(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques"

fiiH 



^.^■^ 



i9 




5r^ 





;>• 



0^ *-* 





BULLETIN 

ARCHÉOLOGIQUE 



DC 



COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES 



MlNrSTKRK 
l)K L'INSTIUJCTIOfS PlilihlOUE KT DES BKAIJX-AHTS 



BULLETIN 

ARCHÉOLOGIQUE 



DU 



COMITÉ Di:S TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES 
ANNÉE 1905 




PARIS 
IMPRIMERIE NATIONALE 

ERNEST LEROUX, ÉDFTEUR, RUE BONAPARTE. 28 
MDCCCCV 



BULLKTIN 

AllCllÉO LOGIQUE 

DU 

COMITÉ DES TIUVAUX IIISTOJUQUES 
ET SCIEATIEKUJKS. 

LISTÉ 

DKS MEMUKKS DL L\ SECTION D'AllCJlÉOLCH.Ii: , 

DES MKMHItES NON «ÉSIDAINTS, 

DKS COIU\ESI'OND\M'S ET DES COIWIESPONDANTS IIONOBAIISES 

DU COMITÉ DES TllAVAlX IIlSTOllIQUES 

ET SCIE^TI1•I()UES. 



.MKMUr.KS J)!' LA SliCTIU.N IVAHCllEOLOlili:. 

Président : 

M. IJéron de Villefosse (Antoine), membre de rinsliliit, conser- 
vateur au Musée du Louvre, rue Washington, iG, viii'". 

Vice-présiflenl : 

M. Saglio, membre de Tlnslitut, directeur honoraire du Musée des 
Thermes et de l'Hôtel de Clunv. rue de Sèvres, 85, vi^ 

Serrétairp : 

M. Lastkyrif: (Robert de), inoiiihiv de Ifiiblitut, professeur à l"Ecolc 
nationale des Chartes, rue (hi l*n''-;ui\-(liercs, lo his, \\f. 

Archéologik. — N" I. A 



: s 
Secret a irr adjoint : 



M. Prou (Maurire), prolosstnir à l'Krolo ri.ilioiialc dfs Ciliarles, 
inc (l(>s Martyrs, 5 i, i\'. 

Membres : 

M M. 

Babekon. iiicnihie de llnstiliil. consorvalcur à la Bibliolli(M|ii(' 
nationale, cliargé de cours an (lollt'jj;»' de l'^rancc. rue de Vcr- 
niMiil . 3o. viT. 

lÎKnr.EU (Philippe), inombro do. rinstitul, sénalciir. prolcssoiir au 
(lollriM» de b^'anro. (piai Voltaire, 3, vll^ 

lÎLANciiET (Adrieiij, bibliuthéGiiirc honoraire à la Bibliothèque na- 
tionale, avenue Bosquet, /jo, vu'. 

Gagnât (René), membre de rinstilul, professeur an (!ollè{je de 
France, rue Stanislas, lo, vi*. 

Capitan (Le dorteur L.), professeur à TKcole {ranlliropolo}{ie. rue 
des Ursulines, 5, v^ 

(ÎRANDJEAN (Charles), conirôleur des Moiumients hisloriques, bou- 
levard Saint-Germain. 119, vi''. 

GuiFFREY, membre de rinstitul, administrateur de la Manufacture 
nationale des Gobelins, avenue des Gobeiins, /ia, xiii". 

HoMOLi.E (.l.-Th.), membre de rin.slihil. dircrieur des Musées na- 
tionaux, Gourdu Louvn\ f. 

Lefèvre-Pontaus (Kugène), membrt> résidant de la Socic'té natio- 
nale des anli(iuaires de France, rue de Phalsbourg, i3, \VIl^ 

LoNGNON (Auguste), membre de l'Institut, professeur au Gollège 
de France, rue de Bourgogne, Ba, vif. 

Maspero (Gaston), membre de rrnstilul, prol'es.^eur au Collège de 
France, avenue de POb^ervatoire, q/j, xlv^ 

I'errot (Georges), serrélaire per|)é(uel de r\cad('inie des insi-rip- 
lioiis et Belles-Lelires, directeur lioiioiaire de Ihlcole nornialc 
supérieure, rpiai Conli, 3 F), vi". 



m 



MM. 

Hkinacii (Saluinoii), iiieiiihre de TlriKlilut, cooservaleur du Mutiéc 

des ;iiili(iuil(''.s iiatioiialos de Saiiil - (^îciinaiii-cn-Lavc, rue de 
Lisbonne, .'58, vm'. 

SciiLUMBERGEH (Guslave), membre de l'Institut, avenue d Antin, 
37, vm". 

TiiKDKNAT (lj'abb(^ lleniy), membre de rinstitul, ancien président 
de la Société nationale des anli()ii;nros de l'ranrc, rue de llour- 
go[jne, 5/i, VII''. 



COMMlSSlOiN DE PUBLICATION 
DKS DOCUMENTS AIU'.llÉOLOUIQUES DE L'APHIQUE DU INOHD. 

Président honoraire : 

M. PKnKOT (Georges), secrétaire j)er[)éluel de l'Académie des In- 
scriptions cl Belles-Lettres, directeur honoraire de TEcoIe nor- 
male supérieure, quai (lonti, 26, vi*. • 

Président : 

M. IIkron DR ViLLKFossE, membre de iinstitut, conservateur au 
Musée du Louvre, rue Washington, 16, vm*. 

Secrétaire : 

M. Cagnat (René), membre de Tlnstitul, professeur au (ioUège 
de France, rue Stanislas, 10, vi*. 

Membres : 

MM. 

Babelon, membre de Tlnslilut, chargé do cours au (Collège de 
France, conservateur à la Bibliothèque nationale, rue de Ver- 
neuil, 3o, vif. 

Ballu (Albert), architecte en chef des Monuments historiques de 
l'Algérie, rue Blanche So. ix*". 



MM. 

Bkhokr (Philippt'). mombro do rinstilut, sénateur, prolcssoiir ad 
(!ollè{jo (lo France, quai Voltaire, 3, vu'. 

Bbrthait (Le général), directeur du Service géographicjiie de Tar- 
iiiéo, rue de Grenelle, i/jo, vu". 

HoEswiLWAi.D (Paul), inspecteur ge'néral des Monuments histori(|ues, 
l)oulevard Saint-Michel, 6, vi'. 

DiKiii.. correspondant de l'Institut, professeur adjoint à la Faculté' 
des lettres de ri^niversili' de Paris, sqiiaro du Houle, U, viiT. 

Gauckler. correspondant de Tlnstitut. directeur du Service des 
antiquités et des arts de la Ké<fence, à Tunis. 

(^iRANDJEAN ((lliaHes), contrôleur des Monuments historicjues, bou- 
levard Saint-Germain, 119, vi*. 

GsELL (Stéphane), correspondant de Tlnstilut. inspecteur des An- 
tiquités de PAigérie, professeur à TFcole pre'paratoire à rensei- 
gnement supérieur des lettres d'Alger. 

HouDAS, professeur à l'Ecole spéciale des langues orientales vi- 
vantes, avenue de Wagrani, 29, xvii'. 

La Martinière (H. de), consul général de France à Huda-Pesth. 

Lasteyrie (Robert de), membre de l'Institut, professeur à l'Kcolc 
nationale des (Chartes, rue du Pré-aux-(ilercs, 10 bis, vu'. 

Maspero (Gaston), mombre de l'Institut, professeur au (ioUège de 
France, avenue de l'Observatoire, 26, xiv'". 

Monceaux (Paul), professeur au Lycée Henri IV, rue de Tournon, 
1 2 , vi*. 

Ukinacii (Salomon), membre de rinstitiil, conservateur du Musée 
des antiquités nationales de Saint-Gerniain-en-Laye, rue de Lis- 
bonne, 38, viii*. 

Saladin, architecte diplômé du Gouvernement, boulevard de Cour- 
celles, 69 bis , viiT. 

Toi tain (.Iules), maître de conférences à fFcole piati<|iie Avs llaules- 
Kludes, rue du Four, aU , vi'. 



COMMISSION 
DKS MUSKKS SCIENTIFIQUES ET ARGIlÉOLOfilQUES. 

Président : 

M. BoissiER ((iaslon), secrétaire perpétuel do rAcadémio fr.ni- 
çnisc, professeur an (îollèffo de France, quai (îonti, 93, vT. 

I ice-président : 

M, Lastkyrik (Robert dk), membre de Tlnstitut, professeur à rÉcole 
nationale des (ibarles, rue du Pré-aux-Clercs, lo bis, vn\ 

Secrétaire : 

M. Babelon, membre de l'Institut, chargé de cours au Collège de 
France, conservateur à la Bibliothèque nationale, rue de Ver- 
neuil, 3o, viT. 

Membres : 
MM. 
Gagnât (René), membre de Tlnslitut, professeur au Collège de 
France, rue Stanislas, lo, vi*. 

GuiMET, directeur du Musée Guimet, avenue d'Antin, /ig, viii*. 

Hamy (Le docl«'ur), membre de Tlnstilut et de l'Acade'mie de mé- 
decine, professeur au Muséum d'histoire naturelle, conser- 
vateur du Musée d'ethnographie, rue Geoffrov-Saint-Hilaire, 
36 , v«. 

Héron de Villefosse (Antoine), membre de l'Institut, conservateur 
au Musée du Louvre, rue Washington, 16. V1II^ 

Maspero, membre de l'Institut, professeur au Collège de France, 
avenue de l'Observatoire, aZ», XIV^ 

OusTALET, professeur au Muséum d'histoire naturelle, rue de Buf- 
fon , 55, v^ 



VI 



MM. 
PKKHoT((îoorgcs), secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions 
et Belles-Lettres-, (lircctour honoraire de TEcole normal»' supé- 
rieure, quai (lonti, qT), vi'. 

Ukinach (Salonioii), membre de rinstitui, conservateur du Musée 
<les anti(]uit(''S nationales de Sainl-(Jerinain-en-Laye, lue de 
Lislxuine, 3S. viiT. 

Trutat (K.), docteui- es sciences, ancien conservateur du Musée 
dliisloire nalurelle de Toulouse, rue du L\C(''e, ;i Foi\. 



MKMRRES NON RESIDANTS DU COMITE. 
MM. 

\iii)Aii.LON (Edouar<lj. recteur de rVcadéuiie de Mesaueon. 

IKuEAU (.Vlberl), membre de l'Institut, à Troves. 

Ba-ssbi (René), correspondant de Tlnstitut. direcleui- de Tlù-ole 
|>réparaloiie à renseignement su[)érieur des lettres d'Aljfer. 

Bavf. (.lose])li dk), membre résidant de la Sociétf' nationale des An- 
tiquaires de France, à Baye, pai- Montmort (Maine). 

Bkaurepaire (dliarles de Bobillaiid de), correspondant de Tlnsti- 
tut, archiviste honoraire du (h'partement de la Seine-Inférieure. 

Bertiiblé (Joseph), archiviste du département de llléraull. 

BorssoNNADE, profcsseuc à la l"\'icullé des lettres de I llni\eisité de 
Poitiers. 

Brun-Durand (Justin), à (îresl (Drôrae). 

Brutails, correspondant de rinstilut , arclii\isle du déparlement de 
la (îironde. 

BiRKAi (Le docteur Lf)uis), dirryteiir du Miisi'um (riiisloifo natu- 
relle, à Nantes. 

(isri.i.EMKii, correspondani de riustitul, doyen de la l'\icullé de 
droit (le riJuiversité de Lyon. 

(!\iiTMi.iiA<:, correspondiinl de llnstitul. .1 Toulouse. 



MM. 
(jAKTOn (L(î docteur), inédocin-niajor du li" n'ijimcnl de lir.Tilloiirs 
algiîriens, \ill;i Sldl;!, ;i kcrcddirif (Tunisie). 

(luA.MHB (KriM^sl), .sous-<Jir»'cleur du Musdurn des sciences na(u- 
fcllcs de liVon. 

(iHvTEij-iKu (Paul i)u), arclii'olofju»', .111 cliJileau de Keriiuz, par 
l'oul-l' \bbé (Finistère). 

Chauvkt, archéoloffue, à Huffec ((îharente). 

(iuEVAMKR (Le chanoine Ulysse), correspondant de Tlnstitut, à 
Romans (Drônie). 

Clémknt-Simon, ancien magistral, au château de Bach, près Tidlc 

Clerc (Michel), professeur à la Faculté des lettres de TUniversili' 
d'Aix-Marseille. conseivoteur du musée Borély, à Marseille. 

Dkchelette (.los('j)ii), conservateur du musée archéologique de 
Roanne (Loire ). 

Delattre (Le P.), correspondant de l'institut, à Carthage. 

Demaison, archiviste de la ville de Reims (Marne). 

Dezeimeris (Reinhold), correspondant de l'Institut, rue Vilal- 
(larles, i i, à Bordeaux. 

Durand (Georges), correspondant d«^ l'Institut, archiviste du dépar- 
tement de la Somme. 

DuvAL, archiviste du département de l'Orne. 

EspÉRANDiEu (Le capitaine), du ^k^ régiment d'infanterie, détaché 
à la dirertion de la Hevuc du Cercle militaire, correspondant de 
l'Institut, route de Glamart, 69, à Vanves (Seine). 

FiNOT (Jules), archiviste du département du Nord. 

FouREAL (Fernand), explorateur, à Biskra (Goastantine). 

FouRNiER (Paul), correspondant de Tlnstitul, doyen de la Faculté 
de droit de l'Université de Grenoble. 

Gauckler, correspondant de l'Institut, directeur du Service des an- 
tiquités et des arts de la Régence, à Tunis. 



— vin — 

MM. 

(iMTiiiKii (Jules), C()iTos|)oii(l;iiil (lo rinslilnf. airliivisl<* du dopar- 
teiiM'ul (le la (lôle-d'Or. 

(Î0S8ELKT, correspondant de lliislituL doveii de la l'acuité des 
sriences de rihiiversité de l.ille. 

(isKi.i., correspondant de riiislilul, inspecleur des anti(|uilé.s de 
lAljjt^rie, professeur à Tl^cole préparatoire à renseignement su- 
périeui' des lettres d'Aljfer. 

(il YoT, directeur de FKaole nationale dc^ eaux et lorèts de Nancy, 
président de la Société d'archéologie lorraine et du Musée hislo- 
ri(juo loirain. 

IIarmano (Le docteur), ministre pl(''nipotenliaire de France, à 
Tokio. 

Haitheix. ancien dii'erteur des niouveinenls du port, à Bor- 
deaux. 

Jadart, secrétaire giuiéral de lAcadéinie nationale de Ueinis 
(Marne). 

Jn.i.iAN (Camille), correspondant de Tlnstilut. |)rofesseur à la 
Faculté des lettres de riJuiversité de Bordeaux. 

Kkrviler (René), inspecteur général des ponts et chaussées en 
retraite, rue de THôpital, 30, à Lorient (Morbihan). 

Le Clert (Louis), conservateur du Musée arch(''oloj,n(jue de Troyes. 

Lenim-er, directeur du Muséum du Havre. 

Leroux, archiviste du département de la Haute-Vienne. 

I.,fusNK (Mkx.iie dk), nu'uibie de la (ioniuiission des monuments 
hisloricjues du Pas-de-Calais, au château de ileaulieu, par- Sainl- 
\enant (Pas-de-Calais). 

M\îriiK (Léon), archiviste du (h'-parleim'iil de la Ldirc-IulV'- 
neure. 

\Imu:ium), directeur de rOhseivaluiie du Pic du Midi (Haules- 
Py renées). 

MiRKCR (l*.)- -irchisi-^le du dé|)arleMieul du \ar. 



MM. 

M()R(i\N ( I)k), (If'l/'ifiic |f('ni'ral à la Direction des louilics arcliéo- 
lo{}i(jiic's en Perse. 

OKiii.Kitr, c()rn's|)()M(l;ml df riiislilul, con.sorvateur du musée d'his- 
toire naturelle de Laval. 

Papier (Alexandre), président de lAcade'mie d'Hippone, conser- 
vateur du Musé»! de liône (Constanfine). 

Pblissier, prof(;sseur à la Faculté des lettres de ILniversilé de 
Montpellier. 

Petit (Ernest), ancien président de la Socicîlé des sciences histo- 
riques el naturelles de T Yonne, à (jliàtel-Oérard (Yonne). 

Pkister, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté des 
lettres de l'Université de iNancy. 

Pikttk, archéologue, à Ruiuigny (Ardennes), 

PiM.OY (Jules), ancien afjent voyer d'arrondissement, h Saint- 
Quentin. 

Prudhoume, archi\isle du de'partenienl de l'Isère, secrétaire perpé- 
tuel de l'Académie delphinale. 

Richard (Alfred), archiviste du département de la Vienne. 

IloscHACH, correspondant de l'Institut, secre'taire perpétuel de l'Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres de Toulouse. 

Rostand (Eugène), membre de l'Institut, îi Marseille. 

RouviER (Le docteui), [ji-olesseur à la Faculté française de médecine 
de Beyrouth (Turquie d'Asie ). 

Rupin (Ernest), président de la Société historique et archéolo}{i(jiie 
de la Corrèze, à Brive. 

Sabatier (Armand), correspondant de l'Institut, doyen de la Fa- 
culté des sciences de l'Université de Montpellier. 

Saige (Gustave), correspondant de l'Institut, conservateur des ar- 
chives et de la bibliothèque du Palais de Monaco. 

Salefranqi E (Léon), directeur de l'Enregistrement, des Domaines 
et du Timbre du département des Landes. 



MM. 

SiuvAOK (Lo (loctt'ur), conservateur du inusc'c cl scrK'Iaiic pci'in''- 
tuel (le la Socii'k! aca(lémi<iii<' Ho Houlojpie-sur-Mci' ( Pas-Hc- 
Calais). 

SouciiON. arcliivisle du dôparlcinciil de IMsiic. 

STKKSAfiKERS (Fraiicis), con-ul de l'rancc. à Vok(diarna (Japon). 
SwAnTK (Victor dk), à Lille. 

ïmoLLiKR, mcnihro do la Sorif^té historiquo ot aiThôoiogicjuo du 
Foroz, hi Diana, à Sainl-Elionno. 

Thoi LKT, piores.seiir à la Faculté des sciences de rUnivorsilé do 
Nancy. 

Toussaint (Le commandant), chef de bataillon d'infanterie. I>revet«;, 
hors cadres, à Courbevoie (Seine). 

Trutat (E.), ancien conservateur du Musée dhistoiro nalurcllo de 
Toulouse, rue du Lycée, à Foi\. 

ViM.EY, correspondant do riustilnt, doyen de la Facidié de droit 
de l'Université do Caen. 

\\ Aii.i.K, professeur à l'Ecole préparatoire à rensi-ijineiucul ^iipi'-iirm 
des lettres d'Alger. 



CORRESPOND V\TS HONORAIRES DU COMITE. 

MM. 

Ai.Ric, consul do l'^rancc, à Scutari d'Albani(^ (Turcpiio (rEuro|io). 

Andrk (Edouard), archiviste du dt''|)arleuieiil de r\r(K'cho. 

Arbaumont (Jules d'), ]»résidenl de la (iornuiission des auliijintés 
de la (lùle-d'Or, à Dijon. 

\rnKri>, arclii\isle drparletneiilal honoraire, à Aiirillac. 

\n!KHT (L'abbé), curé de llalleroy (Calvados). 

AiToiinK, andiisiste du départenioiil de la Creuse. 



MM. 

Haiiiiaiii», anliivislt! du (l('|»;iil('iii('iil de la NcikIi-o. 

IJAitcKiiAiisKN , concspoïKlanl. Ac ^lll^llllll, prori's.sciir à la l^'arulli' 
(le droit d<; Tl iiiveisilé de IJordc^aiix. 

|{aiu)i;v. à la LaiiihcilicMC. par Saiiil-^icoiro (Isctc;). 

Baruv ((ionqjcs), adminislratciir' <\c la romrimnc iriivfc d(î (lollo 
(Constantinc!). 

Bazin de Bkzons, provisoiir du lyc(''ft Lakanal, à Sceaux (Sfino). 

Beâuchet, professeur à la Faciilli' de dioll de lUniversité dft Nancy. 

Bkauvois, à Gorheron (Côte-d'()r). 

Ben Attar (désar), avocal , à Tunis. 

Bernard (Fernand). ai-chéolo{rue, à Saïfjon (Indo-dhine). 

Bertholgn (Le docteur), à Tunis. 

Bigarne (Charles), lucnibrc do la Socir-lr arcliéologique de Beauno, 
à Ghorey (Côte-d'Or). 

Bleo (L'abbé), [)r(''sidenl de la Société des anlicjnairos de la Mn- 
rinio, à Saint-Omer (Pas-de-(^alais). 

Blocii (Camille), inspecteur géne'nd des liil)li()lli('(|ii('s et ai'cliives, 
rue Donizctti. 3. à Paris, xvl^ 

lîonnEL, architecte, à Mon tiers (Savoie). 

Boui-ARD ((iuslave), directeur des contributions directes en rdrailc 
rue de la Bienfaisance, (x, à Paris, mu". 

Brocard (Le commandant), chef de bataillon du «p'-nic on rolrailo. 
à Bar-le-Duc. 

Brune (L'abbé), curé de Mont-sous-Vaudrey (Jura). 

Bry (Georges), doyen de la l'acuité de droit do l'Université d'\i\- 
Marseille, à Aix. 

Gardaillac (De), juge au tri!)unal de première instaure do la 
Seine. 

Cad-Durban (Labbé), rue Bellegarde, 3, à Toulouse. 



XII 

MM. 
C.AZALis DK K(i>d«)1(;k, scfrélairc [f/'iu-ral de l'Académie des sciences 
«'I loltres de Montpellier. 

(liiATKL (Eugène), aroliiviste d»''})artenipnla! honoraire, rue Vavin, 
5 , à Paris, vT. 

(Ihavanon, archiviste départeiiieiit;il lionoiaiic. lue de Varonno. 93, 
Paris, vil'. 

(iiiKNON, prolessonr à la Farulle de droil de rUiiiversilé do 
Pari.s. 

(luKVKKi X, archiviste du déparlement de la Seine-lnrérieinv. 

(li.KKVAL (L'ahbé), docteur es lettres, à Charire.s. 

(^LOSUADBUc (Le docteur de), j)résident de la Sociéti' polymalhique 
du Morbihan, à Vannes. 

Colin (Gabriel), professeur au lycée dWljjier. 

CoMKAiiiKi . ancien archiviste déparlemenlal, à (iahors. 

<i()RHK (Le docteur), ancien archiviste de la ville de hresl (Fi- 
nistère). 

(loiRANT (Maurice), maître de conférences à la Faculté des lettres 
de ri ni vers! te' de Lyon. 

Dkjeannk (Le doclcui), à Hagnères-de-Higorre (llaules-Pvre'uées). 

Deloume, doyen de la Faculté de droit de TUniversité do Tou- 
louse. 

Dems (Charles), capitaine au .'n" régiment d'infanterie, à Heau- 
vais. 

Drsdevisks du Dézekt, profe.sseur à la Faculté des lettres de l'IIni- 
versité de ClerinonI Keriand . président delà Socii'li' d'éniidalion 
de r Auvergne. 

Dkspi.anqi E, con.servaleni d»; la Bil)li(>lliè(|ne de Lille. 

Dion (A. dk), président de la Société archéologique de Hambouillel, 
à Montfort-I' \rnaiirv ( Seine-el-Ojse). 

DissARD, conservateur des musé-es de la ville de Lvon. 



XIII 



MM. 

I)()MKH(;iiK, à Sainl-<i('iii('z-siir-Lol (Aveyron). 

iJoHTKi, (Alcide-Étienne), avocat, coii.sniller {j(';ii(';riil de l.i Lnirc- 
liirérieure, à Nantes. 

DuHAMKL, arcliivisU; du départcmonl de Vaucliise. 

Dumoulin (Maurice), professeur de Tenseigncïmenl secondaire, en 
congé, aux Mureaux (Seine-et-Ois»;). 

Faiirk, professeur à la l'acuité des sciences de rUniversilé de Tou- 
louse. 

Farces (Le commandant), ancien chef de service des affaires indi- 
gènes, à Amplepuy (Rhône). 

Favikr, conservateur de la bibliothèque de la ville de Nancy. 

FiNOT (Louis), directeur honoraire de l'Ecole d'Extrème-OrienI . à 
Paris. 

Flamare (Henri de), archiviste du département de la Nièvre. 

Fleury (Paul dk), ancien archiviste départemental, à l'Isle-Jour- 
dain (Vienne). 

FouRDRiGNiER, aucien receveur des contributions indirectes, avenue 
de Wagram, 26, à Paris. 

Fréminville (De), archiviste du département de la Loire. 

Garnier (Le chanoine), curé de Heuilley-le-Graiid, par lleuilley- 
Gotton (Haute-Marne). 

Garrigou (Le docteur), |)résidenl de rAssociation |)yréii(''eniie, à 
Toulouse. 

Gautier (L'abbé), curé de Saint-Cyr-rÉcole (Seinc-et-Oisc). 

Gide, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Paris. 

GiRAULT (Arthur), professeur à la Faculté' de droit de l'Université 
de Poitiers. 

Godard (Ch.), professeur au lycée du Puv. 

Gonnard, ingénieur des arts et manufactures, à Lyon. 

GuÉNOT, secrétaire général delà Société de géographie de Toulouse. 



XIV 

MM. 

(iuKSNON, professeur lioiioi'itin' i\o n'iiivcrsilé, rue du Hac,()o, à 
Paris, vu*. 

(iiK.iK (Geoqjes). arcliivislc du (Irpailcincnl du Kliùiie. 

Hauasqub, conseiller lionoraii'e à la Toui' dappel . lue Knule-h'our- 
caud. ti 1 , à |}(>i(li'au\. 

Hkrklle, prole^iseui" au lyc"'»' de Kayonne ( Hassps-l*\ icncfsl. 

HuBKRT (Eugène), archiviste du département de I Indre. 

Huches, archiviste du ({('parleineiit de Seine-el-Marin'. 

JoiA^ (Le coiiunandanl), capitaine de vaisseau «mi lelraile, à Cher- 
hourjj. 

JouiiiN, professeur au Muséum d'Iiistoire iialiindh' de Paris, v". 

Lacrcmx. archiviste du départcnu-nl de la Drnme. 

LAr(iARDiÈRE (Dk), memhre de la Société des anli(juaires du (ienire, 
à Bourges. 

Leblanc, ancien conservateur du Musée de Vienne, à Saint Laurenl- 
de-Chamousset (Hhône). 

Lk HoEi k (Le capitaine), au 121" réjfiment d'infanterie, à Monthiçon 
(Allier). 

Lk Hreton ((iaston), correspondant de lln.slilul, direclciir du 
Musée des antiquités de la Seine -Inférieure et du Musée céra- 
mique de Rouen. 

Ledieu (Alcius), hihiiothécaire de la ville d'Abbeville. 

Lkmire (Charles), résident honoraire de France, rue de (iondé. i5, 
à Amiens. 

Leroy, bibliothécaire de la ville de Meiun. 

L'Kspinasse-Langbac (Dr), rue l'aberl, .')(», à Paris, vir". 

Lkttkhov ( l/abbf?), professi-iir nu lycée rie Pastia (Corse). 

Levbarie (Camille), conservalfur de la Itil)li()lliè(|ue coninninale, 
il Lim(i}[es. 



XV 



MM. 

Liiiois, uiTliivisle du (léparlcriiiiil du Jura. 

Ijbc.kois, corrcsj)()n(laiil de I Itisliliil . |»ri)r('-.s(Mir à la l''acnlli' de 
droil de rUniversit«î do Nancy. 

liisi.K DU DiiKNEur, (Pitre dr), con8erval«'iii-(lin'c(t'iif du Mus»?*- ,'ir- 
ch('<)lojfiquG de NanU^s 

Lt HKT. conlrùlcur civil, à Gab^s (Tunisie). 

Maignikn, bildiothécaire de la ville de Grenoble. 

Malaviai.lk, secrétaire général de la Société languedocictinc de 
{[ëograpbie, à Montpidlier. 

Méloizes (Des), membre de la Société des antiquaires du (lentre, 
à Bourges. 

AlÉi-Y (De), lueiubie résidaul de la Société nationale des anli([uaires 
de France, au château du iMesnil- Germain, par Fcrvacques 
(Calvados). 

Meucier (Frnest), président de la Société archéologique du dépar- 
tenieiit de (ionstantine. 

Monlezun, colonel en retraite, rue du Montparnasse, 18, à Paris, 

VI". 

MoNTÉGUT (De), ancien magistrat, à La Rochefoucauld (Charente). 

Morel (Léon), receveur particulier des finances, en retraile, à 
Reims (Marne). 

MoRis, archiviste du département des Alpes-Mari fi mes. 

Ottavi, consul de France, à Zanzibar, 

pACiART d'Hermansart, Secrétaire de la Société des anli(juaires de la 
Morinie, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 

Paty de Clam (Du), administrateur adjoint chargé du Cercle de 
Béréby (Cote d'Ivoire). 

Paul, profess(>ur au lycée d'Alais (Gard). 

Pérathon (Cyprien), à Au])usson (Creuse). 

PiCHE (Albert), à Pau. 



XVI 

MM. 
PiNATBL (l'hilippe), hibliollit'coiic vi ((inscivalciif du imisi'O de 
(laiiiios ( Alpes-Maiitimrs ). 

1*RAR0!SD (Eruesl), inenibre de la Sociélé (réiniilalioii d' MiKcvilIc. 

Privât (Le [jéiiéral), coniiiumdanl la 3'j* di\isi()ii diiiraiilci ic. à 
Peipijfiiaii. 

lUuouiN. iiolairt' lioiioiaiie. à (iliàteaiidiiii (^l'^iiic-cl-Loir). 

Hakkuay, consul {jénéral de France, au (iap. 

Ukbillet, lieulenanl-colonel en reliaile, à Matcm ( Tunisiej. 

Requin (L'abbé), à Avijfiion. 

Hkvon (Micbel), chargé de cours a la Faculté des lettres de riiii- 
versité de Paris. 

Rkvmond (Marcel), à Grenoble. 

RicouART, président de la (ioniinission des anli(|uités d('|tarli'iiM'ii- 
tales du Pas-de-Calais, à Arras. 

Rocher, consul général de France, à Tien-lsin ((ihine). 

Roman (Joseph), rue Casimir-Perier, 27, à Paris, vu'. 

RosEROT (Alphonse), ancien aichivisle déparleniontal , iiie iServan- 
doni, 1 1, à Paris, vT. 

RoucHON, archiviste du déparlenicnt du iNiN-dc-Dôiiic. 

Sabatier (Camille), inspecteur général des services adniinistralilVau 
Ministère de l'intérieur, en retraite, allées La Fayette, à Tou- 
louse. 

Saleim.es, professeur à la Faculté' de droit de l'Université de 
Paris. 

Saiirki, (L'abbé), ineniluc de T \cad<''iiii<' des >cicnc('s cl Icllics de 
Montpellier. 

SciiiKMKii, maître de conférences à la Faculté iU^s leltnîs de fLni- 
versité de Paris. 

SciniiiiT. archiviste à la direction des \icjii\es, nw des l'r.incs- 
Mourgeois, (io. à Pans. iiT. 



XVII 

MM. 

SoucAii.LK (Aiiloiiin), .sonV'taire de la Sociétf* arcli(iolo{fi<ju(; du 
Héziers (IK'iaull j. 

SoLLiCE, cousi'rvaleiir de la l)il)li()lh('()ii(' de la villr de l'an, 

Tkilkt, arcliiMsIc du d(''|)ailciiiciil des Landes. 

TnoMN, aiTliisisle deparlernental honoraire, à (ioiicarncaii (Fi- 
nistère). 

Thomas, membre de i'Insliint. profes-seur à la Faculté de.s lettres 
de rUniveisilë de Paris. 

TniiiiDEz (Le chanoine), ancien aumônier du Ivcée de lieinis 
(Marne). 

Vallée (Georges), député du Pas-de-Calais. 

Vkulaque (L'abbé), à Fréjus (Var). 

Vidal, bibliothécaire de la ville de Per|)i{jnan. 

\ IGNAT (Gaston), ancien président de la Soiict:: anliéolo(|i(|ue et 
historique de l'Orléanais, à Orléans. 

ViLBERT, secrétaire général des Phares de l'Empire ottoman, à 
Conslantinople (Tunjuie d'Europe). 

VissiKRE, professeur à ri'>.ole spéciale des langues orientales vi- 
vanlt'S. 



COlUlKSPOiNDANTS DU CO.MITK. 
MM. 

Adam (Georges), administrateur de 2" classe en Mauiilanie, à 
Saint-Louis (Sénégal). 

Arnaud, notaire à Barcelonnette (Basses-Alpes). 

AioAUD n'Ac^iEL (L'abbé G.), archéologue, rue Montaux, 10, à Mar- 
seille. 

AuERBACH (Bertrand), professeur à la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Nancy. 

Bardey (Pierre), négociant à \den (Arabie). 

AncHéoLOGiB. — iN" 1. » 



— vvm — 

MM. 

Baruv, président (le la Socii'-tt' |(liilomathiquo vosgienno, à Sainl-Dii* 
(Vosjfes). 

H\itiuKHK-Fi.\\\. incinhrc do la Sorit'tr archéologique du Midi de 
la l'iauce, ;i Puydaiiii'l (Haute-Garonue). 

llEAUvàis (Josi^ph), inlerprèle de inclusse à Yun-Nan-Sen ((ihine). 

Bk>z\('\r, professnui' à la l'andli' de ilioil de I Université de Bor- 
deaux. 

Bkrnaim), lieutenaul au h' régijuenl de chasseurs d'Afrique, à 
Tunis. 

Bkrtrand (Louis), conservateur du musée de lMiilipj)oviilp (Con- 
stanline). 

Beylié (De), nioiubre de la Société de statislitjue, des scieuites 
naturelles cl des arts induslricds de Tlsère, à (Irenoble. 

Bizut, conservateur du Musée de Vienne (Isère). 

Blossier, professeur au collège de llonl1(»ur (Calvados). 

BoBEAu, à Cormery (Indre-ol-Loiro). 

Bondurand (Bligny-), archiviste du département du (rard. 

BoNNEPOY, conseiller général du canton d'EnnezaI (l*uy-dc-l)ùnie). 

BoNNO (L'abbé), curé de (Iheiles (Seine-et-Marne). 

BoRDiKii (Le commandant), contrôleur civil en retraite, à Hamina- 
nx't (Tunisie). 

Boucher (L'abbé H.), recteur de rétablissement de Zi-ka-Wei , 
près Chang-Haï (Chine). 

Boulanger (C.), conservateur honoraire du musée de Péronne 
(Somme). 

Ho\i (Pierre), membre de l'Académie de Stanislas, à Nancy, 

BiuoiEHAYE, directeur de TLcole municipale de dessin, à Bor- 
deaux. 

Miioi iiiiKi. |)role.-,.-,cur à la l'aculh- di- linul de l'Université de 



XfX 



MM. 
BRur.HKT (Max), archiviste du d('^partemont de la Haulo-Savoic. 

(Iahanks, scrrolain' {fôiK'ral de la SocirU^ d'Iioilinilliiio du (iard. 
à Nîmes. 

(Iaména d'Almkida (I*.), professeur à la Faculté des lettres de Tlni- 
versité de Bordeaux. 

(Iaurikre, président de la Sori/'lé d'étude des sciences nalurell<;s 
de Nîmes. 

Chaii,i,an (L'abbé), desseivanl de Beauiecueil, près Aix ( Bouches- 
du-Bliùnc). 

Gharléty. professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 
Lyon. 

Charrier , membre de la Société archéologique du de'partement de 
Conslantine, rue Lavigerie, à Saint-Eugène (Alger). 

Chauvigné, vice-président de la Société de géographie de Tours. 

CuEYLUD (Emile), pharmacien, à la Hoche-Chalais (Dordogne). 

Claudon, archiviste du département du Pas-de-Calais. 

CoLLARD (G.), archéologue, rue de Metz, 46, à Auch. 

CoLLiGNON (Le docteur), médecin-major au ^b" régiment d'infan- 
terie, à Cherbourg (Mauche). 

CoQUELLE (Pierre), membre de la Société des éludes historiques de 
Paris, à Meulan. 

Couard, archiviste du département de Seine-el-Oise. 

CouRMONTAGNE, conservateur du Musée de Lambèse (Conslantine). 

Coutil (Léon), ancien président de la Société normande d'études 
préhistoriques, aux Andelys (Eure). 

CozETTE (Paul), membre du Comité historique et archéologique de 
Noyon (Oise). 

Dangibeaud (('haries), conservateur du Musée de peinture et du 
cabinet d'antiquités de Saintes (Charente-Inférieure). 

Dannreuther (Henri), pasteur de l'église réformée, à Bar-le-Dur. 



XX 

MM. 
UKitRuoK (A.), cinumis des l'osU^s et Téléjfiapljes, à l{ou[jic (Coii- 
sLinlinc). 

I)K(.i,.vri(.\Y. vicc-ronsiil île lliissie. à Rouen. 

1)k(;rand, consul de l"'iaiioe, à IMiilippopoli (Hiilgaiie). 

DiMSAUT (HaonI 1. viee-présidcnl de la Société arcliéolojp(|iie (ri'liiif- 
t'l-L(»ir. (doîlre Nolre-Danii». à Chartres. 

1)km,a>uks [\ai clianoiiie), à H.iyt'iix. 

Destandau, pasItMir de i'é[[lise réloiinée. à Muuriès (Bouclics-du- 
Rhône). 

DoNAU (Le capitaine), coniniandant du eerele supérieur de Kébilli 
(Tunisie). 

DoUBi.KT (''•). professeur au lyeée de Nice. 

OoiTTK ( lùlniond ). (diarjn' de cours à ri'^-ole préparatoire à ren- 
seignement supérieur des lettres d' Aljjer. 

Dkappiek (Louis), secrc^taire (l(! la Direction des anti(iuités et dos 
arts de la Régence, à Tunis. 

Dkiolx. avocat général, |)iès la (iour d'Orléans. 

Droiallt (Roger), receveur de l'enregistn-nicnl à Saint-Sulpice- 
les-FeuiHes (Haute-Vienne). 

UiJMAKAT (L'al)béj, curé de Saint-Martin, à Pau. 

DiJARRif:-DEscoMBES, vicc - pi'ésideut de la Société liislori(jue et 
arcliéologi(jue du Périgord, à Périgueux. 

Dlmas(K.). doyen de la Kacidté des lettres de II nivcisité de Tou- 
louse. 

I)i mas (Ulysse), archéologue^ à lîarou. par Sainl-(ilia|ites ((îard). 

hii'iiAT, prolcsscur an I\c(M' de Moclicloit ( (iliai cntc-lidcncure)- 

DiiRANCKi-, c(ui(luc|( ur di's poiil> f'i cji.iusst'es. à Mahdia (Tunisie) 

Dl'VKHm.v, archivi.stc du dcparlciiicnl de McinlIic-cl-Moselle. 

KcK (Théophile), con.ser\alcur du inusi'-c de Saint-(juentin (Aisne). 

LcKKi., arclii\ ^-^t«' du dt'-paitniiful de la llaulr-Saônc. 



XXI 

MM. 

I^'ayolle (I)k), (•(iiiscrviilciir (lu iiiiisi'c .s(;i(!iilili(|U(; cl .'iicli(!olo<[iqiio 
(le Priigiiciix, .iti cliàliMii df l'';iyolle, par Tocano-Saiiil-Apre 
( l)oi(l()|[lirj. 

KicuRAND ((J.il)riol), consul de l'^raiici' à Sltilljfaii ( Mlciiiafjne). 

Fi.AHAUT ((iliarics), |>r()ress<'iii- à la l"'a(Mill('' des scifiuuîs rie II ni- 
vcrsiN" (le Moiil|K'lli('r. 

Ki.AMAM), (•jiarjji' d(! cours à TKcolc |irc|tainloiio à l'cnscifrrK'mcnt 
su j)('' rieur dos sciences (rMjfci'. 

Fr.KURv (<lal)riol), membre de la Société historique el arcliéo- 
logi([ue du Maine, à Mamers (Sarlhe). 

FoucHEii (Le chef de balaiHon), coiumanflant supérieur fin cercle 
de Médenine (Tunisie). 

FouQUET (Le docteur), archéologue, au Caire. 

FouRNiER (Jose|)li). archiviste adjoint du département des Bouches- 
du-Hliùne. 

<iASSiES (Georges), [jrofesseur au coth-jn' de Meaiix (Seine-et- 
Marne ). 

Gauthier (Gaston), insliluleiir public, à Miirlin, [)ar Beaumont- 
la-Ferrière (Nièvre). 

Gautier (Emile), chargé de cours ii l'École préparatoire à ren- 
seignement su|)érieur des lettres dWlger. 

Gazier (Georges), conservateur à la Ribliolhè(|iie municipale, à 
Besançon. 

Gérin-Ricard (Henrv de), secrétaire de la Société de statistique de 
Marseille. 

GiRAUD (.I.-B.), conservateur du Musée archéologique de la ville 
de Lyon. 

(ioMBKAUD (Le Capitaine), du 'i" régiment de tiraiileuis algi'-riens, à 
Sousse (Tunisie). 

GoiivET (F.), conservateur du musée arclK'ologiijue de Sousse 
(Tunisie). 



\X1I 



MM. 

(iHAM) (Kojjer). ancien aicliivislc adjoint départemental, rue (lo- 
pniiic. -Ht, à Nantes. 

(iuANDMAisoN (IjUilis liOizKAi i)e), aichiviste du (1(''|>ail(Miieiil d'Iiidrc- 
et-Loire. 

(ruiLi-AUsiK (L'abbé), nrrhivisle du département des Hnnto.s- 
Alpes. 

Haillant, secrétaire perpétuel de la Société d'ëmulation des Vosges, 
à Epinai. 

Hanneïo, major an i/i'i'' régiment d'infanterie, à Hordeanx. 

Hknault, bibliolbécaire de la ville de Valenciennes (\ord). 

Hermann (Gustave), sous- piéfel honoraire, à Rxcideuil (Dor- 
dogne). 

Hii.airk (Jean), capitaine au 9.' régiment étranger, délaclié au 
bataillon étranger de Madagascar, à Sokaramx. 

llix.i.Ais, conservaleur du musëe de (lonstantine. 

IsNvRD. archiviste du département des Basses-Alpes, 

.Ia( OTiN, archiviste du département de la Haute-Loire. 

Jacquetto.n, administrateur de la commune mixte de Michelel 
(Alger). 

JoLY (Alexandre), professeur à la Médersa de (lonstantine, eu 
congé, à rKcole pre'paratoire à renseignement sujtérieui' des 
sciences d'Alger. 

.loLv (Charles), conservateur du musée de Guelma (Gonstanline). 

.l(»int)A>>K ((îaston), membre de la (iomuiission arcliéologiijue de 
Narbonne, à Garcassonne. 

Jovv (Krnesl), professeur au collège de \ itiv-le-l*^auç()is (Marne). 

Ji-LiKN, contrôleur ci\il suppléant, en disponibilité, aux Mées 
(Basses-Alpes). 

kii.iA>, professeur à la l'acuilt' des sciences fie I Iniversit*' de (ire- 
noble. 



XXIII — 

MM. 

KLKiNr.LAtJsz, prol'essour ù la Faculté d(?8 lellres do rUniversiti- do 

KiiNSTLKR (J.), professeur à l;i Fiiciillr des sciences de rUniversité 
de Bordeaux. 

Lahandk, conservateur de l.i l)ibli(jlli('({iif' de l;i ville el du Musée 
(lalvet, à Avignon. 

Labat (Gustave), ancien président de la Société des archives his- 
toriques de la (lironde, à Bordeaux. 

Lacroix (Francisque), conservateur du musée d'histoire naturelle 
de Màcon. 

liAFON, conducteur des ponts et chausse'es, à Souk - el - Arita 
(Tunisie). 

La Grasserie (Baoui de), juge au tribunal civil de Nantes. 

Lahondès (De), président de la Société archéologique du Midi de 
la France, à Toulouse. 

Laigue (De), consul général de France, à Trieste (Autriche). 

La\ore (Maurice), archiviste du département des Basses-Pyrénées. 

La Rogerie (Bourde de), archiviste du département du Finistère. 

Lauby (Ant.), préparateur à la Faculté des sciences de TUniversilé 
de Clermont. 

Laurent, archiviste du département des Ardennes. 

Lechevalier (A.), instituteur public, à Cuverville-en-(îaux (Seine- 
Inférieure). 

Leclerc (René), professeur au collège de Médéa (Alger). 

Legras (Jules), professeur à la Faculté des lettres de l'Université 
de Dijon. 

Lempereur, archiviste du département de TAveyron. 

Lesort (André), archiviste du département de la Meuse. 

Letvi.mi rier (Gabriel), publicisle, sous-préfet de Châteaudun 
(Eur(>-el-Loir). 



XMV 

MM. 
Lex, archiviste du (Irparlciiiciit de Saôiu'-cl-Loirc. 

LoRMiY, conservatour du ruiiM'c airlu'»olo{ji(jut> di- (ihiUdlon-sur- 
Seine (Côtc-d'Oi). 

Loni> (Ht'uii I, |)rolt'Sseui" à la KacidU^ dos Icltros d(> l'I uivcrsilô do 
bordeaux. 

LuMiÈnK (Aufpislo). |)li<>lnjfia|»lie. lue S;iiul-\ iflor-M()U|daisii', tî i . 
à Lyon. 

I^iMiKRE (Louis), |ihoto}jra|)lu'. rue Sainl-Vi(l(»i-M(iu|daisir. '.> i . à 
Lyon. 

Mvc.itN , arcliiviste du ("liAlcau de (iliaulilly (Oisej. 

Mallard (Gustave), avooal. à Saiul-Auiand (Tilior). 

Marçais (Williaui), dircclcur de la Médorsa. à Aljfor. 

MvRT()>>K (Emmanuel de), maître do conréreuces à la Farulh'' dos 
lettres de l'Université de Rennes. 

Masson, professeur à la Faculté dos lettres do Tl niversilé d'Aix- 
Marseille. à Aix. 

Mercier (Gustave), secrétaire de la Socié'tt' ar(liéolo}fi(|ue du d('par- 
tement de Constant ino. 

Merlet (René), archiviste du départomciil d Kuro-ol-Loir. 

Mktais (I/abbé), secrétaire-archiviste de l'évéché. à Gharires, 

MiNGAUD ((îalien), secrétaire {(éut-ral de la Socic'lé di'ludo des 
sciences naturelles de Nîmes. 

MoNCHicouRT, contrôleur su|)jd(''ant. sous-cIk-I du Imnau dos C(ui- 
Irôlos. à la Ri'sidence générale, à Tunis. 

MoREr, (IjO <liau(»int'), desservant do (^hovrières (Oise). 

Mr»ni\ (Louis), ty|)Oj{ra|dio. lixo droilo du (l.iual. -y'!, à Troyes. 

MouRLOT (Félix), inspeclour d Acadi'-iiiio . à Mt-uioii. 

Musset (Georges), hililiolJM'cairo de la villo ilc la lldcliollo. 

NtiVAK ( l)<iuiiuu|uc ), ai(li(M»lo|[uo, à Slax. 

0(,v;reau (François), [(ro\iseur du lycôi' de Toulouse. 



XXV 

MM. 

OuiiSKi,, l)il)li(tlli(''(;iii(' (le l.'i villi' de, Dijon. 

Pahisot (Lt; (locIcMir l'ieirc). |)ior<!.ss(Mir j'i la Faciillr {|<' iiK-drcinc 
(le l'Lliiivcrsil)' de Nancy. 

Pascaid, coiist'illcr à la (ioiir (ra|i|)cl df ( iiiaiiiht'rv. 

I'asqiikh, arcliivislc du dcjyarIciiM'nl de la I laiiti'-(iar(inno. 

I'awlowski (Aujjusle), nicndnc de la Soci('l('' de jj;(''()j;i'a|jlii(', (rajfii- 
cnllure, lettres, sriciicos cl ails de lUK-hcfoit, à Fouras ((jlia- 
rente-Inforicuro). 

Pkiion (Pierre-Alphonse), correspondant de Tlnstilut, président de- 
là Société t\os sciences liisloriipns et nahirelles de Paonne, à 
Auxerre. 

Pkrolsk, ai'cliivislc du di-pailcnicnl de la Savoie. 

Pktit (Aujfusle), arclii\isl(; dn départenicnl de la (loiréze. 

PrziÎ'Miks (An|fély), inslitnleur public, à pcrriércs (Ili-ranll). 

PiiiMi'i'K (André), archiviste du (h'partement de la Lozèr-e;. 

Plancouari), membre de la Commission déparlcMnenlale des anl!- 
quités et des arts de Seino-el-Oise, à (Ih'ry-en-Vexin, par 
Magny (Seinc-et-Oisc). 

PoNTBRtAND (Le Hculenant dk), chef du hni'ean des alFaires indi- 
gènes, à Zarzis (Tunisie). 

PoRKE, archiviste du déparlement de r^()nn<'. 

PoRKR (L'abbé), desservant d*^ Hournainville (Enr(\ ). 

Por.TVL (Charles), archiviste du dépaulemenl du Tarn. 

PoTTiER (Le chanoine), président de la Société arch(''(d<iifi(jue de 
Tarn-et-(îaronne, à Monlauban. 

Poi i.AiNK (L'abhé), desservant de Voutenav (Yonne). 

PoupÉ (Edmond), professeur au collèMc de Dra}j;ui{jnan. 

Poux, archiviste du dé|)artt'meMl de lAudt'. 

Pradère (Bertrand), conservateur du Musi-e du Hardo. à Tunis. 



XXVI 

MM. 

Prkntout, professeur à la Faculté des letlrcs de IL iiivcisitc de 
Caon. 

Quignon, professour au lycée do Beauvais. 

Rkgnault (Félix), rue de la Trinité, à Toulouse. 

Hégnier (Louis), archéolojjue, rue du Meilct, 9, à Evreux. 

Renault ( Henri -Eujjène), ollicier (radministratioti du jféiiic, à 
Tunis. 

Uu:hemond (Meschinet de), archiviste du départcineut de la (llia- 
renle-Inférieure. 

Robert, administrateur de la coimiiune mixte des Maâdid , à B(U'dj- 
Rou-Arréridj (Constantine). 

Roule, professeur à la Faculté des sciences de rCnivorsité de 
Toulouse. 

Sabarthès (L'al)be' A.), desservant de Leucate (Aude). 

Sabatier (Paul), correspondant derinstitut, professeur à la Faculté 
des sciences de l'Université de Toulouse. 

Sadoix (Eugène), inspecteur du Service des anti(|uilés et des arts 
de la Régence, à Tunis. 

Sainson (Camille), vice-consul de France, à Mong-Tseu, Yun-Nan 
(Chine). 

Saint -Venant (De), insj)oclour des eaux et forêts, à \evers. 

Sarran d'Allard (Louis de), membre de la Société des lettres, 
sciences et arts «la Haute-Auvergne t<, avenue de la Ré|)ul)li(|ue, 
3, h Aurillac. 

Sée (Henri), professeur à la Faculté des lettres de TUniversité de 
Rennes. 

SoYER(Paul), archiviste du département du Loiret. 

Thiers (Paulj. couscrvaleiir du Musée arrlié(»logi(|ue, à Narhonne 
(Aude). 

TnoisoN (Eugène), membre de i,-i Société JnHtoriijue et archéo- 
logique du ti.îlinais, h Lnrchant (Seine-et-Marne). 



MM. 

TnrBAi.KT (Ln capitaine), clicf du hurcaii dos affaires iiKlifjènes, à 
Zarzis (Tunisie). 

Trigkii (Uobert), président de la Sociét(^ historicjue et arcliéo- 
lo{ji(jue du Maine, au Mans. 

Trouili>aud, archiviste du déparlement de Loir-et-(!Ilier. 

Urseau, clianoine titulaire de la cathédrale d'Angers. 

Valran ((îaston), professeur au lycée d'Aix. 

Vaschaldk (Henri), à Vals-les-Bains (Ardèche). 

Véran (Auguste), arrhitecte des monuments historiques, à Arles 

( Bouclies-dii-Uhône). 

Vermkr, archiviste du département de TAube. 

Vesly (Léon de), correspondant du Comité des sociétés des beaux- 
arts des départements, rue des Faulx, 21, îi Rouen. 

Vidal (Auguste), chef de bureau à la préfecture du Tarn. 

Villeneuve ( L'abbé Léonce de), archéologue, au palais do Monaco. 

ViLLEPELET (Ferdinand), archiviste du département de la Dor- 
dogue. 



IMîOCKS-VElUiAUX 

DES SÉANCES 

DE LA SECTION U'AUCIiÉOLOGIE 

liT 
DE LV COMMISSIOIN DE L'AFRIQUE DU NOUD 



PROCKS-VERBAUX 

DES SÉANCES 

DE LA SECTiOrS D'ARCHÉOLOGIE 

ET 
DE LA COMMISSIOIN DE L'AFRIQUE DU NORD. 



16 JANVIER 1905. 



SEANCE DE LA SECTION D'ARCHEOLOGIE. 



PRÉSIDENCE DE M. HÉRON DE VILLEFOSSE. 

La séance est ouverte à k heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopte. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. HomoUe prie lo Comité d'excuser son absence. 

M. Tabbé J.-B. Martin, correspondant du Comité, à Lyon, 
envoie une note sur des inscriptions et fra{}ments d'inscriptions 
provenant des fouilles du quartier Saint-Irénée à Lyon. — Renvoi 
à M. Héron de Villefosse. 

M. Ulysse Dumas, à Baron (Gard), adresse au Comité deux 
notes, l'une sur les tumulus de Bolvezet, de Baron, et d'Aigaliers 
(Gard), l'autre sur des huttes de l'époque hallstatienne. — Renvoi 
à M. le D' Capitan. 

M. de Laigue, correspondant du Comité, à Trieste, envoie une 



notice des déi-ouvertes (ranlujiiile.s [)r('hLs(oii(|U('> laites à Nabrc- 
sina. près de Trieste. — Renvoi h M. Salonion Reiuaeli. 

M. de Saint- \ri(»iiian coniiiiiiiii(|iii' iiiir Irlirc de M. le Diicclcur 
des Rejuix-Aris, par hujiieîlc il iiiloriiK' la So'lion (|iic le l)a^ rcllcl' 
(pii surmonte la poi'te de If'jflise paroissijde de Nantoiiiilct . cl dont 
il a l'ti' (piestion dans la dernièi'e séance, a rtti classi' paiiiii les 
Monuments liistori(|ues par arrête ministériel en date du H) juillet 
dernier. 

Sont déposés sur le lîiireau les o;i\ra}je> suivants olVeris au 
C.ouiili' ])ar leurs auteurs : 

Le Moiit-Sdint-Miclirl vu Cdiiuic. par M. Aveneau de la (irautière, 
président de la Société polymatliicjne du Morbihan: 

fj (irrlirolofrir pi'i'liistonfiur à F E.rposdinu de igoo, par le même: 

(Jiieltjitcs statueltcs de hroiizr inédites, par le même; 

Slaluette ni hnwzr dOintcur. au Mimée de In Société jj(diiiniillnijn<- . 
par le même: 

H.rpltiialiitiis (iirltéolofjiques dans le cfiilir de la Bretairne aiiiionque , 
j>ar le même: 

Les elinmbies soutenaiiies arti/lcielles aniionranirs ^ par le uu'me: 

Le frnrdien du trésor, léfrcndc, |)ar le même; 

.1 Notre-Dame de (Jiwlren , par le même; 

Les vlllnffes préroinains en Bretairne armoiiti ni' . |)ar le mêuie: 

Histoire d'un clocher, légende, parle même; 

Les villes englouties des côtes du Morbihan, pai* le même; 

Dernières fouilles et trouvailles [aoàt-septembre i <)0ù). j»ar le un-me; 

Deur staliicttes en !>ois : saint Pierre et saint Paul, par le uiê'iiie: 

Le tumnlus du \étre. parle même; 

Un moule antique en terre cuite, par le mêuie; 

Dernières explorations dans la région montagneiusc de (Juénéran entre 
le BInvet ri Ir Sar [i 'S(^g-i (joo), par le même; 

La région de la Boche-Bernard an.T éiwques préroniainc. gailo-ninKiine 
et mi'rovinfrienne. par le même: 

Pne prnuienaile archéologiipie îi liulri/. |)ar le uiême; 

Montaigu-les-Trinps. par M. l'Oreedi-Taidv ; 

La clnipillr du clidtrau du (diainp-de-Baliiilh . par M. \ ichw (jnesné; 



— xx\m — 

.li'dii Goujon, anliilccfr. Lrs colonnes de Soinl-Mailon ri dit nuiiisoirr 
de Louis di' llrvir à Hourn , [»îir M. LtMiil (le Vcsiv. rnrT(^S|K»ii(l;iril tlu 
(jOtiiil(i, ;i l{(>iirii. 

('.('S oiivi'Jijfcs seront (l(!|)().s(''.s ;i l,'i l{il)li()lliè(]iii' iiiilion.ilc, ri des 
rciiicrciciiH'iils scroiil ;uli('ss(''s ;iii\ ;iiil(Mirs. 

M. le D' (Iapitan IiI iiii r;i|)|t()il. sur une shiLion de I e|)(><|ii(i 
acheuléenue, à K()sereuil-l{|oniay, près d'Aulun, sijjnalée el décrite 
|»ar M. Victor Ariion. (le rapport sera puMié ;/* e.iirnso dans le JJul- 
Ivlin airlicidofiiquc. 

M. le [)' (Iapitan expose au (loniité i(,'s raisons (pii lui ont l'ait 
surseoira la rédaction du rapport dont il était cliai'|j^é sur l(.'s fouilles 
de M. Félix ilégnatilt à Marsoulas (Maiito-(îaronne), Le rapporteur 
attend renvoi que M. Rejrnault doit faire de pliotograpliies et d'un 
choix d Objets recueillis dans ses fouilles. 

M. Puou lit un ra|)port sur une demande de subvention formée 
j)ar M. Léon de Vesly, correspondant du Comité, à Rouen, en vue 
de poursuivre l'exploration archéologi(jue du [)lateau de Boos (Seine- 
inférieure). 

Le Comité estime qu'il y a lieu de demander à M. de Vesly un 
supplément d'informations. 

M. Salomon Ukinacii lit un rapport sur une demande de subven- 
tion formée par la Société' des lettres, sciences et arts de Ilar-le- 
Duc, pour permettre à M. le D"" Meunier de poursuivre à Lavoye 
(Meuse) les fouilles dont il a consijrné les résultats dans un mémoire 
adressé an Comité : 

cfLes recherches de M. le D"" Meunier dans les ateliers céramiques 
(le Lavoye |)araissent avoir été' conduites avec beaucoup de méthode, 
et je n'hésiterais pas à demander l'impression de la notice qu'il a 
envoye'e à ce sujet au Ministère, si Touvrage de M. Déchelette, 
publié dans l'intervalle, ne devait obliger .\L le D"^ Meunier à remanier 
en partie son texte. Mais je suis d'avis qu'il est très opportun de 
lui accorder une subvention qui lui permette de poursuivre des 
fouilles si bien cotnmencées.'i — Adopté. 

M. Salomon Hkinach lit un second rapport sur une demande de 

Arciikoi.ocik. — N" 1 . c 



j>ub\oulioi) tonnée par .M. liaoul iJDuilli'iol . à Dijon , en \ ue d'achcvor 
l'exploraliou du tuiiiulus de La Fortelle, ù Boux-sous-Salniaise 
(Cùte-d'Or) : 

(T.M. Boiiillcrol a ooninicnct' dos icclicrclit's du plus ;;iand inléivl 
Hnns le vaste (ninnhis do La Forlollo. appaitonanl au j)roniicr à{jc 
du lor. La rolalidii (|u"il nous adresse de ses fouilles esl écrite avec 
une inconlosi iMo couijn'lonco ot arconipa[jn(''o d'oxccllonts dossins. 
Jo prio inslaniinont lo (loniilô ol la Diroclion coïn|)(''lonto dr lui 
arrordor la suhvontinn (ju'il s()lli('it(^; il v a nécossilc^ do nienor à 
bonin> tin les fouillos coiunionct'cs. ne sorait-co (|ue poui' ôvilor la 
doslrui'liou ou la (lispoi'.->ion dobjols |u'ô(iou\ pour la scionco, soit 
par des ôbouienicnls do terres, soit par dos rjiorclioui's do trésors 
ou des iiiarclKiuds (ranli(|uilôs. a — Adoj)to'. 

AL DK Lastkyiue présente une notice do M. Aniédée Hoinot, 
arrliivislo j)aléograplio, sur une miniature d'un manuscrit de la 
Hibliotlit'([uo royale d(! Municb, l'oprésentanf les travaux dos mois, 
cl on pro|)oso I insorlioii au liuUtlni airlicoUtgiqnv. — Adopté. 

M. Pbilippe liKUGKi! lit un rap[)orl sur un nn'uioire de M. lo 
D' Rouvi(>r, corrospon^hiut du Comité, à Beyroulli, sur neuf 
inscriptions plMuiiçionncs relatives au toinple (rEcliuioun à 
Sidon : 

rM. lo D' Roiivior a adresse au Comité dos ti'avaux bistoiicpios 
un nouveau ra|)port sur les Touilles du temple d'Eclimouu. au|)rès 
do Sillon. 

ffDej)uis la [)ublication do ses précédents rapports, neul" nouvelles 
inscriptions ont été trouvées sur des pierres do londation. Elles sont 
toutes idontifjues et io[)ro(luisont le texte de 1 ins( ription ijue j'ai 
communiquée launrt; di-rnière à lAcadéuiio d'apros une lettre 
du D*^ Scluvj'der, lo savant oriculalisto ipii est tonsul général de 
l'Empire (TAlIemaune à Bovroulh. 

ff La (•om[)araison de ces difléronLs textes a periuis do coudtlor 
les lacunes do celui (juo nous avions seul sous le> yeux, il y a un an 

"M. Rouvier a annexé à son rapj)ort une letlic du I)' Scbrœdor, 
dans la(jUollo ce savant établit le texte do ces inscriptions. 

fLa lecture et la traduction do M. Schru'der justilionl les con- 
jectures iujjénieuscs proposées par M. Clermont-tJannoau au sujet 
du nom du pi'ro du roi Rodastart, lo foudalour du lem|)l<-. Ce roi 
sappi'Iait iinu pa> S\ (Iv kpilon , njai> .laluDiiuirlek. 



XXXV 



ffKn ce ({iii concciru' l.-i (l.ih- de loiil ccl (M)senil)l(* i\v textes, 
iM. liuuviei- combat Tliv pollics*; de M. (JlerriMMil-lranneau (jiii les 
lait «lesrondre jiiscju'à l'é|)0(|iie ptolémaiquo. e( il soutient que le 
(léliiit iiii iiioitis (le la (lynaslie (ri'lciiriioiiii.-i/.ai .a|)|);ii't(Miail à 
iY'|)0(]UU (l(! la (lorriiiiatioii perse. 

(fJe deinaude rim[)ression du rapport de M. Houvier el de la 
ietlre du 1)' Sclinedcr dans le liullctin d\\ (ioiiiilé.r — Ado[»lé. 

M. Hkro.n i)k \ im.kkossk ap|telle rallenlioii du Comité sur un 
fraffiiuMit de j)olerie provenaul (TOraMije et coiisiTvé an Musée d(; 
Saiiil-Geruuiiu (u" oiOfi'y) : 

(f Ce Iragmen t vient (Kèlre publié dans Touvrage de M. .1. Déche- 
lelle. Ja's rases céramiques ornés de la Gaule romaine, t. 11, p. 3o5, 
n" l 'i 1 . L'auleur Ta classé avec raison jtarmi les niT-daillons à reliefs 
d'appli{|ue el à lé^jendes explicatives, mais Tintérèt du relief" n"a 
pas été suffisammeni reconnu. 11 est resté confondu avec les menus 
IVajfmenls indélerminés; il mérile d'être mis en lumière. 

tf(Juoique très j)olil et d'apparence modeste, ce fia^nncut ouvre 
une série nouvelle dans la classification des médaillons en question, 
celle des représentations relatives à notre mylholojjie nationale dont 
on pouvait s'étonner de ne rencontrer aucun souvenir sur les vases 
ornés sortis des ateliers de la vallée du Rliône. Tous les médaillons 
signalf^s jusqu'ici avec des sujets d'un caractère religieux se rap- 
portent, en effet, aux légendes des mvtliolojjies grecque, préco- 
égyptienne ou romaine, (jnelques cultes particuliers et locaux de la 
vallée du Rhône, ceux des Villes, des Tutelles ou des Génies de 
villes y trouvant place, il n'y avait pas de raison pour supposer que 
les fabricants de poteries ornées avaient négligé de parti pris la 
reproduction des types des divinités d'origine purement gauloise, 
des dieux populaires et nationaux auxcjuels le peuple était resté 
(idèle sous la domination romaine. Le fragment en question prouve 
que les potiers ne méritent à cet e'gard aucun reproclie, car il 
appartient à mi médaillon au centre duquel était représenté le 
buste du f)ii'ti an maillet. 

f Ce qui subsiste du sujet est peu de chose; Téclat provient du 
bord du relief. On y \oit cependant d'une manière très nette une 
main droite ouverte, soutenant un vase ovoïde, sans anse; près du 
vase, on lit les trois lettres . . .PR.O. . . , restes d'une légende en 
grande partie disparue; au-dessus du vase apparaît la moitié d'une 



j[iiirl;uulo de Iciiillajft'. l ne paît)»' (le la ooiironnc en fcuillos de 
laurier (jui encadrait le médaillon subsiste. Le Nase ovoïde, sans 
anses, tenu dans la main droite, est une des |)arti< iilarilés oarac- 
l(''risti(|ues di's li{»ures divines connues sous le nom de IHni au 
maillrt. Il ne |)eul y a\oir aucun doule sur la représenlalion à la- 
(|uelle se rapporte le Iraifincul Irouvéà Orange. 

K Les lettres . . . PKO . . . appartiennent au début du mol PR.O| pi- 
hum] (jui entrait dans une b'jjcude iusci-ile auliuir du buste du 
dieu. La conipositiou du mcdaillon élail aualojfue à celle des mé- 
daillons d(î \ i(Mine el d'Oraujfr ( Dt'chelelle, ibld., n"' 2 el.'î) ollraul 
le busie de Jupiter entouré de la lejf(Mule |./()'t//( ^;<)|P1T1|»;» /(e/;/.s|. 
Si un doule pouvait subsister à cet ('{[ard, il serait immédiatement 
levé |)ar la j)roduction dun autre médaillon découvert à \icby en 
i885 et qui m'a éU; si'pialé par M. A. Blancbet. On y voit un per- 
sonu;i{fc à mi-corps, coiffé du pilrus. tenant une oUa dans la main 
droite. Autour du biisie (ui lit : 

mmW M-PROPITIVM 
NOBIS 

cril est fàcbeux (jue la lé^jemle du médaillon de Vichy soit inconi- 
plèle. On peu! supj)Oser |rfc]VM; mais les lettres VM peuvent aussi 
bien appartenir au nom spécial, attribué au Dieu an inaillcl. Hieu 
n'empêche de pensera [.SV/cf//)|VM (ui à |.S'»cr//|VM. (;n atl(uidaul 
<|u'un me'daillon plus complet ap])orte la solution de ce petit pro- 
bl('nie. Nous avons donc le ferme espoir de retrouver sur l(>s mé- 
daillons céramiques à relief non seulement des leprésentalions 
curieuses pour notre mythologie nationale, mais aussi des légendes 
explicatives (jui contribueront à faire avancer nos éludes. C'est pour 
ce motif (|ue j'engage les correspondants du (:omit('à ne négliger 
aucun fragment de |)olerie, méuK! les plus insignilianlsen apparence, 
à les recueillir avec soin et à ks signaler. - 

La sea?i((! est levée à ,"> heures el cpiarl. 

IjC Secrétaire iidjmnl ilr lu Setlinii d'Archculogiv, 

Maurice l'iioi , 
.Mfiiibre ilu (ioniilû. 



XXXVII 



;'. l'Kvmi;!'. hior,. 



sïî]AN(:i<: Di-: i.\ si<x:Tro\ dmichkologik. 



l'IlKSIDKNCK DM M. HlillON l»K VILLKFOSSK. 

La séiinco ost ouveile à h heures. 

Le |)if)r("'>-v(Mb;il de la dciiiii-ic séance est lu cl adopti'. 

M. le Secre'laire donne lecluic de la correspondance : 

M. (]|i. Poilal. corrcsiioiidant du (îoiiiili', à Albi . envoie des 
notes sur (juelqiics londeurs de cloclics i\u \v' an wiii' mccIc. — - 
Uenvoi à M. Ku^fèiu' Lclèvre-Poiitalis. 

MM. Saloinoii Keiiiacli et (juillVey sont cliaq^és de rapports sur 
des ouvrages pour les(|uels une souscription a ("té demandée à M. le 
Ministre de Tlnstruclion publique. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants olleits au Co- 
init(' par leurs auteurs : 

Scraiucourt. Etude archôologitiuc , par M. (io(|uello, correspondant 
du (ioniili-. à .Meulaii; 

IjC pnrliail de Louis AI conservr à liéhnavd . par M. le cbanoine 
(il). Uiseau, correspondant du Coniit»', à .\ng(!r>; 

L'exposition des primitifs français en igoh, parle inèiiie. 

(îes ouvrages seront déposés à la liibliolhèipie nationale, et des 
remerciements .seront adressés aux auteurs. 

M. le docteur C\prrAX lit un rapport sur une demande de sub- 
vention loi niée par M. Félix liégnault, C(»rres|)ondanl du Comité à 



XXXVIII 



Toulouso, à relVt'l (le [(oiirsuivi'c les louillcs (|ii il ;i cnl reprises dans 
la caverne de .Marsouins (llaule-Garunue). 

I^e rapporteur rappelle les liavaux de débiaiemcnl opérés et les 
résultats obtenus par notre correspondant au cours des Touilles pré- 
cédemment snhvenlionnées par le .Ministère : aménafjenient d'une 
terrasse devant la grotte; découverte diin {frand nombre de silex, 
parmi lesquels des burins (pii onL|>u être utilisés pour jfiave-i' les 
fijyures des j)arois de la {polte; creusement d'une trancbée dans 
laquelle on a recueilli de l'ocre rouge (jui a dû servir à fiiiic les 
peintures; la moitié d'un {jodet de pierre, et des (K'nl> de renne, 
de cheval el de bœul". 

Le Comité émet le \nu que .\I. le Ministre de l'Instruction pu- 
blique accorde à M. lléj|nault une nouvelle subvention qui lui j)er- 
mette d'achever le déblaiement de la f^rolleet de pousser les fouilles 
jus(|u'à la base des parois. 

M. le docteur Caimta.n lit un second rapport sur une communi- 
cation do .M. Uhsse Dumas, do Baron (Gard), qui fait la suite de 
comnumicalions précédemment adressées par lui sur les tuniulus 
de lîclvezel (Gard) : 

trL'auteur signale les résultais que lui a Tournis d'aboid la Touille 
diin lumulus à Belvezet. Il y a ti'ouvé des fragments d'os brûb's, 
des débris de i'ev, une Tusaïole et la moitié d'un vase oriuMlun Tort 
curieux dessin géométrique consistant en deux rangées de losanges 
séparés par une succession de deux ]>arallélogiammes inclus l'un 
dans l'autre et réunis par deux bandes i)arallèles. 

ffPrès d'Aigaliers. au somme! de la colline de (iau\. au Nord- 
Ouest (lu liameaii de Maiignac, il existe une série de lunndus. 
M. Dumas en a Touillt' un de S mrtres de diamètre sui' o th. 'iB de 
hauteur. Il y a trouvé une cloche! te (?) de fer el uti rasoir de bronze. 
C'est la première l'ois (|u"il reuconire dans ses Touilles un obj«'l 
sendilablf. 

r.ladis il avait Touillé à côlé de ce lumulus deux sépultures su- 
j)erposées. l/inTérieure, halNlatieune (à inciueraliou), avec noni- 
bri'ux Tragmenis de poterie: la supérieure, avec squelette entier, 
contenait une ampbore de o m. 5o de bailleur, de terre jaune pail- 
letée de mica, (pie l'auteur considère comme? étant d'époque mar- 



XXXIX 



ilicniKî, cl ciiliii lin jfaliM de scliisle el un frfijfiiK'iit dr IimcIm' itolic 
iialuKillcim'iil advi'iilicft en un paroil milieu. 

'rDaiis l.'i foirl (le Taidro. [»i('s de H.iroii, M. Uiiiiiiisa IVniilir' un 
liiiiiiiliis à la |»aiiii' su|)('iifiin' (lii(|ii('| il a (;{{alciii(!iit Injiivt' des os 
inliiiiiif's t'I iiiic hoiilcillc (|ui , da|)r('s la lifMiro (jirij en (lonm-, <'sl 
Ifallo-roniaiiu'. Au-dessous, el. sur un dallaye formant lo fond du 
lumulus.il V avail une sépulture hnllslatinrme à incinéralion . un 
riajfment de {jrand anneau de ler el les débris de plusieurs vases 
dont uu à décor en dents de loup, id(!nti(|ue à relui di's v.'t^o« de 
Belvezet, de Lussan et de la Baume-Jjonjfue^^J. 

ffM. Ulysse Dumas a adressi; un second travail intitulé : Uiitles 
ou cabanes île l'époi^ue hallstatienne. Ce mémoire renterme le résumé 
(Tiin '^rand nombre d'observations [lersonnelleg qui ont permis à 
fauteur de conclure que riiabital do,^ populations du premier àjje 
du ier devait se trouver au pied des collines en liaul desrjuelles 
s'élèvent les tumulus. 

(fCest en ce point (ju'il a trouvé les vestiges de ces habitations 
sous forme de petites cases carréi^s construites en pierres brutes, de 
2 mètres de côté. Il y a recueilli un frafjment de fibule de bronze et 
des poteries identiques à celles des tumulus. 

ffll pense aussi que les oppida ont élé construits par ces popula- 
tions et utilisés plus tard par divers peuples, successivement. En 
somme, au premier âge du fer, les habitants de cette région con- 
struisaient leurs maisons à la lisière des forêts, au pied des mon- 
tagnes en haut desquelles ils brûlaient leurs morts, puis les enseve- 
lissaient sous des tumulus. 

r-Les hommes de Tcpoque nr-olilliifjue, au contraire, inbuiiiaient 
toujours leurs morts au somme! de lémincnce la plus rapprochée, 
soit sous des abris sous roche naturels ou dans des abris artificiels, 
ou des hypogées souterrains. 

«Ce mémoire, plein d'observations personnelles faites sur place, 
mériterait d'être inséré in extenso dans le Bulletin, mais fauteur se 
proposant de présenter à la prochaine réunion des Sociétés sa- 
vantes, à Alger, un travail d ensemble sur toutes ces recherches, 
il paraît préférable deii attendre l'achèvement pour le publier, s'il 

'" Voir ISulletin fiirlu'olvgujiif , igoi, |i. 25 1. 



XL 



V a lii'U, en tout on en partie, et de déposer le présent mémoire 
dans nos archives, en adn'ssani à Tauteur les remerciements du 
(aMuilé." — Adopté. 

M. UK I^ASTK\niE présente un ra|)port snr ImuIcI chrétien de 
Sainte-Croix, près de Salon (Bouches-du-Rhùne), dont M. de Gérin- 
Ricard a transmis la photographie au (lomité. 

M.LéondeVesly ayant lail pacNciiir au (iduiilé lesrenseifjnements 
suj)plémentaires qui lui avaient été demandés sur le projet qu'il a 
formé de pralitpier des recherches archéologi(jnes snr le plateau de 
l)0()s (Seiue-lnlérieure), M. Pnoi; ])résenlt' nn nouveau rajipoit snr 
la demande de subvention que notre correspondant a adressée à 
M. le Ministre de rinstrnolioii puhlicjue. Les vestiges d'anli(|nilés 
signalés depuis longtemps e( à plusieurs reprises sur ce t(>rriloire 
permettent d'espërer que des fouilles méthodiquement conduites 
auront pour 1 archéologie de fiuclueux résultats. 

Le CoMiilé l'slimc ipi il y a lien de seconder lexecnlidU dn pion'l 
de M. de Vesly et de lui accorder une subvention, d'autant plus (jne 
les sociétés locales et de {fénéi-eux donateurs se dédarcnl prèls à 
couvrir la jdus grande partie des frais de l'entreprise. 

M. Hkkon dk Viij.kkossk lit nn r.ip|)orl sur (pialrc inscriplionschré- 
tiennes, dont M. labbé .I.-IL Martin, C()rres|)on(lanl dn (iomilé. à 
Lyon, a transmis au (ioniilé des frottis à la mine de plomb cl des 
copies : 

f Les trois pi'emières proviennent des Irancbi'es laites pour réta- 
blissement d'une cave dans la maison de M. l'erla. (piartiei- Saiiit- 
Irénée, rue des Macchabées, à Lyon. Rlles sont conservées che/. 
le ]»roj»riélaire avec celles (pii oui éti- pn-cedemmenl (b'-con- 
verlesC) : 

'"' BuUelin arclii'iijiijiiijiip, ii)"'i. |>- xii- 



frHaiilciii'. () III. <)S; I.Hjfciir, (> III. V.>. — Les Icllrcs soiil {Tavi'-cs 
( fi'S l(''{[t'r('iii('iil <'l iiH'siirf'iil ('rnirdii o m. o*? • 

(roliiinlii' li'iiaiit un ( |jr;iii(li' cmix pallôc (coiuinlii-) 

lainoau dans le Lcc) avec À t't UJ (rosacf à 

(rosace à ([iialrc soiis la traverse) cinq pélalos) 
pétales) 

CONI YXQ-PUCIDAM CAPI^ QYIETEM 
MYHM TKMTITIA^ EXHOKRYini 
DYM CUP>A^ PPOPEBAÎ ADIRE HDEÎ 
DKNO QYA^REClPi; EUCTA fRYCTY 
5 INNO^MET GRAVITER JEIYNCTA^ AEVIJ 

NATI QYAM NEOAEYHT VIDERE NOnRI {sic) 
CAEUÎTE PÛTIY^AMPUXA MYHY^ 
NOÎTRYM UNIA; QYAesKMYJ DO^OREM 

cHRinn n qyotien; oratione; 

!.. JAHCTi; UEPE l,OCi; AMYMTA DEfERJ 

, , , , (fjrand vase cannelé , , , , 

(coionii)e) , , , (colonine) 

^ ' a deux anses) ^ 

ffLa liranclic |jiiiicipal(' de la croix placôf en h-tc du Icxto 
mosuro o m. lO; la Iravorso iiipsiiro o m. i3. 

wCo |t('|il |)()(Mii<' riiiH'raii'c de lo li{|nps so coiiiitosc de vers de 
11 svllaix's; il ne rciircriiic (|ii'imo sculo ahirvialion à la li'jiic i. 
coiiju.r q(uae). 11 oonticiil des idt'cs ol des exjirossions (ju'on rclidinf 
dans los textes contemporains de Lyon et de la région (". Il ne nous 
donne pas le nom de la défunte. 

(fA ia ligne 6, le marbrier a gra\é un au lii'u d'un Q dans le 
mot neq[u]aetinl. 



"' Cf. Coi-p. in.irr. lai., t. XIII, n° '«Hôi), quae miinrlniui nlitjuil : n° ti^ç)'», 
jaui saecla reliiiiiutms; [. Xli, n" a i l 'i , pifcta Deo, rlo. 



XLII 



II 



rllaiiloiir. 111.38; l.irjfiMir. o iii.3>?. — La liaiilctir di-s lettres 
('si (le (> m. ().") ; les Ictiri's (les deux prcmiiTcs lijfiics sont iiiscrilcs 
t'iilri' dt'iix diMihlcs Irails. Fi'ajjiiicnl : 

r^^;^C C o'c l,- N E T Y R P A T 
^'^^■-^mplA B R A ; E P Y k C- 

)YIMT INTACTA p,;- 
WA annoS X V I I I 1 ET ME ÏUrs 
f) mrnmï) lE^XXII DEfYN Oa 
'jin DIE 1111 IDY^ IYNIA; 

iomiW NOnRO AV1T0 «uj; 

(restes d'un nioiioj;riiiiiiiM' 
(lu (llirisl «'iiloiiri' (rmi (•(•rrio) 

fftîc iVajfnif'iil apparliéiil à lépilaiilic d iiiic jcnm' fille nioi-lc à 
1 f) ans. 

wA la ])r('iiiirr(' lijfnt;, le graveur a ajoulé un i^olil N au-dessus 
du ; il est prohalile (|ue le «jroupe de lettres ainsi roiii|»lélé a|i|)ai- 
tienl au verbe roncliuhro. ('o (|ui suit reste ceixmdant obscur : N esl 
douteux, ETYR esl ccrlaiii. Il .semlile toutefois ])ermis de songera 
une l'ormule analogue à ccdle du déliut (ruue inscription métricpie 
trouvée à Sainl-Jusl. c"esl-à-dire dans le même (piailier de Lyon : 

Hic cujus in hoc cotiduitliir nirmhni srpulrliro. 

rFji loiil cas. le déhul du rragiiieiil esl iiii'lricpie : 

[//o]c cniicl\vdtni\lur;' i)((l\cyun vi\eiiihrn sr^ulc(hro) 

fl{iine) viril iulnrUi | ^tor imuo^a 

-li'inlérêl du le\le icside suihuil dans la dalc //// iilur. jutiiax 
\tlnmi\ii(i. (III |(/r)m|//() iioslrn :\ril<i. 

r.M. laid)!' Mailiu pense (pi il s'agit de l'I. Avilus Maiinianus, 
pirlel du pK-loire en (^'2'À et consul d Occident en U'à'à. Mais le 



foii.siil (le 'i'.?i) csl l(Mijoiii-.s drsijfiK' |t;ii' .s(»ii miiiioiii MarniKunts : de 
plus, il r.iul i('iii;ir(|ii('r <|IM' le nom d Avitus csl pircrdi' k i du lilic 
iiii|)(''ri.il (loiiiiinis uo.slcr. Dt'S lors il s'jijfil d'un <'iii|)<'i(Mir; il iic jxmiI 
rlii' <|ii('sli(iii (|ii(' d'K|)!irchins Avihis, |>n'd('l du |)i(''loire Hfs (îaidrs 
sous Valciilinicii III en ^i3(), pi-ociniiu'' ciiiiiiTcur en /i5[> n l;i mort 
de Peironius Maxinius cl consul (rOrcidnil eu Ar)G"'. De Mossi (^' 
a diMMonlrt' (\\\on Orcidcnl , à la fin (rodohic cl au coniiiicncc- 
luciil de u(»\cinl)rc fiïyG , 1 auticc avail clc dcsi{jncc [)ar le roiisulal 
{[ EjKwchuts Ariliis; noire lexlc prome i[nr. celtt! rlcsi|riialion a eu 
lieu dès le mois de juin. En oulre, c'esl la j>reuiièfe fois (|ue le n(MU 
de reinpereui' Avitus ost rencontré en (îaulê sur un docnineiil ('pi- 
j;i'aplii(pic. 

ffL inscription csl ainsi tlalcc du lujiiiM 'jôO. 

m 

w Hauteur. () ni. '.\(>; largeur, o ni. 21. — Les Icllrcs sont belles 
et bien gravées aux (juatre premières lignes; elles oui oui. 0/1 de 
bauteur. Fragment de la partie gaucbe; débnl des lign(ïs : 



EPYfANIATFî 
fYNEREDYRo^r«|)Mj< 
M R n M P I A c ursa m.mM 
TI^NOTAI Wlmmmiu.-û 
f) B I 1, I ^ kmm^.^.mmmm. 

ffL'épita])iie (VEpiifanîa était en vers. VA', l'cpitaplic du diacre 
Einilius. trouvée à Andancc^^', où on lil : 

Emiliinti f/mn» funerr diirn 

Eu iiimiwn celere rnpidt 7nor.<f iinpin cursii. 



'" IJor/jhosi, CHFjUvri's, t. X , p. 733-7,36. 

'-' Jnxcr. rin: , vol. I, n° 79.^. 

(') Cfnp. iiisrv. Int., l. Ml, n° v>HCt-^. 



XLIV 



IV 



r Il.iiilcul'. o lu. .'{•!; laijfoiir. o m. -^O. — La liaiiliMir des lollros 
est (le o lit. o'.\. Kia|fiiit'i»l jfauclic; di'hiit des li];ii(>s : 

(rintcaii de lirni') 

IN HOC TYMV1,0 rcptie, 
CIT BONE MLMor,,;;-^ 
CONSTANT 'M^.v . .r / 1 
IN P A C E AN ï\m/Mrmol> 
:> 1 1 T P R I D E 1= k\mmr:m {»ir) 
T H E Y D R ym& 



"l.r iiM^iiic nom, (Jonstdtitiu.s. se rcliousc sur une iiisciiplion con- 
fi'mjKtraiiic. couservi'C à Lyon dans la ciNpIf de Sainl-liviKu''''. il 
osl inipossiblc dp savoir s'il s'ajfit ici (run lioninic on dune rciiiino 
el si on doit conipli'ler (!oti((inl\ius^ on Cotistti)i{\i<i\. 

"Larornmlc du déhul , in lux- Inmulo requincit bone mnnorie . so lit 
fiiMUicMiiucnt sur les niaibrcs du ciiuotit'n' de Sainl-liV-néc; les 
«'xcinplcs dalt'S se plarcnl cnli*' les aniu'cs /i(|'> et ^G-y'-'. Dapn^'S 
la loiini' des Icllrt's. uolic ins(-i'i|ilion |)aiall bien appailfuir à la 
]»i(Mui('i(' nioilié du vi' sii'clc. Elli' ne proxicnl pas du mkmmc endroit 
que les précédentes qni paraissent remonter au \' siècle et dont la 
seconde en tout cas est datée. Le mot THEYDORY doit appartenir au 
nom Tli('i«loru\rm^. L'inscription devait donc être datée par Tannée 
du rèjpie de Thierry l ou de Thierry 11 ''. Il est rejfrettahle <jue 
M. Tahhé Martin. an(|iiel le (lomilé doit deN remerciements pour 
ses excellentes couimnnications, n'ait pa> pu inditpiei- d'une ma- 
nière pn'-cise la pro\enance de ce dernier texte. - 



'•' Cmp. in»cr. lui., l. Mil, m' :• 'i i i . 

^»' Oirp. itucr. Int., t. Xltl. ii"' <M\'\ ;i nW.io. 

'^' ()l. jfs iiisrri|itiniis de (ioiidcs, Coi-ji. innrr. Iiil.^, I. Xill, n'" i5Hi cl iri3/|, 
(|iii di'-liiil*Mit |ijr In niéiiii' Inriiiidn i>t <|iii si- ItM'inini-nt rjrali'inciil par uni- dnto 
|)ortniit )'• nom «l'un Thiorrv, nntm X] ri'inm ilnmin Tlirinlnrifi ; uiilirlimir iiniiil» 



Xf.V — 

M. SAfii.Ki lil im r;i|>|K)rl sur iiii ()iivi;ij[(! poiif l('(|m'l iiiir 
s()uscri|)li()ii a clé (IciiiaiMlf'r à M. le Minislrt' d»- riiisliiM'lion pii- 
l)li(|ue. 

Lu séance esl levée à ij li(niies. 

Le Snrrrliiirc iiiljniiil ilr lu Srcliiin dWrilirnlnjrifi , 

M. Pitou, 
Moinhre du Coinilé. 



XLVl 



20 MARS 1905. 



SEANCE DE LA SECTION D'ARCIIEOLOCIE. 



PRESIDENCE DE M. HERON DE VILLEFOSSE. 

La séance est ouverte à Ix heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu ot adopté. 

M. le Sccrélaire donne lecture de la correspondance : 

M. iîlancliard, de la Sociélo liistori(|iic, arclié()lo{fi(]ue ol scicn- 
lili(jue (le Soissons, envoie au Comité une nolice sur les décou- 
verles d'auti(|uités romaines lailcs au lieu dit trie Chàleau-d'Ale- 
bastn'7), (le 190-"^ à \*)(tl). — Renvoi à ^L Salomon Reinacli. 

M. (le Saint-Venant, correspondant du Comité, à Nevers, adresse 
un m(Mnoiro sur le vieux château de Rarharie, à La Machine 
(Nièvre), dans la forèl des Minimes. — Renvoi à M. EuJjMmk; 
Lefî'vre-Pontalis. 

M. I ahhé Cazauran . arcliipn'lre de Miraiide. Iransmel au Comilu' 
la photo{jraplu(' (riine inscriplioii (hi iiiovcn ài|e. — Renvoi à 
M. Prou. 

M. l'Iysse Dumas, de Raron ((rard), eu\oie une uot(! relative 
au\ hiinuiiis de Rolvezel (fîard). — Renvoi à M. le D' Capilau. 

M. de Lasieyrie déj)ose un ménioirc de M. Co(|iicll(' sur les 
clo(diers romans de rarrondissemoril de Diepjie el eu propose Tiu- 
seili(Ul au Uitllrùn tnrlin)li)jn(jiir. \dopl('. 

M. Saloiiiou l!i'iua(di esl cliarjM' d un ia|)|Mirl sim' un ou\i'a{r(\ 



jioiir l(!(|u('l u)i(! s()U.s(ii|»li(ni a «itë (UMiiundi'îc à M. le MinisUc de 
i'Inslruclion piihlicjuc. 

Sont (lé|)()S('îs sur le hiircaii I«'m oiivrajfcs suivants oMoils au (iornili; 
|»ai' leurs aulcurs : 

L(i ipoltc des Fées et les iniilcs ifroUcs di- CAnsi-, |)ar M. 1 ahlx; 
Parât; 

La (rrotte du Tnlohitc. ri\<jOutlnii\ les Nomades, la Hoche awc clials, 
par le iiièuie; 

La Chaise-Dieu, par M. Rouchon. 

(les ouvra^jes seront déposés à la l}ibliolli('(|Uf' nationale el des 
remerciements seront adressés aux auteurs. 

Al. Jules GuiFFUKY lit un rapport sur une communication de 
M. Louis de Laigue, consul général de France à Trieste, relative à 
une fresque du w' siècle à la Chartreuse de Pesio : 

ff Dans son élude sur la fresque de la Chartreuse de Pesio, sitq^e 
sur le Pesio, à tî8 kilomètres Sud de Cuneo, M. de Laitpie se pro- 
pose de faire connaître une peintuie murale ou fresque peu connue, 
car elle se trouve dans un pays que ne visitent guère les touristes, 
d(; fixer la date approximative de cette œuvre d'art, enfin d'identi- 
fier un des personnages rej)résentés avec un chartreux d'origine fran- 
çaise, ayant joué un certain rôle politique au milieu du xv" siècle. 

«La description détaillée de la peinture à demi dévorée par l'hu- 
midité, jointe à la [diolographie de cette Vierge protectrice des 
Chartreux, remplit assez bien le premier but (|ue s'est proj)Osé 
l'auteur, sans toutefois nous édifier bien exactement sui- la valeur 
de l'ceuvre. 

ff Certains rapprochements risqués par M. de Laigue pour expli- 
(|uer la coiffure de la Vierge, appelée, dit Pauteur, un «rbicoquetT», 
comme pour justifier la division des Chartreux, abrités par le 
manteau protecteur en moines barJ)us, groupés à gauche, et en 
moines imberbes, placés à droite, nous paraissent un peu hasar- 
dés. Kn faisant toutes réserves sur cette deuxième partie de la 
note de notre correspondant et sur ses recherches relatives au rôle 
joué par le Père Leco(|, chartreux d'origine française, mort 
en i'k58, c'est-à-dire à une (|;i(c hicn ;int(''rieure à Texécution de la 



XLVIII 



fres(|U(' (Ml (|iit'>li<)ii, nous proposerions ce|)i'ii(l;iiit de limjirimcr 
dans le Bitllrdn si la pliolojfrapliio ()ui accoinpajfnc U\ Icxlo pouvait 
èlvv reproduite. Il sérail, en elTel,bien dilïieile de roiii|)ren(lre les 
explications et coninientaires de rauteni- sans avoir sous les Y*^u\ la 
rcproduclion df i;i prinliirc.^ — Adopli'. 

M. Kujjène Lkfkvrk-Pointai.is lil un rapport sur une liste de fon- 
deurs de cloelies du xv*" au wif siècle, r()iinuuni(|uée pai' M. (ili. 

Porhil, arcliivisle du Tai'u , corrcspoudanl du (ioiiiilé : 

t. \olrc correspondant . M. Portai, nous adresse des noies hio- 
i;r;iplii(jues sur vin||l-frois Tondeurs de cloelies (|ui ont ti-availle dans 
I AlhijM'ois du xv*" au xvm'' siècl<'. (îVst une eourle liste qui nu-rite 
d (Mrc im|)rini(''e dans le Bullrdn archrnioffiqur, car elle résulte du 
depouilleiueut de [)ièees (rarcliives dont la cote esl soigneusement 
indicjuée. L'auteur ne dit pas si (jiiehpies-nnes de ces cloches 
existent encore aujourd'hui, mais il aj)porte de nouveaux docu- 
ments pour la vaste enquête eampanaire (huit M. Rerihelé a pris 
riniliative.75 — Adopté. 

M. Saloni(U) Hkinach rend coin(»le d'un mémoire de M. le 
D*^ Meunier sur Tétahlissement céramique de Lavove (Meuse) et 
conclut à rimpression dans le Bitfletlu (irclirolofrique. — Adopté. 

M. Salomon Reinach lil un rapport sur une comuninication de 
M. Louis de Laigue, relative à l'exploration (riine caverne à osse- 
juenls sise à Mabresina, pix's de Ti'iesle : 

rM. de Laijfue. consul géni'ral de France à Trieste, signalé au 
(iomité l'exploration récente, par M. le professeur Moser, d'une 
caverne à ossements située à Nabresina, près de Trieste. On y a 
recueilli des restes (ïirsus spelacns, de Hos primifrnnus. de FcUs 
sprlaeti. de loup, de cerf. Plusieurs os paraissent porter des traces 
dulilisation par riiomnie. La caverne, <|ui a été habitée à diverses 
épo(pies, a donné aussi des tessons de poterie grossière, des outils 
de silex, de petits morceaux de (diar'bon de bois; enlin, M. Moser 
y a trouvé une mâchoire humaine pourvue de ses molaires, dont 
l'une, il peine di'\elo|q)ee. pKiuve que le sujet est mort avant I àgC 
adulte. 15 



X1J\ 

Le iiiémoin! de M. d»; Laijju»; sera (h'posc aux arcliives du 
Comité. 

MM. PhHi|>|M; Hkii(;i;u, .liihîs (iuippuKY et Saiomon Hrinach lisent 
(les tap|»()rls sur des ouvrajjes pour lescjuels une demande de 
souscription a (Hr adressée ù M. le Ministre de l'Instruction pu- 
l)li(]ue. 

M. (Iagnat annoncer au Comit(^, d(^ la part de M. le capitaine 
iMolins, que cet officier, aidé de deux de ses camarades, MM. le 
capitaine Conlortini et le lieutenant Sautriau, a découvert dans les 
fouilles qu'il a faites sur le territoire de Montfort, près de Nar- 
bonnc, une statue d Hercule brisée à hauteur du genou. 

Dans les mêmes fouilles, il a trouvé deux fragments d'une in- 
scription funéraire ainsi conçue : 

O V^ 1 /A V 1 

M A R ITVM / 

1 V 

L • i V A V I S 
SIBI • ET- P AT ^'^^ 

De Iri's nombreux morceaux do vases, avec sujets figurés ou 
uuiri[ues de fabrique, continuent à être recueillis au même lieu. 

La séance est levée à 5 heures. 

La Secrétaire adjoint de la Seclion d'urciiéulni^ie , 

M. Prou, 

Membre du Comilé. 



Arcuéologik. — i\° *2. 



BEUNIOîV AIVIVUKF.LK 

DES 

Di:LK(iUI^:S DES SOCIÉTÉS SAVANTES 



sÉANCK (;ém':i{ale d'ouvkuthuk. 



La Uy n'iinion des délégués des Sociétés savantes de la France 
s'est ouverte le mercredi i () avril, à o. heures précises, à T^eole 
de médecine el de pharmacie d'Alger, sous la présidence de M. Ii(''- 
roii de Villefosse, membre de TlnsUtut, président de la section 
d'archéologie du Comité des travaux histori(]ues o{ scienli(i([ues, 
et de la Comuiission archéologique de l'Afrique du Nord, conser- 
vateur au Musée du Louvre, assisté de x\I. Bayet, directeur de TEn- 
seignemenl supérieur, et de M. Raoul de Saint-Arroiuan, chef du 
bureau des Sociétés savantes au Miuisière de llustruction pu- 
h]i(|ue. 

Liaient présents : MM. Darboux, René (lajfnat, Paul Meyer, 
meud)res de riuslitul; \ idal de La Blache, Henri Cordier. Maurice 
Prou, Gaziei . le docteur (lapitan, Hondas, G. Harmand, ïoutain, 
Albert Hallu, le rloclour Lcdé, (iaslou de Bar, lueuibres du Comité 
des travaux historiques et scientili(|ues ; Jeaumaire, recteur de 
l'académie d'Alger; Christian, directeur de rLupriinerie nationale; 
le cornuiandanl Lacroix; le baron llulot, secrétaire général de la 
Société (le gi'ographie de Paris; l Iricli de l'onvielle, L. Salefran- 
t|m'. Ilonet-Maury, Boyé, Cocpielle, le docteur I)ej(Niune. A. Bes- 
uard, Coutori, i^Trnelt, B(;rg; M"*" Marie Bouchez, Générés; M""^^ de 
Salberg; MM. Chouel , (Chalande, Buret, Craticioni, Gros, Debruge, 
Devaux, L. Dumas, A. l'âge, le maicpiis de Kayolle, l'abbé Levis, 



Oh. GriHnn, !*■ harori Jules de Gueme, Lebèijue, Lesacq, Lanissol, 
Hausfir, M. cf M"" Knnlz; MM. Israël L(>vi, Charlfs l.plorl, II. Lc- 
moin»', Lasnicr, Isidotr \J'-y\, Lalon, Leunier, do Lnpradc; M. et 
M'"" Moilz; MM. Uodcdplio Roy, Pilloy, Rochohiavc, Pawlowski, 
Tabl»' Hidiard, Ma'piclonuc, .Ican M<^tia, llonri Muloaii, Gorvicz, 
E. Olivinr; M'"' Hlancho Roy; MM. K. Rupin, dorfciir Vidal. Paul 
Sorvonnol, Trull'aull, Sautoroau, Tarido, do Valois, lo lieutouaut- 
coloncl do Villars. do Molylinski, diroclonr do la Modersa do Con- 
slaiilino; MM. le doclouf (iurlillot , diiocfoJir, ot lo doclour Rruch, 
diroclour lioiiorairo dt' ri'><)l(' do modorino ol do pharruacio d'Al- 
ger; MM. Trabuf , Batlandior, Srherb, Malosso, Reulayfjue, (irirnal, 
prol'ossours à la ni(^mo ocolo; MM. Tbévenot. diroclour do PKcolo 
dos scioncos (rAljfor; Trôpied , M('{j(!, Poujjet, Bounbiol, Fhiuiand, 
Vif|iiier, professeurs à la même école; Mesplé, directeur de TEcolo 
supf'rionro do.s iotfros d'Alfjor; do PeyrirnliofT, directour do TAj^ri- 
nilluro ol du Commerce au gouvernement gônéral de IWIgérie; 
Lamourefte, inspecteur d'Académie; Audran, Wollz, Suborbie, 
professeurs au lycée d'Alger; Charpentier, professeur à l'Ecole su- 
porieure de droit d'Alger; lo lioulonant-colonol Laquiore, Emile 
Rroussais, Ilinglais; M"" Counet; MM. Auger, Poscheux, Piat, Ro- 
tiaa, Nicollef , etc. 

Au uoni de M. lo Ministre de l'inslructiou publique et des Beaux- 
Arts, M. Héron do Villefosse déclare ouvert le Congrès des Sociétés 
savantes et donne lecture de l'arrêté qui constitue les bureaux des 
sections. 

Le bureau do la Soction d'archéologie est ainsi constitué : 

Président de la Section : M. Héron de Villefosse; 

Secrétaire ; M. de Lasteyrie; 

Secrétaire adjoint : M. Prou; 

Présidents de séances: MM. Horon de Villefosse, de C. Molvlinski, 
Georges Perrol, Paul Gauckler, René Gagnât, Waille, de Lasteyrie, 
Marçais, le docteur Capitan, Robert. 

M. Héron de Villefosse prononce ensuite l'allocution suivante : 

w Messieurs, la date choisie {)our la réunion d'un Conj^^og archoo- 
logiqno à Athi'nes nous privo aujourd'hui d'un certain nouîbro do 
nos confrères : ce qui peut nous consoler de leur absence, c'est la 



Ml 



jH'nsde (|irils tr.ivaillcnl à cclU' licurc avec une ardeur ('{jalo à la 
notre ef qu'ils poursuivent le uièuie but que nous, dans une con- 
trée où la France vient d'accomplir la {frande œuvre des fouilles de 
Delphes. 

ff dette anni'e. pour la preniii're lois, la \ille d'Alfjer a e'ié dési- 
gnée comme le siège du Congrès des sociéte's savantes. Ai-je besoin 
de vous dire que cette décision a été partout accueillie avec une 
véritable joie. Ceux d'entre nous <jui, d(!Jà, avaient a|)pris à aimer 
l'Algérie et qui conservaient au loud du cceiir l'espérance de la re- 
voir, ne pouvaient mancjuer de saisir une occasion aussi favorable à 
leur désir; ceux (jui n'avaient pas eurore eu la bonne fortune d'ad- 
mirer un pays vers lequel ils se sentaient attirés depuis longtemps 
se sont réjouis d'y venir. 

«• Aussi nous arrivons nombreux. De tous les points de la France 
nous accourons, soucieux d'apporter un témoignage de notre estime 
et de notre reconnaissance aux hommes distingués qui travaillent 
ici à faire aimer nos idées, à augmenter le prestige et le renom de 
la patrie. Notre première pensée est d'exitrimer à nos confrères algé- 
riens les sentiments que nous inspirent à la fois leurs travaux et 
leur dévouement. En leur adressant avec une émotion très sincère 
un alTectueux salut, je me lélicile d'èlre votre interprète auprès 
d'eux; c'est un honneur (pie je n'oubliei'ai pas. Ils aj)parlienuenl 
jxtur la plupart aux grandes associations qui, depuis un demi- 
siècle, se sont libiemcMit développées sur la tei-re d'Alrique et cpii 
méritent à tant de titres nos cordiales félicitations. Celles d'Alger, 
de Constantine, d'Oran et de Hône comptent parmi les plus an- 
ciennes et les plus inq)ortantes. 

«Ce sont elles qui nous font connaître chaque jour le butin nou- 
vellement conquis et qui le mettent en valeur. Elles sont ici connue 
i'avant-garde de la science. Si leur marche laborieuse s'est quelque- 
fois un j)eu ralentie, elles ont retrouvé proniptement des forces 
nouvelles. Les hommes qui les ont fondées, ceux (jui les ont diri- 
gées avec un zèle admirable, ont su grou|)er el relenir autour deux 
les meilleurs ouvriers de notre pénétration iiilellectuelle. 

ffL'accucil de la \ille d'Alger, Messieurs, vous montre assez com- 
bien elle est sensible .'« votre visite. Vous êtes les bienvenus dans re 
pays qui s'apprèt»? à vous concpiérir. Les représentants les plus au- 
torisés des sciences qu«' vous cultivez, les houmios renommés par 
leur maîtrise en tant de domaines divers, sont venus de tous côtés 



au-devani de vous; ils vous ctiloiircnl , lir'iircux rie vous rccevoii', 
liciiroux de vous montrer loul cf (|ni n ('-l)'- l.'iil ici pour h', projfrès 
de la science cl pour TanK-lioralion du sort de riiuiiianiti*. Ils sa 
disposent à ëchanjjer avec vous des communications destinées à 
ré|iandre la lumière sur les sujets les plus var-i('s. 

" (Icrtaiucmcnt , c'est avec une im[)ressioti (respt'ra uc(î (pu; vous 
avez (Ic'jà parcouru le projfrarumc des li-av.-tux du Con^jrès : il est 
comme le reflet de nos intentions acluclles. Aux jff'tiéreux ellorls 
des savants (jui s'attaclieni à élarjj;ir le cliamj) de Tactivité humaine, 
ù encourajjer les combattants de la vie, à les dirijjer vers des voies 
nouvelles, nous applaïulissons sans réserve. L'ex[)loitation des ri- 
chesses naturelles du sol, rame'lioration de la santé publique et du 
bien-être général, le développement moral de Tindividu, préoccu- 
pent à juste litre chacune de nos sections. Nous leur souhaitons de 
traiter avec un j)lein succès ces grandes questions d'un intérêt vital 
et pralicpie. 

ff Pour nous qui cherchons surtout à interroger le passé et à y re- 
cueillir des enseignements, le terrain de nos recherches s'agrandil 
sans cesse. Voire concoui's assidu nous oblige à étendre indéfiui- 
meul ce domaine, car vous nous apportez, sans vous lasser, les 
('lémcnls épars de la vaste enquête scientifique sans laquelle toute 
généralisation serait stérile. Les titres des mémoires dont nous de- 
vons entendre la lecture nous ont déjà donné l'assurance que l'his- 
toire, la géograj)hie. les antiquités, le langage, les mœurs et les 
institutions des dillerents peuples qui nous ont précédés fournissent 
à vos investigations de nouveaux et de nombreux projets d'études. 

wLe moment est donc venu, Messieurs, de commencer nos Ira- 
vaux. Rn examinant en commun tant de questions attachantes, nous 
eîi d(''COUvrirous plus lacilément la solution et nous gagnerons à 
notre cause de nouveaux adeptes. Des liens étroits s'établiront entre 
les hommes de science et les hommes de bonne volonté. Une telle 
collaboration ne peut produire que des fruits heureux. Nous avons 
le ferme désir de faire aboutir nos recherches qui se lient au pro- 
grès de la civilisalioii. Meltons-nous donc à l'œuvre avec une entière 
confiance, avec une pleine liberté d'esprit, avec cette passion de la 
vérité dont nous sommes tous animés. Lorsque notre tâche sera 
accomplie, chacun de nous éprouvera la satisfaction intime d'avoir 
utilement travaillé ]>our la grandeur de la France et pour sa glo- 
rieuse renommée." 



LIV 



Le Président invite les délégués des Sociétés savantes à se rendre 
dans les locaux qui ont été afFrctés aux diverses sections. 

La séance est levée à 3 heunîs et demie. 

Le Secrétaire adjoint de la Section d'arcliéologie , 

M. Prod, 

Membre du Comité. 



i 



r.v 



SÉANCE DU 19 AVIUL lOOf). 



SOIR. 



PRÉSIDENCE l)K MM. lIKROiS DE VILLBP08SE 
KT DE C. MOTYI-INSKI. 

M. ToifTAiN, membre de la Commission de rAfrlque du Nord, lit 
im mémoire sur le limes Tripolitanus. l\ expose, eu s'appuyant sur 
les découvertes faites dans le Sud-Tunisien par plusieurs ofïiciers, 
ot en Tripolitaiiie. par M. de Matliuisieulx . ((uel jetait le tracé du 
limes entre Telmine (Turris Tainallmi) et Lebda [Leptis magna). 
Le limes franchissait, au Sud du pays des Ahouaya,la crête monta- 
gneuse qui sépare le Sahara do la région du littornl. en suivait le 
pied oriental depuis le Djebel-Tlalet jusqu'aux environs de Dehibat, 
puis remontait sur le plateau saharien dont il longeait Textrémité 
septentrionale jusqu'à Lebda, 

Du limes partaient des routes Stratégiques qui reliaient cette voie 
priiici{)ale aux forts construits en plein désert à Ghadamès. Charia- 
el-Gharbia, Bondjem. M. de Mathuisieulx a retrouvé l'une des 
bornes milliaires de la route qui conduisait à Gharia-el-Gharbin. 
Cette borne porte le nom de Caracalla et est datée de l'année 9 1 
après Jésus-Christ. 

M. Paul Gauckler, directeur des antiquités de la Tunisie, donne 
lecture d'un mémoire dans lequel !\f. le capitaine Lk Bobuf a consi- 
gné les résultats de ses dernières recherches sur le tracé de la \o\e 
romaine de Tacape (Gabès) à Aquae Tacapilniiae (El-Hamma). Il a 
relevé une série de ruines romaines sur une ligne droite de dix- 
huit milles dont il a marqué le tracé sur une carte annexée à son 
mémoire. 

Lecture est donnée d'un mémoire de M. Ernest Mrrcikr. prési- 



dont de la Socit'tô archéologique du département de (lonstantine, 
correspondanl hon(»raiio du Ministère, consacré à l'histoire de la 
race hiM-hèrc. Laiiteiir |)asse en revue et discute tous les textes des 
auteurs anciens lelatii's aux Berhères; il examine les relations (jue 
ceux-ci ont eues avec les autres peuples et spécialement avec l'Kgypte. 
Il dresse un tableau de toutes les trihus berbères, discute les di- 
verses théories sur les origines de cette race. Puis il nous montre 
les Berbères sous la domination romaine : la romanisalion ne dé- 
passa pas la surface et ne modilia pas les mœurs ou le caractère de 
la race. Enfin Tautenr recherche les conditions faites aux Berbères 
j)ar la conquèt(> aiahe. En résumé, les Berbères ont maintenu leur 
civilisation |>r(>|)riî aussi bien vis-à-vis des Arabes que des Bo- 
mains. 

M. (lagnat donne lecture d'un mémoire de M. Paul Monckaux. 
L'auteur discute le récit martyrologique appelé Passio Folicis ou 
Acta Felicis (évéque de Thibiuca) et montre commeni la relation 
primitive a été altérée par des additions. 

M. Louis PoiNSSOT, élève diplômé de TEcole des hautes études, 
lit une notice sur les stèles de la Ghorfa. Dans un mémoire qui n'a 
paru qu'après sa mort, M. du Coudray de La Blanchère a ('tudié 
longuement des stèles conservées jadis pour la plupart à la Ma- 
nouba, dans les collections du prince Mohammed, lils du khaz- 
nadar. 

Sans discuter ici les commentaires peu probants, inspirés par les 
liguralions de ces stèles, on essaie de reclilier ce qui a été dit de 
leur origine. On doit renoncer à l'origine thuggensienne commfe 
à l'origine carthaginoise; la présence d'une stèle de cette série à 
Dougga n'est pas une objection. Les indigènes déclarent, en effet, 
([u'elle V a ('té apportée par les soldats du Khasnadar. Il y a lieu, 
au contraire, de tenir compte de l'indication donnée à M. de La 
Blanchère par les soldats du Khasnadar, indicalioii (jui ctuicorde 
avec les mentions de l'inventaire du Musée du Louvre (année 187G), 
et il faut attribuer à la tlhorfa (Bahiret-el-dliorf.i). j)laine située 
entre Makiar et Dougga, ces curieux monumenis. M. Poinssot 
cherche à dresser la liste de ces stèles, dont plusieurs ont ('lé jus- 
qu'ici mal décrites. Il n'y a |)as lieu d'y rattacher, comme ou l'a 



t.VII 



l'ait, une si'rie do stMcs Hii IMiisf'e Hrit."miii(|ii('. (|iii pn-scntcnt avec 
celles-ci (|ii('1(|ik»s .■iiiaiojjios. 

M. ToiJTAiN présente (|ii('l<|U('s observations tendant à l'aire res- 
sortir riiiiportaiice des stMcs di' la (Jlioi'la an point de mic de Tiiis- 
toire des relijjions africaines. 

M. Gaic.ki.kr ajout*' sur forijpnc de ces stMcs (juehpics rcnsci- 
IfiienuMits qui rcnlorccrit les liypotlièscs de M. Poinssot. 

M.LK PitKsiDKNT ra]»p('lle (pic la provenance de la flliorla lui a\ait 
été indiquc'c des TaiMn'c iS-yf) par .Maiaspina, Tancicn {fuidc de 
Victor Guérin en Tunisie, qui connaissait mieux que personne 
toutes les découvertes arcliéolo{jiques faites à celte époque pour le 
compte du Miaznadar. 

M. Gagnât lit un rap|)ort de M. Tabbé Leynaud sur les fouilles 
(jue celui-ci a faites, d'abord en collaboration avec M. le docteur 
Garton, puis seul, de 1908 à 1906, dans les catacombes cbré- 
tiennes d'Hadrumète (Sousse), dont la première galerie avait ('If' 
découverte en 1889 par M. le colonel Vincent, avec le concours de 
MM. le commandant de Lacomble et le lieutenant Hannezo. Knsuile. 
MM. le capitaine de Bray, le lieutenant Taiihade et le capitaine 
Ordioni en avaient continué Texploration. 

Les galeries, dont plus de quarante el une ont été jusqu ici re- 
connues, sont taillées dans le tuf; la largeur varie de o m. 70 à 
s mètres; la liauteur ne dépasse pas 9 m. 5o. Elles présentent la 
UKÎme disposition que les gabmes des cimetières romains. Les lociili, 
qui s'élagent le long des parois verticales, sont iérmés par trois 
grandes tuiles; les inscriptions, très concises, sont tracées en noii- 
sur les tuiles, ou gravées à la pointe sur la cliaux. rarement gravt'es 
sur marbre. 

Les fouilles les plus récentes ont fait découvrir une cbambre 
avec locuU et arcosolitim, à laquelle aboutissaient cin(j galeries. Dans 
le voisinage . M. Tabbé Leynaud a trouvé une inscription d'un 
certain Longinm ornée de deux symboles, le Bon Pasteur et la 
Golombe. 

M. le Secrétaire donne lecture d'une étude de M. Sai.adin . membre 



de la Coiiimissioa de 1 AlViiia»' du Nord, sur le développeiuenl de 
Part musulman. 

La séance est lev«»e à h heures. 

Lt Secrétaire adjoint de la Section d'aroltéoloffit, 

M. Prou, 

Membre du Coinité. 



SEANCIi: DU 20 AVKIL lOOf) 



MATIN. 



l'HKSIDENCK DE MM. DE LASTEVUIE ET PAUL r.AlICKLEK. 

M. RK^-ATTAR, correspondant honoraire du Ministère, à Tunis, 
lit uu niéuioiie inlilulé : L'espril libéral du (Jor<in, <'l dans lequel il 
montre que, pendant les premiers siècles de Tlslam , le Coran a 
été inferj)rélé duns un sens libéral, et qui a contribué au dévelop- 
pement do la civilisation iiiusuhuaue. 

Le Prophète avait |)joclanié l'obligation de l'instruction, même 
pour les femmes. Tout croyant doit puiser la science partout où il 
la trouve. Du Coran, il résulte que les femmes devaient avoir le 
visage découvert, mener une vie décente, être instruites. Mais, 
comme toutes les femmes n'avaient pas une vertu austère, les com- 
mentateurs décidèrent que les femmes se couvriraient le visage et 
se tiendraicn! ('nf(M'raées dans les maisons. (îes prescrijjtions eurent 
des résultats désastreux pour les mœurs. 

Les hommes purent se livrer à la débauche et dissiper leur for- 
lune sans être rappelés au devoir par leur compagne. 

C'est sous l'inlluence des Perses que les prati([ues de l'astrologie 
et de la magie s'introduisirent chez les musulmans. Malgré tout, la 
civilisation se développa et atteignit un degré de développement 
plus étendu que chez aucun autre peuple. Mais survinrent les Croi- 
sades; à l'intolérance des chrétiens répondit celle des musulmans. 
La croyance à la puissance des sainLs et des cheiks fondateurs des 
confréries religieuses supprima tout effort, toute vie active chez les 
musulmans, puiscpi'il suffisait d'un vœu pour obtenir le résultat désiré. 

M. Ben-Atlar (îxamiiu! les relations (fue le Coran inq>ose à ses 
fidèles avec leur prochain, croyant ou non. Ces rapports doivent 
être empreints de tolérance, amicaux, pleins de sincérité, de con- 
fiance et dalfeclion. Ces! là l'interprétation la plus vraie du Coran, 
et rinterprétation contraire, dictant la haine, l'ignorance et le 
fanatisme, doit être repoussée. 



lA 



M. l'oinssot it'iid coiiiiilc (l'iiii nuimoiit' de M. le capllnino Benêt, 
du 3* bataillon (riuraiitciio l(>ij('ro (rVIriciuc, sur ini monastère de 
femmes à Tabarka. Le capitaine Benel a |>rali(|U('' des louilies dans 
une nécropole située entre Téjrlise actuelle et le ftuM espa;;nol connu 
sous l(> nom de Bordj Messaoudi. il a décousert uu<' basilitjue dont 
l'abside est entière. Vutour tlii clioMir, on a trouvé deux élajjes de 
tombes, au-dessous du sol de la basilicpie. L'idée vient tout natu- 
rellement de supj)0ser (jne là se trouvait le monastère de leinnu's 
voisin de celui des hommes, dont parle Victor de Vite. 

La mosaïque de la relijp'euse Castula, découverte, il v a quebjues 
années, au pied de la colline du camp, a pu appartenir au mona- 
stère de femmes. La basilique et les constructions adjacentes ont été 
détruites, et une nécropole byzantine prit leur place; les tombes en 
lurent faites avec les matériaux provenant de la basilique. M. le ca- 
pitaine lîenet a joint au compte rendu de ses fouilles une descrip- 
tion détaillée des mosaïques et un catalogue comprenant le relevé 
des inscriptions. 

AL (lAUCKLKH insiste sur lintérèt <|ue j)r(>sentent quel(|ues-unes 
des mosaï(|ues découvertes par M. le ca])itaine Henef : entre autres, 
celle (|ui représente la basilique elle-mèuu', et encore la figure 
dun notaire écrivant la vie d'un maityr. 

M. (îauckler rend compte d'un mi-moire de AL le lieutenant 
ALaurice Bernard, correspondant du (lomité, à Tunis, sur li' cheval 
dans TAIrique romaine. Sur les mosaïques du Nord africain, le 
cheval, sujet accessoire de scènes décoratives ou de la vie réelle, 
est reproduit pendant cinq siècles en diverses phases de son utili- 
sation, avec ses formes, couleur, toilette, nom, allures et harnache- 
iiH'ut. Sa figuration dilfî're. Elle a naturellement suivi les évolutions 
de Tari : réaliste à lépotjue antoniuienne, elle ])asse peu à peu à 
(les représentations conventionnelles aux époques chn-liennc et hv- 
zantine. C'est dire que la valeur documentaire des silhouettes dimi- 
nue au fur et à mesure (juOn s'éloi;jne de l'antiipiité. M. le lieu- 
tenant Afaurice Bernard a joint à son mémoire un catalogue des 
1 1(1 reprf'senlatioiis de cln'\a! (pii ligiireul sur les mosaïques. 

M. le docteur (Iaimtan insiste sur lintérèt (|u"ii \ aiiiail à faire le 
rele\f des ciicvaiix frayes- sui' les mosaïques. Car c'est là un carac- 



1ère d'où on pourrail (iror (Pulilos (iclaircissftiiciils pour l;i (iri(;r- 
miii.ition des races de clicvaux. 

M. Cagnal rend eomple d'un ra|>|)()rl de M. le docleur Caiiton sur 
les fouilles «ju'il a faites ou suivies dans une nécropole à ll«'n(;liir- 
Zoura, au bord de la sebklia de Sidi-el-llani. iU'. ciuuîlièn! 1res 
liuiuble offre celte caractéristi(|ue que les lombes romaines y soni 
suj)er|)Osées à des londx's de traditions liby(|ue et |)uni(|ue; il y a 
aussi des traces de siipulture cbrétienne. Ca'.Uv, petite nécropole 
offre en quelque sorte un résumé de l'évolution de la sépulture en 
\fri(|ue. 

M. Gaugiller présente quehjues observations. 

ï^ccture est donnée d'une note très intéressante; du K. V. I)k- 
i.ATTRK, nieud»re non résidant du Couiilé, dans la(|uelle Fauteur 
raconte les différentes péripéties des fouilles faites par lui dans un 
caveau carthaginois à Cartbajfe, la visite de toutes les chambres 
successives dudit caveau , la découverte d'un grand sarcophage de 
marbre blanc peint, et énumère les différents objets qu'il y a re- 
cueillis. 

M. Gauckler rend compte de la découverte par M. Lakon, corres- 
|)ondanl du Comité, d'une maison romaine à Bitlla Rcjria. C'est la 
seule maison actuellement connue en Afrique qui soit aussi com- 
plètement conservée. 

M. le Président fait passer sous les yeux de l'assemblée une séiie 
de plans et de photographies. 

M. Gauckler analyse ensuite le mémoire de M. H.-E. Renault, 
correspondant du Comité, architecte des travaux publics, à Tunis, 
consacré à la description d'un grand mausolée découvert à Jema- 
jeur (Tunisie). Cet édifice est sur plan rectangulaire, mesurant 
dans œuvre 8 m. 65 en profondeur et 7 m. 7/1 en largeur. 
L'entrée, mesurant 3 m. ^h d'ouverture, est située à l'Plsl; elle ne 
couq)orle ni chambranle, ni feuillure. La construction est faite de 
belle pierre, taillée avec soin, et d'un grand appareil irrégulier. Les 
vestiges consistent en une partie du mur oriental, le mur au Sud 
jusqu'à la corniche, et le mur occidental, dans toute sa hauteur. 



I.XIl 



ainnrfi par un fronton lriani;ulairc; la laivido scplcnlrionalc ost 
t'nlièrt'iiicnl ('croiiléc. A I iiilt'rictir, <I(Mix {jrandcs niches sont creii- 
séesdans le nuii occidental; nne entaille qui y est pratiquée laisse 
deviner la l'oniio âo la voûte en plein-cintre, qui s\'ip])nvait sur un 
entablement de jp'andes dalles probablement supportées par des 
colonnes d'où proviennent sans doute plusieurs bases retrouvées 
dans les ruines. 

M. Henaull a découvert et déblayé le caveau destiné à recevoir les 
sarcophap,es; il était couvert de dalles. 

L'auteur a joint h son mémoire de nombreuses phofo^rrapliies, 
des plans et des coupes remanpiables e! un essai de restauration. 

M. Louis l'oinssol donne lecture (Tiin mémoire de M. Uobi>, 
conducteur des |)onts et chaussées, à EnlldaNille. sur les fouilles 
'qu il a exécutées sous les auspices et aux frais du service des Anti- 
(juilés dans la basilique byzantine à'Vpmim (Henchir-Chegarnia, 
près d'Knfidaville). (let édifice, qui semble avoir été construit au 
début du vr siècle, l'ut considérablement ajjrandi plus tard. Il com- 
porte, à côté du sanctuaire proprement dit. un baptistère à immer- 
sion carré qui fut remplacé plus tard par une cuve étoilée. Toute 
la basilique était pavée de mosaïques avec de nombreuses épitaphes 
(le tidèles. de catéchumènes, d'i'vèques, de ndigieuses qui s'étaient 
fait inhumer nd sanrtos, auprès de reliqnes de seize martyrs qui su- 
hiient le dernier supplice fous ensemble et j)araissenl avoir été 
victimes non pas des empereurs païens, mais des Vandales ariens. 
La mosaïque qui recouvrait les restes des mart^Ts a été retrouvée 
intacte en face de l'abside et à l'autre extrémité de la grande nef. 
près de la grande porte d'entrée. 

La .séance est levée à 6 heures et demie. 

/yC S'irpinirf mljoinl de la Seclinn <V orchéitkogif , 

M. Prou, 

Mi'inlin' (1(1 (!(>iiiil('>. 



I.XIII 



SKANCK 1)1! ^21) AVHIL 1!)05. 



PItKSIDKNCK DF, M. R E NK CAfJNAT. 

M. ]o Secrétaire donne lecture d'un mémoire de M. l'abhé Ar'vaud 
i)"Af;NKi,. (orn'spondaiil du (loniifé, à Marseille, sur les relations 
entre Mas^nlm et (^arflia<fe, d'a|)rès les récentes découvertes faites à 
Marseille, (lomiiie on doit s'y attendre, les divers objets d'importa- 
tion alriraine recueillis dans le sous-sol de MaT'seillf n'ont trait 
qu'à la (îarlhage de la domination romaine et à celle du christia- 
nisme. Il n'y a pas la moindre preuve qu'un courant d'affaires se 
soit établi entre la Carthajj'e des Phéniciens et la jeune colonie de 
Phocée. Les données de l'archéoloijie conlirment ici celles de l'his- 
toire qui montrent ces deux cités se livrant à cette époque un duel 
à mort en vue de la conquête de la Méditerranée. Parmi les innom- 
brables tessons de poteiies sigillées provenant des fouilles de Mar- 
seille, beaucoup révèlenl des oHicines africaines; c'est ainsi que l'on 
trouve souvent reproduite la marque SMF propre à Cartbage. Ce 
fail et d'autres encore monirent combien étaient fréquentes sous 
TEiupire les relations couinierciaies entre les deux grands ports 
méditerranéens. Au iii^ siècle, ces relations d'affaires deviennent 
rares et font place à des rapports d'un nouvel ordre. 11 s'agit de Tin- 
lîuence religieuse qu'exercent les nombreux chréfiens de Cartbage 
et de l'Afrique du Nord sur les quelques fidèles de Marseille, in- 
fluence attestée par plusieurs séries de découvertes. Ce sont huit 
lampes recueillies lors du percement de la rue de la République 
ilans des tombeaux dont le mobilier funéraire se composait unique- 
ment de tases d'importation africaine. (^ sont des fragments de 
plats et de carreaux fWxx^c céramique rouge à décor chrétien absolu- 
menl i(lenli(|ues à ceux (|iii onl élé trouvés en Tunisie par M. (rauc- 
kler et le 11. P. Delallre. Ce son! enlin des olpès et des balsamaires 
de fornu's très typiques, tels (jue ceux rerneillis récemment par 
M. Cauckler à Sidi-Oaour en Tunisie. Les documents aicbéologiques 



(rimporlalinii alVicainc (b'roincils à Marseille soiil d'aulanl plus 
iinporlaiiLs <)ii«' riiisloiie ne dil rie» des rapports enlre Massalia et 
(larthage. 

11 est donne coniniunicalion diiii recueil de doouuienl.s sur lan- 
lique lîusicadc formé par M. Louis Rektiund. consorvaleur du Musc-o 
de lMiilipj)eville, correspondant du (lomilp. (le recueil consiste en 
une s(''rie de belles |)lioto{fraphies de ruines et monuments antiques 
découverts dans le domaine de M. (leorges Lesueur, compiis enlre 
la mer. la crête du mont Beni-Melek, et deux ravins connus sous 
le nom d'KI-Mouader et de iîou-Farka. Les anli(|uités les ])lus re- 
manjuahles recueillies au cours (\vs Touilles, et, dont M. Heilraud 
envoie les photoffraphies au Conjjrès, sont : un piédestal de statue 
a\ec une inscription mentionnant un ffraescs provinnac \'u»iidiar ron- 
sularis; deu\ bustes; un tronçon de borne milliaire; trois stèles vo- 
tives; une statuette de marbre représentant Latone ou Ki Fécon- 
dité, tenant sur sa poitrine deux enfants nus; une autre statuette 
de terre cuite représentant une femme bossue et au ventre énorme; 
des sarcophages, des colonnes, des ciiapileaux, des lampes et des 
monnaies. Ces objets ont été réunis dans un i)à liment dit le Bordj, 
(pie M. Lesueur a transformé en musée, 

(Juant aux monuments que M. Bertrand a dé{jagés, ce sont deux 
mausolées et un édicule voûté. Il a, en outre, mis au jour une 
in''cro[)ole clir(''tienne don! i3i lond>es on! ('té reconnues. On \ re- 
mar(|ue un certain nombre de piliers nu)nolilbes avec chrismes et 
{jrallites. 

M. Bks.mek, |)iofesseur adjoint à la Faculté des hUtres de 11 ni- 
versité de Caen, dans une note très nourrie, a étudié les produc- 
tions naturelles de la Maurétanie Tinfjitane : minimaux, végétaux, 
animaux de toute espèce, surtout des éléphants, des singes et des 
clievaux. Il a recherché ensuite quelles relations commerciales h*s 
habitants entretenaient avec TEurope, Italie et péninsule Ibérique; 
pour cette dernière province, il y a eu depuis l(>s temps les plus 
recub's jus(prau moyen âge un échang»; constant entre IKspagne et 
le Maroc. 

M. le Secn'taire donne lecture (Tuii mt^noire de M. Dkciiei.kttk, 
conser\ateur du Musée archéologicpie de Uoanne, correspondant 



(lu (loiiiilr, rol.ilir au\ ;inl<''(i\«\s céraiiii(|iM'S de r;tl)ri<|ii(' ijallo- 
rojiiaiiK'. 

L'auteur dresse un pri'inii'i- invcntain' de ces objets conservés 
dans diverses colleclious |)iil)li(|nes et privf'es de la F^Vance rentiale . 
et (jui n'avaient pas encoie (île soumis à une élude (r(;nseinl)l(;. Il 
donne la liste des rnanfues et s'attache à rechercher les principaux 
centnîs de lahricalion. 

De l'étude des types de rornenienlalion, il ressort (pie les exem- 
plaires d'origiiM; {jailo iomain(! ne sont (^ue d(îs copi(;s contaminées 
de modèles {jréco-roinains. Les masques et les palmcttes des tuiles 
frontales déc(»iaiit les édifioos de Vi(;nne et de (llermont, à l'épofpje 
romaiîie, a|)paiaissenl dô.y,\ sur les anciens anléiixes des temples 
grecs archaïqu(!s. 

M. Gaucklkr, directeur des Antiquités de Tunisie, rend compte 
des travaux entrepris récemment à Doujjga par le service qu'il di- 
i"i};e pour d(''}fa{fer et restaurer le temple de Caelestis. Ce sanctuair(! 
pn'senle un intérêt exceptionnel au point de vue de l'histoire des 
religions et de Thistoin; de l'art : c'est le seul temple antique oii 
la cella centrale soit entourée d'un porti(jue demi-circulaire, dont la 
forme était sans doute destinée à rappeler celle du croissant de 
la lune, que représente la déesse punico-ritjiiaine (^aeleslis. Les re- 
cherches exécutées en 190^1 par M. Sadoux, inspecteur des anti- 
quités, ont établi que te temple central était d'ordre corinlliien 
lioxastyle et périplère, que le porti(pie corinthien du pourlour était 
voûté de voûtes d'arête, onûn que le temple de Caelestis était pré- 
cédé d'un nynipliée à ciel ouvert que le Service des antiquités doit 
commencer à dégager cette année. 

M. Gagnât insiste sur le très grand intérêt que présente la dis- 
position du temple de Caelestis et sur l'importance de la restaura- 
tion entreprise par M. Gauckler. 

M. le commandant Coignkrai, de Rennes, émet l'opinion que le 
temple dont on a retrouvé les ruines doit s'élever sur l'emplacement 
d'un sanctuaire plus ancien. 

M. Maguelonue, vice-président de la Société de Conslantine, 
donne lecture d'un mémoire de M. le docteur Rolqiette, de la So- 

AnCUKOLiUilK. N" "2. K 



I.WI 



cii^li* (le iféojfiaphio de rAlricjuc du :\ord, consacré ù la doscriplion 
d'une lanterne de bronze, trouvée par lui dans une nécropole nn- 
lique, voisine de Tlia{raste (Souk-Ahras). (^ctte lanterne, tn^s bien 
(onservee. comprend un corps proprement dit. destiné à contenir 
In mèche et Tliuile, un couvercle en forme de calotte et un appa- 
reil de suspension. La calotte ])ouvnit être soit suspendue en l'air, 
soit abaissée, de façon à fermer la partie supérieure du corj)s de In 
lanterne. Le système de suspension se compose de deux poifruées 
et de trois cbaînes. M. le docteur Houquelte en explique le fonc- 
tionnement. Quant aux parois uK^mes du corps de la lanterne, 
aucun débris n'en a été retrouvé. 

M. (lAL'CKi.ER, directeur des Vnliquit('s de Tunisie, rend compte 
des fouilles qu'il dirige depuis un an dans le théâtre romain de 
Garthage. Les ruines de cet édifice, qui disparaissaient presque 
entièrement sous un énorme amas de décombres, avaient élé faus- 
sement identifiées avec celles de l'Odéon de Vi^jellixis Saturnin uji . 
jusqu'au moment oi'i M. (iauckler retrouva, en 1900, ce dernier 
monument au sommet de la colline dont le théâtre occupait le flanc 
oriental, faisant face à la mer. Les fouilles actuelles complètent 
donc celles qui ont été commencées par le Service des antiquités, 
il y a cinq ans. Elles ont eu pour premier résultat de démontrer 
l'étroite parenté qui existait dans les cités anti(pies entre les deux 
théâtres, l'un couvert, l'autre découvert; l'un réservé aux représen- 
tations dramati(pies, l'autre aux concerts et à la musique. 

Le théâtre de Carthage était célèbre dans l'antiquité par son 
luxe et ses dimensions. Les premières découvertes par M. (ianckler 
prouvent que cette réputation était pleinement justifiée. 

Le monument mesurait plus de lo'i mètres de diamètre et se 
classe par suite, pour la grandeur, au second plan des théâtres an- 
tiques. La dilférence de niveau entn» la galerie supérieure du pour- 
tour et du fond de l'orchestre dépassait *».') mètres. JI y avait quatre 
('tages de {jradins ou nuvn'unui . et les gradins étaient faits de bl(>cs 
massifs de marbre blanc. Le mur de fond de la scène était décoré 
de trois étages superposés de colonnades composites ou corin- 
thiennes, des marbres les plus précieux et les plus rares; au-dessus 
des trois portes du fond, des niches abrilaienl trois statues colos- 
sales, dont deux ont été retrouvées : un Apollon anti(|ue et un 
Hercule; d'autres statues décoraient le fond de la scène et le pro- 



LXVII 



sc«'iiiuiii. Scizt! (T^'iilro rWo.H onl dc'-jà rW'. r(^lf()iiv<W;s, iiol.-imiiiciif 
(leii\ M(M-ciir(!, un \()()ll()ii, un H.icclnis. un llciiiirs IcrianI l)ii»ii\- 
sos cnfaiil, uiir V(!UU8 ac<'.oiTi|) ijJIh'mî dr TAiiiour, un porlrail de; 
Luciiis Vorus (!n coslimu' liéi()ï(|iM!. M. ^iaiicklor ;i retiduv»; , (mi 
outre, une tète de persounayc! barbu i|ui SLMnl)le un poùlc /(roc, ol 
une lôle d'acteur mascjué, ([ui jouait b; rôle d'acrotère au-dessus 
(b" bi jjalorifMb' pourtour. Parmi les noriibr(!U\ Icxles é[)i}[ra|)bi(|iie.s 
recueillis au cours des travaux, le plus important (!st une dédicace 
à Virius Audcniius .Emdiamis (jui lui proconsul d'Afrique en SHg et 
prit l'initiative de restaurer les slatue8 du tbiiàtre : rcdinlefrralioncm 
ihvalrulihus sifjms adhihuil. 

M. le Secrétaire donne leclure d'un mémoire de M. Auoollknt, 
professeur à la Faculté des lellrcs de l'Université de Glermont,8ur 
les tnheUue dcjixionum d'Alri(|ue. 

La séance est levée à h heures. 

Le Secrétaire adjoint de la Section d'archéologie, 

M. Pnou, 

Memltro du Comitô. 



LXVIil 



SEANCE !)U 22 AVRIL 1905. 



UATIN. 



PRÉSIDENCE OR M. MAIIÇAIS. 

M. le Socrt'tairo donne lecture (rune nolioc de M. labbé Arnaud 
d'Agnkl, (le i,'i Socii'lé de slalislicjuc de Marseille, coirespoiiilanl 
du Comilé, consacrée à la description des oltjels du ticsoi' de la rallu'- 
drale de Marseille. 

On y remarcjue toul d abord un coiïret d'ivoire reclan^juiaire, 
cerclé d'armatures de cuivre doré. Cette boite, de dimensions 
moyennes et de lignes {gracieuses, porte une inscription en caractères 
arabes : c'est un soubait de bonbeur tiré du Coran. Le décor se 
compose de cercles ornés d'arabesques à l'intérieur, de paons por- 
tant dans le bec un rameau feuillu, de bouquetins et d'autres ani- 
maux. Sur le couvercle, un médaillon central est occupé par un èlre 
à la tète humaine large et aplatie, mais dont le corps se termine; 
en queue de poisson. Tous ces sujets sont peints en teintes douces 
vert et jaune pâle, relevées de (|uelques traits noirs et or. Ce cof- 
fret artistique rappelle le petit meuble d'ivoiic du trt^sor d'Api 
publié par M. Arnaud d'Agnel dans le Bulletin archéologique de i ()o 'i ; 
mais, tandis (jue ce dernier j)rovienl de Constantinople, l'autre a été 
fabriqué en Perse au xv*" siècle. 

L ne pièce plus récente, mais d'un travail d'orfèvrerie tn-s remar- 
quable, est un reliquaire de \i\ Henaissance italienne, imitation 
j;otbi(|ue. Cette pièce est en forme d»; tombeau rectangulaire à toi- 
ture à quatre rampants, couronnée par la stalu<' du Christ portant 
un étendard. La boîte repose sur (juatre pieds en forme de grenades 
entr'ouvertes. Cette pièce représente la llésurrection. Le; sépulcre 
richenn'nt orné de ciselures et d'émaux est gardé par des soldais 
qui sont endormis tout autour siii- des degrés. Celle merveill(Ml'or- 
fî'vrerii' religieuse ap|»arlienl au xvi' siècle (!t porle plusieurs des 
caractères àw l'art italien l)ien accusés. 

A citer encore un Christ d'ivoire, dune anatoiiiie délectueuse, 
mais d Une bt'llc expression, (euvre du xv siècle. 



I.XIX 



M. le l'irsidcfil l'ail oh.^crvcf (|ii<' !<• colFroL d'iNoirc du trésor de 
Marseille, |tar sou ({(TOI- et la loin le des iellres de ritiserif)tioii , 
parait avoir une orijjinc syrienne el rappcdle certains morujnienis 
du leiiips de Saiadin. 

Lecture est donnée d'une éliule de M. Kinile Bonnkt, de la Société 
archéolojfiqne de Montpellier, sur le sarcophage antique dit «de 
saint Aplirodiseii. à Béziers, et dont l'autcMir lait rernanjuer les 
analojfies avec un sarrophnjje de ré/jlise Saint-Félix, à Girone. 
L'un et l'autre sont orne's d'un bas-relief représentant une chasse 
au lion. 

M. le Secrétaire rend compte d'un mémoire de M. Léon Coutil, 
correspondant du Comité, aux Andelys, sur le cimetière franc et 
carolin;;ien de Cri<d (Seine-Inférieure). Il fait passer sous les yeux 
de rassemblée les |)liolo[rrapliies jointes au travail de M. Coutil. 

Le cimetière de Criel a été découvert en 1868, en extrayant des 
cailloux, puis, en 1866, des ouvriers occupés au même travail 
trouvèrent une large boucle accompagnée d'une plaque de bronze 
ajourée, ornée d'une figure humaine en relief, autour de laquelle sont 
groupésdes monstres dévorant lesbras et les jambes du personnage; 
cette plaque fort intéressante rappelle celle de Cugny (Aisne), de 
la coileclion de M. Jules Pilloy. l ne garniture de fourreau de scra- 
masaxe en argent otfre aussi un décor de style Scandinave et se 
termine par une tête d'oiseau; enfin un chaton de bague ou de 
boucle d'oreille d'or, orné de grenats, termine la série des objets 
les plus intéressants de cette seconde découverte, suivie d'une plus 
récente, mais moins importante, en 187/i.qui a donné notamment 
des cuvettes de bronze de forme ronde et deux fibules orn(''es 
de cercles, ayant pu supporter une plaque estampée d'or ou 
d'argent. 

Au mois d'octobre ii)o/i, M. Cotlel entreprit des fouilles métho- 
diques sur le même emplacement. Les renseignements pris lors de 
ces fouilles et l'examen des objets, presque tous acquis par M. Coutil, 
lui ont permis d'en donner une description complète. Environ cent 
trente tombes, limitées [)ar des moellons offrant parfois trois sépul- 
tures superposées, ont fourni cinquante-six vases, quelques cupules 
el une fiole de verre, dix scramasaxes. cinq framées, quinze cou- 
teaux, dix fers de llèche, de très grandes placjues de fer avec leurs 



LXX 

boucles recouvertes de dainasquinures d'arjrenl , une jrarniture de 
lourrejui d(' sabre, en (er, avec incrustations darijenl rappelant 
le fourreau de i'cpn' de Childéric, et une chaînette de ter de 
1 mètre au moins de lonjjuenr. dont les ti{|es sont recouvertes 
de bronze, et d'un nu)ilMe jusijuici int'dit. 

Le bronze est représenté par une j)la(jue carrée ornée d'une 
chimère ailée, deux pla(|ues roiules, une plaque avec sa boucle 
portant des incrustations d'argent, deu\ autres de style un peu 
Scandinave, beaucoup de j)etites boucles carrées et plates, d'autres 
rondes, une pince à épiler, deux grandes épingles, une fibule à 
quatre lobes, deux autres ansées, une petite balance, deux paires 
de boucles doreilles et trois bagues; enfin, une sorte d'oiseau avec 
parties dorées et des grenats iusérés sur le dos, dont l'usage reste 
indéterminé. 

Ce qui ajoute ù l'intérêt de ce mobilier funéraire, ce sont les 
deux lions d'or, couchés, dont les poils sont simulés par des fili- 
granes, la crinière et 1 (eil ])ar des plaquettes de grenats ou d'f'uie- 
raudes alternant, serties dans des cloisons d'or; une très riche 
boucle de fer, avec ardillon de bronze, ainsi qu'un briquet, ornés 
tous deux de cloisons d'or avec verroteries; un petit ferret de cour- 
roie porte en son centre une pellicule d'or. Enfin une {fraude 
épingle d'argent, dont la tête ornementée est recouverte d'une leuille 
d'or, se termine par une plaquette d'or triangulaire et mobile, ornée 
de filigranes; elle ressemble à celle de Vermand (Aisne), sauf 
l'ornenientalion de la plaquette. La croix et certains décors de ces 
objets ainsi que les damasquinures p(ninettent de considérer les 
plus riches comme remontant an vu" ou vni' siècle. 

M. Jules PiLLOY appelle l'attention des membres du Congrès sur 
une pla«]ue de suspension, (|ui est au nond)re des objets p.rovtMiant 
d(!s fouilles de (iriel et étudié's par M. Coutil. On connaît trois 
exemplaires sortis du même moule : l'un, trouvé dans le départe- 
ment de l'Oise et conservé au Musée de Saint-Oermain; l'autre, 
trouvé par M. Pilloy dans rarrondissement de Saiiil-(}uentin , et 
le troisièiiM', celui d(! Ciiel. Ces plaques étaient dans d(;s sépultures 
carolingiennes nelteuumt caractérisées. 

A propos de la décoration d une des boudes (b'îcriles |)ar M. Coutil. 
M, DK.RniKiR présente quelques observations sur les animaux stylisés. 



LXXI 



Un nuinisiiiate. inconnu, à c« tilrc du moins, lait l'ohjcl (Je In 
coinnuinication (J(î M. Mauiicfî HAniuAui/r, sous-ardiivish', (\n dt'par- 
lenK'iil des Houclics-du-Uhùnc. Il .s'a/;il do Macliaull d'y\rnou\ilie , 
contrôleur général et ifarde des sceaux de Louis XV, dont aucune 
di's bi()jfra[)Li('s qu'a |)U n)n.sult«îr l'auteur na si|fnalé le f[OÙ( pour 
1(58 niédailli's anciennes, lu dossier conserve'; aux archives des 
Houches-du-llliùne nous apprend que ce personnajje avait fait une 
colleclion de monnaies rovahîs Irani^aises et que, pour renricliir, il 
avait ciiarifé 1(!S directions des Monnaies et les ciianfjeursde nd(;nir 
au passage les pièces qui pouvaient Pintéresser, en même temps 
qu'il priait les intendanLs de (aire rechercher celles qui pouvaient 
se trouver dans leur Généralité. 

Les instructions qu'il avait envoyées aux uns et aux autres mon- 
trent que M. de Macliault étail plus qu'un simple curieux, plus 
qu'un collectionneur de vieux sous. Les indications qu'il donne sur 
les sols et triens mérovingiens ainsi que sur les deniers carolingiens 
dénotent des connaissances scientifiques sérieuses. 

La liste des pièces envoyées par les divers délégués des divers 
points de la Provence;, liste parl'ois accompagnée d'un dessin du 
motif piincipal , donne lieu à d'intéressantes remarques et permet 
de les identifier à peu près toutes avec les descriptions données par 
Hoflinann. 

M. PiLLOY rappelle qu'à Saint-Quentin, lors de la construction 
des fortifications modernes à la place des murs du moyen âge, on 
découvrit un cimetière des ii'' et m" siècles de notre ère, qui conte- 
nait un très grand nombre de vases, et des monnaies en quantité 
considérable. In mayeur de Saint-Quentin, Caignard, s'en forma 
une collection, et pour pouvoir les déterminer il n'hésita pas à 
faire le voyage de Rome, afin de s'instruire à ce sujet. Une grande 
partie des antiquités de (laignard furent achetées pour le compte 
du cardinal de Richelieu et ont probablement passé au Cabinet de 
France. 

M. le Secrétaire rend conij)lc d'un mémoire de M. Léon de \esly, 
correspondant du Comité à Rouen, consacré aux fouilles qu'il a 
commencées sur le plateau de Boos (Seine-Inférieure), dont M. de 
Saulcv et l'abbé Cochet signalèrent jadis l'intérêt archéologique. 
Après avoir décrit le vallon de Rrunval, qui creuse le plateau, et 



I,XXII 

raiicicii chemin de Pitres à Rouen, <|ni le Itaverse, M. <le Veslv 
»n|)i)se le résullat des touilles (pill a laites au Tliuil de (lelloville, 
dans la propriété de M. J. Mulot. M. de \eslv a recueilli là un 
un jrrand bion/.e d'Hadiien, et de nombreux débris de poterie 
i"OU{[e avec dessins, dont un était erotique et sort de l'atelier de La 
(îraulesenque. Il a pu lire les marques des potiers {jallo-romains : 
CARATILLl. GEMEN. MLLIACI, TACITVS et VAGIHO. 
l ne statuette de déesse mère, de belles libules à émaux sem- 
blabb's à celles du Musée de Nanmr, des épin/fles de bronze et d'os 
sont sorties des fouilles. 

Le plan de murailles chaînées de briques a pu être dressé; et, 
remarcjue curieuse, des squelettes de l'c'poque IVanque, avec les 
vases caractéristiques, ont été trouvés couchés le long des murailles, 
l n des s(|ueleltes a\ail même été sectionné pour le passajj^e d'une 
muraille construite postérieurement à la création de la villa {jallo- 
romaine. 

Kn |)oursuivant son exploration, M. de Vesly a recueilli chez 
un habitant d Inglemare, petit hameau dépendant de la commune 
de Belbeuf, une fort jolie agrafe de bronze, à discjue et à tètes de 
génisses. C'est un type encore inconnu et qui |)araît dater du 
iv" siècle de notre ère. 

La séance est levée à i i heures. 

Le Seci'élaire (tiljtint de la Soclion d'archéologie, 

M. Proii, 

Mctiiltrc (lu (iimiilô. 



SKANCK DU -Jf) AVi;lL 1 !)(»:>. 

MATI.V, 



PRKSini: NCK DK MM. I.K nOCTKI'll i:\l'IT\\ 

|;T a cil II, I.K ll(ll!F';i!T. 

M. ^!.">y, flirorloiir dWolo à Maren'fo. (iDiinc locliin» d'un nn'- 
Mioiic (le M. If (loclf'ur Chassai(;.m:, iiiiHlocin de colonisjilion , cl de 
\l. Li:iiis LivisTiti:. inslilulour public, à Duvivier, d;ins IfHjuol ils 
exposoni les résullals des fouilles entreprises aux dolmens du Nador 
ol de rOued-Fraiali. La nécropole du Nador s'étend sur une vasle 
surface. Klle occupe le flanc de la monlajjne exposé à l'Est, depuis 
les enviions immédiats de la gare jusqu'à l'extrémité de l;i {(orge, 
à son di'houché dans la pifline de Duvivier. 

Les sépultures sont nombreuses et la plupart intactes. A l'origine, 
les dolmens ont tous été enfouis. On creusait une fosse rectangu- 
laire dont les |)arois verticales étaient soutenues par quatre dalles 
dégrossies. Le cadavre était placé accroupi dans ce coffre de pierre, 
et la sépulture était fermée par une table horizontale. On recou- 
vrait ])arfois le tout d'un tumulus de terre ou d'un galgal de pierres 
sèches. Le caveau funéraire ne présente guère en moyenne qu'une 
surface inférieure à i mètre carré. 

Les auteurs présentent une série d'hvpotlièses sur la race des 
constructeurs de ces tombeaux et sur leur antiquité. 

MM. Pallary, le commandant Martin et M. le Président échangent 
quelques observations sur les conclusions de M. le docteur Chas- 
sa igné et de M. Levistre. 

M. Gay rend compte d'un travail très considérable de M. Louis 
Lkvistre, instituteur public à Duvivier, sur les sépultures et stèles 
lihyques des environs de Duvivier. L'auteur insiste surtout sur les 
différents types de dolmens, dont il présente de nombreuses et 
très intéressantes photographies. 



LXXIV 



M. DKimrc.K, (II' la Sociéh' ai'clicolojjunic du (Irparlciiiciil do 
Couslaiiliiit' , corrcspoiidaiil du (loinilc, lit utic ('ludo sur rrpoijue 
de transitiou de la idcrrc au\ UK'Iaux dans rAlVicpic s('[itt'iilrionalo, 
d'après rcxphuation (|u"il a laifc d'une slafion de |)»'cli(' au Pic dos 
Sin{jos,pivs do lJou{|io. M. Dobrugc présouh! un corlaiii nombre 
d'objets provenant de cejlte station : poterie, os travaillés, et parti- 
rulièroniont dos donis, iNoii'o, os polis, |)orlos ol rondelles d'os, 
silox taillés, perles de terre éuiailléo, tijfcs do cuivre, <^tc. 
M. Debrujfc donne aussi la description dun dolmen voisin de la 
station. 

MM. Pallary, Flamand, le commandant Maiitin présentent (pi(d- 
ques o])8ervalion8. 

M. le Pi-ésident fait ressortir les points intéressants des tro'.ivailles 
de M. I)ebi'ui|e : Tassociafion de petits silex a\('c le cuivre, la j)ré- 
sence de pedes émaillées (pii son! tout à fail analogues aux perles 
é[f\'ptiennes. 

M. le Président rend compte d'un travail de M. le docteur Dev- 
ROLiE, de la Société archéologique de Sousse, consistant on deux 
slatislicjues, l'une des stations néolillii(jues, l'autre des monumenis 
mégalithiques, dans la région du cap Bon. 

M. Llysse Dumas résume l'ensemble des recherches qu'il a faites 
dans plus de onze cents tumulus des environs i]o. Belvezel (Gard). 
Ces tumulus sont d'époques très dilTérenles. Les premi«'rs recou- 
Mcnt des dolmens avec beau mobilier néolitlii(pu^ et quelques 
traces de métal. Les seconds sont de répo(|ue du bron/c. Enlin les 
derniei's se i'apj)oit«!nt à l'époque ballsIalliiMine et même grauloise, 
et ont loui'iii de belles sf-ries do bi'acolols do bronze , d'armes de 
for ol de Ires bollos |)()terios avec ornements géométriques jtroron- 
dé'ment incisés. L'auteur insiste sur la très grande variété de con- 
struction de ces monuments : tantôt dolnu>ns, tantôt caissons, tantôt 
simples urMics ou o?icoro amas d'os bi'ùlés sur place. 

M. le Présidi'ut lélicile M. Llysse Dumas de ses lôuillos si bien 
conduites et si bouieuses dans leurs résultats. 



LXXV 



M. \(' Président rend c(>m|>l<; du riiéiiioin' d«; M. Mené Lkmoink. 
de la 8i)(n('tc d'ajfricullurcî, coniriierce, 8cien(<'.s cl uiis du dé|>arl(;- 
iiieiildc la iVlarnc!, oonsurré à réludc (Tune sépulture à cliar, «|iril 
a découverte Tan deinicr. 

M, Heiié Leriioiiie, au cours des louilles (ju'il pialicpie depuis 
i()()i dans un cinielii-rc {;aulois, à (lliàlons-Kur-Mame, avcuu(; de 
Sirasboui;;, a découvert, le 7 mars 1 (jci^j , uncî sépulture à cliar, 
annlo{fU(' à celles ([ui ont été priMédeniiuenl leconuues dans le dé- 
parleuienl ilo la Manie, et paiii( idi(T(Mucnl seuiblal)l(! à celle de la 
(Jor{|e-!\Ieiilel. 

La fossft oi'i reposait le guerrier mesurait 3 mètres de lon{j sur 
1 m. 65 de larjjc et 65 centiinètresdej)roroudeur; celle où avaient 
été déj)osés les mors de brides, 76 cenlimètres de laryeur sur 
5o centimètres de lon^rueur et ûo centimètres de profondeur; la 
rigole (pii reliait ces deux fosses avait 5o centimètres de lon{fueui- 
sur 10 centimètres de largeur. Deux tranchées de'Ao centimètres 
de profondeur avaient été prali()uées le long des parois à la hau- 
teur de la tète de l'inhumé pour recevoir les roues du char, de 
faç-on (|ue Tessicu portât sur le sol de la fosse. La sépulture 
était remplie d'une terre noire dont la nature n'a pu être déter- 
minée. 

L'auteur du iiiémoiro, après avoir indiqué soigneusement la place 
qu'occupait dans la sépulture chacun des objets qui en constituaient 
le mobilier, décrit une à une les pièces de ce mobilier. Du char on 
n'a retrouvé que les di'bris des cercles des roues, les frettes des 
moyeux, les crochets d'attelage, les mors des chevaux, c'est-à-dire 
les parties qui étaient de fer, le reste étant de bois. L'épée à boute- 
rolle appartient au type de la Tène f. Le casque de bronze était de 
forme conique. Le guerrier portait un bracelet d'or. Quatre an- 
neaux de bronze étaient alignés aux pieds. La céramique était 
représentée par quinze vases, qui garnissaient le côté droit de 
l'inhumé. Ou a recueilli un couteau d'une longueur de 87 centi- 
mètres, et aussi les restes des aliments destinés au mort. Enlin, à 
I mètre de la sépulture, à hauteur de la tète, se trouvait une fosse 
contenant le squelette d'un sangdier. 

M. le Président rend compte d'un travail présenté par M. Félix 
SoRQiES, instituteur public à Vilry-en-Charolais. L'auteur a dressé 
le catalogue des objets préhistori(iues que ses élèves et lui ont 



I.WVl 

n'ciiêiliis sur lo sol de la coiutniiiM' de Vilrv. Une carte jointe au 
iiK'inoin' iii(lit|ue le point |»it'cis où les cli\erses pièces ont l'ié 
lecueillies. Ce sont des silex des époques acheuh'enne. niousté- 
rieiine, solutréenne. néolillii(|iie. Le nombre des nuclcns et des éclats 
de toute sorte troinés au lieii dit wla Croisett(^-i seniiilent indiquer 
qu'il Y a eu là nu atelier. 

M. Achille HoiiKitT lit une <!tu(le patetlinologique sur la coni- 
niune mixte des Maadid. Ij'auleur, après avoir donné la jjéo{frapliie 
de la coiumuue et présenté certaines considérations sur la préliis- 
loircs siffuale trente stations où il a trouvé, à côté de silex lailh's, 
des rra|juients de calcaire, dont quelques-uns portent des gravures 
représentant des chasseurs et divers jiuimaux. 

La station d'Oulaoul, dans le douar Sidi-I^inbarek, lui a fourni 
huit pierres jjravées; celle de Hir-Si-.VIabrrek, trois pierres égale- 
ment gravi'es. Trente-six planches sont jointes au nuMiioire de 
M. Hohert. Les diverses pièces recueillies par M. Ilohert ont lUé 
ollértes au Musée des anticiuilés alricaiues d'Alger. 

M. le Se( rétaire donne communication d'une notice de M. Louis 
CuAiiuiKii. répondant à la luiilième (jneslion du projframme du 
(iongrès : ^ Dresser le catalogua' des trouvailles de nu)iinaies puni- 
quesfl. M. Charrier décrit une trouvaille de monnaies faite, il y a 
quelques années, sur le territoire de la commune d(> Chàteaudun. 

M. Iules (^HABASSIÈRE l'ait déposer sur le bureau des exemplaires 
d du \\\\r intitulé la (îonvse ilit Mnvdc. 

La séaure est levée à i i heures (il demie. 

Le Si'iTi-tdiri' (itljiiiiil de lit Scclinn tl'urrlx'ulojpe, 

M. PlUH , 

Mciiiliii' ilii <iiimil«'. 



LXWII — 



SÉANCK (JÉNÉUAI.K 1)11 -Mi AVKIL l'.IOr, 



Le mercredi ^6 avril a vu liru à Aljfcr, dans le liall du palais 
consulainî, sons la piésidence de M. Bicuivcnii-Mar-liii, iiiiiiislre de 
rinslruclion |)ubli(jiie, des bcaux-arls et des cnJN's. rassemblée 
j|<''iiérale (jui clùl. cliaiiuc aiim'e, le CoiijjrJ's des sociiUés savantes 
de Paris et des dé[)arleinenls. 

Le Ministre est arrivé à 9 heures, arroMi|)a;[né de M. Jonnarl. 
jfouNerneur {jeoéral de TAIgérie, et de MiM. Hcnard et Fclix, clid" 
du secrétariat particulier et secrétaire particulier du Minisirc. Il a 
été reçu pai- M. Allairac, maire d'Aljj[er;Jean maire, recteur de TAfa- 
démie; Bayet, directeur de renseignement sn|)érieur, et M. de Saint- 
Arroman, chef du bureau des travaux liistoii(|ues et des socie'Ie's 
savantes. M. ie Ministre de Tlnstruction publi(|uc a pris place sur 
i'estrade, ayant à sa droite M. le Gouverneur {jéuéral. M. René Basset, 
président du (Àuijjrès des orientalistes; M. Bayel , MM. Pl)ilij)|)e 
Berger, René Gagnât, membres de Tlnstitul; le docteurGapilan,Sale- 
rran(|ue, Gauckler, membres du Gomilé des travaux lii-loriqucs et 
scientiiiques; Tlu'venet, -Mesplé, prol'esseurs aux e'coles d'cn-eigne- 
ment supérieui-; à sa gauche, M. Héron de ViHefosse, membre de 
rinslitut, pre'sidcnt du Gongrèsdes sociétés savantes; MM. le Rer'.eur 
de Tacadémie d'Alger, Gsell, directeur du Musée des autii[uités 
algériennes; MM. Vidal de La Blache, Gordier, Gazier, Prou, Geor- 
ges Harmand, (iasion de Bar, membres du Gomilé des travaux 
historiques; M\L Brucli, le docteur Curlillet, directeur honoraire 
et directeur de l'école de plein exercice de médecine et de j)har- 
macie; M. le commandant Drogue, M. le lieutenant de vaisseau 
Boissière, M. le lieutenant Ali-Gliérif. de la maison militaire du 
gouverneur; MM. Ficheur, le docteur Trabut, Baltandier, Waillc. 
Mûller, Lelëbure, professeurs des écoles d'enseignement supérieur; 
MM. Pelleport, le commandant Lacroix, Marçais, de Motylinski, 
Robert, Duc ont également pris place sur 1 estrade. 

En face de M. le Ministre : MM. le général Scrvières, comman- 



— bVWIII 

(lanl m olu't' du nf c<)r|)s; le gôiKMal HailloiicL roiiiiiiaïKlanl la 
division d \l{ji'r; Vacher, premier président; Cosie, procureur gé- 
néral; Varnicr, secrétaire jjénéral du (iouverneinenl général; Uos- 
taing, pr'l'et d'Alger; le Pré«»idenl du tribunal de proniièr»' instance; 
Jourdan. pri'sidenl du triliunal de commerce; C.liarles Jourdan, 
pré.sidriil de la commission des linances des délégations linan- 
cières; (dicnol, président du consisloirt; prolc^slanl; le Président 
du ponsieloire israélile; (laslau, président de la rhamhre de com- 
merce; vSenart. membre de rinslilut; Lamounette, inspecteur 
d'Académie; Dujanier, direrleur de TMcolede droit ; .louve, Tacliel 
et Rouyer, adjoints au maire; Port, prosiseur du lycée; Luciani, 
conseiller de gouvernement, directeur des affaires indigènes; Hon- 
das et Barbier de Meynard. Tonlain, le docleur Ledé. 

Dans Tassislance on remarquait : MM. (ioquclle, le docteur l)e- 
jeanne, Ulysse Dumas, le marquis de FayoHe, le baron de Guerne, 
A. Kuniz, Laron,le commandant Coigneiai, E. Lcbègue, Gazier, 
H. Lemoine, L. Mertz, Nicollet, Pawlowski, Pécheux, Piat, Pilloy, 
Bonnardot, Rocheblave, Trihidez, Servonnet, Suberbie, Tardre, 
M""" de Salberg, M'"" Rey, membres des sociétés savantes de Paris 
et des départements; Boliau, Emile Broussais, Debruge, Flamand, 
Gay, M"'" Gonnet, V. Hinglais, Maguelonne, R. Rey, membres des 
sociétés savantes locales, etc. 

La jnusi(ju(; du i"' régiiiniil di' zouaves prêtait son concours à 
celte cérémonie. 

M. le Minisire a ouvert la séance et donné la |)arole à M. Héron 
de Villefosse, qui a lu le discouis suivant : 

f Monsieur le Ministre, 
ffMonsieui" le (iouvonn^ur général, 
«Miîssieurs, 

- Au nom du Comité destravnu\ historiques, au n(un des Sociétés 
savantes dont les délégués noiis entourent, je salue l'Algérie et son 
gouverneiM" gétié>ral; je salu»- les représentants des grands élnblis- 
s<'nienls pid)li<s cl des associalious privées dont les elTorls. sans 
cesse renouvelés, ont coutiMbné à répamlrr dans ce [\n\< rajiioiirde 



lAXIX 



In scinnco ol lo jfOiU des i-e<'li(?rch«s; jo saliio in ci h' qui nous nr- 
cucillo av(!C taiil (l\'tn[)n'ss('tnfiit ol de ronlialilô. 

wKri 1899, j'Hvais le {|Tati(l liotiiicni' de jinc-sidor, h Toiilouflo, le 
|»i-('rnipr (Ion(fr^s ries soc ii'l»! sa\anl('s Iimiii en dehors rie la Sor- 
houiic. I']ii rno rvjoiiissaiil do rintiovaliori hciirouso (jiii dcvail nous 
ponnettre do parcourir la France, d'en riiionx connaître les richosses, 
do sliniidor lo /Mo el l'aclivih; do nos associatiotiH rôjjionales. jo 
m(; permoltais d exprimer un vœu, celui do voir bientôt lo (ionjjros 
des sociétés savantes, (^larfjissant encore le champ de ses recher- 
rhos, franchissant la mer et se Iransportanl en Afriijue. Il ino 
semblait qu'une contrée si riche en souvenirs de Tantiquilé, qui 
depuis |)lus d'un demi-siècle offre à Tactivito de nos savants un 
terrain d'études d'une l'ocondité extraoïdinairc, méritait de rece- 
voir notre visite, et que nous devions un tomoijrnago particulier de 
notre sympathie à ce coin si vivant do la pairie. Lo v<pu ([uo je 
formulais il v a six ans est exaucé. Mon premier devoir est d'adres- 
ser aujonid'hui à M. le Ministre de Tlnstruction publique l'ex- 
pression do notre respectueuse reconnaissance; on \(t faisant, je 
suis certain détre l'interprète de tous ceux qui assistent à ce 
Congrès. 

ff Plusieurs de nos confrères viennent ici pour la première fois. 
Ce n'est pas seulement poussés par une curiosité légitime qu'ils 
ont entrepris ce grand voyage : il leur tardait d'éprouver le senti- 
ment do fierté et do joie qui nous étreinl tons en mettant le pied 
sur celte terre africaine, devenue par rhéroïsme de nos soldats et 
de nos colons une terre si profondément française. Ils voulaient 
s'associer aussi à la manifestation scientifique à laquelle ils étaient 
conviés; tous se réjouissent d'une occasion si favorable a l'expression 
des sentiments qui le saniment. 

wSi, depuis cincjuante ans, la connaissance des antiijuités ro- 
nïaines a pris chez nous un dcveloppemenl ])arliculier. si Ibistoire 
de notre Gaule elle-même et celle du monde romain tout entier ont 
pu être étudiées avec plus de profit, c'est grâce aux grandes décou- 
vertes faites eu Afrique el aux travaux (ju'olles ont provoqués. 
Parmi les sciences qui sont représentées à ce Congrès, l'archéo- 
logie antique tient assurément la plus {grande place; c'est elle qui a 
contracté envers ce |)ays la dette la plus importante. Hàtous-nous 
de dire qu'elle en a payé les intérêts avec un noble empressement 
el que les publications des archéologues ont contribué d'une façon 



particulière à faire connailiT, à faire aimer rAl{jérie,ày attirer lus 
curieux, les étrangers et les savants. 

ffVous me pardonnerez dom; tle xons en en I retenir nn instant. 

ffNons ne soniriies pas les premiers (|ui soienl\enus des contrées 
(fdu Nord s'établir en Afrique; nous avons (Ui, sur eette leiie, des 
rpr('décessenrs illustres ((ui Ton! eoncjuisc comme nous Pavons fait 
frel (jui l'ont gouvernée avec gloire pendant plus de cini] siècles, ils 
(ry ont rencontré à peu près les luèmes dilficultés que nous; il leur 
ira fallu vaincre les mêmes résistances de la nature, (|ui n'élail pas 
«f alors plus clémente ([u'aujourd'liui; les nuMnes o|)|)osilioiis de 
«Traces guerrières <jui occupaient le sol et ne voulaient le parlajjer 
ff avec personne. Comment y sont-ils parvenus? Par quels miracles 
trde courage, de patience, d'habileté ont-ils fait de ce pays aride 
trune des provinces les plus riches de leur emj)ire et du monde? 
ffDe quels procédés se sont-ils servis pour impiauler leur civilisa- 
fftion au mili<;u de ces |)eiiples barbares, el l'y rendre si lloiissanlcî 
fque 1 Afrique a fini pai" produiie en abondance des écrivains lalins 
wet quà un moment elle a paru plus romaine (pie l'Italie mène' el 
wque Rome. Tout cela, il nous importait de le savoir; nous ne pou- 
ffvions donc pas négliger les leçons el les exemples (jue le passé 
ff pouvait nous fouruii. ii 

ffCest ce qu'écrivail, il y a dix ans, un iiiaîlrc éminent qui, 
mieux que peisonne, sait rendre l'arcbéoloifie aimable on la dé|)ouil- 
lanl de son appareil un peu rude. Vous a\e/. reconnu M. (iastun 
Boissier. Lorscjue \ous visiiere/ Timgad un (vurthage, i'm|KMlez 
avec vous les Promenades airhéolngi(fiirs en .\l<rérie et eu Tunisie, vous 
sei'ez heureux de voyager avec un compagnon aussi agréable, avec 
un guide aussi charmaul el aussi lidèle. 

ff L'enquèle dont M. Boissier a lire tant de |)ag('s ex(piises, (pii a 
fourni à son esprit sagace mille occasions de uous insiruire, esl 
commencée depuis près de trois (juarts de siècle, d<'pui8 le jour 
oij, comme le dit l'inscription de Sidi-Kerruch, l'armée fran- 
çaise esl venue rendre la liberté aux ukms et donner l'Algérie à la 
Franc(!. 

«T L'exploration scienlili(jue débula avec la c(»ii(|uèle. A mesure (|U(! 
nos soldats avançaient dans linti-tieur, des ruines uond)reus(îs s'of- 
fraienl à leurs yeux, des sculptures et des iuscriplious de loiil 
genre éveillaient leur curiosité. Certains d'enlrc eux les dessinaient 
et les c()|»iaifnl à la liàle cuire <leii\ aleili's; les jilus avisés es- 



liXXXI 

siiyjiit'iil (le les liil('i|>i'('l('i-, iii.iis il liill.-iif sans ccssr repartir, ahan- 
«lojiiicr le ci-oyoïi |)(»ui- rcprciwlrc le liisil, il l'allait avant tout .s(! 
(h'I'iMidn! «'t |)('n<''ti'('r plus avant. IMiis (rnn de c(is jiroiniors 
carnets, mal^jn'' la liàtc avcciafpiclic ils ont (''t(; rédijp^s, a fourni de 
prt^cieuses indications (|u'on ne saurait retrouver ailleurs. 

«f Vers la lin de Tannée iH3q, le Gouvernement institua une coni- 
nnission scicnlifKiue deslim-e à faire connaître les richesses de TAI- 
{jérie. Malheureusement, elle commença ses travaux à un inonifiil 
où les hostilités avec Al)d-el- Kader ne laissaient jriièrc dautn; 
champ à ses investi»{ations (pic (pichpics parties du littoral; p<*n- 
d.int les opérations militaires il était impossihle de s'écarter des 
sentiers ouverts par nos colonnes, il fallait se horner à jjlanef sur- 
les traces de Tarmée. La période active de celte coiriniission lut close 
en 18Û2, alors que les succès du maréchal Bugeaud rouvraient le 
pays à tous les j|(mres de recherches. Le chef d'escadron d'artil- 
lerie Delainarie, dont le nom demeure attaché aux prcsmières explo- 
rations de Lamhèse et de la province de Constantirie, i'infjénieur 
Fournel et rarchitecte Ravoisie furent les meilleurs ouvriers de ces 
premières recherches olficielles. 

tf C'est vers la même épocpu; qu'on expi'die à Paris quelques nm- 
numents destinés à former au Musée du Louvre le fonds de la ga- 
lerie alge'rienne qui est devenue aujoui'd'hui la salle des antiquités 
du Nord d(! TAfrique. Un arrêté du duc de Dalmatie décide presque 
en même temps que l'arc de triomphe de Djimila sera transporté en 
France pour être rebâti sur une des places de la capitale 1 Pen- 
sée discutable qui, du reste, ne fut pas mise à exécution. On était 
encore dans la période un peu confuse des tâtonnements et des 
essais; la pacification n'était pas complètement assurée; des soucis 
de tout genre préoccupaient l'autorité militaire. On comprenait 
cependant en haut lieu (jue l'Algérie ne devait pas être dépouillée 
de toutes ses richesses et qu'il fallait en organiser la mise en valeur 
pour en assurer le respect. On introduisit d;ins les actes de con- 
cession une clause destinée à sauvegarder les droits de l'Etat sur 
les objets découverts; on créa un fonctionnaire chargé de veiller 
sur les monuments historiques. (Ihnrles Texier, connu par ses 
explorations en Asie Mineure, reçut cette impoitante mission. 
D'autres soins absorbaient son temps; la Révolution de iSUS ne 
tarda pas d'ailleurs à le rendre à ses travaux de prédilection. 

«En i85o, Léon Renier débarque en Algérie. Il v vient avec 

Abciibologie. — N° 2. y 



LXXXII 



une mission du GmivciMU'inenl jtouf loclunTlicr les inscriplions 
lalines, en particulier pour éludicr le caïup de la .'i' léj'ion à Lani- 
bèsc el les nombreuv textes qui s'y lrou\ent. Accompajjné du coin- 
niandant Dehunaire, il [)arcourl rAI{;érie à deux reprises. Il ceu- 
lialise les liouvailles, véiille les textes déjà publiés, en recueille de 
nouveaux, les explique et les ctunnit^nte. A tous reuxqui travaillent 
isolement el sans proGt, il ajtpurte une direction et une méthode. 
De tous cotés lui arrivent des collaborateurs; l'armée lui fournit 
les meilleurs el les plus actifs, parce quelle parcourt sans cesse le 
pays et quelle pënètre la première sur les points encore inexplorés. 
Otlîciers, soldats, fonctionnaires, propriélaii-es ou industiiels, (pie 
la vue et Tamour des monumcmls ont nuidus arcliéolojfues, rivali- 
sent de zèle pour l'aider dans sa grande entreprise. Bientôt pa'ail 
le ncnicil des wscriplioiis latines (h l'Algérie, accueilli avec d'aut.'.nl 
plus de faveur qu'il ollre aux travailleurs el aux curieux les tran- 
scriptions de /i,5oo textes inédits. 

ffLa mission de Renier eut immédiatement ime conséquence des 
plus heureuses. Dès itSB'i, l'un de ses meilleurs auxiliaircïs, le 
colonel du génie Creuly, secondé par un jeune professeur d'arabe, 
Auguste Cherbonneau, fondait à Constautine la première société 
archéologique de la colonie. Elle est restée la première aussi ])ar 
l'importance el la valeur d(; ses travaux. Ses membres rivalisent 
d'ardeur poui' taire connaître tout ce (jui sort de terre dans la 
riche province (huit elle de\ienl le centie intellectuel. (Iherlxui- 
neau, le commandant Pay(!u, rins[iecteur des domaines Poulie y 
publient leurs plus intéressants mémoires; le docteur Judas y tente 
l'interprétation des textes puniques, Victor lleboud y signah; l'en- 
semble des inscriptions libyques. Les aimées n'ont |)as ralenti son 
activité : elle sert toujours la science. Sous la |>rési(leuce de M. Er- 
nest Mercier, Ihislorien de l'Afrique septentrionale, la Société 
archéologicjue de Constantine continue diffuenient la tâche labo- 
rieuse quelle s'est assijjnée. 

ff Alger ne devait pas rester en arrière. Eà aussi des hommes de 
bonne volonté éprouvaient le besoin de se jjiouper et de s'unir, 
l'^n i85(), à l'instigation du maréchal llaiidon, la Société histo- 
ri(jnr algi-ricnne ('lait fondée. Ih'rbi'tij;;|('r. (|ui \(iiait d'accom- 
plir uiir iin|)ortanle mission dans le Sahara el de recevoir le 
titre d' 'r inspecteur général d(îs inonum(!nls historiques el des 
musées archéologi(jue3 de l'Algériei?, en prend la direction. La 



i.xxxrii 



iiH^me !inn('e pnrnlt la li«vue africaine: son prcmior nrliclo est girnu' 
(11111 nom (|ui nous csl, clicr, coliii de Cliarics TisHol , aloPH jnunc 
all;i(l)('' à lu l/'iffilion de Franci; ù Tunis. Les di-converlcH d<» lAmv- 
cbel y soûl 8i|(nal(;o.s; ellcH n'dlaicMit (\ue le prélude d(; nombreuses 
Irouvaillcs d'un inldr(^t puissant pour riiisloire de Taii anli(jue, 
doni la souicc nVsl pas cnrore laricî. Mac (îarlliv, Li'lounieux, 
Féraiid, I laiiolcaii . (ili. de Vi|fn('ial et laiil d'autres secondaient le 
zèle de H(;iliru{;j;('i'. Depuis plusieurs années, la firviie africaine a fait 
à riiisloire moderne, et en |)arliculier à celle de rAI{{éi-ie, une 
place considérable; elle demeure à la tête du mouvement scienti- 
fi(pie aljfe'rien, 

ff L'Académie d"llip|ioiie et la SociiUf! de géojjrapbie et d'arcbéo- 
logie de la province d'Oran ne lardèrent pas à soutenir ces premiers 
elForls en marchant sui- les traces de leurs sœurs ainées. Entre 
temps, le musée d'Alger et celui de Pbilippeville s'orf^anisent; à 
Conslantine, le gimie encastre dans les luuis de la Casbah les plus 
belles inscriplions; à Chercbel, on n'unit tant bien que mal, sous 
un abri provisoire, les statues qui sortent de terre; d'autres musées 
b'inslalleut en plein air, dans les promenades publiques ou à l'om- 
bre des monuments romains, en attendant des locaux plus sûrs et 
mieux approprii-s. 

ff Toutes ces fondations élaieul les résultats du mouvement pro- 
duit par les voyages et les travaux de Léon Renier. Malheureuse- 
ment, des devoirs impérieux et des ocrupalions trop nondireuses 
l'absorbaient à Paris; il lui lut impossible de reprendre le chemin 
de l'Algérie. Il continuait ])ourtanl à réunir les matériaux destinés 
au supplément de son recueil épigraphique. Un moment, on put 
croire (|u'il allait compléter son œuvre; mais la guerre survint, 
elle anéantit cette espérance. Après nos malheurs, il refusa de col- 
laborer au Corpus insrriptionuin latinarum; le volume qui lui avait 
e'té réserve' dans l'élabore) tion de ce grand travail fut confié k d'au 
très mains. 

K Dans le de'partement de Constantine s'élève un village qui porte 
aujourd'hui le nom de Henirr. Cet hommage était dû au plus 
célèbre de nos explorateurs alge'riens, à celui qui fut en France le 
maître de Tépigraphie latine et le fondateur de son enseignement. 
Ce sont les antiquiti's africaines qui lui ont fourni ses plus péné- 
trantes observations. Dans le souvenir de ses disciples, de ses ad- 
mirateur et de tous ceux qui l'ont connu, Léon Renier est resté 



— LXXXIV 



comiin' un ty|)e do dioilurc, de dôsiiilércsseiiionl <'l d'cxlrèiiio l)i(Mi- 
\eilluiic«'. 11 a ôté le conseil cl lo {juidi' dos savants (]ui ont tonte 
d'accroître on Aljfôrio ou on France le Irôsor do ranliijnité. Un 
douil-siodo a passo sur son (oiivro, ollo no ])oul ôtro ouhliôo. Vous 
tous, iMessiours, (]tii Tayoz si hi-illaninioiit roiiliniit'o et (l<''vol()|)|M''e, 
vous avez suivi la roulo ouvorlo à \olio aolivih' par lo (lôr»' Av lar- 
chëologie alVioaiuo. 

ff Après les évoneiuouls de 1870, une iusuirooliou violonlo bou- 
leversa TAlgérie. Lorsque le calme eut succédi^ à la tempête, une 
ère de prospérité s'ouvrit pour nos études. La création rapide de 
nouveaux viHa|;(;s en territoire civil, sur des points occupe'? prôcé- 
deniniont par les Romains, la facilité des communications devenue 
déplus on plus grande, ra|)pui que les pouvoirs j)ublics prêtaient 
aux recherches contribuèrent à favoriser cet élan sciontiliquo. Les 
Algériens, tous ceux que les hasards de leur carrière civile ou mili- 
taire avaient fixés dans ce pays, mirent leur bounenr à signaler et à 
respecter les souvenirs dos civilisations disparues. Une génération 
nouvelle de savants, formés par les travaux et par re\[)oriouce 
de leurs devanciers, se présenta pour faire fructifier l'héritage de 
Léon Renier. Les uns avaient suivi au (lollège de France les leçons 
du maître, d'autres arrivaient de l'I^lcole normale, de l'Ecole des 
langues orientales vivantes ou de nos Ecoles françaises d'Athènes 
et de Rome. Mieux armés que leurs prédécesseurs pour tirer parti des 
documents découverts, ils en démontrèrent rimporlance avec une 
force nouvelle. L'activité devint si grande, les découvertes se multi- 
plièrent avec une telle rapidité, qu'il est bien dillicile de rctiacer 
aujourd'hui les phases de ce grand nu)uvemeut sans ris(jiior de 
paraître injuste ou d'être inexact. 

«f L'événement scientifique qui imprima la plus vigoureuse inq)ul- 
sion à ces généreux eflorts fut rapj)arition du dorpiis latin, l'ros- 
(|ue au lendemain de la guerre, un jeune professeur, envoyé par 
l'Académie de Berlin, parcourait l'Algérie et la Tunisie, alin de 
préparer le volume réserve? aux inscriptions d'Afrique. Ses explora- 
lions durèrent (piatre années; le docteur VVilmanns mourut j)ré- 
malurémenl à Bade, en i'^7H, avant d'avoir achevé le recueil (|ui 
lui avait (•(•rili- laul de soins; VIommsen leniiina sa lâche; le nou- 
veau répeiioiro d<''pigra|»hie africaine, l'icho de plus ib^ 1 1,000 tex- 
tes, vil le jour on iN>Si. (lonlinm'' par notre confrère, M. René 
Gagnai, par Jobamios Scbniidl , ({ue la mort (îst venue lra[)per 



I.XXXV 



;i\;iiil riiciiro cl p.ii' M. Ilcfiii.imi Dcss.'iii, ce jjrMiifl Ir.'iv.iil rif s(m;i 
('iiticrciiiciil IcriiiiiK' (juc le JDiir où la terre aura cessé (Je nous 
rendre tout ce. (jii'ellc nous rései've encore. Di'S luainlcuiant, ios 
inscriptions classées dépasscml tî.'i,ooo l'.l le nombre en aujjmenle 
cli<M|ue jour. Aucune province (l«! l'Kiiipire romain ne nous a laissé 
une l(!lle al)on(ianc(! de souvenirs; lAfriiiuc! est la terre classique de 
répijfrajdiie latine. Ce n'est pas seulement le, noml)re de ces docu- 
nienls qu'il l'aut admirer, c'est aussi la vaiicté qu'ils pn'sentent; ils 
int(^i('ssent aussi bi(;n l'histoire {jénérale, la jféograpfiie, la reli- 
{{ion, riiisloire iiiililaire, le droit, 1 iHlrninislration des provinces 
(jiie la vie municipale, le commerce ou la vie privée des Romains. 
C'est une {fraude satisfaction pour nous d(! constater- (jue {)resrjue 
tous ont été decouvcr'ts pai" des Fr-ançais. On devine les services 
qu'un insliiirneni de travail de cette nature a pu rendre; on com- 
pi'end quelles lurent les conséquences heureuses de l'apparition de 
c(î vaste recueil. Dès lors, la science allait pouvoir |)roliter d'une 
}jran(l(^ partie des re'sullats acquis par les fouilles. 

tfl)eu\ fondations, l'Kcole des lettres d'Alger- et la Commission do 
TAIr-ique du .\oi"d, contiibuèr-ent puissamment à e'tendre le mouvo- 
meirt archi'ologique et à en diriger les elîorls. 

ffSi l'Ecole des lettres d'Alger existe avec son haut enseignement, 
si elle a pu exercer une salutaii-e influence , elle le doit à Albert 
Diimont. Celui qui avait r-égénéré notre enseignerrrent supérieur a 
entouré sa naissance de la plus vive sollicitude : il lui portait une 
alloction paternelle. Ti'ois mois avant sa mort, il lui en donnait 
lu preuve en venant lui rendre ^isite. vSon savant dii-ecteur, M. lîenii 
Basset, qui en a suivi, pour ainsi dire, jour par jour le de'veloppe- 
mcnt, qui a joui de ses succès auxquels il a tant participé lui- 
même, pourrait mieux que tout autre en parler devant vous et 
rendre hommage à ses dévoués collaborateurs si passionnément 
e'pris de la vérité. Pourquoi ai-je le douloureux devoir de rappeler 
aujourd'hui ceux qui ne sont plus et qui avaient si eflicacement 
C(uitr-ibué, dès la prer)iièrc heure, à établir la re'putation de cette 
institution scientififfue? 

'•]rrrile Masqueray, son premier directeur, est tombé sur la 
bièclre après avoii" fonde' le Bitlirtin de correspondance africaine, aussi 
important pour les arabisants que pour les amis de l'histoire 
l'omaiue. Il se multiplia poursivvir- l'Ecole; rien de ce qui pouvait 
linléresser ne lui était étranger, il laimait, comme il aimait lAl- 



LXXXVI 



gi'rio, (rime ardtMite aflVclion. Los montaf(in'sd('rAiir('sl\iftir(''ronf , 
il y »*laltlil It* cciilro de ses recherclies; il en scruta les ruines avec 
bonheur; il étudia les races, les coutumes et \o lanjfajfe des tribus 
(jui les j)euj)laient. 11 lormail de l)eaux projets d'avenir, quand il 
tut enlevé il une nianière inattendue. Pendant sa trop courte car- 
rière il a bien servi la science, il nous a laisse' d unanimes rejfrets. 

f Uené de La Blanchère avait fait en Italie sa première éducation 
archéoIoj;i(jue. Un voya^je dans la province d'Oran le mit en contact 
avec 1 Atricjue. 11 n eut pas de peine à com[)ren(lie et à aimer ce 
pays; il voulut le servir; il lui consacra ses forces et son intelli- 
•fence. A un àfje où. d'ordinaire, on connaît rarement les souci set 
les dangers de la responsabilité, il lut ])lacé à la tète des antiquités 
de la Tunisie. Il entreprenait la description des musées orjjanisés 
par ses soins, lorsqu'une mort prématurée et singulièrement regrelr 
table est venue subitement priver les l'tudes africaines d'un de leurs 
plus actifs initiateurs. 

«f Si TKcole des lettres a éprouvé des j)ertes cruelles, elle a su les 
réparer. N'est-ce pas à l'ombre de ses murs (jue M. Paul Monceaux 
a commencé ses belles éludes sur la littérature africaine? l n de ses 
plus anciens professeurs, M. Victor W aille, s'(!st fait une spe'cialité 
des travaux sur la Alaurélanie et se consacre avec une sajje persévé- 
rance aux antiquités de Cherchel. Depuis de longues années il 
poursuit dans celte calme cite des fouilles toujours heureuses; sa 
constance, que le succès encourage, nous promet encore d'agréables 
surprises, 

ft L'Ecole des lettres possède surtout un travailleur incompa 
rable, dont les explorations dans toutes les parties de l'Algérie 
ont été parliculièn'ment fructueuses, dont la volonté, servie par 
un vaste savoir arcbé(»logi(jue, l'a rendu digne d'accomplir une 
tâche des plus Iabori»!Uses. Sous les auspices du (îouvernemcnt 
général, M. Gsell a publié sur les MonuineiiLs (iiiti(iuos de l A Ifimo 
un ouvrage ({ui uiiir(|ue exactement l'élat de nos connaissances 
actuelles et qui devient le point de départ de toutes les nouvelles 
l'ccbcrcbcs. Précieux manuel, diuis 1('(|U('| licn u Cst nt'gligé, (|ui 
nous fait connaître les monuments indijjènes ou puniques aussi 
bien que les édifices romains, les basiliques chrétiennes, les for- 
teresses byzantines, qui ap|)orte enfin de Tordre et de la clarté 
dans la masse énorme et confnsi' de matériaux accumulés depuis la 
conquête. C'est le travail d'enseud)le le meilleur ut le plus considé- 



I.XX XVII 



r.'il)Ir (loiil riircli«'(tlo|fi(' de rAljiiMic ;iil (•(<' (•}\c(,ro IV)l)j«'t. M. (îfioll 
mcIk'Vc aujourd'lnii un Allus arrltroloinijuc ddiil le <Joiiv<'frK'rnori( 
jn'iii'-i.il lui .1 r()iili('' la ird.iclioii , et doiil l(;s picmii'n'S livraisons 
|M'iim'll<'n( (1 a|)|tii''(i('f la liante \al('iii'. Le jour où il a «-lé nonimp 
inspcclcur des anliijuili's de rAljjriic. tous ceux (|iii prennent 
(|U(.'l(|iio souci de nos richesses oui applaudi à un choix si oonlorme 
\y leurs espérances. 

ff A cùlé de rKcole dis lellies, les sociélc-s savantes poursuivirent 
sans se lasser le hut (|uVlles salaient depuis longtemps proposé. 
Leurs menihres, appartenant à toutes les classes de la société, His- 
séminds sur tous les points de l'Algérie, pouvaient exercer sur les 
fouilles une salutaire inlluence. Stimulant les bonnes volontés 
locales, défendant les monuments en pe'ril, inspirant partout le 
respect du passé, elles contribuèrent efficacement à la protection 
des anli([iiit('s. Le dévouement de ces sociétés, les services si nom- 
breux quelles ont rendus à la cause de Thisloire et de l'archéo- 
logie, sont de ceux ([u'on ne saurait oublier. 

"Ouokpies vocations parlirniières se firent jour; celle de Julien 
Poinssot fut malheureusement de trop courte durée. Indé|)endant 
par caractère et par situation, il joignit à l'honneur d'accomplir 
d'utiles explorations le mérite de faire connaître un grand nombre 
de textes inédits en créant un Bulletin des antiquités africaines, 
sous le patronage de la Société de géographie et d'archéologie de la 
province d'Oran. Il le dirigea avec le regretté commandant De- 
maejfht, fondateur du Musée d'Oran, dont les fouilles heureuses 
ont apporte' à nos travaux de très utiles contributions. C'est dans ce 
bulletin que parurent les premiers essais de M. Fallu de Lessert, 
qui se préparait à nous donnei- plus lard, dans ses FaatPfi des pro- 
vinces africaines . les biographies des grands fonctionnaires, déposi- 
taires de la puissance romaine en Afrique. 

ffln souvenir est dû aussi à ce jeune professeur du Ivcée de 
(lonstantine, qui s'élançait plein d'ardeur et d'esj)érance pour 
accomplir de fructueuses missions dans le haut Sahara et <]u'au- 
cune difficulté ne semblait devoir arrêter. Paul Blanchet avait fondé 
l'Association historique de l'Afrique du Nord et en était devenu le 
secrétaire «fénéral . lors(ju'il liit ordevé. au Sénégal, par la fièvre 
jaune au retour d'une périlleuse expédition, organisée et conduite 
par lui avec un plein succès. 

f L'établissement du [irotectorat français ouvrit la Tunisie aux 



LXXXVIII 



rechorclips do toute nature. Le premier >^oin du (louvernement fut 
d in>lituer au Ministère de 1 Instruction |)nl)li(|iie une eoniinission 
spéciale, rattachée à la seeti<ni (l'aroli(''ol(»|;ie du (ioniité des travaux 
historiques et eharjfée d'examiner, au point de vue i]o leui' puhli- 
eation, les communications relatives à ce pays. Vous savez combien 
elles ont étë nombreuses; elles ont porté sur les sujets les j)lus va- 
riés de rarciiéolojfie antique depuis répo(jue des Phéniciens jiiscju'à 
celle des Arabes. 

ffll ne saurait entrer dans ma pensée de retracer devant vous, 
même à {grands traits, Thistoire de l'exploration de la Tunisie; je 
ne puis me dispenser pourtant de pioclamer qu'elle a été conduite 
avec autant de clairvoyance que de succès et qu'elle continue à 
donner de merveilleux résultats. Pour en exposer la marche avec 
(juel(}ue intérêt, il faudrait de longs développements, dans les(|uels 
il m est impossible d'entrer. Les documents exhumés dans la Réjfence 
de Tunis ont été mis à la disposition des savants avec une; rare 
libéralité et avec le plus grand empressement, beaucoup ont déjà 
pris place dans les grands recueils; ils y sont classés à côté de 
ceux qui proviennent de nos fouilles algériennes, formant avec eux 
un tout homogène qu'on désigne sous le nom d'w Antiquités afri- 
caines». Qui oserait aujourd'hui aborder un sujet relatif à l'his- 
toire des dilïérentes civilisations qui se sont succédé en Afrique, 
sans interroger l'ensemble de ces documents? Les deux explorations 
se complètent lune par l'autre; elles sont sœurs, mais la Tunisie a 
été privilégiée. Dès le début, les recherches y ont été dirigées par 
des hommes expérimentés et soutenues par d'importantes ressources, 
double avantage dont l'exploration de l'Algérie n'a ressenti que tar- 
divement les bienfaisants effets. 

wErnest Renan fut nommé président de la Commission de Tu- 
nisie. La raison commandait de renvoyei* à l'examen de cette com- 
mission tout ce qui concernait l'Algérie: on s'en aperçut bien vif(\ 
Dès lors, son domaine fut agrandi et elle reçut un titre plus (on- 
forme à son but, celui de Commission de publication des documents 
archéologicpies de rAfri(|ue fin Nord. 

ff Aprt'S llt'uan , M. C. Pcii'ol , le dclical liisloiim de l'ait anli(|ue, 
en accepta la direction : ses beaux trav;ui\ lui (lomiaiciil di'jà do 
nombreux droits à notre n^connaissanee, il s Cn est ac(juis de nou- 
veaux. La DmrnptKtn arrliroloiriiiiir i!c tAfn(iiic du WnuL V Atlas 
imlivolouK^Hv (Ir lu Tunisie, la liHdtolhl'qnc d' (irchvolofriv afntdinr et 



LXXXI\ 



celle précieiisf^ suile «le jjrands c;ilalri|jii('s iliiislrés qui mottent 
sous nos \eii\ les richesses (•onserv(''e8 dans nos musées (rAljfécie 
el (le Tunisie, pjtrlenl assez, él(»(|ueinment en faveur du but pour- 
suivi |)ai' la (•(HMiiiission poiii' <|u'il soi! iniilile d'insisler sur l«» 
dévouement de ses memlirfis. Il en esl un cependant (jui, dcrpiiis 
viri{jt ans, lui a consacré toute sou éner/fie, toute sa volonté; c'est 
son secrétaire, ^\. Keiu' (laj^nal. Par de nombreux et d'excellents 
travaux, M. Caj^nal a contribué plu-^ <|ue p(MSonne à metlio en 
luinic're les documents sortis du sol airicain. Pondant quatre an- 
nées, à une époque où il y avait quelque nnérite à le faire, il a 
parcouru la Tunisie; il en a rapporté des textes précieux. Dans un 
majfuilique ouvrafje sur l'armée romaine, dédie' à notre année 
l'raiu;aise dAlfjérie et de Tunisie, il a montré le parti qu'un histo- 
rien de sa valeur ])0uvait tirer des documents de'couxerts; il a re- 
tracé fhistoire de la 3" léj^ion et celle des troupes auxiliaires char- 
gées, sous l'Empire romain, de {[arder les provinces africaines. Ce 
ne sont pas là les seuls services qu'il nous ait rendus. Il s'est atta- 
ché à l'Afrique, il la aimécî comme l'aimenl ceux qui la connais- 
sent; chaque année il y est revenu pour continuer ses travaux, 
encourager ceux des autres, inspecter les musées, veiller à leur 
d(;veloppement; il s'est enfin consacré tout entier îi l'étude de ses 
antiquités. Il avait rapporté une moisson si abondante d'inscrip- 
tions nouvelles, que l'Académie de Berlin Ta associé à ses travaux, 
et nous avons ainsi la grande joie de voir un nom français, le sien, 
fi;>urer parmi les collaborateurs du Corpus latin. Après avoir re- 
cueilli la succession de Léon Renier dans sa chaire du Collège de 
France, il est devenu, comme lui, le véritable maître des études 
africaines. C'est sous ce double titre que nous aimons à le saluer 
aujourd hui. 

wM. Gagnât a publié une monographie excellente de la ville de 
Timgad. nom magique qui évo(jue dans nos esprits le souvenir 
de Pomj)éi. Je me rappelle avoir visité Timgad, il y a plus de trente 
ans. Le blé poussait sur l'emplacement de la ville, encore cachée 
sous une épaisse couche de terre. Seul, le fort byzantin dominait 
la plaine; il fallait se mettre à genoux pour passer sous 1 arc de 
triomphe. Aujourd'hui, quel changement prodigieux! Les rues sont 
déblayées ; le forum avec les grands édifice.; qui le bordent et 
les statues qui le décorent, le marché, le Capitole, le théâtre, les 
temples, la cité tout entière, ses maisons et leurs dépendances 



— xc 

donntMit au visiloiir clifiriue rillnsion de la vi«' aiili(|iie. C'esl le Ser- 
vici' (lo> Moiniiiu'iils Iii.s(ori(|iic'S do rAlgiMio, clirijfr av«!c taiil do 
lalt'iil |iar M. Alhcil l^allii. (nii a o|)(''ré celle traiisfonuation. l'^t 
nous a\oiis beaiu(»ii|) datitres inullls encore |iour Ini léiuoigiier 
notre {jralilnde. 

trLe Service géograpliitjnc de l'anne'e a prêté au\ recherches un 
conooiirs cnipiessé. Si nous connaissons (!\acleniont le tracé des 
voies romaines du Sud, les ruines qu'elles (ravorseut et les nioin- 
dn^s vestiffes relevés dans les parajfcs lointains où notre colonisation 
n"a j)ris qu'une extension restreinte, nous le devons à ces ofiiciers 
lahoi'ieux qui travaillent avec patience à rectifier la carte de rÉtat- 
.Major. Comme leurs aines, comme leurs camarades des aQ'aires 
indigènes ou des troupes actives, ils nous communiquent leurs dé- 
couvertes, ils nous envoient les résultats de hnirs observations. A 
maintes reprises, ils ont pu résoudre sur place plus d'un problème 
dillicile. Le général Berthaull, (pii représente ce grand service, sait 
que nous apprenons clia(|ucjour à estitner davanla/fe leurs travaux 
et à nous louer de leur précieuse collaboration. Dès les premiers 
temps de la conquête, à l'époque héroïque de 1 exploration algé- 
rienne, notre armée s'est passionnée pour l'archéologie, et celte 
noble passion ne s'est jamais éteinte. 

ff Je ne puis rappel(M- les nombreux travaux entrepris, patronnés 
ou encouragés par la (iommission de l'Afiiciue du iNord. Cette ('nu- 
mération seiait (Tailieiirs inutile devant un auditoii*; ((ui les connaît 
si bien. Mais jai , du moins, l'agri'able mission dCxprimer aujour- 
d'hui, en son nom, les sentiments de reconnaissance qu'elle con- 
serve à ses correspondants, à tous ceux ([ui l'ont secondée dans sa 
tache. Parmi les hommes distingués qui lui ont donné des preuves 
multiples de leur dévouement, il en est un que je me reprocherais 
de ne pas féliciter avec vous. H appartient à fAlgérie par ses pre- 
miers travaux; la trace de l'ardeur qu'il y a déployée pondant ses 
belles années de jeunesse s'y retrouve toujours. Je veux parler de 
M. Paul Gauckler, actuellement directeur du service des anti(|uités 
et des arts dans la H(»gence de Tunis. Vous irez eu Tunisie, Mes- 
sieurs, vous admirerez sur place les résultais dv ses efforts et de 
son arlivilé. \ ous applaudirez à In'uvre à laquelle il s'est donné 
sans réserve et (pi'il |K)ui"suit a\ec une vaillance inlassable, l'allé 
vous aj)paraîtra sons son véritable jour, dans son conq)let dévelop- 
pement, dans tout»' son utilité pratique. Vous verrez le Musée 



XCI 



miij;riirM|iif> inslaHo au Hardo; les inominionts troiivos sur tons ios 
itninls (lu pays y parleront à vos yeux et à vos (isprils. Les jfiaiuls 
innsocH (l(; rKuropc nivirnl ;iu Musée» do Napl<?s unn adiniiMhli! 
suite (le peintures sorties des touilles de la (iatnpanie; ils envient 
éjl^aleriKMit aux nius/'cs tunisiens une série incorn|)aral)le de mo- 
saïques, dont, auciui d'eux uc parviendra jamais à K'unir un pareil 
ensemble. L'une de ces mosaïques présente une valeur inappré- 
ciable, elle nous a lait, (onnaîlre le portrait fie Vir-jplr!! 

«P(Hil-èli-e aurez-vous le désir de visiter l)oug{;a ? N'hésitez pas 
à succombera cette tentation. M. (Jauckler y fait revivre en ce mo- 
menl une des plus vieilles cités de i'Afrifpie, une cité oi'r les sou- 
venirs" de la civilisation punique se mêlent à ceux de Tépoque ro- 
maine. Vous y conternj)lerez le {jrand théâtre, déblayé jadis par le 
docteur Carton, le niagniliquc san -tuaire de la déesse Céleste avec 
ses colonnades i-éfablies en place et sa riche épi^p-aphie, le nym- 
phée, le capitole et le forum. Et vous rendrez un liomma^je mérité 
à l'intelligente initiative du savant qui dirige ce travail, à ses col- 
laborateurs, au zèle éclairé qu'ils déploient en commun dans l'ac- 
complissement de leurs (onctions. 

ffOui, la Tunisie vous espère et vous attend. Avant tout, \orrs 
voulez voir Carthajje dont le grand nom vous alliic. Vous n'y re- 
trouverez ni les traces de Didon, ni les souvenirs dAnnibal. Du 
haut de l'acropole de Byrsa, sur la colline où le roi saint Louis 
rendit le dernier soupir-, vous apercevrez devant vous le pi-omon- 
toir-e d'Apollon et les hautes montagnes qui encadrent le golfe; à 
vos pieds, les emplacements d(!s ports marchand et militaire, oij 
se réunissaient jadis les grandes Hottes de Carthage, vous paraîtront 
bien petits. Vous jouirez du spectacle enchanteur (pie la nature vous 
V réserve et, devant riior-izon grandiose, vous oublierez un instaul le 
passé pour ne penser qu'au présent. Du côté de la terre, le pays est 
occu|)é par des jardins et des maisons de campagne; de la ville, il 
ne reste que quelques pans de murs, des citernes et des trous aux 
endr-oits oii l'on a fait des fouilles. Pendant des siècles, Carthage a 
été exploitée comme une carrièi'e. Là encore, cependant, ont eu 
lieu de mémorables découvertes : si nous connaissons quelque 
chose de la topographie de la ville à l'époque romaine, si le voile 
qui nous a caché pendant longtemps la civilisation punique com- 
mence à se soulever, il faut encore en remercier M. (lauckler. 

«A c(îté de lui, le P. Delattrea poursuivi patiemment, depuis de 



XCll 



lontpics années, un travail niolli()di(|U(' (iVxploralion. A l'endroit 
nièiiio où ils ont éiv recueillis, les inointlres dcb'.is antiques con- 
servent comme une saveur particulière. Aussi vous jouirez double- 
ment d'une visite au Musée i^avi|ferie; c'est là que vous verrez et 
(jue vous comprendrez le mieux Carihage, en admirant les monu- 
ments que le P. Delaltre s'est elloroé d'y réunir. A côté des souve- 
nirs des premiers temps chrétiens se trouve un ensemble étonnant 
de textes pimiqnes, sur le sens et la valeur des(fuels M. Pli. Hei'ffer 
nous a beureuseiuent édiliés; la jjrande dédicace du tenq>le d'As- 
larté cl de Tauil en esl le morceau capital. Vous y admirerez sur- 
tout un «poupe de sarcopbajfcs de marbre blanc, ornés de pein- 
tures, dont le plus beau pi'ésenle l'imaj^e en relie!' d'uui' prêtresse» 
carthaginoise, revêtue de ses habits sacerdotaux, entièrement re- 
haussés d'or et de couleurs encore vives. Le langage, les croyances 
et les iiKi'urs des Carthaginois vous apparaîtront avec une clarté 
nouvelle. Heureusement, les nécropoles puniques, creuse'es dans 
le rocher à plusieurs mètres de profondeur, avaient échappé à la 
lureur des soldats de Sci])iou; la vieille (larthajfe qu'on croyait 
entièrenu'ut anéantie sor'l lentement des profondeurs de la terre. 

cf Ainsi partout oii la France a mis le pied sur ce rivage, elle a tiré 
de sa conquête un large profit scientilitpie. In tel mouv(!ment de 
touilles et de découvertes devait avoir, pour notre enseijfuement 
supérieur, un avantage pratitiue. L'Afrique (bi Nord est devenue 
comme un vaste terrain d'études ouvei-t à l'ardente curiosité de nos 
professeurs et de nos savants. Ils y ont acquis une connaissance 
plus approfondie des monuments, ils ont appris à étudier les textes 
sur la pierre elle-même, à interroger les ruines, à faire parler les 
monuments figurés. Après un séjour en Afrique, ils ont mieux com- 
pris raiiti(juilé (jui leur est apj)arue avec plus de vérité et de pré- 
cision. L'examen patient du document indique sûrement à l'histo- 
rien la voie (pi'il doit suivre. i\L Diehl avait parcouru l'Afrique 
avant décrire son Histoire de la doniitinlion hi/Z(tiilinc : M. Aiidolleiit, 
après ses missions, nous a donné un livre excellent sur (Uirlha<re à 
fépoijnv romaine; M. Toutain était venu recueillir sur |)lace les élé- 
ments de ses recherches concernant le cuke du Saturne africain et 
la colonisation antique; grâce enfin aux voyages de M. l'architecte 
Saladin, nous avons appris à mieux connaître l'art musulman et les 
mosquées qui en consei'venl les plus curieux spécimens. (îombien 
d'autres noms faudrait-il citer parmi ceux qui se sont servis avec 



xniir 



honliciir clos documents africains (;l donl les onvi-jifos oui fail asiin- 
cci' la scioncol 

«Et si j'osais |);irl('r des études arolx^s devant leurs représentants 
les plus (jualilics, je d('vrais encore exprimer loulc; noire reconnais- 
sance à MM. Basset, lloudas, Doutlé, de Motylinsky, (iahricl (Jolin, 
Gustave M(;rcier et Marcais, chefs de cette laborieuse plialan{je 
qui s'ap|)li(jue à réunir le trésor des inscriptions musulmanes ou à 
publier des documents sur Tliisloire de In dorninafioii anlf'iieiire 
à la nôtre. 

ff Renan a eu bien raison de dire (|ue l'exploration scienti(i(jue 
de l'Aliférie serait un des litres de jrloire de la France au dix- 
neuvième siècle. Elle a été conduite avec un succès qui est bien 
notre œuvre et dont la France peut, à bon droit, se montrer fière. 
Elle se complète et s'achève. La plupart, des {grandes ruines ont 
maintenant livré leurs secrets, une abondance incroyable de maté- 
riaux en est sortie; ils n'ont ([u'un tort, celui d'être un peu disper- 
sés. En parcourant nos provinces africaines, en admirant les édi- 
fices antiques qui en forment la parure et l'attrait, en visitant les 
musées organise's par les soins de nos confrères algériens, on peut 
apprécier plus complètement les efforts accomplis depuis trente ans 
[)our sauvegarder les richesses archéologiques dont se glorifie l'Al- 
gérie. Le gouvernement de la République a mis tout en œuvre pour 
activer l'exploration et la rendre plus fe'conde; elle est conduite 
avec une méthode, avec une sollicitude que vous serez unanimes à 
reconnaître. Les hommes éminents qui ont été investis tour à tour 
du gouvernement général ont compris la grandeur et l'intérêt d'une 
tàclie dont ils ont favorise' l'accomplissement de tout leur pouvoir. 
Depuis le soldat, depuis le colon le plus modeste jusqu'aux fonc- 
tionnaires de tout rang et aux officiers de tout grade, chacun est 
\enu apporter son concours à ce grand ouvrage. L'humble travail- 
leur qui exhume un monument inédit a droit à notre reconnais- 
sance aussi bien que le savant qui l'explique. 

«Après des années de labeur, il était sans doute permis de jeter 
un regard en arrière et de contempler un instant le chemin ])ar- 
couru. La satisfaction intime que procure lo'uvre scientifique vient 
de l'assurance que l'on a de travailler à une œuvre durable, à une 
œuvre que toutes les nations éclairées poursuivent par les mêmes 
méthodes. Celle qui s'accomplit eu Algérie revêt maintenant ce 
caractère de stabilité et de durée. Les hommes qui la continuent 



XCIV 

aujourd'hui ont quelque droit d'en èlre liers; ils travaillent d'un 
l'iVorl oominiiu au profil do la soicncc et do la civilisation. Emprun- 
tant le lan^'Ufje d«'S lexles romains, on peut dire qu ils ont bien niô- 
rilc du pays, ceux-là surtout qui, pour se consacrer plus entière- 
ment à la rôsuiToction Kciontili(|ue, objet de leurs patients oirorts, 
et par consoquoni poui- mieux >ervirla France, ont lait de lAlrique 
ieur seconde patrie. ^ 

M. le Ministre donne ensuite la parole à M. Stéphane Gskj.l, qui 
s'exprime en ces termes : 

(f Monsieur le .Ministre, 

tf Monsieur le Gouverneur {jénëral, 

tf Mesdames, Messieurs, 

ffLa réunion à Alger des congrès des Sociétés savantes et des 
Orientalislos «st pour nous un honneur (ju'il paraissait piésomp- 
tueux d'espérer. AprJ's les illustres cile's de Toulouse, de Nancy et 
de Bordeaux, sur lesquelles les lettres et les arts ont jeté et jettent 
tant défiât; après les capitales de la vieille Europe, où toutes les 
sciences se groupent dans une ordonnance harmonieuse, œuvre 
duno longue suite de siècles, vous avez voulu visiter notre Afrique 
qui n'est encore qu'un grand chantier, où travaillent beaucoup plus 
d'apprentis que de maîtres. Vous êtes venus très nombreux, sans 
craindre les fatigues d'un long voyage. Nous vous en sommes recon- 
naissants. 

«rCe que l'Algérie peut surtout vous olïrir, ce que vous lui de- 
mandez sans doute, ce sont les sensations fortes et précises (|ue 
provo(iue la \ision directe du passé, et que ne donnent ni les plus 
belles c(dlections d'art, ni les ouviages d érudition les plus exacts. 

(fA quelques heures d'Alger, vous avez pu voir se dresser le 
mausolée des rois de Maurétanie. vaste amoiicelbïment de pierres, 
semblable aux tumnlus des Africains primitifs, et que déguise mal 
un placage d architecture clas8i(jue. Près de là, la gracieuse Tipasa 
vous a montre les débris de ses anciennes églises et ces grands ci- 
metière-; chrétiens oii. sur les rocs battus des Ilots, des centaines 
de lombes niélont leurs Uicbes grises aux boucpiels de lenlisques. 
A Cherchel, vous avez admiré des restes majestueux de thermes et, 
dans un min de la ]>elilr' ville <pii renqilare aujourd liiii l'Athènes 
du roi Juba, un véritable entussetnenl de beaux marbres, arrachés 



à ja loii(^ |iar des l'ouilleB heureuses. Bientôt, dans la piovincf! de 
(ioiistantiiic, vous poiii-rez visiter des villes roiiiaities |»res(|ue en- 
lièies. avec leurs lenij)les, leurs arcs, leurs (liaccîs, leuis hains 
publics et leurs l'orôts de colonnes, et ces rues, et ces marchés, et 
ces maisons d'oi"! s(»i't lYcho de la vie d'aulrefois. 

fflci même, vous avez aimé à vous perdre dans les nielli"^ lor- 
tucuses de la vieille Casbah, que uialheurcusemenl Ton n'a [las 
assez respectées, dans ces ruelles d'un pittor(!sque cbaiTiiarit, où des 
formes blanches passent avec lenteur dans um; ombre lumincîuse, 
où des pans étroits de ciel bleu découpent les hautes silhouelles et 
les lignes heurtées des maisons maur(;sques. Vous êtes entrés dans 
ces deux {jrandes mosquées qui élèvent leurs minarels de clia(}ue 
côté de lédilice où nous sommes en ce moment réunis et qui sont 
les monuments les |)lus précieux d'Alger d'avant la conquête : l'une, 
avec ses longues galeries, dune monotonie majestueuse, qui rap- 
pellent les plus anciennes mosquées de l'islam; l'autre, avec sa 
coupole soutenue par les branches d'une croix, sanctuaire de type 
byzantin qui symbolise la prise de possession de la cité berbère par 
les Turcs, iiiaîli-es de Conslautinopie. 

f^Semper aliquid nom ex Africa, disaient les Latins. Et, de iail, 
loriginalité de l'Arri(|ue du Nord se marque par des traits forte- 
ment accusés, par de brusques contrastes qui laissent à l'esprit 
des impressions proibndes. 

ff Pour le géographe, c'est le pays où les grandes plaines fertiles, 
les montagnes abruptes, les vastes espaces impropres à la culture 
s'enchevêtrent dans un désordre qui étonne les yeux accoutumés 
au bel équilibre des régions de notre France, où le climat a des ca- 
prices déconcertants, où l'été chasse subitement l'hiver, où, en 
certains lieux, les oliviers et les palmiers croissent les uns auprès 
des autres. 

ffPour l'historien, c'est le pays où l'Orient et l'Occident se sont 
livré de terribles batailles, le pays des coni|uétes rapides et des 
empires éphémères, des civilisations ratlînées et des barbaries te- 
naces, vivant côte à côte, du travail acharné qui dompte les sols 
les plus rebelles et dos sauvages destructions. C'est la j)atrie de ces 
écrivains qui se diUacheiil si nettement suc le fond un peu uniforme 
de la littérature latine et qui forcent l'attention autant par leurs 
délauts bizarres que par le relief puissant de leur style et 1 ardeur 
de leur enthousiasme. C'est le pays oii les voyageurs sont séduits 



XCVl 



|i;ii l;i l)i«farrure des costuDics,la variété des langues et des mœurs 
et les chniiifcinenls soudains des |)a\sa{j;es. 

kVa pourlant, malgré ces incolirrences et ces disparates, malgré 
le parliiMi dexolisme (ju'on se [)lail à venir respirer ici, vous savez, 
Messieurs, ijue rAlVi(|ue du Nord esl une terre classicuK», (]ue loul 
Pisole du reste du continent africain, (ju'elle est un des anneaux 
de celte longue chaîne de contrées lortunées «pii entourent la mer 
intérieure, berceau de notre civilisation. Klle esl, comme elles, la 
nourrice de l'olivier et de la vigne. Elle a les larges plateaux et les 
cimes dentelées de TKspagne, et, çà et là, des rivages enchanteurs 
qui ])araissenl avoir été ravis au golfe de iXaples. Klle a la lumière 
pure el les grandes nuits calmes de 1 Egypte. 

ffLes restes du passé que vous êtes venus étudier ici. vous les 
avez déjà rencoiitrés ailleurs : ce sont des pages des deux livres de 
la civilisation anti(|ne et de la civilisation musulmane elîeuillées 
et portées en Afrique par le vent de la confjuèle. (les sépultures en 
grosses pierres brutes, ces dolmens (jui couvrent les roclnn-s de 
Hou-Nouara, de Roknia et de cent autres lieux, vous les avez vus 
dans tout l'Ouest de l'Europe et jus(]u'en Palestine. Ces cryptes fu- 
néraires creusées par les Carthaginois, vous les retrouvez en Phé- 
nicie. Les monuments romains de l'Afrique septentrionale oIVrent 
bien quelques particularités de construction (|ui les distinguent 
parfois de ceux de Tltalie, mais il n'est pas nécessaire de vous dire 
(ju'ils se rattachent étroitement à cet art hellénique ()ui sut s'accom- 
moder aux besoins des maîtres du monde. Les mosaïques afri- 
caines dérivent, comme les autres, de l'art alexandrin, el les plus 
belles statues de Cherchel sont des copies exactes d'œuvres nées 
tlans les ateliers de la Grèce. 

ffLes édifices de l'époque chrétienne sont apparentés aux éjjlises 
de l'Egypte et de la Syrie. Le style d'ornementation qui s'est alors 
inq)lanté en Afrique, et que beaucoup de Berbères ont conservé 
dans leurs sculjitures sur bois, s'est répandu à la ménu' épocpie 
dans tous les j)ays im;dilerran('ens et a eu probablement son origine 
en Orient. 

rSoiis la domination musidmane, les architectes et les décora- 
teurs (|ui ont travaillé à TIemren se sont sans doute; insjjin's de 
modèles andalous. Plus tard (mcore, les liMnd)les aitis.ins. les 
femmes d'intérieur dont les mains habiles ont fahriqué ces amies, 
ces cuivres, ces tapis el surtout ces belles broderies d'Alger, d'un 



style à la lois si larjje et si souple, surml .ifiprf'cicr les ouvr,'t|'('s 
oiienlaux et y puiscf des h'çoiis; ils un (léd.iitjiii'rcnt pas non plus 
les enstMjjnements des aris iiulnslrifls de; Tllalic el de la France 
cliréfiennes. 

ffCes relations srculaiies et multipliées entre rAlrifjue et les 
autres contrées de la Méditerranée intéresseront vivement les his- 
toriens. (;('ux(|ui aiment l(;s belles choses, sans se soucier de savoir 
comment elles ont été laites, et qui ne demandent aux œuvres d'art 
<pie des salislaclions esthétiques, seront peut-être plus difficiles. 
Aj)rès avoir accordé };ràce à quehjues-unes de ces statues de marhre, 
répliques d'originaux grecs aujourd'hui perdus, à ces élégantes 
dentelles de plaire (pii revêtent de leurs réseaux ténus les parois 
des sanctuaires de TIemcen, à certaines de ces broderies dont je 
vous parlais à l'instant, ils nous diront qu'ils font bon marché du 
reste, amas de documents archéologiques, ouvrages exécutés par 
des praticiens de second ordre, par des copistes pressés et mé- 
diocres, et qu'ils donneraient volontiers tout cela pour un marbie 
taillé par le ciseau d'un maître grec, pour un de ces lapis persans 
d'une idéale harmonie de couleurs. Je n'oserais j)as trop contredire 
ces délicats. 

ff Cependant je voudrais vous rappeler ce qu'un de nos savants 
les plus illuslres disait, il y a (juelques années, dans une séance 
d'un de vos congrès, 11 vous montrait que, dans l'Afrique du Nord, 
l'étude du passé n'est pas toujours une sim|)le curiosité d'archéologue 
et qu'elle peut offrir de précieuses leçons aux hommes d'aujour- 
d hui. Tirer des vestiges qui s'étalent sur le sol ou que les fouilles 
l'ont sortir de terre des témoignages précis de la prosj)érité de 
rAIVique romaine; déterminer les emplacements que les anciens 
ont choisis pour élever leurs fermes, leurs villages, leurs villes, en 
tenant compte des conditions d'hygiène et des convenances de l'ex- 
ploitation du sol; rechercher ce qu'ils ont fait pour l'aménaffement 
des eaux (question vitale en ce pays) ; étudier la répartition des di- 
verses régions agricoles et des différentes cultures à cette époque, 
les moyens mis en œuvre pour la fabrication du vin et de l'huile; 
recueillir les restes les plus intéressants de ces vieilles industries 
algériennes; y chercher des modèles et des règles de conduite pour 
ranimer chez les populations indigènes le goût des choses d'art et 
leur rouvrir des sources de profils appréciables : tout cela n'est 
point vaine érudition. Vous ne l'ignorez pas, Messieurs, et. loin 
Archkologie. — N° 2. ^ 



do vous rou(lr<! inallontil's nu prÔ8ent, lo vif inlôrcM (|ii(» vous porioz 
ù riiisloiia (le lantMeuno Afriijiip. in ronii.iissancc oxatle qu«» vous 
a>e!4 (If «on passé vous ont ponnis de mesuror la (fraudeur de la 
lài-hc accomplie ici |)ar la Franco depuis trois ([uarfs do siècle el 
d escouiptor los nuijrniliques promesses de l'avenir. 

rAprès nous avoir quittes, vou^ffarderez hicni dos souvonii.s dans 
votre mémoire. 

«^Vous reverrez par la pensrto ces paysages dont la l)eaut^ vous 
aui'H émus : Aljfor etincelant eorume une poilo. dans la conionne 
délei'uolio verdure cpii l'ostonn»» au-dessus de cette l)aio d'une s'-i'é- 
nilé voluptueuse; et les monta^ynes fauves, aux lignes sculpturales 
de lions couchés, (pii onlourtMit (lonslantine; el rimniense lor.M de 
palmes (}ui scintille dans lair vibrant du Sud, au dol)ouché des 
gorjfes dKI-kantara! 

'•Les grandes scènes de riiisloiro de notre Afrique vous apparal- 
Ironl a\(*c plus de force (|uand vous sonjforoz aux lieux n\\ elles se 
sont déroulées : Sophonishe, symbole de (larthagt^ expirante, rece- 
vant danslo palais de Cirta le fatal présent de noces de son nouvel 
époux; la paix romaine transformant les plaines de la Numidio en 
d immenses champs de J>ié, faisant monter les vi<|nobles le long des 
coteaux , alignant les vastes plantations d'oliviers, élevant h sa gloire 
ces arcs de triomphe dont les silhouettes délabrées ont encore si 
grand air; Sidi Okba, le conijuérant impétueux du Maghreb, sui- 
pris et tué près de la palmeraie «jui garde son tombeau; (Iharles- 
•Juint vieilli, s'éloignant, tête baissée et sous la rafale, des nnii"s 
d'Alger devant lesquels la fortune commença h le Irahii-. 

ffMais nous souhaitons que vous emportiez de vofn» voyage 
d'autres souvenirs encore. Uentrés dans nos vieilles villes, où les 
voix du p;issé vous parhmt en amies, où tant de lieux voiis rap- 
pellent \o^ douleurs (4 vos joies, près de ces écoles où s'est écoulée 
votre enfance, près de ces cimetières où vos moris dorment auprès 
des nùtres. vous vous direz peut-être (|ue ceux «pii ont ipiitlé tout 
cela pour se faire ici un nouveau foyer, au prix de mille laliguos, 
qui se sont penchés sur cette terre presque morte et qui, par leur 
labeur obstiné, l'ont rendue ^ la vie, qui ont renoué los liens par 
les«piels rAlri<|ue fut jadis attachée si forlemeni au monde latin, 
qui ont associé à h;urs travaux les vaincus d'hier et (pii n'ignorent 
pas (ju'on no fonde rien d<» durable que sur la lK>nlé: vous vous dirox 
(|ue ciîux-lii n»érileiil un Jhmi de votre alfeclicm. 



wEiifin, vous qn'\ niinez la scionce et Kavez ce qu'elle peut pour 
r«''(liicîili(»n morale ilivs peuples, vouK suivrez peiil-<Mre ,ivec (picitjue 
syMip.'itiiic les elloris (le vos rourn-ros .'ilriciiiiH. Kn\ aussi .'i|t|(orl('iil 
leur |iiei're à relie {^ranih; ceuvre dt? rtMlifiralmri dinu! nouvelle 
France.» 

M. le Ministre prend ensuite In |».'irole en ces termes : 

K Messieurs, 

ffJe n'avais garde d'oublier la tradition (pii réserve au Ministre de 
rinstruction publique Tlionneur de présider votre séance générale : 
le rlioix (pie vous aviez fait de eetle ville comme si(>|je de votre 
Congrès fournit, eu ellet, au Gouvernement de la Ilépublique l'oeca- 
sion vraiment unique de manifester sa sollicitude pour les sociétés 
qui vous (Mit (lél(''gu(îs et d'apportei- en même temps à nos frères 
d'Algérie lesalul alfectueux de la mère patrie. 

wTout vous conviait à vous réunir sur cette terre d'Afrique : les 
r*estes imposants du morule antique qui vous offrent tant de sujets 
d'étude, les souvenirs héroïques de notre propre histoire, le forti- 
fiant spectacle de l'activité déployée par notre race pour féconder Je 
pays qu'elle a conquis et y faire régner, à l'abri d'institutions libe'- 
rales, la paix et la prospérité. 

ffEt puis Alger n'est pas seulement la cité pittoresque aux 
charmes captivants, elle est devenue un grand centre universitaire, 
un brillant foyer de vie intellectuelle; et si l'objet de vos congi-ès 
est d'instituer entre les savants de tout ordre, des plus illustres aux 
plus modestes, une solidarité étroite qui ne laisse aucun ellort 
inutile, n'étaif-il pas juste que les savants de France, (jui sont les 
ahiés, vinssent apporter à leurs jeunes émules leurs encouragements 
et s'associer à leurs recherches? D'un c()té de la M<^diterranée 
comme de l'autre, c'est toujours la science française que vous ho- 
norez. 

«Le Congrès de 1906 marquera dans vos annales par i'inténît et 
la riche variété de ses travaux. 

ffVous avez, comme il convenait, fait une large part aux sujets 
intéressant l'Algérie, soit qu'Algériens vous-mêmes vous ayez voulu 
faire à vos hôtes les honneurs de votre propre domaine, soit que, 
venus de France, vous avez désiré payer le tribut de l'hospitalité en 
contribuant à Tëtude du pays qui vous reçoit. 



(T Au surplus, vous y étiez invités par les ressources que ces cou- 
tiées si altiichautes en leurs aspects divers offraient à vos investi- 
{jations. l*our un conjjrès de sociétés savantes, l'Algérie est connue 
une terre promise. Nulle part, dans vos réunions futures, vous ne 
retrouvt'rcz autant de matériaux réunis à ])ied dduivre. Je devine 
avec (HU'lle joie avide votre curiosilé s en est emjtarée, les a réunis 
et classés pour les présenter en reconstitutions lumineuses. 

ffDaiis votre section d'arcliéoloffie, vous avez fouillé les sépultures 
cartliatjinoises et romaines, étudié le comnierce de la iMaurétanie 
avec Massilia, fait revivre le théâtre de (larlliage, la maison romaijie 
a\ecses habitants, les monuments de Part musulman. De ces choses 
mortes vous avez fait sortir la vie. 

«Le présent de l'Algérie, si plein de promesses, ne vous a pas 
moins sollicités que son passé si riche en souveniis. Quel merveil- 
leux chantier détudc p(mr qui veut saisir les points de contact et 
les zones d'iniluence des civilisations superposées (|ue cotte partie 
du monde, si vieille et si jeune, où tant de races se sont succédé, 
qui, après des périodes de prospérité puissante, a tiaversé les som- 
meils inertes et les longues décadences poui- renaître sous Tinlluence 
du génie français 1 

tr Votre section des sciences économiques et sociales a su associer 
aux recherches locales ou particulières les généralisations qui eni- 
brasssent un horizon plus étendu. En étudiant le régime de la pro- 
priété du sol en Algérie et en Tunisie, les essais de colonisation 
militaire, le rôle des Italiens en Tunisie d'une part, et de l'autre 
h's institutions «le l'Empire britannique, les réformes à apporter au 
Code civil et aux lois prolectrices de l'enfance, les loi;ements à bon 
marché, les expériences comparées de la France et de l'étranger eu 
matière de prévoyance, vous av«;z collaboré à la solution de ces pro- 
blèmes sociaux qui, dans une organisation démocratique comme la 
nôtre, s'imposent plus qu'ailleurs à la sollicitude des citoyens 
comme des pouNoirs publics. 

f Vos sections de sciences et de géographie historique et descrip- 
tive ont eu, elles aussi, leur large part dans Tceuvre collective; du 
(lonf'rès, œuvre remanjuable et (jui atteste une fois de plus la fécon- 
dité des re(;berches libres et du travail désintéressé. 

«Les écoles supérieures d'Alger ont été le siège du (iongrès; 
leurs professeurs en ont été des membres actifs. C'est là pour elles 
comme une con.stcration des efforts accomplis depuis que la loi 



CI 



de i8'79 les a orgaiiisf^es. Kllcs sont, elles doivent rcsh r nn loyer de 
hiuilc ciilliire. Mais elles doivent aussi s'adapter rie plus en plus 
an pays où elles \ivent et pousser' dans le sol idiM-rien des racines 
vif[Oureuses, Il faut que renseijjneriienl snperiem- ail ici sa pliysio- 
noiiiie propre, (pTil coll.ihoreà loiil ce qui s'y fait, dans lintc^rètde 
la {frand(Mir et de la prospérih- du pays. A des titres divers, toutes 
les écoles peuvent y contribuer. Ses professeurs l'ont déjà compris 
et leurs travaux ont éclairé d'iinr; vive lumière l'histoire, la {{e'»}p;i- 
phie, la fjéolojfie, la llorc; de TAI^férie. Je tiens à leur dire combien 
le Minisire de l'Instruction publique sera heureux de les voir mar- 
cher de plus eu plus activement dans celte voie. 

ffPar une fortune sin^julière, et dont je tiens à me féliciter, la 
ville d'Alger, (jui acclamait ces jours derniers la venue d'un souve- 
rain ami de la France, recevait en même temps un jjrand nombre 
de savants étranjjers qu'appelait ici le Congrès international des 
Orientalistes. Je suis heureux de remercier, au nom du Gouverne- 
ment de la République, les nations qui s'y sont fait représenter par 
des déléjfués dont le nom et les travaux font autorité : l'Angleterre, 
la Russie, l'Italie, l'Espagne, lAllemagne, l'Autriche-Hongrie, la 
Belgique, la Hollande, la Suisse, les Etats-Unis, l'Egypte, la Perse, 
la (îhine. La liste d(\s communications qui ont été faites au Congrès 
prouve combien son activité a été heureuse et variée. 

ffVous me permettrez d'ajouter que la réunion du Congrès à 
Alger, la présidence conliée à M. Basset, le savant directeur de 
l'Ecole des lettres, sont des faits dont je tiens à noter la signification. 
Ils indiquent (jue l'I^lcole des lettres est et doit devenir de plus en 
plus un centre d'études arabes, qu'il s'agisse de l'histoire, de la ci- 
vilisation, de la littérature, des langues de l'Afrique du Nord. Elle 
doit aussi, et à ce même point de vue, se préoccuper du pre'seni 
et de l'avenir autant que du passe'. Elle ne peut mieux payer sa 
dette envers rAlg('rie (|u'en formant à la connaissance pratique de 
l'arabe ceux qui, dans des situations diverses, auront à dévelop[)er 
les ressources de ce pays, à faire comprendre aux indigènes les 
avantages de notre civilisation. 

ff Pour la première fois, le Congrès des Orientalistes a organis»; 
une section d'art musulman. C'est une initiati\e dont je tiens à le 
louer. Cette section a tenu ses séances à la Médersa, où, grâce à la 
protection éclairée de M. le Gouverneur général, s'est ouverte une 
exposition d'art musulman. Eu (juelques semaines, M. (isell a su v 



— cil 



jfrouper dos œuvres noinbreusos et d'un [jrnnd int«''nH. Le 8a\anl 
professeur de TEcole des leltres d Aljfer, (jui a si laijjeiuenl coiilri- 
bué à faire coonaitrc TAfrique rouiaine, a ainsi montré que l'élude 
de l arl antique ne doit j)as l'aire né};li}j;er celle de fart inusulnian. 
{"In Algérie d'ailleurs, I archt'ologie n'est pas uni(|U(Mnent la science 
du passé; elle peut être, dans une certaine mesure, la conseillère du 
présent. Retrouver les traces des cités, des exploitations agri- 
coles, des villas anliijucs, consliiler ce que Rome a\ait fait dans ce 
pays, cest nous rappeler ce qu'on y peut faire et quel doit y être 
notre rôle; mais, d'auti-e part, recueillir, étudier les œuvres si ori- 
ginales, d'un goûl si souvent exquis, de l'art musulman, c'est en- 
courager ceux <jui croient avec raison qui^ cet ait n'est point épuisé, 
qui! V a lieu d'en provoquer le renouveau, que les tapis, les bro- 
deries, les faïences, les bijoux j)euvcnt redevenir ici un titre de gloire 
artistique en même temps (|u'une des l'orines de l'activité indus- 
trielle. Là où on commence à s'en occuper dans les écoles, l'ardeur 
avec laquelle les élèves s'y appliquent prouve que les traditions de 
la race ne sont point perdues. A Alger même, il me serait facile 
de citer d heureuses et intelligentes initiatives. 

«Messieurs, cette partie du monde a subi bien des vicissitudes. 
Les travaux du Congrès vous ont conduits à travers les phases chan- 
geantes des sociétés disparu»vs jusquà Tétat présent de lAlgérie; 
ils vous ont initiés aux efforts persévérants que la France fait à son 
tour depuis plus d'un demi-siècle pour mettre en valeur les admi- 
lables richesses naturelles qu'elle renferme, pour répandre le bien- 
être matériel et moral parmi ses habitants. Certes il y a dans 
l'histoire des recommencements, mais notre œuvre trouve dans 
l'esprit d'humanité qui la guide, dans notre mission civilisatrice, 
enfin dans les progrès inlinis de la science, des garanties de pé- 
rennité qui ont manqué aux brillants conquérants de ranti(|uité et 
du moyen âge. 

frQue (le chemin déjà parcouru dans la soie (juc nous nous 
sommes tracée : des villes en plein essor, la production du sol 
accrue, les communications miiliipliées, la sécurité garantie, la 
protection et rassistanct^ assuiées aux indigènes, sans parler de 
1 instruction doni nous leui' faisons connaître les bienfaits el (pii 
Itiif pciiuetlra, sans rien sacrifier de leurs crovances el de leurs 
coutumes, (h; s'appropiier ton! ce qui, dans notre civilisation, est 
capable de rendre leur vie |)lus facile et plus heureuse! Kt, comme 



— cm — 

Minislie de riristructiori f)iil)li([ue, ii iifesl p;irlirulinr<'m«'nt a|jréablp 
(le sijfiialer Icts profjrès si rapides et si renw»r(|iial)lfts n'-alisi-s à ce 
(Icriiin- point de vu(» : [)r^s de .'{0,000 élèves indi{[ènes fréquentent 
déjà nos (écoles! M. Bayet, l'éminenf dirertniir do ronsei^jncment 
supc^rieur, qui vient de visiter les é'^olcs kahyles, a liousé des 
classes remplies d'enfanis attentifs et inonirani par i'in1clli{jence 
d«' leuis réponses (ju'ils avaient su s'assimiler les leçons du maître. 
Ces él('\es ne seioni pas des déclassés; attachés à huirs nionlaijnes, 
ils les feront proliler des connaissances pratiques qui leui' ont été 
données; grâce à Tinlluence de l'école, i'exploitation du fiol est 
paitout en projfrès : les cultures anciennes s'améliorent, les cul- 
tiires nouvelles apparaissent. La [)arl (jui icvient dans ces progrès 
aux instituteurs et au recteur de l'Académie, M. Jeanmaire, (jui 
les inspire et les dirige, est considérable, et je suis heureux de les 
en féliciter puhliifuement. 

ffCe rapide coup d\eil jeté sur le présent montre que si rteuvre 
entreprise est immense, les résultats acquis autorisent toutes les 
es|)érances : ils témoignent de la vaillance de nos colons, de Tacti- 
vilé féconde des conseils locau.x, du labeur incessant et de 1 initia- 
tive de ses gouverneurs et, en particulier, de i'éminent gouverneur 
général actuel qui préside aux destinées de notre grande colonie 
niéditerrane'eune avec tant d'aulorild; c'est un vieil ami de TAlgeVie, 
ii en connaît les besoins et il met è la servir toutes ies qualités d'un 
rare esprit et d'un cœur épris de justice. « 

M. DE Saint-Arroman donne lecture d'arrète's ministériels nom- 
mant des olHciers de l'Instruction publique et d'Académie. 

Sont nommés'^' : 

Officiers de l'Instruction publique. 

\l\l. |}ertr\fid (l'abhé Louis), bibliothécaire du grand séminaire {\c Bor- 
deaux '. 

Chiris (Marcellin), ai'chéologne , ré<kcleur à la direction des Postes 
et des Télégraphes de Nice ; 

") Nous n'indiquons que los nominations qui intérossont ios sections H'arcJiéo- 
lo{jie l'I (riiistoire. 



MM. CoorKi.KB (Pienre), meinbiT <!»> la (lommission des anticpiitf's de 

S«'ine-ot-Oise, corn'spondaiil dn Minisl«M»' de rinslrnction pu- 

bli({ue; 
Kbekt. clit'f de bureau au (îouverncmt'nl j;(''?it'ial di' l'AIfft^iio; 
LoiuMv (CIt'iiit'iit- \u}jMiste-lleni-i), prcsidi'ul de la Socii'-U' aroliéo- 

Iuffique du Cihàlilionuais, conservaleui' du Musée aicJK'olo^rique 

de (^diAlillon ; 
Mkri.kt (llt'nri-Lucien-Geor{jes-Ren(^). archiviste dëparlemenlal. cor- 

i^espondant du Ministère do l'Inslruclion |)ubli(|ue; 
Mni.iNs. Gipitiiine au loo* ré};;imenl d'iidanlerie. à Narbonne ; 
Pbi'IN-Donat (Alberl-Toussiiint), chef ffraveur de i" classe au Service 

{[éofj^raphique de l'armée, collaborateur à la (larle aixliéologique de 

la Tunisie; 
SABABTHh:s (l'abbé Aotoine-Auguste), curé deLeucate (Aude), membre 

de plusieurs sociétés savautes. 

Officiers d'Académie. 

MM. AiBERTiN (Léon-Louis), capitaine d'artillerie, détaché au Service géo- 

grapbique de l'armée: 
HÉr.HADE (Charles), archéologue, contrôleur principal des tabacs, à 

Périgueux ; 
Henet, capitaine au 3' bataillon d'Afrique, à Tabarka. — Recherches 

archéologiques en Tunisie; 
Rernard, lieutenant au h' chasseurs d'Afrique, à Tunis. — Travaux 

archf'nlogiques cl topographiques en Tunisie : 
Mkrthet (Arsène-Auguste), lieutenant au So" n'-ginienl diulaulerie, à 

Tulle. — Travaux topographi(|ues en Algérie et en Tunisie; 
15ertram) (François), conservateur adjoint du Musée de Phili|)pe- 

ville: 
BissoN (Henri-Louis), «lessinateur au Service giMigrapliicpie de l'armée, 

collaborateur à la Carte archéol(»{fi(pie de la Tunisie; 
Hlondel (Daniel-Pierre-Alfred), lieutenant au i3(i' régiment iTin- 

fanterie, à Saint-LA. — Travaux arciiéologiques en Alg('rie: 
lUtrioN (Ilippolylc-P^mile), graveur principal de i" classe au Service 

géograpliique de l'armée, collaborateur ii la Carte archéologique de 

la Tunisie; 
IJrk/./o (Jean-Louis), dessinateur au Service géographique de l'armée, 

collaboraUMu- à la Ciarte" archéologique de la Tunisie; 
Cogmer (Alexis), architecte du (îouvtnnement gi'-néral de rVijjérie 

pour les Moiuimenls historiques, à Alger; 
Coni IDE (Théophile ). inipiiriieur lithographe an Service ge(i<;raphi(pie 

de r.irnM-e, collaborateur ;i la Carie aiclu-ologique de la Tunisie; 



— cv 

MM. Drobuak (Arlliui-.AdolpIip), commis des |)os)<»h et des U^(;}j'm plies, à 
Hoii/fif, mcriihrc df l.-i S(»ci<!té .•iiTli<'olofri<|iii' de (lonst.-inlinf : 

l)KiiAy. chef" de halaillon <iii l\' n'^jTiincrit de tintilleiirs: 

l)i iiois ( l'ifiTM-IjOiiis-Alliin-MaiTcl ). nrjMxiant, inctnlii*- di- ia Soeiélé 
des anliquaires de l'icardie, lauri'ul de la l'acuilé d<' diuil de Paris: 

DuRANCKL, ronducleur des ponts et chaussées à Vlaliidia, collal)orat<'m' 
du Service des anli(piil('s de la U('|j-<!n(M' de Tunis: 

K\iMG»o (M(iliannn<'d-|)(Mi-Sli(uaii), architecte arabe, r»tllal»eratenr 
de la Commission de public^ilion ries documents arrJK'MJrijricjues de 
l'.\fri(jue du Nord: 

FocKNKREAUX ( Heiiri-Auffuste), tieutcnanlau i \' réffiment d'ailillcrir'. 
à Nersaillcs. — Travaux lopojrrapliifpics en Mjféric et en Tunisie: 

(ioDAUD (Charles-Laurent), f|-ëomètre dessinateur, à Alfjer : 

CoDiN. lieutenant au 6° rf^ffiment de liiailleurs, à Hizerle. — iJons 
au Musée du Mardo; 

IIamari» (l'abbé Jean-Uapliste), arciiéoluffue, curé de Hermès (Oise): 

Jacques, lieutenant au 6* régiment de tirailleurs. — Recherches ar- 
chéologiques en Tunisie; 

Jai itEKT (le chanoine), secrétaire de révêchë, membre de la Société 
archéologifpie de Conslanline: 

Joi ANNE, lieutenant au k' régiment de lii'aiileurs. — Dons au Musée 
du Kardo: 

Ji LLiAND (Claude-Maurice), capitaine du génie, détaché au Service 
géographique de l'armée. — Travaux topographi(|ues en Algérie 
et en Tiuiisie: 

Lafon, conducteur des ponts et chaussées à Souk-el-Arba. — Fouilles 
ai'chéologicjues en Tunisie: 

LautairÎ'S, sous-iutendaul militaire de 9.* classe, à Gabès. — Dons au 
Musée du Bardo; 

fiEjETNE (Léon-Pierre), graveur principal de i" classe au Serviciî 
géographique de rarinée, collaborateur à la Carte archéologique 
de la Tunisie : 

Lkvnaud (l'abbé), curé deSousse, membre de la .Société archéologitpie 
de Sousse (Tunisie); 

Makc (Ferdinand-Prosper-Henri ), garde principal des forêts, membre 
de l'Académie d'ilippone, à Orléansville; 

Marquis (Léon -Henri), membre de la Société historique et archéo- 
logique du Câlinais et de la Commission départementale des anti- 
quités de Seine-et-Oise, à Étampes; 

Masse (Charles-Eugène), commissaire de police, à Balna: 

Malmy ( Féli\-Engène~K instituteur public, à Saint-Domet fCreuse), 
collaborateur du Comité des travaux iiistoriques et scienliliques; 



OTI 

M^l. MoBHAi . lit'uU'naiil allachtf nu servie»' d»»8 atlairos inilifrèncs. h 

Médt'iiiiio. — hmiHi's atrln-oloR-icpiea pu ruiiisio; 
PKuirAiD. lieuleiiunt allnilié au scrvico dos nllnii-es iiirlifrènos, à 

Miilniala. — lonilles arcluiolofrifuios m Ttinisic: 
l'iaotTKT ( Maui'ii-e-Oclave ). archiuloguc, à Salins (^Jura). — Dons aux 

muNéfâ nrolu'olofjiqnes; 
PoM.vccin (l'aiih. caiiilnint' an 5 i" iv^inu'iit (rinl'anli'i-if. déUu-lié an 

S'rvk't; fféoffiaphiquo df l'arnipo; 
PoTEV( Mni*ie-Hcnn-Loui3-{ieorg'e8-Jo3e[)li ), déléffué cantonal . nionibie 

d»> la Sot'i(Hé arclit'ol(»gi(|U(' du (iliàlillonnais: 
Sadoul (Ciiarlos'). hihliolliéanre do la Soric'ld H'aivli<^oloffip lorrainf . 

à iNancy : 
Sahraii, ( .Manrice-.Marie-\«vier-Gn8lav»0. r^'ipilaind an i «' rt^f;iniont 

d'infanterie. déUiché au Service {j-éograpiiiqu»; do larniéc 

La s»'«n<*<» ost lt*vée à h heures. 

,-:T.I!l(nij '.t. i. 

Le Serrétniro ml joint de la Serlinn (l'iivchf'oloi^ie, 

M. Prou, 

' Monihrc du Gomili'. 



OVII 



■1\) MAI lUO.'). 



SKANCK DK LA SECTION D'MUlHKOUUill-:. 



l'HIiSlIlKNCK l)K M. IIKItoN l»K V 1 1, 1, KK OSS C . 

La s^nncp ost onveric à U lieiirps. 

Lo procès-vorbal Ho la doriiièro séance est lu cl adoplé. 

M. le Sécrétai le donne, leclure de la coiresj)ondance : 

MM. Babelon et Prou ('criveul pour s'excuser de ne pouvoir 
assister à la séance. 

La Soci(;té académique d'archéologie, sciences et aris du dé- 
parlement de rOise demande une subvention pour continuer les 
louilles entreprises autour de Téglise Saint-Etienne, à Beauvais. 

M. Héron de Villefosse lait un rapport sur cette demande : 

tfUne note de M. Acher, architecte, permet d'apprécier les ré- 
sultats obtenus en 190^ et en 1906; elie est accompagnée d'un 
plan à l'aide duquel on peut aisément suivre la marche des explo- 
rations déjà faites. 11 est aisé de constater que les pilettes retrouvées 
du côté Sud, du côté Nord, et sous le dallage même de la grande 
nef (le Saint-Etienne, constituent des alignements rectilignes (|ui 
appartiennent vraisemblablement à Thypocauste complet d'un grand 
établissement de bains publics. Au cours des fouilles, on a recueilli 
un nombre considérable de fragments de tuiles, des conduits striés, 
des dalles et des enduits recouverts de peintures di-coralives; on a 
trouvé aussi quelques monnaies sans grand intérêt pour détenniner 
l'Age du monument. •" 

fjO rapporteui- propose d'accorder à la Société Vcadémique une 
subvention, alin de reconnaître les substructions s'i'tenilant vers le 



— rvîii — 

Nord et le Sud. Il osf <>ntondn (|ii(» rcito subvention ne peul elio 
acoordéi" en 1900, mais qii ClIe pourra cire prélevée sur le budj^cl 
de t 90G. 

La (iotninission déparlemenlale des Monunienls liislori(]ucs du 
Pas-de-Calais sollicite une subvcnlioii (|ni lui |»t'i'uielle de |)our- 
suivic l'impression de Vlipiirraphir dit l^is-dc-Cdlais. — Heiivoi à 
M. Iùi{fènc Leli'vre-Ponlalis. 

M. le Ministre de rAjfriculture j)résenle une demande de sub- 
vention en vue de permettre de continuer les fouilles arcb«'(do- 
{fi(|ues efTectuées dans le parc de Grignon au lieu dit «Le Fond de 
Tbiverval", La lettre de M. le Ministre de l'Agriculture est accom- 
pagnée d'un rapj)orl de M. Stanislas Meuniei'. — Renvoi à M. le 
docteur (lapitan. 

M. le Sous-Secrétaire d'État des Postes et des Télégraphes pré- 
sente une demande de subvention en vue de permettre à M. Mi- 
chaillard, maire dlzernore, de poursuivre dans celte commune ses 
recbercbes archéologiques. — Renvoi à M. Cagnat. 

M. le Sous-Secrétaire d'État des Postes et des Télégraphes pré- 
seule une autre demande de subvention en vue de j)erm»'ttre à 
M. (îhanel, jjrofesseur- au lycée de l)Ourg,de poursuivre ses Ibuillcs 
arche'cdogiques sur le territoire de La Cluse et de Montréal (Ain). 

— Renvoi à M. Cagnat. 

M. (]ollard. correspondant du Comité, à Auch, adresse au Co- 
mil/' deux notes: Tune sur les bacbeltes de llouchet. près de 
|{o(|uelaure (Gers); l'autre sur l'amphore de Languiot, conmiune 
de Nougaroulet (Gers). — Renvoi à M. Salomon Reinach. 

M. (ialien Mingaud, corres|)ondanl du (jomilé, à Mmes, signale 
la (b'coiiverlc à Vers (Gard) d'une cachette de l'épocpie du bronze. 

— Renvoi à M. le dociciir Capilan. 

M, Cassies, correspondant du Comili-, à Mcaux, adresse un 
rapport sur les fouilles exécutées par les soins de la Société his- 
lori(|ue (M liltc-raire de la Rrie sur le territoire de la commune de 
Pencliard ( Seine-el-Marn(!). — Renvoi à M. Héron (b' \ illefossc. 



GIX 



M. Talilx! llatM.ird, à licrtiics (Oise), nivoic iiiic noir sur le; nio- 
i)ilier luiirraii»; duiw si-pullurt; liaïKjiie. — Uciivoi à M. l'rou. 

M. .Iac(|ucl, iiisliliilcur vn retraite, à Saint-iViarliii-le-\ i(!ux , 
signale la découverte! (Je sulistiuctions roinaiiKîS sur h; territoire de 
Saiut-Marlin-I(!-Vieux (llaul(!-Vienuc). — Renvoi à M. Adrien 
Blanche I. 

M. Mallard, correspondant du Comité, à Sainl-Ainand , en\oie 
un rapport sur les fouilles du théâtre romain de Drevant (Cher). 
— Renvoi à M. Héron de Villelosse. 

M. Vaschalde, à Vals-les-Rains, adresse au Comité une notice 
sur Le Crouzet, ancien domaine de Tahbaye des Chamhons, en 
Vivarais. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. L('on de V(!sly, correspondant du Comité, à Rouen, envoie 
une noie sur un fra{jment dinscription trouvée à Pitres (Kure). — 
Renvoi à M. l'rou. 

iM. Cannât annonce au Comité qu'il a reçu de Al. le capitaine 
Molins un rapport d'ensemble sur les fouilles faites en 1908 el 
1904 par cet ollicier à Narbonne, et dont les résultats ont été déjà 
si<(nalésen partie dans le Bulletin archéologique. — Renvoi à M. Adrien 
Rlanchet. 

MM. Rahelon , Philippe Berj;er, Cuiffrey, de Lasteyrie et Mas- 
pero sont chargés de rapports sur des ouvrages pour lesquels une 
den)ande de souscription a été adressée à M. le Ministre de Tlustruc- 
tion publique. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivant^}, offerts au 
Comité par leurs auteurs : 

Le legs Arthur Brolenian H au Musée de Lyon, par M. .I.-B. (iirauH, 
correspondant du Comité à Lyon; 

Troyes : ses anciennes maisons de hois, L'I'leclion. La maison dite nde 
l'Eleriionr,^ par M. Louis Le Clert, membre non résidant du Comité, 
à Troyes. 



ex 



dos ouvrii|(os spronf dôposc'S à la l{ibliolli(''(|iie njitionalo, cl des 
K'incn'iciiiculs sont adrossi'S aux atitcnrs. 

M. le d()it(Mif (!\piT\N lil un rappDi'l suc iiiii- cniiiiininicafioii de 
M. l'ivssc Dumas, de Bnn»n (Oafd), rolali\<' aii\ liiiiiiilus do Hul- 
vo7.«'t, de Baron ot d'Aii^Ndicrs : 

' ■:;.i<\ 

ffOn sait que M. Du tuas explore en ce; nioinent. avec, la persévé- 
rance, le soin et la compi'tence cpron lui ronnaft, les li'ès iioni- 
hriMix Iiiinulus qui. sur les (erritoires des communes de Helver.el, 
de Haron, d'Aijjaliers, de Seynes, de Valler<'ir|pies, de Botiquet, de 
Fous-sur-Lussau et de Lussan, occupent un espace (]ue I auteur 
estime Mre plus vaste que celui d'un arrondissement de moyenne 
étendue. Il a pu constater en ce point Texistencc de plus de onze 
cents lumulus. Il a d ailleurs fait déjà sur ces explorations plusieurs 
communications intéressantes au (lomité. 

ffSes deinières fouilles ont porté sur sept tumulus. Cinq des 
plus volumineux ne renfermaient (jue des fragments de poteries 
brisées, mélang('s à des terres brûlées et à des ossements carbo- 
nisés. Deux ('taient plus intéressants. L'un, sur la colline doTardre 
(commune de Baron), mesurait q mètres de diamètre sur i m. lo 
de hauteur. On avait utilisé des blocs sortant de terre pour former 
les côtés d'un caisson recouvert de ])ierres ])lntes placées intention- 
nellement. Ce lumulus ne renfermait (pie quelques débris de pote- 
ries, deux dents de cheval et un oursin Fo-ssile. Ce dernier point 
e-f à noter : il v a là un nouvel exenq)le d'une pratique rituelle 
déjà |)lusieurs fois sifjfnalée. Vers le bord Nord-l']sl du tumulus, il 
existait nue sépullure postérieure par incinération. 

ffAu quartier du Commel, commune de Belvezel, iM. Dumas a 
fouillé un aiilrc tumulus de mèlies de diamèlre sur o m. ').b seu- 
lement de hauteur, limité sur loul son pourtour par des dalles à 
plat. Au centre, entre les rochers saillants du sous-sol, sur uno 
surface de i métré sin- i m. ôo environ, M. Dumas a recueilli 
ioti anneaux de bronze disséminés .sans ordre. Ces anneaux ont 
environ 9. centimètres «le diamètnî et une épaisseur de 3 à /i milli- 
mètres. 

rrCe tuinuliis renfermait éfralement un petit «jalet siliceux avec 
trou naturel aména^jé pour faire un j^nain d(! collier et une grosse 



CXI 

ruHaïolo «le Icrro cuite. Sur le bord Mord du ttiniuius (»\iMlail. iiik- 
s('|)ulliM(' |(in iiicineralioii, prohiihlrment d'ft|)0()iio rotnairn'. 

ffdcllc nouvelle uoU; est à joiiidic à celles que M. Dumas a di'ja 
unvov«''Pï^ »u Comité «ur les auli-es hitnidiis de celle céirion. noies 
déjà «liîposées aux archives (ïu (loinitt'. Nous ne ponvons (pic le ro- 
Miercier de ces inléressanles corninnnicalions. ■» 

M. Kujjène IjKKKvrk-Potalis lit un rapport sur une notice de 
iM. de Saint-VenanI , correspondant du Comité, rcdalive an vi(Mix 
château de Barbarie (Nièvre) : 

tfDans la i'orèt des Minimi^s, sur le tcrritoin; de la commnne de 
La Machin(^ (Nièvre), se Ironvenl les ruines (Tun vieux cliàleau 
connu sous le nom de «La Cité de Barbarie a, que M. de Saint- 
\enanl, correspondant du Comité, et M. Poussereau viennent 
d'étudier avec le plus grand soin. L'enceinte barlongue, qui semble 
remonter à i'épocjue gauloise, fut utilisée par un seigneur au mo- 
ment des invasions normandes. Elle fut agrandie et réparée, tandis 
qu'on élevait au centre, sur une motte, un donjon de bois sur une 
pièce souterraine en [)ierres sèches. Ce donjon fui incendié deux 
fois avant le xiii' siècle, si l'on en jujje par bîs vases à bec flont 
(|uelqiies-uns sont jumeaux, les clefs, les éperons et d'autres objets 
de fer recueillis dans les fouilles. 

frLa notice de M. de Saint-Venant est accompagn('e de [)lans et 
de dessins (ju'il serait intéressant de repioduire avec le texte dans 
le Bulletin archéologique. 

ffOn peut comparer cette enceinte à celles du Beuvray et de 
La Fonlcnelle, à Viévy-le-Bayé (Loir-et-Cber), et l'exploration de la 
motte a lourni les mêmes résultats que pour le poype de Villars 
(Ain), fouillé par M. Bûche, et pour certaines mottes de la région de 
Mamers, décrites par M. Gabriel Fleury. Il faut en conclure que 
la plupart des donjons antérieurs au xii^ siècle étaient bâtis en bois 
sur une salle souterraine qui se trouvait enfouie dans une motte 
artificielle.') — Adopté. 

M. Salomou Rki.nach pn-sente un lapport sur une notice de 
M. Fernand Blanchard, secrétaire de la Société archéologique, 
histori(jue et scienlilique de Soissons, relative aux découvertes 
d'anli(juités romaines faites au lieu dit rrle Château dAlebastrc, à 



ex II 



Soissons. Le ra[>j)Oili'ui- conclut à l'impression do la notice de 

M. Hl.inrliard dans lo Biillrtiti mrhrnlojrujue. Adopti». 

M. Salomon Rkin^ch présonlr im aiilrc rapport sur un ouvrajjo 
pour lequel nue souscription a ('ti' deiiiandée à M. le Ministre de 
rinslruclion puMiiiue. 



La séance est levée fi 5 heures. 



Le Secrétaire de In Seclion d'archéologie, 
IL DK Lasteviue, 

Mt'iiiliro (in (.omilô. 



rxiii 



19 JUIN 1905. 



SEANCE DE LA SECTION D'AKCHEOLOCIE. 



PRKSIDKNCE DE M. HERON DE VILLEFOSSE. 

La séance est ouverte à h heures. 

I.e procès-verbal de la dernière séance est lu et ado[)té. 

M. Collard, correspondant du Comité, à Auch, envoie une noie 
accompagnée de trois planches sur lesquelles sont dessinées des 
hachelles et des monnaies antiques. — Renvoi à M. le docicur 
Capitan. 

M. Henry Corot, à Savoisy (Côte-d'Or), adresse au Comité une 
lettre relative aux fouilles des tumulus de Minot. — Renvoi à 
M. Salomon Reinach. 

M. Plancouard , correspondant du Comité, à Cléry-en-Voxin , 
envoie une noie sur une découverte de monnaies laite à Ge'ro- 
courl (Seinc-et-Oise). — Renvoi à M. Adrien Blanchet. 

M. Leroux, correspondant du Comité, à Limoges, adresse au 
Comité une notice relative au don d'un reliquaire fait par Charles VII 
en i4^9 au prieuré de Saint-Léonard de Noblat. — Renvoi à 
M. Saglio. 

M. l'abbé Poulaine envoie une note relative à des se'pultures 
découvertes à Voutenay (Yonne). — Renvoi à M. Salomon Rei- 
nach. 

iMiM. Berger et Prou sont chargés de rapports sur des ouvrages 
pour lesquels une souscription a été demande'e à iM. le Ministre de 
l'Instruction publicjue. 

AnciiÉOLOGiE. — N" '2. n 



f.XlV 

SonI d<'|)()S(''s sur io bun'aii dt-uv ouvratjes oll'crls au ('omih' par 
lauliHir, M. (iustave Clwunct : 

(Jiie nous apprend ranalyse d4'H hroiizrfi prrliisinriqitcs ? 
Clo'^sijlralinn des haches de bronze de la Charente, en coHaboialiou 
a\t'r M. (ilu'sui'au. 

Ces ouvrnjjes seronl d^pos(*8 h la Bil)liotbè(|n(' nationale, e( des 
remerciements seront adresse's à M. (iliauvet. 

L'ordro du jour appelle la désignation do la sous-commission 
chargée de rédiger le programme du Congrès des Sociétés savantes 
(]o if)o6. 

Sont désignés : MM. Babelon, Cagnat, Capitan et Longnon. 

M. le Secrétaire donne lecture d'un rapport de M. \drien Ri.an- 
cnKT sur le compte rendu adressa' au Ccmiité. par AI. le capitaine 
Molin!<, des rouilles qu'il a faites à Monllort, près de Narbonne : 

r Le dossier (juc M. le capitaine Molins a adressé au Comité, par 
riulcrniédiaire de M. Cajfuat , est intitulé Notes archéoloijiqnes (Nar- 
boune), et fait suite à une communication envoyée antérieurement. 
11 contient un inventaire succinct des nombreux dt'bris recueillis 
|>ar M. le capitaine Molins, au milieu des substructions dé deux 
monuments découverts sui- le leri'itoirc de Monllort, Parmi ces 
objets, citons des débris de lampes, de vases de verre et de terre 
ordinaire, de nombreux clous en bronze et en fer, deux fibules en 
bronze, des fragments de miroir en bronze, des e])ingles en os ou 
en ivoire, de nombreuses défenses de sanglier, une statue d'Hercule 
jeune coilïé de la dépouille du lion (coupée au-dessus du genou; 
fragment a.iiiif i m. o-j de hauleur). 

"A côté ont ét<'' découverts les dé])ris (rinscri|)tions (pii ont été 
sijjnalés au Comité par M. Cagnat (séance du •.?() mars t<)or)). 

"La récolte céramique a été particulii-rcmcnt abondante et 
M. le capitaine Molins signale environ 1,000 marqiu's de potiers 
<ni fiu peut grou|ter sous 'kjS uumcros, Soo ornements divers, 
900 sup'ts de personnages et d'animaux. 

-La marque LICIN est la plus IrécpH^ntr ( fif) spé'cimens); vient 
ensuite «:elli' (b' COCl (tJ). Certaines rstampilb^s s<' pressentent 
aM'c de^ lormo très diverses. Par ex<'iii|)l<', SUvanus est (^oril de 



cxv 



(liiinz»' niaiiif'nîs (Hirrrciilcs, ni ccrfaincs maifjdcs mo laissciil sup- 
pos«'r (iiTclIcs af>[»;iili('nii('nl ù des contrefaçons ;infi(|ii('s. IVailIciirs, 
r;iiil(Mir (lu ciil.ilojfiic «oiislalc (|ii(! les d/'hiis ;i|)[);irl('ri;iM'nt à do 
nonihreuv vases (rôs dillVM«Mils cominc i|ii,'ilil('' cl (((Diiiin style. 
(^m'l(|iK's IViiifiiiciils, p.iiliciilièrciiKMil rcmaiwjUiiMc.s. (|iril fau- 
diail (■liidicr avec allciilion, soiil |)<Mil-<Hre des produits importés 
(Htalie. 

wM. le capitaine Molins suppose (pie relfc ^rrande (piatitilé de 
lessons de vases manpie reinpiacerneni d'un poil (rend)an|iienierit 
de inarcliandises provenant de <livers ateliers de la (Janlc II trouve 
un aijjnmenl en l'aveiii' de son hypothèse dans le fait que les 
inanpies du nitMiie [)otier étaient [groupées dans la in^me portion 
du terrain loiiillé. Sans vouloir léfutei' cette théorie, je ferai re- 
marquer que ces monceaux de débris peuvent indi(pier simplement 
un mnnif truinrrln. L'auteur de l'inventaire a relevé avec soin les 
sujcis n-présenh's sur les déhiis de vases ornés et en sijrpale ni 
(jiii ne lijfurcnt pas dans Touvrage de M. Décheletle. Parmi ces 
Ivpcs inédils, signalons : des gladiateurs de divers ly])es, une biclie 
poursuivie par deux lévriers, une poule avec un poussin et un 
combat de coqs, un Amour conduisant un quadrupède, un person- 
nage portant deux vases (?), un satyre, deux Minerve, un Mercure, 
un groupe de deux chiens et d'un lièvre, un Apollon, un sanglier 
dans un médaillon, un Hercule dans un médaillon, un combat de 
Co(|S accompagnés d'un serpeWt, deux cygnes et un paon, im âfle 
broutant, divers animaux courant, une scène bachique, deux Kros 
jouant, etc. 

!kM. le capitaine Molins a relevé aussi les formes de vases sans 
ornements, et remarqué avec raison que ces lormes comportent un 
nombre considérai)le de types varie's par les lignes des profils. 
Quelques monnaies de bronze d'Auguste, de Tibère, de Caligula, 
de Claude, de Trajan. d"\lexandre Sétère et de Tacite, ont e'té 
recueillies dans les terrains fouille's. 

ffEn résumé, l'inventaire dressé par M. le capitaine Molins 
concerne une découverte intéressante. Mais le Comité ne |>eut en 
conseiller l'impression sous la forme (jue le travail j)résente actuel- 
lement. Les listes de maripies de potiers devraient être réduites, car 
elles contiennent des répétitions; et, d'autre part, elles devraient 
comprendre un cerlaiii nombre de références au volume du ('m-pus 
msolplmium lalivariim «pii réunit les maripies (('lamiques de la 



C.Wl 



Gaule. Kiiliii il importeiail d»' icproduiiT les types inédits les 
plus reinanjiiahles des iVajfiueiils tlo vases dt'rouverts. 'i — Ad(t|)té. 

M. le SeciV'laire donne lecluii' diin autre rap|)ort de M. Iîi.an- 
CHET sur la découverte de suhstruolions romaines près de S;iiiit- 
Martin-le-Vieu\ (Haule-Vienne), sijpialéo pai- M. .Iac(]uel : 

(r\\. \. Jaccjuel. iiisliluleur en iclraile à Sainl-Mailin-le-Vieux 
(ilaute-\ienne) '', .si{;nale les découvc-rtes lailts par lui sur le ter- 
ritoire de cette commune, près du village du llicuil. Dans des 
foniiles j)raliquees pour rechercher des matériaux de construction, 
on a reconnu les fondations de plusieurs murs et recueilli j)lus de 
deux cents fragments de poterie, dont <juel(|ues-uns sont prohahlc- 
nient orne's de sujets. .M. Jacquet a remarqué sur des parois de 
murailles des ff dessins de fleurs et de feuillages w et recueilli une 
monnaie romaine très hien conser\ée. Les ruines couvriraient une 
superficie de plus de deux hectares. 

«■Il est plus (pie prohaMe «pu' les suhsiruclions sout celles d'une 
villa romaine, dont ([uehpies jiièces étaient décorées de peintures 
murales. Le Comité pourrait encourager M, Jacquet à continuer 
ses lecherches ou, tout au moins, à lever un ])lan des suhstructions 
mises au jour, à photographier les murs décorés de peinture ainsi 
que les fragments de poterie les plus complets, et à donner des 
indications précises au sujet des monnaies recueillies. t? — Adopté. 

M. Caonat lit un i'ap[)ort sur deux demandes de subvention pré- 
sentées ftar M. le S(uis-Secrétaire d'I^tal des Postes et Télé{fra|>hes. 
l'une au nom de M. Micliaillard . maire dl/.eruoic. Taulre au nom 
de Aï. (ili.inel. professeur au lycée de Hourg : 

-M. Michaillard désire voir poursuivrcMles recherches qjii. com- 
mencées dejiuis longtemps sur le territoire de sa connuune, y ont 
ré\élé la présence d'un lemph; romain et des restes de thermes. 

"M. (iliJinel a adress»- un rajiport détaillé, accompagné duu 
|>lau proNisoire de I exploration aichéologi<pie (ju'il a commencée à 
Moiilréal-la-(iluse, près de Naulua. Il a reconnu les ruines d'une 
grande conslruclion . un ('lahlissemenl de hains, semhle-t-il, et 

'■ f,.iiil<iii d'Aixi', iiiT. dv iJiii<i(;i,'s; à 17 liiloiiièlro df (cllo viik-. 



rxvii 



il y a trouvé, outrn dos disposilions cjiracN'rislifiiH's, une aôrw. de 
nmuus ohjots cA do nioniiaios du liaul-oinpin; (|ui tf'nioijfuenf di; riiii- 
pfdiiiuci; de la localilô anli(|n<' cl (oui ('.spércr de bons n'sullals 
le jour où Tou pou lia i'Iciulrt' N- rli,iiii|» dc^ iii\<'sli|fa lions. M. Chanel 
el M. (îraiid-Jcau , propriclairc du Iciraiii. ou! d('|à supporté lis 
frais des rcclicirlics pr(''paraloii'('-<.'^ 

l'oiir ce (pli i('jfai(l(! la dcuiaiidc de siihveulioii lofiiu'e par 
M. Micliaillard , eu vue de lairc; des rouilles à l/criiore, le (Jomili', 
toul eu S(Uiliaitaul (pTuiie cxploralioii iiu'lliodifpK^ soil entreprise 
suret' Icrriloire. coiisidf'raut . (raiilrc pari, (pie le teiiiplt; d'izernore 
est classé coiuiue UHUiuuienl liisloricpic cl rpii' prf'cédemnieiil , ou 
1903, M. Huj)rieli-Hoberl, architecte des Mouuuieuls historiques, 
a été chargé par M. le Directeur des Beaux-Arts d'aller examiner 
sur place le terrain et de rédiger un rapport sur cette question, 
pense (pi il appartient au Sous-Secrétariat des Beaux-Arts de prendre 
la direcliou des Touilles, de les surveiller et de les subventionner. 
Il y 1' doue lieu de transmettre à rAdministration des Beaux-Arts 
la demande de subvention adressée au Comité par M. Michaillard. 

En ce (jui concerne les touilles de rétablissement romain de 
Montréal-la-Cluse, le Comité est d'avis que les premiers résultais 
obtenus [)ar M. Chanel sont assez intéressants [)our qu'on en sou- 
haite rachèvemenl. 11 serait regrettabh» de laisser incomplètes 
des recherches dont Timportance archéologique consistera moins 
dans la trouvaille de quelques antiquités que dans la découverte 
d'un ensemble nouveau. Il émet donc le vo'u que M. le Ministre 
de rinstriiction j)ublique accorde à M. Chanel la subvention qu'il 
sollicite, 

M. le docteur Capitan lit sur une demande de subvention j)ré- 
sentée par M. le Ministre de l'Agriculture, en vue de faire des 
fouilles archéologiques dans le })arc de Grignon, le rapport sui- 
vant : 

«rM. le Ministre de l'Agriculture a adressé à M. le Ministre de 
rinslruction publique un rap[)ort de M. Stanislas Meunier, pro- 
fesseur de g(>ologie au Muséum d histoire naturelle, sur la décou- 
verte dune cavité par des ouvriers employés à la reclitication du 
Ru. au travers du parc de Cri gnon. 

f Celte cavité cylindrique, écrit M. Stanislas Meunier, s'enfonce 



CXVIIl 

w>erlifalt'meiit dans la crai»', au lieu ilil ^\o Fond de Tliivprval-. 
«ElleiHai'. rcodintM'tiî tl'iiiu* dalhf de picriT jfidssii'rL'miMil, t'cjuanie 
wet 8ur lai|iu'll<' s'/'liMidail le innnicaii ifônéral de i m. 9o de terre 
■'■\é}f('lali» (|iroii cultiver en ce poitil (li'|)iiis dos Ki«'clos. 

«Le déhlaioiiieiil ni(''lliodi(|Ut'm('iit |)(mi'siii\i a jx'rinis de con- 
-stater l\'\islt'n<i' (riiiic (iianil)!»' Irî'S liaMIcuitiul nvusée dans la 
proche el dont le |ilancher est à 'i m. i o au-dessous de la surface 
-du sol. (ielle cliaiiihic en foniie de coupole percée |)ar la chemiuée 
^doiit la rencontre lorluile a conduit à la découverte, présenle eu 
rr trois de ses laces des niches avec hanquettes très réj|ulières. Klle 
ffélail enlièreinenl icniplie de Icu're noire louiez jwireille à celle de 
fr la surluce et duus laquelle élaieul (ii>s('niinés des débris (jui oui 
fêté soigneusenieul recueillis, (le soni des Iragnieuls de poteries 
ffde dillerents ty|)es et sans doute de ditlerenls âges, déchets de 
wpierreset spécialement de silex, des os dauinwujx parmi lesquels 
:'on a déjà reconnu le chien, le boeuf , le cheval, le lapin, un oiseau 
«de la taille du coq ordinaire, etc. ;i 

rLe S(d de la chandMt! une fois dégagé, on y a rencontré dos' 
^hlocs de pierre constituant un loyer, encore noircis par la fumée 
Têt rougis par le feu, conservant entre eux (juelques fragments de 
ff charbon de bois. Au voisinage du foyer, se trouvait un |>olis8oir 
irde grès sui' lequel se voient des traces sijjnilicatives de Irotte- 
ffmonl. 

ff Ou a reconnu bientôt (|ue celte première cliambre communique, 
fjiar un de ses cotés, avec une salle de dimension plus vaste, pré- 
f sentant également en haut une ouverture couverte d'une large 
tf pierre plate et dont le remplissage s'est fait sp(uilanément ])ar le 
fjeu altei-natif des chutes de pla([ues de craie provenant du plafond 
rcl (riulilliatioiis de leiTcs amenées du dehors par l'eau de pluie; 
"il en r(''Mdle une stratilicalion très particulière. 

r()u a seulenu'nt comiiieuci', à l'heure actuelle, le d('l)lai(Mnenl 
-de celle secl)n<le salle. (|ui réserve, sans doule. de nouvelles dé- 
fcouverles. et tout le monde scia 1res (b'sireiix (pic te travail d'ex- 
fhiunalion de ces restes, sans amilogues dans la région, S(»it con- 
"tiniie dune façon métlio(li(|iie. Ou regrelterail , sans doute, bien 
ffviveniciil de n'avoir pas fail prolllcr Ihistoirc locale des circon- 
rhlances lorluit(is en face desijuelles nous nous trouvons. n 

ffDaulre |>art, M. le Ministre de rAgriculture, dans sa lettre, 
innisl(ï sur l'inlér^'l (pi'il y aurait à continuer ces louilles opérées 



CXIX 



jusqu'ici aux trais de l'Kcole di; Gri|fiu)ii, el cNist prôcisiMncnt dons 
cv dessein (|u il s^^sl .idr-essé à M. le Vliriisln! de I lusIrMicliou 
pul)li(|ue. 

ffKn présence de ces deux docuiiirnis. il \ .ivail lifii d«'!ludierla 
(jueslion de près, .le me suis doue nuidu à <iri<,MMUi où j ai «té 
aduiii'abh'iueiil icîiju el jjuide' (eu lalweuce df .M. 1*; Directeur qui 
s'était excusé) par M. Danguy, directeur d<'s éludes, et M. Itie»ch , 
iuslilulcur' à Tlii\ei-v;d . coiiiimiru' loiicliani une des exli'(,'niil<''S du 
parc où la trouvaille a «Hé laite. 

ffj'ai examiné les lieux et fait les plans el relevés complétant 
ceux (ju'avait exéculés M. Uiesch et ([u'il m'a communiqués. 

ff La desciiplion de M. Meunier est fort exacte. 

wQuel peut être rà{je de cette excavation? J'ai, pour l'établir, mis 
en œuvre le procédé qui nous sert d'ordinaire pour établii" i'à|je 
dune couclie archéologique, par exem))le, dans les fouilles de Paris : 
c'est l'élude des fragments de poterie. 

ff M. Ricsch en avait recueilli une série dans le voisinage de l'ex- 
cavation lors du creusement du nouveau lit du ruisseau. Par les 
éclianlillous que j ai prélevés dans cette série, on peut constater 
nettement l'existence d'abord d'une terre grise à couverte noire 
lustrée et d'une terre rouge à couverte rouge brillante. Ce sont là, 
de façon certaine, des céramiques du ii' au m" siècle. Des terres 
noirâtres grossières et blanc gris ou roses assez fines pourraient 
aussi être gallo-romaines. Un fragment gris à ornements imprimés 
est sùrenienl mérovingien. Il y a enfin un petit fragment à émail 
mé(alli(jue brun el jaune du xv" siècle, un autre de grès probable- 
ment de la même époque et un dernier de terre rose à émail brun 
rouge du xv* au xvi' siècle. Dans les terres remplissant lexcavation 
et plutôt au fond, on a recueilli avec le» ossements susindiqués : 
une série de fragments de terre à couverte noire, et d'autres de 
terre grise, un morceau de tuile à rebord, des clous et des pièces 
de fer indéterminées. Pas trace de céramique du moyen âge. 

rll paraît donc bien probable qu'il s'agit d'un travail qui ne 
paraît pas postérieur au iif ou iv" siècle. 

ff Qu'est-ce que cette excavation? Elle rappelle les puits ven- 
déens, les mardelles ou bien encore certaines entrées de souterrains 
refuges de la même région. 

ffEn tout cas, c est là une découverte curieuse, surtout étant 
donné qu'on n'a guère signalé d'e\ca>ations analogues dans la 



cxx 



n'*{ji(>n. li V aurait ciMlnincmciit un lôA intc'ièt à continuer des 
louilles (|in penneltraienl de voir s'il n'y a pas de |)rolon[(eineiils 
de re soulenain el , d'autre part, de découvrir peut-être de nouveaux 
documents. 

wJe propose donc au Coniitc^, après avoir pris l'avis de iM. Sta- 
nislas Meuniei'. da!lril)uei- une subvention à iM. le Directeur de 
rKcole de (irijpion poui' jtoursuivre ces louilles.'- - Adopte 

M. le docteur ('aimtan lit un autre rappiu't sur une notice de 
M. (lidien Min[|au(l, cori'espondanl du (loiuité. coMsei'vaieur du 
Muséum de Nîmes, relative à la di'Cou\erte à Vers ((iard) d'une 
caclit'Ile de ri'ptxjue du bronze : 

rll s'ajfit de ia découverte, en un seul coup de pelle, de onze 
fortes épinirles de bronze, de o m. 20 à o m. ^10 de loujfueur, à 
tètes de formes variables. J'ai Ibonneur de pi'oposer au (Comité la 
publication dans \q Bulletin archvolofrique de la note de M, Mingaud, 
avec figures des pièces les plus intéressantes.'" — Adopté. 

M. GuiFFREY rend compte d'une lettre de M. de Laigue. corres- 
j)0ndanl du (lomifé, contenant des renseignements complt'men- 
taires sur la fresque de la Chartreuse de Pesio, dont il a envoyé 
précëdemment une notice; et une photographie. 

Notre correspondant fait connaître un passage d'une chroni(|ue 
de la Chartreuse qui justifie rhypothèse qu'il avait émise, (jue l'un 
des religieux figurés dans la fresque ('tait le Père Lecoq, et (|ui 
tend même à prouver que celui-ci est l'auteur de cette peinture. 

La note de M. de Laigue sei-<i ajoutée au m(^moire ([u'il a i-e'digé 
et dont le Comité a décide' l'insertion au Ihilleùu airliéolnjuiiie. 

M. Pnou lit MU rapport sui' nue notice de M. riibbc I laniiUil . 
relative à la description du mobilier funéraire d Une S('piiltiire de 
l'i'qKxjiie barbare, (lécou\erte à Hermès (Oise) : 

"Cette si'pulture a été découverte par M. l'abbe llamar.l. le 
1 ^^ jan\iei' \(yt:). Le corps, dont il ne restait plus (|u un peu de 
poussii-re el iinedeiil. mai.s(|iii. d";! près le mobilier, était pnd)able- 
inent celui d'iuie femme. a\ail eh' siiii|»lemenl (b'posè dans une 
loss4î creusée dans la craie. 



— r.\\\ 



«Voiri la liste des objets (pic M. r;il)l»é Ijatnaivl a i-enicillis dans 
la fosse et doiil il nous a liaiisniis les dessins : 

wAnx pieds, un vase de lorn; {frise, sans ornements, de la forme 
ordinaii'e dr' deii\ cônes lroii(|nés unis par la hase"). 

rA la liaiileiii' de la ceiiiliire, im pelit rouleau de 1er. nr»e 
boucle de hroiize dont Tai-dillon est de fer. sans doute fiaree (pTd 
avait été rej)aré, une clef de l\'\- consislanl en une tiije lerinin«''e 
à une cxli'éniité j)ar un anneau, e( , à. Tautre, par doux rrocliels; 
une petite bague de rmélal bruu'n. rerouverh,' diine [làle hlandio 
que le frotlenient a fait disparaîlre. el munie d'un chaton sans 
ornement. 

«•Sur la poilrine, une paiic de lihules d'argent '^enrichies, dit 
ffM. fahbé Hauiard, de dessins en or faits en reliefs. On aimerait 
savoir si ces reliefs n'étaient pas sim[)lement dorés. Cesdeux fibules 
se latlachent à la classe des fibules qu'on désigne sous le nom do 
fibuks à rayons ou lUgiiécs; le sommet est amorti par une pla(]ue 
rectangulaire, dont les bords sont ornés de boulons, Klle sont ana- 
logues de forme à la fibule n° 8 de la planche iJ\ de M. Barrière- 
Flavy f-', qui provient de Molain (Aisne) et fait partie de la collec- 
tion de M. Boulanger. dePéroune, au n" 9 de la même [)lanche'-'J, 
trouvée aux environs de Toulouse, et conservée au Musée Saint- 
Raymond, et encore au n" 3 de la planche 26 de M. Boulanger C'I 
(lej)endant. tandis (jue. dans ces fibules, les boulons qui garnissent 
les bords de la plaque sont ou séparés dans toute leur hauteur ou, 
au contraire, serrés les uns contre les autres, ils sont, dans la 
fibule de M. l'abbé Hamard, rattachés les uns aux autres |)ar 
la base, la tète étant dégagée, de façon à former feston. 

ffA côté de ces fibules s'en trouvait une autre, j)elite. dargoni, 
en forme d'S, avec deux tètes de serpent ornées d'un grenat en 



t'' Voir le type dans Barrii're-Flavy, Los arts imlitulrirlx'^ps pcttpirs linrharps 
fie la Gaule, l. I, p. !v'i3, fijj. 91, n° 1. 

t'' Barriôre-Flavy. nnviain' cité. (Voir encore im dessin de celte même fibule 
dans Boulanger. Le Mohilirr funérnirn . pi. :îi, n° a, et introduction, p. 1,1, 

(■i) Voir rn<ore le dessin de la nn-nie liliulo daius lîdiilnnger, Ln ]f(i'ilirr Jiiitr- 
raire, inlrodnclinn, p. 1.1, tig. 5i. 

^*^ Cf. Boiilanijor, /.<■ Mohilirv fuiirrairc irtiJln-rninniii l'I franc m Picnrdip rt en 
Artoit. 



OIXII 

guise d'œil 'l Le i-apitrochemcnl desdjMiv sorlos de libiiles ooiili-ùlc 
une obsiTvalion lailt^ par M. 1 al)l)é Cochel -', el ensuilt' jjar M. I{ai- 
rièir-Flavy (■'), qm» l«'s llbules à rayons sont presque toujours |)ar 
paire et accompajjnees, dans les sépultures do leiunies, de deux 
j)etites liliules, souncuI eu lornie dS; ici, toutelois, ou iTa trouvé 
(ju'une seule do ces dernières. 

r\ la hauteur du c(d, un eoUier de ouzo perles d'anibie rouge, 
les unes en loiino d'ceul. les autres taillées à lacettes, 

"Au milieu de la si-pultuie, un silex taillé, triangulaire, dont 
luu lies côtés présentait une série de petites dents très fines. 

:cLo Comité ne peut inan(iuer de remercier M. 1 abbé Haniard 
de son inlt'ressante coiurnunicatiou, (jui vient s'ajouter à tant 
d'autres qu'il nous a déjà laites, et qui, une l'ois de plus, porte 
téuioij;naye de la méthode qu'il met à poursuivre, avec un zèle qui 
ne se lasse |)as. les louilles qu'il a entreprises au mont de Hermès, 
et des résultats des(juelles l'archéologie a si laigemenl tiré prolil. 

crOn souiiailerait qu il lit parvenir au Comité une bonne photo- 
graphie d'uiu' des jfiaudes libules (]u'il nous a signalées et dont on 
pourrait utilement inséi'ei' le dessin dans le procès-verbal de notre 
séance, fl — Adopté. 

M. Pnni lit un autre i"apporl sur une note de M. Léon de Vesly, 
roriespondanl du Comité, à Rouen, relative à une inscription n^- 
cemment trouvée à Pitres (Ruro) : 

fflVf. de Vesly nous informe (|ue M. Louis Lebert, qui, depuis 
cinquante ans, prati(jue des louilles à Pitres, a procédé dernière-' 
ment à trois sondages : le premier, rlans un jardin situé au triège 
des Cateliers, et (jui lui a lait recomiaitre un mur de petit apjia- 
ri'il: le second, au sud de I église, el (|ui a misa jour uii gros mur 
m pierre de iiioncii appareil, près duquel on a trouvé : un Irag- 
nieiit de coloniielte muni d'une base, laquelle, comme b- remar(|ue 
notre corresj)ou(rant , iiidi([uc un travail du moyen Age; et une 
iuscri|»tion , <jui est le morceau que M. de Yesly signale spéciale- 
ment à notre attention. ff(^etle iiiscri|)lion est jfravée sur un mor- 

'" Voir le fiessin do ce type dans ilaniôn'-Ktaxy, our/fl/w rtli-, l, I, y. i'.i(i, 
cl |il. LXV, n" 11, filmlc [irovonaiit di' (itiiirtn-s ( Aisni')- 
^*> Abl)(î (loflu'l, La ISonnandie gnutctTdine, p. a y Ci. 
^■^1 Barricrp-FInw, i>Hvrnjn> cllr, I. i, ji. i i i. 



— Gxxin — 

tfCfîui (TuiK! |>i('in' 1res dure |)r('S('nliMil di'ux faces raisiiiit iiii angle 
ffdc l'jo dcjfrtts, disposilioii (|iii iiiipli(|ii<' soit un»' loiirH' lifxa- 
f(|{(»iialt' (((iiiplî'te («'oloiuiclh' ou coloiiiic j. ï-oil la iiioilid (\v ce 
fr |)olv||(>ii(' ( coijVfifl"' d"' .>an(»|dia<M').^ li'iii><ii|itioii csl cm Icllici» 
capitales : 

^ISCVSj 

\mc ? 

tfA la lij{iie iiirérit'iire . la seconde lellro. doiil \\ ne reste (jue la 
panse 8U|)«n*ioure, est P, Bon R. lu riaj;iiient aussi court n<! m- 
[mue pas à une i-eslilulion. A poine pouvons-nous délei'niin<'r I «'i{f« 
de celte inscription. On penl ailirrner en raison de la l'orme des 
letlres et 8pécial(Mnenl de TS ']Uo ce n'esl [»as là un Iraumcnl 
anli(|ue. 

rr Le troisii-me sonda};!- de M. Lebeil a jé\éle l'exislence — on ne 
dit pas en quel endroit — de chambres chaidïées par un hypo- 
causte. 

«.Nous proposons à la Section de (lé|)oser la note de M. de Vesly 
dans les Archives du Comité et de remercier notre cùi'iespondanl 
de sa communication." — Adopté. 

.VI. Pnou lait un rapport sui' une inscription dont M. lahhi Ca- 
zauran, curé-archiprélre de Mirande (Gers), a envoyé le moulage 
au Comité. Cette inscription a été retirée d un mur de Téglise de 
Séailles (canton d'Eause). Le rapporteur déclare ne pouvoir émettre 
aucune opinion ni sur l'âge ni sur le sens de cette inscription. Il 
propose de la renvoyer à l'examen de M. Salomon Reinach. 

M. Pnoi rend compte d'un mémoire de M. Aug. \idal, corres- 
pondant du Comité, à Alhi. intitulé: Un collectionneur albigeois au 
xviif siècle : 

ff M. Vidal a envoyé au Comité la copie d'un inventaire après 
décès des meubles et objets dart de Claude Ville de Beaulieu, an- 
cien prévôt des maréchaux, mort le -io janvier lySg. Ce docu- 
nienl est conservé aux Archives départementales du Tarn, sous la 
cote B 76^. 

fflXolre correspondant donne (pielques détails biographiques 
sur Claude \illc de Beaulieu. Il ressori tle 1 inv<Milaire de son 



CXXIV 



lïiohilitM* qu'il était un aniat«Mir passionnô do livres raros, de \n- 
bleaux. (Tcslampes, (le uunlaillos. Outre un jfiand nombre délivres 
rares, il avait réuni ()00 estampes dont aTiii de (lallot, 76 tableaux, 
ao(î médailles, 'M\ médaillons. 5 jetons et quelques antiquités 
romaines. 

-Il ne seinhle pas ceiieudant (piil soil ulilede publier cet inven- 
l;iire dans le liiiUctiti aicfivolnfrique, ear les descrij)ti(>ns de tableaux 
sont trop soMiMiaires pour en ])ernielti<' rideiililicalion. On en dira 
autant des monnaies romaines; ou bien, (piand le réda t<'Ui' do 
I inventaire a indi(|ué. outre le nom de remj)ereur. le ly|>e du 
revers, on conslale (pie la monnaie es! connue dos numi>males.ii 
— Adopté. 

Le Comité remercie M. Vidal de lui avoir communiqué un do- 
cument qui est un nouveau ténioi{jna{{e du zèle (|uc les bommes 
cultiv('s du wiii" siècle apportaient à la recbercbo et à la conser- 
vation de- auti(piilés. Il pense que l'inventaire de cet amateur albi- 
geois |)Ourrail |»rendre place dans une revue locale, comme document 
à utiliser par (juidque futur bislorien de rarcbéolo|[ie |)rovinciale 
aux siècles passés. 

M. Hkuon de Vii.LKFossE fait un raj)|)ort sur la découverte (Pune 
mosaïque romaine à l'encbard , j)rès de Meaux. (^etle découverle 
est sijjnalée par M. Georges Gassies, correspondant du Comité, (|ui 
adresse à ce sujet une note accompagnée d'un dessin. La partie 
mise au jour no comporie que des ornemenls géomélricpiesse com- 
posant surtout de {pands losanges (pii se présentent altciiiativemenl, 
les uns en largeur, les autres en bauteur, et (|ui sont remplis par 
des feuilles de lierre on d'autres motifs végétaux disposés en croix. 
Lessou\euirs de l'éjxxpie romaiiu', et en |t;uliculier les mosanpies, 
sont cxlrèmemcnt rares dans le pays meldois. Le rapporteur pro- 
pose l'impression de la note de M. (J. Gassies et la reproduction 
du dessin (|ui l'acconqtagne. Il demande, en outre, au Comité 
d'accorder une subvention pour opérer quebpies sondages dans le 
cliamp où celle Irouvaille a élc* l'aile. 

M. Hkrox i»k Vii.i.f.kossk rend (dinple d'un rapport de M. Mallard 
sur les fouilles du ibéàire romain de Drevanl. Il j)ropose l'inser- 
tioii de ce travail dans le Bulletin arrhrolofrique . après que 1 auteur 
aura bien voulu y apjioiler (piebpu's modilicali(ms. Adopit'. 



cxxv 



MM. Habei.on, IMiilippo nKiu;i;i< cl (Îuikfhkv lisent des raj)[)Oits 
sur dos ouvraj^es pour Nîsijucls une sousrriplion a éU\ d(;inand<'(; à 
M. le Ministre de Tlnstruclion publicjue. 

La séance est levée à 5 licuies et deuiie. 

Le Secrétaire mljuiul de la Section il'arrhrnlnfrie, 

M. Pnou, 

Membre du (loinilc. 



CXXVI 



H) Jl ILL1:T 11)05. 



SKAMIK l)K lA SKCTION D'\R(',IIK0L0(J1K 



l'ItliSIOKNrK DE M. SA(;L10. 

La séance esl (tincrU; à U lieures. 

Le proct'S-verbal de la dcniitTe sdancc esl lu el adojild. 

M. \o Socii'Iairc donnp lecluro de la rorrospondance : 

M. HiTon de Villefosse e'crit pour s'excuser de ne pouvoir assister 
à la séance. 

MM. Schluniberger et Lefèvre-Ponlalis sont charfjés de rapports 
sur des ouvraj>os pour les(|uels iino demande de souscription a été 
adress«^e à M. le Ministre de Tinstrudion publi(|ue. 

Sont déposés sur le bureau les ouviaj>^es suivants olVerts au domité 
par leurs auteurs : 

Revue (le la Haute Auvergne, septième année (lyoT)), '■2" fascicule. 

Notice historique et archéologique sur tabhoije de Sainl-Jean-des-Vignes 
<lr Soissous. par M. Fcrnand Hlaurliard, de la Société arcliéo- 
lojjiipie, liist()ii(|U(' et scienlilicjuc de Soissous. 

(les ouvra{{es seront dé|)osés à la iiibliotliècjue nationale, el des 
remerciements seront adressés aux auteurs. 

^L Hlantmkt envoie un rapport sur- une découverte de monnaies 
à GérocourI (Seine-et-Ois(;), si|jrialée par M. Léon IMancouard, 
correspondant du (loiuilé, à (îléry-en-Vexin. 

(tM. Léon IMiiiicduard .si|;n;ile l.i (leiin)lilion de l'église Saint-Pierre 



— nxxvir — 

h Gérocolirt ((•"" (!l nnond. de l'oiiloiso, Soino-(;l-()isp). An cours 
d<'H Irav.'iiix, on ;« d(Voiivcrl (rinlôrcssiinls (l('l)ris df rouslnirlioiis des 
mm'", \iv' cl XV" sic'cles. Dans iiti an||lc d(! la voAlo (rnnc cliapcllc. 
on a troiivi' im vase d<.; jjrès conlciiaril un ('cii d'or de (ili.irlcs IX , 
Trappe à Uoikmi en i57o, cl onze pièces d'à i-jjont porlani les dalcs 
de 1675, 1080, iSHT) (»l ir)(S(j. Il s'a[,nt ('videmmcnl d'une cachette 
faite pciidaiil la pi-riodc IrouMée confcinporaiiie (]o l'assassinai 
(fllcnri III. Ces mounaics ont ('lé de-posées à la mairie de ({('rofoiirl . 
où elles formeront peut-être l'embryon d'un musée local. 

«n est utile de déposer la note de M. Plancouard dans les archives 
du (lomilé.'n — Adoplé. 

i\l. le D"^ Capitan lit un rapport sur une communication de 
M. (jollard, correspondant du Comité, à Auch : 

f .M. Collard nous a afi rossé trois planches de dessins avec léjfendes 
explicatives. Sur la première sont ligurées deux haches polies, en 
fort mauvais état, de schiste bleuâtre compact(?), disons diorite; 
sur la seconde planche, une hache de ijrès {{ris, bien entière; ces 
trois j)ièces truuv('es dans le dépai lernenl du Gers. 

«Sur la troisième planche sont dessinées deux monnaies : l'une de 
bronze, de jjrand module, «dorifjine grecque ou phénicieflao, dit 
l'anteui'. et qui ressemble beaucoup aux pièces de la Nai-bonnaise 
à le'gende ccdtibérieniie; l'autre, petite pièce d'argent des Tecto- 
sages, du type ordinaire. Ces deux pièces ont été découvertes à 
Aucb.w 

Les planches envoyées par M. Collard seront déposées dans les ar- 
chives du Comité. 

M. DE Lasteyrie envoie un rap|)orl sur une demande de subven- 
tion formé'epar la Socie'lé des sciences, lettres et arts de la Corrèze 
à l'effet d'entreprendre des fouilles au lieu dit le Puydu Tour, près 
d'Argentat (Corrèze): 

«"Des recherches pri'tiniinaires ])oursuivies par les membres de la 
Société ont permis de reconnaître l'existence en ce lieu, aujourd'hui 
désert, de restes qui paraissent remonter à l'époque gauloise. 
Quel(|ues débris d(» vitrificjffion ri'cueiiiis pai- eux donnent à ])pnser 
qu il a dû y avoir là un de ces loris vitrifiés comme on en a trouvé 
plusieurs dans le Haut Limousin et In Marche. Il serait fort intéres- 



CXWIII 



saut (lo s'oii ussuror et cIo d(''{;aifor ce (jui [leiil en rester. U y a 
donc lieu d'accoider à cel ellel une subvention à la Société de la 
Corrèze." — Adopté. 

M. LefÈvre-Postalis lil un ia|)|H)it sur une dcniande desubven- 
li(»n adressée au Ministre de riustnicliun |tubli(iMt' par la Commis- 
sion (b'partemenlale des Monuuienls bist()ri(|n<'s (hi Pas-(U'-('alais, 
en >ue de poursuivre l'impression de L' hpif^ntphie dit Pas-de- 
Calais. 

Le Comité décide, après discussion, qu'il n'y a pas lieu d'accor- 
dor, pour l'instant, la subvention demandée. 

iM. Salomon Reinach lit un rapport sur une demande de subven- 
tion formée par M. l'abbé Breuil en vue de procéder à des fouilles 
dans la grotte des Fadets (Vienne) : 

rr M. l'abbé Breuil signale l'intérêt que |)n'senterait l'exploration 
de cette grotte, où l'on a recueilli autrefois plusieurs belles gravures 
sur os. ïl est très désirable (jne l'on puisse accueillir favorablement 
la proposition de M. l'abbé Breuil d'y faire des fouilles; les objets 
découverts reviendraient , suivant l'usage, aux musées nationaux.'" 
— - Adopté. 

M. Rkinacii rend compte d'une notice de M. Collard, correspon- 
dant du Comité, à Auch, qui signale au Comité, avec dessins à 
l'appui, les objets suivants : i" onze bachettes polies, de grès com- 
pact, découvertes à lloucliet près deRoquelaure (Gers); 2° un mor- 
ceau de bronze, décoré d'une rosace incisée, trouvé surle mamelon 
de Coulomné, commune de Montégut (Gers); 3" deux fibules gallo- 
romaines, de bronze, dont l'une décorée de (ils d'argent, trouvée 
en décembre iî)oi) au cours des fouilles de la roule de Pessan, à 
Audi, près de l'usine Larligue; U" un fond de coupe de terre sigil- 
lée, trouvé à Aucli. et portant la manpie SABIN. 

Le rapporteur demande que les dessins de M. Collard soient 
déposés au Musée de Saint-Germain. — Adopté. 

M. Bkinacu présente une note de M. (Collard sur une ampbore 
romaine d(!couvert(î à Langiiiot , commune di^ iXougaroulet (Gers), 
remarquabb,' par une ouverture rectangulaire |)rati(piée dans la 



C.VXIX 



pniisr. Celle noto dcvrnil èlic publit'c, avec le dessin de M. Collard, 
dans le lUillctin arrlicolofruiuc - Ado|)lé. 

M. Hkinacii annonce (uisnile (|n'il a exposé au Mnsée de Saint- 
(ierniain, dans la cliapellf!, le nionlajre (Kune inscription latine de 
Iles basse épcxjue relevée [»ar M. Tabbé Cazauran dans une éifli^e de 
l'arrondissenienl de IMirande, et dont il a été question à la séance 
de juin. La lecture et la paléographie de ce texte présentent de 
{fraudes dillicullés; il se propose d'y revenir nllérienronienl. 

M. Heinacii rend compte d'une lettre de M. Henry Corot, relative 
aux dernières fouilles (jn'il a prali(iuées dans les tumulus de Minot. 
Ces fouilles ont donné des ré.-ullats intéressants qui feront l'objet 
d'un rapport détaillé de M. Corot. 

La note de M. Henry (^orot sera déposée dans les archives du 
Comité. 

M. Reinach lit un rapport sur un mémoire de M. l'abbé Poulainc 
relatif à des s('pultnres {jallo-romaines et burgondes découvertes à 
Voutenay (Yonne) et exprime l'avis qu'il peut être publié dans le 
liuUetin archéologique avec les photographies qui l'accompagnent. 

M. Saglio lit un rapport sur une notice de M. Alfred Leroux, ar- 
chiviste du département delà Haute-Vienne, membre non résidant 
du (îomité, relative au don fait par Charles VII, en 16^9, au 
prieuré de Saint-Léonard de Noblac, d'un reliquaire d'argent doré 
représentant la Bastille Saint-Antoine de Paris : 

ffCc reliquaire et le don du roi n'étaient connus que par la 
mention faite en 1760 par l'abbé Oroux dans son Histoire de Saiut- 
Lvnuard. M. Leroux confirme ce témoignage en produisant une pro- 
clamation des consuls de Saint-Léonard de Noblac, du 2 1 septembre 
16^9, extraite des archives de la Haute-Vienne, et trois mentions 
relatives à la translalion des reliques dans la chasse envoyée par le 
roi, qui permettent d'en fixer la date au 93 septembre de ladite 
année. 

ff J'ai Thonncur de proposer la publication intégrale de ces do- 
cuments et de la note de M. Leroux dans le Bulletin archcolofriqucn 
— Adopté. 

AnCOKOLOOIR. — N" 3. I 



CX\X 



M. Pnou lit un ra|)p()rt sur un ouvrage pour lequel une sou- 
scription a été deinaiul.'c à M. K- Ministre do rinstruction pu- 

l)li(|U(\ 

La séance est levée à 5 heures. 

Le Secrétaire adjoint de la S«ction d'archéologie , 

M. Pnou, 

Membre du Comité. 



13 NOVKMHHE 1905. 



SÉANCE DE L\ SKCTION l)'4HCHK0L()(JIK 



PRIvSIDKNCK UK M. HKRO\ DU V 1 1, 1.KF OSSK. 

La séance est ouverte à U heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. do Saint-Arronian donne lecture d'un arrêté ministériel en 
date du ii juillet 1906, nommant MM. Durrieu. Jullian et Michon 
membres de ia Section d'archéologie du Comité. 

M. le Président adresse aux nouveaux membres des compliments 
de bienvenue. 

Il communique des letlros par lesquelles MM. Jullian et Théde- 
nat sVxrusenl de ne pouvoir assister à la séance. 

M. le Président donne lecture d'une lettre de M. Thiers, conser- 
vateur du Musée de Narbonne, correspondant du Comité, dans 
laquelle celui-ci expose les raisons qui Tonl empêché de porter à 
la connaissance du Comité les dernières découvertes archéologiques 
faites à Narbonne. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

La Société archéologique du Midi de la France adresse une 
demande de subvention en vue de terminer les recherches archéo- 
logiques entreprises à Toulouse et dans les environs. — Renvoi à 
M. Babel on. 

M. l'abbé Arnaud d'Agnel, correspondant du Comité, envoie 
une notice sur une chasse de bois ornée de peintures, provenant 
de l'abbaye df Lérins. — Renvoi à M. Saglio. 



CXXXll — 

M. Jules Beaupré, correspinidanl île la Société nationale des 
anti()iiairos de France, à Nancy, adresse au Comité une notice sur 
une station funéraire à mobilier ni'olilliinue et sur l'allée couverte 
de Bois-l'Abbé (Meurthe-et-Moselle). — Renvoi à M. le D' (lapitan. 

M. le Préfet (les Basses-Alpes écrit pour signaler au Comité la 
dérou\erle, par MM. Col et Leroy, d'une station |)réliistorique à 
Bevesl-iles-Brousses. — Renvoi à M. Salomon Ueinach. 

M. Collard, correspondant du Comité, à Audi, envoie une note 
sur la mosaïque dOrbessan ((îers) et une planche de dessins 
d'objets recueillis sur le territoire de la couiimiiH' d'Ordau- 
Larroque (Gers). — Renvoi à M. Héron de Villelosse. 

Le même correspondant envoie une note sur la découverte de 
trois haches de bronze aux environs d'Auch. — Renvoi à M. le 
D' Capitan. 

M. Henry Corot, à Savoisy, adresser une demande de subvention 
en vue de poursuivre ses fouilles dans les tumulus du groupe de 
Baujjes, près de Minot (Côte-d'Or). — Renvoi à M. Salonu)n 
Reinach. 

M. Desforijes, instituteur public, à Fléty (Nièvre), envoie des 
notes sur l'âge de pierre dans la valle'e de l'Alêne. — Renvoi a 
M. le D' Capitan. 

M. Destandau, correspondant du Comité, adresse la coj)ie d'un 
acte relatif à la construction, en i58.'>, de l'hôpital des Baux. — 
Renvoi à M. Grandjean. 

M. Labbé Hennet, à L'Hospilalet (Aveyron), sollicite une subven- 
tion en vue de poursuivre les fouilles de La Graufesenque, près de 
Millau. — Renvoi à M. Héron de \ illefosse. 

M. de Loisne, membre non résidant du (Comité, envoie une 
note sur la dérouverte d'un cimetièie franc, à Héthune. — Renvoi 
à M. Prou. 

M. le coiiiiuandanl l*inel, iiibliollh'faire de lllcole [)olyte('h- 
ni(|ue, adresse une uole sur l;i découverte, au cours des travaux 
entrepris à llOcole |)()lvle(lMii((iie. d'une sé-pidlure gjiiht-romaiue. 
— Benvoi à M. .lulliau. 



rxxxiii — 



M. Albert Terra(l<% à Siiiiil-I'iorcnlin (Yorino), domanflo une 
siil)V(Mition on vue de [)oiir.sui\rc dos fouilles sur' roiiipl-u'cmoiil du 
ciiut'liôie tnéioviii|[i('ii du \.iu-l)onjon. — Houvoi à M. iVou. 

M. le chanoine IJrseau, coirespondanl du (Joniilt' , à Anjjors, 
cnv()i(î une note rolative à une {[ravure sur hois du xvi'' siècle. — 
Heuvoi à M. (luifiVey. 

M, de Vosly, correspondant du (ioniitt', à Hoiion, on voie dos 
noies sur la dorouvorto do toinhoaux anti()uos à Cliarloval et à 
Morgny-la-Forot (Kure). — Renvoi à M. Babelon. 

M. de Ville d'Avray, conservateur des Musées de Cannes, adresse 
au Comité des notes sur Pomponiana, elle dessin d'une inscription 
funéraire relevée à Hyères. — Ren\oi à M. Héron de Villefosse. 

M. \illepelet, correspondant du Comité, à Périjjueux, envoie 
une notice sur les peintres de bannières de Pe'rigueux aux xiv' et 
xv'^ siècles. — Renvoi à M. Durrieu. 

M. de Saint-Arroman donne communication d'une lettre de 
M. le Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts à M. le Directeur de 
l'enseignement supérieur, lui faisant savoir que, pour répondre 
aux vœux émis par la Section d'archéologie, dans la séance du 
1 /i novembre 1906, il a chargé M. Formigé, architecte en chef 
des Monuments historiques, de lui adresser un rapport sur les 
deux questions qui préoccupaient le Comité, c'est-à-dire la 
recherche des fragments d'une inscription latine, dont un premier 
fragment avait été trouvé à Orange, et les mesures à prendre pour 
assurer la conservation des antiquités de cette ville. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants, offerts au 
Comité par leurs auteurs : 

Hevue préhistorique illustrée de l'Est de la France, 1'* année, n°i; 

Mono(rrap]iir de ï église de Manie, par M. Coquelle, correspondant 
du Comité; 

La fouille du grand tumulus de LantiUy (Cote-d'Or), par M. Henry 
Corot, en collaboration avec M. de Virien ; 

Les bas-reliejs gallo-romains du Musée et de la cathédrale du Puij, 
par M. Joseph Déchelelle, membre non résidant du Comité; 



CXWIV 



Noiice-étude sur une stalnr deconvcite dans une sépulture du ciinetinc 
franc de Bury (Oise), par M. Houle; 

Quelques anciennes statues des éfflises rurales du diocèse de Reims. j)ar 
M. lliMirv Jadarl, ineinhro non rôsidaiil du Coiuih'; 

La maison des musiciens de r Académie de Reims du mois d'avuil i Qo5, 
par le même; 

Musée de Troijes. Archéolog^ie monumentale. Supplément ou Catalogue. 
par M. Louis LeClerl, membre uon rt'sldaul du Comité; 

IjC culte des fontaines dans Seine-el-Oise , par M. Plancouard, coi- 
respondanl du (lomllé; 

Elude critique sur le nom et l'emplacement de deux oppida celtiques 
mentionnés par César, j)ar M. Soyer, correspondant du Couiil«5; 

Trois nouveaux documents itiédits sur Jean Boucher, peintre berruijer 
{t568-i633), par le mémo; 

Tombeau du maréchal d'Ornano, à Auhenas, monument histoiique de 
l'Ardèehe, par M. Vaschalde, correspondant du Comité. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliotht'quc nationale, et des 
remerciements seront adressés aux autours. 

M. le Secrétaire donne lecture d'un rapport de M. dk Lastkyiue 
sur une notice do M. Henry Vaschalde, correspondant du Comité, 
à Yals-les-Bains (Ardochc), roiativo à une métairie sise au Crouzet 
et ayant appartenu à l'abbaye des Chambons, en Vivarais : 

ffll y leste un bâtiment on belles pierres do taille avec les 
armes de l'abbaye, dont M. Vaschalde ne donne pas la date, mais 
(ju'on j)eut attribuer, si les photographies qu'il a pris la peine d'en 
faire ne sont pas trompeuses, à la fin du xvi* siècle. Nous propo- 
sons de déposer cette notice aux archives du Comité et d'adresser des 
remerciements à Taulour. w — Adopte. 

M. Hkron dk Villefosse communique au Comité une noie do 
M. le docteur V. Leblond, président de la Société' académique de 
l'Oise. Elle concerne une marque de verrier relevée sur le fond 
d'un vase en forme do barillet, trouvé à Beauvais. Celle marque 
rentre dans la série, déjà très nouibreuse, des manjues de la 
fabri(|ue Frontiitionno. Les observations et les ronseignoments 
recueillis ])ar le docleur Leblond à propos de ce [)olil monument 
coiilribuoroiil corlainonionl à luire avancer la (juestion du d^cliif- 



freinonl cl (1(^ hi tiaiiscriplion (Je i-cs liinhres de vorricrs. Il sciait 
utile (le |)iil)licr cette note dans le Bulletin du Comité avec ie dessin 
qui raccom|)a<jne. — AdopttL 

MM. Lekèvre-Po.ntams et SciiLUMBEnoER lisent des rapports sur 
des onvrajjes pour hsipids une demande diî souscription a été 
adressée à M. le VIinistr(; de l'Instruction publiipie. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

Ijc Secrétaire adjoint de la Section d'archéologie, 

M. Prou, 
Membre du Comité. 



CXXXVI 



11 DECEMBHK 1905. 



SÉANCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 



PRÉSIDENCE DM M. IIÉRON DE VlLLhiFOSSE. 

La séance est ouverte à h heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu cl adoplt-. 

M. le Président adresse à M. Camille JuUian des compliments de 
bienvenue. 

Il communique des lettres par lesquelles MM, Habelon et de 
Lasteyrie s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. 

M. de Saint-Arroman donne communication d'une letlre de M. le 
Sous-Secrétaire d'Etal des Beaux-Arts à M. le Directeur de i'Knsei- 
{jnement supérieur, à laquelle est joint un rapport de M. Formigé, 
architecte en chef des Monuments historiques, sur la recherche 
d'une inscription et la conserv;ition des antiquités de la ville 
d'Orange. Il résulte de l'enquête ouverte par M. Formigé que, lors 
de la découverte du fragment de cadastre de l'ancienne colonie 
d'Orange, ou a étendu l'excavation à droite et à gauche dans le 
dessein de retrouver les restes de l'inscription. Cependant l'in- 
specteur du service des Monuments historiques examinera s'il n'y a 
pas lieu de pratiquer de nouvelles fouilles. 

Pour ce (jui r(îgarde la conserv;ilion des antiquités d'Orange, 
M. le Maire a fait savoir à M. Tarchitecte des Monuments histo- 
ri(|ues que le dé[)lacenienf d'une école maternelle, sise en lace du 
Ihéàtre aniique, laisserait un espace libre où il serait |)0ssible 
d'installer un musée. Il n promis de saisir le (îonseil munici|)iil de 
la question. 

Le Cotnil(' remerci»' M. le Sous-Secrélaire d'Etat et M. Tarclii- 
lerle en chef des Monuments liihtori(|ues deratteiilion (pi ils ont 
donrit'-*' ;i relie double (jneslion. Il enregistre avec satisfaction la 



OWWII 



jjromcsse de M. le riiainî d'Or.injff. Il dcmiiiKN; (|ii(! I;i (lorntiiissiou 
dds Monuments hisloricjucs doiiiu! suite à lallain^ cl j)reiine le [ilus 
lût possible, d'accord avec la municipalilé (rOranije, les mesures 
nécessaires à rinstallalion (Tiiri musée en vue de sauvegarder les 
antiquités. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Ulysses Dumas, correspondant du Comité, à Haron (Card), 
envoie une note sui- un Iragmcnl de sl;itue découvert à Sainl-.lean- 
de-Ceyrargues (Gard). — Renvoi à M. Miclion. 

Le même correspondant envoie quatre notes sur les dalles per- 
cées dans les sépultures souterraines; sur un mode; nouveau de 
sé[)ullure néolitlii(|ue: sur les gisements du Cros de Peyrolles et 
de Foissaguet; et sur Tusajje du croissant à l'e'poque préhistorique. 
— Renvoi à M. le D' Capitan. 

M. le chanoine Métais, correspondant du Comité, à Chartres, 
demande une subvention pour exe'cuter des fouilles sur rempla- 
cement de l'ancienne ahbave de Josaphat. — Renvoi à M. Kugène 
Lefèvre-Pontalis. 

M. Hemy de Ce'rin-llicard, correspondant du Comité, à .Mar- 
seille, envoie une notice de diverses antiquités trouvées dans la 
la valle'e de l'Huvcaune. — Renvoi à M. JuHian. 

M. de Loisne, membre non résidant, adresse au Comité une 
note sur les lonts baptismaux de grès, dans l'arrondissement de 
Réthune. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Véran, architecte des Monuments historiques, correspondant 
du Comité, envoie une notice sur le temple de Diane à Arles. — ■ 
Renvoi à M. Héron de Ville fosse. 

MM. le D"^ Capitan et Perrot sont charge's de rapports sur des 
ouvrages pour lesquels une souscription a été demandée à M. le 
Ministre de l'Instruction publique. 

L'ordre du jour appelle l'examen et l'établissement de la liste de 
propositions des distinctions honorificpies ji l'occasion du prochain 
congrès des Sociétés savantes. 



CXXXVIll 



M. le SoTi'Iairc doiiiie lecdiie d un ia|)|)()rl do M. Habhi.oiv sur 
une deiuaude de subvention Ibruiée par la Suciélé arclicolojjiquc du 
Midi de la France en vue de lerminor les recherches anhéolofficjues 
t'utieprises à Toulouse cl dans les (environs. 

Le Comité décide (ju il \ a lieu traicordoi' celte siihvcnlion. 

Lccluro est donnée d'un autre ra|)[)()rl de M. IJabelon relatif à 
la découverte de tombeaux anti([ues à Charlcval et à Morjjny (Eure), 
el concluant à l'impression dans le Bulletin archéologique de la noie 
que M. Li'on de \esly a écrite à ce sujet. — Adopté. 

M. le U' Capitan lit un rapport sur un mémoire de M. .Iules 
Heaujjré, de Nancy, relatif à la station funéraire à mobilier nco- 
lillii(iue et à l'allée couverte du Bois-l'Abbé, commune de Sexey-aux- 
Forjes ( Meurthe-el-Moselle). 

tf Celte station, découverte par M.Jules Beaupré, comprend deux 
groupes de sépultures sous tuniulns, très surbaissés, distants d'en- 
viron trois cents pas l'un do l'autre. 

wLe premier groupe était recouvert d'un lumulus haut seulement 
de 1 m. ho au ceniro et largo de a'i et 20 mètres. Presque au 
centre existait une allée couverte formée de dalles verticales mesu- 
rant o ni. Bo à 1 mètre de large reposant sur le sol naturel, allée 
longue de 10 m. 5o, large de m. f)o et haute de o m. 80 à 
o m. 90, et recouverte do grandes dalhvs. Klle contenait une terre 
noire fine et, disséminés sans ordre, quelques fragments osseux 
liumains, un grattoir de silex el un os apointé. Le sol était recou- 
vert do |)ierros j)lates. Les os reposaient en général sur une mince 
couche de j)olils jfalols de quartz ou de (juarizitc. A l'Ouest de la 
galerie, on remarquait l'amorce de deux caissons de pierre. 

ffCinq caissons isolés se rencontraient aussi sous le mémo lu- 
mulus : (jualn; au Sud de la {paierie et un au \ord. Us mesuraient 
on général <?. mètres à 2 m. 5o de longueur, sur o m. 80 à o m. 90 
de largeui". Leur consiruclion était la mémo (|uo celle de l'allée 
couverte. Ces caissons renfeitiiaionl au milieu d'une terre noirâtre, 
II- premiei' uin' |>ointe de lance et une pointe de llèche (h^ silex, 
le second (|uel<|ues fiagments d'os el de poteries; de même dans le 
troisiènu', (pii piésentait cette parlicidarité curieuse d'élre lérmé à 
une extrémité par une dalle percée d'un trou naturel qui avait élé 



l)ou(;li(* par mit' pi^'ii-c iiilnxliiilc dans ci-l orifice. Dans les (jiia- 
triî'iiH' el ciiMjiiièiiMî caissons, il n'y avait (|ue des di-liiis (Toh et de 
charbon, (;l les débris d'un vase écrasé. 

"lOnlre ces caissons, M. Hcaiipre a (b'coiivert (;l fouillé linil 
amas de picirres sons lescjueis il a trouvé des Iraifnienls de vases (;t 
d'ossements humains; eu un point même, uu squelette pres(|ue 
entier, puis un os upointé, plusieurs silex taillés, soit éclats, soit 
radoirs (fî). Ces amas de pieires ne sont autre chose que les ruines 
de petits caveaux sépulcraux, voiUés, construits en pierres saches 
et dans lesijuels avaient élé inhumés les cadavres. Les infdtrations, 
le lassement des lerres, les animaux fouisseurs, ont fini par dé- 
truire les petits monuments et [)ar les transformer en amas (le, 
pierres informes où on ne retrouve qu'exceptionnellement quelques 
pierres plates en place, permettant de restituer hypolhétiquenient 
ce qu'étaient ces constructions. 

trLe second groupe est constitué par un tumulus plus surbaissé 
(]ue le précédent et renfermant deux caissons, dont Tun, divise' en 
deux, de 3 m. 5o, et l'autre de i mètre seulement de longueur, 
construits tous deux en gros matériaux, et un long pierrier. Le 
premier caisson renfermait les débris de deux squelettes et un mor- 
ceau de calcaire naturel en forme de hache (hache votive?), par- 
ticularité d'ailleurs plusieurs fois observée déjà dans des dolmens, 
puis des fragments de poterie. Dans l'antre caisson, il y avait les 
restes d'un squelette ayant été couché sur le côté. Au centre du 
pierrier, il y avait cinq grandes dalles debout et trois blocs assez 
volumineu;^. Il semble qu'elles aient constitué une des parois de 
caveaux voûtés, (jui auraient ainsi recouvert trois corps, dont les 
squelettes ont été retrouvés par M. Beaupré avec un grand éclat 
de (juartzile, uu racloir, deux belles pointes de flèche triangulaires 
et une hache polie, le tout de silex. On peut admettre qu'il y a eu 
là les mêmes causes de destructiou (jue dans l'autre groupe. 

ffEn somme il s'agit là d'un ensemble très curieux de sépultures 
néolithi(jues, un peu particulières dans leur groupement, mais ren- 
trant néanmoins dans les types qu'on a observés en Bretagne, par 
exemple. Leur très grand intérêt résulte de ce que c'est la pre- 
mière fois qu'on observe dans lEst un pareil ensemble sépulcral 
néolithique, les innombrables tumulus de la région avant toujours 
donné des mobiliers de l'époque du bronze ou de l épo(jue halistat- 
tienne. On peut ajouter aussi que le soin extrême apporté par 



CXL 



M. Heaupro àsesfouillt's, joint à sa jfraiulc roinpi'lcnct», lui ont permis 
d'arriver à une exactitude tout à l'ait leinarijuable dans ses observa- 
tions et ses descriptions. On ne peut que l'en féliciter très vivement. ii 

M. lo D"" Capitan l'ail un rapport sur les reproductions que 
M. (lollard, correspondant à Auch, a adressées au Comité, de pièces 
préhistoriques recueillies dans la région qu'il habite : 

rr Anjou id'h ni notre correspondant envoie les lijjures de trois 
haches de bronze et de trois haches polies. Ces [)lanches j)rendronl 
place dans les archives du Comité à côté de celles qu il nous a 
précédemment transmises, pour constituer un intéressant inven- 
taire local. Adopté. 

M. Desforges, instituteur public à Fléty (Nièvre), avait adressé à 
M. le Ministre de Tlnstruction |)ublique une demande de subven- 
tion en vue de poursuivre des recherches sur Tàge de pierre dans la 
vallée de TAlène (Nièvre). 

M. le D"^ Capitan ayant besoin de renseignements complémen- 
taires ne présentera son rapport quà la prochaine séance. 

M. DiiuuEi: lit le rapport suivant sur une communication de 
M. Ferdinand Villepelel, correspondant du Comité, relative aux 
peintres de bannières à Périgueux aux xiv" et xv" siècles : 

ffLes archives communales de Périgueux renferment, une riche 
série de comptes en langue romane. M. Ferd. Villepelet a eu l'idée 
de rechercher dans cette série ce qui pouvait concerner les peintres 
(I enlumineurs. La pensée était bonne; malheureusement, la 
moisson est reste'e maigre. En effet, antérieurement aux xvii" et 
xviii'' siècles, M. Villepelet n'a pas rencontré plus de six ou sept 
noms à relever. 

frLa première mention date de liJao, et parle de deux enlumi- 
neurs appelés, l'un maître frJohani^, l'autre maître ffGuilliem-. Le 
document est relatif à des amendes imposées pour un échange 
d'injures j)ubliques('^ nouvelle preuve, indiquons-le en passant, 

''' Arrliivi-s roniiiiiinali"^ tl<> IV'ri|;m'ii\ , si-rit' C(I 'i:'., uniiôi' l'.'t-.'.o. U<\. h 
vorso. 



— cXu — 

que los pointres et onliiininciirs. ,'iii xiv' si/'cic, rorin.iiciif un petit 
moiulo parfois assez turbulent. 

'• Diiiis une pièce do pi'océdnrc. il est (jucslioii , en ii5t^(), (riiii 
maître aMichaol lo ponhoder«, c'est-à-dire Michel le [«'intro, dont 
la femme est citée comme ti-moin dans un procès f. 

ff A Péiijfueux, d'après les comptes, l(;s artistes employés par la 
ville ne peijjnaient pas seulement des bannières; ils étaient aussi 
cliari|és di^ placer les armes du maire eu exercice sur les j)ennons, 
(|ui étaient renouvelés tous les ans, des trompettes aiïectées aux 
sergents de la ville. 

«En iSaf), un conlinjrent de serjfents d'armes que la ville de 
Périgueux envoie rejoindre l'armée du roi à La Héole porte une riche 
bannière de soie violette, garnie de franges d'or, qui est l'œuvre 
du peintre (penhedor) Mondolz. (^e même Mondotz peignit aussi une 
bannière (jue le contingent de Périgucux porta à Saintes en i33o'-'. 

«A côté de lui, apparaît un autre peintre nommé Raoul [Radid- 
plius), dont la femme s'appelait Huguette. En i325, ce Raoul 
peint des pennons de trompettes. En iSsg, il est poursuivi judi- 
ciairement par un certain Arnaud Texier qui, fait intéressant à 
noter, lui réclamait douze émaux (rab impetratione duodecim 
emauxs [sic] proposita per Arn. Tcxtoris contra dictum Radul- 
phuniw). En i33/i, il exécute d'autres pennons de trompettes. Des 
travaux analogues lui furent encore payés en i336 et i3ûo ^^\ 

«En 1376, à propos dune nouvelle commande de pennons, les 
comptes parlent d'un Jean Maubot. .Mais, comme le conjecture 
M. Villepelet d'après le document, ce Jean Maubot paraît avoir été 
plutôt un doreur ('"'. 

«La coutume de peindre sur les pennons les armoiries du maire 
entraînait forcément des renouvellements fréquents, et par consé- 
quent des frais. En 1379, les maires et consuls décidèrent que 
dorénavant on ne peindrait plus les écussons des maires sur les 
pennons des ti'ompettes comme on le faisait «d'antiquital- , mais 
seulement les armes de la ville de Périgueux ^^\ 

'•' Arciiivcs communales de Périgueux, FF 9o3, loi. 12a recto et i-i'i verso. 
<«' Ibid.yCC 46, p. G7, et ce 5o. 

(^' lOid., ce '17, aimées i325-i3-6; FF 3o3, fol. 108; CC ^i, fol. i: CC 
f)!), années 1 33(5-1 887; et CC Sg, années i34o-i3'ii. 
W ]bid., CC O7, fol. 3. 
^^ Ibid., BB i3, fol. 8 {Pcht Livre mir de l" Hôtel de Ville j. 



rxLii 



(t Posti'rieiiremiMit à cette (lato, M. VUlcpolel n'a ])liis nMicoiitrô. 
avant cl'arri\er anx cpociiics lolativomenl niodernos dus xvu" et 
xv!!!" siècles, qu'un seul j)einlre, Jean Hetieu on HetilF. 

«En 1608, ce t Jolian Hetieu " pei^jnail pour la ville des pennons 
cl des écussons. Il était chargé aussi de mettre en étal (adobav) 
les deux vilres de In chambre du (lonsulal. ce (|ui peut donner à 
penser qu'il s'occupait do \ilrau\ peints, lui 1/178, sous la dési- 
ffuatiou de «-.lolian H<'lill-i, il j)einl des écussons aux armes de la 
ville à Torcnsion d'une grande procession^''. 

r \ |)rop()s de ces divers lrii\aii\ exécutés pour la \ille de Péri- 
gueux, M. \ illepelet rile. dans h; texte original, les extraits de 
comptes qui s'y rapportent. L'auteur expose aussi à ()ucllcs circon- 
stances historiques se rallaclient les causes des commandes. Cette 
partie du commentaire est très soigmeusement laite. Mais l'exposé 
minutieux des détails a surtout un inlL^rèl local, (l'est dans une 
linutc du pays que ces développements trouveraient le mieux leur 
|)lace. Pour les faits dignes d'être notés nu point de vue de l'his- 
toire générale de l'art en France, le rdsuim? précédent sullit à 
dégager tout ce qui mérite l'attention. J'ai donc l'honneur de 
vous proposer le dépôt, dans les archives du Comité, de la note 
envoyée par M. Villepelet. 75 — Adopté. 

M. CuiKKRiY lit un rapport ^ur une noie do M. le chanoine Ur- 
seau. rorresj)ondant du Comité à Angers, concernant les débris 
d'une vieille gravure sur bois, soigneusement recueillie par lui 
dans la doublure do deux vieilles dalmati(jues achetées en 1906. 

ff Disons tout de suite que notre correspondant destine généreu- 
sement celte petite trouvaille au Cabinet des estampes de la Hiblio- 
lli('()ue nation, de. 

fil nv a rien à ajouter à la note (jui aceomjiagne cet envoi. 
(jOiiime M. le chanoine lirseau. nous eslimons (jiie celle imagée 
\ylogiaj)hi(|ue ajipartient au règne de François I". Comme lui, 
nous serions l'orl embarrassé jiour en préciser la destination. 
M. Urseau y \oit un en-tète dalliche. Ne pourrait-on |)as la consi- 
dérer comme une gravure religieu.se ou de conrrérie pieuse ?n 

Voici la note de M. le chanoine Urseau : 

f-Fn l'jo'i, je fis rac(|iiisilinii de deux \ icilles dalmaticjues, gar- 

" Arrliivf"* rominiinnlp< do l'i'tijniciu. (Al (jn ot C,(] (jt. 



nxi.iii 



nies de largos hiindos sur IcsqiKîlIcs sont Urodc's divors |»f'rHonr)nfff'fl, 
apôtros. niail\rs, moines et vi(!r|j;«î.s, |)la(;«';s sons un dais dont lu 
|)aili(' suj)(!iioure csl ornée d'une ccxjuille. (îes bandes étaient appli- 
quées sur un fond de soi(! violcltc, coniplètcinenl usé, (|u'il fûlliit 
remplacer. L'ousrier ipie je rharj^cai du travail enleva soijfneuse- 
nieiit le pa[)ier sur le(ju(!l les hi-oderies avaient été collées el m'en 
remit tous les l"rn|fments. (l'est là, parmi des nianuscrils sans in- 
h'rèl, (]ue je Irouvai la curieuse jjravuie (pii l'ail l'objet de cette 
notice : elle avait él(' coupéi;, dans le sfiis de la lon/futnir, en deu\ 
parties inégales el utilisée, h défaut do boujjran, pour augmenter 
la rigidité des bandes. Sauf (juel(|ues rentiniclres (jui manquent, 
du liant en bas, sur le côte gaucbe, aux deux tiers de la largeur, 
elle est pres(]ue cïulière. Malgré son aspect peu séduisant, cesl un 
précieux spécimen de l'art du graveur sur bois, dans le premier 
tiers du xvi" siècle. (IM. WVllI.) 

.ff Celle naïve image mesure, bordures conq)rises, o m. 9 i 7 de 
largeur sur o m. /lai de hauteur. Dans la partie inférieure, au- 
dessus d'un long leclaiigle couvert de hachures oblifjues. on lit 
ce nom. en lettres hautes de m. 0'?.i : 

AMIENS 

rDeux balustres renflés soutiennent une arcade surbaissée et 
servent d'encadrement au reste de la composition. Sur le plan 
même où s'appuient les balustres, la salamandre entourée de 
flammes, emblème cher à François P', porte une couronne royale, 
d'où sort une tige d'arbre à laquelle sont suspendus deux e'cussons. 
D'abord, celui de la ville d'Amiens, avec deux licornes pour sup- 
ports : diapré de gueules , au chef d'azur, semé de Jleurs de Us d'or; 
mais déjà le champ de gueules commence à se cliarger de feuil- 
lages, qui deviendront plus tard deux lierres d'argent. Puis, celui 
de France, entouré du collier de Tordre de Saint-Michel et soutenu 
par deux anges, rpour monstrcr que les anges sont les génies el 
appuits des armes de nos roys, les lenans et gardiens de leurs cou- 
ronnes ''^ 11. Entre les deux écussons, le tronc de Tarbre donne nais- 
sance à deux branches, qui se terminent par un énorme bouquet» 

ff Au-dessus des armes royales, figure une Vierge, en buste, te- 
nant enire se.^ bras rEufanl-.lé8US. La mère et Icnfant sont nimbés 

' l'iilliol. Lu iidfic cl luir/'ailc science de» tniii'iiries., p. ûyô. 



CXLIV 

et entourés (riine auréole de rnvons el de flanmies. Deux anges 
soutiennenl une large couronne, (ju ils vont déposer sur la tète de 
leur reine. 

-Des couleurs, applicjuées à la main, allénuent légèrement la 
rudesse des trails et ('gayeni le tableau. 

«A quelle date laiil-il attribuer cette planche? La question est 
facile à résoudre. Les piocédés employés ])ar l'artiste et (|ui sont 
ceux des fabricants de tarots du comnienc<;ment du xyi"" siècle, la 
présence de la salamandre couronnée, les broderies sous lesquelles 
on a découvert la gravure, tout rappelle l'époque de François I". 

rrLe nom et les armes d'Amiens sembleraient indiquer (jue le 
travail y a été exécuté. Mais, sous François 1", Amiens, parait-il, 
ne possédait ni tarotiers ni imprimeurs. Bien que le premier livre 
sorli des presses de celte ville ait été imprinu; peu après lôo-j'"', 
il faut descendre juscju'au dernier quart du xvi' siècle pour en re- 
trouver un autre. 

ffA quelle occasion cette vieille estampe a-t-elle été faite? A 
quel usage a-t-elle pu servir? Je l'ignore. Les dimensions et le 
formai ne permettent pas de s'arrêter à l'hypothèse d'un fronti- 
spice de livre. J'admettrais plus volontiers l'idée d'un en-tête d'af- 
fiche. François I" est allé plusieurs fois à Amiens, notamment en 
1617; il y fut reçu avec beaucoup d'éclat : qui sait si celle véné- 
rable image n'ornait pas le programme d'une léte donnée en l'hon- 
neur du roi? 

"Quoi qu'il en soit de ces détails, le document parait absolu- 
ment inconnu. Je le destine à la Bibliothèque nationale, pour 
la(|uelle M. Bouchot, l'éminent conservateur du Cabinet des es- 
lampes, m'a prié de le réserver, w 

M. Vhov donnQ lecture d'une note de M. de Loisne, membre non 
résidant du Comité, sur la découverte d'un cimetière de l'i'pojjue 
barbare à Béthune (Pas-de-Calais) : 

ffl n cimelii're franc rpii paraît remonter au vi'' ou au vu'' siècle, 
''crit M. de Loisne, a deinièremeni été luis au jour sur le terri- 



l') (Test iiiif Ciiutnnif du liinlhdjjr ilWiiiirns, iiii|ir'iiiii'<- ii.if Mcoliis l,o (iaioii. 
On nVn cnniiail (|iir (Icmï i-xcinpliiirt's. - Jo (lois cf ri-nsi'ijfin'ini'iil ;'i l'olili- 
/jcaiicc (]«' M. l)iiraiKl, arciii\isk- de la .Soinnio, correspondant de i'Iiisliliil 



toire (1(^ nélliiinc, an l'aiihoinj; di- Lille. t'i\ (!X|)loitaiil mu- sa - 
blii'rc. 

ffTn'iit(3-i-in([ lombes oui,, jus(|u'à ce jour, éli' ou\(utcs. Los 
corps étaient inlinuit'.s par ranjjéci.s parallèles à i moires environ 
riin (le Taiitie et à i m. •>() de prolondeur. conrhés sur lo dos, les 
pieds tournés vers TOiienl et la télé léj^ÎTenienl i-(!levée par un 
pcUil amas de sable. Comme dans les cimetières francs du Bou- 
lonnais O, les inbumalions avaient ('té faites directement dans le 
sol, sans cercueils. l\n jfri'S plat, aux (jualre aujjbîs -. in(li(piait la 
place de la fosse, et les ossements étaient tellement décomposés, «ju'il 
a été impossible d'en recueillir un seul. 

rLa {{rande majorité des tombes contcmait des cadavres du sexe 
masculin, avec une arme, au côté droit, et un vase de terre, aux 
pieds 

ff Parmi les armes, ce sont, comme d'ordinaire, les scramasaxes 
([ui dominent. On en a trouvé plus de vinp,l , d'une longueur variant 
de 4o à 55 centimètres. Il faut y ajouter une belle francisque à 
Iranclianf largement ouvert et à marteau, plusieurs framées, dont 
l'une longue de 65 centimètres d(;puis la pointe jus(ju'à l'extrémité 
de la douille à pince; un umbo de bouclier, en plusieurs morceaux; 
une plaque de baudrier en potin; un disque évidé qui était appli- 
(|ué sur la tôle d'un bouclier; plusieurs rivets de cuivre rouge à 
bords élampés; une petite pierre l\ aiguiser, elc. 

ff Chaque tombe contenait en outre un ou plusieurs vases de 
(erre grise à couverte noirâtre assez fine, ornés de traits et 
(le points empreints à la roulette, formant des rinceaux; un 
seul est de terre rouge. Beaucoup de ces poteries étaient en mor- 
ceaux; d'autres ont été brisées par négligence; une dizaine d'échan- 
tillons ont été conservés presque intacts. Leur hauteur varie entre 
17 et 9 centimètres; les uns sont renflés à la panse, avec bords 
légèrement évasés; les autres sont de petites coupes à base d'un 
très petit diamètre et affectent la forme d'un dme renversé. 

w Comme bijoux, on n'a jusqu'à pri'sent recueilli qu'une belle fibule 
de forme ronde, composée d'une plaque d'or montée sur cuivre 
et ornée de filigranes avec tables de verre transparent et de grenat 



'' Voir llaip,nt'ré, daii- Mi'»i. ilc In Saririâ Acadétnique de l'airoiul. de lioiilogne- 
Kur-Mer, p. 5. 

'** Os <rri"'s limilciit iine \\>s<t} «le •> m. .")n t\o n'Aô sur i m. 'in. 

AnniiÉoi.ofiiK. — N" .'i. j 



(.XLVI 



insén'es dans des hâtes; [dus un anneau de cuivre el uu collier 
de {jrosscs perles de l'ornios div(M'ses. (le oollicr comprend une tren- 
laine de {fruiiis d'anihre, de mastic colore à stries, de verre Meu 
ou de terre de lorme sphiû'ique, lenliculitirc on (•vlindri(|ii('. La 
teclini(|ue en est bien connue. 

r Kn n'sunié. nous n avons renconlr»', jus(|n'à ce jour, aucun oh- 
|t'l parli( uliôremcnl inléies>anl dans le ciinclirce iVanc di' lii'lhune. 
mais 1 exploilalion de la sablière se |touisnil cl il n'est pas douteux 
([uolle n'amène d'autres découvertes. Dès maintenant nous avons 
voulu siffnaler au Comité celles qui ont e'ié faites, re{fretlant qu'il 
ne nous ait pas été' permis de dirifjer nn'iliodiipu'menl les fouilles, 
de l'acon à obtenir des résultats plus complets.^ 

M. l'iuii lit un l'ajtpoi-l sur une demande de subvention formée 
par M. Albert Terrade, ajjcnl voyer cantonal à Sainl-Florenlin 
(Yonne), membie de la Société des Sciences de l'Yonne et de la 
Société d'études d'Avallon, en vue de poursuivre les fouilles qu'il 
a commencées dans un cimetière de répofjne barbaie au \ nudon- 
jon, commune de .Monlillol (Yonne). 

Le Comité décide de surseoir à la décision. 

-M. Saglio lit un raj)port sur une chasse provenant de l'abbaye 
de Lérins, et dont M. l'abbé Arnaud d'Agnel a transmis la notice : 

r M. l'abbé Arnaud d'Agnel , correspondant du Comité à Marseille; 
communi(|ue une; notice accompagnée de tioi^ photographies 
d'une chasse de bois sculpté et |)einl, provenani du trésor de 
I abbaye d«! Lérins, actuellement à l'église [laroissiab; de Crasse. 
Le travail en est grossier et la peinture très dégradée ; néanmoins 
elle est inléressanle par les sujets it'présenif's; trois ])araissent se 
raj)porter à la légende de saint Honorai, londateur de labbaye 
de Lérins, un qualri(;me <|ui décore le de>aut du laite de la 
châsse, qui est à deux rampants, aurait hail, selon i\l. l'abbé 
Arnaud d'Agnel, à une visite laile par un pape à Lérins. Les photo- 
graphies nn'-iilenl délie reproduites a\ec la noiice ipii les accom- 
j)agne. Toutefois, a\anl liinprcssion , laileniiou de noire corres- 
j)on(lant pourrait èlre app(dée sur (piebpies j)oinls donleux. Il 
faudrait avoir l'objet même sous les veux pour ('inellre un avis 



(Jiir»''i('iil (lu si<'ii. li.i |ili(tl(i»fi;i|ilii<' ne hiil |).i.s voir cf-rlains (It'lails 
quo l;i |»i'iiiliir(! pircisc [x-ul-rLic.. 

«Je (lois (lire (jik^I.i date de t'.iUn cnvii-ori, .*i^sij;n<'M' à iCxf'Culion 
de la châsse (aill(Hir.s il es! dil (|n cilc a |)ii èlr(.' laile à rocca»ion 
de lolcs (|iii (Mirent lien en liiGo), n'esl jias celle (jne je lui aurais 
alIriluK'e d'après ce (|ne je peux voir. Volontiers je la ferais des- 
cendre jus(ju'au xv" si(!cle, à cause de l.i rnani(!re de [)n?.senler et 
de traiter les sujets et de certains dt'tails de costume (|ii'il Hiudiail 
pouvoir exaniin(M' de près. 

ffJe n'y Irouve pas la naïveU'' et la pr(''doiiiin;iii(e des (''léments 
symboli(|ues qui, d'aprrs notre correspondant, In ferait croire, au 
prenncr aspect, nu^nie ant(^rieure à 1200. La {jauclierie seule de 
Tcxecnlion donne ;in\ figures un as[)ec| In'S ancien, fl faudrait 
voir la lace j)osl('rieiire de la cliàsse, (l«''cor(^e, à ce qu'il paraît, de 
tijfes lleuries dont le style fournirait {)eul-êlre une indication. 
L'auteur de la notice en lire une de la forme des (^cussons suspen- 
dus à la base. Leurs côle's sont parallèles jusqu'à la moitié' au 
moins de la hauteur : c'est la forme (jui prévaut à la fin du xn' 
siècle, mais qui persiste pendant presfjue tout le xv' siècle. Le 
blason est de gueules à la bande d'or. Quelques recherches pour- 
raient faire connaître le donateur qui fit faire et orner cette châsse 
et éclairciraient par suite la (juestion posée ])ar l'auteur de la no- 
tice. ?> 

Le rapporteur conclut à l'impression de la notice de AL Tabbé 
Arnaud d'Agnel dans le Bulletin archéologique. — Adopté. 

M. Hkron de \illi;kossk l'ail un rapport sur une demande de sub- 
vention formée par M. Tabbé Hermet, curé de THospilalet (Axey- 
ron), pour continuer les fouilles de La Graufesenque : 

ffAL Joseph Décheletle, dans son ouvrage sur les Vases céramiques 
êmés de la Gaule romaive, a démontré l'impoi-tance exceptionnelle 
des ateliers de potiers établis à La Graufesenque }>rès de Millau 
(Aveyron) et a constaté la dilfusion extraordinaire de leurs produits. 
Les Hutènes avaient conijuis la suprématie dans la fabrication des 
vases à pâte rouge; ils avaient réussi à substituer, sur les prin- 
cipaux marchés de remj)ire romain, leurs propres poteiies à celles 
des ateliers d'Italie. Il serait donc extrêmement intéressant de con- 
tinuer les fouilles (b'jà si fructueuses, entreprises par M. l'abb»' 



Herniel . aliii (rt'laiilir (ruiic façon cniii|»l('l(' cl dulniilivo Tliisloirf» 
(l'imo «fiaiule iiulnsli-ic nationale, (i'csl un dcvoii- |)onr l<' (loiiiilc 
(I cacouraiji'r encore îles locln'rclii's ijui oui t'Ié nilrcpriscs sous 
SOI) patrona^fo cl (|ui oui donne de si |ti(''cicux résultats. Les 
louilles sont assez dispendieuses à cause de la profondeur à la- 
(pu'llc on est oMi'fé datteindre et (|ui est souvent de 'i mètres. i^ 

i.e rapporteur propose d'accorder à M. rahbé llcnncl la suh- 
vonliou (|u'il sollicite. — Ado|)tc. 

y\. Hkro> i)i: Vii.i.kfossk lit un autre rapport sur une coininnni- 
calionde .M. h' colonel H. de \ ille d'Avray, conseivatoui- des Musées 
de Cannes, intitulée : Notes sur Poiuponiana et Jrssin d'une inscviptioti 
funéraire relevée à fhjhes : 

crLa station de Pmupnv'unui inscrite sur l'Itinérairi» maritime"' 
entre portus Alconis (au fond de la baie de (iavalicre ) (M Telone Martin 
(Toulon) doit-elle être recherchée au nord de la pres(ju'île de 
(liens, comme le veulent Bonstetten et Desjardins? Ou bieii occu- 
pait-elle un point de la côte près de Car(|ueiranne? 

ff Au cours de travaux récemment exécutés pour la construction 
de la nouvelle voie ferrée, qui relie Hvères à Toulon en passant 
par Carqueiranne et la côte, on a d'couvert des vestiges romains. 
M. le colonel 11. de Ville d'Avray, conservateur des Musées de 
Cannes, s'est rendu sur les lieux en août 1900. Il résulte de ses 
observations que; le j)ort de Pomponianti ('tait probablement situé 
entre la pointe I*éro (village de Carqueiranne), La Martine, La 
Valérane et Saint-Vincent; sur tous les coteaux environnants, et en 
[)articulier sur ceux qui sont au nord de Carqueiianne. ("taienl 
placées les villas formant Poiuponiana qu\ s'échelonnaient vers TLsl 
jusqu'à Al-Manar. Ces ruines ont été signalées dès i8/i3 par Fré- 
déric VII de Danemark; on y a trouvé des substruclions anticjues 
et de nombreux débris. M. le colonel IL de Ville d'Avray y a re- 
cueilli, cette année même, un fragment de mosaïque à cubes 
blancs (;t noirs, des poteries rouges, des débris de marbre blanc, 
rouge, noir ou midtiroloic. un poids lomain de tcire cuite dure, 
percé d'un trou, un IVagmenI de poterie grise, un autr(» frajfinenl 
de poterie ortiée diine peinture brune. 

'" l':.l. P.irtlir. rt !>in.lor, n" .")()f., H. 



tf(Mi.iiil à riii.scri|»li()n coiiscru'i! à llvfn'.s et dessinéo par iiolro 
con('.s[i(ni(laril , elle csl coiiriiK! (I('|)iiis loii{{l(Mii[).s; un lexte inV-pro- 
cliahlc en a ('li' iiist'ii' an (!<)rj)ns tiiscriptionum lathiarum^^K-n 

\a' ra|)|»()il('iir [noposc de (lijioscr celle noliic aux arcliives du 
(loniiléel d'adresser des icnieicieiiienh à Tauleur. — Adopté. 

M. IIkiion i>k Vii.i.Ki'Oftsi; rend coiiiple ddn envoi de M. (Joilard , 
correspoudanl du (iouiili', à Audi ((jersj. Cet envoi coinpi'fMid : 

1° Une planche; re[)rodnisanl en couleurs divers objets, a. Une 
hache polie, en ophife, (pii , par sa matière, sa lacture et sa par- 
faite conservation , constitue une pièce importante; trouvée en dé- 
cembre iHf)^ à Ordan-Larioque, dans la |)ro[>riéte de M. Saint- 
Pierre (.lean), elle mesure o m, i55 de lonjf sur o m. 007 de 
iarjfc au biseau, h. Un petit bronze de Trajan Dèce, au revers 
de VAbundanlia Auif.. trouvé en août 190.") au lieu-dit à Mézérac, 
commune d"Ordan-Larro(pie. c. Un(! ciel de fer, oxydée, trouvée 
en même temps cpie la monnaie. 

2° Les dessins en couleur de quatre Iragnienls d'une mosaïque 
romaine trouvée à Orbessan, qui malheureusement a été de'truite 
au fur et à mesure de sa découverte. Ces dessins sont accompagnés 
d'une note, dont le rapporteui- propose Tinsertion au Bulletin. — 
Ado])té. 

La séance est levée à 5 heures et deniie. 

Le Secrétaire adjoint de la Section d'archéologie, 

Maurice Prou, 
Membre du Comilé. 

"' Corpun inscripl. latin., t. XII, 11" .31^5. 



CL 



17 JAWIKH 1905. 



SEANCE DK lA COMMISSION DE l/VFUIQUE DU NORD. 

PiUisiDKiVCh; DE M. UKllO.N l)K V I l,L K FO SS li. 

La si'iinre est ouverte à /i lieiiccs. 

Le procès-verbiil de la deinièrt! si'aiici' est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture do la correspondance : 

M. (îsell a l'ail parvenir la coj)ie prise ou vérifiée par lui sur les 
originaux de pr('S(|ue toutes les inscriptions d'Alyérif qui ne figu- 
rent pas au huitième volume du Corpus et de beaucoup menu? de 
celles qui y sont insérées et dont le texte avait besoin (Tèlie revu. 
— Renvoi à M. (lagnat. 

M. (lArr.KLEn envoie un inventaire dressé par M. (louvct, ingé- 
nieur du chemin de fer de Gafsa, relatif à une importante collec- 
tion d'antiquités diverses, que celui-ci a recueillies au cours des 
Iravaux de construction de la voie ferrée et qu'il vient de donner 
au Musée de Sousse. Ce travail est accompagné de (|nel(]ues dessins 
et phol(»graj)hi( s exécutés par M. (iou\et. IVère du donateur et 
conservateur du Musée de Soussi; : 

«La collection, — ([ui comprend des poteries, des lampes, une 
petite t^le en marbre, des bulles byzantines, des jiièces de mon- 
naie et divers bibelots, - l'enfeniie quelques objets de \aleur. no- 
tamment des lamj)es figurant, rime, un cbariol |)assant devant nue 
maiscm romaine, l'autre, un l\pe inédit de l.i déesse Afii(pie figni'ée 
sous les tr.iits et dans ratlitude de l'alias-Albéné; une petite 
l«^le de Dioscure d'un joli style;e( une veilleuse fronconi(jue à anse, 
d une (orme iuédilc. 



trCclIt' collt'ction est esscii(ioll«Mii(Mil lor;il<(; tous les ohjols (jiii 
la c()m|»oseiil pi-ovioiiiieiil du Hlcd-M.iknassi, à une centaine de 
kilonièties à TOuest de Slax, nijfion aujourd'hui désertique mais on 
abondent les restes de la colonisation ajfricol(^ romaine Ces ruitjes, 
à |)eu près iiK^oninies, el dont il mêlait inipo^sihle d'assurer la 
surveillance d'une laçon ellieace, ont été saccajjées par les «Milrepre- 
ntîurs du clicniin de ier, (pi(î j'ai du poui'suivrc et faire coudaniner 
en justice pour leiii-s actes de vandalisme. 

ffM. C. Gouvet n'en a (|ue plus démérite à avoii- sauvegardé les 
nombreux objets qu'il vient d'oflrir au Musée de Sousse; leur pré- 
sence dans un |)aysqui, il y a moins de dix ans, était entièiement 
livré à l'abandon, prouve que celui-ci a pu nourrir une population 
assez dense et prospère; c'est un précieux encouragement pour les 
courafreux pionniers français qui viennent de s'établir dans la ré- 
Ifion de Maknassi et tentent d'y restaurer l'aiuvre de colonisation 
jadis accomplie par les Uomains. 7» — Renvoi à M. Toutain. 

M. GArcKLKn annonce, en outre, la découverte à Lpemia di^ïeux 
nouvelles inscri])tions cbiétiennes sur mosaïque : 

et C'est d'abord l'épilapbc de l'évèque Honorius, dont j'ai envoyé' 
une copie à M. Monceaux, qui vient de la communiquer de ma 
part à la Société des Antiquaires de France. 

rrLa mosaïque tumulaire, surmontée d'une belle croix latine, 
ansée et accostée de l'alpba et de l'oméga, le tout entouré de l'om- 
rium, est de style purement byzantin, mais de la meilleure époque 
(Justinien). L'encadrement gemmé, en losanges alternant avec des 
rectangles, est simple et tiès J)ien compris. Il isole lépilaphe du 
grand tableau pittoresque dans lequel elle a été insérée après coup. 
Ce dernier pavement, attenant au baptistère étoile, était divisé en 
deux registres : en bas, dans de riches guirlandes entrelacées, des 
médaillons occupés par divers animaux; en haut, le motif typique el 
traditionnel du cerf et de la biche buvant aux quatre fleuves. Il 
reste les croupes et arrière-trains des deux quadrupèdes, la base de 
la montagne sacrée et quelques-unes des plantes fleuries (jui ani- 
maient le paysage. La première mosaïque, d'un excellent travail, 
me parait antérieure à l'époque vandale; la seconde, postérieure, 
mais de bien peu, à la chute du loyaunie arien et au triomphe de 
la foi orthodoxe. Cet Honorins me semble éiro le seul évèque que 



nous l'onnaissioii- |Um|u ici d / /?(■///»«. sans doute parc(; que rc lui 
le plus illustie cl (juil lui Tobjet d'une vj^nération spéciale aj)rt's 
sa morl. Kxilé par Huneric, gracié par (iunthamund, il rentra sans 
doute à Ipenna après l'amnistie délinilive de k'ôl\ , et y vécut j)ro- 
bablement encore assez lonjjtemjts j)our voir la ruine de ses persé- 
cuteurs, puisqu'il ne mourut qu'à l'âge très avancé de 90 ans. La 
mosaïque tunuilaire est encastrée dans le j)a\eMi('nl le plus ancien, 
au niveau de la mosaïque des seize niarlvrs. I']lle esl antérieure aux 
it'inaniements qui oui fransfoi nu'' une deuxième lois el considéra- 
blemenl rétréci la basilique au mi' siècle. Je la daterais volontiers 
de ÔQD à 5/10 au j)lus tard. 

ff Voilà donc un évèque. Voici la mention d'un autre, trouvée tout 
|)rès (VUpenua. dans une petite basilique à baptistère adniirablcnienl 
conservée que vient de déblayer M. (lovelaux, directeur deTEnlida. 
à -?. kilomètres et demi au nord de Dar-el-Bey, sur le cliemin 
Al penna. L'éjjlise, à trois nefs avec autel central, est entièrement 
pavée de mosaïque. 

rrAu fond de l'abside, le siège de l'e'vèque , un banc de pierre. 
Derrière, le baptistère, ciuciforme éloilé comme celui de l'Oued- 
Ramel. A l'ouest de la cuve, de biais dans un coin de la salle, la 
mosaïque tumulaire suivante : 



i 



-]- PAV LV S 
EPISCOPVS 
PRIME SE 
DIS PROVIN 
CIE MAVRE 
TANIE IN PA 
CE R E QJ/ lE 
BIT SA XV 
I< A L • M A R 
TIAS -^^<> 

-Voici donc un primai de la province de Maiirélanie (|ui est venu 
mourir près <\'l pnitKt, nous ne savons poui(|uoi, ni (piaïul, ni 
cfuninenl. 



CtJII 

«Je n'ai pas encore vu la mosaïque. Je ne puis (l<tn<; nie jjionon- 
cer d'une façon précise sur sa date. A pi-iori, élanl donuées la sini- 
pliciU? do r(''pita[)he et la forme ronslanliniiiiiif^ du rlirisme (|u'eti- 
loure une coui'onno dN'pinos, je la daterais du v" siècle au plus 
lai'd. Mais alors comiiient (•,\|)li(pier la mention piovinn((iJe Maure- 
tani{n)e tout court, alors (jue les provinces eccidsiasiiques de ^fan- 
rétanie (lésarienne et Silifietine ne semblent s'être confondues 
en une seule (pie sous .liistinien, ajirès la chute de la domination 
vandale H)? 

ffLes actes du (oncile de Latran tenu en ^)hi^ sous le pape 
Martin l" (lettre écrite au nom des trois conciles d'Afrique) men- 
tionnent un certain l^eparatus, évêque primat de la Maurétanie. 
ï>a mosaïque serait donc contemporaine de répo(|ue de Justinien, 
et Paulus serait [)ent-èlre un evetjue maurétanien qui se serait 
réfugié en Hvzacène au moment des troubles qui bouleversèrent la 
Maurétanie pendant toute la fin de la domination vandale : promu 
primai au moment de la réunion des deux provinces en une seule, 
il serait mort avant d'avoir pu regagner sa province? Mais tout 
cela n'est qu'une hypothèse! Un fait certain et intéressant à notei- 
est la confirmation par le texte de notre mosaïque de ce que nous 
savions déjà du caractère tout personnel de la primalie des provinces 
africaines, attachée à l'évèque et non à l'évêché. \ avait-il des 
primats sans évèché spécial? C'est possible, mais si le mosaïste n'a 
pas mentionné le nom de l'évêché qu'administrait en propre Pau- 
lus, cette omission assez fréquente dans les textes ecclésiasti(jues et 
surtout dans les actes des conciles de cette époque ne sullit pas à 
démontrer que révê(pie Paulus n'avait pas d'évéché.n 

M. Ballu entretient la Commission des découvertes faites à 
Timgad, au courant des fouilles de 190^. Son rapport sera im- 
ju'imé au Bulletin -'. 

M. Cagisat fait connaître le résultat des recherches ope'rées cette 
année par MM. les officiers des brigades topographiques de l'Algé- 
rie et lit un rapport de M. le commandant Toussaint sur les décou- 
vertes effectuées '^'. 

t" Cf. Morcelli-Toulotte, t. I,p. 61. 

'*' Voir plus loin. p. -5, le texle in exlemn i\o ce rapport. 

'■''' Voir plus loin, p. 56, le texte in extenso de ce rapport. 



— c.u\ 

M. DiKiii. lit le ia|)|t(Ml sni\;iut : 

rrM. Il' lii'uli'iiaiil .lai(|uc'à l'uvoie une noie sur plusieurs ou- 
\ra{{('S niililaiies situés dans la rt-jjion d'Hadjcb-i'l-Aioun. La plu- 
pail sont de pclils loi lins du type connu et liai)ilufl à i'(''j)oc]ui' 
li\/.aiitin('. L ouvrage d .\ïn-el-(îliorab st'nd)lo plus iniporhiut. De 
dinicusious assez, coiisidérablcs [-^H nièlres sur /ly mètres), il com- 
mandait le passage de rOued-Merguellil, vers le pont où la route 
dWllIiibiinis au littoral par Assuras, /aina , l zappa, francliissail la 
ri\i('re, assez proche de Timportant carrefour que marquait la po- 
sition d'Aquae Iteffiar. La disj)osilion de cet ouvrage avec sa double 
enceinte llancjuée de tours et son réduit central, la rareté, 
d'autre part, dans cette région, d'ouvrages de cette importance à 
l'époque romaine inclinent à attribuer cette citadelle à l'époque 
byzantine. Je propose d'en publier le plan au Bulletin avec les notes 
transmises par le lieutenant Jacques'''. w — Adopté. 

M. Hkro\ de ViLLEFOssE comuiunique de la part du R. P. Delaltre, 
membre non résidant du Comité, une note relative à la découverte 
d'une inscri])lion à Carthagc : 

ffDansles derniers jours de décembre, une découverte avait lieu 
h La Marsa dans le vijjnoble de l'archevèclié. A i5o mètres environ 
du palais archiépiscopal, dans la direction du Nord et de la mon- 
tagne do Gnmart, les ouvriers chargés de défoncer le sol trouvaient 
au pied d'un talus une sépulture romaine formée de deux vases 
funéraires, l'un, supérieur, renfermant les os calcinés , l'autre, infé- 
rieur, ne contenant que des candres. Au-dessous de ces deux réci- 
pients, on recueillit dans la terre une patère de terre rouge avec 
plusieurs clous de fer et un miroir de bronze, simple disque de 
bronze de o m. 096 de diamètre, puis une lampe h anneau ornée 
dune couronne de chêne et portant au revers, imprimée en creux, 
la marque : 

LMVNSVC 
Cri)issnnt. 

ff V coté de celte sépulture était encastrée, dans une maçonnerie, 
une dalle de marbre large de o m. '{o, haute de o m. 17, à revers 

'*' Voir |iliis loin. p. lOy. le |i'\lo iii rrlmsn de fUo rotninimic.ilinii. 



— «;i.v — 

lisse, l'ri cspiict^ ''*"{' ''*' " '•'•'<•> •'' l'-'"' ''•' •» m- i'>'' <'liiil ^''nl 
visihic. On \ lis.-ii( IN-pilaplic suivanlc : 

FELICVLA • P • LVRI • DEXTRI 

SEK • PIA • VIX • AN • XXV 

H • S- E 

(f Hauteur des lettres : o m. 0)5, 

Felicula, Pinhlii) LMrt(i) De.iiri aerva -pia viril aniiis X\V. H{ic) s(ila) 
e{st). 

ff Monseifjneur rarchevêcjue a hieii voulu me monder lui-inônie 
IV'udroit de la découverte. On \ tiouve beaucoup de pierres et rie 
(l('l)ris de tuiles romaines (jui iiidiqueul les ruines d'une liahilalion. 

ff Jusqu'à présent, on na rencoatré dans ce quartier du laubourj; 
de Carthage que des sépultures isolées ou groupées en petit nombre. 
Les premiers colons de la ville romaine inbumaient leurs morts sur 
le terrain même (|u'ils occupaienl. 

r L'ensemble des découvertes réalisées durant ces trente dei- 
nières années conduit natuiellement à cette conclusion. n 

M. Héron de Villefosse rappelle à ce propos une tablette de 
marbre, à peu près de mêmes dimensions, découverte en 1908 , par 
le P. Delattre, dans le mur d'enceinte de ram[)hilhéàtre de Car- 
lliage, où elle avait été probal)lemenf employée à une basse époque, 
lors d'une réparation. Cette lal)lette, cbargée d'une inscription vo- 
tive, mentionne un individu qui [)orte le même gentilice, Cn. Ln- 
rius Abascantianus ^K La présence du miroir de bronze dans la sépul- 
ture est à noter. On trouve souvent des miroirs dans les tombes 
de fi'mmes en Afrique aussi bien que dans d'autres provinces; quel- 
quefois un miroir était représenté sur le monument près de l'éj)!- 
taplie. 

La séance est levée à 5 beures.. 

Le Secrétaire, de la Commission, 

R. Gagnât, 
.Meml)re du Comité. 

■■'^ Académie de» Inscripl'uKS et li<dli'.<-[,i'llri''< , Onuptex rriidan. i((o3, |i. io<». 



CLVl 



l'i KKVIIIKH I'.)Or,. 



SÉANCE DK LA COMMISSION DE I/AKUIOUE DU NORD. 



PHlisiUENCI': DE M. IIKKOA l> K V 1 L LK l'oSSIi. 

La séance est ouverte à 'i lieiircs. 

Le procès-verbai de la dernière séances est lu cl adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la roirespondance : 

M. Gaurkler lui a fait savoii', dans une lettre reçue le ni.iliu 
mèuie, qu'il vient dV'tre l'ait dans le lliéàlre de Carthage plusieurs 
df'couvertes de statues : 

ff Une l'enniie drapée et Noilée, tenant des é|)is et des pavots de la 
nuiin droite, probahleiuenl un portrait d'impératrice romaine en 
Cérès ou en Proserpine. La sculj)ture est intacte, sauf la tète qui 
manque malheureusement. .Kili tra\ail du temps des Anlonins. du 
type dit frpudicité^; 

fflJne statuette d'Anmur. Les pieds rïianquent ; 

-Une petite tète d'Amour rieur, en marbre de Cbemlou,du type 
de celles d'EI-Djem et d'Utiipie; 

tfUne tête de faune, qui se raccordera peut-être a\ec un des 
torses déjà recueillis ; 

ff Plusieurs l'ra{fmenls imp(»rlants de statues colossales drapées. 

-A l /tonna, ou a trouvé une \inj[taiue de mosaupies lumulaiics 
nouM'Ilcs. toujours du même {jenre, notamment les suixiinto : 



CI.VII 

". ((Iliristno ;'i «niix latifio.) 

B A l E R I 
KY i E P I ; C 
P Y J V I X I T 
A H H I ; toll 
D E P ; I T Y ; 
DIE ni 1=A-1,- 

octobre; 

h. (Clii'isiiic il cioix laliiii;: 

doux rolombes becquetiinl 

1111 rameau d'olivior. ) 



X 



rc. TpxIi^ doni M. llobin iiic ffiii-juilil l;i Iccliirc. iiuilgré les 
doutes dont je lui ai l'ail pail : 

I yuy; 

H N 
R i Y ; 

P -P • IN 
P A C E 
B I X I T 
A N N I ; 
k II • • 

ff A la liwui; A, M. Iloiiiii nie ijaraiilil un f. Je crois phitôl, d apirs 
son dessin, 'que c'est un [= : kalendas Miaias) ou M(artias), les deux 
points suivants avant une signilicalion que j ijjnore; puis peut-être 
D[e)i)(osiliiJ>). Il l'aiidia que je voie la mosaïque. ti 



c.Lvm 



M. Hoy . scoirlairc {jt'in'rjil du (joincrm'incnl luiiislcii. ('cril à 
M. le S('('rô(aii(' à |>nt|)os de la monnaie sijfnalt'c le i 3 (léccmbir à la 
Commission (nic pour lui, les caraclères du i('\('is no sont pascon- 
li«|n('s, mais mauifliiéhins. Quant à la It'lc du droit, ce serait relie 
du Christ ou dim sou\erain es|>a}fnol; si elle est aulhentique, la 
monnaie daterait de Toccupation de TIemcen \)m les chrétiens. 

M. (iauckler a l'ail parvenir : 

1" Lue note sur les l'ouilles dHad jeh-cl-Aïoun n'dijn'c par M. h» 
iieulenani Codin du V tii'allieurs. — Meuvoi «^ M. Monceaux. 

9.° Un ra|iport de .M. le lieutenant Péricaud sui- ses fouilles à 
rHencliir-cl-(Jueciret. — Renvoi à M. Toutain. 

3" Une nouxelle tiilirlhi (It'rolioiiis trouM'e à Sous.*»»'. — Hen\oi 
à M. \iulollenl. professeur à la Facnlli' des lettres de Clcriiioiit. 

'r Deux miles relativt^s à des de'cou\ertes récentes. 

M. (iauckler anncmce d abord (|ue M. Cliavannes, horloger à 
Tunis, vient d«' faire plusieurs nouveaux dons au Musée du Bardo : 

Une lampe anti(jue en arjfile brun clair, sans couverte, se ratta- 
chant à la s(''rie dite ihodù'iiiir, mais (Kun type inédit. L'objet a été 
trouvé à (jartha{je, sans doute dans un tombeau puni(jm'; 

Huit épinjfles (rarjjent, les unes intactes, les autres endomnia- 
j|ées, longues de o m. 07 à o m. 07.^, dont la tète est chaque fois 
formée d'une boule parfaitement sphorique de o m. o t 5 de diamètre. 
Ces bijoux aj)partiennent à une parure féminine trouvée dans un 
tombeau romain des environs de Maleur; 

l ne collection de monnaies romaim's |)i-ovenant d'une ti'ouvaille 
imi(jue l'aile par un onvriei- italien au\ ruines de Mellaoui, entre 
Tozeur et (lalsa. Ce petit trésor se comj)ose de liuit deniers d'ar- 
gent et d'un moyen bi-onze, datant Ions des Antonins; (>nlin une 
intére.ssante série de monnaies de bronze de la l(''lrarcbie, Irouve'es 
toutes ensend)le. 

M. le capitaine Ang('', du A" tirailleurs, conlinue-t-il . \ient 
d'adresser au Musée du Bardo (piehjues objets recueillis par lui 
dons ses fcuiilles tle la m'-cropole |)uniro-romaine du cariip Saballier 
h Sonsse, en 1 qo'i : 

Deux Iraffments d une mr-me slatuetle dont nous possédons déjà 



au Musée (In Hiirdo un s|H''cini('ii de iiiMni- |ii(tvcn;uic(', ('iNilt-nicnl 
iri<'()ni|)li>l ' ; 

Une laMi|»(' |Hini(|iic dr l.i dciiiicrt! [x'-iiodc . conpf ;i Irnis hccs 
fiusani rorps .ivcc l;i |);il('n' (|iii lui scil de h.i^c 

De suii cùtf'. M. Kt'ii.Mill. .iirliilcrlc d<'s lr"iv;iiix piildics. ;i oiïf-rl 
;iii Mus 'o du H.'irdo une iinsc d'cfiiorliof'' en bronze |)i'(»V('n;inl fl un 
londx'.'in pnniijnc df (i;irlli;i;[i' <lii iv' siècle ;i\;iiit n«»lre ère. Le 
soniincl de Tiinse (pii élail (Ké au {jonlol du vase se termine jiar 
une lèle de femme à coilTuie (frecqiio, peut-être Ariadne. L'autre 
exlrémilé a|)j)li(]ui'(' sur la panse s'aplatit et s'étale pd un larjjc 
masque de Silèno barbu. 

M, Ileiiaull a éjfaiement remis à M. Gauckler un fléau de balance 
en bronze recueilli par lui dans les fouilles du mausolée (et non 
temple, comme on TaNait dit) de Djemajeur, qu'il poursuit en ce 
momeni pour le compte de la Direction des Antiquite's de Tunisie. 

Enfin M. Gauckler comnionle. ainsi qu'il suit, une inscription 
tion\ée au Djebel-AIansour : 

ffj'ai déjà sijjnalé, il y a cinq ans, en 1900, la découverte faile 
au Djebel-Mansour, dans les ruines de l'antique Gales, d'un inté- 
ressant monument funéraire en forme de cippe, sculpté de bas- 
reliefs sur trois de ses faces, et présentant sur la quatrième, la 
principale, une inscription bilinj^ue, latine et néo-punique, gravée 
dans deux cartouches à queues d'aronde superposés, que sépare 
un sim])le filet, et (|ue surmonte un busto de jfénie aile', figuré 
d une façon naïve et grossière dans une niche cintrée. Je n'avais 
pu, à ce moment, étudier ce texte que sur des estampages très 
ell.icés (]ui ne m'avaient permis de déchiffrer qu'une |)artie de l'in- 
scription latine, tandis que les caractères néo-puniques demeu- 
raient à peu près illisibles. 

«•J'ai réussi, l'an dernier, non sans difficultés, à faire transporter 
le cippe du Djebel-.Mansour au Musée du Bardo, oii j'ai pu l'étu- 
dier à loisir; et je crois être enfin [jarvenu à une interprétation 
satisfaisante du texte latin qu'il présente. J'ai été aidé dans ce tra- 
vail par les observations de M. Clermont-Ganneau, qui étudiait de 
son côté le texte néo-[)unique, presque identique au latin, parait-il. 
et qui doit le publier prochainement. 

"^ I,a Rlnn.lwr.. ,■! (;;.nrkl..r. I „i. ,l„ U-.,;. 1/ ,/. p. , y^ . n"' i - el i :^ J)l. \.\1\. 



CI.X — 

wUiie première lecture, publiée chins le liullHin arrhvohfr'ujue du 
(lomitê. tgoo. p. 106, n" hd , me paiail dcvoii' rire ronigée el 
ooinplélée de la laçon suivante : 

Q_V A R T A • N Y P T A N 1 S • F • G 
ALESIS-VXSOR- CELERIS 
MNTIS • F • SACERDOS-MAGN 
CONDITIV-S- P -F- CVRATORIB 
VS-SATVRVM ROCiATVBRVTI 
ONE MANIV NAMPAMONE 
VALENTE CELERIS-F-STRV-RVFV 
IMILCONE TVLESES VIXIT ANMS LIX 

(Juarla , Nyptanis f{ilia), Galcsis, uxsor Céleris, Mantis J[ilii) , s'acrrdos 
magn{a ou um) conditiu\ui\ aina) piecunia] f\ec'u) , cuvatovibus Saturum, 
lîo'ralu, linitioii" , Maniii , ^niniminoiir , Valcutc , (.elvrls fy'dio) on f(tlm)\ 
slru\ctonbus\ : Ilufu, Imdcoiir, Tuleses. Vi.rii (tii\n\iji LI\. 

ff Remarques. — Lignes i-!i. La leclnrc (îalr(n)iiis m'a été su^^- 
{jcrée par M. CJoniionl-Cjanneaii . qui a pu df-chillVer relluiique 
dans le texte néo-jjiinicpie. 

-Ligne 3. Il en est de même du j>ati(mymi(pie de Celer. .M. (jler- 
inoul-Cianneau m'a dit avoir lu : Qj-R'HMA'NN. (leci devait 
fiuiiner en latin : Mtiiuns. et non Maiiùs (|ui pourtant est certain. 
Dautre part, Maiilis de la ligne 3 et Maniii de la ligne 6 ne seraient, 
d'après le texte néo-punique, qu'un seul el même nom. 

ff Ligne 7. J'ai restitue : ST KVctojibns par analogie avec la 
dédicace d'un temple à Mercure découverte eu 190'j au Djebcl- 
Mansour. à j)(Hi de distance de la basilique et dont j'ai communi- 
(|né à r\cad(''mie des Inscriptions^', dans sa séance du iS mars 
i(jo'i, j)ar lobligeante entremise de AL IMiilippe Kergci'. la lerlnre 
suivante : 

Teinplii[iii\ Mercurio /[ccerunt) clvitus (lalcsis , mifrlrs iri.s rt Maiiiiis, Crle- 
nn fdlim) ow Jl^itiiy, srripalt Sntiir, Crlens f[iliiis), strnctorrs C. Mauiuni 
ri C. \ nui II II III. 

('' Ariiticiiiir ilrit lunrriptinits . CnnipIrH rendus, |(|o'i. p. \')~ cl sim\. J'.ii Ciil 
lrai)*i|tor((*r au Miisi'i- du IJardo ce tc\li' jjr.iM' mit un liiiloan de |h(||i' moiio- 
lilli)' à ninidnraliiiii In'-s (iri/^innlc. 



CLXI 



<T Plusieurs dt-s |M'rs()iin.i};<'^ iiiciilidriiK's sm- cclh' (|(^(lic;ic»> sont 
déjà iioiiiiiM's par le t(,'\l<; l»iliri|fU('. 

cfLijfue 8. Tult'{n)s('N. \a' mol. dont lu Iccdnc oM (mcoi(; incer- 
taine, est un ellini([ue. — viril a\n\niH LIA. Je n'ai pu (léeliil- 
frer In lin de la iijfne, tri's ellacëe, qu'en m'aidani de rindication 
lournii^ par le texte néo-puni(|ue. Le rliilîre de IVif^e n'est pas abso- 
lument rei'lain. 

ff Voici enfin (|iiel(|iies corrections ou additions à faire à la de8cri|)- 
tion que j'ai donm'-e du cippe lui-inèine dans le HuUotin arcliéo- 
loifiqite. La pierre est liaule de o ni. -jf) el non de o ni. -yo, comme 
il a été imprimé j)ar erreur. 

ftLa prêtresse figurée sur la face latérale de gauche est debout sni- 
un socle ('), vue de face, les pieds tournés de profil à ganclie. Klle 
[lorle une corbeille en équilibre sui- la tète, tandis que de ses deu\ 
mains dressées, et qui me paraissent soutenir le récipient, elle 
pre'sente deux épis. Elle est coiffée à la mode africaine, avec les 
deux courtes nattes habituelles encadrant ia tète de leurs courbes 
di\ergentes qui retombent à droite et à gauche du cou, sans 
atteindre les épaules. Son costume se compose d'une simple tunique, 
sorte de sac, à manches, serrée à la taille par un cordon. 

ffLa corbeille renferme sans doute la nourriture des deuxsei'pents 
sacrés, deux grands pythons, dont les tètes affrontées se rejoignent 
au-dessus du récipient, et dont les corps ondule's descendent à 
droite et à gauche, encadrant, de leurs courbes allongées, la prè- 
l resse. 

r Celle-ci reparait sur la face latérale de droite, mais sans les 
serpents, ni les épis. Le motif est d'ailleurs fortement endommajn.'. 
de même que celui de la face opposée à celle de l'inscription, (le 
dernier présente à la partie inférieure un large cratère, ou plus 
exactement un oxybaplion à deux anses, posé sur une tablette à 
trois [)ieds. et surmontée d'une sorte de fronton en zigzag sur 
lequel reposent en biais deux génies ailés. Ceux-ci, s'inclinant tous 
deux vers un second o.ryhaphon \ihcé au centre, semblent vêtus d'un 

^'' La prôsenco de ce socle m'avait d'abord l'ait supposer que le bas-reiief repn''- 
si'iitait, non une prétresse, mais une statue de ia di\inilé eiic-mt'rae. Dans c- 
cas, l'on sV\pii([uoralt mieux la présence des deux motifs à peu près identiques 
fijjnrés sur les faces opposées, (ie seraient les images de deux déesses étroitement 
iinii's l'une à l'autre, comme Déméter l'I Cora, les Cereres. 

\ii(;iiKOi.itr.iK. — N" ■>. ir 



CLMI 



cosliiiiie li«'» It'ijcr. (Idiil on ne (lisliiijjnc plus fruf'rc (jue la cpintun' 
(jui la li\o à la taille. 

«Soinuie Imilf, ce cipiic, d'aspcc t Imil à lait hnrbaïc, a j>oiir nous 
tout l'inlôièl dnn»' sculpturr indijji'nc. le lapiridc ([iii a jfra\('' Tôpi- 
taplio l)ilin<jii(' «'I cisclt' les bas-rcliid-^, lùnani snlii (|U(' dans une 
Irî'S faible mesure linllnenro de larl j'iéco-romain , de nièiiK» que 
laroliitecte (jni avait ronslruil le nionunienl i\\iu'\i\ive, comliliuoi . 
abritant le cM|»pe de la prêtresse (JnnrUi. Quant au culte ollicid el 
niuiiicipal dont celle-ci était obli[{éc de célébrer les rites, c'était, 
à Cil jujfcr par les attributs el lattitude qui lui sont donnés sur les 
deux bas-reliefs, celui de la Ccves Ajricana. ou plutôt des Cereres. 
Déniéter el (lora.dont le culte s'était confondu à Carlba^je avec 
celui de la pbéuicienne Tanit. 

(tLa date de ce monument funéraire se rapprocbe certainement 
beaucoup de celle de la dédicace du temple de Mercure, construit 
par les soins de quelques-uns des membres de la famille de la piè- 
tresse (Juarla, femme de (^cler, au temps où la cliùln.t Gale{»yiis 
était encore administrée par des sulfètes, comme d'ailleurs la plu- 
part des j)etites villes agricoles de la même région O : 8(don toute 
apparence, à la lin du premier siècle ou au commencement du 
second siècle de notre ère.^ 

M. \\ aille, correspondant du (iomilé, communique la pliolo- 
Ijrapbie d'une inscription sur base de statue (ju'il vient de trouver 
à libercbel ; 

SEX CORNELIO 
EVCAERIAN O 
M VNI Cl PI VM 
H A DRI A N VM 
DROBETENSE 
EX D ACl A 



M. Habklon lit le lappori suivant : 

• La |ii('ce de bronze coninmni(|uee par M. dauckler est, suivant 
moi, une monnaie ancienne et aulhenti(|in', mais retoucbée A um; 



' (il. la iisli- <|ii • j iii (loimof df <<■« cil<'» df In n-ffion du l'nl)s dnn- ii- llullflin 
nrcbéolfifTifiUP (lu dounlii, llS<(<), p. f{V.\ o| siiiv. 



(''|)()(|ii<' ri'rnitt' siii' Tiiim^ dr ses iucrà, \mi un .iili.-îaii (lailIciirH peu 
bubilc, cl (lu liiil th; ces rcîlouclics, sans iulénH ni valeur. 

cfl/une des luces, — relie qui, je crois, n'a pa» subi de vérilabks 
reloucbes, mais seulonienl un netloyiijfe à la poinle, — a conservé 
inlacle son ancienne b'ijfende arabe que les spécialistes Iraduisenl : 
Frappe à Tleiiicen. L'autre côté (b; la médaille portail oriffinairemenl 
aussi des inscriptions arabes, sentences empiunlées au Corun, sui- 
\ant rnsa{je. Mais le faussaire a lait disparaître ces léjjendes à la 
lime; les traces du travail à la lime sont eiuoie jiBrlaitement recon- 
naissables, même sans le secours de la loupe. Au milieu du champ, 
le métal n'a pas été limé; dans celte partii' demeurée en relief, le 
faussaire a {jravé à la poinle et à l'acide une tète de fa<e, barbai-e, 
dans laquelle il parait avoir voulu représenter soit un Jupiter 
Ammoa avec les cornes d(; béliei- (les cornes ne sont pas cer- 
taines), soil une lét«î de Christ, soit plutôt une ellijjif! inspirée de la 
tète de face de l'empereur Héraclius, telle qu'on la voit sur les 
pièces d'or byzantines. 

w Conclusion : il n'y a aucun parti scientifique à tirer de «elle 
pièce;, qui doit être reléguée parmi les s/yurm. Une pièce aulbentiqui' 
de ce genre avec elllgie, et frap[)ée à ïlemcen, ne saurait exister, tj 

M. Cagnat dépose une étude sur les inscriptions trouvées en 
Algérie au cours des fouilles de 1906, qu'il a demandée à M. Carco- 
pino, membre de l'Ecole française de Rome. Celte élude est des- 
tinée au Bullelin(^\ 

M. Galckler envoie pour l'impression un rapport de M. le com- 
mandant Hanni'zo sur les fouilles (|ue cet officier a dirigées dans 
les ruines du Ca[)itole de Segermcs (Henchir-Haralt), en les accom- 
pagnant d'une introduction. — Rapport et introduction seront 
insérés au Bulletin (^'. 

A ce pro])Os,M. Saladin rappelle que M. Couderc de Fonlongue. 
capitaine du génie, qui a exécuté des fouilles à Segermes. il y a 
quelques années, a signalé au Comité l'existence, dans cette ruine, 
d'un édilice qu'il a exploré en partie, et dans le(|uel il a reconnu 
1 existence d'un grand radier en cbarpente sur lequel reposaient les 
fondations du monument. 11 serait intéressant d'y voir poursuivre 



^'^ Voir plus loin, p. :iiX, |i' texte in l'.rtmso do ceilo ëliirip. 
'-' Viii' |ilii- !(iiii, p. u.'tC», le Icxlc in ej-lomu «to ro rapp<nl. 



des rt'rherclics, alin (lu'oii |niisse se it'iulri' ooiuplo «'xaolciiuMil du 
mode fie coiislruclion dr ce radier dont les pièces de bois sont, 
|)arail-il, dans un étal de conser\alion remarquable. Une étude 
exacle et (b'iaillée de vv mode de l'ombilion dont aucun exeniple 
antique n'est |)ai\enu inlacl jusqu'à nous, serait Ires précieuse au 
point de vue arcln'oloffique, puiscju'elle j)ermellrait un commen- 
laire exact du texte (b' \ifrn\e à ce sujet. 

Paiiiii les inscriptions dont M. (isKLL a lait pai\enir les estam- 
pages poui- la préparation du supplément au Corpus in.scriptioinwi 
hitinanini . lifjure la suivante (|ui pro\ientde M'rikeb-Tbala { Maco- 
vuitles^ Klle est giavée sur une pierre longue de t m. oG, liante de 
G m. 73. en lettres de dimension variant entre o m. o/i , o m. oH et 
cm. 03. La pierre avait été em])loyée par les clirétiens dans une 
église, comme couvercle d'un collre à reliques placé sous 1 autel. 
Elle a été trouvée par M. de Montille, qui en a envoyé restam|»age 
à M. (Jsell. Celui-ci a lu ce qui suit : 




D E O P L V T_0 N '■ • A V G 
? KO SALVTE-D-NIMP-CAE 



SAC 



c '• V à'l k r I v's •' \\' L k N t N V s • màmémm 

TElVPLNM-MObCWl A N t Q_\\ VET«.s-y^ 
D1LA>SWI M'LIATO SPATIO COL^M^lS 
ET R.EGIIS DWBVS PIC TVkS ORNATNM. 
PECVMIA SVv EX--HS E~vTT MI L • D N 
A SOLO COEPTW PERFECIT E T D E O 
VICTIMIS REDDITIS ET POPVL^B«S 
EPVLO EXHIBITO STATVT« «-TIM 
PERPETVO EPVLO ANNVO SAcERDOTI 
BVS DEDICAVITCVRAAGEN/B C-LOLLIO HO 
NORATO ET-QjSEPTIMIO VITALE- SAcERDOTIB • F' C-AC 




Lignes tJ et W. Les noms de Icinpereui' maileh'S doivent être res- 
titués : V. Ijinni Ëffiuiti Gallimi. 

Ligne H. Au lieu «lu cliilVre D apri's le mol MIL et avant le der- 
nier N, on a\ait d'abord jjravé un N «jui a été surcbargé. 

Les consuls sont ceux de Tannée 'lii^t après .l.-C. 



CLW 

M. ToiiTAiN (It'posc pour rinipression (l;ins le liuUctiu un»; nol*' 
(le M. GoiivoL sur diverses poteries et l;im[)es rotn.'iines trouvées 
dans ie IJIeti-Makrassi , entre Slax et (ialsa ''. 

La séance est levée à T) heures. 

Lp. Sncrélaire de la Cotinnission, 

\\. (ÏAfJNXT, 

Mcmltn; du Comité. 

") Voir plus loin, p. i i :î , le texte m e.rli-nso (!•' cflti' commiiiiiralion. 



niAVi 



L>l MAHS \\)():^. 



SK\>CK l)K L\ COMMISSION DK i;\FI{IOl K 1)1 \OHI). 



rui:sinK\T,F. m: v. ni';r. on pk vim, kpossr. 

La séance osl omerle à ^i lieiirps. 

Li' procès-verbal (]o la dernière séance est lu el adopir. 

M. le Secrétaire donne lecliirc de la correspondance : 

Le Goiiveinemcnl [jénéral de I Alijérie a lailparvrnir la Iroisiémc 
livraison de ÏAtlas arrhéolofrùjue de rAl^frrir, par M. (isell. 

M. Gaiickler fait connaître la (N'coiiveîte (Fun .ilclicr de poteries 
clirt'tieniies à Ilenchir-es-Srira : 

ffM. A. D(Miiau. colon tunisien, vinni de d«''((>iivrir. à i y kilo- 
mètres à rOuest (rHadj('l)-('l-Aïoiin, sur le flanc Kst du Djehel- 
Mrilah, dans les ruines désignées sous ie nom d'Urnrhir-rs-Srira sur 
la caifo au 100000", un groupe d'établissemer)ls de potiers l'o- 
mains, renfermant encore dans leurs magasins de noruhrcux appr-o- 
visionnements de vases, j)lats, lampes de terre cirilc (|ui uOril 
jamais servi. Les fours serirhlent avoir éti' ahaiidounés en plein 
fonctionnement, à la suite de troubles ayant bouleversé le pays, à 
une époque qui ne me paraît pas, à en juger par la qualité de la 
terre, la forme et l'ornerrrentation des vases, pouvoir être i'e|)ortf''e 
avant le ri'gne de (jonstanliu, ni après Tinvasitm vandale. 

ffM. iJeniau a bien voidu me remetlie, pour le Musi-e du Bardo , 
trente pièces choisies p.'irrrii lc> plus inte'r-essarrtes de ce|j( s (|iril a 
recueillies dans ses pr'emrères redrerclros. 

".le fai \ivemenl engage* à continuer celles-ci et à lelevei' Ir |)i.iii 



complet (les diverses fal)ri(|nes de |K>lier8 j(n)up(M's ;i cet cndroil. d, 
des riiiiK'H (|ui les avoisinent. 

ff Les vases iciroiivés sur place sont prescpie tous hrisés : le plus 
jjrand nombre nOIlVe aiicniie pai liciilaiil*' rtMnanpiable. Le seul à 
citer jiis(pi'ici est un IVajfnnMit (rentonnoir lit'rnisplK'riipie avec un 
goulot central. Il présente sur sa convexité : d une |)art, deux trous 
rap|>rochés on l'on pouvait passer un lien (|ni permettait dv le sus- 
pendre et, d'autre part, un visajfe humain, d'aspect tout barbare, 
surmonté du croissant et {grossièrement lijjuré on pastillage. 

ffLes lampes sont très nombreuses et très variées de types. Elles 
sont pres(|ue toutes faites de cette terre rouge, tr-ès compacte et très 
solide, qui caractérise les poteries de la période chrétienne : la 
l'orme est massive, |)lus haute et moins régidière (jue celle des 
lampes païennes, moins allonjjée (jue celles de l'époque chrétienne 
proprement dite. La queue est tantôt pleine, tantôt forée. Au [)our- 
lour se développe toujours une ||uirlande dV'[)is, de stries ou de 
rinceaux. Au centre, entre deux Irons forés pour l'aération, a[)pa- 
raît une figure moulée et non appliquée en pasiillage, comme c'est, 
au contraire, le cas pour la majeure partie des lampes chré- 
tiennes. 

ffLe motif est tantôt païen, tantôt chrétien. En voici la liste : 

((Divinités païennes. — Huste de Sérapis ou de Plu ton, coiffé d'un 
calathos, ceint d'un Landeau et tenant de la main gauche un court 
sceptre se terminant au sommet par une boule; terre br-unàtre trop 
cuile. La lauqie est crevée à la partie inférieure : c'est un raté. 

Autre raté trop cuit : 3 iragments de lampes défoncées etsoi/dées 
l'une à l'autre. 

Buste d'Hélios radié, à gauche. 

Buste de Proserpiiie, à droite. Au revers, croix en relief, appli- 
<|uée après coup sur une palmette en creux. 

Buste de femme, à gauche. 

Bacchus nu, tenant le ihyrse el une grappe de raisin. 

Femme nue, ou enfant potelé, passant à droite, tenant une cou- 
ronne et une bandelette. Rinceaux au pourtour. Au revers, un 
ornement rappelant, par sa forme, un Y. 

Autre, analogue, mais d'un moule dilTérent; épis au pourtour. 
Au revers, un simple Irait. 

Amour assis à gauche, sujet assez elTacé. 



CIA VIII 



Amour assis à droite sur un tabouret, présentant de la main 
droite un olijet indistinct, |teut-»'tre une coloniljo. Au revers, M. 

Amour debout, tourné à droite. 

Personnage debout, à droite, vêtu d'une courte tuni(|ue o[ (]ui 
semble un charpentier en train de tailler une (|uille d'embarcali(»i). 
Au revers, ABCT. la (juatrième lellrt- douteuse. 

Animau.r dirirs : 

I.ion galopant à droite; queue pleine. 

Sujet analogue; queue forée. 

Cerf galopant à droite. 

Lion galopant à droite. 

Cheval galopant à droite. 

Lévrier galopant à droite. 

Chien courant à gauche. 

Monstre à grosses griffes, se ramassant pour i)ondir. 

Coq très grossier, à droite. 

Lièvre (?) très grossier, à gauche, 

Kragment de lampe sur laquelle était ligure un lion couché, en 
lort relief, épousant le contour de la lampe et tenant lieu de 
poignée. 

Ornements dmrs : 

Chrisme de la forme Constantin iennc. Au revers, pal mette. 
Rosace. 

Autre rosace, avec croix en relief au revers. 
Lampe plus grande que les précédentes, de la lornic dilr <lr 
tirnisition. sujet indistinct. Au revers, croix en relief. 

"Enfin les pièces les plus curieuses de la collection sont deux «les 
moules qui ont servi à fabriquer ces lampes : ils sont tous deux en 
j)léttre assez impur, de forme ovale, longs de o m. i5 à o m. 16, 
larges de o m. 1 '! , épais de o m. o'i environ, La guirlande (\o 
pourtour formée, d'une part, de stries, et de l'autre de rinceaux, 
est encore très aj)parente; par contre, le sujet central est malheu- 
reusement |)lus effacé et ne peut être déterminé avec certitude, 

fCes deux moules avaient été choisis par M, Deniau, au milieu 
d'une «piantité d'autres, «pTil m'a promis de recueillir à uolrr- in- 
trntion à '^a procliaiii»' visite à Ilenchii-es-Srira.'i 



CLXIX — 



M. Gaucki.kii aiirioiic)' ('[jjiIctiH'nl (|in' des (oiiillcs ron(inu(Mil à 
El-Djom et à ll('ncliir-(ihi}[;uni.i { l'ppruna). A Kl-Djoni, on ji (U'coyi- 
vert des mosaïques. L'une re[)iésenle, dans mi enradrerneol foirni' 
de rinceaux de vigne s'échappaiit de quatre cratères placés aux 
quatre coins, quatre sujets : le principal est un trionij)lie de 
Bacchus sur un char attelé de tij,'resses; les trois autres mon- 
trent des panthères et un Amour chevauchant un tigre. Une autre 
mosaïque se compose d'une trentaine de mf^daillons renfermant 
chacun une t^te différente. 

A Uppentm, on a rencontré de nombreuses tombes chrélienues 
avec inscriptions funéraires. Celles-ci sont renvoyées à i'examen de 
M. Monceaux. 

Enfin M, tiAUCKLER envoie un rapport sur les travaux exécutés 
par lui à Dougga en 190A : 

«Les travaux, dont j'ai constamment conservé la haute direction, 
ont ëte' conduits sur place, avec la compétence et le de'vouemenl 
que Tou connaît, et au prix de très grandes fatigues, par M. Sa- 
doux, inspecteur des Antiquités et Arts; il a été secondé dans sa 
tâche par M. Bertagnolio, contremaître du Service des Monuments 
historiques d'Algérie, dont M. A. Ballu avait bien voulu, avec sa 
bonne grâce et son obligeance habituelles, nous assurer la colla- 
boration. 

rrLe programme des travaux comportait trois parties : en pre- 
mier lieu, la consolidation du (îapitole suivant le plan qui avait 
reçu l'approbation de la Commission de lAfrique du Nord ; 

ff a° Le dégagement des abords immédiats du temple et de la 
place dallée qui s'étendait à l'Est; 

rr3° La mise en étal du temple de Caelestis. 

"La première partie de ce programme a été accomplie de telle 
façon qu'il n'y aura plus, je l'espère du moins, à y revenir. Les 
murs de la cella ont été relevés d'après les dispositions exactes 
qu'ils présentaient encore au siècle dernier, et que nous ont fait 
connaît!»' les dessins de plusieurs voyageurs anglais. La porte de la 
cella, solidement encadrée, ne court plus aucun risque. Le portique 
du temple, désormais agrafé à la masse inerte et compacte de la 
crllfi par de s(dides tenons de fer forgé qui enserrent l'entablemenl . 



ne pcul plus DscilliT soiis la j)Oussée des ouia{(an>; par suite, les 
colonnos ue lalijfuant |)lus à la base ne s'ellVitoiont plus à l'avenir. 
Kulin, nos sondajjes ayant cunlirinc rexaclitude des renseiffneinenis 
pessimistes consi{J[nj?s par M. Saladin dans son Smmd rapport sur 
une miasion (irrliéoloiriqur en Tunisli', en ce qui concerne le mauvais 
état du soubassement, au coin yauche de l'escalier qui précède le 
portique, sous la colonne d'angle, qui était la plus menacée, nous 
avons entrepris et mené à bonne fin , sans aucun tassement , la tâche 
(liilicile de reprendre en sous-onivre tout l'angle gauche du soubas- 
sement et de remplacer les blocs qu'avaient décomposés le feu et le 
fumier des bestiaux, par de solides masses de pierre calcaire par- 
faitement ajustées. 

■'Par contre, nous avons poussé activement le déblaiement de la 
place latérale dallée qui commence devant le sanctuaire, se pro- 
lontTC à sa droite en se dévelopjiant, et se termine à l'Est par un 
hémicycle à trois degrés, dont les fouilles de 1902, conduites par 
M. Merlin, nous avaient révélé l'existence. La place elle-même a 
été presque entièrement déblavée : an Sud, M. Sadnnx a retrouvé 
toute une série de compartiments, dallés et séparés par des cloi- 
sons de pierre qui la bordaient sur toute sa longueur; au fond, 
rhémicycle s'adosse à un imposant monument, placé de biais, et 
(|ui semble bien antérieur à l'installation du Forum sous Marc- 
\urèle. 11 n en reste plus guère <pi un soubassement h superbes bos- 
sages, et il sera dillicile de dégager le monument lui-même, dont 
l'emjjjacement est actuellement occupé par une maison arabe et la 
mosquée du village. H semble que c'est à cette construction (ju'il 
faille rapporter la dédicace du temple consacré à la Fortune Au- 
guste, à Vénus, à la Concorde, à Mercure Auguste, qui fut construit 
en lan 1 1 9 de notre ère, la troisième année du règne d'Hadrien, 
par Q. Martius Severus, patron du pa^fus et de la civitait de Tlm(r(ra. 
La première partie de ce texte important a été découverte en 1902 
et publiée par M. Merlin'); les deux fragments, se rajustant exac- 
tement, qui la terminent ont été trouvés par nous en juin et 
octobre 190/», et me permettent de reconstituer dans son ensemble, 
d'une manière tout à f.iil précise, celte belle inscription, l'une des 
plus anciennes (!l dos plus explicites fie Tépigraphie tliugjfensienne. 

'•' Hnpporl nnr Im fnulllrx do lf'iii[jiio fn '5;'>3. ftan-^ Arrhirps tïcx Mhxionx, \ 90'!, 
p. 'la Pt >«inv. . n" K. 



CI.XXI 



«L'hiver (|U(' imui.s venons de siiliir, le pluH l'iifonrciix ipii;, de 
iiKMiioiro (l'iKtiniiic, Ion ail cncor*^ <;on.slal('' «jn Tunisie, s'est diargé 
(le déiiiontiiT rnlilili' el. In l)onn(; r.veculion des travaux acconijjjis 
(;n 190^1. Le sauvela^jo du (^apilole d(; Tliugjja [xnil èlie aujoui- 
d'Iiui considéré comme assuré. 

(T2° Nous |)0UV0ns donc niainlcnanl nous ris(juci', sans coni- 
promellre la sécurité du inonuinent lui-nièmc, à en déjjaijer les 
ahords. En 1 90'!, le letnple a étiî débarrassé, sur trois de ses faces, 
de répaisse couche de décombres, allcijjnant paiTois /i mètres de 
hauteur, qui l'enveloppait et nias(|uail entièrement le soubasse- 
ment. A l'iist et au Nord, le (l;dla};e antique a e'té retrouvé à sa 
base. La porte cintrée de la citadelle by/antiue, qui s'ouvre encore 
intacte sur le côté Nord, immédiatement à gauche du Capitole, a 
été désobstruée, et permettra d établir à trasers le mur byzantin 
la voie Decauville (jui servira au déblaiement de la partie du Forum 
«ju'enserrent les murs de la forteresse. Pour le moment, nous 
avons dû renoncer à porter notre ellort de ce côté, car le terrain 
est encore occupé par une {jrande ferme indigène qu'il faut d'aboi d 
exproprier; aussi avons-nous laissé en place les terres accumulées 
à la base du Capitole sur la face Ouest, pour éviter de créer à cet 
endroit un cloaque sans écoulement possible, qui aurait affouillé le 
sol. Nous nous sommes contentés de dégager l'escalier qui descend 
à gauche du temple; ce travail a (ait découvrir, au Nord des degrés, 
un socle massif ({ui est adjacent au soubassement du portique, 
mais sans lui élre accolé, et dont la destination n'a pu être encore 
précisée. Ce ne peut être un piédestal de statue colossale, car il est 
évidé au centre. Ce ne peut élre une tribune, car il faudrait un 
escalier pour y monter. Ce monument mystérieux présente d étroites 
analogies avec celui du Forum de Gighti et devait servir au même 
usage. 

tr Enfin, au Nord de la place, nous avons découvert et dégagé dans 
son entier un nouveau sanctuaire, d'un type original et inédit. 
Précédé d'un portique de dix colonnes, qui borde exactement la 
place au-dessus des quatre degrés prolongeant ceux de l'hémicycle, 
le temple se compose d'une cella centrale, rectangulaire, que fer- 
mait une porte dont les gonds et rainures subsistent, et au fond de 
laquelle s'ouvrait une grande niche, abritant sans doute la statue 
lie la divinité; puis, à droite et à gauche de deux rcUac plus petites 



CLXXII 



ol (le plan tlifférent; cliaciint' d'elles l'onne une demi-rotonde cin- 
trée, s'ouvrant sur le |)orli<|ue ])ar une larjje baie, entre deux 
colonnes de superbe marbre roujje, veiné de quartz ëmeraude, el 
munies également, au fond, d'une niche de statue. Le sol était 
daUé de calcaire bleuâtre; les murs étaient plaque's de marbre; les 
voûtes, stuquées, étaient ornées de rinceaux en bas-reliel d'un joli 
travail. Dans la cclla de {jauche, a été retrouvé un petit piédestal 
avec une dédicace à Mercurius Sikius; sur le sol du portique gisaient 
plusieurs débris de la frise d'entablement, portant diverses parties 
de la (It'dicace. Celles-ci, se raccordant plus ou moins exactement, 
complètent les divers fragments trouvés en 1909 au même endroit 
par M. Merlin; elles m'ont ])ermis de reconstituer le texte dans son 
ensemble et d identifier le sanctuaire. C'est un temple à Mercure, 
construit sous Marc-Aurèle, par Q. Pacuvius Saturus et sa femme 
Naliania Victoria :1e premier, augure de la colonie de Cartilage, el 
llaniine j)erpétuel; la seconde, flaminique, comme exécuteurs test<i- 
mentaires de leur (ils, M. Pacuvius Félix Victorianus, et aussi en 
1 bonneur de leur propre (laminât perpétuel. 

"Le temple de Meicurius Silvius fait partie intégrante des monu- 
ments du Forum : toutes les particularités de sa construction prou- 
vent qu'il a été bâti à la même époque que le Capitole et pour 
concourir au même ensemble. A-t-il été établi sur l'emplacement 
d'un sanctuaire plus ancien, remontant à l'époque où Tlnigfra était 
la capitale d'une dynastie indigène, au second siècle avant notre 
«Te? La découverte en cet endroit d'une dédicace bilingue, libycjue 
et punique, relative à un temple di' Masinissa divinisé, et d'une 
inscription libyque encore inexpliquée, permettrait de le supposer. 
Aussi ai-je résolu de procéder pour le Forum de Doujjga comme 
les Italiens le font actuellement pour celui de Rome, et de soulever 
le dallage de la place établie sous Marc-Aurèle, pour relever le plan 
des substructions antérieures, qui ne peuvent manquer de présenter 
un grand intérêt et nous réservent peut-être de curieuses décou- 
vertes. Ce sera la lâche des fouilles de 1900, qui doivent en outre 
achever le dégagement de la place en hémicycle du côté Sud el 
i-echercher le ou les monuments publics (jui la bcudaient et fai- 
saient face au temple de Mercure. 

-3" Enfin nous avons abordé en 190'j une nouvelle lâche, qui 
est déj.T («n lumnf voie (raclii'venien!. C'est la mise en e'tal du 



I('iii|il<'( (]('. CdAcsl'm , dont les iiiii()iiil)r;j|)los inorct'Jiux (raicliilccliire 
;ps<-iii>nl à jucd (l\iMivre (l.iiis un luiii<Milabi<' chaos. La pniicipaic 
Hifliciiltc', avant de rclovcr les colonnes, riait de dt'lerminer la 
place (îxactc (jirclles devaient occuper, soit daii'^ l(; ti-mple lui- 
même, soit dans le porli(jue ciiculairc <|ui rcntoure, di'veloppanl 
son vaste fer à cheval autour d'un témcnos à ciel ouvert. Après d»* 
minutieuses et patientes recherches, M. Sadoux est arrivi^ à [)r('- 
cis.'r d'une façon certaine toutes hvs dispositions architecturales du 
sanctuaire. Le temple central dtait pi'riptère hexastyle;le portique, 
diptère, comportait trois ran{féos de colonnes, la première de six, 
les deux autres de quatre. Toutes les colonnes du temple, une 
jliiinde partie des colonnes du porti(|ue de pourtour ont pu «Hre 
remises en place sur leurs hases, et le pilier de la porte d'entrée 
<h' [jauche a èto entièrement reconstitue avec des éléments antiques; 
même la statue qui l'ornait a pu être replacée dans sa niche. 

frLe résultat le plus important des recherches de M. Sadoux a 
été la découverte, à l'Kst du temple de Caelestis, en avant de la 
porte d'enlre'e faisant face à la ville, et attenante à elle, d'une 
longue construction rectangulaire que hordent des hassins à ciel 
ouvert, rangés à droite et à gauche de la voie dallée qui conduisait 
au sanctuaire, (les hassins étaient alimentés par une canalisation 
p.irtant des grands réservoirs puhlics placés un peu plus haut et en 
arrière. Il semble bien qu'ils faisaient partie de ce nympliée, dont 
MM. Carton et Merlin ont découvert une partie de la dédicace, 
brisée en morceaux nombreux et dispersés de tous côtés. Il faudrait 
entreprendre un déblaiement méthodique de tout le monument 
pour s'en assurer. J'avoue que j'hésite encore à m'y résoudre, car il 
serait indispensable pour cela d'arracher bon nombre de ces oli- 
viers séculaires dont les troncs tourmentés et les frondaisons touf- 
fues donnent tant de charme et de poétique couleur aux ruines du 
temps de Caelestis qu'ils encadrent. 

rTels sont les principaux résultats de notre activité à Dougga en 
190 4, au point de vue monumental. Les découvertes épigraphicjues 
(jue les fouilles ont amenées sont nombreuses et importantes, ainsi 
(|u'on en pourra juger par le mémoire détaillé que je joins à ce 
rapport, fl 

Ce me'moire sera imprimé au BuUetin^^K 

'*' Voir plus loin. p. •J^!o, le Ip\(o in crlenno de ce mémoire. 



CLXXIV 



M. HKnni> i>B ViLLKKOSsK coniimiiiique , de lit pari du V. Dt'Iatliv, 
les copies de deux inscriptions Irouvées reconmieiil à 1 urnphilliéàlre 
de Carlliajje : 

- 1. Sur une des o\lr(5milé8 diiii marhre rectanijtdaire haut de 
o m. 076, lartje de o m. 16 et loii{[ de o m. a5, ins(Tij>li()n 
||ravéc eu petits caractères très ré{jiiliers, dans un cartouche haut 
de o m. 06 el larjje de o m. t 5 5. 



1 


A E M ! L 1 V s 


• r R I M I 


GENIANVS • 


E T • P M 


PEiVSSISINNVS. 


Q_y 1 N T A S I 


• V • S • 


1 



tr Hauteur des lettres : elles attei|,Mienl à peine 1 centimètre à ta 
première ligne et sont plus petites encore aux autres lignes. 

wLa face supérieure du marbre, à moins de o m. on de l'arête 
antérieure, a été creusée sur une longueur de o m. i3 et une lar- 
geur de o m. 07. Cette excavation ei^t rectangulaire et piofonde 
de o m. 007. Elle est en partie remplie du plomb qui avait servi 
sans doute à y fixer une pièce qui s'élevait au-dessus du marbre, 
peut-être une statuette. 

'r'I. Sur un iragment de pla(|ue de marbre Itlanc à veines 
bleuâtres, à tranche inlérieure bien dressée, épaisse de o m. 0/1, 
à revers brut, on lit le commencement des trois dernières lignes 
dune autre inscription votive : 



voTO • Pnsumn 

ff Lettres bien gra>ées, hautes de o ui. o'Sb.-^ 

M. Monceaux lait nu rapport sur une coinmunicatKMi de M. le 
lieutenant (lodin : ff Cet ollicier a envoyé une note intéressante sur 
la nécropole dlladjcb-el-Aioun , dont il a fouillé plusieurs parties 
dans Tété de ujo'i. Il y a étudié avec soin les divers genres de se- 



— f:r-xxv — 

piilliircs : toiiil)os à iiiciru'iulioii , restes (h; mausolées, tombes 
j)aïeiineH à iiihuiuuliou , lomhes clin;tieiines. 11 y a découvert une 
épilaplie, une mousa funéraire, avec des imajjes de plais ou d'usten- 
siles (injures en cr(!ux, une léle sciilptdc en relief, j)rovenant d'un 
e()uv(M('le dv. sarcopliajje, (juel(|ues monnaies, et un assez riche 
mobilier funéraire, surtout des lampes et des vases de types tiès 
variés. Au mémoire sont jointes deu\ planciies très soignées, on 
sont réunis des plans de tombes et divers dessins, (les deux 
))lancbes, comme la note de M. (iodin, nous paraissent mériter 
d'èlre reproduites dans le Bulletin '^\ v 

M. TouTAiN lil la note suivante : 

tfLa Commission m'a renvoyé' deux travaux : 

xi" Le rapport de M. le lieutenant Péricaud sur les fouilles 
faites par lui dans une ferme fortifiée du Sud Tunisien (massif des 
Malniala); 

«2° Le commentaire écrit par M. Gauckler sur les découverte.-, 
(le M. le lieutenant Péricaud. 

ffBien qu'il y ait dans les deux éludes des renseignements com- 
muns, je propose i impiession des deux notes en un seul et mémc^ 
ailicie. 

ffLn plan tout à fait précis et clair a été dressé par M. le lieu- 
tenant Péricaud. Jeu propose également la publication -'.n — 
Adopté. 

La séance est levée à 5 heures. 

Le Secrelairv de la Cvmmitsioii , 

R. Cagsat, 

Membre du Comilé. 



"' Voii- plus loin, j). 370, le texte in ealeiuiu de celle cominuiiicalioii. 
^*^ Voir plus loin, p. aiig, le texte in extemo de celte communicalion. 



CLXWl 



:\0 MAI IDO.). 



SÉV>CE DE \A COMMISSIO DE I/VFUIQUE DU NORD. 



IMti;SlDE>CK DK iM. llKItd.N D K \ 1 1, 1, K K (t SS K. 

Lîi >t''aiic<' esl ouverte à d heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance esl lu el adopte. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

Les ouvrages suivants sont olVerts parles auteurs au Ciouiiti': 

Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie (^iomc II, 
fascicule m), par M. P. (iaucUer, membre non résidant du Comité; 

Mégalithe de Iiou<>ir. par M. A. I)e])rngc, correspond.iii! du Mi- 
nistère, à Boujfie; 

Ij homme préhisloi /(jui' sur les hditlx pliilrau.t de l Atlas (^ \nmalr), 
|i;ir le même: 

Ahri sous roche, à liouffie, par le même: 

Compte rendu sur lesj'ouilles de dirers abris sous roche des (i}i<uiidcs 
{lioujr'iv^^ par le même; 

Iji parure dans l'e.rtrème sud. sur 1rs hauts plateau. r de I' \das ri sur 
le liltoiid (il/nTien. à l'époque préhistorique . |)ar le même: 

Iji nécropole des llahs, prêtres et prêtresses de Carlhagr- par le 
IL V. Dilaitre. membre non re'sidant du Comité. 

Ces brochure.^ seront déposées à la iJibliolbèque nati(»n,de et 
des reinercienwnls seront adressés aux auteurs. 

M. Herirand, coiiservaleui- du Musée de l'liilippe\ iile, annonce 
les découvertes suivantes : 

Kl" On \(til dans la pnipriéli- de MM. Anj;nsU' <t Lmien Lai- 



CI-XXVII 

loiul, siliiéoii LaiinoN, iiii()ii(lis->('iii<'iil dr l'Iiilippcville . à 'lo kilo- 
inctrrs (le (•('(te ville, los iiiuis rases |ircs du sol (riifi jfiaiid «mIi- 
lice (le iépoiiue loinaiue. (les riiinos oui seivi.à une date plus 
rapprocliée, mais cepeiidani sons la tioniiiialioii lojnaine, à ddifier 
dans renroinle do la première conslnictioii une autre moins spa- 
cieuse et qui a dA servir au nièin«î usag(!, c'est-à-dire |)r()|jal)le- 
ment comme établissement de bains, car l'eau y était abondante. 
f'A l'issue d'une sorte de bassin se trouve une pla(|ue de marbre, 
très ddtëriorée et percée d'un trou pour écoulement d'eau; elle 
[lorte l'inscription suivante : 

D M S 

P A V .^J V S (?) 

lANVARlVS 
VAXXIII MV 
B M P F 

rX deux ou trois mètres de ces ruines, en pleine vigne, se 
trouve un tombeau dans lequel ont été recueillis un bracelet et une 
boucle d'oreille en bronze, que MAI. Laffoud ont bien voulu. nous 
donner pour le Musée. 

ff 'j° En creusant des trous pour plantations d'arbres dans la 
proprie'té de M. Lesueur, qui recouvre l'ancienne nécropole cliré- 
tienne de Hiisicade. on a mis au jour un cercueil de plomb, conte- 
nant quelques ossements : longueui-; 2 m. 10; bauteur; o m. 70. 

fLes feuilles de plomb sont assez épaisses et rabattues au mar- 
teau; le dessus, en forme de toit, est intact ainsi que les coins, 
aussi en plomb, dont plusieurs ont conservé les clous à tête plate 
(|ui fixaient le cercueil de plomb à un autre sans doute en bois. 

rTout près, on a recueilli et j'ai fait entrer au Musée, en même 
temps que ce cercueil : un petit vase à bec, une grande assiette et 
un objet ayant la forme d'une gourde, le tout de terre cuite. 

"3" J'ai aussi recueilli dans le jardin de M'"" de Duma>. (juar- 
tierOuesl de la \\\\r . 1 inscription suivante : 

CRESCENS 

VIXIT AN XX 

XVIIl 

Allt,IO:0I.U(.lh. — N' 3- L 



CLWVIIl 

M. Hortraiid envoie, en oulro, iino uutc 8ur uu tronçon de voiti 
romaine clt'CouviM'te .lUx environs de PhilippoviUo. — (Iclte nofo 
sera inséri'c au Bitllolin archéoloffiffitr^^^ 

M. (rAicki.Eii il donné :\ la (ioinmisHion de bonnes nonvidleH 
des fouilles de Doujjjfa. coninicncées depuis le i*"^ mai Hons lu di- 
rection de M. Louis Poinssot. Klles oui |)oiii' l»ut de déjfugcr le 
milieu de la place dallée en héiuicvcl(' de\anl le lemple de Mncu- 
rius Silinim t'tde rechercher ensuite, de l'autre cùle de lu place, Tédi- 
fice qui devait faire lace au temple déblayé l'an dernier. 

La première partie de ce pmgramme est dès maint<Miant exé- 
cutée. Le dalla{je de la place a été retrouvé infart. Il présente, au 
centre, une grande circonférence très soijfneusemeni pavée de 
plus de sept mètres de diamètre. Cette circonférence est divisée 
en sections égales par de nond)reu\ diamètres et sur le pourtour 
sont symétriquement dispos('s les douze noms des douze vents : 
tt Scptenùio , Aquilo, Euroaquilo , ....*•, Emus, Leucoiintus. Aitstcr, 
LlbimoUis, Africiis, Fa\v]orn\us], Ar/fcstcs, Circins. Ii-ès nets et bien 
conservés. Dougga avait donc, à répocjue roniainc, sinon sa (our 
du v^nt comme Athènes, du moins sa rose des vents oflicielle. 
La découverte de M. Poinssot est curieuse et vaut la peine d'être 
citée sans retard. 

Il a été trouvé en outre divers textes intéressants, notannuent : 

1° Un ex-voto à Mercure provenant du teiuple déjà connu; 

*j" Une .seconde dédicace surmontant Tune des portes latérales, 
et identique à la piemière : 

QjPACVVIVS SATVRVS FI perp. nujrur c. i. I,: 
ET NAHANIA VI CTORI AOy,,,, //. perp. p. f. 

3" Une dédicace gravée sur un énorme bloc «'pais de j mi'ire, 
large de 2 m. ^^5 : 

C Juli Marlialis Calupdlur , Jl. prrp. , uopotrs cl hrrrdc'i n nia 
oprra coiisiiinuKivn-unl il ilnlirmcnnit. 

U" l'iidin un texte en vers, dillicile à lire, un M. Poiii.ssdl na 

'•' Voir plll^ loin, p. .UiG, lo loilo in irrlcnsn cjp clin noir*. 



CIAXIX 



(l«?c.liiirr»! (Muoic (l'iiin- iii;iiii<;r<' ceilainc (]ii<' If iiiimiiIh»' de |»lir!iS(î 
suivant : 

arti'in picloris mnabilin 

Puis l'ucofc (THulifs IVujjiiienls, iiotaiiiiiicul un iKMivcaii ruoicc;iii 
fie I iuscriuliuii ù (jallicu i-l Siiioninu (Joui il iivuil (l(''jà recueilli 
(les morceaux inédits qui oui |)eniiis à M. Merlin de Icnlci' I;j icsli- 
lulion (le r<'nsenible. 

Sonmie toute, cette [ireuiièrc partie de la (.anipaipe d'été dé- 
bute bien, et les tiouvaillew faites jus(|u'ici justifient am|»iemenl les 
dépenses euga^rées. 

M. Gai CKLKR a envoxi;, en oiilrc, une ncde In-s inléiessant*' sur 
un sanctuaire récemment découvert à Bone : 

«Je dois devoir attirer Tattenlion de la Commission de lAlriquc 
du Nord sur une découverte récemment faite à Bône, et dont je 
ne me permets de Tenlretenir que parce que celle-ci, demeure'e 
presque inaperçue, me parait présenter beaucoup plus d'impor- 
tance qu'on ne lui en a accordé jusqu'ici. 

«La colline isolée qui paraît avoir joué le rôle d'acropole de 
l'antique Hipj)one présente sur son versant Nord-Ouest des pentes 
abrupt, s (|iii dévalent brusquement vers l'Oued Boudjima, lequel 
baigne le pied du mamelon. Dans les premiers mois de cette année, 
un jardinier italien entrcqirit le défricliement de ces terres incultes 
et garnies de broussailles ([u'il défonça pour planter de la vigne. 
Au cours (le ce travail, il découvrit une quantité de pierres sculp- 
tées dont il fit de la caillasse, et des millieis de poteries intactes 
ou brisées qu'il réduisit en tessons. 

«M. le chanoine Leroy, chapelain de la basilique voisine, pré- 
venu tardivement de ces actes de vandalisme, put cependant inter- 
venir encore à temps pour assurer la conservation d'un certain 
nombre de stèles, de vases, de menus objets divers, qu'il recueillit 
et déposa au secrétariat de la basilique, où il a eu l'extrême obli- 
geance de me les laiss(!r étudier. 

wLa piésenre de nombreux tombeaux, d'ossements humains et 
d'une inscription funéraire dans le terrain défriché au bas des 
pentes avait fait croire à M. le chanoine Lerov que tous ces 
objets anli(|ues appartenaient à une seule el même nécropole de 



\.\x\ 



répotjue romaine. C'est coiiiiut' Icls (pi il m sii|ii.ila la drcoincrk' 
Habord dans YHrho d^Ilippont', puis, il y a (|ii('l<jii('s jouis à jumiic, 
dans une .\otice sur Hippouc, p. 57 et suivantes, (juil \ient de faire 
paraître à lîône C. 

ffEn réalité, si bon nombre de poteries vuljjaires. de monnaies 
et de menus objets proviennent réellement du mobilier funéraire 
de quelques tombes romaines de réj)oque païenne, quatorze stèles, 
sur quinze recueillies en tout, et toute une sdrie de vases de forme 
(■ararléristi(|ue. remplis d'ossements d'animaux incinérés, ont un 
caractère punique et iu)n romain, volilet non funéraire. 

ff Les stèles, en pierre calcaire du pays sommairement dé{jrossi«', 
sont toutes anépijriaplies, mais ornées de dessins et de fij^ures 
symboliques, le plus souvent en relief, rarement en creux, qui 
ne laissent aucun doute sur leur destination. H y en a jusqu'ici 
quatorze : trois sont seules de leur espèce : 1" une dalle avec 
une couronne entourée de quatre palmes; 9° une stèle trian- 
gulaire avec le symbole dit de Tanit. flan(}ué du caducée; 3° une 
dalle gravée en creux d'un bélier coucbé entre deux palmes, au- 
dessous de trois rosaces disposées en triangle, 

rrLes onze autres stèles forment une si'rie très typique. Dix 
n'olîrent de figures que sur une de leurs faces; une seule est 
sculpte'e sur les deux faces. Toutes présentent l'image d'un dédi- 
cant,le plus souvent un bomme(io), rarement une femme (2), 
généralement vêtu (8) d'une tunique, parfois au contraire entiJre- 
ment nu avec le sexe très accusé (6), Ce personnage, debout au 
centre du tableau, tient toujours d'une main, .sauf une fois, une 
grappe de raisin (11), puis de l'autre main des attributs divers : 
le gâteau en croissant à extrémités croisées (5), la palme (1), la cou- 
lonne {9.), le vase, A ses pieds est souvent un bélier (?) coucbé. ou à 
flemi tourné vers lui . ou sautant après lui pour grappiller l(>s raisins 
qu'il tient dans un pan de sa lunirjue. Le plus souvent, le travail 
t'st très bai'bare. La stèle la mieux sculj)l('e, (|ui dénote un art assez 
avancé «-t contemporain de répo(jue romaine (premier ou second 
siècle de notre ère), représente, dans une niche arrondie, un dëdi- 
cant d(;bout et l)ien drapé, portant dans un pan de son vêtement, 
«pi'il relève et serre contre son venfie. un amas de grappes de 
raisin, A ses pieds est figuré à droite, un gâteau en X «^PP^yé 

' Im[»nnifTi'' TtionKis, 1 \(il. in-ii. 



CI-XXXI 



conlr'c un VA'\t; à {[aiiclic un l)<''lier(?) <*.st (-(juclii' ;itij)rr^ diiM 
autre (Cj». 

ffKu iiKMiu; l('in|)S que cos stMes, cx-volo (jui (icNaiciil (Mrc fir|i(?s 
verlicalenienl (Ml Icrrc dans la tcmcnos à ciel oiivcri (|iii fiiloiir.iit 
le saiicliiaii'c piinico-roinain orciipanl le soiiiiiiet de la colline 
d'IIi|)|»niie, ont ('lé it'ciieillis iiii {[raiid nomhrt! de vases pn-senlant 
une loi nie caractéristique, (|ui n'a rien de romain, et (jui rappelle 
au contraire les poteries j)r()l()-pnni(pH\s des ni'('iop(des primitives 
de (iarliia^je. sans [)Ourtant se confondre avec aucune d'elles. Ce 
sont des pots sans anse en terre roujje bien cuite, de forme ovoïde 
et trapue sans col. L'orilice, assez large, est cern(; d'un bourrelet 
plat et horizontal, qui recevait un couvercle fait d'un disque b;gè- 
renient bombt', la concavité tourn(''C vers i'extéiieur. 

tr Beaucoup de ces vases ont ét(î trouvés remplis d'ossements 
incinérés, provenant de menues victimes, j)rincipalement d'oi- 
seaux. 

(tEn résumé, de la présence sur un même point de tous ces ex- 
voto se rattachant à une même série Ivhs caractéristique, l'on peut 
conclure, à ce qu il me paraît, à l'existence au sommet de la col- 
line d'Hippone d'un sanctuaire punico-romain; la fondation de 
ce temple remonte sans doute bien avant l'occupation romaine, 
au temps où sur les lieux hauts et bien dégagés qui dominaient les 
riches plaines à blé de l'Afrique et de la Numidie se dressaient des 
autels à ciel ouvert oii les prêtres de Baal Haman égorgeaient les 
victimes fournies par la piété des lidèles. Mais il semble être resté 
trJ's longtemps frécjuenté et avoir servi à la célébration du culte de 
la divinité africaine, sans doute romanisée sous le nom de Saturne, 
mais gardant ses rites et son individualité propres, jusqu'au milieu 
du m" siècle de notre ère. 

ffLes documents recueillis jusqu'ici ne nous renseignent pas da- 
vantage. Mais pcnt-tMre pourrait-on en augmenter le nombre et 
l'aire quelques trouvailles plus explicites, en reprenant les fouilles 
faites à fleur de terre et sans aucune préoccupation archéologique 
par le propriétaire actuel du terrain, et en recherchant méthodi- 
quement toutes les traces de constructions qui pourraient déceler 
l'existence du temple ou de lautel autour duquel devaient être 
groupés les ex-voto.*' 

M. <i\i (,Ki-KH a comninuiqnt' <n (inlre les photographies et estani- 



— r.LXXXii — 

pages (le Irois slM«'s |)uiii(|ii(>s Iroincivs Ix (]arllia}>e. — Renvoi à 
M. nor|r(T. 

M. le coininnndaiil Hannkzo n (Miv«y<' <l<'s notes snr leg environs 
(le Zajflioujin avec |)li(>lo|fra|)lii(',s cl dessins. — Kenvoi à M. Mon- 
ceanx. 



M. L. Jacquot, ju{]0 à Thunon, a l'ail parvenir une noie avec 
plan relative à une {frolle-ivfuge de Dar-ei-tiaioa (déparlemeat de 
(louslauline). — Uenvui à M. Saloiuou Reinncli. 

M. \ii)oLi.KNr, piolesseui' à 11 nivorsilé de (Ilernionl-Ferrand , 
a arlievt- la lecliire de deux Idhclldr <l(j!.rioui.s liouvées à Soussc II 
V a df'chillVé : 

J. Tnhilh (irfixionis, li'onviV dans les louilies de la ne'cropole . ri 
conservée au Musée du Bardo. 

Hauleur. o ni. i55; largeur, o m. (>(). 

In per.s(»nna;;e nu. re|)résentanl sans doute Archélaos, est j^ra- 
\é au trait sur la ])la(jne de plomb, rlont il occupe toute la hau- 
teur; la [Me a disparu : peut-être même n'a-t-elle jamais existé. 
L insciiplion rou\re le corps, depuis la poitrine jus(|u'aux pieds. 

[.a plaque est percée de quelques trous qtil semblent purement 
accidentels. 

Les points sous les lettres indiquent une lecture douteuse; les 
points j\ cf>lé des lettres existent tous sur rori|;inal. 



X,oc' ispctrlvov 

O Zt Oc Y 

yjxpi'jûV XaydOa' 

KSV^pOLvO' 
(^tûlVKl^pOf 
CoLTTTIK'Xl^y.X' 
ÇlfÀOL' xp);T»;i'" 



i O Oa.(xQoCk^avcani 
cpcofÀ 

I .') TTO i tfrare A px^'^ ' ' ' 
ov Tov rjvloyov 
neiTileiv èv tÇ> 
Kipaoj- Se' ^A>;c 



'' F^o jrroiipf (jo Idlros Ap/e^t <-\t iccmnii' iiii iiiilrc (■cril '•.uis (liiiil<' iralioid 
|iar errfliir; on fliiilin/jm' : i^f^-au. 



Ttjc tifiépac 
•jo 7TeÎ7r1eT(xi^^> cùv Tov- 

TOIC TOÏC 'ÎTriTOlC èv 

oJc éAavvet 
Ayipeicvpe • 



r:i,\K\iii — 

[TJe* Véviov 

TayV • TCL- 



II. Tdhclla dvjixioniii (N'coiivcrte et con.servc'P avor la prt'r/'rlciilc 
Hauteur, o m. o'.\-).\ ionjfucur, o m. 008. 

'*' . . . acnnn^ntrasamacna 
f'' [Bfisijlius Amor Prelioms 

Profugus Pclops Clama Sulutnrts 



f W 



M. Gaiickler, présent à la Commission, annonce la découverte 
à Tunis d'ex-volo à Saturne et de stèles fune'rairos païennes 
ou chrétiennes, au Djebel -Djelloud, près du marabout de Sidi- 
bel-Hassen. II se réserve de revenir ultérieurement sur cette 
(juestion. 

M. Héron de Villefosse communique, de la part du R. P. De- 
lattre, plusieurs inscriptions latines relevées en Tunisie : 

ffl. Près de Sidi-Zehili. — Inscription trouvée par ie capitaine 
Petitjean et communiquée par lui à un de mes confrères de Saint- 
Joseph de Thibar, sur le bord de la Medjerda, dans les ruines 
d'une ancienne ville, situées, selon les renseijjnements qui m'ont 



''i l'iiilôt ai quo ûj. 

(' Maïujiiont trois ou ijualn- ii'ttivs au plus. 

''' Je compièto d'après mps Defi.rionntti tahellne, 379, 10: 978, It : ayi, 3-4. 
Dans cos trois inscriptions, provenant de Sousse comme celle-ci, se retrouvent les 
six noms de chevaux complets qu'elle contient; il est donc naturel d'y rechercher 
le septième; il n'y en a qu'un dans toute la série qui se termine i-n lins, relui 
que je propose. 



GLXXXIV 



et»' donnt''>, à pros d'un kiloiii(''lr(' de la slalion de Sidi-Z('hili. 
Je (ranscris ici cette iiibcripliou daprès ia copie qui m'a été re- 
mise : 



«HnWMNMHMHMMi 

SAC 
PAGVS ET CIVl 
TAS AVENSE 
SIS- S P F 

T Comme on le voit, le début de rinscrijjtion nian(|ue. H devait 
leulenner le nom d'une divinité. Ce texte nous fournit le nom ancien 
d'une localité de la vallée de la Medjerda. 

ffll. — Avec cette inscription, deux épitaphes m'ont été commu- 
niquées. Voici la principale : 

D • M-S • 
C • M A G O 
N I V S H O 
NOR ATV S 
AELINN VS 
P-V-A LXXI 
M-X- H S E 

ffF^a lecture de la 5" ligne me parait douteuse. 

-[/autre é|)itaphe est incomj)lète : 



m 

V I X I T A 
NNIS XXXIIl 
MEN'i DI?^ 



"l-i's (liiiicnsKins (!("- picri't's ne niOnI p.ii l'Ii' dduiii'i' 



Cl, XXXV 

tIN. Thibar. — Kpitaplics Irouvdos à Tliibar : 

D ■ M • S 
C N • C O K N E 
L 1 V S- C N • F 
A R N S t D A 
TVS- r'IVS • VIX 
AN • LXX XX VI 

H • S • E 

k\. — Sur une aiilre pierre dont le sommet est hrisé 




M. Héron de Villefosse informe aussi la Commission que, dans 
les premiers jours de ce mois, en traversant Lambèse avec M. Al- 
bert Ballu, il a pu examiner à la hâte dans un terrain appartenant 
à M. François Bac trois mosaïques nouvellement découvertes. Ces 
mosaïques, d'une exécution flne et délicate, sont d'un dessin par- 
ticulièrement soigné. 

Dans la première pièce, trois panneaux rectangulaires attirent 
les regards. Le premier repre'senle une femme drapée, assise, 
tenant un roseau de la main droite et s'appuyant sur une 
urne du coté gauche; elle est placée entre un édifice blanchâtre 
en forme de tour carrée et un arbre au feuillage vert. Le se- 
cond panujviu t'st rempli par un groupe : une femme nue, sim- 
plement j)are'e dune ceinture, et un Satyre portant un thyrse sur 
l'épaule. Le troisième est occupé par une ligure d'homme, barbu, 
aux formes vigoureuses (Hercule?), à demi drapé et appuvé sur \o 
coude gaiiclif. 



OLXXXVl 

La si'condc pièce est oiiicc duQ pavajjr à dessins géomt'lriqiies. 
\ii milieu se lioino un comitailiinonl ovale autour duquel étaient 
disposés, en forme de croix, (juatre compartiiiuMifs cai-rés, occupés 
par les bustes des Quatre Saisons. Il ne reste [)lus (|u'un buste, celui 
de r/i/c ou du Printemps, sous les liails d'une femme encore jeune 
(pii lient un rameau Henri. Les autres lijjures ont été enlevées avec 
soin à une époque ancienne et dillicileà préciser; les bordures sont 
demeurées intactes. 

La mosaïque qui décore la troisième pièce est place'e au-dessus 
duu livpocausle. Par suite des inlillrations d'eau venant du sol 
supérieur, plusieurs piliers de Thypocauste ont été renversés, de 
sorte que le pavajje, inégalement soutenu, n'a pas pu résister par- 
tout i\ la poussée des terres et des débris qui le recouvraient. Heu- 
reusement, s'il a faibli en certains endroits, il ne s'est paseflondré, 
mais oiïre aujourd'hui un aspect vraiment lamentable. La surlace 
ressemble à celle d une mor agitée. Une plante à larges feuilles 
sépare la mosaïque en deux parties. A gauche est représenté Silène 
couché, la jambe {(auclie repliée sous la jambe droite, tenant l'en- 
fant Bacchus debout sur ses genoux et lui tendant la main. A droite 
une Néréide, nue, est assise sur un hippocampe; un Amour debout 
sur la queue du monstre tient un des coins de Técharpc qui, sou- 
le\ée par la brise, passe au-dessus de la tête de la jeune femme; 
un tigre maiin s'avance en face de l'hippocampe. Sous la patte du 
tigre, on lit la signature de l'artiste, en cubes blancs sur fond 
verdâtre : 

ACnACIOY KM 

Il seiait très important (ju(; U'. service des MonuuxMits historiques 
|)i'it faire ex('cuter une reproduction de ces belles iuohaït|ue8, qui 
sont d'une finesBe surprenante et d'une remarquable exécution, 
l'allés font le plus grand honneur à l'artiste Aspasios, dont la natio- 
nalité; su cache pi'obablemenl dans les deux letti'es qui accom|)agnent 
xon nom. 

(1 est dans la maison ornée de ces mosaïques (|u'a été découverte 
la belle statue en bronze d'un enfant tenant un aiglon, dont il a été 
(jnestion dans une séance piécédenle. Un \ a trouvé éjfalemeni 
plusieurs statuettes et les df'bris d un grand brasero en bronze, 
dont la décorati(»n très éb'ganfe est malheur«Misement fort abîmée 
par le feu. 



C.LXXWll 



M. MoNCKAtx ontnîlient la (iomniiHsioii (!«?« inscriptions rhiô- 
ti(MHi('s (|iii ont ('If' (^<•(•()ll\('I•l('^ (l;ins ri'jilid.i (Icpiiis r.iiitoiiiiH' dey- 
nier : 

ff Ces inscriptions, pr('S(|ii(' tontes snr inosaKjne, ont éU'; (rouvres 
soil dans la l)asiliqui; <ril('n(liir-(iliijjarnia (^Uppetina), déblay(''(' 
;iii\ liais de la Direction des Anliquilos par M. Robin, condnctonr 
des |)onts et cliaussf'cs; soit dans la basilique voisine d'IIenchir-Sidi- 
Habicli , enlic Kniidavillc et llcncbii-dliijjaniia, pai' M. (iocylaux. 
directeur do la Compagnie franco-africaine. Tous ces documents ont 
éh' adressés à la Coniniission par M. (Jauckler, qui les a lui-innue 
copiés ou revus, et ([ui a diri<|é' les fouilles (["IJppcnna. M. (iauckler 
a montré récemment, en commentant le mémoire de M. Robin 
qu'il a communiqué au Congrès d\\lger, le grand intérêt (pie 
présentent les deux basiliques et leur décoration en mosaujue. 
Les inscriptions constituent également un ensemble fort im[)ortant 
pour l'épigrapbic chrétienne d'Afrique. Celles dont nous avons eu 
ius(|u'ici connaissance sont au nombre de soixante-deux, y com- 
[)ris les ciiK] ou six (|ui ont été antérieurement publiées. On y 
relève deux ex-voto à Saturne, qui proviennent d'un édifice plus 
ancien; une belle liste des martyrs, absolument intacte, et pans 
doute les débris dune autre; fépitapbe d'un primat de Maurélanie; 
deux ('pitaplies d'évêques, trois de prêtres; les épitaphes d'un lecteur, 
d'un ermite, d'une religieuse, de deux catéchumènes enfants, etc. 
Les formules sont assez variées. Quelques-unes sont entièrement 
nouvelles en Afrique, comme les titres de Vepiscopus prime sedis 
Mawitamac, du famidiis Dei ère mi la , des audientes, comme les for- 
mules in pace Christi vi.vit annis A , ou vi.vit annis N in Christo, ou 
comme l'exclamation (//j/r qui digui sunl sic accipiant. D'autres repro- 
duisent le formulaire des tombes trouvées dans les cités voisines, 
ou encore le formulaire des nécropoh^s de Carthage ou d'Ammaedara, 
Ces découvertes de l'Enfida, qui l'ont tant d'honneur à M. Gauckler 
et à ses collaborateurs, complètent en bien des points nos données 
sur l'épigraphie chrétienne d'Afri(|ue." 

Les principales de celles qui sont encore inédiles sont men- 
tionnées dans les pages suivantes. 



GLXXXVIll 

1° Dans la basilique des m(\riyvs d'IJppemia : 




'/VINT 


« i \ l C 


' R Y I X 


A N N 


* X X 1 I E 


' M en;e 


»Y die; xci 


lYUA Sk 


NTi;;iM 


APYEUA 


IN PA 


CE 


BONIfATIA AYDI 


en; in ?t VI 


XIT ANNY 


YNY ET MilII 


; AYDIEN 


« YIX AN 


is 'OYO 


»nX I N :^ 




aprin; (•">) 

IN PACE 
YIXIT AN 

Hi; XVI 




A p iTî Ec I y; 

^ARZIO 
IN PACE YIXIT 

ANNi; l^ 
IC QYI DK 

NI ;ynt ;ic 

A C C I p I A N T 




CUONIA 
r, R A T A I N P 
BIXIT ANNi;-l.X 

men;e; o-xx- 



*>" Dans la basilique do Sidi-Habicli 



t 

îay;tiny 
; pre;bt 

m PACE Y! 
XIT ANH k 
El REQIE 
B I T • Td X 

f eb; 



© 



îtuci;;i 
my; pr;b 

IN PACE 

po;irY; 

Y-K"IVH 



CLXXXIX 



® 



Y I T Â 1, I î 
î A M Y k Y ; 
hEI EK EMITA 

Y I X I T IN 
P A C E Â N 
1, X X Y ^ E P 
n T Y f E M 
iK Vil II) MAH 

Dans les murs de celle; iiirriie l)asili(|iM' de Sidi-llahicli ont (-l»' 
(lécouverles deux stèles dédiées à Saturne, rentrant dans la nuMiu; 
série que les trois ex-voto trouvés précédemment au même endroit 
|)ar M. (loeyiaux, el publiés par M. Gauckler dans les Procès-wrfeaM.r 
(le la séance de la Commission de l'Afrique du Nord du 9.i février 

r Cippe à sommet demi-cylindrique. Dans le fronton, un 
grand croissant renversé; au-dessous, dans un registre rectangu- 
laire, la dédicace suivante, gravée sens dessus dessous 



is 



• C-OCTAVI 
B A S S I 
V O T V M 
SACE-SOLVIT {.sic) 

Kniin, dans le registre iuiérieur, deux pommes de pin en bus- 
relief. 

2" (iippe brisé en baut et en bas: il ne subsiste que la pari if 
médiane, avec la dédicace suivante : 

L-OCTAVI- SEVERVS (sic) 
SACERDOS SATV 
RNI SATVRNO 
A V G * V • S • 

La présence de ces ex-voto païens réemployés, dans les murs 
de la basilique cbrélienne de Sidi-Habicb, permet de supposer 



— cxo — 

que cet edilice a c'tt' (•(nisliiiit. ooininc k' lail st'iubli^ sT'trc souvt'iit 
jiioduil dans rAl"ii(|ue roniaino, sur l'cmplacomonl et aux dépens 
diiu ancien temple à Saturne désalTecté. 

Peut-être en fut- il de même pour la liasilicpie des martyrs 
d'Cppiniui: car on v a trouvé le fra^jnient de marbre opistograplie 
suivant : 

<,. SATVR b. OB 

(pii semble bien a\oir lait partie, à Torij^iiie, d'un e\-vol() au dieu 
païen Saturne, et non de Tépitaplie d'un Sa(tir[ninus\ ou d'une 
Satur[nwa]. 

La séance est levée à ô heures. 

Le SecréloitP de In Cotninitsion . 

11. Ca(;>at, 

M<'nil)rp (lu (iomilé. 



CXCI 



20 JUIN 1905. 



SÉ\NCK l)i: L\ COMMISSION I)K L'AFRIOLE I)L NOIU). 



l'UKSIDKVCI'; DK M. HOI!l>AS. 

La seanco est ouverte à U heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture do la correspondance : 

Le R. P. Dolaltrc, membre non l'ésidant du Comité, l'ail liom- 
«nage des ouvrages suivants : 

l^n reratnl (le hois à eoiiverclf aulhiopo'ùh' . cl ('.((rtiKijrc : Lti nirm- 
pôle voisine de Sniiite-Mntnque , frroiipr de fgurines. 

Ces l)rociiures seront déposées à la Bil)liothé(jue nationale et des 
remerciements seront adressés à Tauteur. 

M. CiAicKLER remet une note de M. le lieutenant du Hreil de 
Ponlbriand sur une inscription punique de Ziân. — Renvoi à 
M. Philippe Berger. 

M. Philippe Beroer dépose un rapport sur trois stèles votives |)U- 
niques découvertes dans les ruines du théâtre romain de Carthage. 
Ce rapport sera imprime dans le Bulletin archéologique. 

AI. (jalckler communique à la Commission le texte de tiois 
inscriptions latines. La première provenant du Khanguel-el-Hadjaj 
a déjà été signalée ailleurs par M. Gauckler. La seconde, trouvée à 
ïhala, et (jui nest point non j»lus tout à fait inédile, porte, 
d'après re>tampage ( lettres de o m. o-?.5, d'assez mauvaise époque) : 



OXCII 



P RO SA 


L V T E M 


D OM I NI 


NOSTRI 


CVLTO RES • lOVlS 


O P TI M I 


M A X I M 1 


PAGANICVMSVMSV 


A P Q_N I A 


FECERVrT 


MAGISTRIV....ATVCI 



\j!\ Iroisii'iiie. envoyée par M. llcnaiill. a rit? Iiouvde aux envi- 
rons (1<' Tunis, sans doulc au Dj(»l)('l-l)jelloiil (letlres de o n». o;i 
à o m. o •?.')). 

D M Soi- 

Q_MAEVIVS FELIX 

ALIQVANDAS • VIXIT 
ANNIS- \V ■ MES-Ill 
DIEBVS XVII ^ 



Il annonce ensuite le résultat do (|uelques fouilles qui se l'ont en 
ce moment en Tunisie. A Doujfga, M. L. Poinssot a terminé ses 
recherches. Les résultats qu il a ohlenus, et qui ont été déjà signalés 
à la dernière se'ance, feront rohjel d'un raj)|)orl plus di'Iaillé. A 
Sousse. M. l'abbé Leynaud a continué Texploralion des catacombes. 
Dans une des chambres, entourée tVarcosolm, il a trouvé, se détachant 
au milieu d'un de ces arcosolia, un buste qui paraît représenter le 
défunt enseveli en cet endroit. A Henchir Fragha (Uppenun), en 
soulevant la mosaïque <jni était présumée recouvrir les reli(jues,on 
en a découvert une seconde, plus ancienne, à uu niveau inférieur, 
assez détériorée d'ailleurs; au-dessous, on a recueilli un llacon 
de verre et une petite cassette contenant quelques fils d or. 

M. MoNCKALV lit un rapport snr une notice envoyée par M. le 
commandant Ilanne/.o : 

"M. le commandant iiaunezo a envoyé une notice intéressante 
sur des anti(piités romaines (pi'il a découvertes aux environs immé- 
diats de Zaïjhouan. dans le bois d'oliviers (pii s'étend au-dessous et 
au Nord du bourg moderne. Il a <lé;;agé une série de cluimbres rec- 
tangulaires, avec bases, fûts et cliapiteaux de colonnes; plusi<nns 



— cxriii 

salles (If haiiis. a\('r {](''|)<'ii(laii((!s cl rcsU's de canalisations; des 
|»a\cm('nls de in(isaï(|U('s jfrossiètos à dessins [fiW)nielri(|ues; les 
iiiincs (rinic ral)n(|iic de carreaux de (erre cuile; ciilin une cine 
ciicidaiie ( •) m. by de dianièlre; i ni. oG de profondenr ), à trois 
Ifradiiis et huit al\eo|es, (|ni est cerlaincment une cuve l)a|)lisinale, 
el (|iii ra|>|)elle nelti'ment les baptistères octogonaux de la ré|jioii, 
na'juère étudiés par M. (iauckler. Pariiii les objets découvert>. 
citons des sarcophages inouolitln^s; d<'S débris de sculpture, sur- 
tout une belle tète de marbre blanc; des monnaies cartbaginoises, 
romaines, byzantines; des carreaux de revêtement (b; terre cuite, 
oi'ne's de reliefs estampés (rosace, lion , cerf). Dans le cadre d iiii 
de ces carreaux, (jui repn'seute une rosace, on dislingue une croix 
monogrammntique, tiacé-e à la pointe. 

r.a notice de M. le comiuaiidaiit llanuezo peut être insérée au 
lliilletin (uclifolnirh^uv. 

M. Hannezo a eu\o\e eiuore un estampage (riine épilaplie cbré- 
tienne, très mutilée, (jui a été trouvée lan deiuier à Zagbouan, Le 
texte de cetli' insciiption uest j)as transcrit dans le iiiemoire. Voici 
notre lecture : 

Marbre blanc bj'isé à gauche. Hauteur de riuscri()tion , o m. i (J ; 
largeur maxima, o m. i3. Hauteur des lettres, o m. o-i à o m. o^jû. 

JEUS 
ACEAN 
\S1TVS 

^ '.^ M V 

.ft\delis 

\yixh m pjace (in- 

[ms . . dopo\situs 

[. . .idus ou Kal[end(is)\ iaHu(iinas) 

|ya|»rès les formules et la forme des lettres, cette é[)itaphe doit 
dater du \" ou du vf siècle. 

I^i séance est levée à .j heures 

Le Secrétaire de la Comiiiission , 

R. Cagnat, 

Moniliro du Comilé. 

ARi;llh(»l.<U,lK. — N" 3. Il 



CXOIV 



Il .11 ILIXr l'J05. 



SEANCE DK L\ COMIMISSION Dl- F/AFRFOIÎK DV i>ORI). 



[Mli:siDi:\CE DE M. l'K IlllOi. 

La séance esl ouverle à U heures. 

Le [)i()C('s-Neil);il (le la dernière séance, nayauL pas été iiupriiiié 
à lemps, ne peut l'Iic lu. M. le Secrétaire cli'jfa^je à cet égard sa 
responsabilité. 

M. le (locleur Carton, membre non r.'sidanl du r4omilé, envoie 
une brochure intitulée : Troisième chronique urchêolo^ique Nord-Afri- 
caine (1906). 

Elle sera déposée à la Bibliothèfjue nationale et des remer- 
ciements seront adressés à Tauteur. 

M. Hinglais, correspondanl du Ministère, à (lonstanline, annonce 
des découvertes survenues récemment dans celle ville : 

fLa ville de (lonslanlinc transforme la partie en façade sur la 
place Valée de son grand Marché aux légumes, en un hùlcl dcstim'' 
à un établi.ssement financier. Les fouilles laites pour cicuser les 
caves mettent au jour des fondations de murs construits en ])ierres 
de taille de {fraude dimension, et une énorme quantité de larges 
dalies carrées en poterie (de m. 65 de côté), de briques et de 
tuiles romaines, semblables à celles que Ton trouve partout où Toa 
remue le sol de la ville. Ni celles-ci, ni It's |)ierres de taille ne 
portent aucune maïque de fabricpje ou inscription. 

- I*ar-de3sus ces premières fondations, s'en Irouvcnt dautrcs des 
époques byzantine et arabe, et |tour les(juelles out <'lé utilis('S des 
iuatéri;iii\ pidsenant «h; conslrucliiuis plus anciennes, filles ont 
fourni ■U'^Mirici inialre lraj|iiienls (riiiscriplions don! le dernier 



GXCV — 

.s(!iil (ill'ro un vf'rilablf iiilcrrl; Ich autres ne donticiit t)uft ({ueiqucs 
l('ttr(!K iusullisanle.s à une inlorprétalion platisihU». (U; nual : 

ff 1" Un l'r.ijfnn'nl (l(; bandeau en calcaiif! Iilaucliàlre, à coidoiis 
perlés : 

L 

ft l.a lellre L, d'une lorl, hr'lle jjiaviire, est liante de o m. i3. 
l'allé faisait parlie d'une inscii|»lion dont les Ici lies <'laienl eviflerii- 
iiieril très espac«;es. 

ff 2" Pierre 1res fruste, à surface non polie, de; calcaire {fris; elle 
porte le bas d'un I suivi dos lettres MO [Maximo?). Hauteur des 
lettres : cm. lo; gravure grossière et irrégulière. 

«3° Fragment de calcaire bleu, surface très polie. Très belles 
lettres de l'époque antonine; hauteur, o m. o55. Le creux des lettres 
conserve des traces très apparentes de peinture rouge : 



«INI V-^ll 
NNIC' 



ff/i" Fragment de calcaire bleu, fie o m. 63 de hauteur sur 
n m. h-} (le largeur, à surface très polie, cassé lui-même en quatre 
morceaux se rajustant très exactement. 

f Ce fragment représente moins de la moitié de la pierre entière, 
peut-être seulement le tiers si l'inscription se terminait par trois D 
au lieu de deux. 

mis^ ~^~~ / 

ELICISAVGFIL II 
^OPVBLICOEX 

T A T V A M CVM 
IISSILIB VSQ VOS. 
FER. H5XXNQ VAe) 
E D I C A V I T q"v E 

D 



■'De la première ligne ne restent que les traces inférieures de 
(|u<'l<|ue8 caractères qu'il paraît impossible de reconstituer d'après 
ce (juon en voit. 

ff A la seconde ligne. FILI est suivi duu martelage sous lequel 
apparaît la marque de (juelques lettres iudéchill'rables. 



— cxrvi — 

•fLe coniiiitMictMVtent de i;i Iroisiônic lijrne consf'rvo la traco sii- 
péiiourodo la branche droite d'un V (EQVO PVBLICO EXOR- 
NATVS?). 

rll s'ajfil dans celle inscription de la dédicace d'une statue 
accompajfiiée de jeux (?) et de lar|fesses. Le reste de Tinscriplion se re- 
Iromcra jK'ul-ètre au cours des l'oiiilles que Ton reprendra incessam- 
ment pour creuser de nouvelles caves. Que ne j)eut-on espérer re- 
trouver aussi la statue elle-même dont il est (|uestion. comme il est 
arriv('> pour celle de IJaccluis. acIiKdlcmenl an Musée de Constantine! •« 

M. (Jaicki.kh fait connaître diiréri'utes ac(juisitions des musées 
tunisiens : 

«Le Musée du liardo vient de recevoir en don : 

iTi" De M. Chavanne, ljorlo{jer-anti(|uairc à Tunis, une lorl 
belle in taille sur émeraude ovale, de grande dimension, représen- 
tant Mercure assis, et provenant probablement de Carthage. La 
gemme est malheureusement brisée, la partie inférieure n'existe 
plus. 

ff2" De M. le lieutenant de Kindt, du k" tirailleurs alge'riens, 
une lampe romaine provenant des fouilles (jue ((^t oHicier a réceni- 
menl pratiquées dans la nécropole d lladjeb-el-Aïoun. C'est une 
lampe de forme chrétienne, mais ayant encore la queue forée; sur 
le disque sont ligure's deux lièvres broutant une large léuille. An 
revers, le grallite suivant, en cursive, <|ui send)le inédit: 

EX OFI 
CIN A 
NABîGI 

La: of[f\{cinti \abigi poui" Navifp(t) ? 

r.'i" De M. le commandant Dehay, du V' tirailleui> algi'riens à 
Sousse, nii loi de sUilnclles et de lampes romaines de terre cuite, 
provtMianl des louillcs (pic; rel olliricr exécute depuis six mois dans 
la nécro[)ole punico-romaine d'Hadrumète, et ()ui ont considéra- 
blement enrichi le Musée de Sousse. Les pièces les plus inlcres- 
sanles de ce lot, (|ui l'er;i rohjfl (riirie noie spéciale, sont : 

ri" Une tri'S remar(|u;ililt' sliiliiellc de Viilcaiii assis, lenani ;i 
la main h; marteau et les tenaille»-; 



CXCVIl 



cr Q" lin (lieu Ii.iiImi pdiLitil Mir I «''p.iiilc ;;aii(lic l;i li-tcfic ;i (IonI)I(' 
Ir.mchant, dont l'iniajfc se idiouv»; assez souvcmiI à (Jarlliajfc dans 
la lUTiopole des ii' cl iii'^ sièclt^s avant noire ère, sans (ju'on soit 
encore ])arvenu à rid(;ntilier d'une l'açon précise. Le dieu est fijjnré 
ici dans un édicule à fronton triaiijjulaire et accosté de deux antres 
divinilés(?) plus pelites et d'ailleui-s assez mal conservées, toutes 
deux coillees d'un honniît conicjue. Un second exenijilaire de ce 
nièiue jp-oupc a éle déposé au Musée de Sousse; 

ff 3" Un |»plit n'cipienl d(! lerre cuilc;, de forme liéniispliérique 
avec laqje ouvcriure circulaire et luhulure cylindiique à la bas<î, 
ayant exaclenient rap|)ar('nce d'un foyer de [)ipe et ayant probable- 
ment joué un rôle aiialo^nie. Ce curieux objet a été trouvé dans un 
tombeau romain. Nombre de; réci|)ienls semblables ont été recueillis 
cetle année par M. le commandant Debay dans la nécropole de 
Sousse. L'origine antique de ces fr pipes romaines w ne saurait plus 
être mise en doute. 

f Le Muse'e de Sousse a reçu d'autre part : 

rri" Une tête de stuc presque intacte, portrait de jeune liomme 
aux clieveux courts et à la barbe rase, provenant des catacombes 
d'Hadrumèle (voir le procès-verbal de la dernière séance); 

«2° Une très intéressante dédicace romaine mentionnani un 
paffanicuin (voir le procès-verbal de la dernière séance); 

ff 3" Une tète romaine de marbre et diverses poteries arabes le- 
cueiilies par M. Gresse dans les travaux de construction du nouveau 
groupe scolaire à Kairouan ; 

f /t° Un lot de trente-trois stèles votives à inscriptions de'dica- 
toires latines et ligures symboli([ues au trait. |)rovenant du sanc- 
tuaire punico-roniain de Battaiia; [)resque toutes ont déjà été 
publiées, au moment de leur df-couverte. par M. Gauckler dans le 
liullelin arrhéolo^rique de 1H97. 

M. Gauckler ajoute : 

ffLes travaux de dérasement du Djebel-Djelloud continuent à 
fournir en abondance des épitapbes généralement païennes, rarement 
cb rétiennes, tiè.s bien conservées, mais grossières de facture et banales 
de re'daclion. De la centaine de textes inédits ([ui ont été trans- 
portés au Musée du Haido depuis In dernière séance de la (iom- 



— nxcviii — 

iitissiun. il u"\ a [(urn' à cilcr (nriinc t^|)ita|)lie hybridti où le Dix 
tnatiihtDi sacrum païen t'«l suivi de la ioniuile clirétieniio m pace : 

D-M -S 
DECIVS 
IN PAGE 

«rUiu* ('pilajdic chrotii'uiio, {jiavt'O en {|ran(lc's lollrcs de o m. oi)l) 
sur une longue dallo recouvrant un sarcophage qui ne renfermait 
aucun mobilier fun(^raire : 

INNOX DtCE 
fOUE; IN-PACE 

et le texte suivant, qui parait être une dédicace païenne égarëe, ou 
poul-(^lre reiiijiloyée comme dalle luinulaiic dans la nécropole du 
Djebel-Djelloud : 

D-M-D 

V-RED 

C- SAB 

1 N V S 

D[eo) M(ercurio?) D(ojh»Vio)?? v(otum) red(didit) C((iius) Sahtniis. 
tr Lettres hautes de o ni. o(> à o ni. 08. Estampage. •« 

M. Salomon Rkinach rend comple d'uiu* notice de M. L.JacijuoI, 
juge h Thonon, qui signale, au Sud-Est d'Oudjel [Uzalu), un abri 
.sous roche, dit Dar-cl-Gatma , en recommandant l'exploration de ce 
refuge aux arrbéologues. Renvoi aux archives. — Adopté. 

La ftdancc est lev('e à 5 beures moins un quart. 

Lu St'créluiro do la (jOinmt»iioii , 

R. Gagnât, 

Moml)io (lu (loiiiili'. 



rxrix 



1/j INOVKMBHK 1905. 



SEANCE DE LA COMMISSION DE L'AFIUQUE DU NORD. 



PKKSIDENCR DE M. HERON DE VILLEFOSSE. 

La sëance est ouverte à U heures. 

Le procès-verbal de la derniôre séance est lu et adopté. 

M. Gaucklek a remis plusieurs notes de M. le capitaine Douau, 
dont l'examen est renvoyé à MM. Héron de Villefosse, Diehl et Tou- 
laiu. Une note, relative à Toccupation de la rive Nord du Cliotl-el- 
Fedjedj, est réservée jusqu'à plus ample information. 

Los ouvrages suivants ont été envoyés comme hommage au 
(îomité : 

1° Par le P. Delatire : Lettre à M. Ph. Berger; Les Otholites d'om- 
brine dans les sépultures puniques de Carthage; Nécropole punique de 
Carthage, série do fgunncs, etc.; Marques céramiques recueillies sur 
la colline vomne de Sainte-Monique ; 

2° Par M. le commandant Hannezo : Notes sur les nécropoles 
antiennes de Bizei-te; Bizerte. histoire et description; Notes sur les ruines 
marquées n mégalithiques j) sur la carte des environs de Bizerte; 

3" Par M. Ilinglais : Catalogne général du Musée de ConstatHÎne. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nalioiiale et des 
remerciements seiont adressés aux auteurs. 

M. Cagnat entretient la Commission des levés qui seront exé- 
cutés cette année par les brigades to|)ographiques d'Algérie et de 
Tunisie. 

11 lit ensuite une note envoyée par M. Hinglais sur une insrri|i- 
tion nouvelleinont Ironvéo à Coii^fantinc : 



ce 



- l Ht' iKuix'llo in.s('iij)lion . fcrit iiotic corrosponHaiil . a été dé- 
couverlf le -îh jiiillcl (loriiici-, au cours des l'ouillos opérées dans 
le sol du marché aux léifuincs de (^onstanline. 

PrlVLlVSvPr F 

QVIR 
N O R 1 C V S 
E Q_V O P V B 

exornaTvs 
obhonorem 
aedilitatis 

DEDIT 

rElle t'st jfravéoeii huit lignes sui- une pierre de calcaire blan- 
châtre, à grain lin, qui servait de piédestal au monnnient (une 
statue, peul-<^tre?) offert par un certain Puhlius Julius Noricns, 
fds de Puhlius, de la tribu Quirina, en reconnaissance de sa nomi- 
nation à Tédilité. 

" Klle couvre la surface antérieure du dé. Les trois autres surfaces 
sont nues, celles de côté polies; celle de derrière simplement bou- 
cliardéo et sans base, ce qui montre qu'elle était appliquée contre 
un mur ou une paroi quelconijue. 

rLa corniche a été mutilée h coup de masse, probablement pour 
abattre les saillies qui pouvaient gêner dans la nouvelle destina- 
lion donnée à la pierre; il en reste une hauteur de 1-7 centimètres 
environ au-dessus du dé. Le dé lui-même mesure iS3 centimètres 
sur 5o. La base est haute de 97 centimètres. 

ffLes lettres de la première ligne sont hantes de m. o5. celles 
des autres lijjnes de o m. o'i5. 

rLa gra\ure, ainsi (pfon j)eut le voir par l'estampage (jui 
accompagne mon ra[)])ort, est de la belle époque et très soignée. 

«Le nom du chevalier P. Julius ne se rattache, ce me semble, à 
aucun fait hislon<)ue ou local de la république cirtéenne, et son 
surnom de Aonn/s n'a encore été relevé qu'une fois dans l'épi- 
graphie africaine''' où il se rapporte à un Q. Auidius. mort à Thé- 
veste, à l'i^ige de 53 ans, a mois et 21 jours. ^ 

'•' Coiji. iiiarr. Int.. n" ii|i«. 



— cm — 

M. (l\(i\\T .inalysc niir comiiiiiiiiriitioii i\c M. Kcsiiifr, profes- 
seur à riliiiversilé de (laen, rclalivR à une iii3(Ti[)tiori latine de 
ksai-el-Kel)ii- (Maroc). Le travail de M. Hesnier sera inséré au 
Jii(llrliii. 

M. IIkhon dk VillkI'Ossk coninmnifjiie, d<! la pari du M. I*. I)i-- 
lallre, divers«'s inscriptions ndevées par M. Tahhé lionnel aux <;n- 
V irons du kef. 

1. A douze kiloniclrcs au Sud-Est du Kef, M. Tabbé liounel, 
curé du Kef, a copié et estampé rinscripliou suivante, {jravée sur 
une pierre )on{jue de i ui. 5o et haute de o m. 5o : 

IVNONI-CAELESTl ■ AVG-SAC • WMmfM 
Cil iSATVRNINVS- FAVST VS • IlO'^^« 
TEMPLVM • EXVOTO-FECERVn/ 

Beaux caractères, haut de o m. 06. 

La pierre est brisée aux deux extrémités. 

^. Au même endroit, l\ii)bé Bonnel a vu plusieurs pienes funé- 
raires portant toutes, au-dessus de la première ligne, divers motifs. 
En voici une dont le sommet est occupé par le croissant, les cornes 
en hau! : 

D • M • S 

P * AEMILIVS 
G E R M A N V s 
P I V S • V I X 1 / 

AN NIS 

* N*LX 

Hauteur des lettres, o m. o."). La pierre est brisée à droite. 

3. M. Tabbé Bonnel a envoyé au R. P. Delaltre les estampages 
de deux autres textes. Le premier a déjà (Hé publié. L'autre é[»i- 
taphe est «jravée sur la face dune pierre assez informe, mais dans 



— ncii - 

lia radie très régulier, liaul de o m. *j i vl large de o m. 18. La 
pierre a été trouvée par M. l'abbé Bounel, au ket" même, dans 
un chanip près du cimetière catholique. 

* D * M *S * 
L ♦ I V L I V S 
S E V E R V S 
V 1 X ♦ A N I S 
LXXXV*H*S*E 

Hauteur des lettres, m. o35. 

La Commission prie M. Héron de Villefosse de rédiger une note 
sur la statue d'enfant trouvée récemment à Lambèse. 

Le Secrétaire de la Commission, 

R. Gagnât, 

Membre du Comité. 



12 DKCEMBUE 1905. 



.SI^:ANCK de \A COMiMISSION DK L'VFRIQUE du NOIU). 



PRÉSIDENCE DK M, HKRON DK VILI.EF08SK. 

La séanco ost ouverte à U heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est iu et adopté. 

Excusés : M. \e Directeur de FEnseignemenl siipérieur et 
M. Ballu. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

Il a reçu deux lettres de savants étrangers, relatives à des anti- 
quités africaines. La premi(''re lui a été adressée par M. le profes- 
seur Dessau, de Berlin : 

ffJe crois de mon devoir de vous signaler un petit monument 
(Forigine africaine qui s'est égaré à Berlin. Il s'agit d'une petite 
pierre gravée, d'une cornaline de dimensions minimes, qui existait 
jadis dans la collection de M. de Montigny. et qui, en 1887, est 
passée au niuse'e de Berlin; elle porte l'inscription, publiée par feu 
I.fi Blant dans son lecueil de 7.T0 insn-iptions de pierres grarres, 
n" 377, et |)ar M. KurtNNiingler dans le catalogue des pierres gravées 
du musée de Berlin, n"8io6; nous l'avons revue, M. Zahn et moi- 
même; on y lit : 

CCI- 
KARTAGI 

N I • F 

• 
ce ([ui \eut dire, sans doute : colonis, cohmiac Juline Karlngini . Jelici- 
Irr! (ietait. sans aucun doute, un hahifani de Cartilage (|ui a fait 
graver cette acclamation sur son auneon. il le |)e|il monument doit 



ce. IV 



a\oii' ôli' li(uiv(' (Ml \rii(|iic. On |)<'iil comparer rinscriplioii (run 
anntMu d'or, trouvé à Zara|;()/,a. où on lit ' : CC A PACGAL, c'esl- 
à-(lire coloniar (Mrsavau^rnstar , jmis un nom : 

ffJt' [irolik- (If cetlf» occasion pour souniellrc à noIic jiijjcinciil 
iim- ol)S('r\alioii sur une autre pierre {|i'a\(''(', j)ubli('M' par I.o l{lant. 
Le n" ')'Tô (lu recueil de Le lllani porte l'inscription : Q_ FOL- 
NIVS 1 A -F- ROM 1 FVSCVS. Or c"est aussi le nom d'un habi- 
tant d'Are/.zo [Airchmi. en Klrurie) dont les cendres furent d('»posees 
dans une urne a\ec double inscription (!'trusijue et latine, copiée 
au xv" siècle et publiée, d'après des copies anciennes, au C.I.L., 
t. \I, n° 1870. Cet habitant d'Arez/o doit avoir vt^cu au\ temps de 
la H('*pul)li(jue, car lusajje de la langue étrusque sur les inscriptions 
run(''raires ne dura plus lon<Ttemj)S. Or ce serait une coïncidence 
cuii<nise de trouver, sur une pierre gravée, le nom d'un citoyen 
dVrezzo des tem[)s delà République dont nous avons aussi l'urne 
luiiéraire, et ce nom écrit au nominatif a\ec la dési<}nation du 
père (QjF-) et la tribu romaine (ROM-, Romilia), précisément 
comme sur l'urne funéraire. .Mais je crains fort que l'inscription 
vue par Le Blant ne soit fausse : elle a pu être copiée jtar un {jra- 
veur moderne d'ajirès un des recueils qui ont reproduit l'urne 
d'Arezzo, par exemple celui de Doni ou de A. Fahretti. Qu'est devenu 
le |)efit iiioiiiiment , un (piartz améthyste. \u par Le BlanI à Paris 
chez un marchand (ranti(]uilés?-^ 

La seconde lettre vient de M. Kranz (iumont, de IJruxelles : 

rOn sait (pi'au début de kioT). um colon de Laud)èse découvrit 
une belle statue de bronze représentant un entant serrant un aigle 
contre sa poitrine. 

"Au m(7is d'avril de cette même année, ce propriétaire conti- 
nuant ses fouilles dans le même terrain d('bla\a plusieurs salles 
])avéeg de fines mosaïques et d('coréesde fresques; dans lune d'(îiles 
il recueillit une s('rio de nouveaux br(»nzes. L'édifice mis au jour a 
dA être incendié : les bronzes, (jui me fuient cédés tels qu'ils ('taienl 
sortis du sol, — ils sont aujourd'hui au musée d'Alger, — avaient 
souffert du feu. Des restes de bois carbonisé y adhéraient encore, 
et une concrétion formée d'une cendre noire, comhinée avec l'oxy- 
dalion i]\\ im'tal, en couvrait une partie d'une |;nnj;ue (-paisse. 

' ('.nruiiK iiinirijil. lalin., I. Il, n" ■'i<.l7''. ''• 



flici plupart (le vos hioii/.cs sont dos pii''C*'s d'applifiue qui ont 
('•II' (ivres sur des plaques rcclanjfnlaircs doni des (l<''l)ris sont conser- 
vés. Ijc creux de ces pii'ccs, hav.uilc'es en relief, ëlait comme il 
arrive; souvent, rempli de |)li\h(' pour Jcîur donner plus de solidité. 

fr I/enscfuldc a vraiscuddalijcnicut scrsi à décorer un ('dicide con- 
sacré aux di\inito's é{jy[)liennes. Il conslilue une sé-iic d'iniaues 
sacrées, cmpruntée.s à la relijfion de I l'l<jvple, telle (juon n fn a 
peut-(''lre jamais trouvée; dans un autre pays de lan|pi(; latine. 

•'l/édicule était sup[)Oi"lé par : i" d(!U\ ligures de Silém; h.n- 
bus, penchées eu avant, accroupies sur des |jrilîes de lion. Les 
angles inférieurs du meuble étaient in.scrës dans le dos de ces per- 
sonnages. Les angles supérieurs semblent avoir été ornés d<; : 
5" deux feuilles d'acanlhe ajourées. 3" Deux petits spliinx oui 
aussi été placés aux coins de c(; tabeinacle. 

Les autres pièces décorali>es étaient : 

(fU" Quatre fragments dune plaque de bronze coulée sur laquidle 
étaient fixées ti'ois applii|ues : au milieu Harpocrate tenant une 
ujassue, et, de chaque côté, un personnage anguipède analogue à 
des types déjà connus ('^ 

:rPuis, des appli(jues détachées de la plaque qui les supportait 
autrefois : 5" un bœuf Apis; 6" un Uraeus; 7" un dieu Bès; 8° 
une tète de chat. Lnlin diverses slatuelles : 9° un Anubis accroupi: 
10" un Osiris; 1 1" un Hermès-Tliot; 12" un personnage debout velu 
dune longue robe; 13" un Silène très oxyde; 1 4° deux petites palères. 

ff Je ferai observer, pour ajouter au moins une remarque à ce 
bref inventaire, que le type d'édicule ou de tabernacle, auquel 
appartenaient les bronzes de Lambèse,a dû se retrouver fr('([uemmenl 
chez les fidèles des dieux égyptiens. La collection De Clercq possède 
trois appliques de bronze trouvées ensemble en Syrie (ancienne 
collection Pérétié) et([ui ligurent , outre une Isis, un Uraeus et un Bès 
semblables à nos numéros G-y, mais de dimensions plus grandes ("-'. r 

^L HiNGLAis, Conservateur du Musée de Constantine, a envoyé 
une note et un estampage. La noie est la suivante : 

f Le tome XVIII (année 1876-77) du Recueil des notices et mé- 
moires ilr la Socii'lé archroloifiqiie tir Constantinr contient un certain 

^') Cf. Rev. archéol, N. S., t. XWVil. pi. 1\. •> . .4 lio-,|„.i-. Le.ril.,,,, %//,., 
s. V. Isis, col. 5.38. 

") Cf. De I^iflfl.r, l{r,n:,^x ih- ht mil. Dr Chn-if. u' m;!. •.,',. 



CCVI 



nombre de plaiiclifs où sont reproduilcs des stèles néo-pnni(|ties 
deoouverles à Corislantine et tr;ins|)orlées depuis à l'iiris. 

-Ij'une d'elles ( n" 11 de la planche IV) a échappé à l'expaliia- 
tion. On vient de la relionver eidouie dans un jardin et de la de'po- 
ser au Musée. 

«•Jai pu ainsi constater des inexactitudes dans la planche (|ui 
!a reproduit. Klle donne, sous l'inseriplion , une lahie à trous dis- 
|)osés en deux séries de (juatre, 'tandis que la pierri; n en eoniporle 
(|u une, et comme elle ne parait pas avoir subi de nouvelles mutila- 
tions de|)uis ([u'elle a été dessinée, on ))eut croire <|u'il v a là une 
erreur du dc'ssinaleur. "^ — l^envoi de I estampajje à M. Ph. Berger. 

M. I*h. Hergkr, après avoir examiné un rapport de M. le lieute- 
nant du IJreil de Ponibriand sur un texte épijrraphique punique 
trouvé à Zian<', conclut, comme Tavaif déjà lait cet ollicier, à la 
pré.sence sur l'inscription du nom de Dafron. 

M. DiEiii. rend compte d'une coiiimuiiication de M. le capitaine 
Donau : 

-Au cours de Ihiver de 190/1-1905, M. le capitaine Donau a 
déblové au lieu dit Henchir-Bel-Aïd , près de la piste qui unit 
Kebili à Matmata [)ar Hoii-(ib()iTa , un poste fortifié carré de 
1 r» ni.(S5 de eût»', (jui ne j>résente aucune parficularitë caraclëris- 
li([ue et où aucune inscri|)tion n'a été relevée. Auprès des ruines 
de cette construction un tombeau (dire des sculptures qui, mal«{ré 
leur exe'cution fjTossière, semblent intéressantes. On y voit repré- 
sentés des animaux, bœufs h bosse, ânes, chevaux, méhari, et 
surfout deux curieuses silhouettes d'édifices à tourelles et h cré- 
neaux, fijpirani peut-être le hurfrus voisin. Il y aurait intérêt à 
publier au Hiillctin celte partie de la note de M. le capitaine 
Donau. - 

M. Hkbo?! dk Vrr.LKFossE fait rm rapport sur une note du capitaine 
Donau. La première partie est relative à une sépulture sous 
liiuiulns. silu(''e |»r«'s de la piste romaine de Ttirapis à Tinris Ta- 
inelleni <■! rpii parait remonter à une assez haute anlii|uilt'>; dans 
la seconde j)artie sont si{|n.d(!es deux iMScii|»ti(tiis libycpies ndexées. 
l'une au villa/je de ^e{J{Ja au Xord-Oucsl de Trhiiine. l'aiitre au 
Sud-Oucsl (jr rib'iichir-Heuilia. Il e.sl nécessaire de faire ccuinaitre 



ces l«;xt<;8 moines sans les e\[»li(|iief : ccsl, le .seul moyen de les 
sijjnal<M- à rallention des linjjiii.sfes (|iii auraient la volonté d'en 
Iciilci- le (ItT-hiUremeul. Li; rapfwrteur concliil à finseilion an 
Hiillrtiii . — Adopli*. 

M. HéiioN DK ViLLKFOssK nnnonrc également qu'il a rem de M. If 
l)"" Carton commnniralion de [>lii>ieiirs inscriptions latines. 

Le premier monument a été découvert sur la ligm; du Kel", non 
loin de (lalVour. C'est un irajfmenr de stèle en calcaire blanc, liant 
de o m. 38, lar{{e de o m. 'Mi, arrondi en arrière, ce.sl-à-dire pn-- 
senlaal Taspect d'une deœi-coloune dont la face plane porterait les 
bas-reliefs et l'inscription. Il est divise en trois reijislres; les lettres 
de l'iiiscriplion mesuient o m. oii : 

Registre supéiicur : 

(tAte diadëmée 
(tèle radiée) (tète barbue el clievelue) avec cr(»issant ) 

SOL IVPITER LVNA 

Hcffistre cenlrai : 

Triangle enlourani un triscèle dont le centre est une figure 
bumaine. Sur les côtés allongés du triangle, l'espace libre est rem- 
pli par une lleur de lolnsd'on s'écliappent de petits disques, de 
sorte (|ue cette fleur a l'apparence d'une corne d'abondance. 
En dehors, à gaucbe, est figuré un gâteau. Sous la base du tri- 
angle, un bandeau, qui semble vide dans sa moitié gauche assez 
abîmée, offre à droite le mot : 

FORTVNA 

liegistre inft'rirur : 

En grande partie brisé; trois têtes dont le corps n'existe plus. 
La tète de droite porte un bonnet phrygien surmonté d'un crois- 
sant et flanqué d"nn objet ovoïde surmonte' dune croix. La tète 
centrale est chevelue; il semble qu'on distingue une main gauchi- 
à côté. La tête de gauche, coiffée du bonnet phrygien, est llan- 
quée d'un (dijel indécis qui pourrait <'tro une tète de che\al. 



ce VIII 

M. Héron tlf \illelo>s(' lait roiiiar(|uef i\yie la (lisposilitui du iiui- 
numeut sijjnalt' par le doclciii' (laiton lappcllc l)('aiiroii|) colle des 
slèlos votives alVicainos à plusieurs re|;islres. éUnées à Saturne. Le 
dieu principal, — ici Jupiter remplacerait Saturne d'après linscrip- 
lion, — est souvent représente entre le Soleil cl la Lune, notain- 
nient sur de nombreux ex-voto recueillis au iNord de l'Aurès, à 
Laiiibèse et à Tiiiijjad ''. Les deux personna^jes du rejjislre inférieur 
coillés d'un bonnet (est-il sArenieiil plirvjfien ? ) ^onl probableiiieiil 
les Dioscures, comme on peut les voir au Louvre au bas d une stèle 
à Saturne j)iovenaiit de Sétif'-l séparés par Timaife d'un lion de 
l'ace, l II monument Iroiné à Tscliermenibl , dans la Pannonie siipé- 
lieiire, semble présenter i\v^ analogies avec le monument de (ia(- 
lour^-' ; une base trouvée à Mayence en 1877 |>''<^senle sur ses 
i|ualre faces les images de Jupiter, du Soleil, de lu Lune et de la 
Fortune (*>. 

Les autres inscriptions sont des fragments (jiii paraissent inédits 
et qui ont été relevés à la (loulette : 

a. Marbre blanc, formant inarcbe devant le seuil d'une maiscui 
située dans une ruelle derrière la caserne Saint-CNprien. l'allé a 
une forme parallélépipédi(jue. Deux des longues faces seuleimnl 
sont visibles. La sujH'rieure |)résciite des traces de moulures très 
elVacées. Elle devait appartenir à une arcbilrave. L'antérieure, moins 
large, constituait le soUite. 

Elle est ornée d'un faisceau de lauriers entourt' d'une bande- 
lette en spirale. 

Longueur, i m. 3o ; largeur du soffile , o m. .)0 ; épaisseur, o m. 3.") 
environ. La face inférieure enfouit; n';i pas permis de la mesurer 
exactement. Hauteur des lettres, o m. 09. L'extrémité gauche de la 
[)ierre est unie et présente le texte ci-contre, placé entre deux jial- 
melles, Tune au-dessus, l'autre au-dessous de lui. Les lettres sont 
très élégantes, mais un jieu grêles : 

REPARATAS 

C Corf). iiiKcr. Inl., I. \lll, n" -'IVu). 

''' Delaiiiarf,', K-rphivalKin , pi. H-ï, n' H. 

(i; Prfiuci'sicin, \yrji.~epijp' Miltliriluiijyii , \\\ | i8i)i), y. •).'); (mi'/i. iiixcr. lui. . 
I. III , n" io8'2îi. 

'" Uflln«T, WmldiiilHilif Zillxilirifl , iKSf). |i. .'tOK; cf. iScji. p. C»7; T'»»/). 
iiinrr. loi. . I. \ttl , II" ('}•]•'.". 



b. Dans une maison située à côté de la précédente, une plein; 
forniaiil dnllc en avant du seuil a la même l'orme el la même onie- 
UKMilalion (jue la précédente. Ses dimensions et cidies des lettres 
sont éj^alement les mêmes : 

S Al.VlSL 

T H ER IS 

ET CANCE 

C'est une dédicace impériale chrétienne ayant trait à une con- 
struction dans laquelle il y avait des balustres : et cancellis. 

M. Merlin lit la note suivante : 

ffM. le lieutenant Bouchard, du service des Affaires indigènes, 
a exécuté n'ceuimcntà Zianc, près de Zarzis, diverses recherches 
au sujet desquelles il a bien voulu transmellrc un rapport à la Di- 
rection des antiquités tunisiennes. 

tfEn fouillant un mamelon isolé, situe' à 3oo mètres environ du 
Forum, en dehors de l'enceinte de la ville, M. Bouchard a dégage' 
un petit temple, de plan très intéressant, de type oriental et 
phénicien, analogue au temple de Saturne à Dougga entre autres. 
Lue plate-forme carrée surélevée sur trois côtés (sauf au Nord-Est) 
de o m. 75 environ au-dessus du sol supporte l'ensemble du sanc- 
tuaire qui comprend une grande cour, large de 6 m. r,o à 7 luèlres; 
au fond de la cour se présentent trois chambres, de dimension 
inégale; les deux qui sont à droite et qui s'ouvrent sur ïarea qui 
les précède chacune par une porte, semblent avoir constitué deux 
cellae : l'une est carrée (2 m. 8G de côté); Tautre. à gauche de la 
première, est plus profonde que large (2 m. 86 X ^^ ^- 92)- La 
troisième [lièce qui est tout à fait à gauclie ne paraît avoir eu 
aucune issue directe sur l'extérieur; elle n'était peut-être pas par 
suite destinée au même usage que ses deux voisines. 

ffLa cour est bordée sur ses deux faces latérales par un portique 
dont les colonnes sans bases étaient surmontées de chapiteaux do- 
riques. La partie antérieure, celle qui formait la façade de Tédilice, 
est jusquici insuffisamment débla\ée pour qu'on puisse se pronon- 
cer exactement sur son architecture; il n'est pas probable toutefois 
qu'il \ ait eu un grand escalier d'accès, car on n'en a découvert 
aucun vestige; le parvis se terminait sans doute en avant par une 
terrasse surj)lombanl le terrain environnant, fermée par une balus- 
trade, comme celui de Caelestis à Dougga. 

ÂBCHÉOLOGIK. — N° 3. | 



— ccx 

(fSurtout lo flanc Nord-Est de la construction, à droitodu péri- 
bole, r^gne une graiulc cilornc; un remblai artificiel servait 
iïimpluvium pour recueillir l'eau qui se déversait dans la citerne 
|)arun orifice encore aujourd'hui très net. 

f Dans les décombres du mur du fond, M. le lieutenant de Pont- 
briant a dt^couvert une inscription néo-punique dont M. Pli. Herger 
a entretenu l'Académie des Inscriptions et dont il vient encore de 
nous parler. Une inscription latine. sij|nalée par VI. Boucbard, élaif 
{jravée sur le fut de la colonne d'auffle <;aurbe de la façade; comme 
l'autre, elle a dté transportée au Bureau des Alïaires indigènes à 
Zarzis, où elle est actuellement. L'estampage permet de lire provi- 
soirement : 

wHauteur des lettres : i™ ligne : o m. o38; o.'' : o m. oa6; 3* 
et /i* : m. 021; 5" : o m. 028. 

CAELESTIS AVG 
ANNIVS ISTRVGI 
SACERDOS ANNir;X NEMEIO 
ilRICO ET CARTMO GEMELLO 
MAG 

-La gravure est peu profonde; le décliiffrement pri^sento quelques 
incertitudes, surtout à la fin de la ligne 3, pour le gcnlilice du 
premier Mirt^'sfcr, qui n'est donné ici que sous toutes réserves. 

rTels sont les résultats importants, ac(juis par les travaux de 
M. Bouchard. Il reste encore certaines questions à élucider; nous 
essaierons de faire reprendre la fouiller et de poursuivre le déblaie- 
ment, qui fournira certainemenl de nouveaux éléments permettant 
de préciser l'architrclure el la disj)()silion géni'rale du monument.^ 

Cette communication donne lieu entre les diiïérenls membres de 
la Commission à des échanges d'observations. Tous s'accordent à 
reconnaître l'importance de la découveite et la nécessité de déblayer 
complètement avec la plus sévère méthode les restes de Tédilice. 

M. ToiiTMN a examiné deux envois de M. le capitaine Donaii et 
les résume ainsi : 

«Les deux étud«îs, envoyées par M. le capitaine l)onau,sont 
consaiTées à deux dvs voies romaines les plus importantes du Sud 



CCXl 



tunisien; elles complètent et rectifient les découvertes déjà faites 
dans cette r('{fion soit par Panteur Iiii-mèrnc, soit par les ofliciers 
(les bi'ijiadcs lo[»oj[r.i|)lii(|ii(!s ou des postes niiiilaircs iiislallés dans 
le pays. 

rLa [)n'tiii('re de ces ('tudes [)ort(! sur la voie transversale qui 
reliait C(ipsa h Tunis TamaUnn. .M. le rapilain(î Donau y a d«';cou- 
vert, il y a trois ans, une horne milliaire, et un fragment d'in- 
scription, sur lequel avait été lu le mol NERVAE'''. Au printemps 
de igoT), il a de nouveau exploré cette voie; il y a fait plusieurs 
Irouvailles intéressautes; il a mis au jour deux nouveaux frafjments 
(le rinscriplion, dont le texte aujourd'hui connu doit se lire ainsi : 



PRO SAL 



VT». IMPNERVAEl 
SVFETIBVS ATTICO 



AVG SACRVM 

CAES AVG- GER • DACIC 
ET FRONTONE MASLAE 



«Il a détermine' avec certitude la direction de cette voie à travers 
le chott et au Sud du chotl jusqu'à Menchia. 

ffLa seconde ëtude de M. le capitaine Donau concerne la voie de 
Tarajirs à Tunis Tmnnlleni. Cette voie, (jui se confondait jusqu'aux 
Aquae Tacapilaiiae avec la voie de Tacapes à Thrveste par Capsa, forme, 
à partir de cette station, la première partie de la grande route, 
désignée dans ritinér;iire d'Anloniu sous le nom : Itcr quod limitem 
Tripolilanum pcr Turrcm Tamalleni a Tacapis Lepti magna ducit. D'EI 
Hamma à l'Oued-Nakla, l'étude de cette voie a été faite par M. le 
commandant Toussaint; M. le capit".ine Donau l'a continuée sur 
le terrain, avec sa précision coutumière, pendant plusieurs milles, 
jusqu'au point appelé Henchir-Megarine; puis, il l'a reprise depuis 
l'oasis de Limaguès jusqu'à celle de Tlemine. Il a découvert plu- 
sieurs bornes milliaires, dont les inscriptions, sauf deux, sont 
malheureusement fort effacées. Des deux textes, lisibles ou presque 
lisibles, l'un est du temps de Caracalla, l'autre semble dater de la 
tétrarchie. Outre les vestiges de la voie, M. le capitaine Donau a 
relevé plusieurs fragments épigraphiques à Torra même, l'un des 
groupes les plus importants de l'oasis de Tlemine. ^ 

M. le Secrétaire entretient ensuite la Commission des publica- 
tions qui paraissent sous ses auspices. Après échange d'observations 



'" Bull. arch. du Comité, 1900, p. ao3. 



ncxii 



il est décidé qu'il sera publié, au cours des années prochaines, un 
supplémeut au calalo^rut* du Musée du Bardo et à ralbuui du 
Musée de Cartilage, et que Ton fera graver la carte de Carthage, 
relevée après entente du Ministre de l'Instruction publique et de 
la Direction des antiquite's de Tunis, qui a figuié à TKxposition 
universelb^ de i poo. 

La séance (!.sl le\e'e à 5 beurc& et demie. 

Le Secrétaire de la C(iinin{.ssiuii , 

l\. Gagnât, 
Membre du Comilc. 



RAIM>OinS 



BT 



COMMUJMCATIO.^S 



AHOUKOLOGIk. — N" 1 . 



i)Altj:s FiM:ri\ihKs 

AVEC (:iiiH)ij:s 

TKOIJVKKS l»KKS 1)1-: COLLOlUilJES 

((iAUD). 



Rapport df M. !<■ D' Gapitan 
sur une rorniiiiiiiir^tioii iJi; M. lilysso Duuis. 







M. Ulysse Dumns, de IJaron (GarH), nous arlrcsso un mémoire 
<]ui a liait à la découverte de deux dalles fum'iaires avec cupulrs. 

Eu i<S7Î), un cantonnier, M. Nègre, déblayant un champ des 
grosses jtierres (|n'il contenait (chamj)sis an Mas i\r' l'Aveugle, |iiès 
de Collorgnes) et appartenant à M. Baynaud, 
souleva deux grosses dalles posées à plat. (îes 
dalles l'ecouvraient une cavité en forme de puits 
dont le fond él^iit ])lein (rossemenis humains, 
de poteries et de divers objets de silex et de 
pierre polie. Le propriétair(>, à la vue de ers os do ir-:;}?y;:^-,r^\i(^ 
rhiéliens [sic) , donna Tordre de comhlei' le trou. \c:},^-'^\.^*'!^.\'\'-:*^ 

Les doux dalles qui couvraient cette sépul- 
ture furent abandonnées à la lisière du champ. 

Lorsque, peu de temps après, M. Teste 
signala, à a kilomètres de là, la sépulture 
dite de Collorgues avec dalles sculptées, M. Lom- 
bard Dumas conside'ra les deux dalles dn Mas 
de r Aveugle comme étant de même naluie. 

Quand M. Ulysse Dumas eut découvert la 
dalle funéraire sculptée de Foissac, il voulut 
examiner les deux dalles en question, mais ' '''' 

elles avaient disparu; il finit par les retrouver faisant partie d'un 
ponceau sur un petit ruisseau du voisinage. Il put les examiner et 
constata que l'une mesurant i m. 9 i sur o m. f» t porte à sa partie su- 
périeure, d'un côté, une «orte d'encoche usée artilicielh-ment et une 
incisure transversale, (les deux rainures semblent limiter rexIrémTté 
supérieure d(! la pierre naturellement saillante comîne s'il sétait agi 
de la représentation grossière ou schémali(|ue d'une tète. (i'ig. ij- 




— A — 






'-Af 



mm 

-mm 






Au-dpssous. 6 cupules nic-^unint dr ^5 à /i cenlinit'lres do diauu'Ire 
sur 2 en inovenne de pniroiulcur et groupées aulouid'uue septième 
plus Itujje. La l'ace opposée est unie. — La se- 
conde dalle, qui mesure i m. to de long sur 
o m. .")o do large, porlc iVun côté (lig. t?), à 
di'oitc de la ligne; médiane, à l'union environ 
des deux tiers infér'ieurs el du tiers supé- 
i-ieur. el de Tauti-e côt(' (lig. l* ) . à gauche 
de la ligne médiane el au milieu de la hauteur 
de la dalle, une large et profonde cupule, 
sorte de véii table écuelle sans autre signe. 

Il semble bien, eu ell'et , comme le pense 
M. Dumas, ipul s"a};isse, au moins |)0ur la 
première, d'une ligurutiou humaine simplifiée 
au maximum. C'est un modus Jaciendi {\uc Ion 
peut observer, par exemple, sur plusieurs des 
' ''' "' juerres de la Terme de La \aulx ( Deux-Sèvres) 

que nous avons déciites récemment, iMM. IJreuil, Charbonneau el 
moi. D'autre pari les cupules sont, en eiïel, des signes pailiculiers 
souvent constatés dans les sépultures prébis- 
tori(|ues. 

Ces dalles préscnlenl donc un très réel in- 
térêt; il semble qu il s'agisse là de figurations 
humaines réduites à leur plus simple expres- 
sion, et faisant néanmoins |)artie de la même 
famille artistique et rituelle (jue les dalles fum''- 
raires de Collorgues, de Caslelnau -Valence et 
de Foi.ssac, qui se rattachent aux statues men- 
hirs de l'abbé llermel, et à nos blocs-statues 
de La Vaulx. et constituent un curieux en- 
semble datant probablement de l'époque du 
bronze ou même hidsliilliennt! et pouvant 
même remouler jusepiii lépcxpie néolithique, 
.le pro|ios' dcMic de remercier M. Dumas 
de cette iuléressante communicalion . de déposer sou UM'Uioire aux 
archives et de re|)roduire le> ligures de ces dalles ([u'il nous a 
âtlressées. 

D' Cai'itan, 
Membro dn Comité. 




Ki,;. ;<. 



i:\l»L()K\TI()N \l{(:ilÉ()L0(ilOlJi: 

DK 

LA K()|{|>T DK KOI \ W \Y 

(SEI>K-lNI'i:iUKl UK). 

l>\H M. LÉON DE VESLY, 

Corr<'s|)(in(liiMl du Comilô, ;'i lloiion. 



Gràc«^ à une nouvelle subvention qui nous a éAv areord«'e par 
M. le Ministre (le rinslruclion publique, nous avons pu poursuivie, 
en 190^, les fouilles que nous avions coranH.'nc(!('s, il y a plusieurs 
annéesC^ dans la lorèl df liouvrayt-^. Le doniile' des Travaux lli^l^- 
riijues noiis avait conscillt' de faire porter nos efforts sin- fexplora- 
lion des alentoins de la Maïc du Puits et d'ouviir les tertres (jui 
avoisinent \\i fatiuin. 

C'est cette mission dont nous allons rendre compte. 

Notre premier soin a été de délimiter le mur dVnreinte du pelil 
temple, afin d'en préciser le përibole et de visiter les terres pro- 
venant des déblais (pi. I). 

(ie travail a permis de reconnaître : 

1° Que les fondations du mur d'enceinte formaient un quadri- 
latère de G9 m. 80 de longueur sur hk m. 80 de lartreur; 

f>" Que ces murs étaient parallèles à cf'wx à\\ J'ntiHm, mais (|ue 
ct't édicule n'était pas placé au centre de l'enceinte qui l'enveloppait 
et qu'il était plus voisin des murailles Sud el Oii(\<l que de celles 
du Levant el du Nord ; 



"' Voir \c (icrniiT rapport. liuUelin urrheidnfrifjHe . it)n'i. p. 03. 
(*) /?u//. nrchéoL, igo'i, p. xcix. 



3" (hiiiri |>otil bàtiiiicnl (?) (riin l)t>l appareil, et dont il no rcsio 
plus (pTiiii (les an[[l<'s [\o\v le plan (M1 \). s'élevait an sud dn ftiiiitm 
san> lui être attoiiant. Ktait-co In résidence dn ciisins? Nous ne 
sauiions répondre allinnativenienl; mais ce que nous pouvons dire, 
c'est (ju'en cet endroit et dans le voisinage nous avons recueilli 
(les staluelLes do ^Ana(lyom^ne et de noiiihreusos hachettes de 
>ilex. jfroupëes avec des oursins 'h 

ti" Que le long du mur Sud, sur 9 m. 80 de longueur, et 
jas(]u'à Tangle S. (). de ronceinle. s'étendait un t(M'rean noir rempli 
d'ossements d'agneaux e! de jeunes cln'îvres, v«'rilable cliarniei' de 
o m. Go de prof'ondeui'- (voir le plan en H); 

5" Kniin. (|ue tous les objets, saul ceux (|ui ont été recueillis 
dans le caveau, dont il sera parl(' plus loin, ont tous (!l('' trouvés 
dans le pt'ribole qui a été visité avec le plus grand soin. 

Mur tl'etireivte. — .\ous avons indi(pié plus haut les dimensions 
de ce mur (6() m. <So X '^à ni. 80) et nous avons fait r(>niarqner 
(|ue \e Jiinum n'occupait pas la partie centrale de cette cour. 

dépendant il est un lait acquis par les l'ouilles : c'est l'existence 
de cette cour si souvent reconnue dans les temples antiqnes'-'^l EnHn. 
dans cette enceinte, des substructions ont été i-econnues en (] (plan 
général). Ce massil" de maçonnerie nous a paru ("tre le soubasse- 
ment d'une statue colossale, dont nous n'avons pu rassembler (jiie 
(\rs l'ra{;mcnts très mutilés et épars au milieu des ruines. 

Nous avons exploré, sui' une tn-s <|raude étendue, la limile entre 
l(»s murs parallèles du sncclluni (périptere), et. si nous n'avons pas 
(b'blayé coinpb'tement l'ensemble de l'édicule, c'est que ce travail 
aurait compromis, inutilement, la solidité des murailles. 

Pour conserver le petit monument, nous en avons Tait reslauier 
l'angle N. E. et n'avons poussé les loiiilles que juste assez pour 
reconnaître les rev(^tements des murailles, (lelle.s-ci ont montr(! des 
crépis colorés en l'ouge, en noir, en bleu, en vori et en jaune, avec 
des blets tracés avec des coubîurs contrastantes. Les tons r()U}|(?s 
dominaieul et rec.ouviaieni les plus grandes surlaccs. 



'" lUill. iirrhdnl., l(((>'l, |). 70 l't ~'\. 

^" Ia'< i»ss('iii<;nts ont ••1(3 fti'leniiini's piir M. ttiiniil I-'iulin. 
'•■') li. (iiilil «•( II. Koix-r, l.a l'iir anlùiite, •>.' |)ailii', |(. V'i. 



— 7 — 

Toiilcs choses (U'jh vues et qui nous aviur-nt ^l'iniis ôc Iciilnr la 
r('sl;iiir;ili(»ii (riiii Jnindii jj.illo-roiiuiiir''. 

Cirniii. — Notn« cxplorntioii devait nous réserver d'autics décou- 
vrih's, cl iiolammcnl ndlc d'un pt'lil cavcnu (voirie plan in-néral 
en D), doiil nous allons donner la d('sc,ri|)lion ( li|;. i ). 




Ecbellt iupi»n dïJrODC M-N. 



l'ij'. 1. I>a Man- du l'iiits. Cavi-au. 

Situé au Nord du sarfllidn oi en dehors du [)érihoie. il est f'n<fag(' 
dans des substructions en {^rosses pierres. Le plan de cet édicule 
esta peu près carré (i m. 99 X 1 ni. 38). Cinq marches permettaient 
d'accéder dans l'intérieur. Le fond se trouve à a m. 10 en contre-bas 
du sol actuel et à 1 ni. 90 de celui que nous considérons comme le 
niveau anti()ue; il n'était pas pave'. 

Les murs du caveau sont construits en maçonnerie de moellons 
smillés et en hlocajfe de silex; mais, tandis que l'appareil de la 



t" Oit"' .'IikIc a fie- .'xposéc. an Salon ili- i89r), sous le n° 899!^. l'nc pliolo- 
jjrapliie de nos dessins a été laili- par les soin-; de M. Salomon I^i-inaeli. |Miiir li' 
Mn^ée de Sainl-<iermain. 



_ 8 — 

piorro osl xisihlo. les cailloux sont cachés j)ar un nM'/'tPinonI on 
mortier de cliatu et de sahlr. 

l n soiipiiail. encore bien \i>ilili'. dans l;i niuiaillc Sud, laissait 
j)ént''trer la luniière, et une petite niclic {(irrosolhun) loruiée de 
tuiles disposées en une courbe deini-ellipli(|ue était creus('e dans 
la paroi Ouest, sur o m. 'lo de proltMuieur. 

Des tuiles se Noicul dans la ninraille Sud; elles oui t't(' eniplovées 
pour assurer riiorizontalilé des matériaux mis en (l'uvrc. (le sont 
é|;alenient de larjjcs tuiles à rebords, (jui recouvrent les jp-osses 
pierres monolithes des marches d'accès et dressent leur surface 
nrifueuse. (les pierres n'ont j)as été taillées; (dles ont éli' emplov(>es 
en Tétai de leur sortie de la carrière, c'est-à-dire, aussitôt airache'es 
aux rochers d'Orixal '''. 

l'our bien l'aire connaître la conslrudion du caveau tjue nous 
avons découvert, nous l'avons fijfuré en perspective, ou plutôt en 
un schéma, dans lequel la murailb» Nord est supposée enlevée 

( h- O. 

La lonille du caveau a livré : i j)lateau de bronze, i libule de 
métal élatné, 5 épinjjles à cheveux dont h d'os et i disoiic. 
des fraijments de poterie samienne, des tuiles courbes ou ;i rebords. 
des éclats d'une meule de jp-ès. une clef, une spatule et des cli.ir- 
nières de fer. 

Des monnaies sont également sorties de la fouille. Nous avons |)u 
lecounaître un {frand bronze d'Antonin le l'ieux el 17 petits 
bronzes, dont 9. à l'avers très fruste, mais au i-evers bien lisible; 
ils sont du bas empire; on y voit une aijfle qu'entoure la léjremie 
CONSECRATiO. 

Les déblais sortis du caveau contenaient, en très |p'ande (pian- 
lité. des ossements de bcruf, de c-lie\al . de sanijlier ou sus snofn, etc. . 
mais aucun ossement humain. 

Or. la découverte d'objets aussi divers n'était pas pour nous 
surprendre : le caveau avait été condjlé avec des leires contenant 
des débris aiili(|iies. (iepetidaul, comment expli(pier l.i pn-sence 
d ossenn'uts daniiii.iux réunis en une si {grande (piaiilile dans le 
fond du cas eau .' 

Les liypotbt'Ses |)((ii\aiiiil iMie nombreuses. N(Mis 11e nous ;irré- 
lànu's pas à les examiner, ne voiil.iiil relenir |miui I.i discussion 

'^ Curni''ri'>i (•\i)|(iit(>)'K tlôs in |ilii>- lumlr ;iMti(iiiilé. 



— 9 — 

(|iriiii(' consUilalioii liicn l'Iahlie : l'ahscnco (rossfriKMils liumaiii^. 
J)o ce l'iiil , riiv|)<)lli<'S(' (riiii .s(!|)ulrr(î sfMiihl.ihN; aux relia- qui boidcîul 
la voio AppioiiMc à Horiic on la toiilc des Tomlx-aiix à l'oiiijxM se 
trouva il ('carléo. 

D'ailleurs, le cavoaii de la Marc (In l'iiils, <|ui trMîsiire i in.j)'^ de 
l()ii{(ii(Mir sur- 1 m. 3H de larjfcur, n'aurait pu scivii- aux inhumations, 
(les dimensions eussent été insuffisantes, en supposant luèfuc (juc 
la descente du cercueil \n\\ être opc^rée par la partie sup«!rieure du 
caveau, ainsi que C(da se pratique à notre épotpie. Alors à qufu 
eussent servi l'escalier et le soupirail? 

L'hypothèse d'un columbarium n'est pas plus adniissihh;. il n'existe 
(pi'une seule niche, ou anosniium, construite sans art, et des 
marches d'accès d'une très ffrande rusticité. Tout cela englohé dans 
des constructions en jjrosses pierres semhie indi(ju<îr une dépen- 
dance de ïafn-aria . une cvHaria •pœnaria ou cellier, plutôt (pi un 
lomheau. 

Nous savons hien que cette désignation pourra être combattue 
j)ar les archéolo|fnes (|ui ont adopté la conclusion émise par 
M.L. (loulil, dans son Mémoire .sur les Fouilles de Pitres^ , et veulent 
voir dans les petits caveaux trouv()s dans notre région des monu- 
ments funéraires. 

Maintenant, si on vient à jeter les yeux sur les plans joints à ce 
mémoire, on reconnaît vite que de nombreuses constructions 
s'élevaient à la Mare du Puits. Ce n'est pas le moindre intérêt offert 
par nos fouilles que d'avoir retrouvé les suhslruclions de la plupart 
d(*s bâtiments (jui entouraient {ejanum. 

Ici, nous avons vu, jalonnées par de grosses pierres disposées 
en (piadrilatère, les limites d'une habitation. Là. c'est un petit 
bâtiment terminé en abside. Plus loin encore , ce sont les 
vestiges d'auli'es abris pour l'homme et les animaux (voir le plan 
en X). 

Au Sud du fan uni, nous avons reconnu les soubassements dune 
maison. Le plan annexé à ce rapport en montre les divisions, dette 
construction nous a livré des détails intéressants. 

(l'est ainsi que les fondations étaient, comme toutes celles (pii 
ont été reconnues, formées de pierres brutes arrachées à la carrière 

"^ L('on (;(iiitil. Foiiillrit de Pitvi'x. |i. t.") ol Miiv. (Extrait (lu ntiUelin monu- 
mental.) 



10 _ 



ot posées, sans anrinic tnillc, on optis Itirortuni. A Tanj^le N. E. se 
trouvait une piene t'iionnc (o m. 80 do côté), beaucoup plus jfrosse 
que les autres (om. ^if> He côlc^), et qui 6ii\\\ enveloppée par les 
raeiiios d'un sapin (voir le plan en K). Celte anomalie incitait à 
une exploration : nous fiines soiilever cette pierre et nous vîmes 
(pfelie recouvrait un puisai-d. Nous n'iiésitànies pas à le déblayer, 
mais ce travail ne nous livra que de très petits fragments de 
poteries. 

Le |)lus curieu\ de notre exploration a «lé la reconnaissance du 
mode des constructions rustiques à l'époque {rallo-romaine. 

Les soubassements en étaient lormés. nous Ijinoiis déjà dit. jkii" 
de jp-ossi's pieri-es calcaires ou siliceuses '', sur lesjpielles s'élevaient 
des murs en arjjile ou en lorcliis^'^'. La toiture devait être faite de 
paillolle ou de cbaume. 

Pour éviter et rép^ulariser les arêtes rujjueuses des gros silex, des 
tuiles courbes étaient disjtosées aux angles îles luui-ailles et parli- 
culièrementà l'entrée des liabitations. 

^ous avons été assez heureux pour retrouver, en place, cette dis- 
positi(Mi, ce qui nous permet d'en donner un croquis ( fig. 5). il 
n'en a pas été de même pour les murailles en ar- 
gile; et peut-être faut-il justifier, ici, l'opinion 
que nous émettons sur leur composition? 

On sait que l'emploi de la terre séchée au so- 
leil remonte h la plus haute anti(juité : Egyptiens 
et Assyriens ont fait u.sage de briipies crues. Or, 
malgré la sécheresse des climats de l'Orient, les 
monuments ainsi construits, dans les vallées du 
Nil et de l'Euplirale. ne l"orn)enl plus (pie d'r'normes amas de terre. 
On admellia donc facilement ([lu-, s<uis le climat humide de la 
Normandie, les pluies et les brouillards aient depuis longtem|)s 
réduit à l'élal dhumiis et de boue les constructions en terre et les 
couvertures de paille. 




(') Gr("< r'rrnli(|in's rlii diliiviiini des plntciiiix on de-; vnili^i's. 

■*' En NormnnHîc, on désif/ni' soii^ If nnni dp rlmii/fi-n iiii ini'Ianjjc fornii' 
dnrpile »'t d<' |)iiilli' liorhét; avec |c(jiii'l on ion~-lniil !(•> muis dr^ iialtitalions cl 
(|i-s rlôliirf'«. 

L«'s »ifillc-. l'IiMiiiiiitTi'-. du |iiivN dr (]n\i\ ont iciii's iiiiiimiIIi"> rcui'-lnulcs .■ncc 

roM»' innilinncril'. Il i-n «'-l do nn'mi- | r lo- cnrcinli'-; di's cliàlo.inx <t diw liclios 

(ioniaiiioh. 



— 11 — 

Cepnndunl Umt n'a pas 6U\ aiic'aiili. Des Irinoins sont nisU's (fiii 
perim'lIcMil. de vriilier notre hyp()lli('S(\ (IVsL ainsi. j)ar exeinpl<;. 
(prune ;;i;i:i(l(' (pianlih' iraijjile reronvic l(; sol nalmel , (|ui , à la 
Marc (in l'iiils, csl Ioiiik' d Un sahloii avec ;;ra\icis; cai', sur ce 
plalcaii. raijjil»' (In diliivinin d(''|i()sée à r(-p(»(|ur [[laci.iir»- a ('l»'- 
lavre cl (Milrainc-e |»ar les canx. 

On la icliouNc. par lar[jcs zones, snr les ilanrs (ï\i coteau on 
dans des jxxlics crcnsécs dans la craie. Cesl donc l)ien le travail de 
riioinine (|iii Ta raniené(' et amoncelée à la Mare dn Pnils. on 
nons la Ironvons an milieu des ruines. 

D'ailleurs, rar}(il«! malaxée avec de la paille hachée a éli; lorl 
employée pour la constinction des habitations iiirales, et la couver- 
ture en cliannu' a été, de temps immémorial, la toiture pniférc'e 
|)(»ur les maisons villafjeoises. Or il na été trouvé que des déhris 
de tuiles an milieu des snbstructions en {rposses pierres, c'est-à-dire 
des (|uanlil('s insnllisantcs pour jnslilier l'emploi d(!S liifj-iirùn dans 
la pi-otecticMi des toitures. 

li mtus parait donc bien démontré cpie ]ii ftniiini de la Mare dn 
Pnils t'tait entouré de construciions afjrestes disposi'cs dans un 
ordre bien diiiV'i'enl de celui constal('' ofdiiinireuM'nt dans les rilld' 
.•nilnpu's. 

OIUKTS DKCOUVKUTS. 

N(ms croyons bon (h; réunir, en des paraf|raphes dillérenls, les 
découvertes faites |)endanl noti'e dernière camj)a<|ne et de leur con- 
server les rnbricpu's ordinal rc's : monnaies, ossements, ai'mes el 
outils, etc. 

1° Monnaies. — L'inventaire comprend : '■) };rands bronzes, 
/j moyens bron/.eset ti7) petites monn;iies de bi'onze. donl (|Mel(jues- 
unes sont saucées. 

Dans les grands bron/.(>s. on remarcjue un beau type de Marc- 
AurJde d'une lort jolie patine el , dans les moyens bronzes, une mé- 
daille à l'ellîjpe de M. PVPIANVS. portant au revers la \ictoire 
tenant une couronne; à l'exerjfue, VICTORIA GER. C'est une pièce 
rare en Normandie. 

Parmi les quarante-cin(| petits bronzes, tpiebjues-uns, à I eflîfpe 
de Constantin, sont à Heur de coin, tandis (pie beaucoup .sont 



('IVa(«''s. (icpcndant nous avons |ui liic les rrvors portant le mot 
CONSECRATIO sur deux petits luoii/.es sortis du caveau, ainsi 
que nous l'avons indi(|n»'' plus haut ''. 

•r' (hsniinits. — (iCsl le ioujj du unir deucciulc. au point H du 
plan, (juc nous avons rcnciuilr.' di' uond)i('u\ ossements (Tanituaux 
(|iii' nous iiv(Mis soumis ;i I i'\;ini<'n df M. Il.ioul l'Orliu. (.e nalura- 
iisle a l»it'n voulu en dresser- la liste, où lijjureni m {fiJinde (juan- 
tilt' les os du nu)ulon et de la chèvre. 

L'exploration du cavi-au nous a livré aussi de nonducux os.seinenis 
du hœuf. du cheval, du sanj;lier, ainsi (pie iJ défenses de ces 
animaux. 

La pii'ce la |)lus curieuse est un liunu-rus [irrliué. Nous ne pcm- 
vous donner ni l'emploi, ni la destination de cetlre pièce d'osléo- 
lojfie trouvée dans les déhlais opérés à l'entour du J'anuni et au Norfl 
de cet édicule. 

M. II. l"'orlin la (h'Iermine ainsi : partie inléi-ieun' d'un humérus 
(côl(" jjauche) dun chiiMi (C.an'is fam.. Li.nn.). Le loranu'n de la 
cavité olécranicune esl normal chez beaucoup de caiiiivoics. notam- 
ment chez le chien. 

I^" .l/;/(c,s' it oiiiils iicdUtliKincs. Ainsi (|ue les années précédentes, 
nous ii\ons rci lu'illi des outils de l'à^je de pierre. 

C'est au milieu des Icrrcs r\|)lor('es. dans l'enceinte du sacclluin. 
que nous avons trouvé une hachette et un IVajjment d'arme néo- 
lithiipu', ainsi (|u'un jjros {jalet ou casse-tète, un {çrattoir, etc. 

l*;uini les ohjcts ramassés, nous appellerons rpolissoirr? un 
morceau de loche marmoréenne de cO^ileur noire, veinée de 
hlanc. (lel instrutnent est lailh" en hiseau à l'une de ses extrémit('s; 
el raiilic. (pii df\;iil être tenue dans la paume de la main, esl 
arrondie. 



W l'',ii ri'"-iinii-. Il-- mciiiniiif"- (i-niivi'os ci'lli' nnin'c .■iii\ .ili'iildin"' du fainiin dr 
In Miiii' (lu l'nits M' ri''|)iirli"--'<'nt r lir()n()l(i)fi(|iiriiicnl iiiiisi : 

N.'ii.n, 1 M. |{. ^ Tnijan. i M. H. Iliidri.n , ■■ (1. |{. . Vntunlii !.• l'i.iix, 
•( (i. H. l'ii|ji.'M, I M. il. (Jallion. i I'. 15. INislIinmo, ^ P. II. 'l'.lriciis 
|Mr.-. :i P. II. ^ T.Hiinis fils, i P. II. - (ionstniitin, S P. II., diuil Iniis à In 
l.-j;.-n(l<- SOLl INVICTO COMI 1 I. (;ris|,im, -. P. H. Conslniin- II. •- F». H. 
- l'.Tlinax-/ 1 P. 15. Illisil,|..s .■( n..n .jass.'.s : .... P. |{, Snil an l.ital : M]. K. , 
fi iM. B. a /if) P. li. 



— I.*^ — 

II" Bronze. — liC bronze s Csl nioiilrt'' (l;ins un lond do plal 
(In (( m. •>."') (If (li.iiiii'liT . iirovfii.inl dn r-;i\c;Mi. où il ;i «'lé tromt'; 
conliT le Miiii' (le lond ci imii loin de l;i |i('lili' iiH-Jic. 

(/est ('jralciiKMil, du cavc.iii <|ii(' sont sortis : un Iraifincnl d(; /o/vy»r« 
o(i hracolcl . une lihnic ('lamée, un ijros boulon (raniortisseni(!nl , 
un nianclie de |)e(il(' cuiller (;l di\ers morceaux de bronze don! 
ratliihulion ne saurait (';lre l'aile a\ec, cerlitudfî. 

Dans le |»(''ril)ole du lemple, (ui a trouv('' un l)rar,(det d'cidant (;t 
un list(;l de bronze ayant du orner un objet de l'ornie coni(|ue. 

5" /'Vr. — Le fer est re|»résent('; par des clous de toutes les 
dimensions. Nous avons recueilli des petits clous deslinds à fixer 
les tuiles aux clie\rons cl do lonjfiu's liclies d(! o \\\. i .'> de loujuieur 
sur o lu. o(»() d é([uarrissaj;e; celle (lernier(î mesure prise à la nais- 
sauce d(! la lèio torniin(!'o en pointi.' de diamant (pyramide). 

Des fers à clicval, des pentures, une clef et une spatule sont sortis 
du caveau, ainsi <|no des (b'blais ex(''cut(''S dans rencointo t\n fdnum. 

6° Céi-amique. — Les débris de vas(;s de terre roujje ou noire 
se lrou\ent en très {grande quantité sur le canton de la Mare 
du Puits, et on p(!ut dire, sans être taxé d'exagération, (|u'on 
les rencontre, dans la lorèt, sur plus de ijualre beclares do su- 
[)erficie. 

Un seul vase de terre noire, d'un fort joli profil, a été icliré 
onlierdu milieu des grosses pierres onlourani le caveau; niais nous 
n"a\ons leconnu ni marques de |)Oliers, ni itdiels dignes d èiro 
signabis. 

La seule remarque intéressante (|ue [»uisse olîrir la cérami([uo do 
la Mare du Puits concerne les coroplastes gallo-romains et les sla- 
luetlos de rAnadyomèno sorties de leurs ateliers. 

Nous avons j)u recueillir, cotte anne'e encore, '.] torses et !i j>ié- 
douclies. Ces idoles paraissent venues d'un même moule et leur 
brisement est toujours en (rois parties : tète, torse et piédestal. C'est 
un laitd(''jà plusieurs lois mentionné dans nos précédents rap()orls '' 
et que nous avons toujours considéré comme intentionnel. 

"7" Veire. — Le verre était représenté par de nombreux cols, 

''' Bull, inrlit'ol. , iiji>'i,p. yO. 



— 1A — 

fonds ot débris diirnos. do tioics tW's élégantes ou do petits vases 
d'iiii ifrand luxe 

C'est à I lin de ces vases ([ua|)|3ailei)ait une |)((lile anse. (Tnii 
l'iiil joli lra\ail, et le Iragmenl diin col coiilt'nant im anneau en 
paie colorée. 

Nous avons ë{jalemont recueilli un inorc(>an de vei're ayant servi 
de vitre et i|ui montre bien la technique des verriers {{allo- 
romaius. 

Des scories, produites par la t'iisioii du verre lors do Tincendie 
({ui détruisit les bâtiments de la Mare du ISiils, sont également 
sorties des fouilles. Nous avons déjà l'ait nieniion de découveites 
semblabbiS. 

Cependant, cette année, nous devons signaler une vitrification 
reconnue sur des revêtements de murailles et qui nous a j)nru 
laire partie dune (b'coralidn. iNous possédons un échantillon, 
assez grand, de ce système de décoration. 

Et si, inainleiiaul, nous résumons les princi[)ales récolles laites 
dans les fouilles de la Mare du Puits, depuis trois années, nous 
constatons (pie nous avons trouvé près de 980 monnaies. 

La se'rie en commence avec une médaille gauloise des Vélocasses 
pour se terminer a Maxime (.'i83-388), c'esl-à dire qu'on peut lixer. 
sans crainte d'erreur, à quatre siècles Toccupation du lieu cl la pré- 
sence de rindustrie et de la civilisatioti romaines. 

Cette civilisation est non seulement attestée par li'S médailles, 
elle l'est également par l'art d(''|>Ioy(' dans la construction du fanu m 
et de la villa, par les objets et les vestiges recueillis cpii montrent 
les mœurs et les usages imporlc's d Italie. 

J)'autres recherches pourraient être faites dans la foret de 
Houvray pour arriver au complet achèvement de son élude archéo- 
l(igi({ue. Cependant, comme nous noyons (]U(^ ces explorations 
nécessiteraient de grosses dépenses bien supcTieiires aux résultats 
à obtenir, nous considi-ron'- notre niission coinine leciiiinée. 

Nous ne clorons |tas ce rapport sans remeicier la Section d archéo- 
luiiic il II (.oinité des Tr;i\;iii\ hiNloii(|iies . de> bien \ cillants encoura- 
gements «pi (die n'a cessé de nous donner au couis de nos travaux 
et fies Mibventions quClb; nous a accordt'c.s pour les continuer. Nous 
joiiidions d.iiis notre leconnaissjiiice la Société libre d'émulation 



— 15 — 

(Jo la Soiiic-liilV'riciiirc, (îI Ions nos collrguos de la (loiiiiiii.ssioii des 
aiili(|iiil(''S <|ui oui voulu <iiio dos Ibiiillcs aiTJK-olojjicjtM'S liis.seiil 
i('|»iiM's dans Ir (Irpaiiciiiciil de la Sciiic-Iiiréricuro. Nous remercions 
('ir.dcnicMt M. (iasion \j' Hidoii (|Mi a consr^nli à S(; |)riv<'r d'nn<; 
Iraclioii du hudjfcl des l\lu.s(''('s |)Our nous venir «mi aide dans la làcln- 
(jiiL' n(»us a\ ions cntn'inis»;. 

Lroii i)K Vksi.y. 
(Jorrus|)i)i)(laiil du Comité. 



NOTKS \l!(^lli:()L()(.l(H!i:S 
SI i; \\UB()\fVE, 

V\\\ M. LK <;\1'1T\INE MOI.INS, 
(lu Kio"^ rcjfimeiit (rinfanliTii'. 



IJii si'joiir (1(> (jiielqiH'S aiiiK'c.s à iNarl)()niie m'a permis tic faire 
lin ccrlain nombre de remarques arcliéologiqu<;s, (|uc le Coinilé 
jii|;era [leut-être difjnes d'altenlion. 

I. La municipalité de JNarhonne a ('nli('[»iis de dégager la place 
(le rHntel-dc-Ville, ancienne place de l'Archevêché, et \a (h'-molir 
lin certain nombre de maisons adossées au vieux jionl doni une des 
arclies serl encore au passage de la Uobinc; il sciail a\anlageu\ 
pdiii' I aichcologie (pravant de transformer tous les terrains en 
place piibli(pie, lu Société de \arbonne fit quelques fouillos pro- 
fondes dans celte partie; la récolte ne serait certainement pas 
mauvaise et com[)enserait, ])ar l'intérêt des objets trouvés, les 
sacrifices pécuniaires consentis. 

J)'ailleurs, comme indices cerlains de ce que l'on pourrait reii- 
coiilrer, on a recueilli à côté, au cours de la réfection du calV'Oon- 
lliii'iilal sui la promenade des Barques, un grand nombre de pierres 
énormes, ba^^es certaines d'un monument public de grandes dimen- 
sions ou tout au moins d'un ('dilice ap[)aileiiaiil à un liclie jtarli- 
ciilii'i'. On y a reconnu trois stèles votives, dont nous domioii.s ici 
la traiisciiplion, et une rosace (jui devait couronner (piebjue mo- 
nument élevé à un haut |)ersonnage : 

Mai'])re blanc, trouvé lors de la réfection du cale (loiitinenlal : 



WMA 

L I B E R',.^^^pi^ ATÊ Si 
REMPVBLICÀM ■ S 
STATVAS •TOTlDE^ 

PO N END A C 4*' A 



— 17 — 

O R I 

AN EG 

CORN 

C H R Y 

AMICO 

3" n:-. 

/EL 1 
RICVSE i 
lELIVS 
SEROS 
OPT IMO 

[Jno pierre {jravée, Irouvrc ini même ctidiu'l : 

jTVSCl 

le_i_F_E_| 

Mais, nous Pavons dit, il n;\ pas clé possible de coiiliniicr à 
creuser le sol pour arriver an sol naliirel ancien, à causi; du peu 
de temps dont disposait Teulrepreneur pour achever son œuvre. 

If. Dans les fouilles |trati(|U('es dans sa propriété, avenue de 
rilérault, j)ar M. Lijjnon, on a découvert trois sarcopIiir-Ms de 
jiierre, ilonl un a été donne au Musée la|)idaire de Nnrhonui'. Il 
représente le Bon Pasteur. La sculpture est (railleurs a>se/, edacéc. 
Le défunt était orienté de TEsl à TOuest, la tète tournée \ei's TEsl; 
le sarcophajje était rempli d'ossements qui se sont eiïrités au 
contact de Tair. 

Deux autres tombeaux de pierre tendre ont été' trouvés dans le 
même endroit; ils ne portent ni marque, ni inscription. Nous pen- 
sons qu'ils appartiennent à l'époque chre'tienne. 

Les fouilles ont amené la de'couverle de plusieurs objets, notam- 
ment de [)oteries dites samioincs que l'on trouve en très fjrande 
(juantité sur ce terrain, comme d'ailleurs sur le terrain du rPorl 
des Galères '^ dont nous parlerons plus loin. 

AL Lifpiou a recueilli éjralement un torse de Bacchus. La tète a été 
malheureusement mutilée. 11 manque la partie inférieure (PI. II). 

AnCUBOLOGIB. N°l. o 



— 18 — 

Ce inarbiT «jisail à oùlr »rmi roclaiijfit' de d mJ'Iivs sur ii mi-lics, 
au milieu (lu(|ucl so ln)ii\;ui'iil di!S bases di' cDldiiiics au miuiliiv 
(le six. ('/(Mail là |HMit-.'liv iiu édionlo cnnsam'' à la (li\imlr iv])iv- 

StMlll'l' |KU' If suji'l. 

V pruximil»'. de laulre cùlé de Taveuue de rileiault. \\ a été 
li()UV(: un |,„s(' de Minerve, et deux lèles mulih'es. \u même 
,.,,,lroil. .ui .1 lenicilli (|uel(jue> iuscri|tl ions, loules en mauvais 
étal : 

1. M • L V C C 

M • F • 
PONTIFEX 
P O 



AVI A • 
LENA 
• R V L • 



P • V S V 
AV C 



\III 



5. OST 

VS A 

R V M O V 

O RS E VE 

STVM 



(Lclh'iMlc liroiizc cncaslréi) dans 
\n pierre.) 



CL-P' 



(MiU'que sur iiricjiie dans lui 
cadre reclan}>ulaire; hauteur 
des leLlj'es, o m. o>i5. Celte 
manjue se trouve aussi avec 
les iii(5mes dimensions sur 
une autre hritjue. ) 



A ces objets il faut ajouter quidquos lampes en mauvais diat et 
du modèle eonimun, à anse trouée avec bec, quobjues l'rajfjnents 
fie nrite <M os avec deux ou trois trous, diverses ('piurjles à cheveux, 
en os éj'aleiiH'nl, et un certain nombre de poteries communes en 
tr^s bon état. 

Trois petits bronzes m 'ritenl nue nu'uiion pirlicuhère : d'abord, 
un Mercui'e conranl. nue tète (rempereur et nue Diane (ou une 
Vénus). 



lit. Dan.-) la propi'iclé de Al. «laumel de Sau\ejunle, attenant à 
celle de M. Lignou, les Touilles prali(juées par le propiiclaire lui- 



— 1".> — 

iiiriiic ii'onl, lail (Iccoiivnr niiiiUM' jnsciiplioii ; |iiii' contre, les 
olijcls trouvés sont plus iioiiil)r('ii.\ cl ollrciil de I iiilcii't |);ir leur 
(l(!|fr('' (le conscrvdlifin, 

Plusieurs lampes ni vases sont encore inhicis cl MK-rileti! d'être 
sijfnalés : 

i" (Juati'e vases de venuî avec anse do (i ceiilinièlres carrés, 
dont deux en {)arrail ("lat, et plnsieurs antres d'un niodèle |»lns 
petit, mais cassés |r(;néralonienl. 

t>" Lampes : lampes à 3 Ic'tons, dont un percé et sert d'ans*;, à 
conloiiis linenuMi! travaillés, avec marque ATIME; lamj)e à bec 
avec anse trouée, mar(|iie COPPIRES; lampe (le fond seulement) 
avec marqu(! CABINIA; lam[)e à b<îc et à anse verticale trouée, 
marque C^PPI; lam|)e à a tétons à 2 trous avec une tête pour 
sujet; lampe à 2 becs à anse avec ornementation; lampe à i bec et 
à 1 trou sans anse; lampe à 1 bec et à anse avec un poisson pour 
sujet; lanij)e pliéniciennc avec volutes, bec carré. 

Les vases de terre dite samioine sont tous en mauvais état. 



•2. 

3. 
/.. 
5. 
G. 

7- 
8. 

*.)• 
10. 
1 1. 
1 2. 



'A\ voici les mar(]ues : 

SIOP ^)robablomenl SIOFE 

ou SIOPE). 
OFMARA. 
OF^^RIA. 
VOMILIA. 



IVCVN. 

OFACVIL 

ARDCI. 

AMIN. 

OFRVS. 

OFRASSI. 



i3. 

i/i. 
i5. 

18. 

19- 
•20. 
21. 



■2:\. 



ACNINA. 
BALBVS. 

<] OFLCVIRILl t>. 
ARROI. 
LICNVS. 
OFAO. 
OFLVN-ENl. 
OFCIAF. 
^«IVNDI 
SECVNDI 
OF REC. 



irubableniiMit 



.^Les pro|)riétés dans lescpielles MM. Li<|non et (laumel de Sauve- 
junte ont exécuté leurs travaux lonjjent l'avenue de lileranit; 
c'était là le passage de la voie Domitienne. et il n'est point étonnant 
qu'on v ait trouvé ces deux st;itues. 

A l'époque de la construction des remparts de -Narbonne, la ville 



— 20 — 

(lovait riro onlourr'e do iiionuinciils ancions do loute espèce; ol si 
un arcliôoUvjiio en co inonicnl avait soidoniont ou Tidôc do i'0]u'Tor 
cos niomimoiils, cola lui aurait ôt(' trôs lacilo. à on jujfor par los 
nia}fnili(pios piorros de toutes diinonsions jp'avéos ou sculptées «pii 
couioiinaionl la lolalitô (\i' roncoiulo (\o la ville. 

IV. Dans une autre pro|)iiél<'' eu l'ace dos deux piecédenlos ot à 
rOuosI de la voie du chemin de l'or. M. Baron, liltraire. a ossavé 
(pudipies rouilles dans son iLMiaiu. et se< sacrilices oui eli' couron- 
nés de (pud([uo succès. 

Il a éli' lrou\é nolanimenl : 

i" l no inscrijition (jui . déjà connue el citée par l'abbé Bous(]iU't . 
osl décrite sous le n" 8'"!."» dans VHi'itonr .'n'iiridlr tir ljt>i.<>u('(li>r. 
Mlle avait ('lo perdue do vue depuis une cenlaine daiiuées el (die a 
été retrouvée en kjOo, encastrée dans un bloc do nwKjonnerie 
supportant un sarcophajje jfallo-roinain (pii servait d abi'euvoir. 

Deux aulres tombeaux .semblables ont été découverts au njême 
endroit; 

'>" Une lole (\i' personnage; 

3" {}t\ cercueil do ploud) di'couNerl i|uel'|iies ainuM's auparavant 
en i<^')i, monlionné par M. Héron de \illelosse dans le iùillrdn ilc 
la Socirlé des AiiliqiKilres de Framc. i<^()î!. 3" trimestre; 

4° Une vase élé|i-ant eu lontio dauiiiluM'o av(,'c anse; 

r>" Un \aso en fornu! <le lasse a\ oc b c et aiiso: 

()" IMusiriirs urnes et pbit.s de diirereulo lonues; 

'j" { u rr.i;;uienl de llùlo à deux trous, t'u o^, ol eulin un poids 
de marbre do Inruio arrondie, (N's Irajimonts do liolos à parluru en 
verre; 

<S° Un lot do lampes : i lar.ipe à bec (uik'o duue co(piillo, 
dessin 1res fin, sans anse, niar(pio E; i lampe de uu-mo loiiue, 
suj(;l : oiseau portant un rameau; i iaui|»o (b; même forme, sans 
Mip't . uiar(pio E; i lampe de iiiémo loinie, suj(;t : slou{fbi |)oin- 
Miiv;iul uu lièvre, sans ui;ii(|ue; vi lampes à bec et à anse 
trouée, dont l'une a un croissant /ommo sujet: les deux j>ortont 



— 21 — 

\i\ ni;u(|iic O VWS^NMO; i l;irii|)(' ;i\<'c vdlnlcs ;i hcr n .-irisf, s;ins 



M;ii(|iii's (le jil.ils 

I. AIIXAF. 
a. ARIOhI. 
.*^. VOl VS. 



't. NEAIIWI. 
f). MOPI. 



Les inoiiM.'iii"^ ^'Uil iifniihiciiM's cl i'm lion ('-Lil: elles sont loillo^ 
roiiniios. 

M. Baron, qui se (loiiiic avec ;ir(leiir' aux (Uudos aiclMM)lo{jir|ue.s. 
n'a pas crainl de boulcvoiser sa case j)Our y Icntfr des recliciciios 
doiil les (-('isullals ont (Hé niailieurcuscuiciil pou salislaisanis; Il a 
néanmoins dôcouvcrl dans sa maison, à Tanjjle de la nie Droile cl (l(^ 
la rue Vioilel-le-Diic, une slaluc de fcinnw rnutil^'-o. 

D"a|)rès le |)!a;i de Ivenliiéric. elle pourrait ap|)arl('nir an forum 
qui se lr(»u\erait non loin de cet enrlroit et dont ieniplaceniciil 
n'i'sl pas oncore lixe. 



\. MM. II. <ions, dans la Ctiiic romparn' des houchi'.s de l'Aude. 
et (r. .I((ni(laiine. dans les Varialions du Ultovui narbowiais , ont lait ron- 
nailre, en sappu\aiit sur des docuuienls |)récis, (jue l'Aude élail 
navifjable jusqu'à .Narhoune cl que celle rivièic venait se jeter dans 
lYManjj de Ba{j(»s, à TOuest du domaine actuel de Monifort. A Ton- 
droil où nous plaçons, dit M. (ions, rembouchure du lleuve en face 
de Bajjes, sui' la rive orientale de Télang, se trouve un enfoncement 
d'une superficie de 2 hectares enviion, qui porte le nom très signi- 
liratif de rPort des Galèresw. 

Donc Narbonne avait un port à rembouchure de TAude; c'est 
cet indice (|ni nous a conduit vers celle région, et nous avons con- 
tourné k hic (!•' lîajffs. l'ancien lac de \arbonne,de 1 Ouest à l'Kst, 
pour essayer de découvrir au milieu de ces terres laboiuées (juelques 
vestiges capables de nous 'Miider dans la rccminni^s in<e du 
port. 

Tout d'abord . ce qui frappe le [)lus, c'est la quantité considérable 
de poteries (pie l'on trouve sur le sol. Il n'est pas possible de j)ié- 
Icndre que c'était là le dépôt des immondices de la ville, à cause 



— 22 — 

de la (lislancc considéral)l<' (|ui sôparo col ondroit de l'ancicuno 
Nai'bonnt'. 

On ne poul jjiii'rc su|)[>os('r (jnc Ic^ lial)il;ints vcnaiciil jclcr à 
plus lie 'i kiloinrlres les ordures nu'uajjères, alors que la ville élail 
desservit' |)ar une {fiando rivière dont le déhil esl encore assez 
{jrand au j)lus fort de rdi- pour alimenter un canal de navi<fation 
rommc ffla Robinew. 

Autour du point (|ue nous eroyons avoir été le wl'ort des (lalères'^, 
ou tout au moins une partie du port narhounais, s'étend un bassin 
artificiel de (>o mètres de diamèlre, ayant la forme pres([ue circu- 
laire. On a j)iétendu (juc ce cinjue avait été construit pour servir 
de manège aux chevaux du comte de Aloutforl; cette version paraît 
basardée, si Ton remaripie (jue le sol du prclcndu mauèiM' est au 
niveau de la mer aux plus basses eaux et (juVu tem[)s ordinaire il 
est rempli par l'eau salée. Ce qui est possible, c'est qu'il a pu servir 
à cet usa{|e une fois comblé. Nous n'avons d'ailleurs tenté aucune 
fouille en cet endroit. Dans les environs de ce lieu dit. existent 
un certain nombre de restes antiques. 

Non loin de la butte de tir, on voit encore un égout parfaitement 
conserve', ce(jui imliipicrait reMqjlacemcnl peu (''loij;iié d'une popu- 
lation quelcon(]U('. 

Auprès de la butte de tir, soit sur le boid de r(^tang, soil un 
poil eu arrière, on trouve plusieurs traces de cousliuctions: citernes, 
murs; et, dans toute l'étendue du terrain avoisinaut, la cliai'rue a 
ramené à la surface des débris de construction, ce (pii ler-ait croire 
à l'emplacement d'un |>etit village sur le bord de Tétanif. 

Dans cette bypotbèse. nous ne partagerions j)as l'avis émis par 
MM. (^ona et .lourdanne. (|ui |)lacent le port des (ralères beaucoup 
plus au Sufl et à ll'^st; et, seules, des fouilles entreprises aux deux 
endroits pourraient donner la solution de la (pieslion. 

(liMifiant en noire opinion, nous avons commencé à explorer un 
(piadrilalère (jui s'étend à l'I'lsl du cliamj) de lir sur le bord ménu' 
de létang. 

\(iici le r(''snltat île nos reclierclies : 



— 23 — 



Mdnniis lie potier sur îles drhris ilr plais n-rinssês rou/res (''. 
KOTIFIM ■=. 



1 o. 
1 t . 
l 'J.. 

i3. 

1 â. 



OFMllRA'^). 
SIOFE *'. 
MRriRIISFE'''. 
^ABIAVS'-J. 
OF- PRIMI''). 
SA- yPP'"'. 
SAVII <•). 
XAI. 

OFAOVFTA"'''. 
SIICVNDI (iirobablemenl 
SECVNDI)("). 

ofaovf;''). 

AIHAK. 
SENO MA('\ 



'7 

i8 

M) 

Vi 1 

q8 
3o 



CF. LABg..,./VA "*'. 

LIBERTA'"-'. 

SECaADI (|.iol)al.lr-Mi.'iil SE- 

CVNDIi'^J. 

FESTVS<"\ 
ARDACl-M ''"). 
OFSILVANIC^ 
OFVIA '-"'. 

OFvm. 

OFNE^. 
AFLI-OFIC. 
AVE!^''. 
OFAASCI (-'). 
SANOW "^^''. 
. RVFINVS''*). 



''' La néplijjence avec lacfiiolln ont clé failos les estampilles ne permet pas loii- 
jours do donner luif lecture Wrtaine d'exemplaires isolés. M. Déclielelle, ronserva- 
leiir du Musée archéologique de Roanne, qui a bien voulu examiner la liste dfesséc 
par M. Aiolins. a proposé aux lectures de noire correspondant (pielqucs corn-r- 
lions qu'il lire de rapprochements avec les estampilles recueillies sur l'empl-Temenl 
des ateliers céramiques de La Grauiesenque. Les observations de M. Diflu l'Ile 
sont consignées dans les noies qui suivent. — -^ Lire probalilcmenl POTITI M. 
Marque de La Graufesenque : POTITI M. — ('' Lire probablement OF WPRA 
(Mwraiif). Cf. plus loin, n" .52. — '-'''> Marque de La Graufesenque : BIOFE. 
Voir Décheletle, Vases céramiques m-nés, t. I, p. 956. — '*' Lire probiibleiuenl 
MRTIALIS FE. Manjue de La Graufesen(|ue : MRTIALIS M. — '"' Lire pro- 
baidemeul [SjABINVS. Marque de La Graufesenque : SABINI. — '"- Mi-me 
marque à La Graufesen(|ue. — ■"' Marcpie de La Graufesenque : SA — SAAR* 
iR. — (») Lire probablement SA.VII. Cf. Corpus mscr. lat. , t. XllI, n" 1707. 
— ('•) Marque de La Graufesenque : OF-AQVITN. — '"^ Môme marque à La 
Graufesenque. — ''^^ CL plus haut, n" i i. — "^ CL Corpus inscr. lut., t. XllI, 
n" 1780. — «''^ Lire prolmblenient OFLAB[IONISJ M. A rapprocher les 
marques de La Graufeencjue : OF'LICINI M, OF-ATE M, etc. — ^'^^ Mar- 
que de La Graufesenque : LIBERIVS. — ''"^ Cf. plus haut, n" la. — '•' CL 
Cm-piis iiixcr. lai,, l. Xlll, n° 892. — "*' Miii-que de La Graufesenque : 
ARDACI. — "''' Marque de La Graufesenque : SILVANI. — (^J Marquo de La 
Graufesenque : OFVITA. — î-» Sur les formules AVE, VALE, SALVE, qui 
se trouvent sur des vases rutèues, voir Décheletle, Vases céramiques ornés, t. I, 
p. 1:11. — '"' Lire probablement OF MASCLI. Plusieurs marques de Masclus à 
La Graufes iiqui'. — t'^' Liie probalileui.'ul SAhTO^^rti.v) M. CL Coi-pus inscr. lai.. 
I.XlILn" 10010. 1720. MarquedeLaGraufs.'nqurOF SANTO.— ^'' Marque 



— n — 



31. 


OFA\CC:". 


5*i 


3-j. 


OFAC^^A'-. 


53 


33. 


FELICISM ''. 


54 


31 


OF.WCC;^ 


55 


35. 


AOE!''. 


56 


36. 


CVl A"DAI on IVCV AO. 


07 


37. 


PASSIE("'. 


r)8 


38. 


OFBASSI '). 




39. 


OF-IVCCi"'. 


59 


/.<). 


OF- MODE^ÏS^»). 


60 


'm. 


PASSIF (le niniie probablo- 


lii 




ineut que le u" 87 )<'"'. 


G-j 


Vj. 


OF-NICIO-FF"'. 


63 


/i3. 


-m BIONIS"'. 


64 


/./.. 


VA^VJP. 


65 


/i5. 


.^TIO. 




40. 


OFCOC '•^). 


66 


h^. 


ARVIFE. 


67 


48. 


RECENVS''*). 


68 


'•<)■ 


CRES1IO-"). 


<^9 


.^0. 


OFMOM '"'. 




5i. 


OFmSCl ("'. 





OFIvnRE'^ 
OSABI^"'. 

ESILVA'"'. 
AV ^'''. 
OFSECVN ;"'. 
OPASSIEM "\ 
IVCVIO (le ni^Muo proliaMe- 

ment (jne le 11° 36). 
ALBFH-"). 
CARI1A("'. 
OFPATRIC'*"». 
OF-FkMO'"'. 
MCERE -"). 
OFBEDO. 
OFBEVC (petit-èliv If mrnic 

que le prëcAlenl). 
OFMSCI("'. 
GALLT W. 
DOSIO ou OFSOC. 
MCERE (le mt'rne que le 

n'"63). 



de La Graufesenquo : OF RVFINVS (sic). — '') Marque de La Graufosenqiie : 
OF MCAR. — W (]f. plus haut, 11° 11. — t^' Marque de La (iiaufi'son(|iio : 
FELICIS M. — (*) Cf. pins liant, 11" 3i. — (^' Lire |.rol);.l.lenioiit AVE. CI'. |.liis 
liant. 11" 27. — '"' (if. plus loin, n" hi. — W Marque de La (liaiifesoii(|ue : 
OF BASSL — ^») Marques de La Graufeseiique : OF IVCO, OF IVCON, 
OF IVCVND. — '») Marque de La Giaufesenque : OF MODES. — ""' Marques 
de La Graufesenque : OF PASSI, PASSENI. — ('" Lire prob.iblenienl SE-NI- 
CIO'FE pour SENICIO FE,mar(pie de La (jiaufesenque. il arrive fréqueuirnent 
que des points séparatifs ont été plari'S par erreur dans le corps d'un mol. — 
'"^ Mar(|ue de La Graufesenque : AMBIONI(.'i). — C-^' Marque de La Graufe- 
senque : OF COCI. — ''' Mar(|uede La Graufesnn(|ue : Ric'iGENI. - - "■'' Mai(|iii' 
de La Graufesenque : CRESTIO. — <"') Marque de La Graufesenque : OF MON. 
— <"^ Cf. plus haut, n" a8. — ■'*') Lire proiiablement OF MIRA^ {Min-ntni). 
Cf. Corpitx in.scr. lot., t. XIII, n° 1394. — ''"' Marques de La Graufesenque : O 
SABI, OF SABINL — ("' Lire probalilenient OF SILVA. Marque de La Grau- 
fesenque : SILVANI. — '*') Lire prolinblenienl AVE. Cf. plus liant, n" 37. — 
W Cf. plus haut, n" lu. — <«) Cf. plus haut, n" Ai. — '-'») Marque de La 
GraiifeseiKpic : ALBINI. — '"' Marque de La (jranfesi'iicpie : OF CARI. — 
^*' Manpie de La Graufesenque : OF PATRIC. - - (^') Cf. Corpus iiisrr.lnt.. 
l. XIII,. n- lOOlO, 900. — (»") Lire prohahlenienl MCER FE. M-inpie d.. La 
Graufesenipii- : MÂCRI M. - ''"' (A. plus liani , n" 'S. »"' \|nr(|ii.' de 

La Grauffscnipir : GALLI'M. 



^)f; 



70. 


MCERE (If; iiiriin' ((lie II' |)i<'- 
c<;<loiil ). 


iy>. 


7'- 


OSABl (le IIK'IMC i|iir II' 
..■• r '? L 


.,(). 


7a. 


Il :>■). 1 
COSIVS V<A">. 


!)7 


73. 


CKmjio ('). 


'.)« 


7''- 


FELICISM (lo iin''ni.' .|ii.- \r 


9'.)- 




11" 33). 


1 00 


75. 


OF- MCCAC). 


1 01 


7(). 


ADIIO. 


1 os» 


77- 


ARTIM '*'. 




78. 


SCOTNSI^^''. 


1 oi) 


70- 


COO^iFICt"'. 




S((. 


OF-ARDACI (i;i|.|Hurli(T 

ilii 11° 0. i ). 


in'i 


81. 


DlOWI ^^ . 


loT) 


8-i. 


IHl ou IRI. 




83. 


COU. 




8'i. 


OSIO. 


1 oO 


85. 


REGENVS (le ni^nio pro- 


107 




li.'ihlciiionl que le n" A8). 


108 


80. 


vRirwv. 


109 


87. 


SA-APE. 


1 10 


88. 


OOFI. 




8,,. 


TABVE. 


I 1 1 


()0. 


OF- SlLVAN(lem.nn<'[)ro- 






bahlt'iiieul ([ue le n' tva). 


1 i-j. 


'J'- 


WV^C^'K 




•> 


POM. 

OFCOC (le in<*nie (jiie le 


ii3 




n' 'lO). 


ii4 


•.)'•• 


COMOE. 


ii5 



OF SILVAN (\o rii.":.iir (ino 

II- II" ()()). 
COIF (IciikViii' |»rol);il)|(irii!iil 

(1110 le n" 83 ). 
LABINIE'"'. 
OF-SP^ANI. 
SILVAAVSE""». 
îjMONVS"!. 
OFBAISIC"). 
SILVAAVSE (le iii.-iiif fjiic 

le n" ()9). 
OFSiLVA^ (le in(Mii.-,|ii(. 

le n' ()0 ). 
OF.SlL\ANI (if m.'riir |,m- 

li;il)lriiirnl(|ii('lf' |)r(T('(|i>iil). 
OFDRIMI ( IcriT j;iiiii«' iii:ir- 

bnv (le loiifje, jiiovciiniil 

])eiil-('ti-e (lo Millijiu 1 ' . 
ICO. 
AOVII. 
OFV. 
OSAl#. 
OFCOC (le même pi-olt;ililo- 

nienl ([ue le n" /lO). 
CVANVSE(le seul mar(|.ir 

e\l('rleiu'('nii'nr). 
OFSILV A I pcul-iHre le inèiiit' 

que les n" 5'i , 90 et io3). 
SILVA.V/ (esl-ce le iiif-me 

que le u" 99?). 
COITO. 
DMON '*'. 



t') La iiK-mo marque à La <ii\uir(',soii<|iii'. — - - Cf. plus liaul, n" '19. — 
'^' Mar(|ue Je La (iraiifosi iKpio : OF MCAR. - "'' .Marques de La Granfe- 
sonquo : ARII, ARTl M AN. • .Mar(|:ios de La (iraulusoiiquo : SCOTNS. 

SCOTIVS. — " Lire prol.alileujeiit COCI [OjFIC. Marque do La (iiaiile- 
sonque : COCI O. — "' Lire [>ioIinbleruenl BIO W. CL plus liaut, n" A, — 
'.") Probal.lcin.iit MSC(/i) rétr, grade. Cf. plus liaul, 11" o.H. — *) Lire prol)al»le- 
menl SABINL CL plus iiaul, n" (j. — '"' Manpie île La (iraufesinrpic : SIL- 
VA^VS. — ^"' Marque de La Ciraufeseiique : DMONA. — '-' Lire proliablo- 
meiil OF BASSI CO , marcpie do La (îraufesen<|ue. — *'•''' Marque de La 
(iraulesenque : OF PRIML — '* Marque de La Graufeseiique : DMON. 



— 26 — 



ll(). 


CANIC. 




i44. 


mv/SE. 


117. 


OCOC. 




i/.ô. 


SILNAN (le mômo (|ii(> lii 


118. 


OOlIVUlO. 






n° i9i). 


119. 


OA. 




i'i(). 


ONOëâl. 


i-io. 


OFISRMO. 




i'.7. 


GIOFF (i.iol.al.Inn.Mil 1.' 


1 -Jl. 


SILViN '\ 






MltMMC (JIIC lo 11" ft). 


1 -i -^ . 


DM0 (osl-col«> 


ini^mo (|iio le 


1/.8. 


MARI^M^. 




n- 11 5?). 




1/19. 


INRR. 


i-i3. 


OFACWIL'-. 




iBo. 


OVF. 


126. 


IVCVvD(esl-ce 


le môme qui' 


i5i. 


«ÇSCOTNF ('=■'. 




len»36?). 




i5-:!. 


ROCATI- M •("•). 


13 5. 


DARRArrw 




i53. 


•^^VS-FEC. 


10.6. 


OSABI '\ 




i5/i. 


/. VOM. 


127. 


NNIAC ou INNIAO. 


i55. 


OF- AARRAI(h rn|)|)iorli(>r 


198. 


SECVv^JV '*'. 






(lu n" 1 95). 


129. 


DMONl^'). 




i56. 


DM ON {h même 41K' lo 


1 3o. 


FIRMO. 






n" 1 1 5 ). 


1 i) 1 . 


CARirO v^. 




107. 


IN^IO. 


l3-2. 


COITO (lo iiu'un" (|ii(^ io 


1B8. 


OF AFRIt'^). 




n" 1 14). 




1B9. 


FESTVS (lo uK^mo (|iio lo 


iB3. 


AOVR. 






11° 0.0). 


i3'.. 


FELICISM'^ 




lOo. 


OVF ou OVE. 


i35. 


OFIVEM ^••'\ 




161. 


SENICIO-FE('«). 


i3(i. 


OFLABIO''"'. 




16-:?. 


NVIABIA. 


,37. 


SENIC1FE'"\ 




t()3. 


OFM0 '". 


1 38. 


MAND. 




i<)6. 


MA^ERTEF. 


,39. 


CAWCNl. 




160. 


PASSIEN ('"'. 


1 A . 


SABIAVSI^'^). 




1 (■)(■). 


OF AOV ^''. 


i/.i. 


OL^MV. 




107. 


OIMHI ou OFMUl. 


l'.o. 


GALLIW ('•'). 




1G8 


.RRNI 011 iNRR. 


1/1 3 


oisiLvr-'^ 




i()9 


WA ABIA. 



'') Lire priilialiliîtiii'iil CANTI, iniii'(|iic de La (!i'aiiri'seii(|iio. — Î-' CI'. |>liis 
liMut, II" :!;^. ■■' Mar(|iii' (l(î La (iraiiri'si'ii(|iii' : ACVIL. — '^' Lire proliahlc- 

iii.'iil SARRA FE. MaKjii.' lic- La (!raiiros(Mi(|iic : SARRA F. — '*' Mar<nio de 
La (Jraiifes(!ii(|ii.' : O SABL (il. |.liis liant, n" 0. — " Marqiio clo Ln (îraiifo- 
.sonqiio : SECV^D. CI. plus haut, n' 1 -i. "' Cf. plus liant, n" 100. — ^"^ Cf. 

plus haut, 11" H3. — W Marcpif d.' La (iiaufosonquo : OF MEM. - "*> Cf. plus 
liant, n" 16.— (") Cf. plus lianl, ii" /ia. — C^) Cf. plus liau(, n» 53. — '"> Cf. 
plus haut, n" (i;. — '*' Maïqii.' d.' La Graiifosonquo : OF SILVL — "" Cf. plus 
liant, n" 78. — "" Marqu." do La Craiilcsoiupio : ROGATL — <"' Marquo do 
La (iraiiffsciiquo. - ''") CL plus liant, n' l\-\. — <"' Manpu's df La Cranfo- 
."îcnipir : OF M0. MOMMONIS. — '" (',1". plus lianl , 11' '11. "> CI', plus 

liant, 11- i;L 



— '27 — 



1 7<> 
171 
17-.. 



/i. Il 



1 7!) 
176 
177 



DMONVS. 

DrMIO. 

OAA/.IO. 

II.VFIV. 
IWI. 

FFl'XIN. 

SIL\MIO('). 

OF-IA^. 
178. PA^LLINI('). 
17.). OF-AB^IJ. 

180. SANlWJf:. 

181. SECVNDI '•■''. 
i8>. ON AD A. 
18:]. -SAARI-A- ''\ 
18/1. COSIVS- M /P '•'''. 
i85. FESTVS F^"'. 

186. ENILISI. 

187. SILWIC ^'. 

188. SCOTNIW. 
i8(). .SAAPvI.A.". 
i()o. SEON. 

i(')i. ClINAIV. 
ii)-2. AC MAFI. 
i('|3. AI VIVO. 
i.yi. GALLIW"^ 
11).'). SIL\A/I OF' 
i("|(). P/SO. 



"') 



197- 
198. 

>•)'.)• 
900. 

2 09,. 
9.o3. 

-y.oli. 
200. 

907. 

208. 
■?.<)(). 
■>. 1 (). 

5>. 1 1 . 
•! 1 ■> . 

•.18. 
•21/.. 

9. 1 5 . 
916. 
917. 
9 18. 
219. 
220. 
991 . 



OFEEV. 

SEHICIOFE'"'. 

GALLIMX '■'. 

BASSVS('\ 

SIORV. 

SARR OFC"). 

EMO. 

OFIVAC. 

SILVANiSC'). 

OF.SILVAN"". 

OFE-V-C-C-EI. 

VA\ÛL. 

SILVANM'"*). 

OF-ACVILC"'. 

ATRVS '"K 

RILWF-OF. 

OF- PATiicr^'). 

OF PRIMI". 
LAVR-IO. 
SIILV.LIIO'"'. 
PA^NVSE. 
ARRE. 
LVAM. 
r«ODESI '-"'. 
SENOMA (lo nii'iiK' <iii<' 
11-' 1 5 ). 

(•-5) 



<" Cf. (lins haut, 11' 0,2. - ' l-irt^ proliablemont PA'^LLI M. Mar(|iii- do La 
r,raiifi<si'Mqiu' : PAVLLI. — ''■ CI", plus îiaiil, n" 12. — '' Maniiio de La Graii- 
r.'scnqiio : SAAR-yR. — t^' Marquo do La Graufosoiiqii.' : COSIVS ^RA (/- 
Cnsi Virilis). Cf. Coriius inscr. lut., t. XIFI, n"' 656, «57. COSIVS VR AP, 
si-fiiiiiiî à Windisrh ( Vialollos). — (''' Cf. plus haut, n" ao. — '" Liro prohalilo- 
inonl SILV/IO. Cf. plus haut, n" 2:?. — '»' Cf. plus liant, n" 78. — (*' Cf. plus 
liaiil , II" j8.3. - '" Cf. pins liant, n" 67. — ^''^ Cf. plus haut, n" aa. — <"' Cf. 
plii-i liant, n" /i-j. — ''■" Cf. plus haut, n" 67. — ('') Cf. plus liaul, 11° 38. — 
l'^) Mar(|nos do La Graufesenquo : SARRAF, OF SARRL — "") Manpio do 
La Granfosouquo : SILVANVS. - <''> Marque de La Graufose#rpio : SILWI 
OF. — ''"' Cf. pi !S haut. II" ao5. — - ^'"^ Marquo do La Graufosonqno : AQVIL. 

— (*•) Lire pn.hahlomoiil ALRVS. Marquo do La Granfosouquo : ALRVS FF. 

— '-" Cf. ])lus liant, n" 61. — '--' Cf. pins haut, n" 7. — *^' Liro probahloniont 
SVLPICIO. Marqn.'s do La Graufosonqno : SVLPICII, SVLPO. — <-*' Lire pro- 
l.ahlom.-nl MODEST. Mniqu.' d.' La Granfo'îonqn.' : OF MODES. — '■''' Cf. 
plus haut, n" 711. 



— 58 — 



•3 03. 


VOFANGIV. 


•jsr.. 


•' DES P. 


aa'i. 


DMO^^. 


ab(). 


MCEKE ^^lf' nit'iuc iiin' li» 


•JQO. 


>1SABIN11 •\ 




11° 227) -"'. 


•_V3 6. 


M. 


r 

•■.>7. 


INGENV (à r;i|»|)i'ocli('i' <ln 


•V37. 


MCERE ([ti'iil-i'lic If iiit'iiic 




n' •2 2()) '''. 




(iiie los 11' 1)3 . (m) i'I 70 ) ''. 


9âS. 


GIROFE (:i i;i|)|)iocli('r dn 


oa8. 


AVG. 




ir !/i7). 


aa(). 


^S^NGENS. 


9 Ô () . 


OIVDon MIO. 


q3o. 


OY&E.\m/jt. 


>.?()0. 


O.ARI on O.API. 


q:Ji. 


OFNIA on OBNIA. 


961. 


Aie ou AID. 


.i3q. 


IIWII ..Il IIMII. 


aO-j. 


OF • vLçym (Ml OFM • om. 


o33. 


MNl. 


9(J3. 


OF IVP R A^ 


•'.3/1. 


NIN nu RIN. 


0.6/1. 


S1L\\SE on SILV^OF • . 


q35. 


OF RV PIEV»i;(''. 


2 05. 


OMOM'S. 


a36. 


OF RASS. 


•iOG. 


SlLVvNI.M '"■. 


037. 


RILVNI '\ 


267. 


OPASSlIfM "'. 


5.38. 


OF VIAI. 


3G8. 


SirJW^^i. 


.3.,. 


Of NGR. 


269. 


SENEC^. 


îl'lO. 


\&^W\. 


270. 


OF-SIL\\NI>'^). 


9 '1 1 . 


OFLADI-MAN '. 


9.71. 


SILVAM SF on SILVAM 


•l>i-2. 


AVE. 




OF"\ 


ti43. 


AIA (.u AIN ou AIH. 


■>7-i. 


REGENVS '^ 


a^i/i. 


cwnmAW. 


•.7;!. 


misvwm.. 


fjiô. 


PROFIL 


.7/.. 


ACC. 


2A(). 


SEM on LEM. 


•(75. 


COSI ..Il COCl (le in.'iii.^ 


.'.7. 


2MI1WI-OF. 




([lie !.' n" •>, •)2) '■' . 


•3/18. 


AWI (.n IMV. 


>.^7(;. 


VSF. 


a/iç). 


OF MlINR. 


277. 


AI-1-. 


'35Ô. 


ANIIon AMI. 


278. 


LMllD. 


30 1. 


OCAR.I. 


•■^7'.)- 


OFNR RA^. 


9 5-3. 


INO. 


280. 


SSASI. 


9 53. 


OF MVRRA. 


281. 


VOMNINV. 


Ô ^1 . 


SENON "■■'. 


282. 


INGENV (•"'. 



' CI', |.lll^ haiil, n"" C. -' Cf. jiliis liiiiil, n' (iH. ■'' Lin' |).^iil-«Hr«- OF 

R\TAENI. 1111. c|i'' .11- l-:i (!r;iiir.-si>iif|ii.'. ' Lin- |ir(.l»al)l<'iiifiil SILVNI. 

Man|iM'. <!<• ^ (;r;nir.-..MMiiii' : SILVANI. SILVNVS. '■•"■ l.iiv |>rol.;il.l.'iiHMil 

CELADI-MAN, mar(|iH' (!<• I.ii (irniiri'Sfin|;.«'. Voir U.'-clu'ltlli-, Vaxex nniiiiùiiirs 
nrnr». l. I, |t. afio. ''' (If. i»liis limil, n" 1.^). - !'' (if. plus liaiil, n" d:». 

"'' Maiquo(ic l.n (iiaiirr,ciir|ur. '"' Cf. pltis liaiil, 11" i-j. - ''"' CI', plus liaiil, 
n" 'X9. :•' Cf. ).liis liaiil, n" '11. - "' Cf. pl-.is liaiil, n" r?a. — '"' Cf. |.liis 
I1.111I. n" 'i:-. ''*' Cf. |iliis l.aiil. n" S."). — ('■■) Cf. |>liis liaiil. n" 7(). 

!'•) Cf. Jiliis haiil, II" «57. 



— '20 — 

:>.H:]. OF.C-CSAP+ (.-.vrc lllir -.HO. CAFilTWV. 

noix). 9.M7. ATRL- OFIC. 

■jMh. mêASTl''K 9.H8. OFPKIMI ( le mrmr qii.' I.'b 

•..Hf). SE[^ECWM(h i;.|.|.iocIi.t.Im u" 7 d nk). 

M" .j ()()). I 9.8(). ^MONIC^''. 

Tous ros plais oui (îh- IroiiVf's soil sui- le sol, soit jxmkJ.uiI les 
loiiillcs, au iiiilicii de drhiis do louU^ espc'co, grandes liiilcs à ic- 
hords, pclilcs l)ii(|iios, riihi's de iii()K,ii'(|u(! }{i')S.si(';r(; el surloul 
('■cailles d'Iiinlrcs (!ii Iri-s jp-aud n(iiid)io. 

La foriiK! de ces vases varie à Tiuliiii. ils soni tanlôl à parois 
verticales, lanlôl à parois évasées, à i'el)ords droits ou inclin«'S, le 
|»!us {p'iKMalemeiit unis à rinléiieur et ornés à roxt(!rieur. 

[>es sujets (rorneineulation sont li'ès varif'S et nn-riteraienl une 
élude parlieulièi'e. 

Nous avons reniai (jué (jiie l<;s vases jiorlaient {jénéraleiiient deux 
lignes de dcs-^in : l'une, du sujet principal, situe'e à la partie su- 
périeure; l'autre, foriui'e par des riiiroaux, S'^'parée de !a première 
par 1111 simple lilel. 

dépendant, dans les vases à parois verticale'^, le molif prinripal 
se trouve presque toujours au-dessous. 

Le dessin est loujonr.i d'une régularité' reiiiar(|u;il)le et inènie 
('lonnante pour ces ol)j"ts(jiii semblent avoir été dun usage coui'anl. 
Les uns ne j)()rlent roinmc onieiiienl (jiie des rosaces ou des bandes 
striées, entrecoupc'es par dvs linoeaiiN rruiw.' grande finesse ou d(.'s 
brandies. d'arbres et de Heurs. 

Un grand nombre ont des sujets d' cliasse ou (]i^s iii''daill(uib 
qui encadrent difTerenls animaux. 

Nous remanpions des médaillons avec des sangliers à la soie 
bérissée, des oiseaux peirbés, des chevaux qui se mordent la (|ueue, 
des chiens et des lièvres fuyant, des oies debout, et enfin quel(|ues 
tableaux où se tnmvenl deux chiens en arrêt devant un oiseau perché 
sur une branche, et en avant un cerf courant, sautant par-desfus 
un lièvre cpii vient en sens inverse; puis un chien mordant un 
lièvre à la (pieue, |)rès d'une biche ou chèvre au repos, et enlin 
des lions debout et des ânes agenouillés qui semblent brouter. 

''^ Lire proljnhli'iiic-nl CASTI. MarqiK' ih' La (iraiili'scnqin' : OF CASTI. 

'-') Lin- piolinjpl.' ni DAMONI O. M;ir(|iirs ,\r I.n (Ira'if'-si'iKjiii- : DA- 

MONI, DAMONO. 



— 30 — 

Sur un (le 0(>s fVaf|nionls de xnsc, ou voil aussi un Amour ailo à 
jjt'Udux (jui soniMc olIVii' (jU('l(jii(M)hj('l à un autre persounajfe, mais 
11" morceau n'est j)as assez, cdmiilet |i(tui' itei'iiiettie de (ii-teniiiiier 
ni l'objet olVerl, ni le jier.-onuajie ([ui est eu face. 

Il) autre sujet repi-éseiite une ieuune le meuiDU apimy- >{w la 
luaiii droite, qui est soutenue à sou tour |iiir l;i iii;iln <;auclie placée 
à hauteur de la ceinture. 

H faut citer encore un [)ersonua};e jouant de la lyre, ayant devant 
lui un antre personnage jouant d'un autre instrument qu'on ne 
peut préciser; des lutteurs eu j)osilioii d'attaque et de défense; 
des cliieus mordant un lion; des |)ersonnajjes avec bouclier, massue, 
et armes diverses; de petits Amours semblant porter nu message, 
une tète (remj)ereur, 

La décoration est très variée : on y trouve des feuilles d'arbres 
et de plantes de plusieurs espèces : vigne, cbène, lierre, pin, etc. 

Les objets trouvés intacts sont tivs rares; jusqu'à présent nous 
n'avons recueilli (jue deux [)etits vases, l'un de terre rou|fe ver- 
nissée sans ornementation et avec marque déjà connue (INKR.. 
n" 1Û9), l'autre de forme plus singulière. 

Cest une poterie très commune qui n'a aucun rapport avec les 
autres vases. Ce vase n'a d'ailleurs ni ornements, ni marque de 
jtotier. On peut se demander si ce n'est pas une la?iipe. 

Nous avons découvert aussi les débris d'une jarre très grandi;, 
seuibl;d)le à celles (pu se trouvent au Musée de Narbonne et (jui 
servaient à conserver le vin ou l'huile. 

P.iiiui les fragments de poterie, beaucoup u'out pas de sujet; 
dans ce cas, la terre est moins line. la fabrication moins élé- 
gante. 

En recueillant tous ces débris qui n'ont peut-être pas une grande 
valeur archéologi(pie, nous avons pense' pouvoir seconder la tache 
de ceux qui ont entrepris récemment la reconstitution de la cdra- 
mi(|ue antique et surtout la recherche des centres où se fabri- 
quaient tous ces plats dont le vernis, malgré le temps et la destruc- 
tion, s'est conservé int;ict et brillant commeau premier jour de leur 
fiibricaliou. 

La profusion i\i'-^ débris reciK.'illis et celle des noms ipie nous 
avons ])U relever semblent iudif|uer (|ue les fabricants étaient nom- 
breux d.ins la région uarbouniiise l't que l'usage de celte céraniique 
était devf'iMi Iri's commun. 



— 31 — 



.lii.s([iri'i |)i(''.s('iil , nous n'iiNoiis iclrvc' (|iriiii iiioiiiiiiiciil (ir-cinih- 
(loiil iiiiiis suivons le conloiir cl iIomI nous (lonmions la (|i->(-i'i|)l ion 
pins l;ii'(l, (|n.'inil l^'lal (r.ivancctni'nl des rouilles nons le [X'rnn'l ha. 

Nons |n'('|iai()ns en ini'nn' Icnijis la rc|n-oiliichon de Ions U;s 
sujcls (jnc nous avons rencoiilrc-s. 

MoLINS, 

(J.i|Ml;iiii'i .111 I oo" (l'InraiiliM'it.'. 



MAllOI ES DK POTIERS 
TlîOllVÉES À INAIlBOlNlNE. 



OHSEUV,\TIO^S DK M, .1. DIXMlKLKTTi: , 

Coiisorvatoiir du Musée ar(li('oioj;i(|ii(' di' llonmio, 
Gorres|i(itulaiil du (iomilé. 



L'cxaiiii'ii (les dtVoiivoilcs (M'i-ami(ni('s faites par M. le capitaine 
Molins à Narbonne peut donner lien à quehjues observations. 

Dans mon récent ouvrajje sur les Va^es céramiques ornés de la 
Gaule romnhte, je uie suis allacbé à dénioniror que les poteries 
rouges fabriquées dans les ateliers rutènes, particulièrement dans 
les importanles niauuriclures de Condatomaijus (aujourcriiui La 
(îraufesencpie, commune de Millau, Aveyron), avaient été l'objet 
(Tun cou)nierce extérieur très étendu, durant la seconde moitié du 
pr'emier siècle de notre ère. On les retrouve en effet dans les pé- 
ninsules ibérique cl itali(jue et même, quoique plus rai'cment, 
dans les stations romaines de TAfricjuc du Nord, .l'avais reconnu de 
plus (|ii(' les poteries sigillées de l'Auvergne, si répandues à l'époipie 
des Anlonins dans les Iles Britanni([ii('s, faisaient, au contraire, 
presque entièremeni défaul dans les n'gions méridionales de 
rKmpire. 

Les nouvelles découvertes ducs à M. le capilaine Molins con- 
lirment pleinement ces constatations. Le conmierce d'exporlalion 
des poteries /-ulènes s'élant exercé surtout par voie de mer, il était 
naturel de supposer (jue Narbonne avait élé un des principaux en- 
trepôts de ce transit, puis(jue, suivant le témoignage de Sirabon, 
son port célèbre, oiJ se pressait une nombreuse alUucnce de mar- 
cliaiids el d'étrangers, l'emjjortait sui- tous ceux de la (lelli(|ne. 
.Nous |)onvons maintenant substituer iii aux conjectures des preuves 
matérielles. 

M. Il' caiJitaine Molins a été Irappi-. à juste titre, p;ii' Irxtraor- 



— 33 — 

dinaiic ;il)()ii(l;iii('<! des drhiis de v.iscs routes (pi'il .1 rfîciicillis sur' 
l'(Mii|>laceiiient |)r<''siiim'' du ffl'oii des (iiili'rcsT). Mais c«'sl à lorl 
(|u'il semhle voidoir r(!xpli(|U('r par riiy[)otli('s(; d'utu; fahriralioii 
locale. rLi\ inolusion des débris recueillis, é<rit-il, et celle d(^s 
noms que nous avons pu rehîver, semblent indi(|uer que les fabri- 
cants étaient nombreux dans la réfpon narbonnaise et (jue l'usage 
de c(!Lle céianii(|ue était dcxenii ti-ès comnmn.'n 

Kn rc'alilf'. |'ai pu iirassufcr <|ue la masse des noms de |)()lii'rs 
ap[)artient aux ateliers ruli'iies. Le lieu de fabrication des vases 
rouges sigilb's peut être déterminé le plus souvent à l'aide des es- 
tampilles, s'il s'agit de vases unis, et |)ai' rétiub; .simiillatié(! des 
estampilles et du décor, s'il s'agit de poteries ornées. Je n'ai donc 
pas à entrer dans de longs commentaires. .le me suis contenté d in- 
scrire en regard des marques de Narbonne publiées par M. Molins 
les manjues semblables ou similaires découvertes dans les ofïicines 
de La Graufesencpie, d'après l'ancienne liste de M. l'abbé Via- 
lettes(i). 

Si j'avais eu sous les yeux ces fragments de Narbonne ou les es- 
tampages de leui's marques, le nombre des rapprocbemenls eut 
été à coup sur [)lus considérable, car les lectures données par M. Mo- 
lins présent(ml bien des incertitudes. Les estampilles des potiers 
ruiènes étaient souvent tracées avec beaucoup de négligence et en 
caractères peu distincts. Les ligatures y sont fréquentes et acbèvent 
d'en rendre la lecture malaisée. 

On rcmar(|uera ([ue presque toutes les marques qui ne se re- 
trouvent pas chez les Rutènes semblent être incomplètes ou d'une 
lecture erronée. Aucune ne paraît pouvoir être attribuée aux manu- 
factures italiques ou arvernes. 

A peu d'exceptions près, tous les principaux potiers rutènes 
figurent dans le relevé de M. le capitaine Molins. 

(-es constatations sont d'ailleurs confirmées par l'examen des 
fra<;ments à reliefs. Le plus grand nombre se classent aux formes 
39 et 00 et présentent les modèles variés de rinceaux dont j'ai 
donné le classement général, d'après les vases ruiènes. Quant aux 
types, à trois ou quatre unités près, qui constituent des types nou- 
veaux et inédits, on les trouve dans mon recueil, avec les deux 
astérisques désignant ceux de La Graufesenque. 

' CI. \ Oses véraiiiiqufs onii'.i. l. t, p. 8i2i 

Abcdéologie. — N°l. 3 



— 3'i — 

\()ici (N'iiv i|ii(' j ;ii ii(tlt'> sur l»'S cstaïupa'M's (iiii iiiOiil T'h'» oom- 
immi(iu('> : 

.Minerve, ii" «"^ i ; \i'iiii>(»ii It'iiiiiic iiiu'. ii" :>()i5 (diuM'iisioiis |»liis 
jjiandes); Amour, ii" -î/'i; llcrculo (".'), ii" 'iO-î; Fcinint' drapdc, 
11" 53(); IIdiiiiiic drapt'. n" .V.n ; (iladialcur. ii" (Joii; (îlatlialcur, 
n" Go'i; Tèto virile, n'^tO-y; Lion lerrassaiit nue }>a/.elle. n" 779; 
(diien. n' 916 bis; Lapin, n" QÎii ; (hiadrupède indélerniiné, 
n" 97<); Oiseau à droite, n" 1009; Aigle, n" 98'J ; Cy<fne, n" ioo3 ''l 

Ln terminant, i'c\|)rime, le désir que M. le capitaine Molins 
poursuive ses recherches intéressantes et (|u'il \euiUe bien pid)her 
les types lijjurés inédits (piil a (h'jà recueillis on ipril recueillera à 
l'avenir diins ses trouvailles de vases sigillés, ornés de reliefs. 

Jose|)li Déchklkttk, 

<ioiis<M'\yli'iir (lu Miisi'C ili' lloiiiiiic. 



'"' Dans mon n'cin'il, |i'> types •'.u'.\ i-t loo;) oui trois iiblérisqin's, ( "ol-ii-din' 
(|ii'ils a|)j);ulii'niitMil loiil i\ la fois à La (jraiilost'iiqiic l'I à Liv.oux. l.a loti' virile; 
couronnée n" OG7 n'a pas encori- cti; n-troinûc en raliriijiir. 



LA 
CllyVSSE l)K S\Ii\T CALMINIIJS 

Ali ivuisKi< DonnÉi:, 

l'Ail M. I'. DK I.ISLK 1)1 DUKNELC, 
Coiiservalfiur du Musén iiirliéoldjjiqiifi de Naiilfis. 



La chàsso desainl Caliiiinius, im des cliel"s-d\ruvrc de r()if('viciii; 
de I.inio'fcs au xiii' siècle, est lestoe ignonW; depuis (\r. lonjjui'S 
anuëes. Elle avait un moiuoiiL attiré ratlenlion dos Viollet-lc-Duc, 
Didron, Labarto''), lors de son passa^je dans la collection du prince 
Soltvkon"; mais, depuis la vente de cette célèbre collection, elle avait 
complèlenient disparu. Achetée sous le nom d'un intermédiaire par 
M. Tli. D(tl)i'ée. les amaleurs TavîneiU tout à lait perdue de vue et. 
de|)uis 1861, elle étail enfouie parmi ses riches collections, quil 
ne comiiiuiii(pinil à personne. 

Maintenant que, grâce à la londation du Musée Dobréo, lâchasse 
de saint Calminius est accessible à (ous, nous croyons devoir la si- 
gnaler. Une autre circonstance nous engage à la de'crire et à la 
figurer ici. Malgré la grande importance de cette })ière, on Vu 
parfois confondue avec une autre chasse de saint Calmin. 

Nous allons d'abord donner la description de la chasse du Musée 
de Nantes, puis nous expliquerons la cause de ce dualisme. 

La châsse de saiiil Calmin de l'abbai/e de Tulle. — (l(itte châsse 
a la foime d'une nef avec transept central. Elle est de cuivre 
doré et émaillé; les fijfures <jui la décorent sont faites au re- 
poussé. Au centre de la face prin('i|)ale, le Christ nimbé, bénis- 
sant et tenant un livre. A sa droite, saint Martin bénissant de la 
main droite, et tenant de la jfauche une crosse; au-dessus des 
épaules, linscriplion S. MfiR6inVS; à gauche du Christ, saint 
Calminius, S. GflLMiniUS. debout et tenant un livre (pi. III). 

■' \oii- HhIIcIiii niclii'iliij'iijili- , l<)u6, |). (.\l.ll. 



— 3(1 — 

Li'> li<[iiri's soiil al)rilô(vs sous des arcades. Le l'oiul csl onié de 
rinceaux se délaclianl sur uu email de diNcrscs couleurs. 

Uou.v auffes tliuriféraires sont posés sui' les rauipaiils du 
toit. 

A l'extrémité {jnuolie de la chasse s'ouvre une |)orle cintiée, avec 
I ima^je de saint Pierre; à Texlrémité opposée est représenté .'^aiiil 
Paul tenant une épée de la main droite, el un livre de la main 
{jauclie (pi. IV). 

La face postérieure est décorée de médaillons représentant 
r\nnonciation et la Visitation; ers deux médaillons sur le; toit; 
puis lAdoialion des Mages, (ui deux médaillons, et la ^ativitc; 
dans cette dernière scène, la Vierge est étendue sur un lit el, au 
Tond, paraissent Tàne et le hœuf. Six demi-médaillons trilobés, 
avec des anges au centre, complètent la décoration (pi. V). 

Les émaux sont en taille d'épargne. 

Des pierres enchàssi'es décorent la chasse, et la crèle du laitage 
est surmontée de boules de cristal. 

Cette châsse mesure o m. 69 de long, m. t)o de haut el 
G m. 20 de large. Klle appai-tient à la première moitié du 
xiii' siècle. 

La chasse de saint (lalmin du Musée Dobrée provient de l'an- 
cienne abbaye de Tulle. 

Saint (ialminius, vulgairement saint (^aiinery (s(i)tcUis(^<ilniiniis. 
€alminoiis . Calmolius), duc d'Aquitaine, vivait au xii" siècle d'après 
les Hollnndistes; c'est l'avis de Baluze et de dom Mabillon. L'in- 
scription de l'antique chasse où étaient placées ses i'eli([ues le fait 
fondateur de trois abbayes : celle de Mozac, près de Hiom (Puy-de- 
Dôme), celle de saint (IhallVe, aux environs de la ville du Puy. el 
celle de Tulle. 

Les restes de saint Calmin lurent d'abord conservés dans uik; 
chasse de bois |)lac(;e derrière le grand autel de l'église abbatiale 
de Mo/.;ic. .luscpTau xii" siècle, ainsi (}ue nous le dil \ ioIlel-le-Duc, 
l'usage était de conserver les reliques des saints et des londateurs 
dans des chasses reliquaires de la grandeur d'une chasse ordinaire, 
placée sous l'autel. Mais, à partir du xiii' siècle, on remplace ces 
grandes chasses, d'un aspect assez triste, par d'élégants reli(|uaires 
en forme de chapelles ou d'églises, que l'on plaçait sur l'autel el 
(jiie Ton |)orlail en procession. 

|]ii 1 isi'y, léglisc fie Mozac lui saccagée par les soldais de Louis 



— 87 -- 

le (Jros cl l.i cli.issc violi'c. Ia'.s ossciiionls l'iifCMil Iransporlrs. au 
moins en paitic, dans la crypte do ral)l)ay(' de Tulle. Ou y mil 
|)lus tard C(!Ue inscription : Ilic est corpus Jimli (jolinimi confessons 
(luod fuit invent uin m timnild ij)sins. (jui est infra crrhsiam Afiiiiiifr 
jiurta mafpmui nllarr, (uini) ah inrarnalione Doinini nostrt Icsu (Jlirisli 

Vax 1227, les ossenienis d(' saint (lalmiuius lurent parlaj'és 
cnlie rahhayc de Tulle e[ celle de Mozac cpi'il avail l'oudée^-^. 

Plus lard, Tahbaye de Tulle les plaça dans riHejjant celicjuaiic 
eniaillé que nous venons de déciire; en i3i7, le dernier abbé de 
Tulle devint le premiei' ('\êf|ue (\\i nouveau diocèse, erijfc par 
Jean X\II. 

De l'abbaye de Tulle, la (liasse de saint (îalminius lui transportée 
dans l'é{j[lise de La Guenne (Corrèze) où elle se trouvait encore vers 
le milieu du siècle decnier. Dans son Dictionnaire des communes 
de l'iance, Giraull de Saint-Faigeau nous la signale en ces termes: 
ff Dans l'e'fjlise moderne de La Guenne, on voit une châsse e'maillée 
el ciselée en forme de maison. Au centre, .Jésus; à droite, .saini (îal- 
min revèlu d'un l'ror. Les laces latérales, à droite et à gauclie, 
sont ornées des lii[ures de saint Pierre et de saint Paul, gravées 
au trait sur le enivre doré el se délacliant sur un fond blanc.» 

La vente de cett(; châsse eut lieu le -22 octobre 18/11, et elle a 
donné lieu à un procès (-' intéressant. Acquise à un très has prix 
par un sieur Minier, elle fut revendue par lui à un orfèvre de 
Paris, M. Joyan. dette vente ayant été dénoncée au Garde des 
Sceaux par Didion, des poursuites furent autorisées contre le ven- 
deur par le Gonseii de préfecture de la Corrèze, le 28 juin 18Û2. 

Le 6 avril, le président du Trihunal civil de la Seine fit mettre 
la cliàsse sous séquesire. Au mois de juin, un premier procès, 
dont les plaidoiries remplirent deux audiences, mil l'orfèvre Joyan 
bors de cause comme ayant acquis ladite chasse de bonne foi. el 
condamna le sieur Minier, premier acquéreur, à remettre la cbàsse 
à La Guenne. 

Minier fil ajjpel, et, le 5 juin i843, la Cour de Limo/;es rendil 
un jugement ])ar le(juel la vente de la chasse de saint Calmin au 



") K. Rupin, L'œitne tiv Liinojrfs. 

--' Tons les (li'tails de co. prorès nous ont été obli[jcainnieiit Iransniis par 
M. Krru'sl lînpin ipii les a rrlatés au Bullédn arcliéologifjiie dr la Corrhe, en i iS((i. 



— 38 — 

sieur JoNuti est conlirintM' coiniiu' ayant forci» de chose jn})ée. 
Minier fui coiuiauiué à verser à la i'aljri(]ue le prix de la cliàsse. 

.lovaii C('(la peu après cette châsse tant contest(5e, et elle fut 
achetée par le prince SoltykolT pour 8,io0 francs. 

Kntrée dans la collection du prince SoltykolV, elle porte au cata- 
lojfud de vente le n" 6f». Elle ligure uiainlenaul au Musée Dohrde 
et est enrefjistrée et décrih» au catalogue général de ce musée sous 
le n" tio I. 

Nous avons dit (juau mi' siècle les relicpies de saint (îalniiu 
lurent partagées entre les abhayes (ju'il avait créées. Le monastère 
de saint Challre. sa troisième fondation, ne ])arait ])as avoir eu de 
chasse de saint Calmiu, peut-être parce qu'elle possédait, et con- 
serve encore, les restes de saint ChalFre placés dans un buste reli- 
quaire. 

Châssr de saint (!ahuiniii.s. de l'abhayc de Mozac. — Au monastère 
de Mozac, après ie paitago des reliques de saint Calmin avec Tab- 
baye de Tulle, on joignit ce (pii restait de ses ossements à ceux de 
sainte Namadia, sou épouse, qui avait aussi contrihu(' à la fon- 
dation de Tabbaye. 

La chasse où on les plaça et qui (^st actuellement cousiu-vée dans 
fancieune église abbatiale, devenue église paroissiale de Mo/ac, est 
fort grande; elle mesure o m. 80 de long sur o m. ho de haut, et 
a la forme d'une nef sans transept. 

Sur une des grandes faces on voit, dans la partie formant toit : 
au centre, le Christ bénissant, entouré des quatre symboles des 
Evangélistes; au bas, le Christ en croix, la sainte Vierge et saint 
Jean de chaque côté, deux anges au-dessus des bras de la croix. 
A gauche et à di'oite de ces deux sujets pi'incipaux, les douze 
Apôtres. Les figures sont en relief. 

Au côté latéral de gauche, saint Auslremoine. Sur l'autre face, 
les figures sont gravées sans relief et les sujets sont ceux de la vie 
de saint (îalminius, apôtre de l'Auvergne *''. 

Le y)remier panneau à gauche représente la mise au sépulcre de 
saint Calminius. On voit son âme em])ortée par les anges : Hic 
nmma nb angcl. portatur. 



'" Voir Eniost l'iipin, l'ttnryc ilr Liinnirrs , y. i()f>;"i iii(i. I)('srri|ilinn .irroni- 
pagnée df lijfiircs. 



— 39 — 

Le (l(Hixièmo p;mii(!aii a iioiir sujet la mise au sépulci'e de sainte 
Nainadiu; plus haut , cWo. (îsI (un portée par les anj{(!S. IJicin monaslcrio 
Mauiiaco tih <inj>A diniliir. 

Au troisième panneau, Pclrns (ihhns est représenté entre deux 
lévites, devant Taulel avee la léjfende : Pelrm /ihlxis lldiizinnis (sic) 
fecit capsiam precio. 

Les panneaux inléi-ieurs ne sont pas moins nMjiarquables : 

Le premier a pour sujet la conslruclion de l'abbaye de saint 
Ghaffre; à gauche sont les deux personnajjes de Namadia et de Cal- 
minius; à droite, les ouvriers guidés par un ange montent bîs maté- 
riaux. La le'gende est ainsi conçue : S. Calmiiius construit unam abha- 
|/](V;//( in Podiensi r/HilK in onore sce Theofredi niaiiiris. 

Dans le deuxième, les figures de Calminius et de Namadia sont 
placées de chacjue coté d'une abbaye en construction. La légendr- 
est en ces termes : S. Calminius, senator roman(us), conslruit .s(c)c(m/?)- 
d{a)nt (ihha\t]iain in Lemnvicensi epatu, no{m)ine ThueUam. 

Enfin le dernier sujet représente la construction de Tabbayc de 
Mozac : 'S'. Calminius costruit tercia[m) abha[t]iam nomine Mauiiacum in 
Arvernmsi epatu in onore S. Capram m{artïyis : et Sci : pclr[i] qu(fi)m 
nfer. eiidem Scis. 

Cette chasse pourrait être datée par le pontificat de l'abbé Pierre, 
son donateur (P(?/rj/s abbas Mauziacus fecit capsiam precio). Mais comme 
il y a eu plusieurs abbés de ce nom, il n'est pas très facile de dé- 
mêler celui auquel on doit en rej)orter le don. 

Elle peut être attribuée soil au deuxième qui était abbé en 1 1 65 , 
soit au troisième qui paraît de i i 68 à 1 181, plutôt (ju'au quatrième 
qui devint abbé en i-ikk. Mabilion dit, en parlant de la châsse 
de saint Calminius à Mozac : te Cette châsse fut faite en 1298 du 
temps de l'abbé Pierre, ■fl 11 est bien vrai qu'en ce temps-là Pierre 
de Valerii^ était abbé de Mozac; mais le style de la châsse ne per- 
met pas de la faire descendre jusqu'à la fin du xiii* siècle. 

Nous avons cru utile de donner cette description pour aider à 
distinguer ces deux châsses, qui ont été parfois confondues dans 
certains livres. 

P. DE LiSLE DU DrENEUG, 
Correspondant honoraire du Comité. 



N T I-: 

Sl'R 

V^K TKTE l)K STATUE 

TROl VKK \ VIKAIX, 

V\\\ M. (iVSSIKS, 

Vice-présidont do la Sociélô histori(|ii<' cl liltéraire do la Biii', 
corrospondant ilu Coiiiiti'. , 



La teto do piorro qiio nous avons l'Iionnour de sijfiialor à l'al- 
tenlion (\os arrlu''olo{jues a olô trouvée dans les nialôriaux des 
anciens moulins de rKchelle et provient d'une des é{jlises de Meanx. 
démolie au moment de la Hévolulion. Elle a été recueillie pjir 
la Société d'archéolofjie de Seine-et-Maine (section de Mcaiix), 
puis elle a passé au musée récemment ouvei't à Tllùtel de ville de 
Meaux ( 1 <)0o), où elle est exposée actuellement. 

Le caractère aicliaïque de ce fragment de sculpture, rétounanlc 
ressemblance avec des statues asiatiques et même assyriennes nous 
ont j)aru des raisons suffisantes pour faire connaître ce monument 
inédit, dont on trouvera ri-joint la reproduction (pi. VI). 

Nous pensons que la tét(; est celle d'une statue tombale de la lin 
du \f ou du conuTiencemenl du xiT siècle, et non celle d'une 
statue ayant décoi'f' un pilier cenlral ou un jiied -droit de por- 
tail. 

La fiicturc moins poussée d'un des cotés semble ukmuc iiuliipier 
que la statue courbée é'tait silui'c dans un cnfcii. 

C'était le ras d'une statue fameuse auliclois à Meaux et qui, 
étendue à côté d'une autre, aualojfue, passait |>oni' étic celle du 
fameux Ojjier le Danois. 

Sans entrer dans la discussion (b; ccdte allrihulion, nous remar- 
quons simplement la ressemblance de ce! te '''l*' ■■"V''<' <'<'lles des 



— /il — 

sl;iln(î«; touihalos rej)n''S('iil('M'8 dans les Acta Sanclornm'^^ o\ ()iio 
Mahilloii donne coimne celles dH){rior el de son ami I'xmioîI, Ions 
deux morts cl eiileiT('S, (Tapi-ès la Iradilion'^*, à Sainl-l-'aion de 
Meaux, al)l)aye hetK'diclinc (N'inolie à la lin du wiii" siècle 

C/est en vain (|iie Lonjipérier, accueillanl à la l(!{jèie mu; noie 
niannscrih! de rincons6([uenl curé Janvier, a cru à une conliision 
cnlro Ogier le Danois et uti prdtendu Ogier de Cliarmenlray. Ta- 
dernier personnajje (,'st presfjuc aussi léfjendaire que Tauli-e el le 
premier a pour lui la Iradilion, raulorilé de Fidcoius d(! lieauvais, 
archidiacre de Meaux, ([ui vivait au \\' siècle, et les chansons de 
irpste, — en ]»arliculier la chanson ou \y\ roman d'Ogier fie Danne- 
marrhe'-') (publié par Harrois dans la collection des lîomaus des 
doii/e j)airs). 

Quoi qu'il en suit, la léte est bien celle d un iu«iiie,et sou .^lyhî 
est iuléressanl à étudier. On remarquera les cheveux rangés par 
boucles symétriques, s'enroulant à l'extrémité suivant une disposi- 
tion qui rappelhî les bas-reliefs ninivites. On pourra avec intérêt 
rapprocher de cette tête, pour la facture des cheveux et de la barbe 
figurée par petites touffes également symétriques : les statues de la 
façade occidentale de Saint- Gilles (Gard), et en j)articulier les 



'" Acln saitcloi-Hiii (irdiins S, lienvdicli , t. V, p. 650 et suivantes. Grande {jra- 
vure du lomlieau qui se trouvait à Saint-Faron, tors de la visite de Montaigne. 
— Cf. lielation du rnyajre de Montnijjnc , publiée par Querlon; Rome et Paris, 
y'j~fi, 1 vol. iu-'r (j'ai écrit une notice sur le séjour de Montaigne à Meaux). — 
<M'ande copie de cette gravure dans la (îolloclion de tiliainpagne, vol. XIX, au 
dé|)art(,'iniMil des manuscrits de la lîililiollu'Mjiie nationale, avec une curiousc li-ltro 
inédite (p. t-iû) relative à ce tombeau. 

'-' iliiinnach liiKloriqiie du dioci-se de Meait.v ; Paris, inipr. Micliel I.amlicii, 
1776 (et Meaux, chez la veuve Charle). 

C On voit d'après la charte suivante que le personnage d'Ogier de Char- 
mentray était déjà peu connu des moines de S. Faron, au xi' si»''clo. Or la statue 
tombale que I^ongpérier, d'après l'autorité insiiiïisantc de Janvier, voudrait faire 
passer pour colle d'Ogier de Charmontray serait précisément de répo<pif d'une 
pièce où l'on di'sigue Ci' personnage d'une faœn très vaguo, tandis qu'à la même 
époque, la Iradilion, représentée par Fulcoius de Beauvais et les chansons de 
geste, allirme la mort d'Ogier le Danois à S. Faron de Meaux : frEgo Fulcoiidus 
(ni' pas confondre avec Fulcoïng), coenobii sanctae et victoriosissimae Crucis, 
Sanctique l'^arouis nomine tenus abbas, notitiae cunctorum fidelium Iradere <lis- 
posui, (piod apnd Carmenlriacum (fuidam Intrus iiilcr sims clams, nnmine Oljrr- 
rius, morabatui', soror cujus, UDinini' (lib-liua, amoris f)ei causa in nostro mo- 



— V2 - 

tiguit's (l'auiiuaux, lionne allailanl au |»i<'(l-iiroit de droile, el aussi 
les lions et liounes du pilier do Sainl-Pierre de Moissac; (leu\ 
lijjnresd'liommo et de femme du portail occidental (porle centrale) 
de la cathe'drale de Chartres; le buste du rcliqnaire de Sainte-Hau- 
dine (à Saint-iNeclaire, Puy-de-Dùnie); enlin la lijnre d'un cliaj)i- 
ti'au (le l'ancienne «''glise \otre-l)aiiie de Paris, n" i V'i du Musée 
du Trocadéro, où se trouvent daillems Ions les nionla'fcs des sculp- 
tures (jue j'ai cit('es. 

Les cheveux de la statue de Ciodeiroy d'Eu, évéque d'Amiens, sur 
le lomheau (|u*on voit dans lu cathédrale de cette ville, ra|»jiellenl 
aussi la chevelure du personnajjc de Meaux, mais la l'acture de C(! 
dernier nioiccan (h; sculpture nous paraît plus aichaïqueC-. Elle 
remonte, à noire avis, au moins au xii" siècle et nous pai-ail, en 
consécpience, fournir un chaînon de plus ])our l'étude si passionnante 
de fevolulion de notre ai-L national. 

(i. (ÎASSIKS, 
(]orros|iondnnl du roiiiili'. 



iiaslerio roclusM i>ral . . . " vers lo'yo (loussaiiits Du l'iessis, Hislnin- ila l'éi[Iisf 
<Ip MoanT , t. II, p. S, pièce x\\). — Une ronfusioii eut lieu dans la suite ontro 
l<^s deux Oyier, comme le prouve \n\ nécroiogo cité par Qiierlon : ffiîiltolina, 
soror Olgerii le Danois». — Toussainls Du Plessis est pour la Iraditioii favorjhlo 
à Ojrier le Danois. — Cf. P. Paris, Uill. de l'Kcole des cluirlvx , i"' série, I. III, 
p. .').'{.'), siu' Ofyier le Danois. — (](. Romans des Dou/.e pairs. Homan d'Ogicr de 
Daiui inarchc, publié par Harrois. Paiis. Tociii'ner. — Il es! ro-uMe de liaiiiiln'i t 
de Paris. (Noir les demiiTS vers du roman.) 

C' Pour re (pie je dis du style de la statue, comparer re cpie dit le D' Wiliielm 
\i\fo au sujet du Saint I'lerri> d'EiutnpcH el des slalues analojjues [Dw Aufiinirr 
de» MiiniiHieHiale Sliles iiii Mitleldlli'v, Slrasljourjf, i!^t)'i). 



NOTK 

SUR 

['^ ins-riKLii:i< dm i/kcoli: i<ij\\n\is[< 

1)1 W I' SIKCLK 
À r/l'MiLISK l)i; WNTOI II.LKT, 

l'vi; M. (;\ssii';s. 

Vir('-|)r.''si(li'iil (II' l;i Siiciéli! Iiislorifiiio ol lilli'-riiin' de la f'fi.'. 
cotrcspoiidaiil du Coinilt'. 



(Ino nolo consacrée à Jean Goujon dans lo récent, volume [tuhlir 
h roccasion du centenaire de la Société des anti([iiaiies de France, 
par M. (lennain Ba[).sl, membre résidant, me fournit l'occasion 
(riin rapprochement qui n'a pas été tait avec de marjniliques scul[)- 
lurcs (pii existent à Nanlouiilet (Seine-et-Marne). 

On counail i)ien le château du cardinal Dupi'al. Iransloi-m»; au- 
jonrd'iiui en exploifalion ajji^ricole, et ceux (pii se sont occupés de la 
Ilenaissance en Franc(î n'ont pas n('gli[>é les restes de cet int(*res- 
sanl ('difiee. Léon Palustre a, dans son <|rand ouvnijje, consacré uuo 
importante étude au château de Nantouiliet. 

Il n'a pas non plus oublié l'c'fjlise voisine d'Otbis, mais il n'a 
pas dit un mot du bas-relief, sur lequel nous voulons insister au- 
jourd'hui. 

La vue seule de la photographie (pi. VU) qui accompagne celle note 
donne une idée de l'importance et de la conservation des sculp- 
tures. Elles se Irouvcmt au-dessus de la porte de l'église jiarois- 
siale de Nantouiliet. 

Le cbàteau, on le sait, fut reconstruit par Antoine Dupral entre 
i52i et i53o environ. L'église, du uioins la façade qui nous oc- 
cupe ici, est sensiblement postérieure. Le bas-relief, par son style, 
nous parait indiquer la seconde moitié du xvi' siècle, et il j)eul être 
avec intérêt rapproche' des sculptures qui ornent les œils-de-bœuf 



— ^^ — 

de la ooui- ilii Louvre. Il p>t bon loutdois de rocoimailro la dillo- 
reiice do caractère (|ui existe entre ces S(nilj)tiires : les reliefs du 
Louvre sont moins saillants (et aussi plus frustes) que ceux île 
Nantouillet. Ou j)eut à ce projjos i.ippeler cette remarque de lierty 
(citée par Palustre) : ffll est bien certain (jue, entre les fijjures 
((]ui cncadreul les d'ils-de-lxcid ) si (^L'gantes, si méplates et les 
lijjures maniérées, lourdes et très saillantes de ratti(|ue, il existe 
une diilérence de caractère exlrèmemeuL sensible au piemier 
abord, mais celle dissemJjlanco, lorsqu'on fëtudie de près, perd 
en j)arlie son importance, car on observe que la rondeur des bas- 
reliel's de Tattique décèle plutôt un système adopli' en vue de la 
perspective que le l'aire d'une main élrangèren. 

Nous pensons, pour notre pari, en ce (|ui concerne les sculp- 
tures de Nantouillet, qu'on [x-ut les attribuer à l'école de Jean don- 
jon, ou mieux à l'atelier de Jean (ioujou, bien ({u'cdles n'oiVrent 
pas les cai-actères dos fameuses (ijiurcs de la fontaine des Inno- 
cents, l'allés se lapprocbenl beaucoup plus de la li|fure ailée poitanl 
un {flaivc, sculptée sur le manteau (b; la cbeiuinée d'Lcouen, 
(puvre é{|alcmenl inconlcslée de Jean (ioujou. 

Sans oser allirmcr (juc le bas-ielief de Naulouillel soit i'œuvi-e 
du <;rand sculpteur, sur les travaux duquel jjjane encore lant de 
mystère, on peut croire qu'elles ont été exécutées sous sa direction 
))ar un de ses collaborateurs immédiats. La lijjure de droite, par le 
type même de son visage, rappelle la fij^nire de droite de Id-il-de- 
bd'uf, reproduit par .M. IJapsI. Les (frosses lèvres, le nez aux ailes 
un |ieu fortes, la pbysionomie un peu caprine se ressemblent au 
point (|u'oM pourrait croire (jue b; même modèle féminin a posé 
pour les deux (ijjurcs, 

lîcmarcpions aussi les ressemblances de l'aiTanjjemenl , le cadre, 
les colonnes à cba[)iteaux corintbieus de même prolil. 

(juaul au document (|ui nous j)ermet de dater d'une layon pn''- 
cise le monum(!nt, il nous fournit une date (jui concorde tout à 
lait avec celle des sculptures exécutées au Louvre. 

Lu elTet, les commandes, dont M. Ha|)sl publie le texte, datent 
de i-')^i<). l'jôo, i.'),")!, iT)!")/!; les comptes des Hàtiments du lloi'" 
donueni les dates de i.S.').') à i.'^>(>'!. (l'est donc vers i.").")o, eu 
cliilfres ronds, (pie le>^ bas-rel!(^ls du Louvre oui ('lé' exéculi-s. 

<•' Cimtjih's <lr.i liàlniiriils lin m, . (. I. |i. •.(ii, ;{.")() ri .'{H7; I. Il, p. ••."), '1 /| <•( (\:\. 



— /If) — 

Nous n'Hiirions .'lunino daU; à iii\()(|ii(M- |)our le li.-ii-rclii;! do 
Nauloiiillcl si, p.ir hoiihoiii-, riiislilulcnii- <lii vill.i;jc ' ii'avail rc- 
l(!V(î en iiSM/i, an cours de; la d«?o)(dilinii (IHih; vieille maison 
adossée à la mairie actuelle; ot siliidc eu {';\ci' de Trfjjlise, deux IVajf- 
monls do la |da(|ue on inaihro noir, (|iii élail aulroioi.s placée au 
IVonlon do {'«'{fliso, onlro les d(Mix fi/fiiros do [(mmiiics assisos, 
an milieu do roiicadreiiienl. (les li ajjinciils [torl(!nl on inajnsculos : 

RVM REGE 

(jrsjTITVTA M.D.LX 

(i(!llo dalo (le i.)(i() pour la pose dos ijas-rolids sur la laçado do 
rôjjiisc loronslruilo saccorde i)ion avec le slylo dos slalues, o\é- 
culoos sans doulc sur la cominaiidc d'Auloinc Duprat, \'' du nom, 
(|ui lui [)révùl de Paris ( kj février i553)oL épousa Anne de Bar- 
hanson, fdlo de François de Marbinson, seijfncur do Canny, ol 
d'AnloincKo do Vaizièros. 

Colle Anno do Barhanson ('lait la ni(;cc do la duchesse d'Elampos, 
Anne de Pisscleu. 

Los Irollos du blason de Diipral i'(|ui élaionl pcîinls) son! encore 
visibles sur lo blason que soutien l la li^jurc de [jauclie; les clous 
de la porte sont également on lonne de trollo. 

Il nous [)arail donc j)i-obal)Io que le bas-rolierdo Nanlouillol a 
élé exécuté vers le milieu du \vi* siècle (avant 1 5Go) pour lo compte 
(rAnloine Duprat, par un des sculplenrs (jni travaillaionl pour la 
Cour, Pierre L'Heureux, François L'Heureux, Martin Lo Fort, 
Pierre Nanyn ou Etienne Carmoy, sous la direction ou d'après les 
dessins de Jean (!oujon. 

G. Gassies, 

Corn'spoiidnut du (imnito. 



<'* ()iii l'fait alors M. l-aii;[0, ;nliii'llciniMil rédaclour du journal Lp llrinnl . 
à Meaux. — Cl. A. Mclnyï', i\nnloiulli'l , imlici' hixlnrMjuc cl hértiUtiauc de ses sei- 
irncurs, d;ms Bulletin de la Société liltérairc et hislariquc de lu Jirie . t. II, p. io8. 



NOTE 

SUR 

Lv i;i:sT\un AïioN des mthaux 

DE L\ C\Tin':i)l{\I.K DE ClIARTHES, 

PAU M. LK ClIANOINK MKTAIS , 

(i(iri'"<|ii>ni|;iiit ilii (idiiiiti", à (ilnirlres. 



La rcstauialion do^^ viliaiix do la calhédiale de (iharlrcs, liniicii- 
seiiienl entreprise aii\ frais de l'Etal, intéresse au plus Iiaiil poiiil 
li'S artistes et les arch('()l()j;u('s. 

Les verrières du jjorlail royal ou occidenlal, ro[)ul(''es du 
\\f sii'cle, méritent une attention toute sj)éciale. Loui' remise en 
])lomb est aujourd'hui achevée. Sans doute, Texéculion matérielle 
de cet important labeur offre toutes les [garanties de solidité dési- 
rables, mais Tai'tisfe et Tarchéolojjue peuvent avoir (jiichjiics 
réserves à l'aire cl (jU('l(|nos observations à présoiilcr. Membre ihi 
clerjfé charlrain, nous no pouvons rester indilléreni à tout ce (jiii 
concerne la splendeur de noire merveilleuse cathédrale. 

Notre première observation vise (pielques fragments neufs (|ue 
Ton a cru devoir ajouter à la verrière de la baie centrale. II s'a^fit 
de la bordure inférieure. A\anl la descente du vitrail, en kjoo, 
cette bordure n'existait |)Ius : une assise de pierre de taille en 
tenait j)lace. Elle avait existé cependant jadis, et Lassus a pu la 
dessiner jtour sa uiono{fraphi(! de la cathédrale f'\ |)lanche X'XVIII. 
A-t-(dle été descendue lors de la restauration du porlail vers l8.^o, 
pour appiiver les (T.hafaudaiies sur le bord de ciMIc l'enèlro ou 
|»oui' toute autre cause? Toujours (îsl-il (piClle ne li;fure j)as dans 
les primitives pbotojfraphies de cetti' lacade antoriouics à njoo. 



''' MotutiiTtipImi ili' 1(1 cnllii-ilrdli: ili: (Hidrlrr», [luitlii'i' [liir nrdiT di' I Kni|i('r('iir 
t*l |Kir l<'s s(Mns (!'■ M. !'• Mini-li"' (!■■ l'tnslrin lion |)iiiili(|iit'. — i'ai'is, tin|)tiinir if 
nnlionali!, i HG.^>. 



— /i7 — 

La l)oi(liiin nouvelle est rrun coloris heancoiip trop clair, à côté 
du reste (lu \itrail; la (lilïeretice s'accenlue sous les rayons du so- 
leil; Téuiail du verre noppose plus un obstacle sullisaul à la trop 
irrande vivacité de la lumière ; la dniicenr, la richesse et le vcloutd 
des ('oulcurs disparaissciil : celli- haude esl alors en opposition vio- 
lente avec le reslf du \ il rail. 

Mais il est un aiilre |)()inl. plus }frave à n<iln'a\is, sur I(mju<I 
nous croyons de noire dcxoii' (fapid'lcr l'alh-nlion du inornh; arlis- 
licpie. 

Restaurer un nioniiiuenl n'est ]>as le Iranslornier, mais lui 
rendre son état primitii', le rétablir tel ((u'il est sorti des mains (\o. 
Tartiste. Pour atteindre ce but, il faut bien comprendre Tidée qui a 
d\v\\ré celui qui Ta conçu et exécuté; et, s'il reste des doutes sur 
son dessein primitif, mieux vaut alors le laisser dans la disposi- 
tion précise où on l'a liouvi'-. (pie de tenter une disposition incer- 
taine. 

Cette faute avait été commise au x\\" siècle, lors d'une première 
restauration, comme il sera facile de le constater bientôt. Les traces 
de ce premier essai se remar(|uent en plusieurs points, spécialeiufîut 
à la tête de la \ ierjfe. M. Durand, auteur du texte explicatif do la 
monographie de Lassus ^'^ l'a reconnu sans crainte d'erreur. 

Le verrier du xvi* siècle ne semble pas avoir compris les sujets 
représentés dans chaque panneau, (juand il adopta lordonnance 
copiée lidèlement par Lassus dans son magnifique Allas, l'our en 
juger plus sûrement, il esl utile de ra{)peler plusieurs principes : 

1° Le vitrail est consacré à l'enfance de Notre-Seigneur; 

•j° L'arlisie, très habile, il faut le proclamer, voulut donnera 
son œuvre tout le charme possible pour l'œil, par l'agencement des 
coideurs et des dessins et par la symétrie parfaite. C'est ainsi (jue 
les panneaux sont les uns ronds avec un Ibnd bleu, et les autres 
carrés avec un fond rouge. Cette variété exigeait un classement 
spécial. Les ronds ne pouvaient se suivre tous, mais alterner avec 
les carrés : par ce fait, les couleurs se mélangeaient dans une écla- 
tante et merveilleuse mosaïque. 



'" Moiioffrnphin df Nulre-lhinip ili> Chfirlret. — Explications dt-s |)lanrlit'< par 
M. Paul Diiranil. — Paris. ini|irim<'rif nationale, 18IS1. 



— /i8 — 

Dt' [)lii>. il (Icvjiil clicirlii'i- au>si à inslrtiiro les lidMcvs cl (•\il(>r 
lie les iiuliiirc (Ml criciir. Il devait (Idiic suivre un orilre lo{|i(jue ilaiis 
l;i leprt'seiilalion des lails. ado|)tei' une cliroiiologic dt'lenuiuL'e, 
el ludi pas jeter avec insoueiance les scènes sans avoir ('«jard ni 
au lenips, ni an\ circonslances. La \isilo dos iMa{»es, par exemple, 
ne peut être j)lacée indislinclemonl iivani le! ou (el aulre fait de 
renfance de Jésus; et puiscpie |)lusieurs lahleaux lui sont consacrés, 
ils doivent avoir entre eux nne succession raisonne'c. Pos(!r la 
question, c'est la résoudre. Les j)eintres verriers du xii' siècle ne le 
cédaient cei-tes en rien à ceux de nos jours dans la sciein-e de Tliis- 
loire sacrée. On ne peut donc les accuser, ni les soupçonner d'ijino- 
rance sur ce point, que si Tordre clironolo{[i(]ue ne peut en 
aucune façon s adapter à la symétrie de leur (eu\rc; iii;iis si, par 
contre, ils s'établissent simultanément sans dilliculté, celte concor- 
dance n'est pas reflet du hasard, elle a été voulue évidemment cl 
primitivement suivie. 

Or, dans la disposition adoptée au xvi" siècle, la symétrie seule 
a été respecte'e, la chronologie est mise de côté. Jetez un coup {r(eil 
sur la spleudide chiomolitliogra|)hie de Lassus, et l'erreur vous 
apparaîtra évidente (voir plus loin le tableau I). 

L'artiste moderne a voulu, el à bon droit, coniger celle faute. 
Il reconnaît par là le priuci|)e e\j)osc ci-dessus, de la concordance 
nécessaire de Ibisloire avec la symétrie; mais on peut craindre 
qu'il n'ait eu pailie échoué dans l'application de ce principe. 

Pour plus d'évidence dans noire démonstration, nous allons 
dresser trois tableaux : le premier reproduit l'ordre donné dans 
Lassus; le deuxième, l'ordre actuel; le troisième. Tordre ipTou 
aurait du suivre à notre avis (voir plus loin la lijjnre). 

La lecture du \itrail se fait de {fauche à droite et de bas en 
haut. Nous désignons cha(|ue panneau par une lellre de Tal|)habel. 
Il sera facib,' rie suivre ainsi, d'un tableau à l'autre, les trans|posi- 
tions adoptées par Tartiste moderne et celles (jue nous jMoposons. 



l" TABI.KAU. 

1 A. Annoiuialioti. 

•1 B. Visitation. 

:; C. Nalivil.'. 

h D. Anjrcs et berfyers. 

.") H. Ib-rodc et les doileurs. 



o TAnLP.AI . 

1 A. Annoncinlioi). 
•> B. \ isii.ilidii. 
:\ C. Nativité. 

'l D. All{f(!s r'i berifOls. 

r> E. Ib'rode et les doclnus. 



— /»9 — 



(■) F. 



7 


G. 




11. 
1. 


1 () 


.1. 


i 1 


K. 


1 ti 


L. 



M. 



l/l 


N. 


If) 


0. 


|C) 


P. 


17 


Q. 


iS 


R. 


>'.♦ 


S. 


i?0 


T. 


•j 1 


U. 


•j-.> 


V. 


•j3 


X. 


o'i 


Y. 



Los M.lfOS ('CltllIOtll ll('l'(l(l('. 

|/<'>i(iiii- ,1 (lisjiai'ii. 

fj«'s M;i{}(!s [)n''Sf,'iil(Mil Iciiis 

(tllniiidcs. 

M.iric cl Jf'sus It's icroivciil. 
Li's inu^>[es s'en nilouniriil 

j;iii(l(îs |>iir r<'i<»il<'. 

Pin ilicalioii. 

Miirii' cl le vicill.iid Smiroii. 
l/;iii}fe .ipjmniîl fiiix M;i[n's 
ondnrniis. 

Hérode (H-doiiiie le in.is- 
sacrc. 

Massacre dos lunncoiils. 
1(1. 

Fnilc en Ef^yple. 

Lo pouple arclame Jésus. 

Fiotonr d'E{]^y[)le. 

Chiile <los idoles. 
Baptême de .lësns, 
Son{[o de Joseph. 

Entrée de Jésus à Jérusalem. 

Ibid. 

Ea foule acclame Jésus. 



<■) L. j/Aniro apparaît aux Maires 
oiidoi'iiiis. 

- I. Los Maijos (j-uidos par I f'-loilc 

s'en relouriHMil. 
H il. Mario ol Jésus jos r<'ioi\onl. 
(| G. L's maji-os |)ri'soiilr'iil Ioim"s 

oITiaudes. 

10 .1. Piniiicalion. 
1 I K. Mario et le vitiillard Siiiiéim. 
1 •-> F. E(;s Ma{{-os del)oiil : i'i'loilr 
a disparu. 

1 ;» Al. Hérode ordonne le massacre 

des Innocents. 
1/1 N. Massacre des Innocents. 
i5 O. Id. 

lO P. Fuite en l'^f^ypte. 
17 U. Sonj;-'^ de Josoj)li. 
) 8 R. ISetour d"Kj|\ plr-. 

M) S. <ihuto des idoles. 

•M) T. Maplôino de Jésus. 

•-' 1 Q^ Lo pruj)le acclame Jésus. 

•2:1 V. Entiéo rjo Jésus à Jérasalem. 

2 3 X. Ibid. 

•2^ Y. La loulo acclamo Jt'sus. 



Au sommet , Glorilicalion de Mario. 

Le premier tableau osl d«''leclueux. La .simjtlo lecture de la 
légende le prouve. La Purificalion et la Présciilalion au temple, 
J . F, sont intercalées au milieu des tableaux consacn-s aux .Mages. 
La chute des idoles, S, est placée après le j'elour d'l*lg\plc : elle 
eut lieu, en re'alite', lors de l'arrivée de Jésus en cette contrée. 
Le songe de Joseph, (jui oui lieu au retour d'Egypte, vient après le 
bapli^me de Jésus. 



Le deuxième, qui reproduit Télal actuel, esl pour nous plus 
réjjréhonsible encore. 

Ainsi au n (> L, l'appaiiliou do i augo aux .Mages endormis est 

AnCUKOLOOlK. - .N" 1. ù 



— 50 — 



nlaciM' îiviinl Icui' arrivée dcvaiil Jésus, el ('('|>fn(laiil . d'aiiivs ri']Naii- 
irjlc cllr cul lieu après Icui adoraliun, au inuiuenl du lelour. 



Anj* 


v7 


Un \ 
Anj« 


® 


X 


® 


|s| 


© 


u 


® 
M 


Q 

® 


® 




® 


K 


© 


|G 


® 


1 


® 


E 


® 


^ 


® 


c 



/ Lin 
An,. 






® 


X 


® 


S 


® 


[Q 


® 

M 


® 


® 


® 


K. 


® 


\± 


® 


G 

® 
C 


® 


E 

® 







K 

Un \ 

Ans» 


® 


x| 


® 


U 


® 


Q 


® 

M 


s 


® 


® 





© 


K 


@ 


G® 
Â]® 


1 
® 

[cj 



Oidro roproiliiit 
par Lassus. 



Onlro actiiol. (lrilr(> jirojiov 

Calliétlrfili' tic (iluirtros. - \ili'.iil di' la laradi'. 



Au 11" «S H. Jésus ioroil les Mages et leurs olFrandes, el (('in'ii- 
(lant, au numéro suivaul . n" (j G, les Mages ont toujours Irur 
|»ièce dor à la main ol lourucnt le dos au di\iii Kufanl. L'iiiscrse 
du\rail exister. 

La même auoinalie se voil aux u'" f) cl 6. Hérode. au u" 5 
E. après avoir consulté les docteurs, vont transmctire ses 
recoriiniaiidalions aux Mages (|ni étaient venus le ronsniler; mais 
au numéi'o suivant, L, il a devant lui, non des Mages altenlils 
à ses paroles, mais profondément endormis. 

Au 11° 12 F, les mages paraissent encore après les deux scènes 
de la Puiilication el de la Présentation au temple. Dans ce tableau 
n" 12, les Mages se consultent : ils sont pri\és de la lumière mira- 
culeuse de l'étoile, ce ((ui leur arriva à Jérusalem, (|uan(l ils 
vinrent demander lavis dlh'rode avant d'aller à IV'lahlc. (Tesl un 
nouvel anaclironisme. 

Knliii, au n" nj S, la clnile des idciles est placée après le ret(tur 
d'ICgypIe : elle eut lieu cerlainemenl à Tanivée de Jésus en ce pays. 



— 51 — 

(Irllc disposition est Hoik' moins ;i(Tc|)l.'ililt' ciicon' (|ii(^ •••■Ile du 
wi' sirclc. 

Si lOti <'()iisidlc ;i\(M- ;i|l('nlioii les doiMM'rs des Kvjinjjilcs cA do 
la liadilioii, lu soliilioii du |trol)l('iu(' sera lacilc ol riiccord de lu 
syini'lfic »'l de: riiisloirc sera |)aiiuiL Suna a\ons dressé, |)()iir laci- 
lih'i- rinl(dli{''enco de celle disposiliuii . un tioisiènie laMi an don! 
Nuici rexplicalioii. 

1 A. — Annonciation. Marie est dehonl, un livre d'or ff;rnrn^, n-lenn 
sur la jxiitiinc par la main gancho. Sa rohe roiijyc cl son niantKui lilcu sont 
orn('s do richos broderies, un voile hianr lui couvre la l<^te. I/Kspril-Sainl, 
sons forme do colombe avec l'aiM-eole divine, vient se reposer sin- elle. 
L'an{;e, avec ses f»-randes ailes mnilicolores, un sceptre h la main, la saliir". 
(S. Luc, I, •:>.(), •i'].) 

'ji B. — Visitation. Marie a une robe verte et un manteau riinge. Son 
vêtement cbanj^e ainsi à clia(]iie sc(^ne, mais parloul le voile (pii lui rouvre 
la tôle porte à la hauteur du frouL une +, sauf quand il est remplace par 
une couronne. (S. Luc, i, .Sy, ^lo.) 

o C. — Nativité de Notre-Scigneur. La sainte Vierge est cftuchëe dans 
un lit à double rideau. L'Knfant .Idsus, eulouië de bandelcltes, esl dans une 
crèche élevf^o sur une galerie à colonnes. Les têtes du bœuf cl de làue soûl 
suspendues au-dessns de l'Enfant. (S. Luc, ii, 7.) 

'1 D. — Les anges annoncent la naissance du Messie h trois bergers. 
(S. Lrc, H, 8, (j à 17.) 

5 E. — Tableau <^ deux compartiments. Dans le premier, deux docleui"s 
Consultent le livre ouvert des Saintes Ecritures. Dans le deuxième. Hérode, 
couronne en UUe, sceptre à la luain, assis sur un trône, la main droite 
levée, paide aux Mages cjiiî paraissent dans la scène suivante. (S. Math., 
II, là 7.) 

i) F. — IjCS Mages, (>n effet, tournés vers Herode, ('coûtent ses recom- 
mandations pei-fides. Cotiforméni(;nt au texte ëvangélique, ils sont en ce 
moment privés de la lumière de l'éloile miraculeuse. (S. Matii., 11. 7, 8.) 

7 G. — Les Mages, leur-s présents à la main, se dirigent vers Jésus; 
ils sont guidés par l'éloile. La pièce d'or qu'ils tiennent semble porter des 
caractères gravés. (S. Matii.. h. () , 10.) 

8 H. — Marie, assi.se sur un trône placé sous un arc Iriompbai. la 
léte ceinte d'une couronne, un scepti-e à la main droite comme une reine, 

It. 



— 52 — 

tient sur ses g-onoiix l'Enliiint Jésus qui héiiit les Maf^os de la scène pnVé- 
dente \ers Icscjuels il est tourne'. (S. Mvtii.. ii. i i. 1 

t) 1. — l.es Mages s'en rt>tournenl, loujuuis g-iiidos par ri'lnilc Ils n nul 
plus la pièce d'or à la main, et ils lournenl le dns ii la scèin' pic^ti-denlc. 
pour ne laisser anctni dmile sur li'ur- deparl. 

10 L. — I^es Mages endormis oui un songe : un ange les avertit 
d'éviter flérodcet de s'en retourner en leur pays par un autre dieinin. Les 
Mages sont tous couronui'S, l'un d'eux paraît plus jeune avec sa harlte 
naissante, aucun d'eux n'est noir. (vS. Math., ii. i •).. 1 

il K. — - Marie présente l'Enfant Jésus au xieiliard Sinn-on et ?i la pro- 
phétesse Anne, au-desson-; d'une sorte d'autel. (S. Iax, u, -.«q, -j)}, liit 
à 38.) 

11 j. — Purification. Les trois suivantes de Marie oUivul. Tune, dcnv 
culomhes, et les deux autres un cierge. (S, Luc, ii, iîA.) 

1 3 M. — Hérode, frustré et fui'ieux, assis sur son tn^ne à colonnes, 
donne des ordres ;i deux s('idcs armés de longues (îpées, et dont l'un esl 
couvert d'uue colle de mailles. (S. Math., ii, i ().) 

l 'j N. — Massacre des Innocents. ( Ihid) 

i5 O. — Id. Les deux l)ourieau\ oui des épées. bleues. (Ibid.) 

il) P. — Fuite en Egypte. Marie, assise sur une àuesse blanche, lient 
l'Enfant Jf'sus sur ses genoux el une palme à la main gauche. Joseph la 
conduit, portant sur l'épaule un bâton auquel sont suspendues une besace. 
et une gourde en forme <le tonnelet. Les voyageurs vont de gauche à 
droite. (S. Mvth.. u. i/i. ) 

17 S. — Chute des idoles à l'ari-ivée de Jésus en Egypte. (lell(!s-ci 
l'taient (-rigées sur deux colonnes et étaient l'une d'oi-, à gauche, cl lautrc 
d'argent, à droit<!, dans un temple spacieux à colonnades romanes, cou- 
vert par des toitures iml)ri(|uées, llaïujui'es de tnuri'lles aioiut'es. Au-di'ssus 
de chaque statue brûlaient trois lampes. 

iH R. — Ketour (rEgy|)te. Les voyageurs vont de droite à gauche. 
Jésus bénit de la main droite et tient un li\ie de la main gauche, comme 
pour signifii-r (pi'il est maiiiteuant en A/fe d'iMiseiguer. Dans le tableau P, 
au départ, il étendait les mains en signe (radmiratioii. (S. Math., ii, «j 1 . I 

H) IJ. Songe de Joseph. Avant d'arriver en Judé-e, l'ange ap|)arail 
à Joseph pour le rassurer el lui annoncer a mort d'Ilérode. Josejih a 



— 53 — 

ritiiri'olp rrininif ;i l.i N;ilivil<^, mais il en r'i.iil i|<'|»iiiirvii ;i l'-illcr <■! .ni 
r-eliiiif (ri']jfy|t(<'. (S. Math., ii, ').•?.) 

•)() T. -- l'.iiilf'iiii' (l(î ji'siis dans le Jourdain. \ sa dioilc Jcan-Ijapliste, 
à sa «MurliP un ,in;;n(|ni lioiil sun \iUiin(!nl. I/Kspril-Sainl, sous forme de 
colninhf. doscrnd sin- .l('sus. (S. M M il., m, i3.) 

•u Q^ — Ia' |i('ii|d(' juif, rc|)it^sonti' par deux Ceinnios, la I<H(î coincrlf 
d'un voilt!, fl lidis iioinnii-s sorliMit du la ville pour »''C()iil(;r Kîs piodica- 
timis de Jt'sus cl le suivre. La ville eslenloiiiec' rie ieiii|iar(s cic-ndés, iniiiiis 
de liantes louis. 

.)_., V. — Huit apôlies, l(!s pieds uns, doul trois tiennent des livres, 
sans douto les Kvanfrcjlisles. suivent Jésus. 

.,3 X. — Les (piaire autres les précèdent dans ce tableau :1e quatriènio 
Évangëliste porte aussi son livre. Devant eux, Jésus s'avance, monté sur 
une àncsse hianche, un rameou d'or à la main, foulant aux pieds de sa 
uionlurc des liranches d'arbres et des vêtements. Devant lui, deux hommes 
l'acclamenl, des branches à la main. 

'î'i Y. — La foule, dans ce, tableau, vient en triomphe au-devant de 
Jésus, les uns portant des branches, les autres montés sur les toits des 
maisons; enfin dans la ville le peuple contemple ce spectacle par-dessus les 
remparts crénelés, soutenus par sept toui's. Deux portes de la ville, l'une 
d'or et l'autre d'aif'cnl , aux feriures bien apparentes, sontencore fermées-''. 

'*) Pour être ahsoiiiiiieiit complet, nous di.-\ons observer que les panneaux car- 
rés de la colonne centrale, dans l'ordre suivi par Lassus (tableau i), savoir les 
panneaux E, K, Q_ft X, sont encadrés dans une petite bordure composée de trois 
pièces variées : d'arabe.S(|UPs successivoinent jaunes, roses et vertes, sépare'es |)ar 
des ronds et des carrés bleus. Les carrés des deux autres colonnes ont une bor- 
dure plus simple, composée de demi-roses alternalivemeut jaiuies, roses et vertes 
sur fond bleu. 

Evidemment Lassus a voulu respecliT cette symétrie, à peine percepliliieiuéme 
avec des jumelles, ce qui l'a conduit à rejeter la Chute des Idoles, le Relnur 
d'l\{fyptP et le Songe de Joseph après le Baptême de N. S. 

L^rfisle moderne (a" tableau) n'en a pas tenu compte, et a placé avec raison le 
panneau Q_après le Baptémr de A. S., suivant la ciironolofrie. 

Il si'rait facile loulelois de remédier même à celle petite irrégularité en corri- 
geant la faute de uiiso en plouib commise au wi" siècle. Il sufTirait de détaclier de 
sa liordure le sujet historique du panneau S, Chitte drx Idoles, et de le transporter 
dans la bordure du panneau Qjet vice versa. (>es bordures en effet ont absolument 
les mêmes dimensions. 

S, restant à la plate cpu/ nous lui assignons dans la rohmin' centrale, aurait 
ainsi la même bordure (|ue les autres panneaux de relie même iipjonni' et la 
symétrie serait respectée dans toute sa rigueur. 



— 55 — 

Le vifrjiil se termine par la (ilorifioatioii de la sainte Vierjfe, 
assise sur un Irùiic dans une ellipse ojjivale, lenani un sceptre de 
chaque main, sur la tête une couronne ornée de diamants. Sur ses 
j{enoux rEntanl Jésus, Icîuant le li\ie des iù-rilures do la main 
{(anche, hénit Ao. la main droite. 

A gauche et à droite, deux aii<j;es adoraleins s'incliiiciil avec 
admiration devant leur Reine, lenaul à la main non p.i'^ un euccu- 
soir ou un cierge, mais un sce|)lre, sans doute pour reconiinilre la 
souvei'aine royauté de Marie. 

\u-dessus d'eux, à {fauche, le Soleil soilaul des nua{fes pai- la 
tête radiée d'un jeune homme, et à droite la Lune, sous forme 
de (Tdissaut. (jue tient dans les plis de son manteau un buste de 
lémme, semblent aussi eu adoration devant le Christ et sa Mère. 

tEst-il n(5cessaire. éciit M. Diiraud. de recommandei' à Tadmi- 
lalioii le groupe de la \'ierge et de son Fils? Leur pose hiératique 
est pleine de {jiandeur et de majesté'; malheureiisemenl au 
Mv*" siècle (au \vf, à notre avis) une désastreuse restauration a 
remplacé les deux fêl<^s anciennes et la couronne posée sur la li'le 
de Notre-Dame. - 

Chaque panneau de celte Ncrrièrc a i mèlre de cùlé, et la bor- 
dure a o m. ')o de largeur, 

Comme on le voit, il est aisé de donner à ce vitrail une rlisposi- 
lioii conforme h riii.stoire et à la syuK'Irie. On peut donc souhai- 
ter (pic le Ministère des Cultes ou des Beanx-Aris fasse procéder à 
celle restauration, en soi facile à exécuter et peu coùleuse. L'I'-lat 
(pii a déjà tant fait pour la conservation de ces admirables \er- 
rières, mériterait de nouvelles louan{fes de la pari de tous les artistes. 

Vn mot seulement sur la reslaui'ation des deux autres baii's. 

Celle de{(auch(;, consacrée à la Passion de Nolre-Seigueur. com- 
pr-'iiaiil 1 /i scènes, a été bien rétablie dans son ordre lo}M(jue; toute 
erreur était d'ailleurs impossible, clia([ue panneau étant iclié à >es 
voisins par une petite rosace, dessinée sur l'angle intérieur. 

Nous feron.s seulement remai-quer (pir la bordure existe eu eiilin- 
à la [»artie inféricnire du vitrail. (pTon la devine à la partie supérieure 
mais (pTelle a com|ilèlemi'nt disparu de ch.ique cùlé". par suite 
du déplac(>nient du portail roman, — ({ueslion ipii a lanl agité 



— Sf) — 

l(!s ai(li(''()loj|iios CM CCS (Icrilici-.s li-iiips. Il scrail idciiic lafilo 
d'iipprécicîr cxaclcinciit les inviporlioiis de ce. nUrécissomont par la 
(loiihic lai'ijeur de cotlc borflnre niiiovôo, et de les contmior pac 
r(Mii|)araiso[i nvcc les diniciisioiis de la haie do droite. 

(ielle-ci représente l'arhre de Jessé. Par (|ii(dl(î. foitniir' un des 
panneaux latéraux, <^ la riaissancc de la coiiibc de Taie lirisc, du 
côté ijanrhe, consnen! au pi(>|tli(t(^ lïalianir, a-t-il ét(; eiilièrernenl 
relaii, mais avec un coloris si dillV-rcnt de tout le reste (\u \itrail, 
qu'il lait réellement lacliesnr loiit I eiiscinhlc/ A notre connaissanoe 
ce panneau a été refait deux lois .sans succès. Serait-il iiupossilde à 
un ai'tiste nioderuc de retrouver la teinte verte et rou{{e si brillante 
et si douce dans tous les au lies panneaux, puisqu'elle est ici trop 
foncée et trop terne ? 

Il snilira de sijjnaler ces (|uel(|ues défectuosités pour en obtenir 
la correction. 

Ch. Mktais, 
Correspondant du <!oniit<!. 



H \i S U M h: 

DES 

i;i:(:oNNA!SSANCi:s vnciiKOLOcioiiKS 

EXKCITÉES 

P\n I.KS OKKMMEIIS DKS HUIfiADFS TOPOfillMMIIQUKS 

I)'\I,(;ÉIUK KT l)K TUMSIK 

IMvNDAiNT LA CAMPVCNK l)K ll)(i;î-hH>/j, 

PAIS M. \.V. COMM\M)\\T T(HSS\I\T. 



Les lev«s onl porté sur les feuilles suivanles : 

Algkrik : rt'iiillcs de Scdboii, ïîiskra cl Mrclu'ri.i; 

TiMsiE : feuilles de Snuk-el-Arb;i , Hir-Hekel), Kl-llnnima des 
lîeiiiZid. MeiiMchia. Kibili, Ojflal-Merleha . Don/, ri |)j<'l)el-l{ei-«|a, 

ALGÉRIE. 

i" La feuille de Sebdou (déparlenieiil dOiaii) conipieiid an 
Nord les hauteurs Jiniilanl le massif des sources de la Tafna, à 
l'Lsl la li||iie de faite élevi'e et boisée (|ui court entre rOued-kbeniis 
et la Tafna, à r(Juesl et au Sud le coinnienceuieut de rininiense 
plateau couvert d'alfa qui s'étend d une j)art jus(|u7i llas-el-Ma, 
d'autre part jusqu'à Kl-Aricba. 

Uien ([ue divers archéolofrues placent à Sebdou le ccntic romain 
(VAloa, on ne rencontre aux environs de cetle localité aucune 
trace de roccupalion aiilique. \a's ruines du Koudiat-en-\essara, 
jirès de TafTessera, el du Koudial-llouin , enire Zalira et TIéta, pa- 
raissent èlre d"orij|inc berbère cl non romaine cl leur consiruclion 
ne dnil |ia-^ rcnionlcr au delà du vu' ou du vm' siècle; il en esj de 



— 57 — 
niAfiK' (le roijfiiiiisjilioii (l<''I<'iisivo dt; rcxIrtMiiili' du plalcnii fin 

l)j('ll('l-l{()li(||i'lic. 

IjU niiiifi iirahi' siIik'c pd-s du Itui'dj d'Kl-Cior seuibli', par les 
détails ciicoïc! visibles de; sa coiisliiicliou , être (:()ntem|i()rai[ic des 
célèbres ruines (1(î Marisoura, près de TIeiiicen. 

Les ruines nié{>[alillii(|ues sont noinbniuses dans la réjjioii inon- 
la|;iieus(î et sur bîs collines (|ui ondulent le plateau au Siul-KsI el 
à ri*iSl de Si'bdou; elles se préserilenl sous la forme de tuniidus de 
1 m. 5o de diamètre et de a mètres environ de bauteuj-, ou d'en- 
ceinlos circulaires ou rectan^fulaircs de dimensions variables el 
lormi'es de longues pierres plaies fiobées en terre. 

2" Dans la feuille de MéclK-ria , il n"a e'té relev('' aucune trace 
de la colonisation romaine. 

On a signalé sur (pu'bpies sommets du Djehel-Autar, seule mon- 
tagne (|ui accidente la li'gion, des constructions on pierres sècbes 
que Ton a confondues avec des ruines inégalilhi([ues; ce sont sim- 
plem(mt des «lue'raguebw ou vigies arabes, et non des cboucbet ou 
des basina. 

3" La partie de la feuille de Hiskra situe'e au sud de TOued- 
Ojedi a été levée (>n 1901 par M. le lieutenant Paul; cet ollicier v 
a relevé : de nombreux rfdjedarn d'origine berbère; l'ancien canal 
d'iri'igation connu sous le nom de :rSéguia-l)ent-el-(]bas«* et d'autres 
canaux secondaires sembrancbani soit sur ftJued-Djedi. soit sur le 
canal principal; enfin de nombreuses ruines d'établissements agri- 
coles écbelonnées sur la rive droite de lOued-Djodi entre celle 
rivière et la séguia précitée, l'uines pailiculièroment denses aux 
abords d'Kl-Kasbat, où il signalait un centre antique important, 
d'ailleurs déjà connu et plusieurs fois exploré. 

La partie de la feuille levée en 1 ()o.)-i qo^ com|)rend la vaste 
plaine occupée, de Biskra à Doucen,par les oasis des Zibans; celte 
plaine est limitée au Sud par TOued-Djedi, au Nord par la cbaine 
élevée et peu praticable des monts du Zab. du col de Bou-ribe/.al 
à la trouée de Bir-Sadouri. Le Bled-Selga, extre'milé méridionab^ 
de la j)laiue d'KI-Outava, situ(; au nord de la cliaine, est compris 
également dans la feuille de Biskra. 

La région a ét(' o(iu|iée aux ('iiotiues romaine et b\/anline jtar 



— 58 — 

uiif popiilalion relalivenuMil dens»' et ios {fisomcnts do iiiinosv sont 
ndiiihicux ; les |uiiicij>;iu\ sont les siii\;ints : 

Bir-Sadouri. — Resics (1*1111 jio.slc iiiililaiio coinpiciiaiil iiiU' 
nict'iiiti' ioctaiii;iilaiii' de 80 sur 5o int'Ircs, a\cc réduil ccnli'al. 
A rcxli'iit'iir (jurhjiics hàtimriils, doiil l'un silui' li'i's prôs de Tcn- 
oeinle du poste parait de construction très soi|j;née; deux niosaï(|ues 
ornemenlales y ont été mises au jour. Le poste de Dir-Sadouri 
intercepte l'un des principaux défilés permettant de passer des 
|)laiQes sahariennes dans la ré««ion du Hodna; il de\ail faire partie 
de la chaîne de postes militaires manjuani la frontière et la limite de 
l'occupation romaine. 

Doucen. — Poste romain sur un mamelon commaudunl la source 
de Doucen; le bordj actuel paraît avoir été élevé sur les subslriic- 
liims de l'anciiMi castellum et doit en reproduire à peu près exacte- 
ment le tracé. Plusieurs frajjmenls d'inscriptions sont encastrés 
dans le mui' d"enceinle. Aux enviions du bordj, vestiges de nom- 
breux bâtiments, dont plusieurs importants, témoignant de l'exis- 
tence d'un centre assez conside'rable. 

Henchir-el-Ksar, sur l'Oued-Djedi. — Ruines importantes, 
nombreuses habilalions réparties sur un rectangle de ,')0() sur 
i5o mètres; chapelle chrétienne. 

Tolga. — (îastellum bastionné de 3o sur û-à mètres, au milieu 
des maisons ai-abes au Noid du minaret; les assises inférieures, 
(jui apparaissent en plusieurs points, sont en pierres de grand 
appareil; la partie supérieure, (pii a dû être remaniée, à répo(|ue 
byzantine, est moins soignée. Dans les maisons du village, on it- 
Irouve un grand nombre de pierres de taille antiques. Renier et 
Tis.sot ont identifié Tolga (it Mcsnr-Felta de la Table de Peutinger. 
mais on |)eut aussi nuiiarcpier (pie le nom arabe de cette localité 
présente une certaine analogie avec celui de Tegnia ou Tefria, siège 
d'un évècli(' atlribu»^ à la Numidie. 

Zaatcha. — (barrières exploitées dans l'antiquitiî. 

Fort byzantin de Sidi-Fellaouèche. — Enceint»^ h peu pr('S 
carrée d'environ 7.) mt-lres de c(*)té. précédée d'un fossc^ large 
de '1 mitres: à riiil('iieMi , dans Tangle Sud-KsI . réduit de (i sur 
8 mètres. 



— 50 — 
El-Kasbat. — Hiiiiic: rontiiic. 

Agglomérations agricoles de l'Oued -Djedi. — (ics ruines 
jiiloniKMil, les (l(Mix rives de l'Oued, iiiiiië lorinnnt rcporiHiiiil deux 
|j[n)U|U'iii('nts l)i('n dislincls : Piin, 8ilu(^ an amont du (•onlliiciil, de 
rOucd-hou-Mlili , ;i pour (•(îiiIic I;i ruine d'El-Ksar; riinlrc, siluo 
entre ia Scfruia-hent-el-Klias el lOiied-Djedi, a |)oiir cfnln' la niino 
(rKI-Kashal. nu Sud di; Miili. 

La Se{fuia-l)ent-('l-Klias semble hini rfîprésenicr un iininiMi'^e 
canal d'irrifiation destini' à fcrlilisrr une partie des ternes de la 
rive droite de rOucd-Djedi et non. conini(M)n l'a pcnsi' souvent . un 
fossé limile. S(m orijriuc vA située à une liaulenr assez considéraMe 
aiidessiis (lu lit actuel rie la ri\ièi-e. et on ne tr(»u\e |)as de traces de 
l)arra{yes ayant servi à éhner le niveau des eaux jus(|u'à l'origine 
du canal. l)ien (|ue la tradition locale en ait conseivé le souvenir; 
depuis répo(|ue romaine, d'ailleurs, la rivière a du creuser con- 
sid(!ral)lem(!ni son lit, les crues auxquelles elle est sujette n'étant 
plus lempe'rées pai- les séguias qui en régularisaient le débit, aussi 
bien en amont (pi'en aval. De plus, d'autres canaux de même 
nature se gredent, soit sur le canal principal, soit sur l'oued; l'un 
même, aujourd'liui remblayé en partie par les crues, est devenu 
une véritable Ijranche de la rivière. TOued-Sergui; enlin, il y a 
lieu de remarquer que de semblables travaux existent également 
sur la l'ive gauclie d(! rOued-Djedi. 

Accessoirement, la Scguia-benl-el Khas a pu constituer une li{jne 
de défense pour les établissements romains de rOued-Djedi. mais 
il semble bien (jne sa construction a eu pour but, d'une pari, de 
fertiliser une partie des terrains qu'elle traverse; d'autre part, en 
temps de crue, de détourner vers le Chott une partie des eaux de 
l'oued, afin d'éviter les inondations qui, actuellement encore pen- 
dant les bivers pluvieux, transforment la plaine en un véritable 
lac. 

Près de Hiskia. entre Filiacbe et Chetma, le c;ipitaine Houé a 
relevé des traces de bifurcation de voies romaines, ainsi que d(!S 
bases de milliaires; l'une de ces voies semble correspondre à la 
route Tliahiulros-Bndis Ad Majores. I antre paraît être l'amorce dune 
route se diri<reant sur El-Habel. Mcbonnèche et Tigbaniniine. par 
la vallée de l'Oued-el-Abiod. 

\ l'Ouest de Biskra, aucun renseignement nouveau na été re- 



_ no — 

cueilli sur 1»; Iracé [U'ohablc de la jp-andc voie militaire do Lambi'-sc 
ù Ail Miijiins. Si une roiitf dircrte a relié autrefois Atl Plsrlnam 
(Biskra) et dalrrus lleirulis ( l',l-Kaiilara ) pai' \(l \tjti(is IlcrntHii 
( Haiumara-Sidi-el-lladj ) cl la trouée de lOiied Uiskra, il semble, 
d'après les distances données par la Talile de l\nilin{{er et le nombre 
*(le stations quelle indique, (|ue la jjiande voie militaire devait faire 
un crochet considérable vers l'Ouest pour englober ies oasis des 
Zibans, les établissements de rOued-Djedi et se ridier au Jimc.'i 
Titbiniriisis, La to|)0{j;rapliie de la réjfion indi(jue, pour cette pailie 
de la \oic. un Iracé qui paraît des plus rationnels; se détachant de 
la loute directe vers Kl-Outaya, la \()ie straté|fique aurait, pai- le 
l>led-Sel[(a. atteint la profonde trouée de Khenissen, (Toù elle 
aurait débouché dans la plaine des Zibans et jfagné ensuite T(d}ra, 
]uiis Kl-ksar et enfin, en remontant vers le Nord-Est, Mlili cl 
IJiskra. 

La ruine sans nom, située h l 'î kilomètres S.-C). d'KI-Oulaya, et 
Tolga représenteraient les deux stations anonymes de la Table, 
et Kl-Ksar représenterait Mcsar Felta. La distance d'KI-Ontaya à 
Mlili (Gniicllae) se trouverait ainsi décomposée en (jualre étapes de 
iiS à 2 kilomètres. Il y a lieu de renia i(iuer toutefois que les 
ruines du Bled-Outaya et du Blcd-Sel{;a semblent plutôt jalonner 
la direction du col de iMatraf-rl-Kt'bir, dépression très |)rali(able 
cl eiiipnmlée par une excellente j)isle arabe, et (|uc cette direction 
csl (h- nouveau jalonnée, au Sud des montajrnes et vers Mlili. j>ar 
le castellum de Sidi-l'V'llaouèche; mais, par cet itinéraire, il n'y a 
que /i5 kilomètres irRl-Outaya à Mlili. et cette dislance semble un 
peu faible pour y intercaler trois stations. Le fortin d'Aïn-Fi'l- 
laouèche a. d'ailleurs, pu mar(juer le croisement d'une route di- 
recte sur Gemellae, chef-lieu de cette partie (\u linirs. et d'une route 
pr-olongennt sur Ad Piscinam, sans passer par CcmcUnc, la lijpie 
fi'ontière Hir-Sadouri l)ouc(>n Tol^a. 

Dans loiil If massif monlaiMicux du Zab. on renconire de nom- 
breux luuiidus isolés ou jfroii|)és sur le souiinel des collines; ils 
sont {M'uéralemenl circulaires, mesurant s» m. fx» de diamètre sui- 
0. mètres enviion de hauteur et sont construits en pierres si-ches. 
(hiehpies-uns présentent à la partie inférieiMC des traces de (pa- 
dins. 

Vn fraement de jtolerie |>(ulanl des jjrallili a été- rcciKulli par le 
capitaine Houé dans les ruines (ri'îl-kasbat. 



— Gl — 



TIMSIK. 



1" lù'iiillr tir SouL-rl-ArIxi. l>ii(; (liiij{()ii;il(; Noid-IOsI Siid- 

Oiicsl coiiix- (('lit' ri'iiillc fil doux pai'lios d'aspt'cl très dilIV-rtMil. 

La rd{jion Sud-Esl est accidentée |)ar le massif du Djcbel-Cjoi r.i . 
dont les contreforts s'étcndeiil jiis(|irà rOiiod-Tc.-sa, et par li's col- 
lines ravinrcs roni[)riscs entre rOiuîd-Tessa et rOiicd-M(dlè|fiie. I>a 
légion Nord-Oiiest est coiistiliiéc par une vaste plaiin;. fond d un 
ancien bassin lacustre, à |)eine ondulée et [)arconru<; par les lils 
tortueux de la Vledjerda. du Meilèjpie, de l'IJued-Tossa et (le J'Oued- 
ïliibar; aujourd liiii connue sons le nom d(î Dakia des Oiiled- 
Saleui, cette plaine représent»! le C.ampm Dullcnsis de Sainl-Aii- 
jjnstin, les grandes plaines de Polybe. Les ruines de JUilla Iiq>ia se 
lrou\enl un peu en dehors de l'angle Nord-Ouest de la feuille. 

Les ruines anticpies sont nombreuses dans toute la re'gion, mais 
elles sont plus spécialement groupées veis le pied des montagnes 
et c'est là que l'on l'encontre les plus importantes; cette lépartilion 
des lieux habités devait tenir à ce (pie. autrelbis comme aujour- 
d'hui, la plaine, d'une admirable fécondité', devait être maréca- 
geuse et peu praticable en hiver, tiès chaude et fiévreuse en été. 

Les principales ruines relevées sont les suivantes : 

A. l'jiliv la limite Est de la feuille et TOiied-Tessa. 

Henchir-Thibar. Ancienne TliHxiris. - Uiiines étendues, souvent 
explorées. De nombreuses inscriptions provenant de ces ruines sont 
rassemblées à Saint-.Ioseph de. Thibar: aucun texte inédit n'a été 
relrouvé. 

Henchir-el-Frass. Ancienne GUlium. — Ruines étendues, nom- 
breuses inscriptions lrans[)ort(X>s à Saint-Joseph de Thibai-. 

Henchir-Djebba. Ancienne Tliigihha Bure. — Ces ruines éten- 
dues, mais aujourd'hui indistinctes, ont servi de carrières pour la 
construction du village arabe de Djebba; une inscription brisée 
donnant le nom de la ville anli(pie a été transportée à Saint-Joseph 
de Thibar. 

Henchir-Douamis. .Ancienne Cnlonia Manana AiiguMa Ale.ran- 
(Iriana Uclii imiju-s. — Vastes ruines (superiicie i kilomètre sur 



— 62 — 

Goo iii('lri'.s) sur un [)lal('au de la il\r droili' de l'( hu'd-Arkou. Plu- 
sieurs insciiptiuns (Mil donui' K' umu Af la \ illc anli(|U('; t|u<'l(juos- 
u lies son I encore sui' [tlacc d"auln's oui dis|iaiii. 

Henchir-Oued-Arkou. A » l\ilouu''lros en aval d'ilencliii-- 

Douaniis, sur la rive j;auche de TOued-Arkou, ruine ('lendiie 
éludiéc en i|)oi par le capitaine Janol; qiudijiu's inscriplioiis 
inédites j oui éti' lolcvées et consi{rii(''PS dans le ra[ij)()rl de cel olli- 
cier. Aucune n a donn.' le nom de la localité anrK|ue. 

Henchir-Senimech ou Henchir-Ouled-bou-Ziane. — (Irande 
ruine sihu'c sur la rivo droite de rOued-Tessa. à 3 kilomètres en 
aval du confinent de TOued-Arkou. (litadolle byzantine doniinanl la 
ber{je de TOned-Tessa et dans les murs de laquelle le licutenanl 
Delamare a relevé plusieurs fraipnents d'inscriptions. Quelcpies 
gramls éditice>. dont un teui|)lo et une chapelle chrétienne; ^asles 
citernes. Celte ruine, plutôt que la précédente, nous sembler devoir 
représenter la Cimtas Bcncenncnsis. (ju'uni' iuscriplion (rilenchir- 
Douauiis ])erniet de supposer voisine iVl rhi Majns. 

Henchir-Chett. — Uuine peu étendue. Mausolée. 

Dans la plaine, aucune ruine importante, sauf (cpendaul les 
vestiges d'une (ixploilation a|fricole couvrant environ deux hectares 
autour de la koubba de Sidi-Ali-el-Hahri. 

B. Entre TOued-Tessa et rOued-Mellèjjue. 

Ruines d'un fortin sur la rive gauche de l'Oued-Tessu, à /i kilo- 
mètres N.-O. d'Hcnchir-Si'inmech; à proximité, quehpies ve>tij;es 
de voie paraissant se diriger d'une pail sur Hencliir-Semmech , 
dautre [)arl sur la ruine d(^ Sidi-Amor, sur l'Oued-Mellègue. 

Henchir-el-Baji. - Village antiipie; IVagnu-nl d'inscription. 

Dans la plaine, aucune ruine imporlanle; sur la rive droite de 
l'Oued -Me|l('t,Mie, traces de voie se dirijfeaMl di- la ruin • de Sidi- 
Amor vers Souk-el-Khemis. 

C. A rOuest de rOued-Mell('j;ue. cnln- celle rivière el la Med- 
jrrda. il n'existe de ruines de (jindcpie im|)(uiance (prau|iri-s de la 
koubba de Sidi-Amor, à ô kilomètres Ksi de Souk-el-Arba; ces ruines, 
autrefois très étendues, ont servi de carrières |M»ur la conslruction 



— (VA — 

(le Suiik-tii-Arba r.[ |)(jiir I liiiipiLTreiuciil il<' l.i r<iiil<' ilii Kcf d oui 
udjoiiid liiii liTU iii(iistiii('les. 

'2" Feuille (le liir-lieLtl). (Jclle Iciiillf! coin picnd i;i ri''|;i(»il 

(lui s'iHemI ilii l}l(!(l-Si!||;iii cl de lu v.iIIim' di; rOiicd-IJcsK.is .m 
(lli(ill-Fccljedj; elle est Iravuisde à THst et à TOin-sl p.ir l.i cIkiI/ic 
du (Hier!), élevée, ravinée et dillicili^rnenl p rail cable en di'JMirs de 
(jiKibjiies rares passades. L'aiijjle N.-O. de la leiiille est occiijté j)ar 
une petite partie du versant Siid-Rsl du Djebd-Berrla. 

Dans la valb'e de rOiird-Hcslias s'éclicIoiiMfnl d'assez noinlireiises 
niiiics, vestijfps delahlisseineiits a{|ricoles IcMiioijinaiil dr' rancieiiiic 
prospdrile du pav.^ on de postes militaires paraissant jalonner une 
voie non uienlionnée par les ilinéiviires. 

Dans la cliaine dn (llierl), b's ruines sont ndaliseiiienl moins 
"nombreuses; elles coinprcnneni : 

Des onvrajfcs défensifs interceptant les ])rincipaiix passages de la 
montagne, comme à lloncliir-Onm-Ali et auj)rès des sources de 
rUued-Hallaya; 

Des travaux Indrauliqnes, comme le barrage dr lOuedcl-kerma 
et nombre d'autres de moindre importance, destines à i-eciicillii" d 
à utiliseï-. pour la fcrlilisation de terres aujourd'bui stériles, les 
eaux (|ui actuellement \ont se perdre dans le (^hott-]*'edjedj et la 
Sebkha de Sidi-Mansoui'; 

Des établissements agricoles géne'raleinent situés vers le bas des 
pentes ; 

Dans la plaine, (Mitre la montagne et le Cliotl-Fedjedj . nom- 
breuses ruines d'établissements agricoles et postes forlilii's; 

Knfin, dans l'angle Nord-Est de la feuille, dans le Uled-el-.Vous- 
sedj,on observe un groupe de l)orne> milliaires appartenant à la 
voie Tarapes-Capsa. 

3" Feuille (l'EI-Htiiuimi. — La continuation de la chaîne boi- 
dière du Cbotl-l''edjedj accidente la partie Nord de celle Iriiille; 
mais cette chaîne s'att(.'nue à partir du Djebel-Iiadila et elle pre'- 
scnle des passages faciles entre les deux versants par les de'prossions 
du Rled-Vira. doù divergent rOiied-bou-Loufa et lOned-Sonkra. 
de Biar-1'edjedj et du Ivbanguel-llacbana. entre le Djebel-Koit- 
mana et le Djebel-Fedjedj. 

La jiarlie centi'ale est occupt'c par la Sebklia-el-Hamma , extré- 



— GA — 

niiU^ Ksi du Clioll-Fi'djt'dj . cl par la pailie du souil do liabi's coiii- 
prisc eulre celle sebkha et les oasis dOudrel-Métouia. 

I^a partie Sud comprend Toasis d'KI-llainnia cL rexlréniité Nord 
des liauleurs comprises entre TOued-el-llamma cl la côte. 

f.es ruines romaines on hy/antines sont très n()nd)reus('s dans 
celte Iruillc; les piiricipau\ {fiseiiinils sont Irs suivants : 

El-Hamma, où l'on s'accorde à placer les Aqune Tarnjnlanac. — 
INomhreux vesti^jos antiques à la source, dans l'ancien Hordj-el-Uey, 
dans les sé<juias et dans les dillerents villa^jes de Toasis. 

Henchir-Souid. — Premier poste militaire sur la route d'KI- 
llainma à Kébili. 

Bled-Chenchou. — Agglomération de ruines (rélablissemenls 
agricoles. 

Henchir-Khama. - Village agricole; ruines couvrant environ 
deux lieclares. 

Henchir-Hammamat. — Maison isolde; peut-être la station 
postale â'Aqunr de la Table de Peutingerf?). 

Henchir-Telmam. — Pelil l)()urg cl l'orlin. 

Henchir-Youdi. — l'Ortiii avec réduit; (|u«d(pn's maisons aux 
abords. 

A la sortie du col de Fedjedj. - b'ortin et (|U('l(jui's maisons. 

Henchir-Fortas. - l'orlin cl (juchpics maisons, 

Henchir-Zougrata. - Hnines dini village ayant occupi- mu; 
superlicie de près de ."5 lieclares, puits antiques; à 'loo mètres 
N.-N.-O., fortin. 

Col du Fedjedj cl Henchir-Rebain. iMiilin. puits romain, 

(jiiel(|iics maison"^. Uorm- milliairc illisible. 

Henchir-el-Batoum. — lluinc «'Iciiduc; pas de grands ('•(lili(c.s; 
probablement village agricole. 

Henchir-Djerbi. — Enceinte rectanjpilaire, de /io sur 5o mètres; 
probablement poste militaire. Auprès de la port<', borne milliairc. 

Henchir-Fesguia. - Ktablissciiienl agricole; ciUîrnes. Sur un 
contrefort Nnrd du Djcbcl-lladifa . o|)pi(lum et barrages; à peu de 
distance. (''I.iblissemcnl a;Micole. 



— r,5 — 

Henchir-Sidi-Khalifa. - Vitslr niilic; (jnillds f-diliccs: [dlils 
;nili(|iics. A iTxxi inrlics Stid-Ksl,, lorliii. 

Henchir-Chenah. — (i.'ishilliiiii sur un uiiinu^lon, ciiln' rOiicd- 
(ilniiali cL rOucd-SIcli.i ; cnccinh' c.irri'c de •><) inrli-c< de; côlc''; 
foloimcs, cli.iitilc.iux; [)i()l);il)l<'niciil Silcsiin. 

l'^iiliii, noiMhrcux {jiou[K'.s de bornes niilliuirt's jalonnanl lis \()i<'s 
de Tacapes à Tlirrcslr par Capsa, cl de Tacapcs h Tamallrn. 

Les fciiillcs de l)ii-l{(!k(d) cl d'l']l-llaiuuia claicul sdloiinces |>ar 
[)lusicuis voies antiques, dont deux luenliorinécs par les itiné- 
raires : 

1" Voie Tacapcs-Tlirvcste par Capsa; 
-2" V(»ie Taraprs-Turris Tawrilhiii , 

et d'autres dont les itinéraires ne font p;is menlioii : 

i' Voie Turns Taiiifillp)ii-(jip.<;a d'une part, -l'a punira d'autre 
pari, par Henchir-Oum-Ali; 

2" Voie Tliusuros-Taparura, par rOued-Beshas; 

3" Voie Tliusuros-Tacaprs , [)ar le Nord du (vhott-F'edjedj ; 

'i " Voies annexes de la grande voie Tampcs-Capaa : a. par le 

bord du Cliott; b. par le col de Fedjcdj ; 

ô" Voie Aquai' Tacapilanac à la voie du littoral. 

Houle TaeapPH-Capsa-Thpvt'sd'. — Cette route traverse la Icuillc 
d'Kl-Hamuia du Sud-Rsl au Nord-Ouest, et coupe ensuite I anjjb' 
Nord Est de la feuille de Bir-Hekeb en pénétrant dans le IJIed- 
Sejjui. Les stations comprises dans ces feuilles sont Aqaac Tacapi- 
tanae (à xviii milles de Tacapes d'après l'Itinéraire d'Antoiiin, à 
xvi d'après la Table de Peulinjjer), que l'on s accorde à retrouver 
à El-Hamnia, et Silesua (à xix milles d'Aquac), qui nous paraît 
être représentée par Henchir-Chenah; c'est la ruine (|ui, par sa 
distance d"EI-Hamma et par sa situation topograpbique, corres- 
pond le mieux à cette station, et le nom arabe de la rivière voisine. 
Oued-Slena, semble avoir gardé la trace du nom antique. La dis- 
lance de 1 () milles qui séparait Aquae de Silesua conduit au col 
taisant communiquer la vallée de Hoii-Loufa et la vallée de lOued- 
Hadifa. et c'est bien là que, logiquement, devail se trouver la 
inaiisin d'où se détacbail le raccordement conduisant à Silcmia. Si 

Anr.iiKOLor.u;. — N" 1 . 5 



— 66 — 

Ton oxamine la position d(^s autres ruines iinporlaiitcs de la réjîion 
situées à proxiiiiile de la voie, Heucliir-el-.Maj(uel et lleiu'Iiir-Sidi- 
kliatila, on se i-end raciieinenl complc (|u aucune délies ue peut 
répondi'e aux données de rilinéi'aire; rendjianclienienl eonduisaiil 
à Ilenehir-Sidi-Klialita SI» fùl délaclié à moins d<' i cj milles dM^'J^e, 
celui conduisant à lli ii(liir-(d-Maguel , au contraire, eut bifurqué 
bien au delà de celte distance. La voie est nettement visibles sur 
tout son parcours et, sauf dans la partie inondée du Cliott, tous les 
milliaires ont été retrouvés; mais la distance entre les grou|)es de 
bornes varie de i5j)o à 1600 mètres, s\'cartant ainsi notablement 
de la longueur nornwile du mille romain. (Àd écartenicnt des bornes 
doit être le même sur tout le parcours de la voie, car la dislance 
totale de i8'j milles coriespond bien à la distance Tacupcs-Thcvcslc, 
en supj)osanl bien entendu que les cantonnements dliiver de la 
m' légion fussent à Tlirrcslc même; cette longueur anormale du 
mille explique Terreur de Tissot, (|ui ccmcluail à un développement 
total de la voie égal à H)-] milles. 

La même anomalie a d'ailleurs été t'onstaLce sur le Jragmcnt re- 
trouvé de la voie Tiicapcs-TuiTis-Tamalleni. 

A lEsldEl-Hamma, la voie est jalonnée par les milliaires d'Hcn- 
cbir-Tobeul. près de Has-el-Uued et dllencbir-Zaalria , et par deux 
autres milliaires illisibles relevés, l'un au col du Djebel-liagouba, 
à 3 kil. 5oo Est d'El-Uanjma , l'autre à mi-distance entre ce col et 
El-Hamma. De |)lus, des tr.ices d'aménagement de cbaussée ont été 
obseivées au col par lequel la voie; tiaversail la petite cliaim.* du 
Djebel-MensoL 

lU)ul(^ de Tacajjcs à Tunis Tamnllmi. — Celle voii; se délacbail 
de la voie de Tbeveste au pied du piton isolé du (juelb-Hechima et 
prenait la direction de l'Ouest en évitant la tiaNersée du Djebel- 
Aziza, extrémité Est du Dj(d)el-ïebaga; |)lusieurs milliaires ont été 
retrouvés sui- cette partie du paicours vers lleucliir-Souid et aux 
abords de TOued-Magroun. Elle pénétrait ensuite dans lu feuille 
d'Oglat-Merteba, où nous la retrouverons. 

Hontes non mentionnées par les itinéraires : 

1 lioiite de Turri» Tanidlluni » Capm et à Tapmiini , par Oiim- 
\|i. — Aucune borne ii'en a été retrouvée, mais son tracé, encore 
em|)runlé |)ar une bonne piste arabe, est bien net enlic Ksnr-el- 
\bmeur et les Htidir-Hegra par Hencbir-Oum-Ali. 



— (\1 — 

-2" Houle (le Tlnisnros à TtiiKirurn pai' rOiicd-IJcsh.ls. — (a'Mc 
rouit! est jalontx^c f)ar de ii()inlii(nis«îs niincK d (''lahlisst'rnr'nl.s «iffi'i- 
coles cl (le Inrllris (|iii oui élé lolcvés par MM. \<\s liculfiiaiils La- 
loudc cl (iéiard; pas do horiics iiiiliiaires. Le {.vncé. d(! (•«>lto voie 
dans l(î Bled-Sejpii jusqu'au (hitilé ({'l'^l-lialav a élé éludié lois du 
levé de la feiiillo d Kl-Ayaïrlia ; elle coupait la voie de Tlu-rfsir vers 
llciichir-Guioudi. 

3" Houle de Tliusiirns à Tarapcs par le Nord du Cliotl. — Les 
ruines de j)ostes militaires relevés de Ksar-cl -Askei- à lïencliir- 
(Ihoiiali seiiiMcul indi(picr (pi'une voie stralé{ji(pie leliaiL Thusuron 
et Tnrajii'K par le Nord du Choit; des reconnaissances ultérieures 
nioulrcronl pcut-èlre si celle voi(! se délacliail de la roule Tlin'rsh- 
Crrrd-Tliiisurns-^i'jUc, ou si, ce (pii semble plus probable, elle allai! 
se rallacber vers Ad Majores à la grande voie slraléjfique du Sud de 
rVurès, ([u'elle aurait ainsi j)rol(>u}(ée. Vers TEsl , au-delà d'Hen- 
chir-Chcuab, elle païaît se couloudrc avec la voie Thevoste-Tucupeg. 
Les inscriptions, malheureusement incomplètes, trouvées à Ilen- 
chir-Chenah et à 9 kilomètres N.-O. d'El-Ilauima semblent se rap- 
porter à celle voie, et les chiffres qu'elles portent correspondraient 
très approximali veinent aux distances de ThevenU' pai' Ad Majores. 
11 y a lieu de remarquer que, au point de vue stratégique, le tracé 
de celle voie eiU élé plus logique que le tracé par le Sud du Cliott; 
ce dernier a bien plulôl le caractère d'une roule commerciale per- 
mettant aux caravanes de gagner, par la voie la plus courte et la 
plus facile, la région du Sont", que celui d'une roule militaire lor- 
mant frontière. Probablement antérieure à l'extension de l'occupa- 
tion romaine dans la région du Nefzaoua, cette ligne de défense a 
du conserver toute son importance même après rétablis-sement du 
limes tripolitnims. 

k" Houles annexes de la voie Tacapcs-C((j)sa . — La dis|)Osilion 
des principaux gisements de ruines entre les puits de Hou-Loufa et 
les oasis d'Oudref-Métouia permet de supposer qu'une route annexe 
doublait la voie Tacapes-Theveste. entre Ta/:apcs et Silesua; tout en 
desservant les nombreux établissements agn'icoles situés sur son 
tracé, cette roule devait permettre, pendant la saison des pluies, 
d'éviter la tiavfîrsée du (jholl. C'est peut-être à ce tracé que se 
rapporte la dislance de xvi milles, donnée jtar la Table de Peu- 
lin{jer, entre Tacapes et Aqnao; à cette distance de Cabès on re- 



— 68 — 

trouvf 011 cllfl la jtetito ruine tlKl-Haiinii-imat , (|ni pourrait rcpré- 
sfiilcr la slatioii postale (r(»ù se serait délaclK' rciiibrauciiement 
eoiidiiisant à Aiiiitir. De (ialx'-s à Uiar-lion-Loiiia par OiKlrei" et 
lleiichir-llainmaiiiat . ou coini)!!' .')('• kilomèlres, (jui coirespoiHleiit 
bien aux x\\\ milles de la Table de l*euliu{jer; par El-llaiuma, 
cette (iistanee sérail de plus de ;">() kilomètres, niènie en admet- 
tant un tracé absoiiiiiieut en lijfne droite entre Kl-liamma cl 
(iabès. 

Il semble aussi cpi^une route un peu |ilus directe devait se déta- 
elior de la «jrande voie vers 77m.s7ï/-fc(iMeliamla) pour jjajjner Tacnpva 
par le col du Fedjedj; cette route et la précédente devaif^nt se con- 
i'ondre à j)arlir dllencbir-Tcdmam. 

5" iioule (Y Aquac \ers le littoral par llencbir-Telmam. Un 

alignement ininterrompu de ruines jalonne cette roule, (pii devait 
rejoindre la voie du littoral vers le point où celle dernière Irau- 
cbissail TOued- \karit. entre les stations de Imcciku' et de Crlluv 
Piccuiviuc. 

Ilnlin, dans le khanguet-Hacliana. col lor<je et facile (pii s'ouvre 
entre le Djebel-Houmana et le Ujebel-Fedjedj , on observe des 
traces d'aménagement d'une cbaussée antique (pii parait prendre 
la diiection delà trouée d'El-Hafay en desservant les ruines relevées 
en iqo9 dans le MIed-en Nouai. 

A" Fciilllrs (lo Mnicliia, (le Kéhili . (r(f<iltil']li'rlch(i cl ilr Dnii:. — 
La re'gion comprise dans ces feuilles s'étend, de l'KsI à l'Ouest, 
de la j)laiDo de Sidi-Guenaou et des derniers conlrelorls du massif 
di'S Matmala justpi'à lextrémité de la prcscju'ile du NelV.aoua. La 
partie centrale est occupée par la dou!)le cliaîne du Djebel-Tebaga, 
j»rolongé à l'Kst par le I)jeb(d-Azi/.;i . à l'Ouest pai' la cliaîne den- 
telée et très atténuée du Djebel-Hessila; le l)jebel-A/,i/.a est sépan; 
(lu massif des Matmata par une large dépression correspondant au 
coude de rOuiMl-el-ilallouf et donnant passage aux nombreux clie- 
mins (pii, de cette |)arlie de la région saliarieuue. convergent sur 
(iabes. 

Au Nord du Djebel-ïebaj;a el jusipiau (ilinli, ■,e|eud nue plaine 
ondulée, décttupr-e par de nombreux ravins; au Sud. vers Telmiiie 
et Ki'bili. larcliipel des oasis du Ncl/aoua, émergeant dessables 
du (ibnil. (iiiiiiiieiM-e presipu' iniuied ia lemeu I a u pied des bauleuis 



— r,9 — 

(lu Tcliiiif!! ; plii"^ à ri'-sl . iiii plalf'.iii sh'i'ili' coiiim- (t.ir la rivicr*' du 
l)i('lH'l-l)()iit'ia occiipc le triaiijjlc coiiipiis cnlifi les oasis, lo (ilioll- 
I{g()il|j cl I Oiicd-Taila. \ ce [tlalcaii siicccmIciiI iiisorisiblfincill les 
(lunes (le sahic, d'aNoril i.s(j|(''('.s et j)liis ou inoiiis lix('(;s, puis [»Ims 
(Icîiiscs el. souv(Mil inouvaiilf's, du Icrriloirc des Mcra/.ijj. 

Les ruines sonl iionihicusiis dans les (cuillcs (rOjflal-Mcililia . 
de K('d)ili, do Mcncliia cl dans la partie Nord de la leuillc de Ddii/ : 
mais, au Sud de la lijjue Mir-Gliezen, Ksar-Tehria, Douz, Sahria, 
(llicdcnia. ou n'obsci'M' plus aucune Iraco de rorcu[>alion anli(]ii('. 

Les principaux jmscmh'uIs si'fnali's sonl les suivants : 

A. Dans la l'cuillc d'Ojrlat-Mertcba : 

Sidi-ben-Rilouf. — Posic niililaiie sur un mamelon dotninant 
la source anu'uajfi'e; horue milliaire. Aux (Mivirons. clablissemenls 
agricoles. 

Henchir-Temassine. — Castellum mesurant 3o sur -iT) mi-tres, 
situ('' à ifxx» mî'tres cnviion au Sud de la voie Tacajx.s-Tanuillcii. 

El-Kheriba. — Fortin sur uii e'peron d(''laclui du versant Sud 
du l)jel)el-T('lja;|a; cliemin (Taccil's encore visible. 

Henchir-Benia ou Guedah-es-Seder. - Grand castellum mesu- 
rant (!o sur /lo mètres; {jraudes citernes; deux (iostes d(ilach(*s aux 
abords. A (it('' ('tu(li('' en (b'Mail par ^I. le capitaine Donau. com- 
mandant supérieur du cercle de Kébili. Semble représenter la sta- 
tion romaine de Mnzalanzur(l). 

Henchir-el-Kherba. — Iluine iui|j()rlante; centre a[jricole avec 
l'orliu et citernes, siu- un inainelon isolé du Djebel-Halou{ja. 

Henchir-Soutteuf. — (iaslellum mesurant i a sur lo m('tres el 
commandant le clicmin crKI-Hanima à 0|;lat-Meiteba ; (piebpies 
cfuistructions au\ abords. Poste d(itacht^ au pied du mamelon (pii 
poi-tc Ir caslellnm cl au bord du cbemin. 

Henchii'-ed-Dib. — -^(irandc. ruine située à peu di' dislance au 
Sud du tracé probable de la voie Tarapes-Aquac: oppidum mesu- 
rant oo sur -lo mt'Ires cl entouré d'un fossé: j)uits lomain. 

Henchir-Merteba. — (Construction cariée de 1-2 mètres de côt('' 
sur un mamelon finnnnaut les Ojjlal; (juebjues bâtiments moins 



— 70 — 

imporlanls aux ahnnis; à peu de distanot^ en ainoiil cl sur l'Oucd- 
Mcrloba. important barruj[i' eu partie cousorvi'. 

Henchir-el-Hadjar. - Crand oaslollum (•arr('' de ."5 'i lut'fros de 
rôle, avec nanqurincnt aux aiijfles et sur io uiilieii des rôtés: pcui- 
ètre \utlius de TanonyMK' de HavenneC?). 

Henchir-el-Fezaa. Ruines d'un casteliutu seMddal)le à celui 

d llemliir-cl-lladjar; peut-être Ausilmdi du limes ()ijii>lit<n)its{^!). 

B. Dans la feuille de kéhili : 

Henchir-Mgarine. -- Fortin sur la voie TaniiKs-Tmnullon. 

Henchir-Ain-Tfel. — Vesli{|es de (•onslinctiuus l'n hoidure de 
la UK-nie voie; Tune de ces deux ruintis, mais plu^ pr(d)al)lemenl 
rHencliir-Aïn-TrcI, doit représenter la station d'Afrnrlavns : aux 
abords, veslijfes d(' chaussée aniicpie. 

\ -2^)0 mi'lres Ouest de Hordj-Taiura, sur un mamclou (pii do- 
mine la plaine. — Huine étendue, mais complètement bouleversée; 
aux abords, vestiges de chaussée anli(|ue. A i6oo mèlres Sud-Sud- 
Ouest, base d<' borne niilliaire. 

Telmine, Rabta, Mansoura, Kébiii, Bazma. — [Nombreux 
débris antiques. Ruines déjà étudiées. 

C. Dans la l'euille de Menchia : 

Nombreux débris antiques utilisés pour la construction de ces 
divers villages, étudiés par M. le (a|)ilaine Doiiau. 

1). J)ans la l'euille do Douz : 

Djemna, à iH kilomètres «le Mansoura, représente peut èlre la 
sifllion de Ad Temjilum du limes, 

Ksar-Tebria. — (lonstriiction carrée en l)locaj;e de -^o nièlrivs 
de côté, prolongée |»ar deux murs en foniie de Imirlle. Deux puils 
anti«pie>. 

\u Suri de la ( laraa-l lollia , sur un il<il iwclinix au milieu de la 
vallée de rOued-Seniem-el-Adara , vesligi's de c(Mistriicliotis. l'eul- 
èti"e Afrnrsel fie la voie T<iefij)eH-i\q)le{'^). 

Henchir-el-Asnam. - <i,iste||iim enloMic- d'une enceinte avec 
foRsé. 



— 71 — . 

\ •> kilonn(''lre.s Ouest, do Hii- Ajrnrcl). ~ (Jraiulc (l.illc jiorî.inf 
iirx- iiisniplioii lit)y<|ii<' |hmi iisil)i(>. 

Les Iciiillt's (le Mt'iicliia, Krhili, ()|fl.'il-M(!il('l»a et Don/. r^laicMil, 
dans ranli(|uiln, sillniuiéos |»ar les voies suivantes : 

t" Pallie (lu linifs tnyolitanua coniijrise (;nlre Tacapcs el \/f>iia, 
^)nv Afiunc Tdcajnltiiutr. Ainirhiras. Tuiris Tanuillnn, Ad Tdiiplinii , 
Borczena et AiisiUmdi; 

'?." Houle (le Tacapcs à Tlwocslv par Avcs, Timezcgerri Tun-is. 
Putvus, A/>arscl el ^vylv; 

3" Koiile (le Tiirris TtiinalL'iii k Thmuroft; 

II" Houle (le Tunis Tamallrm h Taparwa [lar Scptimi, Hir-Rokeb 
el Bir-Oum-Ali; 

5" lioule (le Tiirris TamuUcni h Capsa par Ksar-el-Asker; 

6" Houle (le Silcsua à Aves par El-Hainuia oA FOued-Merteba. 

Awu'i Trif)()lil(intii>. — (lelle voie se détachait de la voie Tacapes- 
Tlwvestc [)i\v Capsa vers le (juatri('me mille au delà A'Afinae el, 
contouriianl rexlrëmitc' du Djebel-Azizu, {^agnait l'iuiportanl point 
(r(!au de Sidi-bcn-Gliilout'; de là, elle se dirigeait au Sud-OuosI 
sur les Oglal-Nakla et se confondait ensuite jusqu'à Limagues 
avec le tracé de la route actuelle, en évitant toutefois le délour 
(l(^ Bordj-Saïdan. Jus({uà Limagues, le tracé de la voie aniique 
est bien de'temiiné par les milliaires trouvés à Henchir-Souid, aux 
abords de l'Oued-Magroun , à Sidi-ben-Gliilouf el près de Hir-Nakla, 
ainsi que par les traces de chaussée aulique relevées près dAïu- 
Tfei, de Bordj-Tanira el d'Aïn-Hadouan; au delà de Limagues, 
ce Iracé est plus probléinalicjue. Néanmoins, la présence de ruines 
sur la piste ^Vyhw/t-Telmiue j)ar le Khanguet-Brimba permet de 
supposer que, de Limagues, la voie gagnait directement le Khan- 
guel-Briuiba et de là Mansoura, qui doit représenter Tamallni, 
sinon Tuiris Tamalleni: On peut concilier, en elfel, les données des 
iliuéiaires et la topographie du pays, en dislinguanl entre Ta- 
mallen. centre, el Tvrris Tamalleni. région; il est bien certain, 
comme le pensait Tissot, (|ue la lour dont les ruines se voient à 
Ouui-Scmaa et qui a des vues à la fois sur le Bled-Faraoun. sur le 
Chott el sur le Nefzaoua occupait un euqjlacement répondant bien 



— rz 



au rôl»" que Jevait jouer le poste le plus occidental du Utiles, m;us 
il est proltalde aiis^i (pie eetle lour n'était pas isolt'c cl dcNail faire 
purtie duii syslciiie l'oniplet de surveillance et de di'Iciise de la ré- 
{don. Sur les crèles du Tebajja et du Uessit'a, ou rt'liouve des ves- 
tiges de plusieurs jtostes vijpes, et il eu existe rjjaleuienl d.ins la 
plaine. 

Entre Aquav et Tunis Tamallini, l'itinéiaire indi(|u<' une seule 
station, Afrarhiras; située à \\x milles d'/lry//r/c. à même distance de 
TdiiKtllrn. Ai><nl(iras ne peut se retrouver (ju"à ileucl»ir-M<jarine ou 
plutôt à Heuchir-Aïn-Tfei, cette dernière luine étant à égale dis- 
tance ('17 kilomètres, \xx milles) (rKI-llanim.i et de Mansonra. 

Aucune d('cou\erte de document épi||r;i|>lii(pi(' ne permet d'iudi- 
i|uer avec (pichpie ceililude la direction «pn- prenait la Noir apri'S 
Ttiindllt'n: la premii-re station. Ad Tcnijjlunt, située à \ii milles de 
Tamallrii, est peut-être re[)réseutee par le villa{|e aclmd di' Djemma, 
à 19 kilomètres de Mansoura , où Ton observe de nombreux dé-bris 
.•mtiques. Quant à Bnrzeos, située à x\\ milles d' b/ Tnnplum, on 
pourrait songer à l'identifier avec les ruines de Bir-tîbezen, situécis 
au pied du Koudiat-liereslim; ces ruines sont, en effet, situées à 
/17 kilomètres de Djemma, et les noms arabes précités semblent 
avoir conservé la trace du nom de la station anti(pie. Le ksar- 
T(d)ria, situé à 19 kilomètres Sud-Est de Don/., mariiuerait un 
point intermédiaire de la voie. 

Au delà de Brrrzoos, le tracé présumé du limes pém''tre <lans nue 
n'jfion non encore levée et où, dans une procbaine campaffue, on 
eu trouvera |)eut-être des traces; il reparaît dans la l'euille (rOjjlal- 
Mert(d»a, où il semble d'abord se confondre avec la piste arabe, 
jjilonnée démines romaines, qui conduit de Sidi (iuenaou à l'Oued- 
.Sliiikim. Se diri{jeant ensuite vers l'Est par le |)ied des pentes du 
massif des Matmata, il devait rencontrer Ausilimdi à liencbir-Fe/.aa, 
au pied du Djebel-Msilim (?), à xxxii milb's(5o kil. ) de liir-tJbezeu. 
à \x\ milles ( '17 kil.) de Zaral, où Ton s'accorde à jdacer Afrtiui. 

iSoute de l'drujus à Thevestr ^av le Sud du (Iboll. Viicuu do- 

cument certain n'a permis jusqu'à pi(''se!il didentilier les stations de 
celle voii^ et on ne peut se baser cpii' sur les donm-es des Itinéraires 
et I;; topo[M'a|iliie de la réj;ion pour déterniiiuT aj»pin\iniati\ement 
leurs emplacements probables, tels (pi'iU s(uit indi(|ués ci-aj)rès : 

.li'cv, à XMii milles de Tacapes |^llencliir-(d-h'ratis ). 

Timetcffcn Tniris, à x milles d'Aves (Ilenrbii-lias-el-M.idjel ). 



— 73 _ 

Ma:<itainur, h vi milles de Tiittrzcin'ii {\\cnc\\'iv-Wi'.u'i:t ). 

l'iilciis, à VII iiiillcs (If Mdzalaiizur (ruines sur I Oiicd-cîi-ilcii- 
cliir, an Nord de rOucd-Ouui-Cliiu). 

Afjarscl, xivmilirsdc! Piilvus (ruines de rOucd-SiMiieni-ei-Adani ). 

Après A/farsrl, la voie auniil pris la direrlion de Douz par ksar- 
Tebria; au delà d(^ Douz, sou tracé serait jalonné par Sabria cl 
Gliedenia, où l'on a signalé des eonstruclioiis anli<|ues. 

liicn (|ue la sialion de Bcineos ne soil pas riienlioniiée |)ar llli- 
néiaiii; de Peulinjfcr, il (^st prohalde (|ue, la >ecliou coniprise enlrt; 
!i(rczri)s l'I Ksar-Tebiia dr\;iit t'lr(; (•oininuiie à la xoie de \Vy>// cl 
aux limes hip<tlil<inu.s. 

\u(lius, de I Anonyme de l»a\eniie, entre \rtbus et Tiuu :r.(riTi . 
esl peiil-èlie rHencliir-cl-lladjar. 

Moule de Tunis Tamalltni à Tliusum.s. Aucune indicalion n'a 
(Ué recueillie sur son Iracé; elle devait emprunlei' le Tiik-el-Oudiana 
après avoir rejoint, vers l'extrémité de la presqu Ile du NeTzamia, 
une voie secondaire venant de Limajjues i)ar Srptimi et le lîlerl- 
Faraoun. F^e nom de Limagues (ou plutôt El-Mdinics. la lliruica- 
lion) a conservé la trace de ce dédoublcunent du limes. 

Houle de Titrris Tamalleiii à Taparura, par Siplimi. liir-lîekel) el 
Ouin-Ali, - - Pas d'autres indicalions (|ue les ruim's éclielonnées 
sur le tracé de la voie. 

Route de Tunis Ttimidleni à Capsa , p;ir Hii-Xeuni ej Ksar-el- 
Asker, — Pas de traces dans la ré;;ioii levée; à (i kilomètres du 
débouché Nord du délilé d'El-Asker, M. le capitaine Donau a relevé 
un groupe de bornes appartenant an xxii" mille de cette voie à 
partir de Gafsa. 

Uoul(> de Silesua à Aves. — Celte voie, menlioniiiM' par la Table 
de Peulinger. devait se confondre de Silesun à Aquae avec la grande 
voie Tnrapes-Theveste par Capsa; au-delà d' Aquae el vers Aves. elle 
est jalonnée par les ruines qui s('clielonnent sur la rive droite <l(^ 
rOiied- Merteba. Le cliiUre de xviii milles indi(|ué par la Table entre 
Silesua el Aves est évidemment faux; on compte, en effet, xix milles 
de Silesua à Aquae et xiii milles d Aquae à lïencliir-Frali>;. (|ui doit 
représenter lues, soit au total xwii milles. 

Les ruines échelonnées sur la route kébili-Gabès par le délilé 
entre le Djebel-Tebaga et le Djebel-Douéia ( Henchir-Zazia. Hen- 
chir-el-Asnam , llenchir-llenitia, etc.) représentent peut-être les 
posles de l'ancien limes Tamalleusis avant que l'occupation romaine 



— 7/1 — 

(mM t'n<|l()b('' Toasis ilu \of/iiona et les (ftablissenioiHs aj^ricoles do la 
trout'C (le iiir-liliczt'ii. 

l\iiiiii It's oppidd (11' la liste do Pliiio. on relrvc un oppidum Ti- 
hifrcnsc , dont io nom semble se retronver dans le nom dn Djebel- 
Tobajfa et qui est pent-ètre représenté par lune dos ruines situées 
à proximité de cette monta{{ue; mais rien n'autorise j^ faire un choix 
pour cette idenlilication, entre les ruines à caractère militaire de 
l'un ou de l'autre versantde la chaîne : liencbir-Temassine au iVord, 
Hencbir-cl-Asnam ou llenchii-Remfia, au Sud. 

5" Aucune ruine antique n'a été relevée dans la feuille du Djebel- 
Berjja, (|ui coinprciul une région |)resque complètement déserti«jiie. 

domm' TorssAiNT. 



|{ APPORT 
SUH Li:S TIUVAUX I) K FOIILLKS 

OIM'KKS K\ Iî)()/i 
P\n LK SKRVICI-: DI'IS MOMMKNTS IIISTOIIIOI KS 

EN ALGÉlUi:, 

l'AK M. AI,li. 15\LLl , 

Anliilcrlo i-n flu'i du Scrviic des iVloiimiii'iils lii'.ti)ri(|iii's. 



Les travaux de fouilles cxéculés eu 190/1 dans les trois dépar- 
leiuents algériens se divisent de la façon suivante; : 

I. Dt'partemetH d'Aljrcr. — Fouilles à Chcrchel. 
]\. Département de Cnn/itantme. — Fouilles à Souk-Aliras, à Kha- 
niissa, Anuouua, f^fiinbèse, Tiinffad. 



CHKRCHEr,. 



C'est eiu-ore M. Waiile, ijrolcsseiir à la j-'acullé des lettres d'AI- 
}[(M'. (|ui a bien voulu celte aunée assuuier la lâche des fouilles de 
Chercliel. 

Au printeiuj)s dernier, il a découvcul dans un terrain apparte- 
nant à M. Besse, épicier, rue de ïenès, une tète de marbre, {frau- 
deur naturelle, ceinte d'un diadc'me avec un morceau d'étoile ramené 
sur le sommet de la tête. Maljrré les meurtrissures du nez et du 
menton, on peut leconnaître, au modelé du front oL à la bouche 
proéminente, le roi Juba II. 11 a été exhumé également, outre uu 
fragment d'inscription, une colonne de granit, une pierre plial- 
li(pie. des fraguieuts de j)oteri(' bisj)auo-maures(|ue el une li|;ii- 
rine de marbre à dos plat ( lîaccbus cimuI d'une loiu'dc couronne 
de pampre et de lieriv, et ([ui seud)le inacbev('e). 

L n autre chantier a été ouvert sur une j)artie de remplacemenl 
de la scène du théâtre antique, situé dans le nord de la ville ac- 



— Vf) — 

liu'llc. (]<• llit'àlr»' (Hail encoi'c intact avec ses «j'y jji-adiiis en i8'io, 
cl les ninlériaiix on ont élr j)ris par le Génie inililairi' IVançais pour 
construire une caserne voisine. \j\ scène subsiste encore cepiMirlanl : 
à 7 mètres de profondeur on a trouve' le couloir de roicheslir. 
des chambres de belle coustruclidii . un escalier louju'aut jadis 
les [franins. Mais, dans le proionjjCMicnl de ce couloir, il v a des 
niaisonnelles, uue route, une vi||ue e| ciu(| |>ro|»ri('ti''s p.triicii- 
lières. 

Des lùts de colonnes lisses cl caunelés, en marbre rose, en 
bièclie (TArrique. en marbre vert j>i(pié de roujje ont étt' exliuuiés. 
ainsi (pie de beaux cba|)iteanx d'ordre com|iosite. des bncranes, 
un chapiteau-applique avec un thyrse comme motif central, 
un couronnement de colonnette en forme de corbeille entonn'-e de 
feuilles d'acanthe avec dessus en feuilles de chêne avec glands, des 
frajimenls d'inscri[)tions monumentales, d'ornements de toutes 
sortes et de maibres les plus variés, etc.. iudi(pi;int à n'en pas 
douter (pie la (b'coration de la scJ'ue du lln-àlre de rancieune ('tic- 
sarcd ('lait d'une «pande richesse. 

Si TMlal s'('lait n'serve' la |)ropriété de rem|)lacemeul où se 
trouNcnl ces ruines, il aurait pu pr('server un ensemble pres(pie 
aussi intéressant (pie celui du théâtre de Timjjad. M. \\ aille a 
déblayé des murs de six mètres de hauteur bien couser\é> et 
a recueilli de nombreux morceaux de statues de marbre blanc. 

Tout dcrnièr{!ment , il vient de découvrir dans les substruclions 
du théâtre une belle statue presque intacte, rej)résentant, croit-il, 
une des Muses. 

Cette figure est nettement cambrée; les hanches en saillie se 
devinent bien sous l'étoile. IClle s'appuie sur la jambe droite (trois 
d()i|[ts du pi(;d r(;couvert par la dra]>erie sont seuls à découvert); 
la jambe jj-aucbe es! h'jji'renient inlléchie. La ceinhire est n(»iu''e 
immédiatemenl au-de.^sous des seins, et la main [puiclie (îst rame- 
née sur la poitrine. La droite (pii manepie. tenait peut-élre une 
lyre. La h'ie ;i l,i clievebire oiiduh'e, ceinle d un bandeau cl ra- 
mencM' a l'arrière en cliij[;ion. Le niarlire pè-e i. ')<)<» kdojp'aiiimes. 
La lianieur e-'l de •> ni('li'es. 



— 77 — 



Soi k \iilt,\.s. 



M. I<; (Icx^lciir U()ii(|ii(>ll(\ iiiédcciii [nililnlii;. en •garnison;) Soiik- 
Alirjis ;i odiiliiiiK' les Idiiillcs (jnil avail ciitnîpri.sc.s Tan (K'riiicr. \ii- 
hni^(' par la iimiiici|>alil(' à percer une jfrarifle saignée dans le 
iiianiclon dit de saint Aiij>usixii, sai;fné(! qui est d(!,sliiiéc' à .servir 
de ine, le docteur I{()n(|iiello a trouvé d('s murs nombreux appar- 
tenant à un monument et à des maisons romaines fort houhîversés 
par les !)erl)ères à une; tri's basso épo(|m'. Toutelois il a exhumé: 
une vaste (diambre d'um; lia])ilalion encore d(;coic'<! d'une niosaïqui! 
(b; dallajje fort détériorée; un grand mortier à huile monolithe de; 

m. Gf) de diamètre; une petite stèle votive sans inscription; des 
bases de colonnes; des seuils de portes; enfin quelques monnaies 
dont quelques-unes ont pu être déterminées malgré buir mauvais 
état de conservation : on y voit les images et les noms de .liilia 
Mamaea, d'Alexandre Sévère, de Maximin. de Claude I" et un denier 
consulaire rra;;nient('. 

Kmamissa. 

Avant d entre})i'endre les l'ouilles de Kh.nnissa à lendi'oit di'si- 
gmé sous le nom de «-platea vetus75, c'esl-à-dire rancien forum, par 
opposition avec le r forum novumn découvert il y a (rois ans. 
M. Joly commença par faire ])rali(|uer une route carrossable ])our 
les charrois depuis l'arc de tri(»in|>!ie déblayé l'an deiiiier jnsipiau 
vieux forum. 

Il put suivre tout d'abord la voie liiomphale romaine sur un par- 
cours dune (juinzaine de mètres, au boutdesquels il rencontra une 
voie transversale près d'une petite basili([ue chrétienne, des sub- 
structions d'une bonne construction , un égout se diiigi'ant vers 

1 autre forum et un tombeau. 

L'accès pratique au champ de fouilles ('tant ainsi obtenu. 
,M. Joly entreprit les déblais en di'gageant tout d'abord une plale- 
lorine située en contre-bas de la place public jue et dont le mur de 
fond forme la limite antérieure du forum. Douze chambres furent 
mises au jour sur cette ligne, avec des portes s'ouvrant sur une {ga- 
lerie aux extrémités de bupielle ciiu] autres pièces étaient disposées, 
(les cbamiires sont probablement des boni iques accessibles seule- 



— 78 — 

iiH'ul il 1.1 |ilal('-r(»riin' iiiIrrieuiL'. IV'ul-rlrc olaiciil-i'llcs à deux 
éla[j('s, et alors l'ctii{fe du dessus ôlail-il au niveau de laffjjlalea \e- 
tusfl? Nous ne saurions rallirincr. (juoi(|U(' ccllo li\])olh('se soil assez 
\raiseiMblal)le. 

Au couis de ces déblais, il a decomcrl (|ii('l(|iirs iiiscri|)lions. 
Il a recueilli, i'm outre, un jeton d'ctain, d un diamètre de 
u m. o3> et d'une é[)aisscui" de oin.oo'î, portant les six lettres 
ci-dessous : 

B L 

I F 

BY 

Une médaille de cuivre de o ni. o*.î de diamètre repiésentant, à 
l avers et au revers, des fijiiires avec lettres eiïacées; une penlnre 
à charnière de l)ronze |)Our lermetui'c d une porte (lonjfueur, 
o m. '.io\ ('paisscur. o m. 08); enfin divers ohpis de ter. 

La plate-l'orme ayant ('té débarrassée, ainsi (|ue les consti'uct ions 
(|ui en occupaient la partie poste'rieuie, l'espace supérieur fut atla- 
(|U('' et presque entii-reinent dél)laye'. Les résultats en sont des |dus 
inléressanls, et tout d'abord on ne peut qu'être extrêmement frappé 
de la similitude (ju'offre le plan de ce lorum de kliamissa avec 
celui de Tiniffad. On peut en jiijfer par la description rapide ipii 
va suivre. 

Sur le côté {;aucbe de la j)lace, iiiu! Iii-s vasie basili(|ue judi- 
ciaire (jui occupe, et même au delà, toute la loujfufur de ce côté, 
communique par deux portes à un porti(|ue de 10 colonnes corin- 
lliienni's. La larjjeur de la basilique est de 98 m. ^o. mais des 
points d'aiipui intérieurs la divisaient en trois nefs, scmtenues clia- 
c.unt' par neuf colonnes, dont la ranj^ée se retoui-nait en avant et en 
arrii'ie du vaisseau central de façon à former im rectaiijjle dont le 
petit côté com|)ortait six colonnes. \iu dcifnisiint celles d'angle, 
|)oiir' ne pas les compter deux fois, l'intérieui' de la basilique était 
donc |)orlé par aG colonnes. Dans le fond de la salle se trouseut 
les substruclions de l'estrade réservée aux ma{jislrat8 et des salles 
accessoires de service au nombre de six. Le sol de la basilicpie est 
naturellement plus élevé «pie celui du lorum. 

Dans le fond de la place, ainsi qu'à Tlianiiifraili . sont disposées 
des chambre» qu on peut facilement supposer avoir été des boii- 
li<|ues ou des salles de réunion iiécessaii'es à loul lorum romain. 



— 79 — 

L'une (Tiillcs. ;isb<!Z vash;, a coiiscivt; les soubasscimiiils di; Irois 
|)elils iiiouiJiiienls dont celui (\^t ra\(; a (!l«; coiipt' iilhirieureiuenl 
par un iiinr (|ui, piolon^^r eu a\aut ainsi que li; uiui' (!<; droit*; d(; 
la salle, a permis dVlaMir une couslruclion barlonijnt! rcsscinlilaul 
liul à uui' cliapclle hy/.anliiif. Iric aiilrc salle, pri'cr-di'c de Irttis cn- 
trccoloimcnicnts, scuivrc! sui' nm- pièce cieusér dans la colline (pii 
domine (<* côli'; du forum. A ran|(le droil de la salle, un p(;lil 
espace r(Mian{fulaire, acconipajfué sur sa droile pai' un escalier de 
sepf marches, semide avoir ('le' la Iribum'. aux liaranijue'^. 

Knlin le ciSliî droit de la [daccî publi(|ue coiilienl deux impor- 
laiits édifices dont, à noire avis, Tun devait êlic la (lurie; I auln;, 
le leuiple de Jupiler, Juiion el Minerve, c'csl-à-dire le (iapitoli;. 

La Curie su|)posée, située dans le fond près des boutiques, 
élail précédée (Tun j)erron de six marches (jui donnait accès à une 
sorte de pronaos ou vestibule, ouverl par trois enliecolonnements. 
l'uis on |)ém''trail par une porte située dans Taxe du vestibule dans 
une salie au bout de laquelle un reste de mur transversal [laiail 
avoii- porté la tribune où sié^jeaient les sénateurs 'J. L'ordre des 
colonnes du veslibule est rioni(pie. M. .hdy a réussi à remouler une 
colmine entière avec son chapit(.'au "^ . 

Le temple se compose d'une cellat'' entourée sur trois laces (eu 
a\ant et sur les cotés) par un portique coiiiptant douze colonnes 
el treize cntrecolounemenls, l(> mur j)ostérieur du sanctuaire se 
prolongeant sous les portiques latéraux et se terminant par des 
pilastres. 

Ces colonnes dont, avant les Touilles, des morceaux gisaient sur 
le sol av<'c un large filet (oni.-iô environ de hauteur) à cha(pie 
extrémité avaient été prises par les archéologues pour des colonnes 
punicpics, à cause de leur peu de hauteur {-2 m. ()0 en\iroii) par 
rapporta leur diamèlie ''. Cette méprise, des plus excusables, ne 
saurait plus subsister en lace des travaux de déblaiement (pii mjiis 
ont fourni des IragiiuMils de iVits de uu'iiie diamètre, privés de fi- 
lets. Il est donc certain que le filet supérieur des tronçons priniili- 
vement trouvés n'était que la bague du tiers inférieur des colonnes, 

"' La iarjji'iir di' la rurii" (1<; Tiiii<;ad ost di' |)rès d<' lo nK'tnis; rc||i> <lo Klia- 
uiissa aurait pn-s do 9 mètres. 

'') Diainèlri' do la colomie: ni. 70; du cliapileau : lu. (iô. Caicairo. 

^'^ Lonifiii'ur : 7 m. o5; Inr/jiMir : .") m. .")•>. Larjjoiir d'-s [tortiqui's : H m. o^>. 

^*) Diainèlri' : u m. KS; luailin' de (iliomtou. 



— 80 — 

disposition (|iii lut l;inl de luis (Mii[)I(i\('0 à I"(''|m)(|ii(' de la Uenais- 
sanro. I/ordrc tlii Icmiilc riail donc de propoilions n(ninales, et, 
s'il ('lait cofindiien, ce (|ni' nous ne savons |»as cncoio l'u rnbsrncc 
(If drhris de rhapifoanx , la lianicnr des coloniios allei{|'iiail 8 ni. Tx). 

On nt' saurait douter que ccl cdiliicrnl consanv : à Jupitor dont 
on a rclrouvi', en ifjo'i, un nia;[nirn|n<' inoiccm dr slalut' ou 
marbre ' se roniposant de la lèlc cl du loi-se (IM. \lll); à .Innon. 
d<inl Mas(|norav a lionvé la h'If en ccl «'ndcoil: cl à MineiNc dont 
M. .I(d\ a dcconverl . cette année, nn pied cl le |)ra> droit Ion! cn- 
licr d une sn|>crl)i' laclni-e - . 

(it'lait donc le (iapilole (pii. coulrairenicni à celui di> Tinifpid. 
avail ici sa place an loiiini. Sni' le côté dn nionnmenl (jui lail lace 
à la ville, on adossa, à une basse ('-pcKpH', un baplistcre (piidoniicà 
supposer (JU(» le (einple païen lui conveili en église. 

De nouvelles inscriptions ont ('h' liouvées éyalenuut dans le 
vieux forum au cours de celle ann<''(» : la plus inl«'ressante est con- 
sacrée à l^arcia Laela. épouse d\\. Larcins Macrinus, rlielde la tribu 
des Numides et flaniine perpe'luel'-^'. 

Un buste d'Iiomme en marbre Cul trouve r(Mivcrsé près de la 
pierre (jui portail le texte (PI. Vlll). Il est en bon élal de conserva- 
lion (sauf le ne/, (pii est léjp'remeul cassé). Les cbeveiix el la barbe 
sont frisés: la lojfe • st atlacbée sur l^'panlc di'oitc. On peut \ voir 
rimaifc de Larcins Maciinns. 

Kn outre, f)n a cxbnmi' des rrajfmcnls de cliapileaux, de cor- 
niches, de Irises orné'cs de rinceaux, de cliapileaux jp-avés sur des 
placajjM's de marbre, de bases, de poteries, d'objets de métal, de 
l)ij(Ui\ et uni' jolie slaluelte de bron/.e pres(pie entière. 

Nous dev(uis tous nos l'enicrcicnicnls à M. .lolv pour les inipor- 
lanls résullal^ obtenus c(Mte anuf'c à klianiissa. 

AnnoiNA. 

Le> eiïorls de nos Iravailleuis, jpiicb's «-ncore dans ce diaulicr 
par M. .lol\. se >ont porlé's sur trois |toinls principaux. 

habiird >iir I espace rclianl I arc de triiunplic central au nionii- 

' lliiiiti'iu (lu lrii<;iiii'iit : I III. '.\7}. 

'■'■ .Sans roiiiptiT ji-s lr\ti"- i'|ii(jiM[itiii|iii"- l'ii l'liinin<^iir i\i- l.-i fli'iK<i' |foii\i'-s on 
Kjo.'t «'1 on 1 <|o'i. 

\I. <..i;;ii;il l'ii ;i riiniiiiiinii|iii'- l<' |i'\|f ;i lAriiitiMiiii' df-^ liiM-riiilioiis. 



— 81 — 

niciiliMiroir iiK^iiiiiiii doiil (l(;ti\ arcadi-s (;iii(;r);<Mil <!<■ Inrr. \ju loiiillc 
s'rsl r.iitc! sui' uiK! Iianclu'c de; fx) tnîdiiîs de; loiijjurMir .sur 5 iru'lics 
de hii'jM-ui'. Mlle .-i\ail pour l)ul de (l<'r{[af[(;r la f'aradi; du iiioniiriKMil cl 
df |ii'f|)ari>r les opiMalious (|ui nous aiiicnoroiil à la rccliorrlii' du 
loriMu di; rauriciiuc Tliilnlis. .\ou.s cspiuvois arriver à un ri-sullal 
salislaisanl I année |»rocliaiiK', en siiivanl de itr-oche en proclio 
les dalla<[es des voio.s. 

Le .second |ioinl exploré a clé une maison d (»ù , il v a jdu- 
sienrs années, avait élé relirt'c une Inscription aujourd'hui con- 
servée à llaniniain-Mcskouline, cl qui était placcM' sur un inonu- 
nienl aux Dieux lares [Gcnio Domus satrmn) dédié par Agathopus, 
aiïrjinchi d'Antislius Postumius Aquilinus et de son frère Aniislius 
lîurrus. 

Celle base lionorifuiue se trouvait au milieu d'un airium sonh-nu 
par (piatre colonnes (|ui ollraicnt celle parlicularilé ()u'elles ('laient 
cnlii-renicnl enduites de sluc peinl cl scul[)lé..\ousen a\ons trouve; de 
m»ml»reu\ nion'eaux. L'atrium a élé déblayé, ainsi que plusieurs 
cliand)rcs voisines. Ci'élait la demeure de la famille des Aniislius, 
une des plus impoi'tanles sinon la pln> considiTable (b; la \ille. On 
V a mis au jour une intaille repri-senlanl une femme lenanl un épi 
de blé. 

iùifin, à l'endroit où Uavoixié sijrnale les restes d'une l'onlainc 
demi-circulaire, on a récolté plusieurs inscriptions funéraires, la 
plupart consacre'es aux Aniislius. dont il est évident (jue se trou- 
vait là le lieu de sépulture. 



Lambè 



BESE. 



M. Courmonta^jne, directeur de la Maison centrale de Lambèse, 
s'est mis à r<pu\re avec le plus jfrand dévouement pour continuer 
le (bîblaiemcnt du camp de la IIP lésion Aujjuste. 

Les trois grandes voies aboutissant au Praetorium ayant été entiè- 
rement dégagées l'an dernier, nous résolûmes de fouiller en if)o/i 
la [)artie située au Nord-Est du camp, c'est-à-dire celle comprise 
entre la voie Pre'torienne à l'Ouest, la voie Est au Sud, le côté 
oriental du rempart à l'Est et lenceinte .septentrionale du canij) 
au Nord. 

La totalité de ce carr('' n'a pu être de'barrassée , mais les résultats 
n'en sont pas untins des plus inléiessants. 

Archéologie. — ^°i. 6 



— ^'2 — 

Sui' la \oit' PréloricDiM' a|i|tiuaissi'nl dou\ ((miis de hàlimoiils di*. 
dinieiisioiiïi iiK'jialcs. Liiii. ct'liii siliK* au Nord-Oiu'sl . renlt'iinc 
des caseriicmciils abril 's sous un |)i»i'ti(|ue bordant le cùlé orien- 
tal do la voie Prélorienne. (^es caseiiieiiienls '' soiil liiiiilés à ri'jsl 
par un mur continu dans toute la longueur du paie de construc- 
tions; sur le liane orienlal dudil mur sa|)|)uient uuc série de 
(■Iiand)res mililaii'es (|u'<''claire, sous uu |)()rli([ue, une cour bar- 
longue limitée de lautn; côté (à l'Est) par d'autres clinmbres sem- 
blables aux |)reuurres. Cette eour ,1 son entrée sur un larjfe boule- 
vard (|iie borde le rempart au .\(»rd. Deux eours |)areilles, entourées 
de.> mêmes rases et orientées de même. Tout suite à la précédente 
du côté Est. 

1/antre corps de bâtiment est situe- à ranjfle de la voie l*i"éto- 
rienne, avec laquelle il communi(|uc i)ar un j)orlii|ue de huit 
colonnes, et de la voie Est du camp. L'angle Sud-Ouest de cette 
construction se mêle avec Taiiffle Nord-Est du Praelorium. 

Les deux ensembles de bâtisses limitant le llauc oriental do la 
voie Prétorienne sont séparés par une rue perpendiculaire à celte 
dernière et consécjuemment j)arallèle au rempart Nord et à la voie 
Est, ladite rue ni' partant pas de la voie Préloi-ienne et atteijfnant 
le rempart Est. 

Le corps de bâtiment attenant au Praetorium est une insnla; il 
|iossèd(! un atrium avec un bassin de G mèln.'s de lar|feur. flaïKjué 
à ses quatre angles de colonnes et orné de niches demi-circidaires 
à chacun de ses axes. A TEst de cr Itassin, une grande pièce (peut- 
être un tablinum) et une suite de cbambres, de vestibules dont 
une entrée sur la voie Préloriene, donncMit I im|)ression que l'im- 
mcuble était probablement la demeure d'un liant |)ersonnage mi- 
liUiirc. 

Sur la voie Est, nouvelle sérii^ de caseinements limités par un 
mur- continu coninu! c<'nx de la voie Prétorienne; nifiis, près de la 
porte orientale du camp, apparaît une (oiistriiclion rectangulaire 
nfllciiient déliuiité(^ i;t consacrcie certainement au logement de 
lunctionnaires iiii|>(irtauts. (ir bâtiment est limil<> au Nord par la 
rue parallèle à la voie lOst ci-dessus nuMitionnée. 

\ii \ord-lvsl du cjimp, occupant presque la moitié' de la longueur 

(') On riiiiiplf t(i (livi<«ion!4 |iriii(i|inli'>. .-I in (intif» scron(l!iiri"i ronimniuli'-f'. 
iinr \i"i iiri'inirn's. 



— 83 — 

(If rt'H|ni(;(' iiMilriiiK' t'iilK! la \(ii<! ()ii(Mil;il<! ol II' roiiiparl Nord, un 
niominicnl ;\ (|iialit; ifiaiidcs trfiv«;c8 s'oiivn; par iiuc porte inn(|in' au 
ISord sur un passaj;(' ('Lioil (li'hdiu-liiiiil sur li- lioulcnard. A 1 l'isl de 
r»''dilic(;, une sorte de liaujfar adossi' au reiupait orieutal et soii- 
leiui dans son ijrand axe. pai' une lile de douze pilieis. 

(!lia((uo Irave'e de la ronsiruction . traversée par une galerie cen- 
Irale, s'on\re sui' les travc-es voisines par' une larije haie. Klle est 
divisée on trois jjariies de (;lia(|ue roté de la jfaleric et ces divisions 
sont marquées par des jîiKîs ap|)uyees sur les uiurs laliMaux et pré- 
cede'cR par des colonnes. L'ensemble des divisions [lour charpu' 
cùlé est donc de douze. Nous pensons, sans pouvoir I affirmer par 
aucun texte épi}rrapliiquo, que nous sommes là en prf^senre d'une 
écurie. 

A rOuest de ce inouumenl, avec façade sur le boulevard Nord. 
un très {jrand édifice a été déblayé. Les Touilles rrétani j»as enliè- 
reiiieul terminées, la destination de la construction ne saurait être 
encore déterminée, mais celle-ci est remanjuable f)ar son impor- 
lancc. 

La porte principale sur le boulevard donne accès à une allée nn-- 
dianc bordée à droite et à gauche par un ])f)rfi(|ue ([ne supportaient 
neuf colonnes. Ces porti(jues poss(?dent encore leur dalla{f(;; ils s'ou- 
vraient chacun sur cinq salles très profondes. Au bout de l'allée, 
une autre se présente transversalement et permet d'accéder à une 
grande cour rectangulaire entièrement environn(ic de porticpies. 
En face et sur les c()tés, on pénètre dans des salles d'une largeur 
qnalrc lois e'gale à bnir jx'ofondenr. 

Le d(''faul de loule inscri[)lion relative à 1 allcclation de ce vaste 
(idificc ne nous permet malbéiircusement pas de nous risquer dans 
une conjeclure tant soit peu vraisemblable. Espérons que, Tannée 
[)rocbaine. les documenls utiles nous seront lonriiis à ce sujet par 
les travaux de déblai. 

Au cours de ces belles fouilles, nous avons recueilli (juelques 
textes epigraj)liiques. 

.M. (lourmontagno a également trouvé: une pentnre de ])ron/.e, 
avec ses clous, de la porte Est du camp('); des fragments d'une 



'" LonjjinMir : o ni. So: <'<art«'ni('nl (h's liridi's : n m. wi: lim/jiuMir dos 
clous : m. i h. 

6. 



— 8'j — 

slaliit' i'(jiiostrc de bi'oiizc, dans uiio cliaiiilin' hordanl à lOucsl la 
\oi«' Pirloiieiine'''; une corne dahondance, loiijfuc de o ni. 'lo; 
d'uni' partie j)liis lar{(C sorlent deux feuilles, une {îra|)[)e de laisiii. 
une poinnio de pin et un mol il" décorai if. (li'l objcl, parrailenient 
conM'i'xé, est de itron/.e recoiivcrl dune Icj^im'c ('(MioIic d'or; sur |>rès 
(If la inoili(', la roiiclic d Or csl inlaclc cl a conservé son brillanl. 
De plus, dans la Iravée Noid du hàliuicut découvert pics de 
I an|;l(' Nord-Msl du camp, un nouveau di-pôl de balles de Inuide en 
lerre cuile a e'ié oxhuiné. j-lnfin , dans un caiiivoan des constructions 
de la\oie Est. on a recueilli une inlaille>ur ajfale de couleur fauve, 
en pâte fine d'un blanc laileux, représenlanl Hercule debout, le 
coude droit appuyé à l'exlréniité d'un rocliei- sur letjiu'l repose la 
massue du dieu. Le lonjf de son liane gauclie pend la dépouille du 
lion de Némée; de la main {jauclie il tient le petit Télèphe, vers 
le»piel il tourne ses rejfards. La tête est i\c prolil: cette gravure doit 
(lier du i*""^ siècle de notre l'H'. On connaît la leifeude d'Ilercidc! 
et de Téli'pbe, s(mi lils : dans un moment d'ivresse. Ib'raclès 
di'slionore la lille du roi de Tc'gée. Au<j('', prétresse du temple 
d'Albéna. L'enfant auquel elle donne le jour, Télèplie, est caclu' 
pai- elle dans le sanctuaire, puis exposé j>ar le roi sur le mont l'ar- 
ibenios oîi le liérus découvre son lils allaité par une biche. La 
représentation de cette scène anti(|ue existe dans plusieurs sculp- 
tures; notre inlaille, comme la belle statue du Musée Cliiaramonti 
à Rome -, nous ligure llercide tenant T('lepbe, sans avoir à ses 
pieds l'animai bienfaisant (|u'on trouve |)art(Hit ailleurs. 

TIMGAD. 

I. I)kIU,AI1:>II:NT DK V(UKS DU.KIISKS. OuvUTIKIt KX AVlMIITIlÉVTnK. 

(iomine l(tn|oiMs. nous a\ous (î|U(>uv(''. pour le delihnemeut des 
voies, les mi'mes diflicullés : après a\oir nisl.ilb' un cliaiilier dans 
la direction d'aligucMuenls indi(pianl aussi nettement (|ue possible 
une rue de la \ille, on est surpris de la ti'ouver (Micombrée de con- 
structions el d'éln» arrêté au moment où Ton s'y attend le iu(»ins. 
hautres voies, au conlraire. apparaissent dans des eiulioils où on 

'" Lonj^iii'iii' (In plus jjiniiil iiiuro-aii : i m. lo. 
''' S. I(<>innrli. Itrpn I. tir la s(nt. , I, ji. 'i-|. 



— 85 — 

no les soiipronii.iil p.is : ce >(iiil l;i IfS liiisards iiis(''|»;iriil)l('^ des 
lrav;iii\ de luiiillcs. (i'csl iiiiisi (jiir la \()i(' |)iirall('|(; an (ianio (|iii 
d('S(M'ii(l (les {fijinds lliciiiii's (|(! I l']>l |)(iiii' iiasscr sons la jxdcriu; Niiid- 
Ksl , et (|ii'()ii |)(!iisail (Icvdir se |)rol(»iijn'r assez loin en doliors des 
ninis, ("ail iclonr à i 'i mi'lic:. à l'Oiicsl cl vient s« hnler- ronlro nne 
consirnclion en mauvais clal. I nt* |iarln' d(> son parconrs esl incnie 
nn''eoiinaissal)l(! (}*'<• iherines an reni|)art, (;! il ne sera possilde de 
la déjfajfer (|ne loi'S((ue des dritlais ( (>iii|tlels seront exT-ciitr'-s dans 
ce quartiiM- do la elle. 

Nous avons (Hé plus lieiiienx en siiivanl le daliajjt' de la voie 
proIon[jéc (In (lapilo'e. (|ni vient se rencontrer au Sud-Ouest des 
jfrands thermes du S[i{\ avec la Noie ({ni j)asse à l'Ouest de cet éta- 
blissement ''. Au liont de ce carrefour, la rue suit un tracé conrhe 
et s'inll('chit vei's TOnest en (contournant une colline élev('e qui do- 
mine le temple de Jupiter au Sud. 

A pW'S de So incIres de distance du carrefour, un second carrefour 
nous esl apparu, riine des voies descendant au Sud vers le fort 
b\zantin, Tantre enveloppant toujours le has du mamelon vers le 
Sud-Ouest, on elle rciicoiilrera le ravin (]nc les eaux pluviales de 
plusieurs si('cles ont [)rali(pi(' dans la partie occidentale de nos 
ruines. Knire ces deux caricfoiirs, unsondajje pratique^ dans la colline 
nous a fait aliontir, en sui\aiit un (''troit corridor dallé en pierre, à 
un mur de soutènement (ilevu qui appuyait un quartier haut de la 
ville. 11 y aura là des fouilles fort int(''ressantes à effectuer, car ce 
(piartier se présentait en amphithéâtre et devait être fort pitlo- 
res(jue. Il en faudra trouver les accès, les voies et surtout remettre 
d'a|)lomh les murailles de POut('nement qui sont de'versées. Ce tra- 
vail sera coùtoux et dillicile. mais les résultats seront des plus 
ini|ioi lants. 

Les voies découvertes possèdent toutes encore leurs égouts. 

^" Ci'ld' Noii' |H'iil T'iii' timsidûrt'i' toinim» le jtrolonjji'iin'iit du (iiii-ttd innvimii- 
Sud iui'c !i'(|iii'l ijji' fiiil lin aiijdi' oliliis tr<'"< pi'ii proiionccL 



— 86 



II. (lliNTIM VriON DKS KOIII.I.KS DKS ('.IIAM)S TlIKlOlKS l'^ST. 

Eu chiMcluml à {l('|ja{H'r ce (|ue nous pensions être la limite Sud 
lies {{ranils Tiiei'iiies Ksi, nous «vous (léljla\é de nouvelles salies 
faisant partie de ee inouuraeul. 

(le sont : au Nord du {fraud calduiinm, et à lOuesl de lexlré- 
luité Nord du Jrifridarium. une salle cliaiide avec ses piliers d hypo- 
caustes eu britjues; puis, s'alijjnanl iwrv le mur sepIcMliional de la 
pièce froide, une muraille limilaul uu couloir disposé le lon|f des 
salles en sous-sol trouvées auj)aravaul. Au :\ord de ce corridor, 
deux salles d'inégale grandeur donneul accès à une troisième aussi 
larg(.' que l'ensemble des précédentes. Une galerie étroite est placée 
sur le ilanc orientai desdites salles dont les mnrs sont fort élevés 
et de l)onne construction. 

D'autres cliambres se dessinent vers lOuest; une (rentre (dies 
reuleiuie un puits circulaire. 

Celle fouille, qui n'est pas encore complète, sera acbevée en 

ICjOÛ. 

III. Découverte di: ouatrk maisons et d'une hasimohe chrétienne. 

Les (|ualre maisons découvertes cette année à Timgad sont : 

i" Uu carré à l'Est du monument demi-circulaire du (iardo 
Maximus Nord'*' et à la même bauleur que celui-ci; 

9" Un carré au Nord du même édifice et à l'Est du (lardo ; 

3" Un carre' au Sud des })etits Tlienuos du \(U'd et éjfalemeni i\ 
l'Est du Cardo; 

'i" Un carré au Nord de la voi(^ piiiallcle ;iii Decuiiiaiius passant 
elle-même au Nord du uionumeul dcini-ciiciilaire. et à lOiiesl de 
la voie prolonjjée du (lardo Maximus Sud. 

lia juemic're a son entrée sur la première voi<> parallèle au Decu- 
inanus dans la direction du Nord. Un vestibule en Ininie de ctudoir 
d'abord, puis.se coudant sur la gauclie, conduisait p.ii qiialre ma relies 
à un atrium dallé, sur le Ilanc occidental duquel on voit encore un 
bassin avec sa conduite d'eau: à droite de raliimn. I.iivc d(''rn;M'mcnt 



oit 



*'^ Noil'* \iTr(i|l- plus loin <|IH' rr'l ('ililirr rvt iiiii' |iililii)||i(>(|iii 



— 87 — 

ou nous avons Iroiivr des restes de dallagi; <mi mosaïque. En l'uce, 
|)orli(|ue, <,'{jal(!iii('iil recouvert de niosaï([ue ol accrdatit an tahlinnni 
dont Textréinité était éclairée sin- la rue parallM»; à celle de Tenlr^'e. 
A rOuest du tahlinnni, salle dans laquelle nous avons «'xhumé un 
sicfff* de latrines en pierre d(; grès à trois trous. Le vestibule, sur 
la droile du(|uel était disposée une vaste elianihre faisant Tangle 
Sud-Est de riuinieuhle, conduisait aussi, sur son liane oriental, par 
un étroit roiiloii à un second atiiiiin dallé en pierre, au milieu 
du(|uel est resti'i un |iuits dr forme octojjonale. (Jet atrium avait son 
entrée sur la rue. bordaiil la maison à TKst. Sur le mur séparant 
Kalrium de la cliamhre d'angle, nous avons trouvé deux auges de 
pieri'e nlilis('('s à répoipic byzantine comme mangeoires ''. 

L'babitalion contenait en totalité : 12 pièces, 2 atriums et un 
vestibule. 

Le deuxième carré, en bordure sur le Cardo .Nord, présente son 
entrée sur la troisième voie parallèle au Decumanus Maximus en 
descendant dans la direction du iNord. 

De cette entrée, on accédait à un atrium dallé possédant une fon- 
taine sur son côté oriental. Dans l'angle Sud-Ouest de 1 atrium se 
trouve une porte avec une marche. Dans la partie méridionale de 
la maison, on comjite six pièces différentes; la partie Nord, moins 
élevée, en renferme dix. 

Dans l'atrium, on distingue une pierre de décharge des eaux llu- 
viales d'une jolie facture. 

Le troisième immeuble était ouvert sur le Cardo par une porte 
garnie de trois marches. Le vestibule contenait de jolies mosaïques 
géométriques. A l'Est et en face de l'entrée, un atrium a conservé 
ses bases de colonnes en place; un puits occupe son milieu. A gauche 
de l'atrium, au Nord-Est de la maison, on découvre des bains privés 
dans lesquels on reconnaît Tétuve avec partie demi-circulaire sur 
son côté Ouest et un Ibuineau. Eu bordure sur la voie séparant les 
petits thermes du Nord de l'habitation, se voit une salle avec hypo- 
causte intacte, le caldarium; à l'Est de ces deux chambres chaudes, 
un second caldarium taisait emprise sui' la rue, comme le précédeut. 

''^ Nous Hii avons d'autri'!> exeiuplet» à Tiuif/ad. (Voir Journal officifl An :>7 jan- 
vipr 1904, p. H'i; ot A. Baliu, Les ruines <l<; Tinijrail , p. aab.) 



— 88 — 

Kiifin. au Sud de ce second hypocausto et à TEst de Talriuui. il 
resle uiu' jjclile [lisciue d'eau froide (|ui. plus lai'd, l'ut coiiveilie en 
baplisière à l'iisa^je d'une basilitiue clirelieuue '' iiisl;dl(''eà rc'poijue 
byzantine sur les ruines de la partie Est de la uiaison. 

Nous y avons découvert une jolie feuètie eu pierre de grès, à 
deux petites arcades. Vax dehors de ces salles, on compte sept pièces 
appartenant à rinimeublo, plus un vestibule avec porte d'entr«'»e du 
coté Est. 

A l'aujfle, on remarque une j)ierre percée; en biais ])our attacher 
iescbevaux. Un faraud nond)rede cespierres ainsi taillées se trouvent 
à Tinigad, noiannnent dans les boutiques du Nord du Forum, sur 
la {fraude voie. 

La petite basiliipiechre'tienne possède une porte ouverte sur la rue 
bordant le carré au Nord; dans la direction opposée était disposée 
l'abside, de forme hémis{)liéri(|ue ; deux colonnes enlevées à une 
ruine voisine décoraient les abords du chœur. 

La quatrième maison, sifue'e non loin du rempart occidental de la 
cité, n'est pas entièrement déblayée. On y voit un couloir ou vesti- 
libule dallé en pierre, conduisant à un petit atrium ('{paiement 
recouvert de dalles. Une étroite galerie traverse entièrement la mai- 
son de l'Est à rOuest. A l'angle Sud-Ouest est disposée une grande 
pii.'ce avec une large enli'ée sur la voie longeant le coté occidenial 
du carré. Cette entre'o a conservé un seuil percé des cra|>audin(s 
qui recevaient les gonds de la porte. On voit aussi une pièce; en 
sous-sol dans bujuelle on ne pouvait accéder ([ue par le haut, et 
])lusieurs autres chambres, dont une avec sol en béton, les autres 
garnies de grandes dalles de pierre. 

IV. Découvertk de bassins. 

l'Ouest des grands Thermes «lu Sud . (|ui sont . comme on le sait , 
les derniers bâtiments découverts jus(|n' ici dans cette direction , nous 
axons mis au jour un grand hassin carré (pii (ftail aiiliclois voùlc, 
ainsi ipi'en témoigiienl l'épaisseMir de ses murs et la |mI(' de niacoii- 
nerie (pii est disposée dans son milieu. 

'" (j'<'st la tiixi/'tTi"' (t'TfiiiM'rli' à Tiiiif|.'iil. (Voir- Joiiviml oljinvl du -(7 jan- 
vifT lyo'i , j>. OSH.) 



— 89 — 

An Sii(|-I"]sl (le (•(•liii-ci. (ni ii lioiivi- dciiv .iiilrt-s ||i;iri(ls l);is.siiis; 
riiii csl iniiiii (rniir li;i|)|)(' en [)ifir(; jjliss.iiil d.iiis di-iu niinm f- 
Ijili'Tiilcs cl (lonnîiiil j.idis acci-s à rciii |iai- uni- |i('lilc airadt' iik-- 
iiajj(''(' dans la iiiciTc. 

l'iiilii' le hassiii voùh' cl les (lcii\ autres, (tii a cxiiiiiiic deux clajjcs 
(l(î ('•alorics dallées en |»ietie, coiilenaiil dniix cuves i(Mlaii;;ulaires 
et li'ois vas(ïs de jfraiidiî dimeiision en pii-rrc. 

i'^ilin, au Sud d(! riM'iuicvcIf^ des lalrinc^s des };rauds TluMtnes 
Sud, deux autres {jrands hnssins lorniaient les dé[)('ridaii<'<'S de re| 
élablissouieiit. 

V. Dkcouvkutk i)i:s i'i;tits Tiikimiks dc Si o. 

A 'lo iiièlres environ de vi'!^ bassins, nos Iravadienrs ont décuii- 
verl un joli monument; c'est encore un ('tahlissemenl de l»ains pu- 
blics, le si'pùnne trouvé à ïim'fad. 

Ij'entrce était au Nord-Est. Une large porte permettant de |)énélrer 
dans un |)remier vestibule reclan{[ulair(! au Omd (hupiel un reidon- 
cenienf, profond de i mètre, était réservé au tenancier des bains. 
Du vestibule d'entrée, dallé en mosaïque de couleur noire, on accé- 
dait, à rOucst, à un .second vestibule''' qui s'ouvrait .sur la ;>raiide 
.salle centrale indispensable à tous les thermes romains. 

II est à remarquer (pie, pour empêcher le ])ublic du deliors de 
voir à linlérieur des bains, le premier vestibule ne communicjuail 
avec les salles que par Tinlermédiaire du second, et il était impos- 
sible de lien aj)ercevoir avant de parvenir à ce deiiiier. 

La <;raude salle, large de G m. 5o sur 9 m. oo, était limitée an 
Nord-Est par le second vestibule; au \oid-Oiiest. par une pièce 
rectangulaire qui servait d'apod\ t<.'rium. 

Sur le côté Est donnaient deux exèdres poui- le repos et la con- 
versation; Tune, celle du Nord, était demi-circulaire; raulnv au Sud. 
rectangulaire. La première a conservé sa mosaïque de dallage orne- 
mentée; la seconde était recouverte d'une mosaïque de couleur 
noire, plus tard rapiécée avec des petits cubes de terre cuile. Au 
Sud de l'exèdre rectangulaire, juste à l'angle Sud-Est du bâtiment, 

'*' Dallé aiiln'foi> cil iiipsiiif|u.([ui lui r.'m|.laf«'i' à mn' l>a>s<' <''pof|iii' par rcs 
i;ran(K's diilli'-. do li-nv niil'' «iu'hh pusiit sur l"'< jiili.'rs triivjKicaustos. 



— 90 — 

on voit une pièce (|ni ('lail dt'sliiH'o à la réserve du coinbustil)i(»; elle 
élait ouverte sur le dehors, au Sud. 

A rUuesl de cette pièce, au Sud-KsI de la graude salle, un étroit 
d«'<;a{(eiueut du service faisait coumujuiquer cette deruière avec 
rcxtéiieur. Au Sud de la salle, dans Taxe, se trouvait la piscine 
d'eau froide d;uis lat|uelle ou descendait par deux degrés actuelle- 
iiicnl en bon l'Iat encore. 

A rOncst de la salle centrale, coté NOril . une poi'le accédait à la 
pièce tiède, le tej)id;u'iuiu('); de cette salle, on coiunuiiiicpuiit à un 
|u'iMnier caldariuni - muni sur son liane oi'ienlal d un hassin chaud 
rertaujjnlaire, conlijju à la grande salle. Au Sud de ce caldarium. 
dans l'anjfli' Snd-()uesl du monument, se dressait une seconde 
salle chaude ' flanquée, sur son cote Est, d'un bassin rectangulaire 
<'t, sur son côté Sud, d'un bassin hémisphërique. 

Knlin, sur le liane Ksi du deuxième caldariuni, un dégagement 
pour le service des chaulïeries permettait ralimentation, au Nord, 
(Ton lourn<'au ponr le |)reniier caldariuni el, à 1 Ouest, d'un auti'e 
pour Taheiis du dcuvienie caldariuni. 

Le tepidariinii n'avait pas de l'ourneau spécial. Il bénéficiait seu- 
leinenl de la elialetir <|ue lui apportait le \oisinajfe de la première 
cliauibre chaude. 

(Juant au bassin demi-circulaiic Au deuxième caldarium. ilélail 
desservi par une case spéciale de service disposée sur son ct'ilé uk'- 
ridional. 

La l"a(;ade orientale de rétablissement était munie de quatre 
gros contreforts en maçonnerie : soit deux à Taiigle Nord-Est, un 
eu prolongement du mur séjiaranl levèdie rectangulaire de la 
pièce de réserve jiour combustibles; le (jualrième à l'angle Sud- 
l']st de celle-ci. 

Le dallage de la grande salle des exercices était, comme on le 
j)ense bien, en mosaïque d'ornemcuils et devait être Iri's riche. Mais, 
à un uniment de remauienienls, on répara celte mosaïque qui (-tail 
en mauvais état, et Ton en remplaça la plus grande })arlie par des 
dalles en terre cuite dhvpocausles. (|ui couvrent acImdleMienl la 
presque totalité du sol di* la salle. 

''' I)iiMi'nsiiiii> : W m. S-i mm' ."i m. n'A. 
('^ l>iiin-nsioiis : 'i m. liï) sur m. «.">. 
■^) I)iiiienMuns : 3 m. HH sur m. ;<H. 



I 



— 91 — 

NnuK nvoiis rxarniiM; alIciitivriiM'iil ces dnllcs cl noiis en iivoiis 
troiivô (liujx portant dos inscriptions cl tlaux , l'nno . av(;r iiikî tète <U' 
U'.mnw |frav(!(% l'aiitt<!, ;iv<'c une hUc (riioniiiif doiil le-, rhcvciu 
loinlwMil .'ilioiidaiiiiiH'til de (-|i;i(|ii(' rôh''. 

L;i |>i'('inii'i(' insciiplion est ainsi conçue : 



SATVRNINVS FECIT 



BONIS BENH 

TA LIA 

TALIBVS 



La seconde inscription (vsl la siiivanlc 



SATVRNINVS FECIT 


DEDI SPEUATV»/ 


NE DISPERES 


LEGISTl 


RECEDE 





Nons avons donn»^ à cet établissement de bains le nom do ]>olits 
Thermos du Snd. 

Nous avons donc aclnellomont, à Timjfad , com})tô jusqn ici : nn 
ifcand ('tahlisscincn! de Thermos dn Nord ot nn petit; un {ji'and ola- 
hlissomotit (h' Thermesà TEst et un polit; un {jrandt'tabnssenM'nl de 
Thermos au Snd et nn |)elit, ot ies ])etils Thermes (hi contre sur h- 
côté I'jsI (hi (^ardo Muxinuis Sud, sod sepl bains publics. 



M. DÉCOIVERTF, DKs BMNS des PniLADELPHKS. 

Dans notre rapport sur les fouilles de 190."}, nous avons décrit 
la déconvorto opi-re'e par nos travaillenrs d'iinf ntnsoùjur dans un 



— 02 — 

nio)iiinitiit inconnu. (î Vst (ju alors les loiiillcs de ce inonuiuent u élaiont 
pas assez avancées poui- (|iie nuus pussions, en toute connaissance 
(le cause, imlicpier son alTectation. Il n'en n'est plus de niènie au- 
jonid'liui : cel édilioe (>st la liititihic maison de bains déhiaye'e à 
1 li(iiiiiiini'li. 

V.n (ir-couMaul avec soin la iiiosaï(|ue en (jueslion, nous a\ons, 
.Ml plus de linsciiption -FILADELFIS VITA« (Vivent les Phila- 
delplies!), Irunvécellede ff SALVV LOTV-. ipii doilse WvorSalcnm 
/()f»w, c'est-à-dire y Bon Ixiin^. 

Lélahlissenienl apparlenail donc sans doute à une société (jui, 
probablenu'nt , TaNail fait (onslruiie à ses frais. La désignation 
de l'édillce pourra donc se l'aire pai- celle de «Ixiins des Pltila- 
tlrlplics-'. 

Ij'exanien des iiiines de ces tliernies ne [)eul (Tailleurs laisser 
aucun doute sur la nature de la construction. Distants des «jrands 
Thermes du Nord e.rlni muras de 2^ mètres, cl à l'Ouest de ceux-ci, 
ces bains ('laienl précédés, du C(Md du Sud, par un porlicpie dont les 
colonnes ont laisb(i leurs bases en place; celui-ci était dalb»' en mo- 
saïque et dispos(3 devant une prande cour sur les lianes de bopielle 
il Taisait retour. Pour parvenir de la rue au sol du [>orti(pie, se 
trouvait une double (entrée ou plutôt une "iitrée précécb'e d'une 
sorte de tambour ou de j»orcbe, dans le(piel on (bvsceiidail (pialic 
marches. 

Du second vestibule, dallé en nu)saï(pie de marbre, on accédai! 
late'ralement à un ffrand couloir recouvert d'une jolie mosaùpie de 
dallajfc en jiarlle disparut-. 

Dans Tax(^ d(! la ;;rande dimension du couloir, une j)orte con- 
duisait à une {grande salle centrale dont le sol est encore dalh^' 
(Tune majfniTnpn' mosaKjue encadiée par une bordure renfermant 
des tmlrelacs en forme de T. jaujie sui' fond bleu avec (llels 
blancs. 

Sur le <-ôl(' l'!sl de la salle, exèdre ou salle de conversation lar};e- 
nn-nt ouverte, dalb-e en mosaupie (noir et blanc); toujours du 
même côté, sni un tiers de la loujpienr environ, dt'{;a[fennnit pavé 
en piei're. de im-me profondeur (jue 1 evèdri' ( 'i m. o.3). 

Sur le liane occidmlal de la salle centrale, {jrande piscine froide 
don! le fond e.sl en mo^aupu' de Ion noir. Comme la pi.scine des 
f;randstbermesdu Sud deTim|;ad , celle-ci est enveloppée demurailles 
CMUsertes (le peininres à la frestpn' repic'senlani des imitations de 



— 93 — 

riiarhrcs, en loniic (!<■ |i;iim<'.iu\ I(mI;iiii;iiI;iii('s. S\i\- le côld OiicsL 
(Ir l;i piscine Diil ('II' |)i;ili(|ii(ies (les nicluîs cai'rV'os. 

I"!iiliii, .111 Nord (le la salle dos f'X<'rcic('S, Irois [XjI'Ics 6lai<Mil |iia- 
li(|ii(''('s. (]('!!(' (I(! droite (ari{fl(' Niird-Ksl j condiiisail à un ({('fr.ijje- 
MH'iil dalle de pierre el conleiianl nn escalier doni sept maniiez 
s(inl encore en place (dans 1 anj[l(î i\(>i'd-f)nesl (je en veslihnie). C<! 
dé;[a[femenl élail réserv/- à une parlii- du service des cliaiill'eri(!s. 
ainsi (pi'en t.(''nioij;ne la présenco d'un lonmeaii (|iii élesail la leni- 
péralnrc; (run(3 cliainl)ro liypocausle, |(î |e|>idariuni. dispos(!(' dans 
Taxn de la j)arli(' Nord de la {frande salie el conimiiniqnanl avec 
elle par la denxièinc^ des Irois portes citées ci-dessus. 

La troisième baie (an{jle Nord-Ouest de la (jrande salle j per- 
nii'llait d'acci'dei' à nne polili! chand)re dallée en Ixiloti (de hricjue-; 
pil(''es el ciment) «pii était ouverte sur le côlc occidental du t<!pi- 
dariuni. 

An Noi'd de ce dernier, nn second livpocausie, le caldariuni, était 
cliaulle sur son côté droit par un fourneau donnant sur le déjjajje- 
nient de service; sur son liane Ouest (ou de gauche) se trouve nn 
hassin denii-circnlairc, ])avé d(! jolies mosanjues (féoinéliirpn's, et 
muni au Nord d'un important fourneau de forme ronde. Le fourneau 
(!<• droite cliaullait aussi un bassin rectangulaire disposé de ce côté. 
Sur le côté septentrional du pre'cédenl caldariuni, autre chambre 
chaude de même nature communiquant avec lui par une porte, et 
j)Osse'dant, sur son angle Nor-d-Ouest, un grand hémicycle qui, con- 
struit en briques et moellons auxquels le feu a laissé une couleur 
rougeàtre, recevait la chaleur d'un fourneau placé au Nord-Ouest de 
riiémicyde. Ce fourneau était desservi [)ar un couloir de chaufferie 
longeant la [)artie occidentale du bâtiment et cont<'nant aussi un 
fourneau ([ui donnait la température élevée à la j)aroi de gauche 
du second caldarium, dont le coté droit (à l'Est) était percé d'une 
porte menant à une petite pièce dallée en pierre, laquelle élail 
située au Nord du dégagement placé en face de l'entrée Kst du 
monument. 

Le bassin demi-circulaire du premier caldariuni ('lait ;farni d'une 
pierre contenant un jeu de billes et portant linscriplion : 

CIRCVS VACAT 
c'est-à-dire -le cirtpie est vides. 



— \)fl - 

Dcrrlt'ic. ;iu Nord de riicmicMlf ilu (Icuxii'iiic tMidiiriiini , ou 
Mtil lin [x'iit bassin chaud au(|Uol on accédait par dini.x {jiadius 
dans l"an|;lo Nord-Oucsl d'une lioisiènu! salle chaude, celle ()ù lui 
trouvée. Tan dernier, la fauiouse niosaït|ue des lMiiladel|ihes. 

(lelle chaïubrc (longue de ni. 5o sur 3 m. 70) était disposée 
au Nord du dcuxiiMiie caldarium et, sur le seuil di; la jiorle (|iii éta- 
blissait une couiuiuiii<ali()u entre elles, se trouvait l'inscription 
citée ci-dessus de : SALVVm LOTVm. 

Au Sud-Kst de la salle existait un l'ourneau desservi parla petite 
pièce l'oruianl le [M-olonyenienl du déjja{[enieut df service du cùié 
Ksi de l'édifice. La chaleur arrivait éjfalenieul par une coiuluile 
établie sous la parlie Nord-Esl de riiéniicych' du dnixièuie calda- 
rium. 

Dans ces Thermes, pas plus (pie dans les pctils Thermes du 
Sud, nous ne retrouvons la pièce chaude, dépourvue de bassins. 
(|ui constitue Icluve de tous les autres bains publics de Timjjad. 
(i'esl là consécjnenuuent une particularité à noter; mais cela ne 
veut pas dire que l'un des caldarium n'ait pas .servi d'étuve. Nous 
pensons ([u'en ce (jui concerne les thermes des Philadeiphes, c'est le 
deuxième caldarium qui était utilisé comme laconicum, la déperdi- 
tion de chaleur devant y être très faible en raison de la situation 
de la pièce entre deux caldarium. (Juanl aux petits thermes du Sud. 
nous ne saurions afhrmei- le(|uel des deux caldarium servait 
d'étuve. 

Au Nord de la salle à la mosaïque, on voit j)lusieurs salles (|ui 
ont probablement été ajoutées a|)rès coup au bâtiment; à l'Est de la 
même, piè(;e île l'orme carrée sans portes (peut-être un sous-sol), 
suivie d'une autre, toujours dans la même direction, chacune étant 
accolée à une chambre du côté Nord; |)uis, à l'angle Nord-Est du 
bàlimenl, latrines bien aménagées. Kniin, à l'Est du dégagement 
des chaufferies, salle qui fut postérieurement coupée en deux par- 
ités, et dans laijue.lle trois mangeoires oui été installées pour les 
chevaux. 

dette salle |)o.ssède, dans son anjfle Sud-lvst. une j)orte avec trois 
marches, ouverb' sur une rue aux dépens de la(|ueHe une emprise 
fut opérée, }\ une basse époque, à l'Est du deuxième vestibule de 
raiigle Sud-Est du monument. 

Nous avons dit (lu'iiiie st'i ie de pièces avait l'ti- rajoutée au Nord 
des b.iiiis; dans ces c(Histni(li(ms devaient se trouver plusieurs pis- 



— 95 — 

cincs (rciii IVokIc. Siii' le rô|('' occidcnl.il ilc r(''l;il)li^sciii<'iil , il v .ivail 
une j|r.iii(l(' (•(iiir hordée à jmiicIic p.ii' un |i()i'li(|iii' (l.illf i-ii mo- 
.saï(jiio; à r«'x(,i'(''iiiih' Nord de; celui-ci, on pcnl voif les icslcs (Tuii 
viislt! JK'miryclc dont la niosaï(|ii(' csl iiilaclc; céLfii(;nl l(;.s latrines 
|iriniitiv(!s, élahlics sur If MiodMc di; ccllrs do nos jjrarids Thermos 
du Sud. ( )n V cnirail par une porle nii'na{f('(' dans i'aM|[li' Nor'd-i )u('sl. 
du portique. 

On voil que les haiiis dils dis Pliiludi liilits (''laienl l'orl iiiijutr- 
lanls el cousliluaicMl l'un des édilices lialnéaires les plus soij/nés 
de Tlitnuiiijaili. 

VII. Dkcol'>khtk dk i-a niniaoTiiKQrK dk Tiiamiu.aiii. 

On se sou\ienl (|u Cii kjoi nous avons déblayé un d(;s [dus 
ieiuar<jual)les édificos de Tim{|ad, sur le côté Est du Cardo Maxinius 
Nord, et quo, en présence de Tinscriplion inconi[dèle qui s'y trou- 
vait, nous avons clé obligé de dési[[ncr l'édilice sous le nom un 
peu vague de Schola ou do sallo do rc'union ''^. 

IjO lexlo é[)i{jTapliique lr()UV(' au moinenl Avs fouilles du monu- 
ment était le sui\anl : 



Q_V 1 N T I A N I 


F L A VI 


R 


VIENTO 


SVO REIPVBLICAE 


SI VM 1 


^ATRI A E S VAE 


LE 


S EXfô 


cccc 


MIL • N VM- 


CTVM 


EST <ï> 







Nous en étions réduits à no connaître lien do la nature même 
de rédificc et à savoir seulomoni (ju'il avait clé achevé au moyen 
de Aoo,ooo sesterces, c'est-à-dire près de 100,000 francs do notre 
monnaie,;» la suite d'un iofrs d'un corlain Ouintianus Flavius Ho- 

Or. au cours des fouilles elfectuéos sur l'emplacemonl du carré 



''^ hes iirnirrllrs ilécouvpriox [Humes di' litnfrad). par Albert IJnilii, p. :!:>. — 
Cf. Tinigad. linfi cilé nfricninn sous l'empire romain, par MM. Gagnai )'t Ballii . 
p. -JA)"!. - - ditiili' illnslri' (Ir Timirail , par A. Uniln. p. i 11. 



— OG — 

plitcc ail Nord de l'édilicf. nous avons lionvc un iVaj^fnu'nl, de l'in- 
s<'ri|)li(in ([ni en i-oni|)l('t(' nnc lioinu; |i;irli(> : 



1 

T E M IVLl C:^V INTIANI FLAVI KO 


Um TESTAP^ENTO 


SVO REIPVBLICAE 


\lVGADENSIVM 


PATHIAE SVAE LE 


DTHEC AE£ EXiS 


CCCC MIL • NVM • 


A PERFECTVM 

i 


EST <$> 



La l'cslilntion : \(>j)us l)ihh\(>lli<'rii(' esl livs prohablf, car, ciHnnJo 
nous lavons longiicnjoni o\|)li<|U('' dans noire ia|>|>ort de Texercice 
i()oi"', le monument clail voùli-, el ce j;enre de conNciInre con- 
\icnl forl l)ien à une I)il)li()lli('(|ne (|n'elle prolèiM- snicmcnl des 
inlMlialions pluviales. 

Les livres dtaicnl ranjjt's dans des arn)oiies ou des casiers cpie 
recevaient les renfoncenienls rectan{julaires niéna{|és sur le pour- 
tour du périmèlre intérieur; ils étaient soil en rouleaux, soit reliés 
el déposés sur les rayons d'armoires. 

Notre de'couverte esl d'autant plus intéressanle, que l'on ne con- 
naissait jus(|u'ici d'antre bibliolhi'que nnti(|U(' (|n(' la peiile chambre 
(b'blavéc, il y a un siècle e! demi, à Jlerculannm et reconnue pour 
avoir servi de bilirKjliièque dans la(|U('ll(' i.'y.'jB mnnnscrils étaient 
conservés f'^'. 

IX. GRAKFrrKS. 

Sur le d.diage de la jfrande voie, entre Tare de liiomplie de Tra- 
jau et la porte de Lambèse, nous avons mis au jour des dessins 
{jravés à la pointe, et, faute de di'sijjnation meilleure, nous leur 
avons donn»; b; nom de ffraj/ilcs. bien (juil soit, selon nous, assez- 
impropre el concerne plutôt des images tracées au crayon (|ue des 
contours obtenus par un instrument de métal. 

Ces {jratriles sont au nombre de six et se trouvent non loin du 
château d eau de .Inliiis Liberalis découvert i-n i<)0'J!, à un endroil 
où la voie Decumani' est large de H mèlres( sans roin|)lei- les trottoirs). 



<') Jmirnnl offirirl (\\\ nh mni i()f)'.>,p. .'i5S3. 

'*' D.iri'iiilnrij '1 Siijjlio, s. v" Hililiollura , |i. 708. 



— 97 — 

Le |ii('iiii<'r dessin icpréscnli' un clifvîil au ifalop, cinporlanl d une 
alliiif i;i|)i(l(' le nsiuiii. vcliiculc a deux roues doiil les anciens se 
seivaMMil linpKMnnicnl cl dont on \oil. de nos jours une reniiniscenc,*; 
dan- les i(![)résenlalions de nos lii|)j)odi'oin(!s niodeiiies, i^es loiincs 
du ( he\al sont nelleineiil iudii|uée.s, saul pour uni; des jaml)es de 
(levani, La voilure, cili!, i\\\Hi pas lijjurée enlièrcrneni ; on n'en 
aperroil que la partie anlériiMin?, et par conséquent ni les roues ni 
le conducteur n'ont été dessitu's. 

Le se((Mid fijjure un lult(Mir aux piises avec une béfe féroce. Nous 
en avions déjà trouve' un de ce {fenre dans les grallites dos grands 
lluMines (lu iNord c.rira mu/mC'. La nature de l'animal n'<'sl pas 
très définie, mais le lutteur est bien camiié; il a les jambes nues, 
ne porte pas de coiffure! et sa taille est serrée par une tuni({ue rpii 
ne (bipasse pas les genoux '-^ Il est armé d'un épieu de cbasse. 

Le Iroisièuie nous montre la silbou(!lle d'un cygne nageant, mais 
nialbeureuseuKUil lindicalion est fort sommaire et même incom- 
[)lèlc; seuls, la tète, le cou, la panse et le devaul du corp^: sont 
lijfurés avec précision, 

Le quatrième représente une dame romaine lilanl auprès d'un 
enfant au maillot. Cette scène d'intérieur est cbarmante. La figure 
de la femme est de o m. 70 de bauteur et de o m. 20 de lar- 
geur; elle est debout, porte une tunique à mancbes courtes, 
repliée dans le bas de façon à laisser apercevoir la cbeville et le 
|»ied. La coilTure se compose de deux cordons de clieveux décou- 
vranl le baut du Iront et retombant vers les tempes. La matrone, 
représenf(''e de lare, lient de la main gauclie la laine et de la 
droite le fuseau. La quenouille ne figure pas dans l'ensemble du 
dessin qui est très soigné et nous donne une grande justesse de 
mouvement. 

Le cinquiènu' olFre un guerrier armé d'une sorte de lance et d un 
bouclier. La bauteur du personnage est de o m. 26; celui-ci, placé 
de face, est debout et tient sa pique de la main droite, tandis 
(pie le bouclier est maintenu par la gaucbe. Le vêtement se com- 
pose d'une courte tunique avec ceinturon et cuirasse. Ce dessin est 
Toit bien traité. 

'•' Une cilé africaine sous l'ewpirv romain, par M.M. (iagnal ot Ballu, p. a83. 

— Rapport sur les fouilles de 1900 iJatirnal officiel tlu 1" mai lyoi, p. a83t). 

— - Lex noitrelles tlccnitrcrlex ilr Tiingail , par A. Baliu. p. '17. 

'-' Haiitour, m. :•">: lariji'ur, ui. 09. 

.VnciiÉoLouiE. — N" 1. 7 



— 08 — 

Le sixième est aussi le plus iiii|>ortaiil et le ])liis intércssanl. Il 
nous montre un quadrifje dont le dessin occiipt» la lai^fcur entière 
d'une {(rande dalle de calcaire hleu, non loin du l/inis du llanune 
Liberalis. 

Les coursiers sont vus de face, et l«' char, en raccourci . ne laisse 
apercevoir qu une partie de son avani l'I la roue de {[auclie. Les 
chevaux se déploient en «'*ventaii avec des dimensions lijjurées inii- 
gales h cause de la perspective. ]jO cocher, debout, tient de la main 
droite un fouet et de la franche les r»^ncs (]ui lui entourent les reins, 
afin de lui donner plus de force |)our les retenir. Ln couteau sus- 
pendu à sa ceinture est à sa dis[)i)sition, en cas traccidenl, pour 
couper les liens qui maîtrisent Tardeur des chevaux. 

Une palme gravée en avant de l'attelajrt^ indique (pie le cocher 
est vainqueur; son nom , ainsi que celui des coursiers (|ui est 
inscrit au-dessus de la tête de chacun d'eux, est : 

FAVYANVS 
AVRIGA 

Les chc\uu\ bappoilcul : 

LEANDER 
HERCVLES 
ACHILLES 
DIOMEDES 

J'aut-il déduire de ces images que TluuuuffniU possédait un cirque? 
On ne saurait certes raflirnier, mais il est pi-obahle (|ue cet liijjpo- 
(Irome. s'il n'était pas silud sur le Icniloiic de l;i niIIc. n en était 
pas très éloigné. 

Quoiqu'il eu soit, ces dessinij oll'reul un ré(d iut('M(''t et l'avantage 
d'être fixés d'une manièn; indélébile sur les dalles de la i><'Ilc voie 
triomphale de Timgad. 

XI. Dkcoi vi-.htk I)k kuai.mksts i:t hiukts divkiis i'oi n i,k Mi^ske. 

tics fragments cl objets sedi\iscnt en neuf séries (|ui sont celles 
dt' la ti-rrc cuite, de la |)ierii', du niarlire, du bi(tu/,e. du \erre. du 
plomb, des monnaies, de l'or, des bi|ou\ et pierics |)récicuscs. 



— U9 — 



Trrn' tuile. 



i" V.isc Irniivi' ;iii Sud (les Tlimiics (lu Sud, hii'u comscim'; (mmu'- 
IIKMiIh {jiiilloclH's il 1,1 |i.'iili(' .su|)(''iirui'(', avttc iiii (hiiixii-Mic vnny 
H<'ntl)i<il)li' t'U (It'KKOiis. Ilnulcui', o tu. h); hiiycur m I.i Idisc, o m. lo; 
au soiiiuicl, () ni. tîS. 

Q" Dîillo (riiypocaiislo, iwcr, inscription, dans la jfrand»' salle des 
petits Thcrnics du Sud (voii' (M-dessus). 

3" Aiilre dalhi send)lalil('. 

U" Autre dalle avec lèle de rciiiiiK;, d«^jà décrite. 

5" Autre dall»! avec lèle dlioiiuuc. (h-jà diîcrite. 

G" Dalle seniblal)l(î avec nu»r<jue de la m'' le'jnon. 

7" Petites aiupliures, au nombre de G, dont 9 avec anses hn-u 
conservées. 

8" Un lot de 1 1 lamjx's païennes. 

9" Un lot de 7 lampes chrétiennes avec sujets. 

10" Uiie lampe à deux becs; au centre, un cerf est repré- 
senlé. 

Il" Un lot de I) anli'lixes. 

i-i" Un lot de briques creuses. 

i3" Tuyaux de conduite d'eau provenant des bassins au Sud 
des {frauds Thermes Sud. 

1 U" Deux couvercles de vases. 

iB" Un lot de fragments de vases on terre très hne. de ton rouge. 



iG" Dauphin sculj)l(' de fontaine, trouvé dans les déblais aux 
abords des grands Tliernu^'* de l'Est. Hauteur, om. /c2; épais- 
seur, cm. 2 5. 

17" Claire-voie de fenêtre avec (|uatre ouvertures rectangulaires. 

18" Pied de vase ornementé. Hauteur, o m. 25 ; diamètre, om. 6 1. 
Trouvé dans la tranchée au Sud du (iapitole. 

1 9" 2 gros poids en calcaire. 

20" Placage ornementé comiiic ceux trouvés au théâtre c[ au 
Capifole, avec rosace en relief. 

21° Vasque de calcaire trouve'*' dans la fouille du carré à l'Est 
de la bibliothè(ine. 



— 100 — 

a-j" Sairopliajfr sans unicim'iiî. tlfooiivi'il pivs du Maoelliiiii de 
Sorlius. 

•j3" () aiu|»li()n'>. dans le liassin au Sud di's <;rauds Tliornics 
Sud. — Hii [îi''"^- 

•.i6" '.\ stèles de []VVi^; lune cimtcnant un [(cisonnajfc |t(irleui' 
d'un (>l)jcl indi^linct: les deux autres dès liu.sle>. (i moulins de 

j.MVS. 

Miirhir. 

25" Bas-reliel' repn'sentant une f»'le de l'einme a\ec feuille 
d acanihe. 

aG" Frajjnienl de main dhoinme tenanl un ohjel luise.. 

27" Frajfuienl semblable, main de l'omme. 

28" Fra|;uient de lèle de lenune. 

2(j" Placage a\ec rcuilies d'acanthe. Ilauleui', oui. 10. sur 
o m. 08 de laijM'ur. 

3o" Lot d(; chapitaux de dillcienls ordres. 

3i° Quanlité de fragments de placages de niarlues de loules 
couleurs, et 1res riches de tons. 

32° Kn dt'hlavant la voie (|ui eonlourne vers l'Ouesl la (•■olline 
silnée au Sud du leniple de .lu|)iler (iapitolin, nous avons th'cou- 
\eil uni" Ix'lle lampe de luoiize, avec sa lige entière, La hauteur de 
re rundrhihniiu est de o ni. /»3. Le su|)porl S(! compose d'une tige 
ilivisée en élégantes moulures circulaires au nombre de onze; d'un 
dis(|ue évasé qui recevait la lampe et dont les bords sont limmient 
moulurés; d une base en forme de trépied dont chaciue oxin'milé 
est ornée d une patle de lion, enxtdopjiée de feuilles deau retom- 
bant vers le sol et terminées par de |)etites iioiiles. 

La lampe, qui s'ada[)lait sur le support au moyen d'une pyra- 
mide creuse ménager au-dessous de son bassin et s'engageant sur 
une sorte de Leuon |)yi'amidal couroniiaiit le sn|ipoi'i . est d Une 
grande iicIioh' de decoi ,i|iou. La longueur est de oiii.'>~ et la 
largeur de oni.ocj; elle poinait iMre iscdee de sa tige et iitilisc'e sur 
une surface |dane. Laigenienl ou\ei-te en circonfi'reuce à sa partie 

Mlpeiieine, elle possède une anse iiiliciilee (jecriViilll Ulie Idiljjue 

\olule (|ui , au moment 011 elle sV'lè\e |ioiir se recourber ensuite 



— 101 — 

V(M"s le bassin, se parlago en deux hiariclics divisf-cs clK'S-iiH'rncs 
(Ml trois ranicaux chacune. (i(!ux-ci, on s écartant de la hranclic, so 
ictoiiiiicnt aussi v<'r8 le liant en petites volutes t(;rininées par un 
l)our{jeon. Deux de (cn raiiicaiix, en s'écartani des branches, jior- 
lenl, (Milrc leurs cvln-milc^ i|iil rniioiileiil . une croix jjrec(pic rju 
plus jfracii'iix elVcl. 

33" Slat licite (II- |i-iiiii' lillc nue . doiil la tt^leol les pied > iiiaii(|iieiil 
ainsi ([ue le bras droit. Le bras ifaudie s'c'caili' du cor[)s, et la 
main (;st |)Osée sur la hanche. Les cheveux tombent dans le «los, 
sans dépasser le soininet (hîs épaules, et sont divisés en trois 
pointes. A été trouviïe dans les dé-blais d'une des maisons du (^ardo 
Nord. Hauteur, o m. o<S; larjjeur, o m. o.3: poids, o kilf){jr. l'jo. 

3/1" Anse de vase bien conservée. 

3;")" Fraguu'nt d'anse bien conservé(! avec tête de chien. 

36" Frajjiuent de bronzc! avec feuille d'acanthe, Lonjjueur, 
o m. 08; largeur, o m. o3. 

37° Aile d'une statuette. Longueur, o m. 06; largeur, o m. 09."). 

38° Deux clochettes. 

39° Fragment de balance dont le crochet supérieur tient un 
lléau. 

'10" Balance enlii-re très bien conservée avec deux crochets. 
Trouvée près de l'arc de triomphe. 

Ui" Couvercle de vase sans sa poignée. Diamètre, o m. o(). 

/ia" Partie inférieure d'une anse de vase. Hauteur, m. 16. 

Û3" Cuiller. Longueur, o m. 20; largeur, o m. o3. 

Ulx" Serrure de coffret bien conservée, forme carrée. Longueur 
et largeur, o m. o3. 

'i.S" Série d'instruments divers : (1 curettes, objet en f(n-me de 
cuiller très allonge'e. Longueur, m. 12. 

li&" Un lot de clous. 

A 7" Objet en forme de couteau trouvé près de la porte Xoid. 
Longueur, o m. i3; largeur, o m. o3. 

/i8" Série d'anneaux de différentes grandeurs. 

/19" Un lot de fiagiiients divers de bron/e, <le fer »•( de 
cuiMe. 



5o" Grosse j)crle de verre blanc bien Ijiilléc. 
5i° Deux petites anses de vases. 



— 102 — 

53" Fra{(nituits di' vase.^. 

53" Soi'lc (le bn)ch»' iinilaiil un Ill;^^(jll('. 

bU" I II loi tic \orres fondus. 

55" l'ragmenls dti colliers. 

rinmh. 

56" (Jros (uvaii lroiiV('' jirès dos llioiiiics du Sud. Diainclro, 
OUI. ta; lonjfiioui-, o 111.9,"). 

57" l'n {;ro3 tuyau a\oc deux branches, près des fjrands Thermos 
Est. Lon{jUPur : •> m. 5(> jusqu'aux branches, el 1 m. '>o de chaque 
branche; diamètre (\n tuyau, o m. 09; de chaque branche, 
o ni. oO. 

58° Un lot de plomb fondu. 



M 



onnaies. 



59" Kiniion .hx» pièces de monnaies de cuivre; beaucoup de 
(Constantin et de Maxence. Une pièce d'ar^^cnt. 

Os. 

1)0" Lu lot dV'[tini|le.s ordinaires ('lo environ). 

Cn" Un lot d'épinjjles avec lèles ornementées (16). 

f)!?" Un loi de fragments d'épingles. 

()3° Quatre dés à jouer. 

6^r Boutons et une moitié de boule. 

Bijon.r cl pirncs pn'nrusrs. 

(15" Quatre bagues, dont deux gra\éi's. l/iine re|)réseiile un 
oi.seau; Taulre, une tête. 

06" Un lot de bagues ordinaires. 

67" Très belle bague, (^est une chevalière d'argent .serlissnnt 
une cornaline ellipti(|ue qui |>orle en intaille le dieu Pan. Klle a 
été déconveilc dans une maison du (lardo Maximus Nord. Son 
poids (!sl de 7 grammes, (il son diamètre de o m. o'»5. La largeur 
sous b' chaton est de om. ()J9. La pierre gravée a om.oii de 
bmgueiir et o m. oo'^ de biijM'ur: i-lle n'a aucMnenifnt soulferl de 
rinccndie qui a déliiiil rinmieidib". laiidis (pie le métal de 1 an- 
neau a <'lé rorlcmenl calcim'. 

Le dieu Pan est représenic d'boiil , aNcc des coiiies ^m le Iroiil. 



— 103 — 

une couroiiiic de roiiillîijj»! sur la h'U;, une haihc lotiibaiitt; t'A des 
jaiiil)(!8 (l(^ l)Ouc. allrihiils ordinaires du dieu des hcrjjcrs f*l do la 
chasse. 

lin nianlcaii rsl cnrouli'' aulour d<! son bras, cl il ost facile d'y 
reconnaître unc^ [xniu de |»anllièie. I^a main droilfî du peisonnage 
est ramené»! vers son visage el |)(trlc la lli'ile à sejil elialnmeanx. I^a 
{jauclie lient sou bAlon roeoiiibé habituel, 

(ietle pierre est la plus b(dle qui ait elé trouvée jusqu'ici à 
Timgad. 

Albert Ballu, 

Membre cl<" la (joniriiissioii 
(le rAfiifjuc du Non). 



TOMBES 

DE l/KPOOUE CARTHAGINOISE 

DÉCOIVKHTES À ZAGIIOUAN 

(TLIVISIE), 

P\n M. Li: COMMWDWT lI\N\E/,(). 



En 1896. lors do notre proniior séjour à Za<;lioiian. il nous 
avait ('tt' donni' de voir inoltre à jour (Hiclciiics louihcs auli(|ues sur 
le liane Xoid do la colliiu' (|ui suj)|)Ort(' le \illa|;o; los (h'coiivoilos 
faites à cotlo éj)()(juo ont élo rolalôos dans une noli' ''. el le seul 
objet curieux (hrùlo-parfunis) a él(> onvovf' au Mus('o du Hardo. 

En décembre 1908, nous avons tenu à l'aire une fouille sur le 
flanc Sud de la nu'ine colline, à rexlréiniti' de Téperon terminant 
Tarète rocheuse sur laquelle est bâtie Zajfhouan et à quelques 
mètres de la porte romaine. 

M. le curé de Zajfhouan nous avait entretenu do la d«''C0u- 
vorte, près do son église et sur le bord du lorrain dont nous allions 
oiilrej)rendre la fouille, d'objets anciens consistant on un petit cer- 
cueil de pierre <2) avec couvercle (fig. 1), (Tun miroir deme'tal ol duuo 
amulette d'ivoiie: cola sullit à nous oiicoura'fer. MalliourousouH'iil, 
lo résultat dos trouvailles no répondit pas à la s(unme do travail 
et à la grande quantité de terre remuée. 

Nous n'en donnerons pas moins le com|ile rendu d(î co (|u'il nous 
a été permis de mettre à découvert : 

I n |»uits do fornu' carrée, conduisant à une chambre funéraire, 
à voirie en jiailie elTondrée, le tout plein d'une terre argileuse 1res 
compacte; la cliand)ie avait une largeui' niovonno (\{> 1 m. *?5 ol une 
longueur de ti mi. 'm; la hauloui |t(iu\,iil ('lie (''Naliioo à 1 ?n. Ho. 



•') Bull, nrrhvol. ,lu Cnmilr, l8(»'l, |.. ;!H7-;;H8. 

'" Df'pow! dans In •iîillc »!<> n'-imioii (Ifs (illiiiers i\<' Ziijflnninn. 



— lOf) — 

Le inohilici' n'ciicilli ;iii iiiilicii dos lorros s«; conipos.'iil do : 

l.,iiii|)cs de loriiics cl diiiieiisioiis diverses, dont deux c 
riiiie à Taiitrc, (lis(|ii*- sur dis(|iie, porlaient cuuiine usLuiii|)il 
des allrilmls de la Di'-esse T.iiiil; une s.tiis .lilcit»!! el iiiic 
aileron percé d'un Iron; 

l'(!lils plats, à demi creux, en Icrio roujje.Ure {pal('lla)\ 

Plats de terre noire [paiera), avec on sans ornenumls; 

Fioles à parfums (uit/furntariiiin) (\ft l(!rre roujfeàlre; 

Vases ou sortes de hojs, de leire iioir-e; 

Récipients à liquides, de loriiies el {fraudeurs diserses. de 
mile; 

Deux urnes à ossemenls [olla ossuaria) cassées; aucun «dij 
parure ou bijou parmi les os calcinés; 

Un miroir de métal, avec frafjmcnts de poijfuée ; 

Sept monnaies carthajfinoises, 1res frustes. 

L'orienlalion de cette lomhe était S. K.-IN. 0. 



ollees 

lo un 

avec 



Icrre 
cl de 




Les Iravaux continues conduisirent à une autre lomhe de forme 
très simple corresj)()ndant à une aujje ordinaire creusée dans le roc. 

(letle nouvelle tombe, orientée lv-0., larjje de o m. Go et 
l<»nj|ue de i m. îSo, n(! fournit (pTune urne cassée, un miioir el 
neul monnaies aussi très frustes. 

\ partii- de ce moment, les fouilles ne donnèrent plus aucun ré- 
sultat; un j)uits rond, creusé dans lariple, fut de'blayé juMpià une 
profondeur de 5 m. ')o; rien nélant trouvé et des éboulenients 
étant à craindre, le travail fut arrêté pour être reporté à Textrémité 
même de l'éperon; le terrain fut entii'remenl bouleversé; une tren- 
taine de tombes avec ossemenls, c'est-à-dire non violées, furent 
de'couverlcs, creusées à même le roc et simj)lement recouvertes de 



— 106 — 

dalles (le |Merre; on ne trouva aucun objet liméraire ni à Pinlériour 
ni à rexlérieur de ces sépultures pourlani très anciennes. 

De l'examen du mobilier funéraire trouvé dans ces fouilles près 
de la porte romaine, l'on peu! déduire <jue les deux tombes ayaul 
fourni des objets datent de la dernière période puni(|uc; la forme 
seule des lampes semble bien rindi<juer, et les monnaies, après 
nettoya«j;e. ont lait ressortir les types particuliers de la monnaie de 
(lartlia{fe. 

ïi. Hannezo. 



NOTKS 



SUH 

D'ANCIENS OUVKAGES M flJT V 1 1; KS 

DKS KWÏUONS D'FrVDJKn-KL-AÏOrN, 

l'\lt M. [,K MKITENANT JVCQUES. 



Pai étudié dans les onvirons (riladjch-cl-Aïonn plusieurs pflil* 
lorlins dont je donnerai ci-dessous la description sommaire. 

Ksar-Kkbrita (Vallke de l'Oued-Zeroud). 

A i,r)()0 mètres à TEsl du counucnl des oueds Zerjja et Zeroud 
el sur la rive droite de ce dernier, se lioiivc un lortiu appela aduei- 
lenienl l\sar-Kel)iila. 

Ce lorliu est bùli sur reuiplaceuiciit d'uiK,' localité prohaldcniciil 
romaine, et la présence, dans la composition de ses murs, de tron- 
çons de colonnes, de cliapileaux. de montants de porte placés s(;lon 
que leurs l'ornies et leuis dimensions |)ernietlaienL de les utiliser, 
prouve (|ue sa construction ou, tout au moins, son ancienne res- 
tauration est postérieure à la construction de la locîdité. 

Ce fortin domine le torrent , il en commande le passajje el il devait 
certainement, dans le temj)s, counnuniquer avec le Ksar-Souissine 
dont nous parlerons el avec le ksar-Makouda dont nous avons 
précédemment donné la descri|ition. 

De cet ouvrage niililairc il ne reste d'apparent (juune tour 
carrée de ii mètres de coté et dune hauteur actuell»- d environ 
7 mètres. 

Des traces de muis d enceinte semblent exister à proximité des 
laces Est, Ouest et Sud. Les murs ont une épaisseur moyenne de 
1 m. ^o; ils sont lormés extérieurement de {jros hlocs de pierre ou 
de pierres taillées et intérieurement de pierres moins {{rosses; un 
blocage réunit ces deux revêtements. 



— 108 — 

Une |>;u'fitï do la faco Sud cl une partie de la face Otiesf sont 
écroult'os. La lace Est est celle qui a le moins souilcil. 

Des dléuienls de murs de i inèlie d'épaissenr siif la face Est, de 
o m. -<) sui- les autres faces restent accroches aux |t;irois; mais leur 
j)(Mi de relief, de cm. lo à o m. 3o seulemenl, ne piMincI pas 
d'en déduire rancienne répartition intérieure des locaux. 

Des meurtrières traversant les murs, cl de jurandes niclics placées 
dans répaisscur de ceux-ci à des liaulcms dinércntes, scniMent 
indi(|uer rcmplaccmcnl des élajjcs. 

Au-dessous du sol inicricur aciuci de la tour, place à ti mi'lres 
en\iron du terrain enviionnani el couvert des débris des étajjes 
supéricîurs, on aperçoit le côté Est et, à travers les interstices des 
éhouiis, des cavités qui pourraient j)rol)ablement être les cliamlires 
du rez-de-chaussée de Touvra^je. 

A la partie inférieure du mur Nord, se trouve encastrée luui- 
zontalement une pierre de o m. 17 de lar'fe sur m. 2^ de l<ui<f, 
sur hKpielle est gravée une croix hyzauline. 

La porte de cet ouvra[|(^ n'existe plus. 

RsAR-SonssiXK ( \l NOIU) 1)1 I'HKC.KDKXt). 

Le ksar-Souissine est situé sur la rive jfauclie el à •> kihtiiièires 
de rOued-Zéroud et à 800 mètres à l'Est de la pisie d'lladj(dt-el- 
Aïoun à Kairouan par El-llaouareli. 

Ce ksar se compose d'une construction cairée de «o mètres de 
côté, dont la partie inférieure (3 mètres) déborde de o m. 1 T) la 
partie supérieure. 

La hauteur totale de l'ouvrajp^ est de G mètres environ, .luscpi'à 
6 mètics du sol. la constitution des murs est la riiénu' : 1 m. -u» en 
nioV'MiiH' et I m. .'»iS à la base; grosses j)ierr(!s taillées et {jros.ses 
jiierres proveuiinl di; ruines cinirouîianles. dans l'épaisseur des 
murs. blocjijM'. 

A |»ailir (le ccllr lunilcui loiniMjfe semble a\oir sidu une icslaii- 
ralion «pu, pai- sa c(jm|)osili(m . rap|t('||e les con^lriiciions arabes 
actuelles. 

L'int('rieur delOuNrajie esl en ruine el en |i;iilic cou'iblé; Tam»'- 
na^^ement ancien, probablement conservé sons la partie c«niverte. 
est très peu \isible; cepemlant , entre les jfros matc'riaux qui jonchent 
le .sol , on [x'Ul dislinjjuer l'emplacenH'nl de trois chambres. 



— 109 — 

Ïj'('I;i|[(' vi.sil)le <'sI r(»iii|»ri.s dans l.i pailir icslaiiic'c. Tr()l> prlili-s 
cliaiiihn'S ocru|t('iil les ati{jl('S Nord. Sud, Oiicsl. 

IjCS murs (!<■ ccltd partie soiil |)<'i<t'S de inciiilficrcs au n<uul)i<' 
do (juatrc sur les laces Xoid el Sud cl riii(| sur les faces Msl (;l 
()uesl. La lace Sud esl eu pailie ccioidi'e. 

\']n l'-sl seuiliie a\()ir e\islé un escalier, (hiaul a la porle d eiilr«';c 
du lorliii, elle n\i laissi- de trace nulle; part; air^>i il ne serai! pas 
impossible,' qu'elli! ait. ('le placée dans la |»arlie ('ciouli'e , a proxi- 
mité du bas de fosc-alier. 

A peu jtrès au milieu de la cour inlérieni(î, cA par hasard 
visible au milieu des ruines, une ouverture de o m. 5o de; diam«tre 
|)erniel de descendre dans une cit(uiie à c<unpartiments, en partie 
comblée. 

Les murs de cette citerne sont enduits d'une coucbe épaisse de 
ciment ressemblant complètement au ciment rorruiin. 

(lomme il a été dit |)lus liant, des ruines entourent celle con- 
struction; des pienes taillées, des montants de porte jonclienl le sol. 

A 200 mètres du ksar se trouvent deux constructions li\diau- 
li([ues : elles sont à loo mètres Tune de Lautre. 

La première est un puits rural de h m. oo de diamètre et de 
o m. 55 d'épaisseur. 

La deuxième est un citernon couvert, de A m. Tx) de diamètre 
et de om.8o d'épaisseur de murs; il est muni, à llenr do terre, de 
deux ouvertures de o m. Go de diamètre. 

Aïn-el-Rhorab (vai.lkk dk i.Oled-Mkiumklml). 

Sur la rive {jauche de l'Oued-Merijuellil, à la pointe ()ue>t du 
Djebel Aïn-el-Uliorab et sur la piste du Fondouk.-el-llaonai(dj à 
Sidi-.Mohammed-ben-Ali, se trou\e une étendue de teriaiu assez 
considérable couverte de ruines. De nombreu.x emplacements de 
maisons, des pierres d'angle encore debout dans beauc(»u|) d'en- 
droits et quelques restes de citernes publiques indiquent que la 
localité a\ait une certaine importance. 

Dans la partie septentrionale de ces ruines existent encore les 
restes d'une ancienne citadelle, non signalée sur la carte. A n'en 
pas douter, cette citadelle a été détruite et relaite; du reste, les 
pierres (|ui entrent dans sa composition le prouvent suilisammcnt. 

L'eusenddo de la citadelle e>t placé sni- un (tcfit mamelon cuni- 



— MO — 

lUiindt' |ini la roHine, doul il est «('paré par uu ravin do 80 à 
100 mètres ciniroii. 

Il comprond : 

1" l 110 (Micciiilo rcctan'fdl.tirc dans la(|ii('llo se liouvc un rcdiiil; 

tî" L ne li'fno de l'ortilicalion [tarallflc à la faco Sud ri sllnt^c à 
3'j ni('lres de o«'lle-ri. 



Enceinte. — (l«'He enceinte reolnngulaire a ses rôles respective- 
ment égaux à a8 nit'lres et /17 mÎMres. Ses murs (\\\\\o ('paisseur 

moyenni^ de 1 m. 3() ont une liau- 

>^ ^^ leur aoiueilc (pii vnrio, suivant la 

^^^^^^^^^^^^^^ pfMite du lerraiu sur les dilTrrenlh 

«•ôto's. onirc 9. cl k inî'Irt'S. ils homI 
roiislruils partie en pierres enlevées 
à d autres uiouuuiimts de dimension» 

f't de l'oiMUcs ditrércutcs. partie eu 

an , . 

yi é pierres «(uiiniairciueut ecpiarru's. 

r^^"=2n1 Du leste, tout ect ensemble esl 

d une oonstiucliou assez touriuenti^e; 
la lace Ouest seule semble n'avoir pas 
subi de destruction. 

Des tours assurent le llanque- 
inent des laces de Touvrage; elles 
seuil au uoud)re de ciu((. 

Le sol actuel de 1 intérieur de 
Tenceintc arrive à liauleur des murs. 
Malgré c(da, il est cerlaiu (|u'ou n'est 
pas en face du sdl ancien, car, près 
de la loui' de l;i l'a<'e Nord, ou aper- 
çoit de l'intérieur et h travers les 
interstices des éboulis, et à hauteur 
du terrain environnant, unecliandire 
dont les parois sont rocouverles de 
rimenl. l'our connaître la disposi- 
lioM dp cet élajfO inf<'rieiir. d serait 
n«*cesHaire d <'X('ciitei' un grand travail de déblaietuout. 

Les port<'s de ecMa enceinte, n<ui jdiis (|ue celles des tours, ne 
sont pas visild(>s. On ne remanjue sur les «piaire r/ités de l'ouvrage 
<|u une M'uie ouverture caractérisée, sur la l.ice Sud. e| encore 




/" 



XJ 



r 



\iii-ol-Kliorab. 
l'Inii ijii rnxlrlhin 



— 1 II — 

celle-ci esl li(»|) rlcMM' iiu-dcssiis du sdl poiii' iisuii' .s(;i\ i di- p.'issaf;»; 
à des liniiiincs. Mlle est l'aile; jfrossif'iM'inciit d .s(M?d)lc. coiiiiih' ccllf 
partie (!<" I;i l'ace loiil entièn;, avoir «;té reronslriiite ;i la liàle. 

A rinlérieiir de reiuciiile, à pari le rédiiil , il ne n;sle <pie peu 
(le traces du disposilil ainicn. 

Deux (•liaiid)ies seiiieinenl ap|>nraisseril iielleineiil : TuiKi de 
n m. *!o de cùlV', située à l'angle iNord-Ouest et dont les murs oui 
encore o m. 5() à o m. Ho de liaul; Taulre de 2 m. ôo de côté, située 
à l'angle Sud-Ouesl. Ces deux chambres devaient prohaMetuenl 
roiuinuniijuer asec les tours adjacentes. 

Il existe encore dans la j)artie Nord-Kst (|uel(jues murs, repré- 
sente's en pointillé sur le plan, (pii sembliTaient indiquer «pie di; 
petites rliambres existaient dans celte partie de Tenceintc; mais ces 
murs semblent si peu anciens, (ju'ils sont seulement sijjnalés pour 
mémoire. 

Réduit. — Le réduit est adossé à la face Est de Tenceinte, et 
dans son milieu; il a 12 m. 9.0 de coté. Ses murs ont 1 m. 3o 
d'épaisseur; ils sont formés de la même façon ([ue le reste de 1 ou- 
vrage et j)articulièrement dégradés. 

Sur le milieu de la face Ouest, une porte est encore visible parmi 
les décombres. 

L'intérieur de ce réduit était partagé en petites chambres dont 
on retrouve la base des murs. Leur disposition et leur forme rap- 
pellent un peu raménagement intérieur du k.sar-i\iak.ouda. 

L'étage inféricui', s'il existe, ainsi que la hauteur totale ancienne 
sont inconnus. La hauteur actuelle de ces murs varie entre i m. 5o 
et h mètres. 

Premihe ligne. — Louvrage était protégé, à 32 mètres du côté 
du Sud. par une ligne de l'ortilications de 1 mètre d'épaisseur, 
construites en gros matériaux grossiers. Du côté \ord, elles sont à 
lleur de terre; du côté Sud, elles sont à 1 m. 5o environ au-flessus 
du sol. Un tour demi-circulaire de 5 mètres de corde et de U mètres 
de llèche llanquait cette ligne. 11 existait peut-<^tre une porte. 

Il ne serait pas impossible que ces murs aient été rattachés à 
l'ouvrage principal, pour former une première enceinte du c/>t^ de 
Toued. Du reste, la partie encore visible des lianes de cette ligne 
semble lindiquer. 

Lient' Jacques. 



nVE\T\ll{K 
D'A NTKJI ITKS 1)1 \ KKSKS 

tiv()lvi:ks 
DANS m: sri) l)K LA Tl MSII^, 

r\n M. c. (;orYi':T. 



Les ol)jel.s éminKMds ci-aprcs proviennent des réjfions desservies 
por \i\ lijfnc do Sfax ;i Galsa, avec iiroloiijfeiiKMil sur Mcll.ioui. 

Ces réjj'ions dont raspecl laim'iilal)l(j ariiumro hî voisinage du 
désert scinblont avoir ëte' |)lns prospères à ri'pdiiiio romaine. 

Parfont, en elTel, le sol esl jonché de vestiges anciens, seuils de 
|)orles, débris de murs, lombes, citernes, iragments de pressoirs à 
huile. 

Très marquée dans la région voisine du littoral, la décadence du 
()ays esl moins accentuée dans la région haute, ajtpelée de nos 
joui\s |{|e(l-M;iknassi . où un centre de, colonisalion a été créé de- 
puis peu. autour de la station de ce nom, à i23 kilomètres de Sfax. 

(hiehjucs UiM-ropolcs y onl été explorées; la priucipali' se trouve 
située en lace du [»oinl géodésique désigné sur la carte sous le 
nom de Has-Bekeur, à 3i6 mètres d'altitude. 

Là furent trouvés, dans des tombeaux {féuéralemenl ensablés, 
h's objets dont le catalogin; est donné ci-apri's. 

Ces tombeaux airectent deux l'ormes caractéristiques. Les uns 
oui une largeur moyenne de o m. 5o; leur longueur est variable. 
Les parois sont en ma(;onneric de mortier ou de plâtre, de o m.'j5 
à o m. 3o d\''p;iisseur. recouvertes de pierres plates en l'orme de 
toit il (JciiN pans, iii' rond est constitué sinipicincnl par la tiTre 
ballue. dans la«|in'll<' on disliuffue des cendres ou des poussières 
de charbon. 

Le-, aulre> allecleiil la jormeduii caisson ieclan|pdaire, coinerl 
de pierres plates provenaiil des carrières du lla>-llel\eiir. La ma- 



— 118 — 

coniicrio ne (lilÏÏTc pas coriitiM; diiiiciisions do cnllo (l(;.s pnMiiiors, 
iiiiiis ('ll(! (!sl (riiiic r<!.sis(}iii(;«! rt'm!in[ual)lc, jpàci' ;i un cndiiil de 
|ioii/./,()laiic rose. An l'oiid de ces tombeaux est ('•Iciidiir iiik; mince 
coik'Im! de bi'Ion. 



CKIlAMK^liK. 



I\>tnirs d'('j)ii(]iii' rtiiitniiir. -- Petite amplion;, dn lorn- ntii{|-(' (iiio, pa- 
liiic roiijfe, col étroit et court, goulot à rebord dvasë; <leu.\ petites anses 
bilides, pause s|)ln^ri([ue ; niarcpie illisible du potier, dans un o\ale sur la 
panse. Haut., o m. iGI>; diam., o m. i 'i. 

Œuochoé, de terre roujp' très fine, forme élëgante, col cylindrique 
allonjjé lerniini' [)ar tui tronc de cône reposant sur une coujonne en saillie; 
une anse longue décorée d'une palme. La panse pres(pie spliéiicpie avec 
base est ornée de trois palmes longues; dans les intervalles, un sanglier: 
au-dessus, un croissani dans le(jnel figurent <leu\ brandies d'ftiivier léunies 
par une couronne ef un grillon ailé ;i g;iiiche, surmonté dini rrféssant 
semblable au premier. Tous les ornements sont eu relief. Ibuil.. oni.ai; 
diam.. o m. i.3, Iravail très soigne. 

l.'ue autre de forme el de dimensions semblables; les palmes sont reni- 
jdacées par des brandies de cliène avec glands; un lion coiiïanl un âne 
surmonté d'un croissani; et une couronne surmontée d'un croissant ren- 
versé comme les précédents. 

OEnocboé, terre rouge gi-ossière, colcoin-t, une anse striée, panse demi- 
spbérique sur une base tronconique. embouchure évasée, brisée. Haut., 
o m. 2'.î; diam. . o m. i.5. 

OEnocboé, (erre rou<;e très fine, col large brisé, une anse décon-e d'mie 
j)alme , [lanse ovoïde , trois palmes séparant deu.\ sujets en relief : l'un repré- 
sentant une tête de femme, dont le nez et les yeux sont communs, si l'on 
renverse Ffenocboé. à une (è(e d'homme barbu: l'autre représente un 
sujet effacé, jieut-étre une femme couchée à plat ventre ("?). Haut. . o m. 1 8 x 
ni. 1 1. 

Amphore de terre rouge , de forme élégante, col tronconique et étroit, 
panse sphérique, deux anses décorées de palmes: sur la panse, (juatre épis 
de maïs encadrant deux têtes de chevaux harnachés. Haut., o m. i4 x 
o ni . 10. 

Amphore de terre rouge . même forme que nos gargoulettes tunisiennes; 
le col est large et haut, la panse ovoïde. Haut., o m. 19x0 m. la. 
.\ncuLOLor.iE. — N" 1. g 



— 11/1 — 

Alabaslir, terfP roujj'e onliiuiire, col ellllt' el courl , enihonchnœ «Wasoe: 
sur Ic^ iKmk cùlés iiiféritMiis de l'i'inboiicliuie, deux oivillolles; uin* ause 
bifide, pausi' reiiilée à la base. Haut., u m. ao. 

Œnochoé, Icri')' rt)U}|«\ panse reiillée, col iarffe leriuint' pai' un orifice 
lroncoai(|uo . nnc .tnsc courir. Haut., o m. k) o m). \'^. 

llydrit\ uuo anse, lerre brune, coi larjjc cl haut, panse rcnllre lei'ini- 
aée à la base par nu pied très laqje. Haut,, o tu. i A -, o ni. i o. 

Il\<lric, nue anse, eniltoucliure 1res lari;-e et (ivasée, panse renllée à la 
base. Haut. , o m. i 7 x u m. 11. 

Gobelet ovoïde, une anse, polil ])\oi]. ferre roujre |)alinde. Haut., 
m. i-j X o m. oi). 

Aiaba8(i*e sans anse, ovoïde, larfje orifice, petit pied, terre rou{je pati- 
née. Haut. . ni. 16x0 m. 1 o. 

Un^'-neutariuiu, terre {jrossière rouge, sans anse, orifice large etévast', 
pause rcull«'c. Haut., ni. i3 x o ni. 08. 




Fig. 1. — \ (illi'usc lie luiTc rou{{e. 

Sorte de veilletise, de terre rouge; le fond est forme diui plateau Irou- 
( oni(pie renverse? et très <?vas(?, dont la petite base sert (l(> pieil. o jn. o<) ; 
la grande base, o m. 17 et o ni. o'\ de profondeur, est suruionli'e d'un 
tronc de cAne if^gèrement renllt^ et fermé à sa partie supërienre; il mesure 
o m. 17 h la graiule base, o tn. 10.) à la |>elile sur n m. 10 de bantenr. 
Li petite base supi-rieiue on rouverte reçoit une forte anse de n m. olîB de 
largrnr siu" o m. ()5 de bauteiu". 

Dan» le corps du c<jne, ou a niduagë une ouvcrlui'c pour le j)a.ssage de 
la lampe, de o ni. oij de large sur o ni. 07 de bailleur, el lroi!> trous 



— 115 — 

tic om. oof) ont é\(^ |)('i('(^ et dispnsf^s pu tri.'infjios sur chaque cAWt (!<■ I;i 
gi-aiidp ouvertiiip, «lin di-tahlir un coinaril d'air a 1 inlc-iifMir (i'\fr. i ). 

Vase à di'Ciiiil.'r, de tt-ire ronjjc , inli-rionr deini-s[>liéri(jue o ni. lo dr; 
(liamèlre sin- o m. o."»,) di; piofondi'ur; lar|j<; rebord d(î o m, o5 recourbé 
à l'oxldrifin-, avec, sin- l'nn d<'s c(il('s, ■> [n'tils Irons cl. de r.nitn'. im bcr 
k'iiniiit' en pointe; avfc trois ( atir-lnrcs. 

(loupo S(M>ilr' avcr r«'l)itrd à l'orilirc , terro ffrossiApp. I)iafn.. o m. lO; 
prof. , o ni. ny, 

Souconpfi «'vasde, l<MTe ronge. Diani., o m. 17 ; prof., o ni. oP>. 
Deux autres semblables. 

Couj)e demi-spliériqne, terre rouf;^c patim-e, à rebord très large <•! cpai.s. 
Diam. , o m. 17x0 m. oit. 

Cantharo h rebord: In panse ost formde d'une partie cylindrique, la base 
très étroite, torrebrinn». Diam.. o ni. o 17x0 m. o'i. 

Patère, fond plat, terre rouge patinée, rebord peu saillant. Diam.. 
o in. ah; prof., o m. oa. 

Même geure.Diara. , o m. d3 ; prof. , m. o3. 

Même genre avec cercles concentriques et au milieu cinq disques. Diam., 
o m. -ij. 

Sept autres semblables sans dessins. 

Patère à bord évase? , tene rouge patinée. Diam. . o m. 35. 

Une autre semblable. 

Deux autres semblables. Diam.. o m. 3i ; prof., o m. oO. 

Lampes d'époque rouvme. — Terre ronge, queue forée, bec allongé 
réuni au corps par deux volutesi Sur le disque, au second plan, une con- 
slrnctiou dliabitation composée diin icz-de-chanssée central de face re- 
couvert de tuiles plates, cinq baies éclairent rintérieur; elles .sont formées de 
deux pieds-droits partant du sol réunis par des voûtes en plein cintre et fei- 
mées par des cbàssis vitrés en menuiserie. Ce rez-dc-cliaussée est llan(]n<; 
à ses deu.x extrémités de doux pavillons on saillie, à un élage. placés en 
persjiective. Ces pavillons sont couverts par une toiture à deux égouts 
en tuiles plates: celui de gauche est éclairé, au rez-de-chaussée et à l'étage 
sur sa façade principale, de deux grandes baies en plein cintre munies de 
châssis vitrés. Celui de «Iroite est également couvert d'une toiture ;i deux 
versants en tuiles plates; la façaile faisant retour avec le corj)s principal esl 
éclairée au rez-de-chaussée et à l'étage par deux grandes baies semblables 
aux précédentes: sa façade principale est percw au i*ez-de-chaussée et à Tétage 
par deux baies carrées également munies de châssis vitrés à quatre carreaux. 

8. 



— 1 ir, — 

En arritM'O (II' rot ensenil)lo . ou au troisioni»' plan . on voit un liàliniciil sans 
croisëo doniinanl los |tri'c<^iliMils . coiivoil par une toiturf ;i doux peiilos en 
luiles plates. 

Au prt'piifM' plan li|niii' un poisounai;»' monté sur un vrliiciilo à deux roues 
traîné j)ar un uuilft ou un àue uiarcliaul au [)as, à {fauche. «'onNenable- 
uif'nt harnaché. l/altela{je csl précédé par un second personnage \Hn 
d'une rohe lui arrivant aux genoux, paraissant porter sin- le dos une hotte, 
Kn jHTit'rc du vt'liicult'. on voit , ;i droite, un ariire a\<'c lun- doultie branche, 
dépourvu dr feuillage. hi;iui.. o m. 08. IV. : AVGENDl ''. 

IVrre rouge, (pieue l'orée hrisre, bec couil en loriut' de cœur. Sur i»; 
disque concave. Mars monté sur lui char traîné par deux chiens passant à 
droite. Le dieu est coiffé d'un casque à longue visière avec panache, en partie 
elîaci': il est velu d'un corsage à taille sans manches et d'une jupe longue; 
il tient de la main gauche un bouclier avec leijuel il jiaraîl se protéger, et 
brandit de la main droite une lance dirigée en avant. L'artiste qui a com- 
|>osé ce dessin a fait passer la hasie de la lance derrière le corps du dieu . 
sans doule ])our é\iter la coiuplicalion des reliefs. 

Les deux chiens allelés au char paraissent èlre de forte taille; ils sont 
tigrés et ont les pattes poilues; on ne distingue, en fait de harnachement, 
({u'un simple collier sur la poitrine du premier chien et des rênes parlant 
fin nui-^eau du secourl. Le |iourtour du dis(|ue est oru»^ d'une (•r)tu'onne de 
canaux en partie effac<''s. Diam., m. 676. 

Terre rouge ayant reçu une patine brune, bec coui't en fornie di; cn-ur. 
Sur je dis()ue, (lybèle de face chevauchant un lion au galop passant à 
droite; la dc-esse a la tèle tournée à gauche: elle lient de la main gauche 
iMi ihvrse. Couronne de canaux autour du disipie. Diani., o m. o85. 

Autre exemplaire semblable, de tei-re noire. I^, dans un disque, trois épis 
de blé et autour du dis(|ue, placés en triangle, trois cordons en creux repliés 
en volutes. 

Terre roiige: sur le discpie, un lion allaqu.inl un gladiateur à gauche. 
Le gladiateur est sur le {p'uoii droit . la jambe gauche allongée, la main 
ilroite à teric paraissant xonloir saisir un bâton et faii'e des elfort»; pour se 
rlégager de l'étreinte du linii (|in lui ha|)pele liane ifauclie. Diam. , o m. oST) ; 
sous le bec, (pielques stries. 

Terre; rouge; rpiene j)leiue, bec en IVtrmc de cœur. Sur le dis(pie, Mer- 
euri' chevauchanl im bé-lier au trot |)assaut à |;auche: le dieu tient de la 
main gauche le caduci-e Ir-vi'. Au potn'tour. jMiirlaiide de huniers. l)iani.. 
n m. 070. 

' Ln iiu'ino l.iiiip)- .T di'jfi ''-té |iiil»li"'i' .-n liiiliit(;r;iviiri' |inr M. (;n/;iial dans ses 
l:.ri)liimlioti% rntjtriiuiiiiiiirH m 1 munir . I, ni. I. 



— 117 — 
D'autres si-mlilaldcs aNCf (|ii<'U('s I'oitcs, sii|fl clVaci". 

Tcii'i^ roiijic; !)('(• cil (oiiiic <!<' cn'iir. Sur U- discjur, l)iarn' iiioiiliV sur 
un char tiairu- jtai-dcuv jM'illniis non iiilrs passant à droilc, t<*iius piii- dos 
n^ncs df" la main jfaiiclic. An |iiiuiluur, conroiuio de canaux. l)iaru. , o m. (X). 

Trois antics cxcinitlaiii's scinltlaldcs 1res cllacrs. 

Terre lnune, (|ncue el liée hiisi's; sur la conveile, une |>(Miie ;i jjauclie 
u\or ses [xtussiiis; an |inurl<tui-, {ruiilande de laïuiers. Diaiii.. o m. 07."). 

Torip brune, liée ccinrl en f(irin(! de c(i;ur; sur \o. disfjiie, un UKnistie 
marin rcpriîscntanl ravant-cor|is d'un linn vu de face, avec rarrière-crtr|i^ 
et la queiio d'un poisson à écailles; au jtourloiir, ifiiirlande de lauriers. 
Diani. , o ni, o85. IV. Trois ('|iis de Me dans un dis([ue e( (|ue|(mes stries sous 
la {[orge du bec. 

Terre roujfc; siu' la couverte, un saiijjiir-r passant à droite; au pourtour, 
une couronne de canaux. Diam., o m. 07. 

Terre rouge; sur le discpn;. deux personnages dfdiout et nus: lepiemier 
h gauche, grand, le bras droit légèrement coudé, paraît ajipuyer son bras 
gauche sur les épaules de son compagnon qui est de plus jjelite taille; il a 
le poids du coi ps j)orté sur la jambe droite et la gauche re|)Ii('e en arrière. 
Le second personnage repose sur sa jambe gauche, tandis cpie la jambe 
droite est portée en avant et ployée; il tient de la main gauche un i)edum 
et a la lèle touriuV et levée vers son compagnon. Sujet liés effacé; au 
pourtour, une couronne de canaux. Diam.. o m. 07.S. 

.\utre exemplaire avec patine noire, très effacé. 

Terre rouge, patine brune: sur le, disque, un crocodile à gauche, atta- 
qué par un lion; sujet ini peu confus. 1^. IVNI ALEXl. 

Terre blanche; sur le disque, un gniîrrier debout dans l'attitude delà 
défensive; sujet très effacé; au pourtour, guirlande de lauriers, queue 
pleine. Diam.. m. 08. 

Autre sujet sendilalile en terre rouge. 

Terre blanche, jialiiw jaune: dans le disfjue. di\inilé('.'i debout «le face, 
vêtue d'une blouse longue serrée à la taille par une ceinture et d'une robe 
tidaire: elle est casquée, le bras droit est étendu vers le sol, la main 
gauche s'appuie sur une lance; c'est probablement Athena: au pourtour, 
une couronne de canaux. Diam.. o m. oST»: sujet assez vague. 

Terre rouge: sur le disque, buste de femme de face, coillée de ban- 
deaux ondes, poitrine nue avec l'épaule gauche recouverte d'un vêlement 
à plis; cou orné d'un colliei'. Diam., o m. 07. IV. M NOV IVST. 

Terre blanche, patine rouge: sur le dis(pie. un \mour ailé vu de dos, 



— 1 is — 

iDiiiii.iiil la ItMt' l'ii airifie. |)i't!st'iiUml tlf la main {fauche éloNtv une con- 
romio; sujet ellacé. Diaiii., o ni. 07. IV. IVN DRAC, 

TeiTC rouge; sur le disque, deux mains ri'unies IcnanI nn raduct'e. Diam. , 
m. (.7. IV IVNI ALEXI. 

Terre Idanelie; sur le disque, un liuslc oUacé. Diam.. oiiLoGâ. 

Terre rouge; un .Amour à droite 1res i-ll'aci'. j)iam. . ()m.()75; au pour- 
lour, une j|uirlanile de lauriers. 

Terre rouge: sur la couverlc hrisi'c une anlilope passant à droite; au 
pourtour, des grappes de raisins. IV. I)is(]ues concenlri(jues et trois cordons 
enroulés en volutes posées eu tiiangle. 

Terre blanche, patine noire; sur le <lis(jue. Hacclms dfhout nu, de l'ace, 
le thyrse dans la main gauche. Diam., o m. o85. 

Terre rouge, patine noire unie. IV. IVNONRIi?) elTaoée. 

Terre rouge, patine noire; sur le disipie. couronne de stries, queue 
brisée, a. IVN DRAC. 

Terre blanche; (jueuc pleine dans la(juelle on remanpie de chaque côté 
lui commencement de lorage. Le corps de la lanq)e est bombé et à côles en 
forme d'oiu'siu; le bec est long; quelques liaces de peinlinc blanche, bleue 
et louge. 

Deux lampes à sujets obscènes. 

Ijuntpes (l'éi>oijiie chréùcniic. — Terre rouge, o m. 1."! •. o m. u()-. siu' le 
couvercle, deux trous elle buste de profd d'un personnage à droite. V(Mu('| 
coin(' d'un voile rpii lui retond»' sur lesépaides: an pourtour, des stries. 
ly. Sous le bec, une brancli»- d'olivier; sous la cpifue. de chacpie côte-, 
trois épis; dans le disque, huit pastilles dont cinq réunies par deux liastes 
en X. 

Terre rouge, o m. 1!^ xo m. 09; sur le disque, une ga/.elle à cornes 
passant il droite; au pourtour, -^ ceps avec gra|)p('s et disipies au lieu de 
feuilles. U-. Une croix inscrite dans un cercle, dans le disque formant pied 
au fond. 

Sriilptun;. — Tète d'éplièbe, de marbre lilanc, coilluie du pileus; sur le 
Iront, les clieveux sont boucb's. Travail assez mintiti<ii\. Haut., o m. o(|. 

Divers. — l'nlle l)\/.antinc. o m. o.'îo - o m. uo.'{. Deux inscriptions. 

Aiilr'* bidic l)\/aulin<' : Minrrvc dfboiit icgaidant à droite, armée de 

Iniilc-s pièces. La main droite al)aiss('e sur le bouclier, la iriain gaiiclie le- 



ih'iiil \:\ l.iiici': ri''|»li(|iii' «le ii'llr du Mii^rc ilc Soiissc. IV. Un jiiiU'I à 
trois (Uaifcs. I)i;ini.. o m. ()•>.•».. 

llimcJclle (Ih pldiiil). .iiiinlfllc; ;iniit';Mi plat (l<'c,oi(< de dessins en ii-licl. 
Diaiii., o Ml. (».');'). 

Duc ;iiilr(' scriihlaltli'. briw^e. 

I'n;ic('l('l niivi'il . (le ciiiMc (loii-. 

HracelfH lernif', de l)inii/c. 

(]lof mouldo sur un aiineuu de hi'onzn. 

Deux chatons de haijiics. fie Ihoii/c, aviT cacliots. 

Bague d'argoul. 

[)eu.\ bagues eu alliage. 

Trois boucles de bi'onze. 

Knviron >>oo pièces de différentes épor|ues. 

C. Goi VHT. 



EX-\()T() ET INSCRIPTIONS 

DE TU III mis. 



liii|>port (li> M. Jiilos Toi TAIN. iMi'mhrc ilf l.i (ioinmissiuii 
(lo rAliiciiii' (lu Nord, •<ur iiiic cominiiiiii-iition «lu H. I'. IIki nTf:iiisK. 



Le \\. I'. lli'url('l)iso, siipt'ilriir de rOi|»liolinnl indijff'nc (\o 
Suinl-J(»S('|(li (le Tliil);ii-, a dirouvcil. en i()o3, |»liisi('iirs sièles vo- 
tives ané|)i[jraphcs el quelques inscriptions ou frajjments d'inscrip- 
lions. Ces documents proviennent , les uns. de ThitHirls nu'nie, les 
autres des ruines voisines de Thigihba Bure et de Gillnitn. 

A. Stèles votives anépigraphes. 

1. Trouvée sur la rive droite de i'Oued Thihar. Haut., o m. ^o; 
lar{(. , o m. 3o; épaiss. , o ni. i5. — Stèle à fronton trianjfulaire; 
dans le fronton, disque et croissant montant; au-dessous, ima|fe 
grossière, j)resque linéaire, d'un personna|je del)oiil Icsanl les liras. 
dans l'attitude de l'adoration. Cette image rappelle l'image si fré- 
quente sur les stèles votives du sanctuaire de Saturne à Thiffuim : 
mais elle est ici plus voisine de la forme humaine (|)1. IX, lig. U). 

2. Partie supérieure d'une stèle à sommet arrondi. Haut.. ()m.35; 
larg., o m. aB; épaiss., o m. 07. — Au sommet, rosette; au-dessous, 
disque minuscule el croissant montant, encadrés à droite, à {jauche 
et à la partie inférieure d'une ligne prolondéiiieni creusée. IMns 
bas, dans un cadr(! (''vidi'-. couronn»'. 

?K Trouvée à Sainte-Marguerite de Tliihar. Il;iiil.. o m. 7.^); 
larg., om.iio; épai>s.. om. 1.'). — Stèle à sdiiiiiiel arr(mdi. dont 
la partii' supérieure figure une arcade soutenue pardeirv colonnes; 
r'esl l;i une représentation simplifiée el l'iiisie dim temple. Au soni 
met. (Ii^(|ue orné (riine rosace à six Ceiiilles; sons le disque, crois- 
sant moiil.iiil; plus l»;is, iin;i;;e dile ilc Tniiil (en réalité, représen- 



— rii — 

talion siiii|iliii('<> (I lin iidilc dans I allilinlc i|i- la |incrr); à droite 
et à |»aucli(î. une |)iilni('. A la |)aili(' inlV-i iciirc de la slclc, \i(tiine 
(|>rol)al)lt'iH»'nl di; raci; osiutj) ()asbant à j{auclie (|>l. I\, fij}. 'i). 

/». Trouvé»; à Saiiil-.loso[ili de Tliihar. liant., oui. Go; l."ii|;. . 
() m. a-y; épaiss., o ni. i5. -SiMc à soiniiict ariondi ; de liaul en 
bas, d(!ux croissants montants; dis(|ii(' (n-né d nue rosace à (jnalre 
ff'uillos, croissant montant; image grossière ot simplifiée do I ado- 
rant; an-tlcssous, dans un (;eicle évid<;, rosette. 

5. Trouvée sur la rive droite de r()ued-Tliihar. Haut., o ni. Tjo; 
lai'jf., o m. 23; épaiss. , o m. lo. — Sltde tri's {grossière. Kntiedeii\ 
torsades très frustes, on distingue : i" d»ujx lois r<'[)éti', un (d)jel 
forme d'une base borizontab^ et de; deux inontauls verticaux (|ni 
reposent sur les e\tréinit('s de la base; ->." la victime absoliiiiient 
indistincte ( pi. IX , \\[\. i). 

(). Trouvée à Tliibar. Haut., o m. oy; larg., o m. oo;épaiss. , 
o m. 10. — Stèle à somme*, arrondi; de liant en bas : i" entre 
deux rosettes, le grou[)e du disque (en loniie de rosette) et du 
croissant montant; 2" entre deux gâteaux, dont Tun est en foiine de 
losange et l'autre en forme de lyre, un bucrane et une ros(îtte; 
3" la victime (de race ovine) passant à gaucbe. 

7. Trouve'e à Tbibar. Haut., o m. 6o; larg. , o m. 3o; épaiss, , 
o m. oy. — Stèle à sommet triangulaire. Même décoration que la 
précédente; la seule différence consiste en ce que, sous le bucrau(!. 
au lieu d'une rosette ligure une pomme de pin. 

8. Trouvée à Tliibar. Haut., o m. 5o; larg., o m. 33; épaiss., 
o m. o5. — Stèle à sommet arrondi. Même décoration généjalecjue 
les deux ])récédenles. Outre les rosettes, le disque et le croissant. 
le bucrane et les deux gâteaux, on voit de cbaque cùlé de la stèle, 
une palme, et devant la victime un autel carré embrasé (pi. IX, 
fig. 3). 

9. Trouvée à Thibar. Haut., o m. 6o; larg., o m. oo; épaiss., 
o m. Oy. — Stèle brisée à la partie inféi'ienre. Sommet trian- 
gulaire, lui liant, entre les deux gâteaux (lo-ang'e et lyre], une 
poiiiiiie de pin. puis une pyxide à couvercle coni«jue; au-dessous, 
animal (|u'on dirait êtie un lion(?). 



— vn — 

10. Trouvée à Tliihar. Haut., o m. /i9; larjf., »» m. 'Jfj; (''|taiss., 
o m. lô. — Slèle nuitiléo, re|)résentant l'entrée d'un Icmple soii- 
It'iiuo par deux colonnes. Un bucrane; au-dessous, un mouton 
passant à ^jauche. 

De ces dix stMes. les citKi premières, |)ai' rnaiiils détails de leur 
décoration. raj)pellenl les ex-volo néo-puni(pies trouvés en dilVé- 
rents points de la Tunisie; les cinq dernières se rapprochent 
da\aiita{;e des monuments d'épocjne romaine, tels (juc la pl(i[tart 
des stèles de Thignica. Deux autres stèles de cette seconde calé- 
{jnrie, trouvées par le P. Ileurlehise à Djebba, ont été publiées par 
1\1. Héron de Villclosse dans le Bulletin dea A>tli(juaiirs (i()oo, 
j). i3'i-i.')7). 11 est vraisemblable que tous ces monuments étaient 
des ex-volo dédiés au Saturne alVicuin. 



15. Inscriptions kt kuacmknts d'inschiptions. 

1. Gillium (Henchir-el-Fras). — Fra{;nient d'une dédicace mo- 
nuinentale, déjà puldié par le K. P. Delattre, mais revu par le 
P. Heurlebise. On lit : 



PLVTONI-MERCVr/o 

...VIII COS III PP ET IVLIAe... 
AVG -DEDICATVM PEC. . . 

Plulotti, Mcrcuyno. . . . sacrum. Pro snlute Imii. (lacs. M. Aiircli Serrri 
Alexandri P. F. Aug.pont. max., (rib. potesf.] viit, co{n)s(iilis) iii, p{ntri.<i) 

p(alriao) et Juh'n[e Mamacnc Au>f., matris Au/rusli . . . , tnmphm | 

Auff, dcdicatinii pcc\u7iia 

L'inscription est datée de l'année 9^9 après .l.-C. Cette année 
jtaraîl avoir ('té marquée à (lillinm par quebjue événement très 
important : elle vit l'érection de monuments à la mémoire de Sep- 
time Sévère, de.lulia Domna, de Caracalla'^L 

2. Tliihans. — l'^raipuenl. 

Q_- EI\1 
Qj DED' 

'•' Cf. n. I'. D'-latlrc, Nnli'K (nrlir'>li,jri,iurs dnns la ReniP liniiniowp , i8()(), 
|i. h'i'}-^'i- : ('.(tmplpn rondu» de l'Acail. iln» Jimcriplinns pI UeUen-LvItrcx , iHtjç), 



— \-2'A — 

Au (i«''l>ul de la |)i'eiiii('n; li|,Mi<', iivaiil It: Q, on (li.sliiijiuc sur la 
pierre un trait oblique (|ui |)eut Alic l(; (l(!riiier jainl)a|je d'un M; 
d'autre part, M. Merlin, ancien membre de l'I'îcolc irancaise de 
Home, récemment cliarKé d'une mission épijfraplii(|ue en Tunisie, 
a bi(Mi voidu nous indiquer qu'il existe à Tliibar un autre lra(riu<>iit 
paraissant appartenir au mèuie texte; ce IVajfUH'ul se lit : 

T. A E L I 
.EG. CAN 

D(î toutes ces observations on peut conclure, seud)le-t-il. (jue ces 
deux débris proviennent d'une insciiption impéiialc, dont la pre- 
mière li{j;ne se restituerait ainsi : \Prn .sainte Imp. Cac8.\ T. ApH 
\Ihtdriain Avtoniiii PU Aiig. lihev(mi\i)iquc fjiis. . , La seconde lijfue 
reste énigmaliijue, sauf à la lin [. . . . f*'cit adjqiKc) il('(l[icavit\. 

3. Idem. Fragment. 

S- PF- 

.... Syua } i)[ecunia) f[ecit) ... ? 

/j. Thiffirilxi Biire ( DjeJjba). — A uoo uièlros environ à l'esl de la 
première source, borne grossièrement taillée, d'une liauleur totale 
de o m. 80 dont près des deux tiers étaient enfoncés en terre; 
larg. , m. 29; épaiss. , m. iC. Deux des faces portaient des 
inscriptions. 

«. R • P • C 

THIG- BVR 

R{es)p{ublica) cÇmtntis) Thig{\bhae) Butie) 

b. P VII 

Cette borne marquait sans doute la limite entre le territoire 
communal de Thigibba Bure cl (juclque grand domaine. 

5. Thiffgiba Bure (Djebba). — A -200 mètres environ (b- la 
borne précédente; borne moins grossière; liauteur totale, o m. 70; 



— \)>^ — 

iai'ij.. o m. li\: t'|»;nss., o m. •><». Deux des lares |>(»rlaient des iu- 
scrijtlions. 

a. f ^'P*: 

B V R 
[liespuùl. rhiif.l? Ihnie) 

b. P R O 

Mèiiii' ()l)S('r\ali(iii (jiic [Kiiir la honic itif-cédciitc 

() el his. (i'///i'i/H( (llencliir el-l'ras). — Deux IVa»j;nieiil s gros- 
siers, jtroveiianl peiit-rire de horiies. 

G. S F G 

\/ r- \/ I 

f) his. S F G 

La lettre G esl pciil-èlre rabrévialion de (lilliiim ou (ïUUîauua? 
Dans la seconde li|[ne du n° 0, on reconnaît j»ent-ètre an (lcl)nt les 
li{Tnes VC, abréviation de Uà. nom d'une cité voisine de (lil- 
lium. 

7. Thibaiis. — l'!|)ila[)lie; haut., o ni. h^; larjf. , o m. tif); 
épaiss. , o ni. 07. 

D M S 
FORTNNAT {sic) 
A-V- A • XI 

• ^('*) M{ii»il>us) s{juriim]. l'inl\u\Hntn i'(i.ril) u[iniis) xi. 

(S. (iHliiim. l'^"a|jnH'ul d t'inlaiiln'; jiaul., o mi. •>.» ; larjf. . <» m. « ."» ; 
é|»aiss., (• III. <»."). 



— \'2U — 

A N N 

1 D I I-: 

XII ■ H s- !'• 

. . .|rj.»i(| aiiii{ts)\ . . , in[riis.] . . . |/, <lir \hiis. . j .1 ii. Ilirrcdrh) K[ua)p{rcumii) . . . 

Mais |t(nil-(Mi(; v avail-il à la (Icrnici»' Ii;;im' USE, (fcsl-a-dirc 
ll[ir) s{itiis) e{st). 

\). (lilliinii. — Fri«[jmcnl : liaiil.. o m. '>."); larjj. . o m. -.m: 

éjKlisS. , III. 08. 

M S 
P EIAZ 
,CA 

[f)(i.s")| Mianibus) .s(((cruin) . [ | rein Z\n liulli\ai 

10. (lilliinn. — Kratfincnl : liaiil., o m. '.)h: lai||. , o m. .']o; 
rpaiss. . n n\. 08. 

.-lAVIXIi», 
>I1S LXIII / 
TTLS 

[. . . .J/»« vivit [<tii\ [ii\ts uni T[rna) l{ibi) l(evis) .s[il). 

11. Gilliinn. — Fragnienl : liaiil.. o m. «o; Ifir^j., o m. -20- 
t'paiss. , o m. 10. 

MIS 
HS 

[vijnt an]nis [■•••] li{ic) s{ilus). 

12. Gilliiim. — Fragmenl : haut., o m. 26; laijf. , o m. 10; 
épaiss., o m. 20. 

DV 
W 
H 

du[s. lix. a\ nii[is ] //(ic) [■s(iVfM) e{sl)\ 



— 126 — 

1 ii. Tlii'^ihlxi Biur. — Frajfincul : liiiut. , o m. 3'J ; lar<|., o m. -Jo 
épaiss., o III. •j3. 

ANNIS 
PM 



[t)».nV| (iniiis p(^lus) /h(/hhs). 



1 'i. Ilcii(|iii-(;ii(.'ll. - l'VajfiiH'iil : liant., o III. aô ; lai{|, , u m. jo. 



•I-HON 
VS • P V 



.1. ToUT.VIN. 



NOTE 

SUU 

Li:S FOUILLKS DE LA NKCHOrOLE 
DE NKSATTIUM 

(ISTRIE), 

PAR M. DE LAIGUE, 
Gorrespondanl du Cuiiiilé, consul général à Tricsle. 



Gomme suite à mes notes antérieures '', voici , sous une l'onne ré- 
sumée, le compte rendu deslbuilles exe'cute'es, à partir du 16 mai 
dernier, par le professeur l'usclii sur l'emplacement de ranli(|u<' 
i\csattiian. 

Les ouvriers, dont le nombre a été certains jours de 53, étaient 
divisés en escouades distinctes. La première, qui travaillait en 
dehors de Tenceinte, n'a guère fait que vider des tombes déjà 
antérieurement explorées, les unes avec appareil en maçonnerie 
et les autres sans vestiges de constructions. 

Opérant à l'intérieur de cette même enceinte, la seconde es- 
couade avait pour tâche de [)énélrcr, dans la nécropole préromaine, 
au-dessous des sépultures remises à jour en 1908 et sur l'empla- 
cement même où s'étaient rencontrées des sculptures du type 
mycénien, lesquelles étant plus anciennes que les sépultures elles- 
mêmes révélaient une civilisation auLérieuro encore, civilisation 
dont, jusqu'ici du moins, Nesallinm offre seul un souvenir certain 
pour ristrie. 

Avec les débris de murs rusti(jues, plus ou moins massifs, car 
ils servaient à soutenir des espèces de terrasses piaticiuées au 
liane de la colline, et formant peut-être comme autant de divisions 
du cimetière primitif, on a rencontre un peu partout. di,>>sémiués 

'" Voir BulleliH (iirhéolofritfuc , njoU, [). a 3. 



— ll>S _ 

ilaiis le S(jI. (les lra{jiiu'nls de \ aisselle trarjjilc! el des ossemenls 
(raniiiiaiix. De loin en loin étaient accumulés les résidus de la cré- 
inaliou et les débris des repas funèbres, consistant surtout en co- 
quillages de diverses espèces, notamtnent bivahes. A l\ m. lo au- 
dessous du niveau du sol existait un sépulcre des j)lus j)auvres, 
car il consistait eu uu simple trou ayant reçu les os calcinés, et 
immédiatemeul au-dessous, c'est-à-dire à '^ m. •>(>, on se lieuilait 
à la roche vi\e. 

La troisième escouade lut alleclée à une partie encore absolu- 
ment inexplorée de cette même nécropole, el limiti'e à TKst par un 
mur de 71) mètres de lonjj qui s(''[)are le cimetière archaïque de 
l'aire occupée par les édifices romains. On y a découvert seize 
tombeaux intacts, disposés en quatre («taj^es superposc's; en outre. 
Ton reconnut les vcstig(»s de bon nombre d'autres, détruits soit j)ar 
les chercheurs de trésors à rd'uvrc depuis des siècles, soit par la 
rli;trnie du laboureur, soit encore par les éboulemeuts et mouve- 
ments naturels du terrain. 

Les plus élevés présentaient simplement une seule urne de terre 
cuite, protégée par de petites dalles de pierre, tandis (jue ceux des 
étages inférieurs, qui e'taient aussi les |)lus voisins du mur. consis- 
tiûent en une sorte dechamhrette ou cellule entourée de maçonnerie 
léjfère et de grosses pierres placées en équerre. A Tinlérieur se 
trouvaient toujours plusieurs urnes cinéraires, selon rageiicement 
propre inwmluwhann familiaux, et partout on a signalé l'existence de 
([landes dalles ou de lourds amas de pierre en guise de couvercle. 

(Jue les sépulcres fussent plus ou moins sommairement établis, 
tous étaient également pauvres eu mobilier funéraire, celui-ci con- 
sistant uniformément en bracelets de dinV'n'ute facture, en (pielques 
pendeloques, quelques anneaux, quelques boucles d'oreilles el 
(|uel(]ues longues épin'fles. Quant aux vases eux-mêmes, ils se rat- 
tachent au type de fal)iic.ilii)ii locale, de pâte jfrossière, et la 
plupart du temps lisses ou tout au plus ornés soit de méandres, 
soit de dessins gé()métri((iies des plus simples. 

La pénurie de cette partie de la nécropole, lait contraste avec la 
richesse relative des fouilles exécutées en 1901 dans la zone nn'ri- 
dionale où se trouvèrent en abondance les objets de j)arure el jjrand 
nombre de vases fabri(piés dans les ateliers étrangers d'Afeste, de 
r\pidie et de la (Grande (îrèce. 

L<; site actuellement exploré se rapporterait, suivant le proies- 



— \'2{) — 

scMv l'uschi, ;\ iitu* [«'liode plus anriiînnc, lîujuelle semit cxacU*- 
fiiciil ccWc (juc Ton est convenu de ((ualifi(M' (K; troisihmr atesline, 
alors (jue les lornhes «'^hiHioVs on i<(oi apjiartiennent ou seulement 
h l.'i lin (le celle jtériode on iiièiiie ;in (Mxnnieneeriienl fie la qua- 
Irièriie. «Kl de celle alliiliulioii cJMoiiolojiiqiie'», écril noire con- 
frère, nous croyons pouvoir trouver une preine cerlaiiie d.ios l;i 
roniposilion du fn(dtilier des deux sépuiluies déconverles à Tex- 
Irèine liniile seph'nlrionale des fouilles de celle année. N'olfrant 
que la structure de simples Irons, ceux-ci renfeiuiaient en abon- 
dance des objels de hronze, ])arini lesquels on notait la fibule ca- 
racN'ristitjue de llallslalt.Ti 

Ne pouvant reproduire ici, si utiles soient-ils, tous les détails 
fournis parle directeur des recberches, on se limitera, en ce qui 
concerne celle nu^nie zone, à signaler comme trouvé dans la couche 
supérieure un cercueil formé de plaques de pierre soutenues par 
des amas de pierres détachées. Dans ce cercueil reposait le sque- 
lette d'un homme d'âge mur couché sim' le côté droit et replié sur 
lui-même, c'esl-à-dire dans une position analogue à celle du som- 
meil. Fait notable, c'est là le seul exemple d'inhumation relevé 
dans la nécropole primitive du Nesattium archaïque. Mais, contraire- 
ment aux j)révisions, nul mobilier funéraire n'a été découvert, en 
sorte que les éléments manquent pour déterminer, fût-ce approxi- 
mativement, l'époque de l'inhumation. 

Au cours des fouilles et à la suite de ([uelcfues sondages, on re- 
connut que le vaste cimetière était comme divisé en deux par la 
rue principale de y^pyidum, laquelle aboutissait à une porte orientée 
vers Pola. Le long de cette voie, on ramena divers objets non sans 
inte'rèt, notamment des fragments de parures d'argent et une bague 
de bronze portant cette inscription : AVE MATER. 

La quatrième escouade de tra\ ailleurs s'était alla([uée aux édi- 
fices romains voisins de la nécropole, édifices parmi lesquels l'on 
ne tarda point à distinguer des thermes importants par leur éten- 
due. En effet, quoique la fouille ail ])orlé sur plus de mille mètres 
carrés, il n'a pas élé possible d'atteindre les murs extérieurs de la 
construction. Dans cette zone, les tiouvailles n'ont pas été insigni- 
fiantes. Ainsi, abstraction faite de divers motifs architectoniques de 
bonne exécution, on a découvert un autel vol il consacré d'après l'in- 
scription, d'ailleurs assez maltraitée, par une certaine CAECILIA 
BARBARA à une divinité dont le nom a disparu. Un autre autel 

Archéologie. — N° 1. q 



— 130 — 

votif, (!«• plus {jraïulos dimensions «>l coniplel, nous aj>|)rend que 
LTORIVSSTEPHANVS a dédié lo monument à EIAEAV- 
GVSTAE, divinité dont le lullc était certainement très développé 
à .\V»7//fii/w, car notre inscription est la troisième (]ui mentionne ce 
nom nonx'au. lu troisième cippe fort jjrossier nous ré\èle une 
TRITAE' AVG (|iii apparaît p(»ur la première lois. Enfin la série 
épijjiaphicpie se clôt |)ar un cpiatrièine autel votif dont le dédicant 
est T- ANNIVS- . . HASSVS, le reste ayant péri. 

Laissant de cùlé i'énumération des tuiles avec marques de potier 
comme aussi trois grands j)oids de plomb, «pieN^ues conduits de 
même métal, voire une libule de bionzcî de facture byzantine, nous 
terminerons par quelques brèves indications relatives aux thermes 
ou plus exactement aux parties de ces thermes jusqu'ici remises au 
jour. 

Hien que les décorations et ornements aient entièrement dis- 
paru, on ne saurait douter de leur existence et, dès à présent, on 
a exploré le caldarium avec Tliypocansle, une cilei'ne remise en 
usage, un bassin pour ablutions fioides, des récipients pour Teau 
chaude et enfin le vestiaire qui paraît avoir* eu des revêtements de 
marbre. 

Au centre del'édilice, mais exposé au Nord, règne un promenoir 
(Tune «juinzaine de mètres, dont le dallage est constitué an moyen 
de p»'tits polygones de faïence ingénieusement combinés. 

Tels sont, sommairement exposés, les résultats obtenus jusqu'à 
la fin de juin igoi. L'automne prochain, c'est-à-dire lorsque les 
décombres qui entravent les recherches et recouvrent le sol auront 
été enlevés, les fouilles seront reprises. 

L. DK liAllilK, 
(iorrt'spondanl du (Jomitf. 



NOTICE 



SliH 



Li;s ANCIENS tiii:k\ii:s komai.\s| 

DE MOÎVFALCONE, 



V\\\ M. (;i!STAVl-; DK LAIOLi:. 



Aux uleulours du gros bourg de Monl;dcoiie, lequel esl silué à 
enviioii uue heure à l'Ouest de Trieste, eu clieiiiiQ de fer, et proche, 
veis lltaiie, de la slàtion-l'rontière de Cerviguano, existe prdsen- 
lement un établivssemeut thermal restitué des Uouiains, situé dans 
uue région marécageuse formée par les débris de rancieii Lacus 
Tiinavi et par le delta actuel du lleuNC Timave. 

Lorsque la mer occupait encore ces marais et battait le pied des 
coulie-forts avoisiuauts, il eu émergeait deux îles appelées par 
Pline Insuluf Clarae'^'., et dans Tune de celles-ci se trouvaient des 
thermes très fréquentés. Ces deux iles, on les dislingue fort bien 
aujourd'hui encore et elles forment deux monticules qu'aflleureul 
des rochers de même nature (jue ceux du Kar.^l. On prétend qu'au- 
trefois elles étaient réunies par un pont dont on aurait même re- 
trouvé les vestiges. Là où maintenant circulent des centaines de 
canaux d'irrigation s'étendait précisément le Lacus Tiinavi. H avail 
trois débouchés sur la mer, et le port se trouvant en ce lieu était 
avec Pola l'un des abris habituels de la Hotte romaine. 

Ce Lacus Timavi était formé par le célèbre tleuve Timacus duquel 
Virgile décrit les sources, le cours souterrain dans les montagnes el 
l'embouchure : 

Antcnor potuit, niediis elapsus Achivis, 
lllyricos peuelrare sinus, af([ue inlinia tutus, 
Ilegna Liburnoruin el foutem superare Tiiuavi, 

") UUl. nal.. 11. ;}; 111, afi. 



— \:V2 — 

lliule j)('i' (ira iiovein, vasla ciiiii iiiiiiiimif iiioiilis. 
Il iiiaiT promptuni cl j)«la{r(» |)ii"iiiil ai\a soiianli'''. 

Tuul près de ce Tiiiia\e, la localité acliielle de Muiifalcouc (on 
en ifjnore le nom antique) lut en renom par les thermes qui s'y 
•'levèrent justement pour capter et utiliser les sources chaudes qui 
jaillissent au marais même. 

Les nombreuses iiivasio/is harhares qui dévastèrent ces parages, 
ot la nature elle-même qui, au cours des âges, changea le vaste 
lac en marais malsain, ne nous permettent guère de restituer, 
IVil-ce par la peusëe, félat anti(jue des lieux. Les guérisons obte- 
nues par ces sources étaient si merveilleuses, que la croyance po- 
pulaire avait créé autour d'elles de mytlii(jues légendes. On alfir- 
mait, notamment, que les cavernes d'oi'i jaillissaient les sources 
chaudes étaient habitées par des génies, tandis que les esprits aver- 
naux défendaient de mystérieuses portes de Ter élevées par ces génies. 
Ouant aux nombreux malades guéris par les divinités des eaux, ils 
marquaient leur reconnaissance envers ces divinités, en élevant en 
leur honneur des temples, des colonnes et des inscriptions com- 
mémorai ives. 

C'est ainsi qu'aux embouchures du Timave traltisonantw se dres- 
sait un somptueux nymphe'e, lequel devait regorger de riches o(- 
fiandes; car, on le sait, et la trouvaille de Vicarello le prouve, les 
malades avaient coutume ou de dédier des ex-voto aux nymphes 
guérisseuses ou de jeter des objets de valeur et des monnaies dans 
les sources elles-mêmes. 

Outre ce nymphée, les baigneurs avaient érigé un autre temple 
à la déesse de l'Espérance Auguste. Et ces temples devaient être 
très fréquentés, car, s'ils étaient situés dans le voisinage d'une fon- 
taine thermale en renom, ils étaient tout à fait près de la grande 
artère loimée par la Ma Gnnina (jui, se bifurcjuant, tendait d'une 
part vers les Pannonies, et de l'autre réunissait les Alpes et l'Istrie 
à A({uilée. 

Le lait que les Uomains érigèrent un sanctuaire à la déesse de 
l'Espérance Auguste est confirmé par trois inscriptions votives'^' 
dédiées à cette déesse. 

O Aen. , I , V. "(/la <'l siiiv. 

'*' Corp. irwcr. Inl., l. V, n"* 7<i<», 70;, 708. Ci-s IroU |ii('rres \<ilivi's fureiil 



— 133 — 

Dans i'anlicjuilé, les haiiis se prenaient eu dus vasques cou- 
slniites au niveau de la source. Les malades se taisaient amener 
au rnoiiieul de la iiiardf inonlaulc; car le> eaux suivaient hj mou- 
VI ineiil du Ilu\ cl du ii'llux de la mer, avec laqu(dl(i elles cutuiuu- 
niquenl sans doule, puisqu'ellcii sont salues; elles alleiguent du 
reste ;u;tu<!lleuieul , à la source nuMue, une teiii|»éraluie de 3y" à 
/<o" cenli{jiades, ce qui eu démontre indubilabiemeul Toiijjiue vol- 
cani(}uc. Au sujet de ce ilu\ et rcllux i|ui subsiste de nos jours, 
comme aux temps romains, IMim- «'ciil : Contra Tiinnritin amnnn in- 
sula pana in mari est niin /onlihus calidts (fui paviu-r cuiii aentu nuiris 
crescunt ininuunlunjuc ' . 

Quand on éditia les thermes actuels de iVlonlalcone, c'est-à- 
dire au cours de i83o, en Taisant des fouilles, on mil au jour de 
nombreuses ruines et des insi ri plions votives. iNous avons rappelé 
Irois de celles-ci, en voici trois autres : une de ces pierres porte ce 
qui suit :FONTI SANCTISSIMAE-SACRV'M. 

Sur une autre est écrit : AB VD R.V = SICVT, ce qui 
a été interprété de la sorte : A(]ua Benedicta, VirUis Dei, liedemptio 
Vitae = Sicut. (lotte dernière inscription prouve que les eaux étaient 
encore Iréquentées au moyen âge. 

On lit, ailleurs, sur des tuyaux de plomb qui servaient à la con- 
duite des eaux A C Q_V A • DEI-ET*VITAE. Toutes ces in- 
scriptions sont conservées au Musée d Aquilée; elle appartiennent 
au moyen âge. 

On découvrit également des débris de vases de terre cuite, di- 
vers objets domestiques et de nombreux outils ou instruments. 

Lorsque l Empire romain sfcroula sous la poussée des liaibares 
qui se ruèrent avec fureur sur cette zone appelée Porte de flUilie, 
en semant partout la terreur et la mort, ces thermes, après la des- 
truction d'Aquilée, demeurèrent ensevelis et oubliés sous les ruines 
des constructions qui les entouraient. Ni les ducs du Frioul, ni les 
|)atriarches d'Aquilée ne s'occupèrent de celle station, au! refois 
célèbre, et c'est seulement sous la domination de la Sérénissime, 
en l'an ià33, après bien peu moins de mille ans d'oubli, qu'elle 
lut l'objet d'une sorte de modeste restitution, comme le prouve une 

découvertes près de l'église nctuelle de Saint-Jean, pna du Tiiuave, où eliep sont, 
du reste, Ci>nsprYées. 

'" Pliiit». Hisl. nal., II, a a 9. 



— [?,h — 

in^^^ipliuu latine encaslrce dans la tarade de l elablisseuicnl actiu'l, 
lequel est visité par de nombreux malades venus d'Autriche el 
d'Italie. 

En dehors dos thermes, situés dans lune des Jiisulac Clame, il 
existait, au temps où Aquilëe était llorissante et au lieu appelé 
S. Canciano, une des neuf teintureries de pourpre que les empe- 
reurs romains avaient autorisées dans tout 1 Occident. Une pierre en- 
castrée dans le mur de léj^dise du village susindiqué en lait loi'*'. 
Cette pierre fut trouvée dans l'enceinte de ce villa^je. 

Sur le territoire de ce même viHaj^e, il existait aussi une fahri(jue 
de vases au lieu (jui aujourd'hui s'ap|)elle IVtcadi Cop. On ) trouve 
actuellement encore des fragments de terres cuites diverses; sur 
beaucoup de ces frajjments, on lit les mêmes noms de fabricants 
(jue sur les li^ulines dont ou rencontre des débris nombreux sur 
le territoire d'Aquilée, la seconde Home jadis. 

11 est, du reste, fort à regretter que le manque de fonds ne per- 
mette point de procéder à des fouilles régulières dans la région, 
car une tradition persistante veut qu'il existe dans le sol uq riche 
dépôt d'offrandes, et la trouvaille de Vicarello, trouvaille rappelée 
|)lus haut, non moins (jue la coutume bien connue du jet de mon- 
naies et objets précieux dans les sources donnent beaucoup de 
vraisemblance à cette trarlition. 

Aussi bien, le sol rend Iréijuemmenl des monuments intéressants 
non seulement pour i histoiie ancienne, mais également pour celle 
des temps postéiieurs. Ainsi, pendant un séjour à Moufalconc, 
j'ai pu me procurer une pièce d'argent frappée par Uodolphe d»; 
Pedrazzani, évéque de Triesle en i3iZi, le dernier (jui ait battu 
monnaie. Reconnue rare par le savant M. Puschi, conservateur 
du Musée municipjd d'Anliquités, cette pièce dont je me suis des- 
saisi en laveur du médailler local provient dune trouvaille remon- 
tant à 1893 et due, comme presque toujours, exclusivement au 
hasard. En faisant certains travaux, des ouvriers découvrirent un 
vase rempli d'espèces de coins dilférents; le vase lui-même fut 
brisé par un paysan et les espèces dispersées, l'exemplaire ici 
représenté étant le seul ([iii ait été apporté jusqu'à Trieste'-''. 

"' Corp. imrr. lai., l. V, ii" io'i/i. 

^'J lin rerlyin iioml>r(> de. munnaics, prov<»nant do relie m»^ine lroiivui|i«», soiil 
cunsenécs au Miim-c de Moiillolroint iiithiM*, mi o||i;s lunni'iil uue (ulleclioii iiilé- 
ressanle. 



— nf) — 

Kii voici l:i (l(!sciinti()ii : 

Au droit, ReDYLFYS GPS, m I.'-jmmhIi' ciniil.nif. I);i(is l.- 
(■Ii.iiiii), 1111 (''NiMiMc (II- r.'ico, Jissis, tnilif Cil tt'lc, Icii.iiil l.i rrossf; 
(It; la main {faiiclic cl Ix-iiissanl df la droite. (Saitil .lii>t, [)atrori (h; 
Tricsic?) 

IV- * TGR66STIMYS in L'-mikIc circulaire. Dans Ut champ, 
un ccrf(?), nind)t' à {jaiiclic; [ilacé sur un monticule de six cou- 
peaux, celui du centre cliarjfé d'une lleur de lis ou plutôt d'un fer 
de hallebarde, lequel figure aujourd'hui encore dans ie.s armes de 
Triesle. 

(îuslave DK Lai(;i K. 



l'i:taulissi<:\ii:m cKiiAMMiiE 

DE LAVOYE 

(MKUSK), 

l'Mi M. Li; DOCTELJl MEU.MEH. 



Les collines abruptes de l'Argonne, couronnées de l(Mir épaisse 
lorêt, après avoir couru du Nord au Sud, par Varerineg et (iier- 
raont, s'arrèlent brusquement à la hauteur de Verdun, à 25 kilo- 
mètres de cette ville, pour s'infléchir à anffle droit, vers l'Ouest, 
c'est-à-(liic dans la direction de (^liàlons et de la Champa|rjne. 

De Tangle ainsi l()rin(; se détache un contnifort allonge' dans le 
sens Est-Ouest, à pentes escarpées, dit la Côte de Waly. Cette col- 
line, par sa disposition, constituait un point stratégifjue important, 
d'où Ton pouvait surveiller la plaine juscpraux vallées de 1 Ornain 
et de la Sault. Les Romains ne j)ouvaient manquer d'y établir un 
poste, et c'est ce qu'ils firent, comme le prouvent les retranche- 
ments, bien visibles encore, (|ui la surmontent. 

La chaîne montueuse arjjonnaise appartient géologiquement au 
terrain albieu, l'une des assises inférieures de la formation crétace'e. 
Sa masse est (mtièrement composée d'un grès verdàtre, tendre, 
re|)Osant sur un double lit d'argile et de sables verts. 

Je pense, mais sans pouvoir encore le démontrer, que le camp 
de Waly reçut comme garnison une cohorte af)[>artenant à la viii'^ 
ou à la \xi'' légion après (|ue, sous le règne de Domitien. celles-ci 
eurent été envoyées dAuvergne sur la frontière rhénane et dans les 
pays environnants. 

Chaque légion renfermant des ouvriers de tous corps de métiers, 
les potiers, trouvant sous leur main 1 argile et le sable propres à la 
confection de la poterie, le bois nécessaire pour la cuire, la gaize 
ou pierre-morte, tri's réfrac taire et , par consé(juent, bien propre à 
la construction des fours, songèrent à fonder en ct'{ endroit d im- 
portants établissements industriels. 

Abchéologik. — N" 2. lo 



— 138 — 

Or, à '1 kiloiuotrps Ix peine tlo l'e\trëtnit('' Est du cnmi). passait 
une voie reliant le canij) de Fains (sous Bar-le-Duc. \allée basse de 
rOrnaiQ) à Dun (sous Verdun, vallée de la Meuse). Rn ce même 
point, celte voie se trou\ail coupée à atitrle droit par nue aulie voie 
allant directement de (^liàlons à Nerdun. (let entreci'oiseTiient de 
roules devait se |)rèler à mei-\ cille aii Iransporl des |)roduits céra- 
mi(jues dans quatre directions et à leur dissémination jtar les vallées 
de la Marue et de la Meuse. Il était dillicile de trouver accumulées de 
plus nombreuses conditions de réussite. 

La station indusliielle naissante prit le nom dAltar-iacuni. (|ui 
devint plus tard Altirium. Il y eut donc, à ré|)oque romaine, un 
centre industriel dans le territoire qui l'ornu» actuellement les deux 
finales conligus d'Aulrécourl et de Lavoye. 

A Autre'court cependant, on ne trouve aucune antiquité romaine, 
tandis que le sous-sol de Lavoye est romain dans toute son étendue. 
Lavoye nest que la partie basse et riveraine de cet antique milieu 
céramique. 

Des ateliers céramiques ou liglines û'Alhcium il ne reste plus rien 
au-dessus du sol; la charrue a soigneusement nivelé leur emplace- 
ment et recouvert leurs ruines, mais la teinte noire du terrain sur 
une vaste étendue, Ténorme quantité de menus tessons de poteries 
et de tuiles à rebord qui jonchent sa surface, celle que la charrue 
ramène tous les ans à l'époque des labours, lemoignent de la richesse 
archéologique du sol. 

Maintes loi» le hasard a suscité d'intéressantes découvertes : 
monnaies et objets divers, un puits, un four de potiers, les s'.d)- 
structions d'un temple, etc. ("-es de'couvert(!s ont fait Tobjel de deux 
notices publiées par M. de Widranges, archt'ologue à |{ar-le-l)uc : 
la |iremière dans ÏAlmatiacIt de la Meuse, de 1866; la seconde dans 
les Mémoires de In Sociélé d archéologie lorraine, de \ancv, <'n i8()*j!. 
Llles ont été, en outre, signalées par M. K. Lié'uard, dans le 
Dirtionaire topo/rraphique et arrhéolofrique du département de la Meuse , 
articles Autrinm. 

M<'S premières recherches datent de iS'yS; elles n'ont (^le faites 
d abord (pià la surface du sol. 

En i88<>, a en lieu ma premii-ie fouille sur remplacement des 
liglinesel, depuis cette ('-poque, j'en ai pr;ili(Hie pres(|ue tous les 
ans. (ie.s londles m'ont procun'; de très nombreux objets : accessoiri'S 
|)io|»res ;i l'enfonmemen! , moides. jiotericvs, etc. .le les ai toutes 



— 130 — 

fiiilcs ,111 rouU'i'iii, afin (\o ne ri((ri hiiscr fl de iiîcin'illir îiiissi rné- 
Ihodiqucinent (|iit' |)()ssible les divei.s IV.i'iiikmiIs appaitciiaiil à un 
même vase. Agir aiilicirienl nraiiiail exposé à drléiioier les objets 
et à perdnî des IVaifinciils. Mais iiii [iroce'dé aussi lent ne sanrail 
convenir à Tétude, de certaines snbslruclions étendues cjni deman- 
dent moins de ménagi^ments et exigent le déplacement d'une masse 
de terre assez considérable. 

Le but que je me propose est de refaire Tbisloire des figlines 
d'Autry, et voici les documenis (ju'à cet ell'et je m'eiïorce de re- 
cu(Mllir. 

Nous nous |)ioposons d'abord de fixei- les dates extrêmes de leur 
pfM'iode d'aclisilé. Pour le moment, je dis vaguement de loo à 
370. Pour cette date de Tan 270, nous nous fondons sur la r.iison 
suivante, lue fouille faite cette année même (fouille frillel-Tissot) 
m'a lait découvrir, au tond d une habitation où tous les lessons qui 
se sont rencontrés appartenaient à des poteries façonnées dans les 
lijflines d'Autry, un moyen bronze de Commode et un petit bronze 
de Postume (auiS-^ôy). Les lifjlineij d'Autry fonctionnaient donc 
encore vers 267. 

En second lieu, nous cherchons à rassembler tous les types de 
vases qui ont été fabriques dans ces figlines. Je suis persuadé que 
ces types difierents, tant rouges sigille's et unis que divers et 
d'opus doliare, seront au nombre de plusieurs centaines. 

En troisième lieu, nous voulons recueillir tous les renseignements 
i-elalifs au façonnemen*. des vases, à leur décoration, à leur revê- 
tement, à leur enfournement et à leur cuisson, enfin à leur dissé- 
mination par voie commerc-iale. 

l'.ii quatrième lieu, nous nous proposons de recueillir toutes les 
variéte's d'estampilles de potiers et de les répartir en divers groupes 
à l'aide des catalogues spéciaux et des observations dans les mu- 
sées. 

Enfin nous recherchons tous les poinçons à l'aide desquels ont 
été empreintes dans les moules, les décorations dont on ornait, à 
Autry, certains vases de la varie'té dite sigillée. Je puis déjà dire 
qu'on employait à cet usage au moins 000 poinçons. J'aurai à 
m'assurer, en outre, s'ils ont ête' employés tous simultanément ou 
successivement. Quel (jue soit lintérêt présenté par les estampilles 
de potiers, je suis convaincu qu'un intérêt plus grand encore s'at- 
tache au collationnemenl des poinçons décoratifs usités par un 

10. 



— l/iO — 

môme etaMissoinent poramiqno. à moins ([iie reii\-ri n'aient o(«> 
achetés par les potiers de cet établissement à une iahiique spéciale 
de poinçons qui aurait pu en vendre de semblables à d autres 
fîjl^lines. ou à moins que les poinçons, ou partie d'enlre eux. n'aient 
t'Ié obtenus par surmoiilajre des sujets d'ornementation déjà em- 
ployés par des l'abritjues anti'rieuies ou plus renommées. C'est là 
une question à résoudre. 

Un tel prof^ramme. pour être rempli, demande de très longues 
et de très minutieuses reciierciies. 

En 1889. mes investigations ont porté sur un iuilre |)oint (|ue 
remplacement dt's figlines. Dans une fosse longue de U mètres, 
laige de 5 mi'tres au moins, j'ai recueilli environ 900 vases, (|uel- 
ques-uns complets, la plupart incomplets, mêlés à des objets très 
divers. De la situation de celte fosse sur Im bord d'une voie romaine 
(^Cbàlons-Verdun) et de la nature des objets (ju'elle renfermait, j'ai 
conclu à une sépulture à incinération; j'ai menu» reconstitué, dans 
un travail que je destine à la Société des lettres de Har-le-Duc, 
certains détails de la co'rémonie luuèbre. 

J'ai complété cette fouille en 1896 et en i<)oli. Au noMjbre des 
objets enfouis se trouvaient plus de 900 monnaies petit bronze 
appartenant à une série de règnes (|ui débute à (^daude le (iotlii(]ue 
pour se terminera ConstanceJl (mort en 3(}i). (let enfouissement 
est donc très nettement daté, et ce (ju'il nous aj)prend de plus inté- 
ressant, c'est que : 

Pas un des types représentés par ces 900 vases ne figure dans la 
collection des types céramiques fabri(iués dans les liglines d'Autry. 
Donc, en 36o, les figlines d'Autry ne (onrtionnaient plus; 

Kn !^f)0, les potiers ne signaient plus lenrs aMivi-es; 

En 30o, la décoration des vases par le procédé du moulage e'tait 
abandonné: 

l'^n .")(!(). b' ronge dit samiev est devenu orangé, toujours trop 
mince et trop peu cuit; on ne jxMit pas dire, comme le fait M. De- 
cbelefte. (pi'à cette épo<pie les \ases moulés sont remplacés par des 
vases décorés à la roulette (ses vases à zones slrié(>s). mais bien 
(jue, les vases moub-s n'existant plus, on a rontiinu'' à façonner des 
vases striés . comme on en avait r-ibriqué diiranf toute la |)ériode 
d'activité de.s figlines d"Aulr\. Toutefois, ces vases slri(''s du iv'" siècle 
(les seuls que cite Vl. Décbelelte) dillèrenl notablement de ceux 
qui avaient été façonnés dans les figlines d'Autry. 



— 1/JI — 

Km uiiln;, un (il|)li;ili(îl de a^') U'Iln-s. loil iielltMiK-iil j;ia\(* ii lii 
pointe, shcUi'. sur un vase, après cuisson, nous uppinid (pn-n .'iGo 
on cniployail ( iicoïc des caiaclères arrliaHpics M E p| h -- F. 

.ra|»|t(ll(' cctlc lossc, dont je |»r('par(' on ce rnoiriont, ])onr la 
SociéU' (le Bai-le-Duc , une descriplion détailler, sépulture A. 

An nouilnc de ces \ases qui, par leur aspect et pur quelques 
aulres caraclères, nionlrcnl assez, clairement qu'ils sortent d'une 
mémo lubrique , se tiouve une grande coupe, de o m /i'.') de dia- 
mètre (tyj)e représenté par six exemplaires et de nombreux frag- 
ments), dont les similaires ligurent en grand nom]>ie au musée de 
Saint-Quentin, provenant du cimetière romain de cette ville et, 
sans doute aussi, de Vermand. C'est sur l'une de ces grandes coupes 
qu'a été gravé l'alphabet complet, A, B, C, D, E, K, G, H, I, K, 
L, M, N, 0, P, Q, U, S, T, V, X, Y, Z, dont ii vient d'être 
parlé. 

Donc, nouveau problème : de quelle fabrique sont sortis les vases 
de la sépulture A et leurs similaires du musée de Saint-Quentin ? 
Probablement d'un établissement situé à Aulry et qui aurait suc- 
cédé à ce que j'ai appelé pn-cédemment \p9i f/rlines d'Autry. Si cer- 
tains indices m'autorisent à émettre cette hypotbèse, du moins 
reste-t-elle entièrement à démontrer. 

L'examen des parois de la fosse que j'ap|)elle sépulture A, m'a 
montré qu'en la creusant on avait tranché une aire de cbaux et 
sable appartenant à une habitation gallo-romaine ante'rieurement 
détruite. J'ai voulu savoir (novembre-décembre 1906) à (juelle 
époque existait cette habitation. Or, elle a dû appartenir à un for- 
geron; quoi qu'il en soit, les habitants de celte maison n'ont em- 
ployé que des vases fahricpiés dans les figlines d'Autry et quebpies- 
uns apportés d'autres fabriques étrangères au pays, entre autres 
une grande amphore de terre blanche, dont l'anse porte, su«_sa 
face latérale, la marque EVT. du potier Eutyches. Ils n'ont connu 
aucun des types céramiques renfermés dans la sépulture A. 

Donc cette habitation a été détruite entre 267 et 36o. et j'espère 
que de nouvelles recherches viendront donner à cette conclusion 
une précision plus grande encore. 

Je ne puis, dans ce rapport, mentionner les divers types de 
vases recueillis jusqu'à ce jour dans les figlines d'Autry. Cette 
mention ne'cessiterait en effet, pour chacun deux, une description 



— l/i2 — 

assez longue; mais voici la lisfo compli'to des estampilles de potiers, 
toutes recueillies par inoi-iiKMiic à la dalf du i"' janvier i()o&,dans 
les ruines de ces établissements : 

1. AFRICA^'VS. Africaniis. — Nombreux exemplaires. 

ù. AP-R-IM. \pri manu on artr Priiiii. — Exemplaire nni(pie. 
N'ayant encore trouve aucune antre inanpie de {pcr ou de Primus, je ne 
sais aiiipiel altriluier cette estampille. 

3. BEI.. 

i. BELV: . Beltts (?). — Ces deux exemplaires, sans donlc de la 
même mai'que, sont incomplets. 

5. JisiauRlVSFE. lioriusfe. — Exemplaire nnicpie. 

6. CAKI280F. danssii ojfichm. — Kxeni|)laire nnicjne. 



CATVCVS 



8. CAIVCV2. Catuciis. — Plusieurs exemplaires de la première va- 
riété; un seul de la seconde. 

y. CINTVGNATV. 

10. NTVGF. CÀiiUi^uatus. — La seconde de ces varitMés, toute bizarre 
(pi'elle soit, est complète et ne peut résulter île la troncature du cachet qui 
a imprimé la première. 

11. CIWTVSMVS. Ciiitiisiniis. — Exemplaire unique. 
15. COCVSF. 

i8. COCVS-F. 

l'i, COCVc! • F. (.ociis. — Ces trois variétés son! birii distinctes lune 
de l'autre. 

in. COMINIV. Cominiiis. — Iriconiplel, exemplaire iinicpie. 

iG. CRETICV^-F. Crrticus frai. 

17. ^RllTTOP. 



— l/i3 — 

18. '^^lETTOK. drclto fccit. — Os doux exemplaires, hris<''K ii 
gauche, appailicmicnt hicii nîrtainerueiil à (licttn. 

19. t^VClLLIOK. (.iirilli iij/iciua. — Nombreux exeinpiaires. 
ao. DACCIVF. 

•^1. DACCIVSF. 

•?Q. DACCIV2F. Dacriiis fccil. — (les trois variél/'s sont bif.'n «lis- 
liuclcs lune de l'aulre. 



9:5 



DISET^ / Disetii.s. — Sur uii petit fraffineul de pctterie grise 



foncée. Trouvi^ à la surface du sol, loin de remplacement des figlines. 

9/1. CICADli. — Le C initial est douteux; toutefois on ne peut ])a^ 
lire ARCADI, en sorte que je ne sais à ([uel potier attribuer cette estam- 
pille, dont je ne possède qu'un exemplaire. 

90. GABRVS. 

•}.{'). GABRi. Gabnis. — La première en lettres élégantes. Ces deux 
marques diffèrent entre elles. 

97. lERMANVS. Gcnnanus. 

O.H. 0¥ Gf. 

ai). CVMILLVS. 

:U). GIAl MILLVS. 

lu. CLA MILLIL Ginmillus. — Ces trois marques sont cerfaine- 
meul du même potier: les deux premières peuvent avoir été obtenues avec 
le même cachet qui aurait glissé lorsque fut imprimée la seconde; la troi- 
sième est bien distincte des deux précédentes : au heu de LLII , à la lin. on 
pourrait voir LVI. 

3*i. INTIN. — Trouvé dans la maison du Forgeron. 

.33. IVNIANVF. 

:U. IVNIANVSF. 

35. IVNIAN. Jutiiaiiiis. — Ces trois variétés sont bien distinctes 
l'une de l'autre. La troisième est complète. Les lettres de toutes trois sont 
très élégantes. 



— IZi/i — 

36. ■MlVSTl. 

37. MMIVSTl. 

38. MMIVSTVS T. 

39. MM-IVSTVS. 

'10. MMEM-IV-S +. 

U\. IvSTl-ar-HIBVNI. JusIhs, Justiet Tribuni. — Cette série d'es- 
tampilles (le Jusiiis esl particulièrement intéressante. Klles sont connues 
déjà pour avoir «Hé ti'ouvoes, eutre autres lieux, au (jjiàtclet.où elles étaient 
certainement venues d'.Aulry. Mais elles n'ont [)as toujours été bien lues 
ni bien comprises, La cinquième nous montre (jue MM ne signifie pas 
7naiiibus, mais forme Tabréviation du prénom et du nom de famille 
[Meinmiiis). Les numéros 3 et /i pourraient bien être la m(5me marque. 
Le numéro (> nous montre Justus associé temporairement à Trihunus, 
dont nous verrous plus loin les marques personnelles. 

Aq. KATINV3, LatiiiiLs. 

43. LIBONI. lÀhoiiiiis ou Liboims. 

l\k. MACCONOF. Maccoiiis ou Mnccoiiii ojficiiin. 

65. MAIAHVS F. Maiaiius fml. 

46. MARGE A F. 

47. MUCELLVS F. 

A 8. V\R.CELLVLI. Marcellus fe.cit. — (ies trois marques soni bien 
distinctes les unes des autres. Le cachet qui n servi à imprimer la troisième 
a été mai gravé, car sur vingt excmidaire."? au moins que je possèdri de 
celle manjue, les deux lettres inili,ii(;s liées M sont également inconi- 
préhensibles, a- (jui a fait lire cette marque ARCELLVS cl ARCELIVS: 
mais il faut, sans aucun doute, la rapporter à Marn'llus, potier à Autry. 

hç). MARTI. 

5o. ITilê, (irallites, — La s»H;onde en relief sur un Iragmenl de po- 
terie; In première en d'eux dans un fragment du mo»ile(pii aservi à façonner 
ce vase. Lsl-co un potier d'AntryV Oui, sans doute, puisqu'il a gravé 
son nom a l'inltTieiU' du moule. 



— 145 — 

r.i. MIIRCOF. 

r)i«. WERCOKC. Mficac oJfitiiKi. — (jcjj (|(;iix vaviéléti snnl dis- 
lincleH l'une do l'iiiilre; leur Iccliire n'est pas douteuse. 

53. MllSSIRIVS. Me.ssiriHs. — Nous conniiissons aujourd'lidi snn loiir 
très él()ijj-ii(; du contre d(.'s (ijfliiH's d'Autry; iiôaiinioins c(;t <^loijjiioniont 
n'eiupéclie pas qu'il ail a()|)arl('iui à cet olahlisscmenl. [luistju'il a oin- 
jjjoyf' à la d(5corati()ii do ses vases les nn'mes poinçons qui él<iii'nl en nsajje 
dans celui-ci. 

5'i. NASSOFF. M;ii(jiic circulaiic. — Exemplairo unicpic. 

55. POMPEIVS FE. 

5(). POMPEIVS. Pompeitis. — Doux marques disliiicles: la seconde 
est bien complète. 

57. PVPVS }. Piipus /(-cil. 

58 REDIi- F. 

5(). REIDILL^. Redtlliis fecit. — • La première de ces estampilles est 
remarquable par sa g-rande analogie avec la man[ui' MARCEJL * F; les 
lettres en sont modelées avec le nif^me bon goùl: la liaison des deux LL 
( J.) et le signe d'abréviation (a) sont les mêmes. Il semble que les deux 
cachets aient oU' gravés par le m^me individu. Dans la seconde estampille, 
l'ortiiographo REIDILL doit être une faute; en tout cas, sa lecture est 
incontestable. 

(io. SA-NV'CIVS F. Sauuciiis fecit. — M. de Widranges, dans sa 
notic* de 1 8(5-3. a cité la marque L'SANVCIVS, mais c'est une mau- 
vaise lecture de celle que je donne ici. 

(i«. ^CCO F. 

{>■?.. SECCOF. 

03. SECCOF. Secco frit. — Ces trois variét«'s soni disliuctes les 
unes des autres. 

ijli. SECVNDINVS. Scciiiidiiius. — Exemplaire unique. 

65. 'Û /ERVS F. Seveni.s ou Vrnis. — Marque brisée à gauche. 
N'ayant encore trouvé aucune estam|)iile au nom de Severus ni à c<'lui de 
Verus, je ne sais au([uel de ces deux potiers je dois attribuer celle-ci. 



— l/K) — 
ce. TERTlVa.F. 

(i;. TURTIVci F. Terlitis fccit. — lu'inarquci' ;i roccasion do ces 
eslampilles comme nous l'avons àé'y.i vu dans ct'llf's <lo llrctto, rciiiploi 
inilifférent de l'II .M «le TE. 

(•)8. TOCCA-F. 

(H>. TOCCAF. 

70. TOCCAF. 

71. TOCCA. Tocca J'ectt. — (^es quatre variâtes sont liicn dislincles 
Ic"^ unes des autres. 

7a. TOCCIVS y. Tocciiisfenl. — Exftm[>laiiv uni(|uo. 

7;{. TKIBVNVS. 

7'.. TRIBVNVS F. 

75. TqigANO. 

7!). TRIBVNVS F. Tribmua fecit. — Ces quatre variétés sont hien 
distinctes l'une de l'autre; la seconde li{fure sur deux moules, ('/est ce 
même Tribunus que nous avons vu plus haut, associe à .lusii/s; les deux 
dernières variétés trouvées dans la maison du foifjeron et non (Mïc.ore sur 
l'emplacement des liylines. 

77. VALDY. \'aciii on l'aldi Jiihricn. — Je possède de nombreux 
exemplaires de cette estampille, mais les lettres ont été si mal formées 
sur la matrice (|ui a servi à les itii|»rimer, que je n'ai pu arrivei- à une 
lecture certaine; néanmoins je lirais plutôt Vitcui (pie I uldi. 

78. VlDDVOr^ 

79. avDvaiv. 

80. \ ODUGIU. 

81. iVbuaio. 

89.. 7CVS. 

8:i. iDuCOfi. Vidiirus. — (les six variétés sont l)iiu disLiuctes les unes 
des autres; les numéros 1, 5 et sont incomplets. 



— \àl — 

Hf,. VINDVS. 

8.^. UIUDUS. V Indus. 

SC). VIITALIS K. 

«7. XATTALl^ F ..1. XATLACIS F. Vitulis nn Aiinlu fixil {'>). — 
La lecture de ces marques demande à <Hre pririséc j»ai- la Imiivaille de 
nouveaux exemplaires. 

Soit 87 estamj)illes diflérenles appartenant à 45 potiers, tons 
attachés à l'établissement céramique d'Autry, sauf peut-«Hre Disetus. 
A ce nombre, déjà resjx'clable. vieni s'ajouler une sérit; de viiijjl- 
cinq marques différentes émanées, à ce que je crois, d'apprentis ou 
d'ouvriers qui , n'ayant pas encoi'e été reçus maîtres, n'auraient pas 
encore eu le droit d'apposer leur nom sur leurs œuvres. La plupart 
sont formées d'une empreinte circulaire entrecoupée de lignes ou 
de points s'irradiant diversement à parlir du centre. Seuls, le dessin 
ou le moulage pouiraient en exprimer la variété. 

Je suis convaincu que des recherches ultérieures viendront 
ajouter à cet ensemble de nouvelles variétés et préciser les lectures 
douteuses. 

La lecture attentive du savant et 1res consciencieux ouvrage de 
M. Déchelette, tout récemment paru, ne m'engage à apporter à 
mes conclusions aucune modification. A son étude des vases céra- 
micjues de la Narbonnaise, de l'Aquitaine et de la Lyonnaise, je 
voudrais ajouter un premier chapitre relatif aux vases céramiques 
belges. 

Les figlines d'Aulry sont bien certainemeul Tune des tilles plus 
ou moins nombreuses des figlines arvernes, et c'est à cette filiation 
que se rapporte l'hypothèse que j'ai émise au début de ce travail. 
Peut-être /m6<u5 et Secundi mis onl-i\s compté parmi les importateurs 
de l'industrie lédosienne, dans la marche gauloise argonnaise 
interposée aux deux Belgiques. Peut-être, parmi les poinçons déco- 
ratifs en usage à Autry, en est-il quelques-uns copiés ou inspin's 
de ceux qui étaient employés à Lezoux. 

Nous ne pouvons guère attribuer la fondation d'un atelier céra- 
mique nouveau qu'à un maître ouvrier formé dans une fabrique 
préexistante ou à un patron ne travaillant pas lui-même, mais »|ui 
aurait fait venir d'autres fabriques les ouvriers exercés (jui lui 
étaient indispensables. 



— U8 — 

La tilialioii ciilio le nouvel établisseuienl cl dts ^tablisscmenls 
j)lus aiiiMcns osl iiuléniablc tM mrmc m'ccssairo. Il s'ajjit donc de 
llxcr sci(Miliri(|U(Mii('nt celle lilialion et. pour C(da, nous avons les 
cstanipilles, les |)oiii('0!is déeoi'atirs et la lornie des vases. 

Les ouvriers j>euvenl j)rovenir. à la lois ou successivement, de 
plusieurs lijflines préexistantes, en sorte que la filiation des liglines 
d Autiy pourra peut-èlre s'établir : 

Avec La (ii'au(esenque, par Cucus, Gcrnuuuis. .Iiisius. Primus et 
Mtalis; 

Avec Uannassac, par Cocits, (icrmatius cl Giamilhis; 

Avec Lczoux. ^av Juslus et Secundinus; 

Avec Saint-KoQuel (Allier), par Africanus et CinUismus. 

Rnlin Autr\ pourra peut-être se relier à Ubeituabern, par 5c- 
niiitlitms et Pumpein^; à Westerndorf , par Maunnux et î^asso (ou 
.\ (issus). 

.Mais ])ourqnoi ce lieu a-l-il été cboisi, de préférence à tout 
autre, pour felablissenient d'une li||line nouvelle? Peut-être des 
fouilles faites dans le camp de Waly nous rap[)rendront-elles. 

Mon hypotbèse de Textension de l'industrie ce'ranii(|ue par le dé- 
placement de léj'fionnaires serait {grandement corroboiée si, comme 
je lespère, je parvenais à démontnu" que c'est en quittant ic cam- 
pement de Waly, pour se rapprocber de la Meuse, en suivant ladite 
voie du camp de Fains à Dun, qu(* les potiers d'Autrv. ou partie 
dcnlre eux, seraient allés londer, au pied de la côte escarpée de 
Vauquois, la ligline des Ailleux dont les produits céramiques for- 
ment précisément la transition entre les deux époques industrielles 
que j'ai, plus baut, si nettement délimitées. 

•lusqu'alors, à ma connaissance, c'est au Chàtelet (sur la Marne, 
entre Eurville et Cbevillon) que se sont rencontrées en plus {rrand 
nombre (une quinzaine;) les estampilles des potiers d'Autry; au 
(iliàlclet où M. Déclndette ') sijpiale la présence (b; vases moulés 
originaires d'une officine inconnue. 

Ln coup (faMl jeté sur la cart»; permettra de jujfer de la situation 
rclalivc drs divers points (|ue je viens de signaler : soil, en allant 
du Sud au Nord suivant une ligne parfaitement droite : le (ilià- 
h'Ict, le ramp (b^ Fains, Lavoye (Aulry), Vau(|uois et Dun. 

i)"^ Mkumkii. 

''' Dérheit'll'' , Vkhch ciriiiiiKjueii kvuvs , I. i, p. •.> i i. 



LES CL()ciii:i;s iujuans 

DE rARKONDISSKMKM 1)1-: DIKI'IM-:, 

l'AH M. V. COQUKLLE, 
Correspondant du (Joniité. 



La {franrle rf'novation airhitocturale du xvi" siècle, qui couvrit la 
Haulo-.Xorinanciie dVjrlisL'S nouvelles, construites en grès, a fait 
(lispaiailic ()res(fue tous les ;inciens sanctuaires de Tépoqui; romane 
dans Tarrondissenient de Dieppe. Des nefs ou des transepts avec 
haies en plein cintre, à Longueville, à Bourg-Dun. à Sainte-Mar- 
gueiile-gur-Mer, à Sainl-lleilier (ces dc'ux dernières avec abside), 
à Saint-Waast-d'Equiqneville, à Varengeville; des chœurs à Beau- 
nioiil-le-Hareng, à Saucliay-le-iias '') et à Saint-Ouen-sous- 
Bailly; deux portes latérales el des modillons à la corniche de 
la nef de Bois-Hulin; une porte latérale à Graincourt; un petit 
portail à Angerville; des contreforts plats en pierre tuffeuse dans 
une dizaine d'autres églises; quatorze clochers enfin sont les der- 
niers vestiges des édifices religieux construits pendant les xi' et 
xn' siècles. 

Ces clochers, qui sont les monuments les plus importants que 
Tari roman ait laisse's dans l'arrondissement de Dieppe, méritent, 
croyons-nous, d'être étudiés avec attention. Leur base, ou partie 
reposant directement sur le sol, solidement bâtie en pierres de tuf 
bien appareillées, a résisté aux efforts des siècles, et cette solidité 
les a beureusemenl mis à l'abri des remaniements postérieurs. 

Dans un reniarcpiahle ouvrage '"- , l'abhé Cochet mentionne sim- 
plement quelques-uns de ces clochers, mais sans les décrire, sans 

('^ Sous le cliœur de Saucliay-le-Bas se trouve une crépie roniano, formée d'un 
seul berceau t)risé, de 9 mètres sur 3 ni. 70, sans orneuienis: dfs peintures 
murales s'y voient encore. 

'** Les Eglises de l'arrondisseiiient de Dii-ppe, t. il : KijUseii rurales; l'aris. 
i85o, a vol. 



— 150 — 

faire rossorlir leurs piirtiriihiritt's arc!iileotoni<ni(>s, sans rochorcher 
les caractères coiiumiiis (jiii les distiiijfuciil'''. 

Il no faut pas s'attendre à rencontrer, dans les environs de 
Dieppe, ces heaux clocln'rs romans, Mirniontés (fune élé;;ante [)yra- 
niide de pieri'e. niodi'le de hardiesse, (pii j)arsèiiient le Vexin 
français et le Pincerais^-'. La i-areté des nial(''riau\, la nature de la 
pierre lulfeuse, presque imj)Ossil)le à sculpter, avec la(|uelle furent 
construits les clochers qui nous occupent, s'op[»osaienl au drveloppe- 
nient ornemental des tours et de leur hase, et rendaient rédifi- 
calion des pyramides j)resque impossihie. Tous sont donc, sans 
exception, très sohres d'ornements et coilTés d'une mince llèche 
d'ardoises. Autre caractère commun : les tours sont toutes carrées de 
la hase au sommet, et le passajje du plan carré nu plan octofjonal. 
pour former réta{je supérieur, y est totalemenl inconnu. 

A l'exception du clocher de Sainf-Valéry-sous-Bures, qui, comme 
nous le dirons plus loin, porte la date de sa construction, il est 
impossihie de préciser l'époque exacte; de l'édification des é{[lises 
auxquelles appartiennent ces clocheis. 

Toussaint DupIcFsis^-*' ne donne aucune indication à cet éjjard; 
il en est de même des divers ouvrages manuscrits ou imprimés, et 
notamment du plus complet de tous, le registre des visites d'Kudes 
Rigaud, archevêque de Houen de la'iS à i25<)'^'. Les documents 
d'aichives font compli'tement défaut sur ce point s[)écial, et tout 
ce (pie l'on peut atlirmer, c'est (pie, d'a|)r('s leurs caractères archi- 
t('ctoni(jues, aucun de ces clochers n'es! antérieur au milieu du 
\i' siècle, ni posti'iieur au troisième (piarl du xii'. 



''* Cf. (igalemenl : l'altlié 'i'ou|»ar(l , GéDirniiiInn dit ilrjitirlniirnl ili; la Sciiic-Iiifc- 
ririirp, arrondisscmoiil dp Dioppo; l'aris, JH77. (lel oii\ra|;i' ne conlicnl aucun 
iciisciunfimonl orrlu'nlojriqiio. - A. (îniltiiolli , Hixinirg comnmnolp dos onvininx de 
Diefjpe. — Le lii'fierlnirr iirrliriilnfntiur dv la Srinr-liiféririire, de (locli<'l, est la 
icjK''litinii altrégé*' de son ouvrage sur les églises rnrali's cili' ci-dcssu.s. 

''^ Cf. notre ouvrage : Lpx clochers rouuin» dn \ c.nn fraiirnis cl du l*incrr'iis, 
avec ï)'t dessins originaux; l'onloise, 1911t. 

'^' Dmcriplinn dr In Unntv-Normnivlu', i^'io. ■ vol. in -S", vol. I , yirt.v.sim. 

'♦' Édit.' |i!ir IJonnin, i-ii iX^i.j iH'17. 



— 151 — 



I. (ll.OClIKIlS A DKI X KTA(;KS. 



1. \jV cloclicr l«î plus itnposniil par sos dimensions''), et I Un des 
plus .incicns ceilaincnuMil, jniisfju'il «ippailiciil à une? ('{[lise londéc 
|)ar l(;s (liirard vers Tan 1060 (-', est celui de Sainte-Foy, à peu de 
distance à l I'jsI de Lonjfuoville. Sa base est très primitive; elle 
consiste en (pialrc pans (!(! muraille, percés, ceux du .Ndrd cl du 
Sud. d'iim' arcade en pIcMU cintre, les deux autres (riitic vaste 
ouverture à arc brisé, relail(; à une épo(|U(' j)oslérieure. Pas de 
colonnes dans celle base; pas mêirie à la retombr-e des arcades, la 
petite imposte, formée d'un méplat surmontant un clianrr(!in, 
(]ue l'on rencontre dans presque tous les édifices d(^ la pre- 
mière époqu(! romane'^*. Cette imposte r<;présente assez exacte- 
ment le tailloir d'un cbapiteau. La nudité' absolue est le caractère 
de la base du cloclier de Sainle-Foy. Il serait intéressant de savoir 
si elle a été couverte à Torigine par une voûte à arêtes ou par un 
berceau; bien qu'il n'en reste aucune trace, c'est infiniment pro- 
bable. Cette voûte a disparu et elle est actuellement remplacée par 
un plafond de bois. \ous remarquerons que , dans les clocliers romans 
de l'arrondissement de Dieppe, on ne rencontre plus aucune voûte 
construite à l'époque romane; il n'y a donc pas de base romane 
absolument pure, comme celles que Ton trouve encore en petit 
nombre dans le Vexin français. 

Le premier éta^je de Sainte-Foy est ajouré sur les faces Nord, 
Fst et Sud d'une baie cintrée, nue, divise'e en deux par une colon- 
nette surmontée d'un chapiteau à godrons. Celle de l'Est, |)rotégée 
par la surélévation du toit du chœur et mise ainsi à labri des 
intempéries, est très bien conservée: les autres sont assez abîmées; 
la baie de la face Ouest a disparu complètement. Le second étage a 
deux baies géminées sur chaque face; les colonnettes qui les en- 
cadrent et qui divisent chacune d'elles sont également à corbeilles 
de godrons (pi. \. Ii<>. i). Cette forme ornementale assez primi- 
tive, et qui se rencontre rarement dans ces régions, est la seule 
dont se soient inspirés les maîtres d'œuvre qui ont édifié l'église 



'" La base mosuro à rintérieur 7 mètres dans chaque sens. 

'*' Gocliel , oMirag^e cité, article : Saiiite-Koye. 

(') ('.. Kiilarl, Manuel d'archéologie religieiite, p. 36b. 



— ir,2 — 

de Saiule-Kov. Toutes ces i)arlies du clocher sont en pierres lul- 
fouses; c'est ce cpii explique le mauvais état de conservation des 
cli;ipiteau\. La «iiarpcnte de la lli'rlu' repose sur le i'aite des murs 
(le la tour, el on ne voit en cet endroit aucune trace des trompes 
qui auraient pu servir à élever une pyramide de pierre. 

'2. Le clocher de Saint-Vah'rv-sous-Bures^^) permet de constater 
un sensible projjn's dans le choix des matériaux et dans rornemen- 
lation; il est pourtant presque contemporain de celui de Sainte- 
Foy, comme rindi<|ue l'inscription suivante, {jraviîe sous une dos 
arcades de sa hase, en capitales droites : 

ANNO : AB : INCARNATIONE : D'nT : M": C: LXX' : 
DEDICATA : EST : HEC : ECCLESIA : VI" : KAL : MAII 
IN : HONORE : 

Cette inscription, (|ui nest pas complctc car h* nom du saint 
man(jue, est dis])Osée surcin(| lignes. 

La base du clocher est forme'e de quatre piliers carnés, de ma- 
çonnerie, cantonnés chacun de deux colonnes cnipjfées cpii cor- 
respondent à la retombée des arcades. Les chapiteaux ollrenl de 
curieux spécimens de Tari roman, el ils rappellent les diverses 
sources auxcjuelles il a puisé sos inspiialions. (àiux des colonnes 
plac('es au .Nord-Lsl onl des rinceaux et une double rangée de 
feuilles d'acanthe .surmontées d'un masque, le tout rappelant Tor- 
nemenlation classique; au Nord-Ouest, ce sont des volutes dont se 
détache un faisceau de feuilles la pointe tournée vers le sol. 

Les deux piliers du Sud ont un {groupe de paons à côté de deux 
nmnslres aux Bgures hideuses et aux membres contournés, et aussi 
des lions à tète humaine et des entrelacs. 

Les hases des colonnes, |dacées sur des socles cubicfues, sont 
constituées par un seul tore fortement écrasé, et sans grilles dans 
les anfrlcs. (Quatre arcades en plein cinlie, à (huix voussoirs nus, 
se tendent au-dessus des tailloirs assez épais. Lue voùle sur ci(>isée 
d'ogives avec des branches à nervures prismatiques, datant du 

'" CellP église n'est pns, n \r.'n diro, dnris l';iri(Mi(lisscin«iit df I)i'|i|ii'; poiiilani, 
rorruiif> f'll*> n'est l'-lnignép de »a liiiiile ({iic de deux kilonièlros ;i pcini', nou.^ avons 
rru dt'voir la incnlionner iri , parre «pn' Hon cldrlirîr rotnplèli' la siti»; des clorhers 
du m' siècle dans ces poragn?». 



— 153 — 

\vi" sii'cle, recouvre (('Ile Itase i|(ii est l.i j)lii,s coiiiph'le et la jjliis 
iiil(''ressaiile de la iik'nciiIc ,s(''ri(', riialjjr/; ses (lidiensions a9S(;z 
oxijfiK'S (le (jiialre iiK'lres sur (juatre, pi'ise.s à rinlérieiir. 

Les d(!ux élajjes du clodiei' sont eorK^.us d'a|)r('s le iimmiic plan 
tjuVi Sainle-Koy, mais Ic^urornernenlalion el la mal i(!re sont hiendillV'- 
reules (pi. X, fijj. a). Le tuf a fail place à la |)ierr«î de taille; mal- 
lieureusemeul les restaurations oui (''t(' exécutées avec des briques, 
ce (|ui nuit à Taspect par la juxtapo-ilion di^s couleurs rou{je et 
grise. Les {jodrons sont rempiace's par des feuilles d'eau à légères 
volutes sur les chapiteaux des colonnell<;s, aux pieds-droits et au 
refend des baies. Un cordon, en forme de bandeau, joifjnail autre- 
fois les fenêtres du second étage à la hauteur des lailloirs des clia- 
|»ileau\, mais il a disparu en plusieurs eiidroils. []n des chapi- 
teaux de la face Est poi'le un grand oiseau qui, tourné vers IMJrienl, 
semble saluer le lever du soleil; telle a pu être l'idée du sculpteur 
(pii Tv a placé ''l 

3. Le clocher d'Avremosnil, tel (juc nous le voyons actuellement, 
est le seul reste d'une vaste église romane, dont il couvrait le carré 
du transept. L'église a été reconslruilc au xvi" sic.'cle, et, de central, 
le clocher est devenu clocluîr-porche. Sa base est constituée par 
quatre piliers carrés de maçonnerie, n'ayant pour tout ornement 
que la petite imposte, formée d'un méplat surmontant un chan- 
frein, et placée à la retombée des arcades. Seulement ces arcades 
ne sont plus en plein cintre, mais en arc brisé à deux vous- 
soirs. ce qui indi(jue que le clocher dAvremesnil appartient au 
premier quart du xiT siècle, époque à laquelle on admet <jue Tare 
brisé fit son apparition en Normandie, comme simple forme orne- 
mentale. La voûte sur croisée dogives aux tores amincis qui couvre 
la base est moderne'^'. 

L'extérieur de ce clocher appelle des observations particulières 
(pi. XI, fig. i). Les arcatures qui décorent le premier étage sont 
des arcs brisés en ogives très accentuées; elles contrastent avec 
les baies en plein cintre de l'étijge supérieur de la tour, avec le 
bandeau de billettes couvrant l'archivolte de ces baies et entourant 

'" Le portail de l'ancienne église a été conservé; malgré les réfections iioni- 
lireuses que réglis(î a subies aux \iii* o[ xvT sit'cics, ce portail est encore d'une 
gracieuse élégance. 

'*' Dimensions intérieures de la base : l\ mèlres sur 3 m. 8o. 

AncnKoi.niiiE. — N° 2. i i 



— 1:>'J — 

foui le cIocIht, oiilin avec la s^rie de riiodilloiis à lèttvs humaiiu'ï» 
(fiii su|)portent la corniche du toit, (le cordon de billettes est la 
ro[)rodiiction de celui qui orne les haies du cioisillon Nord de 
Bour;[-l)un. à '> kilomètres dAvi-etuesnil. I^es fenêtres jiéiniri^es. qui 
éclairent chacune des laces de ce clocher, ont conserve la loriue ro- 
mane dans foute sa puret»^. mais les scnlplnrcs diis chapiteaux 
sont mé<'(tnnaissables. 

I^cs deux (^taffPs sont en pierres de tul': le i'»'z-(le-chaussée a subi 
une réparation singulière au xvi' siècle : on lui a donn^, un revête- 
ment en {{rès el les conlrelorls onl él(' considérahlement renforcés: 
une haute et lourde tourelle descalier, construite à la môinc 
époque, surcharge le clocher el rompt Tharmouie de ses lignes; 
on a pourtant cherché à l'accommoder eu lui donnant des arcatuies 
et Tin cordon de hillelles analogues à ceux du clocher roman. On 
dislinii-iie lacilenienl, sur la photographie ci-jointo, les pierres tuf- 
feuses de la construction primitive, du grès (|ui sertit à elTeduer 
les réparations. In poilail iiioderne, du genre roman, donne accès 
dans le naithex formé pai- la hase du clocher. 

L" église paroissiale de Longneville possédai! un clocher central 
du w" siècle, el sa base était barban» mais très curieuse, d'après 
lahhé Cochet"'; malheureusement, elle a été complèfenienf recon- 
struite, H y a quelque» années, dans un style roman de fantaisie, 
ce qui est inliniment regrettable. 

n. Cl.OCHKRS A UN SEUL ETAGE. 

/i. Nous allons examiner des clochers, intéressants encore, mais 
de dimensions beaucoup moindres en hauleur et en étendue. (Test 
dal»ord le clocher (rOnville-la-llivière, enfoncé antre les combles, 
surélevés p()>l(iienrem('n( . de la nef, du transept et du chœur. Les 
petites impostes chanfreinécs des quatre piliers carrt'S de la base 
étaient, à l'origine, surmontées de primitives arcatles en plein 
cintre, en pierres tuffenses. Au x?!* siècle, on a repris cette base en 
swis-œuvre. et des arcades brisées en grès, avec V(Mis9oirs évidés 
en forme de cavet, ont remplacé les anciennes arcades. L'un de ces 
voussoirs porle des armoiries sculptées. La voûte est remplacé'c par 
un ])l;trfiii(l (le liois. L'extérieur a conserve' son aspect primitif et 

'') léPM Kffli»eii ih Viinninfiniii'tni'nt lie Ifipppi'. I. I . p. n(>ii. 



— 155 — 

sirtiplo : il a nno seule haie .sur clrîKjiic faf-e, et «le f(isli(|nes 
inodillons aoiiliciincnl I.i rf)rni<'lie <\u toit; tiii b.'mde.in aux anjjles 
arrorulis ceiiil lu loiii' ;i hauteur «le \,\ hase; des ren«^lres. Le fout est 
en |>it'ri('S liilleuses. 

f). La loui' (le Sainf-Oeiiriaiti-frKtables ne lut pas cenlr.ije. et 
c'est ane exception pour la NonnanHic, province où les clochers 
romans ceniraux son! [>lus nombreux rpie partout .-lilleurs. Les 
flimerisions (le sa hase sont trop exiguës j)our avoir jamais permis 
rétablissement d'un carré de transept. Les deux ouvertures, siludes 
au rez-de-chaussée, sur les faces Nord et Sud, et surmontées d'un 
cintre j)lein en tuf, sont des portes d'accès, l'une vers la nef, 
l'autre vers le dehors. La tour n'a pas de contreforts; elle est en 
pierres (ulTeuses, sauf les anifles qui sont en grès. F^es bslies de 
Tétajfe. placées une sur chaque face, sont {géminées à plein cintre 
et ressemblent à celles de Saint-Valéry-sous-Bures, mais tm pefi 
plushatites. Les chapileaiix qui décoraient les colonnettes m('diar/es 
di' chaque baie on! complèlement disparu (des brifjues les ont rem- 
placés), sauf celui de la face Kst qui est encore visible. In bandeau 
en forme de tnép^at entoure le clocher sous les fenêtres. 

G. Le clocher d'Hermanville présente les caractères de Tarchi- 
lecture de transition. Sa base est fort belle et rappelle ce^ïe de 
Saint-Valéiy-sous-Bures, mais dans des proportions réduites. Elle 
n'est pas carrée, mais rectangulaire, et mesure 5 m. 5o sur 9 m. 80. 
Ouatre piles de maçonnerie à deux lessauts soutiennent la tour; 
chactmf est cantonnée dé deux colonnes aux chapiteaux ornés de 
{jracieuses volutes; les tailloirs sont filetés; les bases attiques très 
pures ont des jrriffes enipoifjnanl vi^joureusemciif le socle. Des 
arcades en arc brisé, à deux voussoirs nus, relient les |tiliers. et 
une voùle sur croisée d'ojjives, peu bombée, ayant aux branches un 
bandeau aux angles abattus, dénote une des plus anciennes con- 
structions de ce genre de voûtes. L'arc brisé fait aussi sôti apparition 
dans les (juatre baies géminées de l'étage d'Hermanville. mais la 
brisure est très peu prononcée; sur la face Nord, le cintre de la 
fenêtre n'est même pas brisé dn tout (pi. XI, lig. 9). L^s chapi- 
teaux des co'onncttes avec corbeilles h votutes sont assez bieTi con- 
ser\és; une série de modilluns à tètes humaines et d'animaux, et 
un bandeau complètent lexlérieur. La construction est en tuf, 

11. 



— 15G — 

avec jjit's aux aii'fles. Les caraclrres ar.liilecloiii(|iies do ce cloclicr 
permettent d'eii lixer la date au milieu du \ii' siècle; il est homo- 
gène dans toutes ses parties, et c'est peut-être le moins ancien de 

toute la série. 

7. Le cloclicr de Saiiil-.Mards est de la mruie épojjue (|ue celui 
d'HermanvilIc. liicu (pic plusieurs parties de cette église appar- 
licnucnt au style rouiaii |)ur. Sun revêtement ext«''rieur a été pres(jue 
comjdèleuieut relail de nos jours. Le rez-de-cliaussi-e est constitué 
par quatre murailles épaisses, sans traces (Parcadcs ; il est soutenu 
par des contreforts plats en |)ierr-e luiïeuse, el reçoit le jour par 
deux petites ouvertures à plein cintre nettement romanes. L'éla{je 
est ajoure' par quatre fenêtres {(éminées en arc brisé, exactement 
semblables à celles (rilermanville; il en est de même de la série 
de modillons cpii soutiennent la corniche du toit. Ce clocher pré- 
sente uueparticularit('' très rare à répoque{folhi(pie, moins fréquente 
encore à l'époque romane; il est situé à rextrcmité orientale du 
chœur et ne fait pour ainsi dii(^ j)as corps avec réf|lise. Les moines 
de Jumii'ip's, (jui reçurent les terres de Sainl-Mards el y fondèrent 
un |)rieure', ont j)eut-èlre obéi à des considérations monastiques en 
élevant ce clocher à la place insolite cpTil occiipeO. 

En résumé, les deux clochers de Sainl-Mards el dlIermanNillc 
marquent nettement le début d<' ré'potjue dite de Iratisition. 

III. (ll.OCHF.HS-AUCADKS. 

L'arrondissement de Die|»pe possède trois témoins de ce; lie arciii- 
lecture très primitive, ass(^/, l"ré(|uente dans la \allée de la Garonn(î 
et en Provence, mais (|ue Ion rencontre foit peu dans le Nord el 
le centre (h; la l''rance. 

8. Sainle-(î('ne\iève, près d'Aulîav, a pour cldchcr un jian de 
niiiiaille, soutenu jusijuà son faite par des contreforts jtlals, en 
lui; à rextrémili' supérieure s'ouvrent deux arcades en plein cintre , 
dans les(juelles [)endent les cloches; un pijfiiou aigu surmont(! len- 
senible. Le couronnement a été relail loul nouvellement, mais sans 
rien rhanger à la forme aiicieune du uiouunieiil. 

'•' C'psl l'opiiiiiiii de l'altlM* Lorlid, nurrufif' rilr , t. II. ji. 'i."»i. 



— 157 — 

9. Moins hciii'ciix , le pcliL clfHlHM-aic.'Klc (h; l;i cluipcllc de Tan- 
cienne inaladrcric de la .Ma;f(l('l('iiio, pn-s de Saiiil('-l''oy, tombe en 
ruines. La cliaix'llc osl convertie en j;ran;je cl ne pn-sent»- plus 
aucune Irace (raiiliilcclnic. 

10. liC riocbor-arcade de Ii-jiUse do Saiicliay-le-Bas a él('' pro- 
fondcMient niodifK' et «•<)inplèletneiil déli|fui(''. On distinjpic encore 
très bien ses deux aicades, mais elles ont <''lc bouchées avec du 
silex. \j(' conronncmeni est remplacé j)ar une flèche d'ardoises, et 
une charpente contenant les cloches a ('té adossée à la priniiti\(' 
construction. l\Ial[[ré cetl(! adjonction et à cause des pierres tufîenses 
dont il est conslrnit, ainsi qu(; des contreforts plats qui le sou- 
tiennent, le clocher-arcade de Sauchay-le-Bas n'est pas le moins 
inti'i'cssant de cette catégorie. 

IV. JJ.VSKS ROMANKS DK CLOCHERS. 

Nous avons terminé Texamen des dix clochers romans complets; or 
il eu existe encore, dans Tarroudissement de Diepp<!, (|uatre autres 
dont l(»s étages ont été reconstruits complètement au xvi'' siècle, 
mais dont les infrastructures datent des xi' et xif siècles. 

1. Voici d'abord Meulers, dont les larges assises, formées de 
quatre énormes piles carrées, avec la petite imposte chanfreinée, 
surmontées par des arcades en plein cintre, à un seul voussoir et 
d'une épaisseur inusitée, appartiennent au xi" siècle et donnent 
rilhision de l'infinie durée. La voûte est du style flamboyant, ainsi 
(jue la partie snpi'rieure de la tour. La base est de vastes dimen- 
sions; elle nu'sure, à linlérieur, /i m. Ho dans chaque sens. 

2. Le rez-de-chaussée de la tour de IJaillyen-Rivière ne le cède 
en rien à celui de Meulers; il est même encore plus étendu, car il 
a 7 mètres dans chaque sens''', mais son archit<'cture est beaucoup 
plus intéressante et dénote une époque moins reculée. Dans chacun 
des piliers carrés sont engagées deux colonnes; quatre colonnettes 
les flanquent dans les piliers de l'Est, trois seulement dans ceux de 
rOuest. Les quatre grosses colonnes sont surmontées de chapiteaux 

(') Cl' sont cxactoinciil les mômes ilimenMons (lue Sainle-Fov. 



— ir>8 — 

ciil)i(|m?t;, \i>6 (•(»|(MiiU'lles vu ont à volute!». Lot* busBîi sont loulcs 
altiijues. Cm piiierâ, ou |)liilnl raiscGnui de colonnes, siippoiliuil 
dus nrciides nues à plein cintre ol à double voussoir. l^n vuûLe 
sur croisée d'ojfives, avec un lore eutic iU'ii\ tal(U)s aux braucJu'H, 
a e'té restaurée à une date qui ne semble pas très éloii^née. 1/é^dise 
de Hailly-en-HiviiTt* lui iuceudjûe h la lin du vvi' siècle; 1h base du 
clocbcr a seule résisl(', main 1 étage a été remplacé pai' un cube 
de luaçouueriit sans btyle ni éli'ijance. 

;i. Saiul-()uen-sous-Haill\ a é|ralemeul une base de clocber 
loniane, mais elle est de dimeusicMis d'un tiers |dus |)etiles et son 
arcbiteclure est trrs piimilive. Les (juatre pilicis nus, à ini ressaut, 
ornés irune petite imposte cbanfreinée, soutiennent des aicades on 
plein cintre, à deux voussoirs l'aisajil trcîs peu saillie Tun iur 
l'autre. Notons que, dans les deux piliers di; l'Ouest, une minuscule 
bajfuette sépare le méplat du cbanfrein dans l'imposte. La voiUe 
à réseau est du \\f siècle et une llècbe d'ardoises s'appuie di- 
recleniont sur le rti? -de-cbaussée, Tétago inltu-inédiain; ayant 
disparu. 

à. A Tautre e\(fe'mité de rarrondissenient, et lum loin de Hul- 
lenconibre, se dresse l'antique sanctuaire de Beauiiinnl-le-ll;irenj>, 
dont le clocber cential difTt're totalement , quant à su base, de ceux 
fjUH mm» avûui rencojitrés jus(ju ici. Kn elle!, ce.i docbers, comme 
on l'n vu, ont de» boises formées {{énéralement de quatre piliers 
cairés de maçonnei'ie, cantonnés ou non |)ar des colonnes; or celui 
de l>eauni(mt-le-llaren}{ est tout autre et apparti«',ut à un type de 
bases (jue, imiis possédons oai assez grand nombre dans le Vexin 
français et le Piacerais. Il i-epose sur deux pans de muraille dirigés 
di' ri*'st à l'Ouest et fonnanl un élranglemcnl entre le clueur et la 
niîP. (îes murailles sont |tcrcées cbacune d(^ deux |»etiles baies à 
plein cintre superposées. Une arcature en plein cintre se délacbe, 
dans la murailb^ Nord, uneautn^ lui fait lace dans la muraille Sud. 
I)(!U\ grandes arcades, absolument nues et toujours en plein 
cintre, nuillenl celte base en communication avec le cbœur et la 
nef; (dbs ont li petite imposte cbanfreinée. Une voûte sur croisée 
d Ogives du xm' siiicle com|»lète cette bas(t, (|ui ne mesure (|un 
i{ m. .')(» sur .') méircs. LClage supérieur est de Tiqjoqucî de la 
lli'uai^s.inci'. 



— 1.^1» — 

\ la iHijniii.iisoii o<ci<Ji*nli'il«i «le 1» lU'l de lifjiimay s'c'lcvi; une 
loiii' (loiil l(!s pailirs iiirciiciii es .sciiildeiil coiilciMponiiiH'S du 
ré|)(K|u<' romaiic, si Ton coiisidcrc ifiii- cpaissnur, l«s haiitK contre- 
foi Is [tlah cil pierres liill'eiiscs (|iii les Nouln'iineiit, <*nliii les petites 
baies ciulrées qui y laisseiil péuélrcr un jour discret. 

Le cloclier de Caïuieliaii, placé é^>aleinciit à TOucst de la nef. 
est pcul-èlre dans le même cas, mais il s'est l'croulf' en partie et 
n'a pas été i-ebàli dans sa forme primitive. Toutefois, une lénètrc 
basse, en plein cintre de la face Ouest, pourrait être un vestige 
de l'ancien ( locher roman. 

Nous ne mentionnons Cannelian et Bcaunay que pour mémoire, 
car nous sommes loin d'être affirmatifs sur ce point. 

V. (Îlocueus de l'époqi E (JOTIIIQUE. 

Nous avons si|;ualé à plusieurs reprises Timposte clianfreinée 
des piliers de la base des clochers de l'époque romane, nous y 
revenons encore une fois, car nous retrouvons ce caractère archi- 
tectoni([ue dans onze rez-de-cliaussé(; de tours de l'arrondissement 
de Dieppe, appartenant à l'époque {fotbique primitive. 

D'abord, sur les piliers nus de la base du vaste clocher central de 
Notre-Dame d'Aliermont, où cette corniche est lourde et é])aisse 
sur trois |)iliers et sensiblement plus mince sur le quatrième; puis, 
à Sailli-Nicolas d'Aliermont, où son [>rolil est très nettement carac- 
téristique. 

Les (|uatre arcades brisées et très aiguës qui supportent le clocher 
de Bosay lelombent sur une imposte identique; il en est de même 
à ceux de Gueures, de Beaumais, de Marligny, qui sont place's 
entre chœur et nef. 

Les infrastructures du clocher de Berneval-le-Grand, posé sur le 
croisillon Sud, ont conservé une arcade en plein cintre et une 
imposte dont le [irofd se rapproche beaucoup de celle <jue nous 
avons tant de fois décrite. 

On la rencontre enfin, dans toute sa pureté, aux bases des clo- 
cliers-porclies d'Aubermesnil, du Gourel, de Penly et de Saint- 
Denis-d Acloii. 

Cette ornementation très sommaire des piliers de ces onze clochers 



— IGO — 

de rt'|>()(jue jjolhiquo primiti\»' cl dans li'S(juels on n'avait ju-oba- 
blt'inenl ni If loisir, ni It'^ moyens do sculpter des colonnes à chapi- 
teaux à crossettes, constitue une réniinisccnce de I art roman qu'il 
était inl('ress;uit de signaler. 

P. (l(»()UKi,i,i: , 

l](ii'rt>s|iiiii(luiil (lu ('.iiiiiilt'. 



I.KS 

I ir\v\ux i)i:s mois 

DANS [JN MANUSCRIT 
l)K L\ llllUJOTIlkoi K IU)V\M-: DK MUNICH 

ivMt M. v\ii:i)i;i'; U()Im;i. 

Ar(lii\islc p;ilco;jra|)lii'. 



Parmi \os sculptures de nos grandes catliédrales de (Ihartros. de 
Paris, d'Amiens, de Ueims, il en est certaines (|u'()ii cvamine (ou- 
jnurs avec une vive curiosité : ce sont celles qui représentent les 
travaux des mois. Quoi de plus charmant, en ellet, que ces |)eliles 
scènes si délicatement traitées, (jui témoijfnent parfois d'une obser- 
vation si profonde de la réalité et nous fout revivre la vie de nos 
ancêtres (^)? 

Nos artistes du commencement de l'époque {jothicpie n'ont certes 
pas été des novateurs en cette matière. Ils n'ont fait que suivre 
une tradition depuis lonj^temps établie. Loin de vouloir diminuer 
leur mérite, nous voulons simplement indi(|uer les origines assez 
lointaines de ces représenlalions. 

Les travaux des douze mois, figurés si souvent nu \iii' siècle, 
se rencontrent bien plus rarement à l'époque romane. On ci le ;i cet 
efîet, comme exemple intéressant, la mosaïque que Suger lit e\<''- 
cuter à la façade de Téglise de Saint-Denis (-'. 

Avant le xii* siècle, nous trouvons des manuscrits très curieux. 
A ce point de vue, l'histoire de l'illustration du calendrier, pour 
le haut moyen âge, a été l'objet d'un mémoire très détaillé de 

^'^ On lU' saurait troji rccomniander la Irclun' Jcs pajjos si inli' rossa nlfs quo 
M. Màlc a consacrées à ce sujet dans son (Hnrajfc, L'Ail relijririi.r du \in' xirrlr 
en France, a* édit. , p. 8ô el suiv. 

W II en pviste un IVapmenl au Musée de (lluny. — \ oir iiussi un fiil do colonnoUe 
isolée qui m' trouve dans l'église de Souvigny (moulage au Trocadéro). 



— 1(12 — 

M. Rififl, paru t'ii 1889'^'. Nous m' pi-i'lcudons pas iclairc ici ('cite 
étude. Nous nous proposons uniquement d'y apporter un comple'ment. 

M. Hiejfl a insiste tout pai'liculièrenient sur deux manuscrits du 
\alican : le premier est un marl\ rolojjc en \(M's de W andalberl, 
abbé de Prùiu (Heg. 'i38). di' lu lin du ix' siècle ou du commeû- 
cement du x' et peut-être exécuté dans le nord de la France ou du 
coté du Hbin. Le secoad (Heg- i9<)3) est un livre de coiuput da- 
tant des environs de Tan 1000 et ([ui a du être ('ci-it en Fr-ance^-^; 
en tout cas, d'après une mention un peu postérieure à la date de 
sa coniection, il provient de l'abbaye de Saint-Mesmin au diocèse 
d'Orléans. 

Les travaux des mois et les signes du zodia([ue sont représentés 
assez grossièrement, dans ces deux volumes, par des dessins à la 
plume rebaussés de quelques couleurs, or, rou{je, vert, violet, le 
plus souvent '-^l 

Il nous a été permis d'examiner un jnanuscrit de la Bibliothèque 
royale de Munich (lat. 9.10) que M. Rie^fl ne semble pas avoir 
connu et qui est d'un grand intérêt pour le sujet qui nous occupe, 
car il est antérieur à ceux qui viennent d'être cités. Il nous a donc 
paru utile d'en publiei' une notice. 

Disons d'abord quelques mots de trois poèmes en disti(iues rela- 
tifs aux mois et datant de l'époque cj^rolingienne. Le premier est 
dû au moine Wandalbert de l'rum; il est intitulé : De mrnsiiini 
tluoderim nommhns ^ifjiiis culluns (lerisque (lUiditalihm^^K Les deux 
auties l'ont partie d'une série appelée CunnmaSdiùibnrgensia et portent 
le titre : Idiomn mrnsium singuloium^^^K Ces pièces de vers témoignent 
de souvenirs antiques tant dans les idées que dans les ex|U'ession8 
méiues. Les vers de Wandalbert ne parlent [las, à proprement 
parler, de persounilications des mois. Il en est tout autrement du 
second des Cannhia Sal'tëburgmsia. où ils sont neltcMuent persDuni- 

■'' lUoj't (Mois), Dio iiiillcldllorlichr Kiilrmlurillnslralldit, (iniib Millhviiiii^rcnjïtr 
oeslerreirli. (!rsil,i(l,laforschunfr, t. X, \). 1-7 A, avec A plaïK'lics ( Irui^i^rucli , 1889; 
In-g"). 

'*) D'aj)r<'s les noms de saints (tn mti'nrlri.T, M. Ilic>[l ponsn qu'il Iniit Bonffer 
;i Sens, Bcaiivais ou l'aris. 

• ') (if. les <|iialro ptfinclifis tlonin-tis |inr M. Ili.'/;l. Les d.'ux jin-iiiiùrfs qui 
lopnisfnli'iil li's iiioih »ii' juin t-l de dcn'uihre apii.irliiMmPiil an ins. Ili'|j. 'liiK; Ioh 
di-u\ nulri's (janvier et mai), au nis. Hejf. la'lii. 

i*) Cf. Mon. (inrm., Poel. fat. (evi CaroL, éd. Duinml.r. I. II. |i. fin^i. 

W Ibid.,l- II, p. 6U-G/1G. 



— i(;3 — 

li(''.s. Mai.s ce qui a hciiucoup plu,s d iulci'i'l , c'(;.s| (jue cli;i(ju<; flis- 
ti(|U(' (le ce doinicr |)()(Mno correspond l'Viictciiicnl à rime des 
fijfunvs du nianus<Til (l(! Nfutiicli. On jioiiirii le (•()ii>l;il<'r' d.uis l.i 
d('S(Ti|itu)ii ([iii va siii\f('. 

La ui.s. laliii Aïo dr la l)iMi(>llifi|u<- rowile du Muuicli''^ est 
un i'ci-(H'il de conipul et (IukIi'ououik* (|iii purail avoir t'U'. copid 
à Sal/.ljourjf eu 8 1 8 (-', d'apii-s un cxiMuplairc (.'.\('ruld dans le nord 
de: la l''raucc''^ Outre les lia\aux de^i ujoi.s, !(; deshiualeiir a rcpr»'- 
senlé les signes du zodiaque '', le Solt-il, la Lune cl les Xcnis. Les 
mois soul fiffurés sur le inihue feuillet (fol. (^i v" ) eu quali-e re- 
gistres. Leur noiu est inscrit en petites ra|)ilal(!s rouge». J^o dessin, 
presque toujours indiqué d'un trait rouge ou noir, ost rehaussé 
le plus souvent de rouge ou de vert. L'exécution même est très 
médiocre et dénote une main loil |>eu habile (pi. Xllj. 

Voici maintenant la description de chaque figure avec le rlis- 
tique qui rexplicpie. 

Janvier. Lu homme accroupi se chauffer les mains à un leu 
allume' à terre (^). 

Pone focum meusis diclus de nomine lani 
Heret conlractus iVigore sive sedel. 

Fkvrier. Serre contre sa poitrine deux jeun(îs oiseaux et. de la 
main droite, en tient un plus grand [lar les j>atles. 

Aimua quem quondnra sjicraïunl Fehnia moiiiiom, 
Ova fovet quorum portât aves niauihns. 

^'' On tronvrra iino noiire assez romplèlf sur la diilc, la jn'ovonanrc ot li's 
vicissitiuli's (lo ciMoluiiie dans (ilirousl. Deiihiiidlcr ilcr ScliiTi/iLiiiist des M\UelaHer$ 
(Mimicli, in-foi., i" série, i'" livraison, iSyg). L'auteur a donne en fac-simité le 
feuillet qui représente les douze mois. 

'*' On lit, dans V Adbreviatio chvonicp : fdSunt nut<'ni totius summe al) origine 
niundi usque ad presontem aiinum dci:c\*"' iucarniilionis Doniini-'. 

'^J |)"après les noms di's saints du niartyrolo[;e eoiitt'nu dans c-<' manuscrit, il 
faut sonjjer connue lieu 'loiigiin' à lli'inis, Saiut-\ aasl. Paris, Aulim. (îoloj'ne, el 
surtout à Saint-Amand où Arnaud d<: Sahbourjf lut daliord alibé. 

(^> Cf. Tliiele, Aiilikii IliiHiiielsbihlcr, lîeriin, iSo^i, in-T, p. i58. 

'•'"'> es. mois de deromhre dans li* ma. Itej;. Z|3H ( [il. Il de Hiepl ) i-t di" janxier 
dan- ]•' ms. Iteir. i ^^^\'^. 



— Kr'i — 

Maio. Tient un serpent d'une main et un petit oiseau (le l'autre. 

Marlius educil serpentes, alite ^^audet, 
Fondibus atque suis tempora laela vocal. 

Amui.. a une jferbe dans la main droite. A côté est un arhi'e en 
lleurs et au sommet dii(ju»d est un oiseau. 

Aprilis {jerit lierharuin pandenle nianiplos 
Se tellure virons ailioris et foliuni. 

Mai. Tient une branche fleurie de la main droite et de l'autre 
rt'pand la .senienee d'une plante ' . 

Mensis Afj-enoreus calamauco fundil opeiius 
Flores ac Pliadis creseere prodit aquas. 

h \\. Laboure avec une rharrue traînée par deux bœufs. 

lunius incurvo proscitidit voniere terram, 
Aurea cura caelo cnrnua Taurus af^ii. 

Jiir.i.KT. Pari aux champs avec l;i faux sur l'épaule'-^. 

(juintilis falceni collo duin veclat aculam , 
llerbida pralormu rura secare cupit. 

Août. Coupe le blé avec une faucille''*'. 

Sexlilis sejjetes, quibus liorrea rcpleat. unco 
Succidit chalibe sive metit stipulas. 

SF.rTKMr.iii;. Jetle les grains dans les sillons. 

Semina Seplimher sulcis inmittil aperlis, 
Ouae pansis aequa lance iacit dij[itis. 

OcTORRK. Tient d'une main un rameau de vi;;iie cl. de l'aiili'e, un 
pressoir '. 

\ ilibus Octimber botros (lecerj)it et uvas, 
In nova siib luido (pii pede niiisla lluanl. 

'" Dans il' iiis. 'i.HX. Mai licnl aussi iirn' hiainlio llfiirii'. (il. aussi ii- luitis 
(l'avril dans ji- ihn. i 3tV.\. 

'** Voir le faucln'ur du ms. /ili8 (mois di- jiiillrl). 

*^' M<^mo srène dans Ips niRS. /i38 ol i-jÔH (aonl fl juillol). 

*** Cf. los mois d'août, Ropt<'niliri', ortoliro, dans \o ms. i -.^liS fridlnr»' df la 
»igne et fahritaliun du \\n). 



— lor) 

NovKMUHK. l'ail |).iîlri; le jjorc, "'. 

Decidua porcos pascil quia ||^landc NoviTril)ei-, 
Horridiis ciïiiso saepc ciiKin; ni.idfl. 

Dkckmiuik. S.iisil une palIc du porc <;t s'appn'lr- à la I raiicln-r 
avec un lar/jc couteau. ( l^c im'iiic animal snl pour les deux sccrics 
de noveml)i-t' cl de dcccnihre - , j 

(ilaudc siios rcdu<i paslos pasiore Dccirnlioi' 
Himalui- lihris, sordel et ohsonii» 

Nous avons indii|U(', dans les notes, les sci-iies analojMies (jik^ 
l'on rencontre dans les deux manuscrits du \alican. M. Ilieijl a 
donné, dans son article, des indications précieuses sur d'autres 
volumes''' oii se trouxenl des représenlalions des lra\au\ des mois 
et qui, par suite, pourraient fournir des comparaisons int«''ressantes 
avec celui que nous avons étudié. Mais ce serait faire ici toute une 
histoire de l'illustration du calendrier au commencement du moyen 
àfje, el ce n'est point là notre but. Nous nous sommes conlenlé 
d'apportf^r un modeste complément à la savante étude de M. Hie{|l. 

Amédée Hoinrt. 



^" Cf. ms. i;>6.'i f no\('mt)ri'). 

^-^ VA. ms. \'^(j'^ (dcccmltri' j, iii(''nio siiji'l. 

'^^ l^a pièro se lormino j»ar i<'s (loii\ \ors siii\;inls : 

Haec lora 8ulTici;iiit subito pro lemporc l'ralri , 
Nain |)ra'S('ris otiurii mox mcliora daltit. 

Noiaiiiiiii'nl Mir lin j)>aiititM (!•■ la Collonii'iim; (flti comineniciin'iil du v' siècle 
ol un mnrlyiolojfii de la niènic culli'rlion (du \i' sièrlo). 



UNE 
FHESQliE Dli W^ SIÈCLE 

\ L V (:KI{T()S\ 1)1 PKSIO, 

l'AU M. ni; L\i(;uK, 

(^ori'espoiidiiiil c!ii (ioniili". 



A 2N kiloiiit'lres ;iu Sud de (iiinoo, dans l;t j)illoi'('S(jiio ol jilpcslre 
valltV' du Pesio, s^Uève la Chartreuse de ce nom, aiijoKrd'liiii el 
(Inpiiis loii|;leiiij)s déjà IriinsforiiK'e en un conlorliible holel dovenu 
lo rendez-vou.>» de nombre de f \illé{]ianls^ el où, eu un antre temps, 
ne dédai{|nai(!nt point de venir méditer, dans le oalme et le r«cueii- 
lement, des hommes tels (jue Cavour, Massimo d'Aze^jlio et. ])his 
récemment, Visconti -Venosla. 

Si notre intention n'est [)oiiil de retracer ni même de résumer 
ici rhistoire de ce célèhre couvenl. foiulé en 1173, histoire (jui. 
aussi l)ien. a fait Totijel de consciencieuses recherches"', nous 
pensons (ju'il n'est pas hors de pro|)Os de si{{naler un monument 
(riM'l (pie nous avons eu roccasion d'y rencontrer et (pii. si nous ne 
nous trompons, n'a pas été, jusqnici, examiné par les cercles coiu- 
|iélenls, du moins en France. 

M s'a{(it d'une fresque oc(;upanl une espèce de niche placée en 
a\ant de l'un des deux ponceaux couverts, ies(|uels, actuellement 
encore et comme autrefois, ainsi (jue l'atteste une vue ca\ali('re 
exécutée en 167^ par Giovanni Boelto, deFossano, franchissaient 
le Pesio et donnaient accès à l'intérieur du vaste édifice. 

Le |)onceau dont il s'aj^it est le |)remier (pu* l'on rencontre l'U 
venant des villatM'S de San Harlolomeo et de La (lliiusa. Ies(piels, 
avec celui de Hcvuelte. sont >\iv la mule de (aineo. Tandis (|ue, 
liieii (jiie tif'S j)raliral)le eiiroie. ce premier |»(»uceau e^l a peu près 

t'' Biagio (iaranli, Lu (lnlo»n d\ l'cuin, o \ol. ijinnd in-'i", riiriii, wjno. 



— 167 — 

ahandormf'. <';ir THncicMiiif [H'nfc doiu'c (|ni v Liisnit siiilc cl rfjoi- 
Ijrijiil rjuciiiic [trinrifwilf csl [nv^'olcirrciil l'ort fh-l.'ihnM', \o scroriH. 
plus* coiiimofl»'. |>lii>^ s|i;i(i('iix , plni-i' rie pLiin-piffl ;i r.'undirc rie 
rottp riH^iiK' Mvf'iim' principjilc. doiino'^ciil ni;iiiil<'ii.int -irci-s .'iii% \oi- 
liircH o\ ;\\\\ pM'Ioiis. (Tcsl et' rpii e\pli(|in' poiiirpioi . iiial|[n'' son 
inronlpstîihlr inli-rrl . I.i lrcs(|in' en (jiii"«li(»ii a •'■«•li.'ipp/' i\ l.i plu[)ai't 
des inv('sti([.il<'iirs. jnsqnc-là (|iir nous TavoiM noiis-riii'rrif' rciri-ir- 
(lU^o ou pliilnl (l«^coiivprh' [>r('<f[iii' [);ir "^imIc d'un pnt- li;i'<.'iff|. 

Do fait. Inndis q\w . dîiris son oiivrajfo. M. (laninfi hijp);dc avec 
quelque d^'lail les peinfnrns donf, au iriilicu du xvii' sièrlo, (iand, 
d'Anvers, a ornô r«''glise du couvonf; fandis qu'il mentionnn un 
triptyqjic disparu "par te malheur des fempsn, œuvre inafpstraje 
d'Albert Diirer, l.npielle serv;ii( d'anle) militaire au [pierrovant car- 
dinal Maurice de Savoie, notre anieur ne lail, croyons-nous, ïuen- 
lion (pi'en jiassant des fresques plus ou mons déjpadées subsistant 
encore au dehors de l'édifice. Kmpressons-nons de le dire, ces 
fresques noflVent fjuère matière à l'étude, sauf peut-être au sens i<*o- 
nographique. car plusieurs d'enire elles donnent les portrait'^ de<: 
prieurs les plus notables soit par leur [liété, soit par leur science, 
goil par lune et l'anlre à la Ibis. Mais comme, parmi ces fresques 
exte'rieures, celle dont nous nous occnpons semble, sauf erreur de 
notre part, être digne d'attention, nous allons essayer d'en donnei- 
une description aussi exacte (pie scrupuleuse et détaillée. 

(Quoique sise au fond d'une vallée assez étroite, la Chartreuse 
est à 865 mitres au-dessus do niveau de la mer. Aussi, étant de 
nieurée exposée, depuis de lonjjs siècles aux intempéries et aux 
frimas de l'hiver rijfoureux (jiii rl^frnc à pareille altitude, celle fres- 
que a beaucoup souffert et. loin de s'étonner (prclle soit si fort 
endomuiajfee, on doit plutôt se demander comment elle n'a point 
coniplètemeni disparu. 

Du déplorable état de de'gradation où elle se lrf)uve. et moin- 
encore peut-être de l'incontestable valeur artistique quelle présente 
encore, il n'est malheureusement pas po-^sible de se rendre un 
compte exact d'après la photogiaphie obligeamment exécutée par 
M'"* ftiaccone, l'une des propriétaires actuelles de Thôtel. photo- 
gra])hTe qui. faute de mienx. est ici reproduite (pi. XIII). 

I.«i niclie qui contient notre composition est à environ '?. mètres 
au-dessus du niveau du sol et offre une coupe légèrement trapé- 



— 108 — 

zoïdalc, c'osl-à-din' ([uau lieu de loriucr un an{jl(' droit avec a 
i)aroi vciticalo du Toiul, les deux parois laléraies renconlit'iit celle- 
ci ^ous un aiijfk' oblus cl ne soni point, dès lors, parallèles entre 
elles, tandis (jue la partie supérieure, arc-boutée sur ces parois 
latérales, est lé{{èrenicnl voûtée. Nous sommes donc en pre'sence 
dun véritable triplv(|ue fixe ayant un dévelojipement approximatif 
de U mètres, tlont un peu plus de tî mètres pour le fond et tjuebpie 
peu moins de i mètie pour cbacun des côt<''S. Kn didiors du trip- 
htpic liii-mèmc existait un enc.idrenieiil presipu-enlièriMnenl dévoré 
aujoiud'lini j)ar les elllorescences de salpêtre e! ipii icprésonlait 
deux j)ilastres historiés a\ec leurs cbapiteaux. les ornements, oi- 
seaux, rinceaux, palmettes, volutes, etc.. étant exécutés en blanc 
récliainpi sur jaune |)lus ou moins intense el sendtlant, d'après ce 
(|ue Ion en peut discerner encore, inspirés des meilleurs motifs de 
la Renaissance toscane. Venons au sujet lui-même. 

En avant de trois arcades d'iné^jal écartement et leinle'cs en 
\iolet. Tune, la jdus ouverte, occupant le panneau du milieu, el les 
deux autres, perspectivement plus étroites, inscrites aux panneaux 
latéraux et vues en raccourci, li^jnrent la Vierge tenant l'Enfant 
.lésus el douze cbarlreux, six Ji }>auclie, six à droite. Devant les 
aic(;aux secondaires, on voit, à {jaucbe, .saint .lean-Haptiste debout 
(la partie inféiieiin^ du corps a presque entièrenn'ut disparu) el, 
à droite, un moine, aussi debout, alors que les douze autres .sont 
a{jenouillés. 

Derrière la Vierge, pareillement debout, on remarque, en liant, 
deux séraphins fforantw, dont de maladroites retouches ont gàlé 
l'exécution première; tandis que sur le ciel bleu se détache une 
sorte d'étroite tenture jaune-brun à fleurons noirâtres, tenture 
placée, afin de la mieux faire ressortir, en arrière de la tête de la 
mère de Dieu. 

Celle-ci est coilTée d'une sorte de honnel lirun noirâtre sur le(juel 
il convient d'appeler spécialement ratlenlion . car, en dehors du faire 
de r(ruvre,il |ieut servir par lui-même, (!t picsipie à lui seul, pour 
dater assez exactement celle-ri , les autres parties princijiales ou acces- 
soires du vêtement ('tatit |iinerneMl ('on\eiil lotinelles : manteau bleu 
semé d'c'toiles jadis blanches et doublé dune étoile verdàtre, tunique 
roujje à larges plis, mais phupianl sur le vinitre, avec rosaces ton 
sur ton; chaussures blanches reposant sur un escabeau ou mieux 
un sorli- li('\a|M)nal. Autour du bonnet, un examen attenlil permet 



(le rcconnaîln; U'.s vcslijfcs d un <li,i(lciiit' .inlnlois (Nut- et coiupOHé 
(If perles alteiiiaiil avec leiiilles (i ailie. 

Vètii (I une sorte de clieiniselle blanche. Iiaiisnarenle, on "fin 
linT) , rh>r»lanl Jesns aiitiefois nimbe ddi-. coninie I indicjue un rerrin 
vafjiK! ot hrunàti'e, autour du cràrn'. icpose sur le |»ras droit n'pli»* 
do sa mère, de (|ui la main droite est élendui;, les d()i|jls ouverts 
et joints, la jjauclie soutenant la cuiss(^ droito du llcidomplcur, 
l(M|uei l'ail le [ypsUi hiératique Av la bénédiction. Comme TEnlnnl, 
la Vi<M{j(! a les cheveux blonds se déroulant en ondes dénouées sur 
les épaules, avec deux mèches encadrant le visa{M'. 

Si l'expression de la j»bysionomie de ri^nfanl Jésus n'a rien 
de bien remarquable, les traits de la Madon<; sont d'une ex<|uise 
pureté, d'une inspiration très juste, d'une régnlariti- charmante et 
rappi'Hent la meilleure tradition des maîtres italiens immédiate- 
ment antérieurs à Raphaël. 

Les deux pans du manteau sont tenus des deux mains, celui de 
gauche, par le moine debout, celui de droite par saint Jean-Ba[)- 
liste. Sous les plis largement épioyés, les douze chartreux, ca[)U- 
chon rabattu, sont agenouillés avec, derrière, des capuces laissant 
deviner d'autres religieux dont le visage denieure caché soit par ce 
([u'ils n'appartenaient pas à la chartreuse de Pesio, mais peut-être à 
celle voisine de Casotto, soit encore parce «ju'ils étaient de simples 
novices, la règle de l'ordre ne comportant, sauf erreur, que douze 
|)rorès et un [)rieur par couvent, comme souvenir du nombre des 
apôtres et du divin Maître. 

En tout cas, nous sommes très vraisemblai)lement en présence 
de portraits, ainsi qu'on le peut constater non seirlemeni par la 
vérité des types, mais parle fait que tous ces religieux, hormis un, 
ont les veux bleus, ce (pii est frécpient en Pi(Mnont, pays gaulois, 
tandis qu'inteufioiiuellement . à coup sur, la Viei'ge a les pupilles 
brun clair, l'Enfant Jésus brun foncé comme aussi saint Jean, 
pour autant que l'on en peut juger, vu la détërioration du person- 

Fait à noter, tous les individus groupés à gauche du spectateur 
sont imberbes alors que tous ceux de droite sont barbus, modalité 
dont nous nous réservons de tirer, en son temj)S. certaines induc- 
tions. 

(Juant au saint Jean-Baptiste dont, torrt endommagé qu'il soil 
actuellement, le galbe émacié respir'e encore une mélancoliqrre 

AnOilKOI.OtilK. - \" il. 13 



— 170 — 

douceur, on uc saurail néanmoins donner uno description précise, 
en l'étal déplorable de délabrement ou mieux de presque destruc- 
tion où il se trouve, la léle elle-même disparaissant en partie sous 
les elllorescences de salpêtre. 

Il en \a autrement du moine debout en qui nous pensons recon- 
naître MU prieur, tant à raison de sa posture ilroite (jue du lait 
quil partage avec le saint l'insigne piivilè{[e de porter les pans du 
manteau, véritable pallium d'honneur dont )a Vierge est drapée, 
ainsi quon Ta marqué déjà. 

Kn outre, dans la saignée du bras gauche de notre moine repose 
un missel fermé, autre détail évidemment significatif. 

Si les plis de la robe blanche sont exécutés avec autant d'ampleur 
que de vérité, la physiouomi(\ teiuhemenl ascétique, est traitée 
avec une simplicité gracieuse et magistrale qui respire un carac- 
tère de religieuse et pensive quiétude. Enellet, le visage est, dans 
son ensemble, noble, calme et reposé d'expression, grâce aux mé- 
plats accentués sans être heurtés, à la finesse de la bouche aux 
lèvivs minces et plus encore à la carnation sensiblement moins 
poussée en vigueur que celle des autres moines, surtout de ceux de 
dioite. 

Tel est le sujet principal. Il est complété sur la partie cintrée, 
formant plafond, par un ])elit ange de joli dessin qui soutient 
un cercle au centre duquel en est tracé un plus petit doù 
rayonnent des llammes au nomlu-e de douze, régulièrement 
espacées à 3o degrés Tune de l'autre. Cet ange est à la gauche du 
spectateur et faisait pendant à un autre dont il ne subsiste plus 
actuellement que le pied gauche et un fragment de jambe. La 
jierte de cette figure, pour accessoiiv qu'elle fût, est d'autant 
plus regrettable que celle qui subsiste encore est d'une exquise 
exécution. 

Quoi quil en soit, de l'examen que nou.s avons fait dune pbo- 
tograj)hie exécute^ en iS'yo et conservée par la propriétaire ac- 
tuelle de la (Ihartreuse, M'" V*' Hiagio (iaranti , il résulte (|ue depuis 
lors, c'est-i-dire en ',]k ans, aucun nouveau dégât marqué ne s'est 
produit. Ainsi, la partie droite de l'enduit de la voûte s'était déta- 
chée déjà; la f^le de saint Jean-Bapf iste avait, ni plus ni moins 
qu'anjourdhui , ('té (h'von'e |)ar le sal|i('lre; le torse et les jambes 
avaient aussi dispai-u. Knlin trois pnviondes crevasses, pénétrant la 
masse même du mur. avaient disjoint la paroi droite, endonima- 



— 171 — 

}j<*ant les portraits tics nioirvtts hnrhiis cl ri'liii du piinir. <;ir, ainsi 
(|u"il a t'ié dit (l«''jà, MOUS csliiiums ("Ire en pnWîiicc «Iuik; œuvre 
i(oin){ji'a|)hi(|iio nous a\aiil rons('r\(i les Iraifs (I«»k treize ndigieiix 
(|iii iiieiiaienl à Pesio la vie céiioltilale à rf-potine où lut exécutée 
notre œuvre darl. 

dette epo(|ne (|uelle esl-(flle ? (]\'.s\ le point »|ui nous rehle à dé- 
{Ta|fei' en nous aidant non s(!uleincnl des ''(•ara(•lérl^ll(pleir jjéue- 
ralps de rexéculion, mais encore d Un d(''|;iil Ij-ès Hijfnilicalij" du ros- 
lume de la \ ierjje. 

Kn ce qui concerne ces caracléI•isli((U(^s jjénéiale.i, il convi(;nt 
tout d'abord de le remanjuer, notre pliotofrraphie donne une idée 
très iniiiarl'aite, très incompli'le aussi de l'œuvre originale, soit en 
raison de I im|)Ossil)ilité d'apprécier les tonalités relatives des cou- 
leurs, (h'Iaul commun à tontes les photographies, soit, au cas par- 
ticulier, par suite de la déformation Ibrcée des plans latéraux et 
du cintre snpe'rieur. lesquels ont dû être sacrifiés pour mettre en 
valeur le sujet central qui est aussi le principal. 

L'on a dit (jue la Vierge était coiffée d'une sorte de bonnet brun 
noirâtre peut-être en l'ourmi-e. de forme absolument spéciale, le- 
quel, venu très vague dans la photographie, est pourtant fort recon- 
naissable sur l'original. Autrefois, cette coiffure était ornée d'un 
diadème enrichi de perles alternant ave;,' des feuilles d ache ou 
de trèlle. diadème qui, aujourd'hui encore, offre un léger relief 
obtenu par empâtement et a été doré, mais, avec le temps, est 
devenu noirâtre comme le nimbe de l'Enfant Jésus. Si ce joyau 
n'est pas en lui-même très significatif, car on en trouve de nom- 
breux exemples à diverses épo(jues et en divers pays, le plus sem- 
blable au nôtre étant celui (jue le Christ va placer sur ia tète de la 
Vierge dans un «couronnement -^ peint par Fra Angelico ''. la coif- 
fure elle-même est évidemment plus rare et doit manquer une date, 
car, à la différence des autres parties du costume, celle-ci a été 
évidemment copiée sur un objet en usage à l'époque où la fresque 
a été exécutée. 

Or, le chapeau de feutre à bords entièrement relevés autour de 
la calotte comme le portent aujourd'hui encore les gens du peuple 
en Hongrie et dans certaines parties de l'Espagne, on le rencontre 
très fréquemment vers la fin du xv' siècle. Témoin, entre tant 

''' Lnl)ivO, Histoire di' VArl, Iraduclion kofila , l. il. p. 90. (ig. 4ia. 



— 17l> — 

(r;iulre<. le porliail de Charles Vlll d'après (Jai^piières ''' et, dans 
la (^ironique de Louis \ll par frère Jean d'Auton '-), une miniature 
où (•«• prince et divers seijfueurs de sa cour sont représentés la lète 
ainsi couvi'rle. Nous pouvons donc, sans heaucouj) nous hasarder, 
faire remonter iu)lre peinlure à la seconde inoilie du xv" siècle. 

Si rnainlt-nanl nous examinons \o «falhe très pur de la Vier|fe, il 
n'est j)as sans t|nel(jiu' analoifie,à notre avis, partaiftî du reste par 
un peintre français (|ui a vu noire frcstjue, avec celui des ma- 
dones du Pérujfin, ce maître de Haphael, (pii |»eut èlre rej;ar !é 
comme avant été dans la plénitude de son épanouissement durant 
celte période. Quant à TKnfanl Jésus, on ne croit pas beaucoup se 
tromper en le rapprochant de celui qui, dans la nativité de Lo- 
renzo di (]redi conservée aux « «jallorieii de Florence, se voit couché 
au premier plan. Et Lorenzo di Ci-edi, lui aussi, esl du xv'' siècle. 
(l'est bien la même petite tète, vue de trois quaris et couverte non 
de cheveux longs et boudés, comme dans la plu|>art des elFigies 
du xvi' siècle, mais bien de ce petit duvet court et diu, propre aux 
pargoletti. On retrouve aussi ces mêmes cbeveux naissants chez les 
Gesù bamhino du Pérugin. 

Il reste à parler des qualre anges ou séraphins fforant'-, dont 
deux apparaissent aux côtés de la Vierge et deux au-dessus d'elle 
dans le cinlre. Comme on l'a dit, le galbe des deux premiers a été 
singulièremenl compromis par de malencontreuses retoucbes qui 
en ont, tout à la Ibis, altéré le coloris. — Par contre, celui qui 
subsisie encore à peu près intact à la voûte, aussi remar(]ual)le 
i>ar la ligne que par la coloration et notamment j)ar le diaj)ré des 
ailes, n'est [xiinl sans rappeler des ligures analogues existant dans 
diverses comj)osilions du IN'rugin , notamm«nl dans la r Vierge 
patronne de Pérouse- et dans une ff Adoration des Mages '•' •« du 
même peintre. En outre, quelque altères quils soient, les doux 
autres anges, ceux qui volent derrière la Madone, s'inspirent aussi 
du même type. Nouvelle laison pour attribuer à notre fresipie la 
date du xv" siècle. 

Si l'on ne croit pas devoir tirer arjfumeni dt'> motifs ornemcMi- 
tanx des pilastres, parce (|u"ils |)en\('nt être d'une main aulie (pie 

''^ BorJicr fl Cliarlon , llml. dr Fitiiicr, j" édilioii, I. I, p. .')(')'i. 
'*' Bil>liotli<''que ii.ilionHlf, inamisriil fr. 1)7" i. 

('' Ces rt-lfMiros rom positions ont (il<i nol.imiiicnl ro|»ni(liiiles dniis l'' 11' Wll 
' annéo : i)n'.\ ) de iii Vos f/i7;iji . joiiinal Inlin |iaraissiml ;i noinc. 



— 17:^ — 

celle <jiii a e\<''ciil<'' if lahicau iiii-iiHMiir. (|iril>^ soiil. d'aillc'ur.s, In-s 
(Ic'ialin'S cl III' |)aiai.ssciil poiiil dans noire licjiojji-niire, on er()il 
1)011, poiirlanl , de ii'ix'lcr (|ii'ils sont de loil ('li-j^anlf allure el ra|;- 
|M'll('iil. l'ii (|iii'l(|iic soi'lc. ceux i|iii ciKMdii'iil je lrioiii|)ln* de 
(iesar par Maiil('|jn;i, dniis la ndcbi'e coiuposiliou conservf'e à 
ilani|*loii-(^oiii'l. 

Pour Icrniiner. venons aux iidijfieiix ici reprt'sentés, ('videimiM-nl 
sur le vir ainsi (|u'on Ta siijjjriM'»'' d(''jà. Que six soient iniberhes el 
six harhiis, nous sonitnes Iroj) ptm versi's dans les rèj/les de Tordre 
pour allribuer un sens pri'cis, inconlestabl(\ à cette diflérenre. 
i\lais si elle nous conlirme dans l'Iiypotlièse que nous sommes en 
pn'sencede portraits, peut-(^tre comporlerait-elbî une interprétation 
analojfueà colle qui a ('If' admise en ce qui concerne les inonuinenls 
antiques, tresl ainsi, par exemple, que sur un bas-relief du fameux 
aule! dédit' par les naules parisiens, on a reconnu dans un {jroupe 
de (rois liommes armes barbus des membres sniiorcs du collège et 
dans un antre }frou[)e aussi de trois liomnies armi's, mais imberbes, 
des membres y«Hîo/rA(''. Nous ne donnons cctie interpri'lalion que 
sous expresse ri'serve, parce que le moine deboul, à qui, pour les 
raisons exposées plus haut, nous assignons la qualité de prieur, ce 
qui en ferait un smior par excellence, est entièrement rasé. 

Kt à propos de cette charge de prieur, étant donné que, nous 
croyons l'avoir prouvé, notre fres(]ue date du xv' siècle, il se pour- 
rait que la belle physionomie dont les traits nous ont été conservés 
par le peintre soil celle d'un des plus notables de ces prieurs, cer- 
tain Stt'jflia/ius de Crivolo ou Cr'woleus. (jui fut lon{j;lem[)s à la lèle 
du couvent à cette époque et mourut en rhi^k^'^K 

Mais au temps de cet Etienne de Crivolo, vivait à la Chartreuse 
un simple moine, Antoine Lecoq, plus connu sous le sui'nom de 
de Avlgliand. Or, sur le montant droit du ponceau couvert donnant 
accès actuelltMiieiit encore à la Chartreuse, on voit une peinture 
relativement moderne qui représente, à n'en pas douter, ce char- 
treux, puisque, dans un cartouche placé au-dessous de l'elligie 
de ce religieux, on lit : Audmimi Lenuj de Arilùi prof. h\u\i\ns[ 
r| o] M [ vrntus ] Va llis Pisin i i ôo^i. 

' iMowat, Hcinaifjues sur lis inscnplions aiiliqurs de Paris ;\ienn(i , i88a, iii-8". 
( \ oir aussi lUiHcUn dp la Socwlé ualionalr îles Anliquan-ps de France, iq(i3, 
p. 283.) 

'*^ Garanti, ouvr. cité, p. aSH-agô. 



— \lh — 

Or. (|uolqiie inaltrai(ée que soit cotle médiocre peinture qui csl 
à trt'S(|ut', si on l'examine attentivoniont, l'on demeure sous l'im- 
pression qu'il existe une {jrande anaK)j|ie entre ce porlrait et celui 
(In premier moine imberbe de notre grand tableau. Kn supposant 
celte identilication l'ondi'e. elle oll'rirait de l'intérêt, car cet Antoine 
est lin (K'S rares religieux de Pesio dont le nom ait acquis et con- 
serv('' quelque notoriété. D'après Morotio^''. il composa Tun tratlato 
sul libro di (îiobbe clie dedic6 ad Isabella. madré (h'i Serenissinii 
Principi di Savoja Filiberto e (iarlo, ai quali prédisse, allresi, la 
prossima usurpazione dello SlatO'^. San! (|ue la mère des priuces 
Philibert et (iharles lut, non une Isabidle, mais bien Yolande de 
France, snmr de l.ouis \l et femme d'Amt'déc IX, dit til Heaton; 
cette proph(''tie, si tant est qu'elle n'ait pas été inventée après coup, 
mérite d'être mentionnée, car la descente de Charles VIII en Italie 
la réalisa, au moins pour un temps. Aussi bien, sans jtarler des 
divers autres ouvrai|es de ce moine, tous perdus, il C()n\ient de 
noter en passant que celui dans lequel il consigna sa prédiction ne 
Intguèi-e du goût du jeune conqué'rant français qui en eut c<mnais- 
sance. 

Quoi qu'il en soit, il est avéré que, malgré son surnom italien, 
Lecoq fit profession à la Grande Chartreuse de Grenoble d'où Ton 
peut inférer, comme aussi d'après cette appellation patronymi(|ue 
de Lecoq, (ju'il ('tait Fiançais, ce qui. pour nous, rend son porlrait 
particulièrement intéressant. Toujours est-il que, peut-être à raison 
de sa supérioriti' même, il porta de l'ombragcî à ses cf frères en 
Dieufl au point qu'en i V17 les coryplK'es de Tordre s'etant ri'unis 
édictèrent à son encontre l'espèce de ban dont voici le texte : fril 
signor Antonio di Avigliana. prol'esso délia ValK.' di Pesio. conliniii 
ivi à riman(M'e. Si la rigoroso divieto ai visilalori di condurlo per 
insinuazione di ipialsiasi signore, fuori i coidini, ne promuoverlo n 
(pialche iillioio rlell'Ordine, altriujenti oiaperallora evice veisa. se 
awenisse il contrario ( «he sia lungi e cosa die non Nogliamo sup- 
porre) cassiamo ed aiinulliaino taie nomina e xoglianio che sia 
di niuno va lore '■''«. 

DajMès Morolin, déjà cité, notre cénobite serait mort en i/i58; 
mais il y a di\ergence à cet («gard entre les auteurs. Semparant de 



t'J Toi'i'um cronnlnfnritm nnrri (',tirluinpn*t» oriliiiis. 

'*' (inrniiti, l'nrlir nolizir snlhi Ci'rlomi ih Veniit ; l'iiriii, jHS;i. 



— 175 — 

rincerliludc qui r^|fIM' Hiir c« poinl. I irii.ijfinalioii |)o|»ul;iir»' n crév 
uno l(''(j(Muie (ra|)n's la(|iicll(; ce saiiil liomiiic sciait (Iciiifiir*' ccnl 
ans «Midoniii sur riiiic fies rocln-s ahiiiples (|iii surploiuljcnl U-. 
couvenl. 

A un anlrc poinl do vue, il convit-nl d»* ini-nlioiiiici' que, d'apn-s 
un rnanuscril de Mf^' dclla (lliicsa. apparlciiaiil à la |{il)lii)tli('(|uft 
nationale de Turin, le daiipliin l.»»uis, plus lard Louis XI, conlraiut 
de l'iiir le rcsscnlinM-iil de (Jliailrs \ Il , son pi-rc, (ura qu»'|(|ue U'uipB 
à Tdlranjfor ol se rend il à lu ^ Ccriosu di Pesio») sous uu deguis»;- 
ment. Tandis qu'il disait la messe, le P. Antoine reconnut, par 
intuition divine, le royal «errant», lui prédit sa prochaine récon- 
ciliation avec son père el son non moins prochain avènement au 
trône de l'Vance. En souvenir de Taccueil reçu, Louis devenu roi 
en\oya au couvent une majjnifiijue chasuhie, laquelle fit longtemps 
l'admiration de ceux (|ui visitèrent la chartreuse piéniontaise, ce 
dont témoignent divers auteurs. 

On croit aussi que Lecoq était de haut parage : mais, ne fût-ce 
là qu'une vague tradition, ce (jni semhie avéré c'est qu'il servit 
Iréquemnienl d intermédiaire politique secret entre \olande de 
Savoie et son frère. Enlin les écrivains du temps el ceux qui vin- 
rent après eux alfirmenl que sur la tombe du P. Antoine, lecjuel 
fut enseveli dans l'ancien cimetière conventuel actuelKiuienl dis- 
paru (on n'en a retrouvé aucune trace), s'accomplirent de nombreux 
miracles. 

Si maintenant on se reporte à la partie de la Cronica Slcphanide 
Crivolo, Prions (lariime, ann. Mcr.cciiv, chronique continuée jusqu'à 
une date très postérieure, on y trouve plusieurs mentions : «De 
Beato Anlhonio Le Cocq Avilianensi, monacho professe Cartusie 
\allis Pisii». La plus curieuse est la suivante, qui précisément se " 
réfère aux miracles dont il vient d'être parlé ''^ : ff . . .Domiuus de 
Aviliana cuius odoie. Domino inspii-ante, omnes de quibus uomi- 
natim dicetur et mulli alii fuerunl ad conversionem tracti. Ipee 
enim exstitit propheta vaticinando de futuris. Et quod est aolius 
Dei, corda hominum scrutabatur el consciencias eorum ex instinctu 
cognoscebnt fiebantque per eum singularia et adhuc non cessant, 
(|uia \iridis herba super eius tuniuluni nascens, portantes eam 
super se lebricilantes sanat; et (juam multos ab ipsis febribus 

<"' Garanti, La Certosa di Pesio, t. II, p. 'lô et ayâ. 



— I7r. — 

lil)Pia\il manifeslimi ost onmi populo. — Ohiit '^/i februarii 

Enfin lut coniposi' pour lui ci' distique : 

Christo canlo hynuioslarhrymans: quasi cera li(juesco. 
Hiiic vnles asfra polo, pondcro necpio }|ravor'''. 

dans le(|uol wdanto... liijuesco'' donne rana{|raran»e crAnlonius 
L('cor(| . . . par appi'oximalion. 

Kt maintenant ion sCsl peut-être ('ionuf de lamplour des détails 
accumulés jusqu'ici soit pour fixer la date de l'œuvre, soit pour en 
déterminer le l'aire. Kn nous livrant à de tels développements, nous 
nous proposions essentielhunent, comme importante el dernière 
conclusion, de préparer le lecteur à la révélation inattendue que 
l'on pourrait bien être en présence d'un primitif français. 

Kn effet, si l'on pense avoir établi de façon incontestable (|ue 
Lecoq était notre compatriote; si, malgré la date de ihî^S indi(|uée 
par la Chronica comme pouvant être celle de sa mort, on a été 
amené à constater qu'il y avait à l'égard de cette date, divergence 
entre les écrivains, — plusieurs d'entre eux alliiniant d'accord avec 
la tradition populaire, (jue notre chartreux vi'cul bien après l'anue'e 
en question, — les sources documentaires fournissent plus et mieux 
à notre point de vue français; car, dans les additions à la cbronicjue 
souvent citée de Stephanus de Crivolo, on lit textuellement, en ce qui 
concerne ce même Lecoq, dont fauteur fait, à tous égards, le plus 
grand éloge : EffU cra âipiutorc divoto di pie immagini. 

Si donc ayant lui-même exécuté la fresque de la Certosa di Pesio, 
ainsi que c'est notre conviction, notre compatriote doit être ajouté 
à la liste des primitifs français désormais très justement prônés, rien 
d'i'-tonnanl à ce que, d'apri's un usage alors fort géui'ral. il se soit 
représenté parmi les ])ersonnages figurant dans sa corapsition. 

Inutile de pousser plus loin nos explications, car nous j)ensons 
avoir atteint le li-iple but (jue nous nous sommes j)ropos(' : dabord, 
signaler aux connais.seurs une fresque très ancienne, très reniar- 
(juable aussi et qui, exposée comme elle Test aux inlempt'ries, |)eut 
di'iparaiire d'un jour à l'autre; ensuite, assigner à celte œuvre une 



' fii'lli' (l.'ilo a éti- inscrilr apn'-s coup. «Inn^ un M.iiic l'xl^lunl ;i i.i (in du pas- 
sage transcrit ci -contre 

' (iaranti, otivr. nié, p. Aoh. 



— 177 — 

date .-in tiioiiis apiuoxinuilivc et surtout enfin inflirpicr que, d'après 
les vraiscniMiinccs, (('lire licscpK! anr^iil ponr .lulciir un cliarlrcux 
français qui Ciil lionnciir à son pays d'ori/fiiK! d dcM.iil (Hr«; in-rril 
parmi nos primitifs nalioiiMiix. 

On se réserve, d'ailleurs, de l'oinnir ullf-rieuremenl certains di'- 
lails sur notre (lliarireuse au point de vue slri<leinenl liisloricjue et 
épi{jraplii(|uo, 

L. I)i; LAKiCK, 
(!(>rr<"ipon(l;int ilii fiiimil,'-. 



NOTi:s 

Slll 

QUELQUES FONDEURS DE CLOCHES 
Di w AI \\ iir sïÈcLi:, 

PAR M. CHAULES PORTAL 

Archivisto du dépailoineni du Tarn, 
Corrt'spoiidMiil du (iomilé. 



Ces noies n'autorisent aucune conclusion d'uno j)ortée générale. 
Elles ne sont (pfune faihie conlri!)ulion à la l)iogi'a|)liio des fon- 
rleurs de cloches et à riiisloire industrielle de la fonderie. 

Les renseignements dont il s'agit concernent vingt-trois artisans, 
don! (juelques-uns furent peul-èlre des artistes. Ils ont élë extraits 
dos archives départementales du Tarn (série G principalement) et 
étaient inédits, à une exception près. 

L'ordre chronologique a semblé convenir mieux (pie tout autre 
à cette simple (''nuiiie'ration , suivie d'ailleurs de ifroupemenis par 
réjfidu ou lieu d'origine, ainsi que d'un index alphabélique des noms 
des fondeurs cités. 

XV" SIÈCLE. 

1. Besot (Thomas). — Le lA imveinhre lAy/j. deux fabriciensde l'église 
de Bievs'"' reconnaissent devoir h Thomas Besot aîné, fondeur, hahitiuil 
de Clermonl en Auvergne (Glermont-Ferraud), la somme de 36 (!ciis el 
demi, plus h livres tournois, pour la façon d'une cloche el pour la fourni- 
ture de H (piiiitaiix <j() livres de niélal. A la snile, sans doute, de nouvelles 
conventions, ou plutôt apn-s la tonte, qui avait du accuser uu poids supé- 
riejir aux prévisions, les mêmes persoimes s'engagèrent à payer en outre 

•'^ IMeys, commune d»; l.a Bartlie-iJIoys, canton do Cordos, aîTondissomoul do 
(îaillac (Tarnj. 



— 17tl — 

10 «îcus f\ I () (loiihics (ouriiois . lY'Cii t'-l.iiil ('(Hiiiil»'' [mhii- 'J7 sou» (> deniers. 
Ce deruiei' contrai est daledii i(l du iin'iiir iiiois ''. 



XVI* SIKCLK. 

'Û. Joi.\ (.Ic-mV — En 1^.')^, MM hiiil à Ix'snfrnc élail |»;ihs<- i-mIi'- la 
f;d)ri([M<' de l'i'jjlisi; Saii)le-M;Mti;iMMO d'MIti o\ le foiidriM' Jean Jolv, de 
\ illelranclie-dii-Houer{|ue ' , poiM- la refoule d'iiiie cloche, il l'iail fait divers 
achats do m('tal , noIaninnMil d'un mortier pesant 100 livres, an prix de 
4 sons la livre '^''. 

3. Pai.anc (Jean). — \a\ niénic paroisse faisait fondn- |iiM^ii'nrs petites 
cloches, en i.TTi^t (n. st.) par .lean l'alanc, fondeni- d".\ll»i '. 



wir srKCLE. 

h. GuEKKRi.iir; (Jacqnes). — Le chapitre colléf|ial de Saint-Michel de 
Gaillac '' recevait, le 9 3 septend)re i()o8, nne qniltance de Jacques Gref- 
felhe, fondeur de Saint-Pons-de-Thoniières '"^^ qui avait touché i5o livres 
poui- la fonte de la {jrosse cloche de Saint-.Micliel et pour la fourniture de 
Q20 livres de UK'tal ^'^. 

5. BoDRET (Arnaud). — Le même chapiti'C approuvait, le 9.7 mai 1619, 
un marché conclu en son nom avec Arnaud Bodret, fondeur de Toulouse. 
Il s'agissait d'un lampadaire { lainpessier) de bronze -rde 90 lampi's portant 
huile et (au centre ou en haut) la figure de Saint-MicheU. On était con- 
venu du poids, qui serait de a quintaux et demi, ainsi que du prix : 
i3 sous la livre. Il est dit, en marge de la délibération, ([ue le lampadaii-e 
pesa B08 livres et demie ''. 

6 et 7. CiiENEVET (Antoine) et Fraisse (Jacques). — Dans nne assem- 
blée capitidaire du 90 août 1O97, les mêmes chanoines donnaient leur 
cousenlement à un traité passé avec Antoine Ghenevel et Jacques Fraisse, 

^'' Ce document est le s-ul (jm! mo s :)it pan im-dit. Il a été analysé dans m^^s 
Krtrnitx de rfigisires de nalnives , xiv'-.wi siècles, p. Hu. (Alhi, 1901, iii-S", 
tirage à part darlides pul)liés dans la Hevue du Tant.) 

^*^ Mliefiancht; (.\veyron). 

(•''^ Archives du Tarn, G 077. 

'*' Archives du Tarn, (î (577. 

W Gaillac (Tarn). 

(") Saint-Pons (Hérault). 

'" Archives du Tarn, G 679. 

'*) Archives du Tarn, G /iHa. 



— ISO — 

fon(l»Miis (le Tduloiise . (jni aviiicnl olVorl <li' loiidre une cIocIk» do 18 quiii- 
laii\ pour 1 t'ffliso SiiiiilMicliol . iiii |)ri\ «l<^ 7 livres |);ii- (|iiint;ii: Ip ohnpilrp 
ilevjiit fournil' inauœuvn', bois, cli;irl)ou, cire, suif ol chanvre '. Le 
nioulou (souc) coûta lîO livres ((It'libc^ialion tlu (j décembre i()33)'''. Il est 
il uoler que cette cloche avait ôié livrée dans de mauvaises condilions, 
("oiimie !(> prouvent les |)ièccs d'un procès iiilenli- aux loiideuis en i()->.8 ''^'. 

8. Laink (JeanV — Le même cjiapilre collégial de (îaillacap|)rouvail, le 
S l't'vrier i()q8. une accpiisilion de 000 livres de nuMal. ainsi (pie les con- 
ventions arnUees a\ec Jean Laim'', Tliaiiitanl de la ville di' Lainolle en Lor- 
raine- ', pour la l'oiilc d'iiiic (ioclii' de (j (juiiilaiix. niovcnnanl 8 '1 livres •''. 

9. QiJENKTRKT I Pierre I. — Les (iordeliers de Lavnur-"^ passaient nu 
^bail à faire th)chc- , le 7 juillet i6i5a, avec Pierr(; Qucnelret, fond(;ur de 
Toulouse, à raison de 3 livres 10 sous le (juinlal. Les (lapucins de la môme 
ville lui commandaient, à la même épo([ue, une cloche de 9 quintaux en- 
viron, (pii serait pav('e sui- le pie(| de () sous la li\re^'^. 

10 Sermoise (Pierre). -- Le h mars i();)8, le chapitre ((d^'j^ial de 
(iaillac ratiHait le contrat pass(î avec Pierre Sermoise, fondeur lorrain, pour 
la fac'iin de deux cloches de i3 et 3 (piintaux: Sermoise devait recevoir 
17 (jiiinlaiix de mêlai et o'i livn^s'"'. Il fui pa\(' pai- acomptes *'. 

1 I et \'2. .loij et Laurens. — Autre approbation par ledit chapitre, le 
1.') novembre i();)8. d'un marchf' conclu avec les fondeurs Joly '" et Lau- 
rens (dont le lieu d'origine ou do résidence n'est pas indicjuél, pour la 
refonte de deux cloches rompues, moyennant la somme de 100 livres'"'. 



<') Archives du Tarn, G /iSa. 

(') Arrliivts (lu Tain , (j 'i83. 

'■'" Arrliivfs du Tain, <î ^>()tJ- 

'*' Il s'ngil sans «loutc de La Motln- (l'H Massijjny), j)rcs di- rximnidnl 1 Mante- 
Marne). 

'^' Arcliivos du Tarn, G 489. 

W Lavaur (Tarn ). 

'" Arrliives du l'ani. Fonds Lafafj»? ol Canibeforl. nt'jjisirc du nnlairc (iiiill. 
Rclaval pour r;inn'''<^ i(')."<;>, folios :'.',\'.\ i-l 9H0. Os HociinitMils liront iHi" in(li(|ii(^s 
par M. An/j. Vidal, corre-pondanl du Mini-li-io ili' ilnslnirlion jiiiMiijiii', à AIM. 

("J Archives du Tarn, G W.\. 

'•' Archives du Tarn, G .").3(j. 

'"'^ Ce Joly élait probablpincnt un di^scciidanl de Jean Joly, di' \ illcfram lie-ilo- 
noiif>rfjiie, déjà rite (n" a^. Pcul-iHrc doit-on le confondre avec Ktienne Joly (n" i 4) 
•'•labli à Toulouse une trentaine d'onn(5es pins tard. 

'"^ ArrhivcR du Tarn, G /ib5. 



— 181 — 

\'-\. (li:uK\iJ (l'iciT*'). — l*;ir .ictf du 8 juin idaH. Pi'Mie (Icrcaii, fnii- 
(Iciir d'Alhi, laisail ahamloii au cnuvfiiil des (ifuddicrs de rcttf villo <\t'. 
1 () liviTis (jiKM-os roli^u'iix lui d(îvaicnl encore sur Ifs Ho slipuli-fîn à l'oc- 
rasiou de la iffoiilc diinr pi-lilc riorlic; ee don «'lail iail a cliarj'c d<; service 
(il)iluaire'''. 

l'i. Joi.v (lilionne). — Il csl dccKh-, lo -^y mars Hiy!, |tar le cliaiiilr'' 
C()lli'{pal de (îaillac, (pri'llifuuif .loly, luiidcur di; Toulouse, refondra deux 
<-lo(-|i(;s cil mauvais t'-lal ol emploiera à la iacoii d'uiit; troisième un (juiuinl 
du iii(ital (jni se Irouve de reUe et qui s'ajoutera à la matière de la dorlie 
de riiorlojp' de réj^lise Sainl-Micliol ''. 

15. I'attalé. — Le syndic du nuMue cliaititro soldait , en i Gya , les frais 
de visite des cloclies de Saint-Midiel par l'aulale, fondeur de Toiilonse'\ 

16. KoLRMKK. — Suivant une delib('ration du cliajiilre calliédral de 
Castres'*', du 5 mai 1679, '^ fondeur Founiier prendra livraison d'une 
cloche rompue, pesant 2'j8 livres, et c 'lie ([u'il livreia sera payée à i-aison 
de i/j sous la livre. A la date du •>. juin suivant, il est dit (pie Fournier a 
livré une cloche du poids de 446 livres; le métal qu'il a reçu est eslinn: 
10 sous la livre •'^'. 

.WIIl" SÙXLE. 

17. GiiENK (Antoine). — Nombreuses sont les délibérations du chapitre 
de (Jaslres où il est question du fondeui- Ghené (ou Chenay ou Chesne). En 
1711 (délibération du 7 août), on confiait audit Chenay, fondeur de Tou- 
louse, la refonte de deux cloches, pour la sf)mme de '100 livres, payables 
en six années. Le 8 janvier 171:1, le travail était achevé; Chenay avait 
fourni 649 livres de métal à 19. sous la livre, et il lui était dû, de ce chef, 
i!oo livres, outre les 4oo précédemment stipulées ". — En 1712 ulélihé- 
ralion du 1 8 novembie), il était dû à Ghené 8 livres 8 sous pour la refonte 
-d'une métaillère ' et autres choses-. Le 27 août 1714, le chapitre lui fai- 
sait remise du tiers des droits de lods quil lui devait à l'occasion de lac- 

'•' Archives du Tarn, H 9^3. 

(') Archives du Tarn, G 48/i. 

(■^' Arcliivcs du Tarn, G 5 '11. 

'*' Castres (Tarn). 

^'-^ Archives du Tarn, G 268. 

'*' Archives du Tarn, G 370. Le calcul n'est pas exact : li'i:> fois la sous éi|ui- 
valent à '.]Hh livres et non 900. Il faut supposer qup ces 200 livres supplëmeu- 
tairos ne correspondent qu'à une partie de la valeur du métal, le reste ayant élc 
coniondu dans les '100 livres du contrat priraitil. 

"' Récipient de métal. (Voir Du Gange, au mot Mktali.b. 1 



— 18-2 — 

quisitioii <l une riiaiM)ii à Caslrcs, dans le (jiiiiiticr (l<'s Oriiiwmx, Dapirs 
c«'la, il seinbleniil giio CheiK' s'est établi à Castres entre les annte 171 a 
et 171 'i. Le 9 aoiil 1710, le syndic élait aulorisi^ à lui payer lU livres 
4 SOUK pour avoir aduptt.' qiiali-e plaques tic cuivre jaune à un {j^ros bré- 
viaiie et pour avoir fourni deux chandeliers à rd^yliso de Mui'asson '"'. — 
Chenil touche, en 1719, 11 livres 1 '1 sous représenlant le prix d'une paire 
de chandeliers du poids de 9 livres, destini's h ré};-lis€ de Ferrières '''; 
•30 livres, eu i-'i'o. pour un encensoir, une cuiller, une navette et deux 
chandeliei's de laiton accpiis pour r»''{jlise de Murassou; '^'^ livres, en 1701, 
j)nin- avoir refondu six chandeliers de laiton de l'église de Saïx^*', Il livrait, 
en \--îû, (jiialre autres chandeliers pesant 91 livres, au prix de '^l^ sous 
la livre '. Il lijjiiiait, celle nuMne année i'j^o. , parmi les lenanciers du 
chapitre de Castres, h. raison d'une maison située dans ladite ville, l'im- 
meuble sans doute qu'il avait acquis vers 1 7 1 4 "\ On ne le retrouve plus 
qu'en 1741 , à Castres, appelé alors Chené père; à cette époque, le cha- 
pitre (•ojjéjvjal de (îaillac lui aclirlait six chandeliers et une grande croix 
[)oni' le niailr(>-anl('l de Sainl-Michcl " . 

18. Ciiiu;TnîXNOT (Jean-Baptiste). — Le syndic du ni(îme chapitre de 
Gaillac payait, en 17/13 ou 17A4, 67 livi-es 19 sons au londeur Jean- 
Baptiste Chrétiennot, pour une quantité de métal employé ;i la fonte d'une 



19. CouDKiu; (Joseph). — Le chapitre colh'frial de Saint-Saivi d'Albi 
comptait au nombre de ses tenanciers, en 1705, le fondeur Joseph Cou- 
derc dit Cabanes'*'. 

20. G11.KT ( Pierie). — Le mi'nie recueil de reconnaissances mentionne 
aussi Pierre Gilet dit Besancon. Il est à piésuniei- ipic ce fondeur ne lait 
(pi'nn avec celui (sans prénom indiqué) <pii. en i77(>-t777, recevait quel- 

'" Archives du Tarn, G •>7i. Cettf délil)ération de 1716 est la première qui 
indique le prénom (Antoine) de Cliené. — Murnsson, canton de Belmont, arron- 
diss»;mpnt de Sainl-Affrique (Aveyron). L'éfjiise dëpcmlait du dinpiln- de (Castres, 
«oiiiiiii^ celles de Ferrières ol de Saix. 

(1) Ferrières, canton de Vabre, ariondissenient de Casires. 

'*) Saix, ranlori et arrondissement de (jaslres. 

(*' Archives du Tarn, <j '.>7u. 

'*' Archives du Tarn, G ■•f)7- 

f*' Ar. Iiivcs du Tarn, G ^th']. 

'^* Arrjiivtsdu Tarn, (î ."i'i7. Jean-Baplinte Gliréliennol était ori/finaire de 
(>h.'iuinonl-la-Villi- (en Hassigny ), cantnn d'' |{onriiionl, airondissinionl de Cliau- 
monl ( Hnuti'-Marne). Il a fondu deux clocli'-g j'i Toulouse en 17."»'! el 1 7r)r».( Voir 
Jos. |{irllie|i' , KiKjHili'x riuiipnnairei, p. 110 el ai S. Montpellier, lyo.'}, iu-8". ) 

'" Archives du Tarn, G 3()0. 



— 18:5 — 

(iinrs jHïlilr's soiiiiiii's (|f r.iiclicvf^rlii'- il' \ll»i , poiii' l'eiilrelifMi <lcH liiotizes 
(les nieul)l<'s cl l;i foiiniitiirc ilc iiumiiih itlijels^''. 

^1. i'Aitiii:. l'îii ly.'xidii I7<)i>, un rninlciii' du iinm dt- l'.-ihn- l'KJcJi.iil 
1 il! livres, (jiic lui «Icv.iil li" rli.i[iiti(' de (i,iillii(-; le molil di- l.i dr-IN' n'est 
pas doniK- ^'. 

'2'2. \ Ai.KToN (Jean Buplislc). — Le y 7 mai 1 76)^ , Jcon-Maplisie Valelon, 
iondeur de Mende, déclarail avoir reçu, des Jacobins d'AlJji, -200 livres, 
prix convenu pour la fonle de leur /j-rosse floche, suivant la police j)ass<''e 
le \fi du ni^nie mois. Une partie di' celte somme re[)resentail la valeur de 
iHi? livres <lc métal que le cctuvenl avait céd(; à laison de 1 sous la li\i'e. 
ffJe déclare en outre et m'oblige, ajoutait Valelon, à refondre à mes frais el 
despens la susdite cloche par moi fendue et mise en son lieu et place, si elle 
veunit à se casser par les endroits di'fechuMix (|ui se Iruuvont entre le troi- 
sième et le ciiupiième points de compas, là où commence le lenllemtnt de 
la cloche, lesquels défauts j'ai reconnusTi '"'. 

'2'.\. Larooiik. — En 1 788 ou 1 789 , le cliapitre collégial de Gaillac aclie- 
lait une clochette au londeur Laro(|ue'''\ 

En re'parlissant les noms de tous ces fondeurs suivaot leurs lieux 
d'origine ou de résidence, on a les groupements suivants : 

Al VKnf;\E. 
('Jermonl-Fciruiid. — Besol (Thomas). 

liASSIGNV. 

Sennoise (Pierre), 

CJinumont'la-VUle. — Clirétiennol (J.-B.). 

Li( Mollir. — Laine (Jean). 

Gévaudan. 
Mende. — Valelon (J.-B.). 

(" Airliivos du Tarn, G lô. Les Gilet sont cnrore aujourd'hui romleuis à Ailti. 

'■■ Archiver du Tarn, G ô'u). 

J'> Archives du Tarn, H Ponds des Jacobins d'Albi. ^ Inventaire en préparation.) 

^*' Arcliives du Tain , G \^'^t?t. 



— 18/1 



\a 



Mhi. — Palaiic (Jwui): Ceieaii (PiiMTc); Couderc (^Joseph); (îilel 
(Pierre). 

Castm;. — ClitMié 1 Antoino) [(Taljonl à Toulouse]. 

Saiiit-Pniis. — (iielVellio (^.lacqiies). 

'l'itulousc. — Bodrot ( Avnaufl); Chenevel (Antoine) et Fraisse (Jacques); 
(Jiionelrel (PiorroV. [Joly ol Laurens?]; Joly (Kticnne); Paulalé; Chené 
(Antoine) [ensuite à Caslros]. 

ROUERGUE. 

Ville franche. — .loly (Jean); [Joly et Laurens?). 

LlELX INDKTERMINKS. 

Fouroier; Fabre: Ijarocjue. 

1miE\ ALI'IIAFiKTK.tt f; DKS NOMS KKS KONDEI RS CITKS. 



Hesot ( Thomas), i. 
IJoDRET (Arnaud), 5. 
(JKREAf (Pierre), i3. 
CiiEMÎ (Antoine), 17. 
Chenevkt (Anloinp), 0. 
CnRETiENNoT ( Jean-Baj)lislc ) , 18. 

GoiDERC (Joseph), 1(). 

Fabre. qi. 

FoURMER, iC). 

Fraisse (Jacques), 7. 
(îii,ET ( Pierre), «10. 

GREFFELIIE(JaC<JUes), A. 



Joi.K 1 1 . 

Joi.Y ( Ktienne"), 1 h 
JuLv (Jean), -i. 
Laine (Jean), 8. 
Laroqie, tî3. 
Lairens, t •<. 
Palanc (Jean), 3. 
Paotalk, i5. 
(}i)E\ETRET (Pierre), y. 
Sermoisb (Pierre), 10. 
\ai.eton (Jeaii-Raplistf 



\)E\ \IKMK NOTI'] 

SUR 

lj:s mom mk^ts akahks di: l\ k\l\\ 

DKS lîKM HWÎM \l), 

COMMUNK MI\TK DES M.WDII) . l'IUA INCK l)|-; CONSTANTINE. 



Hnpport (le !\[. II. Saladin, mptiibre de la Commission de rAfri(|UP du Nord, 
sur dos croquis commuiiiqiiég par M. Liiote dk SKt,A!icr. 



LK PALAIS DU FANAL. 



Les plans que M. Lliôle de Sélancy a communiqués à la (ioiii- 
mission de l'Afrique du Nord sont ceux de deux monumenls de 
la kalaa, celui du château du Fanal et celui d'une lontaine pu- 
blique, précédée d'un re'servoir. 

J ai résumé dans une note publiée dans la première livraison du 
Bulletin de i<)o'i, ce (jue nous pouvons savoir de riiistoire de la 
kalaa. Dans ce travail, j'ai exposé en quelques mots ce qu'e'tait le 
palais du Fanal : je reviens aujourd'hui avec plus de détails sur cette 
(juestion en résumant ce que nous pouvons en dire d'après les 
dessins de l'archilecle (jue Hlanchet avait chargé de relever pour 
lui les MionuMients de la kalaa. et le pl;iii de M. Lhôle de Sélancv. 

Palais du Fanal on hasr-el-Menar. — Hlanchet avait rapproché 
le plan de cet édilice des plans de la Ziza et de ht douba^'. sous 
prétexte que, couiuie ces |»alais. kasr-el-Menar pi'ésente sur sps 
faces des j)avilluns en saillie. Mais c'est là seuleineut «pie s'arrête 
ranalotjie : ni le |)|;i<i d'ensemble, ni les détails, Cdiiinie (m le veii-a 
plus loin, ne sont comparables; d'ailleurs, les palais de la Ziza et 

"^ Palais siciilo-arabes silutis [jrés do Pab'nne. 

Abcbbologie. — N° 2. i3 



— ISf) — 

delà Couba leiuontenl . If inoinifr à iiôo cl le second à 1180, 
fîuulis (|iic le palais du Kanal remonte à 1080; par consécjuent. on 
peul dire (jue le style des monuments de la Kalaa ne peut en au- 
cune façon être dérive' de celui des seuls monuments siculo-arabes 
(jue nous connaissons actuellenient . puisque ceux-ci lui sont posté- 
lieurs; tout ce que nous pouvons dire, c'est que llammad lit con- 
struire les monuments de la Kalaa sous la direction d'un esclave 
chrétien nommé Houniache^'^; mais nous i{jnorons la nationalité de 
celui-ci. et tout ce qui pourrait nous faire croire à une intluonce 
do la Sicile ou de l'Italie méridionale sur les monuments de la kalaa, 
c'est que les souverains hammadites avaient des relations suivies 
avec l'Italie et (ju'En-Nacer demanda au pape Grégoire VIT des 
architectes et des ouvriers pour continuer les embellissements de 
sa capitale ^'^'. D'ailleurs, ou peut dire aussi qu'il y a toujours eu, 
entre la Sicile et l'Afrique du Nord, des éclianjjes continuels d'in- 
lluenccs de tout genre, qui depuis les premières expéditions pu- 
niques se sont continuées jusqu'à nos jours; mais rien de précis ne 
peut être allirmé en ce qui concerne les monuments de la Kalaa, 
et je crois que nous pouvons assurer que. jusqu'ici, rien ne nous 
peiiuet de penser que les analogies que IJlanchet avait cru remar- 
quer entre les monuments siculo-arabes et ceux de la Kalaa puissent 
servir à nous guider en quoi cpie ce soit dans cette étude; les seules 
ressemblances que nous puissions y reconnaître, ce sont ces amol- 
lissements en coquille des longues niches étroites du minaret, qui 
présentent en effet une analojfie frappante avec le même détail au 
palais de la Couba : mais c'est tout. Il vaudrait mieux dire que l'ar- 
chitecture musulmane de la Sicile est inspirée de l'art asiatique, 
ce (|ui s'explique parce que les premiers concjuéranls arabes de Si- 
cile étaient des Asiatiques, comme tous les premiers con«iuérants 
arabes de l'Afrique, que la Sicile fut tout entière fatimite'-'', qu'il 
en (ut ainsi des princes hammadites, et qu'il est aisé de remar- 
quer à «piel point les arts musulmans, sons les j)iinces falimites, 
s'inspirèrent plus prolondément des arts de la Perse que sous les 
autres dynasties orthodoxes. 

Ouoi qu'il en soit, la lour (jui donnait son nom au Palais, et 

"' Féroud, Itecueil de Conalantine , 1H71-187:!, p. ^7 et suiv. 
<*' Mas Latrie ap. Fëraud, Hncucil de Constant i ne , 1H69. 
'*' La Sifiie, conquise par Assad-ben-Foras en 837 ap. J.-C. , passa peu de temps 
opH'» dfs Aj|lil;iliilr's aux Fnlin)ites, ((J. do Prangey, EsKfii , p. f)7.) 



— 187 — 

(loiil lions avons le plan sons \os yonx (lijj. i), a (';t(' conslinilf; par 
Kl-Mansour bcni cl Naccr ''. Comme je Tai dit dans la pn-cédcnl*' noie 
sur les înonum<!nts de la Kalaa, ces {(randes tours à signaux de 




Fig. 



kasr-el-Menar. - Flan du sous-sol. 



feu disposées sur tous les points culminants de Tempire des califes, 
avaient constitué, dès le iiT siècle de l'hégire, un réseau de postes 
de télégraphie optique qui permettait aux gouverneurs de recevoir, 
d'une extrémité de l'empire à l'autre, les ordres du souverain et 



(') Kitab-el-lstibçar, Recueil de Cotutantine, 1899. 



i3. 



— AS^ — 

(îe lui liaiismettre les nouvelles iiiiporlaiites'''. J'en ai relevé pour 
ma part un certain l'joiiild'e en Tunisi»>. notaninieiit à Soussc, à 
Moiiastir. etc. •\ Kii-Nacfr en avait fait constniire uni' à H()U{fie, le 
Choul-er-Uiad , au soiiiiiiel diKjiiel m» appareil à miroirs corres- 
pondait à d autres semblahles élal)lis sur dilIV'reules diredions. à 
laide desquels, dit le elironi<iueur arahe, on pouvait correspondre 
avec Conslanline. Tunis, ele. Pendant la uuil, les signaux se fai- 
saient avec des leux disposés dune manière convenue : c'est pour 
cela que la tour de CI»ouf-er-Riad fut éjfalement nommée El-Mr- 
nara («le j)liareT))i3). jj fjjyt remarquer ici que la léléjfraphio optique 
des anciens, qui consistait en si{jnaux de feu (par conséquent visi-) 
blés seuli'ment la nuit), avait été perfectionnée ou par les Byzan-i 
tins ou par les Persans (je n'ai rien [)U, jus(prà présont, retrouver/' 
qui me guide sur l'origine de ces signaux à miroirs), à (jui les Arabe^a«Hi| 
avaient emprunté ce [)roC('dé. remis eu honneur de nos jours (hélio- 
graphes des services de télégraphie opli([uo militaire). Ce système 
de miroirs a dû être d'autant plus facile à employer que, dans ces 
pays, le soleil est très ardeul. D'ailleurs, même dans nos climats, 
on peut se rendre conq)te de la portée considéiable que peut avoir 
la lumière solaire réfléchie par un simple verre à vitre. Quand 
on se trouve sur une montagne élevée, au déclin du jour, et quei**** 
l'on jette les yeux sur une ville éloignée, il n'est pas rare de perce-?' 
voir à une grande distance le relhît du soleil dans une vitre apj»ar-.! 
tenant à une fenêtre et à une maison invisibles, et dont le ravonne-^ 
ment arri\i'à une intensih' reiiiar(|ual>le. Cette télégraphie opiiipie! 
était d'.ulleurs une ancienne tradilioii dans cette l'égion même, ' 
puisque les historiens arabes disent de la ville de kiana (ju'elle 
est appelée Kalaa-el-Mri par les Herhères, parce (|ue. dans l'anti- 
quité, elle dtait couronnée de miroiis destinés à faire des signaux*^*. 
Nous pouvons encore en citer d'autres exemples. Il y avait au 
Caire, sur le Mokatlam, une mosipiée dite du Fanal . construite 
par Touloun, sur remplacement d'un ancien |iyre'e perse; elle est 
mentionnée [)ai- Makrisi '. Le minaret de celle mostjuée devait 

' P'éraiid, loc. cil. 

' (ios liiiirs sont appi'Ms nudmir. 
hVr.ind , Itir. cil. 
' *' Il sérail rurieiix <l<' savoir sur »jii"l ti'\lrr r.'iiosc vclb' Iradilinii. l'éraiiil , 
Ittc. cil. . |H- 1-) H-'(. 

" htliili . I. il. [t. 'i."»ri, cili- j)ar (iaiissiii <lr l'crceviii , .V'iMccx ei '.'.r<iv(i/x (/r.ii ;;h.h. 
Hf la liihl. „nl.. I. Ml. 



— 189 — 

.issiinniirnl , «''tnnt donrK'P In position du \I;ik.itl;im qui doniin*^ l.'i 
ville (1(1 (l.iirc cl ses environs, servir d<' (onrn si|jn;i(ix. Les Arabes 
lenaieni [)enl-(Mr(ï aussi rcs traditions des Hyzanlins; nne des pins 
(éli'lires de ces lours à sijfiianx élait le [)liare de (Jonslantinople , 
inslalN" |)ar Tli('opliile ci \a'ui\ h: Philosopli(!, en lare, dn Monco- 
l(''on , et (pii . a(( moyen de l'enx . transniellail les nouvelles à tonl 
rKnipirc. I)'aille(([s. loiilc laiilifinih'' a connu ces signaux d(! l'eu. 
fr|)e fanal en l'anal, le leii . poile((i de la iio(ivell(!, nous a (5t('; renvove 
jnsfjniri^, dit l']scli\le dans I A/<fiiiiimii<i)i. I>a desrriplion ipje j(» ro- 
Irouvedans la ('(xonKiiiiration de P. I{ ancliel, et (|((e je iim.' permets 
de ra|>|>orler ici en la niodiliani et en la corcijfeant daixès l'examen 
des dessins cjuc iM"" P. Blanchct a bien vo(dii ok; confier et (jue 
son (((ari avait fait relever par un architecte dont malheureuse- 
ment j'ijjnore le nom, rdsnme ce que nous savons actuellement sur 
ce monunienl. 

Le château du Fanal s'élève à l'Est de la ville sur un escar- 
pement rocheux qui domine i'Oued - Fradj ; sa hase repose sur 
d'énorm(>s anieiirements stralifi(''S qui dessinent sur les flancs de la 
colline comme de {jijjanlesques assises; les murs sont coiislruils, 
comme le sont d'ailleurs tous les édifices de la Kalaa . au moven 
de moellons jjrossièrement (^quairis, et dont la surface irrégulière 
devait assuiémeut être recouverte d'un enduit destiné à en faire 
disparaître les aspérités sous ujie surface uniformément dressée. 
L'emploi des enduits à la Kalaa est parfaitement prouvé par les 
nombreux vestiges (jue l'on en peut remarquer, notamment sur la 
face du ndnaret de la mosquée qui est dirigée vers la courdelédifice. 

Les grandes cannelures verticales qui sont déterminées par les 
redans en forme de niches sur plan demi -circulaire, pratiquées 
dans les mu(s et qui focinent comme d'énormes contreforts, se ter- 
minaient dans leur partie supérieiu'e par un amortissement en co- 
(|uille, suivant rhypoth('se très ingénieuse de V. HIanchet. (|ui les 
(•()U(pare tri-s. judicieusemeiil à certains détails du palais de la 
Couba (pi. XIV). 

Je ne puis m'emjièclier. à l'aspect de cette façade >i caractéris- 
tique, de me souvenir des dispositions analogues des fa(;ades des 
grands palais de la Mésopotamie, depuis les palais deTello jusqu'à 
ceux de Waïka ' ( fig. 2 I, et de me demander si, dans celle dispo- 

<'^ Ce sont ces traditions qui se seul ronlinuées dans les mausolées de Peree 



— 190 — 

sitioD. il ne faut pas voir une véritable transmission de méthodes 
de construrtion (rori}fiin' asiali(Hie. .le crois pouvoir donner deux 
raisons pour délendre celle thèse : la jireniièiv, d'oidre jjénéral, 
c'est que le royaume hainmaditc lut fatimileet, pour celte raison, 
sounjis plus que d'autres parties de l'Islam à des iniluences asia- 
liipies; c'est sous une autre lorinela thèse (|u«' soutient pour la Si- 
cile fatimite le major H. Murdoch Smith, dans la notice qu'il a 
consacrëe à l'art persan, dans la collection des Art Handhnoks pu- 
bliés sous les ausj)ices du (Comité dii-ecteur du South kensinglon 
Muséum. 



Au Pala/» de Warka, 




Echtilt communt 



à ia Kataà du Kasr-ei- Menai 



Fip. 9. — Fi[;iires comparatives entre les façades de Kasr-ei-Menar 
et celles du palais de Warka et de Tobservaloire de Kliorsaltad. 

La seconde, c'est que l'ajjpareil l'atimite des édifices de la kalaa 
et celui des murs de Mahédia di; Tunisie''' sont, pour ainsi dire, 
idenli(jues riiu à lautre et absolument différents de l'ajipareil 
a{jhlahit(' -, et (jue nous savons parfaitement, par les historiens, 
(|U(' rinllurnce des monuments de la Mé.sopotaini<,' sur les ('difices 
df Mahédia a été considérahh' , puiscjuc Ihn-llaucal en dit ceci : tr On 



•n forni*" de tour, notammeril à Rfi (Rliajjès), fij;. a. <;i. Pascal Cosie, \ o%\a^rn 
«I f'ertfi. 

",' Toiiles doux capitales de SDiiverains rliiiles. 

•^ L'ap[iareil a{;ldal>ite est rotiiain ou l)\/.anlin et de Iradiliou locali-; l'appan'ij 
fHtimiU' ne l'pst plus. Cf. la ffrande mnscpice de Sfax, la (jrnnde mosr|uée de 
Tuiii*, olr. 



— 191 — 

y enire par deux [lorlcs <|ui .siir|);is.s(!iit, par la ("orm(* ci la façon, 
toutes relies (|iic j'ai vues ailleurs, à la seule exception des deux 
'|)orles de Hafica ( Hacca . eu Méso[)otamiej, sur le modèle fles- 
(pielles elles ont été laites. n II est (Tailleurs très jjrohahle (pie cette 
inllueuce asiatiipie s'est plus particulierenient nianilestéf; sur la 
construction des enceintes lorlifiées '•' et sur tout ce qui s'y raj>- 
portait, puisque l'on sait que, dès les [)remiers siècles de riiéjjire, 
les iufjénieurs persatis et leurs mineurs furent tri'S fréquemment 
employés par les Musulmans dans les si(;ges des places fortes. On 
ne peut douter de l'ori^jine asiatique de la poliorcétique des anciens, 
lorsqu'on étudie les lias-reliefs sur lesquels sont retracés avec toute 
espèce de détails les procédés (employés par les armées a.ssyriennes 
à ratta(|ue des villes fortes : ie bélier, la tortue, les mines sont 
eui|)loyés par les assaillants, tandis que la défense a déjà les cour- 
tines, les tours à coniuiandeuient élevé, les crénaux, les nierions, 
les portes profondes, et ces renforts en talus à la base des murs 
(pour en éloigner les mineurs), renforts que nous ne rencontrons ^ 
pas, par exemple, dans les fortifications aghiabites, mais (]ue nous 
trouvons tout à coup employés d'une façon absolument systématique 
dans les fortifications de Maliédia de Tunisie. 

(lomme je l'ai dit plus baut, la tour du Fanal se présente sous "^ 
la forme d'un énorme massif carré, dont les faces sont formées 
d'une suite de contreforts verticaux, au nombre de onze, et dont la 
partie centrale se décrocbe, avec une saillie de i m. 5o. sur une 
largeur de trois contreforts. 

En sous-sol, les fouilles que Blancbet avait fait pratiquer ont 
permis de reconnaître une salle voûtée en aie de cloître (et non 
pas en voûte d'arête, comme le croyait Blancbet); cette voûte est 
appareillée en pierre de grand écbanlillon, contrairement aux cou- 
loirs de cet étage qui sont simplement plafonnés grossièrement de 
rondins de genévrier jointifs, au-dessus desquels la ma(;onnerie a 
été posée; il est vrai (|ue ce couloir est très étroit, car il ne me- 
sure que o m. 60 de largeur (lig. 3). Cette voûte en arc de cloître, 
au lieu d'être terminée à la clef par l'intersection des deux arêtes 
creuses qui la forment, s'amortit par une surface jdane, carrée par 
conséquent, et de 1 mètre de côté. Les quatre retombées de la 



'•' On peut romparpr aussi ie système des fortifications de Maliédia à celui de 
Kalaa-i-Kliosrou à Kasr-i-Cliirin (J. de Morgan, AftMiVm en Peise , t. IV, pi. /19). 



— 1 '.)•_> 



voûte présentent ;iolm'il<Miient la surface inférieure de leurs som- 
miers, cnr les roloniics (|ui les soutenaient très prohahlenient ou 
hien sont lonihées, ou bien, ce (]ui est plus j)rol)al)le. ont été en- 
levées lors de lahandon df la Kalaa au ruouH'iit où Ton en pilla 




\'i','. 3. - k;isi-(i-M('n;ii'. - IM;in du nz-dt'-riiaussée. 



Ion.*» les édilices pour cnricliir de leurs (l('|»oMilles lloujjie, la nou- 
velle cn|)itale (rKI-Mansour-ben-il-Nacer. (iillc salle était reliée à 
d'autres |)ar des couloirs qui ont (''cliaiipi'' aux recherches de Hlan- 
chel, mais dont (juel(jU(;s-uns ont été retrouves par M. IloixMt. 



— 193 - 

C'est (Kanirs le pl.ui de M. Hobcit'' «'1 celui ([iie j\'ii retrouvé dans 
les pjipiers de Hlandiel (|iie j";ii Ir.icé celui-ci ( li{f. i ). Ou voit (|ue 
ces jjalerios (lél)ouchaient |i.ir une |»eli'e [lolerne sur resr;M|ierueul 
iU(^ino (lu roclior. Hlaucliel su|)|>u^ail (|U(; colle salle hasse (le\ait 
(Hre uni? prison: rien ne parail iii(li(|uer cctle deslinalion ; je 
croirais plulôt qu'on doit y voir des majjasins souterrains, «U »|ue 
la petite poterne devait (Hre (hîslinée à servir, en cas d'investisso- 
niont, ou à introduire les émissaires f|ui auraient pu échapper 
à la vi"ilance des assiéjfoanls, ou bien encore à pernielire à des df-feti- 
seurs de la ville de tenter d'en sorlii- [)ar cette \oie inacessible. 




Fig. li. — Ksar-ol-Menar. - Plan Jti premier étago. 

Au rez-de-cliaussce (fig. 3), au contraire, les dispositions (|ui 
ont été retrouvées sont toutes dilTérciites; un couloii' de i ni. <So 
de lar{(eur contourne le massif central de Tédilice (pii, d'après le 
plan Hlancliet, aurait formé comme une grande salle rectangulaire 
dont les dimensions longitudinales n'ont pas encore été détermi- 
nées par les l'ouilh s. Cette salle centrale n'a pas été déblayée, 
mnis, suivant l'expression de Blancbel, ^de belles colonnes de 
raarbrc crèvent encore les éboulis, et une grande quantité de Irag- 
ments de terre cuite émaillée, ramassés dans la galerie extérieure 
et à l'entrée de la grande salle, semblent en jusiitier complete- 
meiil I assimilation à la cbambre centrale des palais siciliens'». 
Blanche! ajoute : r|)es indigènes qui auiaienf peut-ln'' il v a une 



" Hi'cupil iIp CjOnninnliiir , i ()oiK p. '117 et sui 



— lO'i — 

quarantaine d'années y auraient vu des murs de laïences vertes et 
i'oii|[es'^; au-dessus de cet etajfe, on remarque, dans les décroche- 
ments des façades, des chambres eu niche, percées de meurtrières 
et qui complétaient le système de défense de la tour; il devait en 
étie de mènu' aux autres étajjes, s'il y en avait ( (ijf. A). Cell<' {fiande 
salle de\ait se rattacher aux autres |)arties du palais dont celte 
toui-. d'après Blancliel. ne de\ait former (pie la vinjjlième partie 
erniron; car, dit-il, «sur j)rès de 900 mètres s'c'croulent les murs 
et sortent de terre les bri(]ues émaillées; le palais devait être une 
petite ville qui dominait la {grande n. Le cro(|uis de M. L'Hôte de 
Sélancy (jui indique cette tour comme avant dî\ être carrée, et par 
conséquLMil isolée, ne me semble pas devoir être accepté comme 
l'expression d'une hypothèse plausible : je croirais plutôt que cette 
tour était reiiée à droite et à gauche par des courtines aux murs 
de la ville et que, si elle n'était pas ouverte à la gor{Te pour se re- 
lier aux autres parties du palais, elle ne devait cependant pas avoir 
sa quatrième face ornée comme les autres de contreforts saillants, 
mais plulôl former comme une grande arcade formant porte. La 
{[alerie qui entoure la grande salle centrale est percée de longues 
meurtrières aux angles; ces meurtrières étaient non seulement 
destinées à éclairer ce couloir, mais encore à permettre le tir des 
archers. Cette galerie est voûtée en berceau; ces voûtes sont gros- 
sièrement construites en matériaux irréguliers et se j)énèlrent l'une 
l'autre aux angles pour former des voûtes d'arête (fig. 5, coupe 
verticale). Je n'ai aucun renseignement sur les fragments d'archi- 
tecture qui auiaienl pu être découveris pimdanl les fouilles de Blan- 
chet. On n'y a trouvé que des fragments de faïence. 

Ces fragments de faïence recueillis dans les ruines de la Kalaa et 
que Blanchet m'a autrefois moutrés, sont de petite dimension; les 
(>maux sont de couleurs assez franches : le blanc, le bleu de cuivre, 
le vert, le jaune de fer sont les couleurs les j)liis fré(|uemment 
employées par les architectes de la kalaa; l'émail blanc paraît être 
stannilère. Ils ont un éclat très harmonieux et sont bien cuits et 
bien fabricjués; ce sont, à ma connaissance, les émaux de revête- 
ment les plus anciens ipii aient été trouvés jus(|u'ici dans les édi- 
fices arabr's (|(» l'Afrique du Nord, et (pii paraissent avoir été l'objet 
d'une grande fabrication locale, car les carreaux de revêtement 
rlu mur de Milirab de la mosrpiée de Sidi-Okba à Kairoii.iii . (pii 
dalent du ix' sii'cle de notre ère, ont été, d'apri'S les historituis 



— 195 — 

arabes, pnvov<''s do R;i|'(l!i(l à Kairouan on iim'mm' lomps que le l)enu 
inimhrr i\v\ii iiK^mo mosfUKM?, sons !(? l'èffiie (llhialiitii cl-Aijlilal) '". 
|{|aucliel a retrouvé aussi do nombreux rrajfnienls ('•mailb's dans les 
ruines doH autres édifi«"es de la Kalaa, dans les palais des émirs, 
dans la mostjuéo, clr. On («st donc autorisé à oroiiiî (|ue ce système 
de décoration ('lail employé d'une façon jjénéral»; dans Ujus les édi- 
lices do la capitale des Hammadiles, et que Taspecl de ses revête- 
ments éniaill('s. se dfïlaclianl sur la hiaiiclieur des enduits de chaux, 
devait avoir une richesse et une haiinctnie pleines de chaiine. 




Fig. 5. — Kasr-el-Menar. - Coupe du rez-dp-cliaussée. 

On voit, par les quelques détails qui précèdent, de (|uel intérêt 
serait une (exploration nit'lhodi(|ue des ruines du château du Fanal. L o 
déblaiement complet, en partant des salles supérieures, la consoli- 
dation des murs et des voi\tes, le relevé exact des ruines, un inven- 
taire détaillé des objets trouvés, leur transport dans le Musée de 
Constantine, tel serait le programme à suivre. Mais une mesure 



'" Cf. ma niono/jrapliie de la mosquée do Sidi-Oklta dans les Mnnuineitl* hu- 
tnriqiieH dp lu Tunisie; Monnnwnt* arnbex. Paris. Leroux. 



— 1P(Î — 

prt'al.iltlf s'imposo. à mon avis : (-'('sl !•• classcmtMil (!<• ces rninos 
(*(Miinit> inoiuinit'nt liist()i'i(]M(>. 

(lombion on icjji'ctl»' à |)irsiMil ilc n'avoir, an ninnicnt do la 
conquête, pris ancnnc nicsiire clliran' |)(iiir la rons('r\alion des mo- 
nurn(Mits aiahi's de lAljft'rio! Aussi ne doit-on néjflijfcr aucnne des 
mesures (|ui peuvent nous permettre de sauver ceux dont les dé- 
l»ris existent enrore, et d'ajouter une pajje de |)lus à l'histoire de 
l'art musulman africain de TAlirc-rii' au x* siècle, (jni nous est encore 
iinparlaitement connu. 

La foHtiniir puhlujur. L'iuilre édifice don! M. L'Ilôtr de Si'Iancv 
nous a envoyt' !" plan est nue fontaine publicpit' ( li|f. (i). dont 
iJlanclief a pai-lc très l)riè\oiii('nl. 




Plan (lu n'^^ervoir ol di' l;i foiilaiiic (rAiii-i-s-Siilliiii 
à ia Kalaa ries ltt>ni-iiamiti.'Kl. 



(ii'llc lonl.'iinc se com|)os(' d'un réser\oir en maçonnerie, sur 
plan r<'(|;iii{|nlain' ( <i m. t>o sur iq m. lo), canlctniiè. sur sa 
face antéi icnrc. de (piatre contreforts (lemi-cvlindri(|n('s. en tout 
<<'iiil)|;d)li' ;iii\ MMMiniltraMes citernes romaines ipii se renconlrenl 
sur tonte rélcndiic de r\fri(pi(' romaine : même maçonnerie en pe- 
tits inati'rianx , même enduit en mortier de clianv. (^Mte citerne, 
<|tii dev;iit être vonl/'c en Ixrreau, se d<''\ersail d;ms un hassin en 
pierre l)l;inclie, allleurant l(; |)a\c extérieur (!t dont il ne r<'s|e 
(|n une jiartie. (.elle v;is<pM', de O m. .'io eux iroii de pidlnndciir sur 



— 1<)7 — 

1 iiiMi'c (le (iiariiiîlrp inléricm-, ('Mail (•r(.'us(;e en forme (l(; rosace à 
Itiiil loixîs, cl oiiKM' iiil'''ri('ni('iii<'ril (iaiilaiil de coloimcllcs cnifajji'es. 
HIaiiclirl i;i[i|)i'llc à ce |(i(»|)(>-, (|ii('. (lans la jjraiid*' rii()S(|ii(''(; de Kai- 
roiiaii, on i('iiiar(|ii(; une \as(jU(' ('xarlciiiciil, sciiihlahlc. A mon 
avis, la compaiaison n'csl pas loiil à l'ail jiisic, mais il y a s(;iile- 
meut une Idinlaiiie analojjie (|iie les crO(juis ci-joinls (IM. XV) 
leroill. je peiisc. saisir ais/'iiieill. 

.Pal déjà, dans une noie |n«''cédcnle à propos du minaicl (l(! la 
Ifraiulo mos(Hi('e de la kalaa, ii)(li(|m'' rinl(''n'l capilal (jue pr('*- 
senlenl ces ruines au point de vue de Tliistoire de iareliileclure 
niusuhnane dans le Nord de rArri(jue. Celle vilN;, (jiii lui pendant 
une cenlain(; d"ann(''es la capitale d'un puissant royaume, a e't('' 
(U^'laissée. |»illée, (h'Iiuite; mais ses ruines ont ('lé ensuite coin[)l(;l(i- 
ineiil abandonnées. Si, pour embellir leur nouvelb; capilale. Bougie, 
les sultans hainmadites ont enlevé des monuments de la Kalaa 
tous les maléiiaux précieux, ils n'en ont cependant pas de'truil 
systémali(juement tous les édilices; ceux-ci, (juoi(|ue démolis en 
partie ou ruine's par le temps et Tabandon, n'en sont pas moins 
encore en j)lace; mais les recherches qui y ont été laites jus(ju'ici 
ne l'onl été que d'une façon absolument superficielle. Il serait 
nécessaire, pour (ju'eiles pussent être utiles, qu'elles fussent 
poursuivies avec méthode, avec pers(^vérance , avec des moyens 
sulfisanis, el dirigées par des personnes compétentes et capables 
non seulement d'exécuter les fouilles avec discernement et de 
relever exactement les monuments qui sont encore enfouis sous 
les (l(>'combres, mais encore de lirer de ces découvertes tout le 
|)arli possible. Les décou\ertes de Blanchet et celles de M. A. Robert 
el de M. L'H(')te de Sélancy nous autorisent à croire que. pour 
l'épigrapliie, pour l'histoire de l'arcliitecture et pour celle des arts 
décoratifs, les ruines de la kalaa seront un champ d'e'tudes exces- 
sivement intéressant à exploiter; nous avons vu, par les inscriptions 
du minaret de la mosquée et du château du Fanal, combien ces 
restes dilfèrenl de ce que nous connaissons des monuments arabes 
d'Algérie on de Tunisie. Les tombes relrouve'es par Blanchet possé- 
daient. j)aiail-il . de fort belles inscriptions dont les caractères el 
l'ornementalion rajqx'iaieni absolument la jurande descri[)tion de la 
frise de la Maksoura d Abou-Teiimiin el-Moezz, à la grande mos— 
quf'e de Kairoiian; les fragments de poterie, ou émailb'e ou ver- 



— 108 — 

nissée, trouvés par M. Robert, nous permettent d'espérer qu'au 
point (le vue de l'épi}frapliie et des arts décoratifs ces recherches 
ne seront pas moins Iructueuses. 

H. Saladin, 

MiMiibro (le l;i (lomiiiisslon 
de l'Afrinue du Nord. 



Ni:UF NOUVELLES [NSClUniONS 
PiiKMCIEiWES 

Mi NOM 1)1) IU)I UODACIITAKT 
COi>CERJ\A.NT Ll"] TKMPLE I) ECHMOUN À SA.ÏDA, 

l'VU M. LK D" ItOl VIER, 
Correspondant «Ju (Joniilc, à Beyrouth, 



La Revue biblique, dirigée par le R. P. Lagrange, correspondant 
de ritislitul, coiitenail dans son dernier numénWoflobre irjo'i), à 
la suite d'un articie A travers les nécropoles stdotiinines de Tli. \I;icridy- 
Bey^^^ Timportante note suivante qui fixa aussitôt mon ath nlion : 

(tLes fouilles de Sidon sont poursuivies, cette année encore, au 
nom du Musée imj)érial de Constantinople et sous notre direction, 
avec Tappui de M. le baron von Landau de Berlin. 

w L'exploration continue d'abord au temple d'Echraoun, où ont 
été découverts neuf exemplaires nouveaux des inscriptions phéni- 
ciennes, (îes docuinenls modifient profondément les conjectures 
émises jusqu'à ce jour sur la construction du ter)i[)le et font un peu 
pins de lumière sur la généalogie du roi connu Bodachtoret, qui a 
seulement commencé la construction de l'édifice. . . r 

Tout en faisant quelques réserves prudentes sur la portée capi- 
tale attribuée dans ce passage aux nouveaux textes épigraphiques, 
je crus utile néanmoins de procéder à leur sujet à une enquête 
approfondie. Il ma semblé, connaissant personnellement Macridy- 
Bey, archéologue et non épigraphiste, qu'en rédigeant sa note, il 
avait dû nécessairement reproduire plus ou moins intégralement 
ro|)inion de savants plus compétents que lui en la matière, à qui 
il s'était «Mnpressé de communiquer les nouvelles inscriptions. Mes 
pressentiments ne m'avaient pas trompé. 

t'^ Het'M biblique. 190/4, p. .^17 à .ô'ji. 



— -joo — 

Trois savants me somMaitMit |tarticali('roment désignés comme 
(levant élre an courant de la dccouNerle : 

i" Le D' lliijfi) \\ inckler, professeur à 11 niversilé de Berlin, as- 
sistant de Macridy-Hcy dans la récente campa{|ne de fouilles; 

a" Le H. V. Lagran^je, (jiii avait du se renseigner en insérant 
l'annonce de la découverte aupiès de son auteur; 

'.\" Kniiu le \y ScliniMJri-. depuis longtemps en relation avec h; 
représeutant du Musée, (pii n'avait jamais inaïKjué de recourir à 
ses connaissances d"épigraj)liie |)liénici(Mine lors des découvertes 
antérieures. 

\ mon retour en Syrie, à la lin des vacances, le D' Winckler 
était retourné en Allemagne. Le P. Lagrange était à Jérusalem, 
(lest donc au D"" Sclirteder (jue je me suis adressé. Avec sa bien- 
veillance habituelle, ce distingué philologue me communiqua les 
renseigui'meuls les jilus (•oiu|)lets sur les nouvelles inscriptions. 
Pour répondre au désir exprimé par moi d'avoir une note à leur 
sujet, il voulut bien nidijjer la monographie ci-jointe (|u"il ma au- 
torisi' à lraii>metlre au (iomilé des éludes historiques et scienti- 
li(jues. Je crois (pi'il serait bien aise (ju'un résumé eu lût commu- 
niqué par l'un des membres du Gomilé à l'Académie des inscriptions 
et belles-lettres. 

Non: (OMMi MQi i:k cau M. i.i. doctki it P. S( iiu(n;i)Kit. 

rLe ■a septembre i()()^i, je me suis rendu de Heyroulh à Saïda 
pour voir les nouvelles fouilles exécuti'cs |)ar Macridy-Hcy sur rem- 
placement du tem[)h! d'ivhmoun. A mon arrivée à Bostan-ech- 
(iheikli. Macrid\-Hev me surprit par rannouce (pie neuf nouvelles 
inscriptions |»li('iiiciennes du roi Hodaclilart avaient ele' découvertes 
par lui. au coiiraiil du mois daoï'il . dans les loudemenis du temple. 
Trois des gros blocs calcaires, (|ui |>orteut ces inscriptions, sont en 
core à leurs places primitives, encastrées dans le mur de fondement 
du tem|>le : Pun montre nu visiteur une inscription parlailement 
lisible, car il est placé de manière (pie son côlét'crit se trouve dans 
la façade du mm ; les deux autres ne laissent pas voir leurs inscri|)- 
lions, (pii sont cachées dans les joints verticaux de deux blocs con- 
ligus, mais dont l'existence est sûrement iiulnpiee par «erlains 
caracli'res |)liéiii(-iens (ju On peut apeicevoir dans la lenle en re|{ar- 
danl (II- jdès et (jui sont le> piemii-res lettres des lignes. Les six 



— 201 — 

aiiliTs pierres avaient été c^xtrailes rlii rmir par Macri(ly-I{«'y. <pii 
les avait déjà lait inelire en caisses |)(iiir les expédier au Musée 
de Conslnnliiiople, oij elles doivent s(î trouver à présent. Averti de 
mon arrivi'c, Macridy-Bey avait (Ui lallenliori de laisser les caisses 
ouvertes pour me donner Torcasioii (rexaiiiiner les inscription^. Les 
sept inscriptions que j'ai pu voir sont tout à fait identiques; il n'y 
a pas entre elles la moindre div(!rjfence, quant au texte. Mais elles 
durèrent dans la distribution des lignes, dont le nombre varie 
entre 3 et T). Les lettres ne sont pas très prolondéiuenl incisées, 
b'ur creux est peint en roujje avec de l'ocre. La iorrut^ des caiac- 
lères nu)ulre, sur l(;s div(!rses |)ierres, certaines légères flillV-rences; 
ainsi ïalrph. le rndc, le ([oph , le nwm ont dans une inscription une 
forme anjjulairo (^^iw^w), dans une auli-e une l'orme plus ondu- 
leuse (x^'yv^v/)- ^'<'^ particularités {rra|)lii(pies sexplicjuenl par le 
lait (|ue les inscriptions sont {jravées par des ouvriers dillV-rents, 
dont chacun avait dans l'écriture son ductas spécial. En considéra- 
lion de la contemporane'ité absolue de ces inscri[)lions (elles sont 
peut-être gravées toutes \{\ même jour), j'insiste sur ce point, parce 
que ces petites divergences dan»? l'écriture démontrent qu'il ne faut 
pas s';i|)puver trop sur la grajiliie pour di'lerminer l'âge des textes 
épigrapbiques phéniciens. 

ff Je reproduis maintcMiant le texte des nouvelles inscriptions, tel 
qu'il se j)résente sur une des sept pi(;rr<;s (|ue j'ai examinées. Cette 
pierre a une longueur di' i m. iî i, une hauteur de o m. 78: l'inscrip- 
tion même, divisée en cinq lignes, mesure o m. f)o en longueur 
et o m. ô-y en hauteur. Les cinq premières lettres de la première 
ligne manquent, le reste est complet^''. 



'" Les sept noiivellos inscriptions ni' sont pas égaloinonl bien conservées. Dans 
cello que j'ai transcrite ci-dessus, il manque le cooimencement de la 1" ligne 
(5 lettres); dans une autre composée de IroU ligne'!, ce commencement e\isle, 

An<;HKi)i,or,iF. — \° 2. i '1 



— 20'2 — 

(rll est niaintoiinnt proint"^ à l'«''vidon(o que l'inscription pliôni- 
cipnnr tMi (rois lijjnos, déposco (lp|iiiis 1909 au Musi'o du collrjro 
aniôricnin à Boyroulh «'t pmvtMiant ôjfHloment des ruines du IJostan- 
ech-Cheikh. n'est pas rouij)lèl<} et (jifello t'Iait. diins son dfai pri- 
mitif, entiiTonient identitpic aux nouveaux lexlos. Il y nian(|UO dans 
choipio li^ni' le coinincurenient . re (jui m'avait ('rliappi' l()i>(|U(' 
j'adnMsai à M. Pliilippe lierjfor ma lettre du t() mars iDoii. com- 
inuniipu'e par ce savant {\ TAcadc^mie des inscriplions d hellcs- 
It'ftrt's dans sa soance du .H avril iqoH. et une autre lettre au 
P. Lagranjje, en date du 1 <) mai it)o3, comniuni(pu'e par lui dans 
\a Hei'iir hihliqiir^^K ï\ asius émis l'opinion (ju'il manquai!, à la lin de 
la i"^' ligne, la lettre «,y et qu'il fallait lire là [dJd'pD ~|'?D troi di's 
roisw. titre honoriliquc appose au pn'tendu nom propre précé- 
dent. Sadikjatlion |P>piS. que je croyais alors être le nom du pArc 
du roi Hodachlart. Cette lecture, quoiipu» approu\ée par iVIM. Berger 
et Houvier^"^', était erronée, l/inscriplion est complète du coté 
gauche, incomplète du r(\\6 droit; il faut la lire comme suit : 

wM. ChHrles Torrey*'' supposait avec raison (pic la pierre i'«fail 
incomplète du côté droit, mais il se trompait en présumaut (pie 
le morceau manquant contenait 7 à 8 lettres dans clia(pie ligne; 
il ne ((intenait en vérité (pie ."} ou U lettres dans la |)remi('re ligne 
(. ."l'rc), h dans la secoude (DjIS) et ."> dans la troisième (nw). 
Les deux petits fragments conservés au colli'ge américain de U"\- 
routh avec la [)ierre cassée en deux grands morceaux faisaieni 
partie de relt< dernière, comme M. ïorrey l'avait dëjà observé; I un. 
contenant les lettres ^'^V^, appartient au commeuiciiieul de la 

mais jr-s flornièn's lettres do In 1" tijjrii^ ft li"'s 4 iloriiii'n'-^ li-llrcsdi' l;i :>.'' lijfni' 
ont (lispani ; dans iin(> troisiiL'rno inscriplioii 111 (|ii.ilri- lijfin's, les -j [iicMiiiiTi's et 
ji's .3 dornièro'- lollrrs di- In 1'° lijjnp iiiain|iii'iil, i-lc. 

"' Nouvelle note mr tes jiiscriplioiiK du temple d' Krlnmiun , dans Rcvui' biblitiue, 
\" juillet 1903, |). /(i7-'ii(). 

**' V{)ir leurs rapporl et roinmiiiiirnlioii : Sur uni' nourrllr iiixcriiilùm île Snula 
[Srtdihjnton, vit de Sidiin], (\nn<\o liiillft}» nirliéi)liijr)(jHe , iQf^S, |». ."(7.^-585. 

'*' Journal oj the ' mniran Oriental Snriely, t. XXIV (ujo^^), p. aiH-aaO. 



— 203 — 

(h'iixif'inc liijmi; r;iiifr'<», poil.-tnl les Ici tics /»/?y Mil mol /r^/^fi), ;iii 
coiiiiiiciiccmciil (le l.i (roisii'mc lijfiif. 

ffVdici l.i (r.Hliicliim ccihiiiK* (\t' loiiffs ces inscripf ions idonli- 

Ij- roi Jltultirlilarl rt fils léfriiinir. de Jallioiimelttk , roi. (Us Sidonmis , 
jX'lil-Jils du roi Erlnnounaztir, roi des Sidonii'us , a conniruil ce. U'inpte 
à son dieu hchmoun, prince saint. 

cfLe |)(Me du roi Bodachlaii s'appelait donc Jalliomiif'hîk ou 
JalLouDiilk, et non pas Sadi(|jalhori, et il précédail son fils dan» 
\c royiiiirno de Sidoa. Il faut d('finiliveinent abandoniipi- la lecture 
D2^D ~|7C cfi'oi des rois^, (|ui du l'esle a soulevé des objections justi- 
fiées de la part de plusieurs savanis, parce (jue ce lilre fier, appar- 
tenant aux grands rois de Perse, ne convient pas à un petit roi de 
Sidon. La lecture ■|"?D:n'' plit p rrfils légitime de Jathoninilik-, 
suggérée déjà l'année passée par la sagacité de \i. Clernionl- 
(ianneau''), est pleinement confirme'e par nos nouveaux textes. Les 
mots pli* p ben sadditj «lils légitime w (</«• Rechte, der rccktniàssige 
SoJm, comme nous disons en allemand) ont leur analogie dans 
l'expression plU nDiJ ff rejeton légitimer que nous rencontrons dans 
la grande inscription de Larnax-Lapithou à la onzième ligne. Boda- 
clitart accentue donc lortement son origine légitime. Dans quel 
dessein? nous l'ignorons, comme nous ignorons pour quel molii 
il passe sous silence, dans une autre série d'inscriptions de fon- 
dation du temple d'Kchmoun, le nom de son père. 11 est possible 
que la légitimité de sa naissance et son droit de succession au 
trône de Sidon aient été contestés par certains membres de la 
famille royale. L'existence de la lettre waw dans la première ligne, 
derrière le nomrnnw'y~3, qui a éternise en doute dans linscrij)- 
tion du collège américain par certains savants, est maintenant 
irréfutablement établie par les nouveaux textes; dans chacun deux, 
elle apparaît très clairement. La conjonction l, précédant les mots 
plî: p, sert à atTirmcr, à souligner ces mots; en allemand, on tra- 
duirait ffKœnig Bodaschtart und zwar rechtmassiger Sohn Jatliou- 
meleksTî, en latin : wrex Bodastarlus isque lilius legilimus Jatlion- 

('' Recueil d'arclléotogic orienUilp, U V, p. 366. 



— i>0'i — 

iuilcifl(Kle roi B. pt notez bien le lils li^^filirae de ].'?)(". Dans la 
Bible, nous trouvons parfois le 1 employé dans le même sens, par 
exemple dans le passa^je Sam.. q8, 3 : IT'V^I nD"i3 imapn wet 
ils l'ensevelirent [scil. le juj^e wSamuel) à Rama, sa ville natale 11 
(lilt. : wà Hania et dans sa ville n.ilale'' =^ «à M.ima <|iii ('lait sa 
ville natale"), 

«fLe roi sidonien .lalliomiiclek nous l'Iait jns(|uà présent inconnu. 
Mais le même nom se rencontre dans les inscriptions carlhajfi- 
noises'-'. Sous une autre forme, avec trans[)osili()n des deux mots 
dont il est composé, il nous est connu depuis lonjflemps comme 
nom du roi clivpriote Mclckjatlion ou Milikjallion (]n"'2'?C), (|ui 
régnait de 39^1 à 36 1 avant J,-C, sur (litium et Idalium, |)ar des 
inscriptions plie'niciennes provenant de ces deux villes^^) et par les 
monnaies de ce roi'''. 

(tLe roi .lathonmelek était le lils du roi lù'limounazar; il s'agit de 
savoir du<|uel des deux rois qui portaient ce nom il était le lils. 
Si Echmounazar II était mort sans postérité, comme on le croit gé- 
néralement, il s'ensuivrait nécessairement (jue .lafbonmel(>k était 
le lil^ dKclimounazar I" et le fri're de Tabnith et (ju il a\ait succédé 
à son neveu Echmounazar II, (jui mourut après quatorze ans de 
li'gne. .le suis cependant plus incliné à voir en Bodachiarl non pas 
le cousin germain, mais le petit-lils d Echmounazar II, et à croire 
que les rois de la dynastie d'Echmounazar se suivaient dans le règne 
uar filial ion directe : 

Ecliinoiiiia/.ar 1*^', 

Tnlmilli. 

I 
Ecliiiiuiina/nr II. 

1 
Jaltionmolt-k. 

lioJaitilart. 

rdar je jtartage l'opinion du D' Honviei'. que le passade dans 
lépitaphc d'Echmounazar II : rrj'ai été enlev(' a\.inl mon temps, lils 

"' Macridy-Bey , par nmlio, vont lallacluT ■) .ni nom du roi, ([ii'ii lil 
imnU;y~3 Hodoularln. 

''' Oirj). itucr. nrm., n"' '.'.li'i, a.')0, 79.^. 

^ ' dnrp. inna-. kpiii.. Il"' I o, I i , l 'i , 1 Ci « . 1 8 , 88 , H(), tjo, <(l, <cJ. 
• llalx'inn, Ijt» Arhéménttlp» , |». loi-ioa. 



— 205 - 

(le pou de jours, fils oi'pîielin fl'uru' veuve. , . n, ne doit pas (^tre 
j»ii> dans un sens lillrial. mais au lijfuri', cl (|u'il tie sifjriifie pas 
(|U(' ce roi soil riiori ciiraiil el sans laisser de posiéritf!.'» 

Je (lois nécessaire de compli-tci- le savant commentaire de M. le 
D' Sclirœd<'r \)av quelques remarques personnelles : 

I. An point de vue ëpigraplii(jiie : 

Le l«^xle de rinscription de fiodachtnri, (|iie j'ai transniis précé- 
demment au Comilc d'aj)rès un exemplaire mutilé sur les bords, 
ap|)ailenanl à l'Université protestante américaine de Bevronlh, 
texte publie' avec mes observations ", était sujet à contestation 
siii- divers poiiils concernant : a. le roi qui avait fait graver l'in- 
scription; h. le nom du roi son |)ère; c. le titre de «roi des rois- 
octrové à ce dernier; d. la présence du vav à la première ligne; 
e. enfin les ( onclusions historiques qui me semblaient logiquement 
(b'coider d(! ce texte épigra|)hi(|ue. 

Les ncul" nouvelles inscriptions de Macridv-Bey, comjiaiées les 
unes aux autres, donnent un texte désormais indiscutable, autori- 
sant à olaycr la discussion soulevée à propos de la généalogie de la 
dynastie des Ecbmounazar. 

Laulour de l'inscription est bien, comme je l'ai soutenu'-', le 
roi Bodatbiarl. Ce dynaslc a donc gravé simullamhnent dam un même 
édifice, pour relater les Diémes faits, des inscriptions dont le texte épigra- 
phiqiie varie, (le qui est directement à l'encontre des conclusions 
tirées, à diverses reprises, par M. Clermont-Ganneau, à propos de 
certaines omissions de titres dans certaines inscriptions, conclusions 
d'où ce savant a déduit sa doctrine chronologique de la dynastie 
des Ecbmounazar (^). 

M. Clermont-(ianneau ma reproché d'avoir fort peu tenu compte 
dans ma lecture des dillicullés graves offertes entre autres par la 
présence du vav^''\ Ur cette lettre existe, quoique M. Bruston '•'' 
ait estimé (ju'elle ait été mal lue, ou plutôt devait manquer à 

"' UuUelin archéologique, 1908, p. 579-585. 
^*' Ihtllelin archéolofriqne . 1908. p. 53 1. 

(^' Voir en parlirulior (iit-rmonl-Ganiicau, Fccueil d'archéol. orient., t. V, 
p. 217-267, et t. VI, p. i65. 

'*' Ciermonl-Gannpau, op. cit., t. VI, p. 166. 

'') Etudes phéniciennes , extr. de la Revue de théologie de Montauban, p. if). 



— 206 — 

l'inscriplion, Inndis que le JV Schni'der la considérait rromme une 
siuiple erreur du sculpteur^i. Je j)ourrais me iécus('r i»n l'aisanl 
observer (jue je nai jauiais posé pour répi{jMapIiisl»>. el. <|u\iu 
contraire j'ai toujours insisté sur mon incom|)étence en celte ma- 
lière. Ainsi, pour lin^ciiptiou tiansniise par mes soins au (ïomité, 
j'ai soigueuscmeul sijjualé ijuc sa lecture (et. par suite, li'aduction) 
avait été faite [)ar MM. Schrœder el Porter''', Si antérieurement 
j'avais adopte s;ins disciissinn ropiujoii de M. le l)"" Srlirœder, opi- 
jiiou qu'il abandoune aiijourd liui devant la présence constante du 
vav dans les neuf exemplaires nouveaux, je ne crois pas devoir le 
suivre dans sa dernière interprétation, .le préfère lire avec Macridy- 
Hey, à qui paraît-il cette lecture aurait été sugge'rée par le 
D' Wiiickler, Bodachtariou . en raltacbant le mv discuté au nom du 
prince. A lappui de ce sentiment, je rappelle que M. François 
Lenorriuint a de|)uis lon{>temps signalé'"^* la présence du vav comme 
finale des noms de Pliarnabaze et Dataine'-'*. noms au\(piels on 
peut ajouter celui de Tiribaze**', écrits en Citraclèi'es arainéens. La 
uitMue particularité est relevée ])ar cet écrivain sur un cacliet de 
la collerlion de Luynos, j)ortanl la légende hébraïque de Natbanias, 
lils dObdias, cachet publié par M. Rœdiger*''). Il est vrai qu'il 
semble faire une restriction p(Mi satisfaisante, (pielques lignes apr{»s 
avoir insiste sur les rapports étroits d(! la paléographie phénicienne 
de la Cilicie avec l'alphabet araméen. François Leuormant ajoute, 
en effet : «Ces noms (de Pharnabaze et de Datame) sont des noms 
étranger,-,, et le vac y itqjrtîsenle la finale perse en a. (Jiiant aux 
noms nationaux appartenant aux langues sémili(jues, sui' aucun 
monument phénicien on ne les trouve terminés par un mv non 
ladicaK'*'). Cette allirmalion trop absolue a été ronibaltue par W. 
II. Waddiujjlon. (iet auteur soutient (pie la terminaison |)ar vav n'est 
pas réservée aux noms propres d'origin»? persane. j)uis(|u'on trouve 
aussi le uom de la déesse syrienne Aterfrntis eciit avec un vav linal 

'" BnUetvi nrrhnnlnfnquo . lynll, p. .^Hn. 

<** Obiervaliom sur nup}(jnrH pointu de nnmismnliijiic plirnirieiinn , dans Rome 
iiumitmaliffue , iK(Jo, |». i 'i. — VA. )\\\\, Calai, oj Ureek coins of Lycaonia, Isuii- 
rira, and Alecia, \>. iG'i-H):'), n"' 12 à ai ; \>. 167-168, n°' q8 h H6. 

liabciun, Perse» Arliénwnidi'» , 11"' l6i) à I7r>, 1K1 à iqo, i()'.\ » u^K. 
liiiliolon , l'ir. Cl'/., u" 1 .')(■». — (if. Hill, /or. cil., y. i6l\, n" 1 >. 
' Xril\rhr. ilrr deutitcli. mnrfrenl. (Jesellsrlt. , I. III, |i. a^i.'K 
'*' Fr. I.cnoraiiiiil, loc. cil. 



— 207 — 

8Jirl<îs iiH'd.'iilh's''. M. l'^r. Lenorrnaiil ;i ritf'fl'aiHcMirsIa l<'j[<Mir!f» (riiiic 
liifMTr ifiavcc d (iiifjiiin june, sur lafiiiiîllt' doux tioiiis |)iir«'rn>'til s<*frii- 
li(|iifs se IcriiiiiD'iil jt.'ir iiii oiiv. Il scriiit Inrilc (|i> iiiiilli|ilii'r l(;s 
(•xoiiijdcs. An siiipliis, (Ml |)i('S('ii((! (lu li('H [iclil noiiihro d aiiriciirics 
loniics araiii('(Mmi's (ju(3 1 on comiaiL, il t.il an moins [(''UM'rairc d af- 
linncr (jnc Iclle uu telle inllexion {'raniiiiulicale est impossible, (>l, 
lor.s(|u'()n Irouvc sur un tn<jiiuui»'nt iiiio désinona; nouvfdin et sin- 
gulière, (lu monnuit (ju(! la valeur des lettres (!3t bien (Hablie, il 
faut Tadmettre comme élément nouveau de lo (/rammaire ara- 
méonne, jus(|u'« preuve du contraire 75 '^^. Pour rendre celte ar^u- 
menlation applicable h notre inscription, ilsuliit de remplacer à la 
dcrnii-re li|fin' le mot r<-aram(''eime-^ par celui de «r j)bcnicienne^. 

Le titre de frroi des Sidoniensn dotHn* en toutes lettres au pcre 
de Hodacbtart obli^je à adopler sans conteste les importantes recti- 
lications que M. Clermont -Gannean avait proposées le premier, 
avec une merveilleuse sagacité', en discutant les traductions déjà 
publiées sur cette inscription'-'', soi! -.a. la 8up|)ression du titre de 
roi tics rois attribué à Sadiqjalon; b. le changement du nom de ce 
piince en celui de Yatanmilik (ou lalonmelek); t. enfin, la sépa- 
raliondii mot ^AV^ de i-ih^ désormais complété par h^hj-, p^jur 
en faire I adjectif du mot Lû. 

Cet adjectif a été traduit par tf légitime 75. J'avoue que cette Iru- 
dnclion me parait soulever, surtout précédée du vav, bien des dif- 
licullés. En ellel, celle affirmation solennelle conduirait à soupçon- 
ner avec le D' Scbrœder que la légitimité de naissance de Bodacbtarl 
et son droit de succession au tnme sidonien avaient été contestés 
par certains menibn^s de la famille royale. Je ne lappelle cetle 
by[)olh«'se que pour Técarter. Je n aime pas les hypothèses invo- 
(|uées à l'appui d'autres hypothèses. Celte méthode d'argumentation, 
sans base solide, éloigne forcf-meni plus ou moins, mais con- 
stamment de la V(?rilé. La conclusion du D' Scbrœder découle na- 
turellement de la traduction du mot Vay^ proposée par M. Cler- 
mont-(iranneau; mais s'il est prouvé (jue pareille affirmation serait 

^'' W. H. Waddinglon, Revue numi»matique , 1861, p. 9; M. Balieion, Ptrses 
Aciu'tnénide» , p. 'lô, n" Si 5, n'ailmet pas ce vwu qui semble figurer sur la mpro- 
diirtion de la pièce, pi. VII, 17. 

l*^ W. H. Waddinglon, Eludes de numimn. a»i(tt., daii^ [i&vur ttumism., i8<)0, 

p. /lÔO-A.")!. 

'■^) (^Icrmout-Ganneau . liecitril d'arrhpol. urieitl., t. VI, p. i85. 



— -208 — 

des plus l'Irangos d.ins l'état de nos coiuKiissaiiros sur les mœurs 
orientales dans ranti(|uil('', on sera bien forcé de chercher un sens 
plus convenable que celui de fflt'ffilinie'i au mot contesté. 

Deux ar{juments doivent évidemment peser d'un {jMand poids 
dans celte discussion : a. Les inscriptions des potentats orientaux 
avaient pour but uni(jue de [)erp('t;ier leur niénioin! et d'assurer 
la transmission aux peuples de Taxcnir, des faits glorieux de Icui- 
règne, l'illcs mentionnaient donc leurs liants f.iils, parfois dénaluiés 
ou exageiM's. mais jamais leurs ('cliecs ou leurs tares. Or un(^ ji'slJ- 
tication éveille immanquablement le souvenir d diie imputation 
calomnieuse qui, à toute épotjue, a trouvé des esprits malveillants 
ou intéressés pour la propager. 

b. Ce serait méconnaître le monde oriental, surtout celui des sou- 
verains dont Taulorité jalouse était absolue, de supposer (jue, dé- 
tenant le pouvoir de leur royaume, ils se soient jamais abaissés 
jus(|u'à discuter avec des sujets dont la vie et les richesses étaient 
à leur discrétion. Le seul fait qu'ils détenaient le sceptre était l'al- 
lirmation irrécusable de leur- juiissance : force donc était an 
peuple ou de se soumettre aveuglément ou de se soulever contre 
le pouvoir royal, quitte à s'exposer aux répressions les plus cruelles. 

Bodachtart n'a donc pas pu ajjîrmcr la léfrithnité de sa naissance: 
elle devait être indiscutahh' aii.r ycu.r de fous dans son royaume par le 
seul fait qu'il était r roi de Sidon-^. 

('omment traduire alors le mol V/^vv? Je Tigimic; aux épigra- 
phistes de se prononcer O. 

II. \n j)()inl de \iie historique : 

i" Dans diverses publications, et spécialement dans mon ra|)- 
port sur le pr-emier exemplaire de l'insi liplion actuelle, j'ai insisté 
longuement sur la giméalogie du roi Hodacblarl^'*'. Je crois utile 
néanmoins de revenir sur celte question intéressante, en fournissant 
de nouveaux arg'umenls. 

L'opinion adoptée par un jjrand noudji'e de savants (juLch- 

'" Jp suis toiilofoi-; pru-tf' ri présnmnr (|iip Ii' sons de (rnlTcftioiini'''. rommo on- 
cope ceux Af "(If-vonén on dn tclidrin, ronvicndrnil jiarlniliMiirnt. I-<' pniiiii'r 
spps sp rflronxt' pour If mot lioinon\nio do la ianfrno arnlio. 

■" BuUelin (irch^iilmjiqne , iy<)<>, p. .')KJ^-5cS.'). 



— 209 — 

mounazai- Il ost mort jeune sans post/'ritc; icpfjso sur nri passajje de 
son «''|»ila|)li(' |nis dans un sens lillt'ral. cl (ju'à mon avis it Tant 
coniiuendic dans un sens li[juré. I^a mention dans notre inscrip- 
tion des noms des rois Yatlionmelek cl Kclimounazar, comme père 
el jfrand-|)ère du roi liodarlilîul . me parai! venir à ra[)piii de mon 
inleiprclalion. 

(ie j)rol)lcmc mc-rilc doiir dV-lrc soumis à une nouvelle discus- 
sion, pNis(|nc la soluliou adopicc conduira à dclcniiiuer diiric ma- 
nière précise le «frand-pcre du roi Hodaclilart. 

l/iiilcrprctation littérale, admise p;ir la [)rcs'|U(: iinanimilé d( s 
savants, tiaduil en somme le passade conti'oversé '' par - mort jeune, 
avant ràj;c nubile et par suite sans postéritéri comme inlerj)rélation 
équivalente du texte ori{[inal : ^J'ai été enlevé en peu de temps, fds 
de peu de jours. . . ^ l'allé se concilie évidemment fort peu avec un 
règne de 1^4 ans. Nul doute qu'Kclimounazar 11 ne fiit monté jeune 
sur le trône, puis(|ue le jour de sa mort il n'avait certainement pas 
atteint Tàge mur. Mais son avènement remonte siirement à une 
épo(pie où sa première enfaïu-e était déjà termine'e; dans ce cas, il 
aurait succombé en pleine adolescence et par conséquent nubile C^), 
c'est-à-dire capable d'avoir laissé en mourant une postérité. Cette 
estimation me paraît elle-même insuffisante. Pour avoir pu accom- 
plir des exploits capables de mériter, en récompense de son suze- 
rain, les villes et territoires de Dora et de Jopj)é (lin. 18 à 20), 
Ecbmounazar II a dû succomber au moins en pleine jeunesse, soit 
entre 20 et 35 ans, c'est-à-dire longtemps après son mariage, 
puisque, en Orient, les unions conjugales ont toujours été contractées 
de fort bonne heure. 

Les objections soulevées par l'interprétation littérale s'éva- 
nouissent donc en attribuant aux expressions un sens figuré. L'hypo- 
thèse de la mort d'Echmounazar II sans postérité est, par suite, 
écartée, et à plus forte laison faut-il ne point tenir conipîe des 
autres hypothèses tr()[) ingénieuses qu'on a essayé de greller sur la 
première. Il est par contre très naturel d'admettre qu'en mourant le 
jeune roi eut pour successeur direct son fils Yatlionmelek, et après 
lui, son petit-fils, Bodacbtart. 

''J Corp. iiita: setn., l. I, fasc. i, p. i3, lin. 12-1 3. 

'-' M. Tliéodore Reiuacli (Sécropole royale à Slilon, p. 398)* aitim^l aussi 
qn'Eclimoimazar II n'a pas pu répnor quatorze ans sans «Hro inarli*. Il alliilmo 
même à sa vcu\e le somptueux hypogée voisin de celui du roi Tabuit. 



— 210 — 

D'autres arj^uments conduisenl lojfi(|ueinuiil iuix iiumiios coikIii- 
«ions. 

i^a tr.insinissioii du poinciir royal en Orient s'cllocin.iil. en 
{féiiéfal. piir lilialioii (lircctc, ««t le plussouvoiil par oi'drc de priiiio- 
géiiiliin'. On ne pt-nt supposer, pour le successeur (rEcliiiMninazar 11, 
la violation loriuelle de cet usajfe sans une preuve certaine. Tant (|U0 
celte preuve ne sera pas fournie, la (;rilique est lorcée d'admettre, 
dans la dvnastie des Kchinounazar. l'existence d'au moins cin(| 
{jént'rations successives dans lesquelles la royauté s'est ré^julièrc- 
menl transmise de père en fils, dans l'ordre suivant : 

a. Eclimounazar l'*", 

//. Tabnil, 

c. Eclimounazar H, 

(/. \alliounielek . 

c. liodacliliirl. 

D'ailleurs, si Bodachtarl n'avait pas été le petit-fils d riclimoun- 
azar II, il l'aurait certainement indiqué dans sa {(énéalo^jie, soit 
en désignant le roi inconnu, père d'Echmounazar I"", soit on men- 
tionnant ses liens de parenté avec son oncle le roi Tabnit et son 
cousin germain le roi Eclimounazar II ''). 

2" Si l'on écarte de plein droit I identification hypothétique 
d'Echmounazar II avec le roi ïétramnestos, qui régnait à Sidon 
en IxSo avant J.-C, et, par suite, celle de Tabnit avec son ])('re le 
roi Anysos'"'^), on trouve depuis lon{|t.emps deux systèmes (mi pré- 
sence assignant pour éj)0(ju(' chronologique à la dynastie des Ech- 
Miounazar, des périodes distinrti'S séparées par |ilus de deux siècles 
d inleivalle. 

Pour M. Glermont-Ganneau, celle dynastie serait coiit('iu|)oraine 



'' I><' pr<?inior, j'ai ('mis l'opinion (jiic !<' roi IJodai lilart était !•• petit-fili^ d'Ecli- 
niounazar II. Jo sui»; lnMin'iix de constater (|iit> i'-s récenli's déroiivcrtes, on con 
firniant celte tliéorie, lui ont acquis les adhésions successives de savants orienta- 
listes comme II' II. I*. La/jinuge (/{eri/c hihliqu» , juillet if)nS, p. 119) et du 
D' P. Sclin.-.l.r. 

''' Sludnirza, Hir SnrLophiifrfi von Siiloii , (\nu^ Vorhaiiilli(nfj«n tlt^- XIJI Veriam- 
liinjr (IciiUrhi'r l'hiloloj'^vn und Srliulmnpimrr in Hic». Li'ipzifj. 1 H()I^, |i. ly t , et 
lirlivr tti,' (ininrllnirpii ilrr i^i'Hchirhtlirhon Krl.Upnnifr drr hk/ohmcAc;! Snrl.ftphaijp . 
dans Jnhriinch rlrit ileulichvn archeei>loipêclien Inililiil». t. IX. i^<)t. p. ;ioi<. 



_ 211 — 

(les deux premiors rois <rK}^y()(«' : IM,ol('Mn»î« l""" Soirr ol l'iolrméc II 
l*liil;i(l('l|tli<'. (>('lt<' IIh'sc, soiilcmie par dos aijfiiiiMMit.s scvliiisauLs 
aiilaiil (|irinjj;<''iU('u\ , n'a pas l.inlô à rcjclcr ;mi scrond plan ««'H*' 
ipravaienl aiilrricurcnicnl didcndiu' Ut dur d«! Luyncs et l.oiijj- 
pi'ri(;r. Pour ces savanls, les l'icIiDioiiiiazar anr.ilcnl \éin dans le 
cours du vi" siècle avant noire èi c. 

Le systèint! de M. (^lennoul-(ianiieau, le plu» répandu ciKore 
aujourd'hui, a été adoptt- par nombre dliisLoriens ou d'orienlalistes 
des pins dislin[;ué», quelquclois cependanl non sans (juolque ré- 
serve. Parmi eux je rappelle les noms bien connus de J.-P. Six 
el de MM. Maspero, A. Bloch, Ed. Meyer, PietscLmann, lialévy, 
Winckler, liouclié-LeclenMj, etc. VijjonreusemenI attaquée par 
M. Théodore P«einach"', dont j'ai repris, développé ou complété 
les ronolnsions en divers mémoires, la doctrine du savant aca- 
démicien se débat péniblement en face des découvertes épi^jra- 
phiqnes concernant le roi Bodachlart qui démentent nombre de 
ses hv|)othèses primitivement acceptées par la science. Elle |)erd 
chaque jour du terrain. Les plus modérés, comme M. Philippe Berger 
et le R. P. Lagrange, reprennent les idées de J. C. Schlottmann 
ou de Gutschmid. et rejettent les Echniounazar avant Alexandre, 
soit au IV', soit au v* siècle avant J.-C. Mais la plupart préfèrent 
encore les placer au vi" siècle. 

Pour mettre fin, une bonne fois pour toutes, à cette controverse 
chronologique, il convient de résumer brièvement les principa ix 
arguments apportés eu faveur de chaque système, en les complétant 
de nouvelles remarques inspirées par les récentes inscriptions du 
roi Bodachtarl. 

L'argumentation de M. Clermont-(ianneau repose presque (Mitiè- 
remenl sur des constatations épigraphiques : 

i" Dans répit;iphe d'Echmounazar 11'^' se trouve \o mot •^'^-f , 
traduit par tr puissante, que l'on trouve aussi dans l'inscription de 
Ma'soub (ligne (J) publiée et commentée par M. Clerraonl-Gan- 
neau'^'qui le rapproche du mol (JLsyaAÔSoi^os de la pierre de Rosette. 
Cette analogie a été considérée comme insignifiante'*'. 



"' Nécropole royale à Sidoii, i<Sc)'i. 

'*' Corp. inscr. xeniitic. , p. 19, lin. '>• 

<*' Bec. (l'nrrhr'nl. orient., l. I , p. Si, pi. V. 

'*^ Tli. iteinacli, Accropo/e royalt à Siilon, p. 3()8. 



— ■21-2 — 

Q" (>lt(> niônip épitapho renferme {lor. nt.. 1, 18) une expres- 
sion <^m/,<^4 4^ rAdnti Mclakiin'^ dont M. (ilcrniont-Gannoau a 
Tait en (iU('l<|iit' seule la tloT de voi'ilc do tonl ^()n svsièino. Va\ clVot, 
elle se relrouNc dans ti'ois autres insciiplions. I);tiis la [McniièiT, de 
Lapétlios '•' ollc dt"^i};n(' un PtoliMnéc incci lam : dans les deux autres, 
de Ma'soul) - Ct d'Idalion •'' elle eoncerne IMolér.iée III Everjfi'le. 
M. (Herinonl-(ianneau considère ce titre coninie cxclusivemenl 
ploléinaïqne, et le donne pour ('(piivalt-nt de la loriuulo xvptos 
5ao-Me<âîv «-seigneur des rovanmes'' ' , diMivée dune foriuide 
liiéroglvpliicpie des anciens Pharaons. 

Chacune de ces hy|)Othèses a trouNe des contradicteurs. 

II. I.a même expression est employée sur l'inscription d'Oum- 
el-.\ouaniid -''^ pour Père des Séleucides confondue tardivement 
avec l'ère d'Alexandre le Crand^^l C'est comme successeurs du con- 
(|uérant macédonien, lui-niènie héritier des rois de Perse, (jue 
les Lajfides ont adopté c(î litre. Dans réj)itaphe dlA-hmounazar, 
il peut parfaitement être appliqué au grand roi, (|uoi(|ue jusqu'ici 
on n'en ait aucune autre j)reuve. La locution est ancienne, comme 
le prouve le nom de tf Adonmélekw adopté (^) comme celui du grand- 
père de Ikhawmélek, roi de Go'hal. l'allé n'est donc pas de Pépocjne 
pl()léuiaï(|ue. 

I). M. Théodore Ileinach a réfuté cette autre hyj)othèse que, sur 
les inscriptions phéniciennes, le roi de Perse devrait être désigné 

par 1^ w /, i/y w /, lyy r roi (h'S rois"^''^\ Je n'y reviens pas. 

r. !.;• même savant s'est également (''lev('' contre la li'aduction de 
"-seigneur des rovaumesTi du gi'ec coinnie e'(pii\;denle de l'expres- 
sion pliénicicuue - Adon Mélakim •»»''. M. Philippe IJerger partage 



' ^.inji. iiixcf. srm.. t. I, |i. i i 'i , il" ().), I. •>. 

<*' llrr. d'nrrhviil. oriinl., I. I , j). Si , i. .")-(). 

'*^ Corp. in$cr. neiii.. p. loy, n" i)8, I. i. 

^*^ Cnrj). inacr. »em., ii" >l)y7. 

'*' Cnyp. iturr. nom., j». .3(), I. T). 

'*' lioiivior, Ij'f'rc d' Mexuuilvo /c (Ivaiul m l'hrnictf, d.uis l'u'tme ili'n élude» 
grecques, i H()(), p. n'y/!. 

•"' (jorp. miter. Meiii., y. "j. 

(•' l^r.cit., p. ;<«!. 

(•) Imc. rit., p. :tHo. 



— 213 — 

CJ't avis'". D'apri's M. I'n'iiiacli , (■cllc-ci csl l'aiialojjin' de ff roi des 
roisr». 

'.]" f liiiiscripl ion du saicopliajn' de Tahiiil sfMiiMf. au premier 
altord, apjiorlcr à ci'llc lliéoric la (-oiiliiiiialioti (|iii lui iii.'i(ii|iiail 
jiis(|ii alors. Parmi les mois ciirorc iiic\(di(|ii(''S de ct'[[r iiisrrip- 
tioii ii^jure le {jrou[)(^ de Ictircs ffAdIaiii, dans j('(|ind M. Ilalévy a 
cru reconnaître'-' le mol jfrcr etSco\ov^^\ Tnhnil avcilirail (|iiil 
n'y a poini de fi|jiirim's ou '>lalii('ll('S df mêlai prrriciix dans son 
cercueil. 

(îi'lle lecture <'st loin d'èlrc certaine, d aiilani plus (pie le sens 
qn'on lui attribue serait lorl peu satisfaisant. Il n'en serait pas de 
même des traductions f trésor r ou framas, monceau t» '''• ou ^ bijoux n, 

La tbéorie bisloriquc; de M. Clermont-(îanneau repose donc sur 
des bases bien iragiles'^^. Elle soulève, en outre, bien d'autres graves 
(d)jeclions. 

J'ai signalé la principale '^',rimpossibilité d'admettre la succes- 
sion régulière sur le trône de Sidon des membi'es de la lamille 
des Eclimounazai. (".omment auraient-ils pu se maintenir en faveur 
durant une période aussi longue et aussi troublée. [)eudanl laquelle 
la IMiénicie a changé tant de fois de maîtres? Ils n'auraient pu 
alors conserver leur sce[)tre qu'au prix de trahisons bontcuses qui 
leur eussent attiré de sévères châtiments et non un accroissement 
de territoire! 

.r écarte avec le P. Lagra)ige *'', mais sans m'y arrêter comme suffi- 
samment controuvée par les inscriptions de Bodaclitart, l'assimi- 
lation faite par M. Winckler (rixhmounazar I" à Apollodore, 
et de Tabnit à Phiioclès. En supposant que ce dernier soit monte 
sur le trône qu'il occupait en 278 deux ou trois ans auparavant, 
et (juAbdalonyme ait, d'autre pari, dû régner au moins deux ans, 
il faudrait donc placer cinij générations successives entre 33o et 
280, en un demi-siècle. Le fait est d'autant plus embarrassant 

t'' Philippe Berger, Imcription de la fondation du (emplr d'Exwonn, dans Métn. 
Acad. inscr. et bellex-lellre» , t. XXXVII, p. 387. 

"* Revue des élude* jnive» , t. XV (1887J, P- '■^9'-'- 

'•^' lMiilip|)e Borjjer, loc. cit., p. ■187. 

'*' Mayer l.nmliert, diins Reinach, loc. cit., p, 877, n. n. 

^*) Reinach, loc. cit., p. 877. 

'•' Ere d'Alexandre en Phênicie , p. 87/1, 11. -'j. 

W Revue biblique, 1903, 1" ocl., p. 5a a. 



— -21/1 — 

<|ne \p rl'iino d'Kchniouiiazar. pn'senle comme de courte diir»^e dans 

son épitaplic, iic laisserait f|U(' 3() ans poiii- (|iialn' rois, soit ciniroii 
lu'ul' ans par ri'jjnc. 

M. Philippe Jierjjer et le U. P. Lajjrange nliésileut pas [)lns (pic 
moi à n'ijarder dés()rn)iiis cetle solution cojnnie inaiccptahlo. 

Je pourrais eurore rajîporter cfaulres oltjcdions. On lis lira 
ri-apiès sous forme (rarj;nnienls coDstiluaiil loiil aiilani de présomp- 
tions favoraldcs un sNsti'Uie de ranli(piili' plus recul('(! des Kch- 
niounazar. (pu' rorn'incnf coniraircs à la lliéoi-ii; de M. Clcrmonl- 
Ganueau. 

i" Nul doute, apr^s les campagnes sncressives de fouilles exé- 
cutées par Ma(r!d)-!îey à Hostan-ecli-dheikli , (jue les ruines étudiées 
ne soient réilicment celles du temple (riîchmoun. Kilcs ont fourni 
quantité de débris de style égyptien. J'ai joint à mon rapport du 
8 juillet i<)oo (voir p. lo) un fragment de cylindre portant, sur 
deux côtés opj)osés, une lé;j;ende hiéroglyphique. Traduite pir 
M. Maspero, elle a donné le nom d'Amasis, pharaon de la XWI' dy- 
nastie. Cet objet trouvé lors des premières recherches clandestines 
m\n été coniniunicpié par le D'"For(l, directeur de Pécole protestante 
de Saïda. Il a été publié, d'après mon rapport, par M. Philippe 
Berger'*). 

Or, dans mon mémoire sur wLes rois phéniciens de Sidon '>'■'■, 
j'ai montré que rinlluence de l'Kgypte sur la civilisation phéiii- 
cienne s'est maintenue durant de longs siècles. Klle était prédomi- 
nante sous la domination des Achéménides. Elle céda temporaire- 
ment le pas à l'influence perse, comme le prouvent les monuments 
numisriialiqiies postérieurs à Straton I", puis, sotis Alexandre et ses 
successeurs, fut définitivement remplacée par rinfluence grecque. 

9." Dès mon premier rapport, j'avais signalé la situation étrange 
des iuscriptions d(! Bodachlart. Toutes celles (pii ont t'ie découvertes, 
au nombre d'une vingtaine, dans les londaiions du leniple d Kch- 
luoun, sont masquées dans la construction, la face cachée contre 
la pierre voisine. En relatant celle parlicularilé, M. Pliili|ipe Berger 
la considérée'*' conim'- la coiilinnation d'un usage habvionien eu 



"' IjOC. cil. , p. u()u. 

''' Hevur tiumiiin. , lijOîi. 

'*> Loc. cit., I». oya. 



— 215 — 

Phoiiirio ol nno priMivn iioincll»! des liens iinciciis (|iii iiniss.-iipiil 
li's deux civilisalioiis; j'mJouIo : avani la viil|j(irisali()ii ries j)ror('"lés 
li(>ll(''iii(im'S. 

3° M. Tli(^()d()rn llcinnrli a insish' siifTisaniiiU'iit'" sur los 
raraofori'S ('ifypiisaiils Hc l'In poîjt'n d»' Tahiiil rorniiH' diUcnnitiants 
(lo sou ancifiinctr rclalive, poiii- ([iic je me dispense d'y re\«;nir. 

A" Les sarcopliafjes avec iiisci ij)li<»ns j)lidniciennes des rois 
Tabiiil el r.rliiiiouna/.ai- II soiil des oiivrajjcs de la XXVI" d^iiaslie. 
M. Th. Ueiiiaili ('-' a émis Tliypollièse très vraiseiiil)lal>le (jii'il.s arri- 
vèrent en Pliénicie vers 52 5 avant J.-(j., après la eonquèle de 
ri*^[]ypte par Cainbyse, 

5" L'étude des sarc()plia|j;<'s grecs aujourd'liui au Musée d(! 
Constanliuople, qui lurent trouvés avec celui de; Tahnit, est loin 
d'être fa\orable à la modernité de la dynasiie sidonienne'^'. 

G" D'après l'aveu d'un ju}je autorisé, M. Noeldeke, rien dîuis le 
style des inscriptions de Tabnit et d'Kchmoiina/.ar ne dénote une 
basse époque. «L'impression qui s'eu déga^je est plutôt la\orable a 
uue date reculéen ^''^. 

-y" Les recherches pal(^'ographi(|ues du P. La|,n anjje sur les pre- 
mières inscriptions de Bodachtart^^' l'amènent à les rapporter à une 
période ante'rieure à Alexandre. 

8" «L'inscription d'Echmounazar, avec rénumération prolixe de 
constructions de temples où elle se complaît, évoque une image 
de sécurité, de jiaix et de prospérité qui n'a certainement pas été 

la condition de la Phénicie pendant les luttes des diadoques 

Pour tout lecteur sans préjugé, ce texte respire un tsprit h la fois 
prolondément religieux et profondément national, qui convient 
aussi mal que possible à la période de fusion rapide des races, des 
mœurs, des croyances inaugurées par la conquête d'Alexandre. Le 
cumul chez les souverains de la qualité' de roi et de prêtre d'As- 
tarte', l'absence de toute alliisi(»n aux divinités helléniques, le luxe 
solennel des formules imprécatoires, tout ri'])orte à une <^poquc de 
solide théocratie et desémitisme incorrompu où l'on ne sent même 

î" Lnc. cil., p. 870. 

« Loc. cit., p. ifi. 

'■^'i Pliilippe Berger, l<ic. cit.. p. aHH. 

'*> Reinacli, loc. cit., p. SyS. 

f*^ Revue Itibl., QcL 1903, p. ôiii. 



— 216 — 

pas encore poindre rjiiiroie de cette civilisation .syncreli«|ue iini 
deviiil être celle (le l'Orienl liellénis('"^ '''. 

()" D\ipit'S le téinoi{jna{|e d(» Malala ''-\ rinlrodiiclidn des mois 
maci'doniens fut ollicielleinent introduite tlans les villes |)héni- 
cieimes par Séleucus 1", Si répita[)ln' dKchnioiinazar II etail de 
980, elle ne serait donc pas datée du mois de bout. En la classant 
avant Alexandre, on comprend que ce mois phénicien soit men- 
tiono'' à Sidon. comme il figure sur des inscriptions des rois de 
(litiuiii et dlilalium. Melekiaton '■'' et Pumiaton ^l 

10" Avant la conquête macédonienne. Ions les i-ois de Phénicie 
el de (lypro comptaient j)ar l'ère de leur avènement au trône. A 
pai'tir de 33!;>, en Pliénicie. un j)eu plus tard en (Ivpre, ce droit 
leur lui su. primé. Sur les monnaies phéniciennes, jus([u'à Tinsti- 
tution (les (-res autonomes à Tyr et à Arados, et sur les inscrij)- 
tions de même origine, ces ères sont remplacées suivant les villes 
et les pe'riodes chronologi(jnes [)ar Tère d'Alexandre le Grand, puis 
par l'ère des Séleucides ou par celle d'un des Lagides. 

L'autorité des roitelets phéniciens sous les premiers successeurs 
d'Alexandre était tellement diminuée, ([u'ils furent privés du droit 
de monnayage et lurent obligés, comme les anciens satrapes, de 
compter par l'une des (-res précédentes au gré de leur suzerain. 

11" La donation de Dor el de Joppé ne peut être laite à Lch- 
niounazar 11 que |)ar un roi de Perse, puisque le périple du Pseudo- 
Scvlax, n'digé vers 35(j avant .l.-C, mentionne Dor comme ville 
sidonienne'-''^ 

Le nom de la ville de Césarée, sise entre Dor el .loppé, (Hait, 
avant Hérode, Tour de Straton. H est dillicile de ne pas l'attribuer 
à lun des rois sidouiens de ce nom ! 

1 tj" Enfin le caractère exclusivement égyptien des bijoux trouviis 
autour de la momie; de Tabnit confirme toutes les conclusions 
précédentes. 

En K'sumé, l'étude criti(jue desdeux séries d'inscriptions du roi 
Hodachlart, ti()uvé(\s dans h; temph; d'Echmoun, concorde pleino 

*'' Rpinach, loc. cit., p. 38;'), 

(») C7uono/.,XVni, a.')7. 

'*' Corp. itucr. sem., p. 107, n" ((". 

'*' Corp. itucr. trm., t. 1, p. iSli , n" m. 

'') Rciiiacli, /oc. cit., p. 38(). 



— 217 — 

inciil ;iv('c les (loim(''('s ;ircli(^ol<>|fi(jU('s ot (''|)ij|ia|)lii(|ije8 r(;ciu*illio.s 
à iiiic (''iioijuc .iiilt''ri('Ui(! (I.iris les livpojft'tîs de T.ihiiit et frKchiiiouii- 
jiz.ir II, cl ('l.ihlil siuiH cdiilosle (»0>>sil)l(' r«,'xirtfr'nc(; (itî leur dyiiiistie 
sons 1rs \(lM'mf''iii(l('s, ;ui vi' sic'clc avaiil mdrc Itc, puisque, dans 
mon iiirrnoin' ffSur Irs roi« plu-iiicicns d<; Sidoii'^, j'ai dtMnonliV' 
ritiij)Ossil)i!il<'* d»' l'inscrire sur la liste de res dynasties aux n' ou 
v' siècles. 

Docteur Jules Houvier, 
Corrospond.iiit du Comité. 



AnCHKOLUGlE. — N° 2. 



INSCRIPTIONS 

DE KHVMISSA, LAMB^SK, TÉBESSA 

ET TlMGAl), 



l'Ml M. JKIIOMK CAKCOriNU, 
Membre do rÉcolo française di* Hou: 



Les inscriptions snivantes ont élc découvcries en Aljiéric au 
roiirs fie l'annôe 1906. Les copies ou les eslampa^jes en ont t-té 
liansniis à M. Cagnal, qui a bien voulu me cliar|jer de les pu- 
blier ici. 



1. Thubursicum Nutnidarum [Khnwissa). — D'après un cs- 
lamj»a{je de M. Joly. liaiileui- des lettres : o m. 07. 

I M P C AcsKi-i 
DIVl NEKWnrJil 
NERVAE Trulduo 

linp{ertUon) Ca[esari] Divi Nerv[aeJil[io)\ ISermv 'l]r(i/(iiio\ 



Voir, à kbamissa, Tinscription suivante et une autre inscription 
en rbouneur de Trajan ''. 

2. Thiibursicum Numidarum ( Khainissa). — Sui" le vieux 
loruni; d'après d(Mix copies de M. loly. Ibuiteur des lettres : 
o m. 1 1 , o m. 07 et o m. o5. 

<" Corp. inârr. lui., t. Mil. n" 'iH7r). 



— 219 - 



l'nKMIKnH COIMK. 



9 10 11 








CA 






(3) ® 



Ce qui, à la confrontation des deux copios, apparaît d'abord, 
c'est ramorcp du uoni de Trajan, mEUVA TRA/ANO, et les 
lettres ERVAE. La première restitution à laquelle on songe est 
celle du nom de Tempercur Trajan [divi] Nervae [Jîli]. Mais si Ton 
prend garde, d'une pari, que sur la copie la plus soignée, et par- 
lant la plus digue de loi, la ligne di; NER.VAE est surmontée duii 
pointillé indiquant qu'elle conimencc l'inscription, et que, d'autre 
piM-t, les caractères du mot NERVAE soûl de trop grande dimen- 
sion pour qu'on puisse inscrire sur la même ligne les mots imp. 
roes. divi, cette resiitution semble impossible. Nous sommes bien 
plutôt en présence d'une dédicace à iniNEKW AE <nt(r. , dont on ren- 
contre eu Afrique plusieurs exemples ' . D ailleurs la copie n" si 



'" Corp. iiixcr. l'il.A Vlll if i'i^j-a. lôiô, aliii^. 



i5. 



— 220 — 

nous a coiiservt'' . dans son frajfiiKMil •> , raiiiorcc df TM de 1//- 
iiervai'. 

La dt'dicaro a ôU^ faite sous le rogne de Trajan : iuij). r/tes. /jERVA 
TRAiANO. par un personnage ilmil la pierre ne nous a <;ardé 
iliTune très petite partie des diMioininalions. Il oA à reniai'([uer. 
en efVet, (jue le cojfiioincn Ihi/im précède le jfenlilice Ariliu.i, ce (jui 
est contraire an\ lois épigraj)hiques, si de pareilles interversions 
se l'enconlrent parfois dans les textes littéraires. Nous sommes donc 
forcés de conclure que la ligne h du fragment i de nos deux copies 
ne contient que deux appellations entre autres d'un nom polyony- 
Miiipie.. Ce ... Kufus Acilius, dont la mention vient aj)rès celle de 
renipereur. était probablement proconsul d'Afrique. Il est naturel, 
en elfet qu à Tliiilntisiriim \uini(l<nuin, ville de la iNumidie pro- 
consnlaire, ce soit ce baut fonctionnaire qui fasse les dédicaces 
aux divinités, et, selon toute vraisemblance, nous devons lire fjro- 
COS à la ligne 5 du fragment i de la première copie. Après 
CVM venaient, énumérés, les différents dédicants auxiliaires dont 
les noms mis à l'ablatif étaient relii-s par la conjonction ET très 
nettement manjuée à la dernièn; ligue du fragment i de la pre- 
mière copie. 

Est-il possible de retrouver quelques-uns des noms qui compo- 
saient la polyonvmie du proconsul? blst-il possible de reconstituer 
les noms des dédicants secondaires? — l"]n ce qui concerne ces 
derniers, l'identité de l'un d'eux au moins nous est révélée j)ar les 
fragments des copies : c'est un certain C POinPONius; la copie i, 
IV. «S, donne C PO, et la copie a, fr. 3, donne C P; les deux copies 
(fr. -j et fr. 5) d(Hiiit'nt PON. Or. dans un fragment d'inscription 
leliouvi! à kbamissa lors des mènuis louilles, et que nous publions 
ci-apres, on ne peut pas ne pas être frappé de la prt'sence du 
début de ( e même nom à la On de la ligne 3 du fr. d, en même 
ti'inps (pie de la présence à la ligne 'J d'une parti»; de nom poly- 
onymi(pie. Ce fragfraent appartient ('gaiement à um; dédicace, 
comme il appert de la diUéi'ence de dimensions des lettres. l*our- 
(pioi ne pas admettre que ces deux dédicaces ont (îu les mêmes 
personnages pour auteuis? Dans ce cas, nous j)()Uvons proposer la 
lecture suivante : 



— 221 — 

M / N E R V A E « V G >< a c r. 

imp. eues, h E R V A T K A i A N O Au//- //■erM duc 

np(. pONTif. MAX TRI B POT l\cos...p.p 

RVFVS ACILIVi- codiua sparsm pou 

pvoCOS CVM ( 

dmi;. mluli tiiiO ET C PO/z/I'ON/o 

M[{\tirrrnr ['\\iifr(^iistne) \siicr[utn) lmp(eratore) (',fieg(are) N]erva 7'»Y/(i|rtH0 
A\ufr(uKlo) Ger\in(ftmco) [Dac(ico) Opt(imo), p]ont[if(icc)\ mttaiimo), iri- 

h[umcia) pnt(eiitfUe) //, [co{n)s(ule) , p(a(re) p{atnae)\, 

Hitjus Aciliu\s (loelms Spamuts Pou pro\coK cum (' 

\de8i{f{>uito) sodalis Tili\o cl ('.{(l'io) Po\m]pon[io\ 

Il nous a d'ailleurs c'të impossible de savoir le v«'ritable nom du 
proconsul dont il est question ici; et nous n'avons pas pu davanla^je 
compléter le nom de C. Pomponius. On trouve bien dans les in- 
scri|»li(uis des IVrres Arvales, à Tannée 120''), un consul suffecl du 
nom de Pomponius Marcellus qui, par conséquent, aurait pu être 
légat du proconstd d'Arri(|ue aux environs de 110. Mais ce Pom- 
ponius Marcellus est prénommé (J(uinlu8). Le nôtre est prénommé 
C(aius) sur tous les fragments. Ils font donc deux personnages 
distincts. Et tout ce que nous pouvons tirer de notre ir)sciiplion au 
point de vue historique, c'est une preuve de plus de Timpoitance 
du règne de Trajan dans l'histoire de Thubursicum Numidarum. 



3. Thubursicum Numidarum (Khamissa). — Quatre fragments; 
d'a[)rès un cslauqiagi- de M. Jolv ; hauteur des lettres : o m. oG5 
et o m. o5. 






VS SPARSVS PON 
ltTtI o ET-CPOMP 

PP 



" liorp. imcv. lai., I. VI, n" -joSo, I. 5(). 



'222 

Nous sommes en prés«^nce d'une dt-dirace laite soit à un em- 
pereur, soit à une divinité, sous le rèfjne d'un em])ereur dont le 
fragment a rontierït vraisemblablement le prénom iM;;. La pre- 
mière ligne des fragments r et d contient un nombre XV qui, sans 
doute, est celui des puissances tribuniciennes et la mention IMP 
des salutations impériales. Viennent ensuite les noms des dédicants, 

et entre autres le proconsul d'Afrique liufus Acilius Coelius 

Sparsivi Pun et C{aius) Pomp[onitis]^\ L'inscription a ëlé gra- 
vée d[earto) d{eairioNum) p{eri(nia) p{ublica). (iomme les personnages 
de notre inscription sont les mêmes que ceux des fragments pré- 
cédents, l'empereur dont il est ici question est encore l'empereur 
Trajan. 



4. Thubursicum Numidarum (Khamissa). — D'après un estam- 
page de M. Joly. Hauteur des lettres : o n). o5. 

DIVO GORDIANO 

rtVO \VG N 
L-AE''VS LF ^iMOM 

I 1 I Km&'Mm^m\.\^mm>, 

Divo Gordiano [a\vo A tt^n usti) n{ostri) L{uciiis) 
Ae[li]u.s [L(iici{) fïilius)] 

Cette inscription df^diée à Gordien, aïeul de l'empereur régnant, 
lionore donc la mémoire de Gordien I", proclamé Divus au mois 
d'avril ';>38, et a été gravée sous le règne de son petit-fils Gor- 
dien III proclamé Auguste au mois de juillet de la mèni(> année '^'. 
La lin de la ligne 3 et la lijjnc U (|ui doivent mentionner les titres 
de L. Aelius sont trop mutilées pour autoriser les conjectures. 

5. Thubursicum Numidarum ( Kliaiiiissa). — D'après un cslam- 
page df M. .lolv. 



"' Cf. i'insrription prôrëdonlc. 

'*' Cf. Cfi/fiiiil <'l <îoyaii, (^lininnloirip »//■ l'Empire voinnin , p. •jH/j-aS.'). 



22.'i - 

IMP CAES PALERI 
VS DIOCLESSI 
ANO IMO FELICI 
A V G 

Jinp{eraton) (]ncs{an) [('.[aio] V]nlerius Dioclessiano 
Pio Fclici Av/f(uslo). 

Le lapicide a coiiiniis doux laiifes : il a t''<ril Dioclctianus par 
SSI an lieu de TI cl il a inlercali; un uoniinalif, cALERlVS, 
dans une dédicace au datif. La {jrammaire, dans les inscriptions 
d'Afiique en l'honneur de Dioclélien, a été particulièrement mal- 
traitée ''^. 



6. Thubursicum Numidarum (^Khamusa). — Trois fragments; 
d'après la copie de M. Joly, 



1. 


9. 


3. 


SA 


MM 


VSLIC 


AVG PIO 


MEDE» 


RlIVSSt 


Ca AR 


/lERITOi 


NICOS 


A TO 




E R I 



Le fra{fni('nt i renferme les débris du nom d'un empereur caeSAr» 
AWGusto PIO. La dernière lijjne du frajjment 9 est évidemment 
formée par la fin du mot /«ERITO. Peut-être faut-il lire à la 
Q' ligne du fragment 3 : fwKl IVSST? 



7. Thubursicum Numidarum ( Khamissa). — Lettres de la 
bonne époque. Hauteur des lettres : 1. i et 2 , o m. o6; 1. 3 et /i, 
m. o5; l. 5 et suiv. , o m. 07. 

<'' Cf. notamnii'iil Guy. iitxcv. lat.. t. \II1. n°" 10071, 101 35. 



— nà — 

P 1' O s T V M 1 C) p /' >7 
R O M V L O 1 I I I riro viar 
CVRANDAR Irih. ,wl. 
LEG -t XVI FLAVI ne (/uarst 

PROVINCIAE 

TRIB i PLEBIS D esiffiuHo 
A + THVBVRSICl t a n i s 
PRIMO LATO C lavo exor 
NATO 



P[uhlio) PosUnnio \P(ublii) jil(io)\? Rotnulo ///[/ virn vtar(um)] curanda- 
r(«»«), \trib(Hno) viil(ilum)\ lpg(iouis\ \\î Fl(tri\iir /iuiirst{on)\ prooin- 

eùie , trib[utw) plebis d[esign[alo)] , a Thuhursici\tanis\ primo hito 

c[lavo e,ror]n(tto 

Dôhnt d'un rnrsns Hiroct rolatifàun persoinuiifo de rorrli-f séna- 
torial, J\ubUus) Postumius Homulm, par ailleurs inconnu. i\irnii les 
inscriptions de Thubursicum Nuniidaruin, il en est bien une qui 
mentionne un llamen |)erpetuusdu nom de L{uciits) Postitinius P[ublii) 
Jil(iu^) Pnpir[ia Ivlhu) Flaininalis ei à laquelle l'indicalion de la tribu 
semble asfii{(ner une date antérieure au m® siècle. Alallieureusemeul , 
rien ne noua assure que ce L(ncius) Postumiug Flaniinalis, fils d'un 
Pf^ublius), soit un fds ou même un parent de P(uhlius) Postumius 
liomulus. 

L. h. — ■ La léjjion xvi Flavia a été constituée par \espasien 
pour remplacer la léj|ion xvi (îallica (|ue sou dévouement à la 
cause de Vitellius avait fait dissoudre ". Noire inscriplion est donc 
postérieure à 70. Comme, d'autre part, les lettres de l'inscriplion 
sont d'une belle épo(jue, nous ne pouvons l'aire descendre P. Poshi- 
mius Homulus plus tard (jue le ii*" siècle. 

L. 5. — Il est impossible de restituer avec certiliidc le nom de 
la province sénatoriale où Poslumins lioniulii- a rempli ses jonc- 
tions de questeur. 

L. 7. — La forme Tlnilnirsinlanl se rcnconlrc dans ic-^ iMsi:np- 
tions conclu rciiirncnl avfc la roimc Thnhnrsicrii.'ics^'^K 



«" Dion.LV, 'j!i. 

f« Cot-p. muer, lui., t. Vlli. n" /i«7r). 



— 225 - 

L. ^i «'I 9. (Inmiiuml ijitcrpiV'ler les nioln jjriino laln riaro''' 
Sans (loiilc r.iiil-il roiii|)i<m(ire (|mi l'osluiiiius KomuliiB a éU'; Ut 
premier des riiuhiiisicilins à recevoir le laliclavi;, cesl-à-dire à 
entrer an Sénat romain. 



8. Thubursicum Numidarum {Khamissa). — Co|»ie (le M. .I(»l\ . 

L r C 1. 

P A P //• 

TAL/ 

TIS F 

iT Vlrojlam 5. 

PERP (juiiui 

PR + AE 

MOC 

INCV 

I VS ; A oi i(.. 

MERITA 

L{ucto) (] Pfip[i)iia tnhii)\ tal\{] tis J{ilio) 

II vt\ro Jl(im{tiit)\ pcrp(etuo) [qiitnqu(eniiaU)\ 



F^a ii{;ne 5 dont la restitutioii est évidente donne à pen près la 
lon[Tueur des li^jnes. Le gentilice du personna{je, à la lijjne 1, 
manque. Peul-èlr(» élait-co un Claudius? La ieclure (^[laHdio] est 
(•(•Ile dont les dimensions cadrent le mieux a\ei' le nombre de lettres 
à restituer; et le nom n'est pas inconnu à Thubursicum Numida- 
rum ('^ Les lignes 3 et U renfermaient la fin du cognomen et la 
filiation du personnage. La ligne îî prouve que r(>tte inscription 
doil s'ajouter au nombre de celles qui inscri\enl les citoyens de 
Thubursicum parmi les membres de la tribu Papiria f'^'. 

^'^ Corp. inscr. lai., t. VIII, n" 'ipâô. 

W Cf. Coi-p. in%n: lui., t. Mil, n" '»88G, 4887. 



— 226 — 

9. Thubursicuni Numidarum (Khamissa). — D aj)i'i'S un cslaiii- 
pa{{0 (le M. Joly. 

SALLVSTIAE i. 

NOBILI FLAM 

PERP 

C V R 1 A L E S 

O B M E R I I A B. 

E I V S urre 

C o N htto fvr 

erV NT N 

E I S V i D ^/ 

Sallustiae Nohili Jlnm(inic(ie) perp[eluae) airiales oh mpirî\i\a ejus 
\acre] c[oiilatofecer]unt d(€)[d{icavcr»nt)]. 

L. 8 et 9. — kprhs Jecerunt et avant d{(')[d(icavertmt)] , la pierre 
ne présente distinclcuient qu'un N. 

Sallustia Nobilis est inconnue par ailleurs. 

Les insçiiplions di'dires par les curialcs sont fn''(|uenles en 
Afrique'". 



10. Thubursicuni Numidarum (Khatimsa). - (lu|)ir de M. Joly, 

I V 
llnihWK^lri/fini:' 
B V S I D F 1 
TMOy 
N AT V 
A 

" Cl. Cn,),. „,»,■,: loi., t. VIII, m" 7-, ii'UjH, 3;{oa, rtr. 



— 227 — 

11.-12. Thubursicum Numidarum (Kfidiiiissii 
1 I. C(»|)it' de M. Jnly. 




1 s?. Copie Hc M. .lolv. 

"RI O R 

GEM E C 

EBELC VIA 



v 



V'NL 



13. Castra Lambaesitana ((lainj) de Lamhhe). — Kslatiipajfc 
de M. Ciourinonta{jiie. Hauteur des letlies : o m. o(» pimr l;i lijjne i, 
cl o m. o.'if) |)()iii' les lijjnos suivantes. 

I • O • M 

CONSERVA 
T O R I A V G G 

G N N N L M 

IVS SEVERVS 
T R I B M I L I T 
LEG III A^G VS- 

J{ovî) Oiplimn) M{aximo) comevculori [Iriunî] Aug(usloriim) u(ostronim) 
L{ucius) Mains Severti.s tnb{unus) mtlit(um) Icgiionis) III Aug(uslae) v(otum) 
s(olvit). 



L. 3 et U. — L\'x-voto a été exécuté Augg/f. mm., sous lroi.> 
Auffustes, c'est-à-dire outre 209 et 211, années pendant lesquelles 
Sepfiuie Sévère et ses deux fds étaient tous les trois associés à 
ri'lmpiie. Il est à noter que deux G et deux N ont été martelés 
après coup. Or, olfiriellemenl, il n'y a jamais eu qu'un seul des trois 
Augustes, Géta, dont le nom ait été j)rosrrit des monuments. Si 
donc on a aussi eiïacé celui de Caracalla, c'est (|u'<>n a vdulu faire 
servir l'ex-voto ulte'rieuremont . et <jue. dans la suite, la |)rolection 
de Jupiter a été appelée sur uii em[)ereur ayant léf^né seul : Kla- 
gabal ou plutôt Alexandre Sévère. 

dette inscription, jilacée dans le camp, prouve que .lupilei- jouis- 
sait, dans l'armée d'Afrique, d'un culte oflioiel ; elle n'est point la 



— 228 — 

seule, (lu it'slt'. cl on connaissait déjn rcUe (|iravaiL lail {jiiivci-. non 
loin (lu |»ia'loriiiMi , le priniipilr l'i. (ilaiidiiis \'il;iiis'''. 



14. Castra Laiiibaesitana {Camp de Lanibhc). — Kstnni|);i;;(* 
(le M. (".(iiiiMnont;i};nr. Lctlros do o m. o.'îf). 

dro iiiviciO M 1 II K A E 
prn sainte r 1 V L I V E R 1 M rt 
ximl auji »oBlLISSlMI CAES 

\Dio \nvicl\o Mithrae \pro sainte C{au)\ Jiili Veri M\tt.rmi Auj(uitt{) 
no\b ilissiin i Cnos^aris) . 

Celle inscriplion {jravce pour le salut do C. Julim Vous Ma.i'iimis 
Aufiiislu^ nobilissiimis Caosar date donc du irjfuo do M.iximin, son 
|ièro (23r)-!i38). l'^llo «frossit le nondjio des inscriptions cousaciéos 
à Millira par dos ollicicrs ou sous-olliciers de raiinéo d .\fri(|uei^'. 
Elle serait très iniporlaole et prouverait contra ireraenl à l'opinion 
d.' M. \on Domaszewski ''^' et de M. (liiniont''', qno le cnllc d(^ 
Millira a en une place olficielle dans larinée romaine dès la j)re- 
micro moilié du m" siècle, si elle avait été faite exprès poui- un 
niih'l du camp de Lanibèse. Mais tout ce qu'on pciil dire, c'esl 
(picllc y a élo trouvée, et la pierre a pu v èiro ap|)oili'c comnio 
moellon. 



15. Castra Lambaesitana [(Uimp (le JMmhhsv). — Fraj|nnMit do 
scola, |)rès du proilorium; d'après une copie de M. (lajjnal et l'es- 



"' Cf. liull. avch. du Coniild de» travaux lÀslorique» , annéo 190/1, p. 198. 

'■** Corp. in$cr. lai., l. Vlll, 11"' 307."), aH^G, aiSU, i8oa5. (]f. siirros point'' 
• iafjnal, Armétt mm. d'Afr., p. Im'i. 

'^' Von Uoiiin^zt'wski , Die I\eUgion des Homiscbpn UrcrcH dans In W rtldfiulxchp 
/pil»chrift , aniiof iHgb, vol. XIV, p. OH. 

*' (iiiiiiniit, T«.rtcn ol mottumfinl» fifrurp» rrlntifn iiii.r vnfuli'VPH ilr Millini . 
Bnixoliefl. iHm». t. I, p. aHo, n. a. 



— 229 — 

l.'Miip.'iifc (le M. (I(iiiiiii(iiil;i;|ii('. I l.iiilt'iii' des Ictlrcs : o m. oO, 
() III. () 'i . 

CAS T Pv O Ktnn i. 

f,r /^'^/;^s•S 1 M 1 S S T I V nuliis 

D II CAECIL VR 

VM LEG m AVG P 

A H ABERE ET se 5. 

VLIS iS n IvTdA 

l^a (lillV'reiice de liaulcui' des lellros jjL'imct de discerner dans le 
('rajfinent les deux parties d'une inscri|)lion dédicaloire. La première 
lijfue porte visibles encore les traces du mot CASTROR(<m. Il est 
donc naturel de penser que la dédicace s'adresse 5 Julia Augusta 
mater castrorum, et vraisemblablement aussi à son mari et à son 
fils Septime Se'vère et Caracalla. 

En second lien, cette inscription (jui a éle laite par des mili- 
taires de la l('n[ion ni'' Aujjuste, ainsi (juenous Tapprend la lifjrie h, 
se termine par l'indication d'une somme d'argent à verser : 

singV US fô H N DAre 

N'est-il pas, dès lors, évident que ce fragment appartient aux 
statuts d'un des collèges militaires qui se sont constitués à Lambèse 
sous le lègue de Septime Sévère ^>? Toute la question est de savoir 
s'il nous révèle des statuts nouveaux, ou s'il appartient à des statuts 
que des découvertes épigraphiques antérieures nous aient déjà lait 
connaître partiellement. 

Parmi les règlement? élaborés par les sociétés de secours mu- 
tuels de sous-officiers de la légion qui sont parvenus jus(iu'à nous, 
il en est un dont nous ne possédons (|ue la partie gauche et que 
les éditeurs du Corpus ont complété par comparaison avec les rè- 
glements analogues moins mutilés. C'est celui qui figure sous le 
n" 2553 du tome VIII et (jui fut n-digé par les optiones valel[ttdinarli], 
les pcquan, le Uhrnriwt H dlu-enlrs rapsarior[tim^. 

»' Cf. Corp. ifwrrr. Int., t. Vlli. n"' «559, a553, »556 et fl557. 



— 230 - 

IMP i CAESS I L I SEPTIMIO terero pio pfitinaei aug. el m 
AVRELIO I ANTONINO Pi" aug n l. teptimio i;rt,„- mes 

ET IVLIAE AVG MATRI AVG | GT| E T ra^tromm deiitante q. anicio 
FAVSTOCOS AMPL EX LARGI >^simU itipendiU quae ifi 

EOS CONFERVNT FECERVNT OPTIONES VALET .../.-.«r, 

PEQV'ARI LIBRARIVS ET D I SCEN TES CAPSARIO -■.,.,, ob q„a,„ ,ol 

LEMNITATEM DECREVERVNT VNIVERSI ARCA " r >.( ^x qua vfterani qui « 
EODEM COLLEGIO DIMITTENTVR ANVLARl N SING«/<s ..r<-.>'.-«' A»/ «in m. . . ».,/ « 

ITEM DISCENTIB PROPORT SCAMNARI SVI IS CO li swx .\,.- q,„u,lor adnumnare rur . 

W est st^duisanl de supposer que les six lijjnes de nolro IVajfment 
sadapicnl aux lijjnes .'{-8 de l'inscription df'^jà |)ul)liée. A vrai dire, 
on peut faire valoir contre cette hypothèse une ohjeclion jfrave. Il 
|)arait. en elTet, malaisé de faire coïncider la ligne 5 de notre Trag- 
nK'ul avec la ligne 7 de l'inscription, car si l'on raltache le mot 
nvni de rinscriptioii au nu»t luihcw du IragmenI, c'est un accusatif 
et par consé(juenl arcaM. qu'on est foicé d'avoir. Or la dernière 
lettre que les éditeurs du Corpus aient vue sur la pierre est un V 
hrisé, el la première lettre (jue porte notre IVagmenl est un A, 
aussi bien d'après la copie de M. (lagnat (|ue d'après l'estampage 
de M. (lourmontagne. Comment concilier le témoignage de la pierre 
avec les exigences grammaticales du texte? Peut-être, dans l'in- 
scription, les 9. branches (\u V n'('taient-elles pas aussi nettes (jue 
le marquent les éditeurs du Corpus? Peut-être aussi, dans notre 
fragment, le trait inléricnrde l'A n'est-il (|u'un défaut de la pierre, 
ou même une erreur du lapicide '? En rap[)rochant la branche 
gauche du V et les deux jambages de I A , ne peut-on alors rétablir 
une M? Sur tous b's autres |)oints. et à toutes l(;s autres lignes, 
Iraganent et inscription se rejoigmenl lacileincnt , et nous nous 
croyons autorisé à compléter ainsi les statuts du collège : 

IMPP ; CAESS ^ L I SEPriMIO 'rrn-n ,,„, p.ri:„nn .iu,;. el m. 
AVRELIO i ANTONINO P io a,. ■ ,-t I. septimio i;etac. car» 

ET IVLIAE AVG MATRI AVG G l| ET C .-.S"." RO r «m dédie. 7. ameU, 
FAVSTO COS AMPL EX LARGIS/iSIMiS STIPr-.rf.i» q«ae ,.. 

EOS CONFERVNT FECERVNT OPTIONES VALEThD II CAECIL WKl-im,, 

PFQVARI LIBRARIVS ET DISCENTES CAPSARIOiVM LEG III AVG P y. oh q„am ^ol 
LEMNITATEM DECREVERVN I VNIVERSI ARCAM HABERE ET SCdalil,u> qui es 
EODEM COLLEGIO DIMITTENTVR ANVLARl N SINGVLIS IS II N DAre k»l .,.» 

ITEM DISCENTIB PRO PORT SCAMNARI SVI iS 00 N $u« die qunr>ln,- adm,mer„re eu, 



(!) 



Lt's itiMTi|ili(ins (.oiinmaiit les rollf^jeH iiiililairus de I-iambèsc renfcrincnl 



— 2:\\ — 

Iinp(eratoribus) ('aes[arihii.s) L(ucw) Seplimio \Scvero Pio Prrlinari Aug[uslu) 
et M(^arco)\ Aurclio Antoiiino l'\w A it/fiusto) et L{ucio) Spjiùmio Getac 
(Àies{ari)\ et JuUup. Au/fiuittae) mnlri Ati{f(iistorvm) et caHlror\um , dedi 
c{Hnt(') ()(uiiito) Aiiicio\ Fausto co{n)s(ule) ampl(tsslino), c.r lnr/fi\s\simi8 
slip\^rn(liis tjiKie in\ eos cimfcrunt fererinil optiows valct\H\d[inain) Il 
Caecd{ius) Ur\banus. . . . ,\ pctjuiiri, librnrius et discentcs cap8ario[r)^um 
leff[ionis) III Auff(ii.stnr) P{iae] \\'{indicin) . oh quant snl\leinmlitl(;m decre- 
rrriinl iinirnsi arc(t\tn\ hohcre et ■s[odalihiis qui e.r\ eodrm colleijio dtinil- 
Iciilur anulari n(omme) sin<rulis H{eslertium) duo mtlia n[ummorum) dn\rc 
kaKycmlis) Jan{iiariis): item dincrutihius) pro portiinnc) scamnnn sut sieulcr- 
tios) mille n[ummns) \sua die qiiaeslor adnumnrare curahit\. 

\j. f). — Une inscription découverte au camp de Lambèse anté- 
rieurement mentionne Caerilins Urhanns comme <)pt(io) vnl(eludi- 
/jflnï)(". Cette inscription est datée du rèjjne des trois Au{justes, 
c'est-à-dire de la période qui s'étend entre 909 et 211 et pendant 
la([uelle Sej)time Sévère, Caracalla et Céta furent associés à Teni- 
pire. Or notre inscription, diidiée pai- Q. Anicius Faustus, ne 
peut être postérieure à l'année 201, qui est la dernière du gouver- 
nement de ce proconsul C^). Il est donc resté assez longtemps optio 
oaletudinai-ii. l^'inscription de iç)(S-ooi. complétée par notre frag- 
ment, tranciie en faveur de la pluralité la controverse qui s était 
élevée sur le nombre des optiones valetudinarii^^^ 

L. 8. — La restitution s\odalibus] est amorcée par la boucle 
d'un O visible sur la pierre et justifiée par la définition juridique 
des sodales : n sodales su7it qui ejusdem collegii sunt-n '*'. 

L. 9. — Les compléments apportés par noire fiagment élucident 
le sens des mots pro portione scamnari. Quand 1 inscription était 
incomplète, il était permis de supposer, bien que le chiffre précis 
de mille sesterces semblât déjà écarter l'hypothèse dun anulariuni 



parfois dos lapsus du lapicido. Cf. nolammont Corp. imcr. lat., l. \11I, n" aoôy : 
prn félicita te et incolumitutem. 

'■^ Corp. inscr. lat., t. VIII, n° QÔiVi. 

'*' Cf. Fallu do Lessort, Faulpx des provinces africaine», t. I . p. 'io<i fi sui- 
vantes. 

"' Marquardt ( Org-anwodort militaire, p. 3oo, n. lo) croit à liiir pluralité. Au 
contraire, M. Cajjnat { Année rom. d'Afr., p. i85) suppose qu'il n"v a qn un npiin 
vaietudinarii. 

(») Dig., 47, aa, '1. 



-235 

niobiN» qu'il s'aj|i.sstiit d'ime [(ropotliomialifr ifradmW' sur un 
sraïunnritnn variahle'''. Nous iIcnous comprcndic riiaiiiU'tiaiil (|uo si 
l'anulariurii dos associ«'s lihilalit.^t. pourrait-on dire, eat dr -i.ooo ses- 
(crrcs ol Vatiulariuni des (Hsrriilcs Sfulcnicnl de i,ooo scsicrces, 
(l'Ile dinV'rence s'('xpli(|uo par la dillV-rcnci' des rolisations d'entrée 
et |)ropoitionnollouu'nt à elle : pro poitione scamriari. \'a\ d'autres 
termes, les versements des disrcnlea étaient moilic' moindres ({ue 
ceux des soda les. 



16. Castra Lambaesitana (Camp de La ml use). — Estanipajjes 
de M. (louiiii()iil;i|;ne; liaiiteur des lettres: om,o:î5 jusqu'à la 
ligne 8; puis o m. oi. 

proFELICITATc ET INCOLVMITATe 
.vECVLI DOMIN N N N A^GGG 
•s-cPTIMI SEVERI Pli PERTINA/G 
cl M A V R E L A N T O N A V G n. Jil 
fTT. A~K B R I G E R MAX ( N G G 



et IVLIAE A^G MA'R A^G [NI C A S 



/VB LEG III A^G PVQ_N SVB 
./NTONIVS PROCVL O? Q_ GRANIVS CRISPINVS 
l'ALERIVS FELIX PR Q_FABIVS DONAT 

ELIVS FAVSTVS 

[Pr(ojJ J'rlidtat[n] et vicoltimttat\e s]eculi domin{oruin Inuin) n(ostrorum) 
Au/r(ustorum) [Se\ptùni Severi Pu Pcitm(acis) Aiifr{ustt) [et] M{arci) 
AureliJ) Antonitui) Aug-(usl{) [n(ostri) Jll{t) Fel{icis)\ Ai\al>ici) fin(t(iunicî) 
(jcrm{anict) M(Lr[imï) An^(nslorum) [e/| Juliae Aug{itstac) inatr{is) 
Aiiff(usti') n(oslrt) cas(tronnnque) [t]ub{icines) leg{ionis) III Aiiff(u.slae) 
P{ifte) v(indtcis) fi(uorurn) n(omi)ia) sul)(jecta sauf) : \A \)itonlu.s Prttcul[us) 
op{tio), \V\tileritui Félix pr{vicipalis), Qyninlus) (rraniuA Cri.spviit» , Q(uin- 
tus) P'abiiis I)oiiat{us) , Elius Fnii.slux 

(iettc insrriptioii a été {fravée entre îîoç) et 3ii, piiisipTelle est 
dédiée aux trois Auffiisfes. (Ilférieuremenl , le nom de (irtii fut mar- 

'"' Cf. Caf^nat, Amtée roin. il'A/r., |i. '171. 



— 233 — 

l/îl/' ot romplacf' par un allonjffitncnt iW la litulatiii»' de. (iaracalla 
(jiii poil»' sur rioiriî iiiscriplioii des (''pitlirlcs (pii ne lui furent 
(lérernéos qu'après la mort de Sepliine Sévère : Ar(abicus) en iî i t , 
(!rrm((inictis) M(i.r(iiniis) en •>.\'.\. 

(Iranins Crispiniis. I''al)ins Donains sont inconnu-^ à Lanihèse. 
On a (h'rou.crl dans la iMk;ro[)()le de l/ind)('se la lonihcd un M{nrcns) 
AtiUniius Prnciilits rrHcranus)'^' el les lombes d'autres membres do 
sa famille ■-'; mais on no peut adirmer (jnil ait queUpu' lapporl 
avec notre option. Les Valerius Félix sont si nombreux laût au camp 
(ju'à la Nille, (|u'il est impossibli; d'identilier le nôtre avee Tun 
d'eux '•*. Un (1, Aelius ''' Faustiis est mentionné comme heneficmrim 
du tribun laliclave; sa fonction nous interdit de l'assimiler au 
nôtre. 

C'est, en efVet. d(; tulncitirs (ju'il est ([ueslion dans noire inscrip- 
tion; les lacunes de la pierre ne laissent pas de marjfe à une 
autre restitution (|ue [l]iib(icines) , et oelle-ci est confirmée par la 
disposition même des noms des dédicants. (l'est un oplio qui 
ouvre la liste; or les chefs de musicpie portaient le titre (Vnptio'^\ 
et, dans l'inscription gravée par le coHè^je des comicines. c'est Voplio 
L. Clodius Secundus qui est en tète de l'énumération des 
membres '*'. 

Si l'on songe que l'inscription des cornicines a été gravée égale- 
ment sous le règne des trois Augustes, qu'elle débute par la même 
formule, (ju'elle est disposée de la même manière (|ue la nôtre, il 
est vraisemblable d'admettre que les tubirines avaient formé, eux 
aussi, un collège, et que nous sommes en présence du début de ce 
que nous pourrions appeler l'acte constitutif de la société : au-des- 
sous des noms des membres de la société, comme au-dessous des 
noms des cornicines, venait sans doute le texte des statuts qui la 
régissaient. 



17. Castra Lambaesitana (Camp do himbèse). — Porte oricn- 

(» Guy. inscr. Int., t. VIII. n° '.Uùifi. 

('' Cf. Corp. uncr. Int., t. VIII. n"' 3o35, .3'i02, ifio-j, 4o93. 

'■*' (if. Corp. irucr. Int., l. VIII, n"' aôâ^ d, ai; 9.Ô64, aô; 3a5.5, 3a57, elc. 

f" Corp. inscr. Int., t. VIU, n' a 55). 

(') Cf. Cajjnat. op. cit., p. ai 8. 

'•' Corp. ifucr. lat., t. VIFI, a" a^ib'j. 

ARcurot.odiE. — N" '2. i6 



— 23Û — 
Ulo du (Viiup; oupiti de M. Ca^^iial; li;mli>ur dos lettres : o m. i o, 

TIL 1. 

PATI 
F 

ObT| 

I A S. 

lln<» restitution est impossible. Tout ce que l'on peut dire, c'est 
que l'inscription contenait un nom martel»^ à la place ducjuel un a 
inscrit d'autres lettres. 

18. Castra Lambaesitana {^Camp de Lambhsc). — Dans le camp, 
mais assez loin des thermes; copie de .M. Caj^Miat; liauteur des 
lettres : o m, i o. 

IMP CAESAR M 

THERMo-s- 

hnp[cralor) (laesar M{arcus) thcrm{ax) ? 

Bien que la pierre ait été trouvée loin des thermos, il semble 
bien qu'il soit question ici et d'eux et de l'empereur sous le rè|(ne 
duquel il y l'ut travaille'. Malheureusement, on ne sait sil s'agit de 
leur construction ou simplement de réparations ou d'embellisse- 
ments; au surplus, le prénom M(arcus) a été porté successivement 
par Marc-Auréle, Commode, Garacalla, Macrin, Elajfabal (!l Sévère 
Alexandre, si bien (jue l'histoire du camp de Lambèse n'a rien à 
tirer de cette inscription mutilée. 

19. Castra Lambaesitana (Camp de Lambèse). — Près du pre- 
lorium. Kstaiiipa|je de M. (iourmonlajjne. 

A V N O 
AS AEMI 
lùmo eT BASSO 
coiisullhVS 

. . .11 uiio . . .a.s .\fwi\li(ino c\l Btisso \r(titsul\ibu}i. 



— 235 — 

Le consulat d'/l^irnili.inus cl Hassiis osl (!<■ r.uin('(; jSg'' . 

20. Castra Lambaesitana [damp dv Lambèse). — Dans I»! l)asti(»n 
Nonl-lvsl (lu carnj»; (raprvs les (islampaj/cs de M. Counnontajjnc; 
trois frajjnicnls; hauteur des lettres : o m. oi a. 

I 

c « ^ r V L L 1 V S S i I -v .Y rv cirt 

/«««RELIVS FATALIS THEV 

JH. .hLIVS QVINTVLVS CIRT C 

m. ciNGONIVS VERVS CIRT C 

w.y/AVlVS VR.BANVS CAST I 5. 

cOH VTI T 

tib claVDWS CASTVS CIRT C 

y. me.MMIVS AVITVb CAST 
c. atlWS ROGATVS CAST 
y.m-ELLlVS SILVANVS CAST lo. 

m. c«iTIVS FAVSTINVS CIR< 
e. sc/TORlVS VICTOR KART 
n. /«mNATIVS MESSOR CASi 
c.iuliVS SILIQ_VARIVS Cirt 
e. iuliVS HONOR ATVS c»r( i5. 

m. ^roNIVS CLEMENs cast 
m. cas si W S R V F V 6- W^^ 

c. iniJiDlV S P A n c ^ / g y ^. ^.^,5'; 

I. — [C{aius) Ncrjullius S\eranus Cirl{a)\, [M[arcus) Aurjelius Fatalis Thc- 
vÇestc), [M{arcus) Ju]Htis Quintidus Cirt{a), \M(arcus) Cin^onius Verus 
C{rl(a), [M{arcus) F[\/ivius Urbamis Cost{ris). — C]oA(or«l Vil. Tibicrius) 
(]la\udixui Cnstus (Art(d), [Q[ui)itus) .\fe)ii]mius Ai'itus Cnstins). [('(atus) 
Alt\ius Rogntus Cast{ris), \Q[Hiulus) Cer\cUius Silvnnus (-asl[ris). \M{arctis) 
(Mt]tiM Fnustinus C[trt(a), (\aius) Ser\tonus Victor Kart\hagine) . [M{ar- 
ctis) ^Ju\tlatiuJi Mrssor (M[st(ris), Ciaius) Juli\us Siliquorius C[irl{a), ('j(aius) 
Juli\us Honovulus \Cirl[a), M[arcus) Gra\nius ('demcn[ii Cast^ris), M{arcus) 
Cassjius Iiuju[s, (aius) Aujijdius Fa[rsuleiis '/] 

<" KIt'in, Fatli mux. , \t. 108. 

16. 



— -236 



III. Il II III i ^ \ w S G F. ivi F ! /(/."» rnst 1 

m. mAHIVS FELIX cirt 

;«. yVlNTlVS SEKVILIVS tàulla 

c. GELLIVS MARTIALIS Cillo 

t. FLAVIVS SATVRNINVS Cast .'>. 

/ ! ATI N I VS Silrinnis karl 

II. — \M[nrcus) Numis\ius [Geiiicllus C,a.st(ris), M[arcus) Mlarius? lù'li.r 
\CÀrl[a), M{(ircif<] O^uiiitiut Snrilius [lîulla, C(fiius)^ GelHifi Murli/ilis 
C[Uio, T[ilus)] Flavius Satuniinuji C[asi(ris), L[ucius L\ntiiiiu.s [Silvuiiu.s 
Kart[haffine)]. 

m 

(j. flwreLIVS RVFVS cast i. 

c. yi"nf"CIVS DONATVS cast 
c. vit A LIS C A P I TO h ad 
c. iuliV S A R A B V S cuic 
c.^emlNIVS SATVRNINms cir/ 5. 

m. rt /t N I V S FELIX thain 
p. public JVS ORESTIN C nst cor. Ir 
e. pctroniVS MANGA/a mie 

in. — [Q[uintus) Aure]liu.<i Hufus [Crt«<(m), (^aius) ViHi\cius Donahis 
[C(Ut(ris), ('Aaius) Vit\alis (lapilo \Ha(hrumcto\ . C{(iius) Jul]ius inihus 
[Cuicdilo). C(aius) Gemi\nius Saturniii\us (]irt\a) , ^{arcus) Atin\ius lùli.r 
\Tham{ngadi) , P[ubltiiJi) Public\ius Orestin{m) C\ast{ris) cor[nictJarius) 
Iriibuni), C{aius) Petronin\s Man[gala Cmc{td6)\. 

Ces trois IrajfiiionLs iippailiciiiK'ul à uiio liste de iiiililaircs de la 
If'frion. Pt les noms (ju'ils renferment peuvent <Mre restitués avec 
cerlitude. Nous les retrouvons, en cITet. jfronpés suivant un ordre 
idetiliiiue dans une inscription aniérieuremeni découverte à Lani- 
l)èse el ({iii fijpire au loiiie Vlll du (lorpus, sous le u" i .So68. Les noms 
du Iragment 1 ucciipeiil les lij;iie> vî-K) de la première c(d(»nne 



- l>37 - 

(le (•«'Ile iiisriiplioii ; les noms du fr.i|;in(!iil III, les lijjiies ti'y-iVi; 
l(!s noms (lu frajfiiiciil II, les iijjncs 19-2/1 de \n seconde colonne. 
A constater celle c(nnci(lence, on pouvait d'abord se demander si 
M, (i()urnionla|fiie n'avait pas d«»couverl une seconde lois quel(|ues- 
uns des inotceaux dune inscription déjà connue el publiée. Mais 
un examen coinpjualif des deux textes a vile fait de démoiilrei- 
leur indépendance. Non seulement ils n ortrent pas leurs lacunes 
aux mêmes endroits ('>, mais ils ont été {jravés suivant deux méthodes 
dilVérenles; la liste déjà publiée a élé dressécî suivant un procéda- 
(•(■oii(niii(|ue. A côlé de la cohoile et sur la même lif^ne, on meii- 
I ion ne un des soldats de cette cohorte; on lit, par exemple : 

(loh{ors) VU. Til){erius) CJatuliiis Castus '''. 

Dans nos frajjments, au contraire, le lapicide a étc' moins par- 
cimonieux, el la mcnliQn de la cohorte occupe une ligne à elle 
seule : 

\<:]oh(ors) VU 

\Tih(crius] Cla^udiu.s CaisIus'^'. 

Il faut donc conclure que la même liste de légionnaires a bien 
été dressée à deux exemplaires. 

L'ancien exemplaire, précédé d'une dédicace à la famille im- 
périale est daté du gouvernement d'Anicius Faustus par les vété- 
rans de la légion, libérés en 198 et entrés au service sous le con- 
sulat de (în. Claudius Severus et de Tib. Claudius Pompeius, Ions 
deux consuls pour la deuxième fois, c'est-à-dire en 173. Nos frag- 
ments, gravés par les soins des soldats de la classe 178, comme nous 
dirions aujourd'hui, appartiennent à la même époque; et il est 
j)lus (pie probable que l'inscription dont ces fragments font pailie 
datait également de Tannée de la li))ération des légionnaires. La 
dédicace man(|uanl cette fois tout entière, il est impossible d'affir- 
mer d'une manièie positive que celle inscription a été gravée aussi 

•' La liste ancienne contient tons les {jentilires diml le fr. I de la liste récente 
ne renternie (|ue (|ii.'l<|iies lellics. nt'Ti[)ro(|iienn'nt. (lan> le IV. 1 de noire inscrip- 
tion, à la ligne 10, on lit Stlvanits en entier, liindis (|ii"a la lijjne 1 1 de l'inscription 
publit-e on lit Silv[anus\. 

W Coi-p.iiitcv. lai., t. VIII. n" i«or)8, col. t. I. 7. 

W Cf. fr. I, I. 6 et 7. 



— 238 — 

pour 1»' sahil de Septiine Sévère, de Caracalla et de .Iulia Augusia; 
mais il t'st vraiseiublaLle qu'à leur départ de la léfjion, les vétérans 
lie 198. reconnaissants envers renipeicur africain, ont fixé deux 
lois sur la pierre et pour deux endroits dilléicnls du camp de Lam- 
bèse le même témoignage de gratitude. 

(juoi »|u"il en soit, les fragments nouveaux, lestilués grâce à leur 
comparaison avec 1 ancienne liste, éclairent celle-ci à leur tour. 
Non pas (ju'ils nous aient révélé des militaires nouveaux, — il n'est 
pas un nom qui n(> se rencontre déjà dans la liste publiée; les 
fragments 1 et III nuMitionnent des soldais des cohoites vi et vu, 
le frajfment 11 mentionne des soldats de la cohorte x; — mais la 
cohorte viii, qui n'est représentée que par (jualre noms dans la liste 
ancienne, est totalement absente de nos fragments, et ce sont ces 
lacunes au même endroit dans les deux exemplaiies qui empêchent 
de restituer les genlilices et cognomina amorcés par les prénoms 
C(niiis), C(«/«.v), [L(ucius)], T{{tus) et C[akis) , des lignes 3-8, à la 
j»ai tie droite du fr. 1. La liste publiée ne présente [)as en elTet une 
série identique de prénoms groupés dans cet ordre, et c'est aux 
absents qu'il faut les attribuer. Mais, si l'on ne peut dire que nos 
fragments complètent la liste mutilée, du moins est-il vrai (ju'ils 
confirment presque partout les restitutions du Corpus, et (ju'en 
deux ou tiois cas ils en introduisent de nouvelles, intéressantes à 
signaler. 

A la ligne 99 de la colonne I de la liste publiée, les éditeurs du 
Corptu restituent C[uJ/)ir[iMj. Leur restitution tombe devant le 
cognomen Capito parfaitement visible sur notre fragment 111. 

A la ligne 29 de la colonntî il de la liste publiée, les éditeurs 
du Corjnu restituent Ge||titM avec un point d'interrogation. Notre 
ir. II. I. '1, répond C{aius) Gellius. 

Lutin, à la ligne 20 de la colonne 11, le Corpus donui; M(urcus) 

Xurius Félix. Notre fr. 11,1. q, donne aritm Félix avec un A 

très marqué. i\'est-il pas évident qu'au lieu de l\urius. dont il n'y 
a pas d'exemple aux tables du tome VIII du Corpus, il faut lire 
\\l(arcus) M\arius Frli.r. On a d'ailleurs retrouvé au cimetière de 
Lambèse la tombe d'un Miarcus) Marius Félix r('te{rnnu»)'^^\ 

21. Castra Lsanbaesitana (C<m^/ dr Lamhhse). — Dans le 

'" Cniy. iiurr. lai., {. \\\\ . n" !{i<)'t. 



— 239 — 

l,asli„u Nord-Est (lu cani|); d'apios ies estainpajîes de M. Co.m- 
lajrne; trois rrajrmenls. Hauteur des lettres : o m. oi. 



mon 



I 

VS *• 

hiLai 

AVIVS GERM 
.VLIVS FELIX 

NONIVS AMPL1AT//.S 5. 

OMVLLIVS LVCANVS 
ANIONIVS RESTVTVS 
C ARRIVS ROGATVS 
r BADIVS SATVRNINVS THî-:t; 

IVLIVS MAXIMVS CAST lo. 

SECVNDIVS PRIMVS TVBV 

fANNONIVS SECVNDVS CAST 

cAECILIVS ROMANVS TIPASA 
cOH rm M AVREL SEDATVS FVRN 
lACIVS NAMPHAMO CAST i5. 

IVS PVDENS CAST 

VS RVFVS CAST 

VS VALENS THEV 

TIVS VICTOR THEV 

^A^SSOR ^SSVR -20. 

FAVSTVS THEV 

VS CIRT 

1 1 

_ „s- Uila\r{us)] ? . . . , [Ff\av{us Germ\m(v.«)] , \J]uliusFelir . 

(:ia^us) A,r,u. liogatus , [Qa.««)] Bad.u. S..«r«.«u. r/.[ate«re)] J-/» 
]Li*. ro^r^m), .Srcundius Prnnus Tubuinrsu \nna.o,uus Sea.dns 
a./(n-.s), rr:Wc;/.W Rouumus Tipasa - [qokors) IW - M^arcu.) Au- 
reliLsedalus Furn{i). . . ..«nu. iV«mpAamo C«*/(m). . • .«u. Puden^^ 
S m) . . .- «"A C-s^nV>. . . .». IWc-n. rAeti...e). . . .Uu.V.tor 
Theiieslè), . . .«^wor Assur{ibus), . • • fa/^to* r/»evie./ei, . . •"« C/r/^a). 



— -l'iO — 



II 



M FVFICIVS 1. 

. TFLAVIVSPRISCVS 
M SILIVS VRBANVS 
M AEMILIVS FELIX 
C CERELLIVS DONATVS f). 
C FAIANIVS FELIX 
Q_AEMILIVS SARNIAN 
Q_GEMINIVS CRESCENS 
M SEIVS AELIANVS 
C LVSATTVS TIRO lo. 

C ANNIVS SATVRNIhh.^ 
C SITTIVS SATVRNINM.S 
C MOTILIVS NEGOTIAN 
C CAECILIVS CASTV.s 
C ATTIVS FABVLLIAN if). 

T FLAVS RVSTICVS 
C SITTIVS SILVANVS 
C IVLIVS FAVSTVS 
0_GLIC1VS FABRICIVS 
C IVLIVS MAXIMVS * 90. 

T IVLIVS PAVLINVS 
C CAE 

. — M(arrus) Fujicius . . . , T{itus) Flavius Prlsrus , M{arcus) Siliii.s I rlm- 
nns , Mtfirrtis) Artiiilitis l'rli.r , C.(niiis) (rrellius Dniinliis . ('(ainx) Fainniiis 
Félix, (J{uiulii.i) Acmilius Snniiaii{u.s). 0{uintii.s) (irminius Crr.scrns . ,1/(rtr- 
ena) SeiuJt Aelùiuus, ('.(nim) Lusnltim Tiro, C{aiu.s) Aiiniux Saturni\nus\, 
('A(iiuA) Sitlius Snluniin\us\. Ci niu.s) Motilnts \r/roli/in{u.<<) , (\aiiis) ('nrcilius 
(',niitu\ii\: ('Adius) Altiun Fahultimniis) , Tiiliis) hlno\iu\s litistirus , (j(niu.<t) 
SIlliutSiliuHux , C.iaius) Juliux Friunltm . (J{uiiitu.s) Gliciiis Fahricius . C(ftim) 
Jiiliiis \fu.riiiiiiM , T(iliis) Julius Pauliiius , ('(nius) Cae . . . 



— '2/(1 — 

III 

./h L I X 

MAXIM CAST 

ATVS THEV 

D V S CAST 

KART 

KART BV 

CAST IM 

^VIC 



fil. — . . .\Fo\lir, . . .\M\n,riin{uii) G(.5/(n.s), . . .(ttus Thev(rste) , . . .dus 
C(isl{ri.s), . . . Kiirt(luigiiie), . . .K(irt[ha{pnè) bn{ccinator) . . . J'.mtirin) 
vn(inunts) .... [C]uic{ulo) ? 

Fr. II, i. if). — Flans est ('■vidcmmont une erreur du la[)icidc 
pour Flavius. 

Ces fragments, comme les précédents, apparlenaieut à uu<' liste 
de légionnaires ou anciens légionnaires, {{loupés par cohorte, et 
désignés chacun par son prénom, son nom, son surnom, le nom de 
son lieu d'origine et parfois, lorsque le soldat était un spécialiste, 
par le nom de sa fonction spéciale. Ainsi, par exemple, Ir. Ill, 
1. <i et -j, le militaire est dit dans un cas bu(ccinatur) et dans l'autre 
{m[munis). 

Le troisième fragMnent est tellement mutilé (|ue toute restitution 
de nom est, déprime ahord, impossihle autrement que par juiro 
conjecture. — Le premier fragment présente des cognomina (nestjuc 
toujours complets; mais, à bien des lignes, on n'a que la (in des 
gentilici's. Dans quelques cas privilégiés ([J]iiliiis à la I. 'j . | T^Ja»- 
rwiiitis à la l. 19, \C\arcilius à la 1. t3), la restitution s impose. 
Mais, dans la plupart des autres cas, elle est impo.ssihle, soit (|u"il 
reste trop [x'u du {;entilice pour (pion puisse choi^ir entre les 
multiples h\ |)()th<'ses cpie suscite sa désinence' . soit (piil en reste 
assez pour (ju'on j)uisse constater que les lettres subsistantes ne 

''' Cf., par exempte, it's lijjin's i(), i-, \H. 



— 242 — 

concordent pas avec les j;eiililices (|iii . >iii\anl les indires du Corpus 
trArri(|ue, prérrdeiil . à Lambèse, les luèmes cojjnoniina '*l 

IMiisii'ur- de ces noms élaienl déjà connus à Lambèse. Ainsi, 
Tanuonius Sccundus^-', Q. (îeminius Crescens •'', C. Annius Satur- 
niuus '', tl. .Iidius Faustus Castris'^', fi^juraienl sur des listes de 
militaires aiilérieunîment découvertes au oam|) et remontant soit 
aux dernières années du ii' siècle, soit à la première moitié^ du 
m" siècle. C'est aussi à celte époque <ju"il tant lapporter ces trois 
Irajfmenls, et cette date concorde avec le caractère j)ui('ment ré- 
Ifional et africain du recrutement que le troisième fragment nous 
permet de constater. On aurait tort, d'ailleurs, de vouloir préciser 
davantajje sous prétexte qu'un C. Julius Maximus est sijfnalé comme 
avant fait partie de la vexillation détachée en Asie et rentrée à Lam- 
bèse en 2i8^^h ear, si celte date en elle-même ne nous apprend 
guère (jue ce (juon supposait déjà, rien ne nous autorise à affirmer 
(jue notre Julius Maximus dont nous ignorons le j)rénom soit le 
même que C. Julius Maximus. 

Enfin il nous est interdit de considérer ces fragments comme 
faisant partie de la même liste de vétérans (jue les trois fragments 
précédents. En elVet. les hauteurs de lettres dillerent, et aussi les 
dispositions de la gravure. Dans les fragments relatifs à la vi' et 
à la vil* cohorte, l'indication de la cohorte remplissait une ligne à 
elle seule '^'. Dans ces fragments-ci, relatifs à la m* et à la iv' co- 
horte, l'indication de la cohorte est accompagnée d'un nom de 
militaire W. 



22. Castra Lambaesitana {(Jamp de Lambcsc). — Près de la 
j)orte orientale du camp; pi(!rre haute de o m. 2.'), larjje de o m. OT) ; 
lettres de o m. 07; belle époque. 



'' Cf., à lu li|jn<' lij, If coijnoiiit'n Naniplinimi ijui, à Laïubèsi-, suit \o nonien 
PoHl^nmiit»), Corp. iitscr. lai., n" ui^.")/!. 

!') Corj). imcr. lai., l. VIII, n" /loS.'). 

<*) Corp. imcr. lui., I. VIII, n" a567, h'j. 

(♦) Corp. iturr. iai., t. VIII, n" a5Gt) , 'i'i, <H a^Gv. 7'i. 

t') Corp. itiêcr. lai., t. VIII, n"' aôfiH, .')6, et a5G(j, /). 

'•) Corp. imcr. lai., t. VUI, n° aSG^i, 1, 76. 

P) (!f. lupra, j). 9 HT), fr. I, I. G. 

'*' r,f. tnprn , p. c>3(), fr. I. I. i 'i. 



— 2/» 3 — 

ARMA ANTHS l/rmau 
POSTSIGNAna 

Ariiiii itHlt'si^frnan(i\. . . , i>ost.<(i^irufi\))a\. . . 

Il faut rapprocher do celle insrriplion les deux inscriplions 
d(M-(Miverles à Laiiibèse en kjo'jC', el (jiie l'on jieiil mainlenaiil 
compléter : 

1" ««/ESIGNANA XXX 

9" rm/ESlGNANA X 

Ces Irois inscriptions se rapportent évideuimonl h des ma{j[asins 
d'armes où celles-ci élaienl placées dans Tor-dre de leur emploi de 
combat; ce sont les en-lèles des salles ou des ai'moires où chaque 
se'rie était lenlermée. 

23. Theveste ( Tébessa). — (lopie de M. Gagnât; la pierre ap- 
portée récemment au Musée. 

D M S 1. 

G CAECILI VS 
TH EVESTIN VS 
VIX N LU PF-K 
F B H M .^. 

D{is) M{(inlhtis) s[arrum) | C(aius) CnecUius | Thnrstinus | w.r(«t) an{ms) 
LU p(<iler);/[ilio) k(anssmo) | J[ecit) b{ono)': h[ominf)1 m{erenti)'! 

L. 5. — L'interprétation b{om) h(omini) est incertaine. 

24. Theveste (^Tébessa). — A 6 kilomètres de Clairefontaine, 

'') Rnll. nrrh. du Comité de» tratHin.r hiitoriques , tpoa, p. 33 1. 



— 2/j/i — 

sur la iivt> jfauche de l'oued MtMlèjjui' (au li«ni dit Xîcslouba). Copie 
de M. le lieulenanl Maitrot. 

TFL-NVNDINA i. 
VET NEP S PET 
NVNDIN ARIAE 
FEC V ANNIS 
1 I I M V H • S • E 5. 

T[itus) Fl{aviv!i) Nundma{nus)? | vet(eranus) nep[oti) s^iiac) Pcl(ilittc) \ 
Nundinariae \Jer[it); v{ixit) (nniis \ III m{ensibus) V. H{ic) s[ita) e{si). 

L. 1. — Faul-il |»reudre le mot Nundina pour le cojfuouien entier 
du vétéran T{itus) Fl{avius) ou y voir une abréviation du cognomen 
\undintinus ti'ès répandu en Mii(]ue''' et (juc nous retrouvons à la 
li[{ne '.\ dans le nom de sa petile-lille V 



25. Thamugadi [Timgad). — Hauteur des lettres : o m. o85. 

NEP 1 . 

t' M P X 

ARM 

TON 
AVG FIL 5. 



AE ANT 



(les lellics l'ornicnf un nouveau ira{;nieut de I inscription cpii 
fijjnre au Corptis, sous le n" l'yiS-^*? du tome Mil. Elles comj)lèlent 
heureusement les fraj^ments m et n, permettent d'en corrijfer les 
restitutions et de donner la lecture siiivanfi! de rinscii|)tion : 

[ I . I /»//;. nirs. diri ///.ANTONIN! Pli G rnumi sar MAT FIL 
DIVI COMMOD/ /vATRl DIVI nuloinni pli nepoli divi lui- 
diinnl PRONEPo/i divi trnimii \-}..\ parfhicinhnopoti rfl V I N E R VA E 
■ADNEPo/» r. septimiO SEVERO ?iO PERTINACI AVG 
AKAh udiub. purih.ma.r. pont, iitn.v. Irih. p/EST XI iMP Xi cos iii 
p.p. \'^.] el imp. cites, imp. C A ES L SEPTIMi SEVER » /*»V pcr- 

(" Cf. Corp. <nici: lai.. I. Vit!, n"* f\90, if)ifi, ^i3^i6, >-{r. 



— 2^5 — 

/i/mCI_S AVG ARAB ADI AB p<KTHICl MAXimiJUio divi 
m. nnUmini pii ffcnnabi ICI s A R Maliri iirpoù \ ^i.J diii anloiiiiii pil pro- 
NEPOTl DIVI H AD rimn ABNEPOTI divi Imiani PAR- 
THICI ET Divi ncrnir udnrpoti m. aiircLlO ANTONjho p\0 
aiiffusTO [r).| Iril). potest. ui cos ^forUssuno \bWiCUsi>iiuo //uc princiPl | 
AV G IMp l sepiimi severi pii perlinA C 1 S AV G FILIO princ. iuv ET 
[().] iiiliar di)iinine Au/fustAe coniufri imp. l. seplimi severi pii imliiidClS 
A V/; mat R i ni'/fV S 1" |l^USl~R cf castVfirûinërscitalus et PATRIAE] 
ANTONINI. 

Jéiùiiic (i,\itcoi'i\o. 



HAPPOKT 



SUB 



LES FOUILLES DU CAPITULE DE SEGËIIMES, 

PAR M. LE COMM\NDA\T IIA>l\K/0. 



INTRODUCTION 
PAH M. P. r.AUCKLER , 

J'avais demandt' à M. le capitaine Hannozo de déterminer le 
caractère de rénijfmatique et curieux édifice dont les sondajjes 
de MM. le capitaine Monlalicr et le lieutenant Monnier venaient de 
nous révëler l'existence, à proximité du fragment de dédicace à la 
Triade Capitoline jadis relevé par Wilnianns, et de préciser les 
rapports (jui pouvaient exister entre celte inscription et le monu- 
ment lui-même. 

Ce programme a été exécuté de la manière la plus satisfaisante, 
et le l)ut visé j)leinement atteint. L'édifice a été déblayé dans son 
entier et dégagé des constructions parasites «pii rencomhraieut. 
Le pliiii en a été soigneusement levé, et la découverte de nombreux 
morceaux d'arcbitecture permettra (b; tenter — du moins sur le 
papier — une reconstitution de toutes les parties de la construction 
aujourd'hui démolies. Devant la porte d'entrée, et un peu plus b) u 
à l'Kst, ont été retrouvés deux nouveaux et iniporianls fragments 
de la dédicace de Wilmanns (jui couronnait certainement la iacjade. 
Nous nous trouvons donc bien en présence du (lapilole de la ville 
antique. Enfin l'on a commencé le déblaiement (b- la j)lace dallée 
([ui entourait le temple de .Iu|)iter (lonservateur, .lunon Keine et 
Minerve Auguste, sur trois de ses côt('s, (;t (jui n'est autre que 
le Forum. C'est ce qui résulte d'une façon indiscutable de la pré- 
sence en cet endroit de nond)reux piédestaux de statues impériales 
et bases lionorifi(pies, les uns connus dej)uis longtemps, ayant 
été publiés jadis par Wilmanns et par MM. Habelon. Ueinach, 



— 2/^7 — 

Bordior Pl Taii/.i.i de Los|iiii, les .'nilros rr'nioillis au cours des n'*- 
cnntos nM'Iicrcliefi : dt^dicaros à (iotdiei) III ' oA à 8a Ifriiino Trari- 
(juilliua '^ , à Aun''li<'ii. (I.ilfcs de 'î-yo^^ , à Probns, dal/>e do ^-yH''*', 
et à doux autres ciiiix-rciirs doril Ich noms i)iau(|U('nl ■'' ; ou iusrri[)- 
tions j/ravéos oji Ihouncur diî hauts l'ouclionuaircs palrous de la 
rilé, surtout dos procurateurs impériaux de ia région Hadrutnéliiio 
à K'KjucHe olail ratlnclK-o Srirrnnrs^^K 

Mais si les dcrniores recherches nous donnent la solution du 
prohlènie posé, (dies on soidèvenl d'antros que je crois devoir indi- 
(|uer ici, el qui ne pourront être entièrement élucidés (prau prix 
de |)afient8 et minutieux olForts. 

Tout d'abord le Capitole de Segermea se présente sous un aspect 
singulier, (jui nCsl, en aucune façon, celui qu'offrent hahiluollc- 
menl les sanctuaires réservés au culte de la Triade (]aj)itoliu(;. Au 
lieu de dominer toute la cité et de se dresser très haut au-dessus 
du Forum, il se trouve prosfjuo do plain-pied avec la place environ- 
nante, le sol intérieur de Tédilice ne dépassant que de trois marches 
le dallage ([ui Tentoure. Le Capitole de Segenncs n'a ni escalier 
monumental précédant la façade, ni pronaos, m colonnade. Il 
ressemble moins à un temple qu'à un arc de triomphe tétrapyle et 
quadrifrnns. comme celui de Janus à Rome, ou encore la porte 
de Caracalla à Tébossa, dont on n'aurait conservé que l'ouverture 
principale en avouglani les trois autres baies. L'édifice est petit, et 
à pou près carré, mesurant i9. m, 16 de largeur sur 1 2 m. 56 de pro- 
fondeur (fig. 1). Les quatre angles se détachent nettement en saillie, 
appelant la comparaison avec les quatre piliefs de l'arc quadi-ifrona. 
La disposition de la façade principale est telle, (|uelle n'a guère 
pu être arrangée autrement qu'à la manière d'une porte triomphale, 
avec entablement plat, et sans fronton de couronnement; (jnaut aux 
trois autres faces, si les baies sont aveuglées, elles sont tout au 



'"' Corp. imcr. Int.. l. Vlll, n" iJiGy. 

f'' Fouilles lîaiiiiozo, voir plus loin. 

<■''' Fouilles Motitalier el Mnnnier; <T. Gauckier, PrûCf^n-rfirbaux , 190A, p. xiii, 
où une coquille mo fait daler ce texte de oao au lieu de 070. 

'** Corp. inscr. lai., t. Vlll, n° 1 1 i-'. 

"' Corp. itucr. lat., n" 1 1 1 70 el 11171. 

'•) Corp. irurr. lat. . n"' iti7'r, 1117") el peiil-t}lre 11171), ''' fouilles Han- 
liezo, voir plus loin. 



— 218 — 

moins inditjuees par un •'nloncenieiit , au milieu (lu(]uel se déci*oclie 
vu saillie une surfaoe pleine et massive répondant à une niche 
intérieure qu'elle annonce. 

BH Constructions primitives 

I I ,, , a-ioutées ef démolies 

nmiiBfi 




Fi{j. 1 . — l'iaii du rapilole dt> Si-jrpvini's. 



Les (|uatre l'açades, parfaitement symétriques, présentent donc 
chacune une surface très mouvemenlée avec nomhieux décrochc- 
nienls. L'emploi de matériaux divers pour chacune des divisions 
architecturales de Tenceinte achève d'en varier l'aspect exlérieur. 
Le soubassement est en grand appareil soigneusement assemblé, et 
dapparenc»' foil imposante. Il mesure 2 m. 70 de hauteur; le prolil 
de la m()idurali(»n est assez mou et indécis, mais base et corniche 
se détachent nettement en très forte saillie. 

La paroi proprement dite, décon-e sur clwupie lôlé de (|uatre 
pilastres, deux à chaque angle, est en simple blocage, enlièremenl 
revelu de stuc. Tous les détails de l'ornementation étaieni sculpN's 
dans le plâtre, ce qui expli(jue leur disparition à |)eu près lolale, 
La pierre reparaissait ensuite pour le couronnement de Tédilice, 
qui comportait : une frise, gravée d'une dédicace sur la façade 
principale; une corniche, dont quelques débris ont été retrouvés; 
et peut-être une atti(|ue. 

A rinlérieur, Tédilice affecte la forme d'une relia rectangulain», 
large de - m. 9 5 et profonde de 7 m. Bg, c'est-à-dire à peu près carrée. 



2^0 



Lu salle, \(n^l«''«' CM bcircaii, (''(ail pavécdc hcllcs dallt-sdc Kiarhrc rosé. 
Les |»ai()is claiciil (';|alcrii(!til rcvrliii's de ()la(|iirllt;.s de ii)ari)r(', lixdcs 
par des clous de liioii/.c. (iliaciiiK! dClItîs se creusiiil en son milieu 
d'une niche ie<!lanj[iilaire ( lijj;. •>. ), la |»liis jjrande dans le niiirde lotnl 
répondant à rt'iiliée, deux aulnîs plus petites, à dn)ife et à jjaurhe. 
Cies niches devaient être ornées des statues de la Triade (^apitoline, 
.lu|titer au milieu, lunou à sa droite et Minerve à sa gauche. 
(lliacune d'elles devait présenter l'aspect d'un édirule à fronton 



~^^H 



itrrn^' 










!fcrâ!il22 



iMir-^^^'/ 










.-^jS 



l'ifj. 2. — Gapitole de Segermrs. - Niche de la ci-Un. 

triangulaire saillant supporli' par doux colonnes. L'on a retrouvé 
divers débris de cet arrangement architectural, pas assez cependant 
p(»ur le reconstituer avec toute la précision et la certitude désirables. 
Ce .sont : plusieurs bases et fi-agmcnts de colonnes; puis deux cha- 
piteaux corinthiens avec aigle aux quatre coins ('), convenant fort bien 
à la statue de .lupiter (ju'ils devaient encadrer, et un chapiteau 
corinthien plus petit, provenant d'une des niches latérales; enfin 
les quatre lyuipans forment le fond des quatre frontons qui surmon- 
taient la porte d'entrée et les trois niches. Ces derniers morceaux 
d'architerlure présentent un aspect singulier. Ils offrent sur leur 
face principale un bou(|uet d'acanthe, sculpté dans un espace frian- 

"' l/uii au Capiloii', l'autre à la iî;isiliqu<' où il av;ul élé reni|>loyc. En oiilre, 
quelques déltris d'un troisième cliapiloau analojjue souiltlout prouver que l'arran- 
gomenl architectural de la niclie du fond répondait à celui de la porte d'eDlroe, 
qui devait s'ouvrir entre deui colonnes à < liapit-auv également orné.s d'aigles. 

A«i::rÉoi.oGiK. — N° '2. 17 



— 250 — 

f^ulniri' (|up n'enradn» nuciiiip nKuiluro. Sur h tranche contifjuë se 
(IcNcloppeiit (laulres rinceaux d'acanthe formant solhte. Il faut doue 
supposer que ces quatre pierres étaient encastrées dans les murs 
an-dessus de l'entrée et des trois niches, tandis que le IVonton trian- 
j^ulaire proprement dit, entièrement ajouré et soutenu par deux 
colonnes, était simplement appliqué contre la paroi et se détachait 
tout entier en saillie. De jolies consoles, dont on a retrouvé une 
paire, les reliaient sans doute l'un k Tautri', sans (pie \o puisse dire 
exactement de quelle lacjou. 

Somme toute, le Gapitole de Segermrs t'-tail un édifice très ori- 
{jinal, luxueusement di^coré et dont rornenieiilalion aicliitecturale 
très soi{|uée et hieu comprise parait indiquer une assez bonne 
époque, la fin du second siècle au plus tard. Elle contraste étrange- 
ment avec l'aspect né[jligé de la dédicace qui couronnait le monu- 
ment, et qui remonte, elle, à la lin du m'' siècle et au règne siniul- 
tiné de Dioclétien et de Constantin. Aussi doit-on se demander si 
ce texte est hien contemporain du monument lui-même, ou si, au 
contraire, il n'a pas été gravé après coup, peut-être à la place de la 
(h'dicace primitive, (jui aurait été retaillée. L'aspect très rugueux 
(II- la pierre autorise cette supposition. Il manque malheureuse- 
ment dans rinscri[)lion précisément le seul mol qui j)Ouriait 
nous fixer sur ce point : le verhe. Doit-on suppléei* c.vstriixlt, comme 
le supposent les éditeurs du Corpus, ou restiluit, comme je serais 
plutôt porté à le croire? Eu Arri(pie, au teujps de Dioclétien, l'on 
ne construit plus guère de monumeuts publics; l'on se borne à res- 
taurer les anciens et à réparer les désastres causés par cinquante 
ans de troubles et d'anarchie'*'. En outre, il faut se rappeler que 
Sr<r(Tmes était déj.^, au temps des Antonins, une cité très prospère, 
organisée en municipe par Marc-Aurèle'^l II serait bien étranger 
(ju'elle ail attendu près de deux cent cin(|uante ans |ioiir édifier 
son (lapilole. Doue, de deux choses l'une : l'édifice (jue vient de dé- 
blayer M. le commandant llamiezo a été construit sons !»• ri'gne de 
Marc-Aurèle. au momcnl de la transformalioii de l'.nicienne rivilas 
africaine en munici[)e, et a été simplement restauré sous Dioclétien 

<*' Cf., par exemple, ce qui s'est passé nii déltiil du it' sièclo pour le (iapltolc de 
Pupput, asuez voisin do rplui <I"^ Sijrcnnc* : (jaiiritlpr, linll. nvch. tiu Cnmilr, i Sg'i , 
p. af)! , 11" ^if). 

"' Mumn'piinn iiirrliuni AH[ju*tuvi Se^rpriiirs. (]{,, par l'xninpio, Corp. iiigrr. Int., 
n°* 1 1 170 ol 1 1 i7( , Ole. 



— 251 — 

fil Maxiininn: ou hicn il a ('l/MMiliô de toutes p'ikcesh celte époque 
[)our r(Mii[)lac(îr un saiirluairc plus auricii, H/'Iruit ou df-saffcrU}. 
.lOph' pour la |ir('tiiit'n* solution «juc j'f's[»('rfi voir conlirnifM' à bref 
(Ic'iai \>nr la (Iccouvcrlc dos rraifinctih in.nii|iianl (Micorc a la dt'dicarc 
If jdur- où nous [Mnirrons icpreiMlrc et li'rmiiwr le d«^l)laiement du 
Koruin do\anl le (iapilolc d(î Sptrcvinpn. 

RAPPOHT. 

Seffprmrs. riicnrhii-cl-ll.irrat des Arahos. a df^jà ôl»' Tf»!)]»'! 
d'<''lnd('s arclicolofrifjncs. Aprt'S Wilruaniis, c«' furent, en xHHU, 
M. le capitaine Bcudier second*^ ]»ar M. le sous-lieutenant Tauzia 
de Lesjiin; m i88ô, MM. Meinacli et Babelon et, eu 18H8, 
M. le capitaine du {jénie Coudorc de Foulongue, qui explorèrent 
cette ville anli(|U(\ Rn if|09, MM. le capitaine Monlalier et le lieu- 
tenant MonniiT, du k' Tirailleurs, reprirent la >nile des travaux 
ébauchés; un rapport sur leurs recherches paraîtra prociiainemenl. 

Cette année. M. Ganckler, directeur du service des antiquités 
et arts de Tunisie, d'accord avec l'autorité militaire, voulut bien 
nous confier la direction de nouvelles recherches en un point où 
MM. Monlalier et Monnier avaient reconnu les traces d'un monu- 
ment complètement enseveli sous une épaisse couche de terre, 
pierres de démolition et blocs énormes de maçonneries renversées. 

Nous savions, par les inscriptions découvertes, que THenchir- 
el-Harrat était le Municipiinn AnreUum Augmium Segermes . que 
son territoire, connu du temps des Romains, était compris 
dans la région de Sousse (fait notable : la délimitation des 
deux anciens territoires et celle des deux caïdats de Sousse et 
de Zaghouan n'ont pas dû être modifiées; le pronirator regionis 
Hiulnimdinnr a lait place au caïd ou au contrôleur civil actuel de 
Sousse). Segcrmrs a eu aussi, d'après la Notice de la Byzacène, son 
évéque; enfin, les Anciens du pays racontent encore qu'Heuchir- 
el-Harral était, il y a cinquante ans, occupé par une agglomération 
arabe et qu'il y avait, au milieu des ruines, un marché très fré- 
quenté. 

Segennes a donc été, de tous temps avant nos jours, un centre 
assez imporfint; actuellement, quoitjue sur la piste de Zaghouan à 
Bou-Ficba. rilenchir-el-llarrat est compli'Iement abandonné. 

Lu examen des ruines nous permit de reconnaître les thermes, 

17- 



— '252 — 

iint' basili(|uo clin'lienne, dt'S restes île temples, une |»orle monu- 
iiiciilale avec pieds-droits encore debout et voûte eiloadiée, (liv(M'ses 
iit'cropoles el des pierres à inscriptions prises dans dos murs. 

("esl à proximité de ces pierres à inscriplions découvertes, le 
lonfj des nuijfasins voùtt's. que nous avons entrepris nos travaux. 

Tout d abord, une pierre jeltM* au milieu duu cbamp lixa notre 
attention; elle portail nue iiisrri|)tion (b'jà relevde, mais incom- 
plèle ' : elle lut mise de rôle dans rallente de découverte de (juebpies 
autres morceaux; deux rra<>;meut> ramassés de-ci de-là et se raccor- 
dant à la pierre lurent mis à joui ; ils étaient connus; un troisième 
nous semble inédit; enlin, un (pialrième paraissant appartenir à la 
même inscription par la nature de la pierre et la loriue des lettres, 
mais ne se raccordant pas, fut recueilli au milieu de terres de 
déblai. 

L'inscription peut actuellement être lue comme suit : 

/7AV10 IFEL.CI4'FLAM + PER.P ■ n^- VIR+ Q_// 
// AVIVS^-QVA'^R A' T"' ' '^ I A ï' 1^ :z'"m. 
/)rAEFECTVS- COHl-lUm 
OR- PflOVINCiAE+TINGfr?^^TIl' 
'^\EIIIIR4'SEC^^' 



Le monument à dégager avait été, en partie, reconnu par deux 
trancliées creusées sur deux faces à environ i m. 80 di' profomleur 
el 1 mètre de laigeur; les terres de ces trancliées avaient été reje- 
lées en hauteur et, j)ar suite, cachaient à quelcjucs pas de là toute 
trace du mojiumeni; seulement de la tranchée Ton pouvait voir 
une partie de la corniche .\ord-Est. 

Les travaux furent commencés le long de ia face Sud-Est qui 
nous sembla être celle par laquelle on devait pénétrer dans le 
monument, deux pieds -droits de porte étant visibles à leur 
partie supérieure; tout d'abord, l'on trouva des bases et des tron- 
çons de colonnes, puis des murs grossièrement constiuils eu l(!rre 
et en pierres sans uïortier, toutes pierres généralemeul laillé»'s et 
provenant de moiiumeuls anciens; (pn-lques di'bris de |)oleries, 
fie lamj)es (■jirf'licnne.s, clous, objets divers de cuivre, lurent aussi 
ramassés dans le- (b-blais. Le (lé'blaienu'nl de la lace Sud-KsI 

«'' lluU, iivilt. ilii dniitle. iSH('».|i. 71 A. 



— 253 — 

nous mil en |»rt's('iin' de iiiiiis .iccoii's ;i rf-Hilicc piopiciiM'iit 
(lil. 

La lace Sii(l-I']st ('laiil en partie (li'-jjajjrc des terres, le travail lut 
reporh' sur la lace NOrd-l.sl; la liaiicliee esl élargie, approluiidie, 
et, là encore, nous rencontrons d<!S murs de très nianvaisc con- 
struction fornianl des cliatnhres roc ta ng^ul aires; de noinhronx de'- 
hris (le lampes clin-liennes dans les déhiais; la hase d'un mur est 
(oruM-e (Tun IVajfmenl d'enlahlemenl sculpté. 







'Kiiâtr\ \\\\Ç 






:i ^z:^ 






'^i^-^^ 







!'']{{. 3- — Capilole do Segemu-s. - i'orle vue de l'extérieur. 



In vent violent vint jfèiier pendant (pielques jours les travailleurs 
aveu;;lf'S par la ]Kmssière des terres remuées; Ton dut suspendre 
niomenlanément le lra\ail sur les laces Nord-Est et Sud-KsI et 
entre|)rendre, à la main et à la ])lnce, le déga{jement des blocs de 
T>ieiTes et de maçonneries encnmiirant la lace Nord-Ouest; au 
milieu de ces Mocs l'ut découvert un beau chapiteau très artiste- 



— 25A — 

ment roiiiH»' et ornementé, aux quatre angles, d'aij^les aux ailes 
deniovées; iiiallifuicuseniiMit . les tètes manquaient, ajanl dû ôlre 
cassées lors de la cliule du chapiteau. 

Le (lél)laienieiil d une [larlie de la faee Nord-Ouest permit ensuile 
de se rendre ii peu près com()te de la torme du niouumenl, dont 
les faces, sauf au Sud-Est, devaient être sensiblement les mémos 
(uiant à la (ils})oslliiMi et aux dimensions. 




i""i|'. /t. — Capilole de .SV'/M'/z/ict. - i'orli' \iif di- l'inti-iit^iir. 



Deux consoles sont trouvées. Un sollite est déj|a<(é de la partie 
supéiieure du côté Nord et amené au bas de la lare Sud-Ouest; 
nous avons remarqué <|ih> cha(pie côté du monument avait son 
soffîle et que tous étaient pareils; le soflite du côli'^ Kst était encore 
en j)lace; celui du côté Nord était enfoui dans des débris de ma- 
(;onuerie. 

Le. temps étant d(*venu plus clément, les travaux sur les faces 
Sud-Lst et Nord-l'jsl liin-ul re|)ris et l'on conimeuca la diMuolition 
des murs de couslruction postérieure à celle du moniiuieiil principal. 



— 255 — 



(Jii (Ircoiivrit, au cours de c(»Lt(! opc'ralioii . des fr'}i|fiiM'nl8 (l"inscri|» 
lions cl (Ic^ |)i«'i les ('M'riihM's cil loriiu- (raii{M*.s .sii]i|)los ou floulilos. 
ou avant |)i) ('•(rc utilisées conirut; sarcoplia|f<.*8 d'cnfaiils ou dépôts 
d Os-^cuMMils; loulcs poitaicnl une saillie sur un d(^ hnirs côtes. A 
sijjnahsr aussi de noiiibrcuscs pierres plaies provenant du dullaye 
qui devait s'élendre sur tout le devant du nionutnent, et d'autres à 
rebord. 

La lace Nord-JJsl cl I aujfle Ivsl sont coinpicloment déf|agcs, puis 
la porte du niouiinient, lacc! Sud-Est. Dans les derniers déblais de 
Ifîrres, l'on trouva de nombreux débris de poteries inlorniea, et 
dans les murs encombrant encore rentrée du (îapitole, do nouveaux 
Ira^Miienls d'inscriptions. Je rapporterai ie texte de luu deux à 
cause de son intérêt : 



KOh 

THIB + COH ^ ^A 
RIOR i TRIB I LEG I Xlli 
PRAEF EQ_ ALAE VETTO^ 
EQ_ALAE II FLAVIAE MILIAK 
CVR VIAE PEDANAE PROC AVu 
TOR PROVINC PANNONIaESVP 
PROC AVGVSTOR REG HADRIMETK 
D D P P 



Sur pierre calcaire blancbe. HauUmr des lettres, o m. o53. Di- 
mensions du frafjment : hauteur, o m. 90 et o m. 5o; largeur à la 
base, o m. 70. 

Dès le dégagement de la porte du monument, nous remar(|uàme8 
(|ue le sol de 1 intérieur, du moins à l'entrée, ét^it garni de dalles 
en niarbie blanc rosé et que, comme généralement dans les capi- 
toles, il était élevé sur un soubassement; à Segenties, ce sol clait à 
hauteur de la plinthe extérieure. 

Les travaux, momentanément suspendus pendant quinze jours, 
furent repris le 2 1 mars. 



— 25(; — 

H restait à loiiillcr la fart' Sud-Oiiol cl rinlt'iicui du monu- 
ment. 

Deux tMjuipes Irinailii'iciit simullancnit'iil aux deux cliautiers; 
i'aiijjle Sud dé{j;aj;t'', le (juatiième sollile l'ut mis à jour; coiume sur 
les autit's laces, quehiues débris divers lurent recueillis. 

Le déblaiement de cette face Sud-Ouest permit de constater que 
de ce coté, comme sur la lace Nord-Ouest, aucun mur n'avait été 
construit postérieurement à rétablissement du Capitole, peut-être 
parce (|ue ces deux laces étaient très enconibn-es de mat('riaux 
de fortes dimensions (blocs de maçonneries et pierres de grand 
appareil). 

Les deux faces Sud-Ouest et Nord-Ouest se rejoignent; le dernier 
objet trouvé, à Tangle Ouest, est en cuivre et assez curieux, il repré- 
sente un enfant dans une position ol)scène. 

L'extérieur du monument étant complèlemenl dégagé, la fouille 
intérieure est poussée très activement; les remarques suivantes sont 
faites : des clous de cuivre ramassés en assez grand nombre ou 
encore fixés dans les murs servaient très vraisemblablement à fixer, 
contre les parois, des plaquettes de marbre de om. oi, du sol 
jusqu'à une bauteur de i m. 70; le sol n'est plus, comme à l'entrée, 
dallé uniformément de ])laques de marbre; (|uel(iues traces de 
murs en aigile com[)rimé l'ont supposer (jue des iiabilanis ont logé 
dans le monument; des cendres, des os d'animaux, fragments de 
poteries communes, monnaies frustes ou rongées j)ar le feu sont 
répandus un peu |)artout. 

Une colonne, un morceau de colonne coucbés sur le sol, un 
fragnnent de statue de marbre blanc, avec draperies, une pierre à 
inscription martelée, très dillicilement lisible, et un autre frag- 
ment d'inscription sont les seuls restes antiques que nous ayons pu 
d(;couvrir. 

Le Capitole est entièrement fouillé tant à l'extérieur (|uà Tinlé'- 
rieur. Les dessins ci-joints monli'ent. liin. la jKtile d'enlrt'e \ue de 
ICxtiMieiir, lautre, cette même porte vue de linlt-i'ieur; le troisième, 
une nielle de l'édifice ( fig. Q. .'{ . ^i )• 

Dédii' à .liijiiter ()|)limus Maximus, souverain des Dieux el pro- 
tecteur de la cité, il fui établi coiiiiiir la |)liiparl des eapilolcs 
provinciaux, c'est-à-dire sans obligalion siricle d'être construit 
sur un lieu émiiient; il forme un carn; à peu près régulier; sa loii- 
giH'iir, i|iii est de iî!m.r)(j, n'excède sa largeur que de oin.'ni; 



— 257 - 

il (*sl prob.ililf «in'il V ;iv;iil des coloiiiics de [nrc fii dchofs tlii 
inoiiiiiiKMit. 

Nos n'clifrclios soni orisiiilc poiii'-iiivH'S vors If Nonl-l']sl l.'iiil 
poiii (-(iiiliniH'i- l.i (IciiKililiuii (les riiiirs de; busse (époque qui avaiciil 
(It'jà rumiii des picrrt's ii insni|)li()ns que pour nous nipproclicr des 
voùlcs, in;i}[asiiis ou (diatiilircs diiiis les murs dcsqiuds axaient <''l('' 
mises à [(mm- précédointucMil de supcrhos inscriptions. La picuiicic 
découvcilc lui relie d'un deuxième fraijmenl (I(î la ({('dicart; du 
(iapilole; nous avons d('jà menliouné un de ces Irajjnienls, plus 
haut ; la nouvelle pieiro mesure, ciuumc^ longueur, i m. bh el i m. Ai) 
cl (l(Miue maintenant comme lecture avec le premier fragment : 

lOVI CONSh RVATORI 
PKO SALVTE DD NN DIOCLETIANI 
RESPVBL SEGEKMlTANOt /M .SVA VV 

Furent ensuite trouvés : 

a. I n fragment de slMe, avec caraofères incomjilets dans un 
cartouche à (|ueue (Taroude; 

b. Une pierre ronde, de o m. /i8 de diamètre, haute de <» m. iS(>, 
creusée en son milieu et semldant avoir été utilisée comme iimulin 
ou moi'tier portatif; 

c. Deux fragments de statues de marhre; 

d. In pied en marbre. 

Nous divisons alors nos travailleurs en cliauliets |)()ur la fouille 
de toutes les chambres de Tédilice H ( lig. i ). 

La chambre a semble avoir été un magasin dont la voûte s'est 
e'croulée; dans l'intérieur, rien que des blocs de maçon m-rie; la 
face était ouverte, tandis (|ue la face opposée était en jtartie fermée 
par un mur dans le(|uel avait été ouverte soit une porte avec seuil 
de om.i^o d(^ hauteur, soit une fenêtre; le magasin ('tait dallé. 

La cluunbre h u"a pas été voûtée; sa face est ouverte; la face op- 
posée est adossée à un mur de magrasin voûté il : les murs se lai>ani 
face sont revêtus d'un crépissage cimenté; sur l'un, on remarque les 



— 258 — 

traces d'une fj^iiirlantlc de fleurs, d'épis et d'uno cohitme surniontéo 
«riiii oli.ipil'MM . le loul en très mauvais état île conservation. Dans 
celle chambre furent Irouve's plusieurs fragments (rinserij)lions in- 
sij'niliants. 

Le nui{jasin r «'tait voùl»'; rien à rinl«''rieui'. (|Uiine de ces pierres 
à auge pareille à celles déjà sijjnale'es. 

Les parties <^ cl f sont ensuite visitées; rien en /'. (pie den\ 
pierres à inscri|)tions de'jà connues. 

Kn/. clianii)re remplie de gros cailloux roulés : ce devait être un 
magasin voûté; nous n'y trouvons «jue des débris de sculptures et 
trois fragments d'inscriptions; une monnaie de (ïordien le vieux, 
moyen bronze, est égaleinenl recueillie. 

La base du mur soiilenaul la voûte du magasin d étant tr^s peu 
solide, nous faisons, par mesure de prudence, céder la voûte en 
son milieu; aucune |Kirticularilé ni découverte importante; seuls, 
deux fragments «riiixriptions. 

Nos travaux louclieni à leur fin; le retour à Zaghouan est or- 
donné; les derniers coups de pioche sont donnés sur remj)lace- 
ment ff; une mosaïque, d'une conservation moyenne, est mise à 
jour. 

A notre avis, la partie intéressante à étudier actuellement serait 
celle (pii est comprise entre le (lapitoleet la l)asili(|ue chrétienne; 
celte basilique a été fouillée en partie j)ar M\L Montalier et Mon- 
nier; tout dernièrement, nous sommes revenus à Si'frermes avec 
(]uel(|ues travailliMirs pour en poursuivre la fouille depuis l'abside 
jus(|u'à une porte, el les résultats ont été assez satisfaisants, l ne 
note complémentaire a été adressée à la Direction du Service des 
anti([uilés de Tunisie; nous souhaitons vivement qu'une suite soit 
donnée ,iii\ reclierclies de nos prédc-cesseiirs el aux nôtres. 

domm' IIannkzo. 



Tinnis MAMLioni i]i nUiLuoniM 

DAiNS LK MASSIF DKS M\T\IATA 

(TIINISIK). 



ï 

RAPI'OUT l)K M. LK UKUTKINANT l'l':i5ICALD. 

Dans le rapport ('tahli par M. !<• lieutenant de l'ontbrianrl , à la 
suite de reeherrlies arcliéoiogi(|ues laites en 1901 à Henchir-bou- 
Guerba, cet oflicier émettait l'hypothèse qu'une voie militaire reliait 
Bordj-Zoïnnil à Mnveth au temps de roornpation romaine. 

Les gilcs d'c'tape indiqu<^s dans ce travail étaient pour cette voie : 
Henchir-])ou-Guerba et Henchir-el-Gueddim. 

Il est nécessaire de rectifier immédiatement le nom de ce dernier 
point : llenchir-el-Gucddim est, en effet, complètement inconnu 
des indijWmes. Il faut dire Henchir-el-Gueciret. 

En parlant des ruines que Ion y rencontre, M. le lieutenant de 
Pontbiiand s'exprimait ainsi : 

ffCe castellum a été vainement exploré par nous au début de 
1899, ])endant (|ue Ton travaillait à la route de Matmata à Toujane. 
(l'est une enceinte carrée d'environ 3o mètres en saxa quadrata. 
Une pierre trouvée dans les ruines (élevée aujourdhiii en colonne 
par la compagnie de discipline) paraît avoir été préparée pour rece- 
voir une inscription malheui'eusemenl absente. Tout ce cpion a pu 
y rencontrer est un petit bronze de Constantin le Grand'''. i? 

Une visite que nous finies à llencliir-el-Gueciret. en mai 1909. 
nous permit de constater que la seule trace de touilles réceinmeut 
ell'ectuées dans ces ruines était une excavation de 1 m. 'ni X 
1 m. '^o X 1 m. ^<o de |)rofondeur, pratiquée vers b' ccnlrc (b' 

'•> HuU. arcli. du (Jnmité, 1903, p. 38.'«. 



— 260 — 

l'IuMicliir. Il pouvait donc y avoir intrirl à cffrcluor en ce point des 
rccluMtlies nu'lliodi(|iies et complètes. Hencliir-el-(îueoiret est, en 
ellet. la seule ruine roinaiiic de (jueKjue importance qui existe, à 
notre connaissance, dans la partie élevée du massif des Matmata. 
M. le Directeur des anti<piités et des arts de Tunisie voulut 
bien reconnaître cet intérêt, et nous accorder une subvention; «'lie 
nous a pt'iiiiis de mener à hien les travaux dont Texposé cl les 
ré'sullats fout Tohjet du pri'sent rapport. 

Hencliir-el-(îueciret n'est point porté sur la carie au 1/200.000. 
( Kenille de kasr-Médeniue.) Nous indi(|uerons donc iVmplacemcnl 
de ces ruines par- r-apport à des points ou à des li<rnes connus. 

Il est situé sur la j)iste muletière qui relie Matmata à Médenine, 
par Toujane. à 1 5 kilomètres du bordj des affaires indi{|ènes de 
Matmata. On peut encore déterminer son emplacement à l'aide 
de la cote 637, u)ar(|uée sur la carte, et le placer sur un p(;til 
plateau (|ui s'i'tend entre l'Oued-cl-Kel et un de ses allluents, à 
environ "î.ooo mètres à TOuest-Sud-Ouest de la cote O.'J-y. 

Le pays est accidenté; son aspect {ji'néral, vu du haut d'Henchir- 
el-dueciret, est celui d'un vaste cinpie dont ce [)oint occuperait 
sensiblemant le centre. 

Les travaux de fouilles furent entrepris le 5 mai ujo'i et ter- 
minés le 1 3 du uiénie mois. Les travailleurs furent répailis en deux 
chantieis principaux, cbargés. le premier, de déblayer l'intérieur de 
rouvra||(!, le second, de déga^jer les muis extérieurs jusqu'au niveau 
des fondations. 

Le tia\ail fut poursuivi normalement jus(|u'au 10 mai, date 
à la(|uelle le chantier emplové au d(''<ja<;('m('ut des murs extérieurs 
découvrit la porte d'entrée de la construction. 

Nous flounàmes alors l'ordre de louiller à deux mètres environ 
du pied du mur extérieur devant rem|)lacement de cette porte. Le 
1 1 mai, dans l'après-midi, on d<'Couvrit une pierre qui avait lait 
partie de la corniche de j.i poil*-; puis, successivement , d'autres 
pierres du même {'(Mire el une pierre (u-née d'une sculpture jpos- 
sière représentant une Victoire ailée tenant une couronne. 

Le 1 •) . \i'< Iraxaux pouisuivis en ce luéme point amenèrent la 
dt''cou\eili' de deux |iieiTe> portant un cheval {frossièremeiil sculpti', 
une seconde piei-i-e oiiii'e d'un mtdil représentant une Victoire; 



— ^ifil — 

puis une iiiilifi pionc sur- IjKjtKilIc on (lislinjfuc un |)('r.s(iiina|{<' 
IciJiinl une palme; ciiliii, V(!rs la fin do la jouriK'e, on mil au jour 
une inscription. Le l)lo<; sur Icipjcl cllf c.st Mrasc'c ('Ijnt hrisi''; les 
(lru\ IVaifincnls ont ('h' ri'lrouM's. 

L'crnpIartMiMîtil où ces pii;rri's furent (l('cou\erles (;! «pii irst inar- 
{\nr sur le |)lanan i/ioo ayani t;!*; complètement (iéjjafjé, les efforts 
de tous k's travailleurs se |)oilèr('nt V(!rs Tinti-rieur du castcllum 
pour lerniin(!r le déhlaicnicnl. Les travaux priicnl lin le lo mai. 

Le casielluni est aitncdlement complèlenn-nt df'hjayé lant à l'ex- 
liM'ieur (pi'à l'intiTieur. 

Une seule pièce de monnaie en a èle' retirée; elle est en mau- 
vais état. 

Le castellum d Hencliii-el-Gueciret couvre une surface sensible- 
ment carrée. Les dimensions totales de Touvra^je sont : 1 8 m. 20 X 
18 m. o5. Son orientation est exactement S.-IN.; chaque face corres- 
pond par suite à Tun des j)oints cardinaux. La piste inidetii-re actuelle 
de Matmataà Médenine. |)ar Toujane, passe à 00 mèlres environ de 
la face Sud. Une partie du mur extérieur a été de'iruite jusqu'au 
niveau des fondations; elle est représentée en clair sur le plan. 
Laulre partie du mur extérieur est encore debout partiellement, 
ainsi (|ue tous les murs intérieurs dont la hauteur varie, dans Tétat 
actuel, de o m. 80 à 2 mèlres. 

Le mur extérieur a une largeur totale de o m. 80; son parement 
extérieur est en pierres de taille de o m. 5o d'épaisseur moyenne; 
son parement intérieur est en maçonnerie ordinaire de o m. 3o 
d'épaisseur, soil au total : o m. 80. Les murs intérieurs ont une 
é|»aisseur de o m. 5o. Ils sont construits avec soin par couches de 
pierres de pelites dimensions, mais sensiblement égales et placées 
à peu pi'ès régulièrement à plein sur joint. 

Après avoir franchi l'entrée coudée à angle droit, on pénètre 
dans une cour intérieure de 8 m. ()o X 8 m. 10. où l'on ren- 
(onlro sopt [)iliers encore debout qui, vraisemblablement, su|)por- 
laient un porli(jue établi sur trois faces de cette cour inté- 
rieure. 

Quatre portes permettent l'accès des différentes pièces de la 
construction; une sur la face Est, une sur la face Nord et deux sur 
la face Ouest. 

Il y a lieu de remarquer que la petite chambre située dans 



— 26'i — 

TaD'flo Nnrd-KsI de la coin iravail (roiniTliirc ni sur la (•(•iir. ni sur 
la pirce voisiiu'. 

l'.ir la |tortf Est, de o m. ()() de l.trjpMir, on enlrc dans un 
a|)|iaiUMnt'nl coiiiixot' di- deux pii'ces C()niiiiiiiii(|iiaiil ciilrc elles 
par une porte de i m. lo de laijfeur. Les dimensions de ces 
rlianibres sont respectivenieni : fi m. (io x 'î ni. 70 et 2 m. 80 X 
3 ni. 70. Les portes de la fate Ouest de la cour donnent accès dans 
deux appartements comj)Osés t'|falemeii( de den\ |)ièces et dont la 
dis|nisition est à peu près identiipie. 




■H Mur; debout , d'une hauteur de 0,80 à 2, 00., ' | 

I I Murs détruits jusau 'aa niveau des fondations. \.'.'..,.l3euils desportes. 



\jtm I I I L. 



pi|,. ,, — Hi-ncbir-(!l-<iinîcin'l. - Plan du cuitlflluin 



Lt'> deux ciianilires du pieniier a|ipailemcnl ont, en elîet , les 
dinu'usions suivantes : k m, 20 X ^5 ni- 70 et 3 mètres X 3 m. 70; 



— '2«:i — 

celles (in scîcoiul : A m. 'Jo X «i JH- 70 cl '-i m. .').') X -i ni. 70, L;i 
porU! (I(i f;(»riiiminicati(m de ces deux (leniièreH cliamhres rsl icslée 
eiitièrcim'iil dcltoiil. 

I*;ir l;i iiorlc sitiit'c un Nord, doFil l;i i.'irjji'iir csl di; <> m. Mo. on 
iM'iicIrc dans imc écnric de t t? m. '10 de lonjfdcnr cl de '.\ m. .)■> 
de iariM'iir. (Icllc (îcniic csl di\iscc en liois nmiparlinicnl^. dont la 
loMjjnciir (!sl rcspcclivcincnl : a ni. 60; A rn. (j 1 ; .'5 m. M.). Les 
loniparliiiieiils ^()nl séparés par une ligne de liois nianjjooinîs (U'. 
o ni. 'S() de liaiilcni-. (ilia(|nc iiiaii[f(!oire est taillée dans une scîuN; 
pierre, La niaiijfcoirc cciilrale csl pins petite (jue les deux exln^mcs, 
et la longueur totale de la ligne est de ti m. 70; sa largeur atteint 
o m. 59, avec o m. 3ode vide. 

En résumé, l'ouvrage comporte : une cour intérieure, sept 
chambres, une écurie. 

\ons a\ons éjfalemeut cherclié s'il n'existait pas de citerne, .soil 
à lexlérieur, soit à liatérieur des ruines. Nous avons découvert à 
95 mètres environ de la face Sud, ()rès de la |>iste inulelièrc de 
\latmata à Médenine, une petite excavation avec (races de maçon- 
nerie circulaire. 

Nous estimons ([ue la citerne se trouve en ce point, mais le temps 
nous a manqué pour le vérilier. 

L'inscription trouvée au cours des fouilles d'Henchir-el-Gueciret 
est gravée sur une seule pierre, qui a été malheureusemeut brisée 
en deux. 

La longueur totale de la pierre est de 1 ni, gô; sa hauteur est 
de o m, '17 et son épaisseur atteint o m. '.\o environ. 

Un estampage de cette pierre a été pris et adressé à la direction 
du Service des Affaires indigènes, à Tunis; il a été communiqué à 
M. (iauckler. (Voir plus loin.) 

Du texte même de rinscri[)lioii. il ressort que les Romains 
avaient construit à Hencliir-el-(iueciret une ferme fortifiée et non 
un poste militaire. Le domaine romain, dont cette construction 
était le centre, était sans doute relié par des pistes de caravanes, 
d'une part, à Mareth ou à Gabès, d'autre part, soit à Tamezered, 
soit à ksar-Tarcine ou à Bordj-Zoumit j>ar Henchir-bou-Guerba. 

Les ruines d lienchir-el-Gueciret sont b's seules ruines impor- 
tantes que Ion rencontre, à notre connaissance, dans cette partie 
du massif. 



— 2(>'l — 

La jnvsciu't' de cette fciiiie. consti-uite Iri-s solideiiM'iil, au centre 
île la réjfion inoiilagueuse des Malinala, iudiciiie (|iio celle |»arti(> du 
(eriiloiie ircsl pas restée lolalcimnt élran{{ère à la colonisation 
romaine dans Textrème Snd Tunisien. 



II 

ivoTi' comim>i';mk.\taii5I'; dk m. iv cm ckliir. 

\insi (|n"on a pu le voir par le rapport de M. Pi'ricand, les 
ruines (rilcnchir-cl-Gueciret se présentent sons la lorine d'une con- 
slruclii)n carre'e de 18 mètres de côté, doni Tenceinle extérieure esl 
soigneusement établie en grand appareil, les cloisons intérieures 
en moellons alignés an cordeau. La porte s'ouvre au milieu du côté 
Sud. L'entrée est condée à angle droit, de manière à masquer l'in- 
térieur. Elle donne accès dans une cour centrale rectangulaire, bordée 
sur les ti'ois côtés Sud, Ouest et Nord j)ar un |)()rli(|ne couvert (pie 
soutenaient sept colonnes. Sur cette galerie de pourtour s'ouvraienl 
trois appartements de d(Mi\ |»ièces cbacun, deux à l'Ouesl, un à 
l'Est. Le côté Nord esl réservé aux écuries, divisées en tiois box par 
deux lignes de trois mangeoires. Chacune de ces mangeoires serNait 
pour deux chevaux affrontés. L'écurie pouvait recevoir en tout douze 
chevaux . trois dans chaque box latéral, six dans le box central. 
Entre l'écurie et l'appartement de l'Est, le plan de M. le lieutenant 
Pi'ricand indicpie une clwunhre reclanjjulaiic longne de 3 m. 70 et 
large de 9 mètres, (]ni n'a ni portes ni fenêtres. Je su|)pose que 
(•"('tait un r(!servoir, recevant les eaux des terrains l't pouvant servir 
à l'alimentation des délenseurs du fortin en cas de sièjfe. Quant à 
l'excavation a\ec traces de maçonnerie circulaire signalée par M. le 
lieutenant l'éricand à aô mètres de la face Snd du monument, 
c était probablement un puits. 

La porte de l'édilice, prdjelir en avant de l'entrée, a été 
retrouvée prescjue toul entière. Elle était cintrée, et les claveaux 
étaient oinés de ligures en bas-relief analogues à celles (jui cou- 
ronnaient les entrées des deux casiella de r()ued-«d-Gordab fouilles, 
en 1 ()().{. par- M, le lieutenant Moreau. (je sont des scidpturi's indi- 
gènes d'un art absolument barbare, et intéressant par cela même. 
Il \ avait cin(j lijjures en tout : an milieu un personna|fe nu, avec 
un phallus énorme; il s<' lient debout sur la j.nube droite, la 



— 265 — 

j.uiihc {fauclic rr|('V('M> (4 rann'iii'f^ cm arri^'n;, comme s'il éUiil en 
maiclic. Il dresse la main droite avec le ||(;sle liahiliiel (ro\alioii, 
et |)résente de la main jfaurhe une {[lande palme. A dioile et à 
jfauche se letiaicMit deux rlM^aux, puis deux Vieloires portant des 
coiiionnes. (les déesses du pantlic'on {fréro-romain sont travesties 
à la mode indigène; : au liiMi de deux ailes, elles en ont (pjatre, dont 
deux e'ployées en arrière, et les deux auti'es rabattues sur les 
jambes, comme dans certaines représentations de divinités «'fivp- 
Ih'nnes et assyriennes, et rappelant assez ici ras[)ecl d'un pantalon 
houlTanl de zouave! La coin'ni'e, en fei-à cheval, est également carac- 
léristi(pn'. 

Au-dessus de l'arc cintré était placé un grand linteau monolithe 
long de i m. 90, haut de cm. 67, épais de m. 3o, (|ui a été 
reirouvé bris(i en deux fragments se rajustant presque exactement. 
11 ne manque à chaque lijfne qu'une ou deux lettres faciles à res- 
tituer. Les caractères sont très nets, à rexception de ceux de la 
dernière ligne, en partie endommagés. Ils mesurent o m. o55 de 
hauteur à la première ligne, o m. 06 à la seconde, o m. o63 à la 
troisième, o m. o^ à la quatrième et o m. .'Ja à la dernière. Les 
dernières lettres sont pressées les unes contre les autres, afin de 
pouvoir finir la dédicace sans déborder du cadre. Celui-ci est un 
cartouche à queue d'aronde en relief, présentant à droite et à 
gauche de l'inscription, dans la queue d'aronde, deux palmes inci- 
sées au trail, et à la suite, sur les bords en saillie, les noms des 
propriétaires Manilionim, Arellmum, en lettres verticaliMiient super- 
posées, au lieu d'être alignées horizontalement : 



Archéologie. — N° 2. 18 



.- 200 — 



"^\ <îogmu-J"0«: >^ "y 



\' 



X\ ->^^^ ,. 



< 


o 


— 


:ii 


J 


O. 


u 




< 


Ol 

H 


al 


O 

eu 

Ol 


> 


Z 


Û 


__ 


,. 


-J 




— 


> 


Il- 


> 




> 




z 


cO 


al 


r* 




ai 


— 


ûi 


1 


O 



2 

UJ 

Û 

Z 
> 

O 



(- 



Z 

z 

o 2 

H > 
_ ûi 

00 O 



Ol 

> 

Q 

< 



u 

s X 








^>-^ od > 






> *- • 


oL oL „ 






00 '^ 


O > :i 

h lu 






— 


UJ y Bi = 






Q 


H < ^. 






< 

Ol 

_1 


■^ Z "^ 
O^ < H 5 






a. __ 


- ë ? 2 






i-o H 


w U. ^ o 






— O 


f— Oi (/5 oO 






^ eu 


o ^ 5 < 1 




UJ 


"^ < Ê > 1 




^ z 


z Qd (^ CO 


l 




/ 


\ 




// 


^:^^^ \\ 




// 


\\ 




/ S<2 


--i-Ofli>2 \ 





— 267 — 

IVIa locture (rapn'.s iiii cslairipai^u <>l titn' |)liolo|rra|»hi(' : 

Mamlioriim. — In lits j)i[a)ciliis , M((ircus'j \l(aiiilius) In/fCiiii\u^8 , v{ir)d[ero- 
iKs), (i Arclliii \ e poli lia , h{oiiesta) m{iilronn), uxor ejus ,rljtli({) , neputen, 
pronrj)Ofp.<s ffu'(t>r eorinii rirnnt , nmr.saint d tncHorn perjicinnl ; lurris 
pt'rfrrla itispusilioni rin-niidcin . per instantui{m) Arellid) \'itti\li\K , ser{vi) 
(ict[ona) eoriiin , iustruenlihus <i soin l{ufin[o,.. .je, Sfinectone , ijua(ni\ 
d(edicarerunt) et Hig{naoerunl) aniiiiorPK dornus eorum. — Aretlioruni. 

l/;is|)('(l (l(! ccllt! iiiscriplion . la loi'ine (Jrs liîtlres, les pnrlicii- 
jurilt's (!<' \n n''(la<-iion me portent à la datnr d'une assez hasse 
épo«|ue, au jilus lôL du règne de Dioclétipn. 

Le linteau qui présentait ia dédicace était lui-même .surmonté 
d'une corniclu;, grossièrement enjolivée de traits en /ijjzags, qui 
achevait le couronnement de la larade d'entrée. 

Le texte découvert par M. le lieutenant i'éricaud est très inté- 
lessant. Il nous rc'vèhî l'existence d'un grand domaine romain dans 
une région où l'on n'avait relevé jusqu'ici que des traces d'occu- 
palion militaire et non de colonisation agricole. (]ette propriété 
était gi'rée par un intendant d'origine servile, et mise en valeur 
pai' un nombreux personnel, dont les chefs portent des noms 
romains et non indigènes. (Juant aux maîtres de ces praedin, 
-M. Manilius Ijigenuus et sa femme Arellia Nepolilla. s'ils ne séjour- 
naient pas à poste lixe à l'Henchir-el-Gueddim, ils devaient v faire 
au moins de fréquentes visites; et c'est pour assurer leur sécurité 
et celle de leur nombreuse' famille, (jue fut construite au centre du 
domaine et au milieu des bâtiments d'exploitation, trop légère- 
ment hàtis pour qu'on ait pu en retrouver ia trace, cette turru si 
heureusement idenliliée par les récontes fouilles. 

Celle-ci se rattache à un type de construction ([ui devait être 
fré(jueuiment usité dans la région du limes Tripolitanns , à en juger 
j)ar le nombre de localités qui portent ce nom : sur la côte de Tarapes 
à Lebda et aux autels des Piiilènes Twris ad Alffam (Tadjoura); ad 
Tiiirem à proximité de Presidio; Turris et Taberna à Teratin; puis, 
dans rint('rieur, Tiarls Tamallnù (Telmin), près de Kebili; Time- 
2c^m Ti/rm au Sud du Djebel-Tbaga. Mais de ces diverses linres, 
l'on ne connaissait juscju'ici que les noms, et Von se perdait en 
conjectures sur leurs caractères propres et sur ce qui pouvait les 
différencier des autres stations du limes (caslella, hwgi. etc.). 

L'opinion générale, reposant en grande pajtie surde piélendues 



— 2r)8 — 

ronslatations de Tissot qui ont été récpiiiiniMil reconnues erronées ('\ 
était (jne la (uiris afTectail une forme ronde de petit diiinièfre, et 
(jiie {-'était moins une enceinte forlilK-e qu'un lieu d'observation ou 
un poste optique ^-\ 

Les foiiilles de rileurhir-el-duecircl |)rouv«'iil. au conlraire. que 
la luiri>i (lillV'i'ail beaucoui» moins du /*///y;».s- el du rastrlhini j)ar sa 
loniir (|n(' par sa destination, (ielle des MtniiHi Airllii est carrée, et 
non ronde : elle ressemble beaMcou|> au preuiier des deux nisiclhi 
de rOued-tjordab. Elle rappelle éj;ale!nent, bien qu'avec de notables 
dilTéreuces, le burgus crntrnariiis de Tibulmci el celui de Tisarar. 
(l'est, comme ceux-ci, un onvrajfe de défense, un posie fortifié, 
mais de population civile et non pas7H»7iVrt»rp, un édifici» privéet non 
public. Il n'a pas été construit pour recevoir une garnison, n)ais 
pour abriter, en temps de troubles, le personmd d'une exploitation 
agricole. La tuirij< rentr(>rait donc j)lutùt dans la catégorie de ces 
demeures seigneuriales l'ortiliées, (pu annouceni (b'jà les cbàleaux 
féodaux, et dont les villas de M. Cincius Hilaritiniis. prés de Tipasa, 
et surtout de Feriniis. à Kaoua. dans la piovincc d'Oian, nous 
offrent de si curieux exemples bâtis probablement à la même 
époque «jue la turris des Manilii Arrllii^-^K Mais cette dernière est 
beaucoup moins grande. Ce n'(îst pas, îi proprement parler, une de 
ces liabitations où les précautions prises pour assurer la sécurité 
des propriétaires n'excluent pas la recberche d'un certain luxe, 
mais plutôt un refuge où tout est subordonné aux nécessités de la 
défense. 

C'est ce (jui me paraît ressortir avec toute évidence du soin avec 
le([uel sont aménagées les écuries de la tinris. Dans cette conslruc- 
tion de si faible étendue, un tiers de Tesjtace dispojiible est réservé 
aux chevaux. C'est que dans nu pays aussi aride (jue le limes Tripo- 
litanus, où les moindres points d'eau sont éloignés de 3o kilomètres 
et plus, où les postes de secours sont plus distanis encore, le cheval 
est le j)rincipal élément de sécurité, l'aifcul indispensable de la vie 

'•) Cf. riaijnat, V.innnp roinaine d'Afrique, p. 67/1. 

'" Cf. nolamrannl, pour Telmin idonlili*'- faussorimnl avpr la Imii' ili' l'ileiuliir- 
Soiiraa, Le B<i;uf cl Dnnan, (iniis le liullvlm nrclirxlinnijui', du Cumtlv, i<)«H, 
j). 1191 f'I siiiv. 

'^' Cf. f'n flernior lieu l'il. (im'II, \,r^ Mmiiiiiii iils niilujUiS dr /' lliyrir, I. I. 
i>. ifHi flsiiiv., (ip. X\ ri '.\'t Iraxiillum du Nndnr, et p. loj l'I muv., pi. W cl 
lifT. 3.'), cuMli'Ilum d>' Kaoua ^. 



— 269 — 

do tous les jours, ol par suit»', plus (|no parlouf ailleurs, un objet de 
convoitises, (l'est lui surtout (|ue visent les razzias, c'est lui avant 
tout (ju'il s';i;;il de pfol('|;er. (le lait (|ue nous avions déjà eu 
ro((;i>inii de tiidlre cil liiiriière eu étudiant le plan du rentenarius 
de 7VA»A»rH Ksar-Tanine ), les rouilles de rilencliii-(d (Jutïciret le 
conlirinent à nouveau (run<; laçon éclalanle. 

A (|iielle ep()(|ue la turrvt des Manilii Arcllii a-t-elle été défini- 
lisenient abandotUH-e? Mlle fui sans doute utilisé»^ pendant tout le 
iv' siècli'. Le seul objet pouvant lixer une date «pTon y ait retrousé 
est un petit hron/e f[uinaire ass(;z rare de Tenipereur Constant, 
Il est luallieureiisenient très fruste. .Pai cependant réussi à l'iden- 
tilier. Il pré>ente au droit TelTigie de Tenipereur à droite, avec la 
lé{rende : D • N • CONSTANT P-p-AVG- Au revers, Constant 
en hahil militaire, debout à {faucbe, tenant un {[lobe et une haste 
renversée, avec la légende : SPES REIPVBLICAE ' . 

Cette monnaie remonte donc à la péiiode qui s'étend entre 3^7 
et 35o, 11 est curieux d'avoir à remarquer que la seule monnaie 
découverte dans le déblaiement du casteUwn de l'Henchir-Guedab- 
(ledei- est itrécisément un(^ pièce du même lype''^'. 

Bailleurs, dans tous les postes du limes fouillés depuis cinq ans, 
à l'exception de celui de Tisavar. — plus ancien que les autres et 
probablement évacué plus tôt, — l'on ne tiouve guère d'autres 
monnaies que celles de la période constantinienne. Au début du 
V'" siècle de notre ère, le Unies TripoliUinu.s devait être à peu près 
complètement évacué; le domaine des Manilii Avellii, insullisam- 
ment protégé par sa tuiris, lut sans doute définitivement abandonné 
à la même époque. 

"' Cohen et Feuardenl, Monnaie» impérial ex , t. VII, p. /iao, n" 106, roté 
6 francs. 

'*' Cf. Notes et documenta sur la voie stratégique et l'occupation militaire du Sud 
Tunisien, dnns le liuUetin archéologique du Onnité, 1908, p. 3a 1. 



NOTE 



SIR 



LA NECROPOLE DE MASCLIANAE 

illVDJEB-liL-AÏOUN), 

PAR M. LK LIKUTKNANT CODIN. 



I. (ioMPTK l\KM)ll OKS KOIMM-KS. 

La uécropole de MaxcUniute est siluée au Sud des mines de Tnii- 
cienne ville, sur le bord uiêiiie du plateau où sélèvent inainlenanl 
ie bordj et le villajje dlladjeb-el-Aiouu. 

L'ensemble des tombes du cimetière d'Hadjeb, ou plulùl des 
cimetières, car il y eu a plusieurs juxtaposés, occupe une (•Iciiduc 
de plus de ooo mètres de loiiijueur, coinplés sur une lijjue deuii- 
eirrulaire. La largeur en est plus difficile à ap|)récier, des tombes 
isole«'S sont for! éloignées; mais des sondajfcs opérés eu dilléreuls 
endroit'^ nou> permettent de supposer (jue la nécropole était plutôt 
étroite et se limitait à qutdques dizaines de mètres en ari'ière du 
bord du plateau. 

A première vue, la nc'cropole de MasrUaiiac piésenlc une pby- 
sionomie aese/i confuse. Cependant, en reportant sur un plan, ainsi 
(|ue nous l'avons fait (fig. i), les résultats donnés par les fouilles, 
(Ui voit se dessiner des divisions nettement rnanjuées. (pii per- 
mettent df faire une classification par espèces des sépultures. Cetli^ 
classification peut s'établir- ainsi : 

\ii Nord et au centre, les tombes païennes à inciné'iatiou; 

A lOiiest, les mausolées; 

Au Sud, les sépultures païennes à inliumalioii ; 

A l'Ksl, eiilin. les tombes (•lir/'tM'iiiics. 



— 271 



I. Tomhes f/mnincH à inrluih-atitm. ~ - TouU'h sensiblement pareilles, 
elles consisleiil eu un sini|»l«' trou dont la (orme lui peut-être cJr- 
culîiiif. On les trouve sous unc^ mince courlu! drî pierres, ;i -yo ou 
80 ccnliiM*'!! es (j.ins le sol, Souvcnl l;i coiirlic df pici'n'S n existe 
mèrui; pas, vV les charbons (riiu;inération . aviic. (juel(|ue8 tr^;s rares 
ossements calcinés, té/n()i|jncnt seuls de ICxistence des lombes. 
Quelques-unes étaient munies d'un tuyau à libations. 




'">(i 



jjaJni 

Fijj. 1 . — IMan des fouilles de la nécropole de Moêclianaf. 

Dans la plupart de ces tombes, le mobilier fun<^raire n'existe pas 
ou consiste en un jjros fragment de poterie (jui a dii jouei- le rôle 
de plat. 

II. Mausolées. — Quatre de ces monuments ont laissé des traces 
dans la nécropole d'Hadjeb. délaient des conslructions carrées, 
probablement fort simples, dans le {jenre de celles qu on a trou- 
vées en grand nombre à Sidi-el-Hani. Les fouilles qui y ont été 



272 

j'ntreprisos nOnI donne aiuuii ri'siilt.il; cl loul (iîiillcnrs porte à 
rroiro (]n(> ri's mausolées onl éh' violés dès Tanticjuile , cai- riiitéiieiir 
est un véritable chaos de débris de toute sorte. 

III. Tombes patrii lies à inhumation. — Ces lombes sont peu nom- 
breuses. Malgré cela, elles j)rësentent un réel intérêt par les dilie- 
rences constalé»'s entre les modes (rinbumalion, comme par la 
variété des objets (|iii! MOUS V avons trouvés. 

Nous avons ouvert . dans celte |»artio de la nécropole, une (|ua- 
rantaine de tombes. Voici les types principaux : 

A. Tout d'abord, une série de tombes parallèles, disposées join- 
tivement sur plusieurs rangs et orientées du Nord au Sud : ce sont 
celles qui. sur notre planche I, occupent le centre du village 
(Tiladjeb. Elles se présentent comme il suit : 

a. Tonibes profondes de -2 mètres environ, avec un lit de très 
grosses pierres à fleur de terre. Au fond, près du corps, est ia 
lampe, accompagnée généralement d'un vase et d'un plat. Parfois 
ce petit mobilier est déposé sous une dalle qui devait le jiréserver; 
un tuyau à libations complète la tombe. En passant, notons qu'un 
de ces tuyaux, fait d'une seule j)ièce, avait la forme d'une urne 
sans anse, très alloujfée, qui aurait eu 9. mètres de hauteur sur 1 •> 
ou i5 centimètres de diamètre à sa partie la plus large. 

I). Tombes un peu moins profondes que les précédentes, 1 m. 10 
à 1 m. S!o. Immédiatement au-dessus du corps est disposée une 
couche de larges tuiles qui. au nombre de trois, recouvrent le 
défunt en entier. Ces tuiles ont à jieu près o m. 70 au carré et 
>onl épaisses de 3 centimètres. 

Parfois la couche est double, surmontée même, dans une seule 
tombe, d'une troisième série de dalles disposées en loil. (juand les 
tuiles sont sur deux coucbes, elles sont séj)arées par un lit de 
chaux. Dans d'autres cas, au contraire, siuile la lèlc du mort est 
abritée par une tuile; le lesle du corps est placé dans un lit desabh^ 
remarquablement lin. Qiu'l(|ues s<'|)ultures, enliii, étaient entière- 
ment remplies de ce sable, (|u"on retrouve fort bien, en plein sol 
calcaire, entre les parois de la tombe, (lest dans ces dernières 
.sépultures (|ue nous avons trouvé le mobilier funéraire le plus élé- 



— 273 — 



Ifîint; ('('(îiirnl sjins doiifcî les sf^pullures (riino in«^me famille; (|ii;ilr«' 
(r<'iilrc t'Iit's ('l.iicnl |»l;i(t'c.s riiiic à rnir «le r.iiilrc. 

\\. I il |)fii à l'Kst se trouvairiil, Ir'i's j/r(»u|)i's, |»lu.si(îurs caissoiiB 
r('c(itin;ul;iii('s, en Morajfc, nîcouvfrls (!«• plàtn- hlaric. Ils siiiiiif)n- 
laiciil {jciii'iainnciil un des Ivpcs de loiiihcs drciils plus li;iiit. cl 
se relrouviMil à o m. «So sons je sol. Les caissons de inaroiuH'ri*' 
irap|);iraiss('iit (|n'('ii cet endroit cl onl toujours la foiinc indi(|U('c 
ci-dcssns. Nous en avons déjfajM' six ou hnil cti celle partie de l.i 
n('cr(»|>ole. et aucun dan> les autres réjfions. Les sépultures de ce 
Ivpe no ("onlienncnl pas, |)our ainsi duc, de inolidn-r funciaiic 








Fi}|. !>. — Nocmpole de MnsrlKiDnr. - Tombe ;iver inrmtn. 

Tomhtau avec mensti. — Au milieu de ces caissons a élt^ décou- 
vert un fort joli tombeau déniant, nierveilleus«^ment conservé. Il se 
compose de deux dalhîs, Tune liozi/onlalc formant mensa, lautre 



— '11 h — 

verticale, foruianl stMe. Celle-ci, par sa [jarlie iuléricmo. lailléo 
en tenon, s'enjfajjeail dans une rnoilait«c de la table horizontale. L« 
mnisa (o ni. 70 X o m. 60 } poi'le trois excavations lie'iiiis|)li(''ri(jMes 
li/furant des vases fniK^raires, et nn plateau rectangulaire avec 
([iienes darondi*. Dans la pierre e^l sciijptt'e une sorte de casserole 
à manche allongé (lig. 9. ). 

La stèle (hauteur, o m. 60) est ornée d'un croissant, et on y lit 
Tinscription suivante : 

D M 

L* CAECILI 

VS V SILVA 

N VS V Q_Y F 

VvAvVIç:>HS 

]\ . Tombes chn'tieniies. — L'originalité des tombes chrétiennes 
d lladjeb nous a fait regretter que les circonstances n'aient pas 
permis de pousser plus à fond les fouilles "dans cette partie de la 
nécropole. 

Nous y renconirons tout d'abord les tombes simples, sans appareil 
funéraire : un squelette dans le sol, et c'est tout. Pourtant une par- 
ticularité se pre'sente : au milieu de ces sépultures, quehjues-unes 
renferment des lampes chrétiennes. On peut s'étonner de ce fait, 
puis(|ue les chrétiens avaient abandonné la coulume païenne de 
déposeï' des objets à côté des corps; et cependant nous avons con- 
staté fiéquemineni la pri'sence de la lampe dans des tombeaux 
chrétiens. 

Caveau chrétien. — Près des tombes simples, on a découvert un 
groupe de sarco|)liages fort curieux par la manière dont il est 
disposé. 

A A mètres de profondeur a d'abord été trouvé un superbe 
cercueil monolithe, ori(;nt('' du \ord au Sud; rcclanjfulaire à l'ex- 
térieur et à coins ari'ondis à linlericîur, il conleuail les restes d'un 
homme d une taille extraordinaire qui a\ail sensiblement plus de 
9. mètres. Près du moil , on a recueilli plus de (|ualre-vingls pièces 
de monnaie fort j)etiles et les frajjments d une lampe rlnétienne. 
(iomme ces pièces de monnaie étaient très petite.s, <pie, de plus, 
elles étaient décomposées entiènimeni et toutes par le Ncrl-de-gris, 
on peut se demander si c'étaient bien là des pièces de monnaie et 



— 275 — 

non (les jtlji(|uetl«'s de ciiivir |(i()\<'ii;iiil de ([n('l(|iM' collier' r»ii 
onuMMcnl. 

Tout coiilrc rcxtrômilr Sud du H;ir(<»|ili;i|M' rt uti |i('U ^ui' If côlt''. 
deux «-olonnt'.s suruionh-rs (Tuii liuh?;ui lorui.iicul (•otunu; lu poric 
d'un caveau. Kn arrière de celle porte, vers le Sud, les roiiilleiir^ se 
heurli-reul d'ahord à une masse d'énormes hloes éboulés et auion- 
ceiés, proveuani sans doule du caveau dont la porte seule subsiste, 

Kn appiivaul un peu à {gauche, on déffa{f('a tout de suite un 
second san opliajje, recianjjulaire à l'inlérieur et à I exiérieur : il 
était oriente du Nord au Sud. Immédiatement au-dessous apparut 
bientôt un troisième sarcopba{;e en croix avec le second, et, en 
dessous, un quatrième tourné comme les deux premiers du Nord 
au Sud. Il y avait donc là trois cercueils, placés successivement et 
per])en(liculairement les uns par rapport aux autres. Dans ces tom- 
beaux, il n'existait aucun mobilier funéraire, à peine y a-l-on trouvé 
(pielijues {jrains de collier en verre et une bague de bronze. 

Sur le plus élev(' des tombeaux superposés, qui seul était recou- 
vert de dalles, reposait un {jros t'rajfment sculpté, (^e fragment, qui 
était placé la l'ace vers Tinto'rieur du tombeau, repi'ésente une tète 
d'un travail très grossier. 

î\on loin et au .Nord du groupe de saroopbages que nous venons 
de décrire, nous avons trouve; à même le sol des séries de deux ou 
trois squelettes, superposés en croix tout comme les cercueils; la 
disposition spéciale de ceux-ci parait donc indi(|uer une coutume 
funéraire. 

La seule inscription que nous avons pu tirer de la nécropole de 
Masriimiac est celle du petit tombeau à mensa dont nous avons |)arlé 
tout à riieuic. 

A part la slèle en (jueslion, nous n'a\ons trouvé (ju'un fragment 
de pla([ue funéraiie en marbre rouge, (le fragment provient de la 
tombe d'un défunt enterré à l'âge de 109 ans. A en juger par les 
caractères qui sont d'un beau style, cette épitaphc était antérieure 
à la précédente. 

Les monnaies sont rares; on n'en trouve prescpie jamais dans les 
tombes, et celles (jue l'on y rencontre par basard ne nous apprennent 
rien. Il amve, en effet, qu'on découvre dans une même sé()uUure 



— 276 — 

deux monnaies d'époques lirs dilVérenles : par (neniple. une pièce 
de \lu'ij)sa et I aiilic df I un des (îoidicn. Les lioiiiains d alors se 
débarrassaient de leurs ^ieu\ sous pour iesollrir en oholc à (îliaron. 

Nous avons liouvé, eni|iilées sur une lampe, luiit monnaies dont 
les à'jes s'échelonnaient de|)nis r('po(|iie puni(|ne jus(pi"au iv* siècle 
de iu)lre ère. Une autre lois nous avons lecueilli, enveloppée d'une 
étoile rude et carbonisée, une pièce de Massinissa pre.-(|ue entière- 
nient fruste. Cette pièce était donc bien inutilisable déj;\ (juand elle 
avait été placée dans la tombe romaine. 

Pourtant, au milieu de cette confusion, trois monnaies trouvées 
ensemble dans un tombeau ont attiré notre attention. Encore bien 
conservées aujourd'hui . (dles ont été' mises dans la tombe peu de 
temps après avoir été frappées. Elles peuvent indiquer, par suite, 
une épo(]ue, et permettent d'assigner à un(; partie de la ne'cropole 
un âge approximatif. Deux des pièces sont conservées seulement du 
côté de la face; les revers, en contact avec le sol. on! (»té détruits 
par le vert-de-jjris. (]es monnaies |)ortent les noms de Si'vèrc 
Alexandre; la troisième, ceux de Gordien. 

Ont été trouvés en outre, mais en debois des tond)es : trois 
pièces puniques, plusieurs Constantin, deux Justinien. 

Les spécimens de poterie découverts dans la nécropole de Mas- 
clidtifir sont liés variés: ou y trouve un grand nombre de types, 
depuis la polciie la plus grossière jusipi'aux vases les plus élégants, 
oriu's dapplicalions en relief. Nous citeions les types suivants : 

Vase-amphoie de terre rouge demi-line : haut( ur, 18 centimètres. 
Les deux anses sont côtelées. Deux spécimens ont été trouvés. 

Vase-amphore à large col, en terre vulgaire : hauteur, 17 centi- 
mètres. Les anses partent exactement du bord du goulot et sont 
côtelées ( 1 spécimen). 

Petit vase en lei-re noirâtre : hauleui, 1 5 ceulimèlres (1 s[)écimon). 

Pot en terre vulgaire, à une anse. La forme rappelle celle des 
pots à bière employés de nos jours : hauteur, 18 centimètres. 

Petit vase à col élancé, avec une anse ormunentée rejoignant la 
panse du récipient. En terre fim- et |)olie, ce vase était orné de 
deux dessins en applicalion re|)résentaiil uu \i<'ill;ird aveugle et un 
homme luttant avec un ligre(?). Entre chaque sujet montent des 
branche.-- de palmiei-. 

Lin vase de la même terre (jue le preci-denl, mais moins \er- 



— 277 — 

iiissr. (Je v.'isc nvail l;i forme d'une; j)f)ire ln!s allon|j(3(;; I oiim'i liiii; 
(''liiil lirs (''lioilc. Sur l.i j)ans(! se voionl des branches de paltiiier, 
oniciiicnlaliori commimc à Ions les ri'ripicîiiLs de ce {fciire trouvés à 
lladjcl»; ciilrc les hr.iticlics des Hjfures diver'ses : lions, coriihals de 
{fladialeiiis, chars, etc. C'est mi petit carafon de terre rou|je, fine 
mais mate, l/anse est h''{|('rement ornementée, la pansr' nnie. 
Hauteur, i i centimètres et demi. Ce ty|)e était tout parlinilièiement 
orifjinal. 

Tasse à anse côtelée : ventrue, peu élé|fanle, en terre roujje 
vernie, mais pas très fine; hauteur, 1 1? centimètres ( i spécimen). 

Petit plat creux aucjuel on a ajoute des rebords verticaux qui en 
augmentent la capacité. Ce plat est d'une terre rouge fine et vernie, 
mais un peu louid et massif. Cet ustensile tire son principal intérêt 
d'une eslam()ilie qui est reproduite quatre fois au\ extrémités de 
deux diamètres perpendiculaires, sur le reboid horizonlai. Elle 
représente une divinité, évidemment Mercure, tenant d'une main 
le caducée et de l'autre une bourse. A côté du dieu se tient un 
animal; à gauche, une branche d'olivier termine le dessin. Cette 
empreinte n'est pas tout à fait aussi large (ju'une pièce d'un 
franc. 

Marmites, avec couvercle, qui se retrouvent partout en Tunisie. 
Nous en avons découvert plusieurs spécimens de dimensions va- 
riables. Quelques marmites de cette forme, en terre ordinaire, ont 
été trouvées aussi : elles sont alors plus grandes que celles en terre 
rouge (diamètre, o m. 82). 

A signaler également de grands récipients de forme rectangu- 
laire oblongue, arrondis aux angles et sévasant vers le haut comme 
une sorte de cuvette. 

Petit bol hémisphérique à bords plats; terre rouge fine et mate. 

Assiette de terre rouge mate, qui a la forme des assiettes mo- 
dernes. 

Avant de terminer ce qui a trait à la poterie, indiquons qu'il a 
été découvert encore : 

1° Sous un caisson de blocage, un masque de plâtre représen- 
tant une figure humaine grandeur naturelle (brisé); 

:ï" Dans les environs des tombes chrétiennes, trois briques 
plates ornées, deux de figures géomi'tri(jues en rosaces; la troi- 
sième d'un chien très rustique et d'un dessin naïf (deux de ces 
briques sont en assez bon état). 



— 278 — 

La verroterie esf très lare à Masi-liando. et nous n'en ;i\<nis reii- 
eoiilré que trois éclitinlilloiis : 

Petit bol (le verre bleu, sans int('r(U. 

Fiole (le verre l)l;inc. «ver un roi elaiic('' (»l six pans re|)ouss(''s. 

Jolie aiupliore dv. verre hlcii. avec (jen\ ans(*s couiiees à anyli; 
droit. Iluutein-. o m. >io. 

(iouMue bijoux, nous avons ({('convcrl soulenient (jnebjues jjrains 
de collier de verre irisé et qnebjues ba|;nes; ])as de nuroirs ni de 
chaiu<»s de bronze. Motons, toutefois , deux a|)()liqtn!s circulaires 
de plomb. (|ui ont pn servir à orner (|uel([ne partie d'un V(Mo- 
menl. 

l'n certain nombre de lampes ont Mo e\bnni(^es de la n(''cropo1(\ 
l'our la plupart, ce sont des lampes unies à (jucue forée et non 
Ki{jnées. 

Méritent pourtant d'Mre inentionn('e8 : 

1° Deux lampes non signées, si\remenl du même anieur. La 
première |>résente une Cérès avec la corne d'abondance et la cbarrue; 
tout autour, des grappes de raisin alternent avec des leuilles de 

Ij'autre lampe est orne'e d'une tête de dieu, peut-être Jupiter(?); 

9° Une lampe non sijjnée, avec une déesse qui doit être VniniotKi 
snncta (?) ; 

y Une lampe signée M. ADIEC, j)etitc, avec un mas(|ue au 
centre ; 

6* Une lampe sifjnée M. NOVIVST, et représentant un scorpion ; 

5° Plusieurs lampes non signées, idenli(|ues. représentant un 
guerrier (]ui tire de l'arc; 

6' ( r>e lampe non signée, représentant un conibal (b- co(|s; 

•y" (Jnatre lampes rappelant la forme cbrétienne, en terre rouj[e. 
Klles représentent : la première, un ce»]; la seconde, une gazelle; 
la troisième, une nrm' à deux anses; la (piatrii'uie, un giu'nier 
casqué; 

f^" Trois lampes chrétiennes en man\ais (^at"'. 



•" [M. Gauckler a fait suvujr, en Pinoyniil le présent rajiporl, <jiie M. Il' iieu- 
U'natit Grxjin ;iv;iil olTorl nii Miisi-f du Hanto les olyrli) \i'> plus typiques recueillis 
daiu lea tombeaux ri-<lcssus dorrils. J 



— 279 — 

l'our lnriniiKM, j(!-vcu\ dur un iiioL (Ici cirnL'licro.s des environs 
d'Iladjol). On en trouve parloul. (leci tcndiail à faire croire que 
Masrlianue (Hait le contre d'un {jronpf» aijricolo cl que de nombreuses 
inslallalioiis sV'taicnl fornK'es aux environs. Tous cesrjtiielières sont 
d'une pauvix'té lanieiilahle; dans dix néc,ro[)ol(;s, peul-(Hre, où nous 
avons loir des recherches, il nous a été impossible de trouver aulre 
cliose (|iie des frajfinenls de poterie. 

Kt^inl donn(^e la richesse du sol, arrosé par de.s sources niulliples, 
ncuis sommes amenés à supposeï' <jue ees cimelières, si |»auvres en 
mobilier l'unéraii-e, malyré la présence de mausolées cl de caissons 
de blocage, sont des nécropoles chrétiennes, et qu'à i'épo(|ue où 
llorissait Ma.srlianat'. la plupart des habitants appartiMiaienl à celte 
religion. Celte supposition, d'ailleurs, est conhrmée par la pivsence 
de basilicjues dont les vesliges subsistent dans les environs, alors 
([ue les ruines de temples font presque totalement défaut. 

GODIPJ , 

Lieutcnanl d»; tirailleurs. 



raimm)i;ï i:iM(iKAnii()UK 

Slîll 

IJ:S FOLILLES DE DOUGGA 

K^ 100/1, 

P\I\ M. (iMCKLKU, 

MiMiiliro 11(111 ri>si(laiil *lu (ioiiiili*. 



AVANT-PliOPOS. 



!><• pivsciil raj)|)orl a pour bul de r<)ni|)lt''l('r \o roinpic rendu 
sominairi' (|ue j'ai présenté à la Commission de rAlriqiie du Nord 
dans sa séance du ai mars 1906 *'', et où j'ai expose dans leur 
ensemble les principaux résultais des fouilles du Service des Anli- 
(juilés de Tunisie à Dou^iga pendant Tannée 190'!. 

On trouvera ici la description détaillée de toutes les sculptures 
et des inscriptions découvertes au cours de nos recherches. D'anire 
part, le plan annexé au rapport, et (jui a été dressé par ^\. Sadoux 
au mois de juin 1900, permeltra, par la comparaison avec les 
levés précédemment publiés par MM. Homo ('^', Merlin (^) et Poins- 
sol'*', de se rendre un comjite exact de rimj)orlanre des jirogrès 
accomplis depuis dix-huit mois dans Texploralion du Fdruui de 
raïUique r/iM////a et des monuments publics (|ui rencadrent. 

La récolte en fail de sculptures a ëté, comme toujours, assez 



'•' Gaurkler, dans E.rlrnil di-n procrt-rfrlxnur du domité drx Travaii.r hmlonqups, 
mars 190.'), p. vni cl suiv. 

• Homo. IjP Forum de Thafrjra, dniis l'iadr fratirmsr dr linnif , Mélanfrpx , i ()iii , 
pi. I, fonillps (le 1 ()nn. 

■^ Merlin, Fouilles a Donirun ru i;)»t, d;ms IÏhII. nrcli. du Comilr , Kjoti, 
pi. X\i\ , p. '.^-^'t , cl pi. X\X , p. HH;{ ; et pour los loiiilli-s de i ()ou-i i((>.'l : Archirex 
dm Miiiiioit», t. M (içioii), plan à la pa(|C iH). 

'*' PoiiiSM)l, Ardiireu dn» Minxion», t. XII (ii|o'i), plan di' In |iajji' /l'n», poiii 
les fouilles de 1 f)o'6. 



- -JSI -■ 

ni.iiific; cri ddiors do (iailli;ij{»' cl de (iln-i <lic| , litii Irouve hioii 
rarciiiciil dans 1rs ruines jdricjiinc iiiic (i-iivrc (fart de Mn(d<jiic 
mcrilc. 

A Donjrjf.i , les sl.iliics ijni orii.iiciil le l-'onim seiiihlciil avoir 
('•II' sysl('iiiali(|ii('ni('nl léduilcs en niicltcs, cl leurs dél)ris ont étd 
disj)ors(;sdo telle soile (|iril esl j;''iiéralenient impossible de rajuster 
les morceaux de hras, de jiunhes, de torses, les mains, les pieds, 
que les fouilles nous pcMinetlenl de recueillir. 

Devant le temple de Mercure, et à proxiiuilé de la dédicace du 
temple à la Fortune Aujfusie, à la Concorde, à Vénus et à Mercure, 
jjisail un débris de bas-relief brise en bas, baut, dans l'étal actuel . de 
G m, 37 et large de o m. /la. Il représente un buste de femme à la 
tête tourelée, louant de son bras gaucbe une corne d'abondance de 
forme originale : Fortune ou Concorde? f^a sculpture peut être attri- 
buée à Tune ou à l'autre de ces deux déesses. 

A l'extrémité méridionale de la spina de l'hippodrome, M, Sadoux 
a recueilli à fleur de terre, sur le cbemin même de Teboursouk, un 
fragment do statue, forl usé par le passage des cbarretles. (/est un 
buste ace'pbale de Victoire ailée, (jui ornail, selon toute apparence, 
lextrémilé de la spina. 

Les morceaux d'arcbilocUire, corniclios, frises, ciiapiteaux, co- 
lonnes et bases sont beaucoup plus nombreux et mieux conservés. 
A mesure que le de'blaioment du Forum avance, et que de nouveaux 
monuments reparaissent au jour, il devient plus facile do trier tous 
ces cléments et de les restituer aux divei's édifices auxquels ils appar- 
tenaient à l'origine. Le plus curieux esl une console do piene cal- 
caiie, trouvéfi dans les dé(ond)res au nord du («ipitole : elle présente 
sur l'un dos tailloirs un phallus, sur le tailloir opposé un cœui'. I^os 
dimensions do la base sont respectivement :o m. Ad et o m. ôo; du 
sommet : 1 ni. 88 el 1 m. 5o; hauteur : o m. Sa. .le signalerai 
encore quelques débris de placages en inarbre gravés de jolis rin- 
ceaux d'un bon style, puis un fragment de incnsa funéraire avec un 
])lat allongé à deux poignées en ()ueue d'aronde, et deux assiettes 
rondes posées devant le plat. 

Les trouvailles épigrapbiquos seuil beaucoup plus intéressantes 
L'une d'elles, celle de la dédicace bilingue libvque et punique dun 
temple élevé en l'honneur de Masinissa, a une importance capitale 
que M. Philippe lîerger s'est plu à faire ressortir on présentant le 
texte à TAcadémio des Inscriptions quelques jours après sa décou- 
AnciiKoi.oGiE. — N° '2. iQ 



— 28t> — 

vertef'\ le 8 juillft i9o'i. La piorre sur laquelle est grave ce texte 
mesure o m. 68 de lonjpieur sur o m. 33 de hiiutcur et o tn. q5 
d'épaisseur; c'est un ralcaiie jauuàlre lort coninuin, et dont l'aspect 
n'a rien de dt'coratif Klle a (Mé trouvée dans les dt?coinbres (pii 
recoiivi aient la place dallée devant le lernple de Mercure, à proxi- 
mité des de<[rés en liéinicvde (pii la ferment, et presque <\ l'en- 
droit où M. Merlin a découverl . en i()(T1. un Icxlr lil)\(pie encore 
inédit'-. Il nous a été im|>ossil)le jusiu'ci de déterminer d'une 
façon précise la provenance, ni d'expliipier la présence, au-dessus 
d'un dallage et au milieu de monuments (édifiés h la fin du second 
siècle de notre hrc, de ces deux textes plus anciens de trois cents 
ans au moins. 

Tkmplk de Mkugure. 

i" Dinlicace du temple de Meicure, gravée sur la frise d'enla- 
Idement du portique qui précédait le sanctuaire et bordait au Nord 
la place dallée s'étendant à TRsl du Capitole. Le portique se compo- 
sait de dix colonnes corinthiennes, soutenant neuf linteaux mono- 
lithes, cxaclemenl juxtaposes, qui mesuraient chacun de 2 m. o5 
à •?. m. 08 «le longueur, les deux extrêmes étant plus longs d'une 
trentaine de centimètres parce qu'ils recouvraient entièrement le 
premier et le dernier chapiteau de la colonnade. Le solTite, l'archi- 
trave et la frise étaient tailh^s dans un même hloc. La corniche était 
sculptée h part. Dès maintenant nous possédons noîubre de frag- 
ments de la corniche, et la majeure j)artie de la frise. Voici la liste 
des linteaux, intacts ou brisés, reliouvés jusqu'ici : 

Le commencement du linteau 1 avec le début de l'inscription, 
retrouvé en 190'i devant la rc//a Ouest; — les linteaux 3, 'j, 5, 6, 
intacts ou peu s'en faut, encastrés à la suite l'un de l'autre dans le 
mur byzantin \oisin, et publiés par M. Merlin^''; deux fragments a 
et h du linteau 7 : le premier a trouvé par nous tout près du Ca- 
pitole, lors du déblaiement de l'escalier; le second /», connu depuis 
lonjjtemps, mais mal lu, signalé dès 1860 j)ar (îuérin (^', revu pai* 
Piicot de Sainte-M.irie i|iii en donni' une lecture ass(V. fautive j)0ur 



"J (ÀmiptfK renHux rir l'Académie dru Inxniplinus , Ipoi, p. ^io6 ot suîv. 

''' Merlin, Arrluvo» dm Misnion», t. Xli, /i . 190/1, p. ii3. 

*^' Merlin, loc. cit., p. Ii't et suiv., n" 1 1 a, b, c, d. 

'*' (liirp. iiiAcr. lai., t. VIII, n t. ")(>:(. 



— 283 — 

tromper los (^ditours (lu Coiptin (|iii l.i piiMicul à nonvonu , commo 
s'il s'ajjissait (Tim IVajftiu'iil dillrrcnl de celui do (Juérin "', et re- 
trouvé par M. Poinssol dans un mur d'une maison arabe située à 
rOiicsl du (^apilole; — le linleau S, que j'ai reconstitué en totalité 
au moyeu d(\s rrajfmcnls a, /3, y, trouvf'S dans nos dernières fouilles 
pres(jueen place, et ^, e, trouvés, il y a deux ans, [)ar M. Merlin et 
publiés p;ir lui d.ins son Rapport <^); — enfin b; coinMiencementdu 
linleau (). Les lacunes (jue piéscule la dédicace sont faciles à com- 
bler, el la découveric dc^ parties maiHjuantes que je me suis efforcé 
de restituer ici d'une manière bypotbétique, sans garantir d'ailleurs 
l'exactilude de mes conjeclures. pourra modifler celles-ci, mais non 
changer le sens général du texte. 

L'inscription est gravée avec soin on lettres hautes de o m. i i à 
la première ligne, de o m. i o à la seconde. La haste des T dépasse 
généralcmenl, mais non toujours, le niveau des autres lettres. La 
frise, ({ui porte la dédicace, est haute de o m. 35. 1/architrave, com- 
portant sept moulures hautes de o m. 06, m. 0(), o ui. 10, 
o m. o3 et o m. o3, mesure, au total, o m. 99. L'épaisseur des 
linteaux est de o m. .35 au sommet et de o m. à'î à la hase, où la 
saillie des moulures de l'architrave s'ajoute à l'épaisseur de la frise. 
Sous cluuiue linleau se pn'st'nte un sofïite très simple. 

1 



0_- PACVVIms satnrus fl . porp. niigiiv. c. i. k. et 
OMN16us 



2 

ndhunid Victoria, uxor ej'ns, fl. perp. opu 



S TEMPLI MERCVRI QVOT M- PA 

AE EXTRVXERVNT ET EXCOLVERVNT-ITEM CIVITA 



'■) Corp. inxcr. lat., ifiôSs; BuU. arch. du Comité. 1887, p. r)S, n" 11. 
''^ Merlin, loc. cit., p. 46 et siiiv. , n° 12. 

»9- 



2S'j 



CVVI VS FELIX VICTORIANVS-FILIVS-EQK 
TiTHVGG-HS XXV MIL Q_ PACVVIVS SATVHVS F 



VM CODICILLI^S SVIS EX HS L MIL FIERl 
L-PERP-DATvKVM-S'E POLLICITVS EST EX CVIVS SV 



IVSSIT AMPLIVS IPSl OB HONOREM FL 
MMAE REDITV Q_yoTANNIS DECVRIONIBN 



lumuui prrp. c.tHSLXXMI /POLLICITIS sum 

s sport VLAE DAREN TVR ET OB DIEM rfe(/i'c«/»o 



[mis te'm p l/v M me'rcvrI et c'ellas d 

(SCAENICibs et SPORTVi/als DECVRIl 



»\I S LVDOS 

\ i 



|3 



VAS CVM STATVIS ET POKTiV//^»/.s ri nriuniiriilis 
ONIBVSVTRIVSQVEORDINISETVNIVER .s.v i>oi,,ilo ilrdii 



(iiuvitiis) Piiciiii\us SiiliiriiH , P(tnncii) j)iTit(rlints) , <iu<riir coloiiiac Jiulùir) 
h\(nlh'i/riiiis). cl ^fihiiniii Vicloriu iijcor rju.s , Jl[iimiiiica) pcrj^iliui), i>pu\s 



— 58.") — 

li'uipli Mnrnri, (/'lot M[iiiciih) l'ticiiiius Victnridiius, filins roriiin, codi- 
cillis suis f.T lis L inil[lilnis) furijussil, innjtlins ipsi , oh lifiiiorcm J\ltnuoiii(i) 
])cri){clut) , ex\lis L\X mi\l(tibiis)\ pollicilis [smn\mls, tnnplum Merciiri cl 

cillas iliiiis cuin slaliiis i-t porl\icil)iis ri oriiiiiiiriilis\ oiiiiii\ljiis |«r 

iwlriixrriiiil rt i.rcoliiiruiil ; ilim civitnli Tlm/r^nir Its XXV inililii) 0. Pa- 
ciiriiis Siiliints Jî[iimrii) pir{piluus) ditliirnm sr polliciliis rsl, i;x cujus siiiii- 
imir rrditit tjiiolaiiiiis dccHrioiiibH\s spoiiultio darcnlur et oh dirm dedicalioulis 
liidos sciiviiicos cl sporlu\l(i\s drcurioiiihns nlrimipie ordiiiis et iiiiivcr^so 
popiiht di'dil. 

liciniiniites. — Ijintcaiix i et t>. Pr(Miii('ro li|j;nc : Je rostiluc les 
noms clos deux (lédicanls, (). Pacuvius Saliinis. Ilamino j)f'rj)f''lii<'l . 
aiijMiro (le la colonie; de (îarlhajje;, et sa femme Naliania Victoria, 
ilaniiiiitjiic perpétuelle, d'après une dédicace que nous avons retirée 
en 1900 du mur byzantin en face du Capitole et que j'ai publiée 
préce'demment '''. Celle identification avait déjà été proposée par 
conjecture. — à la suite d'une observation de M. L. Poinssol , — 
par M. A. Merlin dans un appendice à son Piapport sur les fouilles de 
i()09.'-i. Elle me parait aujourd'hui certaine. De plus, il me semble 
inliuiment probable (jue la dédicace, déroiiverle en 1900 à quelques 
mètres à peine de celle du portique, faisait partie intégrante du 
temple de Mercure. Je {)lacerais volontiers celle dernière au-dessus 
de la porte de l'un des deux sanctuaires latéraux qui flanquent la 
cella principale (^). 

La dédicace du temple de Mercure mentionne la civitas Thug- 
frensis et les decuriones utinmjiie ordinis. Elle appartient donc à l'e'pofjue 
où la cité africaine formait encore une civilas et un pagiis avant 
chacun son assemblée municipale particulière. Certainement anté- 
rieure à la transfo) mation de Thii^ffu en muiiicipe sous le règne de 
Septime Sévère, elle remonte au plus tard aux dernières années 
du second siècle '''l 



'•' Bull. arch. du Comité, 1901, [>■ <;xi.vii, n" 1. 

^** Ibid. , p. 1 1 5 et suiv. 

'^' Peiulant quo rot artirie «'tait sous presse, M. Louis Poinssot, que j'avais 
chargé, au prinlomps deniifr, de la diioclion du clinnlicr de fouille-; di" Dougjja. a 
retrouvé devant le portique du lemple de Mercure une seconde dédicace iden- 
tique à la première , <t qui semble bien avoir couronné la porte de l'autre cella 
latérale du sanctuaire. Celte nouvelle trouvaille vient ainsi fortifier mn pieniière 
liypolbèse. 

' En 195, date de la dédicace du temple de Saturne, Tliugga était encore 



— 28() — 

Le sanctuairp n'a, par coiisc'cjiuMit. pas été conslriiit sous (laracalla, 
comme Tavait lait supposer à M. Merlin la découverte diin IVa[|niiMil 
(le dédicace à Mercure pour le salut de l'empereur \M. Anreliiis 
\nto\riinus. Nous verrons toul à Tlieure qu'il date du règne de Marc 
Aurèle, et qu'il e?t contemporain du Ca[)itole. des principaux monu- 
ments du Forum, et du Dar-el -Vcheit dont M. Merlin a fixé la date 
entre \[\U et i66(>). 

La partie la plus important»' du texte est la dernière découverte, 
celle ipii est {iravc'c à la première lijjne des linteaux 8 et 9. Elle 
nous apprend (|ue le temple de Mercure se composait d'un sanc- 
tuaire central accosté de deux c<7/ac, (;t précédé d'un porli(}ue. Or, 
à l'endroit même où gisaient ces munolilhes, nous avons découvert 
et déblayé en total ili' un édilice disposé exactement de la même 
manière -'; d'autres trouvailles épijfraphiques faites dans l'intérieur 
de celle construction, et que nous allons énumérer, ne permettent 
plus de douter que nous ne nous trcuivions en [»réseiice des restes du 
temple de Mercure, bâti sous Marc Aurèle par Q. Pacuvius Saturus 
et sa femme Naliania Victoria, tant comme exécuteurs lestameu- 
taiies de leur lils M. Pacuvius Feli\ Victorianus, (ju'en leur nom 
propre, en l'honneur de leur flamiual perpétuel. 

2" Morceau de IVisu aichiUavée, encastré dans le coin du mur 
byzantin n l'Est du Capitole. Longueur, 1 m. 68; hauteur totale, 
o m. G5 ; hauteur de l'architrave, m. 3o. La pierre est fort endom- 
Miagée à gauche sur toute sa surface; les moulures de l'architrave 
cl rinsciiption de la frise oui entièrement dispaïu. A droite, il sub- 
siste quelques lettres, très bien gravées, et atleignaiil o m. laô de 
hauleui à la première ligne et o m. loô à la seconde : 



VRELI 
fel-FARTH 



'»" Peut-étie est-ce du liutenii préci'daut celui-ci, et |>()rlanl 

^iHf'us el ciui/'iAi ; !<• tiiiiniri|if lui ronstiliir, selon l()iit(> .iiiiuiriTiro. très pou île 
lf'm|i<< piii'i lard. 

'' M'TJiii, /oc. cit., p. ai, n" i. 

''' (if. Oaiirkli'r, Procèt-vi'i-haitr dpn srancns du Cotnilô, mars i<(0.'), p. X nt 
siiiv. 



- 287 — 

le (i/'lml (lo la df'Hiracc, (|iit' ()ro\i(Mil Toclal biiiv;iut, qui contient 
(|ii<'l(|ii('.s li'llrcs (l«î nirinc liaiilciir, '•( f'S|)ac<''OS de la rnèuic laçou que 
les |)i('c<''denl(?s : 

c\ 

Il (andrnil alors liro le foxtf; ainsi : 

|yV|o Ntlllutr Imp. ('.lies. M.\.\Hrrli [.l///o«tnt. . . 
\Q. Pii]cii[viiis Sdliirus Jî. jVTp.aii/fiir c.\I. K"ri/i(ttffvns). 

Co Q. Panivius Salui'us, (laiiiiiu' p^rpi'liicl et aii{jiiro do la roloriio 
do (îarlha{je, est connu par io IVagmont do dôdirace auquel j'ai déjà 
fait allusion plus haut, et ([ue nous avions découvert en 1901 de- 
vant le (îapitole, encastré dans une portion du mur byzantin du 
Sud (juo nous avions été iorcés de démolir-''. M. Merlin a très 
justement identifié le personnage nommé dans ce texte avec le 
Q. Pacuvlns Saturus, flamine perpétuel, qui, avec sa femme Nahania 
Victoria, et comme exécuteurs testamentaires de leur fils M. Pacu- 
viu? Folix Viclorianus, firent édifier le tom[)lo de Mercure. C'est 
certainement au morne édifice que se rapporte la dédicace que 
jo publie aujounrbui. et (jui a été retrouvée à (juelques mètres ù 
peine de la [)laco qu'il devait occuper dans le sanctuaire, sans 
doute au-dessus de la porte principale. 

h" Sur la lace intérieure du montant do droite de la porte qui 
donne accès à la cella centrale du temple de Mercure était ffravée, 
à hauteur d'homme, une inscription actuellement très elFacée. Il 
n'en subsiste que les premières li^'fues qui se lisent sur un Iragment 
gisant sur le seuil et se rajustant presque exactement avec la partie 
(lu montant qui est restée en place. Hauteur des lettres, m. o3 à 
la pro'mière ligne, o m. 02/1 aux suivantes : 

SENATVS CONSVLT LOC DAly/s 

EST-XKALENDASFEBRVArtrts 
S DV9& M -y LN ICIVS H _ES "" 

Sfiiiiitus coiiftvUo loc[m) da^us] est X kalendns Februa\riag] ; duotiri : 
M{arcus) Vicinius Hes. . . 

<•' Bull, ofc/i. du Comité, 1901, p. rxLvn. n° 1. 



— -288 — 

A {Tanche de rinscrij)fioii, à liauleur de la .V iijfnc. appai-aît un 
si{jni' (|iii pput être un S. 

Cette lecliire, faite sur estanipa^je. a besoiu (rèlrc revue sur la 
pierre. 

5" L'autre montant de la même porte, relui de gauche, se dresse 
encore en place jusqn'à i m. 'lo de hauteur. 1! conserve à la partie 
supérieuic les deux dernières li<j;nes dune iuscripliou aualo^jue, 
mais encore plus mutilée. Je n'ai pu (h'cliinVcr (pie les lettres sui- 
vantes, gravées en caractères minuscules, hauts de o m. o-?.-?. à Tavaut- 
dernière ligne et de o m. oi.^) seulement à la deruièi'e ligne; celh;-ci 
est complète et large de o m. 17 5. 

_ )DEC 

S^AËT^i^^ï.O V EKV N T 



RKMAHQrE. — Il n'est pas impossible que les deux fragments épi- 
gra[»hi(|ues, (|ue je suppose a[)partenir à deux inscriptions syiiu'- 
Iriques se faisant face sur les montants opposés de la porte prin- 
ci|)ale du sanctuaire, ne proviennent tous deux du montant de 
gauche, et ne constituent en réalité qu'un seul et même texte dont 
ils représenteraient le début et la fin, l'espace intermédiaire ayant 
été de'Iruit par les cassures. 

0° Petit autel ou pi(''destal de pierie calcaire, qui lut ensuite 
remployé et repiqué sur ses quatre faces pour recevoir un enduit. 
Largeur de la table, o m. 88; du dé, m. 76; épaisseur de la 
table, o m. 85; du dé, o m. 70; hauteur totale, o m. h^\ du 
d('', o m. 9.S. Les lettres, très bien dessin(''es, sont encore assez 
visibles malgié le martelage. Elles sont hautes de o m. o55. 

MEUCVRIO SILVIO 
SACRVM 

Mcvritvio Silrio sid-ihiu. 



Cet autel a éli' trouv{'' dans la rrlla hili-rale du sancluaire de Mer- 
cure la plus voisine du Capitole, celle de l'Ouest. 

I/f'pithète Silrius ap|)li(pi<''e à Mercure est, je «"i-ois, im-dile. l'ilh; 
rappi'lje le caractèie piimililde ct^ dieu, d'abord agreste ei [)asloral. 



— 'm) — 

Une iiiscriplioii ;irric;iiii(' de TIiij|(*sf'' est (l('di(''(' ;i Sil\;iriiis 

MfMTlIl'illS, 

7" A laii"!»' (lu li.i^lioii Nniil ilu mur l)V/;i[iliii , fl.iiis les (i<''l)liii.s, 
deux rr.i|Mnents s(! raccord.iiil duii pdil pif-dcslal en picnc; cal- 
caire, brisi' en bas et à dioile. I.arjjciir, oiu.'.Uy, épaisseur tolalc 
de la lal»le, o m. <>.'); Iiauleiir, o m. 3i; hauteur de moulures des 

lu lahle, o ui. i i . Sur la lahic, ui lupreinlt; circulaire niar(|uc la 

place de la statue de Mercure (ju'elle suppoilail. 

Lettres iiautes de o lu. oG5 à la première lijjuc et de o lu. o'i 
aux deux suivautes. 



M EfRCVRIO • AVG • SACH-V 
LOCO A CIVITATE DATO CELLAn 
EXO K N A V/TTTh MEUCVRI . SIGj//'/»/ 



Miirinlo .\iiff{iisto) sacr\itm\. Loco (i cÀviUli' diiln , rrlla\s au ni? . . .] 
c.voriiin\'d ii\ Mciritri ■sitr^iium. . . posiiil . . .]. 

8" Eiilableuieul d'un petit édicule, eu trois iVaijuieuts se nccor- 
daul. Le premier de ces uiorceaux a été trouvé par M. Merlin en 
190-2'-'; les deux autres en 190^, tous trois au même endroit, à 
rÈst du Capitole, sur l'emplacement du temple de Mercure. L'enta- 
blement se compose d'une corniche, Taisant retour sur les faces 
latérales de la pierre, et surmontant un bandeau plat sur lequel est 
gravée la dédicace. La lace inférieure présente, au centre, un solllte 
avec guirlandes de laurier, et, à droit*' et à gauche, deux mortaises 
qui recevaient les chapiteaux des colonnettes soutenant l'entable- 
ment. La partie postérieure de celui-ci est à peine dégrossie; elle 
s'encastrait dans uu mur. Hauteur, o m, 12; largeur du premier 
fragment, o m. 89; du second, m. 17. et du troisième, o m. 38; 
au total : o m. 9/1. Hauteur des lettres, o m. o'i à o m. o^5, très 
nettes et d'une jolie facture. L'entablement est trop petit pour avoir 
pu surmonter l'une des trois niches de fond du triple sanctuaire. 11 



'') Corp. imcr. lai. , n" 87. 

'-) Merlin, loc. cit., p. O^i, n" 3(1. 



— 290 — 

devait couronner ua petit e'dicule appliiiué contre une paroi laté- 
rale d'une des ccllac ou qui fcrinail peut-être Tune des extrémités 
du portique de larade, lequel était bouché aux deux bquls. 

P • SABIDl VS • EXORATVS • CVM • SVIS • VOTVM ■ SOLVIT Ç!> 

P. Siihidius E.ronitus rum suis votum solvil. 

()° Fra{jment d'une di'dicace analo[|ue, ti'ouvée au même endroit 
et (jui appartient peul-élre à un second édicule, analo;;ue au premier, 
lequel aurait ()ccuj)é une position symétri(jue à l'autre extrémité du 
pi)rti(|ue de laçade. llauti'iir des lettres, om. o'iQ. 

>PACVy/n/s 

iV'iil-iMre (J. Pacuvius Saturus, le fondateur du temple de 
Mercure. 

10" Grand linteau monolitlie, de pierre calcaire, qui devait cou- 
ronner la [lartie j)riiicipale d'un temple important. La pierre mesu- 
rait plus de 3 mètres de longueur. Elle a été brisée en quatre mor- 
ceaux, dont trois seulement (mt été n'fronvés : le T', a. par M.Merlin 
(pii l'a publié dans son Hnpport sur les fouillrs de Douffga en if^oQ*'); 
le îi^ b. peu important, manque, et ne pourra sans doute pas être 
retrouvé, avant di^ être réduit en miettes; le 3*. c, mesure i m. oG 
de lonjfueur; le fi". d. (jui se raccorde ])res(|uc exactement avec le 
précédent, o m. 'lo. Hauteur du linteau, o m. 55; épaisseur, 
o m. 5o. Lettres hautes et grêles, serrées les unes contre les 
autres, tandis que les mots sont largement espacés, comme le cas 
se pn-sente souvent en Afrique pour les inscriptions de l'époque 
d'Hadrien. 

a 

FORTVNAE • AVG VENERI • CONV 

PROSALVTEIMP-CAESAR.lSTKAlANIHAD\ 
Q^MAEDIVSSEVERVSPA l R0NVS■PAGI•ET■CIVITAT1S•N0^J 
AMPLIATA • PECVNFA • FVNDAMEN' 



*'' IjOC. cit., |). /i9 et siiiv., n" 8. 



291 — 



1 1l !■ S II i> l tn 
I i » (' x » I y U r i I <i III tii splfi II 



\E • MERCVRIO,' AVG- 

/AVG • PONT • MAX • TRIR • POTEST 'cOS • III • P-P -i' 
kEDIAE-LENTVLAE-FILlAE-SVAE-FLAMPERPTEMPLVM QVOn EXliSLXX' 
'^ORE EXORNAVIT • IDEM Q_V E y DEDICAVIT • CVR 



S A C R V M 

Lu. /«CTVRVM • SE • PR OMISERAT 
'a<orcM AGNIO-PRIMO-SEI ANO 

VovluiKiv Aug{mtae), Veiicri, CoiicordùiP, Mercurio Aug[mto) sacrum. - Pro 
stilulr Imii'i'ntoris) Cuesriris Trajmii Hml\runn\ Aug{usti) pont{iJicis) maaii- 
ini), t'ribiuiiicifi) potrsHiitc) [///] co(/().sv/»s III , }){iitv{s)p{ntrifie) , Q. Mardius 
Severiis, palronus pngi et civiUifis, iiotnine stio et Maediae Leiituhe Jiliac 
siiar, flnin(iii{c(ii') pprp{eluiio) , temphnn quod ex sesterliis LXX ou poul- 
(Hro LXXV [tiiil[libus) fa]cturuin se promisernt, ampHatu pecunin a fm- 
dameii[tis cxstruxil omni spleud]ore exomavit, idemquc dedicavit, cur[a- 
(orc. .] Mngiiio Primo Sejcuo. 

Ilaiilcur des lettres, o m. 090 à la premièie ligne, m. 070 à 
la seconde, o m. o55 à la troisième, o m. 06 à ia dernière. 

Cette d(''dicace où Ton doit remarquiT Toiiiission du nombre des 
jmissances trihuniciennes de l'empereur, se place en 119 ou dans 
les années suivantes. 

Q. Maedius Severus n'('lail ( lunu ju.s(ju'ici (juc |tar S(tn ('[li- 
taphe^^). 

('' Bull. arch. ilu Comité, 189/i, p. 35a, n° 65. 



— 292 — 

I i" \\\oi' talonirt', lai'jfe de o m 'M). Iiaiil de o ni. .")[). (''pais 
(le o m. tî 1 . Lotiros hiiulcs de o m. oli;") à la iiicmit'ic li|fiio cl de 
o 111. oôa à la st'fondf. 

LIBEKO 

LIBERAE 

Librro, Librrtic. 

\ -^^ Aiiltd ou jdédt'slal à tahlc iiundiiirc, bris»' à la hase, llaii- 
tt'iir du fraffiiiiMil, o m. .'i i ; ('paisscur, o m. iJ-i; iai^jciir lolaicî, 
o III. .").'{. I. ('lires haiilt's d(î o m. o8. 

PLVTONI- AVG 
iO JrOj^THVGGAJ 

Phitoui .'\iif>-[i(slo) .... ?Tlii','fff"- 

Ces deux cx-noIo ont été découNcrts à Ylisl du (iapiloic. à proxi- 
mité du temple de Mercure. M. Merlin avait déjà trouvé, au cours 
de.s l'ouilles de 1903, une dédicace à Liber Pater Aug{u>ilus)^^\ et en 
outre une base de statue de la Concorde! Auijuslc, dédiée par le 
pagus et la civilas Thugfrmsis^^\ 

Ces divers nionuiuents votifs, (jni datent tous d'une très bonne 
époque, proviennent san> doute des temples de la Concorde, de 
IMuton Fi'ujfifère, de lÀhn- jxilrr, élevés dès le rèjfue d'Hadrien, et 
probablement siii' le l*^truiii. par deux patrons de la i-irilas et i\u painis 
de Thuirgii •''. 

1.'}" Kra|jnieiit de Irise arcliitravi'e, encastré à Taiijjle du bastion 
Nord du mur byzantin. Flautenr totale, o m. .'>.'>; hauteur de la 
|)arlie moulurée, o m. 08; larjjeur du frajjnieiil. c m. 70; hauteur 
des lettres, m. i()5 à la première ligue et u m. 1 'i à la seconde. 



|XCOSV-il-PP-PR 
,hiy M V 1 R A L 1 \ri„: 



<*> Merlin, H.uL, p. 'l'i, n" 10. 

'*' Mf»rtin, ihiil., p. f|'^, n" (j. 

'^' Cf. (jiivp. inurr. lai., u" i.'»r. -in. 



— 21);^ — 

(ic riaj|im'iil conliniK! j)i"<'.s(|U(! c'\;irlom<!iiL celui (|U a rlécouvcrl 
(uilrclois J. Pdiiissol ri (|ui lijjun; au Corpus, sous le n° i.OGsi. Le 
rapprocliciiiciil de ces deux parties (!<' I.i même dédicace nous 
|H'rmcI de dalcr crlle-i'i des dernières aimées du lèf^iic ilc fJ.illieii : 

a uni su I II If t III j). ciir.s.p. liri n li /fn lUcn i nu 



GGERMANICI PONT- MAX- TRIB • POT^ 
PAP • FELIX-IVLIANVSE^,R-FL-P D 

XV y imp. 
u 

IX-COS-VII-P-P-PR.) 
*V M V I R A L I / 

ocos . . . 

dus . . . 



En eflel, rinscripMoii se rapportant à un empereur (|ui [xirte !<• 
surnom de Germaninis et qui a été sept fois consul, ne peut être 
attribuée quà Commode en 192, ou à Gallien à partir de 966. 
Mais, dans le premier cas, le surnom de Germanicus devrait être 
suivi de ceux de Sarmaticus et de Britannicus que Commode possédait 
tous den\ en io3, tandis que si Gallien possédait aussi à côlé du 
surnom de Germanicus celui de Dacirus, ce dernier titre apparaît 
fort rarement sur les textes épigraphiques. 

D'autre port, la forme des caractères de notre fragment convient 
mieux à la lin du iiT siècle quau temps des derniers Antonins. La 
seule objection que Ion puisse faire a notre choix est la mention de 
la tribu accompagnant le nom du dnninv'iraUr'iHs . . . . Felir JuVuinus . 
ce (jui semblerait indiquer que linscription ne peut être postérieure 
au temps de Caracalla. Je ne crois pas cette considération suflisante 
pour remporter, à elle seule, sur les raisons en sens inverse qui 
ont décidé ma conviction, l'anomalie que nous relevons ici n'étant 
pas sans exem|tle sur les monuments du m*' siècle, jusqu'à Dio- 
clétien. 

.l'ai publi • en 1900 ('' le fraj[nienl suivant, que j'avais cru 

t'J BuHetin archéologique du Comité, p. loa, n" 3/i. 



29/i — 



|>(>iivoir aflrihiuT au nioiin» lo\\o (\no coliii du f?rtr/ms\ nn in'ap- 
l»u\an( siii- la haiitoiir ooficordanlc (l»!s lettres à chaciiiK' des deux 



liffiies 



CVR- REIPVBL- POUT/n/m 
DIT INLATIS EvJ 



l'iie :i()uvc!le vérilicatioii me permet d'alliniior aiijourJhui 
(Time manière positive l'exactitude de ma pieinière hypotlièse. 

De plus, M. Louis Poinssol vient de me signaler, au moment où 
cet article était déjà sous presse, que divers autres frajfmenis épi- 
{jnaphiiiui's d/'jà publiés soit dans le Corpus [\. VIII, n" loGao, et 
i5t^6G a et b) attribués faussement à Tlilfrnira , dans le Bulletin airhi'o- 
loifiqur (lu Comité, jiar MM. \o D"" Carton et le lieutenant Denis en 
ifSQa (p. 17'j), aj)parliennent é[jaleinent à cette même dédicace à 
Gallien, (ju'ils permettent de reconslituei- prcsijue enlièrement. 



ili" Trois fragments d'un épistyle, trouvés à l'Est du Capilole. 
Le premier est très eudommagé à !;auolie. Toute la première partie 
de l'inscription s'est écaillée. Largeur totale de la pierre, m. 86; 
largeur de la partie conservée du texte, m. OA; épaisseur, 
m. k2. Les deux autres morceaux se raccordent. Le premier est 
large de o m. 5o, le second de m. 67, mais très écorné à droite 
où l'inscription s'est écaillée. Le texte, de basse époque, est trace 
en caractères de hauteur variable, les voyelles étant presque toutes 
beaucoup plus petites que les consonnes. Les premières mesurent 
m. o35 de hauteur, les secondes o m. 076. 



K INCvKiAQVk DeFoRM«< 
^;^f;RMiSSAM MkLiORk CvLTO 



NlAl.>;k^TANTi;MSKDL\ 



m? RoS PeC T\ O B 1 1^7 NoRr. M D VoV/i/v//h, 



tifdpm? [. , .lonff/i /«}*) hn innirin/fufi drfnntuit\mn. . .? \ . . .iiisUaitcm 
\. . . \rcmisstnn , t/n'Horr riillu (7 jnosjurtu oh hoiiorrni ihiov\ir'iliis . . .rrs- 
tituit]. 



— 295 — 

(les fi'ois fr<i;fiiM'iils se ra|(|)()rl»'iil ;'i im«* dédicace du liMiips de 
Tli/'odosc. doiil M. INtirissol *'' .iv.'iit d('jà déroiivorl un di'-liri d;niH 
lin mur Jiralx' à ^lo ini'ln-s h ll'lsl du li'rnjilf fl(! la l'itHi'; Au- 
Ifiisle. 

I.)" I''ia|jin('nl dépislylc, Iroiivi: en airicic du (iapilolc : liaii- 
leiir, o m. Tx); l(m<,ni('iir. i m. (jo; (''|iaissciir. o m. '12; limilciir 
(les Icllrt's, o m. 1 '10. 



EPVLVM DEDIT CVR't'ts 



16° Pierre encastrée dans le mur byzantin. Larf^pur, o m. Ho; 
hauteur, o m. ii!>. Hauleur des lettres, o m. i55. Caractères pré- 
tentieux et lignolés, de basse épo([ue. 

HYDATI 

Un frajjment analo[,nie, dérouvert dans les fouilles de 1901, et 
actuellenioni d^'posé dans la colla du (lapitole, pre'sentc les letties 
suivantes : HYDA/ 

17" Pierre encastrée dans le mur byzantin du Capitole, au 
Nord, près du bastion du mur byzantin. Largeur, o m. lib; hau- 
teur, ni. 28; épaisseur, m. h'). Hauleur des lettres, o m. 12. 
Formes grêles; pleins très reuforce's et profondément taillés. 

SPERMATiX 
Les deux dernières lettres sont douteuses. 

18° Pierre prévenant du mur byzantin. Hauteur des lettres. 
cm. 21. 

VRENEIVj ou peul-ètie aur<nliii. 
'') Archives des Missions, t. \II, il, p. 639, n" 1. 



— 290 — 

itj" lîloi- calcaire, lirisé de j)arloiil, |>i(»\eiianl potil-cliv de 
ralli(iiie d'un arc de trioinplie. Plus jfiande liauleur du frairment, 
1 m. -.lo; plus jr.ande lai}feiir. i m. o5; épaisseur, o m. ho. Belles 
li'Ilirs. de iociiip rl;issiqii(>. ol hicii ;;Tav.'es. liantes de o m. 08. 

' '" /' ■ rues. il i v i m . a 11 t a 11 i 11 i p » i 
gcrm. s„rM . FIL. D J VI CO -M-. m n d i f r a tri 
rfitJi fl NTONIN I . Pli . NEPOTi i' d i ,• t 
hndri A NI. PRONEPOTl . DI V; ira i (in i 
partlii C . ABNEPOT . DIVi . NER r a V a duc 
pot. l. srptimiO.SEVEKO PIO FELI^r / p c r 1 1 
inici a II g. .i RAB . AD! AB . P r/;-f /t. m II. T. 
pont, mua: tri h. p 'J T )^^ï^{ m p . \I1 cos. iii 



[Imp(ci'iitori) Qirs^ari). divi M. Aiitonini PU (i'rm{iimci) Snr\m[(itici) Jil(io), 
dtvi Com[modi frtttri , divi A]iitoiniii Pli iiepot[i, dioi iliidri\(ini proncpoti , 
dtvi [Trajnni Purlltijci (ibiirpol(i) . divi N('r[rii(' (idii(pot[ï) . L. Septiini\o 
Scvi'ro pio f-li[ci PiTliiiiici Aiig[usto), .•l];v//)(«co), Adiiih[euico\ P[(irth{ico) 
inax(imo), poiil[iJici) mfix(imo), trib[unici(i) p]ot[estiile XVII , [iînp^erutori) 
A7/f'', co{n)s{vli] III , p{atri) p{atrifie) ]. 

iViil-èlrc l'aiil-il lire : tinb{unicia) p]olestatv Wl. i[)uprritli>ri 
.\IV. .]. Dans ce dcniifr cas, la dédicace, qui s'adresse hl'empereur 
Scptinie Sévère, sérail datée de 208, et non plus de t?o(). La lin 
de la dédicace, aujourd'hui détruite, devait présenter les noms et 
les titres de Timpereur (laracalla, associé de son père, on peut- 
être plutôt ceux de la femme de Septime Sévère, .lulia Diiiiiia. Le 
texte serait alors presque identique à celui qui était j;ravé siii' la 
porte triomphale Sud-Kst, par on passait la voie dallée «jui allait 
rejoindre la [frandc route de (iartliajfc à Theveste'^l 

"^ L<'S (lédicnrog iifrir.iinos à Sfiilitiio S(''V('ri' juirli'iil tuiiidiirs ;i n'Ilo d.il • le 
rliilTrc \ii pour l'iHipe/iHm nii lien t\f xv (|ij'il fîmdr.iil (A. tlnij). iimcr. lui.. I. Vill, 
Il ' l'.îl/, 7979, ;)'i5î?, pir o\f'iii|i|o, ol (infTnal, ('.nnni d'épi frriiphie Inlinr, .T ('•dit., 
p. iflS-ipf). 

" Cf., on «loniinr lien, Merlin, Le» fouillvs dr Donfrija rn /f/oa,daii.s IrrlnvAs 
dp» MiMiioiin, t. Xi, n" 1903, p. .iu ol siiiv. et 11" a cl '.\. 



_ _ '297 - 

-}.o" Linteau calcaire, (îiicaslié dans le imir jjyzanlin au Nord du 
(lapilole. liarjreiic. i m. 55; hauteur, o m. ^y.'); é|»ais.seur, o m. ^u. 
La face [)i-inci|iale |ir(^s(uite : n gauclio, la fin d'une corniche en 
saillie; à droite, le déhut d'une d(;dicare impériale, {jravéc; dans 
un carlonche reclaujfidaire, loiijf di; o m. qT) et haut (h; o ni. Ao, 
à la place dune première inscription (pii a été soigneu.sement re- 
laillér. Les lettres, larjjes et profondes, conservent (juehpies traces 
de peinture rou^jo. Elles mesurent o m. i i 5 de haut<;ur à la pre- 
mière lijjne, o m. 095 à la seconde et à la troisième. La suite de 
l'inscription, dont nous n'avons retrouvé (pie le commencement, 
était {jravéc! sur d'autres linteaux exactement juxtajioses à celui-ci, 
qui est coupé net , à droite et à gauche : 

P R O S A L V T E I / »t /7 . 

A V G • P I j / 
B R I T I 

L'empereur auquel s'adressait cette dédicace portant le titre de 
linUumkns pourrait être Commode, mais plutôt, à mon avis, Sep- 
tiine Sévère ou son fils Caracalla. 

91" Linteau calcaire, encastré dans le mur byzantin au Nord 
du Capitole. Largeur, 1 m. sB; hauteur, o m. 62. Lettres soignées, 
hautes de o m. 1 1 à la première ligne, o m. 09 à la seconde, 
o m. 08 à la troisième. La seconde ligne est presque entièrement 
martelée, mais les noms impériaux qu'on a voulu foire disparaître 
restent encore assez lisibles : 

Fragm. a. 

1. Pro sahttc iiiip. cnfs. divi antoiiiui mfigiii pii J. divi scptimi s 
•2. m. aurcii aiitoiiini pii felicis iiivicli ou... m. aurcli sercri 

aliwaudri pii felicis n»g. p. p. pont max. trib. pot.... 

COS. . . et iuliae mamincae imitris 
3. truiphim? quod nomine siio cl . . . fili 



Frafjin. b. 



E VERI PlI.NEPOTIS DIVI 



AV G ET IV 1 1 A E M A E 5 A. E 



V 



AE SVAE EXSTRVXERAT VETVS 



AnCDÉOLOGIE. — N° 2. 



— 298 — 

Irnifin. d. 
I. III. a iitoiiint pu proiiriiiitix. . . 
û. (ividc «"//• "• ma fris caslronnii vl s ni a tu s 
3. tiitr culliipsiiiii . . , 

Fra(;m. r. 

1 • . • 

û. et totius (livinae doinus eonnii optis tc[tiq)li] 

'.i. i'e!tpiif>li''.'i m'iti'riptl spptimi nurrli lilicri thuff/renxis r[ef6cit] 

Knijjuit'ul de dédicace à lomjiereiii- Hi^iaffahidt', (ui à son cousin 
Sévère Alexandre, à sa {jrand'mère Julia Maesa et sans doute aussi 
à Soaemias Auifusla, mère d'H(Magab;do, si l'inscription concerne 
le premier de ces empereurs, à Julia Mamaca Aujjusla, s'il s\i{|it 
du second. La de'dicaco, dont nous ne possédons encore quune 
faible partie, devait être gravée sur la frise d'un lem[)le jusqu'ici 
indéterminé, qui fut réparé sous le riîjfne du souverain auquel 
s'adresse rinscrij)tion, au [)lus tôt en 3i8, au plus lard en a35 
(le notre ère, sans que l'on puisse, en l'état actuel du texte, 
préciser davanlajje. Ce texte est du nièine [feiire (jue la dédicace 
du monument élevé aux frais de Cosinia ll(>rmiona, sous Caracalla; 
cette dernière, encastrée dans le mur byzantin à l'Est du (lapitole, 
a été publiée par M. Merlin dans son rapport sur les iouilles de 
Dou[[ga en 1902 (''. 

J'ai fait entrer, à la fin de cette loii«j[ue inscription d , le frag- 
ment de dédicace retrouvé par M. Merlin dans le luur byzantin, à 
l'Est de la cella du ( a|)itole -', qui semble bien appartenir au même 
texte que noire frajfment h. Dans ce cas, il fandi'ait lire h la lin 
de 1,1 '.i' lijpie de ce débris : [i-ffipiihlicii iminici^ni Septiinii Amrli 
Librii Tliiiffifrnfiis r\eslitiiil on rf<ril\. 

2'J!. Hase calcaire luisc-e au souMuel . haute de o m. ^f), larjfe 
(le o m. l)'.\:) , (''|)aiss(' df o ru. 05. La pierre pii'sente sur sa lac(^ 
principale une dédicace lionorilique. mutilée dès ranti(]uilé; la 
partie supérieure, qui porl^iit primitivement les noms du person- 

'•' Arcbir(>$ de» Mhêiotw , l. XI, 1908, p. 56 el siiiv., 11" -iS. 
'*> IjDC. cit., \). ô<"), n" 26, 



— 299 — 

ii.ijjc, ,1 i'\ô rofailI('(î .ivnr soin, de manière >\ ftllacer le; Honvtinir 
dr celui-ci. L(^s Icllics do la lin du U*xl<! KOtil au contraire très 
ncllos, d(! loriiio «''{(îjjante; elleH niesurenl do o m. oA à o m. o/i5 du 
liaiiltiir el étaient peintes en roufje. 

snccrdoli iovis et? 

AESCVLAPI'OBEXIMIAM 

eIVS LIBERALITATEM 

PAGVS ET CIVITAS AVRELIA 

THVGGAD-DP-P- 

. . . suc rr (loti Jovis Pl? Acsculnpi, ob eximiam cjus liberatitatcm, pa^fus 
vl civilds Aiirclid Tliiifi-ffti , (((ccreto) d(ecurionum) p(ecuim) p[iihlica). 

Ce texte est antérieur à la fin du if siècle, époque à la- 
quelle les pagus el civitas Aurélia Thuffffa furent transfornjés par 
Septinie Sévère en municipiiim Septimiuin Tlnigga; par contre, il est 
poslc'rieur à ravèneinenl de Marc Aurèie en 161, puisque la civitas 
porte déjà le nom de cet empereur. 

Cette appellation de la cité africaine se retrouve sur deux autres 
textes : la dédicace de Texèdre faisant face au Capitole, dont j'ai 
puMié un fragment en 1901''', et une dédicace honorifi(|ue que 
]i\\ publiée en 190/1 -', que M. Ca^^nat a reproduite, en modifiant 
légèrement ma leclure, dans sa Pievue des publications épigraphiques 
de mai-juillet i9oû(^', et dont je crois pouvoir donner ici une 
nouvelle leclure, sinon délinilive, du moins encore légèrement 
améliorée. J'ai, en efl'et, constaté sur place que, si Tun des deux 
noms lus par M. Gagnât sur Testampage est certain [Octavio, 
ligne 9.), l'autre, au contraire, ne peut être admis [Serviano, ligne 3). 



t'^ Bulletin archénl. du Comité, 1901, p. cXLvni. 

'^^ Ibid., 190/j, Procrs-verhaux des téances, mars 1906, p. xlv el suiv. 

'^^ Revue archéol., igoi, 11, p. 101, n° 79. 



ao. 



CAP»INMOOCTAViO 

FESTO 5V¥Awmmmmo 

FLAMINI-DIVI-AVG-EQVO PVBLICo 
ORNATO ABIMP CAES- MAVRE 
LIO -COMMODO- ANTONINO 

Pio • AV GmmAmwM^yr^mM;/>>:mmmi^mi 
ci viTas-avrelia-Thvgga 

d D • P • P 



Voici donc deux dédicaces lioiioriliqucs, à peu près coQtempo- 
raines, qui présentent toutes deux celte parlicularilé assez rare, que 
le nom du citoyen de Tliuffcrd, au(|uel elles s'adressaient, a été syslé- 
niatiquenienl martelé. Il l'aul en raj)procher une troisième inscrij)- 
lion très mutilée, ddcouverte en 1901 par M. Merlin dans la 
même réjjion, à l'Ouest de Texèdre qui fait face au Capitole, et 
dans le voisinage immédiat du mur bv/anlin. Ce dernier texte 
offre une grande analogie avec les deux aufies. Il est aussi mar- 
telé et mutilé en deux fragments, retrouvés à un an de distance du 
premier. M. Merlin n'avait pu d'abord en déchiffrer (|ue la der- 
nière ligne : Pairiis et. puis au-dessus quelques lettres sans aucun 
sens('); il a été plus heureux depuis en le rapprochant du second 
fragment retrouvé j)lns iai-rl qui complète le texte, et a bien voulu 
me faire connaître que la troisième lijfiie devait .se lire ainsi : 
\8acei'd()ti\ Acscitlapi et Joris Jlam[wi) perp(etu<)). 11 s agit donc ici d'un 
prJ^tre d'Esculape et de Jupiter. Or le personnage que concerne 
notre dédicace était certainement prêtre d'Esculajx' ci peut-être 
aussi df Jupiter, si Ton admet que le nom Jorin ait |»u précéder 
celui d'AESCVLAPI à la ligne précédente et être enlevé jiar la 
rciaille qui a fait dis|)araitr(; entièrement cette ligne. 

D'autre part, la dernii-re ligne de finscription de M. Merlin 
doit (Hrc lue ainsi : Pagus Thufrfrens{t8) d[ccurionum) d[ecreto) p{ecu- 

"' Merlin, Hnlh'tin iirr)\é'>li>innae du Oimilc , ' î)*" ' !'• '^î)''' "" "^ ' '"' •;)Oa, 
|>. 37(), n" a. 



— ?,()! — 

nia) p{nilica). Il csl donc permis de sii|)|)()S('r (|ii(' les deux textes 
m.iriclés, rclMlifs à ces pii'lrcs d Ksnd;i|»(' él.iiit ;i pcMi j)rès coii- 
|('iii|i()raiiis, ne coricerneiil (|ii'iiii seul cl luèiiie pcrsoiiiiujje. (Jcjiii 
qui esl iiiniiiiic d.iiis la Itoisicnic dédicace iriarlelée, ce llariiiiie 
du divin Aujfiislt!, devenu chevalier romain par la faveur de 
Teuipereur Commode, était peul-iUre le lils du premier. Ceci 
admis, il resterait ensuite à rechercher pour (pudle raisfiu, eu 
punition de (|uel crime, la cité de 7V<///y/yrt, après avoir décerné 
les |)lus ipands honneurs à ces deux prêtres, leur inlli{jea la llé- 
Irissure ollicielle du marlela{je. Sur ce point, nous sommes jus- 
qu'ici et nous serons sans doute longtemps encore réduits à de 
pures conjectures. De même, nous ne possédons encore aucun ren- 
seignement sur le temple de Juj)iter et (rEsculajje, dont les textes 
que nous venons de citer laissent supposer Texistence à Dougga. 
Mais dans le voisinage imuK'dial de la cité de Tliug/ja, et sans 
doute encore dans les limites du pagus associé à la civitas, à Hen- 
chir-es-Zaouïa , groupe de ruines situé à deux kilomètres environ 
au Sud, se dressait à réj)0(iue romaine un temple d'Esculape, 
dont M. le D"^ Carton a retrouvé une partie de la dédicace ('^, et 
dont les restes sont encore très visibles aujourd'hui. 



9 3. Fragment de dédicace, large de o m. 38, haute de o m. 97; 
lettres hautes de m. o/i, o m. o35 et o m. o3, très effacées. 

/Hj/ro NO-PAGI • ETCIVITAT- Avreliac thuggae 
^MVS OMNIVM-EXIMIMN 
.»RGA . PAGVM • ET • CI VITATEM • EX \ 

La ligne 1 se termine par une haste oblique qui ne peut avoir 
appartenu qu'à un M, ou plutôt à un A. J'ai restitué civilatis A[u- 
rrliac Thuggnc]. par analogie avec riuscrij)tion précédente. 

Le texte serait ainsi daté approximativement de la lin du 
II* siècle de notre ère. 



9/1. Fragment brise de partout, sauf en haul. Largeui'. o m. 35; 
''^ Carlon, Drcmtii'vtfs . p. -loo ol siiiv., n" '^']h. 



- 302 — 

hauteur, o ui. 3o. Hauteur des lettres, o m. 06 à la prcmii're 
li|,Mi<', o 111. o'iS à la socuudc, o m. 0/12 à la trnisirmc. 



\ 



*0 D I O L I C 1 N I A » , 
po 'STMORTEM PAG-THVGG- 
3DI VS 

odio Licinia[no . . . po]st mortnn png{us) TKngg{oms). . . odius. . . 

1" ligne : la prolni^re lettre est illisible. 

On peut lire [M]odio; ou encore [Eiin]odio. 

Un fragment de dédicace, découvert par M. Homof*' ou Siid de 
la pince dallée (jui s'étend devant le Capitole, et remontant comme 
celui-ci au temps où Thugga n'était encore qu'une ciritas, est dédié 
à un certain [En?]nodio, . . 

a5. Bloc calcaire, brisé à droite et au bas. Hauteur. m. 60; 
largeur, o m. 80. Lettres bien grave'es, dans un encadrement 
moulure', hautes de m. 06 à o m. o55. Au début de chacune des 
ligues 9 , 3, 6 est gravée une feuille d'eau ou de lierre : 



L-INSTANIO-PAPCOMMODO-ASICIO'A' 
<2!> S P L E N D 1 D 1 SS 1 M A E COL-THVGG 
^ DVVMVIRALICIO-AEDILICIOI?, 
<J!> LIBENTISSIME A DQV E- A B STl N E N 

^:mrmw/i^ s A v R E s s l N E o M £ -— -P-;^ 1 



Miic'xo) Institnio, Pnp{iriaj [tribu], Coiitmodo Asicin A\ \ sph'iidulksimae 

cnl(oiniir) Thiigg[tip], diiuinviriilicio , (irdilicio. . . Hhrnlinslinr ndijur nhsti- 
nen[tixsime] . . . s[tntu ?]tis nure[a]s ? sine . . .? 

Pt'ut-iMre faul-il reslihK'i- ;i la lin de 1.) premièic ligne Aldjti- 
lnri\ : Asirius Adjittor eut un [lersonnage connu, appartenant à une 



'" HdiiK», MrlnnirpH de ftniiir, 1 f)<> I , p. 1 7, n" '^. io \U :\ In ."<" lijjno EODOS, 
ol non LOPRO. 



(l(!s princip.ilcs (!iiiiillf'S de hoii/|gn"' et p;irt:nl du deux flami- 
iii(|ii(!s : /|,sjVm ]'i(loii(i''-\ ojiouse d'un Vihius, pcuL-ùlro 1/. Vibiim 
Fclii:, et sa fille Vihiu Asi(:i(ui<'''-^\ Une statue lui avait élr éri^jee 
au llic'àlniC''. La l'onue des lettres de celle de'dicate me poilcrait à 
la dater de la seconde moitié du m" siècle; par contre, la mention 
de la Irihu dans la<|iielle ('tait inscrit L. înstanim Commodus Atà-' 
riiis . . . scinlilcrait iiidi(|uer (jiie h' texte remonte au plus tard au 
rèjfne de (^aiacaila. A cette date, Thugfra, fjui n'avait été élevée 
au ran[; de iminicipe (jue [)ar Septime Sévère, serait donc déjà 
devenue colonie loiiiaine. L'ancienne cvllas africaine aurait ainsi mis 
bien peu de temps à franchir les deux plus hauts degrés de la 
hi('rarchie mnnicijtaie africaine. Faudrait-il sup[)oser, contraire- 
ment à l'opinion émise par M. Toutain*^', que la distinction entre le 
municipium liberum et la colojiia, absolue en droit, n'était pas toujours 
aussi bien tranchée en fait, et que le mutiicipium Scptlmium Anrcl'mm 
liberum Tliuff(j-a avait reçu parfois abusivement ce titre flatteur de 
splendidissima colonia avant d'y avoir tout à fait droit? Ce n'est qu'à 
partir de Gallien que l'on relève sur les inscriptions honorihques 
de Dougfja le litre officiel de respnblica roloniae Liciniac Septimiae 
Aureliae Alv.randiianae Tltu^j-^ae, et l'on croyait jus(ju"ici que c était 
à cet empereur qu'elle devait le titre de colonie romaine. 

Il n'y a j)as lieu, semble-t-il, de renoncer à cette opinion. Nous 
venons plus loin que, dans une dédicace qui ne peut sadiesser qu'à 
l'empereur Commode, consul pour la vu" fois en 192, ou à Gallien, 
consul pour la vu" fois en 266, mais plutôt, à mon avis, à ce der- 
nici', le personnage uummé à la seconde ligne . . .Félix Julianus 
est également indiqué comme ap[)artenant à la tribu Papijna). La 
mention de la tribu n'est pas suffisante pour faire reporter la date 
d'une inscription avant le règne de Caracalla. C'est une anomalie 
qui, assez rare au m* siècle, et disparaissant complètement à 
p.'irtir de Dioclétien, n'est cependant pas sans exemple, même 
après Aurélien^®). 

('' Corp. inscr. lat,, n. iSog, ASICI. 

W Ibid.,\\\l, n" 1690, Carton, op. cit., p. 97 (i7i);el mieux, Morlin. /"C cit., 
p. (jT), n" i3i. ("f. au-si Carton, op. cit., p. 100 (177)1 '*° ^"' inscription cor- 
rigée et complétée par M. Poiassot. 

^^' Merlin, op. cit., Corp. inscr. lat., n" 1/19.5. 

<*' Carton, loc.cil., p. 97 (171), n° 16. 

(-'} Les Cités rotnaincs de la Tunisie, p. 39^ cl suiv. et p. 3 89. 

'"' Cagnat, Cours fi'épigniphie latine, p. 60 et notes i-a. 



— 30A — 

9(). Fragment (le |)la(|U(' ciilcairc, couj)ëe à droiti' et à jj.iudio 
par deux sections droites, coniplèlc en liant cl en bas. Hanleni-, 
o m. B'i; larjjenr, o m. 87; épaisseur, o m. '.î5. Hauteur des lettres: 
o m. 10 à la pieniière lijfno; o m. 07 à laseronde; o ni. oTjÔ à la 
troisième et à la (|uatriènn'; «» m. o.'i à la dernière. Caractères 
gravés avec soin et de forme classique. 



P Y T 1 ^ 


C 


V E R G I 


L/ 


S T I C A E • 


A 


R A N N V 




CORRVPTAS 


EX 



M. Merlin m'a fait observer très justement que ccî fragment de 
dédicace impériale se rajuste exactement à deux autres déjà connus, 
(jui le conij)lèlent à droite et à gauche et permettent de reconstituer 
le texte dans son ensemble. Le premier de ces fragments, a, est 
encastré dans le mur byzantin qui entoure le Capitole, entre la 
cella du temple et la j)oterne de TOiiest. Il a été publi(' avec quelques 
inexactitudes par M. le D' (larlon^' ; MM. Merlin el Poinssot ont 
revu et complété cette lecture; l'autre, c, a été découvert j)ar 
M. Poinssotà trente mètres à TEst du temple de la Piété Auguste. H 
figure dans le rapport de M. Poinssol sur les fouilles de Dougga 
en igoS^^). L'inscription complète doit se lire ainsi : 









I 


M 




p V T I V 


C 1 




C V R A T 





R E 


• L 




V E R G 1 


L 1 






P • 


F • 


K 


V 


ST I C A E • 


A ^ 


M 


• L I C I N 1 V S 


• M 


• L 


• T 


Y 


R A N N 


V 


RESTITVIT AEDEM 


ET 


STATV 


as 


.CORRVPTAS EX 



■') DécnurrriPii ru Tniii»ir, iHt)."), p. lô'j, ii° aSa. 

"^ Archive* dp» Mi*$ion», l. Xli (ujo^i), p. 'iru), n" n. 



— SOf) — 

|A E s A R I ^ A // // 

|/IAE-M-LICINI 
S • P A T R O N V S ■ P A /; t 
ORNA VIT ET V-S- INTESTINVi 



Ainsi reconstilué, ce texte présente une très grande importance. 
Remontant au n'jjne de Tibère, c'est la plus ancienne inscription 
latine datée de Uongga, et Tune des plus anciennes de lAlricpie 
romaine. De plus, il est intéressant d'avoir à constater ici (jiie, dès 
le di'but du premier siècle de notre ère, il existait à Thujrini des 
temples, ornés de statues, remontant à une époque assez reculée 
pour tomber en ruines de vétusté et avoir besoin d'être res- 
taurés. 

M. Licinius, M. Ij. Tyrannus, patron du puirus de Tliufr/ra, est 
connu, d'autre part, par la dédicace d'un sanctuaire à Cérès ('^. 
Notons aussi que plusieurs autres inscriptions de Tliiifrga men- 
tionnent des V(rffiln''^\ 



27. Fragment de plaque calcaire, brisé à gauche et en bas. 
Hauteur, o m. /i5; largeur, o m. 3o; épaisseur, o m. 17. Hauteur 
des lettres, o m. o55. 



M -TRIB- LEG ■ V- M 
^PRAEPOSITOVE 

. i IN V_ 4 * V o V \*" 



Lecture de M. Sadoux, que je n'ai pu encore vérifier, et qu'il 
semble nécessaire de revoir. Ligne 1 : Trihiuito) Irg^ionis) ijnint-ip M((i- 
rciloniruc) ? 



''î Carton, Le ihéâlre de Dougga, p. '18, n° 12. 

'^' Cf. Homo, Ecule franc, de Home, Mélanges, 1901, p. a o, n" li; Merlin, 
iliid. , p. 71, n° 60; l'on trouve aussi des Vergilii à Carthage; rf. Delallre, Revue 
archéoL, 1898, m, p. 89, n" 5-'.i, etc. 



— 30<> — 

98. l'Vaffmcnl do di-dicaro, liant de 1 m. 00. largo de o 111. '19, 
brist' à droile «'I à ffaurlio cl (rt's t'IVarr. I.t'Krt"; li;iti(os de o m. oGB 
à i> m. mT». 

M G I N V C- 

h o R T_E N S I A 

n 0-Q_PR.OV 

i N C î A E 

BETl C A E 

PATRONO 

D tl p p 

\llo\rleima[H\o, qii(ueslori) provinciac liiticac , putrono, 

d{ecn'lo) d{vcurioniim), p{ocnni(i) p{ublica). 

Jiynore la provoiiancc exacte de celte inbcriplion; je ne la 
connais que par un oslanipajfe ex(5cut(3 au mois de juin 190'! par 
M. Drappier au cours d'une tournée à Dou{T<|a et sur les travaux du 
chemin de fer duFahs au Kef, par la vallée de la Siliana. Je n'ai 
pas retrouvé la pierre à J)()U{|ga; peut-(Mre a-t-elle été découverte 
plutôt à Sidi-bou-Rouis, sur les bords de lOued-Tessaa, les estam- 
pantes des textes épi^fraplniiiics de cette localité ayant été confondus 
dans un même j)a(|uet d'envoi avec ceux de Dougga. 

!U). Stèle calcaire, au Nord du Capitole. Hauteur, o m. 29; lar- 
geur, om. î?3; épaisseur. m. ifiB; liautcui' des lettres, o m. o3. 

D M S 

AEM I LI A 

VICTOIIIA 

P- V- A- Kl 

H • S -E 

Z)(»») M[aiiil)its) s[ncruvi). Aeinilia ] ictoria , 
p{ifi) v{iri{) a[iims) XI. H{lc) s(ita) f(.s/). 

'.}(). (iijipo Innéiaire en l'orme d'aulcd, à fronton tri.uijfulaiie 
accosté de deux acrolères ornées de rosaces; trouvé à TOuest du 
(lapitole. Le sommet du fronton est brisé; In hauteur do l'autel, 
dans son état actuel, atteint o m. Sy. La base, carrée, est larjfe 
do o ni. 3n. épnisso do o m. -m). Le d(', écorné à droite, est haut 



— 307 — 

de (I m. 'lo. iu'M' de o m. 'j3, é|»;iis (l(i o m. ao. Les loltros sont 
liantes (le oiii.d'i. L.i prcmirro li|fin*, ifravéf dans h; tympan, so 
ronipoHO (le (|iiiili<' li'Uros in^wilcs loirnant ni|jl('S. L(;s anlros sont 
gravées sur le de'*, (|iii est divisr en deux roniftarliincnls par une 
li|pie vci'licah' si'pai'anl deux (''pilaplics, (•(■lies du maii cl de sa 
teninic. 



F P 


B M 


1 


D M S 


D M S 


PACVVIA 


Q_ AVRE 


FEU CI S 


L I V S-F 


S I M A 


B V L 1 A 


P- V- A 


P • V • A 


LXXX^IIII 


L X X X 


H-S-E- 


H-S-E 


OTB-Q_ 


S T T L 



F(ilii) p{osuerunt) h{ene) m(erentibus) ? 

D[is) M((iiiihiis'j s(^acriim). Pacuvi'a Fellcissima , 

p(ia) t(i.ri/) «(hh/s) L \\X[ llll; h{ic) s{it(() e(s/); o\ssu) l{ua) b(ciie) q{uiescanCj. 

Dits) Miynnibus) s{acrum). QiuînluH) Aurelius F[(i\bHl{iyia\mis\ 

p(ius) v(ixil) a{)nns) LXXX , h(ic) s{ilus) e(st); s(it) t{ibt) t(erra) l(evis). 

3i. Cippe en forme d'autel, trouvé près du mur byzantin, à 
l'Est du Capitole. La tahie su|jerieure de l"aulel est orne'e sur la 
face [)rineipale d'un croissant flanqué de deux acrotèies qu affrr- 
mentenl des rosaces; elle est en parlic brisée. L'inscription est 
gravée sur le dé. haut de om.5o. large de om. ■liG, épais de 
om. ai. La fable est épaisse df om. ag. L'autel, dans son étal 
actuel, est haut d'un mètre. Les lettres, larges et grasses, gravées 
avec .soin, décroissent de hauteur de la première ligne, oi!i elles 
aileigneiit o m. o6, à la dernière, où elles n'ont plus que o m. o38. 
Les F et les T dépassent sensil)lenient le niveau des autres lettres. 

D M S 

me E s T R o N 
ivs ForTv 

N A T V s • E 
G R I L A N V S 
P • V- A - VIIII- V 
H-S-E . 



— 308 — 
Ligne 5. L peut (Mrc iine Icllie double : LI. 

D(i«) M(anibus) s{acriiin) . . . (^cstronius Forliinatiis E(jril[i\(intis 
p{ius) f(ij-i7) a[nitis) Vllll . . . h{ic) .s{ilus) e{sl). 

Sti. SlM«' l)risn' de j)ail()ul, trouvée d.iiis la crllii du (laj)il(de. 
Épaisseur, o m. 0(). Hauteur des lettres, o ni. oy. La première leiire 

est douleu.se. 

D • M • S 
:^I N T V S 
c/rtVDIVS 
secVNDV 
sp. VIXIT 
an ni s LXX 

/)(t.s) M{anibus) s{aci'iim). Q[u)iii{us [Clu'^itdius [Srr\iin(lii\s] 
[p{ius)] vixil [rt/iH».s] y^.VA. 

33. Cippe funéraire en foriiie d'autel, encastré dans le mur 
byzantin au Nord du (lapitole. La table, à IVontoii tiian{>ulaire, est 
brisée au sommet. Hauteur totale, i m. ô-y; bauteur de la base, 
om. 87; larfjeur, om.Go; épaisseur, cm. 55; bauteur du dé, 
o m. go;larjfeur, o m. 60; ('paissenr. o m. .58. Haiilciir des lettres, 
o m. o'i. 

D M S 

C • C V T 1 L I 
V S • P A P I R I A 

SATVRN'NVS 
PIVS- VIXIT -AN 
NIS LXXXII • M 
EN • III • DIEBVS VI 
HORIS • III 
H • S • E 

D(i«) M{anibwi) s(acrum). C(aim) CAttxlius, Papiria [tribu), Saliintiitiis , 
pius vi.rit annis lAWlI. inenÇsibus) JII, dichus ]I, li[ic) s^du.i) e[st). 

'.ifi. Sli'le ralcaire complète sur les côt«'*s, écornée en baul, 



— 309 — 

cassée à lu base. IIinilcui', (j m. ;")(>; lai|jrur, om. ii.J; épaisseui-, 
o m. i.'i. Ilauleiir des lollres, o m. 3.'J. 

D M S 
FELIX A B 
F^ O N I V S Vie 
T O R P • V • A 
ÏT-D-X- H -S- E 

Le C (jiii leiniine la .V li^jne ost beaucoup plus petil que les 
autres lettres. 

D{ts) M[antbus) s(acrum). Félix Ahbonim Victor, 
p{ius) v{ia:it) a[nms) II, d{iebus) X ; h{ic) sdtuM) e[st). 



35. Stèle funiM-aire, à sommet arrondi, brisée en bas. Hauteur, 
o m. 'io; larjfcur, o m. 34; épaisseur, o m. 12. Hauteur des lettres, 
o m. o55. Au-dessus de Tépilaphe, un croissant montant. 




Lecture douteuse, à revoir 



30. Stèle funéraire, brisée à droite. Hauteur des lettres, oin.o6 

D m s 

H O N Oriusfo 
RTVNAT us 
T- F-P-V- A 

H • S • ^e 

D{i,s) [M{anibus) s{(ia-um)]. Hou[oriiis Fo]rtuna^us] , T[itt)J{ilitis), 
p{ius) v{ixit) a{nnis). . . h{ic) s{itus) \e{st)\. 



37. Cippe funéraire en forme d'autel, trouvé à l'Ouest du Capi- 
tole. La table de Tautel est brisée. Hauteur totale. 1 ni. 06; liauteur 



— 31(1 — 

du ilô, OUI. 77; lai|,M'Ui', m. 3(j; (''p.iisseur, o m. ."{'i; l;ii-<j;eiir de la 
hase, o m. 3G; hauleur, o m. 3(); (''pais>;our, m. h!i. HautcMir de^ 
Icllros : 0111.06 à la proinicTC et à la di-riiiric li^nu'; o m. o') 
aux (|iialrt' lijfiics iiilonnodiair.s. 

D M S 
C- IVLIVS 
FORTVNA 
TVS-PIVS 
VA-LXXV 
H V S vE 

/)(is) M{niiibus) s[acrum). C(ains) Jiiltus Foiiuiuilus , 
ptus v(vrit) a(iinis) LXXV; h(lc) s[{tiis) e{st). 

3S. l''raj|iiK'n[ de slèie brisé de parloul. E(taisseur, m. nS. 
Lotircs au Irait, hautes de m, oU et m. 06 pour le 1. 

d M s 
Q_:IVLI\''s 

N A M P \^uimi> 

[D{is)] M(anibiis) [s[acruin)]. Qîiniiliis] .hiHiils] Y(iiiiph[aiii(t . . . . |. 



3(). Epilaphe très effacée, llaiilciii' des lettres, o m. ()35. 

D-M-S 

LICINIVS 

VlTALlS 

VA- XXXV 

H • .S • E 

Ligni! h. Les rhilTre> de ràjje sont douteux. 

/>(m) M{anihiiK) »[aorum). Lirinius yUnlh v{ixit) a(nnis) XXXV 
h{ie) K{i(Hn) e{M). 



— 311 — 

'lo. SiMc riiiK'rairc, Ipoum'c dans les déljlais au Nord dti (Jaj)i- 
Icilc. Soiiiincl arrondi. Ilaulciir, 0^.75; laiifcur. oui. tM); é|)îii.S- 
.si'iir, ni. 1 liï). Ilaiili'iir des Icllrofl, o m. oi).') à o m. o-j.l). 

D- M-S 
LICINIA-AT 
TICA- P-VA 
LXX • H • S • E 

Les A ne sont pas barrés. 

/J(/.s) inUinihus) s(acriiin). Licinia Allica 
p{id) v{ixit) a{nnis) LXK. ll{ic) s{ita) e{si). 

lu. SiMc. Ilaulcur dos lettres, m. o35. Fonncs irré^mliJ'res. 

D • M • S 
Q_- N A P O T 
VS • FAVST V 
S- P-V- A-XXI 

H • S • E 

D(is) M(anibu.s) s(^[tcruiii). Q[uiiitiis) Napolus Faiistns 
p{ius) v{ixii) a[nnis) XXI; li(ic) nittus) c{st). 

Le nom propre Napolus. dont la désinence romaine cache mal 
l'origine sémitique (Naboth), se retrouve sous une forme légère- 
mont différente. Xapods, génitif de Napot (?), sur une autre épi- 
laphe latine de Dougga, précédenunent publiée par M. le docteur 
Carton : . . . [Cp(?)Jrc.s — et non Rcs[tuta\ — Napotis jiUa, pia. A^\ 

hi. Fragment de stèle calcaire. Hauteur du fragment, o m. 58; 
'" Découvertes épigraphiqurs d archéologique! en Tunisie, p. i85, n° Sh'j. 



— 31-J — 

hirjfeiir totale, oiii.Ho; ('paisscur. oui. lo. llaiilrur des lettres, 
O 111. o'i. 

(M • P Ompo 

NIVS FELIX 1 

PIVS 

H • S • E 

[D(is) M[nnil)us) s{ticrum)\, M{(ircus) Po[mpo]nius Félix , 
plus , h[ic) .s(i7m.s) e[sC). 

U'd. Stèle calcaire. Hauteur des lettres: o tu. 06.') à la preuiière 
ligne, o m. o65 à la seconde et à la troisième, o m. oU à la qua- 
trième, m. 026 à la dernière. Formes irrégulières. 

D-M ■ S • 

C • S E R V 1 K I 

V S O N O R 

ATVS.P- V- A 

VIII* 

Dits) M[finibus) sidcrunt). C[(iius) Scrvilius [U\unoralus , 
p{ius) v(ixit) a(}inls) VIII. 

Uh. Frajfmenl de stèle calcaire, brisé de partout, sauf à droite. 
I.arjfeur iiiaxiina. om. 20; hauteur, oui. 2.'}; épaisseur, oui. 10. 
Hauteur des lettres variant de o m. ok à o m. o35. 

y S V 1 Cf 
fO R • V E N E R I 
VSP- V- A-LXXV 
H • S • E • 

. . m V'ic[l]or Vcnertns, p{ius) ti(ixit) «(«nis) LXXV; 
h(ic) s{itm) c(«f). 



— M.i — 

/i5. Kpilaplii' écornée au soiiiirH'l . ;i droil)-. Ihiulciii dt;.-, ii'llrcs, 
o m. oA. 

DM- .s 
Q^- V E T T I V S 
DATVS- P- F- V- A 
LXXXVHS-F 

Li{|iH' •?.. LOn |t()iiir.'iil lire aussi lillins. lo lollics élaiil mai 
caractérisi'es. — Ivigni; 'i. L'E lltial a lirs nellonicnl la loriiio 
d'un F. 

D(i.v) Mianibus) [s[acruin)\. Q(iiinfiis} Vellius Dalus , P(ublii) /(ilius), 
v(ùvit) n{nnis) LX.ÏW ; li(ic) s(itus) e(st). 



'46. Fragment de stèle brisée en haut et à droite. Hauteur des 
lellres, m. o36. 



ES 
V2 • VI xituiin 
I S • L / 

H ! . s. e. 



/17. Fragment de sièle brisée au sommet, haut de cm. 5o. large 
de o m. 38. épais de o m. t8. Lettres hautes de m. o5. 



P • V A 

XXVII 

H • S • E • 



P. Gauckleb, 
Membre non résidant du Comité. 



Archéologie. — N" 2. 



i:pin(;li:s 

DE I/KIM)01JK 1)1 liUONZE 

DÉcoi VEini:s À vi:hs 

'(;\HD), 

PAU M. (iALIKN MlNfiAUD, 
Correspondant du Goinité. 



Une trouvaille, très intéressante poui- raniK'ologie préhistorique 
du département du Gard, vient d'être l.iile à Vers, canton de Pk.'- 
nioulins. arrondissement d'I zès. 

Kn dt'lonranl un clianij) [)our planter de la vi{;ne. un culti- 
vateur a ramené au jour, d'un seul coup de pelle, onze fortes 
éj)ingles de bronze. 

Cies épingles sont remarquables par la grandeur, la forme et lus 
dessins variés qui les ornent. Elles sont parfaitement conservées; 
elles étaient enfouies comme intentionnellement placées sur un lit 
de pierres, à environ o m. 60 de profondeur. Il y a lieu de supposer 
que Ton a affaire à une cachette de marchand. 

.le me suis rendu à Vers pour voir si d'autres fouilles n'amène- 
raient pas quelque autre objet préhistorique. L'état des lieux ( plaine) 
tout en cultures, céréales et vignes, rend toute recherche difficile. 

Dès maintenant on peut dire que cette trouvaille est très intéres- 
sante pour notre région, car. à ma connaissance, aucune découverte 
de fortes épingles du bel âge du bronze n'avait été faite dans le Gjird. 

Ces onze é|)ingles sont déposées au muséum de Nîmes pour qui 
je les ai accpiises. 

Fin voici la description (fig. 1) : 

N"" 1 à ^. Ei)ingles à tète j)late; le haut de la lige est orné de 
lignes circulaires, les unes larges, les autres fines. 

N" 1. Long'ueur, o m. >>8; poids, 99 grammes. 
N" '2. Longueur, o m. 01."); poids. 9.0 grammes. 

AnriiÉoi.or.iE. N" .3. .,., 



— 310 — 

N" '^. LoiiniK'ur. o m. •}(); poids, 3r» {fi-;iinmes. 
N" /l. LoiijfiH'iir, () m. 3 1 ; poids, 'i.l {fiaiiinios. 

."). l'ipiiijjlc à h'Ic pliitvi <'l II bords londs: le haut de la lijfc est 
oint' de î>(| lijfiies ciicidaiics Ires aj)j)ar('nles. 

Loiigupiir, o ni. -îH; pojd.s, (\t} grainnips.i .1 ^.1 A M 

(') Kpliijfle à lùle plate et larg(», en fovnu' de lioulon, rive'eàTex- 
triMiiiti' supt'rieure; le liant de la lijfe porte liiiil (lis(jnes dentés, 
moltilcs. sur une longueur de o m. o.) : 

Longueur, o ni. '»6; poids, g 3 grainnies. 




)iiij;li*s (II' in'on/i' Iroiivc-os à \its (Gard). 



7. Épingle à tète en lornie de fuseau; le haut des la lige est orné 
de lllels en spirales séparés par des lilets cinudaiies: 
Longueur, o m. 30; poids, lo'^ grainnies. 

H-!). Kpingle> à lélc légèreiiient honiln'e; le liaiil de la lijje e.st 
oriM' de lijrncs, les unes rirculaires, en pi'lil nonihre, et les autres 
plus fines, pins rapproclu'cs. loi'in.inl une spnjde iiiii(pie de pas Ii-ès 
petit. 

N' H. Longueiii', o ni. i» i ; poids, .)- ipaiiiiiies. 

N" '.). Longueur, o m. .'W); poids, ."» i gianiincs. 



— :n7 — 

10. I']|»iri{jl«! il UUi' |)lalc; h- liudl de lu ligo osl oriK- de lijjin'S 
circulaires cl H(; rliovrons. 

LonjfinMir, o m. •>(); poids, 29 {|rammes. 

I I. l'iaffiucut d'une (''piiijflc; haut do la li(j<; carrr. 
liOnf»U('iir, n m. '>o; poids. 1 1 {jraiiime.s. 

A noire prière M. Jules fiai, professeur au lycc^e de Nîmes, j 
bien voulu faire l'analyse de Tune des épingles; il a reconnu du 
bronze à 10 p. loo d'étain. 

Galieu MixiAUD, 
Corrcspondani du (loniité. 



UNE 

VILLA HUMAINE \ PENCHARD 

(Si:iM<:-KT-MAi;\K), 

PAR M. GEORC.ES f.ASSIES , 

(ioiTi">|K)n(lant du (loriiité. 



L«' H février 1905. en lahouranl au lieu dil ff Terroir vacant-, à 
quolcjuc 1,800 mt'tros du villaye de Penchard, dans la direction 
de Montyon, sur le liane septentrional d'une colline dont le sommet 
est bois»' et au bas de laquelle ccmle un ruisseau, le ru de Viry, 
les ouvriers de M. Désiré Viard . pro(>riélaire à Pencliard. reinar- 
(|U('reiil de petils cubes noirs el blancs eu (juantité suffisante pour 
les iulrijjuer et ils mirent à nu une surface ornée d'une nu)saï(pie. 
sans savoir d'ailleurs quel intérêt pouvait présenter leur dérou- 
verte, car ils m'ont avoué depuis (ju'ils n'avaient jamais c<essé, de- 
puis des années, de trouver, dans ce champ, des substructions, 
des débris de murailles enduits de couleur, des frajpuenls de po- 
terie, des tuiles à rebord, enlin tous les ('lémcnts d'une babitatiiui 
de r/'pofjue {jallo-roniaine. mais (pi'ils n'en avaient jamais parlé à 
personne. Par bonheur, cette lois, ils raj)porlèreul une |i(»ij}née de 
petits cubes à leurinaitre. (jui les montra à son voisin, le in<'decin 
M. Faucheux, (|ue nous xenions piécisénwnt d'inscrire à notre 
Société d'arcln'oloijie. (le dernier lut l'intei^i'-diaire tout naturel 
<[ui vint . le lendemain jeudi <), iu)us aviser delà découverte au 
nom du propriétaire, .le reconnus aussitôt des frajfiuenls de mo- 
saïque romaine, et la netteté de la taille, la proportion des petits 
cubes me firent ])ens<'r (pi'on [louvait se trouver en présence d'une 
mosaupie appartenant à une belle é'pocpie, et sans doute autt-rieure 
aux invasion^ du i\' siècle. (i<'(|iii me le faisait penser aussi, c'est 
que le territoire de Pencliard n ;i [nis loiiiie de paroisse et ne jxu'te 
pas un nom rju'on puisse faire renionler à Tépocpie romaine. Il est 
donc permis de Mi|(|ioNer ipie la villa de Peiicliai(l n'existait plus à 



— :U9 



lVî|)0(|iie où hsvillœ de noire ri'ifum se liansfoimiTcnt «n villa/jcs 



on paroisses'''. 



UiU' Cotnmissioii lui doiir (It-slifrn'-f cl iiios oollèifues rue liicnl 
i'Iioiincnir de me riiiilK r l.i direcliMii des premières loiiilles métlio- 
diques. J'avisai alors par lellre notre émineni ami M. flér