-Maixent ne Ta 
pas trouvée indifféronle, JSlIe «i supplié Son Excellence le Mi- 
nistre de ragricoltura de ne pas nous priyer de9 étalons du 
gonvemement. 

Elle a demandé que le dépaHomoni de la Vienne fût autorisé 
comme eeu du Midi à okooliterÀQ^ vin»* oi} que cette tolérance 
fttt retirée i ces derniers. 

Bile a essayé à introduire le geaunage dans notre pay$ , et 
eUey%»t parvenue^ 

Je m'aroStOi Mesaienrs , pour ne pas abuser de Totre bien- 
veillante atteetion* Ge que la Société a fait jusqu'à ce jour est 
un sûr garant de ce qu'elle fera dans Tavenir, 

Sur la proposition de notre honorable président , partisan 
sincère do progrès, elle a renversé prç^que complètement les 
karrières qui retenaient loin 4fi nous un grand nombre de col- 
laborateurs habiles. 

En ^nelques années , le nombre des membres titulaires s*est 
élevé de 40 à 180. Notre Société s'est mise en rapport çvec 
tous les comices du département et avec 110 8ociété3 savantes 
en France et à rétranger. . , 

Grâces. è no# conrespondanoes , aussitôt qu*une question est 
mise i féluide, nous ep s^ommes avertis , et après Favoir étu- 
diée jDoes-m6meS| oqns nous empressons de vous la faire con- 
naître. 

ContaineuA que la science agricole doit être Tobjet d'une 
étade incessante , et que chaque progrès doit être divulgué 
aussitôt qu*U o^t; reconnu , qous avons substitué à nos Bulle- 
tins irréfuliem.i dea publications mensuelles, archives pré- 



— soo - 

cieuses qui témoignent de vos soocës : source à laquelle neus 
pourrions i^uisdf à' pleines aiams , t>our prouver noire aelivilé 
et notre tiie , si jj^af inippSBlble od nous aoçoiaitide paresse et 
de stérilité; rej^istres dans lesquels on peut suivre- pas à psf 
les efforts tentés , les succès obtenus^ t^lea où sont inscrits 
avec honneur tous les noms des agriculteurs xtonl nous avons 
eu la joie de couronner les suecès^ 

Si parfois une question importante, intéressant immédiate- 
ment Tagiricultore, est mise à rordfre'dn jour^ nons loi oonsa- 
croiis un Bulletin spéeial que nous répandons i pibfiiaion ehœ 
les agrtiînitenrs, convainoas que sans notre iàiliatiVe, plusieurs 
ne seraie'nt bas aviértis. Enfin la Société chef ebe dans la me- 
sure de ses forces, a porter le dâmbean de la véirHé partout oii 
dïle'épéi^(^oî( des ténèbres à dissiper. 

Mais disons-lé de sdite/car fc*est pour nous une grande joie, 
nos efforts et ceux des autres sociétés n'ont pas lélé. stériles. 
A adéune époque Vsgriculture n'a foit des progrks.pilis.rapides, 
à aà^bnô^ époque die n*a excité plus vivemébt^la/ioiKcitudede 
rautorilé. 

Depuis l'avènement glerienx d&Vêtù du suffrage imireree] , 
le gouvernement est entré franchement dM6 la voie^des en- 
couragements; tielui qn'àccempagnenlpartoM les acclamations 
entloosiastes des habitants des oampagAes^ <|ni fm considéré 
par tous comme lé symbole 'de Tordre >ei de IdpMx.'Ue pouvait 
pas buiraht des errements fènestes contAieër i sacrifieii finie- 
rèi defé' campagnes , à Kiniérêt maf entendu âëi villes. Nous ne 
soiÉdô^'^Aus à cette étio^que, oh il sôttsalid'inspiffiar des crain- 
tes pour obtenir une faveur. 

Le rôle' loâiiiéftse de ragtlctrlture ne pMtait pk% 61ns *mé- 
connu plus Tongtemps. i . : 

Lief liberté ciViVcJ de' rtioibdiè est liée d'âne manière indisso- 
luble h Testime de Tart agricole. 

'Améliorer l'état dé règricultnre;'c'eSt Vendre plus plN^sl^ère 
la èot/dfitidii iù 'tous les titoyënél'' C'histëil'e ws nous laisse 
aàcuii déute'à 'cet égét6r: Les pe)i|[Hës' les {Sos célèbres n^mt 
eu qu^une prospérité éphémère , lorsqu'ils ont négligé Tagri- 
cuilure:'Tjr ; Vënisci' ont étonné le ttiottide ,. mais- eliof sont 
bi'ô'titdl reïilrpes danii le n^ânl; '• r .•'<•. 

Le peuple roold'iti lui-même a résîëlé à 'toutes les attaques 
' tabt qu'il fl ho'nbré'f è^lbultlire , htéto(fit otneapltfsigrifnds 



- 2Q1 — 

lioiBmes ne roBgUsyûoni paa da conduire eux-m6aies la char- 
rue^ le iD0ii4^ entier Wot se briser contre ce colosse ievincible, 
dostioé à sortir victorieux des lattes .les plus dangereuses , des 
épreuves les plfjs terribles. 

Jfeî&lqrsqae. vaincu par les vices et amolli par les ricbesses, 
le citoyea renonça à la culture des terres et ,1a confia aux 
esclaves , lorsque le peuple d.eniapda aui provinces conquises 
sa œ^rriture de chaque jour, alors si des vents contraires 
reteaneot loin.di^ port les vaisseaux attendus, le peuple mou- 
rant de faim s'asseqablait tumultueusement dans le forum et 
faisait. trembler sur leur trdne les descendant^ dégénérés 
des Césars. 

Ce fut alors, que des hordes sauvages se ruant sur l^mpire 
afiaibli,i*eBvahirent tour à tour, le démembrèrent, le détrui- 
sireai et infligèrent à ce peuple si fier toutes les hontes, tous 
les affronts» Otilsialorsoe torrent envahisseur avait rencontré 
dans sa course furieuse le^ Romains des premiers^ Ages, il 
aorait été refopl^ vers sa source, ou plutôt il serait resté en- 
glouti toot entier sous cette terrô libre qu'il avait eu la témérité- 
d'eiijahir. ^ 

Bfl|hi|tants delà eympagne , soyez-en fiers, vous êtes la prin- 
cipe Corce de la nation ,, lés véritiables soqtiens delà France. 
C)b8^ vofis qui par on travail incessant , arrachez des én^raitles 
de.la terre ces richess^9.s sans lesquelles les villes ne pourraient 
pas subsister*' G* est parmi vqus que se trouvent ces hommes 
énergiques, xpmpus,aux fatigues, habitués aux inclémences des 
saisons, quip^rt^rent le, drapeau glorieux de la France dans 
toatas les jcapitalfis du moi^de. 

Bt i ane:^pqv|i| néfaste «lorsque les passions les plus bon- 
taoses décbfdn^^s sqr notre beau pays , tentèrent d'effacer en 
uojourtonie trace de civilisation , ce furent encore les habi- 
tante, des; QMmg^JiGS qui ^.accourant de tous les points de la 
Fnii}ce,.fifeflt!r^ntrerdaqs rpmbre ces sinistrés projets^ 

Lar^ie deq champs la }^ double ayantage de fortifier le corps 
et.d*étever;le cçQur» Le cul^vdteu,r vivant au.milieu de'sa fb- 
miUe» prepi^m sa part.di?. toutes s^s joies et de toutes ses dou- 
leun ne peui oi.fKWPJ^ndre» ni. admeVtfe les théories funestes 
prêohées par <eeux quiB,li9^fléiçe^âités.de Tindû^trie condamnent 
trop souvent à Fisolement, qui a^iH'i affection, sans provoyance, 
cbMfheiil#ni|les]exçi|fde.tpu;»j;ej9rj^^l^^^ 



Quello différenco entre In sort des oovriers de U campagne 
et le sort de Touvrior des villes t Combien vous êtes plus heu- 
reux , et cependant on trop grand nombre n*en est pas con- 
vaincu et va chaque année dans les grands centres de popo- 
lalion , courir après l.i fortune , mirage trompeur qui leor bit 
abandonner le village pour les mettre le pins sanveot aoi 
prises avec les plus tristes réalités. 

Pour vous , lorsqu'à force d'économie vous êtes parrenu à 
acquérir quelques ares de terre, vous éprouves nne joaissaoce 
que ne connaîtront jamais les habitants des villes , voos cnlti- . 
voz vôtre champ avec amour, vous rêvez son agrandiâsofiienl. 
Ambition louable qui vous rend économes , qui vous étoigno 
do Toisiveté et dn la di^bauche, et comme la propriété du sol a 
cette heureuse prérogative d'inspirer à ceux qui le possèdent 
le désir de ne jamais s*en dessaisir, Tàmoùr^de la propriété 
déveioj>pe en vous le plus beau des semiments humains, 
Tamour de la famille, Tamour pour vos enfants. 

Voilà le mobile qui manque aux ouvriers de nos maoofac- 
lures. Plaignons-les, ils sont plus k plaindre qn*è blAmér. 

Voi^à pourquoi je n*ai jamais pu comprendre qu'on 8*aflDîgeât 
de voir morceler la propriété foncière. Une grande fénne se 
divise-t-olle en dix petites exploitations: aussitôt après, les 
produits s'accroissent dans une immense proportion. Il y a 
moiptenant sur cette terre dix familles qui font tons leurs efforts 
pour la fertiliser , «évidemment TElat s*est enrichi. 

La moralité de l'homme , sa dignité y ont gagné sortont , 
c'est pour nous le point essentiel. Celui qni possède h chau- 
niière qui rabrite , quelques champs qui le font nvre, se sent 
plus libre , plus fier , plus heureux. Il est Fégal du plus riehe , 
car il possède comme lui ; si sa propriété est' m^ns étendue, il 
la possède plus romplolemenl , car* cette terre q^'tl a Achetée 
cl améliorée, il la considère comme une paflie de loi-mêeri^. 

Qu^on propose à ce propriétaire ^'abandonner ce qu'il a 
pour obtebir davantage, il repoussera dans son bon sons cette 
insinuation pérûde, et comprendra parfaitement que si la pro- 
priété de ses voisins n'e^H pas inviolable, la sienne est bien près 
de "lui échapper. Ce n'est pas un des moindres avantages de la 
division de la terre , dlntércsser tous Ceux qui la possèdent à 
maintenir la justice et le droit. 

Les habitants des campagnes sont les j>lus feHms appuis de 



— i03 ~ 

rBtat , parce qtr*ii leur faat k aax , la sécorilé et resjK)ir du 
lendemain. 

Comnieol dessécher des marais, dramer des terres humides, 
semer dos bols, planter dns vignes , si Ton n'a pas Fespéraiice 
de jouir de ce qo'on fait? 

le commerce, l'industrie mAmi", pearent peut-Atre dsM cer- 
taines circonstances, réaliser des bénéfices à coorte échéance, 
l'agriéulture est dans des conditions absoluiùest opposées. 
Aussi dans (ont Etat ob la sécurité fait' défaut, elle est négligée, 
elle languit. Qu*on ne commette pas Terrear-de croire qiv'elle 
souffre seule 'de sa misère , non, et c*esl là la juste punition de 
ceux qui la troublent. Non-seulement elle donne du pain à 
tous , mais elle leur donne aussi de Targent. Des sommes mo- 
diques à la vérité pour chaque individu , pour chaque famille , 
sodsmes énormes en raison do nombre immense des consom- 
mateurs. Cest Tagriculteur qui alimente nos fabriques, qui fait 
vivre nos ouvriers. Sans doute il faut tenir compte de la con- 
sommation étrangère. Mais combien elle est peu importante 
comj^arée à la consommation des campagnes 1 L*hoibme dos 
champs habitué à supporter sans se plaindre les int<ym^ri«s 
qui anéantissent trop souvent ses plus belles espérances', con- 
sidère les années de malaise eommè uo^des fléaui qu'il doit se 
résigner à subir. Il se prive alors de ce qu'il ne peut pas ache- 
ter, attendant d^s temps meilleurs , je ne dirai pas pour satis- 
faire enxaprice, mais pour se donner le nécesaaire. Son éco- 
mmiië forcée condamne au chômage ]ei ouvriers de nos fa- 



Vous le voyez, Messieurs, la prospérité de Tagricultore inté- 
rt»ssetdut le monde dans l'Etat. Aussi une administration bien 
inspirée ne néglige aucun do ses intérêts. Félicitons-nous de 
ce qiiel'on soit entré pleinemen^dans cette voie; oui, l'agri- 
culttiré est en hondeur^ De nombreux comtces ont été créés 
pour initier les campagnes aux bonnes méthodes^ agricoles , 
pour leur mobtrer des animaux de choix, des instruments per- 
fectionnés. Concours régionaoi , concours généraux dans les- 
quels l'agriculteur français observant ce qui se fait à IVtranger, 
pool s'approprier tout ce qui lui paraît applicable , tout ce qui 
peut convenir à la nature de son sol, à ses cultures ; inspections 
agricoles, chemins de fer, chemîos vîcinaoxi rien n'eatnégrigé 
pour mettre l'agriculture française à môme de lutter contre la 



— Î04 — 

concurrence étrangère , à taqtielle nous a exposés la suppres- 
sion des 4(08 4$ {>rOfaibUioo« jeiproGterai /de celte ocqasipn 
pour vous rassurer contre les effets dangereux de la suppres^ 
,sidn dOiTéobeila mpbîtej k laquelle on attribue bien ^ tort, 
rabaiafainenidif .prix des céréales depuis deux i^is» Cependant 
il est évident , pour qui veut y rog^-der 4o près., que le libre 
^oban^é aef^eutpas produire çf^t effet. On n6Ïait,gyèi;e entrer 
de blés étranger^lqnand. c^Q France les blés sont à. vil prix » on 
en fait ^n ocHUraire sortir beit«coiup. Ce ^it affligeant en 9ppa- 
rencq, lo bB».(>rix des céréales, tient ^niqueoifQtà Taboadançe 
des f éoûites de 1863 et de 1864« Que^tionnea; ions les cultiva- 
teurs^ linlerrogez tMtes les statistiques^ , vous y Verrez qw ces 
deux recolle» ont été surabondanies* Pol^q^pi donc s^apitoyer 
sur le sort M$ feroùers qui y dit-on, me^pefavent pa^ vendre 
leurs denrées pour ppy^r le loyer de leur^ fermes.. Ils vendent 
-à la vérité leurs blé9 un quart jboÙ^s cher qu*à rhabitude,.|2iais 
ils en vendent un tiers en plus. Oh est la perte ^ Une s^ule 
classe drindividus souffre df) cet élat de choses, ce sont Jes^jMro- 
fnriélaires qui reçoivent leurs fermuge^ .en nature, ce. font 
peutHtere \éÉ seula qui se plaignwt, à copp sùr> ce souples 
aealsi qui aient Kbu de se plaindrew 

' D*aîHenrs> en «ut^pbsaùt qite l» libre échange eût ^ibisiss&lo 
pris dts céréales 4 A'fl4«-il pas élevé celui, de certaines «otres 
denrées? Si la Frànoe produit beaucoup de blé; .elle pool 1^0- 
don-e aussi beaucoupr de. vin , cette substance précieuse pres- 
quo'ausst indispensable qne le paio. Ûepnis.qvie aos vjns amt 
exportés- en franchise « la« 6olnso0miOilien: de oe p^QdoH |HHir 
lequel aucun autre pays ne peut rivaliser avec la France, a*, ccrn* 
aid^blement augmenté, elle s'açcrottra de plus.epplu?. Soyez 
sûrque toshabitants dos trois qus|rts4Q ffiofpp^ qvi QO roopais- 
saient pas le fin ne renonceront p|u§|i ^n 4isag|f ,.lorsi|u*ik 
'auront eonlracté rhabiludje d*en boire». Ce fs^iica bienidi., n*en 
doutes pas, une imm^sé> source de prospérifâ pauf; notrci jP^ys. 
Le gouveriiemeïit ne s'y set/pAs troBi4>éti#us^ s'efforce-Hl^ de 
rendre lie prbduilde nOs vignobie^meitlepr.Qtpluf abondant. 
C'est dans oé 't>qt qu'il a confié une ^nisrsioq a^éçi^le,^ notre 
coohrWè I0 docteur Guyot qui a visité çt^pcvtae (tes contrées 
vinicoles da.départea)enL Ce savant Visist entretenu jsvec les 
' vignerons, leor a accord^ des éloges mérités, sans négliger de 
leeor faire comprendre en quoi laor pratiqua eSil défeç^tueoso, 



- d05 - 

et teàr a indiqué les moyens de révism plua complétemeAl. 
Sescotiseîb dèottés ai^éc ane améoiléetODebie»veiHeiioe.pea 
communes f ont etdilé un Téffitable enlhoiisiasitie'et bienldl, 
D*endoQfe2 pas, nos vignerons march^ont franchenwliidans 
laroîedn pYogt6#. ' 

Apres avoir visilé lés- arrondissements , M, Gqyot^ revenu à 
Poitiers à dans nne imptôvisatioti pleine dMnIérèt tona siis*- 
penda à ses lèvres pendant trois longues heures un auditoioe 
Dombt^nx et attentif. II a comparé la culture de le vigne dans 
le département de la Tienne à celle derAllemagne, de la Corse 
et des Siitrès départements de la France. Il nous a montré 
combien étaient défecfueot nos procédés de «uhufe «t de pèsi>- 
talion, n nou^ a indiqué ensuite des méthodes. très<^8Împles 
pour préserver leà vignes du grillage et de la coulure , ees 
dent fléaux des vignerons ; enfin il nous s apprit à doubler le 
produit de nos vignobles, sans ejoeter beaucoup à nps dépen- 
ses. If. riùspecteur n*a pas négligé de nous faire connaître 
certaines précautions à Faide desquelles 4es vins sont plus 
forts, plus colorés et moins exposés à se gâter. 

Je terminerai , Messieurs, en vous annonçant (ee sera une 
grande Joie pour notre Société) que noris avws Tespoir grftce 
au concours du Conseil général et de TEtat, d'être bient4| en 
mesure de pouvoir visiter chaque année les exploitations agri- 
coles du département, et d'accorder des récompenses impor- 
tantes aux cultivateurs les plus méritants. 

BROSSARD,d. m. p. 

De l'iuoAOB DBS ABBBSS, par M. le comte A. des Cars , 2« édi- 
tion, 1865. Paris, chez Rothschild^ r. St-André-des^Arts^43. 
Oq vous a entretenus déjà , Messieurs , de la méthode de 
M. de Coorval pour la taille des arbres à haute tige : je ne 
reriendrai donc' pas ici sur des détails qui ont été publiés dans 
Tos Bulletins. Hais l'ouvrage de M. de Courval n'est à la portée 
ni de toutes les bourses ni de toutes les intelligences. Aussi , 
s*il fait autorité âanà la science forestière , il a été Jusqu'ici 
sans influence sur la conduite des arbres accrus sur la petle ou 
sur la moyenne propriété. 

Vulgariser cette méthode , là mettre à la portée de toutes 
ies intelligences et de toutes les fortunes , c'était donc une 
<iiuvre vraiment patriotique ; car, indépendammeut des grandes 



— S06 — 

forètfi qui sont la gloire des grandes fortunes , il y a , le long 
des ehemiDs, parmi les haifs , autour des prés , au milieu des 
champs y les élémeats d*uae véritable richesse, un capital con- 
sidérable dont noos ne savons pa^ lirer partû 

Combien d'arbres aujourd'hui à moitié pourris et sans valeur, 
môme pour le chauffage, faute d'avoir été débarrassés à temps 
d'un chicot qui y a produit la carifi 1 Combien d'autres qui 
végètent saûs avenir , embarcassant et stérilisant le sol , faute 
de certaines suppressions qui les auraient redressés et auraient 
donné une nouvelle vigueur à leurs organes! Car il ne faut pas 
croire que l'élagage dont nous parlons ici soit une affaire de 
luie' ou d'agrément; c'eft une qpestion de produU nef. M. le 
comte des Cars ne songe pas à nous apprendre à drosser de 
jolis arbres , des arbres pittoresques tels qu'on les veut dans 
des parcs ; il noua enseigne à élever des arbres vigoureux et 
sains , à guérir ceux qui sont malades , a produire, en on mol, 
do bois qui ait de la valeur et la plus grande valeur possible. 
Qu'il s'agisse du cbène et du sapin, espoir de notre marine; 
du noyer, précieux par ses fruits et par son bois ; du péojiJier, 
dont la précocité se plie à nos besoins multipliés ethfltés; du 
modeste tftard, qui fournit au pauvre son chauffage; de cette 
humble haie , qui cuit son pain et cldt son héritage i partout 
et pour tous il y a une taille favorable et'une taille pernicieuse, 
et aucun de ce$ arbres ne peut être laissé à l'abandon sans on 
préjudice réel pour son propriétaire. 

Rédigé d'après loç plus récents progrès d j la science fores- 
tière et d'après Tintclligente pratique de son auteur, le traité 
de M. Â. des Cari s'adresse donc à tous. Son prix, un frauc, le 
met à la portée de tous : çVsi un manuel à mettre entre les 
mains do tous les régisseurs et de tous les gardes, et quiconque 
possède un arbre ou une haie doit avoir toiqours ce maouel 
dans sa poche. 

Ce petit livre est illustré de 7S gravures dessinées d'aprbs 
nature et qui font encore mieux comprendre le texte , déjà si 
précisetsi cldir. Ala fin de l'ouvrage se trouve on dendrwcope, 
destiné à donner l'idée de la forme que doivent avoir les arbres 
forestiers bien, élagués » non pas au point de vue do Faspect , 
mais au point de vue de la santé et de la vigueur des arbres. 

11 ne faut pas hésiter à le reconnaître, cet ouvrage, si petit 
par son volume, si important par sou objet, est un véritable 



— i07 — 

sênriee readu k noire agricullure. Aussi sommes-nous heu- 
feoi de.le foir signé d'un nom si justement honoré dens notre 
Poitou. Cesl de la science , sans aucun doute; mais c*estla 
science confirmée pur des résuliats positifs, c*est la. science 
velgêmé^. QuV fon suive les conseils de M. des Cars , ei , en 
qoelqees années , sans mise dehors, sans capitaux a?ooturés, 
la superficie de notre sol aura changé d^aspect grftceà une 
arboricoltore plus atientife et plus judicieuse. 

On ne sevrAÎt donc trop recommander à l*aUention et i la 
racennniiaance de toqs une publication qui, dépouillée de tout 
esprit mwcaatile , doit a?oir pour résultat ramélioration de la 
fortune de chacun et Taugmentation de la richesse sociale. 
Emm. db CURZON. 

IBTUB. 

Uc eini blancs doux. — Pour réussir à fabriquer les vins 
blancs doux , il faut s'appliquer à deux choses : 1* augmenter 
le sucre dans les moûts de raisin ; 2® enlever , par un moyen 
quelconque, une partie du ferment qu*ils contiennent. On 
atteint le premier résultat en laissant les raisins acquérir la 
plos grande maturité possible , ou bien en ajoutant du S'icre 
blanc au moût, de manière à ce qu'il y ait toujours une grande 
disproportion entre le sucre et le ferment. 

n existe deux moyens d'enlever aux moûts une partie de 
leur forment. Nous avons déjà dit que l'un consiste à cueillir les 
raisins à la rosée»à les porter avec précaution, et sans les écra- 
ser , sous le pressoir, afln d'en extraire le jus immédiatement. 

Un autre prooédé , pratiqué à Bergerac et dans rAnjou , e^i 
eoonn sons le nom de guiUag$. Voici comment il s'opère : Au 
sortir do pressoir , on place le moût dans des cuves bosses « 
pan profondes , ou dans des futailles défoncées et debout. La 
fermentation ne torde pas à se manifester; la grosse lie monte 
à la surface oh elle se forme en croûte , et il faut la laisser 
épaissir le p]us possible. — Cette croûte augmente de plus en 
plus, tandis que la grosse lie se précipite au fond du vase , la 
fermentation arrive en S, 7, 10, 15, 20, 24 heures et quelque- 
fois un peu plus, suivant la température. A partir de cet ins- 
tant, il faut surveiller avec le plus grand soin les crevasses, et« 
lorsqu'on entend de petits craquements à la croûte , qu'il s'y 
forme des bulles d'acide carbonique | il faut soutirer immédia- 
tement par le bas de la cuve, mais assez haut du fond inférieur. 



pour qae la grosse lié do pardse pas p«iMeravee te ¥111.110 
qaart d*heur6 de négligence compromeitrail i'opdraiioD al te 
rendrait inutile. La fermentation tumultueuse surviebt alors ; 
la lie, refoulée « se mêle au moût qui pefd sa Ikppidîlé et, par 
suite, la douceur c(ui en fait tbul le mérïtB. A Arbois; la^figB«* 
ton passe ordinairement la titiit, afin* de ne pas manquer rins* 
tant favorable pour soutirer le vin. A mesure qu^ ee^ dernier 
8* écoule, on le verse dans <les futailles préparées pour le rece- 
voir. A Bergerac , Topération du guilloge estréf^ée deut et 
trois fois de suite. C*est par ce moyen que lés vitietilteurs in- 
telligents de cette contrée , si voisine de la nôtre , obtiennent 
les vins blancs si renommés de Bergerac. Ces vins sont fabri** 
qués avec le blanc-doui, variété de pineau , très-ressemblante 
à celle qui fournit les vins sucrés de TAnjou et des coteaux de 
Saumur. 

Cwage 4es vins rouges, — Il est' impossible d*as^igner , au 
séjour du vin dans la cuve, un temps déterminé et précis. Go 
comprend que cette opération est subordonnée a la tempéra- 
ture qui exerce une influence si décisive sur la durée plus ou 
moins longue de la fermentation. En général , on peut tirer le 
vin cinq, ou six jours après le chargement de la cuve , pourvu 
d'ailleurs qu'il ait acquis son maosimufn de coloration. Un plus 
long séjour du vin sur le marc Tappauvrit et n'ajoute plus rien 
à sa couleur ; il est plat et sans atome. 

On peut observi^r , dans la fabrication des vins rouges , an 
phénomène d'endosmose semblable à celui qui a lien dans ta 
préparation des fruits è Teau-de-vie. Les prunes, les abricots, 
les cerises» qui ont séjourné pendant quelque temps dans 
Toau-de-vie, sont beaucoup plus 'chargés d*alcbol que la li- 
gueur dans laquelle ils baignent. Cela tient à ce que Tespn^, 
qui a beaucoup d'afQnité pour les substances tégétales, a 
cha&sé l'eau de végétation des fruits *el en a pris ta plaoe. L'eau 
expulsée s'est mêlée à la liquôur dont le degré s'est alnai sen- 
siblement affaibli. La même chose arrive pour les vins qui 
séjournent trop longtemps dans la cuve. Ce vib\ privé de 
Talcool que les .marcs orft absorbé , se sature des acides du 
. tannin et des huiles essontiâlles de mauvaise nature qni sont 
renfermées dans les pellicules des raisins, et, par suite, sa 
qualité se trouve gravenâént altérée. 

Le long séjour des vins sur la cuve est trop généralement 
pratiqué pour que nous ne fassions pas tous nos efforts pour 



- ao9 — 

en délourirer lea TiiieulteurB. Par ce procédé, on n'obtient, 
Doaâ le répétons,, qu*un vin sans force , épais et sans éclat. 

Pour augmenter la couleur do tio, on a pour habitude, dans 
le Midi, de faire descendre des hommes nos dans la ouve, qoi 
des pieds et des mains , mêlent le vin avec le marc , afin d*en 
extraire la matière colorante. Ce moyen présente de sérieux 
dangers , et il ne se passe pas d'années où des ouvriers ne 
périssent asphyxiés par le gaz acide carbonique qui s*éfhappe 
des cuves en fermentation. 

On peut obtenir le résultat d'une manière bien plus facile , 
en forçant le marc à rester immergé dans le moût. A cet effet, 
on charge la cuve avec tout le marc et une partie du moût. 
Une fois qu'elle est remplie à moitié , on fixe un filet en corde 
immédiatement au-dessus de la vendange, et on rattache soli- 
dement à des tasseanx en bois garnis de chevilles , ptat^s à 
Tarance à la hauteur voulue. Les choses ainsi disposées, on 
finit do remplir la cuve avec le moût qui est sorti des raisins 
et qui a été mis momentanément en réserve. De cette manière 
le fflOQt fermente au milieo do marc, et 4oiite la matière colo- 
rante se dissout et profite au vin. ,\/\ 

Nous ne terminerons pas cette rapide revue de vinification 
sans recommander encore une fois à tous les proftriétaires qui 
liront ces lignes , de ne vendanger que le plus iatd'^déi(ibië;' 
Rien ne presse ; après les pluies, les beaux joofâ viendront, et 
ceux qtri auront récolté de trop bonne heui'é M^ttMtftf ( 4^' 
s'èire trop hâtés. ""-^ ' '" • ' ' '• 

Vendangez en deux fois, en commençant '^ëFl'és^'Vi^ti^s 
basses , jeunes et fortes, et laissez les raitâHs^auVcepVïôs plus 
élevés. Ils ne seront mûrs que plustarfl.et peuvent attendre 
sans peine jusqu'au 10 octobre. . ." . ''^ .m.î.h;,; • is 

Nous sommes convaincus qn'en^^il^s v.in,3. réi^q|f|éf,,,^^^^ 
ceux Vendangés quinze jours plus tard , on trouverA>,Ô]ilatdi#TT)) 
tillation, une barrique de différe^c^^i Âipâij^ PQ^t:)p« <PfiÎKWW$« 
ilbodra, par exemple, huit bar4'j^p^.ppur./0|I^^M>intW6|^0fnHii^ 
que d'eau-de-vie , tandis que.fc|)&U|r{l«)S.de{rnJt6ns,'Uin^#n;falMlni>^ 
que sept. Si on joint cette améliotallon labilou&vée'«6llë''4iMM 
goalée par HH. Polit et Robert atné, on trouvera une eu|tiMQ^'i 
talion de produit de (fUatre ibavriquetti'd'iciBàiiDi^ii) «ntiroti 
ponr vne récolte do cem<b«Arl4qu^^>C6^ilie^^rf1e>i^ll,iPaflÉlty«>« 
est sérieuse et mérite de fixer ratteM(t>n'*tf^'tlûliii<Tët^v^^éM^'^ 
teors. D. M. (le Cognac.) 



— aïo — 
AnM*iices agricoles. 



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Sur demande on adresserait une notice. 
Écrire à Alesandre BAGQUET , à Saint-Quentin (Ais»oe). 



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et de batteuses n*ont eu qu*à 8*en louer sous tous les rapports. La 
paille sort-intacte et le blé bien nettoyé. Le travail est en raison de la 
force employée. 

On trouve dans cet Atelier des Batteuses à manège complet, depuis 
400 jusqu'à i,S00 francs; machines à vapeur, depuis 2,000 jusqu'à 
8,000 fr.; Pompes de jardin, Pompes à incendie, Goupe-racines, Laveurs, 
Pressoirs; enfin tous les instruments et appareils mécaniques utiles à 
Pagriculture. 

Le sieur OERYAIS prendra, comme par le passé , Tintér^t des per- 
sonnes qui voudront bien Thonorer de leur confiance , et leur offrira 
tontes les garanties désirables. 



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(BREVETÉE $. G. D. G.) 

DE A"^ PARIS, à^^J'^^y (Charente-Inférieure). 



La charrue Péris réunit tous ks avantagea pour la etiHare 
des vignes , surtout des yieilles qui seraieat irrégolièrement 
plantées; elle se compose : 1® d*un déchausseur; 3<^ d'an 
bineur; 3<^ d*un butteur, construits complètement en fer forgé, 
se montant sur le même aga^ à Taide de deux écrous. Cette 
charrue ne nécessite , dans les terrains de moyenne force, qae 
remploi d*un seul cheval ou d*un seul bœuf, quoique résistible 
à deux forts chevaux ou deux forts bœufs. 

i^' Le déchausseur est aussi rechausseur en laissant, sur Té- 
tançon de devant, une petite pièce saisie avec trois petites vis ; 
cette pièce doit aussi rester à demeure pour le labour des 
jeunes plantes^ des vignes hautes , etc. ; eUe se supprime seu- 
lement pour les deux derniers tours dans les vignes basses. 
Ce même déchausseur (avec versoir à droite ou à gauche selon 
les demandes), dont Favant-corps se trouve inclioé du côté 
opposé au versoir, par conséquent élo^né do plan deTage 
d'environ m. 48 à 20 c, permet d*approcher très-près des 
souches sans nuire aux bourgeons ; la pointe du soc est déviée 
du côté opposé pour éviter que la souche no soit atteinte par 
le soc; il ne reste donc à enlever à la bêche qu'une petite 
bande de terre de m. 8 à 10 c. de largeur entièrement crevée 
par les deux derniers tours de la charrue. 

2<* Lebinoir, instrument sans versoir, ayant deux larges 
couteaux tous en fer forgé et aciéré formant une largeur 
moyenne de m. 70 c. , coupe les herbes et racines laissant la 
terre à plat. 

3« Le butteur , avec ses versoirs pouvant s*écarler de m. 
30 à 40 c, peut rechausser en un seul tour un rang de vignes, 
ou jeunes plantes, ou plantes sarclées de 1 m. 10 c. de laideur. 
Cet instrument, résistible à 4 bœufs, peut être employé à 
faire des |p^^Mi^l^|V^es pour y enfouir les fumiers. 

Prix de's trois mslruraents , n« 4 , 170 fr. ; n« 4 , 1 55. 

SO médailles dont 4 médailles d'or et -3 rappeb 4e médaille 
d'or ont été décernées à cette même charrue. 



BULLETIN 



DB LA 



SOGIËTÉ AGADÉHIQUË D'AGRICULTURE 

BELLES-LETTRES. SCIENCES ET ARTS 



N* 99. 



SOlUf AIRE DB LA SÉANCE DU 4 JUILLET 1865. 



Le secrétaire-archivistef en rabsence da secrétaire, donne 
lectaro da procès-verbal do la dernière séance , qui est 
adopté. 

H. le Ministre de Tagriculture et du cor^merce répondant à 
la demande qui lui a été faite , de créer un prix spécial pour la 
race bovino désarmée , dit qu'il ne croit pas qu*elie soit assez 
répandue, mais qu*avant de prendre une détermination, il 
eo?erra un inspecteur d'agriculture chargé d'examiner et de 
Caire un rapport. 

M. Carroignac-Descoaibes écrit à la Société pour solliciter 
son appui près du gouvi rnomont , afin d'aviser à fonder des 
greniers pour la conservation des céréales et demander un prix 
poar cet objet. 

La Société , après ceUe lecture , décide qu'il sera répondu à 
H. CariDignac, qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait faire, et 
qu'elle ne peut plus rien. 

H. de Souvigny demande, que dans l'ir.térèt de l'agriculture, 
la Société appuie la demande faite par douze communes d'une 
station à Fleuré. 

M. l'Ingénieur en chef dit que l'on étudie un chemin de fer 
d'intérêt local de Chauvigny à Fleuré, que si ce chemin s'exé- 
cute , il faudrait bien une station dans cette dernière localité. 

La Société, considérant l'avantage que l'agriculture peu! 

BaUeUndeJuiUetiSaô ^^ 



retirer d'aoe station à Fleuré, placée au centre d*un pays 
etclusivement agricole, appuie la demande de H. de Sou- 
vigoy. 

M. Théodore Oaîllard dit qae le conseil municipal de Poitiers 
a , loi aus$i, émis un vœu en ce sons. 

M. de Curzon rond compte d'un ouWage de II. le comte 
Des Cars, sur Félagage d«s artères «t dm soins à leur donner. 
La Société écoute ce rapport avec grand intérêt et décide qu'il 
sera imprimé dans ses Buileffns. 

H. Tbym-BerthauU, agriculteur à Vitrey, commune de 
Sainl-Secondin , est nommé hiènibre titulaire non résidant. 

M. le président donne lecture à la Société d'une circulaire 
de M. le Ministre, concernant le placement des jeunes détenus 
et des jeunes libéras , che^ des cullivatehira. H. te Hîni^lre de- 
mande le concours des Sociétés d*agricuUure à cet effet. 

La Société répond que son concours est assuré à H. le 
Ministre. 

Un membre fait connaître à la Société qu*un dépôt pour 
les produits agricoles vient de se créer à Poitiers. Sur les pro- 
duits déposés, le crédit agricole prôte 60 0/o'de leur valeur, 
à un intérêt de 3 O/o et une très*minime commission. Celle 
facilité de se procurer de Targent a un intérêt rtlalivement 
minime, peut être d*une grande ressource pour les agricul- 
teurs, surtout quand les denrées n*ont pas une valeur rému* 
nératrice comme les blés en ce moment. Dans ces magaaios 
il est permis aux déposants de visiter les produits et de les soi- 
gner, et ils peuvent vendre dès qu'ils trouvent, en rembour- 
sant alors Targeot emprunté. 

M. Brossard demande ai Tétat des récoltes est satisfaisant, 
et si au lieu do la baisse exagérée qui a lieu, il n*y aurait pas 
bientôt une hausse. 

Pour lui il croit que le grain est mal nourri , et il dit que 
dans la Vendée et certaines parties de la Vienne on se plaint 
de blé écbaudé. 

Il est répondu que les récoltes ont en général une belle appa- 
rence, notamment à Béruges, Fleuré et bien d'autres endroits; 
qn'à VivOrie la noioitié est belle et Tautre mauvaise, et cela à 
cause do la différence du terrain ; du reste qu'il faut attendre 
le battage, qui seul peut répondre avec certitude à la ques- 
tion. 



— iiî — 

H. le président demande si la Société ne serait pas d*avis de 
coDtÎDiier une discussion qui lui paraît avoir une gran<le im- 
portance, celle sur Torganisation du travail agricole décrite par 
M. de Curzon i une précédente séance. 

La Société décide que cette discussion sera reprise à une 
prochaine séance. 

La séance est levée. 

Le seerékiireHirchivisU ^Maudutt. 



DÉtmCUnOlf tHE LA SOCIÉTÉ ÉUTTUfT UH VCBU fOUB QUB LE 
mmiBM DIS STATIêHS n LA LIGlfB DB LnOOBS SOIT AtJG- 
BOrrÉ BHTBB POlTIBBâ BT MOimoklLLOU. 

La Société d'agriculture, belles-lettres, sciences et arts de 
Poitiers, 

CoQsidérant que le noïnbre et la position des gares, sur la 
ligne de Poitiers à Limoges intéressent au plus haut point Tagri- 
culture du département de la Vienne ; 

Considérant que la Compagnie concessionnaire ne propose, 
entre Poitiers et Montmorillon , c'est-à-diro, sur un parcours 
de 62 kilomètres , que trois stations, NieuU^ Uiommaixi et 
Lunac; qu'il tie faut pas'lenir compte de la gare de raccorde- 
ment à Saint-Benott» absolument inutile aux localités inter- 
médiaires ; 

Considérant que ces trois gares ne répondent qu'imparfaite- 
ment aux besoins du pays; . 

Considérant notamment que toutes les études préparatoires 
tlo tracé indiquaient le village de Pleuré, situé au point d'inter- 
section do chemin de grande communication n' 51 , de Chau- 
Tigny à Gençay, comme l'emplacement naturel d'une sta- 
tion; 

Qu'en effet ce chemin n^ 51 est l'un des plus importants de 
la grande vicinalité de l'arrondissement de Poitiers ; qu'il relie 
la Saintonge , l'Angoomois , l'arrondissement de Civray avec le 
Limousin, le Berry, l'arrondissement de Chfttellerault ; 

Qae les dix communes desservies par lui produisent en abon- 
dance le blé, le bois et le vin ; qu'elles fournissent de.^ pierres 
de taille et des pierres meulières fort estimées du commerce ; 

Considérant qu'une station sur ce chemin est indispensable 



— Î16 — 

aux populations de ces dix communes » ea même temps qao 
fort avantageuse pour la Compagnie concessionnaire ; 

La Société, au nom des intérêts agricoles du pays, émet lo 
vœu que les stations à établir sur le chemin de fer de Poitiers à 
Limoges, et particulièrement entre Poitiers et Hontmorilloo , 
soiunt plus nombreuses que celles proposées par la Compa- 
gnie. Que tout au moins il en soit établi une à Fleuré au point 
d*intersectîon du chemin de grande communication n® 51, sta- 
tion indiquée déjà par les études du tracé. 



C|RGCLâ1BB du MINISTRB DB L'iHTiBIBUK AU SUJET DU CORÇOUKS 
QUB LBS COMICES AÇRIGOLES ET LES SOCIÉTÉS D'AGEICULTUBS 
POUREAIEITT PRÊTÉE A L*ADKII!llSTBATI02f POUE L^r PLACSIDUIT 
DBS JBUlfES DÉTENUS ET DBS JEUNES LIBÉBÉS CHEZ DBS CUL- 
TIVATEURS. 

Paris, leUJuiD I86S^ 

Monsieur le Préfet^ Tinf^truction professionnelle donnée aoi 
jeunes détenus dans les colonies pénitentiaires a pour objet 
principal, d*aprîîs le vœu de la loi du 5 août 1850, de former 
des ouvri<TS agricoles. Afin d*atteindro ce but, cet mseigne- 
ment, qui est à la fois théorique et pratique, habitup los en- 
fants à se rendre compte de Tutilité df s travaux qu'on leur fait 
exécutf r. Rien nVst donc négligé pour qu*ih puissent devenir 
des hommes laborieux et gagner leur vie honorablcfnrnl. 

Mais la loi du 5 août 1850 a, comme vous le savez. Monsieur 
le Préfet , deux objets distincts d'une égale importance : en 
premier liot* , Téducation morale et professionnelle des jeunes 
détenus q^ii leur est dispensée dans les colonies pénitentiairesj 
et, en second lieu, le patronage qui , aux termes de Tart. 19, 
doit ^tre exercé sur eux, pendant trois ans au moins, à leur 
sortie des établissements d'éducation correctionnelle. 

On ne saurait dire que l'État ait >manqué à cette partie U 
plus importante peut-être de sa tâche, car, même avant que la 
loi eût prescrit le patronage des jeunes libérés, il se pratiquait 
déjà par (*initiativo des sociétés portant celte dénomination, tn- 
coiiragées et diiigoes par lo gouvernement. 

Il faut citer en première ligne , parmi ces institutions, celle 
qui existe à Paris, depuis 1833, et qu*un de mes prédécesseurs 
a fait reconnaître comme étabiissement.d'utiliié publique: Mais 



— Î17 — 

si une œurre de cette nature a pu croître et prospérer dans uu 
grand ceniro de population, ob il est facile de grouper, pour 
une action commune, des hommes éclairés, dont lo générosité 
égale le iil<iyooemenl, des tentatives analogues faites dans d'au- 
tres villes do l'Empire n*ont pas eu le même succès* 

Mon administration est loin de penser néanmoins qu'il soit 
impossible de former des sociétés de patronage dans les prin- 
cipaux chefs-lieux de départements, ou d'y reconstituer celles 
quMIs possédaient autrefois. Elle a déjà reçu des propositions 
qai lai permettent de compter sur un concours actif et dévoué 
de la pari des particuliers pour la mise en vigueur des règle- 
ments sur le patronage qu'elle prépare en ce moment. 

Hais pour assurer lo succès des mesures qui seront adoptées 
dans ce but, il me paratt iitile d'établir des rapports suivis entre 
los colonies pénitentiaires, où les jeunes détenus sont formés 
au travail des champs, et les populations rurales au milieo des- 
qaclles ils sont appelés à tlvie on jour. Ce rapprochement 
pourrait être, cir semble, opéré par l'intermédiaire des So- 
ciétés d'agriculture et des comices agricoles. Composés d'hom- 
mes honorables et de grands propriétaires investis de la con- 
fiance puUiqoe , connaissant les ressources et les besoins d'j 
pays au point de vue qui naos occupe , ila sont en mesure de 
nous seconder très-efficacement pour lo pincement, dans nos 
exploitations rurales, des jeunes détenus , soit après feur libé- 
ration, soit avant cette époque, lorsque l'administration juge- 
rait à propos de mettre certains d'entre eux en liberté provi- 
soire, à titre d'essai. Quelques comices agricoles se sont déjà 
montrés disposés à prèier leur concours à l'administration, afin 
de réaliser une mesure dont une plus large application garan- 
tirait le succès du patronage prescrit par la loi du S août 1850. 
J'ajouterai qu'à tons égards il serait désirable de voir les grands 
propriétaires s'associer à l'administration de leur contrée et 
prendre part à la direction de ses affaires. 

Je désire donc , Monsieur le Préfet, que vous fassiez part de 
mes vues aux Sociétés et Comices agricoles de votre départe- 
ment. Je né doute pas qu'ils ne répondent à votre appel, et 
qu'ils ne saisissent avec empruA2iom(*nt cette nouvelle occasion 
de faire une chose utile à l'agriculture qu'ils leprésonlenl et 
au pays qu'ils honorent par leurs travaux. Si , comme j'en ai 
Tes^ioir, iU veulent bien nous venir en aide pour le placement 



— Î18 — 

des jeunes libérés, je vous adresserai de nouvelles instructions 
destinées à leur faciliter raccomplissement de cette mission. 

ie vous prie de me faire connattre le résultat des démarches 
que vous aurez faites dans lo but que nous ndns proposons. 

Recevez , Monsieur le Préfet , l'assurance de ma fonsidéra- 
lion très-distinguée. 

Le Kinklre (U FlnUrieur. 

La Spciété a répondu : 

Monsieu.r le Préfet , npus coaçiprenons les inteolions géné- 
reuses de S. Exe. M. le Ministre de ilntérieur. 

Rendre à notre agriculture , qui peut les régénérer, ces en- 
fants empoisonnés par Tair des grandes villes ; amender par 
un secours associé à un bon conseil , ceux q^i ont failli par 
misère* ignorance, plutôt que par un instinct criminel ; par 
Texemple et la pratique de tous les jours , .rétablir dans cas 
âmes perverties le sentiment sacré du devoir : voilà une œuvre 
digne de toutes nos sympathies, et nous serons heureux de 
nous y associer. 

LBTTaB vu MiniSTlB DB L^AGHIOUJMEVB kV 8UJBT DB LA CÊÈk- 
non , DANS JM .PBOGBAHHB DBS GOBCOimS , BB CAHIGOBIBS 
SPÉGIALBS ?OUB LBS ABIKAHZ DtfSABBits. 

Paris, 23 Juin isas. 

Monsieur, vous m*avez fait connattre que la Société d^agri- 
culture de Poitiers, approuvant les motifs exposés dans leur 
pétition, pur les propriétaires d'animaux désarmés dans la 
Haute-Vienne , avait exprimé le vœu qu'une suite favorable 
fût donnée à leur demande, qui avait pour objet la création 
dans les concours agricoles régionnux d*une catégorie spé- 
ciale en faveur des taureaux et vaches qui s*y présenteraient 
sans cornes. 

Permettez-moi, Monsieur, de vous faire observer que Vab- 
sence de cornes chez les animaux de l'espèce bovine constitue 
plutôt un accident qu'elle ne caractérise une race. déterminée, 
tl n*y a donc pas lieu d'ouvrir, en faveur de ces animaux, une 
catégorie particulière. 

Si, en effet, les animaux désarmés appartiennent k une race 
française , ils peuvent venir disputer les prix offerts à cette race 



— ai9 — 

sans que Fabsenco de cornas soit aae cause d'amoind^isse' 
ment do mérile relatif de ranimai. 

S'ils se rattachent , au contraire, à Tune des races étrai^* 
gères, pour lesquelles Tabsenco des cornes forme run des 
signes caraçlérisliques , ils peuvent prendre place dans la caté- 
gorie des races étrangères » auxquelles le programme de cha- 
que concours régional offre une série de récompenses. 

J'aHait néanmoins prendre note du désir qui m*a été exprimé 
par certains agriculteurs du département de la Vienne, ne mé- 
connaissant pas entièrement les avantages que présentent, au 
point de vue humanitaire, les animaux désarmés, et, afin de 
me rensei^jner plus romplélemeot sur cette question, j*ai in- 
vité HH. les inispecieors généraux de ragricûllure à s'enqué- 
rir, pendant leurs tournées , du nombre des animaux sans 
cornes, existant dans les divers départements, et à m^adresser 
un rapport spécial à cet égard. 

Recevez , Monsieur, Tassurance de ma considération distin- 
guée. 

Le Minittre de L'Agriculture , du Commerce 
ei des Travaux publies. 



BAFPOUT SCI LBS àXOUJJX DB BASSB-GQUB. 

Cemmission. — MM. Constantin » Gérard , Jolly , président , 
Laorence , Mérine , Potier , Rouil , de Rogier. 

Messieurs , cette année encore votre exposition d'animaux 
de basse-cour n*a point été splendide , quoiqu'il faille là pro- 
clamer de beaucoup supérieure à celle de 1864. 

Notre rapport de Tannée dernière n*accuse que 44 lots de 
volailles, et signale avec regret la médiocrité des produits 
dont ils se composent. Aujourd'hui , c'est 70 tètes en 30 lots , 
présentés par 11 exposants. Nous avons remarqué quelques 
beaux animaux et plusieurs spécimens de race pure. H serait 
donc injQSte de ne pas reconnaître, au double.point de vup du 
nombre et de la qualité , un progrès sensible , qui laisse i)ien 
augnrer de l'avenir. Que ces membres malsains qui nous ont 
péniblement affectés, que ces plumes sales ou brisées qui font 
douter des boas soios de la. ménagèj'e* disparaissent , et nous 
pourrons nonr dire, avec vérité, dans la bonne voie. 



— ÎM — 

Voiro commission Vest arrêtée avoc plaisir devanl les 
cofhinchines blancs * de H. Jacométy, les crève-cœurs de 
M. Dom (Gporges) et Ips padoues dorés de M* Guessart. C<)s 
derniers, entr*autres, étaient fort purs do race, et ont tooché à 
la 4' médaille. La taille des padooes argentés et dos houdans 
de M. Dorn a été également remarquée ; mais on ne pouvait 
proclaooier leur sang exempt do tout mélange. Les crève-cœors 
du même auraient, peut-être cependant , fait pencher de son 
cAté la balance , s'ils n*avaient eu à lutter contre ceux de 
MM. Bflbinet et de Traversay, infiniment supérieurs. Enfin 
nous avons'cru un instant qu'une couronne allait être de nou- 
veau décernée à notre premier lauréat de Fan passé. Que 
H. Jacoméiy nous permette seulement de lui dire qu'iln'a pas 
été assez sévère dans le choix de ses coqs du Mans, et que les 
poules qu'il croit de cette race sont des poules de la Flèche. 
Malgré ces légers reproches, ou, plus exactement ces expli- 
^ calions détaillées qu'il est toujours de notre devoir de donner 
à ceux qui ont bien voulu répondre k noire appel, MM. Jaco- 
méty, Gucssard et Dorn (Georges) doivent être signalés 
comme étant ceux qui se sont le plus approchés des récom- 
penses. Un effort encore , et nui doute qu'à notre exposition 
prochaine , l'un ne retrouve la médaille qu'il a perdue , et les 
deux autres ne méritent celle qu'ils n'ont pu encore obtenir. 

Il nous est permis de le dire , ce n'est pas aaiis héniiêtion 
que les 3' et 4' médaiUes {ex œquo) ont été accordées à MM» Ba- 
binet et Masse* Qu'ils veillent donc à l'avenir. Les crève«Burs 
de M. Babinet nous ont paru fort beaux , quoique moins dis- 
tingués peut-être que ceux de M. de Traversay ; et , quant a 
M. Masse, plusieurs de ses volailles étaient en un état qui mé- 
rite réforme. Ses oies de Toulouse l'ont sauvé du naufrage en 
fixant le choix de U commission. Simples agriculteurs ne pré- 
tendant pas aux peaux de cygnes , nous recommandons aux 
éleveurs de notre département l'introduction de ces superbes 
animaux. 

Si la commission a éprouvé de grandes difOcullés pour 
accorder le» 3* et 4' médailles , il n'en a pas été de même des 



* Noos avons déjà eonieUlé, lort^ rexposttien demlâre, à M. laoooiéty 
de changer le nom de Brabma-Pootra <|u*U donne à tes ooehinehliifie blaooi; 
I croyons devoir aiijoDrd*bui leur restituer le titre qui leur est dû. 



l'* et 2*. Le il od pouvait y avoir à hositer qu^eotre la priorité; 
la lulle eût été vive du rosti; si les deux lots de padoues ar- 
gentés ot de crève-cœurs de H. de Traversa^ eussent eu ac- 
quis tout leur df veloppement. Mais ne pouvant récompenser 
que ce qni est, et non ce qui sera , nous avons dû donner la 
préférence à rexposition de U. Price dont les dorking sont 
irrépiôchables ot les oies de Toulouse magnifique?. Chez Tun 
commo chez Tautre la santé, la force , la vigueur , la propreté 
da plumage , la pureté de la race font , de ces quatre lots de 
volailles., des animaux réellement de choix. 
Les considérations qui précèdent nous ont fait décerner la 

1'* médaille, à M. Paies, de Persac. 

2* médaille, à M. db Tbavkrsat , de Bourj(*lly. 
3* et (à H. Babirst/su Mureau , 

4* ex aquo ,( et à H. Hassb , i Poitiers. 
 la fin de notre rapport de 1864, nous nous permettions 

• de conseiller aux agriculteurs , pour les concours prochains, 

• la crève-cœiirs , les poules du Mans et de la Flèche ' t. 
Telles sont , en effet , les races améliorautes qui , appartenant 
déjà i notre région agricole , sont les mieux connues et les 
plus & notre portée. Elles répondent à tous les besoins, les 
cièvc cœurs par leur précocité , les La Flèche par la grosseur 
des produits. Les poules de ces doux espèces s'ont en outre 
bonnes pondeuses, et le poids do leurs œufs dépasse celui de 
toutes les autres. Douze œufs de La Flèche pèsent souvent 
1,300 gr., douze œufs do crève-cœurs 900 , 950 et 1,000 gr., 
douze de nos poules de payç atteignent rarement plus de 600, 
700 et 800 gr. 

Nous avons eu i jugor cinq beaux lots de crève-cœurs ; 
deux médailles sur quatre leur ont été attribuées. 

Les dorkiogs qui ont obtenu cette année le 1*' prix sont les 
crève-cœurs de l'Angleterre.; ila présentent les mêmes qualléâ 
et doivent être placés sur la, môme ligne. Nous leur reproche- 
rions seulement un peu de délicatesse. Ils demandent , plus 
encore que les crève-cœurs , de grands soins dans leur jcu- 
uekse, et la crainte d'exposer les éleveurs à de tru«*tes mécomp- 
tes nous avait empêché de lus leur signaler tout d*«bord. Les 

* Us paules dn Mans ne lont qu'une simple variété «les poules de la 
nèche. 



- iSSt — 

dorkings pauvenl romplacer les crève^cœurs ; main il est ina- 
lile d'élever conçu rremmenl ces deux races. Il faut choisir 
enlr'elles. 

yen dirai autant du houdan qui a fait , depuis des siècles Ja 
réputation de la Normandie. Volaille parfaite et sans défaut 
dans son pays, le houdan réussit mal ailleurs, et personne, jos- 
qu*à ce jour , ne s*est bien trouvé de son introduction. Je si- 
gnale ce rjésultat universellement reconnu, tout oa avooanl 
que , persQnhellement , il m'étonne^ 

Les crève- cœurs, les La Flèche et les dorkings méritent par- 
faitement rbommage que nous leur rendons ici. Nous devons 
cependant ajouter que ces messieurs or^t aussi les défauts de 
tout grand personnage; il leur faut une nourriture délicate et 
toute préparée , des logements chauds Thiver » do verts om- 
brages Tété, un breuvage toùjour;^ lùppide et mille et mille 
petits soins. Ce n*est plus, qu*on ne s'y trompe pas, notre 
modeste poule tracassière , pillard^ , si Ton veut , mais rus- . 
tique, mais alerte, mais riche en expédients. Que ceux qui ne 
peuvent pas donner à ces races supérieures les grands soins 
qu*elles demandent , se contentent de jeter dans leur basse- 
cour, un beau coq , soit crève-eœur, soit La Flèche , soit dor* 
king; mais qu'ils le choisissent beau , très- beau , ardent, bien 
pur de race , et la grosseur des produits sera déjà presque 
doublée. 

Si réieveur se trouve placé dans des 'conditions plus défa- 
vorables encore ; s*il habite une contrée humide, oh la tran- 
sition du froid au chaud est fréquente et subite, plus de crève- 
cœur , plus de La Flèche , plus surtout de dorking. Qu'il ail 
recours aux grosses races exotiques ; qu'il introduise dans sa 
basse-cour trois ou quatre de ces bettes poules brahmà ou 
cochinchines rousses , pesant , en bon étal , 3 k. 900 è 3 kil. ; 
qu'il réserve leurs œufs avec soin, et les produite qu'il obtien- 
dra d'elles et des coqs vulgaires de la ferme seront rustiques, 
très-beaux, un pou tardifs peut-être, mais succulents, quoi 
qu'en aient dit quelques auteurs ^ 



« Une coaparttson expliquera la raison d'être do oopeeil i|aa Je donne : les 
poules brahma et cochinchloea lonl aux crève -cœurs, La Flèche et dorkiog) 
ce qoeles boulonats sont aux chevaux anglais ou arabes. Or vous necholiiriei 
pas les chevaux arabes ou anglais pour peupler noi ittaral^ de la Tèndée. 



— M3 — 

Tels sont les croisements que nous croyons dignes de ré- 
compenses , et que nous sTons , il y a ub an , conseillés. 

Les coqs présentés cette année par Mesdames de TUnion- 
Chrélieone étaient des métis , dont chacun a pu admirer ^a 
grosseur. Seulement, ils provenaient d*un croisement de 
poules exotiques et de coq de races dites améliorantes , ou 
tke cersa , croisement qui ne tend plus au but que se propose 
la Société, et auquelnous préférons les races pures. 

Passant h la partie* matérielle de notre concours , nous ne 
pouTons nous empêcher d'exprimer combien nous avons été 
flattés des superbes cages qui nous ont été b6troyées cette 
année. Cependant, ne pouvant visor à la peifection, nous les 
aurions préférées moins belles et plus nombreuses. 

Enfin, s*il nous est permis de formuler qnrlques deiirata du 
passé et quelques vœux pour Tavenir, la commission demande 
que, désormais, les volailles soient placées espèce par espèce, 
ou au moins qu*on fasse suivre les lots d*un même exposant. 
Dans le cas d'adoption da premier système , qui est aussi le 
meiUenr , on placerait sur chaque cage , nn chiiOrro ou une 
lettre qoi servirait de marque à Pexposaut, et qui permettrait 
ainsi au jury de se rendre compte de Tensemble d'une expo- 
sition. Cette prière, nous Tavions déjà adressée Tannée der- 
nière ; on nous pardonnera de la répéter cette année par con- 
sidération pour le brocard : bis repeiUa plaçai. 

La commission demande en second lieu de changer Tépoq^ie 
dn concours qui lui paraU-désastreuse. . 

Si on s'étonne que nous nous permettions de nous immiscer 
dans une question si grave, nous ri^pondrons que Timportance 
des choses ne sabrait toujours être justement déduite de leur 
taille , que les petKs impôts sont ceux qui grossissent l« plus 
notre badget, que les plus petites entreprises conviennent 
seules aux petites bourses, et, sans rappeler que la Frdnce pro- 
duit annuellement pour plus de 1%5,000,000 fr. d'œufs, qu'elle 
eo exporte pour 24,000,000 de francs ^ , que ses poulardes du 

« L'expmlaUon des crafs s'élève à' Î4,eoo,00e fr., la consommation de Paris 
à 13.000,000. - L'exporUtlon de la TolatUe s'élèTe de i ,000,000 à i » JJJJ»^*^ 
It eeosommatiott dei Paris à 16.000,600. Tout porto à «rolro (des oalcols sé- 
Tienx ont été faits à ce sojet) que la prodoelloii totale et aoooene de la Frtneo 
B'élèfe à itS,000,060 fr. pour les œufs, et aiiMl à lîS.«»,O0a ponr U volaure. 
Total, i&o milUoM de franes. 



— ai* — 

Mans sont connues da monde pnlier, que les volailles de la 
Bresse font nombre sur nos marrhés de Saint-Pélcrsbourg, el 
pénètrent jn$qu*aux Étals-Unis, nous abaisserons nos yeux sur 
le plus mauvais coin de nos plus pauvres provinces, el nous y 
verrons sept ou huit mslheureoî'os poules vivant de ce qu'elles 
trouvent, à Toxemple des oiseaux des champs» venir, d*uo 
jour Tun au moins, déposer sous le m'odeslo toit qui leur sert 
de refuge, un tribut qu'elles ne refusent jamais. C'est une nour- 
riture daine et subsluntielle pour le pauvre de la chaumière ; 
c'est la sanlé^ la force et le travail. 

Puis, à côté de ces fails généraux propres à donner une idée de 
rimporlance de la question, il est aussi d'autres raisons de déci- 
der, qui naissent de notre situation au sein d^une grande ville : 

En février, mars, avril et mai , l'absence du gibier , Is mau- 
vaise qualité des légumes vieux et la rareté des primeurs 
maintiennent la volaille à un prix fort élevé. Vous pouTe;^ 
acheter, il est vrai, ^lans les mercuriales, un poulet pour 1 fr. 
10 c, une poule pour 1 fr. 40 c, voire môme un chapon pour 
i fr. i5 c. ; mais les ménagères sont moins heureuses, et elles 
suraient unanimes a dire , je ne crains pas de l'affirmer , que, 
pendant les mpi^ précités , elles paient * en moyenne et sur le 
banc des marchandes , un poUlot 1 fr. 60 c. , une poule % fr. ; 
un très-beau poulet plus de 2 fr. ; une très-belle poule 3, 4ei 
même 5 fr. ; un beau chapon , digne de la broche, B et 6 fir. 
Ces prix imposés an commune vulgus. rendent rémunérateur 
rélevage des poulels dits poulett de ^aim. •Seulement sous 
iiolre ciel les couvées réussissent mal avant les mois de mars 
et avril ; les poules ne couvent pas encore ^ l«s œufs sont gé- 
nérc^ement clairs , le froid saisit les pogs»sins el arrête leur 
croissance; l'bumidilé en fait périr un grand nomb|^e; et» si 
les chiffres sonl rigoureusement posés , les comptes^ se balan* 
cent en perte. Aussi les poulets de fanuéc n*apparaissent-ils 
sérieusement sur notre marché qu'au commencement do jnio. 
Ceux qu'on y trouve en mars, avril et mal sont des poulets 
tardifs du mois d^août '. Un hangar bien exposé, un toit chaud, 

• Les poulets de ce mois réusstweat parfait^maut, pieux que tous ao- 
Ues peuMUe dans noUe contrée, l^ UFlèotie, les Brahma, les oachlocWfleSt 
les erolsefnwis des poiilea de ces deux derDUrsavecjes coqs du pays coavieo- 
naut à cet usage. Lu pouleU issus d'eux demandeni eu effet 6 à 7 mois poor 
Tenir à bien. Us pèsent alors2kU. 1/2 else veodenl facilement S fr. la couple- 



— Î45 — 

on tas de fumier, une cour saine el abritée aa nord sufQraiept 
cependant pônf triompher de ces inconvénients, et créer pour 
les femmes de nos campagnes ot surtout pour Irurs jeunes 
enfants une industrie nouvelle el moralisatrice qu'il est de 
-Dolre devoir d'encourager. Ce rôle utile nous sera refusé tant 
que nos concours resteront fixés au jour de la Mi-Carôme. 

Voilà , Mi'ssieurs , une dos grosses raisons pour le.«quelles 
la commission vous adjure de faire droit à sa requête el de 
reporter votre exposition à une époqoo plus propice. 

P«itien, le )8 mars 1866. 

Alex. ioLLY , rapporteur. 



L AgT DB FAIRB VIVES LBS ARMÉBS. 

ijSuUe.) 
CHAPITRE SECOND. 

SAIWT LOUIS. — CHARLBS V. — CHARLBS VU. 

1. ûmDpofitlon des armées de saint Louis. — CommaDdement. — AdminU- 
tratlon. — B^édition éCAquUaine : pré^ aratifs. — Force de Tannée. — 
Ses pertes par les maladies. —E^p^dtlton dTÉgyple : préparatifs i Algues- 
Mortes et à l'Ile de Chypre. -~ EmlNirqaemeQt dn roi à Algues-Mortes. — 
StatioD en Chypre. — Oecapation de Damiette. ^ ittarehe sur Naasourah. 

— SuîiOD deraot Mansoarab. — Retraite et désastre des croisés. ^ Salot 
Unis en Syrie. — Son retour ea France. — Expédition de Tunis : prépa- 
ratifs i Aiguei-Mortee. — Embarquement. — Station devant Cagliari. -* 
Dëbaqnement près de Garthage. — Séjour des croisés en Afrique. — Mort 
de isint (iouis. - ObserTatiOns.— II. Commencemeot de la monarchie ab- 
solue. ~ ComposHion des armées de Phllippe-Ie-Bel à Charles VII. ^ Tra- 
dactioo dn livre de Végéoe. r- Gommandemeot. — Administration. — Solde 
destroopeé. ^ Subsistances. — Bagages. — Campement et barraqaement. 
--Harehes. — Opérations militaires : Dn Guet clin. — Récompenses.— 
Pnnitions. — 111. «Ciiarles VII. * Ses premières troupes. — Jeanne-d'Arc. 

— Création de l'armée permanente : Richemont. — Compagnie d'ordon- 
DiMO. * Milice des franca-archers. — Compagnie écossaise de la garde.— 
commandement. — Administration vcommIssaTes des guerres. — Récom- 
penses, pnniUons. — Remarquables résultats da la nouvelle organisation. 

— Observations. 

Sous Saint-Louis, les armées se coQiposèreot comme du 
lemps do son aïeul Philippf-Augn.sle ; c'est-à-dire qu'eue mi- 
lices féodales el communales, ce prince joignit des troupes de 
soudoyer^ : chevaliers ot écoyors , archers , arbaléliers , etc. 



Une ordonnance porta la durée du senrice féodal k deux mois ; 
mais colle ordonnance n'eol d*offet que pendant le règne de 
Louis Et. Dès Philippe-Auguste, les anciennes règles avaient 
cessé de s'appliquer ans rotnriers ou ^sergents : on les forçait 
de sortir des Kooiles de la seigneurie et de servir plus de qua- 
rante jours ^ Le préTdlde chaque seigneur conduisait au pré- 
vdt royal les hommes coniuaûers de la seigneurie; les gens des 
villes marchaient seuls sous les ordres de leurs megistrels ma- 
BÎcipattx. 

Le connétable et les deux maréchaux élaietrt chargAs delà 
police et de Tadministrâtion ; celte dernière bornée encore «a 
payement de la solde *. Le grand-maître des arbalétriers , dont 
il est fait mention pour la première fois sous le règne de saint 
Louis , avait sous ses ordres tous les gens de pied , les ingé- 
nieurs et a balistiers d et leur chef immédiat , le a mettre de 
rartillerie d. Le grand-roattre des arbalétriers faisait payer les 
gages de a ses gens s et toutes les dépenses de matériel. 

Les gages de» soudoyers varièrent beaucoup sous Louis IX* 
En Palestine , si l'on en juge par ce qui eut lieu pour Joinville, 
le roi dut payer ses chevaliers plus cher que de coutume, en 
raison du dénûraent dans lequel ils s*élaient trouvés à leur 
départ d*Egypte. Pour les dix chevaliers , dont trois bannerels, 
enrôlés par le sénéchal de Champagne , on accorda i ,100 livres, 
soit 1^0 pour chacun et pour les neuf mois restant à courir 
jusqu'à P&ques 1251 ; ce qui porterait le gage annuel à 160 li- 
vres par chevalier. En outre , Joinville reçut personnellement 
800 livres pour se monter, s*armer, s'équiper, et pour nourir 
ses compagnons. Les conseillers du roi so récrièrent sur les 
prétentions élevées du sénéchal , que le roi accueillit néan- 
moins '. 

Pour sa seconde croisade , saint Louis prit à sa solde un 
grand nombre de' chevaliers ^, à des conditions fort différentes. 
Les uns stipulèrent pour eux seuls ; les autres peureux et un 
nombre de chevaliers variant tSe.l à 29. Plusieurs mangeaient 
en l'hôtel ou cour di! roi; avaient le passage gratuit pour l'aller 



« BouUrICp 19-24. 

* Le nombre des maréchaux fut porté à deux, tous saint Louis. 

* Joinville (ïïistoire de taint Louit . Paris, Imprimerie royale, t76t), 93* 

* Voir la liste qui se trouve en tête de l'histoire de silot Louis par Joinville, 
elle eoosUte l'enrôlement de 3SS chevaliers, par groupes de 1 à 80. 



— M7 — 

elle retoor *; recevaient mâme dès gralificationis soàs.Iê tilrb 
de don privé b ; d*autres n'avaient qci*une partie de ce» avan- 
tages rqoelqnôs-uns enfin deyaient pourvoir & toutes leurs dé- 
penses avec les gages qui leur étaient alloués. Ces gages eux- 
mêmes variaient beaucoup , et n*éta!ent nullement proportioà- 
nés aux charges des chevaliers : pour certains, ils étaient de 
166 Kvres seulement ; pour d'autres ils s'élevaient jusqb'à 
400 fivréi. Évidemment les bannerels recevaient plus que les 
bacheliers , et le rhef ou a chotetaine t devait réserver une 
bonne partie de la somme pour lui-même et pour les frais de 
Qonrntnre, do passage, de ses compagnor^s. De ^orte'quë 
révaluation de Boutaric , de ISO livres , pour le ^mple cheva* 
lier , doit ëe rapprocher beaucoup dé la vérité *. 

Plusieurs groupes, désignés spécialement sous le titre a aux 
gages le Roy d , étaient payés à raison de 10 sous tournois, 
par chevalier. et par jour. Nous trouverons cette solde géné- 
ralement adoptée sôus les successeurs dé Louis IX. 

Le dédommagement (rester) pour perte de chevaux était 
accordé comme par le passé '. ' 

Les gages se payaient par semestre et à Tavance; le service 
ne commençait 6 courir que du jour du débarquement , soit à 
(iesiîontion , soit dans une Oe, si Ton était forcé d'y séjourner. 

Indépendamment des chevaliers ainsi gagés , Louis IX avait 
les gentilshommes de sa suite ou « chevaliers de Thétel le 
Roy «, loi formant une espèce de maison militaire, compre- 
nant ausis^i des sergents à masse. Enfin , le roi avait nécessai- 
remrnt à sa solde des archers, arbalétriers , etc. 

Indiquons brièvement les principaux faits des expéditions 
militaires de ce prince. 

En 1241 , il fut forcé de prendre les armes contre le comte 
de la Marche et Henri III d'Angleterre ^. Il convoqua Id cheva- 
lerie et donna l'ordre aux milices des villes de se tenir prêtes à 
marcher et de se pourvoir de vivres. 

Cette guerre autorisait le ror-à demander de l'argent à ses 

' Le pftstfege gralnit cotnporfaH deui chevaax pour lebanneret , un seul 
ppor le bachelier, mais avec lé valet qui le aoignalt. 
■ Beotarlc.li. 

* • Etdoll «voir rester de chevaulx du Roy, à la coutume le Roy. » 

* Le comte de la Marche avait épousé la veuve de Jean-Sans-Terre; il était 
par contéqaent le beau-père de Henri III. 



— â48 - 

vassaux; il usa de cette faculté avec modération; t car, 
« dit Joinville, il ne requit et ne prit aucune aide de ses ba- 
« rons, chevaliers, ses hommes, ses bonnes villes « dont on 
« se plaignit ^ et cela sur le conseil de sa mère et des serviteurs 
« de son père et de son aïeul *. » 

A la fin d*avril, Tarmée, forte de 4,000 chevaliers et do 
30,000 écuyers , servants d'armes , archers et arbalétriers , se 
mit en mouvement. Le roi d'Angleterre » suivi de 300 cheva- 
liers seulement; mais apportant trente tonneaux de livres ster- 
ling , accourut au secours du comte de la Marche. Leur armée 
comprit J^ientAt i ,600 chevaliers , suivis de leurs sergents d'ar- 
mes, 20,000 hommes de pied et 700 arbalétriers, levôs prin- 
cipalement en Aquitaine, Les combats de Taillebonrg et de 
Saintes furent les événements importants de cette guerre. Le 
comte de la Marche dut faire sa soumission; Henri III alla à 
Bordeaux consumer « en fêtes et bombances » le reste de ses 
30 tonneaux d'argent. Les chroniqueurs ne font pas connatlre 
de quelle manière vécut Tarmée française pendant cette cam- 
pagne ; elle devait nécessairement se considérer comme en pays 
ennemi. La chalrur dans les landes brûlantes du Bordelais, le 
mauvais air dans les marais malsains du Bas-Poitou et de 
l'Annis, le manque d'eaux salubrcs, engendrèrent prompte- 
ment dos maladies: le^ habitants avaient bouché les puits, 
troublé et peut-être même empoisonné les ruisseaux.^^HomoQes 
< et chevaux, dit Matthieu Paris, moururent à foison. Quatre- 
f vingts chevaliers bannerets y trépassèrent avec beaucoup 
• d'hommes d'armes et jusqu'à vingt mille hommes de pied '. • 
Louis IX lui-même tomba gravement malade et dut quitter 
l'armée. Use montn généreux envers ses compagnons d'armes. 
« Il fit de grands dons, dit Joinville, à tous ceux qui l'avaient 
f suivi dans cette guerre. • 

En décembre 1^44 , le roi prit la croix. En juillet 1S45 , le 
concile do Lyon appela les princes et les peuples à la défense 
de la Terre-Sainto; interdit, à peine d'excommunication , toute 

V Joinville, 24. Loais IX t'éUit eotonré ^ bommes les plos capables et lei 
pins estimés, • aussi bien clercs que laïques ». 

• VoirNangts (à lasuitedo JoiavUle), 1S4-IS&; H. MarUn, iv, l9l-19M'tffl. 
portaoce des pertes de Tarmée française démontre qu'elle avait reçu de puis- 
sants renforts depuis son entrée en campagne; on possède encore le rôie de« 
troupes royales en 1242. V. le P. Daniel, 1, 71 . 



— m — 

guerre enlre chrétiens t pendant quatre ans, toutes joutes et 
tournois pondant trois ans, et décréta dos impôts sur le clergé 
pour secourir la Palestine et Constanlinople ^ 

Au mois d'octobre, Louis IX décida un grand nombre de 
barons à se croiser ; il les avait convoqués dans ce but en par- 
lement à Paris ■. . • 

Au moyen des foods^ provenant de Timpôt sur.les revenus 
ecclésiastiques , des sommes données pqr les villes ',1e roi 
de France .fit d'immenees préparatifs à Aigues-Mortes, port 
créé pour servir de base à Texpédition ^, et à l'Ile de Chypre , 
lieu du ren'Iez-vous général assigné aux croisés. 

Avant de se meUre en route , Louis IX eut le soin d'assurer 
la paix intérieure et extérieure de son royaume ^ A plusieurs 
reprises, il tenta même , mais en vain , de réconcilier le pape 
Innocent IV et Frédéric II , empereur d'Allemagne et roi de 
Jérusalem *• Enfin, il chargea des inspecteurs de réparer intc- 



* Maié eo niéoie temps , ce concile excommuniait l'empereur Frédéric et 
pronooçatt sa éëpositlon ; le pape continuait donc la guerre entre chiétteng , 
int rdlte ponr tong, et ono partie des sommes levées sar le clergé devaient 
être déiouroées de leur destination. 

L'empire latin de Conatanilnople, fondé en 1204, était déjà sérieusement 
eiUDpromis; lea Bulgares d'un côté, les princes Grecs réfugiés en Asie di> l'au- 
tre, le menaçaient d'une prochaine ruine , il ne devait durer qu'un deml- 
siéele. 

"Voir dans le Ptcf. encyclop., t. XXll (Fraftce, t. X), p. 351 (Louis IX), le 
stratagème employé par le roi , à la fête de Noël 1245, pour enrOler parmi 
le> eroifiés les seigneurs récalcitrants. 

* Paris donna 10,000 livres parisls; Laon, 3,000; Beauvais, 3,400, etc. Hien 
n'indiqoe que Louis IX leva une aide générale à l'occasion delà croisade. Voir 
H. MarUn, iv, ÎI4. 

* H. Martin, IV, 211, 

* U interdit les guerres privées pour cinq ans dans le domaine royal, et re- 
nouvela la trêve conclue en 1242 avec Henri IIL 11 fit jurer k tous les barons 
de Frsnee de « garder la loyauté à ses enfants », s'il'lui arrivait malheur pen- 
dant h croisade (Joinville, 26). — Louis IX n'avait que deux pensées au monde, 
la pacification de lachréUenté et la délivrance des Saints-Lieux. H. Martin, 
IV, 207. 

* « Si l'empereur reete excommunié, avait-il dit au Pape (àCluni, en 1246), 
« et que nous autres croisés du Christ ne puissions communiquer' avec lui ni 
« les Biens, où trouverons-nous des atilaillemenU ^ où nous abriterons- nous 
« dans la tempête, puisque les poils de la Calabre et de la Sicile, et ceux 
• mêmes de la Terre-Sainte, sont à l'empereur ? • Le Pape fut inflexible. Ma- 
thlea Pftris, H. Martin, iv, 2Qa-209. 

17 



— MO — 

gi'aleiliéiH tout ce qui aVait été commis cobtro le droit dans 
tôate retendue du domaihe royal '. 

Le départ de la croisade avait été fixé à la SaintJcan d*élé 
do 1248. Le roi partit de Saint-Denis, le 13 juin *, et se dirigea 
sûr Aigues-Mories par Cluni, Lyon Qt la rive gauche du Rhâne '. 

Divers obstacles s*opposërent longtemps à rembarquement. 
Enfin , le ^ août 1248 , Louis IX prit la mer avec les gentils- 
borames de sa maison et quelques-uns des grands barons. La 
flotte Comprenait 38 gros vaisseaux et fles petits bfttiments do 
transport *. 

Ah début de- cette croisade , le roi ne paratt pas avoii' pris 
de chevaliers à sa solde. Il y allait lui-même plutât comme 
chevalier que comme roi ; ce n*était donc point une armée 
sous un seul chef qui allait descendre en Egypte ; mais bien 
une réunion do nobles* hommes, auxquels â'étaiôAt joints, 
comme d'habitude , une foule de gens de pied , d*artisans , do 
vivandiers et de marchands. Chacun s*embarqua à sa .guise 
pour se rendre à Tlle de Chypre *. Cette absoncë^*organisation 
avant l'embarquement, do toute combinaison pour la réunion 
des moyens de transport, devait peser sur toutes les opérations 
de la campagne, et détruire à peu près tout TefTet de la pré- 
voyance dont le roi avait fait preuve pour assurei* la subsis- 
tance des croisés. 

Louis IX, qui était très-instruit pour son temps*, avait dû 

« 

« H. Martin, iv, 213. 

■ Après aToir prti roriflamme , le bouMon et la pannetlère. H. Martin, n, 
n&i iolDfille, 8; Nangis, 197. 

* Voir Nangia et JolDTlite pour la panlUon infligée au cfafttelain de la Roebe- 
Gliii,qul détroussait les passants; mais le roi résista aux instances de aei 
barons, qui Tenga^rent à venger la mort de son père , eh assiégeant Avi- 
gnon. 

« H. Martin, fv, 316. . 

* Voir JoiDville. 24-3S, pour ses propres préparatifs de départ. Il mit ùoe 
partie de ses terres en gages poor se procurer de Fargent (il n'avait que 1 ,000 
à 1,200 livrés de rentes en fondé de tfne) , afin dé pouvoir solder ses H che- 
valiers, dont 2 bannerets. 11 s'emliarqua d'abord A Auxonne, ensuite i liar- 
seillè , où il loua une nef. On ouvrit la porte de ce navire pour y faire entrer 
les chevaux, on la boucha bien ensuite, parce que lorsque la nef était en 
pleine mer, toute la porte se trouvait dans l'eau. Le vaisseau de JoinvUle 
marchait à la voUe et à la rame; il arrivi en Chypre après le Toi. Voir aussi 
Nàogis, 198. 

* Voir Nangis sur la sévère éducation de saint Loufs. 



- Wl - 

Ure'GttiUfiume de Tyr et lesprinoipaux hi|ttan0B9 â«6 po^ 
mières croisades. Frappé des privations ^ndarées per les eroi* 
ses , son grand cœur s'était aqrtout attaché à préserver ses 
iompagnons de Uiamine. Près d^ Limisso, ob il débarqua le 
17 septembre , t les tonneaux de via, rangés les uns sur les 
f aoires parmi les champs , sembloient de grandes maisons à 
f qui les voypit de loin, et pareillement ^esfrodienU, orges 
t et autres blés, entassés h monceaux , sembloioftt de lotndea 

• montagnes *. • Louis ne s'en était pas tenu là': il avaiifait 
charger sur ses navires quantité de •charrues » de fourches, de 
hoiies, de bêches, « pour -que le menu peuple d'entre les croisés 

• pût cultiver, le beau pays de l'Egypte /si les habitants s'en- 
f foyoient au désert et abandbnnoietit leur patrie aux chré- 
f tiens ■. t 

Les croisés arrivèrent en Chypre les uns après les autres *, 
et le roi fut forcé d'y séjourner tout Thiver pour attendre t ses 

• gens , ses nefs , ses galères^ •. Ce séjour prolongé , sous un 
climat malais pour les occidentaux, coûta cher à l'armée. 
Une épidémie enleva beaucoup de monde. Les approvisionne- 
naents préparés avei tant de soin s'épuisèrent, et l'on fut fort 
heureux de Tassislance de Frédf^ric II, qui mit les blés de 
Sicile à la disposition de Louis IX ^ 

Les basons n' étaient fr6té leurs navires que jusqu'en Chypre, 
et plasieurs durenl bientôt se trouver, comme Joinville , sans 
argent pour solder les hommes de leur suite *. LoM les aida , 
et il loi fallut s'occuper de traiter avec les Oénois, les Véni- 
tiens i les Pisans , pour réunir les moyens ito transport néces- 
saires à l*^rmée. 



* JoiOTille, 28-29. • La plaie qai STOit battu les blés de longtemps, les afolt 
■ fait germer par dessos et 11 ne paralssolt qoe de l'herbe verte ». Quand on 
vavlai embaniaer In arab» pour les emporter en Egypte et que Ytm eut én- 
le?é la eonche snpérienre du tâs de blé et d'orge, on Ifonva le reste en par- 
tait-état et fraie eomme al lés gralM euisent été réeemBient récoltée. 

• MatlHett PAria; H. «ailtn , iV, 2U. 

■ Les barons embarqués Isolément k Marseille, à Géaea, à Plie, ne gagnèram 
q^e asGoeaaifeosent le Hea du rendes-Tons. JoiOTiUe , 30 ; H. Martin, iv, 31 8. 

«Kai^tSS. 

f H.JIarUQ;^,3ie, 

•. Joinville, 29-30. Arrivé en Chypre, sa nef payée. Il ne restait à lollivQle 
que 2401lms{ ses chemOiers pakérent de rabandoaner; le roi lot doima 
soo livres. 



— »3«- 

Ges n^oeiations av«e les républiques italiennes ; celles qu*on 
OQTrit avec les princes chrétiens d'Orient employèrent plu- 
sieurs mois. On dut envoyer en divers lieux des personnes 
noiîser des bâtiments; le patriarche de Jérusalem , Téréque d^ 
Soissons et le connétable furent chargés d* aller à Saint-Jean- 
d'Acre , où une vive collision venait d*éclater entre les PIsans 
et les Génois. Partout on demandait des prix exorbitants; on 
profitait de Fimprévoyance des croisés. 

Pendant l'hiver qu'il passa en Chypre , Louis JX fit eiNis- 
truire des bateaux propres à faciliter le débarquement dos 
troupes sur le rivage d*Kgypte '. 

Au commencement de mars , on embarqua les • vins et les 
« viandes », et on se tint prêt à partir; mais on ne mit à la 
voile qu*à la On du mois de mai. Une tempête désorganisais 
flotte , composée de ISO gros vaisseaux et de 15 k 1000 autres 
navires. Elle portait 2,800 chevaliers, avec un nombre pro- 
portionné de sergents d'armes, archers, arbalétriers et piétons '. 

Le 4 juin au soir, on fut derant Damiette '; le 5, on effec- 
tua le débarquement de vive force ; le 6 au malin , on entra 
dans la place, abandonnée de ses habitants et de sa garnison \ 

Damiette était abondamment pourvue et formait une excel 
lente base d*opération : l'expédition commençait donc sous le^ 
plus heureux auspices. Il fallait proflter de Teffet produit par 
un succès aussi inespéré et de la maladie du sultan , qui se 
mourait à Achmoun-Tanah *, pour se porter rapidement en 
avant. C'est ce que les chrétiens ne songèrent pas à faire. Ils 
s'occupèrent d*abord du pillage do la ville. Il avait été décidé 
par* les barons , réunis en conseil , que le roi retiendrait les 
provisions pour les besoins de la nouvelle garnison et de Tar- 
mée, et que tout le rostedu butin serait porté au logis du légal 

• Naogiff, SûS-^es. Voir H. Martin, iv, 2ia, pour las notift qui avaielit dé- 
cidé las croisés à sa diriger sur l'figypte. 

• H. MarUD» n,Jti9i iotoviUe, Si ; DJeomial-Bddta (à laïufta de Joiavllle). 
649; le DieL eneyelop. (Franœ, X) , &|}; Lavallée, Hiitoirtdet Ffnçais, 
1, 461 : Composition de i'araiée. 

• Une ppiUe de la flotta avait été (oussée vers la Syrie; on te décida à ne 
pas l'attendre, en raiioa de l'impoaalbiltté de tenir ioogtempt en Doolllage 
sur une côte sans alnris. Joinville, 31; Nangit, 209-210; Makrial (hitiarfen 
afabe),&3t. 

• Voir Joinvilie, S8-I6; H. Martin, iv, nO-22l ; MakriH, 532-5)5. 

• MalLriil, 535. 



-. M3 — 

do Pape* Celle deroière disposition fol forl mai exécutée i on 
n*eslifDa pas à plus de 6,000 livres ce qu*OD déposa chez la 
légal , et quant i la rfoerve faite pour les munitions de bou- 
che, elle mécontenta beaucoup de gens ; « pour ce que, dit 
« JoinviUe, le roi avoit dérogé aus bonnes anciennes couiu- 
t mes des guerra» d^Orienl a , suivant leaquelles un tiers seu- 
lement du butin appartenait au c chevetaine s * , tandis que les 
deux autres tiers étaient le partage de Tarroée *. 

Ma) renseignés sur les phénomènes de la crue éa Nil , les 
croisés craigdirent de s*eiposer aux dangers, dans lesquels 
Jean do Brienne s'était trouvé 30 ans auparavant '. On résolut 
d'attendre dçi renforts. Ce fut une faute grave ; on laissa échap- 
per roccasion de terminer la gurrre en quelques semaines ; et 
le long séjour qu'on fit sous Damiette épuisa les ressour* 
ces- pécuniaires du baronage et démoralisa complètement 
Tarmée *. 

Enfin, dans le seconde quinzaine de novembre, on se mil 
en marche vers le Caire*. La reine et toutes les damoa, qui 
avaient accompagné les croisés, restèrent à Damielto sous la 
protection d'une bonne garnison; les malados, en> grand noni- 
^^fi » y furent également laissés. 

Pas marchands étaient venus s'établir dans la ville pour 
pourvoir aux besoins des croisés. Les droits élevés qu'exi- 
geaien^d'eux les ofiBcieis du roi * en éloignèrent beaucoup ^. 



« Chef, eapitaîDe, géoéral. 

■ lolavllle, sa. Le slrade Valéri rappela l'andeune eouUima; mais on main- 
ttot avae raiaun ea qula?ail été airélé. H. Martto, iv, 22 1 . 

* En 1218, Jcao de Brienne, rot de Jérasalem, étaU deieendu eafig^pts; 
tl s'était emparé de Damiette après un tiége de 15 mois, avait poasiéiui- 
qu'aqx portes du Caire; mats la division qui torvlnt entre le légat do Pape 
et loi eaunla ruine de l'expédition. Les croisés, sorpris par l'inondation , 
éfmwtèrent de grandes pertes et furent obligés d'aceepter ona aapttolatlon 
dés3ftreuBe. 

* H. VarUn , iv, 223; JoinyiUe , d7 ; le camp toet entier lemblalt changé 
en on immense lupannr^ et les « femmes folles de leur eorps » avaieBl leurs 
repaires jusqu'à on Jet de pierre de la tente do roi. 

* H. MarUn, iv. 223; 4olnville, 37 ; op hésHa un moment entra Alesaadrta 
et « Bebjlone • (le Caire). Joinvitte , 39. 

* IjOs maréchaux probablement , qui percevaient nn droll sur les objets mis 
en venta dans les cainps , comipe le eonnélablarftMiaiInaa Journée éBsorda 
de Unis les soodoyers. 

' JotavUle, sa. 



— Î34 — 

Le «ultoo étMt mort , el son socc^sseur était encore «n Sjrie. 
Selon Makrizi , les croisés s'aranebr^Hl à la fois par terre #1 par 
eau; des. bateaux charges de munitions de guerre et de provi- 
sions rpmoniaient le Nil et entretenaient Tabondance dans l'ar- 
mée ^ Probtbloment quelques navires portant des troupes 
tenaient la tète du oon? oi et couvraient la mtfrche sur le fleuve; 
mais tout lait présumer qu'on se bovna à s*éciairer en avant. 
On ne parut même pas songer qu*a7ant de nombreux canaux 
à traverser , des bateaux pour construire des ponts serstéDi 
indispensables. Tout semble laissé au hasard *;et nous serions 
assez disposé a croire qu'aucun chevalier ne consentit à se 
charger do Tescorlo des convois sor le Nil , et que les mar- 
chands et vivandiers furent complètement abandonnés à eoi^ 
mêmes. Encore à noire époque , il est difficile de faire com- 
prendre aux Français que le salut d'une armée n'est pas exclu- 
sivement attaché aux prouesses du champ do bataille.. 

Le petit canal de Faribkour , à 13 milles de Damiette , arrêta 
un ooomeot les croisés; on parvint à construire une jetée '. . 

Vers le 30 décembre seulement, les chrétiens , sans cesse 
harcelés par ronnemi , atteignirent le bras d'Ârhmoon Jarge v^^ 
et profond , qui se sépare du Nil un peu au-dessous de Man* 
sourah» à uue douzaine de lieues à peine de Damiette. Qoel-> 
ques mois plutôt, la passage do ce cours d'enu eût pu s^eQec-* 
tuer à pied sec ^ A ce moment , Topéralion était des plus -àih .^ 
6ciles par elle- même , et les Sarrasins étaient en force sur i# . 
rive opposée. 

Les croisés s'établirent dans l'angle formé parlas deux cours '^ 
d'eau, et ne éprirent aucune mesure pour garder la ligneM^ 
bras d'Achmoon, pas'plus qo^ls ne s^occup&rent d'assurer téorf "' 
communicali^ons por lerro avec leur place de dépôt. ^ ^ 

* Maknii, asa. •'»<*» , 

* H. MarUD, it, 223-224. , "^* V 
■ Cette jatée , étaMe tu eoDfluent , fut terminée en pao de temps ; le-asb 

rant d» HH, paraOèld à la digue, en «K^llita rpxécvtioli. ■ ' f%i^^ 

* Le Nil ne commence A croître ((u'an Salslloe ttltté (tl jutn) , et uAlP'.v 
tentemeat jasqu'à rEqainaxe (21 septembre), Jour de Couverture des i^ir^. 
du Caire. Voir les Notes et mélanges de H&poUùn , t. n, 203; H. HlJM 

Dés le 9inlii, lei^iéux sullân éMtelifilft transporter A lfan«ourA,^nrf W I ^ 
fait mettre en état do défenie. Hakriii, 6a&. "^K. " 

Voir Nangit, 213; MakrUl, 537 ; H. Martin , iv, 224. 




• les baroof chréiieiw fét^ 
qn lear tTait réussi à Fariskaof^' 
B • dMts-chileaox • ^ pour protégar 
»îià rœoTre, à onviroo une dean- 
wrmmi assez' rapide vcoaii frapper la 
; c'était une difficulté dont oo n*aTail 
Les t-araux aTaoçaieol ayec une extrtaie 
iiroii obtenu un petit résultat que la» 
m oo instant , en creusant de i^odea 
do eoars d'eau , qui h* éloignait ainsi de 
Les machines des Egyptiens riposUieioi 
des chrétiens, et leur terrible feo grégeois 
)et%it répMTaoïe parmi les croisés et incendiaient leurs # chats- 
< f-hàloaai • *. 

Au boQt de dnqoaote jours d^efforts et de fatigoes , il (allui 

enûn renoncer à pousser les travaux de la digoe; e était iiiie 

opicaiioQ impossible. On (ut heureux de poovoir tfotcfMV y 

bras d'Âchoioun à un gué qu'indiqua on Arabe *. 

Us combats livrés sous Manaourah n*eore0l |»as d autn: fi^ 

ullai qoe la prise du camp ennemi ^ Dans tvn â'mn^k: tumU: 

ie Poitiers , frère du roi , fut arraché 6r% an«s> de» btnmnt, 

[•irles bouchers, vivandiers et vivandières, çiti tufidaam' i» 

mres aoi troupes. 

Malgré ses victoires, Tarmée des crobc» éSaC d^Wrniai» tf^n 

cSiiblie pour pouvoir continuer la goetra avac ^v^ittu* ^^im^^ 

f^e sucées. Les communications a /ce laaofittf' i ^;a«tt' t4p» 

«ocore imen^mpues , il fallait profiter de* a ■ alffJ^|ll «iSM^^iVi. 

^rhèrtment pour opérer une retraise ét-tm**^ va^ v^» .*» . 

tt (ilc.ler ensuite ses conditiofts aoar îa ftfûiition. &• ja V'<i;«. 




"^««Mai k iMMOlM MB, 



•i.»«i^»aa.. 




"N 



.^< 



- «36 — 

Tons les malades ot blossés pouvaient être évacués par le 
fleuve; les hommes valides étaient encore assez 'nombreux 
pour se retirer aveciordre. Celle idée ne vint à personne; on 
résolut d'attendre la guçrison des malades et des blessés pour 
reprendre <»n5iiits la marche en avant. Cette détermination 
devait avoir les plus désastreuses con<«équences. Bientdt une 
cruelle épidémie se déclara dans le camp : rinfection répan- 
due par la mnllilude des cadavres ^ , la mauvaise qualité des 
eaux ût de la nourrilure engendrèrent la peste , la dyssenterie, 
le scorbut. Les croisés s*obstinèrent à observer le jeûne do 
carême c pendant toute la sainte quarantaine •, et ne vécurent 
guère que de barbots du Nil'* repus de corp<^ morts ». Bientôt 
presque toute Tarmée fol frappée •. 

Le nquveau sultan était arrivé; il fit conduire par terre, 
jusqu*à une lieue au-dessous du camp des chrétiens , plusieurs 
galères, qui arrêtèrent deux convois venant de Da miette et 
coupèrent les croisés do leurs communications avec celte 
place. La cherté des vivres devint excessive et la retraite de 
Tarmée à peu près impossible '. 

Passons sur les douloureux détails de la défaite des chré- 
tiens, et même sor Tadmirable conduite du roi pendant sa 
captivité ; sa cloute résigiation et sa mâle fermeté en impo- 
sèrent h sns vainqueurs. On traita do sa rançon et de celle deii 
barons qu'on avnii épargnés. Damieiio devait ôue rendue ; et , 
en outre , une somme do 800.000 besants ^ devait être payée, 
moitié ail moment du départ de Louis IX et de ses chevaliers; 
moitié après l»ur arrivéïr à Sain t-Jean-d* Acre. -Nous mention- 
nerons l'indignation du rpi iorsqu'pn lui apprit qu'on avait 
trompé les Sarrasins d'une pesée de 10.000 livres : il ordonna 



< ioiilvtlte, 62. 

■ Vuii JoiQvilie, 62; Nangis, 21&; Makrixi, 539; H. Martin, iv, 230. 

* miovMle, 62-63. Aiibiitôt que Pâqnes Art venu , un bœdT.valut en l'o&t 
80 lltTM, un mouton 86 livre» , un poic 86 livret , un ttu^S Uentert , un 
nniida de vinrw livret». Voir M akriti , 636-MO , sur la «itaatton dësaapéiée 
des ehrétieDi». 

' Voir iulQvUle, 63-71 ; MakriiK M6-&43; DJemnMUEdiiln , 647*&«8 ; Nan- 
gia, 2i&-2l1 ; H. Martfn, iv, 238-237. Il »'agU de tiesattU Mrraalnois; nu ont- 
lion de besanls (rançon d'at)ord iliée) représeiiULtt èOO^OOe livres {Mrisls ou 
260,000 inarca d'«rgiàt. Le sultan, étfooné de lalkère atUtude du r6i , nibaitit 
de son plein gré 200,000 be»antè sur Hi rauçon. 



— 537 — 

de restituer cette sointDP.-PoUf compléter les 400,000 besants 
immédiatemeiit.eiigibles, il manquait au roi 30,000 livres; 
il fallut, poar se les procurer, que Join ville meuaçÂt Ips Tem- 
pliers de forcer te cofTre contenant le trésor de l*orJre ^ 

Damiette était restée la-sanvegarile du roî et de ses compa- 
gnons. A fannonce des désordres de l^armée , les mariniers 
qui so trouvaient 4ans le port et le t peuple des communes » 
qui gardait la ville parlèrent de s*enfuir. La reine Marguerite « 
qui venait d'accoucher, en fut informée, et aussitôt elle manda 
les principaux devant elle et lenr Ot Comprendre de quelle 
importHncp était la conservation de DamiiMte. Ces mniheureux 
mourai«iit de faim. « La reine ordonna i|i)*on*achelÂi toutes 
« les viandes qui se poiirroient trouver , et nourrit tout ce 
« peuple aux dépens du roi * •. 

Relevée avant le temps , pour la reddition de la place , la 
mine alla attendre 1q roi à Acre. 

La coudaite des musulmans dans Damiette fut horrible : ils 
avaient promis de garder les malades, les ««r.gtns . les armes, 
iestoates, les chevaux , le^ t chairs salées ■ , jusr|iH*à ce que 
le roi (lit arrivé en Palestine et les PÛt envoyé chercher. A 
peine entrés d ns la ville , ils s*enivr&rvot , massarrèrent les 
malados, brlfrèrenft le matériel, en construisirent un immense 
bûcher pour brûler les cadavres , \e% salaisons , etc. 

Louis IX quitta TEffypte le 8 mai 1250 , et débarqua à Acre 
l«) 14 «la mêmt* mois ". Parti de ffle de Chy,>re avec 3,800 che- 
valiers, le roi n'en avait pas f 00 à son arrivée en Palestine. Il 
prii à su solde ceux qni vouluri^nt rester aveii lui *. Il s'occupa 
sn tout , iiendant le séjour de quatre ans qu'il fit en èo pays, 
d'assurer la détVnse des places, qui restaient aux chrétiens; il 
(iépHusa des sommes considérables pour les divers travaux 
q'»'il enlropî'il dans fe liul. Non-seulement, il employa ce qui 
lui ri'siaii de t*arg'*ni lov«5 pour la crni..adH: miiisil jmit hctfù- 
>'>n|' du !qen. • . * r 

U.mo.1 II >a mère, la roine Blauibo.d' C slille, à qui il 



' Voir H. Martin, iv, tl^-n^ 

' Juiimllo. si. L*aclial de* praMnoas co^ta à 3a0.000 livres. H. Martin , 
«Mai. 

' iuiailUc^ 78-8&; Naii«t«,2l7-2.S; H. MarUff, iv, 326-227. 
* ioiQTiUe, 3, 88-106 ; Nangis, 219-220 ; H. MarUa, IV, 288^341. 



avait conQé te régence du roy^auipe , le força de reiiftrar f n 
Praoce ^ 

Tourmeolé sa&s cesse du désir du délivrer les Sainlç-Lieux, 
Louis IX devait malbeureuseineot prvadre de noAiv^eau la ereix 
ei qMÎUer loa royaume, qui jouisaail d'uoe peu profbode sous 
ao9 sa|^ gouvernement. 

Le baiTonage était peu disposé à se croiser; cependant au 
parleçient du 3S mai iS67, grand nombre de chevaliers, ne 
voulant pas abandonner le roi , prir« ni la croix de la main du 
légal. Joiriville, dans ^'intérêt de si s vasseaux, re&isa deies 
imiter *. 

Louis expédia provisoirement dus secours d'hommes et 
d'argent à la Terre-Sainte , pour défendre les dernières places 
restées debout ot que menoçail le suhan du Cfire ; perçut, avec 
rautorisation du pape 'et malgré les «pluintcs du clergé, pon- 
dant trois ans , la dime de Ipus les revenus ecclésiastiques ; 
leva sur tous ses vasseaux , nobles ei autresi rimp4it,accordé , 
selon la coutume , à Toccasion de la c c(tcvalerie m de soo Gis 
atné (juin 1269); fit faire de ^^ranJs préparatifs à Aigues- 
Morles, et traita avec la république de Gènes pour obtenir dt s 
bâtiments dQ transport et una escorte navale* L*époqu6 do 
IVocJbarquomont de toute l'armée fui fixée longtemps à J avance 
pour que chacun se pourvût de tout ce qui lui était néces- 
saire *. 

Eoftn I le 16 mars 1370 , Louis IX , après avoir fait son tos- 
lament, qqitta Paris Qt se dirigeu lentement var^ Âigues- 
Bortes '. Ce ne fui que le !« juillet, que Texpédition put mettre 
à la voile '. M séjour dans le Hiui nuisit, à l'état sanitaire , 

• MdtIUb, ltl-135; NsngiB, 222*227; H. Martin, iv, 266. Louis IX mit 
une flotte de ta nefs, tant vaisseaux que galcr^, lorsqu'il qMitta la Palestine. 
La nef du roi portait 500 personnes « lans compter les 300 rameurs. 

>'H. MarUn, iv, 321-364; Jolnville, 163-1 2i ; Naogis.l^às. 
'* L*an de ses ancicDS conseillers, Clément IV. 

• Nangis, 269; Makriii, 646; H. MarUn, 32't-326. 

■ H. HarUn, iv^ 328. Le ^oi se rendit à Algues-Morles par Cluni, t>oD, 
Beaocaireet Yiaoe (en Languedoc) '^ïl oantoima les croisés dans diverses Itfca* 
tités, et s'établit de sa personne à Saint'-GiUes en Provoaoe. 9e fkiiieux dê- 
BBélés éolatèrent entre les fran^is et les méri'diooaax, Ûb se Ufrèrentde un- 
glants oomiMU. Nangis, 270. 

• H. Martin, iv, adS; Ni^agto, 171 ; embarquement le mardi apsès la Ktede 
saint Pierre.ei de saint Paul, 1270. 



— M9 — 

comme à la tiiseipline de Taroçiée : de graves maladies iutûni 
occasionnées .par les esbalaisons mépibittques des marais 
d'ÂtguasMorlea, et \pb plus ardentes discordes survinrent 
entre tes hommos du Nord et ceux de la langue d*Oc. Une vio- 
lente tempêtai assaillit la flotte ; Teau , oinbarquée sans doute 
depuis loogtefnps , se trouva corrompue ; Pesage de cette eao 
maLHaïae Qt périr- beaucoup d'bommes et de oberâux ^ Ms 
bâtiments se rallièrent é Cagliari le 8 juillet. On envoya cher- 
cher à lerre de Teau fraîche et des légumes verts. Le roi de* 
manda aux habitants du recevoir les malades et do fixer lies 
prit des denrées nécessaires aux croisés. Les insolaires mon* 
Irèreot beaucoup de mauvais vouloir et abusèrent de k silèa- 
(ioD de Fermée ^ On parvint cependant à se (procurer d« paio 
et du vin ; mafs peu d^autres choses. A force d*ioslance , on 
obtint rautorisation de placer tes malades dans uu couvent 
roiaio delà ville. LauisIX recommanda vivement de les traiter 
arec coortoisie^ et de leur fournir, à prix raisonnable, ce dont 
ils auraient besoin» 

Le peu d* empressement dos liabilanl^t à .satisfaire' rarmfW) 
avait produit 'une vivo irritation pormi lo»» croisés.; on non» 
seilla au roi do détruire la ville; mais, comme tonjoats^ il 
refesa de combattre contrer des chrétiens K 

La flotte cingla vers Tnnis^;lo 47 juillet, ello arriva au 
port de Cartfaage , dont t Tamirel » s^mpara sans difficulté '• 
Le débarquement fut remis au lendemain, et il fallut uiiors 
IVffectuer do vive force , en présence de troupes accourues 
pendant la nuit. Les croisés occupèrent une petite Ile, séparée 
du là terre ferme par un canal guéable, et dépourvue près- 

* Nangis, 271. Avant de se servir de ceUe eau corrompue, il falltlt l'aérer 
eo l'agitant. Is retard sorveno dans rembarquement, par diverses causes , 
oecifiiNMia la CDrrupttoa de Veau, déposée dans le» navires pour l'épeifffepri- 
mlUvement fixée. 

" Mangls, 213-^374. OB'^agoèrent sur le einmge des monnaies , cachèrent hi 
majeure partie de leurs denrées et vendirent le reste! des prix etorbltants; 
aioti unegéline (pooto), qui Valatf avanV 4 deniers génois, se vendait i-wus 
UrarDois et plus. 

»Nao^,aT5. 

* Voir fl.'HartlOf iv, 8ttT-32S. 

* Voir H. Martin, rr, 329; Nan$^s,*^77. Partie de GagKarUe màfti, lallette 
était sur la o6te d'Afrique le jeudi. Makriil fixe le débarquement an 2l juinet 
IP.MS). 



— Î40 - 

qu^onlièreœeDl d'eau douce :on n*en trouva qu*à Tune d«s 
eitrémiiés de Tllot ^ On demeuca trois jours sur ce banc de 
sable ari<ie et brûlant-. On franchit enfin le canal eo préseore 
des escndrons ennemis , et Tarméc alla dresser ses parillooi» 
et. SOS tentes dans une petitn vallôo fuisiae tle Cartbagc , à 
proximito du porfol de la flotte; celte vallée offrait un grand 
notabre de puits d'arrosomrnt *. è 

- D'après Mikrizi , unn <lisette affmise désolait l'Afrique; 
Tarmée chrétienne , forte de 30,000 «fantassins et de 6,000 ca- 
valiers ', restant d^aillours Fur la côl«% dut donc se ravilaillcr 
exclusivement par mer \ 

Le château do Carthage ' fut enlovi* par escalade. On y plaçi 
les femmes , les malades, les blessés. Les croisés y trouvèrent 
des silos pleins d'orgo '. 

Les fautes, qui avaient causé Tinsuccës do Texpédilion 
d*Bgypte , se renouvt lèrent dans cette campagne. Le roi ne 
marcha pas sur Tunis ''. Charles d* Anjou avait annomé «a 
prochaine arrivée. Louis, pour l'attendre, resta dans Carthagu 
un mois entier; Les maîsoris de ce.tte petite ville ne pooTaiint 
abriter qu'un très-petit nombre de croisés ; la plupart demeu- 
rèrenl campés dans une plaine ardente, souffrant du manque 
d'eau et de vivres « exposés aux vents étouffants, aux toar- 
billons de sable, et bientôt à l'air vicié par la putréfaction de 
nombreux cadavres *. La pe«te sévit avec force sur Tannée : 
on grand nombre de barons et do ch> valiers succombèrent en 



* Perflonne dans Taraiée ne connaissait le moyen employé par Alexandre 
dans la Gédrosie, et par Ccsar à Alexandrie poar se procurer de Feao donce» 
en creusant des puits sur te bord de la mer. 

* NaB8lB.27S-279. 
« Mpkrtxi, 6Ai-&4&. 

* EHe dut éprouver de grandes difilcuttês pi»ur se procurer des feurrase»; 
Nangis ne dit pas comm^^nt on parvint à assuier la subslstanoadescbevauif 
el il a<i donne méine aucun rensdjgnemoat sur l«s moyens adoptés pour pour- 
voir aux besoUit des h>>mmet. 

■ H. Martin, iv, 328. Cette petite forteresse »*élevait parmi les débits de h 
patrie d'Annibal, devenue une mi&érable bourgade. 

* Nangis, 279-280. La garnison fat égorgée presque sniia es yens do lo^; 
des troupes de soutien s'enfuirent à l'apl^roclie de« croisé^; bcauooup de Sar- 
rasins se r^gièrenl dans des cavernes , en tes y eofermsw . 

' H. Martin, iv, a2S ; Mangts , 2S0-2St. 

* Nangis, 2S3-284. 



— 441 — 

peu de jours ; Ton des fils du roi en mourut * , puis le légst du 
Pape. Louid IX , lui-même, pris d'aue riolenle dysseuterii*, né 
larda pas è les suivre daùs la tombe *. 

le roi Yenait de rendre le dernier soupir, iotsqoA' son frère 
arri?» *. 

LVméè resta encore deux mois en Afrique ; le roi de Tunis 
fut rédtiit h demander la paix. 

Les croisés qattièfent alors cette plage fatale, essuyèrent 
dans ta tra^versée une effroyable tempête , et, profondément 
dérooragés , regagnèrent en petit nombre leurs domaine?. 

L*èr^des croisades était finie *, 

Noos nous sommes étendus sur les opérations militaires de 
LooislX, parce que, grAce à Joinville et à Nangis, elles nous ont 
été fldèietncnt transmis«'s, tft qu*elles donnent une idée eomplèl» 
de ce qui se passait dans les armées à la fin du xiii* siècle. 

Lo commandement militaire tendait i acquérir do la force , 
non-seulement à cause de l'emploi babitoej des troupes sol- 
dées; mais surtout en raison do l'empire que saint Louis exer- 
çait sur tout ce qui rapprochait. Dans Texpédilion de Tunis , 
bien que le conseil des barons ait encore do l'influence sur la 
cuoJuite des opérations , la part d'action du roi est plus consi- 
dérable que pendant la campagne d'Egypte. On sent que 
Loois IX est à la lé le d*une aAnée plus à lui , et formée en 
majedlre partie de mercenaires h ses gages ; que sa bonté a 
gagoé tous les cœurs. 

Noos avons vu que Loui:» IX • pour sa première croisade» 
arait réuni, longtemps à l'avance, des approvisionnements 
tODMdérables ; cette opération avait été efTectuée par ses 
I gens.t *. Pour son expédition à Tunis, il dut agir de mémo 
et former un grand amas de vivres à Aiguës- Mortos. Ces den- 
rées , achetées des deniers du roi * , étaient sans doute distri- 

' Jean Tristan, eomte de Nevers , né àDamlette. 

' Naogit, }84-3Se; H. Martin, it, 328-330. Saint Louis mourut le X& août 
moèrigede&Oâns. 

* Naogli, t81-)83. 

* a VuUn^ IV, 898-898. La chute d'Acre, le 18 mat 1391, oonsomma la 
parle de la Terre-Sainte; on tenta, mais en vain, de renouveler les croieadesi 
00 prit encore la croix, mais on ne partit plus. 

' JolavOle , 28. Le vin ^vait été aehelé deax ins k l'avance. 

* Y eamiprls, bien entendu , les levées d'argent faites à l'oceastiiiidala craU 
ade. 



buée» par se» ofBeîers « tant au mevu peuplq des croisés , 
<}a'au)L chevaliers el autres soodoyers i que Loois IX de?aU 
nourrir. Les autres pourvoyaieot caaiiDe ils reqteadaient à 
leura besoins et à ceux de leur suite U 

Au xiii* siècle , l'usage du biscuit était fréquent, cheiiles 
Sarrasins comme chez les Chrétiens ; les opérations maritimos 
avaieni forcé d'y recourir depuis longtemps *. Les croisés 
apprirent en Egypte & dégager l'eau du Nil des impuretés qui 
la troobteient , et à la faire rafratcbîr au moyen degargou* 
letlea suspendues aux cordes des tentes '• 

Le règne de Louis IX présente un spectacle bien eilraor- 
dinaire pour l'époque s un roi employant tpule la fermeté de 
so» caractère à maintew la paix dans ses États , faisant les 
phis- noble» efforts pour arrêter le» guerres entre chcélieos» 
refusant arec indignation la couronne d'Angleterre que lui 
offrait le pape *; pris pour arbitre entre Henri III et l'aristo- 
cratie anglaise ' , rendant lui-même la justice à ses sujets « ne 
craignant pas de frapper le» plus fiers barons ^, et veillant à la 

* JoiDville , 10&. Voici comment le sénéchal opérait en Palestine pour ftire 
ses provisions ; aox approches de la saint tlémi , il faisait acheter des porcs 
et des moototiB , de la farine et dn vin pour ta provision de son « bdtèl » do- 
rant toot l'hiver, et cela pansa qoe la maafaise àaison , en reodaat les trans- 
ports maritiSBea diffldlas • devait ftfhre renehérir les daorées. Il se proearsit 
one centaine de tonneaux de vin , faisait boire le meilleur d'abord : oaloi des 
valets leur était distribué mélangé avec de l'ean ; cieiol des écoyera était moiDs 
trempé. A sa table, chacun de ses chevaliers avait devant lai une grande fiole 
de vin et nne grande aole d'ean. JoinvUle avait habituellement to chevaliers 
à aa table et souvent un ploa grand nombre. Le roi avait placé 60 chevayen 
dans aa • bataille •. 

* Les Sarrasins avaient principalement employé le biscnit pour leors expé- 
ditions dans la partie snpérienre de la vallée du Ifil. Joinville, It^ 1$4, • Ptin 
cuit par deux fois : 

' Les gai^gonlettes sont des espèces de eruehea en terra poreuse dont on se 
sert encore en Afrique. Joinville dit que pour rendre l'eau du Nil claire et 
bonne à boire , il sni&sait d'écraser la soir des amendes on des fèves et de les 
mettre dans l'eau i le lendemain elle était potable. Joinville, il • 

* Jean-sans-Terre s'était reconnu le vassal de l'Église , pendant sa loUc 
contre ses barons ; le pape , mécontent d'Henri III , avait songé à le déposer , 
et avaH proposé à Louis IX, i la conférence de Cluni, en 1246» d'eoiahir l'An- 
glalerre< B* Martin» iv« 208. 

* H. MarUn, tv, 816 (1283-1264). 

* H. Martin, iv, 399100) la « quarantaine^ le roi (1246) • y Interdietioo des 
gMrei prkvéea (1367) i Chéruel, 39. Voir pour la eondamnation du aire En- 
guerrand de Gond. H. Martin, iv, 303. 



bonne admimstntiOD 4é sei baillis el de leurs prëvdis , au 
moyen t d*enqaésteurs # chargés de contrôler leurs acfes^ et 
de redresser leurs toits *. 

Ses ordonnances du établissements tëmoigncot hautement 
de seii nobles efforts pour mettre Tordre dans le royaume. Sod 
amour dé la ^àîx était si profond qu^on 16 vit restituer au ro) 
d'Angleterre tine' partie des anciennes possessions des Plan' 
lagusets, afin dVssurer de bonnes relations entre leurs enfants, 
coosins-geroiaifts par leurs mères *. Il porta une attention 
toute particulière sur les monnaies, et longtemps après lui, le 
poQple, Ié§é par d*iâcessanies altérations de numéraire, devait' 
bien souvent redeihander le retour aux usages du loyal monar-^ 
que. Certes, on peut regretter que cette âme si noble ait cédé, 
en quelques point?, aux erreui's de son temps *, que des ptati* 
qoes religieuses exagérées, d'inutiles croisades aient détourné 
ce sage foi de la mission qui lui était échue et qu'il était si 
digne de remplir ; mais qui pourrait prononcer une parole de 
blâme sur cette vie si pure, si chrétienne, illamince par uiie 
foi ?ive et sinr ère? Un seul point nous paraît incompréhen- 
sible« c'est qoe Ton ne trouvt» aucun acte de ce prince en fa* 
retir de rémancipalion des serfs ; cependant, la reine Blanche 
et le comte Alphonse avaient donné.de sérieuses marques d'in^ 
lérêl à cette malheureuse classe; déjà les légistes élevaient la 
voix en sa faveur i et bientôt 16 célèbre jurisconsulte Beauma- 
noir devait se faire son avocat près de la noblesse. Louis IX 
protégea le peuple tant qu'il put, mais ne songea pas à faire 
donner la liberté aux serfs. Fut-il arrêté, par le sentiment du 
droit féodal, comme devait Fètre cinq siècles plus tard l'in- 
fortuné Louis XVI7 é'est probable. Mais l'on doit regretter qoo 
rioitiative d'un affranchissement général ne soit pas Venu d'uù 
tel monarque *, 

* Voir Chéraèl , 28-a2 ; 29 , le portrait du b^Ui probe et loyal , par Beau* 
manoir : « Ce qui TAlait mieux encore qoeces sages lois , c'étalf Vexempleda 

• saint roi et sa pureté morale qui pénétrait dans tous les rangs de Tadminii- 

• trsUoo. ■ 

* 20 mai 12&9. H. MarUn, iv, 201, 262. 

' Par ses rigneun contre les blasphémateurs, et les juifs, par exemple. 

* Voir H. Martin, iv, 214-342 (note), la reineBlanche émancipant les serfs 
éês moines de (Aàtenai, cruellement traités par leân seigneurs ; et la note de 
U page 250 du même Tolnme, ralattve à l'affranchissement d'un grand nom- 
bre de serfs par Alphonse, frère dn roi (Tillemont, 111, 427). 



— »44 — 

Termînuas par le jogemeni de Voltaire sor le seial rot : 
f Louis IX, diuil, paressait un prince destîeé à réCormer 
« TEurope, si elle avait pu i*6ire , à rendre la France triom- 
« phaole et policée, el être en tout le modèle des bomiDcs. 
f Sa piété , qui était celle d'un anachorète, n^ loi Mm aocaoe 
f des vertus de rpi ^ Une sage économie ne déroba rien à sa 
c libéralité. Il sei accorder une politique profonde avec ono 
« justice eiacle; ei peat*ôtre est-il le se»l souverain qui mérite 
f cette louange : prudf^nt et Terme dans le conseil, intrépitie 
f dans les cx>mba|s sans être emporté , compati^sinl comme 
c s*il n'avait jamais été que malheureux. Il n'est pas donné à 
f l'homme de pousser plus loin la verlu *• • 

Le génie de (^harlemagne en s'éteignent avait laissé retom- 
ber le monde dans le chaos d'où il Tavail tiré. L'âme de saint 
Louis, remontce au piel, exerça.une influence pins durable. La 
France conserva une partie de ses lois'el le souvenir de se^ 
bienfaits '. j^e nom de Louis IX est resté plus populaire que 
celui du puissant empereur d'Occident. Un souverain juste el 
bon est encore plus grand que le plus glorieux conqucraoi, 
que l'esprit le plus organisateur. On ne fonde, en efful, rien d& 
solide et de ré«lleuieot utile, qu'en suivant les éternels priu- 
cipes de Justice et d'humanité *. 

Le Breton. 

(La suite pro^ULinemeni.) 

< La pragnuitiqae-ssnction en est la preuve; elU fut promulguée eo man 
lies. H. Martin, IV, 810. 

■ Diet, eneydop, (France, X), S&5. 

' Voir Danaln Uiitoire du gouvernimitU de la Frafiûe pendant le règne 
de Charles VU, ParU, 1 868, 18-19. 

* Voir les belles paroles de L.oaia IX à ion flls , pendant une maladie que 
fit le roi à FoDUlnebleaa. H. Martin, iv, 387. 



— 845 — 

Noie êur le sciage des planehes. — Le Bulletin de la SociM 
d'encouragement pour l'industrie nationale Yîent de publier une 
QQte •(mrlvîre conp^^rf diBt qoW «^ns on doitsciarlafthillai 
de bols potif qne les phbches se'4o«rmeflteiil ia meki^potsi^ 
ble. Cette faestioD.n'eat Pj^9 sans intérêt^ et il ne fallait cepen- 
dant que le gros sens pour amener une solution. 

Quand un arbre est sur pied , si on donne un coup de scie 
perpendiculairement à son axe , on vorra que la section est 
forsiëe de bandes eoiNieMriques et de (oriQe etti|)8oI4&^• Lo 
centre de toutes ces courbes n*est pas au milieu, il est un peu 
plus rapproché du câlâ tiord de la surface de Parbre. D'un 
autre côté , ces bandes , ces zones ellipsoïdales n*ont pas la 
même largeur dans tout le pourtour : elles sont plus larges 
rers 1(» midi dÂii./iu^W^ de Tarière et elles vonl en diin^^^uant 
du sud au nord, en passant par Test et l'ouest. La plus petite 
épaisseur des joncs est au nord vrai. La cause de ce phéno- 
mène est due à la différence d'intensité des rayons solaires 
sur la surface extérieure de If arbre. 

Pour quje l^s pianc;h^9 se tourmentent le moins possible, il 
faut que le sciage donne la plus grande homogénéité dans la 
disposition des bandes ou dasîoDea« 

SiJo «ciag^ se fait da/PS la bille du sud au nord, les joncs se 
trouveront dans la plaoebe au ma;Limi)ind*iTrégQlarité, etles 
tFtvawr qos l'on fera avec de sen^rblaMee pî^obiçs ^e Toil^r 
root , se déjeltenmU 

En donnant le coup de scie,dans la direction de r/eat:à<y9iM|8l, 
les joncs présenteront one symétrie parCeiîte el le» pta^ulmne 
se voileront pas. Les résultais s^nt géométriques et à la portée 
de tous les scieurs. 

Ainsi , quand on va abattre les bois , Il tant mairqiiev rar Ja 
pièce le point sur la surface extérieure qui marque to-TériltaMe 
nord et faire ph^s tard le sciage comme je viens de Pind^quèr. 

Lorsque les ambres sont employés entiers dans tes travaux 
de charpente , on doU exposer à la plus grande charge Jtd Côté 
le plus fort, c'est-à-*dire le câté du pord. 

< E. 6., Ingénieur en chef, Direei^r. 



— 246 — 
Ann«nces agrleoics. 



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sonnes qui voudront bien Thonorer de leur confiance , et leur oiïrira 
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La «kârmé Mrl» réunit ton» hn avantage» pour ki ooHtre 
des vignes , sorl^vi ôêA meOi» qui stuiml irDdfvlièreinent 
plantées; elle* se composa : r d*uxi déchaussaur ; ifi d*QD 
bineor; i^ d'an butteur, constraits complètement en fer forgé, 
se montant sur le même aga- è Taida de deux écrous. Celte 
cbarrne ne nécessite , dans les terrains de moyanne force, que 
remploi d'un aeul cheval ou d'un seul boBuf» quoique vé«istible 
à deux forts dltfraot 0U d^x forts bœufs. 

40 Le déchausseur est aussi rechaasseur en laissant, sur i'é- 
tançon de daf atit| '\$x$ p^lihsaf'i^e saisie avec trois petites ris ; 
cette pièce doit aussi rester à demeure pour le labour des 
jeiipB9 I^viie8iti4ef wjpfcn bai^te^u t¥^' ; "olle se rapprima ae»- 
lement pour les dftiu dernier3 tQi^% dans les vignes basses. 
Ce même déchausseur (avec versoir à droite ou à gauche selon 
les dGQoandes),. dont i?4ivaa^0<^r|i$ se iripava ÎBclin& du côté 
oppoHâ au versoir , pap «onséqwfii éto^pé 4tt pten. de Tage 
d*environ m. 18 à 20 c, permet d'approcher très-près des 
soucliBB -sans traite aux bourgeons ; ta jointe du soc esl déviée 
du cdté opposé pour éviter que la souche ne soit atteinte par 
le soc ; il ne reàte donc à enlever à la bêche qu'une petite 
bande de terre de m. 8 à 10 c. de largeur entièrement crevée 
par les deux derniers 4oura da la charrie* 

%<» Lebinoir, instrument sans versoir, ayant deux larges 
coutç^ux tous en fer forgé et aciéii formant ona largeur 
moyenne de ca« 70 c. « coupe les berlues et racines laissant la 
terrQ à plaV^ 

3^ Le bulteur , avec ses varsoirs pouvant s'écarter de D m. 
30 àf40 Cn, peut rechausser eu un seul tuur un r^qg de. vvpe«, 
ou jaanes. plantes, ou planies sarclées de 1 m* tO c. da largeur. 
Cet instrument, résistible à 4 bœufs» peut être employé à 
faire des fossés dans les vignes pour y enfouir les fumiers. 

Prix des trois instruments , n® 4 , 170 fr. ; n* i , 455. 

20 raédatUes dont 4 médailles d'or et 3 rappels de médaille 
d*or ont été décernées à cette même charrue. 



iVitien.— Typ. de H. Ocdi!«. 



BULLETIN 



DB LA 



SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D'AGRICULTURE 

BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS 
DB POITIERS. 



N« 100. 



SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU !•' AOUT 186S. 



Leseerélaire-archiviste « en Tabsence du secrétaire » donne 
lecture do procès- rerbal de la dernière séance qui est 
adopté. 

M. le Président expose à la Société que M. Jollt, nommé 
récemment substitut aux Sables-d'Olonne , est obligé par suite 
de quitter Poitiers et de renoncer à ses fonctions de secrétaire 
delà Société. 

H. le Président fait Téloge , en quelques mots, do zèle avec 
lequel M. Jollt a toujours rempli ses fonctions etTen remercie 
au nom de la Société. 

M. JoLLT (Alexandre), substitut aux Sables et M. Savatibr 
(Jules), juge d'instruction à Chètellerault , obligés parleurs 
nouvelles fonctions de quitter Poitiers, demandent à échanger 
leur titre de membres résidants pour celui de non-résidants. 
Cette demande est accordée. 

Sont ensuite élus membres titulaires non-résidants : 

M. Gâultibr, docteur-médecin à Melle. 

H. Chbvjlllbbau , propriétaire à Toufou. 

M. le Président communique à la Société, une lettre par 
laquelle H. di Làeclâusb en invire les membres à assister au 
comice qui aura lieu le 3 septembre à Civray. La Société 
décide que des membres seront désignés à cet effet et que 
deux médailles, l'une d*argent, Taulre de bronze seront envoyées 
au comice de Civray. 

U.bbCuizou fait connatlre à la Société que M. Boftbllb, 
BoUetin d*août 1865. 18 



— Î50 — 

inspecteur-général d'agricuiUiro s^cst présenté chez lui poar 
visiter les anionaux appartenant à la race désarmée. M. de 
Ci;r20R lui a indiqué les noms de quelques autres propriétaires 
d'aoim^'Hix do cette race. 

M. Bruakt lit un rapport sur Texposition d*horticultore de 
Bergcrar. La Société décide que ce rapport sera imprimé dans 
ses bulletins. 

La Société procède à Téloction do- son secrétaire on rempla- 
ccmont Je M. Jollt, nommé substitut aux Sables. 

M. Calmbil (Victor) , avocat , est élu secrétaire do la 
Société. 

M. le Président appelle Tattenlion de la Société et ses obser- 
vations sur la question importanto de Torganisation do travail 
agricole, il rappelle à cotte occasion l'excellent travail de 
M. DE CriizoN, paru dans les bulletins de la Société sous le 
titre : de la condilion des classes agricoles et des moyens de Vomé- 
liorer. 

Quelques objections sont faites par différents membres de 
In Société à certaines parties de ce travail. 

M. Bbuaut pense qu'il serait diflicile de se procurer partout 
dos ouvriers aux prix indiqués par M. deCorzon, 1 fr. 9.5 c. 
do la saint Martin (11 novembre) au 25 mars; 1 fr. 50 c. du 
25 mars ao 1*' juillet et du 1^' set>t6mbre au 11 novembre; 
% fr. pondant les deux mois de juillet ot d'août. M. Bruaut est 
obligé do payer Si fr. toute Tannée. 

M. DB Lahartinièrb fait observer qufi la différeneo n'est |>ds 
aussi grande qu'elle le paraît au premier abord , M. de Curzor 
donnant on outre à son ouvrier le logement pour lui otsa 
famille. 

M. DB CuBZON ajoute qu'il s'engage vis-à-vis de ses ouvriers 
à leur fournir du traVail toute Tannée ot que ceux qui n'em- 
ploient les ouvriers qu*à certains moments sont naturellement 
obligés do les payer plus cber. 

M. Théodore Gaillard craint que des ouvriers dans cotte 
condition ne rendent que peu de travail. 

H. DB LA Martini^rb exprimo la même crainte , il se de- 
mande en outre s'il est bien toujouri possible d'occuper ces 
ouvriers pendant la mauvaise saison. 

M. DB SouviGNT craint aussi que ces ouvriers ne rendent pas 
tout ta travail possible, il croit que les ouvriers à Taonée 



— 481 — 

seraient surlool utiles dans les exploitations agricoles qui se 
sont adjointes one indostrie ocoopaotles bras Tbiver, comme 
une sucrerie on une distillerie. 

M. M CuBzon répond que , pour le propriétaire qoi reste sur 
sa lerre toute Tannée et qui fait raloir lui*ai6me et sérieuse- 
meot, le trarail à faire ne manque jamais ; que la terre demande 
plus de trafail qu'on ne peut lui en donner. 

M. Tbooessabt se demande si ce contrat qui lie rouvrier au 
mattre, n*est pas on obstacle à ce que TooTrier poisse devenir 
propriétaire. Ce serait un grand inconvénient , la petite pro- 
priété étant à la fois un grand bienfait pour Fouvrier et une 
grande source d'ordre et de richesse pour le pays, 

M. DE CcBZOH répond que l'ouvrier et le mettre ne sont pas 
liés par on contrat perpétuel ; que leur engagement est h bout 
loQsles ans, comme il est d'usage pour celui des domesti- 
qoes; que rien n'empêche l'ouvrier s'il est actif et rangé de se 
faire quelques petits bénéfices; qu'outre le prix assuré de son 
Iravail et son logement , il a la jouissance de quelques mor<^ 
reaux de lerre , le plus souvent en marais, dkint il se fait un 
jardio ; que la femme peut aussi gagner do son côté ; qu'elle 
est souvent employée sur la propriété même ; qu'elle peut élo- 
Ter des volatiles, soigner en outre une vache ou quelques 
cochons qui lui sont confiés à moitié ; que rien n'empècho dès 
lors un semblable ouvrier d'amasser, aussi • bien que tout 
autre, quelque épargne et de devenir peu à peu propriétaire. 

La séance est levée. 

Le secrétaire^ V. Cauibii.. 



RAPPORT sua L*BXP0SITI0N d'bOBTICULTUBB DB BBB6BBAG. 

(2 AD S JUIN 1865.) 

Messieurs, 

Appelé comme juré par la Société d'horticulture de Bergerac 
à l'occasion de, son exposition , et agréé par notre Président 
comme délégaé de la Société d'agriculture , belles-lettres , 
icienceset arts de Poitiers , j'ai cru devoir vous rendre compte 
de la mission qui m'avait été confiée. 

Le lieu sur lequel se tenait cette exhibition était des mieux 
choisis; de gros et beaux arbres contribuaient à sa décoration. 
On leuf dut aussi la bonne conservation des plantes , qu'ils 



— 45a — 

protégèrent tout à la fois des rayons (Tun soleil trop ardent 
et des orages qu*on eut à déplorer h cette époquo. 

Cet emplacement, rendez-vous ordinaire des promeneurs de 
Bergerac, avait été trës*heureusement transformé eo an char 
mant jardin anglais, dessiné et eiécuté parll. Pbrdoux fils, horti- 
culteur. Les gazons semés en temps opportun étaient d*one 
fratchour et d'une beauté remarquables et concouraient à Tem- 
bellissement de cette jolie promenade, garnie par les eiposants 
de massifs de fleurs et arbustes d'une belle végétation ; tout ceci 
bien agencé » encadrait fort bien une élégante estrade destinée 
à recevoir les autorités et invités h l'occasion de la distribution 
des récompenses, 

La culture maraîchère était magnifiquement représentée; 
il est vrai de dire que tout se prête à son développement dans 
cette charmante contrée ; le sol riche et fertile est d'une cul- 
ture facile, et l'eau très-abondante coule constamment très- 
près de la surface ; ce sont là de puissants auxiliaires pour le 
cultivateur. 

Les légumes de primeurs faisaient complètement défaut. Il 
en est presque toujours ainsi dans les expositions de petites 
villes de province , ce luxe n'étant réservé qu'aux grands cen- 
tres de populations et principalement à la capitale, où les cul- 
tivateurs trouvent un débouché assuré, pouvant les indemniser 
de leurs peines. 

Les plantes de serre tempérée , cultivées en collection, et 
servant le plus ordinairement à l'ornementation des jardins 
pendant l'été, telles que géronium zonale, pétunia, verveines, 
fuchsia , etc., y étaient en bon nombre et avaient été choisies 
parmi les variétés les plus nouvelles et les plus méritantes. 
C'est ce que nous offrait surtout au premier degré Texposition 
de M. Dumas fils , horticulteur. De beaux massifs d'arbustes 
de pleine terre et de très-belles conifères avaient été exposés 
par MH. Baudou et Sougjibt ; on remarquait aussi de beaux 
sujets dans ces deux genres appartenant à M. Dumas. 

Une collection de bégonia également exposée par MM. Bau- 
dou et SoucHBT , attirait tous les regards et chacun s'arrêtait 
charmé , devant les belles colorations de leur grand feuillage. 

La cullure cotonnière avait aussi ses représentants h cette 
exposition , les produits provenaient dos cultures de BiH. Htf- 
HiAUD et Embbit , à Sainte-Foy (Gironde). Je ne croyais pas 



~Î53 — 

qu'il fftl possible d'obtenir dans celle contrée d'aussi boaux 
produits à l'aîr libre ,. et je fus agriiablemont surpris de voir la 
recolle de Tannée dernière , consislant en belles et grosses 
capsules renfermant le coton des nombreuses variétés exposées. 

Certes, cette culture, quoique n*ayaDt pas donné Heu à trop 
de soins artificiels ne peut être considérée au point de vue 
commercial , les frais nécessaires pour arriver h bien , dépas- 
seraient sans nul doute, la valeur des produits; mais cet apport 
D*eD était pas moins très-remarquable ; aussi le jury a«t-il cru 
devoir décerner à cette occasion une médaille d'argent grand 
module. 

Deux instituteurs communaux : MM. Labueu et Poukooebt 
étaient aussi venus se joindre aux exposants , et avaient pré- 
senté de jeunes sujets de poiriers et pruniers greffés d'un an ; 
quoique ces arbres laissassent à désirer sous le double rapport 
dps soins donnés en pépinière et des moyens employés pour 
la greffe, le jury a cru devoir accorder deux médailles de 
bronze ex œquo , à titre d'encouragement à persévérer dans 
celte bonne voie. Il serait , en effet , très-important de voir 
joindre aux leçons données par ces utiles professeurs, un cours 
d'arboriculture pratique, et de faire ainsi apprécier à leurs 
jeunes élèves et à tous les agriculteurs les avantages qu*ils 
trouveraient à savoir bien cultiver les arbres fruitiers; aussi 
De saurait-on trop faire pour propager ces excellentes idées , 
déjà mises en pratique par ces messieurs, 

La Société a aussi distribué diverses primes , décernées par 
une consmission prise en son sein » et chargée d'examiner les 
collections de plantes pendant leur floraison, ainsi quo la bonne 
tenue des jardins d'horticolteors et amateurs. A l'occasion 
d'une de ces récompenses , celle qu'obtint M. Dallbt , jardi- 
nier de M. PonTOU, permettez-moi de vous dire quelques mots 
sur les belles cultures de cet amateur , que je visitai en com- 
pagnie d'autres membres do jury. 

Le jardin d'une très-grande étendue, situé dans une position 
très-agréable el au centre duquel s'élève une belle et élégante 
habitation , est divisé en deux parties : l'une est consacrée à 
l'agri^ment , l'autre est exclusivement plantée de magnifiques 
arbres fruitiers traités avec les plus grands soins et taillés 
d'après les meilleurs principes , que perfectionnent encore 
Texpérience et le savoir du propriétaire. 



— 454 — 

Les collections y sont riches et nombreuses en tous les 
genres frailiers : poiriers , pommiers, cerisiers, pruniers, 
pêchers, groseilliers, fraisiers, etc., etc., loos poossentd^uDe 
façon remarquable dans ce terrain fertile arrosé par on petit 
cours d'eau naturel : aussi sont-ils toujours dans on état de 
belle végétation , même pendant les grandes chaleurs de Tété. 

L*éliquetage de ces arbres ne laisse rien à désirer. Cet ama- 
teur passionné note sur un registre spécial , avec la plus scru- 
puleuse attention , et lors de la dôgnstalion des fruits , toutes 
ses observations; à côté sont également enregistrées les opi- 
nions des principaux pomologistes : il s*assure par là de Tidett- 
tilé de ses variétés , et si parfois les auteurs diflèrent sur quel- 
ques points , il est à même d'apprécier la valeur des assertions 
ie chacun d'oui, 

' Il serait bien désirable que cet exemple fût suivi par beau- 
coup d'amateurs ; Tarboriculture fruitière y gagnerait , et en 
s'inspirent des judicieux conseils de tels hommes, on s'éviterait 
souvent des déceptions. Pour ma part , je visitai cette belle 
propriété avec le plus grand intérêt, et je veux. Messieurs, 
remercier ici devant vous M. Pontou de Tamabilité avec laquelle 
il reçut votre délégué; il me fit même visiter sa charmante 
habitation , et je pus voir que non^seulement H. Pontou éUiit 
uD amateur sérieux d'horticulture . mais encore quo tous les 
arts se partageaient son temps. 

Mais je m'éloigne de mon sujet et j'y reviens eu vous don- 
nant le plus succinctement possible la liste des principaux 
lauréats , et la désignation des produits qui leur valurent des 
récompenses. 

CULTUBB MARAIGHÈRB. 

Médailles d'or :M}S. Fargues, jardinier do M. Pouget et 
Julien, jardinier raarat< her. 

Médailles d'argent , divers modules : MM. Bru , Blanchie , 
Chambaud et Loseille. 

MédaiUes de brome : MM. Labatut , Bonard et Laporte. 

FLBUBS BT PLANTES d'oBUBMENT. 

Médaille dor de l'Empereur : H. Dumas fils, pour Tenitemble 
de son exposition de plantes fleuries de serre tempérée. 

Ce même horticulteur a aussi obtenu dans divers autres 
concours, une médaiUe de termeU pour ses conifères j eisix 



— î»5 — 

d'argenl pour diverses collecdoos de planlos de serre tempé- 
rée , arbustes, rosiers , etc. 

L*aulro médaUle d'or (prix de )a ville) a été décernée à 
HH. Baudou et Souchet, pour leurs conifères; ils ont en outre? 
remporté quatre médailles d'argent pour divers apports re- 
marquables, notamoient un splenrlide échanlilloQ d*£uoalyp(us. 

Des médailles d'argent, divers modul(^s, ôni été également de- 
cerncps eux cxpcvijints dont les noms suivent : 

MM, Ernest Ramond , amaleur, plantes de serre (emporée. 

Génisset, horticulteur à Bordeaux, superbes fleurs coupées 
de pétunia et fuchsia. 

M^Tiaud , à Sainle-Foy , pour un Thuia do semis provenant 
do Compacta. 

Hériaud elEmerit , apport remarquable de nombreuses va- 
riétés de coton en fruits. 

Médailles de bronze h MM. Larurie et Pourquery , instituteurs, 
jeunes sujets de poiriers et pruniers greffés d*un an. 

D*autres récompenses furent également décernées à quel- 
ques instituteurs, pour les encourager à continuer avec persé- 
vérance leurs cours d'horticulture et d*arborirulture dans leurs 
communes respectives; ce sont : M. Pourquery qui obtint une 
médaille d argent ^ ei MM. Larurie, Nouvel et Veyssière qui 
fjurent chacun récompensés d'une médaille de bronze. 

La commission chargée d* examiner la tenue des jardins , a 
distribué à cette occasion les piix suivants : 

Médailles de vermeil : k}iJA. Dallet, jardinier, chez M. Ppntou 
et Julien, horticulteurs. 

Médailles d'argent : à MM. Laporte , chez M. de Lajonie , Bru 
et Loseille , horticulteurs. 

MidaiUes de bronze ex œquo : à MM. Dumas et Chambaud, hor- 
ticulteurs. 

Enfin les dames palronesses eurent à juger, les bouquets 
monté» et fleurs artificielles, elles décernèrent : 

Un premier prix ex €Bquo^ médaille d*argentj à Mlle Dumas et 
M. Fournier. 

Médaille de bronze à M. Lèyx dit Coly. 

Mention honorable à M. Laporte. 

Les charmantes fleurs artificielles de Mlle Baniès qui auraient 
cependant été mieux à leur place dans une exposition indus- 
trielle , ont été récompensées d'une médaiUe d'argent. 



— Î86 — 

VoDs le voyez , Messieurs » la Société a digoemeot récoœ- 
poQsé les exposants. Elle fut aussi trèa-affable yis-è*vis de 
voire délégué , et je ne veux point terminer sans vous faire 
part de Taccueil courtois et bienveillant que je reçus de tons 
les membres, amateurs et horticulteurs. Je saisis avec plaisir 
cette occasion de leur en exprimer toute ma reconnaissance, 
et principalement è M. Raveau, procureur impérial , le digne 
président de celte belle et prospère association. 

Si je crois , Messieurs , devoir vous faire part du clfaleareax 
iccueil que je reçus , c*est parce qu'il revient tout entier è la 
Société que j'avais Thonneur de représenter et à laquelle je 
suis fier d'appartenir. 

BauAifT , pipiniérisU-horiieuUeuT. 



l'aet db fairb viveb les abhéss. 

{Suite.) 

IL Philippe-le-Bel » petit-fils de saint Louis , établit le pou- 
f oir absolu en France ^ Ses auxiliaires les Légistes prirent 
pour type la législation romaine *. Le nouvel ordre de choses 
se dessina bientôt : nouveaux privilégiés ', odieuse fiscalité \ 
affermage des impôts *, vénalité des offices S mépris des clas- 
ses inférieures , continuation du servage ^ Co n'était pas là ce 
qui pouvait ouvrir à la nation une voie de progrès et d'affran- 
chissement. 

La monarchie romaine avait eu le remplacement et l'exo- 
nération *, les rois Capétiens admirent la représentation pour 

' Voir H. Martin, iv, 390, 414 ; Chéruel, 1-68. 

* Danaln» 16 ; Chérnel, introd. xxxn. 

* Dansin, 292-203. 

« H. Martin, iv, 399, 441, 445, 527, 549; V, 67, 116-118, 143,218, 242,305; 
VI, 375-376; Ghéruel, 1-60; Dareste, 1-18; à voir surtout pour les mutations 
effrayantes des monnaies ; en 1358, on tirait 20 Livres du marc d'argent, t h 
pins faible monnaie qu'on eût encore faite » ; en 1418, le marc ne valait plui 
que 9 livres; mais en 1422, Charles VII en tirait 360 Uvres 10 aoos. 

* H. Martin, iv, 395; Dansin, 185-195. 

* H. MarUn, iv, 551 ; v, 303-304. 

^ H. MarUo, IV, 527 ; Gtiéruel, 1-60 ; Dareste, 1-18. 

* Voir dans la Bmme hiHorique du droil français êi étranger (S« Itv. de 
la s* année, 1862] une étude de M. Sérigny, professenr à la Faculté de droit 
de Dijon : Du régime militaire tout l'empire romain du vf au vie siècle f 
chap. H, recrutement de l'armée, remplacement et exonération. 



— 457 — 

les nobles % le rachat dû serfice à prix d'argent pour tous *. 
Les milices féodales etcommanales, celles- ci surtout tendirent 
à disparaître des armées; et au moyen des ressources pro- 
Tenant du rachat d*une foule d'impôts, on stipendia des nobles 
français et étrangers , des roturiers de bonne volonté >. 

Le ban étant insuffisant, on donna une grande eilension à 
rarrière^ban , qui devint une véritable levée en masse, com- 
prenant tous les nobles de 18 à 60 ans; ce fut le prétexte à de 
nouvelles exactions ^ Tantôt on imita Charlemagne, en basant 
les obligations sur la terre ou sur la fortune ; le plus souvent 
le nombre des hommes à fournir fut fixé d'après le nombre de 
feux*. Les bandes mercenaires, troupes aguerries, mais avides 
et cruelles , la terreur des campagnes , formèrent une t véri - 
table caste de Barbares errants h travers la société *, les 
ff Grandes Compagnies a, qu*on vit apparaître comme un fléau, 
Tersle milieu du xiv« siècle \ 

Charles V tenta en vain de purger le sol de la France des 
Grandes Compagnies. Par son ordonnance de 1373, il réu5sit 
seulement à constituer une armée assez bien organisée pour 
répoque. À sa mort on revint au système des bandes merce- 
naires*. 

Philippe-le-Long avait voulu armer et organiser les milices bour- 
geoises* ; tes Etats-Généraux de 1355 , sous le roi Jean, t pres- 
< envirent à toutes gensde s'armer selon leur état*<^« • Charles V, 
et après lui Charles VI, essayèrent de créer une infanterie natio- 
nale ^*. Le zèle et l'adresse du peuple effrayèrent la royauté et la 
noblesse. On suspendit les exercices*'. Quelques compagnies 
(rarchersetd'arbalétriersfurentseulcsmaintenuesdansles villes; 



* P. Daniel, 1^72; Boutarie, 27. 
*Bootarte, 25-29; Darette, 1-281. 

'BouUirte,48l. Y. le P. Daniel, M46-147; H. Martin, vr, 455; v, 59; 
BoQlario, 481-4S2. 

* H. MarUn, 446-447 ; v, 14 1 ;. Boutaiic, 24-25. 
" H. Martin, it, 437, 448, 44, 454. 

* H. Martin, v, 894. 

' H. Martin, v, 176 ; Bontaric, 491 . 

* H. Martin, y, 253, 257, 268; Boatarlc, 493-494; Chéruel, 1, 78, 80. 
' En 1317^, H. MartiD, iv, 535; Chéruel, 1, 6t ; Boutaric, 182-483. 

*• H. Martin, v, 141 ; voir la collection des lois d'isambert, iv, 853. 
" H. Martin, v, 263 ; BonUrlc, 487. 
" H. Martin, v, 443-448; Boutaric, 486. 



— 558 - 

elles se constituèrent en confréries et rendirent d'importants 
services ^ Quant aux popnlalions des campagnes, les aocèires 
dos admirables soldats do notrp temps, on les laissa sans ar- 
mes, sans organisation, ou proie aux dévastations dos bandes 
indisciplinét's qui portaient partout le pillage et la mort. La 
noblesse épuisée ol des mercenaires, telles furent donc les 
seules forces que la France put opposer à Tinvasioa an* 
glaise. 

Jusqu'à Charles V, les compagnies de soudoyers eurent un 
cfToctif variable*. Ce prince les composa de cent hommesd*ar- 
mos '. Dès Philippo-lo*Long, elles portaient le litre de compa- 
gnies d*ordonnance *. Ce dernier peut être considéré coume 
le créateur do la comptabilité de Tarmée. Charles Y fit plus: 
ses ordonnances ont longtemps servi de modèles à ses des- 
cemiaots pour tout ce qui touchait à l'organisation , è ladis 
cipline et àTadminislration des troupes \ 

La Franco adoptant une partie des institutions romaines de 
la décadence, Végèce dovait être nécessairement Fécrivain mi- 
litaire de prédilection de la couronne et de la noblesse, car, 
nous le savons , ils concentraient dans les mêmes mains le 
. commandement et Tadministration , confusion de pouvoir qui 
paraissait toute naturelle à la royauté absolue, comme à la 
féodalité : cotte dernière n*était-elle pas en effet elle-même 
ff la confusion de la souveraineté et de la propriété ' > . Jean de 
Meung , à Tinàtigation de Philippe-le-Bel , traduisit Touvrage 
deTauteur latin et Taccommoda aux mœurs du temps, sous le 



« B0QUrlc»486, 488.b03. 

* Boutaric, 489. 

* Par hommes d'armes, il faut entendre les chevaliers, écayers et tousceax 
des sergents à cheval qai n'étaient pas gens de trait (H. Martin, iv, 436). Voir 
P. Daniel, 1, 144, erdonnance de 1373; Buutaric, Adb, chaque capital oe avait 
pour « état • cent francs par mois. 

« p. Daniel, 1, 144. 

* P. Daniel. 1 , 216; Dareste , 23, 26, 2S6. Voir les ordonnances de I3t8 et 
de I3&] snr la eomptabilité des trésoriers; celle de janvier 1374 sur la oomp* 
tabltlté des capitaines. Charles V ordonne, dans cette dernière, que les paye- 
ments se faescot séparément par corps ou par compagnie de cent bonunes 
chacune. Une ordonnance de 1413 réduisit le nombre des trésoriers des guerres 
à an seul , et lui prescrivit de faire tous les payements en argent oomptsat. 
Dansin, 91. 

* Guisot. Voir Chérael. introd. ilix. 



-.Î59 — 

titre de c Livre de le chevalerie • ^ Nous trouverons donc, dès 
le commencement du XIV* siècle, les applications de qaelque»- 
QD3 des préceptes de Yogèce. 

Avec le nouveau rAle pris par la royauté, Tautorité du corn- 
maDdemeol s'accrut; les maximes dos lôgistes s^acceptèreot*. 
Les derniers Capétiens et quelques-uns des pri^mier^s Valois \ 
ne paraissant pas à Turmée , le connétable fut revêtu d'un 
grand pouvoir , et l'on vit , par etemple , le conseil royal dé- 
cider en 4415, que c tnesairo Charles d'Albret , connétable 
• Je Frdnce, aurait en celte guerre semblabio puissnoeo 
t comme le roi pour ordonner et disposer tout à sa pleine vo- 
« lonté »^ L*action des maréchaux s'étendit également'; leurs 
prévôts eurent autorité sur les capilaineselne tardèrent pas à em- 
piéter sur les attribuions des baillis, de^ sénéchaux placés sous 
les ordres des maréchaux pour tout ce qui se rapportait aux 
troupes de leurs provinces^. Un maréchal do THost, espèce do 
major-général, parut dans les armées à Tépoque dont nous 
nous occupons ^. Le grand- maftro des arbalétriers y remplis- 
sait toujours lesîiiémos fonctions que sous saint Louis ^. En- 
fia dès le règne de Philippe^e-Bel , on vit des princes du 
sang chargés du commandement supérieur dans les provinces 
menacées ; Philippe de Valoir organisa les commandements 



* H. Martin, iv, 990 (note) ; Botitarlc, 503. Jean de Meung est le continua- 
tear du moian de ]a Bose. 

' ■ Le ftouTerain la loi Tivanto » (Beaumanoir); « ce qui, à la royauté 
plaît à faire doit être tenu pour loi ». Voir Chérael^ 1, 24-20; H. Martin , 
▼, «5 

' Ciiarlea V et Charles VI, ce dernier depuis sa maladie eeulement. La bran- 
che des Valois monta sur le trône en 1328 (Philippe VI). 

* H. Martin, yi, S; Dareste, i, 289-290 (juridiction du connétable). 

* Il y avait denx amiranx en 1416; voir pour leurs, attributioiw el préroga- 
tives, Dareste, 1, 327-333. 

Les droits péconiaiies^doiietJiouiaeaient priipUivement les maréchaux, furent 
remplacés par nn traitement annuel de 500 livres, payé en temps de guerre 
ienlement. Mais ees droits furent rétablis successivement , et les privilèges 
considérables que les maréchaux se firent attribuer , augmentèrent la valeur 
delcurduirge. Dareste, 1, 289. 

* Oareste, 1 , 290*292 ; Boutarlc, 001 . 

^ H. Martin, iv, 441 (bataille de Courlrai, en 1302); v, 62 (siège d'Hanne- 
b(Hi,eii 1342). 
'Dareste, 1, 289; Bootaric, 449. 



— Î60 — 

militaires qu'il confia aux princes , au connétable et aux ma- 
réchaux K 

Lorsque les milices communales se troufaient h l'armée, 
les baillis les commandaient, et non plus les magistrats des 
villes •. 

Sous Philippe-le-Bel , le conseil royal se divisa en grand- 
conseil, parlement el chambre des comptes'; des clercs da 
secret étaient attachés au cabinet du roi ^. Des enquesteors 
royaux étaient chargés de contrôler les actes des baillis et sé- 
néchaux *• 

Pour soudoyer ses nombreuses armées, ce prince eot be- 
soin de beaucoup d'argent ; il eut recours à de nouveaux im- 
pôts. En vertu du droit féodal , ils devaient être consentis par 
les contribuables ; ei, chose étrange, ce (ut le souverain le plus 
despotique du moyen-âge, qui réunit le premier les États-Oé- 
néraux de la France , composée des représentants do clergé, 
de la noblesse et do la bourgeoisie ou tiers-étal*. A la vérité^ 
peu préparés à leur rôle, les députés volèrent sans difficulté les 
mesures qu'on leur proposa. 

Le maniement des sommes destinées à la solde des troupes 
donnait lieu k de nombreux détournements, el le soldat, mal 
payé , se livrait aux plus effroyables excès. Philippe- le-Long, 
par son ordonnance de 1318, entreprit de mettre de Tordre 
dans cette importante partie do service militaire ^ 

Dans le principe, les agents du trésor remettaient au com- 
mandant de Tarmée les fonds nécessaires pour payer les sou- 
doyers. L'ordonnance de 1318 établit un trésor et on trésorier 
des guerres. Le trésorier eut dans les provinces des lieutenants 

« Boutaric» 5C0-&0I. 

• Yotr pour la décadence du régime communal et les emp*ètemcDU de li 
ooaronne, H. Martin, iv, 553 ; Dareste,!, 15. 

• Chéruel, 1,58. 

• Origine des mlnltties-seerétaireB d'État, H. Martin, vi, 373 (note), Gbé- 
mel, 1, 57; Dareate, 1, 05,71. 

•Chémel, 1,28. 

• H. Martin, iv,4t8; v, f32 (note); Dareste. 1, 77. 

^ Dareste, 1, 330 : organisation de la Chambre des Comptes (1319) ; peitep- 
tion des impôts, confiée à des recevenra spéciaux. Charles IV, en 1)23, sop- 
prima les receveurs des finances , les baillis reprireot feors fonctions : • «fê- 
tait un pas rétrograde » ; les gages des baillis furent alors portés à 5(t0 Unsi 
tournois, H. Martin, iv, 553. 



— 261 — 

qoi délîfraient Pargent à chaque cjapitaine , sur la présentation 
durdle.de sa compagnie, visé el cerlifié exact par les maré- 
chaux on leurs prérdts. Les râles, auxquels étaient annexées 
les quittances des capitaines, étaient transmis à Paris , d*abord 
au Trésor, pois à la chambre dos Comptes pour servir de pièces 
de comptabilité ^ Les maréchaux de France étaient donc alors 
chargés de constater roffectif» mais pour les hommes d^armes 
seulement \ Le grand-mattre des arbalétriers recevait les 
«montres » (revues') de ses gens, et leur faisait payer leurs 
gages par un agent spécial , appelé le f clerc des arbalétriers t \ 
Le Père Daniel prétend que la réception dos montres des arba- 
létriers, archers et canonniers passa aux maréchaux en 1411 ; 
c*est*è-dîrB quo le grand maître perdit le droit d*ordonner les 
rerues, de recevoir l'argent pour les • montres t et autres at- 
Iributions analogues '. Hais il resta nécessairement chargé de 
tODl ce qoi concernait les dépenses de matériel. 

Les États-Généraox de 1355 , pour mettre un terme aux dé- 
sordres, nommèrent des receveurs chargés de percevoir les 
subsides levés pour la guerre et de payer les troupes, d'après 
Icsréles dressés par leurs propres commissaires, véritable ori« 
gioedes « commissaires des guerres t *, et qui se faisaient prn* 
senter les bandes desoudoyers • en armes », aGn de découvrir 
plus aisément les c passe-volnnts » ''. Charles V se débarrassa 
du contrôle importun des États, et Tadministralion de Fermée 



* BoQtarie, 400-500. Masienni de ces capHainea portaient des ooma slgnl* 
firtUfo, qu'on appliquerait volontiers i des chefa d« brigands. On a les quit- 
Usées données an trésorier des gnerrea de Ctiarlea V par « Alain de TalUeool, 
dit l'abbé de Malepaie », et par « Lorent Coupe-Gorge », capitaines, l'un de 
33, l'autre de 20 écayers. Boutarlc, 492. 

* Cbérael. 1, 6. 

' Le mol de « montre » est fort ancien ; on le voit figurer dans on titre de 
1397, poor nne grande revue passée à Gomplègne, aoua Philippe-lo-Bet 
(H. Martin, IV, 415). 

' Chef nel, 1,6; BottUric, 500. 

' P. Daniel, 1, 198. 

* H. Martin, v, 139. La commission dea états, composée de trois clercs, trois 
■wUes et trois bourgeois, « n'atait aucun maniement d'argent ». 

' BoQtaric, 490. Les passe-Yolants étaient dea vagabonds , que les capitaines 
présentaient aox revnes, en remplacement des soldats qui leur manquaient et 
<loQt ils percevaient la solde. Les princes du sang eux-mêmes ne farent pas 
dispensés de faire « montre » de leurs gens. 



fut rendue aux mdréohnuz «t à leurs lieutenants ^ CepeDdanl 
ce prince comprit la nécesàiié de proléger les populations coDire 
les rapines et lo brutalité de la soldatesque; ilmaintiol ou créa 
des officiers spéciaux pour veiller à la conduite des troupes en 
marche ^ Los conducteurs des gens de guerre se confondirent 
plus tarii avec les commissaires des guerres; mais leur titre so 
conserva dans les corps de la maison du roi jusqu*à la révolo- 
tion de 1789. 

La réforme hardie tentée par les Ét!its devait 6tre reprise 
un siècle après, et exécutée avec succès par les conseillers de 
Charles VII \ 

La solde des troupes subit d*importantes modifications^. 

Ainsi , en 1B3B, on allouait aux soudoyers levés dans le midi 
des gages s'clcvant de 1% deniers ou un sou pour lo simple fan- 
tassin à vingt sous ou une livre tournois par jour pour le cbevi- 
lier-banoeret. Les degrés intermédiaires étaient, l'arbalétrier, 
lo gentilhomme servant à pied, Técoycr et le simple cheva- 
lier \ 

En 1351, un banneret roceyait 40 âous par jour; un che- 
valier 10 sous ; un valet ou page, 5 sous ^. 

Charles V maintint le dôdommagemenl pour perle de 
chevaux '. 

Diaprés le Père Daniel, sous Charles VII , en 1424, la solda 
du chevalier bnnnoret était toujours^de 40 sous par jour; mais 



« Boutaric, 494-495, 500 (ordonnance de l374); Dareste, 1, 289. 

' La création des commissaires à la conduite parait, en effet , remanteraut 
États de 1355 (ordonnance du 28 Janvier 1366). Voir Mémoire de la Sodfté 
des Antiquaires de TOoest, vui , 65<*66. BonUric, 500; P.Daniel, I, 3i9. 
Bttullier. 

» Chéruel, I. 75. 

* Henri Martin, v, 33; Boutaric, 497. En 1271, un chevalier banneret réél- 
irait 20 SOUS par Jour, un bachelier 10, un écnyer 5 : le marc d'argœt valait 
58 ftoua et le setter de blé 7 sous (en l'an XI, le prix du setier était de 18 li- 
vres). Bontemps, Recherches sur la solde des (roupe« , joamal militaire de 
1818, partie non oQlciellc), 2* sem., p. 99. 

■ H. Martin, v, 39. Le marc d'argent, qui valait 2 livret 14 sons toomots 
do temps de Philippe-Augnste , valait environ S livres en tS3S. M. de Sis- 
mondi évalue, relntivement au prix des denrées et à la rareté dn numéraire , 
la solde du fantasein à 24 sous , celle du bachelier à i2 fr., et oalle dnbanne- 
ret à 24, Histoire des Français , x, 430. 

« BoQtaric, 1189. 

^ Dareste, 1, 285. 



— 463 — 

crlle du bocholier et do Técnjer bannerei avait élô portée à 
iO sous; celle de tout autro écuyor à 10 sous ; celle de chaque 
archer était de 5 sous * 

Soa?epi, à défaut de numéraire, on remplaçait In solde par 
des fournitures en nature *. 

A la fin d'une campagne , toutes les compagnies n'étaient 
pas licenciées: par « lettres de retenue > , expédiées aux 
trésoriers des guerres, le roi faisait connaître celles qu*il gar- 
dait è son service, c'était un commencement d*armée perma- 
nente *. 

Lfls capitaines, indépendamment de leurs gages comme 
hooneor d'armes^ avaient désappointements particuliers, dési- 
gnés sous le titre c d*élat », La composition des compagnies , 
les gages des gendarmes étaient fixés par les lettres de rete- 
nue, qui prescrivaient en outre de payer le t prôt n , sur 
montres mensuelles *, 

La solde cessait du jour du licenciement; mais des frais de 
route étaient alloués aux gendarmes licenciés ; à défaut d'ar- 
gent , ils recevaient sans doute des vivres à t titre gracieux » , 
par les soins des magistrats des lieux do pas^agn ^. 

Sur les rôles, dos compagnies, on mentionnait non-seule- 
ment le nom des hommes , mais encore le signalement des 
rhevaux, leur valeur; et ce prix, s'il était élevé, était marqué 
sur la cuisse de Tanimal*. Philippe-lê-Bel réunissait des appro- 
visionnrmenls au début de ses campngnes. Il traitait à cet 
elTet avec des compagnies de marchands , qui s'ongagcaiont à 
fournir des vivres, revendus aux soldats d'aprè^i un tarif fixe. 
On facilitait ces entreprisas : les objets destinés aux troupes 



* P.Dantel, 1, 116. 

* Dareste, 1, 287. Sons le rot Jean, en 1363, par exemple. 

* P. Dantel, t, 223 (dès 1368. sous Charles V). Voir Dansin, 70, 101 (lettres 
de retenoeau xive siècle; Bootaric, 495. 

'P. Daniel, 1,224. 

* Poor la milice féodale » la solde, selon tonte apparence , commençait à 
eonrtr da joor où cessait le service obligé du llef ; mais des frais de route 
étaient eomptés au soldat. Cette combinaison du serylce gratuit et du service 
payé était fort ancienne , et avait sente rendu possible les guerres un peu sé- 
TicoMs. Voir plus loin (p. 65) ^ à l'occasion du licenciement des aventuriers 
DOQ eompris dans l'organliattoo des compagnies -d'ordonnance, poor la déll- 
Trance des f ivres à titre gracieux ; voir aussi Boutaric, 407. 

* P. Daniel, 1,86. 



— 264 — 

étaient exemptés de péage ; les baillis devaieat requérir des 
chariots et des chevaux pour les transporter. Ce fut un ?éri- 
table prodige pour l'époque que de voir Tinamense armée, qui 
envahit à plusieurs reprises la Flandre, ne manquer derieo ^ 

Pendant l.i guerre de Cent Ans', les Anglais se montrèreol 
nos mattres par leur prévoyance pour Tapprovisionnement de 
leurs armées '• 

Avant de livrer la bataille de Créci(i346), Edouard III eut 
bien soin de faire manger ses troupes et de les faire reposer 
pour qu'elles pussent recevoir vigoureusement Tattaque désor- 
donnée dos Français \ 

Devant Calais (même année), dans la ville de bois construite 
par les Anglais, a il y avait place ordonnée pour tenir marché 
f le mardi et le samedi; et là, ditProissard (G. 297),étoieDt 

• morceries , boucheries, halles de drap et de pain et de 
t toutes autres nécessités ; et tout leur venoit tous les jours 
f par mer d* Angleterre et de Flandre Sans compter ce 

• qu'ils la conquéroient en courant sur le pays «en la Comté de 
ff Guines, en Tbérouannois, et jusqu'aux portes de Saial- 

• Orner ei de Boulogne *. » 

Pendant que les Anglais étaient ainsi bien installés et bien 
munis, Philippe VI ne pouvait rion tenter pour la délivrance 
de la place , et était obligé de licencier son armée , faute de 
moyens pour Tentrctenir *. 

« Boutade, 503. 

• De 1339 à 1453. 

* Voici un petit épisode qui donne une idée asseï précise de la manière de 
vivre des Anglais : A Airaines, avant Créci (1346), forcés de quitter précipi- 
tamment ce point, Us abandonnèrent les • chairs enhastées » (les viandes à 
la broche), les pains et les pâtes au four, le vin en tonneaux et barils et les 
tables mises. H. Martin, v, bS. Voir aussi^ vi, 5, 7, débarquement de Heori V, 
en 1415 

* H. Martin, v,S8. 

■ H. MarUn, v, 97-105. La force de l'armée anglaise devant Calais, d'après an 
ancien livre de comptes, s'élevait an moins à 5,000 hommes d'armes, 5,000 ar- 
chers à cheval, 1 5,500 archers à pied, 4,600 gallois et 300 ?aisseaaz et barqDes. 
Cette armée , bien abritée, bien nourrie, bien pourvue de toutes choies dans 
sa ¥iUe de bols, ne donna au^Min signe de fatigue ni d'ennui. Les assiégés ne 
ae montrèrent pas moins Inébranlables; mais le blocus amena la disette» et 
après avoir supporté les plus horribles privations , les défenseors de U place 
durent se rendre. 

• H. Martin, v, 97. 



— 265 — 

Dans sa campagne de 1359, le roi d'Angleterre, débarqué à 
Calais, le 28 octobre, avait amené avec lui 6,000 chariots 
Bltelés de quatre aroncins* * chacun, et chargés de muni- 
tions de guerre et do bouche , de fours *, de moulins à bras, 
de nacelles de cuir et d*oulils de toute espèce : il savait la 
dévastation du plat pays de France, et voulait préserver son 
armée de la famine, a Ces précautions n'étaient pas moins inu- 
«silées, en ce temps là, que Touverture d'une cappagne à 
« l'entrée de l'hiver x>. La rigueur de la saison et le manque 
de fourrages firent du reste échouer l'expédition. Les Anglais 
manquèrent même de vivres, parce que les habitants de la 
campagne s'étaient réfugiés dans les villes fortes '. 

£n 1382, les Français marchèrent au secours du comte de 
Flandre en guerre avec «es sujets. Le comte livra le plat pays 
d'Artois à la discrétion de l'armée auxiliaire , et défendit sous 
peine do mort , eux paysans de retirer leurs vivres et denrées 
« es viUes et forteresses » , afin que les gens do guerre trou- 
vassent de quoi subsister sur les champs, a C'était à la fois 
8 plos commode et moins coûteux pour les princes que de 
< préparer des magasins à l'armée » ; mais si l'on s'en tint à 
ce seul moyen de ravitaillement, les troupes royales durent 
éprouver beaucoup de privi|tions ^. C'est pour cela sans doute, 
que Tannée suivante, Charles VI traita avec un riche négo- 
ciant de Paris , nommé Nicolas Boulard , qui se chargea de 
fournir des vivres par terre et par mer à son armée , forte de 
16,000 lances', et de 60,000 fantassins et gens de trait ^. Le 
religieux de Saint-Denis (l. iV, c. 1.) dit que c'est la première 
fois qu'il est question d'un pareil marché dans notre histoire 
militaire , et que jusque-là les armées vivaient d'habitude , 



' RoQsain, cheval de trait. 

■ Cefft 1« première fois qo'il wt question de foars portatifs on deeampagoe 
danfiriiistotre militaire. 

' H. MarUn, y, 223-324. L'armée d'Edouard , à son arrivée à Calais , comp- 
tait 6 à 7,000 hommes d'armes et one multitude d'archers et de geasda 
pied. 

* H. Martin. Vr 378. 

* Bommes d'armes eo armures de fer. 

* H. Martin, v,.S96; Daresle, 1, 287, restreint l>eaueaQp l'impoîtaDce dece 
traité et dit qu'il s'agissait seulement de rouroir le blé nécessaire à 4,000 hom 
mei pendant 4 mois. 

19 



— 866 — 

comme elles le pouvaient, sur le pays^ Nous a?oos pourianlvo 
quo Philippe-Auguste, saint Louis, et Philippe-le-Bel avaient 
adopté, bien avant cette époque , diverses mesures pour Tap- 
provisionoemenl des troupes. 

En 1386, à l'instigation de Clisson, on fit d'immenses pré- 
paratifs pour une descente en Angleterre : on réunit de grosses 
provisions , des outils , etc. On dépensa en pnro perte 
3,000,000 do francs d*or. Il fallut renoncer è l'expédition. Les 
approvisionnements furent gaspillés ou vendus à vil prix. Les 
soldats ne reçurent pas leurs gages et se retirèrent en rava- 
geant le pays *. 

En 1388 , pour son expédition en Gueidre , Charles VI n'ou- 
blia pas .les a pourvéances » ; il avança cent mille écus à 
Boulard pour acheter des vivres aux bords de la Meuse et do 
Rhin et les faire parvenir à l'armée quand elle serait arrivée sur 
le territoire ennemi. Cette précaution n'empêcha pas de recou- 
rir aux ressources des pays voisins; ainsi le margrave de Juliers, 
père du duc de Gueidre , ayant mis ses domaines à la disposi- 
tion des Français, c ceux-ci se logèrent emmi son pays , qu'ils 
trouvèrent bon^ gras, et plein de vivres •. 

Dans les déplorables luttes des Bourguignons et des Arma- 
gnacs', les premiers observaient généralement une discipline 
sévère , et se procuraient les denrées qui leur étaient néces- 
saires f par voie de réquisition t. 

Dans sa campagne de 1415, Henri V agit de même : il oo 
demanda aux petites villes et aux bourgades que des rations 
do pain et de vin' Mais pendant le blocus del Rouen, en 



* H. Martin, v, S96. Voir auisi, v, S99-400. U mifère de l'armée du duc 
d'Anjou dam le royaume do Naples. Le duc mourut en I38t; ao petit nombre 
de 868 compagnons lui survécurent : « On ?lt de nobles barone cheminer en 
mendiant leur pain sur les grandes routes d'Italie ». 

' H. Martin, v. 406 «407. L'armée se composait de 20,000 hommes d'annei, 
autant d'arbalétriers génois et autres, et une multitude de sergents dlirmei, 
de « brigands • et de valets d'armée. Le due de Berri qu'on attendait poar 
mettre à la voile, n'arriva pas en temps utUo; la mauvaise saison força de 
licencier les troupes. 

* H. Martin, v, 414-416. L'opération confiée à Boulard était une espèce de 
marché à commission. 

* IL Martin, v, 610. A la fia de la guerre, les Bourguignons ne ae condui- 
saient pas mieux que les Armagnacs. 

* M. Martin, vi, i6. Voir H. Martin, vi, I)7-I3S : • Jonmée dea harengi » 



- «67 — 

1418, ses troupes légères, composées principalement de 
8,000 fanUssins irlandais» battaient le pays pour approvision- 
ner l'armée et enlever les convois destinés aui assiégés ^ 

Sous Charles V . les commissaires à la conduite , chargé» de 
la police des troupes en marche, avaient aus^i pour mission de 
se concerter avec les autorilés locales pour faire fournir aux 
soldats, et à prix raisonnable, les vivres dont ils avaient be- 
soin \ 

L*ancien usage , déjà en vigueur sous Charlemagne, pour la 
fourniiure par les abbayes de chariots et de bêtes de somme, 
&ubsidtaii encore , et c'étaient toujours les baillis et les séoér 
ebaux qui réunissaient les moyens do transpo.ts dus à Tarmée'. 

Les pavillons de la noblesse, les tentes et les abris de la 
(foupe étaient è peu près les» mêmes que pendant la période 
précédente ^ seulement le luxe des chevaliers s'était considé- 
rablement accru *• 

A rimilatiou des Anglais , les Français firent usage, dans 
plusienra circonstances de baraques en bois, se montant et se 
démontant à volonté , et qu'on embarquait quand on voulait 
foire une expédition outre-mer ^. 

Les Flamands et les Anglais se retranchaient fortement dans 



(1429). Les bourgeois de Paris avalent été forcés de fournir aux Anglais les 
« TiUiUes • (farine, harengs salés, etc.). et les paysans des environs de foar- 
Dir lt$ eharlots et les chevaux. 

* H. Martin, vi, 46. 

' D'après nne ordonnance de février 1367 , rendue sons rinûuence des ÉUts- 
Gteéraux, les vifrea devaient être vendue .aux troopes à prix raisonnable. 
I^>nsste, I, 387. GTest donc probablement aux Ëlats qu'appartient l*initiaUve 
b cette mesure, comme celle de la création des eommlssaires à la conduite 
eta-oiémea. 

' BooUirlc, 501 : 1 Cet ancien ttaage peribtait encwe an milieu du 
0v«8tèele. • 

* Voir H. MarUn, iv, 43S, bataille de Gonrtral (1303) : Les magnifiques pa- 
(illooi des Français contenaient des amas d'armes et i grand appareil «. Un 
(i^e plus tard, les Flamands eux-mêmes devaient faire usage de « tentes 
>eiote9 de couleurs éclatantes et ornées de riehaa banderoles » (H 36) : Le due 
ie BoQfgogoe devant Calais, avec ses milices de Flandre, H. Martin, vi, S&6. 

' Voir H. Martin, V, 96, 406, 479; P. Daniel, 1 , 617. Siège de Calais, bara- 
ioemeot des Anglais ; proja de descente en Angleterre en 1386 , ville d^ bois 
iémuDiéc, embarquée sur les vaisseaux de Clisson ; autre expédition projetée 
n ihfS eoBke rAngleterre « basUllea • en bols , rapprlant les châteaux de 
;nUlanme-le%>nquérant. 



leur camp : les premiers se eotivraieiil de leurs chariols et d< 
palissades ; les seconds se servaieot dans le mAoïe but , non 
seulement de fossés palissades, de lignes de charrettes, mais 
encore d'obstacles naturels , et s'éteblissaient presque loiijour< 
sur de fortes positions d^une approcbe difficile. 

Les dispositions à suivre dans les marches furent arrêtée: 
par Charles V ^^ Voici les règles dont il recommandai; Tobser 
vation à ses généraux. Dos éclaireurs à cheval , appuyés pa 
un corps de troupes commandé par un maréchal , devaîeo 
précéder l'armée , divisée en avant-garde , corps de bataille t 
arrière-garde, sous les ordres du connétable , du roi et d'u 
maréchal. Le grand-matlre des arbalétriers, avec la majeur 
partie des gens de trait, suivait Tavant-garde , précédée e\h 
tnême des archors des gens d*armesa Le corps de bataill 
était soutenu à droite et à gauche de ses deux ailes, comraac 
dées par des guerriers de renom , et qui envoyaient au loin tU 
flanqueurs. L'arrière-garde était suivie d*une troupe soIk 
et d*un détachement de cavaliers bien montés , surveillant l 
derrières de Tarmée. C'était bien là la théorie, maisonTappi 
quait rarement '. 

Suivant les circonstances et les dispositions du terrain , 
bagages prenaient place dans la colonne principale ou sur s 
ûancs , entre le corps de bataille et l'une ou Taulre aile *. 

Les nioovements d*armée étaient nécessairement fort lettïs 
tant à cause de Tabsence de bonnes routes que par suite 
l'organisation vicieuse des troupes et de l'insuffisance des ce 
naissances topographiquea. Les généraux d'alors n'avaient fi 
<îomme ceux d'aujourd'hui, d'excellentes cartes contenaat 



* Ce prince connaissait non-seulement Végèce, mais encore Tite-Uve, < 
avait fait traduire. Voir B. Martin, v, 24(^ 399. 

■ n est probable que Du Guesdin et Clisaon firent exécaler les règles p 
crites pu Charles V , .en les modifiant toutefois solvant las tireonauii 
Avant eai, les armées en marehe présentaient nn désordre inexprtmaMe. 
par exemple dans H. Martin, v,^, S, 89, les mouvements des colonises I 
çalses à Gourtrai, à Casse! (1328), à Crée!. 

■ Dans la marche sur Cassel, le bagage se trouvait k rawnt-gaite» eo 
dans l'armée de Gbailemagne à son arrivée à Pavie. 

' Du Guesclin, en 1872, ftvnehtt 80 lieues en 24 heures avee « ftoo \] 
de eompagnons d'élite », les mieux montés qu'il pot trou? er, posr attci 
parer de Poitiers, où l'appelaient les habitants; mais ce o'étaiUpt'iivi ^^i 
main avee une poignée d'hommes. H. Martin , v, 287. ^ 



indicatioQs les plas précises sur la nature du terrain à parcouriri 
sur les obstacles À franchir, etc. ^ 

Quelques mesuies prouvent quelles difficultés on avait alors 
à surmonter : ainsi Tavant^garde de Charles VI marchant contre 
leçiacdeGueldre était précédée de f 3,500 tailleurs de haies ot 
de buissons et de fossoyeurs » , pour faire et unir de nouveaux 
chemins parmi les hauts bois d'Ardennes '. 

Charles V, a l'imitation des Romains et de Gharlemagne, avait 
créé des relais de ville en ville, avec des courriers marchant 
jour et nuit, et qui « du jour au lendemain, loi rapportoient 
des nouvelles de quatre-vingts ou de cent lieues loin ». 
(Froissard '.) 

û*après les ordres de ce prince , les Français constamment 
raiocus en bataille rangée par les Anglais, adoptèrent un sys- 
tème de temporisation énergiquement suivi par Du Guesclin * 
el ses lieutenants, Clisson, le Bègue de Vilaines, etc. Pour 
joger du mérite de re système, il sufût de voir ce que devint 
Fexpédition, pourtant si bien préparée, du duc de Lancastre, 
en 1373. 

Les Anglais étaient débarqués à Calais; ils menaient avec eux 
uD charroi immense, c et chevauchoient -tout serrés, sans eux 
• dérouter (se débander), et toujours la tète armée et prêts 
€ à combattre, sans faire plus de trois lieues par jour •. Sans 
cesse côtoyés par de grandes troupes de gens d*armes français, 
t les Anglais n'eurent mie toutes leurs aises dans ce voyage » ; 
la saison devenait rude : Taulomne était froide et pluvieuse, ot 
quand les Anglais arrivèrent dans la haute Auvergne, la fatigue 
et le manque de fourrages firent périr les deux tiers de leurs 
chevaux ; le bel ordre que Tarmée avait jusque-là commença 
de se c dérompre ». 

Des 30,000 chevaux de selle et de trait amenés d*Angle- 



« P. Daniel, l,84a*a46. 

• H. Martin, v, 4M-41S. 
< H. MarUD,v, 307. 

• Il est fait mention de Do GaeioUn , pour la première fois, an aiége de 
Bconei, en 1842 (H. MarUn , v, 86). Voir aassi v, 348-245, la jennesse da 
guerrier breton ; v, 828, ta mort, en 1880, devant Ghàteaoneuf-de-Randan 
(entre Monde et Le Puy). 

• disaon tut toraommé « le boaeher des: Anglais », à eanae de la guerre 
mpitojable qn'U leur faisait. H. Martin, v, 2S8. 



— Î70 — 

terre, les Anglais • nVn purent pas mettre è Bordeaos 6 mille, 
c et bien avoient perdu le tiers de leurs gens et pins. On rojoit 
t de nobles el illustrrs chevoliors, qui avoient de grands biens 
fl dans leur pays , se traîner à pi«*d , sans armure , et mendier 
t leur pain de porte en porte, sans en trouver (Proissard). • 
Une multitude de guerriers moururent , dorant l*hiver . des 
suites de leurs souffrances '. 

Voila IVxplication des succès obtenus par Charles-le-Sage; 
Termine française était commandée ; ^ce qui ne lui était pas 
arrivé depuis Gharlemagne *. 

La rançon dos prisonniers et le butin étaient encore la prJD- 
cipale rémunéraiion des troupes; la solde était bien raremcoi 
payée. Cependant un but plus élevé était donné à Tambition 
dos roturiers : les rangs de la noblesse »*ouvrireni à un grand 
nombre d*entre entre eux. Du xiii* au xvi* siècle , Tari^lo- 
cretic française devait se renouveler presque entièrement '. 

Des récompenses honorifiques étaient créées pour les 
nobles *. 

Le roi Jean , pour réveiller les sentiments chevaleresqaes , 
fonda, en 1351, Tordre del^Etoile \ Depuis 1350, Edouard III 



« H. Martin, v, 394-396. 

* Charles V fut la tète, Da Gaesdin fut le bru. On éditait avec soin les res- 
contres générales, oo faisait aux Anglais une guerre de détail ; ainsi Charles V 
à Tourneham, en 1369, ne voulant pas s'exposer à un écliee, préférait Itceo' 
cier ses troupes que d'attaquer rennemi fortement retranché. Ce prioM oMiot 
par cette prudente tactique de très-grands résultats, et Edouard III, en «oo 
dépit, disait a?ec raison : « Dieo nous aide et saint Georges I il n'y eutone 
« roi en France qui moins s'armftt et si (pourtant) n'y eut-il one roi qui me 
« donnât Unt à faire » (Froissard). V. H. Martin , v, 345, 344, 390, 297,299. 
390; Chéruel, l, 79. I^harle» V mourut en 1380. Il avait fait oommeneer In 
travaux de la Bastille, en 1369; Ils ne furent achevés qu'en 1388. H. Martin, t. 
3f)l,389. 

* v. Dareste, 1, 96-97 ; H. Martin, iv, 360-361, 445; v. 116; Boutsric, 49(; 
P. Daniel, 1, 84. Les premières lettres de noblesse octroyées par la royauté 
remontant à 1370 (sous PhIlippe-le-Hardi) ; elles furent aocordées à Torfèm 
Raoul. Dareste, 1, 96. Mnis, dès les croisades des roturiers avaient prlr rang 
dans l'aristocratie, en achetant des terres anx croisés. 

* H. Martin, v, 137-138. Il y avait 500 chevaliers de l'Étoile; ils tinrent 
leur serment à Maupertuts ; ils forent tous tués ou faits prisonniers; aocoa 
d'eux ne tourna le doa à l'ennemi v, 153, 

* Voir H. Martin, v, 137 ; vi, 197 : « 1^ bien gertier •, on vit Unis XI 
donner une chaîne d'or à un vaillant chevalier. 



- 471 ^ 

avait l'ordre de la Jartelière K En 1430/Philîppe-lc-Bon « doc 
de Bounrogne, devail créer Tordre de la Toiso(i d*Or. 

« Il Taot , comme disait Valëre-Haxime , de la Hévérilé et 
« oser d*Qoe prompte jastîce, pour maintpnîr la discipline 
a dans les armées » *. Au xiv* siècle, les moyens de répres- 
sion dont on faisait usage en France étMent encore fort incom- 
plets et très-inefficacrs. 

Dans le siècle précédent, Philippe-Ânguste confinqnait les 
fiefs de ceux qui ne remplissaient pas leurs obligations de ser- 
vice ; Philippc-le- Hardi, fils de saint Louis, était moins rigide : 
il se contentait de condamner les absents à payer h son épar- 
gne autant d*argent qu*il en aurait dépensé lui-même pour 
leur solde et leurs frais de route , plus une amende propor- 
tionnée à leur qualité '. 

Par son ordonnance de 1373 , Charles V déterminait les cas 
entraînant privation de solde,' fixait les dédommagements à 
donner aux personnes lésées , etc. *, 

Quant au ramassis de bandits, de • bâtards », comme dit le 
religieux de Saint-Denis, de ces gens de sac et de corde ^ qui 
formaient la majeure partie du rinfanterio *, et qui' no por- 
taient les armes que pour se livrer impunément à leurs bru- 
tales passions, il fallait pouvoir les contenir par la crainte de 
peines plus Portes ; la • hart • était leur châtiment le plus ordi- 
naire •. 

Néanmoins une véritable discipline n^existait pas dans nos 
armées; les populations, celles des campagnes surtout, étaient 
pillées, massacrées , autant parlas soldats qui dev.)ient les dé- 
fendre que par ceux de ronneini. Il faut lire dans les chroni- 
ques du temps 1% description des maux de toutes sortes qui 



• P.Danlal, 3,S&7. 

• P. Uanlel, 2, 556. 

* P. Daniel, I, 80-S3 ; BoaUrie, 491. Voir Bontempt (J. H. de 1818, partie 
non officielle, 3* leoi. 99). 

• P. Daniel, 2, 679, 5SI. 

* P. Daniel, 1,187. 

* On appliquait parfole eette peine aux hommes d'armes. Voir H. Martin, v, 
389 : les hommes d'armes revenant de Rooielx ke (i382) purent le loger à leur 
fhntalsli! chei lei bourgeois de Paris , mais on leur interdit le pillage • socs 
peine de la hart •. 



- 874 — 

accablaient notre malheureuse patrie, au moment de la mort 
de Henri V et de Charles VI, en 1422 \ 

m. Le règne de Charles VU présente deux périodes bien 
distinctes, entre lesquelles se place la création d*une armée 
permanente. Dans la première qu'illumine un moment la ra- 
dieuse apparition dé Jeanne-d*Arc, on ne trouve pas» en dehors 
de Faction qu'elle exerça, de faits bien remarquables ; la guerre 
conserve son caractère sauvage ; dans la seconde , un immense 
progrès a été réalisé pajr la réforme radicale opérée dans les 
armées françaises. 

Des Ecossais, des condottieri italiens et un petit nombre de 
Français composèrent d'abord les troupes de Charles VII*. 
Les succès de Jeanne ' excitèrent un vit enthousiasme, on ac- 
courut de toutes parts sous la bannière royale, f Le soldat ou- 
• bliait son avidité et ses passions brutales. Il venait sans 
f folles femmes, sans pillage , sans marché pour sa solde , vi- 
c vant de ce qu'on lui donnait, content de tout, pourvu qu'il 
, « suivit la Pucelle. Le gentilhomme mettait bas son orgueil, 
f Trop pauvre pour avoir destrier et armure, il arrivait sur 
t un petit roussin, équipé en archer ou en coutillier • * . 

Mais bientât la France se vit de nouveau pillée et ravagée 
par les hordes qui la parcouraient en tout sens*. Un homme 
eut le courage d'entreprendre démettre un terme à cette triste 
situation et la persévérance de poursuivre son œuvre, malgré 
toutes les résistances. Dès 4434, Arthur de Bretagne, comte 
de Richemont , connétable de France , prépara la réorganisa- 
tion de l'armée * ; aux Etats-généraux de 1439, tenus à Orléans, 

1 Voir sur le droit de t prise et de chevauchée », réquisition forcée panr ie 
service du roi, Cliérael, 1, 72; H. MarUn, iv, 519; v, 123-124, 301-302 (Voir 
aussi les Ordonnances, vn, 95, 108), sur la « Jacquerie », révolte des gens dei 
campagnes contre la noblesBO. 

Ces malheureux « étaient noirs et petits et très-mal armés », dit Froissard, 
sur les ravages exercés par les grandes compagnies. H. Mairtin, v, 169, 192, 
190, 215, 233, 253, 257» 394 ; lU, 216 ; BottUrie, 493. 

• H. Martin, vi, 93, 9S; Dansin. 72. 

• Voir H. MarUn, vi, 174, 185, 211-213, talenU militaire de Jeanne, 8^r- 
tout pour l'artillerie. 

< Voir H. MarUn, VI, 180-216. 

• Voir H. Martin, vi, 379 ; Dansin, 72-76. 

• Dès son entrée dans le conseil du roi, après la disgrâce de La TrémouiUe. 
Voir H. MarUn, vi, 3i8, 320-325. Voir Dareste, 1, 293 , la demande d'une ré- 
forme faite dès 1426, aux États de Mehan.4ur-Yèvre, parTévéque de PoiUen. 



— 273 — 

OD en posa les basés *; mais ce ne fut qu*eD 1445 que Tordon- 
nance du 2 novembre 1439 put recevoir son exécution *. Tous 
les obstacles avaient été vaincus. Les « écorcbeurs » ' isolés 
avaient été poursuivis avec la dernière rigueur ^ ; les compa- 
gnies d'aventuriers avaient été aiîaiblies par deux expéditions 
effectuées dans ce but ', les grands et les princes avaient d& 
céder devant la volonté fermement exprimée par le roi de sou- 
tenir son connétable et ses autres conseillers, parmi lesquels 
se trouvaient les Jacques Cœur , les frères Bureau , les Cousi- 
Dot » les Etienne Chevalier \ 

Richemont avait compris la nécessité de créer une armée 
véritable » les milires des villes n'étaient propres qu*à défendre 
leurs murs; la miliice féodale quà un coup de main, et les 
compagnies d*aventuriers , supérieures au reste par leur habi- 
Inde des armes, éleîent devenues aussi indépendantes, et peut- 
être plus cruelles' encore que lés grandes compsgnieis du 
XIV* siècle ^, Chaque combattant traînait après lui dix chevaux 
de bagage et de t fretin » , comme pages, femmes, valets, etc, 
< toute coquinaille qui n*étoit bonne qu'à détruire le pauvre 
• peuple • •. 

On forma avec des hommes choisis quinze compagnies de 
cent lances ' • garnies, t La lance garnie comportait six che- 
vaux, Tbomme d'armes étant suivi d'un coutillier, d'un 
page et de (rois archers, tous à cheval'^ Celait donc une 

* H. Martin, vi, S18 : naissance de l'armée permanente; création de l'Impôt 
permanent. 

* VoirDanain.lS; Bibliothèque de l'École des Chartes (1844-845). t. m, 
ni- 131, ordonnance da 26 mai 14^5 (Valtetde VirWille, autour d'une excel- 
lente histoire de Charles VU). 

* Lei aventuriers, confondus bous le surnom d'Armagnacs pendant la 
guerre civile du règne de Charles VI, s'appelaient ies écorcbeurs sous Char* 
les VU. H. MarUn, vi, 356. 

* H. MarUn, vi, 356 ; Bansin, 93. 

* H. Martin, vi, 406-409, 418 (en 1444) ; Dansin, 91. 

* H. Martin, vi, 320, 323, 350, 355, 368, 387-391 ; Dansin. 92. 
' H. Martin. vi. 255 ; Dansin, 72. 

. * H. Martin, vi. 386 ; paroles prononcées par le roi en son conseil (1440); 
DanslD, 2, 86. 

* Depais le milieu du xiv« siècle, on appelait indifféremment le guerrier 
armé de toutes pièces, « homme d'armes on de glaive (pom lance), ou simple- 
ment « hnce » (1358). H. Martin, v, 201. 

«''H. Martin, VI, 886. 



- Î74 — 

force tolale do 9000 cavaliers *. On la répartit par fraction de 
compagnies dans les principales villes *. Les aventariers non 
compris dans la nouvelle organisation furent licencié», et lei 
mesures si bien prises que, t dans les quinze jours ensuivants, 
« on n*entendoit plus aucune nouvelle d'eux dans tous les pays 
f du roi ' » (Thomas Basin). 

La nouvelle gendarmerie était la plus belle et la mieux dis- 
ciplinée de TEurope *; rarlillerie, grâce aux frères Bureau , 
était la plus puissante et la mieux dirigée qu'on eût encore 
vue '. Il ne manquait donc à la France qu'une bonne infan- 
terie. Un édit du S2 avril 1448 créa la milice des c francs- 
fl archers » , destinée à tenir tète aux archers Anglais. Dans 
chaque paroisse * , on choisit Thomme le plus adroit à tirer de 
Tare ou de rarbalète, et à certaines conditions , on le tint 
quitte de toutes tailles et impôts, hormis les aides et la gabelle. 
Les c francs-archers t ne furent pas, comme les gens d'armes, 
réunis en compagnies permanentes ; on les astreignit seule- 
ment à des exercices militaires tous les jours de fête , à passer 
fa c montre t une fois par mois, au cheMieu de leur cbAiclle- 
nie * et k se tenir prêts à obéir au premier mandement du roi 



' P. Daniel, t, 218; Ghérael, 1, 96. 

* Il n'y avait que 20 ou 80 lances dans des viUei eomine Traies, Cbâlons, 
Reims et I^on (Tli. Basln) ; H. Martin, vi, 420; P. Daniel, 1, 856 ; Dansin, 91. 

' H. Martin, vi, 419-42U; P. Daniel, t. 1t0-2l3; Daosln, 94. Voir BIbl. d« 
l'Ëcole des Cliartes (1844-1846), m, 124 (note 3), un Muf-condult da coanëta- 
blo pour un détachement d'aventuriers licenciéft (20 avrU 144&), « signe par 
Monseigneur le connétable, J. Le Breton ». Des viTrea, à « titre gradeux •. 
devaient leur être distribués sur leur route. 

< Voir H. Martin, vi. 442; Dareste, t, 293; Danain, 118-119; MlchHet, irt#<. 
de France, t. v. 

* H. Martin, vi. 431. 

* P. Daniel, l, 238. Suivant Th. Baiin (1, 168), on leva on archer par 50 feoi. 
H. Martin, vi, 431 ; Chéniel dit la même cbose, I, 97. Voir aussi Dansin, 104- 
106. Il y avait 16,000 francs-archera au commencement du règne de lirais XI. 
Dansin, 107. Voir la note suivante. 

^ La Ghâtellenle était une subdivision militaire du terrttoirf», comme la pr^ 
fOté était une subdivialon administrative et judiciaire. Le chAtelain était le 
commandont de la ciiàtellenle. H. Mart'm, yi, 432. Des instructions de 1448 et 
de 1451 complétèrent l'ordonnance d'organisation. Il y eut un archer par 
groupe de 50 feui. On créa des capitaines, dont on flxa les gagea. II y eut des 
revues tous les 4 on 6 mois par chàteUenie. Dansin, 106. 



— «5 - 

fl pour fîiire la guerre à son plaisir *• • On n'essaya pas encore 
de former de grosse infanterie. 

Le bol que s*éiait proposé Ricbrmonl était atteint. Le roi 
f oolait-il par exemple réuoir la totalité ou une partie des com- 
pagnies d'ordonnance c en quelque lieu que ce fût «de son 
fl royaume , il envoyait tout aossiidt des messagers vers les 
f capitaines, et incontinent en peu de jours, ils se rendoient 

• aui lieux où il les vouioit occupery pour ainsi dire se trou- 

• voit-il soudainement pourvu d'un bon nombre de combat- 
f- tanis bien en point ». (Tb. Basin)*f • On procédait d*une fa- 
çon analogue pour réunir les francs-archers. La milice féodale 
réduite au rdlo d'arrière-ban , reçut désormais des gages sur 
le môme pied que les cavaliers des ordonnances '• 

En 1AS3, Charles YII créa la compagnie écossaise de la garde \ 

L^s capitaines des compagnies d'oidonnance avaient été 
choisis permis 1rs plus vaillants et les plus experts en fait de 
guerre. On avait écarté avec soin les hommes trop jeunes et 
grands seigneurs '. Rendus responsables des actes de, leurs 
soldats, ils surent se faire obéir. 

Chaque compagnie adopta la bannière et prit la livrée du 
capitaine *. 

Le mettre de Tartillerie '' commença à jouer , dès cette épo- 
que, un grand rdle dans nos armées^ Il était à la foi^ chef des 
couleuvriniers * ou canonniers, les artilleurs d'alors, 'et des 

« H. llartlD, VI, 431-432 (Ord. xiv, 1). La nouvella milice des fraDe8-ar- 
ehert se signala pour la première toit à l'attaque du poat dç Vernon (M te). 
H. Martin, vi, 535. 

• H. Martin, VI. 421. 

* L'ioAtitutioQ des armées permanentes devait annuler rapidement ce qai 
restait de l'organisaUon miliUire de la féodalité, H. MarUn, ti, 421-422, 425, 
452, 553; Conanes, 1, c. 3; P.Daoiel, 1, 84, 215; Dareste, I, 285 (Ord. xiv, 
350). 

« Bfnillier, introd. ix. 

* H. MarUn, vi, 419. Plus tard on dérogea à cette lage défianee., en 1465, 
Jean II, duc de IkHirben, beau-frère de t^uis XI , commandait une compa- 
gnie, vi, 555. 

• P. Daniel, 1, 221. 

^ D'abord Gaspard Bureau , puis ensuite son frère Jean , la véritable créa- 
teur de rartillerie françaiee et de Tart des sièges. H. Martin, vi, 866. 

■ H. Martin, VI, 7. Lenojn de couieuvrîne s'appliquait principalement à 
tontes les armes à feu de calibre inférieur, qu'elles fussent portées à la main 
on montées sur affût (H. Martin, vu, 366). La qualificaUon de'couleuvrinier 



— 576 — 

mineurs oa t fraccs*Uupitis § ^ , nos premiers soldats de 
génie. Des archers éiaient mis à sa disposilion poor la défense 
de rariillene *. La charge de grand-maltre des arbalétriers per- 
dit presqoe toute son importance, et ne tirda pas à dispa- 
raître *. - 

La réunion dans les mAmes mains du commandement et de 
radministratioT) avait donné lieu aux pins effroyables abûs; 
les chefs militaires les plus qualifiés a? aient pris l'habitude de 
gaspiller les fonds destinés à l'entretien des troupes*. Riche- 
mont et Jacques Cœur se toncertërent pour assurer la régularité 
du payement de la solde et empêcher les fraudes si fréquentes 
à cette époque. Les états-généraui , qui s'étaient emparés du 
gouvernement souâ le roi Jean, avaient indiqué le moyen ; oo 
imita ce qu'ils avaient fait. Des agents spéciaux furent chargés 
de recevoir la taille affectée à la solde des gens d'armes et de 
payer celte somme en présence de t commis délégués par le 
roi • pour constater l'effectif des compagnies. Il paraît que 
ce furent d*abord des commissions analogues à celle des États, 
qui s'occupèrent de tous les détails de l'installation des gens 
d'armes dans leurs garnisons. Mais la pratique ne tarda pas à 



devait blentM étrt femplacée par celle d'arqoeborier, appU^le aux cavaUers 
et aux fantaisiDi poorrus d'armes à feu portatives. 

* Les taupeg. H. MarUn, vi, 447 (note). 

* H. Martin, vi, 448. 

* La charge de grand -mattre des arbalétriers fat soppriinée sons Vrkn- 
cols Iw. Voir P. Daniel, i, 198; Gaillard, JETif foira deFrançoU l», édition 
de 1766, 1, 219. 

* Ainti ClisBon, frappé en 1892 par Pierre de Uraon, et ne croyant pas 
survivre à ses blessnres, partageaK 1,700,060 fr. d'or entre ses hérttlm. C'é- 
tait le fruit d'innombrables concassions aux dépens da peupla et de l'armée. 
H. Martin, v, 487. L'assassin, Pierre de Craon, parent da due de Bretagne, 
s'était approprié, en 1884, l'argent que la duchesse d'Anjou l'avait chargé de 
porter à son mari, en Poaille (religieux de Saiut-Denls, I. v, c. 9), H. Mar- 
tin, v^ 481. 

En 1406, toute « l'aide de guerre », envoyée au dnc d'Orléans, était dis- 
sipée au jeu par ce prince. H. Martin, v, 480. 

En 1428, Tannegui Dn CbAtel était accusé d'avoir détourné la acMa de 
l'armée à son profit. Ë. Martin, vi, 98. 

En 1448, les chefs de l'armée, commandée par le Dauphin , mangeaient 
l'argent des tdiNes « à jouer aux dés, chasser aa bois ou danser », et auto- 
risaient toutes les exactions des soldats pour les empéeher de se plaindre. 
H. Martin, vi, 405. 



— 277 — 

démoDlrer U nécessilé de coofier à dos officiers particuliers 
la surieillance et la police des compagnies d'ordonnance, on 
les appela par la suite eomfAmatrei des guerres^* 

Investis d'une haute mission de oonlrôle, vigoureusement 
soutenus par le connétable et les hommes de génie qui compo- 
saient le conseil royal, les commiasaires reçurent des pou« 
voirs fort étendus , ib devaient s*as8iirer par des revues fré- 
quentes et inopinées de la présence des hommes et des che- 
vaux, de rélat de l'équipemenl; ils signalaient les capitaines 
dont les compagnies étaient incomplètes ou mal tenues ', cas« 
saient les gendarmes qui recevaient l'emploi des f passe- 
volan,ts ê , et faisaient pendre ces faux soldats '. 

* Voir Kbl. de l'École des Chartes, m. isa^ist, payements mensatls, )08- 
tice à reodre par lescommiBeaires, & distlneU des payeur» », qu'il» choieis- 
eaient. Cela doqs parait plo^ vraisemblable que la réunion de ces deux fonc- 
tions dans les mêmes mains, comme l'indique H. Martin, vi, 419. C'était 
d'ailleurs conforme à ce qui avait été fait par les ËtaU, « qui avaient sage- 
gement arrêté que les commissaires n'auroient aucun maniement d'argent ». 
Agir autrement, c'éUilt tuer le contrôle à sa naissance. Voir IL Martin, vi, 
431 (Thomas Basin); P. Daniel, 1, Si 3, Dansin, 96; Dareste, 1, 3S6. 

* Et , sans doute , ils pouvaient même arrêter les capitaines et leur ôter 
leur commandement (voir pins loin les pouvoirs donnés au sire de Loré, en 
143S]. 

' H. Martin» vi, 421; P. Daniel, 1, 313; 3, 581; Dareste, I, 2S7. Voir les 
ordonnances de 1361 et de 1374 snr les neutres. Dansin, 93. 

Lb BllBTOIf. 

{La suHeprodMinemetU.) 



EBWB. 



Nous devons à l'obligeance de Tup des membres de la So- 
ciété, la commonicatiQn d*une brochure qui lui a été ofTerle 
par son auteur , M. Hérouabd, ancien préparateur des travaux 
chimiques à Técole de pharmacie de Paris , actuellement phar- 
macien à Bêlle-Iâle ; celle brochure qui a pour lilre : RecheT'^ 
ehes 9ur là iranêfbrmation des maiières ammates en engrais ino^ 
dores et impuirescibles eê de leur applieation à l^agrimtlure , trai- 
tant une question essentiellement agricole, nods croyons de- 
voir -en publier dans le Bulletin de la Société les extraits 
suivants. 

Une question très-importante au point de rue de ragricnl- 



^ 278 — 

iure et de Thygiène, puisqu'elle a pour but de pouvoir utiliser, 
pour les besoins de Tagriculture , les masses considérables de 
débris de poisson, de débris d'abattoir et les déjections bu- 
maines, i«l de désinfecter les villes et les villages, est depuis 
longtemps l'objet do la sollicitude des agronomes , deshygié* 
nistes et du gouvernement. 

De nombreuses expériences avaient été tentées dans le but 
de transformer les substances animales en engrais qo^ l'on pût 
conserver et transporter facilement pour s'en servir au moment 
du besoin. Toules les expérieuces faites dans ce sens avaient 
pour inconvénient de répandre autour des u.^ines une odeur 
- infecte, et les procédé» employés, très-onéreux du restr, por- 
taicnl li*s engrais à un prix trop élevé. 

11 fallait donc, pour atteindre le bot qu'on se proposait, 
trouver un procédé prompt , d'une exécution facile, è la portée 
dfi tous les cultivateurs, tout en employant un agipl chimique 
qu'ils connussent et qu'ils pussent se procurer facilement et qui 
vù\ la propriété de transformer en engrais les substances orga- 
niques sans les altérer. 

Après bien des tâtonnements , je suis arrivé k reconnattre 
que la chaux délitée ^ jouissait des propriétés voulues , et que 
non-seulemont elle transformait les substances organiques 
azotées en engrais inodores imputrescibles, lorsqu'on les con- 
serve dans un lieu sec, mais encore qu'il n'y avait pas de pro- 
duction d*ammoniaque , lorsqu'on opérait h la température 
ordinaire et sur des matières n'ayant pas subi un commence- 
ment de fermentation putride; qu'elle jouissait, en outre, de 
la propriété d*arrôter celle-ci lorsqu'elle s'était produite. 

Voici du reste le modo de préparation de ces engrais. 

TnAnSFOaHATlON DES HATIÈRBS AIIIHALES BU BK6BAIS CALCAIBBS 
AZOTÉS, mODOBBS ET IHPtJTBBSCIBLES. 

Engrais calcaire, a zoié de tang. — Pour transformer le sang 
en engrais, on laisse se former le caillot, on le sépare de la 
partie séreuse, on le mélange ensuite iniimameuKàde la chaux 
délitée ; au bo^l de quelques heures le tout se prend en une 
masse solide gélatineuse , on brasse la masse afin qu'aucune 
partie n'échappe à l'action, de la chaux; le lendemain on agita 

« 16 laisM U «baux se déliter à l'air libre. 



— ÎÈ79 — 

de nouveau, afin de bien difiserla masse, et, quelques heures 
après, on peut procédera la dessicalion qui s*opëre en quel- 
ques jours. Ou ne doil pas dessécher cet engrais au soleil, car 
il se racornirait, ce qui nuirait k sa dissolution et par consé- 
quent à son action. 

Si cependant et afin d*obtenir une dessicalion plus prompte, 
OQ le desséchait au soleil, il faudrait renouveler constammonl 
les surface*. 

11 ne se dégage pas d*ammoniaque pondant la préparation de 
cet engrais. Si le sang a subi un commencement de fermenta- 
lioQ putridf, ce qui arrive souvent Pété, Todeur fétide disparaît 
aussitôt a|ïrès le mélange sans dégagement sensible d*.ammo- 
oiaque. 

12 kilos de sang traités par 1 kilo de chaux délitée, ont donné 
5 kilos d*engrais : perte, 8 kilos. 

80 kilos de snng traités par 10 kilos de chaux d alitée , ont 
donné SO kilos dVngrais : porte, 70 kilos. 

On devra employer, pour obtenir du bons résullals , do 
1,500 grammt'S à 2 kilos de cbau& délitée pour 10 kilos de sang. 

Engrais cakaire azoté de matiires fécales. — Préparation. — 
La préparation est la raâme que celle employée pour le sang, 
il s*agit seulement de prendre les matières à demi solides et de 
les mélanger intimement à de la chaux délitée : la proportion 
peut varier de 5 à SO pour 100. Le lendomain, si la masse a 
pris la consistance d*une bouil.ie épaisse, on la répand, par un 
temps sor, a T lir libr\ Au bout de vingt-quatre à trente-six 
heures, Tengrais, dont la division est dos pins faciles, peut ôtre 
mis en magasin. 

Tai dit qu*ii fallait répandre Tengrais sur le sol : cette pré- 
caution, en effet, n'est pas sans importance : si on Texposait 
sur le plancher d'un hangar, môme bien venlilf^, la 'surface 
seule se dessécherait et s'opposerait à la dessicalion du la 
partit) inférieure , tandis que, répandu sur le sol , la terre 
s*empare d'une partie do l'humidité ot concourt avec Tair ft la 
dessicatlon. 

100 kilos de njatières fécales traitées par 10 kilos do chaox 
délitée, ont donné 35 kilos d*engrais : perle, 75 kilos. 

120 kilos de matières fécales traitées par 6 k*los de chaux 
délitée, ont donné 38 kilos 200 d'engrais : perte. 87 k'Ios 
800 grammes. 



— Î80 — 

Ces chiffres établissent qu'il faut une très-petite quantité de 
chaux pour Iransforoier les matières fécales en engrais ino- 
dores et imputrescibles, ce qui est un avantage réel pour cer- 
taines localités. Cependant, quand Tengrais derra être employé 
dans des régions oh la chaux manque au sol. comme dans les 
restes plaines qui nous entourent, on pourra forcer la chaux 
de 25 à 30 pour 400. La transformation et la dessication se 
feront plus facilement et plus promptement. 

Il est important d*opérer , chaque fois qu'on le pent, sur des 
matières récentes, car les matières abandonnées dans les fosses 
d*aisances subissent la fermentation putride, dont le résultat 
est la production de carbonate et de suiChjdrate d*ammoiiiaque 
qui seraient décomposés par la chaux , Tengrais serait alors 
moins riche en azote. 

Dans les fermes et les établissements publics d'une certaine 
importance, ?oici comment on devra opérer chaque fois qu'on 
voudra utiliser les déjections humaines. 

Des séparateurs mobiles ^ devront être placés sur différents 
points de la ferme ou de rétablissement afin que chaque ou- 
vrier puisse s'y rendre sao$ perte de temps. Les solides n'étant 
plus en contact avec les liquides, pourront très-bien se con- 
server quatre et même six jours sans altération. Un homme de 
la ferme préposé à cet effet les transformera alors en engrais 
par le procédé- que je viens de décrire. 

L'urine, au contraire, sera dirigée dans la fosse à purin qui 
sert à l'arrosage journalier des fumiers d'étable. 

L'urée qui est un des corps les plus azotés que nous connais- 
sions , sera ainsi mélangé au fumier, oh il se transforme en 
carbonate d*ammoniaque qui, sous cet état, peut être absorbé 
par les plantes. 

On pourrait encore traiter l'urine non altérée par la chaux 
délitée et Tévaporer spontanément, mais il faut, dans ce cas, 
un appareil disposé ad /toc. La chaux do décompose pas l'urine 
pi donne un engrais très-riche en azote. 

En opérant comme je vions de l'indiquer, toutes les dé|jec« 
^ans humaines seront utilisées et donneront des engrais riches 
en azote et en sels assimilables. 



* Le féparateur dont je me sers iènctionne trèt^bienf la'séparatloii te fût 
que les liquides aient le conUict des solides. 



-^ Ml — 

La Datare de8 malières employées a une certaine influence 
sar les résultais obtenus : ainsi» quand elles proviennent dMn- 
dividus qui sont nourris de pain et d'aliments de nature ani* 
maie, eUes se prêtent très -bien à la transformation» tandis que 
quand elles proviennent d'individus nourris exclusivement de 
légumes, elles offrent moins de consistance et se prêtent diffi- 
cilement è cette transformation *. 

Engrais calcaire dxoté de poisson ei de chair. — Préparation, 
— Leur préparation ne diffère de celles que je viens de décrire 
qoe parce qu'elle exige quelques précautions particulières, atdsi 
il faudra que Tun et Feutre soient parfaitement divisés pour 
qu'ils s'unissent facilement à la chaux. 

Si le poisson est trop humide, ce qui arrive souvent lorsque 
l'intestin n*a pas été séparé , on pourra employer la chaux en 
petits fragments, l'eau la délitera, et la dessicaf ion se fera plus 
promptement. Dans ce cas, la réaction a lieu immédiatement 
avec élévation de température et un léger dégagement d'am- 
moniaque. 

Il est important que joutes les parties de la chair et du pois- 
son soient mises en contact avec la chaux, car si quelques-unes 
d'entre elles échappaient à son action , elles se putréfieraient 
au bout de quelques jours. 

Quand la chair est trop sèche, il faut rhamecter légèrement 
pour que l'action de la chaux sur la chair ait lieu. 

La dessicalion de l'engrais s'effectue on vingt et un ou qna« 
rante*hoit heures , si Ton opère an soleil, mais il faudra encore 
avoir soin de renouveler les surfaces. 

Tons ces engrais , placés dans un lieu sec , se conservent 
très-bien sans répandre aucune odeur (J'en conserve des échan» 
tillons en vrague depuis 1856 ; ils paraissent n'avoir subi au- 
cune altération}. 

A. Hébouako , pharmacien à Belle^Ue. 
{La suite prochainement) . 

* J*al eo l'occasion de faire cette remarque en opérant sur les excréments 
ées pilionnlers de la maison centrale de Belle -Ile, uniquement composée de 
^eillvds presque exclusivement nourris de légumes. 



— 282 — 
Annonees af;rle*le** 



PHOSPHATE DE CHAUX FOSSILE 

ENGRAIS LE PLUS NÉCESSAIRE, LE PLUS INDISPENSABLE» 
PLUS EFFICACE QUE LE NOIR ANIMAL 

A 8 FR. 'es 100 Kl L. franco de port et d'emballage 

A TOUTES LES GARES DU DÉPARTEMENT DE LA VIENNE. 

Sur demande on adresserait une notice. 
Écrire à Alexandre BAGQÏÏET , à Saint^Quentin (Aisne). 



B. GERVAIS, 

llfOiNIEUR-MÉGAIlIGlEN A MOIfTMORILLON (VieODe). 

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d'UR MÉGAIflSlIB SIMPLE, IlfOéRIEUX, A LA PORTiS DBS GENS DE LA 
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Les personnes qui ont fait usage de ces divers systèmes de mané^ei 
et de batteuses n'ont eu qu*À s'en louer sous tous les rapports. La 
paille sort intacte et le blé bien nettoyé. Le travail est en raison de U 
force employée. 

On trouve dans cet Atelier des Batteuses à manège complet, depuis 
AOO jusqu'À i,S00 francs; machines à vapeur, depuis 2,000 josqu'i 
8»000 fr.; Pompes de jardin, Pompes à incendie^ Coupe-racines, Laveors, 
Pressoirs; enfin tous les instruments et appareils mécaniques utflesà 
fagricuUure. 

Le sieur GERVAIS prendra, comme par le passé , Pintérèt des per- 
sonnes qui voudront bien Thonorer de leur confiance, et leur oflHra 
toutes les garanties désirables. 



— S83 — 

F. CLAMAGERAN 

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MédaiUe 2« clam, EXPOSITION UNIVERSELLE 1856 

Trois médailles Or.— Une médaille Termeil 

Cinq médailles d'Argent.— Trois médailles Bronse. 



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(BRÉfETÉB 8. V. A. C.) 

DE A^ PARISt ^ ^^li^^y (Charente-Inférieure). 



La charroe PAris réanit tous les avantages pour la cattare 
des vignes , surloui des vieilles qui seraient irrégulièrement 
plantées; elle se compose : 1* d*un déchausseur; 2^ d^un 
bineur; 3* d*un butleur, construits complètement en fer forgé, 
se montant sur le même âge à Taide de deux écrous. Cette 
charrue ne nécessite , dans les terrains de moyenne force, que 
remploi d'un seul cheval ou d*un seul bœuf, quoique vésistible 
à deux forts chevaux ou deux forts bœufs. 

io Le déchausseur est aussi rechausseur en laissant, sur Té- 
tançon de devant, une petite pièce saisie avec trois petites vis ; 
cette pièce doit aussi rester à demeure pour le labour des 
jeunes plantes, des vignes hautes , etc« ; elle se supprime seu* 
lem'ent pour les deux derniers tours dans les vignes basses. 
Ce même déchausseur (avec versoir à droite ou à gauche selon 
les demandes) , dont Tavant-corps se trouve incliné du cMé 
opposé au versoir, par conséquent éloigné du plan deTage 
d'environ 'm. 48 a SO c, permet d'approcher Irès-prèa des 
souches sans nuire aux bourgeons ; la pointe du soc est déviée 
du cdté opposé pour éviter que la souche ne soit atteinte par 
le soc ; il ne reste donc à enlever a la bêche qu'une petite ' 
bande de terre de m. 8 à 10 c. de largeur entièrement crevée^ 
par les deux derniers tours de la charrue. 

i^ Lebinoir, instrument sans versoir, ayant deux larges 
couteaux tous en fer forgé et aciéré formant une largeur 
moyenne de m. 70 c. , coupe les herbes et racines laissant la 
terre à plat. 

3*^ Le butteur , avec ses versoirs pouvant s*écarter de m. 

30 à 40 c.*, peut rechausser en un seul tour un rang de vignes, 

ou jeunes' pranies^ ou plan)es sarclées de 1 m. 10 c. de largeur. 

Cet instrument, résistible à 4 bœufs, peut être employé à 

' faire des fossés dans les vignes pour y enfouir les fumiers. 

Prix des trois instruments , n» 4, 170 fr.; n<» 2, 155. 

20 médailles dont 4 médailles d'or et 3 rappels de médaille- 
d*or ont éié décernées à' cette même charrue. 



PoHiert.— Typ. àm B. Oodim. 



BUltÈTïN 



DIM 



SOGliTË ACADÉMIQUE D'AGRiGULTDRB 

BEU^BS-lbfiTTRES, SCIENCES ET ARTS 
PB poitu;r8. 



ss^sgk 



NMOl. 



SOMMAIRB DE LA SÉANCE Dlî 14 NOVEMBfté 186:;. 



H. le Président oavre la séance. Il rappelle on quefques 
mots qoe la Société d^ÂgricuUure avait organisé le 18 octobre 
dernier, avec le concours de la Société Tayaut-RoUie, une 
exposition do la race canine , et que la séance générale du 14 
novembre a été fixée pour ta distribution des récompenses 
gagnées par les exposants. 

M^. le Préfet de la Vienne, Président d*honneur do la Société, 
a fait eilpribier ses regrets de ne pouvoir assistera cette séance. 

IL Botiibbau, nçiaire de Poitiers, aussi Président d*honneur 
de la Société, et H. le baron de Cressac, président de la société 
Tayant-Rallie , prennent place an Coteau. 

Le secrétaire doqnq lecture du proeàs- verbal de la dernière 
séance. Ce proçjftst-VQrJbal est adopAa« 

Le secrétaire^chiviste donne lecture; d*une lettre de M. os 
CxBssAC , président de la société Tayaui-BaUie à M. le Présîdeni 
de la Société d'Agriculture , lettre qui contient une copie du 
procès-verbal de la^ délièériKioii prise pnà la société Tayaut- 
Rallie dans son assemblée générale du 18 octobre dernier , 
relaiivement à l^exposition de la race canine. 

H. le' Président de la Société d'Agriculture lit ensuite un 
discours. 

M. BbimBBAU , maire de Poitiers , lit également un discours. 

H. Couteaux (Aristide), rapporteur do jury pour la disuibu- 
tioQ des récompenses , donne lecture d'un rapport sur Te.xpo- 
lition des races canines. 

Bulletin de Novembre iM5. 20 



M. le Président procède à la distribaiioD des récompeofes 
gagnées par les exposants. 

M. Lafono, de Puygarreau, étant présont à cette aéance, 
M. le Président en i^rofite pour lui reniettre une mid&iHé d'ar- 
gent qui lui a été attribuée par la Société pour son gemmage 
des pins, médaille qu'on n^â?ait pas eu jus^^ii'préaént Toccs- 
sion de lui remettre. 

M. Cauibil fils lit un rapport Vur té comice agricole de 
Mirebeau. 

H. Brégbard demande à se faire* avant la clôture de la 
séance , l'interprète des metfibres de la Société en exprimant 
les regre'S qu*elle éprouve de la perte de son doyen , M. le 
docteur db hk MAisoimiÈBB. 

M. le présilenl répond qu'un dos membres de la Soeiélé a 
bien voulu se charger de ce soin et que l'éloge ^e H. db u 
Haesorrièeb sora prononcé à la prochaine séance. 

La séance est levée. 

Le Secrétaire, 
V. CALHBIL. 



LBTTRB DB H. DB CBB8SAC , PBtiSIDBlffT OB hk SOCIÉTÉ TATAUT* 
RALLIB AU PBÉSIDBBT DB LA SOCIÉTÉ d'aOBICULTUBB. 

Poitiers , 14 novembre 1tt5. 

Monsieur le Président , 

J'ai l'honni^orde vous adresser copie de l'extrait du procès- 
verbal de la délibération prise par Va société TayauNRallie dans 
son assemblée g^'*néfale du 18 octobre dernier, en ce qui con- 
cerne l'exposition de la race canine. 

Saofraii du prooj^eerda/. 

a La société donne son adhésion à l'institution de l'ozposi * 
a tion des chiens org.inisée ji Poitiers sons le patronage de la 
a Société d'agriculture et vote pour l'année prochaine deux 
c cents francs pour trois médailles : 

c Une d'or, 

c Une de vermeil 

« Et une d'argent. 



^«87 — 

t Les conditions imposées sorti : 

f l*' pris, médaille d*o?, à la pies belle meute de heH chiens 
s an moins « de pore race française ou de bâtards, meute de 
a chiens anglais exceptée. 

c t> pris» médaille de Ternneil ao pins beao coopte de chiens 

a mile et femeHeappnrienônt an ntème prof^élake.ftoiid fkU. 

f 3* prix, médaille d*argent , destinée aaz mentes françaises. 

s •-* Les «biens devrem teviA /Me appartenir an même proprié- 

I laire. a 

VeniHeE agréer , Honsieor le Président , Tassurance de ma 

^ considération la plus distinguée. 

ùPr/ridetU de la SocUU TayauURcMiê. 
Bo» A. DB CRESSAC. 



USCOOIS DU PBiSIDBirr on la société D'iOBICULTUBS. 

Messieurs, 

La France «notre grande patrie , est également chère il tous 
ses enfants , mais col attachement D*eiclut pas une affection 
plus spéciale pour cette bonne t^rre dn Poitou , que j'appel- 
lerai notre petite pétrie ; c*est le sentiment qui nous réunit 
dans celte assemblée. 

Aqi agriculteurs sont renus se joindre des magistra**iS , des 
artistes, des savants, qui veulent tous s*appeler les amis du 
l'Sys. 

Maisao nombre des amis les plu<; fidèles de notre pays, com- 
ment ne pas compter les associations de nos chasseurs poite- 
vins? Il nous -serait facile do prévoir que le séjour habituel 
à la campagne et le contact des populations rurales donneront 
aux chasseurs de vives sympathies pour les classes agricoles. 
L'expérience confirme nos idées. 

Parmi les exposants elles lauréats de nos concours cynégé- 
tiques se troovent beaucoup de nos collègues de la Société 
d'Agricnlinre , qni ont brillé a la fois dans Texposition 4bs 
animaux de ^seè'et dans celle des types agricoles. 

Nous devons mentionner MM. AuTBLUrr , Babinbt , db Câh» 
FAOBB , comte ras Cabs ^ MABTnniAn db la 6rèvb, db Monfjon « 
ToecBOis, bb Todbbt. 
MM. le comte Abs CAbs et Lafobt db PmroABBBAtJ recevront 



les prix de noire concours ^ la médaitte qttd ta Soeiéié leor 
9 d^oeri^iîi^ pour iears.lrafMi <lAg0|»Ailftgé. 

La Société X«]iiatt|-ftallîe a offert iroù oiédftiilae. dlaigent 
pour le concours de 1865 et nous ass^ceaii oulr»«M médaille 
d*or poqrrespoiaiMo^ quî-aora lieu au mois d^oetolm 1S& 

V{<m 9^ fMi^fM^ ovbiîer oaoofO'qM l^'gfand:prift^ dft*ooi^ 
çojurs r^ooi4 « ^^^ gagné dans la Vendée et daoa le^ Deux- 
3i^fres par 4eMJ^.ai9fit#irs d^fîq^i^di^lA chatMi , Mlk n&u 
DÉSDTBiis el le baron Aymé di Là CHETULikiB 

i;idée d^associer i^os im^^ e^ i(rrw^ à t^ÀB 9im4eila 
fois si promptemont el 41 9i(lureU6q^t,^qi|f^^c)|êftMP pouvait 
s*en croire I|ii|^citeor,. A^onsieur le |^i;éfet^Ja Vienne a bien 
voulu nous ènçouraffcr dans noire' entreprise , et Tadministra- 
tion municipale de la ville de Poitiers s'y est chaleureusement 
associée en nous donnant une médaille. 

Le Poitou est bieq^ ce vieux p.aya di^, cUf^B qu^ l^iU/^^TEu- 
rope'connatt. âes veneurs occupent partout le premierrang. 

A une époque où chaque contrée se pare de sa gloifè et de 
ses richesses , noire pays devait, CQmme li|s, antres , sf f^re 
honneur de ses hommes et ide sesj produitsi» Voilà » Hesiiieurs, 
rhistoire de notre r^unipn, une^^tts^ eomnitAia, U9| qetUm œm- 
mune. 

La chasse est éminemment une science (ri^çaise : tojia nos 
souverains se sont distingués par leur amour pouir «^ ftl^^i^ 
national, et la vénerie impériale de 4865 ne dément pas œlles 
qui Tont précédée. 

Je dir/ii u^fyme que. la eha^se esl surilout ubq science poite- 
vine depuis Jacques du Fo^llous^ ju8qM*è;la journée do 19 oc- 
tobre 1865, qui a si glorif;osemei|.i ifaiifqr^ notreexpi^sitiOB. 
Kos veneurs et nos chiens se soai montrés, ÎQAPiiiparaUes 
' lorsque dernièremei^t un seigneur aiiglaisi> iiuiai.laiaaé dans 
notre pays les sotivenirs les plus hôporaM^. est,. vemi nous 
iprésen.tor s,es meutes si, bi^n dresséest et si agréablepi à voir. 
Le grai^d bâtard poitevip.TATÀnT up peu îndoeilev c*eat le 
défau^tdespn. pays, ma^ suivant sous bois> indifféreBi aux 
ajoncs et apx épines,, les a distancées laHUmlpar sa pratique 
l)jpi^e gue par sa voi^ rétei^isMnte.. ^ 

Uipx Ifs ips^lairjE^^ nojf voiaip^v. chaqu^cbfase 4»vieQl<oQe 
tete publique, le jour est annoncé, les reitflf^voAii .sonl pris 
d*avançe ; oAr vçii, arijiver leA/qifutesu.afibi^s, on m. montre 



du doigt les hëroft db jour : Culibad ; Oèrf-Vplant , Mondaine , 
PéDrébdMë ,* Witod îndcie^tès dont te Aiérite s'ignore lâi-mtme. 
Poié oh entend le bmlt des ftnfares, on assiste au départ, c*e&t 
obe MfouissêDee » dont tes spectateurs variée , les réhicules 
(ibadreoi , lés fMles eoluttitoées de mille coétomes différents 
ire sont pas le moindre speetacle* Ajoutez les incidents de la 
bataille, tes ouragans, les averses, lemonTement et la fie 
avec ses jeux diTers éoub Pombroge des Tieilles futaies, tout se 
réunit pour constituer une fête populaire. 

VirgHè, rami des champs, prdié ces parofes à Daphnis, 
rheoreox farori d* Auguste : 

f O bergers , ptftt eux dieux que" j*euïée vécu parmi vous / 
rotre compagnon, te gardien d'un troupeau , ou le journalier 
qui coeille le raisin mûr. » 

Regret bien naturel à Thomme qui a cherché le bodhâài* 
dans les ftiveurs de la fortune. 

Cest vraiment, Messieurs, aux chasseurs, encore plus qu^aux 
agriculteurs , qu*on devrait adresser cea paroles pleines dé 
ssj^esse. 

Urne reste à to^ faire connattrb quelques vœux. La solen- 
otté qui nous rassemble aujourd'hui inaugure un traité d'al- 
liance entre nos sociétés qui,pours*e8timer,li*ontbesoinquede 
se connaître ; la chasse et ragriculture doivent se donner le 
main. 

Je né pbtarnMà dire , il est viaï , que tout agriculteur doit 
chasser, ce paradoxe ne troavemit pas sa place dans le journal 
d'iigHetifMrè ; ibais je puis bien affirmer que les tfavaut agfri- 
cotes sont dignes d'&éénpét les loisirs do chasseur , que leur 
activité complète ea vie, et que ragrieolture apporte eux hono- 
rables déksMments de la «basse riniérét qui s'attache tèo- 
joura à la vie totile. 



DISGOI^ pi M. ibuBUAU , KAIBB DB POlTlllS. 

Si je prendlB' la pèrole dabs dette réunion , ne croyex pas , 
Messieurs , que j*aie la pensée d'éclairer par ndê dissertation 
technique le iujet spétial qui tout à Theore sera la matière 
d'un rapport, et d'ajoutefr aux prix que vous allez décerner lé 
ralëuf qtMf leur donUtt Un encouragement ou vit éloge , Ibrs- 
qu'ils sont exprimés par une vois autorisée. 



-Î90 — 

Eo vepant assister à vos réooions, non plos seoleaieiit 
eonDiQ UD audUear curieui de recueillir le firuîl de Totreexpé- 
riepco et de s*inslruire è vos leçons , mais avec on litre nou- 
veau qui me permet d^apprécier , sons son aspect d*atiUté 
générale , riostitution de votre société » il m*a semblé qoe je 
devais vous rendre l'hommage auquel ont droit ceux qui» sans 
autre stimulant que Tamour du bien public , contribuent aux 
progrès de la science et propagent ses bienfaits. 

Cest Tagriculture qui, dans vos préoccupations, tient la pre- 
mière place. Vos travaux spéculatifs établissent comme un 
trait d'union entre le mouvement de la ville et l'activité de la 
vie des champs. Dans Fenceinte de celte ville populeuse, dsns 
le lieu même où les arts et les science» abstraites étalent leurs 
colleciioDs et trouvent d'éloquents interprètes, les préceptes 
que vous mettez en lumière nous rappellent les dures néces- 
sites du travail matériel et nous font souvenir que, si des 
esprits élevés cultivent le vaste champ des découvertes 
humaines, il y a aus^i des bras qui se fatiguent à féconder la 
terre pour lui demander la nourriture du corps et le bien-être 
qui moralise. Si les obligations qua nous imposent notre parti- 
cipation à la vie publique ou les exigences de la famille nous 
privent de la contemplation du spectacle varié des travaux 
agricoles, nous pouvons, au milieu de vous, nous rattacher 
par 1a pensée à la campagne, à regret délaissée, et parcourir, 
en suivant les sujets divers que vos discussions embrassent, 
les guérets, les prairies, les bois et les vignobles. 

Vous avez compris, Messieurs, que les théories n'avaient de 
valeur qu'autant qu'elles étaient sanciionnées par les faits, et 
vous aves pris sous votre patronage les concours ouverts à 
Tagriculture pratique parles comices du département, en ajou- 
tant aux prix décernés par eux , d'honorables récompenses» 
Vous avex vous-mêmes institué des concours dont la ville de 
Poitiers est annuellement le théâtre; et le conseil municipal 
s'est associé à vos généreux efforts par des subventions qoi 
témoignent de sa sympathie pour ces solennités dont l'initia- 
tive vous appartient. 

C'est aussi , Messieurs, sous voire patronage qu*a été inau- 
gurée au mois d'octobre dernier , une exposition de chiens . 
de chasse destinée à devenir prochainement un marché im- 
portant. 



-Î91 - 

Les marchés de chiens de l'Ouest, ceux de Funtenay et de 
Napoléon-Vendée, sont depuis longtemps célèbres. Parîs^ en 
1863, Taisait à la race canine le^ honneurs d^une exposition 
universelle , sous les auspices de la société d'acclimatation. Les 
chiens du Poitou ont figuré là a? ec honneur. Tels sont les 
précédents qui promettent à votre entreprise le sucres. Ces 
expositions locales auront peut-être pour résultat de mieux 
constater les caractères des types originaires de nos races du 
pays et d*en maintenir la pureté. 

On ne trouve plus nulle part, si Ton m croit les plaintes, 
exagérées sans doute , des chasseurs désolés , ni le pur Poite- 
vin , ni le par Saintongeois. D*auires donnent leurs préférences 
aux produits des croisements. Mais les races s*abfttardissent,et 
les types créés par la patiente intervention de Fhomme dispa- 
raissent^ laissant comme souvenir le nom de héleveur. De 
Tunion des deux races de Saintong*' et de Gascogne étaient 
issus, au XTiii* siècle, les chiens bleus dits Poudras^ du nom de 
Monseigneur de Poudras Châieao-Thiers , évèquo de Poitiers « 
parce qu'ils étaient nés dans le chenil du chftteau de Dissais, 
propriété du prélat. Les derniers chiens bleus» descendants de 
celte illustre lignée , se sont éteints de nos jours , laissant quel- 
ques collatéraux suspects. Le même sort semble menacer 
relie belle race de chiens d*arrêt poitevins, connus sous le 
nom de Dupuy , et dont le type pur devient chaque jour plus 
rare. 

Peut-être» Messieurs, s'étonnera-t-on que votre patronage 
s'étAnde à Torganisation de ce» concours , où Tagriculture 
semblnn'avoir de râle à remplir que pour réclamer une pro- 
tection contre des entraînements ou des abus qui peuvent être 
pour ses intérêts un péril. Mais la vie des champs , à cAté de 
ses labeurs» a aussi ses nobles délassements ; et sachons appro- 
ciei* avpc impartialité ces plaisirs que procure la possession 
(iu sol, et qui rattachent Thomme au domaine héréditaire. 

D'Ailleurs dans cette exposition annuelle dont vous avez tait 
le premier essai , ne verrouh-nous pas ûgurer cot auxiliaire 
Gdèle du cultivateur, le chien de berger ? La nature qui lui don- 
nait un aspect grossier et une robe un peu rude, faisait en même 
lemps de lui le plus utilo des serviteurs, en le douant d*une 
▼oe perçanie , d*un odorat exquis , d'un jarret vigoureux , 
d'une mftchoire de fer. ATexposilion universelle de Paris , ses 



-m- 

qualités solides lui avaient valu, f ous le beoMi 0001 de chietid'itft- 
lUi, le premier rang dans la nomenclature variée des races qui 
se disputaiei^t les prii. Dans notre vieux Poitou ob la chasse est 
plus en honneur que la vie pastorale, je ne demande pas pour 
lui la premifeve place; que Ton encourage les possesseurs des 
nobles races élevées pour nos pl/iisirs; mais en couronnant 
celles-ci , n'oublions pas le chien de berger. 

Je me souviens peul-Atre trop tard, Messieurs, que f avais, 
en commençant , décliné toute compétence en ces matières, 
ob je n'apporte que TiotérAt bien vif qui s'attache à tout ce 
qui peut mettre en lumière , à quelque point de vue» la préé- 
minence de nos contrées , ou faToriser les efforts de ceoi qui 
veulent les faire participer au progrès. Et je termine en témoi- 
gnant toute ma sympathie et ma reconnaissance , I vous , 
Messieurs , et à tous ceux qui dans une mesure grande ou 
petite , contribuent è la prospérité de notre pays. 



BAPPOBT SDH L'BXFOSITIOII hES GBIBUS DR GIASSB 

du 18 octobbk 1865 ^ a p01tibb8. 
Hbssibui» , 

Je suis l'interprète de tous les chasseurs , en adressant à la 
Société d'agriculture et à l'administration municipale de Poi- 
tiers , l'expression de notre gratitude. 

Ces expositions dont l'initiative revient loul entière à la 
société du jardin d'acclimatation et en particul^àMBf. Gbof- 
FBOT St*Hilàibb , le comte Lecoultbux db CABTBtEtr et Pierre 
PiGHOT , no sauraient manquer en effet d'exercer la plus heu- 
reuse influence sur l'avenir de nos races canines. 
' L'institution annuelle que vous veilez de fonder resserrera 
encore les liens qui unissent tous les disciples de saint Hubert, 
favorisera entre eux les relations déjà établies, en provoquera 
de nouvelles , et permettra de suivre pas k pas les progrès 
accomplis. 

Grflce à elle , chacun pourra , par comparaison , juger cha- 
que année des améliorations à obtenir, et sauta oh il doit cher- 
cher les éléments propres à donner à ses chiens les qualités 
qui leur manquent* 

L'empressement des chasseurs à répondre à votre appel 
témoigne assez, du reste, Messieurs, de riniérèt paissant qu'ils 
y attachent. 



— Î9S — 

Bëji la société de h Moalière c'est imposée ooe somme 
annueflé , destinée à récompenser plus largement è revenir » 
les efforts des éleveors, et je ne donle pas que les autres 
sociétés do département ne suivent rezemple quiâleor est trucé. 

Recevez donc, HessieorSi le juste tribut de notre reconnais- 
s«Dce, e( veuillez accorder un instant votre bienveillance et 
votre attention au rapporteur du jury des récompenses. 

Les chiens exposés présentaient trois catégories : 1® les 
chiens courants d'ordre ou de grande taille ; puis les chiens 
courants de petite taill^, et enfin les chiens d'arrêt. 

La commission divisa la première de ces catégories en deux 
sous-classes, dont Tune fut réservée aux meutes et Tautre aux 
chiens exposés seuls. 

Lss meutes constituaient la partie principale de Texposition ; 
elles étaient au nombre de huit , et il est hors de doute que 
d'un côté répoque rapprochée de Texposition de Paris, et.de 
l'antre une publicité trop restreinte et trop tardive pour don- 
ner à leurs chiens fatigués par les premières chasses les moyens 
de figurer dignement au concours , ont seules retenu les chas- 
seurs encore nombreux qui se sont abstenus. 

Ces huit équipages se composaient exclusivement de bfttards 
anglais, ce qui s'explique tout naturellement par les exigences 
et les habitudes de notre pays. 

La parfaite égalité de train dans un équipage étant une des 
premières conJiiioos pour bien chasser , il a fallu , dans une 
contrée oh le goût si répandu de la chasse oblige tous les 
jours différents chasseurs à se réunir , il a fallu , dis-je , pour 
obtenir c^te égalité de pied indispensablp, que chacun sacrififtt 
»fts préililections pour une race particulière, et se ^ conformât 
au gofti le plus général. 

Les bâtards héritant è la fois de la vitesse et de la vigueur 
du chien aurais , de la voix et de ta finesse de nez de la lice 
française, devaient naturellement rallier bien vite tous les 
suffrages et fatalement amener la disparition rapide et complète 
de notre belle et surtout excellente race du Haut-Poitou. 

Je ne crois point cependant, avec quelques-uns, le mal irré- 
parable , et suis loin de partager Topinion généralement* ad- 
mise que ces bâtards sont inaptes à reproduire leurs qualités. 

Depuis plusieurs années tous nos chiens sont issus de lices 
bâtardes, et je ne crains pas d'être démenti par les éleveurs du 



Poilou, en afOrmanI qae sans rinvasîon d*UDe épidémie ter- 
rible , jamais les meutes n'auraient été p\uB belles , jamais les 
chasses n*auraieot été plus brillaotes. 

Cette maladie , conaue soqs le nom de saignement de nez, 
qui venait ainsi renverser toutes nos espérances dans le pré- 
sent, et nous faire concevoir pour Tavenir des craintes aujour- 
d*hui plus vives que jamais, devait naturellement éveiller la 
sollicitude de tous , et je cède au désir exprimé par plusieurs 
de mes amis, en vous faisant connattre le résultat de leurs 
relations avec Técole d'Âlfort. 

Deux chiens atteints de saignement de nez ont été adressés 
Tannée dernière à la célèbre école par un de nos collègues. 
H. DB Crbssag , rhonorable président de la Société des chasses 
de la forêt de Houlière , a écrit aussi au directeur une lettre 
dans laquelle il offre tous les renseignements désirables et met 
à sa disposition des sujets pour les eipériences à faire. 

Nous espérons que les recherches de la science nous donne- 
ront le moyen de combattre ce fléau qui désole tous les veneurs. 

Trois prix étaient à décerner aux meutes de la première calé- 
gorie; mais avant de vous soumettre«rappréciation du jury, je 
dois dire que gênée par le temps et le lieu, la commission n*a 
pu accomplir sa tâche que d*une façon fort imparfaite; elle 
émet le vœu que lors des expositions à venir, Tadministration 
fasse chois d*un local où la circulation soit beaucoup moins 
active, et où Ton puisse disposer d*un espace assez vaste pour 
voir les chiens à Tétat libre qui permet seul de les juger eo 
toute connaissance de cause. 

Le grand pré de Blossac , par exemple» serait merveilleuse- 
ment approprié à cet objet et présenterait encore cet avantage 
que Taccès en pourrait être facilement interdit au public jus- 
qu'à la fin des opérations du jury. 

Ces réserves faites , la commission n*a pas trouvé chez les 
meutes exposées sous les n^ 2 , 6 , II et 17 par M. dbs Cabs , 
DB Campaghb 9 IIaitet et Babbibe, les signes caractéristique» 
d'espèce et de finesse de race, qui sont toujours la première 
des qualités à acquérir. Elle a remarqué, cependant, parmi ces 
différentes meutes, quelques très-beaux chiens qui devrfiicot 
servir de type au reste de Féquipage. 

M. AnDiGuiBa a? ait exposé un charmant lot de huit chiens; 
seulement on n*a pas cru devoir admettre à concourir des 



cbieos âgés de sii mois seolemenli dont les formea n'ont 
eneoro rien de stable ei de fiié , mais qui , s'ils.réalisent les 
espérances qu'ib font crniceroir aujoard'hoi, seront Tannée 
prochaine des c'Sncorrents très-redoutables. 

Les su chiens présentés par M. Babuist se faisaient surtout 
remarquer par leur grande et forle taille et leur bel ensemble , 
ao doubte point de rue de Tespèce et de la conformation. Peut- 
être ont-ils eu plus qu'aneuns à souffrir des conditions locales 
dont j*ai parlé « et Tinartion à laquelle ils étaient condamnés 
bisait-elle encore ressortir leor état de légère fatigue* 

Aussi, dominé par cette impression, le jury n*accorde à cette 
meote que la 3* médaille et décerne la seconde aux 14 cbieoa 
de H. AoTBLLBT, parmi lesquels il en est trois ou quatre fort 
beaux ; malheureusement tout Téquipage n'est pas en harmo- 
oîe complète avec eux; mais H* AirrBLLBt sait que succès 
oblige • et nous ne doutons pas de trouver sous ce rapport , 
lors de Tex position prochaine , une très-grande amélioration. 

De tout le Poitou ,. 11. db Crb88AC est certainement Tun des 
veucurs qui ont eu le plus à souffrir de Tépidémie du saigne- 
ment de nez, et il n*est pas un cbesseur dont le cœur n*ait été 
douloureusement affecté en voyant à quel petit nombre se 
trouve réduite aujourd'hui retie meute qus nous avons connue 
naguère si prospère et si vaillante. Lea débris échappés jus- 
qu'alors au fléau nous rappelaient encore les types magnifiques 
qui soat rtstés dans la mémoire de lous les charseurs do la 
Moulière» et c'est à l'unanimité des suffrages que la commis- 
sion a décerné la preoûère médaille à ces représentants d'une 
des plus vieilles OMutes du Poitou. 

Les considérations générales présenic'os relativement aux 
meutes , s'appliquent également aux chiens exposés seuls qui 
ont été ainsi classés : 

MALES. 

!«■ prix, Catiban, è H. db Cbbssac. 

S* prix; Cirf-Volani, k M. Autbubt. 

LICES. 
1* prix» Ifondaîne, à M. db xi Bobdbbib, réunissant mieux les 

qualités de lice portière que le 
3* prix, Farandole^ à M. AuDiotiBB, qui Tcmporle cependant 

parla finesse du pelage et de la physionomie. 



data 

S*eeU^90fie. — r%i héte (TafHter aot BéafiléSy et je éodttàte 
avec plvîstr qnie le jui^y o'a Irolitli M que dès élôge^ à doiiiieK 
Notts avidfis encore tr6b ttédàiiles à Mtrë dhpositioa; et qoaot 
à la première, la commission a été lrès-0aibai¥èsséé pobrfuire 
00 choix entre les devifcbeàtes, n^ IS, à M. LAfOUb du Pmr- 
GAHIBÂU, et B« 18 , à M. DB MontJOR. 

SI d*uD cdlé te Dooibre» la grande MpatatSoil comme qua- 
lités intérieures , les soceès bien connais et l'excessiire gentil- 
lesse de qoeiqoes liées solKeitaieot vivemlent en févenr de 
M. DB MoHTioif, def^vtre Q<ne plM grande poreié de reee; ooe 
homogénéité plni^ parfaite donnaient la préférence hM^Lk- 
veim. 

Enfin la race pore remporta, et'H. UFOim obtint te premier 
rang. ^ 

Les chiens de M. M^e^BiT , dont la taille pins forterépond 
certainement beeocoop mieux atJx eiigences' dû pays qiTib 
habitent, perdaient en grftce ce qo^ils gagnaient en vigueur^ et 
ont moins séduit le jury que les deoi meutes rivales. 

La troisième médaille lui est écbtie. 

Enfin HH. Colasboh et Péeioovd araieni etposé également 
de très^jolis bassets, doni le principal délbuti était d^avoir des 
concurrents trop parfaits. 

3^ eoOégorie. ^ Les chiens d'arrêt constitoeîent la partie foi* 
bie de Teiposition ; la Tille de Poitiers en a? ait fait à pee près 
tous les frais et à part une trè»-belle lice apparteaant A M. db 
GeimucouRT et une-dizaine do chiens auxqueb il eerait- diffi- 
cile d'assigner une origine queloonqoe • ; tous foe aninaex 
exposés appartenaient pu ataient la prétention d'apparteoir a 
la race des chiens de U* Dupuis. le ne voudrais pat répéter ici 
oe que j'ai déjà dit ailleurs , mats il faot bien recootiekre qoe le 
jugement porté à Paris sur cette race déchue, «Teçvà'Poitian 
son berceau , la plus complète eoeftmation. 

Si une espèce a droite mes sjrmpatliîes , <ce doit être assu- 
rément, celle qui a fourni tous levchienr dont, mon- père ei 
moi nous sommes servis depuis 25 ans. Aussi ai-je pu en 
suivre la dégénérescence plus marqué^ à chaque, génération, 
et arrivée aujourd'hui à sa d«rnièrô période, ir sentait donc 
grand temps suivant moi , de renoncer à ube raée abâtardie , 
dbnt les formes comme lefs qualités pi'emièrëS' sohl aujour- 
d'hui perdues. 



Les races pures , ek je ôltw pArmi elles « lee hmqu^ à 
liifta fnarrqn» les hruLmtes iainsnairg on marrons^ les cbsr* 
maols f hièns de Saiot-GerDiein ; les êèltenirlandiiLis ou ^icossais, 
les ^paçneuli notri et /eu aoiqueU lord Gpirdô.p a dooné son 
ooffl , tous si admirablement représentés à Paris , offrent un 
Tsste champ où chacun trouvera les qualités physiques ou 
intérieures qu'il recherche, et qui, depuis longtejqaps héré- 
ditaires » se transmettront intactes ayz gâpératÎQns. suivantes. 

Ces idées, je dois le dire, Messieurs, làe sont entièîrement 
personnelles, et la majorité de la commission, au contraire, 
excluant les races étrangères, a tenu à donner le premier prix 
i mchfea'du pays, Tùné-, h ■• de Gressvc. ëÔm, h M. de 
Gondrecourt a obtenu le deuxième, et une chièftne dD'la réleè 
Dapuîs, appartenant à M. Pellegraini le troi9ièp>e»,Jfl citerai 
encore une (rès-jolie chieoM à H* Palioai^ 

^er||Bt^ez-i9(Da« ]f eaiJeiBi;» « de voust fiiéseMer en terminant 
008 dernière observation. . . . 

Je crois qu'il serait bon de créer k Favenir qstiiiqf^ d'admis- 
sion qui , comme à Paris , aurait pMr oi)}«t#de elasaeif les ani- 
maoz à concomii'.^et (Wir^fuqenleaiSiilîetaitr^^liKMbLetqNiuz dont 
le seul résultat serait de nuire'iirâapectgénéeatfdiiioendours, et 
(it.rmidfe pltM:loB0ÉÉ et plusr diffieilet les opérations du jury 
des récompenses. 

Le Secrétaire-rapporteur , 

sxrosiVlMa^ ha asBEâ^ csatius ao». ut FAittonAOB M la 

SOCIÉTÉ n'AOBICULTUHB , LB 18 OCTOBBB 1865. 

IXkribtUiim dès r'écmpenses ^ en eianceginéraU , ^ 

kiiwvmf^Te i^%^i 

Le nombre des exposants était ide.SWo AI pour Imchi^qi 
oooraftl», J9l pojKT lps:sclMDSMi*8rfftt4 

Les chiens exposés étaient en total au nombre de 169 » dom 
ISOvotnen^ * eDUstafii^ei 3ft ohteâs ad^errét. 

LaJSDciétéi4*agricBUiHre. «vi^îiinomtté ». mt Ia>propoaUioB|de 
H. èâ président de. b^Seoiétèidea, chasses dKJa MûUHèrQ,».difp 
Société Tayaut-BaUiê ^ une commission chargée de claasevMes 
aoimaos e^itoi.Qompçirle^meipiibpeflda j0cy.poiur TattÂbulion 
des récompenses. 



^9W — 

Cette commission se composait de » 

MM. Le baron de Crbssag, président de la société Tayaut-RotUie, 
Bazillb. 

CouTBAUX (Aristide). 
db tudbit. 
Bàbirbt. 

DB HaIGHIII, 

DB Là Bbsob (Emile). 

Beossabd. 

Maudutt. 

Elle a nommé à sop tpor les membres du jury qui s*est Irouvo 
ainsi composé : 

MM. BBoesâBD , présidéfnf. 

CouTBAUX (Aristide) rapporteur. 

Bazillb, président de la Société des chasses de Sl^Msiff. 

AuGUis , de Couhé. 

DUTIBES. 

Marqeis d*Aotigha». 

DB Lasvig Saiht-Jal , Inspecteur des haras. 
Lafohd (Charles) de Claicé. 

Maoddtt, délégué de la Société d'Agriculture pcMsr Pur- 
ganisstion de l'eiposition. 

DisUribiaioii 4eB récovpeiiMs à la séance générale de 1| 
Seoiété d'Agricnltnre, le U norenlire i9M. 

Umaes de chiens eourams d'ordre ou de grcmdê UnUU. 

Premier prix. MidailU d'argefU , donnée par MM. le Maire 
et ses adjoints : M. le baron db Cbbssac. 

Deuiième pris. MidaiUe d'argéni , donnée psr la Société 
d*agficuiture s M. Autbllbt. i 

Troisième prix. UédaUU d& brome t M. BABimr, da 
Mureau. • 

Récompenses aux plus beaux ehèens eoutanie de l'Bxpœiikm. 

Premier pris. MédaàUe d'argent^ donnée par la Sociéié 
ToyatU-RoUîr : M. le baron ox Cbbssac, pour son cbian 

Deuxième prix. Médaille de ftrofua, M. AntBLLBr , |K>ur soQ 
chien Cerf-volant, 



— t» - 

Pour les plus bellss lices. 

PromtMT prix» ÊUdaiUê d'argeni^ domine par la Société 
d'agrieullore : M. db Là BoamaiB , pour sa ebîenne JAmiiiifie» 

Second ptii. MédmiUe es ftroiise, M. iroDiDiita, de BoDDeoiU 
Maloar» , pour ta chienne Fwtanéoki 

Meutes tk petits chiens appeUs beagles. 

Premier prii. Médaille d'argent , donnée par la^ Sneiélé 
TayenÊ^-RMie : M . Lafoni) , de Poy-Oarreao. 

Deazitaié prix. Médaille de brème : M. M MoiiTjnif, de 
rbarassé. 

Troisième prix. MédaUte de bronze: M. ra Tudest, de 
Visai«. 

Chiens d'arrils. 

Premier prix, MédaiUe de bronze : M. PB CBBiaACj poor son 
chien Toi». • . 

Deuxième prix. MédaiUe. de bronu : M. db GoHpaBCOUBT» 
pour sa chienne Love.. 

Troisième prix. Médaille de brame : M. Pbli^mui , de 
Couhé-Yérac^ 



lAPffOBT acjB lb coReocRs m coincB db mrbbbau. 
Messieurs, . 

Dans lainatinée du dimanche, i^ octobre dernier, les diffé* 
rentes renies qni aboolissent à la .ville de Mirebeau présen- 
taient une animation ineccontomée. 

De nombreuses ▼uttores et charrettes chargées, les unes 
d'hommes et de fenmes revêtus de leurs habits de fèto , les 
auiros de fruits , de légumes magnifiques, ou encore de bes- 
tiaux trop gras , ou ▼enant de trop loin pour qu^on ait pu les 
amener à pied; dies taureaux, dés génisses, des porcs, des 
iroupèaoi de montons et de brebis , s*achemihaient de toutes 
les parties du canton vers son chef-fieu. 

L*étranger qui surpris dèns les rues de Hirebeau par cette 
circulation extraordinaire en eût recherché la cause (je ne 
suppose pas qu*an habitant eût pu Tignôrer ) n'eût pas manqué 
sans doute , de Fattriboûr à un jour de fbire. Peut-être ^ cepen- 



dant, qoe la présence parmi ces choses qui défilaient soos 
ses yeax, d*altelages de bœobet de chevaux de labour tratotui 
leurs ehaitru«8 , aUeltges qolbabitueUeoiétt on ne reneeetre 
p«^daDe\les foires, liiieM htlttemiier ie ?éNtabie motif de 
tout ee moutreoiént*: mi cMicoorsde coliiîee igric#le» 

En effet. Messieurs, le dîtataehe' 1^ octobre était le jour fixé 
par le comice de Mirebeau pour uo concours de labourage, suivi 
d*une exposition cfe bestiaux , d^instfûments et de produits 
agricoles* : > 

La Société d'agrioulture^ beHes^leltrBsv ^ièhces ei êitsde 
Poitiers,, avait Ait IThoimeiir à Uoi# dé âès membres de les 
désigner pour la représenter à cette fèie agricole. G^étaient 
H. Tbéodona 64IU(AED, .M^ ob la! TonMte fib, el:votre rap- 
porteur. 

Malheureusement, Von- de vos délégués, M. Théodore 
Gaillabd, si cruellement frappé déjà il 7 a quelques mois par 
le mtfftde s«nf frèrell.Nicias'dtiXAiin, ce magistrat émineoi 
que notre Société était fière de compter parmi ses meihbres, 
et' dôi^l l*éloig%f oférité retentissait encore iT y a quelques jours 
à l'audience de rentrée de la cour de cassation , venait de sabir 
one noOvtolM perte^de finnnib. La mort' de Madame Dubaï. 
fille de M. Nicias Gaillabd et épouse du procureur impérial de 
Toulon , arrivée peu de jours seulement avant le I*' oc!obre , 
u'a pas permis è M, Théodore :(JiAn<UUBL|i 4^ ee |oiadteà?os 
deux autres délégués pour assister au comice de Mirebeau. 

Le programme du concours comprenait six parties principales : 

1» Concours delabpuragA; 2° conopors et expofiîtio»d'a0i- 
maux domestiques; 3"* concours et e^poaUion d'iastroneots 
et machines agricoles; 4* exposition de produite agricoles; 
S"* concours de. moralité et de bons services entre tob meilleurs 
domestiques d*ex|>leitation rurale) &> cencooffl entre tes exploi- 
tations les mieux cultivées. 

Un grand nopibre de primes esçi noméraîrei etaossi de neoi* 
breuseii médailles d*or, d'argient et de bronze, dues à la bieo» 
veillante générosité du miniaire.de l'agrieultui^e, de M. ds 
SonBBTBAn , député an Corps législatif, delà ville de Mirebeao 
et de la Société d*agricultore 4e Poitiers, étaient à la disposi* 
tion des membres du comice pour décerner les récompenses. 
Examinons maintenant les différents conconrs oorrespoQ- 
dants à chacune dps. parties du programoe. 



— 361 — 

1^ Concours d« labourage, 

Lo concours de laboumge a eu lieu à huit hourcs du matin. 
CoU« parlie du programme esl, généralement dans les comices, 
colld qui attire davantage le public et qui Kinlérosse le plus 
vivement. Aussi le concours de labourage de Mirebeau avait- 
il attiré un grand nombre de personnes do tout rang. 

Il faut convenir du reste , que celles même de ces personnes 
qui ne seraient venues chercbcr à ce spectacle que le plaisir du 
coup d'œil étaient admirablemei;! servies. Le champ du con- 
cours, vaste pièce de terre située aur une hauteur d'où le r* gard 
tmbrassnit un vaste horizon demi-circulaire, était occupé 
d*une extrémité à Tautre par cinquante attelages, 28 à bœufs et 
22 à chevaux, rangés en ligne, et attendant le signal du dé- 
part. Lorsque, cosignai donné, ces 50 attelages s*ébranlèrent à' 
la fois pour commencer la lutte , ce fut vraiment un magniûque 
sprclbcle , et bien fait pour réjouir le rœur de celui qui aime 
Tagriculture. 

Il doit être rare, Uessieurs, de voir réunis à un simple comice 
de canton un aussi grand nombre de concurrents , et je crois 
pouvoir dire que celui de Mirebeau est un des plus favorisés 
sous ce rapport. Messieurs les membres et M. le président de 
ce comice ont le droit d*ôtre fiers de ce résultat dû à leurs 
boDs soins et à leur dévouaient. 

Le travail obtenu était généralement satisfaisant. Celui de 
huit ou dix des concurrents, surtout, offrait un ensemble de 
bonnes qualités qui a dû faire hésiter un peu la commission , 
obligée de faire nécessairement un choix , puisqu'elle n'avait 
que trois prix à décerner ^ 

Le'grand nombre d'attelages qui se disputaient la victoire à 
co concours do labourage m*a suscité une réflexion que jo crois 
devoir consigner ici, d'autant plus quejo ne suis pas le seul 
d ravoir faite. 

Ne vaudrait-il pas mieux attribuer aux attelages de bœufs 
Gl à ceux de chevaux des parties de ttTrain séparées, les 
deux extrémités du môme chaMp, par exemple, au lieu 
dp les admettre à concourir, mêlés les uns aux autres par 

' td liste des lauréats ayant déjà été pnbliëe dans les Journaux, noos oe 
^yooi pas devoir la reprodaire ici. Cette note t'appliqae aux dlllérentea par- 
ties do eonoours. 

21 



- 3W — 

ordre de numc-ros? Il résuUe de cette dernière manière de faire 
que sotivonl un attelage de bœufs se trouve compris entre 
plusieurs de chevaux et réciproquement, ce qui ne laisse pas 
qucd*oiïrir certains inconvénients. On objccteia peut-être qu'il 
pourrait so faire que Tune des parties du terrain présentât plus 
de difûcultés que Tautre. Mais ne pourrait-on pas rôiablir 
rëgatilé le plus possible en tirant au sort la partie à échoir à 
chaque sorte d\ittelages et en laissant au jury la faculté d'ap- 
précier* et do prendre en considération les difficultés du ter- 
rain ? 

Si on séparait les attelages , on y gagnerait d'abord pdur la 
régularité du coup d*œil. En efîet , lorsque le travail est cooi- 
mèncé , los chevaux ont bien vit» distancé les bœufs, c^ qui 
no larde pas, surtout sMl y a un grand nombre de charrues, à 
produire une sorte do mêlée. Ce léger inconvénient serait eu 
grande partie évité, croyons-nous, si on faisait labourer 
séparément les deux sortes d'attelage. 

Toutefois, et bi«»n que l'ordre et la régularité soient toujours 
et partout une bonne chose , nous serions tout disposé à faire 
bon marché de notre observation , s*il ne s'agissait que de 
l'agrément du coup d'œil. Mais le mélange des attelages oiïro 
un inconvénieat plus grand. Souvent la vue des bœufs, les cris 
de leurs conducteurs, qui ne sont pas les mêmes que ccuxqu'oo 
emploie on leur parlant , inquiètent et dérangent les chevaux. 
D*un autre rôle , la vue do^ chevaux, les cris de ceux qui les 
touchent, et surtout h'S Claquements de fouet, auxquels ils ne 
sont pas habitués , tourmentent et effraient Tes bœofs. Il en 
résulte que le travail ne se fait pas dans toutes les conditions 
favorables et que de plus il peut so produire des accidents. Tel 
est le motif qui nous a fait développer devant vous, et trop 
longuement peut-être , celte observation. Noos n'y atlachoos 
pés une f^rande importance, mais elle a cependant son utilité, 
puisque nous savons que d«ns certains comices on a le soin àe 
séparer les afielagos de bœufs de ceux de chevaux. 

Revenons maintenant auàautres parties du concours. 

2° Concours et exposition d'animauœ domestiqueB. 

Le canton do Mirebeau n'est pas aussi favorablement plflcé 
que beaucoup d'autres cantons du dép»rteœeDl pour l'élève et 
la production du bétail. Ses vastes plaines prodtrisent surtout 



— 303 — 

des céréales» BlUs soiil anssi très-propres h la bonne alimen- 
lation da mouton , donl la viaodo y acquieri une qualité 
supérieure el qui lui faut dans le pays une réputatroo méritée. 
Mailioureo^emeDl rhombhf pacage qui suffit au mouton ne 
srflurait suffire h l'élève du gros bétftri, et le pays n*en peut 
prodoire qu*une assez petite quantité. 

Malgré ces conâitions peu favorables, resposiiion des ani- 
maux éiait relativement assrex nombreuse, grâce au zèle et à la 
bonne volonté de qaotqaes propriétaires et cultivateurs intelli* 
geofs qui encouragent de tous leurs efforts la production du 
bétail. Aussi pouVait-on trouver dans Tensomble de l'exposi- 
tioD et dans chacune des races principales quelques bons types 
^'animaux. 

i^ Concours el expoèiiioïi (S inat/rumenU perfectionnés. 

Ce concours n'offrait qu*un petit nombre d'instruments. 
Nous y avons remarqué surtout une baratte à beurre , à sys- 
lème de double fond , permettant de réchauffer la crème en 
hiver et de la rafraîchir en été, pour faciliter, selon les saisons, 
la fabrication du beurre. Un tararo trieur, que nous avons vu 
fonctionner, nou's a paru tièn-propre au neltoyogo du grain, 
et notamment à bien trier la nielle si difficile à séparer com- 
plètement do blé. Ces objets étaient exposés par le sieur 
Jeaoin, mécanicien* ventilateur à Mirebeau, Tun des exposants 
primés à notre concours de la mi-caréme. 

4<» EgpposUion des produits agricoles. 

Cette exposition offrait quelques beaux légumes et racines. 
Nous y avons remarqué, entre autres, des artichauts énormes, 
des betteraves jaunes et violettes magnifiques^ el des topinam- 
bours do trois à quatre mètres de hauteur. 

S^ Concours de moraUté eê de bons serviees entre les meilleurs 
domestiques d'exploitation rurale. 

Ce concours cooiprenait deu^j|ilivi.sions : une ponr les do- 
mestiques mâles, Tautre pour les bergères. Trois prix ont été 
décernés dans chaque division. 

6' Concours entre les exploitations les mieux cultkées. 
La commission chargée de visiter les propriétés a trouvé 



— 304 ^. 

sur toutes, et p.ir rapport aux années précédentes, une notable 
amélioration. Piirloul, cependant» il rosto encore* beaucoup à 
faire. Que ceux qui ont déjà si bien mis à proGt les bons con- 
seils du comice , ne s'arrêtent donc pas en chemin , et il» 
verroni ie succès couronner, comme elle le mérite, la persévé- 
rance de leurs efforts. 

Toutes les parties de son programme se trouvant remplies, 
la liste dos récompiinses distribuées par le comice devait se 
borner là. Mais M. de Soubcyrar\, df^puté de la Vienne , dont 
Pappui généreux ne fait jamais défaut à nos comices, avait 
adressé à celui de Mirebeau une médaille d*or , en exprimant 
le débir qu'elle fût attribuée à la personne qui depuis un cer- 
tain temps avait ou lo plus de primes dans les concours. Le 
comice so trouvait donc avoir, en di'hors do son programme, 
une sorte de prix d'honneur à décerner. 

Malhcureusemrnt cet envoi n'est parvenu que le jour même 
du concours. On n'avait plus asst'z de temps pour qo*une 
commission se livrât sur les registres au travail de dépouille- 
ment qui était nécessaire. 

En présence de cet obstacle, M,, le président du comice» lors 
de la séance de distribution des primes , a fait connattre l'en- 
voi et l'intention de M. de Soubeyran, et renvoyé pour la pro- 
clamation du résultat du travail de la commission au l^^" no- 
vembre suivant. 

Le l*' novembre , en effet , et en béance publique, trois prix 
ont été distribués. 

Mentionnons seulement les noms des trois lauréats de cette 
sorte de prime d'honneur , ce sont : 

M. Ahillabd (ils, |)our le premier prix. 

M. Drault, du château de Ry, pour le deuxième prix. 

M. Baebot, fermier au château d*Abin, pour le troisième prix. 

Permetiez-moi, Messieurs, avant de terminer , de remercier 
les membres du coiuice, ei particulièrement son président, de 
l'escellcnt accueil fait à vos délégués. Que M. Amiet me per- 
mette aussi de le féliciter smt la bonne direction que son zèle 
et son actîvîtô impnment à Wï\ comiee , l'un dos plus anciens 
du département. 

Le rapporteur, V. Caluril. 



— 305 — 

L*ART DB FAIBB VIVRB LES ABMÉES. 

(SuUe.) 

La réforme des Gnances suivit celle de Parmée '. On sépara 
radminisiration du domaine royal de celle des « finances extra- 
ordinaires » (tailles^ aides, gabelles) *. On détermina los cas 
d'eiemption d*impâts ^ La chambre des comptes reçut les 
pièces jostificatives des dépenses effectuées par ie trésorier des 
guerres et par le maître de TartîHerie *. 

LesBtats de 1439 avaient accordé 1,300,000 livres par an 
pour la solde dos quinze compagnies d^ordonnance. Cette taille 
fat ultérieurement portée à 1,800,000 livres '. Les gages 
étaient payés mensuellement ; à défaut d'argent, les troupes 
recevaient une partie de leur solde en nature *. 

On ne connaît pas d*une' manière certaine la solde de 
l*homme d'armes et des gens de sa suite ''. Le Franc-archrr re- 

* Voir H. Martin, v, 536 (acte de réforme de 1413}. Jacques Cœur léforma 
d'abord las monnaies et remit la livre au 9* du marc (soit environ 6 fr. de 
notre monnaie, valeur qoi resta invariable jusqu'à la fin du règne de Char- 
les Yll. Voir Tordonnanee du 10 août 144& sur Torganisation du service finan- 
cier; voir Dansin, l?2. Division des fonctions administratives et financières, 
Dansin, 186. 

* Les revenus da domaine, affectés à Tentretien du roi, de sa famille et de 
la maison (a), les aides et gabelles aux diverses dépenses administratives, la 
taille fut exclusivement attribuée à la solde de Tarmée. H. Martin, vi, 386 ; 
Dareste, t, 45; Dansin, 175-176. 

* Voir H. Martin, vi, 435. 

* H. Martin, vi, 423-425. Ceci démontre que, dès 1445, les attributions du 
maître de l'arUlierle étaient distinctes de celles du grand-maître des arbalé- 
triers, et que ce dernier n'avait déjà plus de maniement de fonds ; les dépenses 
de matériel étant placées entre les mains du premier. 

* H. Martin, vi, 532; après la « reoouvrance » de la Normandie et de la 
Guyenne. 

* Chéruel, 1, 96 ; Dansin, 55, 57, 97 ; Bibl. de TËcole des Chartes, m, Ord. 
du 26 mai 1445 (Vallet de Viriville). 

' H. Martin, vi, 419, dit que la solde fut fixée à 10 livres tournois par mois 
pour rhomme d'armes , cinq pour le ooutillier, quatre pour l'archer, soit au- 
joard'hoi environ 4,000 fr. pour rhonune d'armes avec son page, par an , et 

(a) La dépense ordinaire de « bouehe, écurie et argenterie et le fiilt de la 
chambre da roi » montait à environ 100,000 fr. (à peu près 600,000 fr. de 
noire monnaie et 6Tois autant comme valeur relaUve. H. Martin , vi, 380. 
Tous les impôts réunis donnaient ordinairement (1440-1450), environ 
2,300,000 livres (plus de 80,000,000 de valeur relative) ; les aides et les gabelles 
pour environ un million. H. Martin, vi. 380. 



— 306 — 

cevait, on tomps do guorre , qualro livros tournois par mois '. 

L*exacle discipline observée par les compagnies d'ordon- 
nance , dont les capitaines- se conduisaient « très-doucement 
et courtoisement «» leur attira bientôt Taffection des popula- 
lions , e^ le roi fut prié a de tenir les hommes de guorre au 
« pays où ils recevoient leur solde ; afin quMIs y dépensassent 
« Targentqui y étoit levé pour leur payement *; et étoieniles 
c dits gens d* armes riches ; car ils portoienl leurs harnoU «ans 
• parements (parures), et leur étoit défendu de mener chiens, 
f oiseaux (faucona), ni femmes; leufishocquelons étoieot en 
« cuir de cerf ou de mouton, et de drap de cooleors di?erse8 , 
« sans orfèvrerie (broderies d*or ou d'argent) ; leurs robes 
ff courtes , de vingt ou vingt cinq sous Vaune senlement. » '. 

Les francs-archers devaient s* équiper à leurs dépens , on à 
ceux de la paroisse, s'ils étaient pauvres. 

11,000 fr. pour la « lance garnie ■. Cm ehlff^es ne sont donc en rapport, ni 
avec la solde précédemment accordée , ni avec celle du franctarcher, qoi ne 
pouvait évidemment être traité comme Tarcber à cbeval. En calcuJani, au 
contraire, sur les bases de 1424, on arrive, à quelque chose près, à 800 livres 
tournois pour la lance garnie par an, soit à environ 28,800 fr. en valeur ac- 
tuelle, et ce résultat concorderait avec le montant de la taille de 1 ,200,000 Uv. 
pour 1,500 lances. 

Selon ie Père Daniel, la solde de la lance fouraie était de 30 fr. par mois, 
et il ajoute que cette solde était considérable pour le temps, h cause du prix 
des choses; car, du temps de Louis Xll et même de François 1er, un mootoo 
ne coûtait que 5 sous, à la condition de rendre la peau et le suif.i, 223. 
Dansin, 98, dit 500 livres par an pour la lance fournie. 

Bontemps, 101-102 , donne les mêmes indicaUons qu'Henri Martin , sauf 
qu'A mentionne des gages de 31ivres par mois pour le page; U ajoute, p. 99, 
que la solde des compagnies d'ordonnance resta stationnaire pendant plus de 
80 ans , c'ef$t-à-dire Jusqu'au règne de François I«r. A ce compte , la lance 
fournie recevait 30 livres par mois, la dépense annuelle des l ,500 lances ne se 
serait élevée qu'è 540,000 livres, et pourtant, Bontemps, p. 102, ne porte 
qu'à 80,000 livres la somme réservée ponr. les dépenses de l'artillerie. On doit 
donc admettre que des fournitures en nature s'ajoutaient aux gagea des cava- 
liers des ordonnances et complétaient leur solde. 

<. Le Père Daniel dit quatre francs, 1, 238. Voir H. Martin, vi, 422; Bon- 
temps, p. 10*3, fixe la solde du franc- arcber à 50 sous par mois seulement. 

' Dansin, 93. 

* H.. Martin, vi« 420. Ce prix est encore très-ëtevé, ce serait aojDunrhui 
35 ou 40 fr. i'«one; les drapi et Objets dliabttlemeut étalent reletivement beau- 
coup plus cbersquoles denrées. Voir le P. Daniel, 1,'22f, robes des gen- 
dasmes; Dansin, 378 : Il y avait pourtant délà-sous Charles VU 4e nom- 
breuses fabriques de drap, de lati^, de^toUas et iAeermà (Lille. 



— 307 — 

La subsisl^nc/B des Irojupes , abandoniiéc ag hasard « avant 
lAftif fui régulièramenl as9urée pefidant le3 opérations |)Osté- 
riewes à la réorgianisation de Tarmée. Ainsi , daqs la marche 
hardie do 6ien sar Reiios, en 1429, Charles Vil, à pou pr^s 
sans ressources, n'avait pu donner à chaque homme d'armes 
que Koia francs d'or ^ pouf son entrée en canipagne. On était 
parti sans provisions , se conDant à la Pucelle pour pourvpir 
i tout. Auxefire vendit des vivres et dpnoa mâm^ soms main 
ifiM écos 4'oc.aiU roi. Hais devant Trpies , où Ton demeura 
cÎBi) jours, les troupes eui^nt beaucoup è soudrir de la disette. 
Las vivres élaieM si rares et si cbers qua les ioldats se vire.i^t 
réduits à égrainer les épîs do blé sur leurs tiges ; et ils s'estj- 
mireot fort heoncuz de trouver d« grands champs de fèyes 
aui environs de la ville *. 

La conquête de la Normandie (1449-1650) fut eq grande 
partie Tœuvre de Jacques-Cœur, qui fournit Targont néce^aire 
à Tarmée '« et pourvut à ses besoins avec une grande iotelli- 
gence *. Pour l'expédition de Gujenne (i4S0ri451), on pres- 
crivit au gens de guerre de payer partout leur nourritore .et 
relie de leurs chevaux, à peine de perdre quinze jours de leur 
soUe, autre l'jndemn^té due aux parjli.es lésées ; et \o9 maré- 
chaux de l'armée fixàrent Je prix de toutes lef denr^ , aQn 
d'ctitcr tout sujet de querelle entre le peuple et les soldats *. 

' On écof d'or valant anvlron SB.aooe toomqia. 

* H. Maatio, vi, ia2-ia3. 

* L'argent comptanAnanquatt, Charles VU demanda des emprunta, à « pln- 
lienra des glanda, •qu'il avait comblés .de rieheaaea » : iU s'exçnaàrent mus de 
frivolea prétextes (Th. Bailn). I^ roi s'adreaaa alors à Jacques Cœç^ i^f %e, 
«que l'ai eat vôUe ! » répendit le marchand de Bou]:ge8, fit il pc^ta 200,000 
êeitt d'or (A) pour la reoouvranae deila.Noriqandle. I^. BftirtiOj .vi, ^93; jroir 
aoHl.vi, 44l,%l«(aotB]. 

* H. HartKi, oa, H8. .Remarquons .que le soin ^f^^approvia^oimem^nts, lors- 
qu'on an forme, ne^Msalt appaîrtenir ni an eommandemant ^i à l'administra- 
tion militaire, tmaâs à l'adaaioisUation ûpanctèce. Xioa çomm)^aiies des 
goarres n^davaient être pendant longtemps , en elTet, ^ue d«|8 inapet^ti^urs 
aox revues, cbargéa da contrôle et de la police dçs tn^upes. 

* l}n pourceau fut estimé 20 sous tournois (six ftranca)} ,np^ v^çba, dp sous; 
un mouton, 6 floos, en rendant la peau; une oie pu un aba|)on, 12 de^ieis ou 
uBioB; QB boisseau de filment, A2 deplen, etc. H faut à p^u près ^xtupler 
pauravolr ta veWur relative. H. îlartln, vi, 4^i; voir Matb. 4e,Conei, bV ; 
Dansln, 374. 

(a) Math, de Conci, ap. Hiti. de Chtkrles VU, 096 : 200,000 éeusd'or valen 
1 ,500,000 f^., soit peut-être 9 «bUIIçi^ 4e ivaleur relative. 



— 308 — 

Jeanne d'Arc avait un motnenl opéré un véritable nsiraclc ; 
mais déjà , pendant que l'armée était devant Paris (i4S9), les 
soldats étaient retombés dens leurs habitudes : les femmes 
ff folles de leur corps » avaient reparu, à la grande indigna* 
tion de Jeanne. Cétaîent les mœurs du temps , ne vojait-oo 
pas, en effet, depuis Charles VI, des Glles de joie enrégimen- 
tées à la suite de la cour ^ 

Rîchemont parvint \ se faire obéir. Lorsque Paris lui ouvrit 
ses portes, le IS avril 1436, il maintint parmi ses (roopei une 
exacte discipline et fil respecter les habitants *. Hais bientôt 
les désordres des c compagnons d'aventure • recommencèrent 
de plus belle '. Leurs chefs , la plupart de grands seigneurs, 
soutenus par les princes eux-mêmes, voyaient les Lahire \ les 
Xaintrailles, anciens chefs de bandes, devenus des baillis royaox, 
s'associer à leurs pillages , à leur c écorcherie • *. Triste époque 
et étranges magistrats *! 

Des récompenses distribuées avec discernement contribuèrent 
à moraliser Tarmée. On avait vu Charles VU donner è Jeanne 
d* Arc et è sa famille dos lettres de noblesse''. A Ponloise (1441), 



* Voir H. Martin, v, 427 ; vi, 444. Les filles de Joie éUient placées bods le 
gouvernement du roi des rlbaads. En 1450, on vit an cordeller prêter de Far- 
gent à la reine pour faire une gratification aux « filles Joyeuses », saWant li 
cour. Cela peint l'époqoe. 

■ il avait fait publier à son de trompe, que nul homme d'anne», sous peine 
d'être pendu parla gorge, ne fut si hardi de sa loger de force chas leslxNir- 
geois (comme on l'avait fait en iaS2), ni de reprocher le passé, ni de piller 
personne, sauf les Anglais et les gens de guerre à leur solde (H. HarUn , v, 
847-849). 

* Voir un exemple de la conduite des compagnies anglaises arrivant an se- 
cours de Calais, en 1436. H. Martin, vi, 869. 

^ Voir H. Martin, vi, 1 13-114, note curieuse sur Lahire; sa eonfesslop, m 
prière. C'était loi qui caractérisait si énergiquement les mœurs militaiies de 
son temps, en disant que, • si Dieu le père se faisoit gendarme, il deviandroît 
pillard (a) ». Voir aussi son bon mot sur la manière dont Charles VU compro- 
mettait sa couronne : • Ce roi de Rourges, disait-il, qui perdit si ^hlement boa 
royaume». Chéruel, l, 93. 

" Boutaric, 49ê. 

* H. Martin, VI, 362, 364. 

'* En décembre 1429; H. Martin, vi, 221. Les Darc se firent appeler € da 
Lis », parce que le roi leur donna pour armes une épée entre deui fleuit de 
lis. Voir VI, 363 (note). 

(a) Chéruel, 1, 94, attribue le mot à Talbot. 



— 309 - 

ce prince avait fail de grands doub en argent à ceux de ses sol- 
dais qui avaient pénétré les premiers dans la place; lear avait 
assoré des renies i vie payables dans la ville de Paris, et les 
avait aooblis. C'étaient de simples gens des communes et rotu- 
riers, auxquels il octroya des armoiries ^ 

Les moyens de répression étaient rigoureux et en rapport 
avec les nécessités des temps. Dans l'expédition que Ricbe- 
mont, dès son entrée aiix affaires , fit entreprendre contre les 
petites bandes de maraudeurs, on jugeait sommairement les 
« écorcbeurs » isolés surpris en faute ; on les pendait au pre- 
isier arbre, ou on les jetait à la rivière. Trislan TErmile, pré- 
vôt des maréchaux, e'esUà-dire chef de la justice et de la 
police militaires, se distingua particulièrement dans cette ezpé- 
dilioD *. 

En 4438, la miière publique était au comble, le roi nomma 
le sire de Loré, brave capitaine et prévOt de Paris, c juge 
' commissaire et réformateur général sqr tous les malfaiteurs 
> du royaume » et lui donna le droit d'arrôler les capitaines 
comme responsables des méfaits de leurs soldats '.Mais celte 
mission était impraticable ; les désordres canliouèront. . 

Apres l'ordonnance de 1445, indépendamment de la sur- 
veillance exercée par les c commis exprès de par le roi • 
(commissaires des guerres), les officiers royaux et justiciers 
ordinaires furent chargés de veiller à la conduite des gens 
d'armes et à celle des capitaines *. 

La conduite des troupes envers les populations suivit les 
mêmes phases. Dans la première partie du règne de Charles VII, 
le sort des malheureux habitants des campagnes fut horrible, 
et le] qu'on pouvait Tattendre des a homme» les plus féroces 
ft peut-être qui aient jamais oxislù » (Michelot). « Les 'détails 
« rapportés par les contemporains font frémir en révélant les 
« abimes de dépravation et de cruauté où peut se précipiter la 

* U. Martfn, vi, 406. 
' H. Martin, vi, 356. 

* H. Martin, vi, 369. Voir la note de la page 370 sur la cherté des grains 
eo ii3S : le mare d'argent valait alors environ 9 fr. En 1440, 100,000 nobles 
(l'Angleterre valaient 350,«iOO fr., à pea près 1,500,000 fr. de notre monnaie, 
9 millions en vatoor relative (vi, 398). 

* Voir H. Martin, vi, 420, poar l'action des Jnges ordinaires et du prévôt de 
Pari*; l'ordonnance do 6 octobre 1447 donnait à ce dernier on pouvoir ef-r 
fnyant(Ord. XIII, 509); voir auMiDansin, Si-94. 



— 3tO — 

« nature humaine. Ge ne serait rien de dire que hors les murs 
« des villes , tout le pays était livré à une înviasion d« Barbafsc. 
«( Les Barbares sont encore des Kommes! On eAt cm, suivant 
« Texpression d'un historien (M. Mirhelet)^ que la Franceétaii 
« envahie perdes essaims de damnés rapportant 4e f enfer des 
« crimes inconnus '. 

A partir de 144S, ces horreurs disparurom , au moins peur 
un temps ', « grftce a la bonne ordonnance des gens d*arnii)$, 
t larrons et brigands o'osoieot se t(*nir en France , et lovs 
t marchands et autres bonnee gens pouvoient voyager partoul 
« le royaume, leur pmng plein d'er, ans» sArement par Us 
f [ps champs que parmi les bonnes viMes^ » 

Quel merveilleux changement f 

Jeanne d*Ârc, animée des deux plus grandes forces defhu* 
manité : la foi et le patriotisme , avait révoiflé les fils des 
compagnons de Vercingétorix. A sa voix inspirée, la Gaule 
transformée , la France moderne s'était levée *. De ce moment 
la nation existe réellement : on sentiment commun , la haino 
de rétranger, anime tous les cœors. Jeanne est la personiii- 
cation sublime de ce sentiment. L'envahisseur ne tarde pas à 
être chassé, ne conservant de toutes ses conquêtes que les 
places de Guines et de Calais *. Pourquoi faut-il que Tindolenl 
Charles Vil et ses misérables favoris aient méconnu la divine 
mission de la vierge de Domrémi , et tout mis en œuvre pour 
contrarier les vues de la Providence prenant en pitié la France, 
dont la résurection est on vrai prodige^. Que n*eut pas fait la 
Pucelle assistée d'an roi digne de la comprendre \ 

Richemont *, cet énergique et honnête connétable, le créa- 

' H. Martin, vi, 380. Voir aussi, vi, 398. 

* Kn Normandie (1449-1450;, las Midats, bien payés, bien nourris, obterré- 
rent une disoi plIne qui ach«va de gagnerles populations à la cause de la l'reoc»- 
H. Martin, vi, 436. 

* I. Duclerq, I. tv, c. 29; H. Martin, vi, 5h. 

* Voir H. Martin, v,446; vi, 301. 

" Voir H. Martin, vi, M4, 4a7; Ghérual, 1, 09. Voir aussi H. Madla.^ 

* Voir H. Martin, vi. 215. Jeanne, MU piisoaoière, en déitndBOt Onsim^ 
gne, ie 28 mai 1430, fut livrée à Bedfort pour 10,oa8 fr., «t ^«lée à Roo»l< 
90 mat 1431. H. Martin, vi. 228. 235, 289-240, 298-301. 

' Voir H. Manin, vi, t92, 301. 

* En 1457, Richemont devint doc de BreUgne; il Boumt^ lM8,.a^>^ 



— 341 -- 

lourdes afœées oiofiernes , mérite une place ioole spéciale 
dans BOlre éinde. Quelle force de voloDlP,qijnl puissani amour 
do bien ne lui fallut-tJ pas pour réussir dans sa difficile enlre^ 
prise * 1 A nos yeux, Arthur de Bretagne a rendu pl«i8 de ser- 
vices i la France que son illustre compatriote Du Goesclifl. 
la transformation qu*il apéra des ■ compagnies d^aventures » 
en soldats discipjinés est chose surprenante. Sans doute l'or- 
ganisalion dea armées permanentes, bientdt imitée de TEorope 
enliiire, ainsi que raveit été colle de la cbevalerie, également 
née chez nous, devait néeessairemefit avoir pour cons^v 
qaences, comme le comprit parfaiiement un contemporain, 
révéque Thomas Basin * ^ 1^ développemeint de la monarchie 
etiaguerre de conquête ^ Le pr^wrvatif élaiitouLindiquéy un 
le dédaigna. Il fallait, forcer la couronne de s'appuyer aur la 
nation, repvéseQtéa par les étals^uéraux^ Mais ce que 
Charles y, «urnommé le .Sage^ n*av4ii pas fait, les cminents 
coDseilIers de Charles VU le crurent sans doute impraticable 
ou dangereux *. Cette erreur rrgrettable devait prolonger peu- 
liant plusieurs siècles lo situation anti^hrétienne de la société 
française. 

Le règne die GltarLes VII , f irisliement commencé , .se ferme 
sor r«De dee grandes pages de notre histoire *. Co prince vo- 
luptueux, égoïste, facile à domin^T, si coupable en vvfrs Jeanne 
tI'Arc,si injuste envers Jacques Cœur •, eut lo mérite, qui dc- 



avoir fait hommage simple à Charles Vil. Des dévotions oiceesivaB, akirs qu'il 
était déjà 'malade, avancèrent le moment de ea mort. H. Hartto, vi, S4l. 

< H. UartiD, vi, 369; Dansin, 40-41. Voir Thistoire de Ricbemont dans Go- 
defroj, 773-791. 

' n était évéque de Lisienx. 

* Voir la note trèa-remarqnabie extraite de Thomaa Baain, dans H. Uar- 
iîo, VI, 422. Voir aussi vi, 491 ; Dansin, 114-118. La création d'une armée 
{>ermaneiite était une morteUe atteinte portée à la ehevalerie et à la féodalité, 
il oe devait bienidi y avoir qu'un eeul chef et un senl drapean. C'était ie bon 
côté de h meanre, le danger était dans l'absence de contre-poids à l'autorité 
royale. Dansin, 98. 

' Voir H. Martin, v/, 381, 422; Ghéruel, 1, 86. 

* Voir Daoshi, introd. 12, 17. 19-20; VHistoire de Charles F//, par Valiet 
deViriviUe. 

* Emprisonné, condamné, dépouillé de ses biens, Jacques Cœur parvint à 
l'^liapper de sa prison, il alla mourir, en 1456, dans une expédition contre 



— 312 — 

irait ciussi appartenir plus tard à Louis XIII, do comprendre le 
bien de TEtat et de laisser faire les hommes capables de l'ac- 
complir. Vertu bien précieuse , bien rare surtout, chez les rois 
faibles revôtus d'une puissance sans limites. La maxime qu'ai- 
mait à citer saint Louis reçut une «^rlatante confirmation : 
D'habiles et honnêtes conseillers firent de grandes choses sous 
un souverain peu capable et sans caractère '. 

La chute de Constantinople (29 mai 1453)^marqua la fin du 
moyen âge. La renaissance commence : les arts et les sciences, 
chassés des rives du Bosphore , vont trouver un asile en Italie, 
d*oii ils se répandront dans TBurope enlière. La découverte de 
rimprimerie * permettra de propager 4es œuvres des philoso- 
phes de l'antiquité , les richesses littéraires enfouies dans les 
couvents , de vulgariser Tévangile '. Aux époques de foi et de 
transition va succéder Tépoque d'examen. Le xvi* siècle eft 
une des grandes étapes de la civilisation moderne ^. 

LE BRETON. 



les Turea. H. Martin, vi, 474. Charles VII regretu Urdivemeat sa coodoite 
envers Jacques Cœur; i^ala XI fH une éclatante réparation à sa méaioire. 
VI, 478-479. 

* Cette maxime était celle d'un empereur romain, en disant qu*ll était pré- 
férable d'avoir un mauvais prince avec de bons censeillers, qu'on bon prince 
avec de mauvais oonaeillers. Joinville, 24. 

* H. Martin, vi, 401. 

* Voir H. Martin, iv, l&3; v, 399; v, 336(oote); iv,41l,413,SlS,&6t,n.2. 
Michelei, iv, 276 ; Dansin, introd. 4. 

« Chéroel, 1, 132. 



— 313 — 

KBCHBICHBS SUB LA TBANSFOBMATiOll DBS MATIÈBBS ANIMALES 
BR B1I6BAIB UIOOORB$ BT IHPUTBESCIBLBS BT DB LBDB APPU- 
UTIOll A L'aQBICOLTOBB. 



{SuUe.) 

DOSAGB DB l'aZOTB CONTENU DANS CES DIVBB8 ENGEA» APRÈS 

PLUSIEURS AifNÉBS DE GONSBRVATioii. — Je dois à Tobligeance de 
M. Bus<iy, de racadémio dos sciences, doDt les encourage- 
ments <*t les conseils m'ont élé très-précieux, les analyses 
>uivantes qu*il a fait exécuter par M. Personne en mai 1862. 



NATURE DBS ENGRAIS. 




MATIÈRES 

fixes. 



N« 1 . — Engrais calcaire azoté de matières 
fécales, préparé en 1858 avec excréments 
d'individus exclusivement nourris au gras. 

No 2. — Id. de matières fécales, préparé en 
1860 , conservé dans un flacon f mode de 
conservation qui fait fermenter l engrais). 

N« 3. — Id. de sang, préparé en 1860 , con- 
servé â Tair libre 

No 4. — Id. de sang, préparé en 1861, avec 
du sans ayant déjà suoi un commence- 
ment de fermentation putride . conservé 
â l'air libre. 

N« 5. — Id. de poisson , préparé en 1860, 
avec du noisson en putréfaction , conservé 
àrairliore 

N« 6. — Id. de cbair, préparé en 1858, avec 
une vache qui avait été jetée à la mer 
depuis plusieurs jours, conservé à Vair 
libre. 



0,524 

0,456 
0,520 

0,570 
0,533 

0,667 



AZOTE 
p. 100. 



0,476 

0,544 
0,480 

0,405 
0,467 

0,333 



5 » 

2,08 
4,58 

4,16 
5,73 

6,77 



I 

Ces analyses ne doivent avoir qu'une valeur relative , car la 
quantité d* azote contenue dans un engrais calcaire azoté sera 
loQjours en raison directe de la quantité de matières organi- 
ques qu*il contiendra et en raison inverse de la quantité de 
chaux employée à la préparation. 



— 014 — 

Il arrive souvent quo des engrais calcaires de matières fé- 
cales ei de poisson , qun^qoe préparas dtfns les mômes condi- 
tions et en emplaybnt les mêmes quantités êe maiihtes , don- 
nent cependant à Tanalyse des difKrences iràs-sensibles 
d'azote; cela dépend sans doute do la nature variable de la 
substance organique elle-mêmf». 

Le but que je mo suis proposé en entreprenant ce travail 
n'est p'as du restô de donner dv^ engrais titr<^s, mais bien de 
conserver sous une forme" appropriée les substances organi- 
ques azotées qiii , par leurs sels propres , le carboner, l'hydro- 
gène , rotygèrre et Tazote qu'ils contiennent , doivent reni- 
placof avantageusement les engrais titrés. 

CoMBHiT DOiv-eii'iiWNiOTBfi GA» Bifeftài»?—'G*«si eo temps 
et à Tobservation qu'il appartient de résoudre cette question , 
qui ne tardera pas à être résolue , car il n'est pas douteux que 
remploi de ces engrais ne se généralise , maintenant sortoui 
que tous les cultivateurs pourront transformer eux-mêoies 
leurs produits ftnimaus. 

Voici ce qui p^rati résotter dB robserratîôiî et de là consti- 
tution de ces engrais. 

Ces engrais , ne constituant pas un cngfâis normal , ne 
devront pas être employés isolément; ils devront, an contraire, 
être associés aux fnmierH d*étable auxquels ils apporloront les 
principes qui leur manquer)!. 

Bn efiét, il résulte des ex[)ériences consignées dafi« la se- 
conde partie du mémoire que j'ai eu Thonneur de présentera 
TAcadémie des sciences le 1? juillôt 186%, que tons tes engrais 
calcaires azotés, sous Tinfluenco de la cbaleur etdareao, 
donnent des composés àolubles, visqueux, qudj'Hi reconnus 
di'puis être composés de fibrine , dVlbumino et de chaux. Ces 
engrais porteront donc aux plantes lo série que j« tae permet- 
trai d'appeler 9irie protéine , puisqu'ils contiednent la fibrine et 
Talbumine que nous trouvons répandues dans toutes l^s par- 
ties des végétaux, ain^i que leurs sels qui font également 
partie de Torganisme végétal. ^ 

Mais si ces engrais contiennent de l'albomine et delà Gbrine, 
ils ne contiennent pas la série pectose et ses dérivés pectine , 
addê peetique, qui font cependant ptirlie des racines, des 
tiges, dob' feuilles , des fruits, des végétaux et qui ont reçu la 
détermination générale do principes gikUineux des plantes. 



- 316 - 

Us ne conlîtinnent pa» égalemenl U série glycose qui » sous 
rinfluence de eorlakis i^enls chimiquas, peut donner uaU^ance 
à certains principes imnaédiaU qui font parlie des végétaux , 
priaeipes qoe noua reirouvons, au contraire, dans le fumier 
dauble. 

Des observations qui précèdent , il résulte que la çou)po- 
sitioB chimique dé ces engrais « de même qae Teaipérience , 
teod à prouver qu'ils devront être associés au fumier d*otaJ»lr. 

Je pourrais citer de nombreux eiemplos des effets fûcbeiix 
produits par fempioi du fuctiierde provenance animale, em* 
piojé seul et en trop grande quantité ; mais cela m'enlratne* 
rail irop loin. Je me bornerai à dire que les engrais calcaires 
azotés doivent être répandus sur le sol au moment des se- 
mèlHeii t dans un terrain déjà fumé , comme on emploie le 
guano. Depuis que j'emploie les engrais calcaires azotés à la 
ctthure des plantes potagèrus, j'obtiens de remarquables ré- 
stiliats. 

A pari les eipérienr^s de M. Dailly snr la chaux animalysée 
et celles qui ont été faîtes en 1856 avec mes engrais, je ne 
crois pas que des expériences sérieuses aient été faites sur les 
céréales. 

Je dois donc faire s^vw ici que M. Armand Trôcho , lau* 
réai du concours régional dp Vannes , très-connu du monde 
agticole par ses travaux, comme éleveur et comme agricol- 
leur, réunit en ce moment a sa ferme de Brute les matériaux 
nécessaires, aCn d'exécuter, dans le courant du Tannée pro- 
chaine « des expériences comparatives sur ces divers engrais 
employés seuls ou réunis au fupiier d'étable , en prenant celui- 
ci ptHw type. 

AuUm de ia ehaleut et de feati sur les engrais calcaires 
azetés K — La seconde partie de mojl mémoire est consacrée 
à l'observation des modifications que raction.de l'eau et de ia 
chaleur fait éprouver auii engrais calcaires azotés , ainsi qu'à 
) élude des produits solubles qui prennent naissance sous ses 
infiueuces. 

Je n*entrefai point dans les détails de manipulation des nom- 
breuses expériences auxquelles J'ai soumis ces engrais, afin de 
rechercher comment ils agissent lorsqu*ils sont enfouis dans 

' Os expértebces datent de 1S57 , ISSS k isao. 



— 316 — 

la lerro, celn nous conduirait trop loin; mais je vais exposer 
«rune manière succincte la marche que fai suivie. 

Afin de me rapprocher le plus possible des conditions dans 
lesquelles se trouvent les engrais quand ils sont introduits dans 
la terre, j*ai pris des vases de terre cuite, et après avoir mis 
dans chacun d'eux un kilogramme d'engrais calcaire de sang, 
de matières fécales , do poisson , de chair, j*ai versé dans cha- 
cun de ces vases deux litres d*eau distillée, j*ai mélangé avec 
soin le tout et j*ai exposé ces divers mélanges dans un préau 
aux influences atmosphériques. J'ai également mélangé de la 
paille , de la bouse de vache è de la ^haux, et ces mélanges 
ont été placés dans les mêmes conditions. 

Des mélanges semblables sans addition de chaux ont élé 
également exposés dans un préau et soumis à une tempéra- 
ture variant , au moment de mes expériences , de l4 à ^ de- 
grés; tous subirent immédiatemeni la fermentation putride. 
Après un ou deux mois , quand ces mélanges sont en pleine 
fermentation , que les liqueurs sont troubles et répandent une 
odeur infecte accompagnée d'un dégagement de gaz, si Too y 
ajoute de la chaux délitée, les liqueurs deviennent claires, 
Podeur infecte disparaît et le dégagement de gaz cesse ; raciion 
de la chaux a pour effet d'arrêter toutes les fermentations pu- 
trides et de décolorer les liquides. 

Les engrais calcaires azotés, ainsi que la paille et la bouse de 
vache mélangés a la chaux, ne subissent point de fermentation 
putride. Les liqueurs restent claiios el inodores pendant tout 
le temps de la macération, seulement elles commencent à se 
colorer entre le vingtième et le trentième jour : il se forme 
alors, à la sut face du liquide, une couche de carbonate de 
chaux mélangé â de Talbumine ou de la fibrine accompagoée 
d*une matière grasse. Cotte couche se précipite à mesure 
qu'elle se forme. 

Après six mois de contact, quand les liqueurs sont suffisam- 
ment chargées , on les filtre et on les évapore à une tempéra- 
ture qui ne doit pas dépasser 40 degrés; mais quelques pré- 
cautions qu'on prenne, on ne peut éviter, pendant Tévapora- 
tion et la concentration des liquides , la précipitation de 
carbonate de chaux mélangé d'albumine ou de fibrine quand 
on opère sur les matières azotées ; de pectine et d'acide f ec- 
tique, quand on opère , au contraire , sur la paille ou sur la 



- 317 — 

bouse de vache. On sépare ces précipités i mesure qu'ils se 
forment , et Ton pousse Févaporalion jusqu*à consistance 
d'extrait mou ; Ton traite ensuite cet extrait par Falcool à 
80 degrés qui sépare les sels conteoas dans l'engrais et donne 
lieo à nn précipité abondant, visqueux. On reprend ce préci-> 
pité par Teaii distillée, on filtre la liqueur et on Tévapore à 
une basse température jusqu'à sicci^é, on obtient ainsi des 
corps qui ont ponr principaux caractères d'être agglotinalifs , 
bruns ou jaune oranger, transparents , inodores , visqueux, 
caseants à Vétat sec , prenant une légàre odpur lorsqu'ils atti- 
rent l'homidité, se conservant sans altération et donnant des 
liqueurs limpides dont les réactions ne diffèrent pas de celles 
de la fibrine et de l'albumine végétale et animale. 

Âjant reconnu que ces corps étaient composés de fibrine, 
d'albomine et de chaux , afin d'établir l'analogie qui existait 
entre l'albumine et la fibrine et les produits soîubles des en- 
grais calcaires azotés, j'ai traite le blanc d'œuf et la fibrine 
végétale (gluten) par la chaux délitée , et j'ai obtenu des corps 
qui , comme les engrais calcaire» azotés , sont inodores et 
imputrescibles, qui se comportent comme eux lorsqu'on les 
soumet à l'action de la chaleur et de l'eau. 



A. HâROUAim , pharmacien à Belle^lU. 
(La fin prochainemenl). 



— 318 — 



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sonnes qui voudront bien Tlionorer de leur confiance , et leur offrira 
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— 319 — 

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La charrue Péris réunit tous les avantages pour la cahure 
des vignes , sortoot des vieflles qui seraieni irréguliërement 
plantées; elle se compose : 1'' d*QD déchausseur; ^ d'an 
bineur; S"" d*un butleur, construits complétemenl en fer forgé, 
se montant sur le même âge à 4*eideëe deui écrous. Cette 
charrue ne nécessité", dans les terrains de moyenne force, qa« 
l'emploi d'un seul cheval ou d'un seul bœuf, quoique résistible 
è deux forts chevaux ou deux forts bœufs. 

i^ Le déchausseur est aussi rechausseur en laissant, sur Té- 
tançon de devant, une peli/e pièce saisie avec trois petites vis; 
cette pièce doit aussi rester è demeure pour le labour des 
jeunes plantes» des vignes hautes , etc. ; elle se supprime seu- 
lement pour les deux derniers tours dans les vignes basses. 
Ce même déchausseur (avec versoir à droite ou à gauche selon 
les demandes) , dont l'avant-corps se trouve incliné da cdié 
opposé au- versoir, par conséquent éloigné du plan deTage 
d'environ m. 48 à SO c, permet d'approcher très-près des 
souches sans.nuirts aux bourgeons ; la pointe du soc est déviée 
du côté opposé pour éviter que la souche no soit atteinte par 
le soc ; il ne reste donc à enlever à la bôche qu'une petite 
bande de terre de m, 8 à 10 c. de largeur entièrement crevée 
par les doux derniers tours de la charrue. 

2® Le binoir , instrument sans versoir, ayant deux larges 
couteaux tous en fer forgé et aciéré foroiant une largeur 
moyenne de m. 70 c. , coupe les herbes et racines laissaol la 
terre à plat, 

3* Le butt^nr , avec ses versoirs pouvant s'écarler de 0,m. 
30 à 40.C., peut. rechausser en un seul tour un rftog de vignes, 
ou jeunes .plantes, ou planies sarclées de i m. 10 c. de largiaur. 
Cet instrument, résistible à 4 bœufs, peut 6tre employé à 
faire des fossés dans les vignes pour y enfouir les fumiers. 

Prix des trois instruments , ti» 4, 170 fr.; n* S, 155. 

20 médailles dont 4 médailles d*or et 3 rappels de médaille 
d*or ont été décernées h cette môme charrue. 



^'oitieni.-^ Typ. d« U. Ovdiii. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ ACADÈMIOUE D^AGRICULTURE 

BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS 
DB POITIERS. 



N« 102. 



SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU 5 DÉCEMBRE 1865. 



M. Gaiuaed, présideol de la Société, se trouvant empêché^ 
la séance est ouvorie $ous la présidence de M. le docteur 
Bbossaed, vice-président. 
U membres assistent è cette séance. 

Le secrétaire donne lecturo du procès-verbal de la dernière 
séance qui est, adopté.. 

Le secrétaire-archiviste donne communication à la Société 
d'une lettre de M. de la, GuàBOitniÈBB , de Fief-Clairet , par 
laquelle il annonce Tonvoi d'échantillon du graines de Brome 
de Schrader et fait pari de. ses .observations sur cette intéres- 
sante graminée.^ 

La Société décide que cette lettre sera insérée dans son 
Bulletin et qu'il sera répondu à M. pB la Guéboiiiiièbb pour le 
remercier. ,^ 

M. DB SouyiGNY doon() lecture d* nue réclamation de M. Abbl 
Lapbadb..| de Mazero.Iles,, par laquelle il demande qu*une rec^ 
tiûcation soil faite, en ce qui le concerne, au compte^rendu 
du concours régional du.Mans^ Il est dit dans ce compte-rendu 
qoe MM. Lapi|ai)B frères, de Mazerolles , avaient exposé douze 
animaux de la race bovine qui n*ont pas été primés. M. Abbl 
Lapbabb fait observer, dans sa demande de rectification, que 
sept animaux seulement de cette race avaient été exposés par 
lui ; que M. Mabiih Laprade, son frère, qui s'était fait inscrire 
pour quelques animaux, ne les a pas exposés; qu'au surplus. 

Bulletin de décembre 1865. 32 



— 3K ^ 

son frèro et lui ne sont nullement associés , que leur agricul- 
ture n*a rien de commun et c|àe lui seul M. Abbl Lafeade 
possède la terre de Mazerolles. 

La Société déride qu'il sera fait droit à la réclamairon de 
M. ÂBBL Lapbadb et qu'elle sera insérée au procès-verbal. 

La Société procède aut élections des memb^è^ présentes à 
la dernière séance. Sont éius : 

Membre titulaire nm résidant. 

M. 1q baron â. db Cbbssac , pré.NÎdent de la société des 
chasses de la Meulière , dite société Tayaut-RaUie. 

Membres titulaires résidants. 

MM. Pbughauo (Charlvs), avoué à (a cour. 
Joyaux , avoué au tribunal civil. 

M. DB CuBzoïf demande à faire à la Société une commani- 
cation sur les résultats qu'il a obtenus pour le b6uC'uV*ëgè dé la 
vigne par semis de boutons. Il présente à là Société un pied 
de vigne résultant d'un semis fait, il y a dit-ho!t mois , èl plu- 
sieurs pieds provenant d'un semis fait au pHotempà d^i^niêr. 
Celui qui vient de terminer sa seconde poussé avait 6(é rabafiu 
à la taille sur un seul œil. Il offre maintenant une Idh^ue tige 
vigoureuse et a de nombreuses et déjà tf 6s-forfes rtfrîties. Les 
pieds semés cetlé année sont aussi ti%s- vigoureux. lU offrent 
presque tous plusieurs tiges bien venantes é( ont ûti chevelu 
très-fourni et très->bicn constitué. Des crossettes faites à^tififh 
l'ancien système, dans le môme terrain et au mèttiù' toom(*iiU 
sont comparativement très-faibles et très-|!téu enracinées. 
M, DB CuttïOtl (fan^ soh sbmfs d'yeui do vigne c'a eu que quinze 
pour cent de manque à peu près. Il n'a pas employé la strati- 
fication. Les yenx ont été détachés^ dt la tigè^ktaéi^èj ai' mois 
d*avrii seulement et semé.s dé suite à euvirè^ citiq céntftiiètres 
de profondeur. C'est surtout à r.ëtte manière d^ot)érér que 
M. DB CvBSOif attribue sa réu^iicf. Àuènnè façon n^a ensuite 
été donnée au terrain^ on n'a n^ biné ni atrosé, (jtf a s^ufemenl 
arraché les herbes >. 

M. Bbuart dit qu'il a auf^si opéré de ces semis é^Hix de 

« Oh peut (joùkùUer iûi ceife questloili iniéfessàDU la note' tnaéréë par 
M. de Cunùti àktk le Bdlleûn dé fëvrlé^r dernier , fkisè 4î. 



— 323 — 

vigue en pleine terre, mais il a beaucoup moius bien réussi. 
Four les espèces précieuses, il fait ses somis sur couche et 
sous châssis , puis il les met en pots par pieds séparés. Il em- 
ploie la slratiûcalioD qu1l regarde comme une bonne chose. 

M. D£ LA Martinièbe a planté depuis doux ans des crosseltcs 
qu'il avaitmises straiificr. Elles ont bien réussit. Il regarde aussi 
la stratification comme utile. 

M. DE CuBzoïf ne nie pas Tutilité de la stratification, il pense 
seulement qu*elle peut être plus profitable à la crossette qu'au 
semis d*veux, parce que In crossetto, étant enfoncée sous terre 
d'une vingtaine de centimètres, conserve mieux Thumidité 
qu'elle a acquise par la stratification. Le semis d*yeux au con- 
traire se fait presque à fleur de terre, à quatre ou cinq centi- 
mèlres seulement do profondeur. L'œil semé est donc beau- 
coup plus exposé à souffrir de la sécheresse, el il en souffrira 
daotant plus que Tenfouissement lui aura donné plus d'humi- 
dilé ot quMI se trouvera passer plus brusquement d'un extrômo 
à Tautre. 

M. DB CuRZON demande à faire une autre communication & 
la Société. Un M. Garbeau, de Couhé, a inventé une provende 
pourTengraissemont du bétail. On la donne comme augmen- 
tant Fappétit el portant au sommeil, ce qui serait, en effet, 
trèâ-favorable à l'engraissement. M. do Curzon demande qu'on 
en fasse faire l'analyse. 

La Société déride qu'une commission composée des chi- 
fliisies, membres do la SoiMélo. sera chargée do cette analyse. 

Sont désignés pour faire partie de cotte commission : 
MM. MAunnvT, 

GtJITTEAU , 

Grimault , 
Maiapert , 
poihault. 
M. PmGAULT lie une notice sur H. de la Marsonnière. 
H. Calmeil (Victor) un rapport sur le concours du comice 
*le Saint-Georges. 

M. &lÉEiii£ un rapport sur la viticulture de ce même canton 
do Saint-Georges. 

Une discussion à laquelle prennent part successivement 
MM. Mérine, de CuRzoïf , de la MartikiIire , s'élève à propos 
^u pincement de la vigne et de son effet direct sur le volume 



— 3Î4 — 

duTa]$in. La conclusion est quo le pincement a surtout pour 
effet de faire pousser de plus beau bois de taille et d'augmen- 
ter ainsi indirectement la production du fruit. 

H. DE LA Habtiiiièes Communiqué à la Société, quelques 
observalions comparatives faites par lui sur les betteraves 
jaunes et rouges, et tendant à établir que les rouges sont d'un 
meilleur produit. , 

La séance est levée. 

Le Secrétaire, 

V. CiLLMBIL. 



LBTTBB DE M. DE LA GUtiBORlCIÈEE SUR LE BROME DE SCHRADBB. 

Monsieur le Président , 

J*ai rhonneur de vous faire parvenir un échanliUon et quel- 
quos tiges de Brame de Schrader, provenant de cinquante 
grains dus à Tobligeance de M. Barral , directeur du Journal 
d'agrkulture pratique. 

Connaissant voire sollicitude en faveur des progrès agrico- 
les , je vous ferai part du résultat de mes expériences sur la 
culture d'une plante fourragère que je pense destinée à 
rendre de grands services à Tagriculture. 

Le 20 juin 1864, j'ai semé en ligne , sur une surface de six 
mètres carrés et sur un terrain argilo-calcairo assez bien pré- 
paré , les cinquante grains , dont le rendement a été un d'uc- 
tobre d'environ 500 graines qui ont été semées dans les mêmes 
conditions que les premières. J'ai , de plus , retiré de ma pre- 
mière semence, une cinquantaine de boutures que j*ai repi- 
quées en mars; toute si parfaitement prospéré, que depuis le 
mois de juin jusqu'à ce jour» j'ai déjà obtenu dix litres de 
grains , et la plante reste toujours garnie de tiges vigoureuses 
couvertes de graines , que je recueille au fur et a mesure de 
leur maturité. Je continuerai à opérer ainsi jusqu'à la Gn d'oc- 
tobre , n'ayant en vue cette année que d'obtenir le plus de 
graine possible, pour me trouver en mesure d'entreprendre 
la culture en grand de cotte précieuse plante , dans le courant 
de 1866. 

Plusieurs tiges de la graine de 1864 ont dépassé un mètre 



- 325 - 

de hauteur. Celles de 186S a été en moyenne de plus d'un 
mètre. Do reste , cette plante végète avec une vigueur éton- 
nante ; ne redoutant aucune influence de la température , elle 
conserve en tout temps la plus luxuriante verdure. 
Agréez , etc. 

DE LA GUÉRORRIÈRB. 

p. s. — Je renonce à vous envoyer des liges» la graine se détachant 
an moindre contact « vous ne recevriez que de la paille trop longue 
pour arriver sans se briser. 



Messieurs , 

• La Société d'agriculture a perdu son doyen, M. LBviBit db 
u MABSOifRiÈBB. Cette vie si honorable s'est distinguée par 
deui grandes et rares qualités , la douceur la plus grande , la 
plus indulgente tolérance; pois d'autro part par cette constance 
dans ses afifections politiques que respectent toutes les opi- 
oions , que tous les gouvernements désirent comme la plus 
sûre garantie de leur stabilité. 

Je cède la parole à M. Pinoàuli qui vous racontera les 
oeoTres de notre très-excellent collègue. 

Gaillabd. 



ROTIGB SUR H. DB LA HARSOUHIÈRB. 

Notre vieille ville universitaire de Poitiers , comme le disent 
DOS souvenirs » et comme le prouve la bibliothèque historique 
de Dbbuz du Radibr , a toujours possédé des savants. Quel* 
ques-ans de ceux-ci, peu de temps après les événements de 
la révolution, se sont réunis et ont cherché dans la culture des 
lettres et des sciences quelques moyens de prospérité pour 
leur pays. Les uns ont formé, sous le nom d*ATHÉnËB , une so- 
ciété qui publia des mémoires intéressants, excita Témulation 
Qt ramena le goût des bonnes études; d'autres ont fondé une 
société d'émulation qui s'est fait remarquer par ses travaux , 
<)^uelques autres ont établi une société d'agriculture qui eut 
d'heureux succès. Mais bientôt la perte de membres distingués, 
l'àgp avancé des uns et les occupations croissantes des autres, 
finirent par laisser apercevoir des vides dans les séances. Les 
travaux devenus moins suivis, moins animés, parurent seraleu* 



— 346 — 

tir : on jugea alors qu*il serait utile do réunir ces trois sociétés 
en une seule. M. le comte Duhahbl , préfet de la Vienne, réa- 
lisa cette idée et constitua notre Société d'Agriculture, BeUes- 
Lettres, Sciences et Arts, qui eut sa première séance le 1*' dé- 
cembre 1818; elle devait être composée de quarante mem- 
bres; trente membres seulement étaient alors nommés parmi 
les hommes les plus instruits et les plus dévoués à la science, 
qui existaient alors. Cette nouvelle Société se composait de 
trois sections : une d*agriculture , une des belles-lettres et ocr 
des sciences et arts. M. db la Mabsonnièbb, malgré son jeune 
âge, faisait partie de cette dernière. Au milieu de cette savante 
Compagnie, il était loin d*ètre déplacée : les études auxquelles 
il 8*était livré avec succès dans les lettres , en avaient fait un 
homme instruit et un homme de goût 'tout à la fois , el si \i 
carrière, et surtout la pratique de la médecine ne Tavaient pas 
fortement dbtrait de ses études de prédilection , il serait à 
coup sûr devenu un littérateur de premier ordre. 

Depuis longtemps les hommes remarquables par leur mé- 
rite et leurs talents , qui appartenaient à ces diverses sections 
ont disparu. M. db la Mabsornièbb seul nous restait, et malgré 
son âge très-avancé, il ne manquait pas d'assister à aos 
séances. Il était, sans contredit, un des membres les plos assi- 
dus. Remarquable par son intelligence, par un zèle toujour» 
soutenu et par son dévouement très connu pour le bien comme 
pour la science , il n'était pas un membre moins utile dans les 
premiers temps do la Société qu'il Ta été sous vos yeux : ainsi, 
dans la séance du !«' février 181%, après un rapport de U. Bois- 
GiBAtTLT, sur uu ouvrage de M. Dbvillt, ayant pour titre : Géo 
graphie ancienne et modema, je vois ces lignes : « Après le raf) 
port de M. Boisgtbault on en a entendu un autre, non moin.' 
fait pour captiver les attentions, c*est celui de M. db la Marso5- 
niÈRB, sur une notice qu'un M. Tbssibb avait faite sur te seigle 
ergote». ^ 

Un autre Bulletin donne un long rapport très-explicite cl 
très-bien exposé de notre collègue sur une séance pubhque 
de la Société centrale d'Agriculture do Midî. 

Dans la séance du S août 1826 il a aussi fait un rapport >ur 
plusieurs numéros du Recueil agronomique do la SociêU' 
d'agriculture du Tarn-et-Garonno ; après cette séance il t'nl 
nommé membre d'une commission , pour présenter un Iravflil 



- 317 - 

^qr U.4fkouyerle d^ M. Lababiaqob. Les séances de mai M3%, 
ii*août de la méaie anné^ , et do Ï5 février 1835 ODl également 
éié occupées par diea rapports de lui et bien d'autres encore. 
Tous ces rapports étaient rédigés avec une grande pureté et 
uoe grande élégance de s;yle. Ils étaient empreints de vérités 
et remplis de tous les détails scientifiques que nécessitait la 
question. 

Notre collègue , dont on avait prompten^ent apprécié 1o 
môrite , ne tarda pas il se fairo 09e pombrepse clientèle : 
il a étésQccessivementnpmogiéipiédQcijni du Jbju^re^a^n <jle bienfai- 
sance, médecin de )^ jpf j.spfi ; bijep (j^x'il ^0t |^a(i|fi||ç|liBrnçnt peu 
de confiance dans ses propres forces, il sut se livrer avec hon- 
t)€uraui épreuves d'un brillant concours à l'école de méde- 
cine, avec des athlètes re/parquablj^ par leur ^cjejic/d et par la 
talpur de leur fntel^i^enc^. 

Ce concours lui a valu la nomination de professeur dans cotte 
école où il a laissé de préoieui souvenirs. 11 est ensuite devenu 
médecin de rhdpijial de Pont«>Âobard et de rétablissement des 
sourds-muets. Dans tootesces positions, comme dans sa ciien- 
lèW, il a su donqer je;) jprenyqs dp j^Uf ||e p^ujp so,yJ(i^no et du 
^ÔTouement le plus incQqtestaf^lei 

L'étude de? fcifi^Qp^p W.i'Î^M m t^^ JfWl*» i» «PÛ* *!»''' 
awit pour la l^f^rfli|l,«rp ; fiÇ| gpAl l»i A^Wl ^«ûi ^\mfiV ia poésie ; 
aussi a-t-il composé j>{MAtetw [4kSi^ 4» Yl«ra, et voon avez été 
à oiAme de juger ^i'Aimiftr aon Aakent et aa verve poétique , 
dans deux compositions, qoi voua ont vivement intéressés : la 
première était relative à toloaiineuse discussion que vous avez 
eoc sur les diverses races pbreines, et vous Pavez "entendu vous 
tracer en vers très-bien faits, iesdivers ciaracîères de ces races, 
ainsi que leurs mœurs et l^ur .destioatioQ. L*esprit, Timagioa- 
tion, lu talent brillent dai^s (oute retendue dç cette composi- 
tion, à laquelles personne de pous ne s*attendait, et que nous 
avons tous applaudie avec plaisir. Le deuxième travail avait 
pour liiro : Le tabifc : ce consciencieux et habile docteur avait 
depuis longtemps remarqué , non sans peine , Tinfluence 
fâcheuse que i*abus do celte substance stupéfiante exerce sur 
la santé des individus et sur la société même. Lui qui aimait 
Ions les hommes , il se lût estimé bien heureux s'il avait pu 
faire cesser re^ abus, et par là épargner à l'espèce humaine et 
^ la société los maux qu'ilfi .prQ.d(iJ\isont. 11 a pensé qu*en pré- 



— 3Î8 — 

senlanl ses réflexions sous la forme poétique, ellcis pourraienv 
peut-être être mieai goûtées : il fait ressortir rînfluence 
fâcheuse du tabac surtout sur les jeunes adolescents qui, à peine 
échappés do collège, paraissent heureut et fiers de se livrer à 
rhabitude de fumer. Je ne puis résister au désir de voos rap- 
peler quelques-uns de ces vers : 

a De rempoisonnement Teffet perturbateur 
« Affectant le cerveau, le poumon ou le cœur, 
« On voit d'abord faiblir les facultés mentales* 
« La mémoire se perd, et les forces morales 
« S'animant par instant s'affaissent aussitôt. » 

 propos de l'habitude de fumer, il s'exprime ainsi : 

« L'habitude a parlé, dès lors malheur à nous, 
« Elle altère les mœurs et déprave les goûts. » 

Plus loin, il fait ressortir le dévouement des femmes qtii 
tolèrent et excusent cette mauvaise hal)itude; et regrettant Tin- 
fluence onéreuse du tabac sur la sodété, il dit : 

a Cependant, entraînés par l'étrange habitude, , 

« Vos maris, sans songer à votre solitude, 

« S'assemblent, chaque soir, danà ces cafés malsains, 

« Ces sombres /'timetfm ou ces lieux clandestins 

« Où llvresse du jeu, jointe à la tabagie, 

« A la fois compromet et la bourse et la vie : 

a Ainsi se. perd le goût de la société. 

« Déjà nous négligeons l'exquise urbanité . 

<f Des salons d'autrefois où la galté française 

« Avec esprit, bon ton, s'épanouissait & l'aise. » 

Voilà bien des preuves du talent et de l'intelligence do notre 
collègue. Si nous voulons maintenant jeter un coup d'œil ^ur 
son caractère, ses mœurs, son dévouement dans les pénibles 
fonctions de son ministère^ il n'y à pas un coin du tableau qui 
ne soit plus brillant encore. Je n'ai pas la prétention do vous 
peindre avec toutes les couleurs de la vérité tous les traits do co 
noble caractère ; je suis convaincu que l'analyse la plus scropu- 
leose et la plus profonde de son moral ne saurait découvrir toutes 
les merveilles de délicatesse de conscience et de sentiment dont 
la source chez lui était inépuisable, et dont il a su donner plus ou 
moins la preuve dans les circonstances les plus simples comme 



— 329 — 

dans les événements les plus importants de sa vie. Tous les 
traiis de celte noble vie, il faudrait vous les présenter, parco 
qu'ils ont tous été empreints d'une sagesse digne des temps 
romains; il faudrait vous raconter toutes les bonnes œuvres 
qu'il a faites et dont beaucoup ne sont pas connues, parce que 
de Sun vivant sa modestie les a toujours tenues dans Tombre; 
i] faudrait vous dire que pour rester au milieu des malheureux 
il D*avait jamais quitté le quartier lointain quMI habitait pour 
être plus à môme de leur porter des secours ; il faudrait vous 
dire quMl savait se dérober à la sollicitude inquiète de son 
entourage pour arriver près d'eux , malgré ses 77 ans passés» 
avec cette fermeté d*esprit qui caractérise Théroîsme, avec le 
soQrire de la bienveillance et Texprossion de la bonté qui carac- 
lérisent la vraie charité. 

Le 13 septembre i827,j'ai été appelé, à titre de médecin 
adjoint des prisons, pour donner des soins aux détenus. 
Notre collègue était alors médecin en chef de cet établisse- 
ment. Je ne saurais vous exprimer toute la délicatesse qu*il 
a mise dans nos rapports : quelquefois nous nous donnions 
rendez-vous pour observer les malades ensemble. Ce praticien, 
qui avait une très-grande quantité de malades, dans toutes les 
classes de la société , qui faisait partie de presque toutes les 
roDsnltalions médicales dans notre ville, n'a jamais manqué 
à un de ces rendez-vous. Avait-il intérêt à y être fidèle? Non ; 
mais sa conscience lui faisait un devoir' de s'y rendre, mai- 
gre les circonstances avantageuses et lucratives qui pouvaient 
l'appeler ailleurs. 

En 1830, devant un nouvel ordre politique, il a voulu rester 
fidèle à ses premiers serments, et malheureusement pour moi 
il a perdu cette position comme il a perdu celle de professeur 
àrécole de médecine, dans laquelle il avait montré toute Texac- 
lilode possible, s'était concilié Testime de ses collègues, et où 
il avait su intéresser ses élèves par des leçons faites avec soin 
cl méthode. Cest encore la religion du devoir qui l'a dirigé là 
eomme dans les autres moments difficiles de sa vie. L'intérêt 
n'a pas été le mobile de sa détermination. Toujours le même, 
toujours l'esclave de ses devoirs et de ses engagements , il 
savait effacer sa personnalité en face de tout ce que les circon- 
Mances du moment commandaient à sa consciencieuse activité. 

Notre collègue avait une taille peu élevée , sa poitrine avait 



— 330 — 

d'élroit|8 limites^ et cependant quel grapd cœar elle conlenaitt 
Ses membres étaient maigres, délicats/ faiblement charpeoiâs, 
et cependant avec quelle vitesse et avec quelle activité il si 
transportait dans les différents quartiers de notre ville» poor 
aller jusqu'au chevet du moribond, jusqu'au grabat de la mi- 
sère , ou dans les appartements les plus somptueux du rich«, 
porter, partout avec le même zèle, les consolations et les 
secours de la médecine. 

M. DB LA Maisonnièrb , bien que né et élevé au milieu d» 
grandeurs d'une famille noble, savait se contenter de peu, il 
ne connaissait ni le luxe ni le faste; toujours esclave des exi- 
gences incessantes et presque toujours pressantes de son mir 
nistëre méiiical , il p'avait pas te temps de s'occuper de ses 
intérêts. Il ne pensait pas à se procurer le confortable doit 
il se préoccupait fort peu , pourvu cm'il eût le strict néces- 
saire qui lui suffisait toujours dans les habitudes df ^ m] 
son ba,bilation était ^ussi mo^e^te que son ameublffsej^t;!! 
avait te plus souvent iVir triste, mais dès qu'on lui adr^ssailh 
parole , sa physionomie offrait prom^tement les meilljeurs ain 
de sympathie et de cordiçlit,é| il ne critiquait et ne blâouit 
personne ; il n'avai^ aucun des airs que suggère la prêtei^tioii, 
et encore moins ceux qui caractérisent Torgueil, il n'avait 
jamais que ceux qui sont inséparables de la vraie slmpUcitéet 
de la parfaife modestie. Il était le type le plus marqué de l'ho* 
oorabililé; il avait des mœurs austères , uq s^^ntiment profon- 
dément religieux. Dans ses rapports sociaux et surtout vet 
ses collègues, il était toujours d'une politesse exquise, an 
meilleur ton, sans exagération mais avec quelque peu d.^ sdTé- 
rite. Il savait donner les preuves de la meilleure confraternité; 
toujours on reconnaissait dans .ses actions une grande honDê- 
teté de sentiments et de désipiéressement; il portail en loil^t 
personnification de la dignité médicale : sa conduite , ses actes, 
ses rapports coiipme homme du mcnde ou comme médecin, 
auprès du riche comme auprès du jpauvre, pioclamaiènihau 
temenl sans qu^il parût s'en douter , que le vrai bonheur de 
Thomme consiste dj^ps la vertu, la i»raliq.ue du bien et dans lo 
travail. 

Notre collègue avait yne nature privilégiée y il était doué 
d'une sensibilité exquise, qui le rendait parfois imjpressioonable, 
mais il avait le cœur si bon qu'il revenait promptemenl. Les 



— 331 — 

premiers élans du cœur et de Tâme n*élaient jamais dépriaiés 
ibpz lui pAf le froid calcul de l-iniérAi psfsonnal: aussi obéis- 
saii-ii à se9 élans spontanés, sous l'Ipflpefice desquels il a tant 
de fois oaoniré le seoliip.e.ni du devoir qu*il coipprenait si bi^, 
sans se préoccjiper de Is récoa)p<pnse qu'il pouvait en r^c^vpir : 
oui, personipe n,^ ^yaii mieux que lui {ai|r,ç le devoir pour W 
devoir: aussi accoûrait-il au premier cri de la dppleur, si^r- 
tout chez le pauvre qui était toujours certain de Iç ^fffï^yer prêt 
lie suivre là où il y avait un^ roisère à soulager pt de$ souf- 
bances h guérir : c'est là, copame le 4i89i& si ï^îqu t^. le (^oc- 
icur Onllard , en faisant son éloge au nooo de I9 S,ç^ci^t^ de naé- 
(iecine, qu*il savait sq trouver à rai$0. Il se montrai^ tqujou.ra 
plus exact, il savait être compatissant, il savait donner les soins 
ksplus empressés en y ajoutant le biepfpit d'.MQO charité dis- 
crète : si, daus Taccooiplissement de ses devoirs, il ne comptaijt 
jamais spr les récoq^penses pjus ou m^ins justes et le plussoa- 
reol tardives que les hommes donnenjt quelquefpis, au ipo|ps 
ii recevait celle q9je lui dopnciit san^ retard la ^f^tisfftelion de 
» pure conscience ; on p^ut dire que c'est la plus sûre et l(i 
pIûs juste , c'est une de celles de pieu. 

Dans notre siècle oii beaucoup trop do personnes pafaiss^fDl 
croira que les actions des honamçs ont top^ours pour mobile 
UQ iniérèt quelconque, nous sommi^s heurçjui, avojc nos 
croyances à cet égard , de pouvoir montrer dans n;jtx© trè?- 
boQorable et vénéré collègue un homme dont les S|duU orarles 
«iaient son cœur et sa raison ; un homme dont la coi^djuito habi- 
tuelle a souvent été une abnégation de soi-même, au proi^ de 
$e$ semblables , de ses convictions et des inspirations de son 
â^e; un homme qui ét§^ animé pour les autres d*une sym- 
pathie si profonde, et pour ses devoirs d'oQ respect si s^int. 
Peut-oQ s*empècher de dire que c'est un grand modèle qui ^ 
<iisparu d*dn milieu de nous? pept-on s>mpécber de le signaler 
comoDe un ^^emple à suivre ? 

Les habitants du sud do notre ville pTO,ç)ament hautement 
'^ur reconnaissance pour les soins ^én^reux qu'ils pnt tqçms 
^^ faisant une collecte à laquelle les paiivfes ont donné leur 
^^"ier, afin d'élever un monument qui perpjituera la glpire 
'^6 l'homme de bien que nous regrettons. 

D' PinOAULT. 



- 33» - 

BAPPOET SUH LE GONGOtBg DU G0II1CB DB SAINT -6B0RGES. 

Le dimanche 3 septembre dernier était un jour de fèttj 
pour le bourg de Chasseneuil. La réunion annuelle du comica 
du canton de Saint-Georges, qui se transporte chaque année 
dans nne des communes de ce canton , avait lieu dans celle de 
Chassencnil. 

Le comice cantonal, avec son cortège obligé d'exposilion 
d*animaux et d'instruments agricoles, avec son concours de 
labourage surtout, est toujours un attrait puissant pour Thabi^ 
tant des campagnes; il est en même temps une fête pour lui, 
dont il honore les travaux et récompense les efforts vers )e 
progrès. 

Mm. les membres et le président du comice, pénétrés de 
cette vérité qu'on ne saurait donner trop de publicité et de 
relief à ces fêtes de Tagriculture, n'avaient rien négligé de ci* 
qui pouvait augmenter la solennité de celle-ci. 

M. BouBBEAU, président du comice, que nous avons tu! 
depuis appelé par la confiance du chef de TEtat au poste élerf 
de Maire de Poitiers» avait eu ta bonne pensée d'inviter à S2 
table et à assister aux travaux du comice un grand nombre de 
personnes, les unes occupant des fonctions dans le canton ou 
y possédant des propriétés, les autres faisant partie de se» 
nombreux amis. Aussi le concours, qui s'est tenu cette année à 
Ghasseneuil, a-t-il été honoré de la présence d*hommes occu- 
pant à la ville les positions les plus diverses et les plus esti* 
mables, et venus chercher à ce spectacle un plaisir simple, mais 
instructif et utile. 

C'est une belle et bonne chose, Messieurs, c'est un grand 
encouragement et un grand rehaussement, si je puis dire, 
donné à l'agriculture que la présence à une de ces fêtes de ces 
hommes honorables. Le travail des champs, si vérilableoieni 
noble au fond, a été trop longtemps dédaigné. Des préjugés 
aussi injustes qu'absurdes l'ont trop longtemps fait regarder 
comme peu élevé pour celui qui l'exerce. Dieu merci, cet étal 
de choses tend tous les jours à disparaître, et nous pouvoos 
prévoir le moment où sera aussi honoré qu'il doit Têlre un 
travail qui est certainement la base la plus solide de l'ordre, 
en même temps que de la richesse et de la moralité publiques. 

C'est donc une chose louable et j'oserai dire palriotiquo que 



— 333 — 

rcs encouragomoDts donnés au travail de Tagriculteur. Tajoa- 
lerai que plus ils partiront de haut , plus ils auront d^influence 
sur sa réhabilitation. Que ceux donc qui veulent y contribuer 
remercient avec nous ces hommes éminents, soit par leur 
iolelNgence , soit à raison des positions qu'ils occupent, que 
ttous voyons 10U& les jours ne pas dédaigner d'accepter les 
modestes fonctions de président du comice agricole, et donner 
ainsi une nouvelle preuve de leur attachement à Tordre et de 
-leur dévoaement au pays. 

Tous ceux qui, comme eux, ne craignent pas de quitter leurs 
travaux habituels de Tesprit pour venir encourager, ne fût-ce 
qoede leur présence, ces fêtes qui glorifient les travaux agri- 
coles, tous ceux qui participent dans une mesure grande ou 
petiie à l'impulsion et à la réhabilitation de ces travaux, méri- 
tenl les remerciements des amis de Tagriculture. 

Notre Société, qui ne laisse jamais échapper une occasion 
d*appuyer de tousses efforts Tutile institution du comice, avait 
flélégué pour la représenter à celui de Saint-Georges trois de 
?es membres : M. Mabthiubau, de la Grève, M. d& Teavbrsay, 
de Bourg-Jolly, et votre rapporteur, tous les trois ont pu 
remplir leur mandat et être présents au comice. 

Le programme du concours se divisait en cinq parties prin- 
cipales : 1^ concours de labourage; i^ concours entre les 
propriétaires de vignobles; 3** concours et exposition d'ani- 
maux ; i^ concours entre les meilleurs domestiques d'exploita- 
tion rurale; 5* exposition de machines et instruments agricoles. 
Pour décerner les primes afférentes à ces diverses branches 
du concours, le comice disposait de sommes d'argent assez 
tODsidérables, et d'un assez grand nombre de médailles, dont 
I^losieurs étaient envoyées par la Société d'agriculture de 
Poitiers, et par M. de Soubeyran, député de la Vienne. 

l'^ Concours de labourage. 

Le conconrs a commencé à midi et demi. Le canton de Saint- 
Georges n'est pas, comme quelques autres, presqu'exclusive- 
ment un pay.? de labour. Une importante partie du terrain y est 
cultivé en vignes qui y réussissent très-bien et donnent d'excel- 
lents produits. Une autre partie notable de la terre est consa- 
crée aux prairies artificielles qui^ aussi elles, réussissent très- 



— 334 — 

bien et stuot une cuUure ai^ântdgeu&e. La qtiantifo destinée aux 
terres de labotir proprement dîtes est par conséquent assez 
restreinte. Il suit de In qu'on ne doit pas ^'attendre et que nou» 
né nous attendions pas, en éïfut, à trouver un concours d9 
laboureurs aussi important par le nombre que co(ui de certaiftS 
autres cantons, où la culture des céréales est de beaucoup i^ 
plus importante du pays. Du reste, si le nombro des concur- 
rebts n*atteignait pas un chiffi'e bien élevé , il était cependant 
très-suffisant pour faire un bel ensemble et pofnr stimuler leof 
émulation. 

Leèbamp du concours était une vaste pièce de terre parfai- 
tement plane et peu éloignée des bordé do Clain. Une de ses 
eitrémités consisiéit en un trèfle à défi^icher , ce qui augoiês^i 
tait les difficultés de ta lotte et permettait de mieux apprécier 
le mérite des concurrents. 

A une heure, lé signal dd départ fut donné; les attelages se 
mirent en tofouvement. te travai} obtenu à été généralemeat 
tHis-bon. Deuxt/u trofs dés laboureurs ont bien eu le tor(<l# 
vi^ér plutôt è' la quantité qu^à la qualité du travail. Ils otf 
avaient labouré large, mais la terre n'était pas parlout b)» 
remuée, et la coàitoissiob ne s* est pas laissé sédcrire parte 
largeur dé leur planche. Faire vite est quelque chose, sbdi 
doute, mais faire bien vaut encore mieux. Le comble du mérita 
serait de faire vite et bien. Malheureusement ces deux qo)* 
liléSi sans être absolument incompatibles , sont cependant 
difficiles à concilier, comme nous l'avons, pu constater une fois 
de plus. 

A pai^l ces légères critiques, le travail obtenu était, coœoK' 
nous; Ta^vons déjà dit, généralement très-bon. La commissiop, , 
présidée par M. ^onrdin-Garûier, Tun de nos collègues, ft 
président de la société des laboureurs àe Poitiers» Ta mdoie 
trouvé si satisfaisant, qu*elle a exprimé le regret de nafoir 
que quatre prix à déeernei^. Sdr sa demande, deux mentions 
honorables ont été ajoutées à ces quatre prix. 

2* Concours erUre les propriétaires dé tignobks^ contenant au 
moins un heàlare, les mieux cultives au point de vue de lo 
vi^fueur des plants et de Vàbondance des produits. 

Ctsttè' partie dû concours était nouvelle dans le programme 



— 335 — 

du comice do âaint-Géorgês^, et nous tiela trouvons |ias men- 
lionnéo dëns les rapports faits par les délégués de là Société 
>ur les concours des années précédentes. Il y a quelques 
anoées, ce coaSitè ârail bien institué des pj'imes pour là CÙI- 
lore de là figAc, tnaisf éliës no concernaient que lei vignerons 
iiafiTçoM, ce qu'ori nomùlè les lâcherons, ËllA^ étaient une 
récompehsô doïrnée aoi bons ouvriers, maib elles n*étâient 
fts, cotbmB le conCou/s de cette année, on encourageaient à 
Teslonsion, à là ()rDpa|[é'tion dé \é cdllùre dé la vigûe. A ce 
tlftTDier pàlbtdevuè', le concours ouvert etl(ré les propriétaires 
deiigoobles est une ioncrvâllon: No^.^ de i6ii^ cacherons pas 
1B0 noosto regardons ëèmtne excelléhtë etqde nous crôy6îis, 
4ml k n6o<s, (^é le toMct dé Saini-Gèlèôrges n*efè pouVilt 
guère trouver de pluâ heureuse. 

Oo trouve, en général , dans tous les comices , une sétie dé' 
neompeoses s'appliquent à on programmé de cofl^ouvsf à peu 
près lé tùème partout et qui leor donne fifécoBSàiretAeât beao^ 
Wip de rtfsriremblance entre eux. Il est évident cep6àdattt qt^e 
to ne peerent pas être ttUssi ftlvorablediem placés , pifr tép- 
m à la mtoiê partie dtf (irograttAne, et qbe celle qui a été lai 
plus brillante dans tel canton, peiiV iàh bien tll*e la plbs fetétè 
dans (in autre. Ce sont Ut des différebbes qui se prodùiaeot lotos 
^ jocrs ; elles tiennent à des circonstances locales qo*il est 
iiQ|iossibie de mécoanalire et qti*ii séi'ait , je croïi , impo^ssiblo 
^o^i de faire dbparaitre complétejtienft. 

Oo peut donc dire « à priori 4 de tout comice , qu'il aura né- 
^»ah-emeni certaines parties de son programtne beaucoup 
DiieDi remplies, beaucoup plus' intéressantes les unes que les 
>uires. On peut môme ajouter, shna gmid risque de se trom^^ 
^^ que la partie la plus complète sera celte qui répond le 
^y^\ aux besoins et ans aptitudes du pays. 
^ comice de canton se propose surtout pour but d*encoa- 
^er lagrieulture dans les résuliats obtenus , et de faire con- 
'^â^ire et propager le plus possible les perfectionnements qui 
^BQveot encore améliorer ces résultats. Celui qui s'approchera 
^ plus de ce but sera donc celui qui saura discerner le genre 
^^ culture à la tbis lé plus productif el le plus propre au terrain 
"" P^ys, pour le soutenir ensuite de tous ses eJTorts et lui 
^^ûnër là plus grande impuïsion qu*il lui sera possible. C*est 
^Mu*a sq faire cette année le comice de Saint-Georges, en 



- 336 - 

élablissanl un concours pour les vignobles, et c'est ce qui nous 
faisait dire qu'il ne pouvait guèro créer d'innovation plus heu- 
reuse. 

La vigne, cet arbrisseau si chanté des poêles, que nousl 
pouvons, sans crainte d*èire taxé d'exagération, appeler le plus | 
précieux et mAine le plus nécessaire de tons les arbres frui- 
tiers, peut donner ses produits sur la plus grande partie «le: 
notre sol de France. Notre do{)arlement , heureusement pour ! 
nous , puisqu'on a souvent attribué à l'influence de la vigoe 
la générosité et la vivacité de l'esprit français , la voit réussir 
sur une grande partie de»^ étendue. 

Parmi les points du département où elle vient le mieaiel 
surtout où elle donne des produits de bonne qualité, le caotot 
de Saint-Georges a certainement le droit de réclamer une dei 
premières places. 

Les vins rouges de Saint-Georges ont en effet la répotaiioQ 
justement méritée d'être lea meilleurs du département. Cbacoa 
de nous sait que lorsqu'ils sont bien choisis et ont été biea 
soignés , ils acquièrent en vieillissant une qualité supérieure, 
que bien des gens ne sont pas éloignés d'estimer à Tégal di 
celle du Bordeaux et do Bourgogne. 

Ces conditions si favorables étaient pour le comice de Saloir 
Georges un puissant motif de prendre Kinitiative d'un concours 
entre les meilleurs vignobles : aussi n'y a-t-il pas manqué. 11" 
compris, comme nous, le disions il y a un instant, qu'il ne 
suffit pas à un comice cantonnai d'enooorager d^une faroD | 
générale les divers modes de prodaclion du pays, qu'il es( - 
encore mieux dans son rôle d'utilité pratique , en donnant la 
plus grande part d'éloges et de récompenses au genre de cul- 
ture le plus productif. 

Les primes à décerner pour le concours des vignobles con- 
sistaient en sommes d'argent assez considérables et en deux 
médailles : l'une de vermeil donnée par M. de Soubeyrao 
député, l'autre en argent donnée par la Société d^agricullure 
de Poitiers. 

On avait imposé aux propriétaires désirant concourir la con- 
dition que leur vignoble fût de la contenance d'un hectare au 
moins. Le choix de la commission devait se déterminer d'après 
la vigueur des plants et Tabondance des produits. 



. I 



— 337 — 

La commission chargée de la visite des vignes était com- 
posée de 

MM. MâRinB , président , 
Ratbad, 
Bellot, 

Maisaclt , adjoint de Ghasseneuil « 
BujBÀNT , adjoint de Sainl-Cyr , 

ÂUDinST. 

Douze propriétaires s'étant fait mscrire pour le concours, 
tUe a dû se transporter successivement sur le vignoble de cha- 
cun d*cux. Certes, Messieurs, c^ctait un travail qui ne laissait 
pas que d^ètre assez pénible , surtout au mois d*août , que de 
parcourir et d'examiner consciencieusement, comme la corn- 
mission a tenu à le faire, les vignobles de douze concurrents, 
vignobles dont plusieurs avaient une assez grande étendue, Tan 
()'eux notamment comprend une vingtaine d*hectarcs. La corn* 
nission, et elle mérite bien que nous lui payions ici un juste 
tribut d'éloges , n'a reculé devant aucune fatigue, elle a voulu 
lOQt voir et tout étudier avec le soin le plus scrupuleux. 

Userait certainement très-intéressant pour nous de pouvoir 
la suivre pas à pas dans son excursion à travers les vignobles 
<"! d'assister à ses appréciations. Un rapport spécial sur cette 
(exploration vinicole serait accueilli avec grand plaisir par notre 
Société. On nous a fait espérer qu*un membre de la commission 
voudrait bien s'en charger. Nous Gant à cet espoir, nous n'avons 
parié que très-rapidement et très-brièvement des travaux de la 
commission , laissant à cette voix plus compétente le soin de 
vous les faire connaître. 

N'oQs nous bornerons seulement à proclamer leur résultat et 
i vous dire que deux premiers prix ex œquOyOuK été décernés à 
I. Chbvbibr, de Clan , et à &!. Rat, de BuxeroUes , et que le 
second prix a été attribué à H. Rbraud-Locbor, de Saint- 
Oeorges. Terminons l^examen de cette importante partie du 
(ODcours, en exprimant le vœu que l'exemple et le succès de 
leurs concitoyens donne aux viticulteurs du canton de Saint- 
Georges Témulatign et le désir du progrès auxquels ils sont 
i<^^ premiers intéressés. Formons aussi le souhait que le co- 
^ice , à la suite des primes accordées aux propriétaires de 
^igooLles , rétablisse celles qu'il accordait il y a quelques an- 
nées aux meilleurs ouvriers vignerons. Tous ceux qui auront 

23 



-r 338 — 

contribué à la bonne cullure de la vigne niiront alors leur pnn 
au succès et h la récompense. 

3* Concours et exposition d'animaux. 

Ce concours n'était ni très-nombreux ni très-remarquable. 
Nous n*en avons pas été surpris , sachant que le canton de 
Saini Georges n'est pas favorablement placé pour la prodar- 
tion du bélail. Comme il arrive dans les pays ou la terre es{ 
très-morcelée , elle appartient pour la plus grande partie à la 
petite propriété. De plus, le terrain étant presque partout ni- 
raire, c'est la prairie artificielle qui domine de beaucoup. Ih 
comprend dès lors quelles difficultés cette situation crée âo 
petit propriéidir;) pour élover du bélail, et surtout du gros bé- 
tail. Il ne peut mener ^ses animaux au champ sur ses prairies 
éparses çà et là , qu'en les faisant passer sur les terres de plu- 
sieurs voisins , première source de difficultés et souvent 'le 
procès; ces prairies sont de si peu d'éteudue, que bien peu de 
gros animaux pourront y trouver leur vie, encore faudra-rf ' 
un gardien presque pour chaque animal, à cause delà difGoJs 
de l'empêrher d'aller en déprédation sur le champ du voi:tifl, 
que rien ne sépare, le plus souvent, de celui de son maître. 

Dans ces conditions défavorables le petit propriétaire nt i 
peut avoir tout au plus qu'une ou deux vaches et quelqofi 
moutons. — Ces difficultés élant inhérentes à la nature dusul 
et à son grand morcellement, il s'ensuit que la production et 
grand du bétail, du moins d'une façon générale, est à peu 
prts impossible dans le canton do Saint-Georges. QuolqBe> 
rares propriélaires se trouvant placés dans de m«nlleures coû- 
ditions font seuls exception à la règle et peuvent se livrenirer 
plus de chances de sucrèis à l'élève du gros bétail. C*6^l 
surtout sur leur concours que s'appuyait l'exposition des aoi- 
maux, où Ton pouvait remarquer, malgré leur petit nomhrfi, 
un a^sez bon choix dans chaque variété. 

Nous citerons entre autres : 

Un taureau de race parthenaise, à M. âelin; 

Une jument pleine, à M. Dupur; 

Deux génisses, l'une à M. Gilbert , l'autre h M. Boubbeac ; 

Un bélier, h M. Cbevbier. 



— 339 — 

4" Cofùùurs entre les meilleurs domestiques d'exploitation rurale 
ayant f^ervi le mime maître pendant trois ans au moins, 

Deui prix et une mention ïTès-honorable ont été décernés 
pour cette partie du cuncours. 

5* Exposition d'instruments et machines agricoles, 

M. Jbahih, ventilateur à Mirabeau, exposait une herpe ou 
Doulin debout , avec trois grilles pour trier le froment , 
Cafoine et la baillarge , et plusieurs t&rares déboureurs de 
différents modèles. 

M. DucHASTBNi£i, propriétaire, exposait un binoir et un sar- 
cloir de vigne, des ateliers de M. Cbrisibr, de Châtellerault , 
«tane charrue vigneronne, de M. Rivaud • d'Ângoulème. 

M. Chahpignt, constructeur à Saint-Georges , exposait une 
Wse jumelle, une charrue et une bineuse pour la vigne. Une 
cbarrue défonçeuse à avant-train , exposée et construite par le 
même, a surtout attiré notre attention. 

Celte charrtie, d*une grande puissance, a été essayée dans 
00 défrichement de trèfle, terrain profond. Voici les résultats 
obtenus et dont nous devons la communication à Tobligeance de 
M. de Grousseau, président de li commission chargée do Tcxa- 
tuendes machines. L'ouverture de la bande était de 43 cenli* 
oièircâ, la profondeur de 25, la marche était facile et très- 
régulière. 

Ces différents concours terminés, M. Bourbeau , après 
avoir rappelé pur quelques mots d*ûlogos et de regrets, 
la perte faite, Tannée dernière, parle comice, en la per- 
sonne de son président M. Charles de la Ménardière, notre 
regretté collègue, a procédé a la distribution des récom- 
fxnses. Un banquet oh étaient conviés les lauréats des con- 
cours, et ou ont pris place une centaine de personnes, a ter- 
Qiiné cette journée, qui aura laissé dansTespril de tous les assis- 
^snis lo meilleur souvenir. 

Le rapporteur ^ V. Calhbil. 



- 340 — 

RAPPOBT SDR Là VITIGCLTURB DANS LB CANTON DE SAINT- 
GEORGES. 

Messieurs , # 

Après le rapport si exact qne vous venez d'entendre sur i« 
concours du comice agricole de Saint-Georges « si je viens 
vous entretenir encore de ct^ concours, je ne le ferai qu'au 
seul point de vue de la culture de ia vigne, et parce que notre 
collègue a manifesté le d(^sir que je vous dise les iravaux de U 
commission de viticulture , dont j'ai eu l'honneur de faire 
partie. 

Le comice du canton de Saint Georges a compris, comnc 
on vient de vous le dire, que sur son territoire, c^était la eut* 
iure de la vigne , qui était la plus avantageuse, et qoe les plos 
grands encouragements devaient être tournés de ce côté. 

li a été, en conséquence , décidé que plusieurs médailles ei 
plusieurs prix seraient décernés aux propriétaires qui , potir 
l'année 1865 , auraient obtenu les meilleurs résultats ic 
point de vue du produi^t, combiné avec la vigueur des plaoik 

L'année prochaine ce sera, il paraît, la conduite de ia vIgKi { 
depuis le mois de décembre jusqu'aux vendanges, qo^une 
commission aura à apprécier, afin de décerner de nouvelle* 
récompeuses. Cette année la commission n'avait donc à « 
préoccuper que de la vigueur des plants et de l'abondance de 
la récolte. 

Le canton de Saint-Georges comprend, vous le savez, Mes- 
sieurs, une grande quantité de terrains, on ne peut pins pro- 
pices à la culture de ia vigne, et qui sont répandus dans les 
communes de Saint-Cyr , Dissais, Saint-Georges, Jaulnay, 
Montamisé , Chasscneuil et même Buxorolles , aux perles d» 
Poitiers. 

La commission chargén de la visite des vignobles, a em- 
ployé une semaine entière à parcourir ces communes. 

Dans son rapport pour la distribution des récompenses Ifl 
commission n^a dû tenir compte que des deux élément ^"^ 
lesquels son examen était spécialement appelé : cependant. 
Messieurs , il n'est pas possible que l'attention particulière de 
chaque membre n'ait pas été attirée sur une foule de détails 



— 341 - 

de Gullurot doDi je vous demaode la permission de fous parler 
dans le cours de ce rappori. 

Le nombre des concurrents était de douze ; 

Trois pour Saint-Georges ; 

Cinq pour Jaulnay; 

I>eDx pour Chasseneuil; 

Do pour Mon tamisé; 

Un pour Buzerolles. 

^ Tout 4'abord « après s'être rendu compte de la quantité de 
rjgnes qu'elle avait à examiner , et de la nature des cépages , la 
commission s'est trouvée en présence d'une difficulté sérieuse: 
Parce que le canton de Saint-Georges produit principale- 
Beol des vins rouges , fallait-il écarter du concours los pro- 
piétaires qui dans ce canton cultivent la vigne blanche? 
A laqeolle des deux cultures donner la préférence ? 
La commission n'a cru pouvoir mieux fiire, Messieurs, que 
Ifiralueren argent le produit net de l'une et l'autre culture 
•f>m le producteur, et r*est sur celte base qu'elle s'est réglée 
pour fixer ses préférences. « 

Je vous parlerai d'abord de la commune de Saint-Georges. 

Le territoire de cette commune consiste principalement en 
OD sol silico-calcaire , mais c'est le calcaire qui domine. 

Pour cette raison il semble plus propre à la production du 
vin rouge qu'à celle des vins blancs, car il parait que les vins 
blancs produits par un terrain à sous-sol argileux, sont préfé- 
rables à ceux qui proviennent de terrains calcaires sans on 
mélange d^argile. 

Aussi, dans la commune de Ssint-Georgos, voit-on très-peu 
<ie vignes blanches. Quelques propriétaires cependant en ont 
planté dans ces dernières années , mais ces plantations ont eu 
lieu daob dos sols plus humides, et je suppose que c*est cette 
nature du terrain qui a déterminé à choisir la vigne blapche. 

Le jacobin (côt, qoercy* cou8sy)est le cépage rouge aujour- 
«rhui exclusivement planté. — Si on le rencontre quelquefois 
mêlé à d'autres plants , tels que le bordelais et le pineau du 
Poitou (chauché), ce n'est que dans de très-vieilles vignes gé- 
néralement négligées par les propriétaires. — Les vignerons 



- 342 — 

reprochent, avec raUon , au pineau d'être infertile, et ils con- 
sidèrent que le bordelais, très-susceptible aux intempéms. 
fournit un vin qui manque de couleur, tandis que le jacobin 
donne un vin très-coloré, contenant, selon Texpredsion du com-i 
merce, trois couleurs de vin. 

La commune de Saint-Georges tend donc principalemeol à 
produire des vins rouges de commerce, c'est-à-dire des vins de 
coupage. 

11 ne faut point faire un reproche aux vignerons de SaiDl- 
Georges d*agir ainsi , puisque leurs vins noirs de jacobin ^ 
vendent généralement plus facilement et pins cher que les vins 
des autres communfes du canton. 

D'ailleurs le jacobin, leur plant de prédilection, est très-pro- 
ductif sur le sol de la commune de Saint-Georges , il j graine 
mieux qu'ailleurs, Pt y est moins susceptible à la coulure. U 
est vrai que les soins apportés à la culture de la vigne soot 
plus fréquents et appliqués avec plus d'inielligence que dao) 
les autres communes. 

La taille est mieux conduite, les labours ont semblé àk 
commission avoir été accomplis en meillonre saison , et ane 
opération très-ulile pour la vigne , le piqnage , y est fait avec 
précaution. 

Vous savez, Messieurs, que le piquage consiste, d*aprèsia 
méthode que nous suivons . à plier en arc la branche èfruilde 
chaque cep, en la fixant en (erre par l'extrémité. 

Les vignerons de Saint- Georges apportent une grande atten- 
tion à ce piquage , la branche courbée est solidement Gxée eo 
terre, et nous n'avons pas trouvé là , comme dans les autres 
communes, des sarments ballottés parles vents et tratnc^s sur 
le sol. 

Généralement les sarments ainsi négligés portent dos fruits 
rhétifs et en petite quantité. 

La culture du sol pendant la végétation de la vigne se fail à 
Saint-Georges , à la main, môme les plantations nouvelles dc 
sont pas disposées pour le travail des animaux. 

Cependant deux propriétaires font exception : M. Ballot, à 
Aillé, qui a planté, pour être labourées, une grande élenduede 
vignes qui semblent devoir bien réussir , et H. Ghatopigo), 
constructeur de machines aratoires à Saint-Georges. 



— 343 — 

M. Chauipigny était parmi les concurreuts, et il a obtenu la 
ffl'Waiile de bronze offerte par vous. 

li possède une quantité de vieilles vignes qu'il avait beau- 
coup de difficultés à cultiver à la mnin , le temps et les bras lui 
manquant. 

Il a dressé les vieilles souches de ses vignes, de manière à 
ks aligner autant que possible, en laissant un espaco entre les 
rangs, et il a labouré lui-même à la charrue, depuis 3 et 4 ans, 
les vieilles vignes ainsi rectifiées. Elles sont aujourd'hui d*une 
trb-grande vigueur; elles étaient, au moment de la visite de la 
eommission, chargées de fruits, puisqu'elles ont été estimées 
pouvant produire 260 litres par chaque 7 ares 60 centiares. 

Si H. Champigny n*a pas obtenu un meilleur rang dans le 
coDcours , c'est qu'il s'est trouvé en présence de grandes dif- 
firullés , en raison de l'âge des vignes sur lesquelles il a appli- 
qué lo labourage avec bestiaux. 

On doit des encouragements à ce vigneron intelligent, dont 
l'«xeinple ne peut manquer d'une influence salutaire sur la 
plupart de ses voisins. 

Cependant cette année trois propriétaires seulement avaient 
CTO devoir se faire inscrire pour le concours dans la commune 
(le Saint-Georges, leurs vignes étaient dans un état de pro- 
preté et d'entretien parfaits, la récolte très-abondante ; mais 
on grand nombre d'autres se trouvaient dans les mômes condi- 
tions, et la commune de Saint-Georges seule aurait pu fournir 
plus du concurrents que toutes les autres communes réunies. 

Commune de Jaulnay. — Dans la commune de Jaulnay on 
rQlitve.'comm^ à Saint-Georges, en première ligne, le cdt ou 
jarobin, mais on trouve encore en grande quantité des vigno- 
l)ies complantés de ceps rouges ou bordelais et de quelques 
pineaux. Cependant dans les plantations nouvelles en rouge, 
on donne la préférence au jacobin par la raison que j'ni indiquée 
plus bant, c'est-à-dire à cause de la couleur. 

Los vins de Jaulnay sont plus légers que ceux de Saint- 
Oeorgns. Si les uns sont plus recherchés du commerce, peut- 
olrp les autres sont-ils plus estimés de ceux qui tiennent à 
boire des vins sans coupages ni mélanges. 

A Jaulnay, depuis une dizaine d'années, on a planté une 
grande quantité de vignes blanches. Los plants les plus répan- 



— 344 - 

dus sont la folle cl le gros blanc. On no trouve que quciqm 
vieilles souches de blanc massé, el on ne planln plosqoe l 
peu de cépages rouges. 

Les vignerons trouvent plus de profita produire du vin blanci 
En eiïet, le vin blanc se vend bien plus facilement que le vi^ 
rouge, et le rendement dépasse, d'ordinaire, le double pou 
une égale étendue de terrain. 

Le sol de Jaulnay est argilo-calcairc. Les terrains où le ca 
caire domine sont préférés pour les vignes rouges. Ceux o\ 
Targile est en plus grande quantité sont employés à la collan 
des vignes blanches. 

Danb^ celle commune, la commission a eu à examiner 
vignes blanches et des vignes rouges. 

La culture générale de la vigne est ici loin d'être aussi bie 
faite que dans la commune de Saint-Georges : je fous ai dil 
que beaucoup de propriéiaires auraient pu concourir dans ceiiT 
dernière ; il n*en est point de même dans l'autre, même che^ 
les cinq concurrents (à Texception de Tun d'eux dont la culiun 
est digne d'éloges à tous égards) la commission n*a trouvé qu 
des vignes qui n'avaient pas reçu tous les soins dont eil 
avaient besoin. 

Le piquage des sarments laissait surloul beaucoup à désirer*] 
Les ceps étaienl mal dressés et le terrain n'avait pas loujoun 
élé entretenu propre d*herbes. 

Aussi, malgré le nombre des concurrents, la commune d^ 
Jaulnay n'aurait obtenu aucun prix, si elle n'eût pas ou l'im^ 
mense avantage dpi posséder parmi ses habitants ThabileagrH 
Gulleur dont chacun devrait s'efforcer de suivre les exemple» 
et qui, selon l'heureuse expression du président du concotirS|| 
c vaut à lui seul tout un comice d. 

M. Chevrior possède environ 20 hectares de vignes: elkb 
sont, pour la plus grande partie, composées de cépages blana 1 
(folio et gros blancs). Les vieilles vignes sont de cépages rou- 1 
ges, 1|2 cât, l[2ceps rouges et pineaux. 

Toutes les jeunes plantations ont été disposées pour êtr» I 
labourées à la charrue. Les plus anciennes de cotte nalure 
remontent au mois de février 1860. 

Elles ont produit leurs premiers fruits à Tàge de 30 mois, et 
en abondance. 

Pour celte année 1865, le rendement de ce riche vignoble 



— 3éS — 

I été évalué approTLimalivement par la Gominmsi^n de 90 à 100 
lecloliirea à rheolare eo vins blancs, et de 25 à AO heetolitrea 
m TÎDs rouges. 

• Ce rendement a para d'autant ptus considérable que la 
aajeure partie des vignes qnr Pont produit est dans la première 
Hi la deuxième année de fructification, 

Pouf que M. Cbevrier ait pu obtenir n» résultat semblable^ il 
■ut que ses plantations aient été faites arec le plus grand soin 

tsurtoot que depuis la plantation le vignobleait été entt etenu 
labours répétés, accomplis aôx époques convenables. 
\ U. Cbevrier a obtenu un premier prit et une très-^beUe mé- 
Iftille en vermeil. 

 Mootamisé« Chasseneuil, Buxerolles, les cépages cultivés 
lODt les Diômes pour les trois communes (cdt et bordelais mé- 
liQgés); peu ou point de vignes blanches. 
; La culture se f#it à la main , les vîgnos y sont en général 
jkaocoup moins bien conduites qu'à Saint-Georges. Cependant 
llfesl dans l'une de ces trois communes, à Buxerolles, que s'est 
'kroQTé le vigneron qui a pu présenter a la commission les plus 
bcUes vignes rouges du concours. 

M. Rat, de Buxerolles, possède 31 boisselées de vignes 
rouges (2 bectaresSS ares), plantées de céts ou jacobins, do 
bordelais et de pineaux. 

Les ceps sont plus espacés que dans les autres vignes (SOO 
pieds par 7 a. 60 c») ; mais tous les pieds portent au moins 3 
branches à fruit et le plus souvent 4. — Le propriétaire semble 
n'avoir pas laissé écoaler une semaine sans visiter ses vignes, 
dfin d en faire disparaître toutes les mauvaiies barbes et de 
rétablir les sarments que les vents auraient pu déranger. Il a 
été impossible de rencontrer un seul pied infertile; aussi le 
rendement a-t-il été évalué de é6à KO hectolitres à l'faectare, 
el Tévaluation a dû être au-dessous de la réalité. 

H. Rat a obtenu, ex (squo avec If* Ghevrier, un premier prit 
cV la médaille d'argent de votre Société pour ses S hectares M 
^res de vignes rouges. 

Parmi les autres vignes examinées par la commission, celles 
^6 M. Mtflapert, à Montamisé, méritent une mention spéciale. 
M. HaUpert a dressé sur fil de fer avec écbalas de jeunes ceps 
qui ont été soumis au pinçage et au rognage. En leur donnant 



— 346 - 

uno fumuro, M. MAlaperl devra obtenir de irës-bons résuJlats, 
mais pour reite année les plants manquaient de vi^oear. 

Enfin, à Chasscneuil, M. Duchastenier a dressé et condoil 
d'après la méthode de M. Goyot une jeune vigne qui lui a donné 
nne très-belle récolte, mais la contenance était au-dessous de 
celle exigée pour le concours. 

Les deuf communes de Dissais et de Saini^yr n*oot fourni 
aucun concurrent. Cependant les vins de Dissaîs ontonerépo- 
tation au moins égale a ceui de Saint-Georges, et il est regret- 
table que les propriétaires de cette dernière comnauoe se 
soient ainsi tenus à Técart. 



Messieurs, en visitant les vignes du canton de Saint-Georges 
pour le concours dont je viens de vous parler » j*ai trouvé Toc- 
casion de rechercher si les enseignements de M. le docteur 
Guyot avaient produit d*beureui résultats parmi nos vigneroa.s 
je vous demande la permission de vous faire connaître ce que 
j*ai cru voir a ce sujet. 

De tous les conseils donnés par l'illustre viticulteur, un sti 
a été mis en pratique par quelques propriétaires. 

Le pincement qui consiste à supprimer Teitrémité de chaqoe 
bourgeon à deux ou trois feuilles au-dessus du dernier raisio 
a été fait sur quelques rangs de vignes k côté de rangs doo 
pinces. 

D*après M. le docteur Guyot celte opération devait augmeu- 
ter à la fois la grosseur des raisins et la vigueur des ceps. 

Quant à la grosseur dos raisins dus bourgeons soumis ao 
pincement , je suis obligé de dire que je n'ai point reconnu de 
différence d*avec ceux qui étaient nés sur les bourgeons ooa 
pinces. 

Mais Tinfluence du pincement est très-sensible en ce qui 
concerne la vigueur des sarments a conserver pour la récolle 
de Tannée suivante , sarments connus sous le nom de bois è 
tûUU. 

Sur les ceps pinces, les bois de taille sont mieux formés, 
plus vigoureux et mieux placés que sur les ceps non pinré», 
dont la végétation s'est emportée k l'extrémité de la branche k 
fruit et trop loin du tronc pour qu'on puisse y asseoir la 
taille. 



— 347 - 

Ddos mon opinion « le pincement, au point de 7ue du ren- 
dement , agit peu directement sur les fruits nés dos bourgeons 
pinces, mais il doit avoir beaucoup d'influence sur le rende- 
ment de l'année suivante , en ce sens que les bois de taille , 
conservés sur les ceps pinces , sont plus propres à la fructifia 
cation que ceux venus sur les pieds non pinces. 

Il est une autre observation que je crois utile de vous sou- 
mettre. 

Toutes les vignes sur lesquelles j'ai fait pratiquer le pince- 
ment ont éprouvé un. retard dans la maturité. 

Ce retard cette année n'a point été préjudiciable « parce que 
la vendange a pu être retardée elle-même, en raison de la cha- 
leur excessive qui s'est continuée jusqu'à la lin d'octobre. Mais 
dans certaines années, si le pincement produit les effets que 
j'ai cru remarquer, la qualité du vin serait sensiblement di- 
minuée. 

A part cette opération du pincement qui a été essayée à 
Saint-Georges, à Jaulnay, à Montamisé, à Chaaseneuil> la con- 
doiie de la vigne est restée partout ce qu'elle était avant la 
vmte do M. Guyol. 

Ainsi vous vous rappelez comment M. Guyot conseille de 
faiieles plantations nouvelles a Taide de simples boutures. Je 
n'di nulle part, dans le canton, rencontré un vignoble dans 
^uel on ail essayé ce procéiié de plantation. Les plants enra- 
cinés sont partout préférés comme d*une réussite plus assurée* 
^la proviendrait, peut-être, de ce qu'en raison de Tépoque 
^^ M. Guyot nous a fait l'honneur de nous visiter, il a t-té dif- 
ûcile de faire straiiGer des plants en temps utile. 

Cependant, Messieurs, j'ai personnellement fait planter un 
^teclare et demi avec des boutures, et j'espère que la planta- 
lion eura réussi. Voilà comment j'ai opéré : 

J'ai fait stralifier des sarments pendant un mois environ dans 
ies conditions et avec les précautions indiquées à la page 147 
Ju Bulletin de 1865. 

y ai pris sur chaque sarment di^ui plants, chaque plant a été 
écorcé jusqu'au vert, entre les deux derniers yeux de sa base, 
^Uomme, au moment de la plantation (25 avril), il faisait 
irès-chaud, j'ai eu le soin, au fur et à mesure de récorccmeni, 
de faire plonger les plants écorcés dans un baquet d'eau, d'où 
ou ne les retirait que pour les mettre de suite en j lace. 



— 348 — 

J'ai suivi d'ailleurs ponctuellemtiDt les conseils de M. Guyoï. 
Il est 9urU>ul une précaution qu'il ne faut pas négliger» c'est 
celle qui consiste à recouvrir sur chaque plant l'œil qui sort 
du sol , d'une petite quantité de terre dépourvue d'argile. 

Si les pluie» surviennent quand le plant n'a éaiia que les deux 
ou trois premières feuilles « elles sont fra|>pées sur la terre ei 
y adhèrenU Si le sol est argileui , il se durcit sous l'infilueoee 
des rayons solaires en retenant l'adhérence des jeunes poussas, 
et le petit bourgeon périt. 

Sur 7,300 boutures que j'ai plantées, iSO à 300 n'ont pas 
réussi, et cela tient untquefiient à ce que la terre doiit)'a?ai& 
recouvert l'œil supérieur était trop argileuse. 

Quoi qu'il en soit, Messieurs , 300 pieds de moins sur 7»300 
plants ne constituent pas un insuccès* Les 7,000 qui ont réussi 
ont une bonne apparence. 

Le système de plantation préconisé par H. Guyot est plus 
économique que celui qui consiste à n'employer que des planta 
enracinés; mais fst-il préférable, et l'économie de plantation 
ne devient-elle pas une perte , s'il se prodoit beaucoup plua^ 
manquants qu'avec les plants enracinés? - 

Je pense d'ailleurs que la bouture peut dans certains ter- 
rains silico-argilenx réussir très-bien, mais dans des terrains 
trop calcaires , le succès me paratt moins assuré. 

Les habitants du canton de Saint-Georges n*ont pas été pla> 
Sociles aux conseils de vinification qui leur avaient été donnée. 
Tous à peu près persistent a laisser cuver leurs vins rouges de 
douze è vingt jours , quand cette année le vin était fait et par* 
fait dan^ l'espace de six , cinq et môme quatre jours. 

A u'en pas douter , les quelques propriétaires qui ont tir^' 
leurs vins après peu de jours de cuvage auront des produits de 
1865 d'une qualité véritablemoot bupérieure , ayant du corps i 
du bouquet, de la limpidité, une couleur brillante, et tout cela 
sans un excès de tannin, qui ne petit convenir qu'à des nm 
inférieurs. ' 

Certains vins qui n'ont été laissés que de cinq à sept jour» 
dans la cuve contiennent onze , douze et jusqu'à treize pour 
cent d'alcool pur. 

Disons en terminant que les vins de 1865 « en raison deleor 
qualité exceptionnelle, méritent d'être gardés vieux, maiioD 



— 349 — 

ne saurait trop r«cmDn«nd«r, pour qiM^a «eoservalion de ces 
vins soit assurée, des soutirages fréquents avec un méchage 
à chaque soutirage. 

A. Mërihk. 



HOTB SUB LE aBRDSKBBX GOHPAEATIF DIS BEOITBRÀVBS JAUNBS 
BT B0DGB8. 

n est reconnu que la bmterave globe jaune «est, poar la qua- 
lité, supérieure aux autres espaces. 

Pour le produit en qualité, voici ce que j'ai constaté cette 
année : 

Savais ensemencé un champ avec de la graine mélangée de 
globes jaones «i de rd^iges comaifHKis. les «ngrais, les fiçons, 
les soins ont donc été pour les unes et les autres absolument 
les mêmes. Lors de Tarrachage, j*ai fait mettre en tas séparés 
^es jaunes et les rooges de deux ou trois planches. 

Au moyen d'une grande botte et d*une bascule , j'ai trouvé 
(lue : 

Un mètre cube de jaunes en contenait 576 pesant 564 kil., 
l*QneO kil. 978 grammes. 

Bn mètre itabe de rooges en contenaiie 419 pesant S8S kîU 
l'une 1 kil. 390 grammes. 

Les jaunes, à rarîson de leur tonne. Uiî%8i«>tt< MH>e«il)es 
ïians1<i boHe txroinfi de vides que les rouges. 'MiBtlgré la diffé- 
rence de poids des deux mètres cubes , on penf donc considé- 
rer que la pesahteur spécifique des deux espèces est à pou 
près la même. 

En supposant 40,000 betteraves à Thectare — m. SO c« en 
tout sens. — Da bectare de globes jaunes m'aurait donné 
39,130 klL et un hectare de rouges communes 5S|,60O Idl. 
Décembre ;4865. 

A. DB LA MABTnfllÈBB. 



— SJtO — 



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sonnes qui voudront bien l'honorer de leur confiance , et leur oSrin 
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— 351 — 

F. CLAMAGERAN 

A Li LAIDEETIE, PR£S SAUTE-FOT (Gironde) 

MédaiUe 2« classe, EXPOSITION UNIVERSELLE 1855 
Trois médailles Or. — Une médaill« Vermeil " 
Cinq médailles d'Argent.— Trois médailles Bronse. 



INSTRUMENTS AGRICOLES 

APPAREIL SIMULTANÉ POUR LA CUISSON DES ALIMENTS 



(iM<M(é(e 1) 6 hectolitres en 2 tonnes séparées 320 fr. 

[l^odète 2) 3 hectolitres en une seule tonoe 150 

UÏÎUR DE RACINES — HACHE-PAILLE — CODPE-RACINES 



YITICIJL1TIJRI2 

Charrue à défrichement (lfoc/è((? 1) 80 fr. 

Charrue fouilleuse (terrain pierreux) (i^^ prix , Alger. . . 70 
Charrue fonilieuse (terrain argileux) (!*' prix, Agen 1863 . 70 

Charrue vigneronne chaussant et déchaussant 80 

Charrue bêcheuse ou cavaillonneuse. 100 

Houe à vigne à déviation 80 

ET TOUS AUTRES INSTRUMENTS 

Reprcducleurs race porcine Berkshire LliDoiisiD-BerksbJre, 
VÉXIER8 8OUTHDOWN 



(BREVETÉE 8. G. D. G.) 

DE A^ PARIS, ^^^ï^^y (Charente-inférieure). 



La charroe Paris réunit tous les avantages poar la cuUor 
des vignes , soFlout des vieilles qqi seraient irrégiUièremeE 
plantées; elle se compose : 1® d*un (Jéchausseur ; ^^ d'ui 
bineur; 3^ d*an butteur, construits complètement en fer forgé 
se montant sur le môme âge à Taide de deux écrous. OflB 
charrue ne nécessite , dans les terrains de moyenne force, qn 
remploi d*un seul cheval ou d'un seul bœuf, quoique résisdtk 
à deux forts chevaux ou deux forts bœufs. 

i^ Le déchaosseur est aussi rechausseur en laissant, sur l'é 
tançon de devant, une petite pièce saisie avec trois petites vis 
ceiXt pièce doit ^lussi rester à demeore poar «1«) labour àei 
jeunes plantes, dos vignes hautes , etc. ; elle se supprime seu- 
lement pour les deux derniers tours dans les vignes bassa^ 
■Ce même déchausseor (ave« versoir à droite ou à gauche fei^ 
les demandes) , dont ravant-corps se trouve incliné do c^ 
opposé au versoir, par conséquent éloigné du plan del'age 
d'environ m. 48 à 20 c, permet d'approcher très-près des 
souches sans nuire aux bourgeons ; la pointe du soc est déviée 
du côté opposé pour éviter que la souche ne soit atteinte par 
le soc; il ne reste donc à enlever à la bêche qu'une petiie 
bande de terre de m. 8 à 10 c. de largeur entièrement crevée 
par les deux derniers tours de la charrue. 

2® Le binoir , instrument sans versoir , ayant deux larg^ 
cojuieaux tous en fer forgé et aciéré formant uno Urge"^ 
moyenne de ai. 70 c. , coupe les herbes et racines laissaflil^i 
terre à plat. 

3* Le butteur , avec ses versoirs pouvant s'écarter de œ^ 
30 à 40 c.^ peut rechausser en un seul tour un rang de vigùc^ 
ou jeunes plantes, ou plantes sarclées de 1 m. 10 c. de largeur. 
Cet instrument, résistlble à 4 boeufs, peut être employé à 
faire des fossés dans les vignes pour y enfouir les fumiers. 

Prix des trois instruments , n^» 4, 170 fr.; n« 2, 155. 

tO médailles dont 4 médailles d'or vi 3 rappels de tuMMà 
d'or ont été déceroées à cette môme charrue. 



TABLE DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS LES BVLLËTINS DE 1865. 



PARTIE OFFICIELLE. 

Pages. 

^«reau et conseil p<mr 1965;. 2 

Uste des membres de la Société au premier janvier 1865. 2 

HV. Ds Glock , élu membre titutaîre résidant. IW 

Pbrcbaud, id, 32S 

^TAXJX, id. 323* 

. ioLLT (déjà membre résidant), nommé non résidant. 2ft9 

Satatier, id. id. 2fte- 

liESPiiiAis, élu membre titulaire non ré;)iâant. 2 

2 
37 
37 
74 

16/^ 
2i4 
249 
249 
322 



DE LaBKOUSSB , 


id. 


D'ACBÉRt» 


id. 


DE ROGIBR , 


id. 


DE LASSAT» 


id. 


Mahthikeau , 


id. 


Pr^osi-Maisoriiay, 


id. 


Thym-Berthadlt , 


id. 


Oadltier , 


id. 


Crevallerbau ♦ 


id. 


DE CBESSAC, 


id. 



— 354 — 

Sommaire de la séance du 3 janvier 1865. t 

-— — du 25 janvier 3i 

— — du 7 février 3T 

— — du 7 mars 

— — du 20 mars 

— - du A avril 1^^ 

— — du 2 mai ^ 

— —du 6 juin 1/7 

— — du ^ juillet Î15 

— — dul*'août ^ 

— — du 14 novembre ^' 

— — du 5 décembre ^^ 

Alïnrnfion de M. le président Gaillard. 

Circulaire de M. le Ministre de l'Intérieur, relativement au place- 
ment des jeunes détenus et des jeunes libérés chez des culti- 
vateurs. ^^ 

Culture de la vigne, leçon orale du docteur Gutot. '^ 

Délibération de la Société , émettant le vœu x^ue le nombre des 
stations soit augmenté entre Poitiers et Fleuré sur la ligne de 
Limoges. ^' 

Discours de M. le président Gaillard à la séance de distribution 

des récompenses , pour l'exposition des races canines. ^ 

Discours de M. Boorbeau, maire de Poitiers, à cette même 

séance. '^ 

Drainage de M. Vibt, leçon orale. '^ 

Exposition des races canines, liste et distribution des récompenses. ^^' 
Lettre de M. le Ministre de T Agriculture, relativement à la créa- 
tion, dans les concours, de calégc^ries spéciales pour les ani- 
maux désarmés. '^^^ 
I^ettre de M. de Cressag, président de la société Tayaut-RalUe. ^"^ 
Lettre de M. de la Guéronnière , sur le brârtie de Schrader, ^'•'' 
Note sur le rendement comparatif des betteraves jaunes et rouges, 

DE LA MARTINIÈRE. ^^' 

Notes sommaires sur le concours régional du Mans, de Souvignt. I'^ 
Notice sur M. de la Marsonnière, Pingadlt. '^^ 

Rapport sur le concours de sylviculture, de Soutighy. 



— 355 - 

Rapport sur le concours pour la prime d'honneur d'Indre-et-Loire, 

/iRNAULT DE LA MÉNARDIÈRE. 20. 43, 93, 135 

Rapport sur le commerce des engrais^ de Soutigny. 90 

Rapport sur les explorations du docteur Guyot à Neuville et au 
cbâteau de Momay, de Gougnt. 113 

Rapport sur la visite de viticulture du docteur Guyot dans le can- 
ton de St-Georges, Mérine. 1A5 

Rapport de la commission chargée d'étudier la question des en- 
grais commerciaux, Mauduyt. 161 

Rapport sur les bestiaux gras au concours de la mi-^arême , de 

SODVIGîïY. 166 

Rapport sur la race ovine, à ce même concours, du Patural. 170 

Rapport fait au concours de la mi-carême, Brossard. 197 

(rapport sur les animaux de basse-cour , concours de mi-carême, 

JOLLY. 219 

Rapport sur l'exposition d'horticulture de Bergerac , Bruant. 251 
Happort sur l'exposition des chiens de chasse. Couteaux. 292 
Rapport sur le concours du comice de Mirebeau, Galmeil. 299 
^^apport sur le concours du canton de St-Georges , Gâlmeil. 332 
f^apport sur la viticulture dans le canton de St-Georges, Mérine. 3/i0 
Résumé de l'audience accordée par M. le préfet à la sous-commis- 
sion des primes départementales, de Souvigny. 159 



PARTIE NON OFFICIELLE. 



Analyse des terres arables de Sologne, Mazure. 54, 122 

Aride faire vivre les armées, Lebreton. 225, 256, 305 
Avantages comparés de la marne et de la chaux employées en 
agriculture , mémoire de M. Mazure communiqué par 

M. Trouessart. 168 

^utage de la vigne par semis d'yeux, de Gurzoiv. /i2 

^^"vage des vins. 208 

Promage de pois appelé teweu. 173 

*-6s meilleures pommes de terre. 139 



— 356 — 

MoIIeteur Malapert. 19 

Noie sur les béliers hydrauliques, Gustave Bardt. . 17 
Note sur le livre de M. le comte des Gars iutilulé De Cétagage 

des arbres^ de Gurzon. 205 

Note sur le sciage des planches • 2Â5 

Observations sur le frêne présenté par M. Pasquier, Bruaht. il 

Poire Royale-Vendée. 17 

Races bovines désarmées, de Gureor. i8S 
Rapport précoce d*un pied de raisin muscat , observations sur la 

fermentation du moût de ce raisin. tt 
Recherches sur la transformation des matières animales en en- 
grais inodores et imputrescibles, H£rocard. 277, 311 
Résidus de Savonnerie, de Gurzor. M 
Vé(2;étation phénoménale, Maudutt . ^ 
Vins blancs doux. W 
Vins inconnus, comte de Grot. il' 



. ■ ■■ i 1 

â'oitien.— Typ. de B. Ovdin. 



sz ^-r z/^,^uJ^,,^^^^ ^fj'S / 



»t 



* -*- **^^^*lj|*^^*- 



BUUETIN ^ ^ 

SOCIlTË ACADÉMIQUE D'AGBICULtURË 

DE POITIERS. 

No 103- — BuuxTiN DE Janvier 186<j. 



POITIERS 

'MPKIMEBIE Dfi HENRI OUûIN. RUE DE L'ÉPERON, 4. 

PARIS 

i^kkache. libraire, uuk du BOULOV. 1. 

1866 



♦ -._ __— — ^- **^**s^»»- 






BULLETIN ^<' ; 

DB LA 

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D'AGRlCLlJUREjfif^f 

BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS 
tes POITIERS. 

N^ 103. 

TABLB DES MATIÈRES DU BULLETIN DE JANVIER. 
Sommaire de la séance du 2 janvier , page 1. — Liste des membres de la 
Société, page 3.^Comment la crise économique actuelle peut profiter à Tagri- 
calture , page 9. — Concours de 1866 , annonce des prix , page 31. 

SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU ^ JANVIER 1866. 



32 membres assistent à cette séance. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. DE CuRZON dépose sur le bureau des appareils dus à 
M. Garreaud , de Couhé , et dont le but est d'entourer les pieds 
blessés des animaux (bœufs et moutons). C'est une sorte de bot- 
tine destinée à préserver le pied blessé et en même temps à 
Taciliter Tapplication et le maintien des remèdes. 

M. AuBRUN dépose sur le bureau un ouvrage intitulé : Mémoi- 
res de la Société impériale cF émulât ion (TAàlfeville , envoyé |>ar 
M. Boucher de Crève-Cœur de Perthes, président de cette 
société. 

M. Bruant donne lecture d'une lettre par laquelle M. Leroy, 
d'Angers , lui demande des renseignements sur une ancienne 
variété de poire nommée Portail , autrefois très-estimée et très- 
cultivée en Poitou. M. Bruant prie les membres de la Société 
qui connaîtraient cette poire ou qui pourraient fournir des ren- 
seignements sur elle de vouloir bien les lui communiquer. 

La Société décide que la lettre de M. Leroy sera insérée dans 
un prochain Bulletin, avec une petite note à la suite, destinée à 
prier les lecteurs de faire part des renseignements qu'ils pour- 
raient avoir. 

fialletin de janvier 1866. 1 



— 2 — 

La Société procède ensuite à Télection des membres de son 
bureau et de son conseil d'administration pour Tannée 1B66. 
Sont élus : 

Membres du bureau. 

MM. Gaillard iR^ , président. 
Brossahd, vice-président. 
Galmeil , secrétaire. 
PiNGAULT , trésorier. 
Mauduyt , archiviste. 

Membres du conseil. 

MM. DE Cu&zoN , Courbe , Cirotteau. 

M. DU Patural, déjà membre titulaire résidant, est admis sur 
sa demande à échanger ce titre pour celui de membre titulaire 
non résidant. 

Est ensuite élu : 

Membre titulaire non résidant. 
M. AuBAR , de Boucesse. 

M. le Président consulte la Société sur ce qu'elle a Tintention 
d'entreprendre dans l'année. Il demande si elle veut ou non 
continuer cette année Tappui qu'elle a prêté l'an dernier à 
l'exposition des races canines. 11 prévient en même temps qu'on 
a l'intention d'adjoindre à cette exposition un concours pour 
les chiens de berger. 

Une discussion à laquelle prennent part successivement 
MM. de Souvigny, Courbe, Théodore Gaillard, de Curzon. 
Trouessart , Bruant, s'élève à ce sujet. 

La Société consultée décide qu'elle continuera son concours 
à l'exposition des races canjnes à condition que son budget ne 
s'en trouvera pas grevé. 

M. le Président annonce à la Société que, dans le cours de 
l'année 1866, une médaille sera décernée en prime à la viticul- 
ture. 

La Société décide ensuite qu'elle organisera , comme les pré- 
cédentes années , un concours d'animaux reproducteurs et de 
bestiaux gras/« 

Une discussion à laquelle prennent part MM. de Souvigny i 
de Curzon , Brossard , Branthôme , s'élève sur la question de 



N 



— 3 — 

savoir à quelle époque il convient de fixer le jour de ce con- 
cours. 

La Société consultée décide qu'il aura lieu cette année la 
veille et non le jour même de la foire de la Mi-Carême. 

Plusieurs observations sont ensuite faites, par différents mem- 
bres, à propos de modifications à apporter dans le programme 
du concours et les primes à distribuer. 

A la suite de ces observations , la Société décide que la partie 
du programme relative aux races porcines sera supprimée du 
prochain concours et que d'autres primes seront créées, notam- 
ment pour les taureaux parthenais et pour les bœufs de labour. 

M. Théodobe Gaillard demande que la race chevaline soit 
admise au concours et que des primes lui soient attribuées. 

La Société consultée regrette que les ressources restreintes 
de son budget ne lui permettent pas de faire droit à cette de- 
mande et décide en conséquence qu'il ne sera pas établi de 
concours pour la race chevaline. 

La séance est levée. 

Le secrétaire , V. Galmeil. 



LISTE DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ. 

La Société académique de Poitiers fondée en 1789 compte 
au 4" janvier 1866 : 
1» — 7 membres d'honneur ; . 
2** — 6 membres honoraires ; 
30 — 170 membres titulaires ; 
4'' — 31 membres correspondants. 

Membres cThonneur, 
MM. 

Le Préfet de la Vienne. 

Le Maire de Poitiers. 

Le Président du Conseil général. 

Le Député de Beauchamp (0. ifl? ) , représentant la 1" cir- 
conscription de la Vienne : Châlollerault et Montmorillon. 

Le Député de Soubeyran (0. *), représentant la 2* circons- 
cription de la Vienne : Poitiers (nord) et Loudun. 

Le Député Bourlon (0. *) , représentant Ia*3' circonscrip- 
tion de la Vienne : Poitiers (sud) et Civray. 

Le Recteur de T Académie de Poitiers. 



-4 - 

Membres honoraires. 
MM. 

1829 Mauduyt père , conservateur des musées. 

18»» Desroziers (0. ^Hf), recteur de l'Académie. 

1831 Robin , professeur de musique. 

1840 Bonnet , professeur à l'école de Médecine. 

1842 Coiraull des Loges père. 

1843 Le comte de Lastic Saint-Jal ^, 

Bureau, 

MM. Gaillard «Re , président. . 
Brossard , vice-président. 
Calmeil, secrétaire. 
Pingault, trésorier. 
Mauduyt , archiviste. 

Conseil, 
MM. de Curzon , Courbe, Cirotteau. 

Membres titulaires, 
MM. 
1823 De Boismorand, agriculteur , à Boismorand. 
1828 Duval , maire de Celle-LévécauU. 
1828 Garran de Balzan , conseiller honoraire. 
1828 Legentil ^ , président de chambre honoraire. 
1833 Cardin , ancien magistrat. 
1833 Gaillard ^ , professeur à l'école de Médecine. 
1839 Pingault , professeur à l'école de Médecine. 

1839 Grimault père , ancien pharmacien. 

1840 Pontois * , avocat. 

1844 Mauduyt , pharmacien , membre du conseil d'hygiène. 

1847 De Curzon, agriculteur , à Moulinet. 

1848 Serph (Gusman), m. du Conseil gén. de la Vienne, à Savigné 

1849 Brossard , professeur à Técole de Médecine. 

1849 De Souvigny , insp. des forôts en retr., à la Guillonnière. 
1849 Gaillard (Théodore) , membre du conseil municipal. 

1849 De Morineau , banquier. 

1850 Gilles de la Tourette, prés, du comice agricole, à Loudun. 
1850 De la Martinière , agriculteur , à Vouneuil-sous-Biard. 
1850 De Constant , agriculteur, à Toucheroux 



— 5 — 

1850 Courbe (Eugène), ancien prés, du tribunal de commerce. 

1850 Oudin , imprimeur. 

1851 Bonnet ^ , président de chambre à la Cour. 
1851 Chenier , agriculteur , à Rimbard . 

1851 Lafond (Hector) , agriculteur , à Lavergne. 

1851 De Crémiers , à Bourg -Archambaud. 

1851 De Cougny , à Savigny. 

1853 Aubrun., notaire. 

1853 Guignard , professeur à Técole de Médecine. 

1853 T^ comte de Malartic. 

1853 Lafond (Adolphe), agriculteur , au Peux de Persac. 

1853 Lagarenne, agriculteur, à La \illedieu. 

1853 Opter (Epiphane) , à Montmorillon. 

1853 Bonneau de Beauregard, agriculteur , à Larondelle. 

1853 Boncenne Juge de paix à Vivône. 

1853 Bouinde Beaupré , avocat, membre du conseil municipal. 

1853 De Mascurault , Maire de Marçais. 

1853 Boin , agriculteur , à la Gigogne. 

1854 De Grousseau , directeur de Técole des Bradières. 
1854 Lecointre (Eugène) , à Alençon. 

1854 Trichet (Philippe), à Nieuil-l'Espoir. 

1854 De-Terrasson , ancien capitaine d'état-major , à Villemort. 

1854 Thoinnet ^ , membre du Conseil général de la Vienne. 

1854 De la Martinière (Jules) , Maire de Gisais. 

1855 Le baron Du Pâturai , à Vouneuil-sous-Biard. 
1855 Savatier (Jules) , juge d'instruction , à Chàtellerault. 

1855 Savatier (Gustave) , agriculteur , à Lésigny-sur-Creuse. 

1856 Gillot Saint-Evre , professeur à la Faculté des Sciences. 
1856 Autellet , adjoint au Maire. 

18$6 Guiotdela Rochère, prés, du comice de Tlsle-Jourdain. 
1856 Bardy , conseiller à la Cour impériale. 
1856 Rouil ; propriétaire, à Poitiers. 

1855 De Montjon , agriculteur , à Mignaloux. 

1856 De Sazilly , agriculteur, à Vouheuil-sous-Biard. 

1857 Cirotteau , mé^ecin-vétérinaire , à Poitiers. 

1857 Lecointre (Gabriel) , agriculteur , aux Prégnaudies. 

1837 Autellet # , docteur-médecin , à Civray. 

1837 Bourbeau * , Maire de Poitiers. 

1857 Brécbard , adjoint au Maire. 

1857 Marquis Aymerde la Chevallerie, agriculteur, à Piloué. 



— 6 — 

1857 Le baron du Puynode , agriculteur , aux Certeaux. 
1857 Guitteau, préparateur de chimie à la Faculté des Sciences. 
1857 Savin de Larclause , directeur de la ferme-école 4)e Monts. 
1857 Durand , membre du Conseil général de la Vienne. 
1857 Babault de Ghaumont, agriculteur , à Ghaumonf. 

1857 De Montmartin , agriculteur, au Bois-Doucet. 

1858 De Tudert , agriculteur , à Visais. 
1858 De Saintvis , avoué à la cour. 

1858 Bruant , pépiniériste , membre du conseil municipal. 

1858 Braguier , horticulteur , à Saint-Genest. 

1858 Mulard , agriculteur, à Pleumartin. 

1859 De Moulin-Bochefort , agriculteur , à Magot. 
1859 Price , agriculteur , à Persac. 

.1859 Laprade , agriculteur , à Mazeirolies. 
1859 Le baron Laurenceau , ancien représentant. 

1859 Triberf , membre du Conseil général de la Vienne. 

1860 Touchois , avoué au tribunal. 

1860 Comte de Croî # , agriculteur , au château de Créroanlt. 

1860 Constantin , docteur-médecin , à la Vergue. 

1861 Orillard ; dir. de Téc. de Médecine , anc. Maire de Poitiers. 
1861 Jolly (Alexandre) , substitut aux Sables-d'Olonne. 

1861 Le comte de Briey, agriculteur, au château de la Roche. 

1861 De May de Fontafret , agriculteur , à Saint-Georges. 

1861 Amirault- Hocher , agriculteur, à Loudun. 

1861 Thibaudeau , banquier. 

1861 Deschamps , agriculteur , à Mazais. 

1861 De la Massardière , prés, du comice agric. de Châtellfrault. 

1861 Malapert fils, pharmacien, prof, suppl. h Toc. de Médecine. 

1861 Pottier , avocat. 

1861 Coirault des Loges (Charles) , agriculteur, an Theil. • 

1861 De Campagne , agriculteur , au château du Fou. 

1861 Bonneau de Beauregard (Léonce) , à Larondelle. 

1861 Bonneau de Beauregard (Jules), à Larondelle. 

1862 Le comte de Laistre , viticulteur , à Mornay. 
1862 Hivonnait, directeur de l'école de dessin. 

1862 Coirault des Loges (Ernest) Juge suppléant , à Parthonay. 
1862 Trouessari ^ , professeur à la Faculté des Sciences. 
1862 Pissis , ancien conservateur des hypothèques. 
1862 Ferrand ^ , ingénieur en chef des ponts et chaussées. 
1862 De Laporte , propriétaire. 



— 7 — 

1863 Petit- Vée , ancien président du tribunal de commerce. 

1862 Mérine , avoué à la Cour. 

1862 Leblanc-Turquand , manufacturiee à Biard. 

1862 De la Faire (Gaston) , agriculteur , à Villeneuve (Indre). 

1862 D'Hugonneau , agriculteur , à Vouneuil-sous- Biard. 

1862 Boucard , inspecteur des forêts. 

1862 Bourlon (0. ^), député représ, le dép. de la Vienne. 

1862 De Beaucharnp (0. ^), député représ, le dép. de la Vienne. 

1862 Poirault , pharmacien. ' 

1862 Martineau , avoué à la Cour. 

1862 Durivault , agriculteur, à Varennes. 

1862 Thébault , professeur au Lycée. 

1862 Couteaux fils , agriculteur , à Usson (Vienne). 

1862 Bdlot , banquier. 

1862 Thiellens, docteur ës-scienc. natur.,àTirlemont(Belgiq.). 

1862 Gérard (Jules) , Maire de Sanxay. 

1863 Duchastenier ^ , président du tribunal. 
1863 De Montesquiou , à Pur non, 

1863 Maysonnay (Léopold) , à Usson. 

1863 Loquin , à Bordeaux. 

1863 Bourdin-Garnier , membre du conseil municipal. 

1863 Cornet de Laminière , propriétaire. 

1863 Hector Berge, homme de lettres , à Bordeaux. 

1863 Barbier , conseiller de préfecture. 

1863 BétouUe , propriétaire à Montmorillon. 

1863 Bellot , Maire de Vivône. 

1863 De Traversay (.\uguste) , agriculteur à Bourg-Jolly. 

1863 Chevrier fils, agriculteur , à Clan. 

1863 De Coral, référendaire à la cour, des comptes. 

1863 De Fautereau , directeur de l'assurance mutuelle. 

1863 Lecointre (Paul) , propriétaire, à Poitiers. 

1863 Person fils , propriétaire , à Marsais. 

1863 Poirier (Abel) , Maire de Véniers , à Loudun. 

1863 Calmeil (Victor) , avocat. 

1863 Branthôme atné , à Poitiers. 

1863 De Soubeyran (0. if^) , député représ, le dép. de la Vienne. 

1863 De Rattier de Sus- Vallon , homme de lettres, à Bordeaux. 

1863 Huguet (Jean) , à Brigueil-le-Chantre. 

1863 Babinet (Joseph) , propriétaire , au Murault. 

1863 Babinet (Adrien) , propriétaire , au Murault. 



— 8 — 

1863 Marchand (Charles) , horticulteur. 

1863 Dp Rogier , propriétaire , à Montlouis. 

i863 De Montjou (Dominique) , à Bonnevaux, 

1863 De Montjou (Emile) , à Ligugé. 

1864 Raynal , professeur au Lycée. 

1864 De Savatte , propriétaire , au château de Fleuré. 

1864 Millet , propriétaire , au château du Boucbaud. 

1864 Bourgueil , propriétaire , à Chaunay. 

1864 Pingault-Demolliens ^ à Bellejouanne. 

1864 De Saint-Laon , aux Touches. 

1864 Aniiet , président du comice agricole de Mirebeau. 

1864 De la Tourette fils , secrétaire du com. agric. de Louduo. 

1864 Penin, propriétaire , au château de Beaupuy. 

1864 Marquet , directeur de la colonie agricole de St-llilaire. 

1864 Bourgain , propriétaire , au Touffenet. 

1864 Boisseau d'Artiges, prop., à Plaisance, près Montmorillon. 

1864 Cordier-Dupanneau , membre du Conseil général: 

1865 D'Epinay , propriétaire, à Loudun. 

1865 De Labrousse, au Vieil- Ayrault , près Laferrière. 

1865 D'Auberry , propriétaire , à Fontaine. 

1865 De Rogier , propriétaire , au Lizou. 

1865 De Lassât , propriétaire , à Saint-Paixent. 

1865 De Clock > propriétaire , à La Reynière. 

1865 Marthineau , juge de paix , à la Grève. 

1865 Prévost-Maisonnay , à Availles<Limousine. 

1865 Thym-Berthault , agriculteur , à Vitrey, 

1865 Gautier , docteur-médecin , à Melle. 

1865 Cheval lereau , propriétaire , à Toufou. 

1865 Le baron de Cressac, président de la société Tayaut-Railie. 

1865 Penchaud , avoué à la Cour. 

1865 Joyaux , avoué au tribunal. 

Membres correspondants, 
MM. 

1840 Robinet * , membre de T Académie de Médecine. 

1848 Grûner !|^ , professeur à Técole des Mines à Paris. 

1848 Le duc des Cars , à Paris. 

1849 Deizons, inspecteur des contrib. directes , à St-Ëtienne. 

1850 Chazaud ^ , ancien dépiité , à Paris. 
1852 L'abbé Dupuis, à Auch. 



— 9 — 

85â Boreau, directeur du Jardin des plantes , à Angers. 

852 Raulin , prof, de géologie à ia Fac. des Scienc, à Bordeaux. 

853 Dufihud ^ , ingénieur des ponts et chaussées , au Mans. 
85i> Fennebresque , directeur des cultures , à Mettray. 

854 De Saint-Marsault, prés, de la Soc. d'agr. à La Rochelle. 
85» Bonnemaison , à Jonzac. 

855 Richard , manufacturier , Maire à Chollet. 
85» D'Abnour, professeur en Angleterre. 

857 Moli ^ , professeur au Conservatoire des arts et métiei::^. 
85» De Lyron d'Ayroles, à Nantes. 

857 Guérin (Jules) , docteur en médecine , à Paris. 

858 De Soland, président de la société linnéenne , à Angers. 

858 Le comte Odart , à Tours. 

859 Béreau y conseiller à la Cour d'Angers. 

8»» De Ladmirault (G. 0. ^) , général de div., s.-g. de l'Algérie. 

860 Liège , propriétaire, à Lezay. 

860 Place, médecin vétérinaire , à Niort, 

862 Le docteur Guyot (Jules) ^ , à Paris. 

863 Defranoux , ancien rédacteur de la Ferme. 
863 Cornay, docteur- médecin, à Paris. 

863 Mazure , professeur de physique au Lycée d'Orléans. 
863 Landouzy , conservateur des hypothèques, à Segré. 
863 Coussin , auteur du Catéchisme agricole. 

863 Barrai (0. iA^), rédacteur du Journal d'agriculture pratique. 

864 Le Breton 4^ , s.-intend. militaire dans la garde impériale. 



GOMIIEIVT LA GRISB ÉGONOMIQUB ACTUELLE PEUT PROPITEA 

A l'agriculture. 

Je n'ai point l'intention de discuter ici m faveur du système 
protecteur contre le libre-échange. Quels que puissent être les 
périls que fait courir à notre pays ce dernier système économi- 
que , il prévaut aujourd'hui comme un fait accompli , et , en ce 
qui nous concerne, on a pris la peine de nous avertir qu*îl en 
allait prendre notre parti , parce que rien n'y serait changé. 

Pourtant , si c'est le propre de tous les systèmes préconçus de 
^sister àtoute discussion, il ne leur est pas possible d'échapper 
^ux conséquences qui sortent de leurs flancs. Ces conséquences, 
U arrive toujours un moment où elles se dressent devant le sys- 



— 10 — 

tème qui les a eo&ntées, opposant à l'entiienienicles Yolonies 
rentétemenl plus irréfragable des faits. 

Or, dans les questions qui intéresseat plus particulièrement 
l'agriculture , car je n'ai à me préoccuper ici que de cefles-ià, 
les Taits n'ont pas tardé à donner le plus éclatant démenti aa 
système. 

Qui ne se rappelle le rapport de M. le Préfet de la Seine éta- 
blissant que la liberté absolue de la boulangerie avait imposé sa 
consommateur , pendant une seule année et pour la seule ville 
de Paris , une surtaxe de plus de neuf millions? <— De son cM, 
M. le conseiller d*État Heurtier , dans un rapport inséré au 
Moniteur , constate qu'en présence de la liberté de la boucherie, 
a quand l'inportation des bestiaux augmente, et que leur expor 
tation diminue , le prix de la viande n'en atteint pas moins une 
hausse importante. » 

Si le retrait de la protection accordée jusqu'ici à notre agri- 
culture avait profité au consommateur , nous aurions mauvaise 
grftce à nous en plaindre. Mais que dire d'un système écono- 
mique qui a pour résultat d'avilir dans les mains do producteur 
la valeur des produits agricoles au-dessous du prix rémunérateur, 
et de produire une surtaxe sur la viande et sur le pain au détri 
ment du consommateur ? Ajoutons que cette surtaxe est payée 
surtout par la population pauvre : les consommateurs ais^ (Mit 
toujours la faculté de débattre le prix avec le boulanger ou avec 
le boucher ; il n'en est pas de même de i'oufrier qui, n'ayaoi 
pas de crédit, est obligé de subir la loi de ses fournisseurs. 

Déjà plusieurs municipalités , inspirées par l'intérêt légitiine 
du consommateur , ont rétabli la taxe sur la viande et sur le 
pain : d'où il suit que ce système économique tant préconisé, 
ce système qu'on déclarait définitif n'a pas çu. supporter deui 
années d'expérience. Car le libre-échange est absolu, ou il n'est 
rien : s'il est entamé sur un point, il tombe tout d'une pièce; 
une seule exception le ramène au système protecteur. Dans le 
système de la protection , en effet , c'est aussi la Jiberté qui est 
le droit commun , la protection n'intervient que là où la néces- 
sité en est démontrée, et elle cesse aussitôt que cette nécessité 
n'existe plus : si donc il est une fois reconnu que le lihre^ekany- 
admet aussi la protection là où elle devient manifestement néces- 
saire , l'antagonisme entre les deux systèmes s'évanouit ; ce n'est 
plus qu'une querelle de mots, une question de plus ou de moio^* 



— H - 

Je n'entends point, je le répète, me livrer ici à une discussion 
approfondie des deux systèmes économiques aujourd'hui en pré- 
sence ; mais je ne pouvais pas me dispenser de signaler tout 
d'abord les écueils que rencontre la liberté absolue , et les échecs 
qu'elle a dû subir dès ses premiers pas dans le domaine des 
Faits économiques. Cela dit, je ne me préoccupe plus des prin- 
cipes d'une saine administration , ni de la sanction que l'avenir 
leur réserve : je me trouve en présence d'une situation écono- 
mique nouvelle; je vois l'agriculture en souffrir, j'entends ses 
doléances, et je me demande ce qu'il peut y avoir à faire pour 
conjurer sa ruine. 

11 n'y a pas à essayer de faire rapporter les mesures qui nous 
frappent : elles ont été prises en connaissance de cause , après 
une enquête qui nous était favorable , et il a été déclaré qu'elles 
ne seraient pas modifiées. N'en appelons donc plus qu'à l'expé- 
rience , et laissons-lui le soin de produire des arguments plus 
efficaces que les nôtres. En attendant, organisons notre culture 
conformément aux exigences de la situation nouvelle qui nous 
est faîte, et il sera bientôt démontré que cette protection qu'on 
nous repi\>cheet qu'on nous ôte profitait à d'autres que nous. 

« Ne pourrait-on pas, dit M. le conseiller d'État Heurlier, ap- 
peler l'attention de l'agriculture française sur l'utilité qu'il y au- 
rait pour elle et pour tous à produire moins de blé, dont le prix 
est si peu rémunérateur dans les années d'abondance , et plus 
de bétail , dont le prix correspondrait si bien à ses légitimes exi- 
gences? Moins d'emblavures , puisque la France et l'Angleterre 
^ont àevenues, depuis le nouveau régime économique, les deux 
grands marchés ou convergent les céréales du monde entier, et qu'il * 
n'y a plus à redouter les périls de la disette, b 

Il y a là un conseil et un aveu : tous les f!eux ont leur prix. 
M. Heurtier proclame, pièces en main, que, depuis le nouveau 
régime économique , la France est devenue , comme l'était déjà 
^'^ngleterre, un grand msitché où convergent les cériales du monde 
^tier : on ne viendra donc plus nous dire que le nouveau régime 
^onomique n'est pour rien dans la crise que subit l'agriculture. 
Quant au conseil de produire moins de blé, je le trouve parfai- 
tement opportun , et c'est là qu'il faut chercher le véritable re- 
mède contre nos souffrances présentes. — Je comprends que 
j'aie beçoin d'expliquer et de justifier cette opinion, que j'ai cora- 
l^ttue autre fois. 



— 12 — 

M. le conseiller d'État Heurtier confond ici deux choses qui 
sont absolument distinctes : la diminution de la prodacttoD da 
blé et la diminution de l'étendue des emblavures. Mains im- 
blavureSy cela ne veut pas toujours dire moins de blé : on peot 
aflSrmer, au contraire, que, dans la situation présente et géoé- 
raie de l'agriculture française, moinâ d'emblavures prodainieut 
plus de blé : ce qui justifie le conseil si judicieux que J. Bajaiilt 
donnait au cultivateur : Si tu veux du blé , fais des prés. Si donc 
il ne s'agissait de réduire les emblavures que dans ia proporik» 
de ce que l'on peut bien cultiver et bien fumer, ce serait bon 
conseil presque banal, tant il est d'accord avec les principes d'une 
bonne agriculture et avec le bon sens le plus vulgaire; mais, à 
ce degré-là, dans ce but défini, à la diminution des emblavures 
correspondrait une plus abondante production de blé. Or, comme 
la direction officielle de l'agriculture estime que nous produi- 
sons trop de blé et que c'est cette production exubérante qui 
amène l'avilissement des prix , il est évident que , dans sa pensée, 
il faut restreindre les emblavures , non pas seulement dans la 
mesure exigée pour une bonne culture, mais dans le but dere?- 
treindre la production du blé. 

Vous n'avez certainement pas perdu de vue, Messieurs, le re- 
marquable travail de notre regretté collègue , M. Dufau, sur la 
variation du prix des grains , et vous n'avez pas oublié que Fun 
des moyens qu'il proposait pour atténuer cette variation , c'était 
la diminution de la production. Je m'élevai avec force et con- 
viction contre cette conclusion : aujourd'hui que je m'y rallie, je 
vous dois compte des motifs d'un changement aussi radical dans 
ma manière de voir. 

 l'époque où M. Dufau nous communiqua son beau travail, 
nous vivions sous un régime économique nettement protecteur 
de notr^ agriculture. Cette protection , ce n'était pas une bien- 
veillance gratuite, ce n'était pas une pure faveur; il y avait là 
un contrat bi-latéral , tacite , mais réel. Cette protection n'était 
accordée à l'agriculture que dans l'intérêt et pour la sécurité da 
pays ; ce n'était pas nn/d question de progrès agricole, c'était une 
mesure patriotique. L'État disait aux cultivateurs : « Je sais qu^- 
« vous ne pouvez pas produire la viande et le pain au même prix 
a que peuvent le faire les cultivateurs étrangers : chez nous, 1^ 
a sol et le climat y sont moins propres , le prix de la maio^'oe^' 
a vre est beaucoup plus élevé , les charges sociales imposées à 



— 13 — 

< la terre sont beaucoup plus lourdes. Cependant il iniporte à 
« rhonneur et à la sécurité nationale que la subsistance du peu- 
a pie français ne soit pas laissée à la merci de l'étranger. Pro- - 
« duisez cette subsistance, coûte que coûte, et en temps de paix 

« je vous garantirai contre la concurrence étrangère, afin que, 
la guerre arrivant , notre pays n'ait pas à craindre un blocus 
« qui l'affamerait. » Tels étaient les termes du contrat ; et, tant 
qu'il a été maintenu par l'État, c'était pour l'agriculture française 
un devoir étroit , une obligation patriotique de subvenir à la 
subsistance du pays. Voilà pourquoi je combattais alors toute 
idée de restrictions apportées à la production du blé , jusqu'à ce 
que la subsistance nationale fût largement assurée. 

Il est évident que la question ne se présente plus aujourd'hui 
sous le même aspect. 

L'État nous tient, en effet , un tout autre langage : « Vous 
a nous faites payer, nous dit-il , la viande et le pain trop cher. Je 
• reconnais que vous ne pouvez pas produire à meilleur mar- 
« ché; mais puisque nous trouvons à nous approvisionner à meil- 
8 leur compte à l'étranger , notre intérêt nous commande de le 
« faire. Nous appelons donc sur nos marchés les céréales du 
« monde entier , et nous ouvrons nos frontières à tous les bes- 
« tiaux étrangers. Quant à vous, reprenez votre liberlo d'action : 
« renoncez à des enïblavures onéreuses , restreignez la produc- 
8 tion du blé , et appropriez votre soi et vos cultures aux besoins 
« nouveaux. » 

Nous pourrions bien répliquer à notre tour : a Mais qu'ar- 
a rivera-t-il en cas de guerre ? Voyez quelle perturbation a pro- 
8 duite chez nous la guerre américaine ! Ce n'était pourtant qu'une 
a guerre' intestine ; nous n'y étions pas partie; il ne s'agissait 
« pour nous que d'une disette de coton : que serait-ce si une 
a autre guerre venait à interrompre chez nous l'importation du 

< blé, alors que l'agriculture française ne serait plus en mesure 
« d'y pourvoir? » 

On nous répond qu'iV ny a plus à redouter les périls de la di- 
sette. Ce serait là une grande sécurité, si une autorité suifisam- 
ment autorisée pouvait nous en donner la garantie. Quoi qu'il en 
soit, cette éventualité si redoutable n'est plus aujourd'hui à notre 
charge. Abandonnée à elle-même, répudiée au profit de four- 
nisseurs étrangers, l'agriculture française n'a plus à prendre 
conseil que de ses propres intérêts; et son intérêt très-évident est 



— lo- 
que les bras qu'on économisera pour la moisson , il les faudra 
en plus pour les fauches. Non ; parce qu'une partie des prai- 
rios devra être livrée au pâturage ; parce qu'une autre partie 
devra être fauchée quotidiennement pour le produit en être 
consommé en vert ; parce que la portion destinée à fournir du 
fourrage sec pour Thiver n'exige pas pour sa récolte la méioe 
rapidité que la moisson et qu'on peut se contenter d'un nombre 
moindre de bras. 

Pourquoi est-ce , surtout , que l'agriculture anglaise est supé- 
rieure à la nôtre? — Parce que le cultivateur anglais possède 
plus de bétail et parce qu'il le nourrit mieux. — Quelles sont, 
en France , les contrées où l'agriculture a fait le plus de pro- 
grès? — Ce sont celles où les bestiaux sont à la fois meilleurs 
et plus nombreux , où la culture du froment est peu étendue. 

Nous ne pouvons pas nous dissimuler que c'est à ce point de 
vue surtout que notre culture locale est défectueuse. 

M. de Morel-Vindé a cherché à établir, par des calculs , qu'il 
fallait entretenir^ sur une bonne exploitation , une tête de gros 
bétail pour deux hectares : cette donnée a été généralement 
acceptée par nos agronomes français comme suffisante. Pabst. 
au contraire, estime, avec raison, selon moi, qu'une tête de gros 
bétail, pour deux hectares ou deux hectares et demi, est l'iodice 
d'un sol pauvre ou d'un système agricole mal entendu et annmct 
un établissement dirige sans habileté. Or , cette proportion insuf- 
fisante, nous ne l'avons même pas atteinte , car, dans la plupart 
de nos fermes^ on ne compte qu'une tête de bétail pour trois t»t 
même pour quatre hectares. 

Et cependant il n'est pas difficile de prouver que la propor- 
tion d'une demi-tête par hectare indiquée par M. de Horel- 
Vindé est insuffisante. Voici ses données : 11 faut pour fumer 
un hectare 6 tombereaux de fumier par an. Une tête de gros 
bétail consomme par an 1,800 k. de paille de froment, 1,500 L- 
de paille d'avoine, 1,800 k: de fourrages secs et, en veH, réqui- 
valent de 1,200 k. de foin sec : elle donne par an iâ tombe 
reauxde fumier. L'hectare de froment donne 3,600 k. de paille; 
l'hectare d'avoine 3,000 k.; l'hectare de prairie artificielle6,000t 
de foin. D'où il résulte, selon lui, qu'en adoptant Tassoleuieot 
suivant : 1/4 en froment, 1/4 en avoine, 1/4 en prairies arli/i- 
cielles, 1/4 en cultures nettoyant le sol, un hectare peut nourrir 
deux têtes , et une tête peut fumer deux hectares. — Miisestii 



— li- 
vrai que 6 tombereaux de fumier suffisent pour entretenir la 
fertilité d'un hectare de terre? 

Je suppose que le tombereau de H. de Morel-Vindé cube un 
mètre et qu'il pèse 750 k. : les six mètres cubes par hectare et 
par an donnent pour les quatre ans de son assolement 24 mètres 
cubes ou 18,000 k. L'hectare a donc reçu pendant quatre ans 
en azote , par le fumier 108 k. (à raison de 6 gr. par k.) , de 
ratmosphèi*e 108 k. (27 k. par an) , détritus de la prairie pen- 
dant un an 50 k. : total , S66 kilos. Mais il a perdu , par le fro- 
ment 60 k., par l'avoine 42, par le trèfle 130, par les bette- 
raves 160 : total , 392 kilos. De sorte que l'hectare de terre s'est 
appauvri en quatre ans de 126 k. d'azote, équivalent à 21,000 k. 
de fumier, soit 28 mètres cubes. D'où il suit que pour consener 
sa vieille force avec l'assolement de M. de HoreU Vindé , l'hec- 
tare de terre devrait recevoir non pas seulement 6 mètres cubes, 
mais 13 mètres cubes de fumier par an , ce qui exige une tète 
de gros bétail. Et il ne feut pan croire que ce soit là une fu- 
mure exorbitante et inusitée : tout le monde sait que dans les 
exploitations où la betterave est cultivée , on fume à raison de 
80 mètres cubes , ou 60,000 kilos dé fumier par hectare. Aussi 
M. Moll, et avec lui les bons praticiens, considère-t-il qu'une tête 
de gros bétail, ou l'équivalent par hectare, doit être l'état normal 
d'une bonne agriculture ; et il cite un cultivateur des environis 
d'Yvetot qui , sur 50 hectares, entretient 56 têtes. 

Cet étai normal d'une bonne et féconde agriculture, nous estpil 
possible d'y atteindre? Oui,- incontestablement. L'Angleterre, 
qui y est aujourd'hui arrivée , en était naguère encore tout aussi 
loin que nous. Benjamin Bell , qui écrivait en 1804 , faisait 
remarquer que la culture exclusive des grains n'enrichissait pas 
et que déjà elle commençait à être abandonnée. « On éprouve de 
la perte à cultiver les terres à grain , écrivait-il. Au lieu d'y 
gagner , on s'y ruine , et par cette raison peu de fermiers en 
sèment au delà de ce qui leur est nécessaire pour la consom- 
mation de leur famille et pour fournir de la paille à leur bétail. 
Le reste de leurs terres est converti en prairies pour l'éducation 
des bestiaux et pour les engraisser , seul genre de travail rusti- 
que qui donne encore un certain profit. » (De la disette^ p. 24.) 
Entrons donc dans cette voie déjà frayée par nos émules et 
consacrée par leurs succès : aucun mécompte n'est à craindre. 
Ne croyez pas qu'il faille pour cela bouleverser toutes nos habi- 

2 



— 18 — 

tudes , et recourir à des assolements bien compliqués , bien 
savants; les rotations de culture usitées chez nous peuA'ent sp 
plier sans grandes dépenses et sans eflTort aux nécessités de ce 
progrès désirable et facile. Deux systèmes d'assolement domi- 
nent dans notre département suivant la nature du sol : Tun 
triennal , comportant un froment maigrement fumé , un second 
froment sans fumier , puis des pommes de terre ou des haricots ; 
quelquefois on remplace le second froment par de l'avoine ou 
par de l'orge, et l'on associe à ces cultures le sainfoin pur ou 
mélangé avec le trèfle. L'autre assolement est de cinq ans , avec 
la rotation suivante : froment fumé , froment non fumé , avoine 
ou orge, pftture, jachère; ou bien, froment fumé, avoine dliiver^ 
trèfle fauché, trèfle pftturé, jachère. On peut rencontrer ici ou là 
bien d'autres modifications, mais les rotations que j'indique sont 
les plus usitées. Presque partout on cultive la luzerne en dehors 
de l'assolement, mais dans des proportions insuffisantes et avec 
un succès très-inégal. — Ces deux assolements étant donnés, il 
s'agit de leur faire produire la subsistance d'une tête de gros 
bétail par hectare , en les modifiant aussi peu que possible. 

Je suppose une ferme de 40 hectares de terres arables, sans 
prairies Naturelles : elle devra nourrir 40 sujets adultes de la 
race bovine parthenaise ou leur équivalent en menu bétail, 
c'est-à-dire qu'elle devra produire pour i8«S jours 12 k. par jour 
et par tête en foin sec, soit 87,840 k., et pour 183 jours de ra- 
tions vertes à raison de 48 k. par jour et par tète, soit 351,360 k. 
équivalent à 87,840 k. de foin sec ; en tout l'équivalent de 
475, 680 k. de foin sec. 

Assolement de six ans, 

10 hectares placés en dehors de Tassolement devront être 
ensemencés en luzerne pour former la base de l'affouragement 
sec et pour combler les lacunes possibles entre les coupages 
verts. On fera rentrer successivement ces dix hectares dans l'as- 
solement , en les remplaçant par de nouveaux semis , au fur et 
à mesure de leur épuisement. Fumés et plâtrés suivant les 
besoins, ils donneront à l'hectare 28,000 k. d'herbe vertn ou 
7,000 k. de foin sec. ' ^ 



— 19 — 

Soit pour let 10 h. en berbe verte 280,000 k. éq. à 70,000 k. de foin. 

/ 2 h. bet.,don. 25,000 k. à lliect. 50,000 12,500 

U p. de terre 15,000 3,750 

5 h. racines^ . ^esces 15,000 30,000 7,500 

ou verte. \2 msIsttirT. 20.000 40,000 13,i00 
1 On peut remplacer en partie le maïs par 
\Ia moutarde ou les navels, 
.paille 3,600 k. à Thect. 18,000 k. 
^""ment )^**" 20beclo. lOOheclo. 

fbales 2 m. c. 10 m. 700 

5h. avoiae(paUie3^000k. 15,000 ^ 7,000 

d*étéou Igrain SOhecto 150becto . 90,000 

orge, (baies 2 m. c. 10 m. 700 

5 h. sainfoin donnent 4,500 k. à Thect. 22,500 

S h. sainfoin 2c année 22,500 

. (paille 18,000 

5b.enfro.\ ^„ 100 hecto 

"«'**• (baies 10 m. c. 700 



Total en foin sec on équivalent 191,250 k. 
Nous n*avooa besoin pour Talimentation de nos 40 bétes 
que de 175,680 k. 



11 f a donc un excédant de 15,570 k. 

Cet écart entre les besoins constatés et les prévisions de la 
production est nécessaire pour parer aux éventualités défavora- 
bles. Il est toujours facile de faire argent d'un excédant de pro- 
duit : on vend alors son avoine et même du foin s'il y a lieu. 11 
serait souvent difficile et toujoui*s très-dispendieux de combler 
une insuffisance de subsistance. Cet excédant sera, dans la pra- 
tique , bien supérieur à celui qui ressort de nos calculs. Nous 
nous sommes mis, à dessein, dans une situation exceptionnelle- 
ment défavorable : nous raisonnons au point de vue de la sta- 
bulation permanente ; nous supposons l'absence absolue de tout 
parcours de tout pacage ; nous faisons des provisions pour qua- 
rante grosses bêtes effectives. Or , il n'en sera jamais ainsi. Il y 
aura toujours dans une ferme des moutons et des cochons , et 
ces animaux trouveront toujours , ou tout au moins à de cer- 
taines époques , une partie de leur nourriture dans la vaine pâ- 
ture. Il y a toujours un moment où les prairies poussent un der- 
nier regain qui n'est pas susceptible d'être fauché, mais qui 
otfre encore une ressource précieuse pour les vaches et pour les 
élèves. Tout cela constitue une bonification notable sur les frais 
de nourriture. 

Quand je divise les aliments secs et les aliments verts exacte- 



— sw — 

ment par moitié, cela ite veut pas dire itu^il y a juste six mois de 
régime sec et six mois de régime vert ; cela ne veut pas dire 
non plus que la ration sera mi-partie en sec et mi-partie en 
vert ; cela veut dire seulement que dans le cours de l'année ces 
deux modes d'alimentation s'équilibrent. Je considère comme 
indispensable d'ajouter à la ration sèche driver une proveode 
de racine. Au printemps et en automne, quand les coupages 
sont trop tendres ou trop saturés d'eau , il ftiut y associer des 
fourrages secs. Ce n'est que quand les plantes sont fermes ei 
bien faites qu'on peut les donner exclusivement à l'état vert 

Dans Tassolement que je viens d'indiquer, on ne trouve que 
135,000 k. de racines ou de plantes vertes proprement dites : 
pour compléter le chiffre de 351,360 k. qui me paratt convena- 
ble , il faudra avoir recours aux 10 hect de luzerne et leur em- 
prunter 216,360 k. de fomtage vert. Us ne nous fourniront donc 
plus que 15,910 k. de foin sec , lesquels joints aux autres four- 
rages secs détaillés ci-dessus donnent 110,010 k. de fourrages 
secs , tandis qu'il ne vous en faut que 87,840 k. : d'où un excé- 
dant de 23,170 k. représentant la ratioi;! annuelle de cinq bêtes. 
La différence que l'on peut remarquer entre ce chifite et l'excé- 
dant indiqué plus haut vient de ce que la réduction en foin sec fait 
p^re à certaines racines et certains coupages une valeur d'équi- 
valent que leur association avec des fourrages secs compense. 

Cet assolertient produit 480 mètres cubes de fumier dont oo 
dispose ainsi : 3 hect. de betteraves et pommes de terre fumés 
à raison de 80 mètres cubes l'un , 240 mètres , 2 hect. vesces 
80 mètres; 5 hect. froment sur sainfoin rompu» 150 mètres. 

Je sais que cet assolement prête à la critique , notamment 
par l'avoine qui succède en froment. Mon excuse est d'avoir 
voulu m'écarter le moins possible des habitudes locales. J'ajou- 
terai que cet assolement n'ayant pour objet que les terres à 
sainfoin , et la graine de cette plante ne pouvant ni être semée 
en automne avec le froment parce que les gelées la détruisent, 
ni être semée en mars dans le froment parte qu'un hersage, si 
énergique qu'il soit, ne la couvre pas assez, force est de lui asso- 
cier une céréde de mars. Ce n'est pas l'avoine qu'il faudrait 
supprimer, c'est le froment qui la précède : je ne l'ai admis que 
conune concession ; on fera ti*ès-bien d'y renoncer et de préférer 
l'assolement de cinq ans, beaucoup plus conforme aux principes 
ainsi qu'aux exigences de la situation présente de l'agriculture. 



— M — 

Quoi qu'il en soit, voici quels en seraient les résultats bruts : 

200 hedo de froment à 15 fr. l'un 3,000 fr 

450 id. d'avoine à 8 fr. l'un 1^00 

40 grosses tètes ou Téquivalent, 10 fr. par tète et 

par mois 4,800 

Total, 9,000 fr. 
Quant au mouvement de Pazote dans le sol, voici quel il serait 
d'après les données de M. Isidore Pierre : 

iO hect. luzerne enlèvent au soi 1,540—671 860 k. 

3 id betteraves et pommes de terre . 450 

vesces coupées en vert 100 

mais id. 200 

froment 600 

avoine 200 

sainfoin 1,120—563 557 



3 


id. 


S- 


id. 


lO 


id. 


S 


id. 


10 


id. 



Total , 2,976 k. 

II est restitué au soi par l'atmosphère 1,080 k. 
Par les 480 mètres cubes de fumier 2,200 

Total, 3,280 k. 

D'où il suit que le sol a gagné en azote 304 k., c'est-à-dire de 
quoi produire 100 hectolitres de froment , paille et grain. 

Bien différent est le résultat de l'assolement triennal , tel que 
nous le voyons pratiqué autour de nous. — Sur les 40 hectares ' 
dont se compose la ferme, 51/2 seulement sont ensemencés 
en sainfoin ; 11 1/2 sont en froment, fumé à raison de 13 mètres 
cubes, au plus, par hectare ; 6 en second firoment ; 5 1/2 en 
avoine ; i en pommes de terre ; 1/2 en haricots , pois , ièves ; 
10 en jachère pure. Le rendement en froment n'atteint pas 
200 hectolitres; celui de Favoine ne va pas à 100, et les pro- 
fits , sur une dizaine de tètes de bétail ^ sont insignifiants. C'est 
beaucoup si le prix de ferme monte à 1,200 fr.; j'en pourrais 
citer qui ne dépassent pas 600 fr. — Or, voilà ce qui en résulte 
pour la fécondité du sol : 

17 h. 1/2 ensemencés en froment, lui enlèvent en azote, 910 k. 
5 1/2 en avoine , 220 

1 en pommes de terre , 150 

i /2 en pois , haricots , fèves, 100 

5 1/2 un sainfoin , 616 — 300, 316 

Total 1696 k. 



— 22 — 

Il estVestitué au sot, par l'atmosphère , 1080 k. 

Par 140 mètres cubes de fumier pailleux, à 
raison de 4 k., 560 



Total 1640 k. 
d'où il suit que le sol a perdu 46 k. d'azote. 

On me dira que cette perte est insignifiante. ^ Pour une 
année, oui : cela ne représente qu'une quinzaine d'hectolitres 
de froment avec la paille. Mais multipliez-la par le nombre des 
années de cette mauvaise culture , et vous comprendrez alors 
quel est le degré d'épuisement de votre sol. 

' On me dira encore que j'ai pris pour terme de comparaison 
la culture la plus arriérée. — Je conviens que sur beaucoup de 
points du département, Tagriculture est , en apparence, raienx 
entendue que cela. Mais il n'existe encore que trop de ces fermes 
arriérées ; et la plupart de celles que l'on considère comme en 
progrès me fourniraient un argument encore plus décisif. Sans 
doute on a créé beaucoup de prairies depuis quelques années : 
à l'aide de la chaux , de la marne , du plâtre et des tourteaux , 
on a obtenu des produits considérables en grain, en paille, en 
foin. Mais le nombre des bestiaux n'a pas été augmenté sur les 
fermes , et cet excédant de paille et de foin est vendu. Or tout 
cultivateur qui, n'ayant pas atteint Vétaf normal pour le nombre 
des bestiaux qu'il entretient , vend de la paille et du foin sans 
importer l'équivalent en azote , peut bien réaliser monieulanê- 
ment des bénéfices, mais il dilapide la vieille force du soU H 
tue la poule aux œufs d'or. Aussi , à tout prendre, le cultivateur 
routinier qui se contente de tirer profit de l'azote qui lui tombe 
du ciel, sans entamer la réserve de l'avenir enfouie dans le sol, 
est-il cent fois plus sage que le prétendu progressiste qui ne 
songe pas au lendemain. 

Supposons que le cultivateur arriéré que j'ai pris pour exem- 
ple ensemence en luzerne dix hectares. Il n'aura pas augmenté 
le nombre de ses bestiaux , ni par consi'quent, la quantité de 
ses engrais ; mais cette quantité, répartie sur une moindre sur- 
face , portera de 12 à 20 hectolitres de froment le rendement 
par hectare. Il récoltera plus de blé , il vendra de la paille et du 
foin , il réalisera des profits et payera bien sa ferme. On dira 
qu'il progresse ; c'est possible : mais le sol I 



— 23 — 

iO hect. luierne, lai enlèvent en azote, 1540—670, soit 870 k . 
15 en froment, à 60 k. l'un, 900 

5 en avoine à 40 k., 200 

1 en pommes de terre , 150 

i/2 en pois , en haricots , fèves, 100 

Total 2220 k. 
les restitutions étant les mêmes que ci-dessus, 1640 

le déficit d'azote, qui n'était que de 46 k. alors , s'élè- 
vera, en progrès, à 580k. 
Il faut donc que les propriétaires du sol y prennent bien 
garde : si-, de l'aveu de tous les chimistes , Pazote a dans les 
engrais Une utilité prépondérante , ce n'est pas seulement en 
raison de sa grande influence sur la végétation , c'est surtout 
parce que l'atmosphère n'en fournit et que le sol n'en contient 
qu'une quantité limitée. Souffrir que les fermiers l'exportent 
sous la forme de paille et surtout de foin , c'est consentir à une 
aliénation partielle mais réelle de la propriété. Kien ne sort, plus du 
néant, et rien n'y rentre; la matière que nous voyons se pourrir 
va servir d'élément à une vie nouvelle. Cette circulation, cette 
transformation des principes alimentaires des plantes et des ani- 
maux, il importe qu'elle s'accomplisse sur la ferme même, afin d'é- 
pargner les frais de commissioiket de transport. Aussi Liébigfaitril 
remarquer que le cultivateur ne profite réellement que des princi- 
pes quél'atmosphère lui restitue, puisque les principessolidesqu'il 
a vendus en même temps doivent être restitués au sol par importa- 
tion sous une autre forme. Le cultivateur qui vend des denrées con- 
tenant plus d'azote que l'atmosphère et les engrais dont il dis- 
pose n'en rendent à la terre, celui-là entame réellement le fonds. 
Le sainfoin , le trèfle , la luzerne remplissent en agriculture 
une fonction dont il importe de se bien rendre compte. — Les 
plantes n'ont pas, comme les animaux , la faculté de locomotion 
pour aller chercher leur nourriture : il faut la leur mettre, pour 
ainsi dire, dans la bouche. Ces bouches , c'est-à-dire les radicel- 
les, ne prennent leur nourriture que des particules de terre avec 
lesquelles elles se trouvent en contact immédiat : d'où il suit 
que dans l'impossibilité où l'on est de placer l'engrais exacte- 
ment à la portée des radicelles , on est obligé d'en répandre sur 
le sol une bien plus grande quantité qu'elles n'en absorberont. 
Cet excédant d'engrais non utilisé est entraîné dans les entrailles 
de la terre, hors de la portée des racines de la plupart des plan- 



— M — 

tes , et il y serait à jaiiiais peido pour dles et pom nous si 
nous n'avions pas un moyen de l*en tinec. Ce moyen, c'est la cid- 
ture du sainfoin , du trèfle , de la luzerne. Ces piécieuses plan- 
tes, enfonçant leurs racines à des grandes profondeais, aÎMor 
bent l'azote qui s'y était enfoui , l'accumuleni dans leurs tiges 
et nous le remettent ainsi dans la main. Or, qu'allons-noos en 
faire? Si nous le livrons à nos animaux, ils nous le rendront 
dans un état favorable à l'alimentation des pJantes utiles; nous 
répandrons de nouveau sur le sol , et nous entretiendrons aina, 
nous activerons même cette providentielle circulation de fécon- 
dité qui traverse toutes les couches du sol, y descend, en 
remonte j semble se perdre dans la putridité , et rend sucœssi- 
venient toutes les décompositions vivantes. Mais si nous vendons 
nos fourrages, si nous exportons cet azote sans en rien rendre à 
la terre , cette circulation féconde se ralentira d'abord pour ces- 
ser bientôt, et nous aurons témérairement compromis la for- 
tune et la subsistance de nos neveux. 

Assolement de cinq ans. 

J'ai dit que l'assolement de six ans que j'ai indiqué plus haut 
pouvait être ramené à une rotation de cinq ans , en supprimant 
une des soles consacrées au froment pour la répartir sur les cinq 
autres. Je n'en indiquerai pas moins ici un autre assolement de 
cinq ans,- qui serait plus spécialement applicable aux |prresà 
trèfle. Cette plante fournissant plus de fourrage que le sainfoin, 
on pourra se contenter de mettre en luzerne, en dehors de Tasso- 
leraent, 7 1/2 hectares. 
7 1/2 h. lozerne donneront en herbe verte ^10,000 k. éq. à 5t,500 k. de foin. 

12 h. 1/2 en betleraTes. 62,500 15,625 

1 en pommes de terre, 15,000 3,150 • 

3 en veseas fauchées en tert 45,000 12,500 

3 en mais sur vetces, 50,000 16,700 

6 1/2enffo-lP""*»' 23,i00 

ment W'^^^ "^ ^^^^^^' ^ '*^®^^* ^^ ^1^ ^®<^^' 

(baies 13 m. 910 

6 1/2 trèfle donnant 5,500 kil. foin sec i IliecUre 85,750 

6 1/2 trèfle de seconde année (pourra être pâturé) 35,750 

(paille 19,500 9,750 

6 1/2 avoine. Vain, 35 hectol. 227 1/2 hect. 

(baies 13 m. 910 



Total en foin sec on Téquivalent 184,145 

Rations à fournir 175,630 

fiicédant -3,465 kil. 



— SB — 

Après «voir complété les rations vertes , soit avec la luzerne , 
soit avec le trèfle, il nous restera encore 90,855 kil. de four- 
rages secs, non compris l'avoine qui équivaut à 48,500 kil. La 
subsistance de 40 tètes de gros'^bétaii sera donc surabondamment 
asmiiée , et le produit brut sera : 

169 4/2 hectolitres de froment à 18 fir. 2,437 fr. 50 c. 

»7 1/2 hectol. avoine à 8 fr. i ,820 

Produit brut de 40 grosses bètes 4,800 





9,057 fr. 50 c. 


La hueroe a enlevé aa sol en aa>te 


653 kil. 


Les betteraves et pommes de terre 


sas 


Lesvescesetlemals 


450 


Le froment 


390 


Le trèfle 


866 


L'avoine 


260 




3,143 


L'atmosphère et le fiunier en ont restitué 3,180 



D'où résulte un accroissementd'azotede 137 kil. 

Les deux assolenients que je viens d'indiquer ne sont pas spé- 
culatif : ils ont la sanction de la pratique. On peut les améliorer, 
sans aucun doute , et si je n'avais pas craint de manquer le but 
en m'écartant trop des habitudes locales , j'aurais conseillé d'y 
introduire la culture du topinambour et celle du chou. Le» 
agriculteurs éclairés feront certainement mieux; mais notre agri- 
culture gagnerait déjà beaucoup à l'adoption de ce que je prp- 
pose. 

Un inconvénient de ce système, c'est la difficulté de se pro- 
curer des litières pour les animaux. Cette difficulté , elle est iné- 
vitable. En effet, le problème agricole consistant à faire produire 
au sol le plus qu'il est possible sans entamer sa vieille fécondité, 
et Tun degéléments prépondérants de cette fécondité étant l'azote, 
il est évident qu'il &ut restituer au sol , par des engrais , au 
moins toute la diflEérenœ qui existe entre la quantité d'azote 
exportée par la vente des produits et celle qui lui est fournie par 
l'atmosphère. Plus nous progressons, plus nous produisons, plus 
nous exportons, et plus la disette de litières se &it sentir, parce 
que nous avons besoin de d'autant plus d'engrais. La question 
est donc de savoir si nous avons plus d'avantage à acheter des 



— M — 

engrais qu'à les fabriquer nous-mêmes. A pari oertaines situa- 
tions exceptionnelles qui permettent de se procurer des oignûs 
à un prix avantageux , il n'est pas douteux que le cuitivitoira 
intérêt à produire ses engrais : il évite toutes les déceptions qui 
peuvent résulter de la fraude ou de son ioexpàrience ; il épargne 
des mouvements de capitaux, et surtout des frais de transport; 
il a un bénéfice réel par suite de la fabrication sur place. En 
effet, si les animaux consomment de l'azote que nous exportons 
sous forme de viande ou de lait, M. Payen fait remarquer qull 
faut tenir compte des substances inutiles comme engrais qu'ils 
consomment en plus grande proportion : tels sont les principes 
immédiats non azotés, cellulose, amidon, innline, gomme, 
sucre, etc. La plupart de ces substances étant ainsi éliminées, ce 
sont , en définitive , les matières azotées et salines qui dominent 
dans les déjections. Ainsi , en détruisant des principes inutiles 
ou même nuisibles par leur excès , les animaux font dominer 
dans les engrais les principes nécessaires à la nourriture des 
plantes (V. des engrais mixtes). 

Bien loin de se laisser décourager-par la rareté des litières, il 
faut reconnaître que la paille n'est pas un élément indispensable 
des engrais. On peut même lui appliquer le reproche que 
M. Payen adresse aux engrais verts , d'être trop pauvre en subs- 
tances azotées et de fournir trop de résidus ligneux. Il faut donc 
épargner la paille en litière et n'en mettre sous les animaux que 
ce qu'il en faut pour absorber leurs déjections. On peut Tépar- 
gner encore par le pâturage et le parcage. On peut y suppléer 
dans les étables par la tourbe, la marne, la terre calcinée. On 
peut avoir pour les moutons des planchers percés , et pour les 
porcs, des lits de camp. En agissant ainsi , non-seulement on 
parera au manque de litière, mais encore on épargnera des frais 
de transport pour les engrais. 

Une autre objection à prévoir , c'est la dépense qu'il faudra 
faire pour doubler, et même tripler, le plus souvent, le nombre 
des animaux qui garnissent les fermes , et aussi pour leur cous- 
truire des logements. — Il est très-certain que Tagriculture fran- 
çaise manque de capitaux , et qu'on ne lui en prête pas voloo- 
tiers, ou qu'on ne lui en offre qu'à des conditions trop onéreuses. 
Mais en ce qui concerne la dépense dont il s'agit ici, je soutiens 
que les propriétaires du sol peuvent la faire, soit avec les capi- 
taux qu'ils placent dans des spéculations beaucoup moins solides 



— rr — 

et, en réalité, moins avantageuses; soit en empruntant, parce 
qu'ici les profits couvriraient largement toutes les charges de 
Tempruni, y compris son amortissement; soit en aliénant, s'il 
est nécessaire, une partie du fonds. 

Pour garnir convenablement une ferme de AO hectares d'un 
nombre d'animaux de diverses espèces équivalant à 40 têtes de 
gros bétail , une somme de 40,000 tt. est largement suflBsante. 
La valeur des bestiaux entretenus aujourd'hui. sur une pareille 
ferme ne peut pas être inférieure à 3 ou 4 ,(X)0 fr. : ce serait donc 
un complément de 6 ou de 7,000 fr. qu'il s'agirait de trouver. 
Quant aux constructions complémentaires à édifier, elles ne dé- 
passeraient pas en dépense le chiffre de â,500 à 3,000 fr. Si je 
n'avais pas h me reprocher d'avoir déjà trop fatigué votre atten- 
tion, je justifierais ces chiffres par des détails précis : pour abré- 
ger, je me borne à ces indications sommaires. Ainsi , en faisant 
une avance de 8 à 10,000 fr., vous porteriez de i,200 fr. à 
3,000 fr. au moins le revenujde votre ferme. Connaissez-vous 
une spéculation qui soit à la fois plus solide et plus productive 
que celle-là? 

Quant à ceux qui se trouveraient dans la situation la plus dé- 
favorable , ceux qui n'auraient ni capitaux disponibles, ni excé- 
dant de terre à vendre , ni crédit , que ceux-là ne se découra* 
gent pas. L'épargne est une grande ressource quand elle est aidée 
par une culture intelligente. S'ils n'ont que le tiers des animaux 
exiges pour le système d'exploitation que je propose , qu'ils ré- 
duisent leur culture- au tiers de leurs terres en concentrant là 
tous leurs efforts et tous leurs engrais. Ce tiers leur produira au- 
tant que le fait en ce mqpent le tout : ils économiserotit les frais 
de culture du surplus, tout en profitant du pftcage et du repos 
du sol; par le seul croit de leurs animaux ils arriveront succes- 
sivement à Vétai normal en agrandissant leurs soles au fur et à 
mesure que s'augmentera le nombre de leurs bétes. 

U possibilité de réaliser la réforme que je propose n'est donc 
pas douteuse , et les avantages qu'elle assurerait à notre agricul- 
ture ne sont pas moins évidents; ils peuvent se résumer ainsi : 

l>iininution des frais de culture , et meilleure répartition du 
travail agricole, exigeant un nombre moindre d'ouvriers et les 
dupant normalement ; 

Amélioration progressive du sol par la restitution régulière 
d'une quantité d'azote supérieure à ses pertes, 



-«8 — 

Augmentation du produit net, jusqu'au douUe et mètmm 
triple de ce qu'il est aujourd'hui dans la plupart de nos fiemies. 

Les pertes q ue subit en ce moment l'agriculture sont efficayantes. 
Pour s^en faire une idée , il suffit de consulter les documeats 
officiels et d'en constater les résultats , comme l'a fiût M. d'An- 
delarre dans l'Écho de l'agrictdture du i2 décembre dernier. On 
y verra qjie, pendant les trois périodes quinquennales qui ont 
précédé 1861, le prix moyen de l'hectolitre du blé a âé de 
21 fr. 38 c, tandis que depuis cette époque il n'a pas dép^ 
47 fr. 88 c. Or, cette baisse de 3 fr. 50 c. par hectolitre bit 
é|HX>uver à l'agriculture, pour une production de 9O,O0O»000 d'hec- 
tolitres , une perte de 315,000,000 de francs par année ; et cetie 
perte énorme que nous subissons, il a été officiellement cons- 
taté que le consommateur n'en profite pas ! 11 y a certainemeat 
là matière à enquête : elle est réclamée de toutes parts, et il est 
à espérer qu'elle se fera. 

Mais en attendant qu'elle aboutisse , n'est-il pas sage de aous 
mettre dès maintenant en mesure de combler nous-mème sa 
moins une partie de ce déficit? Je suis très-certainement d'avis 
de réclamer la protection qui est due au travail national; cett€ 
protection sera nécessaire en tout état de cause. Mais il ne suit 
pas de réclamer et d'attendre ; puisqu'il est évident que daos 
l'état actuel des choses la culture des ôéréales ne couvre pas dos 
frais , il faut tourner nos efforts d'un autre côté. Entre temps la 
lumière se fera, et l'ensemble des circonstances néfostes qui noos 
oppriment se modifiera. 

Car il ne faut pas croire que tout le mal vienne, soit de la sup- 
pression de Véchelle mobile^ soit du système générai du lilnf- 
échange ; il y a des causes beaucoup plus générales. Ce qui tour* 
mente nos sociétés modernes, ce qui met leur existence en péril, 
c'eât l'ambition immodérée du progrès, c'est la méconnaissance 
des lois du progrès. Le progrès est un mouvement en avant, une 
marche progressive ; on en a fait un saut-périlleux. La progres- 
sion mathématique est une suite.de rapports égaux dont chaque 
terme est à la fois conséquent de celui qui précède et antécé- 
dent de celui qui suit : le progrès social a des lois analogues; il 
né se décrète pas, il ne s'improvise pas, il ne peut être isolé; il 
natt, il se déduit, il est une conséquence d*antécédents préexis- 
tants, et il aura à son tour ses conséquences nécessaires. Qoandt 
par une précipitation gourmande et irréfléchie, on vient à briser 



— » — 

cette chaîne, au lieu d'avancer le progrès, on le retarde de tout 
le temps qui est nécessaire pour rechercher et ressouder les 
anneaux rompus. C'est que, suivant la judicieuse observation de 
Montesquieu {Grandeur et décadence des Romains)^ il y a des rai* 
sons toujours compliquées, souvent inconnues, qui font qu'un 
état de <Àoses subsiste : un changement radical n'a jamais i)our 
base que des théories dont les inconvénients ne peuvent être 
révélés que par la pratique et qui sont souvent irrémédiables. 

Une autre cause felaleraent déterminante des ^uffrances de 
Tagriculture , c'est le luxe immodéré qui a envahi toutes les 
classes de la société , c'est la répugnance universelle pour tout 
travail pénible., c'est la passion pour le rien faire, — Ah ! sans 
aucun doute, le repos, le repos honnête , le repos honorable , 
otiwn cûmdignitate, est un but légitime, une douce récom- 
pense du travail. Ce repos bienfaisant et complet, qui donne à 
la fois la paix au corps, à l'esprit et au cœur, on ne le ravit 
pas , on ne l'usurpe pas , on ne l'achète pas ; il faut qu'il soit 
conquis par le travail physique ou intellectuel que l'homme 
exerce hors de lui-même et sur lui-même. Mais le rien faire^ 
quand on ne sest jamais livré à aucun travail , ce n'est pas le 
refm^ c'est l'oisiveté : et l'oisiveté, ce n'est pas la paix , c'est le 
plus vain et le plus pénible de tous les travaux , c'est un tour- 
ment , c'est ce vitiosa cura , dont parle Horace , qui fatigué à la 
fois et sans résultat l'esprit, le cœur et le corps. ~ Le luxe aussi 
est avouable, est désirable quand il a pour but le mieux être , 
quand il nous procure des jouissances légitimes ou tout au moins 
inoffensives : c'est un des plus puissants stimulantsdu travail. Mais 
quand il n'a pour but que de satisfaire les instincts mauvais , les 
passions basses, les vices des hbmmes, c'est un fiéau social, non 
pas seulement au point de vue moral , mais aussi au point de 
vue économique : car alors , bien loin d'augipenter la richesse , 
iî la détruit. — Vivitur parvo bene , disait Horace. Cette bonne 
vie , ce confortable lentement progressif, voilà ce que nous offre 
l'agriculture. Mais les économistes modernes enseignent que Id 
modération dans les désirs est la vertu des moutons^ et, docile à 
leurs enseignements , la foule déserte la culture. 

Ainsi ne pensait pas Adam Smith, le véritable créateur de la 
science économique, il enseignait qu'il y avait un travail pro- 
ductif et tra travail improAictif 11 établissait que ce qui con- 
tribue à déterminer la proportion entre les gens productife et les 



— 30 — 

geiis non productifs, c'était principalement la proporttOD qai eikte 
entre la portion du produit annuel du travail économisée c. 
consacrée à la reconstitution et à l'augmentation du capital y et 
la portion consacrée à la satisGeiction de nos besoins persono<>b 
et de nus jouissances. Il soutenait que cette proportion détermmait 
nécessairement dans un pays le caractère général des habitaots 
quant à leur penchant, à l'industrie ou à la paresse; que les capi- 
taux augmentaient par l'économie, c'est-à-dire apparemment 
par la modération dont les désirs , et qu'ils diminuaient par la 
prodigalité , laquelle ne fait que payer des salaires à la fainéeu- 
tise; que tout prodigue est par conséquent un ennemi pahlif. 
et tout homme économe un bienfaiteur de l'humanité.' « Ot 
c effort constant, uniforme et jamais interrompu de tout indi- 
c vidu pour améliorer son sort , par Viamomie et la sage cm- 
a duite ; ce principe , qui est la source primitive de l'opulence 
a publique et nationale, aussi bien que de l'opulence privée, a 
a souvent assez de puissance pour maintenir , en dépit des 
a folies des gouvernements et de toutes les erreurs de Tadminis- 
c tration , le progrès naturel des choses vers une meilleure con- 
a dition. » {Richesse des Nations^ liv. 2, ch. 3.) 

Les disciples d'Adam Smith ont renié la sage doctrine de 
leur maître ; ils ont affirmé l'égale fécondité de tout travail ; 
ils ont poussé à la satisfaction de toutes les jouissances , à la mul- 
tiplication des plus déraisonnables désirs. Leurs enseignements 
ont été suivis; ils n'étaient que trop conformes aux entraînements 
de la portion inférieure de notre nature ; et c'est aujourd'hui un 
parti pris de satisfaire les simples jouissances avant les tiesoins 
réels, de se créer un superflu en rognant sur le nécessaire ^ et 
d'affecter l'opulence au milieu même des étreintes de la pau- 
vreté. Nous faisons comme ces gérants infidèles qui donnent à 
leurs actionnaires des dividendes empruntés au fonds social. 

Or le résultat économfque de tout cela, "c'est que les mœurs 
actuelles attachant plus de prix aux travaux improductif qu'aux 
travaux productif» , la plus forte partie du produit annuel du 
travail national est employée à solder les premiers au détriment 
des autres. Attirés par l'élévation du salaire, et encore parce 
que ce genre de travail est moins pénible, moins continu, par- 
ce qu'il s'exerce dans les villes à la portée de jouissances incon- 
nues et impossibles à satisfaire dans les autres ateliers, les 
ouvriers se portent à leur tour de ce c6té. Et voilà comment, 



— 3i — 

dans un pays où l'argent abonde , où la population ouvrière est 
nombreuse, où il règne une activité fébrile, les industries véri- 
tablement productives manquent à la fois de capitaux et de bras. 
Et quand il en est ainsi , quand tes capitaux et les bras sont 
affectésJi une production stérile» la richesse sociale diminue, non 
pas seulement du capital ainsi follement dépensé , mais de tous 
les produits utiles que ce capital aurait procurés. 

Faisons donc des vœux pour que l'enquête, si elle a lieu, ne 
se borne pas aux questions exclusivement agricoles ; et, en 
attendant des réformes que je ne crois pas très-prochaines, avi- 
sons nous-mêmes à sauvegarder nos intérêts à l'aide des moyens 
restreints dont nous disposons. Du reste, ayons confiance : Tave- 
nir de l'agriculture c'est l'avenir de U France ; car, semblable 
en cela au géant de la fable, notre pays ne saurait atteindre 
l'apogée de sa force et de sa prospérité qu'en s'appuyant sur 
le sol. 

ao janvier 1866. 

Emm. de Cukzon. 



CONCOURS 

D'.VNIMAUX REPRODUCTEURS, DE BESTIAUX GRAS, DE 
BOEUFS DE TRAVAIL , D'ANIMAUX DE BASSE-CUUR ET 
DE MACHINES AGRICOLES. 

La Société d'agriculture de Poitiers a décidé dans sa séance 
du â janvier 1866 que le concours qu'elle organise tous les ans 
aurait lieu cette année la veille de la Mi-Carême mercredi 7 mars. 

Les primes suivantes y seront distribuées : 

ANIMAUX REPRODUCTEURS. 

Espèce bovine. 

Taureaux de races étrangères : 1" prix, 50 fr.; 2« prix, 20*fr. 

Taureaux de races parthenaises : deux 1*' prix , 50 fr.; deux 
2* prix , 20 fr. 

Taureaux des antres races françaises : 1" prix, 50 fr.; 2* prix, 
20 fr. 

Vaches de races étrangères : 1" prix, 40 fr.; 2* prix, 20 fr. 

Vaches de races françaises : deux i*' prix, 40 fr.; deux 2* prix, 
20 fr. 

Vaches de races croisées : i*' prix, 40 fr.; 2* prix, 20 fr. 



— 3t — 

Espèce ovine. 

Béliers de races étrangères : I*' prix , 20 fr.; 3* prix, 10 fr. 

Béliers de races françaises: deux i*' prix, 20fr.; deux 3* prix, 
10 fr. 

Lot de cini) brebis au moins , de races étrangères : 1" prix , 
20fr.;2«prix, 10 fr. 

Lot de cinq brebis au moins , de races françaises : 1** prii , 
20fr.;2*prix,10fr. 

Lot de cinq brebis au moins , de races croisées : l*^prix, 
20 fr.; 2* prix, 10 fr. 

BESTIAUX 6EAS. 

Espèce bovine. 

Bœufs , quel que soit Tftge : 1" prix, 60 fr.; 2* prix, 25 fr. 
Vaches , quel que soit l'âge : 1" prix, 30 fr.; 2* prix, 15 fr. 

Espèce ovine. 

Lot d'au moins quatre moutons ou brebis: deux l*'prix,« 
30fr.; deux 2« prix, 10 fr. 

BOSUFS DE TRAVAIL. 

La plus belle paire de bœufs de harnais de 3 à 5 ans : 1" prix, 
50 fr.; 2" prix , 25 fr. 

La plus belle paire de bœufs de harnais de 5 ans et au-dessus : 
!•' prix , 50 fr.; 2* prix , 25 fr. 

ANIMAUX DS BASSS-GOUR. 

Deux premières médailles , deux deuxièmes médailles. 

K ACHIHES A0BIGOUIS. 

Elles recevront trois médailles d'argent et trois de bronze. 



POITIERS. ^ TTMtfU^HIE M HCHIU OUMH. 



BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D'AGWCULTDRB 

BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS 
DB POITIERS. 

N» 104. 

TABLE DES MATIÈRES DU BULLETIN DE FÉVRIER. ^ 
Sommaire de la séance du 6 février, page 33. — Rapport sur la provende 
Garreaud , page 35. — Note contenant des indications sur cette provende , 
page 36. >- DiscuFsion qui a suivi la lecture du mémoire de M. de Curzon, 
note de M. de Souvigny , page 39. — Réponse de M. de Gurzon, page 49. — 
Lettre de M. Leroy d'Angers demandant à M. Bruant des renseignements sur 
la poire Portail, page 56. — Revue , page 58. 

SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU 6 FÉVRIER 1866. 



20 membres sont présents. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président appelle l'attention de la Société sur une com- 
munication qui lui a été faite. Il s^agit d'un nouveau mode de 
ferrure pour les chevaux , employé depuis peu de temps à Paris 
et qu'on dit éviter les inconvénients de l'ancienne ferrure. 

M. Brossard pense que pour porter un jugement sur ce nou- 
veau mode de ferrure , il faut attendre qu'il soit plus connu. 

M. Girotteau croit pouvoir dire, dès à présent, que, comme 
dans ce nouveau système le fer entre dans la corne, son appH^ 
cation lui paraît ne pas pouvoir s'élendre à tous les chevaux, 
une grande partie d'entre eux n'ayant au talon qu'une couche 
de corne très-mince. II pense aussi qu'il faut attendre que l'usage 
ait mieux fait connaître les avantages ou les inconvénients de 
celte ferrure. 

M. le Président donne communication d'une circulaire par 
laquelle la Société hippique française demande à notre Société de 
lui prêter son concours. Une commission composée de : 

MM. Brossard , Girotteau , Théodore Gaillard , est désignée 
pour examiner cette question. 

Bulletin de février 1866. 3 



— 34 — 

M. le Président communique ensuite à laSociété : 

Une circulaire ^du ministre de l'instruction publique annon- 
çant la réunion générale des sociétés savantes à la Sorbonne, 
pour le samedi 7 avril 1866 ; 

Une circulaire-prospectus du congrès archéologique interna- 
tional qui s'ouvrira à Anvers le 42 août prochain. 

Le Secrétaire dépose sur le bureau un volume ayant pour 
titre : Mémoires de la Société de statistique^ sciences et arts du dé- 
partement des Deux-Sèvres , volume qu'il a reçu pour remettre 
à la Société. 

M. Maudiîyt donne lecture du rapport de la commission char- 
gée d'analyser la provende hygiénique de M. Garreaud, de Couhé. 

La Société adopte les conclusions du rapport et décide qu'il 
sera inséré dans son Bulletin. 

M. de Curzon Tait observer qu'il est à sa connaissance que 
M. Garreaud a reçu de nombreuses attestations certifiant l'effi- 
cacité de sa provènde. Il demande si la Société ne ferait pâs 
bien de publier , à la suite du rapport qu'on vient d'entendre, 
une note à l'appui contenant les principales de ces attestations 
et des indications sur le prix de cette provende , sur son mode 
•d'emploi et sa dose pour les différents animaux. 

M. Branthômedit l'avoir employée avec succès dans Tengrais. 
sèment des bœufs , notamment pour un bœuf dont l'engraisse- 
ment était en retard et qui a rejoint les autres. 

La Société décide qu'une noté contenant les indications de- 
mandées par M. de Curzon sera insérée dans son Bulletin à la 
suite du rapport de la commission. 

M. de Curzon lit un travail intitulé : Comment la mse écm- 
mique actuelle peut profiter à r agriculture. 

La Société décide que cç travail sera inséré dans son Bulletin. 

Une discussion à laquelle prennent part successivement 
MM. de Souvigny , de Curzon , .de la Martinière , Courbe, Bros- ' 
sard I s*élève à la suite de cette lecture. 

M. le Président engage les membres qui auraient des objec- 
tions à opposer au mémoire de M. de Curzon à en rédiger une 
note écrite. 

La séance est levée. 

, la sea^étaire , V. Cauuql. 



- 35 — 

RAPPORT SXaa LA PROYENDE DE M. GARREAUD. 

Messieurs, dans la séance du 5 décembre dernier, M. de Cur- 
zon vous a fait une communication concernant une provende 
ou un condiment qui, ajouté aux aliments donnés aux animaux 
à l'engVais, devait leur donner de l'appétit et provoquer le som- 
meil , deux choses indispensables à l'engraissement. 

Ce produit inventé par M. Garreaud, de Gouhé-Vérac, pou- 
vait-il être nuisible ? Telle était la question posée par Phonorable 
membre de la Société, toujours désireux d'encourager tout ce 
qui peut être bon , mais bien décidé à combattre ce qu'il peut 
être ni^ibie de laisser débiter impunément. 

La Société entrant entièrement dans cette manière de voir et 
voulant s'assurer de Tinnocuité de cette provende, a nommé une 
commission composée de M&i. Mauduyt, Guitteau, Malapért, 
Grimault et Poirault. 

C'est au nom de cette commission que je viens vous rendre 
compte de ses recherches. 

Ce condiment est un mélange de substances végétales qu'il 
eût été très-difficile de déterminer ; mais l'inventeur a facilité 
notre tâche en nous donnant la nomenclature et la dose des di- 
verses substances qui le composent. 

Nous nous sommes assurés, en outi*e, qu'elle ne contient au- 
cune substance minérale susceptible de nuire aux animaux. 

Il est donc résulté pour nous, de cet examen, la certitude^que, 
loin de nuire, cette poudre ne pouvait produire que de l)ons 
eifets pour les animaux auxquels on l'administrerait , et que les 
ingrédients dont elle se compose sont de nature à procurer les 
etfets que l'inventeur s'en est promis. £n conséquence, la com- 
mission propose à la Société de recommander cette substance à 
ceux qui s'occupent de l'engraissement du bétail. 

Mauddyt , Rapporteur, 

La Société a adopté les conclusions de ce rapport et décidé 
que pour mjeux faire connaître celle provende, une note conte- 
nant des indications sur son prix , son mode d'emploi , sa dose 
pour les différents animaux, et aussi les principales attestations 
des personnes qui en ont fait l'essai, serait insérée dans son 
Bulletin. 



— 36 — 

NOTE SUR LA PROVENDE HT6IÉNI017E 6ARREAUD. 

La provende hygiénique de Garreaud se vend en bottes en 
zinc, contenant 4250 grammes chacune, au prix de 4 (r. la 
boîte. 

On administre cette poudre une fois seulement par jour, après 
le repas du soir , en la mélangeant à une substance quelconque, 
appropriée au goût de l'animal , telle que le son , la farine , des 
grains, des racines, des fourrages hachés , des soupes, etc., 
aux doses suivantes : pour un bœuf» de 3 à 6 cuillerées; pour 
un cheval ou mulet, de- 2 à 4; pour un poulain ou mulasson, 
de 1 à 2 ; pour trois moutons, de 1 à 2; pour un cocho^adulte, 
de-i à 2; pour un veau ayant passé trois semaines, une eoil- 
lerée. La cuillerée représente le poids de 25 grammes. 

Les demandes doivent être adressées à M. Garreaud , ioveo- 
teur de la provende hygiénique^ à Couhé (Vienne). C'est le même 
inventeur qui a imaginé et qui fournit les appareils pour )e 
traitement des maux de pied des animaux, conformes aux mo- 
dèles qui ont été soumis à l'examen de la Société d'agricultore 
dans sa dernière séance. 

Dans les environs de Couhé, où elle est déjà connue et appté- 
ciée , la provende de M. Garreaud est généralement employée, 
et son efficacité n'est contestée nulle part. Elle y est employée, 
non pas seulement par les propriétaires riches et par les agricul- 
teurs notables , mais par les fermiers et par les petits cultiva- 
teurs. On sait la répugnance excessive que montre toujours, à 
l'endroit des nouveautés notre population agricole : son suf- 
frage, basé sur sa propre expérience, est donc le plus précieux 
que l'on puisse recueillie pour juger du mérite de l'invention 
dont il s'agit ici. M. Garreaud nous a montré de nombreuses 
attestations qui lui ont été délivrées par de petits propriétaires, 
par des fermiers, par de simples colons; nous avons interrogé 
nous-mêmes plusieurs des signataires de ces certificats, et d'au- 
tres fermiers à qui on n'en avait point demandé , et tous nous 
ont affirmé les bons résultats qu'ils ont obtenus de l'usage de la 
provende hygiénique. Les animaux qui la reçoivent prennent 
lestement leurs repas , sont tranquilles après le pansement, se 
couchent bientôt et dorment longtemps et paisiblement. 

Malgré tout le prix que nous attachons à ces attestations^ et 
précisément à cause de ce qui en fait le mérite , nous ne les 



— 37 — 

ferons pas passer sous vos yeux : quand on demande à quel- 
qu'un un acte de foi, il faut lui produire des témoins qui soient 
de sa connaissance ; en voici donc que la Société d'agriculture 
de Poitiers ne méconnaîtra pas. 

M. Bouchet, propriétaire, aux Trémardières , commune de 
Payré , certifie avoir employé la provende hygiénique sur-deux 
jeunes mules qui touchaient à peine aux aliments qui leur 
étaient présentés ; elles ont repris de l'appétit et sont devenues 
en très-bon état. J'ai employé aussi cette provende pour de 
jeunes cochons que la mère ne pouvait nourrir , et j'ai obtenu 
un succès auquel je ne m'attendais pas. 

M. lévrier, propriétaire à la Martinière, commune de Rom , 
ayant remporté la prime d'honneur au concours régional de 
Niort, certifie a avoir employé la provende pour l'engraissement 
du bétail et s'en être très-bien trouvé pour toutes les espèces 
d'animaux d . 

M. Pépin , adjoint au maire de Rom , <c l'a employée sur une 
vache qui se nourrissait mal. Elle donna beaucoup plus de lait 
et engraissa parfaitement x> . 

M. Louis Lévrier, propriétaire à Teil , s'en est servi avec suc- 
cès pour des porcelets et pour leur mère. 

M. Jean Bouchet, maire de Châtillon, a donné de la provende 
de Garreaud à de vieilles brebis extrêmement maigres : elles ont 
engraissé très-rapidement et il a pu les vendre à un prix très- 
avantageux. 

M. Aymé baron de la Chevrelière écrit : c< J'ai employé la 
provende hygiénique avec succès sur une vache et deux truies. 
Ces trois animaux ont consommé chacun une des boîtes que 
j'avais , et il a été impossible de nier les bons résultats obtenus 
par l'emploi de cette préparation. 

« J'ai le regret de n'avoir pu faire des expériences plus sui- 
vies et plus nombreuses. Une yache malade, ne mangeant plus , 
s'est trouvée tellement mieux , après avoir consommé une de 
vos boites, que j'ai pu la vendre avantageusement. » 

On remarquera que l'engraissement de chacun des animaux 
dont parle M. le baron Aymé n'a exigé l'emploi que d'une seule 
boîte, c'est-à-dire une dépense de 4 fr. 

Enfin, voici l'opinion de M. le directeur de la ferme-école de 
Monts , près Couhé : 

a Je soussigné certifie avoir employé la provende hygiénique 



— 38 — 

du sieur Garreaud avec beaucoup de succès et dans plusieurs 
cas. 

a Un jeune taureau de 8 mois , qui ne voulait pas manger , 
reçut une cuillerée de provende par jour et devint très-gras en 
peu de temps, parce que la provende lui donna l'appétit qui lui 
manquait. 

a Des moutons à l'engrais qui en reçurent atteignirent un 
poids plus élevé que ceux de môme nature qui n'en reçurent pas. 

« Essayée sur un verrat de 6 mois , la provende a produit un 
excellent résultat , en permettant d'engraisser cet animal, bien 
qu'il fût très-jeune. 

a En foi de quoi j'ai délivré la présente attestation pmir ser- 
vir et valoir ce iquc de raison. 

« Monts , le 26 août 1865. 

« DE Larclacse. » 

Un autre témoignage qu'il est essentiel de recueillir, c'est celui 
de la boucherie. Trois bouchers de Couhé , qui ont abattu des 
animaux engraissés avec le concours de la provende de Garreaud, 
attestent que cet engraissement est de bon aloi et fournit de 
la viande de première qualité. 

On a fait observer que le prix de cette provende est peut-être 
un peu élevé. Si, comme il n*est pas douteux, son usage se gé- 
néralise, et si, ce qui est à espérer, M. Garreaud peut réaliser un 
capital qui lui permette de fabriquer sur une plus grande échelle 
et par des moyens plus expéditifs et plus économiques, il est 
certain qu'on arrivera à un abaissement très-sensîble du prix. Mais 
il faut remarquer que, même à son taux actuel, le prix de la lioite 
ne dépasse pasla valeur d'un demi-hectolitre d'avoine, et que son 
influence sur les phénomènes de la nutrition est bien su[)érieure 
à celle de tout autre aliment de même valeur, d'oii. résulte u"^' 
économie réelle dans la dépense de l'engraissement. Dès main- 
tenant, M. Garreaud fait une remise de 30 O/o à toute personne 
qui en prend h la fois un baril du poids de 60 à 65 kil. 

Un de nos honorables confrères objectait , à notre dernière 
séance, qu'il n'était pas croyable qu'un aliment administré en 
aussi petite quantité pût avoir une action aussi décisive sur l'en- 
graissement. Mais l'expérience prouve comment , et la théorie 
explique pourquoi une quantité considérable d'une substance 
très-nutritive ingérée par les animaux n'a, le plus 'souvent , 



— 39 — 

qu'une influence très-insuffisante sur la production de la graisse : 
tandis que des substances de peu de valeur , additionnées d'un 
ingrédient rationnellement conoposé, procurent des résultats éco- 
nomiques inespérés. M. le docteurPIayfair a constaté, par exem- 
ple , que 4 kilog. dé viande ingérée n'augmentent le poids de 
l'animal que de i kilog., poids qu'à Taide du mélange anglais, 
on obtient avec une ration bien inférieure en qualité et en dé- 
pense. Or, ce mélange anglais que les noùrrisseurs achètent et 
qui a pour résultat aussi lui de favoriser l'appétit, la digestion et 
l'assimilation, coûte plus cher et est d'une préparation plus dif- 
licile que la provende Garreaud. N'allons donc plus chercher au 
loin ce que nous avoos sous la main, et dans notre propre in- 
térêt, aussi bien que par esprit de patriotisme, encourageons un 
inventeur modeste dont la découverte est un bienfait pour l'agri- 
culture. 

Emm. de Curzon. 



WSCDSSION QUI A SUIVI LA LECTURE DU BIÉMOIRE DE M. DE CURZON, 

INTITULE : Comment la crise économique actuelle peut profiter 
à Vagriculture, 

NOTES ET OBSERVATIONS DE M. DE SOUVIGRY. 

Quoique l'auteur n'eût pas l'intention de discuter la question 
il l'ordre du jour , il n'est guère possible de faire ressortir d'un 
style plus clair, plus concis et plus ferme , les inconvénients du 
libre-échange, appliqué aux produits agricoles, et la nécessité 
d'un protectorat, dans l'intérêt des producteurs et des consom- 
mateurs : c'est donc tout naturellement, et par une conséquence 
logique, qu'aussitôt après sa lecture , la discussion s'est trouvée 
engagée sur l'enquête agricole. 

On ne saurait admettre que condamnés sans appel , on doive 
renoncer à l'espoir de voir modifier des mesures réprouvées 
par une triste et déjà trop longue expérience. L'enquête est 
réclamée avec énergie , elle est promise , il faut qu'elle se fasse 
complète et véridique, nous ne devons pas laisser aux seuls re- 
présentants de l'administration , juge et partie dans la question, 
le soin de débattre nos intérêts les plus réels , ceux de la France 
entière. C'est aux sociétés d'agriculture , aux comices, véritables 
repre'sentants des intérêts du pays , à parler haut et ferme. Il 
faut se préparer , réunir des documents précis et concluants , 



— 40 — 

sans attendre la mise en demeure de Tautorité. C*est pour cela 
que j'avais demandé rinstitution d'une commission peimanente; 
je regrette que ma proposition ait été ajournée. 

Il y a , dans le mémoire de notre collègue , d'excellentes 
choses sur les procédés qui peuvent atténuer les effets désas- 
treux , des mesures contre lesquelles s'élève l'opinion publique; 
mais il faut le reconnaître, dépuis près d'un siècle, les agronomes 
les plus éclairés préconisent les cultures fourragères , l'élève et 
Tengraissement du bétail ; cependant , que de progrès restent 
encore à réaliser dans cette voie I 

C'est que surtout en agriculture, ainsi que l'a dit Montesquieu, 
cité par notre collègue lui-même : a II y a des raisons toujoun 
a compliquées, souvent inconnues, qui font qu'un état de choses 
a subsiste : un changement radical n*a jamais pour base que 
a des théories , dont les inconvénients ne peuvent être révélés 
« que par la pratique, d 

Un système d'agriculture nouveau ne peut donc être substi- 
tué tout d'une pièce, à celui qui existe depuis des siècles , et ce 
n'est qu'insensiblement , peu à peu . qu'il faut essayer d'amé- 
liorer , modifier et innover. 

Thaër et Schwertz , ces deux savants agronomes allemands, 
qui joignaient à leur science la pratique ta plus intelligente, la 
plus persévérante, ont déclaré , le premier qu'après 40 ans, le 
second qu'après 30, ils n'avaient pas encore amené leurs terres 
à un degré de fertilité tel, qu'ils fussent certains de réussir tou- 
jours de bonnes prairies. 

Dombasle , le loyal et vénérable chef de notre école , ce dr 
probus culturœ perhm , qui ne fit jamais commettre de fautes, 
parce qu'il avait le courage si rare d'avouer ses erreurs, n*a-t-il 
pas reconnu que la jachère, à laquelle il fit une si rude guerre, 
pouvait en certains cas être indispensable. 

Or, le système indiqué par notre collègue a pour base l'éta- 
blissement d'un quart des terres en luzerne d*un produit mini- 
mum de 7,000 kiîog. de foin sec à l'hectare, avec obligation de 
transporter ces riches prairies successivement sur tout le do- 
maine, et ce sans interruption ni diminution d'un produit ^i 
considérable. 

Puis il n'admet pas la moindre jachère et suppose même de 
doubles récoltes fourragères dérol)ées , indispensables au com- 
plément de nourriture des bestiaux. 



— 41 — 

Enfin» il exige l'entretien d'une tête de gros bétail, ou son 
équivalent par hectare : proportion qui peut être atteinte et même 
dépassée dans la riche Normandie , sans qu'il soit facile de l'ad- 
mettre comme règle générale. 

Certes , je ne me ferai pas antagoniste de cette agriculture , 
dont je poursuis l'application depuis plus de i5 ans; mais je 
conviendrai, avec le plus grand nombre des cultivateurs, que 
c'est là, pour parler le langage à la mode, le couronnement de 
rédifice agricole; qu'il n'est pas permis à tous d*y parvenir , et 
surtout d'y arriver assez vite , pour y trouver un remède à des 
souffrances actuelles. 

Je le disais à la dernière séance : je comprendrais que pour 
nous préparer au libre- échange , le gouvernement eût secondé , 
encouragé les agriculteurs , afin qu'ils restreignissent la culture 
des céréales , et.se livrassent à l'élève et à l'engraissement du 
bétail ; lorsque la France n'aurait pas récolté beaucoup plus de 
blés qu'elle n'en consomme, on aurait pu nous déclarer que la 
protection étant devenue inutile ,. il était temps de sauvegarder 
les intérêts des consommateurs. 

Lorsque les Anglais ont supprimé les droits protecteurs , il y 
avait longtemps qu'ils marchaient dans la voie que Ton nous 
indique aujourd'hui; il y avait longtemps que leur agriculture 
ne produisait pas assez de blé pour nourrir les populations : à 
l'époque même de la plus grande protection , il leur fallait 
recourir à l'importation de quantités énormes de céréales. 

C'était donc une mesure commandée par l'intérêt pubTic, que 

l'abolition de droits protecteurs , qui maintenaient les prix à un 

taux très-élevé , ainsi que le démontre le relevé suivant : 

Prix du blé pa(r hectolitre , Angleterre. France. 

Moyenne décennale de 4800 à 4809 36 44 49 94 

— de 4810 à 4819 39 47 24 74 

— de 4820 à 4829 _25_74 10 06 
Moyenne pour 30 8ns, 33 78 48 25 
C'est-à-dire que l'on payait l'hectolitre en Angleterre près du 

double de ce qu'il valait en France. ' 

Mais après la suppression de la loi anglaise des céréales, les 

prix se sont rapprochés, et pour les huit années de 1850 à 1857, 

ils ont été en Angleterre 23 98 

en France 22 71 

avec un faible écart de 4 27 



— 4Î — 

Je n'ai pas de renseignements postérieurs au libre-écbanfe; 
mais il est évident que l'effet a dû se produire encore à l'avan- 
tage des Anglais. 

Quelle analogie établir entre leur pays et le nôtre, qui produit 
souvent2Qà30millionsd'he('.tolitresen sus de sa consommation, 
et qui a besoin, par conséquent, d'exporter pour 500 millions de 
francs de céréales. 

Le peuple anglais , livré principalement au commerce et à 
l'industrie, reconnaît que son agriculture abuse d'un monopole; 
qu'une protection exclusive lui permet de faire la loi aux con- 
sommateurs, dont elle ne peut cependant assurer la subsistance ; 
il sait que des capitaux abondants permettent d'améliorer le sol 
et d'en tirer les plus grands profits possibles; que les fermiers, 
loin de se préoccuper de la culture des céréales, se livrent de 
préférence au régime pastoral , plus productif, moins pénible, 
moins coûteux, et parfaitement approprié au sol et au climat; 
il sait que les impôts pèsent en majeure partie sur les consom- 
mateurs, et grèvent peu la terre ; que cet état de choses profite 
en fin de compte à quelques milliers de propriétaires, seuls dé- 
tenteurs du sol, et qui peuvent à leur gré passer d'un système cul- 
tural à un autre; témoin cette comtesse de Sutberland qui, poar 
appliquer le régime pastoral, voulant se défaire de 2,000 tenan- 
ciers récalcitrants , ne trouva rien de mieux que de faire incen- 
dier les quatre à cinq cents cottages qu'ils occupaient. 

Dans une semblable position , ce peuple supprime la loi pro- 
tectrice, c'est l'intérêt privé justement sacrifié à l'intérêt public. 

Mais en France, Tagriculture est la principale de nos res- 
sources; elle occupe la moitié de la population, la terre c^t 
divisée entre 6 millions 700 mille propriétaires; dans les années 
ordinaires elle produit un cinquième en sus de la nourriture de 
la nation; les impôts et droits de mutation (]ui grèvent le sol. 
sont tels qu'à la troisiènie génération, l'État a absorbé une 
somme égale à la valeur de la propriété ; lès capitaux font défaut 
pour exécuter d'utiles améliorations et permettre de se livrer 
aux cultures fourragères, auxquelles le sol ci le climat sont d'ail- 
leurs peu favorables ; enfin on ne peut se livrer , en beaucoup de 
cantons, à la production exclusive du bétail, considéré en- 
core dans certaines parties de l'empire , comme un mal néces- 
saire. 

Dans une pareille situation, se lancer étourdiment, à la suite 



— i3 — 

de l'Angleterre, dans le libre-échange, n'est-ce pas jouer volon- 
tairement le rôle de dupe. Avant d'admettre chez nous cette 
utopie moderne , il fallait attendre que notre agriculture fût , 
sinon sur ia môme ligne que c^lle de nos voisins, du moins qu'elle 
fût assez avancée-dans le système, pour en supporter les effets. 

Que Ton ne nous croie pas plus rétrogrades que nous ne le 
sommes; le jour où la France pourra soutenir la lutte , lorsque 
nous n'en craindrons plus les résultats pour notre pays, nous 
agriculteurs serons les premiers à demander que Ton cesse de 
nous protéger contre la concurrence étrangère; c'est en eflTet 
parmi nous que se perpétuent, toujours ardents , les véritables 
sentiments patriotiques. 

Attachés à celte belle et bonne terre de France que nous fécon- 
dons, il ne nous est pas possible de juger les intérêts du pays, 
d'un même œil que les industriels et les spéculateurs; pour eux 
tous les profits sont bons , qu'ils viennent du dehors ou du de- 
dans; ils s'élancent audacieusement dans les entreprises les plus 
hardies : les fonds étrangers ou nationaux, les sociétés de crédit, 
foncier qu mobilier, français, espagnols, italiens ou autrichiens; 
les emprunts turcs, italiens ou mexicains, tout leur paraît ma- 
tière excellente à bénéfices; s'il le fallait même ils seraient 
prêts à transporter au loin leurs capitaux et leurs pénates , sur 
quelque terre promise de spéculations californiennes. 

Bien différentes sont les aspirations des cultivateurs; ils n'at^ 
tendent du sol auquel ils sont rivés que des progrès lents, mais 
certains ; aussi viennent-ils avouer actuellement qu'ils ne sont 
pas prêts pour la lutte , et demander à l'État une protection sage 
et n)o(léréc, non pas tant pour eux-mêmes que dans l'intérêt de 
la richesse nationale. 

Pendant ce temps , ils marcheront dans la voie de progrès 
tracée par M. de Curzon; mais sans se flatter d'atteindre le but 
aussi vite et aussi facilement qu'il semWe le penser. La culture 
intensive qu'il indique ne peut être appliquée subitement et sans 
de longues préparations , soit pour la conversion successive en 
prairies plantureuses de toutes les terres , soit pour la suppres- 
sion complète xle la jachère, et la production assurée de fourrages 
assez abondant» pour nourrir une tête de gros bétail ou son équi- 
valent par hectare. 

L'examen des chiffres du mémoire présente d'ailleurs quelques 
difficultés de détail. 



— 44 — 

10 Fourrages. — L'évaluation des produits en fourrages est 
portée à un taux n!axiinum, qui ne saurait être admis pour une 
moyenne ordinaire possible. 

Dans Tassolement de six ans (page 19 du Bulletin), je vois les 
150 hectolitres d'avoine figurer comme fourrage pour 30,000 kil. 
(foin sec) ; or, l'équivalent étant 55 et l'avoine ne pesant ea gé- 
néral que 45 kil., les 150 hectol. ne pèsent que 6,750 kil., et ne 
valent que 12,273 kil, foin sec; déficit 17,727 kil. 

D'ailleurs il yadouble emploi, puisqu'à la page 21, ces mêmes 

150 liect. d'avoine figurent au produit en argent pour 1,200 fr. 

La proportion admise pour réduire les racines et fourrages verts, 

en équivalent de foin sec , est supposée être à peu près UDiformé- 

ment le quart, tandis qu'en réalité il y a de grandes différeoces: 

Betteraves , environ le tiers 331 

Pommes de terre, moitié 204 

Luzerne et vesces en vert 456 

Sainfoin 446 

Maïs fourrage 273 

Paille d'avoine ffî 

Ainsi, en refaisant les calculs et ramenant les produits à une 

moyenne plus probable , au lieu d'un excédant de 15,570 kilog- 

de fourrage sec, on trouverait un déficit considérable. 

2* Engrais. — En ce qui concerne les engrais , je remarque 
que les calculs sont établis au mètre cube; il y a à cela plusieurs 
inconvénients : 

Le volume des fumiers est presque en sens inverse de lear 
efficacité; ils varient de 350 à 800 kilog. par mètre cube, selon 
qu'ils sont frais ou décomposés ; leur poids est une base de calcul. 
d'autant plus convenable, que dans l'évaluation des propriétés 
fertilisantes , c'est le tant p'. O/o de ce poids, que l'on cherche à 
exprimer. 

£n général, on adopte pour unité la tonne de mille kilog! 
équivalant ordinairement à un mètre 1/2 cube de fumier aïoyeu- 
nement décomposé, du poids de 667 k., ou bien à 2 mètres d^ 
fumier frais pesant 500 k. par mètre cube. 

La tonne d'ailleurs représente assez ce que l'on nomme char- 
retée ou tombereau ; je dois faire observer, en passant , que c'est 
ainsi qu'il faut comprendre les évaluations de M. Morel de 
Vindé , qui se trouve par conséquent bien plus rapproché d'une 
bonne culture. 



— 45 — 

3<* Azote. -^ Si j'examine les calculs relatifs à Tappauvrisse- 
ment du sol , après telle ou telle rotation , mes données ne sont 
pas toujours d'accord avec celles de mon collègue : je remarque 
d'abord qu'il se pose en adepte de la secte azotiste exclusive ; 
sans doute l'azote joue un r6le important dans la chimie agri- 
cole ; mais il n'est pas le seul élément de fertilisation. La chaux, 
la magnésie, la potasse, certains acides et surtout les phos- 
phates, ne sont pas moins indispensables à l'alimentation des 
plantes, et ne peuvent provenir que du sol ou des engrais. 

Aussi tous ces principes existent dans un fumier de {lonne 
qualité. 

Voici en effet quelle est sa composition d'après les analyses de 
M. Boussingault citées par M. Isidore Pierre et autres chimistes : 

Eau... 79,30 p. O/O- Matières diverses 20,70 p. 0/0 , lesquelles 
se divisent : 

i^ En matières organiques , carbonne 7 39 

— hydrogène 90 

— oxygène 5 30 

— azote 41 





Total, 






U 00 


s» Matières inorganiqaes : 










r carbonique 
Acides J phosphoriqae 

( sulphurique 
Chlore 










f4 

20 
13 
04 




Silice, sable argile 
Chaux 




4 




45 
37 


1 6 70 


Magnésie 
Oxyde de fer 
Potasse et soude 









23 
38 
54 





Total égal 20 70 

On voit ^ d'après ces analyses, que ce n'est pas 6 grammes 
(l'azote qu'il faut compter par kilog. de fumier, mais seulement 
4 grammes, ce qui modifie singulièrement les calculs de notre 
collègue. Cependant remarquons que les fumiers des cultures de 
M. Boussingault , à Béchelbronn , sont certainement supérieurs 
en qualité à la moyenne de nos contrées. 



— 46 — 

Ainsi les 480 mètres cubes de fumiers obtenus dans le système 
indiqué ne représentent que 320,000 kilpg., et par conséquent 
1,280 kilog. d'azote, au lieu de 2,200. kilog., d'où résulterait un 
déficit de 920 kilog. 

Quant à la pi|oportion d'azote restituée par l'atmosphère , elle 
ne me semble pas pouvoir être fixée invariablement à 27 kilog. 
par hectare ; cette quantité doit nécessairement varier selon U 
nature des récoltes et le mode des cultures ; ainsi la jachère 
bien faite et les légumineux augmentent la proportion d'azcite 
puisse dans l'air et resUtuée au sol. 

Je remarque que les calculs du mémoire mettent à la charge 
des luzernes et sainfoins une telle dépense d'azote, qu'elles pa- 
raissent les récoltes les plus épuisantes de la rotation, tandis qoe 
non-seulement tous les agronomes , mais encore les chimistes, 
les considèrent comme améliorantes, c'est-à-dire selon Malaguti. 
laissant au sol plus qu'elles rCont reçu de lui, 

U y a là une erreur de chiffres , qui vient peut-être de ce qu'on 
n'a pas évalué assez haut la quantité d'azote puisée par ces plantes 
dans l'air , par leurs organes foliacés , et restituée au sol par 
leurs racines longues et pivotantes. 

11 me semble qu'en établissant sa comparaison entre ses asso- 
lements et l'assolement triennal, notre collègue a forcé la dé- 
pense d'azote à la charge de celui-qi. En effet, ce n'est pas reten- 
due cultivée qui est à considérer, mais la quotité des produits 
si les 17 hect. 1/2 en froment du triennal ne produisent que 
200 hectol. , comme les 10 hect. du sexionnal , ils n'exigeront 
pas plus d'azote 600 kil. 

Les 5 hect. 1/2 d'avoine pour 100 hectol. n'absor- 
beront que 135 

Les pommes de terre, pois, vesces 223 

Enfin 5 hect. 1/2 sainfoin 300 

Total de l'azote absorbé 1 ,200 kl). 

Au lieu de , . 1,696 

Ce qui, à la place d'un déficit de 46 kilog., donnerait un boni 
de 390. 

4^ Phosphate. — Mais n'oublions pas que le phosphate est 
peut-être plus indispensable à restituer que l'azote, puisque \ei 
plantes puisent ce dernier abondamment dans l'atmospiière. 



^ 47 -. 

Or, l*asso1ement de six ans, indiqué page 47, exige en phos- 
phate, les quantités ci-après : 
Luzerne pour ^ 280,000 k. fourrage vert 



Betteraves pour 


13,000 


Pommes de terre 


15,000 


Vesces, maïs 


70,000 


Froment grain 


• 15,000 


— paille 


36,000 


Avoine grain 


7,000 


— paille 


15,000 


Sainfoin 


200,000 





607 




66 




59 




135 


240 , 
113 


353 


106 

70} 


176 




400 



Total du phosphate absorbé 1,796 

Les 480 mètres cubes de fumier , soit 320 tonnes h 
raison de 4 kilos par tonne ne donnent que 1,280 

Il y a donc en déficit à suppléer 5i6 

5* Bestiaux. — Pour ne pas fatiguer la Société par l'examen 
de tant déchiffres, je me borne en terminant à faire remarquer 
que le produit brut des 40 têtes que l*on suppose pouvoir entre- 
tenir, est évalué à 48 p. O/o (4,800 fr. pour un capital de 
10,000 fr.). Je ne sais si dans des circonstances exceptionnelle- 
ment favorables, on arrive à un produit constant aussi élevé, 
mais je ne crains pas d'affirmer que de tels chiffres ne peuvent 
servir de base à des calculs d'une application générale. 

Je me hâte de le déclarer, ces différentes observations de dé- 
tail ne sauraient nuire à l'ensemble du système cultural,. excel- 
lent an fond; elles prouvent seulement que la science agricole a 
besoin d'être mieux fixée , pour qu'on soit bien d'accord sur les 
données principale^. 

(Test donc le cas de rappeler que je demandais, il y a quelque 
temps, l'inscription sur un registre, dans chaque contrée, des 
analyses de plantes, de terres et d'engrais ; avec un pareil aide- 
mémoire, nous ne serions pas exposés à errer au milieu des cal- 
culs des différents auteurs , qui souvent présentent d'énormes 
écarts. 

Au fait, nous sommes tous d'accord sur les points principaux : 
1' restreindre les emblavures, non pas de manière à compro- 
mettre les produits en céréales , mais afin de les demander à de 
moindres étendues ; 2^ par conséqu^t livrer plus de terrains aux 
prairies et autres plantes fourragères ; S'» dès lors pousser k 



— 48 — 

l'augmentation du bétail ; 4^ produire une plus grande somme 
d'engrais; 5^ enfin , rechercher, selon la nature et l'état de nos 
terres , des assolements judicieux qui , utilisant le mieux possi- 
ble la fertilité naturelle , permettent de Tentretenir et même de 
l'augmenter. 

Mais, je le répète , ce n'est que peu à peu qu'on doit espérer 
atteindre le but; il faudrait trop de capitaux pour essayer une 
révolution immédiate et complète; voyons par exemple où con- 
duisent les chiffres de notre collègue. 

Il admet pour l'augmentation du bétail , une dé- 
pense de ' 7,000 
par ferme de 40 hectares. 

Pour constructions accessoires 3,0ÛÛ 

Ajoutons pour accroissement du matériel et pour 
améliorations foncières, telles que maruages, chau- . 
lages , fossés, rigoles, routes, etc. 2,000 

Nous aurons pour total i 2,000 

Soit, 300 fr. par hectare; certes, c'est un capital d'exploita- 
tion bien modéré; mais si nous nous rappelons qu'il y a en 
France 35 millions d'hectares cultivés, nous voyons qu'il nous 
faudrait 10 milliards 500 millions. 

Or, M. de Curzon l'a fort bien dit : a L'agriculture française 
c( manque de capitaux , on ne lui en prête pas volontiers, ou on 
a ne lui en offre qu'à des conditions trop onéreuses, o 

Renonçons donc à trouver immédiatement iO milliards et 
demi, nécessaires pour opérer subitement ; conteatoos-nous 
d'améliorer sagement, prudemment, sans nous exposer à des 
mécomptes, si nuisibles au véritable progrès ; et cet énorme ca- 
pital, qui parait introuvable, le sol lui-même le fournira peu à 
peu. 

La patience sied bien à ceux qui se livrent à des travaux pour 
lesquels la persévérance et la confiance dans l'avenir sont les 
principaux éléments de succès, et la terre ne manque jamais de 
rendre au centuple , lorsqu'on ne lui demande que ce qu'elle 
peut donner. 

Mais dans la situation actuelle qui nous est faite , sachons nous 
défendre avec énergie ; réunissons nos efforts , afin que Tcnquête 
annoncée soit véridique; qu'elle constate les besoins réels, les 
souffrances positives de la France et de son agriculture ; rallions- 



— 49 — 

i 

nous à l'amendement présenté au Corps législatif, pour obtenir 
un droit protecteur temporaire de 2 fr.-par hectolitre de blé à 
l'importation , en attendant la diminution des impôts fonciers et 
des droits de mutation. 

'De SouviONT. 



BÉPONSE A LA NOTE OUI PRÉCÈDE. 

On peut faire dire aux chiffres tout ce qu^on veut : Ce proverbe 
n'est jamais plus vrai que quand il ^agit d'analyses chimiques et 
d'évaluations agricoles. Demandez à vingt agriculteurs sérieux et 
consciencieux d'évaluer une branche déterminée de la produc- 
tion agricole, vous aurez vingt évaluations différentes; demandez 
à cent chimistes habiles d'analyser cent parcelles du même sol , 
vous aurez cent analyses qui différeront. M, de Souvigny nous a 
fourni , l'année dernière , un tableau très-intéressant de la diffé- 
rence qui existe entre le prix courant des engrais et leur valeur 
réelle : si quelqu'un voulait se donner le triste plaisir de contre- 
dire notre honorable collègue , tous ses chiffres seraient infirmés 
et démentis par des analyses signées des noms les plus autorisés. 

Est-ce la faute des statisticiens , des chimistes , et faut-il en 
conclure que les chiffres ne servent à rien ? non sans doute : 
mais il faut reconnaître que de pareils calculs , quand on veut 
les généraliser , ne sont plus que des évaluations plus ou moins 
approximatives. Le chimiste qui analyse une portion de matière 
vous donne un résultat qui est exact , quant à la portion ana- 
lysée; mais, quand vous voulez conclure de celte parcelle au 
fout, alors la certitude disparaît et il n'y plus que l'approximation. 

Le registre d'analyses que M. de Souvigny voudrait voir éta- 
blir ne remédierait donc à rien , puisque les analyses les plus 
certaines , dès qu'on veut les généraliser , ne sont plus que des 
évaluations qui souvent présentent , comme il le dit très-bien , 
if énormes écarts. 

N'y a-t-il donc pas lieu dé s*étonner que notre honorable con- 
frère , pénétré comme il l'est de cette vérité de toute évidence , 
ait tenu à établir, entre ses évaluations et les miennes, ces 
énormes écarts, qu'il constate lui-même entre les différents auteurs, 
qui sont inhérents à ces généralisations , et qui ne peuvent rien 
prouver? Supposons, en effet, que la luzerne, dont, avec 



— 50 — 

M. Isidore Pierre et conformément à mon expérience, j'évalue le 
rendement à 7,000 k.\ ne donne pas chez lui le même produit: 
le système que je conseille n*en sera pas affecté le moins da 
monde. Nulle part les produits ne sont identiques; les asso- 
lements proposés ne sont pas des lois , ce ne sont que des 
exemples destinés à prouver la possibilité , des modèles modi- 
fiables suivant les nécessités des temps et des lieux. J'ai 
atténué toutes les évaluations de produits pour les abaisser 
à la mesure de la fertilité de notre sol , et j'ai modifié les équi- 
valents nutritifs conformément à ma pratique. Or, mettant de 
côté mes évaluations propres, et adoptant pour la luzerne et le 
sainfoin celles de M. I. Pierre; pour la betterave, les ponmies 
de terre et les vesces , celles de Pabst ; pour les mais , celles de 
Heuzé; pour l'avoine , celles de Block; pour la paille d'avoine , 
celles de Thaer , j'obtiens une production en foin sec de 
192^829 k., laissant un excédant de 17,i49 k., au lieu de 15,570 
que j'avais annoncé ; de sorte que , entre mes évaluations pro- 
pres et celles des auteurs que je viens de citer, l'écart n'est que 
de 1,579 sur 192,829 , ce qui ne me semble pas énorme. Ajoutez 
que cet écart était à mon détriment et que sa rectification me 
profite. M. de Souvigny peut se placer à l'autre extrémité de 
l'échelle des équivalents, il établira ainsi un écart entre son éva- 
luation et la mienne ; mais il n'obtiendra jamais plus de certi- 
tude pour son évaluation que pour la mienne. Je ne reproduis 
pas ici ces longs calculs; mais je les tiens à la disposition de 
notre honorable confrère. 

En ce qui concerne les engrais^ M. de Souvigny remarque jue 
les calculs sont établis au mètre cube. S'il m'avait lu avec plus 
d'attention, il eût trouvé, page 17, que mes calculs sont établis 
à la fois au mètre cube et au poids : je m'assure qu'il conviendra 
que ce qui abonde ne nuit pas. Il afiirme que le tombereau de 
M. Morel de Vindé est la tonne de 1,000 k. Rien ne le prouve et 
tout m'autorise à penser le contraire , je crois donc devoir main- 
tenir mon évaluation de 750 k., avec d'autant plus de raison , 
que l'alimentation du bétail n'était pas plantureuse chez cet 
agriculteur, puisqu'elle se composait de paille et de 3,000k. 
seulement de foin. Mes calculs sont donc encore ici à mon dés- 
avantage, puisque, mon assolement comportant une ration bien 
supérieure , je n'élève pas l'évaluation de la production en 
fumier. En supposant , dans mon assolement , un dé6cit de 



— si- 
lo p. 0/0 dans la production fourragère , on obtiendrait encore 
la même proportion de fumier que M. de Vindé. 

Mais voilà bien une autre affaire! Pour rapprocher cTune bonne 
culture le systèmedeM. de Vindé, M. de Souvîgny élève le poidsMe 
son fumier de 750 k. , par tête et par mois , à 1,000 k. ; et il abaisse 
le poids du mien, toujours par tête et par mois, à 667 k. ; c'est tout 
ce qu'il peutm'accorder. D'où il suit qu'un bœuf qui consomme, 
en ration et litière, 3,300 k. de paille et 3,000 k. de foin, produit 
par an lâ,000 k. de fumier, tandis qu'un bœuf exclusivement 
nourri au foin ^ à raison de 4,380 k. et n'ayant de paille qu'en 
litière, n'en peut produire que 7,904 k. ! Ceci rapproche mon 
système, non pas seulement d'une mauvaise culture, mais d'une 
absurdité : c*est une suppression de 160,000 k. de fumier par 
an. — Que mon honorable contradicteur mesure à la toise , 
tandis que je mesure au mètre , il n'y a rien à dire , pourvu 
qifon en soit averti ; on ne s'entend pas et voilà tout ; mais qu'il 
prenne , à sa convenance , tantôt le mètre et tantôt la toise ; 
qu'il applique une mesure à l'un et une aut're mesure à l'autre, 
voilà qui ne se comprend plus. Si le chiffre de 1 ,000 k. de fumier 
par tête et par mois est exact , alors mon assolement en produit 
480,000 k., et non pas 320,000, comme M. de Souvigny l'a 
écrit : si c'est le chiffre que j'ai posé qui est exact, pourquoi le 
crîtique-t-il ? — Quant au dosage de Tazole, si la production du 
fumier doit être évaluée d'après le chiffre posé par notre confrère 
en faveur de M. de Vindé, il sera, pour mon assolement, de 
2,880 k., c'est-à-dire 68Q k. de plus que je n'en accuse , et non 
pas 920 k. de moins, comme il le prétend à tort , car je main- 
tiens très-positivement mon chiffre de 6 grammes par kilo- 
gramme de fumier normal. 

Mon honorable contradicteur prétend que je me pose en adepte 
de la secte azotiste exclusive. J'avoue que je ne sais pas s'il y a 
une secte azotiste^ ni ce qu'elle peut être, ni si elle est exclusive, 
ni ce que tout cela veut dire. Je sais seulement que , jusqu'ici , 
les chimistes ont pris l'azote pour mesure de la fécondité , voilà 
tout. Je ne sache pas que personne ait cherché à exclure quoi 
que ce soit de l'organisme des plantes , ou à leur imposer tel ou 
tel élément de nutrition. Si M. de Souvigny parvient à découvrir 
une mesure de fécondité plus commode et plus sûre que l'azote , 
je m'assure que les chimistes s'empresseront de l'adopter. 

Quant au dosage de l'azote dans le fumier , notre confrère 



- 5« — 
m'oppose une analyse de M. Boussingault qui en accuse-4 gram- 
mes par kil. Je suis assuré de lui faire plaisir en lui en signalant 
quatre autres du même chimiste , citées dans le livre de la ferme, 
et,qui accusent 0,67 — 0,34 — 0,82 et 0,78 : ^ J'avais plus de 
temps, j'en trouverais encore d'autres, toujours de M. Boussin- 
gault et toutes différentes. Et la conclusion ? C'est qu'il faut 
prendre une moyenne. M. Isidore Pierre , derrière lequel je 
m'efface , a pris cette moyenne des analyses de M. Boussio- 
gault , et elle lui a donné 6 grammes par kit. de fumier normal, 
La moyenne des cinq analyses que je viens de citer, donne (K68. 

Quel est donc le but de M. de Souvigny en faisant cette grande 
dépense de chiffres? D'établir que les siens sont les meilleurs? 
Je n'en saurais tomber d'accord. Nous puisons, en déânilive, dans 
le même panier : quand je prends les petits chiffres , il se jette sur 
les gros; quand je choisis les gros, il préfère les petits. Nous pour- 
rions jouer ainsi longtemps, sans grand profit pour l'agriculture. 

Notre honorable confrère n'admet pas la quotité de la restitu- 
tion d'azote par l'atmosphère ni la dépense excessive qui en est 
faite par les prairies artificielles, laissant, dit-il, au sol plta 
qu'elles n*ont reçu de lui. Il y a là une erreur de chiffres^ qui vient 
peut-être,,. Ce peut-être ôte bien de la force à l'affirmation il y a 
là une erreur. Pour moi , je crois qu'il y a dans toute cette partie 
du travail de M. de Souvigny plusieurs erreurs physiologiques dont 
il reviendra en lisant le mémoire de M. Is. Pierre sur les prairies 
artificielles : c'est à ce mémoire que j'ai emprunté mes chiffres. 

M. de Souvigny estime que la dépense d'azote doit être en 
raison de la quantité des produits du sol , et cela est vrai ; mais 
il oublie que , parmi les produits du sol , il en est qui n'entrent 
pas dans nos greniers et qui nuisent même à nos récoltes, ce sont 
les herbes parasites : elles dépensent de l'azote aussi et appauvris- 
sent d'autant le sol. Il n'ignore pas que ces herbes sont rares 
après^une récolte sarclée ou après une prairie : voilà pourquoi 
la dépense d'azote ne doit pas être répartie uniformément en 
raison de la quotité des produits utiles , mais aussi en raison de 
l'état de propreté des terres. La rectification qu'il propose sur ce 
point ne saurait donc être admise. 

Pour ce qui est de la dépense en phosphate, sans entier dans 
l'examen des analyses qu'il produit , je me borne à lui rappeler 
que , d'après sa propre affirmation , mes 480,000 k. de fumier 
en fournissent i ,720 k.; d'où résulterait un déficit de 76 k., et 



— 53 ~ 

non pas de 546 , comme il le prétend. Il a oublié de nous dire 
conabîen il en est fourni par l'atmosphère et combien le sol en 
reçoit du détritus des prairies : sa prédilection pour le phosphate 
ne me permet pas de penser qu'il ignore ces détails, et il est 
dans la nécessité de les produire, comme je l'ai fait pour l'azote, 
s*\\ veut que ses calculs aboutissent à une conclusion probante. 
En d'autres termes , si le fumier laisse un déficit de 76 k. de 
phosphate pour 40 hectares, soit un k. 900 gr. par hectare, com- 
bien les détritus et l'atmosphère rendent-ils au sol d'acide phos- 
pbonque?Gar la comparaison qu'il veut établir avec l'azote n'est 
admissible qu'autant qu'il dosera l'acide phosphorique et non 
pas seulement le phosphate. Le système de M. Isidore Pierre sur 
l'azote est complet; avant qu'on paisse discuter celui de M. de 
Souvigny sur le phosphate , il faut donc qu'il le complète aussi 
et qu'il le dose, non-seulement dans les engrais et dans les 
plantes, mais dans l'atmosphère et dans le sol. 

M. de Souvigny s'étonne de me voir estimer à 4,800 fr. le 
produit brut de l'équivalent de 40 têtes de gros bétail , auquel 
j'assigne une valeur de 10,000 fr. C'est , dit-il , 48 p. 0/0. Cette 
observation pourrait faire supposer qu'ici le produit brut a fait, 
dans son esprit , confusion avec le produit net ; autrement il eût 
fait remarquer qu'un produit brut de 48 p. 0/0, loin d'être exa- 
géré, est très-atténué. Un bœuf de travail donne en ouvrage 
400 p. 0/0 de sa valeur vénale ; une brebis, 80 p. 0/0 ; une vache 
à lait, 200 p. 0/0 ; une truie portière , 300 p. 0/0. Pour avoir le 
produit ne/ , il faut déduire les frais de nourriture, de logement, 
de pansement , d'outillage et d'amortissement , ce qui réduit ce 
produit brut de 4,800 fr. à un produit net de 10 à 15 p. 0/0, 
produit qui peut même s'élever à 20 p. 0/0 du capital d'acqui- 
sition des animaux. Voilà pourquoi on peut conseiller d'emprun- 
ter pour acheter du bétail, et non pas pour acheter de la terre. 

Ici encore, à propos du capital destiné à compléter le nombre 
des animaux nécessaires pour une bonne culture ,• notre con- 
frère produit des chiffres d'une exagération véritablement irré- 
fléchie. Il met à ma charge des dépenses évidemment étran- 
gères à mon système. Oubliant qu'il vient de reconnaître lui- 
même que l'état normal est atteint et dépassé dans certaines 
contrées du pays , il multiplie la dépense exigée ici, chez nous , 
par le nombre total et exagéré des hectares de la superficie cul- 
tivée de toute la France, et puis il brandit, comme un argument 



— 54 — 

décisif, le chiffre effrayant de iO milliards 500 millions l Si je 
voulais imiter cette manière d'agir, je pourrais dire que, possédant 
en France, l'équivalent de trois cinquièmes de tètes de gros bétail 
par hectare, il nous suffirait d'en acquérir deux cinquièmes,c'est-à- 
dire 16 par chaque ferme de 40 hect., ce qui ne paraîtrait pas bien 
difficile ; mais on me rirait au nez, parce que tout le monde saurait 
et verrait bien qu'ici cette proportion n'est pas atteinte; tandis 
que tout le monde ne sait pas qu'elle est bien dépassée ailleurs. 
Pourquoi donc ne pas discuter la question dans les termes oii 
je l'ai renfermée ? C'est une question locale , étudiée d'après les 
besoins et les moyens locaux ; réalisable immédiatement pour 
quelques-uns et successivement pour tous. La meilleure preuve 
de sa possibilité , c'est qu'elle ne changerait presque rien au 
mode de culture usité aujourd'hui chez nous , comme on peut le 
voir par le tableau suivant. S'il est bon de ne pas agir subite- 
ment ni étourdiment , il est sage aussi de ne pas justifier les 
reproches des partisans du libre échange en repoussant le pro- 
grès pour se renfermer dans l'immobilité. 

Assolement usité. Assolement modifié. 

Six ans.* 



1" 


année. 


— Froment. 


Betteraves, pommes de terre, 
vesces , maïs , navets , 
choux, etc. 


r 


id. 


Froment, avoine , 
orge. 


Froment. 


3» 


id. 


Pommes de terre, 
haricots. 


Avoine ou orge d'été. 


4* 


id. 


Froment, p 


Sainfoin. 


5» 


id. 


Froment, avoine 
ou orge. 


Sainfoin. 


6« 


id. 


Pommes de terre, 
haricots. 


Froment. 






Cinq 


ans. 


V 


année. - 


—Jachère nue. 


Betteraves , pommes de terre, 
vesces , maïs , navets , 
choux , etc. 


26 


id. 


Froment. 


Froment. 


3* 


id. 


Avoine. 


Trèfle. 


4» 


id. 


Trèfle. 


Trèfle. 


5' 


id. 


Trèfle. 


Avoine. 



— 55 — 

N'est-il pas évident que partout où l'assolement usité est pos- 
sible , les modifications que je propose le sont également? 

Quant aux sols qui ne peuvent produire ni trèfle , ni sainfoin, 
ni luzçrne , est?il nécessaire de dire que l'assolement à choisir 
est naturellement indiqué par l'espèce de fourrages qu'ils sont'' 
susceptibles de fournir comme base de l'alimentation du bétail ? 

Pour ce qui est de la jachère , j'ai prévu^ page 27 , qu'elle 
peut être commandée par les circonstances. Elle peut être ap- 
pliquée de deux manières : ou bien en cantonnement sur une 
portion du domaine; ou bien en répartition en contenances 
égales à celles des autres soles. Dans l'un ou l'autre cas, le nom- 
bre des tètes de bétail à entretenir peut être diminué en pro- 
portion du nombre d'hectares mis en jachère. 

Il me semble qu'il n'y a dans tout cela ni révolution immédiate 
et complète^ ni milliards à dépenser, ni analyses chimiques à 
requérir, ni secte azotiste ou pkosphatiste. 

Enfin, il y a un dernier paragraphe du travail de mon hono- 
rable confrère et ami qui m'embarrasse singulièrement , c'est 
celui-ci : Je me hÂte de le déclarer, ces différentes obsei'vations 
« de détail ne sauraient nuire à l'ensemble du système cultural , 
a excellent au fond. Elles prouvent seulement que la science 
a agricole a besoin d'être mieux fixée , pour qu'on soit bien 
a d'accord sur les données principales ». 

Je suis convaincu qu'il y a là un compliment sincère , dont , 
sincèrement , je remercie M. de Souvigny. Pourtant, quand 
j'analyse ce passage , je ne sais plus que penser. Dire que mon 
système est excellent^ c*est aller au delà de ma pensée : il a des 
défauts, je l'ai dit, je le sens ; à mes yeux ce n'est qu'un progrès, 
une transition. Mais bien qu'il soit déclaré excellent au fond^ si 
la science agricole a besoin d*être mieux fixée pour qu*on soit bien * 
d'accord sur les données principales , voilà qui ajourne singu- 
lièrement mon satisfecit^ voilà le compliment gâté. Le fond et 
les données principales^ cela se ressemble assez ; si Ton n'est pas 
d'accord sur les données principales , comment le fond peut-il 
être excellent! Je puis bien me rassurer à la pensée que les 
observations de détail ne sauraient nuire à l'ensemble ; mais quand . 
je fais l'inventaire de ces critiques de détail , je vois qu'il ne 
reste rien pour constituer ce fond qu'on me dit excellent ; et 
mon embarras recommence. 

Cependant, M. de Souvigny ^af&rme que nous sommes tous 



— 56 — 

d'accord : il faut donc que réellement le fond de mon système 
lui paraisse excellent et que ses oôserv^i^toii^ n'aient été faites que 
pour la forme. Je le souhaite \ et je le crois quand il dit : c Ger- 
a tes , je ne me ferai pas antagoniste de cette agriculture èmi 
« je poursuis F application depuis plus de 15 ans » . Cette appli- 
cation qu'il poursuit toujours , je l'ai réalisée depuis plus de 
40 ans chez moi ; et comme je m'en trouve bien , je fais ce que 
tout cultivateur attaché à sa profession fait toujours , ainsi que 
Ta constaté Adam Smith : a S'ils connaissent quelque pratique 
a nouvelle qu'ils aient trouvée avantageuse , ils sont curieux de 
a la communiquer à leurs voisins et de la propager le plus qu'ils 
a peuvent. Pius quœstusy dit Gaton l'ancien , stabilissimusque, 
a minimeque invidiosus; minimeque maie cogitantes sunt, qui in 
a eo studio occupatisunt d. 

Emm. de Cubzor. 



LETTBE DE M. LEEOT D'ANGEES y A M. BRUANT , POUR DS1IAMDE& 
DES RENSEIGNEMENTS SUR LA PO^IE Portoii. 

LaQuintinye, pomologue qui écrivait sous Louis XIV, des 
jardins fruitiers duquel il était directeur, cite et décrit une 
poire Portail qu'il m'est indispensable de pouvoir faire graver. 

J'ai pensé que vous auriez toute facilité pour m'en envoyer 
quelques exemplaires — elle mûrit décembre-janvier — car cet 
auteur dit *: a Le Portail , poire si renommée dans la province 
a de Poitou , et qui ne réussit guère que là , et surtout d Poi- 
a tiers...; aussi est-ce la poire bien-aimée de Messieurs les Foi- 
« tevins... » 

Devant ces lignes , il me paraît difficile que ce fruit vous soit 
inconnu. Ses synonymes ', à l'époque de la Quintinye, étaient: 

— Caillou rosat musqué — Poire de Prince et Poire d'Am- 
bre. — .Mais Portail est le nom générique , celui par excel- 
lence. 

Voici ce qu'en écrivait un éminent amateur de fruit en 1675 : 
a Le Portail est plat et d'un gris brun; il a l'œil fort enfonce; 
a son eau est fort musquée , sans être sec. 11 ne réussit que sur 
a le franc , dure peu sur le cognassier, qui le fait trop rapporter, 
« donnant peu de bois. Pour le manger bon et à propos , il 
a faut qu'il commence à se piquer et comme à vouloir pourrir.» 



— 57 - 

Savcz-vous d*où lui peut venir ce nom de Portail ? — Se- 
rait-ce point de ce qu'on le plantait habituellement en vos con- 
trées dans les cours, près le portail? 

Si vous pouvez me procurer deux ou trois de ces poires , je 
vous serai également fort reconnaissant de me tracçr une courte 
description de l'arbre : ' 

(Bois, — rameaux, — scions, — lenticelles , — coussinets, — 
yeux, — feuilles, — pétiole, — forme et vigueur.) 

Pardonnez-moi , cher Monsieur , d'abuser ainsi de votre obli- 
geance t mais vous savez que, travaillant actuellement pour les 
pépiniéristes , pour leur unique intérêt , je dois naturellement 
m'adresser à eux lorsque mes collections ne renferment pas les 
espèces qui me sont nécessaires. 

Je vous adresse d'avance mes remerciments sincères. , 

Agréez, etc. 

André Lerot. 

La Société prie les personnes qui pourraient se procurer les 
renseignements demandés dans la lettre de M. Leroy , de vou- 
loir bien les comnmniquer, soit à M. Bruant, soit au président 
ou au secrétaire de la Société d'Agriculture à Poitiers. 



REVUE. 



Notice sur un nouveau modede culture du froment, ^^M, Vaud, 
agriculteur à Loubillé (Deux-Sèvres), préconise un nouveau 
mode de culture du froment qui , d'après lui , doit amener une 
véritable révolution en agriculture. 

M. Vaud fait précéder sa méthode de quelques considérations 
physiologiques relatives à la végétation de \\ précieuse céréale , 
«et c'est sur ces données qu'il fonde sa pratique. 

Lorsque le blé , dit-il , a été confié à la terre dans les derniers 
jours d'octobre ou dans le courant de novembre , la graine se 
gonfle, s'entr'ouvre , et lance vers la surface du sol un rudiment 
de tige , en môme temps qu'elle projette dans les profondeurs 
de la terre ses fibres radiculaires. Ces premières racines , ces 
racines mèreiy qui plongent verticalement dans le sol et généra- 
lement à une assez grande profondeur , n'ont d'autres fonctions 
que de maintenir la plante en santé et de lui donner la force et 



— sa- 
la vigueur nécessaires pour résister aux intempéries de Thiver, 
pendant lequel la plante ne végète que faiblement. Pendant 
cette période de son existence , la plante n'emprunte point au 
sol ses aliments constitutifs , mais bien plutôt à la graine elle- 
même, à la fécule qu'elle contient en réserve pour cet objet. 

Mais viennent les brises tièdes du printemps , les racines 
mères se dessèchent et disparaissent, leur mission est terminée, 
et il se forme alors à la base de la tige principale du blé , à un 
pouce et demi de profondeur , un léger bourrelet d'où sortent 
les nouvelles racines , les racines nourricières , qui vont cher- 
cher dans le sol les substances qui lui sont propres. Ces der- 
nières racines ont cela de particulier , c'est qu'elles sont hori- 
zontales et superficielles. 

11 ressort de là que , dans les premières phases de son exis- 
tence, la plante, par ses racines mères , n'emprunte rien au sol, 
et que ce sont uniquement les racines nourricières (qui ne pé- 
nètrent qu'à un ou deux pouces de profondeur) , qui absorbent 
les sucs nourriciers des couches les plus superficielles du sol. 

M. Vaad tire de là la conclusion que c'est au prtn/anjw et 
non à l'automne que les engrais doivent être fournis à la plante ; 
que ce n'est pas à cinq ou six pouces de profondeur , comme 
on le fait généralement, qu'ils doivent être enfoncés, que c'est à 
la surface même du sol qu'ils doivent être appliqués. 

De cette manière, les racines nourricières sont en contact 
immédiat avec les engrais et les absorbent entièrement , à me- 
sure que les pluies les dissolvent. C'est la fumure en couverture, 
telle qu'on la pratique pour les prairies. 

Quant au manuel opératoire , il est aussi simple qu'écono- 
mique ; il consiste à employer des engrais immédiatement assi- 
milables , des composts particulièrement , à les répandre au 
printemps sur les blés, et à faire suivre cette opération de ia 
herse et du rouleau. Il va de soi que la culture à plat est de 
rigueur dans ce système. Quant aux résultats, ils sont tout bon- 
neinent merveilleux. Rendement considérable , égal à celui (i^ 
l'Angleterre, et économie de plus de neuf dixièmes de l'engrais. 
Si dans le système ordinaire, vingt mètres cubes de fumier sont 
nécessaires pour fumer un hectare de terre , deux mèties cubes 
du même fumier étendus à la surface du sol amèneront le 
même résultat. 

M. Vaud , depuis plusieurs années , a mis sa théorie en prati- 



— 59 — 

que, et aflSrme qu'elle a été constamment suivie de succès. 
Nous nous abstiendrons de toute objection , de toute critique. 
Il n'y a qu'un juge en agriculture , un juge souverain , c'est 
l'expérimentation : nous nous bornerons donc à soumettre la 
théorie de M. Vaud aux méditations des agriculteurs , et nous la 
recommanderons particulièrement à ceux qui savent allier les 
saines données de la science aux enseignements plus précieux 
encore d'une pratique éclairée. 

Nous donnons, dit notre correspondant, M. Duret, notre 
entière approbation aux observations fournies par M. Vaud sur 
la végétation du blé y comme aussi à sa manière d'appliquer les 
engrais. Les faits qu'il signale sont acceptés par les grands 
agriculteurs de la France et de l'Angleterre. Partout il est 
reconnu que les engrais pulvérulents , répandus au printemps 
sur les céréales et sur toutes les plantes en général , ont pour 
effet de développer une belle végétation, tout en fournissant une 
grande économie dans l'emploi de la substance fertilisante. 

Pour peu qu'on veuille y réfléchir , on se rendra facilement 
compte de l'efficacité de ce nouveau procédé et de sa supériorité 
sur l'ancien. 

Tout le monde sait que les plantes ne peuvent s'assimiler les 
sucs nourriciers qui sont contenus dans les engrais, qu'autant 
que ceux-ci sont dissous par l'eau des pluies, c'est-à-dire, en 
d'autres termes , qu'il faut qu'ils soient présentés aux racines à 
l'état soiuble et sous une forme très-divisée. Ce fait admis , et 
nous ne pensons pas qu'il puisse être contesté, il en résulte : 
1"^ que le blé ne peut profiter que de la partie de l'engrais dis- 
sous que ses racines peuvent atteindre ; â® que partant , tout le 
reste de l'engrais, ou à peu près , disparaît avec l'eau des pluies 
dans les profondeurs du sous-sol , sans aucun profit pour l'agri- 
culteur ; 3<» qu'on doit en dire autant des engrais qui sont enfouis 
trop profondément , et qui , par cela même, sont inaccessibles 
aux racines du blé. Ces dernières sont presque toujours super- 
ficielles , et ne s'enfoncent que très-peu dans la terre , à moins 
que la couche arable ne se trouve ameublée et remuée à une 
épaisseur considérable. 

La pratique couronnée de succès de M. Vaud repose donc 
sur une base solide , puisqu'elle se trouve confirmée par le rai' 
sonnement et par la science. Nous devons en conclure que la 
fabrication des engrais pulvérulents doit être encouragée , par 



— 60 — 

cette raison qu'ils peuvent être semés avec la semence, au moyen 
des semoirs mécaniques , ou répandus en couverture sur les 
récoltes qui sont languissantes ou qui ont souffert des rigueurs 
<fë la saison , pour ranimer leur végétation. 

La manière de fabriquer ces sortes d'engrais est bien faciie. 
La marne brûlée , l'argile calcaire sont très-propres à former la 
matière première des engrais pulvérulents. Pour brûler ces 
substances , il faut les gâcher avec de la poussière de charbon 
de terre et du goudron des usines à gaz, par égale portion. Ce 
combustible peut servir dans les campagnes à faire cuire la 
nourriture des animaux à l'engrais, tels que cochons, bœufs, et 
l'on obtient pour résidu une matière poudreuse qui possède une 
grande puissance d'absorption et est en outre désinfectante. Il 
faut avoir le soin de ne préparer l'argile qu'au moment du 
besoin, et la faire brûler immédiatement, car si on la laissait 
sécher, elle se prendrait en masse en cuisant , comme les tuiles 
et les briques. Brûlée humide , au contraire , elle se rMuit en 
poudre avec la plus grande facilité. Ces substances peuvent être 
employées avec avantage à la solidification et à la désinfection 
des jus de fumiers, des urines et des matières fécales. 

Les Chinois, qui ne connaissent pas les fumiers d'étables 
parce que la population trop dense de ces vastes contrées ne 
leur permet pas de faire servir les bestiaux dans la culture des 
champs, ne font usage que de la craie calcinée qui a servi d'exci- 
pient aux déjections humaines de la population. Il n'existe pas, 
dans ce pays , d'autres sortes d'engrais» et il se fait, dans tout 
l'empife, un commerce immense de ces substances fertilisantes, 
tant^us cette forme qu'àl'état naturel. 

Cette méthode de fumer les terres est parfaitement entendue, 
parce que les matériaux qu'on utilise ainsi possèdent une puis- 
sance fertilisante quatre à cinq fois plus élevée que celle des 
fumiers de fermes. Elle présente encore cet avantage, inconnu 
parmi nous , d'offrir des champs entièrement purgés d'herbes et 
de plantes nuisibles, tandis que les nôtres, au contraire, en sont 
infestés , par cette raison toute simple qu'avec nos fumiers nous 
répandons les graines qu'ils contiennent en abondance. 

Les campagnes chinoises , au dire des voyageurs qui ont pé- 
nétré un peu avant dans Tinlérieur , offrent partout une fécon- 
dité admirable; elles ont en outre ce singulier privilège d'être 
exemptes de toute végétation parasite , à ce point que l'oeil le 



— 6i — 

plus attentif et le plus exercé n'en peut découvrir la moindre 
trace. Le même fait se reproduit le long des routes et sur les 
berges. 

La tourbe qui est en terreau naturel , puisqu'elle est le 
résultat de végétaux altérés par le temps, constitue une matière 
encore plus précieuse pour servir à la fabrication des engrais 
pulvérulents. Il suffit pour cela de la faire dessécher et de l'em- 
ployer comme litière; elle peut encore servir à solidifier les 
urines et les jus de fumiers des étables. 

Une fois que ces matières poudreuses sont suffisamment sa- 
turées, on les sort des écuries, on les place dans un lieu sec 
pour en opérer la dessiccation , jusqu'à ce que le moment favo- 
rable soit arrivé de les répandre sur les plantes dont on désire 
ranimer la végétation. 

(Extrait du Bulletin de la Société industrielle d Angers.) 

Émondage des arbres résineux. — Quelques personnes incer- 
taines sur la manière d'émonder les arbres résineux ,* ont 
demandé s'il faut les émonder au ras du tronc» ou à distance 
avec chicot. L'attention des lecteurs du Bulletin de la Société 
d'horticalture a été appelée sur cette question et on les a engagés 
à émettre leur avis ; voici le mien. ' 

Quand on a planté des arbres résineux avec l'intention de les 
élaguer, on ne saurait commencer trop tôt cette opération qui, à 
mon sens, est toujours fâcheuse, parce qu'elle détruit la beauté 
et la majesté des arbres verts. Aussitôt que les arbres ont dé- 
passé la taille d'un mètre, il faut enlever la couronne inférieure, 
on coupe les branches à une certaine distance du tronc ; au bout 
d'un an, ou après la deuxième année, on retranche les chicots 
qui, dans les pins, n'ont généralement plus de sève, mais qui en 
conservent encore un peu dans les sapins '. On doit §e servir 

* Les sapins et les pins, appelés Yulgairement athrtB verts, sont les deux 
prineipaux genres de la famille nombreuse des Conifères. Nous croyons utile 
de dire ici à quel signe principal , très-facile à reconnaître, on dislingue ces 
deux genres. 

Les sapins (Abies) ont les feuilles solitaires, insérées une A une sur les 
jeunes rameaux, tels que YAhiespicca (rSpicca), V Abies ptctinata (le sapin 
de Normandie), VAhies pinsapo (le Pinsapo), etc. 

Les pins {Pinus) ont leurs feuilles réunies ensemble par faisceaux de 2 , 
de 3, de 5, qui sortent d*une gatne commune. On a môme divisé les pins par 
sections d*après le nombre de feuilles à la gatne ; ainsi : le Pinus Sylvutris 



d'un instrument bien tranchant , et prendre garde d'endom- 
mager le corps de l'arbre, parce que toute blesisure devient an 
exutoire. Souvent, au milieu des branches principales» il se 
trouve des brins beaucoup plus petits dont le diamètre n'atteint 
pas 6 milimètres. Pour ces brindilles , l'opération n'a pas besoin 
d'être faite k deux fois ; on peut tout de suite les retrancher près 
du tronc, et les petites plaies seront déjà recouvertes 1orsqu*on 
retranchera les branches principales. 

Quand l'élagagea été longtemps retardé, et que les arbres sont 
déjà grands , l'opération est plus difficile et demande plus de 
soins. Il convient de laisser plus de longueurs aux chicots (de 
42 à 15' centimètres) , et de ne retrancher chaque année qu'une 
couronne de branches, deux tout au plus. Par chaque brande 
coupée , il ne tarde pas à s'établir un écoulement de sève rési- 
neuse très-abondante surtout dans les sapins. Si les chicots sont 
courts, et si Ton a abattu à la fois quatre ou cinq couronnes, le 
tronc de- l'arbre se couvre bientôt d'une épaisse couche de résine 
qui bouche les pores et nuit à la prospérité de l'arbre. Ce n'est 
pas tout; la sève trop abondante ne s'échappe pas toute parles 
branches coupées, il se forme souvent, dans l'écorce, des fissures 
par lesquelles découle l'excès de sève. Dans cet état, l'arbre est 
malade, et si la résine qui couvre l'écorce n'est pas enlevée, si 
les fissures ne sont pas lavées et fermées, il peut mourir. 

Dans les pins, les chicots des grosses branches se dessèchent 
assez facilement après la seconde année; alors, il est possible 
d'ôter les chicots et de faire disparaître toute trace de la place 
qu'ils occupaient. 

Dans les sapins, le chicot ne se dessèche pas aussi prompte- 
ment; si on tarde trop à l'amputer, il se forme un bourrelet qui. 
pendant bien des années, fait saillie sur le tronc de l'arbre. 

Il convient donc d'enlever chez les sapins comme chez les pins, 
les chicots après la deuxième, ou au plus tard après la troisième 
années 

(Pin Sylvestre ou d*Éco8se) a S fenilles à la galae, comme le Pinus Larias 
(Pin Laricio ou de Corse) ; le Pinus Sabiniana (Pin de Sabine) a 3 feuilles à 
la gatne; le Pinus Strobus (Pin de Lord Weymouth) a 5 feuilles à la gatne. 
' Outre le yilain aspect qu*ont des arbres hérissés de chicots, ces deroterf. 
bientôt abandonnés par la sève , restent fichés comme des corps élnogen 
dans le tronc même de l'arbre qu'ils déprécient. Ils produisent c«s cliefill<^ 
de bois morts qui souvent se détachent d'elles-mêmes et font un troa daas 
Ja planche, quand Tonvrier les rencontre, an grand détriment de ses oatils- 



— 63 — 

Quant àTépoque où les arbres verts doivent être émondés, 
évidemment ce doit être lorsque la végétation est arrêtée, le plus 
longtemps possible avant le moment où la sève recommence à 
entrer en circulation; les mois de décembre et de janvier me 
semblent donc convenir le mieux. 

Dans ce qui précède, je n'ai point eu la prétention de tracer 
une ligne de conduite dont il ne soit pas possible de s'écarter; 
j'ai dit ce que l'expérience m'a enseigné; que tous ceux qui ont 
eu à soigner des arbres résineux veuillent bien en faire autant, 
et bientM la question sera résolue sans laisser rien d'indécis. 

Poulain de Bossay. 

{Bulletin de la Société d'horticulture d'Eure-et-Loir.) 

Culture des pommes de terre.^Le Journal de la Ferme donne^ 
sur la culture des pommes de terre , d'intéressants détails que 
nous croyons devoir résumer ici. 

£n 1861 , un membre du conseil supérieur de l'agriculture de 
Prusse fit connaître que de nombreuses expériences avaient per- 
mis de constater que les pommes de terre placées sur le champ 
labouré et hersé , sans recevoir de couverture avant d'avoir émis 
des racines et des germes, donnaient un rendement supérieur à 
celui de Ta culture ordinaire, que les tubercules étaient plus 
riches en fécule et moins sujets à la maladie. 

Ces expériences furent continuées en 1862 et en 1863, et il a 
été constaté que la méthode de culture la plus avantageuse serait 
la suivante : 

Tracer sur le terrain , convenablement préparé , des lignes à 
50 centimètres de distance, et profondes de 6 centimètres. Placer 
dans ces lignes des pommes de terre de moyenne grosseur, sans 
les couper , à 27 centimètres de distance , en les fixant au sol 
avec le pied ; laisser la semence en cet état jusqu'à l'apparition 
des germes, ce qui demande trois ou quatre semaines , pifis les 
butter , c'est-à-dire les recouvrir au buttoir. Il n'y a pas besoin 
d'autres façons. 

— On lit dans le même journal sous la signature de M. Joi- 
gneaux : a Si l'on employait à propager le topinambour la moitié 
du bruit que l'on a fait autour du brome de Schrader, la moitié 
de la science dépensée pour sa gloire , la moitié de l'encens 
brûlé en son honneur , on rendrait à moins de frais un service 



— 64 — 

autrement considérable , et avec certitude de ne recevoir en re- 
tour que des compliments. » 

-* On y trouve encore l'indication du compost suivant , indi- 
qué comme très^fficace pour détruire la cuscute : 

1 ,000 kilogrammes de sel de poisson 60 fr. 

300 kii. de phosphate 18 

6 hectolitres de chaux 12 

90 fr. 
On ajoute à cela de la cendre et du fumier consommé et saiu 
paille, ou, à son défaut, du terreau des balayures des villes, dont 
la quantité n'est pas déterminée, et l'on répand ce compost sur 
les prairies, à raison de 200 kil. par hectare au commencement 
de l'hiver et pareille dose au printemps. 

Iaz vins blancs doux. — Mutage des moûts. — Une seule subs- 
tance possède la propriété de muter parfaitement et pour toa 
jours les moûts de raisin; c'est la farine de moutaide. Mais , 
comme ce mutage communique au liquide sucré un goût désa- 
gréable , on ne peut mettre ce procédé à profit que lorsqu'il 
s'agit de la fabrication des sirops de raisin. Dans ce cas, la cha- 
leur dissipe dans l'air l'huile essentielle de la moutarde , et le 
sirop s'en trouve complètement dépouillé. 

Le mutage par le soufre , outre qu'il donne au moût ua goût 
désagréable , ne réussit que pour un tenips. Au retour des cfaa- 
leur», la fermentation se manifeste dans les vins mutés. Aussitôt 
qu'on s'en aperçoit, il faut coller sans retard à la colle de poisson 
bien préparée , soutirer , quatre ou cinq jours après , dans des 
futailles bien soufrées, qu'il faut maintenir constamment pleines. 
Il est quelquefois nécessaire de coller et de soutirer une deu- 
xième fois. De cette manière , on parvient à précipiter tout le 
ferment , et le vin conserve sa douceur jusqu'au moment de le 
mettre en bouteilles. D. M. 

{Le Cognac.) 



POITIERS. -— TYPOGRAPHIE DE HENRI OUOIN. 



BULLETIN 

DB LA 

SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D'AGRICULTURE 

BELLES-LETTRES , SCIENCES ET ARTS 
DB POniBRS. 

N* 105. 

TABLE DB8 MATIÈRES DU BULLETIN DB MARS. 
Sommaire de la séance da 6 mars , page 65. — Concours du 7 mars 1866, 
page 69. — Allocation du Président , page 70. — Liste des récompenses , 
page 71. — Rapport de l'inspecteur du concours, page 74. — Rapport sur les 
bestiaux gras , page 77. — Rapport sur les animaux reproducteurs de la race 
bovine, page 79. — Rapport sur la race ovine, page S3.~ Revue : Œnologie ; 
Questions sur la vinification, p. 87. 

SOMMAIRE DE LA SÉANCE DU 6 MARS 1866. 



36 membres sont présents. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. Mérîne dépose sur le bureau un sécateur à tailler les vignes. 
Les vignerons ne veulent pas employer le sécateur ordinaire 
parce qu'il n'est pas commode pour enlever les vrilles. Celui 
qu'il dépose sur le bureau est muni , sur le côté d'une de ses 
branches, d'un petit serpeau exprès qui permet d'exécuter l'ou- 
vrage plus facilement et plus rapidement. M. Mérine demande 
que la Société encourage l'usage de ce sécateur. 

La Société décide qu'il sera fait mention sur le procès-verbal 
de la communication de M. Mérine. 

M. le Président dépose sur le bureau : ' 

Une note imprimée intitulée : du Feu et de la Combustion , 
leçon professée à Angoulême , par M.' Gillot Saint-Èvre , pro- 
fesseur à la Faculté des sciences de Poitiers et membre de la 
Société d'agriculture; 

Un ouvrage intitulé : Concours sur le métayage de la Société 
d'agriculture de V Indre. 

Le Secrétaire donne lecture d'une lettre de M. Carmignac- 
Descombes, Dans cette lettre, M. Carmignac-Descombes déplore 
Bulletin de mars 1866. 5 



— 66 — 
la diminution rapide de la race ovine constatée par M. Léonce 
de Lavergne, et demande que pour encourager la production de 
cette race, si précieuse à tous égards , la Société d'agrieulture 
demande au gouvernement la réimpression d'un excellent petit 
ouvrage de Daubenton intitulé : Instmctians aux bergers et aux 
propriétaires de troupeaux , ouvrage qui ne se trouve plus dans 
le commerce. 

M. Guitteau appuie la demande formée par M. Carmigoac- 
Descombes. L'ouvrage de Daubenton contient de très-bonnes 
choses sur la race ovine et notamment sur les mérinos, et il est 
plein d'excellents conseils aux bergers. 11 croit donc que la 
Société ferait bien d'en demander la réimpression. 

M. Brossard pense qu'il faut avant tout nommer une commis- 
sion pour examiner cet ouvrage et que la Société attende avant 
d'agir les conclusions de cette commission. 

M. de Gurzon se range au même avis, il pense que comme 
cet ouvrage est déjà assez ancien , il serait bon, si on demande 
sa réimpression, de demander en même temps qu'on le mit par 
des notes à la hauteur de la science actuelle. 

M. de la Martinière objecte que le morcellement de la pro- 
priété a pour effet de diminuer beaucoup l'élevage du mouton; 
que la réimpression de l'ouvrage de Daubenton qu'on demaode 
surtout dans l'intérêt de la petite culture, lui sera en réalité peu 
utile puisqu'elle n'élève que très- peu de moutons. 

La Société décide qu'une commission sera nommée pour exa- 
miner le projet soumis à la Société par M. Garmignac-Descom- 
bes. MM. Brossard, Giroiteau» Guitteau sont nonuués membres 
de cette commission. 

M. de Gurzon dépose sur le bureau un ouvrage de M. Niveri- 
Delagarde intitulé : Les engrais perdus dans les campagnes. 

Une 'commission composée de MM. Malapert, Guitteau, de 
Souvigny est désignée pour examiner ce travail. 

Sur la proposition de M. le Président, la Société décide qu'on 
écrira à MM. les Députés de la Vienne, afin de les remercier des 
médailles qu'ils ont envc^ées pour être décernées au concours 
organisé par la Société. • 

M. de Souvigny lit un travail intitulé : note et observations sur 
le mémoire lu par M. de Gurzon à la dernière séance et ayant 
pour titre : Comment la crise économique actuelle peut profiter à 
l'agriculture. 



La Société décide que ce travail sera inséré dans son Bulletin. 

M. de Curzon demande à répondre à M. de Souvigny. Autant 
qu'il a pu en juger à la simple audition de la lecture qui vient 
d'être faite , le travail de M. de Souvigny est en désaccord avec 
le sien sur trois points principaux auxquels il répondra succes- 
sivement. 

Le premier désaccord porte sur les chiffres des équivalents 
nutritifs. Chacun sait qu'en pareille matière les divergences sont 
grandes entre les auteurs et qu'ils arrivent toujours à des résul- 
tats plus ou moins différents. Il a choisi les chiffres des auteurs 
les plus autorisés et ceux qu'il a trouvés* les plus conformes à sa 
pratique. M. de Souvigny en a fait autant de son côté , il n'est 
pas surprenant qu'ils soient arrivés à des résultats différents. 

En second lieu, M. de Souvigny trouve qu'il attribue à Taiote 
un rôle trop important dans la végétation et qu'il néglige trop 
celui du phosphate. A cela il répond qu'il n'a fait que suivre les 
errements des principaux auteurs, jusqu'ici ils ont pris l'azote 
pour mesure de la fécondité. D'ailleurs il s'est surtout attaché 
au rôle de l'azote dans la végétation , parce qu'il est plus facile 
d'apprécier les quantités qui en sont restituées au sol par l'at- 
mosphère et par les engrais. 

Enfin, dit M. de Curzon, M. de Souvigny trouve que le ren- 
dement brut attribué au bétail est exagéré. Le travail d'un boeuf 
est compté à 10 fr. par mois, on le compte habituellement à 
i fir. par jour. Quatre veaux , dix moutons , six cochons ou trois 
truies portières sont habituellement comptés comme un bœuf. 
Le produit brut loin d'être exagéré, a donc, au contraire, été porté 
à une estimation inférieure au chiffre qu'il atteint en réalité. 

H. de Souvigny répond que le travail de M. de Curzon a été 
donné par lui , comme un moyen d'apporter un remède immé- 
diat à la crise traversée en ce moment par l'agriculture , et que 
les objections et observations qu'il vient de lire ont surtout pour 
but de prouver qu'il ne saurait atteindre ce résultat. 

M. Guitteau dit que les différences qui existent entre les cal- 
culs de M. de Curzon et ceux de M. de Souvigny n'ont rien.de 
surprenant; qu'en matière d'analyses chimiques on n'arrive 
qu'à des résultats plus ou moins approximatifs, et que les chiffres 
obtenus par ceux qui font les analyses présentent toujours des 
différences. 

M. de Cougny pense que, par l'assolement libre, on peut arrî- 



— 68 — 

ver peu à peu à ia culture perfectionnée et à nourrir une tète 
de gros bétail par hectare. Tout sol qui ne nourrit pas cette tête 
de gros bétail par hectare s'use ; celui qui la nourrit ne s'épuise 
plus , il reçoit grandement ce qu'il a donné. 

M. de laMartinière dit que l'agriculture a commencé paris 
culture pastorale, puis, qu'elle est passée peu à peu à la culture 
des prairies artiftcielles , première amélioration , pour arriver à 
celle des plantes sarclées , regardée comme étant la culture per- 
fectionnée. Malheureusement beaucoup de points du départe- 
ment en sont encore à la culture pastorale. 11 croit qu'il leur 
serait diflScile de passer sans transition à la culture des plantes 
sarclées. 

Le blé n'est pas seul à enlever les éléments du sol. Le bétjyl, 
la viande, la graisse l'épuiseat aussi. De plus, les prairies artili- 
cielles épuisent autant et plus que le froment. Il est des pays où 
le froment vient encore et où les prés ne réussissent plus. Ainsi 
dans la Mayenne on ne peut plus faire venir de trèfle. 

11 est à craindre que le libre échange ne fasse aussi baisser le 
prix du bétail et alors l'agriculteur n'aurait pas plus d'avantage 
à produire du bétail que du blé. 

Les moyens de transformation de culture indiqués par M. de 
Curzon , exigent d'assez fortes sommes d'argent, et généralement 
c'est ce qui manque à l'agriculteur. Celui-ci d'ailleurs se trou- 
vant en face d'une quantité de placements productifs de gros 
intéréts,''a le tort d'y placer ses économies au lieu de les employer 
à améliorer le fonds. 

En résumé, M. de la Martinière pense, comme M. de Curzon, 
qu'il faut tendre à l'augmentation du bétail, mais il croit cepen- 
dant qu'il ne faut pas pour cela chercher à diminuer la produc- 
tion des céréales. 

M. de Curzon pense que les craintes de M. de la Martinière ne 
sont pas fondées en ce qui concerne l'avilissement du prix des 
bestiaux. Il y a vingt ans déjà que le droit d'entrée par tête de 
bœuf qui était autrefois de 50 fr. a été réduit à 5 fr., et cepen- 
dant le prix de la viande a constamment augmenté ; quant à ce 
qu*il a conseillé à l'agriculteur , d'emprunter s'il le faut pour 
améliorer son bien, il le conseille ençpre, parce qu'il croit avoir 
démontré qu'une exploitation bien dirigée peut rapporter 
25 pour cent, ce qui permet à son propriétaire d'emprunter 
même à un taux assez élevé. 



M. le Président avant de lever la séance fait part à la Société 
d'un projet d'organisation d'une exposition pour les vins du 
département ; ce projet est appuyé par la Société. 

La séance est levée. 

Le secrétaire , V. Calmeil. 



Société d'Agricnlture de Poitiers. 
CONCOURS DÉPARTEMENTAL (7 mars 1866) 

D'ARIirAVX REPRODUCTEURS, DE BESTIAUX GRAS, DE BOEUFS DE 
TRAVAIL, d'animaux DE BASSE-GOtR JST DE MACHINES AGRICOLES. 

Le temps affreux qu'il a fait tout le jour a empêché le con- 
cours du 7 mars i866 d'être aussi complet et aussi brillant qu'il 
eût pu l'être. Bien des personnes, surtout celles qui avaient des 
moutons à exposer , avaient reculé devant la perspective d'en- 
voyer leurs animaux recevoir cetfe pluie continue. Cependant , 
malgré le temps défavorable, l'exposition était assez nombreuse, 
puisque, sans y comprendre les animaux de basse-cour, elle 
présentait un total de 190 animaux dont beaucoup étaient réel- 
lement fort beaux. 

Voici du reste le relevé des animaux et des machines présen- 
tés à cette exposition : 

, ( Taureaux, 8 exposants, 10 têtes. 1 ,. 

ESPÈCE BeVINB. ., . .» . oi *a* M^ 

( Vaches, 15 exposants, 31 têtes. ) 

I Béliers, 9 exposants, 13 têtes. \ 

Brebis , 6 exposants , 39 têtes. ) 69 

' Agneaux , 17 têtes. ) 

BESTIAUX GRAS | ^^^ ^^'"®' ^ CXpOSRUtS, 16 têteS. | 

I Race ovine, 3 exposants, 18 têtes. ) 
BOEUFS DE TRAYAa. 12 cxposRuts , 46 têtcs. 46 

Total des animaux exposés , \ 90 

Machines. 11 exposants présentaient 70 machines. 
Animaux de basse-cour. 10 exposants , 88 animaux. 

Le commissaire délégué , 
Maudutt. 



— 70 — 



ALLOCUTION DK M. LE PBÉSIDERT. 

Messieurs , chaque année notre Société renouvelle ses fêtes 
agricoles; elle cherche à justifier la bienveillance constante que 
lui accordent les administrations supérieures et les représentants 
élus du pays. En 1866, elle réalisera un nouveau progrès. De 
nombreuses plantations de vignes ont été iiaites de tous côtés. 
Le docteur Jules Guyot a développé dans ses savantes leçons les 
avantages que présente la culture de cet arbuste ; enfin chacun 
comprend qu'il y a nécessité à compenser les fatigues et les tra- 
vaux prolongés auxquels les ouvriers sont assujettis, par une 
alimentation plus restaurante. Tous ces motifs nouç ont conduit 
à faire une étude plus complète sur la production des vignobles 
du département de la Vienne , à rechercher leur nombre , la 
qualité de leurs produits, à établir une classification de ces divers 
produits. Déjà nous savons que le département de la Vienne 
fournit un grand nombre de vins alimentaires. Quelques-uns 
ont des qualités supérieures. Tous sont d'un goût agréable, 
bons pour le commerce et très-susceptibles d'être améliorés par 
des procédés méthodiques de vinification. Certains cantons foo^ 
nissent des vins entièrement distincts des vins qui les avoisi- 
nent : les vins de Loudun et de ChAtellerault sont bien différents 
des vins de Saint-Georges , Ghauvigny et Saint-Savin. Pour dé- 
velopper la production vinicole du département de la Vienne, 
nous établirons une exposition générale de tous les vins da 
département ; chaque propriétaire sera invité à y apporter son 
tribut. Tous les produits seront dégustés et classés avec soin de 
manière à établir une classification raisonnée; puis , Messieurs, 
nous réclamerons le concours de Tadministration municipale si 
éclairée qui dirige la ville de Poitiers, pour l'établissement d'uo 
marché où les propriétaires trouveront des acheteurs, et le com- 
merce des produits d'une origine assurée. Nous espérons, Mes- 
sieurs , que votre concours ne nous fera pas défaut , et que nos 
efforts réunis mèneront à bien une entreprise profitable à la fois 
aux producteurs et aux consommateurs. 



— 71 — 

DiBtribntioii des récompenses. 

ANIMAi;X REPRODUGTEDBS. 

Espèce bovincn 

Xeiireauji de races étrangères : Pas de prix. 

Tauresux de race parthemise : V prix , M. Babinet , pro- 
priétaire au Murjeau, pour, ua taureau de 26 mois. 

2"* prix. M, BraatbômQ aîné, de.Poitiers , pour un taureau de 
12 mois. 

1" seoon<) prix , M. Pingault, h Bellejouane, pour un taureau 
de 9 mois. 

2"* second prix , M. Bobin , à Lavausseau, pour un taureau de 
8 mois. 

Taureaux des auireh races françaises : 1*' prix, M. Branlhôme 
alnâ, de Poitiers, pour un taureau limousin de 25 mois. 

2* prix , M. Thym-Berthauit , à Vitré , pour un taureau man- 
ceau de 27 mois. 

Vaches. 

Races étrangères, — !•' prix , M. Jacométy , de Poitiers, pour 
une vache Schwitz de 25 mois. 

2* prix , le P. Pacaud , économe du collège Saint- Joseph , 
pour une génisse hollandaise de i3 mois. 

V* mention, le P. Pacaud, pour une vache hollandaise de 
26 mois. 

2' mention , M. Laprade, de MazeroUes, pour une vache Ayr 
de 36 mois. 

Aaccs françaises, — 1*' premier prix , M. Gon , à l'Hôpital- 
des-Champs, pour une vache parthenaise de 2 ans. 

2* premier prix, M. Branthôme aîné , pour une vache parthe- 
naisede i2 mois. 

. i" second prix , M. Pingault , à Bellejouane , pour une vache 
parthenaise de 30 mois. 

2* second prix, M. Thym-Berthauit, pour une vache mancelle 
de 17 mois. 

1'* mention , M. Babinet , pour une génisse parthenaise de 
15 mois. 

2' mention , M. Branthôme atné , pour une vache parthenaise 
de 2 ans. . 



-72- 

3* mention , M. Delage (Henri) , pour une vache partiieûaise 
de 4 ans. 

^Rappel de 1*' prix au concours relouai du Mans , M. Bran- 
thôme , pour une parthenaise de 26 mois. 

Rappel de â* prix au concours régional de Tours , M. Pin- 
gauit , de Bellejouane , pour une parthenaise de 5 ans et demi. 

Rappel de 3* prix au concours régional du Mans , M. Brea- 
thôme, pour une parthenaise de 3 ans. 

VacAes de rates croisées. — i*' prix , M. Henri Delage , pour 
une vache Ayr bretonne de 30 mois. 

2* prix , M. Adolphe de la Martinière, pour une vache Angus. 

Espèce ovine. 

Béliers de races croisées.-^V^ prix, M. Laprade, de Mazerolles, 
pour un south-down de 3 ans. 

2* prix , M. de Traversa^ , à Bourg-Jolly , pour un dishiey de 
2 ans. 

Béliers de races étrangères. — 1" premier prix , M. Delage 
(Henri) , fermier à MazeroUes , pour un charmois de 2 ans et 
demi. 

2"* premier prix , M. de Montjou , à Ligugé , pour un dishiey 
poitevin d'un an. 

1*' second prix, M. Deiphin Milon, pour un charmois de 
30 mois. 

2* second prix , M. Louis Boire , de Bignoux , pour un char- 
mois de 18 mois. 

Brebis de races étrangères.^ V^ prix , M. de Travcrsay, pour 
6 brebis dishiey de i à 3 ansi 

Pas de 2* prix. 

Brebis françaises. -^i*^ prix, M. Thym-Berthault, pour 6 bre- 
bis charmoises. 

2* prix , M. Audidier, de Varenne, pour 5 brebis charmoises. 

Brebis de races croisées. — 1" prix, M. Henri Delage, 5 brebis. 

2* prix, M. Pascal Aguillon , 5 brebis. 

BOEUFS DE TRAVAIL. 

Bceufs & 3 à 5 ans. — 1" prix , médaille d'argent offerte par 
MM. les députés, M. Branthôme (Alexandre). 
2« prix, M. Robert, à Saint-Benott. 
Bœufs de plus de 5 ans. — !•' prix , M. Alexandre Branthôme. 



— 73 — 

T prix , M. PingauH , de Bellejouanne. 

Les bœufs Saiers de M. de Briey, delà Roche , ainsi que les 
bœufs Umousins de M. Branthôme atné , ont été mis hors con- 
cours comme étant trop gras. 

BSSTIAUX GAâS. 

t 

Bceufs, quel que mt Vàge. — !•' prix, médaille d'or donnée 
par MM. les députés , M. de Briey , au château de la Roche , 
commune de Magné. 

2® prix y M. Branthôme atné. 

Vaches, — Pas de !•«' prix. 

â* prix , M. Laprade , de Mazerolles. 

Moutons.'-V^ prix, M. Laprade, pour south-down. 

1" second prix , M. Henri Delage. 

2* second prix , M, Poinet de Bernais. 

▲HIMAUX D£ BASSE-GOUR. 

!'• médaille grand module, M. de Traversay, pour ses Crève- 
cœur et l'ensemble de son exposition. 

2* médaille, M. Jacométy, pour ses poules de la Flèche. 

i'* médaille d'ensêtnble, M. Masse, boulanger au Pont-Neuf, 
et spécialement pour ses oies de Toulouse. 

2* médaille d'ensemble , M. Georges Oorn. 

Mention très-honorable. M*"* Gerbault, pour poules de la Flèche. 

MACHINES AGEIGOLES. 

i'* médaille d'argent donnée par MM. les députés , M. Maré- 
chaux , constructeur à Montmorillon , pour Tensembl^ de son 
exposition et principalement pour sa charrue sous-sol et sa 
teilleuse de chanvre. 

2' médaille d'argent, M. Cerisier, de Châtellerault, pour l'en- 
semble de son exposition. 

3* roédjûlle d'argent, M. Çhampigny, de Saint-Oeorges, pour 
ses charrues et sa bineuse pour les vignes. 

4« médaille d'argent , M. Jeannin , de Mirebeau , pour ses ta> 
rares , ses ruches et ses barattes. 

1" médaille de bronze, M. Pichot, à Monts , pour ses pres- 
soirs et son fouloir, 

2« médaille de bronze , M. Raymond , à Montbernage , pour 
ses charrues. 



— 74 — 

3* médaille de bronze , M. Bussereau , de Cbfttelleraoli, pour 
son manège et sa batteuse. 

i" mention très-honorable, M. WeUs-OroIlier, poorsaiiMH&- 
sonneuse que Ton doit encourager à tous égards. 

2* mention honorable, M. Clavier , de i'IsIe-Jourdain , pour 
ses instruments. 



RAPPORT DE M. CIROTTEAU, INSPECTEUR BV CONCOURS 

POUR l'année 1866. 

Messieurs , notre Société , qui attache avec raison à la question 
du bétail une importance de premier ordre en agriculture , a 
jugé bon , cette année , d'iptroduire qu^ques modificatibos au 
programme ordinaire de ses concom^s d'animaux reproduct^rs 
et d'engraissement. 

Sans parler de la légère transposition de date qui, pour le 
dire en passant, nous a valu la pluie constante de la veille au 
lieu du beau soleil du lendemain , mais n'en reste pas moins une 
bonne mesure d'ordre , il est intervenu deux autres changements 
que je demande la permission de mentionner, en y arrêtant un 
momenl^otre attention. 

Une première résolution est celle en vertu de laquelle a été 
créée auprès de votre concours l'inspection de cette solennité, 
en me faisant l'honneur de me chaîner de ces nouvelles fonc- 
tions. 

Veuillez ne pas douter. Messieurs , de ma vive gratitude pour 
cette marque de votre conâance ; mais aussi permettez-moi , je 
vous prie , d'exprimer le second sentiment que votre bienveil- 
lance m'a en même temps suggéré , je veux dire l'appréhension 
de demeurer au-dessous de vos intentions dans racoomplisse- 
ment de mon mandat. 

En cherchant à le bien comprendie , afin de m'y conformer 
de mon mieux, il m'a semblé qu'en présence des coounissions 
spéciales préposées par vous à ctiaque division de votre pro- 
gramme et congiposées des membres les plus compétents , il ne 
pouvait s'agir pour votre inspecteur de venir» par un rôle de 
double emploi , juger ce que d'autres et de meilleurs juges 
auraient déjà décidé. Vos jurys ne me laissaient de ce côté abso- 
lument rien à faire. 

J'ai également été convaincu , comme tous ceux qui savent 



— 75 — 

avec quel soin , quelle activité , quel infatigable zèle sont orga- 
nisés les détails d'installation de vos concours par le commissaire 
délégué de la Société, que là non plus ne pouvait pas être le but 
de mes attributions*. Â quoi bon un rouage de plus dans un 
fonctionnement déjà irréprochable? 

Ma mission était donc ailleurs, et si j'en ai , en effet, bien 
saisi la portée, c'est en vous faisant part de certaines réflexions 
d'ensemble , en procédant par quelques généralités , que mon 
rapport d'inspecteur revêtira son vrai caractère. 

De très-courtes observations vont, si vous le permettez , Mes- 
sieurs , vous payer ce tribut ^ dont , pour ma quote-part , je me 
suis cru cbargé. 

L'émulation développée par les concours offre à l'intérêt public 
des avantages que personne Jie songe plus à contester ; mais si de 
brillantes fêtes, comme les concours régionaux > .ont le mérite 
de réveiller le sentiment de Thonneur parmi les favoris de la 
fortune au profit du progrès agricole , les modestes réunions 
locales, comme la nôtre, touchent de plus près les masses et, 
quoique avec moins d'éclat , elles n'atteignent par moins sûre- 
ment peut-être le but important , c'est-à-dire la propagation du 
bien. 

Les petits cultivateurs , en effet , les petites et moyennes ex- 
ploitations, forment aujourd'hui la forte majorité des situations. 
L'enseignement qui s'adresse à ce grand nombre ouvre donc 
son école au cœur même de l'auditoire le plus essentiel. C'est un 
genre d'enseignement mutuel qui ne tarde pas à porter ses 
fruits, car voyez, Messieurs , depuis que la Société a eu l'heu- 
reuse inspiration de fonder son concours annuel de bestiaux, 
quel chemin l'institution n'a-t-elle pas déjà parcouru 1 

Quels encouragements n'en résultent-ils pas pour tous les 
agrrculteurs de notre rayon 1 

Quand nos éleveurs, quand nos engraisseurs distingués mon- 
trent à leurs voisins ce qu'on peut obtenir en choisissant bien et 
en soignant avec intelligence les animaux de même race que les 
leurs, croyez, Messieurs , que ces leçons vivantes, c'est le cas de 
I(^ dire, ont un retentissement salutaire jusque dans les hameaux, 
et si peu à peu notre cheptel vif s'améliore , si cette base fonda- 
mentale de tous les autres progrès agricoles s'élargit, l'élan donné 
P^r la Société d'agriculture de Poitiers aura eu la plus honorable 
part à ce succès. 



— 76 — 

La seconde innovation dont j'ai hftte de vous parler est celte 
qui vous a foit supprimer momentanément de votre concours les 
animaux de l'espèce porcine, et vous y avez admis, au contraire, 
à nouveau la catégorie des bœufs de travail. Quel a été le sens 
de cette substitution? On me. Ta demandé et à bien d'autres sans 
doute, 

L'explication est bien simple, trop simple malheureusement. 
Faute d'argent et de ressources suffisantes pour tout primer, la 
Société a été obligée de choisir entre l'espèce porcine et les 
bœufs de travail. 

En donnant la préférence à ces derniers , il n'est resté dans h 
pensée de qui que ce soit de méconnaître l'immense valeur des 
races porcines. 

Est-il besoin d'insister à 'cet égard? Vos bulletins encore ré- 
cents , les échos encore frais de votre salle de délil)érations ne 
sont-ils pas là pour attester les belles études consacrées par la 
Société à l'espèce qui fournit un si énorme contingent à Tali- 
mentation , depuis le saloir campagnard jusqu'à la charcuterie 
des villes et aux salaisons de la marine ? 

Ce n'est pas non plus la découverte de la trichinose qui ait 
décidé la Société à retrancher les animaux de l'espèce porcine du 
concours de celte année, car permettez-moi de redire, en pas- 
sant. Messieurs; qu'il nous parait heureusement très-facile de 
prévenir les accidents produits par les trichines : il suffit pour 
cela de faire cuire la viande de porc à une température un peu 
élevée, a Les trichines meurent, en effet, à la tenàpérature de 
60^ ; il suffirait donc de soumettre Ja viande h la température de 
70* environ pour se mettre à l'abri de tout danger » . Si , en Alle- 
magne , la trichinose a sévi d'une manière aussi grave, cela tient 
à ce que, dans ce pays , on soumet cette viande à de très-mau- 
vais procédés culinaires; on la mange presque incuite ou fumée 
seulement. . 

En France, où l'on a des procédés culinaires supérieurs, 
l'usage de cette viande a été jusqu'à présent sans danger. 

J'ajouterai que, pour se mettre complétenient à l'abri de toute 
chance d'accident, il ne suffit pas que le morceau de viande soit 
cuit à 70' à rextérieur seulement; il faut qu'il atteigne au moins 
cette température dans toute son épaisseur. On comprend , en 
effet, qu'un morceau d'une certaine épaisseur pourrait, alors 
qu'il est chauffé à SO^' à la surface , n'avoir pas atteint la tempe- 



— 77 — 

pérature de 60<> à l'intérieur. La garantie, dans oecas , ne serait 
pas complète. 

Enfin , la Société a pensé , à justeiitre , que vos efforts auraient 
peut-être plus de services à rendre en les dirigeant vers un objet 
resté jusqu'à présent plus à l'écart. Tel a été le motif qui a fait ins- 
crire le bœuf de travail, ce précieux compagnon du laboureur, ce' 
moteur agricole par excellence \ au nombre des lauréats de votre 
concours de i866. 

Formons le yœu qu'une autre année notre budget, plus riche- 
ment doté, nous permette de récompenser au gré die vos désirs 
toutes les catégories. 

Ici, Messieurs , pourraient trouver place des remarques tech- 
niques sur les animaux proposés en exemples et prinlés par vous ; 
mais pourquoi parler de ce que les rapporteurs , nos collègues , 
nous diront si bien? 

Pour les machines , vous êtes frappés, comme votre inspec- 
teur, du cadiet pratique qui caractérise de plus en plus les ins* 
truments de nos fabricants départementaux. 

Il serait impossible de nier les résultats heureux, je le répète, 
qui se sont produits au moyen des concours publics , que l'on 
appelle plus justement des expositions^ depuis surtout que l'ins- 
titution de ces expositions périodiques s'est généralisée en acqué- 
rant plus dlmportance et de solennité. 

Proclamons toujours la manifestation des faits, et laissons à 
chacun le soin de les apprécier et d'en faire son profit au mieux 
de ses intérêts. 

CjaoTTEAu, Inspecteur du Concours, 



HAPrOET sua UBS TRAVAUX D£ LA COMMISSION GHABÛÉS D'£XAMIN£R 
LES ANIMAUX GRAS. 

Messieurs , le concours des bestiaux gras était peu nombreux ; 
ntais , en voyant les sujets présentés, on aurait pu se croire dans 
les parties les phis fertiles de la Charente et du Limousin, lia 
commission chargée par la Société d'agriculture de procéd- r à 
l'examen des animaux a pu s'adjoindre, sur le lieu même de 
l'exposition, deux hommes pratiques qui lui ont été très-utiles : 

' Son emploi commence k la période d» la civilisation où apparaissent les 
peuples laboureurs. 



— 78 - 

d'abord c'est M. d6 Parlât de Suraillac, qui est devena maître 
dans Tart de connaître les animaux gras» tant par sa longue 
expérience que par son goût pour ce genre d'étude, etM.de 
Vertillac , qui parait un excellent connaisseur. Quinze boeufs et 
une vache formaient l'ensemble de l'exposition. M. deBriey aTait 
six bœufs , deux de la race limousine , et quatre de la race salers; 
tous étaient superbes. Deux^des salçrs, les pies suiiout, avec 
leurs gigantesques proportions , pour me servir de l'expressk» 
consacrée y paraissaient tout à fait mûrs; les deux antres, malgré 
leur magnifique slructure, étaient un peu moins prêts ; les deux 
limousins étaient aussi gras que les premiers. On remarquait ce- 
pendant une différence : la graisse des limousins était ferme, et 
celle des salers était molle au loucherv Tous les animaux de 
M. de Briey ayant été nourris de la même manière , il est à croire 
que la race seule avait pu produire cette difigrencé. 

Venaient ensuite six bœufis à M. Branthôme , noire grand ex- 
posant poitevin : deux salers, qui n'étaient que des bœuEsde 
charrue; deux limousins, dont l'un pouvait aller avec les précé- 
dents , et l'autre qui , sans la mauvaise forme de son dos, aurait 
pu rivaliser avec le bœuf le plus gras de M. de Briey. Enfin nous 
avons admiré deux de ces magnifiques types de la race garon- 
naise que M. Branthôme peut encore nourrir longtemps , etqui, 
certes , lui vaudront la gloire que lui a conquis oette année son 
César à notre carnaval. 

Venaient ensuite deux bœufs de la race pai*thenaise , la fdus 
pure , dit-on , appartenant au nommé Dubois dit Finet. La com- 
mission n'a pu les voir ni les toucher, tant les soins de leur 
maître les avait illustrés de fumier. Après toutes ces magnifiques 
bêtes venait un petit bœuf à M. Laprade , qui , dans son pelage 
et dans l'ossature de ses pieds et de ses jambes , ressemblait à un 
charolais; mais ses hanches imperceptibles, ses muscles arrondis 
et sa petite taille le faisaient ressembler à un bœuf d'outre- 
Manche. C'est probablement en sa faveur qu'Un des membres de 
la commission est venu avec enthousiasme, au moment d'entrer 
en délibération , demander de faire une distinction entre les soi. 
maux anglais et français, ce qui a un instant amené au sein de 
la commission l'interminable discussion sur le gras anglais et le 
gras français , la grosseur des os , la qualité de la' viande et le 
prix de revient; mais M. te Président ayant fait observer que la 
commission n'avait à s'occuper que de l'état de graisse des ani 



— 79 — 

maux; sans savoir d'où ils venaient et ce qu'ils avaient coûté, du 
reste personne n'ayant été de Tavis de l'honorable préopinant , 
noire aimable collègue s'est rangé de suite du c6té de In majo- 
rité , et on a pu à l'unanimité donner le premier prix et la mé- 
daille d'or à M. de Briey. Le second prix, accordé à M. Bran- 
thôme^ était de vingt-cinq francs. La commission, désirant 
récompenser tant le zèle de M. Branthôme que la beauté de ses 
animaux , a été heureuse lorsque M. le secrétaire-archiviste' est 
venu lui Arre qu'on pouvait ajouter une médaille d'argent à la 
modicité de ee prix. 

n y avait à distribuer pour les vaches grasses deux premiers 
prix et deux seconds prix. Une seule vache de la race de Ayr 
ayant été présentée par M. Laprade, la commission , supprimant 
les deux premiers prix et un des seconds, a donné l'autre à cette 
pauvre petite béte , pour satisfaire un peu, je pense , les admira* 
teurs de la graisse anglaise. 

Les moutons gras étaient mal représentés; deux lots de mou-^ 
tons anglais et un lot de moutons poitevins formaient toute Tex- 
poftition. La commission, qui avait à sa disposition encore deux 
premiers prix et deux seconds prix , supprimant un des premierl, 
a donné l'autre à un lot de moutons south-'down , appartenant à 
M. Laprade; un seccmd prix à l'autre lot de moutons south-down, 
présenté par Henri Delage , quoique la propriété de ce second 
lot ne fût pas parfaitement établie aux yeux de la commission. 
L'autre second prix a été donné aux grands moutons poitevins 
de M. Poifiet, qui , selon moi , auraient* été plus dignes d'être 
attelés à ua cabriolet que d'ôtre sospendus à i'étal d'un bou^- 
cher. 

P. m HovTiOR. 



BAPPORT SDR U RAGR BOVIN*. —ANIMAUX REPRODUCTEURS. 

Messieurs, comme rapporteur de la commission chargée de 
l'examen des animaux reproducteurs de l'espèce bovine pré- 
sentés au concours départemental du 7 mars, dernier, je viens 
vous soumettre le résultat de nos opérations. 

Mais avant de vous entretenir des récompenses que nous avons 
décernées , et tout en remerciant sincèrement la Société d'agri- 
culture d'avoir bien voulu faire droit à nos demandes réitérées, 
en accordant aux races françaises des prix plus nombreux , nous 



-80 - 

nous permettrons quelques ot^ervations à ce sujet Est-ce quli 
n'y aurait pas possibilité à Tavenir, tout en ne disposant que de 
h même somme d'argent , de la répartir d'une manière qui nous 
semblerait plus profitable? Ainsi, pour les mâles, nous avions 
deux prix à attribuer aux taureaux de races étrangères, et il n'y 
a eu qu'un seul animal présenté ; pour les* taureaux de races 
françaises autres que la race parthenaise , deux prix : deux ani- 
maux. Le manque d'animaux se faisait également sentir pour les 
femelles dans certaines catégories. Ainsi, dans les races croisées, 
nous avions deux vaches pour deux prix , Mindis que nous n'en 
avions que quatre pour récompenser vingt et un animaux de 
races françaises, dont dix-huit de race parlhenaise. 

Ce qui arrive cette année a toujours existé depuis que j'ai 
l'honneur de faire partie de la commission de l'espèce bovine. 
Nous savons parfaitement que la race parthenaise est celle qui 
domine dans la presque totalité de notre département. Il serait 
donc à désirer qu'on encourageât son amélioration d'une ma- 
nière plus large; aussi demanderions-nous qu'une plus grande 
masse de prix lui fût accordée , sans cependant priver de récom- 
penses les éleveurs qui, par des motifs quelconques, voudraient 
tenter dans notre contrée l'introduction de races difiTérentes. Je 
viens donc proposer à la Société un programme qui pourrait 
concilier tous les intérêts , et qui serait, je crois, un stimulant 
pour beaucoup de cultivateura qui ne se rendent pas aujourd'hui 
dans nos concours, trouvant que le nombre de (wix attribués à 
la race parthenaise n'est pas assez considérable pour pouvoir 
lutter avantageusement avec certains concurrents. Voici donc 
quel serait mon avis pour répartir la somme de 520 fr. que Ton 
a bien voulu , cette année, accorder en primes aux animaux re- 
producteurs de Tespèce bovine : 

Taureaux de roice parthenaise. 

i*'prix, 50 fr. 

2* prix, 40 

3* prix, 30 

4* prix, 20 

Taureaux des autres races françaises. 
i^'prix, 30 fr. 

2* prix, 20 



Taaremui as rates étrangères. 

l^prîx, 30 fr. 

y prix, 20 

Race pùirthenaise. -^ VèeheSé 

l'^prix, 40 fr. 

2* prix , 30 

3* prix , 20 

MaefBi parihenaise^ •«- Génistes de I à 3 ans. 

l*^pHx, 3Ô fr, ' 

2« prix, -20 

3* prix, 10 

Vaches des autres races française^ pures ou croisées entre ^les, 

l-'prix, 25 fr. ' 

«• prix, 15 

Vaches de races étrangères,^ 

é*'prix, s 30 fr. 

S* t)rix, 20 

Vaches de races croisées. 

i^'prix, 25 fr. 

2« prix, 45 . 

Coinme vbas pourrez le remarquer, nous demâhderibils ciult 
l'avenir, dans les races françaises, il y eût deux catégories, Vixfîe 
pour la racé parthenaise , divisée en deux sections , et l'autre 
pour les vaches des autres races françaises. Il serait à désirer 
aussi que Ton établtt les prix par ordre décroissant , au lieii de 
créer deux premiers 'et deux seconds prix de môme valeur , 
comme on a'feit cet<e année, cette manière dé procéder ôyaiit 
Titicon+énient de faire ctôire que les prix Sont décerrlés ex œquà^ 
tandis qù^l'pèut exlétef une grande différence entre les animaux 
ptiltiës. Conîptatit sur robligeartbé habituelle dé là Sckiiété , j'ai 
i*ésp6ii* cju^ellë voudi^a bien prendi'e en cotisidératioh les if^ûel- 
ques hbsèrvktibhô qile je me j)ermété de lui présenter. 

I;e nombre d'animaux afhenéë ab concours dans notre section 
était mains dofi^iâéhibte qiie l^hnhée dërhièré ; bti Xie doit l'attri- 



— 88 r- 
buer qu'au temps épouvantable qui a régné presque toute la 
journée , et qui a fait que beancoèp de cultivateurs n'ont pu se 
décider à faire voyager leur bétail sous cette pluie torren- 
tielle. 

Nous n'avions à examiner que dix taureaux , dot)t un dans les 
races étrangères « sepâ .de race partbepaise, et deux dans les 
autres races françaises. Malgré tout notre désir, nous n'avons 
pu accorder aucune récompense au taureau hollandais qui nous 
a été présenté, cet animal, malgré le développement relatif à son 
âge , n'offrant aucune des qualités que l'on doit rechercher dans 
sa race. Nous avions deux très-bons animaux dans les parthe- 
nais. Le taureau de 26 mois de M. Babinet et celui. d'un an à 
M. Branthôme ^nt très-remarquables et dfignes dea étables de 
leurs éleveurs^ 

Dans les autres races françaises, quoique nous n'ayions eu 
que deux animaux à juger, un lîmousitt et un tnanèeau, nous 
aurions pu , d'après le peu de différence qui existait entre les 
deux taureaux , être embarrassés pour notre décision , si nous 
n'avions pas considéré la valeur des races. En effet , une des 
raisons qui nous a fait accorder le premier prix. au taureau li- 
mousin de M. Branthôme , c'est que nous avons, Ak nous de- 
mander pourquoi , danâ un pays où généralement l'on a besoin 
du travail des bêtes à cornes et où Ton recherche des races lai- 
tières, l'on avait introduit une race qui ne possède aucune de ces 
qualités , et qui , dans son pays natal , tend à diépai^ttre chaque 
jour pour faire place à des croisements. Mais dans notre dépar- 
tement , vu la proximité et Ifi facilité d'écoulement, des produits, 
n'y aurait-il pas autant d'avantages, si. toutefois oipi voulait des 
animaux précoces^ à croiser le durham avec la race linKuisine 
qu'avec la mancelle ? 

Notre second exannen devait porter sur trente et une vaches, 
dont huit dans les r^u^s étrangères ^ ving^ et une dans les races 
françaises et deux de races croisées. Dans la catégorie des races 
étrangères, nous avions quatre animaux dignes d*éloges. La vache 
de race schwitz, à. M. Jacométy, était remarquable. par son 
excellente conformation ; on ne pourrait lui repi;Qcher que de 
manquer de finesse. Une vftche et une génisse hollandaises de la 
vacherie des Pères Jésuites ne le cédaient en rien à la vache de 
M. Jacométy ; la génisse surtout se fai^ii remarquer pa? ^ 
grande distinction, sa finesse et ses marques lactifères. U 



-ôâ- 

VAche Ayr de M. Laprade mérite également d'être mentiomn^. 

La catégorie des races françaises c()0iprenait vingt et un ani- 
raaux , dont dix-huit de race parthenaise et trois d'autres races. 
A l'appui de ce que j'avançais pour la modification du pro- 
gramme, je vous ferai remarquer qu'il eût pu se faire que l'on eût 
attribué à ces trois animauj^ la plus grande partie des prix qui 
étaient à notre disposition. La race parthenaise, quoique beau- 
coup plus nombreuse, eût donc été déshéritée. D^ plus , sur ces 
vingt et un animai^x , nous i^yions douze génisses au-4es80us de 
trois ans qui pouvaient ne pas arriver- à lutter, avantageusement 
avec des vaches dont le développement pouvait empêcher de 
faire une juste comparaison entre des anirpaux d'ftges si différents. 
La vache de. M. Goo, à laquelle nous avons accordé le premier 
prix, se faisait remai^quer par sa finesse ; on pouvait lui repro- 
cher son défaut de taille, mais ses formes étaient si parfaites que 
nous avons dû la mettre au premier rang avec la génisse ^de 
M. Branthôme , qui , malgré son ftge peu avancé, se faisait dis- 
tinguer par de grandes qualités. Les vaches ou génisses de 
MM. Pingault , Babinet , Branthôme , Thym-Berthault et Delage 
sont dignes des récompenses ou mentions que nous avons pu 
leur accorder. 

Nous reconnaissons avec une grande satisfaction qu'il y a un 
véritable progrès ; mais ne négligeons rien pour arriver à faire 
comprendre aux cultivateurs que la production du bétail et sur- 
tout ranr^^lioration des races sont le but auquel l'agriculteur in- 
telligent doit tendre, car c'est la base de toute cuhure pro- 
ductive. 

P. DB LA MaSSARPIÂRB, 

Président du camic^de rarrondiêsemeatde Châtellerault . 



RAPPORT SUR LES BÉTBS OVINES. 

Messieurs, presque tous les ans, depuis que la Société d'agri- 
culture f institué son concours départemental , votre bureau 
m'a fait Thonneur de me nommer pour présider la commission 
chargée de décerner les primes aux bêtes ovines et en faire le 
rapport. Cette distinction , en raison de mon très-faible mérite , 
m'honore beaucoup, veuillez le croire; j'ai déjà eu l'occasion 
d'en exprimer ma gratitjide à la Société , j'y reviens aujourd'hui 



— M — 

surtout que, résidant tout à fait à la campagne , je ne suis plus 
dans les membres actifs de la Société. 
. Cette nomination de président et rapporteur que vous avez 
bien voulu me continuer , Messieurs , rend ma tâche de plus en 
plus facile, surtout avec l'excellent concours et le zèle éclairé de 
bien des membres de la commissioif que n*a point effirayé l'hor- 
rible temps du jour de notre exhibition. 

Dans toutes choses , vous le savez , Messieurs, il y presque 
toujours un revers de médaille , et il a fallu que cette veille de 
Ml-Caréme , par rapport au lendemain , jour de notre foire, (ûl 
une de ces journées exceptionnellement mauvaises dans le cours 
de notre pluvieux hiver. 

Nous avions néanmoins cette année 69 bétes ovines,/ 43 bé- 
liers , 39 brebis et 17 agneaux ; contre 4i animaux en 1865 et 
61 en 1864. Nous savons que ce temps affreux nous a privé de 
renvoi d'un bon nombre de bêtes qui probablement avaient 
bien leur mérite. Votre commission se trouve donc heureuse 
de pouvoir constater que ses réflexions et son appel en^ 1863 
rfont point été vains ; elle voit avec grand plaisifr ce progrès et 
ce zèle des exposants, et elle les félicite sincèrement d'avoir 
bravé un aussi vilain temps pour présenter autant d'animaui 
dans une race à laquelle la pluie nuit essentiellement, sans 
parlc'r du fâcheux aspect qu'elle lui donne. Vôtre commission a 
su en tenir compte ; la suite de ce rapport le dira. 

Le programme de cette année accordait deux prix aux béliers 
de race étrangère. Dans cette race il n'a été présenté que trois 
béliers. Un south-down de 3 ans à M. Laprade , de Mazerolles 
et deux béliers dishley, un de 2 ans et un d'un an, fort jolis ani- 
maux à M. de Traversay atné. Votre eomniisaiwi a décerné ie 
!•' prix au soulh-down de M. Laprade , elle a trouvé ce bélier 
un peu fort et gros pour un south-down ; puis elle a donné le 
2« prix au dishley de, 2 ans de M. de Traversay. Nous rappelle- 
rons ici les éloges et encouragements donnés il y a deux ansi 
ce Jeune agriculteur ; c'est avec plaisir que nous les lui renou- 
velons et que nous constatons son progrès. 

Dans la race française le programme affectait quatre prix : 
deux premiers et deux seconds. Il a été présenté dix béliers. 
Votre commission a donné le 1 "' pri^ au bélier de la charmoise 
de 2 ans et demi de M, Delage, fermier de M. Laprade ; ce bélier 
est un fort bel animal; bien fait , belle croupe, belle poitrine, 



— 8?, — 
de bonne taille ni trop grande pi trçp petite : en un mot, vçjià 
comment nous aimons à voiif les béliers de la charmoise. Le « 
2* premier prix a été donné au croisé dîshley-valénce d'un an 
à M. Emile de Montjou, de Ligugé, bélier qui promet beaucoup; 
cet agriculteur nous habitue aux beaux animaux, et si nous 
sommes bien renseignés , il serait en train de produire par ses 
soins et son savoir-faire de jolis élèves de ces croisements ; nous 
l'en félicitons, nous l'engageons beaucoup à continuer et à nous 
les amener à nos concours , il en sera certainement récompensé 
d'une manière ou d'autre. 

Le 1" second prix a été attribué au bélier de la char moïse de 
2 ans et demi de M. Milon (Delphin). Votre commission a cons- 
taté dans ce bélier un bel et bon animal , grand et portant de 
belle laine. Enfin le â^ second prix a été donné au bélier de la 
charmoise de i8 mois de M. Boire (Louis). Cet animal plus 
jeune que les deux autres de môme espèce primés , est moins 
beau qu'eux dans ce moment , cela s'explique puisqu'il a encore 
de Tavenir , mais il a déjà la plus belle laine des trois, et une 
autre année il devra leur faire une bonne concurrence. Votre 
commission a retrouvé dans le charmoise de M. Aguillon (Pascal), 
le bélier anciennement à M. de la Forte, de Sèvres, animal 
primé par la Société en 1864; elle fait donc pour ce bélier 
un rappel de I" prix donné alors ex œquo avec le bélier de 
M. Mélay , demeurant au Pin , de Béruges. Votre commission a 
remarqué un charmoise d'un an à M. Thym-BertauH; c'e^st un 
bel animal , mais un peu grand, cela lui 6te de ses formes. Un 
M. Métayer, de Montcontour, a présenté un énorme bélier-valence 
de 3 ans, croisé , nous a-t-on dit; nous avouons n'avoir pu re- 
connaître son croisement ; ce bélier est une masse énornie : 
nous n'encourageons pas ce propriétaire à continuer de sembla- 
bles produits. 

Brebis, 

Votre commission a constaté la présence de 39 brebis et i7 
agneaux de différentes races. Dans la race étrangère , il n'y 
avait que 6 brebis dishley de 1 à 3 ans à M. de Traversay aîné; 
ces brebis non suitées étaient assez belles et bonnes. Votre com- 
mission qui ne pouvait dans ce cas décerner qu'un seul prix a 
néann)oins décidé d'accorder le i^ prix comme prix d'encou- 
ragement à ces 6 brebis. 



- 86 — 

. Race frffnçaise.^X^s 33 brebis restant et les 17 agneaux appar- 
tenaient à cet te race, ainsi il ne restait aucun lot de brebis pour la 
race croisée. Votre commission , d'après le programme , n'avait 
donc, plus que deux prix à donner pour ces 33 brebis, ce qui pour 
toutes les brebis n*aurait fait que trois prix décernés au lieu de 
six prix affectés à cette catégorie et devant être donnés. Votre 
commission alors a jugé à propos de récompenser autant qu'il 
était en son pouvoir le zèle des exposants surtout dans cette 
horrible journée, et elle a décidé de donner de la manière sui- 
vante les quatre prix afiectés tant à la race française qu'à la race 
croisée. 

Votre commission a primé comme race française : i*' prix, 
les 6 brebis de la charmoise de 3 ans suivies de 5 agneaux à 
M. Thym-Bertault ; ces brebis sont belles et tout à fait bonnes. 
Le 2' prix de cette race a été donné au lot de 5 brebis de la 
charmoise de 3 ans et plus à M. Audidier , de Varennes , brebis 
que votre commission a trouvé bonnes , bien conformées et ne 
présentant qu'une bien minime difiërénce avec le i""^ prix. Dans 
cette race , M. Merlet nous a encore présenté 6 grandes brebis- 
valence de différents âges, qui commencent à se défaire, et suivies 
de 6 agneaux qui laissent bien à désirer. Le mauvais temps sur 
lequel nous revenons souvent dans ce rapport et pour cause^ 
a-t-il plus influé sur Taspect de notre race valence que sur celle 
de la charmoise? nous aimons à le croire; néanmoins la com- 
mission engage ce propriétaire à refaire sa race pour raveoif) 
car il finirait par ne plus avoir que de mauvais produits. 

Comme race croisée , votre commission a donné le f prix au 
lot de 5 brebis d'un an à M. Delâge (Henri), métayer de 
M. Laprade. Ces brebis nous ont été présentées comme de la 
charmoise , mais nous ne serions pas éloigné de penser qu'il a 
pu mêler dans ce lot un peu de sang south-down. Enfin le 
2* prix a été accordé au lot de 5 brebis charmoise d'un an à 
M. Âguillon (Pascal). La commission regrette donc que la race 
croisée n'ait pas été représentée. Cette lacune dans notre exhi- 
bition est très-fftcheuse , car tout le monde sait aujourd'hui les 
avantages des croisements judicieusement faits ; nous es|)éroD5 
qu'il n'en sera pas ainsi pour le concours de 1867. 

La Société remarquera, comme Ta fait votre comniissioD, que 
la race de la charmoise était en très-grande majorité dans notre 
exhibition ovine. Est-ce à dire que cette race plus rustique que 



— 87 — 

la nôtre et qui trôné avec grands avantages dans plusieurs dépar- 
temefitir du centre, est destinée à remplacer notre race valence 
et surtout ses cfifolsementÀ bieii compris? Nous ne pouvons le 
dire encore ni le penser. Noos l'avons* dit déjà dans quelques 
précédents rapports , notre race valence e^ beaucoup de. bon et 
certes qeë bonsi oroteements devront lutter avec avantage contre 
les produits cbamnoisé ^ noua le crôyoqs ; Tavenir nous donnera 
tortburaieon. - 

En terminant; voire commission espère bien que tous les avis 
qu'elle émet dans son • rapport de. œtté année ne setont pas 
perdus pour Pannée procbaîne, eft eHe' désire surtout qu'on soit 
bien convaincu, que ses avis sont donnés uniquement dans l'in- 
térét du progrès et des exposants. 

' B«w DU Patubal. 



REVUE. 



Œnologie. — Questions sur la vinification proposées par la corn-' 
mission royale d Œnologie italienne ^ 

Parmi les questions proposées par la commission royale d'oe- 
nologie italienne, il en est de relatives à la vinification que nous 
regardons comme d'une bautç importance. Ce sont les sui- 
vantes : 

Quelle est la meilleure époque pour vendanger? 

Gonvien^il dé séparer les raisins des différents cépages pour 
en faire d^s vîtis différents ? 

C<)hvîent-il mieux ^de fouler lé raisin aussitôt que vendangé , 
ou doit-on le laisser qtielquesjdtfrs dans la cuve ou dehors avant 
dôiefoùler? ■ - =' ./ « ^ .. . ■ 

Que! est le meilleur mode dé réglef la fermentation? Qnand 
et comment doit-on ptiatîquer Pentretien du moût de la cuve»? 

Ce tpavailtraîtê spérfalèment les deux premières de ces ques- 
tions : ' 

Quelle est la fnéilteure époque pour vendanger? 

Corivient-it dé séparer les raifins des dHfêrehts cépages pour 
^ faire des vins différents? 

' EMcait da Joumol dt^g^rmlUfr^, industrie si emmere^ du royfiume 
<rjlafiç«.par M. Botlcr, à Bologne,, membre correspondant de la Société in- 
dustrielle , traduit par W. Delalande , membre titulaire de la Société iûdus- 
Welle' d'Angers. , 



U semble vmiiDeBt bien étonnant que 4^tti$ l'époque ob Ton 
a commencé à extraire le vio du raisim on en soil encore à di&- 
euter sur les règles principales de la vioîfieatioo. 

Il est arrhré à toiit colttrateiir de la vigne de bine de bon vin, 
et mn ne sembieraH plue fMîle que de répéter ise qui ft'esl déjà 
foit.Ii n'en est pourtant point ainti. IVms ceux qui ont prodait 
de iDon vin en ont aûB^i'fxroduit d'exécrable , et ils ont toogé à 
en rechercher la cause partout ailleurs que dans la Boutioe , ne 
saehant ou ' ne voulant pas Beeonniuttre que la pratique seule est 
insuffisante en toute chose, et dans la viniication eneore plus 
que dans toute autre opération qu industrie egrioole« 

En eflét v le vigneron n'opère pas toujours dans les mêmes 
conditions et avec les mêmes proportions de substances; pres- 
que toujours les conditions sont différentes , et les composants 
du moût varient de proportion suivant les climats , et même 
suivant les années. 

La théorie a reconnu et étudié ces diverses proportions , ces 
diverses conditions, et en a Indiqué les divers effets; mais la prati- 
que continuant à s^en rapporter au hasard, n*a pas cessé d'opé- 
rer comme si elles n'existaient pas. . . 

Examinons donc comment , à l'aide des plus récents et des 
meilleurs écrits sur l'œnologie, nous pourrons arriver à la solu- 
tion de la première question : 

Quelle est la meilleure époque pour vendanger ? 

 ce sujet , nous voyons presque tous les écrivains faire 
d'abord la recommandation de ne pas cueillir le raisin avant 
qu'il soit Mon mûr ; puis viennent des réstrictions , mais en si 
grand nombre que l'exception devient en quelque sorte la règle. 
Nous ne nous donnerons donc pas la peine d'examiner la ques- 
tion , soit théoriquement , soit pvatiquenient, et nous demeure^ 
roQ4 dans cette oscillation de principes d'autant plus ioutiles 
qu'ils sont plus absolus. 

La maturité du raisin n'arrive nulle part ji la même époque 
et ^ans lés inémes oonditiona , et le produit de la maturité est 
inégal dans les diverses localités ainsi que dans les mêmes lieux, 
suivant les époques et les conditions diverses. Les eomposaot^ 
du raisin, c*ést-à-dire les matériaux qui'doivent nous fournir le 
vin, vicient donc , sinon dans leur qualité, au moins dans leurs 
proportions , et cela suffit pour que l'opération chimique, de k 



— 89 TT 

rermefit^tiaii. vineuse , se présçB^te,, k (Atco^^Um^ pfireillei^, 
avec des résultats ^ien différents. 

Pour poser la q\j^estjpn plus clairement ^ plus brièveoient , 
examinons c)iie)Jas sont les principales s^b8tances complexes 
qui entrent dans la composition du moût, c'est-à-dire du suç 
du raisin au moment où il vient d'être extrait; ce sont les sui- 
vantes : . 

De Teau; 

De la fécule ^ de la dextrine, de la gpmme et du mucilage ; 

Du glucose ou sucre de raisin ; 

Des matières albuminoîdes ; 

Du tannin et des acides végétaux (çscalique , citrique , etc.) ; 

Du bitartrate de potasse ou tartre des tonneaux ; 

De l'acide phosphorique et des phosphates (de chaux et de 
fer); 

Des matières extractives. 

Pour abréger et faciliter davantage Tinielligence de ce qui vi^ 
suivre, disons en outre que l'acide phosphorique et le$ phos- 
phates qui accompagnent les matières albuminoîdes se trouvent 
ordinairement en qualités proportionnelles à celles-ci, de même 
que le bitartrate de potasse est proportionnel à la matière sucrée ; 
en sorte qu'on peut dire que l'acide phosphorique et les phos- 
phates sont les cendres des matières albuminoîdes, de même que 
le bitartrate de potasse représente celles du sucre et des matières 
saccharifiables existant dans le moût. De même aussi la fécule ,. 
la dextrine , la gomme et le mucilage pouvant être considérés 
comme des états intermédiaires entre la cellulose et le sucre, 
se trouvent en quantité inverse de la quantité de ce dernier, 
Blnfin , si le tannin , les acides végétaux et les matières extrac- 
tives varient peu dans leurs proportions, ils se rencontrent tou- 
jours en. quantité d'autant plus grande que celle du glucose est 
plus faible. 

Le vinificateur devra donc diriger spécialement son attention 
sur les trois substances suivantes : l'eau , Iç glucose et les ma- 
tières qui peuvent lui donner naissance , les matièi^es albumi- 
noîdes. Toutes- les autres ne sont que ijes conséquences de 
celles-çj, et exerq^nt ^ur la qualité du vin une influence plus ou 
n)oiD$ sensible à raison de la quantité de^ trois pr^mièr^s, les 
plus importantes. 

Sans nous avancer trop dans les phénomènes de la fermentation, 



— 90 — 

nous savons qu^en mélangeant de l'eau , du glucose et une ma- 
tière albuminoide, avec le concours de l'air et d'un certain degré 
de chaleur, après un temps plus ou moins long , on oMent me 
fermentation qui donne pour résidu un liquide {^s ou moins 
alcoolique, plus ou moins stable, en raison des proportions des 
substances mises en fermentation ; si, après la fermi»ntation ter- 
minée , le liquide ne présente plus de glucose et si toutes les 
matières albuminoides sont transformées en ferment insoluble , 
le goftt du liquide sera le meilleur possible , et ce liquide sera 
dans les conditions les plus favorables de conservation ; mais , 
s'il reste une portion de glucose non transformée parce que les 
matières albuminoides, qui devaient agir comme femoent, ne se 
sont pas rencontrées en quantité suffisante, pu si , au contraire, 
il reste un excès de ces dernières après la transformation de la 
totalité du glucose, dans ces deux cas, mais principalement dans 
le second, on n'obtiendra qu'un liquide d'un gôùt peu relevé et 
d'une conservation difficile, parce qu'il contiendra des substan- 
ces susceptibles de nouvelles et inutiles modifièations. 

Maintenant, demandons«nous si, dkns le moût dé rarrin, Vesa, 
le glucose et les matières albuminoides sont dans lès proportions 
les plus convefnables et toujours les même»? -;— Sï nous venons 
à observer le résultat , c'est-à-dire îc vin , nous constaterons des 
diflTcrences extrêmes, non-seulement entre les divers pays, mais 
encore dans le même pays , entre les différentes années. H nous 
deviendra dès lors facile de répondre par la négative aux ques- 
tions ci-dessus. * 

Il nous reste donc à connaître quelles sont les causes qui font 
varier les proportions des principaux composants du moût et 
quelles règles sont à suivre dans le cas où des disproportions 
sont Constatées. 

Oublions pour un moment que lé génie dû ^n , comme dit 
Ouyot, réside dans la vigne, et que, comme le soutient avec 
raison Peclle ,'le bon vin provient avant tout d'tine bonne viti- 
culture ; nous reviendrons plus tard sur ce sujet. Pour le mo- 
ment, contentotis-nous de considérer le raisin tel qull se ren- 
contre au moment de la vendange. — Êh bien ! nous reconnaî- 
trons qu'à parité d'époque on trouve des raisins plus doux dans 
les climats chauds que dans les climats tempérés ou froids, et 
que , dans le même pays , le raisin ('st d'autant plus doux (\^ 
l'année a été plus chaude et que l'on a laissé plus de temps à '* 



-91 — 

maturation : ce qui revient à dire que la quantité de matière 
sucrée est en raison directe de la quantité de chaleur reçue par 
la plante. 

Si, ensuite, nous rectierchons quel est le moût qui entré le 
plus promptement en fermentation, et dans lequel cette fermen- 
tation dure le moins longtemps, nous constaterons que c'est 
celui des climats tempéra, et que, sous le même climat, c'est 
celui des années les moins chaudes et les plus humides : ce qui 
indique que , dans de semblables circonstances, il y a surabon- 
dance d'eau et de matières aibuminoides. 

Ainsi donc , dans le premier cas, la fermentation peut s'arrê- 
ter lorsqu'il existe encore un résidu de glucose non décomposé , 
et , dans le second, on pourra rencontrer une certaine quantité 
de matière albuminolde non encore transformée en ferment 
insoluble. 

En outre , à parité de circonstances, le glucose se rencontre 
en quantité d'autant plus grande dans le raisin , que celui-ci est 
plus près de la maturité , et cela , parce que la fécule et la ma- 
tière gommeuse et mucilagineuse , sous l'action continue des 
acides végétaux et de la chaleur , se transforment lentement, 
mais sans disconjtinuation , en glucose. 

Dès lors, suivant le différent degré de maturité , nous pour-"" 
rons rencontrer dans le raisin de chaque localité des proportions 
différentes de matières sucrées , albuminoïdes ou d'eau. Nous 
disons d'eau, parce que, à maturité complété, lorsqu'en automne 
la température du terrain est supérieure à celle de l'atmosphère, 
une quantité toujours moindre d'eau se transmet à' te partie 
aérienne des végétaux , de sorte que l'exhalaison peut parfois 
devenir supérieure à l'absorption exercée par les racines. 

Ainsi donc , les divers degrés de maturité des raisins , soit à 
raison du climat , soit à raison des époques où l'on peut ou doit 
vendanger, fourniront des moûts dont les composants , se trou- 
vant en proportions diverses, fourniront des vins doués de pro- 
priétés différentes. 

Nous avons dit que dès qu'il existe une disproportion quel- 
conque dans les matières sucrées ou albuminoïdes , on obtient 
un liquide susceptible de subir facilement des modifications 
ultérieures , d'où il suit , comme conséquence, que la vendange 
uevra être plus ou moins hâtive , selon le climat et aussi selon 
la température plus ou moins chaude de Tannée. 



-9? - 

Mais si, sous qn climat chaud,; récolter le raisin plus ou moins 
l^iâtivçnfieot est chose facile ^ il Q*en saurait èive ainsi dans un 
climat tempéré où la quantité de chaleur n'excédant jamais le 
besoin de |^ v>^ne, ce n'est qu'exceptionnellement que le raisin 
se trouve bien mûr el suffisamment sucrét aiji cours de septem- 
bre , et U plupart du ^mp^ la vend^pge doit y être retardée 
jusqv^'au delà de la mi-oclpbre. . 

On demandera peut-être comment, au cours d'octobre et sans 
le secours de la chaleur , le raisin peut avancer en maturité et 
augmenter sa proportion de matières sucrées. — A cette objec- 
tion , nous répondrons qge les gelées blanches ou une tempéra- 
ture qui s'abaisse un peu au-dessous de zéro suffisent , par des 
procédés différents, à produire la transformation de Tamidon el 
de la fécule en dextrine et en glucose. Un semblable phénomène 
s'observe sur les poires , les pomihes de terre et autres fruits 
semblables qui viennent à être soumis à l'action de la gelée; 
leur pulpe intérieure perd en totalité, ou tout au moins en par- 
tie, la propriété de passer au bleu par l'iode , et elle acquiert 
une saveur douçâtre plus prononcée que celle qu'elle possédait 
antérieurement. La pratique qvii consiste à exposer aux gelées 
blanches les grappes de raisin destinées à produire ce qu'on 
appelle le vin mint est une application empirique du principe 
ci-dessus. 

Ce que noii^ avons djt jusqu'ici rend facile à comprendre 
comment et cçpiibien peat varier la qualité du moût, non-seule- 
ment sous des climats ditférents , mais encore dans la même 
localité , selon la température de l'année et le degré de maturité 
que p^ut acquérir le raisin ou qu'on lui laisse acquérir. Bil 
faut encore observer que dans ce qui précède nous ne tenons 
pas compte, pour le moment, de ce que dans un même vigno- 
ble, el pour une ryiême époque , on peut rencontrer des raisins 
à des degrés différents de maturité , toutes les variétés de cépa- 
ges n'exigeant pas la même somme dé chaleur pour mûrir coa- 
venablement leurs fruits. 

Il ne faut donc point s'étonner si louç les œnologues , par une 
espèce d'incertitude logique , après avoir dit que le raisin df^i 
être récolté mûr^ ont fait de nombreuses exceptions. — Chaptai 
dit que le raisin doit être cueilli aussitôt qu'il se montre mûr.— 
Puccinelli, Alibeirt, Guyot, Ladrey, au contraire, penchent foar 
la maturité la plus complète. — Et Héchamp, en parlant de I^ 



- 93 — 

vendange, dit : « Il faut que le raisin G(6it; mûr: Je ne dis pas 
« bien mûr ou trôs-mûp;îe (Râ qu'il sôît lé mieux fnûr pour Ife 
a but qu'on veut alteinârt ».— Et c'est là line très-sâgé réserve, 
Verguetle-Lartiotte a écrit que suivant un vieux proverbe boui*- 
guignon , pour faire ide hoii vin , les vignes doivent présentet , 
au temps de la vendange , un tiers dé raisins verf5 , un tiers de * 
mûrs et un tiers de tellement mûrs qu'ils commencent déjà à 
être légèrement passés {fi^néà), Paul Balsamo et Pîrovano sont 
du même sentiment. 

Cazalis-AÎlut et Mares , deux viticulteurs et œnologues distin- 
gués, soutiennent qu'il faut vendanger promptement, parce que 
les vins qui, après la lermeritàtîon , présentent une certaine ver- 
deur, s'améliorent toujours en vieillissant ; tandis que ceux qui 
onf de la liqueur tendent à se détériorer. Aussi ajoutent-ils que 
lorsqu'on veut tirer de l'alcool du vin,*îl importe que la maturité 
soit la plus complète possible , tandis que cette condition n'est 
pas nécessaire pour faire de bon vin. 

Guyot , après avoir préconisé la parfaite maturité du raisin , 
incline , lui aussi , vers l'opinion de Cazalis-Âilut , et dît que le 
moût qui marque de 6 à 8*^ au glucomètre , donnera un vin 
faible ; bon, s'il marque de 8 à 45° ; et alcoolique , s'il monte de 
13 à 20^. Mais, être alcoolique n'est pas une qualité de ce qu'on 
appelle le bon vin dans le sens le plus ordinaire, et Cazalis-Allut 
affirme que le vin le meilleur et le plus durable est celui qui 
marque de 10 k H® à l'aréomètre de Baume. 

Ainsi, en vendangeant plus tôt dans les pays chauds, et pliis 
tard dans ceux qui le sont moins, on pourra obtenir le moût qui 
se rapproche le plus de ces conditions. 

Voilh pourquoi les œnologues qui ont écrit pour les pays 
chauds recommandent' la vendange précoce, tandis que ceux des 
pays tempérés veulent que le raisin soit mûr ,niais pas trop ; et 
ceux des pays froids enseignent qu'il faut laisser le raisin mûrir 
le plus longtemps possible. Ajoutons à cela ce qui se pratique 
dans le midi de ta France , selon qu'on veut obtenir de l'alcool 
ou du vin, et nous verrons que tous ont ou peuvent avoir raison 
dans leurs sentiments divers^ et que les contradictions n'existent 
que pour les esprits qui jugent superficiellement, et pour ceux, 
beaucoup trop nombreux , qui voudraient rencontrer des for- 
mules générales ou mieux des recettes faciles pour chaque opé- 
ration agricole. 



- M - 

Autrefois , pensant que la maturité du raisin n'éUdt jamais 
assez grande pour obtenir de bon vin, j'ai exprimé la pensée que 
le ban de vendange était nécessaire pour mettre un firein aux 
vendanges précoces; que l'intérêt de tous devait dominer Tinté- 
rét individuel, et qu'en laissant toute liberté pour l'époque delà 
vendange , il suffirait qu*un piK>priétaire la fît prématurément, 
pour que les autres se trouvassent forcés de l'imiter. — Mais 
.aujourd'hui, instruit par plus d^expérience, je crois devoir com- 
battre toute mesuré qui tendrait à imposer une époqae pour la 
vendange, soit dans le but de la retarder, soit dans celui de 
l'avancer. Les Français considèrent le ban de vendange comme 
un reste de la féodalité, qui l'avajt .établi pour faciliter aux moi- 
lies et aux seigneurs la perception de la dtme , et comme le 
moyen d'attirer au pays un plus grand nombre de vendangeu» 
et de les payer moins cher. 

Aujourd'hui , tous les meilleurs viticulteurs et œnologues : 
Lomeni , Ridolfi , Marchand, Lebœuf, Dubreuil, Guyot, Ladrey, 
Ottavi, Puccinelli, et en dernier lieu de Blasis, s'accordent à 
condamner une mesure qui n'est plus un frein à une mauvaise 
fabrication , mais un obstacle à une bonne. — Seuls , Chaptil, 
Franchi (peut-être parce que sur cette matière il ne s'est pas 6/' 
scrupule de copier presque littéralement Chaptal) et Re, se moor 
trent favorables au ban de vendange. 

Nous devons supposer que nul ne comprend mieux son propre 
intérêt et le but qu'il veut atteindre que l'individu lui-même. 
Pourquoi donc vouloir soumettre la volonté et l'intérêt de l'un 
k ceux de l'autre? Tout te monde ne sait-il pas que quelques 
variétés mûrissent avant les autres; que, dans les terrains légers 
(calcaires ou siliceux), ou dans de bonnes expositions Je raisin 
mûrit plus vite que dans la plaine ou dans un terrain compacte 
et humide. Ne sait-on pas que les vignes basses et à court bois, 
fumées avec des engrais convenables , amènent plus p^ompt^ 
ment leurs fruits à maturité. Ne voit-on pas que dans certaines 
années froides , il suffit de quelques journées bien chaudes pour 
hâter la maturité , de même que dans les années chaudes et 
sèches , une seule pluie suffit pour amener le môme résultat au 
delà de ce qu'on pouvait espérer? 

Comment donc pourrait-on raisonnablement fixer une époque 
au milieu d'une semblable disparité de conditions? Comment se 
faire rinterprètede la volonté du propriétaire qui veut, à l'aide de 



raisins^diversemeat ipûrs^ .produire des.vinsdç quali.tés;diff|^- 
rentes? / ,, . ' .* * ^ 

Mm, revenant k nôtre sujet, c'est-à-dire à l'époqije.la plus 
convenable pour la vendange , nous avons vu que tqus. les œQO- 
logues tombent d'accord sur un point , à savoir, que q^and le 
raisin n'est pas trop mûr , et que lorsque du raisin bien mûr s^ 
trouve niélangé avec une certaine quantité d'autre qui Test à 
peine, le vin qui en provient est plus durable, quoique, tout 
d'abord un peu rude au goût. Cependant , en résumé , il est dif- 
ficiie d^établir une époque précise polir |la vendange. Toutefois , 
sans crainte d'erreur , .nous ajouterons que le moût fournira un 
vin d'autant meilleur et d'une conservation plus facile, que les 
matières sucrées et âlbuminoïdes se rencontreront en telles pro- 
portions que les premières puissent être entièrement transfor- 
mées en alcool et les dernières en ferment insoluble. 

En règle générale, nous établirons que , dans les pays froids 
et dans les années frqicles , il conviendra d'attendre que les rai- 
sins aient acquis toute la maturité possible ; que , dans les cli- 
niats tempérés et dans les aniiéeà médiocrement cbaude^, il 
faudra vendanger aussitôt que le raisin sera mûr , sans l'être 
trop; et enfin dans les climats chauds et les années de tempé- 
rature élevée , ta vendange doit être précoce ; et , par les mêmes 
motifs , dans les deux premiers cas , il faudra séparer avec soin 
les raisins mûrs et saiAs de ceux qui sont gâtés et non mûrs; 
taodis que, dans le troisième , une petite quantité de raisins non 
mûrs ne séria pas aommageable au vin et lui sera même d'un 
certain avantage. . • 

Un autre point à consiàérer, lorsqu'on se préofîcupe de l'épo- 
que la plus convenable pour la vendange , c'est de savoir si le 
raisin doit être recueitii sec y c'est-à-dire lorsque le soleil a fait 
disparaître toute trace d'humidité , ou bien ^i on le peut .récolter 
encore humi'de de rosée, par la pluie et parle brouillard. Là 
encore nous retombons dans l'erreur de vouloir ou de donner 
des préceptes généraux , alors que la question dépepd. de con- 
ditions entièremept locales et exceptionnelles. 

Nous avons déjà dit qu'une proportion d'eau plu3 ou moins 
forte n'est pas inditTérente sur le résultat de la fermentation. En 
effet, uiie plue. ta'moins grande proportion d'eau fait Varier la 
densité du moût, et, considérée comme dissolvant ou comme 
moyen de contajCif entre les matières sucrées et les matières aibu- 



- 918 - 

minofdes , Tean influe, dans de certaines limites , sur la fermen- 
tation en la rendant plus ou moins rapide, plus ou moins étendue 
et comi^lète , suivant qu^elle ^^y rencontre en plus ou moins 
grahde quatitité. Comme conséquence , une grande proportion 
d'eau ne petit être' qu'avantageuse dans le moût sucré des cli- 
inats chauds et des années à température élevée; elle serait nui- 
sible dans les climats froide et dans les années froides et humides 
des climats tempérés , alors que le raisin , n'iètant pas encore 
mûr, contient une faible proportion de matières sucrées. 

Chaptal, en parlant des vendanges de la Champagne, dit qu'on 
commence la récolte du raisin avant le lever du soleil, et qu'on 
cesse vers neuf heures du matin , à moins que le brouillard , 
conservant l'humidité , ne permette de continuer pendant le 
restant du jour. 11 arrive même à dire que ce nest que par ces 
soins qu'on y obtient des vins blancs et mousseux. Il ajoute que 
c'est chose très-cotinue , dans ce pays , qu'en récoltant le raisin 
par la rosée , on obtient 1/25*' de plus en vin , et par le brouil- 
lard l/24«. Huot va encore plus loin , et il affirme que si Tannée 
a été chaude et sèche, en récoltant par la rosée on augmente de 
1/8" la quantité du moût. 

Chaptal, néanmoins , comme tous les autres auteurs , conclîil 
en disant que le raisin doit être récolté bien sec etdépoumi 
d'humidité , parce que ce principe lui paraît plus logique que 
tout autre. 

Quant à nous , voulant rester fidèle 4 nos principes , nons 
dirons que , sous les climats chauds et dans les années chaudes 
et sèches des climats tempérés , il conviendra de récolter le rai- 
sin encore baigné par la rosée ; tandis qiie dans les climats oà 
le raisin mûrit tard et difficilement , et dans les années froides 
et humides , il sera nécessaire de récolter le raisin parfaitement 
dépourvu d'humidité. Dans le premier cas , outre qu'elle faciliie 
les actions de contact , l'eau seirt en outre à diminuer la densité 
d'un moût trop sucré ; dans le second cas, son excès ne produirai! 
qu'une inutile et dangereuse dilution. 

'bÊLALARDE. 

{La suite prochainement,) 
(Extrait du. Bulletin de la Société indmtrieUeiÂngm) 



^itriEHS. — TTPGGRAPBIE DE HENRI ÛUDtlt. 



BULLETIN 



DE lA 



SOCIÉTÉ ACADÉMIQUE D'AGIÛCULTDRB 

BELLES-LETTRES . SCIENCES ET ARTS 
DB POIÎ1EB9. 



W 106. 

TABLE DES MATIÈRES DU BULLETIN D*AVRIL. 
Sommaire de la séance ilo 3 avril , page 97. — Rapport aor l'ouvrage de 
M. Niverl Delagarde, page 98.— Concours du 7 mars f$uile). Rapport sur les 
instruments et mat|hines agricoles, page 99. — Rapport sur les animaux de 
basse-cour, page 108. — Suite de la discussion qui a suivi la lecture du 
mémoire de M. de Curzon note de M. de Souvigny, page 107. — Réponse de 
M. de Cunon, page H5. — Revue : Œnologie ; questions sur la vinification 
(suite), page 125. 

SOMMAIHE DE LA SÉANCE OU 3 AVKIL 1866. 



23 membres sont présents. 

Le prcicès- verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. de Souvigny présente des observations écrites extraites 
d'un travail qu'il prépare , qui a pour liut de rechercher dans 
les analystes ce qui convient le mieux à chaque espèce de plan- 
tes, et d'arriver ainsi à connaître celles qu'une culture ration- 
nelle devrait faire succéder les unes aux autres. Il demande 
qu'une .commission de chimistes soit désignée pour l'aider à 
vérifier et à rectifier leschiti'res de son travail. 

Une commission composée de MM. Mauduyt, Malapert, 
Ouitteau, est désignée à cet effet. 

M^le Président invile M. de Souvigny, lorsqu'il aura terminé 
son travail , à le déposer sur le bureau. 

M. le Président procède au dépouillement de la correspon- 
dance. 

U dépose successivement sûr le bureau : 

i*^ Une lettre de M. Carmignac-l)escoml)es, par laquelle il 
demande au gouvernement la création de nouvelles fermes-écoles 
(*l la réorganisation de celles qui existent ; 

^ Une lettre de M. Jaille , fabricant d'engrais à Agen ; 

fittlletin d'avril 1860. 7 



— 08 — 

3^ Une lettre et un prospectus adressés par M. d'Olincourt^de 
Bruxelles, annonçant l'organisation, dans le port d'Anvers, d'une 
expéditioB scientifique autour du monde. Il offre ses services à 
la Société pour la communication des observations à recueillir 
dans ce voyage qui pourraient l'intéresser , et se met à la dis- 
position des membres qui voudraient faire partie de Texpé- 
dition; / • 

4° Le programme du concours de la Société scientifique de 
Saint-Jean-d'Ângély ; 

5® Une lettre de M. Valserre faisant part à la Société d'uo 
projet d'association entre les vignerons français pour la vente 
de leurs produits. Lne brochure contenant un projet des statuts 
de l'association est jointe k cette lettre. 

M. Mérine est nommé commissaire pour prendre connais- 
sance de ces statuts et examiner ce projet. 

M. Bourdin-Garnier , président de la Société des laboureurs, 
demande la parole, pour inviter les membres de la Société 
d'agriculture à assister au concours de labourage qui aura lieu 
le dimanche 22 avril , à 1 heure. 

M. le Président rappelle à la Société le projet d'une organi- 
sation d'exposition des vins du département dont il a été ques- 
tion dans la dernière séance. La Société charge son bureau de 
l'organisation de cette exposition. 

Lecture : - 

i"* Du rapport de la commission chargée d'examiner les ani- 
maux gras au concours du 7 mars dernier, par M. de ^fontjoii; 

2* Du rapport sur les animaux reproducteurs , par M. delà 
Massardière ; 

3» Du rapport sur les bétes ovines, par M. du Pâturai. 

La séance est levée. 

Le gecrétoire , V. Calmeil. 



RAPPORT SUR l'ouvrage DE M. DELAGARDE. 

Messieurs, je viens au nom de la commission que vous aviez 
nommée , composée de MM. de Souvigny, Guitteau et de moi , 
vous rendre compte de l'ouvrage de M. Nivert Delagarde sur les 
engrais perdus dans les campagnes. 

Dans son introduction , j'auteur fait ressortir l'avantage qu'il 
y a pour l'agriculteur à fabriquer ses engrais lui-même, et avK 



— 99 — 

tes substances qu'il a sous In main : cette inh*oduotion renferme 
queîques petites erreurs de détail que l'auteur s'empressera sans 
doute de rectifier dans une seconde édition. 

Cet ouvrage est divisé en deux parties : dans la première , 
t'auteuf s'applique à démontrer Tutilité des engrais humains et 
indique des moyens très-simples et peu coûteux pour éviter la 
déperdition de ce précieux engrais dans les campagnes. 

La seconde traite du parti que les agriculteur peuvent tirer 
des cadavres de leurs animaux morts par accident , par maladie 
ou par vieillesse, de la valeur comme engrais de leurs détritus 
etnles moyens à employer pour les utiliser sans qu'il y ait dan- 
ger pour la salubrité; de l'assainissement des écuries et des 
habitations en çmpéchânt la déperdition des '^gaz qui s'échap- 
pent de ces écuries ou des tas de fumiers ; enfin des avantages 
que Ton peut retirer de la conservation des eaux ayant servi 
aux lavages des laines, au rouissage du chanvre et du lin , et de 
celles qui s'écoulent des féculeries, des distilleries, etc., et en 
dernier lieu de l'emploi des ajoncs. 

Cet ouvrage se termine, par un appendice dans lequel on 
trouve des notions élémentaires de chimie agricole, très-succints 
et parfaitement clairs et intelligibles, et qui, comme l'introduc- 
tion, renferme quelques erreurs de détail faciles à corriger. 

En résumé, l'ouvrage de M. Delagarde, destiné spécialement 
aux enfants des écoles primaires de nos campagnes et aux agri- 
culteurs leurs parents, est certainement digne de figurer dans les 
rayons de nos bibliothèques communales. C'est un bon livre, 
d'un prix peu élevé, qui n'a même pas besoin pour être apprécié 
de la prime de soixante centimes payables en conseils que 
M. Delagarde offre si généreusement à ses acheteurs. 

P. Malapert. 



CONCOURS DU 7 MARS 1866 (suite). 

RAPPORT SUR l'exposition DES INSTRUMENTS ET MACHINES 
AGRICOLES. 

Messieurs, la commission chargée de l'examen des machines 
était composée de MM. La Tôurette , de Loudun , de May , de 
Morineau et Courbe. Malgré le temps affreux qui souvent la 
forçait à interrompre son inspection , elle ne pouvait reculer 



— 100 — 

devant Tempressement des exposants auxquels il a fallu , nous 
pouvons le dire , du courage , fiour amener de loin et par une 
température si contrariante une très-copieuse et fort belle col- 
lection d'instruments, assez embarrassants par leur volume et 
leur poids. Grâce aux soins intelligents du comnriissaîre délégué 
de la Société , M. Mauduyt , l'ordre le plus parfait régnait dans 
le classement et la disposition des machines. On eût dit un corps 
' d'artillerie rangé en i)ataille^ sous les ordres d'un chef habile; 
chaque soldat paraissait fier de sa pièce, les assistants nombreux 
suivaient avec intérêt l'inspection de la commission et sem- 
blaient profiler, chacun à son endroit, de sa propre obser\'ation. 
Le but de la Société a donc été atteint. 

Nous avons, Messieurs, à vous faire part du résultat du tra- 
vail de la commission et de ses diverses impressions : 

Le résultat de la journée a déjà été signalé pour plusieurs 
d'entre vous, par la distribution des médailles; à cette occasion, 
nous pensons qu'il serait toujours bon de constater, dans le 
Bulletin de la Socii'té, les noms de tous les lauréats du concours 
et de leur envoyer à chacun un exemplaire de ce Bulletin : ce 
serait tout à la fois des titres pour chacun , nominatifs et au por* 
teur , qui justifieraient la possession des médailles, lesquelles, 
comme vous le savez, ne portent pas l'empreinte du nom de 
celui qui lésa méritées. 

Il nous reste, Messieurs, à vous rappeler succinctement la 
liste des médailles, accompagnée de quelques observations de la 
commission. 

La commission a constaté avec bonheur un progrès marqué 
dans la construction des instruments aratoires, en tête desquels 
nous avons à signaler la charrUb sous-sol de M. Maréchault. 
Cette charrue , munie à l'avant d'une petite roue à pied de grue 
servant de régulateur , armée d'un soc triangulaire en forme de 
fer de lance, soutenue à l'arrière d'un croissant faisant fonction 
de contre, est terminée par trois dents de herse qui divisent la 
-bande de terre fouillée. 

Une autre charrue du même constructeur , munie d'un soc à 
coulisse et d'un contre horizontal , sa machine à broyer le 
chanvre, sont de nouvelle invention. La commission a jugé que 
ces divers instruments étaient appelés à rendre de grands ser- 
vices : anssi a-t-elle décerné à M.-Maréchault la première mé- 
daille d'argent , à laquelle, dans tous les cas, il eût été en ligne 



— iOi — 

de prétendre, pour Tensemble de ses autres machines et instru- 
ments. 

M, Cerisier, de Chàtellerault, entre autres choses, a exposé une 
charrue vigneronne à perche mobile et patonnier de côté, char- 
donnette et scarificateur. Cet instrument un peu compliqué 
peut être bon, mais d'un prix un peu élevé, ce qui n'est pas 
indifférent en viticulture comme en agriculture. La commission 
a cru devoir donnef la préférence k la charrue vigneronne de 
Champigny, de Saint-Georges, en raison de sa simplicité , de sa 
linionnière qui évite le contact fréquent des traits et le froisse- 
ment du palonnier, enfin pour son bon agencement et la modi- 
cité de son prix (45 fr.). 

< Toutefois l'ensemble important des instruments de M. Céri- . 
sier lui a valu la deuxième médaille d'argent. 

La troisième a été dévolue à Champigny pour sa charrue vi- 
gneronne, sa bineuse ou chardonnette accompagnée d'une petite 
herse, et son rouleau articulé surmonté d'un siège pour le coil- 
ducteur , qui , tout en arrangeant son champ ou son pré , peut 
sans fatigue et comme en voiture se procurer une promenade 
utile et agréable. Mais nous changeons de canton et voici venir^ 
un jeune habitant de Mirebeau. Pour celui-là il avoue modeste- 
ment n'avoir jamais fait aucun apprentissage ; ce qu'il sait il ne 
le tient que de lui-même , ce qui ne Ta pas empêché de faire 
d'excellents moulins à venter; rendant considérablement d'ou- 
vrage en très-peu de temps et d'une manœuvre facile , puis des 
ijioulins trieurs , puis encore des semoirs, et, ce qui intéressera 
bien plus nos ménagères , le jeune Jeannin établit des barattes 
à engrenage fort simples et de toute dimension. Ces barattes 
ont l'intérieur en zinc, métal, comme on le sait, qui accélère la 
coagulation du beurre. Elles ont un double fond que Ton remplit 
d'eau chaude ou d'eau froide, suivant la température de la saison. 
L'entretien de propreté si essentiel en est facile , tout en est 
ingénieusement combiné. Le prix (35 fr.) paraissait un peu 
élevé en raison du volume, mais sur Tobservation de la commis- 
sion M. Jeannin s'est exécuté de bonne grAce et a réduit son 
prix à 30 fr. (bon exemple pour les constructeurs, quand ils 
peuvent le faire), ce qui a valu à Jeannin de vendre immédia- 
tement la baratte exposée, et, séance tenante, une demi-douzaine 
fie barattes à livrer ; plus la quatrième médaille d'argent pour 
ses barattes et ses autres instruments. 



— lOî — 

HAtons-Bou8 , Messieurs , d'arriver au pressoir de M. Picbol , 
de Monts , qui lui a valu la première médaille de hiionze. Ce 
pressoir à clairvoie fonctionne au moyen d'une vis de pressioD 
mise en mouvement par un levier tourné à bras-d'homme ou à 
Paide d'un cheval , suivant la dimension, d'après laquelle il peut 
rendre en quatre ou cinq heures de 10 à 30 heclolitres de vin ; 
son prix varie de 200 à 400 fr. De nombreuses médailles et 
quantité d'attestations d'hommes très-conirus et très-honorables 
viennentjittester le mérite de ce pressoir. M. Chevrier, de Clan, 
membre de notre Société et l'un des viticulteurs les plus impor- 
tants et les plus émérites du département, se sert du pressoir 
Pichot et pourra fournir des renseignements à ceux de nos vili* 
. culteurs qui désireraient en faire usage. 

Nous nous trouvons, en finissant notre inspection, dans l'atelier 
d'un forgeron de Montbernage, où nous trouvons des charrues 
à double embrasse, c'est-à-dire dont la perche est embrassée 
de chaque côté par le montant du cep qui est en fonte. Ces 
charrues, par leur solidité , l'allongement et la bonne tournure 
du soc et du versoir ont également fixé l'attention de la com* 
mission et valu à Raymond leur auteur la deuxième médaille de 
bronze. 

Enfin^, Messieurs, la troisième médaille a été accordée à 
M. Bussereau , de Ghfttellcrault , pour sa machine à l)attre « en 
raison de son prix réduit à 850- fr., ce qui la met k la portée 
d'un plus grand nombre de personnes. Toutefois nous devons 
ajouter qu'il n'a pas été possible à la commission d'en faire une 
bien juste appréciation et qu'elle n'a disposé de ceUe dernièi^ 
médaille qu'à titre d'encouragement. 

Restaient les mentions honorables, dont chacun se montrait 
justement jaloux ; la commission a pensé qu'elles étaient plus 
particulièrement méritées par M. Wels-Groliier, notre compa- 
triote, et par M. Clavier, de ilsI&Jourdain , pour le zèle et l'ap- 
plication soutenue qu'ils apportent à la construction de timtes 
leurs machines. En résumé , nous devons dire, en finissant la 
nomenclature des récompenses, et à la gloire de tous nos exço- 
sants, que la commission a été souvent embarrassée , pour arrê- 
ter ses décisions et que si elle n'a pu donner à tous des récom- 
penses, elle croit devoir,^ au nom delà Société, leur voter des 
éloges et des remerciements au point de vue du progrès agricole. 

Cependant, Messieurs, à l'époque di nous sommes arrivés, 



— 403 — 

deux instruments essentiels manquent à noire économie agri- 
cole : ce sont la moissonneuse et le moulin à farine faisant partie 
da matériel de la ferme. 11 y en a , je le sais , comme il y en 
avait du temps des Romains et des Gaulois , mais en réalité c'est 
comme s'il n'y en ^vait pas ; aucune moissonneuse, n'-arrive à 
bien, aucun moulin ne peut moudre sans effoHs tolérableset ne 
donne qu'une foriné k peine utilisable pour l'engraissement des 
animaux. M. Wels-Orollier se propose de perfectionner les deux 
instruments , il entre résolument dans la voie des améliorations 
et demanderait à la Société de proposer un prix et un concours 
spécial pour ces sortes de machines. Nous avons nous-méme 
cherché à insinuer l'idée du perfectionnement du moulin à 
farine à d'autres constructeurs habiles, et nous nous plaisons à 
croire que les bonnes paroles de la commission et bien plus 
encore les récompenses déjà distribuées , soutiendront et en- 
courageront nos constructeurs , dont l'habileté nous fait espérer , 
que le département sera dignement représenté , au prochain 
concours régional qui se tiendra bientôt dans notre bonne ville 
de Poitiers. Le rapporteur , E. Courbe. 



AAPPOaX SUR LES ANIMAUX DE BASSE-ÇOUR. 

Messieurs, la partie la plus modeste de votre concours du 
7 mars dernier, l'exposition des animaux de basse-cour, pré- 
sentait, cette année, sur les expositions précédentes, un accrois- 
sement en nombre assez considérable. 11 est , du reste , juste de 
reconnaître que depuis plusieurs années cette exposition suit 
une progression constante, non-seulement par l'élévation du 
chiffre des animaux exposé^, mais aussi, ce qui vaut bien mieux, 
par la pureté de races et la réunion des autres qualités recher- 
chées dans ces animaux. 

Au lieu de 70 têtes exposées en 1865 , on en comptait cette 
année 88. C*est , vous le voyez, une augmentation d'à peu près 
un quart. Le nombre des exposants, au contraire, qui était de 
il l'an dernier, n'était que de 10 cette année; de même celui 
des lots, au lieu de 30 n'était plus que de 36. On voit par ces 
différences de chiffres que la moyenne du nombre d'animaux 
amenés par un même exposant, et celle du nombre de têtes 
composant chaque lot avaient augmenté dans des proportions 
notables. 



— 104 - 

En effet , quelques personnes avaient exposé individuelle- 
ment une assez grande quantité de volailles. Ainsi M. Dora 
(Georges) en avait 19 , M. de T^raversay i7 , M. Masse du Ponl- 
Neuf i7 : ce qui nous donne déjà un total de 53 animaux amenés 
par trois propriétaires seulement. De même , certains lots étaient 
composés de 5, 6 et même 7 animaux. Cette élévation d« chiffres 
a bien son importance. Ce n'est certes pas une chose indifférente, 
que le nombre des animaux exposés dans un même lot. Il est 
plus difiicile de réunir 6 ou 7 volailles remplissant les conditions 
de pureté de race et de salubrité voulues, que d'en avoir deux ou 
trois. De plus, c'est un signe de réussite plus complète de la 
part de l'éleveur , et par conséquent une grande présomption, 
sinon une preuve de progrès dans racclimatation de cette race. 
Aussi est-il naturel qu'à mérite égal la préférence soit donnée 
au lot qui présente les qualités requises, réunies sur un pins 
grand nombre de sujets. 

Une autre remarque que la commission a faite avec plaisir, 
c'est que les exposants s'étaient surtout attachés à élever les 
races qu'elle avait cru devoir leur recomntander dans les rap- 
ports des années précédentes, comme étaiit celles qui donnent 
les meilleurs et les plus l)eaux produits et aussi qui réussissent 
Me mieux dans le pays. Cette dernière considération doit , selon 
nous, être toujours d'un grand poids dans le choix que font les 
éleveurs , s'ils veulent éviter bien des mécomptes. Ix>in de nous 
la pensée de les détourner des louables efforts qu'ils peuvent 
faire pour l'introduction dé races qui se montrent jusqu'ici d'une 
acclimatation moins facile: plus ils auront surmonté d'obstacles, 
plus leur succès sera méritoire ; mais tout le monde n'a pas la 
volonté ni les moyens d'entreprendre des essais et surtout d'y 
persévérer. A ceux qui ne se sentiraient pas ce courage , nous 
rappellerons que les crève-cœurs et les poules de la Flèche leur 
ont été signalées, l'an dernier, comme les meilleures races amé- 
liorantes pour notre région agricole. Aussi, nous lé répétons, 
est-ce avec un véritable plaisir. que la commission a constaté qoe 
ces denx races étaient en grande majorité à l'exposition. On y 
comptait 5 lots de crève-cœurs, faisant ensemble Si têtes, et 17 
volailles de la Flèche en 4 lots, lie reste de l'exposition était sur- 
tout forn)é par des houdans , des brahmas et quelques jolis lots 
de crève-cœurs croisés; deux lots de canards , un d'oies de Tou- 
louse, un autre de dindons blancs représentaient les autres prin- 



— 105 — 

cipales varîétés de volailles.Quelqueiy-uns des lots exposés offraient 
des animaux vraiment remarquables et d'une grande pureté de 
race. Ainsi M. Dorn (Georges) et M. Babinet avaient de très- 
jolis lots de crève-cœurs-, qui eussent sans doute fait hésiter la 
commission, si elle n'avait eu sous les yeux un lot exposé par 
M. de Traversay . et composé de 6 de'ces mêmes animaux, dont 
les signes de pureté de race et le bel ensemble ont déterminé 
son choix. 

M. de Traversay avait , en outre, exposé un lot de houdans, 
un de padoues argentés et un de crève-cœurs croisés. Tous ces 
animaux ayant paru à la commission présenter, chacun dans 
leur variété, d'excc^lientes qualités : elle a cru devoir décerner à 
M. de Traversay la première médaille grand module fibur son 
lot de crève-cœurs, et faire mention en même temps de l'ensemble 
remarquable de son exposition. 

Le second prix a été attribué aux volailles de la Flèche de 
M. Jacométy. Mme Gerbeaud exposait aussi deux lots de cette 
même race de volailles : un de jeunes et un de vieilles. Les 
jeunes, déjà remarquables et qui promettent de devoir le de- 
venir encore davantage, ont attiré l'attention et tenu un instant 
en suspens l'arrêt de la commission. Cependant, celles de 
M^ Jacométy plus belles, et ayant surtout un air de santé et de 
vigueur dont il était difficile de ne pas être frappé, l'ont em- 
porté, et le jury lui a décerné la seconde >médaiile. 

Comme ensemble d'exposition, M. Masse, du Pont-Neuf, 
présentait un lot de brahmas, un lot de canards, un lot de din- 
dons blancs et des oies de Toulouse. 

M. Dorn (Georges), deux jolis lots déjeunes houdans, trois lots 
de crève-cœurs, un lot de brahmas. 

Les dindons blancs et surtout les oies de Toulouse qui , l'an- 
née dernière déjà, avaient fait pencher la balance de son côté, 
ont entraîné le choix de la commission en faveur de M. Masse. 
La première médaille d'ensemble lui a été attribuée. 

La seconde médaille d'ensemble a été donnée à M. Dorn 
(Georges), Ce sont surtout ses houdans qui lui ont valu cette 
s<^conde médaille ; peut-être même eût-il eu la prennère, si un 
de ses l<its deciève-cœurs n'eût pas été dans un état qui laissât 
autant à désirer. 

Les quatre médailles mises à la disposition de la commission 
étaient employées. Cependant celle-ci n'avait pas oublié que 



— 106 - 

dans le cours de son examen elle avait remarqué deux jolis kte 
de fléchois exposés par Mme Gerl>eaud , et dont l'un suftoot 
avait failli enlever le second prix à M. Jacométy. Mme Gerbeud 
avait, en outre, exposé deux très-jolies petites bentanis. U 
commission a cru devoir lui attribuer une mention bonorablf. 

Tels sont les animaux dé basse-cour qui ont été jugés dign» 
des récompenses. Disons de suite que beaucoup de ^urs con- 
currents étaient aussi des animaux de choix. Quelques-uns 
même, comme nous l'avons déjà dit, n'étaient que de bien peu 
inférieurs k leurs vainqueurs. Parmi ceux qui n'ont pas enouff 
été cités et qui méritent cependant a'ôtre mentionnés , noos 
avons surtout remarqué le lot de fléchois de M. de la Guéri- 
vière , lot qui n'avait peut-être d'autre tort que celui de n'éti« 
composé que de deux animaux, ce qui est réellement trop peu. 

Après avoir fait la part des éloges mérités par les exposaots, 
part qui heureusement est de beaucoup la plus grande, qu'oo 
me permette d'en faire aussi une , fort légère du reste, à la cri- 
tique. 

Si la grande majorité des animaux exposés offraient un ëbt 
de propreté et de santé dont le regard était de suite flatté, quel- 
ques autres , malheureusement, par leurs plumes sales, brisées 
ou arrachées , par leurs membres malsains et difformes, produi- 
saient, dès le premier coup-d'œil, une impression- défavorable. 
Nous avertissons les intéressés, qu'ils y veillent donc à Tavf nir 
et leur tour viendra d'avoir leur part du succès. 

Qu'on me permette aussi de répéter un vœu qui a déjà été 
formulé par les commissions des années précédentes. Cessmiàe 
voir placer les volailles de même variété les unes auprès des 
autres. Cette disposition faciliterait beaucoup le travail de com- 
paraison auquel le jury est obligé de se livrer, et lui permettrait 
surtout de se prononcer avec une plus complète connaissance 
de cause. 

Rappelons, en terminant, ce que nous avons dit au ooqiiQ^A' 
cernent de ce rapport, que chacune de vos expositions d'aoi- 
maux de basse-cour a jusqu'ici présenté une notable smdw- 
ration sur celle de l'année précédente, et formons le souhait 
qu'il en soit de même de la prochaine. 

Le rapporteur, V, CALMEtt. 



-- !0T — 



CRISE agricole; observations sur la réponse de m. de gurzon. 

Après la réponse faito par M. de Curzon à ma note sur son 
mémoire relatif à la crise agricole, je devrais me taire ; car si j'ai 
l)eu de goût pour l'art de grouper les chiffres , j'en ai bien moins 
encore pour l'art de grouper les mots; mais à travers la réponse qui 
ui'est faite, j'ai peine à rec^jnnailre moi-même ce que j'ai dit, ou 
du moins, ce que j'ai eu l'intention de dire; il est donc utile que 
j'explique plus clairement ma pensée. ^ 

Dans le mémoire du 20 janvier dernier, j'ai trouvé deux parties 
bien tranchées : 

D'abord une charge à fond contre l'application du libre- 
échange aux produits agricoles. — Toutes mes sympathies étaient 
assurées à cette partie la plus solide suivant moi, et c'estdufond 
du cœur que j'ai adressé à mon honorable collègue et ami les 
justes éloges qu'il mérite. 

Mais lorsque, par une conversion imprévue, M. de' Curzon 
acceptant avec résignation le fait accompli^ reconnaissant quil 
n*y a pas à essayer de faire rapporter les mesures qui nous frap-- 
lient, nous a donné un avantrgoût des discours débités un mois 
plus tard par les orateurs du Gouvernement et les promoteurs 
du libre-échange, j'ai dû me séparer de lui : mais je l'ai combattu 
avec le regret qu'on doit éprouver à rencontrer pour adversaire 
un allié si précieux. 

Après avoir été , ainsi qu'il nous l'a rappelé, non-seulement 
un protection iste décidé, mais de plus un ennemi déclaré de la 
restriction des cultures céréales, M. de Gurzon est venu dire 
comme les libres-échangistes: Puisque le prix du blé a cessé (Tétre 
ràfnunérateur ^ il faut que le cultivateur se livre à l'éducation du 
fêtait ; ta culture du blé nous a appauvris, que Ndueation du 
bétail nous enrichisse. Lagricultftre anglaise est supérieure à la 
^tre , parce que le cultivateur anglais possède plus de bétail et le 
lumrrit mieux. (Pages 15 et 46.) 

Je lui ai répondu : D'abord il n'y a pas analogie; la différence 
^s climats ot des sols, la division des propriétés entre près de 
^ millions en Frante, sa concentration dans les mains de quel- 
ques milliers de propriélairesanglais puissamment riches ; l'abon- 
dance des capitaux affectés à l'agrîculture chez nos voisins, la 
pénurie diez nous; enfin les dissemblances de caractères et 



— 108 — 

d'habitudes nationales les plus tranchées; n'est-ce pas assez poor 
exp'iquer les disserahiances agricoles? 

Ensuite votre système est excellent, lui ai-je dit ; mais il n'est 
pas susceptible d'une application générale, facile, immédiaip. 
et ne peut être dès lors accepté comme remède à des souffrances 
actuelles. 

J'aurais compris que pour nous préparer à résister aux effeb 
du libre-échange , on nous eût engagé avant son appliiatioa à 
nous retourner vers le systèuie indiqué , en nous donnant (r 
temps nécessaire; mais aujourd'hui que le mal" fait à Tagncul- 
ture lui rend encore plus difficiles toutes les avances à donner 
à la terre pour de pareilles modifications . venir les lui indiquer 
comme une panacée précieuse , c'est , je crois, mal choisir sod 
temps. 

Si mon estimable collègue s'est rencontré avec les orateurs 
officiels, j'ai eu la satisfaction de voir la plupart de mes argu- 
ments développés avec bien plus de talent et de force au Corps 
législatif par nos éloquents défenseurs , dont l'énergie et le lèle 
doivent certainement nous garantir contre le découragement 
dont M. de Gnrzon nous donnait l'exemple. 

Mais notre éollègue n'est pas resté commè~ les orateurs offi- 
ciels dans les généralités de vagues conseils; il nous a déve- 
loppé un plan d'exploitation complet, avec tous ses détails; et 
lorsque je fais remarquer que cet excellent système ne peut être 
suivi facilement, M. de Curzon répond qu'il le suit avec succès 
depuis 40 ans. Je le prie de recevoir ici l'iexpression de fna sin- 
cère admir