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BULLETIN 



DE LA 



SOCIÉTÉ MYCOLOGIÛUE 



DE FRANCE 



BULLETIN 



DE LA 



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SOCIETE MYCOLOGIQU 

DE FRANCE 



FpNDÉ EN 1885. 



TOME XVI 

AVEC 2 PIIOTOTYPIES, IX PLANCHES HORS TEXTE 



«■> ♦ i^»> 



Année 1900 



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PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

84, Rue de Grenelle, 84. 

1900 



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LISTE GÉNÉRALE DES MEMBRES 



Société Mycologique de France 



MEMBRES A VIE 

MM. 

Blanchard, Raphaël, prolesseur à la Faculté, membre de 
V Académie de médecine, 226, Boulevard St-Germain, Paris. 

BoNNiEu, Gaston, membre de V Institut, professeur de botanique 
à la Faculté des sciences de Paris, 7, rue Amyot, Paris. 

CopiNEAu, Charles, juge au tribunal de DouUens (Somme j. 

DuMÉE, pharmacien, place de la Cathédrale, Meaux (S.-et-M.). 

Errera, directeur de l'Institut botanique, 38, rue de la Loi, 
Bruxelles (Belgique). 

De Laplanche, Maurice, château de Laplanche, près Luzy 
(Nièvre). 

Le Breton, André, château de Miromesnil, par Ofîranville 
(Seine-Inférieure) . 

Légué, à Mondoubleau (Loir-et-Cher). 

Malinvaud, 8, rue Linné, Paris. 

Mantin, g., 5, rue Pelouze, Paris. 

Marçais (abbé), 19. rue Ninau, Toulouse ('Haute-Garonne). 

NiEL, Eugène. 28, rue Herbière, Rouen (Seine-Inférieure). 

Noël, E., 28, rue Stanislas. St-Dié (Vosges). 

Peltereau, notaire honoraire. Trésorier de la Société, à Ven- 
dôme (Loir-et-Cher). 



2 SOCIÉTÉ MYCOLOGIQtE. 

MM. 
Planchon, Louis, professeur agrégé à la Faculté de médecine 

et pharmacie. Montpellier (Hérault). 
Raoui.t, Charles, docteur en médecine. Raon-l'Étape (Vosges). 
Vehmokel, directeur de la Station agronomique et viticole de 

Villefranche (Rhône) 
VuiLLEMiN, Paul, professeur à la Faculté de médecine de Nancy, 

10, rue d'Amance, Makéville. 

MEMBRES TITULAIRES 
MM. 

Mlle Albessard, 1, place Raspail. Lyon (Rhône). 

Angiboust. 46, rue du Bac, Paris. 

Arnould, Léon, pharmacien à Ham (Somme). 

D'' AuBERT, 50. rue de Moscou, Paris. 

AuTiN, A., pharmacien de 1'"'^ classe, 3, rue de la Mariette, Le 

Mans (Sarthej. 
AvENEL, G., professeur d'agriculture à Langres(Haute-Marne). 
Baixier, Georges, pharmacien, 27, rue Boyer. Paris. 
Baldy, docteur en médecine, 7, rue Lebouteux, Paris. 
Barbier, M., préparateur à la Faculté des Sciences, rue Monge, 

Dijon (Côte-d'Or). 
Barthelat, préparateur à l'Ecole Supérieure de pharmacie, 

4, avenue de l'Observatoire, Paris. 
Battaille, Fr., professeur au Lycée de Vanves ('Seine). 
Baudoux, pharmacien à Audierne (Finistère). 
Mlle Belèze, 62, rue de Paris, Montfort-l'Amaury (S.-et-Oise). 
Benoist, Robert, 8, rue Bouquet, Rouen (Seine-Inférieure). 
Berlèse, professeur de botanique à l'Université de Camerino 

(Italie). 
Bernard, J., pharmacien principal en retraite, 31, rue St Louis, 

à La Rochelle (Charente-Inférieure). 
Bernardin, ancien notaire à Bayonville, par Onville (Meurthe- 
et-Moselle). 
Berthoud, pharmacien en chef à l'Hospice des Vieillards, 

à Bicêtre-Gentilly (Seine). 
Bertin, Amand, 19, rue Monsieur le Prince, Paris. 
Bertrand, docteur en médecine, pharmacien de 1"' classe, 

à Brienne-le-Château (Aube). 



LISTE l>KS MKMIUîES. H 

MM. 
Bertrais'd, Emile, ingénieur, 35, boulev. des Invalides, Paris. 
Bessox, pharmacien, 27, rue de la Villetle, Paris. 
Beuchon, capitaine au 33" régiment d'artillerie, à Poitiers 

(Vienne). 
Beurmer, docteur en médecine, maire de Montbéliard (Doubs). 
BiGEAHD. instituteur, 3, place d'Hellencourt, Autun (Saône- 

et-Loire). 
BoNATi, pharmacien à Conflans (Haute-Saône). 
BoRNET, membre de l'instilui. Tl, quai de la Tournelle, Paris. 
BoucHET, pharmacien de i"^ classe, à Poitiers (Vienne). 
^ovïii^v.^ président honoraire de la Société mycologiqiie^ Tl^ 

rue Grétry, Montmorency (Seine-et-Oise;. 
BouGAULT, pharmacien, licencié ès-sciences, 42, rue de Sèvres, 

Paris. 
Bouge, pharmacien de l""" classe, à St-P^lorent-sur-Cher (Cher). 
Boulanger, Emile, licencié ès-sciences naturelles, 9, rue des 

Archives, Paris. 
Boulanger, Edouard, licencié ès-sciences, 21, quai Bourbon, 

Paris. 
Bourdérioux, pharmacien de 1'* classe, à Bourbon-l'Archam- 

bault (Allier). 
BouRDOT, Hubert, à St-Priest-en-Muratpar Montmarault (Allier). 
BouRQUELOT, Emile, professeur à l'Ecole de Pharmacie, phar- 
macien en chef de l'hôpital Laënnec, membre de l'Académie 
de médecine, ancien président de la Société^ 42, rue de 
Sèvres, Paris. 
Bouvet, A., pharmacien de 1''^ classe, Autun (Saône-et-Loire). 
BoYER, conseiller à la Cour d'appel, à Besançon (Doubs.) 
Brébineaud, pharmacien, place du marché Notre-Dame, 

à Poitiers (Vienne). 
BRESADOLA(AbateG.),PiazettadietroilDuomo,12,Trento(Tyrol). 
Bressy, pharmacien, 43, rue de Lyon, à Paris. 
Bricard, pharmacien, 42, rue de Sèvres, Paris. 
Briosi, Giovanni, direzione del R. Istituto botanico, délia 

Universitâ di Paviâ (Italie). 
Bruley-Mosle, à Estissac (Aube). 

Bruxald. Paul, avoué-licencié. 71, Cours National. Saintes 
(Charente-Inférieure). 



4 SOCIÉTÉ MYCOLOGIQUE. 

MM. 

Camus, docteur. 25, avenue des Gobelins, Paris. 

Candargy. p.. Docteur es-sciences, attaché adjoint à l'Univer- 
sité nationale d'Athènes, .30, rue Jasonos, à Athènes. 

Castex, maître de conférences à l'Ecole coloniale d'Agriculture. 
Tunis. 

Catjchetier, droguiste, 8, rue de Roye. Montdidier (Somme). 

Charpentier, Ch., chirurgien-dentiste, 62, rue de Clichy, Paris. 

Château, A., chirurgien-dentiste, 62, rue de l'Orangerie, Ver- 
sailles (Seine-et-Oise). 

Chatin, a., membre de l'Institut, aux Essarts-le-Roi (S.-et-O.) 

Chauveaud. chef des travaux botaniques à la Faculté des 
sciences (P. C. N.), rue Râteau, Paris. 

Chevalier, docteur en médecine, 35 bis, rue de Seine, à Alfort- 
ville (Seine). 

Chevreul, Théodule, pharmacien, 4, boulevard Agrault, 
Angers (Maine-et-Loire). 

Cintract, 208, boulevard St-Germain, Paris. 

Claudel, Victor, industriel à Docelles (Vosges). 

Clément, propriétaire, Grande-Rue Chauchier,à Autun (S.-et-L.) 

Maurice du Colombier. 55, rue des Murlins, Orléans. 

CocHARD, pharmacien à Sully-sur-Loire (Loiret). 

CoMAR, ancien pharmacien, 20, rue de l'Estrapade, Paris. 

D"" M. C. CooKE, rédacteur au Grevillea. 53, Castle Road, 
Kentish Town, N. W., (Angleterre). 

Cornu, Maxime, professeur-administrateur au Muséum, rue 
Cuvier. 27, Paris. 

CosTANTiN, Julien, maître de conférences à l'Ecole Normale 
supérieure, 45, rue d'Ulm, Paris, 

CouDERc, ingénieur civil à Aubenas (Ardèche). 

CouPRY, père, architecte, 157, chemin d'Ares, Bordeaux 
(Gironde). 

CousTON, Emile, pharmacien, 5, rue de l'Eperon, Vienne(Isère). 

CuisiN, dessinateur-lithographe, 39, rue de la Sablière, Paris. 

Daguillon, maître de conférences à la Sorbonne, 15, rue Singer. 
Paris. 

Dassonville, Ch., vétérinaire au 12'^ rég. d'artillerie, 22, rue 
Le Jemptel, Vincennes. 

Decelle, pharmacien à Cholet (Maine-et-Loire). 



LISTE DES MEMBllES. 5 

MM. 

Declume, imprimeur, Lons-le-Saunier (Jura). 

Delacour, 70, rue de la Faisanderie, Paris. 

Delacroix, Georges, maître de conférences à l'Inslitut agro- 
nomique, 8, rue Méchain, Paris. 

Démange, Vict., maison Godard et C'% à Hanoï (Tonkin). 

Derruel, a., curé de Peyrus (Drôme). 

Dethan, g., pliarmacien de l'^ classe, 14, r. de la Paix, Paris. 

Dea'illers, interne en Pharmacie, hôpital Laënnec, 42, rue de 
Sèvres, Paris. 

DoLLFus, A., directeur du Jeune naturaliste, 35, rue Pierre- 
Charron, Paris. 

DouTEAU, pliarmacien à Dinchin. par Chantonnay (Vendée). 

DucHAiFi'ouR, inspecteur des forêts, 23, rueDenfert-Rochereau, 
Paris. 

DuFouR, Jean, directeur delà station vitic. de LausannejSuisse). 

DuFouR, Léon, chef-adjoint du Laboratoire de Biologie végétale, 
à Fontainebleau (Seine-et-ÎNlarne). 

Duhamel, 5. rue des laisses, Chartres (Eure-et-Loire). 

DuPAix, Victor, pharmacien de 1™ classe, à la Mothe-Saint- 
Héraye (Deux-Sèvres). 

DupoiRiEux, propriétaire, 5. Square Lamartine, Paris-Passy. 

Dupont, G., 56, boulevard Ornano, Paris. 

Durand. S., professeur honoraire à l'Ecole nationale d'Agri- 
culture, G, rue du Cheval-Blanc, Montpellier (Hérault). 

DuTERTRE, rue de la Croix-d'Or, à Vitry-le-François (Marne). 

DuvERNOY, docteur en médecine, à Audincourt (Doubs). 

Fauquert, pharmacien à Anvers (Seine-et-Oise). 

Fautrey, à Corrombles, par Epoisses (Côte-d'Or). 

Ferrier, pharmacien à Vitré (Ile-et-Vilaine). 

Ferry, René, doctenr en droit, docteur en médecine, avocat à 
St-Dié (Vosges). 

Finance, Justin, 56, avenue de Neuilly, Neuilly-s'"-Seine (Seine). 

Flageolet (l'abbé), curé de Rigny-sur-Arroux, (Saône-et- 
Loire). 

Flahault. Ch.. direct, do l'Institut botanique de Montpellier. 

Fliche. professeur d'histoire naturelle à l'Ecole forestière, 9, rue 
Saint-Dizier. àNancv (Meurthe-et-Moselle]. 



(> SOCIÉTÉ MYCOLOGIQVE. 

MM. 

FouKMEii. Henri, doct. en médec, 11. rue de Lisbonne. Paris. 

FouRMEK, docteur en médecine à Rambervillers (Vosges). 

Frémont, ingénieur agricole, à Thouars (Deux-Sèvres). 

Fnox, Georges, répétiteur à l'inslitut agronomique, 48. rue 
Monsieur-le-Prince, Paris. 

Gadeau de Kerville, homme de sciences, 7, rue du Pont, 
Rouen (Seine-Inférieure). 

Gagaeux. chef de bureau au chemin de fer de l'Est. 146, fau- 
bourg St-Denis, Paris. 

Gaillard, Albert, lauréat de l'Institut, 18, Avenue Besnardière, 
Angers (Maine-et-Loire). 

Gauffreteau, ancien notaire, Ancenis (Loire-Inférieure). 

Georget, Ernest, pharmacien, St-Denis-la-Chevasse (Vendée). 

Gérard, Cl. -A., conservateur des hypothèques à Montreuil-sur- 
Mer (Pas-de-Calais). 

GÉRARD, professeur agrégé à la Faculté de médecine et de 
pharmacie de Toulouse, 4, Grande-Allée (Haute-Garonne). 

Gilbert, caissier de la Banque de France, à Dole (Jura). 

GiLLOT, F. -X., docteur en médecine, 5, rue du Faubourg Saint- 
Andoche, Autun (^Saône-et-Loire). 

Glevrose, chef du matériel au Ministère des Finances, Paris. 

GoBiLLOT, L., docteur en médecine, à la Trimouille (Vienne). 

Godet, propriétaire à La Houssaye (Seine-et-Marne). 

GoDFRiN, professeur à l'Université de Nancy. 

GoMONT, 27, rue Notre-Dame-des-Champs, Paris. 

Goujon, chef des cultures au Parc de la Tète-d'Or, Lyon. 

Grandpierre, pharmacien, 11, rue Maqua, Sedan (Ardennes). 

Graziani, pharmacien de f'' classe, 63, rue Rambuteau, Paris. 

Griffon, professeur de l'Ecole pratique d'agriculture du Ches- 
noy, Montargis (Loiret). 

Grelet, curé des Fosses, par Chizé (Deux-Sèvres). 

Gromier, docteur en médecine à Délie (territoire de Belfort). 

Grosjean, instituteur à Thurey, par Moncey (Doubs). 

GuÉDON, propriétaire à Meaux (Seine-et-Marne). 

GuÉGUEN, préparateur à l'Ecole supérieure de Pharmacie. 
Paris. 

GrÉRiN, Paul, chef de travaux à l'Ecole supérieure de Pharma- 
cie, 4, Avenue de l'Observatoire, Paris. 



IJSTE DES MEMBRES. 7 

MM. 
D'' GuiAUT, chef des travaux de parasitologie à la Faculté de 

médecine, 19, rue Gay-Lussac, Paris. 
GuicHARD, pharmacien, 34, avenue Jacqueminot, Meudon (S-0.) 
GuFFROV. ing-énieur agronome, 108, rue Legendre, Paris. 
GuiGNARD,Léon, membre de /'//2Sir/^?<^, professseur de botanique 

à l'Ecole de Pharmacie, 1, rue des Feuillantines, Paris. 
GuiLLON, J., pharmacien à Frévent (Pas-de-Calais). 
GuRLiE, L., pharmacien à Neuville-aux-Bois (Loiret), 
GuYÉTAND, pharmacien à Morez (Jura). 
Hamel, médecin de l'Asile St-Yon. par Sotteville-lès-Rouen 

(Seine-Inférieure). 
Harlay, Victor, 41. place Ducale, à Charleville (Ardennes). 
Heim, professeur agrégé à la Faculté de médecine, 34, rue 

Hamelin. Paris. 
Henriot, 5, rue Brezin, Paris. 

IIenriquet, inspecteur des forêts, Médéah (Algérie). 
Hkrissey, préparateur à l'Ecole supérieure de Pharmacie de 

Paris, interne à l'Hôpital Laënnec, 42, rue de Sèvres, Paris. 
Métier, François, industriel, hôtel de Grozon, à Arbois (Jura). 
HuYOï, propriétaire, 2, rue Macheret, Lagny-sur-Marne (Seine- 
et-Marne). 
11y (l'abbé), professeur à la Faculté libre d)Angers(Maine-et-L.). 
Jaczewski (x\rthur de), jardin botanic{ue de Saint-Pétersbourg 
, (Russie). 
Javilher, licencié ès-sciences, pharmacien, rue Nationale, 

à Tours (Indre-et-Loire). 
Jeaxmaire, pasteur, au Magny-d'Anigou. par Ronchamp 

(Haute-Saône.) 
Joao Da Motta Prego, Institut agricole de Lisbonne(Portugal). 
D"" JoAMx, préparateur à la Faculté de médecine, 272, boulevard 

Raspail, Paris. 
JoBERT. pharmacien, 35, rue de Paris, Auxerre (Yonne). 
JoLLY, pharmacien. 64, rue du Faubourg Poissonnière, Paris. 
JuLiEx, maître de conférences à l'Ecole nationale d'x\griculture 

de Grignon, par Plaisir (Seine-et-Oise). 
Karstex. p. A., docteur en médecine à Mustiala (Finlande). 
Kleix, docteur, professeur à la Technische Hochschule, 

Karlsruhe (Allemagne). 



8 SOCIÉTÉ MYCOLOGIQTJE. 

MM. 

Klincksieck, libraire, 3, rue Corneille, Paris. 

Labelle, interne à FHôpital de la Charité, rue .lacob. Paris. 

Labesse, Paul, professeur suppléant à l'Ecole de Médecine et 

de Pharmacie, rue des Lices, 38, à Angers (Maine-et-Loire). 
Labolverie, pharmacien de 1'" classe à Charleville (Ardennes). 
Laxg, Emile, industriel à Elpinal (Vosges). 
Lapiqle, Augustin, vétérinaire, 5, rue de la Bourse, à Epinal 

(Vosges). 
Lapicque, Louis, maître de conférences à la Faculté des 

sciences, 15, rue de FOdéon, Paris. 
Leboucher, pharmacien, Alençon (Orne). 
Lecœur, pharmacien à Vimoutiers (Orne). 
Ledieu, 18, rue St-Leu, Amiens (Somme). 
Legras, F., 88, boulevard Beauvoisine, à Rouen (Seine-lnf.). 
Lemonnier, ancien avoué, 21, rue Bonaparte, Paris. 
Le Monnier, professeur à la Faculté des sciences, 3, rue de 

Serre à Nancy (Meurthe-et-Moselle). 
Lesparre (duc de), La Gidonière, par La Chartre-sur-Loir 

(Sarthe). 
Léveillé (l'abbé), 56, rue de Flore, Le Mans (Sarthe). 
Docteur G. Lindau, Grunewaldstr., 6/7, Bota'nisches Muséum 

Berlin (Allemagne). 
LioxxET. Jean, 14 bis^ rue Saint-Louis, Fontainebleau (S.-]\L). 
C.-G. Lloyd, esq. Court and Plum str., Cincinnati, Ohio U.S. A. 
LouBRiEU, G., docteur en médecine, 10 et 12, rue de Savoie, 

Paris. 
LuDwiG, gymnasial Oberlehrer, Greiz, principauté de Reuss 

(Allemagne). 
LuTON, pharmacien à Beaumont-sur-Oise (Seine-et-Oise). 
LuTz, L., Chef de laboratoire à l'Ecole des Hautes Etudes, 

72, Boulevard du Port-Royal, à Paris. 
Magxiiv, professeur à la Faculté des sciences de Besançon 

Doubs). 
Magnin, vétérinaire au 18'^ chasseurs, à St-Germain-en-Laye 

(Seine-et-Oise). 
Magxus, professeur extraordinaire de botanique à l'Université 

de Berlin. Blumer-Hoff. 15, Berlin (xAillemagne). 
Maixgaud, Ed.v pharmacien à Mussidan (Dordogne). 



LISTE DES MEiMBUES. 9 

MM. 
Maire, René, 25. rue Sigisbert-Adam, Nancy (Meurlhe-et-M.). 
Ma\gin, professeur au lycée Louis-le-Grand, 2, rue de la 

Sorbonne, Paris. 
Manuel de Paul, 71, calle San Pablo, Sevilla (Espagne). 
Marchand, professeur honoraire de botanique cryptogamique 

à l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris, à Thiais. 
Marie, pharmacien, rue Chaperon-Rouge, à Avignon (Vaucluse^ 
Marsault, pharmacien à Blois (Loir-et-Cher). 
Marsy, docteur en médecine, Anor (Nord). 
Martaud, pharmacien-major à l'Hôpital militaire, à Oran (Al- 
gérie . 
Masse, Léon, pharmacien à Vendôme (Loir-et-Cher). 
Mathieu, inspecteur des chemins de fer de l'Est, à Nancy 

(Meurthe-et-Moselle). 
^NIatruchot, maître de conférences de Botanique à la Sorbonne, 

18, rue Le Verrier, Paris. 
Maugeret, Direction générale des Postes et Télégraphes. 102, 

rue du Cherche-Midi, Paris. 
Ménier, professeur à l'Ecole de Médecine, 12, rue Voltaire, 

Nantes. 
Mesfrey, pharmacien, place de la Chalonère, Angers (M.-et-L.). 
Mesnet, pharmacien à Thouars (Deux-Sèvres). 
Michel, Auguste, à Carrières-sous-Bois, par Maisons-l^affitle 

(Seine-et-Oise). 
MiLCENDEAU, pharmacien de 1'"^ classe à la Ferté-Alais(S.-0.). 
Millon, g., médecin-vétérinaire, La Chapelle-la-Reine(S.-M.). 
Morot, docteur ès-sciences, directeur àxx Journal de botanique, 

9, rue du Regard, Paris. 
Moullade, pharmacien principal, Réserve de médicaments, 137, 

avenue du Prado, ÎNIarseille (Bouches-du-Rhône). 
MousNiER, pharmacien à Sceaux (Seine). 
Mura, à Ronchamp (Hte-Saône). 

NiEPCE St- Victor. Grande-Rue, 58. St-Mandé (Seine). 
OzANON, Charles, St-Emiland, par Couches-les-Mines (S.-L.i. 
Panau, Ch., fabricant de lingerie à Verdun (Meuse). 
Parent, à Barlin, par Hersin-Coupigny (Pas-de-Calais). 
Patouillard, N., pharmacien de 1'* classe, ancien président de 

la Société, 105, avenue du Roule, à Neuilly-sur-Seine (Seine). 



10 SOCIÉTÉ MYCOLOGIQLE. 

MM. 

Pazschke, docteur, Heinrichstrasso, 20, Leipzig (Allemagne). 

Péquin, pharmacien de 1""' classe, 50. rue Victor Hugo, Niort 
(Deux-Sèvres). 

Perchery, 0., 35, place du Grand-Marché, Tours (Indre-et- 
Loire). 

Perrot, Emile, agrégé à l'Ecole supérieure de pharmacie, 
Secrétaire général de la Société Mycologique^ 272. boule- 
vard Raspail, Paris. 

Pierrhugues,B., pharmacien, 30. rue Vieille-du-Templc, Paris. 

D"" PiERRHucuEs, Cl., 30, rue Vieille-du-Temple, Paris, 

Plowright (Charles Bagge), 7, King-Street. King's Linn (An- 
gleterre) . 

PoiNSARD, Adhémar, à Bourron (Seine-et-Marne). 

PoiRAULT, Georges, docteur ès-sciences natui'elles, directeur 
de la villa Thuret, Antibes (Var). 

PoRMx, 162, boulevard Magenta, Paris. 

D' PoucHET, professeur à la Faculté, membre de l'Académie 
de médecine^ Paris. 

Pr ILLIEUX, sénateur, membre de l'Institut, ancien président 
de la Société^ 14, rue Cambacérès, Paris. 

Prunet, sous-directeur de la Station agronomique et maître de 
conférences à l'Université de Toulouse (^Haute-Garonne). 

Radais, Maxime, professeur agrégé à l'Ecole supérieure de 
Pharmacie, 257, boulevard Raspail, Paris. 

Raillet, professeur à l'Ecole d'Alfort (Seine). 

Rambaldy, André, 154, rue Vendôme, Lyon. 

Ray, maître de conférences à la Faculté des sciences, Lyon 
(Rhône). 

Rea Carletox, Secretary of the British Mycological Society, 
34, Foregate St., Worcester (Angleterre) . 

Docteur Rehm, Neufriedenheim, miinchen. (Bavièi'c). 

Rexaux, pharmacien, 38, rue Ramey, Paris. 

Reymond, sénateur, 85, boulevard, St-Michel, Paris. 

D'' RiEL, vice-président de la Société botanique de Lyon, 122, 
boulevard de la (^roix-Rousse, Lyon (Rhône). 

Risso, Antoine, avocat, place Garibaldi, 4, Nice (Alpes-Mari- 
timesl . 



LISTE DES MEMBP.ËS. 11 

MM. 

Rolland, Léon, 80, rue Charles-Laffîtte, Neuilly-sur-Seine 
(Seine). 

Rossignol, pharmacien à Mézières (Ardennes). 

RozE, sous-directeur honoraire au Ministère des finances, an- 
cien président de la Société, 2, route de Carrières, à Chatou 
(Seine-et-Oise). 

RussELL, William, chef de laboratoire à la Faculté des sciences, 
rue Râteau, Paris. 

D' Sabouraud, 62, rue Caumartin, Paris. 

Saccakdo, p. -A., docteur, professeur de botanique à TUniversité 
de Padova (Italie). 

L'abbé Saintot, curé à Oudincourt. par Vignory (Hte-Marne). 

Tj'abbé Sarrazin, curé de Montmort (Marne). 

Sauvageau, Camille, professeur à la Faculté des sciences de 
Dijon (Côte-d'Or). 

L'abbé Séjourné, professeur d'histoire naturelle au petit sémi- 
naire de Blois (Loir-et-Cher). 

De Seynes, professeur agrégé à la Faculté de médecine, pré- 
sident de la Société, rue de Chanaleilles, 15, Paris. 

SicRE, pharmacien, 8, quai de Gesvres, Paris. 

Simon, 16, villa Saïd, Paris. 

Taupin, pharmacien à Châteauneuf-sur-Cher (Cher). 

Teurquetv, L.-F]., Caudebec-les-Elbeuf, 6, rue de la Porte- 
Verte (Seine-Inférieure). 

Theret, notaire, 24, boulevard St-Denis, Paris. 

Thézée, professeur suppléant d'histoire naturelle à l'Ecole de 
médecine et de pharmacie d'Angers, à Angers (Maine-et- 
Loire). 

Thomas, Ernest, professeur-viticulteur à Auxerre (Yonne). 

Thomas, docteur en médecine à Tanzies, près Gaillac (Tarn). 

Trabut, professeur de botanique à l'Université, 7, rue des 
Fontaines, Alger-Mustapha (Algérie). 

Mme la baronne Turco-Lazzari, à Trente (Tyrol). 

Valut, Colonel commandant le 36" d'artillerie, à Clermont 
Ferrand (Puy-de-Dôme). 

Verissimo d'ALMEiDA, rua do Conselheiro, Monte- Verde, 54, 
1" Lisboa (Portugal). 



12 SOCIÉTÉ MYCOLOGIQUE. 

MM. 

ViALA. professeur à rinstituL agronomique. 16, rue Claude- 
Bernard. Paris. 

ViLMoiiix (Philippe de), licencié ès-sciences naturelles, 17, rue 
des Bellechasse, Paris. 

ViRON, docteur en médecine, pharmacien en chef de l'Hospice 
de la Salpétrière, boulevard de l'Hôpital, 47, Paris. 

Wahhlich, à l'Institut botan. de l'Académie de médecine mili- 
taire, St-Pétersbourg (Russie). 



MEMBRES CORRESPONDANTS 

MM. 

Chevalier (Mme). 35 bis. rue de Seine. Alforlville (Seine). 
DuRAXD, publiciste. ])harmacien - lauréat à Eysines, près 

Bordeaux (Gironde). 
Gauthier, Charles, avoué à Lons-le-Saunier (Jura). 
Le comte de Martel, ancien conservateur des forets. 38, rue 

Napoléon, les Sables-d'Olonnes Vendée). 
Perrix, inspecteur des forêts, à Bourges (Cher). 



j 



LISTE DES MEMBRES. 13 

ABONNEMENTS OU ÉCHANGES DU BULLETIN 

*BlBLIOTHEK D. SCHWEIZ NATURFORSCH. GeSELLSCHAFT, Beril 

(Suisse). 

Bibliothèque de l'Université d'Alger. 

Bibliothèque de l'Université de Poitiers. 

Bibliothèque de l'Université de Strasbourg (Allemagne). 

Bibliothèque de l'école supérieure de pharmacie de Paris, 
4, avenue de l'Observatoire. 

Faculté des Sciences de Bordeaux, laboratoire de botanique 
(Gironde). 

Faculté des Sciences de Lyon, laboratoire de botanique 
(Rhône). 

Faculté des Sciences, Marseille (Bouches-du-Rhône.) 

*ITerbier Boissier, Cliambézy, Genève (Suisse). 

*Institut botanique de Rome (Direct. Prof' Pirotta), 89, Panis- 
perma (Italie). 

Les Internes en pharmacie de l'Hôpital Laënnec. 42. rue de 
Sèvres, Paris. 

Laboratoire d'Anatomie et de physiologie végétales ^Prol". 
Van Tiegliem), 63, rue de Buffon, Paris. 

Laboratoire de botanique cryptogamique, à l'Ecole de Phar- 
macie de Paris, 4, avenue de l'Observatoire. 

Laboratoire de botanique de l'université d'Iassy, Strada 
Muzelor (Roumanie). 

*Laboratoire de botanique, Washington University, Saint- 
Louis, M. 0. (Prof. Trelease). U. S. A. 

*Nuovo GioRNALO BOTANico iTALiANo (Dir. Doct. Baroui), 19, 
rue Romaine, Florence (Italie). 

"^Revue mycologique (Dir. M. René Ferry), Saint-Dié (Vosges). 

*SoClÉTÉ BOTANIQUE DE LyON (RllÔne). 

Société d'Histoire naturelle de Loir-et-Cher, Blois. 
*SociÉTÉ impériale zoologico BOTANIQUE DE ViENNE (Autriche). 

*SoClÉTÉ d'histoire NATURELLE DE l'oUEST DE LA FrANCE, 

Nantes (Loire-Inférieure). 

*SoClÉTÉ ROYALE BOTANIQUE DE BELGIQUE, BrUXellcS. 

"Société botanique de France, 84, rue de Grenelle, Paris. 
"Société botanique des Deux-Sèvres, Niort. 



Description d'une nouvelle espèce c/'Exobasidium 
parasite de l'Asplenium fiUx-femina^ 

Par M. BOUDIER 



r^e genre Exobasidium, créé il y a plus de trente ans déjà 
par VoRONiNE pour une espèce particulière au Vucciniiun niyr- 
tillus, mais déjà connue de Fuckel qui l'avait décrite sous le 
nom de Fusidium Vaccinii, s'est enrichi peu à peu et offre 
actuellement, d'après les espèces décrites dans Saccakdo. 
25 espèces et même 26 si on y ajoute VEx. Vaccinii iiliginosi 
que j'ai fait connaître en 1894 dans le tome XLI du Bulletin de 
la Société de Botanique de France (session extraordinaire en 
Suisse). Toutes ces espèces sont parasites des végétaux vivants, 
presque tous dicotylédones, deux seules ayant été signalées sur 
une Commélynacée et une Graminée. Je viens en décrire une 
nouvelle récoltée en Auvergne sur les frondes de V Asplenium 
filix-femina, que j'ai déjà fait connaître au commencement de 
cette année au Congrès des Sociétés savantes, mais que je tiens 
à reproduire ici en en donnant des figures. Elle est remar- 
quable, non seulement par sa végétation sur une Cryptogame 
vasculaire, mais aussi parce que, comme V Exobasidiiim grami- 
nicolum Bres., elle ne déforme ni ne colore les parties sur les- 
quelles elle se développe. Elle ne paraît être que superficielle 
et ne nuire autrement à la plante hospitalière que par l'obtura- 
tion des stomates produite par la mince membrane qui les 
recouvre. On ne trouve, en effet, d'autre altération sur la fronde 
que quelques très petites taches brunes répandues aux environs 
et non sous le champignon lui-même, et nulle trace d'épaissis- 
sement, de déformation ou de coloration particulière. Voici 
d'ailleurs la description de cette intéressante espèce . 

ExoBAsiDiuM Brevieri Boud. 

Maculée albse, hypophyllœ, non lutescentes, tenuiter mem- 
branacesp, 2-8"'"' lat», irregulares et saepe confluentes, ad mar- 
ginem fibrillosae, supra sub lente pruinosœ, facile a matrice 



1() E. UOUDIEli. 

secedentes et eam non déformantes aut décolorantes, ex myee- 
lio araneoso et basidiis clavœformibus sporiferis formatée. 
Basidia irregularia 30-40pi longa, 8-10 crassa, normaliter bi- 
spora, sed rarius univel trispora, intus granulosa dein vacua, 
sterigmatibus sat longioribus. Spora- oblongœ aut oblongo- 
clavatse, sœpius curvatse, albœ, intus irregulariter guttulos» 
et granulosœ, 15-22ft longa^ 6-10 latrie, mox promycelium et 
sporulas emittentes. 

Sub frondibus vivis Asplenii filix-femina, maculas albas 
formans, hinc et inde maculis fulvis aut fulvo-brunneis minu- 
tissimis intermixtis. In Arvernià (prope « Ambert, Puy-de- 
Dôme ») legit D. Brevière oui dicavi. 

Kxobasidio graminicolo Bres. aftine sed minus compactum, 
sporis fere duplo majoribus, maculis hypophyllis et loco natali 
diversum. 

Les taches blanches que forme cette espèce sont quekpiefois 
confluentes. Elles sont formées d'une mince membrane filamen- 
teuse se détachant assez facilement de l'épiderme qu'elle ne 
paraît pas pénétrer et sont accompagnées ou non avec elles de 
très petites taches brunes qui n'ont aucun rapport entre elles 
et me paraissent dues seulement à un peu de souffrance de la 
fronde. Les taches &' Exobasidium montrent à leur surface une 
pruine blanche formée par les spores et sont bordées par un 
léger tomentum appliqué qui n'est autre que les extrémités des 
filaments mycéliens encore stériles. Sur ces filaments naissent 
des basides claviformes, souvent irréguliers, peu serrés, 
granuleux intérieurement tant cju'ils sont jeunes. Plus tard 
les granulations disparaissent. A leur extrémité se montrent 
ordinairement deux stérigmates assez grands, moins souvent 
un seul et plus rarement encore trois. Ces stérigmates sont 
terminés chacun par une spore assez grande, blanche, oblongue 
ou oblongue-claviforme, obtuse au sommet et à peine moins 
épaissie à la base, presque toujours plus ou moins courbée, 
mais jamais fortement. Ces spores présentent deux ou trois 
gouttelettes intérieures très irrégulièrement placées et accom- 
pagnées ou non de granulations. Elles germent facilement à la 
manière de -celles des Hétérobasidiés, et donnent naissance à 
des sporules secondaires comme Brf.sadola l'a observé aussi 



DESCIÎIPTIOX n'uNK NOUVELLE ESPKCE d'eXOBASIDIUM. 17 

chez une espèce voisine parasite des feuilles de Graminées, son 
Exohasidium graminicolum. qui comme elle ne déforme pas 
les feuilles sur lesquelles elle vit. Cette dernière espèce est 
d'ailleurs bien différente par ses spores moins g-rosses, son 
habitat et son aspect tout autres. 

J'ai reçu cet Exohasidium que j'ai cru devoir faire connaître 
de notre regretté collègue M. Feuilleaubois qui l'avait lui- 
même reçu de M. Bueviiuse, conservateur des hypothèques à 
Ambert (Puy-de-Dôme") son inventeur et auquel je me fais un 
plaisir de le (h'diei'. 



F^XPÎ.ICATION DE LA PlAXCUE 1. 

I. — E.iobasidium Brevieri Bond. 

a._ — Piniuile de la fronde d'Aspleiiiam (ilix-femina vue en dessous mon- 
trant quelques taches d'i^xoèasiditon. Grand, nalur. 

b. — Segment de pinnule, id. grossi 2 fois. 

c. c. c. — Basides encore jeunes et immatures, grossies 475 fois. 

d. d. d. -^ Basides à divers états de maturité portant des spores supportées 

par 1-3 stérigmateS; à 475 diamètres. 

e. — Spores de différents âges et grosseurs grossies 820 fois. 

f. — Spores en voie de germination, 820 diamètres. 



Note sur le Tricholoma colossum Fr. et la place 
qu'il doit occuper dans les classifications, Pl. I, Fig. II. 



Par M. BOUDIER. 



J'avais reçu bien souvent, tant des Alpes-Maritimes que de 
rOuest de la France, le' Tricholoma colossum que je n'ai pas 
encore vu provenant des environs de Paris, et toujours je l'avais 
reçu avec le même aspect, tel qu'il est représenté dans les 
auteurs qui l'ont figuré. Lorsque sur les indications de mes 
collègues et amis. ^NIM.Mémer de Nantes et Patouillard, qu'il 
se rencontrait aux environs du Mans et cju'ils l'y avaient récolté 
avec un anneau bien visible, j'ai profité de mon séjour dans 
cette ville au moment de la session mycologique de cette année, 
pour le rechercher, et grâce à l'amabilité de M. Ménier, qui 
m'a conduit sur les lieux où il l'avait précédemment trouvé, 
j'ai pu en recueillir quelques exemplaires, les uns avec anneau, 
les autres plus âgés qui en étaient privés, mais un groupe sur- 
tout encore jeune, m'offrit admirablement le caractère cherché. 
Grâce à lui j'ai pu donc observer avec soin cette espèce, et c'est 
le résultat de cet examen que je veux donner ici tout en laissant 
la primeur de cette découverte à nos collègues précités. 

De ces observations il résulte, cjue le Tricholoma colossum 
Fr. est muni d'un anneau membraneux très manifeste dans le 
jeune âge, mais disparaissant assez vite, doit être retiré du 
genre Tricholoma pour prendre place parmi les Armillaria 
à côté des Arm. robiista et rafa. rapprochement déjà indiqué 
par Fries dans sa « Monographia Hymenomycetum Suecise « 
C{ui le place en appenclix à la suite des Armillaria. INIais cet 
illustre mycologue, n'ayant pas vu l'anneau, indique cependant 
qu'il a tous les caractères des Tricholoma, ne pouvant pas 
prendre pour des vestiges de cet organe, les petits flocons que 
l'on voit au sommet du stipe et qui en effet ne lui appartiennent 
pas ; aussi le maintient-il plus tard, dans ses « Hymenomycetes 



TIUCIIOLOM.V COLOSSUM. 10 

europœi », dans ce dernier g^enre et tous les auteurs qui se sont 
succédés depuis, ont suivi ce classement. 

Cet anneau si manifeste cependant, comme on peut le voir par 
la ligure que j'en donne (PL 1, iig. Il), au moment où le cham- 
pignon sort de terre ou des aiguilles de Pin sou.s lesquelles il 
se trouve, est membraneux, irrégulier et plus ou moins lacéré. 
11 a tout à fait l'aspect de ceux des Armillaires précités et 
comme eux est ascendant, parlant du pédicule pour aboutir 
vers les bords de la marge qui primitivement très enroulée n'y 
participe pas. Il est d'abord blanc, puis rougit rapidement 
comme la partie inférieure du stipe et retombe plus ou moins 
sur lui. Il disparait très vite et c'est à peine si on en voit des 
traces sur les spécimens déjà bien développés. On ne remarque 
le plus souvent qu'une délimitation plus ou moins apparente, 
mais souvent bien marquée, vers le milieu du pédicule, délimi- 
tation accusée non-seulement par la couleur rougeâtre que 
prend le champignon et son anneau comme la chair même, 
lorsqu'ils sont exposés à la lumière ou à l'air, le haut du pied 
restant ordinairement blanchâtre ou un peu glauque et couvert 
de grossières furfurations concolores, mais souvent aussi par 
l'épaisseur que donne l'anneau au stipe sur lec[uel il s'applique 
et avec lequel il se confond quand il ne tombe pas, ce qui arrive 
le plus souvent, et c'est dans cet état que l'a représenté Baiila 
dans les belles planches de sa Flore illustrée des Champignons 
des Alpes-Maritimes, PL 25 principalement, l'autre ne repré- 
sentant ce champignon, comme celles des noms de Fries, de 
CooKE et de Lucand que toujours privé d'anneau ou ne le lais- 
sant qu'à peine soupçonner. C'est très probablement cette par- 
ticularité qui a fait indiquer le pédicule comme « apice cons- 
tricto ». 

Il n'en résulte pas moins que cette belle et volumineuse 
espèce possède un anneau, caduc il est vrai, mais très apparent 
dans le jeune âge, et que par conséquent comme Fuies en avait 
déjà eu l'intuition, elle doit se ranger dans le groupe des 
Armillaria ru fa et robusta dont elle a d'ailleurs à peu près les 
spores, et aussi non loin à'imperialis qui bien qu'ayant les 
spores plus grandes et plus allongées, a un anneau de même 
nature quoique plus persistant. 



20 E. BOUDIEn. 

Il peut paraître étonnant que. chez une espèce aussi remar- 
quable par sa taille et qui en somme n'est pas des plus rares 
puisqu'elle se rencontre un peu partout en France dans les 
bois de Pins, mais plus spécialement dans le Midi et l'Ouest, 
aucun auteur n'ait indiqué ou figuré cet anneau. Malgré mes 
recherches, je n'ai pu rien découvrir à ce sujet. Une planche 
cependant, le n" 33 des IllustîYitiones of British Fungl de 
CooKE représente sous le nom iQM\M(\ Armillaria aurantia une 
espèce qui semble s'en rapprocher par la couleur et l'aspect 
général, mais un examen attentif l'entait éloigner, lavergeture 
du chapeau et la forme du pédicule non épaissi à la base forcent 
à la rapprocher des ArmiUaria rohusta ou mieux rufa. comme 
Ta d'ailleurs déjà reconnu son auteur, bien que la couleur 
repi'ésentée ne fut pas tout à fait celle de ces espèces. 

J'ai donc pensé, en présence de ce caractère non encore 
signalé mais important, puisqu'il rejette l'espèce en C[uestion 
dont la détermination ne me laisse aucun doute, dans un autre 
groupe, qu'il était intéressant, non-seulement de le signaler, 
mais aussi de le représenter, puisque je m'étais trouvé dans 
une circonstance favorable pour récolter cette espèce dans toute 
sa fraicheur et c'est ce que j'ai pensé devoir faire ici. 

La figure II de la pi. I représente un groupe d'exemplaires 
de cette espèce encore jeunes et à peine sortis de terre. La cou- 
leur en est encore très pâle. 



IDVËLLES ESPECES DE CHiiPIGJlOl DE LA COTE-D'OR 

Par MM. SACCARDO et FAUTREY. 



hjili/lonia pK.sltilos,ii/n Sacc. cL Faut., sp. nov. — yVoipliigc- 
mim cecidogeninn, folia loviter lorqiiens et tumores adnatos 
Diinutos subrotiindos v. oblongos, saq^e decoloratos formans ; 
sporis liinc iiide conglobatis, spluericis i7-22pi diam., levibus, 
dibitc faligineis. l-rarius 2-;)-nucleatis, tunica2^ crassa. 

Jlab. in foliis adhuc vivis Potenlilhe anserimv. Tumores 
subi'otuudi Djô-l'""* lat. vel nervisequi oblongi, minores. 

SpJueriiUna mijrlillina Sacc. et Faut., sp. n. — Maculis 
amphigenis , amœne rufescentibus , sub-rotnndis , interdum 
confluentibus, dein brmmeolis et centro expallentibus ; perithe- 
ciis amphigenis, in areis pallidis formatis, punctiformibus, 
nigris, paucis, laxe gregariis, innato-erumpentibus, 100,120 a 
diam., vix papillatis ; ascis saccatis, basi apiculatis, sub-sessi 
libus, apice obtusis, octosporis, 140,150 - 60 f*, aparaphysatis ; 
sporidiis sub-distichis, oblongis, utrinquc obtusulis, demum 
triseptatis et ad septum médium leviter constrictis,sub-hyalinis, 
40 =; 15 f/. circiter. (Inter ascos mucus subinde adest, nec para- 
physes.) 

Hab.in foliis nondum eniortuis Vaccinii Myrtilli.{9\. II.,fig.2). 

Winteria intermedia Sacc. et Faut., sp. n. — ■ Peritheciis 
laxe gregariis subcutaneo-emergentibus, — - -""" diam., appla- 
natis, atris, epapillatis, poro laliusculo pertusis ; contextu 
sinuose parenchymatico, viridulo, molliusculo ; ascis teretius- 
culis, apice rotundatis, 80-100 - 12-15, octosporis, fdiformi-pa- 
rapliysatis ; sporidiis districliis, oblongo-clavulatis, transverse 
5-6-septatis. longitrorsum 1-septatis, hyalinis. 

llab. in cortice lœvigato Plni sili>estris. Inter Tl'. lichenoi- 
dea Rehm et ^Y. Zahlhruckneri Bauml. fere média, ab utra- 
quc differt prœcipue sporidiis deorsum brève caudatis, majori- 
bus, peritheciis corticolis nec lignicolis, etc. 



22 SACCAHOO et fautrey. 

Belonidium s>iridi-alriun Sacc. et Faut. sp. n. — Ascoma- 
libiis sparsis, disciformibus, sessilibus, applanatis, cire. Inim. 
diam., subimmarginalis, madore tumidulis, l*te virentibus, 
mollibus, siccis atrovirentibus, induratis ; ascis tereti-clavatis, 
longe stipitalis, 100 - 8-10, apice rotundatis, octosporis : para- 
physibus fîliformibus, sursum ramosis, apicibus leviter incras- 
satis ; sporidiis in asci parte sup. distichis, cylindraceis, cur- 
vulis, o-septatis, non v. vix constrictis, 4-gultatis, 11-12 » 4, 
utrinqiie vel uno apice brevissime appendiculatis, hyalinis. 

Ilab. in ligno putri Quercus in silvis. Notis datis species 
facile distinguenda. Asci in uno ipso ascomate in sphœrulas 
plures madore separatim disponuntur. 

Phyllosticta Aspernlœ Sacc. et Faut., sp. n. — Maculis 
indeterminatis, amphigenis, demum flavicantibus v. expallen- 
tibus ; peritheciis laxe gregariis, hypophyllis, globoso-appla- 
natis, 200-250 pt diam.. brunneis, porocircularipertusis, contextu 
minute parenchymatico, i'uligineo-ochraceo ; sporulis oblongo- 
allantoideis, hyalinis, 4^1,5; basidiis bacillaribus, fascicula- 
tis, 20-25 = 1. 

Hab. in foliis languidis Aspernlœ odoratx. mense Octobri. 
Depazeœ Asperidœ Lasch adhuc diagnosis nulla prostat, hinc 
incertum an ad Septoiiœ, an Ascochytte genus etc. pertineat. 

Phyllosticta eryngiana Sacc. et Faut., sp. n. — Maculis 
amphigenis, vagis, non marginatis, sordide fusco-alutaceis ; 
peritheciis perexiguis, omnino immersis, poro late apertis, 
()0,70/jt diam., non papillatis: sporulis teretiusculis. 10-2|:i, 
continuis, hyalinis, per porum exsilientibus. 

Hab. in foliis nondum emorLuis Eryngii campesiris. Peri- 
thecia sub vitro vix conspicua . 

Ascochyta rihesia Sacc. et Faut. sp. nov. — Maculis an- 
guloso-circularibus, numerosis, parvulis, demum (in pagina 
superiore) candidis, infra sordidis, sub-confluentibus, fusco- 
purpureo-marginatis : peritheciis plerumque epiphyllis, raris, 
punctiformibus nigricantibus, poro pertusis, 90,110 a diam.: 
sporulis fusoideis, obtusulis, uniseptatis, chlorinis, 1.3 - 3^/. 

Hab. in foliis languentibus Rihis nigri. 



CIIAMPIGXONS DE LA COTE-D 01!. io 

Septoria Valericmee Sacc. et Faut. sp.n. — Maculis amphi- 
genis,ovato-angulosis, variis, ScBpias internerviis, sordide rufe- 
scentibus, margine concoloribus. demum confluentibus et can- 
dicanlibus; peritheeiis epipliyllis, laxe gregariis, globoso-len- 
ticularibus, puncliformibus, atris, SOpdiam., anguste pertusis; 
sporulis anguste fusoideis, curvulis, 12,16 » 1 p, liyalinis, con- 
tinuis . 

(lab. in foliis nondum emorluis Valeriansp dioicie. Prima 
Septorhe species in génère Valeriana reperta. 

Lcptolliyriiim snbtectuin Sacc. et Faut. sp. n. • — Perithe- 
eiis hinc inde gregariis, diu subtectis, dein erumpentibus et 
epidermidis laciniis cinctis, dimidiatis, scutiformibus, 200 [t. 
diam.. poro pertusis. contextu radiato fuligineo ; sporulis glo- 
bosis, Irt'vibus, vel lœvissime asperatis, 7, Su. diam., intus plu- 
rigutlulatis, hyalinis ; basidiis stipatis, bacillaribus, 8, 9 - 2^/, 
hyalinis. 

Hab. in ramulis languidis Vaccinii. Mtjj-lilli. Peritheeiis diu 
subtectis, sporulisque globosis, ha?c species facile distinguitur, 
sed est in génère abnormis (PL II, fîg. 5). 

Maraonia Thoiuasiana Sacc. Syll. 111. p. 768. — *Marsoiiia 
Fautrejiaiia. Sacc. sub-sp. n. — A typo differt : Acervulis 
(5-1 l"""diam.) latioribus, non discolori-marginatis ; conidiis 
sursum crassioribus, 20,23 = 4^; basidiis brevioribus, nempe 
8,10 « 4, a. 

Hab. in foliis adhuc vivis Evonymi Europsei. (PL II, fîg. 6.). 

Cylindrospovium epilohkinum Sacc. et Faut. sp. nov. — 
INIaculis variis, non marginatis, subinde confluentibus, folio 
sub-concoloribus ; mycelio immerso, filiformi, hyalino ; coni- 
diis vermicularibus, 45, 50 - 2^, continuis, liyalinis. 

Hab. in foliis sub-vivis Epilobii Jiirsuti. 

Trullida (Cesalia) depressa Sacc. et Fautr.. sp. n. — 
Acervulis sub-epidermicis, mox denudatis, applanatis, ambitu 
inœqualiter orbiculari vel subanguloso vel elongato, 0,5-1'"™ 
lat., nigricentibus, nitidulis ; basidiis dense fasciculatis, 
38-40 « 2, mediatate inferiori magis cohœrentibus pallide argil- 
laceis, superiori olivaceis, apice leviter tenuatis, truncatis ; 
conidiis ex interiore basidiorum orientibus, cylindraceis, utrin- 



24 SACCAUDO ET FAUÏIîEY. 

que Iruncatis et minute 1-g'uttatis, 5-6 - 1-1,3, hyalinis, initio 
catenulatis. 

Hab. in foliis emortuis Pini Laricionis. Ab affini ^S'. nitidula 
forma et fructificationis dimensionibus satis diversa. 

Cylindrocolla acuum Eli. et Ev., Syll. XI, p. 648. vrv /laço- 
vLvidula Sacc. et Fautr., nov. var. A typo differt colore, coni- 
diisque 2-guttatis, 11-15 » 2. 

Hab. in foliis Pini Laricionis^ prœserlim ad basim. 

Opiilaria epilobiana Sacc. et Faut., sp. n. — Maculis variis, 
ampliigenis, non marginatis, pallescentibus ; liyphis hypophyl- 
lis, cœspitulosis, brevibus, nodulosis, hyalinis, puncta alba 
referentibus ; conidiis ovoideis. 18,22 » lôf/, continuis, hyalinis. 

Hab. in foliis vivis Epilobii hirsuti^ c{u» mox marcescunt. 
Prima Ovnlariœ species in Epilobiis. 

Lejosepiiun Sacc. nov. genus (Etym. : Isto?, la^vis ; et 
sepium pro Sepedonio. quasi Sepedoniiun conidiis lύibus, nec 
muricatis). Effusum, mycophilum, penetrans, lœte coloratum. 
Hyplue mycelii sparsse, fertiles simpliccs vel furcatœ, assur- 
gentes (?). Conidia oblonga, majuscula, continua, lœvia. — A 
g-enera Sepedonio mox differt conidiis lœvibus et oblongis. 

Lejosepiiun aureiun Sacc. et Faut. sp. n. — Effusum, com- 
pactiuscule pulveraceum, flavo-aureum ; hypbis fertilibus cy- 
lindraceis, septulatis, 4,5fji cr., hinc inde obtuse denticulatis, 
subhyalinis; conidiis acro-pleurogenis, elongatis, basi sub- 
truncatis, apice rotundatis, 45 - 16 p, flavo-aureis, crassiuscule 
tunicatis, plasmate grumoso. 

Hab. in pileo, quem omnino invadit, Agaricinex^ probaliter 
Russnlse speciei (PI. H, fig. 9). 

Scolecotrichum ranudarioides Sacc. et Faut., sp. n. — Ma- 
culis amphigenis, crebre et parallèle gregariis, elongatis, atro- 
brunneis, secus médium lineatim albicantibus : hyphis caespi- 
tulosis, filiformibus, valde flexuosis, nodulosisque, septatis, 
sursum denticulatis, fuligineis, 80,100^5,6;/; conidiis tereti- 
fusoideis, rectis, basi leviter papillatis, 28,30 » 5 — ,6//, medio 
septatis et subinde constrictulis, hyalinis vel fumoso-hyalinis. 

Hab. in foliis Leersise orijzoidis. A Scol. Graniinis differt 
conidiis angustioribus, subhyalinis. etc. (PI. 11. iig. 8). 



CIIAMPIGXONS DE LA COÏE-DOli. ZO 

Sirodesmiuin marginatiim Sacc. et Faut. sp. n. — Effusum, 
pulveraceimi, atro-fuscum, inœquale, omnino superficiale ; 
conidiis laxe fasciculatis, adsiirg-entibus, in caLenas columnares 
digestis, magnis, tereti-oblongis, iitrinque rotundatis,truncatis, 
100,120 « 60,90 fx. dense cellulosis ; cellulis vel articulis 5,7 a 
diam.,interioribus opace fuligineis, peripliericis sub-hyalinis, et 
tune conidia pallide marginata efficientibus. 

llab. in trunco piiti-i Salicis. (1*1. \\, fig. 10). 

Fungl jain cognilL — lIijincnogasLer leplonispoi-us Ricli. 
(PI. IL, fig. 1). 

Hab. in terra liorti Fautrey. 

Massai'ia Saccardicuia ]-M-x. — (PI. 11., fig. 4). 

Hab. in ramis Ribis alpini. 

Coryneiun longistipitaLum Berl. et Bres. — (PI. 11., fig. 7). 
In ramis Pyri communis. 

Menispora orthoapora Sacc. et Faut., sp. n. — Syll. XIV, 
pag. 1077. 

Hab. in assula populea. 

Trichopeziza hamata Sacc. ei Faut.,sp.n. — Syll.XIV,p.ll37. 

Hab. in assula populea. (PI. H, fig. 3). 

Sirodesmium ramosum Sacc. et Faut., sp. n, — Syll. XIY., 
p. 1137. 

Hab. incorlice adhucvivo Lonicene Xyloslei. (PI. ll.,tîg. 11). 

ExpLiCATio Tabul.e H. 

Fig. 1 . — Hijmenoqasler leptonisporus}\\c\\. — Sporœ. 
• — 2. — Sphearulina myrtillina sp. n. — a, sporidia. — b. asciis. 

— 3. — Trichopeziza hamata sp. n. — a, asooma auct. — b, pili liamati 

ascoraatis. — c, asci. — d, sporidia. 

— 4. — Massaria SaccarcUana Jacz. — a, sporidia. — b, ascus. 

— 5. — Leptolhyrium subtecLum sp. n. — a, perith. e fronte. — b, perith. 

sectum. — c, perith. e fronte valdeauct. — d, sporulas et basidia. 
e. sporulse. 

— 6. — Marsonia Thomasiana Sacc. * M. Fautreyana subsp. nov. — 

a, acervulus sectus. — h, conidia et basidia. 

— 7. — Coryneum longistipitatum Berl. et Bres. 

— 8. — Scolecotrichum ramidarioides sp. n. — a, hyphœ. — b, conidia. 

— 9. — Lejosepium aureum gen. et sp. nov. — a, hyphœ. — b. conidium. 
~ 10. — Sirodesmium maryinaium sp . n. 

— 11. — Sirodesmiiun ramosum sp. n. 



Le petit Traité des Champignons comestibles et pernicieux 
de la Hongrie décrits au XVT siècle par Charles de 
l'Escluse d'Arras (Suite), 



Par M. E. ROZE. 



ClIAl'ITliE II. 

CHAMPIGNONS NUISIBLES ET PERNICIEUX. 

Je serai plus bref, dit Clusius. en écrivant l'iiisloire de ces 
Champignons : car alors que chez les Anciens aucune mention 
n'en a été faite isi ce n'est peut-être en général et sans désigna- 
tion do nom) et que les plus récents auteurs ont estimé ([u'il était 
superflu d'écrire quelque chose sur ces Champignons dont 
personne ne mange, il se trouve que je dois les décrire tous 
d'après ma propre observation. Et. sans doute, il est permis de 
croire qu'ils sont facilement distingués par les paysans et les 
connaisseurs. J'ai pensé cependant que la chose valait la peine 
d'en parler et de décrire leur forme, pour que quelque impru- 
dent ne les recueille comme inoffensifs, puisque on en trouve 
beaucoup qui ont une très grande ressemblance avec les comes- 
tibles. Donc nous suivrons le même ordre que nous avons adopté 
pour traiter de l'histoire des Champignons comestibles et nous 
distribuerons chaque genre en ses espèces, s'il y en a plusieurs. 

Genre I. 

[Ilirneola Auricula Juche, d'après Pries (Syst. myc.) ]. — 
Je me rappelle n'avoir observé qu'une ^.spèce unique de ce 
1^'' Genre, quoiqu'elle ne soit pas toujours de la même dimension. 
INIais je crois que cette différence ne résulte que de \k^Q du 
Champignon. Or tous ceux- que j'ai vus ne montraient qu'un 
pédicule à peu ])rès nul ou plutôt nul ; mais ils adhéraient au 
tronc d'un arljre, soit solitaires, soit géminés, constitués par 
une peau membraneuse, repliée et sinueuse, d'une couleur 



CHAMPIGNONS DE LA IlOXCRU:. li 

cendrée noirâtre. On l'appelle vulgairement Oreille de Judas, 
parce qu'il est formé d'une substance cartilagineuse et mem- 
braneuse, comme celle d'une oreille. Les Hongrois l'appellent 
Boza fa termewl et les Allemands Holder Schwammen, parce 
qu'il naît sur le tronc du Sureau lorsque cet arbre commence à 
se couvrir de feuilles. 

Certaines gens ont l'habitude de conserver ce Champignon 
desséché, bien qu'il ne soit pas comestible, pour en faire usage. 
En effet, pour les tumeurs de la gorge, ils se servent du vinaigre 
dans lequel ils l'ont fait macérer pour se gargariser et se rincer 
le gosier (Fig.). 

Genre II. 

Sous les Pruniers, au premier printemps, croit le 2"'^ Genre 
qui est appelé par les Hongrois Szilwa alya. 

[Tricholoma d'après Reichardt]. — Je n'ai observé 

aussi qu'une seule espèce de ce Genre, sortant en nombreux 
échantillons du même point, sans avoir cependant aucun pédi- 
cule visible ; naissant en touffe, sa forme et sa grandeur sont 
variables. Ainsi quelques-uns de ces Champignons sont larges 
de 2 ou 3 pouces, et même plus, et de figure orbiculaire ou 
anguleuse : les autres, un peu plus petits, n'ont qu'à peine vni 
pouce de largeur : tous sont de couleur blanche, pâle, mêlée de 
brun. 

Genre III. 

Les Hongrois appellent le 3""' Genre Ganejou et les Allemands 
Mist Schwammen. parce cpi'il croît au premier printemps sur 
les fumiers. 

[Coprinus fimelarius^ d'après Fries (Epie.) ]. — Ce Champi- 
gnon est assez commun et en outre assez connu ; il est de forme 
orbiculaire à contour circulaire, porté sur un pédicule grêle 
et ténu, de corps mince, non épais, tout à fait blano, et comme 
saupoudré de farine tant inférieurement que supérieurement : 
la partie en dessous ou inférieure est parcourue par des stries 
brunes, aboutissant du pédicule jusqu'aux bords. 

Genre IV. 

De ce que le 4'' Genre a l'habitude décroître au premier prin- 
temps, après les pluies prématurées, sur les troncs des Saules, 



28 E. nozE. 

il est appelé par les Hongrois Fiz fa gomha et par les Allemands 
Felher Schwammen. 

[Poli/ponis K'ersicolor, d'après Fries (Syst. myc.) ]. — Ce 
Champignon naît en touffe, adhérant fortement aux troncs des 
Saules, comme un Lichen, formant en se développant un amas 
d'excroissances de forme et de grandeur variées. Car la plupart 
des ces excroissances ne dépassent pas un pouce en grandeur, 
et d'autres sont quekjuefois grandes de 2 et 3 pouces, d'une 
couleur élégante et variée. Ainsi cette couleur sur eux est 
blanchâtre, et pâle, et d'un beau rouge, et foncée. eL même jaune 
pâle ; j'ajoute qu'on les voit recouvertes ça et là d'une teinte 
brune et fuligineuse. 

Genre V. 

Le 5'' Genre des Champignons pernicieux naît aussi au pre- 
mier printemps sur les troncs des Cerisiers putrescens. C'est 
pourquoi il porte le nom chez les Hongrois de Rewes ceresnye 
fa gomha., et chez les Allemands de Kersenbaum Schwammen. 

[Polyporus sulfureiis. d'après Fries (Syst. myc.) ]. — Or 
plusieurs Champignons, sortis du même pied, naissent ensemble 
et sont imbriqués comme des tuiles qui se recouvrent l'une sur 
Taulre : ils sont larges d'un pouce à la partie inférieure, puis, 
croissant sensiblement en hauteur, ils s'élargissent de 3 ou 4 
pouces et deviennent longs d'un palme. La partie supérieure du 
corps du Champignon est revêtue de couleurs variées : car, 
autour du pied il est d'un blanc pâle jusqu'à la hauteur d'un 
pouce, puis il se bigarre de couleurs transversales, mélangées 
ensemble de jaune et de rouge ; la couleur jaune se continue, 
tout en étant maculée de taches c[ui sont comme fuligineuses. 
Les bords extrêmes se montrent d'un rouge plus foncé, sur 
lequel tranche quelque peu une ligne comme saupoudrée de 
farine ; quant à la partie inférieure ; elle est ou pâle ou jaune. 

Mais ce Champignon, quoic[ue nuisible à l'homme (L, est 
cependant d'un certain usage, car les paysans ont l'habitude de 
le conserver desséché, étant persuadés que sa poudre mélangée 
avec du sel et avec la pâture, est un remède salutaire à donner 
aux bœufs et aux vaches malades. iFig.). 

(1) Edulis est, Ucet Ctuslo l'ernic. ijen. V (t'ries, Hyin. eur.). 



CHAMPIGNONS DK LA HONCnir;. 29 



Genre VI. 



\Entoloma rhodopoliuni, d'après Fries (Syst. myc.)] — Le 
6e Genre, qui croit sous les Noisetiers, est appelé par les 
Hongrois Monyaro alija gomba . 11 est défigure orbiculaire, 
large de deux pouces ou plus, quelque peu convexe supérieu- 
rement, à bords extrêmes réfléchis sous la partie inférieure, de 
couleur rougeâtre, fuligineuse, à laquelle paraît mélangée une 
certaine blancheur, mais quelquefois toiit à fait fuligineuse et 
brune. Inférieurement il est quelque peu rougeâtre et parcouru 
par des stries, aboutissant à la circonférence et partant du 
pédicule, qui est grêle et long de 2 pouces ; ces stries sont 
assez épaisses et de couleur brune, On le tronve aux environs 
de la Pentecôte, c'est-à-dire en mai et vers le commencement 
de juin. 

Genre VII. 

Vers le même temps sort aussi le 1^ Genre des Champignons 
pernicieux, que les Hongrois appellent Bagobj gomba et les 
Allemands Krotlen Schwammeiiy noms qui signifient la môme 
chose en l'une et l'autre langue, c'est-à-dire Champignons de 
la Grenouille venimeuse, vulgairement appelée Crapaud. J'en 
ai observé trois espèces. 

1. [ Panseolus papilionaceus^ d'après Fries (Syst. myc.) ]. — 
La 1''* est portée sur un pédicule très grêle, long de plus de 
2 pouces, et il a une forme élevée en cône, presque comme un 
chapeau ou un bonnet, large de prescjue un pouce, le contour 
des bords mesurant environ 4 pouces, d'une couleur blanche en 
([uelque façon teintée de fuligineux, et le sommet jaunâtre. 
L'intérieur ou la partie concave est tout à fait brune, parcourue 
par des stries noires qui partent du pédicule pour aboutir aux 
bords. 

2. [Amanita paniherina^ d'après Fries (Epie.)]. — La 
2"^ espèce est d'un corps plus orbiculaire et plus gonflé, porté 
sur un pédicule plus épais. La partie supérieure et convexe est 
grande, quelquefois seulement de deux pouces, mais d'autres 
fois de trois pouces, d'une couleur tantôt tout à fait brune, qui 
pâlit en blanchissant, tantôt mélang'ée d'un jaune fuligineux, 
mais caractérisée par des taclies blanches et noires sur la partie 



30 E. ROZE. 

supérieure et de la même teinte que le Crapaud, surtout brune, 
à laquelle elle paraît très bien se rapporter. La partie inférieure 
est blanche, parcourue par de légères stries brunâtres, allant 
du pédicule jusqu'aux bords. 

3. [Amanila rubescens^ d'après Pries (Epie.)]. — La 3'^ espèce 
est plus grande que les autres et tout à fait de figure régulière- 
ment orbiculaire, dont le diamètre est de 3 pouces, supérieure- 
ment blanche, à laquelle couleur s'en mêle une autre quelque 
peu rougeàtre, et marquetée de rares taches pâles. La partie 
inférieure est en quelque sorte pâle, avec de nombreuses 
stries fuligineuses, partant du pédicule, qui est épais comme 
le petit doigt, pour aboutir à l'extrémité des bords où elle se 
fissure. 

Genre VIII. 

[Collybia platyphylla. d'après Pries 'certe ! Epic.i]. — Le 
8" Genre, aux environs de la Pentecôte, se montre dans les 
forêts, sur les branches et les troncs des Bouleaux.- c'est pour- 
quoi les Hongrois l'appellent Nyrfa gojnbaya, et les Allemands 
Birchen Sclnvammen. c'est-à-dire Champignon du Bouleau. 

Sa figure est presque orbiculaire. supérieurement un peu plus 
élevée, d'une couleur blanche ombrée d'une légère teinte fuli- 
gineuse, sur laquelle se trouvent certaines taches roussàtres ; 
sa largeur est de 2 pouces ; la partie inférieure est toute blanche, 
si ce n'est les stries qui sont teintées de fuligineux et qui partent 
du pédicule, long de deux pouces et grêle,pour aboutir à l'extré- 
mité des bords. 

Genre IX. 

[Tricholoma tumidum. d'après Pries (Epie.) (i)]. — Aux 
environs du Solstice d'été, le 9° Genre des Champignons perni- 
cieux se trouve crois.sant dans les forêts. Les Hongrois 
l'appellent Borsos gomba et les Allemands Hohen Schwam- 
îiien, parce que (si je ne me trompe) il a un corps épais et gon- 
flé, car le pédicule est assez court, ne dépassant pas beaucoup 
un pouce, et il a l'épaisseur d'un doigt ou du pouce. 

Bien que ce Genre paraisse comprendre deux espèces, je 
crois cependant qu'il y a seulement entre elles la différence de 

(i) N'a pas encore été observé en Hongrie (Reichardt). 



CHAMPIGXOXS DE LA HONGRIE. 31 

Tàge. Or il se fait remarquer, comme je l'ai dit, par un corps 
épais et protubérant, en quelque façon de ligure sphérique et 
orbiculaire, large de deux pouces pour les plus petits ; mais, 
pour les adultes, ce corps est de 3 et même 4 pouces, ou même 
davantage. La partie supérieure est de couleur d'un noir rous- 
sâtre; et la partie inférieure, blanchâtre, montre beaucoup de 
stries roussàtres, qui vont du pédicule jusqu'aux bords. 

Genre X. 

[Clilocybe inversa, d'après Fries (Epie.)]. — On trouve deux 
fois dans l'année le 10'' Genre des Champignons nuisibles, 
savoir vers la moisson et la vendange; il croit dans les forêts. 
Les Hongrois l'appellent Keske gomhci^ les Allemands Geyss 
Schwammen, c'est-à-dire Cliampignon de Chèvre. (Fig. ). 

Ce Champignon est très petit, car dès qu'il sort de terre, sa 
grandeur est à peine d'un pouce ; il est quelquefois solitaire, 
d'autres fois géminé, c'est-à-dire naissant deux ensemble. Le 
corps même du Champignon égale à peine l'ongle du petit 
doigl, et sa couleur est roussàtre. Lorsque ce corps est advdte. 
il atteint un pouce en grandeur : la partie inférieure, très striée 
à partir du pédicule, se retourne de façon que la partie supé- 
rieure devient comme cintrée et concave et, avec son pédicule, 
paraît avoir la forme d'un petit entonnoir. La couleur jaunit 
tant extérieurement qu'intérieurement, et la partie supérieure, 
déjà contractée en une sorte d'ombilic, est marquée de taches 
rousses. 

Genre XI. 

[Amanùa çaginakt, d'après Fries (Epie.)]. — Dans le même 
temps et dans de semblables localités, se trouve le 11*" Genre 
qui, lorsqu'il sort d'abord de la terre, rappelle tout à fait le 
Bolelus. et même lui ressemble en quelque façon. J'ai appris 
qu'il n'avait pas de nom hongrois, mais son nom allemand est 
Nnrzen Schwammeii, comme qui dirait Fou, Champignon des 
Fous, parce que si par hasard quelqu'un le mange, son esprit 
est troublé, ce qui peut facilement arriver, car sa ressemblance 
avec le Boletiis est telle à sa naissance qu'il invite alors à le 
manger. 

Le corps de ce Champignon, lorsqu'il sort de son volva. est 



différent de celui du Boletus : il est porté sur un plus long 
pédicule, grêle, de l'épaisseur du petit doigt, et sa largeur est 
dun pouce et demi ; il se relève en cône. La partie supérieure 
est blanche [candidd). l'inférieure est cintrée et parcourue par 
de nombreuses stries, allant du pédicule à la circonférence. 

Genre XII. 

Je ne connais pas le nom liongrois de ce ÏT" Genre de Cham- 
pignons pernicieux ; les Allemands lui ont donné la dénomina- 
tion de Fliegen Schwammen. à cause des mouches qui le 
recherchent fort, et le plus souvent se posent sur lui. non sans 
péril pour elles, car si peu qu'elles y goûtent elles meurent. 11 
y en a des espèces variées, toutes croissant vers la fin d'août 
dans les forêts coupées. Je les décris dans Tordre suivant : 

i. [Hebeloma ç'ersz/?e//e. d'après Pries (Epie.)]. — J'ai observé , 
deux formes différentes de la f*^ espèce, qui se rapprochent par 
la grandeur, mais qui diffèrent par la couleur. L'une et Tautre 
sont de figure orbiculaire à contour circulaire, large quelque- 
fois d'un pouce, le plus souvent de 2 pouces. La couleur de la 
l""^ est en partie pâlissante, avec un mélange de quelque peu de 
rouge et de fuligineux. La 2" est d'une couleur mêlée de jau- 
nâtre foncé et de fuligineux, parsemée de taches blanchâtres 
teintées de noir, non autrement que la 2*^ espèce du T*" Genre 
des Pernicieux. Sur toutes deux, la partie inférieure est sem- 
blable, c'est-à-dire blanche, parcourue cependant par des stries 
brunes, c{ui vont du pédicule lequel est grêle et long environ 
d'un pouce et demi jusqu'aux extrémités des bords. 

2. [Russula riibra. d'après Pries 'Epie. ]. — La 2" espèce 
est un peu plus grande et elle est poiiée par un pédicule plus 
long et plus épais, jusqu'à égaler la longueur et l'épaisseur du 
petit doigt. Mais sa forme est presque orbiculaire, avec un dia- 
mètre qui est un peu plus petit que le tiers d'un pied : supé- 
rieurement sa couleur est variée, c'est-à-dire d'un pourpre dilué 
et foncé, mélangée de roux, de pâle et de blanc ; inférieurement 
elle est pâle, marquée par des stries épaisses et noires, allant 
du pédicule aux extrémités des bords. 

3. Amanita innscaria var. regalis. d après Reichardt]. — ■ 
La o*" esjièce a une dinV'rence qui si- mainliont avec l'âge. En 



CIIAAIPIGXOXS DE LA HOXGKIE. 



effet, en sortant d'abord de terre, le corps en est contracté, 
épais et mesure un pouce, comme une racine d'Arum ; elle est 
munie d'un pédicule et elle est large de 2 pouces, long d'autant, 
soulevée en forme de cône, et de couleur rouge ou plutôt rouge 
brique, parsemée de nombreuses macules blanchâtres, et pâle 
sur le sommet. Mais lorsqu'elle est adulte, son pédicule s'élève 
à un palme et a l'épaisseur du doigt, et sa base est renflée. Le 
corps même du Champignon est disposé en forme orbiculaire 
(son diamètre '^'^t large de 4 pouces ou d'un tiers de pied), et il 
est parfois fissuré et lacéré sur les bords : sa couleur sur la 
partie plane, est rouge et couverte de quelques taches blanches, 
et ses bords sont roux; mais la partie inférieure est tout-à-fait 
blanche, avec des stries qui sont teintées d'un léger fuligineux, 
et courent du pied jusqu'aux bords. 

4. [Amanita niuscaria, d'après Pries (Syst. mj'c.)]. — La 
plus élégante de toutes est la 4" espèce, sur laquelle l'âge seu- 
lement produit une certaine différence. Lorsqu'elle est toute 
jeune et sortie récemment de terre, elle a un corps formant une 
petite boule, et seulement large de 2 pouces, d'une couleur 
rouge très foncée, comme d'une teinte de sang caillé, et sa 
surface se montre parsemée de nombreuses taches blanchâtres. 
Lorsqu'elle est adulte, elle se développe en grande largeur pour 
atteindre jusqu'à 5 pouces ou davantage : supérieurement elle 
est convexe, d'une couleur rouge également, mais d'une teinte 
un peu plus adoucie que dans le jeune âge ; se distinguant par 
des circonvolutions plus obscures, et couverte aussi de nom- 
breuses taches blanchâtres. Or le pédicule se montre avec une 
base protubérante, long ensuite d'un tiers de pied, épais d'un 
pouce, duquel partent sur la partie inférieure des stries noires 
qui aboutissent aux bords. Il en sort quelquefois deux qui sont 
soudés à la base des pédicules. 

Cette espèce se trouve dans les forêts coupées, voisines de 
Francfort-sur-le-Mein, où elle est récoltée par les paysannes 
qui l'apportent à la ville pour les vendre, parce qu'elles 
n'ignorent pas que la plupart des gens la leur achèteront pour 
tuer les mouches. En effet, lorsque les mouches, comme je l'ai 
dit, se posent volontiers sur cette espèce qu'on a découpée en 
morceaux, pour les disposer, suivant l'habitude, devant les 



34 E. iîozj:. 

fenêtres des différentes pièces de l'appartement, ces mouches 
ainsi invitées et excitées, sucent le suc pernicieux du Champi- 
gnon qui devient peu après mortel pour elles. (Fig'.). 

5. [hiocybe fastigiatn, d'après Fries (Epie.)]. — La o" espèce 
a un pédicule non moins long que celui de la précédente, et 
d'après l'âge elle paraît aussi dénoter quelque différence. Ainsi, 
lorsqu'elle apparaît, elle est large d'à peine 2 pouces, s'élevant 
en un cône d'autant de pouces, de couleur d'un roux brunâtre, 
et comme mélangée de fuligineux. Lorsqu'elle est adulte, le 
corps en est beaucoup plus grand, ayant une largeur et une 
gi-osseur d'un tiers de pied, s'élevant en forme de cône, avec 
des bords très lacérés, supérieurement d'une couleur mélangée 
de blanc, de roux, de pâle, de brun, fondue ou rayonnante, ou 
se montrant seulement parsemée de taches. La couleur de la 
partie inférieure est toute fuligineuse, que sillonnent des stries 
noires, allant du pédicule jusqu'aux bords. 

Genre XIII. 

[? (1)]. — Le 13® Genre des Champignons nuisibles croît 

sur le bord des chemins et des sentiers dans les forêts coupées, 
vers la fin d'août également. Les Hongrois l'appellent Felem 
terrewm gomha. c'est-à-dire Champignon naissant sur les sen- 
tiers, et les Allemands Froschen Stuel, autrement dit Siège de 
Grenouilles, parceque les Grenouilles se montrent assises 
volontiers sur lui. 

Une certaine différence peut être observée sur ce Genre, mais 
cela résulte seulement de l'âge. Car, lorsqu'il est jeune, le corps 
n'atteint pas une largeur de 2 pouces, et sa partie supérieure 
est blanche, avec une sorte de teinte fuligineuse ; la partie infé- 
rieure est de la même couleur, mais elle ne montre que des 
stries rares et à peine apparentes ; mais, lorsqu'il est adulte, 
il a une plus grande largeur, à savoir de 4 pouces, et presque 
arrondi en cercle, supérieurement d'un blanc immaculé, si ce 
n'est le centre du cercle qui est pâlissant; la partie inférieure 

(1) Eu égard au nom allemand, on pourrait songer au Plutens cervinus, 
ou bien à une espèce à' Amanila, si les lamelles n'étaient pas signalées 
comme étant rougeâtres. L'examen des Aquarelles originales conservées à 
Leyde permettrait de justifier ces conjectures (Reichardt). 



CHAMPIGNONS DE LA HONGltlE. o.) 

est aussi blanche, parcourue par des stries purpuresceutes. Le 
pédicule est long et grêle. 

Genre XIV. 

Le 1^" Genre croît également dans les forêts coupées et se 
trouve dans le même temps que le précédent. Il ne m'a pas été 
permis d'apprendre le nom hongrois ; mais les Allemands 
l'appellent Saw taschen : la raison de ce nom m'échappe, à 
moins que cette dénomination ne paraisse empruntée au porc. 
Or j'en ai observé deux espèces, différentes entre elles par la 
grandeur et par la couleur de la partie inférieure ou du dessous 
du Champignon. 

1. \Heheloma fastihile^ d'après Fries (Epie.)]. — La 1'- a une 
grandeur inégale : car le corps encore jeune n'est pas plus 
grand qu'un pouce, eu forme de cône, de couleur blanche 
comme mélangée de fuligineux ; le pédicule qui le porte est de 
la longueur d'un pouce, mais épais comme le petit doigt, et il 
en naît quelquefois deux du même pied. Adulte, il a un dia- 
mètre de 3 pouces et sa figure est presque circonscrite en cer- 
cle, supérieurement blanc, mais avec une teinte mélangée de 
brun, et le sommet jaune pâle ; inférieurement il est pâle avec 
des stries rousses, partant du pédicule qui est de la longueur 
et de l'épaisseur du doigt. 

2. [Paxillus Lepista^ d'après Fries (Epie.) (i)]. — La forme 
de la 2'^ espèce est de rotondité orbiculaire et circonscrite 
comme en cercle ; son diamètre est large d'un tiers de pied : 
elle est munie d'un pédicule court et épais d'un pouce. La par- 
tie supérieure est blanche, parsemée de petites taches brunes 
et d'une couleur quelque peu jaunissante, avec des bords qui 
sont assez infléchis sur la partie inférieure. Cette même partie 
inférieure est pâle et se fait remarquer par des stries fuligi- 
neuses . 

Genre XV. 

Le 15*^ Genre des Champignons pernicieux, que les Hongrois 
appellent Ti tior gomba et les Allemands Smeer Schwammen. 
comme si l'on disait un champignon onctueux {Fungum inigiti- 

(1) N'a pas encore été signalé dans la Hongrie (Reichardt). 



36 E. ]!OZE. 

nosiim . croît aussi dans les forêts coupées, à la fin d'août, 
c'est-à-dire vers le jour consacré à St-Barthélemy. On dit qu"il 
s'en trouve diverses espèces : j'en ai observé deux. 

1. ''Cortinarius varius. d'après Reichardt]. — La i"* espèce a 
une grandeur de 3 pouces avec son pédicule, autrement le 
corps lui-même du Champignon ne dépasse pas la longueur 
d'un pouce, car son pédicule a 2 pouces et son sommet a l'épais- 
seur d'un pouce, sa base d'un pouce et demi, grossissant en 
forme de bulbe et de couleur d'un blanc pâlissant. Le corps 
même du Champignon est également supérieurement pâle, 
mais marqué de taches d'un noir peu foncé, et ses bords sont 
infléchis sur la partie inférieure. Il est sillonné inférieurement 
de nombreuses stries d'un pâle brunâtre, allant du pédicule 
jusqu'aux bords. Les Hongrois appellent cette espèce Feyer ti 
nor, c'est-à-dire blanche. 

2. [Paxilliis atrotomentosus. d'après Reichardt]. — Les Hon- 
grois ont donné à la 2'' espèce un nom tiré de la couleur noire. 
Fekeîe ti no/-, et les Allemands Sclnvcu'tz Smeer Schwammeji. 
Cette espèce est difforme, et de couleur très noire, si bien 
qu'elle ressemble à quelque fragment noueux et noir de bois ou 
de racine, et elle est assez grosse pour qu'on puisse à peine 
renfermer le Champignon entre l'une et l'autre main : elle se 
trouve portée sur un ^iédicule épais et court. 

Genre XVI. 

Vers la fin d'août également croît sous les Noisetiers le 
16^ Genre, d'odeur quelque peu fétide, que les Hongrois 
appellent Kigyo gomba et les Allemands Natte?- Schwaminen. 
comme qui dirait Champignon de serpent ou de couleuvre. Or 
j'en ai observé trois espèces, de grandeur presque égale entre 
elles, mais de couleur et de forme différentes. 

1. [Panœolus , d'après Pries (Epie. ; P. separatus. 

d'après Reichardt]. — La f*^ est portée par un pédicule oblong 
et grêle, sur lequel elle repose d'abord comme une sorte d'œuf, 
de la grandeur d'un pouce, de couleur blanche mêlée de fuligi- 
neux sur la partie extérieure, striée de noir à la partie inférieure 
ou située dessous. Ensuite, en développant ses bords, elle 
acquiert une grandeur d'un pouce et demi, ayant une certaine 



CHAMPIGNON s DE LA HONGRIE. o/ 

ressemblance avec un chapeau ou un petit bonnet, de couleur 
supérieurement blanche, parsemée de nombreuses taches 
brunes, et le sommet lui-même comme teinté de fuligineux. 

2. [Panœolus , d'après Pries (Epie); P.fimiputris. d'après 

Reichardt]. — La 2^ espèce montre un pédicule long et grêle, 
qui soutient le corps du Champignon, lequel a en figure la 
forme d'un petit bonnet, à peine au commencement plus grand 
que l'ongle, d'une teinte fuligineuse diluée. Mais lorsqu'elle est 
adulte, elle est d'une grandeur d'un pouce et demi, aussi en 
forme de bonnet, teintée à la partie supérieure d'une couleur 
noire fuligineuse. Quant à la partie inférieure, cintrée comme 
une voûte, elle est parcourue par des stries noires, de la même 
façon qu'à l'état jeune. 

3. [Coprinus lyiicaceus, d'après Fries (Epie.)]. — Le corps 
de la 3" espèce, de la même grandeur que le précédent, a des 
bords très lacérés, et est fissuré de façon à produire des laci- 
niures. Supérieurement il est quelquefois de couleur rousse et 
inférieurement caractérisé par des stries fuligineuses; mais 
d'autres fois il est supérieurement d'une couleur blanche quelque 
peu fuligineuse, et inférieurement parcouru par des stries 
noires. 11 arrive aussi parfois que les parties inférieures et supé- 
rieures sont à ce point retournées et réfléchies, qu'on dirait que 
le Champignon représente ou simule une sorte de fleur (Fig.). 

Genre XVII (i). 

vVux environs du jour consacré à St-Barthélemy, dans les 
lieux plats et ouverts, croit le 17*^ Genre des Champignons nui- 
sibles, appelé par les Allemands Hoz greyllen. Personne n'a 
pu m'indiquer le nom hongrois et je ne sais s'il a même été dé- 
signé sous un nom quelconque par les Hongrois, parce qu'ils 
ont l'habitude de négliger en grande partie ces Champignons 
qui ne sont pas comestibles. Or j'en ai obtenu deux espèces. 

1. [Cortinarius lurbinatus, d'après Reichardt]. — La 1''* a 
une grandeur de 9 pouces et est munie d'un pédicule qui a 
l'épaisseur du petit doigt et une longueur de 2 à 3 pouces, et 
même duquel procède le plus souvent une petite famille de 

(1) CUisii Pern. gen. XVII et XVIII ad uUimas Corlinarife tribus per- 
tinent, sed ad species definitas haud referantur (Fries, Epiciisis), 



38 E. nozE. 

Champignons. Sa figure est presque orbiculaire, les bords en 
sont quelque peu infléchis sur la partie inférieure, et la partie 
supérieure est d'une couleur rousse tirant sur le noirâtre, 
laquelle vers le milieu est nuancée de jaunâtre. La partie infé- 
rieure est pâle, parcourue par des stries fuligineuses. 

2. [? ,]. — La 2'= espèce, de la même grandeur que la 1»"% 

mais munie d'un pédicule plus grêle, est aussi d'une rotondité 
circulaire, si ce n'est qu'elle a sur son contour des bords lacé- 
rés. La couleur sur celle-ci est tout à fait luride, c'est-à-dire 
d'un pâle fuligineux, et maculée de quelques veines blanchâ- 
tres : la substance même du champignon, sous cette peau 
externe, est tout à fait noire, comme aussi la partie inférieure, 
de telle sorte cependant que les stries épaisses noires appa- 
raissent obscurément. Les Allemands pourraient appeler cette 
espèce Schwartze Hoz greyllen et la première Rott Hoz greyl- 
len (Fig.) . 

Genre XVIII. 

[Cortinarius cinnamoineus^ d'après Reichardt] . — Presque 
dans le même temps que le précédent, croît le 18*^ Genre des 
Champignons pernicieux. Il vient dans les forêts, et est appelé 
par les Allemands Kueling^ parce que les vaches le recherchent 
beaucoup. 

Ce Champignon est beaucoup plus petit que le 17^ : il ne dé- 
passe pas en grandeur un pouce ou un pouce et demi. Il est 
élevé en une sorte de cône et représente la figure d'un chapeau 
ou d'un petit bonnet : sa couleur est supérieurement rousse, et 
inférieurement pâle, marquée de stries brunes. Le pédicule est 
grêle et est long de 2 ou 3 pouces. 



De ces Champignons pernicieux que les Hongrois appellent 
Varganya^ je distingue deux genres : l'un appelé par les Alle- 
mands Bingfliii, et l'autre aussi par eux Bultz. Je crois que 
cette distinction n'est pas faite sans raison, car l'un a le faciès 
du premier Genre, et l'autre celui du seeond. Nous admettons 
donc la distinction des Allemands et nous constituons deux 
Genres. 



CHAMPIGNONS DE LA HONGlilE. 



Genre XIX. 



Le 19" Genre des Champignons pernicieux sera pour nous 
celui que les Allemands appellent Bingflin, naissant au bord 
des chemins et dans les chênaies, aux environs des Calendes 
de septembre. Or il y en a plusieurs espèces, toutes perni- 
cieuses, et qui donnent quelquefois à ceux qui les mangent une 
mort rapide, parce qu'en raison de la ressemblance qu'ils ont 
avec le 16'^ Genre des comestibles, ils trompent ceux qui n'ont 
pas su les distinguer de ceux qui ne sont pas nuisibles. 

1. [Boletus subtomentosiis, d'après Reichardt]. — La 1'® 
espèce est portée sur un pédicule très grêle, long de 2 pouces 
ou davantage, qui soutient le corps même du Champignon 
d'une forme orbiculaire, large d'un pouce et demi, quelque peu 
infléchi sur la partie inférieure, supérieurement d'une couleur 
mélangée de jaune, de roux, de fuligineux, inférieurement d'un 
pâle brunâtre, et dépourvu de stries nombreuses, (Fig.J. 

2. [^Boletus scaber. d'après Pries (Epie.)]. — La 2*^ espèce 
est plus grande et n'a pas un pédicule si grêle : elle est aussi 
de figure orbiculaire, un peu convexe supérieurement et de cou- 
leur ou rousse, parsemée de quelques rares taches, ou tout à 
fait d'une teinte brune et fuligineuse. Mais inférieurement la 
couleur est pâle, marquée de taches brunes nombreuses, ou 
d'un brun tout à fait pâle, sans aucunes stries. 

3. [Boletus asprellus^ d'après Pries (Epie.) (1)]. — La o" espèce 
ressemble beaucoup à la o^ espèce du 4*^ Genre des comestibles. 
Elle est munie, en effet, d'un pédicule épais, long d'un pouce, 
avec un corps s'élevant en cône, de la grandeur d'un pouce 
lorsqu'elle est jeune et de couleur d'un cendré brunâtre ; mais, 
adulte, elle a 2 pouces, et sa coulem- est plus blanchâtre et se 
distingue par quelques caractères, étant lacérée et ouverte. 

4. [Boletus (a) subtome/itosus. (b) spadiceus [forte], d'après 
Pries (Epie.) ; Boletus luteus, d'après Reichardt]. — La 
4'' espèce paraît être double : car, ou bien elle est constituée 
par un corps épais, d'une grandeur au-dessous de 2 pouces, 

et elle est munie d'un pédicule grêle ; supérieurement sa cou- 
leur est d'un noir roussâtre, et inférieurement jaune pâle, parse- 

(1) N'a pas eacore été observé en Hongrie (Reichardt). 



40 K. lîOZK. 

mée de nombreuses petites taches ; ou bien elle acquiert une 
grandeur d'un tiers de pied, avec un corps épais et protubérant, 
supérieurement brun et lacéré par quelques fissures blanches ; 
inférieurement elle est d'un jaune pâlissant et dépourvue de 
stries 

5. [Boletus luridus, d'après P'ries (Epie.)]. — La 5" espèce 
est assez difforme : sa figure (lorsqu'elle est jeunej est celle 
d'une tubérosité : supérieurement elle est très brune et inférieu- 
rement d'un rouge sombre et noirâtre, d'une couleur jaune et 
ocracée autour des bords, et large de 2 pouces. Adulte, sa 
dimension est plus grande, savoir de 4 pouces, de figure 
presque orbiculaire, et par intervalles supérieurement protubé- 
rante, et de couleur brune, dans laquelle une teinte rougeàtre 
diluée se montre en certaines places. Inférieurement elle est 
d'un rouge noirâtre et foncé, sans stries, avec un pédicule très 
épais, inégal et brun ; mais le corps lui-même du Champignon 
brisé est de couleur bleue, entremêlée de verdâtre (Fig.). 

6. [Roletas Satanas^ d'après Reichardt]. — La G'' espèce re- 
présente très bien un gros tubercule de Cyclamen, tant pour la 
grandeur, la couleur et la rotondité inégale. Mais la partie 
inférieure est de couleur ocracée, marquée par des veines rou- 
geâtres ou brunâtres, sans aucunes stries. Les Hongrois 
l'appellent Baba Varganya. 

7. [Boletus piirpureus, d'après Fries (Epie.) (1)]. — Mais la 
plus grande de toutes est la 7*^ espèce, car elle peut avoir un 
palme et demi, avec cependant un contour inégal, supérieure- 
ment en grande partie de couleur purpurescente. à laquelle se 
trouvent mêlés du roux et du fuligineux. Le corps même est 
intérieurement d'une couleur bleuâtre, comme aussi la partie 
inférieure à laquelle adhère le pédicule. La partie inférieure 
restante est jaune pâle, tachée par deux ou trois grandes ma- 
cules rousses. Mais plus jeune et d'abord sortant de terre, elle 
est beaucoup plus petite, ayant seulement 2 pouces : supérieu- 
rement et inférieurement elle est de la même couleur que 
l'adulte. 

(1) N'a pas encore été observé en Hongrie (Reichardt). 



CHAMPIGNONS DE LA HOXCniK. 41 

Avant que je passe à la description du 20*" Genre des Cham- 
pignons nuisibles, je pense qu'il y a intérêt à faire ici mention 
d'un Champignon douteux, en tant qu'il est placé par quelques- 
uns parmi les espèces non nuisibles signalées sous le nom de 
Varganya. Dans mon opinion, il doit plutôt être classé dans le 
précédent Genre des Champignons non comestibles. 

[Boletiis çevsipellis, d'après Pries (Epic.j]. — Or il est sur un 
pédicule de 3 pouces, presque de l'épaisseur du doigt, de cou- 
leur blanchâtre, mais varié de nombreuses veines brunes ; le 
Champignon est lui-même d'une rotondité orbiculaire en plan, 
large de 3 pouces ; supérieurement il est quehjue peu convexe 
et de couleur rouge brique : c'est pourquoi les Allemands 
l'appellent Rotter Bultz. La partie inférieure a en quelque 
sorte une couleur cendrée, sans aucunes stries. 

11 y en a cependant qui pensent qu'il doit être rapporté parmi 
les espèces de ce Genre que je viens de décrire : je ne puis dé- 
sapprouver non plus leur avis, dans une chose douteuse. 

Genre XX. 

Du 20^^ Genre des Champignons nuisibles (qui, comme je l'ai 
dit, est appelé par les Hongrois Varganya et par les Allemands 
Bultz, ainsi que le W Genre des comestibles, pour la raison 
que j'exprime ici), il y a aussi des espèces différentes qui sont 
trouvées naissant dans les forêts coupées, en même temps que 
le 19" Genre. 

1. [Boletus pachypns, d'après Pries (Epie.) (i)]. — La 1''' 
espèce a un corps épais, élevé en forme de cône, supérieure- 
ment de couleur cendrée, et inférieurement jaune pâle, non sil- 
lonné par des stries, sur un pédicule court, mais épais, c'est- 
à-dire long d'un pouce et demi, épais d'un pouce. Elle est 
appelée par les Allemands Grass Bultz. (Pig-). 

2. [Boletus calopus, d'après Pries (Epie.)]. — La 2*^ espèce 
a un pédicule plus long, cependant non moins épais à sa base 
près de la terre ; mais le sommet est plus grêle. Le corps 
même du Champignon est épais, large de deux pouces, aussi 
élevé en quelque sorte en cône, d'une couleur ou d'im bruji 

(1) N'a pas encore été observé en Hongrie (Reichardt). 



42 E. liOZE. 

pâle, ou tout à fait fuligineuse et sans élégance. La partie infé- 
rieure est dépourvue de stries et d'une couleur ocracée : c'est 
pourquoi je pense que les Hongrois l'appellent Sarga Varga- 
nt/a, bien que d'autres espèces aussi sont jaunes en dessous, 
mais d'une couleur non aussi élégante. 

.3. [Boletus appendiculatus. d'après Pries (Epie.)]. — La 
?>" espèce se montre avec un pédicule semblablement épais, à sa 
base près de la terre. Le corps même, dans le commencement 
que naît le Champignon, ne dépasse pas en grandeur un pouce 
et demi et est de couleur rousse, sur l'adulte, la largeur est de 
2 pouces ou plus grande, et tous deux sont de rotondité pres- 
que orbiculaire, et à peine convexes. La partie inférieure man- 
que aussi de stries et a une couleur ocracée mêlée de fuligineux. 
Les Allemands l'appellent Rolte Bultz, alors qu'il devrait être 
appelé non moins proprement (à mon avis) Schwartze Bultz. 

4. [? Hebeloma lugens, d'après Pries (Epie.) (1)]. — Le con- 
tour de la 4' espèce est de 3 pouces, de couleur non élégante, 
étant un mélange de roux et de fuligineux ; elle est portée par 
un pédicule long de presque 2 pouces, de l'épaisseur du petit 
doigt. La partie inférieure est de couleur roussàtre et, à ren- 
contre de toutes les espèces du Genre précédent et des autres 
espèces de celui-ci, elle est sillonnée par de nombreuses stries 
fuligineuses : c'est à cause de cela, à ce que je crois, que les 
Allemands lui ont donné le nom de ]\'ilder Bultz., c'est-à-dire 
Silvestre. 

Genre XXI. 

Vers la fin de Septembre, le 21^ Genre se montre sous les 
Sapins, de la même façon que le 20= Genre des comestibles, 
auquel il est très semblable ; mais parcequ'il est velu à la par- 
tie inférieure, on le rejette. Les Allemands le nomment Falsche 
Szeling. pour ainsi dire faux, et les Hongrois Fenyo alia gom- 
ba, c'est-à-dire Champignon naissant sous les Sapins, mais 
avec ces deux mots ajoutés jiem io, comme ils ont l'habitude 
de le dire de tous les Champignons non comestibles. 

[Lactarius torminosus, d'après Pries (Epie.)]. — J-iécemment 
né, ce champignon n'est pas plus grand qifim pouce el ses 

(l) x\"a pas encore été signalé en Hongrie (Reicliardt). 



CHAMPIGNONS DE LA UONGRIi:. ^O 

bords sont très réfléchis sur la partie inférieure ; le corps est 
un peu épais et sa surface blanchâtre est marquée comme de 
quelques veines épaisses, rougeàtres, supérieurement dirigées 
en rond. Mais adulte, il acquiert la grandeur du 20" Genre des 
comestibles : supérieurement il est de la même couleur qu'en 
naissant, et marqué par la même raison de veines rougeàtres 
dirigées en rond : toutefois les bords sont plus inégaux ; la 
partie inférieure est d'un rouge dilué et parcouru par beaucoup 
de stries rousses. Le pédicule est presque de la grosseur du 
doigt et long de 2 pouces, lequel brisé se montre constitué par 
une substance rouge. 

Genre XXII (I). 

Le 22" Genre des Champignons nuisibles est appelé par les 
Hongrois Tims alya gomba et par les Allemands Underdoni 
Schwammen (ce qui exprime le sens du nom hongrois), parce 
qu'il naît parmi les buissons d'épines qui commencent à se dé- 
tériorer par la vieillesse. 11 y en a plusieurs espèces, dont l'ap- 
parition s'effectue vers les Calendes d'Octobre. 

1. [Flammula flavida, d'après Reichardt]. — Pour la 1'*" 
espèce, six à sept champignons naissent d'un seul pied, portés 
par des pédicules longs et grêles ; le corps en est presque orbi- 
culaire (cependant concave ou cintré inférieurement), soit d'un 
pouce et demi ou d'un pouce, de couleur jaune, ainsi que le 
pédicule lui-même, qui est marqué cependant de taches noires. 

2. [Flammula sapinea. d'après Reichardt] (2). — Pour la 
2""^ espèce, huit ou neuf Champignons sortent aussi en touffe 
d'un seul pied, portés par un pédicule court et également grêle ; 
le corps, qui est comme orbiculaire, est large d'un pouce ou 
d'un pouce et demi, supérieurement comprimé et comme ombi- 
liqué, de couleur jaune teintée de roux ; la partie inférieure est 
jaune et parcourue par beaucoup de stries fuligineuses . 

3. [Pholiota mutabilis, d'après Reichardt]. — Dans la 
o*" espèce, les Champignons qui naissent aussi en touffe vingt 
et plus d'un même pied, sont de couleur rousse et portés par 
des pédicules grêles ; la forme du corps même du Champignon 

(1) Sub. Fung. peni. c/en. 33, species G hujus tribus, Hypholomalis, 
immoA. fusipes, a Clusio complectuntur (Pries, Epicrisis). 

(2) N'a pas cependant été encore observé dans la Hongrie (Reichardt). 



est orbiculaire. de largeur inégale, eu raison, je pense, de la 
vieillesse de Tàge : car on les trouve soit pas plus grands qu'un 
ongle, soit d'un pouce ou d"un pouce et demi, tous teints supé- 
rieurement d'une couleur rousse, parcourus inférieurement de 
stries brunes. 

4. [liypholonia fascicidare. d'a[)rès Reicliardt]. — La 
4^ espèce a de nombreux Champignons sortant du même point 
savoir trois cents ou plus, portés par un pédicule qui est, 
suivant l'âge de chacun d'eux, court ou long- : tous sont de 
figure orbiculaire, pareils en grandeur aux Champignons de la 
3^ espèce, variant cependant de couleur entre eux dans cette 
espèce : car ils sont ou jaunes, teintés toutefois d'une couleur 
rousse, ou tout à fait roux, à peine convexes et bruns : mais 
inférieurement ils sont sillonnées de stries noires. Les Allemands 
les appellent Stock Schwammen i . par ce quïls naissent sur 
les troncs mêmes gisant à terre . 

5. [Flammula picrea. d'après Reichardt". — Les Champi- 
gnons de la 5*" espèce ont un plus grand contour, puisque leur 
diamètre est de 2 pouces, et ils naissent ensemble quinze ou 
plus du même point, portés par des pédicules de 9 pouces, grêles 
et blanchâtres ; la partie supérieure est de couleur ou rousse, 
ou d'un roux dilué de blanchâtre : la partie inférieure qui est 
quelque peu cintrée, est presque blanchâtre, sillonnée d'épaisses 
stries brunes. 

6. \Collyhia faaipes. d'après Fries Epie. ]. — Les Champi- 
gnons de la 6^ espèce ont un corps turbiné et s'élevant comme 
en cône, naissent six ou plusieurs d'un même point, portés par 
des pédicules oblongs et grêles, un peu plus épais vers leur 
milieu, à l'instar de la tige des Oignons; ces Champignons ont 
une largeur d'un pouce ou de deux pouces : inférieurement ils 
sont parcourus par des stries noires. 

Genre XXIII. 

Vers ce même temps, tant le long des chemins que sur les 
bois pouri'is et dans les Localités marécageuses, croissent quel- 
ques antres Genres de Champignons, dont les noms s(uil 

(Ij Slockschiramm viiUjo eduli^, non hic,sed Ag.niclleus ij-'iies, Epicrisis). 



CHAMPIGNONS DE LA HONGRIli:. 



inconnus des Hongrois et des Allemands, à ce que je crois : 
je n'ai pu certainement apprendre d'eux le nom d'aucun de ces 
Champignons. Nous les signalerons tous dans la 23' classe (.s/c) 
des Champignons pernicieux. 

i. [Rassula aiirata, d'après Reichardt (i)]. — Le premier a 
une grandeur d'un pouce : il esl supérieurement convexe et de 
couleur rouge, très élégante et inférieurement blanchâtre, 
parcouru cependant par des stries brunes, et porté sur un 
pédicule d'un pouce, non toutefois très grêle. 

2. [Russjila Clusii, d'après Fries (Epie.)]. — Le second est 
aussi de forme orbiculaire, pourtant un peu plus grand que le 
précédent et supporté par. un pédicule plus long, qui produit 
le plus souvent à sa sortie du sol de nouveaux Champignons. 
Supérieurement il est d'une couleur rousse passant au rouge 
brique ; inférieurement il est plus pâle et parcouru par de nom- 
breuses stries. 

3. [Pajilliis involiitus b. e.iccnlricus, d'après Fries (Epie.) ; 
P. itn'olutus junior, d'après Reichardt]. — Le 3* a un corps 
comme noué, inférieurement voûté et cintré, le pédicule épais 
d'un pouce, mais d'une longueur de 2 pouces, étant étroitement 
serré et embrassé par ses bords, et sa couleur étant un mélange 
de blanc, de roux et de brun (Fig.). 

4. [Paxillus soi-dan'us, d'après Fries (Epie.) ; Paxillus ùn>o- 
liitus adiiltus, d'après Reichardt]. — Le 4* est large de 2 pouces, 
mais de contour inégal, la partie supérieure étant d'un blanc 
cendré, l'inférieure. semblable, mais parcourue par des stries 
brunes, allant du pédicule à l'extrémité des bords'; le pédicule 
est court et épais. 

5. [Phallus impudicus^ d'après Fries (Syst. myc. (2)]. — Le 
5*^ sort de terre sous une figure informe, à l'instar d'une tumeur ; 
ensuite cette membrane extérieure ou volva s'étant rompue, il 
en sort une colonne épaisse d'un pouce, mais de la longueur du 
doigt, pénis aut verêtri canini instai\ et couvert au sommet 

(1) Il s'agit peut-être plutôt d'une espèce d'Hygrophorus (coccineus, 
miniatus, puniceus) [Reichardt]. 

(2) Schlechtendal et de B.iry ont conjecturé que la description de Clusius 
s'appliquait plutôt à une autre espèce de Phallus qu'au P. impudiciis 
(Heicliardt). 



40 ■ E. lîOZE. 

comme d'mi gland long d'un pouce, lequel est au commence- 
ment d'un vert noirâtre, ensuite noir, et composé en quelque 
façon de cellules presque pareilles à celles qui se voient sur les 
espèces du l^"" Genre des Champignons comestibles : mais ce 
gland s'étale avec le temps et il est inférieurement marqué de 
stries. Le volva lui-même est en quelque sorte d'une couleur 
cendrée, cjuelquefois aussi roussàtre ; la colonne même ou tige 
est au commencement blanche, ensuite variée de diverses cou- 
leurs, et maculée de petites taches brunâtres. Ce Champignon 
est fétide et vers sa fin il se liquéfie en quelque façon et se 
dissout en encre, en donnant à la terre une couleur noire. J"ai 
appris aussi que les mouches qui l'avaient goûté en mouraient. 
Or il parait se rapprocher beaucoup du Phallus publié par 
Hadrianus Junius et observé jadis sur les digues sablonneuses 
de la Hollande, élevées contre l'Océan (Fig.) 

[Nidularia campanulata. d'après Fries (Syst. myc.)]. — 
Mais il est tout à fait différent de tous ceux-ci, ce champignon 
que j'appellerai anonymos et que je crois être le plus petit de 
tous : car il est à peine haut d'un demi-pouce et il naît le plus 
souvent en automne, sans être soutenu par un petit pied, sur 
les planches de bois séparant les uns des autres les carreaux et 
les plates bandes dans les jardins. Sa couleur est d'un blanc 
cendré et il représente par sa forme presque une figue non mûre, 
égalant à peine en grandeur et en épaisseur la dernière articu- 
lation du petit doigt, solitaire le plus souvent, ou bien (quand 
il y en a plusieurs) adhérant ensemble par deux, trois ou qua- 
tre, qui à la maturité s'ouvrant à la partie supérieure, apparais- 
sent pleins d'un suc visqueux et de semences, de la grosseur 
même de la graine de Cyclamen, mais rappelant de très petits 
Champignons par leur forme et leur aspect, et de couleur cen- 
drée, comme la mère (i). 

11 n'est pas douteux que ce Champignon croît aussi en Italie, 
car je me souviens que sa semence desséchée m'en avait été 
envoyée jadis par un ami. sous le nom d'une certaine semence 
exotique, afin de me prier de rechercher si je pouvais la recon- 

(1) Note additionnelle de Clusius dans ses Curse posleriorcs : « J'ai observé 
aussi à Leyde que ce Champignon se développait, en automne, siu' les plan- 
ches de bois entourant les couches de mon petit jardin b. 



CHAMPIGNONS DE LA. HOXGHIE. 47 

naître : il se trouve ainsi de certains esprits qui s'appliquent 
à se faire un mérite de l'ig-norance d'autrui. 

Genre XXIV. 

Le 24« Genre des Champignons nuisibles est appelé par les 
Allemands Holtz ScJuvamme?i, parce qu'il croît dans le mois 
d'octobre, sur les branches pourries des arbres tombés. Le nom 
hongrois m'est inconnu. J'en ai observé trois espèces, savoir: 

1. [Tremella foliacea, d'après Fries (Syst. myc.)]. — La 1''% 
plus grande que les autres, naît sur les plus gros fragments 
des branches gisant sur le sol : sa forme n'est pas très dissem- 
blable de celle du 1" Genre dés Champignons comestibles, mais 
elle est d'une couleur plus élégante, assurément rouge, d'une 
grandeur de un ou deux pouces. Quelquefois il y en a plusieurs 
adhérant ensemble, comme coalescentes en un seul corps : tou- 
tefois la couleur s'en adoucit beaucoup. 

2. [Trametes cinnahavina. d'après Fries (Syst. myc.)]. — La 
2"^ est beaucoup plus réduite, ne dépassant pas quelquefois la 
largeur de l'ongle, parfois aussi plus large, quelquefois soli- 
taire, d'autres fois réunies ensemble deux à deux, sup' de forme 
comme rayée, de couleur remarquablement rougeâtre et à ce 
point vive qu'elle semble rivaliser avec la couleur d'écarlate. Elle 
adhère le plus souvent aux fragments minces des rameaux 
gisant à terre ou de leurs écorces, dans les chemins obscurs et 
ombz^agés par des arbres qui ne laissent pas passer les rayons 
du soleil. 

3. [Treinella mesenierica^ d'après Fries (Syst. myc.)]. — La 
3"^^ a un corps tout à fait ridé, parfois de la grandeur d'un pouce, 
d'autres fois d'un pouce et demi. Quelquefois deux sont sou- 
dés ensemble plus petits qu'un pouce, et le plus souvent môme 
trois, et ceux-ci alors ont une couleur dorée élégante, les autres 
sont jaunes. Elles naissent semblablement ou sur de petites 
branches, ou sur leurs fragments gisant sur le sol. 

Genre XXV. 

Sur les troncs pourris des arbres tombés, croît le 25'^ Genre 
des Champignons non comestibles ou même des pernicieux, 
vers les Calendes de novembre. Les Hongrois l'appellent Feyer 



48 E. KOZK. 

Szarivas gomba. à cause de sa blancheur, et les Allemands 
Wilde Ihrschling, c'est-à-dire Champignon silvestre de Cerf, 
à la diiïérenee de celui qui est décrit au 19^ Genre des comes- 
tibles. 

[Hydniim coralloidea. d'après Fries iSyst. myc.)]. — Ce 
Champignon est de la grandeur d'un demi-pied, ou plus grand, 
de forme très élégante. Il est, en effet, rameux et se divise en 
quelque façon en de nombreuses branches, d'une blancheur 
immaculée ; quelques spécimens représentent la figure de ra- 
meaux de Sapin . à ce point que si ce Champignon avait de 
l'éclat, je pense que quelqu'un pourrait croire qu'il est composé 
d'argent pur. Parfois il n'a aucun pédicule, mais il adhère au 
tronc même d'un arbre tombé : d'autres fois il est porté par un 
pédicule d'un pouce et demi (1). 



[Dans ses Citrie posleriores, Clusius recommandait de placer, 
après le 25^ Genre des Champignons pernicieux, l'histoire sui- 
vante d'un nouveau Champignon, qui se trouve imprimée à la 
fin de V Auctarium du second Appendice du Rariorum planta- 
ru/n Historia. Nous l'insérons donc ici.l. 



FuNGUS CORALLOEIDES CAXCELLATUS. 

[Clathrus cancellatus h., d'après Fries (Syst.myc.)]. — Tout 
ce qui existe ne se trouve pas sur toute la terre, dit le Poète : 
et il est en effet certain que l'on rencontre dans une Province 
des espèces qui lui sont particulières et qui se refusent à croître 
dans d'autres Provinces. J'avais rédigé mon petit Commentaire 
sur les Champignons qu'il m'avait été permis d'observer pen- 
dant mon séjour en Hongrie, ne doutant pas que le plus grand 
nombre se trouveraient également ailleurs, mais avec cette per- 
suasion que quelques-uns devaient être propres aussi à cette 
Province. 11 se trouva que le noble N. de Callas, Gouverneur 

(1) Note de Clusius dans ses Curai posteriores : « C'est ici qu'aurait dû 
ôlre placée la figure de ce Champiguon, laquelle a été insérée à la fin dn 
second Appendice, mais a été omise jadis, je ne sais par quelle négligence. » 



CHAMPIGXOXS DE LA HONGHIE. 49 

de Peirets, avait lu ce petit Traité (1). Le résultat fut qu'il me 
donna la preuve de son esprit bienveillant en m'envoyant plu- 
sieurs des Champignons qu'il avait observés, lorsqu'il chassait 
pendant le mois d'octobre de l'année du Christ 1604 : j'avoue 
franchement qu'il m'a fait ainsi le plus grand plaisir. Car je 
n'avais jamais vu auparavant l'un de ces Champignons que 
je crois être propre aux localités où il le récoltait, et je le 
jugeais digne, en raison de son admirable structure, d'être 
placé dans cet Appendice pour appeler sur lui l'attention 
publique. 

Or, ce champignon, d'après ce que m'écrivait N. de Callas, 
naît sous la forme d'un œuf de poule lorsc|u'il sort d'abord de 
terre, et il est d'une couleur tout à fait blanche. Cet œuf, ajou- 
tait-il. a une racine petite, blanche, divisée en de nombreuses 
fibres très ténues, cjui lui sert à grossir en absorbant la nour- 
riture nécessaire ; mais cet œuf ou ce volva, lorsqu'il est arrivé 
à maturité, insensiblement se crève et s'ouvre, et il en sort une 
sorte de bourse assez ferme, réticulée en forme de grillage, non 
sans une certaine diversité d'aspect, laquelle est constituée 
comme par des rameaux oblicjues, se divisant alternativement 
pour se réunir ensemble, au sommet, et de couleur rouge. On 
dirait alors autant de branches de Corail entrelacées ensemble. 
Mais cette gracieuse et admirable élégance extérieure ne tar- 
dait pas à se déformer et à se corrompre au point d'exhaler 
une odeur très fétide. Mon correspondant soupçonnait que 
cette odeur se dégageait d'une certaine liqueur épaisse et cen- 
drée, c{ui sortait de la face interne de ces rameaux rougeâtres 
et qui, aussitôt après que le Champignon était sorti de son 
volva, attirait merveilleusement de petits insectes de genres 
variés, lesquels finissaient par l'absorber en dédaignant toute 
autre nourriture que cette liqueur. N. de Callas m'avait encore 
envoyé plusieurs autres Champignons que nous nous persua- 

(1) Nous sommes reconnaissant à M. Ludovic Legré d'avoir bien voulu 
nous faire connaître quel était ce coi'respondant provençal dont Clusius 
n'avait pas bien lu le nom et la qualité, d'après la signature de la lettre d'envoi 
du Clalhrus. Il s'agissait, en effet, de Nicolas Fabri de Peiresc, seigneur de 
Belgencier, sénateur royal du Sénat d'Aix, qui aimait la botanique et qui a 
laissé la réputation d'un homme des plus remarquables. 

4 



50 E. ROZE. 

dons être à de certains égards les meilleurs et que nous avons 
rhabitude de considérer comme délicieux. 

Or j'ai reçu ces Champignons vers la fin d'avril de cette 
année 1605 : il me les avait envoyés d'Aix en Provence, le 
15 février ou le 15 des Calendes de mars. Il m'écrivait qu'il les 
avait trouvés dans les forêts du territoire de Belgentiers (1), 
mais qu'ils se rencontraient plus fréquemment parmi les 
Arundo bordant les rives du petit fleuve qui arrose en grande 
partie ce territoire : et certainement les échantillons que j'avais 
reçus exhalaient encore une sorte d'odeur vireuse quoiqu'ils 
eussent été desséchés et conservés secs), et ils montraient même 
aussi cette liqueur épaisse, mais qui avait durci en se dessé- 
chant et était devenue noire et brillante. Cela résultait, en effet, 
de ce que ces rameaux s'étaient par la dessication très contrac- 
tés et déformés, et de ce que leur couleur en avait été rendue 
plus pâle. D'après le conseil de mon correspondant, avant de 
faire ainsi reproduire ce Champignon sur une planche, je le fis 
macérer dans l'eau, pour lui permettre de reprendre en quelque 
sorte sa forme primitive et sa couleur, de façon que le peintre 
pût le représenter plus facilement. Effectivement, après que je 
l'eusse fait macérer, je remarquais qu'il finissait par se gonfler 
et perdre ses rides, et qu'il reprenait en grandepartie sa couleur 
naturelle ; j'observais même que la liqueur épaisse qui recou- 
vrait la face interne des rameaux devenait également molle et 
visqueuse. 

Ce genre de Champignon doit prendre place parmi les Cham- 
pignons pernicieux: personne, je crois, ne sera d'un autre avis. 
Il en est de même de deux autres genres de Champignons que 
N.de Callas avait ajoutés à son envoi. L'un était encore fixé à un 
fragment d'écorce de l'arbre ou du rameau de cet arbre qui gisait 
sur le sol, et sur lequel il avait pris naissance : il était de cou- 
leur d'or et non très dissemblable du 4^ Genre des Pernicieux (2) 
que j'ai décrit et fait connaître, et qui comprend des espèces 
variées, différant entre elles par la grandeur et la couleur. 
L'autre Champignon m'a paru avoir une grande ressemblance 

(1) Belgentiers (Var) sur le Gapeau, petit fleuve qui va se jeter dans la 
Méditerranée. 
(2j Polijporus versicoîor, d'après Fries. 



CHAMPIGNONS DE LA HONGRIE. 51 

avec la 1'^ espèce du 20"^ Genre des Pernicieux (1), car il s'en 
rapprochait par sa forme et sa grandeur ; mais, lorsque 
N. de Callas l'examinait, il avait remarqué qu'une certaine 
liqueur en imprégnait l'extrémité des bords et le pédicule, et 
cette liqueur, sur l'échantillon desséché, conservait encore sa 
couleur brune et son aspect luisant. 

Genre XXVI. 

Reste enfin le 26e Genre des Champignons nuisibles que j'ai 
observé en Hongrie, lequel croît aussi vers les Calendes de 
novembre, non sur les troncs ou sur les rameaux des arbres 
tombés, mais dans les prés les plus secs et les forêts coupées. 
Les Hongrois l'appellent Poffeteg^ les Allemands Weiber Fist, 
c'est-à-dire Pet de femme, les Français, Vesse de loup, c'est- 
à-dire Crepitum lupi. C^est le nom qui a été adopté également 
par le vulgaire des Herboristes. Or j'ai observé trois différentes 
espèces dans ce Genre, d'après la grandeur, car elles se diver- 
sifient à peine entre elles par la forme. 

1. [Lycoperdon cœlatum, d'après Fries (Syst. myc.)]. — La 
1''^, de toutes la plus commune, est connue des enfants eux- 
mêmes, car dans toutes les Provinces que j'ai traversées, je 
me souviens de l'avoir observée naissante. Lorsqu'elle sort 
d'abord de terre, elle simule très bien le Boletus^ elle est au 
début d'une remarquable blancheur ; ensuite cette couleur 
blanche se passe et il lui en succède une autre pâlissante et 
comme diluée de fuligineux. Le corps intérieur, par une sec- 
tion médiane, se montre constitué pour une substance blanche. 
Mais lorsqu'elle est mûre, brisée et comprimée, il en sort 
comme une fumée pulvérulente, ainsi que je me rappelle l'avoir 
observée fréquemment, étant enfant, lorsqu'en jouant avec mes 
condisciples dans les prés secs (vers lesquels notice pédagogue 
avait l'habitude assez souvent de nous conduire pour nous 
reposer l'esprit) et sur lesquels croît cette espèce, nous nous 
disputions à qui écraserait du bout du pied plusieurs de ces 
Champignons mûrs, pour en faire sortir cette fumée pulvéru- 
lente. 

(1) Boletus pachypus, d'après Fries, Peut-èlre s'agissait-il ici du Boletus 
luteus ? 



o2 E. IIOZE 

2. [Lycoperdoji giganteuDK d'après Pries (Syst. myc.]]. — 
La 2^ espèce croit dans les forêts coupées et, ce qui est à sup- 
poser, dans la plupart des Provinces : mais je ne l'ai observée 
qu'en Hongrie. Elle est constituée par un corps volumineux, 
de la grosseur d'une tète d'enfant âgé de quelques années, et 
recouvert d'une peau cendrée. Mais cette peau ensuite, lacérée 
en plusieurs places, montre une substance spongieuse, de 
couleur tout à fait fuligineuse, qui par la pression se résout en 
beaucoup de poussière. 

3. {Bovistn /ligrescens. d'après Pries (Syst. myc.)]. — Je 
pense que la 3® espèce ne diffère de la 2*" que par la grandeur 
seule, car la peau délicate qui en recouvre le corps est de la 
même couleur et également lacérée en différentes places ; le 
corps même du Champignon, enveloppé et recouvert par elle 
est aussi tout à fait spongieux et de couleur fuligineuse, et par 
la pression la poussière s'en échappe de la même façon. Cette 
espèce atteint quelquefois la grosseur de cette enveloppe soufflée 
qu'on se renvoie à coups de poing et qu'on appelle vulgairement 
ballon. C'est cette espèce desséchée et vide de toute la poussière 
qu'elle contenait, qu'ont l'habitude de conserver les barbiers, 
afin de s'en servir pour arrêter le flux de sang sur les blessures : 
c'est pourquoi ils l'ont le plus souvent suspendue dans leurs 
officines, comme je l'ai remarqué aussi en Allemagne en plu- 
sieurs endroits. (Fig.)- 



Ajoutons ici les deux paragraphes suivants qui compléteront 
la Mycologie de Charles de I'Escluse. 

Le D'' Reichahdt a fait remarquer que l'on devait encore à 
cet auteur la connaissance d'un autre Champignon, Y Exobasi- 
diujn Rhododendri Cramer. Voici ce que dit Clusius, dans son 
Rariorum plantarum Historia. page 82, à propos de son Le- 
dum alpinum [2'^ espèce), qui est le Rhododendron ferrugi- 
jieurn : « On trouve quelquefois, croissant sur les feuilles et les 
rameaux de cette espèce, des sortes de tumeurs de la grosseur 
tantôt d'une noisette, tantôt d'un pois, inégales, extérieure- 
ment d'une couleur roussàtre ou parfois pâlissante, intérieure- 
ment fongueuses et pleines d'une pulpe blanche qui. en raison 



CHAMPIGNONS DE LA HONGRIE. 



de leur vertu astringente, pourraient être prises pour des 
galles » . 

Nous ferons aussi remarquer qu'au temps de Clusius, on ne 
connaissait que VUstilago Carbo Tul., signalé par les auteurs 
comme une peste qui attaquait le Blé, l'Avoine et l'Orge. Clu- 
sius a, le premier, dans son Rar. pi. ffist., p. 180, signalé une 
autre espèce d'Ustilago qu'il avait observé dans des circons- 
tances asgez singulières. 11 avait reçu d'Espagne, en 1575, des 
graines d'une plante qui paraît se rapporter à notre Miiscari 
co/nosum. 11 les avait semées. « Or, dit-il, il y eut cela de 
particulier que, sur certains pieds qui étaient sortis de ces 
graines, les fleurs tombèrent prématurément en répandant une 
poussière noire ou fuligineuse prescjue semblable à VUstilago 
[Ustilagini ferè similein) ». Ce ne pouvait être que VUstilago 
Vaillantii Tul., que Tulasne a dédié à Vaillant parce qvi'il 
l'avait trouvé sur un écliantillon de Muscari comosum faisant 
partie de l'herbier de Vaillant conservé au Muséum. L'obser- 
vation de Clusius est certainement plus intéressante que la 
simple récolte dun échantillon faite par Vaillant, près d'un 
siècle et demi plus tard, d'autant que Vaillant n'a pas même 



par 



lé de cet UstilaQV 



to' 



Tels sont les renseignements, dit en terminant CluSius, qu'il 
m'a été permis de donner sur les Champignons pernicieux. 
Mais quiconque voudra acquérir une connaissance parfaite et 
absolue des Champignons, ajoutera à ce qui précède et étudiera 
avec soin ce qu'a écrit Pline, dans son Histoire naturelle, Chap. 
VIII (Liv. XVI) et Chap. XII et XIII (Livre XVII) ; il notera 
également ce que Dioscoride nous a laissé sur ce sujet, Chap. 
78 (Liv. IV) et Chap. 24 (Liv. VI), ainsi que ce qu'ont écrit 
Matthiole, dans ses Commentaires, puis Athénée (Liv. \\, 
Deipnosoph.] et enfin Jean-Baptiste Porta, très digne de 
louange pour son Etude philosophique, qui a réuni dans un 
Chapitre particulier tout ce que nous ont laissé les Anciens sur 
les Champignons et cela plus soigneusement qu'aucun autre. 



Description d'une nouvelle espèce d'Auriculariacés 
(Septobasidium Langloisii) 



Par N. PATOUILLARD. 



Ce champignon a été recueilli dans les forêts de la Louisiane 
par M. Langlois, sur Técorce des rameaux vivants de Cratœgus 
arhorescens. 

11 se présente sous l'aspect d'une plaque mince, orbiculaire, 
sèche, étalée à la manière d'un lichen crustacé. de couleur 
bleu foncée sur le vivant palissant un peu par la dessication, 
dont la surface est divisée en petits fragments irréguliers et 
sinueux ; près de la périphérie, il est marqué de veines rayon- 
nantes rameuses dont l'extrémité fîmbriée et blanchâtre forme 
sur tout le pourtour une marge étroite appliquée sur l'écorce. 

Le subiculum peu épais est constitué par des filaments bruns 
simplement entrecroisés de manière à former une trame lâche, 
sans se grouper par petits paquets dressés comme dans 
plusieurs autres espèces congénères. A leur extrémité supérieure 
ces filaments se divisent en branches nombreuses dirigées 
horizontalement, courtes, fortement serrées les unes contre les 
autres et constituant une croûte superficielle mince, de laquelle 
s'élève une assise d'hyphes hyalines, dressées, peu rameuses, 
grêles, plus ou moins flexueuses mais non circinées. 

Les basides naissent des éléments de la croûte ou de la base 
des hyphes hyalines ; elles sont d'abord globuleuses et unicel- 
lulaires, puis s'étirent peu à peu en un corps cylindrique, droit, 
incolore, qui prend deux ou trois cloisons transversales ; la loge 
inférieure, qui est la sphérule primitive, a des parois épaisses 
et la loge supérieure porte à son sommet un stérigmate aigu, les 
loges intermédiaires paraissant demeurer stériles. 

La spore est incolore, ovoïde allongée (16 - 20 X 8- 10 |jl), 
obtuse à l'extrémité, atténuée à la base et légèrement courbée. 
Elle germe en émettant un filament grêle et court qui porte une 
spore secondaire de même forme mais plus petite que la spore 



DESCRIPTION D UNE NOUVELLE ESPECE D AURICULARIACES. 55 

primitive, en même temps qu'elle prend de une à trois cloisons 
transversales. 

Les éléments de la croûte du champignon donnent en outre 
naissance à un grand nombre de petites sphères sessiles mélan- 
gées avec les sphérules initiales des basides et de même diamètre 
qu'elles, mais qui sont colorées en brun comme les filaments de 
la trame. Le rôle de ces petits organes demeure problématique: 
on les voit parfois émettre une hyphe hyaline, d'autrefois bour- 
geonner une file de deux ou trois sphères semblables, mais dans 
la plupart des cas, elles ne manifestent aucun développement 
et ne paraissent pas destinées à se séparer de leur support. 

S. Langloisii est voisin de S. pedicellatuin et de S. retiforme 
et s'en distingue facilement par sa coloration ainsi que par les 
caractères de sa trame et de ses basides. 

La présence d'une cellule primitive spéciale, sorte de probaside 
d'où procède le corps sporifère septé, caractérise une série très 
naturelle comprenant les genres Septobasidium Pat., /o/aMôll. 
et Saccoblastia Moll., qui relie très étroitement les Auricula- 
riacés aux Urédinés. 

Outre le S. Langloisii. on rencontre dans la même région les 
S. pedicellatuin (Schw.) (1), S. retiforme (Berk. et Curt.) (2) 
et une quatrième espèce d'un brun noir dont nous n'avons vu 
que des spécimens stériles mais qui paraît très voisine de S. 
Leprieurii (Mtg.) de la Guyane (3). 

(1) Teîephora pedicellata Schw. Carol., n» 104&, tab. 2, fig. 3. — Thele- 
phora ! pedicellata Fr. Elenchus p. 200. — Gausapia Fr. Syst. Orb. Veg., 
p. 302. — Septobasidium Pat. ap. Morot Journ. Bot., 1892. 

(2) Teîephora rétif ormis Berk. et Curt. Cub. Fungi, n» 384. 

(3) Corticium Leprieurii Mont. Cryptog. Guyan., n" 417. Obs. : Les spé- 
cimens de cette espèce recueillis à la Guyane par Leprieur et conservés dans 
l'herbier de Montagne, appartiennent incontestablement au genre Septobasi- 
dium, mais sont aussi entièrement stériles. 



A PROPOS DE L'ESPECE 

Par M. Gh. GUFFROY, Licencié ès-&ciences naturelles. 



Dans une communication faite précédemment à la Société 
Botanique de France et intitulée: « L'anatomie végétale au point 
de vue de la classification », j'ai posé comme critérium de la 
distinction spécifique que « Deux espèces différentes diffèrent 
toujours qualitativement dans leur organisation interne ; deux 
formes dune même espèce peuvent différer quantitativement, 
mais jamais qualitativement. » 

Cette définition s'appliquant particulièrement aux plantes 
vasculaires, je crois devoir examiner au même point de vue ce 
qui a trait aux végétaux cellulaires et en particulier aux cham- 
pignons. Le critérium ne changera pas pour moi : ce sera 
toujours le critérium anatomicjue .• « Deux végétaux cellulaires 
appartiennent à deux espèces différentes lorsqu'ils présentent 
dans leur constitution intime des différences qualitatives ; 
lorsque ces différences sont purement quantitatives, il ne saurait 
y avoir que deux races ou deux variétés d'une même espèce. » 

Ce critérium est particulièrement intéressant à appliquer 
lorsqu'il s'agit des champignons. Ces organismes, qu'ils vivent 
en parasites ou en saprophytes, subissent en effet au maximum 
l'influence du milieu ambiant et de la constitution de l'hôte. 
11 s'ensuit qu'au début — surtout — et encore maintenant, un 
même organisme a pu varier considérablement, pouvant se 
trouver placé dans des conditions essentiellement différentes. 
Aussi la notion d'espèce est-elle plus confuse ici que partout 
ailleurs ; bien Cjue l'expérience ait pu facilement démontrer 
combien variable était la forme, elle est restée malgré tout 
jusqu'à ce jour la seule base de nos classifications. Plus que 
partout ailleurs aussi ce qu'on a appelé en botanique phanéro- 
gamique le « Jordanisme » règne en mycologie. Les espèces se 
sont multipliées à l'infini ; il devient difficile, sinon parfois 
impossible, de se reconnaître dans tout ce dédale de descrip- 
tions si l'on ne possède les échantillons originaux, les descrip- 
tions étant plus ou moins incomplètes et faites sur des plans 
différents. Je sais bien que beaucoup de mycologues croient 
faire progresser la science en l'enrichissant de nouveaux noms 
et en créant de prétendues espèces qu'ils se dédient mutuelle- 
ment : en réalité, ils ne font que compliquer cette science ; ils 



A PliOPOS DE L ESPECE. 0/ 



piéLincnt sur place et ils rendent le progrès plus difficile. 

Il est vraiment curieux de remarquer que la partie de la 
botanique où Ton devrait avoir la conception la plus nette de 
l'espèce est justement celle où elle reste le plus insaisissable. 

Je nie absolument, et je crois avoir pour moi les règles les 
plus reconnues de la biologie, qu'un vrai savant puisse dire que 
deux échantillons A et B constituent deux espèces différentes 
E et K', parceque A a des spores qui mesurent [n à «') pi et B 
des spores mesurant seulement («, à /ï',) //, ou bien parce que 
A présente telle couleur et B telle autre couleur. A ce compte 
là je puis être créateur d'espèce : il me suffît de prendre 2 spores 
d'une même espèce initiale S, et de les ensemencer sur 2 milieux 
différents placés dans des conditions différentes. Au bout d'un 
nombre de générations + grand, suivant la variabilité ± grande 
de l'espèce S, j'obtiendrai 2 formes absolument différentes, qui 
pourront même se fixer et donner 2 races ne pouvant plus se 
développer sur d'autres milieux. Les botanistes descripteurs 
n'hésiteraient pas à cataloguer comme 2 espèces distinctes 
S, et So, ces deux races d'une même espèce. Je crois inutile de 
m'appesantir sur cette question: les esprits scientifiques convien- 
dront avec moi que la plupart de nos espèces de cliampig^nons 
ne méritent pas ce titre d'espèce. 

Pour moi, je ne saurais trop le répéter, il n'y a quun seul 
moyen de délimiter l'espèce : l'emploi des caractères anatomi- 
ques qualitatifs. Je ne me dissimule pas qu'en appliquant ces prin- 
cipes, il y aura beaucoup d'espèces qui tombei'onten déchéance. et 
par suite beaucoup de discussions et d'amours-propres froissés. 
Ceux qui auront décrit ces prétendues espèces auront cependant 
rendu de grands services à la science en permettant pour chacune 
des espèces types réelles : 

1° d'étudier l'influence du milieu et du substratum sur sa 
structure anatomique ; 

2° de noter les différences quantitatives ainsi produites en 
regard des formes décrites jusqu'à ce jour. 

Ce mode d'étudier les champignons et les autres cryptogames 
cellulaires, est selon moi le seul qui permette défaire progresser 
la botanique d'une façon sérieuse. Cessons de regarder le monde 
végétal par le petit bout de la lorgnette, et nous ferons alors 
seulement de la vraie science. 



NOTES MYCOLOGIÛUES 

par M. L. MATRUCHOT. 



//. — PIPTOCEPHALIS TIEGHEMIANA. 

Le genre Piptocephali.s, un des plus intéressants de la famille 
des Mucorinées, comprend actuellement environ huit espèces 
bien définies. L'espèce dont il s'agit ici diffère des précédentes 
et doit constituer une espèce nouvelle : je la dénomme Pipto- 
cephalis Thieghemiana^ la dédiant ainsi à M. Van Thieghem, 
à qui nous devons la plus grande part de nos connaissances 
sur ces Champignons, et dont les recherches d'ensemble sur 
la biologie des Mucorinées sont encore, après vingt-cinq ans 
passés, la seule base solide sur laquelle puissent s'appuyer 
ceux qui s'occupent de ces organismes. 

Le P . Tieghemiana offre un intérêt tout particulier. 11 se 
trouve, en effet, que des huit espèces de Piptocephalis actuelle- 
ment décrites, une seule, P. Freseniana, est connue comme 
susceptible de former des œufs. Or l'espèce nouvelle dont je 
m'occupe ici présente, elle aussi, la reproduction sexuée, et, 
fait important, le mode de formation de l'œuf et son développe 
ment en embryon présentent de grandes différences avec ce 
qui se passe dans le P. Freseniana. Il en résulte, comme 
nous le verrons en terminant, une conséquence non dénuée 
d'intérêt quant aux caractères à invoquer pour établir une classi- 
fication naturelle des Mucorinées. 

J'ai trouvé le Piptocephalis Tieghemiana dans une assiette 
humide où avaient été mises à germer diverses graines (Pois, 
Fève, Ricin, etc.). Il se développait en parasite sur un Rhizopus 
nigricans qui avait poussé à la surface des graines, et formait, 
sur le fond noir de la végétation du Rhizopus, de nombreux 
buissons de couleur café au lait, à branches ténues et abon- 
damment ramifiées. 

Les Piptocephalis étant, comme on sait, des parasites néces- 
saires, i'ai naturellement échoué dans toutes mes tentatives de 



XOTES MYCOLOGIQUES. 59 

culture de ce champignon à l'état isolé ; mais en semant à la 
fois sur le milieu de culture des spores de Rhizopus et des 
spores de Piptocephalis, j'ai obtenu le développement complet 
de la Mucorinée parasite et pu suivre facilement les divers 
stades de son évolution. 

Appareil sporifère. — L'arbuscule sporangifère de P. Tie- 
ghemiana, dépourvu de rhizoïdes à la base, se ramifie par une 
série de bifurcations en dichotomie régulière, au cours de la- 
quelle les rameaux successifs diminuent progressivement de 
longueur et de calibre, ce qui est une première différence avec 
l'espèce voisine P. cylindrospora. Ces rameaux ne se cloison- 
nent qu'irrégulièrement et tardivement, et leur membrane se 
cutinise à maturité sans présenter de rainures longitudinales. 

Les articles ultimes des branches se terminent chacun par 
un renflement sphérique qui porte des sporanges sur toute la 
périphérie. Les têtes sporifères sont très petites : leur diamètre 
ne dépasse pas 3-4a ; à maturité elles se séparent du filament 
par une cloison et tombent en même temps que les spores. 
Leur grande caducité fait qu'il est difficile de les voir en place : 
dans ce but, le mieux est de les observer à sec. 

Sur chaque tête sporangifère prennent naissance simultané- 
ment d'assez nombreux sporanges, disposés sur toute la surface 
et non pas seulement sur l'hémisphère supérieur comme dans 
P. sphœrospora, par exemple. Le nombre des sporanges peut, 
sur certaines têtes volumineuses, atteindre 15 ou 20. Les spo- 
ranges sont courts, ovales, arrondis à la partie distale, atté- 
nués en pointe à la base ; ils s'insèrent sur la tête sporangifère 
par un pédicelle rétréci qui rappelle tout à fait un stérigmate 
de basidiospore, et qui, une fois le sporange tombé, subsiste 
sur le renflement comme une sorte de pointe émoussée à l'ex- 
trémité. A l'inverse de ce qu'on observe dans P. cyli?idrospora, 
les sporanges sont toujours très courts, 6-10/* sur 2-3'pi et ne 
renferment qu'un petit nombre de spores, trois au maximum, 
généralement deux, parfois une seule. Dans ce dernier cas, la 
spore est fusiforme ; s'il y en a deux, elles sont toules deux 
coniqueset opposées par leurs bases ; s'il y en a trois, les deux 
extrêmes sont coniques, la médiane est cylindrique. C'est la 



(30 L. MATIiUCHOT. 

forme de cette dernière qui doit être considérée comme la forme 
normale des spores de P. Tiegliemiana. Les dimensions des 
spores oscillent entre 4-5 « de longueur sur 2-2, 5 a de longueur. 
Le P. Tiegliemiana diffère des autres Piptocephalis ])M' plu- 
sieurs caractères qui en font une espèce bien distincte. Une 
coupure naturelle entre deux sections du genre Piptocephalis 
se fait à l'aide du caractère tiré de la présence ou de l'absence 
de rliizoïdes à la base du pied sporangifère. 11 est à remarquer, 
en effet, d'après INI. A ax Tieohem qu'à l'absence de rliizoïdes 
correspond une structure particulière de la membrane, laquelle 
se cutinise et brunit en vieillissant, sans présenter les rainures 
longitudinales qu'on observe sur les espèces munies de rliizo'ïdes 
à la base du pied sporangifère. Le P. Tiegliemiana. dépourvu de 
rhizo'ides, appartient à la seconde section. Par divers carac- 
tères, et en particulier par la présence d'une tète sphérique. il 
s'éloigne nettement des P. Freseniana et cruciata et se place 
au Toisinage de P. cylindrospora et spheerospora.^ dont il se 
différencie soit par la forme et la taille des spores, soit par le 
nombre, la forme, la taille et la disposition des sporanges, soit 
enfin par les caractères tirés de la ramification du pied, comme 
il a été dit plus haut. 

Hôtes possibles du Piptocephalis Tiegliemiana. — J ai cherché 
à cultiver le P. Tiegliemiana en lui donnant comme hôtes les 
Champignons les plus divers. Je n'ai réussi, mise à part une 
exception sur laquelle je reviendrai plus loin, qu'en l'asso- 
ciant à des Mucorinées. 

Encore faut-il distinguer entre les diverses tribus de Muco- 
rinées : 

a) Pilobolées. — Les Pilobolées sont des liùtes possibles 
des Piptocephalis. ^L Vax Tieghem a trouvé le P. microce- 
pliala parasitant un Piloholus roridus. J'ai de mon côté cultivé 
\e P. Tiegliemiana sur un Pilaira. 

h Mucorées. — Les Mucorées conviennent bien également. 
Les P. cruciata, sphserospora, Freseniana. fiisispora, etc.. 
ont été trouvés ou cultivés sur des Mncor. Cliivtocladium. etc. 
Le P . Tiegliemiana s'est de même laissé cultiver facilement 



NOTES MYCOLOGIQUES. 61 

sur divers Mucor [M. mucedo, spinosus^ etc.), Wiizopns 
(R. nigricans, etc.), Helicostylam, Absidia (A. Tieghemi). etc. 

c) Syncéphalidées. — Les Syncéphalidées, c'est-à-dire les 
Mucorinées de la tribu même à laquelle appartiennent les 
Piplocephalis, sont susceptibles d'être parasités par ces Cliam- 
pig-nons: M. Van Tieghem a signalé un Piptocephalis vivant 
sur un Syncephalis. 

d) Mortiérellées. — Quant aux Mortiérellées, représentées 
dans mes essais par le seul genre Alortierella .mais, il est vrai, 
par quatre espèces différentes {M. reUcalata. strangulata et 
deux espèces non déterminées), elles se sont toujours montrées 
réfractaires à la culture du P. Tieghemiona. D'autre part, 
aucun observateur à ma connaissance n'a indiqué aucune Mor- 
tiérellée comme hôte d'un Piptocephalis quelconcjue. M. Vax 
Tieghem a même précisé que le P. repeiis ne peut pousser sur 
les Mortierella. il en faut donc conclure qu'à ce point de vue 
comme à beaucoup d'autres, les Mortiérellées se différencient 
bien nettement des autres Mucorinées. On sait que le proto- 
plasma de ces Champignons jouit de propriétés tout à fait par- 
ticulières : réfringence spéciale, fréquemment odeur alliacée, 
mode de dégénérescence assez particulier (1). Le caractère 
que j'ai signalé ici, et qui touche aux propriétés intimes du 
protoplasma vivant, vient s'ajouter à tous les autres pour faire 
des Mortiérellées une sorte de sous-famille à part parmi les 
Mucorées. 

J'ai cherché aussi à donner comme support au Piptocephalis 
Tieghemiana d'autres champignons que les Mucorinées. Malgré 
la grande variété de mycéliums auxquels j'ai eu recours, les 
essais ont échoué partout (sauf dans un cas). Aussi bien avec 
des Ascomycètes {Pyronema conflueiis, Morchella esculenta 
et rimosipes, Nectria Peziza, etc.), qu'avec des Basidiomy- 
cètes [Coprinus comatus. Pleurotus ostreatus, Psalliota cain- 

(1) L.Matruchot. — Sx(,r une structure particulière du protoplasma chez 
une Mncorinée, et sur une propriété générale des pigments bactériens et 
fongiques. Publications de la Station zoologique de Wimereux, Vil, Miscel- 
lanées 1899). 



62 L. MATRUCHOT. 

pestris^Matruchotia çarians, etc.) et des Mucédinées [Ambli/os- 
poriiiin umhellaUim. Gliocladium çiride^ Sterigmatocystis et 
Aspergillus variés, etc.) 

Un tel fait est remarquable ; il met en évidence et, si je ne 
me trompe, pour la première fois de façon aussi précise, combien 
sont étroites les conditions de vie des Piptocephalis^ puisque 
ces Champignons ne peuvent vivre qu'en parasite sur des 
Mucorinées, et encore sur certaines Mucorinées à l'exclusion de 
certaines autres. J'ajouterai enfin que tous mes essais de culture 
de Piptocephalis à l'état isolé ont échoué, ce qui confirme 
l'opinion émise par M. Van Tieghem, sur le parasitisme iiéces- 
saire de ces Champignons. 

Cela posé, j'arrive à l'exception unique dont j'ai parlé plus 
haut. En dehors des Mucorinées proprement dites, le P. Tie- 
ghemiana se laisse cultiver sur une moisissure, non encore 
décrite, que j'ai recueillie, sur du crottin, et dont le mycélium 
porte des fructifications analogues à celles des Œdocephalum 
ou des Rhopalojnyces, c'est-à-dire des têtes sphériques longue- 
ment pédicellées et portant de nombreuses conidies naissant 
isolément. Etant donnée l'étroitesse des conditions de vie des 
Piptocephalis et l'exigence qu'ils manifestent d'avoir une Mu- 
corinée comme hâte, étant donné, d'autre part, que la moisis- 
sure dont il s'agit est à mycélium continu, j'en conclus, bien 
qu'elle soit dépourvue de sporanges et d'œufs, qu'elle doit être 
rangée parmi les Mucorinées. Elle y constituerait le type d'une 
tribu spéciale, différente des Mortiérellées, caractérisée par la 
présence de spores exogènes, à l'exclusion jusqu'à nouvel ordre 
de spores endogènes et de reproduction sexuée. A côté d'elle 
viendraient se ranger diverses formes évidemment apparentées 
avec elle, les Rhopalomyces. divers Œdocephalum à mycélium 
continu, et sans doute d'autres encore. C'est là un point sur 
lequel je me réserve de revenir ultérieurement. 

Chlamydospores . — On a signalé des chlamydospores chez 
plusieurs genres de Mucorinées, mais pas encore chez les 
Piptocephalis. Le P. Tiegehmiana est encore intéressant par 
ce fait que le mycélium immergé peut présenter des chlamy- 
dospores. Ce sont des éléments volumineux (12 à 30a sur 10 à 



NOTES MYCOLOGIQUES. 



63 



IB/x), de forme irrégulière, à surface lisse, à protoplasma ré- 
fringent. 

Reproduction sexuée. — Le PiptocephaUs Tieghemiana 
forme des œufs par fusion de deux gamètes égaux et sem- 
blables. Comme dans le P. Freseniana, les deux branches 
copulatrices sont recourbées en mors de pince ; mais les élé- 
ments sexuels et l'œuf lui-même présentent avec leurs homo- 
logues chez P. Freseniana de profondes différences (fig. 1). 





Fig. 1 et 2. — Embryon de PiptocephaUs Tieghetniana. — 1. Vu en coupe 
optique. — 2, Vu en perspective. — g, gamètes ; s, suspenseurs ; o, embryon. 
— 6r. ^ 600 envii^on. 



Tout d'abord les cloisons qui, dans les branches copulatrices, 
isolent les gamètes du corps de la plante, sont ici très haut 
placées, tandis que dans P. Fj-eseuiana elles séparent chaque 
branche en deux parties égales : ici les gamètes sont donc 
relativement petits. 

En outre, l'œuf, une fois formé, se transforme en embryon 
parfaitement sphérique, et à sa surface se développent, non un 
petit nombre de pointes faisant fortement saillie (comme dans 
P. Freseniana), mais un grand nombre de petits tubercules 
arrondis et à peine saillants a la surface. 

De plus, les proportions relatives des suspenseurs et de l'em- 
bryon sont très différentes chez les deux espèces. Chez le 
P. Freseniana, les suspenseurs sont volumineux et l'embryon 
beaucoup plus petit; ici, c'est le contraire qui a lieu. 

Enfin, la différence capitale entre les deux formes s'observe 
dans la position respective des suspenseurs et de l'embryùn. 



04 L. MATRUCHOT. 

Dans P. Freseniana. TembiTon se développe au-dessus du 
point de jonction des deux éléments sexuels. Ici, c'est entre les 
deux branches copulatrices : sur l'œuf mûr. on voit les deux 
suspenseurs s'insérer presque à l'opposé l'un de l'autre, comme 
dans un Mucor ou un Sporodlnia. D'ordinaire il y a, entre les 
points d'insertion des deux suspenseurs, un arc de — de circon- 
férence environ. 

Ce dernier fait a une certaine importance. Dans les seules 
Mucorinées de la tribu des Syncéphalidées où jusqu'à ce jour 
on ait observé des œufs (un Piptocephalis ei àen^^Syncephalis), 
ceux-ci se développent en embryon au-dessus des suspenseurs. 
La plupart des auteurs, A. Fischer (1), Schrôter (2). etc., ont 
généralisé et, dans les classifications, donnent à la tribu des 
Syncéphalidées (ou Piptocéphalidées), comme caractère de pre- 
mier ordre, d'avoir un œuf se développant de la sorte. M. Van 
ïiEGHEM (.3) avait, au contraire, depuis longtemps attiré l'atten- 
tion sur ce fait que, dans une classification naturelle des Muco- 
rinées, les caractères tirés de la reproduction sexuée doivent 
venir en second lieu, après ceux que fournit la reproduction 
asexuée. Le Piptocephalis Tieghemiana apporte une preuve 
remarquable à l'appui de cette manière de voir. 

(1) Rahenhorst's Kryptogamen-Flora : IV. Phycomycetes, par Alf. 
Fischer, p. 177. 

(2) Colin' s Kryptogamen-Flora von Schlesien : Pilze, \)a.r 3. Schrôter, 
i" Partie, p. 215. 

(3) Van Tieghem. Troisième mémoire sur les Mucorinées (Ann. Se. nat. 
Bot., Q^'^ série, t. IV 1876). 



Quelques Urédinées et Ustilaginées nouvelles 
ou peu connues, 

par M. R. MAIRE. 



UREDINEES 

PucciMA (Didymopuccinia) (i) Le Moxxieriana n. sp. 

So?-is teleutosporiferis hypophijllis. in maculis flcn>escentibus 
violaceo-cinctis insidentihus ^ in parvos grèges dispositis. seepius 
confluentihus. palvinatis, epidermide fissa cincîis ,' paraphy- 
sibus nallis ; teleutosporis oblongis. fascis, adseptiini contric- 
tis, ittrinque rotundatis. episporio les>i vertice valde incras- 
sato, ^'^-63 X 18-23 [x, pedicello usque ad ôO^t longo etô-Sn 
crasso, dilate fuscidulo çel hyalino sufftdtis. 

Hab. ad folia viva Cirsii palustris rarius. Hériménil pr. 
Lunéville (Meurthe-et-Moselle). Septembre. 

Espèce voisine des /*. As?e/7's Duby et P. subtecta Rostr. 
Bien distincte de la première par ses téleutospores moins allon- 
gées, nettement étranglées au milieu, et de la seconde par son 
pédicelle moitié moins large. Les jeunes téleutospores sont 
subaiguës au sommet, l'épaississement de l'épispore se faisant 
d'abord en forme de cône à l'extrémité seulement de la loge 
supérieure. 

L'espèce est dédiée à mon excellent maître Monsieur le pro- 
fesseur Le Monmer. 

PuccixiA (Didymopuccinia) Serratul^ Thiim. Pilzfl. Sibir. 
n. 700. Sacc. Syll. Vil. p. 709. 

Soris plerumque hypophyllis^ in macula flavescente ssepe 
atro-violaceo marginata insidentibus ^ 0,5-3 mm. diam., pnl- 
çinatis. induratis. epidermide fissa plus minus cinctis., fusais, 
in parvos grèges dispositis, sœpe confluentibus ; paraphysibus 
nullis ; teleutosporis bicellularibus , umbrino-flavis , clavatis 
vel oblongis, basi plerumque adtenuatis, çel rarius rotunda- 

(1) Cf. R. Maire^ Exsiccata Hypodermearum Gallice orientalis, decas V, 
Monde des Plantes, 1898. 

5 



66 R. MAIRE. 

tis.medio sœpius paullum constrictis, ^2-15x18-2511 (ssepùts 
60><20)^ episporio levi. vertice primitus conoideo-mcrassato, 
postea rotiindato-incvassato. pedicello flavescente. snrsum 
dilataîo. iisque ad kS y. loiigo suffuis. 

Hab. ad folia viva Serratuhe monlicohe Bor. in montihus 
Arvernise (Cantal j. Autumno. 

Cette espèce; qui m'a été envoyée par M. F, Fautrey corres- 
pond bien au P. Serratulœ Thûm., bien que les téleutospores 
soient légèrement plus grandes. Elle est voisine des P. iGas- 
seria) Uralensis Tranzschel et P. Uromyces) Solidagitiis 
Squimerf. 

PucciNiA (Uromyces) SoLiDAGixis Sommerf. Suppl. FI. Lapp. 
p. 234. 

Soris amphigenis. prœcipue hypophyllis. in macula flaçes- 
cente atroviolaceo margiiiata insidentihus. 1-3 mm. latis, 
pulvinatis epidermide fissa plus minusçe cinctis, fuscis. in 
parços. grèges dispositis. plerumque confLuentihus^ teleutospo- 
ris unihrino flavis. ovoideis. sphœroideis aut piriformibus. .34 X 
2i i^. circitei\ episporio les>i vertice valde incrassato poroque 
germinationis canaliculato instructo. pedicello flavescente 
usque ad 35-^0 ^ longo, 

Hab. ad folia viva Solidaginis Virgœ aureœ in Germania. 
Moravia, Fennia, Lapponia, America boreali (secundum Sac- 
cardo), nec non in montibus Arvernise (Cantal) Gallise. 

Cette espèce, non indiquée en France par Saccardo, m'a été 
envoyée par M. F. Fautrey. Elle est voisine de Puce. (Gasse- 
ria) Uralensis ïranzsch. et de Puce. (Didymopuccinia) Virgse- 
aureœ D.C. La description ci-dessus est faite d'après des exem- 
plaires du Cantal et de ^Yyborg■ (Finlande), ces derniers 
recueillis par M . Tranzschel. 

PucciNiA(Gasseria) microsora Kôrn. inFuck. Symb.myc. III, 
Nachtr. p. 14. 

Exsicc, : Fuckel, Fung. rhenani, 2637. Le Puce, microsora 
publié dans l'exsiccata de Roumeguère est en réalité le Puce, 
caricis, récolté à Fontainebleau par Feuilleaubois. 

Soris uredosporiferis epi- çel hypophyllis, in macula stra- 
minea elongata insidentihus. solitariis çel scepius per 2-4 se- 



UREDINEES ET USTILAGINEES NOUVELLES. 67 

riatiin dispositis^ dilate ochroleucis, mi?iutis, ellipsoideis vel 
suborbicularibus^ epidennide bullata diutissime tectis ; uredo 
sports ovoideis vel piriformibus^ aeuleatis^dilutissiine melleo- 
umbrinis, ê3-32x,2S-15 ; so?'is teleutospor/fefis conformibus^ 
in maculis stramineis séries elongaias efformantibus ^ atris^ 
epidennide bullata diutissime tectis ; mesosporis ovato-piri- 
formibus çel obloiigo-piriformibus, ad basin attenuatis^apice 
rotundatis, siepe angulatis^ dilate umbrinis^ 35-55 X 22-28. 
episporio vertice <^ix incrassato., antice usque ad 15 [i crasso ; 
pedicello hyalino^ longiusculo (19-^i6 ij.), usque ad 5 [j. crasso., 
persistenti ; teleutosporis rarissiinis inimivtis^ ellipsoideis vel 
difformibus, ad septuni paullum constrictis^ apice subacutatis 
et vix incrassatis^ 35-62 X 12-18, pedicello brevi suffultis. 

Hab. ad i'olia viva languidave nec non ad vaginas culmosque 
Caricis vesicariœ ; autumno. 

Dans une petite mare du bois de Woippy près Metz, en 
compagnie d'Anthracoidea subinclusa Bref. Espèce assez voi- 
sine de Puccinia (Uromyces) lineolata Desmaz, 

PucciNiA (Didymopuccinia) Montagnei De Toni in Sacc, 
Syll. VII. p. 722. Puce. Herniarix Mont. in. Ann. S. N. 1856, 
p. 347. 

Espèce peu connue, bien distincte de Puce. Herniarix Ung. 
par son pédicelle très long, son apiculum hyalin. Elle est don- 
née par Saccardo comme n'ayant été trouvée jusqu'ici que sur 
Herniaria latifolia près de Lanne dans les Pyrénées (Casta- 
gne). Je l'ai retrouvée assez abondante sur Herniaria glabra 
dans les champs et les pâturages d'Arc-sur-Tille et d'Orgeux 
(Côte-d'Or). Avril 1896. 

Endophvllum Valerian/e-tureros^ n. sp. 

JEcidiis plerunique hypophyllis, rarius amphigenis., per 
totam folii superficiem xque disseminatis ., luteis, epiderniide 
bullata diu tectis et semper cinctis . Pseudoperidiis urceolatis., 
albidis, margine integro vel paullum lacerato ; cellulis 
pseudoperidii polyedricis. papillosis., hyalinis. contenta 
achroo, circiter 26-30x25-21 ^i ; œcidiosporis globosis vel e 
mutua pressione polyedricis, episporio tenui, hyalino, çerru- 
coso, 8-10 poros germinationis gerentibas, contenta aurantiaco 



68 R. MAIRE. 

farctis^ 18-23 X 11-21 a. maturis uninucleatis. Endophylli 
ad instar gerininantihus ; promycelio plerum que iinisep Lato 
sporidiolum unicum gignente. 

Hab. ad folia, flores, caulesque Valeriame tuberosœ in Bur- 
gundia: aprili. Marais de Château-Renard à Gevrey-Chambertin 
(Côte-d"Or). 

Cette espèce est excessivement intéressante par son évolu- 
tion nucléaire toute spéciale : c'est en effet la seule écidie con- 
nue où les écidiospores ne contiennent à la maturité qu'un seul 
noyau, non par suite de fusion entre les deux noyaux de l'éci- 
diospore jeune, mais par suite de dégénérescence, de chroma- 
tolyse d'un de ces deux noyaux. Ce fait sera étudié d'une façon 
plus approfondie dans un travail spécial que nous préparons. 

Bivoxa-Berxhardi a décrit un JEcidium valerianellse Biv. 
Bernli. Stirp. rar, Sic. IV, p. 28, sur Valerianella campanu- 
lata en Sicile. Cette espèce, d'après sa description un peu 
sommaire, paraît différer de la nôtre par ses pseudo-péridies 
très laciniées; elle aurait été retrouvée à la Rochelle sur Vale- 
rianella eriocarpa par Brunaud. Les JEcidium Fedise-olitorise 
Bals, et de Not.. Bibl. ital. 1831 ; JEcidium Fedise Magnus 
in Barbey, Flor. Sard. Compend., seraient peut-être plus voi- 
sins de notre espèce, mais aucune indication n'est donnée sur 
leur germination. 

h' Endophylluni Valericuue-tuherosœ paraît être pérennant 
sur la plante infectée ; cette infection est d'ailleurs générali- 
sée : le parasite fructifie en avril-mai ; il empêche d'ordinaire 
la plante de donner autre chose que des feuilles radicales, qui 
sont d'un vert-pàle ; quelquefois cependant la plante peut pro- 
duire une tige florifère : on trouve alors des écidies sur presque 
tous les organes. \J JEcidium Eedix produirait aussi, d'après 
Magnus, une infection généralisée sur Centranthus calcitrapa. 
Nous n'avons pas encore réussi à infecter directement le Vale- 
riana tuherosa avec les germinations de son parasite. 

Nous avons distribué V Endophyllum Valeriame-tuberosx 
dans le Wiener Kryptogamen Tauschanstalt, sous le nom de 
JEcidium Fedix Biv. Bernhard., Magnus. Nous ne connais- 
sions pas encore à ce moment sa germination. 



URÉDINÉES ET USTILAGINÉES NOUVELLES. 69 

Endophyllum Sempervivi (Alb. et Schw.) de Bary, var. jeci- 
DioiDEs R. Maire. 

Sperinogonis œcidiisque ut in E. Sempervivi; xcidiosporis 
JEcidii modo germinantibus, scilicet hypha mycelica protenus 
producta^ promijcelio non evoluto. 

Hab. ad folia viva Sempervivi tectorum^ in Alpibus Galliœ 
meridionalis, prope Gap ; vere. 

Cette Urédinée m'a été envoyée par M. Girod, directeur de 
TEcole normale de Gap, qui l'a récoltée sur le Mont-Charance, 
près de cette ville, en mai 1898. Les spores semées sur de l'eau 
germent seulement au bout de 5 ou 6 jours, et aucune ne donne 
de promycélium, toutes se comportent absolument comme des 
spores à^ JEcidium. 

Nypels (1) avait déjà observé cette germination, mais dans 
des cas très rares : une ou deux spores de V Endophylluni Sem- 
pervivi germaient à la façon des ^Ecidium tandis que les autres 
spores prises dans la même écidie représentaient la germination 
normale. Or ce qui n'est dans les observations de Nypels qu'un 
cas exceptionnel devient un fait constant dans V Endophylluni 
Sempervivi de Gap. Nypels attribue avec raison les germina- 
tions écidiennes qu'il a vues à la tératologie ou à l'atavisme 
(les cas d'atavisme ne sont, dit-il, que des cas tératologiques 
arbitrairement cboisis). Nos observations confirment la manière 
de voirde Nypels : il est bienpossiblequ'à Gap VEndopyhllum 
Sempervivi soii on ait été récemment une espèce bétéroïque. 
Cette espèce bétéroïque trouvant encore dans d'autres contrées 
le Sempervivum, mais non son autre bote, a pu s'adapter à 
l'autoxénie en germant à la façon desPuccinia. Nos Endophyl- 
luni de la plaine, qui germent constamment comme des Pucci- 
nia, ne seraient donc que des formes écidiennes adaptées à l'au- 
toxénie : les cas anormaux de Nypels seraient des témoins, des 
souvenirs de la forme ancestrale. Cette forme ancestrale que 
M. Girod a trouvée à Gap, paraît y être encore bétéroïque, car 
nous n'avons pas pu infecter des Sempervivum de notre jardin 
avec ses germinations, tandis que la cbose est facile à réaliser 

(1) Nypels. La Germination de quelques écidiospores. Bull. Soc. belge de 
microscopie . XXII. 1898. 



70 11. MAIRE. 

avec des germinations de V Endophyllum Sempervivi ordinaire. 
L'étude de l'évolution nucléaire, que nous avons faite, con- 
firme les vues précédentes : nous en exposerons les résultats 
dans un autre travail. 

^EciDIUM ÂLATERXin. Sp. 

JEcidiis luteis. pseudoperidiis cylindricis. albido-hyalinis, 
margine paullum revoliito. plus minusve lacerato ; œcidios- 
poris globosis çel e mutua pressions pohjedricis 18-23x16- 
i8i>.. contenta luteo-aurantiaco. episporio hyalino. suhtilis- 
sime verruculoso ; cellulis pseudoperidii papillosis, circiter 
26'X.2kii.^ contentu luteo farctis. 

Hab. in floribus Rhamni Alaterni pr. Philippeville Algeriœ. 
Cet /Ecidiiun. voisin de ceux de Puce, coronata et Puce, eoro- 
nifera., m"a été envoyé par M. Tabbé Kieffer. Les fleurs atta- 
quées sont assez fortement hypertrophiées et portent des écidies 
sur le calice, la corolle et l'ovaire ; les étamines sont à peu près 
totalement avortées. 

^EciDiUM Margueryaxum n. sp. 

JEcidiis hypo vel epiphyllis. in maculis flavescentihus gre- 
gariis., ssepe nervisequiis ; pseudoperidiis albidis, cyathifor- 
mibus, margine reçoluto lacerato ; cellulis pseudoperidii 
papillosis^ hyalinis. contentu achroo^polyediHcis. circiter 28'X 
26 ^^ secidiospoiHs globosis çel e mutua pressions polyedricis., 
episporio hyalino subtilissinie çerruculoso. contentu luteo, 
lk-11 iJ. diam. Spermogoniis epiphyllis in medios œcidioruni 
grèges insidentibus .ovoideis penicillio ostiolario vix conspicuo; 
spermatiis achrois, 2-3 X 1-5-2 p., ellipticis. 

Hab. ad. folia viva Senecionis aquaticim pratis Burgundiœ 
et Lotharingiœ. ; junio. 

Licey-sur-Vingeanne l'Côte-d'Or), Attricourt (Haute-Saône) 
(F. Marguery et R. Maire), Dalemevières (Meurthe-et-Moselle 
(Briard) . 

Voisin de Puce. Schœleriana et de Puce, silçatica, cet 
JEcidium doit aussi former ses téleutospores sur quelque 
Carex, nous n'avons pu malheureusement les trouver. 

Dédié à notre excellent ami et collaborateur F. Marhuery. 



UUÉDIXÉES ET USTILAGINÉES NOUVELLES. - 71 

Uredo Enceli^e-tomextos.t: n. sp. 

Soris amphigenis,pler unique epiphyllis^ orhicularihus^minu- 
tis, fuscis^ sparsis^ pulveraceis^ nec distincte epidermide fîssa 
cinclis i uredosporis ovoideis. ellipsoideis vel globosis^ 30-31 X. 
2k-3k\/.. episporio ^uhtiliter echinulato, umbrino, duobus 
poris genninationis pnedito^ contentu guttulis aurantiacis 
oleosis farcto. pedicello hyalino^ gracili^ s>alde deciduo, suf- 
fultis. 

llab. ad l'olia viva Rnceliae tomentosce ad Caldera et Atacama, 
Cliile ; mense septembri.' 

Cette espèce, qui nous a été envoyée par M. Carlos E. Pouteiî, 
de Valparaiso, par l'intermédiaire de M. Léveillé, diffère de 
rUredo du Puccinia Encelise Diet. et liolw. Bot. Gaz. 1897, par 
ses urédospores de taille plus considérable et ses sores surtout 
épiphylles. Elle est bien plus affine aux formes urédosporifères 
de l'espèce collective Puccinia Hieracii^\2.xï.^ et doit en effet 
être l'Uredo d'un Puccinia de ce dernier groupe. 

Melampsora Euphorble-dulcis Otth.Mitth.Naturf. Gesellsch. 
Bern. 1858, n. 654-683, p. 70 ; Sacc. Syll. IX, p. 296. 

Bien distinct de M. Helioscopiœ par ses téleutospores de 
dimensions plus considérables, surtout plus larges, et par ses 
paraphyses atteignant 26 /a de largeur à leur sommet. 

Sur Euphorbia ainygdaloides à Gray (Haute-Saône), à 
Blangy-sur-Bresle (Seine-Inférieure), etc.; sur Euphorbia dulcis 
aux environs de Dijon ; sur Euphorbia çerrucosa à Mantoche 
(Haute- Saône). 

USTILAGINÉES. 

Entyloma Chrysosplenii (Berk. et Br.) Schrôt. in Cohn's 
Beitr. H, p. 372. — Protomyces Chrysosplenii Berk. etBr. Ann. 
Nat. Hist. 1875. 

Cette espèce est donnée par De Tony (Sacc. Syll. VII, pars 2), 
ainsi que V Entyloma Calenduhv de Bary, comme ne germant 
pas sur la plante vivante. Nous avons déjà signalé les germina- 
tions de V Entolynia Calendulœ sur des feuilles de Souci vivant, 
nous en avons aussi trouvé dans des échantillons (ÏEjityloma 
Chrysosplenii recueillis à Lesnoi près Pétersbourg (Russie) par 



il R. MAIRE. 

AV. Traxzschel sur des feuilles vivantes de Chrysospleniiun 
oppositifolium. 

La germination, qui, à notre connaissance, n'a pas encore été 
observée, est la suivante : la spore émet un promycélium c{ui 
vient donner à l'extérieur de la feuille deux ou quatre sporidies 
oblongues-cylindracées, de 15-16 p sur 2, 5-3 pt. 

Urocystis sorosporioides Kôrnicke. in Fuck. Symb. myc, 
III, p. 10. — Sur feuilles A'Hepatica triloha^ à la fontaine de 
Jouvence, près Messigny (Côte-d'Or). ÏNIai 1896 et 1897. Bien 
distinct de Urocystis Anémones. Non encore signalé à notre 
connaissance ni sur l'Hépatique, ni en France. 

TuBURcixiA Triextalis Berk. etBr. in Ann. Nat. Hist. 1850. 

Cette espèce n"est pas indiquée en France par Saccardo. Nous 
l'avons rencontrée sur Paris quadrifolia dans une petite tour- 
bière, près de la ferme de Sainte-Foy, dans la vallée du Suzon 
entre Val-Suzon et Messigny (Côte-d'Or), en mai 1897. 

ToLYPospoRiUM CoccoNii Morini, Nuov. Ust. p. 11; Sacc. 
Syll. VII, p. 502. 

Nous avons rencontré cette rare espèce, qui n'était connue que 
sur Carex recurva à Paderno (Lombardie), sur les feuilles de 
Carex Halleriana à Messigny et Val-Suzon (Côte-d'Or), en Mai 
1896 et 1897. 

Nancy, janvier 1900. 



Sur un chapeau anormal de Tricholoma nudum, 

par M. Aug. DAGUILLON. 



En lisant, dans le dernier volume du Bulletin^ les intéres- 
santes communications de MM. Rolland (1) et Boudier (2), j'ai 
pensé qu'il n'était peut-être pas absolument inutile de signaler 
à la Société une observation tératologique que j"ai eu l'occa- 
sion de faire, l'hiver dernier, sur un chapeau de Tricholoma 
niidum. J'ai trouvé cet exemplaire au milieu d'une touffe de 
champignons de même espèce que j'avais recueillie au Bois de 
Boulogne sur une pelouse voisine de l'extrémité inférieure du 
Grand Lac. Je joins à cette petite note, quelques croquis que 
j'avais faits alors d'après l'échantillon frais. 

Le chapeau principal (C), normalement développé ainsi que 
son pied (P), était chargé, à sa face inférieure, de lamelles hy- 
ménifères dont la disposition n'offrait rien de particulier. Son 
contour extérieur avait à peu près la forme d'un cœur, dont l'axe 
était dirigé suivant ab. Sur sa face supérieure il portait un 
chapeau supplémentaire (C), beaucoup plus petit, de telle 
sorte que les deux chapeaux étaient intimement soudés l'un à 
l'autre par une partie de leurs faces supérieures et convexes. 
Tandis que le pied du chapeau principal s'insérait normalement, 
au centre de sa face inférieure, le pied (P') du chapeau secon- 
daire s'insérait excentriquement, tout près de la surface convexe 
du chapeau principal, et se terminait librement vers l'extérieur, 
offrant ainsi l'aspect d'une sorte de moignon dressé oblique- 
ment, de la base duquel divergeaient en éventail et d'un seul 
côté les lamelles hyménifères du chapeau secondaire. 

(1) L. Rolland, Note sur un cas de tératologie du Phallus impudicus et 
la comestibilité de cette espèce {Bulletin de la Soc. mycologique de France, 
1899, page 79). 

(2) E. BouDiER, Notes sur un cas de formation de cliapeaux secondaires sur 
un pédicule de Ganodenna lucidum (id., 1899^ page 311), 



74 



A. DAGUILLON. 



Comment expliquer les deux particularités les plus essen- 
tielles de cette petite observation, je veux dire : i° la différence 
sensible des volumes des deux chapeaux soudés ; 2" la direction 
presque renversée du pied secondaire et sa terminaison libre du 
côté opposé au chapeau correspondant ? 

Je pense que le chapeau secondaire a dû résulter primitive- 
ment de la prolifération anormale d'un autre individu, voisin de 




Chapeau anormal de Tricholoma nudum. — C, chapeau principal ; P, son 
pied ; C, chapeau supplémentaire ; P', son pied ; a&, plus grand dia- 
mètre du chapeau principal. — I^ l'ensemble vu de profil; II, les chapeaux 
vus par leurs faces convexes ; III, le chapeau supplémentaire vu par sa 
face concave. 



celui que j'ai observé, ce qui expliquerait suffisamment ses di- 
mensions réduites ; puis ce petit chapeau, s'étant trouvé de 
bonne heure comprimé contre un chapeau voisin (C), a contracté 
avec lui une adhérence assez intime pour amener une soudure 
complète ; entraîné par le développement du chapeau plus 
grand auquel il était désormais fixé, il a été soulevé par lui, et 
son pied s'est rompu à sa base. 

En consultant la Vegetable teratology de Masters, dans le 
désir de savoir si l'étude des Champignons avait fourni de nom- 
breuses observations tératologiques, j'y ai trouvé l'indication 
d'un substantiel article que notre savant confrère M. de Seynes 



SUR UN CHAPEAU ANOHMAL DE TRICHOLOMA NUBUM. 75 

consacrait, il y a plus de trente ans, à cette question dans le 
Bulletin de la Société botanique de France (1), et j'ai eu la satis- 
faction de constater, en lisant son intéressant travail, que le 
mécanisme auquel je crois devoir attribuer l'anomalie ci-dessus 
décrite est un de ceux que M. de Seynes sig^nale comme pouvant 
entraîner de semblables apparences ; la figure 3 de la planche VI 
de son mémoire a saisi ce mécanisme sur le vif dans un groupe 
de Lactaires. Il m'a semblé que cette coïncidence ne pouvait 
manquer de donner une part nouvelle de certitude à mon inter- 
prétation. 

(1) J. DE Seynes, Observations sur quelques monstruosités chez les Cham- 
pignons supérieurs (Bulletin de la Société botanique de France, tome 14, 
1867, page 290, planclies V et YI). 



L'Uredo Ghrysanthemi, parasite du Chrysanthemum 
indicum L., 



Par M. E. ROZE. 



Le Chrysanthème des Indes, dont les provenances de la 
Chine et surtout du Japon et les formes nouvelles obtenues par 
des semis intelligents ont fini par constituer actuellement un si 
grand nombre de variétés, est devenu l'objet dans ces dernières 
années d'une culture toute spéciale. On est arrivé même à 
produire des pieds qui ne portent plus que des rameaux terminés 
par une grande et unique fleuret à multiplier des types de plus 
en plus curieux. Toutefois la plante n'avait jamais été signalée 
jusqu'alors comme susceptible d'hospitaliser une Urédinée. iNIais 
voici que, cette année, une assez grave maladie se déclare dans 
de nombreuses collections de Chrysantlièmes : les feuilles devien- 
nent laides et pustuleuses, ce qui nuit par suite à la beauté 
des Variétés les plus estimées. Or, d'après les observations 
que j'ai faites et dont je vais parler, cette maladie serait due à 
une Urédinée, non observée jusqu'ici. 

Comment s'est faite l'introduction de ce nouveau parasite? On 
ne le saura probablement jamais, pas plus qu'on n'a pu savoir 
de quelle façon avaient été introduits le Phytophtora infestans 
en 18^1^, elle Puccinia Malçacearuni en 1872. On peut seule- 
ment supposer que des apports de nouvelles variétés, soit de 
la Chine, soit du Japon, renfermaient des pieds de Chrysan- 
thèmes déjà contaminés dans le pays d'origine, mais que ces 
pieds étaient peu visiblement attaqués, ce qui leur avait permis 
de s'introduire dans les collections. 

Ce nouveau parasite présente, en ce moment, un double 
intérêt : d'un côté, il vient ajouter une espèce nouvelle aux 
Urédinées que nous connaissons, et, de l'autre, il n'est pas sans 
jeter un certain émoi dans le monde des Chrysanthémistes. Il 
m"a donc paru que l'étude de ce parasite méritait quelque atten- 
tion . 

Je dois dire tout d'abord que j'ai été avisé de l'apparition de 
de cette maladie inattendue par M. Pnoisr, jardinier chez 



UUEDO CHUYSANTHEMI. 77 

M. Bethmont, à Chaton. M. Proust donnait tous ses soins à 
une très nombreuse et fort belle collection de Chrysanthèmes, 
composée d'environ trois cents pieds d'une centaine de variétés, 
dont plusieurs même avaient été primés dans des concours, et 
qui étaient cultivés de façon à ne donner qu'une grande et 
unique fleur à l'extrémité des rameaux, ce qui exige l'applica- 
tion de procédés horticoles assez complic[ués. 

Tous les pieds, une fois mis en pots et préparés pour la fleu- 
raison d'automne, avaient été exposés en plein air dans le jardin 
au commencement de l'été. Ce fut dans la seconde quinzaine 
d'Août que M. Proust remarqua, sur quelques feuilles, de 
petites pustules brunâtres qu'il n'avait pas observées aupara- 
vant. Le nombre des feuilles ainsi attaquées augmentant peu à 
peu, il se décida au commencement de Septembre à traiter tous 
ses Chrysanthèmes à la bouillie bordelaise, c'est-à-dire au 
sulfate de cuivre (1). Malgré cela, il constata en Octobre, à la 
rentrée de tous les pots dans l'Orangerie, que le tiers environ 
des plantes était attaqué. 

Il est à remarquer qu'en général toutes ces plantes, grâce à 
des arrosements bien réglés et à des fumures particulières, 
offrent une végétation luxuriante. Leurs feuilles s'élargissent, 
s'épaississent et deviennent presque charnues : le parasite avait 
donc pu trouver là un terrain très favorable à son développe- 
ment. Cependant il n'empêcha pas ces Chrysanthèmes de fleurir 
et de produire d'aussi belles fleurs qu'avant son apparition. Car, 
l'an dernier, il était certain que cette maladie ne s'était pas 
manifestée sur les plantes de la collection, et, si elle s'est 
déclarée cette année, il est à croire qu'elle ne peut provenir que 
de l'introduction de boutures infectées appartenant à de nou- 
velles variétés qui ne s'y trouvaient pas l'année précédente. 

(1) Ces plantes subirent ensuite le soufrage^ contre la maladie du JStonc, qui 
était connue pour sévir en automne. J'ai, en effet, observé sur quelques 
feuilles une sorte d'Oïdium, à conidies hyalines, ovoïdes ou ellipsoïdales, 
contenant un plasma incolore rempli de vacuoles. Mais j'y ai cherché en vain 
des périthéces d'Erysiphe. Il s'agit probablement de YOïdiu^n Chnjsan- 
themi, que Rabenhorst a signalé sur le CJirysanthemum indicum L. Le 
Pseudocommis Vitis Debray produit aussi des taches d'un brun noirâtre sur 
les feuilles ; mais ces taches sont en général assez rares. 



78 E. ROZE. 

Toutes les plantes en pots ayant été placées, par rangées, les 
unes à côté des autres, en plein air dans le jardin, on peut avec 
quelque raison supposer qu'un seul pied attaqué a suffi pour en 
contaminer beaucoup d'autres. 

11 ne m'a pas été difficile, avec les grossissements nécessaires, 
de reconnaître que les pustules brunes des feuilles ne conte- 
naient que des Urédospores. Mais je crus utile de visiter atten- 
tivement moi-même toute la collection, pour m'assurer s'il ne 
me serait pas possible de distinguer, sur les plantes elles-mêmes, 
une autre forme de pustules, contenant soit des écidiospores, soit 
surtout des téleutospores. Je constatai alors que ni les tiges ni 
les fleurs, pas plus que les jeunes rejets qui sortaient déjà de la 
terre des pots, n'étaient attaquées, et je rapportai seulement de 
mon examen quelques feuilles à pustules un peu différentes de 
forme ou d'aspect de celles que j'avais déjà étudiées ; mais ces 
pustules ne renfermaient que des Urédospores. J'avais remarqué 
aussi que, dans le jardin, un petit nombre de pieds de Chrj^- 
santhèmes, abandonnés à leur développement naturel, mais qui 
s'étaient trouvés plantés à peu de distance des plantes en pots 
très soignées, laissaient voir de même des pustules sur plu- 
sieurs de leurs feuilles. Je ne constatai également que la pré- 
sence des Urédospores dans ces pustules. 

Je crois donc pouvoir certifier, à la suite de nombreuses pré- 
parations microscopiques, que le parasite ne se présente là que 
sous la forme d'un Uredo^ ^t je propose de lui donner provisoi- 
rement le nom à'Uredo Chrijsanthemi, en attendant que de 
futures observations permettent d'en constituer plus tard, s'il y 
a lieu, soit un Uromijces^ soit un Piiccuiia. 

Voici sa diagnose : 

UuEDo Chrysanthemi sp . nov. — Spores urédiniformes, d'un 
brun rougeâtre, sphériques, ovoïdes, ellipsoïdales ou piriformes, 
finement échinulées, presque toujours solitaires (très rarement 
deux superposées l'une à l'autre), à épispore faiblement coloré, 
formant des pustules éparses sous la face inférieure et parfois sur 
la face supérieure des feuilles de diverses variétés du Chrysan- 
themum indicum L. Pustules ordinairement circulaires, peu 
souvent irrégulières, mais quelquefois ponctiformes entourées 



UREDO CHRYSANTHEMI. 79 

d'un cercle concentrique. Diamètres des spores, suivant leur 
forme : 24 X 24, ou 24 X 30, ou bien 21 X 36 fz. Observé lin 
Octobre 1899, 

Ces Urédospores germent en moins de 5 heures, par une tem- 
pérature de 15°, à la condition de se trouver placées sur l'eau et 
à l'air libre ; mais je n'ai pas obtenu de germinations dans l'air 
humide ou dans l'eau non exposée à l'air. Leur séjour sur l'eau 
permet de distinguer leurs trois pores germinatifs, mais elles 
n'émettent d'ordinaire qu'un seul tube-germe, non cloisonné, qui 
en 20 heures s'allonge déjà considérablement sans production 
aucune de sporidies. Ce tube-germe a un diamètre transversal 
d'environ 5 p.. On sait que le tube-germe des Urédospores ne 
pénètre dans les feuilles de la plante hospitalière que par leurs 
stomates. Or il n'est pas hors de propos de faire remarquer ici 
que la face supérieure des feuilles du Chrysaiithemum indicum 
est presque lisse, très peu pilifère, et qu'elle porte des stomates, 
mais en moins grand nombre que la face inférieure qui est, elle, 
beaucoup plus pilifère, ce qui explique qu'elle se mouille moins 
facilement. Le tube-germe peut donc pénétrer par l'une ou par 
l'autre face de la feuille, bien que les pustules se montrent plus 
souvent sous la face inférieure. Mais cela peut résulter de ce que 
le mycélium d'un tube-germe qui se serait introduit par la face 
supérieure, tout en se développant dans le parenchyme foliaire, 
ne produirait la pustule qu'au point opposé, sous la feuille. 

Tel est l'ensemble des observations que j'ai pu faire jusqu'à 
présent sur ce nouveau parasite. 11 serait peut-être prématuré 
de se demander quelle pourra être la durée de l'existence de cet 
Uredo. Cependant je prendrai la liberté, en terminant, de dire 
ici ce que je pense à ce sujet. On a pu voir que j'ai été conduit 
à le considérer comme l'une des trois formes d'un Uromyces ou 
d'un Puccinia. S'il en était ainsi, il y aurait lieu de craindre que 
cet Uredo ne produisît finalement, dans ses pustules, des téleu- 
tospores, comme l'a observé de Bary (1), ce qui permettrait 

(1) Voici ce que dit de Bary : « Quant aux Stylospores-Uredo [Urédospores], 
j'ai toujours obtenu, par leur ensemencement, des pulvinules fertiles chargés 
du même Uredo, et plus tard de Spores proprement dites [téleutospores]. 
(Ann. des Se. nat,, 1863, IV« Série, t. XX, p. 84). 



80 E. liOZE. 

alors à cette nouvelle Urédinée de prendre possession définitive 
de nos Chrysanthèmes, comme Ta fait naguère, de nos Mal- 
vacées, le Puccinia Malvacearum . Si. au contraire, ce parasite 
n'existait que sous la forme que j'ai décrite, sans avoir la possi- 
bilité de produire des organes nécessaires à sa conservation, on 
le combattrait plus aisément, car il suffirait alors de se mettre 
à l'abri de ses attaques en le supprimant aussitôt qu'il appa- 
raîtrait. Dans ce cas, en effet, le mycélium de ses spores n'en- 
vahirait que très partiellement la plante, sans s'en emparer défi- 
tivement. comme le fait le mycélium des sporidies des téleu- 
tospores. 

Ceci dit sous la réserve toute naturelle de ce qui pourrait 
être observé dans d'autres collections sur cette Rouille des 
Chrysanthèmes. 



Note complémentaire sur /'Uredo Chrysanthemi, 

Par M. E. ROZE. 



Notre savant confrère, M. Patouillard, ayant eu l'obligeance 
de me donner des renseignements relatifs à ce qui avait été 
publié en Angleterre sur cet Uredo. je me suis reporté à ce qui 
avait été inséré à ce propos dans le Gardener's Chronicle, le 
grand journal horticole anglais. Or voici un aperçu de ce qui 
s'y trouve sur le Chrijsanthemuin-Rust ou Rouille du Chrysan- 
thème. 

D'un premier article intitulé : Ayez l'œil sur vos Chrysan- 
thèmes, paru dans le N° du 9 Octobre 1897, il résulte qu'on 
avertissait les cultivateurs de ces plantes de l'apparition d'une 
maladie causée par une Rouille ou Uredo, appartenant proba- 
blement à une espèce de Pucciiiia, non différente en apparence 
de celle qui infeste les Chardons. Cette espèce particulière 
paraissait correspondre à V Uredo Hieracii, mais cela ne pour- 
rait être affirmé <[ue lorsqu'on aurait constaté la présence de 
téleiitospores, les feuilles malades examinées n'étant alors cou- 
vertes que de pustules de V Uredo. 

Un autre article, publié le 8 Octobre 1898, sous le titre de 
Chrysanthemum-Rust (Puccinia Hieracii Mart.), donne la 
description de cette Urédinée avec des figures explicatives, sous 
la signature de M. Massée. J'en extrais ce qui l'ait suite à des 
détails généraux sur les Rouilles. 

« La forme de fruit qui se montre maintenant avec tant d'évi- 
dence sur les feuilles du Chrysanthème est celle qui est nommée 
Uredo ou forme d'été de fruit. Le rôle de cette forme de fruit 
est de rendre le Champignon capable d'étendre son cercle de 
distribution aussi largement et rapidement que possible. Si une 
petite portion de la poussière contenue dans une des pustules de 
couleur de rouille est examinée sur une feuille sous le micros- 
cope, on trouve qu'elle consiste en myriades de cellules ou spores 
d'un brun pâle, finement verruqueuses, arrondies, chacune 
d'elles étant capables de germer au moment delà maturité. 
Comme on le sait trop bien, lorsque la maladie est apparue une 

.6 



82 E. iiozE. 

fois, son extension est rapide. Les spores sont produites en 
succession répétée pendant Tété; au fureta mesure qu'elles de- 
viennent mûres elles se détachent et sont emportées par la pluie, 
le vent, les arrosages, les seringages, les vêtements des jardi- 
niers, etc., d'une plante à une autre, — chose facile là où les 
plantes sont plus ou moins rapprochées ensemble. Chaque 
spore, qui vient à tomber sur la surface d'une feuille hvimide de 
Chrysanthème germe rapidement, pénètre dans le tissu de la 
feuille et en une semaine de temps environ produit un amas de 
spores mûres, prêtes à favoriser de nouveau l'extension de la 
maladie. Ce qui vient d'être dit n'exagère pas ce qui peut arri- 
ver et expliquera clairement, je crois, à tous ceux qui s'y inté- 
ressent la manière dont la maladie peut- s'étendre. Plus tard 
dans la saison, lorsque le cultivateur a perdu tout intérêt sur les 
plantes malades, le même mycélium du Champignon qui, pen- 
dant la première partie de la saison, produisait des myriades 
de spores d'été, donne alors naissance à une forme entièrement 
différente de fruit appelée « téleutospores » ou spores d'hiver. 
Ces dernières diffèrent dans leur forme des spores d'été, étant 
constituées de deux cellules, et plus spécialement dans ce fait 
que les spores d'hiver ne germent qu'après une certaine période 
de temps, en demeurant dans un état latent juscpi'au printemps 
suivant : alors elles germent et produisent de très petites spores, 
dont quelques-unes arrivent sur les feuilles du Chrysanthème, 
germent, entrent dans les tissus de la feuille et, dans un court 
espace de temps, donnent naissance à VUredo, ou état estival 
du Champignon . 

« Bientôt après que les spores d'hiver sont développées, les 
feuilles du Chrysanthème meurent et tombent; lorsque toutes les 
feuilles sont tombées, la plante est absolument libre de maladie 
c'est-à-dire il n'y a pas de mycélium persistant du Champignon 
qui restent dans la plante, si bien que si elle commençait à croî- 
tre dans la saison qui suit, elle serait parfaitement exempte de 
maladie et resterait ainsi dans le cas où elle ne serait pas ino- 
culée par les corpuscules produits par les spores d"hiver décrites 
ci-dessus. 

■ « Résumé. — La maladie de la Rouille du Chrysanthème est 
entièrement le résultat de l'inoculation des plantes par les 



tJREDO CHinsANTHEMI . 83 

spores durables produites par le Champignon l'année précé- 
dente. 

« On ne peut appliquer trop de soins à recueillir et brûler 
toutes les feuilles malades, et ceci devrait être fait assez tôt 
dans la saison, avant que les spores d'hiver ne fussent dévelop- 
pées sur les feuilles. Par ce qui a été dit ci-dessus, on verra 
combien il est difficile d'arrêter la maladie, si la forme d'été du 
Champignon tombe une fois sur un pied de Chrysanthème. Mais 
une simple feuille morte, portant des téleutospores, oubliée 
dans un coin, est plus que suffisante pour assurer une multipli- 
cation durant la saison suivante. 

« Là où la maladie a préalablement existé, il serait sage de 
pulvériser à divers intervalles, pendant la première partie de la 
saison, avec une solution de sulfure de potassium,— une demi- 
once pour un gallon d'eau, — comme mesure préventive. Cette 
solution détruit les spores en germination avant qu'elles aient 
perforé la cuticule et pénétré dans les tissus de la feuille. 

« Finalement, il convient de rappeler que la Rouille du Chry- 
santhème est très commune sur plusieurs plantes de nos Com- 
posées sauvages et que l'on doit prendre soin que la maladie ne 
soit pas introduite de cette façon ». 

Cette dernière phrase explique le nom spécifique donné à cette 
Rouille par M. Massée, qui rattache ainsi la Puccinie du Chry- 
santhème des Indes à celle des Chardons anglais, comme cela 
avait été annoncé d'ailleurs dans le premier article publié par le 
Gardenef s Chronicle. M. Massée tranche donc ainsi la ques- 
tion d'origine de cette nouvelle maladie, laquelle ne serait due, 
suivantlui, qu'à une attaque récente du Chrysanthemum indicuin 
par une Puccinie indigène. Puisqu'il ne paraît pas y avoir eu 
d'expériences faites à ce sujet, il est permis de dire que c'est 
une simple hypothèse et de se demander s'il n'y aurait pas des 
objections à présenter à propos de cette opinion. 

La première qui vient à l'esprit, c'est qu'il est bien singulier 
que cette attaque par une Puccinie indigène ne se soit effectuée 
que tout récemment sur une plante étrangère, introduite depuis 
plus d'un siècle et dont la culture s'est ensuite étendue et gé- 
néralisée depuis déjà un certain temps. 

La seconde objection se base sur le Puccinia Hieracii lui- 



E. ROZE 



même. Qu'est-ce en effet que ce Pucciiiia ? D'après le savant 
ouvrage de notre confrère, si compétent en ces matières, 
M. Plowright (British Uredùiese and Usiilagineee)^ ce Puc- 
cinia^ qui attaquerait certaines espèces des genres Carlina^ 
Arctimn^ Carduus. Cichorium. Leontodon. Hievaciiim et 
Crépis^ ne serait pas biologiquement autonome et comprendrait 
plusieurs espèces distinctes. D'un autre côté, le Puccinia Hie- 
racîi Martius n'est qu'un synonymie partiel du Puccinia Flos- 
culosorwn Alb. et Schw. admis dans le Rabenhorsf Crypto- 
gamen Flora par Winter, qui n'hésite pas à déclarer qu'il a 
cherché à mettre un peu d'ordre dans ce chaos. Si encore les 
Composées n'étaient pas attaquées par d'autres Puccinies, on 
pourrait à la rigueur supposer que celle du Chrysanthemiim 
indicum se rattache étroitement à ce type général de Puccinia 
Compositarum ; mais il est d'autres Puccinies. admises comme 
espèces très distinctes, qui vivent en parasites sur de certaines 
Composées, telles que \e,^ Puccinia Aster is.Virgaurese^ Sonchi. 
Tanaceti^ Suaveolens, Prenanthis. Lapsanse. Centaureœ. 
Taraxaci, etc. 11 est de plus à remarquer que le genre Cliry- 
santhemuin lui-même, avec ses espèces indigènes, ne figure 
pas sur la Liste des plantes hospitalisant des Urédinées en 
Angleterre, telle qu'elle a été établie dans son ouvrage par 
M. Plowright. 

Toutes ces raisons me portent à douter que M. Massée ait 
cédé à une heureuse inspiration en désignant la Puccinie du 
Chrysanthème des Indes sous le nom de Puccinia Hieracii 
Mart. 

Dans un autre article publié le 29 octobre 1898 par le Gar- 
deners' Chronicle, il est dit que les mycologues n'ont pu défi- 
nitivement expliquer comment était apparue si soudainement 
cette maladie avec son caractère épidémique. Cependant, 
l'auteur de l'article, se ralliant à l'opinion de M. Massée, ajoute 
que le Chrysanthème, dans son pays d'origine, n'est pas atta- 
qué, dit-on^ par ce Champignon (1). 

(1) L'auteur de cet article fait connaître que la maladie avait pu se mani- 
fester en Angleterre en l895 : « Aussi loin qu'un souvenir peut être conservé, 
dit-il, des feuilles de Chrj^santhème attaquées par le Champignon de la 
Rouille ont été pour la première fois soumises au Gardeners' Chronicle, il 
V a trois ans » . 



UREDO CHRYSANTIIEMI. 85 

Or cette dernière assertion peut seulement reposer sur ce fait, 
que les Japonais n'auraient pas jusqu'à présent donné cet avis 
que le Chrysanthemum indicuin présentait chez eux cette 
même maladie. Evidemment le bénéfice des relations commer- 
ciales ne permettrait pas aux Japonais de déprécier leur mar- 
chandise, et quant à savoir quelles sont les Urédinées japo- 
naises, il faut avouer qu'elles ne sont pas faciles à connaître. 

Seulement si les mycologues anglais n'ont pas été à même 
de donner une explication satisfaisante de l'apparition soudaine 
et de l'extension rapide de la maladie, il peut se faire que cela 
tienne à leur opinion même de l'attaque du Chrysanthème des 
Indes par le Piœciiiia Ilieracii INIart. Cette attaque n'ayant eu 
lieu que dans de belles et nombreuses collections de Chrysanthè- 
mes, cultivées dans des jardins où la présence des Chardons est 
fort douteuse, s'expliquerait au contraire tout naturellement par 
l'introduction subite dans ces collections de pieds contaminés 
de variétés étrangères, car cette maladie, résultant d'une Uré- 
dinée spéciale au Chrysantheinnm indicuin^ trouvait là toutes 
les facilités pour attaquer hâtivement cette plante qui, hospita- 
lisant d'ordinaire le parasite, était de plus disposée par une 
culture soignée et intensive à en permettre la rapide multipli- 
cation. 

Pour revenir à la Puccinie signalée par M. Massée, je suis 
obligé de dire que je n'ai pas encore pu réussir jusqu'ici, mal- 
gré de très nombreuses recherches à des époques successives 
dii mois de Novembre et dans les premiers jours de Décembre, 
à constater la présence des téleutospores dans les pustules de 
VUredo. J'ai seulement trouvé, dans presque toutes les pus- 
tules des feuilles des Chrysanthèmes abrités ou en plein air 
que j'ai étudiées, un très petit nombre d'Urédospores bilocu- 
laires affectant jusqu'à un certain point la forme de Puccinies. 
Il est vrai de dire que celles qui paraissaient avoir atteint leur 
maturité étaient dépourvues de pédicelles. comme les autres 
Urédospores, et que d'ordinaire il n'était pas difficile de véri- 
fier que les deux cellules étaient échinulées, tandis que les deux 
loges des Puccinies sont lisses. Mais parfois ces échinules 
étaient presque imperceptibles. Pour faire cesser toute espèce 
de doute, j'en ai fait germer et j'ai obtenu, en quelques heures. 



86 E. ROZE. 

par une température de 15", sur plusieurs d'entre elles, des 
émissions de petits tubes-germes qui, après vingt heures envi- 
ron, montraient des tubes-germes très allongés, parfaitement 
semblables à ceux des Urédospores uniloculaires. 

11 s'agit donc ici de deux spores géminées, dont chacune 
émet un ou deux tubes-germes de propagation. Leur nombre 
était minime dans mes préparations microscopiques, soit qu'elles 
fussent en voie de formation ou bien en maturité, d'ordinaire 
3 ou 4, parfois 5 ou 6, rarement davantage. Ces Urédospores 
biloculaires m'ont paru tirer leur origine des spores d'abord 
piriformes ou à contour elliptique, par une sorte de retrait de 
l'enveloppe à l'intérieur suivi de l'apparition d'une membrane 
médiane de séparation qui constitue ainsi deux spores distinctes, 
superposées, ayant ensuite chacune leur exospore et leur en- 
dospore . Chacune de ces deux spores est assez souvent à peu 
près sphérique; mais j'en ai observé dont la supérieure était 
sphérique et l'inférieure conique, ou même coniques toutes les 
deux. 

J'ai cru devoir signaler cette forme singulière d'Urédospores, 
que je ne vois pas citer par les auteurs qui se sont occupés de 
faire connaître tous les détails relatifs à l'organisation des 
Urédinées. Cette forme semblerait par suite devoir être propre 
à cet Uredo du Chrysanthème des Indes et pourrait servir à le 
caractériser. 

Maintenant je dois ajouter que, d'après les renseignements 
qui m'ont été obligeamment donnés par MM. Patouillard et 
Delacour, cette maladie du Chrysanthemuni indicum a été, 
comme en Angleterre, observée en France en 1897 et dans de 
belles collections. Si la forme Puccinia existe, il est toutefois 
assez heureux de constater que, dans beaucoup de jardins, les 
Chrysanthèmes soient jusqu'ici restés sains. La maladie n'a fait 
de progrès que dans les collections, et depuis 1897 elle ne paraît 
pas avoir pris une extension générale, comme celle qui résultait 
de l'invasion du Puccinia Mahacearum. d'autant que toutes les 
collections mêmes ne sont pas attaquées. J'attends que l'hiver 
me permette de continuer mes recherches au sujet de la Puc- 
cinie. 11 est toutefois à remarquer que l'époque est déjà venue 
où l'on commence à couper les tiges feuillées des Chrysan- 



UREDO CHRYSANTHEMI. 87 

thèmes dont les fleurs se détériorent. Si l'on détruit ainsi les 
feuilles couvertes de pustules d'Urédospores, avant la formation, 
dans ces pustules, des téleutospores, on serait conduit à se 
demander où et quand celles-ci apparaîtront. J'espère néanmoins 
pouvoir me rendre compte, sur des pieds malades conservés 
exprès, de ce qui se passe en réalité avant la chute hivernale 
des feuilles. 

Je terminerai en parlant ici d'une observation que j'ai tout 
récemment faite. J^es Chrysanthèmes à grandes fleurs se culti- 
vent en pots. En Octobre, on voit sortir de la terre de ces pots 
de très jeunes rejetons, appelés drageons par les jardiniers, qui 
leur servent à multiplier par boutures la variété même dont le 
pied leur a donné naissance. Ces drageons sont déjà plus vigou- 
reux à la tin de Novembre, au moment du boutui'age. Si le pied 
qui se trouve enraciné dans un pot a ses feuilles envahies par 
VUredo, il tombe naturellement des Urédospores sur ses reje- 
tons. Dans ma première Note, j'ai dit que je n'avais cependant 
pas observé de rejetons qui fussent attaqués. Mais il y a quel- 
ques jours, j'ai pu constater, sur les drageons de quatre de ces 
pieds de Chrysanthèmes, que leurs feuilles présentaient des 
pustules d'Urédospores. Cette constatation laisse croire que le 
parasite aurait ainsi la faculté de se perpétuer sous cette forme 
d'Uredo et pourrait parfaitement bien passer l'hiver sous les 
abris où l'on conserve les boutures. Ceci me conduirait presque 
à supposer que la belle collection particulière, sur laquelle il 
m'a été permis de faire mes observations,^ et qui l'an dernier 
était saine, a pu être contaminée au printemps de 1899 par l'in- 
troduction de boutures de variétés nouvelles très peu visible- 
ment attaquées par VUredo, dont l'existence alors n'était pas 
connue du jardinier. 



Le Puccinia Ghrysanthemi, cause de la Rouille 
du Chrysanthemum indicum L., 



Par M. E. ROZE. 



J'avais désigné, sous le nom (ÏUredo Chryscuithemi, le pre- 
mier état de développement du parasite qui produit la Rouille 
du Chrysanthème des Indes. Les nouvelles recherches que j'ai 
faites dans le but d'observer les téleutospores de cette Urédinée 
ont confirmé mon opinion qu'il s'agissait bien d'une espèce nou- 
velle, non encore décrite, dont les caractères distinctifs ne per- 
mettent pas, comme le pensait M. Massée, de l'identifier avec le 
Puccinia Hieracii iNIart., qui en diffère déjà à première vue, en 
ce que le Puccinia Hieracii présente à la fois des spermogonies, 
des Urédospores et des téleutospores, alors que le Puccinia 
Chrysanthemi ne développe pas de spermogonies. 

Je rappelle ici en quelques mots que les urédospores de cette 
nouvelle espèce de Puccinia ont des formes très variables : elles 
sont ou splîériques, ou ovoïdes, ou ellipsoïdes, ou parfois même 
piriformes, et dans ce cas uniloculaires, ou bien plus rarement 
pucciniformes, c'est-à-dire biloculaires, caractère qui lui est 
spécial et qui n'a été signalé jusqu'ici chez aucune autre Uré- 
dinée. La membrane externe de toutes ces urédospores est 
colorée en brun rougeâtre : elle est plus ou moins finement échi- 
nulée et son contenu consiste en un liquide plasmatique tenant 
en suspension de petites gouttelettes d'huile et des granulations 
diverses, qui sont d'ordinaire incolores ou mélangées de rares 
petits granules d'un rouge brun. 

Lors de leur apparition, ces urédospores sont portées par un 
assez court pédicelle et sont, comme ce dernier, transparentes : 
peu à peu. leur membrane échinulée se colore, d'abord faible- 
ment, puis plus fortement, pendant qu'elles grossissent et attei- 
gnent leur volume normal, ce qui aboutit à l'épaississement 
de l'exospore, à la formation de l'endospore et à la constitution 
du plasma interne. Elles se détachent alors naturellement de 
leurs fragiles pédicelles, et il est très rare d'en rencontrer dans 



PUCCINIA CHRYSANTIIEMI. 89 

les préparations microscopiques qui aient même conservé quel- 
ques débris de ces pédicelles. Il en est ainsi pour les urédos- 
pores uniloculaires comme pour les biloculaires, et celles-ci 
germent de la même façon que les premières, en quelc[ues 
heures, en émettant un ou deux, ou trois tubes-germes qui s'al- 
longent assez rapidement, sans développer aucunes sporidies . 

Avant de parler des téleutospores, je tiens à déclarer que je 
n'ai trouvé; sur toutes les feuilles attaquées que j'ai examinées, 
aucune pustule qui aurait produit ces téleutospores seules, de 
manière à constituer pour celles-ci des sores distincts (1). Je n'ai 
constaté la présence de téleutospores, et cela bien rarement, 
que dans les pustules d'urédospores, ce qui du reste est, comme 
on le sait par les observations et expériences de Tulasae et de 
De Bar y, le dernier terme de la vitalité productrice des sores à 
spores d'Uredo. J'ai fait cette constatation vers la tin de 
Décembre et dans les premiers jours de Janvier. 

Mon examen a porté sur des pieds de Chrysanthèmes atteints 
de la Rouille, les uns restés en plein air, les autres conservés 
sous abris vitrés. Les pieds restés en plein air (2) avaient sup- 
porté durant plusieurs jours un froid de — 10° à — 13°, puis 
s'étaient trouvés exposés à une humidité continuelle. Presque 
toutes les feuilles, par suite des elïets du gel et du dégel, étaient 
mortifiées : il n'y restait plus que des traces des pustules de la 
Rouille. Seules, quelques feuilles du sommet des tiges étaient 
encore vertes et présentaient de petites pustules flétries et 
jaunies. Or toutes les urédospores que j'ai pu en obtenir étaient 
dans un triste état : l'humidité de l'air avait favorisé le dévelop- 
pement de filaments mycéliens incolores d'une Mucédinée qui les 
avaient envahies, et je discernais de petites conidies hyalines qui 
restaient encore fixées sur quelques-unes d'entre elles. Ces 

(1) Ceci peut s'expliquer par ce fait que les Chrysanthèmes n'avaient pas 
été attaqués à l'origine par les sporidies des téleutospores, mais seulement 
par des urédospores. 

(2) En réalité la contamination en plein air par les urédospores est assez 
restreinte. Ces pieds, qui avaient été attaqués, n'étaient plantés dans le même 
jardin qu'à 5 ou 6 mètres de ceu.K de la collection atteinte de la Rouille, et 
leur contamination avait pu s'effectuer aisément en raison de leur rappro- 
chement. Mais d'autres pieds, éloignés de la collection d'une vingtaine de 
mètres, étaient restés sains. 



90 E. UOZE. 

conidies avaienl émis un filament très ténu qui, ayant perforé la 
membrane de laj^lupart des urédospores, y avait pénétré et en 
avait absorbé le contenu. Il en résultait que ces urédospores ne 
présentaient plus alors qu'une membrane vide, ce qui les laissait 
voir, dans l'eau des préparations microscopiques, comme étant 
remplies par une bulle d'air. Toutes celles que j'ai examinées se 
trouvant dans cet état, sans être associées à aucune téleutos- 
pore, je crois pouvoir en conclure que le parasite ne peut aucu- 
nement se conserver dans ces conditions, et quïl n'y a pas lieu 
de craindre que la Rouille du Chrysanthemum incUcum puisse 
se maintenir ou se propager d'un année à l'autre sur les pieds 
d«s Chrysanthèmes plantés en plein air. 

Il n'en est pas tout à fait de même sur les Chrysanthèmes 
atteints de la Rouille et conservés sous des abris vitrés, bien 
que là encore le parasite trouve difficilement les conditions né- 
cessaires au développement de ses téleutospores. En effet, dans 
les très nombreuses pustules d' urédospores que j'ai successive- 
ment examinées, je n'ai pu observer, dans quelques rares et 
larges pustules, et là uniquement, qu'une seule téleutospore, 
très peu souvent deux, et cette constatation se fit avec cela d'une 
façon assez singulière. La première fois, c'était un Uromyces, 
la deuxième fois une Puccinie, la troisième fois un Uromyces^ 
d'une forme autre que la première, la quatrième fois deux Puc- 
cinies, puis deux Uromyces^ et ainsi, dans le plus grand nombre 
des cas, tantôt un Uromyces. tantôt une Puccinie. Ces téleutos- 
pores étaient parfaitement constituées et présentaient toutes 
une membrane lisse, épaisse, plus fortement colorée que celle 
des urédospores, avec un assez longpédicelle hyalin qui ne s'en 
laissait pas détacher facilement. Cette production de téleutos- 
pores dimorphes me paraît être caractéristique de l'espèce, sur- 
tout jointe à celle d'urédospores biloculaires, et je crois, par 
suite, qu'il s'agit bien ici d'une Urédinée étrangère qui ne se 
comporte pas comme les nôtres, chez lesquelles ces divers 
organes de reproduction n'ont pas été observés simultanément, 
et notamment chez le Puccinia Hieracii Mart. 

Je dois dire toutefois que l'on a signalé des Puccinia qui 
offrent aussi une production concomitante de Puccinies et 
à' Uromyces. C'est le cas, par exemple, du Puccinia Sonchi 



PUCCINIA CHRYSANTHEMI. 01 

que TuLASNE a décrit, eidesPncci?iia obscura^ Scirpi^ Convol- 
vidi, Porri, cités à ce propos par M. Plowright, qui appelle 
/;zesos/?o/'es ces spores à l'orme d'f/7-omyces, mélangées avec 
les spores biloculaires normales. Il est vrai qu'il convient de 
faire remarquer ici, et ce point est important, que cette produc- 
tion concomitante de téleutospores uniloculaires et biloculaires 
a lieu dans d'autres conditions que celles où se présentent les 
téleutospores dimorphes du Paccinia Chnjsanthenii, car les 
cinq espèces de Puccinia désignées ci-dessus sont décrites 
comme développant leurs téleutospores dans des sores distincts 
de ceux des urédospores. 

Toujours est-il que cette nouvelle espèce d'Urédinée offre 
ceci de remarquable qu'il y a chez elle une relation très étroite 
entre les formes diverses de ses urédospores et de ses téleutos- 
pores. On retrouve, en effet, dans ces dernières les phases mor- 
phologiques des premières, et cette similitude peut jusqu'à un 
certain point nous faire présumer que les téleutospores ne sont 
en réalité que des urédospores constituées de façon à se main- 
tenir dans une vie latente jusqu'à l'époque de la reprise de vita- 
lité du parasite. 

Le 16 Janvier, je m'aperçus que les pieds de Chrysanthèmes 
à feuilles atteintes de la Rouille qui m'avaient été obligeam- 
ment conservés à part, dans une serre froide, étaient en assez 
mauvais état. Les feuilles noircissaient, se desséchaient, se 
crispaient. Je constatai alors que les pustules d'urédospores 
étaient ou arrêtées dans leur développement, ou assez souvent 
envahies par des mycéliums stériles de Mucédinées. Or ce 
dernier examen me révéla qu'il n'y avait pas eu formation de 
téleutospores en plus grand nombre qu'au commencement de 
Janvier. Le nombre des urédospores biloculaires avait seule- 
ment quelque peu augmenté, et lorsqu'il ne se trouvait pas de 
téleutospores dans les pustules, j'y constatais néanmoins la 
présence d'urédospores uniloculaires ou biloculaires encore 
jeunes et hyalines, et par suite en voie de nouvelle formation. 

Si maintenant je faisais d'un côté le total des téleutospores à 
forme d'f/7'o/;z?/ces que j'ai observées, et de l'autre celui des 
Puccinies, j'arrive à ce résultat assez particulier que le nombre 
des formes d't//'o/??//(:'ecS" dépasse sensiblement celui des Pucci- 



92 E. ROZE. 

nies. Je ne crois pas devoir insister sur ce résultat, qui pourrait 
être attribué au liasard des reclierches; mais cela ne nous 
apprend pas moins quelle singulière variabilité dans la forme 
des téleutospores se manifeste dans cette Urédinée. 

Quoi qu'il en soit, la rareté de cette production de téleutos- 
pores peut laisser supposer que la force d'expansion du Puccinia 
Chrysanthemi est toute concentrée dans la formation des uré- 
dospores qui peuvent suffire à sa conservation. En tous cas, il 
n'y a guère à craindre de voir ce Puccinia Chrysanthemi s'im- 
planter définitivement dans les cultures de Chrysanthèmes, sur- 
tout si l'on prend soin : 1'' de détruire toutes leurs feuilles atta- 
quées avant la fin de l'année ; 2° de ne pas se servir, pour bou- 
tures, de drageons qui présenteraient des pustules d'urédos- 
pores. Ces précautions prises, on ne voit pas bien, en effet, 
comment le parasite pourrait se maintenir dans les collections, 
d'autant qu'il ne peut se conserver en plein air et qu'il n'y a nul 
lement à redouter des attaques provenant de notre Puccinia 
Hieracii, avec lequel le Puccinia Chrysanthemi n'a certaine- 
ment aucun rapport systématique ou biologique. 

Je résume en ces termes la diagnose de cette nouvelle espèce 
d'Urédinée. 

Puccinia CnnysANTUEMi nov. sp. 
[Puccinia Hicracii (Mart.) Massée]. 

Uredosporis\n\)\xW\\\\ii hypophyllis vel raro epiphyllis, rubro- 
fascis, plus minusve echinulatis, maturis apodibus : 1° unilocu- 
laribus tuncque sphericis, ovatis, ellipticis, piriformibus; 2° 
rarius bilocularibus vel pucciniformibus. ^Estate aperto cœlo, 
frigido tcmpore in hibernaculis. 

Teleutosporis tardissimis rarissimisque in Uredinis soris, 
fuscorubris, lœvibus, pediculis achrois : l'Minilocularibus, forma 
Uromycctum, tuncque ovatis, ellipticis vel piriformibus; 2° 
bilocularibus, forma Pucciniarum. In hibernaculis, extrême 
Décembre et mense Januario. 

In Chrysanthemo inclico L. — Forte ab origine japonica. 



PUCCINIA CHRYSANTHEMI. 



93 




1° Urédospores de diverses formes : A, B, G, D, Urédosjiores imiloculaires 
et alors sphériques^ ellipsoïdes, ovoïdes, piriforines ; E. F. Urédospores 
hiloculaires ou puccini.ormes ; H, Germination d'une urédospore unilo- 
culaire; J, Germination d'une Urédospore biloculaire ; G, Formation 
d'une urédospore biloculaire (Grossissement '— ). 




2° Téleutospores de diverses formes : A, B, G, D, Téleulospores unilocu- 
laires ou de forme Ilromyces , E, F, G. Téleulospores hiloculaires ou de 
forme Puccinîa. (Grossissement — ). 



E. RozE, del. 



Cas d'empoisonnement par des Chanterelles ou Gyroles, 

par Mlle BELÈZE. 



Vers le milieu du mois d'août, 1899, le domestique d'une de 
mes amies, ayant ramassé des Champignons qu'il croyait être 
des Chanterelles (plus connus dans les environs sous le nom 
impropre de Gyroles). les mangea à son diner. Vers deux 
heures du matin, il fut pris de tous les symptômes d'un violent 
empoisonnement. Le médecin, demandé vivement, le trouva 
très sérieusement intoxiqué. Et ce ne fut qu'après plusieurs 
heures de soins énergiques, que cet homme fut hors de danger. 
Les champignons qu'il avait ino'érés, d'après ce que j'ai vu et 
pu déterminer, étaient des Chanterelles orangées [Cantharellus 
aurantiacus Wulf.l, qu'il aura pris pour des Chanterelles 
comestibles (C^/i^A^z-eZ/MS cibariiis Fr.i. 

En vous signalant cet exemple d'empoisonnement, je pense 
qu'il pourrait être utile de le publier dans le Bulleti?i, 
de manière à mettre en garde contre la prétendue inocuité de 
toutes les Chanterelles, les chanterelles orangées étant signalées 
seulement comme suspectes par quelques auteurs, et consi- 
dérées, dans la région de Rambouillet, comme parfaitement 
inoffensives. 



Note sur deux espèces de Tricholoma, 

par M. B. HUYOT. 



Quelques hésitations s'étant produites, parmi les mycolo- 
gues, sur la réalité des caractères qui distinguent le Tricholoma 
personaium^ ainsi que sa variété sœvum^ du T. nudum^ nous 
avons cru utile d'apporter, dans la question, le résultat de 
notre expérience déjà ancienne sur ce point. 

Le T. personatum type a le pied et les lamelles bleus, sa 
variété sxvum a seulement le pied bleu, plus ou moins incarnat, 
mais, sur le pied de l'un et de l'autre, cette couleur est simple- 
ment donnée par des petites squamules furfuracées, très faciles 
à enlever par un léger grattage sous lequel apparaît la chair 
pâle ou grisâtre, tandis que, dans le T. nudum^ dont le pied 
est d'ailleurs plutôt soyeux qu'écailleux, la chair est uniformé- 
ment bleue dans toute son épaisseur . 

Nous n'avons jamais trouvé d'exception à cette remarque 
qui, par suite, paraît devoir être érigée en règle constante, 
susceptible, comme telle, d'apporter, dans la détermination de 
ces espèces, une grande facilité de vérification. 



Qu'est-ce que le Microsporum Audouini GRUBY ? 

Par M. Paul VUILLEMIN. 



I. 

Le genre Microsporum a été créé par Grubv pour un para- 
site du cuir chevelu, qu'il nomma M. Audouini. Quel est le 
champignon ainsi désigné par Gruby? Quels sont les caractères 
du genre Microsporum ? Cette double question, si simple en 
apparence, à reçu des réponses contradictoires. 

Malassez a cru retrouver le champignon de Gruby dans des 
corps spliériques ou ovoïdes, isolés des plaques de pelade. 
Sabouraud croit au contraire que la description de Gruby s'ap- 
plique à un champignon fdamenteux qui produit une tondante 
rebelle. 

J'ai déjà entretenu incidemment la Société mycologique de ce 
sujet (1). Je ne m'occupais, il est vrai, ni des teignes, ni de la 
pelade, ni des parasites recueillis dans ces affections ; je décri- 
vais un parasite observé dans un pityriasis simple. Comme ce 
parasite présentait les caractères génériques assignés par 
Malassez au Microsporum Audouini, tout en appartenant à 
une espèce distincte (je l'ai rattaché au Microsporum vulgaré], 
j'ai dû examiner les raisons pour lesquelles Malassez appli- 
quait le nom créé par Gruby à un champignon dépourvu de 
fdaments. Je me suis rangé alors à l'opinion de Malassez, parce 
qu'aucune description de dermatophyte, y compris celle de 
Sabouraud, ne se rapprochait davantage de la description de 
Gruby. N'ayant vu ni les préparations de Gruby, ni celles de 
Malassez, ni celles de Sabouraud, je ne pouvais me faire une 
opinion sur cette question historique qu'en comparant les 
textes. 

Un élève de Sabouraud, M. Bodin (2), apprécie mes conclu- 

(1) P. VuiLLEMiN. — Structure et affinités des Aficrosporum (Bulletin de la 
Soc. myc. de France, T. XI, 2« fasc, p. 94, 1895). 

(2) E. Bodin. — Les teignes tondantes du cheval (Thèse de Médecine, Paris, 
1896). 



MICROSPORUM AUDOUINI GRUBY. 97 

sions en ces termes : « M. Vuillemin part de cette série d'idées 
« fausses : que l'on connaît le parasite de la pelade, que c'est 
« la spore de Malassez, que la spore de Mal assez qui a 6u de 
« diamètre est la spore du Microsporum Anclouini de GnuHY 
« qui en a 2, que les branches et les tiges du Microsporum 
« Audouini de Gruby, décrites avec leur double contour, la 
« dimension de leurs cellules, le degré de leur angles de bifur- 
« cation et bien d'autres détails encore, ne sont que des illu- 
« sions d'optique ». 

M. BoDiN, qui parle si légèrement d'idées fausses, a cité trois 
auteurs dans ces quelques lignes et il a réussi à imputer à 
chacun d'eux des idées qu'ils n'ont ni exprimées, ni laissé 
soupçonner. Je n'ai nulle envie de défendre les idées fausses 
que l'auteur me prête si généreusement ; au reste il ne s'agit 
pas d'idées, mais de faits. Je me bornerai à relever quelques 
erreurs matérielles dans le texte de Bodin. 

BoDiN affirme que, selon moi, le parasite de la pelade était 
connu. Or j'ai dit que Malassez, Courrèges, Eichorst avaient 
vu un parasite dans la pelade, que des auteurs plus récents 
l'avaient retrouvé « tout en faisant parfois des réserves sur le 
rôle étiologique qu'il convient de lui attribuer.» Je n'avais aucun 
motif de prendre parti dans le débat ; toutefois la remarque 
précédente, terminant mon exposé, montrait assez que je ne me 
portais pas garant du rôle pathogène du champignon de 
Malassez. 

Je n'ai pas plus de raison de garantir le rôle c{ue Sabouraud 
a, depuis, attribué à un organisme aussi banal, dans la produc- 
tion de la pelade. Le Microbacille de Sabouraud est même en 
train de déposséder le champignon de Malassez du « rôle actif » 
que BoDiN lui assignait « dans la séborrhée vulgaire ». Je ne 
songe nullement à prendre sa défense, car je tiens à rester sur 
le terrain mycologique. 

La sporede MALAssEza6pt, d'aprèsBoDiN.Ordans lanote même 
citée par Bodin, Malassez parle de spores sphériques de 4-5 p, 
en outre de spores de 2 |it parfois avec bourgeon et de spores 
très petites, rondes. Bodin affirme plus loin a que la spore de 
Malassez est une arthrospore d'un Bacille ». Je ne saisis pas, 



98 PAUL VUILLEMIN. 

je l'avoue, le moindre rapport entre les sphères appendiculées 
décrites par Malassez, et des Bacilles ; je ne saisis pas davan- 
tage le mode de formation des arthrospores de ces Bacilles. Je 
passe sur l'étrangeté d'une spore de Bactérie atteignant G pt. On 
souhaiterait des détails plus précis à- l'appui de découvertes 
aussi extraordinaires. 

BoDix. dans le passage précité, assigne 2jx aux sporules de 
Gruby, tandis que Gruby dit : « Leur diamètre est de — — à 
-^ de millimètre. Les sporules ovales sont un peu plus o-ran- 

lOUO o r ^ , g 1 1 o 

des ; elles ont de^-^^ à ^ sur .^^ à - de millimètre ». Et il pa- 
rait évident à l'auteur que je ne connais pas le texte de Gruby ! 

J"ai lu ce texte ; je l'ai relu après les stupéfiants démentis 
opposés par Bodix à des citations littérales. Je n'y ai retrouvé 
ni le double contour, ni la dimension des cellules, car il n'y est 
même pas question de séparation des filaments en cellules. 
Quant aux autres détails que Bodin ne se soucie pas d'exposer, 
c'est que « les tiges ont une forme ondulée ; elles suivent la di- 
rection des fibres des cheveux ; elles sont transparentes 

Dans leur intérieur elles ne contiennent point de molécules » . 
Ce sont précisément ces caractères négatifs, l'absence d'un 
double contour à la membrane et d'un contenu distinct, ainsi 
que leur direction, qui ont suggéré à Malassez l'idée d'une 
confusion, d'une illusion d'optique. J'ai reproduit l'opinion de 
Malassez, après Baillox, de Laxessax et bien d'autres, en ci- 
tant mon auteur, et je me demande pourquoi Bodix m'en attri- 
bue la paternité. 

Malgré l'autorité de Malassez et la valeur de ses arguments, 
j'ai dit qu'on peut et non qu'on doit considérer son parasite 
comme le vrai Microsporum Audouini. J'entendais par là que 
le nom était tombé en désuétude, puisqu'on avait vainement 
cherché un champignon répondant à la diagnose initiale de 
Gruby. Parmi ceux qu'on en avait rapprochés, il y avait celui 
de Malassez et celui de Sabouraud. J'ai indiqué les différences 
capitales qui séparent non pas le champignon de Gruby de 
celui de Sabouraud, puisque je n'ai vu ni l'un ni l'autre, mais 
leurs descriptions. Or, d'après les textes, je le répète, « il 
n'existe pas un seul caractère commun aux parasites de Gruby 
et de Sabouraud ». Le parallèle que j'ai fait dans la note citée 



àllCUOSPOltUM AUDOlUNl gRUBY. 



9Ô 



est conforme aux textes; le contraste est donc frappant aujour- 
d'hui comme alors. 

Mais, d'après Bodin, j'étais insuffisamment informé. Si 
j'avais cité textuellement Sabouhaud, je n'avais pas choisi le 
texte définitif. Effectivement Sabouhaud avait apporté quelques 
changements à ses descriptions dans un ouvrage publié en 
1895 (t). Ce volume avait-il paru avant ma note communiquée 
à la Société mycologique dans la séance du 7 mars 1895? Je 
l'ignore. En tout cas, je ne l'avais pas lu; mais il ne contient 
rien c(ui puisse modifier mon opinion. 

En ce qui concerne la situation des filaments, Sabouhaud 
dit : « Nous verrons dans l'intérieur du cheveu de minces fila- 
ments parallèles à double paroi, serrés les uns contre les au- 
tres... Ils occupent le centre du cheveu et suivent sa direction.» 
Gruby disait: « Les branches prennent naissance dans le tissu 
des cheveux et constituent la couche interne de la gaine^ tandis 
C|ue les sporules forment la couche externe « ; plus haut il a 
spécifié que « la gaine est autour de chaque cheveu » ; à la fin 
il répète : « le tissu du poil est altéré par la quantité de Micros- 
porum Audouini (\\n se fixe à sa surface.^) Le centre du che- 
veu n'est pas la gaine qui entoure le cheveu lors même que les 
branches sont enfoncées dans le tissu du cheveu. 

Gruby dit d'autre part : « les tiges et les branches sont, du 
reste, du même diamètre ». Sabouraud au contraire : « De ces 
tiges mycéliennes sortent de fins rameaux, ramifiés à l'infini.» 
D'ailleurs, sur la finesse des rameaux, Bobin est encore plus 
explicite. 

Sabouraud se corrige sur la dimension des spores qui, en 
1895 « varient de dimensions entre 1, 2, 3 et même ki». àe 
diamètre en tous sens «. Mais Bodin n'a pas suivi cette 
évolution : il continue à opposer les spores de 2 |x de Gruby 
aux spores de 6// de Malassez. En 1897 avec Almy (2), en 
1898 (3) il répète que les sporules ont un diamètre de 2-3 (x. Est- 
Ci) Sabouraud . — Diagnostic et traitement de la pelade et des teignes de 
l'enfant, Paris, 1895. 

(2) Bodin et Almy. — Le Microsporuni du chien [Recueil de méd. vétér., 
15 mars 1897). 

(3) Bodin. — Le Microsporuni du cheval {Archives de parasitologie, I, 
1898). 



100 PAUL VUILLEMIN. 

il donc en droit de me reprocher de ne pas tenir compte des 
derniers textes de son maître ? 

D'ailleurs si, pour les dimensions des spores, Sabouraud 
s'écarte de Bodin pour se rapprocher de Gruby, leur forme lui 
semble toujours ronde et polyédrique par compression récipro- 
que. Les sporules ovales de Gisuby, ayant 2-5 - 4-8 lui ont en- 
core échappé. 

BoDiN n'ajoute rien aux descriptions de Ghuby et de Sabou- 
raud, qu'il trouve identiques. Toutefois, il les complète par des 
schémas exposant, sous une forme frappante, les caractères que 
Tonne peut reproduire d'après nature. L'axe d'un cheveu nous 
montre un faisceau de filaments en zig zag, rappelant mal les 
tiges ondulées de Gruby; il en part d'innombrables fils aboutis- 
sant à la surface et portant les spores extérieures. Bodin insiste 
sur ce dernier point, c'est là sa découverte personnelle et il en 
fait ressortir l'intérêt. 

« De cette étude au microscope du Microspovum Audouini 
au niveau du poil, il ressort un fait d'une importance majeure 
et sur lequel personne n'a jusqu'ici attiré l'attention. 

Contrairement à tout ce que l'on observe pour tous les 
autres cryptogames parasites de l'homme, le Microsporum 
Audouini se montre, dans sa vie parasitaire, à l'état de mucé- 
dinée complète, possédant une charpente de mycéliums adultes, 
non divisés en spores mycéUennes^ et dont partent des rameaux 
différenciés, chargés à leur extrémité de spores à double con- 
tour, de beaucoup plus volumineuses que les rameaux qui les 
supportent. 

« Or on sait que, dans aucune mycose, actuellement connue, 
on ne voit le parasite émettre de telles formes de fructification ; 
tout au contraire on le voit se reproduire seulement par frag- 
mentation du mycélium, c'est-à-dire par une sorte de bouture 
et cette spore mycélienne est le seul organe de reproduction 
auquel la vie souffrante du parasite lui permette d'atteindre. 

« Le Microsporum Audouini échappe seul à cette loi ». 

Cependant, à la suite de la lecture d'une note de C. Fox et 
Blaxall(I), l'opinion de Bodin a fait une volte-face aussi com- 

(1) C. Fox et Blaxatx. — British Journal of Dermat. Vlfl. 



MICROSPORUM AUDOUINI GRUBY. 101 

plète qu'on puisse l'imaginer. Il dit en effet (1. c. 1898, p. 391): 
« On peut donc dire aujourd'hui, que le mode de sporulation 
des Microsporum, dans leur vie parasitaire, ne diffère pas 
essentiell-ement de celui des Trichophyton et qu'il se réduit en 
somme à la division du mycélium en courts segments sporu- 
laires par de petites cloisons transversales ». 

L'auteur néglige de nous renseigner sur le sort des rameaux 
différenciés, des spores de beaucoup plus volumineuses que les 
rameaux qui les supportent, des fds délicats qui partent du 
faisceau central dans le fameux schéma ; il ne nous dit pas ce 
qu'il pense aujourd'hui de l'importance majeure du fait qu'il a 
mis en lumière ; il ne nous explique pas comment les tiges my- 
céliennes et les rameaux qui n'étaient pas facilement visibles, 
qui ne pouvaient être mis en évidence qu'en écrasant complète- 
ment le cheveu, bourrent entièrement le poil et rompent sous 
le cuticule après en avoir envahi tout le tissu, comment les fila- 
ments logés dans la profondeur se désagrègent en articles 
formant une gaine à la surface. 

Et maintenant il est clair que les divergences qui séparent 
les descriptions de Sarouraud de celles de Gruby s'effacent 
devant les contradictions que l'on peut relever entre les textes 
successifs de Bodix. 

Ni Sarouraud, ni Bodin n'ont donné une description assez 
nette pour nous apprendre s'ils ont rencontré dans les tondantes 
rebelles de l'enfant l'espèce décrite par Gruby sous le nom de 
Microsporum Audouini. Matruchot et Dassonville (1) s'en 
rapportent purement et simplement à l'opinion régnante : « Le 
Microspoj'um Audouini a des spores de faibles dimensions 
[o^] qui, dans la lésion, se montraient disposées en mosaïque 
et jamais organisées en fdaments comme le seraient des spores 
mycèliennes » . Ils ne reviennent pas sur ce point dans une 
note spécialement consacrée aux affinités du Microsporum 
Audouini (2). 

Les très intéressants résultats des cultures de Sabouuaud, de 

(1) Matruchot et Dassonville. — Recherches expérimentâtes sur l'herpès 
du cheval [Association française pour l'Avanc. des sciences. Congrès de 
Nantes, 1898). 

(2) Matruchot et Dassonville.— Sur les affinités des Microsporum (Comp- 
tes-rendus de VAcad. des sciences, 10 juillet 1899). 



102 PAUL VUILLEMIN. 

BoDi\, de Matruchot et Dassonville ne pouvaient fournir au- 
cun document pour trancher cette question préliminaire, puis- 
que Gruuy n'a pas eu recours à ce précieux moyen d'amplifier 
et de multiplier les caractères des espèces parasites. Le 
champignon de Gruby ne peut être retrouvé qu'au moyen des 
procédés d'observation employés par le créateur du genre 
Microsporum. 

De nouvelles recherches s'imposaient donc pour apprendre 
si l'espèce de Gruby est définitivement perdue et si, à défaut 
d'identité, les plus grandes probabilités restent en faveur de 
l'opinion de Malassez, ou bien si l'opinion de Sabouraud est 
appuyée sur des observations qu'il n'a pas décrites avec une 
précision suffisante. 

L'habitat du parasite fournit une précieuse indication. Pour 
Gruby, le champignon forme : d'une part, une poussière blan- 
che qui couvre les plaques arrondies caractéristiques du porrigo 
decalvans, d'autre part, une gaine continue qui accompagne 
les cheveux depuis leur sortie de la peau jusqu'à une distance 
de 1 a 3 millimètres. Malassez a bien constaté l'existence de 
son parasite sur les pellicules que l'on obtient en raclant légè- 
rement le cuir chevelu au niveau des plaques de pelade, mais il 
ne le trouve qu'accidentellement à la surface des cheveux. La 
gaine cryptogamique entourant le cheveu n'a pas été retrouvée 
dans la pelade. 

Peu de temps après la publication de Gruby, Cazenave avait 
remarqué que les courtes observations cliniques de ce perspi- 
cace observateur, en dépil du titre de sa note « Sur le porrigo 
decalvans », se rapportaient non pas à la pelade, mais à une 
tondante. IMais les mycologues ne songèrent point à porter leurs 
recherches dans cette direction, parce que Gruby avait décrit 
comme agent de la tondante un parasite différent du Microspo- 
rum^ le Trichophyton tonsurans. 

Cependant la notion de la pluralité des teignes se fit jour peu 
à peu. Déjà, en 1887, Schutz (1) avait décrit une trichophytie 
simulant la pelade et dont le parasite est plus difficile à décou- 
vrir que le Trichophyton vulgaire. Sabouraud a puissamment 
contribué à démontrer la multiplicité des trichophyties ; il était 

(1) ScHùTZ. — .'biologie und Symptomatologie der Alopecia arcata, 1887, 



MICnOSPORUM AUDOUINI GRUBY. 103 

donc naturellement porté à reprendre l'opinion de Cazenave et 
à chercher le Microsporum Audouini parmi les formes variées 
de Trichophyton qu'il avait séparées. Il l'identifia avec le Tri- 
chophyton microsporum isolé d'une tondante rebelle de l'enfant. 
Mais sa description semblait incompatible avec celle de Gruby 
et l'appui que Bodin venait apporter à cette opinion n'était pas 
de nature à lui donner du crédit. Je crois pourtant que Sabou- 
UAUD a porté la question sur son véritable terrain, car j'ai 
observé un cas de tondante rebelle présentant les caractères 
extérieurs décrits par Saboukaud, avec un parasite répondant 
exactement à la description de Gruby. 

II 

Le sujet qui m'a fourni ce parasite avait été soumis à mon 
examen, à la fin de 1898, par mon collègue, le D'' Haushalter ; 
c'était une fillette de neuf ans, traitée sans succès depuis vingt 
mois pour une teigne tondante (1). La tête présentait plusieurs 
plaques arrondies ou irrégulières couvertes d'écaillés grisâtres 
dont émergeaient quelques cheveux émaciés, parfois entourés 
à la base d'une gaine de la couleur des écailles. 

Il existe aussi des cheveux complètement nets dans la partie 
libre, mais dont la racine est entièrement tapissée d'une gaine 
cryptogamique. Comme cette disposition du parasite n'a été 
décrite dans aucune teigne, je crois utile, pour donner plus de 
netteté à la description, de prendre un exemple particulier. 

A l'épilation, le cheveu est venu avec une racine longue de 
2"""23, brisée irrégulièrement un peu au-dessus du bulbe. La 
gaine externe de la racine est restée dans le follicule, sauf la 
partie supérieure qui adhère fortement au poil au niveau de 
l'orifice, comme la garde d'un fleuret. Toute la portion du poil 
qui dépasse cet anneau est parfaitement saine. La racine arra- 
chée était revêtue de sa gaine interne ; mais celle-ci est très 
friable ; elle se détache par lambeaux dans la préparation. 

Le champignon forme une couche continue entre la gaine 
interne et la surface de la racine. Dans les points où la gaine 

(1) Depuis cette époque, l'enfant est sortie de l'iiàpital, guérie par l'emploi 
de l'huile de crofon et de la teinture d'iode. 



104 PAUL VUILLEMIX. 

est décollée, renduit cryptogamique reste ininterrompu sur 
la surface du poil, tout en tapissant la face interne des lam- 
beaux détachés. Cela prouve bien que la couche de champi- 
gnons est formée de plusieurs épaisseurs de cellules, comme 
dans le cas de Gruby. Certains lambeaux sont formés des deux 
couches de la gaine interne, et alors les globules du champi- 
gnon adhèrent à la couche de Huxley ; d'autres sont formés 
uniquement de cellules de la couche de Henle ; ils sont égale- 
ment tapissés de champignon. On peut en conclure que la 
couche de Huxley a été partiellement détruite par le parasite. 
L'épidermicule du poil a également disparu dans toutes les 
parties du poil tapissées par la gaine cryptogamique. La face 
extérieure de la gaine interne de la racine est, en tout cas, 
exempte de champignon : celui-ci ne traverse pas la couche de 
Henle. Dans ce cas comme dans ceux où le poil est entouré de 
champignons dans la portion émergente, le parasite est formé 
en majeure partie d'éléments courts, les filaments n'occupant 
que la partie profonde, appliquée au poil. 

Il résulte de cette description que le parasite peut fort bien 
s'attaquer d'abord à la portion intrafolliculaire du poil et se 
développer complètement sans apparaître au dehors. 

Les caractères du champignon sont les mêmes dans les 
parties qui tapissent le poil au-dessus de l'orifice folliculaire 
et dans celles qui enveloppent la racine. 

Le champignon se compose d'éléments longs ou filaments et 
d'éléments courts ou articles. Les filaments sont sinueux, 
rameux et changent souvent de direction ; en certains points, 
les rameaux courts et entortillés forment des sortes de pelotons. 
Je n'ai pas pu suivre un filament sur une grande étendue, ni 
distinguer de cloison, si ce n'est aux extrémités en voie de 
désagrégation. Les rameaux, comme les filaments principaux, 
mesurent 2 fx à 2 f* 75 de diamètre. Je n'ai pas réussi à en dis- 
tinguer dans l'intérieur des cheveux. Ceux que je viens de 
décrire sont appliqués à la surface de l'écorce dépouillée d'épi- 
dermicule et corrodée ; quelques-uns sont comme incrustés dans 
le tissu superficiel sans être pourtant recouverts par les cel- 
lules de l'écorce. N'est-ce point là ce que Gruby exprimait en 
ces termes, « Les branches prennent naissance dans le tissu 



MlClîOSPOnUM AUDOUINI GRUliY. 105 

des cheveux el constituent la couche interne de la gaine »? Je 
n'ai pas de raison de nier que les filaments puissent s'enfoncer 
plus profondément ; mais je n'ai pas réussi à le vérifier. 

Les éléments courts sont représentés par des sphères de 2 a 
à 4 ft 75 de diamètre, par des corps ovales ou elliptiques de 
2 f/. à 3 p. 5 d'épaisseur sur une longueur atteignant G |a. (les 
formes longues sont plus fréquentes dans la profondeur de la 
gaîne ; elles relient les formes sphériques aux rameaux courts 
des filaments. On rencontre aussi des articles en forme de bis- 
cuit avec une cloison au niveau de l'étranglement. 

11 existe un troisième type d'éléments courts. Je veux parler 
de fragments ayant les dimensions des précédents, maiiî coupés 
plus carrément, coudés, parfois aussi émettant une; courte 
expansion latérale. Ces dernières formes rappellent, à la 
dimension près, les articles noueux souvent décrits dans le 
favus ; elles représentent, évidemment, le produit immédiat de 
la désagrégation des filaments. 

La présence d'une cloison, en un point étranglé, sur des 
segments courts montre comment les fragments déjà détachés 
se morcellent pour devenir égaux en longueur et en largeur. 
Aussitôt isolés, ils s'arrondissent ; ainsi les sphères procèdent 
des tronçons de cylindres. Les articles peuvent grandir après 
leur isolement et donner des sphères ou des ovoïdes plus larges 
c[ue les filaments ; je n'en-ai pas vu de plus étroits. 

Donc, malgré leur disposition en mosaïque, les éléments 
courts de ce champignon ont la même origine que les files 
d'articles des Trichophyton; ils en diffèrent en ce qu'ils pro- 
viennent de filaments plus sinueux et qu'ils se désagrègent très 
rapidement. Ils ont les mêmes titres à la qualification de spores 
mycéliennes. Toutefois il me semble préférable d'abandonner 
dans tous les cas cette expression équivoque et de réserver le 
nom de spores aux organes reproducteurs mieux définis qui 
manquent dans la vie parasitaire de cette espèce. 

III 

Notre description répond exactement à celle de Grury. JjC 
champignon forme une gaîne autour du poil ; les filaments 



106 PAUL VUILLEMIN. 

occupent la couche profonde de la gaine : d'un côté, ils s'in- 
crustent dans le tissu corrodé du poil, de l'autre ils envoient 
des prolongements vers l'extérieur. 

Les filaments sinueux et leurs ramifications enlacées donnent, 
en se désagrégeant, les éléments courts, dont la disposition 
suivant des lignes ondulées est bientôt masquée par leur 
désagrégation et l'arrondissement de leur contour. Ces articles 
arrondis sont les sporules de Gruby, sphériques ou ovales, de 
dimensions variables. 

Les éléments noueux n"ont pas été mentionnés dans les des- 
criptions antérieures ; mais ils sont relativement rares et ne 
persistent peut-être pas longtemps à cet état ; il est possible, 
en effet, que, comme les autres, ils se subdivisent et qu'ils arron- 
dissent leur contour. D'ailleurs, on ne distingue bien leurs 
expansions que sur les exemplaires dissociés ; on conçoit donc 
aisément qu'ils passent inaperçus. 

La gaine est formée de plusieurs épaisseurs de filaments et 
d'articles, comme Gruby l'a parfaitement indiqué. 

Par conséquent, il existe un champignon conforme à la 
diagnose primitive du Microsporum Audouini, logé sur les 
cheveux et sur des écailles grisâtres, comme Gruby l'avait 
annoncé. On ne le trouve pas dans le porrigo decalvans. mais 
dans une teigne tondante répondant, selon la remarque de Caze- 
NAVE, à la description de Gruby. 

On doit abandonner définitivement l'opinion de Malassez, 
que j'avais moi-même adoptée. Le nom de Microsporum ne 
saurait être appliqué à une espèce que l'on trouve sur les pla- 
ques de pelade et qui ne diffère probablement pas des sapro- 
phytes répandus sur la peau saine. Le parasite de Malassez 
rentre dans le genre Cercosphtera de R. Blanchard, ainsi 
que l'espèce que j'avais assimilée au Microsporum vul- 
gare. C'est au genre Cercospheera que s'appliquent mes 
remarques antérieures sur la structure et les affinités des 
Microsporum. 

Il nous reste à examiner ai le parasite décrit par Sabouraud 
sous le nom de Microsporum Audouini est bien l'espèce de 
Gruby. Le champignon étudié dans son milieu naturel sur le 
cheveu a été, de la part de cet observateur et surtout de son 



xMICHOSPORUM AUDOUIM GRUBY. 107 

élève BoDiN, l'objet de descriptions trop approximatives et trop 
contradictoires pour nous renseigner à cet égard. Il fallait 
tourner la difficulté. Grâce aux cultures pures, Sabouraud nous 
a signalé des caractères beaucoup plus variés que ceux qui res- 
sortent de l'examen direct, et parfois assez apparents pour être 
reproduits d'une façon reconnaissable parla photographie. 

Ayant retrouvé le champignon de Gruby, par le procédé de 
Gruby, je l'ai cultivé dans les mêmes conditions que Sabouraud. 
Sur divers milieux, mes cultures ont présenté une frappante 
analogie, dans leur aspect extérieur et dans leur modo de crois- 
sance, avec les figures de l'atlas de Sabouraud. 

Les caractères microscopiques des cultures répondent aussi, 
sur divers points, aux descriptions de Sabouraud, de Bodix, de 
Matruchot et Dassonville. J'ai retrouvé les articles renflés 
sous les cloisons, les filaments flagelliformes à extrémité héli- 
coïde, les rameaux courts et caducs comparés aux Aclaclium . 
J'ai vu également des formes d'enkystement du protoplasme 
(chlamydospores et prétendues endoconidies). Je suis moins 
fixé sur l'existence des filaments pectines. Sous ce nom, Sabou- 
raud, BoDiN, Matruchot et Dassonville ont donné des des- 
criptions si différentes, que je croirais volontiers qu'ils n'avaient 
pas en vue le même organe. Je n'oserais leur identifier, ni les 
rameaux dentelés des cultures mal nourries, ni les filaments 
comparés aux Acladium^ qui portent parfois des rameaux spo- 
rifères unilatéraux. 

En somme nous ne trouvons, ni dans les descriptions anté- 
rieures, ni dans mes propres préparations, aucun organe ayant 
une valeur spécifique. Mais nous avons un ensemble de carac- 
tères communs qui, rapprochés de l'aspect clinique de l'affec- 
tion, paraîtra suffisant pour nous faire admettre que le cham- 
pignon de Sabouraud appartient au même genre que le cham- 
pignon de Gruby. 

Je suis porté à croire que c'est bien la même espèce et que 
l'analogie clinique a bien inspiré Sabouraud. Toutefois, je ne 
puis trancher la question tant que la divergence subsistera entre 
les descriptions du parasite in situ, par Sabouraud d'une part, 
par Gruby d'autre part. Il est possible que plusieurs espèces 
voisines présentent les mêmes caractères de culture et causent 



108 PAUL VLILLEMIN. 

des lésions analogues, sans se présenter sous dos formes iden- 
tiques sur le malade. Sabouiîaud, seul, est à même de nous 
dire si certains détails ne lui ont pas échappé ou n'ont pas été 
mal interprétés, si son champignon présente bien sur le cheveu 
malade les caractères assignés par Gruby et rigoureusement 
vérifiés sur la malade du D'' Haushalter, si les divergences 
entre ses descriptions et celles de Gruby sont apparentes ou 
réelles, accidentelles ou constantes. 

Tout ce que je puis dire, cest que j'ai vu le champignon de 
Gruby dans une tondante rebelle et que le nom spécifique de 
Microsporiun Audouini s'applique uniquement au champignon 
conforme à la description donnée dans cette note. 

Cette espèce est le type primitif du genre M/cvos/jo /■«/«. C'est 
d'après ses caractères qu'il faut établir la diagnose générique. 
Mais les caractères présentés par le champignon dans la vie 
parasitaire ne sont pas suffisants pour définir un genre. Les 
cultures nous apprendront, en multipliant les caractères, si l'es- 
pèce de Gruby appartient à un genre inédit à son époque ou si 
le nom générique de Microsporinn fait double emploi. 

J'ai l'intention de consacrer une note spéciale à l'exposé des 
caractères C[ui fixeront la diagnose du genre Microsporiun. 
Outre les formes analogues à celles qui ont été décrites et que 
j'ai rappelées brièvement tout à l'heure, j'ai rencontré des 
organes dont la valeur taxinomique me parait plus grande et 
digne d'une discussion détaillée. 

Dès à présent, nous pouvons/tirer de cet exposé les conclu- 
sions suivantes : 

i'' Le Microsporum Audouini existe sur des cheveux d'en- 
fants atteints de tondante rebelle et sur les pellicules environ- 
nantes, avec les caractères décrits par Gruby. 

2° On trouve tous les intermédiaires entre les filaments ra- 
meuxetles éléments courts provenant de leur désarticulation, 
notamment des articles noueux et des articles ovales en voie de 
segmentation. 

3" Sur certains cheveux, le champignon est logé entièrement 
dans l'intérieur du follicule ; il se localise entre la racine et sa 
gaine interne ; il détruit l'épidermicule du poil et une partie de 
la couche de Huxley de la gaine interne. 



iMICROSPOKUM AUDOUINI GRUBY. 109 

4° Le Microsporiim Andouini de Malassez ne peut rentrer 
dans le genre créé par Gruby. Les espèces rattachées à ce genre 
d'après. les arguments de Malassez doivent être rangées dans 
le genre Cercosphœra. Telle est en particulier celle que j'ai 
décrite à la Société mycologique sous le nom de Microsporum 
vulgare. 

5° Les cultures du champignon de Gruby répondent à plu- 
sieurs égards aux cultures obtenues par Sabouraud avec des 
germes de provenance analogue. 

6° Le Microspovïun Audouiniàe Sabouraud appartient pro- 
bablement à la même espèce ou à un Microspoi'urn voisin, 
malgré de notables divergences dans les descriptions du cham- 
pignon sur le cheveu malade. En tout cas, ce champignon offre 
assez d'analogies avec le il//c/'06'/?o/"«/« Andouini Gruby, pour 
exclure l'idée d'une aflinité avec les Martensella^ comme le 
laissait supposer une ligure, assez confuse d'ailleurs, publiée par 
Sabouraud. 



BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE 



J. Beauverie. — Etudes sur le polymorphisme des Cham- 
pignons. Influence du milieu (1 brocli. gr. in-8° de 266 pages, 
avec 75 fig. dans le texte). Tiré à part des Annales de l'Uni- 
versité de Lyon, Nouv. série, 1, l'asc. 3. Janvier 1900. 

Les espèces de champignons dont le polymorphisme est étudié dans cet im- 
jiortant mémoire ont été prises au hasard, dans le but de donner aux obser- 
Aations un caractère plus grand de généralité. Ce sont : V Aspergillus varia- 
Itilis Gasp., le Pénicillium glaucum Link., le Mucor spinosiis V. Tiegh., le 
Clonostachys candida Harz (dont l'auteur établit la parenté avec VAcrosla- 
higmus albus Preuss), VOospora crustacea Sacc. (dont la forme ascosporée 
i.erixxt le ChcCtomium ooapora sp. nov.), le BotrijLis cinerea Pers., et une 
Mucorinée nouvelle, le Mycocladus verticillalus. 

Depuis le classique mémoire de Gilkinet, paru en 1875, beaucoup de nou- 
velles recherches ont contribué à ramener à de justes limites le polymor- 
lihisme sans règles admis par beaucoup de botanistes jusqu'à une époque 
encore peu éloignée de nous. Sous forme d'introduction historique, M. Beau- 
VERIE nous donne de tous les travaux parus sur le sujet un excellent exposé 
critique qui sera lu avec intérêt par tous les mycologues. 

La première partie du travail est consacrée à l'exposé de la technique suivie. 
Les semis étaient faits sur milieu complet (liquide de Raulin), sur milieu 
avec azote minéral (solution d'azotate ou de tartrate d'ammoniaque, li- 
quide de Raulin surazoté), ou azote organique (bouillon de viande, peptone, 
décoction de crottin, urine, albumine, alcalis organiques, etc.) Comme milieu 
sans azote, l'auteur a employé une modification du liquide de Raulin. Enfin, 
des cultures ont été faites sur des sols hydrocarbonés avec azote (fruits, ca- 
l'otte, pomme de terre) ou dépourvus d'azote (amidon, glycérine, huiles, 
sucres, acides organiques) et sur des milieux additionnés d'antiseptiques. 

Pour étudier l'influence des variations de l'état hygrométrique, M. Beauverie 
;i mis à profit les différences de tension de vapeur des solutions salines d'iné- 
gale concentration. Le milieu nutritif (pomme de terre) était suspendu au 
centre de grands ballons dont le fond était garni de solution de sel marin, et 
le col obturé par un tampon d"ouate recouvert d'un lut hermétique. 

V Aspergillus vainabilis Gasp. a présenté des formes oidioïdes, asper- 
gilloïdes, pénicilloïdes, stérigmatocystoïdes, et même des étals plus com- 
pliqués : l'aspect des figures de ses conidiophores prolifères rappelle celui des 
Nematogonium. Sur certains milieux, le champignon subit un véritable 
affolement, avec production simultanée de formes les plus diverses : les coni- 
dies elles-mêmes peuvent subir des déformations. La réunion de ces aspects 
polymorphes dans une même culture indique que l'on a affaire à une espèce 
encore mal fixée. 

Une trop grande humidité entrave la formation des conidies et le dévelop- 
pement de la plante. Les sclérotes, obtenus facilement, n'ont pas donné d'as- 
cospores_, même après deux années de culture. Ainsi que le fait a déjà été 
constaté pour d'autres espèces, les sclérotes ne se forment en milieux liquides 



BULLETIN BIBLiOGKAPHiQUE. lll 

qu'après que le mycélium y a produit un feutrage abondant qui permet de 
l'assimiler à un substratum solide. 

A propos du PenicilUwn glaucum, l'auteur a vérifié que sa résistance vis- 
à-vis du sulfate de cuivre est d'autant plus considérable que le milieu de 
culture est plus nutritif. Il a observé dans des cultures cellulaires sur bouillon 
additionné de sulfate de cuivre, des formes Dematium et Hygrocrocis ; dans 
l'eau pure, il a obtenu des formes simples rappelant les Acremonium et les 
Oospora . 

Le Mucor spinosus, cultivé sur liquide de Piaulin, a son optimum vers 
25-30». Les modifications que lui impriment les variations de milieu portent 
non-seulement sur le thalle (formes-levùres^chlamydospores, etc.) mais aussi 
sur les sporanges (variabilité des prolongements épineux de la columelle) et 
même sur les spores. 

Dans son Mycocladus verlicillatus, qui offre des variations de même ordre 
que celles du Mucor précédent, M. Beauverie a observé des zygospores ornées 
de productions squamiformes, et sans cortication. (^es œufs, rencontrés dans 
une culture où le champignon était en concurrence avec le Botrytis cinerea, 
paraissent se produire seulement lorscjue la plante vit dans l'air sec sur un 
milieu à peu près complètement épuisé. 

Des cultures faites avec soin ont montré que le Clonostachys candida était 
un second état conidien de V Acrostalagmus albus ; l'auteur, avec MM. Cornu 
et VuiLLEMiN, croit devoir rattacher ces formes conidiennes aux Hypomyces 
ou à des genres très-voisins. 

En étudiant comparativement V Oospora crustacea et le Monilia candida 
Bon., M. Beauverie a été amené à les considérer comme une seule et même 
espèce, en attribuant la coloration rouge de V Oospora à des bactéries ou à 
des levures (?) se développant en même temps que cette espèce sur le fromage 
où on la rencontre communément. Il décrit le disjunctor du Monilia candida 
comme formé d'une cellule intercalaire (1). A la surface des cultures sur 
pomme de terre conservées pendant cinq mois dans une atmosphère confinée, 
l'auteur a vu se former les périthèces ovoïdes d'un Chselomium: il a pu suivre 
le développement de ces organes, et les considère comme la forme ascospo- 
rée du Monilia qui devient alors le C hsetomium Oospora n. sp, 

Le mémoire se termine par l'étude des conditions dans lesquels le Botrytis 
cinerea produit la redoutable toile si répandue dans les serres. L'auteur n'a 
pu, en cultivant cette toile, eu obtenir le Botrytis, mais l'expérience inverse 
a réussi en opérant à une température constante de 30», dans une atmosphère 
confinée avec état hygrométrique voisin de la saturation. Les sporidies que 
produit le Botrytis cultivé dans certaines conditions sont considérées par 
M. Beauverie comme des vestiges d'une organisation antérieure plus simple, 
devenue actuellement inutile au Champignon, ce qui explique que, pas plus 
que ses devanciers, l'auteur n'a pu obtenir la germination de ces sporidies. 

F. Guéguen. 

(1) Nous avons montré récemment (Bull. Soc, Myc. Fr,, t. XV, fasc. 3, 1899) que ce 
disjunctor était en réalité formé par un prolongement globuleux de l'endospore, faisant her- 
nie par un trou de l'exospore. F. G. 



112 LOUIS PLANCHON. 

Louis Planchon. — Influence de divers milieux chimiques 
sur quelques Champignons du groupe des Dématièes. — 
Thèse pour le doctorat ès-sciences naturelles, Paris, Février 
1900 (1 br. in-S" de 248 pp., avec 03 fig. dans le texte et 4 pi. 
coloriées). 

11 n'est pas de laboratoire où l'on ne remarque, dans des flacons contenant 
les liquides les plus divers, la formation de flocons plus ou moins agrégés ou 
dissociés, incolores ou diversement colorés, la plupart du temps dus à des 
cliampignons inférieurs, mais qu'il est très souvent impossible de déterminer 
pai' simple examen microscopique. En effet, sous l'influence des milieux 
divers où ils croissent, ces végétaux se présentent sous des foimes anormales, 
et tels champignons différents peuvent revêtir une forme identique, comme 
aussi telles formes très différentes peuvent provenir d'une même espèce C'est 
à (!(.' sujet que s'est adressé M. L. Pl.vnchon: déterminer les espèces les plus 
répandues dans les solutions des pharmacies ou des laboraton^es, et étudier la 
vaiiation de ces espèces sous Tiniluence des divers milieux, tel est le but qu'il 
s'est proposé. 

i'our cela, après avoir séparé les organismes et en avoir obtenu des cultures 
pi res, sui' un milieu qu'il appelle miZ?eu-fy|3e (pomme de terre acide), l'au- 
teur transporte les espèces étudiées dans les milieux les plus divers, étudie les 
modifications qu'elles subissent, et, à titre de contrôle fait avec les formes 
obtenues de nouvelles cultures sur le milieu type, cultures qui doivent se 
retrouver semblables aux premières obtenues . 

De beaucoup la plus fréquente des espèces rencontrées était le Pénicillium 
glaucum. Venaient ensuite les Aspergillus et Sterigmatocystis, et des 
espèces du groupe des Dématièes (Cladosporium, Dematium, AUernaria, 
Macrosporium...), celles-ci très souvent végétant en formes-levures; plus 
rarement des Cejihalosporium, Verticillium, Fusarium, Mucor, Oospora. 

A la suite d'essais d'ordre général, portant sur les modifications constatées 
cliez une vingtaine d'espèces, l'auteur conclut que, tandis que chez les Mucé- 
diuées la fixité est relativement assez grande, il n'en est plus de même chez 
les Dématièes ; chez celles-ci la faculté d'adaptation et la plasticité sont pous- 
sées au maximum. Nombreuses sont les variations que subit chez elles l'ap- 
pareil végétatif. L'individu se défend en effet par cutinisation, par formation 
d(; mycélium durable, de spores en massif, de chlamydospores. La plupart du 
temps la membrane est épaissie et fortement colorée; quelquefois elle est 
ir colore (ferrocyanure de potassium) ; très souvent aussi la partie moyenne de 
1e- membrane subit une gélification très intense, faisant éclater la cuticule, et 
1' 'ssant ijouvent sortir la cellule laquelle peut alors soit germer, soit s'enkys- 
ter de nouveau, constituant ainsi un mode de conservation du champignon. 
Outre ces modifications, les Dématièes revêtent souvent des formes fuma- 
goïdes, composées de cellules isolées, ou réunies en petits groupes plus ou 
moins arrondis, à parois fortement cutinisées. Ces formes fumagoïdes se 
tiouvent presque constamment chez de norabi'euses espèces croissant dans 
les solutions d'acide gallique, de glycérophosphates,ou dans le liquide de Rau- 



BULLETIN BIHLIOGKAPHIQLE. 113 

lin. Tous les passages peuvent être constatés de la cellule mycélienne à la 
chlamydospore, à la spore en massif et à la pycnide. 

Enfin un des modes particuliers de végélatiori des Dématiées rencontrées 
par l'auteur est la forme levure, composée de cellules bourgeonnant, mais 
incapable de faire fermenter le sucre. Les cellules-levures peuvent, dans 
certains cas, s'arrondir, s'enkyster après grossissement ou même division en 
2 ou 3 cellules, formant une hypnospore. 

Telle est, très abrégée, la partie générale du travail de M. L. Planchon. La 
suite est consacrée à l'étude très approfondie et très circonstanciée de quatre 
espèces de Dématiées, dont deux nouvelles que l'auteur nomme AUernaria 
polymorpha et A. varians, et deux^espèces connues, mais dont l'autonomie 
a été l'objet de nombreuses controverses, le Llladosporium herbarum et le 
Dematium pullidans. 

IS Alternaria pohjmorpha n. sp. est fréquente dans les solutions cbi- 
miques. Cultivée sur milieu type, elle donne une forme levure, en colonies 
roses, d'aspect bactérien, se piquant de petits points bruns qui sont des pyc- 
nides; puis peu à peu, la culture devient noir verdàtre par cutinisation de son 
mycélium et formation de spores en massif A' AUernaria ou de Macrosporium. 
Finalement toute la culture se recouvre d'un feutrage mycélien blanc stérile. 
Nombreuses sont les formes que prend cette espèce sur les différents milieux, 
soit par cutinisation, soit par gélification, et dans la suite de ces formes il est 
possible de trouver tous les passages, de la spore mycélienne jusqu'à la pyc- 
nide en passant par la chlamydospore et les spores en massif, et ces diffé- 
rents termes ne semblent être que des stades d'évolution plus ou moins 
avancés. 

\J AUernaria varians n. sp., semblable à la précédente par la variabilité de 
son mycélium, en diffère par l'absence de pycnides et de formes-levures. Elle 
est un peu moins résistante que la précédente aux milieux chimiques. Sur 
milieu type elle donne une moisissure gris-brunàtre, à nombreuses formes 
macrosporium^ entourée d'une auréole blanche stérile. Cultivée en cellule 
sur eau de pomme de terre, elle donne rapidement des^files A' AUernaria. 

Le Cladosporium herbarum Link., considéré par Berlèse comme une forme 
conidienne propre à plusieurs ascomycètes, est pour l'auteur une forme de 
Y Hormodendron cladosporioides Sacc. Il pousse lentement sur pomme de 
terre, souvent mélangé de PeniciUium dont il est difficile de le séparer. Il 
croit sous forme de masses épaisses, noires ou verdâtres, dures, fermées 
d'amas de cellules arrondies et de filaments cutinisés. En cellule, sur eau de 
pomme de terre, il donne les spores du Cladosporium; sur gélatine nutritive 
les filaments aéiiens ont la forme Hormodendron. C'est une des raisons sur 
lesquelles s'appuie l'auteur pour rattacher Y Hormodendron au Cladosporium 
et non au Pénicillium comme l'a fait M. Guéguen. Il n'a jamais pu obtenir de 
forme AUernaria dans les cultures de Cladosporium., et se base sur ce fait 
pour s'opposer à l'identification faite par M. Costantin, du Cladosporium 
herbarum et de V AUernaria tenuis. 

Pour ce qui est du Demaliiitn pullidans De Bary, considéré par M. Ber- 
lèse comme une forme collective, l'auteur admet qu'il existe une espèce auto- 



114 LOUIS PLANCHON. 

nome, dépourvue de tout autre mode de reproduction que la forme levure, ou 
la chlamydospore. Fréquent dans les solutions salines où il accompagne sou- 
vent le Cîadosporiiim, il résiste assez bien aux milieux acides, contrairement 
aux trois espèces précitées. Sur le milieu-type, cette espèce donne une forme- 
levure, en tache cireuse, luisante, couleur café au lait, et par place des 
touffes de mycélium blanc stérile. Les conidies-levures, sous l'influence de la 
dessication, peuvent grossir, s'enkyster, et s'assembler par groupes fiima- 
goïdes, donnant à la colonie une couleur verdàtre. Les variations que subit 
cette espèce sous l'influence des divers milieux, sont très nombreuses. 

De ce travail, où les essais de culture, multipliés, ont été faits dans des 
conditions précises, et toujours contrôlés, ^e dégage ce fait, que, si les formes 
que prennent les champignons dans les milieux peu favorables sont nom- 
breuses, les moyens de résistance qu'ils emploient sont restreints. Résistance 
passive, épaississement et enkystement, gélification de la paroi, dissociation, 
différenciation de cellules mycéliennes en chlamydospores, en spores en mas- 
sif, formes fumagoïdes, végétation en levure. Il n'est donc pas étonnant que 
l'on arrive ainsi à la divergence de formes dans les diverses cultures d'une 
même espèce, ou à la convergence de caractères pour des espèces différentes, 
dans un même milieu ; car chaque fois le champignon prend la forme la plus 
propre à le défendre contre l'action du milieu. 

"V. Harlay. 



E. PiROTTA et A. Albixi. — Osse7'ça.zio/ii sulla hiologia del 
Tateufo giallo. [Observations sur la biologie de la Truffe 
jaune Terfezia Leonis TuL] (Rendiconti délia R. Acad. di 
Lincœi, Classe dise, fisiche, math, e nat. Vol. X, P'' semestre, 
série 5*, fasc. 1, 7 janvier 1900). 

Il est de notion vulgaire que les Truffes et autres Tubéracées croissent au 
voisinage des racines des arbres et des autres plantes ligneuses. C'est M. Bou- 
DiER (1876) qui a le premier démontré qu'il en était ainsi pour les Elapho- 
inyces. En 1880 et 1885, Max Reess montre de nouveau les relations qui 
existent entre VElaph. granulatus et les racines des Pins. L'année suivante, 
B. Frank affirme les rapports entre le mycélium des Truffes et les radicelles 
de certaines Cupulifères ; les recherches de ÎMax Reess, C. Fish, O.M.\ttiroi.o 
(1887) amènent leurs auteurs à des conclusions identiques. 

MM. Pirotta et Albini ont découvert à la fin de 1895 près de Porto-d'Anzio 
une station de Truffe jaune (Terfezia Leonis TuL). CesTubéracées croissaient 
loin de tout arbre ou arbrisseau, mais au voisinage de nombreux pieds d'Jîe- 
lianthemum gutlatum Mill. var. inconspicuum . Clusius, Daléchamps et 
Bauhin ont mentionné dans leurs écrits que les habitants des lieux où crois- 
sent les Hélianthèmes considèrent la présence de ces plantes comme indi- 
quant celle de certaines Truffes : une espèce de ce genre de Phanérogames a 
même reçu le nom de Tuberaria. De nos jours, Ad. Ciiatin a confirmé cette 
remarque, en établissant que les Terfàs naissaient au voismage d'Hélianthèmes 



HLLLETIA' BlIiLIOCnAPHIQUE. 115 

et peut-être de Cistes ; en particulier, cet auteur a montré que pour le Ter- 
fezia Leonis c étiùt Y Helîanihemum guttatam var. inconspicuum qui jouait 
le rôle de plante truffière. M!M. Pirotta et Ai.uiNi nous apprennent que l'ap- 
parition et le développement de la Truffe jaune sont en rapport avec la durée 
de rHélianthème, qui est, comme on le sait, une plante annuelle. 

Si Ton creuse le sol où les Helianthemum ne forment encore que 
des rosettes de feuilles, on ne trouve pas encore de Terfeiia, mais 
seulement des corps cylindriques de 4 à 12 centimètres de long sur 1 à' 
2 centimètres de diamètre, droits ou iiicurvi's, quelquefois ramifiés : ces 
productions sont de consistance fragile, et se montrent foimées d'un 
lacis de radicelles mêlées de grains de sable. Un peu plus avant dans la 
saison, on trouve des Terfàs qui se sont développés à l'extrémité des corps 
cylindriques ou de leurs ramifications. Plus tard encore, vei's le mois de juin, 
au moment où l'Hélianthème commence à se dessécher, on ne rencontre plus 
que de rares tubercules, qui bientôt disparaissent ; les corps cylindriques se 
retrouvent au contraire jusqu'au printemps suivant. Ce sont probablement 
ces productions que Tulasne décrit comme protubérances obtuses des Terfe- 
zia. Ils adhèrent très-fortement d'une part au tubercule et de l'autre aux ra- 
cines d' Helianthemum et sont formés d'un lacis inextricable de radicelles et 
de filaments mycéliens : les auteurs ne peuvent affirmer avec certitude la 
continuité entre le mycélium du Terfàs, celui des corps cylindriques et 
celui des radicelles,mais ils ont reconnu que dans les trois régions la structure 
et la coloration des filaments étaient la même. Ce seraient donc les racines de 
certaines Phanérogames qui conserveraient d'une année àl'autre le mycélium 
de Tubéracées: la chose pourrait avoir lieu de trois manières. 1» Dans les 
Elaphomyces, le mycélium et les radicelles formeraient autour du champi- 
gnon un feutrage serré dans l'intérieur duquel celui-ci se développerait; 2" dans 
le 2Vr/'é3:(a Leoms, l'intrication des racines et du mycélium donnerait des pro- 
ductions cylindriques spéciales à l'extrémité desquelles se développeraient les 
tubercules; 3" dans certains Tiiber, le mycélium parsemé de périthèces atta- 
querait en différents points les racines de l'hôte. On sait que les recherches 
de WoRONiN, de Bruns, d'Ed. Ffscher, de Johow, de Noack, de M.ac Uougal 
etc., tendent à établir des faits analogues pour d'autres Champignons souter- 
rains ou hypogés (Pezizes, Lycoperdées, Agaricinées, etc.). 

F. GuÉGUEN. 

L. MoNTEMARTiiVi. — Lci Moiiilia fructigena Pei^s. e la 
malaitia dei frutti da essa prodoUa [Le Monilia fructigena 
Pers. et la maladie des fruits causée par lui]. (Rivista di Pato- 
logia végétale, VIII'^ année, 1899, N°' 7-12). 

Ce mémoire est une revue critique avec bibliographie très complète ; l'au- 
teur y ajoute le résultat de ses propres observations. Woortmann avait déjà 
remarqué que le mycélium du Monilia ne pouvait pénétrer dans un fruit sain 
qu'au point de contact de celui-ci avec un fruit malade: l'infection expéri- 
mentale par des conidies en suspension dans l'eau ne donne aucun résultat. 



116 E. PIlîOTTA ET A. ALBIM. 

L'auteur a reconnu que l'expérience réussissait lorsqu'on délayait les coni- 
dies dans un peu de suc de fruit, ce liquide nutritif donnant au jeune mycé- 
lium la vigueur nécessaire pour perforer l'épiderme. 

Les différences dans l'épaisseur de la cuticule que présentent les variétés 
d'une même sorte de fruits expliquent l'immunité relative dont jouissent à 
l'égard du parasite certaines de ces variétés. La plus grande fréquence du 
Monilia pendant les années humides et chaudes serait attribuable, partie à 
l'amincissement et au fendillement de l'épiderme sous l'action de la turges- 
cence plus considérable du fruit, partie à ce que le suc des fruits putréfiés, en 
tombant sur ceux restés sains, permettrait la germination des conidies du 
champignon à la surface de ces derniers. F. Guéguen. 

A. J. Bresadola et P. A. Saccardo. — Fungi Congoenses. 
[Champignons du Congo). (Bull, de la Soc. Roy. de Bot. de 
Belgique, t. XXXVIII, fasc. 1., 1899), 10 pp. et 5 pi. 

Espèces nouvelles décrites : Irpex ciirinus, Telephora Bewevrei, La- 
chnocladium ocliraceum, Pterula pallescens, Ustilago globiilifera (sur 
Andropogon ou un genre voisin), Phi/salospora alro-inaculans {suv feuilles 
de Cyperiis), Ilypoxylon nectrioidemn, Delpinoella insignis (nov. gen. 
n. sp.) (Sur lesfeuilles d'une Scitaminée), Plenodomus inœqualis (sur feuilles 
mortes A\n). Pandanus),Bothiorella lineolata,Leplothyrium Bewevreaniim, 
Botrglis coccotrichoidea, Hymenula rubicunda, Stilbum tenellum, Gra- 
p)hium (?) paradoxum, G. rhodophseum. F. G. 

P. Passy. — Pourriture des fruits. Momification des Pêches, 
rot brun [Monilia fructigena Pers.) Extrait du Journal de la 
Société nationale d'Horticulture de France, Mars 1899). (Broch. 
de 10 pages, avec 14fig.) 

Le Monilia fructigena, parasite de blessure, envahit les fruits (pommes, 
poires^ etc.) à la surface desquels ses conidiophores viennent former des cous- 
sinets gris punctiformes, disposés ordinairement en cercles concentriques. 
Les fruits ainsi attaqués se dessèchent et se momifient, restant attachés à la 
branche jusqu'à l'année suivante. 

M. Passy a pu constater que le Champignon s'attaquait également aux bour- 
geons des pruniers et des pêchers, ainsi qu'on l'avait déjà observé en Améri- 
que du Nord. Pour prévenir la diffusion de la maladie, l'auteur conseille de 
brûler tous les fruits atteints par le i¥omZia, ainsi que les feuilles qui jon- 
chent le sol à l'automne. F. G. 

F. Cavara. — Sur quelques champignons parasites nouveaux 
ou peu connus (Revue Mycologique, N° 82, Octobre 1899), 
4 pages et 1 pi. 

11 s'agit de différentes formes conidiennes attaquant des plantes ornemen- 
tales ou fourragères. Ce sont les Piamularia Vallisumbrosm n. sp., para- 



. BULLETIN BIBLIOGHAPHIQUE. 117 

site sur les feuilles des Narcisses; Cercospot'ella Hungarica Bauml. attaquant 
les feuilles des Lilium Martagon , Thumbergianum, speciosum ; Cevcospora 
arhninensis n. sp., abondanc sur ÏHedysarum coronarium ; Cercospora 
hi/pophylla n. sp., sur le Rosa gallica ; Ascochyta Polemonii n. sp., qui 
endommaae les feuilles du Polemonimn avruleum. E. P. 



E. Pée Laby. — Sur quelques effets de parasitisme de cer- 
tains champig-nons (Revue Mycologique, N° 82, Juillet 1899), 
pp. 77-78. 

L'auteur décrit les déformations produites sur le chou brocoli par le Pero- 
nospora parasilica Pers. 11 y a production d'une ramification abondante, 
donnant à la plante parasitée l'aspect d'un chou sauvage {Crambe mari- 
tima). Dans d'autres cas. l'abondance des conidiophores produit un affaiblis- 
sement du végétal atteint: la fructification du brocoli est plus hâtive, mais il 
Jie se produit qu'une seule inflorescence très petite et mal développée. 

Le Pcronospora parasilica résiste parfaitement à une température de -6» ; 
c'est même pendant les mois d'hiver que la contamination est la plus forte. 
Cette dernière propriété le dislingue de tovitesles espèces voisines. E. P. 



INDEX BIBLIOGUAPHIQUE 

des travaux sur les Champignons publiés en 1899. 



Tableau des abréviations servant à désigner les Recueils d'où 
sont tirés les travaux mentionnés au présent Index. 



Annales du Jaidiii botanique de Buitenzorg. 

Annals of Botan\ . 

Annales de la Société botanique de Lyon. 

Annales des sciences naturelles. Botanique. 

Beitnige zur Biologie der Pllanzen. 

Botanisches Gentralblatt . 

Berichte der deutschen botaniscben Gesellschaft. 

The botanical Gazette. 

Bulletin de l'Herbier Boissier. 

Botanische Jahrbûcher fur Systématique, Ptlanzenges- 

chichte und Ptlanzengeographie. 
Botaniska Notiser. 

Bulletino del Laboratorio ed Orto Botanico di Siena. 
Bulletin de la Société royale de Botanique do Belgique. 
Bulletino délia Società botanica italiana. 
Bulletin of the Torrey botanical Club. 
Comptes rendus des séances de l'Académie des sciences. 
Deutsche botanische Monatsschrift. 
Fora. 
Hedwigia. 

Journal de Botanique. 
The .Tournai of Botany. 
Jahrbûcher fiir wissenschat'tlicho Botanick. 
Malpighia. 

Nuovo Giornale botanico italiano. 
Oesterreichische botanische Zeitschrift. 
Revue générale de Botanique. 
Revue mycologique. 

Rhodora, Journal of the New England botanical Club. 
Zeitschrift fiir Pllanzenkrankheiten. 



A. 


J. B. 


A. 


of B. 


A. 


S. b. L. 


A. 


Se. n. 


B. 


B. 


B. 


a. 


B. 


d. b. a. 


B. 


G. 


B. 


H.B. 


B. 


J. 


B. 


N. 


B. 


O.b.S. 


B. 


s. B. B. 


B. 


S. b.i. 


B. 


T. C. 


C. 


R. 


D. 


b.M. 


FI 




Hchv. 


J. 


B. 


J. 


ofB. 


J. 


w.B. 


Mlp. 


N. 


. G. 


Oe. Z. 


B 


.g.B. 


B 


. m. 


Rh. 


Z. 


Pk. 



INDEX lilBLIOGIîAPHIQUE. 119 

Anderson (Alexander P.) : A new Tillelia parasitic on 
Ovyzasativah. [B. G., Vol. XXVII, n° 6, pp. 467-472, 
4 fig. dans le texte). 

Bachmann iHans) : Mortierella Van Tieghemi nov. sp. 
Bcilrag" zur Physiologie der Pilze (/. w. B., t. XXXIV, 
fasc. 2; pp. 279-328, 2 pi.). 

Beauverie : Le Botrytis cinerea et la maladie de la Toile 
[C. /?., t. CXXVIli. n° 13, pp. 846-849). 

Beauverie (J.) : Hygrociocis Pénicillium glauciun [A. S. 
b. L., t. XXIII, pp. 51-60, 5 fig. dans le texte). 

Biffen (R. H.) : A fat-destroying Fungus (A.ofB., Vol. XIII, 
n° LI, pp. 363-376, 1 pi.). 

Bodin E.l : Sur la forme Oospora [Streptothrix] du Micros- 
ponun du Cheval (6\ /?., t. GXXVIII, n° 24, pp. 1466- 

1467). 

Boudier : Description d'une nouvelle espèce de Morille de 
France, le Morchella Rielana [A. S. b. L., t. XXIII, 

pp. 85-87). "* 

Bresadola (J.) et P. A. Saccardo : Fungi congoenses 
[B. S. B. B., t. XXXVIII, 1" fasc, pp. 152-168, 5 pi.: 
15 esp. nouv. et 1 genre nouv. [Delpinoella., n. g. llyste- 
riacearum]). 

Britzelmayr M.) : Revision der Diagnosen zu den von 
M . Britzelmayr aufgestellten Hymenomyceten-Arten [suite] 
[B. C, t. LXXVII, n° 11, pp. 356-363; n» 12. pp. 395-402; 
n° 13, pp. 433-441 ; t. LXXX, n° 2-3, pp. 57-66 ; n" 4, 
pp. 116-126). 

Bubak (Fr.) : Ein kleiner Beitrag zur Pilzflora von Tirol [Oe. 
Z., XLIX*^ ann., n° 4, pp. 134-136). 

Burt (E. A.) : A list of Vermont Ilelvelleae, with descriptive 
Notes (Rh.. Vol. I, n° 4, pp. 59-67, 1 pi.). 

Burt (E. A.) : Correction in regard to Vibrissea circinans 
[Pers.] Massée [Rh., Vol. I, n° 5, p. 91). 



120 IXDEX BinLTOGr.APHIQUE. 

Carleton M. Alf.) : Cercal Rusts of the United States (U. 
S. Department of Agriculture, Division of veg'etable Phy- 
siology and Pathology, Bull. n° 16, 74 pag., 1 fig. dans le 
texte et 4 pi. . 

Gavara Fridiano : Di due microrganismi utili per Tagri- 
cultura \B. S. b. L, 1899, n" 7-8, pp. 241-244 ; 1 esp. nouv. : 
Oospora Guerciana i . 

Cavara iF.) : Di una nuova Laboulbeniacea, Rickia Was- 

mannii wov. gen. e nov. spec. (Mlp.. t. WW, w" 4, pp. 173- 

188, 1 pL). 
Cavara (F.) : Micocecidii fiorali del Rhododendron ferrugl- 

neum L. [Mlp., t. XIll, fasc. 3, pp. 124-13(3, 1 pl.l. 
Gavara (F.) : Osservazioni citologiche sulle Entomophthorese 

\N. G., nouv. sér., Vol. VI, fasc. IV, pp. 411-466, 2 pi.). 
Gavara (F.) : Osservazioni di A. H. Trow sulla biologia e 

citologia di una varietà di Achlya americana B. S. b. i., 

1899, no 4, pp. 79-84). 
Gavara (F.) : Sur quelques Champignons parasités nouveaux 

ou peu connus [R. m., 2P ann., n° 84, pp. 101-105, 1 pi.; 

4 esp. nouv.). 

Gavara (F.) e P. A. Saccardo : Tuberculina Sbrozzii 
nov. spec. parassita délie foglie di Vinca major L. {]V. G., 
nouv. sér.. Vol. VI, fasc. 3, pp. 322-328, l'pl.). 

Clark (Judson F.) : A new Volutella [B. T. 6\, Vol. 26, 
n" 12, pp. 617-620, 1 fig. dans le texte et 1 pi.). 

Clark (J. F.) : On the toxic effect of deleterious agents on the 
germination and development of certain filamentous Fungi 
iB.G., Vol. XXVIII, no 5, pp. 289-327 ; n°6, pp. 378-404). 

Gollins iF. S.l : A case oî Boletus poisoning \Rh.. Vol. I, 
no 2, pp. 21-23). 

Convert (B.-H.) : Notes mycologiques. — I. Sur^ Lepiota 
cepœstipes Sowerby et Lepiota lutea Withering. — II. Sur 
Thelephora caryophyllea Persoon [A. S. b. L., t. XXIII, 
pp. 1-6). 

Czapek (F.) : Zur Biologie der holzbewohnenden Pilze B. d. 
b. 6'., t. XVn, fasc. 5, pp. 166-170). 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE. 121 

Dietel (P.) : Ueber die Teleutosporenform der Uredo Pohj- 

podii [ï^QYB.] [Hdw.^ t. XXXVIII, fasc. 6, Suppl., pp. 

[259]-[260]). 
Dietel (P.) : Uredineae brasilienses a cl. E. Ule lectœ. II 

i/(5?(r., t. XXXVIII, fasc. 5, pp. 248-259; 2 genr. nouv. 

[Anthofuyces et Didymospora\ 19 esp. nouv.). 

Dietel (P.) : Uredineae japonicœ. I [B> /. , t. XXVII, fasc. 4, 

pp. 564-576, 1 pi.; 1 genre nouv. [Sdchopsora] et 9 esp. 

nouv.). 
Dietel (P.) : Waren die Rostpilzeinfrûlieren Zeiten plurivor ? 

B. C, t. LXXIX, n» 3, pp. 81-85; n» 4, pp. 113-117). 
Dietel (P.) et F. "W. Neger : Uredinacese chilenses. III 

[speciebus nonnullis in Argentinia collectis inclusis] [B. /., 

t. XXVII, fasc. 1-2, pp. 1-16; 1 genre nouv. [Mikrojie- 

geria] et 25 esp. nouv.l. 
Dittrich Gustav) : Zur Entwickelungsgeschichte der Hel- 

vellineen [B. B., t. VIII, fasc. 1, pp. 17-52, 2 pi.). 
Duggar (B. M.) : Notes on the maximum thermal death- 

point oï Sporotrichiun globidiferum [B. G., Vol. XXVIL 

n" 2, pp. 131-136). 
Earle (F. S.) : Some Fungi from South America [B. T. C, 

Vol. 26, n° 12, pp. 632-634 ; 5 esp. nouv.). 
Erikson ! Jakob) : Nouvelles études sur la Bouille hrune des 

céréales (.1. Se. n., 8''sér., t. IX. pp. 241-288, 3 pi.). 
Eriksson (Jakob) : Studien tiber den Hexenbesenrost der 

Berberitze [Paecinia Aj'vhenatheri ¥Aeh.'\ [B. B., t. VIII, 

fasc. 1, pp. 1-16, 3pl.j. 
FarlO'W (W. G.) : Poisoning by Aga riens illudens [Bh.., 

Vol. I, n° 3, pp. 43-45). 
Fischer (Ed.) : Beitrage zur Kenntniss der schweizerischen 

Rostpilze \suite'\ [B. H. B.,t. VII, n°5, pp. 419-422). 
Fleroff (A.) : Einfluss der Nahrung auf die Athmung der Pilze 

[B. 6\, t. LXXIX, n° 9-10, pp. 282-287). 
Frank (B.) : Untersuchungen iiber die verschiedenen Erreger 

der Kartoffelfaule [B. d. b. G., t. XVI, fasc. 8, pp. 273- 

289). 



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tain /. ofB.. Vol. XXXVll, \i" 437, pp. 198-201). 

Gepp Antony : Apodachbja J. ofB.. Vol. 37. n°440 p 338 
ipl. . 

Giesenhagen iK. i : Ueber einige Pilzgallen an Farnen [FL. 

t . S(). fasc. 1. pp. 100-109, 5 fig. dans le textej . 
Griffiths David : Anthiims borealis Bnvi \B. T.C.. Vol. 

26, n» 12. pp. ()28-631, 1 fig. dans le texte. 
Griffiths David : Contributions to a better knoAvledge of tlie 

Pyrenomycetes B. T. C, Vol. 26. n'^ 8. pp. 432-444. 2 pi.: 

6 esp. nouv.\ 

Griffiths David : Some nortlnvestern Erysipliacea? B. T. C, 
Vol. 26. n« 3, pp. 1.38-144,1. 

Griffiths David : The common parasite of tlie Powdery 

Mildews i^. T. C, Vol. 26. n°4. pp. 184-188, 1 ijL). 
Grout A. J. : A little-known mildeAv of the Apple [Ery- 

sipheMali] B. T. C. Vol. 26. n° 7. pp. 373-375, 1 pl.j.' 
Guérin 'P.; : The probable causes of the poisonous effects of 

the Darnel [Lo//«/;? temnlcntuin L.] B. G.. Vol. XXVIII. 

n^' 2. pp. 136-137;. 

Halsted Byron D.j : A new genus of powdery mildews 
[Erysiphopsis] [B. T. C. Vol. 26. nm. pp. 594-o95 : 1 esp. 
nouv.'. 

Halsted Byron B. : Mycological Notes [B. T.C.. Vol. 26. 
n" 1, pp. 12-20, 2 fig. dans le texte; n" 2, p. 72). 

Halsted Byron D. : The influence of wet weather upon 
parasitic Fungi {B. T. C, Vol. 26, n» 7, pp. 381-389). 

Harper(R. A.' : Cell-divisionin sporangia and asd{A.ofB.. 
A'ol. XIII, n° LU. pp. 467-525, 3 pl.j. 

Harper (R. A.; : Xuclear phenomena in certain stages in 
the development of the Smuts 7'/'«/2Sflfi^. of. the Wisco/i- 
sin Acad. ofscienc. arts and lett., Vol. XII. pp. 475-498. 
2 pi.). 



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intéressante und neue von E. Ule gesammelte Pilze ans 

Brasilien [Hdw.,l. XXXVII. fasc. 6. pp. [205]-[206] ; 3esp. 

nouv.). 
Hennings (P.) : Fung-i americani-boreales [fin] [Hdw., 

t. XXXVII, fasc. 6, pp. 273-270; 7 esp. nouv.). 
Hennings (P.) : Fungi austro-africani. II [Hdw. t. XXXVll, 

fasc. 6, pp. 293-295 ; 9 esp. nouv.). 
Hennings (P.): Fungi centro-africani [Hdw., t. XXXVII, 

fasc. (), pp. 283-289; 14 esp. nouv.). 
Hennings (P.): Fungi jamaicenses [Hdw., t. XXXVll, 

fasc. 6, pp. 277-282; 12 esp. nouv.). 
Hennings (P.): Fungi turkestanici (//t/tv., t. XXXVII, fasc. 6, 

pp. 290-292 ; 1 esp. nouv.). 
Hennings (P.) : Uredinese aliquot brasilianœ novae a cl. E. 

Ule lectœ [Hdw., t. XXXVIII, fasc. 3, Suppl., pp. [129]- 

[130] ; 7 esp. nouv,). 
Heyden K. K.): Zur Pilzflora des Gouvernements Moskau 

[Hdw., t. XXXVIII, fasc. 5, pp. 269-273). 
Hitchcock (A. S.) : Note on corn smut [B. G., Vol. XXVIII. 

n° 6, pp. 429-430). 
Holtermann (Garl.) : Pilzbauende Terniiten [Botanische 

Untersuchungen \Schwendener-Festsclirif{\, pp. 411-420, 

1 fig. dans le texte). 
Holway (E. 'W. D.) : Mexican Fungi. II [B. G., Vol. 

XXVII, n^ 4, pp. 273-274; 3 esp. nouv.). 
Hume H. Harold) : Some particularities in Pnccinia teleu- 

tospores [B. G., t. XXVIII, n^ 6, pp. 418-423, 6 fig. dans 

le texte). 
Jaky Ernst : Die Compositen-bewohnenden Puccinien vom 

Typus der Pnccinia Hieracii und deren Spezialisierung 

[Z.Pk., t. IX, pp. 193-224 et 263-295 [à siw>re], 19 fig\ 

dans le texte). 



124 INDEX BIBLIOGRAPHIQUE. 

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ceten aus der Umgegend Jenas D. h. M., XYll*^ ann., 
n° 2-3. pp. 42-44 . 

Jahn E. : Zur Kenntniss des Sclileimpilzes Comatricha 
ohtusata Preuss Botanische Untersuchungen [Schwen- 
dener-Festschrift\ pp. 288-300, 1 pi. . 

Klebahn H. : Ein Beitrag zur Getreiderostfrage Z. Pk.. 

t. Mil, fasc. 6, pp. 321-342, 5 fîg. dans le texte et 1 pi.). 
Klebahn H. : Kulturversuche mitheterucisclien Rostpilzen. 

VII. Bericht. 1898 [fini Z. Pk.. t. IX, pp. 137-160, 2 fig. 

dans le texte . 

Klebahn H. : Vorlâufige iNIitteilnng liber einige Kultur- 
versuche mit Rostpilzen Z. Pk.. t. YIII. n° 4. pp. 200- 
201 . 

Klebs Georg. : Zur Physiologie der Fortpflanzung einiger 
Pilze. II. Soprolegnia mLvtaDeBsirx J. iv.B..i. XXXIII, 
fasc. 4. pp. 513-593. 2 fig. dans le textes. 

Kolkwitz R. : Ueber den Einfluss des Lichtes auf die 
Athmung der niederen Pilze J. w. B..t. XXXIII, fasc. 1, 
pp. 128-165, 2 pl.> 

Kuntze OttOj : La nomenclature réformée des Algœ et 
Fiuigi d'après le Code parisien de 1867 et contre les fan- 
taisies de M. Le Jolis /. B.,\. XIII. \f 1, pp. 17-26!. 

Lambotte : Evolution des spores des Pyrénomycètes R. m.. 
2Pann.. n" 82, pp. 78-80 . 

Lentichia A.) : Seconda contribuzione alla micologia del 
M. Generoso [Imenomiceti, Gasteromiceti] B. S. h. i.. 
n^'9-10.pp.293-300> 

Lindau G. : Beitrâge zur Kenntniss der Gattung Gyrophora 
[Bo tanisch e Un ter s u ch u ngen Sch wendener- F es tsch rift) . 
pp. 19-36. Ipl.t. 

Lindau G. : Ueber Entwickelung und Ernahrung von Aniy- 
locai-pus encephaloides Curr. Hdw.. t. XXXVIII, fasc. 1, 
pp. 1-19.2 pi. . 

Lister Arthur, : Mycetozoa from the State of Washing- 
ton [J. of'B., Vol. XXXVII, n°443, pp. 463-464;. 



INDEX BIULlOGItAPHIQUE. 125 

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n''4oO, pp. 145-152, Ipl.; 1 esp. nouv.). 
Longyear B. O.l: Two new Michigan Fungi (/i. G., Vol. 

XXVIJI, n" ^, pp. 272-273 ; 2 esp. nouv.)- 
Lucet et Costantin : Sur une nouvelle Mucorinée patho- 
gène [Rhizoniucor parasiiicus) C. R.. t. CXXIX, n° 24, 

pp. 10:31-1034). 
Lud"wig (F.) : Ein neues Vorkommen der Sepidlaria avenosa 

(Fcld.) Rehm [B. C, t. LXXVIl, n° 11, pp. 353-356). 
Magnus (P.)- Beitrag /Air Kenntniss der Melampsorella 

Caryophyllaceariim (D C.) Schroet [B cl. h. G., t. XVII, 

l'asc. 9, pp. 337-343, 1 pL). 
Magnus (P.) : I^n bei Berlin auf Caragana arhoresceiis 

Lam. epidemisch auftretender Mehlthau (B. d. b. G., 

t. XVn, fasc. 4, pp. 145-151, Ipl.j. 
Magnus (P.): Ueber die bei verwandten Arten aul'tretenden 

Modifîcationen der Charaktere von Uredineen-Gattungen 

[B. cl. b. c;., t. XVll, fasc. 5, pp. 178-184, 1 pi.). 

Magnus (P.) : Ueber die Beziehungen zweier auf Stachys 
auftretenden Puccinien zu einander (7i. cl. b. C?., t.XVl, 
n° 10, pp. 377-385, 1 pi. 

Magnus (P.) Ueber die Gattung Uropyxi^ Schrut. \B. d. 
b. G., t. XVII, fasc. 3, pp. 112-120, 2 fig. dans le textel. 

Magnus iP.): Ueber einen in Siidtirol aufgetreten Mehlthau 
des Apfels [B. d. b. G., t. XVI, fasc. 9, pp. 331-334, 1 pi.). 

Maire (René) : Note sur un parasite de Laclarius deliciosus : 
Hypomyces \Peckiella\ Vidlleniinianu.'i n. sp. (7i. //. B., 
t. VII, n° 3, pp. 138-143). 

Maire (R.) : Sur les phénomènes cytologiques précédant et 
accompagnant la formation de la téleutospore chez le 
Pnccinia Liliacearuin Duby (6'. /?., t. CXXIX. n° 21, 
pp. 839-841). 

Maire (R.) : Sur un Hypomyces parasite de Lactnrius ior- 
minosus: l[ypomyces[Peckiella] Thiryanus n. s. (B.H.B.. 
n"3, pp. 144-145). 



126 IXDEX BIBLIOGRAPHIQUE. 

Mangin L.i : Observations sur la membrane des Mucorinées 
./. IL. t. XIII, 11° 7, pp. 209-216 ; n° 9, pp. 276-287 ; n° 10, 
pp. 307-316 ; n° 11, pp. 339-348 ; n" 12, pp. 371-378 ; 7 fig. 
dans le texte et 2 pi. : 2 esp. nouv.j. 

Mangin iL.i : Sur une maladie nouvelle des Œillets [C. R., 
t. CXXIX, n° 19. pp. 731-734). 

Massalongo iC.) Sopra una nuova malattia dei frutti del 
Fag-inolo B. S. h. T. . 1899, n° 7-8, pp. 239-240;. 

Matruchot L.i: Sur un nouveau mode déformation de l'œuf 
chez les Piptocephalis C. R., t. CXXIX, n" 24, pp. 1034- 

1036;. 

Matruchot L. et Ch. Dassonville : Recherches expéri- 
mentales sur une dermatomycose des Poules et sur son 
parasite \R. g.B.. t. XI. ii'^ 132, pp. 429-444, 2 pi. 

Matruchot (L. i et Ch. Dassonville : Sur la position systé- 
matique des Trichophylon et des formes voisines dans la 
classification des Cliampignons C. R., t. CXXVIII, n'^ 23, 
pp. 1411-1413). 

Mattirolo 'O.' : Sulla mannite contenuta nelle Tuberacee 
{Mlp., t. XIII. n" 4. pp. 154-155i. 

Na"waschin S. : Beobaehtungen (iber den feineren Ban und 
L niwandlungen von Plasinodiophora Brassiae Woron. in 
Laufe ihres intracellularen Lehens Fi., t. 86. fasc. V, 
pp. 404-427, 1 pi. . 

Neger F. "W.; : Zur Kenntniss der GaUung Phi/llaclinia [B . 
6'.,t. LXXX. nM,p. lli. 

Nemec Bohumili : Die ^lykorrhiza einiger Lebermoose 
B. d. b. (r.. t. XVIl,fasc. 8, pp. 311-316, Ipl.i. 

Nestler A : Ueber das Yorkommen von Pilzen in Wachhol- 
derbeeren B. d. b. (i.. t. XYII, fasc. 8, pp. 320-325, 1 pl.i. 

Nordhausen M. : Beitrâge zur Biologie parasitârer Pilze 

/. .V. B.. t. XXXIII. fasc. 1, pp. 1-46 . 
Oudemans G . A. J. A. : Beitriige zur Pilzilora der Xieder- 

lande. II(/A/ir.. t. XXXVII. fasc. 6, pp. 313-320 ; 16 esp. 

nouv. . 



INDEX BIBLIOGRAPHIQUE. 127 

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t. XVII, fasc. 2, pp. 64-72. 1 pi.; 1 esp. iiouv.). 
Pater (B.) : Eine Beobachtung iïber Puccinia Malvaceavain 

Mont. (Z. Pk., t. VIII, 11° 4, pp. 201-202). 
Peck(Chas. H.l : New species of Fimgi (7:?. T. C, Vol. 20, 

n" 2, pp. 03-71 ; 20 esp. nouv.). 
Pée-Laby (E.) : Sur quelques effets du parasitisme de certains 

Cliampignons [R. m.. 2Pann., n* 82, pp. 77-78|. 
Pellegrini (P.) : Funghi délia provincia di Massa-Carrara [N. 

G., nouv. sér., Vol. VI, fasc. 1, pp. 51-80 ; fasc. 2, pp. 188- 

218). 
Penzig lOtto) : Ueber Javanische Phalloideen (.1. /. B., 

2" sér., Vol. 1, pp. 133-173, 2 fîg. dans le texte et 19 pi.; 

1 genre nouv., 6 esp. nouv.). 

Genre nouveau décrit : Jansia nov. gen., avec 2 espèces. 
Popta Canna M. L. i : Beitrag zur Kenntniss der llemiasci 

FI., t. 86, fasc. 1, pp. 1-46, 2 pi.). 
Prillieux et Delacroix : La maladie des Œillets à Antibes 

[C. /?., t. CXXIX, 11° 20, pp. 744-745). 
Purie"witsch (K.) : Ueber die Spaltung der Glycoside durch 

die Sclilimmpilze(i?. ^. b. G., t. XA'l. n» 10, pp. 368-377). 
Raciborski iM.! : Pflanzenpatliologisches aus Java (Z. Pk., 

t. VIII, fasc. 2, pp. 66-67 : n« 4. pp. 195-200). 

Woroninella PsopJiocarpi n. gen. et sp., Chytridiacée parasite du 
Psophocarpus tetragonolobiis DC. 

Radais : Le parasitisme des levures dans ses rapports avec la 
brûlure du Sorgho \C.R.,i. CXXVIII, n» 7, pp. 445-4481. 

Rehm (H,) : Beitràge zur Pilzflora von Siidamerika. V. Myste- 
riaceae. Gesammeit von Herrn K. Ule in Brasilien, in Ver- 
bindung mit Exemplaren aus anderen Theilen Sildamerikas 
[Hdiv., t. XXXVII, fasc. 6, pp. 296-302, 1 pl.l. 

Rehm (H.) : Beitràge zur Pilzflora von Siïdamerika. VI. Micro- 
thyriaceœ [Hd^v., t. XXXVII. fasc. 6, pp. 321-328, fig. dans 
le texte ; 9 esp. iiouv.i. 

RickiJ. und H. Zurhausen : Zur Pilzkunde Vorarlbergs. 
IV [Oe. Z., XLIX"^ ann.. iiM), pp. 324-327 ; n" 10, pp. 349- 
351). 



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Lév. '/. ofJi.. Vol. XXXVII, n° 443, pp. 449-454^ 1 pL). 

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délia ilora micologica clella Provincla di Catania (23 pag., 
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Schellenberg iH. C.) : Ueber di^e Sclerotienkranklieit der 

Quite [B. cl. h. G., t. XVII. fasc. 6, pp. 205-215, 1 pi.). 
Schrôder Bruno) : Dangeardia, ein neues Clirytridineen- 

genus iwiî Pa/ido/-ina Mo7-nin Bary [B. d. b. 6'., t. XVI. 

fasc. 9, pp. 314-321, 1 fig. dans le texte et 1 pi.; 1 esp, 

nouv.j. 

Selby (A. D.) : x\dditional liost plants of Plasmopara cu- 
hensis [B. G., t. XXVII, n" 1, pp. 67-68). 

Smith Glayton O.i : Notes on tlie species oi' Agavicus 
[Psalliota] of the (]liamplain ^'alley Rh., Vol. 1, n" 9, 
pp. 161-1641. 

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and Cowpea (U. S. Bepartment of Agriculture, Division 
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72 pag. et 10 pi.). 

Genre nouveau décrit : Neucomospora. 

S.mith (Ralph. E.l : A new Collectolriclumi disease of the 
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le texte). 

Sorauer (Paul) : Die diesjahrige Gladiolenkranklieit (Z. 
Pk\ , t . VIII, fasc . 4, pp . 203-209) . 

Sorauer iPaul) : Krkrankungsfàlle durch Mon/ lia (Z. Pk., 
t. IX, pp. 225-235 [// siiipre], 1 fig. dans le texte et 1 pi.). 

Sorauer P.) : Zur iI/o/«7/rt-Krankheit (7i. d. b. (r., t. XVII, 

fasc. 6. pp. 186-1891 
Speschnew N. N. v.) : Ueber Parasitismus von Phoina 
reniformis V. et Pv. und seine Rolle in der Blackrot-Kpan- 
kheit der Weintraube [Z.- Pk., t. IX, pp. 257-260). 

Stevens (F. L.) : A peculiar case of spore dislribulion [B. 
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pp. 377-407). 

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rotzendes Sclerotitim [B. N., 1899, fasc. 5, pp. 219-228. 
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(Hchv., t. XXXVII, fasc. 6, pp. [206]-[2Û9] ; 3 esp. nouv.).. 

Sydovsr (P.) : Diagnosen neuer, aus verschiedenen Gegenden 
stammender Pilzc (//<r/K'. , XXXVIIl, fasc. 3, Suppl., pp. 
[140]-[144]; 19 esp. nouv.j. 

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Vol. II, fasc. 1. p. 89). 

Tassi (FI.) : Micologia délia Provincia Senese. VI. [B. O. b.S.. 
Vol. II, fasc. 1, pp. 36-58). 

Tassi (FI.) : Novœ Micromycetum species descriptœ et ico- 
nibus illustratae [suite] [B. O. b. S.. Vol. Il, fasc. 1. 
pp. 27-35, 2 pi.). 

Tassi (FI.) : Studio biologico del génère Diplodia Fr. [B . 0. 
b. S., Vol. II, fasc. 1, pp. 5-26, 5 pi.). 

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Tranzschel ("W.) : Zwei neue europâische Ascomycetengat- 
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t. XIII, n" 4, pp. 127-132). 

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kiilisclie Bemerkung'eji zu meinem Exsiccatenwerke « ^li- 
cromycetes rariores selecti ». Fasc. I-VI (B . N., 1899, 
n" 4, pp. 153-173 ; 7 esp. nouv.). 

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t. XIII, lasc. 1-2, pp, 73-86, 2 pL). 

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"Wehmer (G.) : Mouilla fructlgena Pers. [= Sclerodnla 
friicdgena m.] und die il/o/z/Zm-Krankheit der Obstbaumc 
[B. d. h. C;., t. XVI, fasc. 9, pp. 298-307, 1 pi.). 

Wehmer (G.) : Ueber einige neue Aspergillus- kYïQw [B. C, 
t. LXXX, n" 12, pp. 449-461, 1 lig. dans le texte; 3 esp. 
nouv.). 

Whitney (Luella G.) : List of Vermont Myxomycètes witli 
notes [Rh., Vol. 1, n" 7, pp. 128-130). 

Woronin (M.) : Zur Black-Rot-Frage in Rnssland (Z. Pk., 
t. VIII, fasc. 4, pp. 193-195). 



Note sur Lentinus suffrutescens (Brot.) Fries. 

Par Ch. VAN EAMBEKE. 



J'ai trouvé deux exemplaires de cette espèce, le 14 août 1899. 
Ils adhéraient entre eux par la base des stipes, ou plutôt ceux- 
ci sortaient d'une souche ou base commune (PL IV). Les cham- 
pignons étaient implantés sur le bord interne d'une cuve de la 
serre chaude du Jardin botanique de l'Université de Gand. 

Ces exemplaires s'éloignaient assez notablement, par leur 
faciès et par certains caractères, de ceux décrits et ligures par 

SCH.KFFKR (1), HaHTSEX (2) Ct OuDRMANS (3) . 

Ils étaient inégalement développés. Les dimensions du plus 
petit des deux étaient les suivantes : 
Longueur totale : 9 1/2'='". 
Longueur du stipe : 7'"'. 
Epaisseur du stipe : 7 à 8'"'". 
Plus grand diamètre du chapeau : 4''". 

Dimensions du plus grand exemplaire : 
Longueur totale : 14*='". 
Longueur du stipe : 11'"". 
Epaisseur du stipe près de la base : 17'"'". 
Epaisseur du stipe vers le haut : 9'"'" . 
Diamètre du chapeau : 7 1/2''". 



(1) SCH/EFFER, Fung. Icon., tab. '248 et 249. 

(2) Hartsen, Flora batava, tab. 948. 

(3) OuDEMANS, Contributio)is à la Flore mijcologiqiie des Paijs-Bas, XII, 
in Ned. Kruidk. Arcb. D. V. g" st. 1888, p. 157-158 ou 16-17 du tirage à part ; 
pi. V. — Révision des champignons tant supérieurs qu'inférieurs trouvés 
jusqu'à ce jour dans les Pajis-Bas. Amsterdam, 1893. T. l, p. 195-190. 

9 



134 CH. VAN BAMBEKE. 

Un mot sur les principaux caractères des exemplaires en 
question. 

Chapeau. — Il est conique, à face supérieure régulièrement 
orbiculaire ; celui du plus petit exemplaire, convexe, mame- 
lonné , à bord retroussé ; celui du plus grand exemplaire légère- 
ment déprimé ou en coupe dans sa partie centrale, avec mame- 
lon encore persistant quoique peu développé, à bord non 
retrousisé, mais, par contre faiblement crénelé. Chez les deux 
exemplaires, la couleur de la face supérieure du chapeau est 
blanc-crème, et sur ce fond blanc-crème, à partir du centre 
jusqu'à une certaine distance du bord, s'observe un moucheté 
de fines mèches d'un brun-rougedtre ; la partie externe, libre 
de ces mèches, est parfaitement lisse. 

Lamelles. — Dans les deux exemplaires, les lamelles d'abord 
blanches puis légèrement jaunâtres, sont serrées, étroites, den- 
ti culées, fortement décurrentes ; il existe toutefois une limite 
assez nette entre les lamelles tapissant la face inférieure du 
pileus et leur continuité, sous forme de cannelures, sur la par- 
tie supérieure du stipe. Cette limite se voit aussi, mais plus 
accusée que dans nos exemplaires, sur le champignon repro- 
duit fîg. I et II de la planche 248 de Schiffer. 

Stipe. — Il est central, mesurant à peu près en longueur le 
double du diamètre du chapeau, cylindrique, un peu plus épais 
à la base chez l'exemplaire le plus développé, droit (plus grand 
exemplaire) ou faiblement courbé (plus petit exemplaire) nette- 
ment cannelé au sommet par suite de la décurrence des 
lamelles, d'un blanc-crème plus pâle que la couleur du cha- 
peau, couvert de petites écailles brun-bistre, faiblement sail- 
lantes ou recourbées, serrées à la base et disparaissant insen- 
siblement vers le milieu de sa longueur, plein, solide. 

Chair blanche, non changeante à l'air, celle du chapeau en 
continuité avec celle du stipe. 

Spores ellipsoïdes-cylindriques, mesurant 7,5pi-2,5pi. 

Remarques. — D'après les descriptions de Hartsex, 
Pries (1) et Oudemaxs, le chapeau, d'abord convexe ou peu 

(1) Friks, Hijmenomycetes Europaei, Edit. altéra, p. 484. 



NOTE SUIS LENTINUS SUl'FlîUTESCENS. ioO 

convexe, est ensuite déprimé ou infundibuli l'orme ; les lig'ures 
de ScH.îîFFEi? le représentent nettement infundibuliforme ; 
OuDEMANs ajoute toutefois, à la suite de sa description, '( que 
les 4 ou 5 exemplaires du L. suffriitescens qu'il a eu l'occasion 
d'examiner, ne lui ont jamais présenté un chapeau infundibuli- 
forme « (1). Cependant, à part une des figures de Oudemans 
où la convexité est visible sur un chapeau très incomplètement 
développé ou resté rudimentaire, les autres figures de cet auteur 
ne représentent pas cette convexité ; de même que celles de 
ScH.EFFEii, les figures de IIartsex montrent un chapeau forte- 
ment déprimé. Nulle part il n'est fait allusion à la présence 
d'un mamelon central. 

Pour Hartsen et Fries, le chapeau lisse et glabre, prend à 
latin un ton ferrugineux (2). Le chapeau, dit Ouoemaxs, est 
« parfaitement lisse et glabre ou divisé en écailles charnues 
appliquées^ blanchâtre ou ferrugineux pâle » (3). Les délicates 
mèches brun-rougeàtre de nos exemplaires ne sont pas compa- 
rables aux écailles dont il est ici (juestion ; cela ressort claire- 
ment d'une comparaisoji de nos ligures avec celles de Oude- 
MAxs, comme aussi de la remarque faite par lui : « Nous avons 
ajouté une figure nouvelle aux deux qui existent de notre 

plante pour faire voir que le chapeau n'est pas toujours 

lisse, mais se rompt quelquefois en des écailles superfi- 
cielles » (4). Un retroussement du bord du chapeau rappelant 
celui qui est visible sur notre plus petit exemplaire, se remarque 
aussi sur une des figures reproduites par Oudemans. 

D'après le savant hollandais, le stipe produit « une multi- 
tude d'écaillés cornées^ recourbées en dehors, concolores au 
chapeau ». Un coup d'œil jeté sur les figures de Oudemaxs 
prouve que la particularité sur laquelle il attire l'attention dif- 
fère notablement de celle que montrent nos exemplaires. Chez 
ces derniers, les écailles, très faiblement saillantes ou retrous- 



(1) OuDEJUNS. Révision, etc., 1. c. p. 196. 

(2) La descriplion donnée par FniEs est la reproduction exacte de celle de 
Hartsen. 

(3) Révision, etc., 1. c. p. 195. 

(4) Oudemans, Révision, etc., p. 196. — Les mots ici soulignés ne le sont pas 
dans l'ouvrage. 



136 CH. VAN BAMBEKE. 

sées, tranchent, parleur couleur brune, ferrugineuse sur le ton 
pâle du reste du stipe ; elles disparaissent, en partant de la 
base du stipe. à mi-hauteur de ce dernier, alors que, sur les 
exemplaires décrits et figurés par Oudemans, les écailles forte- 
ment recourbées en dehors, font défaut à la base, ou du moins 
y sont peu apparentes (à en juger d'après les figures), occupent 
le reste de la longueur du stipe, et sont concolores au chapeau. 
Des écailles petites et plus ou moins comparables à ce que nous 
avons observé se distinguent, par places, sur les figures de 
ScH.ïi'FEK ; une des figures de la Flora bataça laisse voir quel- 
ques écailles rares, petites et incolores sur un des bords du 
stipe . 

IIartsex et Fuies décrivent le stipe comme étant subrameux. 
Sur ses exemplaires, Oudemans n'a jamais constaté la présence 
d'un pied rameux. Dans l'un de ses exemplaires, dit l'auteur, 
« trois individus naissaient de la même souche, justement 
comme on le trouve figuré par Sch.effeu, mais il aurait été 
incorrect de prétendre qu'un pied principal se serait divisé en 
pieds secondaires» (1). Ce que dit le savant mycologue s'ap- 
plique parfaitement à nos exemplaires. Faisons encore remar- 
quer que, sur ceux figurés par Oudemaxs et sur les nôtres, la 
masse commune d'où partent les stipes tranche, sur les parties 
qu'elle supporte, par son ton noir ou bistre foncé. 



Le 18 août de la même année, nous avons recueilli, aussi 
dans la serre chaude du Jardin botanique de l'Université de 
Gand, un autre exemplaire de la même espèce, développé dans 
les conditions que nous allons décrire, et s'éloignant beaucoup, 
par son aspect et par plusieurs caractères, de ceux dont nous 
venons de nous occuper. 

Le stipe de ce Lentinus était fixé sur la face externe du fond 
d'une cuve reposant sur un piédestal faiblement ajouré, de 
telle sorte que le chapeau situé à l'autre extrémité du stipe 

(t) OuDEMANS, i?et.'!S(0/i e^c, p. 196. 



NOTE SUR LENTINUS SUFFRUTESCEXS, 137 

était tourné vers le sol ; en d'autres termes, le champignon fixé 
au fond de la cuve par l'extrémité basale du stipe, pendait 
librement à l'intérieur du socle servant de soutien à la cuve. 
La fig. 2 représente le champignon dans la position qu'il occu- 
pait sur son substratum. 

C'est un exemplaire arrivé à son complet développement. En 
ligne droite, de l'extrémité du stipe à la naissance du chapeau, 
il mesure 27 cm ; la longueur du stipe en suivant ses contours 
est de 23 cm. ; son épaisseur, sur la plus grande étendue, 
est d'un centimètre et demi à la base. Le chapeau mesure un 
décimètre de longueur ; sa circonférence, en suivant le bord 
qui est fortement incurvé, est de 24 cm. 

Chapeau. — Il se distingue, à première vue, de ceux des 
exemplaires précédemment décrits, par sa forme et son grand 
développement. 11 est nettement infundibuliforme ; seulement 
les bords de l'entonnoir, au lieu d'être étalés, sont irrégulière- 
ment plissés et recourbés de dehors en dedans, cachant ainsi 
partiellement la face interne de l'infundibulum. Celte face 
interne ou face supérieure du chapeau (face inférieure, eu égard 
à la position du champignon) est lisse, blanchâtre, à part quel- 
ques petites taches d'un brun-bistre, sans traces de mèches ou 
d'écaillés. Le cliapeau de notre champignon, quoique plus irré- 
gulier, n'est pas sans présenter une certaine ressemblance, 
surtout par suite de l'inflexion de son bord, avec les chapeaux 
des exemplaires représentés, par Sch.effeiî, fig. I, pi. 249. 

Lamelles. — Elles sont jaunâtres; leurs incisures et leurs 
dentelures sont beaucoup plus prononcées que chez les deux 
exemplaires développés en pleine lumière. Par suite de la 
direction anormale du champignon, l'hj'^ménium est devenu 
anatrope ; il se trouve ainsi dans les conditions de la mons- 
truosité, assez fréquente chez plusieurs hyménomycètes, dési- 
gnée sous le nom d'hyménium inverse. Malgré cette situation 
anormale, l'examen microscopique montre que les basides et 
les spores ont conservé leurs caractères normaux. 

Stipe. — 11 est muni à sa base d'une dilatation bulbaire, et 
semble avoir subi une double tortion, due sans doute aux con- 
ditions spéciales iéclairage très imparfait) dans lesquelles le 



io8 CH. VAN HAMHEKE. 

champignon s'est développé. Dans cet exemplaire, la partie 
supérieure du stipe faisant suite au chapeau porte de hnes can- 
nelures rappelant celles des stipes des deux champignons 
recueillis le 14 août. Sur le reste de son étendue, à part la dila- 
tation bulbaire basale, toute sa surface est recouverte de 
petites écailles ou de mèches plus ou moins saillantes et 
recourbées ; tout au plus rappellent-elles, par leur distribution, 
les écailles décrites et ligurées par Oudemans ; elles s'en dis- 
tinguent par leur moindre développement et par leur coloration : 
elles ne sont pas concolores au reste de la surface C|ui est jau- 
nâtre ou bistre pâle, mais plus foncées, d'un ton brun ou brun- 
bistre. 

Habitat du L. su/frutescens. — De même que la plupart des 
exemplaires décrits par les auteurs, les nôtres ont été trouvés 
sur du bois ouvré. Comme le remarque le professeur Oudemaxs, 
l'exemplaire de IIaiîtsex et un de ceux observés par lui s'étaient 
développés dans une obscurité presque complète. L'endroit où 
croissaient nos exemplaires recueillis le 14 août était bien 
éclairé ; celui occupé par l'exemplaire trouvé le 18 août l'était 
beaucoup moins, de sorte que l'on peut dire qu'ici également 
le champignon s'est développé dans une obscurité presque 
complète. Ces conditions de développement expliquent la forme 
irrégulière de notre champignon, et notamment la torsion de 
son pédicule ; l'habitat a produit un résultat analogue à celui 
bien connu pour la plupart des champignons se développant à 
l'abri de la lumière, dans les mines, par exemple. On sait 
d'ailleurs que les déformations sont particulièrement fréquentes 
chez les espèces du genre Lentinus lorscju'elles croissent dans 
des endroits obscurs. D'après Pries, deux espèces de déforma- 
tions ont été surtout observées, dont l'une est caractérisée par 
l'allongement et l'incurvation du stipe dans le but d'atteindre 
la lumière, et par un chapeau atrophié : « stipite elongato, cur- 
(>ato (ut lucem attingat) pileo diminuto etc. » (1). Malgré la 
grande dimension du pileus, notre exemplaire monstreux, par 
la longueur, l'incurvation et la torsion du stipe, rappelle bien 
ce mode de déformation . 

(1) i"p.H';^>. Kpicrinis, [). i^Sl et Ji ijinenomucetes Europaei, p. 480. 



NOTE SUR LENTINUS SUFFIÎUTESCENS. 139 

Epoque d'apparition. — Elle n'a rien de fixe, semble-t-il, 
à en juger par les dates qui suivent : 

Juillet 1863. — Exemplaire trouvé par Van der Meusch et 
décrit par Hartsen, dans Flora halava ; 

Janvier 1887. — Deux des exemplaires observés par Oude- 

mans ; 

Mars 1801. — Exemplaire développé, après trois ans, au 
même endroit que les deux précédents (Oudemans). 
Août (Ik et 18 de Vannée 1899). Nos exemplaires. 



Les caractères décrits et figurés par les auteurs qui ont eu 
l'occasion d'observer L. suffrutescens, permettent surtout une 
comparaison avec ceux de la forme monstrueuse recueillie par 
nous, non avec les deux exemplaires trouvés le 14 août ; ceux- 
ci, développés dans des conditions normales mais exception- 
nelles d'éclairage, représentent un état qu'on peut considérer 
comme état normal., et qui n'a guère ou pas fixé l'attention. 
Pour ce motif, nous croyons qu'il n'est pas inutile d'apporter 
certaines modifications aux diagnoses de IlAnxsEN, Pries et 
Oudemans. 

Dans le tableau ci-contre nous mettons ces diagnoses en 
regard de celle que nous proposons. Dans celle-ci, nous pla- 
çons entre guillemets certains caractères signalés par Oude- 
mans, m.ais que ne présentent pas nos exemplaires. 



140 



c;h. van hambeke. 



Diagnose de Lentimis suff'rutescens (Brot.; Pries. 



Diagnose donnée par Hartsen 
(Flora batava), et par Fries 
(Hymeoomycetes Europsei, p. 484). 



Pilen cai'iioso-lento, e convexo in- 
fundibuliformi, insequali, Icevi, gla- 
hro, ferruginascente ; stipite elou- 
gato, subrarnoso, lignescente ; laniel- 
lis creiiato-laceris, pallidioribus, lu- 
tescentibus. 



Diagnose donnée par Oude- 
mans (R.evision etc., p, 195.) 



Chapeau charnu, compact, d'abord 
peu convexe, puis déprimé, régulier 
ou irrégulier, parfaitement lisse et 
glabre ou divisé en écailles char- 
nues appliquées, blanchâtre ou fer- 
rugineux-pàle. Pied plein, ordinaire- 
ment long, cylindrique, presque égal, 
llexueux, dur et 'produisant une 
multitude d'écaillés cornées, re- 
courbées en dehors, concolore au 
chapeau. Feuillets rapprochés, cré- 
nelés-déchirés, pâles ou jaunâtres, 
longuement décurrents. 



Diagnose nouvelle. 



CJiapeau charnu, compact, conique, 
régulier chez les exemplaires norma- 
lement développés, à face supérieure 
orbiculaire, cVabord convexe et ma- 
melonnée, mouchetée, dans sa partie 
centrale jusqu'à une certaine dis- 
tance du bord qui est légèrement 
retroussé ou crénelé, de fines mè- 
clies d'un brun rougeâtre, lisse et 
blanc-crème dans le reste de son 
étendue; puis successivement dep?'?- 
mée et in fundibuli forme, les bords 
du chapeau souvent alors repliés en 
dedans, entièrement lisse et glabre, 
ou « divisée en écailles chai'nues 
appliquées. » 

Stipe plein, mesurant sensiblement 
en longueur, dans les conditions 
normales, le double du diamètre du 
chapeau, beaucoup plus long dans 
les exemplaires monstrueux ; cylin- 
drique ou plus ou moins dilaté ou 
bulbeux à son extrémité inférieure, 
de diamètre uniforme dans le reste 
de son étendue, droit ou légèrement 
incurvé â l'état normal, parfois forte- 
ment llexueux ou tordu dans les 
exemplaires monstrueux, nettement 
cannelé à sa partie supérieure par 
suite de la décurrence des lamelles ; 
couvert, à partir de sa base jusque 
vers le milieu de sa longueur ou jus- 
qu'à hauteur des cannelures, d'é- 
cailles ou de mèches peu consis- 
tantes et peu saillantes, tranchant, 
par leur ton bistre ou brun-bistre 
sur la couleur plus pâle du reste de 
la surface, ou « à'écailles cornées 
recourbées en dehors, concolores au 
chapeau. » 

Lamelles forlement décurrentes, 
serrées, incisées-dentelées, blanches, 
puis jaunâtres. 

Chair blanche, ne changeant pas 
au contact de l'air. 

Spores blanches, ellipsoïdes-cylin- 
driques, mesurant 7,5 p, — 2.5 y.. 



Note sur deux Champignons hypogés, 

Par MM. BOUDIER et PATOUILLA.RD. 



Les deux espèces que nous décrivons aujourd'hui ont été ré- 
coltées dans la tannée ancienne d'une serre à Palmiers, à An- 
gers. L'une fort rare et à peine connue est déjà décrite, mais 
insuffisamment par Pries sous le nom de Cenococcum xylophi- 
lum. Ce n'est pas un Cenococcum. mais un véritable sclérote et 
par conséquent une espèce non autonome, tellement différente 
des autres espèces de ce genre par son organisation interne, 
que nous avons cru devoir la décrire sous un nouveau nom gé- 
nérique. La seconde, au contraire, est une véritable Tubéracée 
très bien caractérisée et remarquable par son extrême petitesse. 
Elle nous a paru entièrement nouvelle comme genre et comme 
espèce. 

I. — COCCOBOTRYS Boud. et Pat. nov. Gen. PI. V fig. 1. 

Granula spliœrica, firma, sclerotioidea, e mycelio rhizomor- 
phoïdeo ramosissimo. hyphis tenuibus continuis rarissime sep- 
tatis coalitisformato, enata ; extus crustâtenuifîlamentosa my- 
celii contextu simillimà ; intus cellulis sclerosis irregulariter 
rolundatis aut piriformibus ScPpè varie appendiculatis hyphis 
consuetis commixtis. repleta. 

Ce genre voisin des sclérotes, mais qui nous paraît bien dis- 
tinct par sa texture n'est probablement qu'une forme transitoire 
d'un mycélium. Nous avons cependant cru devoir la décrire, car 
il ne peut rentrer dans les vrais sclérotes. 

Il se distingue principalement par son abondant mycélium ra 
meux d'où naissent les sphérules ; par la présence d'une croûte 
filamenteuse très appréciable qui les recouvre et par celle des 
nombreuses cellules sclérifiées dont est farci son intérieur. 

Il est fondé sur une espèce encore peu connue classée par 
Pries parmi les 6'(?/?ococ'C7//??, mais qu'il nous est impossible, 
après l'examen que nous avons fait des échantillons qui nous 
ont été envoyés de conserver dans ce genre, la texture en étant 
entièrement différente. 



142 ROUDIEIi ET PATOUILLARD. 

CoccoBOTRVs xYLOPHiLus l'Fr.l Boud. et Pat. PI. V, fig-. 1. 
(=3Cenococcum xylophilum Fr. syst. inyc. III, p. 67.) 

Minutus. rotundus. 1-2 m. m. latus.extus ochraceo-fulvescens, 
subfîbrillosus. mycelio rhizomorphoideo ramoso enatus. intus 
zonis externis nigris et rufîs, centropallidiore. 

Tubercula granuliformia, dura, e mycelio ramoso liyphis te- 
nerrimis coalitis, 3-4 (i spissis, non aut parcissimè septatis, lïil- 
vescentibus, orta, cortice exteriore fîlamentoso, ocbraceo-fulvo, 
fîbrillis hyphis mycelii similibus formate ; carne zonis versico- 
loribus cinctà, prima exteriore subcortice nigro-picea, dura, 
secundà rufà, totidem spissà. etiam tîrmâ, centro minus com- 
pacte pallidiore, cellulis sclerosis crasse tunicatis. irregulariter 
rotundatis, 30-40 pi latis, intus plasmate granuloso, primo 
hyalino, dein fulvescente repletis, byphis hyalinis intertextis, 
breviter et irregulariter ramosis, etiam crasse tunicatis, circiter. 
5 a spissis, à quibus cellube scleros» oriuntur. 

Inter corticesvaporarios, in caldario PalmarumAndegavensi, 
Aprili 1900. legit cl. Gaillard. 

Ce champignon consiste en un mycélium rhizomorphoïde 
assez épais et très rameux. de couleur ochracée fauve, donnant 
naissance à de nombreux grains sphériques de 1 à 2 millimètres 
de diamètre qui y sont attachés par de courtes ramiiications. 

Ce mycélium est formé de nombreuses hyphes à parois 
épaisses, mais très ténues, à peine ou non septées et réunies en 
cordons plus ou moins épais. Le Champignon proprement dit 
est de consistance très dure, extérieurement recouvert d'une 
croûte filamenteuse de même couleur que le mycélium et peu 
épaisse, dont les liyphes sont semblables. Sous cette écorce 
on voit à la coupe plusieurs zones de couleurs différentes. 
La première d'un noir de poix plus épaisse et très dure, 
dont la couleur se fond avec une seconde aussi large mais rouge 
et presque aussi ferme. Toutes deux souvent pénétrées par des 
liyphes analogues à celles de la partie externe. Enfin la partie 
centrale est plus friable et d'une couleur ochracée pâle, se tein- 
tant souvent de rouge, mais souvent aussi blanchâtre lorsqu'elle 
se dessèche. C'est principalement cette partie qui est farcie de 
cellules scléreuses entremêlées d'iiyphes hyalines très et briève- 



XOTE SUI! DEUX CHAMPIGXOXS HY.POGKS. 143 

ment ramifiées, à parois épaisses et entourant les cellules sclé- 
reuses qui en naissent. Ces hyphes, qui rappellent celles de 
certains sclérotes, ont en général 5 y. de diamètre, mais on en 
trouve de plus ou moins épaisses . Les cellules scléreuses sont 
formées souvent par l'extrémité de ces filaments qui se renflent, 
mais paraissent aussi quelquefois naître par dilatation de quel- 
ques-uns de leurs articles, comme semblent le prouver celles 
que l'on rencontre irrégulièrement appendiculées. Générale- 
ment elles sont plus ou moins arrondies, plus rarement piri- 
formes. Leurs parois sont extrêmement épaisses, incolores, 
souvent ondulées, de 8 à 10 /a d'épaisseur, et semblent formées 
de deux couches distinctes dont l'extérieure très mince peut 
être exfoliée au moyen de l'acide lactique bouillant. Une solu- 
tion chaude de bleu coton dans ce même acide ne colore pas ces 
membranes. L'intérieur de ces cellules est rempli d'un proto- 
plasma granuleux, quelquefois avec gouttelettes oléagineuses, 
blanc d'abord puis ochracé, se condensant par la suite en plu- 
sieurs petites masses anguleuses puis plus ou moins elliptiques 
et simulant alors des spores ; mais après des recherches nom- 
breuses, répétées journellement et sur un nombre considérable 
d'échantillons, nous n'avons pu voir rien de précis en ce sens, 
les contours restent toujours vagues et nous avons été obligés 
de les regarder comme de simples agglomérats protoplasmati- 
ques. Ce protoplasma se colore à l'iode comme le glycogène et 
communique par un fin canal avec les filaments qui lui don- 
nent naissance conmie on peut le voir dans certaines prépara- 
tions surtout si on se sert du réactif précité. Bien que très sou- 
vent simples, on trouve très fréquemment de ces cellules avec 
un pédicule visible par lequel elles étaient attachées aux fila- 
ments et d'autres avec des appendices simples ou ramifiés qui 
ne sont que les prolongements de ces hyphes. 11 nous semble 
donc en résulter d'une manière évidente que ces curieuses cel- 
lules ne peuvent être regardées comme des thèques, malgré les 
simulacres de spores qu'elles présentent quelquefois. Elles rap- 
pellent très bien celles que l'on rencontre dans le genre Eine- 
ricella et que l'un de nous a décrites et figurées dans le Bul- 
letin de la Société mycologique de France, T. Vil, p. 45, 
comme aussi celles que l'on rencontre dans les Mylittn. Mais 



144 HOUDIEl! ET PATOUILLAliD. 

notre petit champignon est bien différent de ces genres et se 
rapproche certainement des sclérotes, dont il nous a semblé 
devoir être séparé génériquement par la présence de ces cel- 
lules scléreuses. Nous avons donc proposé le nom de Coccobo- 
tr?js pour rappeler la forme en grappe qu'il présente lorsqu'on 
le sépare des débris de tanée dans lesquels il se trouve. 

Il a été rencontré en abondance dans une serre à Palmiers, à 
Angers. Les petits tubercules étaient attachés à un mycélium 
abondant et floconneux. 

Nous pensons que ce curieux Cliampignon est bien celui que 
Pries a décrit sous le nom de Cenococriun xj/lophilum ^ qnoi({ne 
nous n'ayons pas observé la couleur faiblement purpurine du 
mycélium qu'il indique. De même l'intérieur n'est pas toujours 
farineux blanchâtre, mais plutôt rougeâtre. Toutefois le centre 
dans les spécimens desséchés est quelquefois très pâle et tous 
les autres caractères concordant, comme l'habitat, nous avons 
conservé le nom de .rylophilus ne pensant pas devoir l'en sé- 
parer. 

Cette production paraît d'ailleurs très rare et n'avoir pas été 
retrouvée depuis Weinmann. Tulasne avoue ne l'avoir jamais 
pu voir, nous avons donc cru devoir la décrire à nouveau et la 
figurer, car d'après les caractères anatomiques, ce n'est certai- 
nement pas un Cenococcum Moug. et Fr. 

11. — LILLIPUTIA Bond, et Pat., PI. V, fig. \{. 
{Tuheracearjun nov. genus.) 

Peridium splisericimi, minutissimum, oculo nudo vix conspi- 
cuum,— m.m. latum, nudum, albidum, carnosum, cortice crasso 
albido, è cellulis polygonis medià parte laxioribus, et parte 
central! fertili aut glebà propriè dicta, albà, formatum. Thecis 
oblongis, sœpius 8-sporis, in materiâ gelosà liyalinà sine ordine 
nidulantibus ; sporis perfectè globosis. episporioornatodonatis. 

Inter cortices vaporarios vigens. 

Ce genre dont les spores rappellent parfaitement, comme 
aspect et grosseur, celles des Terfezia, est des plus remarqua- 
bles, d'abord par sa petitesse extrême, puisque la taille ne dé- 
passe pas— millim. Déplus son peridium est formé d'une j")artie 



NOTE StJU DEUX CHAMPIGNONS HYPOGÉS. 145 

corticale très épaisse et bien différenciée entourant la g-leba qui 
est formée d'une matière g'éliliée dans laquelle sont plongées 
un grand nombre de thèques oblongues, sans apparence basi- 
laire. Les spores mûres sont légèrement ochracées, quoique la 
chair paraisse très blanche. 

LiLLiPUTiA Gaillardi Boud. et Pat. PL lig. II. 

Minutissima, sphœrica, — m. m. lata, glabra, albida. Ihecis 
oblongis 8-sporis rotundatis extus dense et minute verrucosis, 
pallidè ochraceis. 

Peridia-perfectè rotundata, albida aut pallidè ochracea, gla- 
bra, è parte cortical! sterili crassà, cellulosà prsecipuè in medio 
et parte centrali fertili alba, formata. Thecœ oblongœ, sœpius 
8-spor8e, ad basim vix attenuatœ, non pedicellatœ, 80-85 [jl lon- 
gée, 35-40 crassœ. Sporœ perfectè sphsericse, crebre verrucu- 
losse, pallidè ochracea', intus guttulà oleosà crassà donatae, 
22-24 fzlatse. 

Inter frustulis corticis vaporarii vetusti, in ealdario Andega- 
vensi. Aprili 1900. 

Cette très petite espèce, probablement la plus petite de toutes 
les Tuberacées connues (car celle décrite comme genre Cel^ 
tidia, qui a la même taille, n'appartient peut-être pas à cette fa- 
mille) se montre comme de très petits grains blanchâtres à 
peine visibles à l'œil nu, que nous n'avons pas vus accompa- 
gnés de mycélium, et disséminés dans l'humus de la même tan- 
née que celle où a été rencontré le Coccobotrys xylophilus. Ces 
petits grains, dont les thèques et les spores rappellent tout à 
fait celles des Terfezia, en sont cependant bien distincts géné- 
riquement, non seulement par la différence énorme de taille, 
mais aussi par la composition du péridium qui est ici formé 
d'une couche corticale relativement épaisse, atteignant environ 
la moitié de la portion centrale fructifère, soit 85 à 90 ft d'épais- 
seur. Cette partie corticale, dont la texture montre des cellules 
polygonales assez larges dans sa région moyenne, plus petites 
et plus granuleuses à la superficie comme près de la gleba, est 
un peu plus colorée que la ^^artie centrale du globule ou gleba 
proprement dite, qui est entièrement blanche et paraît formée 
d'une matière gélifiée et finement granuleuse dans laquelle sont 



146 BOUDIEH ET PATOUILLAUD. 

plongées les Ihèques sans ordre visible. Celles-ci sont oblon- 
gues et sans apparence de prolongement basilaire si court qu'il 
soit. Elles ont généralement huit spores, plus rarement moins, 
semblables pour la grosseur et l'aspect à celles des Terfezia, 
atteignant 22-24 ^ de diamètre et verruqueuses comme celles du 
T. Boudieri. Ces spores ont au centre une grosse guttule oléagi- 
neuse et sont, à la maturité, légèrement mais très visiblement 
colorées, circonstance toute particulièrement remarquable parce 
qu'elle ne paraît pas influer sur la couleur blanche de la gleba 
centrale. 

Cette très petite et curieuse espèce a été rencontrée par l'un 
de nous disséminée dans la tannée qui nous avait déjà donné le 
Coccohotrys, mais en bien moins grande abondance. Elle nous 
y a paru cantonnée dans une petite partie du terreau envahi par 
cette espèce. Nous l'avons dédiée à notre savant collègue et 
ami M. Gaillard, qui nous avait envoyé avec son obligeance 
habituelle quelques parties de cette tannée. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE V. 

I. Coccohotrys xylophilus (Fr.) Boud. et Pat. 

a. Aspect de l'humus de la tannée rempli de Coccohotrys. Grand. naU 

b. Coccohotrys débarrassé des débris montrant son mycélium et ses 
granules de grandeur naturelle. 

c. Deux granules séparés grossis 5 fois. 

d. Coupe d'un de ces granules grossi 18 fois. 

e. Parcelle de la même coupe grossie 70 fois. 

f. Petite parcelle du mycélium rhizomorphoïde montrant les hyphes 
dont il est composé grossie 30 fois. 

rj . Hyphes du mycelium.vues à 475 diamètres. 

h. Parcelle de la chair intérieure montrant les cellules scléreiises mê- 
lées aux hyphes grossie 225 fois. 

i. Hyphes formant la chair des sphérules^ dans lesquelles sont placées 
les cellules scléreuses grossies 475 fois. 

h. Cellules scléreuses. 

1 . Cellules scléreuses simples vues à 475 diamètres. 

2. Cellules scléreuses appendiculées grossies 225 fois. 

3. Cellules scléreuses montrant les agglomérations protoplasmati- 
ques, grossies 475 fois. 

II. — Lillipulia Gaillardi Boud. et Pat. 

a. Aspect des Peridiums de grandeur naturelle. 

b. Peridium grossi 30 fois. 

c. Coupe du même au même grossissement. 

d. Coupe de la partie corticale vue à 225 diamètres. 

e. Thèque grossie 475 fois. 

f. Spores à 820 diamètres. 



Sur le Graphîum stilboideum Corda, 

Par M. F. GUÉGUEN. 



Sous le nom de (jvaphium stilboideum^ Corda décrit et figure 
dans ses Icônes (1) une Mucédinée à fructifications noirâtres 
rencontrée en groupes sur des fragments de bois, en compagnie 
du Torula herharum. Au mois de juin de l'année dernière, nous 
avons retrouvé cette moisissure croissant abondamment sur 
des tiges de choux pourrissantes, côte à côte avec le Clados- 
porium herharum. Notre Graphium différait légèrement du 
type par sa taille plus petite et la forme générale de ses conidies : 
Tétude de cet échantillon nous a permis, en même temps que 
de préciser certains détails de structure, d'acquérir quelques 
notions sur la biologie de ce groupe de Stilbées, sur lequel 
on ne possède que fort peu de renseignements de cette na- 
ture (2). 

Ainsi que Ta figuré Corda, les têtes conidifères sont arron- 
dies-subsphériques, portées par un pied fascicule élargi à la 
base, et entièrement recouvertes de conidies mucilagineuses.Le 
pied brunâtre (fîg. 4) nous a paru formé d'une dizaine d'hyphes 
accolées, avec des cloisons transversales plus espacées vers le 
haut du pied qu'à la base, et naissant d'un mycélium cylindri- 
que blanchâtre. Le sommet de chacune des hyplies est figuré 
par Corda comme brusquement renflé en une ampoule ovoïde 
qui deviendra une conidie ; en réalité, il n'en est pas tout-à-fait 
ainsi. Chaque élément du pied forme à son extrémité libre un 
renflement qui se sépare par une cloison, et qui donnera une 
conidie : celle-ci se détache bientôt par étranglement, pendant 

(1) Corda, le. Fung., vol. 2, pi. XI, fig. 69. 

(2) Qu'il nous soit permis de remercier ici notre savant collègue M.Boudier, 
qui a bien voulu examiner nos échantillons et vérifier notre détermination. 



148 F. GUÉGUEX. 

qu'au-dessous d"elle il s'en forme une seconde par le même 
mécanisme fig. 5 . Chaque capitule donnerait ainsi deux récoltes 
successives de conidies : il ne semble pas se produire de chaî- 
nettes conidiennes comme dans les Stysanus et autres genres 
voisins. 

D'après la diagnose primitive, les conidies sont ovales-allon- 
gées, pellucides ; le diamètre n'est pas indiqué. Saccardo (li 
leur assigne comme dimensions 6 - 3a. Celles de nos échan- 
tillons (fig. 6) sont ovoïdes-apiculées. un peu réniformes : cha- 
cune d'elles est ocellée, avec un certain nombre de guttules 
beaucoup plus petites . Les dimensions varient entre 7 à <S ii de 
long sur 4 à 5pi de large : la couleur en est fuligineuse. 

Nous avons tenté de cultiver cette Mucédinée sur les divers 
milieux habituellement employés (pomme de terre, carotte, 
gélatine-peptone. liquide de Raulin, etc.) ; les essais effectués 
à l'aide de conidies isolées ou de groupes de conidies ont cons- 
tamment échoué. 

Dans un seul cas, nous avons obtenu un résultat positif. Le se- 
mis avaitété opéré en chambre humide, sur une gouttelette solidi- 
fiée de liquide de Raulin gélatine, en déposant sur ce milieu un 
capitule entier et mûr. Au bout de trois jours, à la température 
ordinaire, quelques conidies du pourtour commencèrent à 
germer, donnant naissance à un mycélium hyalin, formé d'abord 
d'articles cylindriques. Au fur et à mesure de son allongement, 
le mycélium maigrit en quelque sorte, se montrant dès lors 
formé de fdaments grêles portant de place en place de brusques 
dilatations moniliformes remplis de gouttelettes oléagineuses : 
il rayonna ainsi jusqu'à environ trois à quatre millimètres du 
point central (fig. 9 à 11). 

Aune distance d'environ un millimètre de son centre, la cul- 
ture portait une zone de fructifications contrastant par leur mai- 
greur et leur aspect général avec l'habitus robuste de la plante 
normale. Les conidiophores ainsi obtenus étaient de taille ré- 
duite (0,7 à 0,8, au lieu de 1°^™); ils étaient formés de deux 
(fig. 7), rarement de trois ou quatre hyphes grisâtres, se termi- 
nant par une gerbe peu fournie portant au plus une trentaine de 

(\) Saccariio, Sylloge Fung., t. IV., p. (JIO. 



SLIi LE (ilîAPHIUM STILBOIDEUM 149 

conidies, qui ne difïéraient d'ailleurs aucunement de celles des 
individus normaux. Ces tètes fructifères formaient une zone très 
étroite; bien que la culture fût prolongée pendant ving-t jours, 
elles n'augmentèrent ni en nombre ni en dimensions. 

Un coup d'œil jeté sur le tableau comparatif ci-dessous et sur 
les figures qui accompagnent cette note montrera les diffé- 
rences entre les deux sortes de capitules : 



Plante normale 
(fis. 4). 

Hauteur du pied 0™™4 0,6 l"""" 

Nombre de brins 10-12 

Diamètre moyen du capitule 65r;, (arrondi 

ordinairement) 
Diamètre du pied en son millieu .... 12 à 13^ 

Diamètre des'conidies (dans les 2 cas) 7,6 «6,7; 4,5 «3,8 



Plante cultivée 

(fig. 7). 

0,7 à 0,« 

2-4 

28 à 30 1^ 

(toujours en gerbe) 

2^5 à 4^. 



Le Graphiiim sUlboideiun ne parait donc pas pouvoir être 
obtenu en culture pure sur les milieux habituels à partir d'une 
seule conidie. La présence simultanée, sur le même substratum, 
des moisissures signalées plus haut {Torula herhanim, Cla- 
dosporium herharum) et peut-être de certains microorga- 
nismes semble nécessaire à son développement. M.Matruchot (1), 
à propos de son Gliocephalis hyalina dont il n'a pu obtenir de 
cultures pures, attribue également son échec à l'absence d'or- 
ganismes étrangers. 

Dans un pareil consortium, on peut se demander quel rôle 
remplissent, vis-à-vis de l'espèce considérée, les organismes qui 
vivent à ses côtés. Il est permis de supposer que les ferments 
sécrétés par ces derniers agissent sur le milieu nutritif de ma- 
nière à le rendre assimilable par la plante, dont l'existence se 
trouve ainsi assurée. Les consortiums que l'on observe si fré- 
quemment entre diverses espèces de champignons, qui, cultivés 
séparément sur un même milieu, s'y comportent parfois de fa- 
çons si différentes, devraient ainsi être considérés comme une 
sorte de symbiose. 

La possibilité d'obtenir une culture de Gvaphium en partant 
d'un capitule entier, c'est-à-dire d'une masse déplante relative- 

(1) Matruchot. — Notes mycologiques. I. Gliocephalis hyalina (Bull. 
Soc Myc. Fr., t. XV, 1899, p. 255). 

10 



150 



F. GUEGUEN. 



ment considérable, viendrait à l'appui de cette manière de voir. 
La petite quantité d'enzymes sécrétée par le conidiophore isolé 
commencerait l'attaque du milieu nutritif, donnant ainsi à la 
culture la possibilité de se développer. Peut-être nos recherches 
ultérieures nous permettront-elles d'éclairer d'une nouvelle 
lumière les faits et les hypothèses qui font l'objet de cette note. 



Explication de la Planche VI. 



Kig. 1. Aspect de la plante, gi\indeur 
naturelle. 

— 2. Conidiophores isolés: a,h, for- 

me globuleuse, la plus fré- 
quente ; c, forme en gerbe 
(Gr=21). 

— 3. Conidiophore obtenu par 

culture (Gr.=21). 

— 4. Un pied isolé (Gr.=305). 



Fig.5. Un capitule normal à l'état 
jeune, montrant l'arrange- 
ment des hyphes (Gr.=305). 

— 6. Conidies isolées (Gr.=980). 

— 7. Un capitule obtenu de culture 

(Gr.=3(t5). 

— 8. Ramification dans un conidio- 

phore (Gr.=305). 

— 9, 10, 1 1 . Fragments de mycé- 

lium (culture) (Gr.=305). 



(Travail fait au Laboratoire de Micrographie de V Ecole 
de pharmacie de Paris). 



Quelques méfaits du Cladosporium herbarum, 



Par M. F. GUEGUEN. 



Dans le courant de l'année dernière, nous avons reçu de plu- 
sieurs régions de l'ouest de la France du plant de chou dont 
les tiges présentaient des altérations particulières. Ces lésions 
consistaient en saillies noirâtres, raboteuses et de forme irré- 
gulière, tantôt isolées et de la grosseur d'un grain de millet, 
tantôt confluentes et pouvant atteindre près d'un centimètre en 
tous sens : le plant ainsi atteint avait un aspect maladif et était 
impropre au repiquage. 

A la surface de ces bosselures, l'examen microscopique fai- 
sait reconnaître la présence du Cladosporium herbarum^ for-' 
niant dans les parties exfoliées de l'écorce et à la surface du 
suber un lacis de mycélium, véritable stroma peu serré et sans 
tendance à gagner la profondeur ; le champignon était en 
pleine végétation, ainsi qu'en témoignait la vigueur de son dé- 
veloppement sur les divers milieux inoculés avec un peu de ra- 
clure de la tige. 

La tige saine (fig. 3) renferme, au-dessous d'un suber s relati- 
vement mince, un parenchyme cortical peu développé, avec des 
cônes libériens coiffés chacun d'un paquet de fibres péricycli- 
ques mêlées de cellules scléreuses ; ce stéréome (fig. 3, sel) 
forme un cercle assez net autour de la tige. Dans les parties 
atteintes par le champignon, la structure de cette même tige est 



152 



F. GUEGUEN. 



profondément modifiée (fig.l) : on y observe un épaississement 
énorme de l'écorce, qui atteint trois et quatre fois son épaisseur 
normale, et la formation, au-dessous du suber, d'un tissu subéri- 
forme à grandes cellules en voie de cloisonnement actif (fîg-. 1, A, 
et lig.2), représentant vraisemblablement le phelloderme exagé- 




Effets du Cladosporium herbarum sur la tige de chou. 

Fig. 1 (Gr=rl6). Coupe transversale schématique au niveau de la partie 
atteinte ; /, liber ; sel, stéréome ; h, assise subériforme d'origine patholo- 
gique; s, suber. 

Fig. 2 (Gr^250). — Fragment de l'assise subériforme, en voie d'actif cloison- 
nement. 

Fig. 3 (Gr=:16). — Coupe transversale de la même tige au niveau d'une partie 
saine. 



rément développé . Mais la plus grande partie de l'accroisse- 
ment en diamètre porte sur la région péricy clique, qui arrive 
ici à constituer, sous forme de tissu collenchymatoïde, la moitié 
ou les deux tiers de l'épaisseur totale de l'écorce. Le stéréome 
n'y forme plus un anneau continu à une seule couche, comme 



MÉFAITS DU CLADOSPORIUM HERBARUM. 153 

dans la tige normale ; il est au contraire constitué par une 
grande quantité d'ilôts inégaux, disséminés sans ordre dans 
toute la région moyenne de l'écorce. 

On voit que le champignon, bien qu'il soit demeuré entière- 
ment superficiel, provoque une violente réaction défensive de la 
part de la tige. 

Comme l'avait tenté antérieurement M. de Janczewski (i) pour 
d'autres plantes, nous avons essayé d'infecter expérimentale- 
ment du plant de chou en pleine végétation. 

Dans ce but. nous avons, sur une série de plants repiqués en 
pots et très vigoureux, pratiqué les essais suivants, à l'aide 
d'eau tenant en suspension de nombreuses conidies provenant 
d'une culture sur Raulin : 

1° Humectation de la tige et des feuilles ; 

2° Humectation de la tige et des feuilles après essuyage de 
celles-ci pour en enlever la cire ; 

3' Humectation de la tige et des feuilles après scarification 
aseptique et enveloppement au papier buvard. 

Une série de plants ainsi infectés a été cultivée à l'air libre, 
une autre série a été conservée au laboratoire. Les résultats 
ont été constamment négatifs, comme l'avait observé de 
Janczewski dans les mêmes conditions. 

n résulte donc de ces expériences que le plant de choux ne 
semble pas pouvoir être infecté par le Cladosporiuni pendant 
sa croissance. L'attaque par le parasite ne se produirait seule- 
ment qu'après l'arrachage et la mise en paquets, lors de la pé- 
riode de végétation ralentie qui précède le repiquage. La cha- 
leur humide, telle qu'elle peut se manifester lorsque l'on con- 
serve le plant dans un lieu bien clos et trop humide, est proba- 
blement la véritable cause de l'envahissement. Le remède serait 
donc uniquement préventif et consisterait dans la manutention 
fréquente et l'aération, permettant à l'eau transpirée de s'évapo- 
rer promptement, et évitant ainsi un excès nuisible d'humi- 
dité. 



(1) De Janczewski, ia Prillieux, Maladies des plantes agricoles, Paris, 
1897, t. II, p . 259. 



154 F. GUÉGUEX. 

Il- 

Nous avons eu l'occasion d'observer, à Sablé-sur-Sarthe, 
l'envaliissement par le Cladosporium herhnrum de plusieurs 
pieds de Camelliajaponica à ileurs doubles cultivés en pleine 
terre. Ces camélias avaient déjà supporté sans dommage plu- 
sieurs hivers rigoureux : c'est donc en grande partie au Cla- 
dosporinin que nous pensons devoir attribuer l'état maladif dans 
lequel ils étaient cette année au mois de juin, et la mort de l'un 
d'eux, placé dans des circonstances particulièrement défavo- 
rables. 

Ces camélias, d'une hauteur d'environ 1 m. 50, étaient si- 
tués tout près d'un mur un peu humide exposé au midi, et en 
partie abrité du soleil et du vent par un bâtiment qui lui est 
parallèle. Dans le courant de l'année dernière, le feuillage des 
camélias ainsi que celui de quelques Evonymus japonicus situés 
dans leur voisinage, fut envahi par cette forme fumagoïde de 
Cladosporium bien connue des jardiniers, qui la voient souvent 
endommager leurs plantes de serre. Cette Mucédinée formait à 
la surface supérieure des feuilles des sortes de plages noirâtres, 
pulvérulentes, sans adhérence avec le limbe dont un léger frot- 
tement pouvait les séparer. Un fragment de cet enduit, exa- 
miné au microscope, se montrait formé d'un stroma peu serré, 
couvert d'une multitude de conidies dont quelques-unes étaient 
en germination . Nulle part il n'y avait la moindre pénétration 
du mycélium dans le parenchyme foliaire, pas même à la face 
inférieure, sur laquelle cependant de nombreux coussinets 
punctiformes de stroma s'étaient développés au niveau des sto- 
mates, sans doute à cause de la vapeur d'eau dégagée en ces 
points. Les feuilles les plus gravement atteintes étaient presque 
entièrement recouvertes par l'enduit fuligineux : elles brunis- 
saient, se décoloraient, et se détachaient de la tige avec une 
extrême facilité. 

i^'un des trois plants ainsi atteints se trouvait dans une 
partie légèrement déclive, mieux abritée du vent que le reste du 
terrain, mais par cela même plus humide et présentant par^suite 
des conditions très favorables à la piillulalion du champignon. 



MJÉI'AIÏS DU CLADOSPOIIIUM HEUBAKUM, 155 

Aussi ce camélia, qui, avant Tapparition du Cladosporium, 
semblait .aussi vigoureux que les autres, fut-il atteint beaucoup 
plus gravement et ne tarda-t-il pas à succomber. Si Ton ne 
peut pas aifirmer qu'il ait été tué par le Cladosporium. 
nous croyons pouvoir admettre que cette Mucédinée, en 
masquant la chlorophylle et nuisant ainsi au bon fonctionne- 
ment des feuilles, a mis la plante dans un état maladif qui l'a 
rendue incapable de résister aux conditions climatériques un 
peu moins bonnes dans lesquelles elle se trouvait placée. 

Le lavage des feuilles à l'éponge, pratiqué communément 
dans les serres pour combattre ce champignon, serait peut-être 
utilement remplacé, dans des cas analogues à celui qui nous 
occupe, par des pulvérisations de solutions cuivriques très di- 
luées : nous pensons que des essais seraient à tenter dans ce 
sens. 



Réponse à l'article de M. Vuillemin sur 

le Microsporum Audouini, 



Par E. BODIN. 



Au cours d'un article paru récemment dans le Bulletin de la 
Société mycologique de France (2*' fascicule, p. 96, 1900), 
M. Vuillemin critique les divers travaux que j'ai publiés sur les 
MicTosporum, s'attachant à démontrer que je suis, dans ces 
divers travaux, en contradiction avec moi-même relativement à 
la description du Microsporum Audouini dans le cheveu ma- 
lade et aussi que mes descriptions ne concordent pas avec celles 
de Gruby et avec celles de mon collègue et ami R. Sabouraud. 

Je pourrais, pour y répondre, prendre ici point par point les 
longues et minutieuses critiques de M. Yuillemix. mais cela me 
semble tout à fait inutile, car M. Vuillemix et moi nous ne 
travaillons pas de la même façon ; aussi n'est-ce point une 
longue discussion qui pourrait nous mettre d'accord. M. Ylil- 
LEMix s'attache surtout à comparer des textes cherchant à y re- 
lever des inexactitudes et des divergences ; pour moi, j'ai étudié 
les Microsporum dans mon laboratoire où j'ai révmi et examiné 
depuis 5 années plusieurs centaines d'observations de ton- 
dantes humaines et animales, m'appliquant à décrire ce que 
j'observe à ce sujet. 

Lorsqu'il m'est arrivé, après avoir perfectionné ma méthode 
par une série de recherches, de trouver une erreur dans l'une de 
mes descriptions antérieures, je me suis hâté de la relever et 
de la rectifier immédiatement. 11 n'y a donc rien d'étonnant à 
ce que mes descriptions récentes diffèrent par certains détails 
de leurs aînées. Tous ceux qui savent ce que c'est que des re- 
cherches prolongées sur un même sujet pourraient au contraire 
s'étonner que ces descriptions n'aient pas varié. D'après son 
propre aveu, M. Vuillemin n'a étudié jusqu'ici qu'z</z seul cas 
de tondante humaine ; quand il aura étendu le cercle de ses in- 
vestigations et examiné un certain nombre de cas de tondantes, 
il se convaincra certainement qu'il est plus aisé de critiquer 
des textes sur un sujet que l'on possède peu que de donner d'em- 
blée la description définitive et immuable d'un parasite myco- 
sique dans ses lésions pilaires. 



BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE 

[Les tirés à part des articles ou mémoires envoyés à la Société 
par les Auteurs, sont toujours l'objet d'une analyse dans le 
cours de l'annéel. 



L. MoNTEiMARTiM. — Hiceixhe sopra la struttura délie Melan- 
coniee ed i loro rapporti cogli Ifomiceti e colle Sferossidee. 
[Recherches sur la structure des Mélanconiées et leurs rap- 
ports avec les Hyphomycètes et les Sphéropsidées]. Atti del 
Instituto Botanico délia R. Università di Pavia iLaboratorio 
Crittogamico Italianoi, 1900. Broch. gr. in-S" de 44 pp. et 
2 pi. lithogr. 

Les travaux si nombreux qui se sont succédés dans ces dernières années sur 
les formes conidiennes des Champignons ont abouti à répartir les Fungi im- 
perfecti dans les trois grands groupes suivants, admis actuellement par la 
plupart des auteurs : 1° les Hyphomycètes, dont les conidiophores sont libres 
et superficiels ; 2" les Mélanconiées, à conidiophores dressés à la surface 
d'un stroma qui, d'abord inclus dans les tissus de la plante-support, fait bien- 
tôt éclater l'épiderme de celle-ci pour disséminer ses conidies ; 3» les Sphé- 
riacées, dont les conidiophores de taille plus ou moins réduite tapissent la 
surface interne de conceptacles nommés pycnides. 

Le groupe dos Mélanconiées, dont l'étude fait l'objet de ce mémoire, com- 
prend une quarantaine de genres avec environ 850 espèces. Par une étude 
approfondie portant sur 21 genres et 47 espèces dont deux nouvelles (Melan- 
conium Cavarse sur Ta.rus baccata, Pestaîozzia Briosiana sur divers An- 
thurium), l'auteur a été amené aux conclusions suivantes. 

La plupart des Mélanconiées doivent être considérées comme des Hyphomy- 
cètes adaptés à la vie parasitaire par de profondes modifications que l'on peut 
résumer ainsi : 

1" Diminution de volume des conidies ; 

2" Réduction et fasciation des conidiophores pour former un appareil méca- 
nique destiné à disséminer les conidies en rompant la cuticule de l'hôte; 

8" Excavation du stroma prolifère en une cupule qui en augmente la sur- 
face fertile (tendance à la production de pseudopycnides) ; 

4° Développement de paraphyses (soies des Colletolhrichum) qui déchirent 

les tissus de la plante-support; 

5" Formation d'organes mécaniques spéciaux (columelle des iVeianconiMm/,- 

6" Enfin, le pelotonnernent du mycélium en une masse arrondie constitue 

encore un caractère adaptationnel, car la structure de ce stroma rappelle 

celle des pseudopycnides de beaucoup de Sphéropsidées. 

Le tableau suivant, par lequel se termine le mémohe, synthétise les résul- 
tats de cet intéressant travail, en montrant les affinités des différents genres 
de Mélanconiées avec les Sphéropsidées et les Hyphomycètes. 

F. GUÉGUEN. 



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JHBLIOGlîAPHIE ANALYTIQUE. 159 

S. A. Beach, V. II. LowE ET F. C. Stewart. — Common 
diseases and insects injurions to fruits [Maladies et insectes 
qui s'attaquent communément aux fruits]. New-York Agricult, 
Experiment Station. N" 170, décembre 1890. 59 pp. 

La partie mycologique de ce mémoire décrit très succinctement les lésions 
macroscopiques produites par les champignons parasites et indique le meil- 
leur ti'aitement à appliquer. 

Maladies des Pommes. — Chancre (SpJtserûpsis Malorum Pk.). Traite- 
ment : Ablation des parties malades, pulvérisations soignées à la bouillie bor- 
delaise, onction du tronc des pommiers avec une mixture savonneuse. — 
« Traces de mouches » (Leplothyrium, Pomi Sacc); à traiter par la bouillie 
cuivrique — Taches des ieuil\es(Phyllosticta spp.); pulvérisations de bouillie 
bordelaise au moment où les feuilles apparaissent — Rouille {Roestelia spp.); 
le traitement préventif, qui consiste à détruire les Genévriers voisins, semble 
le plus efficace. — Gale des pommes {Venturia inœqualis kderh.) ; la bouillie 
bordelaise agit plutôt comme préventif que comme curatif; il faut aussi ra- 
masser les feuilles tombées à l'automne. — Taches noires des pommes {Phyl- 
lachora pomigena Sacc); faire une ou deux pulvérisations de bouillie en 
juillet. 

Abricots. — Rouille (Monilia fructigena Pers.). Il n'y a pas de traitement 
efficace. — Taches des feuilles {djUndrosporium Padi Karst.) ; bouillie bor- 
delaise en mai-juin. 

Groseilliers à grappes et cassis. — Anthracnose {Gloeosporiiim Vene- 
tum Speg). Bouillie bordelaise. — Taches des îenilles (Septoria Rubi Westd) ; 
la bouillie ne donne pas de bien bons résultats. 

Cerises. — Moisissure noire (Ploivrightia morbosa Sacc.) ; couper et brûler 
les fruits malades. — Monilia fructigena Pers. ) ; pas de traitement. — Taches 
des feuilles {Cylindrosporium Padi Karst.); même traitement que pour les 
abricots. 

Groseilles à •maquereau. — Mildew {Sphasrotheca mors-uvue B. et C.) — 
Voir le travail de Close, analysé plus loin. 

Raisins. — Anthracnose (Sphaceloma ampelinum De Ry) — En outre du 
traitement à la bouillie bordelaise, il est bon, avant l'épanouissement des 
bourgeons, d'employer une solution saturée de sulfate de fer additionnée 
de i/100 d'acide sulfurique, à appliquer avec des balais, et très rapidement à 
cause de sa causticité. — B\a.ck-vot (Guignardia Bidwellii Viala et Ravaz). — 
Le traitement en est bien connu. — Mildew poudrant, oïdium {Uncinula spi- 
ralis R. et C). 

Pêches. — Cloque des feuilles (Excascus deformans Fuck.) ; bouillie borde- 
laise très étendue, avant l'épanouissement des bourgeons. 

Poires. — Brûlure [Bacillus amglovorus de Toni) ; couper les branches 
malades, et ne pas tailler les parties saines avec le même instrument sans 
l'avoir désinfecté en l'essuyant avec un chiffon mouillé d'une solution phéni- 



160 F. GUÉGUEX. 

quée à 5 "/«', ou de tout autre antiseptique. — Taches des feuilles (Entomos- 
porium maculatum Léo; ; bouillie bordelaise ou arsénite de cuivre. — Septo- 
riapiricoîa Desm., même traitement. — Gale des poires {Venturia jiirina 
Aderh., état ascosporé du Fusicladium pirinum Fuck.) ; même traitement que 
les pi'écédents. 

Prunes. — Moisissure noire (Plowrigt/iia morbosa Sacc); enlever et brûler 
les fruits contaminés. ■ — Monilia fructigena Pers., Cylindrosporium Padi 
Karst., voir plus haut. 

Nèfles. — Taches des fruits (E ntomosporium maculatura Lév.) — Bouillie 
bordelaise — Chancre, Black-rot, brûlure (voir plus haut). 

Framboises. — Anthracnose {Glososporimn Venetuni Speg.); mesures pré- 
ventives. Le traitement par la bouillie n'est pas avantageux. — • Rouille (C'ceoma 
nitens Schw.); couper et brûler les plants atteints. — Taches des feuilles {Sepi- 
toria rM?)i AVestd.); traitement incertain. 

Fraises. — Taches des feuilles {Sphserella Fragarise Tul) ; enlever les 
feuilles malades, et faire 3-4 pulvérisations de bouillie par saison, au mo- 
ment de la floraison et dix ou quinze jours après. Quelques variétés de frai- 
siers sont moins sujettes au mal que les autres : on devra les préférer lors- 
qu'on renouvellera le plant. F. Gl'éguen. 

Wendell Paddock. — The New-York apple tree c a iike r \1jQ 
chancre new-yorkais des pommiers]. ;Xe\v-York Agricultural 
Experiment Station. Geneva. N.-Y.. n' 163, décembre 1899). 
27 pp. et 5 pi. photog-r. 

Cette maladie, signalée en 1898 par Waite et attribuée par lui au Schizo- 
phijllum commune Fr., est due en réalité au parasitisme du Sphœropsis 
malorumPk.Des expériences d'inoculation, poursuivies pendant deux saisons 
consécutives, ont donné des résultats positifs. Ce Sjohieropsis, qui produit le 
black-rot delà pomme, de la poire, etc. . attaque également d'autres arbres 
d'essences très diverses [Prunus sp.num., Crataegus oxijacantha,Diospyros 
Virginiana, Celastrus scandens, Ostrya Virginica, Sambucus canaden- 
sis, etc.;. Les dimensions des spores du parasite varient légèrement suivant les 
hôtes; en raison même de cette ubiquité, l'auteur pense qu'il y a lieu de ré- 
duire de beaucoup le nombre des espèces de Sphœropsis actuellement décrites 
(au nombre d'une quinzaine environ). 

Le traitement à opposer à ce champignon est le suivant : Mettre les arbres 
dans les meilleures conditions, et enlever autant que possible les branches 
atteintes; puis nettoyer le tronc et faire des pulvérisations de bouillie borde- 
laise. F. GUÉGUEN. 

C. P. Close. — Treatment for gooseherry mildew [Traite- 
ment du mildew des groseilles à maquereau]. (New-York 
Agricult. Experim. Station, Geneva, N.- Y., n» 1861, novembre 
1899, 12 pp. et 2 pi. photogr. 
Le Mildew des groseilles à maquereau est produit puik- Sphicrol/icca mors- 



BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE. 161 

uvse B. et G. Des expériences comparatives poursuivies pendant trois saisons, 
il résulte que, pour le traitement de cette maladie, la bouillie bordelaise et le 
formol sont inférieurs au sulfure de potassium. Par exception, la bouillie 
donne de meilleurs résultats lorsqu'elle est employée de bonne heure que 
lorsqu'on l'applique tardivement. F. G. 

Fred. h. Blodgett. — A parasite upon carnation rust. [Un 
parasite de la rouille des œillets]. (New- York Agric. Expe- 
riment., Station, Geneva, N.-Y., n° 175, avril 1900). 5 pp. et 
3 pi. 

Depuis 1891, les cultures d'œillets étaient envahies en Amérique par YVro- 
myces caryophyllmus (S.) Schrôt., auquel on ne sait quel traitement efficace 
opposer. Dans son mémoire, l'auteur signale la découverte d'un champignon 
parasite de cet TJromyces, le Darluca filurn (Biv.) Cast. Il indique la possibi- 
lité d'ensemencer ce champignon sur les œillets, pour essayer de s'opposer 
aux dégâts produits par VUromyces. F. G. 

F.-C. Stewart. — Notes on varions plant-diseases [Notes sur 
. diverses maladies des plantes]. (New- York Agricult. Experim. 
Station., n'' 164, décembre 1899), 15pp. et 4 pi. photogr. 

4" Maladie bactérienne des oignons. — Cette affection, qui n'envahit les 
bulbes qu'en présence d'un excès d'humidité, est à traiter préventivement par 
le drainage méthodique et les soins de culture. 

1° Mildew pulvérulent des concombres de plein champ. — La nature du 
champignon n'a pas été déterminée. 

3" Cuscute des concombres sous cloche {Cuscuta Gronowii Wild.). 

¥ Les taches de la « pomme de Baldwin a (variété cultivée en Amérique) 
sont-elles de nature fungique ou bactérienne? L'auteur, d'après ses expérien- 
ces, penche vers cette dernière opinion. 

50 Tache des feuilles d'œillets produites par un Fusarium. — Ce champi- 
gnon, non détei'miné spécifiquement, envahit les feuilles à l'ombre. Il est pro- 
bable qu'il est identique avec le Fusariwn qui attaque la tige. 

6° Le ChsetomiimicontorlumVk., champignon peu répandu,rencontré uni- 
quement jusqu'ici sur des bulbes de lis à Long-Island, a été soupçonné d'être 
un parasite : l'expérience n'a pas confirmé cette hypothèse. F. G. 

RoB. Pries. — In synopsin Hynienomycetiun regionis Gotho- 
burgensis additamentum [Addition au Synopsis des Hyméno- 
mycètes de la région de Gothebourg] Tiré à part des Acta 
Reg. Scient. Societ. Gothoburg. t. III, sér. IV, 1900, 1 pla- 
quette de 38 pp. in-8°. 

Ce catalogue raisonné, daté de novembre 1899, prend son intérêt dans la 
précision avec laquelle les habitats des différentes espèces sont indiquées, et 



162 F. GUÉGLEX. 

suitout dans les savantes remarques auxquelles beaucoup d'entre elles ont 
donné lieu. Ces commentaires font de V Additamentum un document des plus 
utiles à consulter tant au point de vue des espèces rares ou critiques que des 
espèces les plus communes. F. G. 



H. Rehm. — Ascoinycetes Fuegiani a P. Dusén collecti [Asco- 
mvcètes de la terre de Feu.recueillisparP.Dusén] 1 plaquette 
in-S" de 22 pp. et 1 pl.lith.— Tiré à -psirt de JJihang till 
K.-Svenska Vet-Akad. Handlingar, Bd. 25. Afd. III, n° 6, 
Stockholm 1899. 

Espèces et formes nouvelles: Stuartella Drymidis, Gibbera patagonica, 
Amphisphieria berberidincola, A. Dusenii, Trematosphœria Yrieni, Me- 
tasiihseria Desolationis, Pleospora? Vitalbs' (De Not.) Berl. var. antarc- 
tica, Clathrospora Collomise, Anthostoma patagonicum, Teichospora 
pseudostromatica, Hysterographium fuegianum Speg. f. mtermedium, 
H. cylindrosporum^ Mellitiosporiwn cseruleum, Crumenula antarctica, 
Patinella xylographoides, Patellaria lecideola Fr. var, antarctica, Agy- 
rium antarcticum, Niptera Ushuaias, N. helotielloid.es, Dasyscypha Du- 
senii, HuTnaria granulata (Bail.) Quel. f. Guanaconis, Humaria Guanaci, 
Sphserospora patagonica, Lachnea umbrala Fries, f. antarctica, L. huma- 
rioides, Mitrula Ushuaîse, Gyromitra antarctica. F. G. 



IL Rehm. — Beitrdge zar Pilzflora çon Si'idamerika [Recher- 
ches sur la flore fungique de l'Amérique du Sud]. VIII. Dis- 
comycètes, recueillis par E. Ule au Brésil. 1 br. de 19 pp. 
et 3 pi. litliog. — Tiré à part de VHedw'igia, XXXIX. 1900. 

Espèces et formes nouvelles : Pliacidium nigritulum, P. Uleanum, Coc- 
conia Guatleriœ, Pseudophacidium Myrtacearum, P. llicis, Briardia 
lutescens, Lindauella pyrenocarpoides n.gen. n. sp., Cryptodiscus auran- 
tiaco-ruber, Dermatea aureotincta, Karsrhia Araucarise, Agyrium dothi- 
deoceum, Calloria patellapîoides, C. Trigonise, G. jEgiphilœ, Ombrophila 
rubescenti-rosea, Mollisia erysiphoides Rehm var. argentina, M. Micaniœ, 
M. arescens, Niptera mollisioides, N. hypophylla, et f. tapesioides, N. sub- 
turbinata, Belonopsis coccinea, B. purpurascens, Tapesia albomaculans , 
Trichobelonium tropicale, T. Liriosomatis, T. albosuccineum, Pazschker 
aphanes, P. CImsqueae, Melihosporiopsis n. gen. pseudopezizoides, M. vio- 
lacea et f. gigantospora, M. Drimydis, Pseudopeziza nigromaculans, 
Helonium hyalino-cinerellum, Phialea convoluta, P. Uleana, Ciboria soli- 
taria, Helo*ium fuscopurpureum, Dasyscyphavarians, Solenopezia Uleana, 
Dasyscyphella Shruterïana, Plivaria undiformis, P. bœomycoides et var. 
albopruinosa, Lachnea fuscostriata. F. G, 



iniiLIOGRAPHIE ANALYTIQUE. 163 

Thomas H, Macijiude. ■ — The slime moulds [Les Myxomycètes). 
Rhodora, n" 16, vol. 2, avril 1900, pp. 75-81 et 1 pi. 

Excellent article de vulgarisation, contenant des détails intéresants sur 
la récolte et la préparation des Myxomycètes. L'auteur recommande, pour 
les conserver en collection, le procédé suivant, modification de la méthode 
habituelle. Un fragment du support du champignon est collé sur un bouchon 
de liège au fond d'une petite boîte de carton à couvercle de verre ; un autre 
fragment est collé de même sur la paroi interne de la boîte, très-près du cou- 
vercle ; ce dispositif permet d'examiner facilement la plante à la loupe, ou 
même avec un faible objectif de microscope, en plaçant directement la boîte 
sur le porte-objet. F. G. 

E. DE WiLDEMANN. — OhsevvalioTiis sur quelques Chytridî- 
nées nouvelles ou peu <:-o/?/?7/^.ç (Mémoires de l'herb.Boissier, 
n°15, 30 mai 1900), 10pp. 

Espèces nouvelles: Olpidium Siiçjeoclonii, Rhizophidium Schroetesi, 
B. Vaucherise, R. muUiporum. F. G. 

II. et P. Sydow. — Fungl allquot iwçi a F. Stuckert in Argen- 
tinia lecti [Quelques champignons nouveaux recueillis par 
F. Stuckert dans la République Argentine]. Mém. de l'herb. 
Boissier, n''4, janvier 1900. — Fwn^ïVrt/'o/i/c'/ [champignons 
du Japon]. Ibid. 

Répub. Argentine: Lenzites lutescens, Diplodia Morreniai, Septoria 
Echitis, Cercospora Choristigmatis, C. Schini, C. Talini, C. Stuckertiana, 

Japon: Uromyres japonicus (sur Lilium Maximoiviczii), JEcidium Pour- 
thieœse, A. Shiraianum (sur Citnirifuga japonira), Uredo Cr\jptots&niœ, 
Ustilago Kusanoi (sur Miscantha sacchariflora), Uncinula Kusanoi (sur 
Celtis sinensis), U. Euryse, Ustilaginoidea Phyllostachydis, Glseosporium 
Shiraianum (sur Quercus glanduUfera), Pestalozzia cruenta (sur Poly- 
gonatum lasianthus), P. Lespedeziœ, Oidium japonicum (sur Quercus 
Vïbrayana), Coniosporium heterosporurn (sur PolUnia nuda), Clasterospo- 
rium Mori, Helicosporium simplex (sur Daphniphyllum macropus). 

F. G. 



NÉCROLOGIE 



Discours de M. DE SEYNES aux Funérailles 
de M. E. ROZE. 



C'est au nom de la Société Mycologique de France que je 
viens rendre un dernier hommage à la mémoire de notre excel- 
lent et et savant confrère Erxest Roze, dont la mort fait parmi 
nous et dans le monde scientifique un vide si sensible. Né à 
Paris le 17 mai 1833, Roze entra dans l'administration ; tou- 
jours prêt à soublier lui-même pour les autres, il s'y montra 
l'homme actif, intègre, désintéressé, que nous avons connu et 
qui emporte dans la tombe nos douloureux regrets. Ses remar- 
quables capacités lui valurent un avancement et des distinc- 
tions qu'il ne recherchait pas ; il était à la tête d'une Direction 
du Ministère des finances. Chevalier de la Légion d'honneur, 
officier d'Académie, quand il prit sa retraite en 1893 pour se 
donner tout entier à sa passion pour la botanique . Il s'établit 
alors à Chatou dans une maison dont le jardin devint pour 
notre confrère un champ d'expériences. 

Attiré tout d'abord par l'étude des Mousses, il en fit dès 1860 
le sujet de ses premières communications à la Société bota- 
nique de France de concert avec jM. Bescherelle. A partir de 
ce moment, les questions les plus délicates touchant la structure 
et la physiologie des Cryptogames supérieures deviennent 
l'objet de ses recherches ; il élucide avec précision et sagacité 
plusieurs points concernant la fécondation chez ces plantes ; les 
observations micrographiques les plus difficiles et les plus mi- 
nutieuses lui deviennent familières et lui révèlent des faits qui 
avaient échappé aux maîtres de la science, les Prigsheim. les 



MÎciiOLO(;iK i()5 

CoHN, les ScHACUT, les Thuriït. La découverle du mode de 
déplétion des antliéridies, la nature amylacée des graïuiles con- 
tenus dans la vésicule de l'Anthérozoïde, le rôle de cette vési- 
cule protoplasmique considérée comme organe essentiel de 
fécondation et celui du tilament cilié ne paraissant être le plus 
souvent qu'un organe de locomotion, diverses particularités de 
l'évolution des organes reproducteurs chez le? Algues, les Cha- 
racées, lesMuscinées, les Equisétacées, les Filicinées, les Isoc- 
tées, les Rhizocarpées, lui ont fourni les éléments de nom- 
breuses communications aux Sociétés botanique et philomathi- 
que. La plupart de ses observations sur ces plantes sont résu- 
mées et condensées dans un mémoire publié en 1<S()7 dans les 
Annales des vSciences naturelles sous le titre de : '( Les Anthéro- 
zoïdes des Cryptogames.)) L'Académie des Sciences récompensa 
ce beau travail et lui décerna le prix Desmazièrcs. Plusieurs 
années après, en 1874, l'Académie voyait encore son attention 
appelée sur un travail fait en commun avec son ami notre sa- 
vant confrère Maximk Couxu ; ce travail avait pour objet des 
faits intéressant la reproduction des Champignons et la forma- 
tion de conidies par le Mycélium ; le grand prix des sciences 
physiques fut partagé entre les deux auteurs. 

Les publications des deux frères Tulasne avaient exercé leur 
séduction sur Ernest Roze comme sur beaucoup de ses con- 
temporains ; il se livra à l'étude des Champignons avec la même 
ardeur qu'il avait mise à celle des Cryptogames à chlorophylle. 
J'ai surtout pour mission dans cette triste circonstance de 
suivre notre regretté confrère dans ce second domaine de son 
activité scientifique. 

L'Ergot de Seigle dont il répéta avec succès les essais de 
culture, les Fumago. les Rœstelia^ les Podisoina^ diverses 
espèces nouvelles ou controversées de Puccinia^ le Pilobolus 
cvystallinus^ les Onygena lui fournirent les matériaux dinté- 
ressantes communications à la Société botanique et montrèrent 
qu'à de grandes qualités d'observateur, Roze joignait un vrai 
talent d'expérimentateur. La biologie des Myxomycètes l'at- 
tira, il en relevait l'intérêt par les déductions de physiologie 
générale sur la constitution et les propriétés du protoplasma, 

H 



166 DE SEYXES. 

OU, comme il préférait l'appeler, du plasma végétal. Pour lui, 
en effet, ces petits organismes étaient bien des végétaux, ses 
observations multipliées lui fournirent des arguments pour 
combattre les idées de Rostafixski. de Ciexkoavski. de de Bary, 
sur l'animalité des Myxomycètes. 

Entre temps, il rassemblait les matériaux nécessaires à la 
confection d'un « Catalogue des Agaricinées des environs de 
Paris « ; ce travail l'amena à étudier les bases des classifica- 
tions usitées et à proposer le démembrement de l'ancien genre 
Agan'cns pour en constituer plusieurs types de familles. Quels 
que soient les principes que l'on adopte sur les caractères cons- 
titutifs des divisions taxonomiques correspondant à la famille 
ou au genre, et quand même les familles créées par Roze ne 
représenteraient que des types génériques, les caractères pro- 
pres aux divisions établies par notre confrères n'en ont pas 
moins une valeur essentielle dont il faut tenir compte ; c'est 
en 1876 que parut cet essai de classification en même temps que 
le catalogue des Agaricinées des environs de Paris dans le Bul- 
letin de la Société botanique de France. 

A cette année se rattache une circonstance importante pour 
les progrès de la Mycologie dans notre pays ; frappé des avan- 
tages que les Mycologues anglais trouvaient à se réunir en con- 
grès périodiques organisés par le « Woolhope Club d'Here- 
ford ». Roze fit des efforts couronnés de succès pour organiser 
une session spéciale de la Société botanique consacrée aux 
Champignons ; Tessai réussit au delà des espérances conçues ; 
après avoir été l'un des plus actifs promoteurs de ce congrès, 
il se refusa énergiquement à le présider, tant était grande sa 
modestie, il voulait en réserver l'honneur à celui qui, en ce mo- 
ment, a le privilège et la douleur de lui adresser un dernier 
adieu. L'année suivante, une nouvelle session mycologique 
obtint le même succès, il n'est pas excessif de penser que l'im- 
pulsion donnée ainsi dans cette voie eut une part d'influence 
dans la fondation ultérieure de la Société Mycologique de France, 
en 1885. Roze fut un des premiers à s'inscrire au nombre des 
membres fondateurs qui répondirent à l'appel de nos confrères 
MM. BouDiER. (^uÉLET. Mou(;eot. Trois ans après, parut 
r« x\tlas des Cliaiiipiuiinns (•i)m(^stiMi's rt viMiéneux de la France 



NÉCROLOGIE. 167 

et des pays circonvoisins », conçu par M. Roze sur un plan 
excellent et dont il rédigea le texte ; les planches sont dues à 
son collaborateur le Docteur Richon. La préface de cet Atlas 
expose avec une grande clarté les classifications anciennes et 
met en évidence la genèse des idées qui ont dirigé les auteurs 
des classifications fongiques depuis l'antiquité jusqu'en 1865. 
La pensée de notre confrère se portait volontiers vers ces ques- 
tions d'origine. Les observations de Charles de l'Escluse sur 
les plantes françaises, sur les « Champignons de la Hongrie », 
plusieurs lettres de ce botaniste, Tétat de la flore parisienne 
au XYII^ siècle et d'autres recherches historiques ont trouvé 
place dans le Journal de botanique^ ou dans le Bulletin de 
notre Société, il a exhumé devant elle les premiers mycologues 
parisiens en nous donnant un tableau de la « Mycologie pari- 
sienne à la tin du XVII^ siècle ». 

Ses communications à la Société mycologique eurent d'abord 
pour objet les Ustilaginées, l'étude de la pérennité du mycélium, 
des éclaircissements sur plusieurs espèces mal connues ; bien- 
tôt sa prédilection pour les Myxomycètes le reprit et nous valut 
d'importantes recherches. C'est d'abord un nouveau genre 
VAmj/lotrogns qu'il découvre dévorant la fécule des Pommes de 
terre et qu'il propage dans le grain de blé en suivant le mode de 
pénétration de ce microphyte ; il en détermine 5 types diffé- 
rents : deux espèces à plasmode superficiel et trois à plasmode 
pénétrant. Deux autres genres nouveaux le Vilmorinella et le 
Spongospora s'ajoutent à la flore si riche dont Roze poursuit 
l'étude dans le tissu des Pommes de terre atteintes de diverses 
maladies. La plus importante de toutes ses recherches est celle 
qu'il a consacrées au Pseudocommis Vitis de Debray qu'il re- 
trouve dans la pomme de terre produisant dans ce tubercule les 
mêmes désordres c[ue chez les végétaux atteints de briuiissuve ; 
ses expériences de propagation multipliées sur un grand nom- 
bre de plantes démontrent l'extension considérable que peut 
prendre à un moment donné cette maladie. Le rôle joué dans les 
maladies de la Pomme de terre par des Bactéries qui préparent 
l'accès de certains Myxomycètes, ou qui donnent naissance à la 
maladie de la gale, a fait l'objet de ses investigations poursui- 
vies avec succès, mais je ne puis en donner ici une idée même 



168 DE SEYXES. 

sommaire. Toutes ces patientes et mimitieuses recherches aux- 
quelles les premiers travaux de Roze Tavait si bien préparé ont 
été réunies dans un bel ouvrage publié en 1898 avec un grand 
nombre de figures sous le titre de « Histoire de la Pomme de 
terre ». Cette histoire embrasse non seulement les observations 
originales dont je viens de parler, mais la description et Tétude 
des maladies déjà connues, attribuées à des champignons ou à 
des animaux ; une partie importante de l'ouvrage est consacrée 
à la culture, à Putilisation de la pomme de terre et à son histoire 
proprement dite. C'était une satisfaction réelle pour notre ami 
de compléter les travaux délicats de l'observation par les re- 
cherches historicjues, celles-ci sont nombreuses dans l'œuvre 
qu'il laisse après lui. bien qu'elles n'apparaissent que comme 
une sorte de délassement dans une vie où la science pure a tenu 
une si large place. 

Au début de cette année, la Société mycologique recevait 
de lui une communication pleine d'intéressants aperçus sur 
les espèces de « Champignons comestibles et pernicieux de 
la Hongrie » décrits au XYI- siècle par Charles de l'Escluse 
d'ARRAs. A notre séance du l*""" mars dernier, notre confrère 
nous décrivait une espèce d'Uredo et la maladie qu'elle occa- 
sionne sur les Chrysanthèmes,il nous avait apporté le fruit de ses 
dernières recherches malgré la défense de son médecin ; l'amai- 
grissement de sa personne, l'altération de sa physionomie trahis- 
saient un état inquiétant. En effet, à peu de temps de là, le 25 mai, 
il était enlevé à l'affection de sa compagne malgré les soins les 
plus dévoués. La mort seule avait pu vaincre sa ténacité au tra- 
yail et son amour de la science ; cette esquisse bien insuffisante 
de ses principauxtravauxlaisse entrevoir dans quelle activité infa- 
tigable s'est dépensée la vie si laborieuse d'ERXEST Roze. Appelé, 
il y a'deux ans, à la présidence de la Société mycologique dont 
il s'acquittait avec beaucoup de soin, comme il l'avait fait à la 
tête de la Société botanique, il pouvait depuis longtemps se 
rendre compte de la grande estime dans laquelle ses travaux 
sont tenus en France et à l'Etranger. La pénétration de sa vive 
intelligence, la variété de ses recherches sur les problèmes de la 
science des végétaux, sur les applications utiles, sur la nomen- 
clature, sur l'histoire dr la liotanirpie. les progrès inqirinu's 



NÉCnOLOGIE. 169 

aux questions qu'il a approfondies, tout cela lui survivra et fera 
honorer sa mémoire ; son nom est attaché à deux genres Rozea 
et Rozella qui lui ont été dédiés par ses affectionnés et savants 
confrères MM. Bescherelle et Corxu. Ce qu'il a été comme 
homme, son caractère affable, sa bonté, son extrême modestie, 
cette parure du vrai savant, restera gravé dans le cœur de ses amis 
et de ses confrères. Les profondes et nombreuses sympathies 
qu'il a inspirées se reportent sur sa veuve, puissent-elles 
apporter quelque adoucissement à une douleur qui ne peut 
trouver de consolation que dans les espérances d'une plus haute 
destinée. 



Principaux Mémoires et Publications de M. E. ROZE. 



I. — Cryptogames supérieures. 

i'" Note sur quelques Mousses rares ou nouvelles récemment trouvées aux 

environs de Paris, E. Roze et Bescherelle^ 1860, Bull. Soc. Bot. Fr., VU, 

p. 433. 
i''- Note sur le même sujel, 1861, Bull. Soc. bot. Fr., VIII, p. 82. 
Lisie des Mousses récoltées dans l'excursion botanique dirigée par M. Chatin, 

du 2 au iO août 1860, de Bonneville à l'hospice du Grand-Saint-Bernard, 

1861, Bull. Soc. bot. Fr., VIII, p. 315. 

Brj'ologie parisienne, récit de trois excursions aux environs de Beauvais avec 

M. Marcilly, 1862, Bull. Soc. Bot. Fr., IX, p. 366. 
Quelques mots sur le Sphserocarpus Michelii Bull., récolté prés de Villegé- 

nis, 1863, Bull. Soc. Bot. Fr., X, p. 47. 
Note sur le Campylopus longipilus, 1863, Bull. Soc. bot. jFr., X, p. 315. 
Recherches sur les Anthérozoïdes des Mousses, l'" part., 1864, Bull. Soc. bot. 

Fr., XI, p. 107. 
Recherches sur les Anthérozoïdes des Mousses, 2^ part., 1864, Bull. Soc. bot. 

Fr.,XI, p. 113. 
De la fécondation des Muscinées. Observations sur l'organe femelle de ces 

plantes, 1864, Bull. Soc. bot. Fr., XI, p. 192. 
Recherches sur les Anthérozoïdes des Cryptogames, 1"' partie : Characée?, 

Fougères; 2« partie: Isoétées, HéjDatiques, Sphaignes, Fucacées, 1864, 

Bull. Soc. bot. Fr., XI, p. 225 et 293. 



170 DE SEYXES. 

Quelques mots sur les préparations microscopiques des anthérozoïdes du 

Sphagnum cymbifolium, 1865, Bull. Soc. bot. Fr., XII, p. 103. 
Sur un lïiouvement propre aux granules amylacées des Anthérozoïdes des- 

Mousses, 1865, Bull. Soc. bot. Fr., XII, p. 253. 
Observations sur l'emploi du terme v. périgijne » dans la Cryptogamie, en 

réponse à un article de M. Clos, 1875, Bull. Soc. bot. Fr., XII, p. 254. 
Nouvelles recherches sur les Anthérozoïdes des Cryptogames, Equisétacées 

Rhizocarpées, 1865, Bull. Soc. bot Fr., XII, p. 3.56. 
Les Anthérozoïdes des Cryptogames, 1867, Ann. Se. nat. bot., 5e sér.; VII, 

p. 87. 

Les Fougères, choix des espèces les plus remanjuables pour la décoration des 
serres, parcs, jardins et salons, précédé de leur histoire botanique et horti- 
cole (avec A. PaviÈRE), Paris, Rotschild, 1867. 

De lar germination du .S'aZui?'aa ?zafau.s HoCfrn. et de la structure de ses an- 
thérozoïdes, 1867, Bull. Soc. bot. Fr., XIY, p. 142. 

De la fécondation des Sélaginelles, suivie de quelques considérations sur les 
Lycopodiacées, 1867, Bull. Soc. bot. Fr., XIV, p. 176. 

Nouvelles recherches sur les anthérozoïdes des Glousses, 1868, Bull. Soc. bot. 
Fr.,p. 109. 

De la fécondation chez les Cryptogames supérieures et en particulier cliez les 
Sphaignes, 1872, Bull. Soc. bot. Fr., XIX, p. 91. 

Contribution à l'étude de la fécondation chez les Azolla, 1883. Bull. Soc. bot. 
Fr.,XXX, p. 190. 

Le mode de fécondation du Zo/nnicliellia palustris L., 1887, /. de Bot., t. I, 
p. 296. 

Recherches biologiques sur YA-olla filiculoïdes Lamk. in ilé maires publiés^ 
par la Société philornatique à l'occasion du centenaire de sa fondation, 
Paris, 1888, Gautliier-Villars et fils, p. 215. 

(Quelques observations extraites de ses recherches biologiques sur l'AzoUa 
filiculoides Lamk., 1888, Bull. Soc. bot. Fr., XXV, p. 427. 

Note sur le mode de fécondation du Najas major Roth. et du Ceratophyllum 
demersum L., 1892, Bull. Soc. bot. Fr., XXXIX,p. 361. 



II. — Champignons. 

Contribution à l'étude de la fumagine appelée aussi Morfée, maladie du 
Noir, etc., 1867, Bull. Soc. bot. Fr., XIV, p. 15. 

•Quelques mots sur le Cla.viceps purpmrea TuL. obtenu sur des ergots de 
Seigle, 1868, Bull. Soc. bot. Fr.,x\, p. 19. 

Sur la formation du sporange de VAscophora Mucedo, 1865, Bull. Soc. bot. 
Fr., XV, p. 118. 



NÉCROLOGIE. 171 

Sur une réuclion que présente la membrane du My coder ma Vini, 1866, Bull. 
Soc. bot. Fr.,XV, p. 190. 

Sur deux nouveaux types génériques pour les faniillesdes Saprolégniées etdes 
Péronosporées (Cystosiphon et Basidiophora), avec M. Cornu, 1869, Bull. 
Soc. bot. Fr.. XVI, p. 7 et Ann. Se. nat. bot., 5'^' sér., t. XI, p. 7-2. 

Sur le Bsestelia concellata et le Podisotna Juniperissahinse Dub., 1870, 
Bull. Soc. bot. Fr., XVII, p. 258. 

Résultats de quelques recherclies expérimentales sur l'ergot de Seigle, 1870, 
Bull. Soc. bot. Fr., XVII, p. 283. 

Quelques mots sur le Pilobolus crystallinus et VOnygena equiiia, 1871, 
Bull. Soc. bot. Fr., XVIII, p. 298. 

De l'inlluence de l'étude des Myxomycètes sur les progrès de la physiologie 
végétale, 1872, Bull. Soc. bot. Fr., XIX, p. 29. 

Note sur le Piiccina compacta de Bary, 1872, Btdl. Soc. bot. Fr., XIX, 
p. 165. 

Quelques mots sur le Pwccima i¥ahiacearum 'Slont., ISl"-!, Bidl. Soc. bot. 
Fr.,XX, p. 238. 

Des Myxomycètes et de leur place dans le Système, 1873, Bull. Soc. bot. Fr., 
XX, p. 320. 

Essai d'une nouvelle classification des Ayaricinées, 1876, Bull. Soc. bot. Fr., 
XXIII, p. 45. 

Catalogue des Agaricinées observées aux environs de Paris, 1876, Bull. Soc. 
bot.Fr., XXIII, p. 108. 

Quelques mots sur le Tricholoma Georgii, 1877, Bull. Soc. bot. Fr., XXIV, 
p. 176. 

Contribution à l'étude mycologique de l'Auvergne (avec M. Boudier), 1879, 
Bidl. Soc. bot. Fr., t. XXVI, LXXIV. 

Le Mousseron des haies (Agaricus clypeatus), champignon comestible des en- 
virons de Poitiers (avec M. G. Poirault), 1880, Bull. Soc. bot. Fr., 
t. XXVII, p. 257. 

()bservations sur un Morchella esculenta Pers. adhérent à un rhizome de 
Topinambour, 1882, Bull. Soc. bot. Fr., XXIX, p. 166. 

Le parasitisme du Morchella esculenta suv V Helianthus tuberosus L., Bull. 

Soc. bot. Fr., 1883, XXX, p. 139. 
Quelques mots sur le plan de V Atlas des Champignons comestibles et véné- 
neux de la France et des pays circonvoisins, entrepris en collaboration 
avec le D' Bichon, 1885, Bull. Soc. bot. Fr., XXXII, p. 379. 
Une nouvelle espèce de Geaster, C« rend. Sess. Soc. bot. Fr. et Soc. myc . 

Fr., p. XXXIV, et Bull. Soc. mgcol. Fr., 1888, t. IV, p. 34. 
VUstilago caricis Fuck. (U. urceolorum Tul.) aux environs de Paris, 1888, 
Bull. Soc. bot. Fr., XXXV, p. 277. 

Atlas des Champignons comestibles et vénéneu-t de la France et des pays cir- 
convoisins (avec le Dr Bichon), 1888, in-4, 0. Doin, Paris. 



172 DE SEYNES. 

Sur rJiabitat du Pohjponis fitlph^ireus, ISSii, Bull. Soc. mycoJ. Fr.,\\, 

p. 87. 
Lu.pérennité du Mycélium, 1894, Bull. Soc. mycol. Fr.. X, p. 94. 
Le Peziza .Jungermanniœ^ees, 1894, id. X, p. 98. 

L'^Tajoèasff/îwm Faccimi à Montmorency, 1891-, Bull. Soc. mycol. Fr., X, 

p. LUI. 
Sur le Typhula variabilis. 1894, Bull. Soc. rnycol. Fr., X, p. LIX. 
Le Cohnia roseo-persicina Winter, 1895, Bull. Soc. 7nyc0l.Fr., XI, p. 104. 
Sur une nouvelle Bactériacée de la Pomme de terre, cause première de la 

maladie de la Pomme de terre (Potato Scab) des Américains, 1896, Bull. 

Soc. mycol. Fr., XII, p. 122 et 126. 

Sur les Bactériacées de la Pomme de terre, 1896, Bull. Soc. mycol. Fr., XII, 
p. 55. 

Un bon conseil à faire donner à tous les amateurs de champignons, 1896, 

Bull. Soc. mycol. Fr., XII, p. 143. 
La maladie de la Gale de la Pomme de terre et ses rapports avec le Bhizoc- 

tonia Solani, 1897, Bull. Soc. mycol. Fr., XIII, p. 2o. 
Nouvelles observations sur les Baclériacées de la Ponune de terre. Bull. Soc. 

mycol. Fr., XIII, p. 29. • 
Les espèces du genre /ImyZoirof/us, parasites delà lécule, 1897, Bu//. .Soc. 

myc. Fr., XIII, p. 76. 
Le Vilmorinella nouveau genre de Myxomycètes, 1897, Bull. Soc. mycol. Fr. 

XIII, p. 81. 
Le Pseudocommis Vitis Debray dans les tubercules de Pomme déterre et un 

nouveau genre de Mycomycètes, 1897, Bull. Soc. mycol. Fr., XIII, p. 154. 
Du Pseudocommis Vitis Debray et de sa jirésence sur les plantes cultivées, 

Nouvelles observations sur même sujet, 1897, Bull. Soc. mycol. Fr., XIII, 

p. 162 et 172. 
Recherches rétrospectives sur le Pseudocommis, 1897, Bull. Soc. mycol. Fr., 

XIII, p. 217. 
De la présence du Pseudocommis Vilis dans les plantes submergées d'eau 

douce et dans les plantes marines, BiUl. Soc. mycol. Fr., XIII, p. 228. 
Les maladies de VOïdium, de la Tavelure, de l'Anthracnose dans leuj" rapport 

avec le P.ieudocommis, 1897, Bull. Soc. myc. Fr., XlII, p. 233. 
La Cerasone de Trecul et ses rapports avec le Pseudocommis, '18\^S, Bull. 

Soc. mycol. Fr., XIV, p. 174. 
La série de développement d'une nouvelle espèce de Sarcina et d'une nouvelle 

espèce à\imylotroyus,iS98,BuU. Soc. mycol. Fr., XIV, p. 178. 
Quel est le nom scientifique à donner au Black-rot ? 1898, Bull. Soc. mycol.- 

Fr.,XIV, p. 24. 
Du rôle du Pseudocommis Vilis dans les maladies des bulbes de safran, dans 

la maladie des Chàtaigners, etc., 1898, Bull. Soc. ynyc. Fr., XIV, p. 28. 



xÉcnoLOGiE. ■ 173 

Du Phijtophtora infeatans de Bary et la pourriture des pommes de terre, 

1898. Bull. Soc. mycol. Fr., XIV, p. 58. 
Un nouveau type générique des Schizomycètes, 1898, BuZL -Soc. >w(/coL Fr., 

XIV, p. 69.' 
Recherches rétrospectives sur les maladies internes des tubercules de Pommes 

déterre, 1898, Bull. Soc. mycol. Fr., XIV, p. 130. 
Une nouvelle espèce de Chalinella, 1898, Bull. Soc. mycol. F?'., XIV, p. 139. 
Observations nouvelles sur le Pseudocommis Vilis, 1899, Bull. Soc. mycol. 

Fr.,Xy, p. 36. 
h'Uredo Chrysanthemi, parasite du Chrijsanthemum, indicum L., 1900, 

Bull. Soc. mycol. Fr., XVII, p. 76. 
Note complémentaire sur l'f/. Chrysanthemi, W)^), Bull. Suc. mycol. Fr., 

XVII, p. 81. 
Le Puccinia C/irysanthemi, cdusc de la Rouille du Chrysanthemiim indi- 
cum L., 1900, Bull. Soc. mycol. Fr. XVII, p. 88. 

III. — Divers et Histoire de la Botanique. 

Sur les Plantes observées en fleur le 17 janvier 1873, Bull. Soc. mycol. Fr., 

XX, p. 15. 
Rapport sur la visite laite par la Société aux i;rands établissements d'horti- 
culture et au jardin botanique de Gand pendant la session extraordinaire de 

Belgique, 1873, Bidl. Soc. bot. Fr., XX, p. XCII. 
Culture des Végétaux inférieurs dans un jardin botanique: Champignons, 

Algues, etc.;, Liège, 1874. 
Rapport sur la visite faite par la Société à 1 herbier de M. Jord.vn de Plyfol 

pendant la session extraordinaire d'Aurillac, 1879, Bull. Soc.bot. Fr.,XX^\l, 

p. LXXXII. 
La flore de Fontainebleau au commencement du XVIII» siècle (Liste des 

plantes intéressantes déjà signalées à cette époque par Pitton de Tournefort, 

Bernard de Jussieu et Sébastien Vaillant), 1881, Bidl. Soc. bot. Fr.,XXVIlI, 

p. XXV. 
Notice nécrologique sur M. Louis Marcii.ly, Bull. Soc. bot. F»*., 1886, 

XXXIII, p. 471. 
Le Galanthus nivalis aux environs de Paris, 1888, Bull. Soc. bot. Fr., 

XXXV, p. 257. 
La flore parisienne au commencement du XV'^^ siècle, d'après VEnchiridion 

botanicum parisiense de J.\coB Cop.isuti, .L de Bot., t. II, p. 7, 29, 41, 54, 

76-132. 

Le Jardin des Plantes en 1636, Journal de Bot., 1888, t. II, p. 191-218. 
Extrait d'un mémoire d'Antoine de Jussieu sur le livre d'Heures d'Anne de 
Bretagne, 1888, ./. de Bot., II, p. 425. 



174 ■ DE SEYNES. 

La Flore d"Etampes en 1747, d'après Descurrain et Guetlard, 1889, ./. de Bot., 
t. III., p. 124. 

liomniage rendu à la mémoire de M. J. Buffet, 1889, Bull. Soc. bot. Fr., 

XXXVI, p. 335. 
Contribution à l'étude de l'action de la chaleur sur les enveloppes llorales, 

1889, Bull. Soc. bot. Fr., t. XXXVI, p. CCXII. 
Les premiers Mycologues parisiens, 1890, Bull. Soc. mycoL, VI, p. XXIII. 
Notice biographique sur Charles Richon, 1893, Bull. Soc. bot. Fr., XL, 

p. 390. 
Le fruit de Y Ecballium elaterium Rich., 1894, J . de Bot., VIII, p. 308. 
L'introduction du Tabac en France, 1805, .7. de Bot., VIII, p. 375. 
Huit lettres de Charles de l'Escluse (I57'2-I593j annotées, 1895, ./. de Bot., 

t. IX, p. 27, .53, 115. 
Le Chelidoniwn laciniatuni Miller, ./. de Bot., IX, p. 296, 338. 
La transmission des formes ancestrales dans les végétaux, 189(3, ./. de Bot., 

t.X, p. 15, 21. 
Histoire delà Pomme de terre, Paris, J. Rotlischild, 1898. 
Les plantes observées au XVI" siècle en Angleterre par Charles de 

l'Escluse. A. F. A. S., Congrès de Boulogne, 1899, XXVIII, p. 479. 
Charles de l'Escluse d'Arras, le propagateur de la pornme de terre au XVI'' 

siècle, sa biographie et sa correspondance, Pans, .1. Rolhschild, 1899. 
Le petit traité des Champignons comestibles et pernicieux de la Hongrie décrits 

au XVI« siècle par Charles de l'Escluse d%Tas. Bcii. .Soc. mycol. Fr., 

1899, t. XV, p. 27. 
L'Oronge d'après Charles de l'Escluse d'Arras, 1899, Bull. Soc. nvijcol. Fr., 

XV, p. 163. 



AVIS 

Par suite du décès d'un de nos confrères, M. Gagneux, on 
pourrait se procurer, chez sa veuve, Madame Gagneux, 146, rue 
du Faubourg St-Denis, Paris, l'ouvrage de Gillet, en excellent 
état et dans de bonnes conditions. 



J3ULU. bec. 'Jnyc. DE _j: RANGE 




Ernest Roze (14 Juin 1S33-25 Mai 1900) 



Champignons de la Guadeloupe^ 

recueillis par le R. P. Duss, 

(2e Série) (1), 

par N. PATOUILLARD. 



Marasmiiis Fr. 

M. ACULEATUS 11. sp. — Sup le sol. 

Chapeau convexe campanule, mince, coriace, demi pellucide, 
ni sillonné, ni strié, à marge entière repliée en dessous. Face 
supérieure couverte d'un duvet serré, court, abondant, jaune 
d'ocre, composé de poils dressés, larges à leur base, atténués 
en pointe vers leur sonmiet et qui confluent par l'extrémité 
pour former des verrues en étoiles. Ces poils ou aiguillons 
dressés sont constitués par des touffes de cellules à parois 
épaisses, de formes très irrégulières, arrondies, allongées, 
anguleuses, pourvues de boucles larges et longues ; ces cellules 
disposées en files, sont très peu cohérentes entre elles. 

Stipe central, grêle, cylindracé, tenace, peu. à peu épaissi 
vers sa base, couvert sur toute sa longueurd'unevillosité courte, 
ocracée, veloutée et très facilement détersile. . 

Lames peu nombreuses (±10), distantes, largement adnées 
et presque décurrentes, non reliées par des veines . 

Plante de 2 centim. de haut, très facilement reconnaissable à 
son chapeau large de 2 centimètres, très mince et couvert d'ai- 
guillons réunis par 4-5 donnant à sa surface l'aspect étoile du 
réceptacle des Lycoperdons. 

Androsaceus (Pers.). 

A. coRRUGATus u. sp. — Sur toutes sortes de bois pourris. 
Chapeau charnu-membraneux, orbiculaire, convexe, glabre, 
roux châtain, ridé vers le centre, lisse à la marge qui n'est ni 

(1) Noiv. Bulletin de la Soc. Myc. Fr., XV, p. 191. 

12 



176 X. PATOUILLARD. 

striée ni plissée. Lames fauves, très serrées, adnées, inégales, 
minces, charnues, ondulées ou crispées. Stipe coriace, tenace, 
cylindracé, droit ou flexueux, glabre, luisant, roux noir, plus 
pâle vers le haut, étalé à la base en une membrane orbiculaire 
petite et concolore. Les cellules de la pellicule, sont hautes de 
10 pt, dressées, serrés et portent des protubérances allongées et 
rousses. 

Plante de 2-3 centim. de haut ; stipe épais de 1 millim. ; cha- 
peau large de 10-20 millim. 

Analogue à A. calopus (Fr.i, mais plus grêle et dépourvue 
de cystides colorées. 

Leptonia Fr. 

L. MiMATA n. sp. — • Sur les troncs pourris de différents ar- 
bres. 

Chapeau charnu, convexe, mamelonné au centre, + 5 cent, 
de diamètre, glabre, brillant, strié « rouge minium foncé » à 
l'état frais, roux-chàtain sur le sec. Lames de couleur rouge 
obscure, adnées, inégales, larges, couvertes d'une poussière 
rousse de spores. Stipe élancé (8-10 cent.), grêle (3-5 millim.) 
creux, concolorau chapeau, avecla base orangée, quiestplusou 
moins radicante. Spores anguleuses, rosées, 10-13p de diam. 

Espèce voisine de L. hypoporphyria B. et C, mais beau- 
coup plus grande, plus épaisse, à pied radicant et qui habite 
sur le bois mort. 

Flammula Fr. 

F. LATEiiiTiA. n. sp. — Sur bois pourri. 

Chapeau convexe, légèrement omboné, sinueux, mince, non 
strié, large de 2 à 5 centim., brique obscure, ponctué vers le 
centre par de petites écailles dressées, distantes, de couleur 
brunâtre. Stipe tenace, grêle, long de 3-4 centim.. cylindrique, 
égal, glabre, brun rouge. Lames de couleur rouge brique, 
larges, distantes, adnées largement et presque décurrentes. 
Spores rousses ovales, verruqueuses.- 8-10 X 5-6 j:*. 

Espèce voisine de F. sapinea Fr. 



CHAMPIGNOXS DE LA GUADELOUPE. 177 

Cvepidotus Fr. 

C. PYRRHUS B. et C, Ciih. fung. n" 12. — Sur les souches 
pourries de Cocoloha xwifera. 

Normalement dimidié sessile, parfois stipité excentrique et 
mafginé en arrière. Spores ovoïdes, aspérulées, 6x4-5pt. Cys- 
tides nulles. 

Laschia Fr. emend. 

L. Dussii n. sp. — Sur tronc de Vilex cUvarlcata. 

Imbriqué, sessile, réniforme, inséré sur le côté ou par la face 
dorsale, marginé en arrière, entièrement gélatineux, lisse ou légè- 
rement sillonné à la marge, non tesselé, large de 3 à 15 millim. 
sur 4 à 10 de long, roux ombre, avec' les bords plus pâles. 
Hyménium concolore, portant des lames rayonnantes, épaisses, 
crispées, rameuses, plus ou moins anastomosées en pores irré- 
guliers. Basides unicellulaires, 4 stérigmates, cystides nulles. 
Spores incolores, ovoïdes, lisses, 10x7^*. 

Espèce voisine de L. pensilis B. et G. et ressemblant à un 
petit Pleurote . 

Boletus L. 

B. GuADELUPENsis u. sp. — Sur du bois pourri, à 780 mètres 
d'altitude. 

Petit, 2-3centim. de diamètre. Chapeau charnu convexe, brun 
châtain, très finement tomenteux, à marge repliée en des- 
sous, mince, appendiculée et blanchâtre. Stipe strié de rouge, 
grêle, plein, marqué de côtes serrées et fines, jaune. Tubes 
courts, à orifices petits, anguleux, jaunes bruns. Spores ocra- 
cées, ovoïdes allongées, arrondies au sommet, apiculées à la 
base, mesurant 16-20x6-8 a. et contenant 1-2 gouttelettes. Cys- 
tides saillantes, cylindriques, jaunes. Chair mince, jaunâtre, 
rougeâtre sous la pellicule. 

Espèce naine, très voisine de B. chrysenteron Bull., à cha- 
peau couvert de filaments floconneux dressés et courts, mais 
différente par sa marge appendiculée et par ses spores beau- 
coup plus grandes. Paraît rare. 



178 N. PATOUILLARD. 

Obs. — La collection renferme une autre espèce de Bolet en- 
tièrement déformée par \q Sepedoniiun chrysospermiim. 

Mêla nopus Pat. 

M. scAiiELLUs n. sp. — Sur les troncs de Myrsine Guade- 
lupensis, Cedrela odorata. etc. 

Chapeau coriace membraneux, semiorbiculaire ou presque 
réniforme, plan, à peine relevé en bosse postérieurement, à 
bords droits, aigus, entiers puis fendus, châtain clair, plus 
foncé et noirâtre dans la partie convexe, hérissé de crêtes fines 
et rayonnantes ou de squamules serrées et noires, nettement 
marginé en arrière, très mince et fragile. Stipe excentrique, 
horizontal, cylindracé, très court, noir terne, finement velu, 
ponctué par des enfoncements poriformes concolores et étalé à 
la base en un disque orbiculaire. Pores blancs roussàtres, plus 
ou moins lavés de fuligineux ou de noirâtre au voisinage de 
linsertion du pied, arrondis, très petits ; tubes très courts, à 
parois épaisses, non décurrentes. Trame blanche devenant un 
peu roussàtre par la dessication. 

Plante de 4-10 centim. de largeur, sur 3-8 cent, de longueur, 
horizontale, non déprimée, à chapeau non zone, remarquable- 
ment mince (5 niillim. en arrière, à peine un demi millim. en 
avant), hérissé, scabre, surtout dans la partie mamelonnée. Le 
stipe a 3-4 millim. de long, sur 3-6 de large et ne dépasse 
guère le bord du chapeau avec lequel il se soude ; l'insertion 
sur le rapport se fait à l'aide d'un disque orbiculaire noir et 
très mince. 

Cette espèce, qui appartient au stirps de M. çainus. se distin- 
gue des voisines par sa minceur et par les aspérités de la sur- 
face du chapeau. 

Phseoraduliim Pat. 

P. GUADELUPENSE u. sp, — Tigcs pourrics de Daphnopsis 
Caribœa. 

Réceptacle résupiné, membraneux, coriace, dur, à trame 
brune et compacte ; surface hyménienne, pruineuse, brune, por- 



CHAMPIGNONS DE LA GUADELOUPE. 179 

tant des tubercules distants, courts, rigides, aigus, concolores, 
avec le sommet fimbrié et blanc. Cystides cylindriques, pili- 
formes, à parois minces, 40-60x8-10pt. Spores lisses, ovoïdes, 
ocracées brunes, i0-12x6u.. 

Espèce présentant les caractères du genre Radalum, mais 
qui doit en être séparée à cause de la coloration des spores. 

Stereum Fr. 

S. FLABELLATuai u. sp. — Sur le bois mort. Chapeau mem- 
braneux, mince, élargi en avant, régulièrement atténué en ar- 
rière et terminé par un stipe latéral comprimé ; marge papy- 
racée, profondément incisée ou lobée ; face dorsale, à peine pu- 
bérulente marquée de lignes saillantes ou crêtes peu élevées di- 
vergeant en éventail, nonzonée ; face inférieure liyménifère très 
glabre, également couverte de saillies en éventail ; stipe muni 
d'une pubescence courte et serrée, légèrement élargi en disque 
à la base. 

Plante dressée, spatuliforme, rarement cyatliiforme, d'ordi- 
naire confluents per les bords avec les voisines, blanchâtre sur 
le vivant, livide et pellucide sur le sec, haute de 4-6 centim. ; 
stipe de ^p- 1 centim. de long sur 1-2 millim. d'épaisseur. 

Affine à Thelephora veiiustula Speg. 

S. FKAGiLE n. sp. — Sur le bois mort. 

De résupiné, dimidié ; réceptacle orbiculaire, rigid(\ dur, plus 
ou moins incisé en avant, marge droite et aiguë; face supérieure 
plane, ocracée rousse, tomenteuse, marquée de quelques zones 
concentriques rougeàtres presque glabres. Trame mince 
(1 millim.), blanchâtre, compacte. Face inférieure plane ou 
bosselée, livide, purpurescente ; cystides abondantes, fusoïdes, 
incolores, à parois minces, 40x10 p.. 

Le duvet de la face supérieure est constitué par des hyphes 
couchées, larges de 4-5|jt, peu serrées et fauves. Les filaments 
de la trame sont incolores, très rapprochés et mélangés de 
nombreux cristaux volumineux d'oxalate de chaux. 

Ce champignon est très fragile, il se divise selon des lignes 
rayonnantes avec la plus grande facilité. Son aspect est analo- 
gue à celui de S. fasciatum^ S. lobalum^ etc., mais il est fa- 
cile à distinguer à la teinte violacée de la face inférieure. 



180 X. PATOUILLAUD. 

Corticium Fr. 

C. cHELiDOMUM 11. sp. — SuF l'écorce An Mammea ameri- 
caiia. 

Réceptacle résupiné, étalé, mince, de consistance céracée, 
jaune orangé sous une pruine blanche ; marge sinueuse, libre 
jaune. Trame formée criiyphes couchées, incolores, serrées, 
mélangées de cellules cystidiformes, ou vésicules allongées, 
larges, obtuses ou étirées au sommet, ne faisant pas saillie au 
dehors. Ces cellules sont gorgées d'une matière huileuse, jaune 
orangée. Spores incolores, lisses, ovoïdes-arrondies (10x6 p). 

Espèce analogue à C. rugulosum (Berk. et Curt.), mais de 
coloration différente. L'aspect pruineux de la surface est causé 
par la saillie des hyphes, 

Aleurodiscus Rabenh. 

A. Mancinianus Pat. ; — Stereum Mancinianuni Sacc. et 
Cub., Sylloge, VI, p. 583 ; — Stereum vitellinuni Lév. , Prodr. 
Florse Novo-granat.. p. 288 (non Dur. et Lév.). 

Sur l'écorce du Sloanea Caribœà. 

Cette espèce se rattache au genre Aleurodiscus, par ses 
basides volumineuses (60-100 X30pi), à quatre stérigmates épais, 
ses grosses spores ovoïdes et lisses (25X21(a) et par son ré- 
ceptacle orbiculaire, marginé et pulvérulent à la surface. La 
trame est blanche, compacte, charnue, coriace et a tous ses 
éléments incrustés d'une infinité de granulations qui sont in- 
colores dans les parties profondes et jaunes d'œuf à la surface. 

La marge est épaisse et dépourvue de villosité et l'hyménium 
ne présente pas de poils hérissés, ni de conidies entre les ba- 
sides. 

Mycobonia Pat. 

M. FLAVA Pat. ; — Hydnum flcwum Berlc, Ann. Nat. Hist., 
vol. X, p. 380. 

Forme typique, sessile, sur les souches de VAcnistus arbo- 
j^escens. 



CHAMPIGXOXS DE LA GUADELOUPE. 181 

M. BiiuNNEO LEucA (Berk) ; Hydninn hranneo leucum B. et C. 
— Sur différents bois pourris. 

Chapeau orbiculaire, atteignant 15 cent, de diamètre, porté 
sur un stipe court, épais, noirâtre à la base. 

Septobasidium Pat. 

S. ATRATUM n. sp. — Sur le tronc vivant de VEiigenia 
Jambos. 

Réceptacle résupiné, largement étalé, mince, à marge fim- 
briée et incrustante. Subiculum noir, formé d'hypbes rigides 
accolées en paquets dressés, courts, composés de filaments 
peu rameux, larges de 4-5 fx, à parois épaisses et de couleur 
brune au microscope. 

Membrane hyménienne, mince, fragile, continue, glabre, 
luisante, ombre noire, plus pâle à la périphérie. Basides d'abord 
globuleuses (10-12 p de diam.), épaisses, naissant sur le côté 
des hyphes dressées de la membrane, un peu en dessous de 
leur terminaison . Spores ? 

Les régions américaines chaudes produisent un certain nom- 
bre d'espèces de Septobasidium de couleur ombre, noire, ou 
cannelle obscure, dont la différenciation est rendue difficile par 
cette similitude de coloration. Dans le tableau suivant, nous 
avons essayé d'indiquer les caractères permettant de les dis- 
tinguer. 

1 . Surface hyménienne marquée de veines obtuses plus ou 

moins anastomosées en réseau : 

.V. retiforine iB. et C). 

2. Surface hyménienne plane, continue ou fragmentée. 

a. villeuse. 

hyphes fertiles droites S. velutinum Pat. 

— — circinées. . : A". Bresadohe Pat. 

[S. velutinum Bres., m Heds\'igia . 1896, p. 290, non 
Pat.) 

b. glabre et brillante. 

subiculum compacte, dense S. Leprieurii (Mtg.) 

— lâche, formé de fibres dressées et distantes. 
V.. épais, roux, spongieux, lacuneux. S. Spongia[B. et C.) 
|3. très mince et noir S. atratum Pat, 



182 X. PATOUILLAlil). 

Cycloclerma Klotsch. 

C. DEPRESsuM n. sp. — SuF bois pourri. 

Mycélium blanc, filamenteux, agglomérant les débris de bois. 
Réceptacle ocracé pâle, entièrement glabre, arrondi ou tur- 
biné, plan ou déprimé à la partie supérieure avec une très 
petite papille au centre. Péridium double, l'extérieur épais, 
formé de deux couches hétérogènes fortement appliquées l'une 
contre l'autre, l'intérieur mince, papyracé. Columelle n'attei- 
gnant pas le sommet de la cavité, composée d'une partie infé- 
rieure grêle, cylindrique, ligneuse et d'une partie supérieure 
globuleuse, dure et blanchâtre. Capillitium rayonnant de la 
columelle à la paroi du péridium interne, à filaments simples, 
cylindracés, tenaces, bruns pâles ; spores arrondies, lisses, 
2 — -3f/. de diam., concolores. Gleba d'abord blanche, puis 
brune. Dëhiscence inconnue. 

Espèce voisine de C. indicum Klot., mais facile à distinguer 
à son péridium ni villeux ni écailleux et à la forme de la colu- 
melle. 

Dans ce champignon, la maturation de la gleba commence 
autour de la partie inférieure de la columelle, cette partie est 
déjà entièrement brune et pulvérulente alors que le sommet est 
encore blanc. 

C. Ohiense Cook. etMorg., Grevillea^ XI, p. 95. PL 160, 
fig. 3-10.— Fréquent sur le bois pourri. 

J'ai déjà eu l'occasion de m'occuper de cette espèce (1) et de 
signaler sa présence à la Guadeloupe (2) ; je ne serais pas re- 
venu sur ce sujet, si de nouveaux matériaux ne m'avaient fourni 
l'occasion d'observer son mode de déhiscence qui ne paraît pas 
avoir été décrit jusqu'ici. 

La maturation complète de la gleba est terminée longtemps 
avant la déhiscence de la plante et il parait jDrobable que dans 
bien des cas cette déhiscence ne se produit pas, la dissémina- 
tion des spores ayant lieu par des ouvertures provenant d'une 
destruction partielle et accidentelle de la paroi du péridium ; 

(1) Bull. Soc. Myc.ol. Fr., XIV, p. 195. 

(2) Bull. Soc. Mycol. Fr., XV, p. 204. 



CHAiMPIGNONS UE LA GUADELOUPE. 183 

c'est ainsi que j'avais cru voir un état normal dans des spéci- 
mens chez lesquels le mamelon apical était remplacé par une 
ouverture circulaire. 

Lorsque le développement atteint son terme ultime, le péri- 
dium externe se déchire au sommet et donne de quatre à six 
dents triangulaires n'atteignant pas le milieu de la hauteur 
totale. Ces dents restent dressées ou se recourbent légèrement 
en dehors. 

Le voile général suit la marche du péridium externe et se 
déchire également en un même nombre de dents, en même 
temps qu'il s'isole plus ou moins. 

L'ouverture du péridium interne a lieu par une ostiolefimbriée. 

Il résulte de ce qui précède que les deux genres Cyclodernia 
et Geaster sont extrêmement voisins et devraient peut-être se 
se fondre en un seul, dans lequel on conserverait Cyclodernia 
à titre de simple section. Cette section serait caractérisée par 
une déhiscence tardive et des divisions peu profondes. 

Les lames membraneuses, minces et délicates figurées dans 
le GrevilleaJ.oc. cit.,ûg.7, ne sont autre chose que les cloisons 
immatures de la gleba ; avec l'âge, ces cloisons disparaissent 
et le capillitium filamenteux persiste seul. 

Humaria Fr. 

H. GuADELUPENsis u. sp. — Sur la terre. 

Cupules agrégées, orbiculaires, petites (2 à 5 millim. de diam.), 
sessiles, très finement villeuses sur la face externe ; hyménium 
concave, blanchâtre, puis roux-orangé. Thèques cylindracées, 
operculées, 110-130xl0-12pi, à 8 spores unisériées ; paraphyses 
linéaires, épaissies au sommet en massue oblongue. Spores 
ovoïdes, incolores, atténuées en pointe aux extrémités 13x6jx, 
munies de verrues distantes, épaisses, longues et cylindriques ; 
leur cavité renferme deux gouttelettes brillantes. 

L'iode ne donne pas de coloration bleue. 

Helotium Fr. 

H. Sloane.î: n. sp. — Sur les pétioles pourrissant du Sloanea 
Mcissoni. 



184 N. PATOUILLARD. 

Cupuliforme, slipité, roux, plus pâle extérieurement, glabre. 
Réceptacles épars, charnus, très petits (^-1 niillim. de haut); 
hyménium concave ; marge droite et entière. Thèques cylin- 
dracées, obtuses et percées d'un pore à l'extrémité, ne bleuis- 
sant pas par l'iode, mesurant 125-150 X 8-10 pt et contenant 
8 spores bisériées. Paraphyses incolores, linéaires, un peu 
épaissies au sommet, simples, non septées. Spores fusiformes 
allongées, droites ou à peine courbées, incolores, lisses, sans 
cloisons, à contenu homogène ou divisé en goutelettes bril- 
lantes ; elles mesurent 30-37 X 7-8 pi. 

Cette petite espèce ressemble à Belonidium lasiopodium. 
mais en diffère par ses spores plus longues et non cloisonnées, 
par son stipe glabre et par sa coloration plus intense. 

Belonidium Dur. et Mtg. 

B. LASIOPODIUM n. sp. — Sur des brindilles pourries à terre. 

Cupule stipitée d'un millimètre de hauteur. Stipe court, 
cylindrique, jaune succin, hérissé à la base par des touffes de 
poils blancs, très courts (30 a) etsimples. Cupule jaune, glabre, 
entière, régulière. Hyménium concave, de même couleur. Thè- 
ques presque sessiles, atténuées aux deux extrémités (120x15 f;^) 
à 8 spores bisériées, à peine bleuies par l'iode à la partie su- 
périeure. Paraphyses linéaires, abondantes, de la longueur des 
thèques et contenant des gouttelettes nombreuses. Spores in- 
colores, fusoïdes, lisses, d'abord continues, puis pourvues de 3 
cloisons transversales ; elles mesurent 30x6-8 pt. 

Espèce délicate, très mince, d'un jaune d'ambre, glabre sauf 
dans la portion inférieure du stipe. 

Erinella Quel. 

E. vARiEGATA u. sp. — Eu troupcs sur des brindilles pourries, 
à terre. 

Espèce stipitée, de 1 millimètre de haut. Réceptacle en forme 
de coupe tomenteuse extérieurement, blanc carné, tacheté de 
ponctuations rousses, infléchi à la marge; poils externes liné- 
aires, d'environ 60 f/ de longueur, incolores et lisses avec le 



CHAMPIGNONS DE LA GUADELOUPE. 185 

sommet roussàtre épaissi en massue arrondie. Hyménium 
concave, jaune orangé. Thèques cylindriques atténuées à la 
base, obtuses au sommet (75 - 90x6 - Sps), octospores. Paraphy- 
ses incolores, dépassant longuement les thèques, droites, aiguës 
à l'extrémité, larges de 4fx. Spores droites ou un peu flexueuses, 
linéaires, 50-60x3 //, hyalines, à gouttelettes. 

Cette espèce appartient au genre Dasyscypha par ses para- 
physes et par ses poils externes, mais ses spores linéaires la rat- 
tachent à Erinella. 

Midotis Fr. 

M. HETEiiOMEUA Mtg., Syll. crypt., n. 642. — Sur tronc de 
Cecropia peltata . 

Dans cette espèce, les thèques sont dépourvues d'opercule. 
On ne doit donc pas rattacher à Midotis les espèces constituant 
le genre Wynnea de Berkeley, qui toutes ont les asques oper- 
culées. 

Xylobotryiun Pat. 

X. PORTENTOSUM Pat.; — Xylaria poi^tentosa Mtg. Cent. I, 
n" 33. — Sur le stipe du Cyathea serra . 

Stromes cespiteux, simples ou rameux, cylindriques, droits 
ou courbés, atténués en stipe noir et glabre. Périthèces cou- 
vrant toute la surface de la clavule, superficiels, libres, noirs, 
ovoïdes, à ostiole papilliforme. Thèques longuement stipitées, 
45 - 55X6-8pi (portion sporifère), octospores. Paraphyses hya- 
lines. Spores bisériées, brunes ou fuligineuses, ovoïdes, 
10 - 13x3 - 4 pt, uniseptées, parfois légèrement étranglées à la 
cloison. 

Cette espèce se rattache à Xylobotryum par ses spores uni- 
septées et ses périthèces superficiels. 

Leptosphœria Ces. et de Not. 

L. HUR.E n. sp. — Sur l'écorce de VHiira crepitans. 
Périthèces rapprochés en grand nombre, immergés, puis sail- 
lants, arrondis, noirs, y"V~™^'^^^^™- ^^ diam., à ostiole papilli- 



186 N. PATOUILLABI). 

forme ; thèques octospores, cylindriques, cylindracées, obtu- 
ses au sommet, atténu.ées en un stipe court, entourées de para- 
physes filiformes très nombreuses. Spores unisériées, ovoïdes, 
fuligineuses puis rousses, munies à chaque extrémité d'un 
mucron obtus, triseptées et sans étranglement aux cloisons, 
mesurant 23x1 3,«. 

L'iode ne donne pas de coloration bleue. 

Nectria Fr. 

N. FLAVELLA u. sp. — Parasite d'une spliérie sar écorce de 
Guazuma ulinifoUa. 

Péritlièces épars ou rapprochés en troupes, globuleux, 
230 - 360 fi de diam. , ruguleux, couverts d'aspérités obtuses très 
courtes, uniformément jaune de chrome, percés d'un pore au 
sommet, à parois de cellules ovoïdes. Thèques allongées, fusoï- 
des, à 8 spores bisériées (80x12 i^i). Spores incolores, lisses, 
ovoïdes, uniseptées, sans étranglement et mesurant 13- lOX ^}i.- 

Stilhoceva nov. gen. 

Strome charnu, étalé, superficiel, non noir. Péritlièces plus 
ou moins immergés. Thèques octospores, sans paraphyses. 
Spores incolores, uniseptées. Conidiophores en tête stipitée, 
naissant sur le strome ascophore. 

Ce genre est exactement Hypoct-ea, mais dont la forme coni- 
dienne est un Stilhum. 

S. Dussii n. sp. — Sur l'écorce pourrie d'un Daphnopsis 
caribœa. 

Strome carné-roux, charnu, orbiculaire, 3 — 10 millim. de 
diam., convexe plan, bosselé ruguleux, ponctué par les ostioles. 
Péritlièces immergés, ovoïdes, 230xl50_a ; thèques allongées, 
tronquées au sommet, atténuées inférieurement, 80x6 -8 pi, à 
8 spores unisériées ; paraphyses nulles. Spores ovales, unisep- 
tées, non ou à peine étranglées à la cloison, très finement ver- 
ruqueuses, 10X5^/. Trame rosée, charnue. Forme conidienne 
naissant sur le strome ascophore, précédant et accompagnant 
les péritlièces ; elle a la forme de petits Stilbnni hauts d'envi- 



CHAMPIGNONS DE LA GUADELOUPE. 187 

ron 1 millim., rosés, terminés par une tête plane ou convexe de 
-de millim. de diamètre ; les filaments du stipe sont allongés, 
très serrés et divergent dans la tête qui est recouverte d'une 
couche de conidies. Celles-ci sont ovoïdes, lisses, continues, à 
2 gouttelettes internes et mesurent 6 X 2pi. 

Diffère &' Hypocrea comme Sphœerostilbe de Nectrla. 

Stilbum Tode. 

S. Daphnopsidis n. sp. — Sur les sarments morts du Da- 
phnopsis caribœa. 

Epars, très petit (y-- de millim. de haut). Stipe glabre, 
dressé, cylindrique, très grêle, noir, composé d'hyphes parallè- 
les, septées, tenaces, fulinineuses. Capitule globuleux, poncti- 
forme, blanc à peine carné, couvert d'une couche de conidies 
incolores, ovoïdes, mesurant 5 - 7 X 2 - 3pt. 

Espèce proche de S. Euphorbiœ Pat., dont elle diffère par 
ses dimensions plus faibles, son stipe bien plus grêle, ses spores 
un peu plus petites, etc. 

Isaria Pers. 

1. Dussii n. sp. — Sur des chenilles mortes. 

Mycélium blanc, floconneux, entourant le cadavre de l'in- 
secte. Stipe dressé, blanc roussàtre, bientôt divisé en un grand 
nombre de petits rameaux grêles, plus ou moins courbés, 
blanchâtres et farineux, émettant latéralement des hyphes in- 
colores, simples, lisses, qui se terminent par un bouquet de 4 
à 6 basides ovoïdes. Ces basides portent chacune de 2 à 5 sté- 
rigmates ovoïdes surmontés d'un petit mucron. Conidies inco- 
lores, courbées, mesurant 5x2 -3pi. Basides de 6-8pi de 
hauteur ; stérigmates de 5 - 6 a. 

La plante entière atteint environ 1 cent, de haut. Espèce ana- 
logue à /. arachnophila^ mais à conidies courbées. 

I. Albizzle n. sp. — - Sur le bois pourri de VAlbizzia Seb- 
beck. 

Réceptacles cylindracés, dressés, simples ou fourchus, aigiis, 
ou arrondis à l'extrémité, velus, ayant à peine i millim. de haut. 



188 X. PATOUILLAKD. 

cendrés ou roux-pâles, fertiles sur toute leur longueur, rare- 
ment solitaires, plus habituellement groupés en fascicules di- 
vergents en étoile. Conidiophores placés sur les filaments de la 
périphérie des réceptacles, épars ou groupés par 2-3. cons- 
titués par des cellules cylindriques (10-13x3 - 4p.j, obtuses 
au sommet, portant chacune une conidie ovoïde, cendrée, me- 
surant 4- 6X3/*. 

I. GOssYPixA n. sp. — Sur Técorce d'Inga Martinicensis. En 
troupe . 

Stipe dressé, flexueux, simple, cylindrique, épais de - millim. 
villeux. ferme et fibreux, jaune brun. Portion fructifère blanche 
en forme de clavule cylindracée, obtuse, de consistance lai- 
neuse, lâche, longue de 6-8 millim., large de 1-2, traversée 
dans toute son étendue par le prolongement du stipe. Cette 
clavule est constituée par des hyphes incolores, septées, rameu- 
ses, lâchement entrelacées, qui portent de distance en distance 
des basides simples, ventrues, tronquées et denticulées au som- 
met, mesurant 6x4 a. Couidies ovoïdes, incolores, lisses, 
6X3 F-. 



EXPLICATION DE LA PLANCHE VII. 

i. Melanopiis scabellus a, Port gr. nat. face supérieure. — 

b, Coupe longitudinale. 

S. Cycloderma depressurn a, Port gr. nat. — b, Coupe longitudi- 
nale. — c, Capillitium et spores. 

3. Cycloderma Ohiense a, Spécimen avant la déhiscence. — 

b, Spécimen adulte ouvert. — c, Coupe 
longitudinale du même. — rf, Capililium 
et spores. 

4. Xylobotryum portentosum . . . a. Port gr. nat. — b, Périthèces super- 

ficiels grossis. — c, Thèques, paraphyses 
et spores. 

5. Stilbocrea Dussii a, Port gr. nat. — b, Un strome grossi. 

— c, Thèques et spores. — d, Gonidio- 
phore grossi. — e, Conidies. 



Note sur les Champignons observés dans les profondeurs 
des Avens des Causses Meijan et Sauveterre, 

par J. MAHEU. 



Au mois d'août 1899, ayant fait l'exploration des At^ens des 
Causses Meijan et de Saiiveterre (Lozère), nous nous sommes 
attaché d'une façon plus spéciale à l'étude des espèces mycolo- 
giques qui en forment la flore. 

Cette campagne d'exploration, faite en compagnie de 
MM. A. Viré, attaché au Muséum, et Cord, ingénieur agro- 
nome, avait pour objet l'étude et l'exploration de seize Avens jus- 
qu'alors inconnus dont voici la liste : 



1" Aven Armand, 212™ profondeur, 
(déjà exploré). 

2» Aven de la BarellCjBB'nprofondeur. 

3" Aven des 3 bouches, 50™ profon- 
deur. 

!it" Aven des 3 femmes mortes, 20™ 
profondeur. 

5" Aven de Bagneous, 100™ profon- 
deur. 

6» Sotsch terminé par une grotte. 

7» Aven de Blanquefort, 27™ pro- 
fondeur. 

8» Les 3 avens de Gonsinches, 45™, 
15™, 20™ profondeur. 

9» Aven delPayrol, 35™ profondeur. 



IC" Aven de Soulanges, 20™ profon- 
deur. 

M" Aven du Pio del Biau,45™ profon- 
deur. 

12" Aven Cambos Pianos. 10™ pro- 
fondeur. 

13» Aven de Costo Piano, 20™ pro- 
fondeur. 

14c Les 13 avens du Rozier, 10 à 30™ 
profondeur. 

15» Le grand aven de CorgneS; 103™ 
profondeur. 

16" Grottes d'Inos et quelques autres 
grottes et avens déjà explorés. 



Considérés au point de vue de la flore, les Avens peuvent être 
divisés en 4 zones : 

1'''' Zone. — Surface. 

2*^ Zone. — Embouchure même de l'Aven. 

"i" Zone. — Parois et fond des puits. — Obscurité partielle. 

k" Zone. — Galeries. — Obscurité totale. 
Dans les deux premières zones, nous n'avons jamais rencon- 
tré de champignons à l'époque de nos excursions. La troisième 
nous a fourni quelques espèces lignicoles, espèces toujours 
pourvues de leurs spores. 



190 



J. MAIIEU. 



La quatrième zone enfin, à l'obscurité totale, nous a donné 
un certain nombre d'espèces, chacune rencontrée une ou deux 
fois seulement, parfois en exemplaire unique. Une seule espèce 
dépourvue de spore, Mycena 'çulgaris Fries, formant le fond 
de la flore mycologique des Gouffres, a été rencontrée dans tous 
les Avens explorés sauf dans l'Aven Armand dont le sol est en- 
tièrement recouvert de stalagmites. 

Nous donnons ci-après la liste des espèces trouvées aux dif- 
férentes profondeurs : 

LISTE DES ESPÈCES CAVERNICOLES. 



1" Agaricus tnelleiis, Fr., 30"' de 
profondeur. 

2» Collybia cirrhata Schum., aven 
de la Barelle,55™ de profondeur. 

3" Mycena hiemalis Ketz, 50-30- 
60™. 

4.0 Mycena vulgaris Fries, stérile. 

5° Mycena filopes Bull., à 40™ de 
profondeur. 

6° Marasmius fœtidus Sow., stérile, 
se trouve sur l'argile des ca- 
vernes, dans les grottes d'Inos 
et l'Aven du Pont sublime. 

7<> Marasmius rotula DC, échan- 
tillons à peine visibles, existent 
dans beaucoup d'avens, 60™ et 
30°» de profondeur. 

8° Schizophyllum com^nune Fr., 
sur les arbres morts, encom- 
brant l'embouchure des avens. 

90 Hypholoma fasciculareUudson, 
Aven voisin de celui de la Cor- 
gne, 60™ de profondeur. 
10° Hymenochsete ferriiginea Fries, 



plus petit et plus blanc que le 
type. 

11° Gymnosporangium clavarise- 
formis Jacq., sur les fragments 
deJuniperus communis. 

12" Corticium lacteum Fries. Un 
exemplaire plus petit que le 
type semble pouvoir être iden- 
tifié à cette espèce, 30™ de pro- 
fondeur. 

13" Mitrula paludosa Fries., échan- 
tillon unique (Aven des trois 
femmes mortes), plus déve- 
loppé qu'à la surface du sol, 
sur les feuilles de chêne cou- 
vertes de boue liquide et de 
terre. 

14" Ascobolus vinosus Berk., sur 
les crottes de lapins entraînées 
par les eaux dans l'aven de la 
Barelle. 

15° Peziza scutellata, décolorée par 
la station, 60™ de profondeur. 

16» Mucor mucedo. 

17» Rhizomorpha sp. ! 



Plusieurs de ces espèces se rencontrent sur les détritus cou- 
verts de boues et de terre ou de boues liquides ; nous en avons 
même rencontré sur des stalagmites en plaques, n'offrant 
aux yeux aucune trace de matières organiques. 

Le changement d'habitat ne doit pas être sans action sur le^s 
formes de ces champignons, pour la plupart dégénérés. Le 



CHAMPIGNOAS DES AVENS DES CAUSSES. 191 

pied acquiert toujours un grand développement, il s'allonge 
par suite de la croissance entière à l'obscurité dans une atmos- 
phère humide et calme où la transpiration est pour ainsi dire 
nulle. 

Le fait le plus remarquable, c'est que les espèces cavernicoles 
sont généralement stériles ; néanmoins, les trois espèces sui- 
vantes, quoique essentiellement cavernicoles, ont été rencon- 
trées pourvues de spores : 

1° Mycena filopes BnW., 

Se rapportant à la variété A figurée par Bulltard. 

2° Hijpholoma fasciculare, 
Très déformé par la station. 

3° Peziza scutellata. 

Décoloré parla station. 

Les spores de ces espèces étaient-elles douées de propriétés 
germinatives ; nous n'avons pu faire d'expériences à ce sujet, 
d'ailleurs il n'existe pas à notre connaissance d'essais de ger- 
mination de spores d'individus normaux de ces espèces. 

Bien que la lumière ou l'obscurité n'agissent pas énormément 
sur la couleur des champignons, ici cette obscurité totale tend 
à diminuer la tonalité de la teinte et il semble évident que l'obs- 
curité totale doit être pour beaucoup dans la disparition de la 
faculté sporogène chez la plupart des espèces cavernicoles. 

Il est probable que ces champignons, hôtes des cavernes, 
sont issus de mycéliums, venant de la surface et cpie dans ces 
stations où les conditions climatologiques sont totalement dif- 
férentes, ils cessent d'exister après une ou plusieurs générations. 

Chez certaines espèces franchement cavernicoles, il y a perte 
de la faculté sporogène ; nous avons vu également disparaître 
l'appareil sporifère lui-même. 

Au mois d'avril dernier, M. Viré rapportait d'un voyage fait 
en Autriche, dans le but d'y étudier la faune souterraine de 
cette région, un certain nombre de champignons. 

Très rares dans les gouffres de ces contrées, les espèces étu- 
diées proviennent de Kelessuiska Jama, près d'Adelsberg, dans 
un aven profond de 50 mètres, superposé au cours souterrain 
de la Piuka ou Poik. Il débute par un aven de 25 mètres où dé- 

13 



192 .). MAHKU. 

bouche un couloir à plan incliné, donnant accès à une série de 
galeries. 

Les espèces suivantes y furent récoltées en pleine obscurité 
sur la terre humide et des fragments de bois : 
1° Polyporus (résupiné), 

Plusieurs échantillons tout à fait déformés par la station. 
2'' Hypholoma appendiculatum . 

Types très petits. 
3" Hypholoma fasciculare^ 

Les échantillons, quoique plus volumineux que ceux des 
avens de la Lozère, sont également très déformés. 

Enfin, un dernier échantillon étudié, des plus intéressants et 
indéterminable, provient de la même localité. On se trouve en 
présence d'un Hyménoniycète dont le chapeau de consistance 
molle le rapproche du genre Agaricus d'une part, tandis que, 
d'autre part, il est voisin des Polypores par un pied légèrement 
excentrique et dur ; le tissu du chapeau vu au microscope le 
rapprocherait plutôt de ce dernier genre quoique dépourvu des 
tubes caractéristiques de ce genre, il n'existe pas non plus de 
lames et l'hyménium fait défaut, ne subsistant que par quelques 
rares rudiments. 

Ici, non seulement la faculté sporogène a disparu comme 
dans les types des avens Lozériens, mais l'appareil sporifère 
lui-même n'existe plus. 

Tels sont les variations polymorphiques attaquant l'espèce 
non seulement dans sa faculté reprodructrice, mais encore dans 
ses organes reproducteurs, action généralisée d'ailleurs sur 
tous les organes et produisant les variations suivantes : 

1° Allongement du pied ; 2° Déformation du chapeau ; 3° Al- 
tération de la couleur ; 4'^ Disparition de la faculté sporifère ; 
5° Disparition de l'appareil sporifère. 

Toutes ces variations tendant à l'atténuation de l'espèce mon- 
trent l'influence du milieu chez les types franchement cavernico- 
les : Mycena vulgaris Pries, par exemple, rencontré onze fois sur 
seize avens, est toujours dépourvue de spores. 

L'obscurité continuelle, la température invariable et peu 
élevée, ainsi que la pauvreté du substratum en matières nutri- 
tives, tels sont les principaux facteurs biologiques auxquels on 
peut attribuer le polymorphisme dont il vient d'être question. 



Champignons nouveaux de France, 

Par M. Em. BOUDIER. 



Je viens donner ici les descriptions et figures de six espèces 
nouvelles de Champignons provenant soit de mes récoltes per- 
sonnelles, soit de mes correspondants et amis. Ces espèces 
m'ayant paru intéressantes, j'ai pensé qu'il serait utile de les 
publier dans le Bulletin de la Société. 

I. COLLYBIA BeXOISTII Boud. 

Minor aut média, mollis, pileo badio-piirpureo ad marginem 

striatum in adultis fuscescente, lamellis albidis, pediculo sub- 

flocculoso, intus cavo, concolore. 
Il 
Pileus 1— -2— cm. convexus dein applanatus, non umbona- 

tus, sub-hygrophanus, primo obscure badio-purpureus, dein ad 
marginem pallidior et fuscescens, margine striato, pellucido. 
Pediculus 3-5 c. m. longus, 2— -4 mm. crassus, fusco-badius 
ad apicem pallidior et furfuraceus, extus pallidè flocculosus, in- 
tus cavus. Lamellse sub-liberœ, albidse, dein plus minusvefulvo- 
purpurascentes praecipuè adbasim. Caro colorata. Sporœ albœ, 
oblongœ subpiriformes, intus subgranulosœ et vacuolâ cen- 
trali notatse, 8-13 /x longée, 4-6 latse. 

Habitat ad terram humosam in Pinetis muscosis. Montmo- 
rency, 1889 et sequentibus annis. Rouen, 1898-1900 in iisdem 
locis legit clar. R. Benoist cui grato animo dicavi. 

Cette petite espèce est très remarquable par sa couleur brun- 
pourpré et sa mollesse, quoiqu'elle appartienne manifestement 
au genre Collybia dans lequel je n'ai pu trouver aucune descrip- 
tion qui puisse s'y rapporter. J'ai donc cru devoir la décrire. Son 
aspect a un peu celui de certaines NOiTiéié^ àvi Mycena pura, 
mais elle s'en éloigne abondamment par son manque d'odeur, 



194 ibi. liouDiEii. 

par sa couleur plus foncée et son pied floconneux, elle ne peut 
d'ailleurs rentrer dans le genre l'ii^/re/ïa. Son chapeau primitive- 
ment brun pourpré, très foncé quand il est imbu, pâlit par des- 
sication et devient, comme aussi avec les progrès de l'âge, plus 
ou moins fauve vers la marge qui est sillonnée par transpa- 
rence. Le pied listuleux et mou est tenace, brun-fauve palissant 
vers le haut et recouvert de petits flocons plus pâles qui dégé- 
nèrent en ponctuations granuleuses au sommet. Les lames sont 
primitivement blanchâtres, mais se teintent de la couleur géné- 
rale en vieillissant, surtout à la base. La chair est colorée ; 
l'odeur nulle ou à peu près. Les spores sont blanches, plus ou 
moins granuleuses intérieurement avec une vacuole centrale ; 
leur forme est oblongue, obtuse à l'extrémité, atténuée à la 
base par le hile qui les fait paraître subpiriformes. 

Je l'ai trouvée plusieurs années de suite à Montmorency, 
dans les parties moussues des bois de Pins ; depuis, je l'ai 
reçue en beaux échantillons et en nombre de notre bien dévoué 
collègue de M. R. Benoist, de Rouen, qui l'a récoltée dans les 
mêmes conditions et auquel je me fais un plaisir de la dédier en 
souvenir de nos agréables relations. 

IL Entoloma indutum Bond. 

Minutum, gracile, 2-3 c. m. altum, pallidè cinereo-ardosia- 
cum ; pileo umbonato, grosse fibrilloso ; pediculo concolore, 
lamellis cinereis dein ochraceo-roseo pulverulentis. 

Pileus vix carnosus, campanulato-explanatus, umbonatus, 
supra grosse fibrillosus, cinereus centro leviter fulvescente. 
Pediculus cylindricus, gracilis, intus cavus, pileo concolor, 
extus fibrillosus. Lamellœ cinerege, latœ, subliberœ sed unci- 
natim adtïxœ, sporis ferruginoso-roseis pulverulentœ. Sporœ 
ovato-angulosse, ad basim hilo acuminata?, intus guttulosse, 
pallidè rosese, magna copia roseo-ferruginascentes, 13-14 p 
longœ, 7-9crass8e. Basidia spissa, claviformia, 55-00 p longa. 
Cystidia lanceolata, acuminata, 80-95 /a longa. 25 lata. 

Ad terram, in nenioribus argillosis, Ecouen, 1898. 
. Cette petite espèce, entièrement d'un gris pâle un peu ardoisé, 
a le sommet du chapeau mamelonné et roussàtre, remarqua- 



CHAMPIGNONS NOUVEAUX DE FRANCE. 195 

ble par les nombreux filaments qui le recouvrent comme d'un 
tomentum grossier, et qui rappellent ceux de Vlnocybe pan- 
nosa de Quélet, dont elle a assez l'aspect mais non la couleur 
ni les spores. Le pied est grêle, creux, et de même couleur, 
comme il est aussi fibrilleux. Les lames sont assez larges, 
presc[ue libres, attachées seulement au sommet du pédicule par 
un onglet. Elles prennent une teinte un peu saumonnée par le 
développement des spores tout en restant grises. Les spores 
sont assez grasses, ovales mais anguleuses, quoique souvent 
assez faiblement, avec un bile très marqué ; elles sont peu colo- 
rées, si ce n'est lorsqu'on les voit en masse et sont garnies inté- 
rieurement de guttules oléagineuses plus ou moins grosses, 
suivant leur âge. Les basides sont assez grandes, claviformes, à 
4 stérigmates. Les cystides, très grandes aussi, sont lancéolées 
et pointues. 

J'ai trouvé cette petite espèce au nombre de 5 ou 6 individus, 
parmi les feuilles tombées, sur la terre argileuse des bois 
d'Ecouen, près Paris, en Automne 1898. 

III. LaCTARIUS MALIODORUS Boud. 

Médius magnitudine, 4-7 c. m. latus, fulvo-lateritius, pileo 
infundibuliforme, zonis obscurioribus notato, lamellis sub- 
decurentibus, pediculo subrugoso, dein cavo. Lacté albo, acri. 

Pileus infundibuliformis, siccus, jove udo viscidulus, ocbra- 
ceo fulvus, aut pallidè fulvo-lateritius, maculis obscurioribus 
approximatis et perfectè zonatim dispositis ornatus, margine 
glabro. Lamellœ subdecurrentes, primo pallidse, dein pileo 
concolores. Pediculus curtus, cylindricus aut ad basim paululum 
attenuatus, extus rugosus aut sub-scrobiculatus, intus dein ca- 
vus, 1-1^ c. m. crassus. Caro pallidè ochraceo-fulva, granu- 
losa. Lacté albo, acri. Sporse ovato-sphœroidea^,, echinato-reti- 
culatse. alb*. 8-10 _w latee. Odor exacte malorum in furno coc- 
tarum . 

Adterram, in nemoribus argilloso arenosis. Mondoubleau, 
Augusto 1895, legit et misit amicissimè L. Légué. 

Cette espèce, qui a un peu l'aspect du Lact. quielus. ne peut 
lui être réunie. Sa forme est plus infundibuliforme, sa couleur 



196 K.M. BOUDIER. 

plus orangée, moins grisâtre. Il est plus distinctement zone, 
son pied est plus rugueux et son lait est fort acre. Moins jaune 
que Lact. zonarius ou insulsus et à spores plus petites, les 
zones ne sont pas les mêmes. Il se distingue bien aussi d'%s- 
giiiiis c|ui est plus visqueux et àe flexuosus qui est de couleur 
plus baie, à lames plus jaunes. La couleur foncière du chapeau 
est d'un fauve-ochracé, finement pointillé de plus foncé \ti à la 
loupe, comme on le remarque chez certains Lactaires, ru fus et 
cpdetus principalement. Cette couleur est agrémentée détaches 
irrégulières, concolores mais plus foncées, réunies en 6 ou 7 
zones bien marquées, surtout dans le jeune âge; plus tard, elles 
s'oblitèrent plus ou moins. Le chapeau est sec, mais couvert 
d'une pellicule qui s'enlève assez facilement et qui, sans être 
visqueuse, le devient un peu par les temps humides. Les 
lames qui sont adnées, puis décurrentes par la forme même du 
chapeau, sont primitivement d'une couleur ochracé-pàle, se 
fonçant de plus en plus, suivant l'âge du Champignon, jusqu'à 
devenir presque concolores. Le pédicule, plein primitivement, 
est extérieurement rugueux et même sub-scrobiculé,sa couleur 
est celle du chapeau plus pâle au sommet. Les spores sont 
blanches, ovales arrondies, verruqueuses réticulées et assez 
petites, puisqu'elles n'ont que 8 à 10 fx. La chair est grenue, 
ochracé pâle, un peu variée de fauve. Le lait est blanc et poivré 
et l'odeur remarquable par sa ressemblance exacte avec celle 
de pommes cuites au four. 

J'ai reçu, en Août 1895, plusieurs échantillons de cette inté- 
ressante espèce de notre collègue et ami, M. Légué, qui l'avait 
récoltée dans les environs de Mondoubleau. 

lY. BOLETUS PlERRHUGUESII Boud. 

Minutus, convexus, mitis. ochraceo-pallens, poris liberis 
et margine pilei rubescentibus, pediculo subglabro ad basim 
lutescente. 

Pileus convexus, carnosus, pallidè-ochraceus. non viscosus, 
cuticulà glabrà sed sœpè dilaceratà, ad marginem rubescens. 
Poris sub-elongatis. compositis, liberis ore rubescenti. Pedi- 
culus brevis. cvlindricus aut deorsum attenuatus. o-laber sed in 



CHAMPIGNONS NOUVEAUX DE FRANCE. 197 

apice punctis minutis rufis notatus. sursum pallidus, ad basim 
lutescens et parce fîbrillosus. Caro mitis, pallida, ad basim 
pediculi lutescens, colore immutabili, non cserulescente, sed 
propè tubulos aliquoties rubens. Sporœ oblongo-fusiformes, 
intus sœpius 2-3 guttulosse, aut granulosse, fulvee, 10-14 pi 
longse 4-^-5 latœ. 

Ad terram, in graminosis maritimis Olbiœ. Aprili 1900 legit 
amicus Pierrhugues, cui dicavi. 

Cette jolie petite espèce a assez l'aspect du Boletus pipera- 
tus, mais elle s'en distingue par sa couleur plus pâle, rosée ou 
rougeâtre à la marge et à l'orifice des tubes ; par ces derniers 
non décurrents. au contraire plutôt libres, et par sa chair 
douce et non poivrée. Son chapeau n'est pas tomenteux, mais 
glabre, à pellicule peut-être un peu visqueuse par les temps 
humides, s'éraillant en aréoles anguleuses à peine plus teintées. 
Ses tubes d'un jaune l'auve intérieurement ont leurs pores com» 
posés et rougeâtres comme la marge. La couleur générale de 
cette espèce est bien plus pâle et pas aussi ferrugineuse que 
celle de piperatus. Le pied cylindrique, ou un peu atténué à la 
base, est court, plein, et présente quelques fibrilles fauves vers 
la base, il est de couleur pâle avec le sommet ayant quelques 
très petites granulations rouges punctiformes. La partie infé 
rieure est teintée de jaune safranée. La chair ne change pas 
quand on la coupe, elle est ochracée pâle avec une teinte rou- 
geâtre près des tubes. 

11 pousse tantôt solitaire, tantôt cespiteux, parmi les gazons 
de la région maritime près d'IIyères, d'où il m'a été envoyé en 
avril par notre dévoué collègue, M. Pierrhugues. avec d'autres 
intéressantes espèces de cette région. 

V. Typhula lutescens Boud. 

Media magnitudine, 1-3 cm. alta, lutea aut lutescens, pédi- 
cule elongato glabro aut parce piloso, sclerotio fulvente oblongo 
et depresso enato. 

Clavula cylindrica aut compresso-sulcata, lutea, rarius albido- 
flava.glabra, 5-8mm.longa, 1 — — 2 mm. spissa, a stipite benè 



198 ÉM. BOUDIER. 

distincta. Pediculus elongatiis albidus, gracilis, clavulâ duplo 
aut triplo longior, glaber, sed sœpè hinc et indè, praecipuè ad 
basim, piris raris vestitus, sclerotio oblongo, depresso, fulvo, 
intus pallido, ad marginem striato, enatus. Basidia elongata, 
4-spora ; sporœ oblongo-cylindricte, lœves, hyalinae aut vix 
lutescentes, intus granulosae, hilo benè conspicuo ad basim 
ciirvulse, 9-12 p long., 3-4 latse. 

Ad. Y^eiiola. Fra.xini excelsioj'isputridsi. Montmorency, Octo- 
bre 1895, primo detexitD. Hetier, dein annis sequentibus sat 
fréquenter reperi, iisdem locis argillosis sylvse. 

Cette petite espèce, qui est un peu plus grande que Typhula 
erythropus, se distingue facilement par la couleur de sa clavule 
d'un jaune plus ou moins accentué et son pied blanc. Elle est 
voisine de Typhida gjjrans. niais m'en paraît distincte. La mas- 
sue ordinairement cylindrique est quelquefois un peu aplatie 
au milieu et sillonnée sur un ou deux côtés, et bien distincte à 
sa naissance du pédicule. Celui-ci glabre ou muni surtout in- 
férieurement de quelques poils rares, est droit ou plus ou moins 
tlexueux. Il est grêle et entièrement blanc et naît d'un sclérote 
oblong, de 3 mm. environ de longueur, sur I-3--2 de large, 
fauve extérieurement, blanc à l'intérieur, aplati et souvent un 
peu concave par son application sur le pétiole. Il a souvent une 
ou deux stries vers son bord, et se développe primitivement 
sous l'épiderme. 

Les spores sont cylindriques, arrondies à l'extrémité un peu 
courbées et apiculées à la base par une liile bien visible. Elles 
sont incolores ou à peine teintées de jaunâtre, lisses, granuleu- 
ses intérieurement et quelquefois avec quelques guttules. Elles 
sont supportées par des basides, allongées à 4 stérigmates. 

J'ai récolté plusieurs fois cette espèce dans les parties argi- 
leuses et ombragées de la forêt de Montmorency, toujours sur 
les pétioles de feuilles de Frêne tombées. 

VI. Lachnea Poiraultii Boud. 

Media, rarius major, 1-3 c. m. lata, aurantio-ferruginea, 
extus fusco-pilosa. 



CHAMPIGNONS NOUVEAUX DE FRANCE. 199 

Receptaculum primo concavura, dein repandum, extus pilis 
pallidè fulvis, 50-150 fA longis, septatis, fasciculatis, flexuosis 
ad apicem non acutis. Hymenio aurantio-ferrugineo plus minus- 
ve undulato. Thecae elongatse, cylindrée, sed ad basim attenuate, 
operculatœ, octosporœ, hyalinaj ad apicem iodo non cœrules- 
centes, 300 fx circiter longée, 12-13 latse. Paraphyses tenues, 
hyalinge aut intus vix granulosœ, septatae, ad apices vix incras- 
satse, 3-4 f/ crassœ, ad basim tantum pallidè coloratse. Sporœ 
ellipticœ, Iseves, acliroœ, maturœ saepius 2 guttulatee, juniores 
granulosœ, long. 17-19fz, latitud. 10. 

Antibes, ad terram inter muscos etgramina, Februario 1900, 
legit clar. G. Poirault cui dicavi. 

Cette intéressante et jolie espèce varie beaucoup de taille et 
peut atteindre 3 centimètres de largeur chez les grands exem- 
plaires. Elle est partout d'une couleur orangée ferrugineuse 
mais qui se rembrunit |en dessous par la couleur des poils 
qui la recouvrent. Ces derniers sont assez courts, tenus, septés 
et flexueux, plutôt filamenteux que raides. Ils sfont le plus 
souvent fascicules, ce qui fait paraître la cupule extérieu- 
rement un peu granulée. Celle-ci est primitivement cupuli- 
forme, puis plus ou moins étalée et ondulée. L'hyménium est 
d'une couleur orangée un peu briquetée. Les paraphyses sont 
grêles, septées, à peine épaissies dans leur partie supérieure. 
Elles sont légèrement granuleuses, incolores, mais se teintant 
de rougeàtre vers la base. Les thèques, operculées, sont gran- 
des, cylindriques et insensiblement atténuées à la base qui est 
un peu flexueuse. Elles sont incolores et le sommet ne bleuit pas 
par l'iode. Les spores, très régulièrement elliptiques, lisses, 
incolores, et généralement ont à leur maturité 2 sporidioles assez 
petites, mais qui quelquefois se divisent en deux ou plusieurs. 
Quand elles sont jeunes, elles sont granuleuses, les granules 
se réunissent à la maturité pour former les deux sporidioles 
habituelles. 

Cette espèce rentre certainement dans le genre Lachnea mal- 
gré la couleur si différente de son hyménium, couleur que l'on 
rencontre cependant chez quelques espèces. Elle est très voi- 
sine de P. luculenta Cook. , mais s'en distingue par ses spores 
plus petites, par ses paraphyses et son tomentum extérieur. 



200 ÉM, HOUDIER. 

Elle a été trouvée à Antibes, dans le parc de la Villa Tlmret et en 
assez grand nombre, par notre collègue et ami M. G.Poirault, 
directeur de cet établissement, qui me Fa communiquée ainsi 
qu'un certain nombre d'espèces des plus intéressantes et au- 
quel je me fais un plaisir de la dédier. 



PLANCHE VIII. 



I. Collijbia Benoistii Bond. 

a. Exemplaire de grandeur naturelle, adulte. 

b. id. jeune. 

c. Autre exemplaire vu en dessous. 

d. Coupe. 

e. Spores vues à 820 diamètres. 

II. Entoloma indutum Bond. 

a et 6. Deux exemplaires jeune et adulte de grandeur naturelle. 

c. Spécimen vu en dessous. 

d. Coupe d'un autre exemplaire. 

e. Spores grossies 820 fois. 

f. Basides encore immatures grossies 475 fois. 

g. Cystide grossie 475 fois. 

III. Lactarius maliodorus Bond. 

a. Exemplaire de grandeur naturelle. 

b. Coupe d'un autre. 

c. Spores grossies 820 fois. 

PLANCHE IX. 

I. Boletus PierrhiiguesUBouà. 

a. Spécimen de grandeur naturelle. 

b. Autre vu en dessous. 

c. Coupe. 

d. Spores grossies 820 fois. 

II . Typhula lutescens Boud . 

a. Spécimens de grandeur naturelle. 
b et c. Deux exemplaires grossis 3 fois. 

d. Basides grossis 475 fois. 

e. Spores vues à 820 diamètres. 

III. Lachnea Poiraidtii Boud. 

a. Grandeur naturelle, échantillon de grande taille. 

b. Spécimen de taille moyenne vu en dessous. 

c. Coupe d'un grand exemplaire. 

d. Thèques et paraphyses dessinées à 225 diamètres. 

e. Spores grossies 820 fois. 

f. Faisceau de poils extérieurs grossis 225 fois. 



Sur une forme de reproduction d'ordre élevé 
chez les Trichophyton, 

par MM. L. MATRUCHOT et Ch. DASSONVILLE. 



Jusqu'à ces dernières années, les auteurs qui ont étudié les 
Champignons des Teignes, chez l'homme et chez les animaux, 
se sont attachés surtout à observer les parasites dans les lésions. 
Or, dans ces conditions, ces champignons ne présentent que des 
formes végétatives incomplètes (mycélium durable, spores my- 
céliennes, kystes), anormales, comme modifiées par adaptation 
à la vie parasitaire. 11 est difficile de préciser la valeur morpho- 
logique de semblables productions. De plus, il serait même 
dangereux de les comparer entre elles ; car on serait ainsi amené 
à considérer comme homologues, en raison d'une certaine ana- 
logie d'aspect, des organes qui ne le sont pas : par exemple, les 
spores mycéliennes des Trichophyton et les petites spores des 
Microsporiun. 

Les éléments que Ton rencontre dans les lésions sont donc 
teut-à-fait insuffisants, lorsqu'il s'agit de faire l'étude botani- 
que des champignons des Teignes et de tirer de cette étude les 
conclusions d'ordre systématique et biologique qu'elle com- 
porte. Il importait, avant tout, de retrouver pour ces champi- 
gnons une forme plus normale, soit à l'état végétatif, soit, mieux 
encore, différenciée en vue de la reproduction. C'est par l'em- 
ploi des cultures pures en milieux artificiels qu'on y est arrivé. 
Par cette méthode, M. Sabouraud a été conduit à constater 
que, dans les cultures, les champignons des Teignes donnent 
naissance à des productions très particulières, telles quechla- 
mydospores latérales ou intercalaires, fuseaux, tortillons spira- 
les, formes pectinées, etc.. Les recherches de M. Sabouraud, 
puis celles de M. Bodin ont fait faire à la question des Teignes 
un très grand pas, surtout au point de vue clinique. 



202 L. MATRUCHOT ET CH. DASSOXVILLE. 

Au point de vue mycologique. M. Sabouraud s'est principa- 
lement attaché à comparer entre elles les faciès des cultures 
provenant de ces divers champignons. De la diversité d'aspect 
des cultures ainsi obtenues, il concluait, en 1894, à la pluralité 
des Trichophyton, à l'éloignement de ceux-ci dn Micj^ospornni 
Audouini, au point que, selon lui, le Trichophyton et le Mi- 
crosporum Audouini appartiendraient à deux familles botani- 
ques différentes. 

Jusqu'à ces derniers temps, la manière devoir de 'M. Sabou- 
raud a été généralement admise et la plupart des Dermatolo- 
gistes considéraient avec lui que les parasites des Teignes sont 
profondément éloignés les uns des autres. 

Mais, l'étude botanique comparée des parasites n'ayant pas 
été faite, les observations cliniques et l'étude macroscopique 
des cultures restaient insuffisantes pour trancher la question. 
En étudiant les caractères morphologiques des champignons 
des Teignes en culture (iî, nous avons eu occasion d'apporter 
dans la question un élément nouveau, et, nous pouvons le dire, 
de première importance, puisque les conclusions auxquelles 
nous avons été conduits ont été adoptées presque aussitôt par 
M. Sabouraud i2;. 

Cet élément nouveau, c'est le lien étroit de parenté qui relie 
tous les champignons des Teignes, sans exception, au petit 
groupe des Ascomycètes de la famille des Gymnoascées. 

Nous avons, les premiers, fait ressortir les affinités remar- 
quables que présentent les Trichophyton avec les Gymnoas- 
cées. et surtout, avec les Ctenomyces. Cette manière de voir, 
qui a pu paraître d'abord quelque peu hypothétique, s'est 

(1) Matruchot et Dassonyille. Sur un nouveau Trichophyton produisant 
l'Herpès chez le cheval (Comptes-rendus de l'Acad. des Se, 1'='" août 1898). — 
Sur le Champignon de V Herpès (Trichophyton) ei les formes voisines, et sur 
la Classification des Ascomycètes (Bull. Soc. mycologique de France, 
séance du 4 mai 1899). — Sur la position systématique des Trichophyton 
et des formes voisines dans la classification des Chatnpignoas (C.-R. 
Acad. Se. ^ 5 juin 1899). — Sur les affinités c/es Microsporum (id. 10 juillet 
1899). — Sur le Ctenomyces serratus Eid. comparé aux Champignons des 
Teignes (Bull. Soc. mycol., 1899, p. 305). 

(■2) Sabour.\ud : article Derraatophytes du Dictionnaire Besnier, Brocq 
et Jacquet : La Pratique dermatologique, Paris 1900. 



niîPlîODUCTION CHEZ LES Trlohophyton. 203 

trouvée confirmée de diverses façons ; et, tout en apportant 
une grande clarté à l'interprétation botanique des diverses for- 
mes du parasite, elle nous a conduits à des résultats d'une cer- 
taine importance au point de vue pratique. 

Dans une classification naturelle des Champignons Asco- 
mycètes, on est convenu d'attribuer la première place aux 
caractères tirés des formes parfaites de reproduction. C'est 
dans la forme et la structure des asques et des ascospores qu'on 
trouve les caractères taxinomiques de premier ordre. Mais, 
pour les champignons des Teignes, la forme parfaite est encore 
à trouver. C'est donc uniquement par l'étude des formes secon- 
daires de reproduction qu'on pouvait essayer de rattacher ces 
champignons à telle ou telle famille botanique. 

Une étude attentive des formes culturales de divers Tricho- 
phyton nous a conduits à homologuer complètement la forme 
fructifère des Trichophyton à la forme dite conidienne des 
Ctenomyces. Nous avons montré que les caractères du mycé- 
lium, d'une part, et les caractères tirés du mode de formation des 
spores, de leur forme, de leur position, etc., d'autrepart, étaient 
les mêmes dans les deux cas ; et, par l'étude de la seule forme 
conidienne, nous avons conclu, d'une façon ferme, au rattache- 
ment des Trichophyton k la famille des Gymnoascées. 

De plus, en nous appuyant sur une observation encore iné- 
dite de M. Sabouuaud, relative au parasite d'un Favus et, en 
outre, sur nos propres observations relatives à un Micros- 
po ru m ^ nous avons, les premiers, émis l'idée que les divers 
champignons des Teignes rentrent dans la même famille bota- 
nique, celle des Gymnoascées, et que, par suite, loin d'être — 
comme on le croyait jusqu'alors — fort éloignés les uns des au- 
tres dans la classification naturelle, ils sont, au contraire, très 
voisins . 

Tous présentent, à des degrés divers, des caractères qu'on 
peut retrouver dans le Ctenomyces serratus Eidam : qu'il 
s'agisse de formes purement végétatives, de chlamydospores 
intercalaires, de chlamydospores latérales, de fuseaux, d'or- 
ganes pectines, de tortillons, etc., on peut retrouver dans le 
Ctenomyces des éléments parfaitement homologues. 



204 L. MATRUCHOT ET CH. DASSONVILLJE. 

Mais, de plus, le Ctenoniyces a des formes élevées de fructi- 
fication, en particulier des périthèces, qui permettent de le ran- 
ger, dans la classification, à une place où il entraîne avec lui 
tous les champignons des Teignes actuellement décrits. 

Le Ctenomyces^ connu uniquement en tant que champignon 
saprophyte, semble donc être le point central auquel se ratta- 
client les Trichophyton^ Microsporum^ Achorion, Lopho- 
phyton^ etc., qu'on peut considérer comme résultant de l'adap- 
tation de diverses Gymnoascées à la vie parasitaire, à la suite 
desquelles ces champignons auraient perdu la faculté de pro- 
duire des périthèces. 

Le rattachement aux Gymnoascées des champignons des 
Teignes (dont nous avons développé ailleurs les raisons) (1) 
vient de trouver une nouvelle confirmation dans les observations 
que nous avons faites récemment sur un Trichophyton d'origine 
animale . 

Dans les cultures artificielles de ce Trichophyton. nous avons 
en effet observé, outre la forme sporifère habituelle (forme dite 
conidienne), des productions ayant une valeur morphologique 
plus élevée. 

En nous attachant à faire un parallèle entre les Trichophyton 
et les Ctenomyces^ nous avons été frappés de l'analogie remar- 
quable que présentent ces formations avec ce qu'EiDAM appelle 
des buissons conidiens et des fruits conidiens. 

■/° Buissons conidiens. — Eiuam décrit, en effet, chez le Cte- 
nomyces serralus., sous le. nom. àe buissons conidiens, des amas 
d'hyphès conidiennes, nues, rassemblées en groupes, mais sans 
trace de faux tissu formant enveloppe. Dans ces buissons, la 
ramification à angle droit est extrêmement riche et touffue ; sur 
les branches latérales, naissent d'autres petites branches qui se 
transforment en conidies (chlamydospores) ou qui se ramifient 
à nouveau. 

Nous avons retrouvé des fructifications analogues dans les 
cultures du Trichophyton éindié. La transformation des ramus- 
cules en conidies est si complète, qu'on y trouve de véritables 

(1) Matruchot et Dassonville, loc. cit. 



REPRODUCTION CHEZ LES Trichophyton. 205 

paquets de spores provenant chacun de la transformation d'un 
arbuscule ; il n'est pas rare d'y rencontrer des chlamydospores 
en chapelets, ce qu'on n'observe jamais dans la forme coni- 
dienne dissociée. 

2° Fruits conidiens. — Eidam décrit, en outre, chez le Cte- 
nomyces, un appareil de reproduction plus élevé encore en or- 
ganisation. C'est ce qu'il appelle le « fruit conidien ». Il s'agit 
là de petits corpuscules ayant même aspect, même taille et 
même origine que les périthèces. Eidam insiste sur le remar- 
quable parallélisme qu'il y a entre les périthèces à asques et 
cette sorte de « périthèces conidiens » : dans les deux forma- 
tions, l'enveloppe tire son origine de filaments voisins des fila- 
ments fructifères et présente les mêmes particularités et les 
mêmes ornements ; la seule différence est dans le sort des fila- 
ments fructifères qui, dans un cas, donneront des asques, et, 
dans l'autre cas, des bouquets conidiens. 

Dans le Trichophyton. les fruits conidiens se présentent à 
l'œil nu comme de petites masses d'un blanc crémeux, d'environ 
Qmm5 jg diamètre, lisse forment directementà la surface du subs- 
tratum et sont plus ou moins recouverts et masqués par un 
feutrage d'un blanc neigeux, formé par le mycélium. 

Au microscope, on reconnaît une partie centrale, sporifère, 
entourée d'une enveloppe filamenteuse munie d'ornements. La 
partie centrale est riche en rameaux sporifères, à la façon des 
buissons conidiens dont nous venons de parler. Les spores y sont 
de forme légèrement différente de celle des chlamydospores 
isolées ; plus globuleuses, fréquemment cubiques, elles sont 
toutes soit latérales, soit disposées en chapelet terminal ou en 
chapelet ramifié à angle droit, et, contrairement à ce qu'on 
observe dans la forme conidienne isolée, les rameaux ne don- 
nent lieu à aucune formation de chlamydospores intercalaires. 

La paroi du fruit conidien est formée de filaments sté- 
riles, enchevêtrés, sur lesquels s'observent, dirigés vers l'exté- 
rieur, deux sortes d'ornements : des tortillons spirales et des 
crosses ramifiées. 

Tortillons spirales. — Les tortillons spirales sont des for- 
mations très caractéristiques. Dans les cultures un peu âgées, 



206 L. MATIlUCHOT ET CH. DASSONVJLLE. 

ils abondent et se trouvent disséminés çà et là sur le mycélium ; 
mais, sur la paroi du fruit conidien, ils présentent une fré- 
quence, une exubérance et une forme très caractéristiques. 
Tantôt ils terminent un filament simple, tantôt ils s'observent 
aux diverses extrémités d'un filament ramifié. Les tours de 
spire qui les constituent sont serrés les uns contre les autres 
et de diamètre très constant ; le nombre de ces tours de spire 
est assez grand et peut aller jusqu'à vingt. Enfin, l'axe du tor- 
tillon est perpendiculaire à la partie rectiligne du filament qui 
le porte. De semblables tortillons ont été observés, il y a long- 
temps déjà, dans des cultures de Trichophyton. Dès 1886, 
M.DucLAuxles a signalés et la plupart des auteurs subséquents 
les ont retrouvés. Nous-mêmes, nous avons déjà fait remarquer 
l'importance de ces productions et précisé leur valeur morpho- 
logique. Cette importance se trouve aujourd'hui considérable- 
ment accrue, par le fait que ces toi-tillons se trouvent être des 
ornements de formations fructifères d'un ordre élevé et consti- 
tuent, de la sorte, des caractères taxonomiques de première 
importance . 

Crosses ramifiées. — A côté des tortillons spirales s'ob- 
servent, en moins grand nombre, des ornements d'un aspect 
sensiblement différent ; c'est ce que nous avons appelé les 
crosses ramifiées. Ces productions terminent certains filaments 
de l'enveloppe. Un tel filament, d'abord rectiligne, incurve son 
extrémité en forme de crosse ou de spirale à un tour ; puis, la 
croissance s'arrête, et sur le côté externe de l'article terminal, 
nait une branche qui s'incurve à son tour, s'arrête dans sa 
croissance et se ramifie de la même façon, et ainsi de suite. 

Nous pensons qu'on peut trouver dans les fruits conidiens de 
Trichophyton des caractères taxonomiques de valeur égale à 
ceux que fourniraient des périthèces. On sait, en effet, que chez 
divers Ascomycètes, les périthèces d'une part et, d'autre part, 
les fructifications conidiennes d'ordre élevé (pycnides, spermo- 
gonies) ont des parois différenciées de la même façon. Dans 
certaines espèces même (champignon du Black-Rot, Guignar- 
dia Bidwellii). c'est le même appareil qui est d'abord pycnide, 



REPRODUCTION CHEZ LES Trichophyton. 207 

puis périthèce ; les caractères taxonomiques tirés de la struc- 
ture de la paroi sont bien évidemment, dans ce cas, identiques. 

Dans le cas particulier des Gymnoascées, nous sommes d'au- 
tant plus autorisés, lorsque le périthèce fait défaut, à nous 
appuyer sur les fruits conidiens, que dans le Ctenoinyces (fait 
très important à noter) les « périthèces conidiens » et les péri- 
thèces vrais ont, dans la paroi, les mêmes caractères morpho- 
giques. Et, comme les caractères génériques des Ctenoinyces 
sont tirés précisément de la structure de cette paroi, on voit 
que les fruits conidiens, au même titre que les autres, peuvent 
servir pour rétablissement de la diagnose générique et pour 
définir la position systématique du champignon. 

Dans les Trichophyton^ où les périthèces vrais sont encore 
inconnus, nous sommes en droit, étant donné le parallélisme 
remarquable qui s'observe pour tous les organes, de considérer 
les fruits conidiens que nous avons observés comme équiva- 
lant aux périthèces véritables pour définir botaniquement le 
champignon. 

Conclusion. — De tout ce qui précède, il résulte que l'exis- 
tence de buissons conidiens Qiàe. fruits co/i/6//e/is vient s'ajouter 
à toutes les autres preuves que nous avons déjà fournies pour 
établir que les Triphophyton sont des Gymnoascées. 

A cette famille d'Ascomycètes, ne comprenant jusqu'alors 
à proprement parler, que trois genres bien distincts (Cteno- 
inyces, Myxotrichum et Gymnoascus], fort remarquables 
d'ailleurs à divers égards, vient donc s'ajouter un quatrième 
genre botaniquement défini : le genre Trichophyton.^ qu'on peut, 
pour les raisons que nous avons exposées plus haut, caractéri- 
ser par la diagnose suivante : 

Trichophyton Malmsten. — Fruits conidiens (pycnides ?) 
sphériques, d'un blanc crémeux, disséminés çà et là sous un feu- 
trage blanc de neige. Paroi du fruit formée d'hyphes cloisonnées, 
ramifiées, enchevêtrées en un faux tissu lâche ; ornée de tor- 
tillons spirales et de crosses ramifiées terminant certains fila- 
ments. Masse centrale sporifère formée de bouquets conidiens 



208 L. MATRUCHOT ET CH. UASSONVILLE. 

très ramifiés, portant de nombreuses spores latérales ou termi- 
nales, solitaires ou en chapelets, cubiques ou arrondies, inco- 
lores. 

Forme conidienne dissociée, ou condensée en bouquets coni- 
diens non protégés par une enveloppe ; spores (chlamydospores) 
solitaires, naissant soit latéralement sur le mycélium rampant 
(chlamydospores latérales), soit sur le trajet même des fila- 
ments (chlamydospores intercalaires). 

Dans le rattachement à la famille des Gymnoascées, les 
Trichophylon entraînent avec eux les autres parasites des 
Teignes, qui, comme nous l'avons déjà indiqué, présentent avec 
les Trichophylon les affinités les plus étroites. 

Nous nous réservons de revenir, plus tard, sur la position et 
la valeur systématiques des Microsporum. Achorion., Lopho- 
phyton^ etc.. 

Si on suppose, pour l'instant, que ces trois derniers genres, 
après un examen critique, gardent une entière autonomie, il en 
résulte que la famille des Gymnoascées va voir s'accroître nota- 
blement son importance systématique, en même temps que 
l'adjonction des champignons des Teignes vient augmenter 
considérablement son importance biologique. 



Sur la culture pure du Phytophthora infestans de 
Bary, agent de la maladie de la pomme de terre, 

par MM. Louis MATRUCHOT et Marin MOLLIARD. 



Nous avons entrepris une série de recherches sur le Phyto- 
phthora infestans de Barv, et nous nous sommes attachés tout 
d'abord à en réaliser la culture pure. Ce sont les résultats 
obtenus à cet égard qui font l'objet de cette note. Nous sommes 
arrivés à un double résultat : culture pure sur milieu vivant, 
culture pure sur milieu non vivant. 

■ i" Culture pure sur milieu çiçant. — Les tubercules de 
Pomme de terre infestés par le Phytophthora infestans sont 
presque toujours envahis par diverses bactéries ; nous avons 
d'abord cherché à isoler le champignon en l'ensemençant sur 
des tranches de Pomme de terre vivante, découpées aseptique- 
ment et introduites dans des tubes flambés ; de nombreux 
essais préalables faits dans des conditions aussi variées que 
possible, ont montré qu'avec certaines précautions de techni- 
que on peut obtenir dans une forte proportion des morceaux 
de Pomme de terre assez volumineux et stériles. 

Si la culture n'est pas pure dès le premier semis, il est facile, 
par des reports, d'isoler la Péronosporée de tous les autres orga- 
nismes successifs. 

Sur ce milieu, le Phytophthora se développe rapidement et 
abondamment ; on observe des conidiophores quelques jours 
après l'ensemencement, et la production des conidies se pour- 
> suit pendant un temps assez long. 

On peut donc ainsi conserver et étudier, avec toute'sécurité, le 
parasite et son action sur l'hôte ; cette méthode nous permettra 
en particulier de reconnaître si le Phytophthora peut être, 
ainsi qu'on l'admet, la cause de la pourriture du tubercule, ou 
bien si celle-ci n'est pas toujours provoquée par les nombreux 



210 L. MATIiUCHOT ET M. MOLLIARD. 

microorganismes qui accompagnent habituellement le Phyto- 
phthora. lly a là de plus un procédé, qui, théoriquement, peut 
s'appliquer à l'étude des nombreux champignons parasites 
dont la plante hospitalière présente des organes assez volu- 
mineux pour permettre le prélèvement aseptique d 'assez gros 
échantillons. 

2" Culture pure sur milieu, non vivant. — A partir des cul- 
tures pures établies par le procédé qui vient d'être indiqué, nous 
avons tenté de nombreux essais de culture sur les milieux arti- 
ficiels les plus variés. Nous avons réussi à trouver un substra- 
tum qui convient parfaitement à la culture du Phytophthora in- 
festans ; le développement de ce champignon s'y effectue avec 
la même rapidité c{ue sur le tubercule de la Pomme de terre à 
l'état vivant : il ne s'écoule que quelques jours entre l'ensemen- 
cement de la conidie et la formation de nouveaux conidio- 
phores. 

On a déjà observé dans la nature le Phytophthora infestans 
vivant en saprophyte ; mais, à notre connaissance, personne 
n'est jamais arrivé à en obtenir de cultures pures, ni sur le 
vivant, ni sur les milieux artificiels. Tout ce qu'on sait sur le 
développement de cette Péronosporée résulte d'observations 
faites sur les plantes attaquées ou d'inoculations pratiquées 
dans des conditions d'aseptie insuffisante. Nous pensons qu'avec 
la double méthode de culture pure que nous venons d'indiquer, 
il sera possible de reprendre l'étude de divers points encore 
mal éclaircis de l'histoire de ce parasite. 



Les Champignons à l'Exposition de 1900, 

par L. ROLLAND. 



En entreprenant ce travail de nomenclature, j'ai pensé qu'il 
pourrait être intéressant pour nos collègues d'avoir dans notre 
Bulletin un souvenir de la partie mycologique de l'Exposition 
universelle. Dans le rapide examen que j'ai dû faire au milieu 
de la foule et sur un terrain aussi étendu, des omissions ou des 
erreurs ont pu se glisser et je les prie de vouloir bien m'en 
excuser. 

En première ligne, nous devons citer la France comme ayant 
fourni le plus grand nombre de Champignons en nature, tra- 
vaux ou dessins sur cette matière, mais d'autres nationalités 
comme le Danemark, la Hongrie, l'Italie, le Japon et la Russie 
ont exposé dans diverses sections de beaux échantillons et des 
ouvrages ou planches remarquables (1). 

FRANCE. 

Palais des Forêts, Pêches et Cueillettes au Champ de Mars. 

Société Mycologique de France. — Cette exposition or- 
ganisée dans d'éléo^antes vitrines et des cadres du meilleur 

o-oût est due au concours de MM. Radais et Perrot. 

o 

Dans les cadres, en bonne lumière, on voyait un certain nom- 
bre de planches de son Bulletin par MM. Boudier, Bresadgla, 
Ménier, Rolland, Saccardo. 

Ces cadres du Bulletin étaient entourés par les aquarelles 
suivantes qui donnaient la reproduction exacte et excellente des 
espèces représentées : 

De M. GuÉGUEN : Solenia digitalis. Lycoperdon gemmatum^ 
ISectria cinnabariîia . Morchella intermedia. 

(1) On n'a pas fait mention dans cette revue des publications des Editeurs, 



212 L. ROLLAND. 

De M. IIarlay : Anianita phalloïdes. Tricholoina Russala. 
Volvaria gioiocephala. HygropJiorus oliçaceo-albus. pudori- 
nus. Leucocoprinus cepestipes . Gomphidius çiscidus. Boletus 
tessellatus. Polyporus Montagnei. 

De ]M. Peltereau : Boletus litteus. badins, œreiis., duriuscn- 
lus, versipellis. 

Dans les vitrines, on pouvait voir des exemplaires du Bulletin 
de la Société mycologique qui remonte déjà à 16 années d'exis- 
tence et ouvert à diverses planches de MM. Boudier, Bour- 
QUELOT, Patouillard, Rollaxd. etc. 

Puis divers échantillons en nature : Blanc de Champignons 
commercial, Chapeau fabriqué avec de l'amadou, Trametes 
elegans. Dxdalea quercina. Polyporus nigricans. lucidus., etc. 
Echantillons divers dans des coupes. Le long du mur, dans des 
bocaux: Acide stéarique du Lactarius pipejxitus préparé ^lar 
M. Gérard, Phallus. Ergot de Seigle, etc. 

Puis une collection de Champignons dans différents liquides 
conservateurs par un nouveau procédé de M. Lltz, comme suit : 

Amanita citrina. rubescens . Tricholoina Russula. ?'utilans. 
Clitocybe odora. Laccaj^a laccata, Collybia atrata. Pleuro- 
tus lignatilis. Pholiota destruens. Flammula alnicola. Stro- 
pharia œruginosa. Hypholoma fasciculare. Coprinus mica- 
ceus. Cortinarius ^aj'ius . giaucopus . collinitus. albo-çiolaceus. 
bolaris. cinnamomeus . Gomphidius viscidus. Russula cyano- 
xantha. Canlharellus cibarius, Friesii. Boletus luridus . 
Merulius tremellosus. Hydnum erinaceum. Tremellodon 
gelatinosutn, Craterellus cornucopioides. Dacrymyces deli- 
quescens. Simblum rufescens. Peziza coronata. Ascobolus 
marginatus . Leotia lubrica. Chlorosplenium œruginosum. 
Torrubia ophioglossoides. 



A part, sur le même rayon que la Société mycologique, on 
trouvait une exposition de M. A. de Bosredox sur la culture 
des Truffes : 

Divers terrains truffiers. Glands de chênes truffîers ; chêne 
blanc ; chêne du Périgord. Terre truffière provenant de la Fau- 
connie en Sarlandais, créée par M. de Bosredox. Terre truf- 



LES CHAMPIGNONS A l'eXPOSITION DE 1900. 213 

fière provenant des meilleures truffières de Sorges (Périgord). 
Glands de chêne vert truffîer. Manuel et Almanach de M. de 
BosREDON. Préparations microscopiques, etc. 

Dans des pots : Noisetier, Quercus Ilex, Chêne noir. Echan- 
tillons de Truffes diverses. Terfez avec terre d'Algérie. 

A côté, des échantillons de Morilles conservées dans l'alcool. 



Ecole supérieure de Pharmacie de Paris. — Planches 
considérablement agrandies pour le cours de INIycologie. repro- 
duites d'après les aquarelles de M. Boudier par M. Lesaixt : 
Amanita Mappa^ var. citrind^ Lepiota rachodes. Clitocybe 
tabescens, Coprinus atramentarius^ Peziza coronata. 

Collection très remarquable de Champignons en plâtre moulé 
de Baula. Beaux échantillons de Fomes fonientarius . 



M. E. BOUDIER, président honoraire de la Société 
Mycologique de France, 22. rue Grétry. à Montmorency 
(Seine-et-Oise). 

Exposition d'aquarelles excellentes par le fini du travail et 
qu'on peut citer, entre toutes, comme modèles, aux dessina- 
teurs d'Histoire naturelle, tirées de son importante collection : 

Amanita vaginata., strangidata. Elix. Lepiota Badhami. 
Armillaria rufa . Tricholoma Georgii. Clitocybe gyinnopodia. 
Pleurotus spodoleucus. sapidus. Voiçaria speciosa. Pluteus 
cervijius. var. patricius. Leptonia euchroa. Psalliola elvensis . 
Coprinus atranientariiis. hactarius uvidus^ flavidus. lilacinus^ 
Hussula sororia . Cortinarius turbinatus. BulUardi, mucidus. 
prasinus .Lentinus degener. Boletus Legnei^ parasiticus, veti- 
culatus^ porphyrosporus . Polyporus leucomelas. nigricans. 
Trametes Pini. Morchella vulgaris . Physomitra infiila. Hu- 
maria rabricosa. 



M. CUISIN, dessinateur- lithographe, dont nous avons à 
déplorer la perte récente : Etudes et pochades très artistement 



214 L. KOLLAND. 

exécutées des genres Amanita, Lepiota. Armillaria^ Tricho- 
lonia. Clitocybe, Colhjhia, Mycena, Pleurotus, Volvaria^Plu- 
teus. Entoloma. Clitopilus, Pholiota. Inocybe, Hebeloma. 
Flammula, Coprinus. Cortinariiis. Hygrophorus, Paxillus, 
Lactarius. Russula, Cantharelbis, Nyctalis. Leiitinus, Schi- 
-•ophyllum . 



Ville de Paris, Cours la Reine. 

M. le D' LOUBRIEU, inspecteur aux Halles centrales. 
— Bonnes reproductions pliotographicjues des Champignons 
autorisés pour la vente par la Préfecture de police. 

Amanita csesarea. Tricholoma nudum.personatuin^ albel- 
lum. Lepiota procera. Mavasmius oreades. Psalliota arven- 
sis. Lactarius deliciosus. Cantharellus cibarius. Boletus 
scaber. sereus. edulis. Fistulina hepatica. Hydnum repandiun. 
Clavaria anrea (d'autres voisines sont admises). Morchella 
esculenta. rimosipes. Helçella crispa. Gynoinitra esciilenta. 
Vevpa digitaliformis . Peziza i>eiiosa. Acetabulum. 



M"*^' LOUBRIEU : 56 très belles aquarelles artistement 
peintes. Quelques-unes, comme Amanita citrina. Russula 
enietica, représentent des sujets un peu plus grands que nature. 
Quelques autres ont été prises sur des types un peu anciens 
dont la couleur s'était modifiée comme Psalliota Vaillantii., 
Mavasmius oreades, Lactarius volemus. Russula aurata., 
Tremella mesenterica., Fistulina hepatica., mais la plupart sont 
d'excellentes et belles reproductions : telles sont : Amanita 
csesarea, muscaria, Psalliota ari>ensis., Stropharia seruginosa. 
Boletus edulis., reticulatus, çersicolor. regius, etc. 



Palais de l'Hygiène, quai d'Orsay. 

Institut Pasteur, de Paris. — Cultures de Champignons 
dans les boites du D'' Roux : 

Thamnidium chœtocladioides. Mucor alternans. Phyco- 



LES CHAMPIGNONS A l'eXPOSITION DE 1900. 215 

myces iiitens, luteus. Eurotiopsis Gayoni. Aspergillus nigei\ 
fleuras. Isaria destructor . Sporotrichum glohuUferum . Botrytis 
cinerea. Demalium pullulens. Streptothrix Rouxii. Pénicillium 
glaucum^ hrevicaide. Torula brune de l'eau. Saccliaromyces 
niger. Levures de Curtis. Zoukari. Micrococcus agilis, ruher. 
Sarcina orang-e. Bacille rouge de Kiel, etc. 

Cultures dans des tubes à essai : Mêmes Champignons que 
les précédents et en plus : Tuberculose, Bacilles pseudo-tubercu- 
leux. Actinomycose. Bacilles du Typhus, de la Diphtérie. 
Vibrion du Choléra asiatique, etc. 

Institut Pasteur de Lille : Cultures de Saccliaromyces , 
levures. Diverses cultures sur fromage. 

Laboratoire de la Ferté sous Jouarre : Diverses cultures 
de moisissures sur fromage à pâte molle. Micrococcus Mel- 
densis. 



Ancienne galerie des Machines (Agriculture, Alimentation). 

Laboratoire de Biologie végétale de Fontainebleau. 
(Professeur M. G. Bonnier, de l'Institut). 

Polyporus incanus très développé sur Bouleau. Dans un bo- 
cal, un bel échantillon double du Polyporus squamosus sur 
Saule. 

Plusieurs tubes renfermant du blanc de Tricholoma nudum 
(nommé pied bleu) incrustant des feuilles . 

Deux photographies de ce même Champignon représentant, 
l'une, le Tricholoma nudum très cespiteux obtenu en culture 
par MM. Costantin et Matruchot ; l'autre, une meule en pleine 
végétation de cette espèce dans une cave. 



Palais du Champ de Mars, ouest. 

Ecole Normale supérieure : Cartouches de blanc stérilisé 
àe Psalliota campestris. 

Dans un bocal, Tricholoma nudum obtenu par cultures en 
cave. 



216 L. KOLLAXD. 

Moisissure en boules formée dans un liquide agité 'Expérience 
de M. J.Roy. 

En tubes, Moisissures sur Fromage de Brie. Moisissure pa- 
rasite de l'homme formant une fausse tuberculose. 



Institut national agronomique. — Exposition du D"" 
DELACROIX, maître de Conférences à l'Institut national 
agronomique et directeur de la Station de Pathologie 
végétale : 

Trois tableaux des planches de son Atlas de Pathologie vé- 
gétale. De M"*^ G, Delacroix : Excellentes aquarelles repré- 
sentant des maladies de plantes comme suit : 

Sur le Mûrier : 1. Pourridié des racines du Mûrier par les 
Rosellinia necatrix et aqnila. Taches sur feuilles dues au 
Pleosposa Mo fi ; 2. Tronc de Mûrier attaqué par le Poly- 
porus hispidus : .3. Racine de Mûrier attaquée par VAgari- 
cus melleus. 

Ea Gommose bacillaire de la Vigne : A. chancres et appa- 
rences diverses des rameaux herbacés atteints par la maladie, 
coupes transversales et longitudinales du bois ; B. chancres lon- 
gitudinaux dans la forme appelée ^Maladie d'Oléron. 

D'autres aquarelles sur le Mildiou. 

En plus étaient exposés des Champignons en nature : 

Echantillons de Rhizomorphe à' Agaricus melleus sur Mûrier 
blanc. Polyporua hispidus sur bois de Pommier. Hardgii sur 
Sapin. P. fulvus sur Cerisier. P. Pini. Fomes igniarius, fomen- 
tarius sur Chêne. Stereum hirsutum pénétrant dans un arbre 
par une plaie circulaire. Nectria ditissima produisant des 
chancres sur une branche de Hêtre. Ensuite 8 cartons contenant : 
Polyporus hetulinus. annosus. Trametes Pini. Stereum frus- 
tulosum. Epichloe typhina. Dematophora necatrix. Phrag- 
midium Ruhi. Ustilago Maidis. 



Ecole de Grignon. 

Plusieurs cartons de maladies de plantes. Champignons : 
Polyporus hispidus. Pseudo-peziza Medicaginis. Exoascus 
deformans. Nectria ditissima. Tubercularia vulgaris. Pero- 



LES CHAMPIGNOiNS A l'eXPOSITION DE 1900. 217 

nospora Schatchii. Erysiphe communis. Ustilago Trilici. Til- 
letia Tritici. Polystigma rahrum. Fusicladium dentriti- 
cum^ etc. 

2 Fascicules d'Herbier et plusieurs planches dont Lepiota 
procera. 

Ecole d'Agriculture de Rennes. — Exposition de 
M. St-GAL, professeur. 

Environ 70 bocaux contenant des Champignons conservés 
dont voici quelques noms : Amanita miiscaria, vaginata. Le- 
piota procera , pudica. Hypholoma sublateritium. Coprinus co- 
matus. Cortinarius elatior. hwelus. PaxUlus involutas. Bole- 
tus luteus^ pachypus, sereus. erythi-opHs.aurantiacns, scaber^ 
piperatus. Hydnum imbricatum. Lycoperdoti echinatam. 
Scleroderma verrucosxiin. Morchella conica. Helvella mona- 
cella. Verpa digitaliforinis. Cordyceps ophioglossoides . 

D'autres Champignons dans des vitrines étaient fixés à des 
planchettes : 

Polyporus squainosus, sulfureus. hispidus^ dryadeus^ i>er- 
sicolor. Fomes fomentarius^ fiihus^ pinicola. Dsedalea 
querciiia, etc. 



Ecole d'Agriculture de l'Allier. — Exposition de 
M. GAGET, professeur. 

9 cartons renfermant des spécimens de maladies des plantes : 
Ergot de seigle. Exoascus deformans, Priini. Erysiphe com- 
munis. Puccinia Graminis. Uredo Fabœ. Ustilago Ai^enœ. 
Tilletia caries. Rœstelia cancellata. Cystopus candidus. Ra- 
mularia Tidasnei. Taphrina bullata. Anthracnose, Black- 
rot. Mildiou, Oïdium, Erinnose, Broussin. 



Annexe de Vincennes. 



Pavillon des Forêts dans l'île de Bercy. 
Plusieurs Champignons en nature figuraient dans la galerie 
supérieure à côté des insectes qui attaquent les arbres : Schizo- 



218 L. ROLLAND. 

phyllum commune. Pobjporus suif ureus^ cuiicularis., betulinus. 
Fojnes fomentarius^ igniarius, nigricans^ fulftis, conchatus, 
salicinus. Trametes gibbosa^ rubesceiis. Peridermium 
Pijii, etc. 



COLONIES. 



Pavillon de la Nouvelle-Calédonie auTrocadéro. 

Herbier BOURRAIL contenant des Champignons exotiques 
soit en fascicules soit dans des cartons et des bocaux. 

Les fascicules, Tome 24, dans ses 12 dernières planches 
(418-429) et Tome 27 , dans sa dernière (464) , présentent des échan- 
tillons de Lentinus.^ Polystictus., Trametes. Stereum., Hiivieola., 
Lycoperdon. Dans les boites se trouvent de très beaux Poly- 
pores parmi lesquels on remarquait : Polyporus australis., 
Polystictus sanguineus^ bninneolus ; des Favolus, Trametes ; 
on y voyait aussi le genre Daldinia. 

Dans les bocaux, quelques Champignons comestibles, parmi 
lesquels un Pleurote difficile à spécifier dans son état de dessi- 
cation et Himeola aui^iculœ Judx déjà exposée de provenance 
japonaise en 1889. 

Ce très intéressant herbier doit être déposé au jardin colonial 
de Vincennes (près la station de Nogent), conservateur 
M. Dybowsky. 



Pavillon de la Guadeloupe au Trocadéro. 

A l'extérieur, on remarquait plusieurs beaux Polypores parmi 
lesquels Polyporus australis., provenant de l'herbier du R. P. 
Diss. 



LES CHAiMPIGNONS A l'eXPOSITION DE 1900. 219 

SECTIONS ÉTRANGÈRES. 

DANEMARK. 

Ancienne galerie des Machines (Agriculture et alimentation). 

Exposé par le Docteur ROSTRUP, professeur à l'Ins- 
titut royal, vétérinaire et agricole de Copenhague. 

27 belles planches coloriées sur les maladies des plantes : 

Plasmodiophora Brassicœ. Peronospora Viciée. Cystopus 
candidus. Ustilago Ai^ense, Kolleri, Hordei, Jensenii, peren- 
nans. Tilletia caries. Urocysds occulta. Uromyces Belse, Pisi. 
Puccinia Gramiiiis sur Triticum vulgare, sur Berberis nilga- 
ris, dispersa. Gliiinarum, coronifera, simplex. Sclerotinia 
Trifoliorum, Libertiana. Mitnila Sclerotiorum. Claviceps pur- 
pur ea. Epichloetyphina. Erysiphe Graminis. Phoma sangui- 
nolenta. Rhizoctonia viola-cea. Helmintosporium gramineum. 

Plusieurs de ces mêmes Champignons en nature conservés 
dans des flacons. 



HONGRIE. 



Palais du Champ de Mars, ouest. 

Exposé par le Docteur Jules ISTVANFFI, directeur de 
l'institut de Botanique de Kolozsvar. 

Une collection de modèles de Champignons pour Ecoles pri- 
maires en terre cuite. Ces modelages ne sont peut-être pas 
assez perfectionnés et les couleurs un peu conventionnelles, 
mais on reconnaissait encore suffisamment les espèces. 

Un bel atlas grand in-folio dont voici les titres : 

Etudes et commentaires sur le Code de VESCLUSE (1) aug- 
mentés de quelques notices biographiques par le docteur 

(1) Un exemplaire de cet ouvrage a été présenté par l'auteur au Congrès 
international de Botanique, et offert à la société Botanique de France, au nom 
de M. ISTVANFFi, par M. Perrot, secrétaire général du Congrès. 



220 L. nOLl.AXD. 

IsTvâxFFiDE CsikMadéfolva, professeur de l'Uiiiversité, direc- 
teur de l'Institut Royal Hongrois, enrichis de 22 figures et 91 
planches chromolithographiées. 

Pieproduction du Code de l'Ecluse. Chez l'auteur, Budapest 
1900. 

On voyait à travers la vitrine plusieurs planches en couleur 
largement exécutées d'Agarics, Bolets, Clavaires, Morilles, 
Polypores, parmi lesquels le Polyporus froiidosus. 



Ancienne galerie des Machines (Agriculture et alimentation). 

Station Royale Hongroise de Physiologie et de Patholo- 
gie végétales de Magyar-Ovar. 

Directeur. M. le professeur Georges Lixhart; collaborateurs, 
MM. Raoul Fraxcé et Didier Hegyi, assistants ; M. Alfred 
Krolop, professeur suppléant. 

Tableaux mycologiques coloriés sur les maladies des arbres 
fruitiers, des plantes agricoles comme : la maladie de la Mo- 
saïque du Tabac, les Urédinées et les Ustilaginées, la Bacté- 
riose de la Betterave et du Lupin, les maladies de la Betterave, 
celles de la Vigne, la Rouille des Céréales, les maladies des 
Céréales. 

Préparation à la formaline de plusieurs Phoma, Bactérioses, 
de la maladie de la Mosaïque du Tabac, de Bacilles divers. 

Collection, dans des vitrines, de Champignons en nature : 

Genres S pksei'Otheca^ Phyllacti?iia^ Uncinula, Erysiphe^ Ca- 
pnodium. Sphœrella. Polystigma^ Claviceps. Phyllacora, Lo- 
phodermium. Conothyriiim^ Glseosporium. Septoria^ Monilia, 
Cladosporium^ Cercospora, Septosporiuin,Alternaria,Fama- 
go^ Agaricus. Hydniun^ Exobasidium. Gymnosporangium^ 
Phytophtoi'ci. Peroîiospora. Ustilago.Tilletia, Urocystis. Puc- 
cinia^ Phraginidiiun, Coleosporium. Calyptospora^ JEcidiuin, 
Melampsora. Uromyces^ Uredo^ Dasyscypha^ Rhytisma. Ta- 
phrlna^ Rsesleria. Rhizoctonia. Mal-Nero . 

Dans la section de l'exposition de l'Académie d'Agriculture 
Royale Hongroise à Magyar-Ovar, le professeur Lixhart avait 
de plus exposé : 



LES CHAMPIGNONS A l'eXPOSITION DE 1900. 221 

5 centuries intitulées : « FunglHuiigarici « sur les maladies 
des plantes. 

1 album contenant des dessins originaux à la plume ou copiés 
dans divers auteurs (Tulasne entre autres) et figurant pour la 
plupart dans ses « Fungi Hungarici » et 6 cadres de plantes 
sèches attaquées par des Champignons extraits de son travail : 
« Les Champignons de la Hongrie » . 



Dans cette même section, le D"" Othon Mûller, professeur 
à rintitut Royal Agronomique de Debreczen, avait exposé une 
collection de 77 Polyporées en nature, bien préparées et sus- 
pendues au mur dans l'ordre suivant : 

Fonies fomentarius^ luridus Mr., australis^ igniaiius, cin/ia- 
momeus.fxtidus Mr., salicinus. fulçus, costaiusMr., fraxi- 
neus. Evomjmi, applanatus, cinnamomeus , nigricans. affiscus 
Mr., marginatus, conchatus, annosus, lucidus, reniformis 
Mr., alneusMx.. rufo-tomeiitosusMw. piiiicola, populinns. 

Polyporus hispidus. cuticularis, destructor, iniherhis, quer- 
cinus. dryadeus, benzoinus, spwneus, betulinus, dichrous^ 
amorphus, fumosus, carpineus, crispus, albus, Cfoceus, pu- 
bescens, chioneus. pallescens, pereiinis, inter médius , imbrica^ 
tus, squamosus, linguseformisM.Y . , picipes, cristatus, Schwei- 
nitzii, spathulatus Mr. 

Polystictus vulpinus, striatus, pullus Mr., velutinus^versi- 
color, hispidulus Mr., ramealisMr. 

Trametes suaçeolens, pinicola, Trogii, Pini, Bulliardi, vi- 
ridis Mr., viridans, subfusca,flavida, sinuosa, nitida, fulgens 
Mr., mollusca, Vaillantii, vulgaris. 

Quoique plusieurs de ces espèces étaient facilement recon- 
naissables, il eut été d'un grand intérêt de pouvoir les examiner 
de plus près. 

13 espèces nouvelles, comme il est indiqué, sont de M. 0. 
MiiLLER, mais n'ont pas encore de descriptions livrées à la pu- 
blicité. 

A remarquer que son Polyporus luridus ferait double emploi 
comme nom avec l'espèce de Berkeley et Cooke (North. Am. 
Fungi, n° 117). 



222 L. ROLLAND. 

Du même, un volume in folio manuscrit de 171 pages, conte- 
nant des Champignons et intitulé comme suit : 

Les Hyménomycètes delà Hongrie. — 1" Les Polyporacées 
par le docteur 0. Muller. professeur à l'Ecole agronomique 
de Debreczen. En outre, du même, étaient suspendues à une 
colonne, de façon à être facilement feuilletées, 169 remarquables 
planches (grand in-folio) faites à la main et coloriées de Polypo- 
rées et de Bolets. 

Parmi beaucoup d'entre elles faites d'après nature, très inté- 
ressantes ou représentant des espèces inédites, on en remar- 
que plusieurs copiées dans différents auteurs : Pries, Kalch- 

BREXXER. GiLLET. CtC. 



Horticulture et Arboriculture. Cours la Reine. 

Section hongroise. — Quelques Champignons représentés 
en couleurs, tels que Claçiceps purpurea, Gymnosporangiiun 
clavarise forints. Cercospora circuincissa. Peronospora viticola, 
Uncinula spiralis. Monilia friictigcna. 



Palais des Forêts. Pèches et Cueillettes au Champ de Mars. 

A la section de la Hongrie, on pouvait voir, sur un tronc d'ar- 
bre servant de pilier, plusieurs Polypores en beaux spécimens 
telles que Fomes marginatus . fomentarius . etc. 



ITALIE. 
Pavillon de l'Italie. Quai d'Orsay. 

Station de pathologie végétale de Rome. 

Une douzaine de fascicules d'Herbier de Champignons sur 
plantes cultivées ou utiles avec descriptions et bons dessins in- 
titulés: Fungi parasitici, par MM. Giovanm Briosi, professeur 
de botanique à l'Université de Pavie et Fridiaxo Cavara, assis- 
tant de botanique à l'Institut de Pavie. — Un grand nombre de 
tableaux de maladies de plantes en nature ; malheureusement 



LES CHAMPIGNONS A l'eXPOSITION DE 1900. 223 

la plus part entassés les uns sur les autres et impossibles à con- 
sulter. Un volume des travaux et relations de la station patlio- 
logique végétale de Rome. 



Institut de Valombrosa. — Une belle collection de quel- 
ques maladies de plantes en nature, telles que : 

Exoascus CarpiiiL JEcidium elatinum sur Abies pectinata. 



JAPON. 
Ancienne galerie des Machines (Agriculture, Alimentation). 

M. SANO, directeur de la section. 

17 vitrines contenant des maladies de plantes en nature : 
OphioboUis Cjvaininis sur Froment, Ustilago sythej'isma Feck. 
sur Millet, çirens Cooke sur Riz. Hordei sur Org-e, nuda sur 
Orge. Uromyces Phaseoloram sur Haricot. Tilletia horrida 
sur Riz, Tritici sur Froment, Urocystis occulta sur Froment. 
S-elerospora grainlnicola Sacc, sur Molia de Hongrie. Fusa- 
rium helerosporum sur Riz. Piriciilaria grisea Cooke sur Riz. 
JEcidium Mori sur feuilles de Mûrier. Sclerolinia Liherliana 
sur Navette. Puis 2 maladies en noms japonais : Hideri-Aodachi 
sur Riz se présentant à distance comme des sores sur la tige, 
Ishuku sur feuilles de Mûrier les rendant toutes noires. 

Un certain nombre de Champignons comestibles en boites 
de conserves, avec des dessins représentant des Amanites, Tri- 
cholomes, etc. 

On trouverait ces produits du Japon au magasin « A la Pagode » 
46, rue des Petits-Champs, à Paris. 



RUSSIE. 
Palais des Forêts, Pêches et Cueillettes au Champ de Mars. 

Produits pharmaceutiques pour le commerce. Société Koehler 
et Cie de Moscou, représentée par M. Dombkowsky, 66, Avenue 
Bosquet, à Paris. 

Tonneaux remplis de magnifiques échantillons de Polyporus 
officinalis et d'Ergots de Seigle. 



Compte-rendu d'une Exposition de Champignons faite à la 
Mairie de la Ville d'Angers du 4 au 9 Novembre 1900. 

par A. GAILLARD, 

Conservateur de FITerbier Llovd. 



Les exposiLioiis de Champignons (jue la Société Mycologi- 
que de France a l'habitude de faire chaque année lors de sa 
session extraordinaire ont obtenu, partout où elles ont eu lieu 
un vif et légitime succès de curiosité auprès du public : il 
nous suffira de citer celle du Mans en 1899 et celle qui eut 
lieu à l'Exposition de 1900, au Palais des Congrès. 

Un conseiller municipal d'Angers, M. Proust, grand ama- 
teur de Champignons, eut l'idée d'organiser une exposition de 
ce genre avec l'aide des membres de notre société résidant ici. 
11 sollicita du conseil municipal un crédit de 50 francs qui fut 
immédiatement accordé. M. Bouhieh, maire d'Angers, voulut 
bien mettre à notre disposition la salle des fêtes de l'IIôtel-de- 
A'ille, et le programme suivant fut adopté : 

Une exposition publique et gratuite de Champignons, ayant 
principalement pour but de faire connaître au public les espèces 
dangereuses, aura lieu à la Mairie d'Angers du Dimanche 4 au 
Vendredi 9 Novembre 1900. Elle se tiendra dans la Salle des 
Fêtes qui sera accessible au public pendant toute la durée de 
l'exposition, le matin de 8 h. à 11 h., le soir de 1 h. à 4 h. Elle 
comprendra : 

1° Une exposition d'ouvrages ayant trait à l'étude et à la figu- 
ration des Champignons, depuis l'année 1576 jusqu'à nos jours, 
et provenant en majeure partie de la Bibliothèque I^loyd. 

2° Une exposition de Champignons frais, provenant exclusi- 
vement du département de Maine-et-Loire ; ils seront classés 
en 6 groupes de la manière suivante : 

1. Champignons très i^é/iéneu.z, pouvant occasionner la mort. 
IL Champignons vénéneux., pouvant occasionner des acci- 
dents oTaves. 



EXPOSITION DE CHAMPIGNONS A ANGERS. 225 

III. Champignons suspects, c'est-à-dire dont les propriétés ne 

sont pas encore suffisamment connues, et qu'il faut re- 
jeter. 

IV. Champignons comestibles. 

V. Champignons indifférents, c'est-à-dire ne possédant au- 
cune propriété, vénéneuse ou alimentaire, et qui sont 
inutilisables, par suite de leur saveur, de leur consistance 
ou de leur exiguité. 
VI. Champignons parasites , nuisibles aux plantes ou aux ar- 
bres qu'ils attaquent. 
Des étiquettes de couleurs différentes seront adoptées pour 
distinguer ces différents groupes : le roaoe pour les espèces 
très vénéneuses, vénéneuses et suspectes, le blanc pour les 
Champignons comestibles, le vert pour les espèces indifféren- 
tes, le bleu pour les Champignons parasites. 

A côté de cette exposition générale, prendra place une expo- 
sition comparative dans laquelle les Champignons comestibles 
seront placés à côté des espèces vénéneuses avec lesquelles on 
risque de les confondre, les caractères distinctifs seront indi- 
qués pour chaque espèce. 

3" Une collection de 300 dessins coloriés représentant des 
Champignons des environs d'Angers, et classés sur le même 
plan f[ue l'exposition précédente. 

4° Une collection de Champignons en plâtre peint, mise gra- 
cieusement à la disposition des organisateurs par M. Bouvet, 
conservateur du Musée d'Histoire Naturelle. 

Le jour de l'ouverture, malgré la saison peu favorable, nous 
avions réuni et classé 120 espèces, recueillies par MM. Labesse, 
Proust et Thésée, et, chacune d'elles étant représentée par un 
grand nombre d'individus, nous avions ainsi une exposition 
très présentable. Le public arriva en foule et s'y intéressa, si 
bien que, pendant toute la durée de l'exposition, les visiteurs se 
chargèrent eux-mêmes de renouveler les échantillons, et portè- 
rent le nombre dés espèces recueillies à 201, dont voici la liste : 

Amanita citrina. junquillea, muscaria, pantherina, phalloides, 
rubescens, vaginata. 

Lepiota amiantina, excoriata, mastoidea, naucina, procera, 
rachodes. 



226 A. GAILLARD. 

Armillaria cing-ulata. mellea. 

Tricholoma album, albo-bruiineiim. argyraceum. colossum, 
columbetta, équestre, leucocephalum. nudum. personatum. pes- 
sundatum. rutilans,saponaceum, sejunctum. sulfureum.teiTeum. 

Collyhia bulyracea. dryophila. fasipes, longipes, maculata, 
radicata, tuberosa. 

CUtocyhe comitialis, cyatliiformis, flaccida, geotropa, gilva, 
ini'iuidibuliformis, inversa, maxima. nebularis, odora, parilis. 
suaveolens. 

Lacca/w laccata, et ses diverses variétés. 

Myceiia ammoniaca, atrocyanea, epipterygia, galericulata. 
polygramma, pura, rugosa, vulgaris. 

Omphalia fibula. 

Pleur tus ostreatus. 

Hygrophoriis coccineus, conicus, cossus, miniatus, niveus. 

Cantharelliis aurantiacus. tubœformis. 

Lactarius controversus. deliciosus, insulsus. piperatus, 
subdulcis, tlieiogalus. terminosus. turpis, uvidus. vellereus. 
volemus. 

Russula cyanoxantha. depallens. emetica, fragilis. intégra, 
lepida, nigricans, ochracea, Queleti. 

Marasmius erythropus. oreades, rotula, urens. 

Panus stipticus. 

Lentinus tigrinus. 

Voli^aria gloiocephala. 

Pluteus cervinus. 

Entoloma rhodopolium. 

Clitopilus orcella. 

Pholiota œgerita. aurivella, destruens, spectabilis.squarrosa. 

Cortinarius cinnamomeus. elatior. vibratilis. violascens. 

Gomphidius viscidus. 

Inocybe geophila, var. lilacina, mutica, scabella. 

Hebeloma cvvi'&lxàimioYi'iïe, longicaudum, saccbariolens, sina- 
pizans. 

Galera tènera. 

Tuharia furfuracea. 

Bolbitius hydrophilus . 

Crepidotiis mollis. 



EXPOSITION DE CHAMPIGNONS A ANGERS. 227 

Paxilius atrotomentosus, involutus. 

Psalliota campestris, et sa variété praticola, hœmorrhoi- 
daria, sylvatica, xanthoderma. 

Stropharia feriiginosa, coronilla. semiglobata, stercoraria. 

Hypholoma fasciculare, sublateritium. 

Psathyra cernua. 

Pa/icco/^^s campanulatus, sphinctrinus. 

Psatliy relia disseminata. 

t'o/'rmMs comatus, micaceus, ovatus, picaceus. 

Lenzites flaccida, tricolor. 

Boletus aurantiacus, boviniis, gentilis, luteus, scaber, sub- 
tomentosus . 

Fistaliiia hepatica. 

Porta vulgaris. 

Polyporus adustus, applanatus, conchatus, i'rondosus, hispi- 
dus, igniarius, lucidus. nigricans, pomaceus, rubriporus, 
Schweinitzii. squamosus, sulfureus, versicolor. 

Trametes rubescens. 

Hydnum erinaceum. 

Craterellus cornucopioides. 

Stereum cristulatum, hirsiitum, purpureum. 

Corticiiun quercinum. 

Clavaria cristata, flaccida, rugosa. 

Phallus imperialis. 

Clalhrus cancellatus. 

Scleroderma verrucosiim . 

Lycoperdon excipulii'orme, gemmatunT. 

Bovista gigantea, plumbea. 

Tremellodon gelatinosum. 

Sebacina incrustans. 

Auricularia mesenterica. 

Rxslelia cancellata et Gymnosporangiain juniperinum. 

Peziza badia, Snmneri, vesiculosa. 

Morchella conica, rotunda. et sa variété fusca (échantillons 
secs). 

Helvellaçx'x'a^^. 

Po/'ow/a punctata. 

Hypoxylon serpens. 



228 A. GAILLARD. 

Trichia fallax. 
Ifypomyces roseus. 

Botrytis cinerea, sur grappes de raisin. 
Ces espèces étaient réparties par groupes de la manière sui- 
vante : 

Espèces très-vénéneuses 7 

— vénéneuses 23 

— suspectes 35 

— comestibles 69 

— indifférentes 39 

— parasites 28 

En jetant les yeux sur l'énumération précédente, on voit que 
certains genres étaient représentés par un assez grand nombre 
d'espèces : les Lepiota. Tricholoma, Clitocyhe et Lactarius, 
par exemple ; par contre, les Bolets étaient peu nombreux, et les 
Amanites ne comprenaient guère que des échantillons mal 
venus et difformes. 

Comme espèces intéressantes, nous signalerons tout d'abord 
le Phallus imperialis. Cette espèce se distingue de V impiidicus 
par sa volve d'un beau rose, fortement plissée et ombiliquée à 
la base, par son odeur moins fétide, éthérée, ainsi que par ses 
dimensions beaucoup plus grandes. Il avait été signalé à 
La Rochelle par M. Bernard ; nous en connaissons déjà deux 
localités en Maine-et-Loire : les échantillons exposés avaient 
été recueillis par M. Emérl\u, instituteur de Champtoceau, et 
nous en avons depuis, M. Bouvet et moi, constaté la présence 
dans une vigne et un pré voisin situés au pied de la roche de 
Mûrs, au bord du Louet. ils atteignaient, dans cette localité des 
dimensions extraordinaires : l'un d'eux mesurait 38 centimètres, 
le chapeau seul avait 8 centimètres de haut sur 5 cent. 1/2 de 
diamètre. Il convient de mentionner encore la présence, aux en- 
virons d'Angers, du TricJioloma colossum qui, ainsi que l'a 
établi récemment M. Boudier, doit prendre rang parmi les 
Avmillaria. 

En résumé, l'expérience que nous avons tentée a réussi au- 
delà de nos espérances ; nous pouvons dire, sans aucune exagé- 
ration, que 8.000 visiteurs ont pris un réel intérêt à cette expo- 
sition que la municipalité d'Angers a décidé de renouveler tous 
les ans. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE 



D' Victor GILLOT. — Etude médicale sur l'empoisonne- 
ment par les Champignons. 

(Th. Doct. méd.). Lyon, 1900, I vol. in-8", 356 pages. 



Le lils d'un de nos plus éminents collègues, le D'' Victor Gillot, vient de 
faire paraître un important travail sur l'empoisonnement par les Champi- 
gnons. Cet ouvrage, qui lui a servi de Thèse, sera certainement très apprécié, 
et nous avons cru devoir en donner un aperyu dans le Bulletin de la Société 
Mycologique qui renferme dans son fsein tant de Docteurs, Pharmaciens et 
Chimistes, c'est-à-dire, un grand nombre de personnes que ce livre doit 
intéresser. 

Fils du D'' X. Gillot, d'Autun, si connu par ses nombreux 
Iravauxsur la Botanique, leD'' Victor Gillot, suivant l'exem- 
ple paternel, ne pouvait manquer de s'intéresser aux sciences 
naturelles et sa thèse en est la preuve. 

Dans un Avant-propos, l'auteur, retitrant complètement dans 
son rôle médical, déclare d'abord qu'il laissera de côté la ques- 
tion puremeid botanique pour s'occuper spécialement des par- 
ties toxicologiques et chimiques qui intéressent plus particu- 
lièrement les Médecins et Pharmaciens. 

Dans son premier Chapitre, il traite, dans ses considérations 
générales, des dilîérents ouvrages qui ont paru jusqu'à ce jour 
sur la partie botanique de l'étude des Chanqug'nons, puis de la 
valeur alimentaire de ces derniers, de leur toxicité et des expé- 
riences qui ont été faites pour l'établir. 

Dans le Chapitre 11, l'auteur résume la partie chimique de- 
puis les recherches de Bouillon-Laguaxge, Bracoxxot et 
Vauquklix jusqu'à celles de nos chimistes modernes, parmi 
lesquels il s'étend surtout sur les travaux importants de M. 
BouiîQUELOT. Ce chapitre, bien qu'assez considérable, est un 



230 REVUE BIBLIOGKAPHIQUE. 

résumé très clair des principaux travaux parus sur ce sujet et 
sera certainement lu avec intérêt. 

Le Chapitre 111 est consacré à Fétiologie. 1/ auteur, après des 
indications générales sur les empoisonnements par les Cham- 
pignons qui se produisent tous les ans. donne un tableau synop- 
tique très documenté de ceux qui ont été relevés d'une manière 
certaine au point de vue de la connaissance de l'espèce qui les a 
produits. Ce tableau important et très intéressant, expose avec 
beaucoup de netteté les accidents qu'ont produit les espèces vé- 
néneuses et le résultat final d'après les auteurs qui les ont rap- 
portés ; — il sera consulté avec fruit par tous les Méde- 
cins qui y trouveront certainement des indications précieuses 
qui les mettront en outre sur la voie de la connaissance des 
espèces qui auront pu produire les accidents. Dans ce chapitre, 
l'auteur exprime déjà l'idée qu'il développe davantage dans le 
cours de son ouvrage, que les accidents mortels produits par 
les Champignons, sont dûs surtout aux x\manites et Volvaires 
vénéneuses. 

Dans le Chapitre IV, M. Gillot traite principalement et avec 
détails, de l'empoisonnement par les Amanites. D'abord la 
symptomatologie, puis la marche et la durée, le pronostic, le 
diagnostic, pour arriver à décrire Tanatomie pathologique, et 
terminer par les diverses formes cliniques qui peuvent se pré- 
senter. 

Le Chapitre V présente avec détails un grand nombre d'ob- 
servations tirées des auteurs les plus recommandables, ou per- 
sonnelles, afin de donner une idée exacte des empoisonnements. 
Cette partie de l'ouvrage résume, en un certain nombre de pa- 
ges, les principaux cas d'empoisonnement produits surtout par 
les Amanites vénéneuses et présente donc l'exposé des accidents 
provoqués par ces Champignons. 

Le Chapitre VI est consacré à représenter les accidents pro- 
duits par les Champignons vénéneux autres que les espèces 
des genres Amanite et Volvaire, c'est-à-dire ceux produits par 
les Russules et les Lactaires, les Lépiotes, Pleurotes, Entolo- 
mes, Bolets, etc.. et se termine par ceux que peuvent provo- 
quer les Champignons avariés. 



REVUE BIBLIOGRAPHIQUE. 231 

Dans le Chapitre VIL plein d'intérêt aussi; l'auteur traite la 
toxicologie des Champignons. 11 énumère avec beaucoup de 
soins, les différents principes toxiques qui y ont été rencontrés 
et leurs effets, suivant les différents auteurs qui se sont occu- 
pés de cette question, en y ajoutant les observations personnelles 
des expériences qu'il a pu faire lui-même. 

Le Chapitre VIll donne l'exposé des divers traitements em- 
ployés et à employer, et enfin le Chapitre IX traite des Cham- 
pignons au point de vue de l'hygiène et de la Médecine légale. 

Puis l'auteur, après avoir donné l'exposé de l'état de la 
science au sujet des études qu'il importe de connaître, aux per- 
sonnes intéressées, énonce en quelques lignes ses conclusions 
tendant à faire remarquer, comme je l'ai déjà dit plus haut, que 
les groupes des Champignons à volve, Amanites et Volvaires, 
sont les seuls jusqu'ici qui ont produit des accidents réellement 
mortels, ceux produits par des Champignons appartenant à 
d'autres genres n'étant pas ordinairement suivis de mort. 

Un Index bibliographique assez étendu des ouvrages à con- 
sulter termine le volume. 

En résumé, l'ouvrage du Docteur Victor Gillot est un tra- 
vail important qui résume, en un seul volume et d"une manière 
très claire, tout ce qui touche à l'histoire des Champignons au 
point de vue médical et se trouve répandu dans une foule 
de brochures ou d'ouvrages. L'auteur, laissant de côté les des- 
criptions botaniques qu'on trouvera toujours dans les livres 
spéciaux, s'applique surtout à le rendre utile au:<c Médecins et 
Pharmaciens, et il y a réussi, car ils y trouveront, bien exposé, 
tout ce qu'il est important de connaître sur cette partie de la 
science mycologique. 

Em. BouDiER. 



Manuel du Mycologue amateur, ou les Champignons 
comestibles du Haut-Poitou. 



par M. L.-J. GRELET, 

in-16, 1900, Niort, H. Boulard, éditeur. 



Ce petit livre de 189 pages, avec 10 planches bien dessinées, 
facile à mettre dans la poche et d'un prix peu élevé, décrit en- 
viron 220 espèces de Champignons. 

Il est établi d'une façon très sérieuse avec une excellente mé- 
thode qui conduit rapidement au nom cherché. 

Quelques lignes de tableaux dichotomiques qui ne sont pas 
surchargés d'espèces suspectes ou vénéneuses vous mènent aux 
Champignons comestibles, dont une description complète se 
trouve un peu plus loin, et c'est en général après chacune de 
ces descriptions que des observations détaillées, et qu'il faut lire 
avec soin, vous mettent en garde contre ceux qui sont à éviter. 

Il est à remarquer que, dans cette i\orelocale,VAmanitapan- 
therirja est indiqué comme le Champignon le plus dangereux. 

M. Grelet, par des observations personnelles, a divisé plu- 
sieurs espèces en variétés intéressantes, et la distribution géo- 
graphique, qu'il donne chaque fois, sera surtout très utile aux 
botanistes étrangers à sa région. 

L. RoLLAXD. 



BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE 



De l'application de la tyrosinase, ferment oxydant du Rus- 
sula delica, à l'étude des ferments protéolytiques, 

par M. V. HARLAY. 

(Thèse de Doctorat de l'Université de Paris, (Piiarmacie) 1900). 



Ce travail, qui ne touche pas directement à la science mycologique, est ce- 
pendant un travail de mycologie ; il fallait en effet aimer l'étude des cliampi- 
gnons pour chercher parmi eux un instrument de recherches chimiques et 
biologiques : Utiliser un champignon comme réactif est l'un des côtés origi. 
naux du travail de M. Harlay. A la suite des recherches de M. G. Bertrand 
sur le ferment oxydant de l'arhre à laque, et la répartition de tels ferments 
dans le règne végétal, les recherches de MM. PiOURQUELOT et Bertrand ont, 
il y a quelques années, attiré l'attention sur l'existence d'un ferment sembla- 
ble dans les champignons. Depuis, M. BouRQUELOT a montré que les réac- 
tions produites, avec divers phénols, par la macération du Rnssula delica, 
•en faisaient un réactif permettant de reconnaître la nature, soit des corps 
phénoliques, soit des médicaments plus ou moins complexes qui renferment 
■de tels corps. Suivant cette voie, M. Hari.ay a étudié l'action de ce réactif sur 
les produits de transformation des albuminoïdes par action des divers fer- 
ments protéolytiques. Son travail constitue non seulement l'étude plus parti- 
culière de quelques réactions colorées nouvelles, mais encore l'étude des fer- 
nieiits protéolytiques eux-mêmes et de leurs conditions d'action. Résumer ce 
travail soitirait donc du cadre de ce Bulletin. Parmi les résultats intéressants 
obtenus, qu'il nous suffise d'indiquer: 1» que le réàcûi Russula produit, avec 
les substances résultant de la digestion pepsique de vrais albuminoïdes, une 
coloration rouge, puis verte ; la substance verte formée vire au rouge par les 
alcalis, et redevient verte par les acides ; 2" qu'avec les digestions détermi- 
nées par certains ferments protéolytiques végétaux, tels que )a papaïne, ou 
le ferment protéolytique du figuier, les mêmes faits se produiser.t ; 3" que les 
digestions pancréatiques deviennent rouges, puis noires, par la tyrosinase, 
réaction due à la tyrosinc, et constatée également déjà par iMM. Bourquei.ot 
et Hérissey dans le cas des digestions déterminées par les ferments protéoly- 
tiques des champignons. 



234 BIBLIOGRAHIE ANALYTIQUE. 

Il semble donc, d'après l'auteur, qu'on puisse diviser les ferments protéoly- 
liques végétaux en deux classes : les uns produisant le chromogène suscepti- 
ble de devenir vert par oxydation ; les autres donnant de la tyrosine, suscep- 
tible de noircir par oxydation ; ceux-ci déterminant d'ailleurs des digestions 
plus profondes que ceux-là. 

Il ne faudrait pas tirer de ce travail plus que n'a voulu dire l'auteur ; mais 
néanmoins il s'en dégage une hypothèse séduisante. Certains auteurs, comme 
Nencki, voient dans la digestion pancréatique l'origine de chromogènes sus- 
ceptibles de donner, par un processus inconnu, naissance aux p^igments ani- 
maux. On pouvait peut-être de même voir, dans l'action des ferments protéo- 
lytiques sur des albuminoïdes spéciaux, l'origine de chromogènes particuliers, 
capables, sous l'intluence de la tyrosinase (1), de produire les pigments variés 
existant chez un bon nombre de champignons, pigments dont quelques-uns, 
tels que l'acide polyporique du Pohjporus nidularis, l'acide téléphorique de 
certains Tetephora et Hijdnum, et Je pigment du Laclarius turpis, chan- 
gent de couleur sous l'iniluence des alcalis, comme le vert pepsique décrit 
par M. Harlay. Il y a là une hypothèse intéressante, quoique peut-être un 
peu hasardée, mais dont la non-réalisation ne pourrait nullement infirmer les 
résultats certains obtenus par M. Harlay. 

A la suite de cette courte analyse d'un travail aussi documenté, nous ne 
saurions qu'adresser nos sincères félicitations au jeune et sympathique secré- 
taire de la Société mjcologique de France. 

Emile Perrot. 



V. DucoMET. — Recherches sur la brunissure des végétaux. 
— Montpellier, Delord-Bœhm et Martial, 1900. 1 brochure 
in-8°de 112 pp.avec 58 fig. dans le texte, et 3 pi. lith. (Extrait 
des Annales de VEcole nationale d^ Agriculture de Mont- 
pellier) . 

Cet important mémoire débute par un historique des plus complets, depuis 
les recherches de Jaussan (1882), Malafosse (1884), Pastre (1891), Viala et 
Sauvageau (1892), Debray (1894), Prunet (1894), jusqu'aux tout récents tra- 
vaux des regrettés Roze et Debray, qui regardaient leur parasite de la bru- 
nissure {Pseudocommis'!) comme très-répandu dans le règne végétal, et 
même, d'après Debray, dans les tissus animaux les plus variés. 

L'auteur se livre ensuite à une étude approfondie de la brunissure de la 
vigne, maladie peu grave lorsqu'elle apparaît dans l'arrière-saison. La bru- 
nissure n'est à redouter que lorsqu'elle se produit de bonne heure (juillet- 
août); en provoquant la chute pi^ématurée des feuilles, elle rend les raisins 

(1) Voir à ce sujet l'opinion de M. Bourquelot, Bull. Soc. myc. , XIII, 
p. 71-72 (1897). 



BIISLIOGRAPHIE ANALYTIQUE. 235 

moins riches en sucre. M. Ducomet distingue plusieurs types de brunissure, 
dont il donne des figures schématisées. Ces altérations de la feuille sont les 
suivantes : 
^1. La face supérieure seule est brunie ; l'auteur distingue neuf variétés de 

cette lésion, suivant la localisation, l'étendue et le groupement des 

taches ; 

B. La face inférieure est seule atteinte ; 

C. Les deux faces sont brunies. 

On peut également établir une division basée sur la longévité des feuilles 
malades, suivant que la feuille atteinte persiste autant qu'à l'état sain, ou 
suivant qu'elle meurt prématurément, avec ou sans ratatinoment des bords. 
D'après M. Ducomet, les divers aspects observés varient avec les cépages,qu'il 
classe en raison de leur degré de réceptivité. 

Au point de vue histologique, la maladie consiste en une altération du con- 
tenu cellulaire del'épiderme et du mésophylle. Dans l'épiderme, on rencontre 
des globules de taille inégale ('lp.5 à 'iO [t) généralement rangés le long de la 
paroi externe des cellules malades : ces corpuscules sont de couleur olivâtre 
et de structure soit homogène, soit radiée ; ils sont fréquemment plus clairs 
au centre. Lentement solubles dans l'acide sulfurique concentré, insolubles 
dans les dissolvants des matières grasses, rapidement dissous par l'eau de 
Javel étendue, ils peuvent être décolorés par l'action ménagée de ce dernier 
réactif : ils fixent alors l'éosine, l'érythrosine, la tropéoline, le bleu de quino- 
léine, et en général les colorants des matières azotées. Ils sont riches en tannin. 
Les lésions du parenchyme palissadique consistent surtout en altération des 
leucites (déformation, réunion en masses irrégulières, perforation ou dissolu- 
tion) ; dans les cas extrêmes, les membres jaunissent ou se détruisent. L'eau 
de Javel diluée à environ 15 "/o donne au contenu des cellules un aspect soit 
granuleux, soit réticulé, soit spumeux. Il se produit aussi d'autres altérations 
(amas gommeux de la cuticule, subérification du collenchyme, gommose, etc.) 

L'auteur a pu reproduire expérimentalement toutes les lésions de la bru- 
nissure. En faisant absorber à des sarments sectionnés une solution de phos- 
phate d'ammoniaque et de nitrate de potasse, on provoque la formation des 
globules intracellulaires; le bichlorure de mercure à 20 "/o donne des résultats 
analogues. En frottant l'une contre l'autre les deux moitiés d'une même feuille 
pliée en deux, ou en exerçant des pressions sur différents points de leur sur- 
face, on obtient la brunissure des cellules épidermiques. Toutes choses égales 
d'ailleurs, les lésions apparaissent plus rapidement et avec plus d'intensité 
dans l'air humide (feuilles mises sous cloche) que dans l'air sec. 

Il résulte des observations de l'auteur, tant sur la vigne que sur d'au- 
tres végétaux, que la brunissure s'observe surtout dans les parties de la plante 
exposées au soleil. De là l'explication du fait bien connu que la maladie se 
montre surtout à la périphérie des massifs, et au pourtour des clairières dans 
les forêts. 

La brunissure est donc un phénomène d'ordre purement physiologique. Elle 
peut quelquefois, il est vrai, survenir à la suite de lésions produites par des 



236 



BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE. 



parasites végétaux ou animaux, mais elle est due le plus souvent à des varia- 
tions brusques de température, soit en plus, soit en moins, à des précipita- 
tions aqueuses, ou à des actions mécaniques. 

Le traitement le plus efficace consistera donc ". à maintenir dans les cel- 
« Iules une proportion d'eau suffisante pour que les réactions protoplasmi- 
« ques puissent s'effectuer normalement ». On y parviendra, soit par des 
pulvérisations aqueuses, soit par des applications de nitrate de soude, lorsqu'il 
s'agira de la brunissure survenant après des journées chaudes et sèches ; 
si la maladie est produite par des pluies ou de fortes rosées, le poudrage à la 
chaux devra donner de bons résultats. Le viticulteur saura, suivant le cas, 
faire un choix judicieux entre ces divers moyens. 

F. GUÉGL'EN. 



(>H.-B. l^.(nvBiGHT. — On the récent addition to ourknow- 
ledge of the Uredineee and Ustilagineœ, v/ith spécial 
référence to the British species. lExposédenos nouvelles 
connaissances sur les Uriklinées et les Ustilaginées. et spé- 
cialement sur les espèces Ijritanniques). — Transactions of 
the British Mvcological Society, season 1S9S-1899. pp. 90- 
105. iDiscours prononcé en prenant place au fauteuil de la 
présidence.) 

Après avoir résuméthistorique de l'hétérœcie des Urédinées, M. PLO^VRIGl-IT 
rappelle les expériences d'EpjKSSON (1894), et résume celles que lui-même fit 
en 1897 avec K.-B. Williamson. Ayant infecté un Berheris vulgaris avec des 
téleutospores récoltées sur le Poa <rii'ia?is, l'auteur a pu, à l'aide descci- 
diospores amsi obtenues, transmettre la maladie aux espèces suivantes : Poa 
trivialls, Trilicum repens, Hordeum vulgare, Avena sativa, Secalesereale. 
De même, l' Uredo graminis provenant du Triticum repens a pu être ti'ans- 
mise aux iïordeurn vulgare, Secale céréale, Avena sativa, Triticum vul- 
gare, Poa trivialis. Ces expériences confirment ce qu'avait annoncé Eriksson 
au sujet de l'obiquité des urédo et téleutospores de YMcidiwn Berberidis. 

M. Plowpjght reproduit ensuite un tableau qui lui a été communiqué par 
Klebahn, et qui résume les résultats d'une longue série d'observations et de 
cultures poursuivies pendant plusieurs années : ce tableau montre que les 
Ji^cidium de diverses Liliacées et Orchidées appartiennent, tantôt à une même 
espèce de Puccinia, tantôt à des espèces, variétés ou formes distinctes. 
Inversement, d'après M. Plowright, le Puccinia orchidearum (P. Phalari- 
dis K.) peut infecter les 0. mascula et latifolia, l'Arum rnaculatum,VAl- 
liuin ursinum, le Convallaris maialis. L'auteur cite un certain nombre de 
faits analogues chez les Ustilaginées. 

Le mémoire se termine par un tableau des Urédinées et Ustilaginées, dont 
les subdivisions sont celles adoptées par Schrôter. 

F. GUÉGUEN. 



BIBLIOGRAPHIE ANALYTIQUE. 237 

Ch. Vax I3a>[beke. — Sur une monstruosité du BoleLus 
liLteiish.. suite de parasitisme. [Bull. Soc. Roy. Bol. de 
Belgique, l. XXXIX, 1900, 14 pp. et 1 pi. lithogr.). 

Les champignons parasités présentaient un évasement du pied à son inser- 
tion sur le chapeau, avec soudure intime de ces deux parties; l'aspect rappe- 
lait celui de VHyyrophorus pratensis. L'hyménium recouvrait la plus grande 
partie du pied, et présentait des boursouflures accompagnées d'oblitérations 
de la plupart des pores. 

Les tubes de l'hyménium étaient envahis par un Hypomyces que l'auteur 
croit être une forme de VH. chrysospermus: ce parasite était pourvu de co- 
nidies et de chlamydospores les unes et les autres normales et arrondies, ou 
parfois de forme bizarre, ovoïdes, en croissant, en haltère, etc. L'auteur n'a pas 
observé de périthèces. 

F. GUÉGUEN. 



NOTICES NÉCROLOGIQUES 



- La Société Mycologique vient de perdre encore deux de ses 
Membres. D'abord ]M. Cuisix. bien connu comme dessinateur 
d'histoire naturelle, principalement de Botanique, décédé le 23 
octobre dernier, puis, quelques jours après. ^I. Fabbé Séjourné, 
qui connaissait plus particulièrement les plantes du départe- 
ment de Loir-et-Cher où il professait depuis de lono-ues années. 

Charles-Emile CUISIN, 
né à Paris en 1832, mort en cette ville le 23 octobre 1900. 

^L Cuisix. de bonne heure, se fit remarquer par son goût 
pour le dessin, fut élève des Ecoles de Dessin et des Beaux- 
Arts où il remporta de nombreuses médailles et même y pro- 
fessa assez longtemps avec succès. 11 exposa à plusieurs salons, 
voyagea dans une partie de la France et de l'Europe, s'adonna 
d'abord au paysage, puis embrassa, après la destruction de la 
plus grande partie de son atelier pendant la guerre, le dessin 
d'histoire naturelle et plus spécialement celui des plantes et 
des champignons. 

Dessinant avec une grande facilité, Cuisix exécuta une foule 
de planclies pour d'importants ouvrages de Botanique et de Pa- 
léontologie végétale. Sa réputation était très grande. Adolphe 
Broxgxiart, qui Tavait en haute estime, le chargea d'exécu- 
ter de nombreux tableaux pour son enseignement, des plan- 



NOTICES NÉCROLOGIQUES. 239 

elles pour les Archives du Muséum et aussi les dessins de son 
ouvrage sur les graines fossiles ; plusieurs autres Professeurs de 
cet établissement eurent recours à ses talents. Ce fut lui qui 
illustra la Flore d'Algérie et de Tunisie de M. Cosson. 

MM. BoissiER, DE Candolle, de Sevnes et nombre d'autres 
auteurs lui firent exécuter de nombreuses planches bien con- 
nues et il reçut des commandes de l'Institut et de l'Etat parmi 
lesquelles nous pouvons citer : les illustrations pour l'ouvrage 
de M. Grand-Euuy sur les Houilles de St-Etienne ; la flore 
houillière des bassins du Nord et du Pas-de-Calais (M. Jacquaht, 
ingénieur en chef) ; la flore fossile des bassins d'Autun et d'Epi- 
nac (ouvrage de MM. Renault et Zeiller), etc. 

Possesseur de nombreuses médailles, comme on l'a vu plus 
haut, il fut nommé en 1889 officier d'x\cadémie, distinction que 
lui avaient valu ses nombreux travaux toujours très appréciés. 

M. CuisiN assistait fréquemment à nos réunions et à nos di- 
verses sessions mycologiques, et il rapportait des excursions 
qui avaient lieu de nombreux Champignons qu'il reproduisait 
par la peinture. On a pu voir un certain nombre de ces der- 
niers, exposés au Pavillon des Forêts à l'Exposition univer- 
selle, cette année même. 

Son extrême habitude du dessin des plantes en avait fait 
un botaniste. Il s'adonnait avec passion à reproduire par le 
dessin les végétaux et leur divers organes, mais il aimait certes 
plus particulièrement les Champignons et nous nous rappelons 
qu'il n^y a pas longtemps il disait encore au sujet de la carte 
d'exposant qu'il avait reçue et qui lui avait fait un très sensible 
plaisir, qu'il n'avait jamais eu que des satisfactions avec la 
Société Mycologique de France. 

D'un caractère tranquille, réservé et même un peu froid, 
CuisiN était constamment au travail et ne se trouvait heureux 
que parmi ses dessins. Depuis l'hiver dernier, sa santé s'était 
altérée, mais il avait repris et passa assez bien tout l'été, lors- 
qu'à la suite d'un refroidissement il fut enlevé le 23 octobre 
dernier, à l'âge de 68 ans, laissant une œuvre artistique con- 
sidérable, en partie répandue dans un grand nombre d'ouvra- 
ges scientifiques de grande valeur, et en partie inédite. 



240 NOTICES NÉCROLOGIQUES. 

Ici je dois dire qu'une partie de cette dernière, celle qui a été 
exposée au Pavillon des Forêts de l'Exposition, a été léguée à 
r Ecole de Pharmacie (collection de Cryptogamie). par sa fa- 
mille, composée de neveux et nièces, qui Tout entouré de soins 
et d'affection jusqu'à son dernier moment. 

E. BoUDIEIi. 



M. l'abbé SÉJOURNE, 
né à Ilerbault (t^oir-et-Cher), mort à Blois le 1«'' novembre '1900. 

M. Tabbé Séjourné est né à Herbault (Loir-et-Cher en 1843. 
Venu très jeune à Blois, il y fit ses études au petit et au grand 
séminaire et ne quitta plus cette ville. Passionné pour la musi- 
que, le dessin, et l'histoire naturelle, il devint professeur à 
Notre-Dame des Aydes pour ces diverses branches de l'Instruc- 
tion. La Botanicpie surtout l'attirait et on lui doit la découverte 
de très nombreuses stations de plantes rares pour le départe- 
ment de Loir-et-Cher, localités citées dans la Flore de ce dé- 
partement par ^I. Fraxchet cjui l'avait en grande amitié. Il 
étudiait, à ses moments de loisir et dans leur saison, les Cham- 
pignons, dont il avait dessiné un certain nombre. Nous l'avons 
vu plusieurs fois à nos sessions Mycologiques et il envoyait 
presque toujours ce qu'il pouvait récolter à nos expositions. Il 
était connu dans cette partie de la science dans son département 
et c'était généralement à lui qu'on s'adressait pour la recon- 
naissance des espèces. 

Indépendamment de la Botanique proprement dite et des 
Champignons, l'abbé Séjourné étudiait avec ses élèves l'Ento- 
mologie comme tout ce qui avait rapport aux Sciences Natu- 
relles. Il avait publié, il y a quelques années, un travail sur l'an- 
cien jardin botanique de Gaston d'Orléans, à Blois. 11 était 
membre de la Société mycologique et de la Société botanique de 
France, ainsi que d'autres sociétés. D'un caractère gai et enjoué, 
il était aimé de toutes les personnes qui le connaissaient et très 
considéré dans son Diocèse. Il avait été nommé, il y a quelques 
années, Chanoinede St-Louis,et sa perte a laissé un grand vide 
parmi ses collègues , 



NOTICES NÉCROLOGIQUES. 241 



AVIS 



A la suite du décès de M. Cuisix, nous signalons à nos con- 
frères qu'il serait fecile de se procurer un microscope Nachet à 
pied droit, muni de 4 bons objectifs n°^ 1, 2, 4, 7, et accompa- 
gné d'une chambre claire à angle fixe. On pourrait se procurer 
de même une loupe montée complète, le tout dans d'excellentes 
conditions. 

Ecrire à ce sujet à M. Perhot, 272, Boulevard Raspail, 
Paris fXIVn. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 

DES 

Auteurs de Notes et Mémoires publiés dans le 

TOME XVI 

DU 

BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ MYCOLOGIOUE DE FRANCE 



Pages. 
Mlle Marg. Belèze. — Cas d'empoisonnement par des Chante- 
relles 94 

E. Bodin» — Réponse à l'article de M. Vuillemin sur le Micros- 

porum Aiidouini 156 

E.Boudier. — Description d'une nouvelle espèce d' Exobasidium 

parasite de ÏAsplenium fitix-fem. PI. 1 15 

— Note sur le Tricholoma colossum Fr. et la place qu'il doit 

occuper dans les classifications. PI. I, fig. 2 18 

E. Boudier et N. Patouillard. — Note sur deux Champignons 

hypogés. PL V 141 

Era. Boudier. — Champignons nouveaux de France. PI. VIII 

et IX 193 

A. Daguillon. — Sur un chapeau anormal de Tricholoma nudum 

avec 1 fig. dans le texte 73 

A. Gaillard- — Note sur l'Exposition de Champignons à Angers 224 

F. Quéguen. — Sur le Graphium stilboideum Corda, PI. VI. . . . 146 

— Quelques méfaits du Cladosporium herbaruni 151 

Ch. Guffroy. — A propos de l'espèce 56 



244 TABLE DES ALTELP.S. 

Pages. 
B. Huyot . — Note sur deux espèces de Tricholoma 95 

— Index bibliogi'aphique des travaux sur les Charapiguons 

parus 60 1899 118 

R. Maire- — Quelques Urédinées ou Ustilaginées nouvelles ou 

peu connues 64 

L. Matruchot. — Notes mycologiques 58 

Matruchot et Dassonville . — Sur une forme de i-eproduction 

d'ordre élevé chez les Trichophyton 201 

J. Maheu. — Notes sur les champignons observés dans les profon- 
deurs des Avens des Causses Méjan et Sauveterre 189 

Matruchot et Kolliard . — Sur la culture pure du Phytophtora 

infestons 209 

N. Patouillard- — Description d'une nouvelle espèce d'AricuIa- 

riacés (Sepiohasidium Langloisii) 54 

— Champignons de la Guadeloupe (2« série). PI. Vil. 175 

L. Rolland. — Les Champignons à l'Exposition de 1900 211 

E. Roze. — Le petit traité des Champignons comestibles et per- 
nicieux de la Hongrie décrits au XVI® siècle par Charles 
DE l'Escluze (Clusius) d'Arras (suite) 26 

— Note complémentaire sur YUredo Chrysanthemi 81 

— Le Piiccinia Chrysanthemi elyoc. 2 fig. dans le texte 88 

Saiccardo et Fautrey. — Nouvelles espèces de Champignons de 

laCôte-d'Or. PI. 11 21 

De Seynes. — Discours prononcé aux funérailles de M. E. Roze. 164 

— UUredo Chrysanihemi parasite du Chrysanthemum indicum. . 76 

Ch. Van Bambette. — Note sur le Lentinus siiffrutescens. PI. III 

et IV 133 

Paul Vulllemin. — Qa est-ce ciue le ^]icrosporum A udo uini G rnby? 96 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Espèces nouvelles ou genres nouveaux décrits 
dans le tome XVI 



Pages. 

Androsaceus cornigalus Pat 175 

^cidium Alaterni Maire 70 

— Marguerianum Maire 70 

Ascochyta ribesia Sacc. et Faut 22 

Belonidium lasinpodium Pat 184 

— viridi-atrum Sacc . et Faut 22 

Boletiis Guadelupensis Pat 177 

— Pierrhufjuesii Boud 196 

Coccobotrys Boud. et Pat. {Nov. Gen.), PI. V, fig, 1 141 

Coccobotrys xytophilus (Fr.) Boud. et Pat. {z= Cenococcum xylo- 

philum Fr.) 142 

Collybia Benoislii Boud 194 

Cordcium chelidonium Pat 180 

Cycloderma depressum Pat 182 

Cylindrosporium epilobianiim Sacc. et Faut 23 

Endophyllum Valeriantc-tuberosce Maire 67 

Entolomu indutum Boud 194 

Entyloma pustulosum Sacc. et Faut 21 

Erinella variegaia Pat 184 

Exobasidium Brevieri Boud 15 

Flammula lateritia Pat 176 

Helotium Sloaneœ. Pat , 183 

Humaria Guadelupensis Pat 183 

Isaria Albhziœ Pat 187 

— Dussii Pat 187 

— gossypina Pat , 1 88 

Lactarhis maliodorus Boud 195 

Lachnea Poiraultii Boud 198 



246 TABLE DES ESPECES. 

Pages. 

Laschia Dussii .... 177 

Leptonia miniala Pat 176 

Leptosphœria Hune Pat 185 

Lejosepium Sacc. Nov. gen., PI, II, fig. 9 24 

— aureum Sacc. et Faut 24 

Leptothyrium subtedum Sacc. et Faut. , PI. II, fig. 5 23 

Lilliputia Boud. et Pat. {Nov. gen.), PI. V, fig. 2 144 

Lilliputia Gaillardi Boud. et Pat 145 

Marasmius aculeatus Pat , 175 

Melanopus scahellus Pat 178 

Nectria flavella Pat 186 

Ovularia epilobiana Sacc. et Faut 24 

Phœoradulum Guadelupense Pat 178 

Phylloslicla Asperulœ Sacc . et Faut 22 

— eryngiana Sacc. et Faut 22 

Piptocephalis Tieghemiana Matr 58 

Puccinia (Didymapuccinia, Le Monnieriana Maire 64 

Scolecutrichum ramularioides Sacc. et Faut., PI. II, fig. 8 24 

Septobasidium alraium Pat 181 

Slereum fragile Pat 179 

— flahellalum Pat 179 

Slilbocera Pat. nov. gen 187 

— Dussi Pat 187 

Slilbum Daphnopsidis Pat 187 

Septobasidium Langloisii Pat 54 

Septoria Valerianœ Sacc. et Faut 23 

Sirodesmium marginatum Sacc. et Faut., PI. II, fig. 10 25 

Sphœrulina myrlilUna Sacc. et Faut.. PI. II, fig. 2 21 

Trulluta (Cesatia) depressa Sacc. et Faut 23 

Typhula lutescens Boud 197 

Ui'edo Eucellœ-tomentosœ Maire 71 

Winteria inter média Sacc . et Faut 21 



Séance du 21 octobre 1899, 

(Séance d'ouverture de la session extraordinaire du Mans). 



La séance est ouverte à 4 heures, sous la présidence de 
M. Boudie7\ nommé président pour la durée de la session. 

Après lecture du dernier procès-verbal, on dépouille la cor- 
respondance. Elle comporte, outre des lettres de membres ayant 
envoyé leur adhésion pour la session du Mans, une lettre de 
M. l'Inspecteur des P^orèts du Mans, qui se met à la disposition 
de la Société pour faciliter les excursions dans les forêts des 
environs du Mans. Des remerciements lui sont votés au nom de 
la Société mycologique par tous les membres présents. 

M. Dupont, présenté dans la dernière séance, est nommé 
membre titulaire. 

Sont présentés : 
MM. BnÉBiNi'Aui), pharmacien à Poitiers, par MM. Dupain et 
Harlay. 
l'Abbé Lkveillé, par MM. Gillot et Pelterenu. 
Château, chirurgien-dentiste, 62, rue de l'Orangerie, 

Versailles, par MM. Boudier et Harlay. 
Bricard, 42, rue de Sèvres, Paris, par MM. A// tin et 

Harlay. 
Mesfrey, pharmacien, place de la Chalonère, Angers, par 
MM. Labe.sse et Gaillard. 
On donne ensuite lecture d'une communication de M. Guf- 
froy intitulée : « A propos de l'espèce ». Cette communication 
donne lieu à diverses observations de MM. Bourquelot^ Pelte- 
reau et Boudier. Elle sera, à la demande de l'auteur, publiée 
dans le Bulletin. 

On passe ensuite à l'étude du programme de la session. Il est 
décidé de terminer la session par une exposition qui aura lieu 
à l'Hôtel-de-Ville du Mans, le jeudi 2() octobre. 



II SOCIETE MYCOLOGIQUE. 

Sur la proposition de MM. Peltereau et Légué avec avis de 
MM. Mènier et Gaillard., le programme est fixé ainsi : 

Dimanche 22. — Excursion dans la forêt de Perseigne. 

Lundi 23. — Excursion à Yvré TEvéque. 

Mardi 24. — Excursion dans la forêt de Jupille. 

Mercredi 25. — Repos. 

Jeudi 26. — Exposition. 

M. Gillot demande à la Société d'étudier le projet suivant : 
nommer un comité qui serait chargé, chaque année, d'étudier 
mi genre ou une section de genre. Les matériaux seraient 
fournis par les sociétaires répandus dans toute la France. On 
arriverait ainsi à établir une série de monographies qui servi- 
raient de base pour une flore mycologique de France. 

M. Peltereau fait remarquer qu'il serait à peu près impos- 
sible d'avoir en une année, même avec le concours de tous les 
membres de la Société, des représentants de toutes les espèces 
pouvant croître en France. Les champignons, par suite des 
influences climatériques, n'apparaissent pas régulièrement tous 
les ans. Ce qu'il faudrait, c'est que chacun étudiât et dessinât 
les espèces intéressantes récoltées par lui. Parmi ces planches, 
la Société pourrait choisir les meilleures pour les reproduire 
par un procédé donnant toute la perfection désirée. Après une 
discussion sur cette question de publication de planches, la 
séance est levée. 



EXPOSITION MYCOLOGIQUE 



Compte-rendu par M. L. ROLLAND 



C'est à liniliative de notre dévoué collègue, M. Gaillard, 
d'Angers, qu'est due l'autorisation obtenue par la Société 
Mycologique de France de faire une exposition dans la salle des 
élections de l'Hôtel-de-Ville. 

Nous remercions M. Rubillard, maire de la ville du Mans, de 
nous l'avoir accordée, ainsi que M.Boltré, secrétaire général, 
qui nous a facilité notre tâche. 

Malgré la saison peu propice, grâce au nombre des Sociétaires 
qui ont répondu à l'appel de la circulaire annonçant la session 
au Mans, grâce aussi à plusieurs correspondants, comme 
MM. Labesse, d' Angers, Pierrhugues, en villégiatureàHyères... 
qui ont fait des envois intéressants que nous avons joints aux 
récoltes des jours précédents, la Société mycologique a pu 
remplir son programme jusqu'au bout et l'affluence des nom- 
breux visiteurs qui se sont succédés pendant toute la journée du 
26 octobre lui fait espérer qu'elle a réussi à intéresser la ville du 
Mans à ses travaux. 

Parmi les personnes qui ont bien voulu honorer l'exposition 
de leur visite, nous devons citer M. le Préfet de la Sarthe et 
M. le colonel de la gendarmerie de la région. 

Nous devons des remerciements aux journaux « Le Nouvel- 
liste » et « la Sarthe » qui se sont empressés de faire des 
annonces et avant de passer à la nomenclature des espèces, 
nous tenons à offrir un hommage de gratitude à notre président 
honoraire M. Boudier qui s'est multiplié avec tant de dévoue- 
ment et s'est montré, comme toujours, l'âme de notre Société. 

Les champignons ci-dessous étaient rangés sur des tables 
dans l'ordre donné par Pries dans son Epicrîsis et comprenaient 
environ 250 espèces : 



Amanita C^esarea, virosa, phalloides, mappa, muscaria, pan- 
therina. rubescens, vaginata. 

Lepiota procera, rhacodes, clypeolaria. 

ArmiUaria biilbigera, mellea, mucida. 

Tricholoma colossum (champignon ayant un anneau des plus 
manifestes, surtout dans le jeune âge. Fries n'a pas vu cet 
anneau, sans cela il l'eut placé dans les ArmiUaria à côté 
du bulbigera.), équestre, sejunctum, portentosum, flavo- 
brunneum, albo-brunneum, ustale, pessundatum, rutilans, 
columbetta, terreum, saponaceum, sulphureum, inamœnum, 
album, acerbum, nudum, cinerascens, panœolum, grammo- 
podium, melaleucum, sordidum. 

Clitocybe nebularis, gymnopodia Bull, odora, cerussata, phyl- 
lopliila, infundibuliformis, brumalis. laccata. 

Collybia radicata, platyphylla, fusipes, maculata, butyracea, 
velutipes, tuberosa, dryopbila, rancida. 

il/?/ce/?(2pelianthina, pura, flavo-alba, galericulata. polygramma, 
filopes, galopus, epipterigia. 

Omphalia umbellifera. 

Pleurotus olearius. 

Entoloma nidorosum. 

Clitopilus orcella. 

Claudopus variabilis. 

Pholiota caperata, destruens, aurivella, squarrosa, spectabilis. 
adiposa, mutabilis et var. Miilleri, marginata. 

Inocybe lanuginosa, maculata Boud.. fastigiata, asterospora 
Quel., geophila et var. lilacina. 

Hebeloma glutinosum, testaceum. versipelle, crustuliniforme. 
elatum, longicaudum, sacchariolens Quel. 

Flammula gummosa, carbonaria, alnicola. 

Tubaria furfuracea. 

Psalliota arvensis, var. silvicola, cretacea == Ps. xanthoderma 
de Genevier, campestris, comtula. 

Stropharia œruginosa, coronilla, squamosa, semi-globata. 

Hypholoma sublateritium, fasciculare, dispersum. 

Psilocybe spadicea. 

Coprinus comatus, picaceus. 

Bolbitius hydrophilus . 



EXPOSITION MYCOLOGIQUE. V 

Cortùiarius triumphans, largus, infractus, miiltiformis, glau- 
copus, purpurascens, fiilmineus, cumatilis, arvinaceus, 
collinitus, mucosus, elatior, vibratilis, albo-violaceus, 
sublanatus, penicillatus, anomalus, miltinus,cinnamomeus, 
impennis, armillatus, hinnuleus, duracinus, castaneus, 
obtusus. 

Goniphidins viscidus. 

Paxillus lepista, involutus, atrotomentosus. 

Hygrophorus cossus, penarius, arbustivus, nemoreus, conicus. 

Lactarius torminosiis, turpis, controversus, zonarius, blennius, 
velulinus Bert., deliciosus, pallidus, quietus, theiogalus, 
rufus, serifluus, subdulcis. 

Russula ,m^T'\Cdi\\f^, adusta, delica, maculata Quel., lepida, 
xerampelina, cyanoxanlha, heleropbylla. fellea, Quelelii, 
frag'ilis, intégra, alutacea, var.atro purpurea, lutea, chamœ- 
leontina, 

Cantharellus cibarius, aiiranliacus, carbonaiius, tubteformis. 

Marasmius urens, oreades. 

Panus stipticus. 

Lenzites flaccida. 

Boletus luteus, granulalus et var. à pores décurrents, bovinus, 
badius, sanguineus = gentilis Quel., variegatus, clirysen- 
teron, subtomentosus, edulis et var. pinicola, reticulatus 
Schœiï., erythropas, duriusculus, versipellis, aurantiacus 
Bull. 

Fistalina hepatica. 

Polyporns pes capriie, perennis, lucidus, grganteus, sulphureus, 
adiistus, cuticularis, betulinus. applanatus, fomentarius, 
Evonymi, fraxineus = incanus Quel., versicolor. 

Trametes Fini, rubescens. 

Diiidalea quercina. 

Meruliits tremellosus. 

Hydniim imbricatum, repandum, velutinum. 

Irpex paradoxus. 

C rate relias cornucopioides. 

Stère uni birsutum, purpureum. 

Spa rassis crispa , 

Clavaria cristata, rugosa, l'ormosa. stricta. 



VI L. ItOLLAXD. 

Phnllua impudicus. 

Geasler hygrometricus. 

Lycoperdon pratense, excipuliforme, gemmatum. 

Scleroderma verrucosum. 

Hehella crispa. 

Peziza badia, granulosa, aurantia. 

Ascobolus furfiiraceus. 

Bulgaria inquinans. 

Helotiiun citrinum, 

Xylaria hypoxylon. 

En outre de ces champignons en nature, plusieurs de nos 
collègues avaient exposé un grand nombre d'aquarelles qui 
ornaient le pourtour de la salle, et complétaient heureusement 
le but de généralisation que se propose la Société mycologique 
de France dans ses sessions annuelles. 

M. Peltereau, trésorier de la Société, nous présentait 
49 planches de Bolets faites de main de maître, où la précision 
des caractères se joignait à l'élégance du dessin, et à la beauté 
du coloris. 

Cette collection déjà si remarc|uable dans ce genre, qu'il se 
propose de continuer, formera un travail des plus précieux pour 
l'étude des espèces. 

Je cite au hasard de l'impression quelques-unes de ces 
planches remarquables : 

Boletus Leguéi Boud., satanas, felleus, duriusculus. calopus, 
purpureus, fragrans, chrysenteron, strobilaceus, torosus, can- 
dicans, elegans. 

M. IIarlay, secrétaire des séances; dont nous avons eu déjà 
l'occasion d'admirer le talent dans diverses expositions et 
Mademoiselle Haulay, sa sœur, nous donnaient 85 magnifîc[ues 
et exactes aquarelles de divers genres, parmi lesquelles on 
remarquait : 

Amanita verna, phalloides, Annillaria cœpestipes, Tricho- 
loma russula, Tl/^/cena polygramma, Psalliota augusta, Copri- 
nus comatus, Cortinarius torvus, Hygrophorus pudorinus, 
Nyctalis asterophora, Boletus tessellatus, porphyroporus, 
Poly parus Montagnei, Clas'aria pistillaris. 



EXPOSITION MYCOLOGIQUE. VII 

M. Gaillard, bien connu par ses travaux mycologiques, expo- 
sait 40 planches tout à fait supérieures par le fini des détails et 
l'exactitude des couleurs. On pouvait admirer parmi ces des- 
sins les espèces suivantes : 

Lepiota procera, Tricholoma rutilans, nudum avec le cha- 
peau couvert de prolifications, comme cela se rencontre assez 
fréquemment dans cette espèce. Clitocybe gymnopodia de Bal- 
liard, Vohar'ia gloiocephala, Inocybe tricholoma, Cortinarius 
elatior, Ascobolus furfuraceus. 

M. Labelle venait ensuite avec 67 planches excellentes sous 
tous les rapports dont on peut citer, par exemple : 

Collybia conigena, Cortinarius violaceus, Hypholoma sub- 
lateritium, Stropharia œruginosa, Coprinus atramentarius, 
Russula virescens, Cantharellus aurantiacus, Gomphidius 
viscidus, Craterellus cornucopioides, Meriilins tremellosus, 
Boletus cyanescens, Xylaria polymorpha. 

Pour finir, nous devons mentionner aussi un album apporté 
par M. Dupain et qui était exposé à une fenêtre près de magni- 
fiques exemplaires du Polyporus giganteus. 

Cet album renfermait des aquarelles peintes avec une excel- 
lente facture par Mesdemoiselles A. Audouin et R. Paul, repré- 
sentant des spécimens du département des Deux-Sèvres. 

Nous y avons noté : Boletus edulis, floccopus, Amanita mus- 
caria, Tricholoma russula. sordidum. rutilans. Hygrophorus 
conicus. 

Nous sommes convaincus que sous la direction de notre zélé 
collègue, M. Dupain, ces artistes arriveraient rapidement à 
faire d'excellentes planches d'histoire naturelle en observant 
attentivement tous les caractères qui spécialisent les cham- 
pignons. 



RAPPORT 

Sur les excursions faites par la Société mycologique de 
Finance aux environs du Mans, les 22, 23 et 24 octo- 
bre 1899, 

Par M. PELTEREAU. 



' Dans la séance du 5 octobre 1899, la Société mycologique 
avait décidé de tenir la session ordinaire au Mans. Le- but était 
surtout d'explorer les sapinières qui s'étendent de tous côtés 
autour de cette ville. Malheureusement la sécheresse extraor- 
dinaire de l'été et de l'automne faisait craindre que cette région, 
à terrains sablonneux et perméables, fût peu privilégiée cette 
année sous le rapport des Champignons. Aussi la réunion avait- 
elle été reculée le plus possible et les excursions ne devaient être 
définitivement arrêtées qu"au dernier moment par le comité 
d'organisation. Quelques excursions préliminaires aux environs 
de la ville firent bien vite reconnaître que la végétation crypto- 
gamique faisait à peu près défaut dans les sapinières. 11 fallait 
donc se rejeter sur les grandes forêts, toutes assez éloignées et 
dont le terrain est bien différent. Si leur exploration, favorisée 
par un temps magnifique, n'a pas donné, à cause de la séche- 
resse, les résultats qu'on pouvait espérer, elle a pourtant pré- 
senté de l'intérêt. 11 nous suffira de citer parmi les espèces les 
plus intéressantes récoltées pendant les excursions; Tricholoma 
colossum, une des raretés de la région, assez répandu dans les 
sapinières et aux mêmes endroits, Russula alutacea par. 
atropurpurea, belle espèce comestible peu connue, très tardive 
et peut-être distincte du type ; dans la forêt de Perseigne : 
Avmillaria bulbigera. Lactarius spinolosus. Q. et un seul 
échantillon d'une curieuse variété du Boletns edulis à chapeau 
d'un beau jaune serin ; M. Peltercau avait déjà récolté, l'année 



EXCURSIONS AUX ENVlliOXS J)U MAXS. JX 

préctklente, aux environs de Vendôme, un échantillon identique 
comme couleur et également isolé. 

Dans la forêt de Jupille : Polyporus pes caprœ, espèce très 
rare dans la région et llebeloma giutinosum, réuni avec raison 
par Quélet au Fiammula lenta. Nous avons récolté en abon- 
dance cet intéressant Champignon auprès de la fontaine de la 
Coudre et son examen sur place explique pourquoi les auteurs 
l'ont classé dans deux genres, l'insertion des feuillets variant 
d'un sujet à l'autre et suivant l'âge. Dans son état de fraîcheur, 
c'est un joli champignon, tout couvert de squames blanches 
et fugaces, qui par sa couleur et sa station sur le bois mort 
donne l'impression d'un Fiammula ; dans un âge avancé et 
surtout lorsque les squames ont été lavées par la pluie, il 
prend l'aspect d'un Hebeloma. 



I. — FORET DE PERSEIGNE. 

Cette belle forêt domaniale située entre Mamers et Alençon, 
longue de 15 kil. sur 5, est très accidentée et son point culmi- 
nant, d'après les cartes de Tétat-major, serait à 340 m. La ligne 
de Mamers qui se détache à La Hutte de celle du Mans à 
Alençon, s'en rapproche le plus à la station de Villaines-la- 
Carelle où nous débarquons le dimanche 22 octobre à midi, 
après 3 heures de chemin de fer. M. l'abbé Réchin, de Mamers, 
un obligeant botaniste et savant bryologue qui s'intéresse aussi 
à l'étude des champignons, a bien voulu se charger de l'orga- 
nisation matérielle et nous guidera dans la forêt dont il connaît 
tous les détours. Mais nous avons annoncé la venue de 15 
excursionnistes et nous ne sommes 26 ! 11 faut allonger les sauces 
et diminuer les portions au déjeuner ; le service en souffre aussi, 
de sorte que nous ne sommes en forêt qu'à 2 heures ; la nuit 
nous y surprend et nous sommes bien heureux d'avoir un si bon 
guide pour nous diriger sûrement, malgré l'obscurité. Nous 
dînons à Villaines et nous sommes de retour au Mans à 
11 heures du soir. 

Nous n'avons pu juger qu'imparfaitement, à cause de la sèche 



X M. PELTEREAU. 

resse, des richesses mycologiques que doit renfermer cette 
forêt ; nous y récoltons pourtant : 

Amanita muscaria, mappa, rubescens. 
Armillaria bulbigera, mellea, miicida. 
Boletus luteus, edulis, rugosus, auiantiacus, chrysentheron, badins, erytbro- 

pus, variegatus, sanguineus. 
Caniharellus aurantiacus, carbonarius. 
Claudopus variabilis. 
Clitocybe nebularis, laccata. 
Clito^jilus orcella. 

Collyhia radicata^ butyracea, maculata. 
Coprinus atramentarius, micaceus. 
Corlinarius triumphaiis, largus, fulrnineus, glaucopus, claricolor, elatior, 

mucosus, scutulatus, armillatus, anomalus. 
Crepidotus mollis. 
Flammula carbonaria. 
Galera hypnorum. 
Hebeloma glutinosum. 
Hydnum repandum. 
Hypholoma fasciculare. 
Ityex paradoxus. 
Lactarius subdulcis^iconlroversus, tonninosus, turpis, pyrogaius, velutinus^ 

tlieiogalus, pallidus, spinulosus. 
Lenzites flaccida. 

Lepiota procera, cl^peolaria, amiaiitbina. 
Lycoperdon geinmatum, piriforme. 
Marasmius urens. 
Mycena pura. 
Naucoria escharoides . 
Panus stipticus. 

Paxillus involutusTet var. leptopus. 
Peziza œruginosa, hemisphisrica. 
Pholiota caperata, mutabilis^, radicosa. 
Polyporus adustus^ versicolor, betulinus, abietinus. 
Poria ferruginea. 
Psalliota silvicola. 

Russula nigricans, ochroleuca, heteropbylla, fragilis, lulea. 
Scleroderma vulgare. 
Stropharia seruginosa^ squamosa. 
Trametes rubescens. 

Tnc/ioïoma flavo-brunneum, album, poitentosum, aceibum, luidiun. 
Xylarij, hypoxylon . 



EXCUliSlOXS AUX ENVIRONS DU MANS. 



II. VALLEE DE L'HUISNE. 

Le 23 octobre, nous explorons dans l'après-midi, sous la 
conduite de M. l'abbé Leveillé, la vallée de l'Huisne. Auprès 
de la station d'Ivré-l'Evêque, nous entrons dans le parc des 
Arches dont les propriétaires nous ont ouvert gracieusement 
les portes. C'est là que nous faisons nos meilleures récoltes. 
Puis nous suivons la rivière, explorant de petits bois et des 
prairies marécageuses, tandis que plusieurs de nos compagnons 
remontent sur la hauteur pour récolter dans les bois de pins le 
Tricholoma colossum. A 6 heures, nous nous retrouvons tous 
au Mans et nous remercions notre excellent guide qui a bien 
voulu faire toutes les démarches pour pénétrer dans les parcs. 

Espèces récoltées : 

Amanita mappa, phalloïdes^ pantherina, vaginata. 

Armilïaria mellea. 

Boletus duriusculus, chryseiitheron, ])ovinus. 

Bolbitius hydrophilus. 

Cantharelhis aurautiacus. 

CZ?<ocy&e infundibuliformis, fragraiis. 

Colhjbia fusipes, platiphylla, tuberosa. 

Coprinus rriicaceus, lagopus. 

Cortinarius urbicus, collinitus, infractus. 

Urepidotus mollis. 

JJsedalea quercina. 

Entoloma nidorosum. 

FistuUna hepatica , 

Flammula tricholoma. 

Galera hypnorum. 

Geaster hygrometricus. 

Hebeloma crustuliniforme, versipellis. 

Hypholoma fasciculare, sublateritium, lacrymabundum. 

Inocyhe lucifuga^ eutheles, geophila. 

Lactarius controversus^ victus. 

Lepiota procera, nauciua. 

Lycoperdnn geramatmn, pratense^ excipuliforme. 

Marasmius oreades. 

Mycena polygramma, pura^ pelianthina. 

Omphalia fibula. 

Panns stipticus. 



XII M. PELTEHEAU. 

Paxilliis involutus, atiotomeiitosus. 

l'hallus iinpudicus. 

Pholiota inarginata. 

Polyporns \\ic\âns, applanatus, incaiius. adustu.s, versicolor. 

Psalliola arvensis, xanthoderma. 

Puccinia magnusiana. 

Russula nigricans^ violacea, delica, ochroleuca, (}ueletii. 

Rhytisma acerinum. 

Scleroderma vulgare, verrucosum, 

Stereum rugosum. 

Stropharia œruginosa, coronilla. 

Tricholoma melaleucurn, nudiim, pessandatuin, terreuin, grarnmopodiam, 

équestre, colossum. 
Tubariamuscorum. 
Xijlaria hypoxyloii. 



III. EXCURSION DU 24 OCTOBRE 1899 

DAXS LA FOlîÈT DE BERCE. 

Celle forêt domaniale, plus connue dans la région sous la 
dénomination de forêt de Jupille, à cause du village de ce nom, 
n'est pas 1res large, mais forme un croissant de 20 kilomètres 
s'étendant de Château du Loir à la commune de Chaliaignes. 
Elle renferme de magnifiques futaies de hêtres et de chênes 
aménagées à 220 ans, avec quelques massifs d'arbres verts. 

Avertis par l'exemple, nous éviterons cette fois les lenteurs 
d'un repas d'auberge et comme les heures du chemin de fer 
ne s'adaptent guère à nos projets, nous prenons une voiture 
qui 110 js mènera au centre de la forêt, avec toutes nos provi- 
sions. La route, tracée presque en ligne droite au milieu des 
sapinières est un peu longue et monotone. Après un arrêt de 
quelques minutes à Ecomoy. où le marché donne de l'animation, 
nous entrons enfin en forêt près du village de Laillé et nous 
nous arrêtons, vers 11 heures. à la Fontaine de la Coudre. C'est 
un endroit cliarmant, rendez-vous ordinaire de toutes les par- 
ties en forêt. Au milieu des grands arbres, l'administration des 
forêts a capté une claire fontaine : nous déjeunons à côté, favo- 
risés par un temps délicieux : nous avons bien choisi notre 



EXCURSIONS AUX EXVIHOXS DU MANS. XIII 

endroit à tous les points de vue ; car, dans les environs de la 
source qui sont assez Jiumides, nous récoltons beaucoup plus 
de champignons que dans les autres parties des bois explo- 
rées le soir. Aussi nous nous attardons dans cette région pri- 
vilégiée et nous y faisons d'intéressantes récoltes. A l'approche 
de la nuit, nous regagnons, en marchant sous les futaies, la 
voiture qui nous attend à la sortie de la forêt et nous pouvons 
être de retour au Mans à 8 heures. 

Espèces récoltées dans cette excursion : 

Amanita \irosa, mappa, rubescens, vaginata, pantherina, muscaria. 

Armillaria niucida (sur chêne). 

Ascoholus furfuraceus. 

Boletus chrysentheron, erythropns, variegatus, badins, lutens, sangiiineus, 
subtomentûsus, bovinus. 

Bulgaria inquinans. 

Cantharellus aiirantiacus. 

Clavaria condensata. 

Clitocyhe nebularis, viridis. 

Collijhia, radicata, butyracea, plalyphylla^ maculata. 

Coprinus picaceus. 

Gortinarius largus, vibratilis, elatior, cinnamomeus, obscurus, coUinitus, 
cristallinus, glaucopus, purpurascens, hinnuleus,impennis, albo-violaceus, 
multiformis, subferruginens, miltinus, duracinus, anomalus. 

Craterellus cornucopioïdes. 

Dsedalea quercina. 

Entoloma rhodopolium. 

Flammula inopus? 

Gomphidius viscidus. 

Hebelotna glutinosum {Flammula lenta), testaceum, sacchariolens. 

Hydnum repandum, rufescens, vehitinum. 

Ihjfjrophorus cossus, arbustivus, nemoreus. 

Hijpholoma fasciculare, sublateritium. 

Tnocybe geophila, petiginosa, scabella. 

Lachnea hemisphrerica. 

Lactarius quietus, pallidus, serilluus, deliciosus. 

Lepiota clypeolaria, procera. 

Marasmius urens, Hudsoni. 

Merulius tremellosus, mycena. 

Mijcena epipterygia, sanguinolenta, galopus, polygramma. 

Kolanea mammosa. 

Omphalia fibula. 

Panus stipticus. 

Peziza aurantiaca, succosa, badia. 

PhoUola caperata, Mulleri, adiposa. 



XIV M. PELTEREAU. 

Pilobolus cristallinus. 
Pleurotus corticatus. 
Polijporus radiatus. amorphus, igniarius. fornentarius, pes caprœ, cuticu- 

laris. 
Psallicia rubella. 
Russula Raoulti, nigricans. fragilis, intégra, cyanoxantha, fallax, adiista, 

xerampelina, pectinata. 
Scleroderma verrucosum, 
StropJiaria seruginosa. 
Stereum hirsutum. 
Trametes pini. 
Tricholoma ustale, acerbum. sejuncturn, porlentosiim. siilfureurn, albo- 

bruniieum. 
Xylaria hypoxylon. 



Liste des Champignons recueillis au Camps d'Auvours par 
^NBI. Patouillard. "N'idelier et Gaillard. 

Amanita nuiscaria. mappa. rubescens, pballoides. 

Boleius ho\hn\s^ scaber, badius, versipellis, liiteus, edulis. granulatus. 

Calvatia cyathiformis. 

Cantharellus auranliacus. 

Clitocybe dealbata. 

CoUybia tuberosa, butyracea. 

Coprinus comatus, plicatilis. 

Curtinarius arvinaceus. 

Gornphidius viscidus. 

Hebeloma ïaesophddnm. crustuliniforme. longicaudum. 

Hypholoma fasciculare. 

Laccaria laccata. 

Lactarius rufus, subdulcis, turpis. deliciosus. 

Lenzites \a.Tiegata. 

Lepiota procera. 

Lijcoperdon pratense, gemmatum. molle, excipuliforme. 

Marasmius oreades. 

Mycena pura. 

Nolanea pascua. 

Omphalia fibula. 

Paxillus involutus, atrotomentosiis. 

Pholiota segerita, radicosa. 

Polyporus versicolor, adustus. 

Psilocybe bullacea. 

Bhizina undulata. 



CHAMPIGNONS RECUEILLIS AU CAMP D AUVOURS. 

Russula intégra, heterophylla. 

Scleroderma geaster, vulgare. 

Stereum purpureum. 

Stropharia semiglohata, coronilla. 

Tricholoma melaleucum, flavo-biuneum, terreum. 

Tubaria furfuracea. 



Liste des Champignons envoyés par M. Labesse, d'Angers, 
et provenant des bois du château de Mollière. Ils ont été 
récoltés grâce à l'obligeance de M. de Lacretelle, qui a bien 
voulu mettre son magnifique parc à la disposition des membres 
de la Société mycologique résidant à Angers. 

Amanita rubescens, muscai'ia, mappa, pantherina, vaginata. 
Armillaria niellea. 

Boletus hovinus, subtomentosus, edulis, luteus, reticulatus, granulatus. 
Clitojjilus orcella, popinalis. 
Collybia butyracea. 
Cortinarius elatior. 
FisLulina hepatica. 
Gomphidius viscidus. 
Tnocybe maculata, geophila var. lilacina. 
Laccaria laccata. 

Lactarius serifluus, theiogalos, zonarius, quietus. 
Pleurotus dryinus. 
Psalliota arvensis, xanthoderma. 
Pholiota spectabilis. 
Russula delica^ nigricans, intégra. 

Tricholoma albo-brunneum, ratilanS;,saponaceimfi, squarrulosum,sejunctum, 
colnmbetta. 



Etat des recettes et dépenses effectuées par M. Peltereau, 
trésorier, pendant l'exercice 1899. 



Recettes 



i" Reste en caisse d'après les comptes insérés dans le Bul- 
letin (S-^ fascicule de 1899) : 

Aux mains du trésorier 3 . 636 85 

— — du secrétaire 562 85 

2° Recettes sur cotisations antérieures 30 » 

3° Recettes sur colisations de 1899 : 

244 à 10 Ir 2.440 

5 à 5 fr 25 

4" Une cotisation de membre à vie (M. Vermorel). 

5° Abonnement du Ministère de l'agriculture 

6" Abonnements des libraires et ventes de Bulle- 
tins 



2.465 



7° Arrérages des rentes de la Société 



150 


» 


80 


» 


929 


50 


150 


50 



Total en recettes 8 , 004 70 



Dépenses 

i° Bulletin de 1899 (Tome XV i, impressio)i et en- 
voi, cii^culaires, planches 2 .470 

2" Loyer 

3° Service, chauffage et impôts 

4° Session extraordinaire 

5° Recouvrements par la poste 

0° Menues dépenses du secrétariat 

7° Menues dépenses du trésorier et envois de 
fonds 

8" Provision laissée au secrétaire 

9° Achat à titre d'emploi provisoire de 38 fr. de 
rente 3 "/o 

Total des dépenses 





300 


40 




63 


20 




22 


» 




74 


70 




162 


30 




27 


95 




379 


20 


1 


.289 


95 


4 


.789 


70 



M. PELTEIiEAU 



Balance 



Recettes 8 . 004 70 

Dépenses 4.789 70 

Il reste aux mains du trésorier 3 . 215 « 

L'actif de la Société se compose en outre de : 

1" Provision laissée au secrétaire 379 20 

2° Cotisations restant à recouvrer 00 » 

3° 160 fr. de rente 3 °/o sur l'Etat, dont 77 t'r., emploi 
de cotisations à vie et 83 fr., placements provi- 
soires, ayant coûté 5.024 75 

Total de l'actif 8.678 95 

A la lin de l'exercice 1898 l'actif était de 8.014 50 

Augmentation 664 45 



Séance du l^'^ Février d900. 



La séance est ouverte à 2 heures, sous la présidence de 

M. BOUDIER. 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté. 

La correspondance imprimée comprend : 

Verhandl. der KK. zool. bot. Ges. Wien, XLIX (1899), 
N°^9-10. 

Richerche sopra la struttura délia Melanconiee, D'" L. Monte- 
martini. 

Revista Chilena de Ilistoria naturallll, (1899), N° 9. 

New-York AgricuU. exper. Station (1899) (N°^ 159-161). 

Die Pflanzenwelt, H. Schinz. 

Bull. soc. botanique des Deux-Sèvres (1898). 

Bull. herb. Boissier, Vil (1899), N° 12. 

La correspondance écrite comprend, outre des demandes de 
renseignements, des changements d'adresse et quelques démis- 
sions, quelques lettres : 

— Une, du ministère de l'Instruction publique, annonçant 
que le Congrès des Sociétés savantes aura lieu du 5 au 9 juin . 

— Du ministère de l'Agriculture, réduisant à 3 le nombre des 
abonnements. Des démarches de MjNL PiuLLiEuxet De Seyxes, 
et Perrot, pour rétablir l'ancien nombre d'abonnements, ont 
été sans effet. 

— De l'administration de l'Exposition universelle. Direction 
de l'Enseignement supérieur, demandant l'envoi des Bulletins 
parus depuis 1889. 

— De M. René Maire, de Nancy, qui envoie un manuscrit, où 
sont décrites plusieurs urédinées. 

— De M. HuYOT, de Lagny, qui adresse à la Société une note 
sur les TricholoDia nuduw (A pcrHonatinn . 



XX SOCIETE MYCOLOGIQUE. 

— De M. l'abbé Grelet, qui, récemment nommé membre de 
la Société, adresse un opuscule, sur les Cèpes comestibles. 

— De M. PiEURHUGUEs, qui confie à la Société les photogra- 
phies des frères Tulasne, destinées à paraître dans le bulletin. 

On procède ensuite à l'élection de M. le D"" Aubekt, 50, rue 
de Moscou, Paris. 

M. Barbier Maurice, préparateur de géologie à la faculté des 
Sciences, rue Monge, Dijon, est présenté par MM. Boudier et 
Sauvageot. 

M. Patouillard nous fait part de la perte que subit la Société, 
dans la personne de M. Videlier, pharmacien à Lons-le- 
Saunier, membre titulaire depuis plusieurs années, décédé au 
début de 1900. 

M. Perrot donne ensuite lecture d'une lettre de M"'^Belèze, 
et d'une communication faite par elle sur un cas d'empoisonne- 
ment par le Cantliavellus aurantiacus. Comme le fait remar- 
quer M. Boudier, c'est la première fois que l'on a des rensei- 
gnements précis sur ce sujet. 

M. Perrot donne ensuite lecture de la note de M. Huyot sur 
les Tricholoma nudum ei peisonatuni et des communications 
de M. Vuillemin sur le Mici-osporum Audouùii^ et de M. René 
Maire sur diverses urédinées. 

La parole est ensuite donnée à M. Roze pour une communi- 
cation nouvelle sur VUredo Chrysanthemi . 

M. Roze a trouvé, dans des taches de cet Uredo. outre des 
urédospores uniloculaires, des formes d'urédospores bilocu- 
laires. Il a trouvé de plus, en petit nombre, des téleutospores 
dont la forme correspondait à celle des urédospores, c'est-à dire 
uniloculaires ou biloculaires, semblant par suite être produites 
par un renforcement des parois des urédospores. Ce dimor- 
phisme différencie l'espèce en question du Puccinia Hieracii. 
M. Roze pense avoir affaire à une nouvelle espèce, d'origine ja- 
ponaise. 

Après quelques remarques de M. Guéguen, la parole est 
donnée à M. Michel. M. Michel a récolté, en 1893, une branche 
sur laquelle était poussée une /'ec/.ra cocane«. La branche a 
été plantée en terre, et, depuis, chaque année, la pezize a 



SÉANCE nu 1®'' FÉVRIER 1900. XXI 

poussé au même endroit. Il y a là pour MM. Michel et Roze m 
argument en faveur de la pérennité du mycélium. 

Après un échange de vues entre MM. Boudier, Roze et ^1a- 
LiNVAUD. la séance est levée. 



Liste des espèces envoyées. 



M. Métier, d'Arbois : 

Sarcoscypha juratensis Roud . 
Exidia çilandulosa. 
Panus violaceofuscus. 
Calathinus mitis. 
Guepinia lutescens. 
Irpex candidiis. 

M. Fautrey. à Corrombles 

Aposphœria lahens Sacc. 
Coniothecium caulicolum Karst. 
Lophiostoma simillimum Karst. 
Phoma cooperta. 

M. Ph. de Vilmorin : 
Trametes pini sur Pimts Laricio. 



Merulins 

Stereum tabacinum . 
Feinsjonia luteoalba. 
Corticium Mougeoti. 
Leucongium ophtalmosporiu.m. 
Trogia crispa. 



Chsetostroma atrum. 
Carnarospovium pini. 
Irpex obliquus. 
M'jcena dessilieus. 



Séance du 1^^ Mars 1900. 



La séance est ouverte à 2 heures sous la présidence de 

M. BOUDIER. 

Après lecture du procès-verbal de la dernière séance, on 
dépouille la correspondance. 

La correspondance écrite comprend : quelques lettres ou de- 
mandes de renseignements, et une communication de M. Da- 
GuiLLON, destinée à paraître au Bulletin. jNIM. Gérard, de Tou- 
louse, et MiLLON donnent leur démission de membres de la 
Société. 

La correspondance imprimée comprend diverses publications 
périodiques : 

Verhandl. der K. K. zool. bot. Ces. Wien. L (1900), 1 Liv. 

Missouri Botan. Garden (1900). 

Ascomycetes Fuegiani, Relim (1899). 

Revista Chilena deHist. nat., III (1899), 10-11. 

Bull. Soc. hist. nat. Ardemies, V (1898). 

Revue mycologique Roumeguère. N° 85 (Janv. 1900). 

FuAGi ALiQuoT Novi, par H. et P. Sydow. 

E. DE WiLDEMAîv. — Une nouvelle Cliytridinée, Micromyces 
Mesocarpi. 

K. MiiLLER. — Revision der Ilepaticse. 

A. Vaimo. — Reactio liclienum. 

Th. Herzog. — Einige biologische Notizen. 

.loRDELL. — Répertoire hihlio graphique des principales 
reflues françaises . 

Une lettre accompagne cette publication. M. Jordell de- 
mande à la Société communication des Bulletins de 1899 et 1900 
pour les faire figurer dans son volume de 1900. 

Il est décidé qu'on fera l'échange des publications avec M. 

.lORDELL. 



SÉANCE DU 1"'' MARS 1900. XXIII 

M. le Secrétaire général donne ensuite lecture de la commu- 
nication de M. Daguillon sur une monstruosité du Tvicholoma 
nudum. Cette monstruosité consiste en un double chapeau dû 
à une soudure de deux individus jeunes. Dans la suite, l'un des 
individus s'est développé plus que l'autre, entraînant avec lui le 
chapeau de son voisin. 

Aucune communication n'étant inscrite à l'ordre du jour, on 
passe à l'étude des champignons envoyés à la séance. 

M. BouDiER présente de la part de M. Rolland : 
Physomitra (Gyromitra) esculenta. 

De la part de M. Grosjean, instituteur à Thurey (Doubs) : 

Trametes ïrogii. 
Dedalœa quercina. 
Corticium quercinum. 
Auricularia mesenterica. 
Pohjporiis salicis. 
Stereum lilacinura. 
Hydnum pusillum. 

Et quelques espèces récoltées par lui-même dans les bois 
d'Ecouen : 

Sarcoscijpha ooccinea. 
Corticium polygonum. 
Corticium calceum. 
Corticium violaceo-Iividuin. 
Corticium cinereum. 
Eiitypella stellulata. 
Lycogala epidendrum. 



Séance du 5 Avril 1900. 



La séance est ouverte à 2 heures, sous la présidence de 
M. DE Sevxes, président. 

Le procès-verbal de la séance précédente est lu et adopté 
sans observations. 

La correspondance imprimée comprend : 

Verhandlungen d. K. K. Bot. Gesellsch^ XLIX, 1899. 
9« Heft. 

Bull, delà Soc. d'Hist. Nat. de Rouen, 1899. 

Bull, de la Soc. d'Hist. Nat. de Mâcon, N"' 15 et 16 (sep- 
tembre et mars 1900). 

Bull, de la Soc. des Se. Nat. de l'Ouest, T. IX. 4^ tri- 
mestre 1899. 

Bull, de la Soc. Bot. des Deux-Sèçres, N° 10. 1899. 

Bull, de la Soc Roy. de Bot. de Belgique, t. XXXVllI. 
2^ fascic. 1899. 

Bull. deVHerh. Boissier. dernier fasc. de 1899, et trois tirés 
à part du même. 

RU'ista Chilena de Hist. Nat., ?>" année, N° 12, 1899. 

Sont présentés comme membres de la Société : 

Isl. le Prof. Obesti Mattirolo, directeur du Jardin Bot. de 
Florence, présenté par MM. Saccardo et Boudier. 

M. le Prof. Zahlbruckxer. attaché au Muséum impérial de 
A ienne, présenté par MM. de Seynes et Perrot. 

M. Perrot annonce que M. Patoutllard a l'intention de 
traiter cette année, au Congrès international de Botanique, la 
question de la flore désertique au point de vue mycolog-ique. Il 
annonce également qu'à la suite des démarches de M. Pril- 
LiEux, le Ministre de l'Agriculture avait porté à dix le nombre 
des abonnements au Bulletin, au lieu de trois auxquels la sous- 
cription avait été réduite cette année. 



SKAA'CR DU 5 AVniL 1900. XXV 

M. Radais annonce qu'à l'Exposition universelle la Société 
disposera dans la classe 54, d'une assez grande vitrine en pu- 
pitre, fournie par l'Etat, et propre à recevoir des échantillons 
desséchés ou conservés dans divers liquides : à cette vitrine sera 
annexée une sorte de cadre dans lequel on pourra suspendre des 
dessins ou des échantillons d'herbier. 

MM. DE Seynes, Radais, Perrot échangent à ce sujet quel- 
ques observations. ' 

M, Boudier présente un échantillon du rare Tranietes [VlexA- 
gona) favus [Boletus favus Bull.) provenant du Doubs. On passe 
ensuite à l'examen des espèces envoyées. 

M. Boudier présente à la Société quelques échantillons de : 
1" Pholiota prœcox ; 
2° Morchella ititermedia, 
qui lui ont été envoyés du Golfe Juan par M. Rolland; 
Puis Dedalœa unicoloi\ 
et Trametes biennis, 
provenant de M. Lagarde, de Montpellier, et enfin un groupe 
àe Pseudo plectania nigvella^ qu'il a reçu de la Côte-d'Or, de 
notre collègue M. Fautrey. 

11 présente encore un échantillon malheureusement trop âgé 
de Trametes fai'us, ^\x\?> Aleuria vesiculosa^ ei Polyporus con- 
natus, provenant du département du Doubs, qui lui ont été 
envoyés par notre collègue M. Gkosjean. 

En plus, Phyllachora Ulmi et Puccinia Pruiii. envoyés par 
M'"^ Belèze, de Monfort-l'Amaury. 



Séance du 3 Mai 1900, 



Présidence de M. Boudier. 



La séance est ouverte à 10 heures. Le procès-verbal de la 
séance précédente est lu et adopté. 

La correspondance imprimée comprend : 
Verandl.d. k. k. zool. bot. Ges. Wien. L (1900), 2-3. 

Reçist. chilena de hist. nat., IV, 2. 

Bull. Soc. royale hot. Belgique (1900). 

BeitrâgK zur Kentniss der Afrikanischen Flora. Xll (1900). 

An. Soc. bot. Lyon, XXIV. 

I Funghi parasiti. Briosi et Cavara, XIII-XIV. 

La correspondance écrite comprend : 

Une communication de M. Vax Bambeke sur le Lentinus 
suffrutescens avec dessins. 

Une communication de INI''^ Belfize sur la criblure en grains 
de plomb des feuilles de diverses plantes, avec dessins. 

L'état des finances de la Société, dressé par notre trésorier 
M. Peltereau, à qui la Société adresse ses félicitations et remer- 
ciements. 

Le compte-rendu d'une séance du Conseil municipal de Paris, 
où il n'est pas donné suite à une demande de subvention adres- 
sée par la Société. 

Sont nommés membres titulaires ; 

MM. Oresti Maïtirolo, directeur du Jardin botanique de 
Florence. 
Zahlbruckner, attaché au Musée impérial de Vienne. 

Sont présentés : 

MM. Vax Bambeke, 7, rue Haute, Gand, 

par MM. Patouillard et Perrot. 
Topix, pharmacien à Beauvais, 

par MM. Patouillard et Perrot. 



SÉANCE DU 3 MAI 1900. XXVH 

M. Patouillard. en son nom et au nom de M. Boudier, pré- 
sente une communication sur deux Tubéracées trouvées par 
M. Gaillard, à Angers, dans une serre, sur la tanée ; l'une 
est assez rare : c'est le Cœnococum xenophyllum Fr., qui doit 
être séparé du genre Cœnococcum, et constituer un germe spé- 
cial ; l'autre, nouvelle, possède des spores analogues à celles 
des Terfezia. Ces deux espèces, particulièrement la dernière, 
sont de très petite taille. 

M. GuÉGTjEN, ayant conservé sous cloche humide des tiges 
de choux attaquées par le Cladosporium herbarum, a trouvé 
des formes conidiennes, qu'il attribue à un Périconia brassicse- 
cola. 11 a pu obtenir par ensemencement en masse (une tête 
conidiophore à la fois) des cultures sur liquide de Raulin géla- 
tinisé, en chambre humide. 

M. GuÉGUEN a trouvé sur du linge conservé dans un endroit 
humide, un Aspergillus à conidies gris-fuligineux, excipuli- 
formes, que M. Boudier a reconnu comme espèce nouvelle. 
L'auteur le nomme Aspergillus si/ticephalis^k cause de sa res- 
semblance avec les Sijncephalis. 

M. Boudier présente quelques remarques au sujet de la pre- 
mière espèce observée par M. Guéguen, et serait plutôt d'avis 
qu'il s'agirait là, non d'un Périconia, mais d'une Stilbée. 

M. Delacroix, au nom de M. Prillieux et en son nom, pré- 
sente plusieurs communications : 

i° Sur une forme conidienne du Guignardia Bidivellii, îorme 
conidienne appartenant au genre Cladosporium se produisant 
sur les sclérotes, ou sur les pycnides, au voisinage de leur 
ostiole. Ce sont des filaments brun-olivâtre produisant 1-2 
conidies ovoïdes avec cloison transversale. Des essais de germi- 
nation de ces conidies ont resté sans succès. 

2° Les auteurs ont trouvé dans des écliantillons de vigne du 
Caucase atteintes par une maladie analogue au Black-rot, et 
attribuée par Viala à la forme Plioma du Guignardia Bidwellii, 
des pycnides de la forme Phoma reniformis (Yiala et Ravaz), à 
stylospores réniformes dans les pycnides âgées, ovoïdes ou 
ellipsoïdes \Phonia flaccida Viala et Ravaz dans les pycnides 
jeunes. La localisation du parasite à la surface du grain, où il 
se forme un tissu subéreux de protection, différencie cette ma- 



XXVIII SOCIETE MYCOLOGIQUE. 

ladie, du vrai Black-rotoù renvahissement du grain est général. 
Les auteurs rattribuent à un Guignardia nouveau, G. renifor- 
mis. A côté du Phoma reniforinis. les auteurs ont trouvé une 
sorte de Coniothyrùim à spores brunes, des pycnides de Pyre- 
nochxte, du Pestalozzia ucicola. 

3° La maladie du Piétin du hlè. attribuée par MM. Prillieux 
et Delacroix à V Ophiobobis gvaminis. a été attribuée par 
M. Maxgin a.VL Leplosphteria herpotrichoides. Avec 11 échan- 
tillons divers, des essais de culture ont donné 7 fois VOphiobo- 
liis seul, jamais accompagné de Leptosphœria. 2 fois le Lep- 
tosphxria ; les autres essais sont restés stériles. M. Maxgin 
admet que le Leptosphœria attaque les membranes cellulaires, 
et déterminent la coudure du chaume.Pour les auteurs, l'O/^Azo- 
bolus ne détermine pas cette coudure. Le piétin vrai doit donc 
être différencié de la maladie produite par le Leptosphœria. 

4° M. Delacroix fait une réclamation de priorité contre 
M. Mangix, au sujet de la découverte des chlamydospores du 
Fusarium déterminant la maladie des œillets d'Antibes. 

M. JuLLiEx demande à M. Delacroix si la forme conidienne 
qu'il a observée dans le Guignardia Bidwellii ne serait pas 
simplement un Cladosporium implanté. 

M. Delacroix répond que la localisation au voisinage de 
l'ostiole pourrait suffire k prouver qu'il ne s'agit pas d'un pa- 
rasite, et que d'ailleurs il y a continuité entre la forme coni- 
dienne et les filaments de la pycnide. 

^I. Boudier fait observer qu'il pourrait bien s'agir d'une 
d'une forme Helminthosporium ou dun Scolecotrichum. dont 
l'aspect rappelle celui du Cladosporium ; celui-ci en diffère 
notamment par la présence de chainettes de spores en culture. 

M. Delacroix fait observer qu'il n'a pu obtenir de culture, 
mais que la ressemblance avec le Cladosporium est absolue. 

La séance est levée et on passe à l'examen des espèces, peu 

nombreuses d'ailleurs, par suite de la sécheresse: 

Morchella rotunda. 
Tricholoma grammopodium. 



Séance du 7 Juin 1900. 



Présidence de M. de Seynes, Président. 



La séance est ouverte à deux heures, sous la présidence de 
M. DE Seyxes, président. Le procès-verbal de la séance précé- 
dente est adopté. 

La correspondance imprimée comprend : 

New-Yorck Agricultural Station, Bull. n°^ 167-175. 1899. 

Mémoires de V Herbier Boissier, n°' 11-15, 1900. 

H. PiEHM. — Beitrage zur Pilzflora von Siidamerika Disco- 
mycètes). tiré à part « Hedwigia », XXXIX, 1900. p. 80-100 

Institut botanique de Besançon, N° 0, 1900. 

Res'iie mycologiqiie, N" 86, avril 1900. 

Verandl. d. k.k. zool. bot. Gesellschaft (Vienne), mai 1900. 

R. Fuies. — In Sijnopsin Ilymenomyceten regionis Gotho- 
burgensis additamentum , tiré à part ( Actis reg". scienc. Societ. 
Gothoburgensis, t. III, série N°4), 1900. 

Rhodora, t. IL N° 16, 1900. 

MM. Topix et Van Bambeke sont proclamés titulaires à 
Tunanimité. 
. Sont présentés : 

M. Napier, étudiant en médecine, 43. rue de Seine, à Paris, 
par MM. Frémont etPERROT. 

M. Bragard, commis principal des télégraphes, montée Saint- 
Laurent, 15, Lyon, et M. Pellat, commis des télégraphes, 
avenue de Saxe, 224, Lyon, par MM. Rambaldy et Goujon. 

M. E. BoDiN, professeur à l'Ecole de médecine de Rennes, 
par MM. Prillieux et Perrot. 

M. Reimbourg, pharmacien à Mondoubleau (Loir-et-Cher , 
par MM. Légué et Boudier. 



XXX SOCIETE MYCOLOGIQIE. 

M. Castex envoie sa démission de membre titulaire de la 
Société. 

M. Peu ROT fait part des dispositions prises pour l' Exposition 
particulière de la Société à la classe 54 ; puis il soumet à l'ap- 
probation de la Société, un projet de subvention à accorder à 
une commission spéciale pour l'organisation d'une réception 
avec banquet en l'honneur des savants étrangers présents au 
Congrès international de Botanique d'octobre. 

Après discussion, entre les membres présents, l'unanimité se 
rallie à la proposition de M.Perrot et décide qu'une somme de 
3 à 400 francs sera destinée à cet usage, sous réserve d'entente 
avec la Société botanique de France. 

Plusieurs des membres présents annoncent la brusque dis- 
parition d'un de nos confrères M. Cagneux, chef de bureau au 
Chemin de fer de l'Est ; M. Perrot rappelle combien l'assi- 
duité de M. GAGXEuxà nos réunions et à nos excursions avaient 
fait apprécier de tous son affabilité. Son ardent amour de la 
mycologie en avait fait en peu de temps un confrère très érudit, 
et sa mort laisse dans les rangs des mycologues un vide très 
appréciable. 

M. de Seynes rappelle à son tour la perte considérable que 
vient de faire encore notre Société en la personne de M. Roze, 
son ancien président, et il est décidé ([ue le discours prononcé 
par notre président actuel sera imprimé dans le prochain fasci- 
cule du Bulletin. 

M. Patouillard fait passer sous les yeux de ses confrères les 
dessins de M. Boudier qui accompagneront leur communication 
dans le troisième fascicule du Bulletin. 

La séance est levée à 3 heures. 



Séance du 6 Septembre 1900. 



Présidence de M. Rolland, Vice-Président 



La séance est ouverte à i heure 3/4. 

La correspondance imprimée comprend : 

Bull. Soc. des Sa. Nat. de V Ouest de la France, t. X, 1900. 

— Soc. Bot. des Deu.x^Sèvres, 11^ Bulletin, 1899. 

— histitut. Bot. de Besançon, n° 7, Août 1900. 

— de la Soc. Roij. de Bot. de Belgique, 2*^ et 3" fascicules, 
Juillet-x\oût 1900. 

Revue mycologique, N° 87, Juillet 1900. 

Annales du Commerce extérieur, publiées par le Ministère 
du Commerce, 1" l'ascicule, 1900. 

Mémoires de V Herbier Boissier, 2 plaquettes, 1900. 

Résista Chilena de Ilistoria Natural. N"^ 4 et G, 1900. 

Verhandl. d. K.K. Zool. Bot. Gesellschaft, L, 5, 6, 7, Juin- 
août 1900. 

« Ejitivicklungsgesch. untersuch, iiber Rosipilze », par le 
D'' Fischer (Tiré à part des Beitrdge Zii Kryptogjï. der ScJuveiz, 
Bd. I, Heft I, Berne 1898)^ 

La correspondance écrite comprend une lettre de M. Joseph 
Gleyrose ; la nouvelle adresse de notre collègue est : avenue 
Hoche. 

M. Barbier, préparateur de géologie à la Faculté des sciences 
de Dijon, présenté dans la séance précédente, est nommé, à 
Tunanimité, membre de la Société. 

M. Malinvaud demande si la Société est dans Tintention de 
publier un portrait de M. Roze dans le prochain Bulletin ; la 
Société botanique ayant traité avec une maison d'impression 
pour le même objet, M. Maliwaud estime que le portrait pour- 
rait être publié dans les deux Bulletins ; l'impression se ferait 
alors à frais communs. 



XXXII SOCIETE MYCOLOGIQL'E. 

Après quelques observations de MM. Boudieh, Dumée et 
RoLLAXD, on décide, vu le petit nombre des membres présents, 
de renvoyer l'étude de la question à la séance suivante. 

INI. Dumée présente un échantillon de Chrysoinyxa alhida^ 
récolté aux environs de Meaux. Cette Urédinée se développe sur 
les feuilles de Rubus. A la face inférieure du limbe, on voit de 
petites macules blanchâtres, avec téleutospores et urédospores. 
M. BouDiEK estime qu'il serait désirable de voir publier une 
bonne figure de cette espèce intéressante. 

M. BouDiEii présente une moditîcation àe Polyporus lucidas, 
intéressante à cause de la teinte noire de la surface du chapeau. 
M. BoLDiEK croit pouvoir attribuer cette coloration à l'action 
dun microorganisme : les bactéries, semble-t-il, joueraient un 
grand rôle dans la variabilité de coloration qu'on observe chez 
les Champignons. M. Boudier se réserve d'examiner attentive- 
ment, à ce point de vue, son échantillon de Polyporus lucidus. 

La séance est levée à 3 heures, et l'on passe à l'examen des 
espèces envoyées . 

LISTE DES ESPÈCES ENVOYEES. 

Champignons récoltés par M. Boudier à Montmorency : 

Clitocybe laccata var. carnea. (kmtliarelhis cibarius. 
CoUyhia dryophila. ' — carbonarius. 

Hebeloma crustuliniforrne. Boletus subtomentosus. 

— longicaudum. — versicolor. 
Flammula carbonaria. — rugosus Rostk. 

— ochrochlora. Polyjjorus perennis. 
Clitopilus orcella-. — adustus. 
Psalliota s\l\ico]a. — vaporarius. 
Lactarius azonites. Dedalœa biennis. 

— controversiis. — biennis var. terrestris. 

— subdulcis. Lycoperdon pratense. 

— subumbonatus. Œthalium septiciim. 
Russula cyanoxantha. Pyronema marianuui. 



Pluteus cerviniis. 



Lacrymaria lacrymabunda. 



Envoi de ÎNI. Ch. Mura, à Ronchamp (Haute-Saône) 

Arnanita vaginata var. fniva (2 magnifiques échantillons). 



SÉANCE DU 6 SEPTEMBRE 1900. XXXIII 

Envoi de M. Michaud : 

Polyporus varius, envahi par un mycélium de Myxomycèfe. 

Envoi de M. Dumée : 

Quelques beaux échantillons ù.' Amanita cesanea. récoltés 
dans les bois de Meaux : 

Boleius subtomentosus. Corlinarius armillatus. 

Hijdnuni rufescens. Pholiota radicosa. 

Triclioloma columbetta. Chnjsomyxa aXhlân. 



Séance d^Octobre. 



En raison du Congres de Botanique, doul les séances ont eu 
lieu du !"'■ au 10 Octobre, cette réunion n'a pas eu lieu. 



Séance de Novembre. 



Par suite dun accident, le procès-verbal de celle séance, 
après son approbation à la séance de Décembre, a été détruit. 

Les mémoires présentés sont imprimés dans ce fascicule, et 
les noms des 3 membres présentés à cette séance, se relrouvent 
avec leur admission dans la séance de Décembre. 

[Note du SecrcUiire i^èncral] . 



Séance du 6 Décembre 1900. 



Présidence de M. Boudier, Président lionoraire. 



Le procès-verbal de la séance de Novembre est lu et adopté 
après quelques rectifications. 

La correspondance imprimée comprend : 

Verhandl. cl. kk. zool. bot. Gesellschaft. in Wien. 1900. 
n°8. 

ReiHsia chilena de Hist. nalural. IV, n^ 9. 1900. 

New-York Agricolt. Experim. Station, Bulletin n" 176, 
Septembre 1900. 

Mémoires de VHerh. Boissier, Publication n° 21, nov. 1900. 

Le Secrétaire général donne lecture d'un certain nombre de 
lettres, parmi lesquelles une de M. Virox, donnant sa démision 
de membre titulaire, et une autre de M. Bp.agard, remerciant 
de son admission au sein de la Société, et annonçant la mort 
de notre regretté collègue M. Rambaldy, de Lyon. 

Sont nommés membres titulaires, à l'unanimité : 

MM. BuTiGxoT, Mauboussix. .Joffiîix, présentés dans la der- 
nière séance. 

Les présentations suivantes sont ensuite faites à la Sociélé : 
MM. Marix MolliarD; docteur es sciences, chef des travaux à 
la Faculté des sciences, 16, rue Vauquelin. par 
MM. Matruchot et Dassonville. 

— Noël Berxard, agrégé préparateur à l'Ecole normale su- 

périeure, 45, rue d'Ulm, par MM. Costantin et 
Matruchot . 
— ■ le Docteur-Professeur N. de Speschxeav, conseiller d'Etat, 
directeur de la station de Pathologie végétale, vice- 
président de la Société impériale d'Horticulture du 
Caucase, à Tiflis, paril/i/. Boudier ai Perrot. 

— Emery, pharmacien, rue Ernest Renan, à Issy-sur-Seine, 

par MM- Hérissey et Perrot. 



SÉAACE DU () DliCEMBiîE 190U. XXXV 

jNI. Dumée remet ensuite sur le bureau une note concernant 
le Chrysomyxa albida qui sera insérée au Bulletin. 

M. Perhot présente à la Société, au nom de M. Baixieu, un 
remarquable album de dessins concernant les Mucorinées et de- 
mande, toujours au nom de son auteur, si la Société mycolo- 
gique pourrait accepter l'impression de cet ouvrage. 

Le Secrétaire général fait ressortirtout l'intérêt qu'il y aurait 
à publier ce travail, dont la valeur est facile à apprécier, mais, 
au nom du Trésorier et au sien, il expose les raisons d'ordre 
purement financier qui s'opposent malheureusement à la réali- 
sation d'un semblable projet. 

M. le Président prend ensuite la parole pour appuyer le 
Secrétaire général dans ses appréciations sur l'œuvre de 
]M. Baixier. 

Il rappelle qu'au (Congrès international de Botanique, M. le 
professeur Magxus a présenté les planches de M. Baixier et a 
montré avec toute sa compétence combien il serait utile de 
mettre les mycologues du monde entier dans la possibilité de 
pouvoir consulter ces documents imiques et d'une haute valeur 
scientifique. 

11 regrette que la modeste cotisation de notre Société n'ait 
pas permis d''économiser, jusqu'alors, la somme relativement 
élevée nécessaire pour une semblable publication. 

MM. Matruchot, Molliard, de Speschnew, etc. s'associent 
aux paroles du Président et du Secrétaire général, et l'Assem- 
blée décide, à l'unanimité, qu'un extrait du procès-verbal sera 
envoyé avec l'expression de sa sympathie et de ses regrets à 
l'auteur des monographies dont il vient d'être question. 

M. Dassoxville prend alors la parole pour exposer à la 
Société, en son nom et celui de M. Matruchot. le résultat de 
leurs recherches sur les Champignons des teignes. Il passe en 
revue les variations des appareils de reproduction et de dissé- 
mination de ces espèces parasites de l'homme et des animaux, 
et conclut que, par la méthode des cultures, on retrouve chez le 
Ctenoniijces serratus toutes les formes que l'on a pu observer 
chez les Ac/wrion^ Microsporuiii ou Trichophyton. 

Les rapprochements avec cette espèce, dont les périthèces 
sont bien connus, joints à un ensemble de considérations scien- 



X\XVI SOCIETK MYCOLOCIQUR. 

tifiques, permettent aux auteurs de conclure que « tous les 
cliampio-nons des teignes doivent être classés dans la famille 
des Gymnoascés. dont le nombre d'espèces s'élève ainsi consi- 
dérablement )). 

M. Mathuchot expose ensuite les rechercbes entreprises par 
M. jMolliard et lui sur le Phytophtora infesUuis. 

Ils sont arrivés à cultiver ce cliampignon considéré comme 
généralement parasite, non seulement sur milieu vivant, mais 
encore sur milieu non vivant ; cette espèce peut donc végéter 
dans certains cas en sapi'opliyte. 

M. Peiîrot rapproche certaines expériences de ces auteurs à 
propos de la pourriture de la pomme de terre, d'observations 
qu'il a pu faire sur des cultures de Boivylis vinerea et de cer- 
taines Péronosporées, mais il n'avait pas essayé de l'aire végéter 
des espèces parasites sur des milieux non vivants. 

L'ordre du jour appelle alors le vote pour le renouvellement 
du Bureau de la Société cjui comprend l'élection d'un président, 
deux vice-présidents, deux secrétaires des séances et d'un ar- 
chiviste. 

Le Bureau de 1900, suivant les usages, avait proposé la can- 
didature de M. RoLLAXD à la présidence. 

M . le Président rappelle les services rendus à la Société par 
M. Rolland, et, après le vole des membres présents, on pro- 
cède au dépouillement des votes par correspondance. 

Sur 85 votes valablement émis, M. Rollaad obtient 84 voix. 

JM. BouDiER proclame élu président, pour les années 1901 et 
1902, M. Rolland, vice-président actuel de la Société. 

M. Perrot demande ensuite la parole pour présenter à la 
Société, au nom d'un groupe de Mycologues et du Bureau lui- 
même, la candidature de MM. Costantin pour la place de 1*^'' 
vice-président et Matruchot pour la 2'". 

A l'unanimité des membres présents, et au scrutin de liste, 
le Président déclare ces deux éminents collègues élus membres 
du Bureau comme vice-présidents. 

MM. GuÉGUEN et .loFFRiN sout eusuite nommés secrétaires 
par votes à mains levées, ainsi que M. Julien prorogé dans ses 
fonctions d'archiviste. 



SÉANCE DU 6 UÉCEMBUE 1900. XXXVH 

Le Bureau, pour les années 1901-1902. est donc ainsi com- 
posé : 

Président M. Rolland. 

\'lce-Présidents MM. Costantin et MAxiaicnoT. 

Secrétaire général M. Pet. rot. 

Secrétaire des séances.. . . M]M. Guéguen et Joffrin. 

Trésorier M . Peltereau . 

Archiviste . . . M. Julien. 

M. Matruchot remercie en cpielques mots la Société de 
l'honneur qu'elle vient de lui faire. M. Boudier, à son tour, 
présente à la Société M. de Speschnew. directeur de la station 
de Pathologie végétale de Tiflis, qui a bien voulu honorer hi 
Société mycologique de sa présence à la séance de ce jour. 

L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 lieures. 

LISTE DES ESPiiCES ENVOYEES. 



M, BoNATi, à Conflans (Haute- 

Tricholoma truncatum (Hebeloma 

truncatum Fr.). 
Tric/ioloma irinum,non leucocepha" 

lum nec Schumacheri. 
Psalliota sylvatica. 
Lepiota amianthinal certè, odoranle 

mais probablement pas au point 

indiqué. L'odeur observée ne se- 

M. PoiNSARD, de Bouron : 

Cortinarius multiformis . 
CUtocybe nebularis. 
Enloloma rhadopoliura . 
Tricholoma argyraceinn . 
Clitoci/be inveisa. 
Hygrophorus nemoreus. 
Plioliola mutabilis. 
Stropharia œruginosa . 

M. IlÉTiER, d'Arbois : 

Tricholoma, tigrinum. 
Hufirophorus pustulatus. 
— tephroleucus. 



Marne : 

rait-elle pas due à un autre cham- 
pignon, le CUtocybe inornata, qui 
a justement les caractères olfactifs 
indiqués par l'expéditeur ? et la sta- 
tion. 

PhoUota rnarijinata. 

Otidea umbrinaPevs., non 0. abie- 
tîna. 



Tricholoma sulfureum. 
ColUibia butyracea . 

— • pas caractérisé. 
CUtocybe cyathiformis. 
Tricholoma Schumachei'i ? 
Lepiota procera. 
Hygrophorus cossus. 
CUtocybe brumalis. 



Hygroplioriis Lucandi. 
Colhjbia inoleus. 
Tricholoma chrvsantheron . 



XXXVIII SOCIETE MVCOLOGIQLE. 

M. Boudier. de Montmorency: 
Tricholoma cartilaginenm Bull. Humaria leucoloma Hedw. 

Collijbia butyracea. Calocera viscosa. 

Tremella mesenterica. Phlebia merismoides. 

Geaster fimbriatum. 

M. Henri Bouge, pharmacien de i'*^ classe, à St-Florent- 
snr-Chcr : 

TricJioIoma terrenm. ' Tricholoma \iriis.tuia. 

— albobruiineum. Cortinarius calochrous. 

— pessundatum. Boletus granulosns. 

— personatum. 

M. X... 

Paxilhis involutus. 

Colhlbia butyracea var. phœopodia. 



Bull, de la Soc. Myc. de France. 



Tome XVI, Pl. I. 












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i. ExoBASiDiuM Brevieri Boud. 
II. ÏRicHOLO.MA CoLOSsuiM Fr. jeunc. 



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Bull, de la Soc. Myc. de France. 



Tome XVI, Pl. III. 



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C, Van Bambeke, ad. nat. del. 



A. Gaillard Lilh. 



Lentinus suffrutescens (Brot. ) Pries. 
(Grandeur naturelle) . 



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Bull, de la Soc. Myc de France. 



Tome XVI, Pl. IV. 








G. Van Bambeke, ad. nat. del. 



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A. Gaillard Lith. 



Lentinus suffrutescens (Brot.) Pries. 
(3/4 de grandeur naturelle). 



Bull, de la Soc. Myc. de France. 



Tome XVI, Pl. V. 














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I. CoccoBOTRYS xYLOPHiLus (Fr.) Boud. et Pat. 
II. LiLLiPUTiA Gaillardi Boufi. et Pat. 



1 



Bull, de la Soc. Myc. de France. 



Tome XVI, Pl. VI. 











F. Guéguen del 



Graphium stilboideum Corda 



Bull, de la Soc. Myc. de France. 



Tome XVI, Pl. VIL 










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N. Patouillard del. 

I. Melanopus scabellus. III. Cycloderma ohiense. 

IL Cycloderma depressum. IV. Xylobotryum portentosum. 

V. Stilbocrea dussii. 



I 



Bull, de la Soc. Myc. de France. 



Tome XVI, Pl. VIII. 



Boud. del 




I. CoLLYBiA Benoistii Boud. II. Entoloma indutum Boud, 

III. Lactarius maliodorus Boud. 



Bull, de la Soc. Myc. de France. 




Boud. del. 



I. BoLETus PiERRHUGUESii Boud. il. Typhula lutescens Boud. 

III. Lachnea Poiraultii Boud. 




BULLETIN 




DE LA 



# # 



SOCIETE MYCOLOGIQUE 

DE FRANCE 



FONDE EN 1885. 



TOME XVI 

AVEC 2 PHOTOTYPIES, IX PLANCHES HORS i KX'l . 



«'» ♦ ■^»»- 



Année 1900 



PARIS 
AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

84, Rue de Grenelle, 84. 



Va 1900 






SOCIÉTÉ MYCOLOGÏQDB DE FRANGE 



Les séances se tiennent à Paris, rue de Grenelle,, 84. 
à I heure 1/2, le i" Jeudi du mois. 






Jours des 


Séances pendant l'année 


1900. 




Janvier 


Février 


Mars 
1 


Avril j Mai : 


Juia 


Septembre 


Octobre 


Novembre 

- 


Décembre 


» 


1 


5 


3 


7 


6 


4 


1 


6 



VOLUMES PUBLIÉS PAR LA. SOCIÉTÉ 

Année 188^. 1'='" fascicule. Prix : 10 fr.— 2"fasc. (rare) Prix : 5 fr. 

Année i8Sô. Un fascicule, t. II (très rare) Prix. 15 fr. 

Année i88y. Trois fascicules, t. III f Le prix de chacun de ces 

A ' nnn ^ ■ r ■ ^ tx T \ volumes est de 10 fr. 

Année l8b8. 1 rois fascicules, t. 1\ . .) pour les sociétaires, et 

A7inées 188g à iSgS (Tomes V àXIV,com-) ^e 12 fr. pour les per- 
^ ! sonnes étrangères a la 

prennent chacune quatre fascicules; . . .{ Société. 

Table décennale des matières (tomes I-X) fascicule 

supplémentaire Prix. 5 fr. 

Aniîée i8gg. Chaque fascicule (T. XV) Prix. 3 fr. 



BUREAU POUR 1899 

MM. De Seynès, 'Président, professeur agrégé à la Faculté de 
médecine, 16, rue de Chanaleilles, Paris. 

Rolland. Vice-Président. 

Radais, id. 

Perrot, Secret. -général, professeur agrégé à l'Ecole supé- 
rieure de Pharmacie, 272, Bouh^ Raspail, Paris. 

Peltereau, Trésorier, notaire honoraire, à Vendôme. 

Julien, Archiviste , maître de conférences à l'école d'agri- 
culture de Grignon. 

Harlay et Fron, Secrétaires des Séances. 

NOTA. — Les champignons à déterminer doivent être envoyés au Siège de la 
Société, 81-, rue de Grenelle, de manière à arriver la veille des jours de séance. 





Lons-le -Saunier. — Imprimerie et Lithographie Lucien Declume, rue du Conmaerce, 55 



Les procès-verbaux des séances de la Société sont publiés en demi-feuilles 
d'impression pouvant être séparées du fascicule et réunies ensemble. 




BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE MYCOLOGIOUE 



DE FRANCE 




FONDÉ EN 1885. 



-^>i»3^ 



TOME XVII 



2" FASCICULE. 



ANNÉE 1900 



PARIS 

AU SIEGE DE LA SOCIÉTÉ 

84, Rue de Grenelle, 84. 

1900 



Publié le 31 Mars 1900. 




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TABLE DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS CE FASCICULE 



R. Maire. — Urédinées et Ustilaginées nouvelles ou 

peu connues 65 

A. Daguillon. — Chapeau anormal de Tricholnma 

niidum, avec un dessin dans le texte 73 

E. Roze. — Uredo Chrysanthemi. . 76 

id. id. note complémentaire. . . 81 

id. Piiccïnïa Chrysanthemi avec deux dessins 

dans le texte 88 

M^^® M. Belèze. — Cas d'empoisonnement par les 

Chanterelles 94 

B. Huyot. — Note sur deux espèces de Tricholoma . ... 95 
P.Vuillemin. • — Qu'est-ce que le Microsporinn Audouini 96 

BULLETIN BIBLIOGRAPHIQUE (Analyses). 

F. Guéguen. — Etudes sur le pol^'morphisme des 

Champignons, par J. Beauverie 1 10 

V. Harlay. — Influence de divers milieux chimiques sur 

quelques Champignons du groupe des Dematiés, 

par M. Louis Planxhon 112 

F. Guéguen. — Observations sur la biologie de la truffe 

jaune, Terfezia, leofiis, par MM. Pirotta et Albini. 114 
F, G. — La Monilia fnictigena etc., par M. L. Monte- 

MARTINI 115 

F. G. — Champignons du Congo, par MAL Bresadola 

et Saccardo 116 

F. G. — Pourriture des fruits, par M. F Passy 116 

E. P. — Quelques champignons parasites nouveaux ou 

peu connus, par AL F. Cavara. 116 

E. P. — Sur quelques effets de parasitisme de certains 

champignons, par M. E. Peé-Laby 117 

Index Bibliographique des travaux mycologiques 

publiés en 1899 118 

^x>O^OOo 



jA."VISS 



CONGRÈS INTERNATIONAL DE BOTANIQUE 



Exposition TJn.iversell© ci© ISOO 
PARIS (1-10 Octobre) 



La Commission dorganisalion serait heureuse de posséder 
au plus tôt les adliésions de ceux de nos confrères qui désirent 
prendre part aux travaux du Congrès. 

La cotisation de 20 francs, donnera droit aux membres du 
Congrès à toutes les publications que permettront les ressources 
de ce dernier, que les adhérents soient présents ou non aux réu- 
nions d'octobre. 

Des démarches sont faites dans le but d'obtenir des réductions 
de tarif sur les chemins de fer français et étrangers. 

Le Secréinire-géncral de la Comjnission. 

E. PERROT. 



VxcJ'O'^jyir 




SOCIÉTÉ MYCOLOGIQDÊ DE FRANCE 



Les séances se tiennent a Paris, rue de Grenelle, 84, 
à I heure 1/2, le {"Jeudi du mois. 




Jours des 


Séances pendant l'année 


1900. 


Janvier 1 Février 


Mars 


Avril 


Mai 


Juin 


Septembre 


Octobre 


Novembre '■ Décembre 


» 1 


1 


5 


3 


7 


6 


4 


1 6 



VOLUMES PUBLIÉS PAR LÀ SOCIÉTÉ 

Année i8S^. i""" fascicule. Prix : lo fr. — 2'=fasc. (rare) Prix: 5fr. 
Année i8Sô. Un fascicule, t. II (très rare) Prix. 15 fr. 

Année l88y. Trois fascicules, t. III | Le pris de chacun de ces 

. , non-T-'r-i T^r i voIumes Bst de 10 fr. 

An7iee 1888. 1 roisfascicules, t. IV J pour les sociétaires, et 

A7inées 1880 à 1808 (Tomes V à XIV,com-) "^^ '^^ ^i": pour les per- 
' f sonnes étrangères a la 

prennent chacune quatre fascicules. . . .\ Société. 

Table décennale des matières (tomes I-X) fascicule 

supplémentaire Prix. 5 fr. 

Année iScjg. Chaque fascicule (T. XV). Prix. 3 fr. 



BUREAU POUR 1899 

MM. De SeyneSj T^r.ésidenl, professeur agrégé à la Faculté de 
médecine, i6, rue de Chanaleilles, Paris. 

Rolland, Vice- Président. 

Rabais, id. 

Perrot, Secret. -général, professeur agrégé à l'Ecole, supé- 
rieure de Pharmacie, 272, Boulai Raspail, Paris. 

Peltereau, Trésorier, notaire honoraire, à Vendôme. 

Julien, Archiviste, maître de conférences à l'école d'agri- 
culture de Grignon. 

Harlay et Frox, Secrétaires des Séances. 

NOTA. — Les champignons à déterminer doivent être envoyés au Siège de la 
•Société, 84," rue de Grenelle, de manière à arriver la veille des jours de séance. 





Lons-lc-Saunier. — Imprimerie et Lithoj;rariliie Lucien Declume, rue du Commerce, 55 



Les procès-verbaux des séances de la Société sont publiés en denai-feuilles 
d'impression pouvant être séparées du fascicule et réunies ensemble. 




BULLETIN 




DE LA 



SOCIÉTÉ MYCOLOGIOUE 



DE FRANCE 



FONDÉ EN 1885. 



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TOMK XVI 






3= FASCICULE. 



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ANNÉE 1900 



PARIS 

AU SIÈGE DE LA SOCIÉTÉ 

84, Rue de Grenelle, 84. 

1900 



Publié le 31 Juillet 1900. 




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TABLE DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS CE FASCICULE 



PREMIÈRE PARTIE. 

Ch. Van Bambeke. — Note sur Lentiniis suffrutescens, 

PL Illet IV 133 

Boudier et Patouillard. — Note sur deux champi- 
gnons hypogés, PL V . 141 

F. Guéguen. — Sur le Graphium stilboideum, PL VI.. 147 

Id. Quelques méfaits du Cladosporium 

herbaruni 151 

E. Bodin. — Réponse à l'article de M. Vuillemin, sur 

le Microsporum Aiidotnni . 156 

Bibliographie analytique ........................ 157 

Nécrologie. Discours de Al de Seynes aux funérailles 

de M. E. RozE. . . 164 

Principaux Mémoires et publications de M. E. Roze.... 169 

DEUXIÈME PARTIE. 

Etat des recettes et dépenses effectuées par M. Peltereau, 

trésorier, pendant l'exercice 1899. ..... xvii 

Procès-verbal de la séance du i'^'' février 1900. . xix 

Id . id . dur ^'' mars 1 900 xxii 

Id. id. du 5 avril 1900 xxiv 

Id. id. du 3 mai 1900 . '. . xxvi 

Id. id. du 7 juin 1900. . . . . ■ xxix 



— ooo^oo<~ 



CONGRÈS INTERNATIONAL DE BOTANIQUE 

à, l'Exposition. "LTriiverselle die 1900, 



PARIS (1-10 Octobre) 



Nous l'appelons à nos confrères qu'un certain nombre de ques- 
tions mycologiques très importantes seront traitées au Congrès 
d'octobre et nous les engageons vivement à envoyer leur sous- 
cription qui donnera droit au volume publié par les soins de la 
Commission d'organisation. 

En outre, i^ne Exposition de champignons sera organisée pour 
les journées des 6 et 7 octobre, et sera publique comme celles 
qu'organise régulièrement la Société mycologique. 

Ceux de nos collègues (pii enverront au Secrétaire général 
Palais des Congrès) des colis de champignons, recevront comme 
toujours la liste complète des espèces qui auront pu être déter- 
minées par les savants Mycologues présents. 

Ces envois devront être laits de manière à parvenir à Paris le 
vendredi 5 octobre dans l'après-midi ou le samedi (> dans la 
matinée. 

La Commission d'organisation espère que les xMembres de la 
Société mycologique voudront bien, comme pour les Expositions 
an?iuelles de cette Société, lui apporter tout leur concours. 

Des excursions avu'ontlieu dans les forêts des environs de Paris. 

Pour la Commission. 
E. PERROT. 




^ SOCIÉTÉ MYCOLOGIQUK DE FRANCE 



Les séances se tiennent a Paris, rue de Grenelle, 84, 
à I heure 1/2, le i" Jeudi du mois. 



Jours des 


Séances pendant l'année 


1900. 


JaDTier i Février 

1 


Mars 


Avril 


Mai 


Juin 


Septembre 


Octobre 


iNovembre j Décembre 


» 1 


1 


5 


3 


7 


6 


^ 


1 6 

i 



VOLUMES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ 

Année 188^. i" fascicule. Prix : lofr. — 2'fasc. (rare) Prix: 5 fr. 

Année i8Sb. Un fascicule, t. II (très rare) Prix. 15 fr. 

Année i88y. Trois fascicules, t. III f Le prix de chacun de ces 

. , „oo -n ■ r • 1 TT l volumes est de 10 fr. 

Afinee l8bb. i rois lascicules, t. IV J pou.- les sociétaires, et 

Années 1889 à iSgS (Tomes V à XIV,com-j ^^ 12 ir. pour les per- 
^ ■ ^ _ , f sonnes étrangères a la 

prennent chacune quatre fascicules. . . .\ Société. 

Table décennale des matières (tomes I-X) fascicule 

supplémentaire Prix. 5 fr. 

.Année i8gg. Chaque fascicule (T. XV) Prix. 3 fr. 



BUREAU POUR 1899 

MM. De Seynes, T'résidenl, professeur agrégé à la Faculté de 
médecine, 16, rue de Chanaleilles, Paris. 

Rolland. Vice-Président. 

Radais, id. 

Perrot, Secret. -général, professeur agrégé à l'Ecole supé- 
rieure de Pharmacie, 272, Boul^ Raspail, Paris. 

Peltereau, Trésorier, notaire honoraire, à Vendôme. 

Julien, Archiviste, maître de conférences à l'école d'agri- 
culture de Grignon. 

Harlay et Fron, Secrétaires des Séances. 

NOTA. — Les champignons à déteiminor doivent être envoyés au Siège de la 
Société, 8i, rue de Grenelle, de manière à arriver la veille des jours de séance. 





Lons-l('-S:iuii 



Impi i;iicric et Lill~;ugranhii' Lucien Declume, rue du Commerce, ^- 



Les pi'ocès-verbaiix des séances de la Société sont publiés en demi-feuilles 
d'impi'ession pouvant être séparées du fascicule et réunies ensemble. 




BULLETIN 



DE LA 



r F 



SOCIETE MYCOLOGIOUE 

DE FRANCE 




FONDÉ EN 1885. 



-^>i38£5c^ 



TOME XVI 



4" FASCICULE. 



ANNÉE 1900 




PARIS 

AU SIÈGEDE LA SOCIÉTÉ 

84, Rue de Grenelle, 84, 

1900 



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Publié le 28 Février 1901. 



TABLE DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS CE FASCICULE 



PREMIÈRE PARTIE. 

Portrait de M. Roze, ancien Président de la Société. 

N. Patouillard. — Champignons de la Guadeloupe 

PI. VIIj 175 

J. Maheu. — Champignons des Avens des Causses... -^89 

Ém. Boudier. — Champignons nouveaux de France 

PI. VIII et IX).. 193 

L. Matruchot et Ch. Dassonville. — Sur une 

forme de reproduction d'ordre élevé chez les 
Trichophyton 20 1 

L. Matruchot et M. Molliard. — Sur la culture 

pure du Phytophtora infestans de Bary _. . . 209 

L. Rolland. — Les Champignons à l'Exposition de 1900. 211 

Gaillard. — Exposition de Champignons à Angers 322 

Revue bibliographique ... , 229 

Bibliographie analytique 233 

Nécrologie: Ch.-E. Cuism, l'abbé Séjourné. ........ . 238 

DEUXIÈME PARTIE. 

Procès-verbal de la séance du septembre 1900 xxxi 

— de la séance du (> décembre 1900 xxxiv 



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AVIS 

Par suite de circonstances exceptionnelles, l'impression ,cle ce 
fascicule a été reculée de plus de deux mois, mais la publication 
des mémoires présentés à la Société ne subira plus, désormais, 
aucun retard, car le 1®'" fascicule de 1901 est sous presse et sera 
distribué dan^s quelques jours. 

Le Seci-èlaire général. 

E. PERROT. 





SOCIÉTÉ MIGOLGGIQUE DE FRANCE 



Les séances se tiennent à Paris, rue de Grenelle, 84, 
à I heure 1/2, le i" Jeudi du mois. 





Jours des 


Séances pendant l'année 


1901. 




Janvier 


Février 


Mars 


ivril 


Mai 


Juin 


Septembre 


Octobre 


Novembre 


Décembre 


» 


7 


7 


4, 


2 


6 


5 


3 


7 


5 




VOLUMES PUBLIÉS PAR LA SOCIÉTÉ 

Année 188^. i" fascicule. Prix : 10 fr. — 2'fasc. (rare) Prix : 5 fr. 

Année i8Sô. Un fascicule, t. II (très rare). .... Prix. 1$ fr. 

Année 1887. Trois fascicules, t. III f Lej^rix de cliacim de ces 

A ' 000 -T- • r • 1 TTr V volumes est de 10 fr. 

Année 1888. Trois fascicules, t. I\ . . ) pour les sociétaires, et 

Années 188g à iSgS (Tomes V à XIV,com-) de 12 fr. pour les per- 
, r- f sonnes étrangères a la 

■ prennent chacune quatre fascicules. . , .\ Société. 

Table décennale des matières (tomes I-X) fascicule 

supplémentaire ' Prix. 5 fr. 

Année iSgg. Chaque fascicule (T. X^') Prix. 3 fr. 



BUREAU POUR 1900 

MM. De Seynes, T^résident, professeur agrégé à la Faculté de 
médecine, 16, rue de Chanaleilles, Paris. 

RoLLAND; Vice-Président. 

Radais, id. ~ 

Perrot, Secret. -général, professeur agrégé à l'Ecole supé- 
rieure de Pharmacie, 272, Boul^ Raspail, Paris (xiv'^'arr.) 

Peltereau, Trésorier, notaire honoraire, à Vendôme. 

Julien, Archiviste, maître de conférences à l'école d'agri- 
culture de Grignon. 

Harlay et Fron, Secrétaires des Séances. 

NOTA. — Les champignons à déterminer doivent être envoyés au Siège de la 
Société, 8i, rue de Cirenelle, de manière à arriver la veille des jours de séance. 




Lons-le-Saunier. — Imprimerie et Lithographie Lucien Declurne, rue du Commerce, 55 



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