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SOCIÉTÉ DES PYRÉNÉES-ORIENTALES, 



XIX. 



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La Société n'entend approuver ni improuver les opinions 
émises dans les travaux qu'elle publie : elles appartiennent à 
leurs auteurs qui en sont seuls garants. 



Les lettres, mémoires, etc., etc., etc., doivent être adressés 
(franc de port) à M. Louis Fabre, Secrétaire de la Société, rue 
Traversièré-de-l'Ànge , 4, et les objets. d'histoire naturelle à 
M. Companyo, Conservateur du Cabinet, rue Queya, à Perpignan. 



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SOCIÉTÉ 
AGRICOLE, SCIENTIFIQUE & LITTÉRAIRE 

• DES PYRÉNÉES-ORIENTALES. 



Composition du Bureau pour l'année 1872. 

Prémdent : M. VILALLONGUE (Sylvestre), négociant. 

Vice-Président: M. COMPANYO (Louis), docteur - médecin , 
chevalier de l'Ordre national de la Légion-d'Honneur et de 
François-Joseph d'Autriche. 

Secrétaire-général : M. FABRE ( Louis ) , ancien professeur au 
Collège de Perpignan , pfficier d'Académie. 

Trésorier: M. SIAU (Antoine), ancien négociant. 

Archiviste: M. FABRE DE LLARO (Léon), notaire. 



Depuis le 24 décembre 1866, la Société est, suivant ses 
différentes qualifications, divisée en trois Sections, ayant chacune 
un Directeur* et un Secrétaire particuliers. 

Section de l'Agriculture. 

Directeur: M. LABAU (Joseph), sous -directeur de la Ferme- 
École, professeur d'agriculture à l'École-Normale. 

Secrétaire : M. MORER (Sauveur), professeur au Collège, 



6 

Section des Sciences & Arts mécaniques. 

Directeur; M. FERRER (Léon), pharmacien de première classe, 
secrétaire du Conseil central d'hygiène publique et de Salubrité, 
inspecteur des pharmacies. 

Secrétaire: M. ROUFF1ANDIS ( Isidore ) , licencié -es -sciences, 
professeur à l'École -Normale. 

Section des Lettres & Arts libéraux. 

Directeur; M. ESCANYÉ (Frédéric), avocat, membre du Conseil 
général. 

Secrétaire; M. DEVILLE (Pierre), vérificateur des poids-el- 
mesiires. 



BIOGRAPHIE 
DE IL LOUIS COJfPANYO, 

DOCTEUR-MÉDECIN ET SAVANT NATURALISTE, 

Né à Céret le 16 décembre 1781, mort à Perpignan 

le 10 septembre 1871. 

Par M. Louis Faire, Secrétaire général de la Société. 



Le 2 octobre 1855, la mort enleva l'illustre François 
Arago, notre compatriote, qui, aux plus glorieuses 
distinctions ne dédaigna pas de joindre le modeste titre 
de président honoraire que loi ^offrit la Société Agricole, 
Scientifique et Littéraire des Pyrénées-Orientales, fondée 
à Perpignan le 21 décembre 1835. 

On se rappelle encore la pénible émotion causée par 
celte perte k tous les membres de la Société qu'il avait 
prise sous ses auspices, k la France entière, aux savants 
de tontes les parties du monde. 

Depnis lors la Société des Pyrénées-Orientales s'est vu 
annuellement enlever quelque membre k qui elle a payé 
le juste tribut de ses regrets; mais aucune perte ne lui 
a été plus sensible, ne lui a laissé un plus grand vide 
que le décès tout récent de M. Louis Companyo, docteur 
en médecine et savant naturaliste. 

Les éminente8 qualités de ce vénérable vieillard, dont 
la belle existence mérita et obtint l'admiration de tous 
ceux qui eurent le bonheur de le connaître, avaient attiré 



8 

à ses honneurs funèbres notre population presque tout 
entière. Un brillant discours prononcé sur sa tombe par 
son collègue, M. le docteur Paul Massot, a été reproduit 
par un des journaux de la localité. Chacune des autres 
feuilles a publié son article nécrologique, où sont digne- 
ment appréciés la vie, le savoir et les travaux de Mon- 
sieur Companyo. Mais les écrits des journaux sont trop 
souvent éphémères; et le souvenir de celui que nous 
regrettons mérite à tous égards d'être consigné dans les 
annales de la Société qu'il honora et dirigea si longtemps 
sous différents litres. 

Cette considération nous a engagé à réunir les notes 
que nous avons pu recueillir sur ses services militaires, 
sur ceux qu'il rendit à toutes les personnes qui plus tard 
réclamèrent ses soins, sur ses recherches, sur ses ouvra- 
ges scientifiques, et à essayer d'écrire sa biographie. Si 
elle est jugée digne de figurer dans notre plus prochain 
Bulletin, a défaut d'autre mérite, elle aura celui de pré- 
senter, en abrégé, tout ce qui recommande M. Louis 
Companyo à la vénération et k la reconnaissance de ses 
concitoyens. 

Toutes les fois que nous l'avons vu chez lui et qu'il 
nous a entretenu de ses études favorites, il n'a jamais 
manqué de nous parler de son père, qui exerça aussi la 
médecine, et qu'il avait toujours pris pour modèle. 
Aussi, commencerons-nous notre récit par quelques mots 
sur celui que notre regrettable collègue vénérait par 
dessus tout. 

C'était Louis Companyo, docteur en médecine, médecin 

consultant du roi, par lettres patentes, membre corres- 

* pondant do l'Académie de Médeciue de Paris, médecin- 



9 

intendant des Eaux d'Arles en Roussillon (aujourd'hui 
Amélie-Ies-Bains), auteur de plusieurs travaux scienti- 
fiques remarquables, parmi lesquels on peut citer un 
Mémoire très étendu sur les Eaux d'Arles, leurs pro- 
priétés, leurs applications a la thérapeutique, et la 
Relation d'une épidémie de fièvre typhoïde qui désola 
la contrée.- 

Son fils, Jean-Baudile-Louis Companyo-Lanquine, fut 
orphelin de très bonne heure. Celte position malheu- 
reuse, qui d'ordinaire est nuisible à l'éducation et a 
l'instruction des enfants, qu'elle prive des regards et des 
soins paternels, ne fil qu'exciter l'émulation du jeune 
Companyo. H se fit désormais remarquer par son ardeur 
pour le travail. Ses études classiques terminées, impa- 
tient de suivre' la carrière de son père, il commença ses 
études médicales k Montpellier. A cette époque de 
guerres continuelles, il était rare qu'un jeune homme 
pût se dispenser d'y prendre part. Appelé sous les dra- 
peaux, Companyo se présenta à un concours, et en 
mars 1807, fut nommé chirurgien sous -aide-major à 
l'armée d'Espagne, attaché en cette qualité à l'ambu- 
lance du quartier-général du prince Murât, commandant 
en chef l'armée qui envahit ce pays. 11 s'y fil bienlôL 
remarquer par son zèle infatigable et par son intrépidité, 
plus méritoire peut-être chez un officier de sanlé que 
celle des combattants. Le soldat, en effel, qui brave la 
mort est excité pendant la bataille par les cris de ses 
chefs, le bruit du canon, l'exemple de ses camarades, la 
crainte de paraître manquer de bravoure, par l'espoir de 
la victoire et des avantages qu'elle procure. Hien de tout 
cela Q'anjmc le chirurgien : courbé sur le corps d'un 



40 

blessé ou d'un mourant, il brave lui aussi la mort, mais 
sans chercher à la donner, sans même apercevoir ce qui 
se passe autour de lui, et, comme le soldat, il reçoit 
souvent le coup mortel. Eh bien ! personne, mieux que 
le jeune Companyo, ne montrait alors un sang-froid et 
un héroïsme à la hauteur de sa mission. Aussi, sans 
même le soupçonner, il s'attira l'attention de ses chefs, 
et au mois d'octobre de la même année, il passa à l'am- 
bulance légère de la grande armée d'Espagne, et fut mis, 
avec le grade de chirurgien aide-major, sous les ordres 
du baron Larrey, chirurgien en chef de l'armée. Il con- 
serva depuis avec cet officier supérieur les meilleures 
relations. Ce fut avec le même grade que Companyo fit 
loutes les campagnes d'Espagne et de Portugal, qu'il 
assista à presque toutes les batailles, et même au siège 
de Saragosse, si célèbre par l'acharnement de l'attaque 
et de la défense. 

Personne n'ignore que Napoléon fut forcé de retirer de 
ce pays une partie de ses troupes pour aller combattre 
dans le Nord un ennemi non moins redoutable. L'armée 
d'Espagne, ainsi affaiblie, fut enfin contrainte de plier 
devant des forces supérieures. Ce fut en ces circons- 
tances que Companyo se trouva attaché à l'ambulance 
du quartier-général du comte Dejean. La conformité de 
goûts et d'études les lia bientôt, et fit comprendre et 
apprécier au jeune chirurgien la passion du général pour 
l'entomologie. Ils battaient en retraite devant une divi- 
sion ennemie ; marchant côte-à-côte, ils entendaient déjà 
siffler les galles espagnoles. Soudain un coup de feu part 
du creux d'un rocher qui longeait la route. Au même 
instant le général glisse de son cheval et se couche à 



11 

plal ventre auprès d'un buisson. L'aide-major s'élance 
le croyant, sinqp mort, da moins grièvement blessé. 
Erreur ; le comte Dejean se relève tout rayonnant de 
joie, et montre au chirurgien, surpris d'un pareil sang- 
froid dans un moment aussi critique, un superbe carabe, 
couleur de feu, en lui disant : « Je le crois nouveau. » 
C'était le Carabus nUilans, espèce excessivement rare, 
mais qu'on trouve dans plusieurs localités de l'Espagne 
et de notre déparlement. 

Cependant bos deux amis échappèrent comme par 
miracle à la poursuite des Espagnols. Companyo n'ou- 
blia jamais celte aventure, qu'il se plaisait à raconter. 
Vingt ans plus tard, il s'estima heureux de recueillir 
auprès de lui le comte Dejean, interné dans les Pyrénées- 
Orientales, après avoir échappé à la peine de mort, 
prononcée contre lui dans un procès politique. Les 
deux naturalistes étaient toujours ensemble, ils faisaient 
de fréquentes excursions dans toutes les parties du Rous- 
sillon, ce qui changea le séjour forcé du général dans 
notre département en une charmante élude d'ento- 
mologie. 

Companyo était rentré en France avec un congé de 
convalescence pour une affection typhoïde très grave, 
contractée dans l'exercice de ses fonctions, et il fut 
attaché à l'hôpital militaire de Prades comme chef de 
service, en qualité de chirurgien aide-major. 

Sa santé, ébranlée par de longues fatigues durant les 
campagnes d'Espagne et de Portugal, ne lui permettant 
plus de continuer le service militaire; il fut forcé de 
donner sa démission. Mais toujours plus avide d'aug- 
menter ses connaissances et de recevoir un titre plus 



12 

relevé, il partit de nouveau pour Montpellier, se remit a 
l'élude avec encore plus d'ardeur qu'auparavant, et fut 
reçu docteur en médecine par la Faculté de cette ville 
le 17 juin 1812. Sa thèse, intitulée: Essai sur les 
Hémorragies utérines qui surviennent vers les derniers 
jours de la grossesse, avant et après V accouchement , est 
un travail remarquable, qui donne déjà une haute idée 
de l'intelligence, de l'instruction et des aptitudes de 
l'auteur, et fait présager quelle sera sa carrière. 

*II s'établit alors à Perpignan, où il exerça la profes- 
sion de médecin jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant 
cinquante -neuf ans. 11 signala cette longue carrière 
médicale de plus d'un demi-siècle par un dévouement 
qui ne se démentit jamais. Affable, prévenant, plein de 
bonté, de douceur et de soins pour ses malades, riches 
ou pauvres, il allégeait leurs souffrances autant par ses 
remèdes que par le lact dont il faisait preuve en s'en- 
trelenant avec eux; et quand sa haute expérience lui 
apprenait que ses prescriptions devenaient désormais 
inutiles, il savait saisir le moment favorable pour les 
amener à prendre leurs dernières dispositions et à remplir 
leurs suprêmes devoirs, sans leur ôter jamais l'espérance 
d'une* prochaine guérison: précautions que les personnes 
qui entourent un moribond négligent trop souvent. Il 
vécut d'ailleurs en une continuelle et parfaite intelligence 
avec ses confrères. 

Ses occupations de médecin-praticien ne l'empêchèrent 
pas de se livrer successivement avec ardeur et distinction 
à l'étude de toutes les branches de l'histoire naturelle, 
sur lesquelles il a laissé de nombreux et remarquables 
travaux que nous énumèrerons plus tard. 



13 

De 1822 à 1830, rien de saillant dans la vie de Com- 
panyo, sinon son zèle à remplir tous les devoirs de sa 
profession, à s'occuper sans cesse de sa jeune famille, 
de son intérieur, et à consacrer ses loisirs à l'élude de 
sa science favorite, sans perdre ni un instant ni une 
occasion. C'est pendant cette période de huit années 
qu'il réunit, en quadrupèdes, oiseaux, insectes, papillons, 
coquilles et minéraux, cette magnifique collection que les 
savants de l'Europe venaient visiter chez lui, qu'il donna 
plus tard à la ville de Perpignan, et qui, joinle à la 
remarquable collection offerte par M. Eugène Boluix, 
capitaine de frégate, actuellement en retraite, forma le 
noyau du Cabinet d'Histoire naturelle de cette ville, créé 
par la municipalité en 1837, et dont Companyo fut nommé 
directeur-conservateur le 21 novembre 1840, par arrêté 
de M. le Maire«>. 

Déjà le 24 février 1830 il avait été nommé par M. le 
Préfet membre de la Commission chargée de recueillir 
les éléments de la statistique du département, et après 
la Révolution qui éclata cette année, il fut élu, par les 
suffrages de ses concitoyens, membre du Conseil muni- 
cipal de la ville, et successivement fut, le 17 novembre 
suivant, appelé par le nouveau Préfet à faire partie du 
Bureau d'administration du Collège; nommé, le 7 octo- 
bre 1831, membre de l'Intendance sanitaire du départe- 
ment, instituée par M. le Ministre de l'Agriculture et du 
Commerce; le 12 mai 1832, membre du Conseil de salu- 
brité du chef-lieu du département; en mars 1848, médecin 

(1) Voir pour le détail des dons offerts par MM. Boluix et Companyo 
le IV« Bulletin de la Société Philomathique de Perpignan. Compte-rendu 
des travaux de la Société pendant Tannée 1837 , page 10. 



des prisons, et le 10 avril de la même année directeur- 
conservateur de la Pépinière départementale. Dans cette 
dernière fonction, il se fit remarquer pour ses appro- 
priations de terrain pour des essais de culture de végé- 
taux et de plantes tropicales, essais dont la plupart 
avaient réussi sous sa direction, et doté le Roussillon et 
la France de plusieurs arbustes et plantes d'agrément 
et d'utilité qui embaumaient l'air, charmaient les yeux et 
excitaient l'admiration de tous les étrangers. 

Ces deux postes Jui furent enlevés par l'administration 
qui précéda, accompagna et suivit le coup-d'État du 2 
décembre, et cela malgré les droits acquis par une longue 
carrière de travail incessant, de zèle, de dévouement et 
d'abnégation. 11 se retira sans murmure; mais avait-il 
quelque moment de loisir, il allait, comme auparavant, 
parcourir la Pépinière, pour observer les progrès de ses 
cbères plantes, pour juger si celui qu'on lui avait donné 
pour successeur les traitait convenablement, et cette pro- 
menade lui procurait encore quelques moments agréables. 
Il fut aussi privé de cette consolation. Retenu auprès 
d'un malade en danger, il passa quelques jours sans voir 
la Pépinière. Il y courut dès qu'il fut libre: quel spec- 
tacle désolant s'offrit alors à ses .regards ! L/eïiclos 
entouré de roseaux qui longe d'un côté l'allée des cyprès, 
cet enclos renfermant les arbustes les plus rares et les 
plus précieux, envoyés à grands frais du Jardin des 
Plantes de Paris, cet enclos était entièrement dévasté. 
En un jour, toutes ces. plantes avaient été déracinées, 
enlevées, transportées sans précaution, sans discernement 
dans les préaux des Écoles chrétiennes, où les Frères 
les ont vues, dit-on, s'étioler et périr. Companyo, vive- 



15 

ment ému, interroge le gardien de la Pépinière. Il ap- 
prend qu'à la suite d'an léger malentendu, ce square a 
été sacrifié par l'autorité supérieure. Le nuage se dissipa 
le lendemain. Mais le mal était fait, il n'est pas encore 
réparé; peut-être ne lé sera- 1- il jamais. Companyo 
racontait toujours avec une nouvelle émotion ce qu'il 
appelait un grand malheur, ce J'avais refusé, ajoutait-il, 
de souscrire au coup-d'État, j'avais donc mérité d'être 
destitué; mais ces pauvres plantes, comment étaient- 
elles coupables? » 

Il fallait une compensation à l'infatigable activité de 
Companyo ; aussi , dès ce moment , il s'attacha tous les 
Jours davantage & la Société Agricole , . Scientifique et 
Littéraire des Pyrénées-Orientales, dont il fut tour-à-tour 
secrétaire, archiviste, vice-président, président et enfin 
président honoraire, lorsque son grand âge ne lui permit 
plus d'en diriger les travaux. Ce titre honorifique n'avait 
été accordé & aucun autre membre depuis la mort de 

r 

l'illustre François Arago. Ce fut seulement lorsque Com- 
panyo demanda avec instances d'être remplacé au fau- 
teuil de la présidenoe, que la Société, appréciant tous 
les services qu'il avait déjà rendus à la science, songea 
à le maintenir à sa tête, en lui offrant la succession du 
grand astronome. Cet honneur vint émouvoir le modeste 
vieillard dans son humble retraite. Il voulut l'éluder (la 
Société possède dans ses archives la lettre qu'il lui 
écrivit à ce sujet) ne se croyant pas digne de succéder 
h François Arago. Sur -l'insistance de ses collègues, il se 
décida enfin à accepter, et leur adressa, pour les remer- 
cier de cet insigne honneur, une de ces lettres où se 
trouve dépeint le noble caractère du vieillard. 



16 

Companyo a été d'ailleurs toute sa vie en relation 
intime avec la plupart des illustrations scientifiques, en 
correspondance suivie avec le célèbre Cuvier, avec 
Blainville, Audouin, Chevrolat, Montagne, Roussel, Mi- 
chaud, Jourdan, Terrever (de Lyon), baron Kindelan, 
comte de Génisson, Schimper, Àndress, Dufour (des 
Laudes), etc , etc. 

On est étonné, en parcourant la liste de ses diverses 
publications, autant de leur variété que de leur nombre. 
Voici les titres de ses travaux les plus importants : 

I. — Mémoire descriptif et Ostéologie d'une Baleine 
échouée le 27 novembre 1828, sur les cotes de la Médi- 
terranée, près Saint-Cyprien, Baleine -Rorqual, Balena 
musculus (Linné), avec planches représentant les diverses 
parties du squelette de l'animal, qui fut monté par Com- 
panyo lui-même, que nous avons admiré à Perpignan, 
et qu'on peut encore voir dans les galeries du Musée 
Saint-Pierre de Lyon. Ce travail important, qui a jeté un 
nouveau jour sur l'anatomie encore peu connue des Cé- 
tacés, a été publié en 1830. 

II. — Rapport sur un Serpent de 11 pieds de longueur 
et' 18 pouces de circonférence, tué dans le département 
des Pyrénées-Orientales (1836, II e Bulletin de la Société 
Philomathique de Perpignan). 

III. — Rapport sur un tableau contenant la collection 
des Mollusques terrestres et fluviatiles, offert à la même 
Société par M. Aleron, naturaliste distingué (III e Bullet., 
1^ partie, 1837). 

IV. — Compte-rendu des travaux de la Société pendant 
la même année. 



V. — Catalogue des Oiseaux, soit sédentaires, soit de 
passage, trouvés dans notre déparlement (Classification 
de Temmink) 375 espèce». 

VI. — Nptice sur les insectes qui ravagent, dans quel- 
ques cantons, les vignobles du département des Pyrénées- 
Orientales, avec cartes indiquant les cantons les plus 
ravagés par la pyrale (en catalan couque) et l'aitioe (bubol). 
Conseils aux vignerons pour la destruction de la pyrale. 
A. la suite de ce rapport, qui fut envoyé à M. le Ministre 
de l'Agriculture et du Commerce, le, Gouvernement s'é- 
meut du mal qui sévit et menace de ruiner les pays de 
fignobles. Audouin est envoyé dans le département pour 
y étudier les mœurs de l'insecte destructeur. Companyo 
accompagne ce savant dans, toutes ses .courses, dan* ses 
recherches, et lui communique toutes les observations 
qu'il a faites lui-même. De retour k Paris, Audouin, en 
rendant compte de sa mission, instruit le .Ministre du 
concours dévoué, intelligent et efficace qu'il a trouvé 
en Companyo. Le Ministre l'en remercie par une lettre 
du 22 septembre 1840, très flatteuse, et par le don d'un 
grand ouvrage qui venait d'être publié à ce sujet. (Voir 
le l\e Bulletin de la Société, 1839.) 

VU. — Catalogue raisonné de diverts objets offerts à la 
Société des Pyrénées-Orientales pour le Cabinet d'Histoire 
naturelle. ( Séance publique tenue exiraordinairement 
dans la grande salle du Musée, à l'occasion de l'arrivée 
de François Ara go, président honoraire de la Société. — 
26 septembre 1840. V« Bulletin, 1841.) 

VIII.— Catalogue descriptif des Mammifères qui ont été 
observés et qui vivent dans le département des Pyrénées- 
Orientales. (V« Bulletin. Supplément, 1841.) 



y 



18 

IX. — Rapport sur l'industrie sétifère du département 
des Pyrénées-Orientales en 1842 et 1843. La Société 
vote l'impression de ce compte-rendu. Le maréchal Soult, 
minisire de la guerre, en fait demander vingt exemplaires 
pour les Magnaneries de l'État, en Algérie. ( VI* Bulletin . 
1" partie, 1845.) 

X. — Compaoyo prononce, en qualité de président de 
la Société, le discours d'ouverture de la séance publique 
de cette année. 

XL — Itinéraire des quatre vallées du déparlement des 
Pyrénées - Orientales , suivi du Catalogue des quarante 
premières familles de plantes observées dans cette 
contrée. 

XII. — Observations sur la présence de trois oiseaux 
nouveaux pour la Faune du département : 
Vullur auricularis (Daudin); 
Vultur Colbii (Daudin); 
Porhpyrio hyacirUhinus (Temmink). 

XIII. — Description d'une nouvelle espèce de Mulette 
trouvée dans les eaux douces du département ( Unio 
Aleroni, Companyo), en collaboration avec M. Paul 
Massot, avec planches. 

XIV. — Companyo prononce encore, en qualité de 
président de la Société, le discours d'ouverture de la 
séance publique du 28 septembre 1845, où furent distri- 
buées des primes et des médailles. 

XV. — Notice sur l'Histoire naturelle de l'île Sainte- 
Lucie (Aude). 

XVI. — Rapport sur l'éducation des vers-à-soie Tri- 
voltini, et sur le mûrier multicaule. 



49 

XVII. — Rapport sur les plantations de mûriers et 
d'oliviers dans les Pyrénées-Orientales. 

XVIII. — Mémoire au sujet de la greffe du chêne liège 
sur le chêne- vert, travail qui a Tait décerner par M. le 
Ministre de l'Agriculture et du Commerce une médaille 
d'or de la valeur de 300 francs à l'auteur de la décou- 
verte, M. Torrent, cultivateur h Oms (arrondissement dé 
Céret). 

XIX. — Mémoire sur deux nouvelles plantes de la 
famille des Génistées, genre Sarolhamnus, découvertes 
par Companyo même dans les Pyrénées-Orientales : 
(Sarolhamnvs Carlierus et 5. Jaubertus, Companyo), 
avec deux planches, ( VII» Bulletin, 1848.) 

XX. — Considérations sur des ossements fossiles trou- 
vés dans le bassin du Roussillon : Mastodonte et Hippo- 
potame, et sur deux têtes humaines, l'une trouvée dans 
les cavernes calcaires des Corbières, l'autre, tête éburne 
de dimensions colossales, trouvée dans le cimetière 
d'Oms. (VI1I« Bulletin, 1881.) 

XXI. — Considérations sur le gulta-percha et sur les 
services qu'il peut rendre à l'industrie. 

XXII. — Catalogue des insectes coléoptères (Carabiques) 
observés dans les Pyrénées-Orientales, avec indication 
des localités. 

XXIII. — Notice sur la priorité de la découverte de la 
Stibularia aqualica dans les eaux du plateau de Carlite. 
Jusqu'à ce moment cette plante était classée dans la Flore 
de Norwége. Ce sont les docteurs Reboud et Guinand 
qui l'ont découverte. 

XXIV. — Note sur la présence de VEider, Anas moUis- 
$ima (Linné), dans le Roussillon. (IX« Bulletin, 1854.) 



20 

. XXV.— Spite do Catalogue des insectes coléoptères 
observés dans le département des Pyrénées-Orieatales, 
avec indication des localités. Cette partie renferme les 
Hydroçanthares et les Lamellicornes. (X e Bullet., 1856. ) 

XXyi. — Observations sur les insectes nuisibles aux 
oliv^rs.dans le département dis Pyrénées -Orientales. 
Cette étude a amené l'auteur à la découverte de l'insecte 
parasite du Phlœotribus oleœ (La treille), qui fait tant de 
pial aux jeq nés pousses de l'olivier. Cette notice est 
accompagnée d'une planche représentant cet insecte 
parfait et le parasite qui le détruit, nommé Locusta 
arachnQïdea (Companyo). 

Ces insectes y.sopt représentés avec un grossissement 
de 500 diamètres. (XI« Bulletin, 1858.) 

XX VIL — Notice, sur des Cétacés échoués sur les côtes 
de la Méditerranée, entre Saint~Laurent-de»la~Salanque 
et Leucate en février 1864, Delphinwglo biceps. Descrip- 
tion de l'aninal, anatomie et ostéologie, avec i planches. 
Le squelette de ce cétacé a été monté par Companyo 
pour le Musée de Perpignan. (XV^Bullet., 1867.) 

XX VI IL — Discours d'ouverture de la séance publique 
du 6 septembre 1868, où la Société à distribué des pri- 
ses et des médailles. (XV II* Bulletin, 1868.) 

XXIX. — En dehors de ces publications insérées dans les 
Bulletins de la Société des Pyrénées-Orientales, Conppanyo 
a publié plusieurs travaux scientifiques, dont la réunioD 
formerait plusieurs volumes. Les plus remarquables, sont : 
1° Un mémoire descriptif d'une Baleine, museau pointu, 
Balœna rostrata, échouée sur la pantière de Collîoure, 
mesurant S mètres 6Q centimètres. Le squelette en a été 
monté par Companyo,. et chacun peut le voir dans une 



21 

des salles du Musée de Perpignan. 2° Un travail important 
sur le reboisement des terrains en peAte. 

A ces simples mémoires ne devaient pas se bornet les 
travaux de Covpanyo. Une vie, comme la sienne, n'eût 
pas été complète s'il n'avait publié le résumé de ses 
observations d'un demi siècle, comme couronnement de 
ses études. Pour clore sa carrière scientifique, il voulut, 
li Tige de quatre-vingts ans, entreprendre la publication 
de l'histoire naturelle complète du département. Ce tra- 
vail a été mené à bonne On, et les forces du vieillard 
n'ont pas trahi son zèle. L'Histoire Naturelle du dépar- 
tement des Pyrénées- Orientales, travail remarquable qui 
met en évidence toutes les qualités et aptitudes de l'au- 
teur, commencé en 1861, et composé de trois forts 
volumes în-8 , comprenant tons les règnes de la nature, 
a été terminé en 1864. Cette publication, dont le Conseil 
général du département, ainsi que tous les amis de l'ins- 
truction, avaient apprécié l'importance et l'utilité, a été 
faite sous les auspices de la Préfecture et de la Munici- 
palité, aui frais de la ville et du département. 
■ A ce travail, qui aurait épuisé les forces de tout autre 
vieillard, est venu succéder- un travail faon moins impor- 
tent, qui prouve de plus en plus l'ardeur intelligente de 
ce pionnier de la science. C'est un catalogue raisonné 
de tous les objets qui remplissent les sept salles du 
Musée de Perpignan, avec trois cartes représentant les 
trois coors d'eau de notre département, et indiquant les 
vallées et les terrains qui les constituent. C'est un travail 
très original, oh tout est représenté, et qui permet de 
voir d'un simple coup-d'œil la constitution géologique et 
iiiioéralogiqne de nos montagnes et de nos vallées, ainsi 



22 

que les nombreuses sources minérales et thermales 
qu'elles renferment. La mort est venue surprendre le 
vieillard avant (a publication de celte dernière œuvre. 
Espérons que les notes qu'il a laissées permettront de 
la faire paraître dans l'intérêt du développement des 
sciences naturelles. 

Une vie de travail et de dévouement comme celle que 
nous venons d'esquisser, devait avoir sa récompense. 
Elle a été, à la vérité bien tardive, parce que Companyo, 
qui, jusqu'à ses derniers jours, conserva sa taille aussi 
droite et aussi élevée que son âme, dont les convictions 
furent toujours inébranlables, ne s'inclina jamais que 
devant Dieu.... Jamais, ni au milieu des camps, ni pen- 
dant sa vie privée, il ne consentit à s'humilier, à faire 
acte de la moindre bassesse pour s'attirer la faveur des 
puissants de la terre. Aussi a-t-il toujours vécu dans sa 
sphère modeste, mais heureux d'avoir su toujours con- 
server sa dignité. 

Un exemplaire de son grand ouvrage ayant été adressé 
au Ministre de l'Instruction publique, fut sans doute 
apprécié comme il méritait de l'être, car par arrêté du 
4 octobre 1864, M. le Ministre décerna à Companyo le 
titre d 'Officier de l'Instruction publique. Deux ans après, 
le Conseil municipal de Perpignan, sous la présidence de 
M. Tournai, Adjoint au Maire, décida à l'unanimité (19 
novembre 1866) d'appeler l'attention de M. le Préfet sur 
l'auteur de l'histoire naturelle du département. Le but de 
cette assemblée était d'attirer sur lui une nouvelle distinc- 
tion honorifique. Ce ne fut toutefois que te 14 août 1867 
qu'un décret ministériel vint conférer le grade de Cheva- 
lier de la Légion-d'Honneur au docte vieillard. 



23 

M. le préfet Lapaine se proposait de remettre lai-même 
les insignes de cette dernière distinction k notre président 
honoraire en présence de tous les membres de la Société, 
lorsque le département se vit enlever par une mort sou- 
daine son premier magistrat, si digne d'être regretté. 

M. le baron Tharreau, qui lui succéda, nommé, sur sa 
demande, membre résidant de la Société, et instruit des 
intentions de M. Lapaioe, s'empressa de les réaliser, et 
proposa à M. le Président une réunion générale. Elle fat 
générale en effet, car presque tous les membres se ren- 
dirent à l'invitation. Jamais depuis la fondation de la 
Société aucune séance n'avait été plus brillante. Pour- 
quoi fallut-il qu'uoe subite indisposition empêchai d'y 
assister celui qui en était l'objet! If. le Préfet n'en pro- 
clama pas moins M. Companyo chevalier de la Légion- 
d'Hooneur. Il promit même d'aller lui remettre sa déco- 
ration, dès qu'une amélioration se serait produite dans 
son état. Les marques de satisfaction que donna l'assem- 
blée entière, convainquirent M. le baron Tbarreau de la 
haute estime dont jouissait auprès de ses concitoyens le 
Président honoraire de la Société Agricole, Scientifique 
et Littéraire des Pyrénées-Orientales. 

M. Léon Ferrer, directeur de la Section des Sciences, 
prenant la parole après M. le Préfet, donna une analyse 
rapide des nombreux travaux publiés par M. Companyo, 
et rappela tous les services qu'il avait déjà rendus a la 
science. 

Cependant la réputation du mérite et des œuvres de 
Companyo avait franchi les frontières de la France. Un 
grand nombre de savants étrangers qui, passant k Perpi- 
gnan, avaient admiré notre Musée et s'étaient entretenus 



u 

avec celui qui l'avait créé» de retour dans leur patrie, 
sollicitèrent spontanément pour lui les faveurs des princes 
étrangère. «Sur les témoignages de ces hommes d'élite, 
l'empereur d'Autriche François-Joseph voulut à son tour 
honorer et i récompenser le mérite de notre savant compa- 
triote, et, par un décret du 20 mai 18T0, il le nomma 
Chevalier ûe l'Ordre impérial de François-Joseph, dont il 
lui adressa lé diplôme. A la même époque, la Société 
-impériale Zoologique et Botanique de Vienne lui envoya 
le diplôme de membre de cette Société savante. Ces deux 
dernières distinctions auraient sans doute été suivies de 
bien d'autres sans les désastres de la dernière guerre. 
Du reste Companyo Taisait déjà partie de presque toutes 
les Sociétés d'histoire naturelle de France, et principa- 
lement de celles du Midi. * * 

La Société Agricole, Scientifique et Littéraire des 
Pyrénées-Orientales, qui lui avait décerné une médaille 
d'or après le concours régional de 1862, attendait l'occa- 
sion de lui donner une nouvelle preuve de son estime. 
Ne pouvant attacher une décoration de plus sur la poi- 
trine du vieillard, elle a voulu lui témoigner toute sa 
sympathie en lui offrant, à titre de souvenir et de recon- 
naissance, une chamelte d'or, réunissant, suspendues, 
en petit module, la palme d'officier de l'Instruction pu- 
blique et la croix de la Légion»d'Honneur, qui, si tardi- 
vement ( nous avons déjà dit pourquoi ), était venue 
récompenser le profond mérite du savant naturaliste 
roussillonnais. 

Les derniers jours de sa vie ont été un adieu suprême 
k la nature et à la science. Se sentant affaiblir, il voulut 
essayer de quelques promenades en voiture, et accom- 



85 

pagné de sa fille dévouée, il visitait tour-k-tour son petit 
jardin (où il soignait encore avee sollicitude quelques 
plantes précieuses), et les sites des environs de notre ville 
qai lui avaient fourni, chacun, d'abondantes moissons 
d'insectes , de papillons, de plantes et de mollusques. 
Au retour de ces promenades, il continuait à mettre en 
ordre des collections destinées à ses nombreux corres- 
pondants étrangers. On aurak dit qu'il vou'ait utiliser 
jusqu'à la dernière minute de son existence, mais sa 
faiblesse augmentait : il ne se le dissimulait pas. 

Le printemps de 1871 n'avait pas eu la puissance de 
l'aider, comme les années précédentes, k triompher des 
suites d'une bronchite aiguë, qui venait l'atteindre chaque 
hiver depuis quelque temps. C'est que Tannée 1870 avait, 
hélas! apporté à son âme une de ces douleurs qui n'ont 
pas de remède... Il avait perdu sa petite-fille, délicieuse 
enfant de viogt-et-un ans, qui était le charme de sa vie, 
le dernier rayon de soleil qui la colorait encore. A ce 
malheur si grand vint s'ajouter la pensée des événements 
désastreux qui semaient l'épouvante et le deuil sur le sol 
de notre pauvre France. Il avait reçu le contre-coup de 
nos revers et de nos humiliations!... Vers la fin du mois 
d'août, ses forces le trahirent tout-à-fait : il devint triste, 
mais son intelligence ne l'abandonna pas un seul instant. 
Il s'éteignit le 10 septembre {871, dans les bras de ses 
enfants désolés, calme, sans agonie, sans murmure et 
sans crainte de la mort.. . C'est que sa longue carrière 
avait été une suite non interrompue des actions les plus 
dignes et des plus nobles sentiments.... C'est qu'il avait 
suivi l'exemple de ses pères, et que, sans ostentation, il 
était resté fidèle aux vrais principes religieux qu'il avait 



26 

reçus d'eux»*.. C'est enfla que ses convictions s'étaient 
de plus en plus fortifiées par la méditation du grand 
livre de la nature? La contemplation de l'immensité de 
l'univers, la vue de ces myriades de globes, qui, soumis 
à des lois immuables, gravitent dans l'espace sans bornes, 
lui avaient d'abord donné une idée sublime de la puis- 
sance du- Créateur. Plus tard, les trois règnes de la 
nature, qu'il avait étudiés, depuis les. hautes montagnes, 
qui renferment des trésors dans leur sein , jusqu'au plus 
petit grain de sable; depuis ce colosse monstrueux, 
habitant des mers glaciales, qu'il a analysé et reconstruit 
par un long et pénible travail, jusqu'aux insectes imper- 
ceptibles, qui marchent sur la terre ou voltigent dans 
les airs ; depuis les géants des forêts, jusqu'au moindre 
brin d'herbe, tout lui -avait appris la sagesse et la provi- 
dence de l'Éternel, et lui faisait répéter sans cesse: 
Deus est magnus in magnis et maximus in minimis. 
Aussi avait-il une foi sans bornes en la bonté divine, et 
quand sa dernière heure fut venue, il était dès lougtemps 
préparé pour l'éternité. Comme le laboureur, qui a bien 
rempli sa journée, se livre sans inquiétude aux douceurs 
du sommeil , Companyo s'endormit paisiblement pour se 
réveiller devant le Souverain Juge de tous les hommes, 
du riche comme de l'indigent, de l'humble comme du 
superbe, des sujets comme des rois. Les marques sympa- 
thiques de la population tout entière, qui l'a accompagné 
jusqu'à sa dernière demeure terrestre, ont témoigné de la 
haute estime et de l'affection qu'il avait inspirées à tous 
ceux qui vécurent auprès de lui. 



27 

Les bustes et les portraits des hommes éminents qui 
font la gloire do Roussillon, sont un des ornements du 
Musée de Perpignan, Coropanyo nVsl-il pas digne d'ob- 
tenir une place parmi ces mortels privilégiés, à l'entrée de 
ces magoifiques galeries, qui pendant plus de cinquante 
ans ont été l'objet de son travail incessant, de ses cons- 
umes préoccupations? 

La Société Agricole, Scientifique et Littéraire des Pyré- 
nées-Orientales possède, dans la salle de ses séances, une 
photographie (grande dimension) de son Président hono- 
raire. Son buste Tut essayé, il y a quelques années, par 
notre compatriote Farail, devenu depuis un sculpteur 
distingué. Ne serait-il pas h désirer que le département 
et la ville fissent reproduire sur le marbre, par cet artiste, 
les traits de Companyo pour lui donner la place qu'il a 
si bien méritée? Les habitants du Roussillon et les nom- 
breux étrangers qui visitent journellement notre Musée 
d'Histoire naturelle, y contempleraient avec intérêt la 
tête vénérée du noble vieillard que nous regrettons, et 
son (ils, qui depuis déjà longtemps, marche sur ses tra- 
ces, y trouverait un encouragement pour continuer son 
œuvre, pour nous consoler et nous dédommager de la 
perte que nous avons faite. 



2ft 



Après avoir rappelé, au commencement de cette 
Biographie, le discours prononcé sur la tombe de 
M. Companyo par un de ses collègues, M. Paul Massot, 
docteur-médecin, nous avons jugé à propos de le rap- 
porter ici. Ce sera une nouvelle preuve de l'estime dont 
jouissait dans les Pyrénées Orientales le Président hono- 
raire de la Société Agricole, Scientifique et Littéraire de 
Perpignan. 



Messieurs, 

Vous venez d'accompagner à sa dernière demeure le 
docteur Companyo. 

Lorsque la mort l'a enlevé a sa famille et à ses amis, 
il allait atteindre sa quatre-vingt-dixième année, et cette 
longue carrière, .il l'avait noblement et sérieusement 
remplie, comme médecin, comme homme de science et 
comme citoyen. 

C'est k ce triple point de vue que nous lui devons et 
le respect et toutes nos sympathies. 

Aussi en esquissant rapidement sa vie et ses travaux, 
je ferai tous mes efforts pour être l'interprète fidèle des 
sentiments de tous ses confrères et de ses compagnons 
d'étude de la Société scientifique des Pyrénées-Orientales, 
dont il a été longtemps un des membres les plus distin- 
gués, et qui le jugea digne du titre de président hono- 
raire, titre qui n'avait encore été donné qu'à un de nos 
compatriotes, illustre parmi les illustres, François 

Arago. 



39 

Né à Céret le 16 décembre 1781, orphelin très jeune 
encore, Companyo fit ses premières études médicales à 
Montpellier. 

A peine âgé de vingt ans, sous-aide b l'armée d'Es- 
pagne, aide-major plus tard dans les ambulances du 
quartier-général , il assista k toutes les grandes batailles 
qui se livrèrent dans ce malheureux pays. 

Il s'y fit remarquer par son courage et son dévouement 
sur les champs de bataille, et surtout pendant le siège 
de Sarragosse, siège à jamais célèbre par la détense de 
ses habitants, et qui est devenu no exemple à suivre 
dans tous les pays envahis par l'étranger. 

Après la campagne, du Portugal il rentra en France 
avec les débris de l'armée impériale. 

Terminant bientôt avec honneur ses études, îl vint 
exercer la médecine dans le Roussi lion. 

Tout le monde a pu apprécier son dévouement, son 
zèle, son habileté à secourir toutes lès infortunes, et 
même dans un âge très avancé, jamais on ne l'a vu hésiter 
un instant à prodiguer ses soins aux malheureux. 

Pendant près d'un demi siècle je l'ai vu à l'œuvre, et 
je pnis le dire sans crainte d'être démenti : pas un de ses 
clients, pas un de ses confrères, ne lui a refusé le tribut 
de son affection et de son estime. 

C'est qu'il avait toujours mis en pratique la fraternité, 
la confraternité. 

Nous pouvons dire de lui : 

Transiit benefaciendo. 

L'exercice de la médecine ne l'absorbait pas assez 
pour l'empêcher de se livrer & ses études de prédilec- 
tion. 



30 

Ses voyages avaient développé en lui la passion de 
l'histoire naturelle. 

Il savait dérober à ses occupations professionnelles 
quelques instants, et il les donnait à l'élude d'une science 
si attrayante. 

Des travaux remarquables par le travail d'observation 
et par la nouveauté des aperçus, attirèrent sur le dépar- 
tement et sur Cotnpanyo l'attention de plusieurs sociétés 
savantes, qui lui décernèrent des médailles. 

La Société scientifique des Pyrénées-Orientales récom- 
pensa de la même manière son modeste collaborateur. 

Nommé conservateur du Jardin des Plantes, aujour- 
d'hui malheureusement supprimé, et de la Pépinière 
départementale, il contribua pendant le peu de temps 
qu'il en eut la direction, \ la prospérité de ces deux 
établissements. 

La Municipalité, en le désignant pour être conservateur 
du Muséum, ne pouvait lui confier un emploi plus en 
rapport avec ses goûts et ses aptitudes. 

Le Muséum de Perpignan avait pu avoir autrefois une 
certaine valeur scientifique à cause de ses herbiers et de 
ses collections minéralogiques et géologiques ; mais il 
avait été détruit, dispersé, il n'existait en réalité qu'à 
l'état rudimentaire. 

Companyo eut l'heureuse et féconde pensée de faire 
un appel chaleureux aux enfants du Roussillon : à son 
fils, aux officiers de marine, dont quelques-uns m'écou- 
tent en ce moment, il leur disait : a Apportez-moi des 
« pays lointains que vous allez parcourir tous les objets 
« que vous croirez précieux; ils seront tous précieux 
« pour le Muséum. » 



31 

El de jour en jour leurs dons patriotiques vinrent 
accumuler autour de l'heureux vieillard les richesses 
scientifiques des deux mondes : c'est ainsi que par ses 
dons personnels, par ses soins, son intelligence et son 
initiative infatigable il est devenu le véritable créateur 
d'un Muséum que ne dédaignerait pas une ville d'une 
plus grande importance. 

Tous ces travaux journaliers ne l'empêchaient point de 
mettre en ordre les résultats des études de toute sa vie. 

Il entreprit, et il eut le bonheur de pouvoir terminer 
la publication d'un grand ouvrage sur l'histoire naturelle 
du département des Pyrénées-Orientales, comprenant la 
description, la géologie, la paléontologie des vallées qui 
le parcourent, ainsi que la numération raisonnée du règne 
animal et du règne végétal. 

La nomination d'Officier de l'Instruction publique et 
d'administrateur du Collège de Perpignan, vinrent lui 
prouver à la fois et l'estime de ses concitoyens et l'im- 
portance que le Ministre attachait à ses travaux. 

La décoration de François-Joseph d'Autriche lui 
prouva aussi que son nom élail coonu au-delà des fron- 
tières de la France, et si la croix de la Légion-d'Honneur 
est venue bien tard orner sa poitrine, c'est parce que 
ses sentiments politiques étaient trop connus pour 
qu'on n'hésitât pas à reconnaître son mérite scientifique 
par une récompense dont on n'était que trop prodigue 
envers le seul dévouement. La nature et la multiplicité 
de ses travaux l'avaient cependant tenu presque toujours 
éloigné de nos luttes politiques; mais tous ses amis 
connaissaient la droiture et la fermeté de ses convic- 
tions démocratiques. 




/ 



3ft 

Tranquille et souriant, ce noble vieillard s'e«4 endormi 
pour toujours dans les bras de ses enfants désolés, e» 
leur donnant les marques les (dus affectueuses de son 
amour. 

Que sa famille et ses amis le sachent bien, leur tris- 
tesse et leur deuil sont bien compris et bien partagés. 

S'il leur laisse l'exemple d'une vie irréprochable, la cité 
a pqrdu aujourd'hui un homme de bien et la patrie un 
bon citoyen. i 



88 

ÉNUMÉRAVMN 

MOLLUSQUES TERBESTRES & Hl VIAT1LES VIVANTS 

DU DÉPARTEIIENT DBS PYRÉNÊE84)R1ENTALES 

Par le Docteur Paul Massot, membre résidant. 



Le département des Pyrénées-Orientale* est borné mi 
sud par les montagnes, qui depuis te cap Cerbère jus- 
ques au Penh «s portent le nom d'À Ibères; à partir du 
Pertbus, ia chaîne pyrénéenne s'étèvte vers le Canigoti, 
s'allonge dosud h l'ouest, et va se joindre aux Corbtètes, 
montagnes secondaires, qui s'étendent vers le nord et 
l'est, de Mosset à Souruia, de Caudiès à Tantavel, de 
Vingrau à Salses, et enfin & l'est, de Salses au cap Cer- 
bère, la mer Méditerranée complète le vaste cercle dans 
leqoel le Ronssillon est enfermé. Remarquons ici, que 
les dunes qui le séparent de la mer sont côtoyées par 
des étangs plus on moins considérables et par de nom- 
breux marécages. 

Trots rivières, le Tech, la Tet et l'Àgly, parcourent 
le département de l'ouest à l'est. Ces rivières, ordinai- 
rement alimentées par des ruisseaux d'arrosage et pair 
les eaux vives d'une infinité de ravins, donnent leur 
nom aux trois grandes vallées qui le divisent. 

Cette position géographique exceptionnelle permet 
d'affirmer, d'une manière relative et peut-être même 
d'une manière absolue que, malgré le peu d'étendue de 

3 



34 

sa surface, le département des Pyrénées-Orientales offre 
en histoire naturelle des richesses plus nombreuses et plus 
variées que ne peuvent en offrir les autres départements 
de la Fraqce. 

En le considérant sous le rapport malacologique seu- 
lement, je dirai que ,si la recherche des mollusques ter- 
restres et fluviaiiles vivant dans l'eau, dans certaines 
conditions d'humidité, à des altitudes diverses et 
déterminées, est souvent fatigante, difficile et sans 
résultat, il arrive souvent aussi que des crues d'eau 
torrentielles entraînent de toutes les régions du dépar- 
tement un grand nombre de ces animaux, qui par leur 
habitat et leur petitesse échapperaient aux investigations 
les mieux faites et les plus minutieuses, et qu'en les 
réunissant dans des alluvioos faciles à explorer, le mala- 
cologiste a le bonheur de recueillir sur des espaces très 
circonscrits de nombreux exemplaires d'espèces variées 
et quelquefois très rares. 

Des naturalistes distingués, Farines, Aieron, Compa- 
ny^ G. Michaud, dont je m'honore d'avoir été l'élève et 
Pami, ont constaté, après de longues et laborieuses 
explorations, que le département possédait un certain 
nombre de mollusques déjà connus et communs à toute 
la Fiance, et s'ils ont essayé vainemertt d'y introduire 
certaines espèces, dans l'espoir de les y acclimater, ils 
ont eu do moins le bonheur d'enrichir sa Faune mala- 
cologique par la découverte d'espèces nouvelles et bien 
caractérisées. 

Désifeux de marcher sur leurs traces, j'ai utilisé les 
voyages que l'exercice de ma profession me faisaient 
entreprendre pour explorer certaines localités et collée-» 



35 

lionoer tontes les espèces que je pouvais recueillir. Uti- 
lisant aussi dans le même but quelques rares moments 
de loisir, j'ai été ainsi insensiblement amené k remarquer 
que les mollusques de la France offraient entre eux dans 
les espèces parfaitement identiques certaines différences, 
mais que ces différences s'imposaient d'une manière bien 
plus sensible quand je les comparais à tous les mollus- 
ques du département des Pyrénées-Orientales. 

Les observations du docteur Baudon, confirmèrent et 
dirigèrent les miennes, et j'ai pensé qu'il était peut-être 
intéressant de signaler ce qui n'avait pas encore été 
observé. 

En effet, nous possédons des variétés très remarqua- 
bles. Parmi les timnées, les variétés sont d'autant pins 
curieuses que les modifications doivent avoir été pro- 
duites sous des influences thermales ou d'altitude. Les 
pupas, les pomatias sont presque tons striés, sur quel- 
ques-uns les stries sont tellement accentuées, et même 
sien relief, qu'ils sont pour ainsi dire côtelés. Certaines 
espèces présentent un développement et on relèvement 
épidermique très curieux, facile a constater. Je t'ai observé 
à l'état rudimentaire sur YAmnicola similis, et il est si 
complet sur un Vertigo anti-verligo , que malgré mon 
peu de tendance à créer des espèces nouvelles, je n'ai 
pas résisté au plaisir de lui donner le nom de mon 
excellent confrère et ami le docteur Baudon. Monsieur 
de Saint-Simon, h qui j'avais remis des pomatias dési- 
gnés avec doute comme des Pomatias patultis^ les a 
décrits, à cause d<*s côtes marquées et espacées dont 
ils sont ornés, sous le nom de Pomatias Bourguignati. 
Ces faits, ces observations constatés, j'ai voulu en recher- 



36 

cher les causes, et c'est avec une hésitation bien pardon- 
nable que je vais exposer mon opinion. 

Il est je crois d'observation que Iles mollusques détien- 
nent de plus en plus rares, k mesure que l'on s'éloigae 
des roches calcaires. Les terrains mélangés de schistes 
et de calcaires en possèdent peu; les granités et les 
schistes n'en possèdent pas du tout, si ce n*«St quelques 
rares exemplaires d'espèees communes, que l'on trouve 
autour des habitations pour la construction desquelles 
on a dû employer, toujours avec une grande parcimonie, 
à cause des frais de transport, des matériaux calcaires. 
Si on considère en même temps que le nombre, la vigueur 
et la taille des individus coïncident avec la richesse cal- 
caire des localités qu'ils habitent, on doit fatalement 
arriver & cette conclusion : que la richesse ou la pauvreté 
de l'alimentation calcaire est la cause, ou du moins une 
des causes, des différences observées sur les mollusques 
de la même espèce appartenant à des localités différentes. 

Ai- je besoin d'ajouter que le bassin des Pyrénées- 
Orientales, étant presque entièrement composé de roches 
calcaires, permet à l'animal de nos mollusques d'acquérir 
le plus grand développement possible, et de donner à 
son test toute la beauté qu'une alimentation incomplète 
et restreinte ne lui permettrait pas d'atteindre. 

Connaissant toute l'insuffisance de travaux que je réser- 
vais pour moi seul, j'ai cependant cédé aux instances de 
quelques amis trop bienveillants. Ils ont pensé qu'il serait 
utile d'attirer l'attention des naturalistes sur notre dépar- 
lement, et j'ai consenti k publier rénumération des gen- 
res et des espèces terrestres et fluviatiles qui jusques h 
aujourd'hui composent la Faune des Pyrénées-Orientales» 



31 

bien convaincu que de nouvelles études amèneront de 
nouvelles découvertes. 

Je n'ai et ne peu avoir aucune prétention k la science. 
Je suivrai modestement les conseils que de Candole adres- 
sait à ses élèves dans son introduction à V Étude de la 
Botanique. « Un simple catalogue, par ordre alphabétique, 
« sans phrases, sans descriptions, avec l'indication pré- 
« cise des localités, est ce qui vaut le mieux; il est 
« très utile pour , la recherche des synonymes, et pour 
a Taire trouver les descriptions éparses dans un grand 
a nombre d'ouvrages. » 

C'est done un simple catalogue par ordre alphabétique 
que /ai voulu publier, rien de plus ; cependant, comme 
quelques espèces sont nouvelles, peu connues et propres 
à notre département, je me trouverai quelquefois dans 
l'obligation d'eu donner une description, d'indiquer les 
différences qui les distinguent des espèces avec les- 
quelles on pourrait les confondre, et de désigner les 
auteurs qui en ont publié la description. 

L'anatomie éclaire chaque jour davantage la science 
malacologique; mais tout le monde déplore que l'étnde 
des mollusques soit embarrassée par une synonymie aussi 
confuse que nombreuse. Tous mes efforts tendront à 
Taire disparaître ce qu'elle présente d'obscur et de vagoe, 
et faire cesser ainsi l'incertitude qu'occasionne trop sou- 
vent le même nom attribué a des genres et à des espèces 
différentes par des auteurs de nationalités diverses, igno- 
rant mutuellement leurs travaux, et plus souvent encore 
les noms différents donnés à des espèces identiques. 

Ce ne sera pas sans regret que je serai forcé de faire 
disparaître des noms généralement acceptés et consacrés 



38 

par l'usage; mais il est nécessaire de se conformer à la 
loi de priorité, qui établit un droil parfaitement équi- 
table, parce que les noms doivent reposer sur une .base 
juste et légitime. 

Je conserverai les noms spécifiques que des auteurs 
ont créé pour des espèces dont les noms génériques ont 
clé changés, et comme Linné a le premier introduit 
l'usage de désigner chaque animal par une appellation 
générique, suivie d'une appellation $pécifique, je ne 
pourrai en accepter aucune d'antérieure aux ouvrages de 
l'illustre naturaliste suédois. 

Je ne négligerai volontairement aucune des espèces 
décrites, même celles que je considère comme de sim- 
ples variétés, ne voulant pas me mettre au-dessus d'hom- 
mes bien plus compétents que moi. J'indiquerai pour 
chacune d'elles le nom que lui a attribué l'auteur qui le 
premier en a donné la caractéristique, et je réunirai sur 
chaque espèce, autant que faire se pourra, les dénomi- 
nations si diverses qui les ont successivement désignées. 

Ce travail de patience permettra aux jeunes naturalistes 
qui voudront bien le consulter, de déterminer, de classer 
facilement les mollusques sous leur véritable nom; il leur 
évitera de fastidieuses recherches dans des Traités géné- 
raux, rares et coûteux, dans des opuscules difficiles à se 
procurer, introuvables souvent, et quelquefois épuisés. 
Trop heureux si mon travail leur fait apprécier l'impor- 
tance de la Faune malacologique du département des 
Pyrénées-Orientales et leur inspire le désir de l'enrichir 
par leurs travaux et leurs découvertes. 



34 



ÉNUMÉMTION . 

DES 

voLUisps mmim i fiuviatiles vivants 

DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ORIENTALES 



Ire CLASSE. 
Gasteropoda. — Cuvier, 1798. 

ORDO K 
PtUmonala, Cuvier, 1817.— Inoperctdata, 

Limacidœ ' . 

1" FAMILLE. — ARIONÏDJE. 
1 er Genre.— Arion,, Férvssac, 1819. 

1. Arion ater. 
Umax ater. Linné, Sysiema nntum. 1768. 

— — Draparnaud, Hist. Moll. de France, 1805. 
Arion ater. Michàud, Complément à Draparnaud, 1831 • 

— — Mabile* Limaciens de Paris, 1870. 

Habite les montagnes élevées. Environs de Mont-Louis. 

1 Les Limaciens européens comprennent aujourd'hui quatre familles, 
les Arionidae, les Limacidœ, les Testacellidae et les Parmacellidae. 

Les genres Arion et Lima* étaient autrefois confondus et réunis dans 
une seule famille ; aujourd'hui, des études sérieuses et approfondies ont 
permis d'en créer deux : celles des Arionidae et des Limacidae. 

Le? Arions, animaux subcylindriques. Orifice respiratoire du côté droit 
1res près de la partie antérieure du manteau ; orifice reproducteur placé 



2. Arion hortensis. 
Limacella concava. Bbari), BuU molL de Paris, 1815. 
Arion horlensis. Férussac, Hist. des mollusques, 1819. 

— — Miciiaud, Compl. Drap. 1831. 

— — Habile, UisL rnoll. du bassin de Paris,, 

1870. 

— — CoMPANYOi Hist. ml. Pyr^Or., *863. 

Habite les champs humides et les jardins. Très commun. 

3. Arion rufus. 

Limax rufus. Linné, Système de la nature. 1758. 

— succineos. Muller, Verm. terr. ëtfluv. hist., 1774. 

— rufus. Draparnaud* Tabtmu moU. de France, 1 80 1 . 
Arion empiricorura. FÉïkwaAC, Hist. des mollu*. 1819. 

— rufus. Mighaud, CompL Drap. 1831. 

— empiricorum. Companyo, Hist. nat.Pyr.-0. 1865. 

— rufus. BotJRGUiGNAT, Malacologie algérienne, 186 t. 

— — Mabilb, Annales de malacologie, 1870. 

Habite communément les fosses, les jardins, les prairies et les 
bois des parties inférieures des* montagnes. 

immédiatement au-dessous. Queue, arrondie, tronquée, pourvue d'une. 
glande caudale ( mucipare ) , le plan locomoteur déborde lé corps, -très 
peu atténué .postérieurement. Coquille interne, ovale, concave, quelquefois 
représentée par des granules calcaires irréguliers. 

Les Limacidae, animaux subcylindriques, dépourvus de glande caudale 
mucipare, à plan locomoteur peu distinct du corps, ne le débordant pas 
et très atténné postérieurement. Coquille interne dans l'épaisseur du 
manteau. 

• La découverte d'une espèce nouvelle à peine atténuée postérieure- 
# ment, sans glande mucipare, et que Bourguignat a nommée Lctour- 
» neuxia, deviendra probablement plus tard une nouvelle famille intermé- 
« diaire entre les deux premières familles. (Mabile. Des Limaciens 
t eur&péen*, mars 1868.) » 



I 
I 



41 

4w Àfftat Mbàttitts < . 

Limât sobfuneoB. Drapawuud, Tableau desmoll., 1601. 

Arim sutofinens. Michaud, Cmpl. à Draparnaud, 1831. 

Habite la fouet de 8*rède, t ers la tour de la Massane. 
2» Genre. — Geomalàcus, Allmann, 1816. 

Animal lïmaciforme, orifice respiratoire près du bord antérieur 
droit du manteau, pourvu d'une glande muqueuse à l'extrémité 
caudale. Le manteau situé très en avant. Coquille unguiforme. 

Ce f pare n'a pas encore été trouvé dans le département. 

2* FAMILLE. — UMACWJ! *. 
1 er Genre. — Milax, Gray, 1855. 
1. MHax gagates. 
Lîmax gagates. Draparnaud, Tabl. moll. de France. 1801 . 
Milax — Gray, Annales philosophiques, 1855. 
Limax — Companyo, Hisl. nat. jPj/tvOr., 1863. 
Milax — Mabilb, Annales de malacologie, 1870. 
Habite les lieux humides et abrités. 

1 Non limax subfuscus, Pfeiffer. 

2 Le genre Milax comprend les Limaces dont le bouclier granuleux est 
divisé en deux par une petite ligne, indice de la coquille ou limacelle, 
qui offre un nucleus supérieur et bombé ; le dos est caréné depuis le 
manteau jusques à la partie postérieure, qui est dépourvue d'un pore 
maqueux. La coquille est dans Y épaisseur du manteau. 

L'animal du KrynickiUus n'a point de glande caudale. Le manteau, 
adhérent à la partie postérieure seulement, est trrs développé et libre en 
avant; il est mobile jusques à l'ortfics pulmonaire situé très en arriére. 
La coquille plate, lameNeuse, elliptique, est sans nucleus spiral. 

L'animal du Limax est Ïimaciforme, à pied poiniu et cari né en arrière. 
Manteau en bouclier sur la partie antérieure du dos, granuleux ou marqué 
de suies concentriques. Orifice respiratoire sur le côté droit, près du bord 
postérieur du manteau ; 'orifice reproducteur près du tentacule oculifère 
droit. Carène terminale. 

Coquille interne obhmgue, aplatie, ou faiblement concave en-dessus. 
Bords membraneux ; nucleus postérieur. 



42 

2. Milax marginatus. 
Umax marginata. Muller, Verm. terr. et fluv, hist. 1774. 

— — Draparnaud, Hist. des moll. Fr. 1805. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 
Milax marginatus, Bourguignat, Mal. Gr.-Qiarlr. 1866. 

. — — Mabile, Annales de malacologie. 1870. 

Habite de préférence les vieux murs et lieux humides où sont 
déposés les décombres. 

2 e Genre. — Krynickillus. Kaleniezenko. 1851. 

Krynickillus brunneus. 

Limax brunneus. Draparnaud, Hist. moll. de Fr. 1805. 

— — Michaud, Comf1, de Drap. 1831. 
Krynickillus brunneus. Mabile, Archives malacol. 1868. 

Habite les lieux humides et ombragés. 

3 e Genre. — Limax. Linnaws. 1758. 
1. Limax agrestis. 
Limax agrestis. Linné, Système de la nature. 1758. 

— reticulatus. Miller, Verm. terr. et fluv. hist. 1774. 

— agrestis. Draparnaud, Hist. moll. de France. 1805. 
Limacella obliqua. Brard, Hist. des moll. de Paris. 1815. 
Limax agrestis. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

— — Mabile, Annales malacologiques. 1870. 
Habile les jardins et les endroits humides. 

2. Limax cinereus l . 
Limax cinereus. Muller, Verm. terr. et fluv hist. 1774. 

— — Draparnaud. Hist. moll. France. 1805. 

1 Cette limace, désignée par Companyo sous le nom de Maximus, est 
ainsi désignée par un certain nombre d'auteurs. 

Les judicieuses observations de J. Mabile firent cesser toutes mes 
hésitations. En effet, ce naturaliste éminent pense que le Umax cinereus 



I 
i 



43 

Limacella par ma. Brard, Hist. moll. de Paris. 1815. 
Limai antiqaoram. Férbssac, Hist. des mollusques, 1819. 

— maximus. Moquin-Tandon, Moll. de France. 1855. 

— cinereus. Mabilb, Annales de malacologie. 1870. 

Habile les régions humides, ombragées et élevées, à Saint- 
Martiiwle-Canigou, vallée deVernet, sous les matières en décom- 
position. 

3. Limai Companyoi. 

Limax Companyoi. Bourgmgnat, Moll. nouv. lilig. jm 

confias. 1863. 

Habite Collioure et Port-Vendrcs, ainsi que Notre-Dame de 
Consolation. 

Bourguignat, infatigable conchyologiste, a donné la figure et 
la description de cette limace, dans le 2° facicule des Mollusques 
nouveaux, litigieux ou peu connus. Elle diflère du Limax variegatus 
pur le bouclier, rostre en arrière, tandis que celui du Variegatus 
est arrondi. 

4. Limax sylvaticus. 

Limax sylvaticus. Draparnau», Hist. moll. France. 1805. 

— rusticus. Millet, Moll. de Maine-et-Loire. 1813. 

— syWaticus. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

— — Mabile, Limaciens français. 1870. 

Habite les châtaigneraies de Saiut-Laurent-de-Cerdans, et en 
général les montagnes peu élevées ci humides. 

de Muller et le L. cinereo niger de Wolf, 1803, ont été réunis par 
Férussac, en 1819, sous la dénomination de Lhnax antiquorum, et plus 
tard par Moquin-Tandon , en 1855, sous le nom de Limai maximus. 
Il appuie son opinion sur ce que le Limax maximus, spécial au Nord de 
l'Europe et à l'Allemagne, est très voisin du Cinereus, espèce répandue 
sur presque toute l'étendue de la France. 

La lecture de l'ouvrage sur les mollusques terrestres et fluviatiles du 
Piémont par lé savant J. Stabile, n'a fait que confirmer ma conviction. 



44 

Quelques auteurs regardent celte espace comme une variété 
de VAgrestis. D'autres l'ont confondue avec le Limas arèortmde 
Bouchard-Chantereaux. 

5. Limaz variegatus. 

Limai variegatus. Draparnaud, IRrt. mott. France. 1805. 

Limacella unguiculus. Brard, Hist. mott. de Paris, f 815. 

Limax variegatus. Mabile, Annales de malacologie. 1870. 

Habite les caves, les puits, les endroits humides. 

3* FAMILLE.- TBSTACBLUDAE. 

Genre Testacella , Draparnaud. 1801. 

1. Testacella bisulcata. 

Tcstacellus bisulcatus. Risso, Histoire nat. de l'Europe 

méridionale. 1826. 
Testacella bisulcata. Dupuy, Hist, mott. de France. 1847. 
— Gallo-provincialis. Grateloup, Limac. 1855. 

Habite les environs de Perpignan. 

C'est â tort que Moquin- Tandon a considéré cette lestacelle 
comme une variété de YHaliotidea. 

2. Testacella Bourguignati. 

Testacella Bourguignati. Massot, Ânn. de malac. 1870. 

Habite La Preste, sur les bords du ravin qui fait face à la porte 
de la maison du capitaine Cabot, un peu au-dessus des Thermes. 

Dans une de mes excursions à La Preste, il y a dix ans environ, 
j'avais trouvé une coquille de testacelle, qui me parut intéressante, 
et je l'avais mise dans ma collection sans la décrire et sans la 
nommer. En 1809, ayant recueilli une testacelle vivante sur la 
localité désignée, comparant la coquille de cette testacelle avec 
celle que j'avais dans ma collection, je reconnus qu'elles étaient 



45 

identiques, et j'en donnai la description et la figure dans les 
Annales de Malacologie, année 1870. le crois devoir la transcrire 
dans cette énuraération. 

Animal de grande taille, de forme spatuluire ; épaté, très déve- 
loppé à la partie postérieure, allant en se rétrécissant à la partie 
antérieure, et rauni à son extrémité caudale, d'une coquille rela- 
tivement fort petite; dos et flancs d'un beau vert-foncé uniforme; 
bord du pied d'un jaune-canari très accentué ; dessous du pied 
également de même nuance, mais passant à une teinte un peu 
moins foncée vers la partie médiane ; rides dorsales prononcées, 
s'anostomosant d'une façon régulière les unes aux autres; sillons 
dorsaux au nombre de deux (comme, du reste, chez toutes les 
testacelles), presque noirs, s* écartant d'une manière régulière, 
et formant une ellipse très allongée, qui s'efface entièrement vers 
le quart antérieur, à environ 15 millimètres des tentacules; tête 
petite; tentacules supérieurs oculés, d'un gris -noirâtre, d'une 
longueur de 10 millimètres ; tentacules inférieurs exigus, ne 
dépassant pas 3 millimètres. 

En marche, cet mimai atteint 75 à 80 millim. de longueur, 
tandis que lorsqu'il est contracté il a à peine 35 millimètres. 
Dans l'alcool, il perd ses riches et brillantes couleurs, le vert 
devient d'un noir-grisâtre, et la belle teinte jaune du pied se 
change en une nuance jaunacée-sale. 

Coquille auriforme, relativement fort petite par rapport à la 
taille de l'animal, de forme oblongue-allongée; test peu épais, 
strié, d'une couleur cornée en-dessus et présentant une convexité 
peu accentuée; sommet lisse, exigu, obtus, recourbé, non proé- 
minent, plus distant du bord columellaire et le dépassant d'une 
façon assez sensible; i tour V2, le dernier formant presque la 
totalité de la coquille ; ouverture énorme, intérieurement blan- 
châtre; bord externe, droit et aigu; bord collumellaire assez 
faible, arqué, plan, proéminent à sa partie supérieure, et un peu 
tronque à sa partie inférieure. 

Long. 7 Va» l*rg. 4 V2 millim. 



46 

Celte espèce que nous nous faisons un plaisir de dédier à notre 
ami Bourguignat, qui a bien voulu, pour faciliter notre travail, 
mettre à notre disposition sa riche collection, est une des plus 
grandes et des plus belles testacelles françaises. La Bourguignati 
ne peut être assimilée à aucune des espèces connues : si par 
Tanimal elle se rapproche de la Companyoi, elle s'en écarte essen- 
tiellement par sa coquille; d'un autre côté, si p*tr la coquille elle 
offre quelques traits de ressemblance avec la Bisulcala, la Bour- 
guignati diffère complètement de cette testacelle par la taille et 
la coloration de Tanimal. 

La Bourguignati diffère, en effet, de la Companyoi; 1° au point 
de vue de l'animal, par son corps plus petit, moins allongé, de 
forme spatulaire, non rugueux vers la partie dorsale, par sa colo- 
ration d'un beau vert-foncé uniforme, et non, comme chez la 
Companyoi, d'un vert jaspé de points noirs irréguliers, qui 
deviennent plus nombreux en s'éloignant de la partie dorsale et 
qui finissent, en se réunissant, pour former sur les côtés des lignes 
longitudinales noires interrompues; par ses tentacules supérieurs 
d'un gris-noirâtre et non verdâtre, etc. 2° au point de vue de h 
coquille, par sa testacelle de forme toute différente, infiniment plus 
petite, et atteignant à peine la taille des Haliotidea et Bisulcala. 

La Bourguignati se distingue également de la Bisuleata : 1° au 
point de vue de l'animal, par son corps de plus grande taille, de 
forme spatulaire; surtout par sa coloration dorsale d'un beau vert 
et par son pied d'un jaune-canari très foncé, tandis que celui de la 
Bisulcala est bien plus petit, non spatuliforme, d'un gris-noirâtre 
ou roussâtre, marbré quelquefois de taches plus foncées, ou d'un 
blanc-jaunâtre ponctué d'un brun-rougeâtre, avec un pied jau- 
nacé-sale. 2" au point de vue de la coquille, par sa testacelle un 
peu plus forte, plus allongée et moins large; par son sommet 
plus recourbé; par son bord columellaire ne présentant pas, 
à la jonction avec le bord externe, une déflexion en forme de 
gouttière, aussi accentuée; par son bord columellaire plus arqué, 
plan et non infléchi en dehors; par son ouverture plus oblongue- 



47 

allongée, un peu dans le genre de la Test. Pecchioliï, et plus 
rétrécie à sa partie inférieure. 

3. Testacella Companyoi. 

Teslacella Companyoi. Dupuy, Hist. moU. France. 1847. 

— — Compakyo, Hist. nat. Py.-0. 1 863. 

— — Massot, Ann. de malacoL 1870. 
Habite dans les parties humides de la fontaine du jardin des 

Moines, ainsi qu'au bord d'un ravin du bois aux Moines, à Saint- 
Martin-du-Canigou, et dans les endroits humides de la métairie 
Pallarès, sur la montagne de Glorianes, près Rigarda, en Gonflent. 
Nerée-Boubée, en 1833; Aleron, en 1842, et Moquin-Tandôn, 
en 1855, ont considéré cette testacelle comme une variété de 
VHéHoHdea 9 et je ne sais pourquoi Grateloup, dans sa dist-géolo 
des limaciens, lui a attribué le nom de Testacella Canigonensis. 

La coquille de cet animal est, après la Maugei, la plus grande 
des testacelles françaises; elle a 17 millim. de long, 8 millim. 
de largeur et 2 millim. d'épaisseur. On peut consulter la descrip- 
tion qu'en a donnée l'abbé Dupuy. 

4. Testacella haliotidea. 

Testacella haliotidea. Draparnaud, Tabl. moll. Fr. 1801. 

— — Companyo, Hist. ml. P.-O. 1863. 

Habite les environs de Perpignan. 

Celte testacelle est la plus anciennement connue, parce qu'elle 
est la plus répandue. Nommée parRoissi Testacella Eur opta ; par 
Oken, Testacella Gallix; par Lafon-du-Cugula, Hélix subterranea, 
elle a probablement de nombreuses variétés. 

Je croyais avoir découvert une testacelle nouvelle et je l'avais 
nommée Flavidula, parce qu'elle était complètement jaune; mon 
maître et ami G. Michaud, que je consultai, me dit, que c'était 
une variété dû VHaliotidea, et qu'il se souvenait d'en avoir trouvé 
une semblable près du fort de Bellegarde (Albères). 



48 

5. Testacella Pelleti (nobis). 

Anim. maximo, antice dilatato, postice attenuato, corpore luteo, 
dor&o inagis quam lateribui nigro-vmdnlis relieulatis. 

Testa auriformi oblonga, msdiocriter ce fi vexa; apice recnrvo 
proéminente; opertura maxma ititm albida. 

Animal de grande taille, plus développé à sa partie antérieure 
qu'à sa partie postérieure , ayant à son extrémité tâudale une 
coquille relativement petite; couleur générale jaune; le dos et 
les flancs tachetés de points irrégulierè d'un rert-noirâtre ; ces 
points deviennent et plus nombreux et plus serrés vers le centre 
du dos, entre les deux sillons que présentent ordinairement les 
testacelles; ces sillons sont à peine indiqués; ils commencent à 
la coquille, s'écartent régulièrement en prenant la figure d'une 
ellipse, s'effacent peu à peu et disparaissent entièrement à 25 
millim. environ des tentacules; le dessous du pied est jaune, 
mais cette couleur prend une nuance très foncée en ce rappro- 
chant de ses bords, ce qui donne à l'animal des teintes vives et 
accentuées; les tentacules supérieurs sont oeulés; la tête moyenne; 
l'animal au repos a 30 à 35 millimètres de longueur, il atteint 
80 millimètres lorsqu'il est en marche. 

La coquille est petite : longueur 9 millim., larg. 5 millim. de 
diamètre. Elle est oblongue, auriforme, aplatip, sillonnée de 
côtes saillantes déterminées par les périodes d'accroissement; 
le sommet est recourbé, proéminent et détaché. 

Habite Vcrnet-les-Bains. Je me donne le plaisir de dédier cette 
espèce remarquable à mon ami Pétri Pellet, entomologiste dis- 
tingué, qui l'a recueillie dans son jardin, à Vernet, dans le courant 
de l'année 1870 à 1871. 

Cette espèce ne peut être confondue ni avec la Boutguignati, 
ni avec la Company oi. En effet, si elle se rapproche de la C&mpa- 
nyoi par la couleur, elle en diffère par sa coquille, qui est beau- 
coup plus petite, et par le sablé des pointes d'un vert-noirâtre, 



49 

qui chez la première deviennent plus nombreux en s'éloignant 
du dos, tandis que chez la Pelleti ces points deviennent plus 
nombreux, plus serrés au centre de l'ellipse formée par les 
deux sillons dorsaux, qui sont à peine marqués; enfin, l'animal 
de la Pelleti, atténué postérieurement, est plus développé à la 
partie antérieure, et nous savons que la Bouryuignati, atténuée 
antérieurement, est au contraire spatuliforme et développée en 
arrière. 

6. Testacella Servaini. 

Testacella Servaini. Massot, Ann. de malacologie. 1870. 

Habite La Preste, aux abords du pont qui conduit à rétablis- 
sement thermal. 

Animal d'assez petite taille, dilaté à sa partie médiane, allant 
en se rétrécissant à ses extrémités antérieure et postérieure, 
pourvu d'une coquille fort petite. Dos et flancs d'une couleur 
grise-cendrée, surchargée de nuances d'ijn vert-jauuaré très pâle; 
bord du pied jaunâtre; dessous du pied jaune-clair, passant, vers 
sa partie médiane, en un ton de nuance infiniment plus claire ; 
rides dorsales très peu accentuées; sillons dorsaux s' écartant 
d'une façon rentière et formant une ellipse fort allongée, s'effa- 
çant à quelques millimètres avant d'arriver à la tête ; tentacules 
supérieurs et inférieurs transparents. 

Coquille auriform ; oblongue, de très petite taille, fragile, d'une 
teinte cornée, pale en-dessus, finement silonnée de striations 
concentriques et presque aplatie; sommet lisse, excessivement 
exigu, recourbé, non proéminent et confondu avec le bord 
columellaire; un tour et demi, dont le dernier est tellement 
grand qu'il forme à lui seul la coquille ; ouverture ovale, inté- 
rieurement blanchâtre et à peine concave; bord externe aigu, droit 
et fragile; bord columellaire arqué, non aplati, mais réfléchi en 
dehors, très robuste à sa partie supérieure et allant en s'amin- 
rissant vers la base, qui se terçnine en s'effilan^ sans troncature. 

Lonjr. i Vîi ' ar c« 3 millimètres. 

i 



50 

La coloration de l'animal et surtout Pexiguité de sa testacelle, 
entièrement aplatie en-dessus, la distinguent de toutes lès autres 
espèces françaises et étrangères. Nous la dédions à M. Servain, 
docteur en médecine, directeur des Annales de Malacologie. 

4« FAMILLE.— PARMACELUDM. 

Genre Parmacella. Cuvier, Règne animal. 1807. 

Étymologie : parma, petit bouclier. 

Coquille oblongue arrondie, presque plate, à sommet sub-spiral. 

Ce genre n'a pas encore été découvert dans le département. 

5« FAMILLE. — HELlÇWœ. 

l« r Genre. — Vitrina. Draparnaud. 1801. 

1. Vitrina annula ris. 

Hélix imputa. Studer, Faun. hel. Sans description. 1789. 
Hyalina annularis. Venets in Studer, Kurzq verzeuhniss^ 

1820. 
Helicolimax annularis. Férussac, Tabl. syst. moll. 1822. 
Vitrina annularis. Gray, Annales philosophiques. 1823. 

Habite le mas de l'OUastre, sur le bord de la rivière de la 
Verdouble, entre Estagel et Tauiavel, vallée de l'Agly. 

2. Vitrina diaphana. 

Hélix virescens. Studer, Faun, hel. Sans descript. 1789. 
Vitrina diaphana. Draparnaud, HisL molL France. 1805. 
Helicolimax vitrea. Férussac, Tabl. syst. moll. 1822. 
Vitrina diaphana. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Habite sous les feuilles et les pierres des terrains frais. Ville- 



franche-de-Condent, vaUéedela Tetv^re4)ame-de-Consolation, 
près Collioure. 

Plusieurs auteurs prétendent que cette vitrine ne peut avoir 
été trouvée dans la chaîne des fy rénées. 



» • . . ! / 



3. Vitrina Drftpumaji^i „ 
Vilrina Draparoaldi. Cuvier, Règne animal. 1807, , % 

Elle est très commune dans un bois de peupliers, à un kilo- 
mètre environ avant d'arriver à Amélie-les-Bains, à gauche de la 
route nationale, en face du village de Palalda, vallée du Teeji. 

Cette vitrine mérite d'être séparée de la V. major^ à cause de 
sa forme aplatie. 

4. Vitrina e Ion gâta. 
Vitrina elongata. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 

— semilimax. Moqum-Tahdon, Moll. France^ 1855, 

— elongata. Cohpanyo. Hist. nat. Pyr. r Or. 1863/ 

Habite dans la mousse des châtaigneraies de la vallée de Saint- 
Laurent-de-Cerdans, à Serralongue, La Manère et dans la vallée 
de Valmanva. 

La Vitrina Pyrenaica n'a pas encore été trouvée dans le dépar- 
tement. D'après quelques naturalistes, elle serait une modification 
de Y Elongata. 

S. Vitrina major. 
Vilrina pellucida. Draparnaud, TabL moll. France. 1801. 
Helicolimax major. Férussac père, Esêai méthodique de 

conchyliologie. 1807: 
Vilrina major. K. Pfjmffer, Denlch. moll. 18SM> 

— pellucida. Michaud, Compl. Drap. 1831. 

Le nom spécifique de Pellucida, donné par Draparnaud, a dû 
céder le pas à celui de Férussac, parce que Millier avait déjà 
donné cette appellation à une autre vitrine. 

Habite Perpignan et ses environs. 



5î 
6, Vitrifia nivaliô. 

Vitrina nivalis. Charpentier, Cvt. moll. terr. et fluv. de 

Suisse. 1837. 

— — Dumont et Mortillet, Moll. Savoye. 1 852. 

— Charpenûeri . Sîabile, Coq.rtouv. ou peu conn.1859. 

Habité les endroits humides près des ruisseaux des réglons 
élevées. Très rare. 

Cette espèce pourrait bien n'être qu'une bette variété de la 
Vitrina' mûjar. 

7. Vitrina pellucida. 

Hélix pellucida. Mullbr, Verm.tfirr. fluv. hisl. 1774. 

(non Pellucida £hrap. quj est la Y. major). 
— limaçoides. Alteh, Syst. Abhandl. 1812. 
Vitrina pellucida.. Gcetner, Cofichy. WeUer. 1813. 

— — Bourguignàt, Mal. Gr.-Charlr. 1864. 

Habite les gjacis de la citadelle de Mont-Louis (rare) ; Château- 
Roussillon, près Perpignan, vallée de la Tet; au-dessous de l'er- 
mitage de Gases-de-Pène sous les pierres au pied du rocher, vallée 
de l'Agly ; environs de Porl-Vendres et Consolation, vallées déver- 
sant dans la vallée du Tech. 

C'est la seule des vitrines que Ton puisse recueillir h presque 
toutes les altitudes. 

8. Vitrina subglobosa. 

Vitrina subglobpda. Michaud, Suppl. Drap. 1831. 

— stibglobosa. Compahyo,.//*^ iM< Pyr.-Or. 1863. 

Habite le bols des Fanges, les ravins de Saint -Laurent -de- 
Cerdans. 

Regardée par quelques auteurs comme une variété de la Pellu- 
cida Millier. Cette vitrine, par sa forme bien accusée, mérite d'être 
conservée comme espèce. 



53 
2« Gehrb. ~ Succinea. 

1. Succinea debilia. 
Succinea debîlis. Morëlet. 

Habite les marais de Salses, avec la S. putris et la S. Pfeifferi. 

Elle est très voisine de la S. Pfet/fcri, dont elle se distingue par 
sa coquille plus large, plus allongée, par sa spire non tordue et 
très courte, par son ouverture plus grande, plus oblique et plus 
large vers sa base. Elle m'a été signalée parle docteur Penchinat. 

2. Succinea oblonga. 

Succinea elongala. Stuoer. Sans description. 1789. 

— oblonga. Dràparîhaud, Tabl. et hist. des moll. 

de France. 1801— 1 805. 
Hélix elongata. Férussac père, Essai méth. cotich. 1807. 
Soccinea elongata. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Habite les prairies sur les bords de la mer, sur les arbustes et 
les joncs. 

3. Succinea Pfeifferi. 

Succinea Pfeifferi. Rossmassler, Iconographie moll. 1835. 

— mediolanensis. VilLa, Cat. moll. Lombar. 1844. 

— Morlilleli. Stabile, Moll. terr. viv. du Piémont. 

1864. " 

A. Varietas tninor. Abondante à Pi a, ruisseau dit de la Basse. 

B. Yarietasêtba. Salfces. 

Cette succmea est très abondante dahs tous leti tevraifts bas et 
humides, terres cultivées ou non dans les environs de la mer, et 
que Ton désigne sous le nom de Salanque. Elle est attachée aux 
piaules qui naissent dans les mares, les flaques d'eau, et sur les 
broussailles qui Iwgeut les eaux croupissantes, résultant soit 
des eaux vives, soit des fossés d'écoulement ou de dégorgement. 
Marais de Salses. 



54 

4. Succinea pntris. 

Hélix pu tris. Linné, Système delà nature. 1758. 
Succinea amphibia. Drap arnaud, Hist. mott. Fran. 1805. 
— putris. Blainville, Die. de scienc. natur. 1837. 

A. Varietaê major. Ma collection. 

B. Varietas inlermedia. BauîiON, Moll. de l'Oise. Ma collection. 

Le type de la Succinea putris, ainsi que ces deux variétés, sont 
communs, surtout dans les marais de Salses, sur les plantes 
dont les racines plongent dans l'eau. 

3« Genre. ~ Hélix. 

1. Hélix acrompsia, Bourguignat. 

Habite le fort Saint-Elme, près Collioure. 

11 m'a été impossible de retrouver le nom du naturaliste qui 
m'a envoyé cette espèce, que je considère comme une variété de 
V Hélix variabilis. 

2. Hélix acuta. 

Hélix acuta. Muller, Vermium terr. et fluv. hist. 1774. 
Bulimus acutus. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 
Hélix bulimoides. Moquin-Tandon, Moll. France. 1855. 
Cochinella meridionalis.Risso,ifi&. nat. Eur.mériASSS. 
Variété allongée et blanchâtre. Ma collection. 

Cochinella turricola. Risso, Hist. nat. Europemérid. 1826, 
Variété courte, petite et nettement fasciée. Ma collect. 

Habite les prairies, les champs, les luzernières du littoral. Elle 
se rencontre encore assez abondante au pied des Albères jusques 
à Amélic-les-Bains, dans la vallée du Tech. Je l'ai trouvée au 
mas de TOIIastre, sur les bords de la Vcrdouble, rivière qui se 
jette dans TAgly. 

V Hélix acuta est très voisine de YH.itarbara. Elle s'en éloigne 



i 



55 

cependant par sa forme allongée, par ses tours de spire plus 
saillants, plus nombreux et le dernier beaucoup moins gr?nd. 
UH. barbara devient très rare à mesure que Ton s'élève au-des- 
sus du niveau de la mer, tandis que les exemplaires de Y H. aeuta 
deviennent et plus fermes et plus beaux, lorsqu'on les trouve à 
des altitudes que Y Hélix barbara n'atteint jamais. 



3. Hélix apalolena. 

Hélix laclea. Muller, Verrniumterr.etfluv.histor.im. 

— — Miciiaijd, Comp. Drap. Fig. bonne'. 1831. 

— — Compànyo, Hisl. nal. Pyr.-Orient. 1863. 

— apalolena. Bourguignat\ Moll. nouv. Ulg. ou peu 

connus. 1867. 

— punclata. Dupuy. Variété globuleuse. 

A. Varietas umbilicata. Ma collection. 

B. Varietas. Bouche à gauche. Ha collect. 

Habite le littoral de la Méditerranée depuis les plaines de 
Canet, CluUeau-Roussillon, Perpignan, jusques aux limites du 
département de l'Aude. 

Bourguignal a créé celle nouvelle espèce parce qu'il a remar- 
qué qu'elle est spéciale aux contrées septentrionales et littorales 
du centre hispanique, et Y H. punclata aux parties occidentales 
du sud hispanique. Quant à 1' H. laclea elle serait répandue dans 
toutes les régions du centre dont elle serait une forme caracté- 
ristique. Si VU. apalolena se distingue de la Lactea par son test 
fragile, translucide et à peine strié, dé la Punctata par son test 
et par sa forme plus déprimée, moins globuleuse, elle présente 
des différences très sensibles et très importantes dans l'appareil 
reproducteur. 

1 Michaud avait seulement remarqué que dans le Roussillon la Lactea 
était plus petite et plus colorée. 



56 

4. Hélix aperta. 

Hélix aperta. Born, Test, musœi Cœsarei Vindobonensîs. 

1779. 

— nalicoides. Draparnaud, Tabl. moll. ei hisL moll. 

de France. 1801 et 4805. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Companyo a recueilli celte hélix dans les champs et les vignes, 
dans les haiefc et les broussailles des parties basses des Albères. 

Je n'ai jamais pu la trouver dans les localités désignées. Ne 

serait-ce pas une espèce qu'on a voulu y acclimater, sans succès 

aucun ? 

■ 

5. Hélix apicina. 

Hélix apicina. Lamarck, Syst. animaux sans. vert. 1822. 

— — Miciiaud, Compl. Drap. 1831. 

— — Companyo, HisL nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Cette hélix a été recueillie par Aleron vers Saint-Anloine-de- 
Galamus, au-dessus de Saint-Paul, le long de la vallée de FAgly, 
en descendant jusques à Rivesaltes; Espirr, dans les champs et 
les luzernes. Je l'ai trouvée dans les prairies du littoral de 
l'étang de Salses jusques au Département de l'Aude où elle 
est plus commune et très abondante. 

6. Hélix arbustorum. 

Hélix arbustorum. Linné, Système de la nature. 1758. 

•— — Draparnaud, HisL moll, Fran. 180S. 

Arianta arbustorum. Leack, Brit. moli. test. 1831. 
Hélix arbusloram. Companyo, HisL nat. Pyr.-Or. 1863. 

— Canigonensis, Boubée. 

L'H. Canigonensis est une variété petite de l'arbustorum ; elle 
se trouve à Vernel-les-Bains. 



57 

L'H. arbustorum coquille d'un bran jaunâtre pins ou moins 
foncé, plus ou moins clair, fortement striée, souvent d'une cou- 
leur verdétre, avec une bande noire marquée. Habite les monta- 
gnes moyennes. 

■ 

7. Hélix aspersa. 

Hélix aspersa. Mullrr, Vermwtn terr.tifluv. hisl. 1974. 

— — Draparnaud, Hist. mott. de France, 1 805. 

— — Companyo, Hùt. nat. Pyr.-Orient. 1863. 

A. Variétés sénestres. Ma collection. 

B. Variété scalaires. Idem. 

C. Monstruosité. Idem. 

Habite tout le département. 

Cette espèce se fait remarquer par ses variétés de couleur 
blonde, fasciée, ombrée, etc., par sa taille, quelquefois très 
grande, quelquefois très petite. 

8. Hélix barbara. 

Hélix barbara. Linné, Système de la nature. 1758. 
Bulrmus ventrieosus, Draparnaud, Tabl. desmoll. 1801. 
Cochinella ventrosa. Risso, Moll. des Alpes marit 1836. 

Habite les \ rés et les luzernes le long du littoral de 1 1 Salan- 
que, elle se tnuve rarement au-dessus des montagnes muyennes. 

Il est fâcheux que la loi d'antériorité enlève à cette espèce le 
nom vulgarisé que lui avait donné Draparnaud. 

9. Hélix cantiana. 

* 

Hetik cantiana. Mootagu, Test. Brit. 1805. 

— carthusiana. Draparnaud, Hist. moll. France. 1806. 
Theba carthusiana. Risso. Hist. nat. Eur. méritfi. 1826. 
Hélix cantiana. Drouet, Mott. terr. et fluv. viv. France 

continentale. 185S. 

— cartbtisiana. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 



58 

Habite dans les jardins, les broussailles, les champs de la 
plaine du département surtout aux environs de Perpignan. 

La Carthusiâna Muller a été décrite par Draparnaud sous le 
nom de Carthusianella. 

10. Hélix carthusiâna. 

Hélix carthusiâna. Huiler, Verm.terr. fluv. hisL 1774. 

— carthusianella. Draparnaud, Hisl. moll.Fran. 1 805. 

— — Rossmâssler, Icon. suff. moll. 1837. 

Habite les environs de Perpignan et une grande partie du 
département. 
Non Carthusiâna Drap, qui est Y H. cantiana, 

11. Hélix cemenelea. 

Theba cemenelea. Rtsso, Hist. nat. Europe mérid. 1826. 
Hélix Gallo-provincialis. Dupuy, Hist. moll. Fran. 1848. 

w 

— cemenelea. Bourguignat, Etude synonimique sur 
les mollusques des Alpes maritimes par Risso. 1861. 

D'après Bourguignat Y Hélix gailo provincialis décrite en 1848 
par Dupuy doit prendre le nom d'/feltx cemenelea imposé par 
Risso en 1826. 

C'est par erreur que Mortillet et Stabile ont rangé cette espèce 
parmi les synonimics de Y Hélix carthusiâna Draparnaud. 

12. Hélix cespitum. 

Hélix cespitum. Draparnaud, Tabl. moll. France. 1801. 

Helicella (varians; échantill. à teinte blanche, Risso) 1826. 

— (fasciala ; variété à teinte jaunâtre, Risso). 1896. 

Hélix introducta. Ziegler. 1835. 

— - cespitum. Companyo. Hist. nat. Pyr.+OrienL 1863. 

Très commune à Prats-de-Moll6, dans les environ* de Géret et 
dans diverses localités. à la même altitude. 
Le capitaine Michel en avait trouvé un exemplaire sénestre. 



59 
13. Hélix Companyoi. 
Hélix Companyoii. Alerok, Bull. Soc. phil. Perp. 1845. 

— — Dupuy, Hist. moll. de France. 1847. 

- — Compàryo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 
Suivant beaucoup d'auteurs, variété de YH. terpentina. 

Habite la dernière anse de Banyuls-sur-Mer, sur les bords 
d'an ravin de6 Âlbères qui se déverse à la mer au cap Cerbère. 
Elle se cache dans les fentes des rochers, dans les broussailles, 
et au pied des arbustes. 

Companyo avait pris ce mollusque en assez grande quantité 
dans la localité ci-dessus indiquée, et l'avait noté comme une 
variété de V Hélix ierpentina. Aleron crut pouvoir en faire une 
espèce nouvelle qu'il dédia à son ami. Un autre naturaliste M. Canta, 
dont il est impossible de contester la sincérité, annonça qu'il l'avait 
recueilli dans une localité voisine, et lui conserva le nom donné 
par Aleron. 

Depuis lors j'ai plusieurs fois exploré cette localité sans avoir 
pu découvrir cette hélix. Le docteur Penchinat, botaniste et 
naturaliste distingué, qui habite les environs de Banyuls, et qui 
souvent a eu occasion de visiter et de faire visiter ces montagnes, 
a toujours été aussi malheureux que moi. Cette hélix habite 
l'Espagne. En 1818 la contrebande avec l'Espagne était très 
active, et les habitants de Banyuls, hardis contrebandiers, ont 
bien pu en importer dans les ravins où ils déposaient leurs bal- 
lots quelques exemplaires, qui, après s'y être multipliés faible- 
ment, n'ont pu s'y acclimater et ont disparu totalement. 

Hélix cinctella. 
Hélix cinctella. Companyo; Hist. mt. Pyr.-Orient. 1863. 

VHelix cinctella n'a pas encore été rencontrée dans le dépar- 
tement. 

Pendant les diverses stations que j'ai faites à La Preste, j'ai 
souvent cherché cette espèce dans les localités indiquées par 



60 

Companyo. Je n'ai trouvé que YHelw limbata. Je demeure con- 
vaincu, et plusieurs naturalistes pensent comme moi, que Com- 
panyo a confondu Y Hélix cinctsllû avec Y Hélix limbata. 

14. Hélix ctooiflea. 
He!ii%>noidea. DrAparnaitd, Hist. trioll. France. 1805. 
— Drouet, Enum. rnoll. terr. fl. viv. 1855. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habite sur les plantes sèches où vertes le long des terrains qui 
longent nos prés de la mer. Principalement dans les expositions 
méridionales de la vallée de Banyuls. 

15. Hélix conspurcata. 
Hélix conspurcata. Draparnaud, TabL moU. Fran. 1801. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Habite tout le département, très commune autour de Perpignan 
surtout dans le cimetière de la porte Saint-Martin. 

On en trouve de très belles variétés à Latour-de-France, Tau- 
tavel et Cases-de-Pène. 

16. Hélix cornea. 

Hélix cornea, Draparnaud, Hist. molL de France. 1805. 
Helicigona cornea. Risso, Hist. moll. Eur, mérid. 1826. 
Hélix cornea. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Orient. 1863. 

Habile la montagne d'Arles-sur~Tech. Dans les bois des Albè- 
res, régions inférieures. Elle affectionne les endroits frais, le long 
des ruisseaux, vallée du Tech et dans la vallée de la Tet, Serdixiya, 
Estoher, Villefranche-de-Conflenl. 

17. Hçlij oostatâ. 

Hélix costata. Muller, Venmium terr. (luv. hist. 1774. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Oricnt. 1863. 

Habite toutes les montagnes des Pyrénées, tous tes pierres, 
dans les lieux humides, jamais dans la plaine. 



61 

Elle a été longtemps confondue avec Y Hélix puUhdU bien que 
Muller en eut fait une espèce différente à cause des stries rele- 
vées qui la distinguent de la PukheUa avec laquelle elle habite 
ordinairement. 

♦ 

18. Hélix Deamoulinaii. 

Hélix Desmoulinsii. Farines, Bail. Soc. phil. Perp. 1835. 

— Mouliosii. PoTiEzetHiCiuuD, Gal.moU.DouaiA$58. 

— Desmoulinsii. Villa, Sysl. conchyliol. 1841. 

— cornea yarietas. Pfeiffer, Mon. helv. moîl. viv. 1848. 

— Desmoulinsii. Companyo, Hisl. nql. Pyr.-Or. 1863. 

— DesmQulînaii. Bourguignat, Moll. de SanrJulia de 

Loria. 1863. 

Habite Nolre-Dame-du-Casteil près de Sorèdc, Banyuls-sur-Mer, 
La Preste, Collioure, montagne des Albères, vallée du Tech, 
Saint-Martin-de-Canigou, sur les bords de la rivière qui se déverse 
dans la Tel. 

On voit par ces divers habitats, que celte hélix ne se trouve 
qu'à une altitude d'environ 600 mètres au moins au-dessus du 
niveau de la mer. 

Rossmassler, Pseifler, et plus tard Moquin-Tandon ont regardé 
Y Hélix Desmoulinsii comme une variété de YH. cornea, mais il 
suffit de l'examiner avec un peu d'attention pour être convaincu 
qu'elle en est distincte, par son dernier tour sub-caréné, par son 
test plus mince, par son bord columellaire arqué, jamais gibbeux, 
et surtout par son peristome continu. Elle présente souvent des 
zonules fauves et brunes. 

19. Hélix ericetorum. 

Hélix ericetorum. Muller, Verm. terr. fluv. hisl. 1774. 

— — x CoMPAflYo, Hist. nat. Pyn-Or. 1863. 

— ammonis. Stabilb, Moll. litig, du Piémont. 1864. 
Hélix ericetorum. Bourguig., Mal. d'Aix-le&Bains. 1864. 



62 

Habite les Albères, Céret, Amélie4es-Bains, vallée du Tech ; 
Villefranche, vallée du Tech; Saint-Paul, Càudiès, vallée de PAgly. 

V Hélix ericetorum présente un grand nombre de variétés. Sa 
taille diffère suivant les altitudes, elle est plus petite dans les 
régions élevées; son test est orné de zones plus ou moins 
élégantes. 

20. Hélix explanata. 

Hélix explanata. Muller, Verra, terr. fluv. hist. 1774. 

— albella. Draparnaud, Hist. moll. dt France. 1805. 
Helicella albella. Risso, Hist. nat. Eur. mérid. 1826. 
Hélix ex plana ta. Companyo, Hist. nat. Pyr^Or. 1865. 

Habite Céret, les environs de Torreilles près le Bordigol, les 
environs de Salses. Très rare. 

21. Hélix Gigaxii. 

Hélix Gigaxii. Charpentier, Calai, terr. fluv. mott. de la 

Suisse. 1837. 

Je ne crois pas me tromper en disant que cette espèce diffère 
peu de YH. striata Draparnaud, et qu'elle devrait n'ôlre citée que 
comme une variété; seulement son ouverture est un peu plus cir- 
culaire, et le bourrelet interne très épais. Ces formes se relient . 
entre elles très bien. 

22. Hélix hispida. 

Hélix hispida. Linné, Système de la nature. 1758; 

— — Draparnaud, Hist.. moll. de France. 1805. 
Bradybsena hispida. Beck, Ind. moll. 1857. 

Hélix hispida. Stabile, Moll. du Piémont. 1864. 
Hélix prevostiana, Variété fasciée. 

Habite sous les pierres et les feuilles mortes dans les endroits 



63 

frais et humides. La Manère, Saint-Martin-de-Canigou, Prats-de- 
Mollô, La Preste, Saint-Laurent-de-Cerdans. 

23. Hélix hortensia. 

Hélix hortensis. Muller, Verm. terr. fluv. hist. 1774. 

— — Draparnaud, Tabl. moU. France. 1801. 

— hybrida. Poiret, Prod. des coq. terr. et fluv. 1801, 
' — — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Orient. 1863. 
Variété jaune. 

Variété à teinte rose. 

Variété à bandes noires ou transparentes. 

Assez commune dans les altitudes moyennes. 

Ne vivant pas dans des régions aussi élevées que Y Hélix nemo- 
raUs, elle y est moins commune. Companyo prétend qu'on ne 
trouve pas ces deux espèces dans les mêmes localités; je crois 
qu'il est trop affirmatif, car Aleron m'a affirmé les avoir trouvées 
accouplées. 

24. Hélix intersecta. 

Hélix intersecta. Poiret, Coq. terr. et fluv. 1801. 

— - - Brand, Hist. moll. de Paris. 1816. 

— — Lamarck, Syst . anim . sans vertèbr. 1 822. 

— — Mi chaud, Compl. à Drap. 1831 . 

Cette espèce décrite par Poiret n' est-elle pas une variété assez 
rare de la Variabilis? Toutefois elle est remarquable par la 
vivacité de ses fascies interrompues. 

Habite Salses notamment, ainsi que les environs de Perpignan. 

Hélix lactea. 
Hélix lactea. Muller. 

— — Michaud. 

— — Companyo. 

Voir Hélix apalolena. 



64 
25. Hélix Upicida. 
Hélix lapicida. Linné, Système de la nature. 4774. 

— — Draparkaud, Tabl. et hist. moll. France. 

1801 et 1805. 
CarocoIIa tapicida. Lajjarck, S y si. anim< sans vert. 1822. 
Helicigona lapicida. Kisso, Moll. Alpes maritimes. 1826. 
Hélice Ha mamiNala, Risso. Jeunes échantillons de Y Hélix 

lapicida. 1826. 
Hélix lapicida. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Orient. 1865. 
Varietas alba. 
Varietas Lecoqii. Puton. Blonde, fauve, maculée de brun, 

rouge&lre. 

Monstruosité. Mon Catalogue. La bouche offre, bien qu'elle soit 
intacte, un prolongement d'environ un centimètre, comme un 
morceau du tube d'une serpule. 

Habite tout le département, excepté dans les basses régions. 
La variété Albinos n'est abondante qu'à La Preste, mais si on 
devait faire des variétés des différentes fascies et macules elles 
pourraient être très nombreuses. Le diamètre de notre espèce 
est pluh grand que celui des espèces de toute la Fiance; je crois 
cepend; ni avoir remarqué qu'il varie dans le dépai Icmenl suivant 
la riche >se calcaire de la région qu'elle habite. 

26. Hélix lenticula. 
Helicigona lenticula. Férussac, Tabl. syst. moll. 1821. 
Helicella ferruginea. Risso, Hist. nat. Eur. contin. 1826. 
Hélix lenticula. Michaud. Compl. Drap. 1831. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habitat. Très commune dans les fossés des fortifications de 
Collioure, se trouve à Cosperons d'après, le docteur Penchinat, 
dans les ruines de ChAteau-Roussillon d'après Companyo, très 
rare dans les environs de Salses où je l'ai recueillie. 



65 
Hélix lauta. Voir Sub-marilima. 

27. Hélix limbata. 

Hélix limbala. Draparnaud, Hist. moll. de France. 1803. 

— — Miciiaud, Compl. à Drap. 1831. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Orient. 1868. 

Habite Arles-sur-Tcch, Scrralongue, le pied des Albères, 
Sorède, le Bnulou, Caudiès, les lieux humides. 

Companyo ne signale pas cette espèce à La Preste, et cependant 
elle y est très abondante; ce qui nous confirme la confusion que 
cet auteur a faite sur YH. cinctella. Variétés blanches, blanches 
à bandes brunes ou blondes, fauves à bandes blanches et trans- 
parentes. 

28. Hélix lineata. 

Hélix lineata. Olivi, Zoologie adria tique. 1799. 

— maritima. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1 863. 

Très commune sur tout le littoral depuis Perpignan jusques 
à la mer. 

29. Hélix Massoti. 

Hélix Massoti. BourgUignat, Moll. nouv. litig. ou peu 
connus, 2« fascicule, page 31, fig. 5 à 8. 1863. 

Très rare dans les environs de Perpignan, assez commune et 
vivant avec YH. micropleuros dans les prairies qui se trouvent 
entre la route d'Àmélie-les-Bains à Arles, et la rive droite du 
Tech. 

Malgré tout mon désir, je n'ai pu bien reconnaître les caractè- 
res attribués à cette nouvelle espèce par Bourguignat. Ce natura- 
liste prétend que dans le département on a toujours confondu 
17/. Massoti avec la Pygmœa dont elle diffère par l'accroissement 
plus lent et plus régulier, par sa coquille d'un tiers pins petite, 

5 



66 

plus aplatir, plus finement striée, par son dernier lour descen- 
dant faiblement vers l'ouverture, et non droit, par son ouverture 
plus échancrée, plus ronde, aussi haute que large, tandis que 
dans TA. pygmma elle est plus haute que large ; enfin par sa 
suture très profonde, et ses tours, qui, vers la suture, sonl 
comme canaliculés. D'après Dourguignat, V Hélix pygmœa n'exis- 
terait pas dans les Pyrénées-Orientales. 

30. Hélix melanostoma. 

Ilelix melanostoma. DnAVkiMWbiHist.moll.deFr. 1805. 

— — Compaisyo, Hist. nal. Pyr.-Or. 1865. 

Habitat. D'après Companyo cette espèce se trouve dans les 
haies, les vignes, les plantations d'oliviers et les roches calcaires 
des environs de Maurv et de Saint-Paul-de-Fenouillet dans les 
Cornières. 

Dans mes nombreuses excursions dans ces localités j'ai été nssez 
malheureux pour ne l'avoir jamais trouvée. 

31. Hélix micropleuros. 

Hélix pygmaea. Draparnaud, Hist. moll. de France. 1805. 

— micropleuros. Paget, Desc. of. a. niew. Iiel. from. 

Montpellier. 1854. 

— pygmœa. Moquin-Tandon, MolL de France. 1855. 

— — Companyo, Hist. nal. Pyr. -Orient. 1865. 

— micropleuros. Bourguignat, MolL nouv. lilig. jmi 

connus. 1863. 

— pygmaea Stabile, Moll. vivants du Piémont. 1864. 

Habite les environs d'Amélie-les-Bains, dans les mômes localités 
que la Manoti ou pygmœa. 

32. Hélix minutula. 

Tetta minutissima, sub-ptflucida, cornea, umbilicata minutu- 
simè êtriata, spira convexa, anfraclibus 4, convexh regulariter 



67 

crescertiibus ad suturam profundam, aptrtura parum rotundata 
peristomate recto gimplice ocuto, marginibus remotis. 

Coquille très petite, faiblement transparente, d'une teinte cor- 
na 4 , pourvue d'un ombilic évasé. Exposée nu loyer d'une loupe 
onpeut à peine deviner des stries que le microscope tait aperce- 
voir. Spire proéminente offrant quatre tours bombés, saillants, 
d'une croissance régulière, séparés par une suture profonde, ce 
qui lui donne une forme globuleuse et conique; ouverture arron- 
die, moins haute que large, peristome aigu, simple, droit ; bonis 
marginaux écartés. 

Hauteur, 4 millimètre. Diamètre, 1 millimètre Vv 

Habite Saint-Martin-du-Canigou, au-dessus de Vernel-les-Rains, 
sous les pierres et surtout sous les tas de feuilles mortes agglo- 
mérées par le remou du vent. 

Celte nouvelle hélix vient augmenter le groupe des //. pyymœu, 
avec lesquelles elle ne peut être confondue à cause de sa peti- 
tesse, de l'extrême finesse de ses stries, et surtout de sa forme 
conique et globuleuse, car toutes les espèces de ce groupe sont 
plus ou moins déprimées. 

33. Hélix neglecla. 
Hélix neglecla. bRkVkK&AUh f ni&t.moll. de France. 1805. 

— — MiciiAim, Compl. à Drap. 1831. 

— Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 18H3. 

Assez commune dans tout le département. 

34. Hélix nemoralis. 

Hélix nemoralis. Linné, Système de la nature. 1758. 

— — Drapaknaud. Hist. moll. France. 1805. 

— — Gras, Desc.'moll. de l'hère. 1840. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 18(33. 
Variétés Transalpina, Cisalpina, Apennina. Starile, 

Mollusques vivants du Piémont. 1864. 



«8 

Variétés unicolores, jaunes, rougeâtres, grises. 
Variétés avec une, deux, trois, quatre et cinq bandes. 
Variétés avec des bandes noires et blanches alternées, et 

couvrant tout le lest. 
Varjétés scalaires. 
Variété bouche à gauche. 

Divers auteurs ont déjà établi dos noms pour certaines variétés, 
il ne serait pas difficile d'en créer un plus jçrand nombre. 

J'ai observé que les couleurs du test deviennent plus ou moins 
brillantes suivant que les régions de son habitat sont plus ou 
moins élevées. 

Habite tout le département sans distinction d'altitude. 

35, Hélix obvoluta. 

Hélix obvoluta. Miller, Verra, terr. et flttv hist. 1774. 

— holosericea. Gmelin. Systema naturœ. 1788. 

— obvoluta. Draparnaud, Hist. moll. de France. 1805. 

— angygira. Ziegler, Hypsométrie der. Schiveiz. 1825. 

— obvoluta. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1865. 

Habite au pied des roches calcaires, sous les pierres humides, 
à Yillefranche, Castell, le Vernet et La Preste. 

Elle n'est pas commune mÊme dans les localités où on In 
trouve. Du reste elle n'existe qu'à de certaines élévations. 

36. Hélix Olivieri. 

Hélix carlhusiana, variété B. Draparnaud, Hist. moll. de 

. France. 1805. 
Ile lied la Olivieri. Férlssac, Tabl. syst. des moll. 1821. 
Hélix rufilabris. Jeffreys, Syst. test, in trans. linn. 1830. 

— Olivieri. Michaud, Compl. à Drap. 1831. 

-r- rufilabris. Moquin-Tandon, Moll. de France. 1855. 

— — Compaisyo, Hist. nat. Pyr.-Orient. 1865. 



69 

Habite tout le département. 

Beaucoup d'auteurs n'acceptent pas relie espèce, et la regar- 
dent comme une variété minima de la Carthnsina Muller, Carthn- 
sianella Draparnaud. Micliaud, après avoir étudié la variété 1» de 
17/. carthmianella décrite par Draparnaud, se rendant sur les dif- 
férences qu'il signale dans son complément en a fait une espèce, 
et il a eu raison. 

37. Hélix pisana. 

Hclix pisana. Muller, Verm. terr. et jluv. hist. 1774. 

rhodostoma. Draparnaud, Hist. moll. France i 805. 
Theba pisana; Thelia lucostoma. Risso, Histoire nat: de 

l'Europe continentale. 1826. 
Hélix pisana. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Variété a bandes noires, larges. 

Variété bouche a gauche. 
Variété scalaire. 

Habile les trois vallées du département. Très commune. 

La teinte rose ou rosée qui distingue un grand nombre d'exem- 
plaires de celte belle espèce disparaît quelquefois totalement, ou 
du moins s'affaiblit beaucoup; il serait difficile d'en signaler 
toutes les variétés : Blanches, rosées, jaspées de noir, bandes 
pennées et linéaires, bandes noires très larges couvrant tout le 
lest; cette variété est fortement striée et coiinne squammeuse. 

38. Hélix plebeia. 

Ilelix plebeium. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 

— plebeia. Michaud, Compl. à Draparnaud, 1831. 

— — Bourne, Moll. de la Grande-Char tr. 1853. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Orient. 1863. 

Habite sous les pierres et les feuilles sècbes ; Sainl-Paul-de- 
Fcnouillet. Assez rare. 



70 

39 Hélix pomatia. 

Hélix pomalia. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Companyo a essayé d'introduire cette hélix dans le dépar- 
tement. M. Kindelan, colonel du 40 e de Iiime lui en fournit les 
moyens. Aleron, et plus tard M. Calmétcs déposèrent cette hélix 
dans des champs et des vignes, elle s'y multiplia, dit- on, mais 
il est aujourd'hui impossible d'en trouver un seul exemplaire. 
A-t-eïle été détruite par les paysans qui la recherchèrent comme 
comestible, ou bien if a-l-elle pu s'y acclimater à cause de la 
sécheresse ou de l'ardeur du soleil ? 

40. Hélix pulchella. 
Hélix pulchella. Muixer, Verm. terr. et fluv. hist., 1774. 

— — Dr aparn àhd, Hist.moll. de France, 1 803. 

— — Moqiin-Tandon, Moll. de France. 1855. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habile les trois vallées du département, au pied des .arbres, 
sous les pierres des terrains humides et frais. 
Très rare dans la plaine. 

41. Hélix pygmaea. 
Hélix pygmœa. Draparnaud, Tabl. moll. de France. 1801. 

— — Moquin-Tandon, Moll. de France. 1855. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.- Orient. 1863. 

Ilouriuiiiniat aflirniO' que YH. pygmœa n'existe pas dans le 
déparlement, qu'elle a été toujours confondue avec son Hélix 
Massoti. 

42. Hélix pyramidata. 
Hclix pyramidata. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 
Tlieba pyramidata. Risso, Hist. nat. France cont in. 1826. 
Hélix pyramidata. Miciiaud, Compl. à Draparnaud, 1831 . 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 



71 
Habilail les fossés de la ville et delà citadelle de Perpignan. 
Très rare. Plus commune dans les champs qui avoisinerrt les 
bords de la mer, abondante, d'après Goni|ianyo, sur les coteaux 
qui longent la plage de Banyuls-sur-Mer. 

Elle n'existe plus dans les fossés de la citadelle et de la ville 
de Perpignan. 

43. Hélix Pyrenaica. 
Hélix Pyrenaica. Draparnaud, Hist. moll. France. 1803, 

— — Miciiagd, Comf1, à Drap. 1831. 

— — Moquin-Tàndon, Moll.de France. 1855. 

— — Companyo, Hist . naL Pyr. -Orient. 1 863. 

— — Bourguignat, mollusques de San-Jtdia 

de Loria. 1863. 

Habile la vallée du Tech, Arles, Prals-de-Mollo, La Preste, 
Villcfranclie, Vcrnct-les-Bains, Castell, Saint-Martin-du-Canigou. 
Elle n'a pas été encore trouvée dans la vallée de l'Agly. 

44. Hélix Quimperiana 
Hélix Quimperiana. Férussac, Hist. des malins. 1819. 

— Kermorvani. Moqcin-Tandon, Hist. moll. 1855. 
Quimperiana. Companyo, Hist. nat. Pyr.- Orient. 1863. 

Déposée au pied des arbres et dans les parties basses sous 
Chiiteau-Roussillon par les soins du colonel Kindelan, conchyo- 
logiste distingué, elle n'a pu s'y acclimater (pie d'une manière 
passagère, malgré les tentatives réitérées de Companyo. 

45. Hélix Rangiana. 
Hélix Rangiana. Deshayes, in Fer. et in Lam. 1838. 

— — Drouet, Erium. moll. Fr. contin. 1855. 

— • — Compahyo, HisLnol. Pyr.-Orient. 1863. 

Habitat. Rang a le premier trouvé cette espèce dans le ravin 
qui descend de l'ermitage de Notre-Dame-de-Consolatiou. 



72 

M. Uelicu, propriétaire à Port- Vendras, la rechercha et la 
découvrit avec assez de difficulté. Plus tard, Hichaud et Com- 
pany o eu trouvèrent quelques rares exemplaires. Boubée ne put 
la recueillir et s'imagina qu'on lui avait donné des indications 
fausses. Je fus assez heureux, à l'aide de quelques habitants de 
Colliourc, pour eu ramasser plusieurs milliers, après avoir, pour 
ainsi dire, détruit et bouleversé un grand nombre de murs de 
soutènement, dans lesquels V Hélix rangiana se cache pour éviter 
la chaleur. Mon confrère, le docteur Penchinat, restreint l'habitat 
de cette espèce entre le cap Cerbère, Banyuls-sur-Mer, Port- 
Vcndrcs, Colliourc et le torrent appelé Ravaner, qu'elle ne dépasse 
pas. Elle ne sort que la nuit, évitant les fortes chaleurs, s'enfon 
çant profondément dans la terre, et ne paraissant qu'après les 
fortes pluies et dans les endroits ordinairement humides. J'en ai 
trouvé un seul exemplaire à Vernet-les-Bains ; sa taille est moin- 
dre, sou test est brun, tandis que le test de la Rangiana des 
Albères est d'un fauve très clair, cendré. 

46. Hélix rotundata. , 

Hélix rotundata. Mullbr, Verra, terr. et fluv. hisl. 1774. 
— Drap arnaui), Hisl. molL France. 1805. 

— — David in A . Dubois, Gr, -Chartreuse, i 845. 

— — Moquin-Tandon, Mail, de France. 1855. 

— — Companyo, Hisl. nal. Pyr. -Orient. 1 863. 

Habite les lieux humides et frais sous les feuilles mortes et les 
pierres. 

J'en ai trouvé de magnifiques échantillons dans une des cours 
du château de Salses. 

47. Hélix rupestris. 

Hélix rupestris. Studek, Faun. helvi. Sans descrip. 1789. 

— — Drap., Hisl. et lab. molL, 1801 et 1805. 

— — Miciiaui), Compl. à Drap. 1881. 



73 

Hélix saxalilis. Hartmann. SysL yitstcropod. 1841, 

— spirula. Villa, Dispos it. syst. concliyol. 1841. 

— rupicola. Starile, Moll. de Lugono. 1859. 

— rupestris. Companyo, Hisl. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habile sur les roches calcaires dans tout le département ; elle 
brave sans se cacher les plus fortes chaleurs ainsi que le Pupa 
Farinesi. 

Celle espèce offre un grand nombre de variétés de laille diffé- 
rente, plus ou moins striées, ombiliquées, coniques ou déprimées. 

« 
48. Hélix splendida. 

Hélix splendida. Draparnaud, Tabl. moll. France. 1801. 

— — Companyo, Hist. nul. Pyr.-Oricnt. 1863. 

Habite sur les buissons épineux qui garnissent les terrains non 
cultivés des Corhieres, à Cases-de-Pène, Salses, vallée de l'Agly ; 
à Coustouges, au bas de^ Albèrcs, vallée du Tech ; Corbère, 
vallée de la Tel. 

Penchinat Ta trouvée au Cap-Bearn près du phare et à Conso- 
lation. J'en ai recueilli de très nombreuses variétés, bouche rose, 
fa^iées, à bandes jaspées, ponctuées, sablées. 

La variété à cinq bandes à été dédiée à Penchinat, Variclas 
Penchinat i. 

À Coustouges, variété h bandes noires très larges. 

J'ai remarqué que la teinte rosée qui la dislingue souvent, 
^efface peu à peu et quelquefois disparait totalement. 

49. Hélix squammatina. 
Hélix squammatina. Marcel de Serres. 

— — Companyo, Ilist. nat. Pyr. -Or. 1803. 

Habite Saint-Laurenl-de-Cerdans, la Preste, le Verne»!. 

Ihipuy, Moquin-Tamlon, Drouet considèrent 17/. squammatina 
comme une variété de VHclix cornea. Leur opinion ne me parait 



74 

pas soulcnablc, car la couleur lie de vin, le relèvement très mar- 
que des stries formant des squammes régulièrement superposées, 
la distinguent de V Hélix cornea, elle ne vit pas avec elle, et ne se 
trouve que dans les régions plus élevées. 

50. Hélix striata. 
Hélix striata. Draparnaud, Tabl. moll. de France. 1801. 

— fasciolata. Poiret, Prod. des coq. terr. et fluv. 1801 . 

— caperata. L. Pfeiffer, Monogr. des hélix viv. 1818. 

— profuga. Ad. Scumidt. 1854. 

— striata. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

— profuga. Stabile, Moll. vivants du Piémont. 1864. 

Mainte les environs de Perpignan, sur les bords de la rivière 
la Verdouble près de Tautavel, la vallée, du Uéart, les ravins et 
les terrains non cultivés près de Cake. 

51. Hélix strigella. 
Hélix strigella. Draparnaud, Tabl. moll. France. 1801. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habile les régions moyennes du département. Penchinat l'a 
trouvée aux Àlbères, Companyo à la Preste ; dans les buissons, 
les baies ; elle est assez rare. Je l'ai aussi recueillie à La Preste, 
à Tautavel, et à Saint-Laurenl-de-Cerdans. Companyo, Aleron et 
moi avons recueilli dans les bois taillis de la pépinière de Per- 
pignan la variété d'un brun rougeatre avec une bande blanche 
sur le dernier tour, ainsi que la variété brune qui est très rare. 

L'opinion de Companyo, disant qu'elle a été amenée dans celte 
localité parles inondations, est plus que probable, attendu que 
depuis quelques années elle y est deveuue introuvable. 

52. Hélix submaritima. 
Hélix submaritima. Desmoulins, Stippl. aux moll. de la 
Gironde. Bull, de la Soc. linn. de Bord., p. 16. 1829. 



75 

Hélix lanta. Loove, Prim. faun. mader. 1831. 

— submarilima. Rossmassler, Iconographie. 1859. 

— — Companyo, Hist. nal. Pyr. : Or. 1863. 

— lauta. Laixemand et G. Servain, Mail. tcrr. fluv. 

des environs de Faulgonnc (Aisne). 1869. 

Habite les environs de Perpignan, les prairies, les roules qui 
se dirigent vers la nier. Companyo croit pouvoir la désigner 
connue se trouvant à Vcrnet, Saint-Antoine-de-Galamus et dans 
la vallée d'Eslolicr. 

Celle espère est moins commune (pie la Variabilis avec laquelle 
elle vit, et avec laquelle elle a été souvent confondue. 

J'ai cru devoir conserver à cette espèce le nom qui lui a élé 
attribué par Desmoulins ; la loi d'antériorité ne permet pas de 
lui donner celui de Lauta. Je m'appuie sur la synonymie établie 
par Bourguignal. Malacologie terrestre et fluvialile de la Bretagne, 
|Kige 155. 

Les naturalistes qui en ont fait V Hélix lauta Loove., 1831, ne 
connaissaient pas le supplément que Desmoulins a inséré eul&2'J 
au bulletin de la Société Linnceune de Bordeaux. 

53. Hélix sylvatica. 

Hélix sylvatica. Draparnaud, Tabl. et hisl. moll. France. 

1801 et 1805. 
Ilelicogena olivacea. Hisso, Mail, des Alpes marit. 1826. 
Hélix sylvatica. Miciiaud, Compl. à Drap. 1831. 

— — Gras, Desc. des moll. de l'hère. 1840. 

— vindobonensis. Dupuy, llisl. moll. de France. 1847. 

— svlvatica. Bourne, Desc. Grande-Chartreuse. 1853. 

— alpicola. Moquin-Taxdoh, Moll. de France. 1858. 

— — Companyo, Hisl. nal. P;/r. -Orient. 1805. 

Habite les bois des Albères, où elle est commune, dit Aleron, 






76 

la montagne de Céret dans les bois du Puits de la neige y cl à 
Saint-Laurent-de-Cerdans. 
Je crois cette espèce très rare. 

54. Hélix terrestris. 
Hélix lerrestris. Linné, Système de bx nature. 1758. 

— crenatula. Muller, Verm. terr.etfluv. histor. 1774. 

— terrestris. Pennant, Brit. zool. 1777. 

— elegans. Draparnaud, Tabl. et hist. des moll. de 

France. 1801—1805. 
Uelicella solarium. Risso, Moll. des Alpes marit. 1826. 
Hélix elegans. Companyo, Hist. nal. Pyr.-Orient. 1863. 

Habite les prairies, les Hizcrnières, les champs, les roules qui 
conduisent à lu mer. J'ai recueilli cette espèce au mas de FOlIas- 
tre près Tautavel, et à Opoul. 

55. Hélix Terveri. 
Hélix Terverii. Michaud, Compl. à Drap. 1831. 

Habite avec 17/. variabilis et la Maritima les environs de Perpi- 
gnan. Très rare. 

56. Hélix trochoides. 

Hélix trochoides. Poiret, Prod. coq. ter./luv. Aisne. 1801 . 

— conica. Draparnaud, Hist. nat. moll. France. 1805. 

— trochoides. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1 863. 

Habite avec V Hélix terrestris et dans les mêmes localités. 

Je l'ai trouvée au mas de l'OHaslre. On pourrait facilement se 
permettre d'établir plusieurs variétés, la disposition des bandes 
étant très variée. 

57. Hélix trochilus. 

Hélix trochilus. Poiret, Prod. coq. terr. fluv. 1801. 

— scitula. Jan. 

— trochilus. Companyo, Hist. nal. Pyr. -Orient. 1863. 



\ 



77 

Habite avec YHelix trochoidet el Y Hélix terre$tri$. 
Celle espèce est bien certainement une variété surbaissée île 
YH. terrestris. 



58. Hélix variabilis. 

Hélix variabilis. Draparnaut>, Tabl. desmolL 1801. 

— — Michald. Compl. à Drap. 1831. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Orient. 1863. 

Habite but le département, excepté sur les hautes montagnes. 
Le nom de Variabilis indique combien cette espèce peut offrir de 
variétés, suivant la couleur, le nombre de bandes, de fascics et 
de flamules. 

Cette espèce a fourni plusieurs variétés dont ou a fait des 
espèces. V Hélix lineata Olivi et 17/ suh maritima Desmoulins, 
Maritima Draparnaud, YH. acrompsia Bourguignat. 

59. Hélix vermiculata. 

Hélix vermiculata. Muller, Ver m. terr. fluv. hist. 1774. 

— — Draparnaud, Hist. molL France. 1805. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 
Variété ombiliquée. 

Variété scalaire à différents degrés. 
Variété sénestre. 

Habite toute la plaine; très commune dans les vignes el dans 
les haies qui les entourent. A mesure que Ton s'élève dans les 
régions où la vigne est peu cultivée, elle devient de plus en plus 
rare, et même introuvable. 

Je l'ai recueillie à Vernet-les-Bains. 

Celte espèce offre un très grand nombre de variétés, non-seu- 
lement par sa couleur unie, blanche, blanchâtre, ou jaunâtre, 
mais encore par la disposition de bandes (dus ou moins nom- 
breuses, noires, jaspées, interrompues ou fauves. 



s 



78 
60. Hélix Xatarti. 

Hélix Xalarli. Farines, Bull. Soc. phil. Perpignan. 1835. 

— Canigonensis. Boubée, Bull, d'his. naturelle. 1835, 

— Xatarti. Companyo, Hist. tint. Pyr. -Orient. 1865. 

Habite toute la chaîne Pyrénéenne xlu département à uue alti- 
tude considérable, de 1200 à 2000 mètres au-dessus du niveau 
de la mer. Ait-dessus, de Prats-de-Mollo et de La Preste, au lieu 
dit coll de las molas, sur le chemin de Notre-Dame de Nuria par 
Campredon, sur le pendant de font Lletere. Dans la vallée d'Ôrri, 
et de Carença, près de la cullade de las très Creus. Companyo l'a 
trouvée à la font de la conque avant d'arriver à Cad}', à la jasse 
de la Llapoudère, sur le plateau de Cambres d'Aze, à la vallée 
d'Eyne, à la vallée de Llo, près de la fontaine du Sègre. 

Je crois devoir accorder à cette espèce une place dans ce cata- 
logue, bien que bon nombre d'auteurs la regardent connue une 
des plus belles variétés de VArbustorum. 

Comparé à l'animal de VArbustorum, celui de 17/. Xatarti est 
(Furie couleur plus claire, ai ses points oculaires moins noirs. Le 
test, d'une couleur jaune vert-noirâtre foncé, est marqué d'une 
bande noire clair-semée de taches jaunes. Le péristome peu 
réfléchi est d'une blancheur très pure, l'ombilic est moyen. La 
coquille est remarquable par les replis très saillants de l'épi— 
derme, plus marqués en dessous qu'en dessus; la spire est pres- 
que aplatie, sa taille est constamment la même, tandis que 
celle de VArbustorum est très inégale. D'après mon savant 
confrère et ami Companyo, « cette coquille dans le jeune âge esl 
« transparente et fragile, sans bande ni taches, profondément 
« striée, son ombilic en partie recouvert par la col um elle se 
« développe et se découvre à mesure qu'il avance en rige. » 
Ce naturaliste observateur remarque que la coquille adulte est 
très striée et comme côtelée par des replis très saillants, » mais 
il donne une fausse appréciation de ce fait, lorsqu'il dit que 
ces stries sont probablement des restes d'anciens péristomes, 



79 

d'après moi, elles sont dues à œs remarquables relèvements 
épidermiques que je signale comme étant un caractère propre 
l\ un grand nombre de mollusques des Pyrénées-Orientales. 

4 e Genre. — Z oui tes. Montfokt. 1810. 
1. Zonites Algirus. 

Hélix algira. Linné, Système de la nature. 1758. 

— — Draparnaud, Tabl. et hist. moll. de France. 

1801 et 1805. 
Zonites algirea. Montfort, Syst. de conchyologie. 1810. 

— algirus. Moqmn-Tandon. Moll. de France. 185»"). 
Hélix algira. Companyo, Hist. naî. Pyr .-Orient. 1863. 

Habite encore peut-être sur les bords du ruisseau de las 
Canals, au-dessus du pont qui traverse la route nationale de 
France en Espagne, en face du mas d'el Conte. Déposée pur 
llompanyo dans diverses localités, dans les fossés de la citadelle, 
et au-dessous de Château-Roussillon, elle n'a pu s'y acclimater, 
j'en ai trouvé un seul exemplaire près la gare du chemin de fer, 
il y a déjà longtemps ; je crois que cette espèce ne tardera pas à 
disparaître entièrement, si elle n'a pas déjà disparu. 

2. Zonites candidissimus. 

Hélix candissima. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 
Helicogena candidissima. Risso, Hist. nat. Eur.mér. 182(5. 
Zonites candidissimus. Moquik-Tandos, Moll. Fran. 1848. 
Hélix candissima. Companyo. Hist. nat. Pyr. -Or. 1863. 

Habite à Garrius près de l'étang de Salses où elle est très rare. 

D'après Companyo, Aleron l'aurait trouvée près de Laroque, 
route de Sorède, et lui-même à la montagne de Céret dans les 
gorges exposées au midi. Ces deux localités nie paraissent très 
douteuses. 



80 
3. Zonites cellarius. 
Hélix cellaria. Muller, Vermium terr. et fluv. hist. 1774. 
Zonites cellarius. Ghay in Tlrton, SheUs. Brit. 1840. 
Hélix Dumonti. Mortillet. Varietas plana. 
Espèce rare. 

Habite sous les pierres, les bois pourris et les débris «le végé- 
taux. 

Je n'ai trouvé que la variété aplatie, je n'ai pas encore rencon- 
tré le type de Millier. 

4. Zonites cristallinus. 

Hélix cristallina. Muller, Verm. terr, fluv. hist. 1774. 
— . — Draparnadd, Hist. moll. France. 1805. 

Zonites cristallinus. Leack, Brit. moll. test. 1831. 

— — Moquin-Tandon, Moll. France. 1 85o. 

Hélix cristallina. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1865. 
A varietas minor. 

Habite tout le département. 
Commune dans les alluvions. 

5. Zonites Farinesianus. 

Zonites Farinesianus. Bourguignat, 11 e et 12 e Décade, 
Mollusques nouveaux litigieux ou peu connus. 1870. 

Habite les environs de Colliourc et de Port-Vendres, ainsi que 
d'autres localités du département. 

Le Zonites farinesianus se dislingue du Z. lucidm avec lequel 
il pourrait être confondu, par sa coquille plus conVefce, par son 
dernier tour h peine plus grand que l'avant-dernier, par son 
ouverture plus petite, plus oblique et allongée. Le dessous de la 
coquille parait concave à cause de son ombilic large et creusé 
comme un entonnoir. 



84 

6. Zoaittu faWus. 

Hélix fblva. Muller, Verminm terr. et fiuv. hist. 1774. 
— — Drap arnaud, Hisi. nat. moll. France. 1805. 
Zonites trochiformis. Montfort, Syst. conchyoL 1810. 
Zonites fulvus. Moquin-Tardok, Moll. de France. 1855. 

— — Bourguignat, Malac. des 4 cantons. 1882. 

Très rare, dans les environs de la métairie Gaiïard, route de 
Villelongue-de-la-Salanque. 

Assez commun près d'Amélie les-Bains, sous les pierres et dans 
les lieui humides. 

7. Zonites gltber. 

Hélix glabra. Stcder in Férussac, Tabl. syst. moll. 1821 . 

— Charpentier, Cat. moll. 1er. fl. Suisse. 1837. 

Zonites glaber. Moquik-Tandon, Moll. de France. 1855. 

— — Bourgmgnat, Mal. Gr. -Chartreuse. 1864. 

Habite sous les débris des plantes, dans les endroits humides, 
dans tout le département. 
Cette espèce est très variable quant à la taille. 

8. Zonites lucidus. 

Hélix lucida. Draparnaud, Hist. moll. de France. 1805. 

Helicella Draparnaldi. Bece, Index moll. 1837. 

Zonites lucidus. Bourgmgnat, Catal. coq. d'Orient, in 

Voyage à la Mer Morte. 1853. 
Hélix lucida. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habite les environs de Céret et d'Arles (Companyo). 
On le trouve dans les alluvions des trois rivières du départe- 
ment. Très rare à Perpignan. 

9. Zonites nitens. 

Hélix nileos. Gmelin, Système dt la nature. 1780. 

— — Michaud, Comp. à Drap. 1831. 

6 



82 

Zonites niions. Boir guignât, Calai, coq. d'Orient 1853. 
Hélix niteus. Companyo, Hisl. nal. Pyr.^Orienl. 1865. 

Habite la vnlKcdeTAglyet.se trouve dans les afluvions de cette 
rivière. 

10. Zonites nitidulus. 
Hélix nitidnla. Draparnaud, Hist. moll. de France. 1805. 
Zonites nitidulus. Cray in Turton, Schells. Brit. 1840. 
Hélix nilidula. Companyo, Hist. nal. Pyr. -Orient. 1863. 
Zonites nitidulus. Bourguignat, Mal. Gr.-Chart. 1864. 

Habite La Preste. J'ai été assez malheureux pour ne pas le 
rencontrer dans les localités désignées par Companyo, notamment 
h la Font dels Comps. 

II est facile de le recueillir aprte les fortes crues d'eau, dans 
les alluvions du Tech. 

11. Zonites iiitidus. 
Hélix nilida. Muller, Verm. terr. et fluv. historia. 1774. 
Zonites nitidus. Moquin-Tandon, Moll. de France. 1855. 
Hélix nilida. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Oriént. 1865. 

Habite les lieux humides et ombragés, dans les environs de 
Perpignan, de Vernet-les-Bains et de la Preste. 

* 

12. Zonites olivetorum. 
Hélix olivetorum. Hermann, exSchrôtler. 1784. 

— — Gmelin, Système de la nature. 1788. 

— incerta. Draparnaud, Tabl. mo1l.de France. 1801. 

— olivetorum. Michaud, Compl. à Drap. 1831. 

— Leopoldina. Charpentier, Cat. moll. Suisse. 1840. 
Zonites olivetorum. Moquïn-Tandon, Moll. France. 1855. 
Ilvalina Leopoldina. Albers in Malak-Blatter. 1857. 
Hélix olivetorum. Companyo, Hist. nat. Pj/r.-Or. 1863. 



88 

Habite sous les pierres dans los lieux frais, parmi les buissons, 
et entre les racines, s'enfonçant sous le gazon el daus la terre. 

Dans aucune de mes excursions je n'ai pu recueillir cette espèce 
que Companyo a trouvée dans la vallée de Rigarda et de Gloria- 
nés, dans les ravins du bois des Fanges et de Saint-Martin-de-Fosse. 

5 e Genre. — Bulimus, Bruguière. 

1. Bulimus decollatus. 
Hélix decollata. Linné, Système île la nature. 1758. 
Bulimus decollatus. Bruguière, Enc. met. vers. test. 1789. 

— — Draparïuud, Hist moll. Fran. 180o. 
Rumina decollata. Hisso, Hist. nat. Eur. màid. 1826. 
Orbitina truncatella. Risso, Hist. nul. Eur. mérid. 1826. 
A varietas alba. 

Habite tout le département. 

2. Bulimus détritus. 

Hélix delrita. Muller, Verm. terr. et fluv. hisloria. 1774. 
Bulimus radialus. Draparnaud, Hist. moll. France. 180f>. 
Bulimulus radiatus. Kisso, Hist. nat. Eur. conlin. 1826. 
Bulimus détritus. Deshayes m Lam., an. sans vert. 1838. 

— radiatus. Companyo, Hist. mit. Pyr. -Orient. 1 863. 
Varietas fui va. 

Habile Yernet-les-Bains ; en amont et en aval de Yillefranclie- 
tie-Conflent. 

Très rare â Saint-Paul-de-Fenouillet où j'ai trouvé la variété 
brune. 

3. Bulimus montanus. 

Bulimus sylvestris. Studer, Faun. helv. Sans descrip. 1789. 

— montanus.' Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 

— — A. Gras, Descr. moll. de l'Isère. 1840. 

— — Bourguignat, Mal. Gr.-Charlr. 1 864. 



84 

Habite les bois en montant à Cady, la forêt de Salvanère; rare 
aux environs de La Preste. 

Cette espèce n'est pas commune ; après les pluies on la trouve 
sur les arbres à épiderme lisse et sur les bois morts. 

4. Bulimus obscurus. 
Hélix obscura. Muller, Verm. terr. et fluv. historia. 1774. 
Bulimus obscurus. Draparnaud, Hisl. tnoll. France. 1805. 
Jaminia edenlula. Risso, Hisl. nat. Europe mérid.. 1826. 
Bulimus obscurus. Moquiïi-Tandon, Hist. moll. Fr. 1855. 
— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Habite les montagnes inférieures et la plaine du département, 
dans les plantes qui entourent le pied des arbres sous les amas 
de pierre. Je l'ai trouvé dans les vignes arides du haut Yernet, 
près Perpignan. 

S. Bulimus quadridens. 
Hélix quadridens. Muller, Verm. terr.et fluv. hist. 1774. 
Bulimus quadridens. Bruguière. Vers, testacés. Enc. 1792. 
Pupa quadridens. Draparnaud, Tab. et hist. nat. moll. de 

France. 1801 et 1805. 

Jaminia beterostropha. Risso, Hist. nat. Eur. mérid. 1826. 

Pupa quadridens. Moquin-Tandon, Hist. des moll. 1855. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient, i 865. 

Bulimus quadridens. Bourguignat, Mal. Gr.-Char. 1864. 

Habite tout le département. 

Cette espèce, comme le Bulimus trident, a des formes très 
variables, surtout quant à la longueur. 

6. Bulimus tridens. 
Hélix tridens. Muller, Verm. terr. et fluv. histor. 1774. 
Bulimus tridens. Bruguière, Vers, testacés. Encycl. 1792. 



85 

Pupa trideos. Draparnaud, Tab. et hist. nat. moll. terr. 

etfluv. de France. 1801 et 1805. 
Bolimus variedeotatos. Hartmanh in Sturn. 1825. 
Jaminia tridens. Risso, Hist. nat. deVEur. mérid. 1826. 
Pupa tridens. Moqmn-Tàïtooh, Hist. moll. France. 1855. 

— — Drouet, Énum. tnoïl. lerr. et fluv. France. 

continentale. 1855. 

— -«- Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1865. 
 varietas bidentata. 

Habile tout le département sous les pierres, et dans toutes les 
conditions atmosphériques. 

Il existe un grand nombre de variétés de taille et de grosseur. 
Quelquefois le But. tridens est excessivement court. 

6* Genre. — Ferussacia. 

1. Ferussacia Bugesi. 
Ferussacia Bugesi. Bourguignat, MoU. nouv.litig. ou peu 

connus. Janvier 1866. 
— — Paladilhe, Mise s malac. Févr. 1866. 

Comme toutes les Ferussaem on la trouve sous les feuilles 
mortes et les pierres dans les endroits humides et frais, sous les 
mousses. 

2. Ferussacia cylindrica. 

Testa cytindrico elongata; parum pellucida; palHde cornea; apice 
obtuso ; anfractibus ff , regulariter crescentibus, supremis parvulis, 
antepenultimo maximo. 

Apertura oblonga bi-lameHata, peristomate aWidulo margine 
externo et columeUari recto, paululum reftexo; marginibus callo 
Lctiuijunctis. 

Coquille allongée cylindrique, à peine transparente, cornée, 
sommet obtus. Six tours de spire s'accroissant régulièrement, 
la suture qui les sépare est entourée d'une seconde ligne, les 



86 

premiers petits, l' avant-dernier grand; ouverture oblongue ornée 
de deux plis lamelliformes ; péristome blanchâtre, bords externe 
et columellaire presque reclilignes; bords marginaux réunis par 
une légère callosité. 

Longueur, 5 millimètres; diamètre, â millimètres. 

Habite le mas d'Amont, près Coustouges. 

La F. subcylindrica avec laquelle je l'avais d'abord confondue 
en diffère par sa taille, par son test brillant jaunâtre, par sa 
forme obèse; enfin, par son ouverture dont le bord marginal 
externe converge vers le bord marginal columellaire. 

3. Ferussacia folliculus. 
Hélix folliculus. Gibelin, Syst. nat. Cœroli Linnœi. 1789. 
Pbysa scaturiginum. Drap., Tabl. hist. etmolL 1801—05. 
Acliatina folliculus, Michàud. Compl. à Drap. 1831. 
Bulimus folliculus. Moquin-Tandon, Moll. France. 1855. 
Ferussacia folliculus. Bourguignat, Aménités mal. 1856. 
Zua folliculus. Companyo, HisLnat. Pyr.-Orient. 1863. 

Habite les régions les plus basses du département; le Véniel 
près de Pia, Cases-de-Pènc, sur le bord des chemins, au pied 
des murs de soutènement ; elle se cache dans la terre entre les 
racines de plantes qu'elle paraît affectionner. Pour les trouver il 
faut arracher ces plantes. 

Cette espèce n'est pas commune dans le département mais en 
se rapprochant des frontières de l'Aude elle devient plus facile 
à rencontrer. 

4. Ferussacia gronoviana. 
Ferussacia gronoviana. Risso, Hist. nat. Eur. méri. 1826. 
— — Boi'RGUiGNAT, Et.syn.Rùso. 1 861 . 

Cette ferussacia toujours confondue avec la F. folliculus, habite 
les mêmes localités, mais elle doit en être séparée parce qu'elle 
est plus grande, plus obèse, plus ventrue du côté gauche que du 
côté droit. 



87 
5. Ferussacia Moitessieri. 
Ferussacia Moitessieri. Bourgwgiut. Moll. nouv. lilig. 

ou peu connus. 1866. 

— — Paladilue, Miscell. mal. 1866. 

6. Ferussacia Paladilhi. 
Fcrussacia Paladilhi. Boirguignat, Moll. nouv. lilig. peu 

connus. 1806. 
_ Paladilue, Miscell. malacol. 1866. 

7. Ferussacia subcylindrica. 
Ilelix subcylindrica. Luuuws, Syslema natum. 1758. 
— lubrica. Miller, Vcrm. lerr. et fluv. hist. 4774. 
Bulimus iubrieus. BRUGtufcRE, Vers, leslaœs. Kncyc. 1789. 
Achatina luhrica. Risso, Hisl. nat. Europe mérid. 1826. 
Zna luhrica. Leacîi in Mekke, Synopsis moll. 1851. 
Golamna lubrica. Cristofori et Jaïh\ Cal. hisl. nal. 1830. 
Acliatina subcylindrica. Deshayes in Lamarck. 1839. 
Bulimus subcylindricus. Duiuîy, Hisl. moll. France. 1819. 

— Iubrieus. Moql'is-Tandok, Hist. moll. Fr. 1855. 
Ferussacia subcylindrica. BotRcnoNAT, Amên.mal. 18*>6. 
Zna lubrica. Companyo, Hisl. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habile loul le département dans les lieux humides ■■! fmi>. 
S4ius les détritus des feuilles et des plantes, sous les pierres. 

8 . Ferussacia Tescoi. 
Ferussacia Vescoi. Bourgi'IGNÀt, Ferussacies de l' Algérie, 

Aménités malacologiques. 
_ — Bourguignat, Mal. chat. d'If. 1860. 

_ — Paladilue, Miscell. malacol. 1866. 

Nota. J'avais recueilli dans mes excursions un très praml nombre. 
«If mollusques, qui, par leur petitesse et le poli de leur test pou- 



88 

vaient appartenir aux genres Ferusêoeia et Cœcianella; sachant 
bien que la coquille devient opaque et d'un blanc calcaire après 
la mort de l'animal, je voulus les examiner et les étudier avec le 
plus grand soin. Dépourvu de termes de comparaison suffisants, 
je cherchai dans les descriptions et les figures publiées par 
M. Bourguignat les moyens de m'éclairer et d'utiliser mes recher 
ches. C'est donc avec leur aide que j'ai réussi à classer plu- 
sieurs espèces de ces deux genres. Je crois même avoir rencontré 
une forme identique à la figure de la F. hohenwarti de Ross- 
massler. Cependant dans là crainte d'attribuer involontairement à 
des exemplaires incomplets ou plus ou moins âgés, des noms et 
des caractères contestables, j'avais d'abord résolu de signaler seu- 
lement l'existence de ces différentes espèces dans le département 
comme probable. 

Plus tard, réfléchissant qu'excepté la F. hohenwarti spéciale à 
la Carniole, toutes les autres habitent les régions méridionales, 
j'ai cru pouvoir revenir sur ma détermination première, et les 
classer comme faisant partie de la faune malacologiquc du dépar- 
tement des Pyrénées-Orientales, toujours prêt cependant à recon- 
naître les erreurs que j'aurais pu commettre. 

5* Genre. — Cœcianella. 

Peu de mollusques ont reçu des conchyologistes des noms plus 
nombreux et plus variés. 

Il suffira de les énumérer. 

Hélix Linné 1758. 

Buccin uni.. . . Muller., 1774. 

Bulimus Draparn aud 1 801 . 

Achatina Lamarck 1801 . 

Caecilioides.. . Férussac 1807. 

Hélix Férussac 1819. 

Acicula Risso 1826. 



89 

Cionella Jeffreys 1830. 

Achatina Michauî) 1831 . 

Columna Cristofoéi et Jan . . 1832. 

Slyloides 

Polyphemus. . Villa 1 841 . 

Caecianella . . . Bourguignàt 1 854. 

Sira Adolphe Schmidt. . . 1855. 

Glandina Charpentier 1 857 . 

On suppose que ce mollusque est aveugle parce que le bouton 
oculaire est presque nul, et qu'à la place du globe oculaire il 
existe une petite dépression. Ferussac et Nilsson ont observé 
ranimai sans découvrir aucun indice du point oculaire. 

Baudon, dans son catalogue des mollusques de l'Oise, 1862, 
déclare avoir trouvé une seule fois un individu vivant de la Cutcia- 
nella acieula sous une pierre derrière un mur humide. 

c L'animal, dit-il, est blanchâtre, à demi transparent, un pou 
< rosé à sa terminaison, à cause de la présence des viscères; il 
€ n'y a pas apparence d'organe visuel au sommet des tentacules, 
c Cependant, j'ai observé que l'animal était sensible à la lumière ; 
c H est probable que l'impression de l'air lui est désagréable, et 
c qu'il cherche à l'éviter étant toujours habitué à rester caché 
« assez profondément, i Quoiqu'il en soit, l'absence ou la singu- 
lière conformation des organes visuels chez ce mollusque ont 

présenté des caractères assez tranchés pour en faire un genre. 

* 

1. Cœcianella acieula. 
Buccinum acieula. Muller, Verm.terr.et fluv.hist. 1774. 
Rulimu8 acieula. Brugmère, Vers. test. Encvclop. 1789. 

— — Draparnaud, Tabl. moH. France. 1801 . 
Achatina acieula. Lamarck, Hist. anim. sans vert. 1822. 
Cionella acieula. Jeffreys, Syst. test, in trans. linn. 1830. 
Achatina aciculoides. Villa, Cat. moll. Lombardie. 1844. 

— acieula. De Betta, Mal. délia valle di non. 1852. 



90 

Bulimus acicula. Moquin-Tandon, Moll. de France: 1855. 
Caecianella acicula. Bourguignat, Amen, malacolo. 1856. 
Achalina acicula. Companyo, ///s/, nat. Pyr.-Orient. 1863. 

2. Caecilianella eburnea. 
Acicula eburnea. Risso. 1826. 

Caecilianella eburnea. Bourguignat, Elude syn. de Risso, 

Alpes maritimes. 1861. 

— — Paladilhe, Miscell. malacol. 1866. 

3. Caecilianella uniplicata. 
Caecilianella uniplicata. Bourguignat, M. Aix-l-B. 1861. 

— — Paladilhe, Miscell. malac. 1866. 

On trouve toutes ces espèces dans les lieux humides ou dans 
les alluvions. 

8 e Genre. — Moilcssieria. Bourguignat. 1863. 
Paludina vitrea. Massot, in lilteris. 1812. 

— — Moquin-Tandon, Moll. de Toulouse. 1 843. 

— simoniana. De Saint-Simon, Mise, malac. 18i8. 
Bythinia simoniana. Dupuy, Calai, test. Galliœ. 1849. 

Acicula simoniana. Pfeiffer, nette Cyclost. in Zeilsciir. 

fur. malak. 1850. 
Hydrobia simoniana. Dupuy, Hist. moll. de France. )85l. 

Pupula simoniana Charpentier, mss. in Sghed., leste L. 

Pfeiffer. 1852. 
Acme simoniana. Moquin-Tandon, Moll. de France. 1857. 
Hydrobia simoniana. Mich., J. de Couciiy. 18ocl. 1862. 
Moilessieria. Bourguignat, Monogr. du Genre. 1863. 
Acme simonia. Durreuil, Cal. moll. de V Hérault. 1863. 
En 18. . M. Anrrbiel de Montpellier, avec lequel j'avais été mi* 
en relation par les soins de mon maître et ami le capitaine 
Michaud, avait eu la complaisance de m'envoyer deux exemplai- 
res du Cyclostoma vitreum for! rare. Dans le courant de Tannée 



91 

1842, explorant les Corbières, chaîne de montagnes calcaires peu 
élevées qui séparent notre département du département de l'Aude, 
je visitai une petite source saline dite fouradada. Cette fontaine 
est située à deux kilomètres environ au nord de Tautavel, sur le 
bord d'une route qui conduit dans l'Aude. 

La chute d'un léger filet d'eau avait formé un petit bassin 
d'environ cinquante centimètres de diamètre et de quiilzc à vingt 
centimètres de profondeur ; le trop plein s'échappait en traver- 
sant la route, et tombait dans nn ravin qui, après un parcours 
de deux kilomètres, se déverse dans la Verdouble, petite rivière 
jamais i sec qui se jette dans la rivière de l'Agly au-dessous 
d'Estagel. Voulant recueillir et examiner à mon aise un assez 
grand nombre de paludines, que je supposais être la viridis, 
je ramassai toute la mousse qui tapissait le fond et les parois du 
bassin. Arrivé chez moi, la mousse desséchée et secouée, je 
reconnus à l'aide d'une loupe quelques exemplaires du Cyclottoma 
vitreum, et mes recherches .furent assez heureuses pour en 
recueillir un millier. Ayant eu l'occasion plus tard d'écrire à 
Michaud, je lui fis part de ma trouvaille, en lui disant que je 
n'hésitais pas à débaptiser le Cyclottoma vitreum pour en faire la 
Paiudina vitrea, puisque j'avais trouvé cette espèce attachée soit 
sur la mousse, soit sur les cailloux au fond de la fontaine; c'est 
sous cette dénomination qu'elle fut classée dans ma collection, 
fe vénérable naturaliste me répondit : « Puisque vous avez trouvé 
< en abondance le Cyclostoma vitreum dans une fontaine, c'est 
c donc une paludine; lorsque je le découvris, il était dans les 
* alluvions et rien ne prouvait qu'il fut plutôt fluviatile que ter- 
« restre ; cette question est désormais jugée. » 

Simple amateur, j'ignorais le travail de Moquin-Tandon sur les 
niollusques de Toulouse (1843), qui indiquait sans distinction de 
caractères une Paiudina vitrea. 

En 1818, Saint-Simon signala une Paiudina timoniana; plus 
tard, en 18-19, Dupuy adopta uruïBythinia simoniana, et lui donna, 
en 18. r iO,le nom générique i'Hydrobia. 



92 

Une note de Michaud, insérée dans le journal de conchyologie, 
octobre 1862, signalait la découverte que j'avais faite dans la 
fontaine de Fouradada. Cette simple note me procura l'honneur 
et le plaisir de lier des relations avec plusieurs naturalistes deve- 
nus plus tard mes amis. Voulant remplacer les exemplaires que 
j'avais très libéralement distribués, je visitai de nouveau la bien- 
heureuse fontaine. La route avait été rehaussée, la fontaine était 
déplacée, le filet d'eau passait sous les remblais de la route, et 
dans le nouveau bassin de la fontaine je ne pus y trouver une 
paludine. En 1870, me trouvant au mas de l'OUastre, sur les 
bords de la Verdouble, au-dessous du point où se jette le ravin 
de Fouradada, je ramassai des alluvions qu'une crue d'eau avait 
réunis sur différents points, et j'eus le plaisir d'y retrouver plu- 
sieurs de ces paludines dont Bourguignat a fait le genre Moitéê- 

• m 

stcrm. 

Je me propose de renouveler mes recherches soit dans la fon- 
taine, soit dans le ravin qui reçoit les eaux de Fouradada. 

Moitesseria Massoti. 

Moitessieria Massoti. Bourg M Monogr. du Genre. 1863. 

Habite la fontaine dite Fouradada près de Tautavel (source 
saline). 
Elle se trouve aussi dans les alluvions de la Verdouble. (rivière). 

9 e Genre. — Pupa. 
1. Pupa affinis. 

Pupa clausiloides. Pfeiffer. Sans description. 

— affinis. Rossmassler, '/conot/r. moll. Suisse. 1839. 

— clausiloides. Boubéb, Bull, d'hist. naturelle. 1848. 

— Companyo, llist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Monstruosité avec une bouche supplémentaire. La Preste. 

Habite la Preste, principalement sur les roches calcaires, au- 



93 

dessus l'établissement thermal. Commun. Très rare dansla vallée 
de Vèrnet-les-Bains, où je n'en ai tronvé qu'un exemplaire. 

S. Pupa avenacea. 
Bulimus avenaceus. Brugmère, Vers. test. Encycl. 1792. 
Pupa aveoa. Draparnaud, Tabl. moll. de France. 1801. 

— hordeum. Studer, var. Kurses verzeichniss. 1820. 

— avenacea. Moqua-Tandon, Moll. de Toulouse. 1843. 

— avenacea. Companyo, Hist. nal. Pyr. -Orient. 1865. 
Habite Salses, la route d'Estagel après Cases-de-Pène. 

3. Pupa beileausiana. 
Papa boileausiana. Charpentier in Kuster. 1852. 

— — Companyo, Hist. nal. Pyr. -Or. 1865. 
Pupa boileausiana, varietas rainor. 

Habite Villefranche-de-Conflent. 

La varietas minor habite Caudiès. 

4. Pupa Bran ni. 
Pupa Brauni. Rossmassler, Jcon. moU. Suisse. 1835— 59. 

— — Drouet, MoU. terr. fl. viv. Fr. cotit. 1855. 

Habite le mas d'Amont, près Coustouges. Rare. Les Corbières, 
de Salses à Vingrau, très rare. 

5. Papa cyiindrica. 
Pupa Dufourii. Férussac, Hist. moll. Sans descrip. 1822. 

— cyiindrica. Michaud, Compl. à Drap. 1829. 

— Dufourii. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Orient. 1865. 
Habite Villefranche-de-Conflent, Amélie-les-Bains, La Preste, 

Saint-Laurent-de-Cerdans. 

Férussac, en 1822, donna le nom de Dufourri à cette forme, 
sans la décrire et sans en déterminer les caractères. En 1829 
Michaud en donna la description et le nomma Cyiindrica. Il m'a 
paru équitable de laisser à Michaud l'honneur de la paternité. 



94 v * 

6. Pupa cylindrica, varietas Polyodon. 

Habite Saint-Laurent-de-Cerdans, La Preste. 

Celte nouvelle forme cylindrique a été désignée sous le nom 
de Pupa cylindrica varietas polyodon. 

C'est à regret que j'adopte ce nom, il pourrait faire confondre 
cette bonne espèce avec le Pupa polyodon. 

Pour éviter cette confusion, possible, ne pourrait-on pas laisser 
à Michaud le Pupa qu'il a décrit, et donner h la variété le nom de 
Dufourii? 

7. Pupa eudolicha. 

Pupa eudolicha. Bourguïgnàt, Moll. nouv. litig. ou peu 
connus. Dec, 3 e décade, p. 74, pi. VIII. 1863. 

Habite La Preste avec le Pupa al finis. 

Je m'incline devant l'autorité de M. Rourguignat, mais je 
ne puis ra'empêcher de faire remarquer que le Pupa eudolicha 
est tellement rare , que sur plusieurs milliers d'exemplaires 
(V A j finis passés à la loupe, je n'ai pu en trouver que trois exem- 
plaires. Cette espèce ne devrait-elle pas plutôt être considérée 
comme une Varietas edenlula de Yaffinis? 

8. Pupa doliolum. 

Bulimus doliolum. Bruguière, Vers. (est. Encycpl. 1792. 
Pupa doliolum. Draparnaud, Tabl. et hist. des moll. de 

France. 1801 et 1805. 
— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habite dans les bois, sous les pierres et les broussailles de la 
vallée de Conat, de Corsavy et Velmanya. 

9. Pupa Fariuesi. 

Pupa Farinesi. Desmoulins, Soc. linn. Bordeaux. 1855. 

Torquilla Farinesi. Beck. Index moll. 1857. 

Pupa Farines. Michaud et Potiez, Mat. Douai. 1845. 



95 

Siomodonla Fariuesi. Mermet, Moll. Basses-Pyr. 1845. 
Pupa Farinesi. Moquin Tandon, MolL de France. 1855. 

— — Company o, Hist. nal. Pyr. -Orient. 1865. 

— — Bourguignat, M. San-Julia Loria. 1865. 
Varietas allongée étroite. 

Yarietas major striée. 

Habite toutes les régions du département. Espèce très com- 
mune résistant sans se cacher aux plus fortes chaleurs. 

10. Pupa frumentum. 
Pnpa frumentum. Draparnaud, TabL molL France. 1801 . 

— triticuin. Ziegler, Iconogr. in Rossmassler. 1858. 

— frumentum. Companyo, Hist. nal. Pyr.-Or. 1865. 

Habite, d'après Companyo, les parties basses de Gase*-de-Pène, 
KstageU Villefranche. 

Je n'ai jamais pu trouver cette espèce dans les localités dési- 
gnées par ce naturaliste, je les ai cependant explorées bien 
souvent. 

11. Pnpa granum. 

Pupa granum. Draparnaud, Tabl.moll. de France. 1801. 

— — Drouet, Moll. terr. fl. viv. Fr. cont. 1855. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1865. 

Habite les environs de Perpignan. Très commun dans tout le 
département. 

12. Pupa megacheilos. 
Pupa megacbeilos. Cristofori et Jan, Cal. hist. nat. 1 852. 

— — Rossmass., Icon. moll. Suisse. 1835. 

— bigoriensis. Charpentier. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1865. 

Habite La Preste, Saint-Laurent-de-Cerdans, les Corhières. 
Très commun. 



96 
13. Papa multidentata. 
Turbo mullidentatus. Olivi, Zocl. aériatica. 1792. 
Papa variabilis. Draparnaud, Bist. moll. de France. 1805. 
Hélix mutabilîs. Fèkvssac, Essai méth. de conchyol. 1807. 
Pupa mullideotata. Moquin-Tandon, Hist. moU.Fr. 1855. 

— variabilis. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habite VHlefrancbe-de-Conflent, les Corbières, surtout à Cau- 
diès, Saint-PauJ et Maury. 

14. Pupa muacoram. 
Turbo muscorum. LnmÉ, Systema naturœ. 1758. 
Pupa marginata. Draparnaud, But. moll. France. 1805. 

— bi-dentata. Pfeifeer, Syst. ador moll. 1821. 

— muscorum. Pfeiffer, Deutsch. moll. 1821. 

— bi-granata. Rossmassler, icon. moll. Suisse. 1839. 

— Companyo, Hist. nat. Pyr. -Or. 1803. 

Habite Amélie-les-Bains, La Preste, TOllastre, près deTautave). 

15. pupa partioti. 
Pupa partioti. Moquin-Tandon, Hist. moll. France. 1855. 
Habite les Corbières. De Salses à Vingrau, très rare. 

16. Pupa polyodon. 

Pupa polyodoo. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Habite la vallée de la Tet, Villefranche ; la vallée du Tech, La 
Preste et Prats-do-Mollô ; la vallée de l'Agly, TOllastre près de 
Tautavel. 

17. Pupa pyrenearia. 
Pupa pyrenearia. Michaud, CompL à Drap. 1831. 

— saxicola. Moquin-Tandon, Hist. moll. France. 1 855. 

— pyrenearia . Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1 865. 



91 

Habite, d'après Companyo, La Preste où il est rare, commun 
à la tour de Mir au-dessus de Prats-de-Mollô, et à La Manère, 
près la frontière espagnole. 

Boubée a décrit comme espèce une variété allongée du Pyre- 
nearia sous le nom de Clautilioidet. Elle a été souvent confondue 
avec le Pupa a f finis. 

Le jour n'est pas encore fait sur ce pupa. 

18. Pupa ringicula. 
Popa ringicula. Michaud, Compl. à Drap. 183t. 

Habite nos trois vallées; Caudiès, Vingrau, Villefranche, Cous- 
louges, Sainl-Laurent-de-Cerdans. 
Il diffère du Pupa ringens. 

19. Pupa secale. 

Pupa secale. Draparnaud, Hist. moll. de France. 1805. 

— — Rossmassler, Iconogr. moll. Suisse. 1835. 

— — Companyo, Hisl. nal. Pyr. -Orient 1863. 
Varielas cylindr froides, Moquin-Tandon. Les Corbières. 
Varietas serralina. Les Corbières. 

Varielas tninor. Les Corbières. 

Accident ou monstruosité : deux bouches. 

Habite Yillefranche-de-Conflent, Saint-Paul, Caudiès, Maury, 
Tautavel, les Corbières, les basses montagnes de la vallée du 
Réart, Thuir, Castelnau, Corbère. 

20. Pupa similis. 

Torbo quinquedentatus. Born, Testacea musœi Cœsarci 

Vindobonensis. 1778. 
Boliraus similis. Bruguière, Vers. test. Encyclop. 1792. 
Popa cinerca.- Draparnaud, Tabl. et hist. moll. France. 

180! et 1805. 

7 



98 

Clausilia cinerea. Risso, Hist. naL Europe mérid. 1826. 
Pupa cinerea. Miciiaud. Compl. à Drap. 1831. 

— similis. Companyo, Hisl. naL Pyr.-Orient. 1863. 

— quinquedentala. Stamle, Moll. viv. Piémont. 1864. 
Varietas alba. Tautavel. 

Monstruosité allongée. 

Habite tout le département. Très robuste, ne craignant ni la 
chaleur ni le froid, il est cependant plus commun dans la vaille 
de l'Agly. 

La plupart des naturalistes donnent à ce pupa le nom spécifi- 
que de Rruguicre. Cependant, la loi d'antériorité devrait lui 
appliquer celui de Born. Ne vaudrait-il pas mieux dans ce conflit 
lui laisser celui de Draparnaud ? 

21. Pupa umbilicata. 

Pupa umbilicata. Draparnaud, Tabl. et hist. moll. de 

France. 1801 et 1805. 
Rulimus unidenlalus. Vallot, Moll. delà Côle-d'Or. 1801. 
Pupa umbilicata. Companyo, Hist. naL Py. -Orient. 1863. 

Habite tout le déparlement. 

Je possède dans ma collection plusieurs espèces que je n'ai pu 
déterminer, et qui se rapprochent des P. muscorum et granum. 

10 e Genre. — Vertigo. 

1. Vertigo antivertigo. 

Pupa antivertigo. Draparnaud, Tabl. moll. France. 1801. 
Vertigo septemdentatu. Férussac, Tabl. sy st. moll. 1822. 

— antivertigo. Michaud, Compl. à Drap. 1831. 

— — Moquin-Tand., Hist. moll. Fr. 1855. 
Pupa antivertigo. Companyo, Hist. naL Pyr.-Orient. 1865. 

Habite Perpignan. Rare. Chalet du Bac,àS-Laurent-de Cerdans. 



9» 
2. Tertigo Baudoni (nobis). 
Vçrligo Baudoni. Mà&sot, in litteris. 1870. 

Habite le mas de l'Ollastre près de Tautavel. Très rare dans 
les prairies qui bordent la rivière appelée Verdouble. 

Celte espèce nouvelle et inédite que je dédie à mon confrère 
et ami le docteur Baudon, diffère du lyre Vertigo antivertigo, 
qui est allongé et lisse, par sa forme globuleuse, et surtout par 
des côtes saillantes ou relèvements et expansions épidermiques 
espacés et distribués d'une manière régulière. Le Vertigo Baudoni 
est au Vertigo anliveriigo ce qu'est Vtfelix micropleuro$ à V Hélix 
pyqmœa. 

' Hauteur, 2 millimètres; diamètre, 1 millimètre. 

3. Tertigo columella. 
Pupa columella. Benz. 

— inornala. Miciiaud, CompL à Drap. 1851. 
Habile Amélie-les-Bains. 

4. Tertigo edentula. 

Pupa edentula. Draparnaiid, HisL moll. de France. 1805. 
Vertigo edentula. Stgder, Envies vevieich. conch. 1820. 

— nitida. Fêrussac, Tabl. syst. moll. Fvance. 1822. 

— edentula. Michai<d, CompL à Drap. 1851. 

Habile sous le détritus des feuilles mortes près l'hermitage de 
Saint-Martin-du-Canigou, vallée de Vernct-les-Bains. 

5. Tertigo muscorum. 

Pupa muscorum. Draparnald, Tabl. moll. France. 1801. 

— miuutissima. Hartmann, m newe Alpin. 1821. 
Vertigo cylindrica. Férussac, Tnbl. syst. moll. Fr. 1822. 

— muscorum. Miciiaud, CompL à Drap. 1831. 
Habite les Albères, Amélie-les-Bains, l-i Presle, Saint-Marlin- 

flu-Oanifrou. 



G57164 A 



100 
6. Vertigo pusilla. 
Verligo pusilla. Muller, Verm. ierr. et fluv. Itist. 1774. 
Hélix verligo. Gmelin, Syst. nat. Cœsarei Linnœi. 1788. 
Pupa verligo. Draparnaud, Tabl. moll. de France. 1801. 
Verligo pusilla. Miciiaud, Comp. à Drap. 1831. 
Pupa pusilla. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Orient. 1863. 

Habite Perpignan et ses environs. 

7. Vertigo pygmœa. 

Pupa pygmsea. Draparnaud, Tabl. moll. France. 1801. 
Verligo pygmœa. Férussac père. Essai met h, xonch. 1807. 

— — Férussac père. 1807. 

— — Micuaud, Compl. à Drap. 1831. 

— — Rossmassler, Icon. moll. Suisse. 1839. 

Habite Amélie-les-Bains. 

8. Vertigo triplicata. 

Pupa triplicata. Studer, Kurzes verzeichnder sUnveiz 

conch. 1820. 

— tridenialis. Michaud, Compl. à Drap. 1881. 

— — Moquin-Tandon, Hist. moll. Fr. 1835. 

Habite x\mélie-les-Bains, Saint-Martin-ilu-Canigou. 

9. Vertigo Venetzii. 

Vertigo Venelzii. Charpentier tu Férussac, T. sy. 1822. 

— pli cala. A. Miller, Arch. fur, nalur. 1828, 

— naoa. Michaud, Compl. à Drap. 1831. 

— Venelzi. Charpentier, Cotai, moll. Suisse. 1857. 

— hamata. Held, in Isis. 1837. 

— venelzii. Stabile, Moll. terr. viv. Piémont. 1864. 

Habite Perpignan et Amélie-les-Bains. 



j 



101 

H* Genre.— Baliax 
Etymologie. Ba>coç moucheté. 

Balia perversa. 

Turbo perversus. Linné, Syslema naiurœ. 1768. 
Pnpa fragilis. Draparnaud, Hisl. moll. de France. 1805. 
Balca fragilis. Prideaux in Gray, Zool. joum. 1824. 
Clausilia per versa. Charpentier, Cal. moll. Suisse. 1837. 
Balia perversa. Bourguignat, Âmàn. malacologiq. 1857. 
Balca fragilis. Companyo, Hisl. nal. Pyr.-Orient. 1863. 

Balia perversa, variclas viridula, avec ou sans tubercule. 
Sous le pont de Saint-Laurent-de-Cerdans. 

Habile La Preste, Prats-dc-Mollo, Arles. Très rare dans les 
Orliiï'res. 

12 e Genre. — Clausilia. 

1. Clausilia bidens. 

Turbo bidens. Linné. Syslema naiurœ. 1758. 
Bulimiis papillaris. Bruguiére, Vers test. Encyclop. 1792. 
Pnpa papillaris. Draparnaud, Tabl. moU. France. 1801. 
Clausilia papillaris. Draparnaud, Hisl. moll. Fr. 1805. 

* 

Habile Port-Vendres. 

La Clausilia bidens de Draparnaud est la Clausilia laminata. 

2. Clausilia laminata. 
Turbo laininatus. Linné, Syslema naiurœ. 1758. 
Hélix bidens. Miller, Vermium hisloria. 1774. 
Biilimus bidens. Bruguiére, Vers leslacés. 1792. 
Clausilia bidens. Draparnaud, Tabl. hisl. France. 180J. 
Turbo laminatus. Montagu, Test. Brit. 1803. 



102 

Clausilia lamiuata. Turton, Britisch moll. 1831. 

— < — Companyo, Hist. nat, Pyr.-Or. 1863. 

La Clausilia fimbriata Ziegler, décrite et figurée par Dupuy sous 
ie nom de Phaletala est une variété moins lisse. 
Habite Prats-de-Mollô, l'OHastre près Tautavel. Rare. 

3. Clausilia nigricans. 
Turbo nigricans. Pulteney, Cal. Brids. dorsetshire. 1879. 
Pupa rugosa, var. B. Draparnaud, Tabl. hist. Fi\ 1801. 
Clausidia obtusa. C. Pfeiffer, Deutch. moll. 1821. 

— nigricans. Jeffreys, Syn. test, in Traus, Linn. 

Soc. 1828. 

Habite avec la Clausilia ftigosa, dont elle estime variété, d'une 
teinte plus foncée, et moins striée que le type. 

4. Clausilia parvula. 

Hélix parvula. Studer, Faun. helvet. Sans descrip. 1789. 
Pupa rugosa, var. Y. Draparnaud, Tabl. hist. moll. 1801 . 
Clausilia parvula. Studer, Sysl. verzeichniss. 1820. 

— minima. C. Pfeiffer. Deutch. moll. 1821. 

— parvula. Companyo, Hist. nat.P y r. -Orient. 1863. 

— — Bourguignat, Mal. d'Àix-les-Ba. 18fl*. 

Habite Tautavel, Amélie-les-Bains, La Preste, Villefrancbe-de- 
Conflent. 

5. Clausilia rugosa. 

Pupa rugosa. Draparnaud, Tabl. moll. de France. 1801. 
Clausilia rugosa. Rossmassler, Icon. moll. Suisse. 1859. 

— — Gkateloup, Tabl. molL vivants. 18oo. 

— — Moquin-Tandon, Hist. moll. Fr. 1855. 
# — — Companyo, HisLnal. Pyr .-Orient. 1 863. 
Habite les trois vallées du département. 



103 

6. Clausilia solida. 

Pupa solida. Draparnaud, TabL moU. de France. 1801 . 

Turbo labiatus. Montagu, Test. Brit. 1805. 

Clausilia solida. Companyo, Hist. nat Pyr. -Orient. 1863. 

Corapanyo fa recueillie & Cases-de-Pène, à Arles et dans quel- 
cjues vallons des Albères. 

7. Clausilia ventricosa. 
Papa ventricosa. Drapariwaud, TabLmoU. France. 1801. 
Clausilia ventricosa. Draparraud, Hist. molL Fr. 1805. 
Hélix ventriculosa. Férussac, Essai méth. motl. 1807. 
Clausilia ventricosa. Companyo, Hist. nat Pyr.-Or. 1803. 

Habite Prats-dc-Mollô, La Preste. 

KeFAMlLLB. — AURICUUD/E. Kisso. 18âtî. 

Genre Carychium. 

1. Charychium bidentatum. 
Carychium bidentatum. Moistagu. Test. Brit. 1805. 
Saraphia bidentata. Risso, Ilist. nat. Alpes, marit. 1826. 
Alexia reflexilahris. D'Orbïgm, in Chem t . 1819. 
— bideulala.GRAY in Manuel conch. Woodward. 1870. 

Habite les environs de Salses. 

J'ai trouvé dans les mêmes lieux un exemplaire d'un individu 
plus fort, plus long: d'un millimètre et qui présente quatre tuber- 
cules ou dents inégales. Longueur 7 millimètres, diamètre ;$. 

Serait-ce une espèce nouvelle ? 

2. Carychium myosotis. S. G. Alfxia. 
Àuricula myosotis. DraParnaud, TabL et hist. moll. de 

France. 1801 et 1805. 
Carychium myosotis. Michaud, Compl. à Drap. 1851. 



104 

Habite les prairies qui bordent l'étang de Salses. 

Cette espèce nommée, décrite et dessinée par Draparnaud, 
conservée par Nichaud, a été et est encore regardée par des natu- 
ralistes distingués comme une espèce marine ou du moins sous* 
marine. Je l'ai trouvée vivante, et en très grande abondanee sur 
les plantes qui croissent entre l'étang de Salses et la route natio- 
nale; ne l'ayant jamais trouvée dans l'eau, j'adopte entièrement 
l'opinion consciencieuse de Draparnaud et de Michaud. Si j'avais 
conservé quelque doute, la lettre de Moquin-Tandon à M. Petit 
de la Saussaie, Jour, conch. 1851, aurait levé toutes mes hésita- 
tions, car il déclare que l'animal du Carychium myosotis est un 
animal terrestre. , 

3. Carychium tridentatnm. 

Saraphia trideutata. Risso, Hist. nat. de Nice. 1826. 
Carychium nanum. Anton, Verzeich. der conch. 1839. 

— minimum, v. nanum. Kustek, Syst. conc. 1844. 

— elongatum. Villa, Cat. moll. Lombard. 1844. 

— — L. Pfeiffer, Monogr. auric. 1 856. 

— tridentalum. Bouuguignat, Amen, mal. 1857. 

— minimum. Compàwyo, Hist. nat. P.-O. 1863. 

Habite sous les mousses, et sous les pierres des lieux humides. 

Les réflexions que M. Bourguignat a insérées dans YÉtude des 
mollusques des Alpes maritimes de Risso, m'ont engagé à donner 
à cette espèce le nom de Tridentalum, incertain cependant encore 
si le C. minimum n'existe pas aussi. 



7c FAMILLE. — ACICUUDœ. 



N'a pas encore été trouvée dans le département. 



105 

8« FAMILLE. — CYCLOSTOM ID/E. Hiegmann. 1832. 
OPERCULATA. Operculés terrestres. 

1««* Genre. — Cyclosloma. 

Cyclostoma elegans. 
Nerita elegans. Miller, Vermium hisloria. 1774. 
Cyclostoma elegans. Draparnaid. Tabl, moll. Fr. 1801. 

— — Companyo, Iïisl. nat. P. -Or. 1863. 
Varielas elougata. 

Varietas violacea. Très rare. 

Habite tout le département, plus commun dans la plaine que 
dans la montagne. 

2« Genre. — Pomatias. 

1. Pomatias apricus. 
Cyclostoma apricum. Mousson, Bemerk. nat. Ihermcn 

von Âix. 1847. 

— obscurum, varietas apricum. Partiot, Mon. 

des cyclost. 1848. 
Pomatias carthusianum Dupuy, Ilisl.moll. France. 1 851 . 

— apricum. Drouet, Énu. moll. France cont. 1 855. 

— apricus. Bourguignat, Mal. Aix-lcs-BainsA86i. 
Habite les Corbières, Saint-Paul, Caudiès, Tautavcl. 

Diffère de YObscurus par sa taille plus petite. 

2. Pomatias Bourguignati. 
Cyclostoma patulus. Draparnaud, HisL moll. Fr. 1805. 
Pomatias Bourguignati. À. de Saint-Simon, Dcscrip. esp. 

nouv. pomatias. 1869. 

Habite le mas de l'OUastre, près Tautavcl. 

Cette espèce se distingue du Patulus par ses tours plus déta- 
chés, plus bombés, par ses stries saillantes, par son péristome 
plus large, bi-labié et renversé. 



106 

3. Pomatias crassilabris. 

Cyclosloma obscurum. l)RAVkKnkV\> % var. Hi8LmoU % WOo. 
Pomatias crassilabrum, Dupuy, Hist. viv. France. 1851 . 
Cyclosloma obscurum. Moqcin-Tandon, var. Moll. F. 1855. 
Pomalias crassilabris. Stabile, Coq. viv. Piémont. 1864. 

Habite Gonstougcs, mas d'Amont; Saint-Laurent-de-Cerdans. 
Variété du Pom. obscurus. 

4. Pomatias Nouleti. 
Pomatias Nouleti. Duply, Hist. moll. de France. 1851. 
Cyclosloma Nouleti. Moquin-Tandon, Moll. France. 1855. 

— Nouleti, Companyo, Hist. nat. P. -Or. 1865. 

Habite Villefranche, vallée de la Tel; Saint-Laurent, vallée du 
Tech et les Corbières, sortent de Caudiès à La Pradelle, vallée 
de l'Agly. 

5. Pomatias obscurus. 

Cyclostoma obscurum. Draparnaud, Tablmoll. F. 1801. 
Turbo conicuir. . Vallot, Liste moll. Côle-d'Or. 1801. 
Pomalias Studeri, varielas. Hartmann, in neve Alpïna* 

Syst. gasterop. 1821. 

— obscurum. Ciustofori et Jan, Cat. ver. 1852. 

— obscurus. \j. Pfeiffer, Mon. des hélix. 1847. 

Habite les trois vallées du département, ainsi que les vallées 
latérales sans descendre au-dessous d'Arles, Prades et Estagcl. 

Les plus beaux exemplaires que j'ai recueillis ont été trouvés 
dans la vallée de Saint-Laurent-de-Cerdaus, à Coustouges et près 
de la Mouga, frontière espagnole. 

6. Pomatias patulus. 

Cyclosloma patulum. Draparnaud, HiU. moll. Fr. 1805. 

— patula. Lamarck, Hist. ani. sans vert. 1822. 

— turriculatum, var. Menke, Syn. moll. 1830. 



107 

Pomalias patulum. Jak, Calai, lest, in coll. Cristofori cl 

Jan. 1832. ' 

Pomalias palulus. L. Pfeiffer, Monogr. dis hélix. 1847. 

Cyclostoma palolam. Companyo, Hist. nat. P. -Or. 1863. 

Habite les Corbières, Maury, Saint-Paul, Tautavel. 

7. Pomatias septemspiralis. 
Hélix septemspiralis. Razoumowsky, Hist. n. Jorat. 1789. 
Cyclostoma patulum. Draparnaud, Tabl. moll. Fr. 4801. 

— maculalum. Draparnaud, Hist. moll. 1805. 

— roaculata. Desrates in Lamarck, Hist anim. 

sans vertèbres. 1838. 

— septemsptrale. Moqiîin-Tawdon, Hist. moll. 

de France. 1855. 
Pomalias septemsptrale. Drouet, Enum. moll. France 

continentale. 1855. 

— seplemspiralis. Crosse in Journ. conch. 1864. 

Habite Tautavel, sur les Corbières. 

Cette Pomalias est la Maculatut des auteurs modernes. 

8. Pomatias striolatus. 
Cyclostoma turriculatum. Philippi, Moll. Siciliœ. 1836. 
Pomatias striolalum. Porro in. Rev. el Magas. zool. 1810. 

— slriolalus. L. Pfeiffer, Pncumonog. viv. 1852. 
«kî l'ai trouvé à Saint-Paul. Très rare. 

3 e Genre.— Truncatella . 

Truncatella truncata. 

Cyclostoma truucatulum. Draparnaud, Hist moll. 1805. 

Truncatella truncata. Risso, Hist. nat. Eur. cont. 1826. 

Habite sous les pierres humides le long des bords de l'étang 

de Salses dans les parties souvent submergées. 

Est-ce un genre sous-marin ? La consistance du test pourrait 
le faire croire. 



108 

Je ne l'ai jamais trouvée dans l'eau. Les Truncatelles habitent 
les mêmes localités que le Carychium myosotis, elles vivent sous 
les pierres qui avoisinent de très près l'eau de l'étang. Loove 
prétend qu'elles peuvent vivre pendant plusieurs semaines après 
qu'elles ont été sorties de l'eau. 

ORDO H. 
Pulmobranchia. — Cuvier, 1817. 

9« FAMILLE. — UMNMWM. 

1 er Genre. — Limnœa. 
1. Limuaea auricularia. 

Hélix auricularia. LinnjCUS, Syslema naturœ. 1758. 
Buccinum auricula. Miller, Vcrmium historia. 1774. 
Bulimus auricularius. Bruguière, Vers testacés. 1792. 
Limnaeus auricularius. Draparnaud, TabL molL 1801. 
Radix auriculata. Denys de Moktfout, Sysl.conch. 1810. 
Limnœa auricularia. Lamarck, Anim.sansvert.hist. 1822. 

Habite Salscs, la rivière de la Basse à Perpignan. 
Cette espèce est peu développée. 

2. Limnaea corrugata. 

Limnaea corrugata. Grateloup, TabL meth. molL viv. 

Habite Vinça. 

L'érosion très remarquable que j'ai observée sur les dilîérenls 
tours de spire et surtout sur le sommet, ne peut être considérée 
comme un simple accident de corrosion dû à l'action des eaux. 

3. Limnœa intermedia. 

Limnaea intermedia. Lamarck, Hisl.ani. sans vert. 1822. 
— — Dupuy, Ilist. molL France. 1851. 

Habite Salses. 



109 
4. Limnaea limosa. 
Hélix limosa. Linné. Syslema naturœ. 1758. 
Limnseus ovatus. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 
Limnaea ovala. Lamarck, Animaux sans vertèbres. 1822. 
limosa. Moquin-Tandon, Moll. de France. 1855. 
— ovala. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 
Varielas minor. Perpignan. 
Varieias minutissima. Fontaine fouradada. 
Varielas lenuis. Salses. 
Varietas vcntricosa. Perpignan; romaine arlésienne de 

Bages. 
Varietas membranacea? Amélie-les-Dains, eaux chaudes. 
Varietas albinos. Salses. 

Habite tout le département. 

Plus connue sous le nom de Limnœa ovola. 

5. Limnaea marginata. 

Limnaea marginata. Miciiaud, Compl. à Drap. 1831. 

Habite une fontaine sur le bord de la route d'Amélie, un peu 
au-dessous de Reynès. Salses. 

6. Limnaea palustris. 

Rùccinum palustre. Miller, Vermhtm historia. 1774. . 
Hélix corvus. GuEtw^Syst. naturœ. Cœsar. linnœi. 1788. 
Bulimus palustris. Bruguière, Vers teslacés. 1789. 
Hélix crassa. Razoumowsky, Hist. nat. de Jorat. 1789. 
Limnseus palustris. Draparnaud, Hist, nat. moll. 1805. 
Lymnsea palustris. Flemming, Brit. ann. 1828. 
Varielas minor. 
Varietas albinos. 
Monstruosité, columelle festonnée. Perpignan. 



no 

Variété raccourcie. Le dernier tour formant les V 6 de la 

coquille. 
Varielas gibba. 

Habite Salses, et certains fossés des mûrirons de Perpignan. 

7. Limnœa peregra. 
Buccinum peregrum. Muller, Vermium historia. 1774. 
Hélix peregra. Gmemn, Syst. naturœ, .Cœsar. linn. 1788. 
Bulimus pereger. Bruguière, Vers testacés. 1789. 
Limnaeus pereger. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 
Limnœa peregra. Lamarck, Anim. sans vertèbres. 1822. 

— — Dupuy, Moll. de la France. 1851. 

— . — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1865. 
Varietas minima. Puits artésien, mas Sauvy, près Ville- 

neuve-de-la-Raho. 

Habile Perpignan et au-dessus de Corneilla-de-Conflcnt. 

8. Limnœa thermalis. 

Limnœa thermalis. Boubée, Bull, d'hisl. naturelle. 1855. 

Habite le mas de l'Ollastre près Tautavel. Eaux froides. 

La Limnœa thermalis est une espèce qui forme la transition 
entre la Limosa et la Peregra. Elle n'habite pas exclusivement les 
eaux chaudes. M. Droucl l'avait déjà recueillie dans une fontaine 
aux environs de Mouy (Oise). 

9. Limnœa truncttula. 
Buccinum iruncatulum. Muller, Vermium historia. 1774. 
Bulimus iruncatus. Bruguière, Vers testacés. 1788. 
Limnœus minulus. Draparnaud, Tabl. moll. Fran. 1801. 
Bulimus obscurus. Poiret, Coq. lerr. fi. de V Aisne. 1801 . 
Limmcus truncalulus. Jeffreys, Syst. test, in trans. linn. 

1822. 



111 

Limnaea truncalula. Moqijin-Tanbon, Hist. moll. 1855. 

— minuta. Compatwo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 
Varielas minor. 
Varietas minulissima. 
Varietas de forme particulière. La Presie. 

Habite tout le département. 

Cette espèce est très commune dans les collections, sous le 
nom de Limnœa minuta que lui a donné Drapamaml. 

2 e Genre. — Physa. 
1. Physa acuta. 
Physa acuta. Draparnaud, Hist. moll. de France. 1805. 

— fluviatilis. Férussag, Hist. des mollusques. 1819. 

— acuta. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1865. 
Varietas albinos. Saises. 

Habite Saises, le puits artésien de Bages, les eaux chaudes 
sulfureuses d'Amélie-les-Bains. 

2. Physa contorta. 
Physa contorta. Michaud, Compl. à Drap. 1851. 
• — — Companyo, l/ûl. nat. Pyr. -Orient. 1863. 

Michaud a trouvé cette espèce entre Collioure etPort-Vendres, 
dans un des ruisseaux qui coulent des montagnes. 

M. Ganta, amateur consciencieux, possédait cette espèce dans 
sa collection, mais il n'avait pu me préciser la localité où il 
l'avait recueillie. Le docteur Penchinat de Port-Vendres, ne Ta 
jamais trouvée. J'ai, moi aussi, exploré les lieux désignés par 
Michaud, mais vainement. Je dois dire que je l'ai vue et examinée 
chez Ganta. 

3. Physa cornea. 
Physa cornea. Massot, Bull. Soc. de Perpignan. 1845. 

— — Company o, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 



112 

Coquille sénestre, très allongée el conique vers son sommet 
qui est aigu ; le test, quoique lisse, présente quelques stries lon- 
gitudinales légères, il est terne et corné, à peine transparent. 
Elle présente cinq tours de spire dont le dernier est plus grand 
que les autres; ouverture ovale oblongue, très retrécie supérieu- 
rement; sa longueur inégale pas à beaucoup près la moitié de la 
hauteur de la coquille ; péristome simple. Hauteur huit millimè- 
tres, diamètre trois millimètres. 

Cette espèce ne pourrait être confondue qu'avec la Physa hyp- 
norum, qui en diffère par sa couleur brillante, par le nombre de 
tours de spire et surtout par sa taille qui est plus grande, et 
enfin par sa grosseur. 

Habite les ruisseaux qui coulent vers la poudrière près de 
Perpignan. C!est là que je l'ai trouvée en 1845. Depuis je l'ai 
recueillie dans des ruisseaux alimentés par des eaux vives, près 
de Sainte-Marie-la-Mer. 

Drouet, dans son énumération des mollusques terrestres et 
fluviatiles de la France continentale, la regarde comme une 
variété de la Physa acuta. Moquin-Tandon ne veut pas l'admettre 
comme espèce, et croit qu'elle est une variété de la Physa hypno- 
rum, malgré l'autorité de ces deux naturalistes je maintiens la 
Physa eornea comme une espèce nouvelle et inédite. 

4. Physa fontinalis. 
Bulla fontinalis. Linné, Systema naturœ. 1758. 
Hélix pellucida. Razoumowsky, Hist. nat. deJorat. 1789. 
Physa fontinalis. Draparisaud, Tabl. moll. France. 1801. 

Habite Salses, les bords du Tech, environs de Céret. 

5. Physa gibbosa et minutissima. • 

Coquille sénestre, polie, brillante, mince ; ouverture arrondie ; 
péristome aigu et fragile. Sommet mamelonné, 5 tours détachés 
les uns des autres par des sutures profondes, les premiers à crois- 



«3 
sance régulière ei d'apparence cyliiwïrUfue, malgré use forte c on- 
vexité^ les deux autres beaucoup plue, grands dans tous les sens 
et bombés,.** qui <(onne à cette espèce un caractère de gibbosité 
très prononcé , confirmé par les différents diamètres de la 
coquille ; en effet : 

Longueur totale 2 .millimètres «/,. 

Diamètre des premiers tours i millimètre. 

Diamètre des deux derniers ...... 1 millimètre ■ U 

Habite la Preste. Rare. Je n'ai pu en recueillir que deux exem- 
plaires, et l'un des deux est loin d'être complet. 

6. Pbysa hypnorum. 
Bulla hypnorum. LnwÉ, Syslma naturœ. 1788. 
Planorbîs turritus. Mullër, Vermium historia. 1774. 
Bulimos bypoomn. Bruguière, VersteH. Encycl. 1780. 
Pbysa hypnorum. Draparnaud, Hist. molL France. 1805. 
Habite les environs de Thuir, les ruisseaux de la Salanque. 
Cea daiis les fossés de la citadelle de Perpignan que f ai trouvé 
les plus beaux exemplaires. 



t 



7. Phyfla TasLei. 
Pbysa Tasleh JBoùrgdiqkat, Mal. de la Bretagne. 1860. 
Variété entre la Physk acuta et la Physa fontinalis. 
Habite Villeneuve-de-la-Raho, puits artésien du mas Sauvv. 

3 e Genre. — Ancylus. 

1. Ancylus capuloides. 
Aneylus capuloides. Jan in Sghrd. Porro, Malac. de la 

provitèce de Corne. 1838. 
— fluviatilis, varietas capuloûka. Gassies, Soc. lin. 

de Bordeaux. 1852. 

8 



m 

Ancvlus Janii. Bourgbwnat, Journal de conchyol. 1853. 

— capuloides. Drouet, En. moll. Fr.. cont. 1855. 

— — Starile, Moll. de Lugano. 1859. 

Habite Amélîe-les-Bains. 

2. Ancylus costatus. 

Ancvlus costalus. Férussac, Dict. d'hist. nat. 1822. 

— — Villa, Syst. conch. 1841. 

— — Requien, Cat. coq. de Corse. 1848. 

— simples, var. Bourguignat, Journ. conch. 1855. 

— costalus. Baudon, Cal. moll. de l'Oise. 1855. 

— simple*, var. costalus. Bourguignat, Mal. lerr. 

el fluv. de la Bretagne. 1860. 
Habite les environs de Collioure, dans les petits ruisseaux. 

3. Ancylus Fabrei. 

Ancylus Fabrei. Dupuy, Cat. Galliœ test. 1849—1851. 
— Mortillet, Cat. coq. lerr. fluv. France, 
Suisse, AU., îles Britanniques. 1853, 

— simples, var. Bourguignat, Journ. conch. 1853. 

— fluvialilis, var. Fabrei . Drouet, Moll. F. c. 1855. 

— Fabraei. Grateloup, Moll. Fr. conl. et ins. 1855. 

Habite Salses et ses environs. 

4. Ancylus gibbosus. 
Ancylus lacustris. Risso(non lacustris des auteurs), Cotai. 

moll. de Nice. 1826. 

— spina rosse (non spina rosœ, Drap^. Schmidt, 

Teste villa, Syst. conch. 1841. 

— deperditus. Dupuy, Hisl. nat. moll. France. 1851 . 

— recurvus. Parreys in lia. teste Dupuy. 1851. 



115 
Ancylu* ttuviatilis. Mortillet, Cat. coq. de Nice. 1851. 

— gibbosas. Baudon. Cat. moll. de l'Oise. 1853. 

— — Bourguignat, Cat. des ancyles, Jour. 

de conchyologie. 1855. 

— deperdilus. Mortillet, Cat. coq. ter. fl. France, 

Allemagne, Suisse, îles Brit. 1853. 

— gibbosas. Strobel, Moll. viv. Gior. malac. 1853. 

— — B au don, Descrip. moll. de VOise. 1855. 

— — H. Adam, Gênera of recen. moll. 1855. 

— — G rate loup et Raulin , Mollusques de 

la France. 1855. 

— flaviatilis, var. deperdilus. Moquin Tandon, Moll. 

de France. 1855. 

— deperdilus. Nïhely, Cat. conc. Venet. 1857. 

— gîbbosus. Bourguignat, Malac. Bretagne. 1860. 
Habile la fontaine Fouradada, près de Tautavel. 

5. Ancylus lacastris. 

Patella lacastris. Linné, S y stem a naturœ. 1758. 
Ancylus lacastris. Muller, Vermium historia. 1774. 

— — Draparnaud, Tab. moll. France. 1 80 1 . 

— — Michaud, Compl. à Drap. 1831 . 
Velletia lacastris. Gray, Manual of. 1840. 

Crepidula oblonga. Flemming, Conch. Enc. Édimb. 1840. 
Ancylus lacastris. Stabile, Fauna elvetica. 1845. 

— — Gassies, Moll. de l'Agenais. 1849. 

— — Dupuy, Moll. de France. 1851. 

— oblongas. Parreys, Teste Dupuy. 1851. 

— lacastris. Baudon, Moll. de VOise. 1852. 

— oblongus. Loove, Conch. of Noltingham. 1853. 

— lacustris. Bourguignat, Jour, conch. 1853-1855. 



116 

Ancylus lacuslris. Moquin-Tandgn, Hisl.moll, Fr. 1855. 
Acroloxus lacuslris. Adams, The g eu. of rec. moll. 1855. 
Ancylus lacuslris. Bourguignat, J*W. de Bretagne. 1860. 

Habite les eaux tranquilles et marécageuses, fortement attaché 
sur les feuilles et débris des plantes qui flottant à la surface. 
Rare à Perpignan, il est très commun à la grande fontaine de 
Salses. Il a été trouvé à l'état fossile en Angleterre et en France. 
Michaud Ta trouvé dans les environs d'Hauterive (Drôme). 

6. Ancylus Moquinianus. 

Ancylus Moquinianus. Bourguign at, Journ. conch. 1855. 

— — Strobel, in Gior. di malac. 1 855. 

— — Grateloup et Raulin, Cat. terr. et 

fluv. de France. 1855. 
Acroloxus Moquinianus. Adams, The G en. ofrec. moll. 1855. 
Ancylus lacuslris, varietas Moquinianus. Moquin-Tandon. 

Hist. moll. France. 1855. 

— Moquinianus. Drouet, Moll. France, cont. 1855. 

Habite Salses et ses environs. . 

7. Ancylus radiolatus. 

Ancylus radiolatus. Mousson, Coq. t. fl. de Schlœfli. 1859. 

— Janinensis. Mousson, Lac de Janina (Schl.) 1 859. 

Habite Mont-Louis, Saillagouse. 

8. Ancylus riparius. 
Ancylus riparius. Desmarest, Note sur Àncy. Soc. philo. 

Paris. 1814. 

— fluvialilis, varietas radiatus. Charpentier. 1852. 

— riparius. Bourguignat, Journal de conch. 1855. 

— — Drouet, Moll . ter. fl. France cont. . 1855. 



Ancylus fluviaitles, varielas riparius. Moquin -Tandon, 

.Jfott. de France. 1835. 

— riparius. A dams, The Geneva of rec. molL 1855. 

Habite La Preste cl à Palalda le ruisseau qui se jolie dans le 
Tech, rive gauche. 

Se trouve à Pétat fossile à Canouville près Vincennes. 

9. Ancylus simplex. 

Lcpas simplex. Bug'iioz Aldrov. Lotharingiœ. 1771. 
Ancylus fluvialilis. Muller, Vermium historia. 1774. 
Palella cornea. Poiret, Coq. terr, etfluv. de Paris. 1801. 

— fluviatilis. Montagu, Test. Bril. 1803. 

Ancylus fluvialilis. Draparnaud, H ist. moll. France. 1805. 

— pileolus. Beck, Ind. moll 1837. 

— thermalis. Roubêe, in litt. Beek. ind. moll. 1837. 
Crepidnla lacustris. Flemming, Conch. Eoc. Édimb. 1840. 
Ancylus simplex. Bourguignat, Journ. de conch. 1855. 

— fluvialilis, var. simplex. Moquin -Tandon, H ht. 

moll. de France. 1855. 
— Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Habile dans tout le département el à toutes les altitudes. 

11 est ù regretter que la loi d'antériorité ait enle\é à cet ancyle 
le nom généralement adopté de fluvialilis. 

10. Ancylus tiberianus. 
Ancylus tiberianus. Bourguignat, Spiçiléges mal. 1862. 

Habite la fontaine de Salses. 

I Ancylus tiberianus a été trouvé eu Sicile. Hourguigual l'a 
recueilli dans les marais pontins. C'est bien h tort que Dupuy 
lui a donné le nom de Deperditus, car eu 1814 Demarest avait 
déjà ainsi nommé un ancyle fossile. 



148 

Nota. VAncylus spina rosœ de Draparnaud, Histoire des molka- 
ques de France, doit être retranché du genre. 

Je ne puis ra'empêcher de raconter ici. une excursion que je 
fis à Canet, près la mer, avec le capitaine Gaspard Michaud, 
aujourd'hui mon vieil ami. Nous explorions des terrains maréca- 
geux. Draparnaud, me disait-il, a commis une erreur en créant 
VAncylus spina rosœ. Presque en môme temps que lui je crus 
avoir trouvé en grande quantité cette espèce douteuse. Surpris 
d'abord, il se remit bientôt de son émotion et il nous fut facile 
de constater que l'épine était placée tantôt à droite, tantôt à 
gauche, et ramassant un exemplaire complet du genre Cypris, 
nous fûmes bientôt certains que le prétendu Spina rosœ n'était 
qu'une valve de ce irustacé. 

4 e Genre. — Planorbis. 

1. Planorbis albus. 
Planorbis albus. Muller, Vermium historia. 1774. 

— hispidus. Draparnaud, Tabl. moll. Fr. 1801. 

— villosus. Poiret, Prodrome coq. de> V Aisne et 

des environs de Paris 1 . 1801. 

— bispidus. Vallot, Liste moll. Céte-d'Or. 1801. 

— albus. Companyo. Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 
Habite Perpignan, Salscs, l'Agouille de la Mar à Bages. 

2. Planorbis carinatus. 
Hélix planorbis. Linné, S y stem a naturœ. 1758. 
Planorbis carinatus. Muller, Vermium historia. 1774. 

1 Le Prodrome (très rare) sur les coquilles de l'Aisée el des enviions 
de Paris par Poiret parut en avril 1801, quelques semaines avant le 
tableau des mollusques de France par Draparnaud, imprimé en juillet. 
La liste des mollusques de la Côte-d'Or, dont il n'existe qu'un seul exem- 
plaire, fut livré au public le mois d'août suivant par Vallot. 



119 

Planorbis earinato*. Draparnaud, Tabl. moll. Fr. 1801. 

— acotos. Poiut, Prod. coq. de l'Aime. 1801. 

— sobmargioatos. Cristofori et Jais, Cal. u. 1 832. 

— carrnatus. Drouet, Én%. moll. Fr. cont. 1855. 

— carenalus. Compahyo, Hist. nat. P. -Or. 1865. 

Habite les eaux stagnantes des fossés qui entourent Perpignan, 
les mares de la Salanque, Salses. Très rare. 

3. Planorbis complanatus 1 . 

Hélix corn plana! a. Linné, Syslema naturœ. 1758. 
Planorbis Studer in Coxe, Trav. Schw. 1789. 

— marginatos. Draparnaud, Hist. moll. Fr. 1805. 

— ' umbilicatus. Férussac, Ess. méth. conch. 1807. 

Habite Salses, les fossés et les mares dn littoral. 

4. Planorbis compressus. 
Planorbis compressus. Michacd* Comf1, à Drap. 1831 . 

Habite Salses. 

Quelques naturalistes n'adoptent pas cette espèce, parce qu'ils 
l'ont confondue avec le Planorbis vortex, et en ont fait une variété. 
Je crois qu'il en est cependant assez distinct, et je conserve à mon 
premier maître, à mon vieil ami, la paternité de cette espèce qu'il 
a décrite et publiée. 

5. Planorbis contprtus. 

Hélix cootorta. Linné, Syslema naturœ. 1758. 
Planorbis contorlns. Muixer, Vermium hisloria. 1774. 

— — Draparnaud, Tabl. moll. Fr. 1801. 

— — Companyo, Hist. nat. P.-Or. 1863. 

Habite Salses, Canet, le Gagarell, la Salanque. 

1 Non Compfanortus Drap., qui est le PlanorbU font anus. 



120 

6. VlanorM* taraéttft. 
Hélix cornea. Linné, Sysletàa natxmti. 1788. 
Planorbis parpui'ea. Mullbr, Verniivm hùloria. 1774. 

— conte us. Draparnavd. Hist. Dwtt.Fran. 1805. 

Coèpanyo, SKU. ntti. P.'Or. 1863. 

Habite, d'après Gompanyo, le eoniluent de FAgty et de )a Dcsix, 
eaux vives et dormantes, moulin d'Ansignatv. 

7. Planorbis cr^statiw. . 
Nautilus custatus. Linné, Syjtema wlurœ. 1758. 
Planorbis çrislatus, Draparnaud, Hist. moll. Fraiu 1805. 

— — Drouet, Enutn.fnott.Fr. cont. 1855. 

UaVitç les environs de Perpigi^n. 

8. Planorbis f on ta nus. 

Hélix fontana. Ligdtfoot in Philosop. tr ans a et. 1786. 
Planorbis complanatus. Draparnaud, Hist. moll. 1805. 
' — ftmtanus. FhtMHimin'Édimboarg Encgc. 181 4. 

— complanatus. Companyo, Hist. nat. P.-0-4865. 

Habite Perpignan et Salses. 

9. Planorbis nautileus. 
Turbo nautileus. Linné, Systema naiurçc. 1 758. 
Planorbis imbricatus. Muller, Vermium hiti&ria. 1774. 

— imbricatus. Draparnaud, Hisl. moll. F. 1805. 

— nautileus. Deshayes ïn Iàmarck. 1838. 

— nautileus. Companyo, Hisl'. ûrtt. P. -Or. 1869f. 

nullité les eaux vives, la poudrière près- de Perpignan, dans 
les fossés vaseux et danfc dcs'mhrcs situées au-dessous du local 
dit mas delà Miséricorde, 1 tenvfrbns'ile' Perpignan. 

10. Planorbis nitidus. 
Planorbis nilidus. Muller, Vamium hiçtoria. 1774. 



Itt 

Planorbis nitidus. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 

— — DroueÏ; ÉMtin. moll. Fr. cent. 1855. 

— — Boukwignat, Mttitic. Bretagne. 1860. 

Habite Perpignan. , , 

11. Planorbis rotundatus. 
Planorbis rotundatus. Poirët, Prod.coq* de l'Aisne. 1801. 

— vortex, var. B. Draparnaud, HisU moll, 1805. 

— leacostoma. Miupr, Moll. Maine-et-Loire. 1 81 3. 
rotaodatus. Bouhguiout, Mal. Bretagne: 1 860. 

— — Companyo, Hist . nat. P.-Or.i 863. 

Habile les eaux vives du littoral, mares ani pied des Albèrcs, 
l'anse de Paulilles, entre Port-Vendres et Banyuls. 

12. Plaaorbis spîrorbia. 
Hélix sptrorbis. Linné, Systerta nalurœ. 1758. 
Planorbis sptrorbis. Muller, Vermium hiHoria. 1774. 

— — Draparnaud, Hist. moll. Fr. 1805. 

— — Companyo, Hist. nat. P. -Or. 1863. 
Varietas minutissima. Salues. , 

Habile les ruisseaux de Tbuir, Canoliés, Toulouges. 

13. Planorbis vortex. 
Hélix vortex. Linné. Syslema nalurœ. 1758. 
Planorbis vortex'. MoiXElt, Vermitàm 'historia . 1774. 

— — DAapaanaodv Hist. moll. tfraticc. 1805. 

— — Companyo, Hist. nat. Ptjr.-Or. 1803. 

Habite les eaux vives dans les prairies d'Àlényu, les fossés de la 
citadelle de Perpignan, Salses, jet les fossés $ur le bord des routes. 

M. le capitaine Michel, naturaliste distingué, ami de Michaud et 
de Companyo, a troirté dans les fossés de la citadelle un Planorbis 
rortex scalaire delà les tours % de spire* allaient en sons inverse. 



ORDO 111. 
Pectinibranchia. 

9« FAMILLE. — PALUDINIDsE. 

Le genre Paludine, établi par Draparnaud en 4805, a depuis 
été divisé et subdivisé. 

En 4821 . Gray créa le genre Bythinia. 
Hartmann le genre Hydrobia. 

En 4828. Flemming subdivisa les Bythinies en formant le 
genre Amnme*. 

En 4844. Pfeiffer les subdivisa encore en établissant le genre 
Paludinella. 
Gould, le genre Amnicola. 

En D'Orbigni désigna sous le nom de Paludestrina les 

paludinelles vivant dans les eaux saumâtres. 

En 4868. Le genre Belgrandia fut créé par Bourguignal, pour 
les espèces très petites, caractérisées par des gonfle- 
ments extérieurs, correspondant à des creux internes . 

1 er Genre. — Paludina. 
N'a pas encore été trouvé dans le département. 

2 e Genre.— Bythinia. 

Bythinia Bourguignati. 
Bythinia Bourguignati. Paladilhb, Miscell. malac. 1889. 

Habite les environs de Perpignan, dans les fossés du jardin 
Picas, au lieu dit jardins de Saint-Jacques. 

3* Genre. — Hydrobia . 

1. Hydrobia diaphana. 
Paludina diaphana. Michaud, Compl. à Drap. 4831 . 



193 

Hydrobia diapbana. Dupuy, Hist. moll. France. 1854. 

— — Paladilhe, Miscell. malac. 1809. 
Habite la fontaine Fouradada. 

2. Hydrobia thermalis. 
Turbo thermalis. Linné, Systema naturœ. 1758. 
— mnricatos. Beudant. 

Bolimos anatinns. Poulet, Prodr. coq. de l'Aisne. 1801 . 
Paludina muricata. Lamarck, Anim. sans vertèbres. 1822. 

4 e Genre. — Amnieola. 

1. Amnieola Emiliana. 

Amnieola eonfusa 1 . Moitessier, Hist. nat. Hérault. 1868. 

— Emiliana. Paladilhe, Miscell. malacolog. 1869. 

.Habite les environs de Salses. Longtemps confondue avec 
\ Amnieola similis. 

2. Amnieola similis. 
Cyclostoma simile. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 
Byihinia meridionalis. Risso, Hist. nat. Eur. mîrirf.1826. 
Paludina similis. Michacd, Comf1, à Drap. 1851. 
Bytbinia similis. Stein Schneck, Berlin. 1850. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1865. 

— — Bourguignat, Moli. de l'Algérie. 1864. 

Habite Salses. * 

J'ai recueilli cette espèce dans des eaux très limpides qui cou- 
lent dans des rigoles, près l'étang de Salses, sur le point où la 
route nationale passe sous le chemin de fer du Midi. Sa couleur 
bleuâtre m'engagea à lui donner le nom de Paludina cerulea, et 
de distinguer deux variétés. 

1 Non Amnieola confina de Fraoofeld, qui est YAm*. simili*. 



Variétés major.' 

Variétés minima, et surtout de signaler une tendance bien 
prononcée à une expansion épidermique, si remarquable sur les 
mollusques du département. 

, - 3. Amnicola sufrproduota. 
Amnicola spiral is. Paladiuie, Nouv. tniscell.malac* I8fà9. 
~ snbproducta. PALAtuurc, Élude mûnograp/i. des 

palud. de France. 1870. 

Habite Salses. 

Cette espèce se distingue de YAmrricùkt analina (assimittea) 
par sa spire et sa forme générale plus élancée; ses tours aplatis 
au milieu. Elle diffère de YAss. emiliana par son ouverture pres- 
que ronde el son mode d'accroissement, de YAss. lanceolata par 
l'aplatissement médian de ses tours et ses sutures presque cana- 
liculées. 

5 e Genre. — Assiminea. Leacb, 1816; Flemming, 1828. 

Assiiiityea juiatina. 
tyeloplouia anaUnum. DtupiAiuiAVD v H^. dcsmoUASOS. 
Paludinawaalina. Kuster, Syst.Gçmh. 1852. 
Amnicola aualina, Fkaiie^blu, Vel de Gatl. amn. 1863. 
Asftûqinea Gallican Pjuladiiufw Mïsçell. malacologiques, 

■ ' P«e37 r pl-2» Bg, 1,6. 1867. 
Amnicola anatina. Paladilpe, Edude malitcologique mi- 
les paludines françaises. 1870. 
Habite Salses. 

La loi d'antériorité nous engage à donner le nom spécifique 
A'Anatim à cette Àssiminée; M. Paladilhe rtous en fait mi devoir, 
quand il dit : c L* Assiminée que nous venons de décrire, est 
« cette espèce que Ton trouve dans presque toutes les collections 
« sous le nom de Oyelostoma analinum Drapurnaud.. » 



125 
6 e GsfiRE. — Paludinella. 

■ • 

X 

1. Paludinella abbreviata. 

Paludina abbreviata. Michaud, CompL à Drap. 1831. 
Hvdrobia abbreviata. Dupuy, Hist. moll. de France. 1851. 
Bvihinia abbreviata. Coupinyo, Uist. nat. P. -Or. 1863. 
Paludinella abbreviaja. Faaapwpli», Verzeich. dernamen 

paM.< 1864. 
— t— Paladilhe, Et. mal. pal. fr. 1870. 

Habile Arles-sur-Tech, Saint-Laurent-de-Cerdans, fontaine de 
la Cabane et au mas Cremadeils. 

2. Paludinella Astieri. 

Hydrobia Astieri. Dcpuy, Hist. moll. de France. 1851. 
Paludinella Astieri. Frauenfél», Vert. nûm. pal. 1864. 

— — Palawlhb, £7. mal. pal. frùnç. 1870/ 

Habite la fontaine saline Fouradada, près Tanlavel. 

3. Patafiuim Jffpyis. 

Cyelo*toma brève. Dm|>awV9, T*bLmo# -Fiance. 1801. 
Paludina brevis. Micuaud, Cv?npl. à Drap. 1831. 
Bjtbinia brevis. Gray, Genre Bythinia. 1821. 
Hydrobia brevis. Dupuy, Hist. des moll. de France. 1851 . 
Paludinella brevis. Frauenfeld, Verz. namen pal. 1864. 

— — Pai*amlii&, Élude mal. pal. fr. 1870. 

Habite le mas de l'OUaslre, près de Tantinel. 

4. Paludinella bulimoidea. 
Paludina bulimoidea. M icqaud , Compl. à Drap. 1831. 
Hydrobia bulimoidea. Dupuy, Hist. moll. France. 1851. 
Paludinella bulimoidea. Frauenfej^, Verzeich der namen 

, . palud. 1864. 



/ 



\ 



126 

Hydrobia bulimoidea. Paladilhe, Miscett. malac. 1867. 
Palodinella bulimoidea. Paladïlhe, Étude sur les palud. 

françaises. 1870. 
Habite les eaux saumâtres de Salses. 

S. Paludinella Companyoi. 
Paludinella Companyoi. Bourguignat, in litteris. 1869. 

— — Paladïlhe, Élude sur les palud. 

françaises. 1870. 

Habite Salses. 

Voisine de la Pal. Regniesi, elle en diffère par sa forme plus 
ovoide, sa spire moins cylindrique, plus conoide, par son som- 
met plus petit et plus obtus. 

*. Paludinella Ferussina. 
Paludina Ferussina. Desmoulins, Bull. Société linnéenne 

de la Gironde. 1855. 
Bythinia Ferussina. Dupuy, MoU. de la France. 1851. 

— — Companyo, Hist. nal. Pyr.-Or. 1863. 

Paludinella Ferussina. Frauenfeld, Neb. g ait. pal. 1865. 

— — Paladïlhe, Etude malacol. sur les 

paludines françaises. 1870. 
Habite Salses, dans les ruisseaux voisins de l'étang. 

7. Paludinella tentaculata. 

Hélix tentaculata. Linné, Système de la nature. 1758. 
Nerita jaculator. Muller, Vermium historia. 1774. 
Cyclostoma impurom. Draparnaud, Tabl. des moll. 1801 . 
Palndina impura. Michaud, Compl. à Drap. 1851. 
Bithynia tentaculata. Gray, Brit. shells. 1840. 
Paludina tentaculata. Dupuy, Hist. moll. de France. 1851 . 
Bithinia tentaculata. Companyo, Hist. nal. P. -Or. 1863. 



427 

Paludinella tentaculata. FrauerteiiD, Vert. nom. pal ASM. 

— — Paladilhe, Et. mal. pahtd. 4870. 

Habite Perpignan, Satees. Très commune et de grosseur très 
variable. 

8. Paludinella Tiridis. 
Bulimus viridis. Poiret, Prod. des coq. de F Aisne. 4801. 
Cyclostoma Tiridis. Draparnaud, Tabl. des moll. 4804. 
Turbo griaeus. Vallot, Liste coq. de la Côte-d'Or. 4804 . 
Bythinia viridis. Gray, Genre byUiinia. 4824. 
Hydrobia viridis. Dupuy, Hisl. des moll. de France. 4854. 
Bithinia viridis. Companyo, Hisl. nat. Pyr. -Orient. 4863. 
Paludinella viridU. Frauekfeld, Ven.dernam.pal.i9M. 

— — Paladilhe, Et. mal. pal. franc. 4870. 

Habite Satat-Paul, Saint-Àntotne-de-Galamus, le pont de la 
Fou, fontaine Fouradada. 

Quelques naturalistes confondent notre Viridis avec YAbbreviata. 
Ce que je puis affirmer, c'est que YAbbreviata de Saint-Laurent, 
la Cabane et Cremadeils est bien plus, allongée que celle de Saint- 
Paul et Fouradada. 

7* Genre. — Paludestrina. 

1. Paludestrina acuta. 
Cyclostoma acotum. Draparnaud, Tabl. des moll. 4801. 
Bythinia acuta. Gray, Genre bytkinia. 4824. 
Palodina acuta. Micbaud, Comf1, à Drap. 4 831 . 
Hydrobia acuta. Dupuy, Hist. des moll. de France. 4854. 
Bithinia acuta. Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 4865. 
Paludestrina acuta. Paladilhe, Étude mal. palud. 4870. 
Varietas allongée. Sa 1 ses. 
Varietas raccourcie. Salses. 
Habite Saint-Paul. Elle est très commune à Salses. 



€28 
2, PaliwUstrina procemla. 
Paludestrina proeerala. Haladilh*, Miscétt. malac. 4869. 
— *— Paladilhb, El. maL paUêdASHi. 

Habite Salses. 

Elle se distingue de lauPoèuéi^ttim tenta par sa taille plus forte 
et par, l'absence presque complète dis perforation ombilicale* 

. , ., ,, . % 8« G eh rjs. — Qdqrwdifi. 

• - • 1 . Belgrandia çikba. 
Cyclosloma gibbum. Draparnaud, Iffci. des mon. t805. 
Bythinia gibbtr. Gray, Genre bythinia. 1821 . 
Paludina gibba. MiCHAub, ^omp/. -à Drop. 1851. 
Hydrobia gibba. Dûpuy, IfcK awtf/ de /*hwa?. 1851. 
Belgrandia gibba. Bourguignat, Utnrcbdtfrandia. 1868. 

Habite la fontaine appartenant à M. Saïnl-Michet , près le 

château de Salses. 

• i • • • 

2. Belgrandia gibberula. 

Belgrandia gibberula. Paladilhe, Miscdl. palud. 1809. 
— — Paladilhe, Et. mal. palud. 1870. 

Habite Salses, vieille fontaine à Test du chdteau. 

Très petite, striée légèrement; Mutant point assez familiarisé 
avec l'étude des mollusques* > avais classé cette espèce comme 
une variété gibbetwe de la B« tnargimia. , , 

3. Belgrandia marginata. 

Paludina marginal?. M [chaud, Compl. à Drap. 1851. 
Hydrobia marginata. Dupuy, Hist. moll. de France. 1851. 
Paludinella marginata. Frauenfeld, iVefc.ctej^.p. 1865, 
Belgrandia marginata. Paladilhe, Et. mal. palud. 1870. 

Habite Salses. . . > 



129 
9 e Genre. — Vabvata. 

1. Vatoata cristata. 

Valvata cristata. Muller, Vermium historia. 1774. 

— planorbis. Draparnaud, Tabl. et hisL des moll. 

de France. 1801 et 1805. 

— cristata. Drouet, Énum. moll. France conl. 1855. 

Habite Salses. Rare à Perpignan. 

2. Valvata piscinalis. 

Nerita piscinalis. Muller, Vermium historia. 1774. 
Cyclosloma obtusum. Draparnaud, HisL des moll. 1805. 
Valvata piscinalis. Férussac père, Essai syst. œnch. 1807. 

— — Companyo, HisL nat. Pyr.-Or. 1865. 

Habite Salses et Perpignan. Commune. 

3. Valvata spirorbis. 

Valvata spirorbis. Draparnaud, HisL moll. France. 1805. 

— — Drouet, Enu. moll. France conl. 1855. 

— — Paiadilhb, Nouv. miscell. malac. 1BGG. 

Habite Perpignan et ses environs. 

10« FAMILLE. — mRITIDJE. 

Genre Nerilina. — Lamarck. 

1. Neritina Bourguignati. 
Nerilina Bourguignati. Recmjz in Revue zoologique. 1845. 

— — Drouet, En. mol. Fran. cont. 1 855 

Habite Salses. Voisine de YInquinata du Portugal. 

2. Neritina fluviatilis. 

Nerita fluviatilis. Linné, Sijslerna nalurœ. 1758. 
— — Muller, Vermium historia. 1774. 

9 



130 

Ne ri ta fluviatilis. Gmelin, Systema naturœ. 1789. 

— — Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 
Nerilina fluviatilis. Lxwlrck^ Hist. anim. sans vert. \8S2. 

— — Michaud, Compl. à Drap. 1831 . 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Habite Salses, la fontaine Estramer. Très commune. Companyo 
l'a trouvée dans les eaux vives desbords de l'Agly, à Saint-Paul- 
de-Fenouillet. 

2e CLASSE. 

ORDO UNIQUE. — LAMELUBRANCHIA. 
A" FAMILLE. — CYCLACW/E. 

1 cr Genre. — Sphœrium. 

1. Sphœrium corneum. 
Tellina cornea. Linné, Systema nalurœ. 1758. 

— rivalis. Muller, Vermium historia. 1774. 
Sphœrium corneum. Scopoli, Introd. ad hist. nat. 1777. 
Cvclas cornea. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 

— — Michaud, Compl. à Drap. 1831. 

— — Companyo, HisL.nat. Pyr. -Orient. 1863. 
Spliicrium corneum. Paladilhe, Miscell. malacol. 4866. 

Habite dans la Basse (rivière) et les ruissaux vaseux des envi- 
rons de Perpignan. 

2. Sphœrium lacustris. 
Tellina lacustris. Muller, Vermium historia. 1774. 
Cyclas calyculata. Draparnaud, Hist. moli. Fran. 1805. 

— lacustris. Moquin-Tàndon, Moli. de France. 1855. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr. -Orient. 1863. 
Habite les fossés fangeux des environs de Perpignan. 



131 

3. Spharium ovale. 

Cyclas lacuslris. Draparnaud, Hist. moll. France. 1805. 

— ovalis. Fémjssàc, Essai méth. n Calai, coq. IjoI-cI- 

Garoiine. 1807. 
Sphserium ovale. Bourguignat, Monngr. dessphœr. 18(M. 
Habite les environs de Perpignan. 

2« Genre. — Pisidium. 
1. Pisidium amnicum. 
Tellina amnicola. Muller, Vcrmium hisloria. 1774. 
Cyclas paltistris. Draparnaud, Tabl. moll. France. 1801. 
Cardium amnicum. Montagu, Test. Bril. 1803. 
Pisidium amnicum. Jenyiss, Monographie cycl. in Tram. 

Cambridge. 1832. 

— — Companyo, Hist. nal. Pyr.-Or. 18G3. 

Habile la vase des ruisseaux à Thuir, Toulouges (Companyo). 
Très rare dans les environs de Perpignan. 

Hourguignal pense que Draparnaud, dans son ouvrage des 
mollusques de la France, a réuni, sous le nom de Cyclas fouit- 
nalis, toutes les petites espèces qui ont été depuis mieux étudiées. 

2. Pisidium casertanum. 
Cardium casertatium. Pou, Test, ulriusq. Siciliœ. 1791. 
Cyclas fontinalis. Nilsson, Moll. 1er. et fl. Sucsciœ. 1822. 
Pcra pulchella. Leach, lirit. moll. syn. 1852. 
Pisidium casertanum. Bourguignàt, Amén. malac. 1853, 
— — Baudois, Essai monogr. des pisid. 

françaises. 1857. 
Cyclas Mouchousii. Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Habite les étangs de la Jasse de Cadi ', près le Canigou. 

1 La Jasse de Cadi, dans la vallée de ce nom, est appelée ainsi parce 



132 

Companyo n'avait pu me communiquer son espèce Cy. Mou- 
chousii, il l'avait égarée après l'avoir décrite comme inédite. Ayant 
eu le plaisir de me la procurer je lui reconnus les caractères du 
P. casertanum. • 

Variétés du Pisidium casertanum. 
Varietas pulchellum. Jenyns, Monogr. des cyclas. 1832. 
Varietas minima. Perpiguan. 
Varietas verdâtre et scalaire. Étangs de Cadi. 

3. Pisidium henslowanum. 
Tellina henslowana. Sheppakt, Soc. linn. Londres. 1823. 
Cyclas appendiculata. Leacii in Turton. 1831. 
Pisidium henslowianum. Jenyns, Mon. des cyclades. iSS3. 

— henslowanum. Moquin-Tandon, Moll. F. 1855. 

— — Baudon, Essai monog. des pisid. 

françaises. 1857. 
Varietas in appendiculata. 

Habite les environs de Perpignan, dans les fossés des fortifica- 
tions. 

4. Pisidium nitidum. 

Cyclas pusilla. Turton, 1851. 

Pisidium nitidum. Jenyns, Monogr. des cyclades. 1832. 

— incerlum. Normand, Monographie des cyclades 

du département du Nord. 1854. 

— nitidum. Baudon, Monog. pis. françaises. 1857. 

— — Companyo, Hist. nat. Pyr.-Or. 1863, 

Le Pisidium nitidum Gassies, Mollusques de l'Ayetiais, 1849, 
doit être rapporté au Pis. casertanum. 

que Ton donne le nom de Jasse à un abri dans lequel les bergers vien- 
nent se réfugier pendant la nuit et autour duquel les troupeaux se grou- 
pent. On appelle étangs ou clots de Cadi les mares ou flaques d'eau qui 
se trouvent dans cette même vallée. 



133 

5. Pisidium obtusale. 

Cyclas obtusalis. Lamarck, Uist. anim. sans vert. 1818. 
Pisidium obtusale. Pfeiffer, DeiUch. moll. 1821. 
Pera gibba. Leacii, Bril. moll. test. 1852. 
Pisidium obtusale. B au don, Monog. pis. françaises. 1857. 

6. Pisidium pusillum. 
Tellina pusilla. Gmelin, Systcma naturœ. 1781*. 

Cyclas fonlinalis. Draparnaud, Uist. moll. France. 1805. 
Pisidium fonlinale. Pfeiffek, DeiUch. moll. 182t. 
Euglesa henslowiana. Leacii, Brit. moll. test. 1832. 
Pisidium pusillum. Jenyns, Monogr. des cydades. 1832. 

— — Bah don, Monoy. pis. françaises . 1 857 . 

— — Companyo, Uist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

7. Pisidium roseum. 
Pisidium roseum. Sciioltz. 

— tctragoDiim. Normand, Cydades du département 

du Nord. 1851. 

— roseum. Baidon, Calai, moll. de l'Oise. 1862. 

Habite lus étangs do Cadi, près le Cuuigou. 

2° FAMILLE. - UNIONWsE. 

1 er Genre. — Anodonta. 

1. Anodonta cygnaea. 

Mytilus cygmeus. Linné, Syslema naturœ. 1758. 

— ccllensis. Gmelin, Systema naturœ. 1781). 
Anodonta éygusea. Draparnaud, Uist. moll. France. 1805. 

Habite plusieurs localités du département. Très rare dans la 
rivière de Ta Tet, les coquilles y sont plus grandes, plus allongées 



134 

que celles qui se trouvent communément aux Gratis d'Argelès- 

sur-Mer, à l'embouchure du Tech. J'en ai recueilli un exemplaire 

vivant, dans les environs de Salses, dans un champ composé 

• d'alluvions, très éloigné de l'étang, et à un mètre de profondeur. 

2. Anodonta piscinalis. 

Mylilus radiala. Miller, Vermium historia. 1774. 
Anodonta anatiua. Draparnaud 1 , llist. moU. Fr. 1805. 

— piscinalis. Nilsson, MoU. ter. fl. Suède. 1822. 

— auatina. Companyo, llist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Habite Argelès-sur-Mcr, embouchure du Tech (les Graus) la 
Basse (rivière), Perpignan. 

3. Anodonta ventricosa. 

Anodonta ventricosa. Dupuy, llist. molt. France. 1855. 

Habite les Graus d'Àrgclès-sur-Mer, où notre confrère, le 
docteur Pcnchinat, l'a trouvée en abondance. 

VAnod. ventricosa de Dupuy diffère trop de Y An. cygnœa, 
pour ne pas la considérer comme une espèce distincte, et non 
''oinmc une variété, ainsi que le lait Drouet; on ne peut non plus 
la confondre avec YAnod. ventricosa de Pfeifier, qui est une 
variété de YAnod. piscinalis. 

2 e Genre. — Unio. 

1. Unio Aleroni. 

Unio Aleroni. Companyo et Massot, fi. Soc. Pyr.-Or. 1 845. 
— — BontGuiGNAT, MolL nouv. Ut. ou peu conn., 

5* Décade, fig. 1.3, pi. 15. 1865. 

Habite les ruisseaux de Thuir, Banyuls-dels-Aspres, la Basse, 
ù Perpignan, la vieille Basse, près Toulouges. 

1 Non Analina Lamarck. 



135 

Lorsque nous avons dédié à notre ami Aleron celte mulet te, 
la ligure que nous avons donnée n'était pas bonne, et la descrip- 
tion se ressentait de notre inexpérience. Aussi je n'hésite pas à 
emprunter à Bourguignat et ses réflexions sur cette mulette 
et la description qu'il en a faite. 

c Cette espèce hispanique est une mulette complètement mécon- 
c nue. Dupuy, dans son Histoire des mollusques, l'a regardée . 
« comme voisine de son Unio rouai, qu'il a à son tour considérée 
« comme une variété de YUnio requiert* de Michaud. 

« Moquin-Tandon (1855) de son côté, tout en la rangeant parmi 
« les variétés de la Requieni, avoue cependant que cette coquille 
« est plus petite, d'une couleur pûle, d'une forme oblongue, 
c presque droite inférieurement, et légèrement dilatée à sa par- 
« tie postérieure. 

« Drouet, dans sa monographie, Unios... France, Bulletin de 
« la Société de l'Aube, 1857, l'éloigné de la variété Roussi, tout 
t en la considérant toutefois comme une autre variété plus petite, 
i plus comprimée et à test plus fragile de VUnio requieni.. Enfin 
< Companyo, en présence de ces assertions, ébranlé dans ses 
c convictions, et n'osant pas conserver une opinion personnelle, 
« classe à regret son espèce, parmi les variétés de YUnio requieni. 

« VUnio Aleroni, bien qu'elle ait élé décrite comme une espèce 
€ française du Koussillon, est une espèce essentiellement hispa- 
c nique, abondante dans toute la Catalogne, notamment aux 
t environs de Barcelone, et dans les cours d'eau près de Valence. 

Description. « Coquille de taille médiocre, oblongue, allongée, 
f assez comprimée, fragile, légère, à valves un peu transparentes, 
« et recouvertes par un épiderme d'un fauve corné, présentant 
c vers la partie postérieure une teinte verdAtre plus ou moins 
« prononcée, suivant les échantillons ; partie antérieure courte, 
t bien arrondie ; partie postérieure allongée, de forme oblongue, 
« paraissant toutefois un tant soit peu rostréc. 

«Bords (cardinal et palléal) presque parallèles; nacre inté- 



136 

c ricure d'un blanc bleuâtre, rarement rosacé, sommets peu 
c proéminents, très aigus, très rapprochés de la partie antérieure, 
< et offrant de fortes rugosités ondulées. Dent cardinale lamclli- 
€ forme, très comprimée, subtrigonale. Lamelle latérale allongée, 
« élevée et bien développée. Ligament exigu, d'une teinte marron.» 

Hauteur 28 millimètres. 

Longueur 56 id. 

Epaisseur 14 id. 

(Bourgugnat, Mollusques nouveaux litigieux ou peu connus, 
5°fasc., 1865, p. 151, pi. X1IL) 

2. Unio Moquinianus. 
Unio Moquinianus. Companyo, Ilist. nat. Pyr.-Or. 1863. 

Habite Banyuls-dols-Asprcs, les ruisseaux de Thuir, la vieille 
Basse près Toulouges, la Basse à Perpignan. 

Malgré tout mon respect pour l'opinion de mon confrère et 
ami Companyo, je ne puis admettre cette espèce comme habitan 1 
le département. 

J'ai souvent exploré l'Agulla de la Mar, et la vieille Basse, 
localités désignées comme habitat de Y Unio moquinianus; j'y ai 
toujours trouvé Y Unio Aîeroni, jamais L. Moquinianus. Je suis 
donc convaincu que Companyo est tombé dans l'erreur qu'il 
redoutait pour les autres, lorsqu'il prévoyait qu'il élail facile de 
confondre ces deux espèces, l'une javec l'autre. 

3. Unio pictorum. 

Mya pictorum. Linné, Systema nalum. 1758. 

Mytilus pictorum. Geoffroy, 1707. 

Unio pictorum. Piiilipps, Nov. test. gène. 1779. 

— — Miller, Vermium historia. 177t. 

— — Drapaknaud, UisL tnott. de France, i 805. 

Habite presque tous les cours d'eau de la plaine. 



131 
4. Unio Requieni. 

Unio Requieni. Compl. à Drap. 183!. 

Habite les eaux douces des fonds vaseux creusés par le Tech, 
non loin de Banyuls-dels-Aspres. 

S. Unio rhomboideus. 

Mya rhomboîdea. Sciioeter, Fluss. conch. 1779. 

Unio liltoralis. Cuvier, 1798. 

— — Draparkaud, Hist. mott. de France. 1805. 

— rhomboideus. Moquin-Tandon, Mott. France. 1855. 

Cette espèce, plus connue sous le nom de Uttoralis, habite 
tous les grands ruisseaux d'arrosage de la plaine. La variété^ 
Tétragona de Michaud est rare. J'ai recueilli dans le ruisseau 
du mas Galîard un exemplaire, monstrueux par l'épaisseur des 
valves. La partie nacrée a 2 centimètres Va- 

6. Unio Pianensis. 
Unio Pianensis. Farines, Bull. Soc. phil. Perpig. 1835. 

Habite, comme Y Unio rhomboideus, les grands ruisseaux d'ar- 
rosage, lïare dans le ruisseau des quatre Cazals et de Malloles, 
inoins rare dans le ruisseau du Vernet et de Pia, où elle a élé 
trouvée pour la première fois; elle est très abondante dans le 
\ieuxlitde la Basse, en amont de Perpignan. Si dans les différents 
ruisseaux l'exemplaire rosé est une exception, dans le lit de 1 1 
vaille Basse l'exemplaire nacré est l'exception, car sur cent Unio 
pianensis y à peine en trouve-t-on cinq du type Rhomboideus. Je 
ferai remarquer seulement que toutes les Unio de cette localité 
ont une forme plus petite, subelliptique et à peine sinueuse. 

ïl est équitable de conserver comme une espèce distincte 
y Unio pianensii, décrite et publiée par notre ami Farines ; elle 
mi est digne bien certainement, par la belle couleur rosée 
'jui onie le nacre des valves, et la teinte cornée de l'animal ; 



138 

les auteurs les plus autorisés ont considéré celte mulette comme 
une variété remarquable seulement. Je regrette de ne pas devoir 
accepter leur opinion. 

7. Unio Turtoni. 

-Unio Turtoni. Payiwudeau, MolL de la Corse. 1826. 

Moquin-Tandon range cette mulette comme une des variétés 
de la Requiem. 

Le docteur Penchinat a trouvé en abondance, dans les eaux 
douces.de l'embouchure du Tech, une mulette qu'il a cru être 
la Turtoni; quelque temps après avoir classé l'Unio du Tech 
sous la dénomination de Turtoni, j'eus occasion de recueillir 
dans le ruisseau dit des Jardiniers, en aval de la promenade 
des Platanes à Perpignan, trois exemplaires d'une mulette qui 
ne me présentaient aucune des formes des espèces trouvées 
dans le département, si ce n'est avec VUnio aleroni. Je les 
inscrivis dans ma collection sous le nom de Unio aleroni varietas 
gigantea. J'eus plus tard l'occasion d'envoyer un de ces trois 
exemplaires à mon excellent confrère et ami le docteur Baudon, 
qui, en me remerciant de cet envoi, m'écrivait: « J'ai reconnu 
« et trouvé dans celte Unio aleroni varielas gigantea, les carac- 
<* lères de YUnio turtoni de Payraudeau. » C'est donc en m'ap- 
puyant sur l'autorité du savant Docteur, que j'ai donné ù celte 
Unio le nom de Turtoni. 



139 



DIFFÉRENCE DE TEMPÉRATURE 

OBSERVÉE A LA VILLE ET A LA CAMPAGNE, A PERPIGNAN, 
Par le Docteur Fines, membre résidant. 



Les études météorologiques vont reprendre proba- 
blement la marche el le développement que l'association 
scientifique de France s'était efforcée de leur imprimer 
dès Tannée 1864. Il m'a paru utile, en ce moment, 
d'appeler l'attention des observateurs sur la nécessité 
de bien choisir l'emplacement que doivent occuper 
les instruments. J'ai voulu rendre cette vérité plus 
frappante en relevant les différences des obser- 
vations ihcrmomélriques faites à Perpignan sur trois 
points peu éloignés les uns des autres, mais dont 
l'exposition est très différente. Ces trois points sont : 

r 

l'Ecole normale, un Jardin de la ville el la Gare du 
chemin de fer. 

M. Béguin, directeur de l'École normale, recommença 
en 1850, dans un local nouveau, les observations qu'il 
ataitdéjà faites de 1836 à 1841 dans une tour élevée 
de ( > 45 au-dessus du sol et placée à 31™ 25 des bords 
de la rive droite de la Basse. 

Lorsque la seconde série fut entreprise, en 1850, 
M. Béguin installa les instruments destinés aux observa- 




> 



/ 



140 

lions météorologiques dans un petit pavillon construit 
sur la toiture de l'École normale actuelle. Ce pavillon 
mesure intérieurement 2 m 35 de côté et a une hauteur 
de 2 mètres ; c'est un carré parfait dont les diagonales 
sont orientées du Nord au Sud et de l'Est à l'Ouest. 
La porte d'entrée se trouve sur la face qui regarde le 
Sud-Est et reste toujours ouverte. Sur les trois autres 
faces se trouvent trois petites fenêtres de 60 sur 72 cen- 
timètres de côté; elles sont munies de jalousies pour 
empêcher l'accès du soleil. 

Les thermomètres sont fixés sur une planchette mobile 
autour de deux pivots plantés sur l'un des montants de 
la fenêtre qui regarde le Nord-Ouest. Ils sont abrités du 
côté du couchant par deux planches éloignées l'une de 
l'autre de vingt centimètres. Au-dessus et à une distance 
de 75 centimètres s'avance un abri en zinc qui protège 
les instruments contre la pluie et le soleil. 

Un thermométrographe de Six, gradué sur planchette 
de cuivre argenté et deux thermomètres, l'un à maxima 
de Ncgretli et l'autre à minima de Rulherforri, tous deux 
gradués sur tige sont fixés sur la planchette. Le thermo- 
métrographe est en observation depuis 1863, les autres 
ont été remplacés suivant les besoins. Nous avons véri- 
fié leur zéro et leur graduation une fois par an et les 
observations n'ont été inscrites qu'après correction. 

Des causes multiples, en dehors de leur position sur 
les toits, agissent plus ou moins directement sur les 
thermomètres. C'est surtout : une cheminée dont l'ouver- 
ture supérieure se trouve a 30 centimètres et à demi- 
hauteur de l'angle Nord du pavillon; le mur d'une maison 
voisine qui dépasse le pavillon de 2 in environ et n'en est 



141 

éloigné que de 3 m 30; la toiture elle-même qui, plus ou 
moins échauffée par le soleil , devient aussi une cause 
d'erreur. 

Presque en face de l'endroit où M. Béguin avait 
d'abord placé ses instruments, je possède sur la rive 
gauche de la Basse un jardin où j'ai installé, en mai 
1870, des thermomètres à maxiraa et à minima et un 
psychromèlre. Ils sont tous gradués sur tige et construits 
par Baudin. Je les ai placés à 1 m 50 au-dessus du sol et 
à un mètre en avant d'un mur élevé et tournés vers 
le Nord. Le jardin a une contenance de 165 mètres 
carrés, il est fermé au Nord et au Sud par les murs 
des maisons voisines, à l'Ouest par un mur de clôture 
haut de 3 mètres et à l'Est par une simple palissade 
en roseaux. 

Ici l'obstacle le plus important est constitué par les 
maisons voisines et surtout par le mur élevé qui domine 
les instruments d'une hauteur de trois étages. 

Je fais moi-même la lecture des thermomètres le 
matin à 9 heures ou je la fais faire en cas d'absence. 

En 1866, je plaçai à la gare dans une boite de trop 
petite dimension et protégée par des jalousies contre le 
soleil et la pluie, des thermomètres que j'ai observés 
josqu'en décembre 1871. Frappé des inconvénients du 
mauvais abri que j'avais adopté, j'installai au mois 
de septembre 1869 de nouveaux thermomètres sous 
on nouvel abri, ce sont ceux qui servent seuls, en 
ce moment, aux observations que je continue à la 
gare. 

Ce dernier abri est constitué par deux plans en bois, 
parallèles, éloignés l'un de l'autre de dix centimètres et 



142 

inclinés au Sud de 30°. Le plan supérieur a on mèlre 
carré, l'inférieur n'a que qualre-vingt centimètres; ils 
sont maintenus l'un et l'autre par deux poteaux solide- 
ment Qxés dans le sol. Les faces qui regardent le ciel 
sont peintes en gris, et celles qui regardent la terre 
sont peintes en noir. Les instruments se trouvent au 
niveau de l'arête inférieure de l'abri et h une distance 
de 1 m 50 du sol, qui est gazonné. Une double cloison, 
dont les parois sont éloignées l'une de l'autre de dix 
centimètres, est vissée sur la face extérieure des poteaux 
et empêche le soleil levant et le soleil couchant d'arriver 
jusqu'aux thermomètres que je dois encore protéger, 
pendant l'été, au moyen d'un écran mobile piaulé en 
avant. Enfin pour soustraire ces instruments aux mains 
curieuses ou malveillantes, la Compagnie des chemins 
de fer du Midi a bien voulu fermer avec une clôture 
en bois, peinte en vert, le jardin dont elle me donne 
la jouissance, et je les ai placés dans une petite boite 
de soixante sur trente centimètres de côté, dont les deux 
faces sont fermées par un treillage en fil de fer mince 
et à larges mailles. 

Les observations ont été faites sous les deux abris, 
tous les jours et k 9 heures du malin, par M. Martin, 
ancien capitaine d'artillerie, actuellement commissaire de 
surveillance administrative à la gare de Perpignan. 

Cette double lecture nous permettra d'étudier 
l'influence des abris et l'erreur d'observation qu'ils entraî- 
nent. 

Dans mon jardin et à la gare les thermomètres obser- 
vés sont pour chaque poste 2 maxima, un Negretti et un 
Walferdin à bulle d'air, et 2 minima de Rulherford, tous 



143 

construits par M. Baudin et gradués sur tige. Je crois 
devoir recommander aux observateurs cette précaution 
de doubler les instruments ; il est vrai qu'on peut en 
briser deux fois plus, mais non-seulement on a la chance 
de ne pas interrompre les observations s'il survient un 
accident à l'un d'eux, mais on peut ainsi faire des obser- 
vations exactes. En effet, il arrive que les instruments 
les mieux construits fournissent à un moment donné 
de fausses indications ; celles-ci sont alors tellement 
exagérées que l'erreur devient évidente et que l'on peut 
inscrire avec toute assurance celles qui sont fournies par 
l'instrument qui a bien marché. 

Les thermomètres sont placés k 1 m o0 au-dessus du 
sol, qui dépasse le niveau de la mer de 33 mètres dans 
mou jardin et de 38 mètres à la Gare. Ceux de l'École 
normale se trouvent à 12 mètres au-dessus du sol, élevé 
lui-même de 33 mètres. 

Le tableau suivant reproduit les différences de tempé- 
rature observées entre les diverses stations; nous ne 
prendrons, toutefois, comme termes constants de com- 
paraison que les observations faites à l'École normale et 
à la Gare sous le nouvel abri. Nous pourrons ainsi com- 
parer entr'elles les moyennes des températures extrêmes, 
celles des maxima et celles des minima observées aux 
différentes saisons et pendant toute l'année. 



144 

DIFFÉRENCES MOYENNES 

DES TEMPÉRATURES EXTRÊMES OBSERVÉES A PERPIGNAN, 
SUR TROIS POINTS DIFFÉRENTS. 



TEMPÉRATURES 

EXTRÊMES 
OBSERVÉES. 



Moyennes 

des maxima. 



Moyennes 
des minima. 



Moyennes 
des maxima 
et minima. 



PÉRIODES 
des 

OBSERVATIONS 

Hiver 

Printemps. 
Été...... 

Automne.. 

Année 

Hiver 

Printemps. 

Été 

Automne. . 

Année.*. . • 

Hiver 

Printemps. 
Été 

Automne.. 

Année .... 



Température 
obstinée 

à 

l'école 

Normale. 



11<>33 

20oG4 
29<>3f> 
2M9 

20o63 



3<>61 
10°G0 
18*02 
11Q34 



IO088 



7<>4G 
45°60 
23°74 
16*26 

15o76 



DIFFÉRENCES 

observées entre l'école normale tt 



GARE 



Ancien 

abri. 



+ 0°54 

— Oo3i 

— <H)t 
+ 0o54 



+ 0ol9 



0°98 
lo50 
1<>47 
0«99 



— 1<>23 



0°26 
0°83 
0o79 
0o25 



0°53 



Nouvel 
abri. 



4.0»35 

— 0°09 
— <M4 
+ 0°46 



+ 0*14 



1°30 
1°65 
1<>34 
1°16 



— lo36 



0°47 
0>85 
0°79 
0o36 



— :o°6i 



JARDIN. 



— 1O30 
— 1°01 

— InGO 

— i°47 



— lo35 



<K>3 
■8"69 
O>30 
0°39 



-0o50 



0°97 
0°83 
0°77 
0°96 



O088 



La température moyenne annuelle, d'après la demi- 
somme des températures extrêmes observées à Perpignan 
sous le nouvel abri de la Gare et à l'École normale, est 
plus élevée de 0°61 a l'École normale. Elle est plus éle- 
vée de 0°88 sur ce point que dans mou jardin ; la diffé- 
rence sons les deux abris n'est que de 0°08. 

Les maxima de température observés aux diverses 



145 

stations et aux différentes époques de Tannée sont plus 
bas qoe ceux de l'École normale, excepté les maxima de 
la Gare, pendant l'hiver et l'automne. Nous trouvons en 
effet que pendant ces deux saisons les thermomètres de 
la Gare accusent un excès de chaleur. La déclinaison du 
soleil en est la seule cause. Les thermomètres de la Gare 
sont influencés de la même manière aux diverses saisons. 
Ceux de 1'Éccle normale, au contraire, sont beaucoup 
plus directement échauffés pendant le printemps et l'été 
qoe pendant l'automne et l'hiver ; aussi nous trouvons 
que les maxima de la Gare présentent un excès de 0°46 
et 0°35 pendant ces deux dernières saisons, et un excès 
moyen de 0°14 pour toute l'année. 

La moyenue des maxima observés sous l'ancien abri 
de la Gare est plus élevée que celle du nouveau de 0°05 
seulement; cette différence est insignifiante, et nous 
aurions cru devoir la trouver beaucoup plus importante. 

Les thermomètres a maxima placés dans mon jardin, 
qui reçoit les rayons du soleil pendant moins de temps, 
sont toujours beaucoup plus bas et donnent une moyenne 
inférieure de 1°35, comparés à ceux de l'École normale. 

La moyenne des minima de la Gare est inférieure de 
i°56 à celle de l'École normale. Les plus grandes diffé- 
rences s'observent au printemps (1°65) et en été (1°34) ; 
et les plus petites en hiver (1°30) et en automne (1°16). 
C'est donc au moment où le ciel est le plus pur et l'air 
le plus calme que Ton voit les plus grands écarts de 
température entre la ville et la campagne. Nous avons 
alors des différences qui vont jusqu'à 4°4. Cela tient à 
ce que les thermomètres de la ville sont plongés durant 
la nuit dans une atmosphère plus ou moins vaporeuse, 

10 



146 

échauffée par le rayonnement des murs qui rendent très 
lentement la chaleur du soleil qu'ils ont reçue pendant 
le jour, et sont de plus échauffés par la combustion du 
gaz, le chauffage des cheminées, la respiration et la vie 
de milliers d'hommes et d'animaux, etc. Ces différentes 
nous permettent d'expliquer les pernicieux effets de la 
lune rousse sur la végétation, et nous montrent pourquoi 
certaines récoltes souffrent lorsque cependant les ther- 
momètres de l'intérieur de la ville ne marquent qu'un 
faible degré de froid. 

Les plus grands écarts que nous ayons constatés se 
sont produits après les chutes de neige que nous avons eu 
en 1869, 1870 et 1871. Depuis que nous sommes entrés 
dans la période de froid quarardainaire^ nous avons vu 
chaque année ce phénomène, auquel nous n'étions pas 
habitués à Perpignan. 

Une quantité de neige assez abondante est tombée 
trois fois dans trois années consécutives, et a occasionné 
des froids très rigoureux qui ont compromis ou tué le 
plus grand nombre de nos orangers et des arbres que 
nous croyons parfaitement acclimatés. C'est alors que 
nous avons eu des différences de 5 et 6 degrés entre 
l'École normale et la Gare: le 27 janvier 1870, la 
première station donnait un minimum de — 4°, et le len- 
demain — 6°, tandis que nous lisions — 10° et — 11° a la 
seconde. Pareil fait s'est reproduit encore le 9 décembre 
1871 : le minimum de l'École normale n'était que de 
— 4°5, tandis que celui de la gare descendait k — 9°5. 

Ces fortes différences s'expliquent facilement par 
réchauffement continu de la ville, qui représente un 
véritable foyer de chaleur; à son pourtour, l'air plus 



147 

froid qui arrive de l'extérieur condense les vapeurs qui 
embrument l'atmosphère, lui voilent le ciel, et diminuent 
ainsi le rayonnement nocturne, qui se fait en rase campa- 
gne avec d'autant plus d'activité que le pouvoir rayonnant 
de la surface de la neige y contribue puissamment. 

La construction différente des deux abris placés à la 
Gare, ne permet pas au rayonnement direct des thermo- 
mètres de se faire avec une égale liberté sons chacun 
d'eox. L'ancien abri préservait les instruments du rayon- 
nement direct dans tous les sens, puisqu'ils étaient 
contenus dans une boite fermée par des jalousies. Le 
nouvel abri, au contraire, permet le rayonnement direct 
dans tons les sens, excepté vers le zénith. La différence 
des températures observées sous chacun d'eux nous 
donne le refroidissement occasionné par le rayonnement 
direct dans tous les sens, excepté au zénith. Cette diffé- 
rence n'a été, pour les deux dernières années, que de 
0°15 à la gare de Perpignan. 

Il nous reste encore à étudier les écarts des tempéra- 
tures extrêmes observés sur les divers points ; nous les 
avons reproduits dans le tableau suivant : 

ÉCARTS DES TEMPÉRATURES EXTRÊMES 

OBSERVÉS A PERPIGNAN. 



PÉRIODES 
OBSERVÉES. 


ÉCOLE 
NORMALE. 


GA 

Ancien abri. 


RE 
Nouvel abri. 


JARDIN. 


Hiver. 


7o72 
10°04 
I1°3i 

9°88 


9*2 i 

11023 
12°80 
11°41 


9o37 

lloGO 
12«5i 
11 o50 


.7-13 
9*76 
9*70 
7oG3 


Eté 


* 
Aulloft ••■••••« 


9o75 


liol7 


11 «25 


1 8o57 I 



• 148 

Avant de passer à l'élude du tableau précédent, il nous 
parait utile d'expliquer ce que Ton doit entendre par 
écarts de température. 

V écart des températures extrêmes est la différence qu'il 
y a entre les maxima et les minima de chaque jour, de 
chaque mois, de chaque saison ou de chaque année. 
Ainsi, nous avons déjà trouvé que la moyenne des 
maxima observés a l'École normale, pendant l'hiver, était 
de 11°33, la moyenne des minima au même lieu étant 
de 3°61, l'écart des températures extrêmes se trouve 
être de 7°72 ainsi que je l'ai marqué ci-dessus. 

Ce nombre de 7*72 représente Yécart moyen, c'est la 
différence entre les moyennes des températures extrêmes 
et non pas la différence absolue qu'on observe entre le 
jour le plus chaud et le jour le plus froid d'un mois. Cet 
écart absolu serait beaucoup plus fort et atteindrait de 
20 à 21 degrés, mais ses effets sur les divers organismes 
sont lents et progressifs et par conséquent peu dangereux. 

Les écarts diurnes des températures extrêmes sont les 
plus importants, à cause de l'action immédiate qu'ils 
exercent sur les êtres organisés. Nous sommes beaucoup 
plus impressionnés, en effet, par le passage brusque 
d'une journée chaude à une nuit froide qui la suit, 
que par la chaleur qu'il peut avoir fait huit ou quinze 
jours avant une journée très froide. La variation brusque, 
instantanée ou très rapide de la température, éprouve plus 
ou moins fortement les corps organisés et devient dan- 
gereuse pour eux , à cause des modifications qu'elle 
apporte dans les solides, les liquides et les gaz qu'ils 
renferment. Ces influences amènent, malgré les réactions 
vitales, un changement et une perturbation dans l'affinité 



149 

moléculaire des corps organises à laquelle ils ne résistent 
pas toujours. 

Le dernier tableau nous montre que les écarts divers 
de température sont d'autant plus forts, que les thermo- 
mètres sont mieux et plus librement exposés. La diffé- 
rence entre les maxima et les minima observés dans mon 
jardin ne s'élève qu'il 8°57; celle de l'École normale est de 
9°75 et celle de la Gare, sous le nouvel abri, atteint 1 1°25. 

L'exposition des instruments dans la direction des 
vents dominants est aussi une des causes des différences 
de température que nous observons. 

L'École normale est située vers le Sud-Est de la ville, 
tandis que la Gare se trouve à l'Ouest et à une distance 
de 800 mètres de la partie des remparts la plus rap- 
prochée. Comme les vents dominants viennent du Nord- 
Ouest, la première station reçoit l'air qui se chauffe en 
traversant une longue zone de la ville avant d'arriver 
jusqu'à elle, et ses thermomètres donnent une tempéra- 
turc trop élevée surtout en hiver. La Gare, au contraire, 
est située assez loin et à l'Ouest de Perpignan; l'air 
arrive en pleine liberté sur les instruments qui y sont 
eiposés, excepté quand il souffle de l 'Est-Sud-Est, princi- 
palement en été, pendant le jour. Alors la couche d'air 
qui vient sur les thermomètres doit traverser la ville, 
mais il ne s'échauffe pas parce qu'il y arrive après s'être 
déjà échauffé en passant sur l'étendue de terre de douze 
kilomètres qui nous sépare des bords de la mer. 

La différence de niveau des thermomètres de l'École 
normale et de la Gare est de 12 mètres environ. Le 
décroissemeut nocturne de la température dans les cou- 
ches inférieures de l'atmosphère doit Taire baisser la 



150 

colonne thermométrique de la Gare. M. Ch. Martins a 
trouvé que l'hiver, pendant les nuits sereines, le décrois- 
sèment de la température dans le voisinage du sol, c'est- 
à-dire entre m 05 et 2 mètres, est très rapide, en 
moyenne de 0°66 par mètre, et il atteint quelquefois 
1°1 par mètre. La limite de cet accroissement est habi- 
tuellement supérieure à 50 mètres, et l'élévation de la 
température à Montpellier et par un ciel serein a été de 
1° pour 9 mètres en moyenne et de 1° pour 46 mètres 
par un ciel couvert (1). 

Une cause d'erreur aussi importante ne doit pas être 
négligée lorsqu'on installe des thermomètres, et les séries 
météorologiques ne seront comparables que si les stations 
sont semblablement disposées et les instruments placés a 
la même hauteur au-dessus du sol. 

La demi-somme des températures extrêmes a été de 
15°76 à l'École normale et 15°15 à la Gare, pendant les 
années 1870 et 1871; la moyenne des six dernières 
années (1866 à 1871) est de 10 08 pour la première 
station et de 15°45 pour la seconde. C'est une différence 
de 0°02 entre les moyennes des deux périodes. La der- 
nière, qui est la plus longue, est probablement celle qui 
se rapproche le plus de la vérité, et nous pouvons dire 
que les thermomètres de l'Ecole normale marquent en 
moyenne 0°65 de plus que ceux de la Gare. 

Huit observations trihoraires équidislanles ont été faîtes 
chaque jour à l'École normale de Perpignan pendant trois 
ans (1866 a 1868); si nous prenons leur moyenne comme 
l'expression de la température vraie pendant les vîngt- 

(1) Ch. Martins. — Sur l'accroissement de la température avec la hau- 
teur dans les couches inférieures de l'atmosphère. Montpellier, 1861 , p. 25. 



151 

quatre heures, nous trouverons que la demi-somme des 
températures extrêmes est trop élevée de 0°41 . 

C'est donc en tout une valeur de 1°04 que nous 
devons retrancher de la température moyenne, d'après les 
maxima et minima diurnes de l'École normale, si nous 
voulons connaître la température moyenne vraie de la cam- 
pagne à Perpignan. Celle-ci, calculée d'après les moyennes 
des vingt dernières années, ne serait que de 14°ll. 

De l'élude que nous venons de faire il résulte : 

1* Que la température moyenne annuelle, d'après la 
demi-somme des températures extrêmes observées à Per- 
pignan, est de 0°61 plus élevée à l'École normale, placée 
dans la ville, qu'à la Gare du chemin de fer, qui se trouve 
à 800 mètres en dehors de la partie la plus rapprochée 
des remparts; 

2° Que les maxima de température observés à la Gare 
dépassent ceux de la ville de 0°46 pendant l'automne et 
de 0°35 pendant l'hiver; au printemps, ils sont plus bas 
de 0°09 et en été deO°U; 

3° Que les minima tb température de la Gare sont en 
moyenne de 1°36 plus bas que ceux de la ville. La 
différence arrive assez souvent à 4°, surtout pendant les 
nuits calmes et sereines du printemps, et peut atteindre, 
dans des circonstances exceptionnelles, jusqu'à 6 degrés; 

4° Que la moyenne annuelle des écarts des tempéra- 
tires extrêmes diffère de 1°50 entre la Gare et l'École 
normale et de 2°68 entre la Gare et un jardin de la 
ville situé près des bords de la Basse ; 

5° Que la température de la campagne à Perpignan, 
toutes corrections faites, et calculée d'après la moyenne 

des vingt dernières années, ne dépasse pas 14°ll. 



152 



DES FROIDS DE DECEMBRE 1871 A PERPIGNAN. 

Par le Docteur Fines, membre résidant. 



Le mois de décembre 1871 a été froid, humide cl assez 
calme. La température moyenne de ce mois , déduite des 
maxima et des minima observes pendant vingt années à 
l'École normale (1850 a 1869), est de 8°57, tandis que 
celle du mois de décembre 1871 n'est que de 4°67. Le 
froid qui, pendant la première quinzaine, a sévi sur une 
partie de la France est arrivé jusqu'à nous, et nous l'avons 
ressenti principalement du 8 au 15. La température 
moyenne de cette première quinzaine n'est que de 0°97, 
tandis que celle de la seconde est de o°69. 

Le 8 décembre, le temps avait été calme, frais et 
humide jusqu'à dix heures et demie du matin; en ce 
moment, la neige commença à tomber a moitié fondue, 
et depuis onze heures trois quarts jusqu'à deux heures 
du soir elle tomba épaisse et à gros flocons; alors elle 
devint petite et rare et elle cessa de tomber à deux heures 
et quart. 

La couche de neige tombée en trois heures et trois 
quarts avait une hauteur de 9 centimètres, et, fondue 
naturellement dans l'entonnoir du pluviomètre de la gare, 
elle nous a donné une quantité d'eau équivalente à une 
hauteur de 10 nim 3. Après avoir fait fondre soigneusement 



153 

la neige restée dans l'entonnoir du pluviomètre placé sur la 
terrasse de la maison que j'habite, j'ai trouvé une hauteur 
d'eau de 15 mm 9; la fonte naturelle dans le récipient de 
l'École normale n'avait donné que 6 mm 9. La moyenne 
de ces» deux dernières hauteurs est de 10 mm 4, exactement 
celle que nous avons eue a la gare, où le pluviomètre se 
trouve exposé b bien moins d'influences perturbatrices. 

Les deux journées les plus froides du mois suivirent 
cette chute de neige: les moyennes du 9 et du 10 sont 
— 2»8 et — 1°9. Dans la nuit du 9 au 10 il y eut, en 
rase campagne, — 9°4; en ville, dans un jardin où je 
fais des observations régulières, — 5°1, et à l'École nor- 
male, — 4°o. Un thermomètre à minima placé sous la 
neige ne descendit pas, pendant la nuit, au-dessous de 
— 2°3. Le lendemain le froid fut plus intense : a la gare 
feus —10°, dans mon jardin —7°, et k l'École normale 
on marqua aussi —7°. Du 11 au 15 décembre, le froid, 
bien qu'assez vif, fut moins rigoureux et le thermomètre, 
qui le 15 descendait encore à — 6°8 à la gare, ne des- 
cendait pas le 16 au-dessous de + 0°8. La période de 
froid venait de passer 

La moyenne des minima observes en rase campagne 
pendant sept jours consécutifs, du 9 au 15, a été de 
-«*41 . 

Cette température rigoureuse, à laquelle trois hivers 
successifs d'un froid exceptionnel ne nous avaient pas 
habitués, a agi énergiquement sur notre organisme 
et a éprouvé surtout les vieillards. Les plantes, généra- 
lement protégées par la couche de neige tombée le 
8 décembre, ont été préservées, et les arbres seuls, qui 
n'étaient pas abrités contre le froid, ont pu souffrir. 



154 

Sous l'influence du froid humide, les maladies des 
organes respiratoires sont devenues graves, surtout pour 
les vieillards. Les bronchites, les pleurésies et les pneu- 
monies ont été très nombreuses ; ces dernières ont occa- 
sionné pendant le mois de décembre treize décès, et 
l'âge moyen des décédés est de 63 ans. 

La mortalité générale a été assez forte. Dans la ville 
seulement, non compris les hôpitaux, la moyenne men- 
suelle, qui pour les trente dernières années est de 50, 
a été de 67 pour le mois de décembre 1871. Ce nombre 
se répartit de la manière suivante pour les différents 
âges : 

OAlan, 115, 5 à 10, 10120, 20430, 30 à 40, 40 à 50, W à 60, 60à70, 70180, 80 à 90 

8, 3, 3, 3, 2, 2, 3, 9, 14, 13, 7. 

On voit combien la mortalité a été plus forte aux âges 
extrêmes de la vie ; de h 1 an et de 50 à 90 ans, nous 
trouvons 51 décès, tandis que, de 1 \ 50 ans, nous n'en 
trouvons que 16. 

Nous avons dit que les plantes, protégées par la cou- 
che de neige, avaient peu souffert; les arbres, au con- 
traire, restés exposés au rayonnement nocturne, qu'aug- 
mentait encore le rayonnement de la neige, se sont 
ressentis du froid rigoureux auquel ilsont été soumis. 

D'après les observations faites par M. Labau, sous- 
directeur de la Ferme-École de Germainville, qui n'est 
éloignée de Perpignan que de dix kilomètres, quelques 
vignes paraissent avoir beaucoup souffert; celles qui sont 
situées dans les bas-fonds ont particulièrement payé leur 
tribut aux derniers froids; presque tous les boutons 
inférieurs des sarments ont été atteints plus ou moins 



155 

gravement, mais ce ne sera guère que vers la fin du 
mois de mare, que nous pourrons juger exactement 
la gravité des dommages que les derniers froids peu- 
vent avoir occasionnés aux viticulteurs. 

Pour bien me rendre compte des effets produits par 
le froid, j'ai visité quelques-uns des jardins où sont 
plantés, en pleine terre, quelques espèces acclimatées 
dans notre pays. 

Certaines espèces ont bien résisté : Agave amcricana, 
PiUosporum sineusc, Nerium oleander (les jeunes sujets 
ont eu leurs feuilles roussies, les plus âgés n'ont pas du 
tout souffert), Cryplomeria japonica, Eriobolrya japo- 
nica, Erythrina cristagalli, Stillingia sebifera^ Bambusa 
mitis, Bambusa nigra, etc. 

D'autres ont eu leurs feuilles roussies : Nerium olean- 
der (les plus jeunes), Orangers, Imutus camphora, Phor- 
mium tcnaX) Mdianihus major, Arundinaria falcata, 
Bambusa gracilis, etc. On peut admettre que les feuilles 
des parties les plus élevées ont été roussies par le vent 
plutôt que par le froid. Les feuilles les plus basses, en 
effet, n'ont pas été touchées, et, cependant, le froid est 
toujours plus intense à mesure qu'on se rapproche du sol 
dans les couches inférieures de l'atmosphère. La partie 
supérieure des arbres est plus exposée au vent, et c'est 
de lui que nous paraissent dépendre les effets observés. 

Les Opuntia inermis, incomparablement plus rustiques 
que les Opuntia ficus indica, ont été bien touchés dans 
les endroits exposés au vent du Nord, et leurs dernières 
pousses ont été atteintes. Les Opuntia ficus indica, 
même protégés par des murs ou des reliefs de terrain, 
ont plus ou moins souffert. 



156 

Quelques arbres ont perdu leurs pousses les plus 
jeunes ; Acacia dealbata, Eucalyptus globulus, Limoniers, 
Cédratiers , Pompelmoussiers, etc. 

V Acacia dealbata est plus rustique que Y Eucalyptus, 
et ce dernier Test plus que les Limoniers. Les deux 
premiers ont plus souffert chez M. Jaume, parce que le 
sol de sou jardin est humide et qu'ils ne sont pas du 
tout protégés contre le froid. Malgré cela des jeunes 
Acacia dealbata et des Eucalyptus globulus, qui attei- 
gnent une hauteur de douze à quinze mètres, ont résisté 
à un abaissement de température qui, pendant huit jours 
consécutifs, a été en moyenne de — 5°66 à la campagne, 
aux environs de Perpignan. 

Chez M. Garrette, les orangers n'avaient pas perdu 
toutes leurs feuilles malgré la rigueur des deux derniers 
hivers; ils ont été complètement dépouillés celte année; 
de plus, les fruits, qui pendant ces mêmes années 
s'étaient conservés sur leurs branches, ont été gelés 
cette année, et cependant le temps a été beaucoup plus 
calme et le froid n'a guère été ni plus long ni plus intense 
qu'au mois de janvier 1870 (, >. 

M. Naudin est convaincu que tous ces arbres, palissés 
sur des murs plus hauts qu'eux, résisteraient probable- 
ment à tous les froids de notre pays, à moins qu'ils ne 
fussent plantés dans un sol bas et humide. 

Ces remarques sont bien plus importantes , parce que 
l'un de ces arbres, Y Eucalyptus globulus, réussit peu 
dans le midi de la France, même à Montpellier, et ne 
se développe sans dommages que dans les environs de 

(1) Voir les Nouvelles météorologiques, juin 1870, page U4 : Compa- 
raison des hivers de 1867-1868 et i869-i870, à Perpignan. 



157 

Nice. Les succès obtenus en médecihe par l'usage des 
feuilles de cet arbre le rendent d'autant plus précieux 
que son bois est aussi excellent pour les constructions ; 
ce double motif devrait donc pousser à le propager le 
plus possible. 

Très peu d'arbres sont morts jusqu'au ras du sol. 
Nous avons vu néanmoins, chez M. Jaume, un bananier 
et un Acacia dealbaia entièrement morts; un Livùlona 
sinensis est aussi tout-à-fait perdu. 

Le bananier, plante essentiellement tropicale, ne peut 
guère s'acclimater ici. Dans l'angle d'un mur bien exposé 
au midi, il peut, sans beaucoup souffrir, traverser les 
hivers doux, et nous l'avions vu chez M. Jaume résister 
jusqu'à présent. D'autres plantes tropicales seraient dans 
le même cas, mais la culture en est trop modifiable par 
les soins de l'horticulteur pour fournir des données utiles 
à la climatologie. Leur succès prouverait mieux l'habileté 
et la prévoyance du jardinier que la douceur du climat. 

Nous croyons devoir attribuer la perte de V Acacia et 
du Livistona au défaut d'abri et à l'humidité du sol. 

Les Chamœrops exelsa résistent à des froids de seize 
et dix-sept degrés et ne peuvent avoir souffert ici. Les 
Chamœrops humilis, bien moins rustiques, ont été rôtis 
chez M. À. Jaume parce qu'ils avaient les pieds dans 
l'eau. Les feuilles du magnifique Phœnia daclylifera de 
M. Garrette ont été brûlées ainsi que celles d'un jeune 
Jubœa spectabilis. Quatre palmiers-dattiers et un Jubœa y 
tous très jeunes, plantés à la gare en rase campagne sur 
un sol très sec et sans abri, ont bien résisté. 

Quelques tiges A 1 Acacia dealbata, hautes de quatre à 
cinq mitres, furent courbées par la neige et maintenues 



158 

appliquées contre le soi, dans l'eau, sous une couche de 
glace; elles vonl fleurir et n'ont pas du tout souffert, 
tandis que les pousses semblables qui sont restées droites, 
exposées au froid, ont eu toutes leurs feuilles roussies. 
Bien que le froid très intense eut peu duré chaque 
jour, certains arbres ont évidemment souffert, peut-être 
parce que les deux derniers hivers les avaient déjà cruel- 
lement éprouvés. Le mal peut ne pas être très grand 
cette année, mais il faut attendre encore pour apprécier 
exactement les effets qu'il a produits. 



Nous avions écrit la note précédente le 9 février 1872. 
Le 18 mars nous avons parcouru de nouveau les jardins 
avec M. Ch. Naudin, membre de la section de botanique de 
l'Académie des Sciences de Paris; je les ai revus le 12 
juillet. 

Nous avons constaté que chez M. Robin, dont la pro- 
priété se trouve dans un fonds plus bas de quatre mètres 
que le remblai du chemin de fer, les Viburnum tinus, 
les Viburnum anafuski, les Eriobotrya japonica, les 
Podocarpus nerii folia, les Laurus nobilis et les Nerium 
oleander, âgés de quelques années, n'avaient pas du tout 
souffert des rigueurs du froid. 

Les Myrtes à petites feuilles, les jeunes Lauriers francs, 
les Viburnum suspensum ont eu leurs jeunes branches 
gelées, parce qu'ils sont plantés dans un terrain bas et 
trop humide, par conséquent plus froid. Dans le voisi- 
nage, sur des points élevés, ils n'ont pas souffert. 



159 

Les Iris?... d'Alger, ont eu leurs feuilles roussies, niais 
ils ont bien résisté et fleurissent ; les Evonymus fimbriata 
ont eu leurs jeunes pousses mortes. 

Les Acacia dealbata et les orangers avaient été 
emportés par les froids dés dernières années ; les Cassia 
corymbasa 9 qui avaient résisté en pot et en pleine terre, 
sont morts cette année. 

Chez M. Jaume et chez M. Garrette nous avons cons- 
taté l'exactitude des observations que nous avions faites 
el que nous avons consignées ci-dessus» Nous devons 
bien noter cependant que les Eucalyptus globulus de 
M. A. Jaume, sur lesquels nous fondions de si belles 
espérances, sont morts jusqu'au ras du sol; quelques 
pousses s'élèvent à peine de leur pied. M. Jaume est 
décidé à les arracher pour les replanter, sachant bien 
que, dans quatre à cinq ans, ces arbres d'une rapide 
venue auront atteint une auteur de dix à douze mètres 
et résisteront très probablement aux froids de nos hivers, 
pourvu que le sol qui doit les alimenter ne soit pas trop 
humide et qu'ils soient un peu abrités contre le vent. 

A Rivesaltes, distant de Perpignan de neuf kilomètres 
et placé dans les mêmes conditions de température, 
M. Passama possède six eucalyptus, âgés de sept ans, 
qui n'ont eu que quelques feuilles roussies et sont très 
beaux en ce moment. Nous pouvons donc et nous de- 
vons encourager l'acclimation de cet arbre qui peut nous 
être d'une grande utilité. 

Nous craignons que le magnifique Palmier-dattier de 
M. Garrette, qui avait déjà beaucoup souffert des hivers 
précédents, ne soit lout-à-fait perdu. Cet arbre avait résisté 
aux hivers des quarante dernières années, non-seulement 



160 

parce que ceux-ci avaient été moins rigoureux que les 
trois derniers que nous venons de passer, mais encore 
parce qu'ayant dépassé l'abri que lui faisait le pavillon 
voisin, toute la partie supérieure, la plus impression- 
nable, se trouve exposée au vent du Nord-Ouest, par 
conséquent au refroidissement que produit une évapora- 
lion très active. Cet arbre, déjà bien malade, périra donc 
un jour ou l'autre, lors même que les froids seraient 
moins rigoureux que ceux auxquels il a résisté, car les 
anciens abris qui le protégeaient autrefois ne sont pas 
maintenant assez élevés pour le garantir du vent et du 
froid. 



461 



HISTOIRE NATURELLE 

« 

DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ORIENTALES. 



ENTOMOLOGIE. 



Par M. F. PeHet, membre résidant. 



«:i 



» .:n 



' . i 



COCCIN ELUDES. 

Les Mémoire de l'Académie des sciences, bettes-lettres 
et arts de Lyon renferment la monographie des Cocktî- 
nellcs par M. E. Mulsant, professeur d'histoire naturelle* 
de la ville de Lyon. L'auteur a compris dans sa. moft*~ 
graphie les Coccinelles exotiques. 

Je vais extraire de son beau travail la description des 
espèces qui se trouvent dans le département des 
Pyrénées-Orientales, afin que, paraissant dans nos 
annales, et vu l'absence- presque complète d'ouvrages 
d'histoire naturelle traitant des coléoptères du départe* 
ment, ceux qui voudront passer agréablement leur temps 
a étudier l'entomologie puissent consulter ce travail' 
avec fruit. 

Nous sommes redevables b M. Mulsant d'un grand 
sombre de travaux sur l'entomologie; Ce sont des ouvra- 
ges justement appréciés , et leur mérite n'est dépassé 
qne par la bonté, TaflabilUé de leur auteur. : f ' 

lt 



m 

Les Coccinelles méritaient l'attention d'an pareil 
savant ; ce sont, dans l'ordre des coléoptères, les insec- 
tes qui rendent les plus grands services aux agriculteurs. 

A l'état dç (lar^e,; la Coccinelle vit aux . dépens des 
pucerons, terrible famille dont le Phylloxéra vastatrix 
fait partie. ■ . ' 

L'insecte parfait se cache, à l'époque des premiers 
froids, sous l'écorce de} artyes} il y passe l'hiver. Au 
premier printemps, il dépose ses œufs au milieu des 
feuilles déjà envahies par les pucerons. Les larves éclo- 
sent au milieu d'eux, et le nombre qu'elles en détruisent 
est incalculable. C'est sans doute à cause de son utilité 
bien reconnue que les cultivateurs l'ont surnommé La 
Bêle a Dieu. 

- J'ai observé des larves de Coccinelles avec beaucoup 
d'attention et h plusieurs, reprises, afin de pouvoir affir- 
mer, «g que; je fais en ce moment, qu'elles se nourris- 
sent de pucerons, au lieu de les traire comme le fait la 
Fourmi. 

La Foujrmii que notre grand fabuliste M. de La fontaine 
nous a dépeiut sous des aspects par trop séduisants, tend 
aujourd'hui à devenir notre bête noire. 

Dans, les champs, elle remplit de nos blés ses vastes 
magasins; dans les jardins, elle attaque nos fruits avant 
leur oomplète maturité. Chaque arbre renferme une 
fourmilière sous ses racines. Dès que les premières 
feuilles des pêchers se montrent, l'on aperçoit desuite 
s*r «leur tronc w va-et-vient continuel de Fourmis. Elles 
commencent .par .traire de tous petits pucerons, noirs, 
lujsants,, satisfaite* 

Je ne puis çqQore l'affirmer, mais je ne suis pas loin 



103 

de croire que ces placerons protfenrïcht de <feux"qu1i 
l'arriére-saison les Fourmis ont placés dans leurs maga- 
sins, à Pabri du froid. 

En enlourant le pied d'un arbre avec uif linge imbibé 
d'huile el en continuant de l'imbiber tous les deux ou 
trois jours, l'on empêche les fourmis d'y monter ; Ton 
ne remarque les pucerons quç lorsqu'il* onl des ailes, 
et le mal, qu'ils font sur l'arbre* n'est pas grand, , 

J'ai fait cette expérience pour être bien sûr que, déli- 
vrés des Fourmis, les pucerons ne sont plus redoutables, 
mais je ne donne pas ce moyen confine bon; il est pire 
que le mal. Les Fourmis ne peuvent traire, les pucerons, 
cela est vrai ; mais, l'huile interceptant l'air aulQur dç 
r&torce, Tannée suivante la peau se fend, se boursoufle 
et la gomme étouffe l'arbre. 

Quand les pucerons attaquent les branches des pêchers 
et les font se recoquiller, c'est qu'à force de les trair*) 
les Fourmis les affament. La Fourmi est donc un des 
insectes les plus nuisibles aux arbres fruitiers. 

Revenons à nos petites poules, les Gallinelcs. 

Qui ne s'est amusé à faire grimper Te long de son 
doigt, tourné vers le ciel, la petite Bétè-à-Dieu, en lui 
disant : 

Gallintte, fallinete, mottra me lo cami (Tel cel, 
Que té donaré pa y mel. 

Chose étrange, l'enfant, qui martyrise* avec tant de 
plaisir le hanneton, la mouche, la' cigale, respecte d'ins- 
tinct la €pet»neite. » » ' ' ' ' 

Le» Cttttinellkles comprennent I* section dei Trnmèrcs; 
du comte Dejean, celle des Sëcuripalpes, de M. Molsant. 
Elles offrent, presque toutes, la- forttte ovale plus os 



\ 

\ 



\ 



\ 



164 

mojn^ ^llpng^c. Le pratborai $'a4?pte aux élytres sans 
lais^ d^vid^.; ,|e$ î^rsçs.&ofytfle trois articles. Elles se 
divisent en deux groupes : 1° les Gymqopomides ; 2° les 
Xrichoso(ni(jps, ;: ., ,, _ ; 

.. , : . i, ... , -, PSEWRR GROUPE, i, 

tés Gymnosomitfés comprennent trois familles : 
i° les Coccinellicns; 2 ét les Ctlilocoriens; 3* les Hypé- 
rasplens. ' 

La prefoîèfé ftmille fbrmëdëu* divisions. 
' La première diVisibri, qui renferme tous les Coccinel- 
iréhè' d'Europe,' se divise en cinq branches, la dernière 
Composée seulement d'exotiques, ainsi que toute la 
iècbnde division. 1 ' ' ' 

Les quatre branches dont noua avons à nous occuper 
sont : 4° les Hippodamiaires ; 2° les Coccihellaires ; 3° les 
Halyziaires; 4° les Micraspiaires. 

* PREMIÈRE BRANCHE. 

Les Hippodamiaires renferment quatre genres, dont 

un seul, le genre Hippodamia, Mulsant, renferme des 

espèces européennes; ce Sont : 

1° L'Hippodamia tredecim punctaty, Linné; 
2° — ' septem maculata, Linné. 

■ Quoique n'ayant pas encore été trouvée dans le midi 
de, la ,Frqn<;ç, j.'Hippodamia tredecim. punctata peut 
habiter les hautes montagnes du département, puisqu'elle 
'\ est répapdue non seulement en Europe, mais encore 

dans le? États- Ujiis d'Amérique; c'est pour ce motif que 
j'en, dppne la description . 



165 

Hippodamia uredeetro punctau, Linné. 

Oblongue. Prothorax noir, avec le bord antérieur, et pins lar- 
gement les latéraux d'un jaune fkuve : ceux-ci marqués d'un 
point noir dans leur milieu. Élytres d'un fauve jaune, parée* 
ordinairement chacune de six taches poacliforwft&ftoire^d'ton^ 
<cutel!airc non prolongée jusqu'au, ijivoau de la juxta-suturale 
antérieure. Jambes et les deux, premiers articles des tarses d'un 
fauve jaune. 

Longueur, 5 mil. — Largeur, 3 mil. 

Patrie : L'Europe et les États-Unis d'Amérique. 

Je l'ai prise en nombre au sommet de la. falaise de Trouville- 
sur-mer (Calvados), sur les tamarix. La ponctuation varie beau- 
coup; il en est de même chez presque toutes les Coccinellides. 

DKCXIKME BRANT.HK. 

Les Coccinellaires se divisent en deux, rameaux: 
1° les Ad on ia tes; 2° les Coccinellales. 

Premier rameau. 
Les Adoniatcs se répartissent dans les genres suivants : 
1° les Anisoslicla ; 2° les Adonia; 3° les Hysia (genre 
exotique); 4° les Adalia; 5° les Nésis (genre exotique); 

6° les Bulica. 

■ • i< 

Genre Amsosticta, Ciievrolat. 

1. Amsosticta novemdecim punctata, Linné. 

Oblongue; peu convexe; flave'ou d'un llavi* rosé, en dessus*, 
parée sur le prothorax de six taches ponctiformes noires, et de 
dix-neuf sur les élytres, savoir ^une sculcjlaire et neuf sur cha- 
que étui. Pieds d'un tlave testacé. 
Longueur, 2 mil. à 3 mil. — ^ ■Lbrgeury 1 rt>ii.» à 9»tmly » 
Patrie: La plupart des parties de l'Europe, dans les lieux 
marécageux. 



166 

J'ai pris cet insecte sut* tout le littoral du départORtent, prin- 
cipalement sur les tamarin 

Observations. Quelquefois des points des élytres manquent, ou 
bieu ils sont liés à. leurs voisins. 

2. A ni sos tic ta strict a, Thunberg. 

Quoique cet insecte soit originaire de la Laponie et de la 
Hongrie, j'en donne la description parce qu'il a été trouve par 
mon ami le docteur Grenier, dans les environs d'Aix (Bouches- 
du-Rhône). Si cet insecte se rencontre jamais dans notre dépar- 
tement, ce sera, bien sûr, soit h l'étang de Cagarciiï, soit au 
Grau d'Argelès-sur-ïfer. 

Ovale-oblongite. Prothorax noir, paré de deux grosses taches 
trilobées, laissant les bords antérieurs et latéraux de la ligne 
médiane, flaves. Élytres flaves, ornés d'une bordure sulurale et 
chacune d'une bande longitudinale et d'une ou deux taches noi- 
res: la bordure à peine prolougèe au-delà de la moitié, comme 
formée d'une tache scutullaire parallèle, suivre de chaque coté 
de deux taches poncliformes : la bande, naissant sur le calus, 
inégalement plus large jusqu'aux trois cinquièmes, liée. à une ou 
deux taches poncliformes plus postérieures : Lu dernière, parfois 
isolée, située près de l'angle suturai : l'autre tache ponctilbrmc, 
située aux trois quarts, près de la suture. 

Etat normal. Tache ponctiforme des élytres voisine de l'angle 
suturai, liée à la^ h^de ljon^ituijinale.^ / 

UAnisosticta Dohrniana, Mulsant, est une variété de la Strigata, 
dont la tache pornliforme', voisine de Fangle suturai, est isolée 
de la tache pouctifonne qui turmiuela bande longitudinale. 

Longueur, 3 mil. — Largeur,. 2 mil. . 

Cenue Adonia, Mulsant. 
1. Adonia mutabilis, Sciuba. 

Ovate-oblongue. Prothordxnoir, part en devant etsurlescùlés 
d'une bordure, d'un trait postérieurement raccourci sur la ligiiv 



167 

médiane, et d'un point de chaque côté de celle-ci, httfne. Hytres 
d'un rouge fauve, marquées d'une tache flave 6 côté de l'écus- 
son, ordinairement d'une tache scutellaire ovale, et lo plus sou- 
vent chacune de six points noirs. Pieds noirs : jambes de devant, 
partie des intermédiaires et tarses, fauves. 
Longueur, 3 mil. à 5 mil. — Largeur, 2 mil. à 2 mil. V?* 
Patrie : La plupart des parties de l'Europe. Cette espèce varie 
beaucoup. 

Elle se trouve sur les hauteurs, dans les lieux secs ut tfrides ; 
je l'ai prise abondamment sur les glacis des fortifications. 

Genre àdalia, Mulsant. 
i. Adalia obliterata, Linné (Livida, de Geek). 

■ 

Corps ovale ou ovale-oblong; d'un flave cendré, en-dessus. 
Prothorax ordinairement marqué d'une M noire ou noirâtre. 

# 

Elytres souvent parées de deux bandes longitudinale^ Mu- gris 
olirôtre, dont l'externe est parfois terminée par une tache noire; 
quelquefois même brunes ou noires, avec quelques taches d'un 
jaune testacé. 

Longueur, 3 mil. à 4 mil. — Largeur, 2 mil. à 3 mil. 

Cette espèce, que je n'ai pas encore trouvée dans le départe- 
ment, vit sur les sapins, les pins, les hêtres; il faut donc la cher- 
cher sur nos hautes montagnes. 

V Adalia bothnim, Paykull, ([ni a beaucoup d'analogie avec 
Y A. obliterata, est rare en France ; elle diffère de YObliterata par 
la forme de la marque noire du prothorax et surtout par la for- 
me moins allongée et plus convexe du corps. 

2. Adalia bipunctata, Linné. 

Ovale; médiocrement convexe. Prothorax itoir, bordé plus ou 
moins largement de blanc, parfois paré en outre d'une double 
lâche au milieu de la base. Élytres, soit rouges, avec un point 



168 

di$c»l ou dos dessins noirs, soit noires avec des taches rouges et 
le rebord rougeâtre. Épimères noires. 

. Longueur, 5 qiil. à 5 */i- **- Largeur, d l /^ki mil. 

■ Patrie : L'Europe, l'Amérique du Nord. 

Parmi les variétés bien tranchées de cette espèce, qui sont au 
nombre do trente environ , je citerai celle dont le dessin des 
élytres se rapproche le plus de la GoccineUa hieroglypkica, Linné. 
Deux bandes noires partent de Fécusson et vont se réunir, en 
s'écvrtant de la suture, à deux petits points noirs placés au quart 
de la longueur des élytres; c'est absolument le dessin d'une 
paire de besicles. Vient ensuite une bande noire formant un 
parallélogramme dont les coins débordent et dont le milieu est 
formé par deux points rouges séparés par la suture. UAdalia 
bipunctata est très commune; sa l^rve vit aux dépens des puce- 
rons qui attaquent les feuilles des poiriers et rendent les jeunes 
pousses stalionnaires. 

5. Adalia unclecim notata, Schneider. 

Ovale ; subacuminée postérieurement. Élytres d'un rouge fauve, 
ornées d'une tache scutellaire dilatée, et chacune ordinairement 
de cinq points noirs: Le premier sur le calus; le deuxième, 
réduit à une moitié sur le bord externe; le troisième, le plus 
gros, en ovale transversal, un peu après le milieu, triangulairc- 
ment disposés avec les deux postérieurs. Épimères blanches. 

Long. 5 mil. 1/2 h f> mil. V2. — Larg. 3 mil. V2 à * niil- l I v 

Patrie : La France, V Autriche, efc. 

Celle espèce vit sur les chardons. 

Le genre Bulœa, Mulsant, ne se trouve pas en France. 

Second rameau. — Les CocciNtXLATES. 

A ce rameau se rapportent les genres suivants : 
1° Harmonia, Mulsant; 2° Coccinclia, Linné; 3° Cisseis, 
Mulsant (exotique). 



169 

Genre Haumoma, Mulsant. 

1. Harmonia margine punclata, Scu aller. 

Brièvement ovale, peu convexe. Dessus du corps variant du 
flave cendré au roussâtre, paré de neuf points noirs sur le pro- 
thorax, et de huit au plus sur chaque élylre, un sur le calus, 
trois en rangée transversale au tiers; trois en rangée transver- 
sale aux quatre septièmes ; les deux externes des rangées fixés 
au bord externe et plus constants : Plusieurs des autres souvent 
effacées. Dessous dit corps et pieds d'un fauve testacé. Sternums 
épimères et postépisternums (laves. 

Longueur, 5 mil. *l 2 à 6 mil. l / v — Largeur, 4 mil. à 5 mil. 

Patrie : La plus grande partie de l'Europe, sur les pins et les 
sapins. J'en ai pris deux exemplaires a la font del Caball mort, 
au-dessus du village de Casteil (arrond. de Pradcs). 

Cette espèce varie beaucoup ; j'en possède deux exemplaires 
qui n ont que deux taches sur les élytres. 

2 Harmonia impustulata, Linné. 

Ovale; tantôt flave ou rose, en dessus, avec sept points noirs 
sur le prothorax, et huit, dont six disposés par paires, sur cha- 
que élytre (l'externe postérieur au moins toujours lié à son 
voisin); tantôt noire, avec les côtés du prothorax (laves, marqués 
d'un point noir, et quelques taches (laves sur les élytres, ou avec 

m 

celles-ci noires. Dessous du corps noir. Epimères du médipectus 
et pieds de couleur variable. 

Long. 3 mil. l / 2 à 4 mil. *l v — Larg. 2 mil. V?. a 3 mil. { / 2 . 

Patrie : Toute l'Europe. Elle se trouve, dès les premiers 
froids, sons les écorces des platanes. C'est une des espèces les 
plus communes. 

5. Harmonia Doublieri, Mulsant. 

Uvale, d'un (lave rose en dessus, avec sept points noirs sur 
le prothorax, et neuf sur chaque élytre ; les six premiers de ceux 



170 

ci, disposés par paires; l'huméral postérieurement et oblique- 
ment prolongé au côté interne : Ceux de la troisième paire unis 
en un demi-cercle, de l'extrémité interne duquel part un pro- 
longement dirigé vers l'écusson ; les trois dernielrs en rangée 
obliquement transversale. Dessous du corps fauve. 
Longueur, 3 mil. à 3 mil. */ 2 . — Largeur, 2 mil. Va-- 
Patrie : Le midi de la France, PItalie et l'Espagne. Elle habite 
les tamarix de tout le littoral de la Méditerranée. 

4. Harmonia duodecim puslulata, Fabricius. 

Brièvement ovale. Dessus du corps noii\ Prolhorax paré, en 
devant, d'une étroite bordure flave faiblement tridentée et pro- 
longée presque jusqu'aux angles postérieurs. Élytres ornées cha- 
cune de six taches flaves : trois marginales, dont la dernière 
apicale, liée à une bordure extérieure flave;- trois internes, 
suborbiculaires, sur une rangée longitudinale et en quinconce 
avec les précédentes. Trochantcrs, tarses, partie au moins des 
jambes, testacés. 

Longueur, 3 mil. 1/2 à 4 mil. — Largeur, 2 mil. { l 2 à 3 mil. 

Espèce rare ; je l'ai prise en battant les chênes, les ormes, mais 
accidentellement. 

Genre Coccinella, Linné. 

1 . Coccinella quatuordecim pustulata, Linné. 

Ovale. Pro thorax noir, paré en devant et sur les côtés d'une 
bordure jaune ou flave; l'antérieure tridentée en arrière; les 
latérales, graduellement rctrécies jusqu'aux angles postérieurs. 
Elytres noires, ornées chacune de sept taches jaunes : les six 
premières disposées par paires; les deux antérieures liées à la 
base, séparées jusqu'à celte dernière par le^réseau noir; l'interne, 
semi-circulaire ; le réseau noir étendu jusqu'au bord marginal ; 
la septième, subapicale, échancrée ou tronquée à son côté interne. 



171 

Long. 3 mil. V2 * * mi '- *lv — Lar 8- 2 mil. V* à 3 mil. Vj- 
Assez commune sur les arbres et lus plantes. Je l'ai prise sur 
Faune, sur les bords de la Tôt. 

2. Coccinella variabilis, Illiger. 

Ovale; variablcment colorée en dessus. Élylrcs chargées, vers 
l'extrémité, d'une ligne transversale élevée; tantôt d'un roux 
flave ou cendré, soit sans taches, soit marquées de un a sept 
points noirs ; tantôt ornées de cinq taches subarrondies d'un roux 
flave, séparées par un réseau noir; tantôt noires avec une lunule 
humérale d'un rouge jaune. Épimëres du médipectus, blanches. 
Pieds, en grande partie au moins, d'un fauve livide. 

Patrie : Presque toute l'Europe, le nord de l'Afrique. 

Je l'ai prise sur les ormeaux et sur les aunes. 

3. Coccinella undecim punctata, Linné. 

Ovale. Prolhorax noir, paré aux angles de devant d'une tache 
flave irrégulièrement quadrangulaire ; prolongée latéralement en 
se rétrécissant jusqu'aux trois cinquièmes. Élytrcs d'un rouge 
jaune, flaves sur les côtés de l'écusson, marquées d'une tache 
sculellaire ovalaire ou obeordiforme, et chacune de cinq points 
noirs: Le premier sur le calus; les autres disposés par paires 
obliques; plusieurs de ces points sujets à faire défaut. Epimères 
des médi et postpectus blanches.' 
Long. 3 mil. l / 2 à 5 mil. — Larg. 2 mil Va « 3 mil. Vo- 
J'ai trouvé cette espèce sur le chêne vert, sur le chêne blanc, 
sur l'ormeau et sur les saules, au premier printemps. Elle u'est 
pas rare sur les bords de la Basse. 

4. Coccinella hieroglyphyca, Linné. 

Ovale; convexe. Prothorax noir, paré aux angles de devant 
d'une tache flave ou jaune obtriangulaire. Elylrcs d'un roux 
jauue, ornées d'une tache sulurale et ordinairement chacune de 



\ 



172 

cinq autres, noires; la lâche ou bordure suturale prolongée jus- 
qu'au quart; la première tache en forme de trait naissant du 
calus, prolongée jusqu'aux six septièmes, souvent unie à une 
tache ponctiforme externe, et à une tache transversale interne, 
un peu plus postérieure, constituant une tâche naissant du çalus 
et postérieurement bifurquée: Les 4° et 5°, en rangée transverse, 
vers les deux tiers, souvent unies; l'interne grosse; l'externe 
ponctiforme, plusieurs de ces taches parfois nulles; d'autres 
fois, la branche interne de celle du calus unie à la suturale, et 
la quatrième unie à la branche précitée. Élylres parfois entière- 
ment noires. 

Long. 4 mil. à 4 mil. */ 2 . — Larg. 2 mil. l / 2 à 3 mil. x l 2 . 

Je l'ai prise à Vcrnet-les-Bains, sur la bruyère et sur d'autres 
arbustes. Elle est assez rare. 

5. Coccinella quinquç punctata, Linné. 

Subhémisphérique. Prothorax noir, paré aux angles de devant 
d'une tache flave irrégulièrement quadrangulaire, prolongée 
latéralement jusqu'aux trois quarts. Elytres d'un rouge roux 
ou d'un roux fauve, flave sur les côtés de l'écusson ; ordinaire- 
ment marquées d'une tache scutellaire et chacune de deux points 
noirs : l'un, presque à la moitié, sur le disque, plus rapproché 
de la suture que du bord externe; l'autre, voisin de ce bord, aux 
deux tiers : l'un de ces points parfois nul. Épimères du médipec- 
tus, blanches. 

Longueur, 4 mil. ù 5 mil ■/a- — Largeur, 3 a 4 mil. 

Je l'ai prise sur différentes plantes, surtout sur les chardons; 
elle n'est pas commune. 

6. Coccinella septera punctata, Linné. 

Subhémisphérique. Prothôrax noir, peu émoussé aux angles; 
paré à ceux de devant d'une tache quadrangulaire subéquilaté- 
rale, blanche. -Élylres d'un rouge fauve, flaves sur les côtés de 



473 

l'écusson, ornées d'une tache scutellaire, et chacune ordinaire- 
ment de trois points noirs : Deux* également rapprochés du bord 
externe; l'antérieur, aux deux septièmes ; le postérieur, aux deux 
tiers; le troisième, aux deux cinquièmes de leur largeur, plus 
rapproché de la suture que du bord externe. Épimères du médi- 
pectus, blanches. 

Long. 5 mil. à 7 mil. V*- — Larg* 4 mil. f /i à 6 mil. 

Patrie : L'Europe, le nord de l'Afrique, etc. 

Cette espèce est la plus commune et la plus grande du genre; 
C'est à elle que s'applique le doux nom de bétc-ft-Dteu. 

7. Coccinella raagnifica, Redt. — Labilis, Muls. 

Subhémisphérique. Prothorax noir, subarrondi aux angles, 
parés à ceux de devant d'une tache blanche, quadrangulaire, 
iniquilatérale, prolongée latéralement jusqu'aux deux tiers. 

Élytres d'un rouge jaune, (laves sur les côtés de l'écusson, 
marquées d'une tache scutellairc, et "chacune ordinairement de 
trois points noirs : Deux, inégalement rapprochés du bord externe; 
l'antérieur, plus extérieur, au tiers; le postérieur, aux deux 
tiers de leur longueur; le troisième, aux trois septièmes, plus 
rapproché de la suture que du bord externe. Extrémité du post- 
épisternum, épimères des médi et postpectus blanches. 

Patrie : La France, l'Allemagne, etc. 

Celte espèce est facile à confondre avec la Septempunctata sur- 
tout en chasse, car sa taille, sa forme et sa couleur sont presque 
les mêmes. Elle s'en distingue par le prothorax plus long dans le 
milieu, plus court sur les côtés, pli\s subarrondi aux angles 
antérieurs et postérieurs, les élytres sont plus déprimées; les 
taches postérieure et subdiscale sont plus grosses ; le point 
externe antérieur est plus rapproché du bord extérieur que le 
postérieur. 

J'ai pris cette espèce, mais ne l'ayant pas reconnue en chasse, 
je ne puis fixer la localité. 



474 

TROISIÈME BRANCHE. 

Los Halyziairês se partagent en deux rameaux : 
i° les Myziates, 2° les Halyziates. 

Premier rameau. 

Les Myziates renferment neuf genres, dont cinq con- 
tiennent des insectes européens; ce sont les genres 
Anatis, Mulsant; Mysia, Mulsant; Sospila, Mulsant; 
Myrrha, Mulsant , Calvia, Mulsant. 

Genre Anatis, Mulsant. 

1. Anatis ocellata, Linné. 

Brièvement ovale. Prothorax noir, paré de deux taches hasi- 
laires, et d'une bordure de chaque côté, blanches : celles-ci notées 
d'un point noir. Élytrcs d'un roux ou rouge fauve bordées de 
noir; marquées d'une tache scutellaire, et ordinairement chacune 
de sept à neuf autres, ponctiformes noires, généralement entou- 
rées d'un cercle (lave. 

Long. 8 à 9 mil. — Larg. 5 mil. f/ 2 à 6 mil. 7 2 . 

C'est le plus grand de tous les Coccinelliens européens. Je ne 
l'ai pas trouvé dans le département, mais sa larve vivant sur 
l'aune, le chêne, le pin et le sapin, l'insecte sera découvert, sans 
doute, sur nos hautes montagnes. 

Genre Mysia, Mulsant. 

i. Mysia oblonga gutlata, Linné. 

Ovale. Prothorax largement bordé de blanc $tty tes côtés, d'un 
roux fauve vers la moitié médiaire et marqué sur ceUq-ci d'une M 
noirâtre plus ou moins distincte. Elytrcs blondes ou fl'un roux 
fauve, parées chacune de trois ou quatre lignes e^, partie inter- 
rompues, d'un blanc flavescent: La première ligne formée de 



115 

deux taches (à la base et vers le tiers) et d'une ligne non pro- 
longée jusqu'à l'extrémité : la première souvent réduite 5 une 
tache vers le tiers, et parfois d'une autre vers la base; la troi- 
sième naissant après le calus, ordinairement unie postérieurement 
à l'extrémité de la première, souvent annexée vers la moitié de 
la longueur des étuis à une tache extérieure presque carrée ; la 
quatrième sur la gouttière. , 

Long. 6 à 8 mil l / 2 . — Larg. 4 mil. t/ t à 5 mil. Vî- 

Patrie : Diverses parties de l'Europe. 

Elle vit sur les pins; j'en ai pris un exemplaire à Vernet-les- 
Bains, sur la montagne qui sépare la vallée de Vernet de ccllo de 
Sahorre, en face le village de Fnilla. 

Genre Sospita, Mulsant. 

1. Sospita trigrina, Linné. 

Subhémisphérique. Noire, brune ou rousse, en dessus. Pro- 
thorax orné de chaque côté d'uile bordure réniforme, de deux 
taches au milieu de* la base, et d'une au bord antérieur, blanches. 

Elytrcs parées chacune de dix taches de môme couleur : les 
quatre antérieures en croix ; les six suivantes sur deux rangées 
transversales; la dernière, terminale. 

Long. 4 mil. 1/2 * 6 mil. — Larg. 3 mil. t/ 2 à 4 mil t / 1 . 

Patrie : La plupart des parties de l'Europe. 

Je l'ai prise en battant les aunes sur les bords de la Tet et de 
la Basse. 

Genre Myrriia, Mulsant. 
1. Myrrha octodecim guttata, Linné. 

Ovale. Dessus du corps d'un roux ou fauve testacé foncé ou 
pâle. Prothorax paré latéralement d'une bordure lunulée et à la 
base de deux gouttes, jaunes ou blanches : une dorsale, au tiers : 



176 

trois transversalement placées vers le milieu ; deux, aux quatre 
cinquièmes; une subtcrminale. 

Long. 4 à 5 mil, — Larg. 2 mil. V2 * 3 mil. Va» 

Patrie : Presque toute l'Europe. 

Je l'ai prise sur les pins, sur les genévriers; elle est commune. 

Genre Cal via, Mulsant. 
i. Calvia quatuordecifti guttata, Linné 

« 

Brièvement ovale. Dessus du corps d'un roux fauve. Prothorax 
paré latéralement d'une bordure blanche. Élytres ornées chacune 
de sept gouttes blanches : une juxta-scutcllairc ; trois disposées 
transversalement un peu après le quart de leur longueur; deux 
aux trois cinquièmes ; une près de l'extrémité. 

Long. 4 à 5 mil ! /a- — Larg. 3 mil. Va à 4 mil. V 2 . 

Cette espèce est assez commune ; je l'ai prise sur les chênes, 
les pins et principalement sur les aunes. 

2. Calvia decem guttata, Linné. 

Subhémisphérique. Dessus du corps d'un roux jaune. Élytres 
ornées chacune de cinq taches blanches ou d'un blanc flave, assez 
grosses, la plupart 'subarrondies : Deux près de la base ; deux 
un peu après le milieu ; une presque carrée et subterminale; les 
internes des deux paires un peu plus rapprochés de la suture, 
que les autres du bord externe. 

Long. 5 mil. V2. — Larg.' 4 mil. 72. 

Patrie : l'Europe. 

Je l'ai prise dans le bois de Meudon, près Paris sur des saules ; 
et sur les bords de la Tet, sur des aunes. 

3. Calvia bis-septem guttata, Sch alleu. 

Subhémisphérique; d'un roux fauve, en dessus. Prothorax 
paré latéralement d'une bordure lunulée blanche. Élytres ornées 
chacune de sept taches subarrondies d'un blanc (lave : Deux à la 



477 . 

base (l'externe souvent nulle) ; deux, obliquement situées (l'in- 
terne plus postérieure aux deux cinquièmes); deux autres un 
peu moins obliquement placées (l'interne plus postérieure aux 
trois cinquièmes) ; une, subterminale. 
Long. 5 mil. 1/2 à 6 mil. «/*• — Larg. 3 mil. Va à 4 mil. «/s- 
Cette espèce est assez rare; je l'ai prise en battant de jeunes 
chênes, dans les environs de Vernel-les-Bains. 

Second rameau. 

Les Halyziates renferment quatre genres, ce sont : 
i° les Halyzia, Mulsant; 2° les Vibidia, Mulsant; 3° les 
Thea, Mulsant; 4° les Propylea, Mulsant. 

Genre Halyzia, Mulsant. 

1. Halyzia sedecim gultata, Linné. 

Ovale; médiocrement convexe, et d'un roux jaune tendre, en 
dessus. Elytres munies d'un rebord large et subtranslucide; 
parées chacune de huit gouttes blanches : quatre près de la 
suture; une, apicale; deux, près du bord externe; une, sur le 
disque. 

Long. 5 à 6 mil. — Larg. 4 à 4 mil. V2. 

Elle vit sur les sapins, les noisetiers ; je l'ai prise à Vernet-les- 
Bains sur cet arbuste. 

Genre Vibidia, Mulsant. 

i . Vibidia duodecim gultata, Poda. 

Subhémisphérique ; d'un roux jaune en dessus. Protorax paré 
latéralement d'une bordure blanche. Élytres ornées chacune de 
six gouttes blanches : deux près de la suture ( près de l'écusson 
et aux trois cinquièmes) ; deux liées au bord externe (sous l'épaule 

12 



118 

et aux trois cinquièmes) ; une, discale (aux deux cinquièmes); 
une subterminale. 

Long. 3 mil. 1/2 à 4 mil. — Larg. 2 mil. à 2 mil. V*. 

Cette espèce est assez commune; elle se trouve sur les pins, 
les aunes. J'en ai pris un exemplaire à Vernet-les-fiains qui n'a 
que 1 mil. de longueur sur 1 mil, V2 de large. Elle est beau- 
coup plus oblongue que le type ; les taches sont proportionnelle- 
ment plus grandes; la couleur est d'un roux très brillant; elle a, 
de plus, une petite tache noire entre les deux yeux. 

Genre Thea, Mulsant. 

1 . Thea vigintiduo punctala, Linné. 

Brièvement ovale; d'un jaune citron en dessus; ornée de cinq 
taches ponctiformes noires sur le prothorax, et de onze sur chaque 
élylre : trois le long du bord externe; une, petite, marginale, 
près de la seconde des précédentes ; trois le long de la suture; 
quatre, longitudinalement sur le milieu ; les trois antérieures de 
celles-ci en quinconce avec celles des rangées voisines, la posté- 
rieure plus éloignée, subterminale. 

Long. 3 mil. Vs & 4 mil* Va- — ^ ar g- 2 mi ^ ! /« * 3 mil. V 2 . 

Elle est commune partout; sur les plantes vivaces, dans les 
haies d'aubépines, sur les arbres. 

Genre Propylea, Mulsant. 

1 . Propylea quatuordecim punclata, Linné. 

Brièvement ovale. Prothorax flave au moins en devant, sur les 
côtés et sur les parties latérales de sa base. Élytres flaves avec 
sept taches noires presque carrées, ou noires avec des taches 
jaunes. Épimères des médi et postpectus flaves. Base des cuisses, 
jambes, tarses et taches sur les côtés du ventre, d'un flave 
teslacé. 



179 

Long. 3 mil. V2 & 5 m ^- Vq- — Larg. 3 m ^- * 3 mil. i l 7t . 

Patrie : Tout l'ancien continent. 

Cette espèce est très commune sur les chênes; moins sur les 
peupliers. 

Le dessin des élytres varie beaucoup, aussi sa synonymie est 
fort embrouillée. 

QUATRIÈME BRANCHE. 

Les Micraspiaires ne renferment que le genre Micraspis, 
Chevrotât. 

i. Micraspis duodecim punclata, Linné. 

Subhémisphérique; ilave en dessus. Prothorax orné de six 
points noirs : quatre en demi-cercle au devant de la base, et un 
près du milieu de chaque bord externe. Élytres à suture et à 
points noirs : quatre le long de la suture ; un sur le calus; quatre 
formant près du bord externe une ligne longitudinale noueuse, 
en quinconce ou obliquement croisée. 
Long. 3 mil. l /2- — Larg. 2 mil. Va- 
Patrie : L'Europe. Elle est très commune sur les bords des 
étangs, au pied des tamarix. 



Deuxième Famille. 

Les Chilocoriens forment deux genres : 1° les Chilo- 
corus, Leacb; 2° les Exochorous, Redtenbacher. 

* 

Genre Chilocorus, Leach. 

1 . Chilocorus renipaslulatus, Scribà. 

Dessus du corps d'un noir brillant, très convexe et subcom- 
primé. Tête noire. Élytres parées chacune sur leur disque d'une 
tache rouge en ovale transversal, occupant le tiers environ de la 



180 

largeur, et ordinairement moins distante de la suture que du bord 
externe. Dessous du corps noir, avec les côtés du premier arceau 
du ventre et tous les suivants rouges. 
Long. 4 ù 5 mil. — Larg. 3 mil. à 3 mil. x j v 
Ce genre est un de ceux qui se nourrissent de Gallinsectes, 
dans tous leurs états. Par un beau soleil de février, visitez les 
pêchers, vous trouverez leur tronc couvert de Chilocorus renipus- 
tulatus. P'après M. Mulsant, cet insecte serait peu commun et 
vivrait sur les aunes, les saules, etc. 

2. Chilocorus bipuslulatus, Linné. 

Dessus du corps noir, brillant, très convexe et subcomprimé. 
Tête rouge. Élytres parées transversalement, aux deux cinquièmes 
de la longueur, de trois taches rouges ou rougeâtres, ponctiformes, 
presque continues, et dont l'interne est beaucoup plus rapprochée 
de la suture que l'externe du bord extérieur. Dessous du corps 
noir; côtés et cinquième arceau du ventre d'un rouge fauve. 

Long. 3 à 4 mil. — Larg. 2 mil. l / 2 à 3 mil. *l 2 . 

Se trouve sur les genévriers et autres végétaux. Elle serait 
plus commune que la précédente. 

Genre Exochomus, Redtenbacher. 

1. Exochomus quadripustulatus, Linné. 

Dessus du corps convexe et luisant, ordinairement noir, parfois 
brun ou d'un brun rouge, avec deux taches rouges ou orangées : 
Tune réniforme, embrassant à moitié le calus; l'autre, plus 
petite, subarrondie, près de la suture un peu après la moitié do 
la longueur; quelquefois entièrement d'un rouge fauve. Côtés du 
prothorax et de la base des élytres relevés en rebord. 

Long. 4 à 5 mil. — Larg. 3 mil. Va- 

Cette espèce est commune sur les chênes. La variété à élytres 
rouges est plus rare. Le comte Dejean l'avait cataloguée sous le 
nom de Chilocorus meridionalis. 



181 

2. Exochomus auritus, Scriba. 

Dessus du corps convexe et d'un noir bronzé, luisant. Côtés du 
prolhorax et pieds d'un jaune orangé. Ventre en partie de la 
même couleur. Côtés du prothorax et de la base des élytres non 
relevés au rebord. 
Long. 4 à 6 mil. — Larg. 2 mil. V2 à 3 rail- 
Patrie : L'Europe. Elle se trouve sur différentes sortes d'arbres. 
Je l'ai prise sur les pêchers, en compagnie du Quadriputtulatus 
et du Chilocorus renipustulatus. Elle est assez commune. 

Troisième Famille. 

Elle est réduite, pour les espèces de France, au genre 
suivant : 

Genre Hyperaspis, Chbvrolat. 

1. Hyperaspis Hoffmaoseggii, Mulsant. 

En ovale allongé, assez faiblement convexe et d'un noir brillant 
en dessus. Prothorax paré sur les côtés d'une bordure large et 
parallèle, d'un rouge jaune. Élytres obliquement tronquées à 
l'extrémité; ornées d'une tache orangée, subterminale, en ovale, 
transversal ou plutôt en forme de virgule transversale, lice d'une 
part au rebord externe et prolongée de l'autre au-delà de la 
moitié. 

Long. 4 mil. l / 2 à 5 mil. — Larg. 3 mil. 1/2- 

C'est Y Hyperaspis marginella du catalogue de Dejean. Cette 
espèce est assez rare ; je l'ai prise sur les dunes de Canet. Elle 
est tout-à-fait méridionale et se trouve, d'après Nuisant, sur la 
luzerne (Medicago offieinalis, Linné). 

2. Hyperaspis reppensis, Herbst. 

Ovale, obtusément arrondie à l'extrémité, médiocrement con- 
vexe et d'un noir brillant en dessus. Prothorax paré sur les eûtes 



182 

d'une bordure large et parallèle, d'un rouge jaune. Élytres ornées 
d'une tache de même couleur, subtcrminale, en ovale transversal, 
de la moitié environ de la largeur, non liée au rebord externe. 

Celte espèce est assez commune dans les endroits secs qt arides. 

Long. 2 mil. V2 à 3 mil. */ 2 . — Larg. 2 mil. à 2 mil. */*• 

3. Hyperaspis campestris, Herbst. 

Brièvement ovale, convexe et d'un noir brillant en dessus. 
Prolhorax paré sur les côtés d'une bordure d'un rouge jaune, 
large, parallèle et n'aboutissant ordinairement à la base que 
d'une manière incomplOTl. Élytres obtusément arrondies à l'ex- 
trémité, souvent subangulaires à leur partie postero-externe, 
ornées presque aux deux tiers d'une tache subdiscale, poncti- 
forme, rouge. Palpes maxillaires noirs. 

Long. 3 mil. — Larg. 2 mil. 

Cette espèce est très commune sous les plantes vivaces. Je l'ai 
prise en grand nombre sur les remparts entre la citadelle et le 
cimetière. 

* DEUXIÈME GROUPE. 

Les Trichosomid.es comprennent trois familles : 
1° les Epilachniens ; 2° les Scymnieos; 3* les Cocci- 
duliens. 

Première Famille. — Epilachniens. 

Cette famille comprend deux genres : 1° les Epilachna, 
Chevrolat ; 2° les Lasia, Hope. 

Genre Epilachna, Chevrolat. 

1 . Epilachna Argus, Fqurcroy. 

Presque gibbeuse; pubescente et d'uti fauve jaune en dessus. 
Elytres rôtrécies à partir du tiers de leur longueur; marquées 



\ 



183 

chacune de six points noirs : un sur le calus, un autre lié à 
l'écusson, les quatre derniers obliquement croisés, les deux pre- 
miers internes de ceux-ci disposés en ligne droite avec celui du 
calus. 
Long. 7 à 7 mil. Va* — Larg. 4 mil V2 à 5 ™1. { lv 
Cette espèce est très commune sur tout le littoral de la Médi- 
terranée; elle vit, ainsi que sa larve, sur la Momordka elaterium. 
D'après Mulsant, elle vitsurlabryone (Bryonia dioicu), et parfois 
sur l'ormeau. En juillet 1867 j'en ai pris un exemplaire sur un 
peuplier, sur les bords de la Tel. 

2. Epilachna ebrysomelina, Fabricius. 

Sa b hémisphérique; pubescente et d'un fauve jaunâtre eu des- 
sus. Éljtres rétrécies à partir des trois septièmes de leur longueur; 
marquées chacune de six taches poncliformes noires : une sur le 
calus ; une autre entre celui-ci et l'écusson ; les quatre dernières 
obliquement croisées; les deux plus internes de celles-ci, dispo- 
sées en ligne droite avec le milieu de l'intervalle de celles de la 
base. 

Long. 7 à 8 mil. — Larg. 5 mil. '/a i 6 mil. 

Celte espèce est propre au littoral de la Méditerranée. Je ne 
lai jamais prise dans le département de l'Hérault où j'ai beaucoup 
chassé. Elle est très commune sur la Momordica elateriuin y à 
Collioure, à Port-Vendres surtout dans les environs de l'établis- 
sement des bains. J'y ai récolté la larve et la nymphe. La larve 
ressemble beaucoup plus h celle de V^Argus qu'à celle de la Lasia 
globosa. Elle est deux fois plus grande q&c celle de cette dernière. 
Lors de son plus grand développement les épines, qui recouvrent 
son corps, en suivant les segments qui sont au nombre do- douze, 
ont un millimètre de longueur; de chaque épine partent cinq à 
six petits dards qui lui donnent l'aspect d'un tout petit hérisson. 
Elle s'enroule, comme lui, au moindre mouvement que J'air 
imprime à la plante dont elle dévore les feuilles. 



184 

, Ainsi que le prétend M. Mulsant, les variétés E et F à taches 
liées (Coccinella elaterii, Rossi), sont fort rares en France, du 
moins dans le département des Pyrénées-Orientales ; car, sur au 
moins cinq à six cents types, je n'ai pris que quatre variétés. 

La nymphe de cette espèce diffère de l'argus en ce que les poils 
au lieu d'être noirs sont jaune paille; et au lieu d'être parsemés, 
ils sont très épais et longs. On la trouve sous les pierres, sous 
les feuilles sèches tout près de la Momordica. 

Genre Lasia, Hope. 
\ . Lasia globosa, Scheneid. 

Subhémisphérique, subarrondie postérieurement; gibbeuse et 
pubescente en dessus. Tête d'un rouge fauve un peu livide. Ély- 
tres, soit de cette couleur et marquées de points noirs plus ou 
moins nombreux, soit noires, avec quelques espaces ou seulement 
l'extrémité d'un fauve rouge. 

Long. 3 mil. Va à 4 mil. Vj. — Larg. 3 à 3 mil. Va- 

J'ai pris cette espèce sur la Brionya dioica, ainsi que ses varié- 
tés à élytres sans taches (la Coccinella impundata, de Géer), et 
à élytres noires marquées de quatre petites taches d'un fauve 
rouge (la Coccinella liœmorrhoidalis, Fabricius). Ces variétés sont 
bien plus rares que le type ; j'ai pris trois des premières, et une 
seulement de Yhœmorrhoidalis. 

Je ne connais pas la Lasia meridionalis, Mulsant. 

Seconde Famille. — Scymniens. 

i 

Les Scymniens se divisent en deux branches : 1° les 
Pfatinaspiaires ; 2<> les Scymniaires. 

PREMIÈRE BRANCHE. 

Les Plalynaspiaires ne renferment qu'un seul genre : 
les Platynaspis. 



185 

1. Platynaspis Villosa, Fourcroy. 

Brièvement ovale, obtuse postérieurement; médiocrement con- 
vexe, noire et pubescenle en dessus. Élytres parées chacune de 
• deux taches ou points d'un rouge jaune, placés l'un après l'autre 
sur le milieu de celles-ci : l'antérieur arrondi, plus grand, occu- 
pant du quart à la moitié de la longueur; l'autre, un peu oblique, 
des trois quarts aux cinq sixièmes. 
Long. 2 mil. Va à 3 mil. — Larg. 2 à 2 mil. Va- 
Celle espèce se trouve sur les chênes et sous les plantes viva- 
ces dans les endroits secs et arides. Je l'ai prise sur les remparts 
de la citadelle. 

DEUXIÈME BRANCHE. 

Les Scymniaires se divisent en deux rameaux : 1° les 
Scymniates; 2° les Rhizobiates. 

Premier rameau. 

Les Scymniates ne renferment qu'un seul genre : 
Genre Scymnus, Kigelaisn. 

1. Scymnus nigrinus, Kugel. 

Brièvement ovale; pubescent; entièrement noir, moins les 
antennes et les tarses qui sont d'un rouge brun. Elytres obtusé- 
ment arrondies postérieurement. 

Long. 2 à 2 mil. Vî» — Larg. 1 mil. Vî- 

Cette espèce est assez commune sur les chênes ; elle y vit aux 
dépends du Phylloxéra du chêne ; c'est sans nul doute la pré- 
sence du Phylloxéra qui attire sur cet arbre un aussi grand nom* 
bre de Coccinelliens. 

2. Scymnus pygmœus, Fourcr. 

Brièvement ovale ; pubescent. Élytres et abdomen entièrement 



186 

noirs. Pieds d'un rouge jaune (mûlc); base des caisses ordinai- 
rement obscure ou noire (femelle). 
Long. 2 mil. - Larg. 1 mil 1/2- 
Cette espèce est peu rare dans toute la France. 

3. Scymnus marginalis, Rossi. 

Subhémisphérique ; pubescent. Élytres noires, parées chacune 
d'une tache d'un .fauve jaune, ordinairement en triangle, éteudue 
sur le côté externe depuis l'angle humerai jusqu'aux deux cinquiè- 
mes de la longueur, mais parfois dilatée au point de couvrir toule 
la partie postérieure. Bouche, antennes, jambes, tarses et extré- 
mité au moins des cuisses, d'un fauve jaune. 

Long. 2 mil. — Larg. t mil. t / 2 . 

Cette espèce est commune sur le chardon à petite fleur. La 
couleur des élytres varie du rouge au noir. Je Taj prise aussi sur 
le chêne. 

4. Scymnus Apetzii, Mulsaht. 

Brièvement ovale; pubescent. Élytres noires, ornées, peu après 
le sommet du calus humerai, d'une tache subarrondie, d'un fauve 
jaune. Cuisses intermédiaires et postérieures noires, au moins en 
très grande partie. Jambes et tarses d'un fauve jaune. 
Long. 2 mil. à 2 mil. { l v — Larg. 1 mil. Va- 
Cette espèce se trouve dans toute la France, sur différentes 
plantes vivaces. 

5. Scymnus Ahrensii, Kuster. (Inédit.) 

Ovale ; pubescent. Élytres marquées de points cyeloïdes, plus 
gros que ceux du fond et presque striémeiit disposés; noires, 
parées d'une tache d'un rouge jaune, subtriangulaire, couvrant 
le côté externe depuis les épaules jusqu'aux deux cinquièmes de 
la longueur, obtuse vers la suture qu'elle n'atteint pas. Pieds 
d'un rouge fauve, avec les cuisses postérieures noires au moins 
en grande partie. 



187 

Cette espèce, assez commune en Sicile, en Sardaigne et même 
en Toscane, 3 été prise dans le midi de la France. Je ne l'ai pas 
encore rencontrée dans les Pyrénées-Orientales. 

Long. 3 mil. — Larg. 2 mil. 

6. Scymnus frontalis, Fabb. 

Ovale ; pubescent. Élytres noires, très rarement immaculées, 
ordinairement ornées d'une tache rouge ou de deux taches libres 
longitudinalemenl réunies. Jambes, tarses et la presque totalité 
(mdle) ou le tiers apical (femelle) des cuisses d'un fauve jaune. 
(Mâle) tête entièrement rouge. (Femelle) tôle noire, avec le labre 
rouge ou rougeâtre. 

Long. 2 mil. — Larg. 1 mil. Va- 

Cette espèce vit sur le chêne et sur l'ormeau principalement. 

7. Scymnus quadriluoulatus, Illig. 

Ovale; médiocrement convexe; pubescent; noir en dessus, 
paré sur chaque élytre de deux taches orangées: l'antérieure 
oblique, rétrécie dans son milieu; la postérieure transversale, 
irrégulière, sublunulée. Bouche et majeure partie au moins des 
pieds, d'un fauve jaune. Plaques abdominales subterni maies. 
Long. 1 mil. Vj- — Larg. '/i mil- 
Cette espèce est commune sur le chêne et sur l'aubépine. 

8. Scymnus biverrucatus, Pànz. 

Ovale, pubescent; noir. Élytres parées d'une tache ronde d'un 
fauve jaune, située sur leur milieu, un pou après la moitié de 
leur longueur. Jambes et tarses d'un fauve livide. Plaques abdo- 
minales atteignant les quatre cinquièmes de l'arceau. 

Long. 4 mil. — Larg. 2 mil. 

Vit sur le hêtre; assez rare. 

9. Scymnus Redtenbacberi, Mqlsajit. 

En ovale allongé ; pubescent et noir, en dessus. Élytres parfois 



188 

avec une bande d'un brun rougeâtre ou d'un fauve jaune dans 
leur milieu. Bouche, jambes et tarses d'un fauve jaune. 

Long. 1 mil. - Larg. i/ a mil. 

Cette espèce est assez rare; je l'ai prise en battant sur les saules. 

10. Scymnus fasciatus, Four. 

Subhémisphérique; pubescent. Prothorax d'un rouge fauve, au 
moins sur les côtés ; bissinueux postérieurement près de l'écus- 
son. Élytres d'un rouge fauve, souvent parées chacune d'une bor- 
dure noire dans leur périphérie, et d'une bande transversale de 
même couleur dans le milieu, ou n'offrant parfois de celles-ci 
que des traces peu ou point marquées. Plaques prolongées jus- 
qu'aux trois quarts au moins de l'arceau. 

Long. 2 mil. — Larg. 1 mil. l / v 

Cette espèce est assez commune; je l'ai prise sur le chêne el 
sur l'ormeau. 

1 1 . Scymnus arcuatus, Ros&i. 

Ovale; pubescent. Prothorax d'un blanc (lave, au moins sur 
les côtés. Élytres noires ou brunes, parées chacune de deux arcs 
blanchâtres concentriques, unies par leur partie postérieure h la 
suture et dirigées ensuite en avant; quelquefois roussâtres avec 
un point noir vers la moitié de la suture. Antepectus et pieds d'un 
(lave roussâtre. Plaques abdominales arquées, presque liées au 
bord de l'arceau. 

Long. 1 mil. l l v — Larg. 1 mil. 

M. Mulsant a pris cette espèce dans un petit bois de chênes. H 
la donne comme rare en France ; je l'ai pourtant prise en grand 
nombre mais sur le grenadier seulement, c'est-à-dire dans le 
Midi. J'en ai pris un exemplaire à Vernet-les-Bains, en battant 
sur l'épine noire. 

12. Scymnus abietis, Payk. 

Ovale; assez longuement pubescent et entièrement d'un roux 



189 

blond en dessus, sauf les yeux qui sont d'un brun noir. Dessous 
du corps moins clair, surtout sur la poitrine. Plaques abdomina- 
les prolongées jusqu'aux deux tiers ou un peu plus de l'arceau. 

Long. 2 mil. — Larg. 1 mil. Va- 

Celte espèce vît sur les sapins ; je l'ai prise sur le chêne. 

15. Scymnus capitatus, Fabr. 

Brièvement ovale; pubescent. Tête, cinquième arceau du ventre 
el pieds d'un rouge jaune ou livide, sauf la base des quatre cuisses 
postérieures des femelles. Élytres noires, avec l'extrémité parée 
d'une bordure d'un rouge jaune, parfois peu distincte chez la 
femelle. 

Long. 2 mill. — Larg. 1 mill. ! / 2 . 

J'ai pris cette espèce sur les bords de la Tet. Je l'ai prise 
aussi à Yernet-les-Bains, en battant sur les chênes. Mulsant la 
dit peu commune. 

14. Scymnus analis, Fabr. 

Ovale; pubescent; noir, subsemicirculairement sur le tiers 
médiaire et postérieur du prothorax, obliquement des deux tiers 
aux quatre cinquièmes postérieurs des élytres, sur la poitrine et 
le premier segment du ventre; d'un jaune rouge sur le reste. 
Plaques abdominales en arc obtus, à peine prolongées jusqu'aux 
trois quarts de l'arceau. 

Long. 2 mill. — Larg. 1 mill. Va- 

Cette espèce doit se trouver sur les montagnes élevées du 
département; je ne l'ai pas encore prise. • 

15. Scymnus Binotatus, Charles Brïsàut. 

D'une forme ovale assez courte ; assez densément couvert d'une 
pubescence pas très courte, d'un gris blanchâtre. 

Tête transversale, à ponctuation fine, pas trop serrée. Yeux 
noirs. Palpes et antennes d'un testacé ferrugineux. Corselet 
transversal plus de deux fois plus large que long, rebordé sur 



190 

les côtés, très finement au bord postérieur, légèrement arrondi 
latéralement, assez fortement rétréci en avant; surface convexe, 
couverte d'une ponctuation fine et assez serrée. Écusson trian- 
gulaire, ferrugineux. Élytres plus de trois fois plus longues que 
le corselet et plus larges que lui à leur base, élargies sur les 
côtés, leur plus grande largeur avant le milieu, arrondies ensem- 
ble à l'extrémité ; épaules avec un calus assez saillant ; surface 
assez convexe, couverte d'une ponctuation fine et assez serrée, 
mêlée de quelques points plus forts; d'un jaune testacé, avec 
une grande tache triangulaire ferrugineuse à leur base, partant 
des épaules et aboutissant environ au quart de la suture ; elle se 
prolonge étroitement le long de cette dernière, souvent jusqu'à 
l'extrémité; les côtés latéraux sont aussi quelquefois plus ou 
moins ferrugineux; après le milieu, à quelque distance de la 
suture, on remarque une petite tache transversale noire. Dessous 
du corps ferrugineux, avec la poitrine et la base de Tabdomen 
noirâtres, couvert d'une ponctuation fine et serrée, et revêtu 
d'une pubescence grisâtre assez courte et assez serrée; plaques 
abdominales incomplètes, légèrement courbées, atteignant à plus 
des deux tiers du premier arceau ventral ; le point où s'oblitère la 
plaque abdominale se trouve près du bord extérieur de l'abdomen. 
C'est M. Marquet, naturaliste à Toulouse, qui a découvert 
cette jolie petite espèce, sur des cyprès des environs de Béziers. 
J'en ai pris plus tard quelques exemplaires dans la même localité 
et un seul individu à Perpignan, en battant sur les cyprès de la 
Pépinière. 

Cette espèce parait fort rare, et son habitat est assez extraor- 
dinaire pour un insecte entomophage. 

16. Scymnus Iwemorroidalis, Herbst. 

Ovale; pubescent; noir, avec les côtés plus ou moins largement 
et souvent la partie antérieure du protorax, transversalement le 
tiers postérieur des élytres, l'anus et les pieds d'un rouge jaune ou 



191 

d'un rouge fauve. Plaques abdominales en arc subsinueux au côté 
externe, à peine prolongées jusqu'aux trois quarts de l'arceau. 

Long. 2 mill. — Larg. 1 mill. Va- 

Assez commun sur le chêne et l'ormeau. 

17. Scymnus ater, Kigelann. 

Ovale; médiocrement convexe, noir et pubescent. Antennes, 
tarses et quelquefois jambes d'un rouge brun. Élytres rétrécies à 
partir du tiers, chargées d'un calus humerai saillant. Plaques 
abdominales en angle postérieurement dirigé, prolongées jus- 
qu'aux deux tiers. 

Long. 1 mill. — Larg. Va mill. 

Je n'ai pas pris cette espèce qui parait fort rare ; elle a été 
trouvée dans les environs de Lyon. 

18. Scymnus discoideus, Schneid. Inédit, Illiger. 

Ovale ; pubescent. Élytres fauves, avec une bordure noire, soit 
embrassant toute la périphérie de chacune d'elles, soit inter- 
rompue, soit réduite à la base et à la suture, soit même nulle ; 
plaques abdominales atteignant ou dépassant à peine les deux 
tiers de l'arceau. 

Long. 1 mill. Va- — !*?£• 1 mill. 

J'ai pris cette espèce à Vernet-les-Bains, sur les pins de la 
route de Sahorre. 

19. Scymnus fulvicollis, Mulsant. 

Brièvement ovale; pubescent, noir : labre, menton, prothorax, 
antepeetus et pieds d'un fauve rouge. Élytres postérieurement en 
ogive; fortement ponctuées. Plaques abdominales atteignant à 
peine les deux tiers de l'arceau. 

Long. 4 mill. — Larg. V 2 miU- 

Je n'ai jamais pris cette espèce qui parait vivre sur les char- 
milles. Elle a été prise dans le département de l'Aude. 



192 
30. Scymnus minimus, Payk. 

Subhémisphérique; pubcscent, noir: labre, antennes, palpes, 
jambes et tarses d'un (lave fauve ou d'un fauve livide. Plaques 
abdominales ogivales, dépassant à peine la moitié de l'arceau. 

Long, i mill. ! /î- — Larg. \ mill. 

Cette espèce se trouve dans le nord de la France; elle peut se 
rencontrer sur nos hautes montagnes. 

21 . Scymnus rufipes, Charles Brïsout. 

D'une forme ovale, assez courte et assez large, médiocrement 
convexe; couvert d'une pubescence grise, courte et assez serrée, 
mi-redressée. Tête transversale, d'un ferrugineux obscur, cou- 
verte d'une ponctuation très fine et écartée. Bouche, palpes et 
antennes testacés. Corselet transversal, à son bord antérieur un 
peu plus large que la tête avec les yeux, élargi d'avant en arrière 
en ligne légèrement courbe, angles postérieurs obtus, bord pos- 
térieur en arc, noir avec le bord antérieur d'un brun ferrugineux ; 
couvert d'une ponctuation fine et assez serrée. Élytres moins de 
trois fois aussi longues que le corselet, un peu plus longues que 
larges, arrondies sur les côtés et à l'extrémité ; épaules avec un 
calus humerai distinct, couvertes d'une ponctuation assez forte 
et assez serrée ; sur la partie antérieure du disque avec quelques 
vestiges d'impressions longitudinales en forme de stries, et vers 
les trois quarts postérieurs de chaque élytre, on remarqne sur 
le disque une transparence rougeâtre. Dessous du corps noir 
avec le bord du dernier segment abdominal ferrugineux. Plaques 
abdominales complètes, larges, arrondies postérieurement, pro- 
longées presque jusqu'au bord postérieur du premier arceau 
ventral, et atteignant par la partie basilaire de leur bord externe 
le côté latéral de l'abdomen ; courtes, d'une ponctuation un peu 
plus forte, mais moins serrée que celle des bords latéraux du 
premier arceau ventral. Pattes d'un rouge ferrugineux ; cuisses 
en ellipse un peu allongée. 



193 

Voisin du Capitaiut femelle; s'en distingue par sa taille un peu 
moindre, sa forme moins large, son aspect moins brillant, sa 
ponctuation plus serrée et moins forte, son calus humerai moins 
saiHant, ses pattes rouges et ses plaques abdominales plus larges, 
arrondies au côté externe. 

Trouvé à La Nouvelle, près de Narbonne. 

» 

22. Seymiu» atricapillua, Chaules Bmsodt. 

D'une forme ovale, assez large, couvert (Tune pubescence 
blanchâtre, brillante, mi-redrcssée, courte et peu serrée. Tête 

■ 

subcarrée, noirâtre, à ponctuation extrêmement fine et écartée. 
Bouche, palpes et antennes testacés. Corselet transversal plus 
large que la tête au bord antérieur, fortement élargi d'avant en 
arrière, en ligne à peu près droite; angles postérieurs presque 
droits, bord postérieur dirigé en arriére en angle très ouvert ou 
en arc ; ferrugineux avec le milieu du disque un peu plus obs- 
cur, couvert d'une ponctuation extrêmement fine et peu serrée. 
Élytres plus larges que le corselet, convexes, plus de trois fois 
plus larges que le corselet, un peu ôbtusément arrondies à l'ex- 
trémité, ferrugineuses avec la suture plus ou moins noirâtre 
dans sa partie médiahro ; couvertes d'une ponctuation assez forte 
et un peu écartée ; épaules avec un calus distinct. Dessous du 
corps noirâtre avec le dessous du corselet et l'extrémité de l'ab- 
domen d'un rouge ferrugineux. Plaques abdominales complètes, 
prolongées un peu au-delà des deux tiers de la longueur de 
l'arceau, arrondies et atteignant par la partie basilaire de leur 
bord extertie un peu âù-delà des hafiches postérieures ; couvertes 
d'une ponctuation plus forte que celle du premier segment abdo- 
minal, sans ponctuation vers sa partie postérieure. Pattes ferru- 
gineuses; cuisses en ellipse allongée. 

De la forme du Fubicollis ; a'en distingue par sa couleur, ses 
élytres plus larges, sa ponctuation moins forte, moins profonde, 

13 



m 

un peu plus serrée et ses plaques abdominales un peu plus pro- 
longées sur le premier arceau ventral. 
Trouvé à Bézîers. 

(Extrait dés matériaux pour servir à la Faune des 
Coléoptères de France, par le docteur À. Grenier). 

Second Rameau. 

Les Rhizobiates ne renferment qu'on sent genre, tes 
Rhizobius, Stephens. 

i . Rhizobius litura, Fabk. 

Subelliptique ; pubescente, d'un roux testacé ou d'un fauve 
roux. Élytres parfois sans taches, quelquefois avec un arc noir 
ou noirâtre, dirigé en arrière, et commun aux deux étuis, le 
plus souvent ornées chacune de deux lignes noires ou noirâtres : 
celles-ei raccourcies en devant et en arrière, libres ou liées entre 
elles, ou même dilatées au point d'obscurcir presque tout l'es- 
pace compris entre la suture et le bord externe. 

Long. 2 mill. — Larg. 1 mill. Va* 

Cette espèce est très commune sur les pins, sur l'aubépine 
surtout et sur beaucoup d'autres végétaux. La couleur et la 
ponctuation des élytres varie beaucoup. 



TROISIÈME FAMILLE. 

Les Cocciduliens qui ne comprennent que le genre 
Coccidula, Kugblann. 

i. Coccidula scutellata, Hérbst. 

OMongue, pubescente et d'un rouge jaune en dessus» Élytres 
ornées d'une tache scutèllaire et chacune de deux tâches ponc- 



195 

tiformes, d'un noir bleuâtre : celles-ci formant une rangée obli- 
que, vers le milieu de la longueur. Poitrine noire. 
Long. 3 mill. — Larg. 2 mill. 

J'ai pris cette espèce sur les joncs, au bord des étangs de Salses 
et du Cagarell. Elle est assez commune mais dans les étangs du 
littoral seulement. 

2. Coccidula rafa, Herbst. 

Oblongue; pubescente et entièrement d'un rouge très vif tant 
qu'elle est vivante, passant an jaune après la mort. Poitrine noire. 
Long. 3 mill. — Larg. 4 mill. 7j- 

Cette espèce est infiniment plus rare que la précédente. Je l'ai 
prise au premier printemps en battant sur les saules, mais en 
un très petit nombre d'exemplaires. Elle se prend encore sous 
les détritus amoncelés au pied des tamarix, et sous les écorces 
des platanes, pendant l'hiver. 



196 

NOTE 

SUR ONE INSCRIPTION ROMAINE DE CORNELLA DU BEROOL 

Par M. Alart, membre résidant. 



On vient de découvrir, en faisant des réparations dans 
une chapelle de l'église de Cornella du Bercol, une 
inscription romaine qu'il faut ajouter aux sept échantil- 
lons de l'espèce que possède notre département. On ne 
saurait trop faire ressortir l'inconcevable pauvreté de 
monuments de ce genre, découverts jusqu'ici, dans un 
pays que les Romains ont occupé pendant plus de cinq 
cents ans. « Dans ce petit nombre, dit M. de Bonnefoy, 
a deux sont intéressants, l'inscription de Saint-André de 
« Sorède laissée par les Decumani Narbonenses, et celle 
« de Theza, un des rares monuments relatifs aux per- 
« cepteurs de l'impôt du quarantième dans la Gaule. La 
« colonne de Saint-Hippolyte est une colonne milliaire, 
« sans doute, mais dépourvue malheureusement de mar- 
« que numérale. Le marbre de Polybias (à Angostrina) 
« est votif, celui de Rustica (à Theza) funéraire; les sigles 
« de la dalle du Puig de Tallaferro (près de la tour de 
« Madeloch) demeurent un mystère; les plombs votifs 
« des Bains d'Arles ne sont pas moins hiéroglyfiques. » 
La nouvelle inscription de Cornella ne serait peut-être 
pas la moins intéressante de la collection, mais malheu- 
reusement nous n'en avons qu'un très court fragment, 
« le mot de la fin, » et tout le commencement, qui 
aurait pu donner le sens de ce qui nous reste, semble 
détruit pour toujours. 



197 

La partie restante de la pierre qui portait l'inscription 
a la forme d'un cippe, c'est-à-dire d'une colonne carrée 
assez semblable a nos bornes kilométriques ; c'est une 
pierre de grès commun et facile à décomposer, comme 
celle de l'autel d'Angostrina, et le tout a été fortement 
maltraité par le frottement et par d'autres accidents. Il 
oe reste qu'une partie des deux dernières lignes de l'ins- 
cription : l'écriture, en belle majuscule romaine, est 
presque entièrement effacée à la fin de chaque ligne, et 
voici tout ce qu'on peut y lire d'une manière sûre : 

LAEI n I 
CArTAB 



La haste du t de la seconde ligne est formée avec la 
troisième barre de la lettre n, et la lettre b est suivie de 
quelques traits qui peuvent appartenir aux lettres r ou e. 
On distingue d'ailleurs, à la fin de chaque ligne, les traits 
de deux ou trois lettres qu'il est impossible de déchiffrer 
et que nous marquons par des points. 

Ce reste d'inscription occupe l'extrémité supérieure 
de la colonne, et le haut de la première lettre (l) a même 
été enlevé, bien que la lecture n'en soit pas douteuse. 
Au-dessous de la seconde ligne, il y a de la place pour 
huit ou dix lignes qui n'ont jamais été gravées, et le tout 
se termine en bas par un léger rebord sculpté qui mar- 
que la base du monument. Nous n'avons donc ici que la 
partie inférieure d'une colonne dont la partie supérieure 
a disparu, et malheureusement la séparation de la pierre 
en deux tronçons date de loin, car celui qui subsiste est 
légèrement creusé en forme de cuvette, immédiatement 
au-dessus des premières lettres, et il est probable que, 



198 

pendant de longs siècles du moyen-âge, il a dû servir 
de support k quelque bénitier dans l'église où il vient 
d'être retrouvé. Ce n'est pas là, d'ailleurs, le seul acci- 
dent subi par ce modeste monument, car M. le colonel 
Puiggari présume avec toute raison que la pierre a été 
sciée à gauche des lettres l et c, de sorte que l'inscrip- 
tion peut être complétée de la manière suivante : 

[A]LAEI n I.... 
..CANTABR[ORVM]. 
Ce serait donc un monument votif élevé par quelque soldat 
« de la quatrième aile » de la légion « des Cantabres. » 
Cette interprétation et la forme des lettres rapporteraient 
cette inscription au premier siècle de notre ère. 

Le lieu de Cornella, dont le nom (Cornelianum) indi- 
que évidemment un ancien domaine de l'importante et 
nombreuse famille Cornelia, est mentionné dès le ix e siè- 
cle, et son dernier seigneur, Raymond de Cornella, Gt 
vente de son castel et des droits qu'il avait sur ce village 
à l'hôpital des pauvres de Perpignan, le 5 des calendes 
d'août 1205. L'église paroissiale sous l'invocation de 
Saint-Christophe, est aussi mentionnée dès l'an 1087. 
Enfin, l'ancienne voie romaine de Ruscino à Iliberri, si 
elle ne passait pas h Cornella, ne pouvait guère en être 
écartée que d'un kilomètre tout au plus k l'est. 

Nous ne terminerons pas cette note sans exprimer le 
vœu que ce débris soit recueilli et conservé au musée 
de la ville de Perpignan, ou plutôt dans le cloitre d'Elne 
dont l'admirable musée, récemment enrichi de trois 
objets précieux pour l'histoire de l'art dans notre pays, 
ne possède cependant rien d'aussi ancien que le fragment 
que nous venons de signaler. 

8 avril 1870. 



199 



NOTES HISTORIQUES 

SUR LA PEINTURE 

ET LES PEINTRES ROUSSILLONNJUS 



Par M. Alart, membre résidant 



La Société des Pyrénées-Orientales donna an jour 
comme sujet de concours V Histoire des Beaux-Arts en 
Raussillon* mais celte question resta malheureusement 
et devait rester sans réponse, et il est facile de s'expli- 
quer ce silence, quand on songe seulement au manque 
presque complet de publications descriptives ou de 
documents mis au jour sur ce sujet intéressant. L'his- 
toire de nos monuments religieux ou civils, pour ne 
prendre que cette branche des beaux-arts, ne pourra 
être connue et avoir un sens et quelque intérêt, que 
lorsque l'on aura fait l'histoire des communautés religieu- 
ses ou autres qui les ont élevés, et dieu sait ce qui 
reste encore k faire avant que nous connaissions les 
annales, on pourrait presque dire l'existence elle-même, 
de la plupart des communautés, corporations et établis- 
sements de diverses sortes, qui ont été les premiers et 
presque les seuls propagateurs et protecteurs des beaux- 
arts dans l'ancien pays de Roussi 11 on. 



400 

L'histoire de l'architecture et de ia sculpture se fera 
surtout par la description et l'élude des nombreux 
monuments et débris qui etr existent encore, el bous 
avons la conviction que, pour cette partie, la publication 
de* documents! écrits ^'apportera quelques spcburs utiles 
qu'à partir du xv e siècle seulement; car, jusqu'il celte 
époque, les actes ne désignes! gy$re le? architectes et 
sculpteurs que sous les noms de maîtres d'œnvre, lapi- 
cides, peyrers et fus 1er s, sans les< distinguer des simples 
artisans ou ouvriers maçons, tailleurs de pierre ou 
menuisiers ordinaires. 

L'histoire de la peinture sérail au contraire très diffi- 
cile à traiter au moyen des spécimens qui en existent 
encore, car ils sont extrêmement rares pour les siècles 
reculés, et souvent on n'en saurait même déterminer 
l'époque et l'origine ; ils ne portent presque jamais de 
date ni de signature, de sorte qu'on aurait une bien 
triste idée de cette branche de l'art en Roussillon si on 
devait la juger d'après les quelques débris qui s'en sont 
conservés. Ces débris, il y a tans doute grand intérêt à 
les signaler et à ne pas les laisser anéantir; mais, nous 
le répétons, on n'en pourrait pas faire aujourd'hui l'his- 
toire, el c'est la publication des anciens documents 
écrits qui pourra seule l'éclairer. Or, nous sommes, sous 
ce rapport, plus favorisés que pour l'histoire monumen- 
tale, car, dès le xiir* siècle, nos documents donnent aux 
peintres le titre de pictor ou pinclor, qui les distingue 
parfaitement de tous lés autres artistes ou artisans, et 
nous nous empressons d'ajouter que, pour la peinture, 
les détails abondent dans nos anciens actes notariés, 
surtout à partir de Tan 1350. C'est là principalement que 



204 

nous avons recueilli des reosagtttBents souvent très 
étendus sur la série des peintres roussilloonais, ou du 
moins ayant vécu et travaillé en Roussi Itoo, et sur les 
procédés de l'art depuis Tan 1260 jusqu'à nos jours < 4 >. 

Il est vrai que, pour le xiu* siècle et pour toute la 
période des rois de Majorque, nos renseignements ne 
contiennent guère autre chose que des dates, des noms 
propres ou des notes biographiques. Mais ces renseigne- 
ments ne seront pas tout-à-fait dénués d'intérêt, car ils 
établiront au moins l'existence et la succession non 
interrompue en Roussillon d'un certain nombre d'artistes 
peintres, et peut-être serviront-ils un jour k faire recon- 
naître l'origine d'oeuvres déjà signalées ou qui pourront être 
retrouvées et dont les auteurs sont aujourd'hui inconnus. 

Peut-être aussi craindra-t-on que nous ne donnions 
ici comme artistes peintres, de simples ouvriers ou pein- 
tres en bâtiments, qui n'auraient Tait alors comme 
aujourd'hui que de la peinture au mètre, et nous devons 
une explication à cet égard. Nous n'avons certes pas 

(1) Nous avons souvent entendu dire qu'il avait existé dans les archives 
de la commune de Perpignan un U*re dit des Peintres contenant les 
œuvres de maître des peintres de la ville. Il existait en effet, à Perpignan, 
une corporation de peintres dont l'origine remontait peut-être au com- 
mencement du xiv* siècle et qui fat réorganisée le 11 juin 1630. On y 
«tait admis, comme dans les autres corporations, par diverses preuves- 
d'aptitude ou de connaissances et surtout par la composition d'un chef- 
d'œuvre, mais ces chefs-d'œuvre ne demeuraient pas au siège de la cor- 
poration et il est fort douteux que celle-ci en conservât même un dessin 
dans ses archives. Aussi n'avons-nous jamais pris au sérieux la préten- 
due tradition du Livre des. peintres de Perpignan et, s'il a existé quelque 
document de ce genre, ce ne pouvait être qu'un recueil de dessins ou 
fessais de quelque peintre en renom ou de quelque amateur et, dans 
tous les cas, il ne saurait remonter bien loin, car les statuts de la corpo- 
ration des peintres reconstituée en 1630, n'en font aucune mention. 



«02 

besoin de dire que nous ne prétendons nullement donner 
comme artistes de talent loua ceux que noua citerons ici 
et dont les oeuvres nous sont d'ailleurs inconnues; mais 
on peut tenir pour certain que tous étaient ce que nous 
appelons des artistes peintres. Tout le monde sait qu'au 
moyen-âge et longtemps après, puisqu'il en était encore 
de môme en France à la fin du xv e siècle, la limite qui 
sépare l'artiste de l'ouvrier n'était pas tracée, et le même 
homme qui ornait de peintures historiques ou religieuses 
les châteaux et les églises, se livrait en outre à toute espèce 
de travaux de décoration, même k ceu* d'un travail pure- 
ment matériel, tels que peintures de portes, plafonds et 
autres boiseries, écussons, armoiries, armures, boucliers, 
freins, selles et autres harnachements de chevaux pour fêtes 
ou tournois, etc. Le métier du peiutre avait d'ailleurs k cette 
époque des rapports fréquents et intimes avec les métiers 
d'armurier et de sellier, et l'on verra que pendant toute 
la période du royaume de Majorque, presque tous les 
peintres de Perpignan avaient dans leur ouvroir un atelier 
de peinture, de sellerie et de freneria. Tous ces travaux, 
aujourd'hui séparés, constituaient alors le métier on les 
métiers fministeria) d'un seul individu qui les transmet- 
tait ordinairement ainsi que son ouvroir à son 61s ou à 
ses parents, comme on le faisait pour les autres métiers. 
Au xm e siècle les peintres de Perpignan semblent avoir 
été tous fixés dans le quartier du Puig où les artisans 
de divers métiers s'étaient également établis à partir de 
l'an 1242; mais au xiv e siècle, et des l'an 1317, on les 
trouve tous dans la rue de la Freiieria* paroisse de la 
Real, où toute la corporation avait encore sa résidence 
au siècle suivant. 



m 

Dm anciennes signatures on dates artistiques 

en RooMillcm. 

Us pins anciennes peintures aujourd'hui existâmes ou 
signalées en Rotssillon, ceHes do la petite église de 
Saint-Martin 4e Fonollar, sont rapportées au xii e sièeie 
par H. de Bonnefoy; mais elles sont sans date ni signa- 
ture, et ii n'est guère possible d'eu déterminer l'époque 
que par les caractères archéelegiques de leur composi- 
tion et par la forme des lettres des inscriptions qui s'y 
trouvent. Ce n'est pas que, dès cette époque, les artistes 
architectes, peintres et sculpteurs n'eussent généralement 
l'habitude de dater et de signer leurs oeuvres; mais 
malheureusement» ces indications se trouvaient souvent 
dans la partie la moins apparente de leur œuvre, fe l'an- 
gle d'un chapiteau, sur le rebord d'une moulure, quel- 
quefois sur une pièce détachée de l'ensemble de la 
composition et la plus exposée à des dégradations, lors- 
que le monument lui-môme n'a pas péri en entier. 

Ainsi l'on peut citer comme date de monuments d'ar- 
chitecture ou de sculpture du xi e siècle en Roussillon, 
l'inscription qui accompagne les sculptures du linteau de 
l'église de Saint-Genis des Fontaines (1020) : 

Anno vide&imo qvarto reennante Rotberto rege 
Wilielmvs gratta dei aba ista opéra fieri ivssit 
in onore sanctïGenesii cenobii qve vocant Fon- 
tanas. 

On peut citer aussi comme signature, une colonne des 
plus hautes fenêtres de la façade de l'église du monastère 
d'Arles portant l'inscription suivante : 

Amelivs Mavrellvs monaevs Clodesindvs près- 
biter qvi fwcfecervnt, 



204 

que M. de Bonnefoy rapporte h l'époque de la première 
consécration de cette église, en 1046, ou bientôt après. 

Les beaux travaux d'architecture et de sculpture des 
monastères de Cuxa et de Serrabona, qui sont probable- 
ment de la fin du xi e siècle, ne portent aucune date 
inscrite ni aucun nom d'artiste, et il faut présumer que 
ces indications se trouvaient contenues dans quelque 
partie de ces monuments aujourd'hui détruite. 

Au reste, les artistes du xi e siècle ne se contentaient 
pas d'inscrire leur nom sur leurs œuvres, ils y ajoutaient 
quelquefois leur portrait ou une figure qui était censée 
en tenir lieu. Il existe dans l'église abbatiale de Tournus 
(Saône-et*Loire), consacrée le 29 août 1019, un petit 
monument sculpté représentant, en bas-relief, un person- 
nage revêtu d'une saie, qui semble bénir de la main 
droite, tandis que de la gauche il s'appuie sur un mar- 
teau. Il est accompagné d'une inscription ainsi conçue : 
Gerlannvs abbate isto monderivm elle. Ces quatre 
dernières lettres sont encore inexpliquées, mais on pense 
que le personnage représenté n'est autre que Gerlannus, 
maître de l'œuvre, lequel tient son marteau au repos et 
semble bénir son église, comme pour indiquer qu'elle 
est parfaite et consacrée (1) . Il existe également dans 
l'église de Saint-Ouen-de-Rots en Normandie, un petit 
monument qui représente, sous deux arcades, un prélat 
mitre bénissant, et un personnage armé d'un marteau. 
L'on peut soupçonner qu'il s'agit ici d'un artiste et d'un 
évéqne ou abbé consécrateur <*>. Les représentations 

(1) Bulletin monumental, année 1872, page 87. 

(2) Bulletin monumental, année 4871, page 432. 



205 

analogues n'étaient pas tout-à-fait inconnues en Catalo- 
gne, et Villanoeva a reproduit une intéressante inscription 
. du cloître de Saint-Cucufat en Vallès, qui se construi- 
sait au commencement du xi e siècle, d'après une vente 
faite par l'abbé en 4013, ut ex eorum predo, dit l'acte, 
edificarent ipsa claustra quod habebant inchoata. L'ins- 
cription gravée à l'un des angles du cloitre est ainsi 
conçue : 

Hec est Amolli scuptoris forma Gatelli 
qui claustrum taie construxit perpetuale, 

et ces deux vers désignent sans doute le portrait ou 
l'image du sculpteur Arnald Gatell ou Cadell, construc- 
teur du cloître, existante en effet sur un bas-relief d'un 
chapiteau voisin qui représente un ouvrier travaillant à 
un chapiteau (i) . 

Pour le xm c siècle, nous connaissons en Roussîllon 
les deux inscriptions inexpliquées jusqu'à ce jour, qu'on 
voit gravées, l'une au cloitre d'Elne, auprès de la statue ' 
en bas-relief d'un évéque et que nous lisons R. f. hec 
opéra d. Bia.; l'autre sur un marbre du prieuré de l'Eule, 
portant à la gauche de la figure de Ferrer du Soler, che- 
valier décédé le 16 des kalendes de janvier 1205, son 
épitaphe, et à sa droite, sur le biseau qui part du cadre 
et vient s'amortir contre les vêtements, des caractères 
que nous lisons de la manière suivante : R. d. Biaia me 
feei (fecit ?). mazestre. D'après des considérations qui 
pourront être développées ailleurs, la première pierre 
appartenait à la sépulture d'un évêque d'Elne nommé 
Raymond et dont l'existence ne nous est révélée que par 

(1) Vioge Uterario, tome XIX, page 27. 



206- 

un acle do 8 dès ides de janvier 1202, et l'inscription 
qu'elle porte peut se traduire par R. a fait celle œuvre, 
de Bianya. Ce n'est qu'une signature artistique. La 
seconde peut se traduire par : R. de Bianya me fil. 
maître. Raymond de Bianya gravait le latin eomme il le 
savait, et nous considérons même sa seconde signature 
comme rédigée en langue vulgaire; quant au texte, il 
l'insérait comme il le pouvait, en le complétant après 
coup, selon l'espace plus ou moins grand qui restait à sa 
disposition. Ainsi/ sans admettre en aucune façon que 
cet artiste eût conçu, avant de le graver, le texte complet 
de la signature qu'il devait mettre à son oeuvre de l'évê- 
que Raymond, il commença par mettre d'abord, ainsi 
que c'était assez l'usage à cette époque, son simple pré- 
nom : Raymond a fait celte œuvre, et ce ne fut que pour 
remplir la seconde ligne qu'il mit après coup et en 
abrégé son nom de. Camille ou d'origine : (R.) de Bianya. 
De même, pour l'épitaphe de Ferrer du Soler, il ne mit 
d'abord que sa signature avec nom et prénom Raymond 
de Bianya m'a fait, en y ajoutant ensuite, pour remplir les 
lignes qui restaient, la qualification de maître qui aurait 
dû précéder le tout. II ne faut chercher ici ni intervention 
fantaisiste ni exercice de style, mais l'expression naïve 
d'additions ou de surcharges faciles à comprendre chez 
un artiste du xui e siècle mieux exercé à manier le ciseau 
et le marteau qu'à composer de belles phrases. 

Les signatures ou mentions d'artistes deviennent beau- 
coup plus fréquentes k partir du xm c siècle. Villanueva 
cite l'inscription tumulaire de Pierre de Penyafreita, 
maître d'oeuvre de la cathédrale de Lerida, encore exis- 
tante à l'entrée du cloître : 



20? 

Anno Dm .11. oc. Isaa. vi. xi. toi. octobri* obiit 
Petms de Pennafreile magister operi$ huius 
ecclesie, etc. 

Une inscription gratte sur bois* au-deasus d'une stalle 
de l'ancien chœur de la cathédrale d'Elue, portail une 
ioscriptioo de l'an 1284, ainsi conçue: 

o o o o o 

Anno Domïni m. esc ne. un. m. idus eeptembris 
Bartholomeuê eut* duobm fiUi* de 
Perpiniano fftit partent isiam chori. 

Les antres oeuvres de ce Barthélemi de Perpignan nous 
sont iAcomnies, mais nous ne croyons pas nous tromper 
en pensant que c'est le même sculpteur qu'un certain 
Berengarius Bartholamei fmterins que nous trouvons à 
Perpignan en 1280. 

Les dates et les signatures abondent à partir du xrr« 
siècle et, pour ne pas sortir de la sculpture, bornons- 
nous à rappeler l'inscription de maître Jacques Cascall 
de Btrga, auteur du rétable en marbre blanc de l'autel 
principal de l'église de Cornella de Gonflent : 

[Anno Dhi M] ecc xL v. idibiis madii fuit i&tud 
retrotccbulum ùompletum per magisttum Iaco- 
hum Cascalli de Berga, etc. 

Peintures murales de Saint-Martin de Fonollar. 

(XII* siècle.) 

M. de Bonnefoy a le premier signalé et décrit les 
peintures murales qui ornent aux quatre cinquièmes le 
développement du chevet, de la voûte et des parois laté- 
rales de ce qui était autrefois l'abside de l'église de 
Saint-Martin de Fonollar. Notre éminent archéologue les 
attribue au xn* siècle et, bien qu'elles aient souffert du 



208 

temps et 4e la main des hommes surtout, il en reste 
assez pour faire bien comprendre l'ensemble de la 
composition. Un tiers de la voûte est occupé par la 
représentation de Dieu le fils* accompagné des quatre 
évangélistes ; à droite et à gaocbe de oe tableau central, 
sont assis quatorze personnages. couverts d'amples vête- 
ments et les yeux tournés en haut, vers l'image du 
Sauveur. Sur la paroi verticale, du côté de l'évangile, la 
mort de la sainte Vierge (?) et celle de saint Joseph (?): 
la peinture est très altérée. Du côté de l'épitre, les rois 
mages conduits par l'étoile; ailleurs, la sainte Vierge 
assise dans une auréole en losange, les mains élevées, 
et dans le bas, l'adoration des bergers W. Tout porte à 
considérer comme sûre la date attribuée à ces peintures 
par M. de Bonnefpy; quant k leur origine, nous devons 
rappeler qu'au xu e siècle, l'église de Saint-Martin était 
encore une dépendance de l'abbaye d'Arles qui y avait 
établi une cellule. dès le IX e siècle, et il faut bien croire 
qu'à l'époque où l'on ornait ainsi cette modeste chapelle, 
l'église de l'abbaye et ses autres dépendances devaient 
déjà avoir des peintures semblables ou plus importantes. 

Peintres qui ont vécu ou travaillé en Roussillon 
sons les Rois de Majorque 

(1261 -13M). 

I.— Maître Alexandre. 

C'est encore M. de Bonnefoy qui a découvert dans 
l'église de l'ancienne abbaye de Saint-Genis, dans la 
chapelle dite de Notre-Dame de Montserrat, le nom de 

(1) Xlb Bulletin de la Société des Pyr:-Or. 1860, page 41. 



209 

cet artiste et un de ses tableaux dont il a donné In 
description (1) . 

Nous ne sommes pas en étal de décider par des consi- 
dérations archéologiques la question de date de cette 
peinture, car les moyens de comparaison nous manquent 
en Roussillon en fait d'œuvres de peinture du xui e siècle; 
mais nous pensons que le tableau de maître Alexandre 
doit être rapporté à la première partie du règne de 
Jacques i er de Majorque, et notre opinion se fonde non- 
seulement sur la forme des lettres de l'inscription, mais 
encore et surtout sur le titre de maître suivi du prénom 
seul de l'artiste. 

Pendant le xm e siècle le titre de maître est pris en 
Roussillon par des médecins, tels que magisler Gnifar- 
dm ou Guinardus fisicus en 1261 et 1270, et magisler P. 
de Orlaphano fi siens en 1284, même par des médecins 
juifs comme magisler Salomon judevs pliisicianus de 
Sarbona en 1277; par des clercs gradués en droit, comme 
magisler P. de Villalonga capellanus de Verneto en 1261 ; 
par des grammairiens», tels que magisler P. Jaubeiii gra- 
malicus en 1283, et magisler Andréas Vaquerii grama- 
licus Perpiniani en 1311 ; par des artisans, ciriers et 
autres, tels que magisler Johannes Angksii candelerius et 
magisler Gauterius candelerius, en 1284; par des indivi- 
dus qu'on peut considérer comme de simples menuisiers 
et maçons ou tailleurs de pierre, tels que magisler G. 
fusleritis en J286, Pondus de Collo magisler de pelre el 
calcis appelé aussi Pondus de Collo lapicida en 1283. 

(i) A7/e Bulletin de la Société des Pifr.-Or. i8l»0, pa^e 58, et VUl* 
Hnlletin, 1851, page 277. 

U 



210 

Quant aux architectes et sculpteurs, si souvent confon- 
dus d'ailleurs avec les tailleurs de pierre et les menuisiers, 
ils prenaient aussi le titre de maître, comme on Ta vu 
pour mazestre R. de Bianya en 1203, et ils continuèrent 
à le faire dans la suite, ainsi qu'on le voit pour maître 
Jacques Cascall en 1345. 

Les peintres avaient aussi adopté cette qualification et 
nous trouvons magister Simo7i pictor en 1272 et 1282, et 
magister G. Jordani pictor en 1285. Mais, sur un grand 
nombre de peintres que nous trouvons à Perpignan à 
cette époque, ce sont les deux seuls dont le nom soit 
accompagné de ce titre ; tous les autres ne sont appe- 
lés que de leurs simples nom et prénom avec la qualifi- 
cation de pictor. On ne trouve plus de traces du titre de 
maître appliqué aux peintres du Roussillon après les 
deux exemples que nous venons de citer, tous les deux 
antérieurs à 1290, et il en est de même pour la désigna- 
tion par le seul prénom, dont on ne voit pas d'exemple 
après l'an 1300. Il parait donc certain que le peintre 
maître Alexandre appartient à la même période <*>. 

Une seule chose pourrait affaiblir notre conviction a 
cet égard, c'est la préparation matérielle de l'enduit sur 
lequel est appliquée la détrempe du rétable de Saint-Genis, 
que M. de Bonnefoy déclare absolument conforme aux 
prescriptions d'une commande de retable pour l'église 

(1) Il y avait alors une famille Alexandre à Perpignan et, entre autres, 
un G. Alexandri surgicus (chirurgien) en 1276, dont les descendants 
étaient apothicaires vingt ans après. Mais le nom du peintre Alexandre 
semble être un prénom plutôt qu'un nom de famille. Il est vrai que l'on 
trouve à la fin du xm e siècle, à Perpignan, un peintre Amfos (Alphonse) 
de Bruges, dont le prénom Amfos fut pris comme nom de famille par 
ses descendants. 



214 

de Cabestany, faite par-devant notaire le 10 nov. 1403. 
« Boiseries fortement assemblées, toile tendue a la colle 
« forte, double couche de plâtre, tout s'y retrouve (1) , » 
et Ton peut se demander si, dans l'espace d'un siècle et 
demi peut-être, il ne s'est pas produit quelques change- 
ments dans la préparation et les procédés matériels de la 
peinture roussillonnaise ? Cependant la question ne sem- 
ble pas pouvoir embarrasser. Il n'y a qu'à se rappeler 
avec quelle persistance les sujets religieux ou autres se 
sont répétés pendant des siècles avec les mêmes person- 
nages et les mêmes accessoires fidèlement conservés, 
pour être persuadé que les procédés de l'art si fidèle- 
ment transmis, pour ainsi dire de père en fils, en ce qui 
locche la composition artistique, n'ont dû faire non plus 
aucune espèce de progrès en ce qui concerne la pratique 
purement matérielle, de sorte que le rétable peint de 
Saint-Genis a pu être préparé au xiu e siècle d'après des 
procédés absolument conformes a ceux qui furent em- 
ployés pour celui de Cabestany en 1405. 

D'ailleurs, il ne faut pas oublier les conditions d'exis- 
tence auxquelles se trouvaient assujettis au xiu e siècle 
ceux qui prenaient le titre et exerçaient la profession de 
peintre. Les peintres en Roussillon, comme dans la 
France du Nord, étaient alors et restèrent longtemps des 
décorateurs, dorant, enluminant et vernissant les colon- 
nes, les voûtes et les statues. Une partie d'entre eux 
figurent dans le Livre des métiers d'Étienue Boileau con- 
jointement avec « les selliers. » Ils peignaient, en effet, 
les selles et les harnais des chevaux, les panonceaux, les 

(1) VII fr Bulletin de la Société des Pyr.-Or. 1851, pa<re 277. 



212 

armures., les bannières el les boucliers aux couleurs et 
aux armoiries des gens de guerre. Un certain « maislre 
« Girart d'Orléans, painlre demourant à Paris » qui, en 
1344, peignait des litières ou chaises à porteur, était 
employé peu après à de grands travaux de peinture, tels 
que l'bistoire de César, des sujets religieux, des chas- 
ses, etc. La même communauté de travaux existait en 
Roussillon, où tous les peintres du xm e siècle faisaient 
indifféremment de la peinture, de la sellerie et de la 
« (Vénerie, » et la plupart des peintres du siècle suivant 
étaient des fils ou petits-fils d'anciens selliers ou «freners » 
qui, sans doute en leur temps, avaient aussi fait de la 
peinture. C'est ce que Ton verra par les notices des pein- 
tres que nous allons donner en suivant autant que pos- 
sible Tordre chronologique (1 ). 

II. — Bernard Bertoli. 
(12G5.) 

Cet artiste ne nous est connu que par un acte du 2 
des noues de mars 1265 par lequel, se disant peintre 
habitant de Perpignan ( Bernardus licrtolinus pictor, 
habit. Perpiniani), il s'engage pour cinq ans, à partir 
de la fête de Pâques, envers un certain Raymond (un 

(1) Outre les noms des freners et selliers qui seront cités dans le 
cours de ces notices, nous croyons devoir donner ici d'autres noms d'ha- 
bitants de Perpignan, qui ont exercé ces professions sans qu'ils se ratta- 
chent par aucun autre souvenir à l'histoire de la peinture. Ce sont : en 
1278, P. Ferriol et P. de Garrius, freners; en 1279, un certain Lau- 
rencius celerius cruce signatus (croisé ?) ; en 1283, R.Domenech, sel- 
lier, ainsi que A. de Grasels et son épouse Stéphanie ; en 1286, B. de 
F.ibesaltes, frener; en 1321, Pierre Sala, sellier ; en 1339, Jean Cabes- 
tany et Pierre Causit, freners ; enfin Mathieu Colomines, frener, qui (il 
son testament en 1351. 



213 

autre peintre sans doute, dont le nom est effacé, R. 
Lodrigo? ou R, de Sainte- Croix?), pour peindre des 
armures, des selles, épées, etc., moyennant un salaire 
déterminé (quoi ego depingam arma, cellas, ences, etc.). 
Comme nous l'avons dit, et on le verra encore bien 
mieux par de nombreux exemples, les professions de 
peiutre, sellier et freiier, étaient à celte époque exercées 
par le même individu. 

Bernard Bertoli, en admettant qu'il ne fût pas origi- 
naire de Perpignan, y faisait sa résidence en 1265 et il 
y laissa postérité, puisque l'on y retrouve en 1286 (9 des 
rai. de juin) un clerc qui s'appelle Berlolinm Bertolini 
tlerieus et était sans doute son lils, et plus tard le peintre 
suivant, qui pouvait êlre son petit-fils. 

III. — Jacques Bertoli. 

(1321.) 

Jacques Bertoli, peintre, n'est connu que par un acte 
du 3 des noues de juin 1321 où il figure comme associe 
d'autres peintres de Perpignan ( Jacobus Bertoli pidor 
habilalor Perpiniani). 

IV. — Raymond Lodrigo. 

(1276-1277 ) 

Lr nom de Unlrigo est la forme catalane, encore usi- 
tée vulgairement en Roussillon au xv e siècle, pour le 
prénom de Rodrigue, et le peintre qui le portait et en 
avait fait un nom de famille, est aussi appelé quelquefois 
Rodrigo. Nous le trouvons mentionné pour la première 
lois dans un acte du 5 des cal. de décembre 1276 
iego Lodrigo pintor et Jacobus filins meus) par lequel il 



2U 

empruntait, de concert avec son fils Jacques et Berenger 
Ermengau, peintre, son gendre, une somme de 137 sols 
6 deniers barcelonais au juif Jacob de Montpellier. Il est 
donc évident qu'il devait être alors d'un âge assez 
avancé et on pe.ut le considérer comme un des plus 
anciens peintres connus de la ville de Perpignan. H 
mourut en effet l'année suivante puisque, le 10 des 
calendes d'octobre 1277, il fit donation de ses droits 
sur une maison sise au Puig, à son fils Jacques < 4 > et 
celui-ci dit son père déjà décédé, le 7 des ides de 
novembre suivant. 

V. — Jacques Lodrigo. 

(1276-1286.) 

Jacques Lodrigo, fils et héritier du précédent, ne se 
donnait pas encore la qualification de peintre, après le 
décès de son père, le 7 des ides de novembre 1277, en 
donnant procuration à un coutelier de Réziers, pour 
recouvrer une somme de 17 sols de Malgone dus à sa 
famille p^r Pons de la Balme, habitant de cette ville : 
Jacobus Lodrigo, filius et hères condam fl. Lodrigo pin- 
toris de Perpiniano. Cependant il exerçait la profession 
de peintre, d'après un acte du 13 des cal. de mars 1278 
(c'est-à-dire de février 1279), par lequel il affermait pour 
quatre ans à une femme nommée Saurina Gros un ouvroir 
ou boutique qu'il possédait au Puig de Perpignan : Jaco- 

(1) Ego Rodrigo.... dono tibi Jacobo Rodrigo Glio meo omne jus quod 
habeo in quadam domo mea si tua la in villa Perpiniani et in Podio eius- 
dem ville. — Un acte de 1286 mentione encore sur la place du Puig des 
maisons qui avaient appartenu à feu Lodrigo, peintre : in domibus que 
fuerunt Lodrigo picloris q°. 



215 

bus Lodrigo pintor habilator Perpiniani. Il est encore 
mentionné comme peintre vivant en celte ville à la date 
du 7 des calendes de septembre 1286. 

VI. — Maître Simon. 

(1272-1284.) 

Maître Simon, peintre biterrois, est cité comme vivant 
à Perpignan dans deux actes de Tan 1272, dont l'un, 
dn 12 des calendes de décembre, l'appelle simplement 
magister Simon pidor, et l'autre, du 4 des nones de 
décembre, magister Simon pidor Bilcrreii. On peut pré- 
sumer qu'il s'agit encore de lui dans un contrat passé a 
Perpignan le 6 des ides d'avril 128i où il figure comme 
témoin, sans autre qualification que celle de maître : 

magisla* Simon. 

• 

VII. — Arnald de Barcelone. 

(1277—1286.) 

Cet artiste est toujours qualifié de peintre habitant de 
Perpignan, A. de Barchha pidor, a partir du 12 des 
calendes de mai 1277. Une personne, qui peut-être 
appartenait aussi à une famille artistique (1) , lui fil dona- 
tion d'une maison sise à Perpignan, comme récompense 
de grands services qu'il lui avait rendus et qu'il lui ren- 

ft ) IU film (f* Martini Burgada habituions Perpiniani. Dans la notule, 
I*' nom de Burgada est suivi du mot pintor. que le notaire avait sans 
«toute écrit par erreur et qu'il a barré de sa propre main. On ne saurai! 
donc sur la foi d'une pareille et unique mention, inscrire Martin Burgada 
dans la série de nos peintres, bien que les rapports de sa fille Raymonde 
avec le peintre Arnald de Barcelone portent à penser que ledit Martin 
n'était pas tout-à-fait étranger à cette profession. 



216 

dait encore en 1278 (kal. novemb.). Le peintre Arnald 
figure ensuite parmi les témoins du testament d'un cer- 
tain F. de Banyuls, tailleur de pierre (piqucrius) de Per 
pignan, le 6 des calendes d'octobre 1285. Il faisait un 
emprunt de 60 sols au juif Samuel Salomon Natan, le 
13 des calendes de février 1285 (janvier 1286), et un 
acte du 15 des calendes de juin 1286 rappelle qu'un 
marchand de cette ville nommé Guillaume de Bardol, 
avait baillé en emphytéose a notre artiste, un ouvroir 
dont nous ne pouvons plus reconnaître la situation, mais 
confrontant avec l'ouvroir d'un cordonnier et le manse 
d'un bâtier : opwatorium quod tu dedisli ad accapitum 
Ar. de Barchinona. Cet acte prouve, dans tous les cas», 
qu'Arnald était encore vivant à cette époque. 

VIII. -- Berenjjer Ermengau. 

(1276-1277.) 

Tout ce que nous savons de Berenger Ermengau, 
peintre de Perpignan, c'est qu'il avait épousé une fille 
du peintre Lodrigo, d'après un acte du 5 des calendes 
de décembre 1276. Peu après, aux ides de janvier 1276 
(1277), un marchand ou apprêteur de peaux (pèlerins) 
de Perpignan, nommé Bernard de Codalet, reconnais- 
sait que ledit Ermengau (profileor tibi Berengario Ermen- 
qaldi pictori habilatori Perpimant) lui avait payé de ses 
propres deniers (de luo proprio) 7 livres o sols barcelo- 
nais que P. Cerda, marchand, et Simon Sariera, tous les 
deux de Barcelone, et ledit peintre avaient reconnu lui 
devoir. 



217 

IX. — Maître Guillaume Jorda. 
(Avant 1286.) 

Maître Guillaume Jorda, peintre de Perpignan, était 
décédé en instituant héritier son fils unique nommé 
Nicolas, auquel il substituait « notre seigneur Jésus- 
Christ, » si ledit fils décédait en bas-âge, comme il 
advint. En conséquence, par acte du 2 des ides de sep- 
tembre 1286, Jean de la Serra, chanoine de Perpignan 
el Pierre de Ripoll, manumisseurs de dit maître Guil- 
laume Jorda, défunt (manumissores magistri G 1 hrdani 
picloris habilaioris Perpiniani q°) y firent vente à dame 
Boneta, sœur du chanoine Laurent Pages, de « certaines 
« maisons qui furent dudit maître Guillaume » sises dans 
ladite ville, pour le prix de 300 sols de Malgone, qui 
ont été donnés « par amour de dieu pour l'âme dudit 
« testateur. » On peut présumer que les décès de maitre 
Guillaume et de son fils avaient eu lieu dans la même 
année où fut faite la vente de leurs maisons. 

X. — Jacques Torrellà. 

(1280-1321.) 

On trouve déjà Jacobus Torrelani pidor cité comme 
témoin d'un acte du 5 des ides de septembre 1280, et on 
le voit encore exerçant la môme profession dans la ville 
<!e Perpignan le 5 des nones de juillet 1321. Il mourut 
avant Tan 1333, selon une reconnaissance faite le 5 des 
ides de mars 1333 par Guirauda, épouse d'André Bar- 
râu, tailleur, fille de feu Jacques Torrelani^ peintre de 
Perpignan, et de Cécile, son épouse, encore vivante. 
Nous verrons en 1354 un certain Pierre Barrâu, peintre 



218 

de Perpignan, qui élait peut-être Ois du tailleur André 
Barrau et petit-fils du peintre Torrellk. Ces alliances et 
successions entre peintres et tailleurs furent fréquentes 
à Perpignan, et Hyacinthe Rigau était fils du tailleur 
Mathias Rigau qui était lui-même allié à la fille d'un 
peintre. 

XI. — Bernard Frener. 
(1286-1277.) 

Le mot catalan frener désigne un ouvrier en freins 
ou brides de chevaux, et nous connaissons au moins 
quatre générations d'une famille de ce nom qui a existé 
à Perpignan dans l'espace d'un siècle. Trois de ses 
membres seulement sont désignés comme peintres. 

Le chef de la famille semble avoir été un nommé Jean. 
dont la profession n'est sans doute indiquée que par le 
nom de Frenerius, pris comme nom de famille par ses 
descendants; sa femme s'appelait Andrma, et ils étaient 
tous les deux décédés avant Tan 1286. Les actes de 
l'époque mentionnent trois de leurs fils, Bernard, Ray- 
mond et Jean. 

Bernard Frener faisait déjà une vente de selles cl de 
brides pour 237 sols 6 deniers à Guillaume de Clayra, le 
16 des calendes d'avril 1265 ftibi Bernardo Frener io 
racione cellarum et frenorum), FI faisait une autre vente 
d'articles de morne nature au chevalier Ravmond de 
Palauda le 2 des nones d'octobre 1276 (libi Berna rdo 
Frener habitatori Perpiniani). Mais, outre la sellerie et 
freinerie, il exerçait aussi le métier de peintre, comme 
on le voit par un acte d'affermé qu'il consentit, d'accord 
avec son épouse Guillemet, le 5 des calendes de fév. 1276 



219 

(janvier 1277). Par cet acte il louait à Jean d'Àlenya, 
barbier, un ouvroir conlign à sa maison sise dans Per- 
pignan, avec la réserve expresse que le preneur ne four- 
nirait à personne le moyen de lui faire concurrence, 
c'est-à-dire qu'il ne pourrait sous-louer ledit ouvroir à 
aucune personne exerçant son métier de freinerie, de 
sellerie ou de peinture : Salvo quod non possis dictum 
operalorium conducere... alicui vel aliquibus de minislerio 
ineo scilicet de frenayria sive de celayria vel de l pinctoria 
sine voluntale mea. Bernard Frener fit encore une quit- 
tance pour le loyer de cet ouvroir le 16 des calendes de 
décembre 1277. Il laissa deux fils du nom de Jean et 
Vidal mentionnés en 1286 <'>. 

XII. — Raymond Frener. 

(1283-1299.) 

Raymond Frener, frère du précédent, est qualifié de 
peintre dès Tan 1283, bien qu'il exerçât également le 
métier de sellier ainsi que son frère, auquel il avait sans 
doute succédé pendant la minorité de ses enfants; il était 
d'ailleurs associé avec deux autres peintres. En effet, le 
6 des ides de septembre 1283, Jean S'Oliva et son fils 
Bérenger d'Oliva, d'tJHastret en Catalogne, s'engageaient 
à travailler pendant cinq ans de leur métier de sellier 
(rie minesterio nostro scllaric) pour le compte de H. de 
Oou, sellier, de Raymond Frener, peintre et d'Àmfos de 

(1) On trouve une quittance du 8 des ides de janvier 1278 faite par 
un sellier de Perpignan à un certain Bcrenger Frener, de (ierona (Beren- 
fjûrio frenerio de Gerunda) ; mais le nom de Frener semble désigner ici 
tout simplement la profession de ce Bérenger qui ne paraît pas appartenir 
ri la famille Frener de Perpignan. 



220 

Bruges, peintre, moyennant un prix fait de 3 sols 9 
deniers pour chaque selle de cheval (sella equi) , 2 sols 
G deniers pour chaque selle de palafroi peinte ' sella 
pala/redi pictandi)^ et 3 sols et 5 oboles pour chaque 
selle a bât et selle nue de palafroi (pro quolibet sella 
baslera et pro qualibet sella rasa palafredi). Le premier 
septembre 1286, Jean Frener, clerc, âgé de plus de 2o 
ans, iils de défunts Jean Frener et de dame Andréua, son 
épouse, de Perpignan, lit donation à son frère Raymond 
Frener, peintre, de ses droits sur la maison de leur père 
située au Puig de Saint-Jacques, ladite maison confron- 
tant avec la place dudit Puig, avec deux rues, avec les 
maisons qui furent de feu Lodrigo, peintre, et avec tenanec 
de Jean et Vidal, leurs neveux, fils de leur frère Bernard 
Frener. On retrouve encore les mêmes Raymond et Jean 
Frener, frères, fils de feu Jeap Frener, à la date des nones 
de février 1292 (1293), réclamant diverses sommes du 
domaine royal qui avait confisqué les biens de Dalmau 
de Castellnou et de son fils Guillemo, à la suite de l'expé- 
dition du roi de France Philippe III en Roussillon. Le 
premier réclamait une créance de 23 sols de Malgone 
dus pour des armes ou armoiries (racionc armorum ) 
qu'il avait faites pour ces deux nobles personnages, le 
second une dette de \ .008 sols 5 deniers de la même 
monnaie, pour une paire d'éperons dorés (calquarinm 
(leauratorum) qu'il leur avait vendue, et pour d'autres 
articles de son métier de freineric qu'il leur avait faits 
(et racione aliarum operarum minisferii freneyrie qwis 
sibi feci). Enfin, un dernier acte nous fait connaître les 
noms de l'épouse du peintre Raymond et de leurs deux 
fils. C'est une vente faite le 5 des ides de janvier 1299 



221 

(1300), par laquelle Raymond Freuer, peintre, habitant 
de Perpignan, cède à Arnald Alassot, sacristain de Sainl- 
Jean, une renie annuelle de 60 sols barcelonais qu'il 
recevait sur quatre maisons contiguës à lui appartenant, 
situées au Puig de Saint-Jacques, confrontées avec les 
maisons de Jean Frener, frère du vendeur, de Jacques 
Lodrigo, peintre, et autres tenanciers, pour le* prix de 
1.100 sols; cette somme fut payée, au nom de la sacristie 
de Saint-Jean, par les pareurs de la rue de la Parayria 
nouvellement ouverte près la porte Notre-Dame. La vente 
est consentie et confirmée par « Jean Frener et Bernard 
« Frener sellier (celerius), frères, fils dudit Raymond et 
« par Guillema, son épouse. » Comme on le voit, Jean 
Frener, qualifié de clerc en 1286, exerçait le métier 
de freinerie avant 1285 et sans doute encore en 1299, 
quoique son frère Raymond le nomme à cette date sans 
parler de sa profession. Quant aux deux fils du peintre 
Itaymond, l'un d'eux, Bernard, est déjà qualifié de 
sellier en 1299, et on le retrouve avec la même profes- 
sion (Beniardus Frenerii celerius) en compagnie de divers 
peintres de Perpignan le 5 des nones de juillet 1521. 
Son' second fils, Jean, parait avoir exercé la même pro- 
fession que son père. 

XIII. — Jean Frener. 

(1300?) 

Tout ce que nous savons de Jean Frener, c'est qu'il 
était fils de Raymond Frener, peintre, et de Guillema, 
son épouse, d'après l'acle déjà cité du 5 des ides de 
janvier 1299 qui n'indique pas sa profession, quoiqu'il 
soit qualifié de peintre après son décès. Il épousa Rie- 



222 

sende, qui lui survécut, et dont il eut un fils, Bernard 
Frener, qui exerça le métier de pareur et mourut avant 
sa mère. Celui-ci épousa Stéphanie, qui se maria en 
secondes noces avec G. Raynard, de Baixas et vivait 
encore en 1371. C'est ce qui résulte d'une donation 
faite le 4 avril 1357 à ladite Stéphanie, sa belle-fille, par 
Ricsendis uxor Johannis Frener q° pictoris de Perpiniano, 
succédais in bonis que fuemnt Bemardi Frenerii q° paw- 
toris filii sui, tnariti dicte Stéphanie. 

XIV. — Pintor d'Elne. 
( xme siècle ? ) 

Comme on l'a vu pour la famille Frener, au xui e siècle 
le nom de la profession d'un membre d'une famille (levé- 
nait souvent un nom de famille pour ses descendants, et 
il n'est pas douteux que certains noms de famille si fré- 
quents en Roussillon, tels que ceux de Fabre, Sabaler, 
Calcer, Sartre, Mazeller, Ferrerai autres, ne proviennent 
du métier exercé par quelqu'un de leurs ancêtres. C'est 
ce qui nous porte à croire que le nom de Pintor, porté 
par une famille que l'on trouve à Elne et plus tard à 
Perpignan, vient aussi de la profession de peintre exer- 
cée par quelqu'un de ses membres au xui e siècle. Un 
acte de 1511 mentionne un Berengarius Pictoris, d'Elne, 
père de Sibille, épouse de Pierre Saval, de Perpignan; 
il est encore cité en 1319, ainsi que son épouse Galarda, 
fille d'un certain Paschal, de Saint-Cyprien. D'autres 
actes de 1338 et 1343 mentionnent encore Berenger 
Pintor d'Elne. 

On voit aussi en 1343 un Barthélemi Pintor, cordon- 
nier de Perpignan, et c'est peut-être a ce dernier que 



223 

se rattachent des peintres de même nom qui vécurent 
dans cette ville an siècle suivant et dont un, Arnald Piu- 
tor, fut père de Jean Pintor, évêque d'Elne sous Louis XL 

XV. — Guillaume de Sancta Crôu. 
(1276.) 

Ce peintre ne nous est connu que par un acte fort 
endommagé des ides d'octobre 1276 par lequel' un habi- 
tant de Perpignan, dont le nom a disparu en partie 
(ego ...saual de Gcrunda habilalor Perpiniani), pardon- 
nait à Guillaume de Sancta Crou, peintre, fils de Ray- 
mond de (Sancta Crôu?), une blessure qu'il était accusé 
de lui avoir faite (racione cujusdam vulneris quod dice- 
butur quod michi feceras). Il n'est pas douteux que R. 
de Sanda Cruce ou de Cruce, père de cet artiste, ne fût 
le même que Raymond de Cruce qui, dès Tan 1265 % 
prenait à gages le peintre Bernard Bertoli pour peindre 
des armes, selles, épées et autres objets. En effet ledit 
Raymond se retrouve, toujours qualiGé de sellier, dans 
divers actes de 1276, 1278 et 1285, tantôt sous le nom 
de R. de Cruce, tantôt, et notamment le 8 des ides de 
janvier 1278, sous celui de R. de Sancta Cruce selerius. 
On trouve également à Perpignan depuis l'an 1278 jus- 
qu'en 1284 un Etienne de Sancta Cruce qualifié de gan- 
tier cl de pèlerins, marié avec une nommée Ray monda, 
et c'était peut-être un frère du peintre Guillaume. Ce 
dernier laissa sans doute des descendants qui ne portent 
plus que le nom de Créas ou Crans, car le nom latin 
crux, crucis prenait alors en catalan les formes Crôu ou 
Crotz et Cruz, et aujourd'hui Créu. Il n'y a d'ailleurs 
rien de plus commun dans la formation des noms des 



224 

familles perpigoanaises, que la suppression du qualificatif 
de saint dans les noms de famille tirés des lieux d'ori- 
gine, el Ton trouve aux xiii» et XIV e siècles des individus 
qui s'appellent indifféremment Sent Geli ou Geli (Gilles), 
Sent Genis ou Genis, Sent Marsal ou Marsal, Sant Fdiu 
ou FeUu, etc. 

XVI. — Jean Créas. 
(1308) 

La profession de peintre étant alors, ainsi que les 
autres, généralement transmise de père en fils, on peut 
considérer comme fils de Guillaume de Sancta Crdu un 
peintre cité dans un acte du 6 des ides d'octobre 1508 
relatif à une maison située à Perpignan au lieu dit a la 
Vinya del Rey, confrontant avec une tenance de Johan 
Creus pintor. Nous n'avons pas l'original de cet acte, 
mais seulement une analyse du xvi" siècle, el il se pour- 
rait que le prénom ne fût pas exact, bien que, d'après 
les dates, le peintre Jean ait pu être le fils du peintre 
Guillaume de l'an 1276 et être lui-même le père des 
deux peintres suivants. Il faut remarquer aussi que les 
peintres de Perpignan qui, au xui e siècle, avaient tous 
leur habitation au Puig de Saint-Jacques, paraissent, 
dès l'an 1308, établis dans d'autres quartiers tels que la 
Vinya del Rey, quartier voisin de l'église de la Real ; 
peu après nous les verrons tous domiciliés dans une rue 
de la même paroisse. 

XVII. — Pierre Crôu. 
(1321—1333.) 

Le nom de Pierre Crdu (crucis y croix), peintre, habi- 
tant de Perpignan, se trouve dans une reconnaissance 
faite le ?> des nones de juillet 1321 au juif Viues Ahraam 



225 

Sescalela pour une somme à lui empruntée par Bernard 
Frener et Pierre Sala, selliers, Pierre Crdu, Bernard 
Crôu, Barlhélemi Emfos, Jacques Torréfia et Jacques 
Bertolj, peintres» tous habitants de la mêaie vtUe, en 
présence de Jacques Fanjius et d'Àrnald, Boas, peintres. 
Ils reconnaissent qu'ils ne 4oi*ent plus que 34 sol* tara* 
louais sur la somme empruntée et cet acte, bien însigni 
fia* par lui+méme* semble contenir un premier indice de 
l'existence d'iue corporation*, ou du moins d'une asso- 
ciatioa,.c)Mrç gens de métiers qui, d'après lea faits déjà 
citep, avaient autre eux las rapports les pics in limes. Il 
est certain d'ailleurs qu'en 1321, les peintres n'étaient 
pas assez nombreux à Perpignan pour former a eux seuls 
une corporation, importante, et jusqu'au xvm siècle on 
les voit associés tantôt avec les selliers, tantôt avec les 
merciers, les sculpteurs et les orfèvres. Quoi qu'il en soit, 
il est difficile de voir dans l'acte ci-dessus autre chose 
qu'jan emprunt fait en commun par des gens de métiers 
presque, identiques ï cette époque, en faveur d'une asso- 
ciation que Ton peut considérer .comme déjà existante, 
ou bien en vue de quelque entreprise d'un travail impor- 
tant que bous ne saurions déterminer aujourd'hui. 

Pierre Crôu, que l'on peut supposer 61s du peintre 
Jean, se retrouve tomme témoin le 8 des ides de novem- 
bre 432! (texlibus Petro Çrou piitlore) et le 3 des calen- 
des de septembre 1333 (Peirus Cruscis piclor). Son 
épouse Johaoa, qui se remaria ensuite avec Guillaume 
Mates, vivait encore le 13 avril 1362, époque où le juif 
Vidal Salomon Natan lui fit quittance d'une somme 
qu'elle loi devait (vos Johanam uxorem Pétri Crueis q* 
pintoris, postea uxorem G' 1 Mates de Perpiniano). 

15 



226 



XVIII. — Bernard Crôus. 

(13)1—1334.) 

Bernard Grdus, qui était petit-être un frère du précé- 
dent, figure avec lui dans les mêmes actes de l'an 1821, 
ainsi que dans deux autres du 3 des nones et des ides 
de juin iZ8£ (Bemardus Crucis, et ailleurs Crou pinctor de 
Perpinimo). Il était marié avec une nommée Dulcia, don ( 
il eut une fille du nom de Michel le, vivante en 1554 et épouse 
de Guillaume Font, cordonnier. Rais H est probable que 
dès l'an 1323 le peintre Bernard était déjb remarié et qu'il 
avait eu de Béatrix, sa seconde épouse, une fille de même 
nom, puisque ce second mariage ne fut célébré qu'en 1325 
et sa fille Béatrix se trouve «dix ans après» déjà mariée 
avec un cordonnier nommé Jean Ferret. Au reste, dans 
cette seconde union, le peintre Bernard ne fit pas preuve 
de sentiments purement artistiques, car dans son contrat 
de mariage, reçu le 4 des calendes de février 1524(1325), 
Béatrix, fille de feu Jean Pons, autrement appelé Ordivejl, 
de Saint-Laurent de la Satanca, déclare qu'elle a déjà con- 
tracté mariage avec ledit Bernard (siens me malrimonium 
conlraxisse c\m Bemardo Crous pintore de Perpiniano) à 
qui elle a promis d'apporter certaine dot en argent ; mais 
son mari, dit-elle, ne veut pas célébrer le mariage i 
l'église tant que ladite dot ne lui aura pas été comptée 
(et dictas marilus meus non vult tnecum malrimonium in 
fade eedesie celebrare donec dos promissa fuerit sibi 
soluta), en conséquence elle vend pour le prix de 50 
livres une terre située à Juhègues, et c'est après avoir 
reçu ces espèces sonnantes que l'artiste consent à légiti- 
mer son union. 



227 

Bernard Crdus (0. Cruscis pinctor) fit son testament 
aux oones de juillet 1534; il déclare vouloir être enseveli 
au cimetière de Sainte-Marie de la Real, qui était sans 
doute t»& paroisse et celle des autres peintres de cette 
époque; il fait divers legs k sesdeuf filles upariées et 
institue pour héritier universel son fils Jacques qu'il avait 
eu de sa seconde épouse Béatrix encore vivante alors. 
Cet eofant mourut sa?$ (Joute $n bas-âge ou ne suivit 
pas la profession de son père, car nous n'en trouvons 
plus aucune mention. 

XIX. — Amfos de Bruges. 

( 1383-1*309.) 

Le nom d 9 Amfos, forme catalane du prénom Alphonse, 
était devenu, comme la plupart des prénoms, un véritable 
nom de famille en Houssillon, où II. était assefc commun 
au xm e siècle et où Ton trouve un Anfassius de Harkis 
déjà décédé en 4262, et en 1285 un Bernardus Amfos 
a Perpignan et à Salses. Cependant le peintre Amfos 
semble originaire de ia Belgique, et on le trouve associé 
avec le peintre Raymond Frener, le 6 des ides de sep- 
tembre 1283 (Amfos de Brugiis pic for habitator Perpi- 
niani). On le voit propriétaire d'une terre sise à Vilanova 
de Raho dans un acte du 15 des cal. de décembre 1309 
(in tenencia Anfosii pictoris). Son épouse Boneta vivait 
encore en 1331, avec ses trois fils, dont le cadet, Martin 
Amfos {Marlinns Anfos argenterius) était déjà argentier 
ou orfèvre en 1525, et le plus jeune, du nom de Pierre, 
se disait clerc cl âgé de plus de 25 ans en 1551. 



228 



£&. — Barthélemi Ajnfos. 

(1381—1331.) 

Barthélemi Amfos, fils aine du précédent, est qualifié 
de peintre dès Pau 1521 (5 des nones de juillet et 8 des 
ides de novembre). Son nom est écrit Emfossiw, Amjfos 
et Amfos. On le retrouve dans un acte do 5 des nones 
de juillet 4331 par lequel, d'aceord avec sa mère et 
ses deux frères, il vendit à un tisserand la maison de son 
père, située au Puig de Saint-Jacques, pour 15 livres 
10 sols. 

XXI. — Guillaume Camprodon. 

(1317.) 

Ce peintre n'est connu que par deux actes do mois 
de novembre 1317 relatifs à des maisons situées à Perpi- 
gnan rue de la Fu$lei*ia, sur lesquelles des rentes étaient 
perçues pour Guillaume Camprodon pintor de la même 

ville. 

D'autres artistes du même nom, et peut-être de la 
même famille, ont existé a la même époque, entre 
autres, le sculpteur Arnald Camprodon, l'un des auteurs 
ou sculpteurs des stalles du chœur de la cathédrale de 
Majorque, qui, d'après VillanuevaW, furent construites 
de 1327 à 1339 par meslre P. Joltan fusler, e mestre 
A. de Camprodon, ymaginayre de les ca dires. Il faut 
rappeler à ce propos, que le siège épiscopal de Majorque 
fut occupé entre les dates ci-dessus par deux évêques 
perpignanais, Guido Terrena et Bérenger Baille, et il se 

(4) Viage Hterario, tome XXI, page 106. 



289 

pourrait qu'ils eussent attiré un artiste, leur compatriote, 
qui pourrait ainsi être le fils ou le frère du peintre Guil- 
laume Camprodon. 

XXII. — Bartbélemi Camprodon. 
(1336-1361.) 

Barlhélemi Camprodon, peintre de Perpignan, cité 
comme témoin dans un acte du 4 des nones de juil- 
let 1530, était probablement le fils du précédent et l'on 
peut supposer qu'il était frère de Jacques Camprodon , 
cordonnier, puisque leurs maisons élaient contiguës en 
1553 dans la rue de la Seller ia, et qu'en 1350 le peintre 
Barlhélemi se trouvait tnteor « de Marguerite, fille de feu 
Jacques Camprodon, cordonnier. » On cite aussi en 1337 
une de ses propriétés sise au territoire de Perpignan 
( Barthctomei Campirolundi pinctoris). Le 8 des ides 
d'avril 1339 il fit, en qualité de tuteur et administrateur 
des biens et de la personne de Barthélémy son fils, quit- 
tance de la dot de son épouse Francisca, fille de Boneta 
et de Pons Catala, peyrer de Perpignan, tous les deux 
défunts. Il figure aussi comme témoin dans un testament 
fait pendant la grande peste de 1348, le i8 des calendes 
de juillet, et dans un autre testament fait & Perpignan 
le 10 décembre 1361. Un autre acte du 26 mai 1376 le 
dit déjà décédé à cette époque. 

Nous n'avons aucun autre renseignement sur Barlhé- 
lemi, fils mineur du peintre, mentionné en 1339; mais 
la famille Camprodon continua d'exister à Perpignan, où 
elle occupa? Dne des premières positions commerciales 
dans les deux siècles suivants, et plus tard un rôle des 
plus importants dans la noblesse roussillonnaise. 



230 



XXIII. — Bernard Boas. 

i 

(1321—1323.) 

On connail à Perpignan dès l'an 1280 un certain Pierre 
Boas dont on ne donne pas la profession. Le peintre 
Bernard Boas, mentionné dans l'acte de 1321 déjà cité, 
reparait aux ides de juin 15?5 {Bernardus Bois pinclor 
de Perpiniano), pqur le payement de 20 livres que le 
tailleur Jacques Xatmar lui avait prêtées, 

XXIV. — Arnald Boas. 
(1335-1337.) 

Nous ne savons quel pouvait ê\re le degré de parenté 
existante entre le précédent et Arnald Boas, pinlor de 
Perpignan, cité dans une pièce de procédure des ides de 
février 1354 où on le dit fils et héritier de feu Guillaume 
Boas et de sa première épouse Tatzona. Nous le retrou- 
verons dans un acte des ides d'août 1337 par lequel il 
prit comme élève Guillaume Fagnalo. 

XXV. — Jacques Fanjàus. 

(1321.) 

Ce peintre n'est counjj que par un acte du o des 
uones de juillet 1321 où il figure comme témoin : Jaco- 
bus Fan j ans pictor. 

XXVI. — Bernard de Bell ver. 

* 

(Avant 1334.) 

On ne connaît son existence que par le testament du 
peintre Bernard Crdus, des nones de juillet 1334; dans 
lequel il dit un legs de 3 sols « à son filleul Bernard de 



231 

« Beilver, tils de feu Bernard de Bell ver, peintre de 
« Perpignan : » letju Bernardo Ptdcri Visus filiola meo, 
fUio fkrnardi Pukri Visus q° pincloris Perpiniani, etc. 

XIV II. — Jacquet Canal. 
(1829-1334.) 

Jacques Canet est cilé pour la première fois, en qua- 
lité de témoin, aux nones de février 1338, avec le titre 
rie « peintre de Perpignan. » Il prend le même titre, le 
6 des nones de mars suivant, en donnant procuration à 
Pierre de Vilardell, peintre de Gerona, pour réclamer et 
recouvrer d'un peintre de la même ville nommé Raymond 
— le reste du nom est effacé dans l'acte original — deux 
manuscrits sur papier; enfin, on le trouve encore comme 
témoin à Perpignan le 10 des cal. d'août 1532, avec le 
titre de pintor. N'est-ce pas encore lut qui figure au tes- 
tament du peintre Bernard Crôus, aux nones de juill. 1334, 
en compagnie d'un autre peintre, mais avec la qualifica- 
tion de «sellier?» (lestes R* 9 de Perauia pinlor, Jacobm 
Caneli sderius, omnes de Perpiniano). La question ne 
peut laisser une ombre de doute, vu l'affinité des deux 
métiers à cette époque, à moins que le scribe ne lui ait 
attribué par errenr la profession de sellier. 

XXVIII. — Bernard Daui. 

(1301-133i.) 

La famille Daui exerçait la profession de sellier au \ui c 
siècle à Perpignan où Ton trouve, de l'an 1261 b 1286, un 
Pons Daui cderitis, appelé aussi Dauin* Dauin : ' et Dauid, 
et son frère Arnald exerçant aussi la même profession 



in 

de 1367 à 1283. Bernard Dtai, pintor de Perpignan, est 
eité dès Tan 1501. Faut-il considérer comme ses fils les 
deux peintres Bernard et Arnald; frèreà) qui prenaient 
toutefois le nom de Giraud-Daui? Bernard Dâui, l'un 
d'eux, qualifié de pintor, avait sa 'maison dans la rue de 
la Celkria d'après un acte dn 4 des ides de mai 1353, 
cl il est probable qu'il vivait, encore çn 1344(16 avpl), 
d'après un acte qui le nomme coflune frère du peintre 
Arnald Giraud-Dâui, sans indiquer sa profession. 

. . XXIX. — Arnald Giraud-Dàul. 

(1944.) 

* 

Le peintre Arnald Giraud-Dâui (Àrnaldus Gtraudi 
Dauini pintor) n'est connu que par un acte du 16 avril 
1344, où il se dit âgé de plus de 25 ans, en faisant quit- 
tance du loyer d'une maison a lui appartenant sise à 
Perpignan et confrontant avec tenance de Bernard Giraud, 
son frère [in tenencia Bemardi Gtraudi fralris met). 

XXX. — Raymond de Peralta. 
(1333—1347.) 

Un acte du 4 des ides de mai 1333 mentionne, daps la 
rue de la Celleria à Perpignan, un obrador lo quai es d'en 
G m Peralia pintor^ confrontant avec K maison du peintre 
Pierre Gras, et plus loin, dans la même rue, une casa que 
fou den Jacme de Peralta confrontant avec celle do pein- 
tre Barthélemi Camprodon. On serait donc porté à croire 
qu'il y avait déjà alors un Guillaume de Peralta, peintre, 
qui serait le fils ou successeur de Jacques de Peralta que 
cet acte semble désigner comme défunt a cette époque; 



233 

mais ce document ne nous est parvenu que de seconde 
mais, et l'auteur de la* note qui on est testée a pu se 
tromper pMr le prénom eh lis»! GuMatome au lieu de 
Raymond. En effet, Ifeipeintté Raymond de Peiduta 
figure avec d'autres peintres au testament de Bernard 
Créus, des noues de juillet 1 \ 9i84. 'Ne serait-ce pas ce 
peinire Raymond [ ] de Gerona, dont II a 1 été 

question en 1329 à propos de Jacques Canet? Au reste, 
le testament du clerc Jean Ramon fait le 7 des calendes 
de novembre 1347 — ou 1348? — le désigne encore comme 
son exécuteur testamentaire ( Ragmundum de Pèralta 
pinctorem Perpiniani), et une vente d'un champ iris à 
Cabestany, dn 16 octobre 1350, le dit déji décédé à 
cette époque : cum tenencia den Perauta q° pinclùris. 

XXXI. — Pierre Gras. 
(1332-1337) 

Comme nous l'avons déjà dit, I» profession de peintre 
avait anciennement : beaucoup de rapports avec tout ce 
<fà concernait la sellerie et l'équipement militaire. On 
en voit un exemple dans un acte du 47 des calendes 
de juillet 1332, par lequel les consuls de TorreHes 
achètent de Pierre Gras, peintre 1 de Perpignan, pour te 
prix de 67 sols 6 deniers, quinze boucliers ou écus en 
bois {clipea seu scula fusli), que cette commune achète 
pour se défendre contre les Génois ou d'autres ennemis. 
Ce peintre est encore < nemmé dans un acte des nones 
de septembre suivant, et le 4 des ides de mai 1383 on 
mention oe sa maison située dans ta rue de la Seller ia, 
qui était alors le quartier des seIKers, freners et autres 
peiûires, Le 5 des ides d'août 1887, Pierre Gras vendit 



234 

une maison sise près la porte Sainle»Marie du Pool, en 
qualité de curateur donné par la cour du bailli de Per- 
pignan à Jean et Guillaume, fils mineurs de sa fille Sau- 
rina, épouse de défunt Matbîep Estève, pareur. de celte 
ville. Nous retrouverons plus tard deux autres peintres 
du nom de Gras, qni étaient, sans doute les descendants 
de Pierre Gras. 

XXXII. — Guillaume Fagalo. 
(1337.) 

Aux ides d'août 1337, Guillaume Fagualo ou Fagalo, 
se qualifiant de peintre, fils de feu Guillaume Fagalo, 
pareur de Perpignan et de Saurina, son épouse, présente 
à cet acte, se met en apprentissage chez le peintre Arnald 
Boas, qui s'engage h lui apprendre son métier pendant 
deux ans (quod lu doceas me tuum ministcrium), pendant 
lesquels ledit maître devra le pourvoir de tout ce qui lui 
sera nécessaire et lui fournir deux habillements complets. 
L'apprenti peintre se disait âgé de 17 à 25 ans et peut- 
être abandonna-l-il cette profession ou mourut-il jeupe, 
car nous ne connaissons aucune autre mention de lui, à 
moins qu'il n'y ait eu quelque erreur de prénom el qu'il 
ne soit le même personnage que le suivait. 

XXXIII. — Pierre Fagalo. 
(1338.) 

Le 7 décembre 1338 le procureur d« roi. de Majorque 
ordonna d'enlever (amovere) tous les écossons el armoi- 
ries [signa picla ) peints sur les piliers de la place du 
Blé de Perpignan, et ce fut le peintre Pierre Fagalo qui 
fut char é de cette opération avec l'assistance d'ua huis- 



335 

sier. Neus ne saisissons pas, ooos l'avouons, le sens de 
Tordre donné par la procuration royale, car s'il ne s'a- 
gissait que « d'effacer » les ëeussons en question, le 
premier barbouilleur venu pouvait parfaitement s'acquitter 
de la besogne. Peut-être ne s'agissait-il qae de faire 
disparaître tous les écussons autres que ceux du roi de 
Majorque, ou même d'enlever les décors de quelque fête 
et, dans ce cas, l'intervention d'un artiste ou d'un ordon- 
nateur d'embellissements publics pouvait avoir son utilité 
(Procuracio real, reg. XVII* P> 98 v«). 

XXXIV. — Jacques Rocha. 
( 1343. ) 

C'est le seul artiste qui nous soit connu comme au- 
teur de peintures religieuses, pendant toute la durée du 
royaume de Majorque. Le 17 des calendes de juin 1342 
le couvent des Carmes de Perpignan avait déji payé les 
dépenses laites pour la chapelle que le donzell Berenger 
de Saint- Paul avait fait construire dans l'église de ce 
monastère, pour l'autel et ses ornements, et 12 livres 
10 sols pour le rétable (pro relrotabulo diète capeUe). 
Us peintures exécutées par Jacques Rocha se ratta- 
chaient peut-être à cette fondation de Berenger de Saint- 
Paul, mats malheureusement l'acte qui en a conservé le 
souvenir est en fort mauvais état, et voici tout ce qu'il 
nous est permis de lire dans le manuscrit : 

« Je [Jacjqnes Rocha, peintre de Perpignan, conviens 
« et promets à vous [procureur] du couvent des frères 
« de Sainte-Marie du Carme de dite ville, que, d'ici i la 
« prochaine fête de [ ], je peindrai toute 

« l'histoire de l'Annonciation de la Bienheureuse Marie 



236 

a Vierge, c'est-à-dire un ange et une ima[ge de b Vierge? 
« él aussi] toute l'histoire du Jugement du Seigneur, 
* c'est-à-dire un Sedes MageslatisW avec quatfe anges 
<r et douae sépulcr[efe. . . .], le tout fait de ma main, avec 
« mes méritoires et plus convenables couleurs et k mes 
« dépens ; et le champ ou sorftrce des sépnlères [de la- 
r dite] histoire, je le peindrai de la meilleure et plus 
<r convenable confenr noire, en le parsemant d'étoiles, 
« té tout pour le prix de 9 livres 40 sols barcelonais : » 
Ego [Jaco\bus Roca pintor Perpiniatti . . . profnilo . . . 
quod ego hinc ad insians festum [ ] depiclus 

fuero tolam insloriarn Anunciacionis B. M. Virginis, 
sciltcet unum angelum et unam ym [ ] tolam 

insloriarn judiài domini, viddiœt unum Sedem Meeges- 
talis et quatuor angelos et duoiUcim $ep\da\ ] 

mets manibus ae de mets ac de oplimis et sufficientibus 
ooloribus et expensis; et campum seu planiciem $epid[ ] 
inslorie depinguam de Uvido colore optimo et suflicienti 
signatum de et cum sleUis. Cet acte est du 20 nov. 1343 
et, te même jour, Jean Oliver, écrivain de Perpignan, 
frère et héritier de sa sœur Garsende, éponse de Jean 
Pages, marchand de ladite ville, reconnaissait devoir à 
Jaeqoes Rocha, peintre, 8 livres, en vertu du transfert 

(1) On entendait au xiv« siècle par Sedcs àîageslatis l'image de Dieu 
le Père • assis » more judicantis, et c'est ainsi que Ton désipait aussi 
la figure de la Royale Majesté assise et rendant la justice, telle qu'elle 
est représentée sur les sceaux de l'époque. Au reste le mot magestas 
s'appliquait aussi alors à la figure d'un saint quelconque, et Ton voit 
danâ un testament du 10 juillet 1375 (de Jacques Gueroart, serrurier de 
Perptgrian ) un legs « de deux anges en bois et bien peints, valant quatre 
« florins d'or ou environ, qui seront placés et resteront en l'autel de 
« Sainte-Marie de l'église de Prunet et devant la majesté de Saint- 
« Etienne » et ante mageitatem Beati Stcphani. 



237 

que venait d'en faire frère Arnald Sure) ha, religieux du 
couvent des Carmes, à qui elles étaient dues pour célé- 
bration de messes, et ledit religieux les devait audit 
Rocba «pour certaines histoires qu'il devait lui faire; 

ration* quçrumdaw isfayarum, ppr te &4m jifndamm. p 

» • » ■ * * '• 

Nous ajootoM ici les noms de quelques autres peintres 
on sculpteurs, contemporains de ceux qui précèdent, mais 
vivant ou signalés seulement dans les pays voisins. 

D'après VillanuevaO on trouve en 1305 à Barcelone 
un magister Pujol qui fecit retrotabidum S" Eulalie, 
mais le titre de « maître » semble se rapporter k un 
sculpteur; il s'agirait donc ici d'un rétable sculpté. 

Selon le même auteur W, on voit « d'après les registres 
« de la fabrique de la cathédrale de Majorque, que oer* 
« tains tableaux de cette église furent peints de l'an 188fl 
« Il 133» par Martin Mayol^K G. Scardon, Bmtërd Des 
« Dous (ou Dontf et Jacques Pdicer^K quoique' les textes 
« portent à croire qae c'étaient plutôt des doreurs. Lte 
« rétable de la chapelle du Corpttà Chrtiti fit peint ptfr 
« En Loert en 1828. » 

(1) Viage literario, tome XVII, page 141, 

(2) Ibid., tome XXI, page 107. 

(3) On trouve bien à Perpignan en 1304 un certain Bernard Mallol 
qualité de peintre (Bernardi Malleolis pictorii), nuis nous avons quel- 
ques rayons de croire que c'est une erreur du copiste de ce document» 
qui a écrit pictoris pour paratoris ( pareur de draps ). 

(4) Il y avait un Arnald Pelicer, frener, â Perpignan en 1286, et il se 
pourrait que le peintre Jaques PeHker, qui travaillait à Majorque en 1327, 
fût un de ses descendants. 



238 



MONUMENTS CELTIQUES 

DE LA PORTEILLA ft DE LAS CLAUSAS 

SITUÉS SUR LA MONf AGNfi DE MOLNQ, 



» i 



Signalés et décrits, en septembre 1861, par M. Rouffiandis, 

licencié ès-sciences, professeur à l'École-Normale 
de Perpignan , membre résidant. 



Las Monuments celtiques du département des Pyrénées- 
Orientales n'ont été connus que, fort tard. C'eat en 1832 
que M. de Jaubert de Réart donna, pour la première fois, 
la description et le dessin de deux de ces monuments, 
situés sur la montagne de Molilg, aux lieux du col dd 
Triba tiiàu fia de VArca. Ne soyons donc pas étonnés 
du silence que gardent les auteurs classiques d'histoire 
gauloise, sur les pierres druidiques de l'extrémité orien- 
tale de la chaîne des Pyrénées, tandis qu'ils parlent lon- 
guement de tous les monuments celtiques de la Bretagne 
et des Vosges. 

A quel genre faut-il rapporter les monuments de la 
montagne de Molitg? Aux menhirs, aux dolmens ou aux 
tumuli? 

M. de Jaubert de Réart classe parmi les dolmens, les 
deux qu'il a décrits. Le 3« monument druidique, connu 
sous le nom de Tomba dels gentils de Pinéda, ainsi que 
les deux qui font l'objet de celte notice, ne doivent pas 



239 

être compris dans cette catégorie. Ce qui caratérise Te 
dolmen, c'est le relier extérieur, formé presque tonjours 
par trois grosses dalles, placées de champ, et une quatrième 
supérieure, formant la table ou l'autel druidique. Pour 
les deux premiers, il n'y a aucune incertitude; ce sont 
des dolmens parfaitement définis ; mais pour les autres, 
leur configuration extérieure, leur position et leur état de 
conservation ne permettent pas de les classer ainsi. 

Cn doit les rapporter aox tumolK espèces de cônes 
de terre suririontant un tombeau, dans les tumuli de 
MoKtg, la pente et la nature des terrains ont facilité l'ac- 
tion destructive des eaux, le cône de terre a été enlevé, 
et il est resté la partie massive du tumulus. Je ne passe- 
rai pas aujourd'hui en revue certaines affirmations erro- 
nées qui ont été écrites sor l'orientation et la conservation 
des premiers monuments, je me contenterai de décrire 
deox tumuli qui n'ont pas encore été signalés : le tumu- 
lus de la Porteilla et celui de Las Qausas. 



Tumulus de la Porteilla. 

Ce tumulus se trouve a 2 kilomètres environ au nord- 
ouest du village de Molitg, non loin des nombreux 
zigzags que forme le vieux sentier de Jincla, après avoir 
franchi le ravin du Colleil. Celte région, connue sous le 
nom de Porteilla (portes), est inculte et presque sans 
valeur; ce sont des terres vagues abandonnées pour le 
parcours des troupeaux; sans aucun doute elles ont été 
autrefois boisées, car à chaque plateau on remarque des 
traces d'anciennes charbonnières. Le monument celtique 



L_ 



240 

de la'Porlei|la, situé siif.b g*qch$ du spptier, presse 
dans l'angle formé par lp . cbqmin dç Camporae, n pat 
ealpi|r|é. de hlocp informes, de granit qpi sont de vériMtytas 
nieqhirsqaturels. Il 9 peq d'ftpparenfp extérieure; il est 
fonpé, , comiqe tous cem qui exigeât dans ( la même 
localité, <fc trois pierres |qpgpe& t& étroit ,pla«fos dp 
champ,. „ 

L'epaçiphle des tr#is . pierres ligurç unp tombe gros-* 
sièrpipefU construite;. De là t le ,pom traditipon^l de 
Tiimul oi^ tombe. L'ouverture est dirigée viqjblement au 
midi ; , les pierres pat une inclinaison sensible du dedans 
au, dehprç. Voici . quelques-unes djes dimensions mesurées : 
la pierre. A (voir la figure), ccjUe dp droite .pour un obser- 
vateur placé dans l'intérieur 4a monument, a l m ,2,4 de 
long, celle de gauche l m ,02 et celle du chevet O m 9 pO. 

Elleq ont toutes une épaisseur con)priç$ entre O ra , 15 
et m ,30. La pierre supérieure qui est encore bien con- 
servée dans les dolmens 4u col dfil Triba et du pla de 
VArca* manque ici. 

Le tumul était sans doute plus long que les dalles 
existâmes. On voit tO||t autour d,ç grosses pierres en 
désordre, des restes de pavés, constituant un plateau 
légèrement incliné, wtouré de rochers granitiques dont 
la, plupart imitent des. pain* de sucre gigantesques, carac- 
tère dUtinctif des menhirs. 

Dans le dessin ci-joint, nous donnons la projection 
horizontale de l'ouverture du lumulus. jQqant ï l'éléva- 
tion elle n'a aucune importance* le relief étant peu 
visible* 



i « 



ili 



Tumulus de Las Clausas. 

Ce tumulus, désigné par certains touristes sous le nom 
de col (jd Pi et confondu avec celui de Pineda, décrit 
dans le Guide en Rous sillon, est placé & quelque distance 
de là, dans la direction du nord-ouest. Il est situé dans 
la partie du territoire qui porte le nom de Clausas, à 
une centaine de pas sur la droite de la bifurcation du 
sentier de Balasc et de celui de Pineda. Son orientation 
diffère de celle du tumulus précédent : l'ouverture est 
an nord et non au midi; ses pierres sont perpendiculaires. 
À l'est, le terrain cultivé est de niveau* avec la pierre 
principale; & l'ouest, il y a des pierres amoncelées, sans 
aucun ordre apparent, et au midi, des masses granitiques 
très élevées. Comme on peut le voir dans le dessin ci- 
joint, les pierres principales ne formaient pas la longueur 
totale; d'antres moins grandes continuaient l'ouverture, 
et il est difficile de préciser la longueur vcritable du 
monument. Du reste, voici les dimensions exactes des 
dalles qui sont encore dans leur position primitive: 
dalle À, placée à Test, l m ,45, prolongée par la dalle D, 
de O m ,55; dalle B, h l'ouest, prolongée par la petite 
dalle E, de m ,50; dalle C, du chevet, 1*,16. Comme 
a la Porleilla, la dalle supérieure manque. 

La profondeur moyenne apparente du tumulus est de 
m ,70 et l'épaisseur des pierres varie de m ,20 à m ,30. 
Si l'on compare dans leur ensemble les deux derniers 
monuments celtiques aux deux décrits par M. de Jaubert 
de Réart, on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'ils 

16 



m 

sont plutôt des iumuli que des dolmens. Par leurs 
dimensions, ils s'éloignent peu d'un tombeau ordinaire. 
On peut bien objecter que dans d'autres pays, les iumuli 
sont presque lous surmontés par une bulte de terre, 
souvent de plusieurs mètres; mais est- il surprenant 
que par la suite des âges, dans un pays si accidenté 
que la montagne de Molilg et dans un terrain si mou- 
vant que les détritus graniques, les eaux aient enlevé 
la partie supérieure du monument? 11 nous a été d'ail- 
leurs impossible de reconnaître la forte dalle supérieure 
parmi les débris environnants. Les pierres éparses peu- 
vent avoir formé un dôme ou une pyramide sur le 
tumulus; mais leur contexture ne permet pas de croire 
qu'elles aient fait partie d'une forte dalle. Une remarque 
qui n'est pas sans quelque valeur, c'est que dans les 
traditions locales, on désigne toujours les monuments 
celtiques de Pineda, de las Clausas et de la Porteilla 
sous le nom de tombas dels Gentils. Ce nom n'est jamais 
attribué aux deux classés parmi les dolmens. Les habi- 
tants les désignent par la dénomination vague de llozes, 
c'est-à-dire pierres plates. 

Nous avons dit, en commençant, que certaines erreurs 
ont été commises par les premiers observateurs. Par 
exemple, l'orientation n'est pas unique et dirigée vers 
l'Orient. Le premier dolmen observé, celui du pla de 
VArca, est bien dans ces conditions; mais tous les 
autres ont une orientation variable. Ce qu'on peut affir- 
mer, c'est qu'ils sont toujours orientés dans l'axe d'un 
vallon principal, sur un site admirablement découvert, 
ce qui est en harmonie avec l'esprit des Celtes, adora- 
teurs des forêts. 



Les monuments celtiques aujourd'hui connus sur la 
montagne de Moliig, sont au nombre de cinq : 

1° Le dolmen du col de la Triba; la dalle supérieure 
pèse 20 quintaux métriques ; 

2° Le dolmen du pla del'Arca; la dalle supérieure 
pèse 60 quintaux métriques ; 

3° Le tumulus de Pineda; 

4° Le tumulus de las Clauses; 

5° Le tumulus de la Porteilla. 



m 



résume: 

des travaux de la section d'agriculture 

PENDANT LA FIN DE L'ANNÉE 4&71. 



Par M. Morer, professeur au Collège de Perpignan, Secrétaire. 



Quelques mots sur les vers-à-soie, dans la séance du 
14 juillet 1870, clôturèrent les séances de la Section 
agricole, car la Société, justement émue de la guerre 
qui venait d'éclater contre la Prusse, suspendit ses 
réunions. 

Ce ne fui qu'en octobre de Tannée suivante qu'elle 
reprit ses paisibles travaux, sous la présidence de son 
directeur, M. Lai) nu. 

En présence de l'infériorité intellectuelle de la France, 
infériorité que la guerre terrible* et à jamais néfaste dont 
nous sommes victimes, venait de constater d'une manière 
si déplorable, toutes les aspirations furent pour le déve- 
loppement de l'instruction, afin de relever notre patrie 
bien -aimée de l'état d'abaissement moral dans lequel 
nous sommes tombés. 

La Section d'agriculture surtout, plus en contact avec 
les travailleurs, jugeant mieux encore les calamités 
qu'entraîne l'ignorance, ne pouvait rester indifférente à 



245 

ce mouvement des esprits; aussi déeida-t-elle, dès sa 
première réunion, qu'il serait demandé au conseil muni- 
cipal de la ville un carré de terrain d'une certaine éten- 
due pour des essais de culture. Son directeur, M. Labao, 
s'est offert pour foire des leçons sur le terrain même. 

Tous cens 'dont les besoins professionnels on le gofrl 
des cultures utiles ou d'agrément invitent à l'étude de 
la botanique et de l'agriculture, iront écouler le savant 
directeur de la Section agricole. Ils rapporteront d**ses 
leçons ce qu'il font savoir pour aider au développement 
de notre agriculture et mettre à profit notre soleil si 
chaud, notre ciel si pur, nos eaux si limpides. 

La Section d'agriculture acquittera ainsi, par cette ini- 
tiative, une partie du tribut que nous devons tous nous 
imposer, et coutribuera à relever, par l'étude de la nature, 
les intelligences et les cœurs trop longtemps engourdis. 
Ainsi se développeront les idées morales, qui sont la 
meilleure sauvegarde de la tranquillité publique et les 
vrais fondements de l'avenir d'un grand peuple. 

Après cette question d'intérêt national, dont la solu- 
tion est pour nous une question de vie et de mort, celle 
qui devait le plus préoccuper la Section agricole est, 
sans contredit, l'invasion du Phylloxéra, si destructive 
aujourd'hui pour les riches vignobles d'une partie du 
Dauphiné, de la Provence, du Languedoc et de la 
Guienne. Cet insecte dévastateur, qui ne laisse pas même 
repousser l'objet de sa voracité, s'avance menaçant vers 
notre Roossillon, couvert en grande partie de champs 
de vignes vastes et productifs, qui font avec ses fruits 
délicats et savoureux sa richesse et sa prospérité. 



246 

Malgré le désir bien vif el bien naturel pour noire 
Section d'agriculture de prévenir l'ennemi et de l'atta- 
quer avant qu'il ail franchi les limites dé notre ciel, la 
Société n'a pu former jusqu'ici que des vœux, car ses 
trop faibles ressources l'empêchent de s'adonner, comme 
elle le désirerait, aux études nécessaires pour reconnaître 
facilement le Phylloxéra et se livrer & des essais qui 
pourraient peut-être combattre son action malfaisante et 
mortelle. 

A ce sujet, la Section prend acte avec plaisir de la 
communication du Président de la Société, qui croit 
arriver à la destruction du nuisible insecte par un dou- 
ble système de sulfuration : sulfuration aérienne en vase 
clos et sulfuration souterraine. 

M. le Directeur de la Section annonce à son tour qu'il 
s'occupe sérieusement de celte question , et pense trou- 
ver un moyen sûr de détruire le redoutable ennemi de 
la vigne par le système de l'inoculation. 

Les divers renseignements que la Section a recueillis, 
pendant ce trimestre, sur les vignobles du Roussillon 
se m bleui faire pressentir que le froid les a sérieusement 
atteints. Cependant la grande vitalité de la vigne dans 
notre pays fait espérer que le mal ne sera pas aussi 
grand qu'on Je craint, et que le Roussillon pourra 
compter sur une récolle répondant à ses travaux et à 
ses efforts. 

La Société a arrêté, pour l'année 1871. la liste des 
laboureurs el des éducateurs de vers-à-soie qui lui ont 
été signalés comme méritant des encouragements. 



247 



Tableau dès Laboureurs et des Éducateurs signalés 
et des Primas qae la Société leur a accordées. 

LABOUREURS. 

. Acsseil (Baptiste), 81 ans, & Saint-André. . . 25 fr. 

Malê (Martin), 82 ans, h Velmanya 25 

Delunca (Louis), 81 ans, & Velmanya 25 

Mfruc (Raymond), 36 ans, à Thuir 25 

ÉDUCATEURS. 

MM. Mirabeau, de Perpignan 20 fr. 

Balada (Valentin), de Perpignan 20 

Izarn (Ferdinand), de Latour-de-Francc 25 

M mcs FRAissE (Marie), de Perpignan 20 

Baleine (Victoire), de Thuir 20 

Madeleine (Marie), de Saint-André 20 

Quant aux horticulteurs, une commission a été nom- 
mée pour désigner ceux qui lui paraîtraient les plus 
dignes de l'attention de la Société. 

La Section a décidé, en ce qui les concerne, que des 
ouvrages d'horticulture remplaceraient les primes en 
argent qui leur étaient annuellement distribuées. 

Nous devons faire ressortir la pensée qui a inspiré la 
Section en prenant cette décision. Elle a voulu que les 
procédés d'horticulture, étrangers à notre pays, s'y intro- 
duisissent peu à peu. Le meilleur moyen, pour obtenir un 
pareil résultat est évidemment la propagation des ouvrages 
où les nouvelles méthodes sont présentées et expliquées. 

L'anné 1871 s'est terminée, pour la Section agricole 
par une bonne action : 



2tt 

Les déparlements envahis ont été ravagés par l'ennemi 
avec une rage, peut-être sans exemple dans les guerres 
de notre siècle. Après la paix, ie gouvernement a fait 
appel à tous les départements épargnés par l'invasion 
pour venir en aide à leurs frères malheureux, en leur 
envoyant des semences de toute çspèçe. 

La Soc i té s'est mise à l'œuvre. Elle s'est adressée à 
tous ses membres, aux municipalités et aux instituteurs. 
Elle a été heureuse de recueillir d'abondantes offrandes. 

Parmi les instituteurs qui lui ont envoyé des graines 
de semence, elle s'est plu à reconnaître l'activité et le 
dévouement qu'a déployés M. Mitjaville, instituteur public 
h Argelès-sur-Mcr. Elle a signalé ce fonctionnaire k M. le 
Ministre qui lui a envoyé, par l'intermédiaire de la Société, 
un bel ouvrage d'arboriculture. 

La Section a revu, dans le courant de ee trimestre, 
cinq nouveaux membres : 

MM. Course (Joseph), propriétaire- horticulteur à Arles- 
sur-Tech, lauréat des dernières expositions de 
concours régionaux. 

Gauthier (Médard), propriétaire, négociant en vins. 

Calauet (Joseph), propriétaire. 

De Guardia-Calmètes (Auguste), propriétaire. 

Casteil (Joseph), propriétaire. 



Perpignan, 31 janvier 1872. 



m 



ENQUÊTE PARLEMENTAIRE SLR L'AGRICULTURE. 



MÉMOIRE DE M. UBAU, 

Soua-DiNetwde ki Fera*£fol6de GennainviOc, Direcleur de la Section 

d'Agriculture. . 



CHARGES DIVERSES DE LA Cl LTURE. 

1. D. Aspres ou terres non irriguées. — Assolement 
biennal avec jachère pure (Système extensif). 

A. Impôts, labours, semeoee, moisson, dépiquaison, 
sarclage des céréales, frais généraux, transport de fumier 
et épeodage, intérêt du capital d'exploitation à 10 p. %. 

Valeur du capital d'exploitation pour un hectare.. 1 15 r 
Produit brut par hectare 143 

Bénéfice net par hectare 30 f 

l-a valeur moyenne de Thectare est de 900 à 1.000 fr.; 
les capitaux engagés donnent un intérêt de 3 p. %• 

» 

ARROSAGE. 

Le capital d'exploitation, représenté par toutes les 
charges ci dessus, est de 500 francs. 

L'hectare a une valeur moyenne de 5.000 francs. 

Le prix de fermage est de 200 fr. l'hectare. L'argent 
est placé entre 4 fr. et 4 fr. 50 c. p. % ne, i P our ' e 
propriétaire de l'immeuble. 



250 

Dans ce centre, le plus riche do département, la pro- 
priété est très divisée : les fermes ont une étendue 
moyenne de 10 hectares; l'eau d'irrigation ne fait jamais 
défaut en été; la population y est nombreuse, intelligente 
et laborieuse. La terre est arrivée à un haut degré de 
fertilité, en période jardinière. 

Les deux systèmes de culture que nous venons d'ex- 
poser : le premier, essentiellement e&lensif, représente la 
culture de nos aspres, terres chaudes, sèches et pauvres; 
le second, représente les riches cultures du bassin de la 
Tel, avec application du système extensif le plus riche 
et le plus actif. Si le cultivateur de cette contrée, réel- 
lement généreuse, peut augmenter par son intelligence 
le capital d'exploitation de 300 francs à 1 .000 francs, il 
pourra lutter avec avantage avec les contrées du Nord 
qui ont joui de tout temps d'une réputation européenne. 

Tous les systèmes intermédiaires sont plus ou moins 
appliqués dans notre Roussillon. 

2. D. Salaire, main-d'œuvre, personnel agricole. 

R. Les salaires des domestiques h gages, au mois ou 
à l'année, ont augmenté de 40 p. °/©; ' a main-d'œuvre 
de 25 p. %' et ce ' a depuis une quinzaine d'années. 

Les nombreuses plantations de vignes sont la cause 
directe de cette augmentation dans le salaire. 

3. R. Le personnel agricole n'a pas diminué sensi- 
blement ; à certaines époques, il est insuffisant; néan- 
moins la pénurie est loin d'être extrême. 

4. R. Le mouvement d'émigration à l'intérieur comme 



251 

il l'extérieur peut éire considéré comme ï peu près nul, 
tout an plus de i p, %• 

5. R. L'emploi des machine* est très lent à se vulga- 
gariser; celui des instruments aratoires perfectionnés ne 
rencontre pas les mêmes difficultés ; leur emploi se gêné-* 
ralise dans toutes les exploitations agricoles bien dirigées. 

6. R. La somme de travail obtenue par les ouvriers 
est moins grande que par le passé. 

7. R. Les conditions d'existence de cette partie de la 
population se sont améliorées; elle est mieux nourrie, 
logée et velue. 

L'instruction primaire est dirigée dans un sens favo- 
rable à l'agriculture. 

Un professeur d'agriculture est chargé de faire, deux 
fois par semaine, des leçons tlworiques et pratiques aux 
élèves -maîtres de l'École* Normale de Perpignan. Ce 
même professeur est cbargé d'un cours d'agriculture au 
Collège (Division de l'enseignement spécial). Son influence 
est déjà incontestable dans le choix des professions; 
l'agriculture est plus largement représentée, quoique 
l'institution ne date que de quatorze ans. 

D. Les Sociétés de secours mutuels sont-elles suffi- 
samment répandues dans nos campagnes? 
R. Non. 

D. L'assistance publique y est -elle convenablement 
organisée?— il. Non. 



Î5Î 

8. D. S'est-il opéré des changement dans l'état moral 
des ouvriers de la campagne? 

H. Oui. 

Leurs relations sont moins faciles qu'autrefois; les 
causes sont : une aisance relative plus grande par suite 
du surcroit du travail, et aussi à un esprit d'indépen- 
dance mal compris. 

9. D. Y aurait-il avantage à établir la facullé do livret? 
R. C'est douteux. 

ENGRAIS. — AMENDEMENTS. 

10. R. La production du fumier e6t insuffisante par 
suite du faible capital d'exploitation; il serait urgent et 
utile d'y suppléer par une chmi-fumurc d'engrais naturels 
ou artificiels pour obtenir des rendements maxima. Tous 
les deux ans, les terres à l'arrosage reçoivent 20.000 kilo- 
grammes de fumier, elles devaient en recevoir 40.000 à 
l'hectare. Ce n'est que par l'emploi des engrais artificiels 
que te cultivateur pourra donner la dose d'aliments indis- 
pensables aux plantes et obtenir de bons résultais de son 
industrie agricole. 

1 \ . D. Quelles sont les dépenses nécessitées par le 
chaulage, le marnage et autres amendements? 

11. Les gisements de marne sont très rares dans le 
pays, la chaux est trop chère pour qu'elle puisse être 
appliquée comme amendement à nos terres. Les dépenses 
nécessitées par le chaulage cl le marnage ne peuvent pas 
cire établies d'une manière pratique, puisque ces deux 
opérations n'ont jamais été mises en application. 



io3 



PROCÉDÉS DE CULTURE. 

12. D. Quels ont été depuis un certain nombre d'an- 
nées les progrès accomplis dans la culture du sol, et 
dans quelle mesure ces divers procédés agricoles se 
sont-ils perfectionnés? 

R. L'extension des prairies artificielles, l'augmentation 
du nombre d'animaux de vente et de travail, des modifi- 
cations heureuses introduites dans l'outillage agricole, et 
surtout dans les trois principaux instruments : la charrue, 
la herse, le rouleau. Les labours profonds qui commen- 
cent à être compris. Toutes ces causes réunies ont per- 
mis aux propriétaires de letres de les affermer de 30 à 
40 p. % plus cher qu'il y a 20 ans. 

ANIMAUX. 



\ 



13. D. Quelle a été l'influence sur les frais d'achat, d'éle- 
vage et d'engraissement sur le prix de vente des animaux 
de diverses espèces, du régime économique établi en 1860 
par comparaison avec la période décennale précédente? 

R. Deux espèces de bétail , le bœuf et le mouton ont 
augmenté de 30 p. %. Il est difficile de savoir si cette 
augmentation doit être attribuée à la loi de 1860, ou bien 
à l'extension énorme qu'a prise la viticulture* dans le Midi 
de la France; avec elle l'aisance est devenue relativement 
générale, et a permis h chaque ménage de consommer une 
plus grande quantité de viande qu'anciennement. 

14. D. Existe-t-il un trop grand écart entre le prix 
du bétail sur pied et le prix dé vente au détail ? 

/?. Non. La liberté de la boucherie niveHe tout. 



254 

15. D. Quel parli les cultivateurs tirent-ils des produits 
provenant des animaux, tels que le lait, le beurre, le 
fromage? 

R. Ces diverses industries n'ont pas d'importance. 

D. Quelles ressources trouvent-ils dans l'élevage de 
la volaille? 
A. De très petites. 

LAINES. 

16. D. Quelles variations a subies le prix des laines 
dans les trois dernières périodes décennales? A quelle 
causes doivent être attribuées ces variations? 

R. Le prix des laines a baissé de 40 à 50 p. %• Cette 
baisse doit être attribuée à la concurrence des laines 
étrangères, à celles de l'Amérique méridionale et de 
l'Australie. 

17. D. Quelle influence ces variations ont-elles exercé 
sur les troupeaux de la race ovine en France? La quan- 
tité de moutons a-t-elle augmenté on diminué dans cette' 
triple période décennale? 

? R. Dans notre zone, la population ovine a diminué de 
50 p. °/o* La mévente de la laine n'a pas été la seule 
cause, mais bien le défrichement d'étendues considé- 
rables de terres incultes envahies par les plantations de 
vignes principalement et autres petites cultures. 

18. D. La substitution des races étrangères aux races 
indigènes, a-t-elle donné des résultats qui compensent la 
diminution des prix? 



*55 

R. Ces expériences ont été tentées sur une $i petite 
échelle, qu'elles n'ont exercé aucune influence ; quelques 
rares croisements ont été opérés avec la race soulhdown, 
la seule qui par sa rusticité puisse s'acclimater et donner 
de bons sujets par croisement. 

19. D. Quels sont les moyens pratiques proposés par 
la culture pour la mettre & même de soutenir la concur- 
rence des laines étrangères et de conserver les troupeaux 
de moutons? 

R. Une seule méthode peut être mise en application , 
c'est d'améliorer nos troupeaux par la sélection ou par le 
croisement, de manière que par un accroissement plus 
rapide ces animaux puissent être livrés i la boucherie 
à l'âge de Quinze à trente mois, au lieu de les attendre 
quatre ou cinq ans. Tous ces progrès ne peuvent être 
obtenus qu'avec le perfectionnement de l'agriculture, qui 
du reste est en bonne voie dans notre département. 

D. Quel a été le prix par tête de mouton de boucherie 
à rage d'un an, de deux et de trois ans pendant les trois 
dernières périodes décennales? 

R. Ce prix a augmenté de 20 à 50 p. % dans les 
derniers temps. , 

CÉRÉALES. 

# 

20, D. Quel a été le rendemeot par hectare et depuis 
vingt ans de chaque espèce de céréales? 

R. Blé, 14 hectol.; avoine, 25; orge, 30; seigle, 15. 
A la Ferme-École, la moyenne du rendement est pour le 
blé, de 13 hect. 20; le prix de revient de 16 fr. 65 c; — 
pour l'avoine, 25 hect.; prix de revient, 8 fr. 35 c. 



D. Dans quelle proportion la production a-t-elle aug- 
menté on diminué? 

R. La production, comme la quantité, sont restées à 
peu de chose près les mêmes. 

21. D. La formation des réserves de grains dans la 
grande culture, est-elle aussi importante que par le 
passé? 

R. Non. 

VIGNES, VINS ET EAUX-DE -VIE. 

25. D. La culture de la vigne a-t-elle reçu de l'exten- 
sion depuis trente ans? 

R. Oui; du double h peu près. Il y a aujourd'hui en 
Roussillon de 50 à 60.000 hectares en vignes. 

D. Quelles modifications a-t-elle subies, ei quelles 
sont lés causes de ces modifications? 

R. Tous les travaux de la vigne se font aujourd'hui 
d'une manière plus intelligente. La viticulture est la 
branche agricole qui donne les meilleurs revenus aux 
propriétaires, aussi d'accessoire qu'elle était dans notre 
agriculture est-elle devenue, depuis quinze ou vingt ans, 
l'industrie principale en même temps que la plus lucrative. 
La moyenne de rendement à la Ferme-École par hectare, 
dans la dernière période décennale, est de âl hectolitres; 
le prix de revient de 8 fr. 60; le prix de vente, 22 fr. 50. 



*57 



ENQUÊTE PARLEMENTAIRE SUR t/AGRICULTBRE. 



MÉMOIRE DE M. MÔRER, 

Professeur au Cotiége de Perpignan , Secrétaire de la Section 

d'Agriculture. 



§ 2. — Salaire.— Main-d'œuvre. — Personnel agricole. 

7. — Les conditions d'existence de celle partie de la 
population (les ouvriers du sol) se sont-elles améliorées? 

Les conditions d'existence de celle partie de la popu- 
lation se sont notablement améliorées; mais les progrès 
accomplis ne figurent pas toujours dans la balance en 
faveur de l'actif. S'il y a augmentation de salaire, il y a 
augmentation de besoins, de sorte que l'amélioration se 
chiffre rarement en recettes. 

Les conditions morales ne sont pas en rapport avec 
les conditions matérielles, malgré le, développement de 
l'instruction. Cela peut provenir de la. direction donnée 
primitivement à cette instruction, et du manque d'en- 
tente et d'uuité pour l'application des questions morales 
qui s'y rattachent. 

En général, tes autorités locales et autres restent trop 
étrangères au mouvement intellectuel qui entraîne notre 
époque. Qoe Ton se garde de l'ignorance, le plus grand 
ennemi de l'homme; mais qu'on ne laisse pas aller au 
hasard renseignement. 

17 



458 

Pour faire rechercher et aimer l'instruction, il faut 
avant tout entourer de considération celui qui la dispense. 
Mais il ne faut pas pour cela se payer de mots. La mai- 
son d'école doit devenir, après l'église, le plus bel établis- 
sement de la commune; la classe fraîche en été, chauffée 
en hiver, doit attirer, par le confortable, les élèves le jour, 
les adultes le soir, tous, quelques heures le dimanche et les 
jours de fêtes, pour se livrer il quelques lectures substan- 
tielles et morales que leur offrira la bibliothèque scolaire. 
On pourra se promettre alors de voir la famille devenir 
peu à peu l'auxiliaire le plus utile et le plus intéressé de 
l'école. Retenu un peu plus au milieu des siens, le chef 
de lamille ne fréquentera pas si assidûment les cabarets 
et les cafés. Les idées d'économie et d'ordre se répan- 
dront insensiblement dans les masses, les conditions 
d'existence morale s'amélioreront alors, et en réformant 
la commune, celle petite société, vous transformerez 
l'Empire, cette grande société française. 

S'est-il produit des modifications favorables dans la 
manière dont elle est nourrie, vêtue, logée? 

Elle est mieux nourrie, mieux vêtue, souvent mieux 
logée. 

L instruction primaire est" elle dirigée dans un sens 
favorable à V agriculture? 

Oui, en général. Les élèves des écoles normales 
apportent dans les campagnes les connaissances agri- 
coles qu'ils ont acquises sous la direction d'un professeur 
éclairé, et répandent insensiblement les bonnes doctrines. 
Leur influence n'est cependant pas assez prononcée pour 
se faire aisément écouter de gens routiniers et ignorants. 



-259 

Si dans chaque chef- lieu de canton s'élevait un établis- 
sement d'instruction sérieuse, on pourra il y faire un 
cours d'agriculture , qui , dans beaucoup de localités, ne 
tarderait pas à être fréquenté par les adultes et peut-être 
par les hommes faits. Un champ d'expérimentations vien- 
drait prouver la bonté des doctrines et des procédés 
indiqués. Au milieu des campagnes, répandus sur toute 
l'étendue de l'Empire, ces établissements auraient une 
influence heureuse qui se ferait immédiatement sentir 
partout. 

Quelle est son influence sur le choix des professions ? 

L'instruction primaire, telle qu'elle est encore com- 
prise aujourd'hui, influe assez sur le choix d'une profes- 
sion; mais nous n'oserions affirmer que ce soit dans un 
sens favorable à l'agriculture. 

Le jeune élève qui a un peu d'instruction et d'intelli- 
gence se croit déjà un personnage, et les parents, pour peu 
qu'ils le puissent, ne trouvant pas k la campagne ce qui est 
nécessaire pour développer les premiers rudiments chez cet 
enfant privilégié, l'envoient au chef-lieu du déparlement 
acquérir une instruction dont il n'aura pas souvent besoin, 
et qui le détournera de la profession qu'il aurait embrassée. 

S'il doit revenir au village, il s'y décide à contre-cœur, 
et pense toujours à ces plaisirs de la ville qu'il a entrevus 
et dout il voudrait jouir. C'est ainsi que les enfants du 
village s'éloignent de leur berceau, et abandonnent les 
champs pour le comptoir, l'atelier, l'administration ou 
l'armée. 

Il s'est ainsi établi et il se maintient un cercle vicieux. 
Les enfants de la campagnent quittent le foyer paternel 



2f,0 

qui ne leur offre pas ce que donnant généralement les 
villes : plaisirs faciles, loisirs agréables, travaux moins 
pénibles et considération, et alors l'agriculture n'a pas 
de considération réelle, parce que ceux qui s'y adonnent 
sont relativement les ignorants. 

Nous concluons encore que les grands cenlrcs des 
campagnes devraient posséder une instruction complète, 
réelle, pour garder leurs enfants dans leur sein. 

Les conditions physiques des parents n f ont-elles pas m 
d'influence sur le choix des professions? (Question ajoutée.) 

Les conditions physiques des parents ne sont pas étran- 
gères au choix des professions. Le contact trop répété 
des villes, le retour a la campagne de jeunes gens qui 
ont élé envoyés trop tôt au chef-lieu dont ils n'ont rap- 
porté que le goût des plaisirs, souvent de la débauche, 
ont eu une influence délétère sur les mœurs des villa- 
geois, et nous donnent des générations où se comptent 
en trop grand nombre encore les rachitiques et les 
scrofuleux, malgré les améliorations très sensibles de la 
vie matérielle. 

Qu'arrive-l-il alors? Un grand nombre de jeunes gens 
qui n'ont pas la force de tenir la pioche et de conduire 
la charrue, ont dû être forcément éloignés du travail des 
champs pour embrasser une profession moins pénible et 
souvent plus lucrative, de sorte que la partie la plus 
virile de la population rurale, celle que les conseils de 
révision prennent de préférence, se trouve par le fait la 
portion deshéritée. Les rachitiques et les scrofuleux sont 
les privilégiés. Exempts de l'impôt du sang et du pénible 
travail du sol, à eux sont encore réservés les loisirs 



îfti 

agréables et les salaires élevés, tandis que k paysan 
sage et robuste n'a pour lot que le travail de la terre 
et un salaire moindre. 

Il faut donc à tout prix retenir a la campagne ceux 
qui y soat nés, et Ton ne pourra y parvenir qu'en entou- 
rant de considération le travail des champs, en relevant 
la dignité de l'agriculteur par uue instruction solide 
donnée au sein même des campagnes. L'instruction est 
aujourd'hui le plus puissant levier pour relever le sens 
moral des travailleurs du sol. 

Les Sociétés de secours mutuels sont-elles suffisamment 
répandues dans nos campagnes? 

Les Sociétés île secours mutuels ne sont pas suffi- 
samment répandue* dans nos campagnes. On n'en com- 
prend pas assez l'utilité. Ce qui s'oppose a leur organi- 
sation, c'est encore leur ignorance. * 

Ce qui précède présente assez le tableau des campa- 
gnes. Comment donc espérer qu'il y ait une initiative 
quelconque vers le bien dans un milieu ignorant et par- 
lant indifférent. Le propriétaire lui-même, n'ayant que 
de très vagues notions des grandes idées de solidarité et 
d'association, n'engage pas les pajsaus à se réunir pour 
s'cotr'aitlor et se secourir. 

Caisse d'épargne (Question ajoutée). 

A côté des Sociétés de secours mutuels devrait partout 
s'élever la Caisse d'épargne, qui ferait bientôt comprendre 
la bonté de la Caisse des retraites pour la vieillesse. 

Caisse des retraites pour la vieillesse (Quest. ajoutée). 



2&2 

Mais, que penser d'un département qui ne compte pas 
dix livrets de la Caisse des retraites pour la vieillesse <". 

C'est cependant aux sociétés de secours mutuels, aux 
caisses d'épargne et à la caisse des retraites pour la vieil- 
lesse que se rattachent les grandes, nobles et morales 
idées d'association , d'économie et de consolant avenir 
d'où naissent les vertus qui font l'honnête homme et le 
digne citoyen. • 

On conclut aisément que c'est encore à l'ignorance qu'il 
faut attribuer le manque d'extension des sociétés de se- 
cours mutuels, des caisses d'épargne et des idées sur la 
caisse des retraites. C'est à l'instruction bien comprise et 
sagement développée qu'est réservée le soin d'aider puis- 
samment à la propagation des institutions qui devraient 
partout dominer, et qui donneraient à notre société tour- 
mentée la sécurité et le bonheur. 

L'assistance publique y est -elle convenablement orga~ 
irisée? 

En général, l'assistance publique n'est pas convena- 
blement organisée dans nos campagnes, ou plutôt elle 
n'y est pas organisée. 

À quoi attribuer ce manque de charité, si l'on veut? 
Le vrai philanthrope est celui qui comprend le mieux 
ses propres intérêts. En faisant le bien .et toujours le 
bien, il se met a l'abri des entreprises des méchants, 
parce qu'il a fait autour de lui une société de bons. S'il 
y a quelques ingrats, il y a mille cœurs reconnaissants : 
il peut dormir tranquille, sa porte est gardée par ses 

(i) Je veux dire livrets pris volontairement. 



m 

bienfaits. Instruisons doue pour que Ton comprenne 
partout que l'intérêt particulier se lié intimement à l'in- 
térêt général, et que lorsque celui-ci est méconnu le 
premier doit souffrir. 

S'est-il opéré des changements dans l'état moral des 
ouvriers de la campagne ? 

Oui, ils soot . en général travaillés par des idées qui 
les poussent vers des aspirations inconnues, peu rassu- 
rantes pour l'avenir, si on ne les éclaire pas sur leurs 
vrais intérêts et sur les moyens de réaliser les désirs 
d'amélioration de toute nature, désirs que Ton ne peut 
condamner s'ils sont raisonnables et si les moyens de 
les satisfaire sont avouables et légitimes. 

9. — Y aurait-il avantage à établir la faculté du livret 
pour les ouvriers agricoles? 

Il est évident qu'il y aurait avantage; mais il est dou- 
teux qu'on en fit un long usage. 

Pour les travailleurs a la journée, il serait impossible 
de s'en servir, à cause du changement fréquent de pro- 
priétaire; quant au travailleur à gages, on trouverait peu 
de propriétaires qui consignassent sur le livret toutes les 
observations qu'ils croiraient devoir faire. 

$ 5. —^ Animaux. 

Concours d'animaux (Question ajoutée). 

La Société agricole avait formé le vœu d'une meilleure 
et plus rationnelle organisation des concours d'animaux 
(race bovine), et de voir des primes en animaux étran- 



/ 



2fU 

gers, propres h des essais qui pourraient devenir fructueux, 
se substituer de temps en temps aux primes en argent. 

Ne serait-il pas utile aussi d'organiser des concours 
pour les autres animaux ( races ovine, porcine, etc.) ? 

On pourrait alors se livrer sans trop de dépenses à 
l'éducation de toutes nos races d'animaux utiles ( races 
chevaline, bovine, porcine, etc.); mais d'une manière 
modeste, et comme il convient pour des animaux élevés 
dans nos fermes. Un conrs spécial pourrait être organisé 
k cet effet, où la pratique, la meilleure des démonstra- 
tions, viendrait appuyer constamment la théorie. 

II. — Circulation des produits agricoles. 

36. — Quelles facilités et quels obstacles rencontrent 
l'écoulement et le placement des produits agricoles de la 
contrée, leur circulation, leur transport? 

I^e département est traité, sur le Chemin de fer du 
Midi, avec une partialité qu'on ne s'explique pas. 

Il paie, pour n'importe quel prodnit, plus cher que les 
autres pays de production. 

Ainsi les vins qui nous viennent de Cette paient 7 cen- 
times par tonne et par kilomètre; ceux du département 
pour Cette, 15 centimes. 

Les farines et farineux paient sur toutes les lignes i 
et 5 centimes par tonne et par kilomètre; sur le Midi, 
8 centimes. 

Des blés partis d'Argelès (Pyrénées-Orientales) pour 
Bayonne payent 8. centimes par tonne el par kilomètre; 
les mêmes blés en destination d'Espagne et passant par 
Bayonne, 4 centimes. 



265 

Nos tins voyagent sur ton les les lignes à des prix 
variant entre A et 6 centimes par tonne et par kilomètre. 
Les vins d'Espagne, de l'Aude et de l'Héraut jouissent 
du même avantage sur le Midi; le vin do Koussillon n'y 
peat voyager qu'au prix de 7 k 9 centimes. 

Les fourrages paient sur tontes les lignes de 25 à 30 
centimes par wagon et par kilomètre; même prix sur le 
Midi, de Tartes en Espagne. Les fourrages do Roussillon 
paient 40 centimes, par wagon et par kilomètre. 

III. — Capitaux. Moyens de crédit. 

40. — Les propriétaires de biens ruraux ou ceux qui 
les exploitent possèdent-ils des capitaux suffisants pour les 
besoins de la culture, le perfectionnement des procédés et 
l'amélioration des terres? 

S'il n'eu est pas ainsi, comment pcnvciit-ih se procura* 
ces capitaux? Quelles facilités ou quels obstacles rencon- 
trent-ils à cet égard? 

On peut diviser en quatre catégories les propritaires 
de biens ruraux et ceux qui les exploitent : 

1° Propriétaires exploitants et possédant assez de capi- 
taux pour leur exploitation. 

Quelques-uns, comprenant que le meilleur placement 
de leurs capitaux est l'amélioration d* sol, les consa- 
crent aux besoins de la culture, au perfectionnement des 
procédés; mais leur instruction agricole étant plus routi- 
nière que scientifique, l'initiative qu'on doit attendre de 
leur part ne se fait presque pas sentir. Leur nombre est 
d'ailleurs très limité, et l'indifférence des autres nuit 
d'une manière sensible à l'agriculture. 



266 

2° Les propriétaires exploitant par des fermiers. 

Ne demandant que le prix d'affermé, sans s'enquérir 
s'ils pourraient l'élever par des améliorations réelles 
auxquelles ils intéresseraient leurs fermiers, cette seconde 
catégorie de propriétaires consacre à autre chose qu'aux 
besoins de la culture les capitaux don! elle peut disposer. 

Un grand nombre de ceu*-là peut-être qui désireraient 
se livrer à des amélioration», se trouvent arrêtés par le 
manque de capitaux, et, lorsqu'ils ne peuvent s'empêcher 
d'emprunter, ils s'adressent aux sources ordinaires de 
crédit, c'est-à-dire anx notaires qui, dans notre dépar- 
tement, sont les intermédiaires entre le prêteur et l'em- 
prunteur. L'hypothèque est la conséquence obligée de ce 
mode d'emprunt, ce qui est assez naturel pour garantir 
la sûreté du prêt ; mais comme ces emprunts sont faits 
pour des termes très limités, ils obligent à en contracter 
de nouveaux, et conduisent ainsi à exagérer d'une ma- 
nière ruineuse le taux de l'intérêt. 

3 ft Petits propriétaires exploitant leurs terres. 

Les petits propriétaires, à la fois dirigeant et exploitant 
eux-mêmes en tenant le manche de la charrue, n'ont pas en 
général assez de capitaux pour leur exploitation. Comme la 
catégorie précédente, ils recourent aux mêmes prêteurs, et 
se ruinent par les emprunts successifs qu'ils sont obligés 
de contracter pour faire face a leurs engagements. 

4° Fermiers. 

Les fermiers forment la dernière catégorie des exploi- 
tants du sol. A peu d'exceptions près, ils ne possèdent pas 
les capitaux suflisants pour les besoins de la culture, ils 
ne peuvent donc pas se livrer au perfectionnement des 
procédés et à l'amélioration des terres. 



267 

Pourquoi d'ailleurs ajnélioreraienl-ils? Sont-ils sûrs de 
jouir de leurs améliorations? Un concurrent vient offrir 
une légère augmentation d'afierme, el il e*t généralement 
accepté. Aussi au lieu de s'améliorer, les exploitations 
affermées s'appauvrissent, car les fermiers n'ont qu'un 
bot, retirer tout ce qu'ils peuvent d'un terrain qu'ils 
quitteront demain, et auquel ils se gardent de confier 
des germes de prospérité pour l'avenir. 

Ainsi donc tous ceux qui sont obligés de recourir a 
l'emprunt s'adressent aux sources les plus onéreuses. 
Ils ignorent presque tous quelles sont les institutions de 
crédit qui pourraient leur venir en aide. Sauraient- ils 
cependant que le Crédit foncier a eu pour but principal 
d'aider l'agriculture, ils ne peuvent s'adresser à lui tant 
sont grandes les difficultés pour coutraéter un emprunt. 
On croirait que ces difficultés ont été crées à plaisir 
pour éloigner la petite propriété de cette source de 
crédit. 

La petite propriété se trouve ainsi par le fait toujours 
sacrifiée. Le gouvernement a tout intérêt à mettre a la 
portée de tous une grande institution de crédit national, 
soit en réorganisant le Crédit foncier, soit en créant une 
institution nouvelle. 

IV. — Législation. Règlements. 

43. — Quelle influence le développement el la prospérité 
de V industrie exercent-ils sur V agriculture? 

Le développement et la prospérité de l'industrie ne 
peuvent qu'être favorables à l'agriculture, pourvu que 
l'agriculture soit considérée comme la première et la plus 



/ 



268 

importante des industries. C'est elle qui, par les octrois, 
fouroit seule à l'amélioration des villes, c'est-à-dire 
qu'elle donne à pleines mains à l'industrie le soin de se 
développer et souvent de lui nuire ; car l'industrie 
demande constamment aux villes des améliorations qui 
lui permettent de se montrer aussi luxueusement que 
possible, et c'est aux octrois que s'adressent les villes 
pour répondre aux désirs de l'industrie. 

V. — Traités de commerce. 

44. — Quelle action ont pu exercer les divers traités de 
commerce au point de vue du placement, des prix de vente 
et des débouchés extérieurs des divers produits agricoles? 

L'action qu'ont pu exercer les divers traités de com- 
merce au point de vue du placement, des prix de vente 
et des débouchés extérieurs des divers; produits agricoles 
a été très sensible dans notre département. 

Nos vins, celle industrie de premier ordre pour nous, 
se sont vus sacrifiés sur les marchés français par l'entrée 
en franchise 'des vins étrangers dosés à un haut degré 
d'alcoolisation. La loi de 1869 est heureusement venue 
mettre un terme à cet étal de choses. 

Quant aux marchés étrangers, nos vins ont été arrêtés 
par les droits excessifs dont ils sont encore frappés aux 
frontières. 

Pour laisser divers autres produits circuler librement, 
on a surchargé les vins qui auraient du être considérés 
au contraire comme objet de première nécessité, et jouir, 
à cause de cela, d'une liberté pleine et entière. 

Ces droils frappent même nos vins sur les marchés 




269 

intérieurs français, chose qui* serait inexplicable, si 
Ton ne savait que relativement aux octrois, les villes 
sont forcées d'imposer toujours les produits agricoles. 

Nos fruits n'ont pas souffert puisqu'ils sont tous on 
presque tous consommés en France. 

Les laines ont ôh supporter une dépréciation trop 
sensible par suite de l'admission en franchise des laines 
étrangères. Celte dépréciation n'a pas peu contribué à la 
diminution des troupeaux. 

Deux autres causes ont peut-être été plus détermi- 
nantes pour cette diminution des troupeaux : l'extension 
de la vigne qui envahit les terroirs propres k l'engrais- 
sement, et l'insouciance de nos agriculteurs qui ne se 
sont pas aperçus assez à temps et ne s'aperçoivent pas 
encore assez que les troupeaux & viande compensent 
largement la perte des troupeaux à laine partout où 
l'engraissement peut facilement s'opérer. 

Les fers, surtout ceux qui provenaient de nos forges 
a la catalane, sont complètement tombés par suite de 
l'introduction des fers étrangers, contre lesquels sont 
maintenant appelés à lutter nos bauts-fourneaux. 

Les céréales ne promettent plus au propriétaire une 
rémunération suffisante, et cependant, malgré l'introduc- 
tion continue des -farines et des blés étrangers, le prix 
du pain se maintient toujours à un prix relativement 
trop élevé. 

Est-ce à dire que, parce qu'au premier abord les traités 
de commerce semblent nous avoir été plus défavorables 
qu'utiles, il faille les dénoncer ou tout au moins demander 
des modifications dans le sens restrictif de la liberté? 
Je ne le pense pas. Au contraire : que la liberté corn- 



ili) 

raercialc devienne réellement le libre-échange, c'esl-a-dire 
réciproque; que les droits d'octroi disparaissent ou s'abais- 
sent au point de devenir presque illusoires en s'étendant 
aussi aux produits de l'industrie, ce qui permettra d'ob- 
tenir alors les mêmes résultats pour les villes; que Jes 
droits sur les alcools soient insignifiants, et alors nos 
vins pourront lutter avantageusement sur les marchés 
français et étrangers, et la richesse publique s'accroîtra 
dans notre déparlement, comme elle s'est accrue 'chez 
nos voisins de l'Aude et de l'Hérault. 

L'aisance chassera peu à peu l'ignorance. Les troupeaux 
2i viande remplaceront rapidement les troupeaux à laine; 
les produits de nos hauts-fourneaux surpasseront ceux de 
nos anciennes forges, et la dépréciation de nos charbons 
sera largement compensée par le maintien ou l'accroisse- 
ment des bois de tonnellerie donnant de beaux produits. 

On ne s'apercevra pas du prix relativement élevé du 
pain, car l'équilibre nécessaire se rétablira par la liberté 
de la boulangerie dont on comprendra plus tard l'utilité. 

45. — Quelle influence ces mêmes traités ont-ils pu avoir 
sur les prix de vente et de location des terres qui sont à 
portée de profiter des nouveaux débouchés extérieurs qu'ils 
ont créés? 

Les terres ont augmenté de valeur d'une manière sen- 
sible; les prix de fermage également. 

46. — Quel a été l'effet de ces traités sur l'importation 
étrangère et par suite sur le prix de revient des matières 
premières servant à l'agriculture^ notamment les fers et 
par suite les machines agricoles et les instruments ara- 



211 

foires, les engrais ou autres substances servant à l'amen- 
dement des terres, les étoffes et les vêtements, etc.? 

Les traité» de commerce n'ont pas énormément con- 
tribué k rabaissement des prix de certaines matières. 
Cependant les prix des fers étrangers on! favorisé l'ex- 
tension des instruments aratoires; les engrais artificiels 
se multiplient; les étoffes et les vêtements, même les 
étoffes de laine, deviennent d'un emploi général par une 
assez grande diminution des prix. 

VI. — Questions générales. 

47. — Quelles sont dans la législation civile et générale, 
et dans les traités existants, les points auxquels il parai- 
trait y avoir lieu d'apporter des modifications dans Vin* 
ter et de l 'agriculture \f 

Il conviendrait de simplifier toutes les procédures, et 
surtout de diminuer les frais de droits de succession, 
qui ne devraient être payés que sur l'actif net de la soc- 
cession; d'introduire un jury auprès du juge de paix 
pour toutes les questions qui en seraient susceptibles. ' 

48. — Quels sont dans la législation fiscale et les tarifs 
de douane les points auxquels il y aurait lieu d'apporter 
des modifications dans l'intérêt de V agriculture? 

Le gouvernement devrait faire tous ses efforts pour 
rendre la législation fiscale moins exigeante, moins tracas- 
sière, moins vexatoire. 

Quant aux tarifs de douane, il est bon qu'on les abaisse 
progressivement, jusqu'à ce qu'on les supprime tout-à-»ait. 

49. — Quelles sont les autres causes qui ont pu influer 



272 

dans un *ens favorable ou nuisible sur la prospérité 
agricole? 

Le Crédit foacier était appelé à relever l'agriculture de 
son état d'abaissement où la tiennent les emprunts pins 
on moins usuraires qu'ette est -obligée de contracter. 
Mais celte belle institution., sur laquelle on fondait tant 
d'espérances, a été déviée de son but. La grande propriété 
peut seule s'adresser à elle; la petite propriété, la plus 
intéressante, la plus nombreuse, en est éloignée par suite 
des difficultés sans nombre, des frais extraordinaires 
qu'entraine le moindre emprunt. 

Toutes les grandes idées sont paralysées en France 
par cette tendance funeste qiie nous avons à tout niveler. 
Un grand propriétaire emprunte 100.000 fr., un inspec- 
teur est chargé de vériGer, de contrôler toutes les don- 
nées du propriétaire, de visiter les immeubles qui doivent 
être hypothéqués : ce sont là des frais assez considérables 
i la charge de l'emprunteur; un petit propriétaire veut 
emprunter 2.000 fr., ce sent à peu près les mômes frais. 
Voilà où est Tabsorde. 

Mais ce qui influe surtout d'une manière nuisible sur 
la prospérité agricole, c'est toujours le manque d'instruc- 
tion générale. L'ignorance est la lèpre de tous les temps, 
mais plus encore de notre siècle. Notre enseignement à 
tous les degrés est inférieur à celui de nos voisins du 
Nord et de l'Est : l'Angleterre, la Belgique, la Hollande, 
la Suisse, surtout l'Allemagne. Cette infériorité dépend de 
l'école primaire. Si les écoles élémentaires étaient forte- 
ment organisées, leur programme serait mieux étudié, 
les élèves arriveraient dans les établissements secondaires 
mieux préparés et en sortiraient plus capables et plus 



J 



273 

aptes 2i recevoir un enseignement supérieur plus sérieux 
et répondant k la place que la France doit occuper dans 
le monde, surtout au point de vue intellectuel et moral. 

N'est-il pas honteux pour notre pays de voir des cours 
de ferme et des écuries mieux appropriées, plus propres, 
mieux disposées que les 1 écoles appelées à recevoir nos 
enfants. Quand je passe devant le splendide établissement 
des Haras, je me demande si la race chevaline est supé- 
rieure à la race humaine? Je me demande s'il est plus 
utile d'élever de beaux édifices pour se livrer à une édu- 
cation luxueuse, dont on a contesté ailleurs les résul- 
tats et que Ton a abandonnée,, que d'entourer de soins, 
d'intérêt et de sympathies les établissements destinés à 
l'éducation de nos enfants, appelés à devenir des hommes. 

Que faut-il pour qu'il en soit autrement? Le vouloir. 

Le jour où Ton étudiera sérieusement et sympathique- 
ment cette grave et grande question de l'éducation, tout 
changera, tout s'élèvera, parce que f'école occupera la 
première placé dans le concret de nos institutions natio- 
nales. 



• • • 



18 



276 

32. — fjes existences des bois de service tendent-elles à 
s'augmenter ou à s'amoindrit? 

He serail+il pué utile, même nécessaire, que les forêts 
de l 9 État\ partout otï le sol le permet, fussent converties 
en haute futaie pour ne pas se trouver un jour dans la 
dépendance de l'étranger pour des bois d'oeuvre ? 

Il est indispensable que l'État, qui peut, sans compro- 
mettre sa situatioo capitaliser certains revenus, conver- 
tisse eu haute futaie la plus grande partie de ses forêts. 
Il pourrait ainsi s'affranchir totalement de la dépendance 
de l'étranger, dont il a toujours été tributaire à de très 
onéreuses conditions. 

33. — Quelle influence ont exercée sur les produits 
forestiers : 

i° Im substitution du fer au bois pour la charpente? 

2° La substitution de la houille au bois, tant pour 
l'usage domestique que pour les besoins de V industrie, 
notamment des hauts-fourneaux? 

i° La substitution du fer au bois n'a pas produit un 
effet sensible sur le prix des bois de charpente, mais 
elle a amené une dépréciation sur fe bois feuillard, em- 
ployé dans la tonnellerie. 

2° L'inauguration des hauts- fou maux, dont le fonc- 
tionnement exige, en grande partie, l'emploi de la houille, 
a causé le chômage de presque toutes les forges dites 
catalanes, très nombreuses dans le Midi de la France, 
principalement dans l'Ariége et dans les Pyrénées- 
Orientales. Elle a eu pour résultat l'avilissement du prix 
des charbons de bois, seul combustible de ce mode de 
fabrication dtf fer. 



217 

34. — Le régime économique inauguré par les traités 
de commerce est-il cause de la dépréciation partielle du 
sol forestier, si elle existe ? 

Le régime économique inauguré par les traités de 
commerce, en facilitant l'importation des fers étrangers, 
a rendu très précaire la situation des forges en France. 
Il a accru par conséquent la diminution du prix des 
charbons de bois. Ce produit forestier subit aujourd'hui 
une réduction des '/» dans le chiffre auquel son cours 
était étabK antérieurement aux traités de commerce. 

38. — Les traités de commerce ont-ils porté atteinte à 
la valeur des bois, à celle de leurs produits résineux cl 
de leurs écorces ? 

Les traités de commerce, dans la région qui nous 
occupe, n'ont pas porté d'atteinte sensible à la valeur 
des bois ni des écorces. Celles d'yeuse, ou chêne-vert, 
sont utilisées dans le pays pour les tanneries, qui doi- 
vent déjà réclamer de l'Algérie un important tribut. 

Le liège n'a pas subi de grandes variations. 

QoaBt aux produits résineux, l'extraction n'en est pas 
pratiquée dans le pays, et leur consommation est sans 
importance. 

Observations. 

Par des circonstances exceptionnelles dues à la situa- 
tion troublée par la politique, l'Espagne, depuis trois ou 
quatre ans, a dû faire dans notre département des achats 
assez considérables de merrains et de bois feuiHard pour 
servir au transport de ses vins, assez abondants dans 
celte dernière période, et pour les expéditions desquels ses 
ressources forestières étaient insuffisantes ou inexploitées. 






-278 

Dans l'année 1869 le chiffre de l'exportation pour nos 
voisins fournie parle déparlement des Pyrénées-Orientales, 
s'est élevée à 100.000 merrains et à 120.000 pièces de bois 
fçuiUard. Dans Tannée 1870, le chiffre n'a été jusqu'au- 
jourd'hui que dp 56.000 merrains et de 450.000 pièces de 
bois feuillard. 

L'Amérique; qui exportait h destination de France une 
quantité considérable de bois de fente et de construction 
(chêne), 9 employé en 1869 pour les besoins do commerce 
de ses produits résineux et de son pétrole, une quantité 
de bois dont le prix s'est élevé & vingt-cinq millions de 
francs. Cette consommation , qui ne peut tendre qu'à 
augmenter, doit faire présager l'arrêt prochain de toute 
provenance des bois de cette contrée. 

L'attention du gouvernement français devrait être fixée 
sur les moyens à employer pour faire face, par nos pro- 
pres ressources, à ce déficit important. 

La création de roules et chemins, pour atteindre ce but, 
serait d'autant plus efficace que l'Etat ne peut en quelque 
sorte tirer aucun parti de ses propres richesses, et que, 
faute de moyens d'extraction, des arbres d'une fort belle 
venue doivent souvent être sacrifiés pour du charbon ou 
vendus à vil prix, ainsi que Palteste l'enchère qui a eu 
lieu en 1869 pour la vente de 180 pins de la forêt de 
Balatg (Pyrénées-Orientales), vendus ensemble 670 fr., soit 
3 fr. 75 c. environ le pied. Un taillis de chênes de la forêt 
de Velmanya, âgé de 25 ans, d'une étendue à peu près de 
6 hectares, a été vendu 300 fr., chiffre qui réduit à 50 fr. 
le prix de la superficie à l'hectare, soit un, revenu de .2 fr. 
par an, ce qui, déduction faite des frais de I? conservation 
et du prix de l'intérêt du sol, constitue pQur l'Etat une 
propriété très onéreuse. 



279 



PREMIÈRE SATIRE D'HORACE. 



■ ■ i i ■ i ■ 



TRADUCTION 

DE BL LOUIS FABRE, 

Secrétaire général de la Société. 



Cher Mécène, d'où vient qu'on ne trouve personne 
Satisfait de l'état que le hasard lui donne. 
Ou bien que de lui-même à son choix il a pris; 
Personne qui ne soit d'un autre sort épris ? 
« bienheureux marchand! * dit, courbé sous les armes. 
Le soldat, tout brisé de fatigue et d'alarmes ; 
A son tour le marchand, quand Pauster révolté, 
Assiège le navire en tout sens balotté, 
Dit : c Heureux le soldat! car enfin vers la gloire 
Il s'élance joyeux ; la mort ou la victoire 
Dépendent d'un instant. » Le légiste, en son lit, 
Vante le laboureur, quand un client maudit 
Avant le chant du coq vient frapper à sa porte, * : 
Et l'homme qui des champs à Rome se transporte, 
Arraché de son toit pour une caution 
Qui le tient engagé, mettrait sa passion 
A mener dans la ville une existence heureuse. 
De tous ces mécontente la race est si nombreuse 
Qu'elle pourrait lasser le bavard Fabius. 
Pour ne point t'arrèter un seul instant de plus, 
Mécène, écoute bien quel but je me propose : 



2p0 

Si quelque Dieu puissant leur disait, je suppose : 
« Je veux, dès aujourd'hui, vous faire à tous plaisir ; 
Toi, jusqu'ici soldat, au gré de ton désir* 
Tu peux être marchand, et toi, jurisconsulte, ' 
De Flore et de Gérés tu vas suivre le culte. 
Eh bien ! levez-vous tous ! échangez donc vos lots ! 
Quoi! vous ne bougez pas? tous gardez le repos? » 
Nul ne veut être heureux quand la chose est facile? 
Pourquoi donc Jupiter de colère et de bile 
Aussitôt tout gonflé, ne leur dit-il : « Non, non, 
N'espérez pas me voir désormais assez bon 
Pour ouvrir mon oreille à de pareils caprices. » 
Mais laissons de côté tous ces*vains artifices, 
Pour ne point jusqu'au bout traiter en plaisantant 
Un si grave sujet, ne peut-on cependant 
Dire la vérité même avec un sourire, 
Comme aux petits enfants qu'ils enseignent à lire 
Les Magisters adroits prodiguent des bonbons 
Qui les rendent soumis aux premières leçons? 
Mais parlons gravement et sans plaisanterie. 

Le rude campagnard qui consacre sa vie 
A creuser un sillon dans un terrain ingrat, 
Le tavernier malin, le belliqueux soldat, 
Le hardi matelot, qui court la mer immense, 
Prétendent travailler par simple prévoyance, 
Afin de pouvoir, vieux, dégagés de tout soin, 
Vivre dans le repos à l'abri du besoin, 
Près de sacs entassés dans un coffre bien ample, 
Ainsi fait la fourmi qu'ils prennent pour exemple. 

4 

Ce petit animal, par le travail si grand, 
Entraîne sans répit ce que partout il prend* 
Pour ajouter au tas qu'il augmente sans cesse, 
Prévoyant l'avenir avec zèle et sagesse. 



341 

Oui, mais quand le verseau vient, attrister le* jours, 
Et que l'an révolu recommence, ^on cours, 
La fourmi ne sort plus, et tranquille, en retraite, 
Savoure sagement la moisson qu'elle a faite ; 
Tandis que les frimas, pi l'été, ni l'hiver, 
Ni le feu dévorant, ni l'hoinjjçide fer, 
Rien ne peut s'opposer à ton avide rage., 
Tant qu'un autre en richesse a sur toi l'avantage» 

Quel plaisir d'entasser de l'argent et de l'or 
Sous terre, en un caveau creusé ppur. ton trésor, 
Loin de tous les regards, par ta main méfiante. 
Tu crains qu'en y touchant, cette somme .attrayante 
Ne se réduise à rien? Mais, s'il ne te sert pas, 
D'un argent enfoui quel sera donc l'appas? 
Des cent mille boisseaux que ton aire dépique, 
De prendre plus que moi ton ventre on vain $e pique ; 
Et si valet de pied sur ton dos tu portais . 
Le lourd fardeau du pain, certes tu nYii aurais 
Pas plus qu'un autre esclave, exempt de toute charge, 
Et quand ton appétit est tout juste aussi large 
Que le veut la nature. Eh ! que t'importe à toi 
De labourer dix mille, ou cent arpens? — r Crois-y *oi,. 
11 est doux de puiser dans un ainps immense, —t 
Pourvu que nous ayons le droit et la licemxv 
De prendre tout autant dans un coffre d'osier*, 
Dois-tu moins le louer que Ion vaste gre.nier? 
Comme si pour avoir une cruche d'eau claire, , ,., 
Ou même une burette au logis nécessaire, ,. 
Tu la faisais remplir dans un fleuve puissant, 
Plutôt que d'un ruisseau de la terre naissant. 
Aussi l'homme imprudent, de l'excès trop avide, 
Est-il avec la rive entraîné par l'Aufide. 
Mais qui sur ses besoins sait régler son désir. 



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D'une onde sans limon s'abreuve avec plaïsir, 
Et ne craint point la mort au milieu du naufrage. 

Mais des hommes, hélas ! la grande part, peu sage, 
Que trompent le mensonge et la cupidité, 
Dit : c Je n'ai pas assez, car sur la quantité '* 
Du bien que chacun a, l'on mesure l'estimé. » 
De s'abuser aibài leur feréz-Vous un crime ? ~ 
Qu'ils soient donc malheureux, puisqu'il leur plait ainsi ! 
Comme un Athénien, qui, dit-on, tout farci ' 
D'avarice et d'à'rgeht, était daris rh&bittàde : 
De mépriser les cris', de fuir la multitude. 
« Le peuple, disaïf-il, me siffle, me poursuit; 
Et moi, je m'applaudis, sitôt que loin du bruit 
Je contemple mon or bien rangé dans mon coffre. * 
Tantale, fou de soif, veut saisir l'eau qui s'offre 
Et qui fuit tnur â tour, Tu ris ? Change le nom ; 
Tantale, c'est toi-môme, il te sert de leçon, 
Sur des sacs entassés tu dors, la bouché ouverte, 
Comme si tu -devais, pour prévenir leur perte 
Garder et respecter des objets consacrés 
Ou réjouir tes yeux de tableaux encadrés, 
Sais- tu bien d'un écu la valeur et l'usage ? 
Achètes-en du pain, des herbes de potage, 
Un peu de vin, auquel tu devras ajouter 
Tous ces soins rigoureux dont ne peut s'exempter 
Tout mortel ici-bas' sans blesser la nature. 
Se consumer de peur, veiller outré mesure, ' 
Et la nuit et le jour, redouter les voleurs 1 , 
Incendie et valets, emportant tes valeurs ; 
Voilà ce qui te plait ! D'une telle fortune 
Pauvre, j'éviterais la faveur importune. 



888 

Niais d'un frisson fiévreux, si ton coq>s *e raidie 
Si tout autre accident te fait garder te M, ' < . 

Tu dois avoir quelqu'un qui te Veille, qui t'aldo* 
Appelle un médecin, te préparé *n aretnlède* 
Te ranime, et te rende aux tiens, à 1cm.ii» aeaoui!? 

.. ■ • •. 

Non, ta femme sans pleurs verrait ton dernier jour, 
Et tes enfants aussi: Tes voisias, tout l'aUBst&, 
Valets, filles, garçond, oui, chacun te déleste, t 
Faut-il donc s'étonner, lorsqu'à ted chers éctts- 
Tu ne préfères rien, si tu ne trouves plus » • • 
Chez personne un amour dont tu* te ilends indigne ? 
La nature, envers toi libérale et bénigne* 
T'a donné des parents, dtea amis : «Si tu veux 
ïjn agissant ainsi conserver chacun- d'eux,' 
Tu t'abuses autant 'que l'insensé qui tente 
De régler d'un ènon la course pétulante. 
Cesse enfin d'amasser ! Plus riche devenu, ! 

Grains moins la pauvreté. Jouis du Tuveuw 
Que tant tu désirais, et songe à là retraite, ■ • 

Ou crains, ô malheureux! -qu'un jour «on ne te traite 
(Le récit n'est pas long) aSnsi qu'Umidius, 
Riche, qui mesurait, à boisseaux ses* écus, i 
.Mais si ladre, dit-on, qu'un esclave sordide 
Portait auprès du sien, un vêtement splendide. 
Il craignit de mourir de misère et -de feira 
Jusqu'à son dernier jour. Une affranchie enfin, . 
Tigresse au cœur de fer, terrible Tyndaride, 
Le coupa net en deux d'une hache homicide. — 

Que me conseilles-tu ? D'i m iter Mœnius. 
De vivre en débauché, comme Nomentanus? — 
Tu vas ainsi tomber dans un excès contraire; 
Mais quand je te défends de faire maigre chère. 



I» 



Î84 

Je ne t'impose pas de minent festins. 
Bien loin de Tanaïs, la fleur des libertins, 
Est de Visellius le trop ladre beau-père. 
En toute chose enfin il faut qu'on se modère ; 
D est certaine borne. En tout sens au-delà 
Ce qu'on appelle bien jamais ne se trouva. 

Je reviens à ma thèse ! Oui, pas plus que l'avare 
Personne n'est content ; chacun même déclare 
Tous les autres états plus heureux que le sien : 
Qui ne sèche d'envie, en remarquant combien 
La chèvre du voisin en lait est plus féconde ? 
Aux plus pauvres que soi, dont l'univers abonde, 
Qui jamais se compare, et ne travaille afin 
De l'emporter sur l'un, puis su* l'autre, et, sans fin? 
Uï\ plus riche toujours devant vos pas se dresse. 
Ainsi, lorsque des chars, conduits avec adresse, 
S'élancent dans la lice, on voit chaque 'cocher, 
Poursuivre son vainqueur, à lui seul s'attacher, 
Et dédaigner tous ceux qu'il a laissés derrière. 
Aussi, bien rarement, dans l'humaine carrière, 
Rencontre-t-on quelqu'un disant : Je fus heureux ; 
Quelqu'un qui, satisfait du succès de ses vœux, 
Comme d'un bon repas sorte de cette vie. 
Mais c'est assez : Craignant qu'il ne vous prenne envie 
De m'accuser d'avoir du chassieux Crispus 
Compilé les papiers, je ne dis rien de plus. 



» • ' » 



GUILLAUME DE CABESTANY 



i / i 



opéra coMwm m tm acte 



Paroles de M. J. MERCADIER, membre résidât j M 
Musique de M. Joseph COLL. 



PERSONNAGES : 



GUILLAUME ife* bÂBÈSTANV," troubadour. 
LE COMTE RAYMOND, seigneur dç Rusciop. 
DON BELPAS, parent du comte Raymond. 
GUILLELMINE, fille du comte Raymond. 
INÈS, amie de Guillelmine. 

PAYSANS ET PAYSANNES CATALANS. 

SOLDAT&; ' ••••-'»»' • ' 



ii» i \ •• •» 






I . » * 



• *1 



GUILLAUME DE CABESTANY. 



II. I l H |l 



~! 



La scène est au parc du castel Raussillon , dans le treizième siècle. 
Au lever du rideau, une troupe de paysans et de paysaùnes achèvent 
de dresser un arc de triomphe. J ' * - * 



SCÈNE PREMIÈRE. 

* 

le ghœur; 
Semons des fleurs sur son passage, 
Et célébrons en ce beau jour, 

L'heureux retour 
Du guerrier vaillant et sage: 
Il est digne de notre hommage; 
Il est digne de notre amour. 

SCÈNE II. ' x ' ' " 

DON BtTLPAS. ■' ' ■• 

Bourgeois, artisans, paysans et manants, je suis content de 
vous... (à part: et de moi..*) Vous avez bravement dévasté 
les jardins des alentours, rossé les £çrmiers, et emporté, sous 
leurs yeux, les plus belles fleurs, pour ériger un arc de 



* * ♦ i 



288 

triomphe en l'honneur de votre seigneur et maître, le comte 
Raymond, dont je vais devenir le gendre ; car, j'aime la noble 
et belle Guillelmine, mon adorable cousine, et je puis me 

flatterd'erpfj^;];-. j,j J / ./ j ; ; . 

Le Comte arrive aujourd'hui de la Palestine, où il s'est 
couvert de gloire. Dès qu'il paraîtra, vous chanterez cette 
chanson qu'il aimait tant. 

Si vous ne voulez pas être rossés à votre tour, tâchez de 
chanter avec accord, sinon je battrai la mesure sur votre dos 
avec ma rapière. , 

Attention ; je vais commencer. 

Montagne fortunée, j le chœur. 

A la robe de fleur ) bis. 



Et d'argent couronnée, 
Que j'aime tes splendeurs 



•s! ) 



id. 



îd.. 



Adieu, chère montagne ; . . \ 
Adieu, ma Léon<or$ ) 

Adieu; doticë compagne r ) 

Vous revcfrrai-jë fcndôr?' $ 

■ ■ 

SCÈNE III. 
Les mèites, GÛfLLAUME. 

. ' : i 

GUILLAUME («ta fond de la icène), 

Chantez, amis, chante^ encore; 
Chantez, vos accents sont si doux ! 
Chantez là chanèori que j'adore : 
Je veux la chanter avec vous. 

BON BE1PAS. 

la peste soit de l'homme! 
' C'est Guillaume, 
Jecrôi!... 



289 

GUILLAUME (t'tviiKUt). 

Oui, c'est moi. 
Mais bientôt va paraître 
Votre maître, 
Dont chacun chérit la loi. 
Nous avons visité les lieux où naît l'aurore, 
Les cités du poète-roi, 
Le Thabor, que le soleil dore, 
Et le saint temple où Ton adore 
Celui qui nous porta la foi. 

LE CHŒUR. 

Ciel!... 

GUILLAUME. 

Oui, j'ai vu ces grandes merveilles, 
Et pourtant durant mes veilles, 
En pensant à mes amours, 
Amis, je chantais toujours : 

En quels lieux trouverai-je 
Une autre Léonor, 
Des fleurs parmi la neige, 
Un ciel d'azur et d'or? 

LE CHŒUR. 

Pour quelle Léonor 
A-t-U bravé la mort? 

GUILLAUME. 

Ah I qu'il est doux de revoir sa patrie. 
Et le hameau où l'on reçut le jour, 
Quand nous attend une amante chérie, 
Unique objet de notre tendre amour! 



19 



290 

Je vous revois, montagne au front sublime. 
Ciel fortuné, que regrettait mon cœur ! 
A votre aspect, mon amour se ranime : 
Un doux espoir m'enivre de bonheur ! 
Allons, amis, je vous en prie, 
Chers amis, répétons en chœur 
Cette douce mélodie 
Qui fait battre mon cœur ! 

LE CHŒUR. 

Chantons la douce mélodie 
Qui fait battre son cœur. 

Adieu, chère montagne, 
Adieu, ma Léonor, • 
Adieu douce compagne; 
Vous reverrai-je encor ? 

DON BELPAS. 

Par la joie que vous ressentez en arrivant, Messer Guil- 
laume, on peut se faire une idée de la peine que vous avez dû 
éprouver en partant. 

GUILLAUME. 

Elle n'a pu cependant m'empêcher de suivre le comte 
Raymond. Tandis que vous, Don Belpas... 



DON BELPAS. 



Un maudit rhumatisme m'a forcément retenu au château. 

GUILLAUME. 

Il se déclara la veille même de notre départ !... 

DON BELPAS. 

Précisément. Ah ! le maudit rhumatisme !... 



291 

GUILLAUME. 

Compliqué, je crois, d'un amour malheureux, qui vous 
sollicitait invinciblement; en sorte que, contrairement aux 
lois de la nature, c'était le fer qui attirait l'aimant. 

DON BELPAS. 

Ne vous tourmentez pas à cet égard, beau troubadour : vous 
serez prochainement convaincu que l'attraction est mutuelle. 

GUILLAUME. 

Je suis plus sceptique que saint Thomas. 

DON BELPAS. 

Vous serez bientôt édifié... Mais voici le Comte. 

LE CHŒUR. 

Vive le comte Raymond ! 



SCÈNE IV. 

Les mêmes, LE COMTE RAYMOND, escorté de soldats armés de lances. 
Les soldats restent en ligne au fond de la scène. 

RAYMOND ( t'arrêtait ion* l'ire-4t-trloaplic ) 

Salut, noble castel, au donjon séculaire, 
Où dorment à jamais tant d'illustres aïeux ! 
Où vit, présent du ciel, une fille si chère, 
Qui guidera mes pas et fermera mes yeux ! 

LE CHŒUR. 

Tendre père ! 

RAYMOND (s'mnçtnt). 

Salut à vous, amis ! 

Après une longue absence, 

Je revois mon pays I 

Divine Providence, 

Je te bénis!... 



292 

En retrouvant ce frais ombrage, 
Où je rêvais dans mon jeune âge, 
De bonheur je frémis, 
De bonheur je tressaille, 
Comme en un jour de bataille, 
En revoyant tant -d'amis ! 

LE CHOEUR. 

Sur son front la gloire brille ; • 
Elle rayonne, elle scintille, 
Gomme une étoile qui pétille 
Dans les abîmes d'un ciel bleu. 

RAYMOND. 

Mais je ne vois pas ma fille 
En ce lieu! 
Où donc est-elle? 

DON BELPAS. 

A la chapelle, 
Où chaque jour l'appelle 
Un vœu. 

LE CHŒUR. 

Un vœu ! 

RAYMOND. 

Oui, j'en ai reçu l'aveu. 

LE CHŒUR. 

Écoutons... 

GUILLELMINE (dans les coulisse*). 

Vous m'avez rendu mon père, 
Merci, merci, mon Dieu ! 
Il combattait pour vous sur la terre étî angère, 
Et je priais pour lui touç les jours en ce lieu. 



293 

LE CHŒUR. 

Il combattait pour Dieu sur la terre étrangère; 
Elle priait pour lui tous les jours en ce lieu. 

RAYMOND. 

Sa douce voix fait tressaillir mon être ! 
Je vais bientôt la voir paraître, 
Bientôt la pres'ser sur mon cœur 
Et m'enivrer de son bonheur!... 
Ciel fo; tuné, vertes campagnes, 
Que fe tilise le soleil ; 
Riants vallons, douces montagnes : 
Non, j< n'ai rien vu de pareil !... 

LE CHŒUR. 

L'a nour de la patrie 
L'e nbellit à nos yeux... 

(Reprise de Sa doice voix, etc.; après Je n'ai rien vu de pareil, 
éclairs et tonnerre.) 

* 

RAYMOND. 

Quelle douce harmonie : 
Elle descend des deux!... 

LE CHŒUR. 

Un oiseau chante et soupire 

Sur l'oranger. 
Sa chanson, je vais la dire, 

Pour le berger. 

RAYMOND. 

Que j'aime les doux chants de mon beau pays ! . . . Quand 
mes soldats les fredonnaient dans le désert, les sables brûlants 
disparaissaient, et le Roussillon, d^ns un magique mirage, 
s'offrait à ma vue dans toute sa splendeur !... 



294 

Mes amis, cette fête sera suivie d'une autre, à laquelle je 
vous invite tous. Allez organiser les danses devant le château. 
J'ouvrirai le bal avec ma fille. 

Restez, Don Belpas, et vous aussi Guillaume. 



SCÈNE V. 
RAYMOND, GUILLAUME, DON BELPAS. 

RAYMOND. 

Je brûle de la voir, cette chère enfant I... Il faut être père 
pour comprendre les ineffables émotions que Ton éprouve en 
retrouvant, après une longue absence, une fille adorée !... Les 
dangers qu'on a courus, les périls qu'on a bravés, vous font 
alors frissonner!... Mais elle est là: tous mes vœux sont 
comblés. 

GUILLAUME. 

C'était notre ange gardien : son image nous suivait partout 
et nous protégeait dans les combats. C'est par elle, Comte, 
que nous avons échappé à tant de périlleuses rencontres. Je 
tremblais pour vous et pour elle en .vous voyant affronter 
dédaigneusement le danger. 

RAYMOND. 

Et vous étiez toujours à mes côtés, frappant d'estoc et de 
taille les Sarrasins. Ah ! si vous l'eussiez vu, Don Belpas ! 

DON BELPAS. 

Oh! sans mon rhumatisme!... Mais je vous suivais... en 
esprit... 

GUILLAUME. 

Nous avons laissé là-bas beaucoup de monde... et... 



295 

RAYMOND ( * Dw BelpM )• 

Votre esprit n'y est pas resté ? 

DON BELPASl 

Que n'ai-je pu vous suivre !:.. Il est vrai que ma présence 
ici n'était pas inut le : les Maures menaçaient le pays. Mais 
j'étais là, et ils n'ont eu garde d'approcher. 

RAYMOND. 

Bien leur en a v du... Parlez-moi de Guillelmine. Est-elle 
toujours belle ? 

DON BELPAS. 

Si elle est belle ! . . . Écoutez : 

Ce. t une fleur éclose, 
Un lis tombé des cieux ; 
Sa touche est une rose; 
Deux astres sont ses ye\ix. 

RAYMOND. 

Mais, si j'ai bonne mémoire, ce sont là des vers de Guil- 
laume? 

DON BELPAS. 

Les vers sont composés de mots et les mots appartiennent * 
à tout le monde. Je choisis ceux-là parce qu'ils expriment ma 
pensée. On prend son bien où on le trouve. 

RAYMOND. 

. Quoiqu'il en soit, le portrait est trop flatteur. Qu'en pensez- 
vous, Guillaume?. 

GUILLAUME. 

Comme un ange aux cieux 
Guillelmine est belle. 
Dans ses jolis yeux 
Son cœur se révèle. 



296 

Son regard divin 
Fait tressaillir l'âme, 
L'astre du matin 
A bien moins de flamme. 
Est-elle une femme ? 
Non, un séraphin. 

DON BELPAS. 

C'est parfaitement cela : Guillaume n'a fait que dire ce que 
je pense ; on ne parle partout que de la beauté, de la grâce et 
de l'esprit de ma cousine. Huguet d'Ille, Bérenger deTerrena, 
Guillaume d'Orfila et tous les seigneurs du pays en perdent la 
tête... Si je ne les avais tenus à distance !... 

RAYMOND. 

Je vous remercie de votre sollicitude, Don Belpas. 

DON BELPAS. 

Ne suis-je pas son... cousin?... Et, tenez, Comte, j'atten- 
dais votre retour avec une impatience ! . . . 

RAYMOND. 

Ma fille ne peut tarder à sortir de la chapelle. Allons l'atten- 
dre au château. 

SCÈNE VI. 

GUILLELMINE (arrivtnt du côté de la chapelle). 

Ils sont ici !.. . Mon cœur palpite ! 
Je vais enfin les voir tous deux ! 
Quel est ce trouble qui m'agite ! 
Les larmes inondent me6 yeux ! 
— Je vais revoir mon doux poète, 
Le doux poète de mon cœur ! 
Je tremble, et mon âme inquiète 
Frémit d'amour et de terreur ! 



Î97 

Les voici ! Je chancelle ! 

doux espoir! 

Amant fidèle, 

Je vais te voir!... 
— Pourrai-je dans mon âme, 
Qu'assiègent les douleurs, 
Éteindre avec mes pleurs 
Ma vivç et sainte flamme? 

— Le ciel le veut... 

Ah ! s'il l'exige, 

Par un prodige 

Dieu seul le peut ! 
Les voici !... Je chancelle ! 

doux espoir! 

Amant fidèle, 

Je vais te voir! 

Un attrait irrésistible m'entraîne vers Guillaume. Je devrais 
éviter sa présense. Mais mon père m'attend et je suis impa- 
tiente de me jeter dans ses bras... Que Dieu me donne la 
force de maîtriser mon cœur... (Elle sort par le fond de la 
scène.] 

SCÈNE VIL 
DON BELPAS, INÈS. 

DON BELPAS (arrivant le prenier du côté opposé à la chapelle). 

Guillelmine n'a pas encore paru au château. Guillaume 
s'est éclipsé. Il y a là un mystère... 

INÈS ( arrivas! do coté de la chapelle ). 

(Sans voir Don Belpas } lie Comte attend sa fille. Elle a 
quitté la chapelle et... 

DON BELPAS. 

Que faites- vous ici, belle Inès? Et par quel hasard?... 



298 

INÈS. 

J'allais vous adresser la même question, seigneur Don 
Belpas. 

DON BELPAS. 

N'y allons pas par quatre chemins. Vous cherchez Guillel- 
mine ou vous courez après Guillaume. 

INÈS. 

Votre supposition est bien gratuite, jfe vous assure. 

DON BELPAS. 

Soit. Vous êtes l'amie et la confidente de ma cousine. Elle 
n'a pas de secret pour vous. Vous a-t-elle quelquefois parlé 
de moi ? 

INÈS. 

Oh! souvent. 

DON BELPAS. 

J'en étais sûr. A mon tour, je veux vous faire une révélation 
qui vous intéresse. 

INÈS. 

Moi? 

DON BELPAS. 

Vous! On vous aime; on vous adore. 

INÈS. 

Vous voulez rire? 

DON BELPAS. 

• Voulez-vous que je nomme votre adorateur? 

INÈS. 

Je serais curieuse... 

DON BELPAS. 

U est. . . 

INÈS. 

C'est? 



299 

DON BELPAS. 

Guillaume. 

INÈS. 

Guillaume!... Ha! ha! ha! (Elle éclate de rire.) 

DON BELPAS. 

Si ce n'est vous, c'est un autre qu'il aime : les poètes ont 
toujours un amour dans le cœur, quand ils n'en ont pas 
plusieurs. 

» INÈS. 

Est-ce de Guillaume que vous tenez le secret que vous 
venez de me révéler? 

DON BELPAS. 

Non, car il me fuit. Je crois que je lui fais peur. 

INÈS. 

Oh ! c'est qu'il n'a pas peur, lui ! ... On ne parle que de son 
courage et de ses exploits en Palestine. 

DON BELPAS. 

La belle affaire! Tout le monde est brave en Terre Sainte, 
car on l'est impunément, attendu que les Anges protègent les 
chrétiens et leur font un rempart contre les infidèles... Ah! si 
j'avais pu m'y rendre, moi !... 

INÈS. 

Vous avez trouvé plus prudent de rester... 

DON BELPAS. 

C'est fort heureux pour ma cousine et pour vous. Si je 
n'avais été là pour vous protéger... 

INÈS. 

C'est pour cela que vous avez refusé de vous battre contre 
Huguet d'Hle, qui vous avait défié? 



300 

DON BELPAS. 

La trêve de Dieu le défendait ce jour-là; et, quand on tient 
au salut de son âme. . . 

INÈS. 

Bérenger de Terréna vous avait aussi, provoqué, et vous 
avez essuyé cet affront, bien qu'il eût pris rengagement de ne 
pas loucher le cœur, afin que la blessure ne fut pas mortelle. 

DON BELPAS. 

C'est justement pour cela que j'ai refusé de me battre avec 
lui. 

INÈS. 

Comment ? 

DON BELPAS. 

• Parce que je suis tout cœur ! 

INES. 

Parce que vous avez eu peur !... 

DON BELPAS ( dégtlnant son épée ). 

Peur, moi!... Impertinente! Je vais vous le montrer. 
Allons, alignez- vous ! . : . 

• INÈS («'échappe» criant ) : 

Aï! aï!!... 



SCÈNE VIII. 
DON BELPAS («ni). 

Lâche ! . . . Elle fuit ! . . . C'est elle qui a peur ! . . . Ah ! si j'étais 
allé en Palestine, quel salmigondis d'hérétiques!... Il me 
semble que j'y suis !... (Il frappe à droite et à gauche avec 
son épée). En prenant ma place, ce maudit Guillaume a frus- 
tré ma gloire !... Ah ! s'il était là !... (Il fait le simulacre de 
le larder J. 



301 

SCÈNB IX. 
DON BELPAS, GUILLAUME. 

GUILLAUME (ippraiiiut toodaiMBent ). 

Me voici!... 

DON BELPAS f *n). 

J'en suis ravi, gentil troubadour. Je vous cherchais pour 
vous demander un épithalame à l'occasion de mon mariage 
avec Guillelmine. 

GUILLAUME. 

De l'ironie, Don Belpas ? 

DON BELPAS. 

Nullement, illustre poète. Je sollicite de votre obligeance 
quelques vers bien sentis. Et comme il faut le calme et la 
solitude pour trouver l'inspiration, je vous laisse et je retourne 
auprès de mon adorable cousine. 

GUILLAUME. 

Restez!... Vous demandiez à vous battre: je suis votre 
homme... 

DON BELPAS. 

Y pensez-vous ? 

GUILLAUME. 

Sur cette pelouse verte, 
La poitrine découverte, 

Et croisant le fer 
Qui retentit dans l'air, 

Chacun se mesure, 

Et d'une main sûre, 

Par un coup franc 

Cherche le flanc !... 



302 

Et le sang coule 
A gros bouillon, 
Et puis l'un roule 
Sur le sillon!... 

DON BELPAS. 

Ah ! mon sang coule 
A gros bouillon!... 
Et puis je roule 
Sur le sillon !... 

GUILLAUME. 

En garde ! 

DON BELPAS. 

Dieu m'en garde!... 

GUILLAUME. 

Craignez-vous le trépas ? 

DON BELPAS. 

, Non pas... 

GUILLAUME. 

Battons-nous donc et sans réplique ! 

DON BELPAS. 

Souffrez que je m'explique. 

GUILLAUME. 

Parlez vite, parlez. 

DON BELPAS. 

Puisque vous le voulez, 

Je vous dirai que je me pique 

D'être bon catholique : 

Or si vous me blessiez, 



303 

Vous mêleriez 
Mon sang au sang de l'hérétique, 
Dont votre glaive est teint... 
C'est certain!..-. 

GUILLAUME. 

La raison est singulière ! 
Il faut nous battre à l'instant ! ... 

DON BELPAS. 

Non, calmez votre colère, 
• Car Guillelmine m'attend... 

GUILLAUME. 

Et moi dans la poussière, ' 
Je t'étendrai sanglant I... 



GUILLAUME. 

Oui le sang coule 
A gros bouillon. 
Et puis l'un roule 
Sur le sillon!... 



DON BELPAS. 

Ah ! mon sang coule 
A gros bouillon, 
Et puis je roule 
Sur le sillon ! 



(Don Belpai s'enfuit et s'écrie du fond de la scène : ) 

* 

Ce n'est pas la peur qui me fait partir, non : Un Belpas peut 
s'éloigner, mais fuir, jamais !... non jamais !... (Il disparait 
précipitamment }. 

SCÈNE X. 

GUILLAUME. 

Voilà le lâche que préfère la perfide!... Elle n'a osé paraître 
devant moi... Le pouvait-elle sans rougir?... Mais ne suis-je 
pas vengé par le choix qu'elle a fait?... Et pourtant les fureurs 
de la jalousie s'amoncellent dans mon sein comme les flots 



304 

irrités d'une mer houleuse!... Elles déchirent mon cœur!... 
Amour! Protée insaisissable!... Femme! énigme désespé- 
rante!... C'est sur ces mouvantes chimères que j'édifiais ma 
félicité, pauvre fou que j'étais !!... 

Aux brises de l'amour, ma lyre frémissante 

Confiait mes soupirs. 
Les échos murmuraient ma tendresse constante 
Sur l'aile des zéphirs ! . . . 

Je disais aux ruisseaux, aux vallons, aux montagnes, 

Les secrets de mon cœur, 
Et comme les oiseaux qui peuplent nos campagnes, 

Je chantais le bonheur !... 

Interrogeant les fleurs, autrefois dans la plaine 

Je venais le matin ; 
Dans la nuit maintenant je voilerai ma peine 

Et mon triste destin ! ! . . . 

rêves ineffables, pourquoi vous êtes-vous dissipés comme 
la rosée du matin?... Pourquoi n'ai -je pas trouvé dans les 

combats une mort glorieuse? (R cache sa tête dans ses 

mains et va s'appuyer contre un arbre). 

SCÈNE XI. 
GUILLAUME, GUILLELMINE. 

GUILLELMINE. 

(Elle arrive par le fond de la scène, où elle s'arrête, sans voir Guillaume). 

La joie et la douleur 
Se heurtent dans mon âme, 
Et je sens dans mon cœur 
Se raviver ma flamme ! . . . 



Guillaume. 

Elle !... Dois-je espérer encor ? 
M'apporte-t-elle ou la vie ou la mort? 

(// va vers (îuilleJmine) 
« 

OUILLELMINE. 

Quand partout on proclame, 
Guillaume, votre valeur, 
Quand mon père vous réclame 
Vous fuvez triste et rêveur î... 

GUILLAUME. 

Je fuis, car l'espérance sainte 
Tombe de mon cœur embrasé, 
Comme une eau pure qui suinte 
A travers un vase brisé î . . . 

OUILLELMINE. 

Comptez sur ma reconnaissance. 

GUILLAUME. 

Peut- elle apaiser ma souffrance? 

OUILLELMINE. 

Mon père fut par vous sauvé dans les combats î... 

GUILLAUME. 

Que n*ai-je en le sauvant rencontré le trépas î... 

OUILLELMINE. 

Pourquoi ce souhait impie? 

v GUILLAUME. 

l)evais-je à mon retour 
Vous trouver asservie ? 

OUILLELMINE. 

Demandez-moi la vie, 
Mais ne me parlez plus d'amour !... 

20 



306 

GUILLAUME. 

Il est donc vrai, votre cœur n'est plus libre ? 

GUILLELMINE. 

Non !... 

GUILLAUME. 

Malédiction ! 
J'ai senti de mon cœur se briser chaque fibre î... 
Quand j'allais de ces lieux m'éloigner sans retour, 
Accablé sous le poids de ma douleur mortelle, 

Pourquoi, cruelle ! 
Venir réveiller mon amour?... 
Autrefois l'espérance 
Apaisait ma douleur ; 
Désormais la souffrance 

Accroîtra mon malheur ! . . . 

GUILLELMINE. 

Près de moi l'espérance 
Apaisait sa douleur; 
Désormais la souffrance 
Accroîtra son malheur î . . . 

GUILLAUME. 

Après une ombre vaine, 
Je courais, pauvre troubadour ! 
Car l'orgueilleuse châtelaine 
Rougit de son premier amour ! 

GUILLELMINE. 

blasphème ! 

douleur I * 
Dieu sait si je l'aime î . . . 
Il remplit mon cœur ! . . . 



307 

GUILLAUME. 

Bonheur suprême ! 
C'est moi qu'elle aime ! 
Ah î le bonheur 
Comble mon cœur!... 

GUILLELMINE. 

Malheur suprême ! 
C'est lui que j'aime ! 
Ah ! de terreur 
Frémit mon cœur ! 

Guillaume, je vous en conjure, 

Fuyezrmoi ! 
J'ai donné ma foi : 
Dieu punit le parjure ! ! . . . 

GUILLAUME. 

Serment fatal ! 
Mais dans la poussière 
J'étendrai mon rival !... 
(Reprise des couplets ci-dessus : Bonheur suprême, etc. et le suivant). 

GUILLELMINE. 

Silence ! . . . Voici mon père ! . . . 



SCÈNE XII. 

(Le Comte, entre Inès et Don Belpas, est suivi des paysans. 
Il arrive par le fond de la scène). 

RAYMOND (l'arrêtant). 

Quelle guerre ! quelle guerre! mes amis... La peste et la 
famine avaient déjà décimé nos rangs. Le fanatisme des 
Musulmans croissait en raison de notre affaiblissement 



Tous les fléaux se déchaînaient sur nous. Si j'ai le bonheur 
de vous revoir, c'est à Guillaume que je le dois. 

TOUS. 

A Guillaume? 

RAYMOND. 

A lui-même. J'étais tombé dans une embuscade. Les Sar- 
rasins m'entouraient. Les lances effleuraient déjà ma poitrine, 
quand Guillaume fondit sur l'ennemi, comme la foudre, et le 
dispersa. Mais le voici avec Guillelmine. 

/ S' adressant à eux en s'en approchant } Savez-vous que 
j'ai pris l'engagement d'ouvrir le bal avec vous ? Venez donc, 
car on est impatient de danser. 

GUILLAUME. 

Daignez m'en dispenser. 

RAYMOND. 

Vous étiez à la peine, il est juste que vous soyez à l'honneur. 
Mais d'où vient votre tristesse quand tout le monde est dans 
la jubilation ? 

DON BELPAS. 

Plus séduisantes sont les illusions dont se bercent les poètes, 
plus cruelles sont les déceptions qui les suivent. Il me semble 
que ma belle cousine est aussi bien mélancolique. 

RAYMOND. 

Chère enfant ! . . . Elle avait promis de se consacrer à Dieu 
s'il protégeait mes jours... J'en ai été heureusement prévenu, 
et voici le bref du Saint-Père, qui la relève de son vœu. 
[Il remet un parchemin à Guillelmine], 

GUILLAUME (4 part). 

Et moi qui l'accusais ! . . . 



DON BELPAS. 

Ma cousine n'a donc qu'à choisir celui... 

RAYMOND. 

Ma fille, 

Espoir de mes vieux jours, 

Tu soutiendras toujours 

L'honneur de ma famille. 
Que ton cœur choisisse l'époux 

Qui doit embellir ta vie. 

Ce choix me sera doux : 
D'avance je le ratifie. 

GU1LLELMINK. 

Mon pt»re, je m'en rapporte à vous. 

RAYMOND. 

Guillaume, je vous dois la vie. l*i main de ma fille acquit- 
tera ma dette. 

DON BELPAS. 

Votre choix ne saurait être approuvé par Guillclinine, que 
j'aime et qui partage ma tendresse. 

GUILLELMINE. 

Moi? 

DON BELPAS. 

Ne vous en défendez pas : cette écharpe [Il la prend sur 
son sein), où, à côté de mes armoiries, vous avez brodé deux 
cœurs 

GUILLELMINE. 

Je ne puis comprendre... 

DON BELPAS. 

N'est-clle pas sortie de vos divines mains? 



310 

INÈS. 

Des miennes, Don Belpas. Pardonnez -moi ce stratagème 
auquel j'avais eu recours pour vous déterminer à suivre le 
Comte en Palestine, où tout bon gentilhomme devait se rep- 
dre, et où vous vous êtes dispensé d'aller. 

DON BELPAS. 

Eh bien! je vais entreprendre à moi seul une nouvelle 
croisade. 

RAYMOND. 

C'est inutile : tous les hérétiques sont morts. 

DON BELPAS. 

Tant mieux ! Je tuerai les autres. (Il sort .) 

RAYMOND ( mettant U main de Gnillelmioe dans celle de GnlUanme ). 

Voilà la fête que je vous avais annoncée. Tous, vous y 
prendrez part. Faites des vœux pour le bonheur des époux. 

LE CHŒUR. 

I^e génie et la beauté, 

La noblesse et le courage 

Sont de la félicité 

Dans l'hymen un sûr présage. 



3M 



L'ARABE ET SON CHEVAL, 



Par M. J. Mercadier, membre résidant. 



LÉGENDE. 

Sous les pas d'un coursier, qui dévorait l'espace, 

Un nuage poudreux sillonnait le désert, 

Et sur son flot léger, comme un oiseau qui passe, 

Glissait un cavalier : on eût dit un éclair. 

Son glaive et ses kandjars, plus polis qu'une glace, 

reflétaient le soleil et scintillaient dans l'air : 

C'était Ali -ben-Marsch. Panoplie ambulante, 

Le fusil sur l'épaule, il vole vers sa tente, 

Où l'attire l'amour, où le cœur le conduit. 

Dédaignant le péril, il l'affronte, il le brave, 

Car la nuit approchait, et du désert, la nuit, 

L'ombre même est mortelle. Ali c'est plus qu'un brave : 

Il est père : J'ai dit — pélican et lion. — 

Du courage l'amour double l'expansion. 

— Le lion a franchi le désert. Dans une heure, 
Le pélican prendra l'essor vers sa demeure : 
C'est là que, déversant les trésors de son cœur, 
Etreignant dans ses bras ses enfants et sa femme, 
Il sera, doux héros, reçu comme un vainqueur 
Et se délectera du tribut de leur âme. 

— Le danger est passé : Zelbul, noble coursier, 
Repose- toi. Le vent, secouant ta crinière, 

Te rendra ton ardeur. Le yatagan d'acier 



:U-2 

N'agace plus tes lianes, maculés de poussière : 
Repose -toi. Ton frein te gêne, il tombera. 
Ton maître dans sa main t'apporte le doura. 
Voici d'un clair ruisseau l'onde fortifiantes 
Courte sera la halte : éloignée est la tente, 
ï^a lune viendra tard : c'est le dernier quartier. 
Le crépuscule est sombre, ardu l'étroit sentier; 
Mais ton pied est léger, et ton œil, qui flamboie, 
Aidé de ton instinct, éclairera ta voie... 

— Ali se disposait à partir, quand soudain, 
Assailli par les Turcs, il se défend en vain : 

Il est blessé, meurtri... Zelbul devint leur proie. 

Ils sont conduits au camp, vaincus, mais non soumis : 

Les maîtres imposés restent des ennemis. 

— Quand un hideux serpent, au regard délétère. 
Dans l'antre ténébreux assiège une panthère, 

lia panthère frémit, elle montre les dents 
Et, le poil hérissé, pousse des cris stridents : 
Ainsi faisait Zelbul au .sein de cette horde. 
Il bondit, on l'entraîne, on l'attache : une corde 
Enlace son jarret. — Mourant et garrotté, 
Près d'une tente Ali par les Turcs fut jeté. 
Le silence se fit, et la bise mordante 
Étouffa du captif la plainte gémissante. 

— Bientôt dans le sommeil tout le camp fut plongé. 
Mais l'Arabe veillait : sa blessure et sa chaîne, 
Dans son cœur abattu, par l'amour partagé, 
Ravivaient à la fois sa tendresse et sa haine. 

Il pense à son pays qu'il ne doit plus revoir, 

A ses fils, à sa femme adorée, à ses charmes ; 

Il entend leurs soupirs, il voit couler leurs larmes : 

Qui les étanchera? Qui leur rendra l'espoir ? 

— Zelbul hennit. Ali, par un effort suprême, 

Se traîne auprès de lui, marchant sur ses genoux : 



31 a 

11 veut revoir encor son compagnon, qu'il aime. 
Esclave, comme lui, d'un ennemi jaloux : 

— Cher et vaillant coursier, dit-il, un sort funeste 
De ceux que nous aimons nous sépare tous deux; 
Mais, dans notre infortune,- un doux espoir me reste : 
Tu seras libre, toi, tu reviendras vers eux. 

Tu reverras les miens. Ils pleurent sous la tente : 

Tu les consoleras; tu lécheras leur main, 

Quand ils t'apporteront, manne rafraîchissante, 

Le lait de mes chameaux, sur le bord du Jourdain. 

Tu verras ses flots bleus et ses rives fécondes : 

Ton blanc poitrail encor pourra fendre ses ondes. 

Et, pareil au Simoun, à travers les déserts, 

Tu porteras mes fils qui vengeront leur père. 

Qui sait ? Allah peut-être entendra ma prière : 

Ils viendront en vainqueurs, ils briseront mes fers î... 

Va, va, mon pauvre ami, recevoir leur caresse. 

Aime les bien ! Dis-leur qu'Ali captif ne peut 

Que les bénir î Dis-leur qu'ils chassent leur tristesse. 

Car si je dois mourir loin d'eux, Allah le veut ! .. 

— A son cheval ainsi parlait le sombre esclave, 
Tandis qu'avec ses dents, il rongeait son entrave. 
Zelbul est libre, lui ; mais son libérateur 

Reste enchaîné. Peut- il le quitter? Son malheur, 
Il veut le partager, s'il ne peut l'y soustraire. 
Ses flancs sont agités, son pied frappe la terre ; 
Des torrents de vapeur sortent de ses naseaux ; 
Frémissant, vers son maître il se penche, il le flaire : 
L'instinct lui dit qu'il peut mettre un terme à ses maux ; 
Et soudain s'arc-boutant — ceci parait un rêve - - 
Il happe sa ceinture avec les dents, l'enlève, 
Et partant comme un trait, il fuit à la faveur 
Des ombres de la nuit, et sauve son sauveur... 

— Un tigre, que poursuit pour lui ravir sa proie. 



% 3U 

Un lion, est moins prompt que Zelbul; un oiseau, 
Moins diligent. 11 porte un précieux fardeau. 

— Que Dieu, noble coursier, aplanisse ta voie ! 
Puisses-tu, franchissant et ravins et torrents, 
Après avoir ravi ton maître à ses tyrans, 

Le porter dans les bras de ses petits enfants ! 
Rends l'époux à l'épouse et comble-la de joie. 
De ton maître et de toi Ton parlera longtemps. 

— Mais le jour est venu : le soleil va paraître. 
On aperçoit dlAH la tente : c'est le port ! 
Zelbul s'y précipite, y dépose son maître, 

Et, brisé de fatigue, il tombe : il était mort !!! 



315 



REVERIE 



Par M. Alfred de L'Hôpital, d'Aii^r. 



Pn«Y\c i\u\ a o\)Ui\u wi\t meuttcm toi* WotoMc. 



Ces temps sont passas, 
i V. Hrr,o. ) 



Tandis qu'au jour brumeux succède la nuit sombre. 
Nuit sans lune, où les monts vont se mêler aux cieux, 
Que tout devient étrange en se revêtant d'ombre, 
Que l'horizon voilé disparait à mes yeux ; 

Tandis que le vent siffle aux branches des vieux chênes, 
Qu'en son rapide essor le vol de l'ouragan 
Amoncelle la neige aux collines prochaines, 

Et les semble couvrir d'un vaste manteau blanc ; 

• 

Assis tristement seul auprès de ma fenêtre, 
Je songe à mes beaux jours, dès longtemps écoulés, 
Je songe à toi, ma sœur, qui maintenant peut-être, 
Pleures ainsi que moi nos bonheurs envolés. 



316 

Bonheurs évanouis qui furent sans mélange ! 
Temps de paix et de joie, où berçant mon sommeil 
Mon rêve m'apportait les doux accents d'un ange 
Qui ne s'envolait pas quand venait le réveil ! 

Il semble qu'en ces jours de deuil de la nature, 
Où le soleil répand des rayons sans chaleur, 
Il semble que tout meure et que la créature 
Soit maudite à jamais du divin créateur ! 



Mais non, car le printemps, sur l'univers immense, 
Après l'hiver viendra, tout couronné de fleurs, 
• Et l'on se sentira revivre à l'espérance, 
Et la joie avec lui renaîtra dans les cœurs. 



Nous sommes désolés, ainsi que la nature, 

Qui n'a plus ni rayons, ni roses, ni verdure, 

Et nous plions, ma sœur, sous le souffle des vents... 

Mais ne pourrions-nous pas un jour, aussi bien qu'elle, 
Voir se lever sur nous une aurore plus belle : 
Ne pourrions-nous avoir un retour de printemps ? 



1*1 / 



LE DEVOIR 

ÉPITRE 

A MON JEUNE COUSIN LÉON DE M. 

Par M"" Ernest Barntel, née Adolphine Bonnet, de Muret. 



Poltu qui a obUuu une mtulum Itit toumbU. 



Être homme, c'est marcher noblement dans la vie! 

(N. Martin.) 



Je no veux pas, enfant, courber ta tête blonde 

Sous ce mot tout empreint d'austérité profonde : 

Le devnr !... et ma voix ne t'appelle aujourd'hui 

Pour éveiller en toi ni l'effroi ni l'ennui. 

Mais connaissant, ami, la trempe de ton âme 

Que toute grandeur vraie émeut, transporte, enflamme, 

Il m'est doux de venir près de ton cœur aimant 

Exalter du devoir le noble sentiment, 

Saluer des vertus l'auréole sans tache, 

Acclamer l'homme fort et condamner le lâche. 

Il m'entendra, ce cœur qui n'a jamais trompé, 

Qui n'a trahi personne et n'a rien usurpé ! 



318 

Ton front que les printemps n'ont effleuré qu'à peine 

Est fait pour ne subir ni les plis de la haine, 

Ni le joug de la honte au stigmate infernal, 

Et pourtant je te dis : Oh ! prends bien garde au mal î 

As-tu vu le follet, cet esprit de l'abîme, 

Dans le gouffre, à grands pas, entraîner sa victime ? 

As-tu vu le serpent guetter dans le gazon 

L'oiseau qu'il va brûler de son mortel poison ? 

Tel, et plus dangereux, veille, autour de notre âme, 

Pour la découronner, le tentateur infâme ! 

Le connais-tu?... prends garde! il parle dans la voix 

Qui raille à ton oreille, enfant, de saintes lois î 

Le connais-tu?... prends garde! il sourit sur ces lèvres 

T'offrant des plaisirs fous aux consumantes fièvres. 

Aux jours de dévoûment, il viendra t'avertir 

Que l'existence est lourde à qui souffre en martyr. 

Quand tu t'engageras dans les sentiers augustes 

Que Dieu même a tracés et que suivent les justes. 

Il surgira dans l'ombre, et, te prenant la main. 

Te dira qu'il fait noir dans cet étroit chemin. 

Que l'ennui près de vous y marche sur la ronce 

Et que son dard cruel au fond du cœur s'enfonce. 

Il te nommera ceux qui, héros méconnus, 

Ont sillonné ce sol du sang de leurs pieds nus ; 

Puis, détournant les yeux vers des routes lointaines. 

Il te découvrira dans de riantes plaines 

La foule qui redoute et la mort et les pleurs. 

Et qui vole à son but en passant sur des fleurs. 

Son but, c'est ce palais aux pompes fastueuses 

Où, de l'ambition les traces tortueuses 

Conduisent ses élus ; — son but, c'est ce trésor 

Dont l'éclat donne aux yeux le vertige de l'or ; — 

Son but, c'est ce jardin dont les senteurs exquises 

Montent dans l'air ému sur les ailes des brises. 



310 

Bouillante de désir, elle hâte le pas, 

Tendant sa main avide... enfant, ne la suis pas ! 

Avec les déserteurs ne fais point d'alliance ; 

Écoute, voix de Dieu, parler ta conscience, 

Et, quelque douloureux que te soit son arrêt, 

Tache qu'à l'accomplir ton cœur soit toujours prêt. 

Ne crois pas toutefois que broyant sa victime, 

L'inflexible devoir, ce despote sublime, 

Soit un amer bourreau torturant notre cœur 

Sans le récompenser alors qu'il est vainqueur. 

Non ! il garde aux vaillants, rois par le sacrifice, 

Des heures de bonheur payant de tout supplice ; 

Et réserve à leurs yeux pleins de sérénité 

Des visions de gloire et d'immortalité. 

Dilatant de leur cœur toutes les nobles fibres, 

Vois comme ils passent fiers : ils se sentent si libres ! 

Laissant crier en bas, et se tordre, et gémir 

Les vils instincts qu'en lui tout homme sent frémir, 

Dédaignant les frondeurs, renversant les entraves, 

Ils s'élèvent, ardents, majestueux et graves, 

Bravant la solitude et les vents conjurés, 

Vers l'idéal divin dont ils sont altérés. 

Oh ! quand ton tour viendra d'entrer dans l'existence, 

Quand ton dernier adieu sera dit à l'enfance, 

À travers tous tes jours, de l'aube jusqu'au soir. 

Sans défaillance enfin, sois l'homme du devoir î 

Qu'à toute heure celui dont l'âme resta pure 

Puisse toucher ta main sans y voir de souillure; 

Et que jamais de Dieu l'infaillible regard, 

Qui plonge au fond du vrai sous le masque et le fard, 

Ne trouve en toi, drapé dans un faux héroïsme, 

lin cœur empoisonné d'orgueil et d'égoïsme. 

Souviens-toi que l'amour est frère du devoir ; 

Que celui qui ne donne est indigne d'avoir ; 



Qu'au front l«* rlévomnent imprime un sceau suprême* 

Moins fragile et plus beau qu'un royal diadème. 

Si tu deviens de ceux que le triomphe attend 

Et que. la renommée accompagne en chantant, 

Sache que la puissance à plus de force oblige 

Et que sur les hauteurs réside le vertige. 

Mais si dans la retraite et dans l'obscurité. 

Sans entendre ton nom par l'écho répété, 

Tu dois vivre ignoré de la foule qui gronde 

Sans tracer d'un sillon ton passage en ce monde, 

Que le regard de Dieu suffise à tes combats !... 

Songe que ta couronne est ailleurs qu'ici-bàs. 

Quelle que soit enfin ta mission sur terre, 

Inconnu, glorieux, apôtre ou solitaire, 

Ne dusses-tu jamais t'endormir ni t'asseoir, 

Vis et meurs, intrépide, en solda^du devoir ! 



321 



HYACINTHE RIGAUD 

Par M. Ernest Delamont, de Prades. 



Mémoue quV a tmiiçotU uut mldaWU d*aTQtnt gtatvd moduU 
au àttuuT eoutoun dtttalo\Tt.de \a Soctttf AQneoVt,Sc'\ttvU^qut et \AUiwwrt 

de» P^Tétvéa-OntwVaVw. 



LISTE DES OUVRAGES CITÉS. 

Archives de la Mairie de Perpignan. Livre des Baptêmes de la 
paroisse Saint-Jean des années 1654 à 1669, p. 147. 

Mémoires du duc de Saint-Simon. Paris, 1842, T. II, p. 224 et seq. 

Mercure de France de janvier 1702 et de novembre 1744. Article sot 
Rigand par Coliin de Vermont , peintre du Roi et professeur en son 
Académie royale de peinture. 

Journal de Dangeau. T. IV, p. 157 et seq. 

Bibliothèque française du Père Lelong. T. V. 

Abrégé de la Vie des pins fameux peintres, par Dezellières d'Argen- 
ville. Paris, 4 vol. in-8°, 1762, T. II, p. 315 et T. IV, p. 310 et seq. 

Description de la Province de Roussillen, par Garrère. 1787, p. 410. 

Annuaire du département des Pyrénétarûrientales pour 1834, 
p. 234. 

Mémoires inédits sur la Vie et les ouvrages des membres de l'Académie 
royale de peinture, et de sculpture, par Dussieux, Montaiglon, etc., etc. 
Paris, 1854, 2 vol. in-8<>, T. II, p. 114 et seq. 

21 



322 

^Histoire des Peintres de toutes les Écoles, depuis la Renaissance 
jusqu'à nos jours, par Charles Blanc, 142® livraison de la publication, 
54© de l'École française. 

Revue contemporaine, n° du 15 mars 1860, p. 119 etseq. (Étude sur 
Largilltère et Rigaud , par Arsène Houssaye. ) 

Abecedario de Mariette. T. IV, p. 258. 

Archives de l'Art français, par Chenevière et Montaiglon. T. I, p. 159, 
T. II, JIII, etc., Documents. T. IV, p. 25. 

Gazette des Beaux-Arts, etc. Paris, 1859, T. I et seq. 

Curiosités de l'Archéologie et des Beaux-Arts, p. 468. 

Le Trésor de la curiosité , par Charles Blanc. 2 vol. in-8°, T. I , 
p. 159, 187,208. 

L'Almanach royal pour 1741, p. 326. 

Description des beautés de Gènes (sans nom d'auteur). 1823, p. 114. 

Dictionary ol Painters, par Pilkington. London, 1798, in -8°, 
p. 553, 772. 

Catalogue de M. Paignon-Dijouval. Paris, 1810, n<* 3048 et seq. 

Notice des tableaux dans le Musée royal (Louvre). Paris, 1847, in-18, 
p. 40, 244. 

Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du 
Louvre, par Frédéric Viliot. In-12, Paris, 1857, p. 307 et seq. 

Musées de France, par Viardot. P. 240. 

Musées d'Espagne, par Louis Viardot. P. 92. 

Musées d'Allemagne, par Louis Viardot. P. 85, 207, 334. 

Musées de Russie, par Louis Viardot. P. 281. 

Catalogue des tableaux composant la collection du lieutenant-général 
vicomte d'Espinoy, p. 358 et seq. 

Divers Catalogues de ventes, etc., etc., etc. 



m 



HYACINTHE RI6AUD, 



On dirait qu'il peint avec une arrogance castil- 
lane et qu'il est venu pour cela des Pyrénées, p. 3. 

11 a poussé aussi loin que possible la qualité 

essentielle d'un peintre de portraits, la vérité, p. 8. 

(Histoire des Peintres, etc., par Gh. Blanc. 

Art. BlGAUD.) 

Rigaud (Hyacinthe) et non Rigaud naquit & Perpignan 
le 18 juillet 1659 de Mathias Rigaud et de Marie Serre, 
c'est 2i tort que Carrère le fait naître le 25 de ee mois, 
puisqu'il fat baptisé le 20 comme il conste de son acte 
de baptême ainsi conçu : 

« Vui als vint de jxdiol mil sis cents cinquanta nou jo 
Joseph Moral domer de S 1 Joan de Perpinya fay fe corn 
he balejat segons rito de sancta mare Iglesia a Hyadnto 
Fran™ Honorât Matias Père marlirf Andreu Joan fill de 
M. Matias Ri g au y (Rore ?) y de Maria conjuges foren 
padrins mussur Andreu Langlel y la S n Rosa Casais. » 

Le père de Rigaud était tailleur, établi dans la paroisse 
saint Jean de Perpignan; d'Argenviile et Carrère lui- 

(i) Quoique l'auteur de l'article sur ce peintre, inséré dans Y Annuaire 
du département des Pyrénées-Orientales pour 1884, suivant l'ortographe 
que donne l'acte de naissance de Rigaud ait écrit Rigau, nous adopterons 
la première forme : d'abord parce que l'artiste roussillonnais signait Rigaud 
et en second lieu parce que c'est sous ce nom qu'il s'est illustré. 



32i 

même sont dans l'erreur en prétendant que Malbias 
Rigaud était peintre, certains auteurs ajoutent même que 
l'aïeul de Rigaud était également peintre et que ce fut ce 
vieillard et son fils qui inspirèrent a Hyacinthe le goût 
de la peinture; celte dernière- assertion n'est guère 
admissible, car Hyacinthe Rigaud n'avait que huit ans 
lorsqu'il perdit son père. Quand il eut atteint sa quator- 
zième année sa mère l'envoya à Montpellier où il étudia 
quatre ans chez Pezel, puis chez Verdier et travailla 
aussi chez Ranc Antoine, dit le Vieux, dont les portraits, 
selon d'Àrgenville, approchaient de ceux de Van-Dyck; 
ce serait alors que Rigaud aurait conçu une forte incli- 
nation pour la manière du peintre que son maître imitait. 
Il passa ensuite à Lyon où il ne séjourna que quelque 
temps et toujours occupé de Van-Dyck il vînt h Paris 
en 1681, comptant sîms doute trouver de plus nombreux 
ouvrages de son grand modèle. 

L'auteur de la notice sur Rigaud insérée dans V An- 
nuaire des Pyrénécs+Orientales de 1854, raconte tout 
différemment la jeunesse de noire peintre. 

« Guerro- le- Vieux, dit- il, peignait le mur d'une ter- 
« rasse que Ton voit encore dans l'ancien hôtel de M. le 
« comte de Ros. Un enfant, fils d'une pauvre veuve 
« employée dans la maison, considérait assidûment le 
« travail de l'artiste : anchio son pittore, se dit-il enfin 
« en lui-même, comme autrefois le Corrége, et profitant 
« d'un moment où il se voit seul, il charbonne un dessin 
« sur la parroi opposée. M. de Ros s'emporte à la vue 
« de ces traits, il veut en punir l'auteur et les lui faire 
« effacer, « Arrêtez, monsieur, dit le peintre, ce dessin 
« est bon, et si bon que je n'en suivrai point d'autre. » 



3Î5 

a Le lecteur a déjà nomné cet enfant prodigieux. 11. de 
« Ros, qui l'aimait auparavant a cause de la gentillesse 
« et de la vivacité de son esprit, redoubla d'affection 
a pour lui et prit soin de tui faire enseigner avec les 
« lettres l'art pour lequel il semblait né. 

« Quelques années plus tard, Riga» apprend qoe 
a M. le Comte vient de partir subitement pour Paris, 
« il court aussitôt, ses bardes sous le bras, après la 
« voilure, et la suit. « Ou vas-tu, lui dît le cocher ? — 
« A Paris, puisque mon bienfaiteur y va. » M. de Ros, 
« touché jusqu'aux larmes de tant d'attachement, le 
« prend dans son carrosse, le presse dans ses bras, 
« l'emmène avec lui et le place dans on atelier de pein- 
er ture ou il pourvoit i ses besoins. » 

« Voilà ce que rapporte nne tradition constante de 
« famille. » 

« Certains ont avancé que cet 

« artiste se forma & Montpellier, à l'école de Ranc, 
« peintre de portraits a la manière de Van-Dyck ; mais 
« Ranc, né en 107 i, n'avait que cinq ans lorsque Rigau 
« en comptait vingt. Il est plus vrai de dire avec d'au- 
« très que Ranc fut son élève et l'on peut croire que lui 
« n'avait pas eu d'autres maîtres que Guerra quand il 
« arriva à Paris. » 

Sans vouloir toucher le moins du monde à cette res- 
pectable tradition, et sans nous extasier sur l'agilité de 
Rigaud, capable d'atteindre la voiture de M. de Ros, 
nous nous permettrons seulement de faire observer en 
passant qu'il est fort probable que si Rigaud n'avait reçu 
des leçons que de Guerra, et s'il n'avait un peu développé 
son talent, soit en copiant nos grands peintres, soit en 



326 

se formant sous d'habiles maîtres, il n'aurait pas, un an 
& peine après son arrivée à Paris, remporté le premier 
prix de l'Académie de peinture; et nous remarquerons 
aussi que l'annuaire de 1834 pour prouver que Rigaud 
ne peut avoir travaillé chez Ranc, donne la date de la 
naissance du peintre languedocien qu'il fixe à 1674; si 
cette date était celle de la naissance du Ranc qu'on dit 
avoir été le maître de Rigaud, nous partagerions entière- 
ment sur ce point l'opinion de l'auteur de l'article Rigaud 
dans l'annuaire précité ; mais malheureusement cette date 
1674 est celle de la naissance de Jean Ranc< 4 >, fils de 
Ranc-le- Vieux, chose dont on peut facilement se convain- 
cre par la lecture de la biographie de Jean Ranc dans 
d'Argenville {Vie des Peintres, T. II, p. 324) et dans 
Mariette (Abecedario, T. IV, p; 28). Ce dernier auteur, 
ainsi que Degrefeuille citent Rigaud comme élève de 
Ranc-le- Vieux. 

Ce fut en 1681 que Rigaud vint a Paris, et il avait 
déjà acquis une habileté telle que l'année suivante (1682) 
il remporta le premier prix de l'Académie royale de 
peinture, le sujet était Caïn bâtissant la ville d'Enoch. 
Le jeune peintre roussillonais sut plaire à Charles Le 
Brun qui était alors le dominateur absolu des arts, et de 
qui tout dépendait, commandes, places, renommée 
même; jaloux de ne point laisser aucun homme de 
mérite en dehors de son influence, l'Académie de pein- 
ture dont Le Brun était l'âme, attirait à elle tous les 

(1) Jean Ranc, né à Montpellier en 1674, élève de Rigaud , dont il 
épousa une nièce, fille de Gaspard Rigaud , fut en 1724 nommé premier 
peintre du roi d'Espagne, et mourut à Madrid en 1735. 



327 

jeunes talents ; Rigaud prit part au concours et remporta 
le premier prix de Rome en 1685. Il était sur le point 
d'entreprendre le voyage d'Italie, mais il en fut détourné 
par Le Brun qui, voyant en lui une vocation décidée 
pour le portrait, l'engagea à renoncer à ce voyage qui 
ne lui étant pas nécessaire pouvait même lui devenir 
dangereux, en lui inspirant des ambitions déréglées. 

Etabli peintre de portraits à Paris, Rigaud commença 
par peindre de simples bourgeois, « Sou premier mor- 
« ceau, dit d'Argenville, fut le portrait d'un nommé 
« Maleron, joaillier, qu'il fit dans le goût de Van-Dyck, » 
mais possédant l'art à un si haut degré il fut bientôt 
connu et recherché. Peu après, vers 1682 ou 1683, il 
fit le portrait de l'auteur du Cid « l'air fort simple et 
a fort commun, toujours négligé et peu curieux de son 
a extérieur » dit Fontenelle en parlant de son oncle. 

En 1786, il peignit M. de Trobat, intendant du Rous- 
sillon; vers 1688, Le Brun et Mignard, ainsi que Monsieur 
frère du roi; l'année suivante (1689) il fit !e portrait 
d'Anne-Marie-Louise d'Orléans, la grande Mademoiselle* 
l'héroïne de la Fronde, qui vivait alors retirée et presque 
oubliée. En 1690 il avait peint La Fontaine, Fléchier, etc. 
Il fit aussi le portrait de M. de Ros; et le duc Anne-Jules 
de Noailles, maréchal de France, gouverneur du Rous- 
sillon ayant vu cette dernière toile, voulut être peint de 
la même main (1691). Cette même année, notre peintre 
fit le portrait de Golbert et du prince royal de Danemarck, 
roi en 1699 sous le nom de Frédéric IV; en 1692 il 
peignit Saint-Simon, et fit l'année suivante un second 
portrait du maréchal de Noailles (gravé en 1699 par 
Edelinck), ainsi que celui du duc de Luxembourg. 



328 

Dès lors commença k s'étendre la réputation de 
Rigaud. Il peignit les artistes de son temps, les célèbres 
sculpteurs Girardon, Martin Bogaërt (plus connu en 
France sous le nom de Desjardin) 1692, Coysevox, 
Nicolas Coustou; les peintres Sébastien Bourdon, Glande 
Halle, Lafosse, Louis de Boullongne, Joseph Parrocel, etc.; 
les architectes Robert de Gotle, Mansart, etc., et l'auteur- 
comédien Baron. 

Rigaud fit aussi son portrait de plusieurs manières, mais 
toujours dans un négligé pittoresque, tantôt il s'est repré- 
senté regardant à une fenêtre, le crayon à la main, la 
chemise ouverte et le cou nu (1692, gravé par Edelinck 
1698); tantôt appuyé sur le perron d'un palais, recouvert 
d'un manteau de velours élégamment jeté sur l'épaule, 
ou bien encore à son chevalet, avec un clair-obscur à la 
Rembrand (1698, gravé par Dcvret, 1700, 1703). Rigaud 
fit encore son portrait en 1712 le plus souvent avec un 
bonnet de fantaisie; dans son portrait qu'il fit en 1742, 
il s'est peint jusqu'aux genoux, paraissant travailler au 
portrait de sa femme (gravé la même année par J. Daublé). 
« C'étaient, dit Charles Blanc, ses meilleurs portraits, en 
« ce sens que c'étaient ceux où la solennité du costume 
« le gênait le moins, tandis que c'était tout le contraire 
« quand il avait à peindre un de ces personnages du 
« grand siècle qui posaient et se drapaient devant le 
« peintre comme devant la postérité même, et en outre 
« Rigaud leur prétait une certaine dignité empha- 
se tique. » 

Rigaud était plus naturel dans ses portraits de fem- 
mes; celui qu'il fil d'Henriette -Marguerite Le Bret de 
l»a Briffe, quatrième femme du président Pierre Cardin 



320 

Le Bretf', dans lequel elle est représentée assise, coiffée 
d'épis comme une Cérès, tenant d'une main une fau- 
cille, de l'autre un bouquet d'épis et de coquelicots; 
ainsi que le portrait d'Elisabeth de Gouy, sa femme, dans 
lequel il Ta placée à une fenêtre et lui a prêté un ajus- 
tement de fantaisie simple et de bon goût, sont deux 
toiles exquises. 

L'année du mariage de Rigaud avec Elisabeth de Gouy 
ne nous étant pas connue (nous pensons cependant que 
Rigaud qui n'était pas marié en 1707, épousa Elisabeth 
de Gouy Tannée suivante), nous placerons ici l'aventure 
qui lui procura celte union et dont nous emprunterons 
le récit au fantaisiste Arsène Iloussaye, dans la brillante 
imagination duquel elle a, craignons-nous t2 ', seulement 
existé. 

Un matin sa voisine (de Rigaud), femme du meilleur 
« monde, ordonna à son laquais d'aller lui chercher un 
« barbouilleur pour peindre son plancher et lui vernir 
« ses meubles. Le laquais va au plus proche et frappe à 
« la porte de Rigaud, le peintre était en belle humeur, 
« il avait d'ailleurs trop d'esprit pour s'offenser de la 
« méprise, il promet d'aller peindre le plancher et vernir 

(1) Le portrait du président Le Bret(quc Rigaud fit en 1697) et celui 
de sa femme, furent vendus en 1847, à la vente Legrand. « Ils ont été", 
dit le Catalogue, recueillis par M. de La Bourdonnais. » 

(2) Faisant son testament, le 30 mai 1707, Rigaud léguait (à demoi- 
selle Elisabeth Gouy » sa ferme de Vaux ; il connaissait bien avant son 
mariage sa future épouse, car il n'aurait pas, à la veille de s'unir à elle, 
fait en sa faveur un legs, insuffisant le lendemain. Dans le registre que 
tenait Rigaud des portraits qu'il exécutait, nous voyons qu'en 1698 il fit 
» gratis » les portraits de M. et de Mme de Gouy, le père et la nrôrc de 
sa future. 



330 
« les meubles. Comme s'il allait faire le portrait du roi 

i 

« il s'habille dans ce beau style étoffé, avec tout le fracas 
« des magnifiques. La dame ne comprend pas, elle 
a répond à ses révérences par les plus profondes révè- 
re rences, elle croit que c'est un homme de cour, quel- 
ce que marquis égaré , quelque chercheur d'aventures : 
c< Voulez-vous me dire, Monsieur, à qui j'ai l'honneur 
« de parler? » — ce À Rigaud, le barbouilleur voisin. Je 
ce viens, Madame, peindre votre plancher et vernir vos 
ce meubles selon vos ordres transmis par votre laquais; 
ce je vais me mettre à l'œuvre. » 

ce La dame partit d'un éclat de rire si franc, avec des 
ce dents si belles, avec un tintement de voix si clair, que 
ce Rigaud devint soudainement amoureux d'elle, ce Cette 
ce méprise, Monsieur, reprit-elle avec une grâce parfaite, 
ce est une bonne fortune pour moi. — Je voudrais pou- 
ce voir dire la même chose, s'écria Rigaud. — Monsieur, 
ce puisque vous êtes venu pour peindre, je ne vous per- 
ce mets pas de vous en aller sans rien faire, aussi bien 
ce il y a longtemps que je demandais où vous demeuriez 
ce pour vous prier de faire mon portrait. — Volontiers, 
ce Madame, si vous êtes toujours aussi belle. — Est-ce 
ce que vous me trouvez belle aujourd'hui? Rigaud s'inclina 
ce profondément : « Dépêchez-vous donc de me peindre, 
ce car je ne réponds pas d'être belle demain. 

ce Et ainsi on égrenait les perles fines d'une galante 
ce conversation. On ne commença pas ce jour-là, mais 
« on prit rendez-vous pour le surlendemain. Dès la 
ce première séance il n'y avait ni peintre ni modèle, il y 
ce avait deux amoureux. — Quand nous marierons-nous ? 
ce demanda un jour Rigaud. — Quand vous aurez fini 



331 

a mon portrait, répondît la dame. — Eh bien ! Madame, 
« je ne finirai votre portrait que quand vous serez 
« madame Rigaud, parce que je suis jaloux du nom que 
« vous portez. — Oh ! ne soyez pas jaloux, mon mari 
a ne m'a pas épousée » et la belle veuve se mit à rire 
« de son beau rire. « Quand je songe qu'il me faut 
« épouser mon peintre pour avoir mon portrait! » Rigaud 
« lui prit les mains et l'embrassa : « Voilà une rude 
« extrémité sans doute, mais comme cela le portrait ne 
« vous coûtera rien. — Le prenez-vous ainsi ? il me 
semble au contraire que ce portrait me va couler cher : 
« comptez-vous donc pour rien ma liberté, la liberté que 
« j'avais d'envoyer chercher un barbouilleur. 

a Ce fut ainsi que se maria Rigaud. » 

Nous ne savons si c'est du portrait dont nous venons 
de parler qu'il est question dans les mémoires inédits 
sur les peintres de l'Académie de peinture, dans lesquels 
on cite un portrait d'Elisabeth de Gouy, peint par Rigaud 
en 1742, vers la fin de la vie de sa femme, et dont il 
avait commencé la tête quelques trente-cinq ans avant, 
vers 1707 ou 1708 (gravé en 1743 par J. G. Willi). 

En 1695 Rigaud fit un voyage en Roussillon pour 
revoir sa mère et remporta soû image. « Rien n'est plus 
« admirable, dit Charles Rlanc ; le modèle le plus savant, 
« le plus attentif, le plus ferme, la finesse d'une peau 
a sous laquelle on voit transparaître le sang, la clarté de 
« l'œil, l'attendrissement des tempes et des paupières, la 
« morbidesse des carnations, font de celte tête un des 
« beaux morceaux de l'art français. » 

Ce ne fut pas assez pour Rigaud d'avoir le portrait, il 
retourna à Perpignan chercher l'original, il ramena sa 



332 

mère et voulul qu'elle conservât a Paris l'habillement du 
Roussillon, disant : ce Je ne veux pas qu'on me change 
ma mère. » Il fit exécuter en marbre, par le fameux 
Coysevox, le portrait de sa mère d'après son tableau (ce 
buste se trouve au Louvre, sculpture moderne n° 202), 
qu'il fit encore en 1702 graver par Pierre Drevel, et que 
dans la suite, afin d'en assurer la conservation et d'en 
garantir l'authenticité, il légua a l'Académie de peinture. 

La renommée de Rigaud allait grandissant, son talent 
était exalté, et, briguant l'honneur d'être peints' de sa 
main, artistes, savants, magistrats, marquis, prélats, 
'princes venaient poser devant lui. Le trait suivant, que 
raconte Saint-Simon, nous donnera une idée de la répu- 
tation et de l'habileté de notre peintre. 

« Il y avait longtemps, nous dit l'aristocratique écri- 
er vain, que l'attachement que je portais h M. de La Trappe 
« (l'abbé de Rancé), et mon admiration pour lui me iai- 
« saient désirer extrêmement de pouvoir conserver sa 
« ressemblance après lui; comme ses ouvrages en per- 
ce pélueraieut l'esprit et les merveilles; son humilité 
« sincère ne permettait pas qu'on put lui demander la 
« complaisance de se laisser peindre. » Cette dernière 
considération engagea le duc a avoir recours à la ruse. 

« Rigaud, continue Saint-Simon, était alors (1896) le 
or premier peintre de l'Europe, pour la ressemblance des 
« hommes, et pour une peinture forte et durable; mais 
ce il fallait persuader à un homme aussi chargé d'ouvrage 
« de quitter Paris pour quelques jours, et voir encore 
« avec lui si sa tête serait assez forte pour rendre une 
« ressemblance de mémoire; celte dernière proposition 
« qui l'effraya d'abord, fut peut-être le véhicule de lui 



333 

« faire accepter l'autre. Uo homme qui excelle sur tous 
« ceux de soo art, est touché d'exceller d'une manière 
« unique; il en voulut bien faire l'essai et donner pour 
« cela le temps nécessaire. L'argent peul-êlre lui plut 
<c aussi; il voulut mille écus comptant à son retour, être 
« défrayé de tout, aller en poste en un jour et revenir 
« de même. Je ne disputais rien et le pris au mot de 
« tout. » 

Le marché conclu, les deux voyageurs arrivent à La 
Trappe. Rigaud avait endossé l'uniforme d'officier du roi. 
Dans une première entrevue* Saint-Simon demande à 
l'abbé de Rancé la permission de lui présenter un gen- 
tilhomme de ses amis, qui désirait vivement le voir et 
qui parlait très peu en étant empêché par un fort bégaie- 
ment. L'abbé de Rancé consentit, quoique avec quelque 
hésitation, a recevoir l'officier, qui put par trois fois, entrer 
avec Saint-Simon dans l'austère cellule de l'illustre péni- 
tent. L'artiste ne parlait que très rarement, concentrant 
toutes les forces de son intelligence à étudier M. de 
Rancé, à épier ses gestes et à apprendre les finesses de 
sa physionomie. « Il fit, ajoute Saint-Simon, un chef- 
ce d'œuvre aussi parfait qu'il eut pu le réussir en le 
« peignant a découvert sur lui-même... La ressemblance 
« dans la dernière exactitude, la douceur, la sérénité de 
« son visage, le feu noble, vif, perçant de ses yeux, si 
« difficile à rendre, la finesse et tout l'esprit et le grand 
« qu'exprimait sa physionomie, celte candeur, celte 
« sagesse, paix intérieure d'un homme qui possède son 
« âme ; tout était rendu jusqu'aux grâces qui n'avaient 
« point quitté ce visage, exténue par la pénitence, l'âge 
« et les souffrances. » 



334 
Eq 1697 Rigaud fit « gratis, » comme le dit son 
registre, le portrait du comte d'Albaret, intendant du 
Roussi II on. 

Il venait de terminer (1697) le portrait de Louis, dau- 
phin de France, lorsque le prince de Conti fut, celte 
même année, élu roi de Pologne. Ce prince, avant de 
partir pour son royaume, se fit peindre par Rigaud qui. 
Tannée suivante (1698), fit les portraits du duc de Ven- 
dôme, de Villeroy, de Mgr Jean Hervieu Razan de 
Flamenville, évéque d'Elue, dont il fit « présent » à ce 
prélat< ! > (gravé en 1701 parfSarrabat ; la lithographie insé- 
rée à la page 118 de I'épiscopologie d'Elne de Puiggari 
est une reproduction de cette gravure) ; précédemment il 
avait peint La Fontaine, Racine, Santeuil, etc., le duc 
de Cambray, l'Évêque de Troyes, PÉvêque de Mirepoix, 
l'éloquent Fléchier, etc., et dans un de ses chefs-d'œuvre 
il nous a conservé l'Aigle de Meaux qu'il a représenté 
avec ses habits pontificaux, debout dans un cabinet, 
entouré des ouvrages qu'il a composés (1699) (gravé par 
Drevet le fils (Pierre) en 1723). « Ce portrait, dit Charles 
a Blanc, est le plus beau portrait du maitre et un de 
« ceux qui s'élèvent h la dignité de l'histoire; la tête est 
« grave, puissante et fière, elle est éclairée par l'intel- 
« ligence » et l'on reconnaît la belle tête de Rossuet 
« si fortement marquée à l'empreinte du génie. » 

Le portrait qu'avait fait Rigaud du prince de Conti et 
surtout sa haute réputation, le fit choisir par Louis XIV 

(1) Rigaud avait fait précédemment le portrait de Mgr de Flamenville, 
puisque son registre porte, sous la date de 1697, la mention suivante : 
1697, deux copies de l'Évêque de Perpignan, 50 livres. 



335 

quand il voulut avoir le portrait du duc d'Anjou, son 
petit-fils, qui allait quitter Versailles pour régner sur 
l'Espagne sous le nom de Philippe V (1700), et le grand 
roi fut si satisfait qu'il daigna permettre au peintre rous- 
sillonnais de reproduire ses traits (1701). 

Par lettre du 2 janvier 1700, l'Académie de peinture 
reçut Rigaud en qualité de peintre de portraits, et non, 
comme le dit d'Argenville, en qualité de peintre d'his- 
toire, «r et elle agrée pour ouvrage de réception le por- 
« trait historié de feu M. Desjardins. » En 1702, Rigaud 
fit les portraits de Fonlenelle et de Mansart (gravé par 
Edelinck, 1704), et l'année suivante celui du duc de 
Bourgogne (1703). En 1704, notre peintre se vit honoré 
d'une visite du duc de Mantoue qu'il peignit ainsi que 
sa femme; cette même année il fit les portraits de Vau- 
ban, de Boileau, du futur vainqueur de Denain, et en 
1708, du Comte de Toulouse. 

Justement fière d'un enfant tel que Rigaud, la ville de 
Perpignan le mit au nombre de ses bourgeois -honorés 
par une lettre du 18 juin 1709, honneur que le peintre 
reconnut plus tard (1736) en offrant à ses concitoyens 
un splendide portrait en pied de Louis XV. En 1713, 
Louis XIV fit inscrire Rigaud parmi les nobles du royaume 
et le 3 novembre 1723, Louis XV confirma sa noblesse 
par un édit par lequel notre peintre est « maintenu dans 
« la noblesse à lui confirmée, tant en considération de 
« la réputation qu'il s'était acquise, que pour avoir eu 
« l'honneur de peindre la maison royale, jusqu'à la qua- 
« trième génération. » (Arrêt du Conseil d'État du 
8 novembre 1723); il avait, en 1715, fait le portrait du 
jeune roi (gravé en 1723 par Drevel) que, d'après une 



336 

anecdote que nous racontons pins bas, il dut faire de 

nouveau vers 1722. Cette même année 1715 il avait peint 

Auguste H, roi de Pologne, et l'année suivante il fit le 
portrait de Jean- Baptiste-Louis Picon, chevalier, seigneur 

d'Andrezel, etc., intendant do Roussillon (gravé en 1719 
par F. Cheveau) et cette même année la princesse Pala- 
tine, mère du régent, posa devant lui. 

Le 22 juillet 1727 Louis XV nomma Rigaud chevalier 
de Tordre de Saint-Michel à l'occasion d'un nouveau 
portrait de lui que venait de faire ce peintre. « Monsieur 
« Rigaud, lui écrivit le Roi, l'estime particulière que je 
« fais de votre personne et de votre habileté dans la 
« peinture dont vous m'avez donné de savantes marques 
« par vos ouvrages, m'ont engagé, pour vous en marquer 
« ma satisfaction d'une manière distinguée, à vous nom- 
« mer Chevalier de mon ordre de Saint-Michel, en satis- 
« faisant à ce qui est requis par les statuts, dont vous 
« serez informé par mon cousin, le maréchal duc d'Es- 
« trées, Chevalier et Commandeur de mes Ordres, qui 
« vous fera rendre celte lettre de ma part ; et me pro- 
« mettant que l'honneur que je veux bien vous faire vous 
« sera très sensible. Je prie Dieu, Monsieur Rigaud, qu'il 
« vous ait en sa sainte garde. 

« Écrit à Versailles, le 22™ juillet 1727. 

« Signé : Louis. » 

Et plus bas : « Phili peaux. » 

On raconte que pendant que Rigaud peignait pour ta 
seconde fois Louis XV alors fort jeune, le royal enfant 
lui demanda s'il était marié et s'il avait des enfants. 
« Je suis marié, répondit Rigaud, mais je n'ai pas d'en- 



337 

« fant, Dieu merci ! » Surpris de ces dernières paroles, 
le roi en demanda l'explication; a c'est, reprit le peiu- 
« tre, que mes enfants n'auraient pas de quoi vivre, 
a voire majesté héritant de tout ce que j'ai pu gagner 
« au bout de mon pinceau. » Le jeune souverain qui ne 
pouvait comprendre ces paroles en parla au Régent et 
au Cardinal Dubois qui lui firent entendre de. leur mieux 
que Rigaud était une victime du système de Law. On fit 
pour Rigaud ce qu'on n'avait jamais fait pour personne 
et malgré la rigueur du visa on lui conserva le même 
revenu qu'il avait sur l'Hôtel-de-Ville avec celte différence 
que ses rentes perpétuelles furent converties en viagères. 
Rigaud eut encore l'honneur en 1730 de faire de 
nouveau le poriraii de Louis XV, qu'il représenta en buste 
et cuirassé (gravé en 1737 par F. Daullé). Cet illustre 
peintre était alors dans sa soixante-dix-septième année. 

Les hommes du grand siècle, les Bossuet, les Boileau, 
les Fléchier, les La Fontaine, les Colbert, les Vauban, 
les duc de Luxembourg, etc., n'étaient plus; la main du 
peintre roussillonnais avait transmis leur image à la 
postérité. Les lion. mes du xviu e siècle ambitionnèrent 
aussi l'honneur d'être peints par Rigaud; tonr-k-tour 
posèrent devant lui les ministres, Law, le cardinal Met- 
chior de Polignac, le cardinal Gaston de Rohan, grand 
aumônier de France W, l'archevêque de Paris Gaspard de 
Vintimille, le cardinal Fleury, le cardinal Dubois, gravé 

(1) Au commencement du premier volume de l'édition du Thésaurus 
de Dom Martenne, (1717, 5 vol.), se trouve une gravure de ce portrait, 
avec cette inscription : « Le prince Armand Gaston de Soubise, cardi- 
nal-évéque prince de Strasbourg, landgrave d'Alsace, grand aumônier de 
France. » 

22 



:*38 

par Drevel, in- fol., etc., et la spirituelle Adrienne Le 
Couvreur, ainsi que le maréchal de Saxe. 

Eu 1741 l'Académie de peinture élut Rigaud recteur 
pour le dernier trimestre et Tannée suivante elle le reçut 
en qualité de peintre d'histoire. Cette même année (1742) 
un grand malheur vint le frapper, il eut la douleur de 
perdre sa femme; cette perte lui causa une affliction 
profonde, et Ton peut dire que ce fut même la cause de 
sa mort, la fièvre ne le quitta plus. Comme il entrait 
après la levée du scellé dans la chambre où sa femme 
était morte, il fut tellement ému qu'il s'écria en levant 
les bras au ciel : « Ah ! je vais bientôt vous suivre. » 
En effet, il se mit au lit et mourut peu de jours après, 
le 29 décembre 1743, à l'âge de quatre-vingt-quatre ans, 
cinq mois et onze jours. 

Voici en quels termes la Gazette du 4 janvier 1744 et 
le Mercure de France du mois de février de la même 
année, p. 405, annonçaient sa mort. « Le sieur Hyacinthe 
Rigaud, chevalier de Saint-Michel, peintre ordinaire du 
Roi, ancien recteur et directeur de l'Académie royale de 
peinture et de sculpture, lequel s'était acquis une grande 
réputation par ses ouvrages, et qui était regardé comme 
un des premiers peintres du siècle, mourut en cette ville 
(Paris) le 29 décembre, âgé de quatre-vingt-quatre ans 
ou environ. » 

Entre de nombreuses anecdotes concernant Rigaud 
nous choisirons les deux suivantes qui font connaître 
l'homme et l'artiste. L'abbé Lambert rapporte que notre 
peintre n'étant pas encore devenu célèbre avait fait un 
portrait qui lui était resté; il avait l'habitude de fixer le 
prix des portraits qu'il faisait et inscrivait le nom avec 



339 

la somme à côté sur un registre destiné à cet usage. In 
des héritiers de la personne qui s'était fait peindre se 
présente longtemps après chez Rigaud afin de retirer ce 
portrait; après s'être informé en quelle année il avait été 
peint, c'était en 1685, le peintre prend son registre et 
trouve sous la date indiquée la mention du portrait 
qu'il cherchait; il va le quérir et demande 50 écus 
à son interlocuteur. A ce chiffre celui-ci, ébahi, croit 
à une plaisanterie et demande au peintre s'il paile 
sérieusement; sur la réponse affirmative de Rigaud, 
l'héritier se récrie en disant qu'un aussi grand peintre 
que Rigaud ne faisait pas des portraits pour 50 écus. — 
« Quand j'ai fait ce portrait, répond sévèrement l'artiste, 
je n'étais pas encore un grand peintre et vous ne devez 
me donner que le prix convenu. » L'héritier s'exécuta et 
quand il partit, Rigaud alla le reconduire de la meilleure 
grâce du monde. 

Après l'homme, voici l'artiste : son premier morceau 
à Paris fut, ainsi que nous l'avons dit, le portrait d'un 
joaillier nommé Materon, qu'il avait peint dans le goût 
de Vau-Dyck ; ce portrait passa successivement au fils et 
au petit-lils de ce joaillier : ce dernier, voulant s'assurer 
s'il était bien de Rigaud, l'envoya chez le peintre, qui 
reconnut son ouvrage : « La tête, dit-il, pourrait être de 
Yan-Dyck, mais la draperie n'est pas digne de Van-Dyck, 
et je veux la repeindre gratuitement. » 

« On a appelé Rigaud le Van-Dyck français, dit uu criti- 
que, mais on lui refuse la même distinction, la même finesse 
qu'au peintre flamand ; il est moins souple, il fait moins 
bien connaître ses personnages et n'évite pas la monoto- 
nie. L'Art ne s'efface pas dans ses ouvrages comme dans 



340 

ceux de Van-Dyck, mais il brille dans les draperies, 
dans le faste qui caractérise le règne du grand roi. » 

Quoique très poli avec Ie3 dames, Rigaad n'aimait pas 
à les peindre, ne voulant pas leor sacrifier la vérité : 
« Si je les fais telles qu'elles sont, disait-il, elles ne se 
« trouveront pas assez belles, si je les flatte trop, elles 
« ne se ressembleront pas. » Aussi, répondit-il a une 
dame chargée de rouge, dont il faisait le portrait et qui 
se plaignait qu'il n'employait pas d'assez belles couleurs, 
« Je crois, madame, que c'est le même marchand qui 
nous les vend à tous deux. » 

« Ses qualités personnelles dit, en parlant de Rigaud, 
« Collin de Vermont, l'ont fait chérir de tous les hon- 
« nêtes gens ; il avait le cœur admirable, il était époux 
« tendre, ami sincère, utile, essentiel,' d'une générosité 
« peu commune, d'une piété exemplaire, d'une couver- 
te sation agréable et instructive, il gagnait à être connu, 
« et, plus on le pratiquait, plus on trouvait son commerce 
« aimable. Enfin, un homme qui avait su joindre à un 
« si haut degré de perfection dans son art une probité 
« si reconnue, méritait bien pendant sa vie les distinc- 
te tions et les honneurs dont la Cour et toute l'Europe 
« l'ont comblé, et, après sa mort, les regrets de toutes 
« les personnes vertueuses et la vénération que les artis- 
te tes auront toujours pour sa mémoire. » 

Rigaud était lié avec La Fontaine, Boileau, Santeuil, 
Coysevox et surtout avec le peintre de Troy et le por- 
traitiste Largillière ; il Ait l'un des plus beaux ornements 
de cette brillante pléiade de génies du siècle de Louis XIV 
et le meilleur portraitiste français du xvn* et du xvm e 
siècles. « Il est, dit M. Arsène Honssaye, onctueux 



:ut 

« et Soi, son pinceau est abondant et délicat» il ose 
« s'aventurer dans le cbaos de la pâte, parce qu'il y va 
« toujours avec la lumière; jam^js l'éclat de son coloris, 
« jamais la transparence de son clair-obscur, jamais les 
« oppositions sagement amenées ne lui font oublier les 
« droits du dessin. » 

« Rigaud, le Van-Dyck français, dit Viardot (Musées 
« de France), étudia la nature, chercha la vérité, non- 
« seulement dans ses ligures vivantes, mais jusque dans 
« les détails minimes des ajustements, et donna, comme 
c< le vrai Van-Dyck, assez de noblesse et de dignité à 
« ses modèles pour que Ton put croire aujourd'hui qu'il 
« leur en faisait souvent un cadeau gratuit. Sous son 
« pinceau, le cardinal Dubois lui-même semble avoir la 
« grandeur morale d'un homme de bien. » 

« Rigaud, dit encore Collin de Vermont, a répandu 
« dans ses compositions eette grandeur et cette magni- 
« licence qui caractérisaient la majesté des rois et la 
« dignité des grands doat il a été le peintre par prédi- 
te lection,... Personne n'a ponssé plus loin que lui 
« l'imitation de la nature dans la couleur locale et la 
« touche des étoffes, particulièrement des velours, pér- 
ir sonne n'a su jeter les draperies plus noblement et d'un 
« plus beau choix. » 

Les couleurs, les teintes de Rigaud sont d'un effet mer- 
veilleux, d'une fraîcheur et d'une vivacité admirables, 
aussi l'abbé de Villard a-t-il pu dire : 

Rigaud non moins savant en l'art des draperies, 
Des habits qu'à ton choix tu peins et tu varies 
On se trompe à l'effet, et l'on croit que Gautier, 
Te la fournit brillante au sortir du métier. 



342 

L'œuvre de Rigaud a été gravée par différents graveurs, 
principalement par le célèbre Gérard Edelinck, les Pierre 
Drevet père et fils, Loir et F. Daullé; elle se compose 
de 3286 pièces (Paris grand in-folio 1753). Ce célèbre 
peintre tenait un registre des portraits qu'il faisait et 
nous y voyons qu'en 1681 il exécuta dix-huit portraits 
qui lui furent payés 484 livres, et l'année suivante quinze 
portraits et cinq copies, ces dernières loi valurent 
193 livres et le tout 704 livres. 

L'œuvre de Rigaud est répandue dans les musées de 
l'Europe, mais la France possède la majeure partie de 
ses tableaux. 

Le Louvre possède du Van-Dyck français : 
La Présentation au temple. Ce tableau est le dernier 
ouvrage de Rigaud (n9 473). 

Saint André, appuyé sur une croix, les yeux tournés 
vers le ciel (n° 474). 

Portrait de Louis XIV (n° 475). C'est un des plus 
beaux tableaux de Rigaud ; le roi est représenté debout, 
tourné à gauche, la tête nue, couvert du manteau royal 
et s'appuyant sur son sceptre. La couronne et la main 
de justice sont posées auprès de lui à gauche sur un 
coussin, à droite, derrière le roi , le trône et un rideau 
de velours rouge. On lit au fond de ce tableau, en carac- 
tères très-fins : Peint par Hyacinthe Rigaud, 1701. Nous 
trouvons dans les mémoires de Dangeau : « Jeudi, 
« 10 mars 1701, à Versailles. La goutte du roi conti- 
« nue; il se fait peindre l'après-diné par Rigaud pour 
« envoyer son portrait au roi d'Espagne à qui il Ta 
« promis. — Vendredi, H mars. La goutte du, roi a un 



3W 

« peu augmenté, et au sortir du sermon, où on le porta, 
« il se fit reporter chez madame de Maintenou, où 
« Rigaud travailla à son portrait, — 19 janvier 1702. — Le 
« roi eut le matin la patience de se faire peindre chez 
« madame de Maintenon par Rigaud ; il envoie ce por- 
« trait au roi d'Espagne qui l'en avait instamment prié. » 
Mais ce portrait étant terminé, le roi le trouva d'une 
ressemblance si parfaite et si magnifiquement décoré 
qu'il ordonna à Rigaud d'en faire une copie de même 
grandeur pour l'envoyer au roi d'Espagne à la place de 
l'original qui fut placé à Versailles dans la salle du trône. 
Dans le Mercure de janvier 1702 on lit au sujet de ce 
portrait : « On a exposé le portrait du roi dans le grand 
« appartement de Versailles, il est en pied avec l'habit 
« royal. Cet ouvrage est de M. Rigaud ; jamais portrait 
« n'a été mieux peint ni plus ressemblant, tout le monde 
« le loue et tout le monde l'a admiré. (Ce portrait a été 
« gravé par Pierre Drevet en 1712). » 

Portrait en pied de Philippe V, roi d'Espagne (n° 476). 

Portrait en pied de Bossuet (n° 477), gravé par Pierre 
Drevet fils en 1723. Acheté 5.000 francs en 1821 a la 
vente Crawford. 

Portrait de Marie Serre, mère de Rigaud (n° 478), 
gravé en 1702 par P. Drevet. 

Portrait de Martin Van den Bogaërt, sculpteur, connu 
en France sous le nom de Desjardin (n° 479), gravé par 
Gérard Edelinck en 1698, in-fol. 

Portraits de Charles Le Brun et de Mignard (n° 480). 

Portrait de Mansart (n° 481), gravé par Edelinck en 
1704, in-fol. 

Portraits de personnes inconnues (n« 182). 



344 

Portraits de deux femmes et d'un homme inconnus 
(n° 483). 

Portrait du duc de Lesdiguière, provenant de la galerie 
Lacaze. 

Au cabinet des estampes de la bibliothèque nationale 
existe une ébauche du portrait d'Edelînck par Rigaud. 

Le Musée de Tours a de Rigaud un portrait de 
Louis XIV; celui de Montpellier, le portrait de Marc 
Pierre, de Voyer-d'Ârgenson; celui de Toulouse, le por- 
trait de Racine et du duc d'Orléans ; celui de Besançon, 
le portrait de Rigaud et de Coysevox, et Perpignan pos- 
sède de Rigaud son portrait en costume de chevalier de 
Saint- Michel; le cardinal de Bullion, ouvrant Tannée 
sainte, peint en 1700, gravé par Preisler, in-fol. Nous 
avons le regret d'ajouter que le portrait de Louis XV 
que Rigaud avait envoyé à sa ville natale fut en 1793 
brûlé sur la place publique. 

A l'étranger, nous trouvons de Rigaud : son portrait 
à la Galerie de Florence; le grand duc de Toscane l'avait 
demaudé au peintre qui le lui envoya avec un abrégé de 
sa vie. 

Au Belvédère k Vienne, le portrait d'Elisabeth-Charlotte 

d'Orléans, duchesse de Lorraine, tille de Philippe l <:r , 

% duc d'Orléans, dans sa 40 e année; portrait d'un cardinal. 

A la galerie de Dulwick, près de Londres, un portrait 
du « Contrôleur-général du Parnasse » sous Louis XIV, 
comme dit Sainte-Beuve. 

A la Pinacothèque de Muuich, un portrait de Chris- 
tian III, duc des Deux-Ponts. 

Au Musée de Casscl, un portrait de Rigaud. 



34r» 

A la Galerie royale de Copenhague, un portrait de 
Louis XIV. 

A la Galerie royale de Dresde, un portrait d'Auguste II 
roi de Pologne. 

A StaffordrHousc (Angleterre), les portraits de François 
Mansart, du cardinal Melchior de Polignac et de La 
Bruyère. 

Au Musée Rath à Genève, le portrait d'Elisabeth Char- 
lotte, princesse Palatine, la mère du Iiégent. 

Au Palais Philippe Durazzo à Gênes, le portrait 
d'Hippolyte Durazzo. 

A la Gâterie royale à Berlin, un portrait du sculpteur 
Desjardin et de Marie Mancini ; « en voyant cette char- 
« mante et calme figure, dit Viardot (Musées d'Allemagne, 
« page 334), ces grands yeux si doux, cette bouche ten- 
te dre et souriante, on comprend sans peine la passion 
« de Louis XIV qui voulut, à vingt ans, épouser la nièce 
« bien-aimée de son njnistre. » 
- Au Museo del Rey à Madrid, un beau portrait de 
Louis XIV en pied et de grandeur naturelle; c'est le 
portrait que le grand roi avait envoyé à Philippe V. 

A la Galerie de VHermitage à Saint-Pétersbourg, les 
portraits de Kontenelle et de Louise Lainel à 77 ans. 

Au château dit le Palais de Madame à Turin, le por- 
trait de la duchesse de Bourgogne (Marie-Adélaïde de 
Savoie); la jeune duchesse est représentée debout, les 
cheveux épars sur les épaules et vêtue d'une robe de 
satin bleu. Voici le portrait qu'en a tracé Saint-Simon : 
« Elle avait le plus beau teint du monde et la plus belle 
« peau; peu dégorge mais admirable, un port de t<Hc 



346 

« galant, majestueux ei le regard de même; le sourire 
« le plus expressif... » 

A la Galerie grand-ducale de Carlsruhe, portraits de 
Louis XIV et de Rigaud. 

Au Musée ducal de Brunswick, portrait du général de 
Jordan . 

Des œuvres de Rigaud se trouvent encore dans les col- 
lections particulières suivantes : 

Dans la Galerie du prince Liechsleulein à Vienne : 
Portrait du prince Venceslas-Joseph de Liechstentein 
debout, en babil de cérémonie de Tordre de la Toison 
d'Or; dessin original du portrait de Samuel Bernard, peint 
en grisaille. 

Dans la Galerie du prince Eslerhazy à Vienne : 
Portrait de Rigaud. 

Portrait de Fr. Léonard, chez M^Gatteaux. 
Portrait du provincial des Augustins, chez le marquis 
de Las Marismas. 

Mais de toutes les Galeries privées, celle qui possédait 
le plus d'ouvrages de Rigaud, était sans contredit celle de 
feu le lieutenant-général comte d'Espinoy, dans laquelle 
on remarquait de ce peintre : 

Portrait de Louis-Alexandre de Bourbon, comte de 
Toulouse, représenté en grand-amiral après la bataille de 
Malaga en 1704. 

Portrait de Philippe V, roi d'Espagne. 

Portrait de François-Louis de Bourbon, prince de 
Conli. 

Portrait de Sebastien Le Preslre, marquis de Vauban. 



347 

Portrait du comte de Testé, maréchal de France. 

Portrait du comte d'Avaux. 

Portrait de Louis-Charles Fouquel, duc de Belle-lsle. 

Portrait de la duchesse de Bourgogne. 

Portrait de Louis Boucherai , chancelier, en costume 
de président. « C'est un très beau portrait. » 

Portrait de Gourville, financier. 

Portrait de Revel, ingénieur. 

Portrait du maréchal 4e Saxe. 

Portrait de Pierre Corneille. 

Portrait de Benserade. 

Portrait d'Armand Jean le Bouthelier de Rancé ; c'est 
une copie exécutée par Rigaud ; l'original est à la Trappe. 

Portrait de Jean-Baptiste Lully. 

Portrait de Boileau, gravé par Drevel, in-fol. 

Portrait de Regnard, gravé en 1788 par Pierre-Alexan- 
dre Tardieu. 

Portrait de Louis de Boullongue. 

.Portrait de Charles de La Force. 

Portrait d'Etienne Materon (mori en 1686), joaillier 
de Monsieur, frère de Louis XIV. 

Portrait de d'Aguesseau. 

Voici le nom de quelques personnages peints par 
Rigaud et dont nous n'avons pas parlé : 

Louis d'Enghien, duc de Bourbon. 
Frédéric, Électeur de Brandebourg. 
Maximilien, Électeur de Bavière. 
Guillaume, Roi d'Angleterre. 
D'Hozier. . 
Le cardinal de Bull ion. 



Henri Oswald, cardinal d'Auvergne, gravé par Drevet, 
in -loi. 

Dangeau. 

J. N. Colberl, archevêque de Rouen. 

L. A. de Noailles, archevêque de Paris. 

L. A. de Pardaillan de Gondrin, duc d'Antin, gravé 
par Tardieu, in-fol. 

Marc de Beauvau, prince de Craon. 

Jean Balthazar Keller, célèbre fondeur. 

L'abbé Pucelle, etc., elc. 

Nous pourrions facilement allonger celle liste, mais 
nous ne pensons pas qu'il soit utile de le faire car « le 
reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé. » 

Nigaud légua au roi Louis XV son dernier ouvrage, 
la Présentation au Temple; à l'Académie royale de pein- 
ture, le portrait qu'il avait fait de sa mère et à son filleul 
Hyacinthe Collin de Vermond (né en avril 1692, mort en 
1761) qu'il affectionnait beaucoup, tous ses dessins, tou- 
tes ses estampes et tous ses usteusilcs de peinture. 

A la vente de Collin de Vermond, en 1761, il y avait 
de ltigaud : — deux dessins sur papier bleu, au crayon noir 
et blanc, une dame et un jeune homme, vendus 24 livres ; 
— deux tableaux faisant pendant; un homme en pied, une 
femme en pied d'après Van-Dyck, 30 livres. — Un petit 
portrail en pied, 24 livres. — Esquisse du portrait de 
Louis XV, petit tableau, 58 livres. — Un homme en 
cuirasse, d'après Van-Dyck, 54 livres. — Deux petits 
tableaux, esquisses d'échevins, pour l'Hôtel* de -Ville, 
GO livres. — Un nègre portant des fraits, 24 livres. — 



349 

Portrait du cardinal de Tencin, non fini, 22 livres, — 
Une femme tenant des fleurs avec un nègre, 48 livres. 
— Le duc de Mantoue , la bataille est de Parrocel , 
125 livres. 

En 1827 à la vente Legrand parurent les portraits de 
M. et de M 1 »» de La Briffe, gravés par Drevet. « Ils ont 
été recueillis par M. de La Bourdonnais. » 

En juillet 1860, lors de la vente de la Galerie Delà- 
marche, à Dijon, le portrait de Baron fut vendu 240 fr. 

A la vente du prince de Gonli en 1777, un portrait 
de La Fontaine, ainsi désigné : « Vu de face, la tête 
dirigée vers la droite, aux trois crayons sous glace » sur 
papier gris, fut vendu 220 livres; le même prix à la vente 
Prault en 1780, et deux ans après, à la vente de Ménard 
en 1782, 299 livres 19 sous. 

Voici maintenant le prix de quelques gravures d'après 
Rigaud : 

En 1769 à la vente Cayeux, le Bossuet gravé par 
Drevet en 1723, in-folio, 48 livres. 

En 1817 à la vente Logette, une maguifiqoe épreuve 
de ce Bossuet, 400 francs. 

En 1798 à la vente du D r Cochu, le portrait de Des- 
jardin, gravé par Edelinck, 96 livres; le même 108 livres 
à la vente Charles de Valois, en 1801. 

En 1808 à la vente Augustin de Saint-Aubin, le por- 
tant d'Auguste II, roi de Pologne, gravé par Balecbou, 
288 francs. Certaines épreuves de cette gravure se sont 
vendues 2 et 3,000 francs. 



3.V) 

En 1859, Marie de Nemours, gravée par Drevct, in-fol. 
23 francs. 

En 1859 à la veole de M. L... Bossnet, gravé par 
Edeliack, in- 4° 61 francs. 

En juin 1860, cardinal Dubois, 44 fr. 
En mai 1861, le comte de Toulouse, gravé parDrevet, 
61 francs. 

Nous avons nous-méme acheté, il y a deux ans, deux 
gravures d'après Rigaud, exécutées par Drevet, au prix 
de 60 francs les deux; Tune représente Louis XV, la 
seconde Samuel Bernard. Le jeune roi est assis, couvert 
du manteau royal, la tête nue, les pieds posés sur un 
coussin, de sa main gauche, il fait un geste indicatif, sa 
tête est légèrement tournée de ce côté, de la main droite 
il tient son sceptre qui repose sur son genoux; sur une 
table, recouverte d'une draperie fleurdelisée, à côté de 
lui, se voient sur un coussin la couronne et la main de 
justice. Le manteau royal se déroule avec grand fracas. 

Un des plus magnifiques portraits de Rigaud est celui 

qu'il lit du roi de la finance à cette époque, Samuel 

Bernard ; le riche financier est représenté assis, dans son 
cabinet, la partie inférieure du corps perdue dans des 
flots de velours rouge, le bras gauche appuyé sur une 
table sur laquelle se trouve une sphère terrestre, des 
plumes et quelques papiers; de la main droite il indique 
la mer qui se voit dans le foud avec quelques vaisseaux. 

Rigaud eut pour élève Nicolas Desportes, neveu du 
célèbre peintre de ce nom; Legros, frère du sculpteur, etc. 
et Jean Ranc, fils du maitre de Rigaud à Montpellier. 



; 



351 

M. Feuillet de Conches, dans un article intitulé : Les 
Apocryphes de la Gravure, raconte que le portrait dû 
Comte de Toulouse, gravé par Drevet, a été plus tard 
vendu en plus petit format, comme le portrait et avec le 
nom de Lauzun, Vaimé de la grande Mademoiselle, et un 

autre éditeur, du Fonletielle, gravé en 1783 par Delvaux, 
a Tait un Mathieu Elzevier (Gazelle des Beaux-Arts, T. Il, 
juin 1859). 



Nous allons terminer celte étude sur Rigaud par quel- 
ques notes sur Gaspard Rigaud et les Guerra. 



Gaspard Rigaud naquit en 1661, comme il constate de 
son acte de baptême ainsi conçu : 

« Vuy al primer de juny any mil sis cents xexâte hu 
« jo lo doctor Emmanuel Boria he batejat segons lo us 
« de santa mare Iglesia Gaspar Francisco Joseph Joan 
« Mathias Baldiri 611 de Mathias Rigau y Rore y Maria sa 
« muller foren padrins lo lll m S r don Gaspar de Sagar- 
« riga y la S 2 dona Joana Pons muller de 1*111°™ don 
« Joseph Pon Baro de Montclar. (Llibre de Batismes de 
a S* Joan de 1654 à 1669 p. 197 — Arch. municipales 
« de Perpignan). » 

Comme son frère, Gaspard était peintre de portraits et 
agréé k l'Académie royale de peinture. On cite de lui quel- 
ques portraits : Au palais Brignole, à Gènes, ceux de Jean 
François Brignole en militaire, et de la signora Battina 
Ragi Brignole (Inslruzione de quanto puo vedersi di pin 



:)52 

belto in G e nova, par Giuseppe Raili, 1780, p. 260). La 
nowétte description des Beautés de Gènes (1823), après 
avoir cité les deux tableaux ci-dessus, indique aussi dans 
le même palais comme étant du même auteur : Portrait 
d'une dame en habit blanc. — Portrait ovale en demi- 
figure d'un homme en perruque double. Il existe sans 
doute bien d'autres œuvres de Gaspard Rigaud, et il est 
plus que probable que de tous les portraits attribués à 
Hyacinthe Rigaud, il y en a bien quelques-uns qui sont 
de la main de son frère. Gaspard Rigaud mourut à Paris 
le 28 mars 1705; voici son acte de décès : « Paroisse 
« Saint-Eustache — Dudil jour 29 me (mars 1705) Gaspard 
« Rigaud peintre du Roy, âgé de 45 ans ou environ, 
« demeurant rue Montmartre, décédé du 28 du présent 
« mois a esté inhumé dans noslre église en présence 
« d'Hyacinthe Rigaud son fils et d'Hyacinthe Rigaud 
« peintre ordinaire du roy et professeur de son académie. 

« Signé : Rigaud, Rigaud, Secousse. » 

Gaspard Rigaud, outre une fille qui épousa Jean Ranc, 
élève d'Hyacinthe Rigaud, laissa encore un fils nommé 
Hyacinthe, sur lequel nous ne connaissons aucun détail 
et dont la pins grande gloire fut d'être le neveu de son 
oncle. 

Rigaud avait en outre une sœur, Claire Rigaud, qui 
avait épousé M. de La Fite, bayle de Perpignan et qui, 
en 1707, était morte laissant des enfants. 



Antoine Guerra dit le Vieux, peintre perpignanais, pei- 
gnait dans le genre italien; on cite de lui une Sainte 



353 

Rose de Lima, une Descente de Croix, an Saint Mathieu, 
un Saint Jacques, an Saint Simon Stock, etc. 



Antoine G a erra, fils atné du précédent, naquit à Per- 
pignan en 1666. Voici son acte de baptême : 

« Vui als set de mars del any mil sis cents xexâte sis 
« jo Joseph Morat domer de S 1 Joan de P.P a fay Te cô 
« he batejat segon Rito de sancla mare Iglesia a Père 
« Martir, Thomas, Joseph, Fran", Ramon, Àntoni, fill 
a de Anton Guerra pintor y de Teresa mnller sua : foren 
« Padrins M° Joseph Gonzales assonador y Maria Thomas. 

« (Llibre de Balismes de S» Joan de 1654 à 1669 
« page 319). » 

Antoine Guerra, s'adonna avec plein succès à la pein- 
ture et son compatriote Rigaud tenta mais en vain de 
le décider à venir k Paris où honneurs et fortuoe l'atten- 
daient ; Guerra ne put se décider k quitter son pays 
natal, où le 18 avril 1694 il avait épousé Josèphe Ribera, 
et en secondes noces Thérèse Barba, le 28 janvier 1705 
(Arch. munie, de Perpignan). En 1706, sur les instances 
de Philippe Y, roi d'Espagne, il consentit k le suivre k 
Madrid en qualité de premier peintre, mais regrettant sa 
vie tranquille et simple, Guerra revint bientôt dans sa 
patrie, où il continua de s'adonner à la peinture jusqu'à 
sa mort, arrivée le 8 avril 1711, comme il conste de son 
acte de décès, que voici : 

« Vny als nou de abril del any mil set cens y onze es 
« estât enterrât al sementeri de la Iglesia de Sant Joan 
« Bapttsta de la vila de Perpinya lo cadaver del honor* 

23 



354 

« Anton G u erra Pintor, loqual niori lo die s antes, au 
« asystit al enlerro Anloni Ortosa y Thomas Malet fos- 
» sers los quais cridats à firmar an déclarât no saber, 
« en fe de que ûrmo jo. 

« Emanuel Rodrigues p ,re Curât. » 

(Llibre de Balismes, de Matrimonis y de Fuueraries 
de Tlglesia Major de S 1 Joan Batista, etc., an 1711, 
p. 551, verso.) 



Joseph Guerra, second iils d'Antoice Guerra-le- Vieux, 
naquit également à Perpignan, le 17 décembre 1685. 
« Vuy, dit son acte de baptême, desanon de dezembre 
ce any mil sis cents vuytanta sinch jo Joseph Boscalin 
« p. b re y curât de sant Joan Baptista de la bila de Per- 
te pinya he batejat segons rito y formas de Santa Mare 
« Iglesia a Joseph, Antoni, Cajetano, fil 1 llegitim y natu- 
« rai de Anloni Guerra Pintor y Thérèse conjuge loqual 
« nasque al desasel de dit mes y any foren padrins 
« Joseph Escayola causidich y la S ra Maria Amalrich tots 
« de la présent bila los quais cridats a firmar han decla- 
« rat lo padri saver escriurer y ce es firmat y la padrina 
« en fe de que firmo yo. 

« Gaspard Boscatin, curât. 
« Joseph Esayola. 

(Llibre de Batismes de S 1 Joan. An 1685 p. 119.) 

Joseph Guerra, peu partisan, ainsi que Tétait son 
frère, d'une vie calme, passa en Italie, fut élève du 
peintre napolitain François Sol i mène (1657-1747) et 



355 

s'établit ensuite î* Rome, où il entreprit avec grand 
succès la fabrication et le commerce de fausses pein- 
tures antiques. Le Père Pacciaudi, dans sa LXH e 
lettre au comte de Caylus, entre dans de très curieux 
détails sur Joseph Guerra : « Il fait, dit-il, chaque jour des 
« peintures de diverses grandeurs, selon le désir des 
« acheteurs, tout le monde le sait. Mais lui soutient 
« fermement qu'il les a trouvées hors de Rome dans des 
« ruines qui sont à sa seule connaissance... Les Anglais 
c et les Allemands ont été les victimes de leur crédulité, 
« les Allemands surtout. » (Curiosités de l'Archéologie et 
des Beaux- Arts, p. 468). Nous ne connaissons pas l'épo- 
que de la mort de Joseph Guerra. 



i 

» 



356 



PREMIER TESTAMENT DE RlfiAUD. 



Fut présent sieur Hiacinthe Rigaud, peintre ordinaire du 
Roy et de son académie royalle de peinture demeurant à Paris 
rue Neuve des Petits- Champs 11 ), parroisse Saint-Eustache, 
sain de corps, d'esprit, mémoire et entendement, comme ii 
est apparu aux notaires soussignés par ses paroles, gestes et 
maintien, allant et vacquant par la ville à ses affaires, lequel 
a dit qu'entre les choses qui doivent faire souvenir les créatu- 
res raisonnables du terme de la vie, son incertitude doit les 
exciter à s'y préparer, sans attendre les avertissemens que les 
maladies causent, pourquoy il s'est transporté de ladite maison 
où il demeure en l'étude de de Beauvais l'un des dits notaires 
rue Coquillière, pour faire son présent testament qu'il a dicté 
et nommé aux dits notaires soussignés ainsi qu'il ensuit : 

Premièrement comme bon crétien, ledit sieur Rigaud tes- 
tateur recommande son âme à Dieu, le suppliant en toute 
humilité et par l'intercession de la Sainte Vierge, de saint 
Hiacinthe son patron, de tous les saints, saintes et esprits 
bienheureux, de la recevoir en sa grâce et lui faire miséricorde, 

Si ledit sieur testateur décède en une maison qui soit de la 
paroisse Saint-Eustache, il désire être enterré sous les char- 
niers de ladite église, près la chapelle de la communion et 
près la sépulture de défunt M. Rigaud son frère. 

Ledit sieur testateur se rappporte au sieur exécuteur ci-après 
nommé, de la dépense de ses frais funéraires, le priant d'ob- 
server une modestie et une simplicité crétienne, 

(t) Rigaud demeurait rue Neuve-des-Petits-Champs dans la maison 
qui fait l'angle de la rue Louis-loGrand. 



/ 



357 

Ledit testateur se rapporte aussy à luy des hautes et basses 
messes, annuel, et autres prières qu'il jugera à propos de faire 
célébrer pour le repos de son âme, 

Ledit sieur testateur donne et lègue tous ses habits, hardes 
el nippes à son usage, à Jacques Champagne, à présent son 
domestique, en cas qu'il soit encore avec luy au jour de son 
décès, à l'exception de son linge, et outre ses gages, 

Donne et lègue ledit sieur testateur aux pauvres honteux la 
somme de mil livres, laquelle sera distribuée par la discrétion 
et prudence dudit sieur exécuteur testamentaire sans qu'il soit 
obligé d'en rendre aucun compte, 

Donne et lègue ledit sieur testateur au sieur Balu raaitre de 
luth la somme de trois cens livres une fois payée, 

Pour reconnaissance de l'estime et de la considération que 
plusieurs de Messieurs de l'Académie Royalle de peinture et 
de sculpture ont eu pour ledit sieur testateur, il donne et 
lègue à leur compagnie son portrait avec sa bordure et celuy 
de feu M. Mignard aussi avec sa bordure, 

Ledit sieur testateur supplie monseigneur le Dauphin de 
trouver bon qu'il lui présente le buste de marbre blanc de 
damoiselle Marie Serre, sa mère, fait par M. Coisvox avec la 
gaisne ou le scabellon sur lequel il sera trouvé au jour du 
décès dudit sieur testateur qui espère de la bonté de Monsei- 
gneur qu'il accordera à ce buste une place dans la gallerie de 
son château de Meudon ou dans celle de Versailles, 

Ledit sieur testateur désirant inspirer le même respect et 
la vénération qu'il porte à la d. damoiselle Marie Serre, sa 
mère, à Hiacinlhe Rigaud son neveu, il lui donne lègue et 
substitue le portrait de la d. damoiselle sa mère en trois faces 
à la charge qu'il le conservera religieusement, et après lui à 
l'aîné de ses enfants mâles nés en légitime mariage, lequel ne 
pourra non plus s'en défaire qu'en faveur de son fils aîné les 



^ 



358 

ainez préférez aux cadets et les garçons aux iilles pour la pos- 
session et conservation dudit portrait, 

Donne et lègue à damoiselle Elisabeth Gouy, veuve du 
sieur Le Juge, la jouissance et usufruit tant qu'elle vivra de 
la ferme et dépendances siz à Vaux près Triel, appartenant 
en propriété audit sieur testateur, concistant en batimens, 
terres labourables, prez, vignes, jardins, vergers, avec tous 
les bestiaux et meubles qui se trouveront en ladite ferme le 
jour du décès dudit sieur testateur, sans rien en exepter, et 
sans que la d. damoiselle Le Juge soit obligée de donner 
caution pour lad. jouissance, mais le tout retournera aux 
héritiers ou légataires dud. sieur testateur en l'état que lad. 
damoiselle Le Juge le laisserai , 

Donne et lègue à damoiselle Hiacinthe Geneviève fille âgée 
d'onze ans ou environ à présent pensionnaire au monastère de 
Vaucouleurs en Lorraine la somme de quatre mil livres une 
fois payée, laquelle somme servira et contribuera à son établis- 
sement, soit qu'elle souhaite d'ettre religieuse ou pour vœu 
par mariage, pourquoy jusqu'aud. tems ou jusqu'à ce que lad. 
damoiselle Hiacinthe Geneviève ait atteint l'âge de majorité, 
ladite somme sera employé par ledit sieur exécuteur ci après 
nommé en acquisition d'héritages ou ventes au proffit de lad. 
damoiselle, 

Donne et lègue aux enfans restez après le décès du défunt 
sieur Gaspard Rigaud, frère dudit sieur testateur, tous les 
biens, effets et fonds qu'il dellaissera et qui se trouveront 
situez tant en cette ville de Paris qu.'à Vaux près Triel après 
que tous les legs cy-dessus auront été acquittez, pour en jouir 
par eux égallement; à cet effet ce qui proviendra du présent 
legs sera employé par ledit sieur exécuteur en acquisition 

(i) Ce paragraphe e&t barré dans l'original car Elisabeth Gouy épousa 
plus tard Rigaud. 



y" 



y 



:*59 

d'héritages ou rentes à leur proffit, dont les arrérages ou 
revenus leur seront conservez pour être joints avec le princi- 
pal et leur être délivrez lorsqu'ils se pourvoieront par mariage 
ou autrement ou bien lorsqu'ils seront majeurs, en sorte que 
lesdits arrérages et revenus augmentent la masse du principal. 

Donne et lègue ledit testateur aux enfans de défunte damoi- 
selle Claire Rigaud sa sœur et du sieur de La Fite à présent 
bailly de Perpignan son beau-frère, tout ce qu'il leur peut 
donner suivant la coutume de ladite ville ou de la province de 
Catalogne, des biens, meubles, immeubles, héritages, fonds 
de terres, rentes ou autres choses qui luy appartiennent pré- 
sentement ou qui pourront luy appartenir ci-après à quelque 
titre que ce soit, soit propres, acquits, hérédité, legs, soit 
donnation et autrement, les instituans es-dits biens légataires 
universels, sans qu'ils puissent avoir aucune prétention sur 
ce qui se trouvera situé hors lad. province, comme aussy les 
enfants dud. défunt Gaspard Rigaud ne pourront rien préten- 
dre esd. biens de Catalogne, 

Et pour exécuter et accomplir le présent testament l'aug- 
menter plustot que le diminuer, ledit sieur testateur a choisy 
le sieur Charles Collin ingénieur et professeur de mathémati- 
ques, qu'il prie d'en prendre la peine, et de lui rendre ce 
dernier ofûce, se dessaisissant à cette fin entre ses mains de 
tous ses dits biens jusqu'à son entière exécution, et le priant 
d'agréer le présent don et legs qu'il lui fait de sa pendule 
de la façon du sieur Oudry sur laquelle est pour devise : 
Transeunt et imputant, avec une petite urne de porcelaine 
encienne garnie de bronze dorée et sa console qui est aussi de 
bronze dorée, et au défaut dudit sieur Collin de pouvoir vac- 
quer à lad. exécution testamentaire, ledit sieur testateur 
nomme et choisit à sa place le sieur Bourdin peintre en 
mignature auquel il fait la même prière et le même legs que 
ci-dessus, 



^. 



360 

Révoquant ledit sieur Rigaud tous testamens et codiciUb 
qu'il pourrait avoir ci -devant faits, même ceux qu'il pourrait 
l'aire ci-après s'il n'y a ces mots (adveniat regnum tuumj, 
s'arrêtant ledit sieur testateur à celuy-cy qui est sa dernière 
volonté, 

Ce fut ainsy fait, et passé, dicté et nommé par ledit sieur 
testateur ausdits notaires, et à luy par l'un d'eux, l'autre pré- 
sent, lu et relu qu'il a dit bien entendre, et y a percisté en 
l'étude dudit de Beauvais notaire, ou il s'est comme dit est 
transporté, Tan mil sept cens seqt le lundy trentième jour de 
may sur les huit heures du soir et a signé. (La signature man- 
que sur l'original). 



NOTE. 



Le testament qu'on vient de lire ne doit pas être considéré comme 
l'expression des dernières volontés de Rigaud, nous avons cité dans le 
cours de cette notice quelques legs faits par Rigaud au roi Louis XV, à 
Collin de Vermond et à l'Académie de peinture, ce qui implique suffisam- 
ment l'existence d'au moins un autre testament fait peu do temps avant 
la mort du peiutrc, puisqu'il léguait au roi sa Présentation au temple, 
qui fut son dernier ouvrage. 



361 



RAPPORT 

SUR 

LE DERNIER CONCOURS DE POÉSIE 
ET D'HISTOIRE, 

Par M. Léon Fabre de Llaro, \rchiviste, ancien Secrétaire de ta Section 

des Lettres et Arts libéraux. 



» 



Sons les heureux auspices des deux précédents Con- 
cours de Poésie et d'Histoire, noire Société, jalouse de 
continuer ses premiers succès, a rouvert une troisième 
fois 'a lice à ces luttes pacifiques de l'intelligence. Elle a 
toujours à cœur de raviver les anciennes ardeurs de notre 
pays pour les lettres et les beaux-arts et de rammner 
ainsi la génération nouvelle aux bons exemples que lui 
ont légués nos ancêtres, trop délaissés, fiélas ! pour dès 
attractions plus actives, mais aussi plus décevantes et 
plus dangereuses. Quoiqu'il eu soit du résultat de ses 
efforts, la Société ne sVcartcra pas de la voie que lui 
tracèrent ses philanthropes fondateurs. Son œuvre, 
comme l'œuvre de ses sœurs et de ses rivales des autres 
départements de France, doit être toujours celle dés 
Vestales antiques : Conserver le plus possible intact le 
feu sacré à l'abri du souflle des querelles et des divisions 
du dehors qui menaceraient de l'éteindre. 



362 

Pour concourir à celte tâche honorable, que ceux-là 
viennent à nous qui, par une communauté d'émulations 
et d'encouragements réciproques, veulent réchauffer et 
ranimer leur jugement, leur esprit et leur imagination, 
alimenter les germes d'une première éducation scientifi- 
que et littéraire, leur donner l'essor, en recueillir les 
fruits et mesurer le véritable seeret de leurs forces en 
recherchant, avec une pieuse attention, tout ce que leurs 
aïeux ont pu obtenir de grand et d'élevé de la nature des 
choses et des institutions humaines. Ils seront toujours 
les bienvenus. 

Rapprocher autour d'un même centre, éloigné de toute 
autre passion, les amis de l'éducation de l'esprit, les 
chercheurs du vrai et du beau dans te passé et pour 
l'avenir, attirer à notre contrée quelque estime, tel est 
le but que notre Société se propose d'atteindre. Pour 
cela, quoi de mieux qu'un concours qui étend ses rela- 
tions et agrandit le cercle de son activité? 

Le dernier concours de poésie, il est vrai, n'est pas 
de nature à en faire renouveler l'expérience. Et peut- 
être faudra-t-il attendre encore quelque temps. Vingt- 
trois pièces nous ont été adressées. C'est beaucoup. Mais 
si le nombre y est, la qualité est bien inférieure au con- 
cours précédent et les récompenses ont dû nécessaire- 
ment aller aussi en déclinant. 

La première poésie qui a été remarquée est intitulée : 
Rêverie (Ces temps sont passés. V. Hugo). 

Cette élégie touchante, d'une naturelle simplicité, qui 
semble appartenir à un adepte de l'école d'André Ché- 
nier, était accompagnée d'autres compositions qui ont 



été jugées moins bien réussies. Uaus la pièce mention- 
née, elle-même, il parait y avoir trace de quelque inex- 
périence. Mais ces vers d'un frère h une sœur ont un 
parfum d'iotime tendresse, de pureté de sentiments, qui 
ajoute à leur harmonie et leur prèle une véritable séduc- 
tion. Les brumes de l'hiver, les ombres de la nuit, le 
vent neigeux de l'ouragan sont évoqués dans toute leur 
tristesse et se marient mélancoliquement aux lointains 
souvenirs de bonheur perdu, du poète séparé du toit 
paternel. 

Assis tristement, seul, au bord de sa fenêtre, il songe, 
dit-il, aux beaux jours du passé : 

Temps de paix et de joie, où, berçant mon sommeil, 
Mon rêve m'apportait les doux accents d'un ange, 
Qui ne s'envolait pas quand venait le réveil! 

Idée heureuse et poétique que cet ange, celle sœur, 
que le poète voit seulement en rêve et qui, jadis, par 
sa bienvenue au jour, continuait le bonheur du doux 
rêve envolé de la nuit ! 

Qu'est-ce à dire? Faut-il en croire le deuil de la 
nature qui semble, avec son linceuil pâle de l'hiver, 
annoncer la malédiction du Créateur contre la Créature? 
Non, bientôt la fleur, bercée par les zéphirs du prin- 
temps, va renaître, comme l'espoir, au cœur rasséréné 
du poète : 

Nous sommes désolés, ainsi que la nature, 
Qui n'a plus ni rayons, ni roses,. ni verdure, 
Et nous plions, ma sœur, sous le souffle du vent. 

Mais ne pourrions-nous pas, un jour, aussi bien qu'elle, 
Voir se lever sur nous une aurore plus belle ; 
Ne pourrions-nous avoir un retour du printemps? 



3M 

Cette modeste rêverie, qui puise ses inspirations dans 
les souvenirs de la famille absente, celte douce plainte 
de l'exil devait trouver un sympathique écho dans le 
cœur de ses juges. Toutefois rien de bien original, de 
bien saillant, rien qui sorte du cadre dans cette poésie 
intime. Elle n'a donc mérité à l'auteur qu'une mentiou, 
mais très honorable, avec insertion dans notre Bulletin. 
Cette élégie est due * M. Alfred de l'Hôpital, résidant k 
Alger. 

Plus mâle et plus sévère de ton est l'autre poésie, 
objet d'une pareille distinction. Ce n'est plus une plain- 
tive mélodie. Ce sont des notés graves, harmonieuse- 
ment mariées qui répondent aux inspirations dictées 
par ce mot austère qui en forme le titre : Le Devoir.' 

D'autres ont pu donner à ce sujet de plus amples pro- 
portions, y faire entrer plus d'air, plus de lumière, plus 
de vie, mettre dans la conception de l'œuvre plus de 
nerf et de vigueur. Mais la composition soumise à notre 
jugement n'en a pas moins de précieuses qualités. Elle 
s'adresse à un Enfant et lui fait entrevoir toutes les 
luttes, tous les dangers auxquels va être trop tôt expo- 
sée sa vertueuse innocence. Qu'il se tienne en garde 
contre toute surprise. La voie droite est parsemée d'obs- 
tacles; ils surgiront à tout instant sous ses pas : 

As-tu vu le serpent guetter, dans le gazon, 
L'oiseau qu'il va brûler de son mortel poison? 
Tel, et plus dangereux, veille, autour de notre âme, 
Pour la découronner, le tentateur iufâme. 
Le connais-tu? Prends garde; il parle dans la voix 
Qui raille, à ton oreille, enfant, de saintes lois. 



365 

Il cherchera, le traître, k capter ta confiance par ses 
paroles mielleuses, par ses décevants sourires ; il t'allé- 
guera que le chemin tracé par ta destinée à la vertu est 
étroit, rude, hérissé de ronces. Et, d'autre part, il te 
montrera la foule des heureux du monde qui fuit toutes 
les tristesses de ce sentier abrupte, qui t'éptod dans de 
riantes plaines semées 4e fleurs* embaumées do parfums, 
suivant la route enivrante qui mène aux plai$ws T aux 
richesses, aux honneurs. 

Avec tes déserteurs ne fais pas d'alliance, 

ajoute le poète. Que la voix seule de ta conscience te 
dirige. Est-il vrai que le Devoir soit pour le Juste un 
tyran qui se plaise à torturer sa victime ? Ne le crois pas, 
entant. Tels sont les conseils tout paternels du poète. 
Il y a là une suite de beaux vers : 

Non, il garde aux vaillants, rais par Je sacrifice, 
Des heures de bonheur, payant de tout supplice. 



Souviens-toi que l'amour est frère du devoir. 

Qu'au front le dévouement imprime un sceau suprême, 
Moins fragile et plus beau qu'on royal diadème. 

Que si tu es destiné à triompher et à jouir d'une belle 

destinée, poursuit-il, 

• 

Sache que la puissance à plus de force oblige, 
Et que sur les hauteurs réside le vertige. 

Que si ta destinée est de vivre ignoré, 

Que le regard de Dieu suffise à tes combats; 
Songe que la couronne est ailleurs qu'ici-bas. 



366 

Quelle que soit, en8n, ta mission sur terre,* 
Inconnu, glorieux, apôtre ou solitaire, 
Ne dusses-tu jamais t'endormir ni t'asseoir, 
Vis et meurs intrépide, en soldat du devoir. 

Quel est donc ce poète, intrépide aussi, qui a eu le 
courage d'aborder une thèse si souvent traitée et déve- 
loppée, avec grand talent, par les anciens et les modernes? 

Aux vers que j'ai cités vous avez tous reconnu une 
plume exercée, douée d'une abondance, d'one facilité 
qui se trahit peut-être trop quelquefois. Mais, s'il s'est 
glissé, dans la forme, quelques petites faiblesses sur 
lesquelles nous ne voulons pas appuyer; dans le fond, 
quelle solidité de jugement, quelle saveur de maturité ! 
On n'oserait attribuer à une jeune femme une aussi 
sérieuse poésie. On se tromperait. Notre lauréat est 
Madame Ernest Barutel, née Adolphine Bonnet, à -qui 
nous avons aimé déjà à décerner nos récompenses. Nous 
serons toujours heureux d'ouvrir les pages et de faire 
les honneurs de notre Bulletin aux œuvres d'un talent 
si varié et si persévérant. 

La troisième pièce, qui a attiré l'attention de la Com- 
mission du concours, est aussi inspirée par l'intérêt qui 
s'attache k l'âge le plus tendre. Ils ont bien raison nos 
lauréats, de se préoccuper de l'irçnocence de l'enfant. 
Elle porte bonheur. 

Près du foyer d'hiver, une jeune fille, ainsi l'affirme 
notre nouveau poète, aperçoit au milieu des flammes une 
lueur, une apparition étrange. Avoir peur et fermer les 
yeux pour ne point voir, c'est un premier et naturel 
mouvement. Mais de gais pétillements se font entendre 



\ 



367 

et une donce voix rassurante murmure k l'oreille de 
l'enfant ces simples paroles : 

Je suis, sachez le bien, un esprit du foyer; 
C'est moi que le Seigneur daigna tous envoyer 

Lorsque vous vîntes à la vie. 
C'est moi qui, depuis lors, vous ne le pensiez pas, 
Du matin jusqu'au soir accompagne vos pas, 

Charmante enfant que Ton envie. 

Il a charge, poursuit l'Esprit, charge de l'âme de la 
jeune fille. De ses actes, de ses pensées, de ses propos, 
les moindres comme les plus sérieux, présent ou absent, 
rien ne lui échappe; tout est mentionné sur un livre qui 
ne s'efface jamais, qui reste toujours soumis an regard 
de l'Eternel. S'il n'y a que du bien, tout paraîtra à l'en- 
fant allégresse et sourire. Si, au contraire, le livre devient 
accusateur, adieu rêves attrayants, franche gailé; la 
douce espérance elle-même s'évanouit. Restez donc, 
enfant, belle et charmante de modestie, de sagesse et de 
bonté. Vos actions, que l'œil le plus sévère puisse les 
voir; vos paroles, qu'elles soient, par leur pudique har- 
monie, agréables à entendre ; vos pensées, qu'elles por- 
tent la joie dans tous les cœurs. 

Tels sont les sages avis de l'angéliquo moraliste. 

Mais ce conte bleu imaginé pour mieux faire passer 
la leçon, l'enfant peut-elle y croire ? La jeune fille n'a 
pas été assez crédnle et, d'un petit air boudeur, elle 
adresse au poète ce reproche : 

Pourquoi mentir ainsi? Vous avez donc rêvé? 
D'où vous vient ce récit? Où Tavez-vous trouvé? 
Je n'ai pas dit toutes ces choses. 



368 

Car jamais un latin ne m'apparat le soir, 
Et je n'ai jamais vu briller un grand œil noir 
Dans l'àtre plein de flammes roses. 

L'inventeur do conte n'est pas désarmé, et répli- 
que: 

Je répondrais alors : Vous ne m'avez rien dit, 
Mais, pour votre bien seul, j'ai rimé ce récit, 

Dont vous rirez comme d'un conte. 
Croyez bien cependant qu'un bel ange, ici-bas, 
Vous écoute toujours, qu'il suit toujours vos pas, 

Et qu'au Seigneur il en rend compte. 

Aia&j finit la pièce. On la trouverait peut-être, en son 
entier, un peu enfantine, pas assez logique dans sa sim- 
plicité,, ni j£&ez poétique. dans ses expressions. Les cita- 
tions, que nous venons de faire prouvent néanmoins qu'en 
somme, le genre est respecté; il y a du laisser-aller et 
une naïveté charmante. On reconnaît dans l'auteur un 
lecteur de Trilby, de Charles Nodier et des meilleurs 
conteurs de notre littérature. La Commission a été heu- 
reuse de trouver dans la mystérieuse enveloppe recou- 
verte de l'épigraphe : « Tout est devant ses yeux comme 
si rien n'était » le nom d'un Roussilloonais et de pouvoir 
ainsi accorder une mention à M. S. Esquerre, de Prats- 
de-Mollô, le spirituel auteur de ce petit poème : L'Esprit 
du Foyer. 

La quatrième: pièce, également honorée d'une simple 
mention, est tout autre. C'est aussi un conte, mais il ne 
met pas en jeu l'enfance, avec son visage rose et mobile, 
que la joie fleurit, que pâlit la frayeur» que rend toute 
pensive sa charmante bouderie. 



3Û9 

Ici c'est la vieillesse avec les regret* de sou brillant 
passé, qui se plonge à souhait dans le souvenir comme 
pour y retrouver les forces défaillantes et les jeunes 
impressions évanouies. L'eotrée en matière de ce conte, 
inlitulé : Les cheveux de la Présidente avec l'épigraphe 
Meta laboris hotxos, est alerte, sautillante et vive comme 
il convient k ce genre tout français. Le salon d'une 
vieille marquise y est dépeint avec un brio, un entrain 
remarquable, une véritable réminiscence de la simple 
gaité, de la franche bonhomie, de la causerie élincelante 
de nos bons aïeux, aujourd'hui bien éteintes et oubliées 
pour la fumée étourdissante des cigares, la commode 
liberté des cercles et les exigences effrayantes d'un luxe 
tout de parade et d'ostentation. 

Ce début est, du reste, à citer; vous allez en 
juger : 

Dans le salon d'une vieille marquise, 
Quelques amis galants, à tête grise, 
Après le thé s'entretenaient gafment. 
Comme on se connaissait, on pariait librement. 

Tout y passait : et le Gouvernement, 
Et le Sénat, et l'Armée, et l'Église, 
Sur l'Institut même on glosait, 
Et Dieu sait ce qu'on en disait . 
Quand du présent on eut fait la critique, 
Quelqu'un se mit à parler jlu vieux temps, 
De ce bon temps où l'on avait vingt ans, 
Où l'on ne connaissait ni gaz, ni sciatique, 

Ni catarrhe, ni République. 
C'est un sujet toujours cher aux vieillards 
Que les beaux jours de la jeunesse. 
Mettez-les sur ce point, les voilà tous gaillards. 
Le sang remonte à ces masques blafards, 

24 



370 

i 

La parole soudain sur les lèvres se presse, 

Les cheveux ont blanchi, mais le cœur bat toujours, 

Et le plus cassé se redresse 

Quand il parle de ses amours. 

Les voilà donc, ces bons vieux, rajeunissant a l'envi 
leur mémoire, chacun ressuscitant ses plus doux souve- 
nirs et se rappelant les gracieux visages qui brillaient du 
temps de sa jeunesse. Des beautés d'alors, celle qui 
réunissait le plus de suffrages, c'était une charmante et 
aimable femme, depuis enlevée, pendant l'émigration, 
par une cruelle maladie. On l'appelait la belle Présidente. 
Ses cheveux blonds, surtout, étaient vantés. Ils couron- 
naient si bien sa séduisante personne. Et cependant, 
par ordonnance du médecin, ils durent tomber sous les 
ciseaux. La pauvre malade y fut si sensible qu'elle n'en 
voulut pas garder la moindre mèche et les lit tous 
anéantir. Ce dur sacrifice était à peine consommé, avec 
quels regrets ! je vous le laisse à penser, qu'un des amis 
de la jeune émigrée, laissé en France, lui réclama une 
de ses belles boucles de cheveux. Avant de s'exposer 
aux aventures de la guerre, il désire, dit-il, emporter 
avec lui ce gage d'amitié, ce présage de bonheur. Pour 
le coup, c'en était trop. Avouer qu'elle avait perdu son 
plus bel ornement, détruire toute illusion et porter le 
deuil dans ce cœur, ignorant de son malheur et tout 
rempli d'espérance, la languissante Présidente ne put 
s'y résigner. Précisément, la soubrette, qui était auprès 
d'elle, avait pareillement reçu du ciel une splendide 
chevelure. Au tendre ami de France on envoya des che- 
veux de la soubrette. 

Ainsi, dans le salon de la marquise, se racontait, à 



371 
soixante ans d'intervalle, cetle coquette supercherie d'une 
jeune mourante, quand un vénérable vieillard, dont les 
traits indiquaient encore les restes d'une brillante 
jeunesse, s'évanouit. C'était le héros de l'histoire. À ses 
pieds glissait un médaillon, 

Le gage de la moribonde. 
Et du médaillon, entr'ouvert, 
S'échappait une boucle blonde. 

Là se termine le conte, d'abord très vif, très alerte, 
ensuite un peu refroidi par des détails malheureux, enlin 
allongé, j'allais dire alourdi, par d'inutiles discours el 
des explications superflues. C'est vraiment dommage, 
ridée-mère du petit poëme était bonne et pouvait mieux 
donner. Toutefois la facilité coulante des vers, le naturel 
de l'expression ont mérité la juste récompense d'une 
mention à l'auteur, M. Jules Bonnet, de Lyon. 

Là se sont bornées nos récompenses et doivent s'ar- 
rêter les citations. La Commission du concours de poésie 
a bien lu avec intérêt d'autres pièces, dans lesquelles un 
certain souffle d'inspiration morale, des sentiments res- 
pectables. d'honneur et de dignité, el des élans d'espoir 
religieux auraient mérité des éloges. Mais que de faiblesse 
dans l'exécution, quelle inexpérience dans la forme ! 

En somme, ce concours n'a pas péché par le choix 
des sujets, en général féconds el poétiques : Ici, c'est 
l'amour de la famille, le premier appui de la créature 
humaine, si faible dans ses débuts. Là, le sentiment du 
devoir, noblesse dont une àmc, qui veut enlrer dans la 
véritable vie sociale, ne saurait trop s'honorer. Ailleurs, 
c'est la modestie et la grâce juvéniles que chante le 



372 

poêle. D'autre part, ce sont les entreprises de jeunesse 
dont l'homme aime à se ressouvenir à son déclin. Enfin, 
dans diverses autres pièces soumises à notre apprécia- 
tion, on voit tomber la toile sur la scène du monde et 
planer, au-dessus de tout, l'espoir en la Justice divine 
au-delà du cercueil. C'est là tout parcouru le cercle des 
meilleures inspirations de la pensée humaine. Mais le 
style, Télocution n'a pas assez répondu a l'invention. 
Qu'est-ce à dire ? Est ce que les bonnes expressions ne 
s'allient pas, le plus souvent, aux grandes idées par une 
association presque instinctive, dont la vérité est quel- 
quefois bien étonnante? Sans doute; mais il n'en faut 
pas moins savoir chercher aussi l'expression, parfois 
rebelle, et remettre pour cela son ouvrage au pétier, 
suivant le précepte de Boileau. Il faisait mieux que le 
donner, il le pratiquait lui-même. Et cependant,... que 
dis-je? Et pour cela même il était vraiment un maître. 
Ainsi procédait l'habile et savant poète Perpignanais, 
M. Jacques Argiot, dont nous regrettons la perte. Dès 
son jeune âge, voué au doux commerce des Muses, il 
s'était donné la lâche laborieuse de traduire en vers des 
poèmes étrangers à notre langue : David, Horace et Pope 
eurent ses prédilections. Ce goût littéraire, pour ainsi 
dire iuné en lui, il l'a entretenu, épuré et perfectionné 
jusqu'à ce qu'il ait pu nous donner ses belles traductions, 
titre glorieux pour notre Société. Comme le poète Batlle, 
son ami, dont la plume autorisée de M. le président de 
Chambre, Aragon, son ami, fera, nous a-t-on dit, sentir 
tout le mérite, il fut un de ses membres fondateurs. 
Nous ne chercherons pas plus loin d'autres modèles à 
proposer à nos futurs lauréats. 



373 

Le premier pas a été donné dans ce rapport k la Poé- 
sie, il ;ufrait dû appartenir à l'Histoire. 

Sans vouloir déprécier, bien loin de là, le mérite de 
celui qui s'adonne au premier des arts, à la Poésie, 
reconnaissons que celui qui aborde l'Histoire, dans un 
temps comme le nôtre, où tout a été dit, est digne de 
beaucoup d'encouragement et même d'indulgence. Il 
entreprend une tâche bien lourde, bien ingrate. Que de 
manuscrits couverts d'une poussière protectrice a déter- 
rer, que d'écritures impossibles à déchiffrer, que de pro- 
blèmes à résoudre ! Des recherches sans nombre, des 
efforts parfois impuissants, des pas, des faux pas, des 
soucis de toute sorte, et des pertes d'un temps bien 
précieux, voilà souvent le lot de l'audacieux érudit. 
Le poète peut être personnel dans son œuvre, cela est 
défendu à l'historien. Son rêve, le poète peut le faire 
aussi consolant, aussi énergique, aussi vengeur, aussi 
mélancolique que le demande son inspiration du moment; 
l'historieu, lui, est toujours en face de l'homme réel, il 
faut qu'il le représente tel qu'il a été, ondoyant et divers, 
comme dit Montaigne. Tantôt dans «les périodes heureu- 
ses de Ma vie de l'humanité il pourra rencontrer de 
grandes âmes, de beaux caractères, des talents distin- 
gués, une inépuisable science, et, à côté cependant, une 
humble modestie, une bonté à toute épreuve, tout ce 
qui montre il quelle hauteur peut s'élever le génie de 
l'homme. Dans d'autres temps, au contraire, il faudra 
être témoin de déloyautés, de parjures, de massacres, 
d'oeuvres de despotisme et de barbarie qui font songer à 
quel degré de bassesse l'humanité peut tomber. 

Ces deux points de vue annoncent les deux travaux 
historiques qui ont été envoyés au concours. 



374 

Nous dc parlerons guère du sujet le moins consolant 
parce qu'il n'a pas été couronné. L'auteur y traite de 
l'expédition de Philippe-ïe-Hardi contre Pierre III, roi 
d'Aragon, de l'invasion des Français dans notre contrée. 
Au jugement de la Commission du concours, une pareille 
production, pour avoir un cachet de nouveauté, aurait 
mérité des détails plus topiques, plus circonstanciés, 
plus de temps, sans doute, que l'auteur n'a pu y consa- 
crer. Le style aurait pu alors se trouver plus dégagé, 
plus austère, et revêtir cette forme historique que Ton 
remarque dans nos maîtres contemporains : les Thiers, 
les Guizot, les Thierry et les Henri Martin. Àmare quie- 
tem et odisse inerttam, telle est la première épigraphe 
dc notre concurrent. Dans son récit on ne croit pas 
trouver le qiiiclus animus qu'elle parait présager, mais 
plutôt une certaine inquiétude de travail, des traces de 
préoccupations personnelles, qui non-seulement nuisent 
à la forme, mais sont en dehors de la première qualité 
que l'on demande a l'historien : une calme impartialité. 
Nous ne félicitons pas moins notre laborieux narrateur 
de s'être attaché à un des plus curieux chapitres de notre 
histoire. Entr'auvres documents peu connus, il cite le 
poème de la Branche des royaux lingnages, de Guillaume 
Guiart. Il y aurait des réserves à faire sur plusieurs 
points historiques qu'il avance : Et d'abord sur la route 
par laquelle le roi Philippe entra en Espagne, pour en 
revenir mourant par le pas de l'Ecluse, dit Guiart. Que 
noif, ne vent, ne glace n'use; ensuite sur le lieu où le 
roi rendit le dernier soupir; eufin sur la prétendue 
défense de l'héroïne de Montesquiu. 

Les quatre principaux auteurs des graves événements 
qui avaient amené les Vêpres^ Sicilien nés et cette Croi- 



I 



375 

sade, si calamiteuse, en Aragon, de 1285, qui en fut la 
suite, la même année les vit aller de vie à trépas : Char- 
les d'Anjou, roi de Sicile, mourut le premier, a Foggia, 
le 7 janvier 1285; le pape Martin IV, à Pérouse, le 
28 mars; Philippe-le-Hardi, à Perpignan ou mieux, dit-on, 
à Villenova, près Castilloo d'Empories, le 5 octobre, et, 
à son tour, Pierre III d'Aragon, à Villefranche de Pana- 
dés, le 10 novembre, d'un refroidissement, ditMuntaner. 
On aime à voir relever, comme conclusion à de grands 
mouvements de peuples, de pareils rapprochements qui 
se trouvent dans l'histoire; d'autres qui n'y sont pas et 
que Ton fait à plaisir n'ont par le même succès. 

Le second travail qui nous a été adressé, qui est bien 
roussillonnais celui-là, et qui doit, à ce titre, recevoir 
un favorable accueil de tous les cœurs amis de leur 
pays, raconte la vie de notre grand portraitiste Hyacinthe 
Rigaud. 

Bernard Palissy, cité par un de nos concurrents, a 
dit : « Je trouverois bon qu'en chacune ville il y eust 
<c personnes députées pour escrire fidèlement les actes qui 
« ont esté faits. » Ce sont paroles d'un des plus grands 
citoyens de notre ancienne France. Mais souvent il y a 
mieux que les faits à mettre sous les yeux de la posté- 
rité; c'est la biographie complète des grands hommes 
qui sert, d'une manière plus vive, de leçon et d'exemple. 
Quand un petit Département comme le nôtre a eu l'hon- 
neur de donner naissance à des illustres, pour emprun- 
ter à la cité Toulousaine sa courte expression, tels que 
Gérard de Roussillon, Guillaume de Cabestany, l'infant 
Ferdinand de Mayorquc, Gui de Perpignan, Delpas de 
Saiut-Marsal, Rigaud, dom Brial, François Arago et 



37ti 

l'archevêque Naudo, pour ne citer que les plus remar- 
quables; c'est un pieux hommage rendu h la Patrie que 
de signaler leur bienfaisante existence et leurs œuvres 
pour Tédiflcation des générations qui ne les ont pas per- 
sonnellement connus. 

Notre compatriote H. Ernest Detamont, résidant à 
Bordeaux, en nous envoyant sa biographie de Rigaud, a 
donc bien mérité la médaille d'argent, grand module, 
avec insertion au bulletin, que notre Société a été heu- 
reuse de pouvoir lui décerner. Son opuscule est dos 
plus complets. • 

La première éducation de notre peintre, la réfutation 
de la légende qui le fait partir tout enfant pour Paris, à 
la suite du comte Ros ; la nomenclature de ses portraits 
les plus connus, hauts personnages, littérateurs et artis- 
tes, têtes couronnées, femmes et enfants; son mariage, 
qui ressemble à un roman ; le portrait de sa mère et le 
récit de Saint-Simon sur celui de l'abbé de Rancé, ceux 
du duc d'Anjou, de Louis XIV et de Louis XV, quatre 
générations de la maison de France; la confirmation de 
lettres de noblesse par le Grand Roi, la pension de 
Louis XV sur sa cassette ; le désintéressement du pein- 
tre, son louable amour de la renommée et ses disposi- 
tions testamentaires; la liste des graveurs de ses œuvres, 
des collections et des Musées qui les possèdent, des prix 
qui en ont été offerts et des ouvrages qui en ont parlé; 
notre lauréat a fait de tous ces détails un travail qui 
intéresse. Il a fait plus, nous lui devons quelques ren- 
seignements sur d'autres peintres RoussiHonnais, entr'au- 
tressur un frère cadet du célèbre artiste, Gaspard Rigaud, 
mort, agréé de l'Académie de peinture, en 1705, a Paris; 



377 

8or Antoine Guerra, dit le Vieux, réputé avoir donné les 
premières leçons de peinture k Rigand; sur Antoine 
Guerra-le-Jeiine, un moment devenu premier peintre de 
Philippe V; et sur Joseph Guerre, son frère, qui quitta 
Perpignan pour l'Italie. 

On a seulement reproché à ce consciencieux Mémoire 
quelques légères négligences, échappées à la rapidité de 
la plume, et puis l'absence trop apparente en pareille 
matière, de critique esthétique. Mais, à défaut de pro- 
gramme tracé d'avance, l'auteur a cru devoir se borner 
à un travail purement historique et pouvoir éviter de 
traiter son sujet au point de vue de l'art. 

Quoiqu'il en soit, puisqu'on a soulevé cette question, 
je vais me permettre d'y satisfaire et de combler cette 
lacune de la biographie de Rigaud, par un coup d'œil 
général jeté sur ce grand homme, en tant qu'artiste, et 
sur son œuvre. En cola, je rendrai hommage à la nouvelle 
critique de nos jours, celle des influences et des milieux, 
si brillamment représentée par Sainte-Beuve et M. Taine, 
et recommandée pour les œuvres littéraires : Ut pidnra 
poesi$ % par le savant professeur M. Cambouliu, encore 
un Roussillonnais, qui s'est fait distinguer à force de 
chercher à élever son esprit et à êire utile à son pays. 
Il a succombé à la peine, et notre Société a doublement 
regretté sa perte, car il avait encore devant lui un ave- 
nir plein de riches promesses ! 

Généralement quand on est jeune (il en est qui restent 
jeunes d'ignorance et d'inexpérience toute leur vie), on 
croit que, pour réussir, un artiste a besoin d'être un 
peu un héros de roman, impétueux, plein de fougue et 
d'ardeur, passionné, même déréglé. A la lecture des vies 



378 
de nos grands peintres français, soit I ogres ou Delacroix, 
Lesueur oo Rigaud, ou voit qu'il eu faut bien rabattre 
et qu'une nature modeste et naïve, un cœur simple, unis 
à un esprit sagace, à un vif sentiment du beau, à une 
intelligence laborieuse et persistante, sont bien plus pro- 
pres à former les grands artistes, pourvu que des préoc- 
cupations extérieures ne viennent pas les détourner de 
leur indispensable activité. Qu'un peintre d'histoire ou 
de genre doive être un peu surmené par son imagination 
et jeté en dehors d'une voie trop droite, trop uniforme. 
Soit. Mais un peintre de portraits, l'homme de la réaliié, 
doit être tout à son art et réserver l'énergie de sa volonté 
et l'attentive application de son esprit à observer rigou- 
reusement la nature et à la rendre dans l'éclat de son 
originale vérité. Rigaud eut cette chance de pouvoir 
donner toute la mesure de son talent, de pouvoir s'y 
livrer tout entier, tant il fut bien préparé et bien servi, 
toute sa vie, par les circonstances : 

Né dans une petite ville de province, d'une famille 
plus que modeste (son père était simple tailleur d'habits), 
il put cependant devenir ainsi le peintre recherché du 
Grand Roi, de la Cour de France et des têtes les plus 
hautes, et mourir à Paria, décoré du noble cordon de 
Saint-Michel, jouissant d'une renommée européenne et 
laissant un des nom.* les plus célèbres d'un grand siècle 
dans les annales j e s Beaux-Arts. 

Son grand- père était peintre. Perpignan possédait, 

depuis plusieurs siècles, une corporation de peintres et 

de sculpteurs à laquelle notre ville a dû de beaux mis- 

* r Jii et cartulaires enluminés comme son Livre Vert 

ptajeur, al bien d'autres richesses, aujourd'hui perdues 



379 

à la suite des événements qui ont bouleversé la fortune 
de notre pays-frontière. Cette corporation entretenait le 
goût des arts. À cette école, sans doute, s'était formé 
le grand- père de Rigaud qui, à s<»n tour, put lui donner 
les premières notions de peinture. D'autre part, auprès 
de son père qui, bientôt, le laissa orphelin, l'enfant put 
s'émerveiller de l'éclat des étoffes, de leurs nuances, de 
leurs reflets dont plus tard il sut tirer un si bon parti 
dans ses ouvrages. Il babille fort bien ses personnages, 
a-l-on remarqué. Il n'a fait peut-être en cela, ajouterons- 
nous, qu'imiter son père. Les souvenirs de l'enfance 
comptent beaucoup dans la vie de l'homme. Le beau 
ciel (In Roossillon qui l'avait vu naître, ce ciel, pur et 
serein comme celui d'Italie, chaud comme celui de 
l'Espagne, deux climats qui oui fait de grands artistes, 
ces montagnes qui se dessinent si bien et cette mer 
dont le bleu se nuance sur les couleurs changeantes de 
l'horizon, tout cela dut rester dans la mémoire du jeune 
Rigaud et avoir son influence sur les riches productions 
de sa palette. Il y a plus. Ces premiers germes de goût 
furent développés, dans notre ville même, d'abord par les 
leçons d'Antoine Guerra père, l'habile peintre à la 
manière italienne d'un Saint Mathieu et d'une Sainte 
Rose de Lima, qui se voyaient naguère à notre Musée. 
Mais, pour la première éducation, pour discerner la 
vocation d'un fils, rien ne vaut une mère intelligente de 
son avenir. Les plus grands hommes <xH puisé les pre- 
miers encouragements dans le sein maternel. Comme 
Arago, Rigaud eut ce bonheur. Sa mère consentit, mal- 
gré son jeune âge, à se séparer de lui. Elle l'envoya à 
Montpellier étudier la peinture chez Ranc-le-Vieux, un 



380 

admirateur idolâtre de Van-Dick, puis à Lyon. Ainsi, 
comme par étape et par gradation, il arriva à Paris, si 
bien préparé qu'un an après, à vingt-deux ans, il rem- 
portait le premier prix Ce l'Académie de peinture et, en 
1685, le grand prix de Rome, le premier des Roussillon- 
nais. Nous avons en depuis deux autres Grands prix, il 
est vrai dans une autre branche des Beaux-Arts : Georges 
Bousquet, malheureusement enlevé k la fleur de son âge, 
n'ayant pu développer son talent, éctos à peine, et 
M. Taudou à qui une active persévérance, d'heureuses 
aptitudes et un fond riche d'idées et de sentiments, pré- 
sagent un brillant avenir. Dix-neuf ans après, Rigaud 
était Académicien, aussi le premier de nos compatriotes . 
Do m Brial, à l'Académie des Inscriptions, et François 
Arago, à l'Académie des Sciences, ont trouvé depuis une 
place aussi honorable. 

Ce n'est pas tout d'arriver, il est plus difficile souvent 
de savoir se maintenir et suivre sa véritable voie. Rigaud 
garda, du caractère roussillonnais un des meilleurs côtés, 
une persévérante énergie. Portraitiste il était, portraitiste 
il voulut rester. A Paris, comme ailleurs, il pouvait pren- 
dre pour modèle la nature, et puis, à celle époque, il s'y 
trouvait au milieu de rares talents qui avaient mûri sous 
l'intelligente protection du Grand Roi. Où aurait-il pu 
recueillir de meilleurs éléments de travail, d'étude et de 
renommée? Où pour lui un plus grand théâtre? Il sut 
se soustraire à la coutume, il n'alla pas en Italie. Les 
maîtres italiens auraient d'ailleurs dépaysé son génie. 
Par goût, il était plus porté vers l'école de Rubeos et 
des peintres flamands. Il demeura donc bourgeoisement 
là où il recueillait des succès. 



381 

Heureux dans se» débols, grâce i des labeur» inces- 
sant», il le fut encore dan» son mariage. La belle damoi- 
selle Elisabeth de Gouy ne dédaigna point d'unir sa des- 
tinée k celle d« fite du tailleur de Perpignan. Elle ne 
fut pas de ces femme» qui, d'après la pittoresque expres- 
sion de La Bruyère, dominent et enterrent leurs maris. 
Loin de le diminuer, elle ne gêna en rien son talent, et 
le laissa s'épanouir en pleine liberté. Un artiste ne doit 
point prendre femme, dit-on vulgairement. Soit, répon- 
drons-nous, à moin» de trouver une Elisabeth de Gouy. 
Le peintre lui rendit bien tout son attachement jusqu'au 
dernier jour; et, inconsolable de ha perte, il ne lui sur- 
vécut que quelques moi». 

Famille, mère, maître», épouse tendre et dévooée, 
tout avait aidé Rigaud dans le développement de ses 
solides et brillantes faculté». L'amitié s'y ajouta : Bos- 
suet, Lafontaine, Racine, Boileau ! Quels amis ! Qui 
n'aurait gagné fe la fréquentation de ces grands homme» ? 
Une seule chose, un moment, avait paru ternir le bonheur 
de notre peintre. H fut une des victimes du système de 
Law. Mais la munificence royale fit œuvre de providence 
et répara ce malheur. Sa patrie, qui, bien que de loin, 
se ressentit du mouvement artistique du grand siècle, 
ne l'oublia pas non plus : Elle usa en sa faveur d'un de» 
ancien» privilège» dont il est rendu compte dans la 
Rigaudine, recueil d'un ancien notaire de Perpignan, 
Rigau, peut-être un ancêtre, cité par notre savant juris- 
consulte coutumier, M. le premier président Massot-Rey- 
nier. Et elle lui conféra le titre de Citoyen Noble, 
confirmé par Louis XIV et couronné par la croix de 
Saint-Michel. 



382 

Nommé professeur, pois directeur de l'École des 
Beaux- A ru, il Tut élu, chose rare, Académicien pour la 
seconde fois, comme peintre d'histoire, un an avant sa 
mort; lorsqu'il eut produit dans ce genre de beaux 
tableaux, dont le plus remarquable est la Présentation au 
Temple, petit chef-d'œuvre de facture â la manière de 
Gérard Dow. Enfin, après avoir appartenu k deux grands 
siècles, n'ayant plus rien à attendre de ce monde où il 
avait recueilli gloire et bonheur, il exhala sa pieuse et 
belle âme, en rendant grâces à Dieu de le rappeler auprès 
de ceux qui l'avaient aimé. 

S'étonnera-l-on à la lecture de ce petit résumé d'une 
noble existence, que Rigaud ait comblé tcutes les espé- 
rances qu'il avait fait concevoir? Ses seuls défauts, 
l'excès d'apparat, une pompe irop théâtrale, un luxe 
minutieux, l'exubérance d'ornementation qu'on remarque 
dans quelques unes de ses œuvres, sont les défauts de 
son siècle. On n'aurait point à lui faire pareil reproche 
si, au lieu de vivre auprès de la fastuense Cour de 
France, il eût passé sa vie, comme Van-Dick, sous des 
gouvernements plus putilains, celui qu'à juste titre on a 
surnommé le Van-Dick français. Comme le peintre d'An» 
vers, il avait le talent de rendre la ressemblance, de 
saisir sur le fait le caractère, les nobles qualités, la 
physionomie, l'esprit même de ses personnages; comme 
lui il avait conscience de peindre pour la postérité. 

Après l'homme, analysons l'œuvre. Nous le pouvons 
dans notre propre ville. Bien qu'un vandalisme ignorant 
ait détruit le portrait en pied de Louis XV, un chef- 
d'œuvre de naturel et de grâce enfantine que Bigaud 
avait envoyé à sa ville natale, en reconnaissance de son 



383 

litre de noblesse, il esi resté au Musée quatre toiles de 
notre célèbre compatriote, qui marquent, chacune, un 
trait caractéristique de son génie. 

El d'abord, A Jove principium : le splendide portrait. ... 
non, je dirai : le tableau du cardinal de Bouillon ouvrant 
Tannée sainte» Voltaire en a fait dans une simple phrase, 
le plus grand éloge possible : « C'est, dit-il, un chef- 
« d'œuvre égal aux plus beaux ouvrages de Rubeas. » 
Itigaud y a mis un enthousiasme inspiré, une fougue de 
pinceau, un éclat de couleur, une puissance de relief, 
qui paraissent dénoter de quelle respectueuse vénération 
était animé notre peintre pour les cérémonies religieuses, 
et aussi, peut-être, toute la satisfaction qu'il ressentait, 
dans son cœur patriotique, de l'honneur réservé au Grand 
aumônier de France. Quelle touche moelleuse, quelle 
fraîcheur de carnation, quelles poses charmantes chez 
les génies angéliques, qui symbolisent l'édification de 
l'œuvre sainte et le trésor d'indulgences qu'elle va 
répaudre ! Quelles richesses ! Ceci est bien du satin, cela 
de la soie, ici surtout c'est du velours, et là des torsades 
de 61 d'or. Il n'y a pas à s'y méprendre. Depuis Titien 
et Véronèse, nul ne s'était éludié avec plus de soin, nul 
n'avait réussi à rendre avec plus de souplesse et de 
naturel l'ampleur, le jet et l'éclat des draperies. Une 
sérénité vivante éclaire le visage du cardinal, une exquise 
dignité accompagne son geste. C'est, comme le majes- 
tueux portrail de Bossuet, du salon carré du Louvre, un 
véritable tableau d'histoire qui, en un seul personnage 
et en ses brillants accessoires, rend tout un caractère et 
un des beaux côtés du génie d'un siècle. 
Le portrait du cardinal Fleury est plus modeste, il est 



en buste. Mais comme le cadre est bien rempli! La 
figure même semble ei> sortir, tant eMe est parlante, 
tant elle respire le calme et la finesse; les yens brillent, 
la bouche va s'ouvrir, une noble bienveillance rayonne 
dans la physionomie. Entre ce portrait il les beaux 
bostes qui se trouvent an Musée, quelle est la tête qui a 
le plus de relief? La toile l'emporte peut-être sur le 
marbre. C'est la nature prise sur le bit, habillée sans 
raideur, avec une aisance magistrale, une simplicité de 
pose incomparable. La couleur, le dessin, la gamme des 
tons, tout s'accompagne, se combine et se marie pour 
faire une œuvre d'une harmonieuse perfection. 

Quant au portrait de Rigaud peint par lui-même, c'est 
la difficulté vaincue, une touche correcte, franche et 
déliqate, qni se joue de ce qui effraierait tout autre. 
Voyefc quelle fierté dans la pose. C'est bien un homme à 
qui sa mère, comme la femme Spartiate, confiante dans 
l'avenir, avait donné du courage pour toute la vie, en lui 
disant: «Va, tu reviendras quand tu auras vaincu.» Il le 
fit et fit bien, il ne revit sa ville natale que lorsqu'il eut 
gloire et honneur. C'est bien lui. Il s'est dit : « Rien de 
trop pour ma patrie » et il a pris l'obstacle de front. Il 
s'est peint en costume noir, et cependant il n'a pas 
assombri le tableau, tout en lui donnant une chaude 
couleur. Les reflets da velours sont si bien saisis, le 
chatoiement de la soie du cordon de Saint-Michel si 
rende, l'habit si aisément ajusté, les traits si vrais, les 
nœuds du cordon si habilement éclairés au-dessous de 
cette tête, maîtresse, si je peu* m'exprimer ainsi, fière, 
satisfaite de l'œuvre adressée à la ville natale ; tout en 
an mot est si hardiment pris sur le vif que l'on ne 



:j85 

serait pas étonné de voir le peintre se retourner et dé 
ses main* délicatement dessinées, avec une habileté dont 
it avait le secret, la palette toute prête, reprendre, devant 
le spectateur, le travail interrompu. Après ce tour rie force, 
celui do portrait du révérend père de Rancé, dont parle 
Saint-Simon, lui-môme, avec éloge, n'a plus .lieu de 
surprendre. Jusqu'au croquis du dessin, jeté sur la toile 
et esquissé par le peintre, qui est à remarquer. C'est 
enleVé & la pointe du pinceau, s'il m'est permis de parler 
ainsi, avec une svelte élégance, une légèreté, une sûreté 
de touche des plus saisissantes. 

Nous arrivons enfin au Christ expirant sur la croix, 
tableau d'un modelé, d'une science anatomique qui 
étonne de la part d'un peintre de portraits. A demi 
Espagnol, car Perpignan était alors h peine Français, 
Rigaud n'a cependant pas voulu suivre les errements des 
peintres des flagellations et des martyrs, des pâleurs 
ascétiques et des écorchés. Ici rien de décharné, tout 
est parfait de forme et beau de carnation, f'œil est divin. 
Des sentiments de religion intelligente, ceux de Bossnet 
ou de Racine peut-être, ont guidé le peintre. Pour lui 
te corps Au Christ ne doit pas être un cadavre, il a 
triomphé de la mort, il doit donc avoir gardé, malgré la 
mort, sa pleine beauté et sa couleur. Ainsi Rigand a tou- 
jours voulu avoir son originalité k loi, it n'a appartenu & 
aucune école; tout en étant de son temps, it est resté 
son maître* et n'est l'élève de personne. Comme les 
grands littérateurs dont il a fait le portrait, et qui l'ont 
honoré de leur amitié, il a eu la fierté de son talent. H 
l'a affirmé et grandi peu h peu pour ta Postérité. Elle 
s'aperçoit maintenant, devant des toiles, splenéides de 

25 



386 

coloris, que le temps a respectées, qu'elle a, comme Fa 
dit un critique, un arriéré d'admiration à lui payer. 

Éclat de la couleur, fini de la touche et vérité des 
accessoires ; exquise ressemblance et naturelle distinction 
des personnages; fierté de la pose, correction du dessin 
et ménagement de la tonalité; modelé irréprochable et 
sentiment religieux; telles sont les grandes qualités de 
Rigaud, bien distinctes dans les quatre œuvres que nous 
possédons. Dans sa nomenclature, M. Delamont a oublié 
le portrait du cardinal Fleury et le Christ. 

Ce dernier tableau est, du reste, une œuvre peu connue 
et qu'on doit nous envier d'autant plus qu'il a failli nous 
être enlevé. La pieuse mère de Rigaud l'avait donné au 
couvent des Grands-Augustins de notre ville. Au milieu 
du pêle-mêle causé par la sécularisation et par la 
disparition révolutionnaire des édifices religieux, cette 
œuvre de maître avait eu la chance d'échapper à la des- 
truction. Quand les choses tendirent à reprendre leur 
niveau, et que l'on voulut rendre à Paris une certaine 
splendeur, en y reconstituant un ensemble d'œuvres 
d'art et des écoles dignes d'une capitale, plusieurs 
démarches furent faites dans les provinces afin de les 
dépouiller de leur patrimoine artistique, au profit du 
grand centre. Alors, cette toile et on cuivre représentant 
le même tableau furent trouvés par un inspecteur des 
beaux-arts, dans les galetas de notre Hôtel-de- Ville. 
Heureusement, l'habile sculpteur roussi lion nais, Boher, 
accompagnait l'émissaire du gouvernement. Ne voulant 
point permettre que notre ville fut déshéritée de ce beau 
tableau, et mettant toute sa finesse d'artiste au service 
de son patriotisme, notre sculpteur n'eut pas de peine à 



387 

prouver à l'ignorant inspecteur le contraire de la vérité, 
que le cuivre était l'original et la toile la copie. Qu'est 
devenu le cuivre? Sans doute il a seulement changé de 
galetas et se trouve enfoui dans ceux du Louvre, peut- 
être même est-il tout-à-fail perdu, tandis que, grâce à 
Boher, nous pouvons être Cers de montrer la belle toile 
aux étrangers qui viennent visiter nos modestes richesses. 

Que d 'œuvres remarquables n'aurions-nous pas à leur 
faire admirer si les Roussi donnais les plus intelligents 
avaient eu le zèle patriotique de cet artiste dévoué! 

Pourquoi n'a-t-cn pas mieux secondé les premières 

intentions des fondateurs de notre Société, qui furent 

aussi ceux du Musée, en y réunissant peu-à-peu, à l'aide 

de legs, de dons, et, s'il eut fallu, d'achats et de faibles 

sacrifices pécuniaires, toutes Jes œuvres artistiques d'un 

pays où les Guerra, les Rigaud et les Boher n'avaient 

pas été les seuls à voir le jour et à produire ? Bien loin 

de là. On a vu des œuvres de mérite ne paraître au 
Musée que pour, bieotôt, s'éclipser. Aussi, bien des villes 

voisines, quelquefois moins considérables, soit en France, 

soit en Espagne, fout honte à la nôtre pour le goût et 

le respect qu'on y professe des choses de l'esprit. 

Rigaud qui avait laissé les arts dans un état relativement 

prospère en Roussillon, qui avait vu s'y fonder des centres 

d'instruction, s'y élever des monuments remarquables, 

s'y préparer la reconstitution d'une Université, Rigaud 

avait sans doute mieux auguré de sa Patrie. 



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LISTE DES MEMBRES 

COMPOSANT LA 

SOCIÉTÉ AGRICOLE, SCIENTIFIQUE ET LITTERAIRE 

DES PYRÉNÉES-ORIENTALES. 



Membres honoraires. 

1836. M. Guizot, C. #, membre de l'Académie Française. 
1836. M. Mathieu, 0. #, membre de l'Institut. 

Nombres résidants. # 

1853. M. Alart (Bernard), archiviste de la Préfecture. 

1868. M. Albar (Joseph), propriétaire. 

1833. M. Alzine (Jean-Baptiste), propriétaire (F)\ 

1868. H. Amouroux (Adolphe), notaire. 

1867. M. Aragon (Osmin), propriétaire. 

1867. M. Aragon (Edouard), propriétaire. 

1868. M. Astors (François), propriétaire. 
1853. M. Audusson (Olivier), propriétaire. 
1846. M. Azémàr (Joseph), propriétaire. 

1836. H. Bxcri (Etienne), 0. *, colonel d'artillerie en retraite. 

1865. M. Balanda (Joseph de), propriétaire. 

1 857 . M . Barberet (Chartes), & , inspect. d'Académie honoraire . 
1867. H. Bardou (Joseph), lithographe. 
1867. M. Bardou (Pierre, imprimeur. 

1866. M. Bauby (Justin), juge. 

* Les fondateurs de la Société saat désignés par la lettre F qui est à la 
suite de leur nom. 



i • 



390 

1869. M. Batlle (Jqs0if), propriétaire. 
1855. M. Bédos (Stéphane), avocat. 

1833. M. Béguin (Louis); #, directeur de PÉcole-Normalc. 
1853. M. BmpRAK~BALANDA{Bo!)aveiiture), propriétaire. 
18Î6. M/Borr (Emile), pharmacien de l re ' classe. " 
1858. M. Bonafos (Emmanuel), docteur-médecin. 
1857. M. Bonnefoy (Louis de), propriétaire. 

1867. M. Bonnet (Joseph de), propriétaire. 

1855. H. Boucabeille (l'Abbé Isidore), chanoine honoraire. 

1868. M. Brieudes (Théodose), avocat. 
1868. M. Brugière (Ernest de), avoué. 

1867, M. Çagarriga (Raymond de), #, propriétaire. 

1855. M. Calvet, agronome. 

1867. M. Camp (Aimé), *, inspecteur d'Académie. 

1867. M. Canavy (Alphonse), professeur de dessin. 

1872. M. Carcassonxe (Maurice), propriétaire. 

1867. M. Cargolès (Vincent), propriétaire. 

1760. M. Cazes (Prosper), propriétaire. 

1866. M. Chefdebien (Fernand de), propriétaire. 

1870. M. Companyo (Louis), #, docteur-médecin. 
1840. M. Costa (Léon de), homme de lettres. 
1870. M. Coste (Philippe), professeur au Collège. 
1872. M. Cruchandeu (Joseph), homme de lettres. 

1817. M. Cuillé (Germain), &, directeur de la Ferme-École. 

1866. M. Dalbiez (Joseph), entrepreneur. 

1866. M. Daumerny (Baptiste), propriétaire. 
1853. M. Dedins (Sauveur), propriétaire. 

1855. M. Delhoste (l'Abbé Julien), chanoine honoraire. 
1848. M. Desprez (Antoine), propriétaire. 
1860. M. Desprez (Jules), propriétaire. 

1867. M. Beville (Pierre), vérificateur des poids et mesures. 
1865. M. Drogard (César), architecte. 



391 

1869. M. Donnezan (Charles), #, docteur médecin. 
1854. M. Durand (Justin), #, banquier. 
1866. M. Durand (Laurent), #, propriétaire. 

1866. M. Esganyé (Frédéric), avocat: 
1868. H. Escarra (Jacques), propriétaire. 

1849. M. Fabre (Louis), professeur en retraite. 
1866. H. Fabre de Llaro (Léon), notaire. 
1872. M. Farochon, (Paul), professeur d'histoire 
1866. H. Faure (Louis), propriétaire. 

1856. M. Ferrer (Léon), pharmacien de 1™ classe. 

1866. M. Fines (Jacques), docteur-médecin. 
1868. M. Florimont (Albert), avocat. 

1867. M. Galaud (Jacques), professeur de langues. 

1853. M. Garrette (Pierre), propriétaire. 
1872. M. Gauthier (Médard), propriétaire. 

1859. M. Granier de Cassagnac (l'Abbé Louis), #, principal du 

Collège. 
1848. M. Gouell (Pierre), docteur-médecin. 

1867. M. Janer (Augustin), propriétaire. 

1868. M. Jaubert de Passa (Henri), licencié en droit. 

1854. M. Jaume (Amédée), propriétaire. 
1868. M. Jaume (James), propriétaire. 
1868. M. Jaume (Edouard), propriétaire. 

1857. M. Jouy-d' Arnaud (Eugène), *, propriétaire. 

1850. M. Labau (Joseph), propriétaire. 

1860. M. Lacombe Saint-Michel (Romain), propriétaire. 
1854. M. Lacroix (Ferdinand de), avocat. 

1867. M. Lafabrègue (Paul), propriétaire. 

1867. M. Laffitte (Paul), propriétaire. 

1853. M. Lamer (Jules de), secrétaire général de la préfecture. 



392 

1872. M. Lanûuinedk Liabo (François), propriétaire. 
1868. M. Latrobe (Charles), imprigieur4ibraire. 
1841. M. Lazerme (Charles), propriétaire. 
1853. M. Llobet (Joseph de), propriétaire. 

1867. M. Llobet (Michel de), propriétaire* 

1868. M. Malbes (Alexandre), #, ingénieur des Ponts-et-Chaus- 

sées. 
1835. M. Massot (Paul), docteur-médecin. 

1868. M. Massot (Justin), docteur-médecin. 
1862. M. Mercadier (Jean), homme de lettres. 
1867. M. Molimer (Adolphe), propriétaire. 
1861. M. Morer (Sauveur), professeur au collège. 
1853. M. M ix art (Auguste), avocat. 

1867. M. Parés (Jules), #, avocat* 

1869. M. Passama (Joseph), 0. #, capitaine de frégate en 

retraite. 
1869. M. Pelissier (François), maître-adjoint à l'Ecole-Normale. 

1866. M. Pellet (Pierre), naturaliste. 

1871. M. Picas (Léon), vice-président du tribunal civil. 

1868. M. PmcGARi (Antoine), 0. #, colonel du génie. 

1867. M. Nérel (Simon), propriétaire. 

1868. M. NoÊ (Michel), avocat. 

1867. M. QrÈs (Jean), professeur de physique. 

1857. M. Reynès-Audussox, négociant. 

1868. M. Rivals (Louis), avoué. 
1853. M. Robin (Louis), propriétaire. 
1867. M. Romeu (François d$), avocal. 

1858. M. Roitfia (Joseph), instituteur. 
1867. M. RorFnAN&is (Isidore), professeur. 



393 

1872. M. Kdouckort (Jacques), artiste. 

1867, M. Rouzau0 (Vincent), médecin- Vétérinaire. 

4859. M. Saignes (Justin), lithographe. 

1868. M. SiiNT-MAATofti (Honoré), libraire. 
1854. M. Sauvy (Joseph), père, négociant. 
18&7. H. Sauvy (Joseph), Gis, négociant. 
1867. M. Sèbe (Aleiis), propriétaire. 
4867. M. StxvA (Charles de), propriétaire. 

1853. M. Siav (Antoine), propriétaire. 

1872. M. Sipikre (Clément), employé à ta direction des Douanes 

à Perpignan. 

4 

1854. M. Tàlayiuch (Joseph), avocat. 

1855. H. Tarrês (Gustave), docteur-médecin. 

1867. H. ïastu (Antoine), #, ingénieur en chef des Pdut$~el- 
Chaussées. 

1867. M. Terratô-d'Aguiiaon (Jacques), propriétaire. 

1873. M. Jerrit (Eugène), commissionnaire. 

1872. M. Tisseyre (Justin), &, capitaine d'État-Mqjor. 
1866. M. Tournai, (Joseph), avoué. 

1841. M« Vilallongik (Sylvestre), négociant. 

1866. M. Vilaixongue (Camille), juge. 

Membres résidants n'habitant pas Perpignan. 

1868. M. Acézat (Omer), propriétaire à Prades. 

1867. M. Baillo (Charles), propriétaire à Thuir. 

1867. H. Barrera (Michel), propriétaire à Bagos. 

1868. M. Boaça (Asprer de), propriétaire à Prades. 

1856. M. Carbonnell (Joseph), propriétaire h Gases-de-Pène. 

1857. .M. Conte (Joseph), propriétaire à Estagel. 
1866. M. Cornet (Joseph), propriétaire à Rodez. 






j 



394 

4867. M. Durand (Jacques), propriétaire à Saint-Nazaire. 
1856. M. Duverney (Adolphe), propriétaire à Espira-de-TAgly. 
1867. M. Farines (Achille), négociant à Rivesaltes. 

1867. M. Ferriol (Antoine), *, notaire à Millas. 

1868. M. Gauze (Joseph), notaire honoraire à Rivesaltes. 
1868. M. Gauze (Charles), propriétaire à Rivesaltes. 

1846/ M. Ginestous (marquis de), propriété Latour-de-France. 
1847. M. Girvês (Sauveur), propriétaire à Vînça. 
1868. M. Gonzalvo (Ange de), propriétaire à Vinça. 

1871. M. Gource (Joseph), propriétaire à Arles. 
1867. M. Jacomet (Louis), Juge à Prades. 

1867. M. Lazerme (Auguste), propriétaire à Vinça. 
1856. H. Halègue (Vincent), à Pézilla-de-la-Rivière. 

1868. M. Juua (Joseph), propriétaire à Arles-sur-Tech. 
1868. M. Marquié (Jules), notaire à Rivesaltes. 

1868. M. Modat (Jean), ancien élève de la Saussaye, § Thuir. 

1868. M. Mas (Auguste), avocat à Prades. 
1867. M. Maria (François), propriétaire à Thuir 

1869. M. Monteilla (Bonaventure de), propriétaire à Sainte- 

Léocadie. 
1865. M. Nicolas (Emile), négociant à Rivesaltes. 

1872. M. Oliver (Paul), naturaliste à Port-Vendres. 

1843. M. Pages (Sébastien), propriétaire â Palau-del-Vkire. 
1867. M. Pams-Boher (Raymond), propriétaire à Vinça. 

1867. M. Penchinat (Charles), docteur-médecin à Port-Vendres. 

1868. M. Pech (François), propriétaire à Lalour-de-France. 
1868. M. Reig (Bonaventure), propriétaire à Port-Vendres). 
1868. M. Jacomy (Bémy), propriétaire à Prades. 

1865. M. Salvo (François), notaire à Vinça. 

1868. M. Soubirane (Joseph), notaire àSaint-Laurent-de-Cerdans. 

1868. M. Triillès (Joseph), notaire à Me. 

1865. M. Vilar-Soubirane (Jacques), propriétaire au Boulou. 

1867. M. Vilar (Edmond), propriétaire à Thuir. 

1872. M. Delamont (Ernest), employé des postes à Bordeaux. 



395 



Membres coireepondasts. 

1839. M m « Lafabrègve, naturaliste à Lyon. 
M»« Tastu (Amable), à Parts. 

M»« Vien (Céleste), à Pari*. 

1840. M"* Faure, (Anafs), née Biu, à Rocliefort. 
1842. H 110 Favier (Eulalie), ù Marseille. 

1833. M. Fraisse de Perpignan, à Cette (F). 

N. Ferrus, ancien Principal du Collège de Perpignan (F). 

1834. M. César-M oreau , directeur, fondateur de la Société 

française de Statistique à Paris. 

N. Cros, avocat à Narbonne. 

M. Delestre, président de l'Athénée à Paris. 

M. Godpebk Liancourt, président de la Société univer- 
selle de Civilisation à Paris. 

M. Salin, contrôleur de la Monnaie des Médailles, 

1835. M. Àrago (Etienne), homme de lettres à Paris. 

M. Breghot du Lut, membre de F Académie de Lyon. 

M. Cachelièvre, ingénieur des mines. 

M. Ghevrolat (Auguste), membre do la Société entomo- 
logique de France. 

M. Combes, docteur-médecin à Toulouse. 

M. Delocre, docteur-médecin à Lyon. 

M. Denizart-Hurtzel, propriétaire à Lille. 

M. Duffourc, #, colonel du Génie. 

M. Ensely, docteur-médecin à Castelnaudary. 

M. Guinard aîné, pharmacien à Bordeaux. 

M. Guiter (Théodore)j de Perpignan, député. 

M. Guyot de Fère, secrétaire perpétuel delà Société d'en- 
couragement à Paris. 

M. Itier, naturaliste à MarseiHe. 

M. Merch, trésorier de la Société linéenne de Lyon. 



3% 

1835. M. Mulzant, professeur d'entomologie au Lycée et à la 

Faculté des sciences de Lyon. 
M. Péricaud, bibliothécaire de la ville de Lyon, membre 

de l'Académie dé la même ville. 
M. Rigaud (Esprit), de Perpignan, ancien avocat à la 

Cour de Cassation à Paris. 
"M. Rouffia (Côme), de Perpignan, maître de pension. 
M. Thurbert, ingénieur des mines. 
H. Walter, ingénieur civil, professeur à l'École des arts 

et manufactures à Paris. 

1837. M. Barrait, homme de lettres à Toulouse. 
M. Mêrcamer aine, lithographe à Toulouse» 

1838. M. Durosoy, inspecteur des mines. 

M. Grenier, docteur-médecin, professeur d'histoire natu- 
relle à Besançon. 

M. Vaillant, dessinateur, attaché au Muséum d'histoire 
naturelle à Paris. 

1839. M. Brochier, capitaine du Génie. 

M. Câdilhac (Désiré), à Puisségur, près Béziers. 
M. Coubarî-d'Aulnay, memb. del'Aibén. des arts à Paris. 
M. Terre vert, naturaliste à Lyon. 
1840» M. Arago (Alfred), inspecteur des Beaux-Arts h Paris 
M. Monzic-Lasserre, docteur -médecin à Coût. 

1841 . M. François, inspecteur général des mines. 

M. Vienne, bibliothécaire de la ville de Toulouse. 

1842. M. Bénet de Péraud, docteur-médecin à Paris. 

M. Gellé, professeur de l'École vétérinaire de Toulouse. 
M. Pongy, ouvrier-maçon, homme de lettres à Toulouse. 
M. Selva, (Prosper), #, capitaine de vaisseau. 

1843. M. D'Ombre-Firmas, d'Alais. 

M. Massot-Reynier, #, 1" président de la Cour de Rouen. 
M. Solliers (Félix), homme de lettres à Paris. 

1844. M. Bouts, *, de Perpignan, professeur à l'École de Phar- 

macie de Paris. 



3»7 

4844. H. Didier-Petit, de Lyon. 

M. Perey (Alexis), professeur de mathématiques & Dijon. 

M. Robinet, membre de l'Académie de médecine. 
1847. M. Irat, avocat h la Cour do Paris. 

M. Renard-de-Saint-Malo , avocat à la Gourde Cassation, 
député. 
1818. M. Laurence, principal de collège en retraite. 

M. Lefranc (Pierre), homme de lettres, député. 

M. Perris (Edouard), naturaliste à Mont-de-Marçan. 

M. Reboud, docteur-médecin. 
1849. M. Autheman, économe des hospices à risle-sur-Sorgue 
(Var). 

M. Pietta (Lucien), à Montesquieu, près Toulouse. 

1853. M. Faure, docteur-médecin en Algérie. 
M. Bonnet (Edmond), ingénieur civil. 

M. Carvallo (Jules), ingénieur civil, membre fondateur 
de F Institut archéologique et historique du Limousin. 

1854. M. Danjean (Firmin), professeur au Lycée de Montpellier. 
M. Maurice, agent-voyer en chef du département de Loir- 
et-Cher. 

M. Thevenin, conseiller ^ la Cour d'Appel de Paris. 

1855. M. Barthélémy (de), ancien conseiller de préfecture. 
M. Calisti, inspecteur d'Académie. 

M. Cortie, professeur à Paris. 

M. Chaurand de Malarce, homme de lettres à Paris. 

M. Crova (André), professeur à la Faculté des sciences h 

Montpellier. 
M. Soubeyran (Paul de), ancien préfet. 

1856. M. Mercader (Ernest), docteur-médecin à la Magistrad 

(Tarn-et-Garoiroe). 

1857. M. Soubeyran (Léon), professeur agrégé à l'École de 

Pharmacie de Paris. 

1858. M. Caralp (Raymond), directeur des cultures du Péniten- 
cier à Marseille. 



m 

1858. M. Chambei (l'abbé), de Perpignan, dominicain. 
M. Dardé, avoué à Carcassonne. 

M. Demlle, directeur de la Ferme-École de l'Aude. 
M. Desalle, agent-voyer en chef de l'Aude. 

1859. M. Gourrier de Fraisse, à Cabardès (Aude). 

M. Guilhaume, inspecteur général des Ponts-et-Chaussées. 
M. Guiter, de Saint-Laurent-de-la-Salanque, directeur 

de la Société artistique de l'Isthme de Suez. 
M. Lespiau (Henri), de Perpignan, docteur-médecin des 

armées. 
M. Lassus de Saint-Génies (le baron de), ancien préfet. 
M. Mara val, vice-président de la Société d'Agriculture de 

l'Aude. 
M. Mares (Henri), membre de la Société d'agriculture de 

l'Hérault 
M. Rendu (Victor), inspecteur général de l'agriculture. 
M. Salaman, propriétaire à Carcassonne. 
M. Talrich (Jules), artiste préparateur d'an ato mie en 

cire à Paris. 
M. Valayer, propriétaire à Avignon. 

1860. H. Aragon (Victor), #, de Perpignan, président de Cham- 

bre à la Cour de Montpellier. 
M. Fouchier (de), capitaine d'infanterie. , 

M. Martin (Joseph de), docteur-médecin àNarbonne. 
M. Noguès (A. F.), professeur d'histoire naturelle à Lyon. 
M. Pagezy, ancien député à Montpellier. 
M. Ratheau, *, capitaine du Génie. 
M. Ricard (Alphonse), avocat à Montpellier. 

1861. M. Amas, employé des Douanes à Marseille. 
M, Bataillard, naturaliste à Andeux (Doubs). 
M. Boissonnet, général de brigade. 

M. Bonnel (Gabriel), Avocat à Narbonne. 
M. Bonnet, juge de paix à Aubagne. 



399 

1861. M. Bounin, vice-président de la Société d'Agriculture de 

Nice. 

M. Bovis (de), propriétaire à Avignon. 

M. Fernand-Lagarrigue, membie de l'Institut historique 
de France. 

M. Fissiaux (l'Abbé), directeur du pénitencier des Bou- 
cbes-du-Rhône. 

M. Hardy, directeur de la pépinière centrale du gouver- 
nement, près d' Alger. 

M. Heuzé (Gustave), inspecteur général d'agriculture. 

M. Labeaume (de), président de la Société d'agriculture 
du Gard. 

M. Leymérie, professeur à la Faculté de Toulouse. 

M. Rougemont, président de la Société d'horticulture des 
Bouches-du-Rhône. 

M. Salles (Isidore), ancien préfet, 

H. Sicard, secrétaire de la Société d'horticulture des 
Bouches-du-Rhône). 

1862. M. Chardon, président de la Société d'horticulture et de 

botanique du déparlement du Gard. 
M. Eloffe (Arthur), naturaliste à Paris. 
M. Ville (Ludovic), 0. #, de Rivesaltes, ingénieur en 

chef des mines (Algérie), 

1865. M. Fuix, #, de Perpignan, ingénieur en chef des Ponts- 

et-Chaussées à Amiens. 
M. Caraven (Alfred), naturaliste à Castres. 
M. Capin (Léopold), professeur au Lycée d'Alby. 
M. Pugens (Eugène), professeur de dessin au Lycée de 

Montpellier. 

1866. M. Bouschet (Henri), secrétaire de la Société d'horticul- 

ture de l'Hérault. 
H. Fabre (Gustave), professeur au Lycée de Montpellier. 
1861 . M. Harant (Henri), chef d'institution à Paris. 

M. Soucaille (Antoine), professeur au Collège de Béziers. 



400 

1S67. M. Pasteur, chimiste, membre de l'Institut de France. 
H. Buzaibies, docteur-médecin à Limoux. 
M. Desrivières, docteur-médecin h Paris. 
M. Lagarrigue, (Fernand), consul du Chili et de la Répu- 
blique argentine à Nice. 

1868. M. Autié (Fernand), professeur au Collège de Béziers. 
M. Lamotte-Tenet (Joseph), professeur d'histoire. 

M. Guerrier de Haupt, directeur du journal Y Union des 

Instituteurs à Paris. 
M. Delpech (Henri), avocat à Montpellier. 
M. Maillot (Eugène), agrégé à l'Université de Paris. 
M. Léotard (Saturnin), sous-bibliothécaire ù Montpellier. 
M. Bonvouloir (vicomte de), naturaliste, membre de la 

Société entomologique de Frauce. 

1869. M. Lafargue (Albert), professeur à Aix. 
M. Taudou (Antonio), grand prix de Rome. 
M. Guillon (Anatole), naturaliste. 

M. Donnezan (Albert), docteur-médecin à Montpellier. 

1871 . M. Ménétrier (Louis), ancien agenk-voyer chef. 

M. Chasseloup-Laubat, ancien ministre de la marine. 
M. Gablin, #, chef du matériel du ministère de la marine. 

1872 . M. Rouville (Paul de), professeur de géologie à la Faculté 

des sciences de Montpellier. 
M. Cayrol (François), de Béliers, licencié ès-sciences. 

Correspondants étrangers. 

1847. M. le marquis de Belpuig, duc de Savella, à Palma. 
M. Joachim Maria Boyer ôe Rossello, à Palma. 
M. Nicolas Brozedo y Zafortera, à Palma. 
M. Jules de Gababkus, consul de France à Palma. 
M. Rasilio Sésastiano Castellano, bibliothécaire de la 
bibliothèque royale h Madrid . 



401 

1847. M. Luis Maria Ramires las Casas Deza, président de 

l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Cor- 

doue. 
M. Nodesto La Fuente, homme-de-lettres à Madrid. 
M. Isidore Chaussât, homme de lettres à Barcelone. 

1848. M. Martinez (Antoine), à Palma (îles Baléares). 
M. Medel (Raymond), à Palma (lies Baléares). 

1849. M. Fages de Roma, inspecteur général d'agriculture dans 

la province de Gérone. 

1851 . M. Vidal, professeur d'histoire naturelle à l'Université de 

Valence (Espagne). 
185*2. M. Macdonald, président do l'Académie britannique à 
Londres. 

M. le comte Mêlano, secrétaire perpçtuel de l'Académie 
britannique à Londres. 
1853. M. Reume (Auguste), capitaine d'artillerie en Belgique. 

M. Rubio y Ors, professeur de littérature espagnole à 
l'Université de Castille à Valladblid. 

M. Fadeille (de), membre de l'Académie britannique. 

M. Florencio Janer y Graells, à Madrid. 

M. J. Trujillo del Parraso, à Madrid. 

M. Gens (Eugène), professeur de l'Athénée d'Anvers. 

M. le vicomte de Kercroy-Varent, président de l'Acadé- 
mie archéologique de Belgique, grand-croix et com- 
mandeur de plusieurs ordres. 

M. le vicomte Eugène de Kerckoy-Varent, fils, chargé 
d'affaires de l'Empereur de Turquie près le gouverne- 
ment Belge. 

M. Alexandre Schaepkem, peintre de paysages, professeur 
de peinture à Maestrich. 

M. Léonard de Cuyper, statuaire à Anvers. 

M. Nicolas Van-der-Heyden, généalogiste à Anvers. 

M. Raphaël Astienza, marquis de SalvatiçrrAjÙ Ronda. 

M. Thomas Aquilo, professeur universitaire h Palma. 



403 

1 859 . M . Alexandre Schaepkens, directeur de l'École des beaux- 
arts, chevalier de la couronne de chêne à Maëstrich. 
1861. M. le docteur Don Juan de Dios Montesimos y Neyra, 
à Cordoue. 

M. Dam\so Calvet, ingénieur à Figuères. 
1872. M. Francisco Cardona y Orfilà, docteur en théologie et 
en droit canonique, professeur d'histoire naturelle à 
l'Institut de Mahon. 

M. Jean J. Rodriguez, botaniste à Mahon. 

M. Jean Pons y Soler, malacologiste, numismate et 
archéologue à Mahon. 

M. Andreu Hernandez, docteur en médecine à Mahon. 

M. Coronado Francisco, Zavier, docteur en médecine 
à Barcelone. 

M. Manuel Martorell y Pe$a, propriétaire, agronome, 
entomologiste à Barcelone. 

M. Francisco Martorell y PeSa, propriétaire, conchyo- 
logiste, archéologue, numismate à Barcelone. 

M. Cotxet, homme de lettres, archéologue à Barcelone. 

M. Marti, pharmacien, archéologue, numismate à Bar- 
celone. 

M. Victori, professeur de nautique à Mahon. 

Sociétés correspondantes. 

Aisne Comice agricole de Saint-Quentin. 

Société industrielle de Saint-Quentin. 

Société académique des Sciences, Belles- 
Lettres, Agriculture et Industrie de S l - 
Quentin. 

Société Historique et Archéologique de 
Château-Thierry. 

Alpes (Basses-) Société centrale d'Agriculture et d'Accli- 
matation, à Digne. 



403 

Aube Société Scientifique et du Commerce , à 

Troycs. 
Société d'Agriculture, Arts et Belles-Let- 
tres, à Troyes. 

Aude Société d'Agriculture, à Carcassonne. 

Comice Agricole, â Limoux. 

Société des Arts et Sciences, à Carcassonne. 

Comice Agricole de l'arrond 1 de Narbonne. 

Ariége Société Agricole et Littéraire de Foîx. 

Alpes-Maritimes Société des Sciences naturelles, des Lettres 

et des Beaux-Arts de l'arron 1 de Grasse. 
Société des Lettres, Sciences et Arts des 
Alpes-Maritimes, à Nice. 

Alsace Soriété d'Agriculture de Colmar. 

Société d'Histoire naturelle de Colmar. 
Société des Sciences, Agriculture et Arts 
de Strasbourg. 

Algérie Société algérienne de Climatologie, Sciences 

physiques et naturelles, à Alger. 
Société d'Agriculture d'Alger. 

Aveyron Société des Lettres, Sciences et Arts de 

l'Aveyron, à Rodez. 
Société d'Agriculture, à Rodez. 

Bouches-du-Rhône. . Société d'Horticulture de Marseille. 

Académie des Sciences, Belles-Lettres et 

Arts de Marseille. 
Société de Statistique de Marseille. 

Calvados Société Linnéenne de Normandie, à Caen. 

Académie des Sciences, Arts et Belles- 
Lettres de Cacn. 
Société d'Horticulture du Centre de la 
Normandie, à Lisieux. 



/ 
/ 



404 

Calvados Société d'Agriculture , Sciences et Belles- 
Lettres, à Bayeux. 
Société d'Agriculture et de Commerce, à 
Caen. 

Cantal Société Agricole du Cantal, à Aurillac. 

Charente Société d'Agriculture, Sciences, Arts et 

Commerce de la Charente, à Angoulême. 

Charente-Inférieure. Académie de la Charente-Inférieure, à La 

Rochelle. 
Société d'Agriculture, Sciences, Arts et 
Belles-Lettres, à Rocheforl. 

Cher Société Agricole du Cher, à Bourges. 

Côte-d'Or Académie des Sciences et Arts, à Dijon. 

Société d'Horticulture et d'Arboriculture, 
à Dijon. 

Creuse Société des Sciences naturelles et \ archéo- 
logiques, à Guéret. 

Doubs Société d'Émulation, à Besançon. 

Société d'Agriculture et d'Horticulture du 
Doubs, à Besançon. 

Drôme Société d'Agriculture, à Valence. 

Société de Statistique des Arts et des Scien- 
ces, à Valence. 

Eure Société libre d'Agriculture, Sciences, Arts 

et Belles-Lettres, à Évreux. 

Gard Société d'Agriculture du Gard, à Nîmes. 

Académie des Sciences du Gard, à Nîmes. 
Société Scientifique et Littéraire, à Alais. 

Garonne (Haute-). . . Académie des Jeux-Floraux, à Toulouse. 

Société Archéologique du Midi de la France, 
à Toulouse. 



\ 

\ 



405 

Maronne (Haute-) . . . Sociétés réunies d'Agriculture de la Haute- 
Garonne et de l'Ariége à Toulouse. 
Académie des Sciences, Arts et Belles-Let- 
tres de Toulouse. 

tiers Société d'Agriculture et d'Horticulture du 

Gers, à Auch. 

Gironde Académie des Sciences , Belles-Lettres et 

Arts de Bordeaux. 
Société d'Horticulture de la Gironde, à 

Bordeaux. 
Société Linnéenne, à Bordeaux. 

Hérault Société d'Horticulture et d'Histoire natu- 
relle, à Montpellier. 

Société Archéologique de Montpellier. 

Société Archéologique, Sciences et Lettres 
de Béziers. 

Société d'Horticulture et de Botanique de 
l'Hérault, à Montpellier. 

Indre Société d'Agriculture de Chateauroux. 

Indre-et-Loire...... Société d'Agriculture, Sciences, Arts et 

Belles-Lettres du département d'Indre- 
et-Loire, à Tours. 

Isère Académie Delphinale, à Grenoble. 

Société de Statistique des Sciences natu- 
relles, à Grenoble. 
Société d'Agriculture, à Grenoble. 

Jura Société d'Émulation, à Lons-le-Saulnier. 

Landes Société d'Agriculture, à Mont-de-Marsan. 

Loir-et-Cher Société d'Agriculture à Blois. 

Loire Société d'Agriculture, Industrie, Sciences, 

Arts et Belles-Lettres du département de 
la Loire, à Saint-Étienne. 



406 

Loire (Haute-) Société d'Agriculture, Sienceset Commerce 

au Puy. 

Loire-Inférieure Société Académique de Nantes. 

Loiret Société d'Agriculture, à Orléans. 

Société d'Horticulture, à Orléans. 

lorraine Société d'Histoire naturelle de Metz. 

Académie de Metz. 

Ut Société Agricole et Industrielle, à Cahors. 

Lot-et-Garonne Société d'Agriculture et d'Arts, à Agen. 

tozére Société Agricole, Scientifique et Littéraire, 

à Mende. 

Maine-et-Loire Société Académique de Maine-et-Loire, à 

Angers. 
Société Industrielle d'Angers et du dépar- 
tement de Maine-et-Loire. 
Société d'Agriculture, Sciences et Arts, à 
Angers. 

Manche. Société d'Agriculture , d'Archéologie et 

d'Histoire naturelle du département de 
la Manche, à Saint-Lo. 
Société Académique de Cherbourg. 

Marne Académie de Reims. 

Société des Sciences et Arts de Vitry-lc- 

Français. 
Société d'Agriculture, Sciences et Arts du 
département de la Marne, à Châlons. 

Meurthe-et-Moselle . . Académie Stanislas, à Nancy. 

Société des Sctaicfts, Lettres et Arts, à 

Nancy. 
Société Centrale d'Agriculture, à Nancy. 



407 

Nord Société d'Agriculture, 4e Sciences et d'Arts, 

à Douai. < 
Comice Agricole de Mlle. 
Société d'Émulation de Cambrai. 
Société des Science*, de l'Agriculture et 

des Arts de UUe. 

Oise Société d'Agriculture de Compiègne. 

Société Académique, Sciences et Arts du 
département de l'Oise, à Beauvais. 

Pas-de-Calais Société d'Agriculture de Boulogne-sur-mer. 

Académie des Scieaces, Lettres et Arts 

d'Arras. 
Société Académique de Boulogne-sur-mer. 
Société Centrale d'Agriculture, à Arras. 

Puy-de-tome Académie des Sciences, Lettres et Arts de 

ClermonUFerrand. 

Pyrénées (Basses-) . . Société des Sciences, Lettres et Arts, à Pau . 

Rhône . . Société Littéraire, Historique et Archéolo- 
gique de Lyon. 

Académie des Sciences, Belles-Lettres et 
Arts de Lyon. 

Société d'Agriculture, Sciences naturelles 
et Arts utiles de Lyon. 

Société de la carte géologique de France, 
àLyofl. 

Sarthe Société d' Agriculture, Sciences et Arts de 

la Sarthe, au Mans. 

Seine , . . . Société Zoologique et d'Acclimatation , à 

Paris. 
Société Pàilotochnique de Paris. 
Société centrale d'Agriculture de France, 
à Paris. 



408 

Seine Société protectrice des animaux, à Paris. 

Société Franklin, à Paris. 

Revue des Sociétés savantes des départe- 
ments, à Paris. 

Institut de France, à Paris. 

Académie de Médecine, à Paris. 

Tribune des Linguistes, Philosophie des 
langues, à Paris. 

L'Apiculteur, — Journal des cultivateurs 
d'abeilles (Rédacteur), à Paris. 

Seine-Inférieure.... Société Havraise d'études diverses, au 

Havre. 

Cercle pratique d'Horticulture et de Bota- 
nique de l'arrondissement du Havre. 

Société libre d'Émulation . du Commerce 
et de l'Industrie, à Rouen. 

Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres 
de Rouen. 

Société d'Horticulture de Rouen. 

Seine-etrNarne Société d'Agriculture et Sciences morales, 

à Melun. 

Seine-et-Oise Société des Sciences morales, des Lettres 

et Arts, à Versailles. 

Sèvres (Deux-) Société de Statistique, Sciences et Arts des 

Deux-Sèvres, à Niort. 

Société Centrale d'Agriculture, à Niort. 

Maître Jacques, Journal populaire d'Agri- 
culture, publié à Niort. 

Somme Société des Antiquaires de Picardie, à 

Amiens. 
Société d'Agriculture, à Amiens. 



409 

Somme Société Linnéenne du Nord de la France, à 

Amiens. 
Académie des Sciences, Belles-Lettres, 
Arts, Agriculture et Commerce du 
département de la Somme, à Amiens. 

Tarn Société Littéraire et Scientifique de Castres. 

Tarn-et-Garonne. . . . Société des Sciences, Belles-Lettres et Arts 

du Tarn-et-Garonne, à Montauban. 

Yar Société d'Études Scientifiques et Archéolo- 
giques, à Draguignan. 
. Comice Agricole, Horticole et Forestier 
de l'arrondissement de Toulon. 
Société Académique du Var, à Toulon. 
Société d'Agriculture, de Commerce et 
d'Industrie, à Draguignan. 

Vaucluse Société Littéraire, Scientifique et Artistique 

d'Apt. 
Société Académique d'Avignon. 
Société d'Agriculture et d'Horticulture 
d'Avignon. 

Vienne Société Académique de Poitiers. 

Société d'Agriculture de Poitiers. 

Vienne (Haute-) Société d'Agriculture, des Sciences et Arts 

de Limoges. 

Vosges Société d'Émulation, à Épinal. 

Yonne Société des Sciences historiques et natu- 
relles, à Auxerre. 
Société Archéologique, à Sens. 



110 



Sociétés étrangères. 

Angleterre Académie Britannique, à Londres. 

Belgique Revue de Belgique, à Bruxelles. 

Société de l'Union des Artistes liégeois, à 

Liège. 
Société Archéologique de Bruxelles. 

Espagne Académie des Jeux-Floraux, à Barcelone. 

Hollande Académie Royale des Sciences, à Ams- 
terdam. 

Suisse Société Vaudoise des Sciences naturelles, 

à Lausanne. 



OMISSIONS 

Membres résidants. 

1871. M. Calaret (Joseph), propriétaire. 

1871. M. (ïiïarma (Auguste de), #, ancien sniis-piél'H. 

181*10. M. Lloi-rks (Numa), propriétaire. 



TABLE DES MATIÈRES. 



Page*. 
Composition du Bureau pour l'année 1872 5 

Biographie de M. Louis Companyo, docteur-médecin el savant natu- 
raliste, par M. Louis Fabre, membre résidant 7 

Enumération des Mollusques terrestres et fluviatiles vivants des 
Pyrénées-Orientales, par M. le docteur Paul Massot, membre 
résidant 33 

Différence de température, observée à la ville et i la campagne, à 
Perpignan, par M. le docteur Fines, membre résidant 139 

Des froids de décembre 1871 à Perpignan, par M. le docteur Fines, 
à Perpignan 152 

Histoire naturelle du département des Pyrénées-Orientales, Ento- 
mologie, par M. Pellet, membre résidant 1G1 

Note sur une Inscription romaine de Corneilla-du-Bercol, par M. Alart, 
membre résidant 190 

Notes historiques sur la peinture et les peintres roussillonnais, par 
M. Alart, membre résidant liM 

Monuments celtiques de La Porteilla et de Las Clusas, situés sur la 
montagne de Molitg, par M. RoufÛandis, membre résidant 238 

Résumé des travaux de la Section d'Agriculture pendant la fin de 
Tannée 1871, par M. Morer, secrétaire de la Section 244 

Enquête parlementaire sur l'agriculture : 

Mémoire de M. Labau, sous-directeur de la ferme-École de Germain- 
ville, directeur de la Section d'Agriculture 249 

Mémoire de M. Morer, secrétaire de la Section 257 

Mémoire de M. Jules Desprez, membre résidant 274 



412 



Première satire d'Horace, traduite en vers français par M. Louis 
Fabre, professeur en retraite, membre résidant 

Guillaume de Cabestany, opéra comique en un acte, paroles de 
M. Mercadier, membre résidant, musique de M. Josepb Coll . . . 

L' Arabe et son cheval, par M Mercadier, membre résidant 311 

Rêverie, par M. Alfred de L'Hôpital 3ll 

Le Devoir, par Mme Ernest Barutel 31' 

Hyacinthe Rigaud, par M. Ernest Delamont, membre résidant 3&( 

Rapport sur le dernier Concours de Poésie et d'Histoire, par M. Léon 

Fabre de Llaro, membre résidant 3611 

Liste des Membres composant la Société : 

Membres résidants 389 

Membres résidants n'habitant pas Perpignan 393 ! 

Membres correspondants 395 

Membres correspondants étrangers 400 

Sociétés correspondantes 402 

Sociétés étrangères 410 



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SOCIÉTÉ DES PYRÉNÉES-ORIENTALES. 

xx. 



La Société n'entend approuver ni improuver les opinions 
émises dans les travaux qu'elle publie : elles appartiennent à 
leurs auteurs qui en sont seuls garants. 

Les lettres, mémoires, etc., etc., etc., doivent èlre adressés 
(franc de port) à M. Louis Fabre, Secrétaire de la Société, rue 
Traversière-de-1'Ange, 4, et les objets d'histoire naturelle à 
M. Companyo, Conservateur du Cabinet, rue Queya, à Perpignan. 



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SOCIÉTÉ 
AGRICOLE, SCIENTIFIQUE & LITTÉRAIRE 

DES PYRÉNÉES-ORIENTALES. 



Composition du Bureau pour Tannée 1873. 

Président : M. VILALLONGUE (Sylvestre), négociant. 

Vice- Président : M. COMPANYO (Louis), docteur -médecin, 
chevalier de l'Ordre national de la Légion-d'Honncur et de 
François-Joseph d'Autriche. 

Secrétaire-général: M. FABRE (Louis), ancien professeur au 
Collège de Perpignan, officier d'Académie. 

Trésorier: M. S1AU (Antoine), ancien négociant. 

Archiviste: M. FABRE DE LLARO (Léon), notaire. 



Depuis le 24 décembre 1866, la Société est, suivant ses 
différentes qualifications, divisée en trois Sections, ayant chacune 
un Directeur et un Secrétaire particuliers. 

Section d'Agriculture. 

Directeur: M. LABAU (Joseph), sous-directeur de la Ferme- 
École, professeur d'agriculture h l'École-Normalc. 

Secrétaire: M. MORER (Sauveur), professeur au Collège. 



Section des Sciences & Arts mécaniques. 

Directeur: M. FERRER (Léon), pharmacien de première classe, 
secrétaire du Conseil central d' hygiène publique et de Salubrité, 
inspecteur des pharmacies. 

Secrétaire: M. ROUFFIANDIS (Isidore), licencié-ès-scienccs, 
professeur à FÉcolc-Normale. 

Section des Lettres & Arts libéraux. 

Directeur : M. ESGANYÉ (Frédéric), avocat, membre du Conseil 
général. 

Secrétaire: M. CRUCHANDEU (Joseph), homme de lettres. 



RÉSUME 

DES TRAVAUX DE LA SECTION D'AGRICULTURE 

Tendant Tannée 1872, 

Par M. Morer, Professeur au Collège de Perpignan, 
Secrétaire de la Section. 



Séance du 25 janvier 4872. — Présidence de M. Labau, 
directeur. 
Le procès-verbal de la dernière séance est la et adopté. 

ÉLECTIONS. 

M. Labau est maintenu comme directeur de la section, 
et H. Morer comme secrétaire. 

Séance du 29 février (872. — Présidence de M. Labau, 
directeur. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

SERVITEURS RURAUX. 

M. Siau revient sur une observation faite dans une 
précédente séance, par M. Durand Laurent, sur les 
garanties à prendre pour récompenser les serviteurs 
ruraux. 

Après quelques observations de M. Morer, l'incident 
est clos. 



ENVOI DE BROCHURES PAR M. LE MINISTRE 
DE L'AGRICULTURE. 

M. Vilallongue fait part à la Société d'une lettre de 
M. le Ministre de l'Agriculture et du Commerce, annon- 
çant l'envoi prochain des publications sur l'agriculture, 
et exprimant le regret de ne pouvoir envoyer les médail- 
les demandées. M. de Balanda désirerait que la Société 
désignât elle-même les ouvrages à distribuer. M. Labau 
propose le Bon jardinier. 

RAMIER. 

M. Siau lit une note sur la culture du Ramier. M. Pams- 
Boher est le premier qui, dans notre pays, a essayé la 
culture du ramier. Quoique ne pouvant encore donner 
des renseignements complets, on a pu constater le déve- 
loppement extraordinaire qu'a pris cette plante, à Palau- 
del-Vidre, puisqu'elle a atteint, en un an, une hauteur 
de près de 1 mètre 50 à 1 mètre 75 c; quelques pieds 
ont même mesuré 2 mètres. 

BOUTURES PLANTÉES DANS LA SCIURE DE BOIS. 

Le même membre ajoute que M. Garréta , dans une 
excursion dans l'Est de la France, a visité quelques jar- 
dins où il a remarqué des boutures plantées dans de la 
sciure de bois. 

M. Garréta, ayant répété l'expérience, a parfaitement 
réussi. 

Séance du 48 avril 4872). — Présidence de M. Labau, 
directeur. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 



9 
RAMIER. 

M. Sian lit une note sur le ramier, extraite du Messa- 
ger agricole du Midi. 

culture de la vigne (brochure). 

M. Labau fait hommage à la Société de deux exem- 
plaires de son Traité sur la culture de ta vigne. 

correspondance. 

M. Vilallongue communique deux lettres de M. le 
Ministre de l'Agriculture et du Commerce, annonçant 
Tune et l'autre l'envoi de publications sur la sérici- 
culture. 

PRÉSENTATIONS. 

M. Siau présente comme membre résidant, M. Benoit 
Azémar. 

Séance du S}/ avril 4872. — Présidence de M. Com- 
panyo, fils, vice-président de la Société. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

CORRESPONDANCE. 

M. le Préfet demande a la Société de nommer deux 
membres, dans la Commission départementale de séri- 
ciculture, pour remplacer MM. Companyo, père, et Mas- 
sot Aimé, décédés. 

ÉLECTIONS. 

MM. Massot Paul et Companyo, fils, docteurs-méde- 
cins, sont élus. 



10 

M. RouAia est nommé membre de la Commission du 
bulletin, en remplacement de M. Escanyé, élu directeur 
de la section des lettres. 

ÉCOLE D'AGRICULTURE DE MONTPELLIER. 

Sur la proposition de M. Labau, la section émet le 
vœu que l'Ecole d'Agriculture de Montpellier ne soit 
pas exclusivement un externat. 

DEMANDE A LA MUNICIPALITÉ D'UN TERRAIN POUR FAIRE 
L'ESSAI DE CERTAINES CULTURES. 

M. le secrétaire est chargé de faire connaître au 
président de la Société un vœu émis par la section , 
avec prière d'écrire à M. le Maire pour demander un 
terrain propre à l'essai de certaines cultures. 



Séaiice du 30 mai 4872. — Présidence de M. Sylves- 
tre Vilallongue, président de la Société. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

PLANTATIONS. 

M. Lloubes Numa désire que l'on encourage les plan- 
talions de mûriers. 

COMMISSION SÉRICICOLE. 

M. Vilallongue lit une circulaire adressée aux éduca- 
teurs de vers-à-soie pour les mettre en garde contre les 
marchés léonins que certains spéculateurs leur propo- 
sent. 



11 

Séance du 25 juillet 4872. — Présidence de M. Labau, 
directeur. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et 
adopté. 

SERVITEURS RURAUX. 

M. Siau donne lecture d'une lettre adressée au prési- 
dent de la Société par le Maire de Saint-Laurent-de-la- 
Salanque, relative aux longs et loyaux services ruraux 
rendus par la nommée Marie-Rose-Thècle Carloux, âgée 
de 86 ans. 

SÉRICICULTURE. 

Le même membre lit une note sur la sériciculture 
déjà communiquée k l'assemblée générale le 15 novem- 
bre 187t. 

Séance du 5 novembre 4872. — Présidence de M. 
Labau, directeur. 
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

PLANTS D'AUBERGINES PRÉSENTANT POUR FRUITS 

DES TOMATES. 

M. Labau présente trois plants d'aubergines dont les 
tiges, les aiguillons des tiges et les feuilles caractérisent 
parfaitement l'espèce. Mais ce qu'il y a de curieux, c'est 
qu'à la place des aubergines, ce sont de belles tomates 
que portent les plants. 

PRÉSENTATIONS. 

Sont présentés comme membres de la Société : 
MM. Escarguel Lazare, Député et Maire de la ville, et 
Roux, capitaine de douanes à Port-Vendres. 



12 

Séance du S décembre 4872. — Présidence de M. 
Labau, directeur. 
Le procès-verbal de la dernière seau ce est lu et adopté. 

OBSERVATIONS DE. M. SI AU. 

M. Siau se plaint de l'oubli qui est Tait dans le dernier 
bulletin de ses travaux sur la sériciculture. 

Il rappelle qu'il s'est particulièrement occupé de la 
statistique séricicole et de l'histoire de celte branche de 
l'industrie roussillonnaise . 

LE RAMIER. 

M. Siau ajoute que les plantations de ramier à Palau- 
del-Vidre présentent les plus belles espérances en 1872. 

M. de Balanda, qui a fait aussi une plantation de 
ramier, dit que sa culture est loin de présenter les 
mêmes chances de succès. M. de Chefdebien, son beau- 
frère, n'a pas non plus réussi. M. de Balanda donne 
pour raison de cette non-réussite les mauvaises condi- 
tions dans lesquelles se trouvaient les plants à leur 
arrivée. 

PLANTS D'AUBERGINES PORTANT DES TOMATES. 

M. Labau fait l'historique des plants d'aubergines qu'il 
avait présentés dans une précédente séance. Il est porté 
beaucoup à croire que le phénomène observé serait le 
résultat d'une hybridation naturelle ou artificielle. 



13 



RÉSUMÉ 

DES SÉANCES DE LA SECTION DES SCIENCES, 

Depuis mars 1870 jusqu'en janvier 1873, 

Par M. Rouffiandis, licencié-ès-sciences, professeur & l'Ecole Normale 

de Perpignan, Secrétaire de la Section. 



Vous savez, Messieurs, quels terribles désastres ont 
interrompu les séances habituelles de la section des 
sciences. Jamais notre histoire n'a eu des pages aussi 
noires, aussi douloureuses que celles qu'elle aura à 
écrire sur les tristes événements de 1870-1871. C'est 
après le cauchemar affreux de l'invasion prusienne, que 
nous nous sommes réunis de nouveau, pour essayer de 
retrouver nos forces et nos anciennes occupations. Rap- 
pelez-vous le découragement profond , l'affaissement 
extrême de nous tous, lorsque, après les malheurs de la 
patrie, notre digne président nous a convoqués afin de 
rechercher quels seraient les moyens les plus effi- 
caces pour procurer des graines et des semences à 
nos départements de l'Est, si cruellement ravagés par 
les barbares modernes. 

Nos travaux de l'année 1870 sont peu nombreux; 
quelques séances du premier semestre, c'est tout ce qui 
nous reste de cette année si tristement célèbre. 



14 

Séance du 46 mars 1870. — M. le docteur Fines 
communique ses observations physico -médicales des 
deux mois précédents; il lit aussi une notice détaillée, 
relative à la chute abondante de neige du mois de jan- 
vier; il parle des nombreuses variations de température, 
de leurs effets sur l'organisme humain et sur les végé- 
taux. M. Lloubes Numa et M. Ménétrier signalent h 
M. Fines divers renseignements sur les ravages que le 
froid rigoureux a exercés dans les jardins d'agrément et 
les pépinières. 

Séance du 20 avril 4870. — La section a écouté 
avec un intérêt soutenu la lecture des observations 
météorologiques du mois de mars, par M. Fines. Cet 
habile observateur poursuit sans relâche la comparaison 
des maladies régnantes et des variations barométriques. 

Séance du 48 mai 4870. — jtf. le docteur Fines 
apporte le recueil des observations du mois d'avril, con- 
tenant des aperçus intéressants sur la hauteur du baro- 
mètre, la température moyenne du printemps et la 
quantité de pluie tombée en Roussi II on. 

M. le Président exprime ensuite le regret que l'her- 
bier de M. Aimé Massot ait été cédé a l'Académie des 
sciences de Montpellier. C'est une perle immense pour le 
Musée de notre ville ; elle serait un peu compensée si 
on pouvait obtenir l'herbier local de M. Xalard, dont 
Madame veuve Massot a la libre disposition. L'initiative des 
démarches à faire est laissée aux membres de la Société 
qui sont en relation avec la famille Xatard. 



15 

Séance du 8 juin 4870. — Le résultat des observations 
de M. Fines, sur les maladies régnantes et l'ensemble 
des phénomènes météorologiques, est le seul travail com- 
muniqué dans cette séance. 

Les désastres de la guerre, les ravages de l'invasion, 
l'appel de plusieurs de nos membres dans l'armée mobi- 
lisée et dans la garde nationale sédentaire, interrompent 
bientôt nos réunions pacifiques. Du mois de juin 1870 au 
mois de juillet 1871, la section n'a pas été convoquée : 
la science était muette, le sang de la France coulait et 
les wagons allemands emportaient cinq milliards. Malheur 
aux victorieux ! Deux cent cinquante mille quintaux d'ar- 
gent séparent désormais la science allemande du génie 
français, toujours vivace, toujours généreux. 

Séance du 26 juillet 4874. — On nomme le directeur 
et le secrétaire pour l'année courante. 

Séance du 4 4 octobre 4874. — M. Ménétrier, agent-voyer 
chef et secrétaire de la section , annonce qu'il quittera 
prochainement les Pyrénées-Orientales. Avant son départ, 
il croit donner h la Société une preuve de son zèle , en 
lui communiquant on dernier mémoire sur les observa- 
tions qu'il a faites pendant ses tournées dans le déparle- 
ment. Ce long travail est intitulé : Etude sur les mouve- 
ments de Vair en général, et en particulier dans le 
Roussillon ; Conséquences de ces mouvements. La pre- 
mière partie est consacrée à la théorie ; la seconde, & 
l'application. 

Séance du 20 décembre 4874. — M. le docteur Corn- 
panyo donne lecture d'un mémoire sur un gisement de 



16 

lignite, placé entre Estavar et Llivia. Dans un récent 
séjour en Cerdagne, il a recherché quelle était la nature 
des lignites exploités autrefois à Saillagouse. Ses recher- 
ches géologiques lui ont permis de constater combien 
les lignites du bassin de la Cerdagne française sont 
riches et puissants. M. Companyo pense que ce combus- 
tible, bien exploité, serait supérieur au lignite que les 
habitants du canton de Saillagouse achètent dans la 
Cerdagne espagnole. Le lignite du bassin d'Estavar appar- 
tient probablement à la même formation que celui ée 
Sanabastre, situé à deux lieues et demie de Puycerda. 
M. Companyo espère que notre compatriote, M. Noguès, 
pourra faire les études préliminaires pour évaluer approxi- 
mativement les premiers frais d'ouverture des galeries et 
le prix de revient du combustible. M. Chasseloup-Laubat 
a promis aussi son concours pour l'exploitation des 
lignites de la Cerdagne. Des occupations sérieuses l'ont 
empêché de visiter les liçox. Notre industrie du fer déjà 
fort développée dans le Confient, pourrait, selon M. Com- 
panyo, prendre une plus grande extension. Un chemin 
de fer américain porterait facilement le lignite d'Estavar 
aux hauts-fournaux de Ria et de Villefranche. 

M. Companyo fait aussi, dans l'intérêt de notre 
Musée, un appel aux membres de la Société qui pourront 
lui procurer quelques objets de l'âge de pierre, recueillis 
daus le département. 

m 

Séance du 40 janvier 4872. — M. RoufGandis demande) 
si M. Companyo a recueilli des échantillons du lignite des 
nouveaux gisements d'Estavar. On pourrait les comparer 
avec les échantillons des anciens sondages ainsi qu'avec 



17 

ceux très-peu connus du bassin du Capcir, déposés à ta 
collection de l'Ecole Normale Primaire. Le directeur de 
la section dit que M. Companyo n'a pas apporté des 
échantillons des nouveaux lignites d'Estavar. 

Après la nomination du bureau pour l'année 1872, 
M. Léon Ferrer présente le premier fascicule du travail 
de M. Paul Massot sur les mollusques vivants du dépar- 
tement. Il se contente de lire la préface où le savant 
docteur expose, avec autant de modestie que de talent, 
ses découvertes particulières et ses observations nou- 
velles sur des espèces déjà décrites par d'autres auteurs. 
Le mémoire de M. Massot est une monographie parfaite, 
un guide précieux pour les naturalistes qui voudront 
connaître les richesses malacologiques des Pyrénées- 
Orientales. 

Séance du 9 février 487%. — Une notice sur le phé- 
nomène des deux voix ou la production de deux 
accords simultanés est lu par H. l'abbé Boucabeille. Les 
deux voix ne' se suivent, ne se succèdent point, elles 
chantent ensemble ; elles ne dialoguent pas, elles réson- 
nent, elles parlent simultanément. 

M. le docteur Fines donne un long résumé sur les 
observations physico-médicales du mois de décembre 
1871. Nous ne suivrons pas l'habile observateur dans la 
patiente comparaison de toutes les observations météo- 
rologiques faites simultanément k la gare, à son propre 
domicile et à l'Ecole Normale. La température est des- 
cendue en rase campagne à 9°4 sous zéro. La tempé- 
pérature moyenne a été de 4° centigrades 67, tandis 
que pour les 20 dernières années, de 1850 k la Un de 

9 



18 

4869, elle est de 8°37. Les variations brusques de tem- 
pérature expliquent les ravages nombreux des maladies 
des organes respiratoires chez les vieillards et les 
enfants. La mortalité générale a été grande ; pour la 
ville seulement, non compris les hôpitaux, la moyenne 
mensuelle qui, pour les 30 dernières arfnées, est de 50 
décès, s'est élevée celte année au chiffre de 67. 

Ce travail se termine par une énumération des effets 
du froid sur les plantes acclimatées dans notre région ; 
ce sont des documents précieux, qui, joints à ceux des 
années précédentes du même observateur, permettront 
de connaître un jour la véritable climatologie végétale du 
Roussillon. 



Séance du 45 mars 4872. — Divers objets d'histoire 
naturelle sont présentés à la section par M. le docteur 
Companyo. Il les a recueillis dans sa récente excursion 
aux îles Baléares ; il fait aussi part de ses impressions 
de voyage ; il énumère les riches collections qu'il a visi- 
tées ; il constate que les Espagnols, nos voisins, sont 
au niveau de la science, et ne négligent aucun sacrifice 
pour enrichir leurs collections scientifiques et pour 
entretenir la vie dans leurs Sociétés savantes. 

M. Rouflîandis lit une notice sur deux tumuli, encore 
inconnus, situés sur la montagne de Molitg et à l'ouest 
des premières pierres druidiques. Les deux tumuli de La 
Porteilla et de Las Clausas, lui ont permis de faire plu- 
sieurs observations nouvelles. Il établit parfaitement que 
l'orientation n'est pas toujours à l'orient comme l'ont 
prétendu les premiers observateurs. L'axe du tumulus 



49 

es! dirigé vers un point quelconque de l'hori&on ; mais 
toujours dans la direction d'un vallon principal parfaite* 
ment découvert. 

La eontiniation des observations physico-médicales h 
été présentée par M. le docteur Fines ; il a en outre 
communiqué deux travaux fort importants : 1° Un 
tableau comparatif sur la plus haute température a la 
ville et a la campagne ; 2° Un résumé des observations 
anémométriques, faites avec un appareil enregistreur 
pendant les années 1870-1871. Ce second travail est 
une véritable nouveauté dans la science météorologique. 
Aucun observatoire, pas même celui de Paris, ne 
possède encore une année complète de pareilles obser- 
vations. 

Séance du 40 avril 4872. — La Commission, nommée 
pour examiner le mémoire de M. Ménétrier sur le mou- 
vement de l'air, dépose son rapport. Elle reconnaît que 
Fauteur a recueilli un grand nombre de documents; mais 
la section, approuvant les conclusions du rapport, décide, 
à cause de la longueur du travail, de n'imprimer que la 
seconde partie qui traite des mouvements de l'air dans 
le département des Pyrénées-Orientales. 

M. Rouffiandis présente la carte de l'instruction des 
cantons du département, classés d'après le nombre total 
des conscrits illettrés. La moyenne des jeunes gens tout 
à fait illettrés varie entre 20 et 60 pour 100. 

Un exemplaire de cette carte a été distribué à tontes 
les communes de l'arrondissement de Perpignan. 

Séance du S mai 4872 — Une notice scientifique sur 



S 



20 

la grande aurore boréale du 4 février 4872, est le seul 
travail lu dans cette réunion. Cette notiee est Pœuvre 
collective de M. Arnaud, employé des télégraphes et de 
M. Rouffiandis, secrétaire de la section des sciences. Elle 
a une grande étendue et se divise en deux parties : Tune 
consacrée à la description physique du météore; l'autre h 
l'analyse des perturbations causées sur les appareils 
télégraphiques du poste de Perpignan. Ce travail établit 
d'une manière irrécusable que l'éclat lumineux n'est 
qu'une partie du phénomène ; l'aurore se manifeste sur 
les appareils électriques longtemps avant qu'elle appa- 
raisse dans le ciel à la vue distincte. 

Séance du 43 novembre 4872. — M. Naudin, membre 
de l'Institut et membre correspondant de notre société, 
fait communiquer une note relative à une nouvelle 
espèce de piment dont les fruits ont une certaine res- 
semblance avec ceux de la tomate ordinaire. Ce piment 
appartient k la variété désignée sous le nom de Capsicum 
grossum Licopersicoïdes ; il est cultivé au Mexique, dans 
les jardins potagers. 

M. Naudin a aussi envoyé le fruit d'une cucurbitacée 
de l'Inde qu'il a introduite dans son jardin potager à 
Collioure. Celte cucurbitacée, le Beniixcasa cerifa, est 
comestible dans l'Inde et la Cochinchine ; elle pourrait 
être cultivée dans notre pays et devenir une nouvelle 
ressource pour les maraîchers du Roussillon ; celte 
plante donne un fruit qui se conserve plusieurs mois et 
qui pourrait être facilement exporté à Paris et k Londres. 

M. Rouffiandis lit une notice sur les terrains tertiaires 
des environs de Perpignan et de la plaine haute du 



21 

Roussillon, connue sous le nom d'Aspres. Ce travail 
sera imprimé dans le prochain bulletin de la société. 

Séance du 4 4 décembre 4872 — Notre savant entomo- 
logiste, M. Pellet, dont le zèle est infatigable, a pré- 
senté la première partie d'un ouvrage sur les insectes 
du déparlement. M. Pellet a déjà publié plusieurs travaux 
descriptif* d'espèces nouvelles ou fort rares : il se 
propose de faire de son livre le manuel de tous ceux 
qui, dans les Pyrénées-Orientales, voudront entreprendre 
l'étude si attrayante de l'entomologie. 

Après celte analyse bien imparfaite des travaux de la 
section, qu'il nous soit permis de remercier tous les 
membres qui, au milieu d'occupations multiples et des 
découragements de toutes sortes, ont bien voulu hono- 
rer de leur présence nos réunions mensuelles des sciences. 



22 



RÉSUMÉ 

DES TRAVAUX DE LA SECTION DES LETTRES 

Du mars 1870 au 24 janvier 1873» 

Par M. Cruchandeu, Secrétaire de la Section. 



Séance du 9 mars 4870. — M. Brieudes lil une notice 

sur le roi d'Aragon, Jayme le Conquérant. 

« 

Séance du 30 avril 4870. — La section délègue un 
de ses membres , M. Camps, au concours académique 
annuel, fondé a Montpellier. L'archéologie doit être, celte 
année, Pobjet de ce concours. — M. Mercadier donne 
lecture d'une pièce de vers : V Arabe et son Coursier. — 
M. Morer communique un projet de collège cantonal. 
Soumis au conseil d'Etat en 1856, en 1860 développé 
devant le ministre lui-même par son auteur qui fut 
mandé, ce projet laisserait les élèves auprès de leurs 
familles, pendant qu'ils sont encore très jeunes, et aux 
matières qui composent l'enseignement actuel il joindrait 
des notions pratiques bonnes pour la ville et les champs. 
— M. le colonel Puiggari lit une nolice sur une inscrip- 
tion romaine trouvée à Corneilla-del-Vercol et que 
M. Alart avait déjà signalée dans une précédente séance. 

M. Alart lil sur Elne un travail plein de détails topo- 
graphiques. 



Séance du 4 iT juin 4870. — Apres s'être occupé 
d'Elne, 11. Àlarl en vient 2k s'occuper de Perpignan dont 
il détermine la première enceinte. Le morne donne cou- 
naissance de l'ordre qu'il a adopté pour le classement 
des archives de la Société. — M. Hercadier lit quelques 
unes de ses fables : le Naturaliste, le Pâtre et le Pivir, 
la Glousse et le Renard, Y Ortie et la Sensilive. 

Séance du 48 octobre 4874. — Après une longue inter- 
ruption trop bieu justifiée par tes désastres publics, la 
section reprend le cours de ses travaux et M. Ménétrier, 
dont elle regrette le départ prochain , lui lit des notes 
qu'il a prises sur les anciennes routes construites le 
long de la mer. 

Séance du 24 janvier 4872. — M. Pellet lit une notice 
sur M. Companyo, père, notre regretté président. 

Séance du 28 février 4872. — M. C. Villalongue 
communique sur M. P. Baille un travail de M. le Prési- 
dent Aragon. 

Séance du 5 août 4872. — M. Capin, professeur au lycée 
du Puy, donne lecture d'une comédie : La Chasse à 
l'Empereur (Othon.) 

Séance du 22 mai 4872. — M. Louis Fabre lit sa traduc- 
tion en vers d'une satire d'Horace. C'est la l rc du 1 er 
livre. — La section exprime le vœu qu'il soit pris un 
abonnement k la Revue des langues Romanes dont les 
articles offrent pour nous tant d'intérêt et dont le prin- 
cipal fondateur fut M. Catnbouliu, notre compatriote. 



24 

Séance du 24 juillet 1872. — Le directeur de la 

section rend compte des communications qui lui ont été 

faites et des publications qui lui ont été envoyées. — 

M. Louis Fabre lit une poésie : Le Chevalier Paulet, et 

M. Alart communique un mémoire sur l'industrie du 
veVre en Roussillon. 

Séance du 40 janvier 4873. — M.* Louis Fabre lit une 
nouvelle traduction des satires d'Horace, la sixième 
du Livre II. 

Séance du 24 janvier 4873. — M. Alart lit un pre- 
mier mémoire sur les plus anciens documents que le 
département possède et le secrétaire résume les travaux 
de la section. 



25 



ENQUÊTE AGRICOLE DE 187(1. 



MEMOIRE DE M. DURAND LAURENT 

Membre résidant. 



§ 1. — Charges diverses de la culture, 
i . — Quelles sont les charges diverses de la culture ? 

Les charges diverses de la culture sont : Les travaux, 
la surveillance, les engrais, les semences, l'entretien du 
matériel agricole, la moins-value des bêtes de travail, les 
contributions de toute nature, telles que contribution 
foncière, contribution extraordinaire, contribution pour 
association syndicale pour l'assainissement des terres et 
cours d'eau, prestation en nature pour les voies de com- 
munication. 

§ 2. — Salaires. — Mains-d'œuvre. '— Personnel Agricole. 

2. — Quelle est la situation de la culture au point de 
vue de la question de la main-d'œuvre ? Cette situation 
s est-elle modifiée depuis un certain nombre d'années i 
Dans quel sois ? Quelles sont les causes de ces modifica- 
tions ? 

Cette situation s'aggrave de jour en jour par l'aug- 
mentation des prix, dont le manque de bras est la 
cause. 



26 

15. — Le persoiuiel agricole a-t-il diminué i Le nombre 
des ouvriers ruraux est-il en rapport avec les besoins de 
la culture ou est-il devenu insuffisant ? 

S'il y a insuffisance d'ouvriers agricoles, quelles en sont 
les causes ? 

Le personnel agricole a considérablement diminué 
et tend à diminuer davantage, il est loin d'être en rap- 
port avec les besoins de la culture, il est insuffisant. 

L'insuffisance des ouvriers agricoles tient à la dépo- 
pulation des campagnes. Le goût du luxe, des plaisirs 
qui conduisent à la ruine de leur santé, à la dégrada- 
tion de leur intérieur de famille, ont porté vers la ville 
celle population agricole de vignerons, de laboureurs, 
de bergers qui se sont transformés en ouvriers terras- 
siers des grandes entreprises. Il faudrait les ramener à 
une vie plus normale et plus régulière en leur faisant 
sentir le besoin de reprendre les travaux des champs 
qu'ils ont désertés ; mais en attendant cette transforma- 
tion, le travail dits champs ayant doublé, le propriétaire 
ne peut cultiver qu'à demi, parce que les salaires qu'il 
serait obligé de payer, comparativement au peu de tra- 
vail que rendent les ouvriers, ne seraient pas couverts 
par ses produits. 

4. — Dans quelle proportion s'est effectué, dans la der- 
nière période décennale, le mouvement d'émigration des 
populations rurales, tant à l'intérieur que vers l'étran- 
ger ? 

Quels ont été les effets de cette double émigration, et 
quels moyens pratiques proposerait-on pour la modérer ? 

Le mouvement d'émigration des populations rurales 
s'est effectué dans les grandes villes et en Algérie. 



•i 



il 

Aujourd'hui c'est dans les villes et en Californie que 
celte émigration a lien. On peut la porter à 2 0|0. 

Les effets de ces émigrations ont occasionné l'aug- 
mentation du prix de la journée, par suite, l'ouvrier 
rend moins de travail et il le fait moins bien. 

Les moyens pour la modérer pourraient être de 
réduire partout la mendicité, de fonder des asiles pour 
la vieillesse laborieuse, en un mot, chercher à foire 
renaître le goût des travaux des chamqs, en ralentissant 
un peu les grands travaux publics et le luxe des villes. 

5. — Quelle a été l'influence exercée sur le personnel 
agricole, wr le taux des salaires et de la main d'œuvre 
par l'emploi des machines dans V agriculture? L'emploi 
de ces machines s'est-il. déjà étendu dans la contrée et 
a-t-il une tendance à se vulgariser ? 

Le personnel agricole a vu avec la plus grande indif- 
férence arriver les machines ; il les a immédiatement 
jugées en disant : On ne les emploiera pas longtemps. 

Les salaires n'ont pas diminué, la main d'œuvre non 
plus. L'emploi de ces machines tombe tous les ans. 

6. — La somme de travail obtenue des ouvriers agricoles 
est-elle plus ou moins graiide que par le passé ? 

La somme de travail des ouvriers agricoles a diminué 
d'un tiers et le travail est moins bien fait. 

7. — Les conditions d'existence de cette partie de la 
population se sont" elles améliorées? 

S' est-il produit des modifications favorables dans la 
manière dont elle est nourrie, vêtue et logée ? 



28 

L'instruction primaire est-elle dirigée dans un sens 
favorable à V agriculture ? Quelle est son influence sur le 
choix des professions? 

Les sociétés de secours mutuels sont-elles suffisamment 
répandues dans les campagnes ? 

L'assistance publique y est-elle convenablement organisée? 

On reconnaît une notable amélioration d'existence de 
notre population rurale, elle est mieux nourrie, mieux 
vêtue et mieux logée, seulement elle n'est pas aussi 
bien pourvue de linge qu'auparavant . 

L'instruction primaire n'a pas été fa\orable à l'agri- 
culture. Nombre de jeunes gens dont les pères sont 
ouvriers agricoles ont abandonné la commune et sont 
allés dans la ville y apprendre un élat. 

Les sociétés de secours mutuels ne sont pas trop 
répandues, elles seraient organisées dans chaque com- 
mune, s'il ne fallait pas payer la cotisation mensuelle et 
cire soumis an règlement. 

L'organisation de l'assistance publique n'existe dans 
aucune commune. Les nécessiteux ne sont point à 
plaindre, il y a toujours assez de bonnes personnes cha- 
ritables qui surviennent à leurs besoins. 

8. — S'est-il opéré des clxangements dans l'état moral 
des ouvriers de la campagne ? 

Leurs relations avec ceux qui les emploient sont-elles 
moins faciles qu'autrefois ? Quels sont les causes et les 
effets des changements survenus sous ce rapport ? 

C'est sur l'état moral des ouvriers qu'il faut en partie 
attribuer les souffrances de l'agriculture ; leurs relations 
avec ceux qui les emploient sont très-froides parce que 



• 



29 

le journalier vaudrait gagner plus et travailler moins et 
le propriétaire parce qu'il voudrait, an moins en payant 
pins cher, avoir le droit de Taire des observations quand 
le travail est mal fait. 

9. — Y aurait-il avantage à établir la faculté du livret 
pour les ouvriers agricoles ? 

Le livret serait inutile, on se garderait bien d'y ins- 
crire la moindre note. On est bien heureux de trouver 
des ouvriers en supportant toutes leurs exigences. 

§ 3. — Engrais. — Amendements. 

10. — La production du fumier est-elle suffisante? Y 
a-t-il besoin d'y suppléer par l'achat d'engrais naturels ou 
artificiels. 

Les fumiers sont insuffisants. On achète des fumiers 
naturels et artificiels. 

11. -— Quelles sont les dépenses nécessitées par le chan- 
tage, le marnage et les autres amendements 9 Quelles dif- 
ficultés éprouve-t-on à se procurer les matières les plus 
propres à améliorer la qualité du sol? 

L'amélioration du sol se prodoit par les fumiers, le 
chaulage ni le marnage ne s'emploient pas. La dépense 
pour un hectare est de 500 francs. Cet amendement doit 
se répéter tous les quatre ans. 

§ 4. — Procédés de culture. 

12. — Quels ont été, depuis un certain nombre d'an- 
nées, les progrès accomplis dans la culture du sol, et dans 
quelle mesure les divers procédés agricoles se sont-il per- 
fectionnés? 



30 

Tandis que tout progresse, il est pénible d'avouer 
que ta culture du sol laisse beaucoup à désirer, et qu'au 
lieu de se perfectionner elle s'opère moins bien, malgré 
un meilleur outillage dont elle peut disposer. 

§ 5. — Animaux. 

13. — Quelle a été l'influence sw les frais d'acluit, 
d'élevage et d'engraissement et mr le prix de vente des 
animaux dp diverses espèces, du régime économique, éta- 
bli en 1860, par , comparaison avec la période décennale 
précédente ? 

Aucun changement n'a été produit par l'élévation du 
haut prix du bétail. 

14. — Existe~t-il un écart trop élevé entre le prix du 
bétail sur pied et le prix de vente au détail ? A quelle 
raison doit-on attribuer cet écart, s'il existe? 

L'écart entre le prix du bétail sur pied et le prix de 
vente en détail est de 3 p. 0/0. 

15. — Quel parti les cultivateurs tirent-ils des produits 
provenant des animaux, tels que le lait, le beurre, fro- 
mage>etc? Quelles ressources trouvent-ils dans V élevage de 
la volaille? Quelle a été l'influence du traité de commerce 
sur le prix de ces diverses denrées ? 

Rien à répondre. 

§ 6. — Laines. 

16. — Quelles variations a subi le prix des laines dans 
les trois périodes décennales ; à quelles causes doivent être 
attribuées ces variations ? 



31 

Dans les années de 1840 5 1860, la variation des prix 
a été de peu d'importance ; mais de 1860 2à 1866, les 
prix ont constamment baissé, et de 1866 à ce jour, la 
baisse a été désastreuse, puisque Ton ne peut obtenir 
aujourd'hui que la moitié, même le tiers du prix de 
1866. 

La cause principale de cette baisse provient de l'énorme 
quantité de laines étrangères qui ont été vendues à vil 
prix, et de la diminution des droits a l'entrée. 

Quelle perte immense le déparlement n'éprouve-t-il 
pas en ee qui concerne les laines ! Le dernier droit éta- 
bli de 33 p. 0/0 protégeait assçz ce produit pour que le 
propriétaire pût maintenir sur son fonds le plus grand 
nombre possible de têtes de bétail ; mais depuis la sup- 
pression des droits protecteurs, le prix des laines est 
tombé si bas que, malgré l'extension donnée aux plantes 
fourragères, le bétail, au lieu d'augmenter dans la pro- 
portion donnée à celte culture, a diminué de plus de 
moitié, et les qualités de laines fines, jadis si recher- 
chées , que nous avions obtenues à force de soins et de 
dépenses, et à l'aide du gouvernement, sont complète- 
ment délaissées. 

Le prix exhorbitant de la viande, quoique tendant 
toujours à augmenter, ne donne pas un revenu suffisant 
pour nourrir des troupeaux ; c'est sur le prix de la toi- 
son que le propriétaire comptait. Ces conséquences ont 
été d'autant plus funestes que le nombre de bergers a 
considérablement diminué et qu'il sera bien difficile d'en 
trouver à l'avenir. On trouve aujourd'hui que celle pro- 
fession rabaisse trop l'individu pour qu'il veuille l'exer- 
cer. 



32 

47. — Quelle influence ces variations ont-elles exercé 
sur les troupeaux de la race ovine en France ? La quantité 
de moutons a-t~elle augmenté ou diminué dans cette tri- 
ple période décennale ? 

Depuis 1866, les troupeaux de race ovine ont diminué 
de plus de moitié, à cause du bas prix des laines et de 
la difficulté qu'il y a de trouver des bergers. 

48. — Ijz substitution de races étrangères aux races indi- 
gènes et les croisements de races ont-ils donné des résultats 
qui compensent la diminution du prix des laines ? 

Dans les premières périodes de 1840 à 1860, les croi- 
sements des races étrangères (mérinos) donnèrent un 
résultat avantageux pour les prix ; mais dans la dernière 
période de 1860 k 1870, l'introduction des laines d'Aus- 
tralie et de Buenos-Ayres, a complètement annulé cet 
avantage. 

49. — Quels sont les moyens pratiques proposés par la 
culture pour la mettre à même de soutefnir la concurrence 
des laines étrangères et de consemer ses troupeaux de mou- 
tons? 

Quel a été le prix par tète de mouton de boucherie à 
l'âge d'un, de deux et de trois ans, pendant les troispério- 
des décennales ? 

De rétablir les droits à l'entrée comme ils existaient 
avant 1860. Le prix par tête de mouton a été de 1840 à 

1850, de : mouton de 1 an, 10 francs; de 2 ans, 13 fr.; 
de 3 ans 17 francs. De 1850 à 1860, ces prix n'ont pres- 
que pas varié ; mais de 1860 à ce jour, et surtout depuis 
1866, les prix sont arrivés à : mouton de 1 an, 15 fr.; 
de 2 ans, 20 francs ; et de 3 ans, 25 francs ; et Dieu 
sait où ils s'arrêteront ! 



S 7. — Céréales. 

20. — Quel est le rendement par hectare et depuis vingt 
.am, de chaque espèce de céréales ? 

Dans quelle proportion la production a-t-elle augmenté 
ou diminué ? La qualité s'est-elle améliorée ? A quelles 
cause doit-on attribuer ces variations ? 

Le rendement des céréales est de 16 hectolitres par 
hectare pour le froment, de 14 hectolitres pour le seigle, 
de 30 hectolitres pour l'orge, et de 24 hectolitres pour 
l'avoine. 

La production a diminué de moitié, c'est-à-dire des 

terres affectées à cette culture; la qualité a quelque 
peu dégénéré à cause de la suppression de l'échelle 

mobile. 

24. — La formation de réserves de grains dans la 
grande et la petite culture est-elle aussi importante que 

par le passé ? 

Sans réserves. 

Traité de Commerce. 

44. — Quelle action ont pu exercer les divers traités 
de commerce au point de vue du placement des prix de 
vente et des débouchés extérieurs des divers produits agri- 
coles ? 

Les traités de commerce en ce qui concerne les 
céréales et les laines ont été désastreux et doivent con- 
tinuer de l'être, en présence des arrivages de tous les 
pays qui, ayant produit des céréales et des laines avec 
des salaires à bas prix, viennent et viendront toujours 
faire concurrence aux blés et laines de France. 



«> 



3-i 

En ce qui concerne la production vinicole, il y aurait 
nombre d'objections à faire et d'observations à recueillir. 
On disait aux prodocteurs : Avec le traité Tait avec l'An- 
gleterre, les vins de la France, et ceux du Midi particu- 
lièrement, vont trouver un débouché qui les absorbera. 
L'Angleterre, la Belgique, tout le Nord de l'Europe voudra 
les consommer et la production des vignes, si impor- 
tante en France, trouvera des acheteurs plus qu'elle 
n'en voudra. 

Cette promesse pleine de faste n'était qu'une illusion. 

Les habitudes séculaires des peuples ne changent pas 
au gré des faiseurs de théories. L'Angleterre, la Belgi- 
que, la Hollande, l'Allemagne, etc., etc., ont leur bière, 
et il y en a pour longtemps avant que le vin puisse en 
remplacer l'usage habituel. Le vin, chez le riche même, 
n'y est considéré que comme un objet de luxe; aussi 
quelles déceptions n'ont pas éprouvé ceux de nos com- 
patriotes qui ont essayé de porter leurs vins à Londres. 
Il n'y en a pas un qui soit tenté de recommencer 
l'épreuve. Mais il y a pis que cela : il y a encore le 
droit écrasant sur les alcools et le libre-échange qui 
permet aux vins espagnols de débarquer dans nos ports, 
fortitiés à 18 degrés, moyennant un droit de 25 centi- 
mes par hectolitre W. 

Questions générales. 

M . — Quels sont, dans la législation civile et générale 
et dans les traités existants , les points auxquels il parai- 

(1) Les vins espagnols ont été frappés depuis d'un droit de i IV. 85 
pur hectolitre 



35 

trait y avoir lieu d'apporter de» modification» dans Vintê- 
rèt de l'agricultme. 

C'est sur cette question ainsi posée que doivent se 
porter toutes les mesures qui peuvent relever l'agricul- 
ture de l'état de misère auquel sont condamnés les agri- 
culteurs. 

Toutes (es autres questions ne sont que secondaires 
et ne peuvent amener que des palliatifs, quelle que soit 
leur solution. 

Il conviendrait d'apporter des modifications dans : 

1° La législation civile, dans les partages judiciaires et 
licitations. Simplifications de la procédure, et par suite 
diminution des frais. Autoriser notamment que les par- 
tages judiciaires de succession et les licitations d'immeu- 
bles au-dessous de cinq mille francs devront avoir lieu 
devant le juge de paix sans le ministère d'avoués. 

Le chiffre de frais énorme comparativement à la valeur 
des successions ou des immeubles indivis condamne les 
ayant-droit à une indivision qui, par suite des événe- 
ments peut se prolonger indéfiniment, et, pendant cette 
indivision, la propriété reste le plus souvent inculte, ou 
du moins, si elle se travaille, elle n'est jamais amé- 
liorée. 

Ventes judiciaires sur saisies immobilières, mêmes 
modifications. Cette modification en pareille matière faci- 
litera le prêt sur la petite propriété. 

Élargissement des chemins ruraux, application de 
l'expropriation pour cause d'utilité publique. 

2° Dans la législation générale : modifications. 

> Dans les traités existants : modifications. 



4° Dans la législation fiscale : modifications. 

Diminution des droits de vente. 

Diminution des droit d'échange d'immeubles contigus. 

Diminution des droits d'obligation et de quittance. 

Distraction des dettes et charges sur le capital des 
héritiers. 

Remplacement de ce droit par un impôt direct sur le 
capital mobilier. 

Pour la prospérité agricole, le remède qu'a présenté le 
rapport Tait, il y a quelques années, par M. le sénateur 
Dumas, et qui consiste à dire aux cultivateurs à propos 
du bas prix des céréales : changez votre agriculture, et 
au lieu de cultiver des céréales, livrez-vous comme en 
Angleterre à la production du bétail, est très facile à 
indiquer ; mais les hommes pratiques n'y ont vu qu'une 
sorte d'échappatoire et une impossibilité. Ne change pas 
qui veut son mode de culture. Est-ce que toutes les terres 
qui produisent des céréales sont susceptibles d'un autre 
genre de production ? Peut-on partout convertir des 
terres arables en prairies quand on n'a pas des eaux 
capables de fournir à des irrigations, quand les eaux 
manquent pour Pabreuvement du bétail ? 

Le sol du Roussillon avait été jusqu'ici sagement 
aménagé et distribué par ceux qui le possèdent, pour 
qu'on puisse dire que l'intelligence de chaque proprié- 
taire n'a pas besoin d'être stimulée pour lui apprendre 
ce que son intérêt bien compris lui aura dit de faire. 

Le déparlement a donné à la vigne ainsi qu'aux four- 
rages une grande extension de culture, parce que le sol 
lui indiquait que c'était là les produits qui convenaient 
a sa nature. Ce n'est donc pas dans le remède proposé 



37 

par M. le sénateur Dumas que l'agriculture trouvera son 
salut. 

C'était pour concilier tous les intérêts que l'échelle 
mobile avait servi à maintenir cet équilibre nécessaire, 
qui veut d'un côté, que le producteur puisse trouver un 
prix rémunérateur dans la venté de ses produits, et de 
l'autre qu'une hausse subite, qui serait désastreuse, ne 
puisse faire élever trop haut le prix du pain. Mais passer 
subitement et sans transition à cette liberté commer- 
ciale qui n'a été propre qu'à porter la perturbation dans 
toutes les situations et dans tous les intérêts, c'est 
avoir livré le pays aux aventures. Le rétablissement de 
l'échelle mobile modifierait la situation fâcheuse du plus 
grand nombre des agriculteurs et des ouvriers agricoles 
qui manquent de travail pendant les deux mois qu'ils 
étaient employés aux récoltes des céréales (du io juin au 
)o août.) 



38 



ENQUÊTE AGRICOLE DE 1870. 

NOTE DE M. SI AU, 

Trésorier. 



§ 12. — Arbres et fruits 

28. — Quelle est l'importance de l'exportation des fruits! 
Quel accroissement a-t-elle reçu depuis 20 ans par pério- 
des décennales ? 

En 1869 l'exportation des fruits s'est élevée dans les 
Pyrénées-Orientales à 6.525.000 kilog. et la valeur à 
3.150.000 francs. 

En 1849, à 3.300.000 kilogrammes et la valeur a 
3.200.000 francs, 

En 1859, l'exportation fut de 4.500.000 kilogrammes 
et la valeur de 1.800.000 francs. 

En 1849, l'exportation pratiquée à cette époque, par 
diligences et charrettes, s'éleva à 3.000.000 kilog. et la 
valeur à 950.000 francs. 

Nota. — Les pêchers entrent pour le 1/3 dans la cul- 
ture des arbres fruitiers ; et, dans nos potagers, la cul- 
ture des artichauts occupe la moitié de la surface. 

L'industrie fruitière donne lieu à l'emploi des osiers 
et des roseaux pour la fabrication des corbeilles, dont 
l'importance est de 65,000 francs, et à la fabrication de 
boites en bois pour les fruits primeur et l'expédition 
d'une partie des pêches. 






§ 13. — Sériciculture. 

29. — Quelles sont les conditions actuelles de la culture 
des mûriers et de V éducation des vers à soie ? 

Quelle différence y a-t-il entre V ancien état de choses et 
la situation actuelle ? 

L'épidémie attaqua nos magnaneries en 1847 et 1848; 
elle devint plus intense en 1849. 

L'industrie séricicole fut abandonnée en 1850 dans les 
Pyrénées-Orientales; une partie des mûriers fut arrachée. 

Avant l'invasion de l'épidémie, l'élevage des vers à soie 
avait pour but la production des cocons. Les magnane- 
ries étaient composées de 5 à 30 onces dé graine ; le 
rendement moyen en cocons, pour 25 grammes de graine, 
était de 25 kilogrammes. 

Le prix de vente des cocons était de 4 francs le kilo- 
gramme. 

L'industrie sétifère était répandue dans 34 communes, 
la production en cocons était de de 15.000 kilogrammes. 

Les améliorations obtenues, depuis 4 ans, dans la 
sanité des vers, ont engagé nos éducateurs à n'élever de 
petites chambrées qu'avec 5, 10, 15 et 25 grammes. 

Le but principal de l'éducation est la production de la 
graine. 

Les succès obtenus font donner une plus grande 
extension à notre sériciculture; elle est répandue aujour- 
d'hui dans 58 communes. 

Le rendement moyen en cocons a été en 1869 de 31 
kilogrammes pour 25 grammes de graine, 40 et même 
50 kilogrammes ont été obtenus dans quelques magna- 
neries. 



-10 

Les cocons pour la filature ont été vendus a 8 francs 
le kilogramme. 

Le tiers de la production sélifère a été consacré au 
grainage. 

Les graines ont été vendues de 15 à 18 francs les 25 
grammes. 

L'ancienne race Milanaise jaune améliorée dans nos 
contrées, est la seule élevée dans les Pyrénées-Orientales, 
elle est connue sous la désignation de race Roussillon- 
naise. 

Les cocons sont réguliers, d'un jaune doré clair, ils 
sont déprimés vers le centre. La couleur, la finesse et 
la force des brins les font rechercher pour la filature. 

Des plantations nombreuses ont été pratiquées, depuis 
trois ans, dans le département, principalement dans les 
contrées montagneuses. 

Les soins désirables sont donnés à la culture des 
mûriers. Nos popplations rurales se livrent avec goût à 
Télevage des vers h soie, qui, dans l'espace de 40 à 50 
jours, leur donne un surcroit de revenu. 

La plupart de nos contrées sont favorables à Télevage 
par leur position topographique et climatologique , 
notre département étant sous l'influence des trois 
zones. 



Il 



ENQUÊTE AUIUCOLE DE 1870. 



NOTE ÛE M. NUMA. LLOUBES, 

Membre résidant. 



g 11. — Vignes, vins et 

25. — La culture de la vigne a-t-elle reçu de l'exten- 
sion depuis trente ans ? 

Quelles modifications a-Uelles subies, et quelles sont les 
causes de ces modifications ? 

Quelle influence a exercée la dernière loi sur le vinage'f 

Nous répondons affirmativement en ce qui concerne 
le département des Pyrénées-Orientales. 

Les vignobles, en 1849, occupaient une superficie de 
47.939 hectares ; à partir de 1851, par suite de l'inva- 
sion de l'oïdium, cette superficie tend à diminuer de 
5.000 hectares environ jusqu'en 1859. Nais, en 1860, 
elle commence à atteindre le chiffre de 54.502 hecta- 
res, pour s'accroître d'une manière progressive jusqu'en 
1869 où elle est évaluée a 57.044 hectares. 

Une grande surface de terrains fertiles plantés en 
vignes donnent la quantité au détriment de la qualité. 

Les modifications qu'a subies cette culture intensive 
da seule profitable au propriétaire) sont le résultat d'une 



42 

taille mieux raisonnée, de l'emploi des fumures, et de la 
charrue permettant de donner à la terre un plus grand 
nombre de façons. 

Le département des Pyrénées-Orientales était autorisé 
à viner les vins en franchise de tout droit, jusqu'à 18° 
p. 0/0 alcooliques; mais, la loi du 8 juin 1864 lui a 
enlevé ce privilège et a causé une grande perturbation 
dans le trafic commercial. 

Le commerce proteste, avec une loyauté qui l'honore 
contre la surélévation exagérée des droits, donnant lieu 
à une fraude inévitable au grand préjudice du Trésor, et 
demande, avec instance, l'abaissement des droits à 
20 francs par hectolitre (sans préjudice, s'il était possible, 
de la suppression de tous droits.) 

Cet impôt ainsi régularisé fournirait au Trésor, dans le 
département, une recette de un million cinq mille francs, 
au lieu de 20.000 francs que perçoit la régie. 

Une seconde cause milite eu faveur de cette réduc- 
tion : la petite propriété, par défaut d'outillage ou de 
ressources pécuniaires, ne peut pas soutenir la lutte con- 
tre le riche propriétaire. 

20. — Quels sont les prix de vente des vins et des eaux- 
de-vie et quels changements ont-ils subi depuis vingt ans ? 

Le placement des vins et des eaux-de-vie des diverses 
qualités est-il plus ou moins facile que par le passé ? 

Les variations dans les prix proviennent des bonnes 
ou mauvaises récolles. Depuis 1860 jusqu'à ce jour, la 
moyenne des prix a été de 25 francs l'hectolitre pour 
les premiers crûs et de 18 francs pour les deuxièmes 
qualités. 



i3 

— Oui, grâce aux chemins de fer, a l'entretien des 
routes et aux traités de commerce. 

27. — Quel changement s'est-il opéré dans V exportation 
des vins et des eaux-de-vie dans les trois dernières périodes 
décennales, aux divers points de vue du mode d'expédition, 
du transport et des quantités ? 

L'exportation, par Port-Vendres, des vins pour le 
Brésil et les États-Unis, a été de 1860 a 1865 de 80.000 
hectolitres. 

A dater de cette époque elle est réduite au chiffre de 
20.000 hectolitres seulement par an. 

Circulation deB produits agricoles. — Débouchés. 

♦36. — Quelles facilités et quels obstacles rencontrent 
V écoulement et le placement des produits agricoles de la 
contrée, leur circulation, leur transporta 

Les voies ferrées inachevées et celles qui devraient 
être créées dans la direction centrale du déparlement, 
les taxes exagérées des tarifs des chemins de fer. 

37. — Quelle est la direction donnée aux produits agri- 
coles, et quelle variation cette direction a-t-elle éprouvée 
depuis trente ans, par périodes décennales'! 

La direction des principaux centres de la France. 

38. — La facilité et la rapidité plus grande des commu- 
nications ont-elles donné de l'extension aux expéditions 
à des distances éloignées ? 

Quels sont les produits qui ont plus particulièrement 
pris part ù ce mouvement ? 



u 

1° Oui, une 1res grande extension. 
2° Les vins, les huiles, les fromages, les pailles, les 
roseaux, les artichauts, les pêches et autres fruits. 

39. — Quelles sont les améliorations qui pourraient 
être apportées dans les voies de transport et dans les tarifs 
qui leur sont appliqués, au point de vue de V agriculture Y 

Le système économique n'admet pas en France deux 
poids et deux mesures. 

On devrait supprimer tous ces tarifs spéciaux, et 
rétablir l'égalité des prix des transports, par série de 
marchandises, par tonne et par kilomètre, sur toutes 
les lignes des chemins de fer français et étrangers, avec 
réduction progressive de 100 en 100 kilomètres jusqu'au 
lieu de destination. 



i."> 



ENQUÊTE AGRICOLE I»E 1870. 



NOTE SUR LE MICOCOULIER, 

Pour la fabrication du manche de fouet. 



Il y a quarante ans, le micocoulier était regardé par 
les propriétaires comme production toute secondaire. 

Il n'en existait que dans certaines contrées, et princi- 
palement dans une commune du nom de Sorède, située 
au pied des Albères. A cette époque, de rares proprié- 
taires soignaient cet arbre et en fabriquaient eux-mêmes 
quelques manches de fouet pour leur usage personnel. 
Plus tard, vers 1845, un industriel, M. Philippe Massot, 
de Perpignan, exploita la fabrication du manche de fouet, 
et dès ce jour une sérieuse industrie fut par lui créée 
dans le département. 

C'est il cette époque que remontent les plantations 
importantes qui se sont faites, et l'on voit de nos jours 
des propriétaires spécialement adonnés à la culture du 
micocoulier. On peut évaluer à 300.000 la quantité de 
pieds de cet arbre cultivés et soignés pour la fabrication. 

Aujourd'hui on peut compter près de 250 ouvriers 
occupés par celte industrie, dont les produits sont expé- 
diés non seulement dans toute la France, mais encore h 
l'étranger. 



46 



ENQUÊTE AGRICOLE DE 1810. 



NOTE DE M. MERCADIER, 

Membre résidant. 



24. — Quelle est l'importance de la fabrication des 
sucres indigènes dans la contrée ? 

La production des alcools y joue-t~elle un rôle consi- 
dérable ? Quels ont été les progrès réalisés dans ces deux 
industries ? 

En ce qui concerne l'industrie du sucre et l'industrie de 
Valcool, les inégalités dans le mode de perception de la 
taxe dans les pays d'origine constituent-elles un désa- 
vantage pour l'industrie française et la placent-elles , 
pour les importations étrangères, devant une prime de 

sortie déguisée ? 

Quelles sont les observations que vous avez à présenter 
sur les tarifs concernant l'industrie de la brasserie, et sur 
le mode de perception de l'impôt qui frappe cette fabri- 
cation ? 

La fabrication du sucre est nulle dans les Pyrénées- 
Orientales. L'alcool fabriqué dans ce département pro- 
vient de la distillation des marcs de raisin ou de vins 
médiocres, que les propriétaires font biûler dans le but 
de viner ceux destinés à la vente. 



17 

L'industrie de la brasserie a peu d'importance dans le 
Roussillon, bien que la consommation de la bière ait une 
certaine activité, non comme boisson ordinaire, mais 
comme boisson de luxe. La production annuelle n'at- 
teint pas 4000 hectolitres, et si la consommation est 
bien supérieure à cette quantité, c'est que les limona- 
diers s'approvisionnent dans d'autres départements. 

Le droit sur les bières (2 francs 40 en principal 
par hectolitre) est inférieur au droit de détail sur les 
vins. Ce tarir ne saurait donc motiver de plainte 
légitime. 

Quant au mode de constatation de cet impôt, 
(l'exercice) il n'a suscité, jusqu'ici, aucune réclamation. 

25. — Quelle influence a exercé sur la culture de la 

m 

vigne la dernière loi sur le vinage ? 

L'élévation des droits sur l'alcool rendant les vinages 
impossibles quand la taxe ne peut être éludée, cl les 
viticulteurs ayant la faculté d'effectuer les mixtions en 
franchise, lorsqu'ils fabriquent l'alcool, quelques proprié- 
taires se sont décidés, depuis la promulgation de la loi 
du 8 juin 1864, à affecter à la culture de la vigne 
des terres propres à d'autre cultures. La fertilité de 
ces terres et la fécondité des plans choisis, font augurer 
d'abondantes récoltes. 

La loi précitée, avantageuse pour le grand proprié- 
taire, est préjudiciable au petit, qui , ne pouvant produire 
de l'alcool, se trouve dans l'impossibilité de viner son 
vin. Les négociants donnant la préférence à ceux qui 
sont alcoolisés^ délaissent ceux qui ne le sont pas. 

De fait, la loi de 1864, en enlevant un privilège à sept 



48 

départements du Midi, le confère a la grande propriété, 
sur tous les points oit la vigne est cultivée. 

Ses effets seraient, sinon détruits, du moins atténués, 
si le droit sur les spiritueux destinés au vinage était 
réduit à 15 ou 20 francs par hectolitre, car alors les 
viticulteurs n'auraient pas un grand intérêt à distiller des 
vins qui pourraient être écoulés pour la consommation. 
Le trésor y trouverait son avantage et le petit produc- 
teur également. Le consommateur pourrait aussi s'ap- 
provisionner a des conditions moins onéreuses. 



CORRESPONDANCE. 

M. Vilallongue communique deux lettres de H. le 
Ministre de l'Agriculture et du Commerce annonçant Pune 
et l'autre l'envoi de publications sur la sériciculture. 

PRÉSENTATIONS. 

M. Siau présente comme membre résidant M. Benoît 
Azemar. 



»-25>^ 



10 



FLORULE DES PYRÉNÉES-ORIENTALES. 

ITINÉRAIRE DE PIERRE BARRERA. 

AUTOGRAPHES INÉDITS DES BOTANISTES MÉRIDIONAUX. 



Communication faite à la Société Botanique de France, • 
en session extraordinaire i Prades, 
le 5 juillet 1872, 

Par M. G. Romneguère, membre de ladite Soeiété. 



Je détache de mon Album Botanique <*> une lettre 
autographe du docteur Barrera adressée le 22 avril 1803 
à l'auteur de la Flore abrégée des Pyrénées. Je désire que 
ce document offre à la Société mieux qu'un intérêt de 
circonstance, mais une occasion, qui ne s'était pas 
encore présentée, de payer à Barrera un sympathique 
souvenir dans ce pays où il esl né, où il a fait le bien, 
où ses œuvres lui survivent. La plupart d'entre nous 
allons peut-être pour la première fois porter nos pas 
dans ces sentiers pittoresques, pierreux et abrupts que 
l'œil découvre déjk de notre première halte. C'est la 
vallée de Taurynia, celle de Fillols, celle de Moligt, pro- 
longée jusqu'au Col de Jau, ce sont les vallons de 
Conat et de Corneilla que pendant un demi-siècle le 
botaniste-médecin de Prades parcourut en interrogeant 
sans cesse les secrets de la nature, en soulageant tout 

i 



50 

les jours les souffrances physiques de ses concitoyens, 
auxquels il avait consacré ses forces et sa vive intelli- 
gence. Barrera avait hérité de l'amour de l'étude que 
possédait si profondément son maître et son ami , Pierre 
liarrère, aiitènr du Topographia Bolanica Ruscinonensis, 
qui ne fut jamais publié. 

« Ce dernier avait projeté,» dit Séguier, dans une lettre à 
Lapeyrouse en date du 25 juillet 1778, où il mentionne 
les détails les plus précis et les plus complets sur les 
anciens botanistes qui ont parcouru les Pyrénées (ma 
collection), « d'y joindre celle de la chaîne entière; » le 
manuscrit que j'en ai ne contient que V Index de seize 
endroits des Pyrénées qu'il se proposait de visiter. « Je 
ne sais point, ajoute Séguier, s'il avait exécuté son des- 
sein. » Pierre Barrera fut trois fois lauréat de l'ancienne 
Académie Royale de médecine, avant d'en devenir mem- 
bre ;. son Mémoire analytique si^r les eaux du Vernel, 
publié à Perpignan en 1799, est cité avec éloge dans le 
livre de Carrère sur les eaux minérales de la France. A 
Prades, les bonnes traditions se conservent. A la 
mémoire du cœur, le Roussillonnais joint une sincère 
obligeance. On me l'avait dit, je l'ai éprouvé moi-même, 
à votre tour vqiis ne larderez pas a en juger. Aussi 
tout botaniste est nécessairement médecin ; pour l'ha- 
bitant de Prades, tout botaniste est encore un dis- 
ciple de Barrera, et comme tel, il est accueilli par- 
tout à l'égal d'un bienfaiteur de l'humanité. 

Lapeyrouse a indiqué les secours qu'il trouva dans 
son obligeant correspondant. Il dit, dans la préface de sa 
Flore, en parlant de Barrera : « C'est le Nestor des bota- 
nistes dans les Pyrénées-Orientales. » En effet, notre 



51 



savant devancier lut pendant longtemps médecin' militaire 
à l'hôpital de Mont-Louis. Sa carrière avait commencé a 
Perpignan, qu'il quitta bientôt pour aller résider à Nar- 
bonne; là il connut fe docteur Pech, ami rie Sauvages et 

* 

correspondant du grand Linné, et eut occasion de voit* 
Lapeyrouse, Pabbé Pourret, Séguier de Nîmes, Villars, 
Gouan et Palassôu, qui tous recherchèrent son précreux 
concours. Il fournît pour FEssai sur la minéralogie dek 
Pyrénées dé ce dernier savant le catalogue qui à pouh 
titre : Plantes observées sur les Pyrénées et au pied àe ces 
montagnes. Fixé à Mont-Louis, il accueillait' et accompli 
gnait fréquemment les naturalistes que le 1 'désir de faire 
d'intéressantes récoltes de plantes alpines amenait' dans 
la vallée de la Tel, au plateau d'Èynes, au mont de'Llàu- 
renti, etc., etc. Pendant quarante années il parcourut ces 

4 

eontrées si fertiles en plantes et l'herbier important qu'il 
avait formé* au moment où Lapeyrouse coordonnait sa 
flore fut pour ce dernier d'une utilité qu'il ri'ofca proba- 
blement pas avouer tout entière, caf il ne mentionné 
qu'une seul* fois dans ses citations, son généreux cor- 
respondant de Prades <*>. Lapeyrouse reconnaît en 1#13 
(un an aprè§ la mort de Barrera) Flore, page XXXV, 
que son dernier voyage aux Pjvénées a eu lied en 1797, 
et il est permis de penser que Piffoétaïre qu'il demandait 
en 1803 à Barrera, était plutôt pour fixet d'anciens 
souvenirs que pour sa propre instruction. D'ôutres ver- 
ront peut-être dans cette circonstance un appui favorable 
à l'assertion de Decandolle (Rapport sur un voyage Bota- 
nique, etc., 1808, p. 9), vivement contestée par Lapey- 
rouse, qui, d'après fauteur de Ta Flore française, se 
serait borné à visiter le département de TÀriége. Les 



5* 

nombreuses correspondances que j'ai sous les yeux, 
notamment les lettres de Barrera, témoignent des mul- 
tiples voyages du Botaniste Toulousain dans toutes les 
parties de la chaioe à partir de Tannée 1763 où il débuta 
par le Donnezan, petit pays situé entre l'Ariége et les 
Pyrénées-Orientales. 

Quand vous visiterez les herbiers du muséum de Per- 
pignan, vous trouverez, Messieurs, le témoignage des 
pérégrinations de Barrera dans ces riches contrées « qui 
offrent à la fois les plantes des Alpes, non loin des 
plantes des Pyrénées, celles des régions arctiques au 
voisinage des végétaux propres aux climats brûlants de 
l'Orient » i 3) . Pierre Barrera a laissé divers manuscrits sur 
toutes les parties de l'histoire naturelle du Roussi lion. 
Son principal ouvrage est une Flore topographique et 
méthodique des Pyrénées -Orientales en deux forts 
volumes. Le tome second est de Clément Barrera, 
neveu du collaborateur de Lapeyrouse , qui exerça 
aussi la médecine h Prades et étudia la botanique avec 
succès. 

Un zélé botaniste Italien que les événements politi- 
ques de son pays ont amené en France et- dont vous 
connaissez tous les premières et remarquables recher- 
ches sur la Flore Pyrénéenne, plus exact et plus juste 
même que Lapeyrouse, rendra sans doute à chacun ce 
qui lui appartient dans la Flore générale qu'il prépare, 
et Barrera, comme ceux qui l'ont suivi, prendront dans' 
son œuvre la place que leurs découvertes leur assignent. 
M. Bubani dispose du reste d'un monument précieux 
dont chacun de nous a pu reconnaître l'érudition et 
l'extrême loyauté, c'est V Histoire naturelle des Pyrénées- 



53 

Orientales du savanl docteur Companyo, où la Flore 
Roussillonaise occupe une place étendue. 

Voici la Lettre-Itinéraire do Pierre Barrera dans les 
Pyrénées-Orientales. Je conserve scrupuleusement le 
texte qui est dans ses détails, même après 70 ans, .d'une 
vérité rigoureuse, et, par des renvois, j'essaye de I e 
rafraîchir, si toutefois il m'est permis de m'exprimer 
ainsi, a propos de la mention que je fais des principales 
raretés botaniques que ce beau département offre 
aujourd'hui à l'exploration des amis de Flore. 

« Prades, le 2* avril 1803. 

« Mon cher Monsieur, 

« En réponse à la lettre toujours amicale et flatteuse 
pour moi que vous avez eu la bonté de remettre k 
M. Granjac, je me suis occupé à former l'espèce d'Itiné- 
raire ci-après que les voyageurs botanistes pourraient 
suivre en venant herboriser sur nos montagnes et celles 
qui leur sont contiguës. Vous trouverez dans cet Itiné- 
raire les noms et les positions des lieux que j'ai par* 
courus et que vous me demandez. 

« En entrant dans notre département par RiveBftlfes, 
Estagel et de là par Sournia, oo peut en faire le tour 
en se rendant successivement dans les différentes corn* 
mones dénommées ci-après ponr faire, des dites 
communes, les herborisations aux montagnes qui les 
avoisinent le plus. 

« De Rivesaltes, Estagel, Latour et Sotmiia, on peut 
herborise}' : • 

« Le long de la rivière de l'Agly qui passe an nord et 
près de C3S trois premières communes W ; 



54 

« Sur les petites montagnes de Noire-Dame de Pena, 
au nord-est d'Estagel (5) ; 

« Aux enviroos de Sournia (Gj ; 

«Au bais de Boucheville, à l'ouest de Soarnia^ ; 

« De Sournia on se rend à la commune de Mont fort, 
d'où Von peut parcourir : 
1 « Le grand et riche bois de Salvanère, au sud de 
Montions ; 

« La groseille à côté au nord-ouest de ce bois ; 

« La montagne Haze par dessus au sud-ouest. 

« De Mont fort on va à Roquefort ou en, Donnezan, 
n\ais t wvnt d'y. arriver on peut herboriser : 
, «.^ftiflol dei Jaw^ et à ses environs (col et passage 
trè^ (Vfîcile l'Iiher^wais, bien connu) ; , 
i, ; a,.Efl(re ( las- commujnescde Moatfort et de Roquefort ; 
. *> A la Roquets «au ,^u4 du col de lai ; 
A A|u .bois 4$ LçpesAuil el,à la BalroeMe, au sud de ce 

« A la belle et grandç .Qwntpgne.de Madrés (i0 > au sud 
de ft^q^fark à «l'e^t (Jw ,Dowa*an #i au nord-est du 
C^poir, Sur, towte$,ce|S ^artie^^ montagnes il y a des 
jaçfiï.a \mA^ms. qu*,;p&rlittU lôiirs noms, comme la 
jaofttiet la bar^qqe deJUpesoujl, de Madras* et, où l'on 
d#it c^ctier poun les parcourir < . 

« Rendu en Donnezan, on s'auberge à Querigut où à 
Ar tiques, au pied/ de la moiïtagne ; de là on pat£OUH en 
plusieurs jours : 

« : La farceuse edigrailde tiwkilQgne <de. LlawrenlK 11 ), à 
l'ouest de Querigut ; 



l ■ t • i ; • 



55 



« La montagne de Mijanès^ qui en est ia suite el 
où esl le port de Paillère, au nord-ouest de Querigut ; 

« La montagne de Llaurenti comprend la Benlaillole, 
par dessus Querigut, où. est le bois de Llaurenti ou bois 
nègre, elle Pla de l'Ours (13 >; 

« La montagne d'Àrligues, où est le Pla de Barnet. 
au dessus de la Bentaillole, la jacc et baraque de Bou- 
tadiol, l'étang qui est par dessus el ie Roc Blanc (U > qui 
est le sommet de la montagne du Donnezan el qui le 
dispute en élévation au pic de Canigou ; 

« De Querigut on peut. aussi faire une belle herbori- 
sation dans le Carcanel, le long de la rivière d'Aude, au 
sud-est de Dounezan. 

« Du Donnezan on passe au Capcir, au village Je 
Fontrabiouse où à celui de Fourmiguères, d'où Von peut 
parcourir : 

« Toute la plaine de Capcir, les environs du village de 
Real, où est le Cineraria Siherica. 

« Le bois de la Malle qui est au milieu de celle 
plaine; 

« La montagne de Balcère et l'enlour de l'étang de ee 
nom; 

« De Foolrabiouse on peut aussi aller a Llaurenti qui 
n'en est pas plus éloigné que de Querigut ; on passe 
as pla de Remet et à la Bentaillole, de là aui Alguettes. 
Tool ce trajet, d'environ trois ou quatre heures nord- 
ouest de Fontrabiouse, est très intéressant aussi par les 
belles productions. C'est par dessus ee village et il un 
qnarl-d 'heure à peu poès que se trouve k beau CUicus 
cenlaurwides. 



56 

« Du Capcir on se rend en deux ou trois lieures à 
Mont-Louis ou au village d'Eynes, à une petite lieue au- 
delà, d'où Von est très à portée de parcourir : 

* La Qaillane, au nord de Mont-Louis^ où j'ai vu 
aussi le Cineraria Siberica ; 

« La métairie de Girvès et le Bac de Bolcaire< i6) , à 
l'ouest de Mont-Lonis ; 

« La fameuse vallée d'Eynes<* 7 >, au sud de Mont-Loois, 
où l'on doit remarquer les belles et riches prairies qui 
se trouvent h l'entrée de cette vallée attenant au village; 

« La Jasse de Delmau, à la gauche et à moitié vallée, 
où il y a toujours une baraque vis-à-vis de laquelle se 
trouvent une infinité de belles et rares plantes ainsi que 
par dessus la Jasse, à droite et à gauche ; 

« Le sommet de la vallée appelé la Pujade ou le col 
d'Eynes, très riche aussi ; 

« La montagne de Cambres d'Aze (18 \ vis-à-vis et au 
sud de Mont-Louis», qui forme le côté gauche de la vallée 
d'Eynes ; 

« La vallée de Llou < i0 >, ainsi appelée du nom du vil- 
lage qui se trouve à son entrée, h la droite de la vallée 
d'Eynes, h demi-lieue et au sud-sud-ouest d'Eynes et de 
Mont-Louis, intéressante par quelques plantes rares qu'on 
y trouve, telles que le Géranium pelrœum, etc. 

« De Mont-Louis on peut aller à Ut vallée de CarU 
même, d'où Van peut faire deux herborisations intéressan- 
tes : 

« L'une au sommet de. ladite vallée à Picmorens et 
aux Minières, au nord-ouest de la commune de CaroM* *, 
l'autre à la Mouline et à Jau , sur une montagne de la 



57 

Cerdagne espagnole, au sud-ouest de Carol el de Puy- 
cerda ; 

a Delà Cerdagne, revenant sur ses pas à Mont-Louis, 
on descend à Villefranche^ à cinq lieues de distance Est ; 
on parcourt à droite el à gauche le chemin qui conduit le 
long de la rivière de la Tel et d'un grand vallon jusques à 
Villefranche, centre d'intéressantes herborisations à faire : 

a A la montagne de Canîgou, du côlé des bains du 
Vernet** 1 ) qui se trouvent au pied de cette montagne, a 
l'extrémité du vallon. 

« A l'ancien monastère de Saint-Martin du Carâgou qui 
était placé sur la montagne à une heure des dus bains M; 

« Au sommet et au pic de Canîgou * 23) , à quatre ou 
cinq heures de Villefi anche et de Vernet, toujours au sud 
de ces communes. 

« A la montagne et à la Trancada d'Amboulla<* 4) , au 
sud-est de Villefrancbe et à la rive droite de la Tel ; 

« El enfin à la montagne de Nohèdes<* 5) et de BeiHas 
et k la Font de Comps (2 °) qui se trouve au sommet, à 
deux ou trois heures au nord de Villefrancbe el .de son 
château, herborisation qu'on peut faire à la rigueur dans 
un jour, quoique une des plus intéressantes que je con- 
naisse en plantes alpines el sous alpines. 

« Voilà, mon cher Monsieur, quelles sont les monta- 
gnes et les parages que je connais pour y avoir herbo- 
risé peu ou prou ; j'ai cru qu'avec celte espèce d'itiné- 
raire je remplissais mieux vos vues comme je le désirais. 

« Les environs de Perpignan <* 7 > fournissent aussi 
beaucoup de plantes intéressantes ainsi que notre côte ,28) , 
et ai parcouru plusieurs morceaux depuis Canet^ à 



58 

Test de Perpignan, jusque^ à Collioure< 30 > el à Port-Ven- 
dres< 3,) , au sud-est de Perpignan. 

« Nous avons de plus la montagne de l'Albère^ au 
sud-est de Perpignan où je n'ai point herborisé; elle 
divise la France de l'Espagne par ses deux versants et 
est une suite de celles du Vallespir qui sont plus hautes 
et au sud-ouest. 

« Je suis bien mortifié, tant par rapport h vous que 
par rapport h moi, que vos grandes occupations ne vous 
permettent point de placer dans votre herbier la quantité 
de plantes que vous avez pour y ajouter ni de détermi- 
ner et baptiser les espèces numérotées que je vous ai 
envoyées dans le temps pour pouvoir rendre le mien plus 
correct, mais j'ose espérer que cela viendra le moins 
que nous y periserons. 

« II me tarde bien aussi de voir la belle monographie 
des saxifrages dont vous voulez bien me gratifier, que je 
recevrai avec reconnaissance. En attendant, acceptez, 
je vous prie, l'expression du sincère dévouement 

« De votre affectionné serviteur el ami, 

« Baruéiu, médecin. » 



5«J 



NOTES. 



(J) Mon Album, comprend aujourd'hui douze cartons et plus de i.500 
fascicules concernant un même nombre de savants appartenant à. tout es les 
époques et à tous les pays. Je me suis appliqué depuis trente années à 
recueillir les correspondances autographes, les manuscrits et les portraits 
des botanistes Français notamment. J'ai recherché ( au point de vue 
des biographies à compléter ou des faits scientifiques à constater ) et 
j'ai trouvé des correspondances qui renfermaient des discussions intéres- 
santes, des appréciations sur les hommes ou sur des œuvres, des traits 
piquants, des détails narrés au courant de la pensée, sans apprêt comme 
sans réserve et tels qu'on ne les trouve guère dans les publications ordi- 
naires où l'on cherche à tempérer parfois la pensée ou à voiler même la 
vérité. J'ai été puissamment aidé dans mes recherches par de .généreux 
et bienveillants amis parmi lesquels je me permets de citer de Ërebîsson, 
L. Companyo, Léon Dufour, de Flotow, Hepp, Lenormand, Moquin- 
Tandon, Schœrer; MM. E. Duby, Durieu de Maisonneuve, de Franque- 
ville, Fée, Le. Jolis, Roussel et Van-Hcurck . Ma première série des 
correspondants de Picot de Lapeyrousc à laquelle appartient Barrera est 
précieuse par les communications nombreuses et inédites des célébrités 
botaniques du commencement de ce siècle ; eîle comprend aussi la 
minute de la main de Lapeyrouse de tous les écrits échangés par l'his- 
torien de la Flore des Pyrénées avec ses correspondants tels que Acha- 
rkts, Allioni, Buffon, Des fontaines, L. Dufour, S. Gay, Gottan, de 
Lamarck, G. Linné. Jaequin, A. L. de Jussieu, Ptrsoon, Hamond, C. 
Richard, Thumbtrg, Stopoli. Schwœegrichen, Séguier, Ventetutt, 
Vittars, Wildenow, etc., source féconde d'étndes à entreprendre. Ce 
rocueil qui occupe deux grands cartons complétera un jour la deuxième série 
de ces mêmes correspondances placée récemment par les soins de M . Des- 
noyers, membre de 1 Institut, son conservateur, à la bibliothèque du Muséum 
d ? histoire naturelle de Pans. 

« Un album- de botanique, comme me récrivait il y a peu de temps 
mon vénérable ami M. le professeur Fée, est une source de jouissances, 
il met en rapport avec le passé ; moins durable que les médailles, il 



(H) 

consacre des faits qui ont leur intérêt. On regarde avec un sentiment 
pieux les caractères tracés par les botanistes qui nous ont précédés dans 
la carrière et avec un sentiment bienveillant et souvent affectueux 
récriture de- ceux de nos contemporains avec lesquels nous avons été en 
rapport », voilà la part du sentiment. La collection des autographes offre 
aussi la part utile s'il s'agit de remarquer au passage dans l'examen des 
anciens herbiers où les collecteurs ne se nommaient pas avec le même 
soin qu'ils prennent aujourd'hui de le faire, les étiquettes les plus dignes 
de confiance. Les nombreux visiteurs du Musée Delessert, (fondu en partie 
aujourd'hui dans les collections du Jardin des Plantes de Paris) ont tou- 
jours tiré un très-grand avantage de la collection d'autographes formée 
par II. Lasègne. qui leur permettait de citer sans hésitation le nom de 
l'auteur d'une étiquette ou d'une observation dont l'écriture n'était pas 
toujours bien connue. M. le comte Jaubert, dans un écrit récent, recom- 
mande de se familiariser avec les diverses écritures des maîtres et 
exprime le vœu que le recueil d'autographes les plus autorisés soit pro- 
pagé par la lithographie. En effet, on ne peut espérer de travailler soi-même 
avec profit dans les grandes collections botaniques qu'après s'être bien 
rendu compte des dispositions matérielles quelquefois défectueuses que 
ces collections peuvent présenter. 

(2) Le 10 juillet 1811 (lettre autographe de ma collection), Barrera dit 
à Lapeyrouse : « Parmi les plantes que nous vous envoyons et que Coder 
se charge d'arranger entre deux planches, vous trouverez je crois de nou- 
velles espèces, ne les ayant point vues décrites dans Linné ni dans quel- 
ques autres au'eurs modernes; je vous en fais hommage et vous les cède 
avec d'autant plus de plaisir que j'ose espérer que vous voudrez bien 
les donner en mon nom (celles que vous reconnaîtrez réellement nou- 
velles, espèces ou variétés). 11 y a déjà quelque temps que je les avais ; 
je les gardais pour rendre plus intéressant mon catalogue des plantes des 
Pyrénées-Orientales dont j'ai fait insensiblement un ouvrage volumineux 
dans lequel je m'avise de donner des descriptions, la plante sous les 
yeux, avec ses noms vulgaires, Français et Latins , les plus caractéristi- 
ques et spécifiques d'après Linné, Tournefort, Villars et souvent Wilde- 
nu w, de façon que ce travail m'ayant paru assez intéressant et utile pour 
notre département, j'avais eu quelque velléité de le rendre public, mais 
persuadé que l'ouvrage que vous allez mettre suis presse et que nous 
attendons avec impatience, suppléera plus parfaitement au désir et à l'uti- 
lité du public, je renonce à un pareil projet trop hardi pour moi et je 
vous fais passer mou petit dépôt avec une belle collection de beaux 
échantillons de YAlystum tant désiré auxquels j'en ai ajouté un beau que 



61 

j'avais depuis longtemps avec le fruit, tous les autres n Y tant qu'en 
fleur. » 

Deux magnifiques exemplaires de cette plante rare sont annexas par 
une bandelette gommée à la lettre que je mentionne. Il y a lieu de 
s'extasier devant la parfaite conservation de la cueillette de 1811, bien 
laite pour surprendre les collectionneurs que le besoin d'empoisonner 
périodiquement les plantes est toujours le sujet d'un véritable décourage- 
ment. On sait que l'herbier de Lapcyrouse, donné par ses héritiers à la 
ville de Toulouse a été si fort maltraité par les insectes et par le temps 
que l'étude actuelle de ses types est sinon impossible du moins très dif- 
ficile Un certain nombre de plantes sont totalement absentes, d'autres 

sont représentées par des débris de feuilles ou une simple tige nue lors- 
que toutefois ce n'est pas une plante étrangère pour l'étiquette qui accom- 
pagne le fascicule ! Faut-il rechercher la cause de ces détériorations dans 
l'oubli prolongé de la précieuse collection au grenier de l'établissement 
public qui en avait le dépôt ? 

Le Campanula Mulikaulis de Barrera n'est autre que le Campanula 
Lancenlata, Lapey, décrit par cet auteur dans sa Flore abrégée, page 105. 
Lapeyrouse décrivant une plante nouvelle qu'il avait reçue de Barrera et 
provenant de la montagne de Mijanès devait à son correspondant mieux 
qu'une mention qu'il ne lui accorde cependant pas, aussi je cite avec 
quelque à-propos le passage suivant d'une lettre de Lapeyrouse à Barrera 
qui remonte au début de leurs rapports, au 12 septembre 1789 : t Vous 
ne me connaissez pas encore tout entier, mon cher Monsieur, dit Lapey- 
rouse, et je suis fâché que vous m'ayez prévenu. Je n'aime pas à me 
parer des plumes du Paon ; et je rends volontiers à un chacun ce qui lui 
appartient. J'avais destiné votre nom à cette belle Campanule que j'ai 
vue sèche chez vous. Si j'établis quelque nouveau genre, ce qui pourrait 
bien arriver, il vous sera dédié ; et dans ma préface déjà prête, en faisant 
Ténumération de tous les savants qui ont parcouru les Pyrénées pour y 
observer les plantes depuis Bauhin et Burser, vous y avez votre place, et 
comme ce n'est pas une simple liste, mais que j'entre dans les détails 
des travaux d'un chacun, j'ose croire que guidé par l'amitié, la recon- 
naissance et la justice, j'ai parlé de vous d'une manière propre à vous 
concilier plus de suffrages que les Eryngium et les Angéliques n'en ont 
mérité aux Bourgat et aux Razouls. Sûrement, lorsque vous verrez cet 
article, vous en, serez content, vous ne me taxerez pas d'ingratitude ; ce 
vice n'est que trop ordinaire à nos pareils. ■ Barrera n'était pas exigeant, 
il se dépouillait volontiers de ses propres découvertes pour enrichir le livre 
de Lapeyrouse et il souhaitait, chose bien légitime , que son nom fut 
acquis à la plante intéressante qu'il avait produite ou retrouvée le premier! 



62 

(3) Pendant mon court séjour dans cette ville, }'ai pu visiter les 
Hefiquiœ de Pierre Barrera, pieusement conservés par son parent, 
M. Lacroix, notaire, homme du monde, plein d'obligeance et tout dispos» 
à permettre aux amis des sciences l'examen des écrits du botaniste 
Roussillonais. Je signale à mes confrères attachés à l'étude des plantes 
Phanérogames, les espèces suivantes du manuscrit de Barrera, toutes 
suivies du Nobis : Alchemilla villosa, Campanula mullicaulis, Dianthus 
acaulis, Buplevrum latifolium, Echium pyramidale, Saxifragaocaulis, 
Géranium trilobatum, Salix alnifolia. La simple lecture des descriptions 
m'a représenté ces plantes comme critiques. Furent-elles communiquées à 
Lapeyrouse? Je serais porté à le croire, car il m'a semblé voir dans la 
première espèce Y Alchemilla alpina du botaniste Toulousain. Le temps 
m'a manqué pour faire ces constatations. 

J'ai retrouvé dans les manuscrits de Lapeyrouse la copie faite par 
Barrera d'un Catalogue des plantes Pyrénéennes avec indication de» 
localités tracé en 1781 par l'abbé Pourret. Cette copie est intéressante 
par elle-même, elle l'est peut-être encore davantage parce que l'ori- 
ginal, conservé autrefois par Séguier, n'existe plus aujourd'hui. L'auteur, 
comme il Ta dit lui-même dans sa préface, destinait ce travail à la Flore 
de Narbonne, commencée. Voici ses divisions, toutes précédées de certains 
détails sur le pays et* sur les personnes : Hermitage de Saint-Paul 
(Saint-Antoine de Galamus); pont de la Fou ; bois du Vivier ; bois de 
Salvanère; Rabouillet, où est cité le Scrophularia lucida, Linn., plante 
napolitaine signalée à Nice par Allioni (Bertolini a avancé que la plante 
d'Allioni n'était que le Scr. canina, Lin.,) et de nos jours à Marsei.lc par 
M. Kralitk. Cette dernière localité était la seule connue et avérée eu 
France en 1859 ; mais MM. Grenier et Godron, qui la rapportent, disent 
que le Scrophularia lucida. Lin., doit se trouver sur tout ou partie de 
notre littoral Méditerranéen. Le docteur Compnyo a mentionné depuis 
(Histoire naturelle des Pyrénées-Orientales, Tome H. page 493) le Scro- 
phularia lutea t Lin., dans les fossés humides des châtaigneraies du vallon 
deSaint-Laurent-de-Ccrdafis. La citation de Pourret, habile et consciencieux 
botaniste, est néanmoins importante. Voici les autres localités du 
catalogue : Bois de Boucheville; Croix de Platlloubi; montagne de la 
Groseille ; sources de la Boulsane ; Quérigut ; la Bcntaillole ; Bois et 
montagne de Llaurcntf. On remarquera, comme Lapeyrouse l'avait indiqué 
à propos du Chloris Narbonensis, que Pourret avait, par extension de 
ses explorations, compris dans l'annexe de la Flore de Narbonne dont je 
parie, comme dans la Chloris, un plus grand nombre de plantes des 
Pyrénées que de Narbonne. 

Je ne peux m'empécher de citer ici une boutade humoristique de 
Barrera à propos de cette dernière étude qui est heureusement bien 



moin9 fondée aujourd'hui qu'elle ne devait l'être à l'époque où il écrivait : 
« 11 serait à souhaiter pour les progrès de l'histoire naturelle que ceux 
qui se consacrent à l'étude de cette aimable science s'occupassent un 
peu mieux de la connaissance des lieux qu'ils habitent. Depuis quelque 
temps on dirait qu'on a renonce à ce qui y touche de près, on semble ne 
s'intéresser qu'à ce qui vient de l'étranger. Si le Gouvernement favorise 
quelques naturalistes, ce n'est que pour aller faire leur moisson au-delà 
des mers. D'où peut donc venir cette tendance à fouler aux pieds les 
richesses qui nous environnent ? Cependant quel profit ne retirerions-nous 
pas de la connaissance exacte de toute* les productions de notre pays, 
quels avantages n'en résulterait-il pas pour l'histoire naturelle, si ceux 
qui honorent les sciences en les protégeant voulaient aider de leurs moyens 
ceux qui les cultivent, les engager à nous fournir chacun une histoire 
particulière de leur pays et contribuer ainsi à la perfection de l'histoire 
générale de la nature, ouvrage absolument indispensable pour nous fixer 
sur la manière d'envisager chaque individu selon la place qu'il occupe 
dans l'immensité de la chaîne qui lie tous les êtres créés. • 

(4) Dans la plaine de Rivesaltes, près du mas de la Garrigue, on 
retrouvera le Clematis recta, Lin., signalé par M. Legrand dans les canaux; 
le Polamogeton pectinatus , Lin.; dans les haies et les champs des rives de 
l'Agly, trois plantes intéressantes, YAnacyclus Valentinus, Lin., le Crépis 
hulbosa, Cass., et le Fumaria média, Lois. Dans les vignes, les coteaux 
pierreux, le Silène Lusitanica, YAira curta, Jord., et le Yeronica 
didyma. 

%(5) Sur les rochers de l'ermitage de Notre-Dame, le Parietaria lusita- 
nien. Lin., et les cinq nouveautés suivantes pour la localité, découvertes 
encore par M. Legrand : Galium decipiens, Jord., Lavandula ktifblia, 
VilL, Si/ene in fiât a et carnet floru, Le Gr., (forme du Silène Terwreana,) 
et le Dianthus virginew, Gr. et God.— Dans la direction d'Estagel, deux 
Lichens remarquables, un de la zone méridionale, le Dirina repanda, Fr., 
l'autre de la zone alpine, le Lecanora hœmatomma, Ach., fréquemment 
chargé lui-même d'un autre parasite, le Calicium parotcum, Ach. Sur les 
coteaux pierreux de Baixas, Y Al sine conferta, Jord., le Narcissus junci- 
folius, Rcq., le Gladiolus Illy riais, Roch» récoltés par M. Legrand. On 
trouve aussi le Lavatera Cretica, Lin. — Sur les schistes, YAnthyllis 
qjtisoides, L., et les Parmelia Oreina et Gypsacea de Fries au voisinage 
d'une mousse peu commune, le Barbula inermis, Mont. — A St-Antoine 
de Galamus, dans les pâturages des bords de la rivière, le Cyclamen ver- 

num, Gay, qui se montre au premier printemps et disparaît vite. 



6-i 

(0) Au bas du plateau granitique de Sournia, sur la route de Prades, 
le Geum imelinatum, Sch. 

(7) Au bois de Boucheviilc, le Squamaria Smithii, Dec; le GlechoriM 
hirsuta, Godr.; au revers oriental du bois, le Jurinea Bocconi, Guss., et 
tout à côté, dans le vallon de Rabouillet, le Liparh Lœse/», Rich., qui 
couvre les prairies. 

(8) Au bois de Salvanèrc, VHieracium approximatum, Jord., et sur 
les pentes méridionales, l'élégant Cypripedium calceolus. Lin. 

(9) Là s'arrête la vallée de Molilg aux portes de Prades, où l'on trouve 
dans les champs, parmi les récoltes, le Medicago turbinata, Willd., qui est 
cependant rare. Prades, la ville hospitalière où la Société botanique de 
France vient de recevoir un si gracieux accueil, m'a fourni un Lichen fort 
rare en France, le Chiodecton myrticola, Fée. Cette belle cryptogamme 
des iles de la Méditerranée est parasite sur l'écorce d'un Myrte 
séculaire dans le jardin de M. Tixador. Là j'ai encore retrouvé sur le 
Laurier rose, qui prend dans cette station un développement luxurieux, 
deux modestes hypoxilées qui me rappellent deux savants et bienveillants 
amis, le Sphaeria oleandri. Dur. et Mont., parasite des rameaux^ et le 
Sphaeria olœe, var. Nerii, Mont., parasite des feuilles. C'est aux environs 
de Molitg que YAldovranda vesiculosa, signalée par Pourret, est encore 
l'objet de recherches assidues mais infructueuses, probablement à cause 
de la transformation du sol, où l'on ne voit plus de mares d'eau. 

(10) La montagne de Madrés est la station à peu près unique dans le 
département du Mecanopsis cambrica, Vig., observé pour la première fois 
par MM. Companyo et Colson. Au tronc des arbres, on rencontre les 
Collema ruginosum, Duf., et verruciforme, Schaer., ainsi que le Pan- 
naria conop'ea, Delise, et le Chlorea vulpina, Nyl., dont Companyo a 
signalé la fructification hivernale. On sait que ce dernier Lichen fructifie 
très rarement en Europe. 

(11) A la Jasse d'Autournan (Llaurenti) , le Potentilla pyremica, 
Raim. in Dec. ; vers l'étang d'Artigues, le Potentilla nitida, Lin., d'appa- 
rition récente dans le département. 

(12) Aux pâturages de Mijanès, Villemetia apargioxdes, Cass. 

(13) Au Pla de l'Ours, le Coralhrhiza innata, Brion. 



r>r> 

(14) Au Roc Blanc, (seul habitat du Roussillon), VA ha gène alpina, 
L., et h la Jasse d'en Barnet, une autre rareté du pays, le Ranunculwt 
Bellardi, Vill. Aux environs de Quérigut, YHieracium aurigeranum, 
Timb., nouvelle espèce détachée des formes connues de TH., Umbel- 
latum, L. 

(15) Aux environs de Mont-Louis, le Campanula Reboudiana, Gr. et 
God. À l'étang Llarg, Ylsoetes lacustris et à l'étang Ebuda, Ylsoetes 
Echinospora, signalés pour la première fois en 1864 par MM. de Salve 
et Senot de la Londe. Sur le plateau de la Perche, le Genista tinctoria , 
V. Genuina, Gr. et Goo\, remarquable par sa tige et ses fruits glabres. 
Sur les rochers près de la grande Bouillouse, le Potentilla nitida, L., 
signalé par Company o. A la montagne de Carlite, une grande rareté ori- 
ginaire de la Norwège qui n'est pas inscrite dans la Flore de France de 
MM. Grenier et Godron, le Subularia aquatica, L. , découvert par le 
docteur Reboud en 1849, à l'extrémité de l'étang Llarg. 

Les escarpements de Fontpédrouse ont donné une seule fois le C/e- 
matis integrifolia, L. Les bords de la Tet à la Cassagne, vers Sauto, 
ont donné à M. Reboud YHyssopus aristatiu. 

(16) Le bac de Bolquère est l'habitat de la var. pyrenaica, Gr. et God., 
de la Brunelle à grandes fleurs, ainsi que du Campanula Baumgartenii . 
Beck. 

(17) Les pelouses de la vallée d'Eynes contiennent Y A Ichemil la pyre- 
naica, L. Sur les pentes rocailleuses de Llo, on recueille Je Scabiosa 
pyrenaica, AH. Au fond de la vallée, sur les rochers de Notre-Dame de 
Nuria (Espagne) , est le Saxifraga lingulata, Bess. ; ainsi que le 
Jurinea pyrenaica, Gr et God., et le Leontodon aurantiacus, Koch. 
Sur ces mêmes rochers, vers laCollada,8emontrele Afte/tdta/eria nitida, 
Hornsch., mousse fort rare signalée pour la première fois par C. Monta- 
gne, et qu'on n'a pas encore retrouvée ailleurs en France ni dans les 
Pyrénées. Montagne a rapporté aussi de la même localité une autre 
mousse également recherchée par les botanistes, YEncalypta pihfera , 
Lemch. 

(18) Le guide Noux a retrouvé en 1872 le Saxifraga biflora, Ail., 
qu'on cherche en vain au Llaurenti, où il a été signalé par Lapeyrouse. 
Les Lecidea atrobrunea. Duf., et armeniaca, Fr., décorent de leurs 
thalles bruns les roches de la montagne en communauté d'un autre beau 
Lichen, le Squamaria chrysoleuca, Ach., dont la nuance orangée et verte 
présente à l'œil une agréable marqueterie. 

5 



G6 

(19) A l'entrée de la vallée de Llo, le Saxifraga luteo-purpurea, Lap.; 
sur le roc de San-Feliu et sur les rochers humides plus élevés, le Phy- 
teuma Company onis, nob. in Litt. 

(20) Dans la vallée de Carol, un Lotier alpin, pour lequel le docteur 
Companyo a proposé le nom de Lotus minutissimus, et sur les rochers 
de la Tour, un beau Licheu, le Lecidea sqmiida, Ach. 

(21) Sur les rochers de la colline de Fuilla un autre beau Lichen, le 
Squamaria cartilaginea, Dec; au bord du ruisseau deCastetl, pi es de 
Vernet, le Valeriana pyrtnaica , Lin., plante indiquée constamment 
comme sob-alpine, et acclimatée depuis peu, suivant la remarque laite 
par le docteur Companyo, dans la région champêtre. Les bois couverts de 
Corneilla produisent une mousse curieuse, le Buxbanmia apkylla. Lin., 
et sur les rochers d'Olctle un beau Lichen qui attire le regard par la 
couleur jaune et orangée de ses rosaces arrondies, c'est le Lecanora 
chlorophana, Ad)., et sa variété oxytona à apothecies rougeàtres, que 
Ramond découvrit le premier dans les Pyrénées et qu'on retrouve avec 
les mêmes traits spécifiques dans les localités les plus diverses, en Lapo- 
nie, dans les Gévennes, dans les Alpes et au centre de l'Espagne.! 

(22) Dans les cavités des rochers où est encaissé le chemin de Vernet 
à Saint-Martin, végète une mousse rare, le Fabronia pusilla, Retldi., 
signalée par Montagne. 

(23) Sur les rochers du Ganigou, le Lecidea glamerata, Ach. Aux 
Jassesde Gadi, YUmèilicaria atro-pruinosa, Schar. Parmi les Pha- 
nérogames de cette région des neiges, citons le Leucantkemum tomento- 
ëum, Gr. et God., dans les sentiers qui conduisent au plateau de Los 
Basihés. Dans la vallée de Taurinya, les cryptogamistes recueilleront les 
Grimmia elatior, Br. et Sch., et Atrata Hornsch., ainsi que le Verru- 
caria Schœreri, Ny!. f recueilli dans cette partie des Pyrénées par Mon- 
tagne. 

(21) La Trencade d'Ambouilla a donné une variété intéressante du 
Campanula persicifolia, Lin., le Campanula stib-pyrenaica, Timb., le 
Saxifraga média et YAchillea divarieata. 

(25) Le Campanula elatinus, Lin., habite les rochers de la vallée de 
Nohèdes. Au bas de la montagne on trouve la variété jaune de Y Ane- 



67 

motte alpina, Dec., dont Linné avait fait son Anémone sulfurea. Au 
bois de Pinat, la principale rareté qui s'offre au collecteur est le Lotus 
villosusâe Companyo; une autre rareté, le Clemati* integrifoHa, Lin., 
indiquée par Tournefort et qui existe dans l'herbier du Muséum de 
Perpignan avec le même habitat, doit se trouver encore aux Graus 
d'Oiette. 

• (26) Le 10 juillet 1811 (lettre déjà citée) Barrera écrivait à Lapey- 
rouse : • Vous recevrez enfin avec celle-ci un certain nombre des plus 
beaux échantillons qu'il est possible d'avoir de YAlyssum fruticosum des 
'rochers de Comps. Il a fallu le zèle et le désir de vous être utile pour 
que cet infatigable pharmacien (Coder) allât sur le lieu avec un paysan 
chargé de deux perches qu'ils ont bien attachées afin d'atteindre à l'inac- 
cessible rocher et avoir quelques pieds de cette belle plante. Leurs 
premiers efforts ayant été inutiles, il a fallu user de coups de perche pour 
en détacher les échantillons que nous vous envoyons et qui sont des plus 
beaux ; il faudrait des moyens plus pénibles et plus coûteux pour avoir 
des pieds entiers. » VAlyssum que Lapeyrouse avait qualifié dans le 
principe du nom spécifique de fructicosum, devint YAlyssum pyrenaicum 
dans sa Flore. Il a été maintenu au rang d'espèce par tous les Aoristes, 
malgré l'opinion de Decandoie qui ne considérait dans la plante nouvelle 
des Pyrénées qu'une forme à feuilles obtuses de YAlyssum halimifolium, 
Lin. (Flore française, vi, p. 594.) Il ne restait plus il y a quelques 
années, en 1863, que trois pieds de l'intéressante plante, placés sur les 
escarpements inaccessibles de la partie supérieure du rocher qui domine 
la Font de Comps (localité unique en Europe avant la découverte de cette 
espèce en Espagne par Bubani), et qui se trouvent hors de la portée de 
la main de l'homme. Les guides dévalisent au printemps toutes les plantes 
venues de graines aux abords du rocher. La Société Botanique vient d'en 
avoir un exemple dans la déconvenue qni l'attendait dans son excursion 
et dans le magnifique fascicule de plantes desséchées que le guide Noux 
offrit à M. le docteur Cosson. 11 faut attribuer la miraculeuse conservation 
de la rare touffe YAlyssum qu'on voit aujourd'hui à quinze mètres du 
pied du rocher, à l'impossibilité qu'il y a de l'atteindre. On connaît la 
boutade très excusable de Lapeyrouse, à la suite de l'opinion émise par 
Decandolle : « Un trait de plume, dit le botaniste pyrénéen (après avoir 
décrit minutieusement la prétendue variété qu'il défendait,) une idée, 
suffisent pour créer des variétés ou identifier des synonymes. Cette marche 
peut satisfaire l'amour-propre, mais elle ne conduit ni à la lumière, ni à 
la vérité. • (Suppl. FI. Pyr. t p. 90.) 
On trouve sur les plateaux supérieurs de Comps, le Biscutella apula, 



y 



08 

Lin., les variétés Scabra, Fenz, et Gtutinosa, Koch, de VAremria ser- 
pil i folia, Lin., et le Ginesta tinctoria, P., Laâocarpa, Gr. et God. 
Cette féconde contrée offre encore sur les escarpements des rochers 
YAlchemilla pyrenaica, Lin., et la variété Decipiens de YAquilegiapyre- 
naica, Dec. Au roc de la Goba del Falj, localité unique du département, 
on récoltait il y a quelques années encore le Dracocephalum austriacum. 
Lin., que la rapacité de quelques botanistes étrangers semble avoir tota- 
lement fait disparaître aujourd'hui. V Endocarpon Guepini, Mont., habite 
les hauts plateaux ; plus bas on trouve sur les Conifères l'élégant Pla- 
tysma Juniperinum, Hoflm., et sa variété Pinastri, Ach.; dans les bois 
de la même zone, YHieracium nemorense, Jord. 

m 

(£7) Sur les remparts de Perpignan, vers la porte Canet, on a trouvé 
depuis peu de temps YErodium chium, Wild. En suivant le cours de la 
Tet jusqu'au plateau de Regeille, on recueillera près d'flle une Papilio- 
nacée nouvelle, le Saroihnmnus Carlierus, découvert par le docteur 
Companyo et dédié par lui au docteur Cartier, zélé explorateur botaniste 
des Pyrénées-Orientales. Cette plante a élé retrouvée depuis par le 
docteur Penchinat dans le vallon de Banyuls. 

Sur les rochers voisins de la chapelle de Força-Réal, trois Lichens 
alpins les Lecanora chloropkana, Ach., et Carphinea, Schaer., et YUr- 
ceolaria actinostoma. 

Non loin de la cdte et en remontant au sud la source du Tech, on 
devrait rencontrer aux environs d'Elne les Erica multiflora elumbelliflora. 
que Loiseleur cite sur ce point unique du département, mais qu'on y 
cherche aujourd'hui en vain, les cultures ayant envahi les terrains vagues 
que ces plantes occupaient. 

Entre Val Richer et la mer se montre le Sagittaria sagittœ folia, Lin. 
A la butte de l'Esparrou , on trouvait au siècle dernier, ainsi que le 
témoigne un échantillon de l'ancien herbier départemental, Y Erica tetra- 
lix. Lin., complètement absente aujourd'hui. Le cours du Tech amène à 
Céret ; à l'ouest de cette ville, au bois d'Oms, existe une Génistée dédiée 
à Jaubert de Passa, le Sarothamnus Jaubertus, Comp. VAstragalus 
glaux vit sur la montagne de Céret. Après une journée de' marche, on 
parvient de cette dernière station aux collines du Perthus et de Bellegarde, 
où l'on peut récolter la variété Macrantkus du Dianthus bruchyanthus, 
Boiss. 



(28) Les sables des bords de la mer produisent les variétés Vulgarix. 
Gracilis et Aretiaria formées par MM. Grenier et Godron aux dépens 
de YOrwnis ramosissimus, Desf. , qui habite sur les dunes ; et encore 



69 

dans le même habitat les variétés Gtnnina, Gr. et God., etMinor, Moris , 
de YOnonis reclitiala, Lin. 

Plus avant, dans les vignes voisines de l'étang de Salses, une variété 
maritime du Lotus comiculatus, (e Lotus Delorti, dédié par M. Timbal, au 
botaniste de Narbonne Delort Miailhe. Dans les pâturages de la même loca- 
lité, le Statice cuspidata, Delort Mrs., omis dans la Flore de MM. Gre- 
nier et Godron. Dans les marais formés par le canal de la fontaine 
d'Estramar, YArundo pliniana, Tur. ; c'est encore dans le gouffre de 
cette fontaine (seule localité en Europe ! ) que vit le Phalaris gigantea, 
Gav. 

Si nous franchissons la ligne de démarcation du département des 
Pyrénées-Orientales, pour entrer dans l'Aude, dont les prairies maritimes 
sont unies cependant au % territoire de Salses, nous rencontrerons le 
Statice Company onis, Gren. et Bill., omis dans la nouvelle Flore fran- 
çaise, et dans les escarpements des Salins, touchant à l'ile de Sainte- 
Lucie, deux plantes peu communes, le Viola arborescent, Lin., et la 
variété Geminus, Gr. et God., du IHantusJtrachyanlus. 

M. Legrand, qui pendant son séjour dans les Pyrénées-Orientales a pu 
ajouter de bonnes plantes à la Flore locale, a rencontré le premier les 
espèces suivantes aux environs de Leucate : dans l'étang, le Spergularia 
diandra, Guss. ; sur les rochers maritimes, le Sideritit Scordioïdes, 
Lin., et dans les sables, le Psamma australis, MabiL, le Planta go 
crassifolia, Forsk., le Statue ferularia, Lin., échappé de Sainte-Lucie, 
enfin le Vulpia ligustica, LK. 

(29) Sur la terre sabloneusc à Canet, le Lecanora scheleickeri, Gr. , 
distribué jadis copieusement par Montagne et qui abonde en Algérie. 

(30) On trouve dans les vallons de Collioure et de Banyuls, le Dian- 
thus Requienii, forme locale du Dianthus hirtus, que MM. Grenier et 
Godron ont élevé au rang d'espèce; le Scatiosa s!e-îata t Lin., et le Cré- 
pis bulbosû, Cass. 

Mais le botaniste court avec hàtc à la Preste, où se développent les 
Primulu suaveolens, Bert., et le Buplevrum aljrinum, de Colsou et 
Company o. A Cosla-Bona, il retrouvera le Dianthus pungens t Gr. et 
God., et au bord des sources. YEpilobium alsinifolium , Vil!., sur le 
calcaire, le Lecanora chalybœa, et le Physcia ftavicans, qui, selon 
(ioii)panyo, fructifie en été. Je n'ai jamais vu des apothecies sur les exem- 
plaires pyrénéens ni sur ceux d'autres contrées européennes. Les exsiccata 
de Sctuercr,de Hepp, de M. Lcighton t dcM.Rabenhoist, etc., sont stériles. 

Les rochers de la Tour du Wir ont donné encore d'intéressantes pha- 
nérogames à M. Legrand, entr'autres, YHieracium pseudocerinthe, Koch., 



70 

et le Saxifraga média, Gouan. Le même botaniste a rapporté des ravins 
de la montagne YEpilobium collinum, Guss., et le Sedum anopetalum, 
Dec, variété à fleurs jaunes Les sables de la plage du Barcarès offrent 
le Corrigiola telephiifolia, Pourr. 

Quand M. Bubani distribua une plante curieuse appartenant à un genre 
qui n'avait jamais été découvert en Europe, le Dioscorea pyrenaica, on 
lui attribua (peut-être intentionnellement et dans l'intérêt de la conser- 
vation de la nouvelle plante dans l'habitat où elle s'était offerte) une 
station aux environs de Prats-de-Mollô où elle n'a jamais existé. On 
sait depuis, par la propre déclaration de son inventeur et par les heureuses 
recherches de M. Bordères, que le Dioscorea [Borderca, Mieg.) a été 
trouvé dans les Pyrénées méridionales, vallées de Pinède et d'Otal 
(Hautes-Pyrénées). 

Si une journée de marche n'effraye pas le voyageur et qu'il veuille 
atteindre à l'ermitage de Saint-Angel (Espagne), il rapportera le Lithos- 
permum oleœfolium, de la seule localité où il croît en Europe. Sur la 
limite des deux États, à Coustouges (Bac del Fau), se montre YErinncea 
punjjens. En remontant vers le bois de Montrcrrer (bois renommé par un 
gîte de Tuber cibarium, d'autant plus estimé que le précieux tubercule 
ajoute à son arôme propre celui de la rose), puis en descendant au Roc de 
las Abellas, commune de Cortsavy, on recueillera sur l'écorce du mûrier 
un curieux Lichen signalé par Montagne, plus difficile à distinguer que 
rare, le Myriangium Duriœi, Bk. et Mont., que nous avons rencontré 
sur les jeunes branches de l'ormeau, à Garcassonne. 

(31) Dans le vallon de Port-Yendres, la variété Anguslifolius, Comp., 
de YEvonymus Europœus, Lin. 

(32) La crête des Albères fournit YHieracium Gougetianum, épervière 
nouvelle dédiée par MM- Grenier et Godron à M. le docteur Gouget son 
inventeur, et le Dianlhus brachyanthus, Gr. et God , signalé par 
M. Olivert. 

Pendant la correction des épreuves de cette notice, notre gracieux 
ami, M. le docteur 0. Debeaux, nous a offert les prémices de ses décou- 
vertes botaniques dans le fécond territoire des Pyrénées-Orientales. Nous 
enregistrons donc deux nouveautés pour le département et aussi pour la 
France: 1° VAntirrhinum Ruscinonense, Dcb. (Variété de YAnt. Sicu- 
lum, de Gussone), abondant depuis 1872 sur les vieux remparts de la 
Ville-Neuve à Perpignan ; 2° Un Cyperas inédit que M. Bubani distribua 
en 1860 sous le nom de C. Lividus et que M. Debeaux vient de retrou- 
ver dans les prairies humides du Tech à Amélie-les-Bains et qu'il a 
décrit dans le Bull, de la Soc. Bot. de France, sous le nom de C. Bubanii. 



•" 



71 



HAMOND tt PICOT DE LAPEYROUSE, 

LEURS DÉMÊLES 

A PROPOS DE L'HISTOIRE NATURELLE DES PYRÉNÉES 

EXPLIQUÉS PAU DES CORRESPONDANCES INÉDITES, 

Par M. C. Ronmeguére. 



Les Pyrénées, cette belle suite de montagnes qui 
semblent surgir du sein de* eaux de l'Océan, rivaliser 
avec les Alpes par leur cime la plus élevée pour aller 
se perdre ensuite graduellement dans les eaux de la 
Méditerrannée , ont excité à toutes les époques les 
recherches des savants. Il n'est peut êlre pas en Europe 
de montagnes plus pittoresques ni plus dignes d'être 
connues que cette magnifique chaîne sous le rapport de 
sa constitution géognostique, de sa végétation variée et 
de ses eaux thermales si justement célèbres. 

Palassou et Picot de Lapeyrouse ont consacré h la fin 
du XViil* siècle le cours d'une laborieuse vie ï 
étudier et a décrire ces montagnes; ils oot avec 
Ramond, Dralet et Charpentier, déterminé les ressour- 
ces scientifiques de celte partie de la France que les 
observateurs plus rapprochés de nous et parmi eux, l'in- 
génieur François et les professeurs Leymerie et Filhol se 
sent appliqués et s'appliqoent encore a développer. 



12 

Ramond et Lapeyrouse s'étaient proposé de recon- 
naître la nature des cimes les plus élevées des Pyrénées W. 
Mais rien encore avant la 2 me voyage de Ramond au 
Mont-Perdu n'était venu infirmer celte croyance assez 
répaudue de son temps et partagée par eux, que cette 
chaîne de montagnes avait été formée sous l'Océan. 
Quelques débris de corps marins pétrifiés recueillis dans 
la houle du Marboré firent accroire aux savants que les 
(lots avaient dû accumuler un jour des masses énormes 
dans la partie centrale de la chaîne et que les espèces 
d'animaux terrestres de cet âge géologique mêlées aux 
débris des espèces propres aux fond des mers avaient 
servi à la formation de ces immenses rochers, à contours 
si bizarrement lacérés, de ces pics sourcilleux servant 
de jalons pour s'orienter au voyageur étonné qui cherche 
une issue dans ces vastes et sombres solitudes. 

Ramond et Lapeyrouse se trompaient, les bords du 
lac du Mont- Perdu ne donnèrent point d'ossements de 
grands animaux W. Si les connaissances actuelles ont fait 
disparaître les systèmes de ces deux naturalistes, si les 
coquilles bivalves de Ramond, les ossements prétendus 
découverts par lui, ceux que Lapeyrouse cita ont repris la 
place que la nature leur avait assignée, ces naturalistes 
occupent dans l'histoire de la science le noble rang qui 
appartient aux observateurs qui ont tenté les premiers 
efforts pour parvenir k la vérité. 

C'est dans ce paisible théâtre de la grave nature, au 
milieu des masses colossales des Pj rénées, que Lapey- 
rouse et Ramond s'étaient connus. Guidés l'un et l'autre 
par une noble émulation mais jaloux aussi de conserver 
chacun la priorité de leurs découvertes, ils firent ensem- 



73 

bie et aussi séparément des excursions parfois périlleuses 
dont ils communiquèrent au public les résultats louchant 
la botanique et la géologie. Lapeyrouse avait div ans de 
plus que Ramond. Sa première excursion aux Pyrénées 
remontait à Tannée 1763 tandis que Ramond, jeté par la 
Révolution dans les Hautes-Pyrénées, nç parcourut ces 
montagnes que vingt-quatre ans après son ami, c'csl-à- 
dire uu peu avant que le botaniste Toulousain se fut 
pour ainsi dire contraint au repos < 3 >. Le double assaut du 
Mont-Perdu Gt la réputation de Ramond et amena aussi 
une querelle avec Lapeyrouse qui aigrit pour toujours les 
rapports de ces deux hommes cependant bien faits pour 
s'entendre et pour s'estimer. Lapeyrouse avait guidé 
Dolomieu dans les Pyrénées, il lui avait sauvé la vie sur 
le .pic de VHieris; ils avaient visité ensemble le Mont- 
Perdu en 1.782. Lapeyrouse renouvela cette ascension 
en 1798 (4 >, il avait rapporté de ces régions restées jus- 
qu'alors vierges du pied de l'homme une précieuse col- 
lection de plantes, de minéraux et d'insectes dont il fit 
part à Ramond< 5 >. Etait-il parvenu au sommet du Mont- 
Perdu ? cela ne devait pas être. A partir de 1782 Lapey- 
rouse tvait entrepris dans le Recueil de l'Académie des 
scie'nces de Toulouse la description des nouveautés bota- 
niques de nos montagnes, travaux qu'il poursuivit dans 
sa Flore des Pyrénées en 1795, interrompue en 1801 et 
reprise en 1807 quoique publiée seulement en 181 3 sous 
le titre d'Abrégé ! Lapeyrouse avait reçu de Lemonnier 
un précieux manuscrit de Tourneforl^ la Topographie 
botanique des Pyrénées qu'il utilisa pour faire revivre dans 
la nomenclature Linnéenne les plantes que le célèbre 
auteur du Genre avait observées. 



74 

A l'époque où Ramond professait l'histoire naturelle 
aux Ecoles centrales et qu'il passait la moitié de Tannée 
2) Barèges, il consultait souvent Lapeyrouse, se servait 
de ses livres et grandissait en science sous le patronage 
éclairé de ce savant qu'il appelait son maitre. 

Ramond publia dans la Décade philosophique (1794) la 
description de quinze plantes qu'il avait observées sur le 
pic du Midi, dans une excursion h laquelle il avait convié 
Lapeyrouse w. L'auteur de la Flore Pyrénéenne fut sobre 
d'encouragements, il dut dire ou laissa comprendre que 
celle publication manquait de nouveautés et là commença 
le premier froissement avec Ramond. En l'an VIII (1800) 
le Bulletin de la Société philomaliquc édita la descrip- 
tion et la figure de quelques plantes « inédites » des 
Pyrénées. Ramond, uu peu téméraire, avançait dans ce 
travail que ces plantes inédites « avaient échappé à tous 
les botanistes anciens et modernes. » Lapeyrouse déclara 
« qu'il n'était aucune de ces plantes (elles étaient au 
nombre de neuf) qui n'eût déjk été découverte et indiquée 
par Fagon et Tournefort (8 >. » La bonne harmonie était 
rompue et Itamond, en publiant Tannée suivante (1801) 
ses Voyages au Mont-Perdu, céda h un sentiment regret- 
table d'exagération en racontant qu'il avait procuré en 
un mois à Lapeyrouse plus de 700 plantes ! Les récrimi- 
nations de Lapeyrouse furent vives et les deux botanis- 
tes vécurent dès ce moment dans une mésintelligence 
d'autant plus regrettable qu'ils formèrent deux camps où 
se retranchèrent, vis-à-vis les uns des autres, les adhé- 
rents de chacun prêts à soutenir le cas échéant les pré- 
tentions plus ou moins justes de leurs amisi*'. Lapey- 
rouse disait avec une apparence de raison : « Les 



75 
Pyrénées soot-elles donc lotîtes autour de Barèges a 
Sont-elles la propriété exclusive de personne? Le livre de 
la nature n'est-il pas ouvert à tout le monde? N'est-il pas 
immense, et chacun ne peut-il pas y trouver son sujet?» 

Avant ces événements Ramond avait échangé avec 
Lapeyrouse 17 lettres empreintes toutes de la plus affec- 
tueuse déférence et d'une certaine admiration pour 
l'historien de la Flore Pyrénéenne. Ces lettres sont datées 
de Barèges, de Bagnères et de Tarbes ; elles embrassent 
la courte période de trois années, de 1795 à 1798, époque 
du conflit que je rappelle. Il ne serait jamais venu à ma 
pensée de remémorer les querelles de ces deux savants si 
la possession de leur correspondance inédite et des lettres 
de leurs contemporains sur le même objet ne m'eût paru 
offrir un certain intérêt historique capable de Taire appré- 
cier les véritables caractères de ces deux hommes. 

Je choisis une lettre de Ramond en date du 18 novem- 
bre 179i>. Ramond occupait, ou le sait, une place 
distinguée parmi nos orateurs éloquents à l'Assemblée 
législative, son style renferme tout le charme, toute la 
sensibilité que nous offre dans ses écrits le célèbre philo- 
sophe de Genève. On peut en juger par la page qui suit : 

« Barèges, 2» e jour complémentaire, an III 
* f de la République française. 

« Ramoud. t 
« Au citoyen Picot Lapeyrouse, Inspecteur des Mines de la République. 

« Citoyen, 
•< Une lettre de vous adressée au citoyen Saint-Amaus 
« et que vous aviez en la bonté de me rendre commune, 
« m'avait flatté d'une bien douce espérance. Je vous 



76 

« attendais à Barèges dont je n'osais m 'écarter de crainte 
« d'y manquer un seul de vos pas. Je me voyais déjà à 
« la suite du savant qui a acquis sur toutes les richesses 
« naturelles des Pyrénées une sorte de droit de pro» 
« priélé. J'allais apprendre de vous a les voir. Vous alliez 
« corriger mes aperçus, lever mes doutes, rectifier mes 
« conclusions. Mes dessins minéralogiques, mon herbier 
« prenaient sous l'œil du maître une nouvelle impor- 
« tance. Il m'était permis de jeter un regard sur cette 
« Flore magnifique dont vous enrichissez la bibliothèque 
« des savants. C'était le plus beau des jours que j'eusse 
« passé aux Pyrénées. 

« Quel a été mon regret de voir arriver sans vous les 
« compagnons de votre voyage ! Si la difficulté du temps 
« et la rareté des subsistances vous ont arrêté, com- 
« ment avez-vous pu redouter des obstacles et la pénurie 
« dans un département que vos travaux honorent et où 
« les autorités seraient allé au devant de vos besoins ? 
a Et eussé-je été le seul à faire les honneurs de ces 
« montagnes, je suis pauvre, mais j'ai des amis et nous 
« aurions écarté de vous tous les soucis qui auraient pu 
« ralentir vos savantes recherches. 

< Vos compagnons se sont adressés à moi pour leur 
« ouvrir le labyrinthe des hautes Pyrénées. Ils ont dû 
« sentir tout ce qu'ils perdaient à ne vous avoir plus. 
« J'ai peu fait pour eux, Tétai de ma sairté ne m'a per- 
ce mis de partager qu'une faible portion de leurs travaux, 
a et le sentiment que j'avais de la comparaison qu'ils 
« devaient faire entre leur nouveau guide et celui qu'ils 
« avaient perdu ajoutait à la défiance que mes propres 
« connaissances devaient m'inspirer. 



77 

<* Je les ai introduits toutefois au sein de la région 
« de granit. Je leur ai montré cette roche en place, et je 
a laisse h leur sagacité à tirer de cette vue les inductions 
« qu'elle peut suggérer. 

« Je les ai conduits sur les rochers de Sers, le long 
« du pic d'Ereslitz et au pic du Midi. Je leur ai montré 
« cet étonnant mélange de matières que les auteurs sys- 
« lématiques ne voyent que distinctes et j'ai désiré ainsi 
« les faire lire dans cette page du livre de la nature qui 
« commanJe si impérieusement la circonspection h qni- 
<i conque se dévoue à l'élude et a la description des 
o montagnes. 

« Ils ont vu la vallée de Gavarnie où je leur ai 
« recommandé les bases du pic de Bergons, du Cou- 
ce mélie et du Marboré. 

« Ils vous auront communiqué leurs observations, les 
« belles études de Lithologie dont ils emportent les 
« pièces, et les dessins pleins d'exactitude que le dessi- 
« nateur Milhert a faits sur les lieux avec une prestesse 
« qui fait honneur à son talent. 

<* J'ai* peu fait mais j'ai Tait ce que j'ai pu, et en 
« recevant ces citoyens comme un ami des sciences 
« doit recevoir ceux qui les cultivent, j'ai désiré les 
« recevoir aussi comme les compagnons du savant dont 
« j'avais souhaité la présence. 

« Recevez, Citoyen, les remerciements que je comp- 
« tais vous faire, de bouche, pour les témoignages de 
« bienveillance et d'estime que vous me donnez dans la 
« lettre que Sl-Àmans m'a communiquée. Un suffrage tel 
« que le vôtre compense bien de faux jugements, et j'ou- 
« blie de longues souffrances en goûtant un plaisir aussi 



78 

a pur ; mais en m'imposant la tâche d'en mériter de 
« semblables, il rend peut-être la seconde partie de ma 
« vie plus difficile que la première. 

a Vous avez vu entre les mains du Professeur Des- 
« fontaines, quelques fragments de plantes, tels que j'ai 
« pu les lui envoyer dans de simples lettres , faute 
« d'occasion de transports. C'est une bien petite partie 
« de celles que j'ai recueillies, car j'en possède actuel- 
« lement plus de quinze cents espèces. Je suis fort 
« riche en Saxifrages, mais ce genre a besoin de nom- 
a breux éclaircissements et c'est a vous à les donner. 
« Puissé-je éire bientôt en état d'aller faire un pèleri- 
« nage ou chez vous, ou vers le premier dépôt public 
« qui possédera votre ouvrage, vous rendre ainsi celles 
« de mes plantes nouvelles sur qui vous exercez le 
« droit de premier occupant et faire participer ainsi 
« mon petit travail ~à l'éclat que vous doit la botanique 
« des Pyrénées. 

« A la lecture de votre prospectus, j'aurais abandonné 
« mon entreprise si j'avais aspiré à faire une Flore des 
« Pyrénées, mais mes modestes herborisations accom- 
« pagnées de quelques vues philosophiques et économi- 
es ques , des observations sur le climat, l'échelle végè- 
te taie, la formation de l'humus ; un itinéraire propre à 
« guider le voyageur, m'ont paru propres encore à faire 
« rechercher les Pyrénées et à y faciliter l'élude des 
« plantes. Ma brochure ne sera qu'une modeste iotro-. 
«r duclion a l'histoire naturelle de ces montagnes et un 
« hommage de plus à vos travaux. 

« Mon livre a la main, je ne serai ici qu'un autre 
« Jacoti, un peu plus au courant que celui d'esté des 



79 

« principes de la science. C'est & le but où j'aspire, el 
« si le gouvernement accordait h mon travail on regard 
a de protection, s'il voulait me faciliter les moyens de 
<c naturaliser un peu l'instruction publique en ce dépar- 
te tement, je bornerais mes vœux à y être berborisateur 
« en titre el correspondant du jardin des Plantes de 
« Paris. Avec cet avantage, je serais bien malheureux 
a si je ne finissais pas par établir un jardin botanique en 
« ce pays, et je croirais n'avoir pas mal mérité des 
a sciences et de ce département une fois que j'aurais 
« ainsi conclu un traité d'alliance entre l'établissement 
ce central de Paris et ces montagnes qui en sont Tan- 
ce nexe naturel. 

« Voilà, Citoyen, les projets d'un homme dont la (en- 
ce dance fut toujours dirigée vers les sciences naturel- 
ci les qu'il a néanmoins plus aimées que cultivées et* qui 
« s'y renferme aujourd'hui pour obéir enfin à sa voca- 
ce tion. L'esprit brisé par les affaires, la santé altérée 
a par l'infortune, il lui reste seulement ce qui lui est 
ce nécessaire pour un genre de travail où le goût ranime 
ce le courage. Ainsi, je serai encore membre utile de la 
ce société el je payerai ma dette à ma Patrie selon la 
« médiocrité de mes moyens. 

ce En quelque moment donc que vous jugiez a propos 
te de revoir ce pays, soyez sûr d'y trouver un disciple, 
« un ami. Puissé-je, par mes exemples, vous en prépa- 
ie rer ici beaucoup d'autres. 

<c Salut el Fraternité. 

« Ramond. » 

Dralet, qui avait déjà voyagé dans les Pyrénées, fit la 
rencontre de Ramond en 1797, devint son ami et le sui- 



80 

vit dans plusieurs de ses explorations, notamment dans 
le second voyage au Mont-Perdu, et Ramond écrivit qu'il 
lui devait la plus belle observation faite dans cette 
exploration périlleuse < 10) . La prétendue découverte de 
Ramond fut aisément adoptée par les maîtres de la 
science. Lapcyrouse, intrigué plus que personne, s'adressa 
à Dralel, à Frizac son élève , qui devait accompagner 
Ramond, et je rapporte ici les renseignements inédits 
qui lui parvinrent. Dralet observait avec génie, il écrivait 
avec élégance et sa lettre qui suit est pleine d'intérêt. 
Cette lettre fut le prélude de l'excellent livre sur les 
Pyrénées ' H > qu'il publia plus tard' et dont il avait sans 
doute conçu le plan dans sa course de Tannée 1797. 

« Auch, 21 vendémiaire, an VI. 

« Citoyen, 

« Je reçois a l'instant une lettre du citoyen Boussés 
« qui me Tait part de celle que vous lui avez écrite rela- 
ie tivement au Mont-Perdu. Je voudrais bien pouvoir 
« répondre d'une manière satisfaisante à vos questions, 
« mais le peu de connaissances que j'ai sur l'histoire 
« naturelle, et le peu d'habitude que j'ai de faire des 
a observations sont cause que je ne remplirai vos vues 
« que d'une manière très imparfaite. 

« La neige qui remplit la Honrque de Tuquarouille 
« s'étant trouvée beaucoup plus dure que ne l'avait cru 
« le citoyen Ramond, il fut plus difficile et plus long 
« d'y creuser des marches, et nous employâmes quatre a 
« cinq heures h nous élever à travers cette neige, tandis 



81 

« que nous avions pensé que c'était l'affaire de deux heu- 
« res. Arrivés au sommet de cette Hotirque, nous eûmes 
« le spectacle imposant du sommet du Mont-Perdu et du 
« Cylindre du Marboré. Noos descendîmes vers le lac 
« par un éboulis qui se trouve à peu près vis-à-vis l'in- 
« tervalle qui est entre le Cylindre et le Mont-Perdu. 
« Vers le tiers de celle descente, je fls à la bâte le mau- 
« vais croquis qne je joins ici. On trouve daus les roches 
« calcaires qui avoisinent ces éboulis des coquillages 
« dont on ne peut guère définir l'espèce , pétrifiés de 
«c matières siliceuses. Au pied de cet éboulis se trouve la 
« partie occidentale du lac. H a la forme d'un fer k 
« cbeval dont l'arrondissement se trouve vers* l'orient, et 
« les branches sont terminées vers l'occident. Sa plus 
« grande largeur, du nord au midi, me parut pouvoir 
« être estimée à cent toises, et sa longueur, du levant à 
« l'occident, à cent cinquante. Ses eaux, couleur aiguë- 
« marine, étaient couvertes de gros glaçons ; et nous 
« reconnûmes bientôt que son trop plein versait en 
« Espagne par la vallée d'Eousse. Descendus au bord de 
« ce lac, nous calculâmes le temps qui nous restait, et 
« nous reconnûmes l'impossibilité de nous approcher 
« soit du Cylindre, soit du Mont-Perdu. Au reste , nos 
« guides sont persuadés qu'il est possible de parvenir à 
« l'un et à l'autre, en tournant le lac, soit du côté du 
« levant, soit du côté du couchant. 

a Le Cylindre ne présente qu'une masse énorme de 
« glaces, accumulées par couches parallèles, jusques au 
« sommet qui est lui-même entièrement de glace. C'est 
« ce Cylindre et les glaciers qui se trouvent à son côté, 
« au couchant, qui alimentent le lac qui fournit les eaux 

G 



82 

« de la fameuse cascade de Gavarnie, et tonséqueniment 
« celles de l'Adour. C'est ce qui nous a été assuré par 
« le citoyeo Ramond et par nos guides. 

« Vous demandez, citoyen, si nous avons approché 
« des glaciers ? Non : nous en avons toujours été sépa- 
« r es par la largeur du lac; mais on ne peut les con- 
« fondre avec la neige, soit à cause de leur couleur 
«r bleuâtre, soit a cause de I ur cassure, soit à cause de 
« leurs fentes i peu près perpendiculaires. 

« Nous voilà donc au bord du lac, nous croyons qu'il 
a serait trop dangereux d'aller descendre la Hourque de 
« Tucairouille, par laquelle nous étions venus, et nous 
« prenons le parti d'aller descendre dans la vallée 
« d'Eoosse, pour revenir par le pont du Pinel. Cepen- 
« danl, le plus hardi de nos guides nous quille et va 
a repasser par la Hourque, pour avoir soin de nos che- 
« vaux et de nos équipages. 

« Nous tournons le lac au nord, nous dirigeant vers 
« l'Est. (I faut traverser des neiges inclinées d'environ 
a 50 degrés, sur une largeur de plus de deux cents pieds, 
« et aboutissant immédiatement an lac. Le pied manque 
ce à un de nos guides, il fait une glissade de plus de 50 
« pieds, et se retient heureusement à quelques toises du 
a lac. Nous touchons terre au levant. Les rochers qui se 
« présentent au-dessus des neiges, comme des îles, sont 
« remplis d'huitres pétrifiées. Toutes sont adhérentes aux 
« rochers. Leur forme est très bien conservée ; mais il 
« est difficile de les en détacher, de manière que celles 
ce que l'on emporte sont très défigurées. Les Madrépores, 
« Millipores, etc., se détachent plus facilement, et on les 
« a avec une plus belle conservation. On trouve isolément 



83 

ci au pied de quelques rochers, des pétrifications siliceu- 
« ses, que Ton est tenté de prendre pour des os. Elles 
« sont cylindriques, et on remarque dans leur centre 
« une substance réticulaire semblable à celle des os ; 
« mais la forme extérieure ne ressemble k celle d'aucun 
« os d'animaux connus. 

m Le soleil commence à baisser et nous avertit qu'il est 
« temps de quitter ce beau théâtre. Nous y jetons un 
ce dernier coup d'oeil, et nous remarquons que l'ensem- 
« ble de tout ce que nous avons vu présente une espèce 
« d'ovale allongé, dont le grand diamètre est borné au 
« couchant par des rochers peu élevés, «formant une 
« sorte de balustrade, derrière laquelle doit être le lac 
« de la Cascade de Gavarnie; au levant par d'autres 
« rochers à travers lesquels s'échappent les eaux super- 
ce flues du lac du Mont-Perdu. Le petit diamètre de cet 
ce oiale a au midi le cylindre et la calotte du mont, et 
ce au nord des rochers élevés couverts en partie de neige. 

« Nous voilà sur la limite d'Espagne ; nos regards se 
« plongent sur l'inconcevable vallée d'Eousse, et jouis- 
ce sent du contraste le plus frappant. Cette vallée, dirigée 
« du levant au couchant, se prolonge en ligne droite 
ce sur une longueur de près de deux lieues. Des rochers 
ce noirs, secs, nuls pour la végétation, coupés perpen- 
ce diculairement, la bornent dans sa largeur; ils sem- 
« bleut des remparts dont la formation merveilleuse a 
ce été produite par l'art et la nature. Le fond de la 
« vallée est un sable blanchâtre, dont la monotonie n'est 
ce interrompue que par un filet d'eau alimenté par le lac 
ce du Mont-Perdu, par quelques pins, et par de rares 
« pâturages. Cependant ces lieux sauvages ne sont pas 



84 

« lout-à-fail déserts. On remarque à quelque dislance 
« quatre à ciuq maisonnettes et une chapelle. 

« Nous descendons avec grande peine dans cette 
« vallée. La montagne du haut de laquelle nous avons 
a l'air de nous précipiter, n'a rien d'intéressant que 
« son extrême escarpement, et quelques belles cas- 
« cades; plusieurs ont tari avec la fin de la fonte des 
« neiges. 

« Nous nous tournons vers le nord pour aller joindre 
« le port du Pinet (ou Pinède). Nous nous élevons a 
« travers des masses de grès remarquables par des 
« protubérances siliceuses, affectant diverses formes. 
« Le citoyen Ramond y découvre et détache de la roche 
« une coquille bivalve connue communément sous le 
« nom de Peigne. 

« Nous arrivons dans la partie Espagnole du port du 
« Pinet; une espèce de chemin y est pratiqué dans des 
a éboulis très divisés. Prévenu que Ton soupçonnait 
« dans ces éboulis, des pétrifications osseuses, je les 
« considère avec beaucoup d'attention. Bientôt je trouve 
« une pierre arrondie d'un côté et cassée au côté 
« opposé. Sa forme et ses dimensions me font penser 
« que ce peut être une tête humaine, elle me parait 
« cependant un peu plus grosse que la tête des hommes 
or ordinaires. Je cherche les scissures des pièces osseuses 
« du crâne, je n'en trouve aucune trace. J'examine si 
« les orbites paraissent, et je ne remarque qu'un faible 
« linéament qui m'annonce assez l'intervalle de la cavité 
« d'un orbite, et de la matière étrangère qui a pu le 
« remplir. Je ne trouve ensuite aucune marque d'orga- 
« nisation à la partie que je suppose la base du crâne. 



85 

« J'abandonne avec quelque regret celle pièce qu'il m'a 
« été trop difficile d'emporter. 

a A quelque distance j'en trouve une autre, dont 
« la (orme bizarre me rappelle celle des parties des 
« Innominés que l'on appelle Mon ou Ischion (un 
«des trois os); mêmes doutes, mêmes difficultés que 
« pour la première, et même parti. 

« La seule chose que j'ai amassée est une pétriiica- 
« tion calcaire dont la forme approche beaucoup d'an 
« calcaveum (os du talon). Elle en diffère cependant en 
ce ce quelle est un peu aplatie dans sa longueur, mais 
<c cela n'empêche pas d'y remarquer des apophyses 
« et des cavités qui ne sont propres qu'au calcaneum ; 
ce ce qu'il y a de plus frappant, c'est la contexlure de 
« la partie compacte de ces os, qui me parait fort bien 
ce conservée. Je croyais avoir perdu cette pétrification, 
ce J'ai eu d'autant plus de plaisir à la retrouver que je 
ce me propose de vous l'offrir, et je profiterai, citoyen, 
ce de la première occasion pour vous l'envoyer. 

« J'oubliais de vous dire qu'en allant k Gavarnie j'ai 
c< trouvé près de Gèdres, dans un éboulis, une pétrification, 
ce oa pour mieux dire, une incrustation fort intéres- 
cc santé; elle présente un groupe de trois moules plus 
ce grands que les moules fluviatiles. La forme extérieure 
ce est très bien conservée. Le citoyen Ramond, à qui 
ce j'en ai fait cadean, croit comme moi, que ce sont 
or effectivement des moules. 

« Voilà, citoyen, une longue lettre, mal écrite, mal 
ce ordonnée, mal griffonnée. Je la livre à votre indol- 
ce gence. J'ai été obligé de l'écrire très à la hâte afin 
ce de pouvoir profiter du départ du courrier. Telle 



a qu'elle est, mon but serait bien mal rempli si vous ne 
« la receviez pas comme une marque du désir bien 
« sincère que j'aurais de vous être agréable. 

« Agréez, je vous prie, citoyen, l'hommage de mon 
« respectueux attachement. 

« Dralet. » 

Lapeyrouse tira probablement parti de celte lettre du 
compagnon du nouveau voyage de Ramond , qu'il avait 
attendue pour mettre la dernière main à son mémoire sur 
le voyage au Mont-Perdu. Mais il n'en lira sans doute 
pas tout le parti utile, car il lui répugnait trop d'aban- 
donner son premier sentiment sur l'existence dans les 
Pyrénées de restes de grands quadrupèdes. Voici ce que 
son ami Gillet-Laumont, membre du conseil des mines 
et de l'ancienne Académie des scienees, lui écrivit le 20 
frimaire an VI (10 décembre 1797) : 

. a Mon cher ami, 

« J'ai reçu ton mémoire. Je n'ai pas perdu un instant 
et il a été annoncé et lu à l'Institut. Mais le citoyen 
Ramond avait écrit environ huit jours avant toi une let- 
tre sur ses deux voyages qui venait d être lue lorsque 
j'ai reçu ton mémoire. J'ai Tait les changements que tu 
as désiré. Ton étude m'a fait beaucoup de plaisir. Elle 
contient des observations fort importantes, entr'autres 
celle des feuillets verticaux des bases calcaires horizon- 
talcs, qui forment le sommet du Mont-Perdu et des mon- 
tagnes environnantes; il se pourrait que dans quelques 
occasions on eût pris pour des couches redressées ce 
que tu y indiques fort bien pour les avoir trouvées en 



87 

place. On aurait peut-être pu le faire le reproche d'avoir 
voulu laisser croire que lu es monté aussi haut que le 
citoyen Ramond par la manière que tu décris le voyage 
que l'on y a fait (et plusieurs personnes l'ont observé à 
la lecture), mais tu ne parles que du premier et d'un 
seul voyage, tandis que Ramond parle d'un premier et 
d'un deuxième voyage, dans lequel il a trouvé le lac 
dégelé. Tu recevras ton mémoire imprimé dans un des 
prochains numéros du journal. » 

La publicité donnée aux voyages du Mont-Perdu et 
l'aurait que Ramond sut donner à sa narration excita 
partout une vive curiosité, et créa des émules plus ou 
moins heureux de ses ascensions périlleuses. Parmi les 
récits qui furent adressés à Lapeyrouse et demeures 
inédits, jç puise encore dans les lettres autographes lais- 
sées par le savant naturaliste celle d'un érudit Toulou- 
sain, Auguste d'Aldéguierf*', qui joignait au talent de 
l'historien l'art du peintre fidèle et qui avait coopéré 
avec Redouté à faire revivre dans la Flore des Pyrénées, 
les plantes nouvelles décrites par Lapeyrouse. Voici cette 
lettre datée de Toulouse, le 4 octobre 1805 : 

< 
« Je crois vous faire plaisir, Monsieur, en vous eu voyant 

une notice d'un petit voyage qui vient d'être entrepris 
sur le Mont-Perdu avec une hardiesse et une rapidité 
dont l'on trouve peu d'exemples dans les voyages. Elle 
vous intéresse en ce que elle contrarie les observations 
faites par M. Ramond dans son premier voyage sur celle 
principale élévaiioo du globe; et qu'elle se trouve d'ac- 
cord avec ses secondes observations faites avec plus de 



88 

soin et sur les lieux mêmes, observations dont il a rendu 
compte dans le Journal des mines du mois de thermidor 
an II. Ce voyage n'ayant été qae de pure curiosité et 
ayant été fait sans projet, ne contient ni observations 
météorologiques, ni botaniques, ni géologiques. Son auteur 
se propose de le refaire l'année prochaine avec quelques 
amateurs de ces sciences qu'il prétend être aussi intré- 
pides piétons que lui, ce qui ne laisse pas que d'iotri- 
goer un peu H. Ramond. Il craint qu'on n'ait de meil- 
leurs yeux ou de meilleurs instruments que lui, d'autant 
que le jeune homme dont il est ici question parait être 
instruit et très capable d'examiner l'état de ces monta- 
, gnes de sang-froid et sans système ni prévention, ce qui 
est beaucoup pour démêler et faire connaître la vér té. 
« Ce voyage a été entrepris par M. Charles de Béran- 
ger, qui se trouvait à Cauterets à la suite de Mlle Xascber, 
nièce de l'Impératrice. Il est parti de Cauterets, le 
mercredi 10 fructidor, à trois heures du matin, par la 
vallée de Entou, a monté la montagne d'Osson, est arrivé 
à Gavarnie à deux heures de l'après-midi ayant toujours 
marché. (J'oubliais de vous dire qu'il avait pour guides 
le nommé Martin, porteur de Cauterets, Michel Pins, 
chasseur d'izards de Cauterets, et Rondeau, de Barèges, 
le même qui accompagna M. Ramond dans sa première 
ascension et dont il est souvent fait mention dans la 
relation qu'il en a faite, dette particularité doit être notée, 
car elle devient une circonstance aférante en raison des 
prétentions de M. Ramond et de ses amis qui disent que 
M. de Béranger n'a pas été conduit sur le dernier som- 
met du Mont-Perdu). Il est reparti à quatre heures de 
Gavarnie, après y avoir pris un potage. A cinq heures il 



89 

a été rendu ao pied de la grande cascade, et ' est arrivé 
à hait heores sur la brèche Rolland sans avoir pris de 
repos et ayant marché demi-heure de nuit sur les glaciers. 
Il a passé la nuit sur la brèche Rolland, du côté de 
l'Espagne, s'est reposé huit heures, et à quatre heures 
du matin il était sur pied et a recommencé son voyage 
vers le pont de Gnatis qu'il a traversé ; après quoi il a 
recommencé à gravir sur le Mont-Perdu par le chemin 
le plus droit et le plus court, (ce doit être par la partie 
du sud dont parle M. Ramond, qu'il dit être découverte 
et très escarpée, puisque les neiges ne peuvent s'y sou- 
tenir et qu'elles forment un glacier h neuf mètres au 
dessous) et le plus difficile? Le voyageur est arrivé h six 
heures et quan à 60 toises de la cime. Après avoir 
traversé les glaciers, le vent a été constamment impé- 
tueux ; il a séjourné trois-quarts d'heure & cette hauteur 
de 60 toises au dessous de la cime pour attendre que le 
vent se calmât, mais voyant que son attente était inutile, 
il a pris le bras d'un des guides qui lui-même s'est 
attaché h ses compagnons, et se soutenant ainsi les uns 
les autres pour n'être pas emportés, se cramponnant aux 
rochers, ils ont triomphé d* tous les obstacles et à onze 
heures et demie du matin leurs quatre têtes ont dépassé 
la cime altière de ce mont. M. de Béranger a gravé son 
nom et celui de ses trois guides sur la roche de cette 
cime et après y avoir séjourné un quart-d'heure par un 
vent tempétueux, il a gagné les tours du Marboré en 
longeant par la crête toutes les murailles extérieures du 
cirque de Gavarnie a travers des neiges, des pics et des 
précipices affreux inconnus aux contrebandiers et inabor- 
dés jnsqn'à ce jour'. Il est arrivé a nouveaU'stfr la brèche 



nu 

Rolland par la muraille même. Arrivé à quatre heures 
à ladite brèche, il eu est descendu et est arrivé fe sept 
heures et quart au village de Gavarnie, où il a passé la 
nuit; il a été diner le lendemain k St-Sauveur, et est 
rentré aCauterets par le pic de Viscos et la montagne de 
Lisay. 

« Ce voyage est le plus remarquable qui ait encore 
été fait sur les Pyrénées. Michel Pin et Rondeau, dont 
l'intrépidité est connue daos ce pays, ont été souvent 
effrayés de celle du jeune voyageur. Ils n'avaient jamais 
rien vu d'aussi affreux que l'aspect de certains chemins 
qu'ils se sont pratiqués à travers les rochers et les pré- 
cipices. La première journée ils ont marché douze 
heures sans s'arrêter qu'une heure à Gavarnie, et la 
seconde a été peut-être plus fatigante encore. 

« M. de Béranger ne connaissant pas la notice que 
M. Ramond fil insérer dans le Journal des mines de 
Thermidor, an II, et n'ayant lu que le premier voyage 
où il est dit que la dernière cime du Mont-Perdu est 
couverte de neige, assura que ce voyageur s'était trompé, 
que ses flancs seulement élaieut couverts de glace, ce 
qui se trouve d'accord avec les secondes observations. 

« La présente notice est de la plus grande exactitude 
et vérité. Il vous sera aisé de juger vous-même du peu 
de fondement des allégations que font à M. de Béranger 
les amis de M. Ramocd ; et que c'est réellement la 
cime du Mont-Perdu sur laquelle il a gravé son nom et 
celui de ses guides. D'abord les observations qu'il a 
faites sur ce pic se trouvent d'accord avec les secondes 
observations de M. Ramond ; en second lieu, Rondeau* 
qui avait été un des conducteurs de Ramond, avait vu 



91 

le Mont-Perdu, en connaissait la dernière cime. Il y a 
par conséquent de la mauvaise foi, du ridicule même, à 
vouloir assurer qu'il a été mal. conduit. D'ailleurs oa 
aura toujours le droit de renvoyer les sceptiques à la 
dite cime pour y vérifier si les noms du voyageur et de 
ses trois guides se trouvent gravés sur le rocher. 

« J'ai cru vous obliger eu vous envoyant cette petite 
relation; rien de ce qui intéresse les sciences et les arts 
ne vous est indifférent et la témérité ou plutôt la noble 
audace du jeune voyageur n'ayant eu pour but que 
l'acquisition de nouvelles connaissances doit nécessaire* 
ment faire plaisir a celui qui en possède de si étendues. 

« J'ai l'honneur de vous saluer, et vous prie de me 
croire, avec considération et amitié, votre dévoué ser- 
viteur, 

« Auguste d'Aldéguier. » 

On avait cru que Taxe de la chaîne des Pyrénées 
était calcaire parce que dans ces montagnes la zone 
calcaire est plus élevée que la zone granitique. Ramond 
prouva par ses observations que les Pyrénées ne diffèrent 
pas des autres chaînes alpines par l'ordre de succession 
des bandes grauitiqaes, schisteuses et calcaires, mais 
seulement par les rapports de hauteur de ces bandes. 
A son second voyage, Ramond détermina les limites des 
neiges permanentes et celles de la végétation dans cette 
portion remarquable de la chaîne des Pyrénées. Les 
neiges s'arrêtent à 2,440 mètres ; les bois, notamment 
les Pins, finissent à 2,150 mètres. Parmi les arbris- 
seaux qui leur succèdent, le Genévrier est l'espèce qui 
croît à la plus grande hauteur. A 2,760 mètres on 



9* 

trouve le Rannnculus parnassiœfolius , les Saxifraga 
Grœnlandica, androsacea et oppositifolia le Ranunculus 
glaciaUs, etc., qui fleurissent au milieu des frimas. 

Résumant les droits que Ramond et Lapeyronse ont 
acquis k la reconnaissance dés géologues, on pent dire 
que Lapeyrouse est le premier naturaliste français qui a 
distingué le calcaire primitif du calcaire secondaire, et 
que Ramond a démontré le premier l'existence du ter- 
rain de transition dans les Pyrénées. 

Sous le rapport des droits de ces deux savants à la 
reconnaissance des botanistes, la somme de travaux la 
plus importante revient à Lapeyrouse, qui a décrit une 
grande quantité de plantes ayant survécu aux vicissitudes 
de la nomenclature et qu'on retrouve sous son nom 
dans les Flores les plus récentes. UÂreixaria ceraslifolia, 
le Medicago suffruticosa, etc., appartiennent à Ramond, 
et le Ramondia Pyrenaica, Rich., que Ramond a 
signalé exclusivement sur les rochers des Pyrénées- 
Orientales et centrales qui se dirigent du Nord au Sud, 
consacre à jamais sa mémoire. Les dédicaces de l'amitié 
n'ont pas tait défaut b Picot de Lapeyrouse. Roemer, son 
zélé correspondant, a donné le nom de Piœtia à une 
Borraginée qui est représentée en France par deux 
espèces et une Lapeyrousia rappelle un sous-arbrisseau 
du Cap que le savant Thumberg, successeur de Linné, 
décrivit sôus ce nom pour honorer le Professeur de 
Toulouse, son ami. Plus près de nous, M. Jordan a 
fait le Galium Lapeyrousiamm d'une nouvelle Rubiacée 
Prrénéenne. 



93 



NOTES. 



(1) Le pic granitique de Nétkon qui lait partie de la Maladette, le' 
poiot le plus élevé des Pyrénées, s'il faut croire l'auteur de l'article 
Pyrénées du Dictionnaire de la Conversation , deuxième édition, 
mesurerait 2,574 mètres Bien queReboul, en 1816, n'assigne à ce pic 
que 3,483 mètres, il était encore le point le plus élevé de la chaîne et 
Ramond s'était trompé en indiquant le point d'élévation extrême au 
Mont-Perdu. Des évaluations faites en 4844 par MM. Koflenser et 
Btentzicoff donnent au pic de NeLhou 3,543 mètres et au Mont-Perdu 
3,346 et non 3,426 comme l'a écrit Ramond. Reclus en 1870, d'après 
Y. Petit, fixe la hauteur du Mont-Perdu à 3,351 mètres. 

A une époque que l'état de nos connaissances nous empêche de pré- 
ciser avec exactitude et qui doit se perdre dans la succession des âges, 
les Monts-Pyrénéens, ces montagnes de transport, devaient avoir une 
élévation bien supérieure à celles qu'atteignent aujourd'hui leurs cîmes les 
plus élancées. La Providence a seule le secret de ces grandes catastro- 
phes qui ont brisé les sommets et les ont fait retomber sur leurs bases. 
Si l'on est encore loin de s'entendre sur l'origine des vallées, des gorges, 
des ravins, on doit cependant admettre d'une manière générale que 
parmi ces dépressions des saillies terrestres, les unes commencèrent par 
être soit des plissements de strates, soit des failles de rochers, soit des 
cavernes intérieures, comme l'a dit avec logique M. Desnoyers, graduel- 
lement é vidées, tandis que les autres ont été peu à peu fouillées par le 
temps, excavées par les neiges, les glaces, les pluies et les eaux cou- 
rantes. 

• 

(2) Palassou avait en quelque sorte mis les naturalistes sur la voie de 
la vérité en observant avec un soin minutieux les degrés de l'inclinaison 
des couches au-dessus de la direction de la ligne horizontale, observation 
importante qui devait écarter la présomption du soulèvement des masses 
du centre de la chaîne. Le calcaire alpin renferme une immense quantité 
de débris de corps organisés (mollusques mr.iins univalves et bivalves 
ou polypiers) mais nullement des débris d'ossements. J. de Charpentier, 






94 

qui chercha ces ossements avec un soin minutieux dans les lieux où l'on 
prétendait en avoir découverts, croit que Ton a pris pour ces sortes de 
détritus des Quartz néoptères. Ramond, moins enthousiaste que Lapey- 
rouse, et plus réservé, ne pouvait admettre que ceux que Ton découvrit 
en sa présence fussent véritablement des os. Il doutait....... Lapeyrouse 

ne partageant pas cette incertitude écrivit : « Frizac et mon fils ont 
recueilli une belle suite d'ossements pétrifiés sur les bords du lac du 
Mont-Perdu, ils ont rapporté des vertèbres dorsales, des fragments de 
tibia, d'humérus, de fémur ; le tissu osseux n'est point dénaturé : dans 
les uns ou dans les autres il est converti en silex ou agathe ; la cavité 
médulaire est souvent creuse, et l'épaisseur des parois osseuses forte- 
ment prononcée, et surtout dans des coupes heureusement accidentées. 
Les dimensions et la figure de ces os prouvent qu'ils ont appartenu à 
des quadrupèdes de la taille au moins, d'un mulet de moyenne force. » 
Cette déclaration fut une très-grave imprudence. 

(3) La première publication de Ramond, Observations faites dans les 
Pyrénées, parut en 1789. Il n'est point question de botanique dans cet 
ouvrage. • • 

(4) La relation de ce voyage parut dans le Journal dis mines, vendé- 
miaire an VI (1798). 

(5) « Nous découvrîmes à la Piquette d'Endrelilz et au cirque &Arec, 
non loin des sources de l'Adour, lieu si ignoré et si intéressant, qu'un 
de mes disciples, M. Bouffés, a seul visité après nous, des substances peu 
connues alors et qu'on n'y avait pas soupçonnées avant nous. Des grou- 
pes magoifiques de cristaux à'Adulaire. é'Axinite, de grenats de diver- 
ses couleurs, de Chabasie, de Preknite, que je retrouvai ensuite autour 
du lac de Leou , de Koupholtthe, qui en est le premier. rudiment ; de 
cristaux de roche accidentés de plusieurs manières, KEpidole et d'Har- 
motomn, dont je donnai un fragment à M. Ramonl qui en parle, il est 
vrai , mais qui ne veut plus se souvenir de la main qui le lui a pré- 
senté. » (Lap., not. des aut. qui ont voy. dans. les Pyr.) 

(6) Tournefort est le botaniste qui a parcouru le premier les parties les plus 
considérables des Pyrénées. Il débuta en 1680 parla visite du Rotissillon. 
Il séjourna à Perpignan, Collioure, Géret ; il vit la Gerdagne, le Gon- 
flent et le Gapcir ; il s'établit sur le Canigou et au Mont-Louis, puis, 
passant par Mossst et Bellegarde, il traversa la Catalogne et vint stationner 
dans le rovaume de Valence. 



95 

(7) Le Journal des mines (août 1803) contient l'indication des plantes 
observées autour de Barèges, dans un troisième voyage de Ramond. Un 
an avant sa mort, en 1826. (Lapeyrouse était mort depuis huit ans.) 
Ramond publia dans les Mémoires du Muséum, une statistique de la 
végétation du pic du midi de Bigorre. A la première époque il signale au 
sommet 40 espèces phanérogames, parmi lesquelles se trouvent plusieurs 
espèces cosmopolites. A la seconde, il a porté le chiffre de ce* espèces à 
71. En 1844, M. C. Des Moulins, qui a écrit une relation très-pittoresque 
de son ascension à ce pic, ne trouva à son sommet que 10 plantes 
phanérogames. Toutefois, sa visite était tardive, et à la fin d'octobre, la 
végétation des sommets pyrénéens est la plus reculée de la saison. En 
septembre 1843, Léon Dufour rapporta de cette curieuse station 55 espè- 
ces sans y comprendre les phanérogames triviales de la première récolte 
de Ramond. 

(8) Voici Yètat civil, s'il est permis de s'exprimer ainsi, de ces plantes 
controversées : 

1° Crocus multifidus, Ram., cité comme synonyme par Lapeyrouse du 
Crocus nudiflorus, Smith. Espèce typique commune dans toute la chaîne 
des Pyrénées. L'opinion de Lapeyrouse a prévalu. MM Grenier et 
Godron ont suivi le sentiment de ce dernier dans leur Flore de France. 

2° Scilla umbellata, Ram., cité seulement comme synonyme du Scilla 
verna, Huds, par Lapeyrouse qui mentionne cette plante dans sa Flore 
abrégée, opinion acceptée par tous les auteurs. 

3° Asperula hirta, Ram. Lapeyrouse rapporte cette espèce à une 
plante pyrénéenne recensée par Tournefort. 11 rappelle, et Ramond le 
déclare aussi, que Saint-Amans a signalé cette aspérule dans son Bou- 
quet des Pyrénées. 

4° Passerina nualis, Ram. Espèce primitivement décrite par Lapey- 
rouse et figurée dans les actes de l'Académie de Toulouse, 1172, sub. 
Daphne calycina, puis rapportée comme forme par le même à sa variété 
B. du Passerina juniperifolia, Flore Pyr., fig. 88. Cette espèce conserve 
aujourd'hui le nom de Passerina calycina de Lapeyrouse. Elle est poly- 
game et quelquefois dioique ; cet ce dernier état qui servit à Ramond 
pour établir sa Passerina nivalis, état qui ne saurait constituer même 
une variété. 

5° Geum Pyreneum, Ram. Lapeyrouse renvoie cette prétendue espèce 
nouvelle dans la synonymie de son Geum Tournefortii de la Flore 
abrégée; mais le nom de Geum pyrenaienm, Willd., que Ramond ne 
connaissait pas lui a été préféré comme étant antérieur aux deux autres. 

6* Bartsia spicata, ham. Lapeyrouse donne à cette espèce le nom de 
Bartsia Fagonii dans sa Flore abrégée, du nom du botaniste qui selon le 



% 

Topographiawùl trouvé le premier cette plante dans les Pyrénées. 
Ramond, es la décrivant comme sa propre découverte, avait dit « qu'elle 
avait échappé k tous les botanistes anciens et modernes. » On a con- 
servé le n m donné par Ramond, malgré l'argument sérieux de Lapey- 
rouse, à cause de l'antériorité de la première description. Ce qui a pu 
donner une nouvelle force à ce jugement, c'est l'opinion de Bentham qui, 
révisant l'herbier de Lapeyrouse, trouva sous le nom de Bartsia F agonit, 
un exemplaire du Bartsia alpina. N 'est-il pas permis de douter de l'au- 
thenticité de cet exemplaire lorsque l'on sait que l'herbier du Aoriste 
Pyrénéen a subi des maniements et des remaniements qui ont jeté 
depuis nombre d'années, la plus grande confusion dans tous ses fascicules? 

7» Senecio persiccefoliu*, Ram. Décrit par Lapeyrouse sous le nom 
de Senecio Tournefortii. La qualification donnée par Ramond à ce Séne- 
çon avait déjà été imposée par Tumberg à une autre Sénécionnée du Cap 
et le nom donné par Lapeyrouse pour rappeler le maître -qui avait ins- 
crit la plante dans la Topographie botanique des Pyrénées a été adopté. 

8* Mœrendera bulbocodium, Ramond. Cet auteur résuma ainsi la défi- 
nition du nouveau genre Mérendère qu'il a fondé sur une espèce unique 
du joli genre Bu bocode : germe, style et fruits du colchique ; anthères 
du Safran, corole ou pour mieux dire calice du Bulbocode. Lapeyrouse 
n'admettait pas ce démembrement du genre Bulbocode qu'il avait figuré 
quant à l'espèce Pyrénéenne dans sa Flore in-fol. sous le nom de Bulbo- 
codium autumnale, sur un échantillon fourni par les Pyrénées-Orientales e( 
que son ami Barrera « avait payé 46 livres au guide qui avait été les chercher 
à Cambredases . » Dans le genre Bulbocode conservé, trois styles sont soudés 
presque jusqu'au sommet, tandis que dans le .Mérendère ils sont libres; 
les trois carpelles (capsules) sont soudées dans presque toute leur lon- 
gueur dans le Bulbocode, tandis que dans le Mérendère elles sont seule- 
ment soudes par la suture ventrale . Les graines du premier genre sont 
chagrinées, à la loupe, dans celui de Ramond elles le sont presque à 
l'œil nu. Voilà lés différences qui ont motivé la conservation du genre 
Mérendère. 

9° Chrysanthemum maximum, Ram. Lapeyrouse avait publié et 
figuré cette espèce longtemps avant Ramond sous le nom de Chrysan- 
themum grandi florum dans sa Flore Pyrénéenne ; il la maintient dans sa 
Flore abrégée en rappelant qu'il se serait bien gardé, lui, de changer le 
nom d'une espèce très-ancimnement connue, faisant allusion aux repro- 
ches qu'on Jui avait adressés vaguement peut-être! Le nom de maximum 
est resté dans les Flores, même récentes, comme Rappliquant à la fleur 
seulement. On a considéré que le nom donné par Lapeyrouse s'appliquait 
à la forme de la plante dont la cnlathide atteint dans certains habitats 
une. grandeur anormale. 



r 



97 

(9) Villars, l'auteur de la Flore du Dampkiné, écrivait à Lapeyrouse 
le 22 janvier 1800 : • Et Ramond! Qu'est-ce donc qui vous arrive 
encore? Il a envoyé aussi beaucoup de vos espèces neuves ou douteuses à 
Desfontaines. » — Ramond devint le pourvoyeur assidu des auteurs de 
la Flore Française qui parut en 1805. Mit -il toute la bonne foi désira- 
ble dans ses communications? Je laisse à d'autres le soin de le recon- 
naître. Lapeyrouse renouvela, dans sa Flore abrégée, ses reproches à 
l'égard de Ramond; il constatait l'absence à cette époque (1813) de 
rémunération complète des plantes des Hautes-Pyrénées annoncée en 
1800 par l'auteur du Voyage au Mont-Perdu. Appelé à rendre comptai 
l'Académie des sciences, du livre de Lapeyrouse, Mirbel, rapporteur, qui 
avait accompagné Ramond dans le second voyage au Mont-Perdu, et qui 
avait déjà créé le genre Ramondia pour deux fougères de l'ancien genre 
Qphioglossum de Linné, hésitait à communiquer son sentiment personnel 
à Lapeyrouse, mais il céda aux instances de ce dernier sans songer à 
cacher ses amitiés pour Ramond. « On m'avait demandé, dit-il, un 
rapport verbal, je me suis conformé rigoureusement i cet ordre. Il m'a 
semblé que vous aviez changé saus nécessité les noms de beaucoup 
d'espèces ; que vous aviez introduit mal à propos de nouveaux genres ; 
que vous avez eu tort de supprimer le Merendera que tous nos botanis- 
tes reconnaissent comme un genre bien distinct', qu'enfin vous aviez 
traité durement et injustement des hommes d'un mérite avoué de tout le 
monde. Voilà, autant que je me le rappelle, les points sur lesquels roulait 
ma critique. D'ailleurs, j'ai loué l'ordre et l'importance, de votre travail. 
On m'avait demandé mon opinion ; mon devoir était de la dire. Il ne s'est 
élevé aucune réclamation contre mon rapport. C'est tout ce je puis rois 
apprendre. J'ai l'honneur, etc. » 

Léon Dufour qui fut l'ami de Lapeyrouse, mais aussi qui fut l'ami et 
l'admirateur de Ramond, qu'il avait accompagné en 1799 dans une 
de ses dernières excursions aux Pyrénées, a écrit dans ses Souvenirs, 
les lignes suivantes au sujet de l'ascension au Mont-Perdu ; • Je 
voyais l'intrépide Ramond et le guide Laurent qui le suivait comme son 
ombre, suspendus à l'aide de leurs crampons sur ces murs de glace qui, 
d'ici ont le poli du verre. Je vous apercevais vous et Mirbel sondant de 

toutes parts les abords de la redoutable forteresse Je voyais aussi 

mon ami Lapeyrouse, reculant avec regret devant l'escalade, accusant 
son impuissance et gisant accablé de fatigue au bas des premiers étages 
du pic dont il épluchait la botanique avec son fidèle Ferrière. » Lapey- 
rouse n'était plus quand Dufour écrivit ses Souvenirs. Evidemment ce 
dernier ne voulait pas parler du voyage avec Dolomieu, mais seulement 
du second voyage de Lapeyrouse, et le rapprochement qu'il fait de 
Ramond et de Lapeyrouse, réunion insolite d'époques doit s'entendre par 



9K 

la certitude acquise depuis la publication de Lape) couse, que ce bota- 
niste n'était pas parvenu à la même hauteur que Ramond, lors de son 
second voyage. 

(10) Frizac, élève de Lapeyrouse, dont la collection minéralogique 
importante est conservée au Musée d'histoire naturelle de Toulouse, écri- 
vait de Bagnères, le 28 septembre 1797, à son maître : « Il y a au 
« moins une douzaine de jours que je vous ai envoyé un rapport sur le 
« deuxième voyage du citoyen Ramond, au Mont-Perdu, avec une des- 
« cription de quelques fragments d'os cylindriques que Dralet a eu la 
• complaisance de me laisser choisir dans sa partie da butin qu'il avait 
« soustraite à tous les yeux. Je'vous ferai même part de ma colère outrée 
f contre Dralet au sujet d'un morceau sphéroïde ressemblant, me dit-il, 
t à une tête humaine qu'il a trouvé et jeté à cause de sa pesanteur au 
« sommet du port de Pinède. Quel sujet de dissertation zoologique ! Quel 
« rare et précieux échantillon ! » 

(il) Description des Pyrénées, considérées principalement sous les 
rapports de la géologie et de l'économie rurale. 2 vol., 1813. 

(12) Voir ma dissertation sur les figures de la Flore des Pyrénées dans 
les Mémoires de l'Académie des Sciences de Toulouse, 1857, page 411, 
qui a fourni une addition au Thésaurus litteraturœ èotnnicœ de Pritzel. 
M. Auguste d'Aldéguier publia une Histoire de Toulouse en 4 volumes 
in~8<>. 11 était bibliothécaire de la ville de Toulouse lorsqu'il est mort. 



99 



UNE VISITE 

AU JARDIN D'ACCLIMATATION 

BT 

D'EXPÉRIENCES BOTANIQUES 

DE COLLIOURE. 



A Monsieur le Docteur LOUIS COMPANYO, Directeur du Muséum 

d'Histoire naturelle de Perpignan. 

Toulouse, le 24 Janvier 1873. 

Mon cher Docteur, 

Je réunis ici, un peu à vol d'oiseau, ce que J'ai vu et 
retenu dans le pèlerinage scientifique que j'ai fait avant- 
hier à Collioure; impressions et souvenirs que vous 
m'avez fait promettre de vous donner sur le papier, et 
qui se rapportent tous an savant que nous aimons et à 
ses utiles travaux, sur lesquels vous avez été le premief 
à attirer ma curieuse attention. 

A l'entrée de la' ville de Collioure, et ati débouché de 
la gare du rail-way du Midi, le visiteur suit à sa gauche 
un sentier encaissé dans un chemin fort pittoresque qui le 
conduit en quelques instants à la demeure de M. Ch. 
Naudin. L'étiquette d'usage à la ville paraît bannie dès 
qu'on a franchi le seuil de la demeure du maître ; nul né 
stationne à la loge du concierge et, comme les habitués 
de la maison, j'ai parcouru le premier jardin, celui (fins* 
lallation ancienne, où vivent, sous leor ciel de prédilec- 



100 

lion, des orangers et des citronorers toujours verts, à 
demi séculaires, chargés encore de beaux et nombreux 
fruits, et dont les branches semblent atteindre le niveau 
des bâtiments qu'ils précèdent. J'ai contourné l'habita- 
tion et gravi les échelons du jardin supérieur réservé aux 
expériences de culture. Ce jardin étage occupe une 
ravissante petite colline. J'ai pu dire avec Delille : 

Oui, j'aime ces hauteurs où sans orgueil domine 

Sur un riche vallon une belle colline. 

Là, le terrain est doux sans insipidité, 

Élevé sans raideur, sec sans aridité. 

Vous marchez, l'horizon vous obéit ; la terre 

S'élève ou redescend, s'étend ou se resserre. 

Vos sites, vos plaisirs, changent à chaque pas. 

La vue de la mer, un tertre plus ou moins élevé, des 
ombrages habilement distribués, un filet d'eau, des bas- 
sins, puis des accidents naturels, un rideau de rochers 
formant un abri chaud, et, au second plan, une hauteur 
plus imposante encore et une forêt de ebénes-liéges qui 
se prolonge *ur les pentes escarpées de la montagne, 
décors taries qui donnent toujours des sensations mélan- 
coliques et que l'art cherche difficilement à imiter ailleurs; 
enfin la voie ferrée qui coupe îk travers les jardins, voilà 
le vallon du Douy, la campagoe de Collioure, voilà le 
rêve de l'ami de la nature! 

M. Naudin me tendit cordialement la main, il quittait 
son observatoire où l'appellent à chaque heure du jour 
ses multiples observations ; et après avoir couché sur ses 
tables les annotations de midi, il fut tout à mon indis- 
crète et exigeante admiration, faisant mieux que de m'ex- 
primer des sentiments sympathiques, me montrant par 
nne effusion de sincère cordialité qu'il aimait qu'une 



iOl 

visite le reposât quelquefois de ses labeurs ordinaires. 
J'essayai de lire dan* ses chiffres. J'appris qoe l'obser- 
vatoire de Collioure, relié à d'autres observatoires météo* 
rologiques correspondant entr'eux, permettait de coor- 
donner les observations faites sur divers points les plus 
opposés et de suivre désonnais ï l'aide de la télégraphie 
les phases des grands phénomènes atmosphériques. Là 
est je crois une des belles institutions de l'administration 
de M. Leverrier. Des faciles explications du maître, de 
ses lucides raisonnements, j'ai pu apprécier ce que vous 
avez déjà senti vous-même, mon cher docteur, que la 
météorologie éclaire et enrichit la botanique, qu'elle 
vivifie et perfectionne l'agriculture en même temps qu'elle 
fait de la sylviculture une science intelligente, et qu'elle 
force la géologie à dire ses secrets. Ne doit-on même pas 
avancer avec certitude que cette science moderne est le 
point de départ de l'hygiène et de la médecine bien 
comprises? Ces réflexions s'emparaient de mon esprit 
déjà tout attentif aux chiffres alignés en diverses catégo- 
ries que j'avais sous les yeux, et que mon hôte enregis- 
trait et conservait avec ce soin minutieux, précis, que 
l'amour de la science a seul le don d'inspirer. 

Je commence ma pérégrination de détail dans les jar- 
dins et je demeure émerveillé en présence de tous ces 
végétaux à faciès tropical. Je juge mieux par la vue de 
la pratique savamment expliquée par M. Naudin dans le 
Traité général d'Horticulture qu'il a publié avec M. De- 
caisne, de la facile conservation en plein air des arbres 
et arbustes réputés d'orangerie, et de serre tempérée 
ailleurs. Cette végétation à Collioure, oà il y a cependant 
des jours froids, s'explique par la chaleur dn soleil que 
le sol a largement emmagasinée pendant l'été, et qu'A 



103 

conserve en hiver a on degré bien plus tftevé que ne le 
fait le sol septentrional. C'est la culture géothermique, 
fournie ici par la nature elle-même, et que les horticul- 
teurs pratiquent artificiellement chez nous. 

Les Palmiers, appelés dans le langage poétique les 
Princes du règne végétai, représentent chez M. Naudin 
une spécialité de ses essais d'acclimatation. Le nombre 
des espèces qui prospèrent à Gollioure est relativement 
considérable, quelques-unes même, quoique fort jeunes, 
sont déjà de taille respectable. La Pépinière est bien 
fourme; elle doit rassurer les amateurs pour la propa- 
gation de ces élégantes conquêtes de l'horticulture. Tous 
ces enfants des Tropiques se recommandent par leur 
beauté, leur port léger et élance qui contraste si nette- 
ment avec la végétation Européenne. Indubitablement 
ces arbres ne seront jamais chez nous que des végétaux 
d'ornement. Le Dattier fleurit bien dans le (toussillon, 
ses régimes se chargent de fruits, mais hélas! ils ne 
mûrissent pas, peut-être faute d'être fécondés. A Tou- 
louse le Dattier est un objet de curiosité qui se développe 
mal, même avec les meilleurs abris. Les ressources indus- 
trielles de ces beaux arbres dans leur pays sont nom- 
breuses. Vous savez que la littérature indienne a évalué 
celles du cocotier a un nombre qui égale celui des 
jours de l'année ! 

Je rappelle les espèces de Palmiers qui ont le plus 
attiré mon attention dans ma visite. C'est d'abord le 
Livistona auslralù, Coryphinée appartenant à la section 
des palmiers à tiges renflées à la base, et qui atteint à 
une très grande hauteur. C'est une espèce monumentale 
de la Nouvelle-Hollande, plusieurs fois représentée chez 
M. Naudin par des sujets de la plus belle venue et pro- 



10.1 

venant de ses semis. Une autre Corjphinée, le Sabot 
palmettO) est remarquable quoique jeune el lent à croître. 
Les Chamœrops appartiennent encore à la même section ; 
ils fourmillent à Collioure. J'ai vu le Ch. Martiana de 
l'Himalaya, provenant d'un semis Tait k Montpellier; les 
Ch. Forluneï el 67t. ezccba, splendidcs de développement; 
le Phœnix pusiUa mâle, on des exemplaires les plus 
beaux qui existent en Europe, et qui portait alors plu- 
sieurs inflorescences prêtes a s'ouvrir; ce rare palmier de 
la Chine mériterait le prix de la culture si on pouvait 
en décerner un à M. Natidin. C'est un semis de douze 
ans, très bien acclimaté aujourd'hui. Le Cocos liomanzof- 
fiana, du Brésil austral, qui n'a encore passé qu'on hiver 
en pleine terre, est de belle apparence. Un autre cocotier 
de l'Amérique du Sud, qui n'est pas déterminé, en est à 
son troisième hiver de transplantation et il promet de 
bien résister. Toutefois, les palmiers les plus intéressants 
de Collioure sont les cocotiers du Chili, ou Jnbea speda- 
biliSi aussi rustiques que les chamaerops d'Afrique, et qui 
seront peut-être un jour des arbres fruitiers et sacchari- 
fères en Roussillon comme dans leur contrée natale. 

Une H ha m née fort curieuse, le CoUelia cruciata du 
Chili, qui vient de bouture el qui atteint rapidement de 
grandes dimensions, est une intéressante acquisition pour 
encadrer les grands massifs. Ses fortes el larges épines 
en feront un jour une plante défensive de premier ordre. 

Deux plantes utiles, deux Papilionacées, excellentes 
fourragères, rapportées Tune et l'autre des Canaries par 
M. Paul Sagol, le Lathyrus TingUunus et le Cytisus pro- 
liferus, offrent une ressource nouvelle pour l'alimentation 
des bestiaux dans les Pyréuées -Orienta les. 

J'ai rencontré avec plaisir voire Ramie, le ci-devant 



104 

Urtica nivea de Linné, aujourd'hui le Bœherneria tena- 
cissima, le sujet de vos préoccupations et que vos fer- 
vents conseils finiront par vulgariser dans le Roussillon. 
Là est pour votre beau pays, partout où la vigne et le 
mûrier n'offrent pas des avantages marqués, une nouvelle 
source de richesse. Il en existe même, paraît-il, une 
belle culture dans le domaine de M. Pams-Bohé, à Palau- 
del-Vidre, entre Argelès et Elne, et ce commencement 
promet. Vous m'avez dit vous-même que les planteurs 
américains* remplacent déjà le Coton par la culture du 
Ramie. Cette plante est très rustique à Collioure. Ses 
touffes, qui commençaient à sortir de terre, seront sans 
doute bonnes à couper dans deux mois, et cette tonte 
pourra être répétée deux (ois encore dans l'année. 
Y a-t-il réellement dans la culture deux espèces distinctes 
de cette Urticée, dont l'une aurait des qualités textiles 
inférieures à l'autre? En fait de controverse scientifique 
tout est possible jusqu'à preuve du contraire, et cette 
preuve je l'ai cherchée inutilement. Les fibres de la pre- 
mière espèce seraient dit-on verdàtres et d'une certaine 
raideur, tandis que celles de l'autre seraient blanches et 
comme nacrées, de plus infiniment soyeuses. M. Naudin, 
si je l'ai bien compris, n'a aucune opinion arrêtée sur 
ce point; il attend, pour se prononcer, d'avoir vu les 
différentes formes du Ramie cultivées simultanément, 
seul moyen d'en juger avec connaissance de cause. 

Je reviens aux plantes agréables; elles se trouvent sous 
mes pas. C'est le Rosa rugosa, du Japon, bel arbrisseau 
qui parait devoir bien réussir chez vous. Les graines 
envoyées en France par M. l'abbé David, correspondant 
de l'Institut, ont levé, dit-on, en huit jours, au Jardin 
Botanique de Bordeaux, d'où les plantes ont été envoyées 



105 

à Collioure par les soins de M. Durien, le savant et 
habile directeur de ce jardin. C'est l'inverse du résultat 
qu'obtiennent les Chinois dans l'ensemencement des grai- 
nes apportées d'Europe. Nos espèces ne donnent, à ce 
qu'il parait, a la première récolte, que des produits infé- 
rieurs et dégénèrent complètement ensuite. 

La vue du Delphinium nudicaule m'a singulièrement 
intéressé en me rappelant la germination encore peu 
connue de certaines composées américaines. Celle de ce 
Delphinium n'est pas moins singulière, et M. Naudin en a 
transmis l'observation à M. le professeur Duchartre, qui 
l'a rapportée dans un des derniers numéros du Journal 
de la Société centrale d'Horticulture. La planlule, à sa 
sortie de terre, se termine par deux cotylédons épanouis 
en feuilles séminslles entières, persistantes, pendant qoe 
de véritables feuilles trilobées, partant successivement du 
collet an-dessous de la terre, accompagnent l'évolution 
d'une seconde ligelle destinée celle-là à se développer. 
Vous trouverez dans ce phénomène physiologique une 
explication rationnelle, sans doute, du rôle de la ligelle 
cotylédonnaire qui parait être purement et simplement la 
nourrice de l'autre. 

Une graminée gigantesque, un Bambou de la Chine, 
encore peu connu, et qui prospère à Collioure, semble 
devoir faire un jour une concurrence victorieuse h notre 
ancien roseau de Provence, pour tous les usages domes- 
tiques. Les Bambusa milis, nigra et arundinacea , s'ac- 
comodent fort bien du climat du Roussillon, ainsi que le 
démontrent les soperbes exemplaires que Ton en voit au 
jardin de M. Jaume, de Perpignan. L'art du vannier et 
du bâtonnier devra tirer un grand profit de ces plantes 
acquises maintenant à vos cultures. 



10) 

Les Cucurbitacées exotiques, utiles ou ornementales, 
sont bien représentées chez le savant monographe de celte 
Famille, L'une d'elles m'a surtout Trappe ; je la comparerais 
volontiers a une sorte de madrépore fossile d'où sortent 
de nombreuses pousses à foliation brillante. Cette madré- 
pore n'est autre chose que le singulier tubercule ou 
mieux le renflement épigé de l'axe (il a bien 40 centi- 
mètres de large dans son grand diamètre) du Gerrardan- 
Ihus portenloms^ de la Cafrerie, que je croyais n'exister 
qu'au jardin de Bordeaux. Ce bel échantillon est proba- 
blement encore le seul qui ait montré ses fleurs en 
Europe; malheureusement il est unisexué et femelle et 
la plante mâle manquant il n'y a pas d'espoir d'en voir 
les fruits se former et donner des graines. Le Gerrar- 
da ni h us, se multiplie donc par bouturds, mais le renfle- 
ment de la base de la tige n'apparait qu'avec I âge. 

Les Àurantiacées, qui supportent si facilement dans le 
Roussillon les abaissements ordinaires de température, 
sont admirables à Collioure. Une espèce extrêmement 
rustiquç, qui souffre la taille et se reproduit aisément de 
greffes, le diras triplera, du Japon, a feuilles trifoliloées, 
caduques ou demi-caduques, peut rendre dans cette con- 
trée de bons services comme clôture. H est vigoureux, 
bien garni, et porta de formidables aiguillons. De belles 
raretés de citronniers, d'orangers, de cédratiers, de 
poncires végètent ici avec vigueur. Le tronc de quelques 
sujets mesure ch^z M. Naudin l m 50 ou plus de circon- 
férence. Je mentionne 1° le Cilrus decumana\ couvert 
de gros fruits rugueux, qu'on cueille avant maturité pour 
les conGre; 2° le Cilrus auslralis de la Nouvelle-Zélande, 
provenant de greffe; 3° les Mandariniers, tous jeunes 
encore mais poussant vigoureusement ; 4° le Bigaradier 



107 

de la Chine ; 5° le Glronnier doux, île Corté, à fruits 
très délicats (non aigres), provenant de graines données 
par le docteur Pietra-Santa ; 6° enfin, le Gibus myrti- 
folia, de la Chine, qu'on dit atteindre de grandes pro- 
portions dans son pays natal, mais «pii n'est encore 
connu en Europe que par de misérables avortons d'oran- 
gerie. Le jeune sujet qui en représente l'espèce à Col* 
lioure est un don de M. Thuret, le célèbre amateur et 
savant botaniste d'Amibes. 

Ces dernières espèces végétales occupent le jardin 
tropical, séparé du jardin d'acclimatation par la route 
départementale, à laquelle l'un et l'autre sont adossés. On 
passe pour aller de l'un a l'autre sous un arceau fort pitto- 
resque. Je retrouve encore là un charmant amphithéâtre 
où se développent une multitude de végétaux exotiques 
abrités par un rideau de rochers élevés, taillés naturel- 
lement presque à pic, que les rayons du soleil dorent 
pour ainsi dire sans Cesse et que caressent les saines 
effluves de la mer. Je distingue une magnifique Sa potée, 
L'Ârgania ou Sideroxylon, du Maroc, d'un semis de 
trois an6; des Dracena auslralis arborescents de près de 
troi* mètres de hauteur quoique semés depuis six ans 
seulement et prêts à fleurir; des Proteacées innommées 
encore, de la Nouvelle-Hollande, élégantes par leur feuil- 
lage glauque marginé de pourpre ot couvert de longues 
soies argentées. Une troupe nombreuse A' Opuntia*, iner- 
mes ou à brillants aiguillons, a raquettes diversement 
nuancées, quelques-uns à fruits comestibles, d'autres 
propres à nourrir la cochenille. Au jardin tropical de 
Collioure les raquettes se multiplient d'elles-mêmes. 
Un article vient-il à se détacher par une cause quelcon- 
que, aussitôt il émet des racines au centre de la face 



108 

qui louche le sol, les deux extrémités se relèvent en 
barque et les jeones pousses ne tardent pas à se succé- 
der aux deux extrémités à la fois, quelquefois même, ce 
qui est cependant plus rare, au centre de la raquette 
ainsi détachée do pied mère. Cette dernière remarque 
a amené M. Naudin & me faire part d'un fait intéressant. 
La température descendit un jour d'hiver k Collioure à 
7 degrés et les tiges succulentes de l'Oponlia Figue* 
d'Inde (les autres espèces sont beaucoup plus rustiques) 
gelèretot; au premier soleil les raquettes supérieures 
rompirent l'articulation qui les soudait sur les raquettes 
inférieures et se détachèrent nettement ; puis ce fut le 
tour des secondes, puis des troisièmes articulations, et 
la raquette primitive, celle qui avait donné naissance à 
la plante, resta isolée et fut la dernière h s'affaisser sur 
les débris qui jonchaient le sol. Je ne sache pas que celte 
désarticulation successive et graduée ait encore été obser- 
vée ni expliquée. La rupture résulte-t-elle du poids de 
l'article le plus élevé et de la résistance moins grande de 
la soudure d'une foliation relativement récente? Dans les 
Opuntia comme dans d'autres plantes à tiges noueuses, 
M. Naudin a observé des pauses ou arrêts de végétation 
alternant avec des périodes d'activité, qu'il a qualifiés de 
Rhythmes daus un article de la Rtvue Horticole du mois 
de novembre dernier, où il a développé celte remarque 
neuve de physiologie des plantes. 

Maigre la rapidité de mon excursion, je n'avais pas 
encore tout vu. Le temps fuyait, ma curiosité ne se 
lassait pas ! Je m'acheminai vers le petit jardin botanique 
conligu aux deux autres jardins que je venais de par- 
courir. Les plantes indigènes rares de la localité sont 
rangées, non point systématiquement, mais selon Yhabital 



100 

qui doit leur être le plus favorable et les accidents du 
terrain. Des vignes de l'Orient occupent les gradins 
élevés et étalent des sarments d'une vigueur surprenante, 
puis viennent quelques-uns des ceps les plus renommés 
du Midi de l'Europe. Un bassin, trop petit malheureuse- 
ment, est réservé aux plantes aquatiques. J'ai retrouvé dans 
ce gite artificiel le fameux Phragmiles, de Salces, décrit 
par J. Gay sons le nom degiganiea, et qui bienlét n'aura 
plus cet habitat unique en Europe, puisque M. Du val-Jouve 
et M. Richter l'ont trouvé dans l'Hérault, et que noire 
ami, M. le docteur Debeaux, l'a rapporté de Corse. Je 
présume que M. Naudin cultive cette intéressante plante 
locale pour mettre un peu d'ordre dans les distinctions 
sy non) iniques publiées par M. Mabille, qui a établi, à 
tort ou à raison, le Phragmiles ruscinonensis. 

Une dépendance du jardin est consacrée aux expé- 
riences proprement dites. J'ai vu une plaie-bande de 
terre jaunâtre il laquelle a été mélangé du sable ramassé 
par le docteur Reboud au fond d'une mare desséchée* du 
Sahara. Si ce sable, comme on le suppose, contenait des 
graines, celles-ci germeront peut-être sous le soleil de 
Collioure, moins ardent que celui du Sahara. Ailleurs, c'est 
la culture des h) brides, question que M. Naudin considère 
comme encore loin dîélre épuisée. Je pourrais signaler 
d'autres expériences en cours d'exécution, mais je ne veux 
pan anticiper sur les notes que leur auteur ne manquera 
pas de publier quand il en croira le moment venu. 

Ma visite était trop rapide et mon séjour à Collioure 
trop réduit peur qu'il m'ait été possible d'atteindre au 
Roc de lasAbeillas et d'arriver jusqu'il la Massane, station 
privilégiée des beaux lichens. Privé de récolter en ce 
moment mes chères cryptogames, M. Naudin a bien 



«' 



i 



110 

voulu me dédommager en me communiquant l'épreuve 
qu'il venait de recevoir des Observata lichenographica 
dans les Pyrénées-Orientales, du docteur Nylander, qui 
était à Collioure en juillet dernier. Cette épreuve est dn 
Flora, je crois; il s'agit de l'excursion à La Preste et à 
Costabona qui ont donné une dizaine d'espèces nouvel- 
les. C'est une contribution locale que vous accueillerez 
avec plaisir. Dans la préface de son travail M. Nylauder 
rappelle que Fries écrivait en 1830 [Lichênographie 
réformée) « qu'il serait difficile à l'investigateur le plus 
diligent de rencontrer eu Europe dix espèces nouvelles 
de Lichens en un an, » et il déclare qu'il a, lui, dépassé 
ce nombre, en bonnes espèces, dans quelques heures et 
dans le même jour (decem species novas per paucas horas 
unîus diei). » Cette dernière circonstance témoigne de 
l'habile perspicacité de l'auteur du Synopsis lichenum, 
mais sans vouloir le moins du monde infirmer les 
découvertes dont H s'agit, car il n'est pas de plus sin- 
cère admirateur que moi des idées scientifiques de 
M. Nylander, il est venu cependant à ma pensée que 
Fries avait eu dans ses travaux un point de départ diffé- 
rent de celui choisi aujourd'hui par son compatriote. 
M. Nylander accorde avec raison un rôle important aux 
spores et aux spermaties (organes de reproduction), 
tandis que Fries, suivant une méthode moins anatomique, 
s'était borné à l'examen du thalle, de la forme, de la 
couleur et de la place occupée par l'apolhécie; c'était 
presque l'examen des seuls caractères extérieurs. 
Aujourd'hui c'est avec le tranchant délié, le microscope 
et les réactifs qu'il faut aborder l'étude des lichens, et 
ces éléments, utiles dans une main exercée et conscien- 
cieuse, peuvent malheureusement devenir la source d'une 



\\\ 

nouvelle confusion pour ceux qui se bisseront entraîner, 
même de très bonne foi, à multiplier les distinctions 
spécifiques. Fries réforma Acharius qui avait introduit 
le chaos dans l'étude des Liebens par la multiplicité 
démesurée des types, el il fut loué. M. Nylander a fait 
justice à son tour des écarts de Schaerer dans la distinc- 
tion des formes. N'est-il pas à craindre que nous nous 
trouvions bientôt, par l'appréciation de détails organi- 
ques presque insaisissables, en présence d'une confusion 
nouvelle? Ce que je dis là ne peut s'entendre précisément 
des nouvelles découvertes de M. Nylander. J'ai hâte de 
déclarer que je n'ai en vue que la voie où il entre et 
dont je reJoute l'application moins intelligente par d'au- 
tres que lui. Voici les nouvelles espèces de Im Preste et 
de Coslabona que vous désiriez connaître : 

i° Parmelia atricha, forme saxicole, fort rapprochée 
du P. carporhizariSi mais à apothecies nues par dessous. 
La Preste. AU. 1.200"™. 

* 

^Lecanora subradiosa^ saxicole, mêlé au L. glaucoma 
et distinct par son thalle roussàlre el son épithécium 
jaune. 1.900»». 

5° Lecanora prœsistens, thalle blanchâtre, rugueux, à 
marge apparente ; apoihécies brunes, petites. Espèce 
voisine du L. scrufulosa, Ach. Sur les frênes à 1.150m. 

A Lecanora straminescens . Thalle limitée, jaunâtre; 
apothecies noires, innées. Forme voisine du L. straminea, 
Anzi, dont le thalle est moins vivement coloré. Saxicole, 
2.000™ 

5° Ucanora komosema, thalle blanchâtre, indéter- 
miné; apoihécies noires; espèce facile à confondre avec 
le L. tessellala. Saxicole; Coslabona, 1.900 m . 



142 

6° Lecanora slrepsodea. Thalle cendré, plus ou moins 
limité; apothécies noires, planes, parfois agglomérées; 
saxicole, ail. 2.000™. 

7° Vemtcaria truncalula. Thalle incolore, apothécies 
innées, à périlécium tronqué. Saxicole. La Preste. 

La cloche de la gare annonçait l'arrivée du train de 
Por\-Vendres et peu d'instants m'étaient encore accor- 
dés, puisque lié envers la Société Agricole je devais ren- 
trer le même soir à Perpignan pour ma conférence. J'eus 
de la peine à échapper aux mille politesses de la famille 
Nandin et il fallut tout le sentiment d'un devoir à accom- 
plir pour opposer à sa gracieuse volonté ma volonté 
un peu portée & capkuler. La promenade dans les jar- 
dins n'avait nullement épuisé mes forces, et s'il en eût 
été ainsi, le goût des fleurs, comme le dit Ramond à son 
ami Lapeyrouse, eût ranimé mon courage, mais Madame 
Naudin, avec une grâce exquise, fut au devant de mes 
besoins imaginaires et me convia à une collation toute 
Orientale. Je lis honneur aux cédrats conflts, à une 
marmelade 4e poncires, aux bigarades chinoises que nous 
arrosâmes souvent avec un vieux grenache doré des 
rochers de Collioure. Je proclame cet é'ixir le meilleur vin. 
de liqueur de l'Europe, car son velouté et son bon goût le 
rapprochent des vins de Rota, et permettent même de le 
confondre avec les vins si renommés de Chypre. C'est 
avec celte généreuse liqueur du crû que j'ai porté un 
toast à la prospérité des cultures de M. Naudin et que 
votre gracieux ami a répondu : à la santé des amis de 
Flore! à la prospérité du Musée et de la Société Agricole 
de Perpignan ! 

CASIMIR ROUNEGUÈRE. 



113 



POSITION GÉOLOGIQUE DE PERPIGNAN 

ET SES ENVIRONS, 

Par M. Rouffiandis, licencié ès-sciences, professeur à l'École-Normale, 

membre résidant. 



A quelle époque géologique faut-il rapporter la haute 
plaine du Rouseilloo, connue sous le nom général 
d'aspres ? On a souvent écrit que le terrain tertiaire ne 
s'y montrait point, qu'on ne* le rencontrait qu'à la 
naissance de certaines vallées ; nous nous proposons de 
montrer que le terrain tertiaire est l'élément principal 
de la plaine du Roussillon; que les terrains quaternaires 
et d'alluviona y sont relativement restreints. Nous com- 
mencerons aujourd'hui par donner nos observations 
récentes sur le terrain de Perpignan fit sc$ .environs. Il 
est indispensable de faire précéder cqtte notice de quel- 
ques considérations générales. 

On compte aujourd'hui 17 systèmes ou soulèvements 
qui ont donné aux .continents leur relief actuel ; les 
montagnes du 1 er système caractérisées par les environs 
de Vannes, sont dirigées N.-N.-O ; celles du 17e et der- 
nier système sont caractérisées par le Mont-Téoare et 
quelques îles de l'Archipel Grec. Notre départ«meoA /doit 
aa configuration principale au 13 e système de soulever 
ment, connu sous le nom de système des PyréPéft?*l#s 

8 



114 

montagnes de celle formation ont une direction de l'est 
à l'ouest avec une inclinaison de 18° N. Le système 
Pyrénéen marque le commencement des terrains ter- 
tiaires et termine la période crétacée ; il est remar- 
quable par son énergie et son élendue. Outre # la chaîne 
française des Pyrénées et les Asturien, il est alors sorti 
du sein des mers les Monts Apennins, les Alpes julien- 
nes, les Karpathes, les Balkans et un grand nombre des 
chaînes de la Grèce. Le terrain crétacé s'est trouvé 
transporté à des hauteurs considérables au-dessus du 
niveau des mers. C'est ainsi qu'ont été produites ces 
gigantesques vallées calcaires qui garnissent les flancs 
des Pyrénées, soit du côté de la France, soit du côté 
de l'Espagne. Daus notre région, on voit alors appa- 
raître les montagnes crétacées qui vont d'Opoul vers le 
col Saint-Louis, et forment le bassin de l'Agly ; les mon- 
tagnes de Belloc et de Villefranche, les massifs crétacés 
des Corbières et les diverses ramifications qui forment le 
pourtour oriental du Canigou vers le bas Vallespir. Le 
terrain tertiaire est divisé en trois grandes formations ; 
l'étage inférieur ou éocène, l'étage moyen ou miocène 
et l'étage supérieur ou pliocène. Les deux premiers 
étages sont-ils bien développés dans notre pays ? C'est 
ce que Ton ignore. Le golfe du Roussillon est très 
étendu, et sans doute que ces deux terrains sont cachés 
par les dépôts postérieurs. On ne trouve une série bien 
nette des terrains tertiaires que dans le bassin de Millas 
et de Neffiach. M. de Rooville, professeur de géologie k 
la Faculté des Sciences de Montpellier,* avec qui j'ai 
visite ces terrains, pense que le bassin' de Millas appar- 
tient au miocène supérieur. Ce bassin a un développe- 



415 

ment considérable; il commence en amont d'il le et se 
continue en' suivant le court de la Tel, vers MIMas, 
Pétilla e* le Seier^Lea atrasies de cette époque tertiaire 
apparaissent visiblement sur tontes les falaises de la rive 
gauche ,de la Tet v tandis- que des dépôts plus récents 
les cachent totalement sur là rive droite. .Nous altoes 
donner (fig. i) «ne coupe approximative, prise dans le 
ravin de Força-Réal. En allant de la surface do sol vers 
le lit de la Tel, en trouve : 1* une couche a, de i m 
d'épaisseur environ, formant le sol arable, un peu argi- 
leux et renfermant des eatMoux roulés assez menus h 
éléments de quartz et de grank ; 2" une couofcla 6, d'an 
gile rouge, d'environ 4* d'épaisseur ; 3» -'une couche 
c, de S» d'épaisseur, formée de sables blancs et grfe à 
éléments de quartz; 4» une* couche de- marne grise 
avec grande quantité de mica-doré, c'est la couche à 
fossiles. 

Elle est d'une richesse étonnante; elle renferme par 
milliers, les pectens, les cardias et des coquillages 
microscopiques dans un état de conservation parfaite. 
Lfc où les eaux de la Tet ont creusé plos profondément, 
apparaît une cinquième couche de marne- dure. 

La emstitution dont nous venons de parler est-elle 
particulière h la partie supérieure de h plaine du Rous- 
silton, et faot-il, comme on l'a souvent cru, attribuer 
aux phénomènes du diluvium et aux alluviôns modernes 
la formation du bas Roussillon et particulièrement tou< 
le bassin du Réart ? Je crois que non. Jetons un coup 
d'œil sur la position de Perpignan et des principales 
collines qui forment son territoire. Mous trouvons une 
Série d'ondulations qui sont, on n'en peut douter, le* 



116 

débris des couches se raccordant d'an cftté avec 
el E$pira*de-FAgly, de l'autre avec Ponteilla, Banyufe- 
dels-Aspres el le Boni ou. Ces cauchfcs foriftaieM l'étage 
dn mîocbn* supérieur. 

A la sortie de la porte Canet, on a me première 
preuve de celte assertion. La coupe do terrain, aox 'bri- 
queteries qui longent le chemin de Cabestany, présente 

les assises sortantes : (flg. 2.) ' • ■ 

i»a. —Couche atgtto~ealcaire cultivable. Demi-mètre 

environ. 

2 ft a bis, ~ Dépôt tumultueux de- sable grossier, divers 
petits catMoni de grès et de quartz* 

5° b. —Sable granitique. 

4° c. — Argile ronge à briques, S 01 de hauteur sur 
certains points, 

5° d. — Couche de sable blanc sans gros caillons, 
avec quartz très menu. 

6° e. — Marne argileuse compacte, souvent en dis- 
cordance. 

7° f. — Sable gris, couche à épaisseur variable. 

Sur la route qui commence à la porte Ganet et suit 
l'escarpement des jardins de Saint-Jacques, sons le nom 
de promenade de Lassos, il est facile de retrouver les 
mêmes assises de terrain avec la même puissance. 

On doit néanmoins se mettre en garde contre .les 
intrusions formées par des phénomènes postérieur phé- 
nomènes qui ont produit cette dépression de plusieurs 
mètres .séparant le Bas-Rontsillou en de** plaines* la 
Salanque et les Asprea. 

C'est pendant les travaux du tracé da la ppomenade 
de Lassos, que notre «avant compatriote* M. Crova, a 



m 

recueilli des ossements ei dents fossiles dont la des* 
cription se trouve dans m Bulletin de notre Société. 

Examinons, maintenant des collines situées dans une 
direction opposée aux terrains précédents. Quelques- 
unes de ces Collines atteignent 80 et même 95 m d'al* 
tHode. 

Au monticule de la Justice, à Mailloles et à la bri- 
qoeterie qoi, sur la roote de Port-Vendres, sépare le 
bassin du Réarl de celui de la Tel* on remarque une 
symétrie parfaite dans Tordre et le nombre des couches; 
mais dans aucun de tes points les excavations n'ont 
franchi les couches de sables blancs et gris. Par consé- 
quent nulle part les ouvriers n'ont recueilli des fossiles 
semblables à ceux de Millas. 

Aux briqueteries en face du cimetière, la situation 
des couches ne présente par de changements sensibles; 
elles peuvent être ainsi classées : (tig. 3), 

1° a. — Marne argileuse avec gravier, 1™. 

4° b. — Même terrain avec cailloux plus gros, hau- 
teur variable de 2 h 5». 

8° c. — Marnes grises friables, exploitées, absence 
complète de cailloux roulés. 

4° d. — Sables blancs et gris très Gofe, hauteur indé- 
finissable. 

Les argiles rooges sont moins développées que précé- 
demment. 

La roule d'Espagne jusque Palestres et les talus du 
chemin de fer de Port-Vendres depuis les Arcades jus* 
qu'as versa ùt du Réart offrent le même ordre dans la 
situation des couches. On voit seulement émerger , de 
temps à autre, une eoocbe boueuse, placée entre les 



118 

argiles rouges et les marnes grises. Celle couche marque 
nécessairement l'existence d'un lac qui a couvert le 
Roussillon vers la fia de la période tertiaire. Celle cou- 
che, boueuse a influé d'une manière considérable sur la 
fertilité de plusieurs points du territoire du haut Roussil- 
lon. Partout où elle forme le sous-sol, les cultures sont 
médiocres, et là où /elle forme le sol cultivable , il y a 
stérilité à peu près complète. En étendant notre étude 
aux. terrains qui .forment Je monticule d'En Baqué, à une 
altitude de 95°\ hauteur la plus considérable des envi- 
rons de Perpignan, nous avons retrouvé une disposition 
de couches tout à fait identique à celle des divers points 
précédemment signalés. Si on examine toutes les colli- 
nes et les monticules qui forment les Àspres, depuis 
Perpignan jusqu'à Banyuls-dels- Aspres et la petite plaine 
du Boulou, on a toujours les mêmes assises et les mêmes 
formations. En remontant le cours de la Valmanya, 
depuis son confluent avec le Tech jusqu'à 3 kilomètres 
en amont de la route de Céret, on retrouve le véritable 
raccordement des diverses couches du système tertiaire. 
On voit (la as le lit de la Va I ma u y a les mêmes marnes 
grises de Millas, et sur les escarpements se montrent 
des couches analogues k celles que nous avons précé- 
demment décrites. C'est dans les marnes grises du Bou- 

4 

lou que l'çn a découvert le gite fossilifère de Nidolères. 
Ainsi il n'y a pas a en douter; à la (in de la période 
tertiaire, le Roussillon, depuis Opoul jusqu'au pied des 
Albères, formait une seule et même plaine. On y recon- 
naît plusieurs formations bien distinctes : les marnes 
grises, les sables blancs et gris, les argiles rouges, les 
marnes boueuses et ensuite un dépôt de marnes argilo* 



H9 

calcaires avec grand dépôt de petits cailloux. Les trois 
premières formations ont dû être déposées dans des 
périodes fort tranquilles; les cours d'eaux tumultueux y 
étaient certainement inconnus, car on ne trouve ni cail- 
loux roulés, ni même de gros sables. 

Les formations supérieures sont plus tourmentées ; 
les cours d'eaux diluviens et les transports de la grande 
époque glacière ont profondément modifié les assises les 
plus récentes, Mais nous examinerons plus tard, quand 
nos documents seront complets, les divers cataclysmes 
qui ont changé le faciès des dernières couches tertiaires. 

Nous montrerons les vallées produites par les cours 
d'eau et les transports nombreux des glaciers. 

Les phénomènes glacières ont changé le faciès de 
plusieurs points des Pyrénées-Orientales, notamment dans 
les vallées de la Valmanya, du Réart, du Boules, du 
Riu-Fagès et de la Lentilla. 

Dans cette première notice nous avons voulu montrer 
que dans notre déparlement, si bouleversé par les diffé- 
rents cataclysmes géologiques, on peut néanmoins trou- 
ver on grand nombre de points de répère qui serviront 
à établir un système rationnel d'agriculture, basé sur les 
lois véritables de la géologie. 

Depuis la rédaction de celte notice, nous avons décou- 
vert dans les marnes grises de la lin de la période ter- 
tiaire, des feuilles fossilles dans un état parfait de con- 
servation. Nous en donnerons la description dans un 
prochain bulletin. 



MO 



AURORE BORÉALE DU 4 FÉVRIER 1872 

SON INFLUENCE SUR LES APPAREILS TÉLÉGRAPHIQUES 

DU POSTE I>E PERPIGNAN 



NOTICE 

Communiquée par M. Arnaud, employé des Télégraphes, 
et par M Rouffiandis, licencié ès-sciences, professeur à l'École -Normale 

de Perpignan, membre résidant. 



Les aurores boréales parfaitement visibles sont assez 
rares dans les contrées méridionales de l'Europe ; on 
en compte à peine une ou deux par an sous la latitude 
des climats tels que le Roussillon. Au contraire, dans 
les régions polaires du nord et du sud de la terre, la 
fréquence des aurores est presque journalière. Tout le 
monde sait que certaines peuplades de la Laponie et de 
la Sibérie utilisent la lumière des aurores boréales pour 
voyager sur leurs routes de glace. Quelle est la cause 
de ce phénomène lumineux qui à toutes les époques a 
tant préoccupé les esprits timorés ? 

Les opinions des savants sont diverses et la véritable 
cause ne sera peut-être pas encore connue de longtemps* 
Mairan attribuait ce phénomène à l'atmosphère lumineuse 
du soleil; Culer, à des particules de l'atmosphère ter- 



121 

restre sollicitées par l'action de la lumière solaire. Biot, 
prétend l'expliquer par la combustion de molécules 
métalliques infiniment petites, suspendues autour des 
pôles magnétiques et rendues incandescentes par l'élec- 
tricité. Les physiciens modernes s'accordent presque 
tous à reconnaître l'électricité comme la' cause de ce 
curieux météore qu'Âristote décrivait déjà avec assez de 
précision dans son livre des météores. Cette théorie est 
basée sur les faits suivants : Pendant les aurores boréales 
l'air est fortement chargé de fluide électrique, l'aiguille 
aimantée éprouve des perturbations extraordinaires et 
même une agitation violente, Tare météorique a un rap- 
port constant de position avec le méridien magnétique. 
H. de La Rive explique l'aurore boréale par des déchar- 
ges électriques qui s'opèrent dans les régions polaires, 
entre l'électricité positive de l'atmosphère et l'électricité 
négative du globe terrestre. 

De toutes ces opinions, laquelle choisir? À priori, 
les unes ne sont pas plus plausibles que les autres. Mais, 
si dans l'état actuel de la science, on ne peut pas don- 
ner une théorie complète et irrécusable de l'aurore 
boréale, on est cependant parvenu à pouvoir prédire 
l'arrivée de ce météore, car la manifestation lumineuse 
n'est qu'une portion du phénomène naturel. M. Àrago 
a remarqué le premier, qu'à Paris, dès le matin du jour 
où une aurore boréale doit se montrer, l'aiguille de 
déclinaison dévie vers l'occident et le soir vers l'orient; 
cette déviation, dit-il, va quelquefois jusqu'à un quart de 
degré. M. Àrago a aussi essayé d'observer si les aurores 
australes ont une influence pareille; mais il est arrivé 
que toutes les fois qu'une aurore australe était signalée, 



lii 

elle coïncidait avec une aurore boréale. Que penser de 
cette coïociden ce ? L'illustre astronome n'a pas eu des 
observations assez nombreuses pour en tirer des conclu- 
sions satisfaisantes au point de vue scientifique. Depuis 
la mort de notre savant compatriote, les télégraphes 
électriques ont reçu une extension immense ; le réseau 
télégraphique embrasse de ses fils merveilleux toutes les 
Sous-Préfectures de France, et Ton cause de Dunkerque 
k Perpignan avec autant de facilité que dans un salon. 
Le télégraphe électrique permet d'étendre les prévisions 
d'Arago déduites de la boussole. Lorsque le phénomène 
apparaît à la vue, la science Ta déjà prévu et observé en 
partie. C'est ce que nous nous proposons de démontrer 
pour Perpignan, un des points les plus méridionaux de 
la France. 

On sait qu'une aurore boréale a été aperçue à Perpi- 
gnan, le dimanche & février 1872. Vers cinq heures du 
soir les premières lueurs apparurent dans la région nord 
de la voûte céleste. L'arc météorique embrassa bientôt la 
zone habituelle des aurores boréales, c'est-à-dire un 
grand espace terminé par un arc de cerele montant de 
l'horizon N.-E. vers la polaire et allant disparaître à 
l'horizon N.-O. 

Dans la première période, de cinq heures et demie à 
sept heures, les phases furent fort variables : tantôt les 
raies lumineuses se déployaient par bandes cramoisies 
ou blanchâtres du sommet de l'arc vers l'horizon nord; 
tantôt des parties s'assombrissaient et devenaient presque 
instantanément rouge-cerise. Par intervalles, entre huit 
et neuf heures, le phénomène a présenté un faciès qui ne 
sera pas certainement reste inaperçu des observateurs des 



423 

étoiles filantes. Tandis que la région principale de l'au- 
rore n'élait colorée que par places el avec des intensités 
de tontes les nuances, depuis le blanc pâle jusqu'à l'in- 
carnat, la région céleste de la constellation du Lion a 
déployé une véritable couronne de rayons magiqueâ lan- 
cés dans toutes les directions, mais principalement vers 
l'occident. Toute la région des étoiles filantes présentait 
un éclat féerique, et si la chute des étoiles filantes avait 
coïncidé avec l'aurore, je demande qui n'aurait pas attri- 
bué aux rayons de l'aurore et aux traînées des étoiles 
une seule et même cause. Les poussières cosmiques 
peuvent bien être la cause principale des aurores boréales. 
De neuf heures à onze, le météore a continué, tout en 
conservant son éclat et sa beauté; il embrassait par 
moments pins des trois quarts de la voûte céleste, et, 
chose extraordinaire pour notre climat, il dépassait le 
zénith d'un grand nombre de degrés vers le sud. L'occi- 
dent a été, vers la fin, la portion du ciel la plus colorée. 

Passons maintenant à l'influence de l'aurore boréale 
sur le télégraphe électrique. Il est nécessaire de rappeler 
les influences qui, en temps ordinaire, sont exercées par 
l'atmosphère sur les appareils télégraphiques. 

On sait : 1° que par un temps serein, l'atmosphère 
renferme une quantité plus ou moins grande d'électricité 
généralement positive; 2° que par un temps orageux, 
presque tous les nuages sont électrisés, les uns négati- 
vement, les autres positivement, mais à des tensions 
diverses. Il y a encore quelquefois des masses considé- 
rables d'électricité accumulée par influence et par places 
2i la surface du sol. 

L'observation de tous les instants démontre que dans 



le premier cas, l'influence exercée sur les fils télégra- 
phiques est très-faible et n'entrave point le service des 
transmissions. Des galvanomètres très-sensibles n'indi- 
quent que de faibles courants dont les actions mécani- 
ques sont inappréciables. 

Dans le second cas, les choses se passent tout autre- 
ment. L'influence des nuages sur les fils se traduit 
d'abord par une accumulation lente d'électricité, ce qui 
dépend surtout de ce que les fils en service sont en 
communication avec le réservoir commun. 

Dans le principe, cette accumulation lente ne gêne 
que peu ou point les transmissions, mais il vient an 
moment où l'électricité se trouve accumulée à haute 
tension. Alors il se présente deux cas bien différents : 
si le nuage qui tient un fil sods son influence vient k 
s'éloigner lentement, ou bien s'il perd son électricité par 
l'intermédiaire des milliers de gouttes de pluie en 



lesquelles il tend à se résoudre, l'électricité des fils 
alors tend à s'écouler vers le réservoir commun. Cet 
écoulement a lieu par masses intermittentes, dont la 
- durée appréciable des effets est bien d'une minute et 
demie. Ces masses qui sembleot se comporter comme 
les courants dynamiques, se traduisent & l'appareil écri- 
vant de Morse par des traînées d'encre ne présentant 
jamais la régularité géométrique des signaux transmis. 
Ces traînées rendent les transmissions illisibles et la 
cause qui les produit gène le réglage des appareils. Ces 
espèces de courants, intermittents et b courte durée, ne 
peuvent se confondre avec les autres courants étrangers 
que Ton constate sur les fils et dont la cause est presque 
toujours suffisamment connue. 



125 

Si le nuage, au lien de s'éloigner, se décharge subi- 
tement, il se produit 110 choc eu retour dont les effets 
se présentent sous trois aspects divers. Premièrement, 
le chee en retour peut se traduire par ud fort courant 
instantané qui s'écoule en partie par les pointes du 
paratonnerre de ligne et par Je paratonnerre préser- 
vateur des appareils. Le fil de fer de ce dernier ins* 
trvmeat est foiràu en partie, ou au moins son enve- 
loppe de soie est brûlée. La décharge instantanée est, 
dans cette première hypothèse, en comeiuoicatipn immé- 
diate avec le sol. Les appareils sont préservés. 

Dans le second ces, epe partie plus ou moins grande 
de la décharge s'écouje par les pointes du paratonnerre 
de ligne et la partie restante traverse les bobines de 
Péleetro-aimanl de l'appareil placées dans le circuit du 
fil. Si l'écoulement s'effectue, en grande partie, par les 
pointes du paratonnerre, l'attraction subite de l'arma- 
ture de l'électro-aimant n'offre rien de particulier ; si, 
au contraire, l'écoulement s'effectue, en grande partie, 
par les bobines de l'électro-aimant l'attraction de l'ar- 
mature produit un son très distinct, particulièrement 
remarquable, et qui peut être comparé au bruit d'une 
grosse pierre lancée dans un puits profond, ou bien à 
celui d'une bouteille vide renversée subitement dans une 
eu ve remplie d'eau. L'aiguille de la boussole est alors 
ou désaimantée ou aimantée en sens contraire. 

En troisième lieu, il arrive que le fil des bobines de 
l'électro-aimant est fondu sur une petite longueur de un 
millimètre environ- Ce fait de la fusion du fil des bobines 
est très remarquable, si l'on considère la résistance que 
ce £1 offre au passage de la déeljarge, et d'un autre 



420 

côté, le peu de résistance offerte par le fil du paraton- 
nerre préservateur. C'est cette grande résistance du fil 
des bobines, qui produit les fortes étincelles constatées 
à un moment donné, dans un bureau télégraphique. Un 
télégraphiste attentif prévoit ce moment et établit aussi- 
tôt tous les fils en communication immédiate avec le 
réservoir commun. 

Telles sont, en résumé, les perturbations que les phé* 
nomènes atmosphériques exercent sur les fils soos 
l'action de causes qui sont relativement tangibles. Nous 
disons tangibles parce qu'il y a une autre cause de per* 
turbations, Tort remarquées, mais peu expliquées encore. 
Sous l'influence d'actions thermo-électriques, les fils 
deviennent subitement impraticables sans cause apparente. 
Celte perturbation varie souvent de trois k quatre heures 
de durée; on l'observe par tous les temps el à toutes 
les saisons. Si au moment où elle se produit, on isole, 
pour une cause quelconque, un fil à Tune de ses extré- 
mités, un courant de retour plus ou moins faible se 
constate k l'extrémité opposée. Celte neutralité subite 
et intermittente des fils, ou, si l'on aime mieux, celte 
résistance particulière que les fils offrent au passage des 
courants dynamiques, n'existe que sur «quelques points 
de leurs parcours, c'est-à-dire par places. On l'attribue 
assez généralement h des vibrations moléculaires. Rien 
ne prouve encore d'une façon irrécusable que ce phéno- 
mène soit le résultat d'actions exclusivement thermo- 
électriques. D'ailleurs, quelle est la cause de ces actions! 

Comparons maintenant les phénomènes dont nous 
venons de parler, avec les effets que l'aurore boréale du 
dimanche 4 février 1872, a exercés sur les fils télégra- 






127 

phiques de la station de Perpignan. Ce jour là, dès huit 
heures du malin, les observatoires de Perpignan, du 
cap Béarn, de Leucate et de Cette, constatèrent chacun, 
pour la direction et la force du vent, des résultats fort 
disparates. H n'y avait pas l'analogie habituelle - entre 
les divers renseignements. Que pouvait indiquer une 
pareille discordance? Personne ne songeait à une aurore 
boréale. Vers trois heures du soir arriva unejwurrasque 
subite de vent du N-O. Elle dura quinze minutes envi- 
ron et tout retomba dans un calme relatif. Les prome- 
neurs en furent quittes avec une désagréable, bouffée, et 
ils ne se doutaient pas que celte rafale était comme 
le coup de canon qui annonce la fête. Tandis qu'elle se 
produisait, les fils télégraphiques et notamment ceux qui 
se dirigent vers Narbonne, commencèrent à devenir d'une 
difficile pratique. Les intermittences de résistance étaient 
fort variables, mais l'obstacle qui s'opposait au passage des 
courants dynamiques, surtout entre Perpignan elToulouse, 
tendait h acquérir une force de plus en plus grande. Les 
télégraphistes, enfermés dans leur bureau, purent croire, 
en dépit de la saison, que les fils étaient sous l'influence 
d'actions orageuses. 

Cependant le ciel était d'une limpidité parfaite. Les 
fils se trouvaient donc sous l'influence de ces vibrations 
moléculaires que nous avons mentionnées. Les der- 
niers rayons du soleil couchant doraient l'horizon, rien 
encore ne pouvait faire soupçonner l'action d'une aurore 
boréale. Ce ne fut qu'à partir de 4 heures 25' que le 
phénomène se dessina d'une façon précise. Dès ce 
moment, des conrauts étrangers parfaitement percepti- 
bles, circulèrent dans les fils télégraphiques. Cependant, 



128 

on attribua d'abord ces courants étrangers à ces mélan- 
ges de fils qui se produisent fréquemment non loin de 
la bifurcation de Narbonne. Nous avons dit plus haut que 
lorsque un nuage orageux s'éloigne et se résout en pluie, 
il se manifeste, dans les fils que ce nuage tient sons son 
influence, un petit courant ayant presque les caractères 
des courants dynamiques continus ; nous avons ajouté 
que ces faibles courants se produisent par intermittences 
et que leur durée peut aller jusqu'à une minute et demie. 
Ces courants, avons-nous encore dit, se traduisent à 
l'appareil écrivant de Morse par une traînée d'encre 
seulement. De plus, on constate de temps à autre, aux 
paratonnerres à pointes, de petits bruits secs provenant 
des étincelles échangées entre les pointes et les plaques 
de cet appareil. Sous l'influence de l'aurore boréale, les 
faits observés furent un peu différents : la continuité du 
courant de décharge, au lieu d'être d'une minute et 
demie, eut une durée moyenne de dix minutes et attei- 
gnit même un maximum de 15'. Ce courant fut assez 
régulier pour permettre, à l'appareil écrivant de donner 
un long trait d'une régularité parfaite et semblable à 
ceux des transmissions ordinaires. L'intensité du courant 
était très forte; mais à rencontre des courants que nous 
nommerons statiques continus, on ne constata jamais la 
moindre étincelle aux pointes des paratonnerres. A Tou- 
louse, point terminal du (il sur lequel on observait, les 
manifestations étaient identiques. 

Est-ce tout ? Non. Supposons un disque partagé en 
26 divisions, par exemple ; si ces divisions correspondent 
dans un ordre alternatif à une émission ou à une inter- 
ruption de courant, de façon que les divisions paires 



soient J'ititetruptiM,' ti les. diattiensiimpap^iréautsiop 
de* c*NJtao4t ♦ eM'oa iateaéuit ce^ieqde éMuxib cmi 
téWswi|iW<l»fc,,<le telle sorte qetal painio ler fime fceam et 
qaead fC'eet nécessaire; « h l'autre' tient du il. de ce 
ciqewl oniJMtw appareil écrivant* on reoecittera aet 
la bae4e* de pep*# de eet appareil, totites tes lob qwlé 
mouvement *Je> wtatieti d* disque sert trop HÉpèdte, ane 
sépe, potttiaae <}e pbimiidonl la feroneue et ^espacement 
sopip^Hement réf^liere. .- . . i- » 

Si l'on rewplace te disque c* la pile de* ce disqoe 
éweWtitl* «aeeaait par «ne paire pile 4a«t. la force 
étaetWTm#iritQ soii telle que. l'intensité: du «aqnfttae 
trouve hors de proportion avec {la résktanee totale (te 
cirwrt, il »e sa produira >pa* k J'y ppereU de Morte, 
comité il iwiil> logique 4e le croice, un ceuraat continu 
pcodpiaNtt mrç attraction, coati*** de rawatore*. et! pan 
suite donnant lieu à un long trait très-régaHer* ^o co*^ 
tsaife, JfyiWtwq s# /comportera coiafte deae (l'hypothèse 
4* dpqw,;. li^ attractif*, ,alteroattv*a da Hamster* 
efgntfreroot, q*# séri* de points d'une téeeilé tastséaia. 
avec uq espacement proportionnel k cette ténuité. Il est 
facile d'e*pl*t*er la ténuité de t& pavots retativemeaâ à, 
cepa.qae f<wotf le disque : i'artaetei* pawonrt à >eine 
le 4ixi&f*P 4& l'are daaa l'éteadae. duquel oa Nmtia ses 
osjçilMiona, pour an appareil conveapMeoient iséglé 1 en 
vue 4e besoins oormaux. 

La substitution d'an roulewerU contint* à'ua* attrae* 
tioft eoptino*, s*w l'action d'an courant hâ-ménie coihi 
tiafl* résulta dft.Je wmtHA*Ueo de deux raisons : 1'«mj 
taéWWfUO* l'a**!* physique* L'action mécanique «et 
engendrée par le .choc dto levier supportant l'arma tare;,' 



430 

quittent frappera ^ia»fanham: b cotwsada Je*ier taf- 
nèaiet; itiaotâsè physique ett^eadréepar léfc'tifevatie&è 
MltadMfèfi fioéaiiÊQ dansfleftiMloui sdus >ta pbissanecf 
da efeiiiiftituiCttidèii&ttlioBs me résument • en ! un nimet' 
sain t vibratoire mixto 4ont léaeftef* dîffèPMt 'essentiel 
Mnatft des Sereine Dt* Cataire* (qae#M* 'Déletennë 

GeUe é»yeidbiaMe*Mi^l6i spécial* b Fpp^at e» tAHMorte? 
jusqu'à ce jour, c'est là seulement*^ wbuartftakli'fcdna* 
faites Ajouta** Id'aillpinfc qtteepsvibëatioife.iom >ffif&d1es 
à» netitKiliief (sN'icp nfe'pas-'b s» 4isposMotf dés 'ecMkM* 
aaéoaniqueB saflisaates. Cette peuttalifttion'detietttift&nfe 
■iposbibtê dansleds qui va nous • occuper: v > • ' 

Noèfe afrofa»>p«tlé' piusr'tjaifttdte l'attraction '«coAtnine 
de» Vaunaiiire eous l'action du Pouvant cbtkltiir développé 
par) Uaorore boréale i mus avons ajouté que tort de m 
bornaiUpas Ik. , ■•» ■>.-' •< - - - 

Sous il'ènfluenee 4* cette phase dtr phébottiène, Fat- 
traotte* > dootlnue 'do l'armât are se transïorift* ;ett utfe 
aUfaetreo -alternative qfci-BO traduisit, à^rappaPéirééW+â*»,' 
paa Une série* de points d'une itenàfae grosseur: Osé 
potat* étaient cotnpataMes à téo* que pro&ritarft h tiis 1 - 1 
que 4ont uoue avons parlé ci-detisu*. Rien «o ' leén dffi&» 
renctait. Cependant I'ai*naiute parcourant à peiné, dans* 
oe detoier casi, le q«art de l'are dans lequel eHe pouvait' 
se mouvoir, alors que dans le cas du disque; elle oscillé' 
dans-toute Téttodue da même are. Get arc est fért 
petit* saitangati levant enti ton T millimètres. En corn* 
pataoft les*' oscillations vibratoires du coûtant des pflt*s- 
avec ee^csdu iCourailt> de Faorore ; boréale, oh expliqué' 
facilement la différppce du dixième au quart d« Part. 



«31 

Eu etftt, sous l'action de l'aurore, l'armature se trouvait 
influencée par tne force magnétique telle que jamais 
imms n'avions été a même d'en constater une pareille. 
Noos essayâmes eo tara de neutraliser cette action puis»» 
santp; tous les moyens à notre disposition furent 
impuissants; nous redoutions la raptnre de tons le* 
ressorts. Qnant an son produit* sons la puissance de 
cette farce, il peut être comparé k celui d'un tonrne* 
brocbé animé d'un rapide mouvement de rotation. Nous 
connaissions depuis longtemps les divers soda nu bruits 
causés par les actions orageuses, mais nous ignorions 
tout à lait le bruit étourdissant qne produit le phéno* 
mène de l'aurore. 

Pria an dépourvu par l'apparition subite dp ce météore 
et agissant surtout sous le mobile de préoccupations 
essentiellement administratives, nous avons laissé passer 
bien des petites observations, insaisissables presque, 
mais qui, reliées h un certain nombre d'autres, auraient 
pu avoir pour la < science une importance considérable. 
Cette réflexion nous est suggérée d'abord par ce bit sur 
lequel nous insistons, fait qui consiste dans l'absence de 
tonte trace d'étincelles» Gomment cela pent-il êtne con- 
cilié avec ce que nous avons remarqué maintes fois 
dans le cas de vibration continue dn courant d'une ptfe? 
Il y a eu presque toujours de très-petites étincelles 
échangées entre l'armature et les noyaux de Pélectra- 
ahnant. Sous l'action de l'aurore boréale ces étincelles 
ne se sont pas produites. Disons ensuite que nous avons 
omis d'essayer l'action du courant sur te système ner- 
veux. Cet essai pouvait être fait sans danger aucun. 

De ce qui précède il semble résulter que les inani- 



*8è 

teaiaiion» élwlriiwnes observée* ourles 61* télégraphiques* 
pendant l'aurore berisle* n'ont aotua rapport ft*w le$ 
dftbirçes étatique* occasionnées parles ioAntnees #ra- 
«entée» Ces manifestations, an contraire , par aiaeettt avoir 
«ne grande apologie aaeo le» courant* dynamiques; 
meioftsrauie Dww.i , 0vans.faii!|tfeaaeinirvil peut y «voir 
des diflértnqes» que non* ne poprene tentes > de définir 
Xauled'Qbservatioes sortantes. QueMeq W* **i*M ces 
différences, M *'en séentte ipas= rooîoa que pendant II 
durée Ai phénomène, ta 4H» ne setot trpnvéseons. qoa* 
II* état* éleetaiqoestp^ieultef*» Ces quatre dt|ts élec- 
trique* peuvent wrraipoadre h quatre phases générales 
du phénomène. Durant la première pbaao, que ooes 
appellerons phase prinekm, ies ily se trfvvèrent sous 
l'iofloenee de ce» vibnlUoos moléculaires qae imbi avons 
déjà ftil connaître, Cette phase commença ters trois 
heures du «oit et nembla prendre fie vers 5 heures 50'. 
Disons encore, pour naicnxpréetserv que pendant toute 
sa durée, le sémite dpi Jroosmiseioofr fut presque tout k 
AK suspend*. A t>eine si de tempe k autre quelques 
mots pouvaient «être dchnnflfr par les fils. . 
. Ce ne fia qu'fapfcès B heures» 30' que le Hsvail put être 
repris d'une mapièfe sérieuse sur* le fil de Toulouse^ le 
ptatq impressionné de tous.-Ce tna*ad resta encore inter- 
mittent. C'est ici le lieuf do idire que les trois dernières 
-phase» du jphénomèoe furent (Constamment alternatives. 
Les besoin* du service nous empêchèrent de prendre «des 
notes 4oiMiesiiqorMU6 permettraient aujourd'hui >de pvd- 
WW i06s alternatives. Dans éa deuxième phase, les fils 
paraissaient! être rentrés dans leur, état de oûMinirité 
uoamale, le travail s'opéflnt sans aucunq entrave. Noos 



133 

remarqué que dans cet état, I» lueur rougeàtre dé 
l'aurore sembfait s'éteindre el disparaître complètement 
» l'befiz*n. 

Dans la troisième phase eiietait eel état électrique du 
fil peodiDt lequel le passage d'un courant asser intense fce 
traduisait par une attraction èontinue de l'armature* Cette 
atttactioo, avons-nous dit, durait parfois 15V C'est aters 
que l'aurore déptoycrit- son are immense, en bandes ron»' 
geàtres, paraissant embraser tout l'horiaon du côté nond. 

C'est enfin dans la quatrième phase que se produisait 
cette pnissaote force magnétique dont il esc parlé e*-des- 
sus, force si grande que l'armature, attirée et repeussée 
avec une vitesse considérable, imitait te roulement per- 
pétuel do tourne-broche. Cet état de choses se produisait 
lorsqu'une partie de la lueur dé l'aurore se transformai 
en ces stries noirâtres entre lesquelles on voyait appa- 
raître les magnifiques rayons d'une lumière argentée 
augmentant et diminuant à vue d'oeil. 

Dans la troisième et ta quatrième phase, l'état élec- 
trique du fil ne changeait pas immédiatement; ee nfest 
que lorsque l'une de ces deu* dernières phases venait Jr 
cesser pour se transformer en la seconde, que l'éceu~ 
lement électrique avait lieu; la quatrième phase se 
transformait dans la troisième. -Le mouvement étee- 
trique était le même, sauf les différences que nous 
avons signalées. D'ailleurs la quatrième phase, si non 
souvenirs sent fidèles, ne s'est produite d'one ma- 
nière bien sensible que deur fois, entre trois et neuf 
heures du soir. Notre division cri quatre phases n'est 
pas d'ailleurs d'une prétisfen» mathématique ; nous 
l'avons adoptée seulement parce qu'elle nens a permis 



134. 

de mieux rendre notre pensée el d'établir une espèce de 
concordance enlre les aspects physiques 4n phénomène 
et les perturbations des fils télégraphiques. Avant de 
otare cette note nous esposerooa quelques observations 
faites sur les boussoles, observations qni sont malheu- 
reusement trop peu nombreuses pour en tirer des 
conclusions rigoureuses an point de vue scientifique. 
Ces observations sont presque exclusivement concentrées 
sur le fil* de Perpignan h Toulouse. Rappelons d'abord 
que le cadre des boussoles est toujours orienté dans le 
plan du méridien magnétique, et que l'aiguille aimantée 
est, à l'état de repos, placée dans le plan du cadre. Lors» 
qu'un courant passe, le pèle austral de l'aiguille est 
constamment dévié vers la gauche du courant, et la 
direction de cette déviation tient au sens de l'enroule- 
ment du fil autour du cadre. Dans la pratique, toutes 
les fois qu'une nouvelle boussole est mise dans le circuit 
du fil, on ne s'inquiète nullement de savoir quel est le 
sens de l'enroulemenl, pourvu que l'aiguille dévie d'une 
façon convenable sous l'action du courant. Disons en 
outre, que si, en théorie, an admet un seul courant 
allant du pôle positif au pôle négatif de la pile, par 
l'intermédiaire du fil conjonctif, dans la pratique il existe 
deux courants de signes contraires qui remplissent 
chacun les actions qui leur incombent. Faisons remar- 
quer encore que dans tout circuit principal de télégra- 
phie) le fil de ligne est de part et d'autre en communi- 
cation constante avec le réservoir commue, toutes les 
fois que ce circuit se trouve & l'état de repos. 

Les piles font partie d'un circuit secondaire toujours 
ouvert, et qui ne peut se- fermer que par l'intermédiaire 



136 

du* oîfouUi|MÙncipaL: U,.forainwei du ****** de^nnedas 
dompta conirtiittftityaMMtiaéqûttlij lefUi ItfMfcd'aolwH 
. Rendant il^roro ièofl<atevr«oiK)iU»«li^iiSi Ai 
cadfedttli tovssole lélaf t teln^iiQiicûfma^ poaîtifVâp 
départ 4e flerpignij < faisait, délier ilfripéleMjatfstfsItdf 
^igniUeiv^r» la d^e«jic'fiat-)tadwo k l.'ett ,ihti mendie» 
magnétique* $** l'iofloene* 4e, l'.a*r*fte totéafc, Ae,pôk 
nnsârô deJ'aigiiilfe.fe»^ l'biMH 

du méridien ato§aétiqi*<.. EHe p* fat pas affolée *<wn* 
dan* d'autre» dwmalaocea, etotià-dire. tantôt >fc dr#f te, 
tantôt ii gftucèe do méridien*. Si qu m. e#«vientj de<te 
que noua airpM dit plue bâtit à.ltégar^^ i*oi*ièwe«et 
4natrièsie. phases, on «ait 406 le» W, se trouvai alifernaUr 
vemtot à l'état d'action «et il l'état id* repos» >U déviation 
restai* lonjour*à l'ouest* mm le. to tria*)» de déviationie* 
produisait quand le iil était à r<ét*t,é'actioiÉl. Ceiinaaiinain 
eai aHé quelquefois, jnsqu'^ 80°. Pendant. Métal, de tap^f 
ia déxiatioo a varié. : e*tre fU ai 80?, .C'est ** qt*&. aous 
avons par tienliirtuttpt; *b|**rvét,v*ifrAiiit; heurta ><j»itseîft 
A l>rigtw de r*ucore boréal^,Jad^alaiiqi>^eata iwjDtra 
inférieure à 4Bp. Il y a toujours,*» onè^tteinehceSneit 
denee entre .la. déviation de l'aigoille «A^la peéttioi} aatror 
poroiqije d|« jsqgwent liimÎDen^ V^s. n#tf <fa*ww. dl> 

Wff.il ^e pr9 d MÎ3it ^ a#pjllaiM>ps,p4ritWJtft«>wi xi#pbk&p 

qyi étaient fa 4 i,6°» . • ■ •; ' ♦• 

Noua regr^ton* de 'avoir pas eu.joiw U rçwo de? 
galvauopièjtre* de précision de# Inius&ole» de. sinus qt 

de tangenjea, ,<#r. n*us etyiow Pi» jalor* jtyiltiptitr >ms 
observations et expérimenter |p signe et le. sens.dps 
courants développés. 
D'un autre côté, pour que nos observations eussent 



136 

une tuteur meentesta We; il aurait fallu expérimenter à 
l'autre ettrèmité du filfe Toulouse* Mai» bous» manquons 
et renseignements sur bette 'dernière stalioÉ. Toot ce 
que noue savons de ce >pds<te peut se résumer ainsi : 
contact toterimitetU ; décharges fr é que nte s phxtoitfe* par 
l'aurore boréale. Comme m 4e voit, ee laconisme se 
restent des eiigefteee du service télégraphique. Tons le* 
(ife du département des Pyréoéet-Orientate* furent plus 
nu moins impressionnés par f aurore boréale. 

H résulte de cette crottée que l'aurore boréale ne con- 
siste pas uniquement dans le météore krmtneux. Les 
courante développé* dans les fils télégraphiques, les 
perturbations variables de la boussole, la marche capri- 
cieuse des tenta* sont les signes avant-coureurs de Paurore 
lumineuse* C'est far l'observation attentive de tèos ces 
phénomènes, la plupan encore peu connus, que l'on 
pourra aborder In vraie théorie dus aurores boréales. 
L'obseratioa èérieuse doit frire quitter le vaste champ 
des hypothèses ; observons toujours; et lorsque des auro- 
re* boséaAès se produisent, pendant que* des esprits super* 
tioiets ou intéressée y cherchent une interpréta lion souvent 
grotesque des: misères de notre planète, que les obser» 
tuteurs aérièftt se màltiplient, que les uns notent pas i 
pas* les" èh»cotf6tatte*8 physique, (jtfe les autres, munis 
d'appareils électriques, enregistrent les toutaftts ûiulti- 
pies et qu'enfin, da*s les observatoires ad hoc, ob saisisse 
au passage toutes les ressources optiques de l'analyse 
spectrale. Alors seulement ou devinera on des chapitres 
grandioses du livre sublitne qui s'appelle le ciel. 



Î37 



•. I « I • I I ■ 



« • 



HISTOIRE Mil BELLE 

DU DÉPARTEMENT DES PYRÉNÉES-ORIENTALES. 

i • * 

•••''.■ i / 

ENtOStÔL&SlË 

Par M. ¥. Fsllst, Membre fWdaat 



J'ai commencé, en 1866, dans le quinzième veteme 
de nos annales, le Catalogne des insectes coléoptères 
qui se trouvent dans le département dés PyrénéesJOrten- 
takfr. Ce catafogue ne contient que les espèces rion 
citées par le ftoctetar Louis Coihpanyo. J'ai donné Ifc 
desértptfrm, d'après leurs *o?etfrfc, dte* espèces nouvel- 
lement ddcoutefies. 

Dans le seizième volome, j*ai eu la satisfaction de 
décrire » la larVe dé la Zygia oU<mga, de Fabricius. 
L'insecte parfait ne se trente que sous les tories des 
toifc de Bto habitations, dûtes le nid de la guêpe Gau- 
toisè, ItyÀidnoptère quf foumrttlè dans tout le midi de 
h Ftance. 

En 1871, dans le dfx^btrifiètne téltrme, Je décrivis 
detrr insectes tellement rares jusqtfes alftr* dans les col- 
lections, que je les supposai notrreaut; ce sont : le 7W- 
chius ffoui et le Cailidium Verneti. Le premier est une 



variété très tranchée du Irichius Fasciatus de Linné, 
d'après M. E. Mulsant, professeur d'histoire naturelle au 
Lycée de Lyon, celui de nos auteurs entomologistes dont 
le mérite égale fceul ta tôcbrfdiUj m ' ' ' ' ! i 

Le second serait U Symmezocera Laurasi de Lucas, 
insecte trouvé pour la première fois en Algérie, et en 1835 
à Auteuil, près Paris, par mon excellent ami Henri de 
Bonvouloir, le savan^a^^^ (topographies des famil- 
les Throscides et Eucnémidss. 

C'est dans le résumé des 4wrvaax d^ la section des 
sciences que renferme ce dix- huitième volume, à la 
page 15, que M. le secrétaire de la section des sciences 
dit: « Dans la séance du mois d'avril, M. Pellet s'élève, 
« dans un intéressant travail, contre la destruction des 
« hawietam; il prétend qpe 3*iU paient à dfcparajtre 
* tout-k-fait, nous seriops inondés par des n\\ée? d'in- 

, Je n'ai pas besoin de ,d&lwer ^pe, le té%mi 4* WftP 
iravaMt 9insi compris, meSvx .d^re. pop #llç q^su-j^ 
site qu'elle se détruit d'eUe^puype,: U /tapt^fc^ ^,Jt 
l'état parfait, passe sur la terre juste le, tejqps Aécessajug 
pour l'aclç de la reproduction et toucf^ tout {tu pluf à 
quelques {brins de feuille, nevpept être classé par ohm 
parmi les insectes carnassiers, 
. Su je n'avais été absent de Perpigqan et qp '3,0*113 
déplorable époque dé aoire guerre av,ec lj* Jprjisse l* 
commission de publication eût pu fonctionner,, pprqille 
énormité n'aurait pas été imprimée. 

Ce. que j'ai dit, le voici; et je ne suis pas fâché de le 
consigner en entier dans nos annales puisque j'avais 
remis en 1870 ce petit travail pour qu'il y fut inséré. 



139 



USTE DES HANNETONS 

(Genres Melobatha, PolyphyHa et Anoriaj 

* 001 SS TROUVENT 
DANS LE DÉPARTEMENT DES *YRÉNÉES-ORlENTALÉS. 

Ce sont : 

1° Mdolonlha Albida, de Frivaldsky ; 

2° — Hippocastani % de Pabricius; 

3° Polyphylla Fullo, de Linné ; 

4° Anoxia A us traits, de Schonheer; 

5° — ScuteUaris, de Mutant; 

6° — Villosa, de Fabricius. 

Comme pouvant nuire ï l'agriculture, je citerai le 
Mdolonlha aUrida* V Hippocasiani et V Anoxia villosa; les 
autres espèces sept trop rares, ou bien elles vivent sur 
les dunes. 

A l'état parfait, les hannetons se nourrissent, pendant 
quelques jours, des feuilles des arbres ; il ne font alors 
aucun mal sauf les années où ils abondent. C'est leur 
larve, principalement celle du Mdolonlha vulgarité 
(6g. 3) Fabricius, appelée ver blanc, qui est un vrai fléau 
pour les agriculteurs du centre et du nord de la France. 

La larve du hanneton passe quatre ans en terre avant 
de subir sa dernière métamorphose. Tous les moyens 
que Ton peut employer pour détruire un insecte qui 
pond un nombre d'oeufs qui varie de quatre-vingts à 
cent et dont la larve vit pendant trois ans sous terre aux 
dépens des racines des plantes et de celles des arbres, 
resteront sans résultats appréciables. Une année se passe 



140 

sans que les hannetons signalent leur présence ; il en est 
de même d'une secondé, dtiné taokiièftie' année, et a la 
quatrième ils fourmillent. C'est un phénomène, dira-t-on; 
nullement : le moment de la ponte ou bien celui de 
l'avanHeraière métatypwhwfi, lor?qije la larve ^e trans- 
forme en nymphe, a été contrarié par certaines cir- 
constances atmosphériques. En effet, le hanneton peut 
être appelé vers la surface de la terre par certifies cha- 
leurs factices du premier printemps et il périt imman- 
quablement s'il survient des froids tardifs. La sécheresse 
peut encore rendre la superficie du sol tellement dure 
que l'insecte meurt avant de s'être frayé le chemin qui 
doit l'amener au jour. 

Ces circonstances exceptionnelles ne pouvant se renou- 
veler pendait quatre années consécutives, dans nos 
départements méridionaux surtout, nous pouvons regar- 
der comme impossible la destruction de» hannetons. 

Je passe à un autre ordre d'idées : sommes-nous bien 
dftrs qu'uni fora les hannetons Maternent détruits nous 
n'aurions pas à nous en repentir ? Est-ce que nous ne 
tournerions pas, par hasard, dans mr cercle vicieux en 
parlant toujours de détruire les insectes nuisibles, les 
animaux nuisibles, et de conserver les insectes utiles, 
les animaux utiles? 

En 1866 le* insectes nuisibles aux jardins potagers ne 
se montrèrent presque pas ; pourtant, lés petits diseaux, 
auxiliaires, arrivèrent. Plusieurs maraîchers, mes voisins, 
rtie portèrent leurs plaintes et me prièrent mfitne de 
tirer sur les oiseaux qui bien plus nombreux que lés autres 
années, attaquaient les bourgeons dé leurs arbres à fruit, 
dévoraient téorfe légumes. Ericere une ânttée pareille, et 



• . I» * s t t 



444 

Us petit» ekcaax, moi grtMtifrtlmiitat édieniltpom, pa*- 
wifttt fow pUn ootoihHs que les Gb*Dilles4tte*4mé0el. 
Ctei ntue prouve quotas a*inoa*x et Je» ineante*- nui- 
sible* ne Je daviftQneni réellement que lorsque le nombre 
4e «eu* qui s'en uoenriseent est pur trop diminue; si, 
4P contraire, le* aaiMee* et les iuéeetea nifisiblfs se 
wffisent plee à retimenfafian de nos prétendus a initia* 
re*, ceux-ci devienpent, forcément, née ennemis à Ienr 

Que conclure? 

Si nous parvenions a déttaire les insectes 
les animaux nuisibles, d'accord arec nos^anxiliaires, ne 
serions?nens ps* obligés de faire disparaître ces derniers 
qui noue deviendraient inutiles, qui remplacement 
même les premiers l N'enrienet-noof pas réfopu tféquili* 
bre étaibli par je grand ordonnateur de tentes choses? 
et tout en reconnaissant aa<tfotfc-puiqMuioey sa sagesse, ea 
bonté infinies, ne pesserionntnooa pas les Irais qu&ru 
de notre existence 2i critiquer, sans h vouloir^ Je*; actes 
de cette lMterppiseanoe, que nous venions feieo loi 
accorder? 

Je voulais m'en tepfar k tes petits travaut, il des des- 
cription* isolées, letaque plusieurs de mes celiègnes m'en 
eut démontré J'insuftsaneeu a Noos n'avons* ni'ont*ife 
dit, a notre disposition, aacmt ouvrage 4'èistoire natw- 
velle traitant des insectes coléoptères du département. 
L'ouvrage de M.. Louia Companyo est très précieux en 
ce sens qu'il précise . if endroit *h tel insecte se trouve, 
mais 1 il '.n'en est pas moins vrai que <* ntatqa'oQtrès 
eptalogue local. > 

«La Bibliothèque de la tillè» possède faieu'la'préèieoae 






148 

iin genre BmbifUmm 4e M» Jacqueiio d* 
VaK naturaliste, originaire de Prade*< Pyrénéen-Orien- 
tales, maie, cet ouvrage^ qui a plaûé son aateer à b tête 
des entomologistes Français, ne traite que d'un seul genre. 

a Noos voudrions bien répondre, à votre appel, et noua 
occnper de cette branche d'histowe naturelle qui nous 
parait fort agréable ; nous comprenons tout l'agrément 
de ces promenades eato Biologiques que vons nous dépei- 
gnez sous des aspects si attrayants et qui fournissent le 
délassement à l'esprit tout en fortifiant le corps; qui 
amènent les désœuvrés fa se donner d'agréables distrac- 
tions tout en se créant des amitié* durables parce qu'elles 
reposent sur une communauté de goûts; de' ces pro- 
menades qui deviennent d'autant plus fréquentes qu'el- 
les sent de pios en plus instructives, et qui finissent par 
être indispensables parce que la passion s'en mêle bien- 
tôt, et qu'il n'y a pas de passion plus absorbante que 
celle qae nous communique le goût des collections. 

« Puis arrive, nous dites-tous, le moment où tes pro- 
menades entomo logiques ne peuvent pins suffire; il faut 
alors avoir recours aux échanges qui procurent non- 
seulemerrt de nouveaux insectes pour les collections, 
mais sortent de nonveanx amis. New voilà donc grands 
collectionneurs ! hélas, ce n'est qu'un rêve, rêve char- 
mant, sans doute, mais q» pèche par la base, puisqu'il 
nous manque les ouvrages qui pourraient nous permettre 
d'étudier cette science si attrayante ; que ne faites-voris 
imprimer cet ouvrage dans nos annales? s 

Après avoir longtemps hésité fa. entreprendre un travail 
que je sais au dessus de mes forces, je me suis pourtant 
décidé. Je faciliterai l'étude de l'entoipologie fa mete col- 



us 

lègtes detaSortéfé Agrtcote, <ScienîMqwe et tittérafre, 
* &s'Wrtbrkamatébr* qui triettrttat enflt* un terne 1 nfroti 
fctifetftent, qiii tfou veroht, péftt-ftrfe, que ma eblléetiM 
fa'cftt pas ï dédaigner, et <)ui me fa rendront bien ptot pté« 
cféttée : si elfe m« fournit ftctâfthm de leur venir 1 eif aide. 

Dâtttiè diî'^ neuvième ' volume de nôtre 9Miéf« j'ai 
donné, d'après mon excellent ami M. E. Mulsant, fràés** 
cHptiotf Ides <%tonétttoiy'qfii 8e trouvent dfcfts lé dëpir- 
téttiènf ; détail eortmédcèr par où tous te* auteurs flafo- 
senl ; le iribtif ett est qbé malgré leur taille exiguë, les 
CôécintUiènJ sont nos prias précieux auxiliaire» contre la 
fournit, le revièudtoi, pltas taM, srtr celte intétessaiite 
fllmMIè. ■ .» 

Aujourd'hui, j'entreprends la description dés Catafthptea, 
insectes tons utiles & fagricuWure. Cette fotoîffe eat très 
Adttibi'éttse et plusieurs dés genres qu'elle renferme pré-* 
sentent leà pitia grahdëè difficultés aux de&tfiptétrrs. Un 
certain nombre est : reécfuvtfft de Couleur* métallique* 
4oi'le£ fbrtt rivaliser avec les plus beaux coléoptères exo- 
tiques; tels dont le* Carabes; et, parmi eux le Carùfmi 
Rutilans, Dejeaii, très abondant sur nos montagnes àé 
moyenne hauteur et qui, pourtant, est fort recherché par 
les collectionneurs parce qu'il ne se trouve en France 
que dans notre département. 

< 

Avant de décrire les carnassiers terrestres, les Carabi- 
que*, je dois me rappeler que j'ai entrepris le présent 
travail pour faciliter l'élude de l'entomologie aux jeunes 
étudiants, aux élèves de l'Ecole Normale, surtout; il est 
donc nécessaire de leur donner l'explication des termes 
propres à cette science. Je le ferai d'une manière com- 
plète, mais aussi brièvement que possible. 



m 

wenhrftpeaafp -qqi, a l'élil de rej»»,, ftoqt retyfflmm 
par deux. #>i» . fUuft «if anoipa dm», et .qui s/app^lent 
éljjftes, . M» aile? ^a^p^^g pepefll faire d^CpU 
flopilM d*»z JLp iaj(ab«s, par. e^^qy»^, ,^ janvtj* Jes 

1^9* «plwplèfles «ont dilM^iVw^ j»aa/:ç flqe.JeiH-» 
Offapet iplériepr* apal rfupWfM ,4'W| WMpUftllH» 
divisé «o piusjenra parties. rejj飫,ejptre.ejl£a.p3r, de» 4^ 
çtat mepj>rawu*e*. Ce SflPÇ^e e^t4rinar rajtpfpcjb*. 
donc le* Coléqptéres, dea &u&tacis, desMolInaquo», des, 
Reptiles (la tortue). Ce squelette extérieur sera seul, .(a, 

sujet de notre élude, . ......,.« 

Ue iqirçi^ ejAéripur, Ja tégwqeQt eitfirigflr, J'ejn*e r 
loppe immédiate qqi apnt syooj) y/ne* , . ae aeryent fju'ji 
recouvrir l'appareil dig^ltf w ca^Upiesiirçal dei'iqs^çie 
parfait. 1) dojme I* (orme pi. «si presque toujaup phi* 
ou awiw allonge*,, et, la wtfepr qui varie .i'ua. jpseate. * 
l'acre. Jl *e .djvjae en troia parles. wrintypaJe» qui sont : 
la téfe, le Jfaww: « l>(W«««. ........ \ 

TÊT*. ■• 



I « • I • 



La tête est composée de pièces fioces et de pièces iholri* 
les; les unes sont placées & h' face supérieure, et les 
autres h la face inférieure. Les pièces fixes de la face 
supérieure sont : : 

/ 4 

L'épislome } eu cAa/?ejy?? $ \e posl-éflislçme et Y faneront 
qui renferme le /[rouf, le veriex, IVcftp^, Jes j0t^ % J^. 
tempes, les yeu#. 



445 

Les pièces fixe&deb|>.faee inférieure sont t la fièce 
batilairei la pièce préktsëaire; le cou* * . . < • 

Les pièces mobiles sont la bonckey les ratenn* . « • 

Kfcectf itesidfeilauéto, f*c& yipértiure. <»\ - 
"da £pûttmë ou t /beffléf dn f (figure^, /). 11 est têtue à 
l*>partfe Mtërietoievii) relit leilabrq em a tant et ltépicrine 
en anrièîti. 11 ua*iei|fa ferme et de grosseur* « . . u 

2° Post-épis tome. Il vienl aps es Tépjstome et se joip t à 
l'épicrâme; il esi souvent invisible. 

3° Epier âne. Placé aprèsle ^ost-épistome, l'épicr&ne se 
subdivise ;. ..,, , .. t . ., . ( , i 

1* En frmt t (tig> A,.$r) b &'anrélant h l'epiatooia au 414 
postrépietoiDe en,a<vant,.aux yeo* sur les côtéSy aq ver- 
Ua-ea arrière; /.«:-• . - - <.. (! 

,2» fyi tierter/tfig. 1„ /i)> partait du front en avant* ^'ar- 
rêtant à S'occiput en arrière, ayant peur imites sut 4es 
côtés les yeux iét tes tempes ; - * 

S* En 0€cipué partant du .verlex, aboutissant au thorax, 
limité sur le& côté» par les tempes. IL n'est bien visible 
que isliez les insectes fMorvus d'un cou (les caatbarides); 

■ 4p Eo joues (fig.% c) placées entre la bouche en avant, 
les tempes en arrière,, les»>yepx et la baqe île la pièce 
prébastlaire. Les jêues varient beaucoup de forme, de 
dimension; lorsqqe le prolongement des joues a lien 
en arrière, on donne feqe prolongement le nom de ami 
thus; H sépare les yeux en deux parties (les aieuchuft, 
les gyrinus), et Fou • dirait que ces insectes ont quatre 
yeux ; 1 • • * ... 

Bs En tempes (fy. S, «) après les joues et qui les eou- 
ttnqeut eb formant les angles postérieurs de la tète tour 
chant au thorax, 

10 



Uft 

Pièces lise» de la télé, face inférieure 

1° Pièce basilaire (fig. 2, A) se tènqinant, au cou, très 
visible chez les hannetons; 

2° Pièce prébasUaire placés eu avant' 4e la bastiaire, 
rarement visible, mais très développée ebei les ha options; 

8* Cfla (flg. % m) partant de la pièce èasiltore et uyant 
pour limite le trou occipital dansi telqueliil •s'enfonce; il 
est pltts ou moins apparent. ■!••*. 

Les yeux, (flg. I , a) (fig. 2, l) que nous avons désignés 
peut-être à tort comme placés & la face supérieure de la 
tête, puisqu'ils sont tantôt dessus, tantôt sur les côtés, 
tantôt dessous, sont an nombre de deux, lia se divisent 
en yetfx il facéties ou composés et ea yeux lisses portant 
aussi le nom 4'oceUes on stemmates. .. • 

Les yeux à facettes sont pinces entre * la joue, le front 
ejt l'antenne. La cornée des yedxà facettes est/ divisée 
en ccméules innombrables» Les yeux lisses placés sar le 
vertex et formés de points proé»jnen*s, lisses, appelés 
octUeSy au nombre de un on dpux/.nese reoGOûtnent 
que cher, fort peu de coléoptères (famille des Staptitins). 

Certatns coléoptères sont privés d'yeux; d'autres ne 
possèdent qu'un rudiment de nerf opaque. N*4re bien 
regretté ami et collègue M. Lespès, professeur d'hietoite 
naturelle à Marseille, possédait une habileté incompara- 
ble pour la dissection des organes visuels des insectes; 
il parvenait à trouver un rudiment de nerf optique chez 
un insecte de moins d'un mjliimètte (Je longueur ;. c'est 
un tour dé force que pop vent se permettre bien peu 
d'analomistes. 



Depuis quelques années seulement, les insectes 'aveu- 
gle* q»4 été recherchés. On les trouve soil enfouis scpis 
les grosses pierres» s#U dan* le fend des cavemes* L'on 
conçoit que la attpre qui ne erée rien d'inutile , , ail 
renoncé k donner des yen* à des 4*res qui, y» Jeur. babi* 
tat, sont condamnés à ne pas jouir de la clarté du jour. 
En revanche, elle leur a donné des antennes etciçs jettes 
tcès longues afin qu'ils puissent éviter facilement les 
obstacles qui s'opposent k leur marche. 

PIÈCES MOBILES DE LA TÊTE. 

Les pièces mobiles de la tête sont les différentes par- 
lies de la bouche et les antennes. 

La bouche se compose de plusieurs parties qui sont 
d'excellents caractères pour la classification des coléop- 
tères ; ce sont : 

■ 

1 ° Le labre ou lèvre supérieure ; 
2° Deux mandibules ; 
o° ïteux mâchoires; 

4° La lèvre inférieure, comprenant le menton et Ja 
Ifinguelle. 

1° Le labre ou lèvre supérieure (Jig. 1, p) est, fllaw 
au-dessus, des mandibules, et s'adapte à l'épistome ; 

2t> Les mandibules (tig. \ < e) (fig. % j), au nombre de 
deux, servent à appréhender et a triturer la nourriture 
des insectes; aussi, leur partie intérieure est toujours 
tranchante et plus ou moins dentelée ; chez le Lucamifc 
cervus mâle, les mandibules deviennent un véritable 
ornement, comme le bois cher le cerf ; 



148 

fahés -mâchoires < nu nombre de deux, sont aplatîtes, 
terminées en pointe, fonctionnent horizontalement, pas* 
sèdént tfrt palpe et se composent de plusieurs pièces 
dont lès principales sont : Beat Lobes, l'a* interne, 
l'âotre externe (fig. % y); deux palpes wutxiUaires (fig. 
2", ft) composées de plnsienrs articles ressemblant à de 
petites antennes; 

4° La* fêvr* inférieure supportée par le mente», ferme 
la bouche avec la Fèvre supérieure absolument comme 
chez les mammifères. Elle renferme plusieurs pièces 
dont les principales sont : Le menton, la languette; 

1° Le menton (fig. z, d) plaque présentant un grand 
nombre de fprmes se joint à la pièce prébasilaire ordinai- 
rement glabre, c'est-à-dire sans poils ; 

2° La Languette (fig. 2, e), petit cartilage de forme très 
variable donnant accès a l'ouverture du Pharynx qu'elle 
défend 1° par ses paraglosses (lig. 2, gr'), appendices 
membraneux, ayant l'aspect d'oreillettes, qui sont au 
nombre de deux, placés de chaque côté, et 2° par ses 
palpes labiaux (fig. 2, f) au nombre de deux placés sur 
les côtés et vers sa partie supérieure. Le nombre des 
articles des palpes labiaux est de un à quatre. 

Antennes. Les antennes (fig. i, b) (fig. 2, k) au nombre 
de deux, sont placées sur les deux côtés de l'épfcrâne, 
en avant, en dessous et entre les yeux:. Elles sont com- 
posées de plusieurs articles mobiles h forme, nombre 
d'articles et longueur très variables* te nombre «les arti- 
cles est le plus ordinairement de anse. L'endroit de 
l'épierâneou s'adapte le premier article sfeppelie point 
d'insertion. 

Les quatre premiers articles s'appellent basilaires; Us 



149 

forment la lige; les derniers prennent différents noms, 
suivant ietv forme. 

Les antennes sont dites ; 

Clavicomes, lorsque les derniers articles s'épaississent 
en massue ; 

Flabettées, lorsque les articles qui suivent tes basilairbs, 
sont aplatis et stihufent de petits paéathes soper posés; ; 

Filiformes, , lorsque les articles sont h peki près les 
mêmes en forme et longueur; i 

Mmiliformes, lorsque les articles ont la fonne ronde 
de grains à chapelets ; 

Peclinces, lorsque les articles sont formés de dents 
placées sur la même ligne comme celles d'un peigne. 

Sern formes, lorsque les articles sont triangulaires ' et 
placés comme les dents d'une scie; 

Sétacées, forsqne les articles diminuent insensiblement 
à partir du point d'attache. 

Telles sont les formes les plus ordinaires que présen- 
tent les antennes. 

Thorax. Le thorax est la partie du eorps qui part de 
la tête et arrive jusqu'à l'abdomen. En dessus \\ com- 
prend le conelet ou prothorax, qui représente le dds, les 
éptfules ; le mésothorax, pièce intermédiaire, et W mèta~ 
thorax qui vient après. Le dessous du thorax Comprend 
la poitrine, jteclus. 

Le prothorax comprend, en dessus, le bord antérieur 
(fi g. 1; i) qui reçoit le cou, le bord postérieur (Gg. 1, q) 
qui s'emboite aux élytres, deox côtés oo bords latéraux, 
qoatre angks : deux antérieurs (fig. i , o) deux postérieurs 
(fig. i, m), et la partie du centre Vjui prend le nom de 
disque (fig. i, n). 



450 

Endettons* te prothora* se divise : 1° en pvos(&*u*i 
(Gg. % o) qui porte la première paire de panes ; 2° en 
cpislernum, (flg. 2, p) et épimèrt* (fig. 8, r), pîèfces 
latérales. 

Le mésothorax, vu eu dessus, renferme : 

1° Le £<mfeliiim ou éc«5ion (fig. 1, j), pièce platée 
après le qeutre d» bord postérieur tk Prothorax et à la 
naissanoe des élvtre»; 

2° Les élytres ou étuis des ailes. 

En dessons le mésothorax (méaesternum) (fig. % s), 
porte la deuxième paire de pattes (fig. % K). Gomme le 
prosteroum, il renferme deux pièces latérales: l'épister- 
uum el l'épiraère (Kg. 2, J). 

\jo métathorax porte en dessus les ailes membraneuses; 
en dessous (métasteroum) fig. % x) % la troisième paire 
de paites. Il se divise en épisterniim (fig. % v), et épi- 
mère (fig. 2, y) pièces latérales en double» 

Les appendices du Ihorax sont : 

1° Les ailes m dessus du corps; 2° les élytres pardes- 
sus; &> en dessous do corps, les pattes. 

i° Ailes. Les ailes sont tnembramuses et servent au 
vol. Elles sont presque toujours repliées transversale* 
ment. Les coléoptères chez lesquels les ailes ue sont pas 
repliées (Buprestes) sont d'une agilité merveilleuse pour 
échapper au coup de filet du naturaliste ; 

2° Elytres. Les élytres, qui font partie du squelette 
extàiem, recouvrent presque toujours l'abdomen; elles 
sont rudimentaires chez certains genres de Longicornes 
et de Staphylins ; elles paraissent plus courtes que l'ab- 
domen, dans le genre Cymindis, surtout chez les femelles 
qui sont sur le point de pondre. 



151 

Lq fytrp (Ijfl., 4 f1 /) ne sont pais plus des ailes que le 
fourreau un «a6r^; ce sont les ému, les gardiennes de* 
ailes propres a m vol, 

L'ipsect?, pour prendre son essort, esl obligé de faire 
jpuer le ressort qui les fixe sur les ailqs membraneuses ; 
lorsqu'il vole, ces dernières seules sont mises en mou* 
vemept, las élytrçs restent ipimobiles. t 

Dès que l'iosectç cesse son vol, les ailes membraneuses 
s'abattent immédiatement sur l'abdomen tandis que les 
clytres ne se ferment qu'en depx temps, en se jetant sur 
les côtés extérieurs, au premier temps, pour se rappro- 
cher au second. Lorsqu'il s'agit d'ouvrir les élyùres^ le 
mouvement inverse doit avoir lieq. 

Nous avons dit que les ailes manquaient chez certains 
genres (genre Carabus et la grande famille des mélaso- 
mwj • les élylrcs peuvent même èlre soudée* (fig. 1, k) 
el recouvrir les bords de l'abdomen; ces bords des 
élyires recourbés en dessous prennent le nom A'épipleu- 
res. (fig. 2 f T) 

Lorsque les élylrcs ne sont pas soudées, elles peuvent 
servir au vol, mais accidentellement. Je citerai comme 
exemple un Vesperus Xatarlii femelle qui, par un vent 
assez fort, passa par une fenêtre du château de Colliourç 
et vint s'abattre dans la cuvette de la salle ï manger du 
commandant Poôzau. 

3° Pâlies. Les pattes servent aux coléoptères à se mou- 
voir sur terre ou à nager. 

Elles sont toujours au nombre de six ; deux antérieures 
placées au prosteKnum (dessous du prothorax ou corselet) ; 
deux intermédiaires placées au mésosternum (dessous du 
mésothorax), et deux postérieures placées au mélastcrnvm 



iû 



(dçssèus du métathokax). Elles se divisent en èincj par- 
lies qui sont : 

Lz hanche (fi %. 2, zz) qui s'articule a(i f corps, èl qui 
Varié de forme et de position ;ièà leitrés i} élu (ftg. 3) 
indiquent les cavités qui reçoivent lès kknchés (les deux 
premières paires de pattes. 

Le troçhanter [fig. % f) la plus pftlle partie M ta patte, 
qui vient après la hanche, il devient', par exception,' long 
et pointu chez les cârabiqùes et d'aubes genres, mais 
aux pattes postérieures seulement. 

ÏA cuisie ou 'fémur (fig. % e f ) Vient après 'lé Yrochan- 
ter; elle varie beaucoup de forme. 

La jambe ou tibia (fig. 2, à') vient après la cuisse, 
elle est très variable dé Forme et de grosseur, cl chez 
Içs insectes fouisseurs (histérides^ scarabœides) , elle se 

■ • ♦ * ■ * 

courbe intérieurement et prend extérieurement la forme 
d'une scie. 

Le tarse (fig. 2, c) qui s'adapte à la jambe dans une 
cavité sur le bord intérieur de laquelle sont fixées deux 
fortes épines, qui permettent 2i l'insecte de grimper 
perpendiculairement. Il se divise en plusieurs parties, 
qui s'appellent articles. Us paraissent varier de 2 à 5. 
Il est terminé ordinairement par deux drochels (fig. % b*). 

4° Abdomen. V abdomen (fig. 2, a') qui suit le meta- 
thorax en dessus et le métasternum en dessous, termine 
le corps. Il se divise en neuf segments plus ou moins 
visibles extérieurement. Les segments portent de chaque 
côté une agglomération de petits trous nommés stigma- 
tes ; ce sont les organes respiratoires; les huit premiers 
segments en sont seuls pourvus. Vu ep dessus, le der- 
nier segment s'appelle pygidium. 



153 

Nous mentionnerons certairis caractères excèftio&nels 
soft à l'entête des' genres, soit à la ddscripiîôii des 
espèces. 

Pour ta classification, je renvoie mes lecteurs an cëtah 
logue de M. de Marseftl, naturaliste à Paris, (édition de 
f86(M807 (Catàlogus Cokôpterorwn EUtopœ et cèn/l- 
ûium). Boulevard Pereîto n° fcTt, aui termes-Paris. 

Cette classification est celle d'Erichson, mais avec des 
modifications qui augmentent le nombre des fa m H tes, ' 
L'ordre des coléoptères se divise en : 
Famille, exemple : Carabides; qui se subdivise en 
Tribu, exemple : Elaphritlae ; qui se subdivise en 
Genre, exemple : Omophron; qui se subdivise en 
Espèce, exemple : Omophron Limbatum. La treille. 
La grande famille des carabiques comprend tous les 
carnassiers terrestres. Elle se compose d'insectes qui 
vivent aux dépens des autres, c'est-à-dire qu'ils en font 
leur nourriture habituelle, indispensable. C'est h eu* que 
nous pouvons appliquer sans ermite la dénomination 
d'auxiliaires de l'homme; ceuk-fa mourraient s'ils ne 
trouvaient pas leur nourriture spéciale qui «consiste en 
larves, chenilles, insectes parfaits de tous les ordres, 
tandis que nos prétendus auxiliaires, les petits oiseaax, 
dévorent la plante si elle n'est pas dévorée perses para- 
sites; c'est-à-dire qu'entre deux nourritures ils choisis- 
sent la plus friande. L'hépithète de gourmands paraîtrait 
leur convenir à plus juste titre que ta qualification 
A* auxiliaires. 

Les larves des Carabiques sont aussi carnassières que 
l'insecte parfait. Il est malheureusement ansez difficile 
de les distinguer d'avec les larves des tasectes nuisibles 



154 

à l'agriculture. Voici pourtant des données générales qui 
permettront de ne pas trop sacrifier des premières : 
n'écrasez jamais les larves noires en dessus, jaunâtres 
en dessous; glabres (sans poils), luisantes, tangues d'un 
pouce et plus, ai grosse lé le, avec fortes mâchoires; à 
sii pattes, eouram assez vile sur la terre; respectes 
surtout celles cachées sous les pierres, ce sont les larves 
des car abus. 

4 

Epargnez encore les larves qui fréquentent les plantes 
pourries; ce sont celles des Staphylins (Og. 4) qui. sont 
plus utiles que nuisibles. Réservez votre colère pour toute 
larve blanche, à télé orange, recourbée en forme de 6, a 
abdomen transparent et bourré de céréales; c'est le fameux 
v«t blanc (fig. 3), la larve du hanneton. Écrasez sans 
pitié toutes les fausses larves à corps cylindrique, pres- 
que aussi grosses ï la queue qu'à la télé (c'est la forme 
de la vipère), à anneaux apparents, ayant six pattes et 
des moignons ï la suite ; se ramassant pour avancer ; 
ces fausses larves s'appellent des chenilles (lîg. 7) et 
donnent naissance aux Lépidoptères (papillons). Toutes 
sont plus ou moins nuisibles. Quant aux larves qui sont 
dans le bois vivant ou mort, dans l'intérieur ou sous 
l'écorce des tiges, il faut les détruire toutes; elles don- 
nent naissance aux Buprestes (fig. 5), aux Longicornes 
(fig. 6), qui font périr les arbres. Je m'explique : Quand 
je dis que les Buprestes, les longicornes font périr les 
arbres, j'entends parler seulement des arbres qui ont 
reçu des mutilations provenant du bris accidentel de 
branches ou de coups de hache donnés par l'homme. 
Si Poo ne prend pas la précaution de badigeonner avec 
du coaltar les plaies qui eu résultent, les Buprestes, les 



ta* 

Lotigicftrnes y déposent leurs œofe et Fasbre «sttwdu. 

La nature ne va ni*parsa«is ni par bonds* Ceci admit, 
ne chercher pas à lerre les iaseeie* nuisibles ï leur étal 
parfait; ils se tiennent sur les arbres* sur les plantes* 
sur les graminées surtout. Il où tous aviez eeoeoateé 
leurs larves ; vous pouvez les détruire tous» il n'y en a 
pas un d'utile. 

Vous ne verrez courant sur' le sol ou cachés sous le* 
pierres que les carabines ei les fouisseurs (Lamellicor- 
ues); respecte*-les. Les premiers sont nos auxiliaires, 
les autres les fossoyeurs des champs. 



PREMIÈRE FAMILLE. 



cicmaÉLiDBs* 



Ijà (été des dcindèles u'est guère plus grosse, propor- 
tionnellement, que celle des autres carabiques, mais 
leurs yeux qui sont énormes et saillants la font paraître 
plus large que le corselet. Les mâchoires ont leur lobe 
articulé et mobile; la languette n'a- pas de parsglosses, 
elle est très courte. Les mandibules sont remarquables ; 
elles sont longues, recourbées en dedans en forme de 
serpette, terminées en pointe aiguë et armées dans leur 
partie intérieure de fortes dents. La vue seule de eetlç 
énorme paire de ciseaux k deots en scie explique le rang 
qu'occupe ce genre dans noire classification des espèces 
carnassières. 

Les antennes sont filiformes, composées de onze 
article»; les quatre premiers sont métalliques. Le corselet 



156 

est ordibairenrienl cfcrré et divisé eh deux lunules. L'écns- 
son est triangulaire, lies élytfés sont parallèles et an peu 
plti* larges à leur partie inférieure, au point où elles 
commencent h s'arrortdir ; elles sotit ponctuées et parées 
de taches allant da blafne au jaonte paiHe; leor suture et 
Ifetft* pourtour est presque toujours métallique; elles 
recouvrent des ailes membraneuses, par conséquent pro« 
près au vol. ' L'abdomen eit métaHiqoe, composé de sept 
segments dhez les môles, le sixième très échantré. Les 
femelles n'en ontqne six. Les pattes sont très longues, 
grêles; chez les miles lés trois premiers articles des 
tarses sont dilatés aux pattes antérieures. 

Cette famille ne renferme qu'un seul genre qu'il est 
facile de reconnaître aux formes élégantes des insectes 
qui le composent. Ils ont des mouvements très rapides, 
semblent glisser plutôt que marcher, volent rapidement 
mais à de faibles distances. Ils fréquentent les endroits 
sablonneux où vivent leurs larves. Les uns ne s'éloignent 
guère du bord de la mer, les autres se trouvent sur le 
sable qui borde les cours d'eau et les sentiers des mon- 
tagnes. ! 

La chasse aux dicindèles doit se faire au lever du 
soleil ; elles sont alors lentes à prendre leur essor et on 
les capture facilement avec le filet à papillons. Dès que 
le sable est échauffé par les rayons du soleil, la chasse 
est finie, surtout si le vent est on peu fort. Ne jetez pas 
ces insectes dans l'eau-de-vie, ils tourneraient au gras % 
c'est-à-dire que leurs belles bandes blanches disparaî- 
traient; leurs pattes tomberaient; il faut les piquer sur 
place, ou bien les enfermer dans un flacon & moitié plein 
de sciure de bois légèrement benzinée, on mieux encore 



457 

dans un -flacon dont te bouchon renferme du colon 
benzine. 

Les espèces françaises sont au nombre de douze panai 
lesquelles sont des variétés très tranchées. Notre dépar- 
tement en renferme dix qui sont : 

1 . Cicindela campestris. Lmnée. 

Dessus: Sa couleur d'un vert mat, ses élytres planes, les 
taches des élytres, qui varient d'un individu à Vautre, la sépa- 
rent nettement des autres espèces françaises. Sa plus grande 
longuenr (qui se mesure de l'extrémité du labre à celle des ély- 
tres), est de treize millimètres; sa plus; grande largeur (qui se 
mesure d'un bord latéral des élytres* à l'autre), est de 6 milli- 
mètres. Les premiers sujets, qui apparaissent fin février» sont 
d'un vert bleuâtre beaucoup plus clair que ceux qui éclosent en 
juillet-août; ils ont les taches des élytres au grand complet, 
c'est-à-dire sept points sur chacune, soit ; cinq taches sur le bord 
extérieur et qui se suivent perpendiculairement; la première est 
humérale (sur l'angle antéro-externe des élytres, au-dessous dans 
l'angle postérieur du corselet); les 2 e , 3 e , 4 e viennent après, 
toujours sur le bord extérieur; la 5 e est upicale (sqr l'angle 
postéro-iiUeme des élytres), et arrive jusqu'à la bande métallique 
de la suture des élytres ; la 6 e est noire, plus ou moins apparente, 
placée entre la 2 e et la suture des élytres, au tiers de leur Ion - 
gueur; la 7° est sur le disque, entre la 3° et la suture, et 
entourée d'un cercle noir souvent interrompu sur le bord exté- 
rieur et le bord suturai. 

Lorsque les bords antérieur et postérieur du corselet sont d'un 
beau cuivré brillant, il en est de même de l'écusson, et les ély- 
tres sont d'un vert gai ; si, au contraire, les élytres et les bords 
du corselet sont noirâtres» l'écus&n est de la même couleur et 
n'est bien visible- qu'à la loupe. \ 

L'extrémité des mandibules est noire, le reste blanc sale ainsi 



158 

que le labre ; ce dernier «si entoura d'une ligne noire. Pourtour 
de la tête et lunules du corselet cuivreux, le reste vert jo*t. La 
tète, le corselet et les élytres sont fortement rugueux ; le corselet 
rétréci vers les angles postérieurs.. 

Dessous: D'un superbe vert métallique; joues, prosternum, 
épisternum et pattes ornés d'un duvet blanc, long et clair-semé ; 
pièce basilaire, mésosternum, mélasternum et abdomen d'un beau 
bleu métallique; hanches postérieures largement et très forte- 
ment ponctuées ainsi que le bord des anneaux de l'abdomen ; 
dernier segment aplati et d'un bleu très foncé. 

Cette espèce se trouve sur tous les points du départe- 
ment; les sujets les plus sombres se rencontrent sur Les 
montagnes au-dessus de 800 mètres; elle est très com- 
mune. 

% C. hy brida. L. 

Le mot hybride, lui est mal appliqué; hybride veut 
dire qui tire son origine de deux espèces différentes, 
taudis qu'ici, il signifierait que cette espèce varie; 
Yariabilis devrait donc être son vrai nom. 

Notre type des Pyrénées est la C. Montana. Charpentier. Elle 
est beaucoup plus grande que Campêstris, 46 mill. sur 1; d'une 
couleur plus sombre ; le corselet est carré, l'écusson plus grand, 
les élytres proportionnellement plus longues; les taches, au nom- 
bre de quatre sur chacune, plus grandes; la l 1 * et la 2 e toujours 
séparées ; la 3 e joignant le bord extérieur, qu'elle n'absorbe pas, 
forme une bande angulée se terminant en pointe émoussée vers 
la suture ; la 4 e en y joignant sa pareille placée sur l'antre élytre, 
à l'angle apical, représente une paire de moustaches retroussées 
et à extrémité ronde. En dessous, la couleur est pareille à celle 
de Campntrn; les hanches postérieures ne sont pas aussi forte- 
ment ponctuées. 



450 

Celle espèce ne se trouve que sur le» inouJagues 
de moyenne hauteur; je ne l'ai jamais rencontrée en 
plaine. 

3. C. sylvatica. L. • 

Taille de la précédente ; 16 à 17 mill. sur 7. 

Dessus : Tête, corselet et élytres d'un beau velours* bronzé. 
Mandibules noires à leur extrémité, d'un blanc sale à leur base. 
Labre noir. Antennes de la même couleur que le corps. Bords de 
la tète, du corselet et pourtour des élytres d'un cuivre plus clair; 
une ligne traverse le milieu de la tête, du labre au cou; elle est 
couverte de stries très fuies entre les yeux. Le corselet, de forme 
trapézoïdale est fortement rugueux, surtout sur les lunules. 
L'écusson est recouvert de stries très légères qui, partant du 
corselet, vont aboutir au même point, en face la suture des éLytim 
Les élytres se terminent en ogive renversée ; elles sont ornées 
de quatre taches : la l re numérale, en lunule, ainsi que la 2 e 
qui vient après en suivant le bord extérieur; la 3 e part du bord 
extérieur et arrive presque à la suture ; c'est une bande coudée 
au milieu allant s'aflaiblissant du bord à la suture ; la 4 e est uu 
point parfaitement rond, placé au-dessous de la bande sur le 
bord extérieur et à égale distance de la bande et de l'extrémité 
des élytres. 

C'est la seule espèce (sauf Ctmpalri* par variété très rare), 
qui soit privée de la bande apicale se joignant au point. Il existe 
pourtant, à la place que devrait occuper cette bande, un reflet 
d'un cuivreux beaucoup plus clair. De la naissance des élytres à 
leur extrémité, et sur chacune d'elles, court une chaîne de gros 
points, à trous brûlés qui, tantôt double, tantôt simple, forme 
de véritables arabesques. 

Dessous : nuance générale, bleu et violet. Épisternum, seg- 
ments et pattes recouverts de poils blancs, hanches postérieures 
ponctuées. 



ioo 

Je n'ai pas encore capturé celte magnifique espèce 
qui, d'après M. Companyo, se trouve à la Fonl>de Comps, 
avant d'arriver au plateau , dans les prairies de la Bardt 
Girvès et au Pla dels Abellans, au-dessus de Mont-Louis. 
Elle est assez rare. 

4. C. Trisignata. Dejean. 

Il est évident qu'il y a confusion lorsque l'on catalo- 
gue celte espèce comme étant une variété de la Simiala, 
Panzer; elle se rapproche bien plus de la Lilterata % Sul- 
zer, par sa taille, sa forme générale et la finesse du des- 
sin dos élytres ; nous prétendons même que les sujets 
un peu forts se rapprochent bien plus de la Circumdata % 
fiejean, que des deux espèces précitées. 

Taille; 9àH mil!., sur ià 5. 
• Dessus : Bronzé assez brillant. Mandibules à base blanche et à 
extrémités noires. Tète striée longitudinalement, yeux énormes. 
Corselet carré, plutôt plus large vers les élytres; finement ponc- 
tué et recouvert d'un duvet blanc sur les côtés. Écusson bleu, 
presque tisse. El y très parallèles et se rétrécissant brusquement 
par une ligne droite qui s'infléchit en arrivant à la suture; elles 
sont ornées de trois bandes : la 1 re part du bord humerai, suit 
le bord externe et s'arrondit vers la suture en remontant vers 
Técusson ; la 2* suit le bord externe jusqu'aux trois quarts de sa 
longueur, court vers le milieu des élytres en ligne très légère- 
ment recourbée, descend à angle droit à partir du disque pour 
finir en un petit crochet à extrémité séeuriforme, atteignant la 
suture aux deux tiers de sa longueur; la &• part de la suture, au 
bord apical, remonte, en diminuant, le bord externe, et se 
recourbe vers le centre pour se terminer en pointe ; souvent cette 
dernière bande se joint à la 2 e par un trait très fin qui suit le 
bord extern»». 



161 

Desww : D'tro vert très brillant avec toutes las parties en 
dehors des pattes recouvertes d'un duvet blanc. Palpes velues* à 
premiers articles rougeâtres et les derniers noirs. Les trochanters 
sont rougeâtres. 

Cette espèce est localisée sur la plage et ne s'en 
éloigne jamais. Elle est méridionale. 

5. C. Gircumdata. Dejean. 

Taille: 13 à U mill. sur 6. 

Dessus : Couleur de la précédente allant, mais rarement, jus- 
qu'au bleu vendétre. Mandibules blanches à extrémités noires. 

Labre blanc. Articles des antennes terminés par deux poils 
courts, placés de chaque côté ; le premier article n'en possède 
qu'un intérieur et deux fois plus long que les autres. Télé légè- 
rement striée entre les yeux, rugueuse en arrière. Corselet cilié, 
légèrement ponctué, large en arrière. Écusson ponctué, peu 
apparent. Élytres rugueuses, allant en ^élargissant; les bandes 
des élytres suivent, sam fnterruption, le bord externe, d'où le 
nom de cette espèce ; la 1" bande humérale part de l'écusson, 
contourne le bord humerai et remonte en s'élargissent vers la 
suture; la 2* suit le bord externe, au moyen d'une ligne exiguë, 
et va rejoindre la 3°; elle remonte dans son milieu, par une 
ligne courbe, jusqu'au disque qu'elle abandonne brusquement 
pour descendre perpendiculairement à la suture jusqu'aux trois 
quarts des élytres et elle se termine en un petit crochet qui va 
en grossissant jusqu'à la suture ; la 3 e bande ressemble à celle 
de Tritignata, seulement elle se termine par un point rond. 

Dessous : Pareil à Trisignata, mais les segments de l'abdomen 
sont plus sombres. 

Cette espèce, absolument méridionale, vit en société, 
aiosi que la Tri$ign*la % sur les bords des étangs * salés 
les plus proches de la mer ; elle est peu commune, très 

41 



difficile \k prendre quoique volant à <te faibles distancés, 
parce qu'on la confond facilement avec les petits objets 
sombres h côté desquels elle a soin de s'abattre. 

Il existe une variété chez laquelle le blanc des bandes 
absorbe plus de la moitié des élytres', ce qui fournit le 
dessin d'une croix dont la branche transversale serait 
double et arrondie en boule aux extrémités ; au pied de 
cette croix seraient deux bras recourbés à angle droit 
vers les branches et terminés par une main sécuriforme. 
Cette variété, rare sur nos côtes françaises, serait la 
Dilacerata, Dejean; elle serait commune et deviendrait 
espèce sur les bords de l'Archipel Turco-Grec. 

* 

6. C. Liitoralis. Fabricius. 

Synonymie de NemorcUis, Olivier, car Littoralis, Fabri- 
cius, ne se trouve qu'en Algérie, en Grèce, et notre 
espèce française est bien plus grande. Quoiqu'il en soit, 
n'embrouillons pas davantage les catalogues, et accep- 
tons C. Liitoralis, Fabricius. 

Taille: 16 à 17 mill. sur 6 à 7. 

Dessus : D'un vert presque toujours foncé sauf la tète et le 
corselet qui sont cuivreux. Mandibules noires, un peu moins à 
leur naissance. Labre roux. L f * qui sépare les lunules du corselet 
est bleu métallique, ce dernier est carré, et les lunules recou- 
vertes d'un duvet noir serré. Écusson petit, cuivreux tout le tour 
avec une ligne transversale bleue. Élytres rugueuses, parallèles, 
ornées de taches qui varient beaucoup; nous pourrions, comme 
pour hy brida, les réduire à quatre quoiqu'elles puissent arriver 
à huit par leur, dédoublement, mais le point parallèle à la 
3* tache ne se joignant jamais avec elle, et le dédoublement des 
autres n'étant qu'une exception, nous en compterons cinq. 



16;j 

La i w est absolument pareille a celle A'hybrida, sans être pour- 
tant aussi large en arrière; les w 2* et 3 e se joignent presque tou- 
jours au bord externe; deux points s'en détachent parallèlement, 
le premier est sur le disque, presque toujours réuni à la tache 
latérale et le second, qui reste toujours séparé de la 3 e tache, 
forme la 4 e tache; il est un peu plus rapproché de la suture ; la 
«V tache, apicale, est absolument pareille à la 4 e A'hybrida. 



Dessous : D'un beau bleu, surtout à l'abdomen dont le dernier 
segment est plus sombre; pattes et épisternum cuivreux et bour- 
rus, mésosternum et hanches postérieures verts, ces dernières 
ponctuées. 

Cette espèce se trouve dans les mêmes lieux que la 
précédente ; elle s'écarte un peu plus du littoral quoi- 
qu'elle s'appelle Littoralis; il est vrai que Dejean lui a 
donné le nom de JSémoralis, ce qui veut dire habitant 
les forêts, mais, bien entendu, les forêts de pins mariti- 
mes situées sur le bord de la mer. 

7. C. Flexuosa. Fabricius. 

Taille: 14 mill. sur 6. 

Dessus: D'un cuivreux passant exceptionnellement au vert ou 
au bleu. Mandibules, labre, tête pareils à Littoralis; corselet un 
peu plus rétréci en arrière, légèrement rugueux; élylres rugueu- 
ses, plus larges dans leur milieu; sept taches sur chacune; les 
l re et 2 e forment deux virgules dont le sommet regarde l'écus- 
son; la 3 e , représentée par une lunule humérale qui abandonne 
l'angle externe pour rentrer jusqu'au centre de Télylre où elle 
se termine en G majuscule ; la 4 e est une bande pareille à la 3 e 
de Circumdata; les 5 e et 6 e pareilles à Littoralis; la 7 e est une 
virgule dont l'extrémité touche la suture et qui est placée à la 
moitié de la longueur des élytres. 

Dessous: D'un vert bleuâtre brillant, sauf les épisternums et 



164 

les pattes qui sont d'un beau rose métallique ; trochanters noirs; 
corps entouré de poils blancs. 

Bord des étangs salés, rives sablonneuses des rivières; 
bien plus commune vers la mer. 

8. C. Paludosa. Dufour. Scalaris. Dejean. 

Taille: 11 mill. sur 4. • 

Dessus : D'un beau bleu légèrement verdalre ou d'un bronzé 
obscur. Mandibules blanches à la base, noires à l'extrémité; 
labre blanc; antennes foncées. Corselet déprimé en arrière avec 
les lunules un peu plus sombres. Écusson petit. Élytres parallè- 
les, ornées d'une bande qui part de l'angle humerai, suit le bord 
externe et s'arrête à la suture, à l'angle apical; elle incline un 
peu vers la suture, au quart de sa longueur, se recourbe en cro- 
chet sur le disque et se rapproche ensuite du bord externe pour 
finir en une bande apicale ù peu près pareille à celle d'hybrida. 
A partir de l'écusson, et suivant la suture, l'on remarque une 
ligne de gros poinls enfoncés qui arrive jusqu'à la tache apicale ; 
il existe quatre a cinq points pareils entre la l ro ligne et la tache 
humérale. 

Dessous : Corps bleu ; pattes vertes ; organes buccaux roux. 

Cette espèce méridionale vit isolément; elle se trouve 
dans les blés nouvellement coupés, près ou loin de la 
mer, mais en plaine. Elle se sert rarement, ou mieux, 
je ne l'ai jamais vue se servir de ses ailes; il en est de 
même de l'espèce suivante. 

9. C. Germanica. L. 

Taille de la précédente. 

Dessus : Corselet plus cylindrique que Paludosa; élytres 
allant en s' élargissant à partir de leur base; leur plus grande 



165 

largeur, 4 mill., est à leur point d'inclinaison vers le boni apical. 
Mandibules et labre pareils ii Paltidaa; tète et corselet velours 
vert, ce dernier déprimé en arrière. Écusson ponctué, ainsi que 
les clytres qui sont d'un bleu plus ou moins foncé ; elles sont 
parées de trois taches : la l re est un point rond placé à l'extré- 
' mité du bord humerai ; la 2 e un point long placé sur le bord 
externe, à moitié de la longueur des élylres ; la 3 e est la moitié 
d'un point circonflexe, qui prend naissance à la courbe des ély- 
tres pour s'arrêter à l'extrémité de leur suture au bord apical. 

Dessous : D'un bleu sombre; pattes vertes; palpes et trochan- 
ters ferrugineux. 

Celle espèce parait moins commune dans le départe- 
ment que la précédente; elle fréquente les mômes lieux. 

La Cicîndela maura L., qui est cataloguée en tête des 
espèces européennes, n'a encore été prise par aucun 
entomologiste de passage dans les Pyrénées-Orientales. 
Je n'ai pas exploré le Cap Cerbère aux mois de juillet et 
août, mois pendant lesquels les Cicindèles maiitimes 
abondent. 

Le docteur Companyo précise trop bien ses différents 
habitats pour que je puisse avoir le moindre doute sur 
l'espèce qu'il a eu le rare bonheur de capturer sur les 
côtes d'au-delà Banyuls-sur-Mer; c'est bien la Cicîndela 
maura. L. 

En attendant que pareille bonne chance m'arrive, je 
donne la description de Maura, sur des sujets espagnols 
et africains. 

10. C. Maura. L. 

Taille : M mill. sur 5. 

Dessus : D'un beau velours noir, bronzé sur lu lôte et le cor- 
selet. Mandibules blanches à leur base, noires à leur extrémité. 



me» 

Labre blanc et entouré de poils; un bouquet de poils blancs entre 
les antennes. Corselet cilié, plus fortement sur les côtés, carré, 
mais un peu plus étroit en arrière. Écusson grand, légèrement 
ponctué, cuivreux. Élytres à points soulevés comme ceux d'une 
râpe, armées de belles taches blanches que font admirablement 
ressortir leur couleur velours noir; ces taches sont au nombre 
de six sur chaque élytre, et elles se réduisent souvent à cinq 
lorsque les deux parallèles du centre se réunissent pour former 
une bande transversale : la l re est un point humerai; la 2 e un 
point plus gros que le premier et placé au-dessous; les 3 e et 4 P 
deux points parallèles et de forme pyramidale; la 5 e est un gros 
point parfaitement rond, et la 6 e un triangle, dont le sommet est 
à l'extrémité apicale. 

Dessous : Violet tirant sur le noir, recouvert de duvet aux épi- 
mères; pattes garnies de poils blancs. 

Cette intéressante famille des Cicindéliles a été étudiée 
avec le plus grand soin par les entomologistes; ses for- 
mes élégantes, son utilité incontestable en tant qu'espèce 
carnassière de premier ordre, soit a l'état de larve, soit 
comme insecte parfait, lui ont valu d'être classée à la 
léte des carabiques. 

Nous allons terminer cette famillç en parlant du genre 
Tetrachdi Hope ; il ne renferme qu'une seule espèce qui 
soit européenne, c'est la T. Euphratica. Dcjean. 

Celle espèce, trouvée en premier lieu en Orient sur 
les bords de l'Euphrate, a été rencontrée plus tard sur 
les bords du Nil, puis en Algérie, non loin d'un lac, 
et, depuis quelques années seulement, en Espagne, en 
Andalousie. 

Cette marche régulière nous amène naturellement à 
nous créer cette douce illusion, que celte espèce a ailes 
propres au vol, pourrait bien se montrer un jour aussi 



1*7 

aimable que Paussus Favieri, en enrichissant notre 
Faune locale de sa présence enviée. C'est cette espé- 
rance, chaudement entretenue, qui me fait tous donner 
la description de cette superbe espèce. 

Genre Tetracha, Hope. 

Espèce Euphratica. Dejean. 

Taille : 22 à 24 mil!, sur 8. 

Dessus : D'un beau vert métallique, cuivreux sur le disque du 
corselet et des élytres, passant au bleu sur les bords latéraux. 
Tète énorme; mandibules très développées, avec quatre dents 
intérieures, l'avant-dernière est très forte et noire, ce qui donne 
à cette horrible arme offensive l'aspect delà main du Cr^bc; 
base fauve, extrémité noitfe ; labre fauve à la base, noirâtre à 
l'extrémité, qui est divisée en petites dents aiguisées, armé de 
poils raides et longs. Antennes de la même couleur que le labre: 
1 er article placé au coin du labre et de l'œil, allant en grossissant 
jusqu'au second, quatre fois plus long que ce dernier; 9 e , 5 e et 
suivants de la même longueur; 4 e d'un tiers plus court. Des poils 
tout le long des antennes. Nous avons dit que la tète était verte; 
elle est, de plus, légèrement striée en avant des yeux et d'un 
beau rose immédiatement après ces stries, c'est-à-dire sur son 
sommet. Corselet cuivré sur le disque, vert sur les bords, bords 
antérieurs remontant en pointe aiguë vers l'œil ; il diminue insen- 
siblement et en demi-cercle jusqu'à une faible distance du bord 
postérieur, après quoi il suit une ligne droite jusqu'au bord posté- 
rieur, qui se termine en pointe émoussée ; lunules séparées par 
une ligne droite. Écusson représenté par un très petit point 
enfoncé paraissant triangulaire. Élytres fresque parallèles, très 
convexes, légèrement déprimées après leur bord humerai, en 
râpe qui va s'affaiblissant jusqu'à la tache fauve qui envahit leur 
sommet; elles sont ponctuées, ou mieux, gauffrées sur cette tache ; 



168 

la couleur verte des élytres suit la suture et touche presque au 
bord apical, à travers la tache fauve. 

Dessous : Tète et épisternum d'un bleu métallique, ainsi que 
le premier segment de l'abdomen, sur les côtés; toutes les par- 
ties bleues recouvertes d'une ponctuation écailleuse. Différentes 
parties de la bouche et pattes d'un ferrugineux pareil à celui des 
antennes. Prosternum, mésosternum, métasternum et segmente 
de l'abdomen noirâtres, sauf le dernier qui est ferrugineux; 
toutes ces parties lisses. 

Cette belle espèce, à faciès exotique, est nocturne. 
Elle se blottit pendant le jour au bord des étangs, sous 
les croutefc qui se fendent et se soulèvent à l'ardeur du 
soleil. 

L'embouchure du Tech, les étangs de Saiot-Nazaire, 
du Cagareil, l 'embouchure de la Tet et les étangs salants 
sont les localités où nous l'acclimaterons un jour. 



169 



VENT, 

SA DIRECTION ET SA FORCE 

OBSERVÉES A PERPIGNAN 

AVEC UN ANÉMOMÈTROGRAPHE ÉLECTRIQUE. 

. Par le D r FINES, membre résidant. 



Vent, sa cause, ses effets, utilité de son élude. — Le 
soleil, source de chaleur, de circulation et de vie sur la 
terre, échauffe plus on moins les différentes masses d'air 
qu'il traverse. Celles qui sont devenues phis chaudes et 
moins deftses produisent un vide relatif que l'air moins 
chaud et plus lourd des parties voisines vient combler 
immédiatement. Cet afflux, ce mouvement de l'air, s'ap- 
pelle le vent, et nous pourrons le définir : une quantité 
d'air mise en mouvement par une altération d'équilibre 
de température de l'atmosphère. 

Ce déplacement établit une immense circulation autour 
de la terre : il repouvetle les diverses couches d'air en 
chaque endroit, modifie h chaque instant leur tempéra- 
ture et leur degré d'humidité, mélange les vapeurs et les 
gaz et disperse les exhalaisons impures qui, sans cela, 
rendraient notre globe inhabitable pour les hommes, les 
animaux et les plantes qui vivent à sa surface. 



170 

Le vent, agent principal de la circulation vitale sur 
notre planète, peut, lorsqu'il prend trop de force et 
devient impétueux, promener partout la destruction. 
Il anéaulit les récoltes, il brise ou déracine les arbres, 
ébranle les édifices, renverse les trains de chemin de fer, 
fait sombrer les «navires et devient alors une cause .de 
désastreuses ruines. 

Le sens dans lequel se fait le déplacement de l'air 
détermine la direction du vent, et c'est grâce à sa con- 
naissance sur la surface de l'océan que l'illustre lieutenant 
de la marine américaine, Maury, dont la science déplore 
la perte récente, diminua la longueur des traversées dans 
d'étonnantes proportions. 

La théorie des bourrasques tournantes donne aujour- 
d'hui, à ceux qui la connaissent, les moyens de fuir, 
pendant la tempête, le demi-cercle dangereux où les deux 
vitesses de translation et de rotation s'ajoutent et pousseut 
invinciblement le navire vers la ligne que le centre des 
mauvais temps va parcourir, pour atteindre le demi- 
cercle maniable dans lequel les deux vitesses se neu- 
tralisent, en partie, et permettent au navigateur de se 
mettre à l'abri. 

C'est enfin par la connaissance des mouvements, mais 
surtout de la pression de l'air, que l'on indique un peu 
à l'avance le temps qu'il va faire, et que l'on donne des 
avis salutaires aux marins que pourrait surprendre la 
tempête, et aux agriculteurs dont les récoltes pourraient 
être compromises. 

L'étude de la force et de la direction du vent est donc 
utile et devrait être faite, sans interruption, sur le plus 
grand nombre de points possible. Des appareils enregis- 



471 

treurs qui fonctionnent d'une manière conlinue rendent 
à présent ce travail plus facile. 

Depuis le mois de décembre 1869, deux anémomètro- 
graphes électriques ont été rois ii ma disposition par le 
ministère des travaux publics, sur la demande de M. Tastu, 
ingénieur en chef des Pontset-Chaussées. Le premier que 
j'ai reçu a été installé dans mon domicile, el je donne 
maintenant les trois années complètes d'observations que 
j'ai recueillies avec lui. Le second me sertjh faire des obser- 
vations comparatives, simultanées sur divers points. Enfin 
M. Salva; ingénieur du service hydraulique à Celte, m'a 
prêté un troisième anémomètre, semblable aux deux pre- 
miers, et nous avons pu ainsi faire fonctionner et obser- 
ver en même temps trois appareils semblables. 

Je commencerai par donner la description des appa- 
reils et de la position qu'ils occupent, puis je résumerai 
les observations comparatives que j'ai faites sur divers 
points. Les tableaux de moyennes diurnes et tri-horaires 
ainsi que des plus grandes vitesses viendront après. 
Je terminerai ce travail par l'élude, dans notre région, 
de la direction el de la vitesse du courant d'air inférieur, 
de ses rapports avec les différents agents atmosphériques, 
el des accidents qui ont été occasionnés par le vent. 



DESCRIPTION DE I/ANÉMOMÈTKOGKAPHE. 

L'anémomètrographe (avcfxoç, vent; furcov, mesure; 
yoa<pa>, j'écris); est un appareil destiné à inscrire d'une 
manière continue la direction et la vitesse du vent, ainsi 
que l'heure à laquelle elles ont commencé ou fini. Il se 






1" L'anéiuoatè(re 
directe do vent; 
leiion el sa vitesse. 



lËrgjSTtnèlre t'ont nous nous 
■^^I.S^S^'g- ii a été construit 
Ipjlj 9 Ejleron, qui l'a décrit 

|<j^%s»ï?«>tice que nous repro- 
Iq'^-jJ^EJ partie, el qui a gra- 
|i HiSfca mis à noire disposi- 



jQJâ^gJichés des figures qui 
0#:r , !!*flïytil l'instrument et ses 
i'Mpâ^Dt^ parties. Un moulinet 
'f e ii î, ^i" c âi) )leiir ^' destiné» à la 
'^eilc^la vitesse, constituent 
jrù^.wiïjg! de l'appareil qui, est 
*rSËjf|âïgîulre,dans laquelle les 
!>r||ko4|t>^' inarquent la direc- 
■iD^ôî^îc&oyeii d'un laraudage. 
"C§j^iï^é A est creuse et coni- 
^Ê*-S£tt*?îixer l'anémotnètre au 
■sSnrgït^in mal plus ou moins 

!|^3Sîa*Krion a adopté, pour la 

jJ^Epiiî.'S'.^r©©^!;!» vitesse, le moulinet 

É"i^ii 3 *H î - : l**i??&*M*'!P l'Observatoire d'Ar- 

*^SbSSÏ«W»WC^ de cet appareil ont 

=«'^œ , Itis^ Hfttaïf^Nrîiîfde l'Académie Koyafe 



473 

Irlandaise. Il présente sur les appareils du même ^ enre 
l'avantage de donner immédiatement le chemin parcouru 
par le vent, sans aucun calcul et sans expériences préa- 
lables. 

H se compose d'un axe vertical supportant quatre 
rayons horizontaux égaux, rectangulaires entre eux, et à 
l'extrémité desquels quatre demi -sphères creuses sont 
soudées, de manière que : 1° le grand cercle qui termine 
chacune d'elles soit toujours dans un plan vertical, et 
que 2° la partie convexe de Tune quelconque regarde la 
partie convexe de la suivante. 

Quand ce moulinet se trouve dans un courant d'air, 
le vent rencontre toujours deux demi-sphères concaves 
et deux autres convexes. Comme il a plus d'action sur 
les premières que sur les secondes, il imprime à tout le 
système un mouvement de rotation. 

M. Robinson a démontré que le nombre des tours 
de ce moulinet est proportionnel à la, vitesse du vent, 
quelle que soit cette vitesse; en d'autres termes, que le 
chemin parcouru par le centre des sphères est toujours 
une fraction constante du chemin parcouru par le veut. 
En appliquant celte loi aux anémomètres dont les sphères 
ont un diamètre suffisant et sont fixées à l'extrémité de 
rayons assez longs pour que les frottements de l'axe 
soient une fraction très petite de la force avec laquelle 
le vent agit sur les sphères, on a trouvé que le nombre 3 
représente assez exactement le rapport qui existe entre 
le chemin parcouru par le vent et celui parcouru par les 
ailes. 

Ainsi, en multipliant par 3 la longueur de la circonfé- 
rence du cercle parcouru par le centre des hémisphères, 



174 

on trouve le chemin parcouru par le veut pour chaque 
lour de moulinet. Dans l'instrument que nous décrivons, 
cette circonférence est de l m ,66 qui, multiplié par 3, 
donne 5 mètres pour chaque tour des ailes. 

Mesure de la vitesse. — La figure 2 donne les détails 
du compteur destiné à mesurer la vitesse. 

L'axe A B du mouli- 
net a, a\ a 9 \ a"\ porte 
une vis tangente qui 
engrène sur une roue 
a dentée C, de 200 dents. 
Chaque Ibis que Taxe 
fait un lour une dent 
passe et, comme la roue 
a 200 dents, une révo- 
lution complète de celle- 
ci correspond à 200 
tours du moulinet. 

Cette roue porte deux 




Fig. 2. 



chevilles en platine fixées aux extrémités d'un même 
diamètre, qui viennent successivement toucher un ressort 
isolé fixé à droite du compteur. Ce contact établit une 
communication électrique au moyen de laquelle on ins- 
crit le nombre de tours, c'est-à-dire l'espace parcouru 
par le vent. 

Indication de la direction. — La partie inférieure de 
l'instrument donne la direction du vent. 

Le constructeur a abandonné la disposition des ancien- 
nes girouettes qui, si elles sont peu sensibles, n'obéissent 



175 

pas au vents faibles, et, si elles sont trop légères, ne 
restent jamais immobiles et enregistrent une foule de 
directions au milieu desquelles il est souvent très difficile 
de discerner la véritable. Il a mis h profit une nouvelle 
disposition qui a déjà été employée par M. Piazzi Smith, 
le savant directeur de l'observatoire d'Edimbourg. 

Deux roues k ailes  A (flg. 3), de 
soixante centimètres de diamètre, 
sont calées sur un arbre horizontal ; 
leurs rayons sont formés de petites 
palettes inclinées, maintenues dans 
deux plans verticaux parallèles, ce 
qui permet à un vent très faible de 
les faire tourner aussitôt qu'il les 
frappe obliquement. 

Ce mouvement de rotation est 
transmis par l'arbre horizontal au 
moyen d'un pignon p qui engrène 
avec la couronne dentée fixe 1 1, fai- 
sant corps avec le bâtis qui supporte 
tout l'instrument. La partie mobile 
supérieure et la partie inférieure fixe 
sont réunies par Taxe vertical a, autour 
Fig- 3- duquel se fait le mouvement de rota- 

tion de la partie mobile de l'instrument. Une bague en 
laiton, maintenue par une vis, empêche l'arbre de sortir 
de sa crapaudine c et les deux parties de se séparer. 

Il résulte de ces dispositions que les roues se mettent 
à tourner aussitôt que le vent change et impriment à la 
partie supérieure de l'anémomètre on mouvement de 
rotation dans un plan horizontal autour de l'axe a jus- 




176 

qu'a ce qu'elle* se trouvent placées dans la - nouvelle 
direction du vent. 

Deux ressorts li en forme de fourchette (plan, fig. 3) 
sont fixés sur Taxe a et frottent successivement sur 
quatre segments métalliques séparés les nus des autres 
et incrustés dans un disque isolant en bois. Ces seg- 
ments correspondent aux quatre directions du tept N 9 0, 
S, E et communiquent respectivement à quatre fils des- 
tinés à établir les communications électriques entre le 
segment en contact avec la fourbette et l'enregistreur. 

On voit dans le plan de la Fig. 3 que l'ouverture des 
ressorts l, l\ est telle qu'ils peuvent être en contact soit 
avec un seul segment soit avec deux segments consécutifs 
k la fois, ce qui permet d'enregistrer les huit rhumbs 
principaux. 

Enregistreur. — L'enregistreur, construit par M. Bré- 
guet, inscrit la direction et la vitesse du vent en mar- 
quant des points et des lignes sur use bande étroite de 
papier, animée d'un mouvement de translation uniforme. 

Ces inscriptions sont faites par des pointes mises en 
mouvement par cinq électro-aimants correspondant à la 
vitesse et aux quatre aires principales de vent. La fig. 4 
représente un de ces électro-aimants, véritable trembleur 
de sonnette électrique. Un contact en fer doux C, placé 
au-dessus de l'éleclro-aimant B, soutient d'un côté une 
mince tige qui porte un petit marteau M armé d'une 
pointe de fer; de l'autre côté est fixée une lame d'acier 
R destinée à jouer le rôle de ressort par rapport à la 
pièce C et au marteau M. 

Le courant amené dans la pièce métallique F, s'élève 
en suivant ce corps bon conducteur, puis rencontrant un 



il 



... SI.»* 



isse par le 

loïde b qui 

'S^'^^H* il rctonnie 




j|3« électro* 
j est attirée 
binle de fer 
IBe* papier P. 

£ -fSfilus de con- 

SsorL R, par 

_ *è3P' H8 dans le 

j|î^s^^^K^ l'influence 

"^^j^^^ÏÈre position. 

'" J*^£ç|^hgàblis; le fer 

-'^'■'0^'^" et ain8 ' de 

*™S3gR:2K3*i le coerant 

* des chef il- 

. ^fl^ c'est-à-dire 

^a*iwO^*»É't"^'êl^'*^^'«i , »t on, par 



178 

des qipre segments correspondants aux q»w3j|ires de 
vent. 

Comme ce dernier contact est permanent, un ou deux 
des électro-aimants fonctionneraient constamment, ce qui 
fatiguerait assez vite les piles et les divers organes de 
l'appareil. Pour le conserver davantage et aussi pour 
marquer le temps sur la bande de papier et s'affranchir 
de mesurer des longueurs, on n'observe la direction du 
vent que pendant une minute environ, de 10 minutes en 
10 minutes. A cet effet, le fil qui va de la pile h l'ané- 
moscope porte un ressort isolé qui rencontrer toutes les 
10 minutes une des chevilles métalliques implantées sur 
\i circonférence de l'un des mobiles de l'horloge. Peu* 
dattt le contact do ressort et d'une des chevilles le cou- 
rant passe, et l'électro-aimant correspondant à la direction 
ttovent qui règne frappe sur le papier. Qpand la cbwlle 
échappe,- te cornant est interrompu, la pile et Téiectfo- 
aitnant se reposent jusqu'au contact de la cheville 
suivante. * 



• * 



>. Jjcciam et- relevé des» observations enregistrées. — La 
bande. de papier enlevée chaque jour de l'appareil forme 
le* registre minute des observations, mais il convient de 
traduire sens une forme plus usuelle ses indications. 

Pour cela on marque d'abord sur la bande des lignes 
droites et parallèles correspondantes aux traees des direc- 
tions qui s'impriment toutes les 10 minutes, et comme 
cette bande porte, à son origine, l'indication de i'Jieuce 
du remontage de l'appareil, on peut noter les heures et 
les demies sur les lignes droites. On doit retomber ainsi 



479 

sur l'heure à laquelle oo a marqué le trait de» crayon 
avant de couper et de retirer la bande. 

Celte opération faite, on relève : 

4P Le nomfare de pointa marqués dans chaque espace 
compris entre deux lignes, c'est-à-dire le nombre de fais 
que 500 mètres ont été parcourus par le vent; 2° la 
direction du vent également imprimée sur la bande, 

Si on désigne par n le nombre de points compris dans 
dix minutes, la vitesse moyenne du vent par seconde, 

déduite de ces dix minutes d'observations, est : 

_ 500 n ___ 500n_ j> 
V ~ 10X<>Ô ~ 600 : ~ 6 *• 

Pour rendre ces relevés plus Tacites h faire, j'ai disposé 
sur une planche de bois, longue d'un mètre et large de 
CM 6, deux rouets qui servent à rouler ou à dérouler h 
bande; et pour tracer les lignes parallèles, j'ai découpé 
convenablement une feuille de corne. Enfin, pour simpli- 
fier les calculs, j'ai inscrit sur un tableau les vitesses 
par seconde que représentent les différents nombres de 
points. 

Mes Occupations ne m'auraient pas permis de continuer 
longtemps ce travail sans le concours bienveillant de 
mon père, qui emploie avec plaisir et dévouement, pour 
me faire ces relevés et les moyennes, tous les loisirs que 
lui laisse sa verte vieillesse. Si ce travail a quelque 
mérite, c'est donc à lui qu'en revient la plus grande part. 

H ne nous était pas possible de publier les observations 
complètes, o'est-k-dire les inscriptions qui sont faites 
toutes les dix minutes. Les relevés par heure sont très 
utiles, mais leur publication deviendrait trop dispen- 
dieuse. Nous nous sommes borné à donner la moyenne 



180 

des vitesses obtenues dans chaque période de 3 heures 
pendant chaque jour, durant 5 ans. Dans un tableau 
résumé annuel, nous faisons connaître la journée et la 
période de la plus grande vitesse, ainsi que le maximum 
absolu de la vitesse pendant les divers mois de Tannée. 
Qoant à la direction du vent, il ne nous parait pas 
possible de trouver des moyennes vraiment exactes. Noos 
avons donc inscrit la direction suivant laquelle soufflait 
le vent au moment du milieu de chaque période, sans 
tenir compte de sa fréquence. Sur nos cahiers, nous 
avions d'abord marqué la direction dominante du vent 
pendant chaque période, et lorsque la fréquence de deux 
vents était égale, nous les notions tous les deux. De plus, 
afin de rendre nos indications plus complètes, si le vent 
n'était pas le même, au commencement et k la fin de 
chaque période, que celui de la plus grande fréquence, 
nous marquions ceux-ci sous forme d'exposants; ceux 
qui étaient en avant ou à gauche indiquaient la direction 
du vent au commencement et ceux qui étaient à droite 
indiquaient la direction de la fin. Mais il n'était pas 
possible de conserver cette notation et nous n'avons pu 
donner que l'inscription de la direction du vent marquée 
par l'enregistreur au moment du milieu de chaque 
période. Ce moment arrive à minuit, 3, 6, 9, 13, etc. 
L'indication de la direction est exacte et correspond k 
une heure bien déterminée. 

Position et installation des appareils. — Un anémomè- 
trographe, pour être placé convenablement, devrait être 
installé sur un mât élevé en rase campagne. Cette condi- 
tion n'est pas facile h obtenir, parce que l'anémomètre 



181 

doit être visité et nettoyé assez fréquemment, et parce 
que l'enregistreur a besoin d'être surveillé constamment 
et doit se trouver, le plus possible, sous les yeux de 
l'observateur. De cette façon, le réglage de l'appareil, 
difficile surtout lorsqu'on commence & s'en servir, devient 
moins pénible et se Tait plus rapidement; de plus les inter- 
ruptions sont moins fréquentes et moins loogues. 

C'est donc en ville et dans la maison que j'habite que 
j'ai installé mon appareil, en prenant les précautions 
nécessaires pour le placer le moins mal possible. 

Appareil placé sur la chapelle Saint-Dominique. — La 
maison que j'habite est adossée au mur de l'ancienne 
chapelle du Tiers-Ordre de Saint-Dominique, qui sert en 
ce moment de magasin militaire. Le faite de cette cha- 
pelle dépasse la partie la plus élevée de ma toiture de 
o mètres euviron et se trouve à 18 m , 45 au-dessus du 
seuil de ma porte d'entrée. Après avoir obtenu l'autori- 
sation du Ministre de la Guerre, j'ai scellé contre ce mur 
un fort plateau de bois, qui sert à maintenir un mât de 
7 mètres de longueur. Ce mât, fortement consolidé par 
des barres de fer et soutenu par desjiaubans, peut, au 
besoin, tourner sur un axe; une corde, attachée à son 
extrémité inférieure, est mise en mouvemeut par un tour 
et permet à un homme seul de le baisser et de le relever. 
L'anémomètre est solidement fixé k la partie supérieure 
du mât, et la masse métallique qui le constitue est pro- 
tégée par un paratonnerre. 

Le moulinet dépasse le faite de la chapelle, que nous 
pouvons considérer comme le sol par rapport à l'appareil 
qu'il supporte, d'uoe hauteur de 7 mètres. Il se trouve 



182 

élevé de 25 m ,45 au-dessus du sol de la rue; son altitude 
au-dessus du niveau de la mer est de 54 m ,05. 

L'enregistreur est placé dans une des pièces du rez- 
de-chaussée, et se trouve relié a l'anémomètre par un 
cable . composé de six fils de cuivre rouge, recouverts 
d'une triple enveloppe et parfaitement isolé». 

Les irrégularités des toitures et surtout les construc- 
tions diverses qui les surmontent sont un obstacle a la 
facile propagation du vent. Un appareil placé sur les 
toits donnera donc une vitesse différente de celui qui 
sera librement exposé en rase campagne. Celte différence 
est importante à connaître. Nous y sommes arrivé en 
faisant des observations simultanées avec un instrument 
Semblable, placé en dehors de la ville. Nous avons trouvé 
que les irrégularités et les saillies des toitures de la ville 
ralentissent la vitesse de l'anémomètre placé à 7 mètres 
au-dessus du faite de la chapelle qui domine la maison 
que nous habitons, et la rendent égale ii celle d'un 
moulinet placé dans un endroit bien découvert à un ou 
deux mètres seulement au-dessus du sol. 



OBSERVATIONS COMPARATIVES FAITES SLR DIVERS POINTS 
ET A DIFFÉRENTES HAUTEURS AU-DESSUS DU SOL. 

Pour nous rendre compte, le plus exactement possible, 
de l'influence que peut avoir la position d'un anémomètre 
sur un point déterminé et à différentes hauteurs au-dessus 
du sol sur un même point, nous avons observé, en même 
temps, des anémomèlrographes semblables que nous avons 
placés a divers endroits, et nous avons pris comme terme 
constant de comparaison celui qui fonctionne au-dessus 



183 

de notre maison d'habitation, sur le l'aile de la chapelle 
du Tiers-Ordre de Saint-Dominique. Nous en avons donné 
plus haut la description. 

Observations faites sur le sommet du clocher de Saint- 
Jacques. — Après avoir fixé un anémomètre de Robitison 
à l'extrémité d'un mât de 4 mètres de longueur, nous 
l'avons installé au-dessus du clocher de Saint-Jacques, 
dont la plate-forme se trouve a 26 m ,795 au-dessus du 
sol, élevé lui-même de 48 m , 063 au-dessus du niveau de 
la mer. Le moulinet se trouvait donc à une altitude de 
78»\858 et à 30(0,795 au-dessus du sol. 

Le clocher de Saint-Jacques est un long prisme qua- 
drangulaire ; bâti sur la partie la plus haute de la ville, 
aucune construction ne l'avoisine du côté de l'Est. 
Comme il dépasse le sol de près de 27 mètres et que le 
sommet du mât le dépassait encore de quatre mètres, la 
résistance à la propagation de la vitesse du vent produite 
par le relief du sol et des maisons doit être bien moins 
forte que sur l'appareil placé a 7 mètres seulement au- 
dessus du faite de la chapelle Saint-Dominique, qui 
constitue le sol par rapport à l'appareil qu'il supporte. 

Les premières. expériences ont doré depuis le 25 juin 
jusqu'au 6 août 1872, en tout 43 jours, pendant lesquels 

les vents ont soufflé avec une force très variable et de 

» 

directions différentes. 

Les vitesses moyennes observées pendant cette période 
ont été : , 

Sur le clocher de Saint-Jacques de i ,l, ,79 par seconde; 
Sur la chapelle Saint-Dominique de 2 m ,65 — 

Le rapport entre ces vitesses est de l m >à l ,n ,8l. 



184 

La plus grande vitesse, pendant la durée de ces expé- 
riences, a en lien les 3 et 26 juillet. 

Les vitesses moyennes diurnes ont été, le 3 juillet, 

Sur le clocher de Saint-Jacques de 8 m ,69 par seconde; 
Sur la chapelle Saint-Dominique de 4">,88 — 

Le rapport est de i m k l m ,78. 

Le maximum de vitesse de ce jour a été observé entre 
13 h ,40' et 16 h ,40'; le vent avait une vitesse 

Sur le clocher de Saint-Jacques de U m ,53 par seconde; 
Sur la chapelle Saint-Dominique de 6», 71 — 

Le rapport est de l m k l m 72. 

La journée de la plus grande vitesse du vent pendant 
le mois de juillet a été le 26. La moyenne diurne a été : 

Sur le clocher de Saint-Jacques de ll m ,65 par seconde; 
Sur la chapelle Saint-Dominique de 5 m ,62 — 

Le rapport est de l m k 2 m ,06. 

Ce même jour, le maximum absolu de vitesse s'est 
produit k la même heure que le 3 juillet, entre 13 h ,40' 
et 16\4©\ Nous avons eu une vitesse: 

Sur le clocher de Saint-Jacques de 15 m ,97 par seconde; 
Sur la chapelle Saint-Dominique de 7 m ,9(i — 

Soit encore le rapport de l m k 2 m . 

La vitesse du vent, sur ces deux points, a donc été dans 
le rapport de 1 k 2, si on compare entre elles les plus 
grandes vitesses observées le 26 ; et dans le rapport de 
1 k 1,86, si on compare entre elles les journées des 3 et 
26 juillet. Ce dernier rapport se rapproche beaucoup de 
celui des moyennes de toutes les observations faites pen- 
dant celte période sur le clocher de Saint-Jacques et sur 



185 

la chapelle de Saint-Dominique; d'où nous pouvons con- 
clure que la vitesse du vent, sur ees deux points, est dans 
le rapport de 1 Si 4 ,81 . 

Observations faites sur la plate-forme de la gare du 
chemin de fer de Perpignan. — M. le Directeur de la 
Compagnie des Chemins de Fer du Midi, nous a permis 
d'installer sur le terrain de la gare de Perpignan les appa- 
reils nécessaires pour faire des observations sur un même 
point, mais à des hauteurs différentes au-dessus du sol. 

Nous avons observé, en même temps, l'anémotnètro- 
grapbe qui fonctionne toujours chez nous et deux autres 
appareils semblables placés k la gare. 

Celle-ci se trouve k l'ouest de la ville, k 800 mètres 
de la partie la plus rapprochée des remparts et à 1200 
mètres environ de notre domicile. Le sol, eu ce point, 
est a 38 m ,074 au-dessus du niveau de la mer, il est plus 
élevé que les propriétés voisines de 3 mètres en moyenne. 
Les deux mâts sur lesquels sont fixés les anémomètres 
sont élevés, l'un de 7 mètres et l'autre de 18 mètres. 

Pendant une période de cinq mois nous avons eu les 
moyennes suivantes : 

Vitesse moyenne mensuelle du vent par monde et par jour : 



A LA CHAPELLE 


A LA 


GARE 


ST.-DOMNiaUE. 


à7n» 


klfr 




au-dessus du sol. 


au-dessus du sol. 


En novembre 1872 2*, 12 


2», 32 


3«, 56 


En décembre 1872 2, 25 


3, 92 


4, 77 


En janvier 1873 2, 28 


2, 33 


3, 25 


En février 1873 3, 51 


3, 96 


5, 23 


En m» 1873 2, 81 


3, 42 


4, 30 


Moyenne des 5 mois : 2, 59 


3, 19 


4, 22 



18<ï 
Plus grandes vitesses diurnes du vent : 

A LA CHÀFBLLE A LA GARE 



ST. -DOMINIQUE. 

JSnov. 1872," voit d*0. 4*, 62 
23nov. 1872, vent <FE. 6, 11 
18déc. 1872, vent d'O. 6, 



25c«c. 1878, vent d % E. 5, 

12janv,1873,ventd'E. 3, 

25janv. 1873, vent d'O. 5, 

13 fév. 1873, vent d'O. 9, 

2 mars 1873, vent d'O. 8, 

24 mtt* 1873, vent d'E. 8, 



16 
50 
19 
48 
63 
30 
94 



à 7« 



Les moyennes sont : 5, 77 



6", 23 

7, 31 

0, OS 

6, 77 

3, 22 

6, 23 

10, 76 

9, 59 

5, 08 

6, 81 



à 18» 



au-dessus du sol . au-dessus du sol < 



8», 88 

8, 18 

8, U 

7, 53 
4, 40 

8, 14 
14, 20 
12, 97 

6, 48 

8, 77 



Maximum absolu de la vitesse. 



* 


A LA CHAPELLE 
6T.-D0MINIQUK. 


A LA G*SE 




4 7- 

1 


à 48» 


* 

• 




au-dessus du sol. 


au-desf us du sol 


I0et30nov, 1872. 


11«», 67 


13*, 33 


14"», 17 


2 décembre 1872. 


10, 51 


•12, 17 


13, 33 


24 janvier 1873. 


11, 67 


14, 17 


18, 33 


13 février 1873. 


15, 00 


17, 50 


20, 83 


2 mars 1873, 


15, 00 


15, 83 


20, 00 


Les moyennes sont : 


12, 77 


14, 60 


17, 33 



On voit par ces tableaux que la vitesse moyenne du 
vent observée sur la chapelle Saint-Dominique, dans la 
ville, est à celle de la gare, dans la campagne, suivant le 
rapport de 1 à 1,23 pour 7 mètres de hauteur et de 1 à 
1 ,63 pour 18 mètres au-dessus du sol, lorsqu'on compare 
entre elles toutes les moyennes diurnes mensuelles. 



1*7 

Ces différences diminuent par les vents Torts, et, dans 
ce cas, les vitesses sont comme 1 H. 18 pMr 7 mètres 
et comme 4 : 1,52 pour 18 mètres. Nous trouvons enfin 
qu* les tnaxima absolus de vitesse sont *tens les rapports 
de 1 à 1,14, à 7 mètres, et de i à f ,36 i! 18 mètres. 

Nous reproduisons tous ces rapports dans le tableau 
suivant : 



i , t • • • i 



Rapporte des vitesses des rente à diverses hauteurs. 

CHAPELLE A LA GARE. CLOCHER 

H^^^— i SLjACQUKS. 

Sl-DOMINIQUE, à 7m à 18» à 31* 

, au-4es.Ausol. au des. dtuol. au-de*.duiol. 
•Moyenne générale : 1"» , irç, 23 lm, 63 J n \ 81 

Vfiils forts; 1 1, 18 1, 52 1, 92 

Maxima absolu : i f,'li' 1, 3fi • i, 82 

. • • * • •• h * . , 

" Ces nombres nous montrent commertt 5 la vitesse (te& 
vents se ralentit dans les couches les plus îtrférièfofcs'de 
ralmosphèrc, à mesure qu'on se rapproche du sol. La 
vitesse augmente avec la hauteur. 

Les résultats que nous avons obtenus nous ont permis 
de tracer une courbe assez régulière (PI. 1, Fig. 1 ). 

On pourrait encore trouver, au moyen de ces mêmes 
résultats, une formule qui permettrait de déterminer, avec 
une suffisante exactitude, dans les pays plats ou peu 
accidentés, comme la plaine dn Roussillon, la vitesse 
correspondante à la hauteur, dans les limites comprises 
entre les hauteurs que nous avons observées. Néanmoins, 
comme la résistance que le, sol et les obstacles divers 



188 

qui le surmontent opposent à la libre circulation de l'air 
dépend, non -seulement, de la hauteur mais aussi de 
la configuration du sol de la forme, de la saillie, de la 
direction des obstacles et d'une foule de circonstances 
diverses, la loi de l'augmentation progressive du vent 
suivant la hauteur, dans les couches d'air les plus basses, 
peut varier en chaque lieu et doit être étudiée sur chaque 
point pour être exatemenl connue. Ce ne sera, peut- 
être, qu'après une série d'observations en des points 
différents que la loi de progression du vent suivant la 
hauteur pourra être formulée bien exactement. 

On nous objectera peut-être que nous avons fait nos 
expériences dans le voisinage d'une ville et daus un pays 
entouré de montagnes élevées. Nous ne les donnons que 
pour ce qu'elles peuvent valoir réellement; si elles n'ont 
pas eu lieu dans des conditions de perfection absolue, 
bien difficiles à trouver, nous les avons faites le mieux 
qu'il nous était possible. 



TABLEAUX 

DIS OBSERVATIONS TRI-HORAIRES 

DE LA DIRECTION ET DE LA VITESSE DES VENTS 

PENDANT LES ANNÉES 

1870, 1871 & 1872. 



190 



JANVIER 1870. 



Vitesse moyenne « 



; 












' PAR SECONDE ET H 


DATES 
















22 h 40' 


à 1 h 40* 


lh40\ 


UhW 


4h4O'à7h40' 


7h40' àtOUJ 




m 


• 


m 




m 




m 




\ 


0.23 


SO 


0.23 


SO 


0.51 


S 


0.09 


SO 


2 


2.36 


S 


1.02 


S 


51 


S 


0.05 




3 


0.14 


NO 


0.23 


NO 


0.23 


N 


0.69 


Nu 


4 


0.05 


E 


0.05 


:! À 


0.32 


N 


0.23 


N 


5 


0.28 


N 


0.'4f 


0.74. 


N 


0.37 


NE. 


6 


0.55 


N 


0.69 ■ 


N 


0.65 


NE 


0.55 


M. 


i 


0.83 


N 


0.55 


N 


0.78 


N 


0.74 


N 


8 


0.40 





0.41 





0.28 





0.37 


n 


9 


0.51 





0.55 





0.23 





0.23 


il 


10 


1.71 


NO 


3.01 


NO 


2.64 


NO 


4.07 


No 


11 


0.92 


SE 


2.92 


E 


4.16 


S 


6.20 


M' 


12 


2.08 


-\0. 


£.32 


N . 


1.25 


NO 


5.88 


No 


13 


4.03 


NO 


2.50 


NO 


1.67 


S 


1.71 


S 


•14 


4.30 


NO 


1.85 


NO 


1.71 


S 


1.53 


() 


15 


2.32 


SO 


1.43 


SO 


2.13 





2.59 


Nu 


1G 


1.39 





2.36 


0. 


1.94 





2.87 





17 


G.2n 
3.33 


N 


6.29 


N 


6.38 


NO 


7.96 


NC 


18 


NO 


3.93 





6.85 


E 


5.97 


NE 


19 


4.72 


NO 


2.59 


NO 


5.24 





6.43 


(i 


20 

i 


3.17 


N 


3.38 


N 


3.33 


N 


3.75 


\ 


i 21 


1.11 


N 


1.48 


N 


2.36 


S 


2.18 


s 


22 


4.21 


SO 


5.09 


NO 


5.83 





6.06 





23 


4.15 


NO 


4.81 


NO 


7.54 


NO 


6.99 


N«i 


, Si 


4.77 


NO 


1.99 


NO 


1.67 





2.13 


^ (i 


i 25 

1 


2.13 


NO 


1.93 


NO 


3.05 


NO 


4.67 


N i» 


! 26 


4.27 


NO 


2.87 


NO 


2.64 





1.85 


il 


i 27 


1.71 


NO 


1.02 


NO 


0.97 





1.67 





i 28 


1.81 


NO 


2.22 


N,0 


2.73 





2.32 


II 


; 29 


1.67 





2.32 





0.79 





0.69 


n 


1 30 


2.92 


S 


3.10 


S 


1.34 


SE 


0.42 


>i 


31 
Moyen. 


5.51 


S 


6.85 


S 


8.29 


S 


8.75 


> 


2.40 




2.21 




2.54 




2.9(1 





191 



DiKMtiJM, J* Vtlfc 



MNVIBR4870. 



PÉRIODES DE 3 HEURES 


>. 










Par 


















secoode 
et' par 
jour. 


10U40\ 


à 13b 40' 


13h40'èi6h*0' 


16h4O'àiftht0' 


19h46'àttk*r 


m 


m 




m 




m 




m 


O.01 


80 


1.71 


SO 


2.50 


S 


2.27 


S 


0.94 


0.46 


S 


0.00 


S 


0.32 


N 


0.05 


NO 


0.60 


0.16 


N 


0.46 


E 


0.14 


E 


0.41 


E 


0.34 


O.09 


N 


0.14 


NE 


0.09 


NE 


0.05 


NE 


0.13 


O.GO 


NE 


0.78 


NE 


0.46 


NE 


0.55 


NE 


0.52 


0.55 


NE 


0.32 


NE 


0.41 


SE 


0.23 


NE 


0.49 


1.20 


N 


0.42 





0.92 





0.23 





0.71 


0.14 





0.14 





0.14 





0/32 





0.28 


O.05 





0.05 





0.18 





0.32 





0.26 


1.57 


N 


0.79 


S 


0.69 


s 


0.37 


s 


1.86 


6.89 


NO 


7.96 


NO 


8.24 


* NO 


7.78 


NO 


5.63 


6.43 


NO 


3.10 


NO 


3.84 


NO 


4.63 


NO 


3.44 


2.87 


S 


7.22 


NO 


7.03 


NO 


5/83 


NO 


4.11 


0.92 





1.44 


S 


1.06 


S 


1.48 


S 


1.79 


3.15 


N 


333 





1.34 


so 


1.85 





2.27 


4.91 





5.42 





4.72 


N 


4.86 


N 


3.56 


9.03 


NO 


6.99 


NO 


5.69 


NO 


4.45 


NO 


6.62. 


8.66 


NO 


7.08 


NO 


6.94 


NO 


6.71 


NO 


6.18 


7.68 


NO 


6.89 


NO 


5.74 


NO 


3.84 


NO 


5.39 


3.94 


N 


4.14 


N 


2.68 


N 


1.58 


N 


3.32 


1.25 


S 


0.69 


S 


1.34 





2.45 





1.61 


5.31 





3.89 





4.35 





S.98 





4.84 


7.82 


NO 


9.54 


NO 


7.04 


NO 


4.95 


NO 


6.64 


5.18 


NO 


5.97 


NO 


1.99 





6.20 


NO 


3.74 


6.85 


NO. 


7.5*4 


NO 


5.64 


NO 


4.03 





4.48 


2.25 





1.58 





1.06 





•1.30 





2.23 


1.10 





088 





1.53 





1.99 





1.36 


1 .06 





125 





1.25 





1.11 





1.72 


0.55 





65 





0.65 





1.20 





1.06 


1.62 


SE 


2.08 


SE 


1.25 


SE 


2.55 


s 


1.91 


8.29 


S 

• 


5.69 


S 


4.58 


S 


1.99 


s 


6.24 


3.25 




3 17 




2.70 




2.57 




2.72 











192 










FÉVRIER «870. 










ViUtu moywK* 


DATES 

i 

■ 
i 












PAR SECONDE ET PM 


22h40 > àlh40 > 


Ih40'à4h40* 


4k40rà7)i40' ' 


7h40 àlOhll 




m 




m 




m 




■ 1 1 


1 


1.39 


S 


0.93 


S 


0.92 


S 


1.16 


S 


2 


1.48 


S 


2.96 


S 


2.82 


S 


4.86 


S 


3 


7.36 


s 


5.37 


s 


5.51 


S 


5.46 


s 


4 


0.30 


s 


0.60 


s 


0.83 


s 


0.97 


s 


5 


1.53 


s 


1.99 


NO 


1.53 


NO 


2.13 


NO 


6 


3.61 


NO 


2 41 


NO 


2.96 


N 


1.67 


N 


7 


0.97 


NE 


1.25 


NE 


1.16 


s 


1.16 


S 


8 


0.51 


NO 


1.53 


NO 


1.30 


NO 


0.78 


NO 


t 
9 


1.29 


NE 


1.22 


S 


389 


N 


4.49 


NO 


1 .10 

1 


1.99 


N 


1-90 


N 


1.53 


NO 1.11 


NO 


11 


1.76 


N 


1.36 


N 


0.97 


NO 


1.90 


NO 


12 


1.30 


NE 


1.11 


NE 


2.31 


NE 


1.09 


NE 


13 


3.29 


NE 


3.61 


NE 


3.67 


E 


5.09 


SE 


14 


2.22 


SE 


1.66 


SE 


1.20 


E 


1.39 


E 


15 


3.47 


NO 


5.14 


NO 


3.89 


NO 


5.83 


NO 


16 


2.18 


NO 


2.27 





0.93 





1.25 





» 17 


0.83 


NE 


1.39 


NE 


0.79 


N 


0.23 


N 


18 


0.79 


NE 


0.74 


NE 


0.46 


N 


1.02 


N 


19 


2.50 


SE 


2.04 


SE 


1.72 


E 


1.11 


E 


20 


3.47 


NO 


3.61 


NO 


6.57 


NO 


7.96 


NU 


21 


8.93 


N 


11.57 


N 


7.91 


NO 


7.64 


NO 


! 22 


6.06 


N 


7.22 


-NO 


8.42 


NO 


9.40 


No 


1 23 


1.34 


NE 


0.32 


NE 


1.11 


NE 


1.76 


NI 


24 


0.88 


S E 


0.46 


S 


0.42 


N 


2.55 


S 


! 25 


0.55 


S E 


0.88 


SE 


1.11 


S 


0.97 


SO 


26 


0.60 


E 


0.14 


E 


0.18 


SE 


0.92 


SE 


27 


0.18 


E 


0.65 


E 


1.06 


S 


5.69 


SE 


' 28 

l 

1 
t 
i 


2.73 


S E 


3.05 


S 


2.73 


S 


2.87 


S 


j Moyen. 

i 


2.27 




2.40 




2.42 




2.94 





193 



Direction du T©nt.. 



FÉVRIER 4870. 



PÉRIODES DE TROIS HEURES. 










Par 


















seconde 
et par 


















10 h 40* à 


13 h 40' 


13b 40' à 161140' 


16h40'àl9h40' 


19 h 40' s 


l Si h 40' 


jour. 


m 




m 1 




m 




m 




m 


0.79 


S 


1.43 


SE 


0.42 


■ SE 


0.37 


SE 


0.93 


7.63 


S 


8.29 


S 


8.29 


S 


8.98 


S 


5.66 


4.63 


s 


2.96 


S 


2.18 


S 


1.02 


S 


4.31 


3.93 


s 


4.03 


s 


2.59 


s 


1.02 


s 


1.78 


5.55 


NO 


6.71 


NO 


4.63 


NO 


4.81 


NO 


3.61 


1.48 


N 


1.90 


NE 


1.67 


E 


0.51 


E 


2,03 


1.81 


S 


3.06 


NO 


2.82 


NO 


1.62 


NO 


1.73 


3.89 


NO 


2.36 


NO 


1.12 


N 


0.74 


N 


1-53 


i . 35 


NO 


2.87 


NO 


4.47 


NO 


2.59 


NO 


3.11 


0.74 


NO 


1.57 


NO 


0.51 


NO 


1.62 


NO 


1.37 


3.84 


E 


1.85 


E 


2.08 


E 


1.71 


E 


1.37 


1.11 


NE 


0.74 


NE 


1.71 


NE 


2.92 


E 


1.54 


f>.38 


E 


5.14 


E 


4.40 


s 


3.33 


S 


4.36 


2.18 


NE 


2.78 





3.61 


NO 


3.61 





2.33 


6.48 


NO 


5.83 


NO 


3.33 





1.50 





4.43 


1.44 


NE 


1.39 


NE 


0.92 


NE 


.0.32 


NE 


1,34 


1.44 


N 


2.08 


N 


1.25 


N 


1.25 


N 


1.16 


0.92 


N 


1.90 


N 


2.50 


E 


2.27 


E 


1.32 


1 . 62 


E 


2.08 


E 


2.96 


NO 


3.89 


NO 


2.24 


11.71 


NO 


9.99 


' NO 


9.30 


NO 


6.80 


NO 


7.43 


8.01 


NO 


11.53 


NO 


7.31 


NO 


5.83 


NO 


8.59 


7.22 


NO 


.7.27 


NO 


5. .28 


NO 


2.73 


N . 


6.70 


1.71 


NE 


1.71 


NE 


0.97 


NE 


0.80 


NE 


1.21, 


3 . 75 


S 


2.04 


S 


. 1.67 


S 


0.65 


S 


1.58 


1.90 


S 


1.99 


SE 


1.67 


SE 


0.55 


SE 


1.20 


1.62 


SE 


2.22 


SE 


0.97 


S E 


0.23 


SE 


0.86 


5.69 


SE 


6.29 


S 


4.02 


E 


1.30 


E 


3.97 


3.89 


S 


3.10 


E 


2.13 


E 


0.92 


E 


2.68 


3.78 




3.75 




3.02 




2.28 




2.87 

> 






194 



MARS 1870. 










Vitesse moyenne • 


i 












PAR SECONDE ET H 


DATES 

• 














22 h W 


à 1 h 40' 


lh40' à4h40' 


4h40' 


à 7 h 40* 


7h 40' àlOhii 


! 


m 




m 




m 




m 




1 


0.28 


SE 


0.18 


SE 


0.23 


E 


1.11 


F 


9 

«. 


3.98 


SE 


3.33 


SE 


2.68 


SE 


4.54 


S 


3 


7.08 


SE 


5.60 


SE 


5.09 


E 


4.03 


ï. 


4 


1.39 


S 


0.60 


S 


1.16 


S 


0.92 


< 


5 


0.92 


E 


1.11 


E 


0.55 


» E 


1.39 


K 


G 


1.71 


E 


1.06 


E 


1.48 


X 


1.58 


N 




0.46 





1.00 





3.02 


N 


3.29 


\ 


! H 


5.09 


N 


3.38 


X 


3.24 


NO 


4.26 


NU 


1 9 


0.05 


N 


0.05 


N 


0.28 


N 


1.16 


\ 


: 10 


0.13 


NO 


2 00 


NO 


3.00 


NO 


4.03 


NO 


n 


6.57 


N 


5.97 


N 


4.21 


N 


3.19 


NO 


i '12 


2.36 


N 


3.75 


N 


3.57 


NO 


4.95 


NO 


1 13 


1.06 


N 


2.59 


N 


2.45 


NO 


4.77 


NO 


i 14 


5.05 


NO 


4.86 


NO 


6.66 


NO 


5.69 


^iO 


15 


0.05 


N 


0.32 


N 


0.65 


NO 


0.46 


N 


1 16 


1.06 


S 


1.48 


S 


1.48 


S 


0.60 


S 


17 


1.02 


N 


1.03 





1.85 





1.94 


NO 


: 18 


4.33 


NO 


4.73 


NO 


5.09 


X 


7.91 


NO 


i w 


5.37 


NO 


5.51 


N 


5.14 


NO 


5.92 


NO 


! 20 


3.57 


N 


4.04 


N 


4.71 


NE 


5.28 


N 


! ^1 


3.84 


NO 


3.56 


NO 


4.58 


NO 


5.92 


NO 


1 22 


5.51 


N 


5.97 


N 


4.81 


NO 


6.34 


Nu 


h 23 


2.64 


NO 


4.95 


NO 


8.52 


NO 


6.99 


Ni) 


i 24 


5.97 


NO 


10.42 


N 


10.23 


NO 


11.44 


NO 


; 25 

i 


5.65 


N 


3.70 


N 


3.47 


NO 


6.43 


N 


| 26 


1.20 


NO 


1.76 


NO 


1,30 


NO 


2.87 





27 


5.09 


NO 


5.92 


N 


7.64 


NO 


8.61 





1 28 


6.29 


NO 


7.36 


NO 


7.91 


NO 


9.77 


NO 


29 


10.56 


NO 


7.87 


NO 


9.78 


NO 


8.33 


NO 


30 


8.29 


NO 


6.25 


NO 


5.92 


NO 


7.96 


NO 


31 
lloven. 


7.40 


NO 


6.85 


NO 


7*78 


NO 


8.70 


NO 


3.68 


i 


3.78 




4.14 




4.85 





19,1 



Direction du vent. 



MARS 1870. 



^Wi 



PÉRIODES DE TROIS HEURES. 



10 h 40' à 43 h 40' 



l3hl(mGh40' 



m 

2.91 
5.37 
7.59 
2. 30 
1.39 



E 

SE 
SE 

N 

E 



2.08 


N 


4.91 


NO 


4.21 


NO 


0.71 


NO 


7.03 


NO 


0.20 


NO 


3.98 


NO 


0.91 


NO 


0.75 


NO 


1.39 


E 


1.53 


S 


2.30 


NO 


8.00 


NO 


0.29 


NO 


5.85 


NO 


5.05 


NO 


5.09 


NO 


9.72 


NO 


10.42 


NO 


0.2i 


NO 


2.88 


N 


8.47 


NO 


10.69 


NO 


10.46 


NO 


8.29 


NO 


9.31 


NO 


5.67 





m 




3.38 


E 


6.80 


E 


6.99 


S 


2.18 


E 


1.95 


E 


2.45 


E 


0.06 


NO 


3.01 


NO 


1.99 


S 


7.40 


NO 


4.35 


NO 


3.89 


NO 


8.47 


NO 


7.31 


NO 


0.97 


E 


2.92 


S 


3.19 


NO 


6.94 


NO 


6.94 


NO 


6.43 


N 


4.95 


NO 


4.58 


NO 


7.10 


NO 


9.30 


NO 


5.42 


NO 


6.66 


NO 


10.42 


NO 


11.02 


NO 


10.42 


NO 


8.65 


NO 
NO 


9.72 


5.90 





16h 40* &19h40* 



m 

2.6i 
10.05 
2.87 
1.62 
0.00 

2.18 
5.7i 
2.45 
0.97 
6 71 

6.17 
3.80 
4.68 
2.45 
1.20 

0.83 
4.07 
6.48 
4.54 
6.3i 

5.28 
1.44 
5.07 
9.12 
3.43 

5.74 
9.35 
9.21 
8.75 
7.73 
6.85 



i.81 



E 
SE 
S 
E 
E 

E 

NO 
N 

S 
NO 

NO 

N 

NO 
NO 

E 

S 
NO 



NO 
NO 

NO 
NO 
NO 
NO 
N 

NO 
NO 
NO 
NO 
NO 
NO 



19 h 40' à 22 MO' 



m 

2.41 
6.99 
3.66 
0.97 
1.16 

1.07 
4.68 
0.65 
0.55 
6.53 

4.54 
2.78 
2.78 
0.46 
0.65 

1.90 
4.58 
6.11 
3.52 
3.98 

3.98 
1.39 
6.48 
6.11 
1.20 

5.51 
7.22 
9.03 
7.13 
7.91 
5.83 



3.93 



SE 
SE 

S 

E 

E 


NO 

N 


NO 

NO 
NO 
NO 



E 

NO 
NO 
NO 
NO 
NO 

NO 
NO 
NO 
NO 
N 

NO 
NO 
NO 
NO 
NO 
NO 



Par 

seconde 

et par 

jour. 



1.64 
5.47 
5.36 
1.40 
1.13 

1.70 
3.65 
3.36 
0.72 
4.60 

5.15 
3.63 
4.22 
4.90 
0.71 

1.47 
2.38 
6.29 
5.40 
5.02 

4.64 
4.47 
6.58 
9.13 
4.44 

3.49 
7.84 
8.91 
9.16 
7.62 
7.80 



4.59 



1% 



AVRIL 1870. 



Vitesse moyenne et 



t 


> 


- 




- 


... 


_ 


~ - 




1 

1 

DATES 












PAR SECONDE ET PU; 


ShtfaflhW 


lhiO' à 


4h40' 


4h40'è 


i 7 h 40* 


7h4O'àlÛh40 


! 


m 




m 




.m 




m 




i 

i 


4.86 


NO 


3.52 


NO 


3.93 


NO 


6.06 


NO 


9 


1.39 


NO 


1.39 


NO 


1.39 





1.44 





3 


î 85 


SE 


1.11 


SE 


1.20 


SO 


1.76 


SE 


4 


1.25 


SE 


1.06 


SE 


1.62 


SE 


0.69 


S F 


5 


0.79 


E 


1.39 


E 


0.55 


NO 


i.12 


S 


i h 


2.87 


SE 


2.55 


SE 


2.32 


E 


4.26 


SK 




0.92 


S 


69 


S 


3 43 


E 


3.70 


E 


8 


0.46 


E 


0.14 


E 


0.73 


E 


3.75 


SK 


y 


5.39 


SE 


4.45 


SE 


3.01 


S 


2.87 


S 


: i0 


3. 10 


NO» 


3.56 


NO 


3.01 


NO 


5.60 


NO 


i 
il 


2.92 


NO 


3.84 


NO 


3.98 


NO 


5.14 


NO 


12 


3.G6 


NO 


3.05 


NO 


3.56 


NO 


5.00 


NO 


1 13 


2.18 


NO 


2 22 


NO 


2.92 


NO 


4.03 


NO 


i 14 


4.21 


NO 


4.03 


NO 


3.10 


NO 


5.65 


NO 


15 


4 21 


NO 


4 45 


N 


6.06 


NO 


7.82 


NO 


10 


6.71 


N 


6.39 


N 


7.54 


NO 


7.54 


NO 


! 17 


0.97 


N 


0.(50 


X 


0.97 


N 


1.16 


N 


! i« 


1.16 


SE 


0.37 


S E 


0.65 


E 


3.93 


l 


; 19 


5.14 


S 


4.20 


S 


1 . 25 


NE 


3.01 


F. 


1 20 


0.97 


SE 


0.74 


SE 


0.65 


NO 


5.97 


S F 


' 21 


78 


.S E 


1 . 16 


SE 


0.83 





1.67 


N 




1.20 


E 


1.20 


E 


i.99 


N 


3.29 


\ 


23 


0.28 


E 


0.18 


E 


0.74 


E 


1.90 


i: 


24 


2.59 


E 


2.18 


E 


2 . 55 


NO 


4.54 


No 


: 25 » 


2.13 


NO 


2.36 


NO 


3.47 


NO 


6.80 


N 


! 2G 


1.16 





0.14 





0.65 





1.30 





' 27 


0.32 


SE 


0.09 


SE 


0.51 


E 


1.67 


F. 


! 28 


4.17 


NO 


3.52 


NO 


4.40 


N 


6.20 


N 


■ 29 


2.36 


X 


2.04 


N 


2.64 


N 


4.03 


NO 


! 30 


2.91 


NO 


2.36 


NO 


3.10 


N 


4.77 





Moyen. 


2.43 




2.17 




2.42 




3.99 





107 



Direction du Tant. 










AVRIL 4870. 


PÉRIODES DE TROIS HEURES. 


Par ! 

seconde: 

et par ' 


















10h40'à 


13 h 40' 


13h40'à16h40' 


16h40'à19h40' 


191140^221140' 


jour. 


m 




m 




m 




m 




™ 1 


4.72 


NO 


3.66 


NO 


3.28 


N 


1.43 


NO 


3.93 


2.08 


N 


3.01 


E 


1.57 


SE 


1.48 


SE 


1.72 1 


4.81 


E 


6.11 


SE 


2.78 


SE 


1.20 


SE 


2.60 i 


2.36 


E 


2.27 


E 


0.79 


E 


0.83 


NO 


1.36 ; 


7.22 


S 


7.6i 


SE 


5.42 


E 


3.19 


SE 


3.79 ; 


4.40 


SE 


3.66 


SE 


0.78 


SE 


1.11 


SE 


2.74 I 


5.05 


NE 


2.78 


NE 


1.02 


E 


74 


E 


2.29 


5 . 65 


E 


6.66 


SE 


i.72 


SE 


3.68 


SE 


3.22 


2.61 


SE 


1 .94 


NE 


2.32 


NO 


2.88 


NO 


3.19 


5.55 


NO 


4.72 


NO 


mé . O*) 


NO 


1.95 


NO 


3.76 


5.97 


NO 


6 34 


NO 


5.55 


N 


4.17 


NO 


4.74 


3.38 


NO 


3.52 


NO 


4.07 


NO 


4.35 


NO 


3.82 


i.9i 


NO 


5. (M) 


NO 


5.55 


NO 


3.98 


NO 


3.92 i 


6.89 


NO 


6.80 


NO 


5.69 


NO 


5.28 


NO 


5.21 î 


7.59 


NO 


8.42 


NO 


7.73 


NO 


6.9i 


NO 


6.65 


6.91 


NO 


7.17 


N 


5.60 


N 


2.41 


N 


6.29 


3.38 


NE 


3.47 


SE 


1.06 


E 


0.97 


E 


1.57 


7.50 


E 


6.52 


S 


5.32 


SE 


4.68 


E 


3.77 


4.82 


S 


5.41 


SE 




E 


1.58 


N 


3.46 


7.68 


SE 


6.20 


E 


4.03 


NE 


1.16 


E 


3.42 


3.01 


E 


1.99 


E 


0.32 


N 


0.60 


N 


1.29 


2.18 


E 


1.48 


E 


0.93 


E 


0.28 


E 


1.57 


1.39 


E 


1.72 


E 


1.16 


E 


1.81 


E 


1.15 


i.5i 


NO 


5.23 


NO 


5.09 


NO 


3.56 


NO 


3.78 


5.42 


N 


i.98 


N 


3.61 


NO 


2.91 





3.96 


2.96 


E 


3.33 


SE 


0.65 


E 


0.69 


E 


1.36 


4.54 


E 


5.23 


NO 


5.41 


NO 


5.69 


NO 


2.93 


6.34 


NO 


6. H 


NO 


5.37 


NO 


3.75 


NO 


4.98 


5.04 


NO 


5 60 


NO 


4.35 


NO 


2.37 


NO 


3.55 


5.65 





5 60 


NO 


4. 19 


NO 


3.33 





4.03 


i.82 




4.77- 




3.45 




2.63 




3.33 



m 



MAI 1870. 










Vitesse moyenne et 


* 

4 

1 


i 










PAR SECONDE ET P\B 


'DATES 

i 
j 


















22 h 40' 


à 1 h 40' 


lh40' à4h40' 


4h40'à7h40' 


7 h 40' à 


iOh 40 


i 


m 




m 




m 




ID 




! 1 


l.ii 


NO 


1.20 


NO 


0.55 


N 


0.14 





! 2 


1.20 


NO 


0.09 


NO 


0.00 


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0.42 


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0.09 


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0.14 


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S 


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SE 


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190 





11 


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S 


1.16 


SO 


0.32 


E 


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K 


12 


0.88 


SE 


1.30 


SE 


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E 


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13 


0.37 


SE 


0.74 


SE 


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11 


0.65 


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1.06 


SE 


1.06 


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0.92 


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16 


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K 


17 


0.28 


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E 


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E 


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1.39 


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SE 


1 58 


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1.06 


E 


1.72 


E 


1.44 


E 


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SE 


1.34 


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K 


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0.65 


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79 


SE 


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E 


1.90 


K 


23 


0.55 


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1.11 


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NO 


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2.18 





27 


1.34 


SO 


0.65 


SO 


0.69 


E 


3 15 


SE 


28 


69 


SE 


0.78 


SE 


92 


E 


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E 


29 


1.25 


NO 


0.97 


NO 


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2.18 


N 


1.39 


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N 


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1 . 22 


■ 


220 





199 



Direction du vont. 



MAI 1870. 



>ÉRI0DES DE TROIS HEURES. 










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Par i 






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19h 40'à2th40' 


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N 


0.79 


N 


0.00 





0.65 


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0.72 


1.20 





1.02 


N 


0.65 


NO 


0.18 


N 


0.51» | 


1.58 


NE 


0.42 





0.18 


NO 


0.00 


NO 


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2 . 73 


NO 


3.19 


NO 


2.92 


NE 


1.20 


NO 


1.52 ! 


1.1-7 


N 


1.03 


N 


4.17 


NO 


2.73 


NO 


2.49 


4.44 


NO 


4.81 


NO 


5.37 


NO 


2.22 


NO 


3.35 


5.11 


NO 


3.75 


N 


2.18 


N 


2.36 





3.06 


i.21 


S 


370 


S 


2.64 


S 


1.16 


SO 


2.26 l 


1.20 


S 


1.62 


SE 


0.88 


SE 


0.69 


SO 


1.36 


3.36 


E 


1.76 


E 


1.71 


E 


0.55 


E 


1.47 


3.15 


SE 


4.03 


E 


1.34 


SE 


1.02 


SE 


1.76 


1.30 


E - 


1.53 


S 


1.44 


S 


1.25 


S 


1.38 : 


3.01 


E 


2.08 


E 


1.32 


E 


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E 


1.44 


1.71 


E 


2 04 


E 


1.05 


E 


0.60 


E 


1 .00 


3.19 


E 


4.68 


SE 


3.15 


SE 


1.53 


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2.23 


2 . 59 


E 


1.25 


E 


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E 


1.25 


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E 


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E 


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1.99 


E 


1.62 


E 


0.51 


E 


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1.67 


E 


1.95 


E 


0.65 


E 


0.65 


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E 


2.64 


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1.99 


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3.01 


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1.76 


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1.85 


E 


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2 . 73 


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2.04 


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3.50 


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E 


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1.95 





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2.99 


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2.67 




1.94 




1.31 




1.83 



200 



JUIN 1870. 



Vitesse moysmu i 



mm 



BHE 



DATES 



1 

2 
3 
4 
5 

6 

7 



PAR SECONDE ET h 



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3.80 
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1.39 
1.67 
2.73 

3.24 

3.91 



8 


1.81 


y 


0.69 


10 


3.33 


n 


4.86 


12 


2.45 


13 


1.57 


14 


1.02 


15 


2.50 


16 


0.09 


17 


0.83 


18 


2.31 


19 


, 1.80 


20 


1.62 


21 


2.41 


22 


0.79 


23 


0.65 


2i 


0.79 


25 


6.20 


26 


0.05 


27 


1.67 


28 


0.18 


29 


0.78 


au 


0.59 


Moyen. 


1.95 



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3.89 



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3.1! 
1.81 
2.04 
2.-41 

4.26 
1.16 
1.48 
2.08 
5.92 

2.78 
1.57 
1.71 
0.42 
3.38 

0.46 
1.11 
3.15 
2.68 
1.58 

1.62 
0.28 
0.28 
1.39 
5.46 

1.11 
0.79 
0.78 
0.28 
0.88 



2.00 



NO 

NO 



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SE 
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4h40'à7h4r 



m 

4.58 
2.18 
0.88 
2.92 
4.77 

4.86 
2.22 
1.06 
3.05 
6.15 

3.61 
1.67 
1.25 
1.16 
1.76 

0.61 
0.37 
2.64 
3.43 
1.85 

0.65 
0.18 
0.55 
1.06 
4.12 

1.25 
0.22 
1.24 
0.32 
1.53 



NO 


NO 


NO 

NO 
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NO 


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2.07 



m 

5.28 
4.08 
2.64 
6.52 
6.43 

5.69 
5.46 
4.50 
2.59 
4.03 

4.95 
1.48 
2.01 
1.71 
1.90 

1 .25 
0.92 
3.15 
3.81 
3.21 

2.59 
0.92 
1.81 
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NO 


3.07 





201 



Dirocua 


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1t. 










JUIN 


1870. 


PÉRIODES DE TROIS HEURES. 




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Par j 


















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10 h 40'! 


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13h40*àl6h40* 


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19 h 40' i 


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3.10 


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3.33 


NO 


1.17 


NO 


4.12 


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NO 


3.33 i 


3.05 


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NO 


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NO 


1.95 


NO 


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6 . 52 


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2.78 


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1.58 


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NO 


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1.18 


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NO 


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2.27 





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K 


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1 . 30 


SE 


2.55 





2.01 


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E 


2.78 


E 


1.72 


E 


1.16 


E 


1.91 


2.08 


E 


2.27 


E 


1.02 


E 


1 . 62 


NO 


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2.08 


E 


1.85 


E 


0.69 


E 


0.71 


E 


1.91 


2.50 


E 


2.18 


E 


2.68 


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2.18 


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1 . 19 


1 .53 


E 


2 01 


E 


0.88 


E 


1.95 


N 


1.20 


1.19 


N 


1.19 


NO 


1.10 


NO 


3.66 


NO 


3.51 




NO 


3.21 


NO 


3.70 


NO 


2.15 





3.01 


1 .90 


N 


2.55 


N 


2.01 


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2.22 


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2.13 


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1.99 


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1.11 


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1.53 


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1.77 


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1.99 


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1.36 


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E 


2.27 


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0.32 


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0.93 


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1.06 


2 . 55 


NO 


3.17 


NO 


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NO 


5.16 





2.37 


0.20 


NO 


5.18 


NO 


3.52 


NO 


0.05 


NO 


4.35 : 


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NO 


3.21 


NO 


2.55 


N 


1.25 


NO 


1.99 


2.03 


NO 


2.51 


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2.01 


SE 


0.72 


SE 


1.25 


0.46 


N 


1.85 


SE 


1.53 


SE 


0.18 


S 


0.92 


2.68 


E 


1.69 


E 


0.83 


E 


0.92 


NO 


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2.30 


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3.66 


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i 
i 


3 . 37 




3.50 




2.63 




2 . 23 




2.60 



202 



JUILLET 1870. 










■VI. 


isse moyeane et 


! DATES 

i 
i 












PAR SECONDE ET PAB 


22 li 40' 


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N 


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NO 


4.54 


NO 


5.09 


N 


4.95 


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3.56 


NO 


1.06 


NO 


1.67 


NO 


2.36 


No 


i 


2.01 


NO 


2.69 





4.21 


NO 


4.77 


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2.27 


NO 


1.90 





1.39 


NO 


1.94 


NO 


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0.46 


E 


1.39 


E 


0.55 


E 


1.34 


E 


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0.42 


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E 


1.16 


E 


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1.20 


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0.41 


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1.06 


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1.85 


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E 


1.16 


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1.34 


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NO 


2.22 


NO 


2.55 


NO 


3.56 


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13 


1 .90 


NO 


1.41 


NO 


0.83 


NO 


2.55 


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II 


2.92 


NO 


2.50 


NO 


2.64 


SO 


4.07 


NO 


15 


0.92 


NO 


0.23 


NO 


0.05 


NO 


1.16 


NE 


10 


0.09 


N 


0.23 


N 


0.93 


NO 


3.75 


l'I 


17 


5.28 


NO 


2.92 





4.35 


NO 


6.62 


NO 


18 


5. 23 


NO 


5.00 


NO 


7.36 


NO 


8.01 


NO 


i i[) 


, 5. il 


NO 


3.56 


NO 


3.70 


NO 


5.09 


NO 


! 20 


5.05 


NO 


4.40 


NO 


5.05 


NO 


4.82 


NO 


21 


287 





1.30 





1.71 


NO 


2.64 


NE 


| 22 


2.08 


NE 


1.30 


NE 


0.97 


SO 


0.18 


SO 


23 


1.0(5 


NO 


1.30 


NO 


0.19 





2.36 


E 


1 21 


0.09 


NO 


0.05 


NO 


0.46 


E 


4.99 


F 


25 


0.65 


N 


0.97 


N 


1.48 


NO 


3.42 





26 


2.55 


NO 


2.22 


NO 


3.01 


N 


4.81 


N 


27 


4.21 


NO 


5.23 


NO 


3.33 





4.63 





28 


3 24 


NO 


1.48 


NO 


1.39 





1.11 





29 


0.41 





0.32 





0.00 





0.55 


NO 


30 


0.37 


SO 


0.92 


SO 


0.60 





0.69 





31 
Mot en. 


0.74 


S 


0.55 


S 


0.09 


NE 


1.48 


NE 






1.81 




1.91 




2.92 





■303 



hrection du Tant. 



JUILLET 1870. 



'ERIODES DE ifeoiS HEURES. 










Par ! 


















seconde, 
et par ] 


















rOhiO'àlSMO' 


13h40'à1Gh40' 


161140' à 10 h 40' 


19 h 40' a 22 h 40' 


jour. 

m 


m 




m 




m 




m 




i.35 


NO 


1.51 


NO 


3.«i 


NO 


3.19 


NO 


3.80 


1.01 


N 


1.63 





5.18 


NO 


3.06 


NO 


4.60 


2.82 





3.01 


NO 


3.50 


NE 


3.61 


NO 


2.71 


1.31 


N 


1.35 


NO 


4.17 


N 


«.73 


N 


3.77 


2.55 


E 


2.i5 


E 


1.34 


E 


1.16 


E 


1.87 




E 


2.34 


E 


1.53 


E 


0.55 


E 


l.«9 


2 . 30 


\ E 


. «.13 


E 


0.83 


E 


0.37 


E 


0.94 


2.73 


V E 


3.98 


S E 


1.71 


S E 


«.«7 


SE 


1.90 


2.50 


K 


3.») 


x E 


«.«« 


NE 


0. 46 


NE 


1.5« ! 


3.5« 


E 


«.84 


NE 


«.04 


NE 


1.33 


NE 


1.50 


1.21 


-SE 


7.59 


S 


2.04 


NE 


1.53 


NE 


«.60 


5.18 


NO* 


0.80 


NO 


5.3* 


NO 


3.47 


NO 


3.91 


4.07 


NO 


i.03 


NO 


5.37 


NO 


4.44 


NO 


3.08 


3.01 


NO 


«.08 


sir 


0.55 


N 


I.07 


NO 


2.43 


t. 07 


E 


1.05 


E 


«.04 


E 


(l.«3 


E 


1.03 


3.01 


NO 


5 . 10 


NO 


5.9« 





i . 15 


NO 


1.1)0 


7.01 


NO 


7 . 40 


NO 


0.01 


NO 


0.01 


NO 


5.90 


7 . 50 


NO 


" *■ f 
i ..)i 


NO 


0.94 


NO 


0.29 


NO 


0.7t 


5 . 55 


NO 


5.78 


NO 


7.U 


NO 


5.60 


NO 


5. «3 


i . 15 


NO 


i.81 


NO 


i.44 


NO 


3.80 


NO 


4.60 


3 . 33 


NE 


1.05 


S E 


0.3« 


SE 


0.59 


so 


1.84 


1 . 57 


E 


«.9« 


NO 


«.9« 


NO . 


«.09 


NO 


1.43 


2.08 


E 


1 .95 


E 


0.97 


E 


0. H 


E 


1.29 


2. il 


E 


«.3« 


E 


1.34 


E 


0.55 


E 


1.15 


3.66 





5.11 





5.05 


NO 


3.89 


NO 


3.03 


5 . 05 


NO 


i.91 


NO 


4.8« 


NO 


«.78 


NO 


3.8-4 


3.70 


NO 


4.17 





«.96 


N 


«.08 


N 


3.79 


1.11 


SE 


1.91 


S 


1.34 





0.«3 





1.48 


3.00 


E 


«.18 


S 


1.00 


S 


«.18 





1.21 


3.01 


E 


5.78 


s 


4.07 


S 


0.65 


E 


«.09 


1.90 


NE 


0.83 


NE 


0.74 


NE 


0.05 


NE 


0.81 


3 . 0-2 




3.91 




•» 1 1. 




— . «M 




«.74 



i(H 



AOUT 1870. 










Vitesse moyenne « 


DATES 












PAR SECONDE ET PA 


221140' 


à 1 li 40' 


IhiO' à4h40* 


4»i 40' à7h40' 


7h 40' àlOlik 


i 


m 




m 




m 




m 




i i 


0.05 


NE 


0.05 


NE 


0.00 


NE 


0.65 


NF 


i 2 


0.09 


E 


0.32 


E 


0.32 


E 


4.12 


K 


1 » 


1.99 


NO 


i.17 


NO 


4.40 


NO 


2.78 





! i 


5.7i 


NO 


i . 10 





5.14 


NO 


4.12 


N" 


5 


1.20 


S 


1.81 


S 


1.06 


S 


1.13 


N^ 


6 


2. il 


NO 


2.73 


NO 


2.73 


NE 


• 

4.40 


NO 


i 7 


3.29 


NO 


1.20 


NO 


J.39 


NO 


0.97 


No 


8 


2.82 


NO 


1.48 





1.44 


NO 


1.71 


N" 


9 


4.77 


NO 


5.28 


NO 


5.92 


NO 


5.97 


No 


10 


4.40 


NO 


3.01 


NO 


4.35 


NO 


3.56 


(i 


11 


0.79 


NO 


130 


NO 


1.06 


N 


2.87 


\ 


12 


1.76 


NO 


1.62 


NO 


0.83 


N 


'2.59 


NO 


i 13 


2.08 


NO 


2.08 


NO 


1.16 


NO 


2.36 


M) 


1i 


0.00 


E 


0.69 


E 


0.37 


N 


0.60 


K 


I 15 


0.83 


E 


0.83 


E 


1.67 


SE 


1.67 


K 


: 16 


3.43 


NO 


2.73 


NO 


2.08 





1.14 


NO 


17 


2.61 


S 


2.82 


E 


1.25 


N 


0.51 


N" 


18 


0.83 


E 


0.83 


K 


1.67 


E 


1.11 


Y. 


19 


1.53 


SO 


0.51 


SO 


0.36 


E 


2.45 


\ 


20 


4.54 


NO 


5.83 


NO 


5.14 


NO 


6.71 


Nu 


. <4\ 


1.57 





3.42 


NO 


3.61 


NO 


3.89 


\<i 


i 22 


1.30 


N 


1.18 


N 


1.25 


NO 


1.39 


N •» 


23 


1.99 


SO 


1.34 


SO 


0.79 


E 


0.83 


y. 


24 


1.25 


N 


1.20 


N 


120 


NE 


1.25 


no 


25 

i 


0.65 


NO 


0.79 


NO 


1.85 


NO 


2.82 


(i 


26 


1.30 


NO 


1.02 


NO 


1.48 


NO 


2.13 


o 


27 


2.08 


NO 


2.55 


NO 


3 80 


N 


6.25 


NO 


28 


1.16 


NO 


1.44 


NO 


0.93 


NO 


1.16 


NO 


: 29 


1.85 


SO 


0.92 


NO 


1.48 


N 


1.53 


NO 


30 


0.69 





1.02 





1.20 


N 


1.25 


N 


! 31 
Moyen. 


1.38 





0.28 


SE 


0.83 


NO 


2.17 


N 


1.95 




1.91 




1.96 




2.16 





205 



Direction du yent. 



AOUT 1870. 



PÉRIODES DE TROIS HEURES. 








• 


Par | 

seconde 
et par 












i 


• 




10 h 40' i 


i!3h40 f 


13h40'i 


1 16 h 40' 


16 h 40' à 19 hW 


19h40'à22h40' 


jour. 


m 




m 




m 




m 




m 


1.99 


NE 


1.95 


E 


1.20 


E 


0.46 


E 


0.79 


7.91 


E 


3.89 


E 


2.45 


N 


1.76 


N 


2.61 


4.67 


NO 


2.45 


NO 


4.35 


NO 


4.91 


N 


3.71 


2.04 


NO 


2.22 


N 


1 . 34 


S 


1.72 


S 


3.34 


2.55 


E 


1.62 


E 


4.31 


NO 


3.19 


NO 


2.11 

i 


i.68 


NE 


4.31 


NO 


3.24 


NO 


1.71 


NO 


3.28 


1.58 





2.68 


E 


1.11 


E 


2.31 


NO 


1.82 ' 


1.76 


NO 


i.02 


NO 


2.55 


NO 


2 50 


NO 


1.91 


5.41 


NO 


6.15 


NO 


4.49 


NO 


4.44 


NO 


5„30 


2.87 


NO 


3.52 


NO 


2.64 


N 


0.79 


N 


3.14 


4.31 


NO 


4.63 


NO 


4.07 


NO 


2.45 


NO 


2.68 


3.98 





3.66 





2.45 


NO 


2.27 


NO 


2.39 ! 


2.92 


N 


1.95 


E 


1.02 


E 


09 


E 


1.71 


2.13 


E 


1.67 


E 


0.83 


E 


0.83 


E 


0.89 


1.67 


E 


1.67 


E 


1.67 


NE 


1.67 


NE 


1.46 


1.11 


NO 


1.34 


NO 


1.11 


NO 


1.85 


NO 


1.89 


0.83 


E 


0.83 


E 


1.67 


E 


1.67 


E 


1.53 


1.34 


NE 


3.10 


N 


1.43 


E 


0.65 


SE 


1.37 


«.57 


NO 


5.65 


NO 


2.92 





4 . 49 


NO 


3.06 ! 


6.80 





6.31 


NO 


3.66 





1.16 


NO 


5.02 j 


5.1 i 


NO 


5.69 


NO 


4.21 


NO 


2.55 


NO 


3.76 ! 


1.20 


N 


3.42 


S 


1.43 


E 


1.16 


E 


1.58 ! 


I.8I 


E 


2.22 


E 


1.00 


E 


1.43 


E 


1.43 


0.83 


N 


2J3 


NO 


1.06 


NO 


0.69 


NO 


1.20 


2.91 





3.33 





1.94 


NO 


0.97 


NO 


1.91 


3.01 





2.96 





2.78 


NO 


2.64 


NO 


2.16 ; 


5.97 


N 


6.20 


NE 


5.64 


N 


1.11 


NE 


4.20 ; 


2.91 


E 


2.45 


E 


0.60 


E 


1.16 


E 


1.48 


1.53 


NO 


1.57 





1.16 





0.46 





1.31 


2.50 


NO 


2.41 





1.99 





2.50 





1.69 


1.62 


E 


1.57 


E 


2.04 


SE . 


1.53 


SE 


1.43 


3.11 




3.05 




2.34 




1.84 




2.33 



20rt 



SEPTEMBRE' 18IU. 



Vitesse moyenne 















PAR SECONDE ET P\i 


DATES 
















22 h W à 1h40' 


i h 40' 1 


Uh40' 


4h40* i7h4œ 


7 h 40' àlOhtf 




m 




m 




m 




n 




1 


1.16 


NO 


0.60 


NO 


1.34 





1.11 


o 


! 2 


0.51 


E 


0.37 


E 


0.46 


E 


1.20 


E 


• 3 


0.32 


E 


0.88 


E 


0.37 


E 


2.0i 


F. 


i 


1.30 


NO 


1.20 


N- 


1.06 


NO 


1.30 


M) 


1 5 


l.<37 





0.65 





1.02 


E 


2.73 


E 


6 


5.49 


SE 


10.00 


SE 


6.62 


E 


5.74 


F 




0.69 


SE 


0.88 


SO 


2.92 


S 


4.17 


s 


8 


7.50 


NO 


4.58 


NO 


5! 38 


NO 


7.40 


N<> 


i 9 


1.22 


SO 


1.58 


SO 


0.79 





1.48 


N'i 


: 10 

1 


1.25 


N 


1.02 


N 


0.69 


N 


0.91 


> 


! 11 


0.32 


E 


0.51 


E 


0.78 


E 


1.67 


F 


' 12 


0.55 


N 


0.51 


N 


1.02 


E 


1.02 


K 


: 13 


1.34 


N 


0.69 


N 


1.43 


E 


1.99 


E 


14 


1.02 


SO 


0.83 


SO 


1.25 


E 


0.37 


E 


15 

1 
1 


2.27 


NO 


2.73 


NO 


3.47 


E 


.4.12 ■ NO 


16 


2.36 


NO- 


1.99 


N 


1.90 


NO 


3.43 


N 


17 


1.71 


N 


1.31 


N 


1.67 


N 


1.67 


s 


1 18 


0.69 


NE 


1.62 


NE 


1.67 


SO 


0.97 


SO 


; 19 . 


0.14 


SO 


0.31 


SO 


1.44 


E 


2.17 


s 

1 


; 20 


0.14 


NE 


0.09 


NE < 


0.05 


E 


0.37 


E 


21 


1.30 


SE 


0.92 


SE 


0.74 


SE 


1.30 


E 


9-> 


2.08 


NO 


1.71 


NO 


2.55 





4.58 


n 


i 23 


1.06 


NO 


1.00 


NO 


0.83 


NO 


1.67 


Nu 


! 2i 


2.82 


SE 


1.06 


SE 


2.87 


S E 


5.28 


E 


25 


0.97 


S E 


1.48 


SE 


0.79 


S 


1.02 


SE 


! 2(5 


0.65 


E 


0.79 





0.74 


E 


1.20 


E 


1 27 


0.65 





0.79 ' 





1.11 


E 


1 . 57 


\ 


• 28 


0.51 


NO 


0.88 


NO 


0.92 


SE 


0.79 


SE 


21) 


0.32 


SE 


0.28 


SE 


0.83 


SE 


1.43 


SE 


30 


1.76 


'S 


1.85 


SO 


1.67 


E 


0.83 


E 


1 
1 

Moyen. 


1.46 




1.44 




1.65 




2.18 





207 



Direction du Vent. 



SEPTEMBRE 1870. 



PÉRIODES DE 3 HEURES. 



10hl0*àl3hl0' 


m 




2.87 


N 


2.27 


E 


2.78 


N 


1.7I 


S 


3.10 


E 


7.87 


E 


8.01 


S 


5.97 


NO 


2.78 


E 


2.30 


E 


1.99 


E 


2.50 


E 


2.27 


E 


1.25 


E 


5.32 


NO 


5.55 


NE 


2.90 


E 


1.i8 


E 


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E 


1 . 34 


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1.20 


E 


5 . 28 


NO 


2.82 


NE 


«.31 


S 


2.08 


E 



13h40'àl6h40' 



2.27^ 

2.i5 

1.90 

2.82 

1.90 



3.22 



E 
E 
E 
E 



m 



3.33 


NE 


2.11 


E 


2.96 


N 


2.59 


S 


1.12 


E 


7.03 


S 


8.15 


S 


3.75 


NO 


2.18 


-NE 


1.85 


E 


0.88 


E 


2.11 


S 


2.22 


E 


2.31 


E 


G. 18 






5.05 
2.24 
1.57 
2.31 
3.19 

2.36 
1.86 
2.59 
6.06 
2.73 

1.85 

2 92 

3 29 
3.21 
1.62 



3 28 



N 
E 

E 

E 

SE 

E 
NO 

E 
SE 
S E 

E 
S 

SE 
E 
E 



16h40'àl9hl0' 



m 

1.71 
1.29 
3.19 
0.65 
1.13 

1.21 
7.61 
1.39 
0.88 
0.60 

0.19 
0.97 
1.02 
1.16 
5.65 

1.68 
0.97 
051 
0.83 
3.15 

0.83 

2.96 

3.52, 

2.27 

1.3i 

0.16 
1.02 
1.39 
1.06 
0.11 



1.80 



E 
E 

S 
SE 

SE 
NO 
NO 

E 

E 

E 
E 
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E 
NO 

N 
E 
E 
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SE 

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NE 

S E 
S 
E 

E 
S 

SE 
E 
E 



19hl0'à22hl0' 



'm 

0.23 
1.11 
292 
1.30 
1.11 

0.88 
8.05 
Ô.42 
0.16 
0.65 

0.18 
1.30 
1.53 
1.85 
1.11 

2.27 
1.39 
0.16 
0.18 
0.92 

1.81 
1.11 
2.15 
1.16 
0.88 

1.11 
0.79 
0.46 
1.30 
0.18 



1.43 



E 



S 

SE 

SE 

NO 

NO 

E 

E 

E 
E 
E 
E 
NO 

N 

E 

E 

E 

SE 

NO 
NE 

S E 

S 

NE 

E 

S 

SE 
E 
E 



Par 

seconde 

el par 

jour. 



1.51 
1.20 
1.93 
1.39 
1.98 

5.98 
5.06 
1.67 
1.12 
1.17 

0.81 
1.28 
1.56 
1 25 
1.31 

3.03 
1.71 
1.12 
1.32 
1.16 

1.31 
3.11 

2.00 
3.18 
1.11 

1.10 
1.11 
1.27 
1.11 
1.28 



2.06 



20K 



OGTOBKE iHTO. 



Vitt9SO moyenne e 



DATES 



I 



1 

2 
3 
4 

r> 

6 

i 

8 

9 

10 

il 
12 

13 

m 

15 

1G 

17 
18 
19 
20 

21 
22 
23 
24 
25 

26 
27 
28 
29 
30 
31 



Moyen. 



PAR SECONDE ET IV 



22 h 40' à I h 40* 


lh40' à 


i4h40' 


4h40'à71i40' 


m 




m 




m 




0.42 


E 


1.25 


E 


3.05 


SE 


0.92 


SO 


1 . 44 


SO 


1.85 


S 


1 . 39 





1.67 





2.13 


SO 


1;67 


SE 


1.48 


SE 


1.44 


S 


2.13 


S E 


1.81 


SE 


2.18 


SE 


2.01 


SO 


1 62 


SO 


1.39 


E 


1.02 


SE 


1.5£ 


SO 


1.44 


SE 


1.09 


X 


1.30 


S 


0.97 


SE 


1.00 


S 


0.60 


S 


1 25 


S E 


M . O*/ 


NO 


1.62 





1.58 





0.06 


NO 


6.20 


NO 


5.09 


NO 


0.55 


NO 


0.55 


NO 


1.11 


N 


2.55 





1.16 


NO 


4.57 


NO 


1.66 


NO 


0.83 


N 


2.04 


NO 


0.65 





1.20 





1.44. 


NO 


5.51 


NO 


3.10 


NO 


3.24 


NO 


0.64 





1.44 





1.76 


NO 


2.13 


NO 


1.06 


NO 


0.87 


NO 


1.15 


NO 


0.97 


NO 


0.74 


E 


0.88 


E 


1.30 


E 


1.06 


E 


3.24 


NO 


i . 77 


NO 


4.44 





2.59 


N 


2.08 


N 


1.67 


N 


1.06 


E 


1.81 


S 


1.20 


S 


2.36 





4.12 


NO 


7.12 


NO 


4.77 


NO 


2.14 





1.76 


SO 


1.44 


S 


1.85 


SO 


2.04 


T) 


6.02 


NO 


8.19 


NO 


5.32 


N 


4.67 





7.03 





8.38 





7.40 


NO 


7.17 


NO 


5.97 


NO 


1.34 





1.16 





1.16 


NO 


3.8i 


NO 


4.86 


NO 


4.58 


NO 


2 . 13 




2.49 




2.58 





7h40'àl0hi< 



va, 

5.83 
4.31 
1.85 
0.97 
1.16 

0.88 
«Î97 
1.20 
2.36 
2.41 

6.80 
1.71 
3.75 
1.30 
1 .20 

6.71 
0.60 
1.06 
0.88 
1.39 

6.71 
1.41 
0.97 
9.81 
3.91 



1.06 


ù 


5.74 


N 


10.28 


NO 


6.89 


.\0 


4.54 


NO 


7.54 


NO 



3.43 



SE 

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Nil 
N 

S 

Mi 
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j 



209 



lirection 


du Vent. 








OCTOBRE 1870. 


►ÉRIODES DE 3 HEURES. 










i 


Par 

secoode 

el par 


















10h40'àl3h40' 


13 h 40' à 16 h 40' 


16h40*àl9h40' 


19 h 40' à 


22 h 40' 


jour. 


m 




ID 




ni 




m 




m 


5.46 


SE 


4.81 


E 


2.73 


SE 


1.34 


SE 


3.11 


4.8-2 


E 


3.94 


E 


1.06 


E 


0.97 


E 


2.41 


3.47 


S 


3.28 


E 


1.57 


E 


1.25 


SE 


2.08 


2.50 


E 


3.42 


E 


1.11 


E 


1.20 


E 


1.72 


1.76 


SE 


3.15 


SE 


1.39 


E 


0.92 


E 


1.81 


2.9! 


E 


3.87 


E 


1.48 


SE 


0.97 


SE 


1.89 


1.16 


SE 


1.20 


SE 


0.60 


SE 


0.42 


SE 


1.12 


J.06 


SE 


1.34 


SE 


0.92 


SE 


1.38 


SE 


1.16 


7.08 


NO 


5.69 


NO 


2.92 


NO 


3.47 


NO 


3.05 


2.64 


NO 


3.10 


S 


8.05 


NO 


9.26 


NO 


3.91 


6.38 





3.47 





2.08 


NO 


0.65 


E 


4.59 


2.04 


NO 


2.22 





3.01 


SO 


2.45 


SO 


1.70 


3.01 


NO 


2.59 


NO 


1.67 


NO 


2.41 


NO 


2.34 


1.02 


NO 


1.76 





0.42 





0.37 





1 17 


3.01 


N 


2.13 


NE 


4.40 


NO 


4.86 


NO 


2.36 


5.41 


NO 


2.96 


NO 


1.11 


NO 


0.90 


NO 


3.62 


1.48 


NO 


2.64 


NO 


2.87 


NO 


2.82 


NO 


1.78 


1.85 


N 


3.01 


SE 


0.92 


E 


1.06 


E 


1.49 


2.08 


E 


1.67 


E 


0.46 


E 


0.65 


E 


1.07 


3.15 


N 


4.72 


NO 


4.49 


NO 


3.61 


NO 


2.57 


8.24 


NO 


6.62 


NO 


4.72 


NO 


1.94 


NO 


5.08 


1.30 


E 


2.50 


E 


1 07 


E 


1.57 


E 


1.78 


1.25 


S 


1.34 


S 


0.93 


S 


1.53 


S 


1.26 


10.14 


NO 


7.36 


NO 


7.45 


NO 


6.57 


NO 


6.87 


5.18 


NO 


i.35 


NO 


2.87 


NO 


1.76 


NO 


3.35 


l.ii 





1.48 


E 


9.21 


NO 


9.30 


NO 


3.48 


H. 38 


NO 


4.54 





3.47 


NO 


1.83 





5.19 


9.17 


NO 


7. 68 


NO 


7.87 


NO 


7.45 


NO 


7.82 


7.96 


NO 


8 33 


NO 


4.81 


NO 


1.94 


NO 


6.31 


6.80 


NO 


5.78 


NO 


5.23 


NO 


4.95 


NO 


3.87 


1 8.66 

i 


NO 


8.05 


NO 


7.47 


NO 


7.82 


NO 


6.60 


i.16 




3 84 




3.17 




2.83 




3.12 



14 



210 



NOVEMBRE 1870. 



Vitmse moyeu» « 



DATES 


PAR SECONDE ET PAl 


22 h 40' 


à IhlO 1 


1 h 40' à 4h 40' 


4h40'J 


ïlhW 


7h4û'âl0h4 




m 




m 




m 




m 




1 


6.99 


NO 


11.48 


NO 


12.08 


NO 


12.50 


NO 


2 


9.30 


NO 


9.17 


NO 


9.21 


NO 


9.81 


Nu 


3 


5.65 


NO 


5.28 


NO 


5.78 


NO 


6.71 


Mi 


4 . 


2.55 


NO 


1.72 


NO 


1.62 


NO 


2.27 


No 


5 


1.99 


NO 


1.44 


NO 


0.79 


NO 


2.22 


Ni» 


6 


0.27 


NO 


0.18 


NO 


1.06 





1.58 





7 


1.30 


NO 


0.05 


NO 


0.88 


NO 


0.93 


.\ 


8 


0.18 


N 


0.13 


N 


0.23 


N 


0.06 


>" 


1 9 


1.11 


SO 


0.69 


SO 


0.09 


SO 


0.97 


SO 


; io 


0.14 


N 


0.18 


N 


0.46 


N 


0.69 


N 


h 


5.74 


NO 


4.17 


NO 


2.68 





3.29 





12 


3.18 


NO 


1.53 


NO 


3.01 


NO 


2.78 


NO 


13 


0.32 


S 


0.60 


NE 


0.37 





0.28 





14 


8.01 


NO 


10.51 


NO 


7.40 


NO 


5.92 


N 


15 


1.16 


SO 


1.39 


SO 


0.88 


NO 


0.18 


NO 


16 


0.28 


NE • 


0.28 


NE 


1.02 


NO 


0.37 


NO 


17 


0.00 


E 


0.09 


E 


0.32 


NO 


0.74 


U 


18 


3.52 


E 


5.88 


SE 


4.77 


S 


3.15 


E 


19 


0.05 


S 


0.42 


S 


0.14 


N 


0.92 


N 


20 


4.77 


S 


0.46 


SO 


0.00 


SO 


0.23 


SO 


21 


1.11 


S 


0.18 


S 


0.09 


S 


0.09 


S 


22 


0.97 


SO 


1.16 


s 


1.30 





0.97 





23 


0.18 


E 


0.23 


E 


0.41 


E 


0.28 


£ 


24 


0.97 


S 


0.18 


S 


0.23 


E 


1.06 


>E 


25 


2.73 


SE 


5.18 


s 


6.25 


S 


4.63 


> 


26 


2.36 


NE 


1.81 


NE 


1.39 





0.65 


S 


27 


4.21 


NO 


3.70 


NO 


3.47 


NO 


2.6i 


NO 


28 


0.T9 


SO 


0.79 


SO 


0.92 


N 


0.06 


N 


29 


0.41 





0.41 





0.32 


N 


0.14 


N 


30 


1.91 


NO 


1.34 


NO 


2.45 


NO 


3.29 


Nu 


Moyen. 

i 


2.41 




2.35 




2.32 




2.31 





in 



irection du T«nt. 








NOVEMBRE 1810. 


ÊRIODES DE TROIS HEURES. 










Par 


.^_^_— _ 












secoade 
et par 








F" 








DhtimShW 


13h40'àl6h40' 


16h40'àl9h40* 


WhJO'àtthiP 


jour. 

m 


m 




m 




m 




m 




10.60 


NO 


11.11 


NO 


10.69 


NO 


8.98 


NO 


10.55 


10.09 


NO 


8.98 


NO 


7.96 


NO 


7.68 


NO 


9.02 


5.55 


NO 


4.91 


NO ' 


3.24 


NO 


3.15 


NO 


5.03 


1.53 


NO 


0.37 


NO 


1.07 


N 


1.81 


NO 


1.62 


2.13 


NO 


3.75 


NO 


2.08 


NO 


0.79 


NO 


1.90 


0.92 





0.55 





1.16 


NO 


0.97 





0.84 


1.53 





1.30 


N 


0.28 


N 


0.74 


N i 


0.88 


1.02 


E 


1.53 


SE 


0.37 


S 


51 


SO ' 


0.50 


1.67 


E 


1.76 


E 


0.92 


E 


0.28 


E 


0.94 


2.04 


E 


2.59 


E 


0.93 


E 


7.27 


NO 


1.79 


6.48 





4.54 


NO 


4.17 


NO 


3.56 





4.33 


1.90 





2.08 


S 


1.34 


S 


0.42 


S 


2.03 


5.51 


S 


3.89 





3.89 





3 52 


NO 


2.30 


4.86 





3.19 





0.09 


NO 


0.74 


NO 


5.09 


0.83 


NE 


0.54 


NE 


0.05 


NE 


0.65 


NE 


0.71 


2.08 





0.55 


N 


0.60 


E 


0.09 


E 


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N 


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0.05 


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2.78 


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5.41 


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3.19 


S 


4.04 


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S 


4.03 


S 


5.23 


S 


3.47 


S 


2.26 


5.00 





6.38 


S 


5.74 


S 


5.09 


S 


3.46 


0.46 


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0.92 


NO 


0.75 


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6.90 


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5.51 


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2.32 


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3.80 


NO 


2.68 


NO 


4.35 


NO 


2.25 


3.70 


NO 


1.99 


N 


0.65 


N 


0.69 


N 


2.63 


0.17 


N 


0.65 


N 


0.00 


N 


0.55 


N 


0.49 


0.00 


N 


0.00 


N 


0.32 


N 


2.50 


N 


0.51 


4.26 


NO 


3.33 


NO 


2.69 


NO 


2.08 


N 


2.67 


3.18 




2.98 




2.59 




2.42 




2.57 



DÉCEMBRE i#70. 



m 



VitoMe moyenoi 



DATES 



1 
2 
3 
4 
5 

6 
7 
8 
9 
10 

11 
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20 

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22 

♦23 

24 

25 

26 
27 
28 
29 
30 
31 



PAR SECONDE ET f 



22h40' à lhiO 1 



Moyen. 






m 

1.57 
3.80 
4.30 
7.26 
1.63 

0.65 
3.19 
7.96 
6.57 
0.32 

1.71 
0.18 
2.50 
0.05 
0.37 

0.41 
0.65 
1.30 
5.88 
2.04 

4.49 
1.20 
4.76 
4.86 
0.92 

6.02 
5.51 
0.65 
1.25 
3.33 
6.25 



2.95 



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2.96 
5.69 
2.59 
8.05 
1.53 



1 11 
1.25 
6.25 
6.15 
1.06 

0.32 
0.32 
0.41 
0.05 
0.06 

0.52 
1.39 
1.34 
4.86 
1.81 

6.15 
3.29 
6.66 
0.65 
1.53 

8.84 
5.51 
0.83 
1.02 
4.49 
5.69 



2.98 



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5.46 
0.09 

1.71 
1.11 
4.35 
5 14 
0.88 



05 
1.02 
0.16 
0.00 
0.23 

0.79 
0.60 
2.18 
4,07 
2.82 

6.02 
4.91 
7.73 
0.65 



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2.68 
0.28 

3.29 
2.04 
5.64 
4.82 
0.09 

0.37 

0.05 
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3.33 
5.69 



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213 



îrection du vent. 



DÉCEMBRE 48*70. 



ÉRIODES DE TROIS HEURES. 










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Par 


















seconde 
et par 


















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16h40'à!9h40' 


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5.88 


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5.79 


NO 


6.90 


NO 


6.09 


6.00 


NO 


7.12 


NO 


7.12 


NO 


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3.30 


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NO 


0.18 


NO 


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NO 


0.18 


NO 


0.53 


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NO 


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0.37 


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0.45 


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NO 


0.83 


NO 


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1.57 


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0.65 


1.20 





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0.68 


0.15 


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N 


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N 


0.23 


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0.12 


0.05 


N 


0.46 


N 


0.28 


N 


0.32 


N 


0.23 


0.65 


N 


0.51 


N 


0.32 


N 


0.28 


N 


0.56 


0.65 


N 


0.37 


N 


0.41 


N 


2.59 


N 


0.95 


6.20 


N 


6.20 


NO 


5.51 


NO 


6.25 


NO 


4.17 


6.01 


NO 


4.72 





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NO 


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3.16 


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NO 


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216 



JANVIER 1871. 



Vitesse moyenne! 















PAR SECONDE ET PaI 


DATES 


















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4h40' à 7h 40' 


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1.39 





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2.82 


NO 


5.28 


NO 


6.62 





6 


4.41 


NO 


10.32 


NO 


5.69 


NO 


8.01 


\ 


7 


6.71 


NO 


6.02 


NO 


1.39 


NO 


2.08 


M" 


8 


4.81 


NO 


5.92 


NO 


4.26 


NO 


4.26 


M> 


9 


3.56 


NO 


3.52 


NO 


3.19 





1.99 





i ,0 


8.98 


NO 


11.01 


NO 


12.78 


NO 


11.80 


> M 


h 


1.25 





1 34 


N 


2.92 





1.97 





12 


12.18 


NO 


12.36 


NO 


11.99 


NO 


12.27 


Nu 


13 


9.58 


NO 


8.98 


NO 


10.69 


NO 


11.11 


N'i 


14 


8.05 


NO 


8.70 


NO 


5.83 


NE 


3.33 


N" 


l.«6 


0.00 





0.00 





0.00 


NO 


0.00 


>'M 


1 16 


0.88 





1.16 





1.20 





1.44 





: 17 


1.25 


N 


1.57 


N 


5.60 


NE 


2.64 


N* 


; 18 


1.62 


NO 


1.30 


E 


1.57 


E 


1.71 


F. 


19 


7.73 


so 


5.37 


NO 


5.28 


N 


4.18 


\ 


20 


2.13 


so 


1.71 


NO 


1.44 


NO 


1.20 


Mi 


21 


0.78 


NE 


0.60 


NE 


0.88 


NE 


2.13 


NF 


i **«* 


1.06 





1.76 





2.04 





1.85 


(I 


23 


1.25 


N 


1.11 


N 


1.16 


NO 


1.25 


Nu 


2i 


0.74 


NO 


0.78 


NO 


1 11 


NO 


2.08 


Nu 


25 


1.76 


NO 


1.30 


NO 


1.39 


NO 


1.34 


M» 


26 


1.90 





2.13 


N 


3 52 


NO 


6.29 


NO 


27 


9.58 


NO 


8.61 


NO 


8 05 


NO 


8.10 


NO 


28 


8.8i 


NO 


9.07 


NO 


10.28 


NO 


9.54 


M' 


29 


3.98 


NO 


2.64 


NO 


1.06 


NO 


1.44 


NO 


30 


0.00 





0.88 


NO 


1.11 


N 


1.25 


NO 


31 

Moyen. 

• 


1.20 


E 


1.67 


E 


1.02 


E 


1.06 


ni: 


3.68 




383 




3.78 




3.83 





217 



irection du vent. 



JANVIER 1871 



ÉRIODES DE TROIS HEURES. 










1 Par ' 

seconde 

et par 


















0h40'i 


1 13 h 40' 


1311-40' ! 


1161140' 


16 h 40' à 19 h 40' 


191110', 


\ 22 li 40' 


jour, j 


m 




Dl 




m 




in 




i 

m j 


3.56 





6.52 


NO 


1.26 


N 


1.67 


NO 


1.10 


0.65 


E 


0.28 


_ E 


0.41 


N 


0.18 





0.27 ; 


3.17 





1.95 


NO 


3.13 





3.89 





2 70 ; 


O.ii 





0.09 


S E 


000 


SE 


O.(M) 


S 


0.78 | 


10.09 





9.07 


NO 


7.73 


NO 


8.17 


NO 

• 


6.28 


8.93 


NO 


9. il 


N 


9-91 


NO 


9.17 


NO 


8.21 


3.28 


NO 


1.03 





1.21 





5 00 


NO 


i 21 


1.06 





120 


N 


2.18 


NO 


5 18 





3.61 


2.68 





1.20 





3.38 





8 . 56 





3.51 : 


9.72 





7.36 


NO 


1.95 


NO 


1 .7)7 


SE 


8 52 , 


3.66 





3.33 


E 


m* • O*.' 


E 


10.79 


NO 


3.48 


10.32 


NO 


10.37 


NO 


9.31 


NO 


10.11 


NO 


1112 


11.67 


NO 


10.12 


NO 


10.88 


NO 


9.51 


NO 


10.36 i 


i.77 


NO 


3.56 


NO 


1 . 13 


NO 


0.55 





1 53 , 


0.41 


NO 


0.71 


NO 


0.88 


NO 


1.16 





0.10 ! 

i 


! . 39 





1.39 


N 


1.33 


N 


J . 85 


N 


1.33 


2 . 82 


E 


2-22 


E 


1.30 


E 


3.01 


NO 


2.55 i 


1.99 


E 


0.97 


E 


6.90 





10.97 





3.38 


3 . 38 





2.59 


NO 


5.37 


NO 


1.10 





1.79 


2 . 36 


S 


1.13 





0.65 





0.71 





1.46 


1.31 


E 


2.68 


NE 


2.01 


• N 


0.60 





1.38 


1.81 


NO 


2.08 


NO 


1.71 


NO 


0.55 


NO 


1.61 


1.02 


NO 


1.39 


NO 


0.16 


NO 


1.06 


NO 


1.09 . 


1.85 


NO 


2.04 


NO 


1 . 53 


NO 


1.58 


NO 


1.46 


1 . 31 


NO 


1.99 


N 


1.11 


N 


1 . il 


N 


1.46 


6.31 


NO 


5.92 


NO 


6.91 


NO 


8.89 





> 

5.25 


10.18 


NO 


9.72 


NO 


9.82 


NO 


8.91 


NO 


9.12 


8.98 


NO 


8.17 


NO 


6.11 


NO 


3.61 





8.11 i 


1 . 30 





1.06 


E 


0.83 


E 


0.73 


' E 


1.63 1 


1.16 


X 


153 


E 


16 


E 


98 


E 


0.98 ; 


1.39 


NE 


1.31 


NE 


1.85 


N 


1.58 


NO 


1.39 j 


3.97 




3.87 


% 


3.67 




1 11 




i 

3.81 ! 

i 



218 



FÉVRIER 1871. 



Vitesse meyense 



DATES 












PAR SECONDE ET P 


22 h 40' 


àlh40' 


1 h 40' i 


i4h40' 


4h40' à7hW 


7h40' àiOh 




m 




m 




m 




m 




1 


1.44 


NE 


1.53 


NE 


1.67 


NO 


1.39 


N' 


2 


1.30 


S 


1.48 


S 


0.83 


E 


1.20 


F 


3 


6.48 


S 


3.06 


S 


1.39 


E 


1.25 


F 


4 


5.00 


SE 


3.06 


SE 


1.39 


SE 


1.30 


«i 


5 


5.37 

• 


S 


3.89 


S 


0.69 


SO 


1.44 


<"' 


6 


1.71 


N 


1.90 


N 


1.39 


NO 


1.81 


>'■ 


/ 


5.92 


NO 


4.77 


NO 


4.49 


NO 


4.58 


N 


8 


7.63 


NO 


6.99 


NO 


8.47 


NO 


11.02 


N 


9 


6.06 


NO 


7.45 


NO 


5.60 





6.43 


<■ 


10 


6.15 


NO 


6.99 


NO 


6.48 





5.78 


n 


11 


5.51 


NO 


10.74 


NO 


9.77 


NO 


10.60 


NO 


12 


7.82 


NO 


5.37 


NO 


4.21 


NO 


2.82 


Nii 


13 


1.62 





1.48 





1.71 





1.81 


(i 


14 


1.71 


NO 


2.78 


NO 


3.57 


NO 


3.75 


N" 


15 


0.97 


S 


1.62 


S 


1.99 


SO 


1.16 


S" 


16 


1.02 


S 


1.06 


S 


1.11 


SE 


0.65 


S 


17 


1.95 


NE 


1.53 


NE 


2.04 


NE 


1.11 


NE 


18 


1.25 


NO 


2.41 


NO 


2.27 


NO 


2.6i 


N" 


19 


1.76 


NO 


2.87 


NO 


1.67 


NO 


2.32 N l 


1 20 


2.32 


NO 


3.66 


NO 


2.45 


NO 


2.13 


>. 


21 


1.57 


N. 


2.96 


NO 


3.89 





3.75 


n 


22 


2.41 


NE 


2.59 


NO 


2.32 


NO 


3.52 


N" 


23 


1.30 





1.71 





1.95 





1.34 


n 


2i 


1.71 


NO 


1.95 


NO 


1.99 


N 


1.53 


N 


25 


1.20 


E 


1.25 


E 


2.18 


S 


1.02 


> 


26 


4.12 


S 


1.11 


S 


1.20 


NO 


2.27 





27 


1.67 


NE 


0.65 


NE 


0.97 


E 


1.11 


E 


28 


1.58 

• 


NE 


1.95 


NE 


1.48 


NE 


0.97 


.NE 


: Moyen. 


3.16 




3.18 




2.83 




2.88 





219 



lirectioa du Tant. 



FEVRIER 187! 



*É RI ODES DE TROIS HEURES. 










Par 


















seconde 
et par 
jour. 

m 


10h40'à13h40' 


I3h40'à16h40' 


16h40'àl9h40' 


191)40'; 


1 2 J h 40* 


m 




m 




m 




in 




3.61 


S 


5.60 


S 


4.63 


S 


2.17 


S 


2.75 


2.68 


SE 


4.35 


S 


5.75 


S 


5.14 


S 


2.84 


1.95 


E 


1.94 


E 


4.91 


S 


5.41 


SE 


3.30 


2.13 


S 


6.48 


S 


6.75 


s 


5.32 


SE 


3.93 


2.45 





2.55 


NO 


1 M 


NO 


H. 06 


NO 


2.67 


4.49 


NO 


4.26 





3.66 


NO 


3.61 


NO 


2.85 


7.10 


NO 


5.41 


JO 


6.85 


NO 


7.26 


NO 


5.83 , 


10.83 


NO 


8.70 


NO 


5.65 


NO 


0.06 


NO 


8.17 i 


8.24 


NO 


9.12 


NO 


9.35 


NO 


9.54 


NO 


7.72 ! 


6.57 





2.27 


NO 


1.67 


NO 


4.03 





4.99 


10.32 


NO 


10.56 


NO 


9.58 


NO 


6.29 


NO 


9.17 


2.08 


N 


0.55 


NO 


1.06 





1.53 





3.18 ' 


4.63 





4.21 





2.96 


NO 


3.15 


NO 


2.70 


2.45 


NE 


2.13 


E 


1.57 


S E 


0.88 


SE 


2.35 


0.92 


SO 


2.64 


S 


1.57 


S E 


1.16 


S 


1.50 


1.34 


S 


2.31 


NE 


1.30 


NE 


1.53 


NE 


1.29 


0.69 


NE 


2.68 


E 


2.92 


NO 


1.20 


NO 


1.76 ; 


3.33 


NO 


3.29 


NO 


3.19 


NO 


1.57 





2.49 


2.82 


S 


1.99 


SE 


2.87 


NO 


1.95 


NO 


2.28 


3.80 


NO 


4.35 


NO 


1.93 


NO 


2.22 





2.86 


5.23 





3.61 


NO 


3.47 


N 


1.99 


NO 


3.31 : 


3.89 


N 


3.70 


N 


2.22 


N 


2.36 





2.88 


1.48 





1 90 


N 


1.11 


E 


1.62 


N 


1.55 


2.50 


NO 


2.87 


NE 


1.25 


E 


1.90 


E 


1.96 


2.18 


S 


2.78 


E 


6.39 


NE 


4.86 


SE 


2.73 


2.87 


NE 


4.31 


NE 


1.81 


E 


2.36 


E 


2.51 




NE 


2.61 


E 


0.92 


E 


87 


E 


1.39 


4* » *é 1 


NE 


2.61 


E 


0.92 


E 


0.87 


E 


1.58 


3.77 




3.92 




3.51 




3.21 




3.30 



220 



MARS 1871. 



Vitesse moyenne et 



DATES 












PAR SECONDE ET PAH 


22 h 40' 


à 1 h 40' 


1 h 40' i 


i 4 h 40* 


4 h 40' i 


k 7 h 40' 


7h 40' à lOh 40' 




m 




m 




m 




m 




! i 


1.58 


E 


1.95 


E 


1.48 


E 


0.97 


E 


2 


1.21 


E 


0.74 


S E 


0.60 


E 


1.39 


E 


5 


2.50 


S E 


2.03 


SE 


4.<U 


SE 


5.37 


S 


i 


1.02 


so 


1.90 





0.97 


NO 


1.25 


NO 


5 


1.20 


NE 


1.30 


SE 


1.44 


NE 


1.67 


NE 


• 6 


6.91 


SE 


7.26 


SE 


7.87 


SE 


8 . 84 


S 


i 7 


3.47 


S 


5.27 


S 


4.49 


S 


2.08 


S 


! 8 


4.67 





3.24 





5.46 


NO 


6.11 


NO ' 


; o 


• 6.02 


NO 


7.17 


NO 


6.99 


NO 


7.31 


NO 


10 


2.59 


NO 


3.52 


NO 


2.82 


NO 


4.95 


NO 


îi 


1.53 


NO 


1.76 


NO 


1.44 


NO 


2.36 


NO 


! I? 


0.60 


NE 


1.20 


NE 


0.97 





0.83 





13 


4.07 


S 


0.92 


S 


0.83 


NO 


2.41 


N , 


' 14 


0.28 


E 


0.74 


E 


1.02 


SE 


3.01 


SE ! 


15 


0.65 


N 


1.34 


N 


1.16 


N 


1.34 


N 


16 


2.87 


NO 


1.71 


NO 


0.79 


N 


0.97 


N 


17 


8.93 


NO 


7.63 


NO 


9.16 


NO 


11.16 


NO 


18 


8.29 


NO 


8.10 


NO 


8.66 


NO 


9.86 


NO 


i 19 


5.51 


NO 


4.63 


NO 


5.51 


NO 


6.99 


NO 


1 20 

i 


1.26 


NO 


1.06 


NO 


1.30 


NO 


3.29 


NO ' 

i 


i 21 


4.91 





4.49 


NO 


3.98 


NO 


7.03 


NO 


22 


7.36 





6.85 





5.46 


E 


7.40 


E 


23 


1.06 


E 


0.55 


E 


0.51 


SE 


2.64 


SE 


24 


2.82 


SE 


1.95 


SE 


2.27 


E 


4.77 


E 


25 


5.42 


S E 


6.76 


• SE 

i 


4.81 


S 


4.95 


S 


26 


1.58 


SE 


1.34 


SE 


1.53 


. S 


1.76 


S ! 


27 


0.69 


S 


0.65 


S 


1.25 





2.08 





28 


0.92 


N 


1.06 


N 


0.69 


N 


1.76 


N 


29 


0.83 


NO 


4.40 


NO 


8.48 


NO 


10.18 


NO 


30 


11.34 


NO 


10.69 


NO 


8.01 


NO 


8.52 


NO 


! 31 

i 
i 

Moven. 


5.55 


N 


5.07 


NO 


6.57 


NO 


9.07 


NO , 

i 


3.47 




3.49 




3.59 




4.59 

i 





221 



Direction du vent. 



MARS 1871. 



PÉRIODES DE TROIS HEURES. 



!Oh40' i 


1131140* 


13h40'àl6h40' 


ID 




m 




1.81 


E 


2.01 


E 


3.05 


E 


4.45 


E 


G. 99 


E 


6.52 


E 


1.67 


NO 


1.67 


N 


3.98 


E 


5.65 


SE 


9.49 


S 


5.46 


S 


3.70 


NO 


3.52 


NO 


4.44 


NO 


4.12 


N 


8.15 


NO 


8.33 


NO 


3.75 


E 


4.10 


E 


i.26 


N 


2.27 


N 


2.55 


E 


2.22 


E 


3.05 


,* 


2.41 


E 


9.26 


S 


8.61 


S 


2.32 


E 


2.13 


E 


2.50 


S 


2.78 


S 


10.92 


NO 


10.23 


NO 


9.47 


NO 


8.56 


NO 


i.58 


NO 


4.81 


NO 


4.54 


NO 


6.43 


N 


6.20 


NO 


5.65 


NO 


5.1 i 


E 


3.19 


E 


5.14 


E 


i.77 


SE 


6.43 


E 


6.48 


E 


5.37 


SE 


4.72 


S 


6.85 


E 


6.57 


S 


1.58 





1.58 


N 


1.62 


N 


1.48 


N 


10.60 


NO 


10.46 


NO 


9.81 


NO 


9.35 


NO 


7.53 


NO 


6.06 


NO 


5.38 




5.06 





16h40' à 19 h 40' 



m 

1.06 
3.93 
3.2i 

1.76 
4.86 

7.40 
3.01 
3.9i 
6.3i 
3.19 

1.67 
5.60 
0.69 
2.92 
2.22 

5.37 
10.74 
7.96 
3.01 
4.76 

4.77 
1.48 
2.91 
5.23 
2.87 

4.30 

1.48 

1.81 

10.32 

7.82 
5.32 



4.26 






E 
SE 
SE 

N 

E 

S 

O 

N 

NO 
NO 

N 

SE 
E 

N 
E 

NO 
NO 
NO 
NO 
NO 

NO 

E 

SE 
E 

S 

S 

N 

N 

NO 
NO 
NO 



19h40'à22h40' 



m 

1.43 

2.27 
1.11 
2.18 
5.37 

6.85 
3.75 
4.12 
5.37 
2.78 

1.48 
6.71 
0.88 
1.34 
2.78 

8.47 
8.47 
5.88 
1.58 
4.12 

6.94 
0.78 
2.27 
5.88 
1.02 

3.15 
1.71 
2.36 
10.46 
6.43 
3.93 



3.93 



E 
SE 
SO 

N 
SE 

S 

O 

N 

NO 
NO 


S 
E 
N 
NO 

NO 
NO 
NO 
NO 




E 

SE 

SE 

S 

S 

N 

NE 
NO 
NO 
NO 



Par 

seconde 

et par 

jour. 



m 

1.54 
2.20 
4.08 
1.55 
3.18 

7.51 
3.66 
4.51 
6.96 
3.46 

2.09 
2.58 
1.91 
3.40 
1.74 

3.18 
9.64 
8.35 
4.58 
3.34 

5.50 
4.71 
2.48 
4.48 
4.49 

3.38 
1.38 
1.46 
8.22 
9.00 
6.25 



4.22 



m 



AVRIL 1871. 










TiUtse mojma* «t 


DATES 












PAR SECONDE ET PAR 


22 h 40* 


àlh40 % 


Ih40'à4h40' 


4h 40' à 7b 40' 


7h40 , àlOèiÛ 




m 




m 




m 




m 




1 


3.05 


NO 


3.78 


NO 


4.21 


NO 


6.71 


NO 


2 


305 


• NO 


3.78 


NO 


4.21 


NO 


6.71 


NO 


3 


1 95 


N 


1.71 


SO 


1.67 


N 


0.65 


N 


4 


1.85 


NO 


0.92 


N 


0.93 


NO 


3.15 


NO 


5 


1.62 


N 


2.55 


NO 


2.18 


NO 


3.94 


NO 


6 


1.67 


SO 


0.46 


SO 


0.37 


NE 


1.67 


NE 


7 


1.20 


SE 


1.58 


SE 


1.76 





1.06 





8 


1.16 


E 


0.78 


E 


1.11 


NE 


2.64 


NE 


9 


0.88 


E 


0.78 


E 


1.57 


NO 


3.10 


NO 


10 


1.67 


S 


0.69 


S 


0.37 


S 


1.11 


S 


11 


1.02 


E 


0.69 


E 


1.76 


E 


1.62 


E 


12 


1.71 


SE 


1.25 


SE 


1.11 


SE 


2.08 


SE 


13 


0.88 


S 


0.92 


S 


0.74 


SE 


0.97 


SE 


14 


1.53 


S 


1.11 


NO 


1.30 


SE 


2.04 


E 


15 


7.45 


NO 


4 72 


2.36 


NO 


4.31 


NO 


16 


0.88 


NO 


1.11 


NO 


1.25 


NO 


1.06 


NO 


17 


1.76 


NE 


1.25 


NE 


1.02 


E 


1.15 


E 


18 


0.69 


E 


097 


E 


1.39 


E 


2.27 


E 


19 


1.85 


NE 


0.92 


S 


1.16 


NE 


2.73 


NE 


20 


4.77 


NO 


8.33 


NO 


5.55 


NO 


4.95 


N 

i 


! 21 . 


1.53 


SE 


1.16 


SE 


3.01 


NO 


7.36 


N 


22 


5.37 


NO 


2.73 


NO 


2.22 


N 


3.38 


NO 


23 


1.53 


SE 


1.34 


S 


1.90 


S 


1.62 


SO 1 


2-4 


1.39 


NE 


0.65 


NE 


1.06 


. N 


4.21 


NO 


25 


1.76 


SO 


1.06 


SO 


1.62 





2.27 





26 


2.55 


NO 


3.38 


NO 


4.58 


NO 


5.65 


NO 


27 


2.73 


NO 


2. ai 


NO 


2.87 





6.57 


! 


28 


4.72 


NO 


6.34 


NO 


6.25 


NE 


4.95 


N 


29 


0.92 





1.16 


SO 


1.06 


N 


1.71 


N 


30 
Moyen. 


6.01 


NO 


7.70 


NO 


6.08 


NO 


6.48 


NO 


2.30 




2.23 




2.22 




3.27 





223 



Direction du vent. 



AVRIL 1871 



PÉRIODES DE TROIS HEURES. 










Par 


















seconde 
et par 










• 








10h40'àl3h40' 


13h40'àl6h40' 


16h40'àl9h40' 


19h40'à22h40' 


jour. 


m 




m 




m 




m 




m 


6.86 


NO 


6.06 


NO 


5.32 


NO 


3.93 


NO 


4.99 


8.33 


NO 


7.22 





4.72 





2.55 


N 


5.07 


2.08 


N 


3.42 


SE 


2.18 


E 


3.70 


NO 


2.17 


2.87 


NO 


3.75 


N 


3.15 


N 


0.55 


N 


2.15 


4.40 





4.26 


N 


1.71 


NO 


1.39 


NO 


2.76 


3.19 


E 


5.41 


SE 


3.19 


SE 


0.92 


SE 


2.11 


2.87 


N 


4.72 


E 


1.71 


E 


1.53 


E 


2.05 


3.01 


NE 


1.99 


E 


1.57 


E 


1.02 


E 


1.66 


2.18 





3.43 


S 


3.15 


S 


2.18 


S 


2.16 


2.13 


S 


2.08 


SE 


2.25 


E 


1.90 


E 


1.40 


2.68 


E 


3.19 


SE 


1.34 


SE 


1.44 


SE 


1.72 


2.18 


SE 


2.04 


SE 


0.74 


SE 


0.18 


SE 


1.41 


1.77 


SE 


2.27 


SE 


0.69 


S 


1.67 


S 


1.24 


2.87 


E 


2.59 


E 


1.53 


N 


3.56 


NO 


2.07 


5.00 


NO 


3.75 


NO 


2.45 


NO 


0.55 


NO 


3.82 


2.50 


E 


2.55 


E 


1.34 


E 


0.91 


E 


1.45 


1.85 


E 


1.90 


E 


1.11 


E 


0.79 


E 


1.35 


2.73 


E 


2.68 


E 


2.41 


E 


2.82 


E 


1.99 


4.82 


NE 


4.31 


E 


4.49 


N 


3.99 


N 


3.03 


2.41 


.0 


3.05 


S 


1.25 


E 


0.32 


E 


3.83 


8.15 


N 


6.71 


NO • 


7.54 


NO 


6.48 


NO 


5.24 


3.01 


N 


2.68 


E 


1.90 


E 


0.83 


E 


2.76 


2.22 


E 


4.68 


N 


4.21 


NO 


3.33 


NO 


2.60 


4.81 


NO 


6.01 


NO 


4.26 


NO 


1.81 


NE 


3.02 


2.15 





3.01 


NO 


3.61 





3.52 


NO 


2.37 


5.74 


NO 


6.62 


NO 


5.14 


NO 


1.94 


NO 


4.45 


0.43 





6.29 


NO 


5.00 


NO 


6.97 


NO 


4.94 


i-91 


NO 


4.95 


NO 


1.94 


N 


0.65 


NO 


4.34 


3.05 


E 


3.15 


NE 


2.78 


E 


6.39 


NO 


2.53 


5.28 


NO 


5.55 





4.49 





5.23 


NO 


5.85 


3.75 




4.01 




2.87 




2.43 




2.88 



m 



MAI 1871. 



Vitesse moyenne i 



1 ' 

DATES 


- 










PAR SECONDE ET P\ 


22h40' àlh40' 


1 h 40' i 


• 
Si 4h 40' 


4h 40' à 7 h 40' 


7h40'àlOH 




m 




m 




m 




m 




1 


4.35 


NO 


352 


NO 


3.38 


E 


3.19 


Nu 


2 


0.09 


NE 


0.69 


NE 


0.97 


E 


1.85 


F 


3 


0.87 


NE 


0.46 


NE 


1.06 


E 


1.39 


r 


4 


1.25 


NO 


0.88 


NE 


1 53 


N 


2.78 


*•< 


5 


1.20 


NO 


1.16 


NO 


1.76 


NO 


3.70 


N" 


6 


1.30 


NO 


0.88 


SE 


0.79 


NE 


1.44 


F 


m 

i 


0.93 


SO 


1.30 


SO 


0.69 


NE 


2.50 


M. 


8 


0.29 


E 


0.88 


E 


0.88 


E 


2.92 


h 


9 


0.09 


E 


o;83 


E 


1.11 


E 


1.99 


i 


10 


1.20 


N 


1.39 


N 


0.65 


NE 


1.07 


i 


11 


0.55 


E 


0.83 


E 


0.55 


E 


2.22 


i 


12 


0.46 


E 


0.55 


E 


1.30 


E 


1.34 


i 


13 


0.69 


NE 


1.52 


NE 


1.06 


E 


1.48 


E 


i H 


3.52 


S 


1 . 58 


S 


2.22 


S 


1.57 


s 


15 


1.53 


NO 


2.87 


NO 


4.21 


NO 


4.31 


\) 


10 


1.76 





1.53 





0.88 





1.99 


II 


17 


2.04 





2.73 





1.95 





3.24 


N'» 


18 


4,07 


NO 


4.21 


NO 


4.21 


NO 


5.37 


V- 


19 


2 41 





2.36 


NO 


2.96 


NO 


4.35 


N(» 


20 


2.41 





0.97 


N 


1.71 


NO 


1.18 


Ni' 


21 


2.04 





1.67 





> 1.20 


S 


1.48 


N 


22 


1.44 


SO 


1.41 


SO 


1.67 


E 


3.19 


F 


23 


0.93 


NE 


0.88 


NE 


1.25 


E 


2.32 


F 


24 


0.55 


NE 


0.23 


NE 


0.97 


E 


3.05 


h 


25 


3.33 


SE 


1.90 


SE 


1.58 


E 


4.72 


l 


26 


0.78 


SE 


0.88 


SE 


1.02 


SE 


2.87 


S F.' 


27 


1.48 


S E 


1.67 


SE 


2.78 


NO 


3.70 


No 


28 


60 


NO 


0.65 


NO 


83 


NO 


1.81 


>»' 


29 


0.87 


NO 


0.69 


NO 


97 


NO 


2.13 


N' 


30 


0.74 


NE 


0.59 


NE 


0.64 


E 


1.90 


F 


! 31 
! Moyen. 


0.51 


SE 


1.06 


SE 


0.32 


E 


0.92 


l 


1.45 




1.38 




1.52 




2.5-1 


i 



225 



iraction du vent. 



MAI 1871 



^^p^ 



ÉRIODES DE TROIS HEURES. 



Oh 40' à 13 h 40' 



m 

2.27 
1.94 
2.27 
1.69 
3.70 

2.36 
1.81 
3.24 
3.05 
1.48 

2.87 
1.62 
3.66 
2.0i 
5.00 

1 . 48 
4.68 
6.20 
3.94 
2.73 

2.78 
4.03 
2.82 
5.74 
5.74 

3.90 
3.56 
2.45 
4.21 
2.32 
1.81 



3.14 



N 

E 

E 
NO 
NO 

E 

NE 
E 
E 
E 

E 
E 
E 
E 
O 

N 

NO 

NO 

NO 

E 

E 
E 
E 
E 
E 

SE 
NO 
NO 
SE 
E 
E 



13h40'àl6h40' 



m 

2.45 
1.85 
2.50 
2.04 
3.89 

1.99 
2.04 
2.54 
1.95 
1.39 

1.76 
1.99 
3.98 
1.06 
3.89 

2.64 
5.28 
6.48 
3.47 
2.90 

3.42 
4.08 
1.95 
7.03 



NO 

E 
E 
E 

' N 

E 

NE 

E 
E 
E 

E 
E 
E 
E 
NO 

E 

NO 
NO 
NO 

E 

E 

SE 
E 
E 



16h40'H9h40' 



4.68 


SE 


4.07 


E 


1.58 


NO 


1.48 


NO 


3.80 


E 


2.27 


E 


1.80 


E 


2.98 





m 

2.50 
0.97 
1.48 
1.43 

2.87 

1.81 
0.97 
0.92 
0.83 
1.67 

1.85 
1.06 
2.36 
1.90 
2.13 

2.32 
4.77 
4.86 
3.94 
2.41 

1.30 
2.82 
1.11 
7.36 
3.10 

1.34 
1.85 
1.67 
2.36 
0.92 
1.16 



2.19 



NO 

E 
E 
E 

N 

E 

NE 
E 
E 
E 

E 
E 
S 
E 
NO 

E 

NO 
NO 
NO 

S 

E 

SE 
E 
E 

S 

E 

NO 

NO 

E 

E 

O 



19h40'à*fh40' 



m 

1.53 
0.46 
1.4i 
1.85 
2.45 

0.83 
0.37 
0.65 
0.74 
0.74 

0.97 
0.83 
2.59 
0.83 

2.22 

1.85 
4.54 
3.01 
3.47 
2.31 

1.76 
1.53 
0.74 
5.69 
0.83 

1.11 
0.83 
1.67 
1.30 
0.27 
1.02 



1.63 



NO 
E 
E 

N 
NO 

E 

NE 
E 

E 
E 

E 
E 
S 
N 
NO 

E 
NO 
NO 

O 



E 
E 
E 
E 
SE 

E 

NO 

NO 

E 

E 

O 



Par 

seconde 

et par 

jour. 

m 

2.90 
1.10 
1.43 
1.68 
2.59 

1.42 
1.33 
1.54 
1.40 
1.27- 

1.45 
1.14 
2.17 
1.84 
3.28 

1.81 
3.65 
4.80 
3.36 
2.11 

1.96 
2.52 
1.50 
3.83 
3.23 

2.00 
2.18 
1.39 
2.04 
1.21 
1.07 



2.10 






15 



K - 



m 



JUIN 1871. 










Yifctue moyenne e 


DATES 












1 
PAR SECONDE ET P.\l 


«h 40' 


àlh40' 


lh40' 


à4h40' 

<* 


• 
4h40' i 


h7h40' 


7h40'à1oU 




m 




m 




m 




m 




1 


0.46 


SO 


0.65 


SO 


0.92 


NO 


2.08 


N 


2 


1.30 


SE 


0.37 


SE 


0.92 


NE 


1.76 


XL 


3 


3.70 


NO 


5.18 


NO 


10.19 


NO 


10.56 


X" 


4 


4.91 


NO 


4.63 


NO 


5.14 


NO 


7.27 


N" 


5 


4.45 


NO 


3.79 


NO 


5.41 


NO 


6.06 


Xu 


6 


3.98 


NO 


3.89 


NO 


4.77 


NO 


5.92 


Ni. 


7 


4.77 


NO 


4.63 


NO 


5.05 





4.07 


M 


8 


3.47 


NO 


3.15 


NO 


3.80 





7.36 


Mi 


9 


1.76 


NO 


1.95 


NO 


3.47 


NO 


4.45 


XU 


10 


1.53 





1.57 





3.93 


NO 


5.41 


xn 


li 


1.11 


SO 


1.30 


SO 


1.30 


SO 


1.48 


SO 


12 


0.74 


E 


0.74 


E 


1.02 


E 


2.36 


N 


13 


2.82 


NO 


1.85 


N 


2.55 





2.08 


XO 


14 


1.16 


•N 


1.67 


N 


0.92 


NO 


1.02 


N 


15 


2,08 


E 


1.39 


E 


1.53 


N 


2.59 


NE 


16 


1.71 


N 


1.94 


SE 


2.27 


E 


3.91 


S 


17 


4.63 


SE 


4.44 


SE 


1.67 


S 


3.98 


SE 


18 


1.30 


NO 


1.39 


NO 


1.25 


NO 


2.55 


XE 


19 


1.85 


NO 


3.24 


NO 


5.23 


NO 


5.92 


Xn 


20 


0.79 


N 


0.37 


N 


1.25 


NO 


3.84 





21 


5.09 


NO 


4.40 


NO 


7.17 


NO 


8.2i 


Xn 


22 


4.03 


NO