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BTULLETIINT 



DE LA COMMISSION 




DE LA MAYENNE 



CRÉÉE PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DU 17 JANVIER 1878. 



DEUXIEME SÉRIE 
TOME SIXIÈME 

1893 




LAVAL 

IMPRIMERIE DE L. MOREAU 
1893 



Trimes'iue de 1893. 



17 



SOMMAIRE • 

Liste des Membres Titulaires et Correspondants, etc. 7, 8, 11 
Histoire de l'Imprimerie à Laval, jusqu'en 1789, par M. l'abbé 

A. Angot * "1^ 

Recherches sur divers titulaires de magistratures, charges 
et offices de la ville et du comté de Laval, par M. Louis 

DE LA Beauluère (Suite) 57 

Notice sur les Seigneurs de Vautorte, par M. l'abbé Gh. 

Pointeau (Fin). 93 

Sigillographie des Seigneurs de Graon, par MM. A. Ber- 
trand de Broussillon et Paul de F arc y f/Smï^J. . . . 118 

Procès-verbal de la séance du 8 juillet 1892 154 

Nécrologie 156 

Bibliographie : L'abhaye de Fontaiyie-Bamel ; sa fondation 
et ses derniers jour s^ par Edmond Leblanc; — La mai- 
son de la Reine Bérengère au Mans, par M. Robert 
Triger ; — Lettres intimes de Monseigneur Cohon, évè- 
que de Nîmes, publiées par M. Prosper Falgairolle ; — 
Un Moine au XIX^ siècle. Dom Paul Piolin, 0. S. B. 
{Î817-IS92), par Joseph Denais ; — Tableaux généalo- 
giques, notices et documents inédits sur plusieurs famil- 
les de Vitré et paroisses environnantes, par J.-G. Frain 
de la Gaulairie; — Le Doigt de la morte, par M. l'abbé 
A. Ledru ; — Etudes pour servir à l'histoire et à Vin- 
terprétation des noms de lieuœ, par L. Ricouart ; — 
Ecrits inédits de Saint-Simon, par P. Faugère ; tomes 
VII et VIII, publiés par le V*^ S. Menjot d'Elbenne. . 157 

Gravures : 

1 à 7. Frontispices d'anciens ouvrages imprimés à Laval. 21,23 

25, 31, 33, 47,55 

8. Sceau de Guillaume I, 1345 et 1357 124 

9.-10. Sceau et contre-sceau des causes de Morannes, 1361. 124 

11. Sceau des causes de la vicomte de Ghâteaudun, 1387-1389. 125 

12. Sceau de Marguerite de Flandre. ....... 125 

13. Signet de Patrj de Sourches, seigneur de Malicorne, 

1347 130 

14. Sceau de Guy de Graon, 1389. ........ 131 

15. Sceau de Renaud de Maulevrier, 1379 lo3 

16. Sceau de Hervé de Mauny, 1388. ....... 134 

17. Blason de Mauny, voûte de la Ghapelle-Saint-Rémy. . 135 



COMMISSION 
HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE 

DE LA MAYENNE 



BXJLL,ETI]Sr 



DE LA COMMISSION 





DE LA MAYENNE 



CRÉÉE PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DU 17 JANVIER 1878. 



DEUXIEME SERIE 

TOME SIXIÈME 

1893 




LAVAL 

IMPRIMER!!: Di; I . MOREAU 



1893 



MEMBRES DE LA COMMISSION 



Membres Titulaires MM. 

ANGOT (l'abbé), à Louverné (Mayenne) ; 

Tancrède ABRAHAM Q I. P., conservateur du musée de 
Château-Gontier, correspondant du Ministère des Beaux- 
Arts, Château-Gontier et Paris, 15, rue Vignon; 

C*« DE BEAUCHESNE, au château de Torcé, par Ambrières 
et à Paris, 6, rue Boccador ; 

Henri de LA BROISE ►î<, membre de plusieurs Sociétés 
savantes, à Laval, et Paris, 26, Avenue de Wagram ; 

CHEDEAU, Président de la Société d'Archéologie, Sciences, 
Arts et Belles-Lettres de la Mayenne, à Mayenne ; 

COUANIER DE LAUNAY (l'abbé), chanoine de Laval, rue 
Marmoreau, à Laval ; 

De FARCY (Paul), Inspecteur de la Société française d'Ar- 
chéologie pour le département de la Mayenne, à Château- 
Gontier ; 

FLOUCAUD DE FOURCROY O. ^, ingénieur en chefdes 
ponts-et-chaussées, à Laval, Vice-Président de la Commis- 
sion d'architecture ; 

GARNIER (Louis), architecte, inspecteur des édifices diocé- 
sains, à Laval, membre de la Commission d'architecture ; 

HAWKE, ancien architecte du département, membre de la 
Commission d'architecture ; 

LEBLANC, avocat, ancien député, conseiller général, à 
Mayenne ; 

LECOMTE j^, ingénieur des ponts et chaussées, à Laval, 
membre de la Commission d'architecture ; 

LEMONNIER DE LORIÈRE, conseiller général, à Epineux- 
la-Séguin ; 

O'MADDEN, propriétaire, à Château-Gontier; 

De MARTONNE, ancien élève de l'École des Chartes, archi- 
viste de la Mayenne ; 



- 8 — 

MOREAU (Emile) Q , membre de plusieurs Sociétés savantes, 
à Laval ; 

PERROT (Ernest) Q, propriétaire, membre de plusieurs 
Sociétés savantes, à Laval ; 

L'abbé POINTEAU, aumônier de l'Hospice, a Craon; 

RICHARD O, archiviste-paléographe, correspondant du Mi- 
nistère des Beaux-Arts, 1, rue Saint-Mathurin, à Laval ; 

D' SOUCHU-SERVINIÈRE O, membre de plusieurs So- 
ciétés savantes, à Laval. 

COMPOSITION DU BUREAU 



Président, M. Floucaud de Fourcroy Ô. ^ ; 

M. l'abbé Couanier de Launay 

M. E. Perrot Q ; 
Secrétaire général^ M. E. Moreau Q ; 
Secrétaire- Archiviste, M. de Martonne. 



Vice-Présidents, \ 



Membres Correspondants, MM. 

Achon (Ch. d'), au château de la Roche de Gennes (Maine-et- 
Loire) ; 

Anis (l'abbé), vicaire à Andouillé ; 

Appert (Jules), à Fiers (Orne) ; 

Argentré (marquis d'), à Saint-Julien-du-Terroux ; 

Barbe, ancien membre titulaire, conservateur du camp de 
Jublains, juge de paix à Conlie (Sarthe) ; 

Beauchamps ^baron de), rue Duplessis, 62 bis, Versailles ; 

De Beauchesne (le marquis), au château de Lassay (Mayenne) ; 

Bertrand de Broussillon O, archiviste-paléographe, ancien 
vice-président de la Société historique et archéologique 
du Maine, au Mans, 15, rue de Tascher, et à Paris, 126, 
rue du Bac ; 

Bouillerie (baron de la), au château de la Bouillerie, par La 
Flèche (Sarthe) ; 

Du Brossay, directeur de l'enregistrement, au Puy ; 

Chappée, place Saint-Pavin, Le Mans ; 

Chardon (Henri), rue de Flore, au Mans ; 

Chemin ^, ancien membre titulaire, ingénieur en chef des 
ponts et chaussées, à Paris ; 



— 9 — 

Chomereau q, ancien professeur de dessin, à Laval ; 
Chon ^, Q I. P,, à Lille, rue du Palais de Justice ; 
Contades (comte Gérard de), au château de Saint-Maurice, 

par La Ferté-Macé (Orne) ; 
Coquart ^, Q, ai^cien architecte diocésain de Laval, à Paris, 

rue de Boulainvilliers, 42, (Passy) ; 
Cornée Q, ancien membre titulaire, à Lille, rue Solférino, 316. 
Darcy ^, architecte de la Commission des Monuments histo 

riques, à Paris, rue de Bruxelles, 2 ; 
Delaunay, procureur de la République à Pont-l'Evêque ; 
Delaunay (Léon), avocat, juge suppléant, à Mayenne ; 
Dulong de Rosnay (l'abbé), ancien vicaire général de Laval, 

ancien membre titulaire de la Commission, à Morlaix ; 
Durget, rue de Bootz, 22, Laval ; 

Duval Q, archiviste du département de l'Orne, à Alençon ; 
Elbenne (le vicomte Menjot d'), au château de Couléon. par 

Tuffé (Sarthe) ; ^ 

Farcy (Louis de), à Angers ; 
Faucon, avocat, rue Chanzy, au Mans, et à Saint-Denis-de- 

Gastines ; 
Fleury (Gabriel), imprimeur, à Mamers ; 
Frain de la Gaulairie, à Vitré ; 
Gadbin, à Château-Gontier ; 

Gillard (l'abbé), curé de Saint-Fraimbault-de-Lassay ; 
Graindorge, secrétaire de mairie, à Couesmes (Mayenne) ; 
Grosse-Duperon, juge de paix, à Mayenne ; 
D'Hauterive Q, chef de bataillon au 161®, à Reims ; 
Hétier e^, ancien membre titulaire, ingénieur en chef des 

ponts et chaussées, à Paris ; 
A. Kuntz ^, sous-intendant militaire, à Belfort ; 
De la Beauluère (Louis), au château de la Drujoterie, à En- 

trammes ; 
La Chesnais (Maurice), O. ^, ancien chef de bureau au 

ministère de la guerre, à l'Huisserie, et à Paris, rue de 

Yaugirard, 51. 
Laigneau, curé de Bourg-Philippe, par Chemazé (Mayenne) ; 
Lair, rue Croix-des-Petits-Champs, 11, Paris. 
De Laurière, inspecteur général de la Société française d'ar- 
chéologie, à Paris, 7, rue d'Aguesseau; 
Lebreton q L P., Proviseur du Lycée, à Laval ; 



— 10 - 

Le Coq (Frédéric), à Ernée. 

Ledru (l'abbé), Le Mans, place du Château, 4. 

Le Mercier, ancien juge de paix d'Ambrières ; 

Letourneurs (Henri), avocat, à Laval; 

Liger (F.), au château de Courmenant, par Sillé-le-Guillaume ; 

Maillard, curé de Gennes,'par Château-Gontier (Mayenne); 

Maître Q L P., archiviste, à Nantes; 

Margerie, maire de Niort (Mayenne) ; 

Mercier (l'abbé), curé de Bierné (Mayenne) ; 

Montagu, instituteur, à Hardanges (Mayenne) ; 

Morin (A.), rue de Bretagne, 39, Laval ; 

Morin, architecte, à Vitré ; 

Morisset, docteur-médecin, à Mayenne ; ■ 

Moulard, à Soulgé-le-Ganelon (Sarthe) ; 

Œhlert Q , conservateur de la bibliothèque de Laval ; 

Palustre, ancien directeur de la Société française d'Archéo- 
logie, à Tours, rampe de la Tranchée, 61 ; 

Pâris-Jallobert (l'abbé), recteur de Balazé (Ille-et- Vilaine) ; 

Pichon (l'abbé), chanoine titulaire du Mans ; 

Planté, notaire à Ballots (Mayenne) ; 

Ponthault (André), à Mayenne ; 

Port, professeur au collège de Saint-Nazaire ; 

Queruau-Lamerie, à Angers, rue des Arènes, 6bis ; 

Raulin, avocat, à Mayenne ; 

Ricouart, rue de l'Arsenal, 14, Arras ; 

Salles, professeur agrégé au lycée de Caen, 8, rue de l'Odon, 
à Caen ; 

Sauvage o I. P., ancien juge de paix du canton de Coup- 
train, à Paris-Neuilly, Boulevard Bineau, 53 ; 

Sentilhes, ingénieur des ponts et chaussées, ancien membre 
titulaire, à Bordeaux ; 

Sicotière (de la), sénateur, à Alençon ; 

Simonet, conducteur faisant fonctions d'ingénieur des ponts 
et chaussées, à Château-Gontier ; 

Sinoir (Emile), professeur agrégé au lycée de Laval ; 

Thébaudière (Ambroise Gougeon de la), rue aux Foulons, 
Rennes, et le Bois-Jarry, par Vitré ; 

Tirard, à Ernée ; 

Tranchant, rue Barbet de Jouy, 28, Paris. 



- il — 

Trévédy, ancien président du tribunal civil de Quimper, 
vice-président de la Société archéologique du Finistère, 
à Saint-Brieuc ; 

Triger (Robert), vice-président de la Société du Maine, au 
Mans. 



LISTE DES MEMBRES DECEDES 
DEPUIS LA CRÉATION DE LA COMMISSION 

Membres tieulaires, MM. 

1882 CUILLER (l'abbé), chancelier de l'évêché de Laval; 

1883 MARCHAL j^, ancien ingénieur en chef du départe- 

ment, ancien maire de Laval ; 

— LE FIZELIER, secrétaire-général de la Commission ; 
1891 JOUBERT (André), à Angers. 

Membres correspondants, MM. 

1881 Legras ^, ingénieur en chef des travaux maritimes à 

Lorient, ancien membre titulaire ; 
1883 Prévost, O. :^, général du génie en retraite; 

1886 Ravault, notaire, à Mayenne ; 

— Savary, professeur d'histoire au lycée de Laval ; 

1887 Duchemin q , archiviste de la Sarthe, ancien membre 

titulaire ; 

— Charles (l'abbé Robert), vice-président de la Société 

du Maine, au Mans ; 

— Bonneserre de Saint-Denis, à Angers ; 

1888 Almire Bernard, à Saint-Pierre-sur-Orthe ; 

— Chaplain-Duparc, à Paris ; 

1889 De Courtilloles, château de Courtilloles, près d'A- 

lençon ; 

1890 Trouillard, avocat, à Mayenne ; 

1891 De Montozon (S.), à Château-Gontier. 

1892 Abbé Foucault, à Saint-Fraimbault-de-Lassay ; 

— Dom Paul Piolin, à Solesmes. 



HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE 

A LAVAL 

jusqu'en 1789. 



Ce serait une œuvre laborieuse et de longue haleine 
d'écrire Thistoire de l'imprimerie dans des villes pourvues 
d'universités ou de collèges florissants comme Angers, 
Rennes, le Mans, la Flèche. Là, en effet l'art de l'im- 
primeur dut s'exercer de bonne heure et multiplier ses 
productions; il n'en fut pas de même à Laval. Et quand 
même nous connaîtrions dans tous ses détails ce qui 
concerne l'imprimerie et les imprimeurs lavallois, nous 
ne ferions jamais du tout un ouvrage bien important. 
A peine voyons-nous d'une manière certaine les pres- 
ses fonctionner à Laval avant le milieu du XVIP siècle. 
Pourtant dans quelque condition qu'il y ait été exercé, 
cet art, autant que l'industrie qui a fait la fortune de 
notre pays, doit avoir sa place dans notre histoire lo- 
cale, et malgré la modestie de prétentions qui s'impose 
à un chroniqueur mayennais en cette matière où nous 
ne sommes pas riches, nous n'en n'aurons pas moins la 
confiance d'avoir écrit dans ces pages un chapitre d'his- 
toire générale sur un sujet goûté des curieux et qui 
mérite plus qu'une simple curiosité. 

La reproduction en fac-similé des titres des principaux 
ouvrages imprimés à Laval, qui accompagnera les no- 
tices et la description des volumes, dira de suite aux 

2 



- 14 - 

yeux d'où en était chez nous l'art de l'imprimerie, au 
XVIP et au XVIIP siècle. Ce luxe décoratif ne saurait 
d'ailleurs être jugé inutile, si l'on fait attention que 
toutes les publications de ces anciens imprimeurs ne 
sont plus représentées que par un ou deux exemplaires 
disséminés, connus d'un petit nombre d'amateurs et en 
danger de disparaître totalement. 

Dans ce travail où plusieurs nous ont aidé, la part de 
M. E. Queruau-Lamerie a été celle d'un collaborateur 
généreux. Nous devons beaucoup aussi aux recherches 
de M. J.-M. Richard dont nous ne pouvions mieux faire 
que de pubher le texte dans de longues citations * . 

M. le chanoine Guiller avait donné sur la famille 
Ambroise^, dans hq^ Recherches sur Changé, des rensei- 
gnements précieux, que nous avons utilisés, ainsi que 
le chapitre de M. de la Beauluère sur le sujet qui nous 
occupe 3. 

C'est sur la foi de ce dernier, dont l'affirmation est 
toujours une autorité sérieuse, que nous donnerons la pre- 
mière place dans la liste des imprimeurs lavallois à trois 
individus que nous ne connaissons pas autrement et 
dont aucune œuvre n'est venue jusqu'à nous. Probable- 
ment ils furent seulement libraires. 

I 

(( Guy Ma^rtin exerçait en notre ville l'état d'impri- 
meur libraire vers le milieu du XVP siècle. » Les deux 
suivants lui succédèrent. 

II 
Jean Berthet. Nous croyons qu'il faut le confondre 



1. Bulletin de la Commission historique et archéologique de 
la Mayenne, 2^ série, t. I, p. 265-268 et 335-339. 

2. Recherches sur Changé-Us- Laval, tome II, p. 314-318. 

3. Recherches sur les corporations d'arts et métiers, etc., p. 

76-77. ^ 



- 15 - 

avec Jean Berthet, libraire mais non imprimeur, qui était 
appelé, en 1687, comme époux de Sébastienne Ambroise, 
à la succession de Jean Ambroise et de Marie Péguineau. 

III 

HiEROME LeMONNIER. 

IV 

Le livret suivant, que nous plaçons ici à cause de sa 
date et sans rien préjuger sur son lieu d'origine, sou- 
lève une question et un petit problème pour l'histoire de 
l'imprimerie lavalloise. 

Traité | très-utile | de la dévotion | a la vierge 
MARIE, I auquel sont adjoustez plusieurs \ miracles de 
la Vierge Marie. \ Avec une marque de prédestina- 
tion^ I et le moyen de la pratiquer., \ recueilly par un 
Père de la compagnie \ de Jésus. \ 

Vignette : le chiffre de J.-G. dans une couronne d'é- 
pines. 

A Laval, | par George Griveau, | Imprimeur du 
Roy (et sur le 2^ titre) : A Laval, | par George Gri- 
veau, imprimeur \ et libraire^ près le collège des \ 
pères Jésuistes, 1619. 

Très petit in-12, de cinq feuillets non chiffrés pour la 
dédicace à madame la marquise de Varenne et une 
exhortation de saint Bernard, 344 pages de texte et sept 
feuillets non chiffrés pour l'approbation des docteurs et 
la table des matières ^ 

Si l'on s'en rapporte au premier titre, on croira d'a- 
près la mention très nette : A Laval, par George Gri- 
veau., imprimeur du Roi, que notre chef-lieu possédait 
dès 1619 un imprimeur en fonction. Le second titre : 



1. Cabinet de M. L, Garnier. — M. Seb. de la Bouillerie qui a 
fait une étude approfondie sur les imprimeurs fléchois, n'a jamais 
rencontré ce petit volume. 



— 46 — 

A Laval^ par George Griveau^ imprimeur et libraire^ 
près le collège des pères Jésuistes, 1619, fait naître des 
doutes, et nous porte à croire que cette indication est 
fausse et qu'au lieu de Laval il fallait lire La Flèche, 
d'autant plus que la dédicace est adressée à Madame la 
marquise de Varenne, qui alors était dame de la petite 
cité Angevine. Probablement G. Griveau avait à Laval 
un libraire correspondant pour lequel il imprimait des 
titres spéciaux. 

Une aimable communication de M. S. de la Bouillerie 
nous apprend que George Griveau est bien un impri- 
meur fléchois et qu'il succéda à Jacques Rezé son beau- 
père, que les Jésuites avaient appelé de Paris où il exer- 
çait, pour diriger leur imprimerie. L'atelier resta dans 
la famille, quoique sous différents noms, dans la même 
ville, jusqu'en 1816. 

Ces renseignements laissent toujours possible l'hypo- 
thèse d'une tentative d'établissement de George Gri- 
veau à Laval au commencement de l'année 1619, car 
c'est en cette année qu'il commença d'imprimer en son 
nom, et jamais, depuis, on ne retrouve sur ses titres ni 
la mention de Laval, ni l'indication près le collège des 
Pères Jésuistes. 



La famille Cormier, qui donna à notre ville les deux 
premiers imprimeurs dont nous connaissions quelques 
productions, était originaire du Mans et assez bien ap- 
parentée, puisque nous voyons parmi ses membres des 
prêtres, un écuyer, des notaires. 

Amrroise Cormier vint s'établir à Laval comme im- 
primeur un peu avant 1633. Il y était appelé par maître 
Robert Le Bret, son parent et probablement son oncle, 
qui desservait depuis dix ans la cure de Nuillé-sur-Vi- 



- 17 ~ 

coin*. Aussi quand le jeune homme se maria avec Anne 
Masson, comme lui paroissienne de la Trinité, voulut-il 
que son union fût bénite à Nuillé par un parent qui le 
protégeait. La cérémonie eut lieu le 20 juin 1633^. 

A cette époque, le centre du commerce était sur la 
place du Palais, la seule qui existât à Laval, dans le 
voisinage des halles. C'est là qu'Ambroise Cormier ou- 
vrit son atelier « dans des boutiques estans en appentis 
contre la maison du Petit-Montjean. » Cette maison du 
Petit-Montjean et la Chambre des Comptes qui y atte- 
nait, appartenaient à Guillaume Duparc, qui les avait 
acquises par licitation. Il en avait revendu une partie à 
Gilles Lelong, sieur de la Troussière, qui y faisait sa 
demeure et cédé les boutiques au nouvel imprimeur 3. 

Ambroise Cormier se trouvait à l'étroit dans un ap- 
pentis sans profondeur, plaqué contre une haute maison ; 



1. Un accord passé le 26 septembre 1634 devant M^s Marin 
Pingault et Pierre Lenieignan, notaires au Mans, au sujet de la 
succession de Catherine Cormier, veuve de Michel Launay, nous 
apprend que « Ambroys Cormier, marchand imprimeur demeu- 
rant à Laval, » avait pour cohéritiers : François Cormier, notaire 
à Courcemont ; — Madelon Rabynard. archer des tardes de sa 
Majesté, à Changé : — Jeanne Rabynard, veuve de Guillaume 
Housseau. notaire ; — Léonard Desmezerettes, notaire, époux de 
Radegonde Rabynard, demeurant au Mans ; — Michel Guybert, 
marchand, époux de Françoise Rabynard ; — Demoiselle Claude 
La Brette, veuve de Thibault Rabynard, écuyer, sieur de Vil- 
nays ; — enfin, Jean Cormier, marchand libraire, demeurant à la 
Flèche (Cabinet de M. l'abbé Esnault). — Pour préciser davan- 
tage le lien de parenté qui unissait Ambroise Cormier au curé de 
Nuillé et à Claude la Brette, sus nommée, j'ajouterai que c'est 
cette dernière qui agissait dans l'acte précédent au nom du nou- 
vel imprimeur, et que maître Robert Le Bret résidait, en 1650, 
à Changé-lès-Le Mans, chez Robert Rabynard, sieur de Vilnays 
(Insinuât, ecclés., XXVII, 130). 

2. « Le vingtiesme de juin, an susdit (1633), M® Ambroise Cor- 
mier, imprimeur à Laval, et Anne Masson, aussi demeurant audit 
Laval, en présence de ses père et mère, ont espousé à Nuillé par 
moy curé dudit lieu, veu le certificat de la paroisse de la Trinité 
de Laval, signé Gigondeau, l'un des curés de la paroisse. » (Reg. 
par. de Nuillé-sur-Vicoin). 

3. Collection personnelle. 



- 18 - 

il étouffait sous un toit bas, sans air et sans lumière; il 
aurait voulu une habitation plus confortable que ces 
malheureuses boutiques où il ne pouvait pas même faire 
du feu. Aussi son projet était en 1644, « suivant la per- 
mission qu'il avoit de Monseigneur..., défaire hausser 
les bouticques en apentiz comme elles sont et porter le 
feste d'icelles jusques à demy pied proche et au-des- 
sous des grilles des fenestres de la maison dite la Cour 
des Comptes ; et faire bastir et construire un pavillon, 
ou autre chose pour sa commodité, sur le portai et prin- 
cipale entrée de la dite maison, pour raison de quoy il 
est obligé de payer rentes à la recepte de la châtellenie 
de Laval... » 

Il aurait voulu également prolonger ses appentis au- 
delà des limites assignées aux premiers concession- 
naires. 

Mais maître Guillaume Duparc, son vendeur, qui 
possédait à titre d'engagement la maison principale dite 
du Petit-Montjean ou de la Cour des Comptes, n'enten- 
dait pas souffrir ses empiétements et l'humble libraire- 
imprimeur fut obligé de plier devant ce personnage qui, 
pour le moment, comme greffier du siège ordinaire de 
Laval et acquéreur d'une bonne partie des terres du 
marquis de Villaines, mis en déconfiture, jouissait d'une 
puissante influence. Ambroise Cormier dut se contenter 
de l'exemption de la faible redevance qu'il payait an- 
nuellement au comte de Laval. Il ne se résigna pas tou- 
tefois sans résistance, car même après l'accord du 5 fé- 
vrier 1644, il reçut encore une assignation de M^ Guil- 
laume Duparc, de laquelle il semble résulter qu'il n'avait 
pas interrompu ses travaux d'agrandissement *. 

Ambroise Cormier dut, comme imprimeur, se borner 
à de menus travaux comprenant les impressions admi- 

1. Titres de la maison de M. Roger, pharmacien. 



-- 19 — 

nistratives, alors fort minces, les billets de logement 
pour les troupes de passage, les citations aux assises 
seigneuriales, quelques placards, etc. Ce sont là du 
moins les seules pièces qui semblent avoir été impri- 
mées à Laval de son temps. Nous ne pouvons lui attri- 
buer authentiquement que la plaquette suivante qui 
sorte un peu de ce genre ; encore ne la connaissons-nous 
que par une citation et non pour l'avoir rencontrée en 
original: 

Prières ordonnées pour gagner le jubilé octroyé 
par N. S. P. le Pape Innocent X par Monseigneur 
VEvêque du Mans. Imprimé à Laval par Ambroise 
Cormier^ imprimeur du roy., 16^5 *. 

VI 

Dès l'année 1651, Ambroise Cormier avait pour suc- 
cesseur Robert Cormier, son fils suivant toute probabi- 
lité. Nous le supposons aussi filleul de Robert Le Bret, 
curé de Nuillé-sur-Vicoin. Celui-ci aura voulu donner 
son nom au fds de celui dont il avait béni le mariage. 

Robert Cormier prit pour marque typographique un 
cormier^ avec cette légende : S or bus utilis inter arbo- 
res. .Nous avons de lui : 

La Règle | et statuts des | religieuses de Sainte 



1. Archives départementales, B 1051. Ordonnance du juge de 
police de Laval du 6 juillet 1745. Cette pièce est extrêmement im- 
portante pour l'histoire de l'imprimerie à Laval, puisqu'elle nous 
donne le titre de huit brochures imprimées à l'occasion des jubi- 
lés et que nous ne connaîtrions pas autrement. Ces publications 
de circonstance sont très rares à rencontrer. Je ne sache pas 
qu'aucun exemplaire sorti des presses lavalloises ait survécu. A 
leur défaut voici avec sa disposition typographique le titre de ce- 
lui qui fut imprimé au Mans, vers 1700. Prières | ordonnées | 
PAR monseigneur | l'evesque I DU MANS. | A faire aux églises où 
sont I les stations du Jubilé. | Au Mans, chez A. Ysamhart, im- 
primeur I de monseigneur l'Evéque, avec privilège du Roy. \ La 
date est enlevée mais la vignette aux armes de Monseigneur 
Louis de Lavergne de Montenard de Tressan indique que l'opus- 
cule fut imprimé pour l'un des jubilés de 1677, 1690 ou 1703. 



— 20 — 

I Glaire, avec la modification ou \ exposition \ des 
Papes Eugène \ quatrième et Léon dixième sur \ icelle^ 
pour l'usage des dames \ religieuses de Patience de 
Laval. A Laval, \ par Robert Cormier., imprimeur dijc 
roy et de Mgr le duc de la Trémoïlle \ M. D. C. Ll. 
Avec permission. 

La vignette représente Sainte Claire portant l'osten- 
soir ; aux angles les mots sancta clara ora pro nobis. 
Le titre et toutes les pages sont encadrés de filets. Le 
volume contient 68 p. in-4"^ (Planche I). 

RÈGLEMENT POUR LE FAICT DE LA JUSTICE ET EXPE- 
DITION DES ARRÊTS DE LA JURIDICTION ORDINAIRE DE 

Laval, tant de ce qui estoit ci-devant observé que de 
ce qui a esté adj oust é par le règlement [Laval^ Robert 
Cormier., 1652], Brochure in-lS^. 

C'est sans doute sur cette brochure que M. L. de la 
Beauluère aura vu la marque typographique de Robert 
Cormier : Un cormier avec ces mots : S or bus utilis 
inter arbores. 

VII 

Moins heureux dans nos recherches sur les Ambroise 
que nous ne l'avons été pour la famille Cormier, nous 
ne saurions dire avec certitude d'où ils sont originaires. 
Toutefois, comme Jean Ambroise, le premier du nom qui 
ait exercé son état à Laval, habitait au Mans, dans la 
paroisse du Grand-Saint-Pierre, quand il épousa Marie 
Péguineau, paroissienne de Saint-Benoit et d'une famille 
d'imprimeurs manceaux, on doit supposer que, s'il n'est 
pas né au Mans, il y faisait du moins l'apprentissage 
ou le premier exercice de son métier. 

1. A la Bibliothèque municipale de Laval. — Ce volume est 

f)assé plusieurs fois, à ma connaissance, dans les catalogues de 
ivres d'occasion, ou de bibliothèques particulières. 

2. Cité par M. de la Beauluère : Recherches sur les Corpora- 
tions, p. 70. 



21 — 



PLANCHE 



LA REGLE 

ET STATVTS DES 

RELIGIEVSES DE SAINCTE 

Claire , avec la modification ou 
expofi tio n des Papes Eugèn e 
quatrième ^ &C Léon dixième fur 



icelle. 



POUR LVSAGE DES DAMES 



Rellgîtujks de Patience de Laval. 




LA V A l; 



EaMRO_B EJOL Ç_Q R M I E R I mprimeurjj : 
Roy, & Je M onfeigneur le Ducdc iaTrcmoilIe. 



M. PC. I>L Aytc permiffion. 



Réduction aux 3/5. 
ORIGINAL : dimensions 0,225 sur 0,172. 



Son mariage eut lieu le 9 janvier 1639 ^, et son instal- 
lation à Laval ne doit pas être de beaucoup antérieure à 
l'année 1658, époque où il y était certainement établi. 
Nous le voyons prendre, en 1674, le titre d'imprimeur 
du Roi et de monseigneur le duc de la Trémoille, dans 
un acte par lequel il acquiert, en communauté avec sa 
femme, la closerie du Petit-Cocher de Changé. Il était 
mort en 1677 et sa veuve lui survécut dix ans. 

Les enfants qu'ils laissaient et qui partagèrent leur 
succession en 1687 étaient : 

Sébastienne Ambroise, femme de Jean Berthet, mar- 
chand-libraire ; 

Jean Ambroise, marchand imprimeur ; 

Ambroise Ambroise, chirurgien ; 

Claude Ambroise, fdle majeure ; 

Michel Ambroise, qui, lui aussi, exerça le métier pa- 
ternel, puis devint religieux de Saint François et qui ve- 
nait de faire profession chez les Capucins, lors du par- 
tage de 1687. Sa part échut à ses deux sœurs Sébas- 
tienne et Claude -. 

Outre le Petit-Cocher, la closerie de la Gendrie ap- 
partenait dès lors aux cohéritiers. 

Nous connaissons deux ouvrages assez volumineux et 
plusieurs petites brochures sortis des presses du pre- 
mier des Ambroise : 

L'Interprète | de la nature | ou | la science phy- 
sique I tirée d'Aristote et de Saint \ Thomas et de l'Ex- 
périence I Divisée en huit livres^ \ par François sila- 
tan. I A Laval \ par Jean Ambroise, imprimeur du 
Roy^ et de \ Monseigneur le Duc de la Trémoille \ 
M. DC. LV. I avec privilège de Sa Majesté. (Planche II). 

1. L'acte original très laconique extrait des registres parois- 
siaux de Saint-Benoit, dont nous devons la communication à 
M. l'abbé Esnault porte : « Le dixseptiesme janvier (1639) Jehaïi 
Ambroise, du Grand-Saint-Pierre, a espousé Marie Péguineau, 
de Saint-Benoist ; présents : Louis Péguineau et Pierre Bache- 
lot. » 

2. L.-M.-F. Guiller, Recherches sur Changé, p. 314, 315. 



I 



23 ^ 

PLANCHE II. 



L INTERPRETE 

DE LA NATVRE> 

O V 

LA SCIENCE PHYSIQVE 

Tirée d'Ariftote, &: de Saint 
Thomas, &C de TExperience. 

DIVISEE EN HVIT LIVRES, 

Par FK^NCOIS SILATAN. 




A LAVAL, 

Par Iean AwBRoisti, Imprimeur du Roy, 5: dô 

Monfdgneur le Duc de laTrcinoille. 

M. DC LV. 



jiuec Prmle^e de Sa Majefté, 



Réduction aux 3/8. 
ORIGINAL (rogné) Dimension 0,184 sur 0,141. 



— 24 — 
In-4" de trois feuillets non paginés pour la dédicace 

à HAUT ET PUISSANT SEIGNEUR MESSIRE HUBERT DE 

CHAMPAGNE etc, et V avts au lecteur^ 499 pages, 
une page d'errata^ quatre feuillets de table et une page 
pour les approbations des deux docteurs. 

L'ouvrage est imprimé avec manchettes sur les mar- 
ges extérieures, des en-têtes, des lettrines, filets et cul- 
de-lampes ornementés. 

Il faut remarquer au point de vue bibliographique que 
l'imprimeur a dû tirer le titre du livre avec la première 
feuille et le dater de 1655, mais que l'ouvrage n'a été 
achevé d'imprimer qu'en 1656. Car Tune des deux ap- 
probations de docteurs est du 5 juillet de cette année ^ 

Le sanctoral | oîi sont contenus les offices j pro- 
près de plusieurs festes particulières^ \ saints et sain- 
tes ; tant du diocèse du Mans \ que de l'ordre de Saint 
Benoist^ selon la for \ me du Bréviaire romain ; dis- 
posé à l'usage \ des religieuses bénédictines du mo- 
nastère I de Sainte- S cholastique de la Ville de Laval, 

I et autres communautés de filles de mesme \ ordre et 
diocèse^ qui ont toujours conservé \ le dit bréviaire. \ 
Le tout pris et transcript du bréviaire bénédictin et de 

I celuy du diocèse du Mans ou de divers autres offi- 
ces I divins permis et receus par U Eglise. A Laval^ \ 
par Jean Ambroise., imprimeur ordi \ naire du Roy et 

de Monseigneur Le Duc \ de la Trémoïlle. M. DC. 
LX/F. 2 (Planche III). 

Edit du ROY I Portant pouvoir aux Communautéz \ 
de rentrer dans leurs usages., avec \ deffences de sai- 
sir les bestiaux. \ Donné à S .-Germain-en-Laye au 

1. Cabinet Garnier et collection personnelle. 

2. Bibliothèque de Vitré, et cabinet de M. E. Queruau-Lame- 
rie. 



— 25 - 



PLANCLE III. 



LE SANCTORAL 

OV SONT CONTENVS LES OFFICES 
propres de plufieurs Fefles Particulières , 
Saints, & Saintes : Tant du Diocefe du Mans , 
que de l'Ordre de Saint Bcnoift , félon la For- 
me du Bréviaire Romain i Difpofe' à rVfagc 
des Rcligieufes Benedidincs du Monaftcre 
de Sainte Scholaftique de la Ville de Laval, 
U autres Communautez de Filles du mefme 
Ordre, &c Diocefe , qui ont toufiours confervc 
ledit Bréviaire. 

Lt tout frïi O' tran[cript du Bréviaire *Bencdifîin , r^r de 

celuy du Diocefe du Mans^ ou de divers autres Offces 

Divim , Permis ^ receui par 1'B.gîiJe. 




A LAVAL 

Par lEAN AMBROI SE, Imprimeur ordi- 
naire du Roy, & deMonfeigneurLeDuc 
De La Tremoille. 



M. DC LXIV. 



Réduction aux 2/3. 
ORIGINAL : Dimensions 0,180 sur 0,134. 



— 26 — 

mois d'avril 1661 . \ Vérifié en Parlement le 20 dudit 
mois. I A Laval, par Jean Ambroise., imprimeur du 
Roy, et de Monseigneur \ Le duc de la Trémoïlle. 
M. DC. LXVIL 

Vignette représentant le double écusson de France et 
de Navarre, avec la couronne royale, les deux colliers 
d'ordres, et soutenu par deux génies. 

In-4°, 8 pages ^ 

Prières ordonnées par M. le grand vicaire de Mon- 
seigneur Vévesque du Mans pour gagner le Jubilé de 
Notre Saint Père le Pape Clément IX. Laval., Jean 
Ambroise, 1669^. 

Prières ordonnées par Monseigneur VEvêque du 
Mans, pour dire aux églises où sont les stations du 
Jubilé. — Laval, Jean Ambroise., 1611 ^. 

Pratiques | dévotes et | fort utiles a | l'honneur 
DE LA I très-sainte | VIERGE. | A V imitation de ses 
voyages aux Saints \ Lieux durant sa vie., et nommé- 
ment avant son bienheureux trépas. \ A Laval \ par 
Jean Ambroise, imprimeur du \ Roy et de Monsei- 
gneur le duc I de la Trémoïlle. 1611 . 

Très petit in-8, de 96 pages avec en-têtes, culs de 
lampes et lettrines^. 

Ce dernier opuscule est plus probablement une im- 
pression de Jean Ambroise, fils du précédent. 



1. Collection personnelle. 

2. Arch. dép., B 1051. 

3. Arch. dép., B 1051. 

4. Le seul exemplaire connu appartient à M. l'abbé Eudes, vi- 
caire à Saint- Vénerand de Laval.. 



i 



— 27 



VIIÏ 

L'acte de partage de 1687 entre les enfants de Jean 
Ambroise et de Marie Péguineau nous apprend que 
deux d'entre eux, Jean et Michel, avaient pris l'état de 
leur père et que l'un des gendres, Jean Berthet, faisait 
le commerce de la librairie ; toutefois dès la mort du 
chef de famille, par acte du 22 février 1677, Jean Am- 
broise avait acheté le fonds d'imprimerie, et c'est lui qui 
continua l'industrie parternelle. 11 versa pour prix de 
cette acquisition une somme de 600 livres, et s'engagea 
à faire à sa mère une rente viagère de 100 livres. Son 
frère Michel ayant quitté le monde pour prendre l'habit 
religieux des Capucins, Jean, deuxième du nom, fut seul 
à représenter la famille dans la profession qui a fait à 
Laval la réputation attachée au nom des Ambroise. 

Il avait épousé à Laval, vers 1671, Marie Fanouillais, 
d'une famille dont on rencontre souvent le nom dans les 
documents et les généalogies locales. Leur descendance 
fut nombreuse. Neuf enfants sont encore représentés 
dans un acte de 1722 concernant la succession de Marie 
Fanouillais, leur mère. Jean Ambroise vivait encore, 
mais il avait fait démission de ses biens en faveur de 
ses enfants dont plusieurs suivaient la carrière pater- 
nelle, tandis que d'autres avaient embrassé diverses vo- 
cations. C'étaient : 

1** Joseph Ambroise. marchand, époux de Jeanne Pi- 
vron ; 

2" Jacques Ambroise, marchand tanneur ; 

3"" Daniel Ambroise, marchand poislier, époux de 
Anne Lerouge ; 

4*^ Louis-François Ambroise, imprimeur; 

5° Jean Ambroise, imprimeur ; 

6" Julien Ambroise, imprimeur, était défunt, mais ré- 
présenté dans la succession par Françoise Roujou, sa 
veuve, qui agissait au nom de ses enfants, savoir : 



— 28 — 

Françoise Ambroise, épouse de Joseph Ghesnel, impri- 
meur ; — René Ambroise, clerc tonsuré ; — Marie ; 

7** Louise- Angélique, était morte laisssant un fils de 
Olivier Cailler, marchand tissier, qu'elle avait épousé 
en 1717. 

S'* Jeanne, qui épousa en 1727 Jean Gourcier ; 

9** Anne Ambroise ^ 

Avant d'énumérer les ouvrages et les opuscules im- 
primés par Jean Ambroise, nous rapporterons avec quel- 
ques détails une anecdote qui touche à l'histoire de 
l'imprimerie et qui nous permettra de jeter un regard 
quelque peu indiscret dans la maison du maître impri- 
meur. Les incidents un peu vivants sont trop rares pour 
que nous nous privions de raconter celui-ci. 

Au mois d'octobre 1690, le sieur Marc-Antoine Ro- 
ger, opérateur oculiste, demeurant à Paris, se trouvait 
en tournée à Laval et voulant faire imprimer « des re- 
ceptes de Torviétan qu'il vendoit, » il s'adressa à maître 
Ambroise. Il vit à cette occasion dans l'atelier une plan- 
che composée et quelques feuilles déjà tirées d'une bro- 
chure qui lui parut singulière. — C'est une drôlerie qui 
pourrait être vendue sur un théâtre, lui dit Ambroise avec 
l'intention évidente de proposer sa marchandise à son 
client quelque peu charlatan ; — Je ne m'occupe pas de ven- 
dre ces bagatelles, répondit le praticien avec dignité. Il 
prit toutefois pour lui un exemplaire de la première feuille 
du tirage, qui portait ce titre Sermon sur V excellence 
du vin. Il le lut et en fut scandalisé. Comme il avait 



1. Ces données généalogiques sont déduites de deux actes re- 
latifs à la succession et aux dettes de Jean Ambroise, qui se trou- 
vent dans la liasse B 325 des archives départementales, et d'ex- 
traits des anciens registres paroissiaux. Je ne suis pas absolu- 
ment sûr que ces renseignements soient complets. Une alliance 
entre Julien Ambroise et Julienne Hardy que je ne sais à qui rat- 
tacher, a donné : René, tonsuré en 1751, et Louis-Joseph qui 
épousa en 1764 Julienne Buchet. de Saint-Germain-d'Anxure. 
(Isinuat. eccles. et cabinet de M. L. Garnier). 



- âd - 

dans sa clientèle le fils du juge de police, le vendeur 
dorviétan ne manqua pas de lui parler du libelle, d'au- 
tant qu'il se plaignait amèrement du curé de la Trinité 
qui prêchait contre lui à son prône, et qui ferait bien 
mieux, ajoutait-il, de surveiller et dénoncer ses parois- 
siens. L'opérateur porta encore ses doléances contre 
Pierre Bureau, curé de la Trinité, à un père Jacobin, 
qu'il consulta pour savoir si en conscience son état 
était damnable. — Vous pouvez vous y sauver, répond 
le directeur. — Que M. le curé porte donc son zèle con- 
tre l'auteur de cette impiété, dit Marc- Antoine Roger, 
en présentant au religieux la feuille qu'il s'est procurée, 
et qui, prétendait-il, avait déjà été répandue dans le pu- 
blic. Le Jacobin dut répondre que M. Bureau n'épar- 
gnait pas plus ses paroissiens que les étrangers, car 
c'était la vérité, et qu'il s'attirait même par l'âpreté de 
son zèle de nombreuses inimitiés. 

Jean Ambroise eut un autre dénonciateur dans la per- 
sonne de maître René Ruffin, avocat à Laval. Celui-ci, 
dès le mois de septembre, s'étant rendu pour affaires 
chez l'imprimeur, y trouva nombreuse société : c'étaient 
messires Julien Martin et Urbain Leblanc, prêtres de la 
ville, et Joseph Lebreton, curé de Simple, puis mes- 
sieurs André Petit, procureur du grenier à sel de la 
Gravelle et Charles Quihéry, praticien. Tous semblaient 
les familiers de la maison car après avoir visité l'atelier 
et conversé assez longuement, ils s'attablèrent pour col- 
lationner sous prétexte que les ecclésiastiques ne pou- 
vaient, d'après les statuts diocésains, le faire à l'auberge. 
Dans l'intimité de cette réunion amicale, on se montra 
même une pétition plaisamment versifiée adressée à l'é- 
vêque du Mans contre cette interdiction gênante. La 
conversation roula ensuite sur l'opuscule qui se compo- 
sait à l'imprimerie. Maître RulTin fit ses remontrances à 



- âO- 

Jean Ambroise qui répondit que si le latin qui s'y trou- 
vait était répréhensible il n'en savait rien, ne le compre- 
nant point, que d'ailleurs cette drôlerie avait déjà été 
imprimée en d'autres villes et dernièrement à Paris, 
qu'enfin le manuscrit lui en avait été donné par les sieurs 
Lucé et Rachellé, commis de monsieur de Sinfray, direc- 
teur des gabelles. 

L'affaire était trop ébruitée pour ne pas arriver aux 
oreilles de la justice qui dut en informer. On reconnut 
que le Sermon sur U excellence du vin^ comprenant 
deux petites feuilles d'impression, contenait plusieurs 
passages de la Sainte-Ecriture appliqués à la débauche, 
et que Fépigraphe Bonum vinum laetificat cor homi- 
num était dite, par profanation, tirée (Je la loi de Bacchus. 
Diverses sentences s'y rencontraient aussi contraires 
aux bonnes mœurs. 

Jean Ambroise fut condamné à la confiscation et à la 
destruction du livret, à cent sols d'amende et autant en 
aumône aux hôpitaux, puis fut cité à comparaître devant 
le tribunal pour être admonesté. Il ne semble pas qu'il 
ait accepté de bien bonne grâce la réprimande, car le 
procès-verbal constate seulement qu'il répliqua : « Je 
répondrai après avoir consulté mon conseil^ » 

Les publications connues du second des Ambroise, re- 
lativement nombreuses, se renferment dans une période 
qui commence à l'année 1684 et se termine en 1713. 
Les Observations sur la coutume de Bretagne^ décri- 
tes ci-après, feraient honneur à n'importe quel atelier 
de province. Les autres, dont suit l'énumération, n'ont 
rien de remarquable. 

Prières pour implorer l'assistance de Dieu contre 
les Turcs, avec une brève instruction pour gagner le 
jubilé. — Laval., Jean Ambroise., 4684^. 

1. Arch. dép., B 32. 

2. Arch. dép., B 1051. 



PLANCHE IV. 



OBSERVATIONS 

SOMMAIRES 

s VR LA 

COUTUME 

DE BRETAGNE, 

POUR FAIRE CONNOITRE LE SENS QU'ELLE 
avoic dam fon Origine, & ccluy que l'Ulàge luy a donné, 

AVEC LA REDVCTION 

DE LA MEME COVTVME, 

feloû rordre des Matières , èc la 

pratique ordinaire du Palais. 

fat Me PIERRE ABEL , Avocat en Parlement. 



^'mê 



A LAVAL, 

CliŒ TiAW A M B îl o I « t , Imprimeur div Roy , & de Monreigncui 
|USDu6I>Sl.ATA.tMOUILLE. M. DC LXXXIX. 



Réduction aux 3/5. 
ORIGINAL : Dimensions 0.238 sur 0,178. 



- 32 - 

Règlement pour la manufacture des toiles de la 
ville et comté de Laval. — Laval, Jean Ambroise^ 
168^. In-4«de 28 pages i. 

Observations | sommaires | sur la | coutume | de 
BRETAGNE | pour faire connottre le sens quelle \ avoit 
dans son origine, et celui que l'usage luy a donné. 
I Avec la réduction \ de la même coutume., \ selon 
l'ordre des matières., et la \ pratique ordinaire du 
Palais. I Par M^ Pierre Abel^ avocat en Parlement. \ 
A Laval., \ chez Jean Ambroise. imprimeur du Roy., 
et de Monseigneur \ le duc de là Trémouille. M, DC. 
LXXXIX. I Avec privilège. \ (Planche TV). 

In-4°, comprenant, outre le titre, 52 pages pour la pré- 
face, 338 pages pour le premier ouvrage : Observations 
sommaires, etc., nouveau titre et 214 pages pour la 
Réduction de la coutume., etc., plus 6 feuillets non pa- 
ginés pour la table méthodique et une page à' errata. 

Un extrait de l'arrêt du Parlement de Bretagne du 
30 décembre 1686, qui se trouve à la suite de la table, 
nous apprend qu'un nommé Garnier avait voulu troubler 
Jean Ambroise dans la possession de son privilège, et 
que défense lui avait été faite de l'imprimer ou vendre 
sous peine d'une amende de 3000 livres et de confisca- 
tion des exemplaires au profit du sieur Ambroise. 

C'est à beaucoup près l'ouvrage le plus considérable 
sorti des presses lavalloises avant le XIX^ siècle. Il a 
d'ailleurs bonne apparence avec ses grandes marges, un 
beau papier, une disposition typographique bien conçue 
et d'une exécution irréprochable. Ce volume peut soute- 
nir la comparaison avec ce qui se faisait de mieux dans 
le même genre à la fin du XVIP siècle. 

On sait que l'auteur caché sous le pseudonyme de 
M® Pierre Abel est René de la Bigottière, sieur de Per- 

1. Cabinet de M. E. Queruau-Lamerie. 



- 33 - 

PLANCHE «V. 



INSTITVTION 

DE LA CONFRAIRIE 
DV S. SJCREMENT 

DE L'AVTEL. 

Eriges dans l*Eglifc Paroijftalc de U 

Sainte Trinité de Laval , Rétablie 

Joubs l'authoritê de Monjçigneptr 

L'jUulhtJJtme ^ Révérend ijftme 

I Loiiis de Lavergne Montenard de 

Trejfan Evefque du Mans, 




A LAVAL. 
pat jiAN Ambhoisb Imprimeur de Mon 
fcigucuc le Duc de la Trcjnoillc. i7otf.< 



Réduction aux 3/4. 
ORIGINAL : Dimensions 0,139 sur 0,087. 



— 34 - 

chambault, né à Angers le 9 janvier 1640, conseiller 
au parlement de Bretagne, mort à Rennes en 1727 ^ 

Prières ordonnées par Monseigneur l'Evesque du 
Mans pour dire aux églises oii sont les stations du 
Jubilé. — Laval^' Jean Ambroise, 1690^'i 

Libelle sur l'excellence du vin, avec cette épi- 
graphe ; Bonum viiium lœtificat cor hominis^. 

Pratiques dévotes et fort utiles a l'honneur de 
LA TRÈs-SAiNTE VIERGE, ETC. G'c.st la scconde édition 
d'un opuscule déjà mentionné. Nous la croyons des der- 
nières années du XVIP siècle ; mais le seul exemplaire 
connu n'a pas de titre et est incomplet de plusieurs pa- 

Petit in-8, plus grand toutefois que la première édi- 
tion. Il n'a que 71 pages et reproduit exactement le texte 
premier. 

Ordre et instruction pour gagner le Jubilé de 
l'année sainte 1103^ dans la ville de Laval. — Laval., 
Jean Ambroise, 1703'^. 

Institution | de la confrairie | du s. sacrement | 
de l'autel I érigée dans l'église paroissiale de la \ 
Sainte Trinité de Laval., rétablie \ soubs l'authorité 
de Monseigneur \ l'Illustrissime et Rêver endissinie \ 
Louis de Lavergne Montenard de \ Tressan Evesque 
du Mans. \ A Laval., \ par Jean Anibroise, impri- 
meur de Mon \ seigneur le Duc de la Trémoïlle., 1106. 
(Planche V). 

1. Collection personnelle et bibliothèque de la ville d'Angers. 

2. Arch. dép. B. 1051. 

3. Arch. dép., B 32. 

4. Gab. de M. L. Garnier. 

5. Arch. dép. B 1051. 



- 35 ~ 

Cachet au chiffre de N.-S. avec les mots Nomen Do- 
mini laudabile. 

Au verso, autre cachet plus grand dans un cartouche. 
Petit in-12, 42 pages. 

A la fin, attestation de L. Bureau, docteur de Sorbonne, 
chanoine de Chartres. — A Laval, 22 septembre 1706 ^ 

Relation de ce qui s'est passé de plus magnifique^ 
de plus pompeux, de plus auguste; pendant Voctave 
de la canonisation de Saint Pie F, Pape.... Par made- 
moiselle Denisot. I Laval., Jean Amhroise., 1713^. 

Le volume suivant destiné aux membres d'une œuvre 
de charité lavalloise, fut imprimé à Paris alors que 
Jean Ambroise produisait des œuvres importantes. Cela 
n'a rien de très extraordinaire en soi, et nous verrons 
le fait se reproduire presque chaque année du temps de 
L.-F. Ambroise. Il faut remarquer toutefois que tous 
les exemplaires ont un titre imprimé sur une feuille rap- 
portée, ce qu'en librairie on nomme un carton. Serait-ce 
l'indice de la substitution d'un nom d'imprimeur à un 
autre, ou seulement d'une correction à introduire dans 
cette première feuille ? 

Reglemens I de la I COMPAGNIE | DE CHARITÉ | éta- 
blie dans la ville de Laval \ contenant deux parties. 
I Uune qui regarde les Dames., \ et l'autre les Sœurs. 
I Avec l'ordonnance de Monsei \ gneur l'Evêque du 
Mans, et \ l'agrément de son Altesse Madame la du- 
chesse de la Trémoïlle. \ A Paris. \ Chez Clément 
Gasse., proche \ S. Estienne du Mont. \ Avec appro- 
bation et permission. — S. D. Le permis d'imprimer 
est du 30 mars 1684, signé : De la Raynie. 

Petit in-8 de 121 pages chiffrées. 

1. Cabinet de M. L. Garnier. 

2. Cité dans V Histoire de Laval, p. 461, par M. Couanier de 
Launay qui en donne des extraits, ce livret avait été signalé à 
son apparition par BourjoUy, II, p. 188. 



- 36 - 

On en connaît cinq ou six exemplaires, tous d'une 
conservation intacte, ce qui semble indiquer qu'ils ne 
furent pas d'un usage prolongé. 

IX 

Jean Ambroise vivait encore en 1722, mais fort âgé et 
ayant cédé son imprimerie à ses enfants comme il leur 
avait fait démission de ses biens. Quoique nous voyions 
à cette époque trois de ses fils et un de ses gendres 
prendre la qualité d'imprimeurs, il n'eut comme succes- 
seur établi à Laval que Louis-François Ambroise, les 
autres n'ayant sans doute jamais exercé qu'à titre d'as- 
sociés. 

Louis-François Ambroise avait épousé vers 1718 Per- 
rine-Gharlotte Chevillard, l'aîné (?) de ses enfants étant 
né le premier mars 1720. En 1758, il avait deux garçons 
et quatre filles. Sur ces six enfants, quatre seulement 
vivaient encore en 1770 à la mort de leur père : 

1^ René-Louis Ambroise, qui, « abandonnant pour le 
sacerdoce la profession héréditaire de sa famille, devait 
lui donner par sa mort la plus sainte des illustrations ^ » : 
il mourut pour la foi, le 21 janvier 1794. 

2© perrine-Gharlotte Ambroise, qui épousa Louis de 
la Broise, écuyer, 

3** Victoire Ambroise de la Billonnière, non mariée. 

4^ Charlotte-Madeleine Ambroise, qui épousa Guil- 
laume Hovius, imprimeur à La Flèche de 1727 à 1747. 
Devenue veuve, elle garda la direction de l'atelier jus- 
qu'en 1759, époque où l'imprimerie ne dut plus avoir à 
la Flèche qu'un seul titulaire 2. 

Cette dernière sembla prendre à tâche de couvrir de 

1. J.-M. Richard, Bulletin de la Commission, etc., 2® série, 
tome I, p. 266. 

2. M. Seb. de la Bouillerie à qui je dois ces renseignements 
nomme l'imprimeur Fléchois Louis Hovius. 



- 37 - 

honte la famille très-honorable à laquelle elle apparte- 
nait. Veuve et mère de deux enfants, elle était revenue 
s'établir à Laval près de la Trinité dans le voisinage de 
son père. Bientôt sa maison devint le rendez-vous « de 
la canaille des faubourgs, » dit énergiquement madame 
de la Jourdonnière dans sa correspondance avec son 
fils. Jour et nuit, elle recevait chez elle des femmes dé- 
bauchées et des gens « de la lie du peuple. » C'était un 
scandale public sur lequel le malheureux père ferma les 
yeux tant qu'il put. L'abbé Ambroise en était justement 
indigné et les voisins murmuraient contre cette fai- 
blesse paternelle. 

Or, chose étrange ! quand Louis-François Ambroise 
voulut enfin, en l'année 1766, prendre des mesures sévè- 
res trop justifiées contre celle qui s'oubliait ainsi, quand 
il se fut décidé à faire appel à la justice, les magistrats 
montrèrent une partialité incroyable pour la fille, et 
trente témoins qui avaient d'abord déclamé hautement 
contre le scandale, s'étant rétractés sous la pression 
d'une indigne servante, le père fut débouté de sa plainte 
et condamné à des dépens envers la veuve Hovius. 

Mais celle-ci ne tarda pas à donner raison plus scan- 
daleusement aux plaintes de sa famille. Précédemment 
elle avait voulu vendre ses meubles pour aller à An- 
gers avec deux misérables. Internée aux Bénédictines 
de Laval, elle en était sortie une heure après et avait 
passé la nuit dans un champ de blé. Cette fois, sous la 
menace d'une lettre de cachet, elle se sauva à Paris 
<( habillée en homme. » Elle y fut arrêtée pourtant, 
mais ce ne fut que le 26 octobre 1769 que fut signée la 
lettre de cachet « ordonnant que Charlotte-Madeleine 
Ambroise, veuve de Guillaume Hovius, serait détenue 
dans la communauté de la Trinité de la ville de Ren- 
nes ^ » 

1. Communication de M. E. Queruau-Lamerie. 



- 38 - 

Elle semble y avoir reconnu ses torts, car elle y vi- 
vait encore en 1783, et une lettre qu'elle écrit à sa fa- 
mille pour qu'elle veille à ses intérêts est empreinte de 
bons sentiments \ 

Nous ne savons ni dans quelle maison, ni dans quelle 
rue s'étaient établis et avaient travaillé les deux pre- 
miers Ambroise ; Louis-François acquit en 1731, pour 
une rente amortissable de 212 livres, une maison de la 
rue dès Curés, près de la porte Beucheresse, et il y ins- 
talla ses ateliers et sa famille. La maison avec ses dé- 
pendances avait façade sur la rue des Curés et était 
adossée aux murs de la ville qui la séparaient de la 
place nouvellement nivelée et plantée par le sieur 
Hardy de Lévaré dont elle a retenu le nom. Le nou- 
veau propriétaire obtint du duc de la Trémoïlle la 
permission d'abord d'éclairer sa cuisine par une fe- 
nêtre ouverte dans le mur de ville et donnant sur 
la place nouvelle, puis de percer dans le même mur, 
entre deux tours, une porte qui lui donnait accès direct 
sur la place, les fossés ayant été comblés 2. 

Après ce coup d'œil jeté sur la vie et les affaires do- 
mestiques de Louis-François Ambroise, voyons ce qu'il 
fut comme imprimeur. « Il avait obtenu, par arrêt du 
Conseil du 31 décembre 1718, l'autorisation d'exercer 
cette profession, en produisant un certificat de Sébas- 
tien Durand, maître imprimeur à Rennes, qui déclarait 
l'avoir employé pendant sept mois et le trouver capable 
de gouverner une imprimerie, et le témoignage de son 
père attestant, lui aussi, qu'il le tenait comm"è expert en 
son art, l'ayant dès son bas-âge formé à la pratique du 



1. Archives du château de la Motte-Serant, en Montflours. On 
y voit que la famille Ambroise possédait la métairie de la Petite- 
Ame. 

2. J.-M. Richard, Bulletin de la Commission, etc., 2« série, 
tome L p. 337-338. 



- 39 - 

métier, puis l'ayant envoyé s'exercer en diverses villes 
de Bretagne ^ » Gomme son père, il eut quelques démê- 
lés avec la justice, car son art n'était pas plus sans 
péril alors qu'il ne Test devenu de nos jours. La simple 
et inoffensive publication d'un recueil de prières à l'occa- 
sion du jubilé attira la foudre, une foudre bénigne, sur 
sa tête en 1745. Le malheureux avait, au mépris des pri- 
vilèges du chapitre de Saint-Thugal, donné un rang 
secondaire à cette église dans l'ordre de celles qui de- 
vaient servir de stations aux processions, et les chanoi- 
nes ne pouvaient manquer de réclamer leur droit de 
préséance. Ils le firent avec un grand luxe d'érudi- 
tion, qui, contre leur intention, a servi largement à faire 
connaître les œuvres des Ambroise, imprimeurs, par le 
soin qu'ils mirent à rappeler tous les opuscules anté- 
rieurs sortis des mêmes presses et qui établissaient le 
bien fondé de leurs prétentions. Pour rendre hommage 
à la vérité ou pour détourner les sévérités de la justice, 
Louis-François reconaut avoir agi par inadvertance, et 
promit d'être à l'avenir respectueux des privilèges de 
Saint-Thugal. Il en fut quitte pour cette amende hono- 
rable 2. 

Nous voulons croire que l'imprimeur lavallois n'avait 
eu aucune mauvaise intention en dépossédant les chanoi- 
nes des honneurs accoutumés. Nous devons dire pour- 
tant qu'il était véhémentement soupçonné de jansé- 
nisme, et que ceux de cette secte avaient des préférences 
pour le chapitre de Saint-Michel, dont les titulaires 
étaient généralement entachés des mêmes erreurs. Des 
écrivains sérieux ont même prétendu que maître Am- 
broise prêtait clandestinement ses presses aux Nouvel- 
les ecclésiastiques, que rédigeaient les disciples de l'é- 
vêque d'Ypres ; on va jusqu'à désigner la maison de la rue 

1. J.-M, Richard : Commission Historique etc, loco citato. 

2. Arch. départ., B, 1051. 



— 40 — 

Renaise où cette imprimerie fonctionnait, déroutant tou- 
tes les recherches de la justice. La question ne sera 
sans doute jamais éclaircie quoiqu'elle mérite d'exercer 
la sagacité des chercheurs ^ Nous ne pouvons donner 
qu'un indice, c'est la quantité relativement considéra- 
ble de caractères qui fut trouvée après le décès du 
sieur Ambroise à son domicile, quantité tout à fait dis- 
proportionnée avec les besoins d'une imprimerie qui offi- 
ciellement n'a jamais produit que des bagatelles, et qui 
avait besoin du concours des presses de la Flèche, du 
Mans, d'Angers pour approvisionner sa librairie des 
ouvrages spéciaux au public lavallois. 

La page suivante, que nous aimons à emprunter au 
travail consciencieux de M. Richard, nous dira d'où en 
était le commerce des livres à Laval au milieu du siè- 
cle dernier, et combien la boutique de Louis-François 
Ambroise était pauvrement approvisionnée : 

« A vrai dire, si l'imprimerie d'Ambroise suffisait aux 
besoins des Lavallois, il n'en était pas de même de sa 
librairie, et l'on se plaignait de la difficulté de se pro- 
curer des livres. Pichot de la Graverie se fait l'écho de 
ces plaintes 2. 

« En 1755, les habitants de Laval adressèrent à l'au- 
torité quelques réclamations ; ils ne trouvaient pas chez 
Ambroise les livres qu'ils désiraient acquérir, et, comme 
tout privilège crée des obligations, ils demandaient de 
le contraindre à se mieux approvisionner. Le 9 janvier 

1. Sans répéter ce qui a été dit par MM. Bouillier et S. Coua- 
nier de Launay, je me bornerai à reproduire ici une note extraite 
d'un travail inédit du R. P. Le Lasseur sur les auteurs jansénis- 
tes : « Les Ambroise étaient imprimeurs à Laval depuis plus 
d'un siècle et en telle réputation de jansénisme que Louis-Fran- 
çois avait été soupçonne de prêter ses presses aux Nouvelles ec- 
clésiastiques. » Les Nouvelles ecclésiastiques commencent en fé- 
vrier 1728. Les années comprises entre cette date et celle de 1760 
sont analysées dans deux volumes de table. La publication se 
continue jusqu'en juin 1791. 

2. Gouanier de Launay, Hist. de Laval, p. 511. 



- 41 — 

1756, le juge ordinaire, M. Le Pannetier des Salles, ac- 
compagné du procureur fiscal, qui remplissait alors à 
Laval les fonctions de ministère public, et du greffier, se 
rend chez Ambroise « à l'effet de recevoir sa décla- 
ration sur le nombre et la qualité des livres qu'il a ou 
doit avoir pour le service public et l'usage des différents 
états, d'ecclésiastiques, personnes de robe et de médecine, 
pour l'usage des collèges et des écoles particulières. » 
Ambroise leur montre « dans un dressoir, un petit nom- 
bre de volumes, entre autres des Heures à l'usage du 
Mans, les Sermons de M. Fléchier, Discours de l'Aca- 
démie françoise. Sermons du P. Bourdaloue, l'Histoire 
ecclésiastique, Spectacle de la Nature, Pensées Chré- 
tiennes. » Le juge alors lui expose la plainte dont il est 
saisi : il ne peut, dit-on, fournir des livres « à tous ceux 
qui en ont besoin et souhaiteroient en achepter, à quoy 
ledit Ambroise a répondu qu'il n'en avoit jamais refusé 
à personne et que si on lui en demande quelqu'un, il le 
fait venir de Paris. » 

« Quelques mois plus tard, les mêmes magistrats se 
transportaient à l'Hôtel du Chêne- Vert, pour examiner 
quatre malles de livres amenées par René Davoust, li- 
braire à Mayenne, en vue de la foire de Toussaint et 
les trouvant « tous orthodoxes et suivant les bonnes 
mœurs, » ils s'empressaient d'en autoriser la ventée » 

En vue d'une réduction projetée dans le nombre des 
imprimeries du royaume, une enquête avait été ordon- 
née par l'intendant de la généralité résidant à Tours. Le 
sieur Dupont, subdélégué à Laval, se rendit au domicile 
d'Ambroise et fit l'inventaire de son matériel. Il trouva 
dans l'atelier deux presses et les caractèrs d'imprime- 
rie suivants : petit-texte, romain et italique ; — cicéro, 
romain et italique ; — du Saint-Augustin, romain et 



1. B. 944. — M. J.-M. Richard, Commission Historique^ etc., 
loco citato. 



— 42 - 

italique ; — du gros-romain avec son italique ; — gros- 
canon avec son italique; — gros-parangon. Tous ces 
caractères étaient neufs depuis cinq ans. 

Quant à l'opinion du subdélégué sur l'oportunité de la 
suppression ou du maintien d'une imprimerie à Laval, 
elle était favorable, on le conçoit, à la conservation d'une 
industrie utile dans la ville qu'il habitait et il l'exprima 
en ces termes : 

« Notre ville paraît assez considérable pour espérer 
être dans le nombre de celles à qui on conservera une 
imprimerie. Elle y est d'ailleurs nécessaire aux divers 
bureaux de régie, qui autrement seroient obligés de s'a- 
dresser aux villes voisines pour leurs registres. 

(f Quoique le sieur Ambroise soit seul imprimeur, il 
n est pas riche, et s'il n'avoit quelque bien de patri- 
moine, son imprimerie ne suffiroit pas pour faire subsis- 
ter sa famille. Notre juge de police m'a dit être content 
de lui, et de la façon dont il exerce sa librairie. 

« Laval, 17 février 1758. (Signé) Dupont*. » 

Ce bon témoignage rendu à Louis Ambroise par les 
juges autorisés ne sauva pas en principe l'imprimerie qui 
de droit demeura supprimée à Laval ; en fait et par une 
faveur accordée au titulaire et à sa femme, ceux-ci pou- 
vaient continuer leur commerce et leur industrie, leur 
vie durant. 

Toutefois l'imprimerie, qui n'avait jamais eu à Laval 
une vie bien active, fut plus que jamais languissante et 
frappée à mort par cette décision supérieure. Le titu- 
laire était déjà vieux, il n'avait plus d'espoir de remet- 
tre son fonds à un membre de sa famille puisque son fils 
unique était prêtre, ni même à un étranger à cause de 
l'arrêt de suppression ; il négligea donc un état dont il 
ne sentait plus le besoin et dont le profit était médiocre. 

1, Arch. d'Indre-et-Loire, G. 344. 



- 43 — 

On verra dans la nomenclature des ouvrages impri- 
més du temps de Louis-François Ambroise, que pres- 
que tous ceux qu'il mit en vente ne sortaient même pas 
de son atelier et avaient été composés par des impri- 
meurs de la Flèche, et que d'autres plus nombreux dont 
le public avait besoin et qu'il réclamait inutilement au 
paresseux atelier de la rue des Curés, étaient fournis 
par des imprimeurs d'Angers et du Mans. Un état ma- 
nuscrit « des livres classiques, impressions et relieure 
fourny à Monsieur [L.-F. Ambroise] de la Baderie » 
montre que ce n'était plus lui qui produisait les modes- 
tes travaux de son art : billets pour l'hôpital ou pour la 
fabrique de la Trinité, placards pour les tragédies du 
collège, qui continuaient encore de lui être demandés. 
Nous croyons que ce mémoire manuscrit fut rédigé vers 
1768 par Gab. Andouard qui, autorisé ou non, impri- 
mait déjà, et c'est une preuve que nous donnons d'a- 
vance de la qualité que nous lui attribuerons plus tard. 

Le 23 juillet 1770 sur le bruit du décès de M^ Louis- 
François Ambroise qui serait arrivé la veille, l'officier 
public se présenta à son domicile, rue des Curés, pour 
apposer les scellés, deux des héritiers étant absents et 
hors de la province. René-Louis Ambroise, prêtre, qui 
se trouvait à la maison avec sa sœur Françoise, répon- 
dit que son père était trop malade pour qu'on pénétrât 
dans sa chambre, mais qu'il n'était pas mort. Ainsi 
éconduit, le magistrat soupçonnant qu'on voulait lui ca- 
cher la mort de l'imprimeur pour soustraire des effets 
de la succession, revint un peu plus tard et de fait cons- 
tata le décès et procéda à l'apposition des scellés ^ 

Nous savons par la levée des mêmes scellés qui eut 
lieu à la requête de tous les intéressés le 7 août suivant, 
dans quel état se trouvait le matériel d'imprimerie. L'a- 

1. Arch. départ., B 108. 



_ 44 — 

telier était installé dans une chambre au second étage et 
dans une galerie. On y trouva une vieille presse hors 
d'usage, et une autre en bon état. Plusieurs planches 
étaient encore composées, mais depuis quel temps ! La 
quantité de caractères de divers types qu'on découvrit 
entassés çà et là était si considérable que le l^"" octobre, 
quand on voulut les recueillir pour les déposer au greffe, 
on en remplit vingt-cinq sacs de toile*. 

Ce fut la sépulture d'une industrie que trois généra- 
tions d'une même famille avaient exercée à Laval pen- 
dant plus d'un siècle. 

Voici la liste des maigres publications du dernier des 
Ambroise que nous avons pu rencontrer. 

RÈGLEMENT | pour \ Us avocuts I du siège ordinaire 
I du I Comté Pairie de Laval. 

In-4**, comprenant une feuille de garde ornée d'un 
grand écusson aux armes de la Trémoïlle, 14 pages de 
texte et une feuille pour la Liste des avocats dudit siège 
ordinaire du Comté^Pairie de Laval, suivant l'ordre 
de leur réception. — i724. Sans indication de lieu, mais 
facile à reconnaître comme une production locale ~. 

Instruction pour gagner le jubilé accordé par N. 
S. P. le Pape Benoist XIII., avec les prières pour les 
stations. — i724. 

Instruction /?(9«r ^rto'/ie/' le jubilé de l'année 1121., 
accordé par N. S. P. le Pape Benoist XIII., et les priè- 
res pour chaque station. — 1121 . 

Règlement pour le commerce des toiles donné par 
le Roy. — In-4*^ de 28 pages, 1730. 



1. Ibid., B 946. 

2. Collection personnelle. 



- 45 - 

Lettres patentes d* établissement de UHôpital Gé- 
néral de la Charité de la ville de Laval. — 1131. 

Discours pour l'ouverture des audiences du siège 
ordinaire de Laval., de 1151, sur la naissance de M^^ le 
duc de Bourgogne (par M. Pichot de la Graverie). — 
In-4° de 8 pages, 

1730-1770. Programmes des représentations et des 
exercices publics des élèves du collège de Laval^, 

Pratiques | dévotes | et fort utiles | a l'honneur 
de la très-sainte vierge. I A l'imitation de ses voya- 
ges aux Saints \ Lieux durant sa vie, et nommémens 
I avant son bien-heureux trépas. \ A Laval., \ chez 
L.-F. Ambroise., imprimeur du Boy. \ M. D. CC. LVIL 

Vignette double extrêmement grossière représentant 
Notre-Seigneur et la Sainte- Vierge (Planche VI). 

C'est la troisième édition de l'opuscule imprimé en 1677 
pour la première fois. On n'en connaît jusqu'à présent 
que les deux premières feuilles formant seize petites pa- 
ges pliées comme nos in-4^, mais n'ayant pas même le 
format d'un in-12. Cette réimpression ajoute aux éditions 
précédentes un cantique à chaque station et apporte aussi 
quelques modifications de détails. Elle est très incor- 
recte 2. 

Nous donnons maintenant l'en-tête de cinq placards 
publiés et signés par Louis-François Ambroise. 

Ordonnance de police (portant « défenses à tous 
chartiers de venir avec leurs charrettes aux jours de 
foires et samedy de chaque semaine... si ce n'est pour 
amener des grains aux marchez, n) — Laval., 6 juillet 
11^9. (Signé) Le Pannetier et C. Frin. — 30x23. 



1. Les six derniers articles nous sont connus par une gracieuse 
communication de M. E. Queruau-Lamerie. 

2. Collection personnelle. 



Ordonnance | de police | donnée à Laval le 3 juil- 
let 1751. I (Elle prescrit l'emploi du boisseau contenant 
22 pintes et chopines de graine de lin, mesure de Paris, 
marqué trois fois sur les bords du mot Laval^ et trois 
fois de chaque côté d'un léopard, etc.) Placard in-f. 
46X351. 

Ordonnance | de police | concernant les foires 
de la ville et I COMTÉ-PAIRIE DE LAVAL | Donnée à 
Laval., le 15 février 1152. 

A Laval., chez Louis-François Ambroise, imprimeur 
du Roy. 

2 feuilles in-f**, ensemble : 63x43. 

De par le roy | ordonnance | pour les exempts, | 

A monseigneur I MONSEIGNEUR l'iNTENDANT DE LA GÉ- 
NÉRALITÉ I DE TOURS. I (Pour prévenir l'abus de ceux 
qui profitaient de la présence dans leur maison d'un 
exempt pour se soustraire au tarif). 

Fait à Angers, 17 octobre 1753. 

A LAVAL, chez Louis-FRANÇOis AMBROISE, imprimeur 
dnroy. In-f« 47x35. 

De par le roy. | a monseigneur ' monseigneur 

l' INTENDANT DE LA C N.iilALITÉ | DE TOURS. | (Au SUJct 

'i; 'o'.enifMi (les . <'. guerre et du recensement des 

• ' (H. ri*' >■ il ' t faubourg). 

OIS AMBROiSE, imprimeur 
da ruy. Deux leu^ii^s iii-i , ensemble : 78x48. 

Les publications pui suivent ont été faites pour sup- 



1. Les deux premiers articles n'ont pas d'indication d'origine, 
mais comme ils portent en tête le double écusson — grossier et 
incorrect — aux armes de la TrémoïUe, qu'on retrouve sur les 
trois derniers placards, il n'y a pas lieu de douter de leur prove- 
nance. 



47 — 



PLANCHE VI. 



PRATIQUES 

DÉVOTES 

ET FORT UTILES 

A L'HONNEUR DE LA 

TRÉS-SAINTE VIERGE. 

A limitation de fes Voyages aux Saint: 

lieux durant fa vie , ^ nommémem 

dvant fin bien-heureux trépas. 




A LAVAL. 



ChezL. F. Ambroise, Impùmcux du Roy* 
M. D. ce. LVII. 



Réductions aux 3/4 
ORIGINAL ; Dimensions 0,163 sur 0,102. 



- 48 - 

pléer à l'insuffisance des ateliers de M. L.-F. Ambroise 
et pour satisfaire aux demandes des habitants. 

Cantiques | spirituels. | Ou Recueil imcomparable 
des plus I heaux^ des plus instructifs et des \ plus ré- 
créatifs Cantiques pour cha \ que dimanche de l'an- 
née^ et prin \ cipaux mystères de notre religion \ en 
faveur des âmes véritablement \ pieuses et qui aiment 
à chariter les \ louanges du Seigneur et de ses \ Saints^ 
pour leur servir de recréation et d'heureux passe- 
temps sur I des airs faciles et communs^ à \ l'usage 
des Missions et retraites. A La Plèche \ De l'impri- 
merie de Louis de \ la Fosse ^ Imprimeur du roy. \ 
Et se vend chez M. Ambroise^ imprimeur à Laval. \ 
M. DCC. XLIIL 

Petit in-8, contenant : quatre feuillets non chiffrés, 
d'avis aux enfants, 441 pages de texte, six feuillets 
non chiffrés de table et deux feuillets d'errata *. 

Statuts | de la confrérie | des prêtres | érigée | 
EN l'église COLLEGIALE | DE s.-TUGAL DE LAVAL. | Con- 
firmée par Notre Saint Père le Pape Grégoire XIII \ l'an 
de grâce 1580. \ Avec l'office des morts, \ à l'usage des 
confrères de ladite confrérie. \ A Angers^ \ Chez Louis- 
Charles Barrière^ imprimeur \ libraire^ rue S.-Laud, 
à la Science \ M. DCC. XLVIII. \ Avec approbation. 

Petit in-4** de trois feuillets non chiffrés pour le titre et 
l'avertissement de cette nouvelle édition ; et 84 pages 
de texte. 

Nous savons par l'avertissement de cette édition 
qu'elle avait été précédée de deux autres entièrement 
épuisées mais dont on ne nous fait connaître ni le lieu, 
ni la date 2. 



1. Collection personnelle. 

2. Cabinet de M. Louis Garnier. 



- 49 - 
Exercice de piété | a l'usage des pensionnaires 

DU monastère I DES | RELIGIEUSES | BÉNÉDICTINES | DE 

LAVAL I Contenant les prières du matin et du \ soir, 
méthode pour entendre la sainte \ messe, examen de 
concience, prié \ res pour la confession et commu \ 
nion, etc. A Paris \ chez les imprimeurs associés. \ 
M.DCC. LXIVK 

Instructions | pour les | confrères | et sœurs | 

DE LA CONFRÉRIE DU TRÈS-SAINT-SACREMENT. Erigée en 

l'Eglise paroissiale de \ Saint-Vénérand.^ de la ville 
de I Laval., Diocèse du Mans, le 5 \ juillet 1605. Par 
M. Marie de Renaize., P^^. — Non confunditur Fratres 
eos vocare. \ Heb. 2., v. II. \ Le Fils de Dieu na pas 
honte I de les appeler ses Frères. \ A La Flèche, \ aux 
dépens de la Confrérie. \ M. DCC. LXX. Petit in- 12 de 
102 pages 2. 

Statuts | de la confrérie | des prêtres, | érigée \ 
en l'église collégiale \ de S. Tugal de Laval., \ confir^ 
mée par Notre Saint Père le Pape \ Grégoire XIII, 
l'an de grâce 1580. \ Avec l'office des Morts. \ A l'u- 
sage des confrères de la dite confrérie. \ Première 
édition latine et françoise. \ Au Mans., chez Charles 
Monnoyer., Impri \ meur du roi, de Monsieur et de \ 
Monseigneur l'Evêque. \ M. DCC. LXXXI. \ Avec ap- 
probation. In-12 de quatre feuillets non chiffrés mais 
qui comptent cependant pour huit pages dans la pagi- 
nation totale, soit 167 pages. 

Dans cette quatrième édition l'Avertissement a subi 
diverses modifications. On y annonce la traduction en 
français de l'office des morts, l'insertion d'une nouvelle 
délibération de l'assemblée des confrères (27 juillet 

1. Cabinet de M. L. Garnier. 

2. Ibid. 



— 50 — 

1780), et l'admission dans la confrérie de Monseigneur 
François-Gaspard-Jouffroy de Gonssans*. 

Recueil | d'instructions | et | prières, | a l'usage 
DE LA confrérie | DU S. SACREMENT, | érigée dans l'é- 
glise paroissiale \ de la Très-Sainte Trinité de \ La- 
val. I Au Mans, \ chez Charles Monnayer^ \ rue du 
Grand Pont-Neuf . \ M.DCC.LXXXVII, avec permission 
et approbation. Petit in- 12 de 202 pages de texte et ii 
pour la table 2. 

X 

Nous avons dit précédemment que Joseph Chesnel, 
époux de Françoise Ambroise, était qualifié du titre 
d'imprimeur dans l'acte de partage de la succession de 
Jean Ambroise et de Marie Péguineau, père et mère de 
sa femme. Sans que nous connaissions aucune œuvre 
sortie de son atelier, nous devons pourtant le considé- 
rer non comme un simple ouvrier de son beau-frère, 
mais comme imprimeur en titre, puisqu'il fit toutes les 
démarches voulues pour être autorisé à s'établir à Laval 
en son nom. Les formalités qu'il eut à remplir pour ob- 
tenir cette autorisation nous apprendront les règles que 
l'on suivait en pareil cas. 

Joseph-Pierre Chesnel avait dû d'abord solliciter de 
Monseigneur le duc de la Trémoïlle, comte de Laval, la 
permission de s'établir dans cette ville et d'y exercer sa 
profession pour le service du public. Muni des lettres 
favorables du suzerain, en date du 9 juillet 1723, le péti- 
tionnaire se présenta à M. Lelong, juge ordinaire du 
comté et maire perpétuel du comté-pairie de Laval, 
avec une supplique appuyée des pièces qui établissaient 
son aptitude à la profession d'imprimeur. Les certificats 

1. Collection personnelle, assez commun. 

2. Collection personnelle. 



- 51 — 

d'études, d'apprentissage et de capacité qu'il produisait 
lui avaient été donnés par deux libraires-imprimeurs de 
Rennes. Le juge-maire adressa le pétitionnaire à M. Le- 
clerc des Gaudèches, procureur-lîscal, qui prescrivit 
une enquête sur les vie et mœurs du suppliant. 

Tout cela avait lieu le 8 mars 1724. Le môme jour en- 
core, l'huissier chargé des assignations rencontrait sur 
la place publique MM. Joseph Chéruau, prêtre, Joseph 
Démaillé, maître chirurgien, et Hierôme Gallais, sieur 
du Ronceray, soit qu'ils s'y trouvassent par hasard, 
soit plutôt que, convoqués par Joseph Chesnel, ils at- 
tendissent l'appel de Tofficier public pour comparaître 
et déposer devant le juge ordinaire. 

Ils le firent dans les termes identiques d'un formu- 
laire, d'après lequel tous connaissaient le suppliant 
comme « fort honnête homme, de la religion catholique, 
apostolique et romaine, de bonnes vie et mœurs et ca- 
pable d'exercer l'art et profession d'imprimeur ^ » 

Quand nous connaîtrons un livre ou une brochure 
imprimé par Joseph-Pierre Chesnel, il ne manquera 
plus rien pour établir qu'il fut en droit et en fait impri- 
meur à Laval. 

Avant de quitter la famille Ambroise, nous rappelle- 
rons encore les noms de ceux qui, sans avoir été les ti- 
tulaires de l'atelier, exercèrent néanmoins à titre d'as- 
sociés la profession paternelle et qui prennent dans des 
actes officiels la qualité d'imprimeurs. Ce sont : 

Michel Ambroise, fils de Jean Ambroise et de Marie 
Péguineau, qui suivit la carrière héréditaire avant de se 
rendre capucin en 1687. 

Jean Ambroise, mort jeune sans doute, et sans al- 
liance, car il n'est cité que dans le seul acte de 1722 qui 
le qualifie d'imprimeur. 

Julien Ambroise exerça la même profession, mais il 

\, Arch. départ. y B 859. 



— S2 — 

était mort en 1722, laissant Françoise Roujou, sa veuve, 
tutrice de leurs enfants. Ces deux derniers étaient frè- 
res de Louis-François Ambroise. 

Plusieurs membres de la famille tinrent la librairie 
sans avoir jamais été directeurs d'une imprimerie. Un 
atelier de reliure était d'ailleurs toujours annexé à l'im- 
primerie et c'est pour des travaux de ce métier que les 
Ambroise figurent le plus souvent dans les comptes de 
fabrique d'un grand nombre de paroisses. 

En 1760, 1763, 1770, mademoiselle Ambroise tient la 
librairie pendant que son père garde toujours le titre 
sinon la fonction d'imprimeur. Nous trouvons même un 
sieur Gervais Ambroise qui fait, comme libraire, quel- 
ques fournitures à la fabrique d'Avesnières en 1787, et 
qui n'est signalé nulle part ailleurs à notre connaissance. 

En 1722, 1723, une des filles de Jean Ambroise et de 
Marie Ghevillard fabriquait et vendait des ornements 
d'église. 

XI 

D'après les renseignements que l'on possédait jus- 
qu'à ce jour sur Gabriel Andouard, on ne devrait lui 
attribuer d'autre qualité que celle de libraire, qui lui 
est reconnue dans son acte d'installation à Laval, et 
celle de graveur, puisqu'il a signé plusieurs vues de 
l'ancien Laval, aujourd'hui rares et précieuses. Nous 
avons toutefois la preuve qu'il fut imprimeur, non seu- 
lement parce que son apprentissage chez d'Expilly l'in- 
diquait déjà, mais parce que nous possédons des témoins 
de l'exercice de son art à Laval. Nous lui donnerons 
donc une place dans la liste des imprimeurs lavallois. 

Gabriel Andouard, né dans la paroisse d'Avesnières, 
y fut ondoyé le 12 juillet 1732. Il travailla pendant huit 
ans à Paris dans la librairie, en particulier chez Jacques 
d'Expilly, et songea ensuite à venir s'établir au pays 



— 53 — 

natal. Muni d'un certificat de Monsieur Lebel, recteur 
de l'Université de Paris, attestant à la date du 15 jan- 
vier 1765, qu'il savait lire le latin et le grec, et qu'il 
était capable d'exercer Tétat de libraire, d'un autre cer- 
tificat des sieurs Garreau, Leprince et Delarue, syndics 
des imprimeurs de la ville de Paris, témoignant qu'il 
avait toujours travaillé à la librairie « et qu'il s'y étoit 
comporté en honneur, » il se présenta au juge de Laval, 
Joseph de Launay, qui ne manqua pas de donner un 
avis favorable à son admission. Car « il est intéressant, 
dit-il, pour le bien public, qu'il y ait un libraire reçu 
pour cette ville, qu'il tienne boutique et magasin de li- 
vres, et soit en état d'en fournir aux habitants de cette 
ville de tous les différents états, le seul imprimeur-li- 
braire qui soit à Laval étant très avancé en âge et hors 
d'état de rendre aucuns services au public, n'ayant au- 
cuns enfants ni gendres qui puissent exercer cette 
profession, le seul fils qu'il ait étant prêtre, et d'ailleurs 
ne tenant aucune boutique ni magasin de livres pour le 
service du public, ce qui est constaté par un procès- 
verbal fait chez lui par notre prédécesseur ^ » 

Gabriel Andouard put donc s'établir à Laval avec le 
titre de libraire seulement, mais en réalité exerçant dans 
une certaine limite la profession d'imprimeur. Nous ne 
pouvons attribuer à un autre qu'à lui une note déjà citée, 
<( des livres classiques, impressions et reliure fournys à 
monsieur [L.-F. Ambroise] de la Badrie, » où nous 
voyons figurer : 400 billets pour l'hôpital, 400 billets 
pour la fabrique de la Trinité, papier et impression ; 
40 placards pour la Tragédie. 

Enfin si cette facture non signée reste d'une prove- 
nance un peu douteuse, le manuel dont nous donnons ici 
le titre est une preuve péremptoire de la qualité que 
nous attribuons au sieur Andouard. 

1. Arch. déparu, B 912. 



— 54 — 

Pratiques | de piété, | et instructions familières, 
I pour les pensionnaires et écolières \ des Religieuses 
Ursulines de la congrégation de Bordeaux. \ Aug- 
mentées des vêpres et complies \ du dimanche^ avec 
toute l'office de la Vierge en françois. \ A Laval, \ 
chez Andouard, libraire. \ Avec Permission \ M.DCC. 
LXXXIX. I Petit iii-12, de 360 pages i (Planche VII). 

L'imprimerie ayant été supprimée en droit à Laval, 
on comprend que le nouveau titulaire n'ait exercé cette 
profession qu'avec discrétion et sans attirer l'attention 
des hauts fonctionnaires sur son industie. 

Vers l'année 1769, alors que L.-F. Ambroise vivait 
encore et que déjà Gab. Andouard s'était fixé à Laval, 
M. l'Intendant de la Généralité dit dans un projet de 
rapport à l'administration supérieure que « deux librai- 
res paraissent nécessaires à Laval. Cette ville est fort 
peuplée d'assez riches négociants. Et comme elle est 
éloignée de quatorze lieues d'Angers et de pareille dis- 
tance de la Flèche, où il y a des libraires établis, ces 
deux libraires peuvent faire un commerce étendu, et 
fournir des livres aux villes de Mayenne qt Château- 
Gontier qui n'en sont éloignées que de six lieues et où 
il paroît que les libraires ne peuvent subsister 2. » 

Gabriel Andouard figure souvent dans les livres de 
comptes du receveur des petites écoles de Laval pour 
fournitures de livres, comme catéchismes, livres d'heu- 
res, etc., de 1771 à 1782 3. 

Malgré ces preuves qui nous permettent de donner à 
Gabriel Andouard sa place dans la liste des imprimeurs 
lavallois, son nom restera surtout connu parmi nous 
pour les cinq vues du vieux Laval, précieux témoins de 

1. Collection personnelle. 

2. Ârch. d'Indre-et-Loire y G 347. 

3. Arch. du Bureau de bienfaisance de Laval. 



— 5S — 



PLANCHE VII. 



PRATIQUES 

DE PIÉTÉ. 
ET INSTRUCTIONS 

FAMILIERES, 

Pour les Ptnfionnairei fi* Ecolitres 
dts Ref'tgifufes VrfuUnes de ta 
Congrégation de Bordeaux* 

jiufffruiuits des Vêpres & Complus dit, 
Dimanche t avec toute CO^ice de /•% 
i^ierge en français. 




A L A FA I , 

Chez ANDOUARDi Libraire. 




Réduction aux 3/4. 
ORIGINAL : Dimensions, 0,124 sur 0,C 



l'état de la ville à cette époque. Il était établi sur le 
Vieux-Pont. Nous savons, par le témoignage d'un con- 
temporain, que Gabriel Andouard vivait encore vers 
1815 dans sa maison sur le Vieux-Pont, et qu'il y faisait 
toujours le commerce d'estampes. Sans doute il ajoutait 
à cette branche d'un commerce peu étendu la vente de 
la papeterie et des livres les plus usuels. 

Nous avons trouvé aussi mention d'une demoiselle 
Andouard, qui, dans les années qui ont précédé la Ré- 
volution, tenait un magasin de librairie. Peut-être était- 
elle la sœur et l'associée de Gabriel. Andouard ^ 

A. Angot. 
1. Ibid. 



l 



RECHERCHES 

SUR DIVERS TITULAIRES 

DE MAGISTRATURES, CHARGES ET OFFICES' 

DE LA VILLE ET DU COMTÉ DE LAVAL 
(Suite) 



LISTE 

DES JUGES CIVILS, CRIMINELS, GÉNÉRAUX, DE POLICE, LIEUTE- 
NANTS GÉNÉRAUX ET PARTICULIERS, JUGES DES EXEMPTS, 
LIEUTENANTS DES EXEMPTS. 

(Par ordre alphabétique). 
(Fin). 



PIERRE-RENE ENJUBAULT DE LA ROCHE 

Fils de Pierre Enjubault, conseiller du roi, avocat au pré- 
sidial de Ghâteau-Gontier et de Madeleine Berthelot. 

Il épousa Catherine Enjubault, fut nommé député aux 
Etats généraux de 1789 et condamné à mort par le tribunal 
révolutionnaire le 2 février 1794. 

Armes : d'azur à une tête d'ange d'argent *. 

1. Mém. généa., T. VII. 



— 58 — 

GILLES DE FARCY, ÉCUYER 

Juge ordinaire, civil et criminel, enquesteur au siège de Laval 

1600. 

Né en 1602, fils de Annibal de Farcy, seigneur de Saint- 
Laurent et de Guyonne de Launay. 

Il résigna volontairement sa charge en 1672 en faveur de 
François de Farcy de la Daguerie. 

« MM. Gilles et François de Farcy s' de la Daguerie ont 
« occupé de suite la même place pendant plus de vingt an- 
« nées. 

« La nature les avait partagés de ses plus beaux talents, 
a une sublimité de génie, une vive pénétration, une surpre- 
« nante facilité à s'expliquer et prononcer les oracles de la 
« justice, une éloquence insinuante et polie, les ont distin- 
« gués et rendus recommandables. 

« Les règlements du 7 janvier 1662, du 16 novembre 1675 
a et l'arrêt du parlement de la même année contre les offî- 
« ciers du siège des exempts ont été les dignes fruits de leur 
« fermeté et de leur attention pour la conservation de l'hon- 
* neur du siège ordinaire ^ » 

FRANÇOIS FARCY, ÉCUYER, S' DE LA DAGUERIE 

maire de Laval 
1672. 

Fils de René Farcy écuyer, s. de la Daguerie et de dame 
Marie de Gennes ; il épousa le 24 janvier 1673 d"® Marie du 
Breil, fille de Jean du Breil et de dame Anne Guyllot '. 

Il fut reçu en l'office de juge ordinaire civil et criminel, 
sénéchal ordinaire, premier maître auditeur en la chambre 
des comptes à la place de son oncle qui se démit de ces 
charges en sa faveur. En 1672 le juge et le procureur des 
exempts le firent assigner devant la Cour pour lui interdire 

1. Pichot de la Graverie. 

2. Mém. généalog. 



— so- 
dé prendre la qualité de juge ; mais un arrêt du parlement 
lui donna gain de cause *. 

« M"" François Farcy de la Daguerie, juge ordinaire géné- 
« rai civil et criminel du comté-pairie de Laval fit le 16 no- 
c vembre 1675 le : Règlement des droits et salaii-es des ser- 
« gents du Comté Pairie et les charges auxquelles ils sont 
« tenus dans leurs fonctions a{>ec le catalogue de leurs 
« noms et résidences, (sans nom d'imprimeur). 

Il est signé : F. Farcy, juge ; — André Guillot de la Celle- 
rie lieutenant particulier civil et criminel, enquesteur du 
comté-pairie; — R. le Moyne; — Martin; — Gaultier, gref- 
fier*. 

Un autre règlement du 8 novembre 1674 imprimé à Laval 
chez Ambroise, est intitulé : 

Règlement des droits, vacations et salaires du greffier du 
siège ordinaire du Comté-Pairie de LavaP. 

« Du 17 août 1675. — Sur la requête des avocats du siège 
« ordinaire. M*" de Farcy de la Daguerie, juge, donne un 
({ tableau qui règle conformément à l'ordonnance de 1667 la 
« taxe des dépends et règle les droits des avocats et leurs 
« honoraires, non compris les droits du greffe et salaire des 
« huissiers (sans nom d'imprimeur). 

Signé : François Farcy, Sévin. *A. Guillot, Martin, R. le 
Moyne. 

Dans une lettre d'un habitant de Laval datée du mois de 
juin 1682 adressée à Monseigneur Le Pelletier, intendant, rue 
de la Perle, à Paris, nous relevons le passage suivant : 

« Au reste les murailles et les fossés de Laval sont affer- 
me mes à des particuliers assez cher pour subvenir aux pen- 
ce sions, que le roy pourroit donner à un gouverneur ; outre 
• qu'un particulier nommé Farcy ci-devant juge et maire de 
a Laval a rompu les murailles d'un boulevard et y a bâti 



1. Recherches historiques, 15. 

2. Ibid. 

3. Ibid. 

4. Recherches hist.^ 15. 



- 60 - 

« pour 30,000 liv. de bâtiments, appuyé de- M. l'intendant 
a qui est son protecteur *. » 
Armes : Fretté d*or et d*azur^ au chef de gueules, 

PIERRE LE FEBVRE DE LAUBINIÈRE 

lieutenant général civil et criminel 
1626 

Fils de Pierre le Febvre et de N.... ; il épousa Marie Ma- 
rest. 

CLAUDE FOUCAULT DE LA MONTAGNE 

conseiller du roi, lieutenant général, civil et criminel 
1678 

Fils de Claude Foucault, s. de la Montagne et de dame 
Marguerite de Launay : il épousa Jacquine Chariot de Beau- 
regard, eut six enfants dont le dernier fut Jacques qui suit* : 

JACQUES-JEAN FOUCAULT DE VAUGUYON 

conseiller, lieutenant au siège des traites 
1715 

Fils du précédent. Il épousa Renée de la Porte. 

La Famille Foucault, ancienne à Laval a formé les bran- 
ches de Laubinière, des Bigottières, de Vauguyon ; elle fut 
anoblie au XVIIP siècle. 

Armes : d'azur à la bande d'or^ accostée de six besans 
d'argent '. 

LÉON FOUREAU 

Juge général et criminel, maire de Laval. 
1759. 

Fils de noble Léon Foureau et de Françoise Guays : il na- 

1. Recherches hist. — On veut parler ici de l'hôtel de Pont- 
farcy situé autrefois à l'angle opposé au passage qui conduisait 
à la rue du Jeu-de-Paume. 

2. Mém. généal., mns. 

3. Ibid. 



- 61 - 

quit en 1722, épousa en 1750 sa cousine Françoise Guays, 
et mourut en 1769 K 

M. Foureau avait d'abord rempli la charge de juge des 
exempts : 

« Le 14 avril 1747 M. L. Foureau a été reçu et installé 
« dans l'office de juge des exempts par appel et pour les cas 
« royaux. Il y a été présenté par M. Jean-Baptiste Hardy 
« avocat qui a fait un très solide compliment. Lui-même 
« après son installation a fait et très bien prononcé un beau 
« et solide remerciement. S'il continue à s'appliquer il for- 
« mera un magistrat accompli et remettra son siège dans 
« toute la splendeur. Il a succédé au s'" Frin qui avait possédé 
« cette charge pendant dix ans, mais qui s'étant dérangé 
« dans sa fortune par de trop grandes dépenses, fut obligé 
« de la vendre pour payer ses créanciers. 

« Cette charge a coûté au s"" Foureau tant pour le prix 
« principal que pour ses provisions et voyages plus de 
« 10,000 liv.^ » 

Il devint juge et maire de Laval en 1759. 

« On a tenu une assemblée générale de la maison de ville, 
« je n'ai pas cru devoir y assister, mais on m'a rapporté 
a qu'on n'y avait pas gardé toutes les bienséances et qu'il y 
« avait eu des altercations, des reproches et des injures. 

c( Il s'agissait de nommer un maire au lieu et place de 
« M. Hardy qu'on ne voulait pas continuer. Deux cabales s'é- 
« taient formées pour le choix du nouveau maire et d'un éche- 
« vin, au lieu et place de M"^ Duchemin de Saint-Céneré, 
« celle de la maison de ville et celle de tous les officiers de 
« magistrature. On proposa MM. Foureau, Frin, procureur 
« fiscal et Duchemin de la Jarossaye pour être choisis. Tous 
« les officiers de judicature voulaient M. le Clerc du Moulin, 
« maire, mais l'autre cabale était pour M"" Foureau et l'em- 
« porta de quatre voix^ (Vendredi 28 décembre 1759). 

Le 30 décembre 1762, il fut continué pour trois ans dans la 



1. Mém. généal. mus. 

2. Pichot de la Graverie. 
'{. Idem. 



-> 62 - 

charge de maire « à Funanimité et avec l'applaudissement de 
« toute la maison de ville et de tous les bons habitants*. » 

Lorsqu'il devint maire en 1759 il quitta sa maison pour 
venir loger à l'Hôtel-de- Ville. Il est le premier maire qui l'ait 
occupé. Comme maire il remplissait aussi les fonctions de 
colonel de la milice bourgeoise. Lorsqu'il la commandait il 
portait un uniforme rouge à parements bleus ^ 

M. Foureau était un homme intègre et un magistrat ac- 
compli ; animé des sentiment de la plus vive piété il commen- 
çait ainsi son testament daté du 23 mai 1768. 

« Dies Domini sicut fur adveniet. Pénétré de cette terrible 
« vérité, j'écris et consigne ici mes dernières volontés » 

Son portrait se trouve à l'Hôtel-de- Ville de Laval. 

Armes : d'argent à 2 lions affrontés de.... en chef et un 
loup de... passant en pointe sur une terrasse de.... 



GABRIEL FRIN DU GUY-BOUTIER 

conseiller du roi, lieutenant des exempts, 

juge royal au siège de Laval. 

1736. 

Fils de Charles Frin du Guy Boutier, procureur du roi au 
siège de Laval et de Ambroise-Anne Duchemin de Noise- 
ment '. 

« M. Gabriel Joseph Frin, s. du Guy Boutier, a été reçu et 
« installé dans l'office de juge au siège royal. 

« Il a été présenté par M. du Moulin procureur du roi, son 
« beau-frère. 

« Il a lui-même fait un discours. M. des Valettes président 
« et M. de Laubinière lieutenant ont fait ses éloges et on n'y 
« a pas oublié les louanges du père du fds et de toute la fa- 
ce mille. 



1. Registres de l'Hôtel-de-Ville. 

2. Guittet de la HouUerie. 

3. Mém. généal. mns. 



— 63 - 

« Tous les avocats sont allés au nombre de dix rendre 
visite à M. Frin en robe. Il les avait prévenus et était allé 
les voir chacun en particulier. 

« Le s' Frin donne de grandes espérances et mettra sans 
doute le siège royal dans son ancien éclat et dans ses pré- 
rogatives qui ont été beaucoup altérées par l'incapacité de 
M. Touchard, précédent juge royale 



CHARLES-RENE-THOMAS FRIN DU GUYBOUTIER 

conseiller du roi, président au siège royal 

procureur fiscal, puis maire de Laval 

1756. 

Fils de Charles Frin du Guy Boutier et de Marie-Made- 
leine Géhard de Ferrand. Il épousa Charlotte Jeanne Sal- 
mon et mourut à Laval le 8 février 1798^. 

« Le 25 février 1726 le s' Charles Frin du Guy Boutier a 
« été reçu et installé dans l'ofTice de procureur fiscal à ce 
« siège que lui avait vendu M, le Clerc s. des Gaudesches 
« qui s'en démit pour prendre une charge de conseiller à la 
« cour des monnayes, qui lui a donné la noblesse et toutes 
< les exemptions qu'il souhaitoit. 

« Ledit s. Charles Frin était auparavant procureur du roi 
« au siège des exempts, mais étant d'une humeur très active 
« et ne trouvant pas de quoi s'occuper dans la première, il 
« préfera celle de procureur fiscal qu'on dit être l'une des 
« premières de la ville pour l'autorité et pour l'occupation*. » 

Armes : d'azur à 3 gerbes de blé d'or 2 et 1. 



1. Pichot de la Graverie. 

2. Mém. généal. 

3. Pichot de la Graverie. 



64 



FLORENT GARNIER, S' DU TERTRE 

lieutenant au siège royal 
1639. 

Né le 21 novembre 1620, fils de François Garnier, s. du 
Tertre et de Françoise Marchais *. 



FRANÇOIS GARNIER 

lieutenant des exempts 

1662 

Né le 29 avril 1611, fils de René Garnier, s. de la Herber- 
dière et de Françoise de la Court ^. 

Armes : tranché d*o?' et d'azur à un lion de Vun et de 
Vautre. 

HYEROSME GAULTIER DES COYERS 

juge de Laval. 
1586. 

Fils de Jean III* Gaultier et de N.... 

Etant juge de Laval, il se mit à la tête des habitants de la 
ville pour repousser les calvinistes qui menaçaient la cité ; 
pris au Gué-d'Orger par le duc de Mercœur, il fut conduit à 
Nantes et mis à mort. 

Nous avons publié une notice sur ce vaillant citoyen de La- 
val avec son portrait, dans le Bulletin de la Société histori- 
que et archéologique de la Mayenne. Nous demandons aux 
lecteurs de bien vouloir s'y reporter '. 

Nous le trouvons le 24 septembre 1586 rendant en qualité 
de juge ordinaire, civil et criminel, une sentence adjugeant 

1. Registres de baptême delà Trinité. 

2. Tbid. 

3. Bull. hist. de la Mayenne, 2« série, T. I, p. 354. 



— 65 — 

au Prieuré de Saint-Martin la somme de 5 livres de rente par 
droit d'aubaine sur une maison appartenant à Jacques Gril et 
située au bourg de Saint-Martin K 



RENE GAULTIER DE LA VIEUXCOURT 

juge de Laval 
1680. 

Fils de Hyérosme Gaultier du Cleray et de Marie Frin. 
Le 30 août 1680 il acheta la terre de la Vieux-Court, en 
Ahuillé, de René Brandelis de Champagne, M'* de Villaines. 



MATHURIN GAULTIER DE MEROLLES 

lieutenant de Laval 
1715. 

Fils de Mathurin Gaultier de la Vilatte et de Jeanne 
Hoyau. Il épousa F'rançoise de Launay. 

« Installé le 7 décembre 1715 en la place de lieutenant 
« général possédée depuis 1710 par défunt son père Gaultier 
€ de la Vilatte. » 

Après avoir mentionné cette nomination M. Pichot de la 
Graverie continue : 

« Il fut jugé que celui qui avait l'office de crieur et décou- 
a peur de poissons ne pouroit vendre aucun poisson directe- 
« ment, ni indirectement. Ce droit appartient au seigneur de 
a Laval et est ancien. M. Talon avocat fiscal fit voir les pre- 
« mières provisions qui avaient été accordées pour l'exercer. 
« On ne peut vendre qu'on nait appelé trois fois Monseigneur 
« et le seigneur de la Coconière qui avoient le droit lors- 
« qu'ils demeuroient en cette ville d'acheter les premiers 
a leur poisson. Cet usage de les appeler à haute voix s'est 
a toujours conservé *. » 

1. Titres du prieuré de Saint-Martin. 

2. Recueil des sentences, T. I. 



- 66 - 

M. Gaultier de Mérolles mourut en 1734 et sa charge fut 
adjugée à l'audience pour la somme de 14000 liv. au s*" Mar- 
tin de la Blanchardière *. 



DANIEL GAULTIER DE LA VILLEAUDRAY 

juge civil, maire de Laval. 
1739 

Fils de Jérôme Gaultier de la Villeaudray, élu à Laval, 
secrétaire du roi et de Françoise le Hirbec. Il épousa Michèle 
de Lemée^. 

Il fut nommé en 1739, succédant à M. Gilles le Long de la 
Besnardière, et installé le 14 mars 1740. Il mourut le 24 jan- 
vier 1745. 

« Jamais juge n'a eu de meilleurs intentions pour rendre à 
« chacun le bon et juste droit qui pouroit lui appartenir, 
« plus de zèle et d'amour pour le bien public, plus de soin 
« plus d'ardeur pour la décoration et l'embellissement de 
« cette ville. 

« On lui doit l'établissement et le règlement pour les huis- 
« siers, la construction de l'aqueduc pour les fontaines pu- 
ce bliques qui diminue à l'avenir considérablement la dépense 
« et leur entretien et fournira sans interruption l'eau néces- 
« saire au public. » 

« Il montra toujours la plus grande fermeté dans les as- 
« semblées de l'Hôtel-de-Ville souvent tumultueuses et con- 
« tribua avec M. Hardy de Lévaré aux importantes augnien- 
« tations faites au château occupé par le juge civil. Il fît 
« construire une fontaine en marbre sur la place sous la 
c( chambre du conseil ^. 

Armes : d'argent au lion d'or. 



1. Pichot de la Graverie. 

2. Mém. généal. 

3. Pichot de la Graverie. 



- 67 — 

FRANÇOIS LE GEAY DES ASTELAIS 

lieutenant particulier 
1650 

Fils de noble Jean le Geay, sgr des Astelais, de Mingé... 
conseiller du roi à la Gravelle et de Renée le Meignan. Il ap- 
partenait à une famille noble demeurant en Bretagne près 
Fougères et dont les ancêtres prenaient le titre de damoi- 
seau au XIII® siècle. 

Il naquit en 1625 et épousa le 2 février 1655 Marie de la 
Cour, dame des Touches *. 

La famille le Geay était très ancienne et une généalogie 
que nous possédons dans nos archives la fait remonter à 
Raoul le Geay, chevalier, seigneur de Floigny près Château- 
Thierry, qui vivait vers 1160 *. 

Dès 1430 G. Le Doyen nous signale la présence des le Geay 
dans le Maine : 

« Le cueur du Cymetière Dieu 

« De ce temps fut faict en ce lieu 

< Edifiés par les chanoines 

« Et fondeurs qui y prindrent peines. 

a Dont motil fut l'un d'eux moult gay 

« Nommé messire André le Gay 

« Chanoine prébendez cyens.... » 

En 1514 Jean le Geay était doyen de Laval. G. Le Doyen 
nous apprend sa mort arrivée en 1532. 

« Aujourd'hui Xï de juillet maistre Jehan le Geay, doyen 
« de Laval et chanoine ancien du Cymetière-Dieu et curé 
« de Ruillé-le-Gravelais, recessit ab humanis audit an. » 

Les armes de la famille Le Geay étaient primitivement trois 
têtes de geais arrachées d'or sur fond d'azur; elles furent 
changées en 1540 par l'Empereur Charles-Quint en un aigle 
regardant un soleil fixe '. 

1. Mém. généal. mns., T. I. 

2. Mém. généal. mns. T. I. 

3. Ibid. 



- 68 - 



FRANÇOIS II LE GEAY DES ASTELAIS 

lieutenant particulier 
1690 

Fils du précédent, né le 5 septembre 1656 ; mort le 28 
novembre 1709 : seigneur de la Chauvinière, des Brosses.... 
Il épousa le 13 novembre 1683 Renée-Françoise Frin de la 
Chauvinière *. 



FRANÇOIS III LE JAY DES ASTELAIS 

lieutenant particulier 
1713. 

Fils du précédent. Naquit le 11 septembre 1687 et mourut 
en 1754. Il épousa le 1 août 1712 Marie-René Martin de la 
Guerretière ^. 

« M. Le Geay des Astelais lieutenant particulier a fait em- 
« bellir l'église de la Trinité par la construction d'une chaire 
« de fer ciselé et doré et de quatre beaux autels nouvelle- 
a ment construits dans la nef. 

« Il se dispose encore à faire faire un autre escalier en 
« forme de fer à cheval qui sera très utile et moins dange- 
« reux que celui que nous voyons ^ » 29 janvier 1734. 

« Le 7 mars 1762 M. Le Geay lieutenant particulier de no- 
ce tre siège est décédé attaqué d'une paralysie. Il était très 
« zélé pour l'intérêt public et s'était acquitté avec désintéres- 
« sèment des fonctions d'échevin et de procureur marguil- 
« lier de la paroisse de la Trinité. Il est mort âgé de 74 ans. 

« Il avait jugé à propos, d'écrire son nom par Jay, cepen- 
« dant dans les anciens partages et titres de sa famille, on 



1. Mém. généal. 

2. Mém. généal. mns. 

3. Pichot de la Graverie. 



— 69 — 

« écrivoit Geay et son père, lieutenant particulier l'écrivoit 
« ainsi dans les sentences du siège ^ 



PIERRE GUAYS DE LA MENNERIE 

lieutenant au siège royal 
1642 

11 naquit le 10 mai 1612 de René Guay et de Adnette de 
Cornilleau, et épousa le 26 septembre 1641 René Chapelle. 

Armes : de gueules ou guéridon d'argent, couronné de 
même en chef-. 

GUILLAUME GUÉRIN 

lieutenant de Laval 
1426 

Il était sénéchal d'Entramnes dont il tint les pieds le 28 
octobre 1414. Il était frère de Jean Guérin qui fonda en 1396 
la chapelle dite aux Guérins, dans l'église de la Trinité. 

La maison habitée par cette famille se nommait le Proces- 
sionnal, et était située rue de la Trinité, à l'angle de la rue 
Trouvée. 

ANDRÉ GUILLOT DE LA CELLERIE 

lieutenant particulier, général 
1668-1685. 

Fils de René Guyllot, s. de Montavallon et de Simonne 
Marest. Il épousa Renée du Chesne *. 

D'abord lieutenant particulier ; puis en 1685, lieutenant- 
général. 

1. Ibid. 

2. Mém. généal., mus. 

1. Registres de la Trinité. 



- 70 — 

RENÉ HARDY DE LÉVARÉ 

juge ordinaire civil..., maire de Laval 
1690-1713. 

La famille Hardy est originaire de la paroisse du Genest. 
Emery Hardy demeurait à la Bellangerie en 1342. Robert 
Hardy vint s'établir à Laval en 1615 et se fit pourvoir d'une 
charge de conseiller au siège de l'élection. René Hardy de 
Lévaré était fils de Pierre Hardy de Lévaré et de Jeanne Mar- 
tin de la Motte. Il épousa Renée Marguerite Frin de la Chau- 
vinière *. 

« M. René Hardy de Lévaré qui exerçait depuis plusieurs 
« années à l'avantage du public l'office de juge de police 
« fut choisi par préférence en l'année 1706 pour remplir les 
« fonctions de juge civil qu'il a exercées pendant seize ans. 

« Il fut magistrat éclairé, habile, éloquent, rempli des 
a principes et des maximes du droit civil et françois, de nos 
« coutumes, de nos ordonnances et de la jurisprudence des 
« arrêts. Il possédait dans un souverain degré la science des 
« usages et des règlemens du siège. Il fut soigneux infati- 
« gable, zélé et curieux à procurer la beauté et la commodité 
« des édifices publics. Le recueil des principales sentences 
« rendues de son temps, rédigées par lui avec soin et régu- 
« larité, plusieurs règlements de police et de judicature, dif- 
« férents arrêts du Parlement qui ont confirmé ses senten- 
« ces, le feront considérer avec juste raison comme un des 
« plus grands magistrats qui ait occupé et honoré cette 
« place. Il fut le premier maire perpétuel d'après l'édit du 
« roi de 16921 

« M. Hardy de Lévaré pendant le cours de sa magistra- 
« ture fit réparer les rues de la ville et refaire à neuf les pa- 
ie vés des arrivées et sorties qui étaient auparavant imprati- 
« cables. Il fit faire la place de la porte Beucheresse, qu'on 
< nomma place Hardy, où se tient le marché des bestiaux et 



1. Mém. gêné al. mns. 

2. Pichot de la Graverie. 



— 71 — 

« cochons tous les jeudis de chaque semaine. 11 fit embellir 

« et rendre plus régulière la grande place entre les grandes 

« halles et le palais et fit faire et paver la rue ou descente du 

« roquet et la porte de l'entrée de la rue de Rivière qui était 

« autrefois très dangereuse pour le passage des charrettes 

« et carrosses. 

« On fit établir de son temps l'hôpital des incurables cons- 

€ truit et joint à l'hôpital des pauvres malades de Saint-Ju- 

« lien. On fit construire plusieurs ports le long de la rivière 

« et plusieurs lavanderies pour le blanchissage des toiles ^ » 



AMBROISE JEAN HARDY DE LEVARE 

juge de police, civil et ordinaire, maire de Laval 
1723. 

Fils du précédent. Né le 14 août 1700, mort le 10 mai 1780. 
11 épousa Renée Julienne Martin de la Blanchardière. Il fut 
installé à la place de son père le 22 février 1723 et destitué le 
14 août 1727. On lui reprochait de défendre ses droits de po- 
lice avec trop de fermeté contre les prétentions du duc de la 
Trémouille. 

« Ayant rendu, dit Pichot de la Graverie, plusieurs sen- 
« tences qui déboutaient le procureur ficsal de ses remon- 
« trances et demandes on lui remboursa le prix de sa charge 
a et il remit ses provisions. Le public désaprouva cette des- 
« titution ; M. Hardy s'acquit la confiance des habitans et 
« devint un célèbre consultant. » 

On revint pourtant à lui car le 30 décembre 1737 il fut 
nommé procureur-syndic de l'Hôtel-de-Ville et maire de 
Laval le 16 juin 1747. 



1. Ihid. — M. René Hardy fit construire le portail qui fait 
l'entrée de la rue de Rivière en l'année 1711. Il lit aussi en 1713 
abattre les mauvaises maisons ou baraques qui étaient au haut 
de la place et y fit bâtir le nouveau portail du nouveau château 
où il demeuroit et mettre les deux grilles de fer qui sont des 
deux côtés (Bourjolly, T. 2, p. 164). 



- 72 — 

Le 28 décembre 1753 dans une assemblée générale de la 
maison de ville il fut réélu maire pour trois ans. 

« Cette continuation a paru odieuse, parce que le s"" Hardy 
« s'est maintenu dans la maison de ville soit comme procu- 
« reur-syndic, soit comme maire pendant plus de douze ans, 
« ce qui est une affectation marquée. Cependant il faut con- 
« venir qu'il est capable, très laborieux et qu'il ne donna 
« lieu à aucune plainte contre son administration, si ce n'est 
« pour l'établissement du tarif ^ » 

Le 30 décembre 1756 il fut encore nommé maire pour trois 
ans, et fut le premier maire électif de Laval de 1747 à 1759. 
Ces places de maires électifs avaient été créées par un édit 
du roi en date du mois de décembre 1733. 

Armes : de sable au lion couronné d'argent accomp. de 
3 molettes de même 2et i. 



DANIEL HAY DU CHATELET 

écuyer, seigneur de la Motte, juge ordinaire, général, 

civil et criminel 

1592-1604. 

Daniel Hay appartenait à une très ancienne maison de 
Bretagne. Gautier Hay était seigneur de la Guerche et de 
Pouancé au XP siècle. Vers 1349, dit la généalogie de Quatre- 
barbes, une dame Hay de la famille du seigneur de Laval 
(Geoffroy Hay, seigneur de la Guerche et de Pouancé avait 
épousé en 1250 Anne de Laval fille de Guy VIT) fonda deux 
messes par semaine qui devaient être dites au grand autel 
de l'église de la Trinité de Laval, son fils Pierre Hay donna 
le lieu des Onglées en Bonchamp pour accomplir les der- 
nières volontés de sa mère. 

Cette fondation fut augmentée par Jehanne Hay, petite- 
fille de la testatrice, d'une rente de 7 livres. 



1. Pichot de la Graverie. — M. Hardy, maire, par une pa- 
tience à toute épreuve et par un travail assidu, vint à bout de 
faire cesser la taille et d'abolir le tarif (Guittet de la HouUerie). 



- 73 — 

En 1494, Philippe de Luxembourg, cardinal, évéque du 
Mans, transféra cette fondation dans la chapelle du château 
de Pareneau en Parné *. 

Guillaume Hay tient les pieds de la commanderie du Breil- 
aux-Francs en 1398. Pierre est sénéchal de Thévales en 1430. 
Daniel Hay était fils de Jean Hay, sieur du Plessis et des Né- 
tumières, conseiller au parlement de Bretagne en 1554 et de 
Perrine Chevalerie. 

Il fut baptisé le 20 avril 1563 et épousa en 1589, Gilette de 
Pelineuc^. 

Il eut la gloire d'avoir deux fils membres de l'Académie 
Française. 

1° Paul Hay du Chastelet avocat général au Parlement de 
Bretagne, puis maître des requêtes et membre de l'Académie 
Française. 

2° Daniel Hay de la Motte, curé d'Andouillé, doyen de 
Saint-Tugal, abbé de Cambon et académicien*. 

Armes : de sable au lion d'argent. 



RENE HENNIER 

lieutenant civil et criminel 
1508 

Fils de Jean Hennier dont nous parle Le Doyen à propos 
du mystère de Sainte Barbe joué à Bootz, en 1493. 

Il est fait mention de ce Hennier comme député du Comté 
de Laval à l'assemblée de la province réunie au Mans le 7 
octobre 1508 pour la réformation de la coutume du Maine. 
On lui reprocha, ainsi qu'à François de la Pommeraye, aussi 
député, de n'avoir pas assez défendu les intérêts du comté et 
d'avoir, malgré les droits les plus anciens et les mieux ac- 
quis, laissé admettre qu'il pouvait être divisé *. 

1. Recherches Historiques. 

2. Abbé Anis, Commission Hist., p. 499. 

3. Hist. des Comm. et Chap. de Laval, p. 51. 

4. Note de G. le Doyen. 



— 74 - 

Il était licencié ès-loix et se maria deux fois : 1° avec Per- 
rine Bouglier ; 2° avec N.... Denuault*. 
Il mourut en 1521. 

« Celuy an, sans rien denger 

« Mourut maistre René Hennier 

« Et le saiziesme de décembre 

« Tout ainsi que je me remembre ^. » 

Il habitait une maison qui dépendait du château et s'appe- 
lait le Perron des Demoiselles. 

Nous avons trouvé un Pierre Hennier qui aurait été vers 
1500, chanoine, juge de tout le Maine et l'Anjou et ayant des 
lieutenants dans toutes les villes de ces provinces. 

Un autre Macé Hennier fut commis en 1444 par le parle- 
ment pour « connoître des causes des exempts au comté de 
« Laval'. » 



FRANÇOIS-RENE D HOUILLERES 

juge des exempts 
1509. 

Il appartenait à une très ancienne famille du Bas-Maine 
connue à Laval depuis le XIV^ siècle. 

En 1503 René d'Houillères, licencié es lois, acheta de Gil- 
les de Brée les moulins à blé et à draps du Châtelier ou Jar- 
retay, situés sur la Mayenne en Nuillé-sur-Vicoin*. 

Il épousa Hardouine N. ... et eut un fils François, marié à 
Adnette Marest. Jacques Pierre et François leurs trois fils 
devinrent la souche des d'Houillères, seigneurs du Bois-Bu- 
reau, Jupellière, Maisoncelles et le Bignon ^ 

Armes : de sable à la croix pattée et laisée d'or *. 



1. Mém. généal. mns. 

2. G. le Doyen. 

3. Le Blanc de la Vignolle. 

4. Titres de Fouilloux. 

5. Hist. généal. mns. 

6. Généal. Quatrebarbes. 



— 75 — 

ROBERT DES LANDES 

licencié en droit, lieutenant général 
1567. 

On trouve son nom dans deux anciennes pancartes : Tune 
contenant des extraits des Mémoires et factums au sujet des 
droits de péages^ ménages et fenestrages : l'autre : Concer- 
nant les statuts et ordonnances de la Préi^oté de La^>al^. 

JEAN-FRANÇOIS DE LAUNAY DES CEPEAUX 

lieutenant de Laval, juge de police 
1765. 

Fils de Joseph de Launay de Montaleu, élu au siège de 
Laval ^ et de Anne le Febvre, né le 28 décembre 1697, mort 
le 21 juillet 17781 

Il était conseiller du roi, et fut reçu juge de police le 3 mai 
1765 à la place de M. le Pennetier. Il céda sa place de lieute- 
nant particulier à M. le Balleur, sénéchal de Thévales*. 

FRANÇOIS DE LAUNAY DE PINCHAULT 

Nous avons trouvé, dans les registres de baptême de Saint- 
Vénérand, François de Launay, lieutenant particulier en 
1626. Il était fils de Jean Daniel de Launay et de Marie de 
Bonnaire et avait épousé : 1° Catherine de Fleur ; 2° Margue- 
rite le Roy. 

JEAN-JOSEPH DE LAUNAY DES CEPEAUX 

juge ordinaire, auditeur de la chambre des comptes de Laval 

1781. 

Fils de Jean-François de Launay des Cepeaux, juge de 

1. Rech. hist., T. XV, p. 205. 

2. « Etant échevin il rempHt les fonctions de maire (1745-47) 
(Guittet de la Houllerie). 

3. Mém. généaL, T. I. 

4. Pichot de la Graverie. 



— 76 - 

police, et de Marie Journeil. Il naquit le 8 octobre 1731 et 
épousa Louise Duchemin du Flécheray. Il mourut le 27 avril 
1791. 

Les de Launay, seigneurs de Beaulieu, de la Ragotière, de 
Montaleu..., appartenaient à une des meilleures familles du 
Bas-Maine. Le premier de la généalogie que nous possédons 
se nommait Jean de Launay, s. de Beaulieu et vivait au XIV® 
siècle . 

Alliances : de l'Angellerie, d'Andigné, de Goué, Bérault, 
Beudin, de Farcy, Foucault, de Bonnaire, Duchemin, le 
Geay, Courte, de Perchambault. 

Armes : de sable à 3 canettes d'argent 2 et i^. 



N... LE LIEPVRE 

lieutenant à Laval 
16... 

PIERRE LETOURNEURS DE LA GUITONNIÈRE 

juge ordinaire 
1732. 

e M. Pierre Letourneurs, avocat, fut pourvu de l'office de 
« juge de police au lieu de M. Hardy de Lévaré : il a été ins- 
« tallé aujourd'hui 19 mai 1731 ^ » 

« Dimanche 14 janvier 1748. M. Pierre Letourneurs, juge 
« de police du siège ordinaire, est décédé. » 

« D'un caractère très faible et très indécis il avait négligé 
« de faire exécuter avec vigueur des ordonnances et règle- 
« ments de police. M. le Pannetier lui a succédé^. » 

Armes : d'argent au cheç^ron de gueules^ en chef 2 mer- 
lettes de sable, en pointe une tour de inême^ soutenue d'un 
croissant d'azur. 



1. Mém. généal., T. I. 

2. Pichot de la Graverie. 

3. Idem. 



- 73 - 

MICHEL LE LONG DU GENETAY 

lieutenant-général 
1717. 

Conseiller du roi, époux de Renée le Clerc est le même 
que le suivant. 

GILLES MICHEL LE LONG DE LA BESNARDIÈRE 

juge ordinaire, maire perpétuel. 
1723. 

Il naquit le 13 avril 1666, fils de noble Jacques Le Long de 
la Besnardière et de Michelle Moland \ époux de Renée le 
Clerc. 

Sa famille, originaire de Laval, était ancienne. En 1462, 
Jehan le Long, sénéchal de Laval, y tenait les assises le 14 
janvier ^. 

Alexandre le Long fut chantre et chanoine de Saint-Tugal 
en 1587. Son frère N.... Le Long était en 1597 gouverneur 
calviniste de la ville de Laval ^ 

« M. Gilles Le Long de la Besnardière succéda à M. Hardy 
« de Lévaré le 15 novembre 1723. Doué d'un esprit pénétrant 
« vif et élevé, il a soutenu le poids et l'honneur de la magis- 
« trature avec dignité. 11 se présentoit, possédoit et pronon- 
ce çoit avec une majesté et une grâce propres à le faire respec- 
« ter. 

a Généreux, libéral, il a siégé et représenté avec magni- 
a ficence. De son temps fut adopté le règlement des avocats 
« du 5 février 1724, qui sert de base et de fondement à la 
« discipline et l'union de leur corps et qui a été. reçu et exé- 
t cuté aux applaudissements et à l'avantage du public *. » 

Le 25 mai 1711 il devint maire de Laval. 

« Il y eut de son temps de grands mouvements et procès 
« à son occasion, parce que ayant voulu s'arroger une auto- 

1. Registres de la Trinité. 

2. Titres de Lencheneil. 

3. Recherches historiques. 

4. Pichot de la Graverie. 



- 74 — 

« rite très despotique et qui approchoit de la tyrannie, il 
(( donna lieu au mécontentement des principaux habitans et 
« officiers et les porta à le vouloir faire destituer de la mairie 
« et à demander un règlement pour l'administration de la 
« maison de ville*. » 

Il resta maire après avoir été contraint de donner le règle- 
ment demandé. Il dut aussi faire relâcher en leur faisant des 
excuses, M. le Geay des Astelais, lieutenant particulier ; 
Davazé et Garnier, echevins, qu'il avait fait enfermer dans le 
château de Laval, ayant obtenu un ordre de M. de Froullay, 
gouverneur de Laval, son ami et son protecteur ^. 

Le 30 mars 1736 il posa la première pierre du nouveau bâ- 
timent pour loger les vieillards à l'hospice général de Saint- 
Louis ^ 

Il mourut le 16 septembre 1739 et fut enterré à Saint-Tu- 
gal*. 

« M. Gilles Michel le Long de la Besnardière est décédé 
« sur les 3 heures après midi. 

« On peut dire à sa louange qu'il avait l'extérieur d'un 
< grand magistrat. Il se présentoit et présidoit avec grâce, 
« prononçoit avec facilité et gravité. Il ne brilloit pas moins 
« dans les repas somptueux e tdélicats qu'il donnoit de bonne 
« grâce dans les occasions qu'il se ménageoit avec plaisir. 

« Lorsque la prévention à laquelle il se livroit aisément ne 
« le faisoit pas agir, il se conduisoit par les lumières de la 
« raison et rencontroit assez juste quoiqu'il n'eût pas de 
« sciences et de principes. Il aimoit peu le travail et il étoit 
« obligé de s'en rapportera des greffiers ou commis pour 
« faire les extraits des procès dont il étoit rapporteur ce qui 
« est dangereux ''. 

Armes : d'or au lièvre d'azur courant en bande accomp. 
de 3 épées de gueules 2 et V. 

1. Pichot de la Graverie. 

2. Idem. 

3. Recherches historiques. 

4. Hist. des Comm. et Chap. de Laçai. 

5. Pichot de la Graverie. 

6. Armoriai manuscrit. — Un autre Gilles le Long, s. de la 
Troussière, conseiller du roi, fut élu à Laval ; il avait épousé Mar- 



— 75 - 



AIMERY LOUET 

juge des exempts 
1481. 

Cité dans un aveu de Chanteloup du 20 décembre 1466 
« Hemery Louet possédant la maison de la Salle *. 
Armes : d'azur à 3 coquilles d'or 2 et i^. 

PIERRE MAREST, S. DE LA TREMBLAYE 

conseiller du roi, juge des exempts 
1627-1645. 

Pierre Marest, s. de la Ragotière et.de la Tremblaye, était 
fils de Jacques Marest IIP du nom, seigneur de la Ragotière. 
Il épousa Andrée Chapelet et mourut vers 1653 ^ 

Le 30 janvier 1627 un arrêt du Parlement, rendu contre les 
officiers du Mans, maintint Pierre Marest, seigneur de la 
Ragotière en sa fonction de juge des exempts par appel et 
pour les cas royaux, en toute l'étendue du comté de Laval et 
fit défense aux officiers de la justice du Mans de le troubler et 
de l'en empêcher*. 

Le vendredi 20 juin 1614 Jacques Marest, seigneur des 
Abattants, François Bignon, s"" de la Croix, lieutenant à La- 
val, et Pierre Marest, s. de la Ragotière, donnèrent aux véné- 
rables pères Capucins la pièce de terre nommée Hoche- 
bride, pour bâtir leur église^. 



guérite Martin et mourut en 1676. Il fut enterré à la Trinité de- 
vant l'autel de la Sainte-Vierge. Au bas d'une gravure apparte- 
nant à M. X. de la Perraudière et représentant le portrait de 
J.-B. le Long et de son épouse Elisabeth Visinier, nous avons 
relevé l'écusson suivant : Le Long : d'azur au chevron d'or ac- 
compagné de trois trèfles de même 2 et 1. — Visinier, de gueules 
au chevron d'or, 2 étoiles en chef d'argent, en pointe 3 croissants 
placés 1 et 2. 

1. Rech. hist., T. XVI. 

2. Armoriai de la Mayenne. 

3. Mém. généaL, T. I. 

4. Idem, 

5. Remembrance du prieuré de Saint-Martin. 



— 76 - 

FRANÇOIS MAREST, SIEUR DE LA RAGOTIÈRE 

juge ordinaire et général, civil et criminel 
1650 

Fils du précédent. Il épousa Jacquine Fouquet de la Bou- 
chefolière K 

Il était conseiller au parlement de Bretagne et succéda à 
M. Pierre le Clerc de la Manourière. 

a II fut, dit M. Pichot de la Graverie, son digne succes- 
« seur et son imitateur. Il soutint avec vigueur et zèle Thon- 
ce neur et les droits de la justice, procura et autorisa le rè- 
a glement de 1652 et fit continuer en de justes bornes par 
a l'arrêt de 1653 les prétentions et usurpations du prévost de 
c( la Maréchaussée. » 

Nous donnerons ici le titre de ce règlement : 

« Règlement pour le faict de la justice et expédition des 
« causes de la juridiction du siège ordinaire de Laval tant de 
« ce qui était cy-devant observé que de ce qui a esté adjousté 
« par ledit règlement. » 

Imprimé chez Robert Cormier, imprimeur libraire du roi 
et de Monseigneur le duc de la Trémoïlle, il est signé : 

Marest, juge ; Le Febvre, lieutenant ; Farcy, lieutenant par- 
ticulier ; Gandin, avocat fiscal ; Moraine, syndic des avocats. 

Ce règlement contraint les avocats de se présenter à l'au- 
dience en robe et en bonnet carré ; l'entrée leur en était in- 
terdite quand ils n'étaient pas revêtus des insignes de leur 
profession. En parlant ils devaient s'abstenir de toute offense 
en parole ^. 

En 1652, François Marest, juge civil, Cazet de Grandpont 
et Julien Martin, échevins, furent députés en hâte au jeune 
Louis XIV qui assiégeait Angers, pour l'assurer de la sou- 
mission de Laval qui pouvait craindre ayant pris le parti de 
la Fronde^. 

Armes : d'azur semé de coquilles d'argent sans nombre 
à un lion aussi d'argent lampassé et armé de gueules. 

1. Mém. généal., T. I. 

2. Recherches historiques. 

3. Abbé Pointeau (Ancienne généalogie). 



- 11 - 

JEHAN DE MARTINNES 

sieur de la Galepinière, conseiller du roi au parlement de 

Bretagne, juge ordinaire de Laval 

1579. 

Nous trouvons son nom dans un titre de Patience en date 
du 6 mai 1579. 

GUY LE MAROUILLER 

« grand justicier » 
1507. 

Il figure le 4 avril 1486 comme sénéchal d'Entramnes dans 
la ratification de la vente faite le 5 août 1585 de la seigneurie 
de Briacé par Jehan Coisnon, écuyer, seigneur de Briacé et 
Guyonne d'Azay sa femme, à René Beudin procureur de La- 
val... 

Le Doyen nous signale son décès en 1507. 

« Et d'octobre dix-septiesme 

a Fust pour Laval très maulvais thesme 

« De la mort Guy le Marouiller 

a Qui estoit moult grant justicier 

« Qui les subjets en bon arroy 

« Tenoit faisant bonne justice 

({ Sans que nully fit injustice. 

« Je prie Dieu et Notre Dame 

« Qui luy face pardon à l'âme. » 

THIBAULD LE MAÇON 

juge de Laval 
1419 

JOSEPH-RENÉ MARTIN DE LA BLANCHARDIÈRE 

lieutenant de Laval 
1734. 

Fils de François Martin de la Blanchardièr», conseiller du 
roi, élu à Laval et de Renée Salmon du Griffon. Il naquit en 

6 



-n- 

1716 et mourut en 1770. Il avait épousé Thérèse le Clerc du 
Moulin K , 

« Le 4 septembre 1734 l'office de lieutenant général au 
« siège ordinaire vacant par la mort du s*" Gaultier de Mérol- 
« les fut adjugé à l'audience pour la somme de 14,000 livres 
a au s"" Martin de la Blanchardière. L'office ayant été destiné 
« par M. de la Trémoïlle à Hyérosme Salmon, M. Martin de 
« la Blanchardière a dû en faire la cession au prix de l'adju- 
« dication. On a blâmé M. Salmon qui, sûr d'avoir la préfé- 
« rence, n'avait point voulu surenchérir et avait fait perdre 
« à la famille de M. Gaultier 2,000 livres que le s"" de la Blan- 
a chardière aurait données de plus ^. » 

FRANÇOIS-RENÉ MARTIN DE LIGONIÈRE 

procureur-fiscal, juge criminel 
. 1781. 

Fils du précédent. Il épousa Marie le Clerc du Flécheray 
et mourut le 2 janvier 1797, âgé de 84 ans. 

II était avocat au parlement de Paris et subdélégué de 
M. l'intendant de Tours ^. 

Armes : d'argent au pal d'azur chargé d'un cygne d'ar- 
gent^. 

CHRISTOPHE MOUSTEAU 

lieutenant particulier et commissaire ordinaire des guerres 

1622 

RENÉ LE MOYNE DE JUIGNY 

lieutenant- général 
1712. 

La famille des le Moyne de Juigny était ancienne à Laval. 
René le Moyne, leur premier auteur, vivait dans notre cité 

1. Mém. généal., T. I. 

2. Pichot de la Graverie. 

3. Mém. généal, T. I. 

4. Armoriai de la Mayenne. 



- 70 - 

vers la fin du XV* siècle. Se^ trois fils nous sorti signalés 
par les actes qui suivent : 

1° 17 juin 1535. — Aveu de Estienne le Moyne à noble et 
puissant seigneur Louis de Feschal, seigneur de Poligny, 
pour son lieu de Priz. 

2*' 1" décembre 1563. — Foi et hommage par Gilles le 
Moyne, s' de la Roussière à Louis de Feschal, seigneur de 
Poligny. 

3** 14 août 1539. — Jehan le Moyne, esluet conseiller pour 
le roi à Laval, achète la terre et closerie du Pont-Berrain dit 
Saint-Nicolas. 

René le Moyne dé Juigny, petit-fils d'Etienne, à pris soin 
de rédiger un livre de famille que nous possédons dans nos 
archives et que nous donnerons ici. 

ECUSSON ARMORIAL DE LA FAMILLE DE MESSIEURS LE MOYNE 

DE JUIGNY 

D'oî' à trois fasces de gueules, un lion de sable brochant 
sur le tout à la queue nouée et passée en sautoir, au chef 
d'azur chargé d'une aiglette éploiée de sable becquetée et 
onglée d'argent. 

« M. René le Moyne, s"" de Juigny \ procureur fiscal du 
comté de Laval et ensuitte conseiller du roy, lieutenant géné- 
ral, civil et assesseur criminel au siège royal et maréchaus- 
sée de Laval, épousa demoiselle Marie Gigault le 24 may 
1644 de laquelle il a eu dix-neuf enfans, dont il a resté six 
garçons et trois filles. 

« L'aîné desquels est René le Moyne^ s"" de Juigny, qui a 
été pourvu de la charge de procureur fiscal en l'année 1681. 

« Le 22 avril 1682 il a épousé demoiselle Anne Cigoigne, 
fille d'Hélie Cigoigne, s*" de la Roche et de demoiselle Gene- 
viefve Bouessay. 

« 1° Ladite demoiselle Anne a acouché le 18 septembre 
1683 d'un garçon qui mourut quelques temps après le bap- 
tême. 



1. « Mort le 23 décembre âgé de 63 ans 4 mois. » 



" 8Ô - 

(( 2° Le 24 mars 1684 ladite demoiselle a acouché sur les 
huict heures du matin d'un garçon qui a eu pour parrain Léon 
Martin s"" de la Blancherie et pour marraine demoiselle Marie 
Gigault son aïeulle et a été nommé le lendemain René. 

« 3° Le 7^ mars 1685 lad. demoiselle a acouché sur les qua- 
tre heures du soir d'un garçon qui a eu pour parrain M^ Jean 
le Moyne pbre curé de Sougé, son oncle, et pour marraine 
demoiselle Anne Garnier, femme de Nicolas Cigoigne, s" de 
la Roche et a été nommé led. jour Jean- Joseph. 

« 4'' Le 9® jour de mars 1686 lad. demoiselle a acouché sur 
les sept heures du soir d'un garçon qui a eu pour parrain 
Pierre le Clerc, s"" des Gaudesches et pour marraine demoi- 
selle Magdeleine le Moyne sa tante et a été nommé le lende- 
main Pierre-René ^ 

« b'' Le 6^ jour de may 1687, lad. demoiselle a acouché sur 
les huict heures du soir d'un garçon qui a eu pour parrain 
M® François le Moyne, pbre, chanoine de Saint-Tugal dud. 
Laval son oncle et pour marraine Geneviefve Cigoigne, 
épouse du s' de la Blancherie et a été nommé François le len- 
demain. 

a 6^ Le 24 mars 1689, lad. demoiselle a acouché sur les 
quatre heures du matin d'un garçon qui a eu pour parrain 
J.-B. le Moyne, son oncle et pour marraine d^"^ Marie Cigoi- 
gne, épouse du sieur des Gaudesches et a été nommé le len- 
demain François-Jean-Baptiste. 

« 7*^ Le 30 octobre 1690, lad. demoiselle Anne a acouché 
sur les six heures du soir d'un garçon qui a eu pour parrain 
M. Pierre le Moyne, s. de la Croixille, son oncle et pour 
l^arraine demoiselle Jacquine le Moyne de la Goupillère sa 
cousine et a été nommé Pierre. 

« 8° Le 13 octobre 1691, lad. demoiselle a acouché sur les 
quatre heures du matin d'une fille qui a eu pour parrain René 
le Moyne son frère et pour marraine demoiselle Renée Bé- 
rault, fille du s' des Essars-Bérault et a été nommée Antie- 
Marie ^ 

« 9** Le 9 may 1694, lad. demoiselle a accouché à une 

1. « Mort. » 

2. « Morte. » 



- 81 — 

heure et demie du matin d'un garçon qui a eu pour parrain 
Jean-Joseph Le Moyne, son frère et demoiselle Geneviefve 
Martin, fille du s"" de la Blancherie et a été nommé Nicolas *. 

« lO** Le 7 octobre 1695 lad. demoiselle a accouché sur les 
six heures et demie du matin d'une fille qui a eu pour par- 
rain René le Moyne son frère et pour marraine demoiselle 
Renée le Clerc, fille du s' des Gaudesches et a été nommée 
Marie-Anne ^. 

« 11° Le jeudy 10 mars 1687 lad. demoiselle a acouché sur 
les huict heures et demie du soir d'une fille qui a eu pour 
parrain René le Moyne son frère aîné et pour marraine de- 
moiselle Magdelaine Martin, fille du s"" de la Blancherie et a 
été nommée Magdeleine^. 

« 12° Le mercredy 7 avril 1700 lad. demoiselle a acouché 
sur les six heures du matin d'un garçon qui a eu pour par- 
rain Jean- Joseph le Moyne son frère et pour marraine demoi- 
selle Marie Gigault son aïeule et nommé Charles- Vénérand. 

« 13^ Le jeudy 17 may 1704, lad. demoiselle a acouché sur 
les deux heures et demie du matin d'un garçon qui est mort 
à la même heure après avoir reçu le baptême. » 

Un des enfants de René le Moyne a voulu continuer ce li- 
vre de famille : mais il n'a pas eu de persévérance et n'a écrit 
que les quelques lignes qui suivent : 

« M. Jean-Joseph le Moyne, sieur de Juigny, avocat en 
parlement, a épousé le 8® jour d'octobre 1715, damoiselle 
Renée-Elisabeth Bassoin fille de M® Michel Bassoin, s. de la 
Héricoyère, avocat en la cour et siège royal de Sainte-Su- 
zanne et de damoiselle Elisabeth Sorin, sa mère. 

« Ladite damoiselle Renée Bassoin a acouché le 20 feb- 
vrier 1717 sur les neuf heures et demie du matin d'un garçon 
qui a eu pour parrain M. René le Moyne s"" de Juigny, 
conseiller du roy au siège royal de Laval son ayeul et pour 
marraine damoiselle Jeanne du Bois épouse de Jacques Bas- 



1. « Mort le 24 septembre 1714 capucin profais et enterré au 
couvent de cette ville sous la chère. » 

2. « Morte le 8 janvier 1714 rehgieuse professe au couvent des 
Hospitalières de cette ville. » 

3. « Morte le 21 janvier 1762 à neuf heures du soir. » 



- 8a - 

soin sa tante et ce pour l'absence de damoiselle Marie Bas- 
soin et a été nommé le lendemain René- Jean- Joseph. 

« Ladite damoiselle a acouché le 15 aoust 1718 jour de 
l'Assomption sur les deux heures après midy d'un garçon 
qui a eu pour parrain M. Michel Bassoin, conseiller du roy et 
son procureur au siège royal de Sainte-Suzanne son oncle et 
pour marraine dame Anne Cigoigne son ayeulle et a été 
nommé le lendemain Jean-Joseph-Michel *. 

Mémoire des anciens services que la famille de Messieurs 
le Moyne de Jaigny a eu l'honneur de rendre de pères en 
fils à l'auguste maison de la Trémouille dans l'exercice 
de la charge de procureur fiscal général du comté. 

« Feu M. René le Moyne, vivant seigneur de Juigny, a 
entré dans l'exercice de cette charge en l'année 1656 jusqu'en 
1688. Deffunt M. René le Moyne son fils lui a succédé. 

« Ledit sieur de Juigny père pendant tout le tems de son 
exercice a rendu une infinité de services considérables à la 
maison de la Trémouille. 

« Monseigneur le prince de Tarent e ayant entrepris l'ac- 
tion en cassation de contrat et d'acquest qu'avait fait M. de 
Servien de la forêt de Bouère dépendant dudit comté, que 
deffunte madame de la Trémouille luy avait vendu, il requit 
le sieur de Juigny de faire tous les contredits des usages que 
les particuliers prétendaient dans cette forêt, ce qu'il fît, sol- 
licita le procès à la cour et obtint un arrest au mois de sep- 
tembre 1666 au rapport de M. Colbert par lequel on est ren- 
tré dans la possession de cette forêt. 

« Ledit sieur de Juigny a fait un papier terrier des neuf 
chastellenies qui composent ledit comté, au moïen duquel il 
a fait revenir tous les sujets qui de temps immémorial s'en 
étoient soustraits et les a fait obéir et reconnoître les rentes 
et devoirs dont il en est revenu des sommes considérables à 
la recette dudit comté. 

« Ledit s"" de Juigny a passé, désintéressement, plus dé cinq 

1. « Mort le 27 aoust 1718 et inhumé dans le cimetière de la 
paroisse de Changé » 



- 83 - 

années à la confection dudit papier terrier pour lequel Mon- 
seigneur le prince de Tarente lui avoit promis 3000 liv. qu'il 
n'a pas exigées. 

a Les huissiers de la chambre des comptes de Paris venoient 
tous les ans à Laval pour saisir led. comté faute d'aveu au 
roy, le sieur de Juigny en a fait un conforme au temps et état 
de la seigneurie du comté de Laval. 

« Ledit sieur de Juigny lors de la révocation du droit de 
nomination aux offices royaux dudit comté alla trouver à 
Tours M. de Ribère intendant qui persistait à la révocation 
de ce droit ; après plusieurs conférences il fit en sorte que 
ledit intendant donna son consentement pour la confirmation 
de ce droit sur lequel est intervenu le dernier arrest qui le 
rend incontestable. 

« Ledit sieur de Juigny a géré toutes les affaires particu- 
lières de monseigneur le prince de Tarente dans ledit comté, 
a reçu et t-enu compte de 56214 liv. sans en avoir emploie un 
sol dans ledit compte pour ses peines et a été le plus souvent 
en avance de 3 ou 4000 livr. et au 6 juin 1668 il consigna pour 
M. le prince de Tarei^te une sommt de 2183 liv. de ses pro- 
pres deniers sans qu'il ait été payé des intérêts qui lui es- 
toient deubs jusqu'au 4 mars 1673. 

« M. le prince de Tarente estant à Boislerue d'où il ne pou- 
voit sortir faute d'argent pria ledit s"" de Juigny de lui prester 
la somme de 10700 liv., il la luy fit toucher dès le premier 
ordinaire du courrier, cette somme n'a été rendue que deux 
ans et demy après. M. le prince de Tarente, madame sa 
femme, M. le comte de Laval, abbé, M. le duc de la Tré- 
moïlle passans ordinairement à Laval et y sejournans, ont 
toujours été dans la maison du s' de Juigny où il les a receus 
et toujours noris avec leur train et équipage. 

« Madame la princesse de Tarente y a demeuré malade 
pendant deux mois et huit jours et y avait toute sa maison 
avec elle. » 

JACQUES NEPVEU DES SALES 

avocat au parlement, lieutenant général 
1609. 

Cité par le Blanc de la VignoUe. 



- 84 - 

PIERRE NOURRY, S. DE FOUGEROLLES 

conseiller du roi, lieutenant de Laval 
1618 

Pierre Nourry, s. de Fougerolles, gentilhomme dans la 
maison du roi, était fils de Pierre Nourry, arquebusier et de 
Marguerite Gandouin. Il épousa demoiselle Louise le Long 
et fut assesseur de la maréchaussée de Lavais 

JOSEPH LE PENNETIER DES SALLES 

juge de police 
1748 

Fils de Urbain-François le Pennetier des Salles, avocat au 
Parlement, bailli d'Ernée, et de Marie Fourreau, enterré aux 
Cordeliers le jeudi 5 avril 1736. 

Il succéda dans la charge de juge de police à M. Pierre 
Letourneurs. 

« Le 23 mars 1748, M. Joseph-François le Pennetier, s. 
« des Salles, avocat au Parlement, a été reçu et installé dans 
« l'office de juge de police au siège ordinaire. 

« Il a été fait plusieurs compliments. Le sien a été bien 
« débité et a eu les applaudissements de tout le monde. 
« Après avoir prononcé son installation, je me suis contenté 
« de lui dire : Venez, monsieur, remplir une place qui vous 
« a été donnée avec distinction, où le public vous a souhaité 
« avec ardeur et que vos confrères seront charmés de vous 
« voir posséder à l'avantage de leurs concitoyens. 

« Il refusa que les tambours de ville et les gardes le rame- 
« nassent en sa maison, afin de ne pas renouveler les anciens 
« chagrins de M. Hardy, maire, qui a été autrefois destitué 
a de cet office. Cette politique et ce ménagement furent très 
« approuvés. » 

« Sur l'ordre de Madame la duchesse de la Trémouille, il 
« fit étalonner à Paris tous les poids et mesures nécessaires 
« pour le service de la ville, sur les patrons de la ville de 
« Paris. On les déposa au greffe du siège ordinaire (1748). 

« M. Joseph le Pennetier, juge de police, est décédé, non 

1. Registres de Saint- Vénérand. 



— •85 — 

« marié le 3 mai 1765. Le public a fait une perte irréparable. 
a II était intègre et désintéressé, très zélé pour l'intérêt du 
« commerce et des manufactures et pour la conservation de 
« la police de cette ville. 

a Les ordonnances de police qu'il a rendues, les règle- 
« ments qu'il a fait rédiger, publier et imprimer qui règlent, 
« constatent et ajoutent les poids et mesures, les aulnes, les 
a boisseaux du minage et du marché, les fonctions qu'il a 
« décorées et innovées en sont des monuments authentiques 
« et doivent conserver sa mémoire à la postérité. » 

« Tous les officiers du siège ordinaire ont assisté à sa sé- 
« pulture. M. René Seigneur, doyen, portait le sceau et qua- 
« tre avocats les cornières du drap mortuaire. M. Jean de 
« Launay des Scepeaux lui succéda *. » 

Armes : d'argent à une gerbe de blé de gueules liée d*ar^ 
gent ^. 

RENÉ PICHOT DE LA GRAVERIE 

conseiller du roi, juge ordinaire civil, procureur du roi au 

siège des traites foraines de Laval 

1745. 

Les Pichot sont originaires du Buret ou Juliot Pichot habi- 
tait en 1399 le lieu de la Marchandière. Il en rendait aveu à 
la châtellenie de Meslay le 22 février dans un aveu conservé 
au trésor du château de Laval ^. 

M. René Pichot de la Graverie naquit le 17 septembre 
1690 de M. René Pichot de la Graverie et de demoiselle Renée 
Hardy. Son parrain fut François Hardy de la Bellangerie ; 
sa marraine : dame Françoise le Clerc *. 

Il épousa, le 22 avril 1720, demoiselle Marie Guays, fille de 
François Guays, s. du Flécheray, avocat et de Françoise 
Chasteigner. M. Bureau, curé de la paroisse, les maria. Marie 
Françoise Pichot, sa fille, épousa le 16 décembre 1739, Mi- 

1. Pichot de la Graverie. 

2. Armoriai mns. 

3. Mém. généal. t. 4. 

4. Registres de la Trinité. 



- se - 

chel-Jean du Mans, écuyer, seigneur de Chalais, du Bourg- 
l'Evéque et de Simple \ 

Il succéda en 1745 à M. Daniel Gaultier de la Villeaudray. 
M* la duchesse de la Trémoïlle lui accorda d'entrer gratuite- 
ment dans la charge de juge ordinaire et le nomma en même 
temps sénéchal de toutes les baronnies du Comté. 

Lors des troubles qui eurent lieu à Laval pendant l'admi- 
nistration de M. le Long, les habitants de Laval le députè- 
rent à Paris avec M. Hardy de Lévaré pour demander la 
liberté des prisonniers retenus injustement, et soutenir les 
intérêts de la ville en demandant un règlement pour l'admi- 
nistration de la maison de ville et la libre nomination d'un 
maire. M. Pichot était un avocat et un jurisconsulte distingué ; 
il a laissé plus de quinze volumes in-folio presque tous écrits de 
sa main. Ce sont des recueils de sentences, d'arrêts, de mémoi- 
res, consultations, plaidoyers, etc. et plusieurs généalogies. 
Il a su recueillir et conserver les matériaux de notre histoire 
locale. Son recueil de sentences est parsemé d'anecdotes sur 
les familles, la ville, les paroisses, les fabriques et les hôpi- 
taux ^. 

Nous reproduisons ici ce qu'il dit de lui-même dans son 
recueil de sentences : 

a Janvier 1727. — J'ai remarqué qu'il m'était plus avarita- 
« geux d'employer à l'avenir mon travail et mon étude du 
« matin depuis cinq heures jusqu'à sept heures à travailler 
« sur les questions de droit qui me sont proposées ou qui se- 
« ront agitées dans les conférences et à répondre aux mémoi- 
« res des consultations, dont j'insérerai les décisions avec les 
« principales raisons et moyens de droit dans ce recueil, 
« ayant reconnu par expérience que c'est l'étude la plus utile 
({ et la plus nécessaire pour ma profession et de donner le 
« reste de la journée à l'instruction des affaires du palais. » 

Il continue ainsi : 

a Maître René Pichot de la Graverie était né en 1690. Il 
a commença l'étude du droit françois et la pratique du palais 
« à l'âge de 18 ans. Il travailla dans l'étude de MM. Gougeon 



1. Mém. généal , t. 4. 

2. Hist. des Comm. et Chap. de Laval, p. 295. 



- 87 — 

et Jamau avocats à Angers. En 1712 il fut reçu avocat au 
siège ordinaire du Comté-Pairie de Laval ; il venoit d'obte- 
nir ses licences en l'Université d'Angers, au mois de juin 
de la même année. 

« Le 27 décembre 1727 lors de son voyage à Paris en qua- 
lité de député des habitants de la ville de Laval pour sou- 
tenir le procès du règlement de l'Hôtel-de-Ville contre 
M. le duc de la TrémoïUe et le s"^ le Long juge civil, il fut 
reçu avocat au Parlement de Paris. 

« En sa qualité de député il eut plusieurs audiences de 
M. le Cardinal de Fleury, premier ministre, de M. le comte 
de Saint-Florentin et de M. le Pelletier des Forts, contrô- 
leur général. Il remplit la même mission en l'année 1729 et 
obtint le 20 |août un arrêt du conseil. Il a laissé une rela- 
tion très détaillée de ses deux voyages. 
« M. le duc de la Trémoïlle le chosit et nomma sénéchal de 
plusieurs châtellenies dépendant du comté ; Montjean, 
Courbeveille et la Gravelle. Il le fut aussi des châtellenies 
de Ruillé à M. de la Planche, de la Patrière à M. Berset, 
juge criminel, de l'Epéchère à M. Foureau ; d'Andouillé, 
du Bois-Thibault, des fiefs de Maritourne, des Essard? , de 
Pannard, de la Jarossais, du prieur d'Avesnières, de Beau- 
vais, du Manoir, des Touches, du Bois-Bureau, de la Salle- 
Glatigny, de Gresse et de Saint-Céneré. 
< Il fut procureur fiscal des châtellenies de Chemeré-le- 
Roy, des fiefs de Sainte-Catherine, de Saint-Tugal, de la 
Houssaye, de la Rongère, de la Villeaudray, de la Trous- 
sière et du Port-Raingeard. 

« Les avocats le nommèrent sindic de leur communauté le 
19 mai 1728 ; il y fut continué pour trois ans le 19 mai 
1731. Il fut nommé directeur de l'hôpital général le 20 août 
1728 et continué pour quatre ans le 12 septembre 1732. 
« Reçu le 17 décembre 1728 avocat au siège royal. En 
1730 il obtint des provisions de l'office de conseiller et pro- 
cureur du roy au siège des traites de Laval et fut reçu, par 
M. de Farcy de Mué, président du siège. 
« Le 7 juillet 1737 il fut nommé procureur marguiller de la 
paroisse de la Sainte-Trinité de Laval. 
« Le 17 may 1745, il fut reçu juge civil et maire de Laval. 



« Par jugement souverain rendu à Tours le 13 décembre 
« 1752 il fut renvoyé absous de l'injuste et téméraire accusa- 
« tion intentée contre lui. Par un autre jugement souverain 
« rendu à Tours le 11 juin 1754, les faux-témoins qui l'a- 
« valent accusé furent condamnés à faire amende honorable 
« et à être marqués et à 9 années de galères. » 

En 1755, M. Pichot de la Graverie fut nommé secrétaire et 
président d'un cercle de société fondé pour neuf ans dans 
une propriété située rue des Chevaux, et appartenant à 
M. le Clerc de Vaumorin*. 

M. Pichot de la Graverie mourut en 1768. 

Armes : d'azur à Voiseau essoi-ant d'un nuage au centre 
de Vécu^ regardant un soleil d'or posé à droite une mer 
d'argent en abîme ^. 

ROBERT PINCZONNEAU, S. DE LA BROCHARDIÈRE 

lieutenant particulier 
1556. 

Nous relevons son nom comme témoin en 1556, le 12 mars, 
d'un accord passé entre Anne de Cotteblanche, mère abbesse 
de Patience, et Jacques Gaulchery'. 

Le 18 février 1567 il signe une Pancarte concernant les 
statuts et ordonnances de la Prévôté de Laval. 

Il fut député par les gens du Tiers-Etat de Laval aux Etats 
généraux de 1560. Il était chargé avec Estienne Journée, 
Jean Bodier, Jean Gesland, Thomas Duchemin, Jacques Ma- 
rest, PierreAudouin et François Arnould de présenter le 
cahier des doléances *. 

Son père fut élu à Laval : G. le Doyen nous apprend sa 
mort en 1525 : 

« Incontinent et peu après 

« Robert Pinczonneau eust l'accées 

a Luy et sa femme prindrent fin 

1. Guittet de la HouUerie. 

2. Mém. généal., T. 4. 

3. Rech. hist., T. 15. 

4. Rech. hist., T. IS. 



- 89 - 

« Il estoit saige homme et affm 

a De Monsieur et de son conseil. 

« Honneste homme estoit à merveil 

a Et mourut esleu de Laval 

« Dieu garde leurs âmes du mal. » 
Il épousa Renée Tartroux vers 1540^ et eut un fils 
Pierre Pinczonneau de la Brochardière « qui a laissé des 
« poésies manuscrites qui sont restées dans le cabinet de 
« M™® de Poligné, près Laval, surnommée de Beaumanoir, 
« sœur de M® de Lavardin, à laquelle il les avait dédiées *. » 
Sa fille Jehanne épousa Adam le Camus, écuyer '. 

RENÉ DE LA PORTE, S. DU MANOIR 

juge ordinaire civil et maire perpétuel 
1684 

Fils de Jean de la Porte, seigneur du Manoir et de Marie 
Cazet ; il épousa Jeanne Greffin et mourut le 7 septembre 
1706*. 

Une de ses sœurs, Marie-Angélique, avait épousé le 22 
avril 1671 Louis-Joseph, comte de Montécler, gouverneur de 
Laval en 1672 ^. « René de la Porte devint juge civil ordi- 
« naire en 1684, la charge de juge criminel et de police ayant 
« été distraite par lettres patentes de 1683. 

« Pendant vingt-deux ans que donna son gouvernement, 
« il donna des preuves éclatantes d'un jugement profond et 
« solide et d'une droiture à l'épreuve de toute prévention, 
« d'un désintéressement parfait et d'une régularité de 
« mœurs qui ne se démentit jamais. 

« Il concourut à procurer le règlement de la manufacture 
a des toiles de Laval de l'année 1688, l'établissement de 
« l'Hôpital général dont il fut le premier directeur, et l'arrêt 



1. Registres de Saint- Vénérand. 

2. La Croix du Maine (note de G. le Doyen). 

3. Registres de Saint- Vénérand. 

4. Mém. généal., T. 4. 

5. Ibid. 



- 90 - 

a du Parlement contre des juges consuls d'Angers du 17 août 
« 1697*. » 

René de la Porte était capitaine du château et colonel de 
la milice. 

Armes : de gueules à trois merlettes d'argent 2 et i^. 

JACQUES RAHIER 

juge ordinaire 
1574. 

Il est cité le 23 juin 1589 dans un aveu de François de By- 
ragues pour Entramnes à Ghâteau-Gontier. 

(Nous prions le lecteur de se reporter aux Enquesteurs de 
Laval, p. 224). 

PIERRE SÉVIN DE LA RIVIÈRE 

juge ordinaire et criminel, lieutenant général 
1678-1709. 

Fils de Marin Sévin, écuyer, prévost de la ville de Laval. 
Mort en 1709. 

Nous trouvons son nom comme signataire, avec Anne le 
Clerc, son épouse, dans un procès causé par le testament de 
François le Clerc, s. de Linières, frère servant d'armes de 
l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel, décédé le 8 octobre 
1667 à Paimbœuf-sous-Nantes au retour de ses caravanes *. 

Armes : d'azur à la gerbe d'or liée de même. 

JEAN SIMON, s*" DU TERTRE ET DU PLESSIS 

Maire de Laval 
1420. 

Il appartenait à une ancienne famille de Laval alliée aux 
Frezeau, de Thubœuf, d'Orvaux, Pasquier, de la Porte, le 
Balleur, du Coëtlosquet, etc., etc.... son petit-fils. Jacques 

1. Pichot de la Graverie. 

2. Hist. des Comm. et Chap. de Laval, p. 128. 

3. Le Blanc de la VignoUe. 



I 



- 91 - 

IP Simon du Tertre est qualifié d'écuyer à son mariage avec 
Roberde d'Orvaux, le 29 avril 1479. 

Armes : D'argent à une montagne de sinople accompa- 
gnée en chef d'une scie de sable sciant cette montagne ^. 

AMBROISE TARTROUX 

lieutenant particulier 
1532. 

Il épousa Jeanne des Montils. 

G. le Doyen nous apprend la mort de son père Jean Tar- 
troux en 1508. 

« Et l'uytième du moys d'octobre 

« Fust ung jour qui assez fust sobre ; 

« Car cil Atropos, ung matin, 

« Rendit à Jehan Tartroux la fin 

« Homme notable et de conseil 

« Devant Dieu soit son appareil. » 

FRANÇOIS TARTROUX 

lieutenant ,génér al 
1568. 

Il fit la convocation des trois états du comté de Laval, le 
31 septembre 1576 pour les Etats généraux ouvers à Blois le 
6 décembre 1576 ^ 

Son fils Pierre Tartroux fut archidiacre de Laval en 1601. 

PIERRE TOUSCHARD 

lieutenant- général des exempts 
1624. 

Fils de Claude Touschard receveur des traites et de René 
Martin. Il naquit en 1597 et épousa Marie Arnould ^ 

1. Mémoires généalogiques, "ï. IV. 

2. Rech. hist., mns. 

3. Registres de la Trinité. 



AMBROISE TOUSCHARD 

conseiller du roi, juge des exempts, juge royal à Laval 
1656. 

Fils du précédent. Il naquit en 1630 et épousa Marie le 
Clerc*. 

Nous trouvons son nom : 

En 1662. Dans un arrêt du conseil des officiers du siège 
ordinaire de Laval en date du 9 mai ^. 

En 1672 . Le Blanc de la Vignolle le cite au nombre des 
officiers du tribunal des exempts ^. 

En 1685. Dans une sentence rendue le 3 avril, donnant à 
demoiselle Anne Guillot la possession de la chapelle de la 
Caillebourdière *. 

En 1697. Dans un aveu du Prieuré de Saint-Martin pour 
des terres et jardins situés à la Pirauderie et à la Valette 
(rue du Lycée ^) . 

Il portait comme armoiries : d'argent à une bordure d'a- 
zur chargée de ces deux mots : unica virtus. 

PIERRE TOUSCHARD DE SAINTE-PLENNE 

juge royal 
1736. 

Fils du précédent. Marié à Anne Chapelet et à Rose Du- 
chemin. Mort en 1739 le 18 avril ^ 

Il était notaire à Laval et laissa sur le chapitre du Cime- 
tière-Dieu ou Saint-Michel un mémoire composé pour un 
procès entre ce chapitre et le prieur de Saint- Vénérand '. 

{La fin à la prochaine livraison). 

Louis DE LA BeAULUÈRE. 

1. Ibid. 

2. Rech. hist., T. 9, 13, 14, 17. 

3. Ibid. 

4. Ibid. 

5. Ibid. 

6. Registres de la Trinité. 

7. Comm. et Chap. de Laval. 



NOTICE 

SUR LES SEIGNEURS DE VAUTORTE 

(Fin). 



IV 



SUITE DES SEIGNEURS DE VAUTORTE. DEUXIEME ET 

TROISIÈME BRANCHES DE LA MAISON DE LA PERRIÈRE 

Simon Auvé, chevalier, seigneur de Sougé, de Brous- 
sin, de la Perrière et de Vautorte, « constitue, nomme, 
ordonne et establit, en 1463, ses bien amez Jehan de 
Beaumont escuyer, Johan Thabort, Pierre de Launay, 
pour estre ses procureurs à rendre foi et hommage aux 
seigneurs de Bazeilles et de Daviet. » 

Le vieux serviteur du roi d'Angleterre fut donc 
comme par le passé propriétaire de Vautorte, ou au 
moins le chargé d'affaires au nom des héritiers après la 
mort de Marguerite qui dut arriver cette année-là 1463. 
Cette dernière opinion doit être la vraie, puisque le 
testament de Marguerite rapporte par quelques-unes de 
ses expressions, son héritage aux de la Perrière. Au- 
cune des généalogies de cette famille n'a pu éclairer au 
sujet de ses héritiers. Elle-même n'y est pas nommée. 
Cherchons-les toutefois. 

Le testament de Marguerite nous révèle d'une ma- 
nière certaine son principal héritier. Il est dit dans le 

7 



— 94 — 

codicille du 16 septembre 1463, à son testament du 15 
octobre 1462 : « Item je veil et ordonne que mon livre 
« soit baillé à la femme de Collinet de la Perrière 
« pour le garder à lasge de son filz aesné qui sera 
« mon héritier pour prier Dieu pour moy. » Gomme 
Marguerite, dame de la Perrière et de Yautorte, dans 
son testament non plus que dans le codicille, ne dispose 
nulle part de sa fortune en général, il est évident que 
l'ensemble de son héritage va aux parents naturels, et 
que son héritier principal est un mineur, fils aîné de 
Colin ou Nicolas de la Ferrière, et aussi tout Faîne de 
la noble maison de la Ferrière. 

Cet héritier et son frère, il en avait au moins un, Ro- 
bert de la Ferrière, demeurèrent sous la directe de tu- 
teurs et exécuteurs testamentaires : ils étaient au moins 
deux de la famille Auvé, et c'est pour cela sans doute, 
comme aussi dans les intérêts de sa propre maison, 
que Simon Auvé s'occupa en 1463 de la seigneurie de 
Vautorte qu'il traitait comme sienne. 

Douze ans plus tard, cette terre était en déshérence, 
probablement par la mort du jeune La Ferrière, ou par 
celle de Simon Auvé. Les documents nous abandon- 
nent quelque peu ici. Mais quoi qu'il en soit la mort en 
cette année ou peu auparavant, du seigneur de Vau- 
torte, occasionna des embarras. Par sentence donnée 
es assises de Mayenne le 4 octobre 1474, Pierre de 
Pannart, sénéchal, Pierre de Gotteblanche, lieutenant 
de monsieur le bailly, rendirent ses droits sur Vautorte 
au sieur de Daviet, noble homme Hugues d'Arquené, 
escuyer, à cause qu'il avait observé par Denys Sergent 
son procureur, « que partye de la terre de Vautorte te- 
« nant de luy est depuys cheues en rachact. . . . que 
« toute la terre de Vautorte avait été prinse et saisie 
« en la main de monsieur^. » 

1. Archives de Fresnay, Bourgneuf-la-Forêt. 



- % - 

Peu après, toute la seigneurie était rentrée dans son 
état normal et se trouvait entre les mains d'un des fils 
de Colin de la Perrière, nommé Bertin, autrement Ro- 
bert de la Perrière. 

Il importe de reprendre la généalogie d'une aussi 
intéressante famille, à commencer par le grand père de 
ce Robert. 

Gaultier de la Perrière, chevalier, seigneur en 
partie de la Perrière, l'un des fils cadets de Jean, sei- 
gneur de la Perrière et de Vautorte et de Jeanne de 
Mallemains, dame de Saint-Hilaire-du-Harcouët, bien 
loin d'imiter du Guesclin son parent, son frère aîné Ro- 
bert, et Bertrand de la Perrière son autre frère, l'un 
des plus braves amis et compagnons d'armes d'Am- 
broise de Loré, se jeta dans le parti des Anglais. En- 
fants perdus de la révolution d'alors, les cadets de 
famille, d'une humeur souvent batailleuse, cherchaient 
fortune en se faisant chefs de bandes. Notre Gaultier 
se maria très tard, le 2^ ioiir de feuhvrier lan IkTl 
avec Lyomielle de Pacy^ fille d'Anioult de Pacy^ sei- 
gneur de Clerc. « Iceluy Gaultier fut pris à la bataille 
« de B auge par la Frayètte général de l'armée du 
« roy de France^ comme il se voit par lacquit de sa 
« rançon^ signée du Buart et scellée^ en datte du 3 
« ianvier 1^23. Iceluy Gaultier se qualifie gouverneur 
« de Mante pour le roy Dangleterre. Il ut de Lyon- 
nelle de Pacy ^ : 

1. Dans ces mêmes années, un frère de Gaultier, Bertrand de 
la Ferrière, servait en héros le parti français. En 1429 Messire 
Ambroise de Loré, chevalier, conduisit des vivres et des habille- 
ments de guerre en la ville d'Orléans, ainsi que Bertrand de la 
Ferrière (Abbé Desroches, p. 345). On sait que Jeanne d'Arc, as- 
sistée de nos preux, fit lever le 8 mai le siège que les Anglais 
faisaient subir à cette ville. — Le 25 du mois de septembre 1429, 
Bertrand de la Ferrière, Raoul du Bouchet, seigneur de la Haie 
de Torcé et de Méral, et Jean de Villiers du Hommet. seigneur 
du Hommet, de la Bérardière en Méral, de Saint-Péan alias 




- 96 - 

1^ Nicolas, autrement Colin, ou Collinet de la Per- 
rière, qui suit : 

2^* Ghristofle de la Perrière, seigneur de Cuves, puis 
de la Perrière ; 

3" Jean, seigneur de Vautorte, eut pour fils aîné Guy 
de la Perrière, seigneur aussi de Vautorte. Les titres de 
Presnay, où je prends ces renseignements, indiquent au 
juste les qualités des deux frères Christophe et Jean, 
par rapport à Vautorte : Christophe était seigneur de la 
Perrière et de Vautorte ; Jean et son fils aine Guy 
étaient seigneurs usufruitiers de la même terre. Jean 
de Vautorte épousa Marie d'Aron. En 1483 le pénultième 
jour de mars, ils acceptent de Raoul Le Porc, seigneur 
de Charné, de Baseilles et de la Tour-Eumond, la 
somme de 120 livres pour l'amortissement de la taille 
due à Vautorte par la Tour-Eumond, par devant Jehan 
de Vahaie, notaire de la cour d'Ernée. Cette taille était 
de huit livres ^ 

Messire Pierre Le Porc, chevalier, seigneur de la 
Tour-Eumond, avait rendu son hommage à la dame de 
Vautorte '^. Le 3 avril 1486, foi et hommage de Jean Le 
Porc pour la Tour. Le 16 août 1500 foi et hommage de 

S. Poix près de Méral, etc., reprirent par adresse sur les Anglais, 
la ville de Laval, que ceux-ci avaient enlevée le 9 mars de 
l'année précédente. Pendant qu'ils en étaient maîtres, ils 
avaient Brûlé les châteaux de Saint-Ouen, de la Gravelle et 
de Montjean, au mépris d'une trêve conclue (D. Piolin, 5, 
p. 92). Les noms sont mal écrits : je les ai rectifiés dans l'inté- 
rêt de notre histoire locale. — Bertrand de la Perrière avait 
assisté à la défaite des Anglais devant Sainte-Suzanne au Maine 
avec Ambroise de Loré a et à la prise de la ville du Mans 
« (1^26), par le seigneur d'Orval conducteur de l'armée du roy 
« de France comme Von voit par la composition desdicts habi- 
« tans du Mans qui rendirent la ville, et est signée en papyer 
« dudict F. (G.) a'Orval, de Loré, de la Ferrière, G. de Bouille^ 
« R. de Goé, A. Daverton et autres tant François qu'habitans. » 
(Généal. manuscrite de la Perrière). Lepaigne, II, 164, ajoute les 
noms de La Hire, de Bueil, des Groix-Tussé. 

1. Archives de Presnay. 

2. Ibid. C'était à Marguerite de la Perrière. 



- 97 — 

Guy de Bourgon pour François Le Porc dont il était tu- 
teur, pour la Tour. 

4^ Robert de la Perrière, marqué dans la généalogie 
manuscrite comme frère aîné de Jean et frère cadet de 
Christophe, enfants de Gaultier et de Lyonnelle de Pacy. 
Rien de plus sur son compte. 

b'' Henriette de la Perrière, mariée à Guy Achard, 
seigneur de Clessy K 

COLLINET ou NICOLAS DE LA PeRRIÈRE, écuycr, 

épousa noble damoiselle Perrette Le Viconte, dame du 
Boishibout, Deuillée-le- Vicomte, près Lisieux, et du 
Mesnil-le-Vicomte. Elle était veuve avec plusieurs en- 
fants dès l'époque du testament de Marguerite de la 
Perrière, 1463, et est signalée en le même état et con- 
dition dans un contrat de bail à rente du 29 juin 1482, 
qui n'a d'intérêt pour nous que ces circonstances et les 
noms des témoins, savoir, Ambroys de Langrunière, 
seigneur dudit lieu, Jehan Boussapeie et Jehan de la 
Perrière, seigneur de Vautorte, et Michel Coullange, pa- 
roissiens de Vautorte. Passé en cour d'Ernée. (Par- 
chemin 2), 

Robert III de la Perrière, écuyer, seigneur dudit 
lieu et de Vautorte, etc., ne put avoir d'enfants pour les 
raisons qui vont paraître ci-après. Nous le prenons, à 
cause de ses qualités et du testament précité, pour le fils 
et principal héritier des précédents, et le principal héri- 
tier de Marguerite de la Perrière. Il fut marié avec de- 
moiselle Marie de Bures 3. 

1. Généal. man. 

2. Papiers de la Perrière. Cabinet de l'auteur. 

3. D'une famille du Maine, baronnie de Sillé, qui a fourni de 
très illustres croisés. Ils étaient de Neuvy en Champagne (Sar- 
the) où était leur château de Bures. Eudes de Bures fut l'un des 

flus illustres abbés de la Couture sous l'épiscopat d'Hildebert. 
1 avait un Guillaume de Bures parmi ses religieux. Hugues de 
Bures, chevalier, 1210, Guillaume de Bures, 1224, paroissiens de 
Neuvy en Champagne, donnent des chartes en faveur de la même 
abbaye. 



- 98 - 

« Le V® jour de desembre lan mil IIIP*^ sixante et 
saize, Julien Lebir garde des seaulx des obligations de 
la viconté de Damffront au Passais, par devant Guil- 
laume Gaudin et Jehan Hesnart, tabellions jurés, fai- 
sait connaître que noble et puissant signour Robert de 
la Perrière, signour du lieu, mary et espous de noble 
et honnouré damoisselle Marie de Bures, iceluy es- 
cuyer, signour de Bures et de Neusille, par raison de 
ladite damoiselle... voyant et évidemment cognoissant 
que icelle damoiselle na auchunement bon vouloir de 
soy aprocher et venir demourer ovaiques luy sur ses 
terres et signouris ou en auchunes de icelles ne au- 
chunement accomplir la loi et promesse du mariaige 
faict et consommé entre eulx et mesmes que icelle da- 
moiselle a resceu et mis à son proffis ainsy que bon 
luy a semblé lespace de quinze ans touttes les rentes 
de iceulx ses héritages sans que celuy escuyer en ayt 
eu quelque chose combien quil ait somme et fait re- 
quérir icelle damoiselle de obéir et entendre aux cho- 
ses dessus dictes... révoque et du tout annule la pro- 
curation qu'il lui avait donné pour iceulx ses biens, et 
choisit pour ses procureurs généraulx et certains mes- 
saigers especiaulx cest asavoir Ghristofle de la Per- 
rière, Jehan de la Perrière, Guillaume de Palaisse, 
Guillaume de la Palu, Guion de Neusille tous escuiers 
et misire Jehan Grosse prebtre et Guillaume Gaudin *. » 



SECONDE BRANCHE CADETTE DE LA MAISON DE LA 
FERRIÈRE ; SEIGNEURS DE VAUTORTE 

Christophe de la Perrière, écuyer, seigneur de la 
Perrière, Vautorte, etc., second fils de Gaultier de la 

1. Pièce en parchemin signée G. Gaudin.: Titres delà Ferrière. 



- 99 - 

Perrière et de Lyonelle de Pacy, avait été seigneur de 
Cuves, d'abord comme premier cadet de sa maison, 
avant d'en être le chef et principal héritier. Depuis 
longtemps déjà sa branche avait la jouissance de Vau- 
torte et Jean, son frère, y demeurait et en jouit ainsi 
que Guy de la Perrière, son fils, comme seigneurs usu- 
fruitiers, ainsi que cadets nobles observent les titres, 
mais assurément sous le parage de Robert. Toutefois, 
nous l'avons vu, Jean de Vautorte usait assez librement 
de la seigneurie et plus tard certains de ses actes furent 
cassés. Christophe, devenu le seigneur de la Perrière, 
prit les deux tiers de Vautorte et laissa l'autre tiers à 
Jean, puis à Guy : les héritiers de Christophe, ses en- 
fants, ne tardèrent point à reprendre possession de toute 
la terre tant par procès qu'arrangements de famille. 

Christophe de la Perrière fut marié, l'an 1463, avec 
Simeonné d'Harenville, fille d'Alain de Harenville, sei- 
gneur de la Ferté-Presnay. On lit aux archives de Goué, 
dans un contrat en parchemin passé en cour de Bourg- 
nouvel, que noble homme Jacques de Harenville s'ac- 
quitte, le 7 avril 1513, d'une somme de sept vingt-sept 
livres dix sols dont il était redevable à noble homme 
Guyon de la Perrière, qui alors demeurait en la ville de 
Lentriglee au duché de Bretagne. Ce titre prouve que 
les généalogistes qui ont écrit que Christophe épousa 
une de Haranvilliers ont commis une erreur. 

Ils eurent pour enfants : 

l*' Bertrand de la Perrière, qui suit. 

2" Jean de la Perrière, s. de la Boucherie et Rouillon, 
duquel descendent les seigneurs de Vernie, barons d'Am- 
brières. 

3** Ambroise de la Perrière, marié à Guillemine d'Ho- 
zier, de laquelle il n'eut aucun enfant puisque ses biens 
furent partagés entre Bertrand, Jean et Robert ses 
frères : il était seigneur de Vaulandrons et de Creville. 

4'* Robert de la Perrière, seigneur de Cuves, marié 



— 100 - 

à Cécile Paisnel, fille de la maison de Hambie et Ser- 
von, l'an 1488. 

5** Françoise, mariée à Samson Turquet, seigneur ba- 
ron de Lucé et de Tessé-sous-Andaine, Fan 1489. 

Bertrand de la Perrière, chevalier des ordres du 
roi, gouverneur du Craonnais, de Ghâteau-Gontier et 
de Chartres, seigneur de la Perrière, Vautorte, Saint- 
Pront, Le Menil, Bulou, Chemainville et autres terres, 
épousa Françoise d'Aligny, fille de Jean d'Aligny et de 
Marguerite d'Avaugour, seigneur et dame de la Roche- 
mabille, le 7 mai Fan 1482. Devenu veuf, Bertrand de 
la Perrière se remaria à demoiselle Anne ChoUet, fille 
de Jean et de Jeanne d'Anfreville, laquelle Anne vivait 
en 1525 avec Geoffroi Patrix, son second mari^ 

Bertrand de la Perrière obtint du parlement de Paris 
un arrêt fait par messire Brullart, à l'appui de son pro- 
cès contre Guyon de la Perrière, aussi seigneur de Vau- 
torte, à propos des rentes dues par Vautortq à Daviet. 
Bertrand mourut vers 1524, laissant des mineurs sous 
la tutelle d'Anne Chollet leur mère, de Gabriel de la 
Perrière, son fils aîné, et de René de la Perrière, prê- 
tre 2. 

Enfants de Bertrand : 

l*' Gabriel de la Perrière, dont l'article va suivre ^. 

2^ Jacques de la Perrière, qui suivra^. 

3** Bertrand de la Perrière, marié à Roberde de Poli- 
gny, dont il eut trois fils, savoir : Robert, Edmond et 
Guy 5. 



1. Arch. du château de Fresnay. — Le Père Anselme : article 
Chollet. Ce généalogiste nomme le mari d'Anne Chollet, Bertin 
de la Ferrière, sieur de Vautorte. 

2. Arch. de Fresnay. 

3. Titres auth. 

4. Jbid. 

5. Généal. manuscrite. 



— 101 — 

La généalogie manuscrite de la Perrière, document 
précieux, mais qui ne peut être accepté dans ses détails 
scientifiques qu'avec réserve, nomme encore comme en- 
fants de Bertrand : René, seigneur de Ghemainville, 
Nicolas, seigneur de Boisthibault, qui épousa Perrette 
Le Vicomte, dame du Mesnil-le-Vicomte près Lisieux*; 
Luce de la Perrière, religieuse à Almenesche ; Marie de 
la Perrière, mariée à Simon de Neufville, seigneur de la 
Garnaille. 

A propos de René de la Perrière, seigneur de Ghe- 
mainville, l'auteur de cette généalogie ajoute : que ce 
seigneur « gouverneur de Chartres espousa Jehanne 
« de Flavières^ il ut délie Gabriel seigneur de Paille- 
« pray qui avet espouzé Marie de Grimouville dame 
(( et héritière de la baronnie de Larchant de laquelle 
« il nut qun fils noyé dans les fosses de Larchand : 
« mais en secondes nopces il espouza laqueline de 
« Falaize de laquelle il ut René de la Perrière^ sei- 
« gneur de Paillepray qui a ' espouzé lanne de la 
a Ramée, duquel est sorti René de la Perrière signeur 
« de Paillepray qui a espouzé Marie des Pres^ fille 
a de des Près et de Marie de la Blynaye signeurs et 
« dames de Larchat : et n.y a plus que ledit sieur de 
« Paillepray de la maison de la Perrière. » 

Gabriel de la Perrière, seigneur dudit lieu, Guves, 
Vautorte, etc., passa en cour de Bourgnouvel, le 7 août 
1524, lui et Anne Ghollet, veuve de Bertrand de la Per- 
rière, représentés par messire René de la Perrière prê- 
tre, une transaction avec Guy, seigneur d'Arquenay, au 
moyen de laquelle celui-ci, seigneur de Daviet, fait re- 
mise au dit Gabriel, seigneur de Vautorte, de la rente 
annuelle de 15 livres 6 sols que Vautorte devait annuel- 
lement à Daviet, sur 15 livres 7 sols. Partant le dit 

1. Faux : degré en retard : voir ci-dessus. 



— 102 — 

sieur de Vautorte ne devait plus que douze deniers de 
devoir à Fangevine au seigneur de Daviet. Déjà du 
temps de Jean de la Perrière, s. de Vautorte en partie, 
les devoirs de Vautorte envers Daviet avaient été ré- 
duits, puisqu'au lieu de 27 livres 7 sols, le seigneur de 
Vautorte depuis lors (1483), n'avait plus payé que la 
somme de dix-neuf livres. 

Gabriel de la Perrière céda Vautorte à son frère Jac- 
ques, s. de Bulou, chef de la troisième branche cadette 
apanagée de cette terre et seigneurie. 

De son mariage avec Prançoise de Montchauveau, fille 
d'Ambroise, 14 juin, Fan 1521, Gabriel de la Perrière 
laissa : 

l*' Pierre de la Perrière, qui suit ; 

2** Joachim, qui fut prêtre ; 

3^ Jeanne, mariée le 4 janvier 1548 à Jean de Palaise 
seigneur de Bernay et de Batilly. dont Joachim de Pa- 
laise, seigneur de Bernay, Batilly, la Perrière à cause 
de sa mère, qui épousa Roberde de la Vigne le 9 février 
1587, dont Gabriel de Palaise, lieutenant des gardes 
du corps de Louis XIII, sans enfants de Prançoise de 
Proulay, son épouse, fille de René, comte de Tessé, ba- 
ron de Vernie et d'Ambrières, seigneur de Saint-Praim- 
bault, Goesmes, Saulçay, Vaussay, Saint-Denis-de-Gas- 
tines, Montflaux, etc. Marie de Palaise, sœur de Gabriel, 
épousa Claude de Goué. 

Pierre de la Perrière, seigneur dudit lieu, fut ma- 
rié le 6 mai Fan 1553 à demoiselle Charlotte d'Orton- 
villiers, veuve de feu messire Guillaume du Griplet, ba- 
ron de Messey et de Gorron, etc., duquel mariage ne 
sont issus aucuns enfants et partant la succession vint 
à Joachim de la Perrière, prêtre, puis à Jeanne de la 
Perrière, leur sœur, aïeule comme nous avons dit de 
Marie de Palaise, qui laissa de Claude de Goué, sei- 
gneur dudit lieu et de Fougerolles, une postérité repré- 



— 103 



sentée de nos jours par M. le marquis d'Auray de Saint- 
Poix et sa famille. 



VI 



SEIGNEURS DE VAUTORTE DE LA TROISIEME BRANCHE 
CADETTE DE LA MAISON DE LA FERRIÈRE 

Jacques de la Perrière, chevalier des ordres du 
roi, seigneur de Bulou au Perche, de Laulne et de Yau- 
torte, ne semble pas avoir joui d'une vie heureuse. Il 
épousa par contrat du 8 février 1543, passé devant Fran- 
çois Bastonneau et Vincent Maupeou, clercs notaires 
du roi à Paris, damoiselle Renée d'Aulnay, nièce du car- 
dinal du Bellay, de René du Bellay, évêque du Mans et 
des deux Langey, fille de messire Charles d'Aulnay, 
écuyer, et de Louise du Bellay, qui promirent bailler six 
mil livres tournois à leur fille, dont ils payèrent pré- 
sentement la somme de trois mil cinq cents livres en 
447 escus soleils, 64 ducats, 10 nobles rose, 2 lyons, 
1 royal, 1 phlus ', 8 mailles et le reste monnaye ayant de 
présent cours. Le reste devait être payé après Faccom- 
plissement du mariage. Le futur devait être tenu, pour 
le douaire de sa future, d'acheter des terres pour la 
somme de 4500 livres tournois jusques à la somme de 
240 livres tournois de rente. 

Le mariage de Jacques de la Perrière le rendait beau- 
frère de Jacques de Goué, seigneur de Pougerolles, qui 
avait épousé Gabrielle d'Aulnay. Le seigneur de Vau- 
torte écrivait au seigneur de Goué une lettre intéres- 
sante, assez peut-être pour être reproduite ici : 

1. Un philippus. 



— 104 — 

« A monsieur mon frère, monsieur de Goué, 
« A Paris ou la part ou il sera. 

« Monsieur mon frère je receu unne lettre que maves 
<c escripte par laquelle vous me mandez que vous aves 
« le moien de recouvrer de l'argent a Thiron pour me 
« baller ce que vous me feres fort grand plesir par ce 
« que je suis executté en mes biens ainsy que vous dira 
« Beauvoys auquel je donne charge de vous aller trou- 
« ver pour le vous faire entendre et donnerez bien ordre 
« si vous voullies a me faire ballier de l'argent parce 
« que monsieur de Mançon pour reson des quinze cens 
« francz qui vous doebt sont prestz a baller et me reste 
« seulement que vous ballies une quittance ou unne 
« procuration specialle pour baller la dite quittance et 
« sy vous la voulles envoyer a Besnardière on luy bail- 
ce lera l'argent et il le me ballera du reste s'y monsieur 
« du Mans ^ est à Paris je vous prye de parler à luy 
« pour le bénéfice de ceste paroisse et nonobstant que 
« nous y ayons bien droits siesse que je vouldrays bien 
« demeurer en la bonne grâce de monsieur du Mans. 
« Je vous supplye faire en cela y voulloir faire ce que 
« vesres qui sera nécessaire et jen feray aultant pour 
« vous quand il vous plera de memployer ou en aultre 
(( meilleure chose sy le cas se présente, mais je vous 
« supplye encores unne foys donner ordre que je soys 
« paye parce que je suys ruynné me recommandant à 
« vostre bonne grâce et supplye nostre seigneur. 

« Monsieur mon frère vous tenir en bonne santé et 
« longue vie. 

« E script de Vaultorte ce XIX juillet. 

« Je vous supplye monsieur mon frère de baller à 



1. L'évêque du Mans. 



- m — 

« Beauvoys à Paris vingt escus pour luy aisder en mes 
« affaires. 

« Vostre meilleur frère et obéissant amy, 

« J. DE LA Perrière. » 

Cette lettre doit être de 1561, parce qu'en cette 
année-là Jacques de Goué recueillit de l'abbaye de Thi- 
ron au Maine ce qui revenait à l'héritage de feu le car- 
dinal du Bellay, ancien abbé de Thiron, oncle de Gabrielle 
et de Reliée d'Aulnay, femmes de Jacques de Goué et de 
Jacques de la Perrière. 

On lit dans la Géographie ancienne du diocèse du 
Mans^ par Cauvin, page 199, qu'Anne du Bellay, sœur 
du Cardinal, mourut abbesse d'Estival en 1557, que 
Renée d'Aunai, nièce du même cardinal du Bellay, nom- 
mée par le roi, est dite abbesse du même monastère 
dans un acte du 20 janvier 1560, enfin qu'une Catherine 
de la Haie conduisait la même abbaye en 1582 après 
permutation. Notre Renée d'Aulnai écrit d'Estival en 
1577 i. 

Cette dame de Vautorte fut abbesse d'Estival, on le 
voit, du vivant même de son mari. C'est une singularité 
dont les circonstances seraient intéressantes à connaître. 
Qu'était devenu son mari ? Un Jacques de la Perrière, 
prêtre, vivait dans ce temps-là 2. 

Chez le même auteur, même volume de \ Histoire de 
V Eglise du Mans, P^gG 407, on lit : 

« Tant de provocations de la part des Huguenots, 
« amenèrent une recherche plus exacte des disciples de 
« la doctrine nouvelle. Un gentilhomme de notre pays 
« nommé de la Perrière, qui avait sujet de redouter ces 



1. Voir L'Héritage et les héritiers du Bellay : Procès-verbaux 
et documents du Bulletin de la Société historique de la Mayenne, 
tome n, Laval, 1883, p. 223). 

2. Dom Piolin, V, 408. 



- 106 - 

« perquisitions, s'enfuit du Maine et chercha un asyle 
« à Paris. Il se logea au Pré-aux-Glercs, et ce fut chez 
« lui que se tinrent les premières assemblées de la Ré- 
« forme sous la présidence du ministre Jean Le Maçon 
« dit la Rivière, natif d'Angers. » Dom Piolin cite àl'ap- 
« pui de son curieux passage Théodore de Bèze, His^ 
« toire ecclésiastique des Eglises réformées^ liv. P"^, à 
« Fan 15551. 

Ces particularités dignes de remarque m'obligent à 
ne pas omettre la transcription d'un acte en parchemin 
concernant les intérêts de ce ménage : 

« A tous ceulx qui ces présentes lectres verront Je- 
« han Gheeulx escuyer licencié es loyx, conseiller du 
« roy notre sire en qualité de bailly de Bullou salut. 
« Scavoir faisons que par devant Louys de 
« tabellion juré... comparut en personne et en présence 
(f de moy soubz signé.... Noble damoiselle Renée Dau- 
« nay feme et expose de noble homme messire Jacques 
« de la Perrière, chevalier, seigneur de Bullou, parois- 
« sien de Vaultorte et le dict chevalier soubz escript la- 
« quelle a par ces présentes receu content en notre pré- 
« sence... la somme de huict cent livres tournois en or 
« de Jehan Desmaires marchand à Villiers... en des- 
« duction de ce que led. Jehan Desmaires peult debvoir 
« tant audit sieur de la Perrière envers noble homme 
<( seigneur Jacques de Goué pour lachapt des terres de 
« la seigneurie de Pensefollie... domaines... desd. sieurs 
« et de ladite dame.de laquelle somme de huict cens 
<( livres tournois ladite dame et ledit sieur de la Perrière 
« ont tenu et tenant quicte led. Jehan Desmaires et pro- 



1. Il y avait dans le Haut-Maine une famille de la Perrière 
très adonnée dès ce temps-là aux idées nouvelles : consulter le 
dossier des certilicats de la noblesse du Maine en 1577, aux ar- 
chives de la Sarthe, et la brochure de M. Moulard à ce sujet. Les 
certificats édités précédemment dans le Bulletin de la Mayenne 

§ar l'auteur de l'article ci-contre ne sont relatifs qu'à l'histoire 
u Bas-Maine. 



- 107 - ' 

(( mectent par ces présentes lacquicter envers ledit sei- 
« gneur de Goué et tous aultres qu'il appartiendra... 
« le quatriesme jour de janvier lan mil cinq cens cin- 
« quante et neuf. » 

Messire Jehan Gibot, vicaire de Bulou, était au nom- 
bre des témoins. 

En 1577, Tabbesse d'Estival, Renée d'Aulnay, écri- 
vait à son neveu Ambroise de Goué qui demeurait à ce 
château, paroisse de Fougerolles, avec sa mère Ga- 
brielle d'Aulnai, une lettre assez intéressante où elle 
lui confie ses chagrins au sujet d'une personne (jeune 
fdle?) qu'elle nomme ironiquement sa bonne créature. 
On la lui avait confiée, mais elle s'était évadée, ce qu'af- 
fectait de regretter un autre personnage, le bon frère 
de cette bonne créature*. 

On lui confia également Jeanne de Goué, pauvre jeune 
fdle, née posthume de Jean de Goué, seigneur de Fou- 
gerolles, tué en 1572 à Paris le jour de la Saint-Barthé- 
lémy, parmi les protestants et à côté de l'amiral de Co- 
ligny, son parent. 

Jacques de la Perrière et René d'Aulnay, seigneur et 
dame de Vautorte, laissèrent trois enfants : 

1" René de la Perrière, qui suit, seigneur de Bulon e 
de Vautorte. 

2° Anne de la Perrière. 

3" Françoise de la Perrière qui épousa Gabriel de 
Saint-Bomer, écuyer, seigneur de la Carnaille. 

René de la Perrière, chevalier des ordres du roi, 
seigneur de Saint-Maurice, de Bullou, des Chastelets, 
de Vautorte, a été le dernier de l'antique et noble mai- 
son de la Perrière qui ait possédé les château, seigneu- 
rie et terre de Vautorte. Lui et ses sœurs les vendirent 
en 1575. En voici le résumé d'acte de vente 2. 



1 . Voir L'Héritage des du Bellay^ Bulletin de la Commission 
historique de la Mayenne pour 1870). 

2. Archives de Fresnay. 



— 108 -- 

« Copie de contrat de vendition de la terre de Vau- 
« torte en la paroisse de Vautorte faite par messire Re- 
« gné de la Perrière, chevalier, seigneur de Saint-Mau- 
« rice, de BuUou, des Ghastelets et Tournefie, bailly et 
« cappitaine de Chartres, par Anne de l'a Perrière, sa 
« sœur et Prançoise de la Perrière, épouse de noble 
« homme Gabriel de Saint-Bosmer, escuiller, seigneur 
« de (Carn)aille, enfants de messire Jacques de la Per- 
ce rière, chevalier de l'ordre du roy nostre sire, et sei- 
« gneur de Bullou et de defuncte Régnée d'Aulnay, fai- 
« sant pour leur père à honorables hommes mestres 
« André Casset, sieur de Challonge et Jehan Casset li- 
« cencié es droitz, advocat au siège du duché de Mayenne, 
« sieur de la Pontaine au nom et comme procureurs de 
« honorable homme Jehan Cazet sieur de la Gordelle- 
(( rye, leur père, devant Pardieu notaire à llliers, le 29 
« juin 1575 pour la somme de onze mil huit cent livres 
« en principal et cent cinquante escus sols en vin de 
« marché à la charge de payer les devoirs aux seigneurs 
« dont ladite terre est mouvante. » 

Il importe de faire une remarque au sujet de la date 
1575, où Régnée d'Aulnay est dite défunte, tandis 
qu'on a d'elle une lettre de 1577. Veut-on dire qu'elle 
était morte au monde comme religieuse d'Estival* ? 



VII 

SUITE DES SEIGNEURS DE VAUTORTE. — FAMILLE CAZET 

Cette famille d'une très bonne et ancienne maison 
de la judicature de Mayenne, dont les membres avaient 
la qualité d'honorables hommes et quelquefois nobles 
hommes, n'excédait pas, comme distinction, la noblesse 

1. Ou bien y avait-il deux Renée d'Aulnay nièces du cardinal 
du Bellay, l'une dame de la Perrière et l'autre abbesse d'EtivBl ? 



- 109 -- 

de robe. Même à l'époque où les Gazet, riches habitants 
de la paroisse de Vautorte, sieur de la Gordellerie, sieur 
du Challonge et sieur de la Fontaine, achetèrent la sei- 
gneurie de cette paroisse, personne ne les y reconnais- 
sait comme nobles. 11 était de notoriété publique en 1577, 
qu'à Vautorte, il n'y avait aucun gentilhomme, ni bien 
appartenant à gentilhomme ^ 

Toutefois les Gazet de Vautorte, car ils prirent ce 
nom, ne tardèrent point à s'élever jusqu'au rang des 
plus nobles familles de France et à s'en glorifier. 

Ils portaient : De sable à trois aigles d'or becquées 
et onglées de gueules, 2, 1. 

Devise : Lumine pulsis in altis non deficiunt. 

Leurs principaux fiefs et seigneuries : Vautorte, la 
Fontaine-Gazet, la Gour-Gazet, Aligny, le Grand-Pont 
en Quelaines, Rançon en Nuillé. 

Leurs illustrités, pour employer une expression de 
Ménage, ont été : 

Louis Cazet, châtelain de Mayenne en 1568, frère de 
Jean Gazet, IP du nom, s. de Fontaine-Gazet. 

Jean Cazet^ lieutenant de la juridiction du comté de 
Mayenne en 1570. 

La Cour Cazet^ président aux enquêtes du Parlement 
de Bretagne. 

Louis Cazet^ évêque de Lectoure. 

François Cazet^ plénipotentiaire au congrès de Ra- 
tisbonne 2. 

La terre de Vautorte, simple seigneurie jusqu'à Fran- 
çois Gazet, fut agrandie par celui-ci. 

Le seigneur de Vautorte devait héberger le forestier 



1. Archives de la Sarthe : Noms des gentilshommes vivants en 
1577. en le diocèse du Mans. Voir, Gertiiicats de 1577 au Bulletin 
de 1879, art. Vautorte. 

2. Arm. d'Anjou, de Maulde, l'abbé Lamarre. 

8 



- 110 - 

du seigneur de Mayenne, lorsqu'il allait l'avertir que 
Ton fauchait sa lande de Souvigny*. 

SUITE GÉNÉALOGIQUE ET HISTORIQUE DES CAZET. 

I. Jean Cazet, l" du nom, seigneur de la Cordelle- 
rie puis de Vautorte par l'acquisition qu'il en fit le 29 
juin 1575, épousa Marguerite Fricand, dont il n'eut pas 
moins de deux enfants : 

!•* André Cazet, sieur du Ghallonge. 

2** Jean Cazet, qui suit. 

IL Jean Cazet, IP du nom, sieur de la Fontaine- 
Cazet et de Vautorte, conseiller au Parlement de Bre- 
tagne, licencié en droit, avocat au siège du duché de 
Mayenne, fut marié deux fois : la première avec Jeanne 
de Cotteblanche, fille de Léonard de Cotteblanche et de 
Françoise Pélisson ; la deuxième avec Jeanne Bignon, 
fille de Rolland Bignon, sieur de Boistesson et de Jeanne 
de la Corbière, laquelle Jeanne Bignon était veuve alors 
de Guillaume Marest, sieur de la Hardelière, dont 
MM. Marest, présidents du Présidial du Mans et M. Ma- 
rest, écuyer, sieur de Lucé, gouverneur de Laval. Sui- 
vant Ménage, Vita Pétri ^^rodii^ p. 462, la seconde 
alliance de Jeanne Bignon la fit aïeule de MM. de Vau- 
torte-Cazet. Des trois fils de Jean Cazet, les deux aînés 
furent de sa première femme et le jeune de la seconde, 
soit : 

1** François Cazet, qui suivra, sieur de la Fontaine : 
En 1606, Messire François Cazet tant en son nom 
comme fils et héritier de défunt noble maistre Jean Ca- 
zet, vivant sieur de la Fontaine, conseiller du roi en son 
parlement de Bretagne, qu'au nom et comme procureur 
de demoiselle Jeanne Bignon, veuve dudit défunt,, se 
transporta au lieu de Daviet pour faire aveu : « demande 

1. Ann. de la S., 1849, p. 24. 



- 111 — 

si le seigneur de Daviet est là, et s'est présentée Hélène 
Eschard, femme de honorable homme Jehan Lefeubvre, 
sieur de Gheverue, fermier de ladite seigneurie de Da- 
viet ; elle a répondu que les seigneur et dame de Da- 
viet habitaient leur château de Rambouillet et que leurs 
officiers demeuraient à Laval, ville distante de six 
lieues. )> 

2^ Guillaume Gazet, sieur des Fresnes, qui suivra. 

3"" Louis Gazet, sieur de Vautorte, qui suivra. 

Il est assez remarquable que la vieille seigneurie de 
Vautorte, autrefois si intéressante par de grosses fa- 
milles, passe au troisième fils de Jean IL Gette circons- 
tance, qu'on ne peut expliquer faute de documents, 
oblige nécessairement à continuer cette généalogie en 
mettant première la troisième ligne dite de Gazet-Vau- 
torte et d'ailleurs la plus célèbre. 

Dans un tableau on mettra ultérieurement en regard 
les membres des trois branches en suivant l'ordre d'aî- 
nesse. 

Louis Gazet, sieur de Vautorte, conseiller du roi, 
président aux enquêtes du parlement de Bretagne, était 
le troisième fils de Jean, qui précède, et né de Jeanne 
Bignon, sa seconde femme. Il épousa Renée Fréard et 
en eut : 

1** François Gazet qui suit; 

2^ Louis Gazet de Vautorte, qui fut tonsuré le 12 
avril 1627, fut prêtre, curé de Vautorte (1643), d'Er- 
née, évêque de Lectoure, puis de Vannes. On a de lui, 
dit Le Paige (article Ernée), un Traité des Oiseaux 
qu'on ne doit pas manger aux Jours maigres. 11 mou- 
rut en 1687. 

3^ Renée Gazet de Vautorte épousa François Sei- 
guier, fille d'un conseiller au parlement de Bretagne. 

François Gazet de Vautorte, seigneur puis comte 
de Vautorte, avocat général au grand conseil, conseiller 




- 112 - 

d'Etat sous Louis XIV, et ambassadeur plénipotentiaire 
au congrès de Ratisbonne, épousa Françoise Luillier, 
fille de M. Luillier d'Amerville. C'est lui qui obtint, en 
1653, l'érection du comté de Vautorte. 

François Gazet et Françoise Luillier laissèrent trois 
filles : 

l'* Marie Gazet de Vautorte, qui suit ; 

2° Marie Gazet de Vautorte, femme de Jean Bochard 
de Ghampigny, seigneur de Sarron, conseiller au Par- 
lement de Paris du surintendant des finances. 

3** Jeanne, femme de Gharles Malo de Bersy, conseil- 
ler au Parlement de Paris. 

V. Marie Gazet de Vautorte, femme de iNicolas 
Bruslard, premier président au parlement de Bourgo- 
gne, seigneur et dame de Vautorte. Ils eurent trois 
filles. Marie Gazet, mourut en 1666. Nicolas Bruslart se 
remaria à Marie Bouthillier de Ghavigny dont il eut 
aussi des enfants et mourut en 1692. 

Filles de Marie Gazet et de Nicolas Bruslard : 
1** Gharlotte Jacqueline Bruslard, qui suit : 
2^ Marie Reine Bruslard, religieuse aux filles de la 
Visitation de Dijon. 
3« N. 

VI. Gharlotte-Jacqueline Bruslard, dame de Vau- 
torte, épousa Henri-Louis de Loménie, comte de 
Brienne. Gette dame vendit sa terre de Vautorte à Mar- 
guerite Gazet, sa cousine, veuve de François de la 
Roussardière, issue de la branche aînée. 

VIII 

Seigneurs de Vautorte depuis Marguerite Gazet 
jusqu'à la Révolution française. 

V. Marguerite Gazet, dame de Rançon puis de 
Vautorte, descendait au V® degré de Jean P"" Gazet, sei- 



— H3 — 

gneur de la Gordellerie et de Vaiitorte et de Mathurine 
Fricand. Elle était fille et unique héritière de Jean Ca- 
zet, sieur de Rançon et de Marie Fontaine de la Grochi- 
nière, lequel Jean Gazet, sieur de Rançon, était le second 
des six enfants de François Gazet, sieur de la Fontaine- 
Gazet et de Jeanne Marest, fils, le dit François Gazet, 
de Jean Gazet, sieur de la Fontaine-Gazet et de Vau- 
torte et de Jeanne de Gotteblanche sa première femme, 
comme il a été marqué ci-dessus. 

Marguerite Gazet, dame par acquisition de l'impor- 
tante terre de Vautorte, qu'elle faisait ainsi rentrer 
dans sa famille, épousa en premières noces François de 
la Roussardière, écuyer, fils de François de la Roussar- 
dière, écuyer, seigneur de Rouillon et de la Boissière et 
de Gharlotte d'Héliand, par contrat du 6 février 1667 et 
en secondes noces Jean Elisabeth de Roclesne, sieur de 
Martillat, gentilhomme auvergnat de Gannat, près de 
Riom ^ . Get écrivain dit que cette dame était originaire 
de Laval. 

Sans enfants de son second mari elle eut deux fils du 
premier, savoir : 

l*' François de la Roussardière qui servit dans les 
chevau-légers, et qui peu accommodé, dit Le Glerc du 
Flécheray, vendit sa terre et paroisse de la Boissière à 
sa mère. 

2° Gilles-René de la Roussardière, chevalier, qui 
suit. 

VL Gilles-René de la Roussardière, chevalier, 
lieutenant d'infanterie, seigneur de Vautorte, épousa par 
contrat du 17 avril 1705, Marie-Thérèse Marest, fille de 
François Marest, conseiller au Parlement de Bretagne 
et de Anthoinette Taschereau. De ce mariage : 



1. Le Clerc du Flécheray, Description du comté de Laval, 
réimprimée en 1860, Laval, H. Godbert, 1860, page 60. 



— 114 — 

1° Marie-Marguerite-Elisabeth-Renée de la Roussar- 
dière qui va suivre ; 

2® Jeanne-Antoinette de la Roussardière qui épousa, 
le 13 novembre 1733, Georges-François de Montécler, 
chevalier, seigneur de Gontest, capitaine au régiment 
de Roy-Infanterie. 

3^ Marie-Françoise de la Roussardière qui fut mariée 
à René-Olivier du Guesclin, chevalier, seigneur del'Es- 
coublère, d'où un fils unique décédé sans alliance. 

VII. Marie-Marguerite-Elisabeth-Renée de la 
Roussardière, dame héritière de Vautorte, épousa 
messire Louis-Alexandre de Bailly, chevalier, seigneur 
du Bourgneuf-la-Forét, conseiller au grand conseil, fils 
de Gharles-Paul Bailly, chevalier, seigneur de Fresnay, 
du Bourgneuf, etc., et de Suzanne Le Prêtre, dame des 
mêmes terres et de la Ghapelle-Rainsouin, alias le Bourg- 
le-Prêtre, etc. 

VIII. Jean-Baptiste-Joseph Bailly, chevalier, comte 
de Fresnay, baron de Bourg-Ie-Prêtre, seigneur du 
Bourgneuf-la-Forêt, la Baconnière, Vautorte, Saint- 
Martin-de-Montsùrs, Nuillé-sur-Ouestre, la Templerie, 
fils aîné et principal héritier des précédents, épousa de- 
moiselle Aimée Anne Gharlotte de Lescaloppier, dont 
messire Gharles-Gaspard-Elisabeth-Joseph, marquis 
Bailly de Fresnay, émigré, pair de France. Celui-ci fut 
le père de madame la marquise de Vaujuas-Langan, 
propriétaire actuelle du château de Fresnay*. 



1. Aujourd'hui décédée. Mère de MM. de Vaujuas et de M™« Paul 
Le Gonidec. 



— an — 



IX 



ARMOIRIES DES FAMILLES QUI ONT POSSEDE LA 
SEIGNEURIE DE VAUTORTE. 

Vautorte : Une tige feuillée de myosotis à trois bran- 
ches fleuries . 

La Perrière : d'or à six fers de mulets d*azur^ 
cloués d'argent^ 3^ 2^ 1^. 

Auvé de Sougé : D'argent à une croix pleine de 
gueules^ cantonnée de douze merlettes^ 3 à chaque 
canton ~. 

Cazet de Vautorte : De sable à trois aigles d'or bec- 
quées et membrées de gueules posées deux et une^. 

Bruslard : De gueules à la bande d'or chargée de 
cinq barillets de poudre de sable^ deux dessus^ trois 
dessous^. Cauvin aurait du dire accompagnée. 

La Roussardière : D'argent à trois pals de gueules 
chargés en chef de trois roses d'argent^. De gueules à 
trois pals d'argent chargés en chef de trois roses de 
gueules^. 

Bailly de Fresnay : D'or à la fasce d'azur^ chargée 
d'une croisette ancrée d'or et accompagnée en chef de 
deux glands penchés en bande et en barre les queues 
en haut et d'un arbre terrassé en pointe sinople'^ . 
{Hic) D'azur au chevron d'hermines au chef de même^. 

1. Le Paige, I, 349, Cauvin. 

2. Armoriai d'Anjou par Denais. 

3. Armoriai manuscrit. La Tour-Gazet, président au parlement 
de Bretagne portait de même. Le Borgne, ^rmorm/c?e Bretagne, 
1671. De Maude. 

4. La Ch. 

5. Généal. manuscrite. 

6. Denais, Armoriai de l'Anjou. 

7. Ne pas faire attention à cette formule qui est des Bailly de 
Saint-Mars-la- Bruyère, 

8. Cauvin. 



— 116 ~ 



XI 



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— 117 — 



NOTE RECTIFICATIVE 



II y a lieu de remonter d'un degré la liste et la filiation des 
de Vautorte, et de suivre à cet égard la petite notice, donnée 
au n° 67 de la brochure Les Croisés de Mayenne en 1158, 
extraite de la Recrue du Maine, 1877, notice du même auteur. 
Ses renseignements s'appuient sur les différents cartulaires 
de Savigny soigneusement étudiés, et le renvoi au premier 
travail est commandé par le texte de la Bibliothèque de Fou- 
gères. Soit : 

OsMOND Poisson I*"", s. de Vautorte. 
Hugues P% seig. de Vautorte. 



OsMOND II, seign. de Vautorte, ép. Raoul de Vautorte 
de Julienne de Saint-Hilaire. 



' ■ 'L 



Hugues H, seig. de Vautorte, Enguerrand. Robert, 
ép. Hersende. 



Raoul Osmond Hugues Enguerrand Robert. 

OsMOND III. 

Ch. Pointeau. 



SIGILLOGRAPHIE 
DES SEIGNEURS DE CRAON 



XXI 
BRANCHE DE SAINTE-MAURE 

GUILLAUME I DE GHATEAUDUN 

DIT LE GRAND 

Né vers 1318. — 8 janvier 1388. 



Jl est d'usage de donner le nom de Sainte-Maure à la 
branche de la maison de Craon issue de Guillaume I ; 
en effet, tous les historiens ont cru que Sainte-Maure, 
patrimoine d'Isabelle, première femme d'Amaury III, 
était passé directement de ses mains dans celles de Guil- 
laume I. Ils ont même été amenés par cette erreur à en 
commettre une plus grossière encore en donnant ce 
Guillaume comme un second fils d'Isabelle de Sainte- 
Maure. Déjà ici, on a fait justice de cette faute généa- 
logique et restitué Guillaume au second lit d'Amaury III ; 
bien plus, on a montré qu'il n'était même pas l'aîné des 
enfants de Béatrix de Roucy, mais seulement le troi- 
sième de ses fils, et que, n'ayant pas été nommé dans 
l'acte du 15 avril 1318, il était venu au monde posté- 
rieurement à cette date, dès la fin de 1318, sans doute. 

Quant au fief de Sainte-Maure, il ne peut plus aujour- 
d'hui subsister de doute sur son sort : après avoir ap- 
partenu à Maurice VII, fils unique d'Isabelle, puis suc- 



— 119 — 

cessivement à Amaury IV et à Isabelle, ses petits-en- 
fants, Sainte-Maure, vers le 12 janvier 1376 S fut aban- 
donné par cette dernière, avec ses autres fiefs de Tou- 
raine, à sa nièce, Jeanne de Montbazon, épouse de 
Guillaume II de Graon, pour satisfaire aux droits 
qu'elle avait sur la succession d'Amaury IV, son oncle. 
On peut donc être certain que jamais Guillaume I ne 
fut seigneur de Sainte-Maure et que Guillaume II était 
marié depuis quelque temps déjà, lorsque sa femme, en 
1376, devint dame de Sainte-Maure, Pressigny, Nouâ- 
tre et Perrière. On le voit, il est impossible, sans com- 
mettre un anachronisme, d'affubler Guillaume I du nom 
de Guillaume de Sainte-Maure. 

Le titre auquel il a droit, titre qui figure dans tous les 
actes émanés de lui, est celui de vicomte de Châteaudun. 
Les historiens en effet sont tombés au sujet de sa posses- 
sion dans une erreur aussi grave que pour Sainte-Maure, 
mais inverse : tous admettent que c'est à la suite de son 
mariage, et en conséquence d'un apport de sa femme, qu'il 
en reçut l'investiture ; il n'en est rien : bien avant ses fian- 
çailles, dès décembre 1335, Guillaume I était vicomte de 
Châteaudun. Ce titre en effet avait appartenue son père, 
ainsi que cela est établi par l'acte du 4 juin 1345 où il 
est dit que, en échange du passage de Wissant, dont le 
revenu n'atteignait pas les cinq cents livres promises, 
Robert VII, comte d'Auvergne et de Boulogne, avait 
remis à Amaury III la vicomte de Châteaudun '-. 

Guillaume ne tarda guère à y joindre le fief de Do- 
mart en Ponthieu, qui devait appartenir un jour à son 
quatrième fils, Jean ; il en avait reçu les profits à partir 
des brandons de 1338, de Pierre de Dreux, en échange 
de ses droits d'un sixième sur la baronnie de Château- 
du-Loir, vendue au roi 3. 

1. Voir les numéros 634, 659 du Cartulaire. 

2. Voir les numéros 501 et 946 du Cartulaire. 

3. Voir les numéros 941, 942 et 944 du Cartulaire. 



— 120 — 

Guillaume I, bien qu'il fût petit cadet, se trouvait 
pourvu de fiefs qui devaient faire envie à bien des aî- 
nés ; aussi ne doit-on pas s'étonner de le voir se marier 
avec l'une des filles de Jean de Flandre et de Béatrix de 
Ghâtillon, dont le mariage remontait au 2 novembre 
1315 ; elle était nièce de Robert VII d'Auvergne, avec 
qui Amaury III avait échangé Ghâteaudun. Gette bran- 
che de la maison de Flandre possédait divers fiefs situés 
au sud-est du Maine, qui devaient à bref délai, par suite 
du décès des deux fils de Jean, Jean et Guy, tomber en 
quenouille et figurer dans les partages passés entre 
Ingelger I d'Amboise, époux en premières noces de 
Marie de Flandre, l'aînée des filles, et Marguerite, Ma- 
haud et Isabelle, ses sœurs *. 

Le mariage de Guillaume I avec Marguerite, la qua- 
trième d'entre elles, eut lieu vers 1341 ; on n'en possède 
pas le contrat, mais on connaît un acte du 4 mai 1341 
par lequel Guillaume assurait à sa femme, à titre de 
douaire, quinze cents livres de rente assises sur la vi- 
comte de Ghâteaudun 2. Guillaume devait être alors dans 
sa vingt-troisième année. 

Les sceaux de Jean de Flandre ont été publiés par 
Vrée 3 : le premier, de 0,076, est rond ; il représente le 
chevalier portant la cotte de mailles sous sa tunique ; 
son casque, derrière lequel flotte une double banderole, 
est chargé d'un cimier en forme d'éventail, où figure son 
blason lequel se trouve aussi sur ses épaulières, sur la 
housse et sur le cimier du cheval ainsi que sur le bou- 
clier qu'il tient de la main gauche, tandisque la droite 
brandit l'épée, retenue à l'armure par une chaîne. Ce 

1. Olivier de Vrée, dans sa Genealogia comitum Flanclrix, 
(Bruges, 1642, 2 vol. in-folio) n'a mentionné parmi leurs enfants 
ni Jean, ni Guy, ni Isabelle ; Guy ne figure pas non plus dans le 
P. Anselme. 

2. N» 945 du Cartulaire. 

3. On les trouve à la planche 71 de ses Sigilla. 



H 



— 121 — 

blason est : d'or au lion de sable^ brisé d'une cotice 
componée d'argent et de gueules. La légende est : 

s : lONNIS : DE FLANDRIA *. DNI : DE \ CREPICORDIO 

(Grèvecœur). 

Au contre-sceau rond, de 0,032, figure dans un sixlo- 
bes l'écu du sceau avec la légende : J^ qts iois de flan- 
DiA : DNI de crepicordi. 

Le second sceau est rond, de 0,08, et semblable au 
premier, sauf que les cimiers représentent un lion assis 
et que la housse du cheval, au lieu d'être armoriée, ne 
porte qu'un petit écu au poitrail. La légende est : 

s lOH DE : FLANDR MILIT *. DNI : DE : NIGELLA DE I 

CREPICORDIO. Il n'y a pas de contre-sceau. 

Le sceau de Béatrix de Ghâtillon est ogival ; il mesure 
0,085 ; la dame y est représentée sous une arcature go- 
thique, tenant une branche de la main droite. A son côté 
droit est placé l'écu de son mari, à gauche celui de son 
père. La légende porte : s beatcis de sco paulo dne 

DE NIGELLA CPICORDII ET TERMODESIS. 

Le contre-sceau rond, de 0,03 porte au centre un écu 
parti de Flandre et de Châtillon^ avec la légende : 

►{• QTS. BEATRICIS. DE. SCO. PAULO. 

C'est en 1345 que Guillaume et Marguerite devinrent 
propriétaires du fief de La Ferté-Bernard ^ Depuis long- 
temps la maison de Craon avait des visées sur ce fief : 
dès l'aurore du XIV^ siècle, en 1310, Amaury III, par 
divers achats, avait commencé à prendre pied à La Ferté ; 
il avait multiplié ses achats en 1317, mais un retrait 
féodal, exercé par le comte du Maine, avait arrêté sa 

1. U Histoire de LaFerté-Bernard, de M. Charles (1877, 304 p. 
in-8o, orné de planches, parmi lesquelles on regrette de ne pas 
trouver celle des sceaux des seigneurs de La Ferté, qui figure à 
la page 160 des Etudes sur l'histoire et les Monuments de la Sar- 
t/ie, Le Mans, in-S») ne contient qu'une faible partie des rensei- 

fnements relatifs à la transmission du fief de La Ferté. Un seul 
ocument publié in extenso y est relatif, c'est celui du le"" juillet 
1392, proces-verbal de la saisie de La Ferté. 



— 122 — 

marche, et force lui avait été d'abandonner ce qu'il y 
possédait à Philippe de Valois^ le 22 août 1318. Vingt 
ans après, Jean, duc de Normandie, aliénait pour seize 
mille livres La Ferté, qui devenait la propriété d'Ingel- 
ger I d'Amboise, le futur beau-frère de Guillaume. In- 
gelger en conserva la propriété huit années seulement, 
car le 4 juin 1345 fut passé un accord réglant le par- 
tage des successions de Jean de Flandre et de ses deux 
fils, Jean et Guy, morts sans postérité. Marie, épouse 
d'ingelger, avait droit à la part d'aînée ; par l'acte en 
question, elle assigna à Marguerite La Ferté et conserva 
pour elle tous les droits de sa famille sur Montdou- 
bleau et Saint-Calais. Quant à Mahaud et Isabelle, qui 
ne devaient pas se marier, c'est Marguerite qui prenait 
à sa charge les rentes qui leur étaient dues et, par ac- 
cord du 25 juillet 1354, elle abandonna à Mahaud la 
jouissance viagère de La Ferté, sous charge de servir 
une rente de trois cents livres à Isabelle. On verra plus 
tard La Ferté-Bernard devenir le patrimoine de Pierre, 
le troisième des fils de Guillaume I^ 

L'acte le plus ancien où Guillaume I soit intervenu mé- 
rite d'être signalé à cause de l'âge qu'il avait alors ; 
c'est le contrat de décembre 1335. Guillaume n'y appa- 
raît pas acccompagné de tuteur ; on n'y mentionne pas 
son émancipation, et cependant l'abandon de droits qui 
y est stipulé semble être l'un des actes pour lesquels la 
majorité était requise. Or, né vers 1318, Guillaume ne 
pouvait guère avoir alors que dix-sept ans -. 

Comme tous les chevaliers de son temps, Guillaume I 
passa sa vie entière au milieu des combats ; mais c'est par 
erreur que divers historiens ont mis son nom parmi ceux 
des prisonniers de la journée de Poitiers ; on le trouve 



1. Voir les actes numéros 399, 430, 434, 940, 950, 954, 955, 956 
du Cartulaire. 

2. Voir le n° 501 du Cartulaire. 



— 123 — 

en effet à la tête des troupes françaises à Fépoque même 
où son frère, Pierre de la Suze. et son neveu, Amaury IV, 
étaient captifs en Angleterre. Peut-être môme fut-il in- 
vesti à cette époque des fonctions de lieutenant du roi 
en Poitou, Anjou et Maine, fonctions qui appartenaient 
à Amaury IV ^ Il fut certainement chambellan du roi et 
c'est en cette qualité sans doute qu'il reçut une marque 
éclatante de la confiance royale ; Charles V, en octobre 
1374, lui donna place dans le conseil qui devait, le cas 
échéant, assister le duc d'Anjou dans les fonctions de 
régent de France, qu'il venait de lui conférer. Bien que 
les lettres du roi aient été sans effet, puisqu'en 1380, 
lors du décès de Charles V, le conseil de tutelle ne fut 
pas composé des membres choisis par lui en 1374, 
le fait seul de sa désignation par Charles V n'en reste 
pas moins un titre des plus honorables pour la maison 
de Craon^. 

On sait par le héraut Navarre que Guillaume I portait 
comme blason : de Craon à ung bâton d'azur '^ ; c'est 
bien en effet celui qui figure sur ses sceaux, dont le 
plus ancien n'a pas pris place ici ; il n'en existe aucun 
moulage, et la seule empreinte qu'on en connaisse est en 
fort mauvais état ; c'est un sceau rond de 0,035, oùl'écu 
portant une bande très visible est placé sur un fond lo- 
sange ; il ne reste plus rien de la légende ; ce sceau, dont 
l'empreinte est du 19 décembre 1345, ressemble extrême- 
ment à celui de Guillaume II, dont la figure 169 donne 
le dessin. 

Du second (figure 158), on connaît deux empreintes 



1. Voir au Cartulaire les numéros 974 à 978. Quant au titre de 
lieutenant du Roi, il lui est donné dans les numéros 967, 977, 
978. 

2. Les historiens de la maison de Craon ont ignoré ce fait, bien 
que l'ordonnance qui le renferme ait vu le jour depuis longtemps. 
Cartulaire n» 1012. 

'^. No 871 de l'édition Douet d'Arcq, au Cabinet historique. 



- 124 — 

Tune du il janvier 1346, l'autre du 20 juillet 1357; la 
bande est moins distincte sur la première que sur la 
seconde ( Clair ambault^ n^ 2283). C'est un sceau rond 
de 0,03 où l'écu, sommé d'un heaume à housse flottante, 
est placé dans un champ réticulé semé de fleurettes. 
Légende : s. g. de greon, vice... 




158. — Sceau de Guillaume I, 1345 et 1357. 

On ajoutera ici un sceau, ignoré jusqu'ici, et dont les 
Archives ont effectué le moulage tout spécialement pour 
ce travail. C'est (figure 159-160), « le scel auquel l'en 





159-160. — Sceau et contre-sceau des causes de Morannes, 1361. 

uset aux contraux en la chastellenie de Moranes, pour 
noble et puissant seigneur monsieur Guillaume deCraon, 
seigneur dudit lieu ' . » Sceau rond de 0,036 où figure 



1. Il est encore attaché à l'aveu rendu le 4 janvier 1361, n. s., 
par Jehan Milon à la duchesse d'Anjou, et conservé aux Archives 
nationales (P 331^) ; il est le seul témoin des droits seigneuriaux 
exercés sur Morannes par Guillaume I, droits dont aucune men- 
tion ne figure dans le Dictionnaire de Maine-et-Loire, \\, 739. 



— 125 — 

un écu losange, à la bande brochante, dans un quatre- 
feuilles gothique. De la légende on ne lit plus que : 
...D CAUSAS.... Le contre-sceau, de 0,02, est semblable 
au sceau, mais le blason y est fruste. De la légende on 

lit : C. s. MAR... 




161. — Sceau des causes de la vicomte de Châteaudun, 1387-1389. 

A Fépoque où les Craon étaient vicomtes de Châ- 
teaudun les Châtillon étaient comtes de Blois et de 
Dunois ; aussi est-ce leur blason qui figure sur le 
sceau aux causes de cette ville. Voici (figure 161) un 
sceau non moulé fourni par les Pièces originales. C'est 




162. — Sceau de Marguerite de Flandre. 

un sceau rond de 0,035 portant le blason plein de la 
maison de Châtillon, en un écu droit, surmonté d'une 
étoile. Il ne reste plus rien de la légende. 

Le sceau de Marguerite de Flandre est connu grâce à la 
cire détachée, n"" 76 de la collection Bastard ' (figure 162) ; 

1. Les cires détachées de la collection Bastard sont conservées 
à la Bibliothèque nationale, département des médailles. 

9 



- 126 - 

elle consiste en un fragment de sceau de 0,02 ; au cen- 
tre un écu droit parti de Craon et de Flandre^ brisé 
d'une cotice componée dans un cinqlobes gothique. Il ne 
reste plus rien de la légende. 

La date du décès de Guillaume I n'a pas été fixée 
encore ; l'abbé Bordas, dans son Histoire sommaire 
du Danois^ a conservé la mention de V Obituaire des 
Cordeliers de Châteaudun relative à Guillaume I ; 
mais la date imprimée : 8 juin 1381, porte une double 
erreur, résultant sans doute des difEcultés que présen- 
tait la lecture de Fobituaire. On connaît assez de docu- 
ments relatifs à Guillaume I et datés de 1381 à 1387 
pour que l'erreur de millésime soit évidente, et qu'on 
soit autorisé à substituer 1387 à 1381, avec d'autant plus 
de certitude que les confusions entre VII en chiffres ro- 
mains et un en écriture gothique sont fréquentes ; quant 
au mois, il faut, croit-on, substituer janvier à juin. 
Cette seconde modification est indispensable, puisque,' 
parmi les aveux rendus à Guillaume I, pour La Ferté- 
Bernard, il en est un de novembre 1387. Il faut donc 
fixer le décès de Guillaume I au 8 janvier 1388. Il fut 
certainement enseveli aux Cordeliers de Châteaudun, 
où Guillaume de Saint-Romain lui avait préparé une 
tombe, qu'il devait partager avec Marguerite de Flan- 
dre*. 

Avant de mourir, Guillaume avait pris soin, le 25 
mai 1387, d'assigner à sa femme Marguerite de Flan- 
dre le tiers des deux mille livres de rente que, en exé- 
cution des deux accords du 31 janvier 1347, les branches 
cadettes réclamaient d'Isabelle de Craon ; deux de ses 
fils, Guillaume II et Pierre, par acte du 3 juillet 1387, 
s'engagèrent à respecter sur ce point les dispositions de 
leur père. 

1. Voir le n^ 1035 du Cartulaire. 



I 



- 127 — 

• 

Marguerite survécut donc à son époux. Tout en igno- 
rant l'époque de sa mort, on peut être certain qu'elle fut 
ensevelie aux Gordeliers de Ghâteaudun, sous la tombe 
due au ciseau de Guillaume de Saint-Romain. 

Dresser le tableau 'des enfants de Guillaume I et 
de Marguerite de Flandre est difficile ; il n'existe en ef- 
fet aucun document qui en contienne la liste, et on est 
réduit à chercher leurs noms dans des actes où chacun 
d'eux figure isolément ; de telle sorte qu'on ne connaît 
pas ceux qui sont morts en bas-âge, ou qui sont entrés 
en religion. 

Sous ces réserves, on peut dire que Guillaume I eut 
au moins cinq fils : Guillaume, Amaury, Pierre, Jean et 
Guy, et trois filles : Jeanne, Béatrix et Marie. 

XP|. — Guillaume. — Guillaume II, après son père, 
fut chef de la branche dite de Sainte-Maure ; il sera 
l'objet d'un article séparé. 

X1^2- — Amaury. — Jamais personne n'a donné à 
Guillaume I d'enfant appelé Amaury. Il serait cependant 
singulier que de tous ses fils aucun n'eût reçu le prénom 
de son grand'père, encore porté lors de sa naissance par le 
chef de la maison de Craon, Amaury IV. Bien qu'il n'existe 
aucun document disant formellement que Guillaume I 
ait eu un fils ainsi nommé, il n'est pas impossible cepen- 
dant d'établir suffisamment le fait pour lui assigner sans 
crainte d'erreur la paternité de l'Amaury de Craon, 
conseiller et maître des requêtes de l'hôtel du roi, en 
même temps que trésorier de l'église de Reims, qui, 
le 7 juillet 1379, donnait une quittance publiée par dom 
Morice. Ce personnage en effet portait un sceau à l'écu 
losange avec bande, soit précisément le blason de 
Guillaume I. Il était trésorier du chapitre au moins dès 
1371, comme le constate l'éditeur de dom Marlot, en 
s'appuyant sur les recherches de Weyen. Il est aussi 
mentionné par Yarin, dans ses Archives de Âeims, où 
on apprend qu'il était décédé avant le 25 février 1381. 



— d28 - 

On trouvera sa présence à Reims toute naturelle si on 
songe qu'il était revêtu de cette dignité importante du 
chapitre à l'époque même où le siège archiépiscopal 
était occupé par Jean de Graon, son oncle paterneP . 

Dès avant 1371, il avait atteint l'âge requis pour pos- 
séder des dignités ecclésiastiques ; aussi faut-il sans 
doute voir en lui le second des fils de Guillaume I. 

XPg. — Pierre. — Pierre fut la tige du rameau de 
la Ferté-Bernard ; il aura son article en tête de la notice 
sur ce rameau. 

Xlb^. — Jean. — Jean fut la tige du rameau de Do- 
mart en Ponthieu ; il aura son article en tête de la no- 
tice sur ce rameau. 

XP5. — Guy. — L'acte le plus ancien de Guy, cin- 
quième fils de Guillaume I, est son aveu du l^"" mars 1378 
à l'abbé de Vendôme, pour Roullays ; il figure ensuite 
dans un certificat délivré par Jean de Bueil à ceux qui, en 
février 1380, faisaient partie de sa compagnie ; on le re- 
trouve encore, le 25 mai 1387, comme témoin de l'acte 
par lequel son père assurait à sa femme la jouissance 
viagère du tiers des deux mille livres de rente qu'Isa- 
belle de Craon devait à ses cousins ; le 7 février 1390, 
il est l'objet d'une libéralité du duc de Touraine ; en 
1399 enfin, il est l'un des témoins du contrat de mariage 
de son neveu Jean de Graon avec Jacqueline de Mon- 
tagu. 

Son testament est du 14 octobre 1401 ; il y demande 
à être enseveli chez les Gordeliers de Ghâteaudun, et y 
dispose qu'en échange d'un hôtel à Clichy-la-Garenne, 
appartenant à sa femme, et qu'il avait aliéné, il lui 
cédait la propriété de Sainte- Julitte, Chaumussay, Neuf- 
mans et la Lambarderie, ainsi que de tous ses meubles. 



1. Voir Cartulaire, n° 1011 ; voir aussi Dom Marlot, Histoire 
de la ville, cité et université de Reims ; 1843-1846, 4 in-4°, t. I, 
p. 667 ; et Archives de Reims, 9 in-4o, t. III. p. 352, 381. 



- 129 — 

Cette épouse était Jeanne de Sourches ; elle apparte- 
nait à une famille qui avait possédé Sourches-le-Mari- 
gné, tombé en quenouille et devenu la propriété des le 
Vayer, et se continuait à Malicorne, Saint-Aignan, Dou- 
celles, Dangeul, dans le Maine, à Clinchamps et Ra- 
bestan^, dans le Perche. Jeanne était fille de Louis, sei- 
gneur de Clinchamps, et d'Isabelle de Beaumont ; elle 
avait pour frère Payen de Sourches -, seigneur de Clin- 
champs après son père, et à qui elle fit épouser une 
nièce de son mari, Béatrix de Maulevrier, fille de Re- 
naud de Maulevrier et de Béatrix de Craon, dame de 
Toureil, et une sœur, Pernelle, qui épousa Robert de 
Saint-Père ^. 

Guy de Craon n'ayant pas d'enfant, légua, ainsi qu'on 
vient de le voir, tout ce qu'il possédait à Jeanne de 
Sourches, sa veuve. Celle-ci eut pour héritier Payen, son 
frère, qui, de Béatrix de Maulevrier, eut un fils nommé 
Guillaume. Ce Guillaume ayant épousé Jeanne, héritière 
de la maison de Tucé, s'engagea à prendre le nom et les 



1. Sur Rabestan voir la notice de M. Lefevre aux pages 339- 
374 du tome I des Mémoires de la Société d'Eure-et-Loir. 

2. Voir, abbé Ledru, Le château de Sourches au Maine et ses 
seigneurs (1887, in-8°), où la maison de Sourches est étudiée seu- 
lement jusqu'à l'époque où Sourches parvient aux mains des Le 
Vayer ; c'est à une communication du savant abbé que nous de- 
vons de pouvoir en dire davantage sur les Sourches. Bon nom- 
bre des difficultés que soulève leur généalogie trouveraient leurs 
solutions dans deux pièces découvertes par nous : 

1353, 25 novembre. — Accord entre Ymbert de Sourches, sei- 
gneur de Clinchamps, et Ymbert de Sourches, seigneur de Saint- 
Aignan, fils de Patry de Sourches, pour l'héritage de Geofiroy 
de Sourches, frère germain d'Ymbert et frère consanguin de Pa- 
try (Arch. nat., X*^ 7, 175-177). 

1378, 7 novembre. — Accord entre Marguerite de Sourches, 
femme de Patry de Sourches, et Jeanne d'Usages, veuve de Ym- 
bert de Sourches, seigncui* de Rabestan, pour les réparations de 
Rabestan {Arch. Eure-et-Loir, E, 2693, 4). 

3. C'est M. le vicomte d'Elbenne qui nous a signalé l'existence 
de Pernelle, dont la preuve lui a été fournie par un arrêt du Par- 
lement sui' le litige auquel a donné lieu la succession d'Anne de 
Tucé. 



— 130 — 

armes de Tucé et eut une fille, Anne de Tucé*, qui, à la fin 
de novembre 1432, épousa Louis de Bueil ; puis, le 4 juin 
1433, fît son testament et mourut sans enfant. Son mari, 
qui lui survécut et qui fut tué dans une joute entre Ghinon 
et Razilly, le 5 février 1447, dans des circonstances que 
fait connaître une relation aujourd'hui imprimée ~, n'avait 
aucun droit sur son héritage ; et c'est entre les Tucé et 
les Saint-Père qu'eut lieu le litige au sujet de cette suc- 
cession. A la même époque, on opérait la liquidation de 
Renaud de Maulevrier; et ce n'est pas sans peine que 
les Goesmes obtenaient des Montbron les parts de sa 
succession et de celle d'Anne de Tucé, qui leur reve- 
naient, à eux aussi. Tous ces actes de procédure sont 
fertiles en renseignements généalogiques, et c'est à eux 
qu'est due une partie de ceux qui précèdent. 




163, — Signet de Patry de Sourches, seigneur de Malicorne. 1347. 

On donnera ici (figure 163), le signet d'un Patry de 
Sourches, seigneur de Malicorne, d'après une empreinte 
du 11 février 1347 { Clair amhault, n« 2523). Il n'y sub- 
siste plus que i'écu chargé de six burelles^ et de la lé- 
gende que les lettres se.... y. 

On possède une empreinte du sceau de Guy de Graon 



1. C'est par erreur qu'on a dit Anne fille de Beaudouin de 
Tucé (Le Jouvencel, Introduction par Camille Favre, p. LUI ; 
Carré de Busserolle, Dictionnaire I, 465; III, 415); celui-ci 
n'était que le second époux de sa mère et issu de la mai- 
son de Champagne, il n'était Tucé que par la volonté de sa femme. 
Le fief de Clinchamps, dont M. C. Favre ne connaît pas la posi- 
tion, était situé dans le Perche, sur la paroisse de Cnemilly, en- 
tre Mamers et Bellême. 

2. Dans les Mémoires de la Société de Touraine, XI, 288. 



— 131 — 

en une cire détachée du fonds Bastard, numéro 133, où 
elle est datée de 1389. C'est un sceau rond de 0,025 
(figure 164). On y voit un écu losange à la barre très appa- 
rente, penché, timbré d'un heaume à lambrequin, sommé 
d'une tête de loup, posé sur un champ réticulé orné de 
fleurettes; de la légende on ne lit plus que : g.... de 

CRAON. 

Xlbg. — Jeanne. ^- Il n'existe aucun document qui 
mentionne une Jeanne au nombre des filles de Guil- 




164. — Sceau de Guy de Graon, 1389. 

laume; il est cependant impossible de ne pas tenir 
compte de l'affirmation des généalogistes bretons qui 
donnent à Pierre II de Tournemine pour épouse une 
Jeanne de Graon, dont ils font la mère de Jean I, chef 
de la maison après son père, et de Pierre, seigneur de 
Jasson et Plancoët, qui n'eut pas d'enfant de Tiphaine 
du Guesclin ^ Pierre II mourut du reste non pas en 
1372, comme le disent les historiens, mais après le 2 
mai 1381, ainsi que rétablissent les documents publiés 
par dom Morice, sous les dates des l^'^juin et 20 août 



1. Le dernier travail sur les Tournemine est de M. A. de 
Barthélémy; il a été publié dans la Revue nobiliaire, t. IX (1872), 
p. 1-10. Il a été fait d'après les archives des Penthiève, aujour- 
d'hui déposées aux archives départementales des Côtes-du-Nord, 
et néglige complètement les renseignements fournis par les Preu- 
ves de dom Morice. On n'y trouve pas l'explication de ce fait sin- 
gulier de deux Tournemine, l'un notre Pierre II, l'autre appelé 
Jean, (pji simultanément se qualifient de sire de la Hunaudaye, 
de 1371 à 1.378. Voir Dom Morice, Preuves, t. I, p. 1648; t. Il, 
186. 191. 



— 132 - 

1374, 10 mai 1375, 26 avril et 4 mai 1379, et 2 mai 
1381 1. 

Par une montre du 28 septembre 1383 -, on voit qu'à 
cette date Jean I, seigneur de Tournemine, était cheva- 
lier banneret et avait sous ses ordres comme chevalier 
bachelier Pierre, son frère. Ce dernier avait alors au 
moins vingt et un ans. Il faut donc placer la naissance 
de Jeanne de Craon dans les premières années du ma- 
riage de ses parents ; c'est pour cela qu'elle figure ici 
avant ses sœurs. 

Xlb^. — BÉA.TRIX. — Malgré de nombreuses recher- 
ches on n'a pu découvrir un document rattachant expres- 
sément Béatrix à Guillaume 1 ; son origine n'en est pas 
moins certaine car, mariée avant 1372, elle était évidem- 
ment sœur de Guillaume II, marié vers 1368, et de Ma- 
rio, devenue dame de Mauny en 1373. L'antériorité de 
son mariage est même un motif suflisant pour lui don- 
ner l'aînesse sur cette dernière. Son époux était Renaud 
(et non Raoul) de Maulevrier, lequel fut le dernier de 
son nom. Elle lui apporta en dot Toureil (Maine-et-Loire) 
et Richebourg^, (jui en dépendait, et lui donna quatre 
enfants : un seul fils, Jean, mort après ses parents, mais 
avant sa majorité, et trois iilles qui furent mariées par 
leur mère : Marie qui, en sa qualité d'aînée, porta la 
grosse part de l'héritage de sa maison à Jacques de 
Montbron, maréchal de France, son époux dès 1386 ; 
Marguerite qui, avant janvier 1392, épousa Charles de 
Goesmes, et Béatrix, femme de Payen de Sourches, sei- 
gneur de Clinchamps et mère de Guillaume de Tucé ^. 

1. Voir au tome II des Preuves de dom Morice, les pages 80, 
82, 87,214, 279,381. 

2. ]bid., p. 436. 

3. Voir G. Port, Dictionnaire, III, 254 et 606. 

4. Il est bon de noter ici que Paven de Sourches eut de Béatrix 
de Maulevrier un fils, Guillaume, lequel, le 14 février 1412, v. s., 
épousa Jeanne, fille de Guillaume II de Tucé et de Flavie de Li- 



— 133 - 

Béatrix mourut sans doute dans le courant de 1392, 
car M. Port constate que François de Montbron était 
en 1393 bail de Jean de Maulevrier. 

Il existe un sceau de Renaud de Maulevrier (figure 
165), apposé le 22 octobre 1379 (numéro 5889 de Clai- 
rambault). C'est un sceau rond de 0,03 qui contient un 
écu droit portant un chef timbré d'un heaume cime d'un 
oiseau à queue de serpent entre deuxvols, l'écu supporté 
par deux lions assis, sur champ réticulé. Légende : s. 

REGNAVT SEGNR DE MAV....R. 




165. — Sceau de Renaud de Maulevrier, 1379. 

Xlbg. — Marie. — A la différence de ses sœurs 
Jeanne et Béatrix, Marie apparaît dans le document du 
25 mai 1387 comme fille de Guillaume I. Fut-elle, comme 
Ménage l'a avancé, sans en administrer aucune preuve, 
l'épouse en premières noces de Marie d'Anthoing? cela 



nières. Cette Jeanne, en sa qualité de fille aînée, était héritière 
du fief de Tucé ; elle imposa à son mari l'obligation de quitter 
son nom de Sourches pour celui de Tucé ; ils n'eurent qu'une fille, 
Anne de Tucé, qui épousa Louis de Bueil, ne lui donna pas d'en- 
fant et fit son testament en 1433. Jeanne s'était remariée dès le 
14 mai 1423 à Beaudouin de Champagne, connu depuis cette date 
et jusqu'à sa mort advenue entre 1461 et 1466 sous le nom de 
Beaudouin de Tucé. Jeanne n'ayant pas eu d'enfant de Beau- 
douin, attribua, dès le 11 avril 1*453, le nom de Tucé à son neveu 
Louis, fils de Hugues le Gros et de Marie de Tucé, sa sœur (Voir 
Notice sur la seigneurie d'Aillières par M. le comte Boulay de la 
Meurthe. à l'appendice du Cartulaire dePerseigne, et Alouis, Les 
Cçesmes, I). 



- 134^ 

semble peu admissible, car la supputation de ses années 
et de celles de ses parents ne donne guère place pour 
elle à un veuvage ; puis, selon le P. Anselme, Marie de 
Melun, fils d'Isabelle d'Anthoing, serait mort sans al- 
liance. 

Marie se maria, par contrat du 26 août 1373, à Hervé 
de Mauny sieur de Torigni-sur-Vire (Manche) ; elle 
eut ainsi Fhonneur de devenir nièce à la mode de Bre- 
tagne du connétable de France, Bertrand du Guesclin. 
Elle venait sans doute de mourir alors que Hervé de 
Mauny, le 22 décembre 1401, faisait son testament, par 
lequel il demandait à être enseveli près d'elle, dans Fab- 
baye de Torigni. Hervé survécut dix ans à cet acte. Il 
contracta une seconde alliance avec Jeanne de Sacé, 
veuve de Jean d'Usages et, le 4 décembre 1409, devenu 
veuf pour la seconde fois, il fonda une chapelle au lieu 




166. — Sceau de Hervé de Mauny, 1388. 

de la sépulture de ses deux femmes et mourut, croit-on, 
en 1411. Il avait eu l'honneur, ainsi que son frère aine, 
Olivier de Mauny, d'être désigné par Bertrand du Gues- 
clin, dans son testament du 9 juillet 1380, au nombre de 
ses exécuteurs testamentaires, et figurait en outre dans 
cet acte comme créancier du connétable pour 1000 francs. 
Celui-ci, par acte du 10 juillet 1380, lui légua Villiers- 
le-Bocage ^. 

Le fonds Glairambault possède les empreintes de deux 
sceaux d'Hervé de Mauny, numéros 5904 et 5905 ; l'une 
de 1383, a 0,017, l'autre, du lOjanvier 1388, mesure 0,025. 
On trouvera ici (figure 166), le dessin de cette dernière. 

1. Voir Cartulaire, n^s 1020, 1021. 



— 135 — 

Toutes les deux portent un écu où figure un croissant 
au lambel accompagné d'une étoile en chef et à dextre, 
penché, timbré d'un heaume cime d'un croissant, sup- 
porté par deux lions. La légende, qui n'est complète que 
sur le second sceau, porte : s herve de maunyV 

Les historiens sont unanimes pour attribuer au pre- 
mier lit d'Hervé de Mauny les deux fils qu'il laissait en 
mourant : Olivier, l'aîné, fut seigneur de Torigni et eut 
trois enfants dont une fille, Marguerite, qui fit passer 
son patrimoine aux mains des Goyon, seigneurs de Ma- 
tignon. On trouvera au Cavtulaire l'indication du testa- 
ment d'Olivier que nul n'irait chercher aux archives 
d'Eure et-Loir, qui en possèdent la minute, du 10 octo- 
bre 1424. 




167. — Blason de Mauny, voûte de la Chapelle-SaintrRémy. 

Le second fils fut Hervé de Mauny, qui épousa Isa- 
beau d'Usages, fille de sa belle-mère, reçut le fîef de 
Saint- Aignan (Sarthe), et fut chef d'une branche qui en 
conserva la seigneurie jusqu'à l'époque où, en 1523, elle 
tomba en quenouille. C'est cette branche qui possédait 
la Chapelle-Saint-Rémy, et dont on a voulu rappeler le 
souvenir lorsque, au XVII" siècle, en peignant la voûte 
de la chapelle de Fleuré, on y plaça un blason (figure 



1. Dom Morice, t. II, de ses Preuves, p. 82 et 190 a décrit le 
sceau d'un Eustache de Mauny, où figurait un écu au croissant 
chargé d'un lambel à trois pendants. 



- 136 - 

167) ', où on remarque un écart de Craon, dont il n'y a 
pas lieu de s'étonner, puisque les Mauny descendaient 
de Marie de Craon; quant à l'écu en abime, portant le 
blason de Goyon-Matignon, il n'a pu y prendre place en 
témoignage d'origine, puisque les Mauny n'étaient pas 
issus des Goyon. 



CARTULAIRE DE CRAON 

BRANCHE DE SAINTE-MAURE 
XVI (935-1047) GUILLAUME I 1318-1388. 

935. — 1310, 15 septembre. — Numéro 399. 

936. — 1317, 8 avril. — Numéro 430. 

937. — 1317, 2 juin. — Numéro 434. 

938. — 1322, 3 mai, Paris. — Numéro 464 et 814. 

939. — 1335, décembre, Tours. — Numéro 501. 

940. — 1336, V. s., janvier, au Louvre, près Paris. — Con- 
firmation par Philippe de Valois et la reine Jeanne de la vente 
de la Ferté, faite par Jean de Normandie à Ingelger I d'Am- 
boise et à Marie de Flandre, son épouse, pour 16000 livres 
(Arch. nat., J HT). 

941. — 1337. — Lettres- de Pierre de Dreux, en fa- 
veur de Guillaume I, auquel il abandonne 1000 livres de 
rente viagère sur Domart en Ponthieu, afin de le dédomma- 
ger de ses droits d'un sixième sur Château-du-Loir, vendu 
au roi * (Du Chesne, Histoire de Dreux). 

1. C'est M. le vicomte d'Elbeime qui nous a communiqué ce 
dessin, relevé par lui-môme à la voûle de la chapelle de Fleuré. 

2. Cet accord fut, paraît-il, l'œuvre de Jean III, abbé de Cou- 
lombs (Voir Gallia C/iristiana, VIII, 1255 et Merlet, Histoire fie 
Val)hayc de N.-D. de Coulombs, Chartres 1864, 254 p. in-8°, 
p. 54). — Le 12 mai 1337, Pierre de Dreux, pour 31000 livres, 
avait vendu Château-du-Loir à Philippe VI (A. Nat,, JJ H, 50). 



I 



— 137 — 

942. — 1338, V. s., 18 février. — Accord entre Pierre de 
Dreux et Guillaume I au sujet de 784 livres de rente sur Châ- 
teau-du-Loir, auquel ce dernier avait droit à cause de sa 
mère * (Arch. nat., JJ 68, 65 ; communiqué par M. l'abbé Le- 
dru). 

943. — 1338, V. s., 11 mars. — Numéro 504. 

944. — 1339, 9 juillet. — Lettres portant investiture à 
Guillaume I de la terre de Domart ^ en Ponthieu et de ses 
fruits depuis les brandons de 1337 (Arch. de la Trémoïlle, 
Fonds Craon). 

944 bis. _ 1340, 5 août. — Guillaume I, pour 160 livres, 
fait achat à Isabeau, épouse de Laurent Pichereau, de l'hé- 
bergement de Cholet, dans la paroisse de Saint-Jean de la 
Chaîne ^ (Arch. d'Eure-et-Loir, fonds de Chamars, commu- 
niqué par M. Lucien Merlet). 

945. — 1341, 4 mai Paris. — Lettres de Guillaume I, che- 
valier, assignant en douaire à Marguerite de Flandre 1500 li- 
vres de rente, sur la vicomte de Châteaudun* (A. N., JJ 74 
594). 

946. — 1345, 4 juin, Paris. — Accord entre Marie de Flan- 
dre, comtesse de Boulogne, et Philippe de Bourgogne, époux 
de Jeanne, comtesse de Boulogne et d'Auvergne. On y ap- 
prend que la vicomte de Châteaudun avait été donnée par 
Robert VII, comte d'Auvergne, à Amaury III, qui avait aban- 



1. Les parties furent représentées par l'abbé de Coulombs, 
Olivier de Clisson, Renaud de Pressigny, Hue de Baubigny, Ro- 
bin d'Auvers et Jean Pointeau. 

2. La concession lui en avait été faite afin de lui tenir lieu de 
ses droits d'un sixième sur le iief de Château-du-Loir, \endu au 
roi (Voir Du Chesne, Histoire de Dreux, et numéros 941 et 942 
du Cartulaire. 

3. Cet acte nous était connu par une note du Trésor généalo- 
gique ; c'est M. Lucien Merlet qui nous a fait savoir que Cholet 
était situé en Saint-Jean de la Chaîne et 'non en Saint de la 
Cheaum'i {sic), comme l'avait écrit dom Villevielle. 

4. Cet acte fut ratifié par le roi en août 1341. 



— 138 - 

donné en échange le passage de Wissant, lequel n'avait pas 
produit les 500 livres promises (Arch. nat., X*'' 3^, 175). 

947. — 1345, 19 décembre, Paris. — Quittance de Guil- 
laume 1 des gages de sa compagnie, composée de lui banne- 
ret, de quatre chevaliers bacheliers et de quinze écuyers * 
(B. N., Titres scellés, fol. 2739). 

948. — 1345, V. s., 11 janvier, Paris. — Quittance de Guil- 
laume V (Clairambault, t. XXXVI, n« 178). 

949. — 1346, V. s., 31 janvier. — Numéros 820 et 821. 

950. — 1346, V. s., 16 février, Paris. — Accord entre In- 
gelger I d'Amboise et Marie de Flandre, son épouse, Guil- 
laume I de Craon et Marguerite de Flandre, son épouse, 
ceux-ci se portant forts pour Isabelle et Mathilde, réglant le 
partage de la succession de Jean de Flandre, leur père, de 
Jean et Guy de Flandre, leurs frères ; Guillaume et Margue- 
rite reçoivent la Ferté, Ingelger garde Saint-Calais, la Chau- 
velière et tous les droits de sa famille en Mondoubleau (Arch. 
nat. X*« 3b, 261). 

951. — 1346, 25 avril, Aiguillon. — Guillaume I de Craon, 
chevalier, vicomte de Châteaudun, donne un reçu (Pièces 
originales, Craon, n° 6). 

952. — 1348, 2 mai, Paris. — Mandement du Parlement, 
prescrivant de placer dans la main du roi les fiefs des châ- 
tellenies de la Guerche et de Sainte-Julitte que se dispu- 
taient Guillaume de Craon et Jean de Lisle, seigneur de 
Saint-Médard (Arch. nat., X*« 12, fol. 112. Note du Trésor 
des chartes du Poitou, t. III, p. 252 et t. II, p. XX). 

953. — 1348, 23 mai, Paris. — Mandement du Parlement 
prescrivant la reconstruction par Guillaume de Craon, du 



1. Cet acte porte un sceau non moulé qui est décrit ci-dessus, 
page 123. 

2. Cet acte porte le sceau, figure 158. 



— 139 — 

moulin de Beugnons, appartenant aux moines de Saint-Jouin 
de Marnes (Arch. nat., X*^ 12, fol. 109, d'après Trésor des 
chartes du Poitou', t. III, p. 252 où on signale sur la même 
affaire un arrêt du 14 mai 1350). 

954. — 1348, V. s., 1 février. — Lettres de Mahaut de 
Flandre nommant ses procureurs pour agir contre Guil- 
laume I, afin de faire liquider ses droits sur la Ferté-Bernard, 
Sainte- Julitte et la Guerche, en Touraine (Arch. nat., X**^, 
4b, 276). 

955. — 1348, V. s., 25 janvier, Choisy. — Accord entre 
Guillaume I et Mahaut de Flandre, liquidant ses droits sur 
les terres de la Ferté, Saint-Calais, Sainte- Julitte, la Guer- 
che et la Chauvelière ^ (Arch. nat., X''^ 4b, 278-279). 

956. — 1348, v. s., 9 février, Paris. — Sentence du Parle- 
ment, homologuant l'accord passé entre Guillaume I et Ma- 
haut le 25 janvier 1349 (Arch. nat., X*^ 4b, 277). 

957. — 1349, novembre. Couches. — Lettres par lesquelles 
Philippe VI confirme le droit de Guillaume I de faire payer 
ses droits de salage sur les chalans chargés de sel, qui pas- 
sent à la Roche-aux-Moines ^ (Arch. nat., JJ 78, 9). 

958. — 1350, 23 avril, Paris. — Arrêt du Parlement tran- 
chant au profit de Guillaume I le litige qui existait entre lui 
et Jean de l'Isle, au sujet des fiefs situés dans les châtellenies 
de la Guerche et de Sainte-Julitte (Arch, nat., X^^ 12, 417 
d'après Trésor des chartes du Poitou, t. II, p. XX et t. III, 
p. 252). 

959. — 1350, 4 juin. — Numéros 512 et 822. 



1. Cet acte prouve, contre M. Carré de Busserolle, au T. III 
de son Dictionnaire d'Indre-et-Loire, que Sainte-JuHtte ne fut pas 
en 1390 acheté par Guy de Graon à Boucicaut. 

2. Gette pièce a échappé aux recherches de M. Mantellier, qui 
ne la mentionne pas dans les trois volumes qu'il a consacrés à 
VHistoire de la Communauté des marchands fréquentant la ri- 
vière de Loire et fleuves descendant en icelle (Orléans. 1867- 
1869, in-80). 



• - 140 - 

960. — 1351, 20 et 27 juin, Angoulême et Périgueux. — 
Deux quittances données par Louis Chabot de ses gages pour 
lui, un chevalier et cinq écuyers de sa compagnie, employés 
sous le gouvernement d'Amaury IV (Bibl. nat.. Titres scellés, 
27, 1955; communiqué par M. l'abbé Ledru*). 

961. — 1352, 20 avril. — Mandement de Jean le Bon pres- 
crivant l'ajournement de la cause pendante entre Guillaume I 
et madame d'Alençon (Arch. nat., X^^ 6, 77). 

962. — 1352, 19 juin. — Accord entre Isabelle de Melun, 
comtesse de Dreux, et Guillaume I. Ce dernier s'était opposé à 
ce que l'exécution d'un arrêt contre le vicomte et la vicom- 
tesse fut poursuivie sur ses terres de Ponthieu (Arch. nat., 
X**^6, 120). 

963. — 1352, 18 décembre, Paris. — Accord entre Guil- 
laume I, Marguerite de Flandre et les exécuteurs testamen- 
taires de Béatrix de Châtillon^ (Arch. nat., X*% 6, 153). 

964. — 1353, V. s., 28 mars, Paris. — Accord entre Guil- 
laume I et l'abbaye Saint- Jouin de Marnes au sujet de la jus- 
tice (Arch. nat., X*« 7, 42). 

965. — 1354, 17 avril. — Différend entre Guillaume I et 
Jean de Montléon au sujet du moulin de Lorcé (Arch. nat., 
X^^ 15, 214, note du Trésor des Chartes du Poitou^ t. III, 
p. 252). 

966. — 1354, 25 juillet, Paris. — Accord entre Guillaume I, 
Marguerite, son épouse, et Mahaut de Flandre, sa sœur : il 
en résulte possession viagère de la Ferté-Bernard pour Ma- 



1. Nous devons remercier ici M. l'abbé Ledru qui a bien voulu 
nous communiquer les fiches de son dépouillement des titres 
scellés et nous a ainsi mis à même de donner place dans notre 
Cartidaire .k divers documents relatifs à la maison de Craon 
classés en dehors du registre qui lui est spécial. 

2. A la même date accord entre Ingelger d'Amboise et les mô- 
mes exécuteurs testamentaires, (Ibid.^ n» 154.). 



— 141 ~ 

haut, sous charge de payer trois cents livres de rente à Isa- 
belle, leur sœur ^ (A. N., \'' IX% 44). 

967. — 1355, juillet, Saint-Ouën. — Numéro 529. 

968. — 1355, 23 décembre, le Mans. — Quittance de Jean 
de Rouvray, chevalier, pour deux chevaliers et cinq écuyers 
de sa compagnie, employés es guerres d'Anjou et du Maine, 
en la compagnie de Guillaume I « capitaine es dites parties 
de certain nombre de gens d'armes. » (Bibl. nat., Titres 
scellés, 99, 7665, communiqué par M. l'abbé Ledru). 

969. — 1355, V. s., 20 janvier. Pouancé. — Quittance de 
Jean de Cuignières de ses gages pour campagne faite sous 
Guillaume I (B. N., Titres scellés, 38, 2845, communiqué 
par M. l'abbé Ledru). 

9/0. — 1355, V. s., 5 février, Pouancé. — Quittance de 
Robert de Vieuxpont-, sire de ChauUenay, employé sous Guil- 
laume I, capitaine pour le roi de certain nombre de gens d'ar- 
mes (Bibl. nat.. Titres scellés, 113, 8801 ; communiqué par 
M. l'abbé Ledru). 

971. — 1355, V. s., 5 février. — Quittance de Guillaume de 
Chaumont ayant servi seul sous Guillaume I (B. N., Titres 
scellés, 30, 2253, communiqué par M. l'abbé Ledru). 

972. — 1355, V. s., 6 février, Pouancé. — Quittance de 
Jean, dit le Beaudrin de la Heusse, chevalier, pour sept che- 
valiers et quarante-cinq écuyers, pour services faits sous 
Guillaume I (B. N., Titres scellés, 59, 4551, communiqué par 
M, l'abbé Ledru). 

973. — 1356, v. s., 23 mars. — Numéro 828. 

974. — 1357, 20 juillet. — Guillaume I donne quittance 
d'une somme prêtée au sire de Garancière (Pièces originales, 
Craon, n^7^). 

1. La ratification du Parlement est du 28 février 1355 {Ihid., 
n" 25). 

2. Cet acte porte le sceau, ligure 158. 

10 



— 142 — 

975. — 1357, août, Gisors. — Lettres du duc de Norman- 
die portant rémission pour sept hommes d'armes que, en 
prétextant d'aller sous la conduite de Guillaume I secourir 
Rennes, Philippe de la Chèze avait enrôlés en Poitou, puis 
conduits- à Sillé-le-Guillaume, où ils avaient pris part aux 
excès commis contre le château « et ailleurs ou dit pais *. » 
(Trésor des Chartes du Poitou, t. III, p. 251). 

976. — 1357, août, Gisors. — Lettres de rémission pour 
Guillaume Sanglier, écuyer, fils de Guillaume Sanglier, che- 
valier, âgé de quinze ans, tenu en prison à Tours comme com- 
plice de Philippe de la Chèze' (Arch. nat., JJ 89, 127). 

977. — 1357, 11 octobre, Angers. — Lettres de Guil- 
laume I autorisant Jehan de la Porte à fortifier son château 
de Vézins et à exiger que la garde et le guet y soient faits 
par les hommes du fief (Ménage, p. 395). 

978. — 1357, 20 octobre, Le Mans. -^ Commission adres- 
sée par Guillaume ï au sénéchal de Poitou, relative à la dé- 
molition du château de Faye (Archives d'Aubigny et Faye ; 
indiquées par Trésor des Chartes du Poitou^ t. III, p. XXVI). 

979. — 1360, 24 octobre, Calais. — Numéro 550. 

980. — 1362, v. s., 11 mars, Paris. — Don du duc d'Or- 
léans à M. de Craon, chambellan ^ du roi, de 500 francs d'or 
(Arch. nat., JJ 92, 43, communiqué par M. l'abbé Ledru). 

981. — 1363. — Lettres de Jeanne de Montbazon et de 



1. Si les faits relatés dans cette lettre sont d'une rigoureuse 
exactitude, il faut admettre que Philippe de la Chèze, enhardi 
par le succès de son coup de main sur Fresnay en 1356 (voir 
n° 531 du Cartulaire), en lit l'année suivante un nouveau sur Sillé- 
le-Guillaume, pendant le siège de Rennes — du 3 octobre 1356 
au 5 juillet 1357 — époque où Guillaume de Craon était « heu- 
tenant es parties d'Anjou et du Maine, de Poitou et de Touraine. » 

2. Dans ces lettres, il est dit de Guillaume de Craon : « lors or- 
donné capitaine à lever le siège de Rennes. » 

3. Il s'agit sans doute icijde Guillaume I; Amaury IV ne fut 
pas chambellan. 



— 143 - 

Montsoreau, veuve de Simon de Vendôme *, en faveur de Ha- 
liguant de Bounoi (Housseau, XIP, 7075). 

982. — 1363, 5 juin, — Montre des gens d'armes de Mau- 
rice Mauvinet, qui avait servi sous les ordres d'Amaury IV 
(Morice, I, 1558). 

983. — 1366, V. s., 4 janvier. — Lettres de Guillaume I 
constituant Regnault de Mauléon, Jean de Bordeaux et Pierre 
Ricliart ses procureurs pour faire hommage pour Marcillac 
à l'évêque d'Angoulême^ (Sénemaud, Marcillac, p. 80). 

984. — 1366, V. s., 15 janvier, la Ferté-Bernard. — Charte 
par laquelle Guillaume I confirme à l'abbaye des Clairets ^ la 
possession d'une rente de 100 sous et lui concède des terres 
(Archives de la Sarthe, E 271, n** 6). 

985. — 1367, V. s., 26 mars, La Ferté-Bernard.— Let- 
tres de Guillaume I en faveur de la Pelice* (Arch. nat., KK 
1053,69). 

986. — 1369, 6 octobre, Paris. — Lettres de Charles V 
qui, pour indemniser Guillaume I, lui fait don de 500 livres 
de rente (Trésor des chartes du Poitou, III^ 411). 

987. — 1369, 21 novembre, Châteaudun. — Bail par Guil- 
laume 1 à Etienne Durand de la métairie de Soignes-les-Neuf- 
ves, paroisse de Membrolles (Archives d* Eure-et-Loir^ 
E2690). 



1. Cet acte est précieux parce qu'il fournit le nom de la femme 
de Simon de Vendôme, fils de Jean V et d'Eléonore de Montfort 
l'Amaury, nom resté ignoré du P. Anselme (VIII 726) et de M. de 
Pétigny (p. 543). Mais il ne faut pas voir en cette Jeanne de 
Moiitbazon l'épouse de Guillaume II de Graon. 

2. L'aveu en question fut fait le 24 janvier 1367. 

3. Abbaye de religieuses cisterciennes située à six kilomètres 
de Nogent-le-Rotrou. 

4. Abbaye de l'ordre de Saint-Benoît dont l'emplacement est 
aujourd'hui sur le territoire de Cherreau, près la Ferté-Bernard 
(V. Pesche, Dictionnaire de la Sarthe, IV, 372). 



- 144 - 

988. — 1369, 29 novembre, Châteaudun. — Compte- rendu 
de la recette de la vicomte de Châteaudun pour Guillaume I 
(Archives d'Eure-et-Loir, E 2690). 

989. — 1370. — Louis d'Anjou acquiert de Guillaume I la 
châtellenie de la Roche-aux-Moines * (Note dans Arch. nat., 
P 1334^ n^ 7). 

990. — 1370, 21 juin, Châteaudun. — Procuration de Guil- 
laume I à Renaud de Thiville, pour percevoir les revenus de 
la vicomte de Châteaudun et de la terre de Froidmentel 
(Arch. d'Eure-et-Loir, E 2691). 

990 bis. _ 1371^ 20 août. — Accord entre Jean d'Usages, 
chevalier, seigneur de Nouans et Guillaume I par lequel 
Jean reconnaît que la terre de Tyronneau relève de Saint- 
Aignan, dont Guillaume a naguères fait achat de Patry de 
Sourches* (B. N., du Chesne, 54, 720). 

991. — 1371, 1 septembre. Sablé. — Montre d'Olivier de 
Mauny» (B. N., Cabinet des Titres, 1409, fol. 27). 

992. — 1372, août, Paris. — Lettres par lesquelles Char- 
les V amortit la dotation d'une chapelle, que Marguerite de 
Flandre se proposait de fonder à Moncontour (Trésor des 
chartes du Poitou, IV, 132). 

993. — 1372, 11 novembre. — Lettres par lesquelles Guil- 
laume II et Jeanne jie Montbazon reconnaissent que Amaury 
IV, en leur délaissant les terres de Châteauneuf et de Jarnac- 



1. Guillaume était par héritage seigneur de ce fief, dont il por- 
tait le nom dans l'acte du 4 mai 1341 (n" 945 du Cartulaire). Dans 
le Trésor généalogique cette aliénation figure sous la date de 
1484, près ae cent ans plus tard que le décès de celui qui la fit. 

2. Ce Patry de Sourches avait eu pour épouse Jeanne de Sour- 
ches, dame de Doucelles, qui par son testament du 16 novem- 
bre 1361 avait demandé à être ensevelie à Tyronneau (B. N., 
Du Chesne, 54, 720). Ce Patry avait été interdit (A. N., X*« 
21, 510). 

3. On trouvera ici l'indication de quelques documents relatifs a 
la maison de Mauny que nos recherches nous ont fait découvrir. 



- 145 — 

sur-Charente, a liquidé tous les droits de Jeanne sur les suc- 
cessions d'Amaury III, de Maurice VII et de Marguerite de 
Mello (Archives de la Trémoïlle, Fonds Craon). 

A tous ceulx qui ces présentes lettres verront et orront 
Guillaume de Craon, chevalier, sire de Marcillac, et Jehenne 
de Monbazon, femme dudit Guillaume, salut. 

Comme notre très cher et très amé seigneur monsieur 
Almaury, sire de Craon, nous eust ja piéça baillé, assis et 
assigné, la chastellenie et terre de Chasteauneuf-sur-Cha- 
rente, avecques toutes ses appartenances, pour partie de tel 
droit comme à nous, Jehenne dessus dite, povoit et devoit ap- 
partenir des successions de nostre très cher seigneur et ayeul. 
Monsieur Morice de Craon, jadis sire de Sainte-More, et de 
Madame Marguerite de Mello, nostre ayeulle, sa femme, et 
de monsieur Almaury, jadis sire de Craon père dudit mon- 
sieur Morice, que Dieu absoille ! et nous l'eussions par plu- 
sieurs fois requis que il ly pleust nous parfaire et entérigner 
nostre dit partage. 

Savoir faisons que pour parfaite et entiègne sattisfation du 
droit, que nous avons es successions dessus dites, et pour 
l'amour et bonne affection qu'il a à nous, il nous a baillé la 
chastellenie et terre de Jarnac-sur-Charente, avecques toutes 
les appartenances et appendances d'icelle, tant en justices 
haute, moienne et basse, fiez, rèrefîez, terres, vignes, prez, 
bois, garennes, poUices et juridictions, comme toutes autres 
chouses, sise en la manière que ils les a tenues et expletées 
ou temps passé, aux charges et redevances que lesdites chou- 
ses doivet. 

Et nous, Guillaume dessus dit, et Jehenne, o l'autoritté et 
licence dudit Guillaume, à nous sur ce donnée, considéré l'a- 
mour et bonne affection que ledit monsieur Almaury a auvec- 
ques nous, et l'aisement et presemèce des chauses que il 
nous a baillées et baille, pour les causes dessus dites, ycel- 
les avons prinses et acceptées, et encore prenons et accep- 
tons en gré, pour nous, nos hoirs et subcessours, sans ce que, 
pour les subcessions dessus dites, nous, ne autre pour cause 
de nous, ly puissons jamès rien demander. Mes par ces pré- 
sentes, en quittons luy et ses subcessours, et ayant cause de 



- 146 - 

luy, et promettons pour nous, nos hoirs et subcessours, que 
encontre ne vendrons en aucune manière, ou temps avenir. 

En tesmoing de ce nous avons fait mettre nos propres seelx 
à ces présentes. 

Donné le onzième jour de novembre, l'an 1372. 

994. — 1372, V. s., 14 mars. — Quittance du receveur gé- 
néral du Maine donnée à Guillaume I des 40 francs d'or payés 
pour les reliefs de Saint-Aignan (Mémoires de Laisné^ 
prieur de Mondonville, t. IV, p. 65). 

995. — 1373, 21 avril. — Quittance donnée par Guy de Laval- 
Loué de 1000 francs d'or au coin du roi, versés par Guil- 
laume I entre les mains de Jean de Laval, son fils, en solde 
des 4000 dus pour ses droits sur Saint-Aignan (B. N., Du 
Chesne, 54, 720). 

996. — 1373, juin, à 1387, novembre*. — Terrier de la 
Ferté-Bernard, où figurent les mentions de nombreux aveux 
rendus à Guillaume I ^ (Arch. nat., KK 1053). 

997. — 1373, 2 août. — Quittance donnée par Charles de 
Dammartin à son oncle Guillaume I de 1240 francs à lui dus 
à cause de la vente de Saint-Aignan (Laisné, prieur de Mon- 
donville^ t. IV, p. 65, note, Mémoires de la Société d'Eure- 
et-Loir, IV, 159). 

998. — 1373, 26 août. — Contrat de mariage de Hervé de 
Mauny, sieur de Torigni et de Marie de Craon, qui reçoit 



1. C'est la mention d'un aveu rendu à Guillaume en novembre 
1387 qui oblige à reporter son décès jusqu'après cette date et à 
admettre la double faute de lecture du document n» 1047. 

2. C'est à M. le vicomte d'Elbenne que nous devons le relevé 
de ces aveux. En nous le communiquant il nous fait remarquer 
qu'on ne saurait avoir une confiance absolue dans l'auteur du 
terrier, qui n'a pas toujours compris les actes qu'il analysait. 

3. Les mémoires de Laisné, prieur dç Mondonville, sont con- 
servés à la Bibliothèque nationale. Ils consistent en treize volu- 
mes, dont deux de tables ; les tomes I à IV ont été par M. de Lé- 
pinois l'objet d'un dépouillement, qui a paru dans les Mémoires 
de la société d'Eure-et-Loir, tomes I, 99, 258 ; II, 99, 209 ; III, 
196; IV, 151 ; VI, 89. 



I 



— 147 — 

six cents livres de rente assises au gré de Guy de Laval- 
Loué et au profit de laquelle on constitue un douaire de 
^ 1000 livres sur Torigni (Mémoires de Laisné, prieur de 
Mondonville, t. IV, p. 65 et B. N., Du Chesne, 54, 720). 

999. — 1373, 1 septembre, Saint-Cloud. — Montre de la 
compagnie de M. de Montauban. — Guillaume II est l'un des 
trois chevaliers bacheliers * (Dom Morice, Preui^es, II, 65). 

1000. — 1373, 7 septembre. — Reçu par Jean de Hangest 
des munitions à lui remises, pour la défense de Charenton 
(Bibl. Ecole des Chartes, VI, 55). 

1001. — 1374, octobre, château de Melun. — Ordonnance 
de Charles V réglant la régence pour le cas où il mourrait 
avant la majorité de son héritier ; Guillaume de Craon est 
désigné pour faire en ce cas partie du Grand-Conseil (Or- 
donnances du Louvre^ VI, 49). 

1002. — 1375, 1 juillet. — Liste des chevaliers et écuyers 
qui, selon toute apparence, se trouvèrent à la journée de 
Saint-Sauveur. Au nombre des chevaliers figurent : Hervé de 
Mauny, banneret, Guillaume II de Craon, Guillaume Mau- 
vinet, bacheliers (Delisle, Saint- Sauveur -le- Vicomte, pièces 
justificatives, p. 265). 

1003. — 1375, v. s., 12 janvier. ~ Numéro 659. 

1004. — 1375, V. s., 13 mars. — Numéro 660. 

1005. — 1377, V. s., 1 mars, la Ferté-Bernard. — Aveu de 
Guy de Craon à l'abbé de Vendôme pour sa terre du Roul- 
lays (Note du Trésor généalogique). 

1006. — 1378, 29 avril. — Guillaume I et Marguerite, son 
épouse, font un échange (Note du Cartulaire de UEpau^ 
arch. de la Sarthe, p. 42). 

1. Bien que la montre porte Guillaume de Craon et non Guil- 
laume de Marcillac, il est bien certain qu'il est ici question de 
Guillaume II. Guillaume I était certainement banneret en 137;^. 
L'original de cet acte est conservé aux Titres scellés, 1409. 41. 



- 148 - 

1006 bis. — 1378, 1 juin. — Quittance des gages d'Hervé de 
Mauny employé « es Bastides devant Gavray * (B. N., Pièces 
originales) . 

1007. — 1378, 24 juin, Châteaudun. — Acte par lequel 
Jean Lemaire, dit Brouart, fondé de la procuration de Guil- 
laume I en date du 24 juillet 1377, donne à bail une pièce de 
rivière à Romilly-sur-Aigre/Ar6'A. d'Eure-et-Loir^ E 2693). 

1008. — 1378, 25 juillet. — Vidimus des lettres par les- 
quelles Guillaume I et Marguerite, avec l'approbation de 
Guillaume de Marcillac, leur fils, fondent une messe au cou- 
vent des cordeliers de Châteaudun^ (B. N., Pièces origina- 
les^ Craon^ n*' 13). 

1009. — 1378, 9 août, Châteaudun. — Jean Lemaire donne 
quittance à Jean le Cordier de 90 livres, dues par lui à Guil- 
laume I, pour la voirie de Châteaudun (Arch. d'Eure-et- 
Loir, E, 2693). 

1010. — 1378, 9 décembre. — Lettres par lesquelles Guil- 
laume I reconnaît que c'est injustement que son sergent a 
exploité le bordage de la Fontaine, appartenant au prieuré 
de Tuffé (Note du Trésor généalogique). 

1011. -^ 1379, 7 juillet. — Quittance d'Amaury de Craon, 
conseiller et maître des requêtes de l'hôtel du roi, de 100 francs 
d'or sur 400 que le roi lui avait accordés le 16 juin 1376, 
pour éteindre le débat qui existait entre lui comme trésorier 
de l'église de Reims et le gouverneur du Rhetelois' (Dom 
Morice, Preuç^es, II, 211). 



1. M. le marquis de Courcival a bien voulu nous communiquer 
le dossier, où il a réuni les éléments d'une généalogie de la mai- 
son de Mauny; nous y avons puisé les numéros 1006 bis, 1019. 
1020, 1021. 1042, 1045, 1046 du Cartulaire. 

2. Cet acte a été mentionné par l'abbé Bordas au tome I, 
p. 197 de son Histoire du Dunois. 

3. Dom Morice a pris soin de noter que le sceau attaché à cet 
acte portait un losange avec bande, c'est-à-dire exactement le 
blason de Guillaume I ; aussi doit-on attribuer ce document à un 
fils de Guillaume I, resté inconnu jusqu'ici. 



— 149 - 

1012. — 1379, 1 septembre, Ponlorson, 18 octobre, Pon- 
taubault. — Guillaume II de Marcillac, banneret, fait montre 
de 3 chevaliers et 17 écuyers (Dom Morice, Preuves, t. II, 

397). 

1013. — 1379, 22 octobre, Pontorson. — I^éttre de Re- 
naud de Maulevrier portant quittance de ses gages * (Clai- 
rambault, 72, 5597). 

1014. — 1379, novembre, Montargis. — r Rémission pour 
Hervé de Mauny, seigneur de Torigni (A. N., JJ 115, 336). 

1015. — 1379, V. s., 18 février, Paris. — Arrêt du Parle- 
ment dans la cause intentée par Robert Pezas, chevalier, à 
Guillaume I au sujet de la terre de Cognée (A. N., X*^ 29, 130). 

1016. — 1380, 3 avril, Paris. — Certificat de Jean de Bueil 
donné à ceux qui ont fait campagne en Bretagne sous ses 
ordres en févrierl380. — Guy de Craon y est nommé — (Dom 
Morice, Preuves^ II, 244). 

1017. — 1380, 16 mai, La Ferté-Bernard. — Lettres de 
Guillaume I et de Marguerite de Flandre portant cession à 
Hervé de Mauny et à sa femme de la terre de Saint-Aignan 
(Note de Ménage à la page 398 de son Sablé). 

1018. — 1380, 26 mai, la Ferté-Bernard. — Lettres de 
Guillaume I portant quittance de 3500 livres d'or payées par 
Hervé de Mauny, pour prix de Saint-Aignan (Note de Mé- 
nage à la page 398 de son Sablé). 

1019. — 1380, 18 juin. — Quittance de gages d'Hervé de 
Mauny (B., N., Pièces originales). 

1020. — 1380, 9 juillet, Châteauneuf-de-Randan. — Tes- 
tament de Bertrand du Guesclin ; il reconnaît devoir 1000 
francs d'or à Hervé de Mauny ; et il le désigne avec son aîné 
Olivier comme exécuteurs testamentaires (B. N., Titres scel- 
lés, 1226, 21). 

1. C'est ce document qui a fourni le sceau, figure 165. 



— 150 - 

1021. — 1380, 10 juillet, Châteauneuf-de-Randan. — Let- 
tres par lesquelles Bertrand du Guesclin fait don à Hervé de 
Mauny de Villiers-le-Bocage (B. JV., Du Chesne, 54, 372). 

1022. — 1380, 12 août, Paris. — Numéro 838. 

1023. — 1380, 22 août. — Montre de Hugues d'Arquenay 
comprenant, outre lui-même, deux chevaliers bacheliers, dont 
Maurice Mauvinet, et sept écuyers (Dom Morice, Preuves, 
H, 253). 

1024. — 1381, 19 juillet, Châteaudun. — Jean Lemaire, au 
nom de Guillaume I, donne quittance de 50 livres tournois à 
Macé Cournaut, pour la ferme du ban de Châteaudun (Arch. 
d'Eure-et-Loir, E 2696). 

1025. — 1381, 4 août, Châteaudun. — Quittance de 56 sous 
donnée par Guillaume I, pour un quartier des gages de la 
vicomte (Arch. d'Eure-et-Loire, E 2696). 

1026. — 1383. — Quittance de gages d'Hervé de Mauny 
( Clair amhault, 72, 5623). 

1027. — 1383, 5 mai. — Procès entre Robert Pezas et Guil- 
laume I. On y mentionne Hervé de Mauny, époux de Marie 
de Craon (Arch. nat., X*^ 32, fol. 48 ; communiqué par 
M. l'abbé Ledru). 

1028. — 1383, 25 août. — Quittance de Guillaume de 
Craon, sire de Marcillac, vicomte de Châteaudun, de 280 li- 
vres tournois comme banneret * fB.J N., Titres scellés, 36, 

2741). 

1029. — 1383, 15 septembre, Sully. — Numéro 709. 

1030. — 1383, 12 décembre. — Quittance de Guy VHI de 

1. Bien que le titre de vicomte de Châteaudun n'ait appartenu 
à Guillaume II qu'après le décès de son père, l'acte inaic^ué ci- 
dessus semble bien lui appartenir, comme on est autorise à le 
croire par le titre de seigneur de Marcillac, qu'il a porté pendant 
toute la vie de son père. En 1383 Guillaume I avait soixante- 
cinq ans. C'est à cet acte qu'est attaché le sceau, figure 169. 



- [M — 

la Rochefoucauld de ses gages pour la garde de ses châteaux 
en Guienne (B. N., Clairambault, 194, p. 7685). 

1031. — 1383, V. s., 3 février. — Lettres de Jean Doré, 
portant aveu à Guillaume I (Arch. nat., KK, 1053, 33). 

1032. — 1384, 30 avril, La Ferté-Bernard. — Lettres de 
Guillaume I vidimant des lettres de 1290, données par Hu- 
gues de la Ferté, en faveur des religieuses des Clairets, elles 
ratifiant (Arch. nat., KK 1053, 32). 

1033. - 1384, 13 juin. — Lettres de Jean II, abbé de l'É- 
pau, portant aveu à Guillaume I (Arch. nat., KK 1053, 31). 

1034. — 1384, novembre, Saint-Germain-en-Laye. — 
N« 716. 

1035. — 1385, 21 avril, Châteaudun. — Quittance de 106 
sous donnée par Guillaume de Saint-Romain à Guillaume I 
(Arch. d'Eure-et-Loir, E 2699). 

« Maistre Guillaume de Saint-Romain, ymagier et tailleur 
de pierre, reconnoist avoir receu de messire Guillaume de 
Craon, vicomte de Chasteaudun, par la main de Michel 
Fouesil, son procureur et receveur à Chasteaudun, cent six 
solz, sur ce qui lui est deu, à cause des sépultures de lui et 
de Madame Margarite de Flandres, sa femme ^ » 

1036. — 1386, 16 août, Châteaudun. — Remise par Guil- 
laume I au prieuré de Saint-Sépulcre, d'une rente de 10 livres 
qui lui était due sur le bourg, « et ce au regard de la désola- 
cion et destruction dudit bourg » (Arch. d Eure-et-Loir^ 
E 27jOO). 



1. C'est là malheureusement tout ce que contient le registre 
original, dont M. Lucien Merlet a bien voulu prçndre copie pour 
nous. Ce Guillaume de Saint-Romain n'a pas été mentionné jus- 
qu'ici ; mais on peut supposer qu'il était parent de Jean de Saint- 
nomain, principal imagier du roi Charles V, et réputé le plus 
fameux sculpteur de son temps (Voir Sauvai, II, 281 ; Emeric 
David, Histoire de la Sculpture française, 112, 113). 



— 152 — 

1037. — 1386, 19 août. — Guillaume I, pour 900 francs, 
achète le fief des Onzay ou de la Raherie (Note dans So- 
ciété de Touraine^ t. VI, 276). 

1038. — 1386, 1 septembre, Amiens. — Montre de la com- 
pagnie de Maurice Mauvinet, chevalier bachelier, d'un autre 
chevalier, Hugues d'Arquenay, et de vingt-six écuyers (De 
Banville, Documents inédits concernant la Picardie^ II, 102). 

1039. — 1386, 3 septembre. — Aveu de Jean Isoré à Guil- 
laume de Marcillac et de Montbazon, pour la Varenne (Note 
de Dom Housseau, XIP, 7069). 

1040. — 1387, 16, 22 et 25 mai. — Aveux rendus à Pierre 
de Craon, mentionnés au terrier de la Ferté-Bernard * (Arch. 
nat., KK 1053). 

1041. — 1387, 25 mai, La Ferté-Bernard. — Lettres par 
lesquelles Guillaume I assigne à Marguerite de Flandre le 
tiers des deux mille livres de rente qui faisaient l'objet de la 
réclamation des cadets de Craon contre Isabelle, dame de 
Crâon ; témoins : ses fils Pierre et Guy, sa fille Marie, dame 
de Torigni (Arch. de la Trémoille, Fonds Craon, original et 
vidimus). 

1042. — 1087, 1 juin, Carantan. — Montre d'Hervé de 
Mauny, banneret, un bachelier et neuf écuyers. et mandement 
au nom des maréchaux de France d'en opérer le payement 
(B. N., Pièces originales). 

1043. — 1387, 12 juin, Châteaudun. — March'é de Guil- 
laume, vicomte de Châteaudun, avec Hue de Villechasteau, 
charpentier, pour les réparations à sa métairie d'Ozoir-le- 
Breuil, et à ses maisons de Villeloup (Arch. d'Eure et-Loir. 
E 2701). 

1044. — 1387, 3 juillet. — Accord entre Guillaume II, sei- 

1. Note communiquée par M. le vicomte d'Elbenne, qui a mi- 
nutieusement étudié le manuscrit et constaté qu'il ne mérite pas 
une confiance absolue. 



- 153 — 

gneur de Marcillac et de Montbazon, et Pierre de Craon pour 
assurer à Marguerite de Flandre, leur mère, le tiers des deux 
mille livres de rente, dues par Isabelle (Arch. de la Tré- 
moïlle, Fonds Craon). 

1045. — 1387, 26 août. — Quittance d'Hervé de Mauny de 
cent cinquante francs, pour ses gages de juin (B. N., Pièces 
originales). 

1046. — 1387, 4 octobre. — Quittance d'Hervé de Maimy, 
pour les gages de sa compagnie, de 585 francs d'or (B. N., 
Pièces originales). 

1047. — 1387, V. s., 8 janvier, Châteaudun. — Mention du 
décès de Guillaume I au nécrologe des Cordeliers de Châ- 
teaudun (Abbé Bordas, Histoire du Danois, 1884, 1. 1, p. 198). 

Anno domini 1381, die junii octava*, obiit Guillelmus, vice- 
comes Castriduni, coram magistro altare tomba levata. 



Cette date est évidemment fausse. On y substitue 1387, aue 

^ ait certainement le manuscrit : un écrit en caractères gotni- 

ques et VII en chiffres romains sont faciles à confondre. Il faut 



aussi, croit-on, admettre une seconde faute de lecture pour le 
mois -.juin, lu au lieu àe janvier Voir numéro 996 et les numéros 
1024 à 1041 du Cartulaire. — Nous ajoutons ici une mention du 
nécrologe de l'Hôtel-Dieu de Châteaudun, telle que M. Lucien 
Merlet a pris la peine de la copier pour nous . « Nos debemus 
facere et celebrare, quolibet anno, auas missas pro domino Guil- 
ielmo de Credonio, vicecomite de Castriduno. et pro domina Mar- 
gariia de Flandria, ejus uxore, vicecomitissa de Castriduno, et 
pro domino Guillelmo, fiiio eorum seniore, qui admortizaverunt 
aquam nostram de Choleto, et promiserunt nobis facere multa 
bona. » 



(A suivre). 

A. Bertrand de Broussillon et P. de Farcy. 



PROCÈS-VERBAUX DES SÉANCES 



SEANCE DU 8 JUILLET 1892. 

Sont présents MM. Floucaud de Fourcroy, président, 
de Farcy, de Martonne, de Lorière, Souchu-Servinière, 
Richard, Moreau, membres titulaires, et MM. de la 
Beauluère, Raulin, de Beauchesne, Le Coq, membres 
correspondants. 

MM. Couanier de Launay, Perrot, O'Madden, Tabbé 
Anis, se font excuser. 

M. le Président annonce que le ministère de rinstruc- 
tion publique a accordé à la Commission une subven- 
tion de 500 francs destinée à l'aider dans la publication 
de la Sigillographie de Craon, 

Sont agréés : En qualité de membres titulaires M. le 
C*® de Beauchesne et M. Tabbé Angot, en remplacement 
de MM. A Joiibert et Cornée. 

En qualité de membres correspondants, MM. Cornée, 
Morin, Tranchant et Ricouard. 

Sur le bureau sont déposés deux volumes de la So- 
ciété archéologique d'I Ile-et-Vilaine et deux volumes 
offerts par la Smithsonian Institution. 

M. le Président annonce que M. Robert Mowat, Té- 



— loo — 

minent épigraphiste, a envoyé un travail concernant la 
borne itinéraire du Genest et deux inscriptions de Ju- 
blains, qui paraîtra dans la prochaine livraison. 

La Société archéologique d'ïndre-et-Loire demande à 
échanger son Bulletin contre celui de la Commission. 
M. le Secrétaire est autorisé à traiter de cet échange. 

M. le comte de Beauchesne lit des extraits intéres- 
sants des voyages de Victor Hugo dans le Bas-Maine. 
La Commission décide que ces extraits seront publiés. 

Musée de Jublains. — Par délibération du 9 juin 
1891, le conseil municipal de Jublains avait offert à la 
Société d'archéologie de Mayenne le musée communal 
de Jublains et voté une somme de 300 francs dans le 
but d'aider cette Société à l'installer au camp. 

La Société de Mayenne n'ayant pas donné de solu- 
tion, le conseil municipal de Jublains, par délibération 
du 7 juin 1892, maintient son vœu d'installation au 
camp, et vote une somme de 832,50 pour les frais indis- 
pensables. 

M. le Préfet veut bien soumettre la question à la 
Commission» historique de la Mayenne. Celle-ci ne peut 
que constater qu'il serait fort désirable de voir les ob- 
jets composant le musée communal de Jublains intallés 
dans un local bâti sur un terrain dépendant du camp ; 
mais les voies et moyens, les règlements d'intérêts en- 
tre le département et la commune échappent à sa compé- 
tence. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 
quatre heures. 



- 156 - 



NÉCROLOGIE 



A la suite des nombreuses revues et des journaux qui 
eurent souvent la collaboration du R. P. dom Paul Piolin et 
qui lui ont consacré les éloges si bien mérités par une vie de 
vertus et d'étude, la Commission Historique de la Mayenne 
se fait un devoir de rendre un dernier hommage à celui qu'elle 
s'honore d'avoir possédé au nombre de ses membres corres- 
pondants et que la Mayenne est fière de revendiquer comme 
une de ses gloires. Le R. P. Piolin est né au Bourgneuf-la- 
Forét le 18 février 1817. 

Nous savons qu'il a longtemps nourri le dessein d'écrire 
pour notre Bulletin une notice historique sur sa paroisse na- 
tale. La cruelle maladie, qui lui rendit le travail si difficile 
pendant ses dernières années, l'en a empêché. 

Mais le département tout entier aussi bien que celui de la 
Sarthe bénéficie de ses immenses travaux, à ne parler que de 
ses œuvres d'histoire locale. Nous sommes heureux de rap- 
peler à cette occasion que deux de ses plus zélés collabora- 
teurs appartiennent aussi à notre pays ; nous voulons parler 
de Messieurs Louis de la Beauluère et Guais des Touches. 
C'est justice de rappeler leur nom à la suite de celui de leur 
glorieux maître. 

Outre l'érudition et la science, ceux qui ont connu le Révé- 
rend Père aimaient aussi à trouver en lui une rare aménité 
de caractère et le parfum de jeunesse conservé jusqu'à la fin 
dans sa belle âme par l'atmosphère de la vie religieuse qu'il 
avait embrassée de si bonne heure. Nous nous associons fra- 
ternellement aux regrets qu'éprouvent de la perte de leur 
président, trois fois réélu, le bureau et les associés de la 
Recrue historique et archéologique du Maine. A. A. 



BIBLIOGRAPHIE 



l 



Uabbaye de Fontaine-Daniel ; sa fondation et ses 
derniers jours, avec une vue de l'abbaye en 1695 repro- 
duite à l'eau forte, par Edmond Leblanc, avocat. Mayenne, 
Poirier-Béalu, 1892, un vol. in-8^ 

M. E. Leblanc n'a pas prétendu écrire une histoire com- 
plète de l'abbaye de Fontaine-Daniel, ni une étude archéolo- 
ginue des restes de ce monastère ; mais il nous donne les dé- 
tails de sa fondation, des donations oui dès les premières 
années se firent nombreuses en faveur de la nouvelle abbaye, 
puis un état de ses propriétés, revenus et charges, un catalo- 
ue de sa bibliothèque en 1790, enfin il nous expose quelle 
ut l'attitude des derniers religieux en face des décrets de la 
Constituante : c'est, on le voit, un ensemble de renseignements 
nouveaux, présentés d'une façon aussi claire et précise qu'in- 
téressante. 

Juhel III de Mayenne fut le fondateur de Fontaine-Daniel 
à la fin du XIP siècle ; les premiers moines vinrent de Cler- 
mont ; le plus ancien acte connu est une confirmation de Thi- 
baud de Slathefelon en 1204 ; la véritable charte de fondation 
est l'acte de Juhel de 1205, imprimé par Guyard de la Fosse. 
M. Leblanc nous en donne une traduction qui en rend la lec- 
ture accessible à tous et qu'il a accompagnée de notes nom- 
breuses et érudites ; il a du reste résumé avec beaucoup de 
méthode les donations relatives au cartulaire si patiemment 
transcrit par M. l'abbé Angot, et tous les noms de lieux sont 
identifiés avec soin. 

A la fin du XVIIP siècle, l'abbaye de Fontaine-Daniel était, 
comme celle de Clermont, en complète décadence ; elle avait 
subi le triste régime de la commende, contre lequel l'Eglise 
et les communautés religieuses avaient vainement protesté : 
la moitié des revenus s'en allait à un abbé qui ne résidait pas 
et parfois n'avait de monacal que son titre ; à la faveur de ce 



— 158 — 

régime le relâchement s'était introduit en plus d'une maison 
jadis renommée pour la piété et la science ae ses hôtes. Telle 
était la situation de Fontaine-Daniel ; aussi ses sept derniers 
moines n'eurent-ils aucune hésitation à prêter le serment im- 
posé par la Constituante : la plupart trouvèrent leur place 
dans l'église constitutionnelle ; l'un d'eux devint grand vicaire 
de l'évéque de la Sarthe. 

Le livreMe M. Leblanc est orné d'une charmante eau-forte 
de M. Thévenin, reproduisant une vue de l'abbaye en 1695 ; 
elle nous fait regretter la démolition de la belle église du 
XIIP siècle, qui abritait les restes du bon seigneur de 
Mayenne dont M. Leblanc nous résume la vie « si bien rem- 
plie » et nous esquisse en quelques traits la vaillante et 
pieuse physionomie. J.-M. R. 



La maison de la Reine Bérengère au Mans, par 
M. Robert Triger, 1 vol. in-S^'jésus, extrait de la He\>ue du 
Maine^ illustré de 27 planches ou dessins. Mamers, Fleury 
et Dangin, 1892. 

C'est vraiment un magnifique volume, digne du sujet qu'il 
traite, que vient de publier notre excellent collègue M. R. 
Triger, vice-président de la Société du Maine. 

Nous avons dit ailleurs^ les travaux entrepris et terminés, 
grâce à la généreuse et intelligente initiative de M. Sin^her, 
pour conserver et restituer dans son état primitif la curieuse 
maison connue au Mans sous le nom de Maison de la Reine 
Bérengèî-e ; nous avons raconté la cérémonie d'inauguration. 
Mais à cette époque la savante. notice composée par M. R. 
Triger n'était pas encore publiée et nous n'en connaissions 
que la substance. 

Nous sommes heureux de pouvoir appeler aujourd'hui sur 
son mérite l'attention des lecteurs de ce Bulletin. 

Il n'était pas aisé en effet de rétablir avec exactitude et sur 
des documents dignes de foi l'histoire d'une maison célèbre, 
mais qui, en raison même de sa popularité, avait été l'objet de 
traditions et de légendes erronées. M. Triger a entrepris ce 
travail et nous pouvons dire que du premier coup il l'a poussé 
tellement à fond que son œuvre est et demeurera définitive. 

Après avoir décrit, dans un premier chapitre, la situation 
de la maison et de celles qui 1 avoisinent, fait avec soin la 
bibliographie et même l'iconographie du sujet, M. R. Trimer, 
aborde l'histoire. Il passe successivement en revue la période 



1. V. tome V, 1892, p. 158. 



— 159 - 

antérieure au XV^ siècle, pendant laquelle la maison ne pou- 
vait exister sous sa forme actuelle qui la date indubitable- 
ment ; — la période brillante comprise entre le XV® et le 
XVIP siècles, pendant laquelle elle fut construite, en 1494, 
par Robert Véron, éclievin du Mans, pour passer plus tard 
vers 1552, entre les mains de la famille Seigneur, de Michel 
Vasse, des Le Corvaisier de Courteilles ; — puis la période 
de décadence (XVIIP-XIX^ siècles) qui vit ses hôtes l'aban- 
donner, ses étages se diviser en logements à bas prix, et enfin 
ses fines sculptures se disperser au grand regret des archéo- 
logues et des artistes. 

Mais l'auteur ne s'arrête pas là. 11 donne une description 
minutieuse de la maison ou plutôt du groupe de maisons 
dont il a fait l'histoire dans les précédents chapitres. Cette 
description, de même que la partie du texte qui traite d'his- 
toire pure, est appuyée de nombreuses planches exécuiées 
pour la plupart en liéliogravure Dujardin ou par des procédés 
analogues. Ces figures permettent au lecteur de suivre pas à 
pas le texte et elles donnent au volume de M. R. Triger un as- 
pect artistique qui est du reste en parfaite harmonie avec son 
esprit et son but. 

N'oublions pas de citer le chapitre dans lequel l'auteur, 
après avoir dépeint le triste état où était tombée la maison 
de la Reine Bérengère, raconte de quelle façon généreuse l'a 
sauvée M. Singher et donne des détails circonstanciés sur sa 
restauration. C'est là, si nous pouvons ainsi nous exprimer, 
la partie « dramatique » du récit, car malgré lui le lecteur 
s'intéresse, comme à une sorte d'héroïne, à cette pauvre mai- 
son qui, d'abord brillante et admirée, tombe peu à peu dans 
le délabrement et l'abandon, jusqu'à ce qu'un mtelligent pro- 
tecteur vienne la sauver de la ruine complète et lui assurer 
un sort en rapport avec sa valeur. 

Tout est donc bien qui finit bien. La maison de la Reine 
Bérengère a eu la double fortune de rencontrer à la fois un 
possesseur et un historien dignes d'elle. Les noms de l'un et 
de l'autre — comme ceux de deux bienfaiteurs, — resteront 
désormais inoubliables dans ses annales. E. M. 



Lettres intimes de Monseigneur Cohon, évêque de 
Nîmes, publiées par M. Prosper Falgaiî'olle. 

Presque toutes ces lettres sont adressées par Tévéque ora- 
teur, notre compatriote, à son neveu. Elles sont d'un piquant 
intérêt. L'évêque est ce que l'on sait et ce qu'il prend soin 
de redire, un nomme né dans une condition modeste et qui 
s'est élevé par son propre mérite. Le neveu a été formé à 



— 160 - 

Saint-Lazare, mais au dire de son oncle, il semble en avoir 
pris les leçons à contre-sens, croyant que toute la perfection 
est dans une sorte d'apathie mystique, qui dispense de l'a- 
mour des livres et des soins que donne une légitime ambi- 
tion. Dans cette situation respective, dans des dispositions 
morales si opposées, nul moyen de se comprendre. Le vieil 
évêque aiguillonne son paresseux disciple, il lui fait honte, 
il le gourmande, il proteste qu'il va l'abandonner. — « Cette 
lettre est la dernière que vous aurez de moi, lui écrit-il le 3 
septembre 1669, et je n'écouterai jamais qui que ce soit qui 
me parle de changer votre établissement. Je vous dispense 
aussi pour jamais de m'écrire. » On recueillerait dans ces let- 
tres des exemples du persiflage sous toutes ses formes. — 
« Vos deux pages à pied, qui valent aussi peu que vous, con- 
tinueront à vous rendre stupide, faisant les missions avec 
vous (p. 60). — Demeurez au Folgoët, où vous avez pris un 
pli de sainteté que je ne veux point exposer dans mon église 
cathédrale (p. 59). — Lorsque vous écrirez à quelque per- 
sonne que ce soit, retranchez votre préambule de pédant et 
de père contemplatif (p. 54). » Telles sont les aménités que 
l'humble neveu reçoit à chaque courrier. Pour collectionner 
ces autographes il lui fallait un goût prononcé pour les cho- 
ses amères. Beaucoup d'autres, pour concilier le respect dû 
à un oncle vénérable avec l'amour-propre personnel, recevant 
de pareilles épitres, se seraient bornés à en recueillir les cen- 
dres. La perte de ces leçons d'une politique plus mondaine 
que sacrée, écrites de bon style, eût été d'ailleurs regrettable, 
et nous savons gré à l'éditeur de nous en avoir procuré l'a- 
gréable lecture. A. A. 



Un Moine au XIX^ siècle. Dom Paul Piolin, 0. S. B. 
(1817-1892), par Joseph Denais. 

Parmi les nombreuses études * auxquelles ne manquera pas 
de donner lieu la belle vie du R. P. Dom Paul Piolin, celle-ci, 
qui vient une des premières et de la plume d'un ami, doit 
être signalée pour les détails intimes qu'elle contient. Les ex- 
traits de la correspondance du savant religieux nous révèlent 
ses pensées personnelles sur les questions et les faits aux- 
quels il fut mêlé. On y trouvera aussi l'expression des dou- 
leurs vivement senties qui désolèrent les dernières années de 
sa vie. A. A. 



1. L'article de M. l'abbé Ledru, notre collègue, publié dans la 
Semaine du Fidèle, du Mans, doit être cité entre beaucoup d'au- 
tres pour sa forme Httéraire, originale, et qui tranche si nette- 
ment sur toutes les banalités d'usage. 



— 161 — 

Tableaux généalogiques, notices et documents iné- 
dits sur plusieurs familles de Vitré et paroisses envi- 
ronnantes, par J.-C. Frain de la Gaulairie^ 4*" fascicule, 
1 br. in-4*' carré, Vitré, Lécuyer, 1892. 

Notre collègue M. J.-C. Frain de la Gaulairie vient de don- 
ner le 4® fascicule de ses recherches sur les familles de Vitré. 
Cette série ne le cède en rien aux précédentes. Nous y trou- 
vons des documents concernant les familles Frain de la 
Motte, de Gennes, de Farcy, Martin de Beaulieu, Picot, etc. 
Comme nous l'avons déjà dit les rapports furent toujours 
étroits entre le pays de Vitré et celui ae Laval, et nous trou- 
vons à chaque instant, dans les Tableaux généalogiques de 
M. Frain de la Gaulairie, des détails intéressants pour notre 
propre histoire. E. M. 



Le Doigt de la morte, par M. l'abbé A. Ledru, 1 broch. 
in-8^ Le Mans, Leguicheux, 1892. 

Dans cette plaquette écrite avec beaucoup de verve et d'une 
agréable lecture, M. l'abbé A. Ledru a voulu recueillir une 
tradition constante à Précigné et déjà enregistrée parPesche 
dans son Dictionnaire historique du département de la Sar- 
the. Il s'agit d'une certaine Grabrielle Sigoigne, femme de 
Julien Thieslin, bourgeois, sieur de Bonnes-Eaux, qui, inhu- 
mée mal à propos en 1694 dans le cimetière de Précigné, revint 
à la vie la nuit suivante au moment où son domestique ayant 
ouvert sa bière, cherchait à s'approprier les bijoux qu'elle por- 
tait aux doigts. Il paraît que Gabrielle Sigoigne reprit un 
tel goût à lexistence qu'elle trépassa seulement quarante ans 
plus tard, dans sa quatre-vingt-cinquième année. 

M. l'abbé Ledru a su tirer un excellent parti de cette anec- 
dote, qu'il raconte avec une bonhomie voulue et un grand 
charme dans les détails. E. M. 



Ecrits inédits de Saint-Simon, publiés sur les manus- 
crits conserç>és au dépôt des Affaires étrangères, par M. P. 
Fa u gère ; Tomes VII et VIII, publiés par le V^^ S. M en- 
jot d'FJbenne, 2 vol. grand in-8^, Paris, L. Hachette et 
C'% 1888-1893. 

On sait que de nombreux écrits de Saint-Simon étaient en- 
fouis dans les cartons des Affaires étrangères, lorsqu'un 
diplomate, érudit et littérateur éminent, qui fut pendant long- 
temps directeur des archives du ministère, M. Prosper Fâu- 



— 162 — 

gère, entreprit leur publication. Par ses soins six volumes 
parurent sous le titre d'Ecrits inédits de Saint-Simon^ 
et un septième était sous presse quand il mourut le 15 mars 
1887. Mais sa veuve ne voulut pas qu'une œuvre consi- 
dérée déjà comme un monument restât inachevée. Elle pria 
notre collègue, M. S. Meniot d'Elbenne, élève et ami du 
défunt, de terminer la publication commencée, et par ce 
choix qui l'honorait autant que celui qui en était l'objet, elle 
assurait à M. Prosper Faugère un continuateur digne de lui. 
L'admiration avec laquelle M. d'Elbenne parle de Saint-Si- 
mon, le pieux respect qu'il a voué à la mémoire de M. Pros- 
per Faugère, prouvent combien il était prêt pour une mission 
à laquelle ses travaux d'érudition antérieurs lui donnaient 
d'ailleurs tant de titres. 

Les tomes VII et VIII des Ecrits inédits de Saint-Simon 
forment la dernière partie de'l'Histoire de la Pairie. 

« Dans ces volumes Saint-Simon ne s'est pas contenté, dit 
l'éditeur, de résumer, en les critiquant, les notes généalogi- 
ques de du Fourny ; il a peint de son magique pinceau, le 
portrait des personnages qu'il a rencontrés sous sa plume : » 
Louis XIII, Mazarin, Semblançay, le Cardinal de Retz, 
labbé de Rancé, Roannois, le duc de la Trémoïlle, le prince 
de Carignan, Marie Touchet, Diane de Poitiers, la marquise 
de Verneuil, Madame de Longueville, M"^ de la Vallière, 
M""* de Montespan. M'"'* d'Humières, M™* de Carignan, M'"^ 
de Verrue, M"® de Nemours, M"** des Ursins, Lauzun, le 
prince de Vaudémont, de Rieux et d'Armagnac, le chevalier 
de Lorraine, Marsan, le maréchal de Gyé, Montbazon, le 
chevalier de Rohan, Sully, Brissac, Cossé, Maillé, Fronsac, 
la duchesse d'Uzès, la princesse de Vaudémont, la princesse 
d'Harcourt, M™^* de Ldlebonne, de Soubise, du Lude, de 
Vesins, les ducs de Saint-Simon et de Luynes, etc. Encore 
ne citons-nous que les plus remarquables. Comme l'éditeur, 
nous renverrons donc le lecteur « à ces pages admirables 
auxquelles peuvent s'appliquer si justement les paroles de 
Pascal : « Quand on voit le style naturel, on est étonné et 
ravi, car on s'attendait de voir un auteur et on trouve un 
homme. » E. M. 



Etudes pour servir à l'histoire et à l'interprétation 
des noms de lieux, par L. Hicouart^ président de la com- 
mission départementale des monuments historiques. Dépar- 
tement du Pas-de-Calais. Premier fascicule : arrondissement 
d'Arras. — Anzin, 1891, in-4''. 

Parmi les ouvrages d'érudition, dont M. Ricouart vient 
d'enrichir la bibliothèque de notre Commission, celui-ci mé- 



I 



— 163 — 

rite d'être signalé tout particulièrement aux lecteurs et aux 
travailleurs ae la Mayenne. Il peut en effet leur servir de 
modèle et leur fournir d'utiles renseignements, M. Ricouart 
possède une compétence toute spéciale pour l'étude des noms 
de lieux, et il la doit autant à sa connaissance profonde des 
langues anciennes et des idiomes provinciaux, qu'à sa mé- 
thode très-sûre, très-rigoureuse, appuyée sur des textes ori- 
ginaux et soigneusement contrôlés, et suivie avec une pa- 
tience et une sagacité vraiment remarquables. Aussi les ré- 
sultats obtenus donnent-ils beaucoup plus que les ét^molo- 
gies, parfois insolubles pour lui-même, des noms de lieux. 

« Le but de ces études, écrit-il, n'est point exclusivement 
de découvrir ce que le nom d'un lieu signifie. C'est là un 
point accessoire. Il s'agit principalement de constater ce 
qu'il a été aux époques anciennes et par quelles variations il 
a passé pour arriver à sa forme actuelle. Ces recherches 
dans les manuscrits authentiques permettent d'identifier cer- 
tains lieux dont l'emplacement était inconnu ou douteux, 
d'appliquer les faits d histoire aux territoires qu'il convient 
de leur attribuer, de déterminer, par exemple, étant connue 
la situation d'un village de l'Artois, dans quelles conditions 
s'y est livrée une bataille, et de ne plus placer ce village dans 
le Vexin ou le Vermandois ; en un mot de rétablir la vérité his- 
torique et topographique en faisant justice des légendes. » 

Tel est le programme de cette vaste étude ; dans son ap- 
plication, l'auteur met à généraliser et même à conclure une 
prudence dont il n'a pas toujours trouvé l'exemple chez ses 
devanciers ; il donne pour chaque nom tous les textes anciens 
authentiques qu'il a pu recueillir, rapproche les formes simi- 
laires, donne des preuves indiscutables, ou présente les con- 
jectures les plus vraisemblables, avouant même son impuis- 
sance si pour certains mots, comme pour Bapaume, il ne 
peut arriver à un système satisfaisant. 

La Reçue du Maine nous a offert dernièrement un ingé- 
nieux article de M. l'abbé Coutard sur les noms de lieux de 
la paroisse de Sainte-Sabine au canton de Conlie ; la Géo- 
graphie de Cauvin contient un grand nombre de formes an- 
ciennes des noms du Maine ; le dictionnaire de M. Léon Maî- 
tre peut servir de base à une étude des noms de la Mayenne, 
et ce vaste répertoire simplifie singulièrement ce travail. En 
parcourant ce premier fascicule des noms du Pas-de-Calais, 
on est frappé clu grand nombre de noms de la Mayenne qui y 
trouvent sinon leurs formes identiques au moins leurs types 
correspondants pour la formation ou l'étymologie : Athée, 
Estrée, Ecurie, la Hervinière, Bapaume, fille, la Faverie, 
les Sarts, les Essarts, Ligneux, Lignières, Bailleul, les noms 
où entre le radical bar^ le radical gove ou gouve^ la Hellière, 



— 164 — 

Bazouge et Bazougers (page 103, v« La Bazèque), la Herme- 
rie, le Hermet, les Buts, la Celle, la Beuverie (noms au radi- 
cal bos. p. 127), Boyeau, Boyelle, Cherizay, Courcelles, FE- 
pinay, î'Oisseau, la Fallu, la Palluele, Senonnes, Fourmus- 
son (p. 173, v<^ Famechon), Hallay,* le Pas, Pommerieux, 
Puisiers, Fresnay, Juvigné, Thévalles (p. 215, v° Thelus), la 
Durie, la Durière (p. 227, v^'Dury), Vitré, etc., etc., je ne pré- 
tends pas les citer tous. 

Ce premier fascicule n'a pas de table, les noms de lieux y 
sont rangés par ordre alphabétique dans chacun des cantons 
de l'arrondissement d'Arras. Nul doute que Fouvrage ne soit 
terminé par une bonne table qui nous révélera bien d'autres 
rapprochements et permettra d'utiliser, comme elle le mérite, 
cette savante étude. 

J.-M. Richard. 



On demande le concours bienveillant des lecteurs du Bul- 
letin pour parvenir à identifier les mots en italiaue des textes 
suivants que nous empruntons au Cartulaire d'Evron. 

Raoul Le Flamant donne à l'abbaye les dîmes qu'il possède 
dans la paroisse d'Oisseau. « Scilicet in Momerino, Morte- 
riis, etc.. » (page 105 du Cartulaire). 

1219. Savary d'Anthenaise donne à un prieuré dépendant 
d'Evron qui n'a pas subsisté mais qui était situé à Mésan- 
gers : 

« Terram de Cruce^ sitam inter ^>iam quadrigariam et 
aquam de Sarcitores et fossala heremitorum. » 

1226. Il y avait procès entre le seigneur de Mayenne et les 
religieux au sujet de la propriété des rives de l'Aron depuis 
sa source « videlicet a nemore de Crosbeu^ » jusqu'au village 
du Teil. 

Nous ferons remarquer à propos de ce dernier texte que 
M. Gérault y a fait confusion de 1 Aron avec FErve. 



La liste des ouvrages offerts à la Commission sera 
insérée à cette place, sans préjudice du compte-rendu 
qui sera fait de tout ouvrage intéressant le Maine dont 
elle aura reçu deux exemplaires. 



Le Secrétaire Général, f- /• de Gérant (Loi du 29 juillet 188 î). 

E. MOREAU. 



LE BULLETIN DE LA COMMISSION HISTOBiaUE ET 
ARCHÉOLOGIQUE DE LA MAYENNE paraît tous Jea. 
trimestres en livraisons comptant environ i28 pages. 
Il forme deux volumes par an. 

Il donne des gravures et illustrations aussi souvent 
que le permettent les sujets traités et les ressources dont 

il dispose. 

Les personnes étrangères à la Commission peuvent s'y 
abonner comme à toute publication périodique. 

Le prix de l'abonnement est de DIX FRANCS par an. 

Les engagements pour cotisations ou abonnements 
continuent de plein droit s'ils ne sont pas dénoncés 
avant le i^'^ janvier. 



Il reste encore quelques exemplaires des tomes III, 
IV et V de la première série, qui sont en vente au prix 
de six francs le volume. 



Les tomes I, II. ni, IV et V de la 2^ série sont en vente 
au prix de 12 francs l'année. 



BXJLLETIlSr 



DE LA COMMISSION 





DE LA MAYENNE 



CRÉÉE PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DU 17 JANVIER 1878. 



DEUXIEME KKRIE 
TOME SIXIÈMK 

1893 




LAVAL 

IMt>HIMERIE DE II. LEROUX 

1893 



IMRQ'mr nv /!«(>'-> 



SOMMAIRE : 

David Rivault de Fleiirance et les autres précepteurs de 

Louis XIII, par M. l'abbé A. Anis. 1^5 

Recherches sur Saint-Denis-de-Gastines. par M. A. Faucon. 195 
Quelques notes sur l'ancienne chapelle et la seigneurie de 

Gastines, en Molières, près Chemazé, par M. R. Gadbin. 214 
Sigillographie des Seigneurs de Craon, par MM. A. Ber- 
trand DE Broussillon et Paul de F4RC y (Suite) .... 220 
Documents inédits pour servir à l'histoire de Ghâteau-Gon- 

tier, par M. André Joubert • . . . 

La Justice à sang (1405), par M. A 300 

Procès-verbal de la séance du 18 octobre 1892 303 

Bibliographie : Simon et David de H eemsce, peintres-ver- 
riers à Moulay (Mayenne) 1543-1567. par M. l'abbé 
Angot; — Documents authentiques pour servir à l'his- 
toire de la constitution civile du clergé dans le dépar- 
tement de la Mayenne, par M. F. Lecoq ; — La ville 
rouge de Tennie. par M. F. Liger ; - Ce qu'étaient les 
puits funéraires, note de M. G. Fleury ; - Inventaire 
des Archives des chàteaiu: bretons; Archives du châ- 
teau de Saffré, 1394-1610, publiées par le marquis de 
1 EstourbeiUon 

Gravures : 

4. Canon à vapeur, de David Rivault ^^' 

2. Sceau de Guillaume IL 1379 ^^^ 

3. Sceau de Guillaume II, 1383 ^^^ 

4. Sceau de Guillaume II, 1388-1401 ^f^ 

5. Sceau de Guy VIII de la Rochefoucauld, 1383. . • . 230 

6. Sceau de Maurice Mauvinet, 1348 ^ 

7. Sceau de Maurice Mauvinet, 1353 

8. Sceau de Maurice Mauvinet, 1392 ^ 

9. Sceau d'AimeryOdard, 1330 ^ 

10. Sceau de Jean de Hangest, 1392 

11. Sceau de Jean de Hangest. 1410 ^3 

12. Sceau de Jean d'Auvilleis, huissier au Parlement, 1402. 239 

13. Sceau de Jean de Montbazon, 1405 ^^ 

14. Sceau de Jean de Montagu, 1393 ^ 

15. Sceau de Jean de Montagu, 1406. 



DAVID RIVAULT 

DE FLEURANGE 

ET LES AUTRES PRÉCEPTEURS DE LOUIS XIII 



A la mémoire de M. Jules Le Fizelier, ancien secrétaire 
général de la Commission historique et archéologique de la 
Mayenne, qui, plusieurs années durant, avec un savant 
ami(l), recueillit les meilleurs documents de cette étude ; 
— à tous ceux qui m'ont honoré et aidé de leurs bienveil- 
lantes communications (2). — A. F. A. 



CHAPITRE I 

Un portrait. — David Rivault de Fleurance. — Sa naissance. — Sa famille : 
• Gilles Rivault ; — Mathieu Rivault vient habiter à Laval. — Education de 
David Rivault. — Ses « Estais. » 

Dans la riche galerie de portraits du château de Thé- 
valles^ il en est un qui ressort singulièrement et attire 
l'attention. 

Il représente un personnage moitié clerc, moitié laï- 
que, portant soutane, manteau long et collerette, assis 



1. M. Bertrand de Broussillon. 

2. Qu'il me soit permis de remercier spécialement ici, d'une 
part M. le secrétaire général de la Commission historique et ar- 
chéologique de la Mayenne et M. le conservateur de la Bibliothè- 
que publique de Laval ; d'autre part M'"^ la marquise de la Ro- 
chelambert et M'"e la comtesse de Valon, arrière-petites nièces de 
David Rivault, qui ont si obligeamment mis à notre disposition 
leurs archives du château de Thévalles. 

3. Résidence des la Rochelambert en Ghemeré-le-Roi (Mayenne). 

11 



— 166 — 

dans un fauteuil cramoisi, appuyant légèrement la main 
droite sur une table où Ton voit quelques livres, et la 
gauche nonchalamment posée sur un volume debout, 
dont l'extrémité repose sur Fun des genoux. Cette main 
est assez courte, forte et potelée, avec des doigts élé- 
gamment effilés. Elle est également propre à tenir la 
plume et l'épée. Le corps est bien pris. Entre les épau- 
les, larges sans trop de saillie, la tête est solidement 
campée. Les traits sont réguliers, les sourcils marqués, 
mais séparés, les lèvres fines. Le front est droit, 
moyen, encadré de cheveux naturels et disposés sans 
prétention ni afféterie. La barbe, rare, apparaît à la 
raToustache et au menton. L'œil clair, ni trop vif ni 
éteint, promène sur la salle un regard assuré. Le teint, 
fortement coloré, tenant du rouge et du bronzé, dénote 
un tempérament sanguin-bilieux. Il y a de Faisance et 
de l'aplomb à cette fenêtre du Louvre dont une colonne 
est là, à gauche, supportant un ample rideau et laissant 
apercevoir, dans une échappée par delà la Seine, le palais 
de l'Institut. L'ensemble exprime la fermeté, la résolu- 
tion, la réflexion et le sérieux. Ce n'est pas un poète 
inspiré ni un philosophe de race, mais un bon esprit, 
largement ouvert, qui a beaucoup vu, appris, compulsé 
et classé : c'est David Rivault de Fleurance, conseiller 
d'état et précepteur de Sa Majesté Louis XIII ^ 
David Rivault, seigneur de Fleurance 2, naquit dans 



1. Qu'il ait pris ou non son sujet sur nature, l'artiste a au 
moins admirablement compris David Rivault. On peut contester 
l'authenticité des traits; mais la physionomie morale est parfaite- 
ment rendue, telle qu'elle nous est apparue, à travers la vie et 
les écrits de cet érudit de mérite. Une inscription, placée dans 
un des côtés du tableau, est postérieure à David Rivault. — Il 
est d'ailleurs certain que ce portrait existe depuis longtemps dans 
la famille de la Rochelambert. 

2. C'est le nom d'une ferme de Saint-Léger (Mayenne). — On 
écrit aussi Fleurance et Flurance. Nous nous conformons à l'or- 
thographe la plus usuelle. 



- 167 - 

le troisième quart du XVI® siècle ^ très probablement 
à la Cropte^, où son père, Pierre Rivault '^. fut gouver- 
neur du château^. Il eut pour mère Magdeleine Gau- 
tier, fille de Julien Gautier, sieur des Coyers, bailli de 
Sainte-Suzanne^. 

Il avait trois frères et une sœur : deux aînés, Pierre, 
sieur de Beauvais, établi à Sillé, et Jean, sieur de la 
Clémencerie ; un plus jeune, Gabriel, dit le capitaine de 
la Rallais, et enfm Marie, qui épousa Raoul Planche, de- 
meurant à Laval ^. 

Sa famille est ancienne et originaire de Bretagne". 
Dès 1375 un Guillaume Rivault faisait partie d'une mon- 
tre d'Olivier de Clisson en qualité d'écuyer^. Nous trou- 
vons encore Guillaume et Perrotin Rivault dans la mon- 
tre de février en la même année. Le nom de Rivault est 
ainsi mentionné bien des fois pendant presque un siècle''. 

1. D'après Ménage (Ohs. sur Malherbe), qui fixe sa mort en 
1616, à l'âge de 45 ans. il serait né exactement en 1571. 

2. Cf. Ménage, Observations sur Malherbe, liv. IV, Œuv. de 
Malherbe, t. II, Paris, Barbou, 1722. — Jules Le Fizelier, Mémoi- 
res chronologiques de Maucourt de Bourjolly, II, n» 1, p. 36; 
Laval, Moreau, 1886; — Hauréau, Histoire littéraire du Maine, 
t. III, in-8"^, 1852. — Sur un acte de prise de possession par un 
nouveau titulaire du prieuré de la Gropte figure la signature 
de Pierre Rivault. (Présentation par Etienne Lebreton, procureur- 
syndic de l'église, paroisse et paroissien de la Cropte, par Gilles 
Jardin, curé, Jean Hahier, Pierre Laurens, Pierre Masson, Jean 
Lemoyne, Jean Guichard. Sylvestre Gilles prêtre, Pierre Rivault, 
fermier de la seigneurie, de la chapelle de Chenevelle en l'église 
de la Gropte. — Acte passé devant Ghalopin, notaire à Gossé-en- 
Ghampagne, 19 septembre 1568 (Gomm. par M. l'abbé Angot). 

3. Décédé en 1592 et enterré dans l'église de Vaiges (Gf. Piè- 
ces just. A, généal. des Rivault et des Douart). 

4. Il ne reste du château de la Gropte que deux salles voûtées, 
presque souterraines, servant de caves, recouvertes d'arbres et 
de broussailles. — La Gropte, com. de 630 hab. à 24 kilom. E. de 
de Laval (Mayenne). 

5. Gf. Pièces justificatives A. 

6. Ibid. 

7. Gf. Dom Morice, Histoire de Bretagne, Preuves, passim, 
Paris 1744. 

8. 

9. Ibid., p. 101. 



— 168 — 

Cette maison est noble. Les armoriaux de Bretagne 
et les lettres de relief et rétablissement obtenues en 
1604 par Jean et David Rivault le prouvent assez *. 

Le plus illustre des Rivault de Bretagne fut Gilles, 
sieur de Kérisac près de Guingamp. A la mort de Mar- 
guerite d'Orléans, mère du duc François II, il figure 
déjà dans le deuil annoncé aux grands seigneurs de la 
cour (1466), et en 1484 il est au nombre des seigneurs 
qui poursuivent Pierre Landais. « Gilles Rivault, » à la 
suite de François de Laval, va les rejoindre à Ancenis, 
après leur échec devant le château de Nantes 2. 

Soit qu'il ait craint une situation difficile à la cour du 
duc, même après la grâce accordée par François II, à la 
chute de Pierre Landais, ou qu'il ait préféré prendre 
du service ailleurs, Gilles Rivault se mit à la disposi- 
tion de Charles VIII. 

Il profita habilement des intentions du roi, qui vou- 
lait se créer des partisans en Bretagne, et se poussa 
dans ses bonnes grâces 3. Bientôt il est fait capitaine de 
cent hommes, s'emploie auprès de Mérien Chéro pour 
lui faire rendre la place de Guingamp (1487), ^ et est 
nommé maître d'hôtel du roi ^. C'est un homme de con- 
fiance que la cour de France envoie en 1490 avec Gilles 
du Mâs et le seigneur d'Apremont, dit le Canonzac, au 
pays (( du Maine, d'Anjou et lizières prochaines de la 

1. Cf. Pièces justif. B. Lettres de relief et rétablissement de 
noblesse de Jean et David de Rivault (Arch. de Tliévalles) et 
Réform. de 15^3, Rivault s*- de Kérisac et de Kermelven, paroisse 
de Plouisy, év. de Tréguier. — Les Rivault portent : D'argent à 
la fasce d'azur surmontée d'une fleur de lys de gueules (Pottier 
de Gourcy, Nobil. et Arm. de Bretagne, 2® éd). 

2. Cf. Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, I, p. 41, in-f°, 
Paris, 1707. 

3. Cf. Ibidem et A. Dupuy, Histoire de la Réunion de la Breta- 
gne à la France, II, Paris, Hachette, 1880. 

4. Cf. Dom Lobineau, op. cit., I, p. 771. 

5. Cf. Extrait coUationné du compte de 1492, délivré à David 
Rivault en 1614 (Arch. de la Renaudière), et Lettres de Relief, 
Pièces just. B. ci-infra. 



- 169 - 

frontière de Bretagne du côté d'Anjou, le Maine et Poi- 
tou )) pour visiter les garnisons et les forteresses'. Un 
peu plus tard, Jean, évêque d'Angers, donnait à ce 
même « Gilles Rivault, maistr'e d'hostel du roi, » la 
« garde et capitainerie » de son château de Ghalonnes -. 

C'était un homme en vue, considéré, capable de faire 
honneur aux siens et de bien établir ses enfants, Ma- 
thieu, son fils, et sa fille, qu'il maria au seigneur de la 
Botteleraye, près de Redon en Bretagne. 

Mais le fils, compromis à Poitiers dans une bagarre 
où le sang coula, fut deshérité par son père au profit de 
sa sœur et se retira à Laval, où, pour vivre, il se livra 
au commerce 3. Il mourut dans cette ville, en 1522, lais- 
sant quatre enfants, dont l'aîné, Gabriel, se livra au 
commerce comme son père. 

Toutefois Pierre Rivault, sieur de la Rallais, fils aîné 
de Gabriel, reprend le métier des armes et sert sous 
Goligny, d'Andelot et le comte de Laval, qui le nomme 
gouverneur du château de la Cropte^. Pierre Rivault 
fut le père de David Rivault, précepteur de Louis XIIL 

Pierre et Gabriel, frères de David Rivault, périrent 
dans les troubles « ez armées de Bretagne '^. » 

Malgré l'autorité de la supplique de 1614 6, il est cer- 
tain que Gabriel Rivault, dit la Rallais, combattit au 
moins un moment dans les armées de la Ligue. En ré- 
compense de ses services, le 15 août 1589, le duc de 
Mercœur lui donne pour une année les revenus du prieuré 



1. Commission du 2 mars 1490 (Arch. du château de la Renau- 
dière). 

2. Mandement du 12 mars 1^91 (Archives de Thévalles). — 
Ghalonnes, auj, cli.-l. de canton (Maine-et-Loire) à 18 kilom. 
S. 0. d'Angers. 

3. Cf. Pièc. just. B. 

4. Ibid. 

5. Ibid. 

6. Voir pièces just. B. 



- 170 — 

de Vaiges ; et le 15 novembre 1591 le seigneur de Bois- 
Dauphin autorise son chirurgien René Joubert à préle- 
ver l'équivalent d'une somme de 80^ qui lui reste due 
par « défunt Rallais, l'un de ses capitaines'. » 

Il ne faudrait du reste pas s'étonner que des membres 
d'une même famille aient, pendant ces époques troublées, 
porté les armes dans des camps opposés. 

Pour David Rivault, nous ne le voyons figurer dans 
aucun des combats qu'on se livre çà et là. Elevé près 
de Guy XX -, François de Coligny, fds de Paul de Co- 
ligny et d'Anne d'Alègre, il fut néanmoins, comme tout 
bon gentilhomme de ce temps, formé.à porter les armes ^. 
Mais ce fut sans négliger l'étude des lettres études 
sciences. On sent que son instruction et son éducation 
avaient été très soignées. A un âge où d'ordinaire l'on 
ne fait guère qu'apprendre, il était déjà en mesure de 
composer et il en donnait des preuves ^. 

Quels ont été ses maîtres ? Où a-t-il fait ses études ? 
Aucun document ne nous l'apprend. Profita-t-il des le- 
çons données au jeune comte de Laval ? On pourrait le 
conjecturer d'après les historiens qui affirment qu'il fut 
élevé auprès de lui^. Cependant le choix de précepteurs 



1. Pièces just. G. 

1. Nous nous conformons à cette manière de compter en usage, 
bien qu'elle manque d'exactitude. — Anne d'Alègre, mère de 
Guy XX, se remaria au maréchal de Fervaques. 

2. Gf. Hauréau, op. cit. — Gouanier de Launay> Hist. de Laval, 
p. 379. — Ménage, Observations sur Malherbe, liv. IV, Œuvres 
de Malherbe, t. II, p. 230 et s. Paris, Barbou, 1722. — Il faut en- 
tendre l'expression élevé dans un sens très large. D. Rivault 
avait environ dix ans à la naissance de Guy XX. Nous n'enten- 
dons du reste pas parler du temps où Anne d'Alègre emmena son 
fils à Sedan pour l'y faire élever plus commodément et plus sûre- 
ment dans le protestantisme. David Rivault se montra toujours 
bon catholique et ne fut peut-être pas complètement étranger à 
la conversion de Guy XX, le 21 avril 1605. Gi-infra. 

3. Témoin la pubhcation des « Estats, » qui avaient été précé- 
dés d'un poème, resté probablement manuscrit. Voir ci-après. 

4. Gf. infra. 



- 171 — 

fait par Anne d'Alègre, ardente protestante, et une no- 
table différence d'âge * semblent combattre Thypothèse 
de maîtres communs au comte et à David Rivault, même 
si Ton considère, comme cela est vrai, que François de 
Coligny « à seize ans, avait appris ce que savent à peine 
ceux qui ne font profession que d'étude-. » 

Quoi qu'il en soit, David Rivault passa peut-être, vers 
1595, quelque temps à Lyon où il publia ses « Estais^. » 

« C'est, dit M. Hauréau, une œuvre d'un jeune 
homme qui a peu refléchi sur les principes ^. » 

De fait, l'auteur n'avait guère que vingt-cinq ans ; 
mais il possédait une érudition qui s'affirme par un vrai 
luxe de citations, et il n'était probablement pas un débu- 
tant dans le monde des lettres. Lui-même nous dit^ qu'il 
avait écrit un poème « Le Fasché amoureux, » dont 
il extrait ces vers : — ^ ils en valent bien d'autres de 
l'époque : 

« C'est le rayon de la divine essence, 

« Qui donne à l'homme une telle puissance, 

« Le saint cachet du visage éternel 

« Empraint au front de tout homme movtel, 

« Portrait lequel toute autre créature 

« Craint et honore en l'humaine nature. 

& Tout ce qui vit soubs le céleste essieu 

« Respecte l'homme effigi' de son Dieu. 

« Pour ce respect sur l'éléphant il monte 

« Grand animal, l'attrape, prend et domte, 



1. François de Coligny, Guy XX de Laval, naquit le 5 mai 
1585. 

2. L'abbé A. Angot, op. cit., p. 38. 

3. « Les Estais esquels il est discouru du prince, du noble et 
du tiers-estat, conformément à notre temps. Au grand Henry, 
roy de France et de Navarre, par D. J. R. de Flurance. A Lyon, 
par Benoist lligaud. » 1 vol. in-16 1595. 

4. Hist. litt. du Maine, III, p. 333. 

5. Les Estats, p. 239. 



— 172 — 

« Vainc la fierté du lyon rugissant, 
« Tire secours du cheval bondissant *. 

Le poème avait-il été imprimé ? ou bien était-il resté 
manuscrit pour être communiqué à quelques amis privi- 
légiés ? Nous ne saurions le dire, mais celui qui avait 
ainsi compris la dignité de l'homme et son rang dans la 
création, avait bien quelque qualité pour apprécier les 
conditions des personnes, et écrire « les Estais. » 

Dans ce traité philosophico-politique il se montre sans 
conteste royaliste convaincu. « Le souvenir des maux 
causés par Fanarchie^ » n'en est sans doute pas l'uni- 
que raison. Royaliste, monarchiste, tout le monde l'était 
alors en France. Nous ne sommes donc aucunement 
surpris de voir David Rivault abonder en ce sens. Il 
faut même lui savoir gré, au temps où les idées des 
Pères de Baie avaient encore trop cours chez nous, d'une 
certaine modération dans les questions politico-reli- 
gieuses. Est-ce prudence? Est-ce modestie? il ne dit 
rien du clergé considéré comme corps. La place de ce- 
lui-ci était pourtant naturellement marquée dans un ou- 
vrage de ce genre. 

Certainement l'auteur voulait être agréable au Roi, et 
ne pouvait complètement échapper à des préjugés de 
caste 3. Nonobstant ce, il se permet quelquefois des 
façons de voir très personnelles et généreuses. Le désir, 
non dissimulé, de travailler à cimenter une paix qui 
allait au relèvement de la France, aurait fait pardonner 
ces hardiesses — si hardisse il y eut — par Henri IV 
et les seigneurs. Le lecteur du XIX® siècle doit à son 



1. Cf. Le Fasché Amoureux, par R. de Fleurance, livre III. 

2. Hauréau, Op. cit., III, p. 333. 

3. Si son grand-père avait dérogé, David Rivault, par ses re- 
lations personnelles, pouvait néanmoins se considérer comme fai- 
sant partie de la noblesse dans les rangs de laquelle il devait 
bientôt rentrer officiellement. V. infra. 




- 473 — 

tour de l'indulgence à un écrivain qui peut le choquer 
pour des raisons différentes. 

On jouissait des bienfaits d'un règne réparateur 
avec un contentement qui doit rayonner en ces pages. 
Heureux, David Rivault l'était; enivré et ébloui, nous 
ne le croyons pas. La satisfaction lui laisse toute sa li- 
berté d'esprit, voire d'appréciation, et le roi de ses rêves, 
dont il trace le portrait, est un Saint Louis encore plus 
qu'un Henri IV. 

Ce prince ne méprise pas même la voix du peuple, qui 
est redoutable quand elle crie à Dieu contre les mau- 
vais rois : 

« Comme pain ils nous moulent et nous mangent, 
« Sans que vers toy un moment ils se rangent... K 

Il doit surtout se souvenir des menaces terribles de 
Dieu contre les tyrans 2. Oui, « Dieu tonne sur les tes- 
tes eslevées qui l'excitent à courroux, lesquelles il rase 
de l'éclat foudroyant plustost beaucoup que les basses 
et bien peu eslevées de fleur de terre 3. » 

La piété du roi ne sera ni feinte ni instrument factice 
de gouvernement : « Il faut que la ferveur et le zèle pré- 
cèdent et qu'après le roi serve Dieu^. » Le bon prince 
possède et exerce la puissance nécessaire à ses hautes 
fonctions ; mais « il permet qu'elle passe sous la justice 
des lois 5. )) Il n'est ni despote ni tyran; « il ne débande 
point sa cruauté sur le peuple 6. » 

Ce n'est point un être à part et séparé. « Le parfaict 
roy et celuy qui est le plus recevable pour chef du com- 

1. Les Estais, p. 85. — Cf. ps. 53, 5. 

2. Cf. Ezéchiel, 21, et Osée 6, 7, cités par David Rivault. 

3. Les Estais, p. 87. 

4. Ibid. 

5. Ihid., p. 26. 

6. Ibid., p. 6. 



— 174 — 

mandement est partie de la République et comme pre- 
mier citoyen de son empire *. » Il a le respect de la pro- 
bité et des bonnes mœurs. A ce point de vue, « il est 
homme réduit et resserré es conditions d'un humain in- 
dividu 2. » Il n'est point colère, point « précipitant. » A 
tous il donne « l'exemple d'une parfaicte gentillesse, 
sagesse et grandeur de courage 3. « Son commandement 
est comme du père aux enfants, c'est-à-dire plein de 
charité et de dilection^. » Le bon roi est clément^, équi- 
table, même au prix de quelque sacrifice d'amour-pro- 
pre : 

a Indigne n'est d'un grand roy d'appaiser 
« L'homme privé qu'il a fait offenser ^. » 

Les honneurs et les récompenses, qu'il dispense avec 
discernement, lui servent à stimuler l'ardeur et à glori- 
fier le mérite. Il ménage les richesses publiques. La ma- 
gnificence sied bien sur le trône. Pourtant là encore 
point ne faut d'excès ; « ils espuisent les trésors qui 
doivent rester toujours prests à la nécessité ''. » Quinze 
ans plus tard la leçon eût mérité d'être entendue de la 
reine-mère. 

Au jugement sûr du moraliste-philosophe, s'ajoutent 
déjà chez David Rivault les grandes vues, qui décèlent 
la compétence du futur précepteur d'un roi. 

Qui mieux que lui comprit la dignité que doit avoir 
un prince ? Dignité non pas d'apparence, non une sorte 
de vêtement extérieur, mais bien celle qui ressort de la 

1. Les Estais^ p. 28. 

2. Ibid., p. 65. 

3. Ihid.,1^. 77. 

4. Ibid., p. 88. 

5. Ibid. 

6. Ibid., p. 92. — Cf. Homère, Iliade, Gh. XIX. 

7. Les Estais, 2^ dise. p. 92. 



— 17S — 

vertu « et semble plustost honorer la dignité du trône 
que d'estre honoré d'icelle ^ » Une dignité enfin qu'orne 
la culture de l'esprit. Car « le prince ou tout autre qui 
méprise l'embellissement de l'esprit se prive de la plus 
grande et plus délicieuse volupté qu'on puisse gous- 
ter^. » La moindre parcelle de science est louable^. Au 
contraire, l'ignorance « est mère de couardise ou pour 
le moins d'insuffisance es grands princes^. » Regretta- 
bles chez les particuliers, ces défauts deviennent inqua- 
lifiables chez le roi, qui n'existe que pour le bien des 
siens et de l'humanité. Or, avec eux, il n'a plus ni pres- 
tige ni autorité, partant plus d'influence salutaire. 

Sans doute le peuple doit obéir, même au souverain 
dépourvu des qualités qui lui conviennent ; mais celles-ci 
facilitent singulièrement chez les sujets l'exercice d'une 
vertu toujours difficile à observer, et qui pourtant s'im- 
pose. Rivault ne connaît qu'une raison qui puisse « es- 
mouvoir un peuple à briser la foi envers le prince » : 
« la persécution évidente de la vraie religion^. » Va-t-il 
jusqu'à admettre les précautions et les résistances de la 
Ligue? Non 6. Du reste il se tient dans une grande ré- 
serve à se sujet. Mieux valait parler « des cœurs réunis 
par un général oubly dupasse, des volontés rassemblées 
et des forces rejointes^ ; » car voilà la paix, voilà l'ordre 
qui est la base des doctrines politiques de l'auteur. 

L'exercice et la stabilité de l'ordre expliquent et justi- 
fient l'institution de la noblesse^. Les rois, ne pouvant 
entrer directement en relation avec tous leurs sujets, se 

1. fùid., p. 110. 

2. Ibid., p. 114. 

3. Ihid., p. 115. 

4. Ihid., p. 117. 

5. Les Estais, p. 168. 

6. lùid., p. 168. 

7. I/jid., p. 162. 

8. Cf. des Estais, passim, 4o discours du Noble. 



— 176 — 

servirent de ministres et d'intermédiaires, qui, par dé- 
légation, exercèrent en partie l'autorité royale ^ D'autre 
part, les armes sont, principalement dans les temps 
troublés, une garantie de sécurité pour les princes et les 
États. Il était bon qu'une classe d'hommes fût là, tou- 
jours prête à les prendre en mains, et capable de sup- 
porter les frais de la guerre. Telle était la raison d'être de 
la noblesse. L'utilité la fît instituer et la vertu la con- 
serve. « Noblesse n'est autre chose qu'une reconnais- 
sance honorable delà qualité des hommes vertueux 2. » 
Elle « vit en honneur ^. » Des traditions de famille con- 
courent à l'entretenir^, et le temps la grandit^. Voici 
comment. — C'est Rivault qui parle et non pas Saint- 
François de Sales, dont on croirait aisément reconnaître 
la voix : 

« Ainsi que l'ibis ou cigogne noire, devenue vieille, a ex- 
halé tout ce qu'il y avait de forte et pesante aleine, et lors com- 
mence à l'avoir douce et aromatique devenant suave plus elle 
vieillit. Ainsi l'ancienne noblesse ". » 

Mais cet heureux résultat n'est obtenu qu'au prix d'ef- 
forts de vertus. Autrement le noble déchoit. « S'il vient 
d'aventure à défaillir, nécessairement la race donne du 
nez en terre '^. » Le vice est même d'autant plus « laid et 
salle en luy » que ses ancêtres lui « donnent exemple de 
bien faire 8. » Aussi qu' « aucun ne se donne par le nez 
d'une vaine persuasion que toutes choses luy soient licites 

1. Ibid. 

2. Les Estais, p. 266. 

3. Ibid, 

4. Ibid., p. 272. 

5. Ibid., p. 279. 

6. Ibid. 

7. Ibid., p. 73. 

8. Ibid., p. 282. 



1 



- 177 — 

pour ce qu'il soit né d'une race anticque ^ » Il doit même 
s'attendre à d'autant plus de sévérité devant l'opinion 
qu'on est en droit d'attendre davantage de lui. Noblesse 
oblige. C'est pourquoi qu'il ait toujours en vue ses de- 
voirs d'état. Il ne sera ni trop dépensier ni trop retenu 
en la « chicheté, » car il ne pourrait ou ne voudrait 
subvenir à des charges qui parfois lui incombent 2. 

L'un perd sa noblesse par vice et vilenie, et l'autre 
devient noble « après avoir bien mérité des armes ou 
des lettres 'K » Pour renouveler le corps de la noblesse 
la matière ne peut manquer en France ; elle n'est autre 
« que la vertu de l'homme d'honneur 4, » de cet hon- 
neur, dis-je, « qui doit premièrement estre mesuré à la 
conscience comme à la bauge universelle 5. » 

Après cela dénierait-on à l'auteur l'indépendance de la 
pensée et des vues parfois très justes ? Cette partie des 
« Estais » est cependant l'une des plus faibles et la plus 
remplie de lieux communs. 

Le « Discours du Tiers-Estat » est semé çà et là d'i- 
dées plus neuves. 

Il s'ouvre par une longue dissertation sur le commerce 
auquel se livrait cet ordre à l'exclusion des autres. Ace 
propos Rivault émet son opinion sur la découverte de 
l'Amérique qu'il assimile à Tharsis : « Que Tharsis, 
écrit-il, fust l'Amérique..., nous le pouvons asseurer^'. » 

Certes on ne peut plus soutenir qu'avant Christophe 
Colomb personne n'avait rencontré le nouveau continent, 
ou du moins quelques iles qui l'avoisinent^. Mais pour le 

1. Ibid., p. 284. 

2. Ibid., p. 234. 

3. Les Estais, p. 286. 

4. iSid. 

5. Ibid. 

6. Id. ibid., p. 347. 

7. On sait que des navigateurs Scandinaves abordèrent en 
Amérique du Nord longtemps avant le XV® siècle. 



— 178 - 

chemin du Brésil ^ et des terres de FAmérique méridio- 
nale, où David Rivault veut que soient allées les flottes 
d'Hiram, il faut bien avouer qu'on Tavait profondément 
oublié, si jamais on l'avait connu dans le bassin médi- 
terranéen. Loin d'être de l'avis de notre auteur, les in- 
terprètes bibliques entendent plutôt, par Tharsis, l'an- 
cienne Tartessus de la côte d'Espagne '^. 

Si le géographe est en défaut, le penseur reparaît 
bientôt avec avantage : c'est pour blâmer un préjugé que 
Golbert lui-même ne parviendra pas à détruire entière- 
ment. La noblesse se contentait d' « avoir l'ornement de 
cestevie^. » L'industrie et le commerce étaient aban- 
donnés au tiers-état. Pourtant « au commerce des mar- 
chands il y a des choses belles et ceste vocation em- 
ployée en grandes affaires approche de l'honneur^. » 
Au tiers aussi étaient laissées la plupart des carrières 
libérales, et, le plus souvent, le culte des lettres et des 
sciences. « Car au grand malheur de ce siècle, ajoute 
Rivault, la noblesse dédaigne tellement cest enrichisse- 
ment de l'esprit, ceste illustration de l'âme, que rien ne 
luy semble plus vil et moins à priser ^. » 

Le tiers état, qui s'y adonne, a en main « la religion, la 
justice et la médecine ; » les « armes même ne luy sont 
pas ostées^. » Dans ces charges et emplois, il mérite bien 
de l'état et du peuple, et « n'est point à mespriser tant 
et à dédaigner qu'on le doive mettre soubs le pied 7. » A 

1. Les Estais, p. 347. 

2. Cf. Sainte Bible, III, Rois X, 22. — Le texte hébreu est 
susceptible d'une autre interprétation. Il dit seulement que les 
vaisseaux étaient des vaisseaux de Tharsis. (Gf, Sainte Bible, 
III, Rois, X, 22, Paris, Lethielleux, note au verset 22 par M. Clair, 
et M. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, III, p. 
522, n. 5«). • 

3. Les Estais, p. 351. 

4. Id., p. 353. 

5. Les Estais, p. 357. 

6. Id. ibid. 

7. Id., p. 360. 



- 179 - 

force de travail, d'énergie et de services rendus « les 
petits deviennent grands, et les hauts — qui ne font 
rien — s'abaissent '. » 

Néanmoins il est une classe intéressante et sympa- 
thique que son labeur, même le plus opiniâtre, ne peut 
préserver des souffrances et des rigueurs de la triste 
nécessité : celle des paysans. Pour eux, David Rivault 
n'a point de ces mots d'une brutale exagération que trou- 
vera La Bruyère'^. Il n'en constate pas moins chez eux 
un état déplorable, qui de loin rappelle celui des ilotes. 
Nos métayers, dit-il, a osté le nom d'esclave, sont en 
effet bienpeu moins misérables que proprement serfs 3. » 
« Le cours humain a retenu le paysan aux nécessités, le 
marchand à l'utilité et le noble à l'honneur et à la gloire 
de cette vie^. » Cette phrase résume le traité. « Elle n'eût 
pas été sans doute écrite par Sieyès, dit M. Hauréau; 
mais elle serait à sa place dans V Esprit des lois ^. » 

Tel quel, l'ouvrage prouve déjà chez Rivault une 
grande maturité d'esprit et un talent précoce. Assuré- 
ment ne lui demandons pas la perfection du style que ne 
pouvaient donner ni un auteur de vingt-cinq ans, ni 
l'état de la langue. Ecrivain sérieux, David Rivault 
« voulait plustost contenter l'âme que délecter l'au- 
reille et plustost sonner à l'entendefTient que frétiller à 
Fouie ^. » Avouons qu'il aurait pu moins bien réussir. 

1. Ici. ibid. 

2. « L'on voit certains animaux farouches, des mâles et des 
femelles répandus par la campagne, noirs, livides, et tout brûlés 
du soleil, attachés à la terre qu'ils fouillent, etc. (Les caractères 
de ce siècle. — De llwmme). — La Bruyère, répondra-t-on avec 
raiso*, ne se sert de termes si forts que pour mieux faire voir le 
triste sort des laboureurs. 

3. Les Estais, p. 365*: 

4. Idem. 

5. Ilist. litt. du Maine, III, p. 333. 

6. D. llivault, Les Estats, épitre, sans pagination. 



— 180 — 



CHAPITRE II 



Premiers voyages de David Rivault. — Ses relations avec le monde savant. — 
Il est nommé gentilhomme de la chambre du Roi. — Les « Eléments de VAr- 
tillerie. » — Expédition en Hongrie avec Guy XX de Laval. — Voyage à Li- 
sieux. — Deuxième édition des « Eléments de VArtillerie. > — L'arquebuse à 
air comprimé et le canon qui ne se charge que d'eau pure. — h' Art d'embellir. 



Pour les cinq ou six années qui suivirent la publica- 
tion des Estais^ nous sommes, au sujet de l'auteur, 
réduits à de rares documents d'un laconisme désolant. 

Nous savons que David Rivault fit un voyage en 
Italie, où il s'éprit de plus en plus de l'amour de l'étude ; 
puis, un autre en Hollande, vers la fin de l'an 1602. A 
Leyde il visita le docte Scaliger, qui l'accueillit avec 
bienveillance*. 

Rivault entrait ainsi en relations avec le monde savant 
qui l'apprécia 2. A Paris il s'était déjà lié avec Casau- 
bon ; il ne fut pas complètement étranger à la publication 
d'une traduction d'Abou-Abaïd^ par le célèbre orienta- 
liste Erpénius. 

A son retour de Hollande, notre Lavallois fut nommé, 
par Henri IV, gentilhomme ordinaire de sa chambre, 
par brevet du 20 novembre 1603 ^. On peut croire que le 
roi voulait récompenser l'auteur des Estais ; mais il 
n'est pas défendu de voir en cette marque de distinction 



1. Cf. Epistolœ J. Scaligeri, de Leyde, 1604, liv. H. 

2. Erpénius l'appelait « virclarissimus doctissimusque. » Cité 
par Hauréau, op. cit., HI, p. 334. 

3. Arabe, auteur d'un Recueil de proverbes. 

4. Cf. Brevet de nom. aux pièces justif. ci-inf. E. 




— 181 - 

la reconnaissance d'autres « bons et agréables ser- 
vices' » et le dessein, du reste avoué, d' « approcher- » 
le jeune Rivault de sa personne. 

Ces encouragements ne restèrent pas sans effets. Le 
jeune savant se remit à Tœuvre, et, trois ans plus tard, 
il livrait au public et principalement aux hommes de 
guerre, ses « Eléments de l'Artillerie^. » 

L'ouvrage est dédié « à messire Maximilian de Bé- 
thune ^, grand maistre de l'artillerie, » de la famille de 
Gonon de Béthune, « maréchal de Gonstantinople et 
grand maistre de l'artillerie » au temps de l'empereur 
« Bauldouyn de Flandre ^. » 

L'avant-propos renferme des idées que nous retrouve- 
rons dans une préface de la traduction d'Archimède ^' : 
le symbole de la sagesse est le fer chez les Hébreux; 
Minerve, chez les Grecs et les Romains, qui donnent en- 
core à la même, pour attribution, de protéger les lettres. 
G'est que les armes et l'étude n'ont rien d'incompatible, 
ou plutôt ce sont des sœurs, qui vont la main dans la 
main et se prêtent un mutuel appui. « Les lettres ensei- 
gnent ce qu'il faut vouloir"^ ; » mais, pour mettre la vo- 
lonté à exécution, « il faut de la force, qui s'emprunte des 
armes ^. » « Qu'on ne dise » donc « point qu'un homme 
d'espée ne soit capable de toutes sciences ou que l'homme 



1. Ibid. 

2. Ibid. 

3. Les Éléments de l'Artillerie, concernant tant la première 
invention et théorie que la practique du canon, par le sieur de 
Fluraiice Rivault. A Paris, chez Adriari Beys, rile Sainctiacques, 
ioignant la Rose blanche, M, DGV. 

4. Plus connu sous le nom de Sully. 

5. C'est-à-dire au temps de l'empire français de Gonstantino- 
ple. — Cf. Ville-IIardouin, Conquête de Gonstantinople et l'his- 
torien grec Nicétas Goniates. 

6. Gf. Ici môme, infra. 

1. Avant-propos, sans pagination. 
8. Ibidem. 



— 182 — 

de lettres ne puisse avoir le courage : l'un et l'autre est 
faux*. » 

L'auteur prouvait par son propre exemple la vérité de 
son affirmation. A peine avait-il déposé la plume et le 
compas ^ qu'il prenait en main la lance et le mousquet et 
s'en allait « aprendre par expérience quelles estoient 
les armes de Hongrie 3. » 

A la cour, David Rivault avait pu rencontrer Guy XX 
de Laval, qui revenait d'un voyage en Italie. Le jeune 
comte de Laval avait été frappé à Naples du miracle de 
Saint Janvier, et reçu à Rome avec une grande bonté 
par le pape Clément VIII. De retour en France, après 
avoir été préparé par le P. Gotton et M. de Bérulle, il 
fît solennellement abjuration de l'hérésie, le 21 avril 1605^. 

(( Le nouveau catholique ne crut pouvoir moins faire 
pour la foi qu'il venait d'embrasser que d'aller com- 
battre pour elle^. » 

Il résolut donc d'aller en Hongrie porter les armes 
contre les Turcs. Il en obtint la permission du Roi, qui 
r « honora de la dignité de son conseiller d'état et pri- 
vé^, » et lui donna « pour modérer et diriger son ar- 
deur M. de Marolles, un de ses vieux compagnons d'ar- 
mes ^. » 



David Rivault de Fleurance fît partie de l'expédition 



1. Ibidem. — L'auteur fait ensuite avec force érudition l'his- 
toire de la découverte de l'artillerie et de ses premiers emplois, 
puis aborde enfin son sujet. Il le traite en trois livres où il pro- 
cède par théorèmes et scholies. 

2. Les Éléments de l'artillerie sont'illustrés. 

3. Eléments de l'artillerie, 2^ édit., 1608, Liv. IV, p. 3. 

4. Cf. L'abbé A. Angot, Guy XX de Laval, sa conversion, son 
expédition en Hongrie, sa mort. Broch. in-8°, 39 p. Laval, Gou- 
pil, 1891. 

5. Id. ihid., p. 10. — Cf. David Rivault lui-même. Eléments de 
l'artillerie, 2^ edit. Paris, 1608, Liv. IV, p. 6. 

6. Mémoires de Bourjolly, II, p. 35. Laval, Moreau, 1886. 

7. Abbé Angot, op. cit. 



â 



- 183 - 

du comte de Laval. Il remplit les fonctions de trésorier 
et tint un journal des dépenses, qui est, avec des billets 
souscrits par lui et conservés dans les archives de M. le 
duc de La Tremoille, la source la plus sûre d'informa- 
tions sur cette campagne ' . 

Grâce donc à David Rivault, nous pouvons suivre l'ex- 
pédition qui, partie de Paris le 29 août 1605, passe par 
Bondy, Yille-en-Parisis, Fresnes, Meaux, Ghàlons et 
Toul, et arrive à Nancy le l^*" septembre. Le duc de 
Lorraine fait au jeune seigneur et à sa suite une gra- 
cieuse et honorable réception comme les chevaliers la- 
vallois vont en trouver auprès de tous les seigneurs en 
cette Allemagne qu'ils doivent traverser. 

Mais un pareil voyage ne va pas sans grandes dé- 
penses. David Rivault eut fort à faire pour y subvenir. 
Elles ne furent qu'augmentées par un séjour d'un mois à 
Vienne, d'où nos croisés repartirent le 8 octobre. Enfin 
le 16 le comte de Laval se présentait au camp de Georges 
Baht, généralissime des armées de l'empereur en Hon- 
grie. 

A partir de ce moment, le journal de David Rivault 
et tout document contemporain sérieux 2 nous font dé- 
faut au sujet de l'expédition lavalloise. Nous savons 
cependant que le jeune Guy reçut de l'Empereur le com- 
mandement d'une compagnie de mille hommes 3, et qu'il 



1. David Rivault écrivit aussi pour M™« de Fervacques, alias 
Anne d'Alègre, mère du comte de Laval, une relation de cette 
expédition : « Lettre à Madame la maréchalle de Fervacques, 
contenant un bref discours du voyage en Hongrie de feu le comte 
de Laval, son fils. Paris 1607, in-12. Cet opuscule parait être 
perdu. M. l'abbé Angot l'a vainement cherche dans les bibliothè- 
ques de Paris. Nous l'avons fait chercher aussi là et ailleurs et 
n'avons pas été plus heureux. 

2. Un chanoine de Lisieux, Le Rebours, fit imprimer à Rouen 
en 1606 un opuscule contenant la « Consolation funèbre à Ma- 
dame la maréchalle de Fervacques, sur la mort de M^r le comte 
de Laval, son fils. « C'est, dit M. Angot, « un défi au bon goût et 
au bon sens. » 

3. Plaidoyers de Servin, ap. Angot, op. cit. 



— 184 — 

fit bravement son devoir au combat de Comorn, où il fut 
mortellement blessé, le 3 décembre 1605. 

David Rivault, blessé lui-même et loin de son pays, 
se trouva dans de graves difficultés. La fortune du comte 
de Laval était très obérée. Ayant fait déjà de fortes 
avances, le trésorier allait avoir à se débattre avec les 
créanciers du feu comte et sa mère, Madame de Fervac- 
ques. Celle-ci, mécontente de la conversion de son fils et 
se consolant dans les plaisirs de secondes noces aux- 
quelles elle « convola avec le maréchal de Fervaques*, » 
et la perspective de recueillir un héritage que lui donne 
un testament fait en sa faveur par le feu comte 2, nous 
apparaît avec une figure aussi répugnante que le jeune 
et héroïque seigneur, son fils, en a une sympathique de- 
vant les contemporains et l'histoire. 

Les restes de Guy XX furent ramenés à Laval 3. 

Après avoir rendu ce dernier devoir « au corps d'ice- 
luy^ », David Rivault reprenait toute sa liberté. Sa mis- 
sion était finie. Pourtant, en 1607, il se rendit encore à 
Lisieux où s'était retirée Madame de Fervacques. Dans 
une page touchante^, qui vaut à elle seule toute une 
oraison funèbre, il expose l'objet de ce voyage ; il vou- 
lait rendre compte à la mère de Guy XX « du service 
qu'il avait faict à Monsieur le comte de Laval, depuis que 



1. Mémoires de Bourjolly, II, p. 41. Laval, 1886. 

2. Cf. M, p. 40. 

3. Cf. Plaidoyers de Servin, op. An^ot, op. cit., et David Ri- 
vault, Eléments' de l'artillerie, 2^ édition, Paris 1608, Liv. IV, 
p. 6. Guy XX fut inhumé dans l'église des Jacobins. En raison 
des compétitions oui s'élevèrent à cette occasion entre les Frères- 
Prêcheurs et le Gnapitre de Saint-Tugal, et par la négligence 
impardonnable de madame de Fervaques, les funérailles solen- 
nelles de François de Golignv (Guy XX) n'eurent lieu cjue le 26 
février 1609. L'oraison funèbre fut prononcée par Olivier de 
Guilly, docteur en théologie, prieur des Jacobins. 

4. Cf. David Rivault, Eléments de l'artillerie, 2^ édit. 1608, 
Liv. IV, Avant-propos, p. 5. 

5. Jd. ibid. 




— 185 — 

sa piété singulière et entière générosité, qui le condui- 
sirent en une guerre estrangère contre les ennemis de 
Jésus, luy eurent faict rechercher les périls esquels très- 
honorablement il succombai » Il voulait « aussi faire 
entendre, » s'il lui « estoit possible, à cette affligée mère, 
que pour l'entier acquit de l'afîection » qu'il avait « si 
sainctement vouée à son enfant unique durant sa vie et 
si volontiers ioincte aux derniers efforts de son cou- 
rage, » il n'en avait « abandonné l'ombre, que quand 
l'effroy du sépulchre « lui en avait « osté du tout la 
vue 2. » 

Dans le même voyage Rivault se renseigna sur une 
découverte qu'un mot de sa préface, dans la première 
édition des Eléments de l'artillerie^ avait déjà annoncée-^. 

Obligé de partir pour la Hongrie, il n'avait pu alors 
vérifier ce qu'on lui disait « d'une nouvelle invention 
d'artillerie dont l'effet, qui estoit très impétueux, s'em- 
portoit du vent^. » L'occasion d'éclairer l'affaire se pré- 
sentant, David Rivault la saisit. Donc « curieux de 
prendre langue ^ » il profita de sa présence à Lisieux 
pour visiter l'inventeur, qui demeurait en cette ville, et 
l'interroger. C'était un sieur Marin Bourgeois, qui avait 
trouvé le moyen de charger une arquebuse avec de l'air 
comprimé. 

Après un premier échec, parce que le Roi avait, pa- 
raît-il, défendu à Bourgeois de communiquer son secret, 
David Rivault finit par obtenir de l'inventeur toutes les 
explications désirables et « la figure » même de son ar- 
quebuse. 11 décrit cette arme à son tour et explique scien- 
tifiquement les résultats obtenus. 

1. Id. ibid. 

2. Id. ilnd. 

3. Cf. Les Eléments de Vart.^ 1605, Avant-propos, suh fine. 

4. Id. Les Eléments de l'artillerie^ l""® édit. 1605. Av. p. 

5. Id. Les Eléments de l'artillerie, 2» édit. 1608, Liv. IV, Av. 
pr., p. 4. 



— 186 — 

Mais, ce qui est d'un intérêt plus piquant, il démontre 
encore, — toujours d'après Bourgeois, — qu'on peut 
faire partir un canon en se servant d'eau pure. Cette 
double invention et une recette pour faire de la poudre 
sont l'objet d'un livre qu'il ajoute aux trois premiers de 
ses « Eléments d'Artillerie^ » dans une nouvelle édition 
en 16081. 

Tous les cabinets de physique possèdent aujourd'hui 
des arquebuses à air comprimé. Le canon qui ne « se 
charge que d'eau pure » est plus rare. Il mérite du reste 
une attention spéciale parce qu'on a voulu y voir une sorte 
de découverte de la machine à vapeur. « C'est bien à 
tort, dit le P. Colombier 2. » Arago ^ est moins éloigné d'y 
reconnaître quelque chose comme une lueur de la vraie 
découverte. Pour avoir une réponse juste il faudrait poser 
autrement la question. Parlons seulement d'une force de 
la vapeur, constatée déjà dans l'antiquité et appliquéTi 
au début du XYII" siècle à ce curieux canon, et nous 
pouvons affirmer que David Rivault en a eu inconstes- 
tablement connaissance. 

Ecoutons plutôt l'auteur lui-même. 

D'abord il pose ses principes : Le résultat de la cha- 
leur, écrit-il, est de deux sortes : tantôt la matière 
échauffée « s'en va en sec et se dit exhalaison ; » tantôt 
la chaleur « attire quant et elle l'humide, dont elle se 
nomme vapeur^. » 

1. « Les Eléments de l'artillerie, concernant tant la théorie 
que la pratiaue du canon, augmentés en cette nouvelle édition et 
enrichis de l'invention, description et démonstration d'une nou- 
velle artillerie qui ne se charge que d'air ou d'eau pure, et a 
néantmoins une incroyable force. Plus une nouvelle façon de 
pouldre à canon très violente qui se faict d'or par un excellent et 
rare artifice non communiqué jusques à présent, etc. Le tout par 
le sieur de Flurence Rivault. A Paris chez Adrian Beys, rue 
Sainct Jacques, ioignant la Rose blanche. M. DGVIII, 1 vol. Pe- 
tit in-80. 

2. Revue du Maine, IV. p. 402. 

3. Notice sur James Watt. — Notices biog., t. I, p. 394, et t. 
II. p. 19. 

4. Eléments de l'art., 2^ éd.. Liv. IV, p. 21. 



I 



- 187 — 

Huit ans avant Salomon de Gaus, il constate encore, 
après Aristote, que l'eau monte dans un vaisseau 
échauffé ^ . 

Mais» c'est surtout dans la description du canon de 
Bourgeois quïl reconnaît et décrit ainsi la force ex- 
pansive de la vapeur : 

« Açec dépure eau, on peut faire tirer un canon. 

« Hypothèse. Soit le canon AB qui soit remply d'eau 
« depuis A jusques en D. Il faut bien fer- 
« mer le trou de la lumière sur laquelle 
« soit coulé un quartier de bois E qui soit 
« bien du calibre du canon, sans qu'il y 
c( aye aucun vent ny iour. Soit après mis 
« le bout du canon AD au feu, tant que AD 
« s'eschauffe, et l'eau qui est dedans. » 

a Conclusion. Je dy que le canon tirera. 
« Démonstration. Car le feu est plus rare 
« que l'eau : par conséquent le feu agis- 
« sant en l'eau, l'estendpar sa chaleur : or 
« la pénétration des dimensions est im- 
« possible. Donc pour donner à l'eau ra- 
ce refiée lieu où s'estendre, il faut que E 
a s'enfuye, voire avec violence. Donc le 
« canon tire ^. » 

C'est le principe même de la loi re- 
connue par l'expérience de la marmite 
de Papin. Mais Denis Papin, en ap- 
pliquant son levier de compression, 
pouvait mesurer la force de pression 
exercée sur la soupape de son vase 
clos, ce qui est impossible avec le 
canon de Marin Bourgeois. Enfin 
Denis Papin, en procédant à de nouvelles expériences 




1. Aristote, De Cœlo, c. 5, cité par D. Rivault, op. cit., p. 16. 

2. Les Eléments de l'artillerie^ 2® éd., Livre IV, p. 69. Paris, 
1608. 



- 188 - 

et parvenant à faire redescendre par le refroidissement 
et la condensation de la vapeur le piston que la force ex- 
pansive de l'eau chauffée avait soulevé d'après la loi re- 
connue antérieurement par Rivault et Papin lui-même, 
arriva le premier à un résultat qui permet de le consi- 
dérer comme le véritable inventeur de la machine à va- 
peur, perfectionnée depuis par Newcomen, Gawley, 
Watt et bien d'autres. 

Cependant, par l'intérêt qu'il porta à l'invention de 
Marin Bourgeois et les explications scientifiques qu'il en 
donne, David Rivault n'en mérite pas moins la recon- 
naissance de la postérité. L'attention qu'il attira sur 
« une nouvelle artilerie » et ce point de physique appli- 
quée, ne put que préparer et avancer la belle découverte 
de Denis Papin. 

L'année même où il donnait la deuxième édition de 
ses « Eléments d'artillerie, » David Rivault publiait son 
« Art d'embellir^. » 

Avec lui nous passons « du grave au doux » et parfois 
retrouvons l'un et l'autre : utile dulci. La critique, obli- 
gée de suivre l'auteur à travers ses nombreuses compo- 
sitions, le constate et s'en réjouit. Ce petit volume, que 
je vois là sur mon bureau, paré, coquet, frais de ton et 
d'aspect, malgré ses trois cents ans ^, nous promet d'a- 
gréables découvertes. 

La poésie, par l'entremise de Malherbe, le présente 
au public avec une grâce, une délicatesse et un à-propos 
que chacun remarquera: 

« Voyant ma Caliste si belle 
« Que rien ne s'y peut désirer, 



1. « L'art d'embellir, tiré de ce sacré paradoxe : La sagesse 
de la personne embellit sa face, par le sieur de Flurance Rivault. 
A Paris chez P Louys Febutier, au Clos Bruneau, à l'image 
vSaincte Catherine. M. DCVIIL Avec privilège du roy. » 1 vol. 
in-16. Cabinet de M. L. Garnier. 

2. Exactement 285 ans. 



- 489 — 

« Je ne me pouvois figurer 
(( Que ce fust chose naturelle. 

« J'ignoroys que ce pouvoit estre 
« Qui luy coloroit ce beau teint 
« Où l'Aurore mesme n'atteint 
« Quand elle commence de naistre. 

« Mais, Flurance, ton docte escrit 
c( N'ayant fait voir qu'un sage esprit 
« Est la cause d'un beau visage : 

« Ce ne m'est plus de nouveauté 
c( Puisqu'elle est parfaitement sage 
« Qu'elle soit parfaite en beauté. 

Cette fois l'ouvrage, par une délicate attention de l'au- 
teur, est offert à Marie de Médicis. — Au Roi, les « Es- 
tais^ )) ou les sciences politiques ; à Sully, grand maître 
de l'artillerie, « les Eléments de l'artillerie » et les ca- 
nons ; à la Reine la beauté, ou de moins l'art de la pro- 
curer. Aussi bien les qualités qui ornent la vie et la font 
douce et agréable sont l'honneur et la beauté ^ Sa Ma- 
jesté la reine « partage indivisiblement avec le roy la plus 
belle couronne de la terre, et quant et quant y met avecques 
luy l'ornement de ces deux qualités 2. » Tous les deux 
relèvent la France et « luy redonnent la vie : la réputa- 
tion et la face, la gloire et la contenance : le Roy en en- 
treprent principallement l'honneur : Sa Majesté la Reine 
« y fournit la beauté 3, » dont elle est un vivant modèle. 
« Ces divins compartiments qui » lui x< relèvent la taille, 
ces clairs linéaments qui » lui « forment la face, cet al- 
bastre etcoral qui par un délicat meslange » lui a adou- 
cissent le teint, ces compassés mouvements qui » lui 
donnent la grâce, sont roses que poulse la sagesse qui » 
lui « eschauffe l'âme ^. » 

1. Cf. D. Rivault, L'Art d'Embellir. Epistre à la Reine, sans 
pagination. 

2. Id. ilnd. 

3. Id. ibid. 

4. Id. ibid. 



- 190 — 

Possédant le précieux secret du beau, la reine en fera 
bénéficier « nostre nation, qui est celle de tout Tunivers 
qui chérit le plus la beauté. De curiosité d'estre belle 
elle aymera la sagesse, modérera les subites passions 
qu'on blasme en elle, et ainsi tiendra » de Sa Majesté 
la Reine « l'affermissement et les délices de sa durée K » 

Qu'on dise encore après cela que la haute galanterie 
naquit un jour à Versailles sous les auspices de Louis 
XIV ! Certes on pourra bien trouver quelques-unes de 
ces expressions forcées, mal à leur adresse^, désirer un 
tour plus discret; mais ce ne sera pas sans regretter 
cette grâce, ce respect et cette politesse ingénieuse des 
vieux temps. 

Ne prenons du reste pas VArt d'embellir pour un ou- 
vrage de pure fantaisie, pour un produit spontané d'une 
verve spirituelle et humouristique. Sous une forme vive, 
alerte, enjouée même à l'occasion, David Rivault entend 
être sérieux au fond. Son but est noble et élevé. 11 at- 
tend un heureux résultat. « L'utilité sera que les yeux 
qui, quels habiles qu'ils soient, n'apperçoivent la sa- 
gesse, la voiront à clair et en face et en allumeront en 
nous des désirs incroyables ^. » Nos yeux enfin se dessil- 
leront et « nous ne chercherons plus » en beauté « des 
couleurs menteuses ny des figures nuagées^. » Aussi 
dirons-nous d'avance avec l'auteur que « l'harmonie qui 
est entre la sagesse et la beauté n'est d'inutile recher- 
che, ny le concert de leur consonance de petit appareil ^. » 

11 appuie sa thèse générale sur des données philoso- 
phiques et des textes révélés d'une valeur et d'une auto- 
rité incontestables. Il fait œuvre de moraliste ; mais il 



1. Id. ibid. subfme. 

2. Comparer le portrait de Marie de Médicis au Louvre. 

3. L'art d'embellir, p. 2, Paris, 1608. 

4. Ibid., p. 2 (bis). 

5. Ibid., p. 4 (bis). 



4 




— 191 — 

le fait avec une naïveté charmante, en écrivain aimable, 
fin observateur, pittoresque et érudit. C'est un prê- 
cheur de morale dont les exigences ne rebutent pas, 
dont la mine, ni renfrognée, ni austère, n'effraie pas ; 
c'est un sermonneur fort bien venu dans un salon, très 
goûté des dames, qui ne sauraient se désintéresser de la 
question traitée, et apprécié des hommes d'esprit et de 
gai savoir. 

Sans doute l'antiquité lui fait un cortège bien nom- 
breux et un peu encombrant. Elle apporte des témoigna- 
ges multipliés à l'excès et de valeur inégale, des orne- 
ments trop touffus. Mais on est de son temps. 11 en est 
de la mise des livres comme de celle des individus. Tel 
qui jadis enlevait tous les suffrages dans les soirées de 
Versailles ou de Trianon, passerait aujourd'hui pour 
Arlequin dans les bals contemporains. Cependant on 
trouverait des gens pour soutenir, voire prouver, que, 
par leur grâce intrinsèque, les tenues de marquis étaient 
bien à la hauteur de nos habits noirs. 

Quant au sujet lui-même, qui nous est présenté ici 
sous une forme quasi paradoxale, il repose sur un fon- 
dement très solide, et, dégagé de quelques développe- 
ments de détail, de quelques emprunts faits à une science 
expérimentale erronée ou incomplète — comme elle l'é- 
tait alors, — il se trouve conforme à l'enseignement de 
la philosophie bien entendue. On en trouverait aisément 
les principes dans Platon^ et dans les auteurs chré- 
tiens. De fait le principal élément de la beauté physi- 
que chez l'homme est sans conteste le reflet d'une belle 
âme sur la physionomie. L'union intime de notre corps 
avec notre principe de vie le permet et l'explique. 

Sans doute une constitution naturelle, parfois défec- 
tueuse et beaucoup de causes accidentelles, peuvent alté- 
rer notablement sur un visage les reflets de l'âme ; 

1. Cf. Platon^ Phédon, — /. Alcib ; — Timée, passim. 



— 192 - 

mais ses traits en sont toujours ennoblis à quelque de- 
gré. Puis il faut prendre le beau dans Thumanité d^une 
façon large. David Rivault n'écrit pas un traité unique- 
ment à l'usage des ateliers d'artistes, et n'a pas l'inten- 
tion de donner des modèles de forme plastique. 11 s'agit 
plutôt de quelque expression de qualités morales qui se 
révèlent à l'extérieur. Encore, même sur ce terrain, n'y 
aurait-il pas des contradicteurs ? La Fontaine pousse la 
boutade : 

« Que le bon soit toujours camarade du beau, 
« Dès demain je chercherai femme...*. » 

Il est vrai que ce « toujours » vient bien à propos 
pour ne pas mettre le fabuliste complètement aux prises 
avec Platon et David Rivault, qui affirment, avec force 
bonnes raisons « que le Beau n'est point sans le Bon et 
qu'il en tire son origine 2. » 

D'ailleurs il suffirait peut-être, pour se mettre d'ac- 
cord, de définir exactement ce qu'il faut entendre par la 
sagesse qui engendre le beau. 

Par la sagesse, qui produit la beauté, nous « ne pre- 
nons, dit Rivault, ny la parfaicte maistrise qu'un arti- 
san acquiert de son métier 3, » ni l'industrie en vertu de 
laquelle on accroît ses richesses ^, ni un clair jugement, 
ni un âge « consumé » en expérience, ni la puissance 
de conformer ses mœurs au milieu où l'on se trouve, ni 
l'absence même de folie, ni mille autres manières d'être 
de l'âme et de l'esprit -^ mais cette sagesse qui c consiste 
en toute espèce de congnoissance et de vertu ^. » 



1. Livre VII. fab. II, Paris, Didot, in-80, 1877. 

2. Art. d'Embel., p. 3 et Platon / Aie, et Timée, cit. par D. 
Rivault. 

3. Art d'embel., p. 3 (bis). 

4. Ibid.,^. 4. 

5. Cf. Id. ib., p. 4, 5, 6. 

6. Id. ibid.,^. 6. 



— 193 — 

Elle « comprend le ciel et la terre : c'est elle qui les 
a bastis, qui les soutient et gouverne ^ » Pour ce qui 
est de l'homme, elle le rend heureux et le « remplit de 
jugement et d'intelligence ; elle est la saincte règle des 
mœurs et la claire lumière de la congnoissance. » « La 
beauté du corps, le lustre du visage, la grâce que nous 
en aymons et admirons est un effect de la sagesse, et 
une fumée de ce feu, une odeur de ceste rose 2. » 

Aussi le visage qui nous parait beau trompe nos sens, 
(( si la sagesse n'en a tiré les traits, n'en darde les raiz, 
n'en soutient les linéaments et n'en rehausse les cou- 
leurs 3. » 

Nous commençons peut-être d'y voir clair. L'épousée, 
qui exerce la verve impitoyable de La Fontaine, n'est en 
réalité point belle ; nous en convenons ; et les deux 
charmants écrivains s'embrassent dans une complète 
conformité de jugement et de vue. 

Le pauvre « Mal marié ^ » s'était simplement four- 
voyé devant des grâces de circonstance et de commande 
qui ne se pouvaient soutenir « pour n'estfe point pro- 
venues de leur propre origine^. » Car « combien voyons- 
nous de beautés pour n'avoir au-dedans une âme qui la 
vivifie dignement, se défaire si tost que l'aurore en tou- 
che le vespre. » 

« C'est une forme passagère ; 

a Un bien douteux pour les humains ; 

« Un présent d'estoffe légère 

« Qui prompt s'esgare de nos mains ". 



1. Id. ihid. 

2. Id., p. 7. 

3. Art d'emb., p. 7. 

4. Lafontaine, liv. VII, f. n, 

5. Art d'emb., p. 8. 

6. D. R. Ibid, 



— 194 — 

L'auteur va continuer de traiter de la beauté et de la 
sagesse en général en des pages où abondent l'esprit 
sémillant, la grâce et la fraîcheur. Il parle ensuite de la 
beauté du corps et de la voix ; puis il étudie les beautés 
spirituelles et celles de l'âme. Enfin, dans son sixième 
et dernier « Discours^ ^ » « il se restraint aux moyens 
dont le corps humain retire son embellissement; la pro- 
portionnée figure de ses membres, l'agréable couleur 
de son teint, des vertueux mouvements de la sagesse de 
l'âme '. Le tout est écrit « en stile un peu ^erré, » et 
« les témoignages de son dire » sont « marqués en 
marge du commandement de quelques sages belles de 
la cour.... C'est obéissance qu'il leur doit, non vanité 
qui le meine ^. » 

(A suivre). 

AuG. Anis. 



1. Le traité est divisé en six discours. 

2. D. Rivault, Art d'embellir, av. prop.. Le dessein de Vart. 

3. Ibid., sub fine. 



RECHERCHES 



SUR 



SAINT-DENIS-DE-GASTINES 



Les origines de Saint-Denis-de-Gastines sont fortobs- 
cures ; les documents écrits manquent complètement à 
cet égard. Tous les papiers de la cure ont été détruits 
en 1791 ; les actes seuls des baptêmes, des mariages et 
des décès ont été sauvés et portés à la mairie. Il faut 
donc se contenter de rechercher les traces que le pas- 
sage des hommes a laissées sur le territoire de cette com- 
mune. Ces traces, heureusement, sont assez nombreuses. 
Sur plusieurs points on trouve en assez grande abon- 
dance des silex taillés ayant servi d'outils, surtout des 
couteaux, des scies, des poinçons, des grattoirs, des 
pointes de flèches, quelques pointes de lances, le tout se 
rapportant au type de la Madeleine. Ces instruments 
préhistoriques, d'un usage journalier, indiquent une po- 
pulation pacifique, plutôt que belliqueuse. Nous ferons 
une remarque à leur sujet : c'est que le silex ne se trou- 
vant pas à l'état naturel dans le département, il devait 
y avoir des échanges entre les habitants de la région et 
les populations voisines. Comme cependant ces hommes 
encore à demi barbares ne devaient guère récolter de 
produits dignes d'être échangés, ne serait-il pas logique 
de penser qu'ils allaient chercher des blocs ou des ro- 



- 196 — 

gnons de silex à une certaine distance, pour ensuite les 
travailler eux-mêmes, sans doute alors qu'ils étaient 
encore frais et qu'ils n'avaient pas encore perdu leur eau 
de carrière, circonstance qui, on le sait, en facilite beau- 
coup la taille ? La présence sur notre territoire de nu- 
clei et d'éclats informes, relativement nombreux, nous 
a fait faire cette supposition. 

A côté des silex taillés, on a recueilli quelques ha- 
ches polies : la première trouvée l'a été au hameau du 
Nèzement; nous croyons qu'elle figure actuellement au 
musée de Laval ; elle serait en silex. Cette hache a été 
mentionnée au congrès archéologique tenu au Mans et à 
Laval en 1878. Une autre provient de FOrgandière; elle 
est endiorite noire. Deux autres, endiorite grise, ont été 
récemment trouvées à la Monnerie ; enfm un fragment 
d'une hache de grande dimension a été ramassé à la 
Gare, également en diorite grise; il peutse faire qu'il ait 
été apporté avec le ballast. 

On ne signale sur notre territoire ni menhirs, ni dol- 
mens, ni pierres à bassins ; ces dernières, destinées 
sans doute à broyer le grain et à pétrir le pain, sont au 
contraire aâsez répandues dans les communes voisines, 
il existe en effet une douzaine de bassins, grands ou pe- 
tits, sur les roches qui entourent la pierre Montpinçon, 
près de Vautorte, dans la forêt de Mayenne. 

En fait de monuments préhistoriques, Saint-Denis 
possédait naguère des mardelles gauloises, qui occu- 
paient un espace de plus de deux hectares. Une ving- 
taine d'excavations en forme d'entonnoirs, et dont la prin- 
cipale mesurait au fond vingt mètres de longueur sur 
huit de largeur, avec une profondeur de dix mètres, for- 
maient au lieu dit les Miaules un ensemble d'un aspect 
bizarre ; nous y avions trouvé deux tombelles avec des 
traces de sépultures; toutefois les corps avaient dis- 
paru, entièrement consumés parle contact de l'air, comme 
il arrive dans les terrains sablonneux. Dans la grande 



— 197 — 

excavation se voyait un troisième tumulus formé de sable 
très fm, avec des traces également de sépulture par in- 
humation et quelques fragments informes de fer oxydé. 
G était probablement le lieu où on avait déposé le corps 
d'un chef avec ses armes. 

Aujourd'hui tout a été nivelé pour être mis en culture 
et les mardelles ont disparu vers 1888. 

A environ un kilomètre à l'ouest de l'endroit occupé 
par les mardelles, au point le plus élevé de la commune, 
on voit encore les traces d'un cercle mégalithique. Grâce 
à un fragment de ce cercle qui n'a jamais été cultivé, on 
distingue, sur une longueur de 160 mètres, les traces d'un 
ancien fossé qui le bordait sans doute dans tout son 
périmètre. Des blocs de pierre aujourd'hui renversés et 
brisés sont disséminés tout à l'entour, surtout vers le 
sud, côté où le sol présente une déclivité très prononcée. 
A l'intérieur du cercle, dans la partie actuellement li- 
vrée à la culture, sous un tas de pierres qu'on aurait pu 
croire jetées là par le laboureur pour en purger son 
champ, nous avons constaté les traces d'une sépulture 
par incinération : sur un lit de sable très fin se voyaient 
quatre pierres plates, dont trois encore debout, quoique 
légèrement inclinées, et la quatrième tombée sur le 
champ, indiquaient la place d'une urne funéraire, qui 
malheureusement avait été enlevée à une époque éloi- 
gnée probablement; il n'en restait aucun débris. 

11 est à remarquer que toutes les pierres provenant 
de ce cercle sont étrangères à la région ; elles sont for- 
mées d'un poudingue tertiaire, et le point le plus rap- 
proché où l'on rencontre ce poudingue est à Mézangers, 
à environ quarante kilomètres de distance. Elles ont 
donc été apportées de loin, comme cela se présente fort 
souvent dans les monuments mégalithiques ; les plus im- 
portants de ceux-ci, et notamment les cercles de l'An- 
gleterre, ont été construits également avec des pierres 
venues de fort loin. 11 est incontestable que les hommes 

13 



— 198 — 

qui les ont élevés ont voulu, en employant des matériaux 
étrangers à la région, marquer l'importance qu'ils at- 
tachaient à ces monuments, et empêcher que, même 
après leur destruction, ils tombassent complètement 
dans l'oubli. 

Ce qui reste de notre cercle indique qu'il devait avoir 
environ trois cents mètres de diamètre, dimensions de très 
peu inférieures à celles du plus célèbre des cercles méga- 
lithiques, celui d'Avebury en Angleterre ^ 

Quant à l'époque gallo-romaine, elle ne nous a laissé 
que des tuiles à rebords ; on en a trouvé des fragments 
dans les terrains situés à l'est de l'église actuelle; mais 
jusqu'ici on n'a constaté l'existence d'auctm mur de cet 
âge, et par conséquent on n'a aucun renseignement sur 
l'importance des constructions de l'époque. 

Il est temps de nous occuper de l'origine du nom de 
notre commune ; le premier document qui existe à cet 
égard date seulement de 1158. 

M. l'abbé Pointeau, dans son ouvrage « les Croisés 
de Mayenne en 1158, » dit à propos de Gaudinus de 
Ruina, dictus Gastines, le 11^ croisé de la liste donnée 
par le moine Jean de la Fustaye: « Craudin des Ruines 
ou de la Ruine, dit de Gastines. Nous nous croyons au- 
torisé à rétablir le texte Ruina ou Ruinis, au lieu de 
Raina, par les listes de Goué et par le cartulaire de Sa- 
vigny, où un personnage qui est le même que notre 
croisé est plusieurs fois désigné sous le nom de Gandin 
ou Gondouin desRuinnes. Les titres de Goué le mettent 
au nombre des barons de Geoffroy IV; il revint 2. Tout 
le monde sait que Ruines et Gastines sont synonimes. 



1. Cf. Notes archéologiques sur Saint-Deiiis-de-Gastines par 
l'auteur, insérées au Bulletin delà Société d'Agriculture, sciences 
et arts de la Sartlie. 1885. 

2. Sur environ cent huit croisés qui prirent la croix à Mayenne 
en 1158, trente-cinq seulement revinrent. Les autres périrent, 
pour la plupart en Syrie. Cf. M. l'abbé Pointeau. 



— 199 - 

Gaudin est donc un des membres d'une ancienne et illus- 
tre famille dont le manoir qui fut son berceau a laissé 
son nom au bourg de Saint-Denis-de-Gastines : c'est 
tout ce qu'il en reste. » Et il ajoute : « de Gastines : 
de... à une barre de... sous un chef de... », puis en 
note : « Généalogie de la maison de Gorram, par le ré- 
vérend Georges Cornélius Gorram. » 

D'où peut venir ce nom de Gastines, que M. l'abbé 
Pointeau dit synoime de Ruines ? Serait-ce du manoir, 
dont il parle, et qui serait tombé de bonne heure en 
ruines? Serait-ce de ces constructions à la place des- 
quelles on a trouvé des tuiles à rebords ? C'est possible. 
Nous ferons cependant remarquer que, non loin du ha- 
meau qui porte actuellement le nom de Gastines, ferme, 
étang et moulin, on voit un certain nombre de gros blocs 
de diabase qui ressemblent à des blocs erratiques, et 
qu'on pourrait prendre pour des mégalithes en ruine. 
Nous pensons que ce sont peut être ces roches qui ont 
valu à cet endroit le nom de ruines ou gastines, du latin 
vastare^ le V ayant été changé par l'usage en un G '.Du 
reste tous les endroits dits Gast, Gastines, entre autres 
la foret de Gastines, située autrefois sur la rive gauche 
du Loir, défrichée du temps de Renault P*", comte de 
Vendôme qui mourut vers 1020 2, et le Gâtinais aussi, 
présentent un aspect analogue et rappellent un pays 
dévasté, non sans doute par la main des hommes, mais 
plutôt par les eaux, tantôt par la mer, comme dans la 
forêt de Fontainebleau, tantôt par des cours d'eau douce, 
comme dans la Mayenne. 

Certains étymologistes, tout en faisant dériver le mot 
Gastines de vastare^ lui donnent un autre sens, et disent 



1. Nous trouvons encore en 1564 le nom écrit Sanctus Diony- 
sius de Vastinis (Insinuations ecclésiastiques). 

2. Cf. Gauvin. Géographie ancienne du diocèse du Mans. — 
Art. Gastina. 



- 200 — 

que ce mot désignait jadis l'endroit d'une forêt où le bois 
aurait été abattu, mot, disent-ils, venant de vastare^ dé- 
vaster, abattre. Cette étymologie pourrait s'appliquer à 
l'ancienne forêt de Gastines ; mais notre Saint-Denis 
s'étant appelé primitivement Ruina ou Ruinée, nous pré- 
férons pour lui le sens que nous avons indiqué en pre- 
mier lieu. 

Ce n'est qu'assez longtemps après la croisade de 1158 
que l'on trouve citée dans un document, sous son nom 
actuel, notre paroisse, qui, jusqu'à ce moment, dépendait 
au point de vue politique des Pagus Genomanicus, Gi- 
vitas Diablintum, Gondita Diablintica, Pagus Erneise', 
et au point de vue religieux, de l'évêché du Mans. 

Vers 1214 l'évêque Nicolas donne à ses chanoines la 
présentation à la cure de Saint-Denis-de-Gastines -. Nous 
lisons dans l'éloge de cet évêque mort en 1216 ^ : « Sic 
obiit bone memorie Nicholaus Genomanensis episcopus, 
qui ad servitium ecclesiœ dédit et concessit ecclesiam 
Sancti Dyonisii de Gastinem,.. » 

En 1220, Maurice, son successeur, ajoute à ce don 
une rente annuelle de cent sols mançais à prendre sur 
les revenus de cette église '*. Voici le texte de la charte 
signée par l'évêque Maurice : 

« Universis présentes litteras inspecturis, Mauricius 
Dei permissione Genomanensis Ecclesie minister indig- 
nus, salutem in Domino. Noverit universitas vestra nos 
concessisse dilectis fdiis decano et capitulo Genomanensi 
centum solidos cenomanenses in ecclesia beati Dyonisii 
de Gastine annis singulis percipiendos, et residuum per- 
sone ejusdem ecclesie remanebit. Quod ut ratum et sta- 
bile habeatur, presentem cartam sigilli nostri munimine 

1. Gauvin, Géographie ancienne du diocèse du Mans. 

2. Livre Blanc n» 153. 

3. Martyrologium capituli ce.'^.omanensis[1 Kal. Mar.). 

4. Livre Blanc, n» 154. 



— 201 — 

fecimus roborari, ad petitionem capituli supradicti. Ac- 
tum anno gratie M**. CG^. XX**. tertio, mense mayo. » 
Il semble résulter de ces pièces que notre paroisse 
existait avant 1214. Mais il y a lieu de penser cependant 
qu'elle n'a pas été créée beaucoup plus tôt. La plupart 
des paroisses voisines existaient avant celle de Saint- 
Denis ; Montenay, avait déjà une importance considé- 
rable vers 800; Gharné, Gorron*, Saint-Berthevin-la 
Tannière, Ambrières, de nombreuses abbayes et des 
prieurés sont mentionnés à des époques antérieures au 
XIIP siècle. L'église de Yautorte, érigée d'abord en 
chapelle, avait été distraite de Montenay 2. Il en fut pro- 
bablement de même de Saint-Denis. Si le texte même 
du moine de Saint-Maur indique que la paroisse de ce 
nom existait avant 1214, rien ne peut cependant établir 
avec certitude que Saint-Denis ait été créé au détriment 
de Montenay. Gependant l'importance et la proximité de 
cette paroisse militent en faveur de cette hypothèse. 
D'autre part les droits créés par l'évêque au profit du 
chapitre rendent vraisemblable que celui-ci, perdant ses 
privilèges sur le territoire séparé de Montenay, ou peut- 
être d'une autre paroisse, Gharné, par exemple 3, aurait 
réclamé, comme il était déjà arrivé après la création de 
nouvelles églises, et que l'évêque, pour satisfaire aux 
plaintes des chanoines, leur avait accordé et la présenta- 
tion à notre nouvelle paroisse et une rente déterminée 



1. Au X<^ siècle Raoul de Gorron, chef d'une des plus puissan- 
tes familles du Maine, donna à l'abbaye du Mont Saint-Michel 
l'église de la Tannière et la chapelle de son château de la Tan- 
nière, et en 1125 Guillaume de Gorron aida les moines de Saint- 
Berthevin à relever leur prieuré qui leur avait été ravi dans le 
cours du XI« siècle. — Cf. Dom Piolin, Histoire de l'Eglise du 
Mans, T. III, p. 27 et 28. 

2. Ihid., T. III, p. 78. 

3. En effet. Guillaume de Passavent (1142-1186) avait donné et 
cédé à perpétuité au chapitre de Saint-Julien du Mans un cer- 
tain nombre d'égliseti, dont celle de Gharné. Livre Blanc. n° 122. 



— 202 — 

à prélever sur ses revenus. Or l'église de Moritenay 
avait été léguée par Saint Bertrand dès 616 à la cathé- 
drale du Mans. Quelle que soit d'ailleurs l'église dont 
ait été démembrée celle de Saint-Denis, il est bien pro- 
bable que sa création est peu antérieure au commence- 
ment du XIIP siècle. 

Saint-Denis, jusqu'en 1230, dépendit de l'archiprêtré 
du Passais ; à cette époque l'évêque Maurice remplaça 
les archiprêtrés par des archidiaconés. Notre église fut 
alors de l'archidiaconé du Passais ; comme doyenné elle 
ressortit toujours de celui de Gharné-Ernée. Son pa- 
tron était Saint-Denis ; présentateur le chapitre, colla- 
teur l'évêque. 

Les léproseries ou maladreries furent nombreuses 
dans la région ; il y en avait à Ernée, à Gorron, à Ghâ- 
tillon-sur-Golmont ; mais on n'en mentionne pas à Saint- 
Denis. 

Pendant l'épiscopat de Pierre de Savoisy (1385-1398), 
les habitants du Mans prièrent le Souverain-Pontife 
d'ériger dans leur ville une confrérie du Saint-Sacre- 
ment. Gette confrérie devint célèbre après que Paul V 
l'eut confirmée en 1610, et un certain nombre de parois- 
ses, dit dom Piolin, obtinrent de semblables associa- 
tions pour protester contre les erreurs des Sacramen- 
taires du XVI^ siècle. Saint-Denis fut du nombre ^ 

Gomme construction, l'église de Saint-Denis est peu 
remarquable. Remaniée et agrandie à plusieurs reprises, 
elle se rapprocherait dans son ensemble plutôt du style 
roman ; mais ses voûtes sont en berceau. Le chœur et 
la tour qui supporte un clocher très effilé recouvert en 
ardoises, n'ont été terminés que vers 1854. G'est à la 
suite de l'incendie de l'ancien clocher, frappé par la fou- 
dre le 23 décembre 1846, qu'ils ont été édifiés. Jusqu'a- 



1. Abbé Lochet, Recherches sur l'histoire des confrairies éta- 
blies dans le diocèse du Mans avant 1791. 



— 203 - 

lors le clocher était à l'entrée du chœur, supporté par six 
piliers de bois hauts à peine de quatre mètres, qui em- 
pêchaient toute perspective dans l'église. 

Sous le haut de la nef actuelle, à la place de l'ancien 
chœur, il existe un caveau aujourd'hui scellé ; il renferme 
trois cercueils en plomb, remplis d'ossements ; ils ont 
été violés à la Révolution ; le plus grand des trois ren- 
fermait, pense-t-on, les restes de Messire Philippe de 
Froulay, décédé à Saint-Denis en 1656, comme le por- 
tait une inscription gravée sur une table de marbre pla- 
cée jadis au milieu de l'ancien chœur. Un autre caveau, 
situé sous la chapelle du Rosaire, est effondré depuis 
longtemps ; on ignore ce qu'il contenait. 

Ce que l'église présente de plus intéressant est sa 
chaire en bois sculpté, ornée de panneaux avec person- 
nages ; elle paraît remonter au XVIP siècle. Les pan- 
neaux représentent la vie de Saint Denis ; les plus cu- 
rieux sont celui du devant et celui du fond. Sur le pre- 
mier on voit Saint Denis prêchant sur une des places de 
Lutèce ; outre un groupe nombreux d'auditeurs qui lui 
fait face, à toutes les fenêtres des maisons, dont plu- 
sieurs ont deux étages, on aperçoit une, deux et jus- 
qu'à trois têtes de personnes qui écoutent sa parole. 
Sur l'autre se déroule la scène du martyre : au premier 
plan Saint Denis tient sa tête entre ses mains ; en ar- 
rière, Saint Rustique et Saint Eleuthère sont à leur tour 
décapités ; le panorama représente la ville avec une 
multitude de tours et de clochers dans le goût du 
moyen-âge. La composition de ces panneaux présente 
do l'originalité, mais l'exécution est faible, et surtout 
les personnages sont disgracieux, les proportions mal 
observées et les membres trop courts. 

Plusieurs chapelles existaient sur la paroisse de Saint- 
Denis-de-Gastines ; nous les mentionnons par ordre al- 
phabétique en copiant textuellement ce que porte le 
Puuillé du diocèse du Mans. 



- 204 - 

BoiSBÉRANGER (chapelle de Saint-Louis et N.-D. du 
château du), fondée en janvier 1529 par Louise Desvaux, 
dame du château, et décrétée le 4 mars 1529 : deux 
messes par semaine. Présentateur : le seigneur du Bois- 
Béranger ; Sa Grandeur confère. 

Gensive (chapelle de la), annexe du prieuré de TAb- 
bayette^ Elle a été démolie en 1836. Jusqu'à cette épo- 
que elle a servi à faire le catéchisme aux enfants de la 
partie de la paroisse où elle se trouvait. 

Saint-Etienne (chapelle de), fondée par André de 
FrouUay, augmentée le 29 octobre 1680 par Gabriel 
de FrouUay, évéque d'Avranches, et décrétée le 4 mars 
1685. Présentateur : le seigneur de Saint-Denis-de-Gas- 
tines, Montflaux, etc. S. G. confère. 

Une messe par semaine, les dimanches et fêtes. 

Titulaires : Jacques Orfray, juin 1765. 

Mathurin Moreau, vicaire à Saint-Denis-de-Gastines, 
16 novembre 1776. 

Revenu : 150 livres, la métairie de la Greslinière en 
Saint-Denis. [Cette chapelle était dans le bourg]. 

Saint-Etienne (autre chapelle de) en Saint-Denis-de- 
Gastines, fondée en février 1543 par Etienne Vallais, 
prêtre, et décrétée le 4 octobre 1549. 

Le plus proche parent du fondateur présente. S. G. 
confère. 

Deux messes par semaine. 

[Cette chapelle était dans l'église paroissiale]. 

Montflaux (chapelle du château de) et celle du châ- 



1. L'Abbayette était un prieuré au N.-O. de la Dorée, soumis 
à l'abbaye du Mont Saint-Michel. En 1235 Robert de Gorram, 
seigneur de la Tannière et de Lévaré, donne à l'abbaye du Mont- 
Saint-Michel plusieurs domaines situés paroisse de la Dorée, et 
la charge par le monastère d'entretenir à l'Abbayette (apud ab- 
batiolam de Villarentum, ailleurs on lit villa Arunton) un moine 
prêtre pour y dire la messe et célébrer le service divin pour l'àme 
du donateur et celles de ses parents. {Genealogical accoiint... 
families de Gorram). Cf. Gauvin, Géographie ancienne du dio- 
cèse du Mans. 



— 205 — 

teau d'Yvoy en Carelles, y réunie par décret du 21 août 
1725, insinué dans le même mois. 

Présentateur : le seigneur de Montflaux. S. G. con- 
fère. 

[Cette chapelle existe encore, mais elle est désaffec- 
tée depuis 1857]. 

Piété ^ (Chapelle de N.-D. de), fondée en la grande 
chapelle près de Saint-Denis-de-Gastines le 7 mars 
1689 par Jean Geslin, prêtre chanoine et décrétée le 4 
août 1689. 

Présentateurs : les curé et habitants. S. G. confère. 

Revenu 300 livres de rente constituée au denier 25 
sur le chapitre de Saint-Honoré de Paris ; comprise en 
lad. somme celle de 50 livres donnée à la fabrique par 
un même acte de fondation. 

Une messe tous les jours de la semaine. 

La chapelle de N.-D. de Pitié est la seule qui serve 
aujourd'hui au culte; elle a dû sa conservation pendant 
la Révolution à sa situation dans le cimetière de la pa- 
roisse. 

Nous donnons à la fin de ce travail copie du testa- 
ment de Messire Jean Geslin, chanoine de Saint-Médric 
à Paris. 

Enfin nous trouvons indiquée à Saint-Denis par 
M. Lecoq la prestimonie de Fréard, dont était titulaire 
en 1791 M. Brochard de la Vairie^. 

La principale seigneurie établie sur la paroisse de 
Saint-Denis était celle de Montflaux, dont le château 



1. Dans tous les actes, ainsi que sur la carte de Cassini, cette 
chapelle porte le nom de N.-D. de Pitié ; mais puisque nous trans- 
crivons le Fouillé, nous avons voulu en conserver l'orthog-raphe. 
Du reste en latin Pitié et Piété se rendent par le môme mot rie- 
tas. 

2. Prestimonie. — Desserte d'une chapelle sans titre ni colla- 
tion. Revenu affecté à l'entretien d'un prêtre sans qu'il y ait érec- 
tion ou titre de bénéfice. 



— 206 - 

subsiste de nos jours, non toutefois dans son état primi- 
tif, car il a été reconstruit à une époque indéterminée, 
sans doute après avoir été ruiné, comme la plupart de 
ceux de la région, à l'époque de la Ligue; on sait en 
effet qu'en 1592 les Anglais, envoyés par Elisabeth au 
secours de la monarchie, parcoururent le Bas-Maine et 
s'y livrèrent à de sanglantes dépradations. Débarqués 
en Bretagne, à Paimpol, sous le commandement du sieur 
de Norris, au printemps 1591, ils étaient primitivement 
au nombre de 2,500. Après avoir guerroyé en Bretagne 
contre Mercœur et les Espagnols, ils vinrent prendre 
leurs quartiers d'hiver dans le Bas-Maine. Ils arrivè- 
rent à Mayenne, le 6 janvier 1592, après avoir saccagé 
Ernée, Gorron, Ambrières, Fontaine-Daniel et tous les 
endroits où ils passèrent, ainsi que nous l'apprend le 
journal de Maître Macé de l'Etang, curé de Saint-Mar- 
tin de Mayenne, journal inscrit sur son registre parois- 
sial, lequel est conservé aux archives de la mairie de 
cette ville ^ 

Le souvenir de leurs violences n'est pas encore entière- 
ment effacé ; on citait il y a peu d'années encore une 
femme disant à son enfant, pour l'empêcher de divaguer 
sur la route : « Dépêche-toi de rentrer, ou les Anglais 
vont venir te prendre. » C'est de cett# époque que datent 
le sac de Gorron et de la chapelle du Bignon, celui 
d'Ernée et la destruction de beaucoup d'églises et de 
châteaux. Les archives de bien des paroisses ont disparu 
à ce moment. Les malheurs furent si grands que, dans un 
aveu du duché de Mayenne au Roi, fait en 1669, près 
d'un siècle plus tard, il est dit en parlant d'Ernée que 
celui-ci se contente de douze livres de cens au lieu de 
cinquante, « la plupart des maisons de mad. ville ayant 
été démolies et ruinées par les guerres des Anglais et 



1. Cf. Le château^ la ville et le pays de Mayenne pendant les 
guerres de religion, par M. le comte de Beauchesne. Bulletin de 
la Commission historique de la Mayenne, 3^ trimestre 1892. 




- 207 — 

civiles, et réduites au nombre de vingt. » Mais il a soin 
de spécifier que chaque maison nouvellement bâtie ou 
réédifiée devra à l'avenir cinq sols de cens, outre ladite 
somme de douze livres ^ 

Revenons à Montflaux. L'origine de cette seigneurie 
est inconnue ; ce n'est que vers la fin du XIV® siècle 
qu'on trouve mentionné pour la première fois un sei- 
gneur de Montflaux -. Dès cette époque Montflaux appar- 
tenait aux Froulay ; depuis il n'a jamais été vendu et 
s'est toujours transmis par héritage. La maison de 
Froulay ou Froullay, l'une des plus considérables du 
Maine, qui tirait son nom d'une châtellenie dépendant 
du duché de Mayenne, dans la paroisse de Gouesmes 
dans le Passais, avait pour auteur Roland de Froulay 
vivant vers 1140. 

Froulay est, dit le Paige, une terre considérable dans 
la paroisse de Gouesmes. Rolland, seigneur de Froulay, 
vivait vers 1140. Les armes de cette maison étaient d'ar- 
gent au sautoir de gueules dentelé de sable. Roland fut 
père de Guillaume qui suit'^. 

Guillaume, seigneur de Froulai, épousa Osanne ; ils 
firent une fondation pour l'abbaye de Savigni en 1185. 

On y voit encore la charte de cette fondation scellée 
aux armes de Froulai ; ils eurent Gervais qui suit^. 

Gervais, seigneur de Froulai, vivait en 1222; il fit 
aussi des dons à l'abbaye de Savigny. 

Guillaume II, seigneur de Froulay, augmenta les 
fonds de l'abbaye de Fontaine-Daniel ; il se croisa pour 



1. Cauvin, iSuite des observations topographiques sur le diocèse 
du Mans. — Annuaire de la Sarthe pour 18^3, p. 34. 

2. Moreri signale en 1371 l'alliance de Jeanne de la Ferrière, 
fille de JeanllI, seigneur de Vautorte, avec Michel de Froullay, 
seigneur de Froullay, Montllaus, Saint-Denis-de-Gastines, la 
Basmégnée, chevalier, gouverneur du château de Pouancé. 

3. I.e Paige, art. Beaumont, T. l®"", p. 85. 

4. I/jid. 



*- 208 - 

la Terre-Sainte en 1244 ; il fut le père de Guillaume III 
qui suit. 

Guillaume III, seigneur de Froulay, chevalier, tué à 
la bataille de Blangis en 1317. Sa tombe, dit toujours le 
Paige, est dans l'église de Couesmes, sur laquelle on 
remarque seulement une épée et l'écusson de ses armes ; 
il avait épousé Jeanne Desplanches de la maison de Lis- 
couët, en Bretagne, dont Michel qui suit. 

Michel, seigneur de Froulay, Montflaux, etc., épousa 
en 1371 Jeanne de la Ferrière, dont Ambroise, tué à 
Argentan dans un combat de trente français contre trente 
anglais, sans laisser d'enfants; Guillaume qui suit, et... 

C'est Michel qui le premier se qualifie de seigneur de 
Montflaux. Il y a encore tout près du château actuel un 
lieu dit le Boismichel, avec une ferme qui peut être un 
reste du château primitif ou plus vraisemblablement d'un 
second château reconstruit déjà lui-même à la suite d'un 
incendie ou d'un fait de guerre. 

Guillaume IV, seigneur de F'roulay, Montflaux, Saint- 
Denis-de-Gastines, etc., tué à la bataille de Châtillon 
en 1453, avait épousé en 1442 Marguerite le Sénéchal, 
de la maison de Kercado, dont plusieurs enfants. 

Guillaume V, deuxième fils du précédent, épousa en 
1494 Catherine de Chauvigné, dame de Saint-Loup-du- 
Gast, dont Jean qui suit. 

Jean P"", dont on ne sait pas grand'chose. 

Jean II, qui épousa en 1517 Catherine de Brée, fille de 
Gilles, seigneur de Fouilloux, dont Louis qui suit. 

Louis de Froulai épousa en 1540 Louise de la Vairie, 
dont André qui suit. 

André de Froulai épousa, en 1567, Thomasse delà Fer- 
rière, fille de Jean, baron de Tessé etd'Ambrières, et de 
Françoise de Raveton, dont René qui suit. André, par 
testament du 6 mars 1616, fonda la Collégiale de Saint- 
Denis-de-Gastines et lui fit plusieurs legs. Mais cet 
établissement, dont parle Simplicien, T. Il, p. 669. eut-il 




— 209 — 

réellement lieu ? Ni le Fouillé, ni le Paige n'en font men- 
tion'. Ses armoiries devaient être celles du fondateur : 
d'argent au sautoir de gueules engrêlé de sable 2. 

Vint ensuite René, qui de Marie d'Escoubleau-Sour- 
dis, veuve de Claude du Puy, baron de Vatan, eut dix 
enfants. 

Ce fut le quatrième fils, Charles, qui eut Montflaux. Il 
portait les titres de seigneur de Montflaux, Sainte-Souline, 
leBoisbérenger, Saint-Denis-de-Gastines, etc. Il épousa 
en 1636 Angélique de Baudéan, fille d'honneur de la 
reine Anne d'Autriche. 

Son fils, Philippe-Charles, comte de Froulay et de 
Montflaux, lieutenant de la province du Maine, mourut 
en 1697, après avoir épousé Marie-Anne de Mégaudais. 

Charles-François, fils aîné du précédent, fut à son 
tour seigneur de Montflaux, colonel de Royal-Comtois, 
lieutenant du Roi ès-province de Maine et comté de 
Laval, ambassadeur à Venise. Son frère puiné fut évêque 
du Mans et abbé de la Couture ; il mourut en 1767. Char- 
les-François, qui avait épousé Jeanne-Françoise Sau- 
vaget des Claux, eut d'elle un fils, Charles-Elisabeth qui 
va suivre et Renée Caroline, qui devint marquise de 
Créquy ; il mourut en 1744. 

Charles-Elisabeth ne fut pas longtemps seigneur de 
Montflaux; il mourut lui-même en 1747. Voici son épi- 
taphe : 

(c Cy-git très haut et très puissant Monseigneur 
« Charles-Elisabeth, quatrième et dernier Comte de la 
« branche de Froullay, colonel du régiment de Royal- 
ce Comtois à dix ans, de celui de Champagne à seize, 
« chevalier de Saint-Louis à dix-sept, brigadier à dix- 



1. Le pouillé porte seulement que ce même André de Froulay 
fonda une chapelle Saint-Etienne. 

2. Gauvin, Géograp/iie ancienne du diocèse du Mans. Art. 
Chapitre de Saint-Denis-de-Gastines, p. 173. 



— 210 — 

« huit, maréchal de camp à vingt-trois, menin de Mon- 
« seigneur le Dauphin, mort le 11 juillet 1747, âgé de 
« vingt-cinq ans, des blessures reçues à la bataille de 
(( Laufeld le 2 du même mois. 

« Seigneur, ayez pitié du jeune héros qui, malgré les 
« écueils de Vsige^ du monde, de la cour, de la guerre et 
« des louanges, fit sa principale gloire d'être chrétien et 
« de vous servir. » 

Il avait épousé Jeanne-Gabrielle, fille unique du ma- 
réchal de la Mothe-Houdancourt, mais il n'avait pas eu 
d'enfants. 

Montflaux passa alors à sa sœur, Renée-Caroline, 
mariée au marquis de Gréquy. Cette femme remarqua- 
ble, douée d'une âme élevée et d'un esprit profond, occupa 
pendant plus d'un demi-siècle un rang distingué. Elle 
recevait dans son salon de la rue de Grenelle les écri- 
vains et les philosophes de l'époque et correspondait 
avec plusieurs d'entre eux. On dit même que de Montflaux 
elle envoyait des poulardes à Rousseau, quoiqu'elle ne 
partageât pas ses idées ; c'était du reste avec sa femme 
plutôt qu'avec lui qu'elle était liée. 

Le marquis de Créquy mourut peu d'années après son 
mariage ; la marquise parvint à un âge avancé. Empri- 
sonnée sous la Terreur aux Oiseaux, elle échappa à la 
guillotine dans les circonstances suivantes. Appelée à 
plusieurs reprises avec d'autres condamnés, elle ne ré- 
pond pas. Le terroriste s'emportant s'écrie : « N'es-tu 
donc pas là ? » en ajoutant une foule d'épithètes gros- 
sières. La marquise alors s'avance et répond : « C'est 
peut-être moi que vous appelez ; mais citoyen, je n'ai 
jamais pris dans mes titres aucun de ceux que vous venez 
de me donner. » — « Allons, répond-il, tu es une drôle 
de femme, remonte dans ta chambre; nous verrons plus 
tard. )) Elle sortit de prison après le 9 thermidor (27 
juillet 1794). Elle avait alors près de quatre-vingts ans ; 
elle mourut à Paris en 1803. Elle avait donné quinze 



~ 211 — 

mille livres à l'hôpital d'Ernée, pour y fonder cinq lits 
destinés à recevoir les malades et infirmes de ses pa- 
roisses de Saint-Denis, Carelles et Larchamp^ 

Ce ne fut que trente ans après sa mort que parurent 
les Souvenirs de la marquise de Créquy^ œuvre apo- 
cryphe qui la fît juger bien autre qu'elle n'était. 

La marquise, par son testament, laissa Montflaux au 
seul représentant de la ligne paternelle, Louis-Auguste 
le Tonnelier, baron de Breteuil, qui, né en 1733, avait 
été diplomate, puis ministre sous Louis XVL Rentré en 
France en 1802, il mourut en 1807. 

Sa fille, Marie-Elisabeth le Tonnellier de Breteuil, 
avait épousé Louis-Gharles-Auguste de Goyon, comte 
de Matignon. De leur union naquit à Naples en 1774 
Anne-Louise-Garoline de Goyon de Matignon, qui épousa 
en 1788 Anne-Gharles-François, duc de Montmorency, 
premier baron chrétien, pair et premier baron de France, 
chef des nom et armes de sa maison. 

Madame de Matignon hérita de Montflaux après son 
père et mourut en 1833. Elle eut pour héritière sa fille, 
la duchesse de Montmorency. 

La seconde fille decelle-ci,Anne-Louise-Alix de Mont- 
morency, mariée en 1829 à Louis de Talleyrand-Périgord, 
duc de Valençay, recueillit Montflaux dans la succession 
de sa mère ^. 

Aujourd'hui la terra de Montflaux appartient à Ma- 
dame de Talleyrand-Périgord de Valençay, veuve du 
Comte d'Etchegoyen, décédé depuis peu d'années. 

On garde dans le grand salon du château de Mont- 
flaux, outre un grand nombre de portraits de cette illus- 
tre famille, la table sur laquelle a été signé le traité de 

1, Etudes historiques sur Ernée. E. Delaunay. Annuaire de la 
Mayenne pour 1879. 

2. Pour toute la suite des seip^neurs de Montflaux, nous avons 
été guidés par le Paige et par I ouvrage du baron de Wismes, le 
Maine et l Anjou, et nous leur avons fait de nombreux emprunts. 



— 212 — 

1814, ainsi que l'encrier et la plume dont s'est servi le 
duc de Talleyrand pour la signature de cet acte. 

Des autres châteaux et seigneuries de Saint-Denis-de- 
Gastines, il ne reste à peu près rien. 

Du château du Boisbérenger, on ne voit qu'une ruine 
informe, un tas de décombres entouré des anciens fossés, 
aujourd'hui asséchés. Voici ce que dit Cauvin^ à l'art. 
Boscus Berengarii : « Terre seigneuriale relevant de la 
châtellenie d'Ernée. » En 1158 Henri de Bois-Bérenger 
fut un des seigneurs qui accompagnèrent GeofTroi de 
Mayenne en Terre-Sainte. En 1189 Guillaume, son pa- 
rent, figure comme témoin dans une charte de Juhel 111 
en faveur de l'abbaye de Marmoutier. 

Une légende qui a cours dans le pays raconte que la 
dernière châtelaine du Bois-Bérenger, assiégée dans son 
castel pendant que son époux était à la guerre, se se- 
rait, pour échapper à ses ennemis, précipitée du haut de 
son donjon dans l'étang, à l'endroit où existe encore, 
dit-on, un abîme sans fond. 

En j 158 Paganus de Rochiis, Payen des Roches, ac- 
compagna Geoffroy de Mayenne en Terre-Sainte. Ce 
chevalier avait une terre importante dans la châtellenie 
d'Ernée. Nous pensons que c'est celle qui s'appelle au- 
jourd'hui le Rocher et est située dans la commune de 
Saint-Denis. Ce Paganus de Rochiis portait de gueules 
à la croix d'argent, d'après la généalogie manuscrite de 
la maison de Mathefelon (bibliothèque de Laval), — 
d'argent à une bande fuselée de gueules, d'après l'armo- 
riai de Cauvin^. L'ancien château du Rocher a dis- 
paru depuis longtemps, ainsi que l'étang et le moulin. 
Il reste une construction, moderne relativement, du XVP 
siècle, avec de grandes pièces et un pan de mur de la 
chapelle. 

1. Géographie ancienne du diocèse du Mans. 

2. Cf. M. l'abbé Pointeau, Les Croisés de Mayenne en 1158. 




— 213 — 

RiGARDON, à deux kilomètres de Saint-Denis, dépen- 
dait jadis de Montflaux; il servait de résidence à un 
cadet. 11 fut aliéné ; il appartenait à l'époque de la ré- 
volution à M. Dubray, dont les héritiers le vendirent à 
la vicomtesse d'Héliand, née de Préaux, morte sans pos- 
térité vers 1860, et qui a laissé dans le pays le souvenir 
de ses vertus et de sa charité. 

(A suivre). 

A. Faucon. 



« 



14 



QUELQUES NOTES 

SDR L'ANCIENNE CHAPELLE ET LA SEIGNEURIE 

DE GASTIiNES 

EN MOLIÈRES, PRES CHEMAZÉ. 



On a démoli, en 1889 ', l'antique chapelle domestique 
du domaine de Gastines, situé dans la paroisse de Mo- 
lières, une des sections dépendant de la commune de 
Ghemazé. Il nous a semblé à propos de conserver quel- 
ques données historiques sur cette chapelle dont les ruines 
jonchaient naguère le sol ; c'était d'ailleurs un des plus 
anciens bénéfices religieux du pays, puisque sa fondation 
remonte au commencement du XVP siècle, peut-être 
même à la fin du XV°. 

Gastines était alors une terre importante appartenant 
à une famille du nom de Levesque, qui y résidait et 
possédait la seigneurie de paroisse. Ges châtelains, tous 
dévoués à l'Eglise, enrichirent le modeste temple de 
Molières de fonts baptismaux fort curieux au point de 
vue de l'art. Ce don fut fait le 10 juin 1454 par Mathieu 
Levesque et sa femme, seigneurs de Gastines, ainsi 
que le constate l'inscription gothique gravée en creux 
sur une des parois du baptistère même. 

1. En avril ou mai 1889. 



- 215 ~ 

Leur fils, Pierre-Paul Levesque, continua les tradi- 
tions pieuses de sa famille et fonda dans son domaine 
seigneurial, au devant même du château, la chapelle de 
Gastines, oratoire domestique, qui a été desservie régu- 
Hèrement jusque dans les premières années de ce siècle. 
Il réserva la présentation perpétuelle des chapelains aux 
seigneurs possesseurs de Gastines, la collation du bé- 
néfice appartenant à l'évéque d'Angers. Cette chapelle 
fut dédiée au prince des apôtres, patron du fondateur, 
et les divers Pouillés du diocèse d'Angers la nomment 
tous « la chapelle Saint-Pierre de Gastines'. » 

La famille Levesque subsista jusque vers le premier 
tiers du XVIP siècle, époque à laquelle la seigneurie 
de Gastines passa à une branche de la nombreuse fa- 
mille des Poisson des Ecottays, de Neuville, de Beau- 
vais, etc. Les nouveaux possesseurs devinrent alors les 
Poisson de Gastines. La seigneurie de paroisse, chose 
curieuse à noter, cessa alors d'appartenir à cette terre, 
et passa aux de Juigné de La Broissinière, autre fief 
aussi fort ancien, en Molières. 

Le donjon primitif de Gastines n'existe plus. Le châ- 
teau actuel n'est, à proprement parler, qu'une vaste cons- 
truction bourgeoise réédifiée dans la seconde moitié du 
XVII® siècle ainsi que le prouve la date de 1660, qui se 
voit sur une des plus hautes croisées de la façade est. 

Le domaine est situé à dix minutes du bourg de Mo- 
lières, sur la route solitaire et ombragée qui conduit à 

'l. Le Fouillé du dioc. d'Angers, édité en 1648, parlant des 
quatre bénéfices ecclésiastiques existant alors dans la paroisse 
de Ghemazé, décrit ainsi celui de Gastines : « Chapelle Saint- 
a Pierre de TEvéque, au château de Gastines. — Présentateur : 
cr Le seigneur du lieu. — GoUateur : L'Evoque. » — Le dernier 
Pouillé du diocèse d'Angers, paru en 1783, portait ces mots : 
« Ghapelle fondée par Pierre Leveque en la maison seigneuriale 
« de Gastines. — Présentateur : Le sieur Poisson, seigneur du- 
« dict lieu de La Gastines. GoUateur : l'Evôaue d'Angers. » — 
Nous n'avons pu découvrir le nom d'aucun des chapelains qui 
en furent pourvus. 



- âl6 — 

Ghemazé. Une allée, à gauche du voyageur, mène à 
Gastines. Une vaste cour précàde l'entrée et est entou- 
rée d'un mur qui l'isole complètement des dépendances 
de la ferme, située à quelques mètres, sur le même plan, 
à gauche du visiteur qui arrive au château. 

Le fond de cette cour est occupé en entier par lo châ- 
teau proprement dit, comprenant un rez-de-chaussée, 
un premier étage et un second étage mansardé. Quatre 
ouvertures, ayant l'"80 de hauteur sur 1™20 de largeur, 
existent à chaque étage ; aucune moulure ni sculpture 
ne les orne ; la porte d'entrée, à deux vantaux, est 
surmontée d'un blocage de tuffeaux sur lequel devaient 
sans doute être sculptées les armes des Poisson de 
Gastines. 

Au rez-de-chaussée on entre, à droite, dans un vaste 
salon, parqueté et lambrissé en vieux chêne jusqu'à 
hauteur de siège. Une cheminée monumentale en pierre 
blanche et d'une belle forme décore cette pièce. Elle 
possède de riches moulures, et, dans un élégant cartou- 
che, ressort en ronde bosse une tête de Louis XIV, qui 
ne nous a pas paru dépourvue de mérite^. Dans le foyer 
est une jolie plaque de fonte aux armes de France. Dans 
le vestibule, à côté de ce salon, se trouve le vaste es- 
calier avec dalles en pierre bleue conduisant aux étages 
supérieurs ; la vis d'escalier et les rampes sont en pierre 
blanche et tuffeau, comme la plus grande partie de la 
construction d'ailleurs ; à gauche, la salle à manger et 
la cuisine, où nous avons admiré une énorme cheminée 
en bois, au fronton de laquelle un cartouche en cuivi^ 
bruni par le temps porte gravées les armoiries seigneu- 
riales. 

Les étages supérieurs ne nous ont rien montré qui 

1. Une cheminée identique à celle de Gastines existe au vieux 
logis de Fontenelle, situe en la commune de Laigné ; dans 
celle-ci le buste royal n'est plus celui du Roi soleil, mais bien 
l'effigie de Louis XV. 



I 



--- m - 

vaille une mention spéciale. Le château a double façade; 
Tune, à l'ouest, donne accès dans les jardins de maî- 
tres, vastes et parfaitement entretenus ; comme nous l'a- 
vons dit précédemment la façade principale, située à 
Test, fait face à l'allée conduisant à la route. 

Nous avons dit également que le logis principal s'éle- 
vait au fond de la cour d'entrée, spacieuse enceinte 
dont les petits côtés étaient occupés, celui de droite, 
par les remises, écuries et autres bâtiments de servitu- 
des, ainsi qu'une vieille tour ronde couverte en forme de 
poivrière et servant autrefois de colombier. Au côté 
gauche de la cour se dressait la chapelle, qui, comme 
tous les anciens temples chrétiens du moyen-âge était 
orientée au soleil levant, pieuse tradition à laquelle on 
ne paraît plus guère tenir aujourd'hui. 

La première chapelle de Gastines subsista jusque 
vers la fm du XVÏP siècle ; mais quand le château, réé- 
difié en 1660, fut achevé, on trouva probablement peu 
décente l'antique chapelle, qui fut alors démolie et re- 
construite sur le même emplacement. Si nous nous en 
rapportons à l'inscription gravée sur la cloche, cette 
reconstruction aurait eu lieu en 1695. Orienté comme le 
précédent, l'édifice appartenait au style roman avec des 
ouvertures en plein-cintre pur. Un élégant clocher s'é- 
levait au-dessus de la façade, qui était ornée d'un beau 
portique roman, supporté par deux colonnes plates for- 
mant saille, ornées de piédestaux et de chapiteaux sculp- 
tés. La clef de voûte de ce portique portait un bel écus- 
son en relief, aux armes parlantes des Poisson de Gas- 
tines : d'azur à un dauphin d'argent^. 



1. Armoiries des diverses branches de la famille Poisson ; 
De gueules au dauphin d'or, accompagné de 3 coquilles de même, 
2 en chef et une en pointe. — D'azur à la fasce d'or accompa- 
gnée d'un aigle d'argent fondant dans un dauphin de même 
couronné d'or. » {Nobiliaire de Normandie et Armoriai de Cau- 
i'in, p. 184). 



— 218 - 

L'autel, en bois sculpté, méritait d'échapper à la des- 
truction. Il est, ainsi que le tabernacle, en vieux chêne 
également sculpté, et» orné de colonnettes torses, du 
meilleur effet. Un bas relief : La Pâmoison de la Vierge 
au Calvaire, sujet fouillé dans le retable d'autel, paraît 
assez curieux et est digne d'une mention spéciale. 

La chapelle de Gastines pouvait avoir sept mètres de 
long sur quatre de large environ, et était dallée de jo- 
lis carreaux à six pans, en terre cuite, d'une belle cou- 
leur rouge, sortis évidemment des anciennes tuileries 
de Bourg-Philippe. 

Lors de l'achèvement de cette nouvelle chapelle, s'al- 
liant de style avec le château fraîchement reconstruit ' , 
les châtelains de Gastines, noble René Poisson, écuyer, 
et dame Marie d'Héliand, fille du seigneur d'Ampoigné, 
son épouse, voulurent la doter d'une cloche neuve, des- 
tinée à réunir le personnel du château aux offices reli- 
gieux. La bénédiction du monument et l'installation de 
cette cloche eurent lieu en 1695, ainsi que nous l'ap- 
prend l'inscription suivante gravée sur la cloche elle- 
même : 

René. Poisson. Ecvier. Seignevr. de. Gastines. 
Et. Dame. Marie. d'Héliand. son. épouse. 
M'ont, faict. faire, povr. cette, chapelle. 1695. 

Sur le corps de cettte cloche, qui peut peser deux ou 
trois cents livres, sont, comme l'inscription, gravés en 
relief l'écusson des Poisson de Gastines et un Calvaire 
ornementé de divers motifs. 

La démolition de la chapelle, qui a subsisté près de 
deux siècles mais ne servait plus au culte depuis 1815, 
paraît-il, a dégagé considérablement le château. L'écus- 



1. Gastines était alors un fief relevant du marquisat de Ghâ- 
teau-Gontier. * 



■ 



— 219 - 

son en pierre blanche qui ornait la façade, le retable 
d'autel, le tabernacle et la cloche ont été soigneusement 
conservés et replacés quelques mois après dans une 
nouvelle chapelle construite au bout de Tallée de Gasti- 
nes et à l'angle qu'elle forme avec la route de Molières 
à Ghemazé. Les propriétaires actuels de Gastines ont 
généreusement donné l'emplacement nécessaire ainsi que 
les matériaux pouvant être utilisés. 

Le domaine seigneurial de Gastines fut vendu il y a 
quelques années par la dernière survivante du nom, 
^jme îVathalie Poisson de Gastines, veuve de M. de Vil- 
lebresmes, qui vit encore et habite la ville de Nantes. 
Les acquéreurs ne furent autres que les fermiers, qui 
depuis plus d'un siècle, faisaient valoir, de génération 
en génération, les terres du domaine de Gastines. Quoi- 
que propriétaires légitimes du château depuis plusieurs 
années déjà, ils n'ont pu se résoudre encore à y venir 
habiter, et ils occupent toujours la ferme qui y est atte- 
nante et où tous ils ont vu le jour. 

René Gadbin. 



SIGILLOGRAPHIE 
DES SEIGNEURS DE GRAON 



xxn 

BRANCHE DE SAINTE-MAURE 
GUILLAUME II 

8 janvier 1388. — Vers 1410. 



Guillaume II, fils aîné de Guillaume I et de Margue- 
rite de Flandre, son unique épouse, devint chef de la 
branche dite de Sainte-Maure, lors du décès de son père, 
le 8 janvier 1388. On peut attribuer sa naissance aux 
premières années de Tunion de ses parents, soit en- 
tre 1342 et 1345 : on verra en effet l'aîné de ses fils 
mourir en 1390, au moment où il venait d'être fait che- 
valier. 

Afin de discerner dans les actes passés entre 1366 et 
1396 celui des Guillaume de Graon qui y est mentionné, 
il faut prendre bonne note des titres qui accompagnent 
son nom. Guillaume I, son fils et son petit- fils ont été 
tous trois chevaliers ; mais ils n'ont pas pris simultané- 
ment les mêmes qualités. Guillaume I porta toute sa vie 
le titre de vicomte de Châteaudun. Guillaume II au 
contraire dut modifier ses qualifications selon les diver- 
ses périodes de son existence : c'est ainsi que jusqu'à 
son mariage il se para du titre de seigneur de Marcillac ; 
mais ce fief, qu'il devait à la libéralité de son père, ne 



— 241 — 

demeura pas dans ses mains jusqu'à son décès, car il 
en aliéna la propriété ' au profit de son gendre Guy VIII 
de la Rochefoucauld. Jeanne de Montbazon, en épou- 
sant Guillaume II, lui apporta Montbazon, dont il joi- 
gnit le nom à celui de Marcillac, mais auquel il dut re- 
noncer au commencement de 1395, lors du décès de 
Jeanne. La mort de son père lui conféra la vicomte de 
Châteaudun, dont du vivant de celui-ci il avait quelque- 
fois ajouté le nom à celui de Marcillac ; mais Tannée 
même où il devint veuf, le 12 octobre 1395, il en perdit 
le nom en même temps qu'il vendait le fief au duc d'Or- 
léans-, si bien qu'en 1399 il n'était plus qualifié que 
seigneur de Marnes et de Moncontour, titre qu'il devait 
garder jusqu'à son décès 3. Quant à Guillaume III, sei- 
gneur de Sainte-Maure et de Montbazon en 1395, il ne 
porta jamais d'autre nom jusqu'à sa mort, advenue en 
1396. 

La certitude que l'on a de la mort de l'aîné des fils 
de Guillaume II en 1390, vers l'âge de vingt et un ans, 
a servi à fixer la date de naissance de Guillaume II ; 
elle permet aussi d'établir celle de son mariage, qui, sans 
être postérieure à 1369, peut remonter à deux ou trois 
ans plus tôt. 

Sa fiancée était Jeanne de Montbazon. Tous les his- 
toriens ont reconnu en elle la fille d'un Renaud de Mont- 
bazon, et ils ont eu raison sur ce point ; mais en ajou- 
tant que sa mère était une d'Anthenaise, ils sont tombés 
dans une erreur plus excusable que bien d'autres, car 
fllo prend sa source dans une aflirmation très nette con- 



1. On ne connaît pas la date de cette vente, mais le fait est 
certain puisque Marcillac resta le patrimoine des la Rochefou- 
vinihl tandis que les fiefs ayant appartenu à Marguerite de Craon 
passaient aux descendants de celle-ci. 

2. Numéro 1072 du Carlulairc. 

.'{. Ces titres sont les seuls qui fig-urent au contrat de mariage 
(le son lils Jean, n° 1085 du Cartulaire. 



— 222 — 

tenue dans l'accord homologué en Parlement, le 3 sep- 
tembre 1435^, par lequel était tranché un litige pres- 
que séculaire, qui existait entre les comtes d'Alençon et 
les héritiers des Montbazon, au sujet d'une rente cons- 
tituée par un Renaud de Montbazon au profit d'un sei- 
gneur d'Alençon, qui avait payé sa rançon. 11 est dit for- 
mellement dans cet acte que l'épouse de Guillaume II 
était fille d'une d'Anthenaise. Erreur singulière de la 
part de descendants aussi proches ! Il est en effet cer- 
tain désormais que Jeanne de Montbazon avait pour 
mère une Jeanne de Graon, fdle de Maurice VII et de 
Marguerite de Mello, et qu'elle était seulement petite- 
fille d'Eustachie d'Anthenaise : en effet, dans l'acte du 
11 novembre 1372, on voit que, après son mariage, 
Jeanne avait obtenu de son oncle, Amaury IV, la ces- 
sion des fiefs de Ghâteauneuf et de Jarnac-sur-Gharente, 
afin de liquider ses droits sur les successions de ses 
aïeul et aïeule et de son arrière grand-père-paternel. 
En 1376, après le décès d' Amaury IV, Isabelle, sœur 
de celui-ci, s'était dépouillée d'une part importante de 
son patrimoine en faveur de Jeanne de Montbazon. afin 
de satisfaire à ses droits sur la succession de son oncle ; 
cette même Isabelle, le 15 septembre 1383, dans son tes- 
tament, en faisant un legs à Jeanne, lui donne la qualifi- 
cation de nièce ; enfin un arrêt du 28 février 1405 contient 
l'affirmation formelle que Maurice VII, outre Amaury IV 
et Isabelle, avait eu une fille nommée Jeanne, épouse 
d'un Montbazon. Tous ces documents concordent telle- 
ment, qu'il faut le reconnaître, pour les Montbazon, 
vers 1370, comme pour les Sainte-Maure, vers 1300, 
les historiens, omettant une génération, ont rattaché 
l'héritière du nom à ses grands parents, sans tenir 
compte des père et mère dont elle était issue ^. 

1. Numéro 1167 du Cartulaire. 

2. Voir les numéros 659, 709, 793 et 993 du Cartulaire. 




— 223 — 

Mais Jeanne de Montbazon, lorsqu'elle épousait Guil- 
laume II, était-elle veuve de Simon de Vendôme, comme 
l'a dit Ménage, sans articuler aucune preuve de son af- 
firmation ? Jean V de Vendôme, de sa femme Eléonore de 
Montfort FAmaury, eut, outre Bouchard VI, son succes- 
seur, deux fils Jean et Pierre ; la femme de ce dernier, que 
n'ont connue ni le P. Anselme ni M. de Pétigny*, était une 
Jeanne de Montbazon, ainsi que cela est établi par un acte 
du 20 juin 1363, qui n'avait pas encore été cité; et le titre 
de dame de Montsoreau, qui accompagne son nom, ne 
permet pas de chercher en elle une autre personne que 
la dernière du nom de Montbazon, devenue par le décès 
de son père héritière de sa maison, dont elle devait por- 
ter les biens aux Craon-Sainte-Maure. Il resterait à sa- 
voir si on doit lui attribuer la maternité de cette Isa- 
belle, qui, au dire du P. Anselme, aurait été fille de 
Simon de Vendôme, et par son alliance avec les Anglais, 
aurait mérité la confiscation de ses biens et leur attribu- 
tion à Guy de Mauvoisin ? Fille de Jeanne, Isabelle 
serait née à une époque assez rapprochée du second 
mariage de sa mère pour se trouver sous la tutelle de 
Guillaume II, qui ne lui eût pas donné un Anglais 
pour époux et qui en cas, de confiscation, en eût obtenu 
les bénéfices. On ne connaît aucun acte de Guillaume II 
faisant allusion à des relations d'intérêt soit avec les 
Vendôme, soit avec Guy de Mauvoisin. 

Jeanne de Montbazon était donc la fille de la seconde 
sœur d'Amaury IV, laquelle n'avait pu voir le jour 
avant le milieu de 1328 ; elle était veuve de Simon de 
Vendôme, alors que, en secondes noces, elle devint, 
vers 1368, l'épouse de Guillaume II. Elle était unie à 
son fiancé par une parenté des plus étroites : tous 
deux descendaient d'Amaury III, dont Guillaume II 
était le petit-fils, tandis que Jeanne était la petite-fille de 

1. Voir P. Anselme, VIII, 726 et de Pétigiiy, 543. 



4M 



son fils, Maurice VII. Elle épousait donc son oncle à 
la mode de Bretagne '. 

Leur existence commune dura vingt-sept ans environ. 
Jeanne disparut la première, dès le commencement de 
1395, laissant un testament du 31 décembre 1394, où 
elle nomme seulement deux de ses enfants : Guillaume III 
qui depuis le décès de son aîné, en 1390, était appelé à 
devenir un jour chef de sa branche, et Jeanne, qui n'est 
pas nommée autre part. 

Guillaume II survécut plusieurs années à sa femme; 
après avoir vu périr successivement deux de ses fils en 
1390 et en 1396 et plusieurs de ses filles, il mourut à 
son tour entre le 3 juillet 1409 et le 6 juin 1410'^. 




168. - Sceau de Guillaume II, 1379. 



On connaît trois sceaux de Guillaume II. Le premier 
(figure 168), daté du 22 octobre 1379 (2956 de Clair am- 
bault)^ est attaché à une quittance des gages du frère 
de Guillaume, Pierre de la Ferté-Bernard. C'est un 



1. Voici le tableau de cette parenté : 
Amaury III 



Maurice VII Guillaume I 

I I 

Jeanne de Graon Guillaume II 

Jeanne de Montbazon. 
2. L'acte du Cartulaire n^ 1113 est le dernier connu de lui. Le 
1116 est le premier où son fils Jean prenne le titre de seigneur 
de Moncontour. 



iio 



sceau rond de 0,032 où figure un écu losange, chargé 
d'une bande, penché, timbré d'un heaume, cime d'une 
tête de chien, supporté par deux griffons. De la légende 
il ne reste plus que : lle. 




Sceau de Guillaume II, 1383. 



Le second (figure 169), date du 25 août 1383 (2282 de 
Clairambault). C'est un sceau rond de 0,036 à l'écu lo- 
sange, penché, timbré d'un heaume cime, sur champ 
losange. De la légende il ne reste que de Gra. Il faut 
remarquer l'absence de la bande, dont pour la première 
fois on constate la suppression qu'il est difficile d'expli- 
quer, car, en 1383, Guillaume II possédait encore son 
père, lequel n'était même pas chef du nom, puisqu'il 
était primé par Jean de la Suze, son cousin germain. 




170. — Sceau de Guillaume II. 1388-1401. 

Du troisième (figure 170), il existe deux empreintes 
l'une de 1388, l'autre de 1401. Gette dernière est posté- 
rieure à la cession de la vicomte de Ghàteaudun au duc 
d'Orléans, ce qu'il est curieux de constater, car sur la 
légende on lit : s guille de craon vigonte chateaudun. 



- 2^ — 

C'est un sceau (2957 de Clairamhault) de 0,033 à l'écu 
losange sans bande, penché, timbré d'un heaume, cime 
dune tête de chien, supporté par deux griffons. 

Guillaume II eut huit enfants, trois fils : Amaury, 
Guillaume III et Jean, et cinq filles: Marguerite, Marie, 
Isabelle, Louise et Jeanne. De ces cinq filles, une seule, 
Jeanne, la plus jeune, est nommée dans le testament de 
sa mère ; il faut recourir à un accord du 25 novembre 
1438^ pour trouver ensemble les noms des quatre autres 
rangés par ordre de primogéniture. 

XIPj. Amaury. — Cet Amaury n'a jamais été men- 
tionné par personne ; son existence est certaine cepen- 
dant : il figure avec son cadet Guillaume III dans deux 
documents, vus par dom Villevieille, dans lesquels, en 
qualité de fils aîné, il est compris dans l'instance enga- 
gée par Marmoutier contre Guillaume II, au sujet des 
droits de pêche que l'abbaye revendiquait dans le Cher, 
à Fontcher ; il est mentionné aussi comme ayant donné 
son adhésion de fils aîné aux dispositions par lesquelles 
avaient été fixés les droits de Pierre de Craon, son on- 
cle, sur le patrimoine de sa famille, ainsi que cela est 
expliqué dans l'accord du 24 septembre 1439, passé 
entre Marie, dame de Villebon, et la dame de Jonvelle, 
ses cousines 2. 

Le l®*" septembre 1388 il n'était encore qu'écuyer et il 
faisait partie en cette qualité de la compagnie de son 
père. C'est aux Grandes Chroniques de France -^ que 
l'on doit de savoir qu'en 1390 il prit part, sous les ordres 
du duc de Bourbon, à l'expédition de ce prince contre 
Carthage et que, peu après avoir été fait chevalier, il 
fut blessé et périt presque immédiatement. Les hon- 
neurs de la chevalerie durent lui être conférés peu après 

1. In extenso sous le numéro 1172 du Cartiilaire. 

2. Voirie texte in extenso, sous le numéro 1175 du Cartulaire. 

3. Edition des Documents inédits, I, 669. 




- m - 

l'époque à laquelle il avait atteint ses vingt ans ; sa 
naissance remontait donc vers 1370. C'est ce qui a per- 
mis de dire plus haut que le mariage de ses parents 
avait sans doute eu lieu entre 1365 et 1369. 

Xll\. Guillaume. — Guillaume III, que tout le 
monde a cru l'aîné des fils de Guillaume II, n'en était 
que le second. Avec sa sœur Jeanne, il est seul nommé 
dans le testament de sa mère, Jeanne de Montbazon, 
du 31 décembre 1394, fait à une époque où le décès de 
son aîné l'avait rendu principal héritier de ses parents. 
Trois mois après, le 15 mars 1395, il recevait un aveu 
comme seigneur de Sainte-Maure et de Montbazon qu'il 
possédait par suite du décès de sa mère; puis, le 26 
juillet 1395, il réglait avec son père les droits que ce- 
lui-ci tenait du testament de sa femme ; le 4 avril 1396 
enfin, c'est lui qui dressait le contrat de sa sœur, Marie •. 

Son testament, où il ne prend que le titre d'écuyer, 
est du 14 avril 1396. Il mourut sans doute peu après. 
Il venait d'être fait chevalier, car ce titre lui est donné 
dans divers documents postérieurs à son décès. Il fut 
probablement enseveli^ selon son désir, aux Cordeliers 
de Tours. 

Xllbg. Jean. — Jean de Montbazon, lors de la mort de 
son père, devint chef de la branche dite de Sainte-Maure ; 
il aura un article séparé à la suite de celui de Guil- 
laume II. 

XIP'4. Marguerite. — L'aînée des filles de Guil- 
laume II et de Jeanne de Montbazon s'appelait Mar- 
guerite. On ne connaît pas la date de son mariage ; 
mais, dès le 4 mars 1395, Guy VIII de la Rochefou- 
cauld et Marguerite de Graon exerçaient un retrait féodal 
de deux cents livres de rente, sur la vicomte de Châ- 
teaudun -. Cet acte est précieux, car il permet de ré- 

1. Numéros 1065, 1067, 1071, 1079 du Cartulaire. 

2. Voir lo numôro 1060 du Cartulaire. 



- 228 — 

soudre une difficulté généalogique, dont le P. An- 
selme n'a pas tenu compte, il est vrai, mais qu'il a 
indiquée sans la réfuter '. Guy VIII de la Rochefou- 
cauld était fils d'Aymery III et de sa seconde femme, 
Rogette de Grailly. Lorsque Marguerite de Graon de- 
vint sa femme, il était veuf de Jeanne de Luxembourg 
qu'il avait épousée en 1385. Le Laboureur croyait, pa- 
rait-il, que l'époux de Marguerite était non pas Guy VIII 
mais son fils, appelé Guy lui aussi. Si Le Laboureur 
avait connu l'acte de 1395, cité plus haut, il n'aurait 
pas soutenu cette thèse car, né au plus tôt en 1386, un 
fils de Jeanne ne pouvait avoir que neuf ans lors de sa 
rédaction. Marguerite était donc bien la seconde femme 
de Guy VIII et non l'épouse d'un prétendu Guy IX. Mais, 
contrairement à l'opinion de tous les généalogistes, il est 
facile de constater qu'elle ne fut pas la mère de l'héritier 
de la maison de la Rochefoucauld 2. Les documents grou- 
pés au Cartulaire de Craon ne laissent aucun doute 
sur ce point et établissent que Tunique fils issu du se- 
cond lit de Guy VIII se nommait Aymard, et que Fou- 
caud III, chef de la maison après son père, n'était que 
son frère consanguin'^. Pour s'en rendre compte il suffit 
de connaître le sort des fiefs qui constituaient le patri- 
moine de la maison de Graon et pour cela de se repor- 



1. V. P. Anselme IV, 424, où aucune mention n'est faite du 
lieu où Le Laboureur a soutenu son opinion. 

2. Ici notre mérite est moindre que sur les autres points de 
notre travail car tous les documents nous sont fournis par le Dic- 
tionnaire d'Indre-et-Loire \ comment M. Carré de Busserolle, qui 
les a ainsi réunis, a-t-il admis Foucaud III au nombre des en- 
fants de Marguerite de Graon? 

3. On connaît un document contemporain absolument contraire 
à ce qui est dit ici, c'est le numéro 1162, accord du 20 avril 1431 ; 
mais cette analyse de dom Rousseau est tronquée, et celui qui 
l'a faite n'ayant pas l'esprit appelé sur la différence de mère, aura 
fait dire au document le contraire de ce qui y est écrit. Du reste 
le numéro 1163, contemporain lui aussi, lettres de Mars^uerite de 
Graon du 12 mai 1432, dit expressément d'Aymard qu'il est « son 
fils et son héritier présomptif, seul et pour le tout. » 



- â-29 - 

ter au partage du 13 mars 1420. Marguerite avait vu 
mourir successivement son frère Amaury, en 1390 ; sa 
mère Jeanne de Montbazon, en 1395 ; son père vers 
1410 ; ses frères Guillaume III et Jean de Montbazon, 
en 1396 et en 1415. Elle se trouvait à la tête de sa 
branche et on qualité d'aînée, avait droit à la grosse 
part du patrimoine tombé en quenouille. Cette part fut 
fixée par l'accord en question, où se trouve l'énuméra- 
tion des fiefs qu'elle gardait et la liste de ceux qui 
étaient abandonnés aux ayants droits de ses sœurs, sauf 
à se les répartir entre eux, suivant la coutume. Or que 
deviennent les fiefs de Marguerite ? Ils passent à Ay- 
mard, puis au fils de celui-ci, Jean, sans que Foucaud III, 
fils aîné de Guy VIII, en reçoive aucune partiel Jean 
meurt sans enfant d'Isabeau de Sainte-Maure, son 
épouse ; ce sont ses sœurs, Françoise, Marguerite et 
Jeanne, qui se partagent sa succession, à laquelle Fou- 
caud III n'a aucune part ; et cette succession comprend 
précisément la totalité des fiefs qui avaient appartenu à 
Marguerite de Craon et qui tous bientôt passent à 
Jeanne, la plus jeune des sœurs, épouse de Jean du Fou, 
qui eut une fille unique. Renée du Fou, laquelle, par 
son alliance avec Louis III de Rohan Guémené, les in- 
corpora au patrimoine de cette maison, au profit de la- 
quelle Montbazon fut érigé en duché '-. 

Marguerite, en 1427, perdit son mari, qui fut enterré 
aux Carmes de la Rochefoucauld ; elle mourut en 1435, 
laissant son fils Aymard marié à Jeanne de Martreuil. 
Elle avait eu en outre, au dire du P. Anselme, cinqfil- 



1. Foucaud III épousa Jeanne de Rochechouart. Ce mariage 
eut-il lieu le 16 avril 1427, comme le dit un acte analysé par le 
comte de Rochechouart à la pa^e 320 du tome II de la Maison 
de Rochechouart, ou le 16 juillet 1427, comme on l'a imprimé 
dans le P. Anselme ? 

2. Voir Cartulaire, numéros 1140, 1158, 1168, 1177, 1180, 1182, 
1183. 1185, 1189, 1195, 1198, 1201, 1203, 1204, 1206, 1207, 1210. 

15 



- 230 - 

les. Le Cartulaire de Cruoii uc contient mention que de 
l'une d'elles, Catherine, épouse de François de Ghau- 
nay, le 6 juin 1427 ^ 

On possède un sceau de Guy VIII de la Rochefou- 
cauld (figure 171), dont l'empreinte date du 12 décembre 
1383 (7861 de Clair amh a ait). G'est un sceau rond de 
0,035 où se trouve au centre un arbre, dont une bran- 
che de droite porte suspendu par une lanière Técu hu- 
relé à trois chevrons brochant des la Rochefoucauld, 




171. — Sceau de Guy VIII de la Rochefoucauld, 1383. 

et une branche de gauche supporte le heaume cime 
d'une touffe de plumes de paon. Deux sauvages armés 
de massues sont assis au pied de l'arbre. De la légende 
on ne lit plus que : ...eur... lar... oucaud. Ge sceau, 
curieux par sa disposition, est fort bien gravé. 

Xllb.. Marie. — La seconde des filles de Guillaume II 
se nommait Marie. Le 26 juillet 1395, placée sous le 
bail de Guillaume III, son frère, elle figure dans l'acte 
par lequel celui-ci, en son nom et aux noms de son 
frèt*e Jean et dé ses sœurs, Marie et Louise, liquide les 
droits de son père dans la succession de Jeanne de 
Montbazon, sa mère^. 



1. Cartulaire^ n» 1151. 

2. 1071 du Cartulaire. 



- 231 - 

Marie fut mariée deux fois : d'abord, par contrat du 
4 avril 1396 ^ avec Maurice Mauvinet, à qui elle appor- 
tait Pressigny, Verneuil-sur-Indre et Perrière ; puis, en 
secondes noces, à Louis I Chabot, seigneur de la Grève. 

Il n'existe aucune généalogie des Mauvinet ; aussi se 
bornera-t-on à signaler ici un Guillaume Mauvinet, 
bailli de Touraine de 1354 à 1356, époque où il fut 
remplacé par son frère Maurice, époux de Florie de Li- 
nières, qui resta bailli jusqu'en 1359 seulement. On pos- 
sède une montre de ce Maurice, passée le 5 juin 1363 
par Jean Belon, maréchal d'Amaury IV ; elle comprend 
trois chevaliers, vingt écuyers et quatre archers armés 2. 

Ce fut sans doute le fils de ce dernier qui figurait 
comme chevalier bachelier, le 22 août 1380, dans la 
montre de Hugues d'Arquenay et qui, le 15 août 1392, 
au Mans, donnait une quittance de ses frais d'une che- 
vauchée du Mans au château de Josselin et fut le pre- 
mier époux de Marie 3. 

On a dessiné deux sceaux de Maurice l'ancien. La 




172. — Sceau de Maurice Mauvinet, 1348. 

première empreinte (figure 172), représente un sceau 
rond de 0,023 (5924 de Clair ambault) à l'écu vairé 
chargé d'une bande ^ penché, sommé d'un casque 
à grille garni de lambrequins et cime d'un bois de daim 
sur champ réticulé. La légende est détruite. 

1. 1079 du Cartulaire. 

2. 982 du Cartulaire. 

3. 1032 et 1063 du Cartulaire. 



- 2M - 

La seconde empreinte, du 3i octobre 1353 (ligure 
173), consiste en un sceau rond de 0,023 (5925 de Clai- 
rambault) à Técu vairé chargé d'une bande^ penché, 
timbré d'un casque de profil et timbré, comme celui de 
1348, d'un bois de daim, sur champ semé de rinceaux à 
fleurs étoilées. De la légende on lit encore : ....de mau- 

VINET GHR. 




173. — Sceau de Maurice Mauvinet, 1353. 



Quant au sceau de l'époux de Marie, il n'en subsiste 
qu'un fragment (figure 174), dont il ne reste plus que 
l'écu vairé à la bande (5926 de Clair amb a ait). Il est 
attaché à l'acte du 15 août 1392, qui vient d'être men- 
tionné. 




174. — Sceau de Maurice Mauvinet, 1392. 

Maurice Mauvinet mourut sans avoir eu d'enfants de 
Marie de Graon ; celle-ci épousa en secondes noces 
Louis I Chabot, seigneur de la Grève, fils de Thibaut III 
et d'Amicie de Marnes ^ 

En 1420, Marie ne vivait plus et c'est comme bail de 
ses enfants que Louis Ghabot intervint au contrat de 
partage du patrimoine de la branche de Sainte-Maure ; 

1. Voir Sandret, Maison de Chabot, 104. 



- i>33 - 

il avait alors quatre enfants : Thibaut, Renaud, Johan- 
het et Anne. En qualité de représentant de la seconde 
des filles, c'est lui qui était chargé de prendre les inté- 
rêts des cadettes, de recevoir de l'aînée en un bloc ce qui 
leur revenait, sauf aux représentants de chacune d'elles 
à obtenir de lui la quote part qui lui revenait. Un arrêt 
du parlement de Poitiers, du 2 septembre 1424, fait con- 
naître la part que les Chabot abandonnèrent aux Odard, 
issus d'Isabelle. Celle de la quatrième fille, Louise, resta 
dans leurs mains pendant un bien plus grand nombre 
d'années. Louise, en secondes noces, avait épousé Jean de 
Mailly, seigneur d'Auvillers ; des lettres de Charles VJl, 
du 8 août 1423, dépouillèrent Louise de tous ses droits, 
à cause de son alliance avec un ennemi de la France et 
décidèrent que sa part appartiendrait à Thibault Cha- 
bot. Cette attribution ne fut pas définitive; et, sans qu'au- 
cun document fasse connaître les motifs qui avaient fait 
renaître les droits des héritiers de Louise, on sait par 
un accord passé entre les Chabot et Jean de Mailly, l'u- 
nique fils de Louise, le 25 novembre 1438, quelle part 
celui-ci parvint à obtenir de l'héritage de sa mère'. 

Louis Chabot vivait encore le 21 juin 1422, lors du 
contrat de Thibaut IV, son fils aîné, avec Brunissant 
d'Argenton ; cet acte est le dernier connu de ceux aux- 
quels il prit part. 

XlPg. Isabelle. — La troisième des filles de Guil- 
laume II se nommait Isabelle ; elle est placée à son rang 
dans l'accord du 25 novembre 1438 et ses descendants, 
le 2 septembre 1424, avaient obtenu leur part du patri- 
moine des Sainte-Maure. 

On ne sait qu'une chose d'elle, c'est qu'elle fut la pre- 
mière femme de Guillaume Odard, seigneur de Verriè- 
res et de Curzay, et qu'elle lui donna deux enfants : un 
fds, Pierre, et une fille nommée Guillemette. Elle mou- 

I. In extenso, n" 1172 du Cnrtulairc. 



- 234 - 

rut jeune, ce qui permit à son mari, qui vécut jusques 
vers 1458, de se remarier à Jeanne d'Ausseure. Le 
P. Anselme a ignoré la première alliance de Guillaume, 
laquelle est mentionnée seulement par La Chenaye Des- 
bois. Ni l'un, ni l'autre ne savent de qui était.issu Guil- 
laume qui appartenait au Laudunois. On croit pouvoir 
ici lui donner pour père Aimery Odard, qui figurait au 
nombre des exécuteurs testamentaires et Jeanne de Mont- 
bazon, le 31 janvier 1394, et qu'on trouve, le 7 no- 
vembre 1399, comme témoin du contrat de Jean de 
Craon-Montbazon avec Jacqueline Montagu. Aussi 
donne-t-on ici (figure 175) le sceau d'un Aimery Odard, 
dessiné d'après une empreinte du 5 octobre 1330, 
apposée à Saintes à une quittance de gages. C'est un 
sceau rond de 0,026 (6822 de Clair amhault) à l'écu 




175. — Sceau d'Aimery Odard, 1330. 

droit chargé d'une croix dans un double quatrefeuille 
gothique. La légende est : haymery odart. 

Pierre Odard, unique fils d'Isabelle, et qui ne vivait 
plus le 3 septembre 1435, épousa Louise de Loigny, 
issue d'une famille percheronne, qui lui donna une fille 
nommée Françoise laquelle, le 6 août 1438, épousa 
Théaude de Châteaubriant, seigneur du Lion-d'Angers. 

Guillemette Odard, dont l'existence a échappé à La 
Chenaye, avait épousé, le 9 janvier 1419, Bertrand de 
la Jaille, seigneur de la Roche-Talbot. 



1. Sur les d'Argenton voir Fierville, Documents inédits sur 
Philippe de Commynes (Paris, 1881, in-8°), p. 29-87, 



— 235 — 

XlPy- Louise. — La quatrième des filles de Guil- 
laume II se nommait Louise; elle est seule nommée 
dans le testament de son frère Guillaume III, qui, le 14 
avril 1396, lui avait légué une somme de deux mille livres 
en accroissement de son mariage*. Le 27 septembre 1404, 
elle épousa Miles de Hangest, auquel elle apportait sept 
mille livres, représentant tous ses droits dans la succes- 
sion de ses parents. Miles était fils unique de Jean V de 
Hangest lequel, le 8 septembre 1407, lors du décès de son 
cousin, Jean de Hangest, seigneur de Heuqueville, grand 
maître des arbalétriers de France, fut investi de l'impor- 
tant office qu'il laissait vacant. Il le conserva jusqu'au 
20 février 1412, date où, par Tinfluence du duc de Bour- 
gogne, il en fut dépouillé au profit de David de Ram- 
bures ; mais il en reprit possession, le 25 septembre 
1413, lorsque Rambures fut exilé à son tour, en môme 
temps qu'Antoine de Craon, et le conserva sans doute 
jusqu'à sa mort, advenue sur le champ de bataille d'A- 
zincourt, en même temps que celle de son compétiteur 2. 
Miles de Hangest était mort avant son père, ayant eu 
de Louise de Craon une fille unique, Marie. 



1, Jean de Montbazon dans son testament, dont le texte est resté 
inconnu, lui légua aussi mille livres ; ce fait est affirmé dans l'ac- 
cord du 25 novembre 1438, donné in extenso sous le numéro 1172 
du Cartulaire. 

2, Voir dans le P. Anselme (t. VIII) les notes sur les deux 
Jean de Hangest et sur David de Rambures et aux Titres scellés 
les actes originaux qui confirment ses dires. Quant h la réinté- 
gration de Hangest en 1413, elle a échappé à la perspicacité de 
l'auteur, mais elle résulte évidemment du texte de Monstrelet (II, 
410), dont il faut modifier la ponctuation adoptée par Douet 
d'Arcq, qui donne à penser que Hangest aurait été fait maître des 
arbalétriers en 1413, au moment où le comte de Vendôme était 
investi de l'office de grand maître de l'hôtel du roi, tandis aue 
Monstrelet a dit : « Et le seigneur de Hangest, maistre des arta- 
bestriers, et plusieurs autres furent restituez en leurs offices. » 
Il faut signaler ici d'après les Titres scellés (93, 7245), une mon- 
tre d'arbalétrier passée par David de Rambures, ta Saint-Quentin, 
le 10 août 1415, où il prend les titres de « chevalier, conseiller et 
chambellan du roi, maître des arbalétriers de France. » 



— 236 - 

Dans ses sceaux de Clairambault, M. Demay a con- 
fondu les sceaux des deux Jean de Hangest; ils se 
distinguent les uns des autres en ce que le seigneur de 
Heuqueville brisait son blason en chef et à dextre d'un 
écusson fascé de six pièces. Les sceaux 4431, 4433, 
4434, 4435, 4436, 4437 lui appartiennent. On a dessiné 
ici (figure 176) le 4431 qui a été apposé au Mans le 1^' 




176. — Sceau de Jean de. Hangest, 1392. 



août 1392 à une quittance de gages. C'est un sceau 
rond de 0,024 à Vécuportant une croix chargée de ci ng 
coquilles^ penché, timbré d'un heaume cime d'un col de 
cygne dans un vol. La légende est intacte : s jehân de 
HANGEST CHLR. Il faut remarquer que l'écrasement de la 




177. — Sceau de Jean de Hangest, 1410. 

cire, qui a transformé les coquilles en besans, a détruit 
toutes les traces de l'écusson en chef et à dextre. 

Au beau-père de Louise de Craon appartiennent les 
numéros 4432, 4439, 4400. On ne trouvera ici que le 
dernier (figure 177), apposé le 10 avril 1410 : sceau rond 



fl 



- 237 — 

de 0,033 à Fécu fruste, penché, timbré d'un heaume 
couronné et cime d'une tête de chien, supporté par deux 
bras, sur champ de rinceaux. De la légende on ne lit 
plus que : ....l jehan : sire.... 

Louise, devenue veuve, contracta une seconde alliance 
avec un seigneur appelé Jean d'Auvillers. 

Quelle était l'origine de la maison d'Auvillers ? C'est 
un problème qui n'a pas encore trouvé sa solution. Les 
nombreuses mentions de ce nom qui figurent au Trésor 
généalogique ne laissent aucun doute sur son ancien- 
neté en Ponthieu ; d'autre part, les 29 avril et l®'" sep- 
tembre 1455, Jean d'Auvillers se pare du nom de Mailly 
comme de son nom patronymique ; plus tard, le 3juillet 
1513, l'une de ses filles Jeanne, épouse de Jean de Hé- 
lande, en fait autant et cependant on ne connaît aucun 
acte qui laisse deviner l'époque où le nom, tombé en 
quenouille, aurait été relevé par un Mailly. La généalo- 
gie de Mailly du P. Anselme ne peut être ici d'aucun se- 
cours ; les d'Auvillers y figurent, il est vrai, comme 
Tune des branches de la maison de Mailly ; mais on y 
allègue des anachronismes tellement évidents, qu'il est 
impossible d'accorder à cet ouvrage la moindre autorité 
sur ce pointa D'après lui, la tige de la branche de 
Mailly-Auvillers serait Jean, second fils d'un Jean I de 
Mailly et d'une Jeanne de Goucy, qui auraient vécu à la 
lin du XII 1^ et au commencement du XI V^ siècle, les- 
quels, pour le dire en passant, n'ont jamais existé; on 
donne à ce Jean pour femme, en 1320, Louise de Graon, 
quelque chose comme soixante-dix ans avant sa nais- 
sance ; puis, on assigne à celle-ci pour belle-fille, vers 

l. Il ne faut se servir du P. Anselme qu'avec la plus extrême 
tiéliance et chaque l'ois que cela est possible, il faut contnMer ses 
(lires. Les historiens ne devraient jamais accepter comme bien 
faites les généalogies que donne l'ouvrage et lorsque, faute de 
mieux, on admet ses affirmations, on devrait toujours lui en lais- 
ser la responsabilité. 



— 238 — 

1380, une Isabelle de Ligne et pour épouse du fds de 
cette dernière en 1413, Marie de Hangest, laquelle était 
certainement fdle de Louise de Graon. On ignore du 
reste l'existence d'un Gilles d'Auvillers, qui n'étant en- 
core qu'écuyer, le 6 novembre 1355, donnait une quit- 
tance de gages scellée d'un sceau (475 de Clair amb a ait) 
où figure un écu portant trois maillets accompagnés 
d'une étoile en abime. Ge Gilles, le 30 mai 1367. ren- 
dait un aveu qui permet de savoir qu'Auvillers rele- 
vait d'Heilly, qui relevait d'Ancre, dont le propriétaire 
rendait hommage au roi, à cause de son château de Pé- 
ronne. Force a été au récent historien de la Maison de 
Mailly de s'abstenir de trancher ces délicates questions 
d'origines. Il suffit de dire ici que l'époux de Louise de 
Graon, dont il n'existe aucun sceau, l'avait épousée après 
mars 1420, car à cette date, dans l'accord par lequel on 
déterminait la part des filles cadettes dans la succes- 
sion des Graon-Sainte-Maure, Louise est encore quali- 
fiée de dame de Hangest. Il ne vivait plus, ni peut-être 
non plus Louise de Graon, le 5 juin 1422, car à cette date 
leur fils, appelé Jean comme son père, était placé sous la 
tutelle de Pierre Baillet, écuyer. 

Jean II de Mailly-Auyillers naquit donc vers 1421 ; 
il était majeur en en 1437 alors qu'il aliénait au profit 
de l'abbaye du Mont-Saint-Quentin la terre de Gour- 
celle, qui lui venait de son père ^ Vers 1438, il épousa 
Jeanne de Wasiers, qui lui donna plusieurs enfants 
dont l'aîné, appelé Jean lui aussi, embrassa l'état ecclé- 
siastique, au dire du P. Anselme, et fut émancipé par 
son père en 1463, alors qu'il avait vingt-quatre ans. 

Il est curieux de noter qu'à l'époque même où vivait 
Jean d'Auvillers, qui devait épouser Louise de Graon, 
il se trouvait à Paris un huissier du Parlement portant 



1. Dans la coutume de Ppnthieu la majorité était acquise à 
quinze ans (Voir Bibl, de l'Ecole des Chartes, XIII, 535). 



— 239 — 



le même nom et qui possédait un sceau dont le blason 
était identique à celui de* Gilles, en novembre 1355. On 
reproduit ici (figure 178), la vignette de M. l'abbé Ledru, 
sceau de 0,024, où figure un écu à trois maillets^ 
chargé d'une étoile en ahime^ . 




178. — Sceau de Jean d'Auvillers, huissier au Parlement, 1403. 

La fille aînée de Louise, Marie de Hangest, se maria 
deux fois, elle aussi : en premières noces elle épousa 
Jean I de Mailly, qui fut chef de sa maison depuis le 
25 octobre 1415 jusqu'au 21 août 1421 ; ce fait est éta- 
bli par un acte, connu seulement par le témoignage d'A- 
drien de la Morlière, et passé par Jean I et Marie de 
Hangest, portant vente de Quiry au chapitre d'Amiens. 
Jean I était le second fils de Golard, sire de Mailly et 
de Marie de Mailly, sa cousine ; il était devenu l'hé- 
ritier du fief de Mailly, par la mort simultanée de son 
père et de son frère aîné sur le champ de bataille d'A- 
zincourt. Il n'était pas majeur alors, et ne le devint 
qu'après le 9 août 1416, date où il se qualifiait simple- 
ment d'écuyer. Quant à Marie, elle n'avait pu naître 
avant le milieu de 1405 et avait tout au plus seize ans 
lors de la mort de son époux, tué à Mons-en-Yimeu, le 
30 août 1421, sous les étendards du duc de Bourgogne. 
On ne saurait s'étonner si cette alliance ne donna pas 
de postérité. 

En secondes noces, Marie épousa Baudouin de 

1. Abbé Ledru, Maison de Mailly, p. 356. 



- 240 — 

Noyelle, chambellan du duc de Bourgogne, à qui elle 
donna un fds, Charles, lequel, en novembre 1444, Tan- 
née qui suivit le décès de son père, passait un accord 
avec son oncle, Jean d'Auvillers, au sujet de la succes- 
sion de Louise de Craon, sur laquelle il lui abandon- 
nait gratuitement tous ses droits K 

Xll^g. Jeanne. — L'existence d'une Jeanne parmi les 
enfants de Guillaume II est certaine puisque, le 31 dé- 
cembre 1394, dans le testament de Jeanne de Montba- 
zon, elle était l'objet d'une libéralité de celle-ci ; mais 
on ne connaît aucune autre mention d'elle. 

1. 1184 du Cartulaire. 



XXIIl 
BRANCHE DE SAINTE-MAURE 

JEAN DE MONTBAZON 

Vers 1410. — 25 octobre 1415. 



Jean de Montbazon était le troisième des fils de Guil- 
laume Il ; il était devenu son héritier présomptif, peu 
après le 14 avril 1396, lors du décès de son frère Guil- 
laume III, en même temps, la mort de celui-ci le rendait 
propriétaire des fiefs qui avaient appartenu en propre à 
leur mère, Sainte-Maure et Montbazon, et c'est la pré- 
sence de ces titres auprès de son nom qui permet de ne 
pas confondre ses actes avec ceux de Jean 1, son oncle, 
et de Jean II son cousin, seigneurs de Domart en Pon- 
thieu. Bien plus jeune que ses frères, il était encore 
sous la tutelle de son père le 26 mai 1403 et ne prenait 
pas part au contrat de mariage de sa sœur Louise, le 
27 septembre 1404*. 

Le contrat de mariage de Jean de Montbazon est du 7 
novembre 1399 2 ; sa fiancée était Jacqueline, seconde 
fille de Tun des personnages les plus en vue de l'époque, 
Jean de Montagu, et de Jacqueline de la Grange. On 
est dispensé de toute recherche au sujet de la famille 
de Montagu par l'excellente notice que M. Lucien Merlet 
a consacrée à Jean de Montagu, grand maître de l'hô- 
tel du roi^ On y voit que ses filles contractèrent les 

1. 109;, 1097 du Cartulaire. Ménage, aux pages 270, 275 et 419 
de son Sablé, fait à hi fois de Jean de Montbazon et de Jean de 
Domart des seigneurs de Domart. 

2. 1085 du Cartulaire. 

3. Bihl. de l'École des Chartes, XIII, 248-284. 



— 242 — 

plus honorables alliances : Tainée, Bonne-Elisabeth, 
épousa, en 1398. Jean VI, comte de Roucy ; la troisième, 
Marie, en 1409, épousa le seigneur d'Haubercourt et la 
même année Jeanne, la quatrième, était fiancée à Jean 
de Melun. Quant à son fils, Charles, qui avait l'honneur 
d'être le filleul de Charles VI, on l'a vu déjà, le 6 jan- 
vier 1405, il avait été fiancé à Jeanne d'Albret, fille du 
connétable et de Marie de Sully ^ 

On ne connaît qu'un seul sceau de Jean de Montba- 



■ûm 



179. — Sceau de Jean de Monlbazon, 1405. 

zon (figure 179), et encore n'en existe-t-il qu'un fragment 
lequel n'a pas été moulé ; il est attaché à la quittance 
du 1" octobre 1405. C'est un sceau rond de 0,028, à 
l'écu penché, timbré d'un heaume, cime d'une tête de 
chien dans un vol, sur un champ séparé par trois ban- 




180. — Sceau de Jean de Montagu, 1393. 

des de chaque côté et orné de quatre rosettes. De la 
légende on ne lit plus que... jehan de... 

1. Numéro 791 du Cartulaire. 



— -243 - 

Voici ensuite deux sceaux de son beau-père Jean de 
Montagu (figures 180-181). Le plus ancien (5081 de Clai- 
rambault) est attaché à la quittance du 2 janvier 1393, 
d'une chevauchée particulière au Mans : c'est un sceau 
rond de 0,030, à l'écu penché, timbré d'un heaume de 
face, cime d'un buste de femme dans un vol, accosté de 
deux oiseaux adossés ; le champ est garni de six étoiles 
ou molettes à huit pointes. De la légende on ne lit plus 
que : s... gu vi... hanois. 

Le second (5082 de Clair amhault) est attaché à une 
quittance de gages, pour la garde de la Bastille. C'est un 
sceau rond de 0,040 admirablement gravé, à l'écu pen- 
ché, timbré d'un heaume, cime d'une tête de femme ri- 
chement coiffée d'une plume et posée dans un vol, sup- 




181, — Sceau de Jean de Montagu, 1406, 

porté par deux faucons aux ailes déployées. De la 
légende on ne lit plus que : i... motagu. 

Jean de Montagu fut l'une des victimes du duc de 
Bourgogne : arrêté par Pierre des Essarts, prévôt de 
Paris et créature de celui-ci, le 7 octobre 1409, il fut 
immédiatement condamné et exécuté dès le 17 octobre. 
Ses biens furent confisqués, mais Charles VI, le 12 sep- 
tembre 1412, réhabilita sa mémoire et annula la confis- 
cation de ses biens, qui firent retour à sa famille, lors 
du décès de ceux qui avaient bénéficié de la confisca- 
tion. 



- 244 — 

Jean de Montbazon ligurait au nombre des Armagnacs 
les plus dévoués ; aussi ne dut-il pas hésiter à apposer 
son sceau au manifeste des partisans du duc d'Orléans, 
adressé au roi le 9 octobre 1411 K La maison de Craon 
était donc divisée, car les chefs des autres branches, 
Antoine de Beauverger et Jean de Domart, avaient au 
contraire lié entièrement leur fortune à celle du duc de 
Bourgogne. 

Son attitude eut un jour sa récompense : Le l^"" juillet 
1413, à la place de Charles de Savoisy révoqué, il fut 
pourvu de Tune des grandes charges de la couronne, 
celle de grand échanson, qu'il conserva sans doute jus- 
qu'à sa mort, advenue le 25 octobre 1415, à la journée 
d'Azincourt. En lui s'éteignait la branche de Sainte- 
Maure, car Jacqueline de Montagu ne lui avait pas 
donné d'enfant. 

Jean de Montbazon laissait une situation évidemment 

embarrassée, car sa veuve, le 6 août 1416, crut devoir 

trenoncerà tous les droits qu'elle avait sur sa succession ; 

elle ne tarda guère du reste à se remarier »^ Jean Malet, 

sire de Gra ville. 

Il laissait malgré cela un patrimoine considérable, qui 
fut partagé entre ses sœurs ou leurs ayants droits, ainsi 
que cela vient d'être raconté. On a groupé au Cartulaire 
un grand nombre d'actes relatifs aux fiefs tombés ainsi 
en quenouille et qui permettent de suivre la plupart 
d'entre eux jusqu'à l'aurore du XVP siècle. 

1. Numéro 1118 du Cartulaire. 



- 245 — 
CARTULAIRE DE CRAON 

BRANCHE DE SAINTE-MAURE 

XVII (1048-1211) GUILLAUME II 1388-1415, 

JEAN DE MONTBAZON 



1048. — 1387, V. s., 16 janvier. — Quittance de gages 
d'Hervé de Mauny * [Clair amhault, 72, 5625). 

1049. — 1388, 20 août. — Quittance de gages de Guil- 
laume II pour lui banneret, sept bacheliers et trente-deux 
écuyers (B. N., f. fr. nouv. acq. 1481, 12 ; communiqué par 
M. l'abbé Ledru). 

1050. — 1388, 1 septembre, Châlons. — Montre de Guil- 
laume II (Pièces originales^ Craon, n^ 22). 

La revue de messire Guillaume de Craon, vicomte de Chas- 

teaudun, chevalier banneret, sept autres chevaliers bacheliers 

et de trente deux escuyers de sa compaignie, receuz à Chaa- 

lons en Ghampaigne, le premier jour de septembre, l'an 1388. 

Et premièrement 

Le dit messire Guillaume de Craon, banneret, 

Messire Jehan de Saintes, 

Messire Jehan Ysoré, l'aisné, 

Messire Jehan de Monferon, 

Messire Hugues de Vaux, 

Messire Jehan Ysoré, le jeune ; 

Messire Jehan Olivier, 

Messire Jehan Pamet. 

Escuyer : 

Amaury de Craon ^ 



1. C'est cette pièce qui porte le sceau, figure 16 6. 

2. Cet Amaury était le fils aîné de Guillaume 11; il mourut à 
Cartha^re eu 1390. 

16 



246 



Le bastard de Saint e-Moro 
Hardouin de Houdaines, 
Brien de Lueins, 
Colas Ribot, 
Jehan de la Possonnière, 
Vincenot d'Avesnes, 
Jehan de Vendosme, 
Jacquet Lambert, 
Jehan Pier, 
Jaquet de la Porte, 
Jehan Guilliers, 
Guillaume des Poulies, 
Perrinet de la Porte, 
Guillaume Quéraille, 
Thomas de Hambervilliers, 
Pierre l'Abbé, 
Guillaume de Hangest, 
Jehan de l'Ille, 
Jehan Le Vaillant, 
Jehan de Hesdin, 
Guillaume de l'Esclat, 
Colin Letur, 
Thomas Piedoe, 
Jeusson Stançon, 
Otheurin de Bataberry, 
Jehan de Reville, 
Guillaume de Mantegueil, 
Guillaume de Chanteville, 
Estienne Morice, 
Régnant Jacob, 
Pierre Tiercelin. 



1. Ce Jean de Sainte-Maure avait été en 1376 l'objet d'une let- 
tre de rémission dont voici l'indication : 1375, v. s., mars, Bois 
de Vincennes. — Lettres de Charles V portant rémission à Jean 
de Sainte-Maure, dit le Bâtard, frère d'Iseult (Arch. nat.. JJ 108, 
fol. 137). Ce Jean était sans doute frère de Pierre de Sainte- 
Maure, dit Durnas, seigneur de Montgauger, qui comptait au 
nombre de ses sœurs une Iseult, laquelle épousa successivement 
Geoffroy de Palluau et Pierre de la Jaille (Dictionnaire d'Indre- 
et-Loire, IV, 309). 



— 247 — 

1051. — 1388, 4 septembre. — Guillaume II donne reçu 
des gages de sa compagnie (B. N., Pièces originales, Craon^ 
n«24). 

1052. — 1388, 12 octobre. — Guillaume II donne quittance 
des gages de sa compagnie (B. N., Pièces originales, Craon, 

n^ 23). 

1053. — 1389, 18 juin. — Trêve avec l'Angleterre. Guil- 
laume de Marcillac est désigné d'avance comme l'un de ses 
conservateurs en Anjou, Maine et Touraine (Rymer, VII, 
629). 

1054. — 1389, V. s., 7 février, Paris. — Lettres royaux au 
profit de Marmoutier contre Guillaume II et ses deux fils, 
Amaury et Guillaume III, au sujet du droit de pêche à Font- 
cher ^ Lettres qui furent signifiées en juin 1390 (Note du Tré- 
sor généalogique). 

1055. — 1389 (v. s.), 7 février, Lyon. — Don par le duc de 
Touraine de 200 francs à Guy de Craon, son chambellan 
(B. N., Collection Bastard, n° 412). 

1056. — 1390, 24 juin. — Aveu de Jacques de Pocé, époux 
de Françoise de Bréon, à Guillaume II, à cause de sa femme 
(Dom Housseau, XIIP, 8178). 

1057. — 1390, 20 juillet, Saint-Lô. — Quittance d'Hervé 
de Mauny (H. du Châtelet, Histoire de Du Guesclin^ 422). 

1058. — 1390, 12 octobre. — Vente par Pierre de Craon de 
200 livres de rente sur la Ferté-Bernard à Hervé de Mauny, 
pour 2000 francs d'or (Note B. N., du Chesne, 54, 373). 

1. Il s'agit ici du lieu de Fontcher (Fontis Cari) dont le vivier 
ainsi que le droit de poche dans le Cher appartenaient à Marmou- 
tier depuis l'époque où, entre 1034 et 1037,1e comte de Blois Eudes, 
à la prière de Ilermengarde et du consentement de ses fils Thi- 
baud et Etienne, lui en avait fait don, par deux actes récemment 
publiés /// extenso (Voir Lex, Eudes, comte de Blois, de Tours, 
de Chartres et de Mcaux (995-1037) et Thibaut, son frère (995- 
ifM), Troyes, 1892, 199 p. in-8o). 



- 248 — 

1059. — 1390, 20 octol)i'e. — Quittance d'Hervé de Mauny 
(Pièces originales). 

1060. — 1390, V. s., 23 mars, Paris. — Lettres par les- 
quelles Guillaume II de Craon vend à Jean Le Mercier, sei- 
gneur de Noviant * 200 livres de rentes sur Châteaudun (A. 
N., KK 896, 125). 

1061. -r- 1391, 23 octobre. — Arrentement du moulin de 
Bouzon fait par Guillaume II (Note dans Société de Tou- 
raine, t. VI, 276). 

1062. — 1392, 27 mai, Paris. — Arrêt du Parlement dans 
la cause entre Guillaume II et Pierre de Craon, son frère, 
au sujet de dix-huit cent trente livres que ce dernier devait 
payer à Robinet de Mâle (A. N., X*^ 39, 203). 

1063. — 1392, 15 août, Le Mans. — Lettres par lesquelles 
Maurice Mauvinet donne quittance de ses gages d'une che- 
vauchée au château de Josselin (B. N., Clairambault, 5926). 

1064. — 1393, 20 octobre. — Quittance d'Hervé de Mauny, 
banneret, de 90 francs, pour ses gages (Histoire d'Harcourt, 
IV, 1243). 

1065. — 1394, 31 décembre. — Testament de Jeanne de 
Montbazon ; seuls de ses enfants, Guillaume et Jeanne y sont 
nommés (B. N., Baluze, Armoires, 54, 248). 

1066. — 1394, v. s., 4 mars, Paris. — Acte de retrait de 
200 livres de rente sur Châteaudun exercé par Guy VIII de 
la Rochefoucauld et Marguerite de Craon ^ (A. N., KK 896, 
fol. 125). 

1067. — 1394, V. s., 15 mars. — Aveude Jean Beaudet à 



1^ Voir sur ce personnage, grand maître de France, le P. An- 
selme VIII, 342. 

2. Cette rente avait été créée par Guillaume II au profit de 
Jean Le Mercier, seigneur de Noviant et de Jeanne de Ven- 
dôme, son épouse. Voir le n» 1060 du Cartulaire. 



- 249 — 

Guillaume III de Sainte-Maure et Montbazon (Note de Doni 
Hoiisseau, XIP, 7074). 

1068. — 1394, V. s., 7 avril. — Aveu d'Olivier de Mauny 
pour Thiville, au nom de Catherine de Tliiville, son épouse 
héritière de Henri de Thiville, son père, qui laissait veuve 
pour la troisième fois Isabelle de Meulant (Note du P. An- 
selme, II, 411). 

1069. — 1395, 19 juin. — Transaction entre Guillaume III 
et l'abbé de Noyers (Note, B. N., dom Rousseau XIII^ 8205). 

1070. — 1095, 14 juillet. — Vente par Guillaume III de 
Craon et Sainte-Maure de la place où était bâti le moulin de 
Malicorne (Société de Touraine^ t. VI, 276). 

1071. — 1395, 26 juillet. — Accord entre Guillaume II et 
Guillaume III, son fils aîné, ayant le bail de Jean, son frère 
et de Marie et Louise, ses sœurs, pour le partage de la suc- 
cession de Jeanne de Montbazon. Guillaume II renonce à 
prendre le tiers des biens de Jeanne, dont elle lui avait fait 
don, reçoit la jouissance viagère de Coulombiers * et la 
propriété d'une rente de mille livres due par la dame de 
S\x\\^'-(Dom Housseau, VIII, 3762). 

1072. — 1395, 12 octobre. — Lettres par lesquelles Guil- 



1. Coulombiers, à 17 kilomètres de Tours, érigé en marquisat 
en décembre 1619, perdit son nom en juillet 1639 par des lettres 
royaux qui y substituèrent celui de Villandry. Toutes deux se 
trouvent in extenso dans le Dictionnaire de M. Carré de Busse- 
roUe, VI, 407. C'est par erreur que dans cet ouvrage on fait de 
Louis Chabot un gendre de Jean de Montbazon, dont il était 
beau-frère, et qu'on lui donno nlace dans la série des seigneurs 
de Villandry ; sa femme était fille de Guillaume II, qui conserva 
Coulombiers jusqu'à son décès. A cette date il n'appartint ni à 
Marguerite, épouse de Guy VIII de la Rochefoucauld, ni à Guil- 
laume m, mais à Jean de Montbazon. Après son décès, par le 
partage du 13 mars 1420, il fut placé dans le lot des ayants droits 
des sœurs cadettes, et appartint aux enfants de Louis Chabot. 

2. Cette dame de Sully était Isabelle de Craon, épouse, vers 
1357, de Louis de Sully, et mère de Marie de Sully. 



— 2o0 — 

laume II vend la vicomte de Châteaudun, pour 7400 livres à 
Louis, duc d'Orléans ^ (Arch. nat. KK896, 121). 

1073. — 1395, 22 octobre, Châteaudun. — Quittance par 
Jacques Lebrun, procureur de Guillaume II, aux habitants 
de Chenaux en Orléanais, de deux muids d'avoine, qu'ils lui 
devaient (Arch. d'Eure-et-Loir^ E 2703). 

1074. — 1395, 5 décembre. — Noms des personnes qui 
tiennent maison en la Vieille-Salle de Châteaudun, naguère 
appartenant à Guillaume de Craon, et à présent au duc d'Or- 
léans (Aj'ch. d'Eure-et-Loir, E 2703). 

1075. — 1395, V. s., 12 janvier. — Lettres par lesquelles 
Guy VIII de la Rochefoucauld et Marguerite de Craon ven- 
dent à Louis d'Orléans 200 livres de rente, qu'ils possédaient 
sur Châteaudun (Arch. Nat. KK 896, 122). 

1076. — 1395, V. s., 29 février. — Acte de la prévôté de 
Paris portant l'autorisation donnée par Guy VIII de la Ro- 
chefoucauld à Marguerite de Craon de vendre au duc d'Or- 
léans 200 livres de rente (Arch, Nat., KK 896, 123). 

1077. — 1395, V. s., 8 mars, Angoulême. — Lettres par les- 
quelles Marguerite de Craon vend au duc d'Orléans 200 
livres de rente sur Châteaudun (A. N., KK 896, 124). 

1078. — 1395, V. s.. 9 mars, Paris. — Ratification de la 
trêve de vingt-cinq ans entre la France et l'Angleterre ; Guil- 
laume de Marcillac est désigné comme l'un des mainteneur 
de cette paix (Rymer, VII, 829). 

1079. — 1396, 4 avril, Paris. — Contrat de Marie de Craon 



1. En faisant cet achat, le duc d'Orléans unissait la vicomte 
aux comtés de Blois et de Danois que Guy II de Chàtillon venait 
de lui vendre pour 200,000 écus (Dom îsToël Mars. Histoire de 
Saint-Lomer de Blois, Blois, 1869, v-473 p. in-S», p. 122). Char- 
les d'Orléans, le 21 juillet 1439, reprenant le comté de Vertus, 
ainsi que Romorentin et Millançais, naguère donnés par lui à 
Jean, son frère bâtard, le célèbre Dunois. lui octroya le Dunois 
(A. N., Q, 209). 



■ 



— 251 — 

avec Maurice Mauvinet. Du côté de Marie : Guillaume III, 
écuyer.son frère, Pierre de Craon et Antoine, son fils, Jean de 
Champchevrier, Jean de Vaige, Bonabes de Rougé, Guy 
d'Orange K Elle reçoit Pressigny, Verneuil et Ferrières (B. 
N., Baluze, Armoire, 14, 267). 

1080. — 1396, 14 avril. — Testament de Guillaume III, 
écuyer seigneur de Sainte-Maure et de Montbazon, prescrivant 
de l'enterrer aux Cordeliersde Tours, lllaisse à sa sœur Louise 
2,000 francs, en accroissement de mariage et désigne son 
oncle Pierre de Craon au nombre de ses exécuteurs testa- 
mentaires (B. N., Baluze, Armoires, 54, 244). 

1081. — 1396, 2 juin. — Guillaume II, sire de Sainte- 
Maure et de Montbazon ^ reçoit aveu pour la Chardière, 
tenue de Sainte-Maure (Note de Dom Rousseau, XIIP, 8130). 

1082. — 1396, 27 octobre. — Vente par Colas Ferrequin et 
Marguerite, sa femme, à Hervé de Mauny, chevalier, seigneur 
de Torigni, Saint-Aignan et Genne et à son épouse de 21 
sous de rente (B. N., Du Chesne, 54,372). 

1083. — 1396, V. s., 2 janvier. — Aveu rendu à Guil- 
laume II pour la Richardière (Société de Touraine, t. VI, 

p. 276). 

1084. — 1397, 17 juillet, Paris. — Arrêt dans la cause en- 
tre Guy VIII de la Rochefoucauld et Guillaume II de Craon 
au sujet de la possession de Breuil (X*^, 44, 190). 



1. Ce Guy d'Orange appartenait à la famille des seigneurs de 
la Feuillée ; ce fief, en 1403, était aux mains d'Ambroise d'O- 
range et de 1444 à 1459 dans celles de Guy, époux d'Aliénor 
d'Ingrande. L'aîné de leurs enfants. René, est l'auteur de deux 
très jolies pièces de poésie, dont nous avons eu la bonne fortune 
de lui rendre la paternité (Voir notre René d'Orange, poète du 
Bas-Maine, Laval, 1892, 10 p. in-S»), 

2 Supposant Guillaume III mort peu de temps après la con- 
fection cle son testament, on pense q^ue l'aveu fut fait à Guil- 
laume II comme bail de Jean, son troisième fils, dont la minorité 
n'avait pas pris fin le 26 mai 1403. 



— 252 — 

1085. — 1399, 7 novembre *. — Contrat de mariage de 
Jean de Craon et de Jacqueline de Montagu. Du côté de 
Jean : Guillaume II, chevalier, seigneur de Marnes et de 
Moncontour, son père, Guy de Craon, son oncle, et Aymard 
Odard ; du côté de Jacqueline, Jean de Montagu, son père, 
Jean de Montagu, évêque de Chartres, Girard de Montagu, 
archidiacre de Cambray, ses oncles (Bibl. Nat., Baluze, Ar- 
moires^ 54, 265). 

1086. — 1400, 15 septembre. — Acte de Jean de la Roche- 
foucauld, constatant réception de l'hommage de Guillaume 
Dupuis, pour le grand et le petit Baigneux (Note, Mémoires 
de la Société de Tour aine ^ VI, 276). 

1087. — 1400, 28 décembre. — Quittance d'Hervé de 
Mauny (Pièces originales). 

1088. — 1401, 22 juillet. — Guillaume II donne quittance 
de 500 francs, que le roi lui avait assignés le 25 mai 1401 * 
(Dom Morice, Preuves, t. II, 712). 

1089. — 1401, 14 octobre, Loudun. — Testament de Guy 
de Craon. Il demande à être enseveli dans l'église des Corde- 
liers de Châteaudun ; il mentionne son épouse, Jeanne de 
Sourches, à laquelle, en échange de son hôtel de Clichy-la- 
Garenne, aliéné par lui, il donne Sainte-Julitte, Chaumus- 
say, Neufmans et la Lambarderie, ainsi que tous ses meu- 
bles. Payen de Sourches est l'un de ses exécuteurs testamen- 
taires (A. N., X'«9807, 52). 

1090. — 1401, 22 décembre, Paris. — Testament d'Hervé 
de Mauny, demandant à être enseveli dans l'abbaye de To- 
rigni, auprès de feue Marie de Craon (Note de Ménage, à la 
page 398 de son Sablé). 

1. M. l'abbé Ledru nous a communiqué une note prise dans 
les archives du château de Sourches (Sarthe), qui date ce même 
contrat du 23 janvier 1400, n. s. 

2. C'est à cette quittance, dont l'original se trouve aux Titres 
scellés, t. XXXVI, 2743, que pend l'une des empreintes du sceau, 
figure 170. 



I 



— 253 - 

1091. — 1402, 20 avril. — Charte par laquelle Adam, évê- 
que du Mans, reçoit foi et hommage d'Hervé de Mauny, sei- 
gneur de Torigni \ pour Doubleau (B. N., Duchesne^ 54, 

720). 

1092. — 1402, 12 juillet. - Baillée faite par Guillaume II 
du moulin de Garnier (Note, Société de Tour aine ^ VI, 277). 

1093. — 1403, 12 mai. — Quittance d'Hervé de Mauny (B. 
N., Pièces originales, Mauny, 21). 

1094. — 1403, 26 mai. — Guillaume II, en qualité de bail 
de Jean son fils, seigneur de Sainte-Maure et de Nouâtre, 
reçoit les hommages pour la Roche Pelequin et les Pinardiè- 
res {Dom Rousseau, XIIP 8045). 

1095. — 1403, V. s., 18 janvier. — Quittance de gages 
d'Hervé de Mauny, sieur de Torigni, et d'Alain de Beaumont, 
tant pour lui que pour ses fils Alain et Régnant ^ (Bibl. nat., 
Pièces originales, t. 1896, n« 43692). 

1096. — 1404, 14 juillet. — Aveu fait à Louis Chabot, sei- 
gneur de la Marnière, de Pressigny, Perrière et Verneuil à 
cause de Marie de Craon (B. N., Dom Rousseau, XIP 7395). 

1097. — 1404, 27 septembre. — Contrat de Louise de 
Craon avec Miles de Hangest, passé par Jean de Montagu et 
Guillaume II de Craon, chevalier, seigneur de Moncontour, 
d'une part, et Jean de Hangest et Miles de Hangest, écuyer, 
de l'autre. Louise apporte 7,000 livres qui représentent sa 
part dans les successions de ses père et mère (B. N., Baluze, 
Armoire, 54). 

1098. — 1404, V. s., 28 février, Paris. — Numéro 793. 



1, Cette qualification de seigneur de Torigni montre que l'hom- 
mage est rendu par Hervé, époux de Made de Craon, et non par 
son fils. 

2. Cet acte possède les sceaux d'Hervé et d'Alain. 



— 254 — 

1099. — 1405, 1 octobre. — Jean de Montbazon donne 
reçu de 50 francs ^ (B. N., Titres scellés, folio 2745). 

1100. — 1405, 23 septembre. — Lettres par lesquelles Jean 
de Hangest et d'Avenescourt cède à son fils et à sa belle-fille 
la terre de Catheu (Note Dom Housseau, IX, 243). 

1101. — 1406, 11 juin. — Achat par Hervé de Mauny de 
a terre de Giervillé, qui lui est vendue par Antoine de 

Craon ^ et Jeanne de Hondschoote (Note de Ménage à la page 
398 de son Sablé] . 

1102. — 1406, 2 octobre. — Quittance délivrée à Hervé 
de Mauny par Antoine de Craon et Jeanne de Hondschoote 
(Note de Ménage à la page 398 de son Sablé). 

1103. — 1407, 7 mai. — Aveu d'Hervé de Mauny, cheva- 
lier, seigneur de Torigni et de Saint-Aignan, pour Belle- 
sauile (Arch. Nat., P. 343^ 36). 

1104. — 1407. — Aveu par Jean Cannes pour la Canne- 
raye, fait à Jean de Craon, seigneur de Nouâtre (Note du Dic- 
tionnaire d'Indre-et-Loire, t. IV, 398). 

1105. — 1407, 4 juillet. — Aveu fourni par Jean de Craon, 
seigneur de Montbazon et de Sainte-Maure, pour le fief du 
Puyde Sepmes (Note, Société de Toiiraine, VI, 277). 

1106. — 1407, 10 octobre. — Aveu par Jean de Baigneux 
pour Launaye à Jean de Craon, seigneur de Nouâtre (Note 
du Dictionnaire d'Indre-et-Loire, t, IV, 398). 

1107. — 1407, 15 décembre. — Lettres de Jean de Montba- 
zon et Sainte-Maure donnant le fief de la Proustière, en 
Sainte-Catherine de Fierbois, à Aymard de Sainte-Maure, 

seigneur de Montgauger^ [Dom Ilousseau, XIIP, 8143). 

■ 

1. A cet acte est attïiché le sceau figure 179. 

2. Antoine était fils de Pierre de Craon, seigneur de la Ferté- 
Bernard. 

3. Cet acte est celui qui est mentionné dans la Société de Ton- 



i 



- 253 — 

1108. — 1408, 1 juin. — Aveu de Jean de Baigneux pour 
la Vardinière, fait à Jean de Craon, seigneur de Nouâtre 
(Note du Dictionnaire d'Indre-et-Loire^ t. IV, 398). 

1109. — 1408, 10 juillet. - Aveu de Robinet du Val pour 
la Persillière, à Jean de Montbazon (Dom Housseau, XIIP, 

8074). 

1110. 1408, août, Paris. — Acte par lequel Hervé de 
Mauny cède au roi quarante livres de rente sur la recette de 
Bayeux (A. N., J 122, 17). 

1111. — 1408, 14 novembre. — Aveu rendu à Jean de 
Montbazon par Rideau Eschart, pour la Richardière (Note, 
Société de Tour aine ^ VI, 277 et Dom Rousseau, XIIP, 
8131). 

1112. — 1408, 20 décembre. — Aveu rendu par Jean de 
Laval-Loué à Jean de Montbazon, pour la Sayette (Dom 
Rousseau, XIIP, 8064). 

1113. — 1409, 3 juillet. — Aveu de Guillaume II pour 
Moncontour au duc d'Anjou (A. N., P 341, f. 148 ; in extenso 
dans Mémoires des Antiquaires de l'Ouest^ 1881, p. 419-442). 

1114. — 1409, 17 octobre. — Procès-verbal de l'exécution 
de Jean de Montagu (Bihl. Ecole des Chartes^ XIII, 279). 

1115. — 1409, 4 décembre. — Lettres d'Hervé de Mauny, 
fondant la chapelle de Saint-Pierre à Torigni, lieu de sépul- 
ture de Marie de Craon et de Jeanne de Sacé, dame d'Usa- 
ges, ses feues femmes (Note de Ménage à la page 398 de son 
Sablé). 

1116. — 1410, 6 juin. — Aveu de Pierre de la Mezry pour 
les Aubiers, rendu à Jean de Craon, seigneur de Nouâtre et 



raine, t. VL p. 277 ; et dans le Dictionnaire de M. Carré de Bus- 
serolie, V, 226. 



— 256 — 

de Moncontour * (Note du Dictionnaire d' Indre-et-Loire, t. 
IV, 398 et Dom Housseou, XIIP 8218). 

1117. — 1410, V. s.', 8 janvier. — Lettres de Charles duc 
d'Orléans touchant la pension de Jean de Montbazon, cheva- 
lier, son chambellan (B. N., Fonds Bastard, n° 588). 

1118. — 1411, 9 octobre, Saint-Ouen. — Manifeste de 
vingt-cinq capitaines du parti Armagnac, adressé à Charles 
VI ; le seigneur de Montbazon (Jean de Craon) et Jean de 
Hangest figurent au nombre des signataires [Bibl. de l'Ecole 
des Chartes, IX, 472). 

1119. — 1411, V. s., 18 février, Orléans. — Mandement de 
Charles, duc d'Orléans, pour ses chambellans, le sire de 
Montbazon et Louis de Loire, envoyés à Bourges, pour obte- 
nir la liberté du sire de Chaumont, prisonnier des Parisiens 
(B. N., Fonds Bastard, n« 642). 

1120. — 1412, 24 juin. — Quittance de Jean, seigneur de 
Moncontour et de Montbazon (B. N., Fonds Bastard, n°650). 

1121. — 1412, 25 août, Couci. — Ordre de rembourser 
une somme avancée par Jean de Craon, pour les gages de la 
compagnie de Charles le Bouteiller (B. N., Fonds Bastard, 
n»654). 

1122. — 1412, V. s., 20 mars. — Aveu de Pierre de la 
Jaille pour la Motte-au-fils-Yvon fait à Jean de Craon, sei- 
gneur de Nouâtre (Note du Dictionnaire d'Indre-et-Loire, 
t. IV. 398 et Dom Housseau, XIIP, 8214). 

1123. — 1413, 30 avril. — Aveu de Jean Isoré, fils de 
Geoffroy Isoré, à Jean de Craon (Note de Dom Housseau, 
XIP, 7072). 

1124. — 1413, 15 novembre. — Aveu pour Torigni rendu 



1. Il est important de noter à cette date ce titre de seigneur de 
Moncontour, qui indique que Guillaume II avait cessé de vivre. 



— 257 — 

par Olivier de Mauny (Note de V Histoire de la Maison 
d'Harcourt, IV, 1250. 

1125. — 1415. — Aveu par le seigneur du Puy de la Borde 
à Jean de Craon, seigneur de Nouâlre (Note du Dictionnaire 
d'Indre-et-Loire, t. IV, p. 398). 

1126. — 1415, 10 juin, Calais, — Prorogation de la trêve 
entre la France et l'Angleterre. Jean de Craon, seigneur de 
Montbazon, est l'un de ses mainteneurs pour l'Anjou, le 
Maine et la Touraine (Rymer^ IV^, 129). 

1127. — 1415, 10 août. — Lettres de Jean de Craon- 
Sainle-Maure ratifiant la fondation par Boucicaut d'une au- 
mônerie à Sainte-Catherine de Fierbois (Note du Trésor 
généalogique). 

1128. — 1416, 4 août. — Lettres-patentes constatant la re- 
nonciation de Jacqueline de Montagu à la succession de Jean 
de Craon, son mari, tué récemment dans une affaire contre 
les Anglais, à cause des dettes de celui-ci (Note de Doin 
llousseau, t. XIP, 6851). 

1129. — 1416, 9 août. — Jean I de Mailly, écuyer, relève 
par procureur un fief de l'abbaye de Corbie (Abbé Ledru, 
Maison de Mailly, Preiwes, 157). 

1130. — 1416, V. s., 4 février. — Louise de Craon donne 
pouvoir pour partager avec Guy VIII de la Rochefoucauld, 
Louis Chabot, sire de la Grève, Guillaume Odard, sire de 
Verrière, les biens de Jean de Craon, son frère (Baluze, 
Armoires, 54, 243). 

1131. — 1417, V. s., 7 mars. — Lettre de Guy VIII de la 
Rochefoucauld aux élus de Tours (Note, Cabinet historique, 
XXIIP, 168). 

1132. — 1418, 11 septembre, Montbazon. — Lettre de 
Marguerite de Craon, épouse de Guy VIII de la Rochefou- 
cauld, aux bourgeois et élus de Tours, pour se plaindre des 



— 258 — 

exactions dont Jean Toiirnay de Sainte-Maure a été la vic- 
time de la part des garnisons de Tours et de la Roche-Cor- 
bon (Cabinet historique^ XXIIP, 227). 

1133. — 1418, 15 octobre, Coulombiers. — Lettre de Fou- 
gues de la Rochefoucauld adressée aux élus et bourgeois de 
Tours pour se plaindre d'un enlèvement à mains armées fait 
au château de Coulombiers, par les gens du capitaine de 
Tours, malgré la trêve qui existait entre la ville et Guy VIII 
et Marguerite de Craon (Cabinet historique, XXIIP 229). 

1134. — 1418, V. s., 9 janvier, Loudun. — Contrat de Ber- 
trand de la Jaille et de Guillemette Odard (Arch. de Maine- 
et-Loire; note, Revue du Maine, XXIX, 201). 

1135. — 1419, 23 décembre. — Acte de Guy de la Roche- 
foucauld se portant héritier par bénéfice d'inventaire, au 
nom de Marguerite de Craon, son épouse, des biens de la 
branche de Sainte-Maure, afin de prévenir la mise en main 
du roi des fiefs, par défaut d'hommage (Note du Trésor gé- 
néalogique). 

1136. — 1419, 23 décembre. — Lettres patentes déchar- 
geant Guy VIII de la Rochefoucauld du quart du revenu de 
Sainte-Maure, Nouâtre, Montbazon et Coulombiers, par suite 
du rachat dû à cause du décès de Jean de Craon, son beau- 
frère (Note de Dom Housseau, XIP, 16924). • 

1137. — 1419, V. s., 5 janvier. — Procuration de Louis 
Chabot, seigneur de Petit-Château et de Chantemolle, bail 
de Thibaut, Renaud, James et Anne, donnée à Jean Buor, 
chevalier, seigneur de la Gerbaudèreet àJeanLorson, prieur 
de Langle aux Chanoines pour procéder avec les autres inté- 
ressés au partage des biens de la branche de Sainte-Maure ^ 
fArc'AiVes âfe 5owrcAe5; communiqué par M. l'abbé Ledru). 



1. Ce Fouques était un cousin de Guy VIII devenu, au dire 
du P. Anselme, son gendre, vers 1400. 

2. Cette procuration est copiée à la suite du partage du 13 
mars 1419. 



- i^9 — 

1138. — 1419, V. s., 4 mars. — Lettres de Guillaume 
Odard portant procuration à maître Harbert Tannay de pro- 
céder avec les intéressés au partage des biens de la branche 
de Sainte-Maure* (Archiç>es de Sourches, communiqué par 
M. l'abbé Ledru). 

1139. — 1419, V. s., 7 mars. — Lettres par lesquelles 
Guy VIII de la Rochefoucauld et Marguerite de Craon don- 
nent pouvoir à Jean de Cramault, Simon Tizon et Jean de 
Foulcuer de procéder au partage du patrimoine de la bran- 
che de Sainte-Maure avec Louis Chabot, Guillaume Odard, 
et Louise de Craon, dame de Hangest^ (Archives de Sour- 
ches, communiqué par M. l'abbé Ledru). 

1140. — 1419, V. .s., 13 mars. — Partage des biens de la 
branche de Sainte-Maure ; y prennent part : Guy VIII de la 
Rochefoucauld et Marguerite ; Thibaud, Renaud, Jeannette 
et Anne Chabot, sous le bail de Louis Chabot, veuf de Marie 
de Craon, leur mère ; Pierre et Guillemette Odard, sous le 
bail de Guillaume Odard, veuf d'Isabeau de Craon, leur 
mùre^ (Archives de Sourches, Fonds Montsoj'eau). 

A tous ceulx qui ses présentes lettres verront et oiront 
Pierre Bauldet, bourgeoys de Poictiers, garde du scel aux 
contractz ilec establi pour très doùbté et très-puissant prince, 
Monseigneur le Régent le Royaume, Daulphin de Viennois, 
duc de Berry, de Touraine et conte de Poictou, salut. 

Sachent tous que, en droit en la court dudit scel person- 
nellement establiz, noble homme messire Jehan Buor, cheval- 
lier, ou nom et comme procureur de noble et puissant mes- 



1. Cette procuration est copiée en suite du partage du 13 
mars 1419. 

2. Cette piocuration est copiée à la suite du partage du 13 
mars 1419. 

3. Ce document nous était connu par les textes conservés 
dans Dom Housseau, (IX, 3836) et Ba/uze {Armoires, 54, 270 où il 
est iucoini)let). Celui que nous donnons ici est la copie faite par 
M. l'abbé Ledru. dans les archives de Sourches. Nous en éli- 
minons la formule d'enregistrement au parlement de Poitiers, le 
16 mars 1419, v. s., et celle du vidimus qui en fut fait le 4 octo- 
bre 1421. 



- 260 - 

sire Loys Chabot, chevalier, seigneur du Petit Chasteau, en 
son nom et comme aiant le bail, garde, gouvernement et 
administration de Thibault, Regnault, Jehannet et Anne 
Chabotz, mineurs d'ans, enfans de lui et de feue dame Marie 
de Craon, jadis sa femme ; et noble homme Guillaume Odart, 
escuier, seigneur de Veirères, en sa personne, en son nom 
et comme aiant le bail, garde et gouvernement et adminis- 
tracion de damoiselle Ysabeau de Craon, jadis sa femme, 
d'une part, et noble messire Jehan de Cramaut, chevalier, 
en nom et comme procureur de noble homme et puissant 
messire Guy de la Rochefoucault et de dame Marguerite de 
Craon, sa femme, d'autre part. 

Lesquelles parties et chacune d'icelles, pour tant que à 
chacune peut toucher, et mesmement lesdits messire Jehan 
Buor et messire Jehan de Cramault, comme procureurs des 
susdits, aians povoir entre autres choses, par vertu de leurs 
procuracions, lesquelles sont cy dessoubz incorporées de 
transiger, pacifier et accorder, si comme par les teneurs d'i- 
celles peut plus applain apparoir, ont cogneu et confessé, 
congnoissent et confessent avoir transigé, pacifié et accordé 
entre elles, o le plesir et congié de la court de Parlement, de 
et sur les debactz meuz, ou en espérence de mouvoir, entre 
elles en ladite court de Parlement sur et pour cause des suc- 
cessions de feuz messire Giîillaume de Craon, de dame Je- 
hanne de Montbason, sa femme, de messires Guillaume et 
Jehan de Craon, chevaliers, leurs enfîans, et de chacun d'eulx 
et mesmement dudit messire Jehan, qui derrier est allé de 
vie à trespassement *, esquelles successions chacune desdi- 
tes parties prétendoit à avoir certains droiz, parties et por- 
cions, en la forme et manière qui s'ensuit : 

C'est assavoir que ledit messire Guy de la Rochefouquault 
et dame Margueryle de Craon, sa femme, à cause d'elle pour 
tout droit et partie et porcion, partaige, eschoite et ainsnesse 
à eulx appartenans, à cause que dessus, es successions des- 
di-ts feuz messires Guillaume et Jehan de Craon, frères dela- 
dicte Margarite, et de chacun d'eulx et pour tout aultre droit 
poussent avoir et demander es successions des père et mère 



1. Il faut remarauer ce texte qui établit aue le décès de Jean 
de Montbazon eut lieu postérieurement à celui de son père. 




— 261 — 

de la dite dame Margarite, auront et retiendront doresnavant 
perpétuellement et à héritage pour eux et leurs successeurs, 
et qui d'eulx auront cause, toutes et chacunes les choses qui 
s'ensuivent : c'est assavoir les baronnies, chasteaux et chas- 
tellenies de Montbason et Saincte More, avecque les lieux de 
Brandon, de Noastre et les hostelz de la Pierre du Faon, de 
la Rayrerie et delà Masquière, en la ville de Tours, avecques 
leurs appartenances et appendances, en payant tant seule- 
ment par lesdits messsire Guy de la Rochefouquault et sa 
femme toutes les charges réelles, qui par raison desdites 
terres, sont espécialement deues, et qui d'ancienneté estoient 
deues, paravant que feu messire Jehan de Craon feust sei- 
gneur de terce, et pour raison d'iceulx. 

Et lesdits messires Lois Chabot et Guillaume Odart, es nom 
que dessus, auront, retendront, sont, demourent et appartien- 
nent perpétuellement et par héritage tant pour eulx et les 
leurs, que à ceulx qui d'eulx ont ou auront cause, et pour 
dame Loyse de Craon, seur de la dite dame Margarite, si et 
en tant qu'elle y devrait avoir part par raison et la coustume 
du pais, les baronnies, chasteaulx, chastellenies, seigneuries 
et terres avec leurs appartenances et appendences quelcon- 
ques de Moncontour, Marnes, Monsoreau, Colombiers, Sa- 
vonnière, Pressigné, Ferrières, Verneuil et Jarnac sur Cha- 
rante et autres choses quelconques demourées des succes- 
sions dessusdites, à partir et diviser entre ledit messire Loys 
Chabot et lesdits Guillaume Odart et dame Loyse, si et en 
tant qu'elle y pourroit et devroit partir, par telles parties et 
percions comme par raison, usaiges et coustumes du païs se 
devra faire ; réservé au dit messire Loys que ledit Guillaume 
Odart ne prandra rien es biens des successions desdits mes- 
sire Guillaume le père et dame Jehanne la mère ny en autre 
droit qui audit messire Loys pourroit appartenir par lequel il 
les poura avoir et demander, sans ce que parcest présent con- 
tractz soit fait aucun préjudice à l'une partie ne à l'autre 
touschan le fait desdits messires Loys et Odart. 

Et en outre, auront lesdits messires Loys Cliabot et Guil- 
laume Odart tous et chacuns les biens meubles demeurez 
du décès dudit feu messire Jehan de Craon ; c'est assavoir à 
chacun d'eulx par telle partie et porcion, comme il appartien- 

17 



— 262 — 

dra par raison, avecques toutes et chacunes les revenus et 
prouffiz de la dite succession. 

Et a promis et promet ledit procureur desdits mes- 
sire Guy de la Rochefouquaut et de sadite femme rendre et 
paier ausdits messires Loys Chabot et Guillaume Odart tout 
ce que eulx, ou autres en nom d'eux, auront et ont eu, levé et 
parceu des terres et choses contencieuses. Et la main du roy 
notre sire aultres mises et apposées sur lesdites choses, pour 
le débat desdites parties ou autres, est et sera lever pour et 
au proufïit desdictes parties, par telle partie et porcion comme 
à chescune d'elles pourra toucher et appartenir par le con- 
tenu de cest accord. 

Et parmy ce les dessusdits messire Loys et Guillaume 
Odart seront tenuz de tenir quictes lesdits messire Guy de la 
Rochefouquault et sa femme de toutes autres charges per- 
sonnelles réelles et mixtes et généralles ou espéciales, soient 
rentes, arréraiges ou autres debtez quelconques, tout par 
la forme et manière que dessus est dit. Et en rendant et 
payant par lesdits de la Rochefouquault et sa femme aux- 
dits messire Loys Chabot et Guillaume Odart ou aux leurs 
les meubles et revenus dessusdits qu'ilz ou autres pour eulx 
auront eu et prins. 

Et avecques ce est parlé et accordé entre lesdites parties 
que lesdits messires Loys Chabot et Guillaume Odart con- 
tenteront ladite dame Loyse de la partie et porcion et es- 
choite qu'il luy pourroit appartenir par raison, l'usaige et la 
coutume du pays esdites succesuions et chacunes d'icelles, 
se aucunes lui en appartenoit, tant esdits biens meubles, 
comme esdits héritaiges qui leur demeurent, parmi ce que 
s'il est trouvé que ladite dame Loyse ne doye rien avoir, sa 
partie demourée est et demoure dès maintenant ausdits 
messires Loys et Guillaume Odard esdits noms, sans ce que 
ledit messire Guy ne sadite femme y puissent rien deman- 
der. Et ont promettent lesdits Guillaume Odart 

Et aussi acquiteront (Loys Chabot et Guillaume Odart) 
lesdictes terres de Montbason, saincte More, Noastre, la 
Pierre, la Rayerie, et la Masquière de tout ce que pourroit 
demander par douaire dame Jacqueline de Montagu, jadis 
femme de feu messire Jehan de Craon dessus nommé. 



- 263 - 

Donné et fait le XIIP jour du moys de mars, l'an mil quatre 
cens et dix neuf. 

1141. — 1419, V. s., 16 mars, Poitiers. — Décision du Par- 
lement homologant le partage du 13 mars 1419 des biens de 
la branche de Sainte-Maure * (Archives de Sourches^ com- 
muniqué par M. l'abbé Ledru). 

1142. — 1420, 12 juin. — Nomination d'arbitres pour infor- 
mer sur les droits de pêche à Fontcher et éteindre une vieille 
action intentée aux possesseurs successifs de Coulombiers, 
Guillaume II, Marguerite de Graon, puis Louis Ghabot (Note 
du Trésor généalogique) . 

1143. — 1421. — Vente par JeanI deMaillyetMarie de Han- 
gest de Quiry au chapitre d'Amiens (Note de la Morlière à 
la page 273 de son Recueil des illustres maisons de Picar- 
die et du P. Anselme, VI, 740). 

1144. — 1421, juin, Paris. — Lettres de Gharles VI accor- 
dant rémission à Henriet le Gros, qui, ayant abandonné le 
service de la dame de Montbazon, fixée alors à Malesherbes, 
avait pris part aux actes de pillage de la garnison de Meaux 
(Longnon, Paris pendant la domination anglaise. 1420- 
1436, p. 17). 

1145. — 1422, 18 juin. — Pierre Baillet, écuyer, tuteur de 
Jean, fils de Jean d'Auvillers, relève deux fiefs de la succes- 
sion de ce dernier (Arch. de l'abbaye de Gorbie, note du 
Trésor généalogique). 

1146. — 1422, 21 juin. — Gontrat de mariage de Thibaut 
Chabot^ et de Brunissant d'Argenton (B. N., Baluze, Ar- 
moires, 54, 257). 

1147. — 1423, 8 août, Bourges. — Lettres de Charles VII 



1. C'est la copie de cet acte qui renferme in extenso les numé- 
ros 1137, 1138, 1139, 1140 du Cartulaire. 

2. Thibault fut tué en 1428 à la journée des Harengs. 



- 264 — 

faisant don à Thibault IV Ciiabol des terres pouvant appar- 
tenir à sa tante, Louise de Craon, sur les héritages de Guil- 
laume de Craon, de Jeanne de Montbazon, ses père et mère, 
et de Guillaume et Jean, ses frères (Sandret, Maison de Cha- 
bot, p. 282). 

1148. — 1424, 2 septembre. — Arrêt du Parlement homo- 
logant l'accord attribuant aux descendants d'Isabelle de 
Craon : Pressigny, Verneuil et Perrière ; à ceux de Marie : 
Moncontour, Marnes, Montsoreau, Coulombiers, Savonniè- 
res, et Jarnac-sur-Charente (B. N., Baluze, Armoires, 54, 
245). 

1149. — 1424, 10 octobre. — Testament d'Olivier do 
Mauny, seigneur de Torigni (Arc. d' Eure-et-Loir e, E, 2723). 

1150. — 1426, V. s., 17 mars. — Testament d'Isabelle d'U- 
sage, dame de Saint-Aignan, épouse de Jean de Mornay, veuve 
en premières noces d'Hervé de Mauny, et mère de Guillaume, 
seigneur de Saint-Aignan. Elle demande à être ensevelie dans 
l'église de Nantilly (Note de Laisné, prieur de Mondonville 
dans Mémoires de la Société d'Eure-et-Loir, IV, 159 et B. 
N., Du Chesne, 54, 720). 

1151. — 1427, 6 juin. — Contrat de mariage de François 
de Chaunay écuyer, fils de Guillaume de Chaunay et de 
Marie de Beauçay, avec Catherine de la Rochefoucauld, fdle 
de Guy VIII et de Marguerite de Craon (Note, Dom Hous- 
seau, XIP6854). 

1152. — 1428, 12 décembre. — Arrentement par Margue- 
rite de Craon d'un logis, près Sainte-Maure (Société de 
Touraine, t. VI, 277). 

1153. — 1428, 24 décembre, Chinon. — Lettres du roi qui 
établissent que Marguerite de Craon est veuve (Note de Dom 
Housseau, XII-2, 7019). 

1154. — 1429, 9 avril, Paris. — Lettres par lesquelles 
Henri VI donne à Guillaume de Châteauvillain l'hôtel du 



- i65 - 

seigneur de la Rochefoucauld (Longnon, Paris pendant la 
domination anglaise^ p. 296). 

1155. — 1429, 7 septembre. — Acte de foi et hommage 
pour Sainte-Maure et Nouâtre fait par Marguerite de Craon, 
veuve de Guy^ de la Rochefoucauld (Note, Dom Ilousseau, 
XlIP, 8019). 

1156. — 1429, 9 décembre. — Transaction entre Margue- 
rite de Craon et Guillaume Lesage, curé de Montbazon (Note 
de Dom Rousseau, XIP, 6917). 

1157. — 1429, V. s., 3 février. — Accord entre Marguerite 
de Craon et Jean Bazilleau, seigneur de Baigneux, époux 
d'Isabeau Gautier, au sujet des fortifications de Baigneux 
(Dom Housseau, XIIP 8120). 

1158. — 1429, V. s., 18 mars. — Transaction entre le cha- 
pitre de Tours, d'une part, Marguerite de Craon et Ay- 
mard de la Rochefoucauld, de l'autre^ au sujet de l'amortisse- 
ment des rentes données au chapitre par Guillaume I et Guy 
de Craon (Note, Société de Touraine, VI, 277). 

1159. — 1430, 8 avril. — Aveu reçu par Marguerite de 
Craon, dame de Nouâtre, émanant de Jean Gueffaut pour 
Argenlon (Note du Dictionnaire d' Indre-et-Loire, IV, 398 et 
Dom Housseau, XIIP, 8141). 

1160. — 1430, 19 décembre. — Aveu de Jean Isoré à Mar- 
guerite de Craon (Note, Dom Housseau, XIP, 7073). 

1161. — 1430, V. s., 5 février. — Bail de la Paponnnière, 
passé par Marguerite de Craon (Note, Société de Touraine, 

VI, 278). 

1162. — 1431. 20 avril, Poitiers. — Accord entre Fou- 



1. Ou rétablit ici le nom de Guy à la place de celui do Fouques 
que portent />om Housseau et l'inventaire analysé dans les Mé- 
moires de la Société de Touraine. VI, 278. 



— 266 — 

cault de la Rochefoucauld et Aymard, son frère de père et de 
mère, afin d'égaliser la part de ce dernier (Dom Housseau^ 
IX, 3863) K 

1163. — 1432, 12 mai. — Lettres constatant que Margue- 
rite de Craon autorise son fils Aymard à asseoir le douaire de 
sa femme sur Nouâtre^ [Dom Housseau, t. XIP, 6856). 

1164. — 1434, 14 juin, Chinon. — Sentence sur le diffé- 
rend qui existait entre Marmoutier et le seigneur de Coulom- 
biers au sujet de la pêche à Fontcher (Dom Housseau^ 3874). 

1165. — 1435. — Aveu rendu à Marguerite de Craon (Ba- 
luze. Armoires^ 54, 274). 

1166. — 1435, 20 juillet, Loudun. — Accord entre Guil- 
laume Odard et Louise de Loigny, sa belle-fille, sur l'assiette 
des deux cents livres de rente, auxquelles elle avait droit pour 
douaire et sur les payements des arrérages. On y apprend : 

1° Que le mariage de Pierre avec Louise de Loigny s'était 
fait par contrat passé à Angers, le l^*" mai 1420. 

2° Que Françoise Odard était l'unique enfant de leur al- 
liance. 

3° Que Pierre Odard avait été tué en août 1424 à la jour- 
née de Verneuil (Archives de Sourches^ communiqué par 
M. l'abbé Ledru). 

1167. — 1435, 3 septembre. — Accord homologué par le 
Parlement, passé par le duc d'Alençon avec : 1° Marguerite 
de Craon ; 2° Brunissant d'Argenton, veuve de Thibaud 
Chabot, bail de ses enfants mineurs ; 3° Bertrand de la Jaille, 
à cause de Guillemette Odard, et Louise de Loigny, veuve 
de Pierre Odard, ayant le bail de Françoise Odard, sa fille. 



1. Il faut remarquer que le rédacteur de l'analyse conservée 
par Dom Housseau n'y a maintenu que des bribes de l'origi- 
nal ; peut-être n'a-t-il pas compris le passage où la différence des 
origines maternelles était indiquée. Voir le numéro 1163. 

2. Dans cet acte Marguerite qualifie ainsi Aymard « chevalier, 
son fils et son héritier présomptif, seul et pour le tout. » 



- -267 - 

Le duc d'Alençon y reçoit 120 livres de rente qu'il réclamait 
des descendants de Renaud de Montbazon, qui avait aliéné 
cette rente afin de trouver l'argent nécessaire pour racheter 
sa liberté* (Arch. nat., X*^ 150). 

1168. — 1436-1447. — Liste de divers aveux faits à Ay- 
mard de la Rochefoucauld, en qualité de seigneur de Nouâ- 
tre (Carré de Busserolle, Dictionnaire, IV, 399). 

1169. — 1437. décembre. — Vente par Jean d'Auvillers, 
chevalier, à l'abbaye du Mont-Saint-Quentin de Courcelles, 
qu'il tenait en héritage de son père, lequel l'avait acquis de 
feu Hector Buridan (Trésor généalogique). 

1170. — 1437, V. s., 21 mars. — Vente par Jean d'Auvil- 
lers, chevalier, domicilié à Bray-sur-Somme, de la carrière 
de Buyres, tenue de Louis de Waziers, écuyer, à Gilles Lar- 
denois et à Marguerite de Lattre, sa femme (Trésor généa- 
logique). 

1171. — 1438, 21 juillet. — Acte du Parlement où sont 
énumérés les enfants de. Renaud de Maulevrier et de Béatrix 
de Craon (Alouis, Les Coesmes^ I, 1370-1508, p. 134). 

1172. — 1438, 25 novembre, Chinon. — Acte par lequel 
Jean d'Auvillers vend à Brunissant d'Argenton, bail des en- 
fants nés d'elle et de Thibaut Chabot, tous les droits des des- 
cendants de Louise de Craon, sur le patrimoine de la branche 
de Sainte-Maure * (Archives des Sourches, Fonds Montso- 
reau^ communiqué par M. l'abbé Ledru). 



1. Cet accord nous était connu par la copie, qui s'en trouve dans 
Dom Rousseau, (XII^, 6857) ; nous devons remercier M. Bruel, 
qui a pris la peine d'en examiner pour nous l'original, et s'est 
assuré qu'il contenait bien l'aflirmation erronée que Jeanne de 
Montbazon était lille d'Eustachie d'Anthenaise, et que aucun des 
descendants de Louise de Craon, ni d'Hangest, m d'Auvillers, 
n'y avait i)ris part. 

1. Malgré sa longueur ce document est inséré ici in extenso 
parce qu'il fournit des renseignements qu'on chercherait vaine- 
ment ailleurs. On s'abstient de reproduire les formules d'un vi- 
dimusdu 2 juillet 1462, fait pour la production de la pièce lors d'un 



— 268 — 

Sachent... que comme plusieurs contens, débaz et procès 
soient meuz, ou espéré à mouvoir, entre nobles et puissans 
personnes messire Jehan, seigneur d'Auvillier, chevalier et 
chambellan du Roy, notre sire, demandeur et complaignant 
par vertu de certaines lectres royaulx en cas de saisine et de 
novelleté par luy impectrées et deffendeur en pétitoire, au re- 
gard de certaines debtes personnelles, rentes et arreraiges, 
dont cy après sera faicte mencion, d'une part ; 

Et dame Brunissant d'Argenton, vefve de feu messire Thi- 
bault Chabbot, en son vivant chevalier et seigneur de la 
Grève, en son nom et comme aiant le bail, garde, gouverne- 
ment et administracion de Loys, Katherine, et JehanneChab- 
botz, enffens dudit feu messire Thibault et d'elle defîende- 
resse, et opposant oudit cas de nouvelleté, et aussi demande- 
resse ouditcas de pétitoire, d'autre part ; 

Pour cause et occasion de ce que ledit seigneur d'Auvillier, 
comme demandeur et complaignant, disoit et propousoit que 
de feu messire Guillaume de Craon et de dameJehanne de 
Montbason, sa femme, seigneur et dame de Moncontour et de 
Montbazon, estoient yssuz : 

Messire Jehan de Craon, chevallier, et quatre filles *; 

Dont l'aisnée d'icelles fdles, nommée Marguerite de Craon, 
fut mariée avecques messire Guy, seigneur de la Rochefoul- 
quault, dont estoit yssu et demouré messire Aymar de la Ro- 
chefoulquault ^ ; 

Et la seconde fille, nomméeMarie de Craon, fut mariée avec- 
ques messire Loys Chabbot, sieur dudit lieu de la Grève, dont 
estoit yssu ledit feu messire Thibault Chabbot, qui avoit esté 



litige entre Louis Chabot et Jean de Chambes, et d'un second vidi- 
mus du 16 mai 1512 pour sa production dans un litige entre Jean 
de Chambes et Jean de Ghàtillon, sieur de Moncontour. Dans ses 
Preuves de la Maison de Mailly, à la page 193, M. l'abbé Ledru 
a publié le commencement de cet acte, lequel est donné ici d'a- 
près une ancienne copie et sans qu'il soit possible de se reporter à 
l'original. 

1. Ce document est le seul qui donne l'ordre de primogéniture 
des quatre filles de Guillaume II. 

2. Aymard de la Rochefoucauld est donc bien, comme il a été 
dit ci-ciessus, le seul fils issu de Guy VIII et de Marguerite de 
Craon, Tous les généalogistes ont erré en donnant Foiicaud III 
comme fils de Marguerite de Craon. 



- 269 — 

marié avecques ladite dame Brunissant et dont en mariage 
estoient yssuz lesdits Loys, Katherine, et Jehanne Chabbotz, 
demeurez ou bail d'elle ; 

Etla tierce fille, nommée Ysabeaude Craon, avoit été mariée 
avecques messire Guillaume Odart, chevalier seigneur de 
Verrières, dont estoit yssu messire Pierre Odart et Guille- 
mecte Odart, femme messire Berthran de la Jaille, seigneur 
de la Jaille, et d'icelluy messire Pierre Odart estoit demourée 
une fille nommée Françoise Odarde ; 

Et la quarte fille, nommée Loyse de Craon avoit esté mariée 
avecques messire Jehan, seigneur d'Auvillier, dont estoit yssu 
ledit messire Jehan, sieur d'Auvillier, demandeur et complai- 
gnant *. 

Disoit avecques ce ledit demandeur et complaignant que 
lesdits messire Guillaume de Craon et Jehanne de Montba- 
son, sa femme, estoient longtemps a descédez, délessé ledit 
messire Jehan de Craon, leur fils, et leurs dites quatre filles ; 
et que ledit iViessire Jean de Craon, comme aisné et héritier 
principal, avoit recuilly pour eulx tous les successions de 
leurs dits père et mère. Et longtemps après, estoit icellily 
messire Jehan de Craon allé devieàtrespassement, sans ligné 
descendant de sa char, délessé ses dites quatre seurs, ou les 
descendans d'elles, ses héritières seuUes et pour le tout, cha- 
cune en sa légitime porcion, selon les coustumes des pays et 
lieux ou les terres et seigneuries de ladite succession estoient 
et sont situées et assises. 

Et avec ce disoit ledit seigneur d'Auvillier qu'il s'estoit 
porté et portoit comme représentant ladite dame Loyse, 
sa mère, héritière simplement dudit feu messire Jehan 
de Craon, son oncle, et que ses dits héritiers et cha- 
cun d'eulx en ladite succession dudit feu messire Jehan 
de Craon s'estoiens portez pour héritiers par bénélice d'in- 
ventoire deuement bénéfice, comme il disoit ce apparoir par 
les lectres royaulx dudit bénéfice, impectrées par chacune de 
ses dites parties, lesquelles avoient et ont esté deument vérif- 
fiécs par m.:nsieur le bailly de Touraine ou son lieutenant, cl 

I. IMus loin Jean d'Auvillers dit qu'il se porte fort pour les au- 
tres iK'ritioi's (le Louise ; ici cependant il ne parle pas du mariage 
(le celle-ci avec Jean de Hangest. 



— 270 — 

décrétées par la court de Parlement. Et à ces tiltres et moyens 
et tant par la généralle coustume par apelacion disant que en- 
tièrement avoit droit icelluy sieur d'Auvillier, demandeur et 
complaignant et estoit en bonne possession et saisine desdites 
terres demourées de la succession dudit feu messire Jehan de 
Craon, ou aucune des porcions et parties dessus dites, selon 
les coustumes desdits pays, et sur ce propousoit et prenoit 
tous partimens en matière de nouvelleté, mais que ce non, 
obstant les dessus nommez, représentans les dites autres 
trois seurs d'icelluy feu messire Jehan de Graon s'estoient 
boutez es terres et seigneuries demourées de la dite succession, 
ou de icelle partie et porcion qui luy en peult compecter et 
appartenir, selon les coustumes desdits pays, et les avoient 
détenues et occuppées et d'icelles prins et perceu les fruiz, 
prouffiz et revenues montant à grant estimacion et valleur en 
le troublant en sesdites possessions et saisines... Et pour ce 
avoitimpectrées certaines lettres royaulxde complaincte, con- 
tenant reliefvement de certain laps de temps, comme plus à 
plain est contenu èsdites lettres, èsquelles il avoit deuement 
ramené a fait contre eulx et chacun d'eulx contre l'exécucion 
desquelles ; et à ce quelles ne fussent exécutées ledit messire 
Aymar et dame Brunissant oudits nom avoient appelle à la 
court de Parlement, et lesdits messire Berthrand de la Jaille 
et Françoise Odarde s'estoient opposez, et leur avoit esté as- 
signé jour en leurs opposicions à certain jour en la court des 
requêtes de Tostel du Roy, notre sire, à Paris. Tendant et 
requérant ledits messire Jehan sieur d'Auvillier demandeur et 
complaignant contre ladite Brunissant d'Argenton èsdits 
noms et portant et autres dessusdits et mesmement con- 
tre ledits opposeur qu'il fut et soit maintenu et gardé en ses- 
dites possessions et saisines 

Et ladite dame Brunissant d'Argenton, en son nom et 
comme bail desdits Loys, Katherine et Jehanne Chabbot, 
ses enffans, disoit et propousoit qu'elle estoit bien d'accord 
delà généalogie cy-dessus déclarée en tant que touche ledit 
seigneur d'Auvillier, mais que oncques elle n'avoit troublé, ne 
eust entencion de troubler et empescher icelluy demandeur en 

ses droiz, possessions et saisines de ladite succession Et 

pour ce, en tant que povoit toucher le restablissement et au- 



— 271 - 

très intérestz et despens requis par icelluy demandeur, elle 
s'estoit oppousée à toutes fins. Et pour ce que, non obstant 
son opposicion, le sergent exécuteur de ladite complaincte luy 
fit plusieurs tors et griefz, appella delay de depans par vertu 
de certaines lettres royaulx, par elle impectrées, avoit esté 
ladite appellacion , 

Disoit avec ce ladite demanderesse esdits noms que ledit 
messire Jehan de Craon, au temps de son trespassement, de- 
voit et estoit tenu et obligé au cliappitre de Saint-Martin de 
Tours en la somme de quatre cens escuz ; et à messire Phe- 
lippes d'Orgemont, chevalier, par autre obligacion en la 
somme de dix-huit vingts escuz ; et avecques ce estoit tenu 
rendre et paier et continuer à plusieurs personnes grosses 
rentes: c'est assavoir au sieur de Maillé, huit vingts dix-sept 
livres de rentes ; au seigneur de Grantville* et à sa femme, à 
cause d'elle, davant femme dudit messire Jehan de Craon, à 
cause du traicté de mariage d'elle et d'icelluy de Craon, la 
somme de huit cens livres de rentes ; à la dame de Quelin de 
rente ancienne soixante quatorze septiers mine de froment, 
avecques unze livres en deniers de rente ; au prieur de Saint 
Cosme, près Tours, trente cinq livres de rente ; et que, par 
certains acquestz de retraictz, faiz par ladite dame Brunis- 
sant et sondit feu époux, desdites debtes personnelles, des ar- 
reraiges desdites rentes et de principal de la partd'icelles ren- 
tes, elle avoit droit et cause d'avoir et recouvrer sur toutes 
les terres et seigneuries de ladite succession d'icelluy feu 
messire Jehan de Craon jusques à la somme de vingt deux mil 
deux cens soixante six livres en monnoie, mil trente escuz 
en or et sept cens quarante cinq septiers de froment, pour le- 
dites dettes personnelles et arreraiges desdites rentes, dont 
ledit demandeur luy en estoit tenu au regard et pour telle 
porcion qu'il povoit prétendre et demander en ladite succes- 
sion, et non comprins en ce certains grans arrérages de rente 
par elle paiées à Monsieur d'Alençon. 

Et pour ce tendoit etrequéroit ladite dame esdits noms que 
ledit seigneur d'Auvillier luy rendist et paiast ladite [)artie 

1. Jean Malet, sire do Graville, second époux de Jacqueline- 
de Moiitai^u. 



- 27â - 

et porcion desdiles sommes d'or de monnaie et debtez à elles 
deues. pour cause desdites debtes personnelles et des arréra- 
ges des dites rentes, ainsi acquises et retraictes. Etluyconti- 
nuast ou temps advenir sa porcion d'icelles rentes, par elle 
acquises et retraictes. 

A quoy répliquoit icellui sieur d'Auvillier en tant qu'il es- 
toit complaignant, que ladite dame, avecques ses autres cohé- 
ritiers avoit prinz et relevez les fruis et revenues desdites ter- 
res et seigneuries, et quoy que soit de sadite partie et por- 
tion de ladite succession, et pour ce avoit bien et deuement 
obtenu et fait exécuter sa dite complaincte ; et en tant qu'il 
estoit deffendeur, disoit que ne savoit riens desdites debtes et 
rentes et aussi des retraictz affranchisses d'icelles, et que ce 
il ne voioit il ne le croioit pas ; et, supposé que ainsi fust, si 
disoit il que ladicte dame et les dits autres cohéritiers 
avoient pr^ns et levé les fruiz et revenues de sa dite partie et 
porcion de ladite succession depuis le décès duditfeumessire 
Jean de Craon et aussi les biens meubles de ladite succession 
et par ainsi estoit confuse partie desdites debtes en ladite 
dame et tout le surplus en sesdits autres cohéritiers, ou du 
moins les devoit recouvrer, si bon luy sembloit, sur lesdits 
autres cohéritiers, et non pas contre icelluy d'Auvillier. 

Et ladite dame, ès-dits noms duplicquoit, au regard de 
ladite cause de nouvelleté, ainsi que par elle est déclarée cy- 
dessus, et en tant qu'elle estoit ou entendoit estre demande- 
resse, disoit qu'elle offroit promptement et sommèrement in- 
former et monstrer par lettres et autrement deuement lesdites 
debtes et rentes estre dues ; et par elle et sondit feu espoux 
avoir esté retraictes et racquises, excepté le principal desdi- 
tes rentes de Quelin et de Sainct Cosme, et à cetiltre luy estre 
deu desdites debtes personnelles et arrérages desdites rentes 
jusques aux sommes d'or, de monnaie et de froment des sus dé- 
clairez, sur tous les terres et seigneuries de ladite succession, 
par quoy ledit sieur d'Auvillier luy estoit tenu esdites sommes, 
pour tant qu'il prétendoit d'icelle succession. 

Et disoit avecques ce qu'il ne seroit pas trouvé qu'elle eust 
prins, levé ne exigé les fruiz et rentes de la partie et porcion 
d'icelluy seigneur d'Auvillier, et si aucune chose en avoit fait 
et levé, ce que non, et ne seroit que très petite partie et por- 



— 273 — 

cion, laquelle pour tant que mestier estoit elle offroit de des- 
compler et déduire sur lesdits arreraiges. Et encore disoit que 
ladite dame Loyse, mère dudit sieur d'Auvillier, avoit pris 
certaine porcion des meubles dudit messire Jehan de Craon, 
Parquoy icellui sieur d'Auvillier ne se povoit excuser desdi- 
tes debtes. Tendant à ses fins et conclusions cy dessus re- 
quises. 

Et le dit seigneur d'Auvillier, en ,ce que touche ladite 
cause pétitoire, disoit en duplicquent qu'il ne seroit point 
trouvé ne sceu que ladite Loyse, sa mère, eust eu aucune 
chose desdits biens meubles de ladite succession ; concluant 
comme dessus. 

Somblablement après les allégacions dessudites et plusieurs 
altercacions eues, les dites parties présentes et personnelle- 
ment establies en notre couH à Chinon en droit par devant 

nous, soubzmectant icelles parties avant toute euvre ont 

congneu et confessé que eu sus lesdits débatz, procès, désa- 
cords, oie conseil et advis de leurs parens, conseilz et amis, 
par grant et meure délibéracion et moyennant certaines let- 
tres royaulx de congé d'accorder, ilz sont venuz et condes- 
cenduz au traicté, transaccion et accord qui s'ensuit : 

C'est assavoir que ledit messire Jehan, sieur d'Auvillier, 
tant pour luy que pour ses frarescheurs et cohéritiers, repré- 
sentant ladite dame Loyse de Craon, pour lesquelz cohéritiers 
il so fait fort et leur promectz faire avoir cest fait ferme et es- 
tably et les y faire lyer et obliger dedans six ans prochains 
venant, et à la penne de mil livres, a vendu, octroyé, baillé, 
ceddé et transporté à ladite dame ou nom et singulier prouf- 
fit desdits Loys, Katherine et Jehanne Chabboz, ses enfTans, 
et de leurs héritiers et successeurs tout et tel droit, nom, rai- 
son, action, partie et porcion que icelluy sieur d'Auvil- 
lier et sesdits frarescheur et cohéritiers povoient pré- 
tendre, demander et avoir en ladite succession d'icelui 
messire Jehan de Craon, et aussi es successions desdits mes- 
siic Guillaume de Craon et dame Jehanne de Montbason, sa 
femme, père et mère d'icelluy messire Jehan de Craon, et 
seniblablement de messire Guillaume de Craon, frère d'icel- 
hiy n>es8ire Jehan, si aucune chose y povoient demander et 
tant on meubles, comme en terres et héritaiges et seigneuries, 



- 274 — 

des dites successions en quelzconques lieux, pays et parties 
qu'ilz soient situées et assises à avoir, tenir et posséder des- 
dits Loys, Katherine et Jehanne Chabbotz et de chacun d'eulx 
pour telle partie et porcion qu'ilz prenent succéder de plain 
droit ausdit de Craon pour en faire doresenavantà touz jour- 
mès d'iceulx enffans et de leurs héritiers toute leur plaine vo- 

lunté lesquels (cessions) sont faiz pour le pris et somme 

de six mil trois cens livres, huit vingts quinze escuz d'or et 
cent dix septiers de froment, c'est assavoir la somme de trois 
mil livres que ladite dame ou nom de sesdits enffans paie et 
baille audit seigneur d' Auvillier, ainsi et en la manière que dit 
sera par cy après, et la somme de trois mil trois cens livres, 
huit vingts quinze escuz et cent dix septiers de froment, qu'elle 
disoit que ledit sieur d' Auvillier estoit tenu paier et rendre à 
ladite dame esdictz noms, pour sa partie et porcion des debtes 
personnelles et arréraiges de rentes, dont cy dessus est faicte 
mencion, et lesquelz arréraiges icelluy sieur d'Auvillier a 
transigé et accordé à ladite somme, comme bien certaine des 
choses dessusdites. 

Et de laquelle somme de trois mil livres, que paie et baille 
ladite dame, ledit sieur d'Auvillier a congneu avoir eu et receu 
contant neuf cent livres tournois; et du résidu d'icelle somme 
de trois mil livres luy a promis paier et rendre ladite dame, à 
ses propres coustz et despens, en la ville de Paris, dedans 
la my karesme prochaine, venant, la somme de quatre cens 
cinquante escuz d'or à présent aiant cours, pour la somme de 
six cens livres à la penne de deux cens escuz d'or, à applic- 
quer moictié au Roy et moictié à partie, en cas de deffault, 
auquel terme, en faisant ledit paiement, ledit sieur d'Auvillier 
sera tenu et a promis rendre ausdits enftans l'original des 
lettres du premier mariage de ladite dame Loyse de Craon, sa 
mère, ou le vidisse collationné en présence des parties, et qui 
vouldra original ; et, si nécessité estoit, sera tenu ledit d'Au- 
villier prester et bailler l'original ausdits enffans ; promy luy 
donner cauxion et obligation souffisant, de la luy rendre, et 
avecques ce compromis comme dessus ladite dame rendre et 
paier audit d'Auvillier unze cens XXV escuz d'or à présent 
aians cours pour mil cinq cens livres pour le reste dedans 
Noël que dira mil IIII XXIX^ et en la ville de Paris et à la 
peine de trois cens escuz d'or à appliquer comme dessus. 



— 275 — 

Et en outre pour acquiter et descharger perpétuellement 
desdits sieur d'Auvillier et, sesdits frarescheurs et cohéri- 
tiers, pour tant que touche leur dite partie et porcion d'icelle 
cession du principal desdites charges et rentes ainsi retraic- 
tes et de toutes autres debtes et charges quelconques, tou- 
chant icelle succession envers sesdits cohéritiers et toutes 
personnes qui Ten en pourroient faire question et n'est pascy 
faite mencion de certains grans arréraiges de rente que ladite 
dame a paiez à Monsieur d'Alençon, contenant qu'elle en a 
tenu quicte ledit sieur d'Auvillier et sesdits héritiers et les 
fera tenir quictes envers tous autres au regard de leur dite 
porcion, moyennant ce que ledit sieur d'Auvillier a transporté 
et ceddé ausdits enffanstout son interest etaccion, qu'il pour- 
roit avoir à ladite accion. 

Et est faicteceste présente vendicion o telle condition que si 
lesdits Loys, Katherine et Jehanne Chabbotz décèdent sans 
lignée, descendant de leur char, que ladite partie et porcion 
ainsi vendue et transportée reviendra et retournera audit sieur 
d'Auvillier et ses cohéritiers et leurs hoirs descenduz de leur 
char seullement, lesquelx et chacun d'eulx le pourront pré- 
tendre et demander, ledit cas advenu.... réservé oudit cas a 
ladite dame l'usuiïruit de ladite porcion vendue sa vie durant 
seullement. 

Et aussi, que si le cas avenoit que ledit sieur d'Auvillier 
et ses cohéritiers et les hoirs descendans de leur char décè- 
dent sans lignée descendant de leur char, ladite partie et por- 
cion vendue reviendront et retourneront seullement aux autres 
héritiers et successeurs desdits Chabbotz acquéreur. Et est 
parlé et accordèrent lesdites parties, pour ce que ledit feu 
mossire Jehan de Craon, donna en son testament et der- 
nière volunté^ à ladite Loyse, sa seur, la somme de mil livres 
tournois de la monnoie que lors estoit cours, que ladite dame 
Brunissant et sesdits enffansdemoura quicte envers ledit sieur 
d'Auvillier de la partie et porcion qu'elle et ses dits enffans 
pourroient devoir d'icelle somme, réservé expressément audit 
éieur d'Auvillier de demander et prétendre contre les autres 
héritiers dudit feu messire Jehan de Craon la partie et por- 
cion quilz en dévoient et povoient devoir 

1. Ce testament ne se rencontre nulle part. 



— 276 - 

Donné présents : messire Jehan de Vendosme, vidamnie 
de Chartres, messire Guillaume, seigneur d'Argenton père 
de lad. dame, Jehan Doaizon, escuier, messire Francoys de 
Beaumont, chevalier, Loys de Brepont, escuier, Gervaise du 
Halay, escuier, maistre Nycolle Chauvet, lieutenant du bailly 
de Touraine à Chinon, maistre Jehan Panneau, advocat du 
roy notre sire en Touraine, JeHan Socaire, advocat en court 
laye, Michel Perot et autres tesmoings ad ce appeliez. 
Le XXV^ jour de novembre Tan de grâce mil IIIP XXXVIIÏ. 

1173. — 1438, 28 novembre, Chinon. — Acte par lequel 
Brunissant d'Argenton et Louis Chabot, pour onze cent 
quinze écus d'or, vendent, sous faculté perpétuelle de rachat, 
le fief de Verneuil à Jean Doizon de la Durandière * (Note, 
p. 49, de Fierville, Documents inédits sur Philippe de Corn- 
mynes). 

1174. — 1438, V. s., 3 janvier. — Aveu de Guillaume 
Odard, seigneur de Verrières et de Curzay, au duc d'Anjou 
(Arch. Nat., P 341^ 42). 

1175. — 1439, 24 septembre, Montreuil. — Acte par le- 
quel Marie de Craon, veuve de Charles d'Estoutevilie, cède 
à Jean de la Trémoïlle, sieur de Jonvelle, et à Jacqueline 
d'Amboise, tous ses droits sur la Ferté-Bernard et Vaux en 
Arrouaise (Archives de la Trémoïlle^ communiqué par M. le 
vicomte d'Elbenne^). 

Jehan Pocholle, bourgeois de Monstroeul, garde du scel 
royal de la baillie d'Amiens en la ville et prévosté de Mons- 
troeul, salut. 

Devant Baudin de Bores et Pierquin de la Nesse, audi- 
teurs du roi notre sire, manans l'un à Theroaenne, l'autre 



1. Le 14 mai 1444 Louis Chabot, âgé de 22 ans, ratifia cette 
vente. 

2. Nous devons remercier ici M. le vicomte d'Elbenne qui, en 
nous communiquant la copie faite par lui de ce long document, 
a bien voulu nous céder la priorité de la mise au jour des curieux 
renseignements sur la transmission du fief de la Ferté, qui y sont 
contenus. 



- 277 - 

à Saint-Omer, establis par le bailli d'Amiens, au nom du roi 
notre sire, furent présents : 

Noble dame madame Marie de Craon, dame de Villebon, 
veuve feu messire Charles d'Estouteville chevalier seigneur 
de Villebon, fille et héritière de feu monsieur Antoine de 
Craon, chevalier, seigneur de Beauvergier, fils de feu M. 
Pierre de Craon et de madame Jehanne de Chastillon, icelle 
Marie de Craon, dame de Villebon, héritière de Jehanne de 
Chastillon sa grand mère\ d'une part : 

Et honorable homme et sage maistre Denis François, no- 
taire, secrétaire du roi notre sire, procureur de nobles et 
puissantes personnes monseigneur messire Jehan de la Tré- 
moïlle, chevalier, seigneur de Jonvelle et d'Iracey, conseiller, 
premier chambellan et grant maistre d'ostel de monseigneur 
le duc de Bourgogne, et de madame Jacqueline d'Amboise, 
sa femme, par procuration du 16 septembre 1439 *. 

Disans les dites parties comme despieça lesdits feux mes- 
sire Pierre de Craon et Jehanne de Chastillon furent com- 
munys ensemble par mariage, au traité duquel furent faites 
conventions par lesquelles entre autres, feu messire Guil- 
laume de Craon, chevalier et madame Marguerite de Flan- 
dres, père et mère dudit feu Pierre, et aussi de feu messire 
Guillaume de Craon, sieur de Marcillac, frère aîné dudit 
Pierre de Craon, promirent bailler audit Pierre et à Jehanne 
de Chastillon, ung chastel avec 400 livres de rente pour en joyr 
durant les vies desdits Guillaume et Marguerite de Flandres, 
père et mère desdits Pierre et Guillaume, lesquels chastel et 
rente lesdits Guillaume et sa femme ne donnèrent pas. Par 
quoy, furent deubz à cause des arrérages, 9,500 livres tour- 
nois et plus. Avec ce estoient tenus lesdits Guillaume de 
Craon et Marguerite de Flandres et le dit messire Guillaume 
de Craon, leur fils, envers lesdits Pierre de Craon et Jehanne 
de Chastillon, sa femme de plusieurs sommes de deniers ; 
pour occasion de ce, débat se mut entre eux. 

1. Ces renseignements sur la veuve de Charles d'Estouteville 
sont précieux car ils réfutent les généalogistes qui ont vu en 
elle la fille de Jean de la Suze, épouse en premières noces de 
Guy de Laval- Retz. 

2. On omet ici le texte de cette procuration. 

18 



- ^78 - 

Finalement que tant pour demeurer quittes desdits 400 livres 
de rente arrérages et deniers dus audit Pierre de Craon et à sa 
femme, et moyennant la somme de 10,000 francs, que ledit Pierre 
et sa femme paièrent audit Guillaume de Craon, le fils, comme 
parmi ce que lesdits Pierre et sa femme se chargèrent d'ac- 
complir le testament pour les dettes desdits feux père et mère 
desdits Pierre et Guillaume de Craon, frères, et aussi pour 
demeurer quittes de toutes autres choses que lesdits mariés 
pourraient demander audit messire Guillaume le fils, et à 
messire Almaury de Craon, son fils aîné ; lesdits messires 
Guillaume le fils, et Almaury de Craon et aussi lesdits père 
et mère desdits Guillaume et Pierre, frères, voulure et con- 
sentirent tous que : 

Après le trespas et décès d'iceux feu messire Guillaume le 
père et madame Marguerite de Flandres, sa femme, que au- 
dit messire Pierre de Craon et madame Jehanne de Chastil- 
lon, fussent, compétassent et apparteinssent les ville, chas- 
tel, terre, seigneurie et appartenances de laFerté-Bernard, 
pour en joyr par ledit messire Pierre de Craon et sa femme, 
après le trespas desdits, comme de leur propre chose. Et 
pour ce, dès lors furent fais certains transpors desdits ville, 
chastel, terre, seigneurie et appartenances de la dite Ferté, 
et tous les acquestz que lesditz monsieur Guillaume de Craon 
et madame Marguerite sa femme, père et mère des dessus dits 
frères chevaliers, y avoient fais ou feroient ou temps advenir, 
retenu par eulx les fruis et revenus de la dite terre et sei- 
gneurie durant leurs vies, ainsi que plus à plain on dit estre 
contenu es lettres desdits transpors *. 

Depuis lesquels transpors fais, lesdits feux monsieur Guil- 
laume de Craon et madame Marguerite de Flandres, sa 
femme, sont aies de vie à trespas, délaissiés lesdits monsieur 
Pierre de Craon et madame Jehenne de Chastillon, qui, après 
iceulx trespas, par le moien desdits transpors, ont par long- 
temps entièrement joy de la dite terre, seigneurie, revenus et 
appartenances de la Ferté, parce que l'usuffruit, parles tres- 



1. Tous ces détails sont restés jusqu'ici inconnus. Il faut re- 
marquer aussi la mention de cet Amaury, fils aîné de Guillaume II, 
omis par tous les historiens. 




- 279 - 

pas dessusdits, fut et a été consolidé avec la propriété. Et 
pour ce que ledit monsieur Pierre de Craon, durant le ma- 
riage de lui et de ladite madame Jehanne de Chastillon et 
icelle dame vendirent et transportèrent à tousjours la terre 
de Rosay en Therasche, avec plusieurs autres terres apparte- 
nant à ladite dame, qui estaient propre héritage d'elle, dont 
de ce ledit messire Pierre de Craon, son mari, la promist 
récompenser de la somme de 1500 livres de rente, et que de- 
puis il assist et assigna à la dite dame sa femme, à les avoir 
et prendre chacun an, sur ladite terre, seigneurie, revenus et 
appartenances de la dite Ferté-Bernard, que il obligea et ypo- 
thecqua pour ce et volt estre obligiez et ypothecques envers 
ladite dame sa femme, ses héritiers etaians cause desdits 1500 
livres de rente, voulant qu'ils sortissent nature de propre héri- 
tage d'elle tout ainsi et par la manière que plus à plain on dit 
estre contenu es lettres de recompensacion sur ce faites. 

Après lesquelles choses, ledit M. Pierre de Craon est alez 
de vie à trespassement, délaissant ladite madame Jehanne de 
Chastillon, sa femme, qui l'a sourvesque, par quoy, le douaire 
d'elle a eu lieu qui est et doit estre douaire coustumier, qui 
selon la coustume et usage de la court du Maine, où ladite 
terre et seigneurie de la Ferté-Bernard et autres terres de- 
mourées du déceps dudit feu monsieur Pierre de Craon sont 
assises et scituées, de la moitié desdits chastel, terre, sei- 
gneuries, revenus et appartenances de la Ferté, à la vie d'elle, 
à cause dudit douaire. A laquelle dame aussi devait apparte- 
nir par l'acquest fait d'icelle terre et seigneurie durant leur 
dit mariage, l'autre moitié d'icelle terre pour en joyr par 
elle comme de son héritaige par ladite coutume. Et par ainsi, 
à ladite madame Jehanne de Chastillon compéta lors la moi- 
tié de ladite terre à vie, et l'autre moitié à héritage. Et sur ledit 
moitié à vie, devoit estre recompensée desdits 1500 livres de 
rente, ou cas que ladite terre seroit conquest fait par ledit feu 
monsieur Pierre de Craon durant le mariage de lui et d'elle. 
Et au cas qu'icelle terre et seigneurie de la Ferté ne serait 
trouvée estre conquest, fait par ledit feu monsieur Pierre, et 
que ce fut son propre héritage, si devait ladite madame Je- 
hanne de Chastillon avoir la tierce partie de la dite terre et 
seigneurie de la Ferté pour son douaire, pour en joir sa vie 



- :280 - 

durant, et aussi de la tierce partie de tous les propres héri- 
tages demourés du déceps d'icelui monsieur Pierre, son mari, 
par la coustume dudit païs et comté du Maine. Et si devoit 
oultre estre récompensée desdits 1500 livres de rente. 

Et pour ce que, pieça et durant la vie dudit messire Pierre 
de Craon, le roy de Sicille, duc d'Anjou, si se ensaisina de 
ladite terre et seigneurie de la Ferté, ladite madame Jehanne 
de Chastillon, après le trespas dudit messire Pierre de 
Craon, son mari, fît convenir et appeler ledit roy de Sicille 
en la cour de Parlement pour raison et à cause des choses 
dessusdites. Et depuis ont lesdites parties enicelle courplai- 
dié au long. Et tant qu'elles ont esté appointées en faiz con- 
traires et en enqueste. 

Or est ainsi que ladite madame Jeanne de Chastillon est. 
aléa de vie à trespassement, délaissées ladite madame Marie 
de Craon, dame de Villebon, fille dudit feu messire Anthoine 
de Craon, fils desdits feuz monsieur Pierre de Craon et ma- 
dame Jehanne de Chastillon, sa femme comme dit est, son 
héritière, en tant au moins en la plus grande partie, des héri- 
tages, bois et choses demourés de son déceps. Et par ces 
moiens, à ladite dame Marie de Craon, dame de Villebon de 
présent, sont, compétent et appartiennent, tous les droits, par- 
ties et porcions des choses dessus dites, dont estoit et est 
question entre ledit roy de Sicille et ladite feue madame Je- 
hanne de Chastillon, que que soit la plus grande partie dicel- 
les choses. Et avec ce, luicompettoit et appartenoit, compette 
et appartient, la terre et seigneurie de Vaulx en Arraise,tant 
par la succession dudit feu monsieur Antoine de Craon, père, 
comme aultrement, comme toutes ces choses, ladite madame 
Marie de Craon disoit et afferma. 

Et ledit procureur oudit nom, disoit au contraire, que tout- 
tes les choses dessus dites ne appartenoient ne povoient ap- 
partenir à ladite dame Marie de Craon par la succession de 
la dits feue madame Jehanne de Chastillon parce que icelle 
feue dame en son vivant, a fait donation de 400 livres de rente 
sur ladite terre, seigneurie, revenus et appartenances de la 
Ferté, et surtout le droit qu'elle y povoit avoir, ausdits sei- 
gneur et dame de Jonvelle, hirétablement à tousjours. Disoit 
pareillement ledit procureur, que tous les droits dessusdits 



— 281 — 

et autres, demeurez du décès de la dite madame Jehanne de 
Chastillon ne pooient, pevent ni doivent pas du tout apparte- 
nir à la dite madame Marie de Craon, parce que du mariage 
dudit feu monsieur Pierre de Craon et de ladite feue madame 
Jehanne de Chastillon, yssi avœucques ledit feu messire An- 
thoine de Craon, une fille nommée Jehanne de Craon*, laquelle 
depuis fut conjointte par mariage avœucques feu monsieur 
Ingergier d'Amboise, seigneur de Roche-Corbon, duquel 
mariage sont yssus plusieurs enffans : c'est assavoir, ladite 
madame de Jonvelle et autres, lesquelx sont en pareil degré 
que est ladite madame Marie de Craon, dame de Villebon, 
et habiles pour venir avec elle à la succession de ladite feue 
madame Jehanne de Chastillon, en rapportant les choses 
baillées en mariage à la dite Jehanne de Craon, au traictié du 
mariage dudit messire Ingergier d'Amboise et d'elle, comme 
len dit. 

A cause desquelles choses, lesdites parties; c'est assavoir 
ledit seigneur et dame de Jonvelle, d'une part ; et ladite ma- 
dame Marie de Craon, dame de Villebon, d'autre part, es- 
toient en veue d'entrer en procès. 

Pour lesquels apaisier et eschiener lesdites parties, èsdits 
noms, c'est assavoir ladite madame Marie de Craon, dame 
de Villebon, en son nom et comme héritière et ayant cause, 
aux causes et moiens que dessus, tant dudit feu monsieur 
Antoine de Craon, son père, comme de ladite feue Jehanne 
de Chastillon, sa grand mère, comme elle disoit, d'une part, 
et ledit M^ Denis-François, audit nom procuratoire, et pour 
lesdits seigneur et dame de Jonvelle, d'autre part. 

Pour nourir et entretenir paix et amour entre elles, pour 
considération de ce que lesdites dames sont cousines germai- 
nes et pour obvier à tous procès, frais, missions et despens 
meismement ladite madame Marie de Craon, qui est vefve 
et n'a nulz enfîans, considérant que les choses, héritages et 
droits à elle venus et appartenants par le déceps de ladite 



1. Voici la preuve que tous les généalogistes se sont trompes 
en faisant de cette Jeanne unelille de Pierre de iaSuze. Elle était 
nile de Pierre de la Ferté-Bernard et épousa successivement In- 
K^if^or II d'Amboise et Pierre de Beauvau. 



— 282 — 

feue madame Jehanne de Chastillon, sa grand mère, sont 
grandement chargéez, tant envers lesdits seigneur et dame 
de Jonvelle, comme autres ; et si, sont en débat et procès 
contre si grant partie comme est le Roy de Sicille, qui a lon- 
guement duré et est taillié de faire, et que ledit procès est 
doubteux et périlleux, pour lequel poursuivre et soustenir, 
fault et faudra faire grans frais, missions et despens, que 
bonnement ladite madame Marie ne poroit faire, supporter ne 
soustenir, et que en icelles choses lesdits seigneur et dame de 
Jonvelle ont aucuns droits et porcions, tant à cause de la do- 
nation à eux faite par la dite feue madame Jehanne de Chas- 
tillon, comme autrement. De, et pour occasion des choses 
dessus dites, circonstances et dépendances, de leurs bons 
grez, bonnes vouluntez, propres mouvement et certaines 
sciences, sans aucune force, fraulde, erreur, contrainte, lé- 
sion, circonvention, decepvance ou induction frauduleuse, sur 
ce bien advisés, pourvus, conseillés et délibérez, meisme- 
ment ladite madame Marie de Craon, par Tadvis, conseil et 
délibération tant de madame de Beau-Vergier *, sa mère, 
comme d'autres, ses parens, amis et conseillers, comme elles 
disoient, affermèrent, recognurent et confessèrent, par le 
congié, licence et auctorité à elle donnés et octroie en ceste 
partie par le Roi nostre sire par ses lettres patentes, données 
le 22^ jour d'aoust derrenier passé, dont il estapparu auxdits 
auditeurs ; avoir traité, transigé, pacefié, composé et ac- 
cordé, et encore d'abundant, par la teneur de ces présentes, 
pour les causes et considérations cy dessus touchées, et au- 
tres ad ce les mouvans, traitent, transigent, pacifient, com- 
posent et accordent ensemble amiablement, de bonne foi, et 
l'une partie avec l'autre, en et par la fourme et manière qu'il 
s'ensuit. 

C'est assavoir, que ladite madame Marie de Craon, dame 
de Villebon, pour les causes dessusdites et pour la grand af- 
fection et vraie amour naturelle qu'elle avoit et a ausdits sei- 



1. Jeanne de Hondschoote, vers août 1405, était devenue l'é- 
pouse d'Antoine de Craon, fils unique de Pierre de la Ferté. Cette 
mention montre que son existence se prolongea jusqu'en 1439. An- 
toine avait été tué à Azincourt, le 25 octobre 1415. 



- -288 - 

gneur et dame de Jonvelle, et la proximité de lignage, dont 
lesdites dames ataignent l'une à l'autre, avoit et a cédé, quitté, 
transporté et délaissié, et par ces présentes, cède, quitte, 
transporte et délaisse dès maintenant à tousjours, et promet 
garantir, délivrer et défendre de tous troubles et empesche- 
ments quelconques touchant et regardans ses fais, debtes, 
promesses et obligations tant seulement ausdits monsieur 
Jehan de la Trémoïlle, seigneur de Jonvelle, et madame Jac- 
queline d'Ambroise, sa femme, pour eux, leurs hoirs et aians 
cause ou temps advenir, tous tels drois, pars, porcions, noms, 
raisons, causes, demandes, poursuintes et actions et tous ar- 
rérages de rente, de douaire, de revenue au autres choses 
quelxconques que ladite madame Marie de Craon avoit, pooit 
et devoit avoir demander et réclamer tantesdite ville, chastel, 
terre, seigneurie, revenus et appartenances de la Ferté-Ber- 
nard, et en ladite terre et seigneurie appartenances de Vaulx 
en Arraise, qui lui sont inutiles et de nulle valeur, et n'es- 
toient pas taill (sic) de lui valoir ne venir à pourffit desy à long- 
temps, au mieux venir, pour les debaz et procès dessusdits ; 
comme généralement en tous autres biens meubles, debtes, 
arrérages, droits et autres choses quelxconques à elle appar- 
tenant, venus et escheus et qui lui poeuent et doivent compé- 
ter ou appartenir aux causes et moyens que dessus, par les 
trespas, successions, eschoiries, tant de la dite feue madame 
Jehanne de Chastillon, dame de la dite Ferté-Bernard, sa 
grant mère, comme dudit feu monsieur Antoine de Craon, 
son père, jadis, desdits feulx monsieur Pierre de Craon et 
madame Jehanne de Chastillon qu'ils et ou qu'ilz soient scitués 
et assis, ne comment qu'ils soient dits, nommés et appelés.... 
Parmi et moyennant le pris et somme de 300 francs de rente 
annuelle ou pension à vie, que lesdits seigneur et dame de 
Jonvelle, nonobstant les grandes charges 'qu'ils ont à suppor- 
ter, pour la bonne amour.... et aidiés à soustenir son estât, 

et en recompensation payables en la ville de Saint- 

Omer, en monnoie de Flandres (32 gros de Flandres |)our 
chacun franc), également aux termes de Pasques et Saint 
Rémy, par moitié ; à partir de Pasques prochain. Et avec ce, 
lesdits seigneurs et dame ont promis de bailler et délivrer à 
ladilc Mar-ic de Cracui, dame de Villebon, sa vie durant, loo-js 



— 284 — 

et demourance en l'une des places dudit seigneur de Jon- 
velle pour icelle dame ou son estât, ou cas qu'elle ne serait 
en lien de mairaige. Et au cas cas où Jacqueline d'Ambroise 
mourrait avant le seigneur de Jonvelle, ou après lui sans 
enfants, tous les droits de ce présent traité seraient ac- 
quis audit seigneur ou aux siens de son côté et ligne, 
sans que les héritiers de Marie de Craon puissent y pré-' 
tendre. Et ladite dame de Villebon établit pour ce, procu- 
reurs et substituts généraux et spéciaux et irrévocables, Ro- 
bert de Tournay, sire Jean Billon, prestre, maître Jehan 
Pitre, maître Aignan Viole, Jaque de Lespine, Andrieu Poi- 
vre, Jehan Derbon, Pierre Dercle, Guillaume Potin, Pierre 
Bouet et le porteur des présentes, auxquelles lesdites parties 
et ladite Marie de Craon donnent mandement irrévocable 
pour les représenter devant le roi notre sire ou les seigneurs 
de qui lesdites terres, forteresses, seigneuries et appartenan- 
ces de la Ferté et autres, sont tenues et mouvants, leurs bail- 
lis, gardes de justice, gens et officiers.... Et établissent pour 
ce lesdites parties les procureurs susdits et le porteur des 
présentes,.... comme feroient si présents étoient.... par poier 
les coûts et dommages qui pourroient être dus par leur 
coulpe 

Accordent qife' au vidimus de ces lettres, fait sous scel royal 
ou autre autentique, foy soit ajoutée comme au présent ori- 
ginal. Et ont lesdites parties et procureur en personne recu- 
le commandement du roy nostre sire, dont lesdits audi- 
teurs ont témoigné la vérité par leurs seaulx. Et nous, à leur 
témoignage, avons mis à ces lettres le scel de baillie, sauf le 
droit du roi notre sire et d'autrui en ces choses. 

Ce fut fait, recongnu et passé, en l'an de grâce 
MCCCCXXXIX, leXXIV^jourdu mois de septembre. 

1176. — 1439, 14 octobre. — Lettres par lesquelles Bau- 
douin de Noyelle donne quittance de 292 livres, sur lés ga- 
ges de son office de gouverneur et bailli de Péronne (De 
Banville, Documents inédits^ II, 145). 

1177. — 1440 \ 12 avril. — Bail par Aymard de la Roche- 
1. On a compté 1440 depuis le 27 mars jusqu'au 16 avril 1441. 



- 285 — 

foucauld à Michau Poignac (Note des Mémoires de la So- 
ciété de Touraine, VI, 278). 

1178. — 1440, 30 décembre. — Lettres par lesquelles Bru- 
nissant d'Argenton et Guillaume d'Argenton, bailliste et 
curateur de Louis Chabot, s'engagent à garantir contre tous 
la vente de Pressigny et de Perrière, faite à Bertrand de 
Beauvau, seigneur de Précigné (Note du Trésor généalogi- 
que). 

1179. — 1441, 15 novembre. — Certificat délivré par Bau- 
douin de Noyelle, concernant l'adjudication de Baux à Pé- 
ronne (De Banville, Documents inédits, I, 116). 

1180. — 1441, V. s., 20 janvier. — Lettres d'Aymard de la 
Rochefoucauld au sujet de l'édification d'une tour au lieu de 
Beauvoir, en la paroisse de Draché, que Charles de la Jaille, 
seigneur de la Motte, avait fait bâtir (Note, Mémoires de la 
Société de Touraine, VI, 278). 

1181. — 1442, 16 décembre. — Baudouin de Noyelle cer- 
tifie que les terres de Maiguelay et de Sains n'ont depuis 
quatre ans aucune valeur (De Banville, Documents inédits, 
I, 119). 

1182. — 1442, 31 décembre. — Lettres d'Aymard de la 
Rochefoucauld portant bail d'une place au bourg de Blanche- 
Epine à Sauxon de Fais (Note, Mémoires de la Société de 
Touraine, VL 279). 

1183. — 1443, V. s., 4 février. — Aveu de Marguerite de 
Mines, veuve de Jean de La Lande, à Aymard de la Roche- 
foucauld (Dom Housseau, XIIP, 8071). 

1184. — 1444, 16 novembre, Mondidier. — Acte par lequel 
Cliarles de Noyelle, seigneur de Hangest et d'Avenescourt, 
fils de Baudouin de Noyelle et de Marie de liangest, celle-ci 
fille de Miles de liangest ,dit Rabâche et de Louise de Craon, 
fait abandon à Jean d'Auvillers, clievalier, son oncle, de tous 
ses droits sur la succession de Louise de Craon (Original, 
B. N.,f. franc., 22287,55). 



- 286 - 

1185. — 1448, 15 juin. — Lettres d'Aymard de la Roche- 
foucauld portant bail à rente au profit de Jean Moupy, 
pour un pré dépendant de la Rahière (Note, Mémoires de la 
Société de Tour aine, VI, 279). 

1186. — 1448, V. s., 2 mars. — Lettres de Jean d'Estoute- 
ville portant aliénation d'une place près la halle de Sainte- 
Maure, au profit de Guillaume Greslier (Note, Mémoires de 
la Société de Tour aine, VI, 279). 

1187. — 1449, 11 août, Cholet. — Numéro 930. 

1188. — 1450, 9 avril. — Contrat de mariage de Jean 
d'Estouteville avec Françoise de la Rochefoucauld, qui lui 
apporte en dot Sainte-Maure (Dom Rousseau, XIP, 6859). 

1189. — 1450, 12 avril. Tours. — Lettres par lesquelles 
Aymard de la Rochefoucauld et Jeanne de Martreuil vendent, 
pour 1500 écus d'or, Nouâtre, Saint-Léger la Montagne. 
Chabannes et le Douaire à Jean d'Estouteville* (Carré de Bus- 
serolle. Dictionnaire, IV, 399). 

1190. — 1451, 5 juin. — Transaction entre Aymard delà 
Rochefoucauld et Jeanne Martreuil, sa femme, d'une part, 
et Guy de Rochechouart, évêque de Saintes, ayant la tutelle 
des enfants de Jean de Rochechouart au sujet d'une vente 
faite par la dame de Monpipeau, veuve de Jean ' (Dom Hous- 
seau, XIIP, 8001). 

1191. — 1452, octobre. — Contrat de mariage de Jacque- 
line de la Jaille, fdle de Bertrand et de Guillemette Odard ^ 



1. Cette vente fut annulée par l'arrêt du 11 avril 1467, numéro 
1203 du Cartulaire. 

1. On rétablit ici le nom de Saintes au lieu du mot Cange, que 
porte le manuscrit analysé dans les Mémoires de la Société de 
Touraine, VI, 280. On signale aussi sous la date du 17 janvier 
1429, V. s., le second mariage de la veuve de Jean de Roche- 
chouart : Jeanne Martreuil, fille de Guillaume et de Jeanne d'Ar- 
genton, avec Jean Sauvestre, chevalier, seigneur de la Roche de 
Lezay [Housseau, XIIP, 6855). 

2. Outre Jacqueline, Bertrand de la Jaille eut quatre fils, Phi- 
libert, Pierre, Hardouin et Bertrand II. L'aîné mourut avant son 



— 287 - 

avec Jean Auvé, fils de Simon Auvé, seigneur de Soulgé et 
de Brouassin, et de feue Marguerite Clérambault (Archives 
de Maine-et-Loire, E 2902, note de M. le comte de Beau- 
chesne dans son Château de la Roche-Talbot). 

1192. — 1453, V. s., 1 mars, Montils-lès-Tours. — Lettres 
de la reine Marie portant remise des droits de rachat dus 
pour le transfert de Sainte- Maure à Jean d'Estouteville, en 
considération de son mariage avec Françoise de la Roche- 
foucauld* (Dom Housseau, XIIP, 8021). 

1193. — 1453, V. s., 11 mars. — Transaction par laquelle 
Jean Lopier abandonne à Aymard de la Rochefoucauld, sei- 
gneur de Montbazon, la haute justice sur Nitray (Dom IIous- 
seau, XIP, 6989). 

1194. — 1455, 29 avril. — Vente de deux fiefs par Jean de 
Maillyl seigneur d'Auvillers et deMaumès, à l'abbaye de 
Corbie (Abbé Ledru, Maison de Mailly, Preuves^ p. 212). 

1195. — 1455, 18 août, Tours. — Testament d' Aymard de 
la Rochefoucauld ^ Il désigne Jean d'Estouteville et Guy de 
la Rochefoucauld-Mussidan, ses gendres, pour exécuteurs 
testamentaires (Carré de Busserolle, Dictionnaire, IV, 299). 

1190. — 1455, 1 septembre. — Vente par Jean de Mailly, 
seigneur d'Auvillers, et Jeanne de Wasiers, son épouse, d'un 
fief dépendant de Corbie (Note de Dom Villeneille^ dans abbé 
Ledru, Maison de Mailly, p. 212 des Preuves). 

1197. — 1455, V. s., 10 janvier. — Partages de la succes- 
sion de Jehan d'Usages et de Jeanne de Sacé (Bib. N. Du- 



père ; les trois autres furent successivement seigneurs do hi Ro- 
che-Talbot (Voir comte de Beauchesne, La Roche-Talbot). 

1. Ce môme acte a été analysé dans la Société de Tourai'>c, 
VI, 280 sous la date du 17 mai. 

2. Il est important de remanpier que dans cet acte ainsi que 
dans les numéros 1196 et 1199 Jean d'Auvillers prend le nom 
jiatronymique de Mailly. 

3. Le testament de Jeanne de Martreuil est du 19 fc'vricr !'»(>'», 
II. s. (No 3995 de Dom Housseau). 



- 288 - 

chesne, t. 54, p. 369 ; communiqué par M. le marquis de 
Courcival). 

Sachent tous présents et advenir comme de feuz messire 
Jehan d'Usaiges, chevalier et de dame Jehanne de Sacé, sa 
femme, furent issus quatre filles ; c'est à savoir : Jeanne d'U- 
saiges, fille aînée, Marie, Ysabelle et Guillemette d'Usaiges, 
filles puisnées. 

La quelle Jeanne d'Usaiges, fille aînée \ avoit esté con- 
joincte avec feu Olivier, sieur de Prez, la quelle, à cause de 
la succession de ses dicts père et mère, étoit dame des terres 
et seigneuries d'Usaiges, Nouans, la Bouessière, Louzdraye, 
Barailles, Cheré, Gères, Courpoutrain, La Rablaye. 

Et ladite Marie d'Usaiges avait été mariée avec feu bouchart 
de Courtremblay, duquel mariage sont issus: Jeanne de Cour- 
tremblay, leur fille, la quelle avoit esté conjointe par mariage 
avec feu messire Jehan d'Angennes actuellement seigneur de 
Rambouillet et dudit Courtremblay ; laquelle Marie d'Usai- 
ges, après le trépassement dudit feu Bouchart de Courtrem- 
blay, avait été secondement mariée au dit feu messire Guy 
de la Roche, du quel mariage étoient issus feu messire Guy 
de la Roche, fils aîné, Guillaume de La Roche, son frère, à 
présent seigneur de Milleron. 

Et la diteYsabeau d'Usaiges avoit esté conjoincte par ma- 
riage avec feu messire Hervé de Mauny, chevalier, duquel 
étoit issu Guillaume de Mauny, à présent seigneur de Saint- 
Aignan ^. 

Et la dite Guillemette d'Usaiges, dernière etpuisnée fille, 
avait esté conjoincte par mariage avec Jehan, sire de Thigné, 
la quelle, à cause desdites successions, fut dame, en son vi- 
vant de la terre de Cohardon, avec ses appartenances. 

Laquelle Jehanne d'Usaiges, fille ainsnée, pour lors veuve 
dudit feu sire de Prez, estoit allé de vie à trépassement sans 



1. Voici un acte inédit relatif à cette Jeanne d'Usages : 1378, 
1 novembre. — Accord entre Marguerite de Sourches et Jeanne 
d'Usages {Arch. d'Eure-et-Loir,^ 1^^^). 

2. II ne faut pas voir dans cet Hervé de Mauny celui qui en 
1374, avait épousé Marie de Craon, mais le second fils de celle-ci 
nommé ^Hervé lui aussi et qui fut tige des Mauny de Saint- 
Aignan.' 



- 289 — 

hoirs de son corps, et par ce estoit sa succession advenue aux 
dites Marie, Ysabelle et Guillemette d'Usaiges, ses sœurs, ou 
à leur représentation ; c'est asçavoir, audit feu Jean de la 
Roche, fils aîné, et audit Jehan d'Angennes, pour les deux 
parts, et auxdits Guillaume de Mauny et à la dite Guille- 
mette d'Usaiges pour un tiers, à chacun par moitié. 

Et soit insi que ledit messire Jehan d'Usaiges eût une sœur 
nommée Huette d'Usaiges, la quelle fût conjointe par ma- 
riage avec feu Bouchart de l'Isle, laquelle fut dame, à cause 
de la dite ligne d'Usaiges ou autrement, des terres de Dan- 
geul, de Béton, des Fromenteries de Chérancé, du Breil, 
de Fleuré, de Saint-Maixent et du Pin ^ Duquel mariage étoit 
issu Jehan de l'Isle qui avoit esté conjoinct par mariage avec 
dame Marie Riboul : duquel mariage étoit issu Jean de l'Isle, 
lequel Jean de l'Isle estoit allé de vie à trépassement, sans 
héritiers issus de son corps ; et estoit sa succession advenue 
au regard desdites terres auxdites Marie, Ysabelle, et Guil- 
lemette d'Usaiges, fdles dudit Jehan d'Usaiges, ou à leur re- 
présentation ; c'est à savoir auxdits feus Jean de la Roche et 
d'Angennes pour les deux parts, et aux dits Guillaume de 
Maulny et de Thigné, pour le tiers. 

Et de la dite Guillemette d'Usaiges étoient issus deux fils, 
c'est asçavoir Amaury et René de Thigné lesquels estoient 
allés de vie à trespassement sans héritiers issus de leurs 
corps, et estoient leurs successions advenues auxdits Jehan 
d'Angennes et de la Roche pour les deux parts par repré- 
sentation de la dite Marie d'Usaiges et audit messire Guil- 
laume de Mauny pour un tiers à cause de ladite Ysabeau, sa 
mère. Et depuis ledit Jean de la Roche, fils aîné de la dite 
Marie, est allé de vie à trespassement sans héritiers de son 
corps, auquel avoit succédé ledit Guillaume de la Roche, son 
père, pour les deux parts, et le dit messire Jehan d'Angen- 
nes, pour un tiers. 

I^^t par les généalogies et successions dessus dictes, sont 
advenues les terres et seigneuries dessus dictes auxdits Guil- 
laume de la Roche, Jean d'Angennes, et audit messire Guil- 
laume de Mauny, qui sont à départir entr'eux, pour les por- 
tions dessus déclarées. 

1 . La terre du Pin est devenue le marquisat du Luart. 



-- 290 - 

En notrs court de Beaumont-le- Vicomte, en droict person- 
sonnellement establis lesdits Guillaume de La Roche et mes- 
sire Jehan d'Angennes, chevaliers, d'une part ; ledit messire 
Guillaume de Mauny, d'autre part.... cognoissent et confes- 
sent.... avoir faict partage entr'eux des terres et successions 
dessus dictes, à eux advenues, comme dict est, en la ma- 
nière qui s'en suit. 

Lot de messire Guillaume de Mauny : les terres, chastel, 
féage et seigneurie de Fleuré, avec toutes ses appartenances 
tant terre, estangs, bois, haies, ainsi que le tenoit feu Jean 
de l'Isle : Item, la terre, fief et seigneurie de Cohardon, avec 
ses appartenances et dépendances ainsi que les tenoit et ex- 
ploictoit feu messire Jehan de Thigné, à cause de Guillemette 
d'Usaiges, sa femme ; item les terres de Saint-Maixent et Le 
Pin ainsi que toutes leurs appartenances, comme les tenoit 
Jean de Lisle ; item la terre, fief et seigneurie de Béton et les 
Fromenteries de Chérancé, ainsi qu'ils se poursuivent et que 
feu Jehan de l'Isle les exploitoit ; item, la terre, fié et domaine 
du Breil et ses dépendances, ainsi que les exploitoit ledit de 
l'Isle. 

Et le surplus des terres desdictes successions, c'est asça- 
voir les terres de la Bouessiere, Barailles, Nouans, Dan- 
geul, Usaiges, Gères, Courtpoutrain, LaRablaye, demeurent 
auxdits de la Roche et d'Angennes, à départir entr'eux, à 
chascun pour telle portion comme il lui appartient. 

Donné et adjugé en nostre court le 10 janvier 1455. 

1198. — 1456-1465. — Liste d'aveux reçus par Jean d'Es- 
touteville, en qualité de seigneur de Nouâtre (Carré de Bus- 
serolle, Dictionnaire, IV, 399). 

1199. — 1457, 28 mai. — Lettre de Jean de Mailly, d'Au- 
villers et de Maumès, conseiller et chambellan du roi, et de 
Jeanne de Wasiers, sa femme, portant constitution d'une 
rente de 20 livres en faveur de Jacqueline, leur fille, religieuse 
à Longchamps (Abbé Ledru, La Maison de Mailly, prein>es^ 
216). 

1200. — 1457, 10 septembre, — Aveu de Guillaume de 



— :291 — 

Mauny, seigneur de Saint-Aignan et de Belletaille, pour 
Bellesaulle (A. N., P343^35). 

1201. — 1459, 4 décembre, Razilly. — Lettres par lesquel- 
les Charles VII donne un an de délai pour faire hommage 
pour Montbazon à Jean de la Rochefoucauld « escollier es- 
tudiant en l'université d'Angiers » (Dom Housseau^ XIP 

7021). 

1202. — 1466., V. s., 5 janvier, Chinon. — Sentence du 
lieutenant général de Chinon condamnant Théaude de Châ- 
teaubriant, et Françoise Odart, sa femme, à payer à Jean de 
Chambes, ayant droit du duc d'Alençon, sa part d'une rente 
de douze vingts livres tournois vendue au duc d'Alençon par 
Renaud de Montbazon, époux d'Eustachie d'Anthenaise, 
pour se racheter des Anglais qui l'avaient fait prisonnier. On 
y trouve divers détails sur les descendants de Jeanne d'An- 
thenaise et on y affirme que Marguerite de Craon eut pour 
fils Aymard delà Rochefoucauld* (^il/'cAiVe* de Sourckes, 
communiqué par M. l'abbé Ledru). 

1203. — 1467, 11 avril, Paris. — Arrêt du Parlement ré- 
glant le partage de la succession de Jean de la Rochefou- 
cauld. Il attribue à Françoise Montbazon, le Brandon, l'hôtel 
de la Massegnière en la ville de Tours, Sainte-Maure, la Ra- 
hcrie, Saint-Léger-la-Montagne ; à Marguerite et à Jeanne 
Nouâtre, Saint-Pierre-du-Faon, Aizié, Hérisson, Ailliers, 
Cremille, Saint-Maixent, la Saisine, La Liboslière, Maurevi- 
gne mais elles doivent supporter un tiers du douaire d'Isa- 
beau de Sainte-Maure, veuve de Jean^ (Carré de Busserolle, 
Dictionnaire^ IV, 229). 

1204. — 1467, V. s., 26 février, les Montils. — Lettres de 
Louis XI, autorisant Jean du Fou et Jeanne de la Rochefou- 
cauld à faire faire le guet à Nouâtre (Carré de Busserolle, 
Dictionnaire, IV, 399;. 

1205. — 1468, V. s., 24 mars. — Aveu rendu par Guil- 

i. Foucaud III n'est pas mentionné dans cet acte. 
2. Cet acte complète le P. Anselme, IV. 424, qui n'a pas men- 
tioimé cette alliance de Jean. 



laume de Mauny, à François de Laval, baron de Sonnois et 
de Peray, par Catherine d'Alençon, son épouse, pour Tori- 
gni (sic) tenu de Peray (B. N., Du Chesne, 54, 720). 

1206. — 1470-1489. — Liste d'aveux reçu par Jean du Fou, 
en qualité de seigneur de Nouâtre (Carré de Busserolle, Dic- 
tionnairQ, IV, 400). 

1207. — 1471, 11 octobre, Lyon. — Testament de Fran- 
çoise de la Rochefoucauld * (Carré de Busserolle, Diction- 
naire, IV, 300). 

1208. — 1475, V. s., 23 février. — Lettres par lesquelles le 
duc de Bretagne remet au sire de Guémené le rachat dû 
par le décès de Marie de Montauban, dame de Craon et de 
Landal, sa mère^ (Note de domMorice, Prem^es, III, 43). 

1209. — 1489, V. s., 20 janvier. — Aveu de Jean de Saint- 
Père rendu pour Sainte-Julitte à Prégent de Preuilly ' (Carré 
de Busserolle, Dictionnaire, III, 415). 

1210. — 1494-1500. — Liste d'aveux reçus par Jeanne de 
la Rochefoucauld, en qualité de dame de Nouâtre (Carré de 
Busserolle, Dictionnaire, IV, 400). 

1211. — 1513, 3 juillet. — Testament de Jeanne de Mailly, 
veuve d'Antoine de Hélandes, écuyer, seigneur de Montigny, 
près Rouen ; elle donne au collège Montagu à Paris « ses 
belles heures en parchemyn à l'usage de Romme que fist faire 
sa grant mère, Louyse de Craon, fille de messire Guillaume 
de Craon (A. N., M, 178, n<*6, communiqué par M. l'abbé 
Ledru). 

(A suivre). 

A. Bertrand de Broussillon et P. de Farcy. 



1. On trouve dans le même ouvrage un second testament de 
la même sans date. 

2. Cette Marie de Montauban, épouse de Louis I de Rohan 
Guémené, se rem&ria en 1464 à Georges de la Trémoïlle et en 
troisièmes noces à Jean de Karadreux, seigneur de Neuvillette. 
C'est à sa deuxième alliance qu'elle devait sa qualification de 
dame de Craon. Elle était grand mère de Louis III de Rohan, 
époux de Renée du Fou (P. Anselme, IV, 46). 

3. Cet aveu confirme ce qui a été dit ci-dessus de l'héritage de 
Guy de Craon. 



DOCUMENTS INÉDITS 



DE GHATEAU-GONTIER 



BAPTEMES DE CLOCHES 
1532 

« Le jeudi estant le XIP jour de décembre l'an mil 
cinq cens trente et deux fust baptisée la cloche moyenne 
de Sainct Jehan Baptiste de Chasteau Gontier, et fust 
icelle nommée Jehan par vénérable et discret maistre 
Jehan Corntiau, prestre, honorable homme syre Jehan 
Delaunay, parains, et honeste femme Guyenne Erfray, 
femme de honnorable sire Estienne Chariot', controlleur 
et chastelain dudit Chasteau Gontier 2. » 



1. Les Chariot étaient seigneurs de Luigné, près Goudray, et 
non de Luigné près Saint-Lambert-de-la-Poterie, comme le dit le 
Dictionnaire hist. de Maine-et-Loire, t. II, p. 562. Voir les Archives 
du château de Lui^^né. — La femme de Gabriel Chariot, rece- 
veur des tailles, est citée parmi les bourgeoises coquettes qui 
avaient pris le chaperon de velours « pour y mettre la coitîure » 
réservée aux demoiselles nobles, selon .T. Louvet, en 1573 ; elle 
se tua d'un coup de couteau. Elle était lille d'André de l'IIummeau, 
« sieur de la Farerye. » Gabriel Chariot était fils d'un marchand 
de Château-Gontier. 

2. Registre des baptêmes de la paroisse de Saint-Jean-Bap- 
tiste, de 1527 à 1551, P 89, v«. 

19 



^94 — 



1625 



« Le dernier jour d'octobre de l'an 1625 a été bapti- 
zée la cloche moyenne de cette église d'Azé. Parrain : 
noble homme René Poisson, conseiller du roy, lieute- 
nant général civil et criminel du siège royal de Ghâteau- 
Gontier', sénéchal dudit Azé. Marraine : damoiselle 
Louize du Breuil, fille de haut et puissant M® René du 
Breuil, chevalier, seigneur, baron d'Ingrande et d'Azé-, 
et haute et puissante dame Marguerite Gochelin^, son 
épouze. En présence dudit seigneur baron. Et a esté la- 
dite cloche nommée Louize, par moy Nouel Eschard, 
curé dudit Azé, et des chapelains de ladite eglize ^. » 

1657 

« Le 11® jour de janvier l'an 1657 a esté faite la béné- 
diction de la grosse cloche de l'église de céans par 
vénérable et discret M'® Pierre Arnoul, prestre^. A esté 



1. En créant le Présidial de la Flèche, le roi Henri IV avait 
enlevé au Présidial du Mans la baronnie de Sainte-Suzanne, et 
au présidial d'Angers la baronnnie de Ghâteau-Gontier pour com- 
poser le nouveau ressort. 

2. Les du Breil, chevaliers, seigneurs d'Ingrandes, fief réuni 
à la seigneurie d'Azé à la lin du XV* siècle pour former une chà- 
tellenie, sont qualifiés de barons au XVIP siècle, dans les Regis- 
tres de la sénéchaussée et siège présidial de Chdteau-Gontier 
(Archives de la Mayenne, série B). 

3. Les Gochelin possédaient la terre du Grand-Marcé, com- 
mune de la Potherie. Ils la cédèrent vers 1630 à René de Qué- 
herso de la Huberlière, marchand. Mathurin Gochelin, procureur 
au siège présidial d'Angers, en 1569, avait joué un rôle impor- 
tant pendant les guerres de la Ligue en Anjou. 

4. Registres des baptêmes de la paroisse d'Azé. — Noël Es- 
chard était déjà curé d'Azé en 1591. Il fut remplacé en 1631 par 
Nicolas Girard. M. Gadbin a publié dans ce Bulletin, 2^ trimestre 
de 1889, p. 203, la Liste des curés de la paroisse de Saint-Sa- 
turnin d'Azé, p. 203. Il faut y ajouter Guilaume Baraize, curé de 
1575 à 1586. 

5. Pierre Arnoul fut curé de Bazouges de 1631 à 1656. Il fut 
remplacé le 10 mai 1656 par Simon Bellier, mort le 2 juin 1709. 



( 



— 295 — 

parrain, noble Pierre Armenault, conseiller du Roy, re- 
cepveur des tailles à Ghasteau-Gontier, président au 
grenier à sel dudit lieu*. Marraine, damoiselle Denise 
de Beaufort. En présence de noble Pierre Trochon, sieur 
de Ghampaigne^, conseiller du Roy et advocat pour sa 
majesté au siège présidial dudit Ghasteau-Gontier 3... » 

GURÉS DE GHATEAU-GONTIER 

BAZOUGES 

1571, 19 juin. — Gervaix Mortreulx (en exercice à 
cette date, qui est celle qui figure sur le premier feuillet 
du plus ancien registre des baptêmes de Bazouges). 

1584, 22 juin. — N. Potier. 

1617, septembre. — Jehan Foucault. 

1631, août. — Pierre Arnoul. 

1656, 10 mars. — Simon Bellier, mort le 2 juin 1709. 

1709, décembre. — J. Garnier. 

1710, mars. — G. Allaire. 
1716, avril. — Pierre George. 
1756, 21 janvier. — M. Gouasnon. 

1777, 5 juillet. — Ambroise Georges, Massonnais, 
qui se retire le 4 novembre 1791. 

1791, 6 novembre. — Denis Bonneau, curé intrus, élu 
le 30 octobre 1791, qui reste dans la paroisse jusqu'en 
1800. Il cède alors la place à M. George, ancien curé^. 

1. Les Armeuauld, de GhîUeau-Gontier, possédèrent au siècle 
suivant la terre de l'Oncheray, près la Jaille-Yvon. 

2. Voir sur les Trochon de Beaumont, de la Théardière, des 
Places, de Champagne, de la Chapelle, de Moulins, de Luigné, 
de rEf)ine, de la Porte, de la Saulay, du Port, de la Coudre, de 
la Davière. de la Renaudière, de Moiré, de la Martinière, de Vil- 
leprouvée, de la Cellerie, de Mortreux, de Vallette, etc., etc. 
V Armoriai général de l'Anjou^ t. III, pp. 258-259. 

3. Registres des baptêmes de la paroisse de Bazouges. 

'k. Registres des mariages, baptêmes et sépultures de Bazouges. 
Documents authentiques, etc., par Frédéric Le Coq, III« partie, 
p. 28). 



^96 



SAINT-REMY 

1446. — Geoffroy Hardy. 

1446-1477. — Olivier Moreau. 

1477-1480. — Jehan Quantin. 

1485-1501. — Jehan-René Tessé. 

1505. — Guillaume Grincheux. 

1565. — Guillaume Jussé. 

1574. — Pierre Guillocheau. 

1577. — Jehan Marion. 

1596. — Aubin Aubry. 

1610. — Jehan Lemonnier. 

1617. 12 octobre. — Fran- 
çois Godoul. 

1627, 2 janvier. — Nico- i Chapelains desservants, 
las Lemasson. [ Tous les quatre ont signé 

1627, juin. — Julien Ro-[ successivement les actes 
ger. \ jusqu'au 23 février 1632. 

1630, septembre. — Je- 
han Mahier. 

1633, 4 mars. — Eustache Guilloteau, curé. 

1659, 25 février. — Jean Martinet, mort le 8 septem- 
bre 1676. 

1676, 3 octobre. — Gabriel Quentin. 

1688, 24 janvier. — N. Tessé. 

1689, 30 mars. — Charles Arthuys, mort le 19 avril 
1710. 

1710, 14 mai. — Pierre Dugué. 

1713, 21 juin. — René Noulin, mort le 21 mai 1728. 

1728, 5 juin. — Jacques-Anne-Maurille Morin. 

1734, 8 octobre. — Carlier, curé de Con- \ 
grier et desservant de Saint-Remy. j 

1735, 19 mai. — Delhommeau, desservant, / intérim, 
mort le 15 juin 1736. \ 

1736, 7 août. — J. Viel, desservant. / 



fl 



- i97 - 

1739, 20 octobre. — J. Maliier, desservant. \ 

1747, 15 mai. — Déan de Luigné, desser- / . 
. i intérim, 

vant. 



1747, 17 novembre. — Millet, desservant. 

1758, 25 août. — Jacques-Anne-Maurille Morin, réap- 
paraît, après 30 ans d'absence ; il meurt le 6 octobre 
1777, âgé de 75 ans. Il était maître es arts. 

1777, 23 octobre. — Pierre Grosnier. Jl se retire le 
24 juillet 1791'. 

1791, 3 août. — Urbain-François-Fouqueret, curé 
intrus, qui, le 3 juillet 1792, remet les actes de Fétat-civil 
au maire de Ghâteau-Gontier, M. Détriché. Urbain- 
François Fouqueret abdiqua devant le Gonseil munici- 
pal de Ghâteau-Gontier, le 6 pluviôse an II, ses fonc- 
tions sacerdotales et curiales, et déclara ne pouvoir 
déposer des lettres de prêtrise, vu qu elles avaient été 
brûlées par les Vendéens lors de leur passage dans la 
cité. En renonçant, devant le Gonseil, à ses fonctions 
sacerdotales, Marin-François-Alexandre Mercier fait une 
déclaration semblable 2. 



SAINT-JEAN 

1442. — Jehan Malherbe, curé. 

1527. — Jehan Godier et André Durand, vicaires as- 
sociés. 

1540, juillet. — Jehan Georget, vicaire. 
1550, septembre. ~ Jehan Luet, id. 



1. Les noms des curés de Saint- Rémy, aux XV* et XVI® siè- 
cles, sont empruntés à diverses sources inédites. — Les regis- 
tres de baptômes etc. ne commencent qu'en 1615 et ont fourni les 
noms des autres curés. Le Coq, lùid., p. 2. 

2. Les successeurs concordataires de Pierre Grosnier furent 
P. J. Bréhéret et G. H. P. Arthuis, Le Goq, lùid. p. 3). 



— 298 — 

1551, août. — Julien Ferchaut, vicaire. 

1560. — Jehan Le Sayeux, curé. 

1569. — Jehan Le Verrier. 

1603, novembre. — Georges Le Roy (jusqu'en 1645). 

1646. — Jehan Besnier, mort le 21 juillet 1653. On 
l'inhume « dedans le chœur, proche le balustre du grand 
autel. » 

1653, 20 juillet. — René Le Roy. 

1667. — Jean Tusse (jusqu'en avril 1669). 

1670, 19 décembre. — Madelon Martin, résigne à son 
neveu après cinquante-six ans d'exercice. 

1726, 31 juillet. — François Deshayes. Il est encore 
curé en 1761, mais une lacune de huit années existe là, 
qui ne permet pas de préciser sa mort, ni l'entrée en 
fonction de son successeur. 

1768. — Aubry (Ce prêtre était en service, à cette 
date, depuis quatre ou cinq ans). 

1770, 23 avril. — Mahier (Jean), jusqu'au 24 juillet 
1791, où il dut résigner ses fonctions*. 

1791, 25 juillet. — P.-J. Fouqueret, curé intrus, mort 
presque subitement le 9 septembre 1791. Le Masson lui 
succéda. 

1792, 15 février. — Louis-François Lévenard, curé in- 
trus élu le 5 février 1792, rend les registres de l'état civil 
le 31 octobre 1792 au maire de Ghâteau-Gontier, M. Des- 
triché, puis abdique la prêtrise le 6 pluviôse an II, pour 



1. Le même jour, son successeur même écrit sur le registre 
des baptêmes : « Ici la Révolution fit sortir l'entête Ma- 
hier... » Le 19 octobre 1791, au matin, le tonnerre tomba sur 
le clocher de Saint-Jean. Les marguillers avaient sauvé les vases 
et pièces d'argenterie, se réservant d'en appliquer le montant à 
la réparation du clocher incendié, au lieu de les déposer à la 
mairie pour être envoyés à la Monnaie de Paris, selon le vœu de 
l'assemnlée. Mais, dénoncés, ils ne purent conserver ces objets 
et durent les livrer au district le 9 janvier 1793. 




- 299 — 

devenir un des officiers municipaux de la ville '. Il s'é- 
tait marié à Laval avec une religieuse. 11 déclarait qu'il 
ne pouvait déposer ses lettres de prêtrise a attendu que 
les brigands de la Vendée les ont brûlées. ». 

André Joubert. 



1. Registres de l'état civil de Saint-Jean. Le Coq, Ihid., p. 13. 
Le successeur concordataire de Jean Mahier fut René-François 
Hayer. 



LA JUSTICE A SANG 

1405 

Le 4 mars 1405, les officiers du seigneur de Fromen- 
tières tenaient les assises. Le petit tribunal, composé 
d'un sénéchal, qui n'était autre que messire Guillaume 
Hay, grave magistrat et très riche bourgeois de Laval, 
d'un procureur, d'un sergent et de plusieurs recors, 
montrait une animation inaccoutumée qu'on pouvait 
prendre pour une satisfaction non déguisée. C'est 
qu'en effet on allait avoir à juger un cas criminel, rare 
aubaine pour la juridiction assez restreinte du pré- 
toire de Fromentières, où l'on ne siégeait d'habitude 
que pour recevoir des aveux insignifiants, donner des 
délais ou décerner des défauts, percevoir des droits 
et des amendes dérisoires, ou tout au plus prononcer 
sur des délits sans importance. Cette fois, il s'agissait 
d'un vol bien caractérisé, qualifié, dirait-on aujourd'hui, 
et, ce qui est plus important, les juges du seigneur 
avaient pris le voleur. Bonne aubaine, encore une fois, 
et précieuse occasion pour de doctes légistes, pour des 
magistrats zélés, d'exercer leur science et de venger le 
crime. 

L'accusé se nommait Jean Vilais, du pays de Breta- 
gne, valet de Jean Bahoul, seigneur de Baubigné, et 
son crime était d'avoir, lui et autres dans sa compagnie, 
dérobé « partie d'unie pipe de vin nouvelle, jusques à la 
valeur d'une somme de cheval. » On sait que Fromen- 
tières, qui tire son nom d'une autre richesse de son 
sol fertile, était jusqu'au XVIP siècle un des grands 



— 301 — 

crûs du Bas-Maine. A Fexemple des abbayes et des no- 
bles qui, de toute antiquité, y possédaient des vignes 
pour leur provision, les bourgeois enrichis de Laval y 
acquirent des clos qui furent encore cultivés et en bon 
rapport longtemps après le délaissement de cette cul- 
ture dans le voisinage de leur ville. 

La victime du vol, Michel Lemaçon, avait dénoncé 
comme coupable du larcin le valet du sire de Baubigné, 
les recors l'avaient appréhendé, mis en prison et de là 
conduit devant les « gens de Monseigneur de Fromen- 
tières. » 

Ceux-ci mirent grand soin dans l'instruction de cette 
cause. Aucun ne manqua à l'assemblée depuis le séné- 
chal en personne jusqu'au dernier des recors. Deux jours 
durant, on questionna le malfaiteur, ce qui ne doit s'en- 
tendre pourtant, croyons^nous sans l'affirmer, que delà 
question verbale et non corporelle. Enfin il fut procédé 
tant et si bien que Perrot Vilays « cognut et confessa 
vers Michel Lemaçon, en jugement, que à desceue du- 
djt Maçon et sans son assentement, lui et autres en com- 
paignie, avoint prins et s'estoint encesinez » du vin dis- 
paru. 

Devant cet aveu du coupable la justice n'avait plus 
qu'à prononcer la peine et pour cela à consulter le code 
pénal d'alors, c'est-à-dire la coutume du Maine, non ré- 
formée encore. Or la coutume du Maine n'était pas ten- 
dre aux voleurs, et parmi les voleurs elle frappait plus 
impitoyablement ceux qui avaient dérobé les aliments 
communs. Il ne s'agissait pas seulement d'une répara- 
tion envers le volé, ni de la prison, ni d'une peine aJUic- 
tive passagère. Il fallait que le coupable portât à tout 
jamais une marque visible de sa qualité de voleur. Aussi 
maître (juillaume Hay éleva-t-il la voix avec solennité 
pour dire : « Nous avons déclaré par jugement que ledit 
Perrot Vilais a desservi avoir coupée l'oraille. » 



— 302 — 

A ce mot d'oreille coupée, Perrot ne put retenir un cri, 
ni reprimer un mouvement instinctif de protection pour 
la partie menacée. Il avait la faiblesse de tenir excessive- 
ment à ses deux oreilles ; la gauche et la droite lui étaient 
également précieuses, il n'en avait aucune qu'il voulût sa- 
crifier ; aussi, sans fausse honte, en toute humilité, seprit-il 
à supplier ses juges de n'être pas aussi rigoureux pour 
une faute qu'il avouait et pour un tort qu'il réparerait. 
Ses amis intervinrent, son maître surtout qui tenait à 
son valet, et qui n'eût pas été flatté d'avoir à son ser- 
vice un garçon estropié par la justice. La justice ne fut 
pas inexorable ; elle voulut bien laisser à Perrot Vilays 
ses deux oreilles, « commuant et mettant à amende civile 
le cas criminel et la punition corporelle » qu'il avait en- 
courue. L'amende fut de quatre livres, alors que la répa- 
ration envers Michel Lemaçon pour son vin volé n'était 
que de vingt sols. De plus le coupable devait faire « un 
voiage pour monseigneur à Monsieur Saint Michel du 
Mont. » Ce qui prouve que tous ceux qui cheminaient 
par les chemins montais ne le faisaient pas toujours par 
un motif de dévotion personnelle et spontanée. 

Enfin le voleur fut content d'avoir, à ce prix, évité l'o- 
pération douloureuse qui l'eût privé d'un ornement in- 
dispensable à la figure des honnêtes gens. Le petit tri- 
bunal qui avait si bien travaillé s'adjugea pour son 
salaire, sur les quatre livres d'amende, vingt sols qui 
furent répartis entre ses membres proportionnellement à 
la dignité de leur fonction. Vingt sols entre cinq, c'est 
petit profit, mais qui vaut bien encore une oreille de 
vilain ^ . 

A. 

1. Arch. départem. de la Mayenne, E, 25 f" 11. 



PROCES-VERBAUX DES SEANCES 



SEANCE DU 18 OCTOBRE 1892 



La séance est ouverte à deux heures, à la Préfecture, 
sous la présidence de M. Floucaud de Fourcroy. 

Sont présents : MM. Floucaud de Fourcroy, prési- 
dent, de Martonne, Angot, Richard, de Beauchesne, 
membres titulaires, et MM. Chappée, Anis, Letour- 
neurs, Raulin, Œhlert, membres correspondants. 

MM. P. de Farcy, Liger, Garnier, Abraham, de la 
Beauluère, Tirard sont excusés. 

Sont proposés comme membres correspondants : 
MM. Tabbé Délépine, curé de Sacé. 

C*^ Léopold de Quatrebarbes, à Saint-Laurent- 
des-Mortiers. 

Robert Mowat, 10, rue des Feuillantines. 

Sur le bureau sont déposés les ouvrages suivants : 
Congrès archéologique de France^ 56® session, Evreux; 
— Ricouart : Les cinq livres des astronomiques de 
Marcus Manilius^ traduction en vers ; Les biens de 
l'abbaye de Saint-Wast (2 vol) ; Translation des reli- 
ques de Saint-Wandrille \ Etudes sur les noms de 
lieu du département du Pas-de-Calais ; — R. P. Dom 



- 304 - 

Paul Piolin : Le théâtre chrétien dans le Maine au 
cours du moyen-âge; — Bulletin de la Société histo- 
rique et archéologique de l'Orne (T. XI) ; — Bulletin 
de la Société archéologique de Nantes; — Bulletin 
de la Société de l'Orne ; — Commission des antiqui- 
tés et des arts de Seine-et-Oise (T. XII) ; — Bulletin 
de la Société d' agriculture ^ sciences et arts de la Sar- 
the ; — Revue du Maine ; — Revue de l'Anjou ; — Re- 
vue Normande et Percheronne. 

M. le Président donne lecture d'une lettre de M. Cor- 
née, qui remercie la Commission de l'avoir nommé 
membre correspondant. 

M. H. Letourneurs communique des photographies 
d'émaux appartenant à M. J. Letourneurs et à M. de la 
Beauluère. Ces photographies doivent servir de docu- 
ments à un ouvrage sur les émaux qui se publie à Li- 
moges. 

L\ PREMIÈRE ÉGLISE SAINT-MARTIN, A LAVAL 

M. l'abbé Angot donne ensuite lecture de l'intéres- 
sante note suivante : 

(( On peut remarquer à Laval dans la rue de Rennes au 
fond d'une ruelle en cul de sac qui précède la maison 
de M, Courcelle quand ou vient de la rue Joinville, une 
vieille porte dont les décorations ont été profondément 
mutilées, mais qui, dans son ensemble, accuse nettement 
l'époque romane. Je n'en ferai pas ici la description, me 
contentant d'en constater le style qui est indiscutable. 
L'édifice auquel cette porte est annexée et dont elle fait 
partie, transformée en maison d'habitation avec cave ré- 
gnant sous le tout forme un carré long de 8 à 9 mètres sur 
20 à l'intérieur, et n'offre à première vue aucun carac^ 
tère bien accusé d'antiquité. 

Toutefois, si l'on considère que ce vaste vaisseau a 




-^ 305 - 

été construit sans aucun mur de refend, et que la cave 
présente encore cette disposition ; si Ton fait attention 
aux murs qui ont une épaisseur d'un mètre vingt centi- 
mètres^ on sera porté à croire, et c'est l'opinion que 
j'émets ici, que le monument entier, au moins dans la 
partie inférieure de ses murailles, est de la même date 
que la porte romane qui orne son pignon vers l'est. Ce 
serait donc le vaisseau d'une église ou d'une vaste salle 
de couvent construit dans cet endroit au XP siècle. 

Gomment un édifice de cette importance n'a-t-il été si- 
gnalé par aucun de nos historiens Lavallois ? C'est qu'é- 
videmment il ne fut jamais occupé par une communauté 
qui ait vécu. Je crois donc qu'on pourrait lui appliquer 
un incident de l'histoire de Guy II, auquel les histo- 
riens de la province n'ont fait qu'une allusion trop vague 
mais qui est relaté avec détails dans les histoires de Mar- 
moutier, surtout par don Alexandre Le Michel, dont 
l'ouvrage se trouve en manuscrit à la bibliothèque de 
Tours. 

« Nous passerons sous silence, dit-il, pour cause de 
brièveté, un document où l'on peut lire pourtant un 
fait très notable. Il y est raconté que Guy, fondateur et 
seigneur du château que l'on nomme Laval, avait donné 
depuis longtemps la terre (où fut plus tard construit le 
bourg de Saint-Martin) à un moine de Saint-Calais du 
nom de Guérin, qui fut mis à la tête du monastère pro- 
jeté de Saint-Martin. Assez longtemps après, alors que 
son couvent était à peine commencé, Guérin fut tué. Ce 
moine s'était soustrait à l'obéissance de son abbé pour 
fonder un couvent indépendant de toute subjection et 
Guy de Laval, entrant dans son intention, lui avait 
donné un terrain près de son château pour y construire 
une église et un bourg, Car il désirait avoir là une ab- 
baye qui fût le chef-lieu de tout ce qwe Guérin pourrait 
acquérir. » 



- 306 — 

On trouvera peut-être que ce monastère, qui fut à 
peine commencé et bientôt interrompu dans sa construc- 
tion par la mort tragique de son fondateur, pourrait bien 
nous donner l'explication de la présence dans le quar- 
tier de Saint-Martin d'un monument qui n'a point d'his- 
toire, parce que, comme l'église de la Gassine près de 
Forcé, il ne fut jamais achevé. 

M. le comte de Beauchesne annonce à la Commission 
que M. le comte de Saint-Paul, propriétaire des ruines 
de Bois-Thibault, serait peut-être disposé à céder à ti- 
tre gracieux au département ces intéressants vestiges, 
à cofidition qu'ils fussent entretenus. M. le comte de 
Beauchesne, si la Commission veut bien agir, offre de 
faire chaque année les frais d'entretien, pourvu qu'ils ne 
dépassent pas une certaine somme. 

M. le comte de Beauchesne donne ensuite lecture 
d'une intéressante étude sur l'église de Cigné. 

M. E. Moreau annonce que le musée de Laval vient 
de s'enrichir d'une inscription en l'honneur de Jean de 
Birague, provenant originairement de l'église d'Entram- 
mes et en dernier lieu remisée sous une gouttière, dans 
la cour d'une maison de la rue Sainte-Anne, au carre- 
four dit de la Croix-Bidault. Cette inscription est ainsi 
conçue : 

ICY REPOSE EN DIEV LE CŒUR 
DE HAVLT ET PVISSANT SEIGNEVR 
MESSIRE JEAN MARQVIS DE 
BIRAGVE BARON d'eNTRAMES 
CHEVALIER DES ORDRES DU ROY 
CONSEILLER EN SES COSEILS 
LIEVTENT GENERAL DE 
LARTILLERIE, ISLE ET ARSENAL 
DE FRANCE, SEIGNEVR DE LA 



— 307 — 

MORLAIE DE MONTIGNÉ CHAVMERAY 

l'ovtagerie et CLEQVEL FVT 

BLESSÉ DVN COVP DE MOVSQVET 

DANS LA TESTE AV SIEGE DEVANT 

DONQVERQUE DANS l'eXPEDITION 
DES BATTERIES DV DICT SIEGE 
LE HVIGTIEME JOVR DE JVIN 
MIL SIX CENT CINQVANTE HVIGT 
DONT AYANT DÉCÉDÉ LE 
SEIZIEME SON CORPS FVT EN 
SEPVLTVRE DANS LEGLISE 
CATHEDRALE DE CALAIS ET 
SON CŒUR AMENÉ ICY PASSANTS 
PRIEZ POUR LUY REQVIEM 
IN PACE. 

Cette pierre est ornée des armoiries du défunt et 
d'une gravure représentant deux pièces d'artillerie. 

Le même musée vient également d'acquérir une belle 
statuette provenant de l'ancienne église Saint-Martin de 
Montsùrs. 

M. l'abbé Anis donne quelques détails sur un impor- 
tant travail qu'il a entrepris concernant Rivault de 
Fleurancc et dont il réserve la publication au Bulletin. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 
quatre heures. 



BIBLIOGRAPHIE 



Simon et David de Heemsce, peintres-verriers à 
Moulay (Mayenne) 1543-1567, par M. l'abhé Angot, 
1 brocïi. in-8°, extraite de la Revue du Maine : Mamers, 
Fleury et Dangin, 1893. 

On n'ignorait pas, d'après certains documents, qu'un ate- 
lier de peintre-verrier avait été en activité à Moulay dans le 
cours du XVP siècle ; on savait même que l'artiste ou l'un 
d'eux se nommait « maître Simon, » ou « Simon de Hemsse, » 
s'il fallait s'en rapporter à un marché conclu par lui pour la 
décoration du réfectoire des Cordeliers de Laval. Mais là 
s'arrêtaient les vagues notions que l'on possédait sur son 
compte. 

M. l'abbé Angot a poussé plus loin ses investigations. Il 
a découvert que l'atelier était établi à la Bretonnière, en Mou- 
lay, que Simon de Heemsce, — telle paraît être la véritable or- 
thographe de son nom, — avait probablement pour collabo- 
rateur son frère David de Heemsce, peintre, qui décora en 
1557 une cassette de l'autel de la Vierge à Notre-Dame de 
Mayenne. La période pendant laquelle ces artistes travaillè- 
rent paraît limitée entre 1543 et 1567. Malgré leur isolement 
dans un coin retiré et ignoré, ils répandirent dans toute la 
province les produits de leur art. Malheureusement les ver- 
rières citées comme étant leur ouvrage dans des contrats au- 
thentiques conclus par eux n'existent plus. M. l'abbé Angot 
pense qu'il y aurait quelques raisons de leur attribuer la ma- 
gnifique verrière de Montaudin \ certains vitraux de la ca- 



1. Opinion déjà émise par M. Jules Le Fizelier : La cuve bap- 
tismale de Montaudin, dans Etudes et Récits. 



- 309 - 

thédrale de Dol, et un fragment très-curieux qui subsiste 
encore dans l'église de Martigné*. 

Quant à la biographie de Symon de Heemsce elle reste en- 
core à faire, de l'aveu même de M. l'abbé Angot. Mais mal- 
gré cette déclaration toute modeste, l'auteur en apporte lui- 
même un premier élément ; il cite in extenso un document 
inédit, que lui a communiqué M. l'abbé A. Ledru et duquel il 
résulte que maître Simon se trouva compris, en 1545, comme 
soupçonné d'hérésie, dans une dénonciation au Parlement, 
puis sommé de comparaître en 1553 ; selon toute vraisemblance 
cette accusation fut reconnue fausse ou peu justifiée, puisque 
nous voyons notre artiste exerçant encore sa profession en 
1567. 

L'excellente notice de M. l'abbé Angot offre un grand inté- 
rêt. Elle prouve qu'il n'est pas d'énigme historique qu'on ne 
puisse espérer résoudre, dfu moins en partie, grâce à des 
recherches patientes et un peu de ce prétendu « bonheur » 
dont sont précisément favorisés ceux-là mêmes qui le méri- 
tent et savent le provoquer par une longue suite de travaux 
consciencieux. E. M. 



Documents authentiques pour servir à l'histoire 
de la constitution civile du clergé dans le départe- 
ment de la Mayenne, par M. F. Le Coa, ; 7^ partie, Dis- 
trict de Yillaines ; 1 vol. in-8% Laval, Cnailland, 1893. 

M. ¥ . Le Coq vient de publier la dernière partie de son 
important ouvrage concernant la constitution civile du clergé 
dans le département de la Mayenne. Il y traite du district de 
Yillaines (Lassay en 1793). Nous retrouvons dans ce fascicule 
la même méthode et le même plan que dans les précédents. 
Nous ne le résumerons pas, car un travail de cette nature, 
rempli do faits, échappe à toute analyse ; mais nous nous em- 
presserons de dire qu'il clôt dignement un ouvrage dont il a 
été rendu compte ici, au fur et à mesure de la publication de 
ses diverses parties. Rappelons aussi que cet ouvrage sup- 
pose, de la part de l'auteur, une somme de recherches consi- 
dérables, et mot d'un seul coup, à la disposition du public, 
une masse énorme de documents. 

Le dernier fascicule contient des suppléments et errata se 
rapportant aux parties antérieurement publiées. O. R. 



1. Nous nous rangerions d'autant plus volontiers sur ce (U*r- 
uier point, à l'avis de l'auteur, que la uieme idée nous vint spon- 
lanéinent, il y a qucUpies anuces, pendant une visite de l'église 
de Martigné.' 



- 310 - 

La Ville Rouge de Tennis, par M. F. Liger, 1 broch. 
in-8°, extraite de la Re{>ue du Maine, Mamers, Fleury et 
Dangin, 1892. 

Notre collègue M. F. Liger, l'infatigable et heureux cher- 
cheur de vestiges gallo-romains, vient de publier, en une 
brochure à part, une curieuse description de la ville de Ten- 
nie (22 kil. O.-N.-O. du Mans). Les ruines couvrent un 
espace de vingt-six hectares au minimum. Elles consistent en 
substructions et en débris de toute sorte épars à la surface du 
sol. C'est la plus importante agglomération romaine qui ait 
été jusqu'ici signalée dans notre province, après Le Mans, 
Oisseau-le-Petit et Jublains. 

M. Liger incline à penser que Tennie fut une ville ou tout 
au moins une mansio d'origine purement romaine, établie 
dans le P"" siècle de notre ère. Il y désigne, avec beaucoup 
de vraisemblance, les emplacements du temple, de la basili- 
que, du théâtre, des bains. Quant à l'époque de sa destruc- 
tion, elle est la même que celle d'autres centres connus de 
notre province ; c'est cette période de 277 à 280 qui vit tant 
de rumes et l'enfouissement de tant de trésors. Plus tard 
Tennie, comme Jublains, se releva péniblement de ses désas- 
tres. Au VIP siècle elle était une villa ; elle est devenue un 
bourg, modeste mais toujours riche en vestiges archéologi- 
ques. E. M. 



Ce qu'étaient les puits funéraires, note de M. G. 
Fleury, extraite du Bulletin de la Société hist. et arch. de 
l'Orne. 

Combattant une assertion émise dans le Bulletin monu- 
mental^ d'après lesquels les puits funéraires seraient de sim- 
ples cloaques destinés jadis à recevoir des débris de cuisine, 
de vaisselle et des décnets de toute sorte, M. G. Fleury lui 
oppose ses propres observations faites à Saint-Remy-des- 
Monts, où il a visité des puits construits sur un plan uniforme 
et offrant visiblement un caractère funéraire. Il pense donc, à 
juste, titre selon nous, que si certains puits, improprement 
qualifiés de funéraires, ont pu n'être en réalité que de simples 
cloaques, il faut se garder de généraliser la conclusion, et ne 
pas rayer d'un coup, de notre répertoire archéologique, une 
série ae vestiges dféjà maintes fois reconnus et sunisamment 
déterminés. E. M. 



- 311 — 

Inventaire des Archives des châteaux bretons; — 
Archives du château de Saffré, 1304-1610, publiées par 
le Marquis de l'Estourbeillon. 1 vol. in-8° ; Vannes Lafolye, 
Paris, Picard, 1893. 

M. le marquis de l'Estourbeillon vient de publier le pre- 
mier fascicule d'un vaste inventaire qu'il prépare des prmci- 
paux cliartriers bretons. Cette publication lui paraît, à juste 
titre, le complément très utile et tout indiqué des inventaires 
d'archives de nos dépôts publics. 

Les archives de Satîré ont été analysées de 1394 à 1610. 
Nous ne pouvons donner à notre tour un résumé de cette 
analyse, si intéressante qu'elle soit pour les Bretons. Nous 
dirons toutefois que Jehan de Laval, sire de Châteaubriant, 
devint en 1527 usufruitier, puis en 1542 propriétaire de la sei- 
o^neurie de Saffré, qui, la même année, passa par échange à 
Louis d'Avaugour, seigneur de Kergrois ; les d'Avaugour la 
conservèrent, sous leur nom, pendant plus d'un siècle. 

Au point de vue général nous applaudirons à l'intelligente 
initiative de M. de l'Estourbeillon ; s'il trouvait quelques imi- 
tateurs dans chacune de nos provinces, que de trésors se- 
raient révélés aux érudits et combien d'autres échapperaient, 
du moins partiellement, à l'anéantissement complet qu'un 
hasard peut infliger même à ceux d'entre eux qui paraissent 
le plus à l'abri et le mieux gardés ! E. M. 



Depuis le mois de janvier dernier paraît au Mans une nou- 
velle revue : L'Union historique et littérairç^ du Maine ^ re- 
cueil mensuel sous la direction de MM. l'abbé Ambroise 
Ledru, l'abbé Ern. L. Dubois et l'abbé Henri Bruneau. 

Cette revue qui se propose de donner des travaux histori- 
ques et littéraires et, croyons-nous aussi, de publier des do- 
cuments, a brillamment débuté par des articles signés A. Le- 
dru, Ern. Dubois, L. Froger, E. Chambois, A. Angot, 
A. Anis, J. Chappée, qui intéressent plus spécialement le dé- 
partement de la Sarthe. 

Nous souhaitons bonne et longue vie à la nouvelle publica- 
tion, bien convaincus qu'elle contribuera pour sa large part 
au progrès des études historiques dans notre province ; sa 
direotion nous en est le plus sûr garant. 



TABLE DES MATIÈRES 



Histoire de l'Imprimerie à Laval jusqu'en 1789, par M. 
l'abbé A. Angot 13 

Recherches sur divers titulaires de magistratures, charges 
et offices, de la ville et du comté de Laval (suite), par 
M. DE LA Beauluère 57 

Notice sur les seigneurs de Vautorte (Fin), par M. l'abbé 
Ch. Pointeau 93 

Sigillographie de§ Seigneurs de C'raon (Suite) par MM. A. 
Bertrand de Broussillon et Paul de Farcy . . . 118, 220 

David Rivault de Fleurance et les autres précepteurs de 
Louis XIII, par M. l'abbé A. Anis 165 

Recherches sur Saint-Denis-de-Gastines, par M. A. Fau- 
con 195 

Quelques notes sur l'ancienne chapelle et la seigneurie de 
Gastines, en Molières, près Ghemazé, par M. R. Gadbin. 214 

Documents inédits pour servir à l'histoire de Château- 
Gontier, par M, A. Joubert 293 

La Justice à sang (1405), par M. A 300 



PROCES- VERBAUX DES SÉANCES 

Séanc»' du 8 juillet 1892 15'i 

— 18 octobre 1892 303 



314 — 



FAITS DIVERS 



Musée de Jublains. . . , 155 

La première église Saint-Martin, à Laval 304 

Château de Boisthibault 306 

Inscription de Jean de Birague 306 

BIBLIOGRAPHIE 

L'abbaye de Fontaine-Daniel, sa fondation et ses derniers 

jours, par Edm. Leblanc 157 

La maison de la Reine Bérengère au Mans, par R. Triger. 158 
Lettres intimes de Mgr Cohon, évêque de Nîmes, publ. 

par Prosper Falgairolle 159 

Un moine au XIX® siècle : Dom Piolin, par Joseph Denais. 160 
Tableaux généalogiques, etc., sur les familles de Vitré, 

par /. C. Frain de la Gaulairie 161 

Le doigt de la Morte, par l'abbé A. Ledru 161 

Ecrits inédits de Saint-Simon, Tomes VII et VIII, publiés 

par M. le vicomte S. Menjot d'Elbenne 161 

Etudes pour servir à l'interprétation des noms de lieux, 

par L. Ricouart. 162 

Simon et David de Heemsce, peintres-verriers à Moulay 

(Mayenne) 1543-1567, par M. /'a/^ée^wg'of 309 

Documents authentiques pour servir à l'histoire de la 
constitution civile du clergé dans le département de la 

Mayenne, par M F. Le Coq 309 

La Ville Rouge de Tennie. par M. F. Liger 310 

Ce qu'étaient les puits funéraires, note de M. G. Fleury. 310 
Inventaire des Archives des châteaux bretons ; — Archi- 
ves du château de Saffré, 1394-1610, publiées par le Mar- 
quis de l'Estourheillon 311 



316 — 



TABLE DES GRAVURES 



Frontispices d'anciens ouvrages imprimés à Laval. 21, 23, 25, 

31, 33, 47, 55 

Sceau de Guillaume I, 1345 et 1357 124 

Sceau et contre-sceau des causes de Morannes, 1361. . . 124 

Sceau des causes de la vicomte de Ghâteaudun, 1387-1389. 125 

Sceau de Marguerite de Flandre. 125 

Signet de Patry de Sourches, seigneur de Malicorne, 1347. 130 

Sceau de Guy de Graon, 1389 • • 'ï^l 

Sceau de Renaud de Maulevrier, 1379 133 

Sceau de Hervé de Mauny, 1388 134 

Blason de Mauny, voûte de la Ghapelle-Saint-Rémy. . . 135 

Ganon à vapeur, de David Rivault 187 

Sceau de Guillaume II, 1379 224 

Sceau de Guillaume II, 1383 225 

Sceau de Guillaume II, 1388-1401 225 

Sceau ue Guy VIII de la Rochefoucauld, 1383 230 

Sceau de Maurice Mauvinet, 1348 231 

Sceau de Maurice Mauvinet, 1353 232 

Sceau de Maurice Mauvinet, 1392 232 

Sceau d'Aimery Odard, 1330 234 

Sceau de Jean de Hangest, 1392 236 

Sceau de Jean de Hangest, 1410 236 

Sceau de Jean d'Au^illers, huissier au Parlement, 1402. . 239 

Sceau de Jean de Montbazon, 1405 242 

Sceau de Jean de Montagu, 1393 242 

Sceau de Jean de Montagu, 1406 243 



— 316 — 



TABLE DES NOMS D'AUTEURS 



TRAVAUX ORIGINAUX ET DOCUMENTS 
MM. 

Angot (l'abbé) 13 

Anis (l'abbé) 165 

Beauluère (L. de la) 57 

Broussillon (Bertrand de) 118, 220 

Farcy (Paul de) 118,220 

Gadbin (René). . . .' 214 

Joûbert (André) 293 

Pointeau (l'abbé) 93 



AUTEURS CITES DANS LES ANALYSES HIHLIOGKAI'HIQUES 

Angot (A.) :m 

Denais (J.) 160 

Elbenne (d') 161 

Estourbeilllon (de 1') 311 

Falgairolle (P.) 159 

Fleury (G.) 300 

Gaulairie (Frain de la) 161 

Leblanc (E.) 157 

Le Coq (F) 309 

Ledru (A.) . . , 161 

Liger (F.) 310 

Hicouart (L.) 162 

Triger (R.) 158 



Laval. — Imprimerie H. Leroux, rue du Lieutenant, 2. 



OUVRAGES OFFERTS A LA COMMISSION 



Revue du Maine. 

L'Union historique et littéraire du Maine ^ livraisons 
1, 2, 3, 4. (Nouvelle i?6t?we? publiée au Mans). 

Bulletin de la Soc. arch. de Nantes, 

Bulletin de la Soc. hist, et arch. de l'Orne. 

Bulletin de la Soc. d'agricidtiire sciences et arts de la 
Sarthe. 

Bulletin et mém. de la Soc. arch. d'Ille-et- Vilaine. 

Le cimetière d'Herpès {Fouilles et collections dePh. De- 
lamain) publication de la Soc. arch. et hist. de la Charente, 
Grand in-4°, Angoulême, 1892. 

F. LiGER. — La ville rouge de Tennie, 

F. Le Coq. — Constitution civile du clergé. — District 
de Villaines. 



La liste des ouvrages offerts à la Commission sera 
insérée à cette place, sans préjudice du compte-rendu 
qui sera fait de tout ouvrage intéressant le Maine dont 
elle aura reçu deux exemplaires. 



^Secrétaire Général, f. f. de Gérant {Loi du 29 juillet 1881). 

E. MOREAU. 



LE BULLETIN DE LA COMMISSION HISTORIQUE ET 
ARCHÉOLOGiaUE DE LA MAYENNE paraît tous les 
trimestres^ en livraisons comptant environ 128 pages. 
Il forme deux volumes par an. 

n donne des gravures et illustrations aussi souvent 
que le permettent les sujets traités et les ressources dont 

il dispose. 

Les personnes étrangères à la Commission peuvent sy 
abonner comme à toute publication périodique. 

Le prix de l'abonnement est de DIX FRANCS par an. 

Les engagements pour cotisations ou abonnemen1^_ 
continuent de plein droit s'ils ne sont pas dénoncés 
avant le !"• janvier.. 



Il reste encore quelques exemplaires des tomes III, 
IV et V de la première série, qui sont en vente au prix 
de six francs le volume. 



Les tomes I, II, m, IV et V de la 2^ série sont en vente 
au prix de 12 francs l'année. 



BTULLETIDNT 



DE LA COMMISSION 





DE LA MAYENNE 



CRÉÉE PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DU 17 JANVIER 1878, 



DEUXIEME SERIE 
TOME SEPTIÈME 

1893 




LAVAL 

IMPRIMERIE DE H. LEROUX 
1893 



SOMMAIRE : 

David Rivault de Fleurance et les autres précepteurs de 
Louis XÎII, par M. Tabbé A. Anis (Suite) 

Recherches sur divers titulaires de Magistratures, etc., par 

M. Louis DE LA Beauluère fFmJ 46 

Recherches sur Saint-Denis-de-Gastines, par M. A. Faucon, 

(Fin) ^ 

Une Cachette de fondeur de l'époque du bronze, par M. P. 

DE FaRCY 

Le dolmen de l'Artoir, à Vautorte (Maj/enne) 111 

Sigillographie des Seigneurs de Craon, par MM. A. Ber- 
trand DE Broussillon et Paul de Fargy (Suite) .... 113 

Le Faux Ladre, par M. A. A • '^^^ 

Procès-verbal de la séance du 26 janvier 1893 165 

Excursion à Chemazé et à Mortier-Crolle ^67 

Bibliographie .: Les Vitréens et le Commerce iriternational, 

par M. J.-C. Frain de la Gaulayrie 1^^ 

Gravures : 

1 à 5 Objets de bronze trouvés à Cossé-le-Vivien. 105, 106, 107, 
* \ 108, 109 

6. Plan du dolmen de l'Artoir 

7. Sceau de Pierre de Craon, 1379-1381 120 

8. Sceau de Pierre de Craon, 1380 ^' ^ 

9. Sceau de Pierre d ; Craon, 1380 

10. Sceau de Pierre de Craon, 1388-1391 12i 

11. Sceau de Pierre de Craon, 1389-1398 1^- 

12. Sceau de Pierre de Craon, 1391 ^ 

13. Sceau de Jeanne de Châtillon, 1402. • 1 ' 



14. Sceau de Gaucher de Châtillon, 1370 ^-' 

15. Sceau -de Pierre d'Amboise, 1383 

16/ ECUS accolés d'Ingelger et de Jeanne à la voûte des 

1 ^u 

Cordeliers d'Angers 

17. Tombe, d'après Gaignières, de Jeanne de Craon, 1421. 1^^ 

18. Sceau de Pierre de Beauvau, 1418 ^^ 

19. Sceau de Tnierry de Hondschoote, 1380 1* ^ 

20. Sceau d'Antoine de Craon, 1409 

21. Sceau d'Antoine de Craon, 1411 • ^^ 

22 et 23. Vues de Mortier-Crolle 1^^' 



COMMISSION 
HISTORIQUE ET ARCHÉOLOGIQUE 

DE LA MAYENNE 



BXJLLETinST 



DE LA COMMISSION 




^1 lIllHGlMjlFU 





DE LA MAYENNE 



CRÉÉE PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DU 17 JANVIER 1878. 



DEUXIEME SERIE 



TOME SEPTIEME 
1893 




LAVAL 



.i I '1 M M I- 1 ■ I I . I ■ i 



1893 



I 



DAVID RIVAULT 

DE FLEURANCE 

ET LES AUTRES PRÉCEPTEURS DE LOUIS XIII 

(Suite). 



CHAPITRE III 



VArt d'embellir {suite et fin). — David Rivault en Italie. — 11 combat sur 
la Méditerrannée. — Son retour à Florence. — Sa réception à l'Académie 
des Humoristes à Rome. — Discours qu'il prononce. — Son retour en France. 
Il est nommé sous-précepteur du Dauphin. 



David Rivault avait donc rencontré le beau sous ces 
formes aimables et concrètes. Il ne se borne pas à le 
reconnaître ; envisageant la question de plus haut, il en 
demande le pourquoi et le comment à une philosophie 
très élevée, et trouve, comme Trismégiste, que « les 
excellences de la princesse Beauté sont autour de l'es- 
sence du bon * . » 

Le bon, soit réel, soit d'apparence, seul est désirable. 
Il tient intimement à l'être et vient de la cause première 
qui est Dieu 2. Or le bon, apparaissant sous une certaine 
lumière, devient le beau qui est l'objet de l'amour. Le 
bon se rapporte plutôt à l'essence, et le beau, à ce qui 

1. In Pirnand. Cité par D. Rivault, Art d'embellir^ p. 8. 

2. Cf. Art d'emh., p. 12. 



— 8 — 

« est connaissable et aymable ^ . » Le beau tire sa per- 
fection de l'idée du créateur. Plus il s'en rapproche, plus 
il entre en possession des qualités de sa nature. C'est 
« la fleur de la forme et le naïf symbole de l'espèce di- 
vine sur laquelle la chose est moulée 2. » 

« La beauté est » encore « une lumière rayonnante 
de chaque forme en la fleur d'icelle d'autant plus bril- 
lante que la chose est divinement taillée sur le portrait 
qui en est dans la pensée, soit de Dieu, pour les natu- 
relles, soit de l'homme, pour les artificielles -^ 

« Simple et naifve figure du bien mesme la beauté 
est divinement pénétrable es âmes^. » Mais toutes ne 
sont pas également aptes à la reconnaître. Seules les 
âmes très élevées peuvent envisager les beautés de l'or- 
dre intellectuel, avec « l'océan de ses plus frétillantes dé- 
lices s. » D'autres perçoivent et goûtent mieux celles qui 
frappent davantage les sens. Enfin il en est de si gros- 
sières et corrompues qu'elles ne peuvent « soutenir la 
clairté des raiz divins qui flambent en un beau suject*^. » 

Considérée en elle-même, l'âme est d'autant plus 
belle qu'elle est plus pure et conforme à sa condition 
d'être, c'est-à-dire qu'elle est plus sage ; et selon ses 
qualités natives ou acquises « la fleur éclattera plus 
agréablement sur le front et rendra tout le corps plus 
beau^. » 

Le corps a se beauté. Les aveugles seuls en doutent. 
Mais qu'est donc précisément la beauté du corps ? Af- 
faire de convention ou de préjugé, disent les uns ; réa- 
lité, disent les autres. La vérité est qu'il y a là quelque 

1. Id. p. 12 bis. 

2. Art d'emb., p. 14 bis. 

3. Art d'emb., p. 19. 

4. Ibid., p. 14 bis. 

5. Ibid., p. 18. 

6. Ibid., p. 15. 

7. Ihid., p. 19. 



— 9 - 

chose de relatif et quelque chose d'absolu. Après Mon- 
taigne David Rivault le constate. H y a même en cela 
quelque chose de subjectif. « Nous faisons les formes du 
beau selon nos appétits'. « Qui y demande de la mi- 
gnardise et de la douceur, qui de la force et de la ma- 
jesté 2. » Assurément le débauché n'en juge pas toujours 
comme le médecin 3. D'un pays à l'autre la mode en dif- 
fère. Beauté en deçà de la Méditerranée, laideur au- 
delà. « Les Mores » aiment « les grosses lèvres, le nez 
camus, la couleur noire ^. » Nous sommes d'un goût tout 
autre. 

Cependant la beauté existe. Qu'on soit d'avis diffé- 
rent sur la couleur de son costume, nous en convenons; 
mais nous savons aussi qu'elle n'est ni un mythe ni un 
pur produit de notre imagination. C'est même « une pièce 
de grande recommandation au commerce des hommes ^. » 
C'est une véritable puissance. Pas n'est besoin d'en ap- 
peler à Montaigne, qui retira, dit-il, tant d'avantage de 
la beauté de son visage^ ; l'expérience journalière per- 
met de se passer du témoignage de ce gascon.' 

Dès qu'elle apparaît, la beauté s'impose et enlève la 
position. Tout le monde subit son ascendant sans en 
demander le pourquoi que dégage enfin notre auteur. 
« Il faut, dit-il, sen rapporter à ce qui est le plus con- 
forme aux desseins de la nature^. » Or d'après elle 
« l'agir suit l'essence. » Belle est donc la créature qui 
« rend bien toutes les actions ausquelles elle est née^. » 



1. Montaigne, Ess., Amsterdam. 1781, t. II, p. 270. 

2. Ibid., p. 271. 

3. Cf. Artd'emh., p. 22. 

4. Ibid., p. 23. — Cf. Montaigne, II, p. 270 : « Au Péru, les 
plus grandes oreilles sont les plus belles... » 

5. Montaigne, II, p. 560. 

6. Cf. Essais, III, p. 275. 

7. Art d'ernb., p. 23 bis. 

8. Ibid. 



— 10 - 

C'est alors qu'elle* plait. « Or les actions humaines par- 
tent de l'âme comme de la cause principale, et du tem- 
pérament qui y contribue quelque chose, pour le mode 
seulement'. » « Le corps bien tempéré est un luth de 
Padouë qui bien monté et accordé, touché d'une sca- 
vante main, pincé d'un doigt délicat et mignard, rend 
une divine harmonie 2. » C'est donc l'action qui « met la 
beauté à prix 3. Nous nous représentons la beauté svelte, 
alerte, accorte, agissante. « Elle n'est aymable qu'au- 
tant qu'elle est vive, brillante, gentille et toute pleine 
d'âme 4. » 

Du reste il y a des beautés propres à chaque âge ; la 
jeune fille, « espandant les fleurs et les odeurs de son 
printemps, brille de mille gaietez, assaisonnées d'hon- 
neste pudeur ; la femme qui garde le haut de son jour 
plain et clair, faict montre des fruits d'un riche été ^. » 
Il y a aussi la beauté du jeune homme, celle de l'homme 
fait et celle du vieillard. 

L'auteur étudie ensuite la chose par le menu; et 
comme le corps se renouvelle sans cesse par les ali- 
ments qu'il absorbe et l'air qu'il respire, il se voit con- 
traint d'entrer dans des détails qui relèvent de l'hygiène 
et de l'anatomie. Les lecteurs n'en seront ni rebutés ni 
effarouchés. « La curiosité de scavoir d'où partent l'em- 
bonpoint et le hault appareil d'une belle bien en couleur 
excusera la rudesse et l'insolence de quelques mots ^, » 
employés par nécessité. 

Nous assistons donc à un exposé des phénomènes de 
nutrition et de circulation du sang, curieux pour l'his- 

1. Ibid,, p. 24. 

2. Ibid. 

3. Montaigne. 

4. Art d'embel., p. 25 bis. 

5. Ibid., p. 26. 

6. Art d'embellir, p. 28 bis. 



a 



— 11 — 

toire de la science. Il montre chez l'auteur des connais- 
sances presque universelles. Toutefois ne demandons à 
celui-ci ni le dernier mot sur la circulation du sang, ni 
l'explication du phénomène de la combustion intérieure, 
qui immortaliseront Harwey et Lavoisier. Est-ce déjà un 
mérite si mince et si commun de savoir ce que l'on sait 
de son temps ? David Rivault le sut et le sut bien. 11 
expose toujours avec clarté et souvent avec esprit. S'il 
nous convie à contempler la belle « assise à table, où 
l'on n'a pas grâce de s'endormir ^, » oh ! ce n'est pas seu- 
lement pour la voir manger, mais aussi pour l'entendre 
discourir « dans un honneste entretien 2. » « Remar- 
quez-vous comme elle a l'œil modeste, l'oreille subtile, 
le nez bon et la langue bien pendue ? Comme elle est 
judicieuse et a bonne grâce en tout ! ^ » 

L'étude de sa tête fournirait seule de longs et inté- 
ressants développements. Quels rouages admirables 
servent à ses divers mouvements^ ! « Là est assurément 
le siège principal de la beauté que décèlent cet œil, 
cette bouche, ce front et le jeu de cette physionomie 
mobile et délicate^. Là réside l'expression des senti- 
ments et de la pensée. « Prenez garde comme nostre 
belle accorde cecy, comme elle refuse cela ; comme 
mesme elle fait la mutine : c'est avecque trois mouve- 
ments de la teste, en avant, en arrière et en rond^. » La 
main elle-même a de la grâce ^ et une économie où l'on 
doit toujours admirer l'habileté du Créateur, a C'est 
l'autel de la sagesse ^. » 

1. Ibid., p. 30. 

2. Ibid. 

3. Jbid. p. 30 bis. 

4. Art d'emb., p. 31 et suiv. 

5. Ibid., passim. 

6. Ibid., p. 42. 

7. Cf, Ibid., p. 46 et suiv. 

8. Ibid., p. 49. 



— 12 — 

Gomment en cette question oublier la couleur du vi- 
sage ? A son sujet on ne devrait pas discuter. Le pro- 
verbe le dit. Cependant il sera loisible d'avoir son avis. 
Or nous nous prononçons pour la blancheur. C'est d'a- 
bord « le but de nature ^ » « qui y mesle le pourpre » 

Et artiste compose 
Du laict avecq la rose ^ 

« La joue trop blanche ou trop rubiconde n'agrée ; la 
pâle est effigie de la mort 3; » l'enflammée déplaît entiè- 
rement 4. » Le sang qui afflue dans « les pores humides 
et lasches d'une peau douillette » produit « l'incarnatin 
dont la belle aurore peint le matin d'un beau jour, quand 
une tendre nuée s'oppose légèrement à sa brillante lu- 
mière^. » De son action modérée et discrète résulte un 
mélange heureux, l'expression même de la beauté de 
la peau. Mais, dit Rivault, « il n'y faut qu'une blancheur 
naïsve, qui reçoive ainsi que l'air pur le brandon de la 
vie et le feu qui éclaire dans le sang 6. » Pour cela 
soyons sages : la passion rompt infailliblement ce bel 
équilibre, qui fait la beauté des dames. 

Aux hommes on demande autre chose en rapport avec 
leur rôle dans la nature et dans la société, je ne sais 
quoi qui révèle de l'énergie, de la force, joint au bel 
agencement et à l'harmonie des formes, une structure 
qui satisfasse et en impose. 

Pour la taille, on est loin d'être complètement d'ac- 
cord ; la petite, la moyenne et la grande ont leurs avan- 
tages, propres à chacune d'elles^. Pourtant il me pa- 

1. Ibid., p. 50 

2. Anacréon, cité par D. Rivault, Art d'emb., p. 51 bis. 

3. Art d'emh., p. 52. 

4. Ibid. 

5. Ibid., p. 52 bis. 

6. Art d'emb., p. 54. 

7. Cf. Ibid., p. 54 bis. 




- 13 - 

raît hors de conteste que si la haute taille se soutient 
bien, et possède « la proportion de la quarreure à la 
hauteur^, » elle l'emporte sur les autres. 11 y règne 
une majesté toute autre qu'es plus basses 2, » Au reste 
au sujet des qualités précises de chaque partie du corps 
il est assez difficile d'avoir une idée très claire et très 
exacte, a D'un nez, d'une bouche ou d'un front parfaic- 
tement beaux je ne sçay qui se pourrait vanter d'en ar- 
rester la juste figure. Le grand ouvrier s'est réservé ce 
secret 3. » 

Là-dessus fermons cette parenthèse, ouverte en ce 
traité en faveur de la beauté mâle, pour revenir à la 
beauté qui est plus voisine de la grâce." Celle-ci est une 
puissance chez la femme et le vrai sujet de ce livre. Ri- 
vault constate cette influence et redit les strophes dithy- 
rambiques, mais toujours gracieuses, de la poésie ita- 
lienne : 

! guancie porgolette 

Chi le vostre dolcezze 

Chi le vostre bellezze 

Non mira ? o ! rose elette ; 

Rose, che nutre il latte e le colora 

Col suo minio l' Aurora * ? 

Labra ove'l ciel tutte le gratie ascose ^. . . 

Il commente ces vers et conclut, d'après les doctes 
dont ils émanent, à un modèle que plusieurs trouveront 
assurément mignard. Nous n'en sommes pas encore aux 
poupées de Watteau ; mais nous reconnaissons bien cet 
essaim joli, venu de Florence avec Marie de Médicis. 

1. Ihid., p. 55. 

2. Ibid. 

3. Ibid., p. 56. 

4. Murtola, cit. par Rivault, op. cit., p. 61. 

5. Marini, ap. Riv. p. 61 bis. 



— 14 - 

Malgré cette indulgence marquée pour ce que nous 
appellerions volontiers des actualités, Rivault reste en 
général dans les limites de la vérité et du bon goût, qui 
sont de tous les temps, et condamne « Fart, quand il dé- 
figure le naturel ; comme » fait a le minion sur la joue, 
et le blanc d'Espagne sur la face^ » 

Les cheveux naturels sont en particulier un ornement 
de valeur. Ils gagnent à être longs. « Pour ce qui est 
de la couleur, on y varie 2, » dit-il. — Rare prudence de 
jugement que nous imiterons ! — Cependant il penche 
pour le cil noir des yeux. Ceux-ci sont des pièces impor- 
tantes. On les veut bien clairvoyans, vifs, bien placés, 
clair-bruns, doux, gracieux 3. » L'œil bleu et le noir ne 
sont pas non plus à mépriser. La forme des yeux paraît 
mériter une mention spéciale. Ils doivent être « ronds et 
grands. » Ainsi les portait la mythologique Junon, qui 
avait cela de commun avec d'autres créatures, que le 
respect dû aux dames ne nous permet pas de désigner 
en français. Laissons aux anciens et à leur langue cette 
comparaison essentiellement classique ^. — Les beaux 
yeux ne sont ni trop rapprochés, ni trop « distancés et 
séparés par la tumeur du nez. » 

« Il ne se peut rien imaginer de plus séant-'' » que ce 
dernier, « tant il est bien taillé comme à l'esquierre. » 
Sa grâce est encore relevée par le voisinage de joues ron- 
delettes et grassettes ^ » confinant à une oreille « pe- 
tite » — La grande est « mésestimée » — Il s'abaisse 



1. Art d'emb., p. 65. 

2. Ibid., p. 68 bis. 

3. P. 70 bis. 

4. « BoàTTiç... "Bpr), » littéralement : « Héra aux yeux de bœuf. » 
(Hom. Iliade, XVI, v. 399 cit. par Riv., p. 71. — Item Iliade, I, 
568; IV, 50). 

5. Art d'emb., p. 73. 

6. Art d'emb., p. 74. 



— 15 — 

sur une lèvre fine et sur une bouche délicate et comme 
animée par l'expression discrète du rire et du sourire*. 

Pour être complet il faudrait encore parler du « men- 
ton mignon, » du « col point court'-, » des doigts de 
rose, comme ceux de « la matinale aurore 3. » 

De quoi ne devrait-on pas parler dans un sujet si fé- 
cond ? Mais il faut bien en finir avec ce qui frappe les 
yeux pour examiner ce qui fait les délices de l'ouïe. Ce 
sera le sujet du troisième discours. 

La voix n'est pas une quantité négligeable parmi les 
facteurs de la beauté. On l'a compris depuis longtemps, 
et, par des études patientes et de savantes combinai- 
sons des sons, on a cherché à mettre en valeur ses pro- 
priétés naturelles, à produire des accords, qui, rendant 
les diverses expressions de nos sentiments et « chatouil- 
lant » agréablement l'oreille, sont une source de conten- 
tement et de plaisir. 

David Rivault s'étend longuement sur les lois de la 
musique et du chant sur les modes « dorien, phrygien 
et lydien, » et « l'octachorde » des anciens. Avec quel 
succès ? N'étant que profane nous n'osons nous pronon- 
cer, ni pénétrer dans ce sanctuaire où trône « Euphro- 
siiie, )) à qui l'auteur « baise les mains ^. » Nous pré- 
férons accompagner celui-ci à la campagne et dans les 
forêts pour y entendre la voix de la nature, que tout le 
monde comprend et goûte, soit au bord du ruisseau 

Où l'eau va murmurant de plaisans gazouillis ; 

soit à la lisière du grand bois, où « le chifïle » des ar- 
bres « agités du vent » est « soëf^; » soit près de la 

1. Cf. id., p. 74 bis. 

2. Cf. id., p. 87. 

3. P. 80. 

4. Cf. Art d'emb., p. 80. 

5. Cf. Ihid., p. 116 bis. 



- 16 — 

haie là-bas, où le rossignol « chromatise. » Car presque 
tout dans la création fait entendre sa voix ; mais l'homme 
seul s'en sert pour exprimer sa pensée et lui donner 
l'expression raisonnée de ses diverses impressions. 

Là encore l'âme a le rôle qu'elle mérite ; elle empreint 
le chant de ses qualités, et le cœur y trahit les senti- 
ments qui l'agitent. La passion modifie la voix et lui 
prête parfois des accents d'une « mélancolie mère de 
subtiles et spirituelles voluptez, » un genre d'harmo- 
nie « qui attriste bien, mais qui ne fasche jamais ^ » 

Le plus souvent elle l'altère et la déshonore. Voulez- 
vous donc embellir votre voix ou du moins lui conserver 
ses qualités natives, possédez-vous dans « la paix, » 
qui est la seule mère nourrice de l'harmonie 2. » 

Ce genre de beauté tient donc de près à la sagesse, 
qui engendre aussi « les beautés spirituelles 3. 

Ici l'on nous présente les trois Grâces, conduites par 
la Sagesse. Emblème d'une riche poésie pourtant juste 
de tous points ; toute beauté est fille de l'éternelle sa- 
gesse. 

La beauté en premier lieu reluit dans les intelligences 
célestes, « naïf cachet du front divin ^. » Mais nous ne 
pouvons guère juger de son excellence que par « la su- 
prême force de notre esprit ; il n'y faut employer les 
yeux corporels^. » Nous sommes plus à l'aise quand 
nous étudions le beau de notre âme. 

Celle-ci « est bien belle qui a la volonté simple et 
obéyssante au régime de l'entendement^, » et qui se 
pare de vertus comme de délicates fleurs. Elle laisse la 



1. Art d'emb., p. 132. 

2. Ibid., p. 105 bis. 

3. P. 134. Ici commence le 4« discours. 

4. P. 140. 

5. P. 141 bis. 

6. Art d'emb., 5« dise, p. 169. 



— 17 - 

« matoiserie aux hommes de néant ' ; » bannit la frippe- 
rie d'honneur 2; » se rend les bonnes actions si faciles 
que le bien faire tourne en nature ^ ; » devient « capable 
de dilection et accomplie en beauté, w Mais si les mau- 
vaises passions ne sont combattues et repoussées, la 
raison « quitte son office, » les vertus morales, qui fai- 
saient Tordre, « jettent la halebarde, » chassées par le 
trouble ; tous les vices « s'y mettent en crédit ; » une 
« horrible langueur gaste tout le visage de l'âme, et il 
ne reste traict qui ne soit souillé par l'impiété qui y 
est introduite^. ^> 

Mais notre âme est associée à notre corps pour le 
« vivifier, » le « faire florir et l'embellir. » Elle com- 
mande à ce petit monde de notre personne, où Dieu — 
qui a semé tant de merveilles à travers le vaste univers, 
« ces orbes cristallins mouvans si justement, ces astres 
radieux, ce clair soleil ^, tant « d'espèces de choses 
vivantes, tant de changeantes couleurs, qui diaprentles 
coins et le milieu de ce grand tableau 6, — a déversé 
tant de beautés marquées au coin de la divine sagesse ^. 

C'est encore un chef-d'œuvre incomparable, quand le 
vice n'a point rompu l'équilibre de « ce superbe estât 
de l'homme, qui est que les qualitez de l'âme et de la 
matière symbolisent heureusement ensemble ; que la su- 
périeure donne sagement les loix de l'estre et de l'en- 
tretien, et que l'inférieure les reçoive doucement, y ac- 
quiesce et en retire la fleur et le fruit qui est la Beauté^. » 
La sagesse contribue à cet effet et « suivant ce qui en 



1. 


L'Art d'embellir, p. 177 


2. 


Ibid. 


3. 


P. 177 bis. 


4. 


P. 178 bis. 


5. 


P. 180 ; 6« dise. 


6. 


P. 180 bis. 


7. 


Cf. Art d'emb.^ p. 183. 


8. 


Art d'emb., p. 186. 



— 18 - 

paroist au dehors, peut apporter en notre vie beaucoup 
d'ornementé » Si elle « modère nostre manger et boire, 
nostre repos et veiller. » « De ce pesle-mesle fleurissent 
au front, es joues, es lèvres, en la main, des liz et des 
roses 2. )) Au contraire « voyez cette mangeuse de pias- 
tre, de charbon, de fruits verds, cette avaleuse de vi- 
naigre. » 

Quelle langueur ce beau froiit déshonore....^ ! 

« Si elle estoit bien sage cela ne se feroit pas '^. » Elle 
se prescrirait un régime de vie. propre à « la nourrir 
en humeur sanguine-phlegmatique. C'est la drogue dont 
le corps gentil se doit peindre de blanc et d'incarnin, » 
à l'exclusion de tout fard, qui rend la peau « de jeune 
vieillissante avant l'âge ^''. » 

D'ailleurs une âme candide et sage apporte l'aise, le 
calme et le contentement, qui dilatent le cœur, et « met 
cette couleur soësve de la beauté^*, qui naturellement 
réussit du tempérament propre aux louables actions de 
la personne bien faicte : elle n'y taille et burine moins 
industrieusement la figure qui yplaist^. » Mais il faut 
que l'âme se conserve elle-même et qu'elle n'abdique 
jamais son autorité. Si l'état de Thomme est pitoyable 
quand il « se laisse tomber en quenouille^, » quel est 
« Testât de l'esprit qui suit les mouvements de la chair 
et reçoit le joug de sa tyrannie*^? » Les affections désor- 



1. L'Art d'embellir, p. 189. 

2. P. 189 bis. 

3. Ronsard, cit. par D. Riv., p. 191. 

4. Art d'emb., p. 191. 

5. Ibid., p. 192. 

6. Ibid., p. 191 bis. 

7. Ibid., p. 195 bis. 

8. Ibid. 

9. p. 198. 




- 19 — 

données « étouffent » sur le visage les rayons de la 
beauté, et « la laideur y prend tellement pied qu'il ne 
s'y aperçoit rien que de malgracieux ^ » Hélas! com- 
bien voyons-nous de jeunes êtres, qui ne tiennent pas, 
devenus grands, les promesses de leurs premières an- 
nées ? Le vice est venu et « ces jeunes parterres n'ont 
( cnné ni pensées, ni marguerites de bonne odeur 2. « 

Assurément les physionomistes ne sont pas infailli- 
bles ; et les règles qu'ils donnent feraient souvent pren- 
dre le change à qui les suivraient aveuglément. « J'ay 
leu parfois entre deux beaux yeux des menaces d'une 
nature maligne et dangereuse-^; » et « c'est une faible 
garantie que la mine 4. » Cependant il y aurait de la 
témérité à n'en tenir aucun compte. Des opinions ont 
cours, qui reposent peut-être sur quelque expérience. 
L'œil surtout mérite d'être examiné. C'est « le naïf por- 
trait de l'âme ^. » « Le brun doux et perçant est signe 
de bon et courageux esprit. » Une grosse tête ou toute 
ronde marque de Tignorance et de l'inconsidération. » 
Du menton « quarré se juge en l'homme un esprit puis- 
sant ; du rond peu creux se cognoit en la femme de la 
douceur et peu de babil, etc. ^. » 

Prenons ces observations pour ce qu'elles valent et 
n'y attachons pas plus d'importance que ne le fait l'au- 
teur. Personne ne saurait être repris pour avoir peine 
à croire que la vie, même la mieux réglée, puisse jamais 
donner au nez ou au menton la beauté plastique qui y 
ferait défaut. Mais ne décourageons pas les dames. El- 
les « sont de paste plus molle, se figurent en tout âge 



1. L'Art d'embellir, p. 198. 

2. P. 198 bis. 

3. Montaigne. Ess. III, 472. 

4. Id. ihid. 

5. Art d'emh., p. 209 bis. 

6. Ih'id. 



— 20 — 

comme il leur plaist, quand elles veulent s'y exercer de 
mesme soin que Livia Drusilla ' . » Celle-ci de fort laide 
qu'elle était « née et crue en assez bon âge, ordonna un 
temps des mouvements de son âme » et devint, paraît-il, 
« très belle de corps-. » On Ta écrit; c'est imprimé. 

Les clartés qu'une belle âme répand sur le visage peu- 
vent effectivement pallier ou effacer des défauts natu- 
rels ; mais ce bonheur n'arrivera jamais à un Thersites, 
« homme boesteux, borgne et bossu, » portant « une 
face longue et plate, l'œil aspre, les paulpières saigneu- 
ses et enflées, les oreilles longues et étroites, le nez 
gros et voulté dès le front..., qui sont les ordinaires 
marques... d'un homme chien et corbeau en mai'urs ^. » 
« De vray il n'y a sagesse humaine qui puisse remédier 
aune figure si désespérée^. » 

Nous convenons aussi qu'il y a en nous des premiers 
mouvements de passion que nous ne pouvons pas tou- 
jours empêcher, mais on peut les affaiblir et les dimi- 
nuer par une sage surveillance et sauvegarder ainsi la 
beauté qu'ils tendent à amoindrir. Les tempéraments 
sont souvent une rude épreuve ; mais il faudrait être fa- 
taliste pour prétendre qu'on ne puisse se refuser à leurs 
exigences. L'imagination qui est le plus affectée peut, 
sous l'empire de la raison et des secours de Dieu, se 
maintenir dans des hauteurs sereines où l'atteint à 
peine cette buée épaisse, qui s'élève des fanges humai- 
nes^. L'habitude de contempler de belles et nobles 
images la façonne d'après celles-ci ; c'est le plus sûr 
garant de la beauté humaine appelée à se reproduire de 
génération en génération ^. 

1. Sœur de Germanicus. — Art d'emb., p. 210. 

2. [bid.. Cf. Tacit. Ann. 4. 

3. Art d'emb., p. 214 bis. 

4. Ibid. 

5. Cf. Ibid. , passim. 

6. Art d'emb., p. 220-222 passim. 



— ai - 

Ainsi considéré le thème s'élève à la hauteur d'une 
question morale et sociale. Nous ne pourrions refuser 
nos sympathies à un auteur qui préconise le cœur pur, 
les sentiments élevés et une belle-âme. Sa thèse, du reste, 
nous parait suffisamment prouvée dans son ensemble, 
et c'est sans arrière pensée que nous concluons avec 
lui « que généralement la sagesse de la personne em~ 
bellit la face^ qu'en la face de la personne prudente 
reluit la sagesse \ » 

David Rivault avait décidément conquis une place 
honorable dans le monde des lettres. Sa réputation s'é- 
tendait même au-delà de nos frontières. Nous l'avons vu 
déjà, huit ans plus tôt, bien reçu des savants qu'il visi- 
tait '. Un second voyage en Italie, en 1608, fut pour lui 
l'occasion de recueillir de la part des lettrés des témoi- 
gnages d'estime, mérités par ses travaux. Mais ce n'était 
pas seulement un voyage paisible, préparé pour de pe- 
tits triomphes académiques, que David Rivault accom- 
pHssait. L'Italie, avec l'éclat des lettres et des arts, et 
le bassin oriental de la Méditerranée, enveloppé de 
souvenirs classiques, autant que des côtes riantes et fa- 
meuses de la Grèce, de la Syrie, de la Phénicie, de la 
Palestine et de cette Egypte des Pharaons et des Pto- 
lémées, voire même de la Sicile, aimée des muses idyl- 
liques, avaient pour l'homme de goût et d'étude des 
attraits puissants. 

Mais cette « mer aux flots d'argent ^ » était sillonnée 
au XYII® siècle par les odieuses galères des sultans de 
Constantinople et des beys d'Alger. Les chrétiens lut- 
taient toujours sur quelque point contre les mécréants. 
Les soutenir et combattre contre le Turc maudit, c'était 
devoir de gentilhomme. Rivault n'eut garde d'en refuser 
l'accomplissement. 

1. L'Art d'embellir, sub fuie. — Prov. c. 17, v. 24. 

2. Cf. Infra, chap. II. 

3. Ampère, Poés. 



— 22 - 

11 courut donc « les mers d'Orient', » combattit « les 
Turcs et par mer et par terre -, » exposé à des dangers 
« de diverses sortes '^. » 

« De retour en Italie, » il pensa à ses amis avec 
qui, sur ces entrefaites, il n'avait pu communiquer 4. 
Après les combats et les courses sur mer, il revenait 
au commerce de l'amitié et des lettres. Ces dernières 
l'appelaient à Rome, où son correspondant devait lui 
écrire^. 

Dans ce temps il y avait à Rome une société littéraire 
dite Académie des Humoristes. Rivault la qualifie de 
« très célèbre ^. » Elle reçut dans son sein notre compa- 
triote, qui y prononça, le 28 février 1610, une haran- 
gue latine sur l'un de ses sujets favoris : unir les lettres 
et les armes ^. L'admission de D. Rivault ne devait rien 
à la faveur. Ses titres étaient sérieux. L'élu était de 
ceux qui honorent une société savante autant qu'ils en 
sont honorés. Son discours de réception en serait à lui 
seul une preuve. S'il est empreint, dans une mesure que 
nous trouverions aujourd'hui excessive, de l'érudition 
et du goût du temps, il reste, même pour nous, très 



1. Lettre de David Rivault de Fleurance à M. de Calas, de 
Florence, 5 novembre 1608. Ms de la- B. N. pub. par le P. Co- 
lombier, t. IV, p. 405, Revue du Maine. 

2. Id. ibid. 

3. Id. ibid. 

4. Cf. Id. ibid. L'auteur parle d'un c livret » qu'il a envoyé à 
M. Galas. Il s'agissait, semnle-t-il, de quelque chose que Rivault 
se préparait à publier. 

5. Ibid. P. S. . « S'il vous plaist m'honorer des vostres, vous 
les pourrez adresser à Rome... » 

6. Cf. Minerva armata, etc. Dédicace. 

7. Exactement : Minerva armata, de coniuniendis literis et ar- 
mis. Lectio habita a D. Rivaldo a Flurantia, nobili Gallo, in ce- 
leberrima Humoristarum Academia. Romae, XXVIII Februarii 
quo solet Academia publiée aperiri. MDCX. Roma?, apud Ste- 
phanum Paulinum, MDCX Superiorum permissu, in-8° 17 p. 
(Bib. Mazarine, 20590). 



j 



— i>3 — 

brillant de forme et solide de fond. On aurait plus d'es- 
prit et d'aisance au Palais-Mazarin, mais pas davan- 
tage' ce qu'on demande à un bon humaniste. 

Ce discours, publié à Rome, est dédié à Jean Zamet*, 
qui lui-même faisait partie de l'académie des Humoris- 
tes^. La dédicace a le mérite de s'adresser à un capi- 
taine dont l'exemple était un argument pour la thèse 
de l'auteur. Elle est d'ailleurs délicate, et écrite, comme 
le discours lui-même, en un latin élégant et plein d'am- 
pleur, qui dénote chez David Rivault un écrivain formé 
à Técole des meilleurs auteurs de la littérature romaine. 

Une affabulation 3 sert de prologue à la manière de 
Plaute et de Térence. La harangue n'est du reste qu'une 
longue allégorie ou mieux un long monologue de Mi- 
nerve elle-même. L'auteur s'y efface. Dans l'espèce 
d'avertissement qui précède, il présente à l'illustre as- 
semblée le personnage dont il décline les qualités et les 
titres ; il fait remarquer ses principaux traits, puis se 
retire. 

Cette ingénieuse fiction facilite la leçon. Fénélon nt 
dédaignera pas de moraliser de même par la bouche de 
Mentor. Avec ses yeux bleus, un peu fauves, mais pudi- 
ques, sa démarche grave, qui convient à la déesse de 
caractère, et sa longue ^ tunique, d'où la sévérité n'ex- 
clut pas la grâce féminine, Minerve peut compter sur 
un meilleur accueil que le prêcheur du Télémaque. Son 
langage soutenu et sa philosophie aussi solide que nette 
et tranchée décèlent la sagesse et l'autorité ; c'est bien 

1. Jean Zamet, fils du banquier Sébastien Zamet, d'origine 
italienne, et de mademoiselle du Tremblay, fut un homme de 
guerre remarc^uable par sa vertu et sa valeur. Il mourut au siège 
(le Saint-Antoine, près de Montpellier, en 1620. 

2. « Alias gymnasticœ das operam, alias in celeberrima Humo- 
ristarum Acauemia.... cui asciti sumus..., vel animo nutriris ab 
aliis, vel ilios etiam relicis. » (Muierva arm... Dédicace). 

3. « rioojxOôiov legentis. )) (Id. ibid.). 

4. Id. Prolog. 



- 24 - 

Minerve-Athena, transportée du Parthènon à Rome avec 
la gracieuse majesté et la lucidité attiques. Elle conserve 
sa politesse native, et, à Rome, salue cette Rome deve- 
nue « sienne, » qu'elle chérit plus qu'aucune autre ville 
du mondée » 

Elle réunit en elle-même les qualités de Mars et des 
Muses, et c'est la « diminuer de la tête^ » que d'aiïir- 
mer que les lettres et les armes n'ont rien de commun ^ ; 
c'est méconnaître l'origine de la déesse et sa raison 
d'être ; c'est la dépouiller de son « casque, de son bou- 
clier et de sa lance, » pour ne voir que la jeune fille, 
faible et craintive, au lieu de Pallas redoutable. On 
n'est pas mieux inspiré de la transformer en amazone, 
avide de sang et de carnage et méprisant la philosophie 
et l'étude dont elle ignorerait l'excellence. Elle est, au con- 
traire, un résumé complet des qualités propres aux let- 
tres et aux armes, un tempérament heureusement équi- 
libré, qui lui permet de crier aux rejetons de la noblesse : 
« Gentilshommes, croyez-moi, vous êtes nés pour l'é- 
tude et pour l'action. Etudiez avec soin, combattez avec 
courage, selon les occasions. Qui ne fait ni l'un ni l'au- 
tre ne mérite pas de vivre, et n'est bon que pour la po- 
tence^. » 

Arrière donc le dédain des gens d'armes qui détes- 
tent les livres et traitent les « doctes de hiboux et de 
teignes de cour\ » Arrière aussi l'ami des lettres, qui, 
retenu par ces aimables sirènes, se rend impropre à 
l'action^. Il n'est admis d'exception que pour ceux qui se 
sont voués « au saint ministère^. » Encore, combattant 

1. Miner V a ar mata, prologue. 

2. « Gapite me minuunt... > (Minerva arm., p. 7;. 

3. Cf. Id. ibid. 

4 Ad scalas gemonias rapiendus est. » (H. P. 8). 

5. « Sorices et tineas... » (Id. p. 9). 

6. Cf. Id. ibid. 

1. « Soli illi qui se cœlesti ministerio manciparunt... » p. 9. 




- 25 - 

contre le vice et se livrant à la contemplation, ils hono- 
rent vraiment Minerve ^ . 

Pour les autres, poursuit la déesse, ils me démembrent. 
De là ces efforts sans vigueur, ces avortons de soldats 
et ces idées des savants sans échos au dehors -. De là 
également les désordres et les débordements « de 
Mars. » On n'est pas surpris que jadis il ait été jugé 
digne de mort par l'Aréopage 3. Son ardeur n'est pas, 
comme celle de Minerve, tempérée par la Sagesse. 

Minerve préconise l'urbanité, l'élégance, tout ce qui 
fait l'ornement des belles actions. Elle proclame bien 
haut que « rien n'est bon en dehors de ce qui convient, 
et que rien ne convient s'il ne se présente sous les traits 
de la beauté^. Rien de ce qui contrarie Minerve ne sau- 
rait être bien. Plaire à tous, aimer le beau, charmer 
l'esprit, les yeux et les oreilles, voilà le fait de la 
déesse^. Aussi voyez cette inaltérable beauté virginale, 
cet éclat, cette gaité surprenante, cette fleur de l'âge, 
délectable et luxuriante dans sa pudeur ^^ ! Elle méprise 
le fard et tout charme d'emprunt ; elle exècre ces effé- 
minées, qui, le peigne et le miroir à la main, tombent 
dans la mollesse et s'adonnent à des soins excessifs qui 
vont moins « à orner le corps qu'à dépouiller l'esprit^. » 

Il faudrait donner en entier un portrait brossé de 
main de maître et ne pas en défigurer les traits par une 
froide analyse. Celle-ci ne peut rendre le contraste qui 
existe entre ces êtres amoindris et la figure si vive et 
si naturellement belle de la déesse. Cette dernière se 



1. Minerva armata, ibid. 

2. Id. ibid., p. 10. 

3. Ibid., p. 10. 

4. Ibid., p. 13. 

5. Id. ibid. 

6. Id. ibid., p. 13. 

7. Ibid., p. 14. 



-re- 
donne pour modèle et nous livre son secret : la culture 
des lettres, et tour à tour, les exercices corporels K C'est 
pourquoi elle jouit d'une vigoureuse et indestructible 
jeunesse, qui se plie aux circonstances avec aisance et 
à propos. Jeune fille dans l'intimité, les relations, les 
amusements et les jeux, elle déploie une énergie toute 
virile dans les affaires importantes soit de la guerre, 
soit du gouvernement 2. Elle se maintient, non seule- 
ment dans une réserve pudique, mais dans la chasteté, 
et elle guérit les siens des blessures portées par « Vénus 
et Gupidon^. » 

Qui donc ferait à Minerve l'injure de lui préférer 
Mars, digne tout au plus d'un encens barbare ? Les an- 
ciens n'ont pas commis cette méprise. Tous leurs fa- 
meux capitaines étaient à la fois « des savants et des 
soldats '^ » C'est ainsi que les Romains ont conquis le 
monde ; et, quand Héliogabale eut, aux noces du Soleil 
et de la Lune^, jeté le palladium à la voirie, l'empire 
trembla et finalement s'écroula. La leçon est bonne ; il 
faut en profiter 6. 

David Rivault revint d'Italie grandi par de nouveaux 
succès. Le roi le jugea capable de remplir d'importan- 
tes et délicates fonctions. Par brevet du 28 avril 1611 
il le nomma sous-précepteur ou plus exactement a lec- 
teur aux mathématiques » de son fils^. Une pension de 
3000 ^ ^ fut ensuite accordée comme récompense des 
services rendus par le sous-précepteur. Rivault ensei- 
gnait donc au jeune prince les mathématiques « aux- 

1. « Hic literis, hic gymnasticas operam do. » p. 14. 

2. Minerva armata, p. 14. 

3. p. 15. 

4. Id., p. 15. 

5. P. 16. 

6. Cf. id., p. 17. 

7. Cf. Pièces justif. F. 

8. Cf. Pièc. justif. brevet du 10 novembre 1611. 



— 27 — 



quelles Sa Majesté avait de l'inclination i. » Il devait 
aussi suppléer « en cas de maladie et d'absence- » le 
sieur des Yveteaux, qui demeurait précepteur en titre. 



1. Pièc. justif. F. 

2. Ibid. 



28 — 



CHAPITRE IV 



Le poëte Nicolas des Yveleaux. — Henri IV en fait le précepteur de son fils 
aîné. — Influence de des Yveteaux à la cour. — Son renvoi. — Sa vie épi- 
curienne et singulière qui donne raison à ses ennemis. — Sa mort à 
Brianval. 



C'est une figure bien originale que ce des Yveteaux. 
Nous disons « un type ». Il a fait le bonheur de Tallemant 
des Réaux, qui laisse libre cours à sa mauvaise langue, 
et crayonne ce portrait d'une main habile, mais s'appe- 
santissant avec excès. Certains traits sont trop saillants 
et tournent à la caricature. 

Au risque d'en amoindrir le relief, retraçons ce cro- 
quis avec un souci plus grand de la vérité. 

Nicolas Vauquelin, seigneur des Yveteaux, naquit au 
château de Fresnaye-au-Sauvage, près de Falaise, en 
1567 ou 1568 ^ Il était fils de Jean Vauquelin de la 
Fresnaye et d'Anne de Bourgueville de Bras -. 



1. Cf. Julien Travers, Addition à la vie et aux œuvres de N. 
Vauquelin des Yveteaux, Gaen, 1856, broch. in-S» de 23 p. — Th. 
Lhuillier, Le poète des Yveteaux, Meliin, 1872, broch. in-S» de 
18 p. — Rathery, Vauquelin des Yveteaux, Paris, 1854, 14 p. 
in-8". extrait du Moniteur universel du 21 oct. 1854. — J. Pichon, 
Notices sur Vauquelin de la Fresnaye et Vauquelin des Yveteaux 
dans le Bulletin des Bibliophiles, 1845 et 1846. — Fournier, Va- 
riétés hist. et litt., II. — Michaud, Bio^r. art. des Yveteaux. — 
Athenœum français, III, 574. — Choisy, Notice sur V. de la 
Fresnaye, Falaise, 1841. — Factums concernant des Yveteaux, 
Bib. nat., etc. 

2. Le père d'Anne, Charles de Bourgueville, sieur de Bras, 
naquit à Caen le 6 mars 1504. En 1568 il obtint la charge de lieu- 
tenant-général de Gaen dont il se démit en faveur de Jean Vau- 
quelin, son gendre. Il a laissé plusieurs ouvrages, en particulier 
ses Recherches et antiquités de Neustrie, qui le font ranger parmi 
les historiens de son pays. 



— â9 — 

Poète et fils de poète \ il se trouva d'abord contrarié 
dans ses goûts, comme l'avait été son père, qui, en 1593, 
lui résigna sa charge de lieutenant général au baillage 
de Caen. Les lois, la chicane, la procédure,^ quelle com- 
pagnie pour la muse ! Jean Vauquelin réussit pourtant 
à les mettre d'accord, ou à peu près. Son fils fut moins 
heureux, sans doute aussi moins sage. Il y eut six ans 
d'essai '-. La détermination avait été un vrai sacrifice ; 
des Yveteaux sentait qu' « il n'estoit rien si accom- 
modé à sa complexion qu'une vie douce et retirée 3. » 
Dans cette tentative le jeune lieutenant général fut sin- 
cère ; on le voit par des harangues imprimées à Caen^ 
et retrouvées par J. Travers^. L'auteur se montre con- 
vaincu de l'importance de sa position : « Que peut-on, 
disait-il, adiouter à la gloire de ceux de qui la vigilance 
fait dormir tout le monde ^ ! » Il apporte au tribunal au 
moins de la bonne volonté, a et une intention dont la fin 
ne peut estre désapprouvée par personne". )> Du reste 
si la charge est lourde, l'exercice en est glorieux ; « la. 
justice est le premier lien de la société humaine, le prin- 
cipal fondement de nostre liberté, la fontène perpétuelle 
de nostre bonheur : illius idcirco servi sumus^ ut li- 
beri esse possimus^. » L'idée qu'il se fait des diverses 



1. Jean Vauquelin de la P'resnaye, né en 1536, publia en 1555 
ses Foresteries, recueil très l'aibie, et plus tard, un Art poétique 
et des Satires, qui lui font plus d'honneur. 11 fut un prédécesseur 
de Boileau, qui ne daigna pas même le nommer. Depuis, la criti- 
que littéraire a réparé cette injustice. 

2. Cf. Lettre de M. le président de la Fresiiaye à M. des Yve- 
teaux, son frère, p. 11, ap. Pichon, op. cit. 

3. Première harangue de N. des Yveteaux. 

4. « Trois harangues de Nicolas Vauquelin, lieutenant géné- 
ral du bailliage de Caen. A Caen de l'imprimerie de la veufve de 
laques Le Bas, imprimeur du Koy. MDXCV. » 

5. Op. cit. 

6. P^ harangue. 

7. 2" harangue. 

8. .V« Harangue, à l'ouverture du Palais, 1595. 



— 30 — 

fonctions des hommes de loi, de leur bonne tenue, est 
également élevée : « Pensez, dit-il aux avocats, que 
vous êtes icy pour monstrer le chemin de la iustice et 
non pas des procez^. » « Obligez-vous plus que vous ne 
faites à ce qui est l'ordre, laissant les voix aspres et 
enrouées à ceux qui font la chasse dans les bois, en re- 
tenant que Tavocat doit estre instructus voce^ actione 
et lepore^ comme dit Cicéron-. « Il rappelle encore à 
leur devoir les procureurs et les greffiers 3. 

11 n'est pas impossible que tout ce monde, si verte- 
ment admonesté, ait gardé rancune au magistrat sé- 
vère^, et se soit joint au sieur de Gambray pour dégoû- 
ter de sa charge le jeune lieutenant général. 

Celui-ci avait fait emprisonner Gabriel de Beauvoisin, 
sieur de Gambray. L'affaire fut portée au parlement de 
Rouen, qui ordonna l'élargissement du prisonnier, en- 
joignit au lieutenant général de comparaître à sa barre 
en personne, et jusqu'à ce lui interdit l'exercice de son 
•office''. Des Yveteaux, qui regrettait peut-être la vie 
calme à laquelle il avait momentanément renoncé pour 
une occupation « malaisée à un homme norry dans la 
solitude des Muses 6, » jugea l'occasion bonne pour 
vendre sa charge, en 1600, à son frère Guillaume, sieur 
de la Fresnaye^. 

Sur ces entrefaites il reçut à Gaen ^ la visite de Fran- 

1. 3^ Harangue, h l'ouverture du Palais, 1595. 

2. Ibid. 

3. Ibid. 

4. Cf. J. Travers, op. cit. 

5. Pichon, op. cit. 

6. Des Yveteaux, l""^ Harangue. 

1. Guillaume Vauquelin, s^" de la Fresna^e, troisième fils de 
Jean Vauquelin. Il paya son office 18,000 liv., dit le factum pour 
Nicolas Vauquelin, sieur des Robours, ou seulement 9,000 liv., 
selon des Yveteaux, dans sa réponse à la lettre de M. de la Fres- 
naye. 

8. C'est du moins ce qu'affirme Huet (Orig. de Gaen, p. 355) et 
Gouget (Bibloth. franc., XV[, p. 112). 



— 31 — 

çois-Annibal d'Estrées, qui revenait de Bretagne où il 
avait présidé les Etats. D'Estrées l'engagea à s'en aller 
à Paris. Après sa dernière aventure l'ex-magistrat de- 
vait aisément quitter la province ; puis la protection, au 
moins entrevue, du frère de la belle Gabrielle, pouvait 
déterminer des Yveteaux. 

Il partit donc pour Paris où il fut présenté à Henri IV 
par Desportes et le cardinal du Perron, anciens amis 
de son père'. Peu après il devenait précepteur de Cé- 
sar de Vendôme, fds du roi et de Gabrielle d'Estrées. 
Il commençait à avoir « beaucoup d'honneur sans 
peine'-. » C'était son ambition. Il y ajouta les plaisirs qui 
entraient aussi dans son programme de vie. 

D'un caractère enjoué, d'un esprit vif et fin et de 
mœurs peu sévères, des Yveteaux devait naturellement 
plaire à un prince et à des grands dont il partageait les 
penchants voluptueux. Son talent pour la poésie servait 
aussi à ie pousser dans une société avide de petits vers 
et de gaudrioles littéraires. Ses productions légères, 
licencieuses même, faisaient, dit-on 3, les délices de no- 
bles dames. 

Poète à la mode, il paraît avoir rendu force services 
aux amants, qui, obligés par Tusage d'adresser des vers 
à leurs maîtresses et désespérant de pouvoir jamais rimer 
« malgré Minerve, » étaient tout heureux de tenir de la 
complaisance d'autrui une élégie, une ode, une épi- 
gramme, n'importe quoi, selon la nature des relations. 
On raconte même — que ne raconte-t-on pas ? — que 
Henri IV eut recours à ce chantre de bonne composi- 
tion^, qui, à l'occasion, ne ménage pas de poétiques le- 
çons à son royal client : 

1. Cï. Réplique de la veuve Lésinière ', — Gouget, Tallemant 
(les Réaux. 

2. Sonnet àe àe^ Yveteaux, cf. Blanchemain, œuv. de des Yve- 
teaux. 

3. Cf. Lhuillier. op. cit., p. 4. 
'\. Cf. Pichon, op. cit. 



- 3^ — 

Adraste qui se voit le plus grand de son âge..., 
Ayant soumis la terre aux lois de son courage 
Sous celle d'une femme était emprisonné... 
Enfin il a rompu des chaînes malheureuses...* 

Des Yveteaux obtenait bien d'autres succès. Ses in- 
trigues galantes n'eurent que trop de retentissement. 
Il y eut, parait-il, aventures et mésaventures^. En d'au- 
tres temps on se serait montré plus sévère à la cour 
pour un précepteur d'un fils du roi et pour un posses- 
seur de bénéfices ecclésiastiques^. Ceux-ci étaient la 
monnaie avec laquelle Henri IV s'acquittait des obliga- 
tions qu'il avait à des Yveteaux ; pour faire de son pro- 
tégé un abbé commendataire, lui-même écrivait au car- 
dinal de Givry : 

« Mon cousin, c'est en faveur de des Yveteaux, qui 
est à moy, que je vous fais ce mot, pour vous prier de 
vous employer de tout vostre pouvoir à ce que l'abbaye 
de Nostre-Dame du Val, qui est en titre, passe en com- 
mende^... etc. » 

D'autres fois on donna des abbayes à des poètes. On 
reconnaissait et récompensait ainsi le mérite littéraire. 
A ce titre des Yveteaux en valait bien un autre. Assu- 
rément il y a dans ses œuvres trop de pièces de com- 
mande, trop de vers licencieux comme ce fameux son- 
net épicurien, qui traîne aujourd'hui partout : 

Avoir peu de parens, moins de train que de rente, 
Et chercher en tout temps Fhonneste volupté, 



1. Œuvres de des Yveteaux, édit. Prosper Blanchemain. 

2. Cf. Le Baston rompu. Tallemant cite et commente cette sa- 
tire, t. II. 

3. II ne posséda pas l'abbaye du Val en commende avant l'an 
1609. On le voit par la lettre ci-dessous de Henri IV. Des Yve- 
teaux abandonna plus tard N.-D. du Val à l'abbé de Rancé. 

4. Original à la Bibliothèque publique de Metz. Cit. par Lhuil- 
lier, op, cit. 



■ 



- 33 - 

Contenter ses désirs, conserver sa santé 
Et l'âme de procez et de vices exempte ; 

A rien d'ambitieux ne mettre son attente, 
Voir les siens élevez en quelque authorité. 
Mais sans besoin d'appuy garder sa liberté 
De peur de s'engager à rien qui ne contente ; 

Des jardins, des tableaux, la musique, des vers, 
Une table fort libre et de peu de couverts, etc. '... 

L'agrément incontestable du tour ne peut faire oublier 
ni méconnaître les droits qu'a au respect, même du 
poète, la vraie et saine morale. Mais d'autres composi- 
tions nous mettent plus à l'aise dans la louange que nous 
ne marchandons pas à un facile talent. Dans V Institu- 
tion du prince"*-^ poème composé pour César de Ven- 
dôme, il y a des vers « bien pensés et bien exprimés 2. » 

Tu peux en tous endroits et lorsque tu le veux, 
Invoquer l'Eternel et lui faire des vœux, 
Pour ceux qui vivent bien, le monde n'est qu'un temple. 
Mais tu lui dois ta vie, au peuple ton exemple... *. 

On dirait que cette dernière pensée serait empruntée 
à David Rivault\ D'accord encore avec lui, des Yve- 
teaux estime les belles-lettres et les recommande à son 
élève, comme étant 

La source des conseils, le repos des labeurs. 
Le charme des ennuis et l'oubli des douleurs*'. » 



1. Ap. J. Travers, Blanchemain, etc. 

2. L'Institution du Prince. Paris, 1604, in-4<^. Nous nous garde- 
rons bien encore de tout approuver en ce poème. 

3. Pichon, op. cit. 

4. Inst. du Prince. 

5. Cf. Suprà les Estats. 

6. Instit. du prince. 



- 34 - 

Le prince les aimera et les cultivera, mais discrète- 
ment et en prince. 

Pourtant je ne veux pas que ton cœur s'en affole ; 
Instruis-toi pour le monde et non pas pour l'école. 
Il faut que ton savoir se découvre en vivant : 
Je t'aime beaucoup mieux habile que savant*. 

Le poète parfois s'élève. Nous n'hésiterions pas à sa- 
luer en lui un prédécesseur de Corneille, s'il en avait le 
tour vif et le laconique sublime : 

Les esprits généreux, malgré les lois du temps, 
Nous font voir leur automne avecque leur printemps, 
Et le cours du soleil, le tyran des années, 
Ne se doit observer pour les âmes bien nées ^ 

Des Yveteaux n'est donc pas un poète à mépriser. 
Il eut sur son vieux père, avec un talent moins original 
peut-être, « l'avantage de se trouver du mouvement de 
réforme imprimé à la langue par l'école nouvelle de 
Desportes, de Bertaut, de Racan et surtout de Mal- 
herbe 3. » 

Tout le monde connaît les stances à Duperrier. On 
oublie qu'un émule et un ami de leur auteur gémissait, 
d'une voix qui nous parait charmante en sa grâce 
douce et plaintive, sur la mort et ses « rigueurs à nulle 
autre pareilles : » 

Beaux rayons, plus clairs que durables, 
Si vos lumières désirables 
Ont eu leur fin en commençant. 
C'est le destin des belles choses : 



1. Institut, du Prince. 

2. Ibid. — Gomp. Corneille, Le Cid, acte II, se. II : 

« Je suis jeune, il est vrai, mais aux âmes bien nées 
La valeur n'attend point le nombre des années. » 

3. Rathery, p. 12. 



- 3o - 

Un matin est l'âge des roses, 
Et les lys meurent en naissant*. 

Des Yveteaux et Malherbe étaient liés par l'affection 
que se doivent des compatriotes, la sympathie d'âmes 
sœurs, bien que de mœurs et de caractère différents, et 
la reconnaissance que celui-ci avait à celui-là. Des Yve- 
teaux, fort en crédit auprès du roi, introduisit Malherbe 
à la cour, et par l'appui qu'il lui prêtait, mérita bien des 
lettres et de la langue. Il fit la fortune de son ami sans 
négliger la sienne. 

Il obtenait de nouveaux bénéfices simples, deux mille 
livres de pension 2, entrait dans le conseil privé de 
Henri IV, et enfin était nommé précepteur du Dauphin, 
depuis Louis XIII, le 22 août 1609 3. Mais la mort du 
Béarnais, assassiné le 14 mai 1610, devait mettre un 
terme à ses succès et à sa faveur à la cour. 

La nomination de des Yveteaux, faite par le roi sur 
son initiative personnelle, ou peut-être à la prière du 
maréchal d'Estrées, fut généralement désapprouvée. 
Elle déplut surtout à la reine. Celle-ci aurait répondu 
au remerciement du nouveau précepteur : « qu'il ne l'en 



1. Des Yveteaux. Sur la mort de deux jeunes garçons. — 
Gomp. Malherbe, Cous, à M, Duperrier sur la mort de sa fille : 

« Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, 
L'espace d'un matin. » 

2. Cf. Lhuillier, p, 5. 

3. « ...Nous ne saurions mieux faire paraître à nos subjets 
combien nous les chérissons que par le soin que nous voulons 
avoir de faire donner à notre cner et bien aimé fds, le Dauphin 
de Viennois, une si bonne nourriture qu'elle puisse engejidrer 
en leurs c<i'urs une affection immortelle... Nous avons adVrsé de 
lui donner bailler un précepteur bien choisi, suffisamment versé 
à toutes sortes de sciences... Nous n'avons pas trouvé de plus 
propre à cest effect que nostre amé et féal Nicolas Vauquelin, s"" 
des Yveteaux... » (Extrait d'une lettre de Henri IV portant no- 
niin. de N. V. des Yveteaux comme précepteur de Louis XIII. 
— Ms. app. à M. Henri de la Fresnay de Guibray, cit. dans les 
Communes et la royauté, par Ch. Desmaze, Paris 1877, in-12. — 
De fait des Yveteaux était en fonction dès le mois de février 1609. 
(Cf. L'Estoile). 



- 36 - 

remerciast point, mais le Roy, qui seul l'avait voulu, et 
que, si elle eust esté crue, il ne l'eust jamais esté *. » 

Le mécontement de Marie de Médicis a pu se tra- 
duire d'une façon moins vive ; mais il fut réel. On le 
rappellera plus tard à Sa Majesté 2. C'est un sentiment 
qui honore l'épouse offensée par les soins donnés au 
fds de la d'Estrées, et la mère, justement inquiète des 
leçons et des exemples qu'allait donner à son fils un 
maître de capacité douteuse et de mœurs au moins sus- 
pectes. 

En outre des Yveteaux avait contre lui le nonce Ubal- 
dini, le maréchal de Villeroy et Bruslart de Sillery. 

L'Eglise ne pouvait se désintéresser de l'avenir et ne 
pas veiller avec une extrême vigilance sur l'éducation 
du fils aîné de Henri IV. Aussi à peine l'enfant était-il 
né que le roi était supplié par le nonce Buffalo de ne 
point le mettre aux mains des hérétiques 3. Henri IV le 
promit et tint parole. Il donnait aussitôt au jeune dau- 
phin une nourrice orthodoxe, puis le confiait aux soins 
de M. et de M™^ de Montglas, tous deux catholiques. 
Enfin, quand il eut atteint l'âge de sept ans, à ceux de 
Gilles de Souvré^, qui l'était aussi. 

(( Henri IV ne fut pas toujours aussi bien inspiré 
dans le choix des personnes qu'il plaçait auprès de son 

1. L'Estoile, 1881, IX, 226. 

2. Cf. Une pièce à la suite des Mém. de Villeroy, 1723, t. V, 
p. 204. « On scait que vostre Majesté informée du peu de scavoir 
de ce payeur de bonne mine, ...ne vouloit en façon du monde 
qu'il élevât votre fds.... » 

3. Cf. Biblioth. nation., ms. italiens, n" 66. 

4. Cf. Suprà, p. 35. Lettre de Henri IV nommant des Yveteaux 
comme précepteur. « Notre principale intention a esté aussitôt 
que nous avons reconnu son esprit (c.-à.-d. du Dauphin) capa- 
ble de recevoir des instructions, de faire choix de notre ame et 
féal sieur de Souvré pour estre son gouverneur. » — Gilles de 
Souvré, marquis de Courtenvaux, maréchal de France, né vers 
1540. Il reconnut l'un des premiers les droits de Henri IV au 
trône et le servit avec fidélité. Courtenvaux est dans le Maine 
(Cf. Bulletin delà Société d'agric. de la Sarthe, XVI, 71-74). 



i 



— 37 - 

fils, et sa légèreté ou son imprudence donna un trop lé- 
gitime prétexte au nonce Ubaldini d'intervenir dans les 
affaires du ménage royal'. » La nomination de des 
Yveteaux en est une preuve. Elle était désagréable au 
nonce qui avait obtenu de la reine (1608 ?) qu'elle ferait 
donner des maîtres bons catholiques à son fils, déjà 
« plus grand que son âge, plus beau que ne le faisaient 
les peintres, très semblable à sa mère par le visage, 
avec la gravité sévère qui caractérisait la maison de 
Médicis^. » 

On soupçonnait bien Nicolas des Yveteaux de ne pas 
tenir toute la promesse de la reine ; mais qu'y faire ? Le 
joyeux précepteur se réclamait du roi et de M. de Brè- 
ves, ambassadeur près le Saint-Siège. L'ombre même 
du feu roi semblait encore couvrir de sa protection le 
précepteur suspect. 

Ubaldini le faisait surveiller par de Souvré et le père 
Cotton 3 et recueillait « les accusations les plus extraor- 
dinaires et les plus graves^. » On parlait de discours 
tendant à l'athéisme, à l'impureté des mœurs, etc. C'é- 
tait inquiétant, malgré les notes optimistes de l'ambas- 
sadeur de Brèves, assurant que « le roi avait porté au 
choix du précepteur de son fils tout le soin désirable et 
qu'il était difficile de faire une meilleure élection^. » 

Mais les renseignements venus de Paris ou de Fon- 
tainebleau ont plus de poids devant l'histoire que ceux 
qu'envoyait de Rome le trop facile de Brèves. Or voici 
ce que nous apprend le fameux « Discours présenté à 



1. Perrens. L'Eglise et l'Etat, sous le règne de Henri IV et la 
régence de Marie de Médicis, I, p. 379. 

2. Cf. Ubaldini, dép. du 5 février 1608, ap. Perrens, op. cit. 

3. Jésuite, confesseur de Henri IV et de Louis XIII enfant. 

4. Perrens. op. cit. 

5. Dép. du 22 juillet 1610. 



- 38 - 

la reine, mère du roi^ » L'auteur, quel quil soit-, se 
montre sévère pour le premier précepteur de Louis XIIP, 
qui a le soin de « cette belle plante, ...si mal cultivée^. » 
Il faut de toute nécessité en choisir un autre qui « efface les 
traits fardez et cet ombrage de scavoir de son premier 
maître. Car quel profit peut faire le prince de l'exemple 
de sa vie et de ses instructions ? Ses leçons sont en 
toutes leurs parties prodigieuses, sans tètes et sans 
pieds ^... » 

Suivent d'autres accusations, par exemple de propos 
licencieux et « efféminez, » et même de foi suspecte, 
etc. De ces griefs il en est dont nous ferions bon mar- 
ché, comme l'histoire de Pomone et de Flore. Elle pou- 
vait bien être oiseuse, mais tout professeur en parlait 
en ces temps où la mythologie était très à la mode. 



1. A la suite des Mémoires de Villeroi/, V, 199, Amsterdam, 
1725. 

2. Le ton ferme, les grandes vues de ce discours nous font 
penser à Richelieu. L'évêque de Luçon était jeune encore mais 
non inconnu à la cour. — Quant à y voir, comme le veut Talle- 
mant, une remontrance directe et ofiicielle du clergé, impossible : 
la forme du discours s'y oppose. L'auteur parle en son nom et 
s'appuie sur des renseignements « puisés dans les compagnies 
de plusieurs personnes de qualité... » 

3. Ce discours fut adressé à la fin de l'année ; « il y aura force 
mécontentements à ce premier de l'an. » Aux étrennes de 1612 
la question du précepteur était tranchée. Elle l'était même en 
1611, au moins pour ce qui concerne des Yveteaux, personnelle- 
ment nommé et pris à partie. La question se présentait de nou- 
veau le 13 novembre 1612 à l'occasion de la mort de Nicolas Le- 
fèvre. Mais là encore ne peut trouver place le « Discours à la 
Reine. » L'orateur parle avantageusement de Sully, qui ne pou- 
vait donc être en disgrâce, de difficultés de la reine pendant les 
« six derniers mois. » Enfin — et cette raison me paraît décisive 
— la reine devra bien recevoir « le comte de Soissons, quand il 
sera de retour, » et lui témoigner sa satisfaction pour les services 
rendus aux Etats de Rouen. » Or le comte de Soissons était mort 
dans la retraite et presque dans la rébellion, à Blandy, le 30 oct. 
ou au moins le l®"" nov. 1612 (Cf. Dareste, Èist. de France, V, p. 
12; Michaud, art. Soissons, etc). 

4. Disc, à la Reine. 

5. Ibid. 



- 39 - 

Nous ne serions pas plus sévère pour « les plagiats ; » 
un maître ne saurait tout inventer. Quant au reste il 
faut bien y voir un grand mal qui appelait un grand re- 
mède. L'insuffisance de des Yveteaux paraît avoir été 
assez notoire ^ L'enfant lui-même « avait le sentiment 
de l'infériorité de son maître en face d'une tâche faite 
pour des hommes éminents, et le malheureux des Yve- 
teaux dut s'en excuser un jour d'une manière assez pi- 
teuse en disant à son élève, à propos d'une réflexion 
qui n*est pas parvenue jusqu'à nous^, « qu'il n'était sans 
doute pas des plus savants, mais toutefois qu'il n'était 
pas un homme du commun ni du vulgaire, car on ne 
l'eust pas mis auprès de Sa Majesté 3. » 

Si l'on en croit l'auteur du « Discours à la Reine, » 
Henri IV obligé d'avouer un jour dans l'intimité que 
son choix laissait à désirer, aurait ajouté que des Yve- 
teaux « était auprès du Dauphin plutôt pour lui ap- 
prendre un bien peu de grammaire que pour un autre 
sujet, mais qu'il en choisirait un autre de meilleure 
étoffe quand il serait plus grand ^. » 

Prévu ou non par le roi, le remplacement de des Yve- 
teaux eut lieu subitement en juillet 1611. 

Quelle en fut la cause ou l'occasion ? L'Estoile, qui 
n'en sait probablement rien, affirme que c'était pour 
avoir « babillé entre autres de M. d'Encre.^ » Il faut 
plutôt, pensons-nous, en chercher la raison dans les 
motifs déjà connus du lecteur. L'ambassade vénitienne 
n'en donnait pas d'autres à son gouvernement 6. Mais il 

1. Cf. Disc, à la Reine. • 

2. B. Zeller, La minorité de Louis XIII, p. 130. 

3. Hëroard, t. II, p. 57. Ed. SouUé et Barthélémy, Paris, 
Didot. 

4. Die. à la Reine, p. 204. 

5. Mém., tom. XI coll. Michaud, p. 133. 

6. « Fu dimisso improvisamente il S. d'Ifito dal carico de pre- 
cettore del Re par ombra pressa de lui in materia di religione, et 
dato al sip^iiof di Fevro, ^raii littorato, et bonissimo cattolico, et 
al Ue che i'ainava s'ù fatto creder altro. » (Amb. venit. 27 juillel 
1611). 



- 40 - 

est aussi fort possible « qu'on ait caché la vraie cause 
du renvoi de son précepteur au roi qui Taimait*. » 

Des Yveteaux quittait la cour largement pourvu de 
pensions 2 et de bénéfices. Il se retira dans sa belle 
maison du faubourg Saint-Germain. La vie qu'il y mena 
n'était pas pour infirmer les griefs articulés contre lui. 

Bien que désormais les détails de cette singulière 
existence soient pour nous d'un moindre intérêt, nous 
en donnerons un résumé succinct, sans nous porter ga- 
rant de la véracité de tous les faits relatés, la plupart 
par le médisant Tallemant des Réaux. 

Libre de tout souci et de toute contrainte, Nicolas des 
Yveteaux s'enfermait dans sa maison 3, « ornée de fes- 
tons et de lacs d'amour, se parait de vieux rubans que 
Ninon lui avait donnés, recueillant une aventurière, en 
procès avec sa famille, scandalisant tout le quartier, et 
soutenait jusqu'à la fin de sa vie une espèce de masca- 
rade dont Chaulieu a poétisé les détails^. » 

Il sortait peu, mais recevait volontiers et dînait en la 
joyeuse compagnie de Saint-Amant, du comte de 
Brionne, de Saint-Laurens et de l'historien Mézeray, 
qu'il protégeait ; car il ne refusait pas son aide aux dé- 
butants dans le monde des lettres et n'était pas insen- 

1. Cf. la note précédente. 

2. Il existe de lui une Quittance de 1621 de 6000 liv. « pour l'es- 
tat et entretenement qu'il plaist à Sa Majesté lui donner durant 
la présente année. » (Obligeamment comm. par M. Bertrand de 
Broussillon d'après le n» 88 de mai 1882 de la Revue des Auto- 
graphes). 

3. Des Yveteaux possédait une maison rue du Marais. On a 
beaucoup parlé de pont souterrain faisant communiquer un jar- 
din de des Yveteaux avec un autre jardin situé l'autre côté de la 
rue. Nous ne pouvons entrer dans ces détails. (Cf. Fournier, Va- 
riétés hist. et litt.). 

4. Cf. Rathery, op. cit., et la pièce de Chaulieu : 

« Jacques au dernier de ses jours 
a II porta constamment pannetière et houlette,... 
« Expira mollement au son de sa musette... 



- 41 — 

sible aux souffrances des poètes besoigneux. Par mode 
de reconnaissance l'un d'eux lui ouvrait son cœur et se 
plaignait d'être incompris ailleurs : 

Hé quoy, Des Yveteaux, n'est-ce pas un grand fait 
Qu'un poète ignorant, un rimeur imparfait 

Trouve ce qu'il désire, 
Et que le vray poète, en ce mal-heureux temps, 

Languit en son bien dire 
Comme la fleur cachée au déclin du printemps !... 
, Et qu'estant le scavoir en l'oubliance mis, 

Et le prix dans la fange 
L'erreur est au Pactole, ayant de bons amys ^ ? 

Sa compassion et son intérêt furent d'autres fois moins 
bien placés. Témoin ce certain jour où il aperçut une 
femme jeune et fort triste, avançant la tête par la porte 
entr'ouverte de son grand jardin, une harpe à la main. 
Malgré sa grossesse et ses haillons, elle ne lui parut 
point laide '^. Cette joueuse de harpe était Jeanne Félix, 
mariée à un certain Adam du Puy. L'un et l'autre fini- 
rent par loger chez des Yveteaux, qui achevait ainsi de 
se couvrir de ridicule. 

Déjà on ne le voyait pas sans étonnement faisant leda- 
meret, malgré ses cinquante ans, ayant des chausses à 
bandes rattachées avec des brides, des manches de satin 
de Chine, un pourpoint et un chapeau de peau de sen- 
teur et une chaîne de paille à son cou, sur la tête une 
calotte de cuir et des souliers d'étoffe à ses pieds ; bref, 
se coiffant comme les autres se chaussent et se chaus- 
sant comme les autres se coiffent 3. Ce ne fut plus qu'un 
tissu d'extravagances. Tous les matins la du Puy pre- 



1. Garnier. ap. Fournier, Variétés hist. et litt. 

2. Vigneul-Marville dit même qu'elle était « Tanto più bella 
quanto più lacerata. » 

3. Cf. Les récits deM^» de Rambouillet, ap. Tallemant, op. cit. 



— 42 — 

nait ses ordres pour son costume du jour^, et suivant 
son désir s'habillait en reine, en déesse, en nymphe ou 
en bergère. 

Pour lui, il se travestissait d'une manière analogue-. 
Tantôt il s'affublait en berger, tantôt en dieu de la fable 
et jouait avec la du Puy des scènes mythologiques -K 
D'autres fois, « la houlette à la main, la panetière au 
côté, le chapeau de paille doublé de satin rose sur la 
tête, il conduisait paisiblement le long des allées de son 
jardin ses troupeaux imaginaires, leur disait des chan- 
sonnettes et les gardait des loups ^. » On ne vit jamais 
de pareilles mœurs que sur les bords du Lignon, aux 
temps fantastiques de Céladon et d'Astrée ou bien dans 
l'Arcadie de Guarini. 

Malgré le calme de cette vie pastorale et le soin qu'il 
mettait à bannir toute inquiétude, des Yveteaux trouva 
des épines mêlées aux roses de sa vie épicurienne. Chas- 
sez les soucis, ils reviennent au galop. D'aucuns vinrent 
du fait de la bergère et de sa famille. Cette famille se 
montrait âpre à profiter de la nouvelle position de la 
du Puy, et insatiable en matière d'argent. Isaac Félix, 
dit de Lézinière, en exigea de sa sœur. Une bagarre 
s'en suivit avec les valets, dans les jardins de des Yve- 
teaux où Lézinière fut tué. De là des difficultés pour le 
propriétaire, qui cependant n'y était pour rien, et la sé- 
paration momentanée d'avec la du Puy, emmenée en pri- 
son préventive. 

D'un autre côté, le Céladon était reprit par son curé-^, 
et surtout par Richelieu, qui l'engageait dans son inté- 
rêt à renvoyer de chez lui une femme qui dévorait tous 
ses revenus ^. Richelieu payait ou du moins faisait 

t. Pichon, op. cit. 

2. Cf. Tallemant, op. cit. 

3. Vigneul-Marville, Mélanges, t. I^r, 1725. 

4. Cf. Tallemant. 

5. Cf. Fact. I. 

6. Cf. Huet, Orig. de Caeii, p. 355. 



- 43 - 

payer les quartiers des bénéfices. Des Yveteaux sacrifia 
ses bénéfices à la du Puy et remit au roi ses abbayes du 
Val et de la Trappe. Mais il ne put éviter les procès 
avec sa propre famille, justement inquiète au sujet d'une 
fortune exposée à passer en d'autres mains '. 

Toutefois rien n'y faisait. Rien ne pouvait vaincre cet 
entêtement de vieillard original et indépendant à l'excès. 
Du reste, comme Lafontaine, des Yveteaux ne nous pa- 
rait pas avoir eu jamais une idée exacte de la moralité. 
N'est-ce pas lui en efi'et qui écrivait à son frère : 

({ Quoi que vous disiez, je ne m'aperçois pas que 
j'aie obscurci la lumière de notre race par les ténèbres 
de mon ignorance, ni par la bassesse de mes actions. 
Mes occupations et mes plaisirs sont toujours honnêtes 
ou agréablement profitables aux autres et à moi-même ; 
et s'il y a quelque splendeur en ma dépense, elle est 
sans somptuosité, comme ma liberté sans dissolution. 
Il y a vingt-cinq ans que je ne scais ce que c'est du 
Cours, des Tuilleries, ni de la cour ; mais j'ai vu plus 
de reines, de princesses et de duchesses chez moi que 
vous n'avez vu de dames aux noces de votre fils. Vous 
prenez la politesse et la délicatesse curieuses pour une 
volupté vicieuse et défendue... Toutefois je n'ai point 
vu que la douceur des plaisirs ou la violence des pas- 
sions ni les plus friands objets aient jamais irrité mes 
sens jusques à passer à un désir irrégulier ou étranger - ? » 

Dans une épitaphe généralement attribuée à l'abbé 
de Rancé, mais dont l'ancien précepteur parait avoir 
fourni lui-même les principales pensées, il confirme ce 



1. La (in Puy avait en particulier une fille, Marguerite, mariée 
à Nicolas Vauquelin, sieur de Sacy-Rotours, que des Yveteaux 
voulait d(tter. Lies dissensions de sa famille et les autres difficul- 
tés de dos Yveteaux donnèrent lieu à des factunis que nous 
iivons plusieurs fois cités. Ils sont l'une des meilleures sources 
de la biographie de des Yveteaux. 

2. Lettre à M. de la Fresnaye, cit. par Rathery. 



_ 44 — 

qu'il avait avancé : « J'ai tenu ma vie cachée et ma cons- 
cience nette sans ostentation, ma liberté entière sans 
dissolution. » 

Donc, s'il faut l'en croire, Huet a quelque raison de 
dire que la plupart des « gentillesses w du bonhomme 
« sont supposées ^ Le même auteur croit d'ailleurs à 
une conversion sérieuse chez lui et cite à l'appui de son 
dire un fameux sonnet retrouvé il y a quelque quarante 
ans : 

Enfin je ne suis plus des habitants du monde ! 
Mon âme est eschappée et ne tient plus de lieu ; 
Elle a quitté mes sens : le seul amour de Dieu 
Me fait tout voir en ange et sans cause seconde. 

Que je suis au-dessus de la terre et de l'onde 
Quand j'en suis séparé par un heureux adieu ! 
Que mes travaux sont doux, quand je suis au milieu ! 
Plus je suis agité, plus ma paix est profonde ! 

Quoy pensez- vous que j'aime, mortels, que les cieux ? 
Qui m'inspire en mourant ces pensers glorieux, 
Plus clairs que le soleil et plus nets que l'aurore? 

C'est le bruslant amour du Maître que je sers, 
Qui m'a paru si vif aux maux que j'ay soufferts, 
Qu'au lieu d'en estre las, je veux souffrir encore ^ 

Ce sont là de louables sentiments ; mais quelques 
vers, écrits parfois sous l'influence des idées du moment, 
ne peuvent être une preuve certaine ni de l'entière per- 
versité ni du retour de leur auteur. Ne faisons donc pas 
trop fonds sur le sonnet scandaleux ni sur le sonnet pé- 
nitent de des Yveteaux. Que sait-on ? Ne sont-ce pas là 
jeux de poètes ? 

Quoi qu'il en soit, l'aventurière du Puy sera long- 
temps de la maison du jouisseur, qui s'en fait accompa- 

1. Orig. de Caen, 1709, p. 356. 

2. Cité par J. Travers, op. cit. 



- 45 - 

gner aux Yveteaux* pendant un été, puis à Brianval ~, 
près de Meaux, où il avait fait bâtir une somptueuse 
habitation. Il s'y retira même définitivement et y mou- 
rut en 1649. Il avait 81 ou 82 ans. 

Ses derniers moments ont été l'objet de jugements les 
plus contradictoires. Nous ne nous chargeons point de 
résoudre ce problème. Même désaccord au sujet de la 
du Puy, qui, un moment, se serait prêtée à Brianval, 
au même manège de bergeries qu'à la rue du Marais. 

Monsieur Lhuiller^ affirme que la bergère « trépassa 
avant d'avoir atteint la cinquantaine et que son berger 
lui survécut de quelques mois seulement. » D'autres 
assurent qu'elle lui ferma les yeux^. Tant pis pour des 
Yveteaux. La présence de cette femme, souff'erte et 
même réclamée en ce moment, nous gâte l'opinion opti- 
miste du savant Huet et l'eff'et produit auprès du sou- 
verain juge par le sonnet pénitent^. 

(A suivre). 

AuG. Anis. 



1. Maison de campagne de des Yveteaux en Normandie. 

2. Dans la paroisse de Vareddes. « Il y a encore à Vareddes 
des restes curieux de la demeure du personnage ; elle était située 
à l'extrémité est du village à 1500 mètres de la Marne, rive droite, 
vis-à-vis de l'extrémité sud du village de Germigny, qui s'élève 
gracieusement sur la rive gauche de la môme rivière. » (Commu- 
niqué par M. le chanoine F. A. Denis, né à Vareddes). 

3. Op. cit., p. 1*. 

'i. Cf. Tallemant, Ghaulieu, etc. 

5. Nous permettra-t-on de donner ici par manière d'épilogue 
le portrait de Nicolas des Yveteaux dessiné par Tallemant Vf ///.s^ 
p. 11, Id. Paris et Rouen) « C'était un petit homme sec. à yeux 
de cochon, ayant toujours l'esprit présent et disant parfois de 
jolies choses. » 



RECHERCHES 

SUR DIVERS TITULAIRES 
DE MAGISTRATURES, CHARGES ET OFFICES 

DE LA VILLE ET DU COMTÉ DE LAVAL 

(Suite) 



ECHEVINS 

Les échevins, dit le dictionnaire de Trévoux, étaient les 
officiers élus par les habitants d'une ville pour avoir soin de 
leurs affaires communes, de l'entretien et de la décoration de 
la cité. A Paris il y avait un prévôt des marchands et quatre 
échevins ; dans les autres villes un maire et des échevins. 

Primitivement les échevins étaient assesseurs et conseil- 
lers des juges des villes ; ils jugeaient même seuls les petites 
causes. 

Ménage croit que le mot échevin vient de scabiniis ou sca- 
binius. Cujas et Chopin disent qu'il est dérivé de l'hébreu. 
Ragueau pense qu'il naît de l'allemand schaffer ou schaffen. 
Borel le dérive de caçere^ dans le sens de conservateur des 
intérêts publics. 

Quelquefois on les a appelés burlesquement Léchevins, 
parce qu'autrefois ils devaient essayer les vins pour y mettre 
le taux et la police \ 

1. Trévoux, T. 2, p. 1321. Edition MDGGXXXH. 



- 47 — 

Le temps que les échevins passaient en fonctions se nom- 
mait échevinage : dans certaines villes il donnait la noblesse. 

On eut toujours grand soin de nommer des hommes sages, 
justes et indépendants, capables de défendre les intérêts des 
liabitants contre les injustes empiétements des seigneurs, 
des maires et des autres officiers des villes. Pichot de la Gra- 
verie nous rapporte, qu'en 1732 à Laval : < on eut attention 
« de ne pas choisir des sujets dépendant de M. Le Long, 
« maire et de la seigneurie, et avec juste raison étant très 
« important et très avantageux aux intérêts de la ville et des 
« habitans de ne pas tomber dans une situation et une dépen- 
« dance forcée qui tiennent dans l'esclavage les habitans et 
« les mettent dans l'impuissance de se défendre contre les op- 
« pressions des officiers ambitieux et entreprenans, en sorte 
« qu'on doit éviter avec un soin extrême de donner trop d'au- 
« torité et de pouvoir aux officiers du seigneur dont il est im- 
« possible que quelques-uns n'abusent de temps en temps *. » 

D'abord les échevins étaient nommés dans une assemblée 
de la maison de ville. Depuis 1733, d'après un édit du roi, 
ces charges durent être approuvées et enregistrées au Par- 
lement. 

En 1709 le roi créa des échevins alternatifs, qui, comme le 
mot l'indique, remplissaient leurs charges tour à tour. 

A Laval, d'après un règlement fait de concert avec le duc 
de la Trémouille, les échevins étaient choisis dans les deux 
sièges du grenier à sel et des traites. Depuis, à la suite d'une 
réclamation des officiers du grenier à sel. on décida de les 
prendre successivement dans tous les corps de justice ^ 



ECHEVINS 
1567 

René Garnier. — Fils de Perrot Garnier. Il épousa Raoul- 
hne Quesnay (Registres de Saint-Vénérand). 
Raoul le Balleur. — Fils de Raoullet le Balleuret de Fran- 



1. Pichot de la Graverie, T. 2, p. 292. 

2. Idem. 



- 48 - 

çoise.... Il épousa Françoise Gougeon (Rég. de Saint -Véné- 
rand) . 

Jacques Pélisson. 

Jean Davoust. 

Nous trouvons leurs noms dans une pancarte concernant 
les statuts et ordonnances de la prévôté de Laval. 

1576 

Mathurin Prévost, avocat. 

Jean Journée. — Nous trouvons son nom dans les regis- 
tres de Saint- Vénérand en 1535-1536 ; sa femme se nommait 
Marie le Balleur. 

Ils furent tous les deux députés du Tiers-Etat aux Etats 
généraux de Blois. 

1579 

Mathurin Prévost, avocat. 

Mathurin Denuault (Titres de Patience). 

1614 

Jean Davazé. — Fils de Geoffroy Davazé et de Guillemine 
Bellanger, il épousa Marie Bidault. 

Armes : d'azur à un autruche d'argent ("Ancienne généa- 
logie). 

1623 

Olivier Morayne de la Motte, avocat, fils de Robert Mo- 
rayne, greffier en la justice ordinaire de Laval, et de Jacquine 
Hennyer. Il épousa en premières noces Aimée Martin et en 
deuxièmes noces Marie Chemineau. Il mourut en 1658. Sa 
fille Renée Moraine avait épousé Jacques le Bla»nc de la Vi- 
gnole qui, devenu veuf, se remaria à Adnette Lasnier ^ 

N... Biennier. 

Jean le Vayer. — Fils de Guillaume le Vayer. 

On trouve son nom en 1617 dans un registre de Saint- Vé- 
nérand comme parrain de Marguerite le Geay. Il était sieur 
de la Torchonnière. 

1. Recherches historiques, T. 3, 9, 14. 



- 49 - 

Ambroise Letourneurs. — Fils de Claude Letourneurs et 
de Ambroise Audouin. Il épousa le 15 mars 1608 Geneviève 
Hennier. 

Armes : d'argent au chevron de gueules, en chef 2 mer^ 
lettes de sable, en pointe une tour de même soutenue d'un 
croissant d'azur^. 

1638 

Pierre le Clerc de la Galorière. écuyer. — Fils de Claude 
le Clerc, conseiller au siège présidial d'Angers et de Magde- 
leine le Gauffre. Il épousa l'* N... Oupvrard de la Gousserie, 
2° Charlotte Molland. 

Il était très riche, enrichi par le trafic des toiles en Espa- 
gne. Il eut cinq garçons et deux filles, dont l'une fut mariée 
à Daniel Pélisson, seigneur de Montigné père de Jeanne Pé- 
lisson, femme de Jacques, vicomte de Byragues, baron d'Ën- 
tramnes en premières noces et en deuxièmes noces de Char- 
les de Maillé, comte de la Tour-Landry. 

Armes : d'azur au chevron d'or trois étoiles d'or en chef 
et un cœur de gueules en pointe^. 

Cette famille Le Clerc était originaire d'Entramnes. Ce fut 
Pierre le Clerc qui posa la première pierre du jubé de la Tri- 
nité. Il fonda la chapelle de la Courteille ^. 

Daniel Guérineau. 

René Salmon, sieur du Coudray, fils de Ambroise Salmon, 
sieur du Griffon, avocat. Il avait épousé Renée Loriot. 

Guy Chapelle. 

1662 

René le Bouvier, sieur des Landes. 

Fils de François le Bouvier, sieur du Hameau, de la pa- 
roisse de N.-D. de Mayenne et de Renée le Pineau. 

De Maude nous donne les armoiries d'un Jean le Bouvier, 
curé du Ham : d'or à 3 pals d'hermines. Cette famille le 
Bouvier était ancienne à Laval : nous trouvons maistre Jean 

1. Menu généal., mns. T. VIL 

2. Mém. généal., T. I. 

;j. Extrait délivré par le grellier du conseil de l'église de la 
Trinité le 26 juin 1667. 

4 



— 5Ô - 

le Bouvier docteur en médecine signant comme témoin le 18 
juin 1496, un don fait par Guy XV à Olivier de la Roussière, 
seigneur de la Vieucourt, de terres dans la forêt de Concise*. 
Pierre Hoisnard, s. de la Bodangère. Sa femme était Jac- 
quine Bidault de Glatighé. 

1670 

Roland le Duc, avocat. — Fils de Roland le Duc avocat et 
de Jeanne Cailler. Il épousa Marie-Anne Bidault des Landes 
(Registres de Saint- Vénérand). 

1693 

René Martin de la Réauté. — Fils de René Martin, s. de la 
Réauté et de Jeanne Frin. Il naquit en 1663 le 7 mai et eut un 
frère jumeau nommé Pierre. Parr. Jean Duchemin de la Ja- 
rossais. Marr. Jeanne le Meignan, dame de la Meunerie. 

Il épousa Magdeleine Seigneur et mourut le 23 août 1727. 

Armes : d'argent à une mdcle de sinople accornp. de 4 
trèfles cantonnés de même (Armoriai des généralités). 

1709-15 

René Frin de la Chauvinière. — Fils de Sébastien Frin, 
s. des Allées, assesseur, et de Claude Babin. II épousa 
Jeanne Hoisnard et mourut en 1751. Il était conseiller du roi 
et assesseur en la maréchaussée de Laval. 

Armes : d'azur à 3 gerbes d'or 2 et i. 

René Gautier du Breil. 

1722 

P. Vrigné. 

Guillaume Gaudin, docteur en médecine, fils de Noël Gan- 
din et de Marguerite le Balleur, épousa Anne Joly. 

Armes : de sinople à une coupe d'or en cœur et 3 besants 
d'argent 2 et i. 

Jacques Enjubault, fils de René et de Louise Gaudin, avo- 
cat, marié à Françoise Duchemin de Noisement. 

Jacques François Duchemin du Val Bleré, fils de Jacques- 

•1. Titres de la Yieuxcouri (Rec/i . hist., T. II). 



- 51 - 

Jean Duchemin du Val Bleré et de Renée le Bouvier. Il 
épousa Louise Pinard. 

François le Hirbec, s. de la Haie. — Fils de Barthélémy le 
Hirbec et de Marie Fréard. 

Armes : d'argent à 3 fasces de gueules portant en chef 

une croix ancrée de accomp. d'une molette ou étoile à 

gauche et d'un croissant au côté droit^. 

François Beudin s"" du Bourgneuf, époux de Marie le Mais- 
tre. 

Armes : de Sinople à trois tulipes d'or ^. 

Jean Eumond, s. del'Etang. — Fils de Valentin Eumond, s"" 
de la Grignonière. 

Les Eumond étaient seigneurs del'Etang de Barbé. Ils l'a- 
vaient acheté, en 1634, de Jean Duchemin de la Morelière qui 
l'avait acquis en 1628 de Monseigneur le duc de la Trémoïlle^. 

1726 

Jean Duchemin de Boisjousse. Fils de René Duchemin, s. 
de la Barberie et de Marie le Geay. 

Il naquit le 27 avril 1666. Parr. Jean Chevalier, s. du Ver- 
ger. Marr. Marie de la Court. Il épousa Louise le Long et 
mourut âgé de 78 ans *. 

Ses armoiries étaient : d'or à un chameau de sinople ac- 
compagné en chef de trois cœurs d'argent ^ <; 

1727-1731 

Olivier Davazé, s. de la Chevalerie. Fils de Guillaume 
Davazé et de Suzanne Marchais. Il épousa Françoise Barrier 
(Ancienne généalogie). 

Charles-René Le Geay, fils de Jean le Jay des Astelais et 
d'Angélique Gaultier de la Vieucour ; il épousa René le Las- 
nier des Présneufs, fille de Jean le Lasnier des Présneufs et 
de Renée Richard (Mém. généal., T. 4). 

1. Mém. généal., T. II. 

2. Comm. de Farcy. 

3. Rec/i. Hist., T. 14. 

4. Registres de Saint- Vénérand. — Mém. généal. 

5. De Mande. — Mém. généal. 



- 5â 



1732 



Joseph Renusson de la Bressinière. — Fils de Pierre Re- 
nusson, s"" de la Bressinière et de Marie Monnerie. Il épousa 
le 6 août 1698 Anne Duchemin, fille de René Duchemin, s. 
de la Barberie et de Marie le Geay (Registres de Saint- Vé- 
nérand). 

De sable à 3 renards d'argent 2 et i (Armor. des géné- 
ralités). 

1733 

François du Vernay du Ronceray, médecin, fils d'Antoine 
du Vernay du Ronceray, médecin, et de Andrée Bellière. 11 se 
maria quatre fois et eut des enfants de deux femmes, N... de 
Chambord et Marie Gandin. 

Armes : de sinople à iinefasce d'or accomp. de trois ver- 
rues d'argent en chef et une boite de même en pointe (Arm. 
des généralités). 

Joseph Rousseau de Monfrand était avocat au parlement et 
président à l'élection de Mayenne ; fils de Nicolas Rousseau 
de Monfrand procureur du roi au grenier à sel d'Ernée et de 
dame Marie le Pannetier. Il épousa, le 16 novembre 1722, en 
l'église Saint- Vénérand, demoiselle Anne Hélène de la Porte, 
fille de M. Charles de la Porte, président à l'élection de La- 
val, et de dame Jacquine Des Champs (Reg. de Saint- Véné- 
rand). 

Armes : d'argent au cœur de gueules surmonté de trois 
étoiles d'azur rangées en chef et soutenues d'un croissant 
de même. 

1731 

Joseph de Launay, s. de Montaleu, fils de Lancelot de Lau- 
nay, s. des Saulais et de Jacquine Rousseau. Il épousa Anne 
le Febvre dans l'église Saint-Tugal. 

Armes : de sable à trois canettes d'argent 2 et i (Arm. des 
généralités) . 

1738 

.... Le Mercier delà Guillotière. — Fils de Jean le Mer- 
cier, s. des Chênes et de Marie Arnout. 



- 53 - 

1740 

Roland le Duc. — Il élevait être fils de Roland le Duc, éche- 
vin en 1670, et de Marie Bidault des Landes. 

« Du 14 septembre 1740. 

M. Roland le Duc, avocat et bailli d'Entrammes est mort. 
11 avait été échevin pendant dix ans et avait encore été con- 
servé pour quatre années, le 22 décembre 1739. 

A sa sépulture on lui accorda tous les honneurs qu'il méri- 
tait. La maison de ville y est allée en corps, M. de la Villeau- 
dray portait le sceau et quatre échevins les cornières, les 
tambours et les gardes de ville avaient la craye ? » (Pichot 
de la Graverie). 

Nicolas Seigneur, s"" du Hallay. 

Nous pensons qu'il était fils de René Seigneur, s. du Bu- 
ron, avocat. Il était bailly d'Entrammes et mourut le 

10 août 1746. A sa sépulture le sceau fut porté par M. de 
Montaleu, ancien échevin (Pichot de la Graverie). 

1741 

Joseph Duchemin de la Jarossaye, fils de Pierre Duche- 
min de la Jarossaye et de Marie-Marthe Coustard ; marié à 
Jacqueline Hoisnard de Cormeray. Il était banquier à LavaP. 

11 fut nommé le 17 février 1741, sur le refus que M. Hoisnard 
de Cormeray, son beau-père, avait fait d'être échevin. 

Armes : d'oj- au chameau de sable. 

1747 

Ambroise Hardy, docteur en Sorbonne et avocat, fiis de 
Ambroise-Jean Hardy de Lévaré, maire de Laval, et de Renée 
Martin de la Blanchardière. Il mourut en 1753. 

Armes : de sable au lion couronné d'or accomp. de trois 
étoiles 2 et 1^. 

François le Clerc du Moulin, conseiller du roi, procureur 
au siège royal et maréchaussée de Laval. Fils de Jean-Bap- 



1. Mém. généal., T. I. 

2. Idem. 



- 54 - 

tiste le Clerc du Moulin et de Françoise Briand. Il épousa 
Anne-Françoise Frin ^ 

Il fut reçu procureur du roi le 12 avril 1726, nommé éche- 
vin le 16 juin 1747 et envoyé en décembre 1748, comme dé- 
puté des habitants de la ville pour aller à Paris poursuivre 
l'obtention du Tarifa 

« Le 9 juin 1760. M. François le clerc du Moulin, célèbre 
« avocat au siège ordinaire, procureur du roi du siège royal 
« des exempts est décédé sur les six heures du matin à l'âge 
« de soixante-quinze ans, et a laissé à ses enfans une des plus 
« riches et des plus brillantes fortunes qu'aucun avocat ait 
« jamais fait en cette ville, étant riche de plus de 300,000 liv., 
« quoiqu'il n'ait fait que la seule profession d'avocat plaidant 
« et que tenir des assises en qualité de sénéchal de plusieurs 
« seigneuries. Il y a dix ans qu'il avait cessé de plaider, mais 
« il faisait également la profession et les écritures d'avocat 
« sous le nom de son fils et ensuite sous le nom de M. P. Guays, 
« qui plaidait ses causes gratuitement et sans honoraires. 
« Bel exemple qui doit engager les jeunes avocats à s'appli- 
« quer et étudier, estimer et suivre une aussi honorable et 
« utile profession ^. » 

Armes : d'azur au chevron d'or^ trois étoiles dor en chef 
et un cœur de gueules en pointe. 

1748 

Ambroise Touschard, né en 1703 fils de Pierre Touschard 
de Sainte-Plaine et de Marie Duchemin. 

Armes : d'argent à une bordure d'azur chargée de ces 
deux mots : Unica Virtus. 

1751 

Hyerosme Salmon. — Il fut lieutenant général en 1734 et 
avocat fiscal en 1737 à la mort de son frère. 

Fils de François Salmon et de Marie Duchemin. 



1. Pichot de la Graverie. 

2. Mém. gêné al., T. 4. 

3. Id. 




- 55 - 

1753 

Pierre Louis Duchemin du Tertre, fils de Pierre Duche- 
min du Tertre et Renée le Clerc. 
Armes : d'or au chameau de sable. 

1754-1756 

René Courte de la Noërie. — Fils d'Urbain Courte de la 
Nouërie et de N... Fleury. 

Armes : d azur à trois besans d'or, un passant de même 
en cœur un lanibel de trois pendants en chef^. 

1758 

Jean B. Duchemin de Saint-Céneré et des Etoyères, écuyer. 
Il appartenait à une branche de la famille Duchemin anoblie 
au XVIP siècle. Elle était sortie de René Duchemin de la 
Barberie et d'Antoinette Courte, 

Fils de Jean B. Duchemin des Etoyères, écuyer, commensal 
de la maison du roi et de Marie le Clerc ^. 

Jean B. Duchemin des Etoyères et Marie le Clerc avaient 
acheté le 10 oct. 1713 la terre de Gresse, en la Chapelle- 
Anthenaise, de M. Jean Bochard de Saron et de Marie Ca- 
zet de Vautorte, son épouse. A sa mort cette terre devint la 
part de son second fils Julien qui la vendit en 1743 à Jean B. 
Duchemin de Saint-Céneré son frère aîné^. 

Aveu de 1701. — Saint-Ceneré rendait aveu au Mans pour 
la baronnie de Touvois, avait le droit de patronage comme 
seigneur haut justicier et fondateur et droits honorifiques de 
l'église et paroisse, prééminences et autres droits. Emplace- 
ment et dépendances du four à ban situé au haut du bourg 
de Saint-Céneré, au-dessous de la porte de M. Duval, notaire. 

Une maison joignant la rue du Bourg au moulin de Com- 
marcé, délaissée pour dire une messe par semaine à la cha- 
pelle des Etoyères. 

Aveu de 1750. — Le seigneur de Bois-Jousse (Duchemin) 



1. Me m. }^énéa., T. III. 

2. Ancienne généalogie. 

3. Rech. /list., T. XII. 



- 56 — 

relevait de Laval ; il était seigneur et patron, fondateur de 
l'église de Saint-Ceneré et avait la présentation de la sa- 
cristie. 

Aveu de 1765. — Les Etoyères de Saint-Céneré rendaient 
aveu à Touvois de l'évêché du Mans*. 

Julien René Duchemin de Gresse était écuyer, chev. de 
l'ordre du Christ. 

Les armes de cette branche des Duchemin étaient : d'ar- 
gent au lion de sable, au chef d'azur chargé de trois besanls 
d'orK 

1759 

René Garnier, s. des Touches, fils d'Ambroise Garnier, 
s. de la Herberdière et de Marie Fanouillais, marié à demoi- 
selle Marie-Marguerite Moreau, fille de Pierre Moreau, s. de 
la Roche et de Catherine Hardy ^. 

Jacques Duchemin de la Morinière, fils d'Ambroise Duche- 
min de Beaucoudray et de Anne Duchemin, marié à Renée- 
Angélique Touschard *. 

Armes : d'or au chameau de sable. 

N... du Bourgneuf. 

René Guays, né en 1679, fils de René Guays et de Fran- 
çoise Chastaigner ; il épousa Marie Duchemin. 

Armes : de gueules au guéridon d'argent, couronné de 
même en chef. 



GRENIERS A SEL 

GABELLE 

Le nom de Gabelle vient selon les uns de gab qui en chal- 
déen signifie muleta ou même tributum. D'autres le font ve- 
nir àe gabel^ mot saxon qui signifie tribut^. 

1. Rech. hist. 

2. De Maude. Armoriai du Maine. 

3. Registres de Saint- Vénérand. 

4. Registres de Saint- Vénérand. 

5. Expilly, t. 3S p. 535. 



I 



- 57 — 

Avant Philippe-le-Long le trafic du sel était libre en 
France; ce fut lui qui, le premier, pour subvenir aux frais des 
guerres, mit un impôt vers 1320. Cet impôt d'un double par 
livre de sel fut levé à sa mort. Les rois, ses successeurs, se 
servirent des mêmes ressources en augmentant l'impôt de 
quelques deniers. Philippe de Valois l'accrut considérable- 
ment et le rendit permanent. Jusque-là le sel avait été vendu 
librement par des marchands ; après la bataille de Poitiers le 
roi se réserva cette vente en établissant des greniers où tout 
le sel fut porté. Henri II mit la gabelle en ferme pour un bail 
de dix ans le 4 janvier 1548. On appelait « grenier à sel » la 
juridiction où se jugeaient en première instance les contra- 
ventions aux ordonnances ou autres difficultés relatives à la 
vente du sel. Elle était composée de présidents, lieutenants, 
grainetiers, contrôleurs, avocats et procureurs du roi, gref- 
fiers, huissiers et sergents ^ 

Il y avait deux sortes de greniers à sel : les uns, dits de 
i>ente volontaire^ où chacun était obligé de se fournir de sel 
pour sa consommation suivant la fixation portée par les rè- 
glements : les autres, dits d'impôt^ qui forçaient les habitants 
à payer leur provision de sel aux prix du grenier. 

Cette seconde forme était employée dans les provinces qui 
touchaient aux pays rédimés. La facilité d'introduire du faux 
sel, occasionnée par ce voisinage, avait obligé de prendre 
cette précaution. Contraint de payer sa provision de sel au 
prix du grenier, le peuple n'avait plus aucun intérêt à se pro- 
curer du sel en fraude ^. 

Les greniers devaient être construits dans les lieux secs et 
favorables. Les sels devaient y être déposés soit dans les 
salorges soit dans les greniers, deux ans avant d'être livrés 
au public. Pour donner toute la perfection à la mesure des 
greniers on avait établi le trémil^ où le mesureur vendait le 
sel qui tombait ensuite dans le minot. Pour qu'il y eût une 
règle sûre et une forme dans l'imposition de sel, on la fixa 
par la consommation estimée à raison d'un minot par qua- 



1. Idem. 

2. Mémoire pour les officiers des greniers à sel, in-4° de 103 
pages, p. 11 (Archives de la ville du Mans). 



- 58 — 

torze personnes, ce pourquoi l'on faisait chaque année le 
dénombrement de la population des paroisses ^ 

Dans les villes où le sel ne s'imposait pas par collecte on 
devait lever au grenier, pour pot et salière^ seulement un 
minot pour quatorze personnes, suivant l'article 7 du titre 6 
de l'ordonnance de 1680, et l'article 33 du titre 8 de cette 
même ordonnance. Le minot de sel pesait ordinairement 
96 livres, dont le prix est réglé à 41 liv. suivant le titre 7. 
Mais depuis on l'avait augmenté. En 1729 il se payait 48 liv. 
le minot. Le minot se divisait en deux demi-minots ; chaque 
demi-minot, pesant 48 livres, se divisait en 1/4, 1/8 et 1/16 
de minot. Le 1/4 pesait 24 livres et coûtait 12 liv., le demi- 
quart pesait 12 livres et coûtait 6 liv., le 1/16 pesait 6 livres 
et coûtait 3 liv. Par l'article 2 du titre 6 il était permis à plu- 
sieurs personnes de différents feux de se joindre pour lever 
un minot. A l'égard des grosses salaisons l'ordonnance ni les 
arrêts ne fixaient la quantité du sel. 

L'année pour lever le sel au grenier commençait le l*^"" octo- 
bre et se comptait d'octobre en octobre. Le fermier pouvait 
obliger d'en lever la moitié dans les six premiers mois et 
l'autre moitié dans les six derniers, ce qui ne se pratiquait 
pas : on prenait l'année entière. Les pauvres ou ceux qui 
étaient taxés de 30 livres de taille et au-dessous ne pouvaient 
être condamnés pour restitution des droits de gabelle ; mais 
ils devaient prendre leur quantité de sel au regrat, au cours 
de l'année^. 

Certaine quantité de sel était accordée gratuitement à quel- 
ques officiers pour leurs provisions : ils payaient seulement 
la voiture qui l'amenait au grenier. Plusieurs provinces du 
royaume étaient exemptes de la gabelle ; on les nommait pour 
cette Ydiison pays de franc-salé. C'étaient : Le Poitou, le Li- 
mousin, l'Auvergne, la Guyenne, la Gascogne et la Breta- 
gne ^ 



1. Idem., p. 13. 

2. Pichot de la Graverie (Recueil de sentences). 

3. Expilly, t. 3«, p. 338. 



- 59 — 



7® Pouancé, 

8° Sainte-Suzanne, 



Un grenier à sel fut établi à Laval en 1481 \ Il dirigeait 
huit greniers : 

1° Château-Gontier, 4« Sablé, 
2" Craon, 5<> Laval, 

3** Ernée, 6*^ Mayenne, 

et desservait les paroisses suivantes : 
Ahuillé, Louvigné, 

Andouillé, Maisoncelles, 

Argentré, Meslay, 



Arquenay, 

Astillé, 

Avesnières. 

La Bazouge, 

Bazougers, 

Beaulieu, 

Le Bignon, 

Bonchamp, 

La Brulatte, 

Changé, 

La Chapelle-Anthenaise, 

Châlons, 

Cossé-le- Vivien, 

Courbeveille, 

Entramnes, 

Forcé, 

Le Genest, 

La Gravelle, 

Grenoux, 

L'Hôpital du Breil, 

L'Hôpital de Thévales, 

L'Huisserie, 



Montflour, 

Montjean, 

Montigné, 

Montsurs, 

Nuillé-sur-Ouette, 

Nuillé-sur-Vicoin, 

Olivet, 

Parnay, 

Ressort de Cossé. 

Ruillé, 

Sacé, 

Saint-Berthevin, 

Saint-Céneré, 

Saint-Cyr. 

Saint-Denis-du-Maine, 

Saint-Georges-le-Feschal , 

Saint-Germain-le-Fouilloux, 

Saint- Jean-sur-Mayenne, 

Saint-Isle, 

Saint-Ouen, 

Saint-Ouen-des-Oyes, 

Saint-Pierre-la-Cour, 



1. Le Blanc de la Vignoile. — Il y a deux greniers à sel à 
Laval, Stivoir : celui qu'on appelle de Laval qui contient 45 pa- 
roisses situées pour la plupart entre la Mayenne et la France y 
compris la ville d'Evron et celle de Sainte-Suzanne. Le second 
s'appelle de la Gravelle qui est au bourg situé sur la frontière de 
Bretagne dans l'élection et comté de Laval où est (;n effet le gre- 
nier à sel et des prisons; mais la justice se rend à Laval. 



— 60 — 

Launay, Soulgé, 

Loiron, Lavais 

Louvernay, 

Les premiers greniers furent établis rue du Val-de- 
Mayenne. « Mais de tous tems, dit Pichot de la Graverie, on 
« se plaignoit à Laval que les greniers à sel situés dans la 
« rue du Val de Mayne, sous le château, étaient mal placés 
« sous un roc très humide et très incommode à cause des 
« embarras des voitures publiques, des charrètes, et du pas- 
ce sage continuel de tout le monde. D'ailleurs les fermiers 
« avaient intérêt qu'ils fussent placés hors la ville pour em- 
« pécher les collecteurs et ceux qui prenoient du sel au gre- 
« nier de vendre et recéder à vil prix le sel qu'ils y pre- 
« noient aux habitans de la ville. Ce qui diminuoit beau- 
ce coup le débit de celui du grenier de la ville. 

c( Ils avoient fait souvent des tentatives pour en construire 
ce de nouveaux ou engager des particuliers à en construire. 
« Plusieurs fermiers généraux en avaient parlé dans leurs 
ce tournées à M. du Mans de Qialais pour l'inviter à en faire 
« bâtir sur la place du Gast proche sa maison. 

« L'ayant enfin accepté en l'année 1745 sur les sollicita- 
c( tions de M. de Cussé, fermier général de tournée, il fut fait 
c< un devis et traité avec lui pour la construction de ce gre- 
c( nier. Ces nouveaux greniers ne sont que trop beaux et 
c( trop spacieux, leur situation quoique un peu éloignée 
(c est également très commode pour l'emplacement des sels 
« et pour le débit et la délivrance ; suivant les apparences 
c( ils ne changeront jamais de cette situation. Ils ont été 
« achevés et mis en état de service en 1746. 

« Ils mériteroient d'être affermés au moins mille livres 
« pour chaque année. » 



1. Rech. hist. mns., t. 2. Extrait d'un édit du mois de mai 1726. 
Article XVI. « Le ressort dudit grenier de Laval continue d'être 
« de vente volontaire pour la ville de Laval et les fauxbourgs et 
« d'impôt pour les paroisses et les lieux de la campagne cy- 
« nommés. » 




- 61 — 
OFFICIERS DU GRENIER A SEL 

1567. — NICOLAS LE FEBVRE 

grenetier. 

1605. AMBROISE DAVOST 

contrôleur. 

1611. DENYS DE CHAMPHUON, S. DE LA PELISSONNIÈRE *, 

grenetier à Laval. 

1620. — GUILLAUME LE BRETON^, 

grenetier à Laval. 

Appartenait à une ancienne famille de Laval. En 1493, 
Guillaume le Breton payait 3 s. 7 d. à frère Jacques de Berug, 
prieur de Saint Martin, pour une oseraie ^. 

Nous croyons Guillaume le Breton fils de Claude le Bre- 
ton et de Tugale Gaulclierie. Il épousa Marie Chemineau *. 

En 1517 Jean le Breton de la Tizonnière habitait une mai- 
son, rue des Tanneurs^. 

Son oncle, maistre Guillaume le Breton, fut enterré à Saint- 
Tugal dans la chapelle de la Communion ^ 

1647. — MATHURIN SOURDRILLE DE LA BARATERIE 

procureur. 

Epoux de Marie Chassebœuf. 

Armes : d'azur au ches>ron d'or- accompagné de trois 
étoiles ou molettes de même^ celle de la pointe soutenue 
d'un croissant d'argent (Arm. de la M.). 



1. Registres de Saint-Vénérnnd. 

2. Idem. 

3. Titres de Saint-Martin. 

\. Mém. gén. — Recherch. Iiist. 

5. Aveu de Chanteloup. 

6. Comm. et chap. de Laval, p. 27. — Un membre de la fa- 
mille le Breton, curé de Meslay, portait comme armoiries : d'a- 
zur à la cloche d'or bataillce de sable et semée de croix, haus- 
sée et (leuronnée d'argent (De Maude). 



— 62 - 

1669. RENÉ COURTE DU BOULLAYE 

procureur au grenier à sel. 

Fils de Jean Courte des Chapelles et de Barbe de Drouez. 
Il épousa Renée Sourdrille. 

1671. LAURENT GRIZOLET 

receveur au grenier à sel. 
Sa femme se nommait Marguerite Belloin. 

1688. NOBLE VALENTIN DE LA PORTE, S. DE FORGES. 

président. 

Il était conseiller du roi, fils de Jean de la Porte, s. du 
Manoir, et de Guillemine Bellière. Il épousa, le 16 juin 1668, 
Renée le Meignan, dame des Ifs. Il mourut en 1695 et sa 
femme se remaria le 27 juillet 1704 avec François Bonneau 
de la Saulaye, conseiller du roi à Château-Gontier. Elle mou- 
rut |,e 15 juillet 1730'. 

Valentin de la Porte était le demi frère de M. René de la 
Porte, juge et maire de Laval, et de Marie-Angélique de la 
Porte, femme de Louis- Joseph, comte de Montécler, gouver- 
neur de Laval. Nous avons relevé dans le contrat de vente de 
la terre de Mont-Renoul, en Saint-Cénéré, que M. de la 
Porte acheta en 1680, une clause particulière que nous don- 
nerons ici : « L'acheteur devra payer un viage de 60 livres 
« par charité pour ne pas laisser Guy le Commandeur, pour 
« lors propriétaire, à la mendicité^. » 

Armes : de gueules à 3 merlettes d'argent 2 et i. 

1688. CLAUDE FOUCAULT 

lieutenant. 
Nous pensons que ce Claude Foucault était le même que 



1. Mém. gêné al., t. 4. 

2. Rech. hist., t. XII. — La famille le Commandeur possédait 
depuis longtemps cette terre de Mont-Renoul : en 1448 Guy le 
Commandeur rendait aveu pour elle à la Chapelle- Rainsouin. 
En 1610, Joachim le Commandeur, écuyer, était seigneur de 
Mont-Renoul. 




- 63 - 

Claude Foucault, s' de la Montagne, conseiller'du roi, lieu- 
tenant au siège de l'élection de Laval. 

JACQUES LE CLERC DU CHAUMINEAU 

grenetier. 

Fils de Claude le Clerc et de Magdeleine le GaufTre. 

Armes : de gueules à une tête et col de licorne d argent 
accomp. de 3 étoiles d'or 2 et i soutenues chacune d'un 
croissant d'argent *. 

FRANÇOIS-RENÉ DE FARCY 

écuyer, s"" de Pontfarcy, Montavallon, Lahart, conseiller du 
roi, président et premier juge magistrat dans tous les sièges 
royaux du comté pairie de Laval, le 15 octobre 1671, maire 
perpétuel de ladite ville, président du grenier à sel, n^aître 
des eaux et forêts, capitaine des chasses, inspecteur des fer- 
mes du roi, subdélégué de l'intendance, épousa en 1673, à 
Brion près Beaufort, demoiselle Marie du Breil. Il mourut le 
23 février 1710 ^ 

Armes : D'or fretté d'azur au chef de gueules. 

FRANÇOIS-RENÉ DE FARCY 

chevalier, fils du précédent, écuyer, de s"" Montbron, appelé 
l'abbé de Pontfarcy, né le 24 février 1677, président en second 
aux sièges royaux des élections et grenier à sel de Laval, 
mourut le 7 octobre 1740^. 

1685 à 1713. LÉON FOUREAU 

contrôleur, greffier et assesseur 

Fils de noble Léon Foureau et de Louise Davazé : il naquit 
le 22 octobre 1659 et épousa en 1688, le 17 novembre, Mar- 
guerite Frin de la Thébaudière. 

Léon Foureau fut installé le 20 janvier 1685 en la posses- 
sion et jouissance de contrôleur, greffier et assesseur en chef 

1. Mém. gcnéaL, t. 4. 

2. Généal. de Farcy. 

3. Généal. de Farcy. 



— 64 — 

du siège royal de Laval dont il avait été pourvu par Sa Ma- 
jesté le 14 septembre 1684. 

Son installation fut faite par MM. de la Porte, C. Foucault, 
J. le Clerc, F. le Clerc, président et eslus conseillers du roi 
en ladite élection. 

Il avait acheté de Marie Foureau, dame des Cures, le greffe 
de l'élection et du grenier à sel pour la somme de 10,600 liv. 
devant Lange, notaire à Paris, le 9 décembre 1704. 

Armes : d'argent à 2 lions affrontés de.... en chef et un 
loup de passant sur une terrasse de en pointe^. 

1695-1713. GABRIEL BEUDIN, 

conseiller du roi, vérificateur-contrôleur. 

Il naquit le 4 septembre 1670 de Gabriel Beudin, greffier 
de Clermont, grenetier au grenier à sel de la Gravelle, et de 
Marie Belin. Son parrain, Jean Tourtault, sa marraine, Mar- 
guerite Guérin. Il avait une sœur jumelle Marie-Madeleine -. 

Armes : de sinople à 3 tulipes d'or^. 

1700-1713. JOSEPH MORAINE DE LA MOTTE 

receveur 

Fils de René Moraine de la Motte et de Marie le Hirbec. 
Il avait épousé Catherine Gaultier *. 

1710-1713. — LOUIS ARNOUL, S. du Boulay 
procureur. 

Fils de André Arnoul, s*" du Tertre, et de Jeanne Roche. Il 
épousa Marie Bidault ^. 

Les Arnoul, très anciens à Laval, vendirent au sieur de 
Faverolles en 1635, la maison du Manoir, qu'ils avaient ache- 
tée des Ouvrouin, vers 1550^. 

Armes : Parti de fascé^ onde de huit pièces ; et de 

à trois fers de lance de... i et 2'. 

1. Mém. généal., T. 1, 2 et 3. 

2. Reg. de Saint-Vénérand. 

3. Comm. de Farcy. 

4. Registres de la Trinité. 

5. Reg. de Saint-Vénérand. 

6. Recherches historiques^ T. I. 

7. Armes trouvées sur une pierre tombale de la Trinité. 




- 65 - 

1713-1722. GILLES MARTIN DE LA BLANCHAROlÈRE 

conseiller du roi, président. 

Né le 25 novembre 1656, fils de René Martin, s"" de la 
Réaulté et de demoiselle Jeanne Frin K 

Armes : d'argent à un pal d*azur chargé d'un cygne d'ar- 
gent. 

1722. M. DE MONTBRON 

président 

Nous pensons que ce M. de Montbron devait être de la fa- 
mille Clouet. 

Cette supposition est basée sur le mémoire suivant : 

Extrait d'un mémoire ^ers 1660 

La terre de Montbron est composée du domaine, fief et dix- 
merie inféodée relevant à foy et hommage lige du comté de 
Terchant en la paroisse de Cossé-le- Vivien. 

Dans la paroisse de Cossé il y a prieur et curé, lequel 
prieur a accoutumé de lever par ancienneté et prendre le 
tiers de la dixme inféodée dans l'étendue du fief et du do- 
mayne de Montbron. 

L'autre tiers ^st pris par un simple chapelain de la cha- 
pelle de la Ville ou chapelle Burdé. 

Le dernier tiers appartient au seigneur de Montbron, pro- 
])riétaire dudit lieu, avec toutes les pailles de la dixmerie. 

Noble Pierre Clouet, s. de Lalix et seigneur de Montbron 
en 1554. 

Pierre Taillebois, prêtre chanoine en l'église d'Angers, 
prieur de Cossé-le-Vivien *. 

1723-1740. — FRANÇOIS-BENJAMIN DE LAUNAY 

S. de Pinchault, président. 

Fils de François de Launay, s. de Pinchault, et de Ca- 
therine de Fleurs; il épousa Louise-Angélique Mouflet II 
avait d'abord été grenetier en 1695. 

Armes : de sable à 3 canettes d'argent 2 et 1^. 

1. Reg. de Saint-Vénérand. 

2. Recherches hist. mus., T. 19. 
:{. Mém. généal., t. 4. 

4. Armes données par d'Hozier, d'office on 1698 (de Maude). 



— 66 — 

1723-1740. JOSEPH LE MERCIER DE LA GUILLOTIÈRE * 

receveur, puis président en 1740. 

Fils de Jean le Mercier, s. des Chênes et de Marie ArnouP. 
Il fut échevin en 1738. 

Armes : de gueules au pal d'or écartelé d'or au pal de 
gueules. 

1723-1740. — LOUIS beudin' 
contrôleur. 

Fils du précédent. 

Il se maria deux fois : 1° avec Louise Benoist; 2° avec Re- 
née-Marie du Galbé *. 

1723-1733. PIERRE NUPIEDS DE MALIBERT 

procureur. 

Fils de Pierre Nupieds de la Fourmondière et de Françoise 
Guillet \ 
Armes : d'or à deux pieds de carnation^. 

1723-1740. N.... MALASSIS 

greffier. 

1731. PIERRE LE BOURDAIS' 

procureur. 

1732-1740. PIERRE SAUVAGE DE LA MARTINIÈRE ^ 

conseiller du roi, procureur et grelfier au grenier à sel 
de Laval. 

Fils de François Sauvage de la Martinière, conseiller du 
roi, et de Charlotte-Angélique le Jay des Astelais. Marié à 
Josephe Gaudin. 

4. Archives de la Préfecture (grenier à sel). 

5. Regist. de Saitit-Vénérand. 

1. Archives de la Préfecture (grenier à sel). 

2. Arch. de Saint- Vénérand. 

3. Idem. 

4. Arm. man. 

5. Archives de la Préfecture (grenier à sel). 

6. Mém. généal. 



— 67 - 

1733-1740. FHANÇOIS MOLAND de la CHAUVIÈRE ' 

receveur. 

Fils de François-Julien Molland de la Rivière, receveur gé- 
néral à Laval en 1721. 

Armes : d'or à trois lions léopardés de gueules posés les 
uns sur les autres passant ^ 

1733. ANÏHOINE d'aRMANCOURT* 

directeur des gabelles, à Laval. 

1740-87. FRANÇOIS NUPIEDS DE MAUBERT * 

procureur. 

1740. — JEAN-FRANÇOIS DU PLAT DE MONTICOURT '^ 

receveur. 

1740. RENÉ ENJUBAULT DE LA BIZOLLIÈRE 

conseiller. 

Fils de Jacques Enjubault et de Françoise Duchemin. 

Il épousa Marguerite Pichot. 

Armes : d'azur à une tête d'ange d'argent^. 

1740-87. JEAN-JOSEPH GARNIER*^ 

président. 

Fils de René Garnier, s. des Touches, et de Marie-Mar- 
guerite Moreau. 

1740-63. JOSEPH LE PANNETIER DES SALLES^ 

grenetier. 

1740-63. RENÉ BEUDIN^ 

conseiller du roi, contrôleur. 
Fils de François Beudin et de demoiselle Anne le Maistre. 

1. Arch. de la Préfecture (grenier à sel). 

2. Ancien cachet. 

3. Arch. de la Préfecture (grenier à sel). 

4. Idem. 

5. Idem. 

6. Mém. généal., T. 7. 

7. Archives de la Préfecture (grenier à sel). 

8. Idem. Voir le Bulletin, ï. 6«, 2® série, p. 84. 

9. Arch. de la Préfecture (grenier à sel). 



- 68 

1740-65. 

receveur. 

Fils de Louis Chevalier, demeurant à Paris, ancien avocat 
au Parlement, conseiller de son altesse sérénissime le duc 
d'Orléans, et de Catherine Rivet, 

Il vint à Laval exercer la place de contrôleur général des 
fermes et ensuite celle de receveur au grenier à sel. 

Il avait fait bâtir une très jolie maison proche les Capucins. 

Il se maria troi^ fois : 

1° 1734 à dame Marie-Anne le Duc, veuve en premières 
noces de Jean Langlois et en deuxièmes de Jean-François 
Paulmier, s"" d'Orgemont, receveur des fermes du roi, qui 
avait été assassiné par M. de Villeminseul, gentilhomme 
étranger qui pour ce fait eut la tête tranchée sur la place de 
la ville de Laval en 1734. On attribua cet assassinat à la ja- 
lousie qu'éprouvait M. de Villeminseul de voir M. d'Orge- 
mont épouser la dame Anne le Duc. 

M. d'Orgemont fut poignardé par Villeminseul donnant le 
bras à sa femme sur la place Saint-Tugal de Laval. On fit 
sur cette exécution une complainte dont on se rappelle seu- 
lement le premier complet : 

« Mon nom est Villeminsel 

« Ainsi que je me nomme 

« Peut-on voir sous le ciel 

« Un plus malheureux homme 
« Rempli de promptitude et de vivacité 
« Sur la place du château je voulus me venger. » 

J. B. Chevalier épousa en deuxièmes noces N... Garnison 
qui à sa mort fut inhumée à la Trinité. 
En troisièmes noces Jeanne Enjubault^. 

1762-64. PIERRE COUANIER ^ 

greffier. 

1. Idem. 

2. Mém. gênai, T. I. 

3. Arch. de la Préfecture (grenier à sel). 




~ 69 - 

1763-86. JEAN-PIERRE GUÉRIN DE LA MARCHE ' 

conseiller du roy, contrôleur. 

Nous avons trouvé aux archives de la Préfecture une lettre 
signée Guérin, datée d'Argentré (1749) et cachetée aux armes 
suivantes : 

De... à la levrette passant et colleté de... sur un croissant 
de.... en abîme; en chef trois étoiles de... posées en face ^. 

1763. JEAN DES CHAMPS DE LA BELLANGERIE ' 

docteur-médecin, contrôleur par intérim. 

Fils de François Deschamps de Fretigné et de demoiselle 
Perine Bourny ; il épousa Louise Trillon, fils d'Estienne 
Trillon, s' de Barbé, chirurgien, et de Louise Gresland*. 

1763-67. FRANÇOIS GESLOT 

greffier 

JACQUES-JEAN BESNIER ^ 

greffier. 

1764. FRANÇOIS MOISSON^ 

procureur par intérim. 

1765-88. PIERRE-LOUIS LE LONG DE LA BENARDIÈRE "^ 

grenetier 

Fils de Jacques le Long de la Besnardière *qui avait été 
lui-même contrôleur au grenier à sel. 

Ce Jacques le Long avait été marié deux fois : 

1° Avec Françoise Moland. 

2° Avec Ambroise Ménage, veuve de Jacques Rondel de 
Falesche, sénéchal de la Guerche *. 

1. Idem. 

2. /dem. 

3. Idem. 

4. Registres de Saint-Vénérand. 

5. Registres du grenier à sel. 

6. Idem. 
1. Idem. 

8. Registres de Saint- Vénérand. 



— 70 - 

Armes : d'azur au chevron d'or accompagné de 3 trèfles 
de même 2 et i. 

1767-88. RENÉ-AUGUSTIN CASSIN ^ 

receveur. 

Il avait épousé N... Chevalier, fille de J.-B. Chevalier et de 
N... Garnison. 

1787-88. GUILLLAUME DE LA FORET* 

conseiller du roi, président. 

1777-88. CHARLES-FRANÇOIS-GILLES GARNIER DU FERRAY^ 

conseiller du roi, contrôleur. 

Fils de Charles Garnier du Ferray, président du roy au 
grenier à sel de la Gravelle et d'Anne Salmon du Coudray. 
Il épousa Marie Charlotte Le Tourneurs de la Borde et eut 
un fils N... Garnier du Ferray, président au trihunal de pre- 
mière instance de Laval, qui épousa lui-même Marie-Char- 
lotte-Ambroise Le Tourneurs de la Borde, sa cousine ger- 
maine. De ce mariage naquirent deux enfants morts sans 
postérité *. 

1787-88. — JEAN-MICHEL HOSSARD DE MALIRERT^ 

avocat au Parlement, rapporteur. 

1788. — N... BUREAU ^ 

greffier. 

Nous avons trouvé dans les archives de la Préfecture cette 
liste de commissaires particuliers vérificateurs : 

1702 
Evron. — Robert Duval, s. des Portaux. 

1. Reg. du grenier à sel (archives). 

2. Idem. 

3. Idem. 

4. Mém. généal., T. 6. 

5. Archives de la Préfecture (grenier à sel). 

6. Idem. 



— 71 - 

Chaslon. — René Roger, notaire royal. 

Louverné. — Guillaume Hérault. 

Sacé. — Jean Duffay. 

Sainte-Suzanne. — Jean Besognard. 

La Chapelle-Anthenaise. — Jean Bridier. 

Neau. — *N... Morin. 

Soulgé. — René Gaultier, s"" du Breil. 

Maisoncelles. — François de la Porte. 

Saint-Georges-le-Feschal. — Jean Langlois. 

Montsûrs. — Jean Turpin. 

La Trinité (Laval). — Julien Hamon. 

Saint-Cénéré. — Pierre Moreau. 

La Ghapelle-Rainsoin. — Ambroise Martin. 

Saint-Léger. — Hyerosme Berset. 

Nuillé-sur-Oueste. — René du Vernay. 

Louvigné. — Estienne Rozière. 

Saint- Vénérand. — Jean Belot. 

Le Genest. — Jean Bourny. 

Forcé. — Jean Duchemin de Noizement. 

Saint-Jean-sur-Mayenne. — Gabriel Choquet. 

1703 
Chammes. — François Guiard. 
Avesnières. — Guy Esnault. 
Saint- Vénérand. — Pierre le Moyne. 
Olivet. — Hyerome Gaultier du Cleray. 

1704 
Saint-Georges-sur-Erve. — Julien Journée. 
Arquené. — Estienne Dubois. 
Brée. — Charles Hesson. 



Il 



— li — 

Blandouët. — Olivier Davazé. 
Nuillé-sur-Oueste. — Guillaume Davazé. 

Commissaires généraux vérificateurs à Laval. 
1704 

AMBROISE JARDRIN 
1705 

FRANÇOIS LE JEAY, écuyer des Astelais, seigneur de la 
Chauvinière, conseiller du roi. 

Fils de Noël-François le Jeay des Astelais et de Marie de 
la Court. Il épousa Renée-Françoise Frin de la Chauvinière, 
fut lieutenant particulier du siège de Laval et mourut en 
1709. 

Armes : un aigle regardant un soleil d'or ^ 

1706 

RENÉ DE LA PORTE 

Fils de Jean de la Porte et de Marie Cazet. 

Il épousa Jeanne Greffin *. 

Armes : de gueules à 3 merlettes d'argent 2 et i. 

PIERRE I>UCHEMIN DE LA JAROSSAYS 

Fils de Jean Duchemin de la Jarossays et de Anne Mei- 
gnan. Il épousa Marthe Coustard^. 
Armes : d'or à un chameau de sable. 

1708 

NICOLAS LASNIER, S. DE LA VALETTE 

Fils de Pierre Lasnier, s. des Plantes, et de Marie Bidal- 

1. Mém. généal., T. IV. 

2. Ibid. 

3. Registres de Saint-Vénérand. 

4. Idem. 



— 73 — 

lier ; il épousa Marie-Thérèse de Gennes et mourut le 6 juil- 
let i n^n 4 



let 1727 

1710 

HYEROSME GAULTIER DU CLERAY 

Fils de Jean Gaultier. Il avait épousé Marie Frin*. 
Armes : d'argent au lion d'or. 

Sans date. 

JEAN LE CLERC DE LA ROUSSIÈRE 

procureur du roi ' 

Fils de Daniel le Clerc et de Jeanne Rebuffé ; il épousa 
Marie Poullard et eut deux enfants : François le Clerc de la 
Roussière, commissaire d'artillerie, chevalier de Saint-Louis, 
et Renée le Clerc, épouse de Gilles le Long de la Besnardière 
juge et maire de Laval en 1724 ^ 

Armes : d'azur au chevron d'or^ surmonté d'un croissant 
d'argent^ au chef d'argent chargé de 3 molettes de sable. 

JACQUES GOUGEON 

grenetier 



MEMOIRE 

« Ce mémoire doit être sûr, ayant été fait pour être envoyé à 
Tours. Cependant s'il y avait beaucoup de difficultés il serait 
sujet à examen parce qu'on ne connaît pas positivement l'au- 
teur. Ce mémoire est sans date. (Extrait des manuscrits de 
M. Pichot de la Graverie) Rech. hist., T. XV. 

Il n'y a point de présidial à Laval, il n'y a point aussi de 
baillage ou sénéchaussée d'épée ou de robe. 

La ville de Laval appartient à Monseigneur le duc de la 
Trémoille. 

Il y a une grosse juridiction composée d'un juge ordinaire 

1. Idem. 

2. Mém. généal., T. IV. 




- 74 ~ 

civil, d'un juge criminel, d'un juge de police, d'un lieutenant 
desdits juges qu'on appelle lieutenant général, d'un lieute- 
nant particulier, d'un avocat et d'un procureur fiscal. 

Les appellations du juge de Laval se portaient autrefois au 
Mans, à son présidial, mais depuis la distraction du comté 
de Laval d'avec le comté du Mayne, les appellations du juge 
de Laval vont au présidial de Château-Gontier pour les cas 
de l'édit, les autres appellations vont au Parlement de Paris. 
Et comme par cette distraction le présidial du Mans ne 
pouvait plus connoître des cas royaux de la ville et comté de 
Laval, il fut créé un juge à Laval pour les exempts et cas 
royaux *. 

Cette juridiction est composée d'un président, d'un juge, 
d'un lieutenant, d'un conseiller garde-scel, d'un avocat et 
d'un procureur du roy. 

Il y a aussi à Laval un juge d'élection, un grenier à sel, 
avec des officiers anciens et alternatifs. 
Une maréchaussée. 

Une juridiction des traites ou des droits d'entrée et de sor- 
tie. L'élection de Laval est composée des paroisses cy après. 
/ La Trinité et Saint-Tugal. 
La ville de Laval | Saint-Melaine. 

( Saint- Vénérand. 
Ahuillé. Vient à Laval pour plaider à la juridiction ordi- 
naire. 

Argentré. Il y a une petite juridiction dont les appella- 
tions vont au Mans, et qui n'est composée que de la ceinture 
des maisons qui sont autour du cimetière de cette paroisse. 
Elle s'exerce à Laval en la salle du Palais et s'apelle Tous- 
voye. (Il y a transaction au trésor de l'année 1705, qui règle 
la juridiction et toute la mouvance). 
Andouillé. Saint-Ouën. 
Arquenay. Laval. 
Avenières. Laval. 



1. Le roi Charles VII fit cette création tant en considération 
des grands services que la maison de Laval lui avoit rendus à 
son avènement à la couronne, qu'à cause de l'honneur que 
Guy XIV, comte de Laval, avait d'être son neveu. 



I 



— 75 — 

Astillé. Laval. 

Bazougers. Laval. 

Beaulieu. Laval. 

Bourgon. Saint-Ouën. 

Bonchamp. Il y a une juridiction dont les appellations 
vont à Château-Gontier (Elle n'est point exercée et vient à 
Laval) . 

Brée. Il y a juridiction. 

Changé. Va à Saint-Ouën, à l'exemption de la rue et 
landes de Bootz et du quartier des Fontaines qui viennent à 
Laval. 

Chaslon. Laval pour partie. 

Chemeré-le-Roy. Il y a juridiction dont les appellations 
vont à Laval. (La Bazouge de Chemeré y va plaider). 

Cossé. Laval. 

Courbeveille. Laval. 

Entrammes. Il y a une juridiction dont les appellations 
vont à Château-Gontier (Elle est composée des paroisses 
d' Entrammes, Forcé, Parené et de maisons et héritages si- 
tués près de Saint-Christophe-du-Luat). 

Forcé. Entrammes. 

Gennes. Laval et Saint-Ouën. 

Grenouz. Laval. 

Juvigny. N'est pas du comté. 

La Baconnière. Saint-Ouën. 

La Bazouge-des-Alleuds. Laval. 

La Bazouge-de-Chemeré. Chemeré-le-Roy. 

La Brulate. Laval. 

La Chapelle-d'Anthenaise. Laval. 

La Chapelle-Rainsouin. N'est pas du comté. 

La Croixille. Saint-Ouën. 

La Cropte. Laval. 

La Gravelle. Laval. 

Launay-Villiers. Saint-Ouën. 

Le Bignon. Laval. 

Le Bourgneuf-la-Forêt. Saint-Ouën. 

Le Genest. Laval. 

L'huisserie. Laval. 

Loiron. Saint-Ouën. 



— 76 — 

Louvernay. Laval. 

Louvigné. Laval. 

Maisoncelles. Laval. 

Meslay. Laval. 

Montflour. Laval pour partie. 

Montigné. Laval. 

Montjehan. Laval. 

Montsurs. Laval. 

Nuillé-sur-Vicoin. Laval. 

Olivet. Laval. 

Parené. Entrammes. 

Ruillé. Laval. 

Saint-Berthevin. Laval. 

Saint-Cyr. Laval. 

Saint-Céneré. Laval pour partie. 

Saint-Georges. Laval. 

Saint-Charles-dans-la-Forêt. Laval. 

Saint-Christophe-du-Luat. Laval. 

Saint-Germain-de-Fouilloux. Laval. 

Saint-Denis-du-Mayne. Laval. 

Saint-Jean-sur-Mayne. Laval. 

Saint-Isle. Laval. 

Saint-Ouën-des-Toits. Il y a juridiction qui va par appel 
à Mayenne qui est composée de neuf paroisses, savoir : Saint- 
Ouën, Loiron, Le Bourgneuf-la-Forêt, la Croxille, Bourgon, 
Launay-Villiers, La Baconnière, Andouillé et Changé pour 
partie. 

Saint-Pierrre-de-La-Cour. Laval. 

Sacé. Laval pour partie. 

Soulgé. Il y a juridiction qui est composée des sujets qui 
en relèvent. Cette juridiction reporte en partie à Laval et en 
partie au Mans. 

Vaiges. Laval. 

Il y a encore plusieurs paroisses qui dépendent du comté 
de Laval et qui ne sont pas de l'élection, savoir : 

Saint-Jouin-de-Pilmil. 

Cosmes. Pour le tout de Laval. 

Saint-Jean-sur-Erve. 

Saint-Pierre-d'Erve. Pour partie de Laval. 



- 77 

Houssay. 

Méral . 

Saint-Gault. J> Laval pour partie. 

Quelaines. 

Saint-Sulpice. 

Auvers-le-Hamon. 

Fontenay. 
Pollié. 

Saint-Georges en Champagne. 

Asnières. 

Juigné-sur-Sarthe. 

Avoise. 

Chevillé. Il va à Thévalles. 

Chantenay. 

Saint-Ouën-en-Champagne. 

Sauges. A Laval pour partie. 

Ballée. id. 

Beaumont-Pied-de-Bœuf. Laval. 

Préau. Laval. 

Villiers-Charlemagne. Laval. 

Nota : La plupart de ces paroisses vont à Château-Gontier 
par la négligence des officiers du comté aussi bien que les 
suivans. 

On prétend encore que le comté de Laval s'étend sur les 
frontières des paroisses cy-après. Savoir : 

Martigny-sous-Laval . 

Montourtier. 

Deux-Evailles. 

Saint-Ouën-des-Oyes. 

Saint-Léger-en-Charnie. 

Nuillé-sur-Oueste. 

Viré. 

Bruslon. 

Cossé-en-Champagne. 

l^pineu-le-Séguin. 

Avoise. 

Soulesme. 

Saint-Loup. 

Grez-en-Bouère. 



- 78 - 

Ruillé-en-Anjou. Laval pour partie. 

Saint- Aignan. 

Froidsfond. 

Gennes. 
. Longuefuye. 

Fromentières. 

Saint-Germain-de-L'Hommel. Laval pour partie. 

Quoique toutes ces paroisses relèvent du comté de Laval 
par la Châtellenie de Champagne-Hommet, elles ne viennent 
point plaider à la juridiction de Laval soit à cause de l'é- 
loignement, soit par la négligence du procureur du comté. 

Il y a encore deux autres juridictions qui se tiennent dans 
la salle du Palais : celle de Thévales et Breil-aux-Francs qui 
reporte au Mans, et celle de Poligny qui reporte également 
au Mans. 

Extrait du registre du greffe ordinaire de la cour de Laval. 

Devant Pierre le Clerc de la Manourière, juge ordinaire, 
général, civil et criminel au comté de Laval. — 1649. 
1 mai 1649. Le blé vendu au marché Sô" le boisseau. 

Le froment rouge 42^ 

8 mai — Blé 39« 

Froment rouge 44' 

Froment noir 34* 

15 mai — Blé 42" 40« 

Froment rouge 54 

Froment noir 34* 

22 mai — Devant François Marest, s. de la Rago- 

tière, juge ordinaire, général, civil et 
criminel au comté de Laval. 





Blé 


48* 




Froment rouge 


60* 




Froment noir 


45* 


29 mai — 


Blé 


52* ! 




Froment rouge 


51* 




Froment noir 


46* 


5 juin — 


Blé 


44* 48* 




Froment noir 


34* 


12 juin — 


Blé 


42* 40* 



' 79 — 

Froment rouge 56" 

19 juin — Blé 40» 

Froment rouge 56' 

26 juin — Blé 38« 37» 

Froment rouge 48^ 47» 

3 juillet — Blé 36» 35» 

Froment rouge 45» 43» 

10 juillet — Blé 36» 35» 

Froment rouge 45» 44» 

17 juillet — Blé 34» 33» 

Froment rouge 46» 

24 juillet — Blé 35» 34» 

Froment rouge 46» 

31 juillet — Blé 35» 34» 

Froment rouge 47» 46» 
(Recherches hist.^ T. XV). 

Mémoire et état justifiant la valeur et le prix des grains 
depuis l'année iklS jusqu'à Vannée 1611. 
Pichot de la Graverie, Mémoires et consultations^ p. 777. 

3 janvier 1473 le boisseau de bled à 0' 

24 dudit mois et an 

10 mars 1475 

19 juin 1479 

20 janvier 1480 

30 avril 1482. L'avoine à 

3 juin 1482. Le froment 
15 novembre 1482. L'avoine 

4 novembre 1491. id. 

31 août 1495. id. 

5 juin 1510. id. 
28 avril 1512. id. 
Le froment 3 treizains 

13 avril 1513. Lavoine 
15 avril 1523. Le froment 
15 juillet 1523. L'avoine 

14 juin 1525. Le bled 

11 janvier 1530. Le froment 



2» 


0^ 


3» 


0^ 


2» 


9<^ 


1» 


6^ 


1» 


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3» 


4^ 


5» 




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10^ 


0» 


10^ 


1» 


3^ 


3» 


9^ 


1» 


6^ 


5» 




1» 


6^ 


3» 


6^ 


6» 


S^ 



II 



80 



3 septembre 1533. id. 

3 juin 1534. id. 

Bled 
Avoine 
Décembre 1536. Bled noir et aveines 
Février 1537. Froment 
May Bled 

9 novembre 1541. Froment 
octobre 1542. Bled seigle 
18 avril 1543. Bled seigle 
28 novembre 1543. Froment 

septembre 1544. id. 
7 janvier 1545. id. 

4 mars » » 
20 may » » 

10 juin. Bed seigle 

23 septembre. id. 

20 janvier 1546. Froment 
9 avril 1546. Bed seigle 
6 may » » 

Janvier 1547. Froment de l'an passé 

24 mars. » » 
23 janvier 1550. Froment 

9 juillet 1550 » 

21 janvier 1551 » 

12 juin 1552. Bled seigle 

16 novembre. » 

5 juillet 1553. » 

6 octobre » » ' 
15 juin 1554. Froment 

20 janvier 1556. » 

5 février » Bled. 

7 août » Froment 

6 février 1557. Bled 

25 août » Froment 

17 déc. » Bled empiré 
2 mars 1558. Bled 

2 novemb. » 

13 septembre 1559. Bled 



7" 




6« 


8^ 


3» 


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1« 


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6« 


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48 




6« 




6« 


3^ 


7« 




7« 


10^ 


78 


8*i 


6« 




8« 




13« 


9^ 


12» 




148 




16" 




6« 


8^' 


8^ 




8« 




8^ 




6^ 




5« 




48 


6^ 




5^ 


7« 


8^ 


T 


8^ 


6« 


8** 


8« 
10« 


V 


148 




2« 




4« 




48 


6^ , 


6« 


gd 



- 84 



3 janvier 1560 


» 


14 septembre 1561 » 


8 janvier 1563. 


Froment 


26 janvier 1563 


. Froment 


26 février » 


Bled 


28 avril » 


» 


11 mars 1564. Froment 


» ] 


Bled 


12 juillet » 


» 


8 février 1566. 


Froment 


20 février 1568. 


» 




Bled 


29 juillet 1569. 


Froment 


1 juin 1570. Bled 


» » Froment 


14 juillet 1571. 


» 


5 octobre 1573 


. Bled 




Froment 


4 février 1577 


r> 


4 juillet » 


» 


6 juillet » 


Bled 


16 sept. » 


Froment 




Bled 


5 février 1578. 


Bled 


11 juillet » 


Froment 


' 


Bled 


26 février 1580. 


Froment 


10 février 1581. 


» 


7 juillet » 


» 


10 juillet 1582. 


Froment 


3 juillet 1587. 


)ik 




Bled 


15 juillet 1588. 


Froment 




Bled 


31 sept. » 


Froment 




Bled 


14 juillet 1589. 


Froment 




Bled 


13 juillet 1590. 


Froment. 



7« 


6^ 


8« 


6^1 


12» 




1' 0« 


Od 


15» 




1' 10» 




16« 




11» 




15« 


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1' 6» 




16» 




12» 




16» 




12» 




16» 


8^ 


16» 




1' 6» 




1' 8« 




1' 11» 




1' 9» 




V 4» 




1' 5» 




18» 




V 0» 


0^ 


1' 2» 




16» 




1' 2» 




17» 




18» 




19» 




2» 10» 




21 7s 




1» 5» 




1» 0» 




1' 2» 




15- 




1' 0» 




15» 




V 9» 




. 6 





II 



— 82 — 

Bled. 1' 0' 

3 novemb. » Froment 1' 7* 

27 novembre 1592. Sarazin 12« 

15 mars 1593. Froment 1' 5« 

5 juillet » » 1* 9* 

11 août » » 1' G* 

22 juillet 1595. Bled . 1' 15^ 

3 oct. 1596. id. 1' 4« 

10 mars 1602. » 10^ 
22 juin 1610. Froment V 5^ 

11 août 1611. » 1' 5« 

Extrait du prix des grains suivant le rapport du minage 
fait au greffe de Laval. — Le boisseau pèse environ 32 
livres de poids. 

Bled 27^ à 34« 

» 25« à 32« 

» 20« à 23« 

» 20" à 22« 

» 20^ à 27« 

» 18« à 22^ 

» 23« à 26« 

» 23« à 25« 

» 19, 20, 21 et 23« 

» 19, 20, 21, 22, 23« 

32, 33, 34, 35, 36« 

32, 34, 35, 36« 

24, 25, 26"* 



Samedi 


5 


sept. 


1682 


» 


12 


)) 


» 


» 


4 


» 


1683 


» 


11 


» 


» 


» 


2 


» 


1684 


» 


7 


» 


1685 


» 


7 


» 


1686 


» 


10 


» 


» 


» 


6 


» 


1692 


» 


13 


» 


» 


» 


5 


» 


1693 


» 


12 


)) 


» 


» 


4 


» 


1694 


» 


10 


» 


1695 


» 


17 


» 


1696 


» 


14 


D 


» 


» 


6 


)) 


1697 


» 


13 


)) 


1698 


» 


5 


» 


1699 


» 


12 


» 


1699 



» 
» 

15, 16, 17, 18« 

» 



23, 24, 25« 
21, 22, 23, 24« 
22, 23, 24« 
29, 30, 31, 33, 34« 
37, 38, 39, 40« 
34, 35, 36, 37, 39« 
(Recherches historiques^ T. XV). 



Nous tenons à mentionner en terminant une nomination de 
gouverneur de Laval que nous avons connue trop tard pour 
la placer au rang qu'elle aurait dû occuper dans ce travail. 



- 83 - 

Pierre-Marie-Alexis, vicomte du Plessis d'Argentré *, fut 
nommé gouverneur de Laval par lettres patentes données à 
Versailles le 30 octobre 1766. Le 24 novembre de la même 
année le roi lui accorda de nouvelles lettres de dispense pour 
la prestation du serment, à cause de son bas-âge. Il n'avait 
en effet que cinq ans. 

Ces charges de gouverneurs, qui avaient un caractère 
surtout honoritique, se créaient ^ soit pour remplir les cais- 
ses de l'Etat, dans les moments de gêne, soit pour gratifier 
quelque personne de distinction. Aussi le roi dit dans ses 
lettres patentes que les titulaires de cette charge seront : 
« sous l'autorité du gouverneur et notre lieutenant général 
« en la province et en son absence de nos commandants et 
« lieutenants généraux et particuliers de notre province. » 

Les originaux dés lettres de nomination et de dispense se 
trouvent dans les archives du château du Plessis, paroisse 
d'Argentré-sous- Vitré (Ille-et- Vilaine) . 

Pierre-Marie-Alexis, vicomte, puis marquis du Plessis- 
d'Argentré, naquit à Laval le 17 août 1761 ; il était fils de 
Charles-Marie-Camille du Plessis-d'Argentré, qualifié comte 
et seigneur de Pontestan et de la Marie, chevalier de Saint- 
Louis, colonel du régiment des grenadiers royaux, briga- 
dier des armées du roi, et de Renée-Jeanne-Marie Gougeon 
de Launay^. Il entr^ au collège de La Flèche en 1769, passa 
ensuite aux chevau-légers du roi en 1777, et fut enfin capi- 
taine au régiment de Royal-Lorraine. 

Il fut marié en 1782, en l'église de la Trinité de Laval, par 
Monseigneur du Plessis d'Argentré, évéque de Séez, son on- 
cle, à demoiselle Thérèse Dubois, fille de messire Olivier- 
Ambroise Dubois *, écuyer, contrôleur des guerres, et de 



1. Armes : de gueules à dix hillettes d'or ^, 3, 2 et L 

2. Celle de Laval avait été créée par un édit du mois de no- 
vembre 1733. Pierre-Marie-Alexis, vicomte du Plessis-d'Argen- 
tré, en fut le premier et l'unique titulaire. 

3. D'or à un sautoir de gueules, accompagne en chef et en 
pointe de deux poissons d'azur (Arm. mns.j. 

4. D'argent au lion d'azur, une fasce de gueules brochant sur 
le tout (cachet). 



-84- 

Thérèse Martin de la Blanchardière \ En 1792 il émigra et 
rejoignit le cantonnement de Lïmbourg. Rentré en France 
en 1802, il fut nommé chevalier de Saint-Louis le 17 septem- 
bre 1814 et mourut au château du Rocher, paroisse de Mé- 
zangers, le 15 mars 1843 ^ 

Louis de la Beauluère. 



1 D'argent à un pal d'azur, chargé d'un cygne d'argent (Arm. 
manusc). 

2. Extrait de V Armoriai de d'Hozier. — 7® registre complé- 
mentaire. 



RECHERCHES 



SUR 



SAINT-DENIS-DE-GASTINES 

(Fin), 



Le Dictionnaire topographique du département de 
la Mayenne par M. Léon Maître' mentionne comme 
lieux-dits seigneuriaux situés dans la commune ac- 
tuelle de Saint-Denis : 

Le Tremblay, fief vassal de la terre de Gharné ; 

MoNTFLAUX, seigneurie de la châtellenie d'Ernée, 
érigé en comté en 1670, avec les terres de Ghamporin, 
Garelles, Yvoy et FOtagerie pour membres ; 

La Gensive, fief de la châtellenie d'Ernée ; 

On y voit encore une motte féodale et les fondations 
de la chapelle, démolie en 1836. On raconte que le der- 
nier seigneur de la Gensive aurait joué son domaine 
dans une partie de cartes avec le seigneur de Montflaux, 
son contemporain, et l'aurait perdu, son adversaire 
étant placé de manière à voir son jeu dans un miroir. 
Nous rapportons cette légende uniquement au point de 
vue anecdotique ; elle ne repose sur rien de sérieux. 

Le Bois-Bérenger, ex dono Henrici de Bosco Beren- 

1. Imprimerie nationale 1878. 



— 86 — 

garii (1241, abb. de Savigny), fief de la châtellenie 
d'Ernée; 

La Buronnière, fief du duché de Mayenne ; 

Les Billeudières, fief du duché de Mayenne, vassal 
de la châtellenie d'Ernée ; 

Gastines, fief de la châtellenie d'Ernée; 

La Boisardière, fief de la terre de Charné ; 

Ghamporin. — La châtellenie de Garelles, Yvoy, 
Ghamporin, l'Otagerie s'étendait sur les paroisses de 
Hercé, de Saint-Denis-de-Gastines, de Garelles, de 
Larchamp et circonvoisines, et relevait en appel de la 
baronnie du Bourg-le-Prêtre ^ ; 

La Gougeonnerie, fief du duché de Mayenne; 

L'AuNAY, fîef de la châtellenie d'Ernée ; 

La Buchardière, fief de la châtellenie d'Ernée ; 

Les Saudrais, ferme, Medietariam de Saudreia, 1212 
(abbaye de Fontaine- Daniel) ; 

Fougerolles et Le Ghéne, fiefs de la terre de 
Gharné ; 

Saint-Denis-de-Gastines y est ainsi désigné : Saint- 
Denis-de-Gastines, canton d'Ernée, ancienne paroisse 
du doyenné d'Ernée, de l'élection et du duché de 
Mayenne, siège de la juridiction des châtellenies de Ga- 
relles, Yvoy, Ghamporin et l'Otagerie. 

Nous trouvons ensuite dans Gauvin de nombreux ren- 
seignements sur la noblesse et les principaux habitants 
du Maine au XVP et au XVII® siècles ; nous en ex- 
trayons les passages qui intéressent notre paroisse. 

Dans la Suite à ses Observations topographiques '^, 
il mentionne Saint-Denis comme relevant directement 
du duché de Mayenne, mais en partie seulement, et en 

1. Bourg-le-Prêtre (le), nom donné à la paroisse de la Cha- 
pelle-Rainsouin par la famille Le Prêtre lorsqu'elle acquit cette 
terre. La baronnie de ce nom fut érigée le 7 septembre 166^1. 

2. Annuaire de la Sarthe pour 18^3. 



— 87 - 

partie de la châtellenie d'Ernée, puis il ajoute : « Indé- 
pendamment des trente-quatre paroisses qui relèvent 
nuement et prochainement du duché de Mayenne en tout 
ou en partie, cent quinze à peu près en sont mouvantes 
par le moyen de seigneurs particuliers qui tiennent leurs 
terres à foi et hommage de ce duché. Sur ce nombre 
plusieurs ont des justices contentieuses. » 11 indique 
alors Saint-Denis comme étant des trois ressorts de la 
châtellenie d'Ernée, de FOutagerie et de Ghamporin. 

Actes de foi et hommage rendus en 1518 et 1519 à 
Philippe de Gueldres, veuve de René de Lorraine '. 

On y trouve : 

Le Sénéchal (Guyon), pour sa terre et seigneurie du 
Bois-Bérenger et de la Gosine ; 

Froulay (Jean de), pour sa seigneurie de la Bilheu- 
dière et la sergentise fieffée de Gastines ; 

Bailleul (Gilles du), pour 94 boisseaux de froment, 
qu'il avait droit de prendre sur certains héritages si- 
tués en la paroisse de Saint-Denis de-Gastines ; 

Héricé (Rolland le), pour sa haute justice et seigneu- 
rie de Ghamporin. 

Acte de foi et hommage rendu en 1510 à Claude de 
Guise représentant Henri son neveu '^. 

On y voit : Fontaine (G. de la), pour les hautes justi- 
ces de Ghamporin et de TOutagerie. 

Extrait de l'aveu du duché de Mayenne au Roi rendu 
par Armant Charles de la Porte ^ duc de Mazarin 
et de Mayenne, à Paris le 11 avril 1669'^ (Des pa- 
piers de MM. de Vaujuas)^. 



1. Gauvin, Suite aux Observations topographiques, etc. An- 
nuaire de la Sarthe pour 18i3. 

2. Cauvin. — Annuaire de la Sarthe pour 18^3. 

3. Ihid. 



- 88 - 

On y remarque : 

Champorin. — Terre et châtellenie de Ghamporin à 
Saint-Denis-de-Gastines, consistant en la justice ordi- 
naire, domaine.... 

Messire marquis de Biragues, homme de foi lige, 
doit cinquante sols de taille ou devoir féodal et quarante 
boisseaux d'avoine à ma mesure de Pontmain i, au terme 
de N.-D. d'Angevine. 

L'OuTAGERiE. — Ghastellenie de Loutagerye (sic) et 
choses en dépendantes. 

Le même marquis de Biragues doit cinquante sols de 
taille ou devoir féodal, et quarante boisseaux d'avoine 
à madite mesure de Pontmain au terme de l'Angevine ~. 

Fiefs de la.... et Bublière et Gougeonnière, et rentes 
en froment de 94 boisseaux en la paroisse de Saint- 
Denis-de-Gastines. — Pierre du Bailleul, chevalier, 
seigneur de Gorron. Devoirs ordinaires. 

Puis pour les terres relevant de la chastellenie d'Er- 
née : 

Le Bois-Bérenger et la Gensive, maison seigneu- 
riale, etc. — Hyacinthe de Quatre-Barbes, marquis de 



1. Le hameau de Pontmain, berceau des premiers seigneurs 
du Maine, resta longtemps le chef-lieu du Petit-Maine, formé 
par la partie septentrionale du territoire de Saint-Ellier. Jusqu'à 
l'année 1790, le Petit-Maine fut exempt d'impôts (Gauvin). On en 
ignore la raison ; la tradition du pays dit seulement que c'est 
parce qu'une princesse y fit ses couches ; on ne sait ni qui ni 
quand (Le Paige). Une autre tradition prétend ciue c'est parce 
que les femmes de Pontmain auraient beaucoup filé pour aider à 
payer la rançon du roi Jean. On sait que l'infortuné Jean II, 
dit le Bon, roi de France, fait prisonnier par les Anglais à la 
bataille de Poitiers en 1356, put revenir en France à la suite du 
traité de Brétigny, 1360, moyennant la promesse d'une forte 
rançon et la cession de plusieurs provinces. Jean, en quittant 
l'Angleterre, y laissa comme otage le duc d'Anjou, l'un de ses 
fils; celui-ci s'étant évadé en 1363, le généreux monarque re- 
tourna se constituer prisonnier à Londres en disant que « si la 
bonne foi était bannie de la terre, elle devrait trouver un asile 
dans le cœur des rois. » Jean mourut à Londres en 1364. 

2. L'Otagerie est actuellement sur Colombiers. 



- 89 — 

la Rongère. Devoirs ordinaires ; par an vingt-cinq sols 
et quarante-huit sols de devoir à l'Angevine ; 

La Bilardière et Gastines, maison seigneuriale. — 
Charles de Froulay. Devoirs ordinaires et trente-deux 
sols de devoir. 

Launay. — Le même Charles de Froulay. — Devoirs 
ordinaires. 

Sergenterie fieffée de Gastines, office qui est le droit 
de nommer un sergent, un homme capable. — Le même. 
— Devoir ordinaire. 

CouRTEiL. — Maison etc. Urbain de l'Epronnière, 
chevalier, seigneur dudit lieu, doit une paire de gants 
blancs qu'il prétend abonner à six deniers ; 

Terres relevant du Duché par le moyen de la réunion 
de Charné-Bazeille : 

MoNTFLAUX. — Terre, seigneurie, fiefs et domaines. 
Charles, comte de Froulay, doit trois livres quatre sols 
et cinq boisseaux d'avoine, mesure d'Ernée, à l'Ange- 
vine, foy et hommage simple ; 

Le Tremblay. Le même comte de Froulay. Foi et 
hommage simple ; contribue au devoir de seize sols 
dus par les détenteurs de ce fief; lès autres déten- 
teurs dépendant de ce fief, ensemble le domaine, con- 
tribuent aux seize sols ; même foi et hommage simple 
solidairement ; 

La Bourgeonnerie la Gr. et la Pinçonnière. — 
Charles, comte de Froulay. — Vingt sous à l'Angevine. 

holle des comparutions et déclarations des nobles et 
possesseurs de fiefs et arrière-fiefs de la sénéchaus- 
sée du Maine ^ concernant le ban et arrière-ban. 
161 5 K 

Nous en extrayons ce qui suit : 
1. Cauvin. Suite aux Observations.... Annuaire de 18(k3. 



Ik 



- 90 - 

Bilars (Charles de), écuyer, sieur de Villeguérin, de- 
meurant en sa maison du Rocher, paroisse de Saint- 
Denis-de-Gastines, possède la métairie des Loges, de 
nature hommagée, avec une closerie, le tout valant 250 
livres de rente, sur laquelle il est dû 37 livres de rente 
foncière. 

Villiers (Gilles de), écuyer, sieur dudit lieu, demeu- 
rant en la paroisse de Saint-Denis-de-Gastines, compa- 
rant par M^ Pierre Ménard, a déclaré posséder la mé- 
tairie de la Piennière, située en la paroisse de Saint- 
Aubin-Fosse-Louvain, valant 150 livres de revenu. 

Rolle supplémentaire des taxes sur les nobles. 167 ^K 

Villiers (Julien de), écuyer. sieur du lieu, à Saint-De- 
nis-de-Gastines, taxé à 100 livres. 

Bolle de comparution des nobles^ barons., chevaliers., 
écuyers^ vassaux et autres tenant de Sa Majesté 
des fiefs et arrière-fiefs^ sujets au ban el arrière-ban 
de la sénéchaussée du Maine pour Vannée 1689'^. 

Bouttevilain Jean, sieur de la Gilberdière, comparait 
par Charles-René de Saint-Denis qui dit le s"" Bouttevi- 
lain retenu prisonnier au Châtelet de Paris ; 

Durocher, Jean, âgé de 70 ans, à Saint-Denis-de-Gas- 
tines, ne possède pas de biens ; 

Lemercerel, Joseph-Hyacinthe, sieur de Chastologé. 
âgé de 22 ans, à Saint-Denis-de-Gastines, possède la 
terre et seigneurie de Saint-Denis, d'un revenu de 
1000 liv. ; offre de servir. 

Osber, Etienne, âgé de 55 ans, à Saint-Denis-de-Gas- 
tines, jouit de 350 liv. de rente ; servira étant aidé. 

Nous ferons suivre ces extraits des procès-verbaux de 

1. Gauvin, Annuaire de 18^3. 

2. Ibid. 



- 91 - 

baptême des cloches de la paroisse vers la fin du siècle 
dernier; ils sont conservés à la mairie. En voici la te- 
neur : 

« Le 15^ jour de juillet 1767 ont été bénies deux 
cloches dans notre église, dont Tune qui fait la seconde 
de nos cloches a été nommée Louise-Caroline par 
M. Louis Richard de Villiers et dame Louise-Angélique 
le Baron, tous deux fondés de procuration en date du 
16 mai dernier, ledit sieur Gilles-Louis Richard de Vil- 
liers représentant très-haut et puissant seigneur Char- 
les-Marie, marquis de Créquy, d'Hémont et autres 
lieux, maître de camp du régiment de Royal-Dragons, 
et ladite dame Louise-Angélique le Baron représentant 
très haute et très puissante dame Madame Renée-Ca- 
roline de Froulay, veuve de très-haut et très puissant 
seigneur Monseigneur Louis-Marie de Créquy, cheva- 
lier, marquis d'Hémont et autres lieux, dame de Mon- 
flaux de cette paroisse de Saint-Denis et autres lieux ; 

« L'autre nommée Michelle-Césarine par Messire 
Michel-César de Hérie, écuyer, et demoiselle Françoise- 
Michelle le Baron. La bénédiction des dites cloches par 
M'"*' Nicolas Dussard, curé de Montenay, doyen rural 
d'Ernée, commis à cet effet par M. Baudron, vicaire 
général de ce diocèse, et ce en présence de Maître René 
Moreau, curé de cette paroisse soussigné, et autres 
soussignés. 

« Le 3® jour de novembre 1768 a été bénie une cloche 
dans notre église paroissiale qui fait la première de no- 
tre clocher et a été nommée Marie-Caroline par M. Louis 
René Lefebvre de Cheverus, bachelier et curé de 
Mayenne, et Dame Marie Françoise le Bourdais,- veuve 
de M. Jean-Louis Lefebvre de Cheverus, conseiller as- 
sesseur à la barre ducale de Mayenne, tous deux fondés 
de procuration en date du six octobre dernier. Ledit 
sieur Louis-René Lefebvre de Cheverus représentant 
très-haut et très-puissant seigneur Monseigneur Char- 



I 



- 92 - 

les-Marie de Créqui, marquis d'Hémond et autres lieux, 
colonel du régiment de Royal-Dragons, chevalier des 
ordres de Malte et de Saint-Louis ; et ladite dame 
Marie-Françoise le Bourdais, représentant très-haute et 
très-puissante dame Renée Caroline de Froulay, veuve 
de très-haut et très-puissant seigneur Monseigneur 
Louis-Marie de Créqui, chevalier, marquis d'Hémond 
et autres lieux, dame de Montflaux de cette paroisse de 
Saint-Denis et autres lieux. La bénédiction de la cloche, 
faite par M® Nicolas Dussard, curé de Montenay, doyen 
rural d'Ernée, commis à cet effet par M. de Glandère, 
vicaire général du diocèse, et en présence de M*" René 
Moreau, curé de cette paroisse et autres soussignés. 

« M. F. le Bourdais de Cheverus, Le Febvre de Che- 
verus curé de Mayenne, R. Moreau curé, Dussard. 

« Le 29® jour de juillet l'an mil sept cent quatre-vingt 
onze, a été bénie dans notre église une cloche qui fait 
la première de notre clocher et a été nommée Renée- 
Caroline-Louise par M. Jacques-Louis Giffard et par 
dame Renée Caroline de Froulay, veuve de Monsieur 
Louis-Marie de Créqui d'Emont représentée par dame 
Louise-Angélique le Baron, veuve Richard de Yilliers, 
en vertu de la procuration passée par devant les notai- 
res de Paris de Caulx et son confrère, en date du huit 
du ^présent mois et enregistrée à Paris le même jour. 
La bénédiction de ladite cloche faite à la réquisition de 
Monsieur Louis-Augustin Giffard de la Fosse, procu- 
reur de la Fabrique par nous Melchior de Berlier, curé 
de Saint-Denis-de-Gastines et par permission de Mon- 
sieur l'évéque ; et ce en présence de Monsieur Jacques- 
Louis Giffard, juge de paix, et de Monsieur Philippe- 
André Lambron habitants de cette paroisse et autres 
soussignés. 

« Le baron Richard de Villiers, Giffard, Lambron, 
L. A. Giffard, procureur de la fabrique, Laigre vie, 
M. de Berlier, curé de Saint-Denis-de-Gastines. 



Lorsqu'on construisit le nouveau clocher en 1854, on 
y plaça celle des anciennes cloches qui existait encore 
avec deux nouvelles cloches, dont les marraines furent 
Madame la vicomtesse d'Héliand, née de Praux et Ma- 
dame du Bois de la Drouardière, née d'Aubert. 

Parmi les personnages de quelque célébrité nés à 
Saint-Denis, nous citerons : 

Je.vn Portais, cordelier, auteur d'un livre intitulé : 
La chétienne déclaration de la chute et ruine de VK~ 
glise romaine^ avec une courte doctrine du service de 
Dieu en icelle^ et deux réponses à certaines objections 
contre la Confession et l'Eucharistie^ imp. à Anvers 
en 1578. Portais vivait encore encore en 1584. (La Croix 
du Maine ^). 

Jean-Louis de Fromentières des Etangs, né en 
1632, chanoine et théologal du Mans, oratorien, prédi- 
cateur du roi, et enfin évêque d'Aire, abbé du Jard et 
de Saint-Sever Cap ; il se fit remarquer comme prédica- 
teur, même à côté de Bossuet, de Fléchier et de Bour- 
daloue^. Dès 4'âge de seize ans il avait prononcé un ser- 
mon dans l'église de Saint- Vincent du Lorouer. Il eut 
des difficultés avec le chapitre du Mans, et lui intenta 
un procès 3. 

Louis Laneau, né à Saint-Denis, fut missionnaire et 
devint en 1662 évêque de Babylone, puis administrateur 
général des missions en 1684. Il mourut en 1696^. 

Gabriel Philippe de Froulay de Tessé, né égale- 
ment à Saint-Denis, fut évêque d'Avranches de 1669 à 
à 1689. C'est lui qui, comme nous l'avons dit plus haut, 
augmenta en 1680 la chapelle Saint-Etienne que son 



1. Le Paige. 

2. Gallia Christiana. 

3. Archives du chapitre du Mans. 

4. Gallia christiana. 



I 



- 94 — 

père, André de Froulay, seigneur de Montflaux, avait 
fondée en Saint-Denise 

Vers cette époque, qui donna à FEglise un grand 
nombre de prêtres distingués, vivait Mathieu Hubert, 
né, non pas à Saint-Denis, mais dans une des plus pro- 
ches paroisses, à Ghâtillon-sur-Colmont, oratorien trop 
oublié, qui fit admirer ses talents et ses vertus. Nous ne 
pouvons résister au désir de citer de lui un trait tou- 
chant, tel que le rapporte D. Piolin : 

Un jour qu'il prêchait à la cathédrale du Mans pour 
une grande solennité, sa mère, qui avait fait à pied plus 
de vingt-cinq lieues pour venir l'entendre, arrive lors- 
qu'il est déjà en chaire. Elle court à l'église et veut 
traverser la foule pour s'approcher de l'orateur ; mais 
ses efforts sont inutiles ; seulement son costume, son 
empressement et ces mots qu'elle repète : « Je veux en- 
tendre mon fils ! » causent un peu de rumeur. Hubert 
reconnaît sa mère, et d'une voix émue il adresse cette 
prière à l'auditoire : « Mes frères, une petite place, je 
vous en supplie ; cette pauvre femme qui vous la de- 
mande est ma bonne mère. » Puis il reprend son dis- 
cours au milieu de l'admiration universelle ~. 

Charles-Louis de Froulay de Tessé naquit en 1686, 
suivant les uns au château de Montflaux, suivant d'au- 
tres au château de Marolles, paroisse de Larchamp. 11 
fut évêque du Mans de 1723 à 1767. 

Citons aussi comme né à Saint-Denis Dom Julien 
Pelé, religieux de la congrégation de Saint-Maur, qui 
tourna au jansénisme et écrivit un pamphlet contre la 
bulle Unigenitus. 

Enfin Saint-Denis a vu naître en 1804 M'^^ Georges 
(Jean-Amédée), neveu du cardinal de Cheverus, décédé 
en 1860 évêque de Périgueux. 

1. Insinuation^ ecclésistiques. 

2. D. Piolin, Histoire de l'Eglise du Mans, T. VI. 




Comme vestiges des temps passés, outre les ruines 
que nous avons signalées, on voit encore à peu de dis- 
tance du bourg, près de la Cousinière, une source dite 
Fontaine Saint-Yaume, et dédiée à Saint Guillaume ; 
on va y prier pour obtenir la guérison des fièvres et des 
maux d'yeux. Ce saint Guillaume est Guillaume Fir- 
mat, né à Tours, d'abord médecin, puis ermite dans la 
forêt de Concise, ensuite près de Vitré et à Fontaine- 
Géhard dans la forêt de Mantilly. près du Passais, région 
qui vit se fonder un grand nombre de monastères, illus- 
trés par beaucoup de saints religieux, dont Saint Ernée. 
« Dans ses dernières années le saint vieillard Guil- 
laume Firmat était comme l'oracle des habitants de 
Mayenne, de Domfront, du Passais et de toutes les con- 
trées voisines ; on écoutait toutes ses paroles avec un 
souverain respect, et il savait user de son influence 
pour le soulagement des pauvres'. » Il mourut en 1143 
d'après D. Piolin, en 1090 d'après les Bollandistes. Son 
corps fut transporté à Mortain, et après sa canonisation 
(1154) il devint le patron de cette ville. Dans le nord de 
la Mayenne on a donné son nom à beaucoup de fontaines 
et de pierres, notamment au célèbre polissoir de Monte- 
nay. 

Pour la période révolutionnaire, qui sort du cadre de 
cette Revue ^ nous renverrons aux travaux MM. Duche- 
min et Triger, Les premiers troubles de la Révolution 
dans la Mayenne^ F. Le Coq, Constitution civile du 
clergé et aux Notes manuscrites de M. l'abbé Lebouc, 
ancien vicaire à Saint-Denis, décédé il y a quelques an- 
nées curé de Montenay. 

Nous ne terminerons pas cette étude sans dire un 
mot du sol et du climat de Saint-Denis. Cette commune 
occupe des terrains exclusivement d'origine ignée, dia- 

1. D. Piolin, Histoire de V Eglise du Mans, T. III. 



it 



— 96 — 

base (vulgo bizeul) et granité ; partant aucun fossile 
ne s'y rencontre. Sur les plateaux on trouve un dilu- 
vium formé lui-même de cailloux d'origine granitique. 
Les vallées, formées à leur origine par des plissements, 
ont leur fond imperméable, et il s'y est formé des maré- 
cages ; cette circonstance est favorable au développe- 
ment de certaines plantes rares ou même rarissimes 
dans bien d'autres régions. Nous citerons : l'orobànche 
clandestine, l'oxicoccos palustris, la cicuta virosa, Fos- 
monde royale, la walhenberge, la drosera rotundifolia. 
Quant au climat, il est non seulement un peu humide, 
tant à cause des marécages que de la grande quantité 
d'arbres plantés dans les haies qui séparent les champs, 
mais encore un peu froid à cause de l'altitude qui en cer- 
tains points atteint 244 mètres au-dessus du niveau de 
la mer : c'est à peu près le climat de l'Orne, dont nous 
sommes d'ailleurs peu éloignés. Si l'hiver est assez dur, 
en revanche l'été est charmant; les campagnes, déjà pit- 
toresques à cause des nombreux accidents de terrain, 
conservent une perpétuelle fraîcheur qui récrée les yeux 
en même temps qu'elle revivifie le corps fatigué par les 
travaux du jour et le dispose à de nouveaux labeurs. 

A. Faucon. 

TESTAMENT DE M« JEAN GESLIN 

Double du testament et ordonnance et dernière volonté du 
vénérable et discret maître Jean Geslin, vivant prêtre chanoine 
en l'église collégiale de St-Médric à Paris, reçu par Ameline 
et Bru, no""^^ au Chatelet de Paris, en date du 7 mars 1689, 
duquel testament la copie ensuit. 

Par devant Pierre Ameline et Hugue Bru, conseillers du 
roy, nottaires gardenottes au Chatelet de Paris, soussignés, 
fut p°* Maître Jean Geslin p*""^ chanoine de l'Eglise collégiale 
et paroissiale St-Médric à Paris, y demeurant au cloitre de 
lad. Eglise, malade de corps, et néanmoins allant et venant 



- 97 - 

par sa chambre au second estage qui a vue sur le cloistre, sain 
d'esprit, mémoire et bon jugement ains il est apparu aux 
no'®" soussignés, par ses paroles et entretiens, Lequel ne dé- 
sirant passer de cette vie à l'autre sans avoir au préalable 
disposé de ses dernières volontés, a fait, dicté et nommé aux 
d. nottaires son testament en la forme qui suit : Premièrement 
en bon chrétien catholique et romain a recommandé son âme 
à Dieu, le priant que quand elle partira de son corps, la vou- 
loir recevoir avec les Bienheureux, implorant à cette fin les 
prières et intercessions de la S^®- Vierge et avec de Notre- 
S.-J.-C, de S^-Jean, son patron, et de tous les saints et sain- 
tes ; Désiré son corps être inhumé dans le Chœur de l'Eglise 
de St-Médric où ses prédécesseurs et bienfaiteurs. Messieurs 
Dodard etTasset, aussi chanoines de lad. église sont enterrés ; 
Et qu'à son convoy ni aye aucune cérémonye ni pompe fu- 
nèbre, tenture ni soyrrie et avec moins de luminaire que faire 
se pourra ; ordonne led. s"" testateur que dans l'anée de son 
décès, il luy soit dit en telle église que son exécuteur testa- 
mentaire jugera à propos, deux annuels de messes basses, et 
qu'il soit payé pour la rétribution desd. deux annuels la som- 
me de quatre cents livres pour une fois seulement. 

Donne et lègue à l'Eglise de Notre-Dame de Montaudain 
diocèse du Mans, en laquelle led. s*" testateur a été cy devant 
curé, son calice d'argent aux armes de la passion de notre 
divin Sauveur, avec sa patenne, pour servir aux fêtes de la 
S^^-Vierge, et affm d'estre participant aux prières qui se font 
dans lad. église, lesq. calice et patenne pesant ensemble six 
marcs environ. 

Donne et lègue à l'église de St-Denis-de-Gastines du dio- 
cèse du Mans, lieu de sa naissance, son beau chasuble par- 
semé de fleurs rouges, à fond d'argent avec son étole, mani- 
pule et fanon demesme estoffe, un beau voille de sattin rouge 
en broderie d'or et d'argent garny autour d'une dentelle 
aussy or et argent, plus une estole de brocard or et argent 
garny par bas d'une frange aussy or et argent, et d'un petit 
passement d'or autour pour accompagner une bourse et cor- 
poral avec une petite boette d'arg^ servant à porter le S^- Via- 
tique aux malades de lad. psse à laquelle led. testateur les a 
cy devant donnez. 

7 



- 98 - 

Plus donne et lègue à lad. psse de S'^-Denis-de-Gastines 
son bassin et ses burettes d'arg^ à feuillage pesant ensemble 
sept marcs environ. 

Plus son autre chasuble de brocard à fond d'argent parsemé 
de fleurs d'or, garni de son étoile et un grand voile en sattin 
blancq aussi à broderye or et argent garni autour d'une 
grande dentelle d'or. Le tout aussi pour servir à l'autel les 
festes de la S'^-Vierge. 

Désiré led. sieur testateur que sitost son décedzil soit fondé 
en lad. église de St-Denis-de-Gastines une messe basse perpé- 
tuelle qui sera tous les jours de l'anée pour le repos de l'âme 
dud. testateur ez la grande chapelle de Nottre-Dame depittié 
hors le bourg de lad. psse, dont sera passé conlract avec le 
s'" curé de lad. Eglise, les paroissiens dud. bourg de S*-Denis- 
de-Gastines, et le sieur Bouesset père sieur de la Fouchaye, 
advocat à Mayenne, pour estre lad. messe ditte et célébrée en 
lad. grande chapelle tous les jours de la semaine annuelement 
à perpétuité ; savoir, depuis Pasques jusques à la Toussaint à 
sept heures du matin, et depuis la Toussaint jusques à Pas- 
ques à huit heures du matin, le tout par un chappellain qui 
sera nommé et présenté par Monseigneur lévesque du Mans 
et ses successeurs en son évêché, conjointement et non divi- 
sément, avec les curés et paroissiens dud, S^-Denis-de-Gas- 
tines et leurs successeurs qui seront obligés avec led. Sei- 
gneur évesque à peine de nullité à faire nomination et faire 
choix d'un prestre qui soit de bonne vie et moeurs, natif dud. 
bourg de S'-Denis-de-Gastines et au deffault d'un prestre na- 
tif dud. bourg, d'en choisir et nommer un aussy de bonne vie 
et moeurs natif des villages et hameaux dépend"^ de lad. psse, 
avec cette condition précise que les parents présents de la fa- 
mille dud. sieur testateur, selon le degré de parenté et con- 
sanguinité le plus proche, estant prestre et natif de la psse ou 
des villages ou hameaux seront préférés à peine de nullité de 
leur nomination : Led. sieur testateur ayant au surplus très 
grande raison et voulloir expressem*^ que les prestres qui se- 
ront nommez pour dire laditte messe soient habitants dud. 
bourg de St-Denis-de-Gastines, et à leur deffault desd. vil- 
lages ou hameaux de laditte psse, afin que led. prestre qui 
fera la dess^® et la d. messe soit tenu et obligé à résider sur 



- 99 - 

ce lieu, et dire lui-mesme lesd. messes, sans les pouvoir faire 
dire par d'autres, si ce n'est pour quelque temps d'infirmité 
à peine d'estre destitué de lad. chapelenie, et à son lieu d'en 
estre nommé un autre pour faire la desservance desd. messes 
aux susdites conditions, sans y rien changer, ni altérer pour 
quelque cause et sous quelque prétexte que ce soit, soit par 
led. chapelain, ou par led. seigneur évesque, le dit curé et 
paroissiens dud. bourg de St-Denis-de-Gastines et leurs suc- 
cesseurs. 

Lequel chapelain outre lesd. messes sera encore tenu et 
obligé de dire à genoux annuellent et à perpétuité tous les 
vendredis de cha^^une semaine devant led. autel de Nottre- 
Dame de pittié, avant le commencement de la S^^-Messe aussy 
à l'intention dud. sieur testateur [Domine non secundum pec 
cata nostra) avec les deux versets suivants : (Ostende nobis 
Domine misericordiam tuam) et l'oraison : Respice^ quœsu- 
mus, supej' hanc familiam tuam^ le stabat mate?- dolorosa, 
tout au long ; le verset : Tuam ipsius animam doloris gla- 
dius pertransivit, et l'oraison : Interveniat pro nobis^ quœ- 
sumus, etc. 

Pour la rétribution desquelles messes et prières led. s"" tes- 
tateur donne et lègue savoir : aud. chapelain et à ses succes- 
seurs deux cent cinquante livres de rente, et à la fabrique de 
lad. psse de St-Denis-de-Gastines, cinquante livres de rente 
à la charge qu'elle fournira les ornements, pain, vin, lumi- 
naire et choses nécessaires pour la célébration de lad. messe, 
faisant ces deux sommes ensemble trois cents livres de rente 
à prendre sur le chapittre de S^-Honoré de cette ville de 
Paris, rachetable au denier vingt et cinq, et la somme de sept 
mille cinq cent livres pour laquelle led. chapitre luy a cons- 
titué les d. trois cents livres de rente par contract passé de- 
vant Simon Mousse et son confrère nottaires au Chattelet, et 
en cas de rachapt de laditte rente, led. sieur testateur veut et 
entend que lad. somme de sept mille cinq cents livres de prin- 
cipal soit employée par lesd. sieurs curé et habitants de lad. 
psse, dudit sieur éveque en acquisitions d'héritages bons et 
valables qui seront au moins de valeur anuellent de lad. som- 
me de trois cents livres, et s'ils rapportent plus, led. plus ap- 
partiendra à lad. fabrique, sans que lad. rente ni les héritages 



II 



- 100 — 

qui pourront être acquis pour le principal d'icelle puissent 
être alliénnez, distraits, vendus, ni engagez pour quelques 
causes, besoins, ou autres prétextes que ce puisse estre, et 
ou que ce soit, et ou que lad. fondation cessast d'estre ditte 
et exécutée, ou que le chapelain ne fust pas nommé de la qua- 
lité requise, qu'il ne résidast pas sur ce lieu, et ne dise pas 
lesd. messes et prières par lui-même, ou bien que l'on vou- 
lust ériger lad. fondation en bénéfice ou chapelenie. En l'un 
ou l'autre de ces cas led. sieur testateur veult et entend que 
lad. fondation demeure transférée en lad. église collégiale de 
S^-Médric à Paris, à laquelle aud. cas, led. sieur testateur 
donne et lègue lesd. trois cents livres de repte, s'ils sont en- 
core en natture, et s'ils ne le sont plus lesd. héritages qui 
auront été acquis pour le principal d'iceux à la charge par le 
Chapîttre de lad. Eglise de faire dire par un chanoine d'icelle, 
qui sera nomméetchoisy par led. Chapitre, à l'autel du chœur 
dud. Chapittre aux heures cy-dessus marquées, lesd. messes 
et prières suivant que se voit cy-dessus expliqué, et de donner 
par led. Chapittre aud. sieur chanoine qui fera la desser- 
vancç deux cent cinquante livres de rente, dont le surplus 
appartiendra aud. Chapittre, aux mêmes charges, clauses et 
conditions cy-dessus, sans que led. Chapittre puisse faire éri- 
ger en façon quelconque lad. fondation en bénéfice, n'y qu'au- 
dit cas de transfération, led. Seigneur évesque, led. sieur 
curé et habitants puissent prétendre avoir aucun droit dans 
lad. nomination. 

Désire led. sieur testateur, qui soit aussy fondé en lad. 
Eglise St-Médric en cette ville avec le Chapittre d'icelle un 
obit sans pain qui sera dit à neuf psaumes, neuf leçons le pa- 
reil jour que led. sieur testateur décédera, et le lendemain 
une messe haulte de requiem, avant que de commencer la- 
quelle sera chanté l'hymne : Ve:cilla régis prodeunt, et Vhym- 
ne ou prose: Languentibus in purgatorio. Avant que com- 
mencer l'évangile de la Messe haulte, le tout annuellement et 
à perpétuité pour laquelle fondation led. sieur testateur donne 
et lègue au Chapitre de lad. Eglise, trente livres de rente, à 
prendre sur soixante livres de rentes dues par noble homme 
Simon Jeannot et dame Françoise Choppin sa femme. 

Donne et lègue led. sieur testateur les autres trente livres 



— 101 — 

de rente à la grande Confrairye de Nottre Dame aux Sei- 
gneurs et bourgeois de Paris, à la charge de pareille fonda- 
tion que lad. grande Confrairye sera tenue de faire à mesmes 
jours en l'église de Sainte-Marie Magdelaine en la Cittée. 

Désire led. sieur testateur qu'il soit pareillement fondé en 
lad. église de St-Denis-de-Gastines trois obits qui serontdicts 
et célébrez l'un le troisième de février à l'intention de Jean 
Geslin et de Perrine Portais, sa femme, ses père et mère; un 
autre le jour de St-Georges à l'intention de Maître François 
Geslin, p**"® et pour ses autres frères ; et l'autre à pareil jour 
que décédera led. sieur testateur, à son intention et de René 
Buin et de Françoise Rochereul, sa femme, cousine dud. sieur 
testateur. Lesquels trois obits seront dicts chacun par Vigiles 
à neuf pseaumeset neuf leçons, une messe haulte de Requiem, 
avant laquelle serapareillement chanté l'hymne Vexilla Régis 
prodeunt^ et la prose Languentibus in purgatorio avant l'é- 
vangile, en fin de chacune des d. messes sera chanté sur leurs 
sépultures le Libéra, de profundis^ l'oraison et le Salve Re- 
gina aussy avec l'oraison, pour lesquelles trois fondations 
led. s"" Testateur donne et lègue à lad. église cent livres de 
rente à luy due et constituée par l'église du S^-Sépulcre à Pa- 
ris, rue de S''-Denis en cette ville, rachetable au denier vingt 
et quatre sur la somme de deux mille quatre cent livres, sui- 
vant le contract qui y a été passé devant Parque et son con- 
fraire nottaires à Paris. Le principal de laquelle rente, en cas 
de rachapt sera employé par les sieurs curé et habitants de 
lad. p*^^ en acquisition d'héritages dont les revenus seront 
destinés et employés aux d. fondations, sans pouvoir être di- 
vertis, employez ni obligez pour autres causes, auxquelles 
fondations sera aussy passé un contract avec lesd. curé et 
habitants, et led. sieur de la Foucherye. 

Veult et entend led. sieur testateur que les rétributions qui 
seront affectées aux fondations, que ledit sieur testateur dé- 
sire estre faites par son présent testament, ne seront données 
et distribuées qu'à ceux des ecclésiastiques qui s'y trouveront 
présents depuis le commencement jusques à la fin et non au- 
trement, pour quelque cause que ce soit, si ce n'est le cas de 
maladie seulement et non autres causes. 

Et pour le surplus de tous les biens dud. sieur testateur, il 



II 



— 102 — 

veult et entend qu'ils appartiennent à ses héritiers pour les 
partager entre eux suivant la disposition des coutumes où ils 
se trouveront situés, et pour exécuter le présent testament, 
led. sieur testateur a nommé et élu la personne de Maître Ju- 
lian Renard. 

A. F. 



UNE GACHETTE DE FONDEUR 

DE L'ÉPOQUE DU BRONZE 



Au mois de novembre 1892, les fermiers de la Barre, 
en Gossé-le-Vivien i, achevaient de dresser à la charrue 
un renflement de terre qui rendait difficile la culture 
d'un champ, quand ils virent, tout à coup, sortir déterre 
une quantité de morceaux de bronze. Ils les recueilli- 
rent avec grand soin et les remirent au propriétaire, 
M. le comte Arthur de Bréon. Grâce à son extrême 
obligeance, nous avons pu les examiner un à un, et 
les dessiner dans leur ensemble. Ces objets, de nulle 
valeur comme métal, sont en effet doublement inté- 
ressants pour l'histoire du pays. En outre ils consti- 
tuent la plus importante cachette de fondeur qui ait été 
signalée dans le département de la Mayenne ~. 

Ces objets furent, pour une cause quelconque, enfouis 
dans une peau de bête, car on n'a retrouvé aucune trace 
de vase soit en terre soit en métal. De la sorte, ils 
étaient plus faciles à porter et l'ouvrier qui les avait 
réunis pour les refondre, avait pris soin de les enterrer 
à une grande profondeur afin qu'ils ne fussent pas déte- 



1. Gossé-le-Vivien, arr*^ de Ghâteau-Gontier. — de Cauciaco, 
IX« siècle. Les noms de lieu, terminés en acus, sont les plus 
anciens. 

2. Une autre cachette, comprenant une vingtaine de haches, 
un lingot de bronze et un creuset d'argile, a été autrefois dé- 
couverte à Gomté, commune de Ghemeré-le-Roi (V. E. Moreau, 
Notice sur la carte préhistorique de la Mayenne). 



Il 



- 104 - 

riorés pendant le temps qu'ils demeureraient enfouis. 
Si l'on ne peut au juste évaluer cette profondeur parce- 
que les fermiers ont mis plusieurs années à dresser la 
saillie que la terre formait à cet endroit, on peut du 
moins affirmer qu'elle avait près de deux mètres de hau- 
teur. L'endroit lui-même était fort bien choisi car, si 
quelques objets, après un séjour aussi prolongé, sont 
corrodés par l'oxyde, si la plupart ont cette admira- 
ble patine que l'on recherche tant, il en est certains, 
au contraire, qui ont conservé leur couleur brillante et 
nette comme s'ils venaient d'être fabriqués. 

Ces objets formaient^ avons nous dit, la cachette d'un 
fondeur; comment en effet expliquer autrement la pré- 
sence de ces morceaux de bronze, la plupart hors d'u- 
sage, détériorés ou brisés volontairement ? Et même en 
examinant le contenu, devant le grand nombre de bra- 
celets de toute forme et de toute grandeur, n'est-on pas 
autorisé à penser que ce fondeur fabriquait exclusive- 
ment des bracelets et que les autres morceaux n'étaient 
là que pour grossir la masse du métal et lui permettre 
d'en obtenir un plus grand nombre ? 

Ce trésor comprenait sept grandes haches de forme 
ordinaire, de 15 à 17 centimètres de longueur ; leur tran- 
chant était plus ou moins arrondi, cinq avaient leurs ai- 
lerons terminés à angle droit, les deux autres, pour- 
vues d'un anneau latéral, étaient au contraire arrondies. 

Une petite hachette de 85™ de longueur très finement 
coulée. Ses ailerons fortement accusés et rebordés 
avaient plus d'importance que dans les grandes et occu- 
paient presque la moitié de la longueur totale. 

Une lame de poignard, de O'^IS de longueur sur 0™02 
de largeur. Elle est composée de trois rayures concaves 
et a été pliée en deux ; le bas, où les rayons disparais- 
sent en triangle, ne laisse voir aucun trou pour l'emman- 
chage dans une poignée de bois ou de métal. 

Trois pointes de flèches brisées ; l'une a 0™04 de 



— 105 - 



longueur sur 0™02 de largeur ; le centre est renflé légè- 
rement ; l'autre dont la tranche forme un losange effilé 
n'a qu'une simple rayure au milieu ; la troisième, très 
pointue, ayant 0™05 sur 0^01, a sa pointe recourbée ; 




Fig. 1, 2, 3, 4. 



elle est creuse au centre et garnie d'une rayure sail- 
lante. 

Un morceau de bronze très bien coulé et d'un usage 
inconnu. Il ressemble à la tête des coins de bronze et l'on 



— 106 — 

pourrait croire qu'il a servi à ferrer un pieu ; malheu- 
reusement il est brisé à la partie inférieure. L'intérieur 
d'abord rond, se termine en carré et l'extérieur a, de 
chaque côté, deux points saillants provenants sans doute 
de la coulée de la fonte. 

Deux instruments de toilette : une sorte de cure-oreilles 




Fig. 5 et 6. 



brisé parle bas et une grande épingle également rompue. 
Elle est renflée au milieu, sa tête se termine carrément 
et elle est ornée de cercles et de rayures opposées 
(Fig. 1 et 2). 

Un manche de très bien conservé. Sa tête renflée 

est ornée de dessins formant dentelures. On voit très 
bien le petit trou qui servait à le river (Fig. 3). 

Un morceau de bronze arrondi formant un cercle dé- 
primé et à une extrémité un second cercle tout petit et 



— 107 — 

aplati, soudé dans l'autre (ûg. 4). Un fragment d'anse 
de .vase se terminant en haut par une partie aplatie et 
rompu à la biffurcation qui se soudait au vase. Un frag- 
ment d'une fibule, à large renflement, très mince et 
garnie sur la partie bombée de six rayures juxtaposées. 
Cet objet est très usé. 

Un morceau de fonte sans forme. 

Mais, comme nous l'avons déjà dit, la partie la plus 




Fig. 7 et 8. 

intéressante de cette cachette comprend quarante brace- 
lets de toute forme, de toute grandeur. Il en est de si 
bien conservés, de si frais, que l'on se demande com- 
ment ils se trouvent parmi des objets destinés à la 
fonte. Les dames du temps étaieilt-elles déjà aussi es- 
claves de la mode ?... . 

Parmi ces bracelets quelques-uns sont tordus comme 
ces torques en or que l'on voit dans le musée de Saint- 
Germain. 



108 



Un fragment a dû appartenir à un collier de grande 
taille. 

Une paire de tout petits bracelets d'enfant (fig. 5). 

Un fragment tordu a son extrémité unie et appointée. 

Vingt-cinq bracelets unis, de toute forme, de toute 
grosseur, les uns ronds, les autres aplatis ou même 
taillés sur un côté. Le plus épais mesure 0™02 de hau- 
teur sur 0™01 ; tous sont plats intérieurement. Les uns 




Fig. 9 et 10. 

sont appointés par les extrémités, ceux-ci se terminent 
carrément, ceux-là sont munis de renflements destinés 
à mieux dissimuler la jointure (fig. 7). 

La plupart sont intacts, d'autres ont été repliés inten- 
tionnellement afin sans doute de prendre moins de place. 
Quelques-uns sont par paire, d'autres ont été rompus 
d'une manière si nette que l'on ne voit aucune trace 




109 



d'outil ou de pression sur les parties brisées malgré 
leur épaisseur. 

Il nous reste à parler d'un certain nombre de brace- 
lets qui, par leur décoration, méritent une description 
particulière. 




Fig. 11 et 12. 



Quatre sont légèrement ornés de rayures et de points 
soit à leur extrémité soit sur tout le développement, en 
laissant d'un côté une partie droite qui, au bras, ne se 
voyait pas. Ce sont des rayures adossées en chevron, 
arrondies ou pointillées (fig. 9). 



- 110 - 

Un bracelet brisé, en trois morceaux, garni de rayures 
et de compartiments à chevrons et cercles remplis de 
petites hachures entre deux traits (fîg. 6). 

Un bracelet orné de compartiments à chevrons et 
amandes variées et pointillées (fig. 8). 

Un fragment de bracelet plus riche de décors. Cer- 
taines parties laissées en blanc sont au contraire placées 
sur des rayures qui les font mieux ressortir (fig. 10). 

Un bracelet en cuivre, demeuré jaune et brillant comme 
s'il venait d'être fondu. Il est décoré de dessins variés 
d'une netteté telle que l'on voit encore toutes les bavu- 
res de la pointe qui les forma (fig. 11). 

Un fragment de bracelet d'une grande largeur ; ce- 
lui-ci, pour en diminuer le poids, a été évidé à l'inté- 
rieur et aux extrémités, il est muni d'un renflement très 
bien compris. Il portait dans presque toute sa lon- 
gueur une petite bande pointillée qui ne se retrouve 
pas de l'autre côté. 

Enfin quelques petits fragments de bracelets n'ont pu 
être reconstitués. 

Tel est l'ensemble de cette importante cachette. En 
terminant remercions encore le fermier et le propriétaire 
qui, par leurs soins minutieux, nous ont permis de l'étudier 
dans son ensemble et, sans la diviser, ont compris l'im- 
portance qu'elle avait pour l'histoire de l'art dans nos 
contrées. 

P. DE Farcy. 



LE DOLMEN DE L'ARTOIR 

A YAUTORTE (Mayenne). 



Notre collègue, M. Faucon, nous signale un dolmen 
jusqu'ici inconnu, dont il nous envoie une description 
sommaire. Nous laissons bien volontiers la parole à 
M. Faucon- 
ce Cette allée couverte est située en la commune de 
Vautorte, dans la forêt de Mayenne, à l'extrémité nord 
du rocher de l'Artoir, sur la hauteur par conséquent, à 
environ un kilomètre sud-ouest de la ferme de la Tui- 
lerie. Cette ferme se trouve sur la route forestière qui va 
de Chailland à la Meltière, entre le Pilet delà Duchesse 
et ce hameau. De la ferme, il faut aller à pied, quoiqu'il 
y ait un mauvais chemin d'exploitation. 
« Voir ci-contre le plan de ce monument : 
« Les pierres marquées par des hachures sont encore 
à leurs places. Celles qui portent la lettre R sont des 
pierres de recouvrement. Deux d'entre elles sont encore 
retenues sur leurs supports par une extrémité. La plus 
rapprochée de l'entrée est à demi tombée sur un frag- 
ment affaissé lui-même à Tintérieur de l'allée. 

« Le bloc A est celui qui sépare l'allée de la chambre, 
et li est celui qui ferme celle-ci par le fond. Il est sen- 
siblement incliné vers l'intérieur. 11 y a en outre une 
grande quantité de îragments tombés tant en dedans 
qu'en dehors du monument. 

« Les pierres du fond ont de belles dimensions : B 



II 



— 112 — 







^ 



atteint 2 m. 20 de longueur 
sur 1 m. 30 de hauteur au-des- 
sus du sol extérieur. A mesure 
que les blocs se rapprochent de 
rentrée, ils diminuent de vo- 
lume. 

« L'allée, qui mesure 10 mè- 
tres, est sensiblement orientée 
du nord-ouest au sud-est, com- 
me d'autres monuments de 
cette espèce dans notre région. 
Toutes les pierres qui la com- 
posent sont du grès qui ne 
parait pas différer de celui qui 
abonde dans la forêt. 

« Dans l'état de délabre- 
ment où se trouve ce dolmen, 
une fouille serait difficile. 11 est 
presque impossible d'attein- 
dre le sol sans procéder à un 
véritable déblaiement. Il y a 
à l'intérieur une énorme quan- 
tité de fragments qui semblent 
d'ailleurs contribuer à soute- 
nir la plupart des blocs restés 
debout. Néanmoins on peut 
constater la présence de cette 
argile jaunâtre qu'on trouve 
ordinairement à l'intérieur des 
dolmens. 

a Le propriétaire du terrain 
est M. le marquis de Chava- 
gnac. 

« Le dolmen n'est éloigné 
que de cinq kilomètres de la 
pierre Montpinçon et du dol- 
mende la Perche. » 



I 



SIGILLOGRAPHIE 
DES SEIGNEURS DE GRAON 



XXIV 
RAMEAU DE LA FERTÉ-BERNARD 

PIERRE DE GRAON 

Vers 1345. — Vers 1409. 



Pierre de Craon, qui doit sa notoriété à une tentative 
de meurtre contre le connétable de Glisson, était né 
vraisemblablement vers 1345, le troisième, et non le se- 
cond, des fds de Guillaume I. Il est connu sous les titres 
de seigneur de Brunnetel, de Rosoy et de la Ferté- 
Bernard*.' 

Brunnetel était un don de sa tante Mahaud de Flan- 
dre, sœur de sa mère, qui, dès décembre 1363, alors 
qu'il n'avait pas vingt ans, avait disposé en sa faveur de 
la nue-propriété de ce fief ainsi que de ceux de l'Abbaye 
du Mont-Saint-Quentin et de Vaux-en-Arrouaise ^. 



1. Nous avons sous les yeux le Mémoire sur Pierre de Craon, 
publié, en 1856, dans \e^ Mélanges.... des Bibliophiles Français et, 
en 1860, aux dépens de l'auteur (in-8^ 33 pages) à petit nombre ; 
travail, dont la paternité a été attribuée par M. de Bodard à M"'«la 
princesse de Craon, mais qui appartient réellement à M. le baron 
richon. Ce travail contient de curieux renseignements, mais son 
auteur, en bornant ses recherches aux registres du Parlement où 
se trouvent les plaidories et le conseil criminel, n'a pas rencontré 
divers arrêts que nous avons pu utiliser. 

2. Cartulaire, n» 1213. 

8 



u 



— 114 -. 

Rosoy-en-Thiérache lui venait de sa femme, Jeanne, 
fille cadette de Gaucher de Ghâtillon et de Marie de 
Coucy. On ne connaît pas la date de leur union ; mais 
sachant que Marie de Ghâtillon, sœur aînée de Jeanne, 
peu avant le 5 mai 1364 ^ était devenue Tépouse de Jean 
de Domart, frère cadet de Pierre, on peut être certain 
que les deux alliances furent simultanées. Pierre devait 
donc avoir dix-neuf ans à peu près lors de la rédaction 
de son contrat de mariage. 

Une note du Trésor généalogique^ à laquelle Dom 
Villevieille a donné la date évidemment fausse de 1331, 
fait connaître la part faite aux deux sœurs lors du par- 
tage des successions tombées en quenouille de Gaucher 
de Ghâtillon et de Marie de Guines-Goucy. Jeanne 
reçut comme cadette Rosoy-en-Thiérache, Rennes et 
Brécy-en-Brie et Sergine 2. Pierre ne conserva Rosoy 
que jusqu'en 1390, époque où il Taliéna au profit d'En- 
guerrand d'Eudin^. 

Brunnetel lui venait donc de sa tante ; Rosoy et les au- 
tres fiefs des Ghâtillon étaient le patrimoine de sa femme; 
il reste à dire comment il obtint la possession de la Ferté- 
Bernard ; c'est un accord du 24 septembre 1439, publié 
ci-dessus, qui est venu faire la lumière sur ce point ^. 
Lors du mariage de Pierre, leur troisième fils, Guil- 
laume I et Marguerite de Flandre s'étaient engagés à 
céder au nouveau ménage l'un de leurs châteaux, avec 
quatre cents livres de rente ; pour remplir cette obliga- 



1. Cartulaire, n° 1378. Le Mémoire sur Pierre de Craon con- 
tient au sujet de cette alliance une erreur, laquelle, croyons-nous, 
n'a pas pris place ailleurs ; il donne pour épouse à Guillaume II, 
au lieu de la donner à Jean de Domart, la belle-sœur de Pierre, 
Marie de Ghâtillon. 

2. Cartulaire, Ts9 1212. 

3. Enguerrandd'Eudin étant mortpeu après, Gharles VI, par des 
lettres du 28 mars 1391, déclara Rosoy uni à la couronne. Voir 
Cartulaire, numéros 1256 et 1268. 

4. Cartulaire^ n» 1175. 



- an — 

tion, pour tenir compte à Pierre des arrérages qu'on ne 
lui avait pas payés, pour le rembourser de diverses 
avances faites par lui, enfin pour liquider tous ses 
droits dans les fortunes de ses père etmère, Guillaume I, 
avec l'assentiment de Guillaume II, son fils, et d'A- 
maury, Tainé des fils de celui-ci, abandonna immédiate- 
ment la nue-propriété de la Ferté à Pierre K 

Pierre posséda aussi, mais pendant peu de mois seu- 
lement. Sablé et Précigné ; ces fiefs, les premiers qui 
eussent appartenu à la maison de Craon, avaient été 
pendant le XIP siècle le patrimoine d'une branche qui 
avait pris fin dans la personne du grand maître des Tem- 
pliers Robert IV de Sablé ; la petite fille de celui-ci, 
Jeanne des Roches, les avait apportés à Amaury I de 
Craon, dont les descendants les conservèrent jusqu'en 
1371, époque où Amaury IV, deux ans avant son décès, 
les avait aliénés au profit du duc d'Anjou. Le 13 juin 
1390, Pierre de Craon, se prévalant sans doute du droit 
de retrait lignager, en fit achat à Marie de Bretagne, 
duchesse d'Anjou, pour la somme de cinquante mille 
francs d'or. Malgré divers dons qui lui furent faits afin 
de l'aider dans son acquisition, Pierre ne parvint pas 
sans doule à réunir cette grosse somme; et, le 11 
mai 1392, il céda les profits de son contrat à Jean IV 
de Bretagne ; mais celui-ci n'en conserva pas la pro- 
priété, car, dès 1394, la duchesse d'Anjou rentrait en 
possession de Sablé et Précigné -. 

1. Il ne semble pas que Pierre de Craon ait pris le nom de la 
Ferté-Bernard avant 1387; «le sire de la Ferte » qu'on rencontre 
à diverses reprises dans le Journal de Jean le Fèvre d'octobre 
1384 à mars 1386, période pendant laquelle Pierre de Craon et 
Jean de Bueil étaient prisonniers en Esclavonie, est l'un des 
Guillaume, Guillaume il sans doute, car on trouve à la fois : 
Guillaume et le sire de la Ferté. 

2. Cartulaire,\V>^ 1259, 1261, 1265, 1271, 1292. Sablé ne tarda 
pas à permettre à la duchesse d'Anjou de faire un emprunt dont 
il était le gage. Il demeura aux mams du duc d'Orléans du 8 août 
1394 au 29 avril 1398 {Cartulaire, n» 1293 et Jarry, Louis d'Or- 
léans^ p. 104). 



— 116 — 

C'est le 13 juin 1392 que Pierre se livra contre Olivier 
de Glisson à la tentative d'assassinat à laquelle il dut sa 
ruine ; le 14 juin, le roi prescrivait son arrestation ; 
le l^'" juillet, on procédait à la saisie de la Ferté ; le 18 
juillet un mandement de Charles VI attribuait au duc 
d'Orléans la propriété des biens confisqués sur Pierre de 
Craon et sur ses complices, dont la valeur devait venir 
en déduction de quatre mille livres de rente que le roi 
avait promises à son frère. 

Charles VI, désireux soit d'atteindre la personne 
même de Pierre de Craon, soit de frapper le duc de Bre- 
tagne, qu'il considérait comme son instigateur, se dé- 
cida à une expédition contre ce dernier, ordonna de 
concentrer ses troupes au Mans' et s'y rendit lui-même. 
C'est le 5 août, en quittant cette ville pour se rendre à 
Angers, qu'il éprouva la première atteinte de ces trans- 
ports dont l'action intermittente devait désormais para- 
lyser chez lui l'exercice de la royauté et livrer la France 
aux compétitions de ses proches parents -. 

Cependant, Pierre de Craon, qui n'avait fait que tra- 
verser la Bretagne, s'était rendu en Aragon, où, après 
avoir été menacé d'extradition, il put enfin reprendre sa 
liberté. La sentence contre lui est du 26 août. Il en ré- 
sulta pour Pierre une dépossession complète de ses 
biens, dont l'administration fut temporairement confiée 
à Louis de Cepoy, mais qui passèrent, au moins, pour la 
plus grande partie, aux mains du duc d'Orléans^. La 
Ferté-Bernard ne resta pas la propriété de celui-ci : la 



1. Le nombre des montres passées au Mans en juillet et août 
1392, et conservées à la Bibliothèque nationale, parmi les Titres 
scellés, est considérable ; en y joignant celles qui font partie de 
la collection E. Jarry {Louis d'Orléans, 94) on peut reconstituer 
presque dans son intégrité l'armée sur laquelle Charles VI 
comptait pour opérer contre le duc de Bretagne. 

2. E. Jarry, Louis d'Orléans, 95. 

3. Cartulaire, n^^ 1273 à 1291. 



1 



— 117 — 

maison d'Anjou, se prévalant d'une instance en félonie 
intentée par elle contre Pierre de Graon avant 1392 * et 
d'une condamnation obtenue contre lui par défaut le 4 
mars 1396, ainsi que de l'arrêt criminel du 7 juin 1399, 
pour se couvrir du détournement de cent mille ducats 
commis au détriment de Louis I, d'Anjou, se fît allouer, 
par un arrêt du Parlement du 4 juin 1407, la pro- 
priété de la Ferté-Bernard dont, dès le 3 juillet 1407-, la 
jouissance viagère fut attribuée à Yolande d'Aragon. On 
ne tint nul compte des droits de Jeanne de Ghâtillon qui, 
une fois son mari mort, réclama vainement la valeur de 
ses biens propres aliénés et le douaire de quinze cents 
livres de rente, qui lui avait été assigné sur la Ferté- 
Bernard. Cinquante ans plus tard, ses ayant droit plai- 
daient encore contre ceux du duc d'Anjou et ne parvin- 
rent jamais à en obtenir justice 3. 

Le roi, il est vrai, vint au secours de Jeanne : en con- 
sidération de ses droits, en souvenir de sa parenté, es- 



1. Voici dans \e Journal de Jean le Fèvre, édition Moranvillé, 
diverses mentions relatives à cette affaire : 1385, 29 mai. — Mes- 
sire Pierre de Graon amena le comte de Genève, le seigneur de 
Coucy et aultres seigneurs plusieurs, et en la présence de Ma- 
dame, se récusa de ce que on parloit sur li de grandes finances 
bailliées par messire Barnabo et le comte de Vertus montant à 
la somme de 90.000 florins, dont petit pourfit étoit venu à Mon- 
seigneur; et dit après ciue, grandes sommes de finance il avoit 
preste à Monseigneur, lesquelles à Madame il demandoit. Le 26 
juillet 1385, Pierre de Graon « fist requestes à Madame et la re- 
quist que de ycelles voulsist soi infourmer de environ 21.000 
francs que dist que Monseigneur le devoit ; Madame li refusa in- 
formation,.. » Le 6 novembre 1385, Pierre réduisit sa demande à 
16.000 francs que la duchesse s'engagea à lui rembourser sur le 
pied de 2.000 par an. 

2. Cartulaire, n°^ 1353, 1354. M. le baron Pichon n'a connu 
aucun des arrêts cités ici. 

3. Du reste, le duc d'Orléans prétendait bien posséder les biens 
confisqués sur Pierre, libres des charges qui les grevaient ; c'est 
ainsi que le 13 février 1406, un arrêt du Parlement décidait qu'il 
n'était pas tenu de payer à Hervé de Mauny la rente de deux 
cents livres sur la Ferté-Bernard, achetée par lui le 12 octobre 
1390. {Cartulaire, n»» 1058, 1341). 



- 118 - 

timant du reste qu'elle n'était en rien complice de son 
mari, Charles VI ne voulut pas la laisser dans la misère. 
Une mention de la table des Mémoriaux de la Chambre 
des Comptes indique l'existence de lettres du 7 octobre 
1394 conférant à Jeanne la propriété de Vaux en Ar- 
rouaise et de la Bergue. Il se trouva sans doute quelque 
obstacle à l'exécution de ces lettres, car on connaît 
d'autres lettres de Charles VI, du 20 juin 1405, lui en 
octroyant de nouveau la propriété. Jeanne, outre Vaux 
en Arrouaise, reçut de Charles VI, pour elle et ses en- 
fants, la promesse d'un capital de cinquante mille livres 
et d'une rente de deux mille livres, dont l'assiette fut 
modifiée à diverses reprises ^ 

Quant à Pierre, sa ruine fut absolue; et, de tous 
les fiefs dont il avait été seigneur, aucun ne lui res- 
tait lors de son décès. Charles VI ne se montra ce- 
pendant pas bien rigoureux à son égard'. De même 
que Charles V, en 1379, avait régularisé sa situation au 
sujet du meurtre de Baudoin de Velu, par l'octroi d'une 
lettre de rémission, ainsi Charles VI voulut mettre 
Pierre à même de régler, par accord, son diff'érend avec 
Clisson. Il lui accorda pour cela successivement des let- 
tres de sauve-garde pour une durée de quatre mois d'a- 
bord, de six mois ensuite, puis enfin, le 15 mars 1396, 
des lettres de rémission 2. 

Malheureusement pour lui, et contre toute attente, 
Pierre ne put obtenir du Parlement l'entérinement des 
lettres en question ; et, malgré ses instances, il fut, par 



1. Cartulaire, numéros 1294. 1295,1330, 1335, 1355, 1384. 

2. M. le baron Pichon dit que les lettres de rémission furent 
obtenues par Isabelle de France, passant par Saint-Denis, pour 
aller rejoindre son époux ; or les lettres de rémission sont du 15 
mars 1396 et le passage par Saint-Denis d'Isabelle se rendant à 
Calais est du 11 octobre de la même année. (E. Jarry. La vie po- 
litique du duc d'Orléans, p. 180). 



— 119 — 

un arrêt du 7 juin 1399 i, décidé que Pierre et ses com- 
plices étaient déchus du profit des lettres de rémission, 
que Pierre, reconnu coupable d'un détournement de cent 
mille ducats au détriment de Louis I d'Anjou, devrait 
payer sur ses biens deux cent mille livres à la duchesse 
d'Anjou; que, reconnu coupable envers Glisson, il de- 
vait sur ses biens remettre cent mille livres pour faire 
des fondations expiatoires, qu'enfin reconnu coupable 
de lèse majesté, tous ses biens étaient confisqués et 
sa personne condamnée à un bannissement perpétuel. 

Force fut à Pierre de se contenter de la protection de 
simples lettres royales de sauve-garde ; elles lui suffirent 
du reste, pour vivre à la cour où on le trouve le l®"" mai 
1400, aussi bien que le l^'"mai 1399, au nombre des sei- 
gneurs pourvus de l'une des houppelandes distribuées ce 
jour-là aux familiers du roi ; mais aux yeux du Parle- 
ment, il restait légalement banni, si bien que, le 4 juillet 
1405, cette assemblée lui refusait des lettres de marque 
contre l'Aragon et que, le 7 janvier 1407,1e greffier, sur 
l'ordre qu'il en avait reçu, se refusait à présenter à la 
cour un accord passé entre Pierre de Graon, Antoine, 
son fils, et le sire de Haucourt et renvoyait les parties à 
se pourvoir devant le Ghâtelet, si bon leur semblait. 

Pierre passa les dernières années de sa vie dans une 
obscurité relative ; faute de pouvoir triompher de l'oppo- 
sition que les lettres de rémission avaient éprouvée dans 
le Parlement, il se trouvait dans une position très fausse, 
à la merci d'un incident, qui eût été sans doute exploité 
contre lui. On ne possède aucun renseignement sur son 
décès qui advint entre janvier 1407, date où Nicolas de 
Baye relate le refus du Parlement d'homologuer un ac- 
cord où son nom figurait, et le 14 janvier 1410, date du 



1. M. le baron Pichon a connu de cet arrêt ce qui en est dit 
dans le journal tenu par le greffier pour la chambre criminelle ; 
mais il ne s'est pas reporté au texte même donné dans X^a, 13. 



~- 120 - 

contrat de mariage de sa petite fille, Marie d'Amboise, 
avec Amaury de Briolay, son cousin, de la branche delà 
Suze; Jeanne de Ghâtillon était veuve alors. Les docu- 
ments sont muets aussi sur les dernières années de celle- 
ci qui, comme le prouve un arrêt du Parlement, vivait 
encore en 1427. 

On connaît six sceaux différents de Pierre de la Ferté ; 
sur les trois premiers l'écu porte une double brisure, sur 
les trois derniers les armes sont pleines. 




183. — Sceau de Pierre de Craon, 1379-1381. 

Le plus ancien date de 1379 (figure 182) ; il est attaché 
à l'une des pièces du différend entre Pierre de Craon 
et Louis de Namur. C'est un sceau rond (738 de 
Flandre) de 0,025 à l'écu penché, où figure le losange 




Ih^. — Sceau de Pierre de Craon, 1380. 

de Craon, brisé cT un bâton et surbrisé d'une étoile en 
chef^ surmonté d'un heaume, cime d'une tête de chien et 
supporté par deux lions assis ; la légende est complète : 

s PIERRE DE CRAON. 

Le second (figure 183), est semblable au premier, sauf 
qu'il mesure 0,03 sur la seule empreinte connue et qui 



- 421 — 

date de 1380, (2961 de Clair ambault) ; la partie où fi- 
gurait l'étoile est brisée et de la légende on ne lit plus 

que... lERRE. 




184. — Sceau de Pierre de Craon, 1380. 

La troisième (figure 184), (2962 de Clair ambault)^ 
mesure 0,03 ; il est semblable aux deux autres, mais le 
cimier est une tête de femme, au lieu d'une tête de chien. 
La légende est complète: s pierre de craon. Il date 
de 1380. 

Pierre de la Ferté portait donc le blason de son père : 




185. - Sceau de Pierre de Craon, 1388-1391. 

de Craon à la bande brochante brisé par une étoile en 
chef. On ne saurait expliquer comment, sur les autres 
sceaux de Pierre, sceaux dont on ne connaît que des em- 
preintes postérieures à 1388, l'écu ne porte plus aucune 
brisure. On l'a vu déjà, (figure 169), dès 1383 le sceau 
de Guillaume II, son frère aîné, possédait un blason 
sans brisure. 
Le quatrième sceau, (figure 185), dont il n'existe au- 



— 122 — 

cun moulage, se trouve aux Pièces originales * en cinq 
exemplaires apposés en 1388, 1389, 1390 et 1391. C'est 
un sceau rond de 0,03, à l'écu plein, surmonté d'un 
heaume à lambrequins, cime d'une tête de femme, dans 
un vol ; le champ est garni de rinceaux affrontés. De la 
légende on ne lit plus que + s., l. pierre de... Le 
mot Pierre est coupé en deux par l'écu. 




186. — Sceau de Pierre de Craon, 1389- 



Le cinquième (figure 186), dont il n'existe aucun 
moulage, se trouve aux Pièces originales en deuxexem- 




187. — Sceau de Pierre de Craon, 1391. 



plaires, dont le second a été apposé en 1398. Il est sem- 
blable au quatrième, bien que plus finement gravé ; il 
s'en distingue parce que le mot Pierre est tout entier à 
la gauche de l'écu. 

Le sixième (figure 187), dont il n'existe aussi aucun 



1. Craon, n^^ 20, 25, 34, 37, 50. 



— 123 — 

moulage, n'est connu que par une seule empreinte des 
Pièces originales. Autant que son mauvais état permet 
de le distinguer, on peut dire que l'écu est cime d'une 
tête d'homme. 




188. — Sceau de Jeanne de Châtillon, 1402. 

Quant à Jeanne de Châtillon, voici son sceau (figure 
188), d'après une empreinte de 1402, Clair ambault^ 
n^ 2352 : c'est un sceau rond de 0,024, où figure un écu 
droit, parti de Craon et de Châtillon, soutenu par un 
ange et deux lions, assis dans un trilobé. De la légende 
on lit : 4* s. jehanne de cha... llo... tel et de... 




189. - Sceau de Gaucher de Châtillon, 1370. 

Le sceau de Gaucher de Châtillon est moulé sous le 
numéro 2328 de Clair ambault. C'est un sceau rond de 
0,028 (figure 189), où se trouve un écu à trois pals de 
vair sous un chef, chargé d'une merlette à dextre, pen- 
ché, timbré d'un heaume, couronné et cime d'une touffe, 
supporté par deux ours. La légende est : gauch segnor 
de chastillo et de la ferté potien. 



— 124 — 

Pierre de la Ferté et Jeanne de Châtillon eurent deux 
enfants seulement: Antoine et Jeanne. 

XIP%. — Antoine. — Antoine, connu sous le nom 
d'Antoine de Beauverger, aura son article à la suite de 
celui de son père. 

XIP^2- — Jeanne. — Les historiens ont tous attribué 
à Pierre de la Ferté une fille nommée Marie ; mais aucun 
d'eux n'adonné de détails sur son sort. Ici, en lui resti- 
tuant son véritable nom de Jeanne, on lui rend en même 
temps les renseignements biographiques groupés jus- 
qu'ici sur une Jeanne qu'on avait fait fille de Pierre de 
la Suze. Une épitaphe, déjà publiée ici d'après Bruneau 
de Tartifume, le Tableau des Gordeliers d'Angers, sous 
la date du 28 décembre 1421, et le contrat de mariage 
d'Amaury de Briolay avec Marie d'Amboise, suffisent 
pour établir que la Jeanne de Craon, épouse d'Ingel- 
ger II d'Amboise et de Pierre de Beauvau, était Une 
seule et même personnne, et qu'elle était fille, non de 
Pierre de la Suze, mais de Pierre de la Ferté-Bernard, 
neveu de celui-ci. 

On a eu déjà occasion de citer Ingelger I d'Amboise, 
qui, beau-frère de Guillaume I de Craon, lui avait dé- 
laissé en 1345 le fief de la Ferté-Bernard. Avant 1356, 
en secondes noces, il avait épousé la veuve de Guy de 
Nesle, Isabelle de Thouars, belle-sœur d'Amaury IV ; 
elle lui donna deux fils, Pierre, vicomte de Thouars, et 
Ingelger II, seigneur de la Rochecorbon. C'est celui-ci 
qui devint gendre de Pierre de la Ferté. Son mariage 
avec Jeanne de Craon eut lieu postérieurement à 1392 
car à cette date la fille de Jeanne de Châtillon, « la plus 
belle femme de son temps, » se trouvait à côté de sa 
mère lorsque celle-ci fut expulsée de la Ferté par Jean 
de Vienne. Le mariage dut même tarder jusque vers 
1400, car, en 1410, l'aînée de ses filles, laquelle était 
peut-être l'ainée de tous ses enfants, était loin d'être 
nubile. 



— 425 — 

Ingelger II eut de Jeanne de Graon cinq enfants : un 
fils, Louis, qui fut, au décès de son père, avant 1410, 
seigneur de la Rochecorbon et, au décès de son oncle 
Pierre II, en 1426, seigneur d'Amboise et vicomte de 
Thouars, et quatre filles, Marie, Jacqueline, Pernelle et 
Isabelle. 

Marie, dont l'existence a été révélée ici pour la pre- 
mière fois, fut fiancée, le 14 janvier 1410, à Amaury de 
Briolay, son cousin, et ne vécut sans doute que peu 
d'années. 

Jacqueline, par contrat du 17 juillet 1424, épousa 
Jean de la TrémoïUe seigneur de Jonvelle ; c'est avec 
elle que fut passé, le 24 septembre 1439, par Marie de 




190. — Sceau de Pierre d'Amboise. 1383. 

Graon, l'important accord qui révèle tant de curieux dé- 
tails sur les motifs auxquels Pierre de Graon dut de de- 
venir seigneur de la Ferté-Bernard. 

Pernelle, le 13 juin 1412, épousa Hardouin VIII de 
Maillé â qui, lors du décès de Louis d'Amboise, son 
frère, elle apporta la Rochecorbon. 

Isabelle, la quatrième, fut femme de Jean d'Ancenis, 
seigneur de Martigné-Ferchaud. 

La maison d'Amboise portait un paie d'or et de gueu- 
les ainsi que le montre le sceau du frère aîné d'In- 
gelger II, Pierre d'Amboise, donné ici (figure 190) d'après 
une empreintede 1383 (122 de Clair amhault) ; c'est un 



— 126 — 

sceau rond de 0,03, à l'écu penché, timbré d'un heaume, 
sommé d'une tête de loup et ayant pour supports deux 
lions assis. De la légende on ne lit plus que... rre 

SIRE D AMBO. 

On trouvait aussi à la voûte des Cordeliers d'An- 
gers ce même blason accolé à celui de Graon. On peut 
être certain qu'il y avait pris place au moment même où 
on procédait à l'ornementation de cette voûte, dont les 
travaux se trouvent ainsi datés (voir figure 191). 




191. — Ecus accolés d'Ingelgeretde Jeanne à la voûle des Cordeliers d'Angers. 

Ingelger ne vivait plus déjà, le 14 janvier 1410, lors 
de la rédaction du contrat de mariage de sa fille aînée 
avec Amaury de Briolay * ; Jeanne de Graon ne tardapas 
à contracter une seconde alliance aussi honorable que 
la première. Pierre de Beauvau, son second époux, était 
seigneur de la Roche-sur-Yon, de Ghampigny-sur-Veude 
et de Montpipeau. Jeanne lui donna deux fils, l'aîné 
Louis, décédé en 1472 n'ayant que deux filles. Quant au 
cadet Jean, dont les descendants portent encore le nom 
de Beauvau, il naquit le 26 décembre 1421, grâce à l'o- 

1. Cartulaire, dP 892. 



127 — 




192. — Tombe, d'après Gaignières, de Jeanne de Craon, 1421, 



— 128 — 

pération césarienne faite à Jeanne de Graon. Pour per- 
pétuer ce souvenir, il écartela les armes de sa maison 
de celles de sa mère. Il mourut le 19 janvier 1469 
et fut enseveli dans la chapelle de Graon des Gorde- 
liers d'Angers, où sa mère reposait depuis le jour de 
sa naissance. Sa tombe a été donnée ci-dessus (figure 
93), d'après un bon dessin de Gaignières. Quant à celle 
de Jeanne de Graon, sa mère, la figure 94 reproduit le 
dessin de Bruneau de Tartifume. On croit néanmoins 
utile de donner ici (figure 192), place aussi au dessin de 
Gaignières, bien supérieur au premier. 

Ge dessin contient dans la légende une double erreur 
de copie commise par le dessinateur de Gaignières : je 
suis au lieu de depuis^ et 1415 au lieu de 1421. 




193. — Sceau de Pierre de Beauvau, 1418. 



Les blasons qui figurent sur la tombe sont un parti 
de Beauvau et de Graon. Il n'y a pas trace de la bor- 
dure que Bruneau de Tartifume a placée dans l'écu des 
Beauvau. Il est donc intéressant d'en rapprocher le 
sceau de Pierre de Beauvau (figure 193), dessiné d'a- 
près une empreinte de 1418, (819 de Clair amhault). 
G'estun sceau rond de 0,034 à l'écu penché, timbré d'un 
heaume, cime d'une hure de sanglier et supporté par 
deux sauvages. La légende porte pierre... Beavveau. 

On le voit, jamais Pierre de Beauvau ne fut seigneur 
de Graon, dont le fief, à l'époque où il était l'époux de 



— 129 — 

Jeanne de Graon, appartenait déjà aux la Trémoïlle ; 
c'était donc par simple souvenir des origines de sa maison 
que Marc de Beauvau, en sa qualité de cadet, avait choisi 
le nom de Graon pour se distinguer de ses frères et 
qu'ayant obtenu en 1712 l'érection de la terre d'Hau- 
donvilliers en marquisat, puis en 1722 l'érection de 
de celle de Milhausen en principauté, il avait voulu que 
l'une et l'autre perdissent leur nom pour prendre celui 
de Graon 1. 

1. Voir ci-dessus, I, 10. 



. 



XXV 
RAMEAU DE LA FERTÉ-BERNARD 

ANTOINE DE BEiUVERGER 

Vers 1409. — 25 octobre 1415. 



Antoine était l'unique fils de Pierre de la Ferté-Ber- 
nard et de Jeanne de Ghâtillon, qui s'étaient mariés 
vers 1364, mais qui avaient dû attendre la naissance 
d'Antoine jusque vers 1369 ; en effet, dans les comp- 
tes du duc de Touraine pour mars 1390, il est qua- 
lifié d'écuyer^ On peut donc estimer qu'en mars 1390 il 
n'avait pas atteint sa vingt et unième année. 

Le nom de Beauverger, sous lequel il est connu, et qui 
sert à le distinguer de son cousin, Antoine de Domart, 
lequel du reste ne fut pas son contemporain, ne lui ap- 
partint que les onze dernières années de sa vie, et ré- 
sulta de l'achat, en 1404, du fief de Beauverger, lequel 
lui fut cédé par Guy de Laval- Attichy -. 

La cour de Bourgogne était beaucoup plus luxueuse à 
cette époque que celle de France ; Antoine y prit place 
et y obtint bientôt l'office de chambellan du duc ; il at- 
tacha sa fortune à celle de Jean-sans-Peur et subit tous 
les contre-coups de celle de son patron. C'est ainsi qu'à 
la fin de novembre 1407, à la suite de l'assassinat du 
duc d'Orléans, il fut l'un des six fidèles qui accompa- 
gnèrent hors de Paris le duc de Bourgogne dans sa fuite; 
par contre, lors du décès de Guy de la Roche-Guyon, 

1. Cartulaire, no 1255, 

2. Cartulaire, n» 1332. 



- 131 - 

Antoine, qui faisait partie du Grand Conseil depuis 
quelque temps déjà, fut pourvu de l'office de grand 
panetier que cette mort laissait vacant et dans lequel 
il fut reçu le 7 novembre 1411, mais dont il fut dé- 
pouillé dès 1413, lors de la révolution arrivée à cette 
date, laquelle, faisant passer le pouvoir aux mains du 
comte d'Armagnac, amena la disgrâce de tous les Bour- 
guignons. Antoine s'opposa en vain, le 26 octobre 1413, 
à ce que nul ne fût reçu au Parlement en la charge de 
grand panetier ; l'installation de Malet, sire deGraville, 
n'en eut pas moins lieu, au dire du P. Anselme, en cette 
année 1413^. 

Il y avait alors huit ans qu'Antoine était marié à 
Jeanne de Hondschoote - dont la généalogie a été étu- 
diée par Duchesne dans son Histoire de Béthune^ et 




194, — Sceau de Thierry de Hondschoote, 1380 

dont le blason a pris place dans V Armoriai du héraut 
Navarre', dliermine à une bande de gueules endentée. 
Sans doute il faut voir une brisure dans la présence des 
trois besans qui chargent la bande du sceau de Thierry 
d'Hondschoote du 3 septembre 1380, (Clair ambault^ 
vl' 4710) dont le dessin prend place ici (figure 194). 

1. Cartulaire, numéros 1361, 1369, 1370, 1371, 1378, 1379. 

2. Il est curieux de noter que dans les documents contempo- 
rains on trouve ce nom d'Hondschoote travesti en Jlault 
d'Escosse. 

3. Voir page 302. 



^ 132 ^ 

Thierry de Hondschoote, de Marguerite de Flandre, 
fdle naturelle de Louis, comte de Flandre, avait une 
fîUe unique Jeanne, laquelle, héritière de tous les biens 
de son père, épousa Jean d'Offegnies qui mourut sans 
qu'elle lui eût donné de postérité. En secondes noces, 
elle épousa Arnoul de Hornes à qui elle donna Jean de 
Hornes, lequel fut son héritier et se maria à Isabeau de 
la Trémoïlle. Antoine de Craon ne fut donc que le troi- 
sième mari de Jeanne d'Hondschoote, et dut à cette al- 
liance d'être bail de Jean de Hornes. Leur mariage eut 
lieu en juillet 1405, ainsi que le prouve une mention du 
Journal de Nicolas de Baye *. 

Il n'existe aucun moulage des sceaux d'Antoine de 
Craon; les deux dessins qui prennent place ici sont faits 
sur des empreintes conservées a la Bibliothèque natio- 
nale parmi les Pièces Originales. 




195. — Sceau d'Antoine de Craon, 1409. 

Le premier (figure 195), est appendu à un acte de 
1409 ; c'est un sceau rond de 0,039 en cire rouge, où fi- 
gure un écu losange, surmonté d'un casque, sommé 
d'une tête de coq, entre deux vols. Le champ est orné de 
chaque côté de trois entrelacs, dans lesquels court une 
branche de feuillage. 

1. On la trouve in extenso sous le n» 1337 du Cartulaire. 



- 133 - 
La légende, en caractères gothiques, porte : s. an- 

THOINE DE CRAON... AURGER ET DE... 




196, — Sceau d'Antoine de Craon, 1411. 

Le second (figure 195) représente deux empreintes de 
1411 d'un sceau brisé, où Técu est surmonté d'un cas- 
que, accosté de deux branches de roses, posées en paL 

Antoine, le 25 octobre 1415, fut l'une des victimes de 
la bataille d'Azincourt K Son décès mettait fin au rameau 
de la Ferté-Bernard. 

Jeanne de Hondschoote survécut nombre d'années à 
son troisième époux, sans contracter une quatrième al- 
liance ; c'est du moins ce qu'on peut conclure de la men- 
tion qui se trouve dans l'accord du 24 septembre 1439, 
où elle figure sans autre qualification que celle de a ma- 
dame de Beauvergier^. » 

Aucun généalogiste, pas plus Ménage que le P. An- 
selme, n'a attribué d'enfant à Antoine de Craon. 11 est 
cependant certain qu'il eut une fille nommée Marie. 

XlIP^. Marie. — Marie, fille unique d'Antoine de 
Beauverger et de Jeanne d'Hondschoote, eut pour époux 
le second des fils de Jeannetd'Estouteville et de Michelle, 
dame de Montdoucet et de Villebon, Charles, qui, après 
le décès de son aîné, fut à son tour héritier des fiefs de 



1. Monstrelet, III, 115. 

2. 1175 du Cartulaire. 



- 134 — 

sa branche et mourut laissant Marie veuve sans enfant. 
On a publié déjà au Cartulaire^ in extenso^ sous le 
numéro 1175, un acte d'elle ; c'est un accord avec Jean 
de la Trémoïlle, sieur de Jonvelle, et Jacqueline d'Am- 
boise, son épouse, qui contient de précieux renseigne- 
ments, restés jusqu'ici inédits. Cet acte ne laisse aucun 
doute sur l'erreur de ceux qui ont fait de l'épouse de 
Charles d'Estouteville la fille de Jean de Graon-la-Suze, 
veuve de Guy de Laval-Retz. Celle-ci, on l'a dit déjà, 
bien loin d'avoir été veuve, était décédée avant son mari. 



CARTULAIRE DE CRAON 

RAMEAU DE LA FERTÉ-BERNARD 

XVIII (1212-1386) PIERRE DE LA FERTÉ 1345-1415. 

ANTOINE DE HEAUVERGER 

1212. — 1331*, V. s., 27 mars. — Lettres de partage des 
biens de Gaucher de Châtillon et de Marie de Gaines Coucy. 
Marie, épouse de Jean I de Domart, eut pour sa part le vi- 
damé de Laonnais, la terre et châtellenie de Clacy etc. 
Jeanne, épouse de Pierre de Craon, reçut Rosoy en Thiéra- 
che, Resnes en Brie, Brécy en Brie et Sergines (Note du Tré- 
sor généalogique). 

1213. — 1363, décembre. — Lettres par lesquelles Mahaud 
de Flandre abandonne à son neveu Pierre de Craon la nue 
propriété des terres de Brunnetel, de l'Abbaye du Mont- Saint- 
Quentin et de Vaux en Arrouaise, situées dans le fief de 
Guise (Note du Ti^ésor généalogique). 

1214. — 1369, 8 septembre. — Reçu de Pierre de Craon, 
chevalier (B. N., Titres scellés, 36, 2739). 



1. Cette date est évidemment fausse; on la maintient ici faute 
de pouvoir la rectifier exactement. 



— 135 — 

1215. — 1377, 12 juillet, Angers. — Numéro 672. 

1216. — 1378, V. s., 20 janvier, à 1379, 4 juin, Lille. — 
Pièces du différend entre Pierre de Craon et Louis de Na- 
mur* (Froissart de M. Kervyn de Lettenhove, t. XXI, p. 57). 

1217. — 1379, 8 octobre, Pontorson. — Pierre de Craon 
donne quittance de cent quatre-vingt-quinze francs (B. N., 
Titres scellés, 36, 180). 

1218. — 1379, 22 octobre, Pontorson. — Reçu de cent 
trente livres donné par Pierre de Craon, chevalier* (B. N., 
Titres scellés, 36, 2741). 

1219. — 1379, V. s., 8 mars. — Rémission pour Pierre de 
Craon et ses dix complices coupables du meurtre de Beau- 
doin de Velu (Arch. nat., JJ 116, n° 158^). 

1220. — 1380, 8 août. —Montre de Pierre de Craon (Piè- 
ces originales, n^ 2740). 

La monstre de messire Pierre de Craon, chevalier, un au- 
tre chevalier et huit escuyers de sa compagnie, receuz le 
VIII« jour d'aoust l'an 1380. 

Ledit messire Pierre. 

Messire Hue d'Andigny. 

Symon d'Halleain. 

Enguerran de Romuy. 

Adam d'Avelux. 

Jehan de Vielu. 

Baudet de la Vove, 

Quérart de Rouart. 

Robert de Serny. 

Bricard de Colandre. 



1. C'est au premier de ces actes, dont les originaux sont con- 
servés aux Archives du Nord, que sont attachés les sceaux, figu- 
res 182 et 197. 

2. Ce reçu est donné sous le sceau de Guillaume II, frère de 
Pierre. Voir figure 168. 

3. La querelle entre Pierre et Velu est expliquée dans tous ses 
détails. 



136 



1221. — 1381, du 10 au 17 novembre. — Lettres par les- 
quelles Louis I d'Anjou s'engage à ne pas retirer les bijoux 
mis par lui en gage entre les mains de la comtesse de Roucy, 
avant que Pierre de Craon ait reçu les 5000 francs qu'il lui 
a donnés (Note du Journal de Jean Le Fèvre^, édition Mo- 
ranvillé) . 

1222. — 1381, 28 décembre. — Lettres par lesquelles 
Pierre de Craon, chevalier, donne garantie aux seigneurs de 
Gruythuse, d'Halluin et autres, qui lui servaient de caution, 
pour un emprunt^ (Archives du Nord). 

1223. — 1381, V. s., 5 mars. — Lettres par lesquelles Isa- 
belle de Roucy, femme de Louis de Namur, fait don à Pierre 
de Craon de la nue propriété de Maisy, Courlandon et d'une 
partie d'Ecry (Note de M. le baron Pichon à la page 4 de son 
Mémoire sur Pierre de Craon, Paris, 1860). 

1224. — 1382, 16 août, Paris. — Numéro 801. 



1225. — 1383, 26 décembre. — Codicille du testament de 
Louis I d'Anjou ; Pierre de Craon est au nombre des témoins 
(A. N., P 1334", 34). 



1226. — 1385, 6 novembre. — Accord entre Pierre de 
Craon et la duchesse d'Anjou, Pierre réduit à 16,000 francs 
ses réclamations contre elle. La duchesse s'engage à lui 
payer cette somme sur le pied de 2,000 francs par an en deux 
termes^ (Note du Journal de Jean Le Fèvre, 193). 



1. Journal de Jean Le Fèvre évéque de Chartres, chancelier des 
rois de Sicile, Louis I et Louis II d'Anjou, publié par h. moran- 
viLLÉ, Paris, 1887, vii-529 p. in-S». Ce curieux journal, dont per- 
sonnne dans le Maine n'a jusqu'ici signalé l'existence, avait été 
cité par M. le baron Pichon; il va de septembre 1380 au 13 l'uin 
1388. 

2. Cet acte porte le sceau, figure 182. 

3. Cet accord ne fut pas exécuté. En effet lorsque, le 28 juin 
1387, Pierre demanda à imputer sur ces 16,000 francs les 2,000 
dus par lui pour la prise en main de La Ferté-Bernard, il ne reçut 
qu'une réponse dilatoire. Plus tard, le 19 avril 1388, lorsqu'il de- 
manda assignation pour sa dette il « eust crue réponse. » 



- 137 - 

1227. — 1385, 6 décembre. — Lettres par lesquelles la 
duchesse d'Anjou confère à Pierre de Craon jusqu'à nouvel 
ordre le gouvernement du comté de Roucy (Note du Journal 
de Jean Le Fèvre, 206). 

1228. — 1385. — Extrait d'un compte de la Chambre des 
Comptes de Paris où il est mentionné que Pierre de Craon 
était chambellan à la place de son père Guillaume * (Morice, 
II, 512). 

1229. — 1387, 16, 22, 25 mai. — Numéro 1037. 

1230. — 1387, 25 mai. — Numéro 1038. 

1231. — 1387, 28 juin. — Requête par laquelle Pierre de 
Craon demandait à la duchesse d'Anjou d'imputer sur les 
16,000 francs qu'elle lui devait les 2,000 francs dont il pou- 
vait lui être redevable pour droits sur la Ferté-Bernard venue 
dans ses mains (Note du Journal de Jean Le Fèvre^ 359 ^J. 

1232. — 1387, 3 juillet. — Numéro 1041. 

1233. — 1388, 15 octobre. — Lettres de Pierre sur un 
échange avec le prieur de N.-D. du Chêne (B. N., Pièces 
originales^ Craon, n^ 66). 

1234. — 1388, 1 août, Chartres. — Lettres par lesquelles 
Pierre de Craon fonde dans l'église Notre-Dame de Chartres 
une messe quotidienne, pour le salut des âmes de Jeanne de 
Châtillon et d'Antoine et de Jeanne ^ ses enfants (Note de Lé- 
pinois. Histoire de Chartres^ 1858, 2 in-8*', II, 50; Mémoires 
de la Société d'Eure-et-Loir^ IX, 437 et communiqué par 



1. Ce fait est exact : dès le 23 mai 1384 Guillaume I était 
qualifié d'ancien chambellan ; voir aux additions le n*» 1027 {K). 

2. Madame fit répondre qu'elle en écrirait à son conseil à An- 
gers et qu'il ne serait pas pressé de payer ce qu'il lui devait de 
droits. 

3. Il faut remarquer cette mention d'Antoine et de Jeanne ; 
elle contredit tous les historiens qui ont voulu que la fille de 
Pierre portât le lîom de Marie. 



h 



— 138 - 

M. l'abbé Métais d'après un manuscrit de la Bibliothèque de 
Chartres). 

1235. — 1388, V. s., 8 mars. — Mandementpar lequel le duc 
de Touraine prescrit le remboursement à Pierre de Craon, 
capitaine du château de Tours, chevalier, de 500 francs d'or 
prêtés par lui (B. N., n^ 888 du Fonds Bastard). 

■\ 

1236. — 1388, V. s., 9 avril, Paris. — Mandement par les- 
quelles Louis, duc de Touraine, ordonne de payer à Pierre 
de Craon 500 francs d'or* (B. N., Pièces originales, 
Craon ^ 19). 

1237. — 1388, V. s., 12 avril, Paris. — Pierre de Craon et 
de la Ferté-Bernard reçu de 500 francs f'B. N., Pièces origi- 
nales, Craon^ n*' 20). 

1238. — 1389, 27 mai, Paris. — Mandement de Louis 
d'Orléans de payer à Pierre de Craon et à Jean de Bueil 
1000 francs d'or (B. N., Pièces originales^ Craon^ n° 32). 

1239. — 1389, 9 août, Paris. — Lettres par lesquelles 
Charles VI donne à Pierre de Craon, son chambellan, 775 
francs d'or, pour une maison et un jardin contigus à l'hôtel 
du Petit-Musc (B. N., Pièces originales, Craon^ 33j. 

1240. — 1389, 18 août. — Inventaire des meubles du duc 
de Touraine, confiés après sa mort à Pierre de Craon, son 
chambellan (Pièces originales, Craon, n" 35) . 

1241. — 1389, 15 septembre. — Ordonnance de Louis 
d'Orléans pour l'administration de la Touraine ; Pierre de 
Craon est nommé parmi les membres du conseil du duc 
(Jarry, Vie politique de Louis de France^ duc d'Orléans^ 
1372-1407, Paris, 1889, in-8°, p. 417). 

1242. — 1389, 21 septembre. — Vente par Simon de Cra- 
mault à Pierre de Craon, pour 10,000 francs d'or, des fiefs de 

1. Le reçu de Pierre porte le n» 20. 



— 139 - 

Porchefontaine et de Montreuil (Note de M. P. Bonnassieux 
à la p. 6 de son Château de Clagny et madame de Montes- 
pan, Paris, 1881, in-8*>). 

1243. — 1389, 25 septembre. — Lettres de Pierre de Craon 
ratifiant le don de son père, fait en 1378 aux Cordeliers de 
Châteaudun, et y ajoutant une rente de 15 livres à prendre 
sur la Ferté (Notes de l'abbé Bordas à la p. 197 du t. I de 
son Hist. du Danois). 

1244. — 1389, novembre. — Comptes du duc de Touraine. 
Pierre de la Ferté-Bernard y figure pour le remboursement 
d'une somme prêtée par lui au duc (B. N., Pièces originales^ 
Orléans, 81-82). 

1245. — 1389, 10 décembre. — Mandement de Louis duc 
d'Orléans de faire un payement à Pierre de Craon (B. N., 
Pièces originales, Craon, 36). 

1246. — 1389, 12 décembre, — Pierre de Craon et de la 
Ferté, reçu (B. N., Pièces originales, Craon, n^ 37). 

1247. — 1389, V. s., 7 février, Lyon. — Mandement de 
Louis d'Orléans de payer à Antoine de Craon, son écuyer 
d'honneur, 100 livres tournois (B. N., Pièces originales, 
Craon, 42). 

1248. — 1389, V. s., 19 février. — Reçu par Pierre de 
Craon, seigneur de la Ferté-Bernard, chambellan du roi, de 
575 francs d'or sur 775 * (B. N., Pièces originales, Craon, 45). 

1249. — 1389, V. s., 28 février, Paris. —Mandement de 
Louis duc d'Orléans, de payer à Pierre de Craon 1000 francs 
d'or, pour l'indemniser des frais de son voyage auprès du 
Pape' (B. N., Pièces originales, Craon, 47). 

1250. — 1389, V. s., février. — Comptes du duc de Tou- 

, 1 Le reçu des 200 du solde est du 15 septembre 1391 (pièce 34). 
2. Le reçu de ces 1000 francs est du 12 mars 1389 (pièce 48). 



— 140 — 

raine. Pierre de la Ferté-Bernard y figure pour le rembour- 
sement d'un prêt fait par lui au duc (B. N., Pièces origi- 
nales, 2152, 91). 

1251. — 1389, V. s., 4 mars, Rouvre. — Lors de la réception 
du roi par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, Pierre de Craon 
reçut deux hanaps d'argent dorés et émaillés au fond et une 
aiguière d'argent doré, liée de cerceaux, du prix de 126 livres, 
5 sous tournois (^Qiii^ Itinéraire de Philippe le Hardi, p. 534). 

1252. — 1389, V. s., 7 mars, Paris. — Reçu de Pierre 
de Craon de 1000 francs d'or, à lui alloués par le duc de 
Touraine (B. N., Pièces originales, Craon, d!" 48). 

1253. — 1389, V. s., 12 mars. — Antoine de Craon donne 
reçu de 100 livres fB. N., Pièces originales, Craon, n« 31). 

1254. — 1389, V. s., 21 mars. — Pierre de Craon donne 
reçu de 1000 livres à comptes sur 6000 prêtées au roi (B. N., 
Pièces originales, Craon, n<* 25). 

1255. — 1389, V. s., mars. — Comptes du duc de Tou- 
raine. Pierre de la Ferté-Bernard, Guy de Craon et Antoine 
de Craon, écuyer, y figurent comme ayant été l'objet des 
libéralités du duc (B. N., Pièces originales, 2152, 92). 

1256. — 1390. — Vente par Pierre de Craon et Jeanne de 
Châtillon, pour 15,000 livres à Enguerrand d'Eudin du fief de 
de Rosoy en Thiérache, venu des propres de Jeanne * 
(Dom Rousseau, XIP, 274). 

1257. — 1390, 11 avril, Saint-Germain. — Mandement de 
Charles VI prescrivant aux généraux des aides de solder à 
Pierre de Craon deux mois de ses gages, à quatre cents 
francs d'or par mois (B. N., français 20590, n<> 11). 

1258. — 1390; 14 avril. — Quittance de Pierre de Craon 
de huit cents francs en prêt sur ses gages taxés par le roi 
pour aller en Lombardie (B. N., français, 20590, n** 12). ^ 

1. Sur le sort de Rosoy voir le numéro 1268. 



- 141 — • 

1259. — 1390, 13 juin, Angers. — Lettres de Marie, du- 
chesse d'Anjou, portant vente de Sablé et Précigné pour 
50,000 francs d'or à Pierre de Craon (Arch. nat., P 1344, 
n« 594). 

1260. — 1390, 3 juillet. — Aveu de Pierre Testart à Pierre 
de Craon, pour le moulin Aubert, à Monfleury, Seine-et- 
Oise (Bibl. de l'Arsenal, mss. n« 3233, fol. 149). 

1261. — 1390, 9 juillet, La Neuville. — Mandement de 
payer 4000 francs d'or à Pierre de Craon, afin de l'aider 
dans son achat récent de Sablé (B. N., Pièces originales, 
Craon ^ 49). 

1262. — 1390, 2 août. — Aveu de Jean Rigaut, seigneur 
de Versailles, à Pierre de Craon, seigneur de la Vallée de 
Châteaufort, à cause du fief de Montalain (Bibl. de l'Arsenal, 
3233, fol. 128). 

1263. — 1390, 5, 10, 12, 25, 31 août, 15 novembre. — Sept 
reçus de Pierre de Craon de la Ferté-Bernard (Pièces origi- 
nvles, Craon. n«« 50, 51, 52, 53, 54, 55, 57). 

1264. — 1390, 9 septembre, Compiègne. — Ordonnance 
du duc d'Orléans portant décharge de certaines sommes 
(B. N., Fonds Bastard. n« 138). 

....« A maistre Thierry de Neufville, secrétaire de Monsei- 
gneur, que mondit seigneur lui a donné pour une fois et 
grâce spéciale, pour luy aidier à supporter les fraiz et des- 
pcns, qu'il lui convient faire au voyage d'aller devers nostre 
Saint Père, le Pape, en la compagnie de messire Pierre de 
Craon, si comme il appert par mendement de mondit sei- 
gneur, sur ce fait, donné à Saint-Germain en Laye le XII^ 
jour d'aoust dessus dit, et quittance dudit secrétaire.... pour 
ce cent francs. 

« A messire Pierre de Craon, seigneur de la Ferté, 

qui lui ont esté ordonné : c'est assavoir pour en bailler à 
monsieur Guillaume Mauvinet, pour aller devers le Pape... 
IIF francs et audit messire Pierre pour aller devers monsei- 



* _ 142 — 

gneur de Berry, IP francs, par mandement donné à Compiè- 
gne le IX septembre ....Et pour ce V*^ francs. » 

1265. — 1390, 9 septembre, Compiègne. — Mandement de 
de Louis d'Orléans de payer 500 francs d'or à Pierre de 
Craon, pour l'aider à solder Sablé, récemment acheté (B. N., 
Pièces originales, Craon ^ 56). 

1266. — 1390, 12 octobre. — Numéro 1058. 

1267. — Vers 1390. — Aveu de Girard de Meaux, orfèvre 
à Paris, à Pierre de Craon, pour des biens sis à Saclay (Bibl. 
de l'Arsenal, mss. n° 3233, fol. 114). 

1268. — 1391, 28 mars, Paris. — Lettres par lesquelles 
Charles VI déclare réuni au domaine royal Rosoy en Thié- 
rache, naguère vendu par Pierre de Craon à feu Enguerrand 
d'Eudin* (A. N., P 2296, 783). 

1269. — 1391, 30 juillet. — Lettres par lesquelles Char- 
les VI ordonne information contre Pierre de Craon au sujet 
du détournement dont l'accusait la duchesse d'Anjou (Note 
dans l'arrêt du 4 mars 1395, v. s.). 

1270. — 1391, 15 septembre. — Pierre de Craon donne 
un reçu (B. N., Pièces originales, Craon. n® 34). 

1271. — 1392, 11 mai. — Lettres par lesquelles Pierre de 
la Ferté, Jeanne de Châtillon, sa femme, et Antoine, leur 
fils, vendent Sablé à Jean duc de Bretagne^ (A. N., P 1344, 
596). 

1272. — 1392, 27 mai, Paris. —Numéro 1062. 



1. Le Trésor généalogique donne à cet acte la date fausse de 
1381. 

2. Dès le 25 mai 1394 la duchesse d'Anjou reprit possession de 
ce fief, ainsi aue le montre la quittance partielle du lei" septem- 
bre 1394, publiée par dom Monce, Preuves, II, 629 et notre nu- 
méro 1292 du Cartulaire. 



- 143 — 

1273. — 1392, 14 juin, Paris. — Lettres de Charles VI 
prescrivant l'arrestation de Pierre de Craon et de ses com- 
plices * (Charles, Hist. de la Ferté-Bernard, 1877, in-S**, p. 
234). 

1274. — 1392, 28 juin, Paris. — Lettres de Jean de Folle- 
ville, prévôt de Paris, prescrivant à Hutin de Raity d'exécu- 
ter les lettres royales du 14 juin (Charles, Hist. de la Ferté- 
Bernard, p. 234). 

1275. — 1392, 1 juillet, La Ferté-Bernard. — Procès-ver- 
bal de la saisie de la Ferté (Charles, Hist. de la Ferté-Ber- 
nard, p. 234). 

1276. — 1392, 18 juillet. — Mandement de Charles VI re- 
latant l'abandon qu'il a fait de tous les biens confisqués sur 
Pierre de Craon au duc d'Orléans, à valoir sur les 4,000 li- 
vres de rentes qu'il s'était engagé à lui donner (A. N., K 54, 

n'^21). 

1277. — 1392, 20 juillet. — Instructions données par 
Jean I d'Aragon à Guillem de Copons son ambassadeur en 
France. Il y est question de l'arrestation de Pierre de Craon 
à Barcelone (Don Francisco de Bofarull Antiguos y nueç^os 
datos referentes al bibliofilo francès Juan de Francia, du- 
que de Berî^y dans la Revista de ciencias historicas, Barce- 
lona, 1887, t. V, nM, p. 22, pièce justificative, n« III; et 
Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, LU, 441). 

1278. — 1392, 26 août, Paris. — Lettres portant condam- 
nation contre Pierre de Craon et ses complices, coupables de 
l'assassinat d'Olivier de Clisson (Arch. Nat. J 179, n° 13 ; et 
K54, n«20). 

1279. — 1392, 17 septembre. — Lettres de délivrance au 
duc d'Orléans de la Forte-Maison*, confisquée sur Pierre de 
Craon (A. N., K 54, n° 21 bis). 

1. Le texte de ces lettres figure in extenso dans la pièce du 
1®'- juillet 1392, n» 1275 du Cartulaire. 

2. La Forte-Maison est située près Chartres. 



— 144 — 

1280. — 1392, 17 septembre. — Acte par lequel Louis de 
Cepoy est chargé, en vertu d'un mandement de la Chambre 
des Comptes, de gérer les biens confisqués sur Pierre de 
Craon (Arch. nat., K 54, 21 et 21^). 

1281. — 1392, 21 octobre, Tarragone. — Lettre de Jean I 
d'Aragon au conseil de ville de Barcelone, au sujet de Pierre 
de Craon (Bibliothèque de V Ecole des Chartes^ LU, 442). 

1282. — 1392, 28 octobre, Tortose. — Lettre de Jean l 
d'Aragon au conseil de ville de Barcelone, au sujet de l'ex- 
tradition de Pierre de Craon (Bihl. de l'Ecole des Chartes^ 
LU, 444). 

1283. — 1392, 28 octobre, Tortose. — Lettre de Jean I 
d'Aragon à l'un de ses officiers. Il y est question de l'extra- 
dition de Pierre de Craon (Bibl. de l'Ecole des Chartes, LU, 

444). 

1284. — 1392, 10 novembre, Tortose. — Lettre de Jean I 
d'Aragon à Guillem d'Argentona lui annonçant le paiement 
de cent florins d'or sur ses gages (Bibl. de l'Ecole des Char- 
tes, LU, 446). 

1285. — 1392, 10 novembre Tortose. — Mandement de 
Jean I d'Aragon à son trésorier, lui prescrivant de payer cent 
florins d'or à Guillem d'Argentona, gardien de Pierre de 
Craon (Bibl. Ecole des Chartes, LU, 445). 

1286. — 1393 *, 30 décembre, Valence. — Mandement de 
Jean I d'Aragon prescrivant de remettre à l'envoyé du duc 
de Bretagne les objets qui appartenaient à Pierre de Craon 
(Bibl. Ecole des Chartes, LU, 446). 

1287. — 1392, 30 décembre, Valence. — Lettre de Jean I 
d'Aragon au duc de Bretagne, au sujet du renvoi des objets 



1. Le document porte 1393 : en 1352, Pedro III avait subs- 
titué dans la chancellerie aragonaise au style du 25 mars, en 
usage jusque là, le style de Noël (Note de M. Henri Gourteault). 



— 145 — 

ayant appartenu à Pierre de Craon (Bibl, Ecole des Chartes^ 
LU, 447). 

1288. — 1393, 12 avril. — Accord entre Olivier de Clisson 
et Jean de Bretagne décidant une trêve de quinze jours, 
dont Pierre de Craon est exclu (Morice^ II, 620). 

1288bis. _ 1393, 16 mai, Abbeville. — Lettres par les- 
quelles Charles VI fait don à l'église Saint-Jean de la Grève 
à Paris, pour faire un cimetière, d'un terrain ayant apparte- 
nu à Pierre de Craon (A. N., JJ 145, 6). 

1289. — 1393, 21 décembre, Peniscola. — Lettre de Jean I 
d'Aragon où il est question des projets d'invasion de l' Ara- 
gon formés par le comte d'Armagnac et Pierre de Craon 
(Bibl. Ecole des Chartes, LU, 448). 

1290. — 1393, V. s., 3 janvier, Montcontour. — Lettres 
d'Olivier de Clisson s'engagent à une trêve de deux mois 
avec le duc de Bretagne ; Pierre de Craon en est excepté 
(Morice, II. 622). 

1291. — 1394, 19 mai. — Lettres de prisée de la Ferté- 
Bernard et de la Forte-Maison donnés au duc d'Orléans par 
suite de la saisie sur Pierre de Craon (A. N., Q, 1020). 

• 

1292. — 1394, 25 mai, Avignon. — Lettres par lesquelles 

la duchesse d'Anjou, ayant le bail de ses deux fils, donne 
procuration à divers personnages de se prévaloir en son nom 
de la clause de réméré prévue par le contrat portant vente de 
Sablé et d'en reprendre possession, en soldant au duc de 
Bretagne les cinquante mille livres prix de ce fief (A. N., P 
1344, 598). 

. 1293. — 1394, 8 août, Paris. — Lettres du duc d'Orléans 
d'où il appert qu'il a acheté de la duchesse d'Anjou Sablé 
25,000 francs d'or (Arch. nat., P 1344, n" 599). 

1294. — 1394, 7 octobre. — Octroi à Jeanne de Châtillon, 
femme de Pierre, de la jouissance de Vaux-en-Arrouaise et de 

10 



II 



- 146 - 

la Bergue qui étaient de la confiscation de Craon (A. N., note 
PP109, 585). 

1295. — 1394, 8 octobre, Paris. — Mention du consente- 
ment du duc d'Orléans à l'entérinement des lettres du 7 oc- 
tobre 1394, rendues au préjudice des quatre mille livres de 
rentes auxquelles il avait droit (A. N., note PP 109, 585). 

1296. — 1394, 8 octobre, Paris. — Lettres par lesquelles 
le duc d'Orléans — en relatant la promesse du roi de lui as- 
surer 4000 livres de rente sur les premières forfaitures et 
confiscations — reconnaît que par les dons de la Ferté-Ber- 
nard et de la Forte-Maison, près Chartres, confisqués sur 
Pierre de Craon, et de Tresfour, confisqué sur le seigneur 
de ce nom, il a reçu 1500 livres de rente ; que, par le don de 
Porchefontaine, Montreuil, Satory, la Bouillie, Villetain, 
le Mé, Sèvres, Châteaufort et Vauhallan, aussi confisqués 
sur Pierre de Craon, il a reçu 100 livres (Dom Housseau, 
t. VIII, n« 3759). 

1297. — Vers 1395. — Pierre de Craon est mentionné 
comme ayant promis deux livres de rente à la chevalerie de 
la Passion, que Philippe de Mézières cherchait à établir (Ar- 
chives de l'Orient Latin, t. I, p. 364). 

1298. — 1396, n. s., 17 janvier, Saint-Maixent. — Nu- 
méro 765. 

1299. — 1395, V. s., 26 janvier. — Lettres par lesquelles 
Charles VI donne à Pierre de Craon un sauf-conduit de six 
mois, valable pour tout le royaume, sauf la Bretagne, et des- 
tiné à lui donner le temps de s'accorder avec Clisson ; on y 
mentionne un précédent sauf-conduit pour quatre mois, 
à lui délivré dans le même but (A. N., X^^ 13, 99 et Choix de 
Pièces inédites relatives au règne de Charles F/, I, 128). • 

1300. — 1395, V. s., 4 mars. — Arrêt par lequel le Parle- 
ment, déclarant Pierre de Craon convaincu du détournement 
dont Taccusait la duchesse d'Anjou, ordonne que celle-ci 
pourra recouvrer sur tous ses biens les cent mille ducats ré- 



— 147 - 

clamés et qu'en outre Pierre de Craon est condamné à un 
bannissement perpétuel et à la confiscation du reste de ses 
biens. On mentionne comme dates de la procédure le 30 juil- 
let 1391, les 28 février 1392, 17 juin 1392, 18 août 1392, 25 
février 1392, 19 août et 16 mars 1392 (A. N., X^ 13, 126). 

1301. — 1395, y. s., 15 mars. — Lettres de Charles VI 
portant rémission à Pierre de Craon (A. N., JJ 149, n" 115). 

1302. — 1395, V. s., 22 mars. - Note d'un greffier relatant 
la présentation au Parlement des lettres de rémission accor- 
dées à Pierre de Craon et à ses complices et leur mise en 
liberté sous des cautions qui, pour Pierre, furent : MM. de 
Coucy, d'Albret, le comte et le maréchal de Sancerre, Odard 
de Chazeron, le baron d'Yvry, Guillaume de Mello et Louis 
de Chevreuse. Parmi les cautions des complices figurent 
Thibault de Laval et Antoine de Craon * (A. N., X'« 12, 297). 

1303. — 1395, V. s., 29 mars. — Note d'un greffier relatant 
la décharge donnée aux cautions de Pierre de Craon et de ses 
complices et l'exhibition de sauf-conduits donnés par le roi, 
malgré lesquels le Parlement les fait mettre en prison ; puis 
de l'ordre du roi, réitéré par lui-même de les mettre en liberté 
(A. N., X^« 12, 298-299). 

1304. — 1396, 4 avril. — Mandement par lequel Charles VI 
prescrit l'élargissement de Pierre de Craon et de ses compli- 
ces, alors en instances pour l'enregistrement des lettres de 
rémission du 15 mars 1395, v. s. (A. N., X^« 13, 103). 

1305. — 1396, 4 avril. — Note d'un greffier relatant la 
mise en liberté pour toute la France de Pierre de Craon et 
de ses complices (A. N., X^* 12, 300). 

1306. — 1396, 17 août. — Procès-verbal des conclusions 
prises par Pierre de Craon et Olivier de Clisson, au sujet de 
l'entérinement des lettres de rémission (A. N., X*" 12, 311). 



1. Cette pièce et les numéros 1303-1310, 1312, ont été analysés 
par M. le baron Pichon dans son Mémoire, mais les sources n'en 
sont pas indiquées d'une façon précise. 



. 



- 148 — 

1307. T- 1396, 21 août. — Décision prise par le Parlement 
de ne statuer sur les lettres de rémission que si toutes les 
parties sont présentes (A. N., X^^ 12, 311). 

1308. — 1396, 30 août et 4 décembre. — Pierre de Craon, 
à l'aide de lettres patentes du roi, demande prompte solution 
au sujet de l'entérinement de ses lettres de rémission (A. N., 
X^^ 12,312). 

1309. — 1396, 11 décembre. — Débats sur l'entérinement 
des lettres de rémission pour Pierre de Craon et ses com- 
plices (A. N., X^« 12, 320). 

1310. — 1396, 15, 18, 19 décembre. — Suite de la discus- 
sion l'entérinement des lettres de rémission obtenues par 
Pierre de Craon (A. N., X^« 12, 322). 

1311. — 1396, 4 avril, Paris. — Numéro 1079. 

1312. — 1396, 10 avril, Paris. — Procès-verbal du lit de 
justice, tenu par Charles VI, pour fixer la quotité de l'a- 
mende prévue par les lettres de rémission de Pierre de Craon 
(Mémoire sur Pierre de Craon ^ p. 23). 

1313. — 1396, 14 avril. -~ Numéro 1080. 

1314. — 1396, V. s., 12 février. — Ordonnance portant que 
les condamnés à mort seront confessés * (Ordonnances des 
rois de ta troisième race^ VIII, 122). 

1315. — 1396, V, s., 8 mars. — Accord entre Pierre de 
Craon et Robert de Béthune' (A. N., X**^ 60). 



1. Le préambule ne signale ancune intervention de Pierre de 
Craon. Nous ne saurions dire pourquoi M. de Bodard, p. 255, at- 
tribue cette ordonnance à 1391? 

2. Nous devons à la complaisance de M. Tuetey cette indication ; 
mais nous n'avons pas eu connaissance de ce document, qui se 
trouve parmi les pièces non reliées de la collection des accords 
en Parlement, lesquelles ne sont l'objet d'aucune sorte de commu- 
nication. 




— 149 — 

1316. — 1397, 4 mai. — Présentation au Parlement des 
lettres de sauvegarde données par le roi à Pierre de Craon 

(A. N.,X^M2, 340). 

1317. — 1397, 31 décembre. — Lettres du duc de Bour- 
gogne portant don à Pierre de Craon de deux mille livres 
(note du Trésor généalogique). 

1318. — 1397, V. s., février, Lille. —Antoine de Craon est au 
nombre des chevaliers dont la montre fut reçue par Tiercelet 
de la Barre, commis par le duc de Bourgogne au contrôle de 
l'aide qu'il envoyait à la duchesse de Brabant, contre le duc de 
Gueldres (abbé Ledru, Maison deMailly., preuves, 132) 

1319. — 1397, V. s., 7 février. — Lettre du duc de Bour- 
gogne accordant une gratification de deux mille livres à An- 
toine de Craon (Note du Trésor généalogique). 

1320. — 1398, 21 juin. Tournai. — Lettres du duc de Bour- 
gogne prescrivant à Antoine de mener sa compagnie au se- 
cours de la duchesse de Brabant, contre le duc de Gueldres 
(Note du Trésor généalogique). 

1321. — 1398, 15 octobre, Westminster. — Richard II cons- 
titue à Pierre de Craon, seigneur de la Ferté, devenu son 
homme lige, une rente de cinquante livres sterling [Rymer^ 
VIII, b2',Morice, 11,690). 

1322. — 1398, V. s., 20 février, Conflans-lès-Paris. — Let- 
tres du duc de Bourgogne faisant à Antoine, son chambellan, 
un don de deux mille livres (Note du Trésor généalogique). 

1323. — 1399, 3 avril. — Quittance de Pierre de Craon, 
chevalier, pour 400 livres (B. N., Titres scellés^ 36, 2743). 

1324. -^ 1399, avril, Paris. — Lettres de Charles VI por- 
tant que les biens de Bonabes de Tucé, complice de Pierre 
de Craon, seront restitués à ses enfants (A. N., JJ 165, 234). 

1325. — 1399, l**" mai. — Pierre de Craon est au nombre 



- 150 — 

de ceux qui reçurent une houppelande du roi de France (Note 
de M. le baron Pichon d'après Gaignières, 112, p. 518). 

1326. — 1399, 7 juin. — Arrêt par lequel le Parlement dé- 
cide que Pierre de Craon et ses complices sont déchus du pro- 
fit des lettres de rémission et déclarés coupables de lèse ma- 
jesté. Que Pierre reconnu coupable envers la maison d'Anjou 
donnera deux cent mille livres tournois à la duchesse d'Anjou 
à titre de dommages-intérêts, que sur ses biens et ceux de 
ses complices cent mille livres seront remises au connétable 
de Clisson, etc. (A. N., X^^ 13, 278 etX^« 12, 405). 

1327. — 1400, 1" mai. — Etat des seigneurs à la cour aux- 
quels Charles VI a fait délivrer des houppelandes ; Messire 
Pierre de Craon, chevalier, et Jean de Craon, écuyer*, sont 
portés sur cet état (Douet d'Arcq, Pièces inédites du règne 
de Charles F/, t. II, p. 163). 

1328. — 1400, 15 mai. — Testament de Guy de Roye, ar- 
chevêque de Reims. Il y prévoit le cas oii son héritier serait 
évincé de Brunnetel par Pierre de la Ferté ou par ses 
ayant-cause [Gallia Christiana, IX, documents, 76. 

1329. — 1402, V. s., 7 avril. — Lettres par lesquelles 
Jeanne de Châtillon donne quittance de sa pension ' (B. N., 
Titres scellés, 30, 2233). 

1330. — 1403, 11 mai, Paris. — Lettres par lesquelles 
Charles VI, sur la demande de Pierre de Craon, de Jeanne de 
Châtillon et de leurs enfants, tous dénués de moyens de sub- 
sistance, rappelant un ancien don de trente mille livres tour- 
nois et d'une rente viagère de mille francs dont ils n'ont rien 
reçu, leur donne cinquante mille livres à toucher en cinq ans 
qui devront être employées en achat d'héritages. Ce don annule 
les précédents et retire à Jeanne tous droits de revendication 
sur la Ferté-Bernard (Archives de la Tremoille, Lettres roya- 
les, II). 



1. Ce Jean de Craon est Jean de Montbazon. 

2. On a compté 1402, depuis le 26 mars 1402, jusqu'au 15 avril 
1403. C'est à cet acte qu'est attaché le sceau, figure 188. 



— 151 - 

1331. — 1403, 8 août. — Antoine de Craon, avec l'autori- 
sation de son père, vend au duc de Bourbonnais une rente an- 
nuelle sur Sacy-le-Grand, en Beauvoisis(Arch. Nat., P1369*, 
cote 1743). 

1332. — 1404. — Vente de Beauverger par Guy de Laval- 
Attichy à Antoine de Craon, du consentement de Jeanne de 
Nesle, sa femme ^ (Note de du Chesne,p. 657, de son Histoire 
de la Maison de Montmorency). 

1333. — 1404, avril. — Dépenses pour les funérailles de 
Philippe-le-Hardi. Antoine de Craon reçoit une robe et un 
chaperon doublés (Petit, Itinéraire de Philippe-le-Hardi, 
p. 576). 

1334. — 1404, V. s., 8 février, Paris. — Certificat des gé- 
néraux des aides établissant que le grenetier à sel de Pontoise 
peut faire figurer dans ses dépenses 216 livres, 13 sous, 4 de- 
niers versés à Jeanne de Châtillon, en exécution d'un don du 
roi (B. N., Pièces originales^ Craon^ 74). 

1335. — 1405, 20 juin, Paris —Lettres de Charles VI en 
faveur de Jeanne de Châtillon « femme de notre amé et féal 
cousin et chambellan » Pierre de Craon rappelant un don pré- 
cédent de deux mille livres de rente sur Roye dont elle n'avait 
pu jouir parce que les lettres n'avaient pas été entérinées à la 
Chambre des comptes et des lettres du 22 novembre 1399 don- 
nant vingt mille livres, don ultérieurement réduit à dix mille 
payables en dix ans, Charles VI lui abandonne Vaux en Ar- 
rouaise, sauf à elle ^i ne rien recevoir de ce qui reste dû des dix 
mille livres (Archives de la Trémoïlle, Lettres royales^ II). 

1336. — 1405, 4 juillet, Paris. — Refus par le Parlement 
de lettres de marque contre l'Aragon à Pierre de Craon, dont 
les lettres de rémission n'avaient pas été validées par le Par- 

1. Guy étant mort en 1408, Jeanne plaida contre Antoine, pour 
ses droits sur Beauverger. 



Il 



— i52 — 

lement, qui le regardait comme légalement banni, bien qu'il 
résidât à Paris (Note de Nicolas de Baye, II, 289). 

1337. — 1405, 3 août, Paris. — Note de Nicolas de Baye où 
le mariage d'Antoine de Craon est mentionné (Journal de 
Nicolas de Baye^ I, 137). 

1405. Lundi IIP jour d'aoust au jour d'ui, a relaté messire 
H. de Marie, premier président en Parlement, que à l'entrée 
de juillet, à un jour, à l'issue du siège, messire Antoine de 
Craon, chevalier, qui voloit aler espouzer femme à Arras, 
doubtans que il ne fust à Paris au premier jour d'aoust, 
renouvella dès lors pour ledit jour d'aoust la caution de mil 
livres que autrefois avoit baillée pour ramener J. de S. Père à 
tel jour que le plaira eslargir de nouvel (A. N., X*^ 4787, 201). 

1338. — 1405, 29 août, Paris. — Montre faite par Antoine, 
chevalier bachelier, de trois écuyers de sa compagnie (Note 
du Trésor généalogique) . 

1339. — 1405, 24 septembre, — Antoine de Craon donne 
reçu de 133 livres, 6 sous, 8 deniers (B. N., Titres scellés^ 
n« 2745). 

1340. — 1405, 19 décembre. — Lettres du duc de Bourgo- 
gne gratifiant de trois cents livres de pension Antoine, son 
chambellan (Note du Trésor généalogique). 

1341. — 1405, V. s., 13 février. — Arrêt par lequel le Par- 
lement décide que la terre de la Ferté-Bernard en passant 
dans les mains du duc d'Orléans n'était pas grevée de deux 
cents livres de rente au profit d'Hervé de Mauny (A. N., 
X^^ 53, 184). 

1342. — 1405, V. s., 26 février. — Antoine de Craon, époux 
de Jeanne d'Hondschoote, bail de Jean de Homes, fils d'Ar- 
noul deHornes, reconnaît la dette de son pupille envers l'ar- 
chevêque de Reims (Duchesne, Preuves de la maison de Bé- 
thune, p. 187). 

1343. — 1405, v. s.. 5 mars. — Antoine de Craon donne 



153 



quittance de 33 livres 6 sous 8 deniers, pour ses gages du 
mois de juin 1405 (B. N., Titres scellés^ folio 2745). 

1344. — Vers 1405, v. s., 10 mars. — Lettres par lesquelles 
Charles VI recommande aux habitants de Saint-Quentin de 
ne pas accepter d'autre capitaine qu'Antoine de Craon « car, 
écrit le roi, il est de notre sang et lignage et est bonne raison 
que nous ayons plus de fiance en luy ». (B.N., Dom Grenier^ 
89, 258). 

1345. — 1406, 11 juin. — Numéro 1101. 

1346. — 1406, 18 juin, Paris. — Acte portant vente à An- 
toine de Craon de la terre de Bézenval, en la chatellenie de 
Rueil, pour le prix de 1000 livres tournois (Arch. de la Tré- 
moïlle. Fonds Craon). 

1347. - 1406, 29 juillet, Paris. — Lettres de Charles VI 
adressées à Jean de Montagu, modifiant l'assiette des som- 
mes promises par ses lettres de 1403 à Jeanne de Châtillon 
(Archives de la Trémoïlle, Lettres royales^ II). 

1348. — 1406, 22 septembre. — Antoine de Craon, à cause 
de Jeanne d'Hondschoote, rend aveu pour Clouay (Note des 
Preui^es de la maison de Béthune, p. 187). 

1349. — 1406, 2 octobre. —Numéro 1102. 

1350. — 1406. — Partage entre Antoine de Craon et Vilart 
de Bours, de quatre cents écus d'or, fruits de la condamnation 
d'un usurier de Hesdin (Note du Trésor généalogique). 

1351. — 1406, V. s., 7 janvier. — Note de Nicolas de Baye 
dans son Journal. 

« 1406, jeudi VIP jour de janvier, avant les plaidoiries, fu 
dit au graphier que certain accort que messire Pierre de 
Craon, Anthoinne, son fils, et le sire de Honcourt requé- 
roient estre receu et passé céans, n'y seroit point passé ne 
receu, maiz alassent les parties au Chastellet le passer, ce 
bon leur sembloit » (Conseil, X^« 1478, 247). 



— 154 — 

1352. — 1407, 16 avril. — Olivier de Clisson fonde diverses 
messes à Saint-Julien du Mans pour prix desquelles il aban- 
donne aux chanoines le montant des condamnations qu'il avait 
obtenues du Parlement contre Pierre de Craon et ses com- 
plices (Morice, II, 782). 

1353. — 1407, 4 juin. — Arrêt par lequel le Parlement, dé- 
cidant la régularité de l'instance en félonie, commencée au 
nom de la maison d'Anjou dès 1391 contre Pierre de Craon, 
et admettant la validité de l'arrêt de 1395, par lequel Pierre 
de Craon était convaincu du détournement de cent mille ducats 
d'une part et de deux mille livres tournois de l'autre, au dé- 
triment de Louis I, déclare en conséquence la nullité de la 
cession de la Ferté-Bernard, faite en 1392 au duc d'Orléans 
parle roi, et décide que laFerté doit appartenir, non pas au 
duc d'Orléans, mais à Louis II d'Anjou (A. N,, X*^ 54, f. 200). 

1354. — 1407, 3 juillet, Angers. — Lettres par lesquelles 
Louis II d'Anjou, investit Yolande d'Aragon, sa femme, de la 
terre de la Ferté-Bernard « naguaires venue et eschue en 
nostre main par vertu de certain arrest donné en Parlement à 
nostre profïit » à la place des péages deTarascon, qui faisoient 
partie des terres à elle assignées pour lui faire les dix mille 
livres de rente, auxquels elle avoit dt'oit, tant pour son 
douaire, que pour « sa chambre et estât ». (A. N., P. 
1344, 179). 

1355. — 1409, 21 mai, Paris. — Lettres par lesquelles 
Charles VI modifie l'assiette de la rente faite par lui à Jeanne 
de Châtillon (Arch. delà Trémoïlle, Lettres royales, II). 

1356. — 1409, 2 décembre, Lille. — Journée tenue entre 
Antoine de Craon et Jehan d'Optchastel (Petit, Itinéraire de 
Philippe-le-Hardi et de Jean-sans-Peur^ p. 373). 

1357. - 1409, 12 décembre. — Antoine de Craon donne 
reçu de 600 francs à valoir sur les 5000 francs à lui attribués 
par le roi par ses lettres du 30 juin 1408 ^ (B. N., Pièces ori- 
ginales^ Craon, n<* 75). 

1. Cet acte porte le sceau, n» 195. 



- 155 - 

1358. — 1409, V. s., 14 janvier, Paris. — Numéro 892. 

1359. — 1409, V. s., 19 février, Paris. — Mandement du roi 
de solder à Antoine de Graon le reste des 5000 francs, à lui 
donnés par lettres du 30 juin 1408 (Pièces originales^ Craon^ 

n«76). 

1360. — 1410, 9 août, Paris. — Mandement de Charles VI 
accordant mille francs à Antoine de Craon (B. N., Piècesori- 
ginales^ Craon, n° 79). 

1361. — 1410, l^"" septembre, Paris. — Lettres par lesquel- 
les Charles VI invite le duc de Bourgogne à venir à son aide. 
Antoine de Craon y est désigné comme membre du conseil où 
fut décidé l'envoi de ces lettres. [Hist. générale de Bourgogne, 
III, CCLXXVI). 

1362. — 1410, 29 décembre, Paris. — Mandement de Char- 
les VI prescrivant de solder à Antoine de Craon les mille 
francs à lui donnés le 31 août 1410 (B. N., Pièces originales^ 
Craon, n'' 11). 

1363. — 1410, 30 décembre. — Antoine donne reçu de 200 
francs à valoir sur les 1000 francs à lui attribués par le roi 
par lettres du 9 août 1410 (B. N., Pièces originales, Craon), 
n° 46). 

1364. —1410. V.S., 3 avril, Paris. — Lettres de Charles VI 
portant relief pour l'enregistrement des lettres d'avril 1399 
au profit des enfants de Bonabes de Tucé{A.N., JJ 165, 234). 

1365. — Vers 1411, 29 mai. ' — Lettre du duc d'Orléans à 
Charles VI contre les agissements du duc de Bourgogne ; Il 
y désigne Antoine de Craon comme l'un de ses adversaires 
[Monstrelet, II, 118). 

1366. — 1411, 30 juin. — Quittance d'Antoine de Craon 
de 100 livres, sur 600 qui lui restaient dues (B. N. , Pièces ori- 
ginales, Craon, 78). 

1367. — 1411, juin, Paris. — Lettres par lesquelles 



- 156 - 

Charles VI, en vidimant ses lettres d'avril 1399 et 3 avril 1411 
au profit des enfants de Bonabes de Tucé, décide qu'elles au- 
ront leur plein effet (A.N., JJ 165, 234). 

1368. — 1411, 7 septembre. — Jugé du Parlement dans la 
cause d'Antoine de Craon et de Jeanne de Châtillon, veuve 
de Pierre, sa mère, relative à des domaines situés sur Gre- 
nelle, Bezenval et la Malmaison (A. N., X^^ 58, 266). 

1369. — 1411, 11 septembre, Paris. — Lettres par les- 
quelles Charles VI demande secours à Jean V de Bretagne ; 
Antoine de Craon est l'un des membres du Conseil du roi 
(Morice, II, 858). 

1370. — 1411, 2 novembre, Paris. — Ordonnance par la- 
quelle Charles VI ordonne la frappe d'écus à la couronne ; 
Antoine de Craon est nommé parmi le membres du grand 
conseil (de Saulcy, Documents monétaires^ II, 160). 

1371. — 1411, 7 novembre, Paris. — Réception au Parle- 
ment d'Antoine de Craon comme grand panetier (Note de 
Nicolas de Baye, t. II, p. 30). 

1372. — 1411, 7 décembre, Rouen. — Mandement d'An- 
toine de Beauverger et d'Hondschoote, grand panetier, con- 
seiller et chambellan du roi, capitaine de Rouen, au vicomte 
de Rouen (B. N., Pièces originales^ Craon^ n*'80). 

1373. — 1411, lOdécembre, Jumièges. - Antoine de Craon, 
en qualité de commissaire du roi, délivre un certificat (B N., 
Pièces originales^ Craon^ n*' 81). 

1374. — 1411, 18 décembre, Jumièges. — Antoine de Craon, 
en qualité de commissaire du roi, donne un certificat (B. N., 
Pièces originales^ Craon ^ n° 82). 

1375. — 1411, V. s., 10 janvier. — Quittance d'Antoine de 
Craon au vicomte d'Orbec (B. N., Pièces originales^ 
Craon ^ 84). 



— 157 — 

1376. — 1412, 30 juin. — Antoine de Craon donne reçu au 
vicomte d'Orbec (B. N., Pièces originales^ Craon ^ n"* 78). 

1377. - 1412, 3 décembre. — Arrêt du Parlement dans la 
cause que Jeanne de Châtillon, veuve de Pierre de Craon, in- 
tentait à Louis d'Anjou pour obtenir l'exercice de ses droits 
sur la Ferté-Bernard (A. N., X*^ 59, 383). 

1378. — 1412, V. s., février, Paris. — Lettres portant ré- 
mission au profit du duc Charles de Lorraine ; Antoine de 
Craon y figure comme membre du Conseil* (Arch. Nat., JJ 
167, n«23j. 

1379. — 1413, 23 ou 24 mai, Paris. — Lettres par lesquel- 
les Charles VI approuve les emprisonnements opérés par le 
peuple de Paris, de diverses personnes, parmi lesquelles la 
reine, le dauphin et des princes du sang ; Antoine de Craon y 
est dénommé comme membre du grand conseil, où fut décidé 
le texte de la lettre ^ [Ordonnances du Loui>re. X, 68 ; et 
Monstrelet, II, 356). 

1380. — 1413, vers le 8 décembre. - Extrait des comptes 
royaux. 

Lors de la visite que lui fit la reine de Sicile, la reine de 
France, Isabelle, donna : ... « A la sœur de Messire Anthoine 
de Craon', qui accompagnait la reine de Sicile, un autre dia- 
mant... 66 livres, 5 sous tournois » (Vallet de Viriville, 
Chronique de Jean Chartier^ III, 269). 

1381. — 1418, 30 juillet. — Quittance donnée par Pierre de 
Beauvau, chambellan du Dauphin, lieutenant du roi pour tout 

1. C'est à la Jeanne-d'Arc à Domrémy de M. Siméon Luce que 
cette indication est empruntée. 

2. Il faut rapprocher de cette lettre celle de Charles VI. de 
septembre 1413, dans lesquelles l'attentat du 27 avril 1413 est dé- 
savoué par le roi. On les trouve en un texte établi avec le plus 
grand soin au t. I, p. 64-69 des Mémoires de la Société d'Eure- 
et-Loir. 

3. Cette sœur d'Antoine de Craon ne s'appelait pas Marie, 
comme le dit M. Vallet de Viriville, mais Jeanne. 



- 158 — 

le royaume, de ses gages pour 400 hommes d'armes et 500 
hommes de irait ^ {Clair ambault^ 12, 751). 

1382. — 1418, 14 octobre, Pont-de-l'Arche. — Lettres par 
lesquelles Henri V d'Angleterre donne sauf conduit aux en- 
voyés du Dauphin. — Pierre de Beauvau figure au nombre 
de ces envoyés {Cartulaire deLouners^ II, 38). 

1383. — 1419, 14 octobre, devant Rouen. — Lettres de 
Henri V portant sauf conduit aiîx envoyés du Dauphin parmi 
lesquels Pierre de Beauvau allant en Angleterre traiter de la 
paix {Lettres des archives de Londres^ II, 343) 

1384. — 1420, 27 avril, Troyes. - Lettres par lesquelles 
Charles VI modifie l'assiette de la rente faite à Jeanne de Châ- 
tillon (Arch. de la Trémoïlle, Lettres royales^ II). 

1385 — 1426, V. s , 29 mars. — Jugé du Parlement dans 
la cause de Perronelle, veuve de Thomas de Milly, et Jeanne 
de Châtillon, veuve de Pierre de Craon (A. N., X*^ 65, 240). 

1386.— 1439, 24 septembre. — Numéro 1175. 

(A suivre). 

A. Bertrand de Broussillon et P. de Farcy. 



1. Cet acte porte le sceau, figure 193. 



LE FAUX LADRE 



Si le héros peu glorieux de la présente histoire n'a 
qu'un état-civil banal, son casier judiciaire ne manque 
pas de piquant. Il se nommait Jean Renier, natif de 
Bouessay, au Maine, où il vécut jusqu'à dix-sept ans 
occupé à de petites besognes et faisant de maigres pro- 
fits. A cet âge, et sans aller chercher au loin fortune, 
notre jeune homme se plaça en condition à Sablé, ville 
voisine. Il était bon fils car il laissa ses gages à son 
père, et sa mère étant tombée en maladie, il revint près 
d'elle la soigner. 

Son malheur fut de se marier trop tôt et sans choix. 
Groira-t-on qu'il n'avait que dix-huit ans quand il 
épousa la fille de Jean Périgois de Souvigné ? Ce qui 
arriva, c'est que cette femme, plus âgée que lui et impé- 
rieuse, s'accoutujna à le traiter en petit garçon, et 
quand, trop vite, la brouille se mit dans le ménage, ce 
furent des scènes de plus en plus fréquentes, de plus 
en plus vives où le jeune mari n'eut pas un rôle glo- 
rieux. Sa malheureuse femme en vint, passant des pa- 
roles aux actes, jusqu'à le battre. Ces choses-là sont ex- 
trêmement difficiles à supporter. Jean Renier, soit vertu, 
soit faiblesse, patienta six ans. Mais, pour éviter les 
occasions d'orages, il gagnait sa vie au dehors et ne re- 
paraissait sous le toit conjugal qu'à des heures tardi- 
ves. Sa compagne n'en devint pas plus traitable. Enfin, 
un jour que la querelle, plus échauiFée que jamais, s'était 
terminée par une volée de bois vert dont il avait été 



-160 -- 



victime, l'infortuné mari, sans oser affronter le regard 
de sa terrible moitié et sans lui demander congé, prend 
une résolution désespérée et quitte sa maison devenue 
pour lui un enfer domestique. 

En ce temps-là le désespoir n'allait pas jusqu'au sui- 
cide ; Jean Renier franchit la Sarthe sur le pont de pier- 
res sans avoir même la pensée d'y finir ses jours. 
D'une traite il s'enfuit jusqu'à Fontenay et le soir il 
couchait à Maigné. Par suite d une prédisposition dont 
nous n'avons point à rechercher les causes, il s'était 
trouvé dès le premier jour une vocation et c'est en deman- 
dant la charité pour Dieu qu'il avait fait la première 
étape de son odyssée mancelle. Obéissant encore à la 
commune impulsion qui porte vers les villes la nom- 
breuse tribu des mendiants, malandrins, vagabonds, et 
tous les gens sans feu ni lieu, Jean Renier avait pris 
d'instinct le chemin de la capitale de la province et 
quelques jours après, toujours mendiant, il était au 
Mans. La foire de la Pentecôte tenait alors, et l'afïïuence 
d'étrangers qu'elle amenait dans la cité, jointe au concours 
ordinaire des pèlerins de Saint Julien, assurait au jeune 
homme une bonne aubaine pour inaugurer sa nouvelle 
professsion. Il n'eut d'ailleurs qu'à suivre le premier 
venu de ses confrères pour se rendre li la Maison-Dieu, 
en face de' Monsieur Saint-Julien, où il fut, suivant l'u- 
sage, hébergé pendant huit jours. 

L'époux en rupture de ménage trouva là des gueux de 
toutes les catégories, au contact desquels il perfectionna 
ses aptitudes naturelles et trouva le supplément d'ex- 
périence professionnelle qui lui manquait. 11 sortit de 
là gueux parfait. Toutefois il ne se sentait pas porté aux 
longues expéditions ni aux associations compromettan- 
tes. Il préférait agir seul et pour son propre compte ; 
puis il aimait sa province et les braves gens qui l'habi- 
taient et n'avait aucun goût pour les voyages hasardeux 



- 1(H - 

6n pays inconnu. C'est donc au pays du Maine qu'il 
borna ses courses, allant de ci de là, toujours deman- 
dant pour Dieu. 

Il ne fut pas longtemps à s'apercevoir que sa situa- 
tion ne laissait pas de présenter des difficultés. Plu- 
sieurs fois on lui avait fait remarquer qu'un garçon 
comme lui, pourvu de tous ses membres, dans la force 
de l'âge, ne devrait pas vaguer ainsi et voler le bien 
des pauvres. Ces observations, dont il comprenait toute 
la force, le firent réfléchir. Il aurait pu se faire manchot, 
boiteux, aveugle, il connaissait l'herbe aux gueux qui 
produit des plaies hideuses et bénignes ; mais tous ces 
procédés lui répugnaient. Il chercha longtemps et finit 
par trouver quelque chose d'inédit. 

A la fin du XV^ siècle, les lépreux n'étaient plus nom- 
breux et les maladreries autrefois existantes dans tou- 
tes les paroisses étaient presque délaissées ; tout au 
plus les communautés, en affermant les biens voués à 
cette destination se réservaient-elles le droit d'en re- 
prendre l'usage dans le cas où un de leurs membres, 
frappé de cette maladie, réclamerait la jouissance de 
l'immeuble. Puis, la contagion n'étant plus aussi redou- 
table, on ne pressait plus avec autant de rigueur l'exé- 
cution des règlements qui prescrivaient de renfermer 
les lépreux dans les léproseries qui subsistaient, et 
beaucoup couraient les chemins en toute liberté, pourvu 
qu'ils portassent le costume auquel on les reconnaissait 
qu'ils se tinssent sous le vent quand ils approchaient 
d'une personne et qu'ils avertissent de leur présence 
avec la crécelle ou un autre instrument analogue. Les 
malheureux aflligés de cette maladie excitaient particu- 
lièrement la compassion. 

C'est dans cette corporation intéressante des ladres 
vagabonds que s'enrôla de lui-même le mari de Jeanne 
Périgois. Pour cela il se pouilla tout entier dans un 

11 



— 162 - 

long sac d'où sortaient ses bras et sa tête et se coiffa 
d'un capuchon habilement disposé pour lui cacher le vi- 
sage. De ses propres mains il se fabriqua des cliquettes 
qu'il sut tout de suite manœuvrer avec une dextérité 
parfaite, et il fut équipé à peu de frais comme le meil- 
leur ladre de la province. Les quelques économies faites 
sur les aumônes des bonnes âmes y avaient suffit. 

Et ainsi allait le cher homme, toujours cliquetant, 
toujours quêtant ; jamais on ne vit ladre mieux duit à 
son métier, aussi les piécettes tombaient-elles dans son 
escarcelle, et ne manqua-t-il jamais de la nourriture que 
riches et pauvres se faisaient un devoir de partager 
avec un chrétien si afffigé. L'une après l'autre, il visi- 
tait toutes les paroisses à dix lieues à la ronde et sa 
petite industrie prospérait à souhait. Pour ne pas vivre 
d'ailleurs dans une séquestration trop absolue du reste 
des humains, il quittait souventesfois sa livrée men- 
teuse et n'était plus qu'un mendiant vulgaire, mais qui 
pouvait converser de plus près et familièrement avec ses 
frères. Ainsi fit-il aux bonnes fêtes de Pâques de l'an 
de grâce 1490, quand il vint au Mans remplir ses de- 
voirs de chrétien chez les Jacobins ; ainsi s'y prit-il 
encore quand, un jour qu'il voulait changer de linge, — 
pardon du détail, — il obtint qu'une bonne femme 
de Voutré lui prêtât une chemise de son mari pendant 
qu'elle laverait pour la lui rendre celle qui avait vieilli 
sur son dos. Elle n'était pas riche cette paroissienne de 
Voutré qui faisait à sa façon une œuvre de charité mé- 
ritoire. En dehors de ces circonstances Jean Renier 
reprenait cagoule et cliquettes et éloignait de lui les in- 
discrets en redevenant ladre à s'y méprendre. 

Si bien allèrent ses affaires que sans se laisser pâtir, 
il amassait un petit pécule qui, denier à denier, sol à sol, 
devint avec le temps une petite fortune. Ce succès lui 
donna l'ambition d'ailleurs légitime de s'élever à la si- 



I 



— 163 — 

tuation des petits marchands ambulants qu'il rencon- 
trait sur les chemins ou aux foires et assemblées que 
lui-même fréquentait à un autre titre. Déjà il se voyait 
quittant un rôle peu avouable pour exercer une profes- 
sion modeste, mais honorable et lucrative. La somme 
mise en réserve s'élevait déjà à 10 livres 6 sols ; il ne 
lui fallait pas davantage pour fournir de mercerie le 
modeste étalage qu'il se proposait de promener de foire 
en foire. Celle du Gast, qui se tenait au Bas-Maine dans 
les landes de Saint-Loup, le l*"* septembre, lui parut con- 
venable pour inaugurer son petit négoce. 

Pourquoi faut-il que ce beau rêve ait été traversé 
d'une façon déplorable au moment de se réaliser ! 

Jean Renier se trouvait le 24 juillet dans la paroisse 
de Sainte-Gemmes-le-Robert. Des domestiques de M. de 
Bouille prétendirent que ce lépreux-là s'approchait trop 
du manoir de Pierre-Fontaine et qu'il semblait « échau- 
guetter » la maison de leur maître. Ils prévinrent le ser- 
gent du Plessis-Buret, qui se mit à la recherche du per- 
sonnage et le surprit à un moment où, sans défiance, il 
négligeait les précautions ordinaires. Le faux lépreux 
fut donc saisi et jeté dans la prison du château. On ne 
l'y laissa pas pourrir ; dès le lendemain, le lieutenant 
du sénéchal et son greffier instruisirent son procès. 
Nous avons cru, nous, sans arrière-pensée, à la légitime 
provenance des dix livres et de la chemise dont le pré- 
tendu lépreux était porteur, comme à la sincérité de ses 
projets de vie honnête et régulière. Tout cela au con- 
traire parut au juge et à son clerc preuve de larcin et 
mensonge. Ce monde-là suppose toujours le mal et des 
intentions coupables. Pour un peu l'officier de Mgr du 
Plessis-Buret aurait vu dans le soi-disant ladre un 
émissaire du duc de Bretagne, alors en guerre avec le 
roi de France. Bien lui prit de n'être pas venu de ce 
pays. Il fit d'ailleurs, avec un grand accent de sincérité, 



— 164 - 

la confession de sa vie vagabonde, avouant sa super- 
cherie, mais niant toute mauvaise action. 

Le lieutenant ne crut pas pouvoir prendre sur lui de 
prononcer en un cas aussi rare : il dépêcha à M. de 
Saint-Denis, son sénéchal, grave personnage qui habi- 
tait une des plus belles maisons de Sainte-Suzanne, le 
procès-verbal de la prise du coupable et l'interrogatoire 
rédigé par le bailly d'Evron, demandant quelle peine 
devait être infligée pour « un si grand abus fait des 
œuvres de miséricorde. » 

La réponse du sénéchal fut qu'il n'y avait pas cause 
de détention, mais que l'abus commis « en feignant d'es- 
tre ladre » méritait une correction. Ce que devait être 
cette correction, le prisonnier le sut de suite en entrant 
dans la salle où il vit le sergent et deux recors qui l'at- 
tendaient avec « de bonnes verges d'ousiers » longues et 
flexibles. 11 le sentit bien mieux quand on l'eut dé- 
pouillé, proh pudor ! Qi que les bonnes verges cinglè- 
rent ses épaules. Les recors n'y épargnaient pas leur 
peine et le malheureux patient, s'il y pensa alors, tout 
en criant et se débattant, dut presque regretter les 
coups d'une indulgence relative que lui administrait la 
iîlle de Jean Périgois. Peut être la comparaison ramena- 
t-elle le fugitif au toit conjugal....?' 

A. A. 



1. Archives du Plessis-Buret, Registre de Pieds et Remem- 
hrances. 



PROCES-VERBAUX DES SEANCES 



SEANCE DU 26 JANVIER 1893. 



La séance est ouverte à deux heures, sous la prési- 
dence de M. Floucaud de Fôurcroy. 

Sont présents : MM. Floucaud de Fôurcroy, président, 
Perrot, vice-président, de Martonne, de Lorière, Ri- 
chard, Pointeau, Garnier, membres titulaires, et MM. de 
la Beauluère, LeCoq, Raulin, membres correspondants. 

MM. Couanier de Launay, P. de Farcy, Anis, H. Le- 
tourneurs, sont excusés. 

M. le Président rappelle que, depuis la dernière séance, 
la Commission historique de la Mayenne a été frappée 
d'un nouveau deuil par la mort de Dom Piolin, bénédic- 
tin, membre correspondant. Président de la Société du 
Maine. Né au Bourgneuf-la-Forét (Mayenne) Dom Piolin, 
suivant les traditions de son ordre, avait consacré sa vie 
au travail ; il laisse,' sur la province du Maine, une 
œuvre immense dont les principaux monuments sont 
trop connus pour qu'il soit nécessaire de les énumérer. 
Sa perte sera vivement ressentie par tous les amis des 
études historiques, et la Commission historique de la 
Mayenne, associant ses propres regrets à ceux de la 
Société du Maine, voudra en consigner l'expression à 
son procès-verbal. 



— 166 - 

Cette proposition est adoptée à runanimité. 

M. de Martonne annonce qu'il a continué à corres- 
pondre avec M. le G'^ de S*-Paul au sujet des ruines de 
Bois-Thibault. Aucune modification ne s'est produite 
jusqu'à présent dans l'état des négociations. 

M. le Président communique une circulaire de M. le 
Ministre de l'Instruction publique, relative à la réunion 
des Sociétés savantes qui aura lieu à la Sorbonne du 4 
au 8 avril. 

M. le Ministre de l'Instruction publique accuse récep- 
tion du fonds de Levaré, déposé aux archives de la 
Mayenne par la Commission historique. 

On annonce qu'une découverte très importante d'objets 
de bronze vient d'être faite à la Barre, commune de 
Méral, non loin de Cossé-le- Vivien. M. de P. Farcy se 
propose de communiquer à la Commission, lors de sa 
prochaine séance, des dessins et une notice décrivant 
ces divers objets. 

La séance est levée à 3 heures et demie. 



EXCURSION 

A GHEMAZÉ ET A MORTIER-GROLLE 



Le 30 mai 1893, à 9 h. 35 du matin, un certain nombre de 
membres de la Commission historique et archéologique de 
la Mayenne, auxquels avaient bien voulu se joindre plusieurs 
invités, se réunissaient à la gare de Laval pour entreprendre 
une excursion à Chemazé et à Mortier-Crolle. 

Ainsi se réalisait sans retard une idée émise à l'issue de la 
dernière séance, idée heureuse, car les excursions en com- 
mun offrent en effet de grands avantages. Elles permettent 
de visiter sans peine et dans des conditions exceptionnelle- 
ment économiques, des monuments dont tout le monde parle 
et que souvent bien peu ont vus, faute d'occasions favorables 
Lorsqu'elles ont été bien préparées par les soins de quelques 
uns, il ne reste plus aux autres qu'à s'abandonner aux char- 
mes du programme, lequel se déroule pour ainsi dire méca- 
niquement, depuis le moment de l'arrivée jusqu'à celui du 
retour. Moyens de transport, déjeuners, guides intéressants, 
érudits et diserts, tout arrive à point ; et si l'amour de l'im- 
prévu, le libre arbitre doivent momentanément s'effacer, en 
revanche l'esprit pratique, la recherche du résultat aisément 
atteint et définitivement acquis trouvent largement leur 
compte. 

C'est ainsi que l'excursion de Chemazé et de Mortier- 
Crolle, organisée en principe par le Bureau de la Commission, 
puis sur place et dans les détails par M. Paul de Farcy, n'a 
rien laissé à désirer sous le rapport de la précision ni du 
confortable, même dans les lieux ou le confortable aurait dû 
n'être qu'un rêve plein de déceptions. 

Cela dit et dûment enregistré dans nos annales, débar- 



— 168 - 

quons à Chemazé, et au travers d'un vaste parc, dirigeons- 
nous vers le château de Saint-Ouën. Nous n'entreprendrons 
pas de rappeller ici les merveilles de ce château ; il a été 
trop souvent décrit par la plume, figuré par le crayon ou 
même par la pointe de l'aquafortiste, pour que nous puissions 
apprendre sur son compte quelque chose d'inédit à nos lec- 
teurs. Nous nous bornerons à dire que son propriétaire ac- 
tuel, M. le comte de Sèze, l'avait fait mettre fort gracieuse- 
ment à la disposition des visiteurs ; chacun a pu le parcourir 
dans toutes ses parties, admirer les fines sculptures exté- 
rieures, le merveilleux escalier, les cheminées, les œuvres 
d'art qui décorent toutes les pièces, et se rendre compte des 
intelligentes restaurations qui, entreprises depuis plusieurs 
années, assureront la conservation de l'édifice sans rien lui 
enlever de son caractère. 

Encore sous le charme de la visite à Saint-Ouën tout le 
monde gagne le bourg de Chemazé. Là est préparé un dé- 
jeuner excellent, tout entier d'importation, il faut le dire, 
mais dont les effets réparateurs provoquent une unanime 
reconnaissance envers celui qui l'a si obligeamment assuré. 
Puis à midi précis, selon le programme, les voitures impor- 
tées également, prennent la route de Mortier-Crolle : le 
voyage dure une heure environ, au milieu d'un pays pitto- 
resque et verdoyant. 

Mortier-Crolle est, de nom, presque aussi connu que Che- 
mazé ; les monographies en sont nombreuses ; le châtelet qui 
lui sert d'entrée a souvent tenté les artistes ; son nom éveille 
tout au moins, chez la plupart d'entre nous, le souvenir d'une 
description parcourue ou d'une silhouette entrevue en feuil- 
letant un album ; mais combien sont peu nombreux ceux qui 
ont pris la peine d'entreprendre le voyage et de voir par eux- 
mêmes? Comment décrire cette énorme masse comprenant 
trois cours, une immense enceinte circonscrite par des fossés 
profonds, flanquée de tours d'angles, renfermant un château, 
une chapelle, des bâtiments de service innombrables, tout 
cela construit avec un soin et un art raffinés ? Quelle gra- 
vure pourrait surtout donner une idée du merveilleux effet 
produit par ces briques d'un rouge ardent, coupées à diver- 



— 169 — 



I 



ses hauteurs par de larges cordons de pierres blanches*? 
Car Mortier-Crolle, sauf une partie qui semble plus moderne 
quoique beaucoup plus grossière, a été construit tout entier 
dans ce somptueux appareil. Ces murailles interminables, 
revêtues des tons les plus chauds, surmontées de toits aigus, 
baignant leur pied dans l'eau stagnante des fossés et à demi 




enfouies dans la verdure, constituent un ensemble non moins 
charmant pour l'artiste qu'intéressant pour l'archéologue*. 



1 . Nous domions ici deux dessins représentant l'un la porte 
d'entrée de Mortier-Crolle, l'autre la vue d'ensemble d'une par- 
tie des bâtiments. Ces dessins ont déjà paru dans le tome I 
(l"*® série) des Procès-Verbaux et documents de la Commission ; 
mais ce tome !«"• étant devenu très rare, nous croyons faire plaisir 
à nos lecteurs en les reproduisant. 

2. Nous ne pouvons, dans un compte-rendu sommaire, rééditer 
les descriptions connues de Mortier-Crolle. Disons toutefois que 



— 170 "- 

Les heures s'écoulent vite au milieu de tant de mer- 
veilles et en si agréable compagnie. Trop tôt il va être temps 
de remonter en voiture et de songer au retour. Mais une sur- 




/emr^ut.m Se. 



prise attend les visiteurs ; dans une salle basse de l'ancien 
manoir, un lunch élégant a été servi ; nous ne voulons pas 



les visiteurs ont été frappés par des inscriptions nombreuses, 
gravées à la pointe sur les pierres blanches qui entrent dans la 
construction, principalement sur les jambages des fenêtres. 
Notre collègue M. J. RauHn a pris la peme d'en relever quelques 
unes, au'il veut bien nous communiquer. 
Sur la croisée d'une tour, dite de la Prison : 

« Croyez que tousiours les meschants 

S'en iront à bas tresbuchants 

Et toutes ces gens insensées 

Qui n'ont point Dieu en leurs pensées. 

Mais l'homme povre humilié 

Ne sera jamais oubHé 

Jamais de l'humble estant en peine 

La prière ne sera vaine. » 
Sur un meneau de croisée de la tour Saint-Jean : « Le lundy 
14« juillet 1603, X... du Port-Briet fut amené prisonnier. » 

Dans l'escalier de l'une des tours d'entrée : « Le samedy 6« 
septembre 1603, ce parut sur les 8 heures du souer de grandz 
signes au siel, tant qu'il faissait céent côme le jour. » — Autre : 
« Mademoiselle de Moucha... s'en alla le vendredy 5« septembre 

1603. » — Autre : ««Mad®"® de la Tour s'en alla le dimanche 

1603. 

Sur une porte latérale de la chapelle : « Mons de Loncheray 
partit de séans pour aller à Paris le samedy 30 novembre 1602 
sur les 2 heures et demie après midy. » 



— 171 — 

nommer, de peur de blesser sa modestie, l'aimable excursion- 
niste qui, pour un instant, s'est ainsi improvisé amphitryon ; 
mais nous pouvons affirmer que la délicatesse de son atten- 
tion, ainsi que la bonne grâce charmante avec laquelle il a 
fait les honneurs de la table, ont vivement touché tous ses 
compagnons de voyage, qui ne nous en voudront pas de lui 
exprimer ici, de nouveau, tous leurs remercîments. 

Enfin il faut dire adieu à Mortier-Crolle. Les voitures re- 
prennent le chemin déjà parcouru et arrivent bientôt à la gare 
de Chemazé. Le moment de la séparation approche entre les 
excursionnistes venus de Laval et ceux qui restent à Châ- 
teau-Gonticr. Ces derniers, auxquels revient le mérite d'a- 
voir organisé le voyage et de l'avoir rendu si facile et si 
agréable, sont comblés de félicitations unanimes et de remer- 
cîments cordiaux; grâce à eux en effet la première excur- 
sion entreprise par la Commission historique de la Mayenne 
a été couronnée d'un succès complet, si complet même que 
chacun songe à recommencer et qu'on ne se sépare pas sans 
avoir décidé une promenade nouvelle, dans les derniers jours 
de juin, aux Grottes de Saint-Georges-sur-Erve et au châ- 
teau de Fouletorte. 



BIBLIOGRAPHIE 



Les Vitréens et le Commerce international, par M. 
J.-C. Frain de la Gaulayrie^ 1 broch. in-8°, Vannes, La- 
folye, 1893. 

Notre collègue M. J.-C. Frain de la Gaulayrie vient défaire 
paraître en volume ses recherches sur les Vitréens et le com- 
merce international^ publiées d'abord dans la Revue Histo- 
rique de V Ouest. Dans cette consciencieuse étude, relevée par 
une discrète pointe de bonne humeur, il étudie tour à tour : 
les encouragements donnés au commerce international par 
les ducs de Bretagne ; la fondation de la confrérie vitréenne 
des marchands d'outre-mer ; le commerce avec Bergues, Bru- 
ges, Anvers ; la demeure et l'entrepôt de Lucas Royer, époux 
de Françoise Gouverneur, situés rue Poterie ; un portulan 
breton du XVP siècle ; les relations avec l'Espagne, les 
Indes ; puis les résultats obtenus, les fortunes conquises, et 
converties en manoirs ou terres nobles ; les associations de 
Vitréens et de Malouins, leurs communes entreprises au XVII* 
siècle ; le voyage du chef d'escadre Jean de Gennes ; la par- 
ticipation des Vitréens aux opérations de la Compagnie des 
Indes ; les Vitréennes membres de la confrérie des marchands 
d'outre-mer. Il expose comment « ce commerce rétablit la for- 
tune d'un grand nombre de gentilshommes, assura à labour- 
goisie de brillantes situations, aux artisans des salaires rému- 
nérateurs, et fut pour Vitré un élément de prospérité incon- 
testable. » Il cite ses sources avec un som scrupuleux et 
donne, dans de nombreuses notes bibliographiques et expli- 
catives, tout ce qui surchargerait le texte sans présenter pour 
cela moins d'intérêt. Nous ne saurions trop louer cette remar- 
quable étude. Chemin faisant nous y avons trouvé, outre le 
plaisir de la parcourir, notre profit personnel : plus d'une fois 
en effet les marchands de Laval s'associèrent à ceux de Vitré 
et beaucoup d'entreprises furent communes au commerce des 
deux villes. M. Frain de la Gaulayrie a donc aussi travaillé 
pour nous et à ce point de vue comme aux autres il a droit à 
tous nos compliments. 

E. M. 

Plusieurs autres notices bibliographiques, que nous ne pouvons 
donner faute d'espace, paraîtront dans la prochaine livraison. 



La listé des ouvrages offerts à la Commission sera 
insérée à cette place, sans préjudice du compte-rendu 
qui sera fait de tout ouvrage intéressant le Maine dont 
elle aura reçu deux exemplaires. 



Le Secrétaire Général, f. /. de Gérant (Loi du 29 juillet 1 881). 

K. MORKAU. 



LE BULLETIN DE LA COMMISSION HISTORIQUE ET 
ARCHÉOLOGIQUE DE LA MAYENNE paraît tous les 
trimestres en livraisons comptant environ 128 pages. 
Il forme deux volumes par an. 

Il donne des gravures et illustrations aussi souvent 
que le permettent les sujets traités et les ressources dont 
il dispose. 

Les personnes étrangères à la Commission peuvent s'y 
abonner comme a toute publication périodique. 

Le prix de l'abonnement est de DIX FRANCS par an. 

Les engagements pour cotisations ou abonnements 
continuent de plein droit s'ils ne sont pas dénoncés 
avant le 1^^ janvier. 



Il reste encore quelques exemplaires des tomes III, 
IV et V de la première série, qui sont en vente au prix 
de six francs le volume. 



Les tomes I, II, III, IV et V de la 2^ série sont en vente 
au prix de 12 francs l'année. 



BTULLETIN^ 



DE LA COMMISSION 






I 



DE LA MAYENNE 



GRÉÉE PAR ARRÊTÉ PRÉFECTORAL DU 17 JANVIER 1878. 



DEUXIÈME SÉRIE 
TOME SEPTIÈME 

1893 




LAVAL 

IMPRIMERIE DE H. LEROUX 
1893 



KSTRE DE 1893. 



20. 



SOMMAIRE : 

David Rivault de Fiearance et les autres précepteurs de 

Louis XIII, par M. l'abbé A. Anis (Suite) 173 

Sigillographie des Seigneurs de Craon, par MM. A. Ber- 
trand DE Broussillon et Paul de Farcy (Fin) ... . 206 

L'épigraphie populaire sur ardoise à Château-Gontier au 
XVIIPsiècle; par M. R. Gadbin 294 

L'école Centrale du département de la Mayenne, par M. E. 

Queruau-Lamerie . 301 

Simon Hayeneufve, d'après un document inédit, par M. 

l'abbé A. Angot 335 

Procès-verbal de la séance du 27 avril 1893 352 

Bibliographie : Un serviteur et compère de Louis XI. — 
Jean Bourré, seigneur du Plessis, 1424-1506, par 
Georges Bricard\- — Cartulaire de Vabhaye cardinale de 
la Trinité de Vendôme, publié par l'abbé Ch. Métais ; — 
Le passage des Vendéens à Ernée (2 novembre 1793), 
par M. Edouard Delaunay ; — Vie de M. Louis-Alphoyise 
Taillandier, prêtre des missions étrangères ; — Le Gé- 
nie de Jeanyie d'Arc, essai d'analyse; — Les fusillades 
du champ des Martyrs, publié par M. E. Queruau-La- 
merie ; — Victor Hugo et le Bas-Maine, par M. le Comte 
de Beauchêne ; — Notice. sur M. l'abbé P. Gobil, cha- 
noine honoraire, doyen de Chàteau-du-Loir, par M. 
l'abbé F. Pichon. , 361 



Gravures : 



Sceau de Jean I de Domart, 1379 207 

Sceau de Jean I de Domart, 1392 208 

Sceau de Jean I de Domart. 1403 208 

Sceau de Jean de Croy, 1412 211 

Sceau de Jean de Torotte 213 

Sceau de Jean II de Domart 216 

Sceau de Jacques de Longroy, 1414 217 

Sceau de Guye de Longroy, 1416 . 217 

Sceau de Bonne de Fosseux, 1449 220 

Sceau commun à Jean le Maingre et à Jean de Crèvecœur, 

maréchaux de France, 1391-1412 222 

Tombe d'Amaury IV, 1373, d'après Gaignières 261 

Sceau de Pierre de la Suze, 1370 . 278 

Sceau de la cour de Sablé au XIV" siècle accompagné du 

contre-sceau du XIIP siècle. 287 

Sceau et contre-sceau ad causas de Sablé à l'époque de 

Mahaud de Malines, 1293-1306. 289 

Signature de Simon Hayeneufve . 350 



DAVID RIVAULT 

DE FLEURANGE 

ET LES AUTRES PRÉCEPTEURS DE LOUIS XIll 

(Suite). 



CHAPITRE V 

Nicolas Le Fèvre. — Sa naissance. — Ses études. — Ses travaux littéraires 
— Ses amitiés. — Ses premiers honneurs, — Il est nommé précepteur du 
prince de Condé. — Retraite chez la veuve de Pierre Pithou. — Retour à 
la cour où il est fait précepteur du roi. — Desiderata dans l'instruction de 
ce prince. — Une idylle : Georget ou Pierrot. — Efforts de Le Fèvre. — 
Sa mort. — Son épitaphe. 

On avait appelé pour succéder à des Yveteaux, en 
qualité de précepteur du roi, iNicolas Le Fèvre, vieillard 
de soixante-huit ans^ 

Nicolas Le Fèvre 2, né à Paris le 2 juin 1544, avait 



1. C'est à tort que Perrens dit « soixante-dix-huit ans » (L'E- 

flise et l'Etat sous la régence de Marie de Médicis, 1, p. 388, 
'aris, 1872). 

2. Cf. Nicolaï Fabri V. C. vita ad Henricum Borbonium Con- 
dœum Primum Galliœ Principem, Scriptore Fr. Balbo in curia 
Monetarum Galliœ advocato regio, dans le recueil Opuscula, 
etc., Paris, 1614, in-4o (Biblioth. Mazarine, V. 11267). — Dis- 
cours funèbre sur le trépas de M. Nicolas Le Fèvre, conseiller 
et précepteur du très chrestien Louis XIII, roy de France et de 
Navarre, par un religieux feuillantin son ami (J. de S. François). 
A Paris, chez Jean de Heuqueville, r. Sainct-Jacques, à la Paix, 
M.DCXII, in-80 (Bibl. nat. L 27 n» 12034).— Extrait dutestament 
de Le Fèvre, même v. ibid. — Morceaux choisis de S. Hilaire 

12 



- 174 - 

donné sa mesure en faisant avec honneur l'éducation du 
prince de Gondé, et il se recommandait par son érudi- 
tion et ses qualités morales. C'était un de ces hommes 
d'étude chez qui la science et la vertu vont de pair et 
se soutiennent l'une l'autre. 

Peut-être nous saura-t-on gré d'avoir tenté de faire 
revivre en ces pages cette sympathique figure de tra- 
vailleur consciencieux, modeste, d'un mérite réel et 
d'une humilité profonde, aujourd'hui presque inconnu 
pour la plupart des lecteurs. 

Du reste nous ne saurions séparer ceux que la Provi- 
dence rapprocha un moment dans une communauté d'ef- 
forts et de travail pour nous donner un bon roi. A côté 
de Rivault de Fleurance, Nicolas Le Fèvre détient dans 
l'histoire une place honorable. 

Cette raison n'existât-elle pas, il faudrait quand même 
retracer à grands traits cette vie pleine et méritoire. 
Faisons la part des exagérations de l'amitié' et du pa- 
négyrique 2 ; il restera encore à l'actif de notre bon 
vieillard, dans ces vieux livres ^ que nous avons consul- 
tés avec plaisir et non sans fruit, assez de nobles et 
pieux sentiments et de belles actions pour convier le 
lecteur à ce véritable régal du cœur et de Tesprit. 

Nicolas Le Fèvre dut les honneurs qui vinrent à lui à 
son intelligence supérieure et à son labeur énergique et 



avec notes de Le Fèvre (B. n^® ms, fonds latin n» 1700). — V. 
Fabri observationes in novum testamentum, etc. (Bib. W P latin, 
n« 125). — Opuscula. etc. (B Maz. 11267). — Lettres de Malherbe 
à Péresc, Paris, Hachette, 1862, t. III. — Relat. Vénit. et flor., 
fonds italien. — Duc d'Aumale, Histoire des princes de Condé. 
— Perrens, op. cit. — B. Zellqr, Lai!///^o/•/7e de Louis XIII, etc. — 
Héroard, Journal de l'enfance et de la jeunesse de Louis XIII, 
Paris, Didot. — Les Mémoires du temps, etc., etc. 

1. Cf. Nie. Fabri vita^ scrip. Fr. Bail o (François Le Bègue) 
op. cit. 

2. Cf. le P. Jean de Saint François (a ias Jean Gulon) Disc, 
funèbre, op. cit. 

3. Cités ci-dessus et à la page préc. 



I 



- 17^ - 

soutenu. Sa famille jouissait déjà d'une certaine noto- 
riété', mais elle n'était pas de celles qui d'elles-mêmes 
ouvraient à l'enfant naissant les carrières publiques et 
les grands emplois. Son père, Vincent Le Fèvre, était 
un honnête et riche bourgeois de Montlhéry, qui, veuf 
de Catherine Arnould, avait épousé Jeanne Haque, pa- 
risienne et veuve d'une grande distinction. Il en eut 
deux enfants, Gilles et Nicolas -. Celui-ci vint au monde 
Tannée même où Charles-Quint envahissait la France 3. 

Avec son frère, né de la même mère, Nicolas Le Fè- 
vre fît ses premières études au collège de la Marche^, 
à Paris, où son père s'était fixé depuis son second ma- 
riage^. Il eut le malheur de se crever un œil en taillant 
une plume. Au dire de Le Bègue, cet accident déter- 
mina, outre la perte de l'œil, une grave maladie qui 
influa sur la santé et le tempérament de Le Fèvre. 

Ayant de bonne heure perdu son père, Nicolas fut 
élevé par sa mère. « Ceste bonne dame, fort sage et ver- 
tueuse..., prenoit grand soin de l'instruire de son deb- 
voir, et ce qui manquoit en elle pour l'instruction de 
son fds, elle mit peine à le faire suppléer par les meil- 
leurs maîtres et précepteurs^ que elle peust choisir, 
qui alors abondoient en toutes sortes de sciences en 
ceste grande et florissante université de Paris, "^w 

On ne sait pour quelle cause pourtant elle l'envoya 
étudier le droit à Toulouse, d'où il passa en Italie, à 
Padoue et à Bologne. L'Italie était, à cette époque, le 

1. Voir Franc. Le Bègue op. cit. «Fabrorum nomen... per mul- 
tipliées familiorum propagines enituit... » 

2. Id. ibid. 

3. Ibid. — Campagne de Charles-Quint dans le nord de la 
France ; été de 1544. 

4. « In Marchiana scola... » (Ibid.). 

5. Id. ibid, 

6. Ni le Bègue ni le P. J. de S. François ne les font connaître 
par leur nom. 

7. J. de S. François, Disc, funèb., p. 25. 



— 176 — 

pays auquel on demandait volontiers le fini de l'éduca- 
tion et de l'instruction. Le Fèvre demeura aussi quel- 
que temps à Rome où déjà il se lia avec des savants 
de renom : Sigonio, M. A. Muret, le cardinal Baro- 
nius et d'autres. 

Sa riche nature et a la fidèle correspondance de son 
estude et travail assidu ^ » lui firent bientôt faire des 
progrès considérables. A vingt-sept ans 2 il revenait en 
France parfaitement armé pour bien servir son pays et 
la science. 

Une grande douleur l'y attendait : sa mère, atteinte 
de la peste, expirait bientôt entourée de sa piété filiale 
et de ses soins. 

Il semble que le moment eût été favorable à Nicolas 
Le Fèvre pour se chercher une compagne appelée à rem- 
plir dans son cœur le vide qu'y faisait celle qu'une 
cruelle maladie venait de lui ravir. Le jeune savant 
en décida autrement. Par vertu, dit son panégyriste 3, 
ou pour être plus entièrement à ses chères études, 
comme le raconte son historien^, il ne voulut pas se 
marier. 

Il se donna donc aux lettres et se lia intimement avec 
Pierre Pithou. Avec lui il donna une bonne édition de 
Sénèque l'ancien, enrichie de notes et d'une préface^; 
mais, par humilité, il conserva l'anonyme. Souvent en- 
core il collabora avec le cardinal Baronius, ou du moins 
lui fournit des renseignements, mais toujours en deman- 
dant au célèbre annaliste qu'il ne fit pas même mention 
de lui 6. 

1. J. de S. François, Discours funèbre, p. 26. 

2. Le Bègue, op. cit. 

3. J. de S. François. 

4. Le Bègue. 

5. Il donna aussi une édit. annotée, avec préface, de Sénèque 
le Jeune, avec les remarques de J. Gruter (Cf. Bib. Mazarine v. 
27985). « Animadversiones Jani Gruteri in Lucii Ann. Senecae 
opéra : accedunt Nie. Fabri annotationes. » 1 in-8° 1555. 

6. Cf. J. de Saint François, op. cit. et les œuvres du cardinal 
Baronius. 



— 177 — 

Une affection toute fraternelle unit Pierre Pithou et 
Nicolas Le Fèvre. Tous deux, pendant que les guerres 
de religion désolaient la France, entreprirent de vastes 
lectures et de longues recherches sur tout ce qui con- 
cerne l'histoire et la discipline de l'Eglise. 

Mais l'histoire n'occupait pas Le Fèvre tout entier. 
Les lettres érudites avaient toujours pour lui des char- 
mes particuliers, et à ses heures, il cultivait même la 
poésie, comme le prouve le volume de ses opuscules re- 
cueillis par son ami, François le Bègue, et publiés 
après sa mort^ 

C'était un éditeur émérite, grâce à sa connaissance 
des langues anciennes, qui « furent de luy apprises 
non superficiairement, mais très profondément, avec la 
recherche la plus exquise qui peut estre du secret d'i- 
celles -. » Elles le rendaient très habile pour « juger du 
style d'un auteur-^, » et étaient entre ses mains la clef 
qui lui ouvrait les trésors des connaissances de l'anti- 
quité. 

Jointes à ses qualités personnelles, elles lui permirent 
encore d'être choisi pour remplir une fonction aussi 
difficile qu'honorable et importante. Déjà, en 1572, 
Henri IV, reconnaissant son mérite, l'avait mis au nom- 
bre des conseillers royaux chargés des eaux et forêts^. 
Cette fois le roi en faisait le précepteur de Henri II de 



1. Cf. Bib. Maz. V. 11267 « Opuscula, cum ejusdem Fabri vita, 
scrip. Francisco Balbo, » Paris 1614 in-4o, savoir : Disquisitio, 
num gravions mali vilandi causa, levius commilli possit; — 
Praefatio in D. Hilarii ex opère historico fragmenta ; — Prsefatio 
in libros L. Ann. Senecae philosophi ; — Praefatio ad M. Ann. 
rhetoris libros ; — Disputatio de myrrhata potione ; — Exposi- 
tio verborum Matthaei, 18 c. « Si peccaverit in te frater tuus, « — 
De B. Dionisio ; — De presbiterorum caelibatu ; — Poeniata ; — 
Epistolœ ; etc. 

2. J. de Saint François, op. cit., p. 27. 

3. Id. ibid. 

4. Cf. Le Bègue, op. cit. 



•. - 178 — 

Bourbon, prince de Gondé, alors héritier présomptif du 
trône*. 

Par modestie, et sans doute aussi par amour de la 
retraite, Nicolas Le Fèvre eût voulu refuser la respon- 
sabilité et rhonneur auxquels on l'appelait. Mais il dut 
céder aux instances d'Achille de Harlay et du président 
de Thou, ses deux illustres amis. 

En 1596 il se rendit au château de Saint-Germain, 
où Gharlotte de la Trémoille, veuve de Henri I de Bour- 
bon, et le marquis de Pisani, gouverneur du prince, le 
reçurent avec la distinction due à un homme de son 
mérite 2. 

L'élève de Le Fèvre avait huit ans. Déjà instruit dans 
la religion catholique par Pisani, il acheva sa conver- 
sion avec son nouveau maître, qui cultiva son âme en 
même temps que son esprit. 

Aussitôt que cette éducation fut terminée le précep- 
teur se sépara avec regret de son élève, mais fut heu- 
reux de quitter la cour, et de rentrer dans la vie privée 
pour y être tout entier à Dieu, aux pauvres ^ et aux 
lettres, ses premières et dernières amours. 

Hélas il ne retrouva plus son ami de cœur, Pierre 
Pithou, enlevé par une mort prématurée en lui donnant 
une dernière marque de confiance : il lui laissait le soin 
de publier une édition, qu'il avait préparée, de Fragments 
historiques de Saint-Hilaire de Poitiers^. 



1. Henri IV n'avait pas encore d'enfant légitime. 

2. Cf. Le Bègue, op. cit. 

3. J. de S. Franc. Discours funèbre, passim, et Testament de 
N. Le Fèvre. 

4. Cf. Ms. fonds lat. Bib. nat. 1700. Ce manusc, d'une très 
belle écriture, porte en marges quelques notes de la main de 
N. Le Fèvre. A la p. 131 on lit « Hoc est ipsummet exemplar ex 
quo prodiit editio Nicolaï Fabri anno M. D. XCVIH, ab eodem 
Fabro repositum in Bibliotheca Thuana ex quâ translatum est 
in Golbertinam, Anno Christi MDGLXXX, die XXHI martis. 
— Steph. Baluzius. Emendationes in margine appositœ sunt Ni- 
colaï Fabri, ejus manu scriptse. » 



- i79 — 

Redoutant le gouvernement d'une maison et d'une 
domesticité, et se souvenant qu'autrefois il avait été 
reçu cordialement dans la famille de Pierre Pithou, avec 
une simplicité touchante il alla se confier aux soins d'E- 
lisabeth Dumarais, la vénérable veuve de son ami. Dans 
cette maison il vécut comme un religieux profès, soumis 
à un règlement de vie austère, et se livrant pendant la 
nuit à deux heures de méditation ou de lecture pieuse *. 
C'est alors surtout qu'il étudia les pères de l'Eglise, et 
principalement S. Augustin pour qui il avait une affec- 
tion particulière 2. Ses dépenses personnelles étaient fort 
restreintes et presque « tous les revenus qu'il recevait 
du roy » étaient consacrés au soulagement des pauvres^. 
De son vivant même il lit une fondation annuelle de 
500 livres pour l'entretien d'ecclésiastiques chargés 
d'instruire les pauvres de l' Hôtel-Dieu^. D'un autre côté 
son désintéressement des richesses et un louable senti- 
ment de délicatesse lui firent toujours « refuser de tenir 
du bien de l'Eglise^. » 

Ainsi vivait dans la retraite et se perfectionnait en 
sainteté notre admirable vieillard, quand le renvoi de des 
Yveteaux le ramena à la cour. 

Le coup fut rudement ressenti par Nicolas Le Fèvre. 
Il opposa d'abord à la proposition qu'on lui faisait un 
refus sincère. Sa modestie bien connue, son âge avancé, 
ses fatigues et les lacunes à réparer dans l'éducation et 
l'instruction du roi, commencées par un précepteur peu 
sérieux, pouvaient fournir des motifs très légitimes à 
alléguer, ou du moins à considérer. 



1. Cf. Le Bègue, op. cit. et le P. Jean de S. François, Disc, 
fun. Passim. 

2. Id. ibid. 

3. Ibid. 

4. Cf. J. de S. Franc, op. cit., p. 23 et Le Bègue, op. cit. 

5. J. de S. Franc., Disc, funèb., p. 55. 



- 180 - 

Mais les conseillers de la reine avaient chaudement re- 
commandé l'ancien précepteur de Condé. « Ses amis le 
poussent, le sollicitent, le pressent ^ » La reine elle- 
même promet qu'elle veillera à ce qu'on épargne tout en- 
nui ou tout excès de fatigue au vénérable vieillard, qu'il 
sera bien secouru^, etc. Le prince de Condé, que son an- 
cien maître conjure de lui venir en aide pour faire 
agréer son refus, est au contraire d'avis qu'on ne pou- 
vait mieux choisir ^. Les Jésuites eux-mêmes, dit-on, à 
l'instance du chancelier Sillery ^, font à Nicolas le Fè- 
vre un devoir d'accepter la proposition. Il se rend, par 
conscience et patriotisme. 

Quant au choix même que Marie de Médicis et son 
conseil faisaient de la personne de Nicolas Le Fèvre 
pour précepteur du roi, nous ne saurions nous en éton- 
ner, encore moins souscrire au blâme indirect d'un écri- 
vain de nos jours ^. M. Perrens convient du reste 
« qu'au lendemain de la mort de Henri IV, la cour de- 
vait vouloir et voulait un homme dévoué au pouvoir 
royal ^. » Le Fèvre l'était et offrait toutes garanties de 
science et de vertu. Son âge même, — que Perrens 
exagère — et son expérience lui donnaient de l'autorité 
et lui assuraient du respect auprès de son royal élève. 

Ses amitiés bien connues et ses anciennes relations 
avec Pierre Pithou le rendaient à bon droit suspect d'o- 
pinions gallicanes ; mais c'était une recommandation 
auprès des politiques et des gallicans. Le nonce Ubal- 



1. Cf. Le Bèffue, p. 16. Son latin, d'ordinaire traînant et pro- 
lixe, s'anime alors et devient concis : « Laudant consilii reginae 

Eroceres, omnesque in eum convertunt oculos, amici movent, 
ortantur, urgent. » 

2. Cf. Id. ibid. 

3. Id. ibid. 

4. Perrens, op. cit., p. 390, tome I. 

5. Id. ibid. 

6. Id. I, p. 389. 



— 181 — 

dini lui-même savait faire la part des circonstances. 
Puis on pouvait obtenir de Le Fèvre qu'il ne parlât ja- 
mais de ses opinions au roi, à qui il donnerait assu- 
rément d'ailleurs de bons exemples par ses actes, comme 
de bons conseils par ses paroles*. 

L'ambassade vénitienne voyait dans ce changement 
de précepteur le fait d'un motif religieux 2. A ce point de 
vue l'Eglise et le nonce ne pouvaient que se réjouir. 
Par ailleurs on avait auprès de Sa Majesté un sous- 
précepteur, Rivault de Fleurance, appelé à un rôle im- 
portant dans son éducation. Rivault était dévoué au 
Saint-Siège et très en faveur auprès du gouverneur du 
roi, M. de Souvré. 

Le 12 août 1611, dit Héroard, M. le chancelier « pré- 
sente M. Le Fèvre à la Reine pour être précepteur du 
Roi ; sur ce la Reine le présente au Roi, disant ces 
mots : Mon fils, voilà M. Le Fèvre que je vous donne 
pour votre précepteur. — Madame, j'en suis bien aise. 
— Il faut que vous lui obéissiez et faire tout ce qu'il 
vous dira. — Je le ferai aussi, Madame. — C'est un 
fort homme de bien et bien savant ; il faudra bien ap- 
prendre. — Je le ferai aussi. Madame^. » 

M. le chancelier Sillery prit ensuite la parole et parla 
avec éloge du nouveau précepteur. Quand on voulut 
choisir un logement à celui-ci et qu'on proposa celui 
qu'avait occupé des Yveteaux, le Roi dit avec beaucoup 
de délicatesse : « Non, il ne serait pas bien : il faudrait 
monter trop haut. Il faut le loger à la chambre où sou- 
loit loger mon frère de Verneuil, dans la tour^. » 



1. Cf. Ubaldini, dép. du 2 août 1611 et Perrens op. cit. 

2. « Fu dimesso improvisamente il S, d'Ifito del carico de pre- 
cettore del Re per ombra presa di lui in materia di reliffione et 
dato al signor di Fevro, gran litteralo et bonissimo catholico... » 
(Amb. vénit., 27 juillet 1611). 

3. Journal de la jeunesse et de l'enfance de Louis XIII, II, 
p. 75, Paris, Didot. 

k. Journal de l'enfance de Louis XIIL II, p. 76. 



Il 



— i82 — 

Malherbe* donne quelques autres détails. M. Le 
Fèvre aurait promis « au Roy que bientôt et sans Fen- 
nuyer, il l'aurait rendu savant. » 

On passa ensuite dans le cabinet des livres où M. de 
Fleurance fit la leçon au roi en présence de M. Le Fèvre 
et du vidame du Mans 2. Le Fèvre ne dit mot. Il voulait 
i< reconnaître la portée^ » de Louis XIII. 

Il ne devait pas tarder à constater les difficultés qu'il 
avait pressenties. On connaît cette page fameuse de 
Saint-Simon : « On le laissa (le roi) croupir dans l'oisi- 
veté, dans l'inutilité et dans une ignorance si parfaite 
de tout, qu'il s'est souvent plaint à mon père dans la 
suite, en parlant de son éducation, qu'on ne lui avoit 
p'as même appris à lire....^ » Sans attacher plus d'im- 
portance que de raison à ces exagérations manifestés 
et injustes, il faut pourtant convenir que tout n'avait 
pas été parfait. 

A notre avis c'était moins la quantité que la qualité 
qui avait fait défaut dans les soins apportés à l'éduca- 
tion et à l'instruction du jeune prince. Nous trouvons 
même qu'on lui imposait un travail excessif et bien sou- 
vent au-dessus de son âge et du développement de son 
intelligence. Il faut voir dans Héroard le détail de ces 
journées d'un enfant de huit à dix ans^. On y constate 
l'influence persistante des programmes surchargés, la 
tradition des leçons multipliées et l'absence d'initiative 
chez l'élève, si justement stigmatisées par Montaigne : 
« On ne cesse de criailler à nos oreilles, comme qui 
verserait dans un entonnoir 6. » Le maître ne savait pas 

1. Lettres à Peiresc, III, Paris, Hachette 1862, p. 350. 

2. Charles d'Angennes. 

3. Héroard, op. cit. — Cf. Malherbe, Lettres à Peiresc. 

4. Parallèle des trois premiers Bourbons^ tome I, p. 7. Paris, 
Hachette. 

5. Journal, passim. 

6. Essais, Ch. XXV, De l'institution des enfants. 



- 183 - 

assez s'accommoder à l'état de son élève, ni « le faire 
trotter devant luy, pour juger de son train ^ » 

D'un autre côté M™^ de Alontglas et M. de Souvré 
étaient animés des meilleures intentions ; mais, dans 
l'accomplissement de leur charge, ils n'échappèrent pas 
toujours aux minuties, qui du reste étaient du goût de la 
reine-. 

Ce n'est pas qu'on ait usé à l'égard du prince de 
l'indulgence qu'on serait tenté de supposer chez ses 
gouverneurs. On ne le laissait guère en repos. « Il ne 
se passe pas de jour, écrit M. B. Zeller, sans qu'il ait 
à fournir sa besogne. » « Levé, déjeuné, étudié, écrit^, 
tel est l'emploi régulier de toutes ses matinées, même 
en voyage. La formule est presque toujours la même 
chez Héroard, sauf parfois cette variante : éveillé, 
fouetté, étudié^. » La moindre boutade chez l'enfant 
pouvait lui faire donner le fouet. M. de Souvré était sur 
ce point plus rigoureux que M™® de Montglas à qui 
Henri IV écrivait très sérieusement un jour : 

« Madame je me plains de ce que vous ne m'avez pas 
mandé que vous aviez fouetté mon fils, car je veux et 
vous commande de le fouetter toutes les fois qu'il fera 
l'opiniastre ou quelque chose de mal ; sachant bien, 
par moi-même, qu'il n'y a rien au monde qui fasse plus 
de profit que cela.... ^. » 

Ces procédés ne réussirent pourtant pas toujours à 
empêcher des scènes qui ne doivent pas surprendre chez 
un enfant irascible, impérieux, solennellement grave, 
né sur les marches d'un trône et pompeusement cou- 



1. Essais, ibid. 

2. Cf. Les curieuses lettres de Marie de Médicis, relatives à 
l'éducation de son fils (ap. Perrens, op. cit., p. 382). 

3. La Minorité de Louis XI II, p. 131. 

4. Exp. empr. à Héroard, op. cit. 

5. De Fontainebleau, 14 nov. 1607. 



— 184 - 

ronné à Reims, à l'âge de dix ans. Héroard* et L'Es- 
toile'2 nous en ont laissé le récit. Du reste, force res- 
tait toujours à l'autorité du maître ; l'enfant, bon gré 
mal gré, fournissait sa tâche. 

Si Le Fèvre eût été seul, des congés imprévus au- 
raient de temps à autre rompu cette monotonie. Ce 
vieillard souffreteux était souvent obligé de garder la 
chambre. Le maréchal d'Ancre faisait un jour remar- 
quer au roi que M. Le Fèvre était souvent malade et 
que M. de Fleurance ne l'était jamais. Il faut, dit le 
maréchal, lui faire prendre une médecine. — « Alors, 
reprit le roi, ce sera le jour que M. Le Fèvre sera ma- 
lade 3. » 

Pour être né prince et couronné roi à dix ou onze ans, 
on a quand même l'esprit écolier. On est content aussi 
de pouvoir jouer avec d'autres enfants. Louis XIII, na- 
turellement taciturne et froid, avait néanmoins du cœur 
et était susceptible d'attachement. Il pleura abondam- 
ment quand le jeune Alexandre de Vendôme prit congé 
de lui à Saint-Germain 4. 

Une anecdote touchante, presque une idylle, nous 
prouve encore l'existence chez le jeune roi de qua- 
lités affectives. Nous la rapportons brièvement d'après 
Andréa Gioli^ et M. B. ZellerS. 

Au mois de septembre 1610, arriva au Louvre un en- 
fant de l'âge du roi. Cet enfant avait obtenu la permis- 
sion de devenir familier avec le fils de Henri IV, pen- 
dant qu'il était élevé à Saint-Germain. Il apportait un 
nid de passereaux. Il entre et tout de suite demande 
« Monsieur le Dauphin. » Il parvient, non sans peine, 

1. Op. cit. 

2. Cf. Mémoires. 

3. Héroard, op. cit. 

4. Cf. Scip. Amm., 16 août 1611 et B, Zeller, op. cit. 

5. Dépêche du 19 septembre 1610. 

6. Op. cit. 



- 185 — 

auprès du roi et lui dit : « Monsieur le Dauphin, com- 
ment vous portez-vous ? Je suis venu pour vous voir, 
parce qu'il y a un bout de temps que je ne vous ai vu et 
que j'en avais grand désir ; je vous ai apporté ce nid 
de passereaux ; mais je ne puis vous les donner tous ; 
car j'en veux vendre une partie, afin de pouvoir payer la 
barque dans laquelle on m'a passé quatre fois ; et je n'ai 
jamais, jusqu'à présent, rien donné au brave homme qui 
la conduit. » Le roi reçut avec plaisir cet enfant, et, 
après avoir parlé quelque temps avec lui, il voulut lui 
faire donner un écu ; mais on ne put le lui faire accep- 
ter. Il n'avait, répétait-il, besoin que de quatre sous. Le 
roi, ravi par ce trait, ordonne de garder avec lui son 
ancien compagnon et de le vêtir avec un de ses habits. 
Ce n'est pas convenable, lui fait-on observer. « Eh 
bien, reprend le roi, qu'on lui en fasse un et qu'on se 
dépêche. » 

De la sorte, observe Andréa Gioli, le petit Contadin 
pouvait devenir un grand seigneur. Mais ce pronostic ne 
s'est pas réalisé. L'histoire, parfois bien oublieuse, ne 
se souvient pas même si le pauvre garçon de Saint- 
Germain s'appelait sûrement Georget ou Pierrot. Le 
petit paysan s'en retourna avec une grande peur d'être 
battu ; son père et sa mère ne voulaient pas qu'il vînt à 
Paris voir le Dauphin. 

Cette aventure donna, dit-on, à réfléchir à l'entourage 
de la reine, et particulièrement à Goncini et à sa femme, 
qui, à leur point de vue, n'avaient pas entièrement tort 
de craindre un de Luynes, que l'instinct de conservation 
leur faisait entrevoir. 

Quoi qu'il en soit, l'isolement, justifiable jusqu'à un 
certain point, dans lequel on tenait le roi, ne pouvait 
qu'augmenter ses défauts naturels en faisant de lui un 
homme avant le temps. 

Get excès même de gravité et de sérieux du roi le 
faisait admirer des étrangers, qui ne le voyaient que 



- 186 - 

dans les représentations et prenaient le change sur Té- 
ducation qu'on lui donnait. C'est là qu'il faut chercher 
l'explication d'une contradiction apparente entre nos 
appréciations et celles des ambassadeurs italiens, qui ne 
cessaient de louer le jeune roi dans les rapports à leur 
gouvernement. Nous n'en citerons comme exemple que 
la dépêche de Gustinian : « Mercredi, onze du présent 
mois, le roi très chrétien revint de Fontainebleau à 
Paris.... Sa Majesté le roi grandit et est très bien élevé. 
Il aime extrêmement la marine et a fait venir de Mar- 
seille une petite barque dans laquelle, par mode de dé- 
lassement, il fait des parties sur l'eau ^ » On trouve- 
rait également des relations louangeuses pour le roi dans 
les papiers florentins^. 

Tenue froide et digne, décorum, représentations, 
exercices corporels, amour des armes, de la chasse et 
des faucons, avec quelques connaissances acquises plu- 
tôt par devoir que par plaisir, voilà tout Louis XIIT en- 
fant ou sortant de l'enfance. Le Fèvre eut donc à réagir 
en faveur des lettres tout en respectant ce qu'il trouvait 
à conserver dans les goûts du prince. 

Les gouverneurs du jeune roi durent aussi déployer 
de la vigilance en des matières délicates. Louis XIII 
avait eu de bonne heure, trop tôt même, des aperçus 
dangereux pour le jeune âge. Nous ne pouvons ne pas 
blâmer des propos imprudents tenus devant lui par des 
subalternes, des grands et Henri IV lui-même. Le jeune 
roi, plus sage en cela et plus réservé que certains cour- 



1. « Mercoledi undeci del corrente mese ritornô in Parigi il 
christianissimo da Fontainebleau... Gresce la Maestà sua e si fa 
grande; viene con esquisita disciplina educato..., mostra grande 
inclinazione aile cose de mare etsihafattoveniredaMarsigliauna 
picola g-alera nella quale va sollanzando per queste acque. » (G. 
Gustinian, dép. du 18 mai 1611. Pap. ital.). 

2. Cf. Gioli, se. amm., Botti. 



— 187 — 

tisans parfois sans pudeur*, ne tarda pas à manifester 
une véritable horreur pour ce genre de conversation. Il 
faut voir dans ces tendances, qui firent appeler le prince 
Louis le Juste et le Chaste, une heureuse influence du 
P. Coton, son confesseur, de M. de Souvré, de David 
Rivault et de Nicolas Le Fèvre. 

Il est difficile aujourd'hui de dire exactement dans 
quelle mesure le passage de ce dernier à la cour fut 
bienfaisant et réparateur pour l'éducation du roi ; mais 
on peut affirmer sans hésitation qu'il le fut. Ce n'est 
pas en vain qu'un maître vertueux et sérieux passe un 
temps, même court, auprès de son élève. Et, quant à 
Le Fèvre, on ne « le vit point entretenir l'esprit du roy 
de fables et curiositez vaines ou discours inutiles, plus 
pour chatouiller les oreilles des assistants que pour 
servir à Tinstruction de son disciple ; mais s'estant 
proposé pour but de ceste action, non de plaire, mais de 
profiter, toutes ses leçons estoient propos de vraye 
sagesse divine et humaine 2. » 

Si Le Fèvre ne fît pas autant de bien qu'il l'eût dé- 
siré, il faut se souvenir des circonstances et du peu de 
durée de son préceptorat. Depuis un an et demi seule- 
mont il exerçait ces nobles fonctions, quand soudain, 
dans « le cabinet du roy, où il vaquoit à ce qui estoit 
de sa charge 3, » il fut pris d'un frisson et dut se reti- 
rer et se mettre au lit. Comme le mal augmentait, il fît 
appeler auprès de lui « des hommes pieux et en parti- 
culier Jean Gulon^, prieur du monastère des Feuillans, 
qui l'assista jusqu'à son dernier moment^. » 

1. Op. cit. Héroard rapporte des traits qui font honneur à la 
veitu de Louis XIII, commençant à se rendre compte des per- 
sonnes et des choses. 

2. J. de S. François, op. cit., p. 66. 

3. Id. ibid., p. 68. 

4. Jean de S. François, auteur de l'oraison funèbre cit. ci-d. 

5. Le Bègue, op. cit. 



- 188 - 

Aussitôt qu'il se sentit gravement frappé, Le Fèvre 
fit son testament dans lequel sont consignés des dons 
généreux ; il chargea de l'exécution son neveu, Louis 
Le Fèvre, et son cousin, Bourlon, greffier de la chambre 
des comptes ^ Dans cette pièce sont réglés les moindres 
détails de la sépulture du testateur, qui, là encore, fait 
preuve de grand amour pour la bonne simplicité et l'hu- 
milité chrétienne. 

Alors, tout à la pensée de son salut et de ses fins 
dernières, après dix-sept jours de maladie, visité parle 
prince de Gondé, son cher élève, et muni de tous les se- 
cours de la religion, il rendit saintement sa belle âme à 
Dieu, le 4 novembre 1612. 

Avec une pompe modeste, comme le défunt l'avait 
désiré, mais avec le concours d'une foule d'amis et 
d'hommes de la cour, le corps de Le Fèvre fut porté au 
cimetière des Saints-Innocents. Le Fèvre avait choisi ce 
lieu comme étant « le sepulchre commun au menu peu- 
ple 2. » Cependant on déposa son cercueil à part avec 
ceux de sa mère et de ses autres parents du côté ma- 
ternel. 

Il avait recommandé de ne placer sur sa tombe qu'une 
simple pierre de marbre avec l'épitaphe qu'il s'était lui- 
même composée. Le P. Gulon était le dépositaire de 
cette inscription, qu'il fit graver sur le tombeau de Le 
Fèvre, et qu'il donne dans son discours imprimé. La 
voici telle qu'elle s'y lit^ : 

1. Cf. Bibl. nat. imp. V^ n 12034. — Le Fèvre léguait ses ma- 
nuscrits au président de Thou et le reste de sa bibliothèque à le 
Bègue, son futur historien (Cf. Vita etc. op. cit.). 

2. Disc, fun., p. 76. 

3. Le Bègue, od. cit., donne aussi cette épitaphe avec quel- 
quelques légers cnangements : 

« Nicolaus Faber 
Peccator non unus ex multis 

Hic iaceo. 
Quid de me dici verius, 
Aut a me utilius non video. 



— m - 

D. O. M. 

NIC. FABER PECCATOR NON 
VNVS EX MULTIS HEIC lACEO 
QUID DE ME DIGI VERIUS AVT 
A ME QUID VTILIVS NON VI- 
DEO AGNOSCO BONE lESU TU 
IGNOSCE AD HOC ENIM NATUS 
ES AD HOC PASSUS AD HOC 
TREMVISTI VT PER TE SECURI 
ESSEMUS. 

VIXIT AN. LXVIII. MEN. IV. 
III. DEVIXIT AN MDCXII. 
R. I. P. 



Dans le concert de louanges à la mémoire de Nicolas 
Le Fèvre il y eut quelques notes discordantes. Le P. 
Jean de Saint-François s'en plaint*, et dans une lettre 
à Peiresc^, Malherbe s'en fait l'écho. Parlant de l'épita- 
phe de Le Fèvre, faite par lui-même, il dit : « Je vous 
l'envoie ; vous verrez combien il était vain. » C'est un 
mot de mécontent, un jugement d'esprit de coterie d'un 
ami de des Yveteaux. Le P. Gulon apprécie autrement 
cette pièce. 

Lui-même aurait voulu payer par une inscription la 
dette de l'amitié à ce cher défunt. Il le fait du moins à 



Agnosco bone Jesu, tui gnosce, 
Ad hoc enim natus es, ad hoc passus, 
Ad hoc pro nobis tremuisti, 
Ut per te securi essemus. 
Vixit ann. LXVIII. M. IV. D. I. 
Devixit pr. N. NOV. AN. MDCXII. 
R. I. P. 

1. Disc. fun. — Dédicace à M. de Thou, p. 2. 

2. Lettre du 22 novembre 1612. Paris, Hachette III, p. 262. 

43 



— 490 - 

la fin de son livre ^ en des vers qui vengent cet érudit, 
homme de bien, de l'envie et du dénigrement : 

« Febvre, tu gis icy, mais pourtant cestc lame 
« Ne ne te peut séparer du nombre des vivants ; 
a Car tu ne peux mourir, puisqu'on Dieu vit ton âme, 
€ Comme fait ta mémoire en l'esprit des scavans. » 

1. A la suite du Disc. fun. 



ï 



CHAPITRE VI 



David Rivault est nommé premier précepteur du Roi. — Examen de la critique 
que des historiens ont faite au sujet de cette nomination. — Comment cette 
nomination fut accueillie généralement, et particulièrement par le nonce 
Ubaldini. — Crédit de Rivault à la cour prouvé par la fondation d'une Aca- 
démie au Louvre. — Le < Dessein d'une Académie. > — c Leçon faite par 
David Rivault à la première réunion de cette Académie. — Retour au sujet 
principal : l'éducation de Louis XIII. 



Pour la troisième fois la cour eut à pourvoir à la no- 
mination d'un précepteur du Roi. Mais, dans cette oc- 
currence, le choix était aisé. Celui qui était à la peine 
et exerçait souvent les fonctions de maître à un titre se- 
condaire, méritait d'être appelé à l'honneur avec le titre 
principal. 

Au reste, que pouvait-on reprocher à David Rivault? 
Sa condition médiocre, peut-être. Encore, même à ce 
point de vue assez misérable, il était Tégal de des Yve- 
teaux et supérieur à Le Fèvre. 

Le P. Grifîet', et après lui M. Perrens, soulèvent 
rétrospectivement une difficulté plus sérieuse. Elle tient 
au goût de David Rivault, « mathématicien habile, mais 
exclusif, qui occupa le roi d'artillerie et de fortifications 
et négligea tout-à-fait l'instruction littéraire. Le judi- 
cieux jésuite 2, historien de Louis XIII, en exprime son 
regret ; l'instruction littéraire donnant seule, dit-il, ces 
idées larges et générales sans lesquelles un prince est 
indigne de s'asseoir sur un trône ^. 

Cette critique est assurément spécieuse ; à défaut 
d'autres raisons, elle serait sans doute fondée sur une 



1. Hist. de Louis XIII, dans l'Histoire de France par le P. 
Daniel, t. XIV. 

2. Le P. Griffet, op. cit. 

3. Perrens, op. cit., p. 391. 



- 192 — 

présomption que créent le tour d'esprit du roi et celui 
de son nouveau précepteur. Et pour le jugement du P. 
Griffet, nous devons y souscrire d'une manière géné- 
rale. Dans l'espèce pourtant il nous paraît bien sévère, 
ainsi que celui de M. Perrens. Nous n'avons pas de 
peine à croire que Rivaujt de Fleurance ait abondé dans 
le sens de ses goûts et de ses principales aptitudes ; 
c'est la nature ; mais fut-il aussi « exclusif » qu'on l'af- 
firme? Celui qui avait composé un poème', qui faisait 
partie d'une académie célèbre, qui en fonda même une 
au Louvre, et qui enfin se montre, dans son « Art d'em- 
bellir, » familiarisé avec toute la littérature ancienne 
aussi bien qu'avec la littérature moderne, ne pouvait, 
dans son enseignement, être presque l'ennemi des huma- 
nités. S'il les cultiva moins dans ses leçons, les circons- 
tances pourraient peut-être nous en donner la raison. 

Qu'au point de vue littéraire il y ait eu des lacunes 
dans l'instruction du roi, soit ; ses deux premiers maî- 
tres n'avaient pourtant pas dû négliger cette partie au 
bénéfice d'une autre. Souvenons-nous que des Yveteaux 
était poète-, et Nicolas Le Fèvre nourri des classiques, 
qu'il aimait, dit-on, même avec excès. Or, dans l'ensei- 
gnement, comme ailleurs, on penche toujours du côté 
qui plaît mieux 3. 

Sans exclure les notions de sciences, qui ne font 
qu'apporter une heureuse diversion et entretenir un 
équilibre salutaire dans le développement parallèle des 
facultés de l'enfant, on avait donc été logique dans l'or- 



1. Cf. ci-dessus, ch. I. 

2. Nous sommes heureux de pouvoir utiliser ici des rensei- 
gnements obligeamment procurés par M. le comte de Gontades. 
— Cf. Trois lettres de Nicolas des Yveteaux, in-S**, Alençon, 
1890. — Des Yveteaux montre dans une de ces lettres qu'il sa- 
vait écrire « en latin le plus correct et le plus orthodoxe, mais » 
aussi « le plus contourné et le plus obscur... » (Gte de Gontades, 
Ibid., p. 7). 

3. « Trahit sua quemque voluptas. » 



- 193 — 

dre des leçons données au roi. Celui-ci avait d'abord 
passé par les grammaires, puis parcouru les humanités. 

Au moment où David Rivault allait prendre en main 
la direction de ses études, Louis XllI en était à peu 
près au point d'un de nos élèves actuels au sortir de sa 
seconde, ou peut-être même de sa rhétorique. On com- 
prend la tournure des leçons que Rivault fut appelé à 
faire ou à continuer. D'ailleurs en se réservant plus spé- 
cialement les mathématiques, la philosophie et les con- 
naissances religieuses dans lesquelles il était plus com- 
pétent, ne laissa-t-il pas à Chaumont, le sous-précep- 
teur, le soin de développer chez le roi le goût des lettres, 
et de compléter les notions qu'il en avait ? Ici une 
grande place est laissée à la conjecture et nous défend 
d'être trop absolu dans nos appréciations. 

Quoi qu'il en soit, David Rivault reçut son brevet de 
précepteur du roi en date du 4 novembre 1612 ^ 

En somme, ce choix était bon. Devant les garanties 
sérieuses de moralité, l'expérience déjà très suffi- 
sante qu'apportait le nouveau précepteur, son bon es- 
prit et sa foi sûre, disparaissaient les objections dont 
nous avons parlé. 

L'Eglise, cette fois, remportait un vrai triomphe ; le 
précepteur et le sous-précepteur lui étaient dévoués. 
Ils devaient suivre la ligne de conduite que leur tra- 
çaient le P. Gotton, attentif à leurs leçons, et surtout le 
nonce Ubaldini. 

Quand l'immixtion de ce dernier dans les affaires in- 
times de la cour allait au bien de la France et du roi, 
nous ne pouvons la regretter. Autrement que serait-il 
arrivé ? Avec de bonnes intentions, Marie de Médicis 
n'avait ni l'initiative ni la largeur de vues que réclamait 
une éducation si importante. 

« C'est donc au nonce Ubaldini, on ne saurait le nier, 

l. Cf. Pièc. just. G. 



- 194 — 

qu'il faut faire honneur de l'esprit de suite et de la 
bonne tenue qui s'introduisait enfin dans l'éducation du 
roi. Il lui rendit service ainsi qu'à la France ^ » 

Assurément le nonce servait ainsi les intérêts du 
Saint-Siège, mais il servait également les nôtres bien 
entendus. 

Dans une lettre au cardinal Borghèse- il parle dans 
les meilleurs termes du nouveau précepteur. Cette pièce 
fait grand honneur à notre compatriote et aussi à celui 
dont elle émane. S'il est beau de mériter de si bons té- 
moignages, il est encore beau de savoir reconnaître et 
louer le mérite. 

De son côté M. de Souvré, le protecteur ou l'ami 
avoué de Rivault, dut être satisfait. Les liens qui unis- 
saient le précepteur et le gouverneur ne pouvaient du 
reste que mettre plus d'entente entre eux et profiter au 
roi. 

Il n'y eut donc que des expressions de contentement 
et de satisfaction de la part des gens sérieux, attirés 
vers Rivault parla sympathie et la communauté de vues. 
Celui-ci en effet s'efforçait de mettre en honneur parmi 
les courtisans autre chose que les frivolités et les pas- 
se-temps auxquels la jeunesse surtout tendait à se lais- 
ser aller. 

C'est pourquoi il songea à instituer à la cour une 
académie sur le modèle de celles qui florissaient en Italie. 
En cela il était d'accord avec M. de PluvineP, sous- 
gouverneur du roi. Mais à Rivault appartient la part 
principale dans l'entreprise, ainsi qu'en témoignent son 



1. Perrens, op. cit., 392. 

2. Lettre du 11 janvier 1613. « Il nuovo precettore del Ré si 
chiama il signore de Fiorenze ; » etc. (Bibl. nat., fonds italien). 
— Cette lettre ayant été publiée par le P. Colombier {Revue hist. 
et arch. du Maine, 1878) nous jugeons inutile de la reproduire 
ici. 

3. Cf. les éditeurs du Journal d'JIéroard, Paris, Didot. 



— 195 — 

« Dessein d'une académie » et la curieuse « leçon faicte 
en la première ouverture ^ » de cette assemblée, le 12 
mai 1612. 

L'auteur appelle son œuvre « un dessein. » Il a « jette 
ce rayon au hazard non d'estre blâmé, puisque » son 
« intention ne tend qu'à bien, mais d'estre postposé à 
quelqu'un qui y ayant pensé » après lui, « en donnera 
de meilleurs moyens et en proposera quelque descrip- 
tion plus entière-. » 

Vingt-trois ans plus tard Gonrart et Richelieu se 
souviendront de cet essai pour réunir et établir sur des 
bases solides la Société qui est encore la gloire et le 
soutien des lettres françaises. Sans aucun sentiment de 
jalousie, Rivault aurait applaudi aux succès qu'ils ob- 
tinrent en « fécondant » « l'entreprise^, » un peu mo- 
difiée, de notre compatriote. 

Celui-ci rêvait une académie avec un but essentielle- 
ment pratique, quelque chose comme les hautes études 
de la cour ; ou bien encore une école dans laquelle se 
formerait la jeune noblesse, qui y trouverait une occa- 
sion et des moyens d'utiliser ses loisirs. 

Les jeunes courtisans se rangent en deux catégories : 
les uns se destinent aux armes, les autres à la diplo- 
matie et à l'administration. Les exercices corporels aux- 
quels se livre le soldat, ou le futur soldat, lui laissent 
« plusieurs heures franches, lesquelles il peut employer 
bien honorablement à l'apprentissage de ce qui est 
nécessaire et bien séant à sa profession, et dont Texé- 



1. Le Dessein d'une académie et de l'introduction d'icelle en 
la Cour. — Leçon faicte en la première ouverture de V Académie 
royale du Louvre, le 6 may 1602. — Avant-propos pour les ma- 
thématiques au roy Louis XIII (latin -français). — Ces trois 
opusc. ont été publiés à Paris, 1612, in-S» (Bibl. Mazarine, n. 
33727). — Le dessein d'une Académie est dédié à la reine ré- 
gente. 

2. Dessein d'une acad.^ p. 2. 

3. Id. ibid. 



- 196 — 

cution après apporterait du lustre et de la splendeur 
à ses généreuses actions, et polirait sa vie et ses 
mœurs ^ » Le courage ne suffit pas ; il faut « entendre 
l'art de le pratiquer. » Puis on n'est pas toujours dans 
les camps. Le soldat, appelé à vivre parmi les hom- 
mes, en temps ordinaire, doit avoir les qualités de 
l'homme de société. Les exercices de l'académie contri- 
bueront à les lui donner et à piquer sa curiosité pour 
s'instruire et interroger le passé, riche d'exemples salu- 
taires 2. Dans ces réunions l'on entretiendra et l'on com- 
plétera même une instruction peut-être bien sommaire, 
et l'on recevra l'éducation, qui fait l'homme moral et 
social. 

Pour ceux qui songent à servir leur pays dans les 
différents emplois civils, a ils apprendront à parler en 
public, acquerront de la hardiesse, formeront leur geste, 
enrichiront leur langage, qui font parties... utiles à 
paroistre es conseils privés et d'Estat^. » 

Enfin à tous « l'opération des lettres donne une 
grande lumière pour toutes actions de ce monde et du 
jugement pour s'y conduire honorablement^. » Nous en 
avons pour témoins et garants les « anciens grecs et 
latins, qui ont exécuté de si belles choses, » et, pour 
encouragement, l'exemple des « gentils-hommes d'Ita- 
lie, » qui « se délectent fort aux amusements des aca- 
démies ^. » 

Omettons d'autres raisons, que David Rivault apporte 
néanmoins à bon droit pour expliquer et recommander 
l'œuvre projetée, et arrivons au règlement même, que 
nous donnons presque dans toute son étendue, parce 
qu'il est devenu aujourd'hui difficile à trouver. 

1. Dessein d'une acad., p. 3. 

2. Id., p. 5. 

3. Id., p. 6. 

4. M, p. 10. 

5. Id. ibid. 



— 197 - 

(( On suppliera très humblement le roy de permettre 
ce louable exercice en sa cour, de l'approuver et d'avoir 
agréable que ceste académie s'appelle la Royale, qu'il 
s'en veuille dire prince et protecteur perpétuel : et que 
néantmoins tous les ans on élise un prince, ou quelque 
personnage de grande qualité de cest Estât, qui en soit 
vice-protecteur... » 

« On créera un directeur, qui tiendra la place du 
vice-protecteur ; et, en son absence, sera le chef de la 
direction de l'académie... et tous les ans le jour de 
l'heureuse naissance du roy, qui est le XXVII de sep- 
tembre,... le directeur nouveau fera l'ouverture de l'aca- 
démie publiquement et prendra pour thème l'heur de la 
dite naissance du Roy ou l'advenement des Bourbons 
à la couronne de France » 

(( Il y aura deux assistants du directeur, ...qui en son 
absence, chacun en son rang, auront le commandement 
en main... » 

« Il y aura un secrétaire de l'académie, qui tiendra 
registre de tout ce qui s'y passera... Il sera esleu 
comme tous les autres officiers, le VIII jour de septem- 
bre... » 

a II y aura un économe qui aura soin chaque iour d'a- 
cadémie que lés chaires et les bancs soient en bon ordre, 
recevra les gens d'honneur qui y viendroient. et assisté 
de deux académiques de ses amis aura l'œil à ce qu'il 
n'y ait nulle confusion... » 

« Il y aura six observateurs, qui prendront garde 
curieusement aux vices qui se pourroient trouver en 
quelques académiques, et en feront le rapport sous- 
mains aux principaux chefs, lesquels seuls les choisiront 
en secret, sans que le reste de la compagnie le sçache, 
et leur donneront la charge de ce faire quelques iours 
après leur élection pour toute leur année. » 

« Qui voudra estre receu en l'académie, il priera un 
des académiques de le proposer. Sur la proposition qu'il 



— 198 — 

en fera, on en députera deux pour s'informer de sa vie 
et de ses mœurs. (On ne doit y recevoir indifféremment 
tout le monde). Au rapport qu'ils en feront on ballottera 
entre tous pour son élection, et, au plus de voix, il sera 
admis ou refusé. » 

« La forme de balloter sera empruntée des anciens. 
L'économe portera autour de l'assemblée deux pleines 
coupes de ballotes, ou de febves, pour représenter une 
plus chenue antiquité, les unes noires, les autres blan- 
ches, et chacun en prendra deux, une de chaque coupe. 
Puis il portera encore par les bancs l'urne, qui sera 
faicte de sorte qu'il y aura un endroit à passer la main 
à couvert, et des deux côtés deux réceptacles, l'un à 
droite, où se mettront les febves ou les ballotes décisi- 
ves de la proposition; l'autre à gauche, où les inutiles 
se renvoyeront. On en prend deux, afin qu'on ne cog- 
noisse point quel a esté le vœu d'un chacun... On ou- 
vrira l'urne et selon le nombre des blanches l'élection 
sera faicte ou refusée. Le nombre des blanches égal, ou 
arrivant à l'égalité de deux moins, l'élection passera : 
trois seront le refus. » 

« En l'élection des six officiers il y aura cet ordre, 
que les précédens en choisiront trois pour chaque office, 
qui ensemble seront présentés aux académiques, et 
celuy qui aura plus de voix sera éleu... » 

« L'Assemblée de l'académie se fera au jeudy et au 
dimanche ; à trois heures après midy au dimanche pu- 
bliquement et à huis ouvert à tout le monde ; le jeudy à 
une heure et à huis clos à tous ceux qui ne seraient du 
nom et de l'élection de l'académie. » 

« Le dimanche se fera la leçon par un académique sur 
tel sujet qu'il luy plaira de ceux qui seront choisis cy- 
après : sinon aux iours cy-devant prefix de l'ouverture 
et de l'élection des officiers. Et la leçon finie, qui durera 
au plus une heure, à l'ordinaire trois quarts d'heure ou 
demie heure, le lisant mettra une thèse de mœurs ou de 



— 199 - 

guerre, qui sera débattue de quiconque voudra des 
académiques, et le lisant respondra doucement aux ob- 
jections... » 

« Quelquefois au lieu de ceste conférence on mettra 
en avant une question d'Estat ou de guerre sur laquelle 
les académiques donneront leur advis, qu'ils fortifie- 
ront de raisons ; puis le directeur, qui parlera le der- 
nier, cueillera les voix, et aussi la résolution s'en pren- 
dra à la forme du conseil, afin que les ieunes s'acquiè- 
rent l'assurance de se trouver au lieu où telles affaires 
se déterminent à bon escient. » 

« La conférence finie,... si quelqu'un de l'académie a 
des vers, un épigramme, un sonnet, une chanson, un 
madrigal, en latin, françois, italien ou espagnol, de sa 
façon, il le pourra mettre en jeu. » 

« Au jeudy il s'y fera aussi une leçon d'une demie 
ou trois quarts d'heure ; puis on débattra une question 
de mœurs ou de guerre : et la conférence finie, on en- 
trera en considération des choses qui concernent l'aca- 
démie.... » 

« La matière des leçons ne pourra estre directement 
de théologie De toute autre chose, soit de philoso- 
phie, d'humanités, de poésie, des arts méchaniques, de 
l'histoire, de l'éclaircissement d'un autheur vieil ou ré- 
cent ; des recherches de l'antiquité ; des manières de 
faire la guerre, vieilles ou nouvelles, de divers peuples, 
de la police, des maximes d'estat ; principalement des 
mœurs, et bref de tout ce qu'une âme gentille peut con- 
cevoir et rechercher, il en sera discouru au gré de celuy 
qui aura la chaire. » 

« La chaire se demandera au directeur qui l'accor- 
dera selon qu'il luy semblera bon. » 

« Le lecteur sera tenu de donner par écrit au secré- 
taire sa leçon, qui sera conservée et enregistrée sous le 
iour qu'elle aura été faicte avec le nom du lecteur et le 
sujet d'icelle... » 



- 200 — 

« On recevra es leçons de l'Académie les langues la- 
tine, française, italienne et espagnole, et toutes autres 
en allégations. » 

« Tous les premiers jeudis du mois l'un des officiers, 
ou quiconque se présentera, fera une exhortation à la 
piété... » 

(c Le second jeudy de chaque mois le directeur, ou 
l'officier qui présidera, advertira un chacun de vivre 
sagement, et après censurera celuy ou ceux des acadé- 
miques librement, qui au rapport des observateurs vi- 
vraient dissolument.... mesme reprendra les mauvaises 
grâces, s'ils en ont...^ » 

Les statuts de cette Académie contiennent encore 
d'autres articles, curieux sans doute, mais trop étendus 
pour entrer dans cette étude, destinée surtout à mettre 
en relief la personne de David Rivault. 

Quant à l'institution même et à son fonctionnement 
dans la pratique, à sa durée et à ses travaux, nous som- 
mes malheureusement réduits aux données que nous 
fournit un discours du même auteur^. 

C'est une composition assez indigeste, très nourrie 
d'érudition, mais où brillent médiocrement les qualités 
des lettres françaises. A notre avis, aucune des publica- 
tions de Rivault ne donne moins la mesure de son ta- 
lent. Peu d'auditoires aujourd'hui supporteraient ces 
longues « allégations » de Plutarque et de quelques au- 
tres, et je suppose que dans la jeune académie royale 
du Louvre plus d'un des membres de cette société de 
choix admira de confiance les choses dont parlait cette 
belle vieille langue grecque, qui émaille les pages de la 
leçon. 



1. Dessein d'une acad., p. 12-25. 

2. Leçon faicle en la première ouverture de l'Académie royale 
du Louvre, le 6 may 1612, par le sieur de Flurance Rivault. Pa- 
ris 1612. iii-80 (Bibl. Mazarine, R. 33727). 



- 201 - 

Néanmoins cette conférence mérite une mention, ne 
fût-ce qu'à titre de curiosité et de souvenir. 

Les commencements de l'Académie sont « petits » 
comme ceux de Rome fondée par Romulus, alors qu'on 
apporta un peu de terre qu'on jeta dans « une fosse en 
rond*. )) On ne doit rien en préjuger de défavorable 
quant aux résultats-. Il faut même travailler avec ar- 
deur pour que les mêmes éléments d'industrie et de 
force réunies qui ont fait la grandeur de l'œuvre de Ro- 
mulus, fassent de même celle de cette compagnie, et 
qu'il en rejaillisse de la gloire pour « notre jeune Louis, » 
comme la fondation de Rome en procura au vieux ro- 
main 3, 

La culture intellectuelle jointe aux exercices corpo- 
rels nous donnera des capitaines accomplis, comme 
ces grecs célèbres qui sortaient des académies. « Puis- 
qu'il plaist à leurs Majestés autoriser ceste entreprise 
et on favoriser le dessein, il s'y trouvera des Platons, 
des Arcésilas et des Lacides, autheurs des trois acadé- 
mies, vieille, moyenne et nouvelle^. » Les disciples non 
plus n'y feront défaut. 

L'esprit français n'est pas si rouillé qu'il ne puisse 
(( remettre en lustre l'ancienne valeur de nos ancêtres, » 
qui donnèrent à la Grèce des leçons de philosophie et de 
savoir^. 

Du reste, quel milieu plus favorable que la cour pour 
fonder et faire valoir cette « institution » ? Là est le 
« concours » de la noblesse de province, et près de 
leurs Majestés « l'Académie sera la fosse creusée en 



1. Cf. Plutarque, Vie de Romulus. 

2. Cf. « Leçon etc., p. 1-2. 

3. Cf. Id., p. 3-4. 

4. « Leçon, etc., p. 7. 

5. Id. ihid. — Alhision sans doute à la conquête et à l'influence 
des Gaulois en Grèce et en Asie-Mineure. 



— 202 — 

rond* ; » là encore est l'antre d'Ithaque « lieu sacré aux 
nymphes qu'on appelle nayades^. » 

Gela vous fait rêver, peut-être ? Mais entendez bien ; 
les « belles nymphes naïades » sont les plus belles 
âmes « qu'aye cest Estât et ceste cour », celles-là mêmes 
qui opéreront leur « descente ^ » à l'Académie. 

Vraiment, nous touchons à des choses merveilleuses. 
Homère, — qui n'y pensait guère — légèrement aidé 
par Rivault de Fleurance, nous en révèle les secrets : 

« Il y a, dit-il, deux portes à cette caverne, l'une au 
septentrion, par laquelle les hommes entrent : l'autre, 
au midy, fermée aux hommes, parce que c'est le chemin 
des dieux ^. » — « Nostre Académie, poursuit l'orateur, 
est ouverte au public par le nort, et par une voye un peu 
froide et resserrée, qui est celle de l'élection et des ballo- 
tes. Lesdieux et les princes y descendent par un chemin de 
midy, plus chaut, plus ample et plus libre, qui estceluy 
de leur volonté seule, laquelle les conduisant chez nos 
Nayades ; elles leur présenteront à boire de leur am- 
broisie es plus larges couppes qu'elles ayent^. » C'est là 
que les « âmes s'abreuvent de belles et saines pensées, 
de beaux éclaircissements des choses, de piété et de 
dévotion envers ce qui nous oblige tant au ciel qu'en la 
terre 6. » 

« Ces belles âmes qui s'y rassemblent » ceuilleront 
« des fleurs de toutes sciences et de toutes cognois- 
sances. » De tels avantages expliquent le soin que les 
plus grands rois de l'antiquité ont eu d'avoir des aca- 
démies dont les exercices leur étaient aussi chers que 



1. Id. p. 9. 

2. Id., p. 11. — Cf. Homère, Odyss. XIII, v. 103 et 107. 

3. M, p. 12. 

4. Homère, Odys. v. 109-112. cité par D. Rivault, op. cit. 
p. 13. 

5. D. Rivault, op. cit., p. 14. 

6. Id. ibid. 



— 203 — 

ceux des armes ^ Ainsi l'empereur Auguste faisait « de 
sa maison une continue Académie 2. » 

Assurément le goût de Tétude est à développer paral- 
lèlement avec celui des exercices corporels. L'étude est 
nécessaire aux rois eux-mêmes. Le précepteur le rap- 
pela au jeune Louis avec à propos et autorité: « Regne- 
riez-vous heureusement, sire, sans estude P^ » 

Le monarque ne fréquentera pas sans profit l'Acadé- 
mie, et, « comme le chef, sera touiours estimé estre la 
source du mouvement et sentiment^ » des associés. 

La diversité des sujets traités, sciences naturelles, 
législation, esthétique, promet de l'intérêt et offre à 
chacun libre cours d'exercer la subtilité de son esprit 
dans les matières qu'il aura le mieux étudiées^, et les 
auditeurs se façonneront à tout, s'instruiront en tout et 
s'esgayeront en tout^. » 

La jeunesse surtout fera profit en ces réunions. L'ha- 
bitude que les jeunes gentilshommes auront contractée 
de parler en public, et d'y déployer beaucoup d'art 
« leur sera un merveilleusement bon outil à se desmes- 
1er de toutes affaires, quand ils viendront à estre em- 
ployez aux charges, soit d'estat ou de guerre '^. » Et 
« les vieux », ajoute l'auteur dans une page, qui n'est 
pas sans éloquence, « pourroient bien dire ce qu'a servy 
la langue pendant nos troubles, à ceux qui ont sceu 
parler ; combien ils ont esteint de rumeurs populaires, 
appaisé de séditieux,... ralenti la chaleur des vacillans, 
eschauffé la froideur des lents, et mis généralement à 

1. Cf. Id., p. 17-18. 

2. Id., p. 24. 

3. Id., p. 20. — On voit par ces paroles que Louis XIII assis- 
tait à cette première réunion. 

4. Id., p. 28. 

5. Id. ibid. 

6. Id., p. 22. 

7. Id,, p. 23. 



toutes sortes de gens courage au ventre. J'en ay veu 
plusieurs beaux effects qui auroient donné à des gens de 
cervelle mieux faicte que moy des grandes envies de 
valoir quelque chose*. » 

L'orateur arrive au terme de .son discours. Ses con- 
clusions sont prévues : « Le courage ne diminue nulle- 
ment par le scavoir, au contraire il s'augmente par la 
connoissance du bien et du mal -. » Or cette connais- 
sance s'acquiert à l'Académie dont « la fréquentation 
est nécessaire pour venir à quelque chose d'éminent et 
de relevé par dessus le commun et pour paroistre dans le 
monde 3. » 

Retenons ces paroles, qui nous confirment dans l'opi- 
nion que nous nous faisions déjà de l'Académie du 
Louvre. Celle-ci a un caractère pratique qui en fait une 
sorte de haute école du palais. 

L'idée était heureuse. C'était au moins une semence 
destinée à germer et à se développer après un hiver de 
plusieurs années. 

Richelieu la retrouvera dans les parterres de Gonrart, 
et, tout en lui faisant subir des modifications, une trans- 
formation même, il conservera un nom célèbre et con- 
sacré. 

L'Académie de 1612 n'était pas, comme celle de notre 
temps, un aréopage ou un sénat des belles-lettres et la 
plus haute récompense de leur mérité^ ; mais, telle quelle, 
elle demeure un titre d'honneur pour notre compatriote, 
en même temps qu'elle nous montre en lui un homme 
très entendu à la cour. 



1. Id., p. 34. 

2. Id., p. 35. 

3. Ibid. 

4. Richelieu lui-même n'avait pas conçu l'académie exacte- 
ment telle qu'elle est de nos jours (Cf. Ann. de la faculté des 
lettres de Rennes, 3® trimestre 1886 et notre Etude sur Datiiel 
Hay du Chdtelet, Laval, Goupil, 1891). 



I 



Celui qui mena à bien, au moins un moment, une telle 
entreprise sous les yeux de la régente, des grands et 
des courtisans, en triomphant de l'envie toujours prête 
à contrecarrer un rival ou un inférieur, ne pouvait être 
sans considération et sans grand crédit. Il avait qualité 
et autorité pour diriger, même après un Nicolas Le Fèvre, 
l'éducation et l'instruction du roi. 

C'est ainsi que cette question d'une Académie nous 
ramène à notre sujet, auquel elle se rattache plus qu'il 
ne semble à première vue. 

Suivons donc maintenant le précepteur dans l'exercice 
de son honorable, mais bien difficile fonction. Ses leçons 
mêmes et quelques témoignages contemporains nous 
serviront de guides. 

(La fin à la prochaine livraison). 

A. Anis. 



14 



SIGILLOGRAPHIE 
DES SEIGNEURS DE CRAON 



XXVI 
RAMEAU DE DOMART 

JEAN I DE DOMART 

Vers 1346 — 1409. 

Le 25 octobre 1415, si désastreux pour la France, fut 
tout particulièrement fatal à la maison de Graon : tandis 
que le sang le plus pur de la chevalerie française inon- 
dait le champ de bataille d'Azincourt, les fils de Robert 
le Bourguignon, fauchés par l'Anglais, étaient presque 
anéantis : Amaury de Briolay, espoir de la branche de 
La Suze, Jean de Montbazon, grand échanson de Fran- 
ce, chef de la branche de Sainte-Maure et son unique 
survivant, Antoine de Beauverger, grand panetier de 
France, seul représentant du rameau de la Ferté, y fu- 
rent tués. Jean de La Suze, chef de la maison, et à qui 
son âge interdisait toute postérité, survivait seul de ces 
trois branches, détruites en une seule journée. 

Le sang de Graon n'existait plus, en dehors de lui, 
qu'en un seul rameau, fixé loin de son pays d'origine, à 
Domart en Ponthieu'. Lui aussi pourtant avait large- 
ment payé sa dette à la patrie, car Simon de Glacy, son 
chef, avait été tué sur le champ de bataille et Jean II, 
que son décès appelait à prendre sa place, y avait reçu 
de si graves blessures que ses jours en furent abrégés. 

1. Domart est situé dans rarrondissement de DouUens. Nous 
ne connaissons qu'un seul travail qui y soit relatif : Recherches 
archéologiques sur le château, la maison d'échevinage et l'église 
de Domart, par M. H. Dusevel, aux pages 149-160 des Mémoires 
lus à la Sor bonne en 1867. Archéologie. 



- â07 - 

Jean I de Graon, seigneur de Domart, était le qua- 
trième des fils de Guillaume I et de Marguerite de Flan- 
dre. Gontemporain de Jean de La Suze, il s'en distingue 
par le nom de Domart, fief qui, ayant appartenu à son 
père dès 1337, lui fut sans doute assigné pour sa part 
lors du décès de celui-ci ^ 

Il faut placer la naissance de Jean I vers 1346, aussi 
près que possible de celle de son frère Pierre de La 
Ferté. Il est en effet certain que, vers le 5 mai 1364, il 
épousa Marie, fille aînée de Gaucher de Ghâtillon et de 
Marie de Guines-Goucy, sœur de Jeanne, l'épouse de 
Pierre, son frère aine. Les deux alliances de l'aîné avec 
la cadette et du cadet avec l'aînée furent sans doute si- 
multanées. Jean n'avait guère que dix-huit ans, Pierre 
dix-neuf. La date du partage des biens de leurs parents 
entre les deux sœurs n'est pas connue ; on sait du moins 




197. — Sceau de Jean I de Domart, 1879. 

que Marie, en qualité d'aînée, fut propriétaire du vidamé 
de Laonnais^, de la châtellenie de Glacy et d'autres 
terres qui ne sont pas indiquées dans l'analyse qu'on 
possède de ce document. Elle ne conserva pas le vidamé 

1. Cartulaire, n» 941. 

2. C'est par abus de langage qu'on a souvent dit vidamé de 
Laon et qu on a qualifié l'ovôque de Laon de duc de Laon. Laon, 
en effet, n'eut jamais d'autre seigneur que le roi, de sorte que son 
évêque était duc de Laonnais et son vidamé était vidamé du 
Laonnais. Voir dans le Bulletin de la Société de Laon, t. III, la 
Notice sur Clacy. 



R 



- â08 - 

de Laonnais ; et, pour neuf mille livres, le 6 mai 1389, 
elle le vendit à Ferry Gassinel, évêque d'Auxerre^ 
On connaît trois sceaux de Jean I de Domart : 
Le plus ancien, (figure 197), est fourni par le numéro 




198. — Sceau de Jean I de Domart, 1392. 

737 de V Inventaire des sceaux de Flandre ; il a été ap- 
posé le 20 janvier 1379 à l'une des pièces relatives au 
différend entre Pierre de La Ferté et Louis de Namur^. 




199. — Sceau de Jean I de Domart, 1403. 

C'est un sceau rond, de 0,024, à l'écu de Craon brisé 
d'une bande^^ surmonté d'un heaume, sommé d'une tête 
d'ours bouclée, sur champ réticulé. La légende est : 
... E SEEL JEHAN DE CRAON ; elle est coupéc en deux par 
une salamandre. 

Le second (figure 198), date de 1392 (2959 de Clai- 



1. Cartulaire, no^ 1213 et 1390. 

2. Cartulaire, n^ 1216. 

3. Il est bien certain que le blason portait une surbrisure fai- 
sant pendant à l'étoile par laquelle Pierre surbrisait l'écu de 
son père ; mais il est impossible de la discerner sur le 737 de 
Flandre. 




— 209 — 

rambault). C'est un sceau rond de 0,026, à l'écu plein 
surmonté d'un heaume, garni d'une housse fleuronnée 
et sommé d'une tète de chien. Le champ est semé de 
rinceaux. De la légende on ne lit plus que : s.... an de 
Gra... 

Le troisième (figure 199), est de 1403 ; il n'a pas été 
moulé et est fourni par la pièce G du dossier Graon des 
Pièces originales. G'est un sceau rond de 0,03, à l'écu 
penché, sur champ fretté, semé des lettres a m gothi- 
ques. 

Les documents du Cartulaire établissent que Jean I 
de Domart était en 1403 au nombre des chambellans du 
fastueux Louis d'Orléans et qu'au mois de novembre il de- 
vait aller en Lombardie avec celui-ci. Jean mourut dans 
le courant de 1409, entre le 23 mars, date où dans un con- 
seil de famille, on le désignait comme l'un des tuteurs de 
Jeanne et Jacqueline deBéthunes, et le 2 décembre, épo- 
que où Marie de Ghâtillon est qualifiée de veuve dans un 
mandement du roi. Au dire de Ménage, le partage de ses 
biens se serait effectué dans le courant de 1410 ; mal- 
heureusement la pièce, annoncée comme devant figurer 
parmi les preuves de V Histoire de Sablé., n'y a pas été 
publiée et toutes les recherches faites pour en retrou- 
ver la trace sont restées vaines ^ 

Marie de Ghâtillon qui, d'après Ménage, aurait pré- 
sidé à l'acte en question, vivait encore deux ans plus 
tard : elle plaidait en Parlement le 7 mai 1412. Elle ne 
tarda guère sans doute à mourir, car l'aîné de ses fils, 
Simon, lorsqu'il fut tué le 25 octobre 1415, portait le 
nom de Glacy, qui ne pouvait lui appartenir que par 
suite du décès de sa mère. 

Grâce aux articulations des parties insérées dans un 
arrêt du Parlement du 11 août 1397, on sait que Jean 
de Domart et Marie de Ghâtillon n'eurent pas moins de 

1. Cartulaire, n»» 1408 à 1412, 1413, 1414, 1416. 



— 210 — 

dix-huit enfants, sur lesquels, à la date en question, il 
leur en restait encore douze en vie. La liste n'en existe 
nulle part et les éléments pour la dresser font absolu- 
ment défaut ; force est ici de passer sous silence neuf 
d'entre eux et de mentionner ceux-là seulement dont 
l'existence est établie par les documents. On se bornera 
à nommer deux fils : Simon et Jean, et sept filles, trois 
mariées : Marguerite, Marguerite, Jacqueline, et quatre 
ayant été abbesses : Jeanne, Nicole, Catherine et 
Agnès. 

XIP^i, 2- — Simon et Jean. — Simon de Clacy et 
Jean II de Domart, les deux seuls fils de Jean I dont 
l'existence soit établie, furent l'un et l'autre chefs du ra- 
meau de Domart après leur père. Ils auront chacun un 
article séparé. 

XIP^3. — Marguerite. — Le mariage de Margue- 
rite de Graon avec Bernard de Dormans remonte au 10 
mai 1381. Elle avait treize ans alors ; elle était née par 
conséquent en 1368. La maison de Dormans jouait à 
cette époque un rôle considérable en France où trois de 
ses membres se succédèrent comme chanceliers de Fran- 
ce : Jean nommé le 18 mars 1358, Guillaume, le 21 
février 1372 et Miles en 1380 ' . Mais son élévation était 
récente car c'est en mars 1351 seulement que le roi Jean 
avait conféré la noblesse à Guillaume et à sa femme 
appelée Jeannette. 

Moins de six mois après son mariage, vers le mois de 
novembre 1381, Marguerite de Graon devenait veuve. 
Elle n'avait pas donné de postérité à Bernard, qu'on 
sait avoir été enseveli à Paris, au cimetière des Saints- 
Innocents. 

En secondes noces elle épousa Jean de Groy, sei- 
gneur de Renty. L'acte le plus ancien qui témoigne de 



1. Voir Tessereau, Histoire de la Grande Chancellerie de 
France, t I, p. 20-31. 



— 2H — 

cette alliance est du 9 mars 1388 : c'est un accord avec 
l'évêque de Meaux, Guillaume de Dormans, au sujet du 
douaire dû à Marguerite. Cet acte ne mit pas fin à tou- 
tes les difficultés entre les Groy et les Dormans, car un 
jugé du 23 décembre 1400 intervint dans l'instance, 
intentée par Jean de Groy et Marguerite, afin d'obtenir 
pour les droits de celle-ci une solution plus équitable 
que celle dont Jean de Graon s'était naguère contenté 
en son nom*. 

Le 11 août 1397, Jean de Groy et Marguerite étaient 
encore devant le Parlement ; ils avaient alors pour ad- 
versaires les parents de Marguerite et le litige portait 
sur la dot qui avait été promise à celle-ci lors de son 
premier mariage^. 




200. — Sceau de Jean de Croy, 1412. 

Jean de Groy, qui en mars 1412 fut pourvu de Tofr- 
fice de grand bouteiller de France, fut tué à Azincourt 
et fut enseveli dans l'église Saint-Bertin de Saint- 
Omer, où le corps de Marguerite dé Graon fut apporté 
lors de son décès ^. 

On possède un joli sceau de Jean de Groy (fig. 200), 

1. Cartulaire, n» 1404. 

2. Cartulaire, n» 1400, 1401, 1406. 

3. Cartulaire, n» 1404. 

4. Voir B, N., Dom Grenier 130, 186. 



- 212 — 

(3041 de Clair ambault) ; il mesure 0,04. On y voit un 
écu aux armes de Croy, écartelé au 1 et 4 chargé de 
trois fasces au 2 et 3 de trois doloires adossées, chargé 
en abîme d'un écu écartelé lui aussi de Craon et de 
Flandre^ penché, timbré d'un heaume couronné, cime 
d'une tête d'aigle dans un vol et supporté par deux 
lions. Le champ est orné de rinceaux. La légende est 
détruite. 

Il n'y a aucun compte à tenir de deux beaux por- 
traits gravés par Jacques de Bye au commencement du 
XVI P siècle et donnés dans le Livre contenant la gé- 
néalogie et descente de ceux de la Maison de Croy 
comme ceux de Jean de Croy et de Marguerite de 
Craon ; ils ne sont que des fruits de l'imagination de 
l'artiste ^ 

Marguerite de Craon avait donné à Jean de Croy plu- 
sieurs enfants : Archimbault, l'aîné, fut tué à Azincourt, 
en même temps que son père ; Antoine fut chef dt la 
maison après eux^ et fut bail du neveu à la mode de 
Bretagne de sa femme, Antoine de Craon, seigneur de 
Domart, qui devait être le dernier de son nom. 

XIP\. — Marguerite. — On a lieu de s'étonner de 
trouver deux sœurs du même nom dans une seule géné- 
ration. On peut supposer entre les deux enfants une 
différence d'âge telle que l'une avait quitté la maison 
paternelle avant la naissance de la seconde. En effet, 
c'est le 4 juin 1402, vingt et un ans après le premier 
mariage de son homonyme, que Marguerite épousa 
Gaucher de Torotte^. 



1. C'est un exemplaire de ces jolies gravures, faites sans au- 
cune recherche de la ressemblance, qui est conservé à la Bi- 
bliothèque nationale. Cabinet Clair ambault, v. 1167, fol, 181. 

2. Cartulaire, n° 1440. Cet Antoine de Croy, né, paraît-il, en 
1385 et mort en 1475, ou 1477, est le sujet d'un article de la Bio- 
graphie nationale belge, signé général Guillaume. 

3. Cette date est fournie par son contrat de mariage, n» 1407 
du Cartulaire. A la Bibliothèque nationale dans la Collection 
dom Grenier, t. 150, p. 31-47, se trouve une généalogie de To- 
rotte, où on ne rencontre aucune mention de l'alliance Craon. 



- 213 - 

Ils eurent une fille unique, Marie, laquelle, le 27 
avril 1420, reçut de sa belle-sœur, veuve de Jean II, le 
solde de la dot de sa mère. A cette dernière date Gau- 
cher de Torotte vivait encore, mais Marguerite était 
morte. 

Il existe un sceau de Jean de Torotte (fig. 201). 
On le donne ici d'après une empreinte très fruste et 
restée non moulée, qui figure aux Titres scellés (tome 
105, fol. 8225). C'est un sceau rond de 0,035, où se 




301. — Sceau de Jean de Torotte. 

trouve un écu penché, surmonté d'un heaume dans un 
quatrefeuille allongé. Le champ rempli par deux bran- 
chages ayant la forme de ferronnerie. De la légende on 
ne lit plus que : jehan de tho. 

XIP\. — Jacqueline. — Ni Ménage, ni M. de Bo- 
dard, ni le P. Anselme n'ont connu cette troisième lîlle 
de Jean I, dont l'existence semble cependant ne pas 
devoir faire doute, affirmée comme elle l'est par le Re- 
cueil généalogique de Colonia et par l'un des Dossiers 
Bleus de la Bibliothèque nationale ^ 

Cette Jacqueline épousa Jean de Ghistelle, fils de 
Roger de Ghistelle et de Marguerite-Anne de Dudsèle, 

1, Voir: [Colonia] Recueil généalogique des familles originai- 
res des Pays-Bas, ou y établies, 2 vol. in-S», Hotterdam, 1785, 
t. I, p. 153-180, généalogie Ghistelle, et B. N. Dossiers bleus, au 
mot Ghistelle. M. de Limburg Stirum, dans son Chambellan de 
Flandre et les sires de Ghistelle, Gand, 1868. in-8», n'a rien dit 
de la branche de Dudsèle. 



- 214 — 

qu'il avait épousée en 1357 ; elle devint veuve, dit-on, 
en 1430, par le décès de Jean, tué lors d'un combat 
que le duc de Bourgogne livrait aux Liégeois. 

Elle lui avait donné un fils unique, Gérard de Ghis- 
telle, époux de Jeanne de Barbançon, et trois filles : 
l'aînée appelée Jacqueline comme sa mère, épousa le 
sieur d'Huinet de Brée en Campine ; la seconde, Jeanne, 
épousa Gilles de Lannoy, sieur de Santre et de Wilder 
Wack ; la troisième, Agnès, fut la femme de Godefroy 
de Gavère, sieur de Friesinz, • 

XlP'^g. — Jeanne. — Jeanne fut la vingt-neuvième 
abbesse d'Origny^ Elle reçut la bénédiction abbatiale 
en mai 1400, et mourut un 26 août, dont on ignore 
l'année. Le Gallia- lui donne comme successeur sa 
sœur Agnès. 

X1P^7. — Nicole. Nicole fut la vingt-septième ab- 
besse d'Avenay dès 1409 et mourut en 1435 ; elle eut 
pour successeur sa sœur Catherine ^. 

XlP^g- — Catherine. — Catherine en 1435 succéda 
à sa sœur Nicole comme vingt-huitième abbesse d'Ave- 
nay. Elle resta à la tête de cette communauté jusqu'en 
1460. 

XlP^g. — Agnès. — D'après le Gallia^ Agnès pen- 
dant un court espace de temps, aurait été abbesse d'O- 
rigny à la suite de sa sœur Jeanne. D'après le même 
ouvrage elle fut la vingtième abbesse de Meseen au dio- 
cèse d'Ypres^. Elle mourut le 7 janvier 1466. 



1. En l'absence de toute espèce de documents rattachant 
Jeanne à Jean de Domart, on pourrait voir en elle cette Jeanne, 
fille de Guillaume II et de Jeanne de Montbazon, nommée dans 
le testament de sa mère du 31 décembre 1394 et qui n'est l'objet 
d'aucune autre mention. 

2. Gallia Christiana, IX, 626. 

3. Gallia, IX, 281 ; et Paris, Histoire de l'abbaye d'Avenay. 

4. Gallia Christiana, V., 343 ; IX 625. 



XXVII 
RAMEAU DE DOMART 

SlMOx\ DE GLAGY 

1409. — 25 octobre 1415. 

Il y a tout lieu de penser que les fils aînés de Jean I 
de Domart ne parvinrent pas à la majorité, car aucun 
document ne fait allusion à leur existence. Son héri- 
tier se nommait Simon ; et, par suite du décès de sa 
mère, il portait le nom de Glacy ', fief que celle-ci avait 
reçu en partage, lors de la liquidation des biens de ses 
parents. 

Simon avait dû naître seulement vers 1392 : car le 7 
mai 1412, il n'était encore qu'écuyer. 

Gomme son cousin Antoine de Beauverger, il se dé- 
voua au parti bourguignon et, à la suite du meurtre du 
duc d'Orléans, il fut du petit nombre des fidèles qui ac- 
compagnèrent le duc de Bourgogne dans sa fuite hors 
de Paris 2. 

11 fut tué à Azincourt, le 25 octobre 1415, laissant 
pour héritier son unique frère, Jean, lequel avait été 
grièvement blessé parles Anglais. 

On n'a rencontré aucune trace du mariage de Simon. 
Vu les usages de l'époque, il semble cependant peu pro- 
bable qu'il n'ait pas été fiancé vers sa vingtième année, 
plus tôt même, peut-être. 

1. Clacy est situé à près d'une lieue au sud-ouest de Laon. 

2. Grandes Chroniques de France, IV, 153. 



xxvm 

RAMEAU DE DOMART 
JEAN II DE DOMART 

25 octobre 1415. — Vers 1417. 



Jean II était loi nd'être l'aîné des fds de Jean 1 et de Ma- 
rie de Ghâtillon ; outre Simon, qui devait à l'avantage de 
l'âge la possession du fief de Clacy, venu de sa mère et 
dont il portait le nom lors de son décès à Azincourt, il 
eut certainement d'autres frères, au nombre de ces neuf 
enfants dont on ne connaît pas les noms. 

Les documents sont presque muets sur Jean II qui, 
qualifié de chevalier dès le 2 mars 1415, fut griève- 
ment atteint à Azincourt et mourut des suites de ses 
blessures, vers 1417. 




90S. — Sceau de Jean II de Domart. 



Il avait épousé, à une date que rien ne vient faire 
connaître, Guye de Longroy, fille de Jacques de Longroy 
et de Marie de Querrieu, et sœur aînée d'Isabelle de 
Longroy, épouse de Valerand de Rivery. Le partage 
entre les sœurs est du 4 avril 1415. Guye, devenue 



— 217 - 

veuve de Jean II, contracta une seconde alliance avec 
Philippe de Fosseux et fit un jour épouser sa belle fille 
Bonne à son fils Jacques de Graon. 

On possède un sceau de Jean II (Picardie^ 269). C'est 
un sceau rond de 0,032 (figure 202), où se trouve un 
écu écartelé de Graon et de Flandre, chargé d'une cotice, 
surmonté d'un heaume cime d'une tête d'ours bouclée 
dans un vol paré, sur un champ fretté semé des lettres 
A et M gothiques. 

La collection Clairambault (numéro 5326) possède 
une empreinte de 1414 du sceau de Jacques de Longroy. 
G'est un sceau rond de 0,035 (figure 203), à l'écu pen- 




iW3. — Sceau de Jacques de Longroy, 1414. 

ché, timbré d'un heaume couronné, cime d'une tête de 
chien ; dans le champ deux vires surmontées des lettres 




304. — Sceau de Guye de Longroy, 1416. 

gothiques ci et li. De la légende on ne lit plus que : 

SCKL JAQUES. 

Le sceau de Guye de Longroy (figure 204) est fourni 



parla collection des Sceaux de Picardie (numéro 270). 
C'est un sceau rond de 0,028, à l'écu droit parti de 
Craon et de Longroy dans un cercle orné de dentelures. 
De la légende on lit : '^ guie de... lonroy dame de 
DOMART. Il faut remarquer que le parti de Craon con- 
tient un écart de Flandre, où la cotice du blason de Jean 
de Flandre est très visible. 

Jean II et Guye de Longroy laissèrent plusieurs en- 
fants; ce fait est établi par l'acte du 27 avril 1420, où 
est relaté le payement par Guye de Longroy à Marie de 
Torotte, sa nièce, de deux mille livres, « à l'acquit de 
Jacques de Craon et autres enfants mineurs. » Aucune 
autre allusion n'est faite à l'existence de ces enfants, des 
filles probablement. On se bornera donc à parler de 
Jacques. 

XlIP^'i. — Jacques. — Jacques fut après son père 
chef de la branche de Domart. 



XXIX 
BRANCHE DE DOMART 

JACQUES 

Vers 1417. — Septembre 1440. 



Jacques avait, dit-on, trois ans seulement lors de la 
mort de son père ; il était donc né vers 1414. Ses biens 
furent d'abord sous le bail de sa mère Guye de Longroy ; 
et, lorsque celle-ci en secondes noces épousa Philippe 
de Fosseux, dit le Borgne, ils passèrent sous la tutelle 
de ce dernier, tutelle qui durait encore lorsque, en 1422, 
Domart tomba aux mains de ses ennemis. Jean II avait 
donc à peu près treize ans lorsque, le 27 juin 1427, il 
épousa Bonne de Fosseux, fille de son tuteur. Il est 
intéressant de signaler la décision prise à son sujet par 
Philippe, duc de Bourgogne, sur un point de droit che- 
valeresque : le 17 janvier 1432 Jacques avait été fait 
prisonnier ; le duc de Bourgogne décida que l'accord 
établi pour sa rançon avec le sire de Boussac lui avait 
rendu la liberté et que c'était sans droit que Rigaud de 
Yerseilles le revendiquait pour son prisonnier. 

C'est à Rhodes, peu après le 12 septembre 1440, que 
Jacques rendit le dernier soupir. Il y fut enseveli au 
couvent de Saint-Augustin. 

On ne connaît aucune empreinte de son sceau ; quant 
à celui de sa femme il est conservé parmi les sceaux de 
l'Artois (numéro 308). C'est un sceau rond, de 0,03 
(figure 205), à Técu droit parti de Craon et de Fosseux 
portant la légende : seel bon... de fosseuo. 



— â20 — 

Bonne de Fosseiix, veuve en 1440, resta, au dire de 
Ménage, seize ans en état de veuvage' et attendit jus- 
qu'au 28 novembre 1456 pour devenir en secondes no- 
ces l'épouse de Golard de Sains. Elle ne vivait plus en 
1473, alors que Antoine dé Graon son fds relevait un 
fief, sur lequel il n'avait d'autres droits que ceux qu'il 
tenait de l'héritage de sa mère. 

Jacques, en mourant, laissait un testament fait à 
Rhodes le 12 septembre 1440, grâce auquel on possède 
des renseignements précis sur sa descendance. Jacques 
avait deux fils : Antoine et Jacques, deux filles, dont 
une seule est nommée, et en outre une fille naturelle 
appelée Jeannette. 




205, — Sceau de Bonne de Fosseux, 1449. 

XIV^^i. — Antoine. — Antoine, qui devait être le 
dernier de son nom, aura son article à la suite de celui 
de son père. 

XIV^^2- — Jacques. — Jacques, second fils de Jac- 
ques de Domart et de Bonne de Fosseux, n'a pas laissé 
d'autres traces de son existence que ce qui est dit de lui 
dans le testament de son père : à savoir qu'il devait re- 
cevoir le fief de Longroy et que, aussi longtemps que les 
guerres mettraient obstacle à sa prise de possession, il 
aurait droit à une rente de deux cent cinquante livres 
parisis. 



1. Sablé, 277. 



ï 



— 2âl - 

XlV^^g. — Jeanne. — Jeanne était Taînée des filles 
de Jacques. Celui-ci par son testament lui léguait pour 
tous ses droits huit mille écus. C'est tout ce qu'on sait 
d'elle. 

XIV^\. — Autre fille. — Celle-ci, dont le nom 
n'est pas donné, était destinée à se faire religieuse dans 
un monastère choisi par sa mère, lequel devait recevoir 
une rente de quarante livres . 

Quant à Jeannette, sa fille naturelle, elle devait rece- 
voir deux mille francs, ou le fief de Saint-Victor en 
Caux. 



15 



XXX 
BRANCHE DE DOMART 

ANTOINE 

Septembre 1440. — Vers 1480. 

Antoine était le fils aîné de Jacques de Domart ; né, 
au dire de Ménage, en mai 1434 ; il n'avait que six ans 
lors de la mort de son père ; il eut pour bail son oncle 
à la mode de Bretagne, Antoine de Groy, fils de Jean 
de Groy et de Marguerite de Graon. 




5j06. — Sceau commun à Jean le Maingre et à Jean de Crèvecœur, 
maréchaux de France, 1391-1413. 

Il avait épousé Glande de Grèvecœur, fille de Jean de 
Crèvecœur et de Marguerite de Nesle, laquelle, devenue 
veuve, non pas sans enfant comme le dit Ménage, mais 
après avoir eu deux filles, se remaria à Jean Blocet. 

On ne possède ni le sceau d'Antoine ni celui de 
Claude son épouse ; on donne ici (figure 206), le dessin 



I 



du sceau de la maréchaussée de France apposé en 1412 
par Jean Le Maingre et Jean de Crèvecœur, maréchaux de 
France [Clair ambault^ 5699), dans lequel on voit un 
écu droit, parti de Le Maingre et de Crèvecœur, sus- 
pendu par une courroie à un arbre, supporté par une 
aigle et un lion adossés. Dans le champ, sur deux ban- 
deroles entrelacées en sautoir, on lit ces mots en gothi- 
que cursive : Ce que dame (voudra) on le verra. 

Antoine, qui est nommé parmi ceux qui ont pris part 
le 23 septembre 1468 à la bataille du Liège \ ne lais- 
sait en mourant que deux filles : Jeanne et Catherine. 

XV^^|. — Jeanne. — Jeanne, fille aînée d'Antoine de 
Domart, épousa Jean de Soissons Moreul, fils de Vale- 
ran de Soissons, chambellan du roi, et de Marguerite 
de Roye. Leurs enfants furent de son chef seigneurs de 
Domart, Bernaville et Glacy. 

XV^%. — Catherine. — La seconde fdle Catherine 
épousa Jean de Vassenaère, lequel devenu veuf se re- 
maria à Jeanne d'Halwin. 

C'est entre les mains des descendants de Jeanne et 
de Catherine que passèrent les fiefs des Craon-Domart, 
après le décès d'Antoine, qui existait encore le 30 sep- 
tembre 1474, mais qui ne vivait plus le l®'' juillet 1481, 
époque où son gendre se faisait condamner à payer une 
rente due par sa succession. Sa mort avait mis fin à la 
maison de Craon dont le nom, après avoir été porté par 
quatorze générations et avoir brillé pendant plus de 
quatre siècles, prenait fin au moment même où le 
Moyen-Age faisait place aux temps modernes. 

1. Voir les Mémoires pour servir à l'histoire de France et de 
Bourgo^^ne, Paris, 1729, 2 i^-4^ t. I, p. 374. 



2-24 



CARTULAIRE DE CRAON 

RAMEAU DE DOMART 

XIX (1387-1454) 1345-1480. 

1387. - 1331, V. s., 27 mars (date fausse). — Numéro 1212. 

1388. — 1350, V. s., mars, bois de Vincennes. — Lettres 
par lesquelles le roi Jean accorde la noblesse à Guillaume de 
Dormans et à Jeannette sa femme (A. N., JJ80, 726). 

1389. — 1357, V. s., 18 mars, Saint-Denis. — Lettres du 
Régent portant provision de roffice de chancelier à Jean de 
Dormans (A. N., P 2292, 594). 

1390. — 1364, 5 mai. — Charte par laquelle Geoffroy, 
évêque de Laon, fait remise des droits de relief pour Clacy, 
vidamé de Laonnais, Thierret et le Four d'Urcel dus à l'oc- 
casion du mariage de Marie de Châtillon avec Jean de Craon 
(Arch. de T Aisne, G 84*, d'après un vidimus du même jour 
que l'acte). 

1391. — 1365, v. s., janvier, Paris. — Lettres par les- 
quelles Charles VI accorde rémission à Jean Descombles 
« hault capitaine du chastel de Rozoy en Thiérache, familier 
et serviteur de Jean de Craon, fils de nostre amé et féal che- 
valier et chambellan, Guillaume de Craon, » qui avait tué 
Renaud de Lille (A. N., JJ 98, 729). 

1392. — 1372, 27 avril. — Mandement du duc d'Orléans 
touchant l'hommage qu'il avait reçu de Jean des Mares, 
avocat, pour la maison de la Chaucée en Brie, tenue du châ- 
teau de Coulommiers, et acquise de Jean de Craon, vidame 
de Laonnais (B. N., Nouv. acq. françaises^ 5233, 2). 



1. Le même dossier contient le dénombrement du vidamé, 
présenté le 1" septembre 1363 par Marie de Châtillon. 



- 2-25 - 

1393. — 1373, 29 octobre. — Testament de Jean de Dor- 
mans, où on trouve mention de son neveu Bernard et de ses 
autres neveux et nièces (Copie, B. N., latin, 15439, 209). 

1394. — 1373, V. s., 21 janvier, Amiens. — Sentence du 
bailliage condamnant Jean de Craon-Domart à payer au cha- 
pitre de l'Assomption de N. D. de Gamache la redevance de 
12 setiers de blé, fondée en décembre 1208 par Thomas de 
Saint- Valéry. (Darsy. Bénéfices de Véglise d'Amiens, II, 104). 

1395. — 1378, V. s., 20 janvier à 1379, 4 juin, Lille. — 
Numéro 1216*. 

1396. — 1380, 1" octobre. — Institution de Miles de Dor- 
mans comme chancelier de France (A. N., P 2295, 672, 675). 

1397. — 1381, 10 mai. — Contrat de Bernard de Dormans 
et de Marguerite de Craon, fille de Jean. Guillaume de 
Dormans, son frère, y prend part (Note du Gallia, IX, 754 et 
de Ménage, Sablé, 276). 

1398. — 1381, 30 octobre, Thérouanne. — Montre de 
Jean I de Domart (B. N., Pièces originales, Craon, 2740). 

La monstre de messire Jehan de Craon, chevalier, un au- 
tre chevalier et six escuyers de sa compagnie receuz à Thé- 
rouanne le pénultième jour d'octobre, l'an 1381. 

Ledit messire Jehan. 

Messire Jehan Berart. 

Jehan de Sareny. 

Gaucher de Sareny. 

Colart Haton 

Jehan de Surea. 

Robert le Haut. 

Guillaume de Discrecourt. 

1399. — 1382, 27 novembre. — Etat des chevaliers banne- 
rets ayant pris part à la bataille de Roosebeke : « messire 



1. C'est à l'un de ces actes que le sceau (figure 197), est ap- 
posé. 



- 226 - 

Jehan dé Craon » est l'un des chevaliers [Froissart^ édition 
Kervyn, t. XXI, p. 360;. 

1400. — 1387, V. s., 9 mars. — Accord entre Jean de Croy, 
seigneur de Renty, et Marguerite de Craon, sa femme, d'une 
part, et Guillaume de Dormans, évêque de Meaux, de l'au- 
tre, réglant le douaire dû à Marguerite comme veuve de 
Bernard de Dormans (A. N., X^c, 56» , 91). 

1401. — 1387, V. s., 28 mars. — Lettres par lesquelles 
Jean de Croy, seigneur de Renty, et Marguerite de Craon ra- 
tifient l'accord du 9 mars 1387 (A. N., X^c 56» , 110). 

1402. — 1389, 6 mai. — Lettres par lesquelles Jean de 
Craon et Marie de Châtillon vendent pour 9000 livres le vi- 
damé de Laonnais à Ferry Cassinel, évêque d'Auxerre (Note 
de Ménage^ p. 269). 

1402t>is. >_ 1392, 31 juillet, le Mans. ~ Quittance de Jean 
de Domart* (B. N., Clairambault, 36, 2743). 

1403. — 1394, 30 mai, Paris. — Arrêt du Parlement dans 
la cause entre Henri de Beauvau, chevalier, seigneur de 
Prouville, et Jean de Domart et Bernaville, chevalier (A. N., 
Xia 41, 209). 

1404. — 1397, 11 août, Paris. — Arrêt du Parlement dans 
l'instance intentée par Jean de Croy et Marguerite de Craon 
à Jean de Craon et à Marie de Châtillon, au sujet de la rente 
constituée à Marguerite, lors do son premier mariage, qui a 
duré six mois, avec Bernard de Dormans. On y apprend que 
Jean de Craon avait eu dix-huit enfants, dont douze seule- 
ment vivaient encore lors du prononcé de l'arrêt. (Arch. de 
la Trémoïlle, fonds Craon, et A. N., X^a 44^ foL 358). 

1405. — 1400, 20 avril. — Lettres par lesquelles Nicole^ 



1. C'est cet acte qui porte le sceau, figure 198. 

2. Cet acte est émané de Nicole de Saulx, qui précéda immé- 
diatement Nicole de Craon. L'acte n'a pas été connu par M. 
Louis Paris. Voir les numéros 1417 et 1419. 



I 



- 2^7 - 

abbesse dAvenay, autorise Robin, fils de Beaudoiu Perron, 
à entrer dans les ordres (A. N., JJ 146, 339). 

1406. — 1400, 23 décembre. — Jugé du Parlement dans 
la cause intentée par Jean de Croy et Marguerite de Craon, 
son épouse, à Guillaume de Dormans, archevêque de Sens, 
et à Jeanne de Dormans, grand mère de Bernard, au sujet 
des droits de Marguerite, veuve de Bernard ; on y apprend 
que lors de son veuvage Marguerite avait treize ans et que, 
une fois Bernard de Dormans enseveli au cimetière des 
Saints-Innocents, elle avait été tenue par Jean de Domart, 
son père, en chartre privée et n'avait eu aucune part aux 
conventions passées à son détriment par celui-ci (A. N., 
Xia 38, 243). 

1407. — 1402, 5 juin, Laon. — Contrat entre Jean I de 
Domart et Marie de Châtillon, sa femme, d'une part. Gau- 
cher de Thorotte et Marguerite de Craon, sa femme, d'au- 
tre part, passé le lendemain du mariage de ces derniers, et 
relatant les conditions du contrat dudit mariage (A. N., T 
10516^ 755). 

1408. — 1403, 15 octobre, Châteauneuf. — Mandement de 
Louis d'Orléans de payer 100 livres à son chambellan, Jean 
de Craon' (B. N., pièces originales, Craon. 67). 

1409. — 1403, 16 octobre. — Lettres par lesquelles Jean I 
de Domart, chambellan du duc d'Orléans, donne reçu de 100 
livres à lui données pour accompagner celui-ci en Lombar- 
die (B. N., pièces originales, Craon, 68). 

1410. — 1403, 17 novembre. - Reçu de Jean I de Domart 
de sommes à lui atribuées pour aller en Lombardie (Pièces 
originales, Craon, n** 70). 

1411. — 1403, 20 décembre. — Jean I de Domart, reçu. 
(Pièces originales, Craon, n°71). 



1. Le reçu de Jean est du 16 octobre (pièce 68) et porte le 
sceau numéro 199. 



— 228 — 

1412. — 1403 (v. s.), 8 janvier. — Jean I de Domart donne 
reçu (Pièces originales, Craon^ n** 72). 

1413. — 1403 (v. s.), 17 février. — Reçu de Jean I de Do- 
mart (Pièces originales, Craon. n° 73). 

1414. — 1407, 24 septembre. — Dénombrement de Domart 
fourni par Jean de Craon (Note de M. Dusevel dans les Re- 
cherches sur.... Domart^ p. 151 des Mémoires lus à la Sor- 
bonne en 1868, Archéologie). 

1415. — 1408, v. s., 28 mars, Paris. — Conseil de famille 
nommant Jean de Craon Domart et Mathieu de Roye tuteurs 
de Jeanne et Jacqueline, filles de Robert de Béthunes et 
d'Isabelle de Ghistelle (Note de Nicolas de Baye, t. ï, p. 262). 

1416. — 1409, 2 décembre. — Mandement dans l'instance 
intentée par Marie de Châtillon, veuve de Jean 1 de Domart 
et bail de ses enfants, au duc d'Orléans, pour une rente de 
cent livres (A. N., X^a 57, 9). 

1417. — 1409-1435. — Quarante actes relatifs à l'histoire 
de l'abbaye d'Avenay pendant que Nicole de Craon en était 
abbesse (tableau dressé par M. Louis Paris, aux pages 200- 
208 du tome I et 172-178 du tome II de son Histoire de l'ab- 
baye d'Avenay, 1879, 2 vol. in-8«). 

1418. — 1410. — Partage des biens de Jean I, en présence 
de Marie de Châtillon* (Note, Ménage, 268). 

1419. — 1410, 12 mai. — Lettres par lesquelles Nicole de 
Craon, abbesse d'Avenay, renouvelle la permission donnée 



1. Ménage renvoie à ses Preuves pour donner le texte de ce 
partage qu'il s'est malheureusement abstenu de pubher. Toutes 
nos recherches à son sujet sont demeurées vaines, ce qui est d'au- 
tant plus déplorable que l'acte en question nous eût- fourni sur la 
descendance de Jean I des renseignements qui nous font abso- 
lument défaut. 



— -229 — 

a par sa devancière » à Robin, fils de feu Beaudoin Perron* 
(A. N., JJ 146, 339). 

1420. — 1410, 25 juin, Paris. — Lettres par lesquelles 
Charles VI, vidimant les lettres du 20 avril 1400 et 12 mai 
1410, ratifie les dispositions des deux abbesses en faveur de 
Robin Perron* (A. N., JJ 146, 339). 

1421. — 1410, 24 septembre, Paris. — Montre de deux 
écuyers emmenés par ordre du duc de Bourgogne par Si- 
mon de Craon, écuyer (Note du Trésor généalogique). 

1422. — 1410, v. s., 22 février. — Note des travaux faits 
au château de Blois à l'époque où Jean de Croy y était dé- 
tenu, par ordre du duc d'Orléans (Revue des Sociétés sa- 
vantes, VP série, t. I, 1875, p. 623). 

1423. — 1411, mai. — Ordonnance de Jean de Soissons, 
sire de Moreuil', pour la défense de Compiègne (Revue des 
Sociétés savantes, VIP série, III, 238 ; réimprimé dans So- 
rel, La prise de Jeanne d'Arc devant Compiègne, 316). 

1424. — 1411, 14 août. — Jugé dans la cause de Gaucher 
de Torotte et de Jeanne de Montmorency, son épouse, contre 
divers(A. N.,X*«58, 258). 

1425. — 1411, v. s., mars. — Lettres de Jean de Croy, 
grand bouteiller de France (Note, PP 110, 39). 

1426. — 1412, 4 mai. — Lettres de Charles VI portant 
don à Jean de Croy, grand bouteiller, de la terre de Grande- 
lup(A.N.,P 2297, 1197). 

1427. — 1412, 7 mai. — Jugé du Parlement dans la cause 
de Marie de Châtillon, dame de Domart et de Clacy, et de 



1. Cet acte, comme le n» 1405, n'a pas été connu de M. Louis 
Paris. 

2. Voir les numéro 1405 et 1419. 

3. Ce Jean fut tué ci Azincourt. 



- 230 - 

Guillemet Faucherel sur la justice de Clacy ; on y mentionne 
Simon de Craon, écuyer, « fils et héritier de Marie » (A. N., 
X*« 59, 240). 

1428. — 1412, 9 mai. — Quittance donnée par Jean de 
Croy de ses gages* (B. N., Titres scellés^ 38, 2833). 

1429. — 1412, V. s., 28 janvier. — Lettres de Charles VI 
par lesquelles, en échange de Grandelup, il donne à Jean de 
Croy, seigneur de Renty, la châtellenie de Beauvain (A. N., 
P 2297 1221). 

1430. — 1412, V. s., 17 février. — Promesse de Jean de 
Croy de rendre Beauvain au roi, en cas de restitution du 
prix convenu (A. N., P 2297, 1233). 

1431. — 1414, V. s., 2 mars. — Jugé du Parlement entre 
Jean II de Domart, chevalier, et Jeanne d'Artois, au sujet 
des droits féodaux de Domart et Bernaville (A-. N., X*^ 60, 
471). 

1432. — 1415, 4 avril. — Accord entre Jean II de 
Craon-Domart et Guye de Longroy, son épouse, d'une part, 
Valerand de Rivery et Isabelle de Longroy, sa femme, sœur 
de Guye, de l'aujtre, pour le partage de la succession échue 
de feu Jacques de Longroy et de la succession à échoir de Ma- 
rie de Querrieu, sa veuve. Jacques avait laissé les terres et 
seigneuries de Longroy, Saint- Victor-en-Caux, Soreng, Buzi- 
val, Espinoy, Goussonville, le Bassicard, Hollencourt, Ques- 
tre, Wewre, Le Watine, Prousel-Cruval et Aumont, Rou- 
querolles et autres. Marie possédait Quierrieu, Henrissart et 
Wewre. La part de la dame de Rivery, qui, comme puinée, 
avait droit au quint seulement, fut composée de Prousel au 
Val et Aumont, Bascouel, Hourissart et Trouville^ (Note du 
Trésor généalogique) . 



1. C'est cet acte qui porte le sceau dessiné sous le n» 200; on 
y distingue en abîme le mason écartelé de Craon et de Flandre 
des Craon-Domai t. 

2. Quelques-uns de ces noms propres ont été défigurés par 
dom Villevieille, et ne sauraient être rétablis avec certitude. 



- -231 - 

1433. — 1416. — Acte par lequel Jean II de Domart et 
Guye de Longroy donnent aux chapelains d'Amiens consen- 
tement à l'acquisition d'une terre située à Querrieu * (Archi- 
ves de la Somme). 

1434. — 1420, 27 avril, Saint-Quentin. — Lettres par les- 
quelles est constaté que Guye de Longroy, veuve de feu Jean II 
seigneur de Domart, Bernaville et Clacy, chevalier, fils de 
feu Jean I et de Marie de Châtillon sa femme « a l'acquit de 
Jacques de Craon et autres enfants mineurs » a payé à made- 
moiselle Marie de Thorotte, fille de Gaucher de Thorotte, che- 
valier, et fille et seule héritière pour le tout de feue Margue- 
rite de Craon, sa femme, la somme de deux mille livres tour- 
nois, solde des 4000, promis dans son contrat de mariage 
(A. N., T 1051 ^* 755 en un vidimus du même jour). 

1435. — 1420, 27 avril, Saint-Quentin. — Acte de Marie 
de Torotte, en présence de Gaucher de Torotte, son père, 
donnant à Guye de Longroy décharge de deux mille livres, 
solde des quatre mille, promises au contrat de sa mère (A. 
N., T1051^ 755). 

1436. — 1427, 27 juin. — Contrat de Jacques de Craon 
avec Bonne de Fosseux- (Du Chesne, H. de Montmorency, 
Preuç^es, p. 168 et Ménage, p. 399). 

1437. — 1430. — Retrait du quint d'un fief relevant d'Au- 
bigny par Jacques de Craon, époux de Bonne de Fosseux 
(Note du Trésor généalogique). 

1438. — 1432, 13 décembre, Bruges. — Sentence par la- 
quelle Philippe de Bourgogne décide que Jacques de Craon, 
lorsqu'il avait été pris dans son château de Domart le 17 jan- 



1. C'est cet acte qui porte les sceaux de Jean II et de Guye, 
figures 202 et 204. 

2. Jeanne de Fosseux, sa sœur, mourut femme de Jean de 
Montmorency, le 2 septembre l'i31 (Du Chesne, oreMv'es, p. 169) : 
Jacques de Craon eut le bail de Jean de Montmorency (Du 
Chesne, preuves, p. 182). 



— 232 - 

vier 1431, v. s., par les troupes aux ordres du maréchal de 
Boussac, ne s'était pas constitué le prisonnier de Rigaud de 
Verseilles, et qu'il avait recouvré sa liberté par le paiement 
de la rançon qu'il avait versée au sire de Boussac [Ménage, 

278). 

1439. — 1435-1460. — Vingt actes relatifs à l'histoire de 
l'abbaye d'Avenay pendant que Catherine de Craon en était 
abbesse (Tableau dressé par M. Louis Paris aux pages 209- 
217 du tome I et 178-180 du tome II de son Histoire de l'ab- 
baye dAvenay). 

1440. — 1440, 12 septembre, Rhodes. — Testament de 
Jacques de Craon (in-extenso. Ménage, p. 402). 

1441. — 1448, 20 décembre. — Accord d'où résulte acqui- 
sition d'un donjon par Antoine de Croy *, en qualité de bail 
d'Antoine de Craon (Note du Trésor généalogique). 

1442. — 1449, 9 juillet. — Lettres par lesquelles Bonne 
de Fosseux, veuve de Jacques de Craon, fait don aux Char- 
treux de Gosnay du fief de Fouquinehem^ (Archives du Pas- 
de-Calais). 

1443. — 1452, V. s., 3 mars. — Lettres par lesquelles 
Bonne de Fosseux partage avec Louis de Montmorency la 
succession de sa mère (Du Chesne, Montmorency, preuves, 
p. 217). 

1444. — 1453, V. s., 5 janvier, Beauquesne. — Lettres de 
Bonne de Fosseux échangeant sa part du droit de quint sur 
Fosseux et autres terres contre le fief de Barly, que lui cède 
Louis de Montmorency (Du Chesne, Montmorency, preui>es, 
p. 217). 

1445. — 1454, V. s., 17 mars. — Certificat donné par Ca- 



1. Antoine, fils de Jean de Croy et de Marguerite de Craon. 

2. Cet acte porte le sceau figure 205. 



- 233 — 

therine de Craon abbesse d'Avenay. .. (Pièces originales, 
Craon^ n° 85 et in-extenso dans Paris, Histoire de l'abbaye 
d'Avenay^ t. I, p. 215). 

1446. — 1455, 28 juillet, Aubigny. — Lettres par lesquel- 
les Bonne de Fosseux — avec l'assentiment de son fils An- 
toine de Craon — vend pour 560 livres Barly à Louis de 
Montmorency * (Du Chesne, Montmorency, preuves^ p. 218). 

1447. — 1455, 26 novembre. — Achat par Bonne de Fos- 
seux, veuve de Jacques, d'une maison à Amiens (Note du 
Trésor généalogique). 

1448. — 1456. — Relief dans le fief de Béthune par Eglet 
de Sains ^ (Note du Trésor généalogique). 

1449. — 1460, 18 juin. — Antoine de Craon ajourné au 
bailliage d'Amiens par l'abbaye de Corbie, qui lui réclamait 
les arrérages de quatre-vingts livres, à elle dues sur Pérou- 
sel (Note du Trésor généalogique). 

1450. — 1473. — Dans le compte de Gérard de la Haye 
pour le domaine d'Aire il est mention que Antoine de Craon 
releva un fief du château d'Aire, à cause de la succession de 
Bonne de Fosseux (Note du Trésor généalogique). 

1451. — 1474. — Au compte de Gérard de la Haye pour 
Béthune, commencé le 1" octobre 1474, il est dit que Antoine 
de Domart releva de la succession de Bonne de Fosseux sa 
mère la terre de la Planque en Lestrem, tenue de Béthune 
(Note du Trésor généalogique). 

1452. — 1474, 30 septembre. — Acte d'Antoine de Craon 
Domart exerçant le retrait d'une rente de vingt-sept livres 



1. Les lettres d'Antoine approuvant cette vente sont du même 
jour (Du Chesne, /?rewpe5, 218). 

2. Eglet était le fils de Colard de Sains, seigneur deCaveron, 
second époux, le 28 novembre l'i56, de Bonne [Ménage, p. 277). 



- ^B4 - 

sur Marconelle, dans la châtellenie d'Hesdin* (Note du Tré- 
so?' gén éa logiq ue). 

1453. — 1481, 1 juillet. — Jean de Soissons, seigneur de 
Domart et Bernaville est condamné à payer la rente qui fait 
l'objet du numéro 1394 du Cartulaire (Darsy, Bénéfices de 
l'Eglise d'Amiens, II, 104). 

1454. — 1513, 29 septembre. - Coutumes de la châtelle- 
nie de Moreuil appartenant à Jean de Soissons, chevalier, 
baron de Domart, Bernaville (De Beauvillé, Documents iné- 
dits, III, 247). 



CARTULAIRE DE CRAON 

ADDITIONS^ 
I à XIII (1-811) BRANCHE aînée 1050-1409. 

2 (A). — 1040, 31 mai. — Charte par laquelle Geoffroy- 
Martel et Agnès, son épouse, fondent l'abbaye de la Tri- 
nité ; la concession de Craon à Robert le Bourguignon y est 
relatée^ (Layettes du Trésor des Chartes, n** 16, et Métais, 
Cartulaire de la Trinité, n° XXXVI). 

4 (A). — 1040-1049. — Notice des moines de la Trinité 
de Vendôme d'une sentence par laquelle Geoffroy Martel et 
Agnès, son épouse, avaient décidé, contre Renaud de Châ- 
teau-Renaud, que les gens des moines seraient exempts du 
péage de Saint-Laurent pour tout ce qui serait destiné à leur 



1. Cet acte établit contre du Ghesne qu'Antoine ne mourut pas 
en bas âge. 

2. Nous groupons sous ce titre un certain nombre de notes re- 
latives aux pièces du Cartulaire. En outre, nous indiquons deux 
cents documents nouveaux, auxquels nous avons assigné le chif- 
fre qui leur eût appartenu dans le classement chronologique, mais 
en le faisant suivre d'une lettre qui sert à les distinguer. 

3. Cette charte, dont il est question dans le texte, avait été 
omise au Cartulaire. 



- 235 - 

consommation ; Robert le Bourguignon est l'un des juges* 
(Abbé Métais, Cartulaire de la Trinité^ charte LXXVII). 

4 (B). - 1049, 6 janvier, Angers. — Diplôme par lequel 
Geoffroy Martel et Agnès font divers dons à l'abbaye de Ven- 
dôme ; Alard de Château-Gontier est au nombre des té- 
moins (Abbé Métais, Cartulaire de la Trinité^ n° XCII). 

5. — Cette charte vient d'être réimprimée in extenso par 
M. Fabbé Métais, sous le numéro XCV de son Cartulaire de 
la Trinité de Vendôme^ accompagnée d'une reproduction du 
dessin de Gaignières, représentant le sceau de Geoffroy 
Martel qui y était appendu. 

5 (Aj. 1050-1055. — Notice des moines de Saint- 
Aubin de la fondation, du temps de l'abbé Gautier (-j- 1055), du 
prieuré de Brion, par Ranulfe et Guillaume de Sablé, avec 
l'approbation de Robert le Bourguignon et de Blanche (B. 
N., Housseau, 511). 

6. — Cet acte vient d'être publié in extenso sous le nu- 
méro XCVI du Cartulaire de la Trinité avec les noms des 
témoins, omis par M. de Bodard. On y remarque à la ligne 
16 l'absence des mots (|ui, chez ce dernier, suivent ecclesiam 
hanc : sicuti Sanctœ Trinitati prius donatam exceptam de- 
nominavi quia monasterio.... 

7. — M. l'abbé Métais a donné cette pièce sous le numéro 
CXXX du Cartulaire de la Trinité, complétée par les noms 
de trois témoins, omis dans dom Ilousseau : domnus Theo- 
dericus abbas, Waldinus de Mala-Cornu, Warinus filius 
Suthardi. 

7. — La précaution que nous avons prise ici, et pour quel- 
ques autres actes du XP siècle, de faire suivre la date de 
l'indication i^ieux style était inutile, car dans le Maine et l'An- 



1. M. l'abbé Métais a relevé à la BibUothèque nationale (latin 
13820, 330) cette note sur Robert « Hic erat ubi(juista, quia in 
omnibus cartis principum sui leniporis fere nominatur. » 



— 236 — 

jou, pendant presque tout le XP siècle, l'année ne commençait 
pas à Pâques. La démonstration de ce fait était jusqu'ici 
impossible, car nos cartulaires ne contiennent aucun acte 
fournissant les synchronismes nécessaires. Le tomel du Car- 
tulaire de la Trinité de Vendôme^ le premier de notre ré- 
gion, est venu en fournir un nombre suffisant pour ne laisser 
aucun doute sur ce point jusqu'à 1081 ^ Nous avons trouvé à 
la Bibliothèque nationale {latin 12878, 356) une charte de 
Hélie, comte du Maine du 27 mars 1099, qui nous mon- 
tre que la chancellerie des comtes du Maine, encore à 
cette date, ne commençait l'année ni au 25 mars, ni à Pâques. 
Par contre, on trouvera plus loin in extenso, sous le numéro 
74, un acte du 14 janvier 1095, qui nous permet d'affirmer 
qu'à cette époque Marmoutier et la Couture avaient adopté le 
style de Pâques. De même notre numéro 84 est daté d'après 
ce même style : on sait en effet par notre numéro 85 que Ro- 
bert le Bourguignon est parti pour la croisade à peu près 
deux ans après le 10 mars 1096. Or, le numéro 84, où ce dé- 
part est relaté, porte le millésime 1097 ; il est donc daté d'a- 
près le style de Pâques. 

7 (A). — 1053, 26 mars, Angers. — Lettres par lesquelles 
Eusèbe, évêque d'Angers, constate que du jour où, par la 
mort de Suhart le vieux, Craon est rentré sous sa juridiction 
spirituelle, à laquelle il avait été soustrait pendant de lon- 
gues années, il a donné Saint-Clément à la Trinité de Ven- 
dôme^ (Abbé Métais, Cartulaire de la Trinité, n<> XCVII). 

In nomine sancte et individue Trinitatis. 

Ego Eusebius, Andegavensis ecclesie humilis episcopus, 
per hujus conscriptionis notitiam, et presentis etatis fidelibus 
notum fieri volui et apud futuras post nos generationes a ca- 
lumpniis omnibus tutum, quod ecclesiam Sancti-Clementis 



1. Voir les numéros GVIII, GLXXXVIII, GGXVI, GGXXVIII, 
GGXLIX, CCXC, GGXGIX. 

2. Malgré la règle que nous nous sommes imposée, de ne don- 
ner ici aucune pièce déjà publiée, nous faisons exception pour ce 
document, afin de mettre sous les yeux du lecteur ce qu'il ren- 
ferme sur la rupture féodale entre Angers et Graon, laquelle fut 
l'œuvre de Suhard le Vieux. 



- -237 - 

apud caslrum Credonis sitam, cum decimis et rébus ad eam 
pertinentibus, concessione clericorum nostrorum, et precibus 
GofTredi, honorabilis comitis Andegavensis, monasterio 
Sancte-Trinitatis, quod Vindocini a novo ipse fundaverat, et 
monachis ibidem siib domno Odrico abbate degentibus, ac 
successoribus eorum, donavimus, in augmentum videlicet 
victualium et necessarii sumptus ipsorum. 

Quam quidem ecclesiam, cum omni honore Credonensi, 
Suhardus Vetulus de antiquo et legali jure Andegavensis 
ecclesie in aliam potestatem olim transtulerat, et abbati Pon- 
tilevis, deinde monachis Sancti-Albini commendaverat, eo 
videlicet pacto, ut illuc partes rerum quas in aliis locis habe- 
bant revocantes, abbatiam ibi construerent, sine tamen as- 
sensu nostro et concessione principis patrie, cui Suhardus 
honorem illum violenter auferebat. Sed cum'predicti mona- 
chi ibi contra nostram excommunicationem et Andegavensis 
comitis instantem reclamationem manere non potuissent, ad 
propria monasteria regressi sunt. Postea vero, justo Dei 
judicio, predictus tirannus impiam vitam digna morte fini- 
vit ; et sic, auxiliante Démino, honorem Credonensem quem 
diu injuste perdideramus, recuperavimus, et Beati-Clementis 
ecclesiam Vindocinensibus monachis, ut supra dictum est, 
donavimus. 

Actum Andegavis in capitulo Beati-Mauricii, vu kal. apri- 
lis, anno ab incarnatione Domini nostri Ihesu Xristi M. LUI. 

Hoc donum de manu nostra Odricus abbas suscepit, cum 
duobus monachis suis, Vitale videlicet et Guidone. 

Hoc viderunt et concesserunt clerici Beati-Mauricii qui 
aderant : Goslenus decanus, Berengerius archidiaconus ', 
Rainaldus archidiaconus, Joscellinus archidiaconus, Girar- 
dus cantor, Fulcoius, Martinus, Radulfus, Odo, Bernardus, 
Ansierdus, Girardus, Durandus, Albertus, Goslenus, Gof- 
fredus. 

9. — Effacer la notice qui prend place sous le numéro 
5 (A), ainsi qu'on y est obligé par la mention de l'abbé Gau- 
tier, mort le 29 décembre 1055 (Port, H, 238). 



1. C'est le fameux hérésiarque Bérenger. 

IG 



— ââs — 

12 (A). — Vers 1056. — Accord entre le Ronceray et 
Gisiebert, neveu d'Albéric de Chinon ; Alard de Château- 
Gontier et Robert le Bourguignon sont au nombre des té- 
moins, ainsi que Geoffroy Martel et Grecia (B. N., Hous- 
seau, II, 510). 

15. — Les trois lettres groupées sous ce numéro avaient 
pour but d'annoncer la nouvelle sentence indiquée sous le 
numéro 15 (A). Il faut les dater de 1060, après le décès de 
Geoffroy Martel ; elles ont été récemment réimprimées sous 
le numéro CXLV du Cartulaire de la Trinité de Vendôme. 

15 (A). — 1060. — Notice des moines de la Trinité du 
maintien par le pape Nicolas, assisté de sept évéques, de la 
sentence de 1053, accordant à la Trinité la possession du 
prieuré de Saint-Clément (Abbé Métais, Cartulaire de la 
Trinité, n^ CXLIV). 

16 (A). — 1055-1066. - Charte par laquelle Robert le 
Bourguignon, avec l'approbation de ses fils Renaud et Geof- 
froy, fait don du moulin de Sablé aux moines de Marmoutier 
qui desservaient la chapelle de son château de Sablé (B. N., 
Baluze 77, 35). 

Quoniam fidelis omnis alteram post istam non dubitat esse 
vitam etc. 

Proifide ego, Rotbertus Burgundio, concedo monachis 
Majoris Monasterii Deo et sancto Macuto apud Sablolium 
castellum meum deservientibus molendinum quendam prope 
idem castrum in rivo qui de Sarta et de Vegia fluminibus 
currit, rivum quoque ipsum usque ad finem Vegise, ubi ipsa 
in Sartam cedit. 

Hœc autem omnia sicut juris mei extiterant, ita monachis 
concedo quieta prorsus et libéra, filiis meis Rainaldo et 
Gauffredo * auctorizantibus, donumque de rébus istis feren- 
tibus super altare sancti Macuti. 

1. Il faut noter cette mention, la seule que nous ayons rencon- 
trée établissant l'existence d'un fils de Robert du nom de Geof- 
froy. On voit en môme temps qu'il était le second et non le pre- 
mier, comme il avait été classe ci-dessus à la page 620 du t. II. 



- m - 

17 (A). — 1062, 2 février, Angers. — Charte par laquelle 
Geoffroy le Barbu, ratifiant une promesse verbale de Geof- 
froy Martel, prononce exemption de tonlieu pour un bateau 
appartenant à la Trinité de Vendôme. Robert le Bourgui- 
gnon et Salomon de Sablé sont au nombre des témoins 
(Abbé Métais, Cartulaire de La Trinité^ charte CLVII). 

17 (B). — 1062, 24 février, Angers. — Diplôme par lequel 
Geoffroy le Barbu ratifie le don fait par Geoffroy Martel à la 
Trinité de Vendôme de Saint-Jean-sur-Loire ; Robert le 
Bourguignon est au nombre des témoins (Abbé Métais, Car- 
tulaire de la Trinité^ n" CLVIII). 

18 (A). — 1063. — Notice du don de Renaud de Château- 
Gontier et de Château-Renaud à Marmoutier ; Robert le 
Bourguignon témoin (Abbé Métais, Cartulaire Blésois, 
charte XLII). 

30. — 1068, l^"" avril, Bordeaux. — La notice de la sen- 
tence rendue par le légat Etienne vient d'être réimprimée, 
sous le numéro CCXXXVII du Cartulaire de la Trinité^ 
sous les dates extrêmes de 1068-1073. Nous lui donnons la 
date du concile tenu à Bordeaux telle qu'elle nous est fournie 
par le Gallia Christiana^ II, 803, aux Instrumenta, 

32 (A). — 1069, 6 avril, 1070, 1" août. Angers. — Notice 
des moines de la Trinité de Vendôme de la contestation dont 
était l'objet la terre des Mulnatus en Cheviré et de la décision 
qui les en rendit propriétaire, moyennant le paiement d'une 
somme ; Robert le Bourguignon et Gui de Nevers, son frère, 
témoins le 6 avril 1069* (Abbé Métais, Cartulaire de la Tri- 
nité, n° CCXVI). 

32 (B). — 1070, 3 mars, Saint-Clément de Craon. — Charte 
par laquelle Renaud, fds de Robert le Bourguignon, et son 



1. Le moine rédacteur de cet acte a pris soin de dire (|^ue le 
lundi des Hameaux de l'an 1068 était le VIII des ides d avril. 
Preuve que pour les moines de la Trinité cette année-là encore 
ne commençait pas à Pâques. 



- 240 - 

épouse Eunoguena, fille de Robert de Vitré et de son épouse 
la fille de Guérin, héritière de Craon, confirment à la Trinité 
la possession de Saint-Clément de Craon ; ils reconnaissent 
avoir reçu, Renaud, cinquante livres et Eunoguena, sept li- 
vres (Abbé Métais, Cartulaire de la Trinité^ n^ CCXVII ; et 
en fragment, Ménage, 125). 

33 (A). — 1070, 28 août, Tours. — Charte par laquelle 
Foulques Réchin donne Voûtes à Cormery ; Robert le Bour- 
guignon témoin [Cartulaire de Cormei'y^ charte XLI). 

35. - Cet accord vient d'être imprimé de nouveau sous le 
numéro CCXXXIV du Cartulaire de la Trinité. 

35 (A). — 1072. — Lettre de l'abbé Oderic à l'évêque 
d'Ostie lui faisant part de l'accord passé entre la Trinité de 
Vendôme et Saint-Aubin {Cartulaire de la Trinité., charte 
CCXXXV). 

35 (B). — 1072. — Lettre par laquelle Otbran annonce à 
l'évêque d'Ostie l'accord établi entre Saint-Aubin et la Tri- 
nité de Vendôme [Cartulaire de la Trinité^ charte CCXXXV). 

36. — Vers 1072. — Cette plainte adressée à un neveu du 
Pape vient d'être réimprimée sous le numéro CCXXXVl du 
Cartulaire de la Trinité. 

36 (A). — 1073, 5 mars. Tours. — Acte par lequel Foul- 
ques Réchin, deux jours après la publication de la trêve, 
restitue à Marmoutier divers droits ; Robert le Bourguignon 
au nombre des témoins (B. N., Housseau^ 776). 

39 (A). — 1067-1096. — Notice du don de Foulques Réchin 
d'une partie du bois de Cambeniaco à Saint-Serge pour 
l'âme de Hugues de Balaone; Robert le Bourguignon témoin 
(B. N., latin, 5446, 280). 

43. — Les bénédictins de Solesmes ont reproduit sous le 
n** XVI du Caj^tulaire de la Couture., cet acte, d'après Mé- 
nage, sans en signaler d'autre version. Nous en avons trouvé 



t 



• - 241 - 

une à la Bibliothèque nationale [latin 12890, 94) grâce à la- 
quelle on peut supprimer le non sens de la ligne 18 de la 
page 25 en ajoutant après le mot monachis : de Cultura dixit 
se naisse qiiod de pluribus canonicis habuerint. 11 faut en- 
core à la ligne 16 de la page 26 rétablir finit ur qm lieu de 
sinitur. Enfin à la ligne 33 il faut ajouter parmi les témoins : 
Liziardus de Sabolio^ qui se trouve dans Ménage, mais qui 
a été omis au Cartulaire de la Couture. Robert le Bourgui- 
gnon, Robert, son fils, et Hamon de Laval sont au nombre 
des témoins. 

44 (A). — 1077, 30 novembre, Angers. — Robert le Bour- 
guignon donne à la Trinité de Vendôme le droit de paître 
cent pourceaux dans la forêt de Brionne (ne faut-il pas lire 
Bouèie ?] Il mentionne son frère, Henri, son épouse, Blan- 
che, et ses enfants. Robert le Bourguignon et Renaud, son 
fils, sont témoins (Abbé Métais, Cartulaire de la Trinité, 
charte CCLXIV). 

46. — 1078, 26 janvier, Craon. — L'objet de cette charte 
est d'abandonner aux moines de la Trinité les offrandes faites 
à l'autel du château de Craon par ceux qui y prêtaient ser- 
ment. En même temps d'obtenir pour le chapelain du château, 
nommé Geoffroy, le profit viager de la moitié des dites offran- 
des. Le texte in extenso, avec des noms de témoins qui man- 
quent dans Ménage, vient d'être donné sous le numéro 
CCLXVI du Cartulaire de la Trinité. 

47. — Supprimer entièrement la notice. 

48. — Cet acte vient d'être publié de nouveau par M. l'abbé 
Métais sous le numéro CCLXXVI de son Cartulaire de la 
Trinité. 

48 (A). — 1080, mars, Vendôme. — Charte par laquelle 
Robert de Moncontour donne à la Trinité de Vendôme son 
domaine de Coulommiers ; Robert le Bourguignon est au 
nombre des témoins (Abbé Métais, Cartulaire de la Trinité, 
charte CCXCIX). 

50 (A). — 1080. — Notice des moines de Saint-Nicolas 



- 242 - ^ 

d'Angers de la confirmation par Foulques Réchin de la 
« quietudinem Chalonni ; » Robert le Bourguignon témoin 
(Housseau, XIIP, 9510). 

51 (A). — Vers 1080. — Lettre par laquelle Arnaud, évê- 
que du Mans, obéissant à l'avis des pères réunis au concile 
de Poitiers, charge Foulques, doyen de son chapitre, de ré- 
pandre l'eau bénite et de planter la croix sur le nouvel ora- 
toire construit près de Sablé par Marmoutier* (^/sto/vews 
des Gaules^ XIV, 669, où il faut corriger la faute d'impres- 
sion de la ligne 6, laquelle porte petebam là où il fallait im- 
primer petehhnt] . 

52 (A). — 1081, Beaugency. — Lancelin de Beaugency, à 
son retour de Rome, obtint des chanoines de Beaugency l'a- 
bandon à la Trinité de Vendôme d'un cimetière ; Robert le 
Bourguignon témoin (Abbé Métais, Caj^tulaire de la Tri- 
nité, charte CCCI). 

53 (A). — 1084, 14 janvier. Sablé. — Accord entre Mar- 
moutier et la Couture ; Robert, fils de Robert le Bourgui- 



1. Ce document est des plus curieux : il montre qu'en 1080 (M. 
Hauréau a constaté que le prédécesseur de Foulques était en- 
core doyen au commencement de 1080) l'évêque du Mans, Ar- 
naud, faisant relâche à son hostilité contre le prieuré de Saint- 
Martin de Sablé, avait autorisé l'ouverture de l'oratoire, dont la 
construction s'achevait alors. On est étonné de ne pas trouver 
cette pièce au Cartulaire de la Couture, Ce n'est malheureuse- 
ment pas le seul document laissé de côté par les « Bénédictins 
de Solesmes » qui, plus soucieux des intérêts de l'histoire locale, 
n'eussent pas manqué de recueillir aussi : 1078. Lettre de Raoul, 
archevêque de Tours, à l'évêque Arnaud sur l'affaire de Renaud, 
abbé de Saint- Vincent ou plutôt de la Couture (Historiens des 
Gaules, XIV, 667). — 1079. Lettre de Geboin, archevêque de 
Lyon, à Raoul, archevêque de Tours, sur le cas de Renaudf, abbé 
de la Couture. (Ibid., 668). — 1080. Lettre de Raoul, archevê- 
que de Tours, à Arnaud, évêque du Mans, sur le cas de Renaud, 
abbé de la Couture (Ibid., 671). — 1080, 24 avril. Lettre par la- 
quelle Grégoire VII fait connaître la sentence par laquelle il ré- 
tablit Johel abbé de la Couture et décide que Renaud ne pourra 
jamais devenir abbé {Ibid., XIV, 648). — 1080, 24 avril. Lettre 
de Grégoire VII au roi d'Angleterre, Guillaume, dans lacjuelle il 
lui annonce l'absolution de l'évêque Arnaud et de l'abbé Johel. 
(Ibid., XIV, 648). 



l 



- 243 - 

gnon, témoin. Le lendemain approbation de Robert le Bour- 
guignon donnée isolément (Baluze, Armoires, 77, 32). 

54 (A). — 1085. — Charte de Jean Taillebois portant don 
de Spalding à Saint-Nicolas d'Angers ; Guy de Craon, té- 
moin {Ditgdale, I, 307). 

55 (A). — Vers 1085. — Charte par laquelle Constantin le 
Gros de Pons fait don de Tesson à Saint-Florent de Saumur ; 
Robert le Bourguignon témoin [Arch. de la Saintonge, IV, 
66). 

65. — Effacer l'analyse qui a été insérée ici par suite de la 
date 1090, interpolée par Ménage. Voir au numéro 99 (A). 

65 (A). — Vers 1090. — Sentence par laquelle Amat, légat 
du Saint-Siège, attribue Saint-Nicolas de Poitiers au monas- 
tère de Montierneuf ; Robert le Bourguignon témoin (Ar- 
chwes du Poitou, I, 18j. 

67. — L'auteur de cet acte est Aymery de Thouars.M. Mar- 
chegay, en l'insérant à la p. 15 de ses Cartulaires du Bas- 
Poitou, lui a donné la date erronée de 1093. 

68. - Cet acte, qui est imprimé à la page 11 du Sablé de 
Ménage, est plutôt une sentence qu'une déclaration. Les deux 
fils de Robert le Bourguignon, Renaud, seigneur de Craon, 
et Robert sont témoins. 

69 (A). — 1093, Laval. — Juhard et Alesia, son épouse, 
donnent à Saint-Clément de Craon l'église de Chamilliaco 
ou d'Amilliaco ; Renaud le Bourguignon et Maurice de 
Craon sont témoins (Abbé Métais, Cartulaire de la Trinité, 
charte CCCXLVIII). 

72 (A). — Vers 1093. - Notice du don fait à Saint-Serge 
par Hamelin de Méral et des instances faites par lui à son lit 
de mort à Eudes de Sermaise, époux de Jeanne, sa fille, afin 



- 244 - 

qu'il le ratifie ; Renaud de Craon témoin de la promesse qu'il 
en fit^ (B. N., latin, 5446, 91). 

74. — 1094, V. s., 14 janvier. Sablé. — Chirpgraphe por- 
tant accord entre la Couture et Marmoutier ; Robert le Bour- 
guignon et Robert, son fils, témoins^ (B. N.,Baluze, Armoi- 
res 11, 32 et latin 12878, 328). 

[Venerabilis abbas sancti Martini Majoris monasterii Ber- 
nardus, ejusque conventus, hanc pacis concordiam de rébus 
ex utraque parte prius in discordiahabitis divino nutu firma- 
vit cum domno Johelo, sancti Pétri de Cultura abbate, ejus- 
que congregatione.] 

Majoris itaque fratres Monasterii, prœter antiquas oratio- 
num consuetudines quas inter se habebant, hoc beneficii mu- 
nus pro bac concordia caritatere adjunxerunt, ut viso brève 
de obitu abbatis sancti Pétri de Cultura, pulsata tabula, fra- 
tres conveniant et oflicium cum novem lectionibus et sonitu 
signorum pro eo persolvant, in crastinum vero, missam cum 
cappis célébrant, et panem et vinum de refectorio ipso die to- 
tum pauperibus erogent, et unusquisque sacerdotum ibi com- 
morantium missam unam decantet. 

Idem quoque facient monachi sancti Pétri de abbate 
Majoris Monasterii. 

Si vero quilibet aliorum monachorum sancti Pétri obierit, 
viso brève absolvetur in capitulo et sonabunt signa post 

1. Cet acte peut être daté parce qu'on sait par le numéro 99 (a) 
du Cartulaire que la mort d'Hamelin de Méral eut lieu du temps 
de l'abbé Achard de Saint-Serge (1083-1094) à une époque où 
Guy III était déjà seigneur de Laval. 

2. En dressant le Cartulaire on s'était contenté de signaler ce 
document par un simple renvoi au numéro XXX du Cartulaire 
de la Couture. Après collationnement, on croit devoir placer ici 
l'acte in extenso. On y verra que « Les bénédictins de Soles- 
mes, » éditeurs du Cartulaire ae la Couture, n'ont pas hésité à 
mutiler le texte que leur fournissaient les Armoires de Baluze ; 
et l'ont tronqué à tel point qu'ils n'en ont plus laissé subsister 
(}ue les abandons de droit en faveur de la Couture. On trouvera 
ici entre crochets ce qui a pris place dans leur pubHcation. 
En outre le manuscrit de la Bibliothèque nationale, latin 12878, 
contient la liste des témoins. Les lambeaux de cette liste placés 
entre crochets figurent seuls dans Baluze et sont fidèlementrepro- 
duits au Cartulaire de la Couture. 



- 245 - 

capilulum, conventusque privatim missam cantabit ; insuper 
unusquisque sacerdotum sibi missam unam persolvet, panem 
et vinum suum ipso die in refectorio habebit. 

Similiter fiet apud Culturam de monachis Majoris Monas- 
terii, prseter panem et vinum, qui non singulis sed pro 
decem dabitur. 

De rébus quoque suis, monachi Majoris Monasterii dede- 
runt illis obedientiam, scilicet de MaroUio solutam et quie- 
tam, cum omnibus quœ ibi habebant, concedente Hugone, 
fîlio Salomonis, de cujus beneficio est, cum uxore sua et filiis 
ejus Gervasio et Hugone. Quod si inde calumnia surrexerit, 
monachi acquietabunt eam sicut rectum fuerit absque donc 
census eorum, 

Apud Lavallem, concesserunt eis quicquid habent in capella 
domini Guidonis, ipso concedente, et reliquerunt eis calum- 
niam quam habebant in ecclesia Sancte Trinitatis et in mo- 
nasterio Grinordis. Tempore vero vendemiarum, decimato- 
rem Sancti Pétri sicut unum de famulis eorum, si ipse volue- 
rit, procurabunt, itaut cum eo qui terragium eorum colliget 
eat. Vas quoque in quo decimae colligentur, si monachi 
Sancti Pétri voluerint, in domo eorum reponetur ; quod si de 
eisdem decimis eis injuria facta fuerit, monachi Sancti Mar- 
tini de hominibus suis pro loci consuetudine justitiam inde 
eis facient. 

Item apud Sablolium,dederunt eis décimas quatuor medie- 
tariarum eorum, eo pacto ut si inde pars aliqua de manu eo- 
rum quoquo modo exierit, ipsius partis décima ad proprium 
Sancti Martini redeat. Et si eadem pars aliquo tempore ad 
proprium Sancti Pétri redierit, redeat similiter et décima. 

Item si abbas Majoris Monasterii vel conventus ejus mona- 
chis Sancti Pétri necessarius fuerit, ab auxilio eorum conve- 
nienter in nullo eis deficiet. 

Si vero quis monachorum Sancti Martini provocatus ab 
auxilio eorum defecerit, ita in capitulo Sancti Martini emen- 
dabitur ne cœteri similem culpam incurrant. 

[Monachi quoque Sancti Pétri] similiter eis erunt obedien- 
tes. Ibi etiam concesserunt monachis Majoris Monasterii ut 
cimiterium habeant apud Sablolium, circa caput ecclesiœ 



- 246 — 

sancti Nicholai, et in claustro ad opiis tantummodo mona- 
chorum. 

Famulos autem qui de cibo eorum vixerint apud Solesmes 
absque pretio sepulturse humabunt, nisi pro mortuo gratis 
eis aliquid datum fuerit.] 

Item Lavallis, dederunt fratribus Majoris Monasterii deci- 
mam cellarii eorum tam panis quam vini, de his tantum quœ 
tempore hujus pacis possidebantur ab eisdem monachis, eo 
scilicet pacto, ut si quid de possessa proprietate ipsius cel- 
larii quoquo modo exierit, décima ad proprium Sancti Pétri 
redeat. Sed si eadem pars quge exivit a cellario redierit, 
redeat et décima quge exivit. 

Cœterae vero omnes querelae unde discordia orta fuerat, ab 
utraque parte dimissse sunt. 

Insuper fîrmatum est ne quis eorum aliquid accipiat ubi 
alter justam querelam habeat. Quod si quis eorum fecerit, 
abbas suus, clamore audito, justitiam inde faciat. 

[Facta est autem haec concordia apud Sablolium, in solario 
domus monachorum Sancti Martini, anno ab incarnatione 
Domini MXCIIII, dominica prima post octabas Epiplianiœ, 
die scilicet festivitatis sancti Felicis in PineisS sub Hoello 
Cenomanensium pontifice et Helia eorumdem principe. 

Testibus his quorum nomina subscripta sunt. 

De monachis sancti Martini : Hilgodus, episcopus ; An- 
dréas, frater ejus ; Henricus hospitarius], Ebardus prior de 
Castro Lidi, Gausfredus Vaslinus bajulus, Gaufridus prior 
de Sabolio, Guiardus prior de Lavallis, Ansquetinus de Ar- 
caniaco, Fulcoius de Exclusa, Guarinus de Vionio. Guofri- 
dus de Baiocis. 

De clericis qui cum eis erant : Gaufridus Mulotus, Huber- 
tus Branius, Herveus presbyter de Sablolio. 

De famulis monachorum : Gaufredus de Sonziaco, Marti- 
nus de Boeria, Odo de Fontanis, Guinebaldus camerarius. 

[De militibus qui cum monachis erant : Robertus, filius 
Roberti Burgundionis, item Fulco de Soldiaco], Hugo de 



1. C'est en 1095 que la Saint Félix de Noie tombe le dimanche 
après l'octave de l'Epiphanie. Le style de Pâques était donc déjà 
à cette date en usage dans les deux monastères. 



- 247 — 

Brione, Hugo de Malsiaco, Odo de Malicorna, Picardus fîlius 
Jordanis, Fulco Carentonus, Richardus Campio. 

De monachis sancli Petri : Hernaldus, prior Solemnis, 
Petrus prior Alversis, Odo de Joiaco, Guarnerius Ballo, 
Gosbertus filius Hunaldi, Gaufredus Macafebrum, Busilius. 
Gauffridus de Lavalle, Gaulterius de Joiaco, Odo de Joiaco. 

De clericis qui cum eis erant : Gauffredus sancli Juliani 
decanus, Fulcredus cantor, Lisoius canonicus, Guillelmus 
de Belismo, Rotbertus cantor sancli Pelri de Curia, Johannes 
canonicus, Barlholomeus Aurelianensis, Hubertus parvus, 
Hamo Beblo, Guihomardus de Avenaria. 

De famulis monachorum : Drogo de Vezinis, Guillelmus 
hospitarius, Radulfus Croardus, Ascelinus filius Grimaldi, 
Gaulerius camerarius, Conslanlius major, Gauffridus filius 
ejus, Garinus Forgellus. 

De militibus qui cum eis erant : Guarinus filius Buchardi, 
Ivo de Rosiaco, Andréas filius Richerii, Hugo Hola. 

De burgensibus enim : Hildeberlus de Solemnibus, David 
filialer ejus, Unfredus de Cenomannes, Normannus Pes Tor- 
lus. 

[In craslinum, aulem lecta est hujus concordise caria 
coram Rolberlo Burgondio, Sabolii domino, pater Rotberli 
juvenis, ipso paire de sua parte concedenle, sub lestimonio 
horum : Harduini de Vione, Hugonis Goolli, Drogonis, filii 
Gaulterii Belisi vicarii.] 

75 (A). — 1090-1096. — Notice des moines de Saint-Aubin 
de l'accord établi entre eux et Auger du Bignon, grâce aux 
bons offices du vicomte du Lude ; Robert le Bourguignon et 
Renaud, son fils, témoin (B. N., latin 5447, fol. 13). 

79 (A). — 1096, Brion. — Lettres par lesquelles Robert le 
Bourguignon fait un triple don à Saint- Aubin (B. N., latin 
17126, 168). 

Cum omnis... Ego Robertus Burgundus monachis Sancli 
Albini concedo ut cenlum porcos habeanl in omnibus bas- 
chis suis sive pasnagio apud Sablulium — abbale Gerardo. 

Wido de Malefelon et Frotmundus de Viviaco, monachi 
Sancli Albini, de militibus meis : Harduinus de Viono et 
Fulco de Mûris. 



— 248 — 

Wido de Nivernis, frater meus, rogavit me ut eisdem 
concederem consuetudinem, quam per vim habebam, in 
bosco de Pinciaco quod concessi pro anima Gausfredi comi- 
tis, qui mihi honorem donavit. 

De militibus meis : Harduinus de Viono, Ulricus de Brus- 
lono. 

Ego Rotbertus Burgundus, iturus Jerosolymam, concedo 
Sancto Albino omnia quae de feodo meo monachi ejus habent 
apud Duristallum, apud Legionem, apud Brionem, apud 
Penciacum et terram de Casteleto. 

Actum apud Brionem anno 1096 — Berta uxor mea. 

85. — 1098, vers le 10 mars, Marmoutier. — Charte 
par laquelle Robert le Bourguignon, déjà en route pour la 
Terre-Sainte, résume en les ratifiant, ses dons et ceux de 
son fils Robert à Marmoutier * (B. N., latin 12878, 353). 

Hominem ad imaginem suam factum Deus in Paradiso 
posuit promovendum in apostatœ angeli dignitatem, quam 
superbiens amiserat, si tamen humiliter obediret imperio sui 
Creatoris. Deceptus autem ab invidante sibi Diabolo per 
Serpentem mulierem, inobediens Deo fuit et spoliatus im- 
mortalitatis tunica, pellicioque mortalitatis indutus, et sic 
a Paradiso in hujus exilii vallem lacrimabilem ejectus, pos- 
teritatem suam omnem a prgevaricatione sui, exilii et mortis 
sententiae addixit donec secundus Adam, Dei videlicet filius, 
homofactus genus humanum, interventu sue mortis et vitœ, 
et patris clementia reparavit. Factus enim obediens usque 
ad mortem Patri et inobedientiam primi parentis exclusit et, 
victo per eam Diabolo, a Paradisi aditu flammeum gladium 
atque versatilem amovit seque viam esse qua non solum ad 
patriam Paradisi perditam rediremus sed etiam ad angelicœ 
societatis dignitatem proveheremur edocuit, si tamen ejus 
deinceps obediremus imperio salutari ac monitis. Inter 
caetera igitur prœcepit homini ut in Cœlo potius quam in 



1. En classant cet acte sous le numéro 85 du Cartulaire, nous 
avons indiqué pour source Ménage : depuis nous avons rencon- 
tré le texte complet de cet acte. Nous le donnons ici afin de faire 
voir comment Ménage reproduisait les documents. 



- 249 — 

Terra, thesaurizaret et misericordiae operibus insislens ele- 
mosynisque peccata sua redimens amicos sibi de Mammona 
iniquitatis adquireret qui deficientem in aeternis tabernacu- 
lis susciperent, quorum habitalione specialiter fruerentur ut 
possessoreset coloni, qui paupertatem amplecterentur in hoc 
saeculo et haberent. Ait enim : « Beati pauperes quia ipsorum 
est regnum Dei » quibus quicumque etiam calicem aquae 
frigidae tantum erogaverit in beatitudine eorum mercedem 
inde habebit. 

Quod ego, Rotbertus scilicet Allobrox, Sabloliensis castri 
dominus, ab Ecclesiœ sancte rectoribus audiens, et ita esse 
non dubitans, et peccata mea, quorum maie conscius sum 
elemosynis redimere satagens, notifico universis quod inter 
caetera quae de jure meo pauperibus Majoris Monasterii Deo 
sub monachili habitu famulantibus in elemosinam largitus 
sum aliquotiens cum tandem ire Jérusalem vellem et itineri 
meo necessaria prepararem, domno Bernardo prœfati monas- 
terii abbati venerando per castrum meum supradictum, tran- 
seunti ille in domo sua, quae ibidem sita est, aliquantisper 
quicscenti feci donationem, et per ipsum beato Martino et 
monachis ejus de quinque arpennis vinearum, super fluvio- 
lum qui Vegia dicitur, sitis, quos aedificaveramus, ego, et 
Berta conjux mea, et de uno burgo quem inceperamus facere 
in vinea Emenfredi. in fevo scilicet ipsorum. Quîb duo, id 
est burgum et vinearum arpennos quinque dedi, assentienti- 
bus et actorizantibus Rotberto filio meo et prefata conjuge 
mea, pro animabus nostris et parentum nostrorum, et ut 
Deus sanum et incolumen in eundo et redeundo me custodi- 
ret, post obitum ipsius Bertae a monachis sic libère et quiète 
in tBternum possidenda sicut nos eo tempore tenebamus 
ipsa, cum omni amelioratione eorum. Censum autem arpen- 
narum eorumdem solvent annuatim his quibus et nos redde- 
bamus eum, ex quo ipsi devenerint in dominium ipsorum. 

Cum autem, paratis omnibus, iter arripere jam vellem, 
addidi superius descripto dono duas mansuras terrœ, loco 
qui vocatur Bella Noda sitas, sic libère et quiète a monachis 
supradictis ab illa die in perpetuum possidendas sicut et 
ego tenueram eas. Filio meo Rotberto concedente et memo- 
rata conjuge mea. 



- m - 

Cujus rei donationem feci domno Alfredo priori cellae Sa- 
bloliensi, quia jam acceperat abbas ejus, quem superius dixi 
et per ipsum Beato Martine et cseteris fratribus Majoris 
Monasterii. 

Testes doni quinque arpennarum et burgi, quod in manu 
abbatis apud Sablolium posui, sicut suprascriptum est sunt 
isti : 

Ex parte mea : Drogo de Funniaco, Rainardus de Dalma- 
riaco, Gaufredus frater ejus, Harduinus de Vionio, Gosceli- 
nus de Dose. 

De parte vero monachorum : Hubertus cellerarius, Lan- 
dricus cocus, Ingelbertus carrofensis, Picardus filius Jorda- 
nis, Bilicus famulus, Christophorus. 

Doni autem mansurarum ad Bellam Nodam sitarum apud 
Sablolium facti testes sunt his : Hubertus de Campania, 
Gaufredus de Brionio, Hugo Godolus, Lisiardus de Monte 
Rodulfi, Guarinus fdius Burchardi, Bilicus serviens. 

Cum autem, cœptojam itinere, perMajus Monasteriumtran- 
sirem, et a monachis honorifice susceptus essem, veni in ca- 
pitulum ipsorum, et coram universis qui aderant, et quos ut 
in orationibus suis ad Deum mei memores forent suppliciter 
oraveram, amborum donorum Sablolii nuper a me factorum 
mentionem feci et ipsa ibidem confirmans, per annulum au- 
reum, a quadam fdia mea mihi datum, eodem in manu domni 
Radulfi prioris, qui loco abbatis, tune forte absentis, capitulo 
praeerat, posui, addens quœdam alia, quae pro eo quod 
ssepedictus fdius meus Rotbertus non concesserat ea, sepa- 
ratim describi dignum fuit, quae tamen ea- intentione addidi 
ut nulli alii unquam possint dari sive vendi. Memoratus au- 
tem Prior suscepto dono, annulum mihi reddidit, eo quod 
ipsum ad meos qui remanserant remissurus essem loco signi*. 
In crastino quoque eorumdem omnium quae pridie in capi- 
tulo dederam et concesseram donationem super Ecclesiae ai- 
tare dominicum obtuli quod bienio ante sacraverat secundus 
Urbanus Papa Romanae urbis ^ 

1. Passage curieux à noter ; et qui montre qu'en 1096 un per- 
sonnage de l'importance de Robert s'il ne possédait pas encore 
de sceau, pouvait cependant à l'occasion substituer à son seing 
l'empreinte d'un anneau. 

2. Cette cérémonie avait eu lieu le lundi 6 des ides de mars 
(10 mars) 1096, n. s. (Historiens des Gaules^ XH, 466). 



- :2oi - . 

Sciendum sane quod Rainaldus, Credonii dominas, senior 
liliorum meorum, concesserat mei gratia et auctorizaverat 
non longe antea omnes illas elemosynas quas in illo ilinere 
facerem, unde fraler suus Rolbertus pro concessione nullam 
liaberet pecuniae merceden. 

Testes donationis in capitulo fatae sunt hi : Bartholomeus 
capellanus, Harduinus de Vionio, Drogo de Froinniaco, Al- 
bericus fiiius Guarnerii, Arnulfus de Sagio, Rainaldus deBai- 
cio, Gaulterius de Sancto Lupo, Harduinus de Monte Borri, 
Gausfredus de Dalmariaco, Picardus filius Jordanis. Isti 
sunt de parte mea. 

Ex monachorum vero : Sancellinus cellararius, Mainardus 
Sanguinator, Odo de Fontanis, Anzegisus Bocherius, Mari- 
nus de Boeria, Robertus de Sancto Medardo, Petrus de Sar- 
trino. 

Testes doni super altare positi illi omnes qui ex meis in 
capitulo fuerant et ex parte monachorum illis qui fuerant in 
capitulo isti supradicti sunt : Hubertus Rigodetus, Gausfre- 
dus Abjectus, Rotbertus Tortum Capellum, Rainaldus de 
Losaldo, Petrus Barba. 

Sciendum etiam quod unus procerum meorum qui mecum 
in Jérusalem ibat, nomine Harduinus de Vionio, Deo et 
Beato Martino etsub eisdem testibus obtulit super illud idem 
altare censum octo denariorum quem ei solvebant annis sin- 
gulis monachi de vinea Ingerneti, sita Sablolii. 

87 (A). — 1096-1100. — Notice des moines de Marmoutier 
de la sentence rendue sur le litige qui existait entre eux et 
les chanoines de Saint-Maurice d'Angers au sujet de Che- 
millé ; Renaud, fils de Robert, témoin (B. N., latin, 12878, 
358). 

94 (A). — Vers 1100. — Notice des moines de Marmoutier 
disant comment Simon, fds de Foulques de Bouère, Robert, 
fils de Robert le Bourguignon, et Mathieu Sororgius Simo- 
nis, ratifièrent tous les dons faits à Marmoutier dans leurs 
liefs (B. N., Baluze, Armoires, 11, 13). 

99 (A). — 1103-1114. — Notice des moines de Saint-Serge 
du don (jui leur fut fait (vers 1093), lors de sa dernière mala- 



— 252 — 

die, par Hamelin de Méral en présence de Renaud de Craon 
et de Guy ÏII de Laval, et de la sentence rendue par Guy III 
qui leur en a maintenu le profit*. (B. N., latin 5446, fol. 91). 

115 (A). — 1131-1137. — Charte par laquelle Hugues du 
Puy du Fou, chambrier de Louis VI, fils de Guillaume, 
chambellan de Philippe I, et Théophanie de Craon, son 
épouse, surnommée la Bourguignonne, concèdent à l'abbaye 
de Mauléon dispense de toutes les coutumes sur ce qu'elle 
acquérerait dans le fief du Puy du Fou. Don fait au profit des 
âmes de Guillaume et d'Adèle, père et mère de Hugues ainsi 
que de celles de Maurice I de Craon et de Théophanie, sur- 
nommée TAnguille, père et mère de Théophanie ; parmi les 
témoins Hugues de Craon, frère de Théophanie. Ce don fut 
approuvé par les deux fils d'Hugues : Hugues et Renaud, et 
par Théophanie (Note des Chronicorum comitum Pictavise^ 
dans Historiens des Gaules^ XII, 409*). 

Hugo vero camerarii Willelmi filius, et Theophania con- 
jux, Burgundia nuncupata, considérantes ante diem obitus, 
quod divina pietas invitât nos in dies, dicens : « Facite vobis 
amicos de Mammona iniquitatis, ut cum defeceritis, reci- 
piant vos in aeterna tabernacula » ac etiam quod eleemosyna 
libérât a morte perpétua ; idcirco pro Dei omnipotentis 
amore, et B. Mariae virginis angelorumque omnium et 

1. Cet acte, grâce à la date de 1090, interpolée par Ménage, 
figurait au Cartulaire sous le n° 65. Il sert à déterminer l'épo- 
que où Guy III, petit fils de Hamon, succéda à son père et sera 
donné in extenso dans le Cartulaire de Laval. 

2. Ce document si important pour la maison de Craon à la- 
quelle il rattache d'une façon expresse cette Théophanie, fille de 
Maurice I, que nul autre document ne mentionne, nous fait en 
outre connaître l'un des grands officiers de la couronne dont le 
nom fait défaut à toutes les listes ; que M. Luchaire n'avait pas 
identifié dans son Louis VI le Gros (Paris, 1890, GG-397 p. in-S'*) 
et qu'il appelle simplement Hugues du Puy, dans son Histoire 
des institutions monarchiques de la France sous les premiers 
Capétiens (987-1180) (2 vol. in-S», 1891, XIV-338 et 379 p.) Hu- 
gues, grand chambrier de Louis VI et de Louis VII, dont le nom 
figure sur les diplômes à partir de 1131 jusqu'à la fin de la pre- 
mière année de Louis VII. On ne connaît pas d'actes de Phifippe I 
où figure un chambrier du nom de Guillaume. 



- 453 - 

sanctorum, donaverunt abbati virisque religiosis de 
Maloleone, illisque concesserunt, ut quidquid de feodo de 
Podio-Fagi dono vel emptione acquirere possent, possi- 
deant in perpetuum absque cosduma ; in remedio quoque 
animarum Willelmi atque Adelliœ, patris et matris Hugonis 
ejusdem, ac etiam Mauricii, qui tenuit in vita sua Credo- 
nium in pago Andegavensi, atque Theophaniae, Anguillae 
nuncupatae, patris et matris ejusdem Theophaniae-Burgun- 
dise, filiorumque eorumdem atque amicorum : huic dono ad- 
hibitis testibus, Hugone de Credonio fratre Burgundiae Tho- 
phaniœ, Eble de Monteleone, Willelmo de Podio Augusti, 
Rainaldo de Vieriis, Roberto Camaliacense et Johanne de 
Haia, régnante Ludovico VI, Francorum rege, Willelmo 
duce in Aquitania atque Pictavia et Willelmo Pictavensi 
episcopo. Hoc donum denique concesserunt Hugo de Podio- 
Fagi et Rainaldus, Hugonis ejusdem filii duo, atque Theo- 
phania. 

152 (A). — 1165-1182, Caen. — Charte de Henri H, roi 
d'Angleterre, portant don aux chanoines de Saint-Martin de 
Tours ; Maurice H témoin (Baluze, Armoires 71, 246). 

163 (A). — 1185. — Acte de Pierre IV de la Garnache et 
de Constance, son épouse, portant accord avec Marmoutier 
pour Salertaine* [Cartulaires du Bas-Poitou, p. 190). 

180 (A). — Vers 1196. — Charte par laquelle Juhel III de 
Mayenne donne à l'abbaye de la Vieuxville une rente de qua- 
rante sous angevins pour une messe quotidienne ; Maurice 
de Craon et Isabelle, son épouse, témoins. (B. N.,/>'a/2ca/5 
22337, 95). 

182 (A). — 1197. — Charte de Juhel III de Mayenne et 
d'Isabelle sa mère, au profit de Fontaine-Daniel {Cartulaire 
de Fontaine-Daniel, p. 65). 



1. Cet acte, omis au Cartulaire, avait été mentionné dans le 
texte. Il est très important puisque c'est le seul où Pierre IV et 
Clémence de Craon figurent ensemble. 

17 



— 254 - 

183 (A). — 1198. — Charte par laquelle Juhel III de 
Mayenne fonde le prieuré de Montguion ; Isabelle de Mayen- 
ne témoin (Ménage, Sablé ^ p. 358). 

184 (A). — Vers 1200. — Charte par laquelle Juhel III de 
Mayenne et Gervaise font don à l'abbaye de la Vieuxville 
d'une rente d'une mine de froment, pour faire des hosties ; 
Isabelle de Mayenne témoin (B. N., français^ 22337, 95). 

195 (A). — 1204. — Lettres par lesquelles Guillaume des 
Roches fait don à Saint-Nicolas de Sablé d'une foire annuelle 
à la fête de la Décollation de Saint- Jean (Ai'ch. d'Indre-et- 
Loire^ H 306 ; indiqué par M. l'abbé Métais). 

196. — Lire 19 mai au lieu de 19 juin. 

197 (A). — 1206, 13 mai. — Acte du serment de Mau- 
rice III à Philippe Auguste, contenant son engagement pour 
la Garnache* {Layettes^ n^ 805). 

199 (A). — 1206. — Charte par laquelle Philippe Auguste 
donnait Ploërmel à Maurice IIP (Ménage, Sablé, 348, et Ac- 
tes de Philippe-Auguste, n° 995). 

203 (A). — 1207, V. s., 12 février, Pontmain. — Lettres 
par lesquelles Juhel III de Mayenne fait don du manoir de 
Réville à Fontaine-Daniel ; Isabelle de Mayenne témoin (vi- 
dimus du 26 septembre 1430 aux Arckii^es de la Manche). 

203 (B). — 1208. — Charte par laquelle Guy VI de Laval 
fait au prieuré d'Olivet un don de cent sous manceaux, pour 
le repos de l'âme de Maurice III de Craon, frère de sa femme 
(A. N., MM 746, 155). 



1. Cet SLCie, omis RU Cartulaire, avait été mentionné dans le 
texte. 

2. Cet acte, omis au Cartulaire, a été étudié dans le texte. Voir 
au numéro 349 (A) l'acte par lequel Maurice V renonce à tous 
ses droits sur Ploërmel. 



- -255 - 

200 (A). — 1209. — Don par Aniaury P aux religieuses 
des Logos, de 50 sous de rente sur le péage de Chantocé 
(Note, Port, Dictionnaire, I, 604). 

208 (A). — 1210, Lehonium. — Lettres de Juhel III de 
Mayenne portant échange de 60 sous d'or de rente avec les 
religieux de Champagne ; Isabelle de Mayenne approuve 
l'acte [Aî'chives de la Sai-the^ H, 783). 

208 (B). — Vers 1210. — Sentence de Guillaume des Ro- 
ches par laquelle il maintient à Saint-Nicolas de Sablé divers 
droits dans la forêt de Bouère contestés par les héritiers de 
Brun-li-Bon [Archives d'Indre-et-Loire^ H 306 ; indiqué par 
M. l'abbé Métais). 

259 (A). — 1224, septembre. — Charte par laquelle Avoise 
de Craon, dame de Laval, fonde le prieuré de Sainte Cathe- 
rine (Couanier de Launay, Hist. de Laval^, 601). 

268 (A). — 1226, 12 mai. — Charte, datée du jour du décès 
d'Amaury I, par laquelle Guy de Daon fait un don à la Roë 

(Ménage, Sahlé, 409). 

274 (A). — 1240, V. s., février. — Lettres par lesquelles 
Raoul de Fougères reconnait devoir 500 livres au roi, pour 
rachat de plusieurs terres (A. N., Registres du trésor des 
Chartes^ C, 24). 

275. — Note par laquelle un contemporain a raconté la cé- 
rémonie par laquelle Maurice IV rendit hommage au roi. 

Anno domini 1245, die Veneris post sanctum Dionisium 

1. Nous rétabhssons le nom d'Amaury au lieu de celui de 
Maurice donné par M. Port ; mais peut être le nom de Maurice 
serait-il exact et alors ce serait la date qui serait défectueuse. 

1. Voir aussi dans Bouriolly, I, 195, la note relative au détour- 
nement dont a été l'objet le tome II des Fondations du diocèse 
du il/«/^s, appartenant au séminaire du Mans, détournement grâce 
auquel il nous est impossible de nous reporter à la copie de cet 
acte que nous savons y exister par la Semaine du Fidèle, XVI, 
4232. Ce dernier recueil, par une mexactitude évidemment voulue, 
ainriiu.' (juo le registre est aux Archives de la Sartlie. 



- ^56 - 

(13 octobre), apud Parisios, Mauricius de Credonefecit homa- 
gium domino régi, et juravit ei super sacrosancta Evan- 
gelia quod castra sua et fortericias suas ad magnam vim et 
ad parvam tradet ei, vel ejus mandato, suas patentes litteras 
deferenti, quocienscumque super hoc fuerit requisitus, pre- 
sentibus istisqui sequntur : Joello archiepiscopo. H., comité 
Marchise, G. vicecomite Castri Duni, Johanne de Bello Mon- 
te, Francise camerario, Gaufrido de Capella, Francise pane- 
tario, et multis aliis (Scripta de feodis ad regem spectantibus. 
Recueil des Historiens des Gaules^ XXIII, 677). 

275 (A). — 1246, décembre. — Charte par laquelle Geof- 
froy, vicomte de Châteaudun, et Clémence, son épouse, re- 
connaissent que, d'accord avec Maurice IV, ils ont reçu les 
lettres de Guillaume des Roches de Marguerite de Sablé et 
de Philippe-Auguste (B. N., latin 17048, 311 ; imprimé par 
M. l'abbé Métais à la page 233 du tome IV de ses Etudes et 
Documents). 

276 (A). — 1246, v. s., 5 janvier. — Lettres par lesquelles 
Maurice IV autorise les moines de Marmoutier à remettre à 
Geoffroy de Châteaudun et à Clémence, sa femme, les docu- 
ments relatifs au partage des biens de Guillaume des Roches 
(B. N., latin, 12879, 215). 

Viris religiosis et honestis in Christo sibi charissimis Gau- 
frido, abbati Majoris Monasterii Turonensis, et ejusdem loci 
conventui Mauricius, dominus Credonii, salutem in Domino. 

Noveritis quod ego volo et concedo quod vos tradatis ca- 
rissimo avunculo meo Gaufredo, vicecomiti Castriduni, et 
carissimœ materterae mese Clementise, uxori ejusdem vice- 
comitis, litteras quas habetis in custodia de divisionibus ter- 
rarum carissimse matris meœ et dictae Clementise a bonse 
mémorise Guillelmo de Rupibus, seneschallo Andegavensi 
pâtre earumdem factis et a bonse mémorise Phelippo, rege 
Francise, confirmatis. 

Datum die veneris ante Epiphaniam Domini, anno 1246. 

292 (A). — 1269. — Liste des chevaliers croisés avec Saint 
Louis pour aller à Tunis ; Maurice IV est cité [Historiens 
des Gaules, XX, 307). 



— 257 — 

294. — Le texte a été publié in extenso, IV, 264. 

295. — Le texte in extenso a été donné, IV, 265. Dans la 
note 3 substituer le nom à' Isabelle de la Marche à celui de 
Jeanne. 

296. — La date complète est 1270, 10 mai. On doit ajouter 
au texte conservé par dom Fonteneau les passages suivants 
relatifs à la maison d'Amboise : Preterea coram nobis cons- 
tituti Johannes dominus Calvimontis, filius primogenitus do- 
mini Ambasi memorati, miles, et Gilebertus predictus 

Preterea coram nobis constituta domina Agnes, uxor domini 
Ambazii... rata habuit et grata... 

Les additions sont fournies par l'original des archives de 
la Trémoïlle. 

297. — En note : il faut écrire forêt de Crothais ; voir Con- 
grès archéologique diQ 1889, p. 267. 

312. — L'acte in extenso a été donné IV, 271. 

313 (A). — 1276. — Charte par laquelle Maurice V confir- 
me au prieuré de Saint Clément les dons de Renaud et de 
Maurice I [Bibliothèque de Vendôme^ manuscrit 273, CIV ; 
indiqué par M. l'abbé Métais). 

332 (A). — 1283, v. s., février. - Testament de Margue- 
rite de Lusignan, épouse de Geoffroy de Châteaubriant, mère 
de Guy de Thouars. Isabelle de La Marche, dame de Chan- 
tocé, Maurice V de Craon, seigneur de Sablé « fils à la da- 
vant dite sa sœur » sont au nombre des exécuteurs testamen- 
taires (Note, B. N., français 22331, 303). 

333 (A). — 1284, 7 octobre. — Charte de Jeanne de Craon, 
dame de Retz, au profit de Girard Chabot, son époux (Car- 
tulaire de Rays^ n<* 95). 

334 (A). — 1284, 9 décembre. — Charte par laquelle 
Jeanne de Craon ratifie le contrat d'Isabeau Chabot, sa fille, 
avec Olivier de Machecoul (Cartulaire de Ray s, n° 99). 



- 258 - 

334 (B). — 1285. — Fragment du compte de Jean d'Ays 
pendant l'expédition d'Aragon. Chapitre XXXV, Choses 
baillées à Maurice de Craon. [Historiens des Gaules, 
XXIII, 686). 

349 (A). — 1289, 2 décembre. — Lettres par lesquelles 
Maurice V se désiste au profit de Jean I de Bretagne de tou- 
tes ses prétentions sur PloërmeP (Archives de la Loire- 
Inférieure, E 161 ; communiqué par M. Blanchard). 

A touz ceus qui cestes présentes lettres voerront é orront, 
Moryce, seignour de Craon é de Sablé, saluz en Nostre Sei- 
gnour. 

Sachient touz que, corne contenz feut entre nous, d'une 
partie, é très haut home nostre chier seignour Jahan, duc de 
Bretaigne, conte de Richemont, d'autre, sus ce que nous di- 
sions que le chatiau é la vile de Plœarmael, o touz lour fiez, 
homages, obéissences, terres, demaines, é o toutes lour au- 
tres apartenences, nous apartenoient, pour ce que èles 
avoient esté à monsour Amalry de Craon, nostre ançoisour, 
cui nous suimes heir, é des quels chatiau, vile é apartenen- 
ces le dit Amalry, nostre ançoisour, avait esté longtemps é 
souffisent en bone saisine é paisible en bone foy, par veroi 
titre, bon é loial à seignourie acquerre ; é les quiels chatiau, 
vile, o toutes lour dites apartenences, avoient esté par avant 
à monsour Moryce de Craon ^, frère jadis au dit Amalry, è, 
enprès sa mort, estoient venuz é descenduz au dit Amalry, 
par droit de héritage é de succession ; é par plusours autres 
raisons disions nous que les diz chatiau, vile é toutes lour 
apartenences nous apartenoient. Pour quoy Nous requérions 
à nostre dit seignour de Bretaigne que il les nous rendist é 
delivrast le dit chatiau, vile é toutes lour apartenences, o les 



1. Cette pièce possède encore le sceau et le contre-sceau de 
Maurice V, figures 82-83. Bien que son texte ait été pubUé par 
M. Ropartz dans sa Notice sur Ploërmel, on le donne ici parce 
que ce document est resté ignoré de tous les historiens Angevins 
et que le volume qui le renferme se trouve dans peu de mains. 

2. Par un don de Philippe Auguste, daté de 1206, Cartulaire, 
no 199 (A). 



- 259 - 

fruiz et les leveies que ils é ses ançoisours en avoient eu é 
levé. 

E nostre dit seignour de Bretaigne disoit que nous n'i 
avions, ne ne devions avoir droit de propriété, ne de saisine 
ne autre aes diz chatiau, vile é apartenences ; é que le dit 
Amalry, nostre ançoissour, n'i avoit eu droit de seignourie 
ou autre aes dites choses, ne le dit Morice, é que si ils ou 
auscun de aus i avoient auscun droit, ils le avoient quité é 
transporté au conte Pierres, ayoul à nostre dit seignour de 
Bretaigne, à cui il est heyr. Pour quoy, é par plusours autres 
rais >ns, disoit nostre dit seignour que il n'estoit pas tenuz à 
nous rendre é déluivrer les diz chatiau, vile é lour aparte- 
nences. 

A la parfin, nous enquis diligeoment la vérité, trovasmes 
que nous n'avions droit de seignourie ne autre aes diz cha- 
tiau, vile é apartenences ; é que le dit Amalry avoit donné, 
deleissé é qliité au dit conte Pierres, tout le droit de pro- 
priété é de saisine é autre, que il avoit aes diz chatiau, vile é 
apartenences, é avoir i poait par quielque raison, é trans- 
porté en lui. 

E pour ce nous, nous delaissasmes de ceste requeste fère 
à nostre dit seignour de Bretaigne ; é encores douons, dé- 
leissons e quitons de tout en tout à nostre dit seigneur de 
Bretaigne touz les droiz e toutes les accions é demandes que 
nous avions, é poions avoir, e devions aes diz chatiau, vile é 
toutes lour apartenences, é li prometons que nous, ne noz 
heir, ne cils qui auvront cause de nous, jamais riens ne li de- 
manderons, ne à ses heirs. ne à cens qui i auvront cause de 
lui, des diz chatiau, vile e lour apartenences. 

E si nous avions auscunes letres qui nous peussent aider 
quant à ces choses desus dites é nuire à nostre dit seigneur, 
nous voulons que èles soient cassés é annullées, é de nule 
valour ; é les anullons dès jà de tout en tout, é les li prome- 
tons rendre. E li prometons garanter é deffendre des noz é 
de touz autres, é encontre touz qui auvroient cause de nous é 
des noz, é de touz ceus qui li en feroient demande ou por- 
roient fère par raison de nous. E à toutes ces choses tenir é 
chascune par soy senz venir encontre, nous li en obligons 
nous é noz heirs, e noz successors e touz noz biens moibles, 
é inmoibles. 



— 260 — 

En testemoine des quiels choses, nous li en donons ces- 
tes letres saiellées en nostre propre saiel. 

Donné le vendredy enprès la sainte Katerine, l'an de 
graice mil dous cenz quatre vignz é noeuff. 

359 (A). — 1290, V. s., 13 mars, Narbonne. — Lettres par 
lesquelles Charles II d'Anjou reconnaît que c'est d'après ses 
ordres que Maurice V a contracté divers emprunts, destinés 
à payer sa rançon et à solder le rachat de Baugé et de Beau- 
fort (Durrieu, Archives Angevines^ I, 209). 

365. — Voir, IV, 65, une notice de ce même testament, 
empruntée à la Généalogie de Quatrebarbes . 

366. — T. III, p. 571, note 3. — Ajouter : Sur Jean Pépin 
de Huy et Robert de Lannoy, voir n° 487 à la note. 

Page 574, note 1. — Ajouter : Dans le testament de Jean de 
Craon, numéro 927 du Cartulaire^ la date est illisible ; cet 
acte ne saurait donc servir d'argument pour fixer celle du 
décès de son auteur. 

Page 583, figure 100. — Il est intéressant de rapprocher 
du dessin de Bruneau de Tartifume celui qui prend place 
ici, figure 207, d'après Gaignières. Ce dernier ne place près 
du corps d'Amaury IV que deux anges avec encensoirs et fait 
reposer la tête du défunt (évidemment trop vieille pour celle 
d'un homme de quarante-sept ans) sur deux coussins. On 
voit sur ce dessin que la tombe était ornée de six statuettes, 
dans des poses variées, et que l'une d'elles avait déjà disparu 
lors de la confection du dessin. Bruneau de Tartifume avait 
dessiné sept arcatures vides. 

375 (A). — 1299, août. — Lettres du roi approuvant le 
mariage de Robert de Beaumont avec Marie de Craon (Note, 
B. N., Baluze, 54,' 311). 

393. — Le document in extenso se trouve, IV, 272. 

403 (A). — 1311, juin. — Lettres par lesquelles Béatrix 
de Dreux fait don de la Suze à Béatrix de Roucy [In extenso^ 
IV, 278). 



— 261 -- 

403 (B). — 1311, V. s., 31 janvier, Baugé. — Lettres por- 
tant vente par Jean Mauclerc de Précigné à Amaury III (Ar- 
chives de la Trémoïlle, Fonds Craon). 

404. — Le testament d' Amaury IV a été donné in extenso 
IV, 278. 




207. — Tombe d'Amaury IV, 1373, d'après Gaignières. 

406. — L'acte a été donné in extenso, V, 45. 
411. — L'acte a été donné in extenso, V, 47. 
418. — L'acte a été donné in extenso, V, 48. 
427. — L'acte a été donné in extenso, V, 49. 
439. — Les lettres sontMu i5 avril et non du 13. 



— 262 — 

440. — Effacer les mots vieux style de la date. 

446. — Acte donné in extenso, V, 50. 

446 (A). — 1319, novembre. — Lettres par lesquelles Phi- 
lippe, comte du Maine, reconnaît que c'est sans préjudice 
qu'Amaury III lui a concédé une levée dans ses fiefs. (Archi- 
ves de La Trémoille. Lettres royales^ II). 

« Nous Philippe, ainzné fil dou conte de Valois, conte dou 
Mayne, faisons savoir à tous que, comme nostre amé et féal 
monsieur Hamaury seigneur de Craon, chevalier, à nostre 
proyère et à nostre requeste, nous ait ottroyée que nous 
puissions lever et havoir sur tous ses solgiez et hommes, 
qui sont en nostre contée dou Mayne, de chascun feu trois 
sols (le fort portant et avaluant le faible) que nous le dit 
ottroy avons prins et prenons de pure libéralité et grâce 
sens ce que nous penssions ledit monsieur Hamaury à ce 
contraindre ne pour forcier. 

« Ainçois volons et promettons audit monsieur Hamaury 
et à ses hers que, par cest présent ottroy, préjudice ne puisse 
estre acquis à li ny à ses hers, à ceux qui cause hauront de 
H, ny à ses sulgez pour le temps à venir. 

« En tesmoin de laquelle chose nous bavons donné ces 
lettres scellées de nostre grand seel. 

« Faictes et escripts l'an mil III^ et XIX ou mois de no- 
vembre. » 

448 (A). — 1320, mai, Milly-en-Gâtinais. — Lettres par 
les