(navigation image)
Home American Libraries | Canadian Libraries | Universal Library | Community Texts | Project Gutenberg | Children's Library | Biodiversity Heritage Library | Additional Collections
Search: Advanced Search
Anonymous User (login or join us)
Upload
See other formats

Full text of "Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques"



"? 






Digitized by the Internet Archive 

in 2010 with funding from 

University of Ottawa 



http://www.archive.org/details/bulletinarchol1887fran 



BULLETIN 

ARCHÉOLOGIQUE 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES 



IMP. BIIBD1N FT C le , M'F GARNTKR, 4. 



MINISTÈRE 
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 



BULLETIN 

ARCHÉOLOGIQUE 



DU 



COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES 



ANNEE 4887 

,0 



£mti 



fl 



PARIS 
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR 

28. RUE BONAPARTE, 28 
M DCCC LXXXV1I 



De 
z 

l€S7 



BULLETIN 

ARCHÉOLOGIQUE 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES 



SÉANCE DU 17 JANVIER 1887 



PRESIDENCE DE M. CHABOUILLET 

Le procès-verbal de la séance du i3 décembre 1886 est lu et 
adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Bertheîé, archiviste des Deux-Sèvres, envoie trois empreintes 
d'anciens fers à hosties. — Renvoi à M. Darcel. 

Le même correspondant envoie une note sur les voûtes des églises 
d'Airvault et de Saint-Jouin-de-Marnes. — Renvoi à M. de Las- 
teyrie. 

M. Bondurand, correspondant du Comité àNimes, envoie l'estam- 
page d'une inscription celtique découverte à Nimes, avec une note 
sur cette inscription. — Renvoi à M. Héron de Yillet'osse. 

M. le lieutenant Espérandieu, professeur à l'Ecole militaire de 
Saint-Maixent, envoie une notice sur quelques monnaies du moyen 
âge et sur une médaille de Phocas trouvée à Villeneuve- de- Contiens 
(Aiicge). — Renvoi à M. Chabouillet. 

M. l'abbé Fillet, curé d'AUex (Drôme), envoie un travail intitulé : 
Visite et inventaire du prieuré et de l'église de Pont- en-Royans, 
en 1 4° 6- — Renvoi à M. Darcel. 

M. Albert des Méloizes, membre de la Société des Antiquaires 
du Centre, à Rourges, envoie une notice sur deux bateaux antiques 
en bois récemment acquis par le Musée de Rourges. — Renvoi à 
M. Alexandre Rertrand. 

Archéologie. 1 



M. Pouy, correspondant du Comité à Amiens, envoie une note 
sur une Vierge en bois sculpté du xv c siècle. — Renvoi à M. Eugène 

Miïntz. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

La Tour de Craoul, forteresse du xn e siècle à Beau vois, par 
M. Barré, de la Société académique de l'Oise. 

Le Trésor el la Bibliothèque de l'église métropolitaine de Boum 
au xii 3 sièele, par M. Ch. de Linas, membre non résidant du Comité, 
à Arras. 

L'Archéologie monumentale à l'Exposition des beaux-arts à Paris 
en i 886, par M. de Marsy, correspondant du Comité à Compiègne. 

M. Héron de Villefosse entretient le Comité d'un fragment d'ins- 
cription grecque sur bronze qui lui a été communiqué par M. de 
Lasteyrie et qui appartient à M. Rousset, orfèvre à Uzès (Gard). 
D'après des renseignements recueillis d'autre part, ce fragment aurait 
été trouvé il y a quelques années sur le territoire de Mondragon 
(Vaucluse), en creusant le canal de Pierrelatte. 

11 mesure en longueur o m ,o64 et en bauteur o'",o5o; il provient 
d'une inscription gravée sur un petit cartel à queues d'aronde. Le 
coin inférieur droit est seul intact; la plaque est brisée sur les autres 
côtés ; eu voici le texte : 



CANr 

. . . ATT-mXGû P A 

..)6OCG0AMOY 

...YCYNÉPrei 

. .\ I I A H I A 00 
. . . OYAIOCrKPOIN 

. . <oc 

Cette inscription contenait certainement la formule d'une conju- 
ration contre la grêle et la neige. Le texte peut être facilement com- 
plété à l'aide d'une inscription analogue, trouvée dans le département 
de la JJrôme et conservée au Musée d'Avignon, qui a fait, l'objet d'un 
travail de M. W. Frœhner inséré dans ses Kritische Analeklen sous le 
n° ij. Les deux textes étaient semblables; la division des lignes 
parait avoir été presque la même. La seule différence, au point de 
vue du texte, consiste dans le nom propre inscrit à la dernière ligne 
du fragment de Mondragon /OYAIOC rtePOINKOC qui doit cur- 



i u o e 


t v 


y. 


•j 


0J 




v o u 


;;. 


t 


, 


h) 


V 


-> ' c - 


'} 





V 


S 


/. 


7 Û 


X 


0) 


p 


( : 


•j 


y a 


X 


a 


L 


a 


V 



— 3 — 

respondre au latin Julius Pervincus; le prénom, inscrit sans doute en 
abrégé avant le gentilicium, ne peut être restitué avec certitude. 
L'inscription entière devait donc se lire ainsi : 

. 6 w q 
y. A m yj 

8 S t ZT.i 
T S 'J T 'J 

5 se a c a v 

y. a t " xVqTn 

v.yJ. Izz $h% n T € IX GO PA] 

asXeue t)(e O C GO A M O Y( 

Ga, xat 5 (Y C Y N 6 P T € I 
10 'A6paaaU I A H I A GO 

OoYAiocrrcpoiN 

(koe i 

A la ligne 8, il reste la trace très apparente du 0; à la lii^ne io, on 
distingue encore le jambage du dernier A du mot 'Accy.-i; ; le mot 
IAG0 doit être lu IAG0. 

Dans la transcription du texte d'Avignon, la ligne 3, 8et [i~]ii-.^vl>zv 
au lieu de Ov. Xyjoç -zvbc/ a été suggéré à M. W. Frœhner par 
M. Gomperz, de Vienne; et à la ligne (i vi<p<z[o]av, pour vtçâXav, est 
une correction de M. Kaibel, de Strasbourg. 

M. de Lasteyrie lit une note sur un sarcophage mérovingien avec 
inscription, nouvellement découvert par le P. de la Croix dans le 
cimetière de Persac^'). 

M. de Lasteyuie communique le plan d'une très curieuse enceinte 
maçonnée du département de l'Ariège, connue sous le nom de camp 
de Caumont. Ce plan, levé avec soin, lui a été adressé par M. Félix 
Pasquier, archiviste du département et correspondant du Comité à 
Foix. M. de Lasteyrie demande au Comité de prier un de ses mem- 
bres, plus spécialement versé dans l'étude des anciennes enceintes, 
d'examiner ce plan et d'en faire, s'il y a lieu, l'objet d'un rapport. — 
Renvoi à M. de Barthélémy. 

M. de Lasteyrie communique de la part de M. Rousset, d'Uzès, 
plusieurs dessins représentant des objets de bronze de l'époque gau- 
loise trouvés dans la vallée du Rhône; il demande le renvoi de cette 
communication à M. Alexandre Bertrand. 

'' Voir ci-après, p. 6, le texte de cette communication. 



M. Alexandre Bertrand communique les renseignements suivants 
qui lui ont été fournis par M. de Lisle, conservateur du musée 
archéologique de Nantes, sur une importante découverte qui vient 
d'être faite à Nantes : 

« Les travaux entrepris pour dégager la partie nord de l'ancien 
évêché ont mis à jour une porte de ville qui traverse en entier les 
bâtiments épiscopaux. En faisant enlever les pavés sous la longue 
voûte de ce passage, on a rencontré de grands blocs de granit régu- 
lièrement taillés, qui ont bien vite attiré l'attention de M. A. Legendre, 
architecte délégué pour les édifices diocésains. Il a fait déblayer avec 
soin les matériaux qui recouvraient ces pierres et maintenant on 
aperçoit toute la surface du couloir pavé d'énormes blocs gallo- 
romains. Ce sont des stèles, des inscriptions, des bas-reliefs, entassés 
sans doute à l'époque des grandes invasions pour former les fonda- 
tions de la porte de ville. On ne peut actuellement donner une des- 
cription détaillée de ces monuments qui sont encore en place, mais 
toutes les précautions sont prises pour qu'on puisse les enlever avec 
soin et faire profiler la science de cette découverte la plus importante 
qui ait été faite à Nantes depuis un siècle. » 

M. Charles Robeiit lit une note sur une étude consacrée par 
M. Maxe-Werly au tracé de la voie romaine qui réunissait Caturiges 
et Fines, dans le Barrois. — Renvoi au Comité de publication ('). 

M. Héron de Villefosse présente au Comité un mémoire con- 
sacré par M. Lejay, élève de l'École pratique des Hautes Études, 
à l'épigraphie antique du département de la Côte-d'Or. Quoique ce 
travail soit assez développé, il en demande l'impression dans le 
Bulletin. Le Comité décide en principe qu'il y a lieu d'imprimer ce 
mémoire et charge le Comité de publication d'examiner s'il est pos- 
sible de l'insérer dans le Bulletin ou si l'on doit le mettre dans un 
volume de Mélanges. 

M. le Directeur du Secrétariat fait part au Comité des objections 
que la Commission centrale a faites dans sa dernière séance au pro- 
jet de publication des papiers africains de Léon Renier, présenté 
par M. Cagnat. \\ prie, en conséquence, la Commission qui avait été 
chargée d'examiner cette publication de se réunir à nouveau pour 
voir quelle suite doit être donnée aux observations de la Commission 
centrale. 

M. Charles Robert fait remarquer que la Commission n'étant plus 

'< Voir ei-uprès, p. % le texte de celle noie. 



au complet depuis la mort du regretté M. Desjardins, il vaudrait 
peut-être mieux en nommer une nouvelle. 

Le Comité adopte cette proposition et charge MM. Héron de Ville- 
fosse, de Lasteyrie, Perrot et Ch. Robert d'examiner cette affaire et 
de présenler un rapport sur ce projet de puhlication à la prochaine 
séance. 

L'ordre du jour appelle l'étude des questions relalives au Congrès 
annuel des Sociétés savantes. 

Plusieurs membres ayant demandé qu'il ne fût plus dressé de pro- 
gramme en vue du Congrès, une longue discussion s'ouvre sur ce 
point, à laquelle prennent part MM. Guiffrey, Charmes, Chabouillet, 
de Lasteyrie, Maspéro, etc. Enfin il est décidé : 

i° Qu'on continuera provisoirement à dresser un programme 
pour le Congrès, mais que le nombre des questions en sera réduit, 
et qu'on n'y inscrira que des questions qu'un membre du Comité 
se sera engagé d'avance à traiter; 

2° Que l'administration sera priée d'inviter par une circulaire 
toutes les personnes qui voudraient lire des mémoires à la Section 
d'archéologie, d'envoyer leur manuscrit au Ministère, une quinzaine 
de jours avant le Congrès, afin qu'un examen sommaire puisse en 
être fait par la Section. 

Le Comité, après avoir pris ces décisions, passe à la rédaction du 
programme pour le Congrès de 1887. Il réduit le nombre des ques- 
tions à six qui sont ainsi libellées : 

1" Quelles sont les contrées de la Gaule où ont été signalés des 
cimetières à incinération remontant à une époque antérieure à la con- 
quête romaine ? 

2 Dresser la liste, faire la description et rechercher l'origine des 
œuvres d'art hellénique, des inscriptions et des marbres grecs, qui 
existent dans les collections publiques ou privées des divers dépar- 
tements. Distinguer ceux de ces monuments qui sont de provenance 
locale de ceux qui ont été importés dans les temps modernes. 

3° Signaler les nouvelles découvertes de bornes milliaires ou les 
constatations de chaussées antiques qui peuvent servir h déterminer 
le tracé des voies romaines en Gaule ou en Afrique. 

4° Signaler dans une région déterminée les édifices antiques de 
l'Afrique, tels que arcs de triomphe, temples, théâtres, cirques, portes 
de ville, tombeaux monumentaux, aqueducs, ponts, etc., et dresser 
le plan des ruines romaines les plus intéressantes. 

5° Signaler les actes notariés du xiv e au xvi° siècle contenant des 



— 6 — 

renseignements sur la biographie des artistes et particulièrement les 
marchés relatifs aux peintures, sculptures et autres œuvres d'art 
commandées soit par des particuliers, soit par des municipalités ou 
des communautés. 

6° Quelles mesures pourraient être prises pour améliorer l'orga- 
nisation des musées archéologiques de province, leur installation, 
leur mode de classement, et pour en faire dresser ou perfectionner 
les catalogues? 

La séance est levée à cinq heures. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie. 
R. DE Lasteyrie, 
Membre du Comité. 



INSCRIPTION MÉROVINGIENNE 

TROUVÉE A PERSAC (VIENNE). 
Note de M. de Lasteyrie sur une communication du P. de la Croix. 

Le P. Camille de la Croix poursuit avec un zèle véritablement 
infatigable l'exploration archéologique du département de la Vienne. 
Dans un important mémoire publié l'an dernier par les soins du 
Comité' 1 , il a fait connaître les curieuses fouilles qu'il a entreprises 
dans les anciens cimetières de Civaux, d'Antigny, etc., et qui lui 
ont fourni cette belle suite de couvercles de sarcophages de l'époque 
mérovingienne, dont il a pu réunir les plus remarquables échantil- 
lons au Temple-Saint-Jean, à Poitiers. 

Aujourd'hui il adresse au Comité une note sur un autre cimetière 
analogue aux précédents et dans lequel il a recueilli une nouvelle 
inscription, sans doute contemporaine de celles qu'il a fait connaître 
dans le travail que nous venons de rappeler. 

C'est à Persac, commune du canton de Lussac-le-Château et de 
l'arrondissement de Montmorillon, que le P. de la Croix a fait cette 
nouvelle découverte. Persac est une localité qui, malgré le silence des 
textes historiques (*), a dû être un centre de population de quelque 
importance dès le vi e ou le vn e siècle au moins. Le P. de la Croix y a 
découvert en effet les restes d'un cimetière franc, qui entourait jadis 
l'église et. couvrait une grande superficie de terrain. Vers le commen- 

') Bulletin archéol., 1886, p. 9.5(i-5c,8. 

( 2 ) La plus ancienne mention de ce lieu que M. Rédet signale dans son Dic- 
tionnaire tti/xif/r. du dép, de la Vienne, ne remonte qu'à 1097. 



— 7 — 



' XT 

ta ni 

bA/DO 

LÊifo 



cément de notre siècle, un nouveau ci metière ayant été installé hors du 
bourg, le conseil municipal supprima l'ancien, aliéna une partie des 
couvercles de tombes qu'on y rencontra et transporta le reste dans le 
nouveau cimetière. Les familles peu aisées de la localité ont trouvé 
dans ces couvercles de pierre les dalles dont elles avaient besoin pour 
couvrir les sépultures de leurs défunts. Il a suffi en effet de retourner 
ces vieilles pierres pour leur donner l'apparence de dalles modernes. 
Mais le P. de la Croix avait trop d'expé- 
rience pour ne pas reconnaître du premier 
coup d'œil, à quoi il avait affaire, et, dès 
son arrivée à Persac, frappé de l'apparence 
de ces pierres, il eut l'idée de les faire re- 
lever, et c'est ainsi qu'il découvrit quatorze 
couvercles de sarcophages francs, sans 
compter onze autres dalles d'âge moins 
reculé sur lesquelles sont gravés divers ins- 
truments de métiers, tels que des outils de 
tailleur de pierres, de charpentier (*), etc. 

Une seule de ces dalles, malheureuse- 
ment, portait une inscription ; c'est celle 
qui est reproduite ici d'après un dessin 
que le P. de la Croix a bien voulu nous en 
envoyer. Cette pierre rappelle absolument 
par ses proportions et sa décoration, celles 
qui se sont conservées à Civaux, à Anti- 
gny, etc., et dont on peut voir les dessins 
dans l'article précité du Bulletin archéolo- 
gique C'est cette même décoration som- 
maire composée de trois très larges ban- 
deaux en relief placés en travers de la 
pierre, et reliés les uns aux autres par une 

traverse plus mince posée dans l'axe. C'est ce que le P. de la Croix 
appelle une croix à trois traverses. Rien de plus commun dans les 
cimetières francs du Poitou que ce genre de tombe. Aussi celle-ci 
mériterait-elle à peine une mention sommaire, si elle ne portait une 
inscription ou plutôt des inscriptions, car nous pensons que les carac- 
tères que l'on aperçoit sur cette pierre, appartiennent à deux groupes 
distincts et complètement indépendants l'un de l'autre. 




('! Le P. de la Croix a trouvé également des tombes de cette catégorie dans 
les cimetières de Civaux, de Saint-Pierre-des-Églises, de Bouresse, etc. 



Le premier se lit sur îa traverse de tète au-dessous d'un signe dont 
l'analogue se rencontre dans plusieurs des tombes de Givaux, mais 
dont le sens nous échappe complètement. L'inscription se compose de 
deux lignes ainsi conçues : 

BAVDO 
LEKFO 

L'autre groupe de lettres est gravé dans le sens de l'axe de la 
pierre. On y lit d'après le P. de la Croix le mot SOBO ou, s'il faut 
tenir compte d'une sorte de T mal gravé placé entre l'S et l'O, 
STOBO ; puis à la suite diverses lettres disposées sur trois lignes : 
« la première ne comporte que la haste d'une lettre avec boucle supé- 
rieure, dont la partie inférieure semble avoir disparu dans une cas- 
sure ou dans un défaut de la pierre; si elle était complète, elle repré- 
senterait probablement un R; la seconde ligne se compose des lettres 
MO : et la troisième de IE; l'I et l'E sont séparés par une cassure 
ou un défaut de la pierre. » 

Nous citons textuellement ici le P. de la Croix ; n'ayant point, vu 
l'original, nous ne saurions garantir personnellement sa lecture, et 
nous ne pouvons qu'admettre, jusqu'à plus ample informé, l'exactitude 
du dessin qu'il a fait de cette pierre, avec le soin et la conscience 
qu'il apporte à tous ses travaux. Mais il est moins facile d'admettre 
l'interprétation qu'il propose de cette inscription. Il pense qu'on 
pourrait y lire les mots : MORIE (pour MEMORIAE) BAVDOLELFO 
(ET sous -entendu) SOBO (ou STOBO), c'est à dire : Sépultures 
de Baudolelfus et de Sobus ou de Stobus. 

Le P. de la Croix ajoute, ce qui est parfaitement vrai, qu'on a déjà 
trouvé en Poitou d'autres exemples de sépultures doubles, ainsi celle 
de LOPECENA et de DEDIMIA découverte à Rom (Deux-Sèvres), 
et celle d'AETERNALIS et de SERVILLA. découverte à Civaux. 

Mais dans ces exemples les deux noms sont écrits à la suite l'un 
de l'autre dans le même sens, et Ton ne peut croire qu'un lapicide, 
quelque barbare qu'on le suppose, ait jamais imaginé de partager sans 
nécessité une inscription aussi courte et de la graver dans deux sens 
différents. D'ailleurs la formule même que suppose notre correspon- 
dant est bien difficile à admettre ; et l'on doit plutôt, croyons-nous, 
reconnaître sur cette pierre deux inscriptions distinctes. C'est d'abord 
un nom au datif: BAVDOLELFO, ou plutôt BAVDOLEIFO; car la 
forme Baudoleifus est beaucoup meilleure, et le petit trait horizontal 
qui semble faire de la huitième lettre une L ou un lambda mal 
dessiné peut bien n'être qu'un accident, de la pierre. Ce nom serait 
celui du défunt auquel cette tombe a primitivement servi. 



— '.) — 

Puis postérieurement on aura utilisé cette pierre pour couvrir 
une seconde sépulture, et l'on peut ainsi expliquer qu'une seconde 
inscription ait été gravée sur la même pierre dans un autre sens 
que la première. Mais, en bonne critique, on ne saurait, dans ces 
lettres, disposées au hasard, reconnaître le mot memoriae. Nous hé- 
sitons même à lire le mot SOBO, dont les deux dernières lettres 
paraissent bien douteuses. Il serait préférable en tous cas a STOBBO, 
encore moins admissible au point de vue de la paléographie, car ce 
nom de SOBO ou plutôt SOBBO existe. 11 a été porté notamment 
par un archevêque de Vienne au x c siècle. Mais n'est-ce pas témé- 
raire de vouloir découvrir le sens de lettres aussi mal gravées et d'une 
lecture aussi incertaine; et ne vaut-il pas mieux s'en tenir a ce que 
cette communication nous offre de positif, c'est-à-dire une tombe 
avec un nom d'origine certainement mérovingienne, et la consta- 
tation de l'ancienneté de ce village de Persac, que l'on ne soupçonnait 
point avant les intéressantes recherches du P. de la Croix. 

R. DE Lasteyrie, 
Membre <lu Comité. 



ÉTUDE DU TBACÉ DE LA CHAUSSÉE DOMAINE 

ENTRE ARIOLÀ ET FINES. 

Rapport de M. Charles Robert sur un mémoire do M. Maxe-Wërly ' , 
correspondant du Comité, à Bar-le-Duc. 

M. L. Maxe-Werly a examiné clans le tome I des Mémoires de la 
Société de Bar-le-Duc, la portion de la voie romaine comprise entre 
Ariola et Caturiges. J'ai rendu compte de ce premier chapitre à la 
Section de géographie du Comité des travaux historiques, et montré 
comment l'auteur avait appelé à son aide la tradition, les légendes 
hagiographiques, les chansons de gestes, les cartulaires, les actes 
administratifs et surtout le relevé des lieux-dits. 

L'étude du second tronçon entre Caturiges et Nasium ayant donné 
à l'auteur l'occasion de traiter plusieurs points étrangers à la géogra- 
phie, je désire mettre sous les yeux de la Section d'archéologie, les 
principaux résultats auxquels il est arrivé. 

Au sujet de la station de Caturiges, point de départ du tronçon 
qui se dirige sur Nasium, M. Maxe-Werly s'efforce de démontrer 

1 Ce mémoire a paru dans les Mémoires de la Société des Lettres, Sciences el 
arts 'te Bar-le-Duc, 2 e série, t. V. r886, pp. io] à 1-3. 



— 10 - 

l'antiquité d'une localité qui devait, plus tard, donner naissance à la 
ville de Bar, et tente avec bonheur d'en déterminer l'emplacement 
exact au v° siècle, époque à laquelle elle fut détruite. 

S'appuyant sur les découvertes faites, depuis i58o, dans le quartier 
de Bar que traversait la voie romaine, l'auteur arrive à des résultats 
intéressants. Il établit la haute antiquité de la station dont il s'occupe 
non seulement par la présence d'objets gaulois, mais par la forme 
essentiellement gauloise de son nom. Ce nom pouvait venir, en effet, 
des Caturiges établis dans le voisinage des Alpes-Maritimes et 
dont un rameau aurait été transplanté dans le pays des Leuci. Le 
chef-lieu aurait pris le nom du peuple; c'est ainsi que Lutèce fut 
appelée Parmi. L'auteur admet aussi queCatitriges a pu prendre pour 
son nom le nom divin Caturix, tout comme deux localités peu éloi- 
gnées, Grand et Bourbonne, qui devraient leur nom à deux divinités : 
Apollon-Granus et Borvo. Ici je ferai à l'auteur une légère objection. 
Je crois, en effet, que les dieux ont emprunté leur nom aux peuples 
plus souvent qu'ils ne leur ont donné le leur, et, si l'on connaît plu- 
sieurs inscriptions mentionnant Mars-Caturix, c'est qu'il s'agit d'un 
dieu particulièrement honoré chez les Caturiges; la mythologie clas- 
sique et celle des Gaules nous donnent de nombreux exemples de 
ce fait. Si les celtistes font de Caturix le « roi de la bataille» (*), il ne 
s'ensuit pas que ce mot, au pluriel, n'ait pu désigner un peuple. On 
sait, en effet, de quels noms pompeux se paraient les tribus de race 
gauloise. 

M. Maxe-Werly, se reportant à une inscription dont j'ai donné 
l'explication dans mon Epigraplùe de la Moselle H, établit chemin 
faisant que le nom d'homme Cathirigius, qu'on rencontre dans ce 
texte, est une forme ethnique toute naturelle dans un pays voisin de 
Caturiges. Poursuivant ses rapprochements, il fait remarquer qu'un 
triens du Musée de Metz, de faire tout austrasien et sans doute décou- 
vert dans la région, apporte aussi son contingent d'informations. Le 
nom de Cathirigi qui se lit au droit lui paraît appartenir au vicus 
mérovingien réédifié sur les ruines de la station romaine : il démontre 
qu'il faut renoncer à attribuer ce triens à Chorges, comme on 
le fait depuis Lelewel, attendu que le caractère de la tète, la forme 
de la croix, les accessoires du revers et le style de toute la pièce la 
rejettent bien loin de la capitale des Caturiges alpins et la placent 
incontestablement parmi les monnaies mérovingiennes frappées dans 

t 1 ) Gluck, Die bei Caius Julius Caesar, vorkommenden Ke/lisc/ie?i Ncnnen, 
Munich 1857, p. 47-48, — Gramm. celtica, 2* éd., p. 4, 20, 3;, etc. 
(*) ire partie, in-4, 1873, p. 9.1. 



— 14 — 

la partie de l'Austrasie qui correspondait à l'ancienne Belgique pre- 
mière. 

Après avoir montré à quelle époque dut être établie la station qui 
nous occupe, et qui figure aux bas temps de l'Empire dans les Itiné- 
raires officiels sous le nom de Caturiges, l'auteur rechercbe com- 
ment elle devint un centre de population; il nous montre tout un 
groupe d'étrangers et de marchands s'établissant autour de la simple 
Mansio, qui acquiert ainsi bientôt une certaine importance. Il s'ap- 
puie sur la nature des découvertes qui eurent lieu, dans le quartier de 
Bar-la-Ville, lors de l'établissement du canal de la Marne au Rhin, du 
chemin de fer de l'Est, des bâtiments de l'hôpital, du lycée et de 
l'usine à gaz. 

Pour mieux faire comprendre les enseignements qu'il demande 
aux objets qui furent découverts, et qui tous, par ses soins, se 
trouvent réunis au musée de Bar, M. Maxe-Werly reproduit les des- 
sins des objets les plus intéressants : instruments de bronze, autel, 
statues et tombeaux; il indique les graffiies reconnus sur plusieurs 
plats de bronze, relève les nombreux noms de potier lus sur les 
débris des vases de terre; enfin, grâce a un plan fidèlement exécuté, 
à Paide du cadastre, des faubourgs de Couchot et de Bar-la-Ville, il 
montre l'emplacement de la station antique de Caturiges au V siècle 
et le tracé de l'ancienne voie romaine. 

Parmi les monuments signalés dans le travail de M. Maxe-Werly, 
je mentionnerai seulement une curieuse stèle représentant un enfant 
nu tenant un oiseau, et une courte inscription ainsi conçue : 

D M 

CRIXI 

M. Maxe-Werly fait remarquer que le nom de CRIXVS avait été 
porté par un compagnon de Spartacus et par un chef des [Boiii*) 
J'ajouterai que CBIXI est le génitif de Crixos, latinisé en Chrixus ou 
Chryxus, par Silius Italicus ( s ). La Grammatica celtica "' compare 
avec raison ce nom au gallois crych, crépu, frisé. 

En résumé, le travail de M. Maxe-Werly est bien conduit et con- 
cluant. 

P. Charles Robert, 
Membre du Comité. 

(') Ce nom s'est déjà rencontré au génitif sur une estampille de potier trou- 
vée à Poitiers (Schuermans, Sig/es figulins, n° 1770). 
'-) IV, 548. 
3) 2 e édit.. pp. 78 et ia5. 



1L> 



SEANCE DU 14 FÉVRIER 1887 

PRÉSIDENCE DE M. CHAPOUILLET 

La séance est ouverte à trois heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Léon Maître, correspondant du Comité à Nantes, demande une 
subvention en vue de la continuation des fouilles par lui entreprises 
à Mauves. — Renvoi à M. Héron de Villefosse. 

M. Matton, membre non résident du Comité, à Laon, adresse une 
note sur la dédicace de l'église cathédrale de Soissons. — Renvoi à 
M. de Lasteyrie. 

M. Sacaze, correspondant du Comité à Saint-Gaudens, envoie un 
mémoire sur la colonne milliaire de Pouvourville, près de Toulouse. 
— Renvoi à M. Charles Robert. 

M. Codard-Faultrier, correspondant du Comité à Angers, adresse 
une note sur divers sujets funéraires du moyen âge et de la renais- 
sance, peints et sculptés. — Renvoi à M. Mî'intz. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

i° Pont du Rhône entre Vienne et Sainte-Colombe. Palais du 
Miroir. — '2° Fouilles archéologiques à ]'i' , /iin j en 1 879-4 880. — 
3° Fouille* archéologiques à Vienne en 1 8ê 1-1 88.2, par M. Leblanc, 
correspondant du Comité à Sainte-Colombe (Rhône). 

Cueilloir numismatique, y e lettre à M. de Schodt, par M. de Mabsy, 
correspondant du Comité, à Gompiègne. 

M. Courajod fait hommage au Comité, de la part de M. Aymard, 
correspondant au Puy, d'un guide du touriste dans la Haute- 
Loire. 

M. Alexandre Rertrand fait hommage au Comité, de la part de 
M. Salomon Reinach, d'un Catalogue sommaire du musée dp Saint- 
Germain-en-Laye ; il fait ressortir combien les conservateurs des 
musées de province feraieut bien de s'inspirer de ce petit volume 
pour la publication de leurs catalogues. 



— 13 — 

Ces divers ouvrages seront déposés à lu Bibliothèque des Sociétes 
savantes et des remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. Schlumberger offre au Comité, de la part de la Société des 
lettres, sciences et arls de Pau, une reproduction en couleur de la 
principale des mosaïques découvertes l'été dernier à Lescar, dans la 
villa romaine que celte Société a entrepris de fouiller. 

Le Comité décide.* que des remerciements seront adressés à la 
Société de Pau, et que cette reproduction sera déposée au musée de 
Saint-Germain, où il exisle déjà une importante collection de docu- 
ments du même genre. 

M. de Lasteyrie fait un rapport sur une demande de subvention 
formée par la Société archéologique de la Touraine. Cette Société 
vient de publier une monographie très complète et accompagnée de 
nombreuses et belles planches, sur l'église Saint-Clément de Tours, 
édifice de la fin du moyen âge, que beaucoup de particularités 
intéressantes recommandaient à l'attention des archéologues. Le 
Comité, après examen do ce volume, est d'avis qu'il y a lieu 
d'accueillir favorablement la demande de la Société archéologique 
de la Touraine. 

M. Charles Robert dépose un rapport au nom de la Commission 
chargée d'examiner le projet de publication des papiers africains de 
Léon Pienier présenté par M. Gagnât. Les conclusions de ce rap- 
port tendant à faire paraître le plus prompteinent possible dans le 
Bulletin du Cout/lé, toutes les inscriptions inédites dont copie pour- 
rait se trouver dans les papiers de Léon Renier, sont adoptées. 

M. de Lasteyrie, au nom de la Commission chargée de préparer 
le programme du Congrès de la Sorbonne, fait un rapport sommaire 
sur une demande de M. Edmond Groult, tendant à obtenir que la 
question des musées cantonaux soit officiellement traitée devant le 
prochain Congrès des Sociétés savantes. Cette demande n'ayant pas 
été accueillie par la Commission, l'auteur s'est adressé directement 
au Ministre en le priant d'user de son autorité pour faire traiter cette 
question dans chacune des sections du Congrès, et M. le Ministre 
demande l'avis du Comité sur cette affaire. Le Comité pensera assu- 
rément qu'il ne peut y avoir la moindre utilité à inscrire une pareille 
question au programme de la Section d'archéologie. R n'y a pas lieu 
d'examiner ici s'il serait intéressant de grouper dans de petits musées 
cantonaux certaines catégories d'objets tels que produits du sol ou de 



— 14 — 

l'industrie, échantillons des principales cultures du pays, etc. Nous 
n'avons pas à considérer si l'utilité de ces établissements serait pro- 
portionnée aux frais qu'ils pourraient occasionner, et s'ils ne feraient 
point double emploi avec les musées scolaires, assez répandus aujour- 
d'hui. Nous n'avons à nous placer qu'au point de vue des études archéo- 
logiques. Or, on peut affirmer qu'à ce point de vue spécial, la réali- 
sation des idées de M. Groult aurait les plus fâcheuses conséquences. 
S'il est, en effet, une chose contre laquelle on doive énergiquement 
réagir, c'est cette dispersion des éléments d'étude dont on ne souffre 
que trop en France. Nous avons déjà un nombre beaucoup trop grand 
de musées, aussi les ressources manquent-elles pour les entretenir 
convenablement. Les savants se plaignent avec raison de voir nos 
richesses archéologiques éparses dans une foule de petites villes, 
où elles gisent négligées de ceux qui en ont la garde, et ignorées de 
ceux qui pourraient en tirer parti. Que serait-ce s'il fallait aller 
chercher ces richesses jusque dans le moindre chef-lieu de canton'.' 
La Section d'archéologie ne pourrait laisser mettre cette question à 
son programme qu'avec la résolution de combattre les conclusions de 
M. Groult ; mais elle croit inutile de discuter une question sur 
laquelle tous les archéologues seront certainement du même avis. 

Les conclusions de ce rapport sont adoptées. 

M. Chabouillet rend compte d'un envoi de monnaies diverses qui 
a été fait au Comité par M. le lieutenant Espérandieu, professeur à 
l'École militaire de Saint-Maixent. 

L'envoi de M. Espérandieu se compose de 12 médailles et d'un 
fragment d'ustensile antique de bronze, représentant un quadrupède 
assis, lion, ou peut-être chien. 

Les médailles sont : 

i° Un petit bronze de l'empereur Phocas (602-612). 

Le Cabinet national possède une pièce semblable, mais en assez 
mauvais état; celle de M. Espérandieu compléterait utilement l'exem- 
plaire du cabinet. 

2 Une monnaie d'argent d'Innocent VIII (i4#4-i4<j'0 frappée à 
Avignon. 

3° Un real d'argent de Ferdinand et Isabelle. 

4° Une monnaie de billon de Jaime II, roi d'Aragon, frappée à 
Barcelone. 

5° Une variété des monnaies de Perpignan, sous Louis XIV. 

6 U Un blanc de Charles VI, mal conservé. 

7° Un écu de Ferdinand II, roi d'Aragon. 



— 15 — 

8°, 9% 10 ° et llQ - Quatre pièces de monnaie pour le Roussillon, 
frappées à Perpignan sous Charles 1" et sous ses successeurs. 

i2" Un jeton à compter, ou jetoir, aux armes du Dauphiné. 

De ces douzes pièces, les sept dernières se trouvent au Cabinet des 
médailles, les cinq premières y manquent ou ne s'y trouvent qu'en 
mauvais état. L'envoi de M. Espérandieu n'est donc pas dénué d'intérêt. 

M. Alfred Darcel fait un rapport verbal sur trois fers à hos- 
ties dont les estampages ont été adressés au Comité par M. Berthelé, 
archiviste du département des Deux-Sèvres, à Niort : 

« Le plus ancien, et, en tous cas, le mieux exécuté est celui de 
l'église de Chizé i Deux- Sèvres) , qui porte l'empreinte de deux 
grandes hosties et de deux petites. 

« L'une des grandes représente le Christ en croix où il semble atta- 
ché par quatre clous, au-dessous du soleil et de la lune, ce qui est de 
tradition très ancienne, mais au-dessus des étoiles qui, en nombre 
assez considérable, garnissent le champ inférieur de l'hostie, ce 
qui est absolument insolite. Les quatre lettres 1NRI, en caractères 
du xiv° siècle, sont inscrites au-dessous des bras de la croix, au- 
dessus du champ d'étoiles. Trois anneaux circonscrivent l'hostie. 

« L'autre représente le fleuron, assez fréquent à rencontrer, qui 
figure ou imite la moitié supérieure d'une fleur de lis. Ici la partie cen- 
trale est remplacée par une croix et les deux parties latérales sont deux 
volutes. Un filet qui accompagne chacune d'elles donne naissance à 
trois petites rosaces : une au niveau de la croix, une au niveau de la 
barre horizontale d'où nait cette ornementation, la troisième dans 
l'intérieur de la volute. Cet ensemble est très élégant. Au-dessous 
de la barre, dans la partie inférieure de l'hostie, on lit très distincte- 
ment IHG pour IHC, en lettres carrées, qui semblent avoir été 
estampées avec un poinçon. Un rinceau à trois rosaces est placé 
au-dessous. Comme l'autre grande hostie, celle-ci est limitée par trois 
anneaux saillants. 

« Deux des petites hosties sont ornées, l'une d'une barre portant 
une croix et donnant naissance, à chaque extrémité, à une volute 
terminée par une rosace et surmontant le monogramme IHS; 
l'autre porte un ornement et un monogramme anormaux. L'orne- 
ment est formé de trois zigzags joinlifs, celui du centre étant sommé 
d'une croix et les deux latéraux d'une rosace. Une rosace est in- 
scrite dans l'angle central. On peut voir dans ces triades une allusion 
à la Trinité. Au-dessous, on lit très distinctement le monogramme 
I P C qui semble être une altération de celui si connu X P C. 



— 16 — 

^ Il y a lieu d'insister sur les figures représentées sur ces hosties 
à cause des dissemblances qu'on y remarque avec celles que M. l'abbé 
X. Barbier de Montault a trouvées dans la même région, et qui 
appartiennent cependant à ce qu'on n'ose appeler la même école. 

k Le fer à hosties de l'hospice d'Oyron se rattache au précédent par 
le parti pris général de la décoration, mais il semble d'époque posté- 
rieure; en tous cas, il est d'une exécution moins soignée et plus bar- 
bare dans les figures. 

« L'une des grandes hosties représente le Christ avec un grand 
nimbe crucifère, assis en majesté, les deux bras symétriquement levés. 
Il faut savoir ce que le graveur a voulu faire pour deviner des jambes 
et un tronc dans ce qu'il a figuré à la partie inférieure de l'hostie, 
dont deux arcs brisés divisés par un meneau ornent les côtés. Deux 
anneaux cordiformes et deux filets circonscrivent cette hostie. 

« L'autre, qui est limitée de même, représente le Christ en croix, 
à nimbe crucifère, attaché probablement par trois clous, au-dessous 
d'un soleil et d'une lune, peu visibles, et accostés du monogramme 
1NRI dont l'N et l'R donnent naissance à des rinceaux fleuronnés 
qui occupent le champ inférieur de l'hostie. 

« Les deux petites hosties sont de dimensions différentes. La plus 
petite porte le monogramme XPS, au-dessous d'un ornement qui 
semble formé d'une étoile de chaque côté d'une chose verticale 
difficile à définir. L'autre, qui est une hostie moyenne, reproduit 
avec moins d'élégance le fleuron de la grande hostie de l'église de Chizé 
au-dessus du monogramme IHS. Deux anneaux la circonscrivent. 

« Le fer à bosties de l'église de Clazay (Deux-Sèvres), que 
M. Joseph Berthelé croit provenir de l'ancienne abbaye des Alleuds et 
qui appartient aujourd'hui à un particulier, inclinerait plus vers le 
xv c siècle que les précédents. 

« L'une des grandes hosties représente le Christ à nimbe crucifère 
attaché sur la croix par trois clous. Le soleil et la lune semblent 
ligures au-dessus de la croix et les deux monogrammes IHS 
et XPS sont placés de chaque côté. Un anneau cordelé entre deux 
filets circonscrit cette hostie. 

« Sur l'autre, le Christ à nimbe crucifère est assis sur Parc-en-ciel, 
tenant le globe crucifère de la main gauche, et bénissant de la 
droite. Un cercle cordelé et un filet circonscrivent le champ. Entre 
eux, le monogramme IN RI en lettres maigres et déjà carrées, 
est inscrit quatre fois ; trois rosaces séparent chaque monogramme. 
Les deux petites hosties sont semblables et donnent le monogramme 
IHS dans un anneau cordiforme entcuié d'un filet. 



— 17 — 

" M. Berthelé a envoyé un estampage en papier du fer à hosties 
de Chizé, et des épreuves en pain à chanter des deux autres. Le 
rapporteur demanderait qu'il voulût bien envoyer de ces derniers 
des estampages semblables à celui qu'il a fait du premier, afin que 
les empreintes fussent plus faciles à conserver. 

« M. Darcel a déposé au musée du Trocadéro celles qu'il avait pré- 
cédemment demandées en substitution d'épreuves fragiles en pâte. » 

M. Alfred Darcel fait part à la Section de certaines observations 
que l'un des membres non résidant du Comité, M. Charles de Linas, 
a publiées dans la RevuedeVart chrétien ' , au sujet de VInventaire 
des meubles et joyaux de la cathédrale de Chûlom en 1118, qui a 
pris place dans le Bulletin archéologique du Comité des travaux 
historiques (1886, p. 35 et s.). 

A propos du mot Monchia, qui avait arrêté M. Afred Darcel dans 
le rapport qu'il a adressé au Comité sur cet inventaire et qu'il trouvait 
insolite, M. Ch. de Linas, ayant reçu de l'auteur de la transcription 
du document, les variantes Mouchia et IVouckia, s'est reporté au 
mot Musca dans le glossaire de Du Cange, et à sa variante Nusca. 

Ce mot a pour signification fibule, collier, ou élément de collier. 
Or, il résulte des descriptions très précises de l'inventaire de Chàlons 
qu'il s'agit d'une pendeloque à deux faces. Le mot Mouchia ou Nou- 
chia, puisqu'il faut abandonner la l'orme Monchia, doit donc être 
classé parmi ceux que Du Cange a rangés à la suite de Musca. 

M. Guiffrey lit une notice sur la vie et les travaux d'un des 
membres que le Comité a eu le regret de perdre l'an dernier, 
M. Germain Dernay. — Renvoi au Comité de publication ' . 

M. Guiffrey communique ensuite le texte d'une inscription 
récemment retrouvée à Corbeville, près Orsay, et qui n'a pu, par 
suite, être recueillie par MM. de Guilhermy et de Lasieyrie dans le 
Recueil des inscriptions du diocèse de Pari*. — Renvoi au Comité 
de publication (*). 

M. de Lasteyrie communique une série de plans du Mont-Saint- 
Michel, dressés au commencement du règne de Louis XVI, et qui four- 
nissent les plus curieux renseignements sur l'état de cette célèbre abbaye 
au siècle dernier. Les originaux de ces plans sont conservés dans les 

(*) T. V de la nouvelle série, p. io3. 

- Voir ci-après, p. 23, le texte de cette notice. 

•1 Voir ci-après, p. :>4, le texte de cette communication. 

Archéologie. 2 



- 18 - 

archives de la direction du génie, à Granville. M. l'abbé Pigeon, 
chanoine de Coutances, en ayant eu connaissance, grâce à son frère 
le commandant Pigeon, directeur du génie à Granville, en a fait 
taire des calques qu'il a envoyés à M. de Lasteyrie pour être soumis 
au Comité. Il a déjà signalé ces intéressants documents dans une 
notice qui a paru dans le Bulletin de la Société des antiquaires de 
Normandie. On doit regretter qu'il n'ait pu, en même temps, faire 
reproduire une partie de ces plans. 

Plusieurs membres demandent s'il ne serait pas possible de faire 
réduire ces plans de Juron à les reproduire dans le Bulletin du Comité. 
Cette question est renvoyée à l'examen du Comité de publication. 

M. Eugène Muntz lit la note suivante sur une communication de 
M. Pouy, correspondant du Ministère, à Amiens. 

« Dans une des précédentes séances, M. Pouy avait signalé au 
Comité une statuette représentant la Vierge qui porte dans son sein 
l'enfant Jésus. La communication qu'il adresse aujourd'hui a pour 
but de faire connaître une statuette de même nature, mais plus 
ancienne (du xvi e siècle), conservée à la bibliothèque d'Amiens, dans 
la collection Lescalopier. L'enfant Jésus y est placé debout au 
milieu d'une petite ouverture pratiquée dans le ventre de sa mère et 
environnée de rayons. Le travail, d'après le catalogue, est espagnol. 

<' Il suffit d'enregistrer ici l'indication donnée par M. Pouy et de 
conserver à l'appui le texte de sa communication dans les archives 
du Comité. y> 

L'ordre du jour appelle la nomination de la Commission chargée de 
préparer le programme du Congrès de la Sorbonne pour 1888. 
Feront partie de cette Commission MM. Bertrand, Darcel, Guiffrey et 
de Montaiglon, auxquels s'adjoindra le bureau. 

La séance est levée à cinq heures et demie. 

le sci reluire de lu Svc//nn d'archéologii . 

R. de Lasteyrie, 
Membre du Comité. 



19 



P apport de M. Alexandre Bertrand 
Sur dos communications laites par MM. Rousset et Huhot de Kerser> 



I 

M. Rousset J'Uzès envoie une plancbe de dessins représentant 
un certain nombre d'objets de l'époque romaine : épingle en os, spa- 
tule en bronze, petit chandelier, comme on en trouve dans presque 
toutes les collections, et sur le caractère bien connu desquels il n'y a 
pas à s'arrêter. Il y joint la représentation de deux rasoirs en 
bronze d'époque gauloise dont l'un est de forme vulgaire, mais 
dont l'autre est de forme excep- 
tionnellement élégante et mérite 
d'être publié. Il est regrettable 
que nous n'ayons pas de rensei- 
gnements précis sur les condi- 
tions dans lesquelles la décou- 
verte en a été faite. M. Rousset 
semble croire que les deux ra- 
soirs ont été découverts en- 
semble. Le fait me parait dou- 
teux. Il ajoute, dans une seconde 
lettre, qu'il a été trouvé, « lui 
assure-t-on » , avec les rasoirs 
« une chaîne de 40 centimètres 
(!<• long, comme les chaînes en 
cuivre t/ai 1 les militaires oui 
pour tenir l'épinglette, » A cette 
chaîne était suspendue une pen- 
deloque triangulaire en bronze, 
ornée de dessins à la pointe. La pendeloque peut très bien appar- 
tenir à l'époque des rasoirs, mois il est nécessaire de faire de grandes 
reserves en ce qui concerne la chaîne. Il y aurait intérêt à ce qu'une 
petite enquête fût faite à ce sujet. 

M. Rousset annonce en outre, la découverte d'une sépulture mé- 
galithique dont une des pierres porterait la représentation d'une 
figure humaine, il est vrai très grossière. La présence d'une semblable 
sculpture en de telles circonstances constitue un fait trop exceptionnel 
pour que nous n'y attachions pas une grande importance. Nous avons 




Rasoir gatrloiâ à double tranchant. 



— 20 — 

donc demandé à M. Rousset de nouveaux détails. Il a l'obligeance 
d'envoyer pour le musée de Saint-Germain un moulage de la pierre 
sculptée ainsi que de quatre beaux couteaux en silex découverts dans 
cette sépulture et qui en déterminent nettement le caractère. Ces 
moulages sont en route, nous attendrons pour donner notre avis que 
nous ayons pu les examiner. 

II 

M. Buhol de Kersers, membre non résidant du Comité, adresse une 
note de M. Albert des Méloizes concernant le dépôt, au musée lapi- 
daire de la Société des antiquaires du Centre, de deux barques 
antiques monoxyles. A cette note est jointe une photographie de la 
plus grande de ces deux barques, photographie exécutée par M. des 
Méloizes. Il s'agit de la barque découverte récemment dans le Cher 
aux environs de Vierzon. 

J'ai annoncé cette découverte dans une de nos dernières séances. 
M. A. des Méloizes en envoie une bonne description. Cette descrip- 
tion mérite de prendre place dans le Bulletin. Certains détails y sont 
relevés qui pourraient, dans quelque temps, ne plus être visibles. Je 
ne crois pas utile de reproduire la photographie d'ailleurs très réussie. 
Elle sera déposée aux Archives du Comité. M. des Méloizes ne 
cherche pas à déterminer la date de cette barque qu'il qualifie 
cependant de préhistorique. Il se contente de rappeler qu'une barque 
découverte, il y a peu de temps, en Angleterre dans le Lincolnshire, 
présentait des détails de construction analogues à ceux qu'il signale 
dans la barque de Vierzon. 

La seconde partie de la note a trait à une autre barque monoxyle 
découverte il y a une trentaine d'années, à laquelle la Société des 
antiquaires du Centre a donné également asile. M. des Méloizes en 
donne les dimensions approximatives, la barque après ses longues 
pérégrinations étant en assez mauvais état. — C'est un canot à fond 
plat relevé par les deux bouts. « La longueur totale devait dépasser 
6 mètres, la largeur est de o m ,-<>, la profondeur de o m ,25. Deux 
contreforts ont été ménagés dans l'intérieur à 2 m ,5o l'un de l'autre et 
à distance à peu près égale des deux extrémités. Le fond est percé de 
part en part, en son milieu, d'un trou de o m ,o4 de diamètre identique 
à celui du bateau de Vierzon. » 

Alexandre Bertrand, 
Membre du Comité. 



— 21 — 
NOTE SUR DEUX BARQUES ANTIQUES 

CONSERVÉES AU MUSÉE LAPIDAIRE DE BOURGES. 
Communication de M. Albert des Méïoizes. 

Pendant une tournée de service aux environs de Vierzon, M. le 
conducteur des ponts et chaussées Beauchard remarqua dans les 
sables du Cher une pièce de bois de chêne qui semblait avoir de 
grandes dimensions. Quelques parties qui émergeaient au-dessus des 
eaux furent d'abord arrachées et sciées par des habitants du pays. 
M. l'ingénieur Berthier, ayant eu occasion d'examiner ces débris, y 
reconnut des traces de travail humain ; il en fit exécuter avec soin l 'ex- 
traction, rapprocha les morceaux enlevés en premier lieu et recons- 
titua une grande embarcation antique à peu près complète. Sur les 
indications de M. H. Boyer, archiviste du département, ce bateau fut 
transporté à Bourges et offert à la ville. On le déposa dans l'hôtel 
Cujas ; mais il n'existait pas d'abri assez vaste pour le recevoir, et il 
resta près de six mois exposé dans une cour à toutes les intempéries. 
La Société des Antiquaires du Centre s'est émue de l'abandon dans 
lequel était laissé un objet aussi curieux et elle a offert à la muni- 
cipalité de lui donner un asile au moins provisoire dans son musée 
lapidaire, où il vient d'être installé. 

Ce bateau, en forme d'auge, est creusé dans un seul tronc de chêne 
qui ne devait pas avoir moins de i m ,6o de diamètre. Il appartient 
au type des pirogues coupées aux deux extrémités. Les deux bouts 
étaient fermés au moyen de pièces de rapport fixées dans des rainures 
verticales. 

Trois faces sont équarries, les deux latérales très grossièrement, 
l'inférieure avec plus de soin. 

La longueur est de 8 m ,ao ; la largeur intérieure, de 1 mètre à un 
bout, est seulement de <> m ,9«> à l'autre; la profondeur varie de o m ,7o 
à o m ,8o. Le fond, légèrement concave, a o m ,i5 environ d'épaisseur. 
Les côtés sont verticaux avec les arêtes grossièrement arrondies ; 
leur épaisseur, de o m ,i8 environ en bas, est en haut de o m ,o7. 

On ne remarque à l'intérieur aucune saillie ni contrefort. Les bor- 
dages ne présentent pas d'entailles pour l'appui des rames et on ne 
voit rien qui annonce l'emploi d'une mâture. Il est difficile de rap- 
porter à cette dernière destination plusieurs trous dont la coque est 
percée par le fond et qui semblent trop petits pour avoir servi à fixer 
des mâts, car ils n'ont que <i m ,o4 de diamètre. Ils sont nettement 
forés, probablement à l'aide d'une tarière; un se trouve vers le milieu, 



<2<2 



à 4 m ,8o et à iV'Vi" «les deux extrémités, et deux autres sont accouplés 
suivant une ligne perpendiculaire à l'axe du tronc, à o m ,io l'un de 
l'autre et à <> m ,o5 de l'extrémité la plus large du bateau. On ne voit 
pas bien quelle était leur raison d'être, à moins qu'ils n'aient servi à 
lixer une quille rapportée. 

Les pièces qui fermaient les deux extrémités en glissant dans des 
rainures ou coulisses, comme nous l'avons indiqué plus haut, n'ont 
pas été retrouvées. Les rainures, dont la vétusté a un peu altéré la 
netteté, ont encore une profondeur d'environ o m ,o3 et sont larges de 
(.'",(17. La coulisse destinée à fermer le bout le plus éîroit esta o m ,3a 
de l'extrémité ; près d'elle, en dehors, le haut de chaque bordage est 
percé d'une ouverture irrégulièrement ovale, de o m , 17 de long sur 
i» m ,(»7 de large, par où devaient passer des amarres qui en ont usé et 
arrondi les bords. A l'autre extrémité, la coulisse laisse en dehors 
t» m ,i'>. de longueur de bordages. Elle est creusée dans des parois plus 
épaisses qui atteignent en dedans, par une courbe régulière, l'épais- 
seur moyenne indiquée plus haut. Il semblerait que ce bout de l'em- 
barcation, où noiis verrions volontiers la proue, devait être primiti- 
vement façonné à même le tronc creusé en rond : la portion de courbe 
que présente la paroi de ce côté serait un reste de ce travail, rem- 
placé à la suite de quelque accident par une fermeture semblable à 
celle de la poupe. Un peu en arrière de cette fermeture, les deux 
parois du bateau montrent à l'extérieur une ligne verticale de dépres- 
sion qui peut faire croire que les côtés étaient sanglés par des cor- 
dages ou de toute autre façon, pour prévenir leur écartement et assurer 
les joints de la clôture. Des traces semblables, quoique plus confuses, 
paraissent existera l'autre extrémité de la barque. 

Le bateau préhistorique découvert presque à la même époque en 
Angleterre, dans le Lincolnshire, avait son arrière constitué de même 
par des planches de o m ,o5 d'épaisseur fixées dans une rainure verti- 
cale. La même disposition a été signalée par M. de Mortillet dans une 
ancienne pirogue que possède l'Académie royale irlandaise et qui 
provient du marais deCalione, sur la côte de Wexford. 

La Société des Antiquaires du Centre a fourni aussi ces jours der- 
niers un abri à un autre bateau antique, qui n'a encore été, croyons- 
nous, l'objet d'aucune publication et qui, avant d'aborder à notre 
musée lapidaire, a touché plus d'un écueil. Le récit de ses pérégri- 
nations pourrait tenter une plume humoristique. Retiré des sables 
du Cher, il y a environ trente ans, près du bourg de Villeneuve, il 
fut donné par M. Soumard de Villeneuve à M. des Méloizes, alors 
conservateur des forêts à Bourges. Celui-ci, peu de temps après, l'of- 



— 23 — 

frit à la ville, et il fut déposé sous le péristyle du théâtre où il figura 
quelques mois avec honneur. Chassé de cet édifice par un incendie, 
on put le voir pendant des années gisant au milieu des déhris du 
sinistre, exposé en plein air aux variations de l'atmosphère. Delà, relé- 
gué dans la charpente d'un hangar municipal, un plafond le dissimula 
bientôt à tous les yeux, et pendant vingt ans il resta ignoré dans ce 
réduit sans issue, jusqu'à ce que la démolition du bâtiment qui l'en- 
fermait l'obligeât, il y a deux ans, à chercher un autre port. C'est à 
l'hôtel Cujas, devenu récemment propriété de la ville, qu'il vint 
attérir. Ce dernier naufrage eût pu le perdre : dans les salons de 
l'hôtel, il eût pourri sous les pluies de deux hivers; il a été sauvé 
par le modeste abri qui lui fut offert : c'est dans les écuries de l'an- 
cienne gendarmerie départementale que les Antiquaires du Centre 
l'ont recueilli. 

C'est un canot monoxyleà fond plat, relevé par les deux bouts. La 
longueur totale devait dépasser 6 mètres, dont les deux tiers seule- 
ment existent encore, et en fort mauvais état. La largeur est de «» m ,7o, 
la profondeur de o m ,9.5. Deux contreforts ont été ménagés dans l'in- 
térieur, à '2 m ,5o l'un de l'autre, et à distance à peu près égale des 
deux extrémités. Le fond est percé de part en part en son milieu 
d'un trou de o m ,o4 de diamètre, identique à celui du bateau de 
Vierzon. 

Albert des Méloizes. 



GERMAIN DEMAY 

NOTICE SUR SA VIE ET SES TRAVAUX 
Par .M. J.-J. Guiffrey, membre du Comité. 

Témoin quotidien durant vingt années de la vie et du labeur de 
Germain Demay, confident parfois de ses pensées intimes et de ses 
désillusions d'artiste, je viens rendre un suprême hommage à la 
mémoire d'un collègue qui me fut cher, d'un homme qui a beaucoup 
travaillé et beaucoup souffert, d'un érudit qui a usé sa vie jusqu'à la 
dernière heure à l'accomplissement d'une tâche utile. 

Tous ceux qui ont connu Demay ' pourront dire quelle séduction 
il exerçait par la finesse pénétrante de son esprit, comme par la 

(*) Jean-Germain Demay, aé le îj janvier 1819 ù Aiguillon (Lot-et-Garonne), 
est mort à Paris le 4 octobre 1886. Il était chef de la section historique aux 
Archives nationales depuis le i er février 1882. 



— 24 — 

modestie et l'urbanité de ses manières. Mais peu de personnes sa- 
vaient, car il évitait de parler de lui-même, tout ce que son sourire 
aimable et quelque peu désabusé, tout ce que son affabilité discrète 
et bienveillante dissimulaient d'amertume et de tristesse. 

Demay chercha longtemps sa voie avant de tourner ses efforts vers 
les travaux archéologiques et de s'appliquer à la science à laquelle il 
a fait accomplir de notables progrès. 

Attiré d'abord par les études médicales, il dut, après plusieurs 
années d'infructueuse persévérance, renoncer à une carrière à la- 
quelle son tempérament opposait une résistance invincible. La sculp- 
ture le retint plus longtemps; il s'était attaché à un maître dont l'in- 
comparable puissance devait exercer une sorte de fascination sur 
une intelligence jeune et passionnée. Mais si Barye fut un artiste 
vraiment supérieur, il s'entendait moins bien, parait-il, à guider les 
débuts de ses élèves, à corriger leurs essais, qu'à créer lui-même. 
Demay resta cependant une quinzaine d'années dans son atelier. Il 
travailla même à un grand nombre de ces bronzes fameux répandus 
à profusion dans la circulation. Nous lui avons entendu répéter plus 
d'une fois que bien des chiens, des biches, des oiseaux, signés de 
Barye, avaient été presque entièrement modelés par lui, le maître se 
réservant exclusivement les grands fauves et les groupes héroïques. 
Non pas qu'il y eût dans ces revendications tardives et discrètes la 
moindre plainte, le plus léger sentiment d'amertume. Demay recon- 
naissait au contraire en toute franchise que l'intervention du maître 
transfigurait du tout au tout et en peu d'instants les formes indé- 
cises ou veules de ses ébauches. Il confessait franchement qu'après 
un travail de plusieurs journées, tandis qu'il ne pouvait achever à 
sa satisfaction une œuvre vingt fois reprise, Barye survenait, exami- 
nait silencieusement l'étude inachevée, et, avec quelques retouches, 
corrigeait, amendait, métamorphosait enfin l'essai de son collabora- 
teur. Ainsi, de l'aveu même de Demay, quand un véritable artiste a 
mis, si peu que ce soit, la main au travail d'un de ses aides, le pro- 
duit de cette collaboration lui appartient tout entier, car c'est lui, et 
lui seul, qui a communiqué à l'œuvre d'art l'étincelle de la vie, la 
flamme de l'idéal. 

Peut-être la carrière eût-elle semblé plus facile au jeune sculpteur 
avec un maître d'une supériorité moins écrasante. Il se hasarda ce- 
pendant, malgré sa défiance de lui-même, à voler de ses propres ailes. 
Il parut à plusieurs Salons. On rencontre parfois, dans le commerce, 
de petits bronzes représentant des animaux, avec la signature de 
Demay. Mais, il faut bien l'avouer, ces œuvres, fondues sans soin, 



— 25 — 

mal réparées, d'un métal épais et grossier, ne peuvent que donner 
une idée très imparfaite du modèle original. 

Je m'attarde à ces souvenirs parce qu'ils ne sont connus que d'un 
petit nombre d'amis. Vers la fin de sa vie, notre collègue se montrait 
très réservé sur sa carrière d'artiste; il n'aimait à les évoquer que 
devant quelques intimes avec lesquels il se sentait en pleine commu- 
nion d'idées. Au surplus, ces débuts, qui semblent au premier abord 
si étrangers aux travaux de la dernière moitié de sa carrière, de- 
vinrent cependant, pour Demay, une excellente préparation à ses 
fonctions des Archives nationales. 

Nous ne nous étendrons pas sur les origines du Cabinet des sceaux, 
sur les tâtonnements du début, sur les essais informes de Lallemand, 
le premier archiviste chargé de la reproduction des cires anciennes. 
On cherchait un homme du métier, quelque peu artiste, et, en même 
temps, initié aux opérations matérielles du moulage. Certes, M. de 
Chabrier eut une heureuse inspiration quand il sut attacher à ce ser- 
vice l'ancien élève de Barye, dont il connaissait, au reste, de longue 
date, la famille et les aptitudes. Nul ne pouvait mieux que Germain 
Demay, il l'a prouvé, mener à bien la délicate entreprise dont il était 
chargé. On peut dire qu'il a été le créateur, le véritable, l'unique 
créateur de cette merveilleuse collection d'empreintes de sceaux, la 
plus complète qui existe, où sont réunis plus de quarante mille mo- 
dèles différents. C'est par un travail incessant de trente-trois années 
qu'il est parvenu à former cette précieuse réunion de types, d'où il a 
su tirer les éclaircissements les plus curieux et les plus imprévus sur 
l'histoire, les mœurs et le costume de nos ancêtres. Tous les inven- 
taires sigillographiques publiés par les Archives nationales, même 
ceux auxquels il n'a pas mis son nom, sont l'œuvre de Germain 
Demay. Et les inventaires qu'il n'a pas signés, quoiqu'il ait pris une 
grande part à leur rédaction, seraient bien certainement plus cor- 
rects s'il eût été chargé seul de la besogne tout entière. 

La direction du marquis de Laborde ouvrit aux Archives une ère 
de prospérité. Ce savant éminent sut, notamment, donner une puis- 
sante et féconde impulsion à l'atelier de moulage. Avec sa large 
intelligence, l'auteur de la Renaissance des arts à la cour de France 
comprit bien vite les immenses ressources que l'étude de l'histoire du 
moyen âge pouvait tirer de ces petits monuments, un peu négligés 
jusque-là. Par bonheur, il se trouva, juste à point pour le seconder, 
un homme merveilleusement apte à mener à bien la tache qu'on lui 
destinait. Alors commencèrent ces fructueuses missions en Flandre, 
en Picardie, en Artois, en Normandie, qui enrichirent nos séries de 



— 26 — 

milliers de types admirables et qui firent connaître, par d'excellents 
inventaires, modèles d'érudition patiente et sagace, les trésors enfouis 
jusque-là dans les Archives provinciales, inconnus même de leurs 
conservateurs attitrés. 

Il faut lire, dans la préface de la Collection des sceaux des Archives, 
le vaste plan que M. de Laborde avait conçu et qui reposait surtout 
sur la collaboration et les connaissances spéciales de Demay. 

Malheureusement, ce directeur éminent disparut trop tôt; en i86tf, 
le dépouillement des dépôts d'archives de l'Ile-de-France était com- 
mencé. Il fut brusquement suspendu par le départ de M. de Laborde 
et ne fut pas terminé. Cette retraite interrompit définitivement les 
missions que Demay était prêt à continuer dans les régions encore 
nexplorées, et priva, peut-être à jamais, la France d'une collection 
merveilleuse et sans rivale au monde. On ne saurait trop déplorer 
que les provinces du Centre et de l'Est n'aient pas encore fourni leur- 
contingent aux séries de types royaux, chevaleresques, féminins ou 
héraldiques des Archives Nationales. La raison d'économie ne sau- 
rait justifier cette indifférence. Les dépenses étaient insignifiantes, 
presques nulles, surtout en comparaison de la grandeur du résultat. 
Aussi, Demay n'a-t-il jamais pu se consoler de l'interruption d'une 
ceuvre si utile et si bien commencée. S'il eût pu la continuer, il eut 
laissé à son successeur une collection presque achevée. Qui osera. 
maintenant, se charger d'une pareille besogne quand il reste encore 
tant à faire ! 

Obligée de renoncer au but qu'elle s'était proposée, son activité ne 
s'endormit pas ; elle se tourna vers d'autres travaux. Entièrement 
absorbé jusque-là par les opérations matérielles du moulage et par la 
rédaction du catalogue des sceaux conservés, soit à Paris, soit dans 
les collections provinciales, Demay n'avait pas eu le loisir de coor- 
donner et de mettre en œuvre les renseignements fournis par les 
nombreux matériaux amassés depuis vingt années. Les inventaires 
de ses fructueuses missions dans l'ancienne Flandre, en Picardie, en 
Normandie, ne présentaient aucune difficulté pour un homme d'un 
esprit aussi ouvert et aussi pénétrant. Quatre volumes se succédèrent 
à des intervalles rapprochés, donnant la description de près de vingt 
mille types, avec la reproduction des sceaux les plus rares et les plus 
remarquables. 

L'auteur de ces savants catalogues eut plus de peine à se décider 
à mettre au jour les remarques que ses longues études lui suggé- 
raient. Il hésita longtemps; le sens critique, qui était chez lui déve- 
loppé au plus haut point, lui faisait voir d'insurmontables difficultés 



— 27 — 

dans la rédaction d'un article ou d'un livre. Nous eûmes beaucoup 
de peine à le décider à livrer à la Gazette (h j * Beaux-Arts ses pre- 
miers essais sur la collection des Archives, et cependant, ces timides 
débuts, en dépit de l'aridité du sujet, frappèrent les esprits intelligents, 
plus sensibles à des idées et à des faits nouveaux qu'à des périodes 
savamment ordonnées. 

Plus tard, les articles de la (i(iz<>ll<> devinrent, avec un travail sur 
le costum'e de guerre ou d'apparat, publié d'abord dans les Mémoires 
dr la Société des Antiquaires de France^ les principaux chapitres 
du livre qui restera l'ieuvre maîtresse de Demay et qui lui valut, 
en 18H1, la plus haute récompense dont puisse disposer l'Académie 
des inscriptions et belles-lettres. Le costume au moyen âge cPaprês 
Ih.< sceaux conservera toujours sa place parmi les meilleurs traités 
écrits sur la matière. Si l'érudition de Demay n'a pas l'ampleur ma- 
gistrale de celle de Jules Quicherat, elle sait, en comparant une 
multitude de monuments authentiques, d'une date bien certaine, en 
dégager des données positives, des faits indiscutables, dont il faudra 
désormais tenir compte. On ne s'était pas douté jusque-là de tous les 
secours que la sigillographie pouvait prêter aux études archéologiques. 
Il est vrai que personne n'avait jamais poussé aussi loin que Demay 
l'étude comparée des sceaux. 

A côté de cette œuvre capitale, résultat de longues observations, 
Demay a laissé d'autres travaux plus modestes où se montre toute la 
tinesse ingénieuse de son esprit. Telles sont ces études sur les pierres 
gravées employées dans les sceaux du moyen âge et sur la paléogra- 
phie des sceaux, placées, sous forme de préfaces, en tète des inven- 
taires des collections picardes et normandes. Ces petits traités spé- 
ciaux sont des modèles d'érudition exacte et originale. Il est fâcheux 
qu'ils soient comme enfouis dans des livres destinés à être consultés 
plutôt qu'à être lus, car bien des gens ignorent ainsi ou méconnaissent 
leur valeur. Ces monographies, il est vrai, ont été tirées à part, mais 
les exemplaires, distribués dans un petit cercle d'amis, sont déjà fort 
raines. Ils seront de plus en plus recherchés, car ces études constituent 
un instrument de travail indispensable à tous ceux qui s'occupent 
de sigillographie. 

J'arrive au dernier ouvrage de notre regretté collègue. Le savant 
administrateur de la Bibliothèque Nationale, frappé de l'immense 
intérêt de la collection formée par Demay, lui offrit de l'enrichir en 
moulant les sceaux conservés au Cabinet des Manuscrits. C'était 
rendre un hommage mérité au zèle de l'infatigable travailleur, et 
reconnaître en même temps l'avantage que présentait la concentra- 



— 28 — 

tion dans un dépôt unique de tous les types dispersés dans les biblio- 
thèques et archives de France. Ainsi, la collection des sceaux des 
Archives Nationales, rattachée par un pur effet du hasard à la Section 
historique, devenait, par la force des choses, la collection centrale et 
unique de la France entière. N'y aurait-il pas dès lors utilité à 
lui constituer une vie propre? Ne semble-t-il pas évident qu'un dé- 
pôt pareil a tout intérêt à jouir d'une indépendance absolue? N'est-ce 
pas sa liberté d'action qui permit à Demay de laisser derrière lui 
une œuvre aussi importante à tous égards ? 

Le dépouillement et le moulage des sceaux de la Bibliothèque 
commença par la collection Clairambault, une des plus riches en 
pièces originales. L'inventaire que Demay en a dressé et où il n'avait 
pas à faire entrer les types déjà possédés par les Archives, compte 
près de dix mille numéros. Trois ou quatre années suffirent à cette 
grosse besogne. L'inventaire des sceaux normands avait paru en 1881 ; 
le premier volume de la collection Clairambault porte la date de 1880. 
Le Comité d'archéologie, dont Demay avait été appelé à faire partie 
après la mort de Douet d'Arcq, en 1 883, s'empressa de voter l'im- 
pression d'un travail que la compétence de son auteur et sa nouveauté 
recommandaient également. 

Les sceaux de Clairambault, il faut le reconnaître, n'offraient pas 
la variété et l'intérêt des collections précédemment cataloguées. Appar- 
tenant presque tous à une série unique, à celle du type dit héraldique, 
ils n'avaient, au point de vue de l'art notamment, qu'un intérêt assez 
secondaire. Demay l'avait senti. Aussi prend-il toutes les précautions 
pour faciliter au lecteur les recherches dans cette multitude de des- 
criptions quelque peu monotones. Ses précédentes publications étaient 
pourvues de tables excellentes, car il savait bien que le meilleur 
inventaire dépourvu de tables reste à peu près sans utilité. Cette fois, 
il s'étudia à multiplier les instruments de recherches. C'est d'abord 
une récapitulation qui, sous le titre d'exposé chronologique som- 
maire, réunit les documents par province, en respectant pour chaque 
pays l'ordre des dates, puis classe, sous des rubriques distinctes, les 
pièces relatives à l'armée de terre, à l'artillerie et aux armures, aux 
missions, voyages et négociations, aux dons, prêts, etc., à la justice, 
aux monnaies, à l'hôtel du roi, des princes et des grands feudataires, 
aux œuvres et aux compagnies d'ordonnance. Que de peines et re- 
cherches vaines un pareil résumé épargnera aux travailleurs ! Vient 
ensuite le tableau systématique des sceaux décrits dans l'inventaire; 
ce tableau nous offre les noms de tous les personnages cités, rangés 
d'après leurs dignités, et alphabétiquement dans chaque catégorie. 



— 29 — 

Une troisième table termine l'ouvrage. Celle-ci a coûté à l'auteur un 
temps énorme, mais aussi comme elle sera précieuse à tous ceux qui 
s'occupent de travaux héraldiques ! Suivant les modèles laissés par 
les plus fameux héraldistes des temps passés, par Géliot notamment, 
Demay a classé méthodiquement, d'après les pièces dont elles se com- 
posent, toutes les armoiries citées dans son inventaire. Il a dressé 
ainsi une sorte de dictionnaire du blason au moyen âge. Pour rendre 
les recherches plus faciles, tout terme technique est divisé en autant 
d'articles que possible. 

Ainsi le mot aigle offre les subdivisions suivantes : « Une demi- 
aigle ; — demi-aigle sur champ d'hermines ; — une aigle ; — une aigle 
accompagnant en chef et à senestre une bande frettée, accompagnant 
en chef une fasce ; — accompagnée de deux étoiles en chef, de deux 
trèfles en chef à la bordure; — à la bande brochant, à la bande 
chargée d'aiglettes, chargée de trois fermaux, etc., etc. » A l'aide de 
cette table, on le voit, rien de plus aisé que de retrouver rapidement le 
nom du propriétaire de tout blason figurant dans l'inventaire de Clai- 
rambault. Si j'ai insisté aussi longuement sur ce travail, c'est afin de 
faire ressortir tout le parti que l'esprit ingénieux et la science de 
Demay en matière sigillographique avaient su tirer d'une tâche bien 
ingrate pour tout autre que lui. 

Ce fut sa dernière œuvre, et à peine eut-il la satisfaction de la 
voir terminée. Bien qu'il se fût hâté, comme par un pressentiment de 
sa tin prochaine, d'achever son travail, bien qu'il eût obtenu que 
l'Imprimerie nationale déployât pour lui une activité exceptionnelle, 
car le premier volume de Clairambault porte la date de i885 et le 
second celle de 1886, c'est à peine s'il put, d'une main défaillante, 
signer l'épreuve de la dernière feuille de son livre. Depuis longtemps 
déjà, depuis le mois de février surtout, sa santé inspirait à son en- 
tourage les plus vives alarmes. En vain faisait-il bonne contenance, 
cherchant à conserver autour de lui des illusions qu'il n'avait peut- 
être pas, le mal était sans remède. Il eût fallu le contraindre au repos, 
en dépit de sa résistance, tandis qu'il était obligé d'accepter un sur- 
croit de fatigue et de responsabilité. C'était trop pour cette santé 
délabrée; le 4 octobre dernier, il achevait de mourir avec le regret 
de n'avoir pu terminer son œuvre, de ne pas laisser un élève, un 
continuateur de ses travaux, formé sous ses yeux et à son école. Cette 
satisfaction qui lui était bien due et qu'il sollicita vainement ne lui 
fut pas donnée. Puissent les craintes qu'il a exprimées plus d'une 
fois devant nous ne pas se réaliser. Ceux qui ont assumé la tâche de 
continuer son œuvre encourraient une lourde responsabilité si le fruit 



— 30 — 

de tant de soins, de tant de travail et, disons-le aussi, de tant de 
dépenses, se trouvait perdu ou seulement compromis. 

Pour ne pas interrompre le cours de ces souvenirs, nous n'avons 
donné que des indications sommaire^ sur les travaux de notre bien cher 
collègue et ami. Comme plusieurs de ses écrits se trouvent épars dan> 
diverses revues où Ton ne songerait point peut-être à les chercher, nous 
allons dresser une liste aussi complète que possible des publications qu'il 
a signées, en prenant soin d'indiquer les articles tirés à part. Les travaux 
de Deniay devant constituer désormais la base essentielle des études si- 
gillographiques, il est utile de signaler en détail cette collection de 
monographies savantes, en suivant, autant que cela se peut, l'ordre 
chronologique des publications. 

i° Collection de sceaux des Archives nationales, publiée par M. Douet 
d'Arcq, 3 vol. in-4°, Pion, i863-i868 (n,8^o numéros). La table héral- 
dique du premier volume (p. 213-264) a été entièrement composée par 
C. Demay qui a pris une part active à la rédaction de cet inventaire. 

?.° Inventaire 'les sceaux de la Flandre recueillis dans les dépôts d'ar- 
chives, musées et collections particulières du département du Nord. 
ouvrage accompagné de trente planches photoglyptiques par G. Demay, 
archiviste aux Archives nationales. — Paris, Imprimerie nationale. 
MDCCGLXX1I, 2 vol. in-4 de 028 et 5oo p. (7,689 articles). 

Le tome II se termine par un tableau systématique rédigé sur le plan 
adopté pour l'Inventaire des sceaux des Archixes nationales et par une 
table alphabétique. Cet inventaire obtint la première médaille au con- 
cours des Antiquités nationales de 1873. 

3° Les Sceaux du moyen âge, études sur la collection des Archives natio- 
nales, articles publiés dans la Gazette 'les beaux-arts, en 1873 et le- 
années suivantes. Celle suite d'articles a été le point de départ, et en 
quelque sorte, la première édition d'une partie de l'ouvrage sur le 
Costume d'après les sceaux. Voici la date de leur publication et le som- 
maire de leur contenu. 

1873 (tome VIII), p. 337-34.") : Préliminaires. — Du sceau. — Matière 
de- sceaux. — P. .V|i à 549 : Forme et dimensions des sceaux. — Appo- 
sition du sceau. — Du sous-sceau. — Chartes à plusieurs sceaux. — De 
la préséance du sceau. 

1873 (tome IX), p. 242-255 : Du contre-sceau. — De l'authenticité Au 
sceau. — De l'emprunt du sceau. — Du changement de sceau. — Des 
matrices de sceaux. — Forme des matrices. — De la garde des matrices. 
— Du renouvellement de la matrice. — Des matrices après la mort de 
leur possesseur. — Des matrices fausses. — Des graveurs et de la t'alni- 
cation des matrices. 



— 31 — 

187.") tome \ll . p. 2 ii à ->3f) : Imagerie des sceaux, types rie roi nu 
de Majesté. 

1876 (tome XIII;, p. 7 îi a 7 / ( i : Types des reines et des dames. 

1876 (tome XIV. p. ;<>7 à ii<i : Le type chevaleresque. 

1877 tome xvi , p. .'m., à 53i : Le costume sacerdotal. 

Tous ces articles oui été lin'-- .1 part à un petit aombre d'exemplaires. 
Nous n'avoris sous les yeux que ceux qui portenl la date de 1876 et 1877 
costume «l'apparat des roi-, dès peines el des dames, el costumé sacer- 
dotal); mais, comme ces brochures (chacune de ''.'i pages, >ans titre 
portenl les numéros d'ordre II et 111, il esl vraisemblable que les trois 

articles de 1873, formanl ■ trentaine de pages, oui également l'ail 

l'objel d'un tirage à pari, (les études oui pris place, comme il a été dit, 
dans le livre -m- leCostume mi moyen âge d'après les sceaux', certaines 
gravures de la Gazette ont paru dans le livre, mais beaucoup de dessins 
nouveaux oui été ajoutés, et le texte a été parfois modifié. 

\° Quelques artistes et artisans picards et artésiens t3ia-i486 : Peintres, 
entailleur>, maçons, orfèvres, auteurs H acteurs, verriers, fondeur-. 
artilleurs et canonniers, etc. .Notice publiée dans les nouvelles archivt 
</, l'art français, 1878 : tome VI, p. •>■>".-•>';;. 

5° Inventaire des sceaux dt l'Artois et de la Picardie, recueillis dans les 
dépôts d'archives, musées ri collections particulières des départements 
du Pas-de-Calais, de l'Oise, de la Somme, de l'Aisne, avec un catalogur 
des pierres gravées ayanl servi a sceller e1 24 planches photoghptiqu»':- 
par G. Demay, archiviste aux Archives nationales. — Paris, Imprimerie 
nationale, MDCCCLXXVII, in-4°. 

L'inventaire des sceaux de la Picardie ayanl on titre particulier (dépar- 
tements de la Somme, de l'Oise et de l'Aisne), forme un volume deaiti 
pages ei i,533 numéros. Il porte la daté île 1875, avec tableau systéma- 
tique et lahle alphabétique (8 planches). Cel inventaire a obtenu la pre- 
mière médaille an concours des Antiquités nationales de 1878. 

L'inventaire des sceaux de l'Artois (1877), avec tables particulières, 
compte '\ij\ pages, 2,942 articles et i<i planches, dont G représentant des 
pierres gravées. 

La préface, qui forme un petit traité sur les pierres gravées employées 
dans les sceaux du moyen âge, avec un catalogue descriptif de ces pierres 
comprenant 367 numéros, a été tirée à part à 100 exemplaires dans le 
format in-8 , sous ce titre : Des pierres gravées employées dans ks sceauâ 
du moyen âge (1877). Ce tirage à part est accompagné des six planches 
de pierres gravées, publiées dans l'inventaire et représentant 94 intailles. 

6° Études sigillograpkiques : le type naval. Article de - paies, publié 
dans la Rei ue arcTvéoWgîqùe de 1877 (tome XXXIV. p. 281 à 288] avec deux 

planches. Cei article a été tiré à part. Il forme un chapitre du Costume 
d'après les sceaux. 



— 32 — 

7° Le Costume au moyen dge d'après les sceaux, par G. Demay, archiviste 
aux Archives nationales. Paris, Dumoulin, 1880, grand in-8°, 496 pages, 
nombreuses gravures dans le texte et 1 planche hors texte. (La table 
incomplète qui accompagne ce volume a été substituée à celle que 
l'auteur avait composée, par l'éditeur qui trouvait le volume trop épais.) 

Cet ouvrage a obtenu le premier prix Gobert de l'Académie des ins- 
criptions et belles-lettres au concours de 1881. Il reproduit les articles 
publiés dans la Gazette des beaux-arts, les Mémoires de la Société des an- 
tiquaires et la Revue archéologique. 

8° Inventaire îles sceaux de la Normandie recueillis dans les dépôts d'ar- 
chives, musées et collections particulières des départements de la Seine- 
Inférieure, du Calvados, de l'Eure, de la Manche et de l'Orne, avec une 
introduction sur la paléographie, des sceaux, par G. Demay, sous-chef de 
la Section historique aux Archives nationales. Paris, Imprimerie natio- 
nale, MDCCCLXXXI, in-4° de 434 p., avec deux tables comme les précé- 
dents volumes et 16 planches de sceaux reproduits en photoglyptie. 
L'inventaire compte 3,187 numéros. 

La préface de ce volume traite de la paléographie des sceaux. L'auteur 
y a reproduit, dans leur forme originale et dans l'ordre alphabétique, toutes 
les abréviations employées dans les légendes des sceaux. Cette étude, 
tirée à part à cent exemplaires, sous le titre de la Paléographie des sceaux 
(Paris, 1881, Imprimerie nationale, in-8°, 74 p.), est devenue fort rare. 

(f Inventaire des sceaux de la collection Clairambault à la Bibliothèque 
nationale, par G. Demay, chef de la Section historique aux Archives na- 
tionales, membre du Comité des travaux historiques et scientifiques. 
Paris, Imprimerie nationale, MDCCCLXXXV et MDCCCLXXXVI, 2 volumes 
in-4° de 700 et 668 p. (9,709 numéros). Publié dans la Collection des docu- 
ments inédits sur l'histoire de France. 

io° Inventaire des joyaux et des diverses collections du duc de Berry, 
frère de Charles V. Le texte de cet inventaire, collationné sur les différents 
manuscrits de Paris (Archives, Bibliothèque nationale et Bibliothèque 
Sainte-Geneviève), est entièrement prêt depuis plus de deux ans. Il doit 
former la tête d'une série réservée exclusivement à la publication d'an- 
ciens inventaires. Cette collection, décidée par le Comité d'archéologie et 
adoptée en principe parle Ministère, sera prochainement mise sous presse. 
Le texte établi par Demay comprend les différentes rédactions d'un des 
plus précieux inventaires que le moyen âge nous ait laissés. Toutes les 
mentions portées sur les trois manuscrits ont été soigneusement relevées 
et rapprochées. Il est à souhaiter que ce travail important soit mis au 
jour le plus tôt possible. L'intention de Demay était de donner dans la 
table l'explication des termes techniques, les notes devant être presque 
exclusivement consacrées aux variantes fournies par les différents 
manuscrits. 



— 33 



m Dans les Uémoiresde la Sociétédes Antiquaires ' . ! >•• ma\ a publié: 

Le costume de guerre ou d'apparat d'après les sceaux du moyen âge 
avec 26 planches gravées a l'eau-forte reproduisanl des < l<---i n- de l'au- 
teur de l'article (tome XXXV des Mémoires de la Société . Tirage à pari 
Paris, Dumoulin, 1875, in-8° , ■>.<; planches el 56 pages de texte. Cel article 
forme un chapitre du livre sur le Costume au moyen âge d'après les 
sceaux. 

De la peinture à l'huile en France, au commencement du XIV" siècle, 
tome XXXV dés Mémoires . Tirage à pari de ci pages, 1876. 

Le Blason d'après 1rs sceaux du moyen dge tome XXXVII des M émoires). 

Tirage à part, ■">■>. pages, 1*77. 

Voici maintenant la liste des communications insérées dans le Bulletin 
de la Sociétédes Antiquaires de France: 

187*3, 14 mai : Observations >nr le sceau de sainl Bernard. 

— 10 décembre : Note sur le sceau des Quinze-Vingts, — sur des 
sceaux présentés par M. Salmon. 

1874, i4 janvier : Inventaire «lu château de Sommières en 1260. 

— '1 mars : Nouvelles observations sur le sceau de sainl Bernard. 

— •>! octobre: Rapport sur une communication de .M. l'abbé Grasilier. 
1876, 10 février : Note sur l'ordre du Gamail ou du Porc-Épic. 

1871;, •>. février : Sur les sceaux appliqués à un contrat passé par la 
ville de Cologne avec les métiers. 

— 10 mai : Note sur une cheminée du \\i- siècle à Marmande. 

— i;i juillet : Note sur une tapisserie allemande appartenant à M. Odiot 
datant du temps de Charles IX. (Elle représente des allégories accom- 
pagnées de légendes sur le pouvoir de la femme.) 

1 s 7 7 , 21 février : Carreaux recueillis en Bourgogne par M. Hutteau. 

1878, (i février : Sceau à légende galante communiqué par M. Preux. 

1879, 12 février : Enseignes de pèlerin 

— i cr octobre : Umbo de bouclier trouvé à Douai. 

1881, 8 juin : Peinture sur bois du xm e ou du xiv siècle. 

1882, 7 juin : Stèle funéraire romaine trouvée à Amiens. 

i883, 11 juillet : Observations sur un mémoire de M. Schlumberger 
relatif à des sceaux. 

12 e Le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et -le l'Ile-de-Franc< . 
contient les communications suivantes : 

c88i Vin, 55 : Episode de la vie «1*1111 étudiant du xvir siècle. 

1882 IX, 109 : Mal lie'- de sceaux du xm c siècle trouvées dans la 
Seine par M. Vacquer. 

1883 (X, 39}: Marché passé en 1408 pour l'exécution d'un lutrin en 
forme d'aigle destiné à Saint-Martin-des-Champs. 

l ) Demay avait été élu membre résidant de la Société le 2 avril 1873. 

Arciiicoi.oi.ie. 3 



— 34 — 

i883 (X, 145): Pièce? relatives aux cloches de Saint-Germain-des-Prés 
en 1771. 

188'] (X, i">4) Description de l'écrin où l'on renfermait le grand sceau 
de Louis, due d'Orléans, frère de Charles VI, en date du 26 février 1396. 

i3° Dans le cours des années i883, 1884 et i885, il présenta a la Sec- 
tion d'archéologie du Comité des travaux historiques un certain nombre 
de rapports sur les communications adressées par les correspondants 
du Ministère ; la plupart de <■*■* communications ont rapport à la sigillo- 
graphie, comme on peut le constater en se reportant au Bulletin archéo- 
logique de i883, p. 68, 69-73, 84, 85, 1 4 1 , i<>4; de 1884, p. i5, Bj-o;,, 
119, 2 7 3, 274, 453, 465 et 466; de i885, p. 218, 228, 256, 479, 526, 52 7 ; 

enfin de 1886, p. 2 et 3, 78-98. 

J.-J. GuiFi-Ri.\. 
Membre du Comité. 



INSCRIPTION 

A LA MÉMOIRE DE MARIE PeRRIN, FEMME D'ISAAC ARNAULD (1610) 
CONSERVÉE AU CHATEAU DE CORBEVILLE. 

Communication de M. J.-J. Guiffrey, membre du Comité. 

Dans l'édition des Historiettes de Tallemant des Réaux, publiée 
par les soins de M. Paulin Paris (*), on lit, à la suite d'un chapitre 
consacré à la famille des Arnauld, la note suivante : « Il avait épousé 
Marie Perrin, qu'il perdit en 1G10 et à laquelle il consacra une épi- 
taphe fort touchante. » Cette note prouve que M. Paris connais- 
sait le texte de l'inscription gravée en mémoire de la femme d'Isaac 
Arnauld; peut-être l'avait-il trouvée bien longue pour la reproduire au 
bas d'une page. Elle n'a pas moins, en effet, de quarante-deux lignes. 
Ce n'est pas d'ailleurs, à proprement parler, une épitaphe, comme l'a 
dit M. Paris, car la pierre, ses dimensions et son caractère le prouvent, 
ne saurait avoir été destinée à recouvrir la tombe de réponse regrettée ; 
nous y verrions plutôt une inscription commémorative, et cette nature 
de textes est assez rare pour que nous croyons devoir publier celui-ci, 
quand bien même il n'apporterait pas de précieux renseignements 
biographiques sur les personnages qui s'y trouvent mentionnés. 

Que M. de Guilhermy n'ait pas compris cette inscription dans son 
recueil, cela s'explique naturellement. Elle lui est restée inconnue 
pour les mêmes raisons que la pierre votive représentant les enfants 
de Gilles Mallet, dont le Bulletin archéologique du Comité a publié une 

O Paris, Tectiencr, i854, tome III, p. 118. 



— 35 — 

reproduction en photogravure. L'inscription commémorative du ma- 
riage d'Isaac Arnauld a été retrouvée à une époque récente dans la 
propriété particulière où elle avait été consacrée en 1610, dans le châ- 
teau de Corheville, cpui appartenait alors à une hranche de la famille 
du célèbre janséniste. Longtemps retournée contre terre, la l'ace qui 
a reçu le texte gravé a été ainsi préservée des mutilations et nous 
est parvenue intacte. On se rappelle que les usages vulgaires auxquels 
elle était employée ont également protégé la dalle où se voit l'effigie 
des enfants de Gilles Malet. 

« Corheville, dit M. Paris dans une autre note de l'ouvrage déjà 
cité C 1 ), maison dont Pierre Arnauld avait ajouté le nom au sien, est un 
endroit délicieux, situé près de Port-Royal, à cinq lieues de Paris et au- 
dessus d'Orsay. C'est aujourd'hui la propriété d'un homme riche, 
ancien membre de nos Assemblées législatives, M. Vavin. » Rien à 
ajouter à cette description, sinon que depuis que ces lignes ont été 
écrites, la propriété n'est pas sortie de la famille à laquelle elle appar- 
tenait en i85o, et c'est à elle que nous devons la communication gra- 
cieuse de l'inscription. Nous saisissons avec empressement l'occasion 
de lui adresser nos bien sincères remerciments. 

Voici le texte de cette inscription. Nous conservons fidèlement la 
coupure des lignes. 

EN L'AN DU SALUT DU MONDE MIL SIX CENT DIX, LE 
SEIZIEME JOUR DU MOIS D'OCTOBRE, TRES SAGE ET TRES 
VERTUEUSE DAME MARIE PERRIN, AYANT VECU TRENTE QUA- 
TRE ANS, ASSISTÉE DE PLUSIEURS GRACES DIVINES, ARDEMMENT 
AIMÉE DE TOUS LES SIENS. CHERIE DE SES VOISINS, HONORÉE d'un 
CHACUN, RENDIT SON AME ES MAINS DE DIEU, EXPIRA ENTRE 
LES BRAS DE MESSIRE ISAAC ARNAULD, CONSEILLER AUX CON- 
SEILZ D'ESTAT ET PRIVÉ DES ROIS HENRI LE GRAND ET 
LOUIS TREIZIEME, ET INTENDANT DES FINANCES DE FRANCE ET 
DE NAVARRE, SON MARI, LEQUEL COUVERT DE DEUIL ET DE 
LARMES POUR LA PERTE D'UNE SI CHERE FEMME, AVECQUES 
LAQUELLE IL A VESCU EN AMITIÉ PARFAITE ET NONPAREILLE 
PENDANT LES SEIZE ANNÉES DE LEUR COMPAGNIE, ET AVEC 
AUTANT DE DOUCEUR, DE CONTENTEMENT, DE BIENVEILLANCE 
ET D'AFFECTION CORDIALE ET RÉCIPROQUE QU'lL Y EN EUT 
JAMAIS EN MARIAGE DU MONDE, A DÉSIRÉ DE CONSERVER A 

;') Tome III, i>. ;i5. 



— 36 — 

CINQ. QUI RESTENT VIVANTS DE LEURS ENFANTS, 1SAAC, 
CHARLES, MARIE, ANNE, ET MAGDELEINE ARNAULD , ET 
A LEURS DESCENDANTS, l'hEUREUSE MEMOIRE D'UNE DAME 
REMPLIE DE TANT DE PIETÉ, DE BONTE, DE PRUDENCE, DE 
FORCE D'ESPRIT ET DE JUGEMENT ADMIRABLE, ET 
POUR CETTE OCCASION A FAIT METTRE CET INSCRI- 
PTION EN CETTE MAISON Qu'lLS ONT AIMEE ENSEMBLE, 
TANT POUR L'AVOIR FAIT BATIR ET DRESSER, Qu'a CAU- 
SE QUE LE PAVILLON QUI EST SUR LA COUR A ESTÉ 
EDIFIE PAR L'AYEULE DE DAMOISELLE MARIE DE LA 
ROCHERAYE, MERE DE LADITE DAME MARIE PERRIN, 
LAQUELLE ETANT DEMEUREE VEUVE A L'AGE DE 
VINGT SIX ANS DE SON TRES CHER MARI BENOIST 
PERRIN, ESCUYER, CONSEILLER ET SECRETAIRE DU- 
ROY, NE CHERCHA JAMAIS AUTRE CONSOLATION EN SON 
AFFLICTION Qu'a SERVIR A DIEU ET A PORTER TOUTE 
SON AMITIÉ , SON SOING ET SA SOLLICITUDE EN LEDU- 
CATION DE SA FILLE UNIQUE AVEC LAQUELLE ELLE A 
VECU TRENTE QUATRE ANS EN BIENVEILLANCE MU- 
TUELLE, EN AMITIÉ RECIPROQUE. EN ECHANGE CONTI- 
NUEL DE RESPECTS, DE DEVOIRS, DE BONS OFFICES ET 
D'AFFECTION SI CORDIALE QU'lL NE s'en PEUT TROUVER 
DE PLUS LOUABLE EN AUCUNE PERSONNE DU MONDE. 
DIEU VEUILLE BENIR LESDITS ISAAC , CHARLES, MARIE, 
ANNE ET MAGDELEINE ARNAULT ET ETENDRE SES 
SAINTES GRACES SUR LEUR POSTÉRITÉ. 

MDCX 

Le texte est gravé en belles capitales sur une pierre enfermée dans 
un cadre formé de moulures et d'ornements fort simples. Cette pierre 
était destinée, évidemment, à être appliquée contre le mur, dans un 
endroit apparent de l'habitation. La partie supérieure présente, sous 
une sorte d'arcade brisée, deux écussons accolés. On distingue en- 
core un chevron dans chaque écusson. Or, les armoiries des Arnauld 
étaient d'azur au chevron accompagné en chef de deux palmes ados- 
sées, et, en pointe, d'une montagne, le tout d'or. Nous avons vaine- 
ment cherché les armoiries de la femme, gravées dans le second 
écusson; l'état un peu fruste de la pierre ne permet pas de les distin- 
guer bien nettement. 



Isaac Amauld, qui fit graver l'inscription en 1610, l'année même 
de la mort de sa femme, décédée le 16 octobre, était le fils d'Antoine 
Arnauld, sieur de La Mothe, mort en 1 585, et le frère de Jean de La 
Mothe-Arnauld, de l'avocat Antoine Arnauld, le père de l'illustre 
janséniste de Port-Royal, de David Arnauld, contrôleur général des 
restes, de Benjamin Arnauld, de Claude Arnauld, trésorier général 
de France, mort en 1 ()<>->., de Louis, aussi contrôleur général des 
restes, et enfin de Pierre, maistre général des carabins de France, 
mort en 1624. Une partie de cette nombreuse famille était restée atta- 
chée à la religion protestante, tandis que l'autre s'était jetée dans les 
pratiques du catholicisme le plus mystique et le plus exalté. Notre 
Isaac Arnauld demeura fidèle à la religion de son père; de là, sans 
doute, la grande fortune à laquelle il parvint sous le règne de 
Henri IV et à laquelle aurait beaucoup contribué, suivant les histo- 
riens contemporains, la protection de Sully. D'ailleurs, les termes 
mêmes de l'inscription commémorative élevée par ses soins indiquent 
assez que nous sommes en présence d'un fervent huguenot. 

La dernière édition de la France 'protestante ' , publiée par M. H. 
Bordier, assure que le veuf inconsolable de 1610 se serait rem nié 
quelques années plus tard et aurait épousé, avant le 20 août 1617, 
Elisabeth, fille de ce Pierre Mignonneau qui défendit la Rochelle en 
1073, pour mourir le 14 octobre de la même année. 

Ce second mariage ne laissait pas que de nous étonner en présence 
de la douleur profonde et sincère dont Isaac Arnauld avait voulu 
perpétuer le souvenir. Or, un de ses fils a porté le même prénom que 
lui et a aussi exercé les fonctions d'intendant des finances du vivant 
de son père, avant de devenir maître de camp des carabiniers. D'un 
autre côté, la preuve du second mariage d'Isaac Arnauld ne résulte 
que d'un acte de baptême du temple de Charenton, en date du 20 août 
j (5 1 7, acte qu'Elisabeth signe en qualité de femme d'Isaac Arnauld, in- 
tendant des finances. Jusqu'à preuve du contraire, il est permis de sup- 
poser qu'il s'agit, dans ce cas, non du père, mais du fils, dont la femme, 
d'ailleurs, n'est pas nommée par la Fronce protestante. J'aurais 
peine à admettre, je l'avoue, que l'auteur de notre inscription eût 
contracté une nouvelle union, même après un délai de sept années. 

Les trois filles nommées dans notre texte ont laissé une trace dans 
l'histoire. Anne Arnauld, sœur aînée d'Isaac, « d'une indomptable 
foi protestante, » épousa le marquis de Feuquières ; Marie devint 
Madame de Pray ; enfin la dernière, Madeleine, fut mariée à M. d'Heu- 
court, gentilhomme picard. 

.'' 1877. T 01110 b p. 359. 



— 38 — 

Quant au second fils, il mourut probablement jeune, car il n'a pas 
laissé de traces dans l'histoire. 

La famille de Marie Perrin, l'épouse si tendrement chérie et si 
vivement regrettée, a échappé à toutes nos recherches. Le titre de 
conseiller et secrétaire du roi est trop banal pour nous mettre sur 
la piste de quelque découverte intéressante. D'ailleurs, l'intérêt de 
l'inscription n'est pas là, mais surtout dans les termes si touchants, 
pour me servir de l'expression de M. Paris, de cette affection conjugale 
qui veut transmettre à la postérité un monument durable de sa dou- 
leur et de ses regrets. 

J.-J. Guiffrey, 
Membre du Comité. 



Visite et inventaire du prieuré et de l'église de Pont-en- 

R.OYANS EX l4o'6. 

Rapport de M. Darcel sur une communication de M. l'abbé L. Fillet. 

M. l'abbé L. Fillet, curé d'Allex (Drôme), auteur de YHistoire 
religieuse de Pont-en-Roy ans (Isère), publiée dans le Bulle lin d'his- 
toire ecclésiastique des diocèses de Valence, Gap, Grenoble et 

Viviers, a trouvé dans les archives de la Drôme l'inventaire du 
prieuré dudit Pont-en-Pioyans, dressé en 1406, et a pensé avec 
raison qu'il serait intéressant à faire connaître. Cet inventaire, qui 
n'est pas considérable et qui ne contient pas de choses très remar- 
quables, présente cet intérêt de nous donner l'état des biens meubles 
et immeubles, au commencement du xv e siècle, d'un prieuré composé 
de vingt religieux seulement. Il énumère : 

i° Les terres, vignes et prés. 

a Les revenus et redevances annuelles en blé, seigle et avoine, 
en volailles au nombre bizarre de 26 et i/3; en noix et en châtaignes; 
en paille, en paisseaux pour les vignes, en vin, et entin en argent ; 
puis enfin les dîmes et les redevances dues par les curés des églises 
dépendant du prieuré, tant en argent qu'en denrées. 

3° Le mobilier qui n'est pas riche, bien que, par inadvertance, le 
notaire commis à l'inventaire ait intercalé dans ce chapitre les pro- 
duits en blé du four banal et celui de la pêche sur une certaine par- 
tie de la Bourne qui arrose le prieuré et sépare aujourd'hui les deux 
départements de la Drôme et de l'Isère. 

4° Le mobilier ecclésiastique qui, avec les revenus et les redevances, 
forme la partie la plus importante de l'inventaire. 



- 39 — 

Ce document présente peu de problèmes à résoudre. Ainsi la 
terzemia fie l'article 4g est assurément une tresse faite de soie verte 
et jaune; le coquepedium fenH, que Ton inventorie dans la cuisine 
du prieuré (art. 28), doit être un pied de chaudière, ou quelque chose 
d'analogue au trépied encore en usage. 

Nous avons été plus embarrassé par l'article i-z, qui, dans la copie 
de M. l'abbé Fillet, contient une énumération de vêtements ecclésias- 
tiques, aube, chasuble, étole et manipule, suivie des mots cum galea 
seu awHs au datif. L'amict manquant à cette énumération, nous avons 
pensé de suite que c'était lui qui devait être désigné par les mots 
auris ou galea que nous rencontrons pour la première fois et que 
ne donne point Du Gange. L'expression inusitée employée par le 
rédacteur de l'Inventaire de Pont-en-Royans, nous semblait justifiée 
par la double fonction de l'amict. Jadis, en effet, c'était une coiffure 
lorsque le prêtre s'avançait vers l'autel, au commencement de la messe, 
l'amict relevé sur la tète, comme le portent encore les prêtres régu- 
liers, les dominicains du moins. De là le nom de galea qui lui est 
donné. Notre conjecture à cet égard s'est changée en certitude depuis 
que notre obligeant confrère, M. de Lasteyrie, secrétaire de la Sec- 
tion, a bien voulu demander communication de l'original du docu- 
ment. Car après l'avoir collationné, il a reconnu qu'il fallait lire non 
pas auris mais amis, vieille forme française du mot amictus ; et il a 
retrouvé le même mot aux articles îj et 102, 

Nous avons divisé par chapitres et par articles, que nous avons 
numérotés, le document que M. l'abbé L. Fdlet a adressé au Comité. 
Nous en proposons la publication avec la note suivante dont il l'a 
fait précéder et qui explique les circonstances qui ont nécessité 

l'inventaire dont il s'agit. 

Alfred Darcel, 
Membre du Comité. 



La petite ville de Pont-en-Royans est aujourd'hui un chef-lieu de 
canton du département de l'Isère, sur la limite du département de 
la Drôme. Elle n'est séparée de ce dernier que par la rivière de la 
Bourne. 

Dès la lin du xi e siècle, l'église de Pont-en-Royans, dédiée à saint 
Pierre, appartenait aux chanoines réguliers de Sainte-Croix, près 
Die, qui y eurent un prieuré. Sainte-Croix et ses dépendances ayant 
été unis, en 1289, aux Hospitaliers de Saint-Antoine de Viennois, 
ceux-ci tirent de Sainte -Croix une commanderie dont releva le 



— 40 — 

prieuré de Pont. D'autre part, ce prieuré eut sous sa dépendance 
diverses églises et paroisses du voisinage, celles de Chorenches, de 
Ghatelus, d'Échevis et de Sainte- Eulalie. Ce dernier lieu, dont l'é- 
glise n'était guère qu'à deux mille pas de Ponten-Royans, eut même 
longtemps pour curé un des religieux résidant au prieuré. 

Ces notions facilitent l'étude de l'inventaire de i_fo6 dont le texte 
suit, et qui nous a paru assez intéressant pour mériter une commu- 
nication. Nous en reproduisons exactement l'original, dont nous res- 
pecterons la teneur jusque dans ses solécismes les plus évidents. 

L. Fillet, curé. 



VISITACIO ET INYENTARIUM BONORUM, JURIUM, CENSUUM, 
OBVENCIONUM ET PROVENTUUM PRIORATUS PONTIS IX ROTANIS ' 

In nomine Domini, amen. Anno sanctissime Incarnacionis ejusdem 
Domini millesimo iii.j° sexto et die sexta tnensis novembris, existens el 
personaliter constitutus venerabilis el religiosus vir dominus frater 
Guigo Roberti, prior claustralis monasterii Sancti Anthonii, Viennensis 
dyocesis, preceptorque domus Sancti Anthonii de Sancta Cruce, Diensis, 
dyocesis, ac patronus prioratus Pontis in Royanis^ad causam dicte suc 
preceptorie de Sancta Cruce, ipse, inquam dominus frater Guigo Roberti 
ad dictum prioratum Pontis, tanquam patronus ejusdem prioratus, per- 
sonaliter accessit et ibidem suam visitationem et inventarium, ul decel 
ac jni'i convenit et ordinationes suc religionis poposcunt, fecit et 
incohavit, ad salvum jus, tuitionem et protectionem predicti prioratus 
Pontis, et omnium aliorum universorum el singulorum quorum interest, 
intererit aut intéresse poteril in futurum, inquirendo primo el se infor- 
mando de rébus, proprietatibus et possessionibus, censibus, juribus, 
redditibus, obventionibus et emolumentis, immobilibus <licti prioratus, 
secondario vero de bonis mobilibus, jocalibus, ornamentis etindumentis 
nunc existentibus in dicto prioratu Pontis el infra ecclesiam ejusdem. 
Que quidem bona, tain mobilia quam immobilia, jocalia et ornamenta, 
ad dictum prioratum pertinencia, revelata fuerunt et dicto domino 
patrono notifficata per venerabiles et religios'os viros fratres Johannem de 
Bosaco, priorem dicti prioratus, Petrum Valensonis, sacristain ejusdem 
prioratus, Salvem Barnodi, curatum Sancte Heulalîe canonicumque 
claustralem predicti prioratus, ac providum virum Perononum Botarini, 
no tari u m dicti loci. 

(U Archives de la Drôme, fonds de Sainte-Croix, orig. pap., cahier de 4 ''• 
coté e. 

Nous avons donné une analyse de cel acte dans noire Histoire religieuse de 
Pont-en-Roy ans, publiée en ce moment par le Bulletin d'hist. ecclésiast. pI 
d'archéol. relig. des dioc. de Valence, Gap, Grenoble cl Viviers. 



— 41 — 

Bona vera immobilia dicti prioratus Pontis sequuntur : 
r. El primo quedam vinea, continens circa nu" fessoyratas vinee, 
sitam sic en la Maladerie, de puro, meroei franco allodio dicti prioratus; 

2. [tem, quoddara pratum continens circa duas seyturas prati, situm 
prope dictam vineam : 

3. Item magis, quoddam aliud pratum continens circa très seyturas 
prati, situm in parrochia Sancti Yllarii, que quidem duo prata sunt de 
puro, mero et franco allodio; 

\. Item, quidam mons uuncupatus Barret, in quo esl consuetum acci- 
pere charfagium pro furno, el etiam dominus ville Pontis ' percipH ; 

r>. [tem, quidam campus continens circa vw»' 3esteratas terre, de puro 
et franco allodio dicti prioratus. 

Sequuntur census, reddittus el pensic s annue predicti prioratus : 

(i. El pri de frumento annuali el censuali vigenti tria sestarfa 

i quartale; 

-. Item, de siligine annuali el censuali tria sestaria tria quartalia; 

.s. Item, de avena annuali et censuali tresdecim sestaria septem 
quartas ; 

ji. Item, de gallinis annualibus el redditualibus \\w gallinasel tertiam 
partem alterius : 

m. Item, de nucleis annualibus el censualibus tria quartalia; 

ri. [tem, una emina castanearum albarum censualium ; 

ra. Item, una alia emina castanearum recentium censualium ; 

i3. Item, de pecunia seu argento censuali et annuali, quindecim floreni 
quinque grossi, quatuor Mardi, i denarium; 

il. Item, de palea censuali el reddituali u onera uominum; 

[5. Item, de pasulis seu palis vinearum censualibus, annuatim octo 
onera hominum ; 

i<;. Item, de vino annuali el reddituali très emine unum quartale vini 
puri; 

17. Item, pro decimis bladorum communiter annuatim circa triginta 
sestaria omnium bladorum : 

iS. Item, pro decimis vini corni iter annis singulis circa nn xx sestaria 

vini : 

r () . Item, parrochialis ecclesia Chorenchiarum seu curatus ejusdem, 
tanquam subdittus predicto prioratui Pontis, facit annuatim et facere 
consuevit dicto prioratui videlicél xxvi Elorenos auri pensionales : 

20. Item curatus de Castro Lucio facit annuatim et lacère consuevit 
dicto prioratui octo sestaria frumenti pensionalia, septem sestaria bladi 
bruni : 

2t. Item, enratu v Sancti Michaelis d'Eychavis facit annuatim dicto 
prioratui duo sestaria frumenti pensionalia. 

M Le seigneur du Pont était le baron de Sassenage. 



— 42 — 

Sequuntur res el bona mobilia, utencilia et superlectilia in dicto prio- 
ratu Pontis de presenti existencia : 

22. El primo in sotulo domiis dicti prioratus quindecim dolia, tam 
magna quam parva e1 tam bona quam prava; 

33. Item, unum onofrum seu tina magna; 

•>. \. [tem, quatuor arche parve plaie; 

25. Item, quinque cubilia; 

il). Item, circa xxx ta linteamina tam bona quam prava; 

•>.-. Item, decem coperture tam bone quam prave; 

as. Item, in coquina ipsius prioratus, unum coquepedium terri; 

■>.(). Item, due oble cupri quarum una es1 parva et alia magna; 

3o. Item, due sartagines ; 

3i. Item, una cassia modiei valoris : 

;•>.. Item, duo coclearia cupri; 

33. Item, quedam chenenes; 

34. Item, medietatem profltui et emolumenti furni ville, que ascendit 
communiter annuatim ad valorem decem sestariorum frumenti; 

35. Item, piscaturam ripparie Borne existentem desuper pontem lapidis 
durante circa quartumunius leuce, in qua quidem piscatura possunt pis- 
cari domini dicti loci Pontis pro usu eorum domus ; 

36. Item, in caméra dicti domini prioris sunt nonnulla et quamplurima 
instrumenta factum dicti prioratus Pontis tangencia, que sunt inclusa in 
quadam archa. 

Sequuntur bona, jocalia, ornamenta et indumenta in ecclesia dicti 
prioratus Pontis de presenti existentia : 

37. Et primo, unacrux argenti ; 

38. Item, una alia crux lotoni; 

3g. Item, très calices ciim suis patenis, quorum unus est deauratus 
intra, signatus cuni armis domini preceptoris Leodiensis ; 

4.0. Item magis, una casula sen chassibla deaurata cumsuisalba, stola 
et manipulo mu[ni]tis auro et scirico ; 

4i. Item quamdam aliam casulam viridi coloris cum cruce vellueli 
rubei, cum suis alba, stola et manipulo garnitis lili aurei ; 

42. Item, quamdam aliam casulam cum cruce operata fili auri, cum 
alba, galea seu amis, stola et manipulo de scirico munitis; 

43. Item, quedam alia casula seu chasibla cothoni albi, data per 
religiosum virum fratrem Hugonem Ardenchii; 

i4- Item, quedam alia casula foderata tele rubee, signata cum armis 
domini Cassenatici, cum suis alba, stola et amis sine aliquo opère, el 
cum quibusdam stola et manipulo sciriceis modiei valoris : 

/|5. Item, quedam stola tele tincte; 

46. Item, quedam alia casula nianiioperala lili aurei cum cruce viridi 
coloris : 

'17. Item, due zone sacerdotis ; 



— 43 - 

48. Item, quidam pannus de scirico ; 

ig. Item, quedam terzemia de scirico viride et jauni' coloris ; 

5o. Item, quidam pannus niger de bochassin orlatum albo cum cruce 
rubea de longitudine ; 

:>r. iitiii, quemdam escoffre parvum in quo sunl quam plurime reliquie 
cl quedam parva crux argent! c quinque lapidibus; 

.">•>.. Item, unuin capud \i m Virgi i : 

53. Item, duo oratoria capitis que tradidil domina Casenatici; 

54. Item, quedam terzemia tele manuoperata de scirico : 
:>.">. Item, tria pulvinalia de scirico : 

56. Item, aliud parvum pulvinal tele; 

;>;. nu 01 ' candelabra lotoni simul inclusa; 

58. Iicm, quedam cappa de scirico modici valons; 

:>(,. Item, quedam mapa alba bochassini, ornata in angulis de nigro ; 

60. Item, unum superlicum pro clerico; 

61. Item quedam archa pro tenendo jocalia ecclesie, el unum arma- 
rium cum suis cera et clavibus : 

62. Item, in capella Sancti Anthonii, al tare garnitum de tribus mapis, 
corporalibus el una parva copertura modici valoris, el in liostio ejusdem 
capelle cera el clavis ; 

63. Item, altare beati Johannis tnunito de tribus mapis el uno panno 
desuper : 

64. Item, altare beati Pétri munitum de quatuor mapis, corporalibus 
el duobis pannis pro coperta; 

(i.">. Item, altare béate Marie munitum de tribus mapis el corporalibus; 

66. Item, altare béate Caterine munitum de duabus mapis el corpora- 
libus cum quodam paramento tele anteriori : 

67. Item, unum aurifie fuste magnum : 

68. Item quedam banneria bocassini albi cum cruce rubea : 

(ip. Item, quedam alia banneria de scirico cum cruce alba bocassini : 

70. Item, breviarium magnum ipsius ecclesie ; 

71. Item, unum missale bonum : 

72. Item, unum offizier pro cantando; 
7'i. Item, unum missale antiquum ; 
-\. Item, unum epistoler ; 

75. Item, duos libros vocatos legender; 

76. Item, quatuor alios libros de quatuor doctoribus : 

77. Item, sex alios libros talcs quales ; 

78. Item, quosdam ferros hostiarum ; 

79. Item, unum brocum pro tenendo ipsas bostias : 

80. Item, unum librum salptarii ; 

81. Item, unum librum capituler : 

82. Item, unam ollam terre pro tenendo oleum ; 

83. Item, duos bassins lotoni parvos : 

84. Item, unam [njavetam pro tenendo Unis : 



— H — 

85. Item, duo parva candelabra ferri ; 

8(3. Item, quidam pannus niger tele tincte, ornatus viridi coloris; 

87. Item, quedam capa de scirico foderata tele, quam dédit dominus 
frater Hugo Ardenchii ; 

88. Item, iinuin turribulùm seu enzesser ; 

89. Item, quedam parva campana metalli ; 

90. Item magis, due mape noviter date per Loyretam ; 

91. Item, septem alie mape date per Syalatum et ejus filium, quarum 
una operata est de avibus ; 

99. Item, quedam alia mappa data per Ayiuaretam, relictaiu Goneti 
Disderii alias Syalat ; 

93. Item, quedam alita grosse tele, data per Berberuyam : 

94. Item, très fereos lampadarios ; 

()5. Item, quedam zona indumenti sacerdotalis ; 

96. Hem, el uuiim candelabrum ferri ; 

97. Item, quedam crux lotoni deaurata, cum uno grosso bothono iu pede 
ejusdem el cum xix aliis bothonis circumcirca exeuntibus et cum ini or 
euvangelistis iu nu or angulis, cum quadam acu lotoni cum qua tirmatur, 
et cum uno pelicano iu cacumine ipsius crucis ; 

98. Item, dm» candelabra lotoni ponderantia circa duas libras, que 
quidem crux el candelabra fuerunt data per dictum fratrem Hugo- 
nem Ardenchii : 

99. Item, quedam custodia lotoni deaurata; 

100. Item, quoddam ornamentum parmi viridi coloris ornatum tili aurei 
ad modum rosarum, in quo sunt scilicet cassula, dalmatica et tunica, cum 
suis stola et manipulo sequencie coloris ; 

101. Item, quedam tela picta cum ymagine beati Gregorii, que pre- 
missa dédit dictus frater Hugo Ardenchii ; 

100. Item, quedam alia casula seuchassibla tele tincte, cum suis stola, 
manipulo et amis ejusdem coloris ; 

io3. Item, quidam pannus tele picte de avibus; 

104. Item, quedam tela picta pro copertura altaris béate Caterine; 
io5. Item, quedam parva arca in capella béate Caterine ; 

ioiî. Item, in capella Sancti Spiritus, unum altare cum ymagine 
Sancti Spiritus el quodam parvo crucifixo cum clamide tele tincte reate 
percisci coloris ; 

107. Item, très mape cum corporalibus el una coperta tele picte cum 
avibus et servis, cum quadam curtina tele nigre, una cum ferro in qua 
sustinetur dicta curtina : 

105. Item, unum ferrum loco candelabri ante dictum altare existens ; 
109. Item, quedam chassula tele reyate, foderata fuslani nigri, cum 

cruce alba, una cum suis stola, allia, galea et manipulo ejusdem 
sequencie ornatis scendario viridi ; 
no. Item, quedam parva mapa reytiatam seu variatam cothoni. 



— ïo — 

Item sunt de presenti in dicto prioratu Pontis in Royanis religiosi 
viri fratres: Johannes de Bozaco prior, Petrus Valensonis sacrista, Salvi 
Barnodi curatus Sancte Heulalie, Johannes Boneti, Petrus Bajuli, fratres 
conventuales prioratus predicti, el curatus secularis ipsias prioratus. 
Quorum quidem suprauomiaatorum fratrum, Petrus Bajuli accipere debel 
septem Qorenos pro vestiario, ratione capelle Sancti Spiritus fundate 
inl'ia ecclesiam predicti prioratus, el (rater Johannes Boneti accipere 
débet pro suo vestiario quinque Qorenos. Qnde sciendum est quod pre- 
dicta bona, jocalia, ornamenta et indumenta predicti prioratus Pontis 
in Royanis sunt et remanenl in custodia, protectione el salvagardia 
prefati fratris Pétri Valensonis, sacriste prioratus Pontis predicti, qui 
promisil bona fide el in voto sue religionis bene, probe el legaliter 
regere el gubernare, e1 de eisdem bonuni et légale computum reddere 
loco et tempore opportunis. De quibus omnibus universis el singulis 
supradictis dictus dominus frater Guigo Roberti, patronus predictus, 
(ieri voluit et concêssil per me notarium subscriptum, ad "pus omnium 
el singulorum quorum interesse poteril in futurum, unum seu plura el 
tôt quot habere voluerinl publica instrumenta, dictanda, corrigenda et 
de uovo >i opus fueril refficienda peritorum consilio, facti tamen subs- 
tantia in aliquo non mutata. Acta el visitata fuerunl bec anno el die 
predictis, infra dictum prioratum Pontis, in caméra dicti domini prioris, 
presentibus testibus discretis el providis viris Martino de Chappaversa 
notario, Mondono de Mercurio cantore, domino Martino Nervonis, curato 
ecclesie dicti prioratus Pontis, tam incolis quam babitatoribus dicti loci, 
ad hec vocatis el rogatis, 

El nie Martino Mellureti l ). 



ANNEAU SIGILLAIRE DE L'ÉPOQUE MÉROVINGIENNE 
Communication de M. Ed. Flouest, correspondant du Comité. 

Une récente communication m'a permis d'étudier un anneau sigil- 
laire remontant à l'époque mérovingienne; il est d'une rare beauté; 
je me fais un devoir de soumettre au Comité les remarques dont il 
m'a fourni l'occasion. 

Ce précieux bijou, en or fin ~ , provient du territoire de la commune 
de Saint-Montan, dans le département de l'Ardèche, au sud et à peu 

1 Nous avons trouvé encore ailleurs ce signe ou paraphe du notaire Mellu- 
reti, ou plutôt Melluret. 

- tl l'ait maintenant partie de la collection de M. Edouard Corroyer, inspec- 
teur général des édifices diocésains. 



— 46 — 

de distance de Viviers. 11 a été recueilli au milieu d'ossements tom- 
bant en poussière, dans les substructions d'une localité du nom de 
Saint-Pierre, disparue aujourd'hui, mais habitée durant les premiers 
siècles de notre ère. La tradition la signale comme détruite au cours 
d'une des invasions de barbares qui entraînèrent, ou suivirent la ruine 
de la domination romaine en Gaule. 

La bague pèse onze grammes; elle ne parait pas avoir été destinée 
à une main bien forte. Large à peine de dix-huit millimètres, son 
vide intérieur admet diflicilement le petit doigt d'une main mascu- 
line de dimensions moyennes. Il est donc probable qu'elle a appar- 
tenu à une femme. Les études intéressantes que M. Maximin 
Deloche poursuit depuis quelques années dans la Revue archéolo- 
gique ('), ont établi qu'à l'époque mérovingienne, les femmes de dis- 
tinction usaient, comme les hommes, de cachets ou seings gravés à 
leur nom. 




L'ouverture de l'anneau est sensiblement circulaire, sauf sous le 
chaton, dont la base rectiligne interrompt la circonférence et dessine 
la corde d'un arc de faible étendue. 

Très proéminent, puisqu'il s'élève de plus de huit millimètres au- 
dessus de l'anneau aux montants duquel il est rattaché par une sou- 
dure, le chaton est d'apparence massive, mais de forme très élégante. 
Son aspect d'ensemble donne l'impression de trois solides agencés 
entr'eux par voie de superposition. L'empilement en est couronné 
par une rondelle sertie, dans l'épaisseur de laquelle ont été gravés les 
creux du cachet. 

L'élément inférieur de cette superposition est un disque lisse de 
deux millimètres d'épaisseur et de quinze millimètres de diamètre. 
Une plaque carrée, d'épaisseur égale, s'applique immédiatement sur 
lui. Ses côtés mesurant la même longueur que le diamètre du disque 
sous-jacent, elle touche à sa circonférence par quatre points équidis- 



11 Y. Etudes sur quelques cachets et anneaux de l'époque mérovingienne, 
partir du 1 er vol. de l'année 1884. 



— 47 — 

tants. Une seconde plaque carrée, de mêmes dimensions, mais d'é- 
paisseur moindre, semble avoir été symétriquement encastrée d tns 
la première, de façon que ses angles vinssent régulièrement saillir au 
milieu des côtés de celle-ci. De cette combinaison est résulté, en plan, 
un polygone octaèdre, à pointes alternativement basses et élevées, qui 
sert d'assiette, ou, pour mieux dire, de socle à la rondelle terminale. 

Cette disposition ingénieuse et de bon efl'et n'a cependant pas été 
jugée d'assez haut goût. L'orfèvre, pour l'agrémenter encore, y a fait 
intervenir en supplément, ces minuscules perles d'or, qui disputaient 
au liligrane et au grènetis la grande faveur dont ils ont joui auprès 
des Mérovingiens amateurs de parures de luxe. Il a fait de chaque 
angle saillant de l'octogone le support d'un groupe de six de ces 
perles : l'une, centrale et un peu plus volumineuse que ses voisines, 
en soutient une seconde plus mignonne déposée sur elle, et se juxta- 
pose aux autres, qui, deux par deux et de chaque côté, l'accostent 
en ligne droite. Cet ensemble est du caractère le plus distingué et a 
fait dire à un maître éminent de la joaillerie moderne, à l'obligeance 
duquel je dois le dessin illustrant cette note, qu'on ne saurait trouver 
mieux aujourd'hui. 

La rondelle constitutive du cachet proprement dit a dix millimètres 
de diamètre. Elle ne fait pas corps avec la masse du chaton; elle y a 
été simplement enchâssée, mais avec une délicatesse et une habileté 
remarquables. Sa face externe porte la gravure en creux d'une tète 
imberbe, vue de profil et regardant à gauche. Les cheveux assez 
courts et uniformément rejetés en arrière sont contenus, au-dessus 
du front, par un bandeau perlé et noué derrière la tète. Les bouts 
pendent au-dessous de la nuque. Un vêtement figuré jusqu'à la 
hauteur de l'épaule, par quelques traits obliques qu'une ligne trans- 
versale croise à leur partie supérieure pour dessiner un col, monte 
jusque sous le menton et s'adapte étroitement à la gorge. 

Le style de cette figure est barbare et l'exécution en est assez gros- 
sière. On y reconnaît sans peine le type familier aux monétaires mé- 
rovingiens. Le graveur, ici, n'a pas été à la hauteur de l'orfèvre ; les 
entailles de son burin trahissent une main lourde et rude. Un voit, 
à l'arrière de la joue, au-dessous d'une oreille qu'on reconnaît moins 
à sa forme qu'à la place qu'elle occupe, trois petits traits horizontaux, 
inégalement accentués, qui ne se peuvent expliquer que par la mala- 
dresse. L'œil est tracé de face, en saillie, et les lèvres, brusquement 
accusées par deux encoches vives et profondes dirigées parallèlement, 
exigent quelque bonne volonté pour qu'on leur concède le droit de 
fiarurer la bouche. 



— -48 — 

Devant le profil se lisent les trois lettres NON, largement gravées 
et disposées en hauteur. Il n'est pas douteux qu'elles représentent la 
syllabe initiale du nom de la première personne qui a possédé ce 
seing. Lorsqu'on n'affectait pas l'intégralité de la face d'applique au 
tracé d'un monogramme et qu'on préférait faire intervenir une image 
dans les éléments du Signum, on se conformait à la tradition moné- 
taire et on abrégeait plus ou moins la mention du nom que l'exiguïté 
du champ ne permettait pas de graver en entier. 

Du côté opposé au profil, et, par conséquent, derrière la tête, se 
montre la petite croix pattée, à branches égales, qui est l'un des élé- 
ments ordinaires des cachets mérovingiens, et de qui vient l'usage, 
pour les personnes ne sachant pas écrire, de remplacer le tracé de 
leur nom par celui d'une croix. Elle contribue à ne pas faire remon- 
ter la bague au delà du vi e siècle. 

Celle-ci est datée d'ailleurs par une autre particularité qui appa- 
raît pour la première fois peut-être sur un anneau sigillaire, mais 
dont la valeur démonstrative est attestée par nombre de bijoux et de 
pièces d'ajustement figurés soit dans Y Album Caranda, si magnifi- 
quement édité par M. Frédéric Moreau, soit dans les planches des 
monographies bien connues de l'abbé Cochet, d'Henri Baudot ou de 
J. Pilloy. On aperçoit, en effet, sur les montants de la bague, dans 
la partie qui s'élargit pour recevoir le chaton, les têtes opposées de 
deux de ces dragons fantastiques dont la physionomie générale tient 
à la fois du poisson et du serpent et dont les tètes, ressemblant 
parfois à celle du crocodile et munies de grands yeux ronds, sont 
familières aux archéologues ayant quelque pratique des antiquités 
mérovingiennes. Saillant d'enroulements et de fleurons élégants, ces 
deux reptiles, d'un type si particulier, deviennent, pour la bague 
de Saint-Pierre, un des signes les plus sûrs de l'époque à laquelle il 
convient de la rapporter. Leur présence s'ajoute à l'intérêt excep- 
tionnel de sa conception et de son exécution artistiques, pour faire 
d'elle l'un des plus curieux, comme l'un des plus beaux bijoux de ce 
genre qui soient parvenus jusqu'à nous. 

On ne peut échapper, en arrêtant le regard sur les trois lettres 
gravées dans le champ, au désir de savoir le nom de la personne de 
marque pour qui cet anneau fut exécuté. Les efforts tentés à cet 
effet ne semblent pas, toutefois, devoir donner des résultats bien 
satisfaisants. On connaît par les inscriptions funéraires de la Gaule 
chrétienne antérieures au vin e siècle, que M. Edmond Le Blant a re- 
cueillies, le nom de Nonnita rencontré deux ou trois ibis à Trêves et 
à Saint-Acheul et celui de Nonnusus inscrit sur une stèle conservée 



— 49 — 

dans la crypte de Saint-Irénée, à Lyon. Les monétaires mérovin- 
giens fournissent Nonnitus à Agen, à Amboise et peut-être aussi 
à Lombez; Noftnus se rencontre dans les mêmes conditions à Cha- 
lon-sur-Saône et à Melle, et Nunnus à Angers; mais toutes ces loca- 
lités sont trop éloignées de la rive vivaraise du Pihùne pour qu'on 
puisse, autrement que par analogie, faire quelque application à la 
bague de Saint-Pierre des noms que les archéologues y ont relevés. 
L'embarras est d'autant plus grand que, parmi les personnages men- 
tionnés par le savant abbé Rouchier dans son Histoire du Vivarais, 
comme ayant tenu dans cette province un rang important à l'époque 
mérovingienne, aucun ne porte un nom auquel se puissent adapter 
les trois lettres du cachet. 

Peut-être les paléographes adonnés à l'étude des anciens cartulaires 
de la région, arriveraient-ils à un meilleur résultat en vérifiant les 
listes de noms que la lecture des titres leur a procurées. 11 est à 
souhaiter que cette chance ne soit pas négligée. 

Éd. Flouest, 

Correspondant du Coaiitù. 



Archéologie. 



INSCRIPTIONS INÉDITES D'AFRIQUE 

EXTRAITES DES PAPIERS DE L. RENIER 



Le Comité des Travaux: historiques a décidé que toutes les inscrip- 
tions inédites ou publiées antérieurement d'une manière différente, 
qui figurent dans les fiches africaines de L. Renier, et qu'il y avait 
réunies en vue de son grand recueil des inscriptions d'Afrique, 
devaient en être détachées et livrées de suite à la publicité; je me suis 
conformé au désir du Comité dans le travail qui suit. 

J'ai conservé les divisions adoptées par L. Renier dans ses fiches : 
Tunisie, Algérie et Maroc. 

Pour les inscriptions tunisiennes, l'ordre alphabétique des lieux de 
provenance avait été admis par lui, tandis qu'il avait rangé les textes 
d'Algérie dans l'ordre géographique. 

Je n'ai rien à dire des textes épigraphiques du Maroc qui se 
réduisent à deux, 

Je n'ai cru devoir ajouter aucune note ni surtout aucun com- 
mentaire au travail laissé inachevé par L. Renier ; le motif de cette 
discrétion n'a pas besoin d'être expliqué. 

Chaque inscription porte, à côté de son numéro d'ordre, un ou plu- 
sieurs numéros entre crochets qui se rapportent au catalogue admi - 
nistratif établi lors de la prise en charge par le Ministère des papiers 
africains de L. Renier. 

Pour les inscriptions déjà connues qui offrent des variantes de 

quelque intérêt, je n'ai généralement reproduit que ces variantes, en 

renvoyant, pour le corps de l'inscription, aux ouvrages où le texte a 

paru antérieurement. 

R. Cagnat. 



1 TUNISIE 



1. [733,738]. Carthage. — Copie de Renier d'après un estampage 
de M. de Sainte-Marie. 

h) 1. 3, lin procos • p • a • ET 

Cf. Corp. inscr. Int., I. VIII, n" 1016. 



— 51 — 

2. [a556]. D'après un estampage. 

• 1. F L • A X T I G O X A VITALIS ■ AVGVSgfê 

1. 2. V1VET ET CONVIVATVR . . TABELLARIVS 

Y1VET • ET • COXVIVAT.«> 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n" 1027. 

3. [2532, 3]. Cimetière des esclaves et des officiâtes. — Copie de L. 
Renier, d'après un estampage du P. Delattre. 

d • M ■ s 

R O S C I A E • A E M I L 1 
AE • FILIAE • DVLCISSI 
.MAE • Q.VAE • VIXIT • AX 
XIS • XXI • MES1B • II • D • XXVIII 
A E M I L I A N I M P E M AT- F • B 

4. [2538,6]. Id. 

D I S • M A X I B V S 

S A C R V M 
E X T R I C A T A ■ AVG • S E R • 
P I A -VIXIT • A X X • XL • H ■ S • E 
PRIMVS • A VG • MEREXT • COXIVGI • 

5. [3299 et 3334]. HenckirChotl [corr. Chett]. — CopiedeM.Daux. 

d • m • s 

1VXIA QVEIS 
VICTORIA 
Q.VAE El • LIB 
S A P • V • A X 
XXVII • H • S • E 
O • T • B • Q. 

Cf. Poinssot, Bull, des, Antiquités africaines, 1 885, p. 3 1 , n. 7 1 •> 
(5 et 7. [33oo et 333i]. Copies de M. Daux. 

MII/RcvI ACV 
IX ORTMIAVS HN III El SVIS VA11OXIRI ET 



Cf. ibid., p. 3o et 32, n. 708 et 718. 



et au-dessous 

SAC DEI AESI 



A 



8. [33oi et 3332]. Copie de M. Daux. 



eu r vu cet; 

E L X A L I V S M A X I M V S 

I R I V S I A V S N N V I V S II V O c O N O E M E A V S T 
PROMISISSET ATORI ANDVMlM Q.VOD IN HONOR 
HLRCVII/V APICVNIA POSVIT ITEMQ. DEDICAVIT PV 
PROMISSVM A SI OB HONORARI A.SESi'"» L PRITAVSTIN III S VIS SVA PEC FECIT ■ T 



Cf. ibid., p. 3-2, n. 71 



9. [3962]. Henchir Djougar. — Inscription du château d'eau de Za- 
ghouan, qui alimentait les acqueducs (sic) de Cartilage. [Sans réfé- 
rence, d'une écriture inconnue]. 

SALVTE PRINCIPIS INVICTVS TOTVIS QVE DIVIN.E 
DOMVS EIVS CIVITAS ZVCCHARA FECIT ET DEDICAVIT 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VJII, n° $i'i. 

10. [-î-37]. Henchir Dougga. — CopiedeM.Pricot de Sainte-Marie, 
Itinéraire ('), n° 5. 

T O N I X I PII M 

E V E R I FIL NEPOT 
XIV DENDROPHORID 

Hase, qui avait essayé d'interpréter cette inscription, soupçonnait 
que les mots y sont transposés et proposait la restitution suivante 
(fiche n° 3777) : \Imp(eratorï) Caes(ari) M. Aurelio Antonino Aug. 

Irrvp. L. Septimi S]everi fil(io), [Divi M Arijtonini Pli nepot\% ] 

XIV, dendrophori d... 

11. [375i]. Copie de M. Pricot de Sainte-Marie. [Itinéraire, n° 4-) 

IVRE | OB DIEM 
I 

(*) Un extrait de cet Itinéraire manuscrit de la régence de Tunis, fait en 1807 
par M. Pricot de Sainte-Marie, capitaine et auteur de la carte d'état-major, 
fîimre dans les fiches de L. Renier, n os 3777, 3778. La copie de cet extrait est de 
la main de M. de Sainte-Marie fils. 



53 — 



12. [3755], Copie de Pricot de Sainte-Marie. (Itinéraire, n° 7.) 
L. 5: 

IDEM FELIX -CVM ESSET AXXORVM • Lx • HOC OPVS SIBI ET ROGATAE 
[CONIVGI ABSOLVTVM DEDICAVIT IXSVPER VIXIT • AXXIS VI ■ NVMI 
L. 6: 

torivs filivs eivs oxor vixit • axxis ■ lx mil • hic sitvs est • 
[Idem rogata coxivx eivs cvm esset anxorvm xxxviii 

L. 7: 

HOC OPVS CVM MELLITO MARITO SIC DEDICAVIT IXSVPER-VIXIT-AXXIS XX 

[mIII • M • XOXIVS SVLLA FILIVS OXOR VIXIT • AXXIS • LXXIII 

Cf. Corp. imcr. Int., VIII, i523 a . [La copie de M. de Sainte-Marie 
ajoute trois lignes nouvelles.] 

13. [33o2 et 333i]. Ghebba. — Copie de M. Daux. 



D M S 
P . P E R C E X X I V S 
Q.-F • ARX -ROGATV 5 
PIVS VIXIT AXXIS 
H POST DEDICATIC 
X E M A P A E A X X X 



14. [3 1 7G] et 15. [3212]. Haidra. — Copies de M. Guérin (Carn* t de 
voyage). 



D M S 




il 


1 G A 


MAXTOXIVS 




h 


M A X 


COXCESSVS 




c 


OBI 


V I X A X 




</ 


F. 


H S F. 








. - Id. 








D M S 


D 


M 


S 


■ 


;•/ 




S 


VIXIT 


■:V 


v.v;t r 1 


XXX 


VIXIT 




OT B Q. 


AXXIS 
LVIII 






O 


T B 


o. 



C) Cf. mes Explorations en unisie, III, p. 96, n. 161. Le fragment (6) est 
différent du n° 'ii'i du Corpus, trouvé dans la citadelle. 



— 04 — 

17. [4234]. Kef. — A 6oo mètres sur ia route de Tunis, dans le 
pilier d'un pont « 1860 ». — Copie de M. Daux. Variante : 

1. fi. ANNIS LXXI 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VTII, n° 1664. 

18. [4258 et 4290]. A 5o mètres de la porte de Tunis, route du 
Bordj Salah (1860). — Communication de M. Daux. 

D M s 

FABIANVS 

Q.ERO 

MVLAE 

VIXIT AN 

NIS XXXX 

H S E 

19. [4280]. Cippe carré recouvrant une tombe israélite. — Copie 
de M. Héron de Villefosse. 



D M s 
S A T V R N I 

NVSTLECA 
VTES DEAEVE 
NERIS ACTOR 
VIXIT ANNIS 

L X V I I 

M E N S I B V S 

T R I B V S 

H S E 



D M S 

s vcessar as 

cenIa 
vixit annis 

LXVI H S E 



Cf. mes Explorations épi graphiques pu Tunisie, I, n° 112. 
20. [4281]. Copie de M. le vicomte Ogier. 

SERVILIA CF 

VENVSTA 

VIXIT ANN 

XXX II • S • E 



Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 1702. 



21. [4a84]. Cippe carré recouvrant une tombe israélite. —Copie 
de M. Héron de Villefosse. 

D M S D M S 

a • VALERIVS I Q.. VALERIVS 
a ■ F • QVIR SEVERVS 

H I L A R I A N V S PLATIENSIS 



P I V S 

1- L A M E X 

VIX • ANN 



SACERDOS 

M A T R I S MA 

GNAE PIVS 



XVII • M ■ I ET VIXIT ANNIS 
D • XIII LV • H • S • E 

H S E 

Copie de la même inscription par M. de Sainte-Marie, n os 4*85 

et \?M. 

22. [4296]. K&iba Mir/ii. — Copie de M. le vicomte Ogier. 

S C R l\ BONIVS 

IN P\ACE 
DIES < R '< VI < IDOCI 

Cf. Ephem. epigr., 791. 

23. [4297]. S mu lu h du Fedj M /'ou. — Copie du même. 

hi s 

ilVS FE 

JCRESCEN 
JANVS PIVS 
JXIT ANNIS 

/xv 

Jo T B Q. 
Il I L S 

24. [4297 bis (A)]. Copie du même. Haut., o m ,6o ; larg., o m ,p. 



A N D I D I A N V S 

PORC IN PACE 

VIXIT ANN L MENS VI 

DIES XIII 



$ 



— 50 — 
25. [>.5i5, 9.-]. Sidi-Ali-bel-Kassem. — Copie du D r Dumartin, 

c • LVCILIV 
s • c • F • PO L 
L • R V S T I C V S 
P • V ■ A • XXII 



20. [4298]. Sidi Youssef. — Copie du même. 
d m s 

F V R N I V S F E 

LÎX VIXIT ANNIS 

LXXXX 



27. [4299]. Copie du même. 



NIS MI I II 
SlllDSIVLIASINOqilI 



28. [J363]. Thala. — Copie de M. Guérin (Carnet de voyage). 



D M S 

TER 

B A R I 

C I N V L 

VIX - AN 

LXXV 

H • S • E 



Autre épitaphe 
effacée. 



29. [3292 et 3834]. Tunis. - Copie de M. Daux. 

D ■ M 
L OCTAVIVS • SABB) 
TODTTT \TT . -/ 



30. [2517,21]. Zarzis. — D'après une copie rapportée en 1847 et 



conservée par M. Gubisol, à la Goulette. Communication du P. De- 
lattre. 

v^fÏÏ^'NIO OF 
rS5ï!SSî;OXATIA 

FVNCTSS1S&&CORD 
OB RS;«<tf*IN MAG 
I N D V S / / I E AD 
Q./E • INTEGRE 

admi\istratam 
?mpens • remis • 
et/port/lis 

DEDICAVIT 

Militaires. 

31. [3n9.3 et 3i?4]- Borne milliaire, à 9 kilomètres environ du 
Kef, vers Tunis; elle a été brisée depuis. — Copie de M. Daux prise 
en 1861. Haut, du fût, 3 ,n ,25, diamètre o ni , ;">■.>. 



PERPETVO 


I M P . L 


. DOMITIO 


AVR 


ELIANO 


P IO • 


FELICK 


IN 


'ICTO 


A VG • 


NOSTRO 


|cxxi| 



32. [4 20 ;]- Près dit Kef, vis-à-vis le poteau du télégraphe n° 385. 
- Copie de M. Héron de Villefosse. 



PACATISSIMO 
I M P C A E S M 

C L A V D I O 

T ACITO PI O 

F E L I C I A V G 

NOSTRO 



Cxvn 



58 



Incertains. 

33. [>5i5, i3]. Près d? l'Oued Torok. (Vallée de la Medjerda). 
- Copie du P. Delattre. 

d M s 

A N T I V S 
I D E M • CVS 
FVS ■ VIX • AN • 
V • M • V • D • XV 
V c 



34. (>5i; 
P. Delatire. 



8]. Provient de la collection Kheredine. — Copie du 



HELVIA • COMMODA 
PIA • VIXIT • ANNIS 
XXXV • HIC • SIT • AST 
IVLIV.S • BITVS 
VIS H E I V S Vi^WW^^ 
ittfM&O SJJStV II V E T E R A 

N V s.«^^Mi^s^È»sa 



35. [25 17, 16]. Près de Soiisse, dans une campagne appelée Ksettr 
Mariam, sur un piédestal. — Copie du P. Delattre. 



TIBERO • PATRI • AVGVSTO 

s A l v v s MMM^MWM^M^IM 

A^WiM^CTA • AMPLIVSS^SS» 
M^MIS^MOIO AEDIFICAV 

1 iWW&SSfiÊMiMMCêÏÏM o r n A v 1 t 
5KSSSTIBERI • PATRIS • POS • 



36. [3273]. Régence de Tunis (raté de l'Est). — Inscription faisant 
partie d'une mosaïque, dans un hypogée? — Copie du colonel de 
Sainthillier (23 juillet i863). 



/, Y P I A/A E I O Y A 
/v6ANA )T0C ET 
JNKZXOIAt A6^C 



— 59 — 

37. [327g et 329^]. Copie de M. Baux. 

M a s 

SIXTVRIVS 

ROGXIVS 

IIVS VIXIT 

N N A \ I X X I 

X S E 

[D] m. s. Sex. Turius Rogatus pius vi.fi/ ann. Ixxi; h. s. e. 

38. [333g]. Ruisel, pais pesquenocon ruinas; nopude leu masque: 
[Sans référence.] 

and civ : 

IBVS ROMANORVM 



2. ALGERIE 



39. [5668, 1]. Lambèso.. — Sur un fragment de poterie déposé à 
la Maison centrale. — Copie de M. l'abbé Delrieu. 

Deux pieds et \\ \t> Buste du Soleil et 

une couronne. tx • L) • MAK delà Lune. 

[mar forment un monogramme.] 

40. [5668, 2]. Sur une brique appartenant à M. l'abbé Delrieu. — 
Copie de M. Héron de Yillefosse. 

LIIIAPER 

41. [5669, 1]. Sur une brique appartenant à M. l'abbé Delrieu. 
Copie de M. Héron de Villefosse. 

' 

V S V I 



— GO — 

42. [0669, 2]. Sur une brique, dans l'intérieur du camp. 
Copie de M. Héron de Villefosse. 



LUI AD 



43. [566 9 , 3]. Id. 



4i. [56G 9 , 4]. Id. 



jlll VACf 



eT.vTe 



45. [5672]. Au même endroit. — Copie deMM. PariseletBarnéond. 



1 O A T A M D I S P 


VSVEAELIV 


\ PPIMM • VALE 


ABILI MAT 



46. [56;4]. — Copie de M. Barnéond. 



IOVI ET IERGVLI • 
COMITIBVS INPP M 
DIOCLETIANI ET 
MAXIMIANI AVGG 
CONSTANTI ET 
MAXIMIANI 



47. [5207, 5682 et .5683]. Sur un autel à la ferme Parisel. — Copie 
de M. Parisel. 

FORTVNAE 
REDVCI A'G 
LVCEIA EV 
T YI C I A 
V0S0L0A 

48. [5684]. Lettres de o m ,i5 sur o m ,i2. — Copie de M. Barnéond. 

GENIOJ LA 

AEDEM • ET EX FI)DEI COMMISSO • M • SEDI • RVl] 



- 61 - 

49. [56g3]. Au fort byzantin. — Dessin de M. Barnéond. 

Autel pur la face Homme ou femme ; 

duquel est écrit : bélier. 

S AT 
AVG 
TAC 

50. [^698]. A la ferme Barreau. — Copie de M. l'abbé Delrieu. 
,r o P o peut # A V G 

'OANTONINO AVG 

ANICEN ET CASTRO* 
1 V M & NOM & S V B S \N" 
( C • CASSIVS • PVDENS 

M ■ GALERIVS • SILMXS 
I E L V b V S R O G A f N S 

51. [5702]. Inscription découverte en 1876 et qui a été immédia- 
tement détruite. — Copie de M. l'abbé Delrieu. 

I M P C A E S 

L • S E P f M I O 
SEVERO PO 
P E R f N A CI 
A V G A R A B • 
A D A B • PAR • 

mx • pp • h • pot • 
xi g s iii p r°c 
f a m i l i a r a t i o 
nis casTrensis 

52. L^7°7]- A- 11 grenier d'abondance. — Copie de M. Barnéond. 

I M> R G JE S S M 1 
AVRELIO CAR 
~ P F A V • I T 
F 1 M V R I 

ln ' p : I M> P C .E S S M 

AVRELIO CAR 
O P F AVG • II 
ET M A V R E 

lio c a r i n cos s 



— 62 — 

53. [5709]. Sur une colonne trouvée à 100 mètres au sud du camp. 
- Copie de M. Héron de Villefosse. 

D N 
FL • CLAV 
DIO CON 
S T A N T I N 
O NOB CAE 

SARI 

54. [0712]. Au grenier d'abondance. — Copie de M. Barnéond. 



\ E R 1 1 • D O MI ( 
1 il • FELICIS • AV ) 

|ti • nostkî, 

\ S v N V M I N I 



55. [0713]. Près du temple de Jupiter. Haut. o m ,48 ; larg. o m ,y3: 
haut, des lettres, o m ,i2. — Copie de M. l'abbé Delrieu. 



CONSVMA* 

E O R V M 



56. [5715]. Sur une pièce engagée au milieu de blocs considéra- 
bles, près du temple de Jupiter. — Copie de M. Héron de Villefosse 
et de M. l'abbé Delrieu. 



M A V R E 

C O M I N I O 

C ASSI ANO 
LEG AVGJgJ 
PR PR CLA 
R O ET IN 

lvstrW 



— 63 — 

57. [ôjiq]- Prés de la ferme Rousset. — Copie de M. Héron de 
Vil le fosse. 




58. [573i]. Fragment d'une liste de noms trouvée près du temple 
de Jupiter. — Estampage envoyé par M. l'abbé Delrieu. — Lecture de 
M. Héron de Yillefosse. 



Q. • G EM INIV S M ODES T V S 
Q. • OCTATVS 10^i£,\lTvs 
C • IVLIVS CRâWSS&NS 
C • MGNIVS VICTOR 
L • IVLIVS CRESCENS 
M • .MTOXIVS RED.UTVS 
M-SBJdGNVS CRESCES 
O^îS&avs ROGATVS 
MâM8®8KSWlVLIANVS 

MW««I V S .\\ XI w s 
W&fà&M&S FELIX 
tf;#frH$S&S I V S FELIX 
'i»»ERIYS VICTOR 
WMJfiE T R IV S FOR P X T S 
WfâMMTIVS ETRVSCVS 
WÊ&MtoDlVS PRIX CE PS 



mtmmmiL s donatvs 

iïti?!W?!M0®£> F A VST V S 



— 64 - 

59. [0733]. A peu de distance du lemple de Jupiter. — Copie de 
M. l'abbé Delrieu. 

C • IVLIVS MARTIALIS CAS MWWUi 

PRIVATVS S^^W^^^^&'^S^v^î^ C • AQVILIVS HILARIANVS CAS DS C • AVREL 

OCTAVIVSNOVIANVS OP fiW^MMM'MWM^/M^MMi C ■ IVLIVS QVTNTIANVS CAS DS BVC Q.-HEL VI 

q. • AEUWSWâMM&/M WMÂWMÏÏMW/WÂÏÏtâMM c- ivlivs satvrninvs cas l-qvintv 

F • FLAVIVS»M«M WMffîffî&W&WtâMtâb CAS%m C • IVLIVS VALENTLNVS CIRT CAN P-VIBIVS 
D • VOST\%V£W^MWâfâ\ WM^m^MWM^M^CASm'i L • DOMITIVS PAVLVS CAS CANP-VETTI 
L • VOXTIVMWMŒMM d- l\'UYSWM%WÂ$$CAS CAN Q. • CAECILIVS SATVRNINVS CAS C-IVLIV 
L • AELIYSW//MWMÏM m^MW^M^MVMW^MMM M • ANTONIVS PIETAS ART DIS POL C- CL AVD 
L • AVEbtlVSffîmiWmM 
C • GAVNSmPMMMMtëtitë C-lXUXSmMM^y.CAS CAN M • CLODIVS MAXIM VS AR POLIO P ■ CAPOj 

YM0èMW(V&MêWM&W/ê c- viBivsMSfr» car kal ds c • satvrninvs c • i v l/' 

!€W«#W8 , !Ç« C • IVLIVS FELIX L-CALPVRNIVSHONORATVSIMCIR Q. • VA 

EïliWiWiW CCAECILIVS FELIX DS T • CLODIVS MAGNIANVS PAP PEC C • I V \ 
W/MJ/MMWM/fâWMWà Cl- MANILIVS FELIX CAN DS C • POMPEIVS CIMIRONIANOR LIB L • TE RE 
VÀXMVMÂWMWMMAWJk C • IVLIVS FIRMVS CAS C • PLOTIVS (HORA)TIVS VTICA C- IVLIV 
W/MMfflMy//MM > MW/B>. M • MANILIVS VICTORIVS VTI L • AVRÈLIVS PRIMVS aq. SIL L-L A R O 
\vmmïïMMWM'MM'Wfé%. c • magnivs optatvs cas ds q (ponativs) VICI col VTICA c • p o m p 

Wiïmïï^WXmMMMfr T-FLAVIVSSECVNDVSCASDS M • MODIVS (FORTVNATVs) CAS L • VAL 
SH«»«a M«MW88S®DONATVS C AS DS C ■ S A L L V S T I V S G E N I A L I S C O R L ■ C O ( 

60. [0734]. Copie de M. Héron de Villefosse, 1. 5y. 

^mwcREwmmwm&<ïw& ^wwmjfelix cas 

Cf. Corp. inscr. lut., t. YIII, n° 2067. 

61. [-3737]. Nécropole sud-est. — Copie de M. Tabbé Delrieu. 

D M S 
M • A V F I D I V S 

F A V S T V S 7 L • III 
Q.VI VIXIT ANNIS 
XLVIIII MEN VI 
DIXVIII IVLIAPA 
TROFILA CON 
1VGI 



— 65 — 



62. [0746]. Dans une maison en ruines, sur une pierre brisée for- 
mant angle. — Copie de M. l'abbé Delrieu. 



mmmuAVG ■ 

y ■ CL • PRIS C 
P • P • P I V S 

V I X I T • A X X I S 



60. [5747]. A la terme Parisel. Haut. o m ,26; larg. o'Vî)- — Copie 
du même. 



BON A E M E M 
Y A L ■ M A N S V 
P R I M E PJL ' * 



64. [5748J. Voie de Diana. — Copie du même. 



1) M 

M C A E C I L O 

PRIMO O P i 
L E G III AVGV 
A XXXII FAfevS 
ARAM IVR FEC 



65. [0753J. Nécropole du nord. — Copie du même. 



d M S 

L • A E L I V S V I C 

OR SIG • LEG • III AVG 

vix • axis xLaatBÉ a w 

AELIVS FE LIX PAT RI 
KARISSIM • FECIT 



66. [0704J. Dans un jardin, à l'est du village. — Copie du même. 



T-C AESEX X 1 VS 

ALEXAXDER VEî'^ 
D M 

EX SIGXIFERO 

V • A LX ^ 



ArCUEULOUIE. 



— 66 — 
67. [ 5;55]. A 5o mètres du précédent. — Copie de M. l'abbé Delrieu. 

CAESEU 
N I O A L E X 
A NDRO QV E 
E T X A T 



68. [0761]. Copie du même 





D M 


S 




t: • 


P A PIR] C) 


A E L 


1 A X 


• 


M E D I C 


• O R D I X A 


R I 


• LEG • III 


AYG 


VI X 


A X X 


1 S XXXV 


• M • 


X' I I 


D • X Y ■ PAPIRIA VI T A L 


I S • 


C O X I V G I 


D I GX 


I S S I 



XI o 



69. [5762]. Nécropole du sud sud-est. — Copie du même, 



D M s 
P A E XI 1 L 1 O 
V V D E X T I 
Q. • LEG • IYL MON 
NVT MAR MANTISSI 



70. [0763]. Nécropole de l'est. — Copie du même. 




71. [0764J. Sur une pierre brisée, à droite. — Copie du môme. 



IL VALERIANO SPECi 
CONIVGI El VS I X G 



C O R N I G V L L E G ( 



— 67 — 
72. [ôjjo]. Nécropole du nord. — Copie de M. l'abbé Dehieu. 

D M 

L • D O M 1 T 1 Y S 
S.ATVRNINVS 
MIL L E G III A V G VA XX X 
L DOMITIVS SA T Y R X I X Y S 
MIL LEG E1YS D F HERES EIYS 



1-ECIT H • S • E 

73. L07— S J. Nécropole de l'est. — Copie du même. 

D M S 

L • AR • RYX • TI 
YS • FE • LIX • MI 
L • Y IX • ANN • XL 
FE • CIT • CV • PY • 
LA • AR • RYX • TI • 
YS • FELIX • FRXR 
QVI ■ ET • HERES 

74. [0788]. Nécropole de l'est. — Copie du même. 

d m s 

CL-BLOSo MX 

Y Ë R A X V S 

V I X f A r I S LU 
F I L I I MER i; N 1 ' 
F E C E R V .\ r 

75. [0789]. Haut. 1 mètre; larg. o m ,45 ; haut, des lettres, o m ,o8, 
- Copie de M. Barnéond. 

D M 

C DO M I T I O 

SECVXDO 
Y E T Y I X I T 

A XX L X X X 
C A E L I A PROCV 
L A M A R I T O 
M EREKTI EX 
IIS II MIL • X FEC 



- (38 — 

76. [ôyyoj. Nécropole de l'est. — Copie de M. l'abbé Delrieu. 

D M S 
L • F A B I V S D A 

D A T V S V E T E R 

V I X I T AN L X X I I I 

I V L # I A R E C T O 

BENE MERENTIBVS 

FEC 

77. [0792]. Copie du même. 

I. <i et -. nvsvtam||maerarissi 

Cf. Corp. inscr. lut., t. VIII, n ,J 33-<>. 

78. [5796]. Dans le ravin ouest. — Copie du même. 

D M 

c • 1 v l 1 v s 

V I C T O R 

V E T E R 

SE VIVO 

F E C I T 

C • I V L I V S F O R T V N A 

TVS • VIX • AN • XXIlI 

C • I V L I V S • VICTOR 

VIX • AN • XXII 

79. [0797]. Copie du même. 

D M S 
C IVNIVS HOS 

P I T A L I S VET 
O FEC 

80. [58ou]. Trouvée près des ruines du défilé de Bathena (ancien 
camp) à Lambessa (nouveau camp). — Copie de M. Fourtier. 

D m s \ 

VI cio \J 

FI D ELI S SInJ 
V I X A N X if 
N I R H O Nj 
N V S A M I 
Mi R I N l( 
H S I j 



— 60 — 



81. [58ot ]. Copie fie M. 
Gherbonneau. 



s 


Personnage brisé. 


S 


V 


Bœuf. 


A 


s 




C 


83. 


[ 58o4 ]. Copie 


de M 


Cherbonneau. 






VM 






ICT 






B I S • C A 






M EN • AV 





82. [58o3]. Copie de M. 
Parisel. 

XOR • eT avrelii 

ASTOR v -ES VER A 
D I C X O • n_rr_rr; 

84. [58o5], Copie d'un in- 
connu. 



\ 



r o R I A 
i ORTT S S I M I S A 



85. [0806] et 86. [58o;]. Copie? de M. de la Mare (?). 



HR V A 

xiWMKKparThixi 

S P I O F I L I O SWff 

I X C O M P A R A B I 

LISSIMO FECIT 

USE 



D M :. 
H/L SATV 

R X I X Y S 

VIX ANXIS 

VII II MI 

G O N I V X 

IL FECF.R 



87. [58o8]. A 5oo mètres à l'ouest du praetorium. — Copie du même. 

D M 

Buste. 

PSEP 
AET 

a 

RRISSI 
HER 
I 
I 

S I M O L I B E 
MI PAREXTES 
F E C E R V X T 
V I X I T A X X 
XI 



— 70 — 
XH. [5809'i. Près du forum. — Copie de M. do la Mme. 

V L I O 

S V I C T O R I 

89. [58to] Copie du même. 90. [58n]. Copie du même(?). 



F I L 
TV L 



94. [58 12]. Copie du même. 



D M S 

Illisible. 

VERIVETVS 
VETVΠFLEG 
III AVG EX 
V O T P O S 



93. [58i4j. Grande nécropole. 
- Copie du même (?) 



d m s 

IOTAV 

A R M I. E G 

XXXV 

SOROR 
FFCIT 

92. [58 1 3]. Au fort byzantin. 
— Copie du même(?) 

TIS 
CIAE SICV 
VMIDI 

DFL 



94. [58 1 5]. Près du forum. 
— Copie du mémo. 



AEL"$K$DEM Mil 

Y I Xfè&SN XV CI M V S 

A EL PW®%®M D 

95. [58i 6] et 9fi. [58 1;]. Fort byzantin. — Copies du même 

1.1 eae vixf 

X AN XXIIIID VI 

L S 

cb F o r T s 

FI I BE N E 

M TlDESL 

IT 

97. [58 18]. Maison byzantine. — Copie du même. 

OSPES 
ISSI 

idvi 




— 71 — 
08. [58 1 9] et 99. 1 58ao]. Près du forum . — Copies de M. De la Mare. 

T A Y I S A T \' N 
M M V P E R 

100. [5821]. Près du forum. — Copie du même. 

AI 

AI 

M A X I M I AI 

A M 1' 
AMP • A 
A M P • A 
IAG • A 

101. [J822]. Près du premier arc. Haut.: o m ,5o, Iarg. : o"\4"> haut, 
des lettres : ti m ,ag/o m ,aj. Copie du même(?) 

T A M 
CVR AX 
CIO P FILIO 

102. [582!}]. Au nord du forum, sur un fragment de frise, encadré 
d'une moulure en haut et en has. Haut. : o m ,84, larg. : o m ,58, haut, 
des lettres : o m .i2. — Copie de L. Renier. 

x 1 a ) : 

\ V H R A 

103. 0824] et 104. [58a5]. Copies de M. de la Mare. 

X L A • 1 M S 

A#V#PRA 1LIVS 

VE 

kraxys se vivo 
et coxivgi .\e r x 
t tec vxï a xx 

105. [58a6]. D'après trois estampages. [Ma lecture. 
I. 2 : I • EX • P ■ P • LE E • T 

Cf. Corp. inscr. Int., t. VIII, n" 2-65 et addit. 

106. [58;ii]. Sur un cachet en cuivre. — Copie de M. Cherbonneau. 

CSV 



— 11 — 

107. [5838]. Copie de M. Bury. Papiers Berbrugger. 

i. i : COL DF.D 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 25 7 8. 

108. [5839]. Copie de M. Cherbonneau. 
I. 2 : VIX AN XII 

Cf. Corp. inscr. Int., t.. VIII, n n 3-oo. 

409. [5843]. Dans un jardin, à l'est du village. — Copie de M. l'abbé 
Delrieu. 

L • ABVRIVS 
S E C V N D IX 
HERES E O R 
P A R E N T I B 
K A R I S S I M I 

410. [585o]. Copie du même. 444. [585a]. Copie du même . 

ELIANVS AXXAEDIAE 

L A E L I V S F E L I X $ VA' 

ANTONIVS DOXATVS IANVARIA#X 
A E y E I V S DOXATVS 

wmwmwmmwMmmm 

442. [585;]. Nécropole du sud. — Copie du même. 

D M S 

A X T O X I A E F E S 
T E E L f A E C A R I S S I 
ME ANTONIVS DEC 
E M B E R P A T E R E T 

F L A V I A F F S T A M A 
TFR 

143. [5858]. Copie du même. 

1.2! AMMIE; 1. \ : AXLX; 1.5: L • ANTON'VS VRBAJ 

fï : XVS 
Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n" 3;58. 



— ?a — 

444. [586i]. Sur le mamelon, vis-à-vis la ferme James. — Copie de 
M. l'abbé Delrieu. 

D M S 
A T T I A V I C 
T O R I A a V I 
ET V I N C F. N 
TIA VIX AIXIS 
!. RESI PATER 
FEC 

115. [5862] et 146. [5863]. Nécropole de l'ouest. — Copies du même. 

D M BARBRO LIB 

C • A V K ELU [ertomeren 

A M A T O R I S Y I 
X • A • LVCONIV 
X • PIA • FECIT 

147. [5866]. Copie du même. 

I. \ : CAEClLlIS. SVPER 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n" 348i. 

118. [5868]. Dans la plaine. — Copie du même. 

d M 

CLAV b O 
ADIECTO 

149. [5870]. Copie du même. 120. [5876]. Copie du même. 

X A X X L Y D M S 

C COELTYS D O X A 

ADIVTOR TA VIX 

P A T R O X O I T A X I 

P I F. X T I S S 1 S X I I I 
MO FECIT 

424. [5877] Copie du même. 

I. 1 : EXATIA 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 359(1. 



— 74 — 

122. |5885]. Copie de M. l'abbé 123. |5886"|. Copie du même. 
Del ri eu. 

D M D M 

C • FL • HERMES FL ■ YICTORIS 

VI X AN XL VI X AN XXXV 

1 Y L I A DKXTR1 H E R F E CF. R V 

A N A M A R I T O X T 
FEC 

124. [58ç)2]. Copie du même. 125. [58t)4]. Copie du même. 

D M S L> M 

MI-LENA IILVDIAK PRO 

H . S • E • M YL A E M A T R I 

VIXIT AN LXXX 
L P O M P MAX Si 



126. [58g5]. Copie du même. 



D M 

AVFIDIAE 

TERTIO # VIX 
A N N I S XXIX 
P • H E R E N N I 
V S D O N A T V S 

CONIVGI 

K A RI S S I M E 

FECIT 



127. [5897]. Nécropole de l'est. — Copie du même. 



D M S 
I C T VRIO F E L I C I 
Y I X I T A N O S XXV 
M E S S ES II D I F. S X Y I 
D I S C F N S A Q.V I L I F E R 
lEG III AVG MEMORIF 
E I V S POSVIT I S B O N 
C I Y S SÊCVNDVS 

AVVNCVLO 



128. [0898]. Nécropole du sud- 129. [5899]. Copie du même. 
sud-est. — Copie deM. l'abbé Delrieu. 

D M S D M 

• I V L I V S I Y L I V S 

A N X I A X VS C L A Y D I A 

V A L E K ! V S X Y S Y \ 

AN XXX Y 

130. [0902]. Copie du même. 

I. ici \ : FROXTOX1S • TVTOR||EIVS • FACIENDV 

Cf. Corp. inscr. lai., t. VIII, n° ^771. 

131. [0903]. Nécropole de l'est. — Copie du mémo. 

D M • s 

] Y L I Y S M 

A K T I A LIS VIXS 
AXIS L X X X V Ci 
AVRELI V S C O M M 
HT AX T ON I Y S F H I. 
E T A F R A X I Y S Y I C. 
HF.REDF.S EIVS FEC 

t32. [5905] et 133. [5906]. Nécropole de l'ouest. — Copies du même. 

D M S D M 

IVIJA C. (5 F S F IVLIVS PROCESSYS 

C Y X D A P l A VIX" A'OS X 

Y I X • A X X X Y 
C • I Y L • P R O B • C O ■ R A K 

134. [5909] . Jardins de Lambèse. — Copie du même. 

d M 
C I V L I V S 

R Y F I X Y S 

YIXIT AX'IS 

II 

R V F I X V S 

FILILO CARI 

S S I M O FEC 



— 70 — 

135. [5912]. "Voie de Diana. Haut. o m ,43, larg. o m ,32. — Copie 
de M. l'abbé Delrien. 

c • 1 v l 1 v s c • F 

P A P • S E V E R V S 
THE P V A XIII 
IVLIVS VALENS 
OPT • FRATRIS FEC 

136. [5916]. Nécropole du nord. — Copie du même. 

D M 

IV LIA DEXTRIA 
IviX ANN'IS L 
IVS DEX M 

\ K A F E C I 

\ 

) 

137. [5919]. Au sud-est du Capitule. — Copie du même. 





D 


M 


S 




I 


V L 


I A 


P 


R 


M 


A 


V 


I 


X 


A 


N 


X X 


V 


I 


m 


N 


I I I 


D I 


E 


V 1 1 II 


CVP 


BENE 


m 


R 


M A R 


F 


E 






138. [6922]. Nécropole ouest, près du ravin. — Copie du même. 

D M 

Q. • I. • H 

V • A • LX • 

L • MIN 

FEC 

139. [5925] et 140. [J926]. Nécropole est. — Copies du même. 

D M S D M 

HIC Q MAX IL I L • MANILlI VICTO 

V S SEN-CIO RINI V • A XIII 

SITVS EST VIXIT VALERÂ FIL 10 

A N N I S X L I I I 
COXIVNX PIS 

MA FECIT 






— / 1 — 

141. [0928]. Copie de M. l'abbé Delrieu. 

3el.'j : SILICIA || PAVLIXA 

Cf. Corp. inscr. lui., t. VIII, n° o2<j8. 

142. [ôij'-U] et 143. [jip'ij. Nécropolede l'est. —Copies du même. 

D M D M 

L • O C T A Y I Y S M P A X N O 

A G A T O P Y S V I X NIVSIVCV 

AXXIS LXX FILIVS PA XDVS PIVS 

TR M V • A • XIX 



;fecit 
144. |>j3:ij Id. 145. |>j35]. Id. 

D M S D M 

L PHRGENN 1 P • P O M P O X I V S 

O OPTA T O PROCVLVSV 

v ' A • LUI AX LXXX FLl PL' 

PVDENS FHCHR 

FILIVS EIYS 
FECIT 

146. [5g36]. Copie du même. 

I. 2 : POMONAJ I. 'i : AXXIS CVPVLA; I- ■"> : GEMINA. 
Cf. Corp. insci\ lui., t. VUE, n" 3ggi. 

147. [59.57]. Copie du même. 

D M S 

P V B L I C I V S 

VIXIT AXIS 

XX Y 

148. [5<j4o], Estampage du même. — Lecture de M. Héron de 
Villefosse. 

D I S 
& M S 
S E L L A R 

I M A 

CARI 
E R M E S 
PATE R 
K • F ÇS F# 



— 78 — 

149. [5[)4 2 ]- Copie de M. l'abbé Delrieu. 

D M S 

I V L {S M A R I 
A & V I X A X 
X X Y & TON # 
I A N Y A K ■ M A R 
FEC-O-T-B-Q-T-T- L- S 

150. [5g43]. Près du ravin 151. [5y44]- Copie du même. 
de l'Oued Mariel. Sur un dé 



pentagonal. — Copie du même. 



d • M 
T i t y K 
n! ae • r • 

I Y Nf L E 
V • A LX 
C • S E X 
TYS • BA 
SYS • RA 
R I S S I 
I\E C O N 



I. \ : AN LXXXI 

Cf. Corp. inscr. lot., t. VIII, 
u° 4o88. 



152. lÔ946]. Nécropole de 
l'est. — Copie du même. 

D M S 

T V C C I V S 

1-ORTVNATVS 



I V G I VIXITSi» 

Mi R E N 
T I • F E 
CIT 



FEC 



153. L%Î7]- Copie du même. 154. [0900]. Copie du même. 
D m s d M 

A V R E L I A C A R C V A L E R I Y S 

A VIXIT ANNIS TERTIYS VIX 

XVII TYRIVS 



D O N A T I A N Y S 
CONIVGI PO S 
VVIT 



AN • XVII I 
H • S ■ E 



155. [5901] et 156 [5g54]. Nécropole de l'est. — Copies du même. 

D M D M S 

VALERIAE DO VALERIERO 

NATE VIX • A GATE VIX .VIS 

XXV • FILI LXVI FlLlMA 

Pli • MATRI T R I M E R EN 

B E X I G X E T I F E C E R V N 1 



— 79 — 
157. [ oq.>7 1* Dans le ravin ouest. — Copie de M. l'abbé Delrieu 



VICTORIA!" 
B ■ M ■ I 

158. [^gôg]. Nécropole de l'est. — Copie du même. 

I) M S 

Y L K I A E VI 
CTORIOLAE 
VIX A N N L 
j| V L I V % V I C 
TOR VET COX 
8MKNTI FECIT {S 

159. [Ô964J. Sur une pierre servant de marche d'escalier dans 
la cave de M. Labarrarère. Haut. o ra ,i8; larg. i m ,55; lettres de 
o ra , 11. — Copie du même. 

[SIBI ET CONIVGl El 1 ■ 1 Ls IN SVO TEC 

160. [0960]. Estampage du même. Lecture de M. Héron de Ville- 
fosse. 



/ M • A S I F ^ 

\f dIonisio fro\ 



161. [m (•">]• Verecunda. — D'après un estampage. [Ma lecture.. 
I. 17 : SING +S CXXN sTaTw.M 

Cf. Corp. inscr. /<■//., t. VIII, n" £202. 

16 k 2. [129g, 10]. Timgad. — Copie de M. Ragot. 

I. 3 : HC MEMORIA I. \ \ VRIS OMOJ R A RIS '..'g OIVBANT1 M.^^SK 

Cf. Corp. inscr. lai., t. VIII, n° 2220. 
163. [i3-?3]. Copie du capitaine Darras. 

1.2: LV1BIV 

Cf. Corp. inscr, Un,, t. \ 111, n° 2238. 



— 80 — 

164. [i324j. Khenchela. — Estampage envoyé par le D r Reboud. 

CO • SALVI E 
P • CAES • TRA 
D Kl AN I • C ( 

fecer/ 
y 

165. [i35a]. Eli haut est figuré un X au-dessus duquel est gravé 
un agneau. 

Cf. Corp. inscr. lat.,t. VIII, n° 2223. 

166. [i353 et i354j. Zaouïa de Sidi Ibrahim, près de l'oued Boul- 
frais [sir]. — Copies du D v Roudet et d'un officier. 

r t N V 
V I X A 
NIS cv 

167. [n841. Ain et Ksar. — Sur la rive gauche de l'oued Bel- 
Kraïse, au nord-est de Batna.— Envoi du D r Leclerc à M. de la Mare. 

p a t r 1 n: 

M Ci F &V&A 

L V I I I Ë T 
13 1 B 1 T 

168. [719J. Aurès. — Teniet-et-Tin. — Copie du colonel Forgemol. 

d N 
const/// 

N T I N O 
S E M P E R 
AVGVSTO 

169. [720]. A deux kilomètres de Maider-el-Guefail, près de Te- 
niet-et-Tin. — Copie du même. 

IMP F P MVRESVIE 
RO ANTONIO PIO 
EACPARMAX PON 
RXCEI MNXEB PO 
EC XVII MP 111 CO 
O III PRCONS 

P P 

1 IXI 



— 81 — 

170. [721]. Au même point. — Copie du même. 

I M P D M X A 

10 cokstamV 

O I Q.R 1 1 S S I M O R 
• NOBILISSIMO 

CESARI 

XVI 

s 1 v a w 
>i a >i a j a 

II OKV 

V iiaVAD O I A 
3 V X I I JL S O 
aiHJLdd 9AV 
J D V X I X >I H d O 
AIHHd SHV3 dl\'I 

171. [720J. Dans l'oued Djeddi, entre Ourlai et Mlili. — Copie du 
colonel Forgemol. 

CISSIMAE 

172. [726]. A Sadouri, dans l'Aurès. — Copie du même. 

/v x 

JS S I E V 

/F M I V T 

/M C O X VE 

J V X T K A M A X V A 

/RIS IMM ■ PP-DD-NNPH 

IEIPIIS A V G G COS 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 8780. ., 

17o Copie du commandant Dewulf. 
I. 4 et suiv. : s CARf Lo 

s e c v x D 

O FILIO M 
EREXÏVA 

Cf. Corp. inscr. lut., t. VIII, n° 2476. 

Archéologie. 6 



174. [1608]. Oasis de la province de Constantine. — Cercle de 
Biskara. — Envoi de M. Cherbonneau. 

MARTVRE • SALVAE 
FORTVNAE 

On voit, sur la tranche, à droite et à gauche d'une croix, quelques 
caractères illisibles. 

i m >fr /\vs 

175. [i6i3]. Tobna. — Copie de M. Masqueray. 

v. 2 : pix: vilavs scri 
v. ia : d L c I v s D A s B 

V. i3 : SV/^SVAPEC 

Cf. Corp. inscr. lai., t. VIII, n° 4485. 

176 [ 1 6 1 4] et 177. [i6i6]. Copies du même. 

^REP»«$T W v 

LAVRELIVSCi Kth 

FE'#ÀVETVS T PST 

LEG III AVG IMP 

[IMP. paraît être un fragment indépendant; il est porté, cependant, 
sur la même fiche.] 

178. [1299, 1]. Besseriani. — Sur un beau tronçon de colonne, 
taillée dans un seul bloc de pierre de 2 m ,30 de hauteur... Celte 
colonne est placée à 3 kil. à l'ouest de l'henchir Bir Djouhali... et à 
environ 8 kil. à l'est de l'henchir Taddert. — Copie du capitaine Ragot. 

imp • Caesar • DIVI 

NERVAE • F • N E R V A 
Ù flAI ANVS • AVG • GER 

iii ::• %h- icvs • pont • max 

iSiB • Pot • vini • Imp • iv 

c o s v p p 

mtzmtMj^zo ■ N A T V L E 

LEG • AVG • PR • PR 
Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 2478 (addit.). 



— 83 — 

179. [i299> 2]. Copie du capitaine Ragot. 

A I A N V 
S • P^T 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 2478 (d). 

180. [1299, 4]. Copie du même. 181. [1299, 5]. Copie du 

. .. , , même. 

I. 3 et 4 : 

T\M QVOD PA^AE PATENOÏ^ DI VlffiElRYf a\$$FILIV$& 

ANO P NCCLODIVS VICTOREJ (P^«* Jm^IIsTrIB^ 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, *aiaISic|(W««;)leg:i:|» 

n° 2481 a . 

182. [1299, 8]. A 75 mètres de l'arc de triomphe, sur le mur d'en- 
ceinte. — Copie du même. 

D M S 
S A B I N I V S 
FELIX V E T 
VIXIT AXN'S 
LXVIII FILI 
P A T R I M E 
RENTI F E 
C E R V X T 

183. [i34]. Le Hodna. — A Baida, près de la maison du caïd Si 
Moktar, fragment de borne milliaire. — Copie du commandant Payen. 

I M P C A E S M AVRELI V 
S S E V E R V S JJiWMGtt P 
IVS FELIX AVG DIVI MAGX 
I A N S 3 S N I F I L I V S DIVI 
SEVERI NEPOS PO N TIF 
■ — ^ n»;TR _n'V'r 

184. [i35]. Au même endroit. — Copie du même. 

D o m v n v s 

XOSTER IMP 
CCOSTAXTIVS 
MAXIMO 
AR 



— 84 — 

185 [î 36] et 186 [1^7]. Bornes cylindriques. Au même endroit. 
— Copies du commandant Payen. 



;im ui 

mmo SENIORE VALE RWïMMtë 

AVG KSSW$lfàS8$&M& 

EN! 
ERA 
U 



187. [i38]. Borne cylindrique. Sur la voie de Tobna à Ngaous 
(à 1500 mètres, rive gauche de l'oued Barika). — Copie du même. 



■BDONIS 
VIIII 

188. [i3yj. Borne milliaire. Sur la voie romaine, à moitié chemin 
entre Tobna et Ngaous. — Copie du même. 

IMP CAES M 
AVRELIO SEVERO 
ANTONINO P I O 
FELICE AVG PAR 
T H I C O MAX 
B R I T I • M A X 
C E R M A X 
P O N T I F M A X 
T R I B • P O T • X V I I 
I M P • I I I • C O S 
I I I I • P P • P R O C O S 
XIIII 

189. [1098]. iS'gaous. — Colonne. — Copie du commandant Payen. 

D N VALE 
N T I N I A X O 
PERP SENf 
PERC 



190. [i584]. Copie de M. Masqueray. 

1- 2 : T FLAVIVS APER EX ^ LEG 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, ^4378. 



— 85 — 
191. [i586]. Copie de M. Masqueray. 

D M S 



NVStBM 

III AVG Vî 

A X S I.XXVII 
E M F. R I V S E 
R E S MERE Xi 

192. [1591]. Copie du même. 

I. .'> cl ('» : axxis l II lui 

Cf. Corp. inscr. Int.. t. VIII, n° 43 7 5. 

193. [1207]. Constantine. — Dans le lit de l'oued Ensa, au-dessous 
de la prise d'eau de la conduite d'El Arrouche. — Copie de M. Cher- 
bonneau. 

M 
C I V L I V S 

M ATVTI 

XVS VX A LX 

H S E 

194. [1216]. Le Kroub, écriture de la basse époque.— Copie du même. 

/SPES 
PARITER 

''VMADA 

195 [1217] et 196. [1218]. Oum-ed-diab, derrière le Coudiat Ati. 
— Copies du même. 

PVBLICI A XXII 

SILLV S 

XXI 

197. [1269]. Inscription trouvée sur un tronçon de marbre déterré 
dans les fondations de la caserne neuve A [à Bône(?) ou à Constan- 
tantine(?)] Haut. : m ,25; larg. : m ,13. — Copie de M. Féraud. 

{ ECXF / 

|;CON 
M A R | 



— 86 — 

198. [i "34j - D'après un estampage envoyé par M. Cherbonneau. 
I. 3 : SVCSSSIANVS 

Cf. Corp. inscr. Int., t. VIII, n° 6941. 

199. [1738]. Sur un fragment de marbre, au musée. — Copie de 
M. Cherbonneau. 

LIBERO 
AVGVS 
ClTlVS MA 

200. [i;4i]. Long. l m ,80; haut. m ,60. — Copie de M. Féraud. 

D D 

LOCVS ADSIGN 

201. [ijU]- Au Banlo. — Copie de M. Cherbonneau. 

1 V R I S S O B R I j 
delc I M [ V S C A 
StllS UbJR A R I V S V O 

tumsol, /n libes an i 



202. [1744]- D'après un estampage envoyé par M. Féraud. 
]. 2 à la fin : PROt% 

Cf. Corp. inscr. lai., VIII, n° 9 87 b . 

203. [1748]. Au Hamma, sur un tronçon de colonne. — Copie 
de M. Cherbonneau. 

vs ac sv 

NES RETRO 
CIPES INDV 
TISSIM \m 

204. [1750 et 2096]. Sur la face postérieure d'une colonne qui ser- 
vait de soutien à une maison arabe. — Copie du même. 

IMP CAES 
LICINIVS 
AVG AG 

« La face antérieure a été communiquée en 1852, à M. L. Renier. » 
Note de M. Cherbonneau. 



— 87 — 

205. [i;63]. Trouvée sur l'esplanade de la Brèche et employée par 
l'architecte de la ville dans une bàticse extra muros. — Copie de 
M. Cherbonneau. 

ANO 

AFRIC 

I PEREGRIN 

OVIXCIAE ASIAE 

D P P 

206. [1784]. Trouvé près de l'église. — Copie du même. 

SACERDOS 

207. [1793]. D'après une copie et un estampage du même. 

1. 2 : CVRBIS AVGVRI 

Cf. Corp. inscr. Int., t. VIII, n° 7103. 

208. [1 802 J. Copie remise à M. Hase, le 22 août 1 848, par M. Lucas, 
capitaine du génie. 

I V L A VERANIA L^ 
A MORE M EORV M A ^ 
TIONE POSVIT ADCVjlJ 
XEM CIVIBVS SVIS • SPO^ 

ocToxos • eT • COXDECV^ 

DEXARIOS TERXOS DEL-) 
S C A E |\ T I C O S EDilj 

209. [i8o3].AuMusée. — Copie 210. [1810]. Au Musée. Haut, 
de M. Cherbonneau. 0"»,46;larg.0"»,16.CopiedHmême? 

IQ.D'«^ EDE 

LENDIIg MAGX 

LATIS PO TTRIV> 

241. [2611]. Coudiat Ati. Nom moulé en relief sur une plante de 
pied, sur le fond d'un plat. — Copie du même. 

PRIAMI 

212. [2612]. Coudiat Ati. Sur une lampe appartenant à M. Milhès. 
— Copie du même. 

EPACHI 



— 88 — 

213. [26i3]. Coudiat Ati. Sur une lampe funéraire en argile gri- 
sâtre, dont l'envers représente un enfant nu portant un fagot ou des 
broussailles. — Copie de M. Cherbonneau. 

CNI 

214. [2614]. Sur le fond d'une petite lampe funéraire. — Copie 
du même. 

A 

215. [2617]. Près du pont d'El Kantara, sur une brique à bords 
relevés. — Copie du même. 

is 

216. [9.653]. Copie de M. de la Mare. 

A ESI 
L E M E 
V A LXII 
F 

217. [2666]. Sur deux pierres. — Copie de M. Cherbonneau. 

ORNE 
SIS V A 
XXV H S B 

218. [2667]. Sur une pierre trouvée à i5o pieds au-dessous du Ras 
Tâbia. — Copie du même. 

vix • a • xx 
H s E 

O T B Q. 

219. [2670]. Provient des débris de l'ancienne mosquée Salah-Bey. 
— Copie du même. 

s V M Q. 
CAMP. y 

220. L 26 7']- Au centre d'un encadrement. — Copie du même. 

VI 

221. [2673]. Coudiat Ati. Dans le mur d'un hangar récemment 
construit. — Copie du même. 

sIDIO p 

BALOV 



— 89 - 

222. [2674]. Coudiat Ati. Sur une grande pierre mutilée, en carac- 
tères delà basse époque. — Copie du même. 

"ntai 
blandaiva 

Il S F OT B Q. 

223. [2675]. Coudiat Ati. — Copie du même. 

LIA 

LIA E F 

224. 2876 . Coudiat Ati. — Copie du même. 

LIV 

XE 

225. 12667]. Copie de M. Cherbonneau. 

A • MVSSJ { VLAj 



PRIM 



226. [2679]. Coudiat Ati. — Copie du même. 

n 

p 1 s F 1 L v 

N AT A AL 

V A X X V 1 1 

227. [2 68 3]. [Cachet (?) Estampage au frottis de M. Cherbonneau. 

O 
"^ * e 

•p 

■y a N 

228. [2684] . Dalle de la cour d'une maison, 14, rue Grand. — Copie 
de M. de la Mare. 

A F C I X l 
E MATROXI 
Y A XXXI 
H • S • E 



— 90 — 

229. [2685]. Ancienne maison de Ben-Aïssa : Haut. o m ,4o; 
long. o m ,35. — Copie de M. de la Mare. 

DEILLIA £) 
M A T R O N A 
/•A- LXHSE 

230. [2686]. Rue Rabier. Larg. o m ,23; haut. o m ,ty; haut, des 
1. o m ,07. — Copie de M. Cherbonneau. 

(ALICV 

AM 
vM RE 

/ 

231. [2689 et 2 ^77l- Écriture assez lisible. — Copie du même. 



AMVS VS A • L 
PRIMVS V A XX 



232. [2690]. Barrage du Roumel. — Copie du général Creully. 



1 1 

A I V 



233. [269a]. Sur des fragments de frise, place de la Casbah. — 
Copie d'un inconnu. 

EMPLVM OB H face 



EMPTIS DO revers 
TA SEMP 
TIS DO face 



T I F I C revers 
OLEGIT face 



MPLIVS levers 



234. [2698]. Copie de M. Cherbonneau. 



b) 



1.9: 



etc. 



/vIFI 
/ A M A R I T O 
/CAELIAE DECOR 



v etc. 

COM3?#)~NDO ÏNN 



m\ 

M 1^ 



91 



c) d) 



| S I I s 

/ \ R I T A 

j S I M 

RES 

,'F ATA P R I 

)r E M I H 1 

IvITAM C O X 

/OSTRI LABORÏS 

f O Q. V A M D O I 

j S E P E R^^i^^M 

; c h s — ' ""-* 



HIC S T1a,\ 
S I M A F I D 
CAFlL ARV 
TVS I M I L 
SED MISER 

QY:.^Q.v«m; 

QYIfcfttfl&IQ. 
M V S S I X 

HOC, ''~~~ 

TISJ 



c/i à la fin; 1. 3. 
1.6. 
1.8. 

Fragments nouveaux 



^ FEC 

viximvs axn's 
mi^iaTo. 




Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 7255. 
235. [2699]. Copie de M. Cherbonneau. 



i5 

20 
0.3 



PREFEC 
XERARIS 
SANCTI XVMIXIS LVDOS QYOQYE SCOE 
XICOS 



Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 6944» 

236. [2708]. Copie du même. 

1. 3 : ATIHALIA 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII. n° 71 34- 

237. [2708]. Copie du même. 

1. 3 : VS CAIoLVS 

Cf. Ibid., t. VIII, n° 7 366. 



_ 92 — 

238. [2712]. Sur une dalle. Haut. o m ,38; larg. o m ,33. — Copie de 
M. Cherbonneau. 

A R C A M A R ' 
C I S I T T I 

S I T T I A N I 

239. 12714]. Copie du même. 

d M 

A C E L Y S 

CVMINVS 

H S E 

240. [2734]. Sur un cippe trouvé dans les déblais de l'hypogée de 
Prœcilius. — Copie du même. 

D M S 
A Y R E 1. 1 A E Y P L E 
MARITA D\fiB 

241. [2763 cf. 2o5i. 9.0.52]. 

Copie de M. de la Mare. Copie de M. Cherbonneau. 

d m s d Ci m Ci s 

CHAN'lA M F. ^l^A N I A M E 

IIIETINE-Y-A BflBTINE V«A 

X X X H S E X X X • H S E 

242 [2787 cf. ao34] et 243. [2788 cf. ao33].— Copies de M. Cher- 
bonneau. 

CORNE D M 

VITALISV A _SX?^L 

Y T I I C O R X E L I A 
C A X D I D A Y A 
A' 

244. [2791]. Copie du même. 245. [2861]. Chettaba; Gobeurel 

Azéri, cap Rose. — Copie du même. 

D M MEMORLE 

D O M I M' L I A I A N Y A 

T I A Y A RIA§W A XVIII1 

XXX - USE A X - S I A M A R 

C I A N A F I L I JE 

KRISSIMAE 

FE C I T 



93 - 



246. [2868 cf. 21 58]. Au Mu- 
sée (i 86o) . — Copie de M. Cher- 
bonneau. 

D M 

C I Y L 1 Y S 
M A X I M V 

SYA XX Y 
H S E Q. 

248. [2912 cf. 2182]. Dans le 
faubourg, sur la margelle d'un 
puits. — Copie du même. 

M A R T I A 

Y A XXX 

H S E 

25U. [2988]. Dans un jardin, 
en face de la grande cascade. 
Stèle, fronton : Haut. 
— Copie du même. 

L • SITTIIV 
V E N I L I S 

»LXXX 



2 i7.[2894cf. 2 169]. A une demi- 
lieue de Constantine, rive droite 
du Roumel. — Copie du même. 
D M 
C LICINIVS 
Cadre vide. 



mmaBsmm 



,9<>- 



249. 12987 cf. 2263]. Au 
Coudiat Atti. — Copie du même. 

P S I T T I 
G A E T V 

V A 

H S 

D 1 1 S M A 

[3oo6j. Cippe en forme 
— Copie du même. 

SPITIA P F 

TERTIA 
Y A LXXXX 



251. 

d'autel. 



252. ( 1 449] • Philippeville. — Borne milliaire trouvée à Condé 
(Smendou) entre Philippeville et Constantine. — Copie communiquée 
par M. Roger. [Mp CA£S c Vlfevs 

R E B O N 1 A X O G A L L O 

1 N v 1 c T t* v s Félix 

A Y G P O X f F M A X R 
IB POT COXSYL fï RP 
P R O C O X 

I M P C A E S C Y B I Y S 
A F I N 1 V S G A L L V S Y 
IVSIAIIVSX 1 • TYS PX 
SPEL • AYG POXf F M 
AX • TRIB POT COXSYL 
P • P • PROCOXSVL A 
MI M B R I B FI V E T Y S 
T A T E C O X L A P S A M 
C V M PONfBVS R E S 
T I T V E R Y N T 



X11II 



— 94 - 

Lisez : 1. 4 et suiv. ib. pot. consul II p. p. procon[sul et\ imp. 
caes. c vibius afinius gallus v[o]lusianus inv[ic]tus pius fel. aug. 
pontif. max. trib. pot. consul p. p. proconsul [vi]am imbrib et 
vetustate conlapsam cum pontibus restituerunt. 

253. [i452]. Estampage envoyé par M. Roger. 

1. 3 : TRIVMPALI . FELCE 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 7906. 

254. [i465]. Estampage de M. Roger. 

I. 6 : aed • ÏTT vir • mi • Col; 1. 12 : inferior • et • svperior; 
1. 14 : daciscar; 1. 16 : avg • g • g (sic); 1. 24 : s • p • f • d • d 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 7978. 

255. [1466J. Copie de M. Belcour. 

1. 2 : p xemLvs • FELIX 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 7968. 

256. [1468]. Haut. o m ,66; 257. [1469]. Haut. o'», 7 o; 
larg. o ra ,45. Copie de M. Roger. larg. o m ,47. — Copie du même. 

L-AEMILIVS Q-AEMILIVS 

GEMELLVS INCINVS 

V A • LXXXV VIXIT ANNIS 

H-S-E LXXIIIIHSE 

258. [i475]. Copie du même. 

1. 2 : E • BRVTTIVS; 1. 3 : VIITORVA • B • 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 8021. 

259. [i48i]. Copie du même. 260. [i485]. Haut. o m ,2o ; 

larg. o m 25. — Copie du même. 

D • M • S D • M • S 



L • C A E S I 

P A C A T I 

V • A • LXXX 

V 

H S E 



CORXELIVS 
RESTVTVS 
V • A • 1 1 1 1 

H-S-E 



— Do 



AS _ 



261. [i5o3]. Haut. o">,5 9 ; 
larg.o m ,37. — Copie du même. 



262. [i5o8]. Copie du même. 



D M c 
lEX IVLIVS 
SVB II ANVS 
V • A • XXIII 



263. [i5n]. Dessin du même. 



MALIA • P • F • 

OPTATA • VIX 

A • XXXXV 

H • S • E • 

265. [i5i5]. Haut. o™,8o; 
larg. o m ,4o. — Copie du même. 

D M S 
T • NICIDIVS 
MVSTIOLVS 

V A L I I 
H • S • E 

267. [ioi8]. Haut. o ra ,ia. 
— Copie du même. 

d M 

PACTVMEIVS FAVsTlEVS 

V A XXVII 

H S E 

FORTIS FILIO 

P I I S S I M O (S 

269. [i52Ô]. Copie du même. 

Personnage en pied. 

D M S 
L • SISVSVXIM 
XX H S E 



I V S • Si i 
VIX • A N N I S 

LXXVIII • H • S 



264. [i5i4]. Haut. o m ,84; 
larg. o m ,5o. — Copie du même. 

c • MVN ATI v s • c • 

F • PAETVS • Q. • V • A • 
XXXXV • 



266. [toi 6]. Copie du même. 

P • NICID1V 
S • P • F • Q. • V 1 
N D E X • V • A 
LXXXI-H- 



268. [i5ao]. Haut. on>, 7 5; 
larg. o m ,7o. — Copie du même. 

p o m e I A 

Q. • F • EXTRACaTA 
V • A • XII • H • S 



270. [i528]. Haut. o»,6o; 
larg. om,4o. — Copie du même. 

D M 
S V P R A E 
VS V-A- 
LXXXVO 



— 96 — 



271. |~i53a]. Haut. i m ,io; larg. om,64. Haut, des lettres o m ,o4 
à o m ,o8. — Copie de M. Roger. 



B M 

HIC REQ.VIESC1T 
IN P A C E C O R P V S 
CLARISSIMA F E M I 
N A Q.V E V I X I T A N 
P L V S M I N V S L X X V 
D E P O S 1 T A DIE V 1 1 1 1 
IVNIAS CONSECRAVlT 
D O M V S 
E T E R N A 



272. L l53 7J» A l'usine à gaz. Haut. o»,8o; larg. o=>,47- — Co P ie 
du même. 



liL lu 

AITEAIOC 

NAYKAHPOC 

X IRE 



273. [i538j. Sur un tond de lampe en terre rouge. — Copie de 
M. Cherbonneau. 

APOLON / I I i I 
M E M kJWÈft 

274. [i53<jj. Copie de M. Roger. 

a) cr • PI 

m P • CSPR (Sous uue cuupe, dans un pied.; 

275. [i54ij- Sur un tond de lampe, dans un cartouche en forme 
de pied. — Copie de M. Cherbonneau. 

C M R 

276. [i548j. En relief sur une coupe. — Copie de M. Cherbonneau. 

c MVR 



— 97 — 

277. [3o29]. Collo. — Haut. o™,25; larg. o m ,43. — Estampage 
envoyé par M. Roger. 

/iivik \ 

bNTIF • PRAEÎ 

1 

(0. • in qy ix &?,.;> 

278. -i<j2<)1. Tiddis. — Copie de M. Cherbonneau. 

D M 
■SSSîSÇfcE L I A 
F E L I C I A 

VA • XX XX 
USE 

279. 5û23J. Sur la roule de Tiddis. derrière Debbabia. — Copie 
du même. 

'VA • LXV • HWffltëS/ 

(nvs v a xx^?; 



Croissaiil 
D M 



V A XXXXI II S H 

i i 

280. [4872]. — Mechta-Nahar. 281. [4889]. Copie du menu;. 

— Copie du même. 

D M 

::iv 

LIVS SEVER SEX SE VER 1 11 

VS V A XXV LIO V A XXXXV 

HSE HSEST 

28^. 4890]. Copie du même. 

£\__ 

(SEVERI FILIAV 

Cf. Corp. inscr. (>//., t. VIII, n" 6916. 

283. [4906]. A un kil. de Mechta-Nahar ; tombe fruste. - Copie du 
même. 

d M 

C EIL IV 

O A 

X\ 

HSE 
V 

Archéologie. 7 



98 — 



284. [44ool. Rouffak. — 
Copie de M. Cherbonneau. 

«TONIA 
Q. F BEL 
LIC A VI X 

AN L X 

28(3. \\\1 . Copie envoyée 
par le même. 

A K E N 

D A M A 
R CE L V 
V A XV 



285. [44 12 j- Copie du même. 
Beaux caractères. 

Rosace. 

D M 

M A X T O N I 
VS ROGA 

287. L 4449'- ^ur un caillou. 
— Copie envoyée par le même. 

D M 

M IAXVAR 
ARVSTI 



288. i486]. Copie de M. Zagrewski, envoyée par le même. 
I. i : M SINNIVS CRES 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° l>5<j9 b . 

289. i i4<j5j. Copie envoyée par le même, et copie de M. Zagrewski. 
Celle-ci porte à la ligne l re . 

D o M 
VR8ANIVS XA 

Cf. Coi-p. inscr. /»/., t. VIII, n° 663y. 

290. [45i3]. Copie de M. Zagrewski. 




291. [4519] Copie envoyée par M. Cherbonneau. 



SECVX 
DA V A LXXXV 



— 99 — 

292. [45a4]. Copie de M. Cher- 293. [4524]. Sur une dalle brute, 

bonneau. — Copie du même. 
V A LXXV VII 

H E S 



294. [4524]. Copie du même. 



IVESI 
E X S 

XXX 



295. [4524]. Copie du capitaine Maréchal, envoyée par le même. 







I^SE 






E X S 






XXX 




290. [4527]. Copie 


297. [45 2 y]. Id. 


298. [453i]. Id 


envoyée par le même. 






VLI 


D M 


M S A 


M V S L I 


1» 1 V I E I 


R S O Y 


OIVS VIX 


Q. ES P CI 


1 X I S A S 


AN XXXO 


S Y A 


S O D A L I S 


T B Q. 


XXV 


V A XXX 

x v 


299. [4535]. Id. 


300. [4552]. Id. 


301. L 456'2 . Id 




O V 


C CAECIV 


CORNEL1A 




Cil CI 


S • NIVALIS 


S I S O I VA 




LIA 


V A LV 


X X X Y 




O X O I A 


USE 


E S H 




V A XXX 






302. [45 7 2]. Id. 


303. 


[45 7 5]. Id. 


D M 




D M 


R M A X 




M A G A R C I 


V S Q. V E 




LIYS YRBA 


TVS 




X Y S VI X 


VIX ALVI 




AXIS LV 




H S E 







— 100 — 
30-i. [4621]. « Lettres mal formées. » — Copie de M. Cherbonneau. 

CLMAXCIAgl 

s s o a A L I S 
V A LXV 

:305. [4638]. Autel avec moulures; 306. [4702]. Copie du même, 
belle écriture. — Copie du même. 

D M P VITTIVS 

P H T R E I A I OSPES 

LA ETA Cadre vide. V A LI 

V A LXXXX V ! S H E 

H S E 

307. [4763]. El Goléa. 308. [ijiij. 309. [4824]. 

Copiede M. Cherbonneau. 

IVLIA MVSTI IVLIA AELI 

ri LIA V A XLI Cil I ^ A ANI 

H S E VIXIT MA 

AXIS LV SI 

310. [io54]. kl. 311. [io56]. Id. 312. [io5 7 ]. 

D M D M D M 

P I A X I V L 1 V S C IVLI 

ARIVS MESSIVS V S W 

V A L X X V A X X I S V A C V S 

XXXV 

313. [io58]. Id. 314. [10G0]. Id. 315. [io63]. Id. 

D M D M S D M 

I I V L I V S IVLIA IVLIA 

RVSTICVS P E S I A ROGATA 

V A LXXV V A LXX" V AN 

LXXV 
H S E 



— 401 



31G. [io64]. Id. Copie 317. [k»;.",]. Id. 318. [1080]. Id. 

M. Cher])onneau. 



D I S M 

E V S 

I. X X X X ! 



D M D M 

L LESBIVS SEXTV 

Q. V I R I X A 
Q.V I X TVS 
V A XXXV 

319. [5o24, v ]. Ain Kerma. — « Dans un pavé ». — Copie du même. 

Iant'M 





320. [5o25]. Cippe en forme d'autel, haut de i m ,4o, large de o m ,8o 
d'un côté un urceus, de l'autre une patère. — Copie du môme. 



! M 

,'jxILA 

/H E B Q 



D M 
CAEDINIVS 
CRESCENS 

V A IX H SE 



D M 
CAEDINIVS 

GLORIOSVS 

V A XXV H S 

E 



321 . [5027]. Autel haut de i"V'7 ; urceus, patère. — Copie du môme. 



D M 

M E M O R 1 A E 
ANTISTILFAE 

II O X O R A TE 
V A LXX H S 
EST OT B Q. 



— 102 — 

322. [5o2 9 ]. Copie de M. Cher- 323. [5o3a]. Copie du même, 

bonneau. 

D M -M E M O 

C A E C I L I RIECODE 

A HONORA NIS V A VI 

ta va xxin Qf iS ' or> fe Constantine , 

h se o t b 1862, p. 120, n° 169. 

324. [5o35]. Hauteur i m ,o4; largeur o m ,4G. — Copie du même. 

D M D M & 

A X T O L D O M 
NIA # SA ITIVS M 
BINA V ARTIALI 
A X L V I S • V • A( 
LUI O/ 

325. [5o42]. Ain Phouwa et lieux voisins. — Copie du même. 

D (Rosace) M 

PIVL1VSIA 

N V A R I V S 

VA XXXI 

H S E 

326. [5o46]. Ferga Tadjin. — Copie du même. 

IVLIADA 
TIVAVAL 
LXL • V • IF 

327. [5o4gJ. Ain Phouwa. — Copie du même. 

(Rosace) 

D M 1 V 
LIAMAX 
I M I N A 
VALX X H S 
E O T R O 



— 103 — 
328. [5o53]. Ferga Tadjin. — Copie de M. Cherbonneau. 



M M V X T I 
YS- SEVERV 
S • VA LXXX 



329. [5o63]. Sur un tombeau en forme de caisson Hauteur o m , ]■>, 
largeur o m ,35. — Copie du même. 

D M 
M O R I A 

0. s filyict/ 
O R I S v7 

[Renier développe les lignes 3 et 4 par : Q. Seii Victoris. 

330. [5o64). AïnPhoinva. — Cippe 331. [5o65]. Autel. — 
en forme d'autel. — Copie du même. Copie du même. 



D M 

S E X I V S 
I A N V A M 

F C V I S [ 



D M 


D M 


S E I A L V 


"mmémà 


CILIAVA 


wmmÈmm 


LXXY H S 


y S F E L I \ 
Y A L X X 


H T B Q. 


H S OS» 



332. [5o 7 2]. AïnKerma.— 
Fragment d'un cippe élégant. 
— Copie du même. 

A L E R I A 

A L I L L A 

i LXXXYIII 
i 

334. [5o 7 4]. Id. 

D M 
L M P R R T Y 

S V I X I T 
AN L I 



333. [5078]. Copie du même. 



C A L I X N Y M <„ v 1 
PVEL E M ... O I V 
P O S A M T I M' I 
NEC DISPtXI PA- 
"» r J ■ H • S Qi E 



Cf. Corp. inscr. lai., t. VIII, 
n° 78.58. 



— 104 — 

335. [i3yo]. Ain el Bey. — Aïn Guidjaou, près d'Ain el Bey. 
Copie de M. Cherbonneau. 

D M 
M CLOD1 
VS 



336. [io83]. Sigus. — Copie du capitaine Aublin (papiers Ber 
brugger). 



/T R I D E V M\ 
J\ V G SAC R V M\ 

\LICINIA0I0F0'j 

\ertricata s p] 



337. [1685]. Id. 



338. [1091]. Id. 



D M S 
IV LIA VRBA 
NA S ACER 
DOS M A G 
N A & V • A • 
C I • 1 1 • S • E • 



ASILIA 
SASAV 
A XL 



340. [i 109 et 1173]. Id. 



339. 11098 et 1173]. Id. 

d m S 

L C A E C I L I V 
S A T V R \ T N V 
V A» X X X V I 

FRATRI 
FRATRES0 

CVBVLI O 
Ci V- AlfCIVAIC 



D M S 

DOi 

EIODECs 



341. [m 3]. Copie de M. 
Cberbonneau. 



GARGILIA SIL 
VAN A V • A • L 
H S E 



- 105 — 

342. [liai]. Copie de M. Cherbonneau ou du capitaine Aublin. 

ascia 
IVLIVS IC 

VSTV 
ATRIMAE§ 

V A III I 
XIT 

343. [1122 et 1173]. Copie du capitaine Aublin (pap. Berbrugger). 

VL ] A 6 LU ~ 
A IVLI MA 
I FILIA 

V A L X V 

H S E O B T Q. 
Cf. Corp. rusa-, lai., t. VIII, n° 5797. 



344, [1120 et 1 173]. Id. 



D M S 
L IVLIVS 
T E R T V L 
IVS V A XX 



D M S 
L I Y L I V S 
IVLI A N V S 

V A I.XX 



:!'.:.. [tir. et ii 7 :5]. Id. 

[lvpi \-y 




.V A LXX II SE 

340. [3oii]. Cuicul. — Copie du D r Lodibert. 

CARROVC 

C A * P I K A X 

TI ATVPI1A 

I O X M X H M II A I 

HOXIC€VAOPIA 



347. [610]. Announa. — Copies de M. de la Mare. 
i re copie, 1. 4 : («NAE sf XA 2C copie : 



r r r r . 



D M S 
M E M O R I A 
GEXTIS ACO 
A X A E S#J? 



Cf. Corp. iriser, lot., t. VIII, n" 565(i. 



- 106 - 

348. [6ii]. Copie de M. de la Mare. 

E M I l I A V R 

B A N A {S MA 
RI • F V # A # 
Y # H • S • E 

349. [625]. Copies du général Creully et d'un inconnu. 



n i\ 

REDVCI 

c 

co 

ERA 

mmmmiï 
wmmmm 

v 

D 



R I M 
E DVCI 
ZEO VS 
DC 
CPO 

1 1 1 1 
C A E S 

D 



Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n c 55-22. 



350. [627 et 5419]. Copie de 
M. de la Mare. 



D M 
L M M 

LIVS 
L F QVI 



352. [629]. Copie deM.Dolly. 



ONIA 
AN A Q. F 
X V 1 1 
SE 



355. [54o3]. Copie du même. 



VV I R 
O R C 
A V 
H S 



351. [628]. Copie du même. 

)N I C A| 
^B EREX lN 

353. [536o]. Copie de M. de 
la Mare. 

HIAEC FI L 

354. [54oi]. Copie du même. 
Haut. i m ,io,larg. <> m ,45. 

TIVAVAS 

LXXF 
S E 

356. [54i 0,1]. Copie du même. 
N-s 



— 107 — 

357. [54i o,6]. GopiedeM.de 358. [54ia]. Haut. o"»,45, 

la Mare. larg. o m ,45. — Copie du même. 

V A L N A E D I X I A 
A M H P • F • L V C I L 

V A X 1 1 1 V A XX H • S ■ E 

H S P 

359. [362 et 1672], Guelma et Ain Nemcha. — Djebel Mahouna. 
Copie du même. 

B O N I C 
B E X E 

360. [362 . AïnNechma. — Copie du même. 

M A L I V S 
S I L V A N V S 

VALXXXV 
H S E 

361. [i564 et 0267]. Sur la face supérieure d'un socle de colonne. 
Dans la ville. — Copie du commandant de "VYulf. 

*k h 1 c 

M E M O R I A 
PRISTINII 
ALTARIS >h 

362. [1572]. Copie de L. Renier, d'après un estampage envoyé par 
le D r Reboud. 

1. 9: NIS VIII A 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 5492. 

363. [1572]. Calque sans réfé- 36-4. [ 1 5 7 4 1 - Id. 
rence. — Papiers de M. delà Mare. 

D M S M A L I V S 

C A L L I S T A SILVANVS 

P I A V A LXXXV 

V I X I T H S E 

A XXXX 
IVTYCHES COX 
I V C I R M L c 



108 



3G5. [i5; 7 l. Bordj des Ouled 
Dhia. — Copie du capitaine de 
Vigneral. 

D M S 

B A R I C 

B A L D A 

F I V I X 

A N X I S 



366. [i5j(j]. Copie du même. 



D 
M S 

: SV S VB 

is^d e cm 
m? vm® 

ot :;ï^& 



367. [53i 5]. Henchir-Nemcha. 
■ Copie de M. de la Mare. 



368. [5319]. Copie du même. 



a M 

EVIX 
AN OS LXXV 

USE 



CNSEDABASIC 
VMAS FIL 
V A LXIII 

USE H S E 



369. L 5325j. — Copie du même. 



sisoi • SEL 

S V M ■ S ■ F 

V • A • X L V 

H • S ■ E 



370. [5655]. Bel-Amar. — 
Copie de M. Zill des Iles (pap. 
Berbrugger). 



Copie de M. Darolle (ibid. 



FELIX s r v c 
TOR SER ■ VI X 
AXXIS XX FEC 
RIKS VXORJj 

.. 



FELIX S R V C 
TOR S E R V V 

AXX XXX FEC 

I 









— 109 — 

371. [5650]. Copie de M. Zill [505;]. Copie de M. Darolle 
des Iles (pap. Berbrugger). {ibid.). 

D M S D M S 

GEMELLAE G E M E L I A E 

|m- s me see |u SAL ' SER 

VIX H LL JM • VI VIX • AN ■ C • M VI 

gHIC • SIT ■ EST II IC • SIT ■ EST 

D A F A AL LE E II V S E T 

IL M E R M A L I E 

FIL ■ ME R 

372. 5658]. Copie de M. Zill des Iles (pap. Berbrugger). 

1. i : ENARIS ; I. 2 : VLICVS; I. 5 : V//7, ILXV; I. ."> : X • VXOR. 

Cf. Corp. inscr. A//., f. VIII, n° 5268. 

373. 566o]. KefbeniFeredj. 374. [566 1], Estampage (ibid). 
— Estampage (pap. Berbrugger). 



AL 






C I N V S • V 

XX XVI II s 

Cf. Corp. inscr. Int., t. VII 1, n 5277. 



CLAVDIA 

G A L A 
V A N X 

H S E 



375. [56bV. Ruines de KefCheb t tnbu des Aouaoucha. — Dessin 
communiqué par le général Faidherbe. 



370. [56G;'>]. 



PCANINIVS 

R O M A X V S 
Q. F A R X I 
V A DXXX 
: v j A A A 

Personnage auprès d'un autel. 
D • M ■ S • AVLA 
PAOAVICï 8IV 

m: daa vxrI 

PIVSVI&XIIj 



— 110 — 

377. [666]. Bône. — Copie de M. Renaut (pap. Berbrugger). 

D M S 
Si V I A N I N 

Isa • vi x • an 

§XVC ME -III 
H ■ S • E 

378. [564?. et 5665] et 371). [5643 et 5665]. Pays des Merdes. — 
Bords du Bou-Namoussa. — Copies de M. de Lamolère, commu- 
niquées par le général Faidherbe. 

Haut. i m ,i8, larg. o m ,54. Haut. i m ,i8, larg. o m ,42. 

D • M • S D • M • S 

M V N A T I A L • I • V • L 1 

C A S T V I. A M V N A I 

PL • PERP- W C E S T I A 

NIC • ÏIVB1RS NV • S • PIVS 

SVNATI FES v'i X • AK\ T 

II • FIL • PI A I 1 • M • X 

VIX • A'N • XLI D • XXVIII 

H • S • E S A • S A N A 

• H • S • E • 

380. [5644 et 5665]. Jd. 381. [5645 et 5665]. Id. 



D M N y PAÏENNE VIVAS CVM TVIS j? 

O I V T Y INE VIVE El VIDE ^ / ^ SPES j? 

S • A • TVR I IN DEO % 

N f N V S 

S • F • C V R 

A • D II V R 

W ■ N • f • N 

1 1 • V G ■ Vj| 

n p xtmm 

382. [5647]. Senkadja, dans le cercle de La Calle. — Communi- 
cation du général Faidherbe. 

R A STI VS| 
N V M I D 1 1 

v • a • x x ; 



— 111 — 

383. [i3oi)]. Souk-Ahras. — Copie de M. Joël Lesavoureux. 

(Croissant) 

D M S T 
C I R R I X 
R O M V - 
II PIVS V 
A X N I S 
X V 1 1 1 
H S E 

384. [1176J. Sidi-Youssef. — Copie de M. Roy. 

L. 1 : COSIDIA MEEIC; 1. 2: II AN VIXIT XXXXVII ; 

1. 3: ossvntr; 1. \ : eovscnverpnij I. 5: I88S8&VISTE. 
Cf. Corp. inscr. tat., t. VIII, n u 46:î;. 

385. [6j5]. Taoara. — Copie du capitaine du Vigneral. 

(Croissant) i Croissant) 

S D M S 
M A I V L I V 
V S 



NVS VI 

X I T AN 

B/IS 



386. [5545]. Mdaourouch. — Copie de M. Masqueray. 

i : A|I jMONA 

2 : " P1A VIXIT ANSH 

Cf. Bull, de Corr. afric, t. I, p. 292, n n 266. 

387. [5548]. Copie du même. 388. [556ij. Copie du même. 

DIS D M S 

M A N I B V L F A B R I C I V S S A 

S S A C R V M TVRXINVS l-'ELICI 

A V I A M AT A N V S P I V S V I X f .M 

VNIS VIXIT NIS VIII H S E 
AXIS XXX 





112 


— 




3563]. ld. 




390. 


[5564]. Id. 


D M S 






D M S 


F.VNIADATA 






F A N I A 


V I X I T A N 






M A TRON h 


N I S XXXV 






V A 


II S E 






C V 



3$1. [5583]. Id. 

D M S 

IVLIA VICTORIA 

VIXlT ANN 

Lxxv 

II • S • E 

392. [56o5]. Copie du même. 

1. 3 : VCTARO; 1. l\ : DVXIT. 

Cf. Bull, de corr. afric, t. 1, p. 2<p, n° -270. 

393. [56o6]. Copie du même. 

î. 2 : mrnmim rpi. i. 3 : mmm?. ni. 

Cf. f7>//K mscr. /«/., t. VIII, n° 4726. (Inscription de droite.) 

394. [56o8]. Copie du même. 

cMHMflUBv 

R I S I VS V IX I T 

AN L X X X X 

mmmmmmmm 



395. [56i2]. Ksow Mahres, près de Mdaourouch. — Copie du capi- 
taine de Vigneral. 

IN PACE vixrr 

ANNIS LXX 

390. [5286]. Kremissa. — Copie du même. 

CEI • it f AMA 
O R I C A I V P P I F g 






— 113 — 
397. [0293]. Copie du capitaine de Vigneral. 

ZABO IEPTAN 

IS FILVS VI X 

IT AXIS L"" 

HIC SEP 

398.[i6a8eta45i].jffou-il/ , ten.— 399. [1629 et 2495]. Copie du 
Copie du commandant Rouvière. même. 

M#LICIXI VNA 

VS'BELLIC TI FIL 

KOMAX CIV • R ■ 

FPV P • V A XV 

II • S • E 

400. [i63o et 243g]. Copie et estampage du même. 

M VIT II VX -VIC 
TORIS • F • SACER 
DOS CAELEST 
g/ 1 X I T TAN » X C 
O • T • B • Q. 

401. [i63i et 2477]. Copie du même. 
'• 5 : V • A • LXXI 

Cf. Corp. imer. lut., t. VIII, n° 4839. 

402. [i633 et 2418]. Copie du même. 

C • CAL • PVR 
XIVS • s • 
S I L V A X V • 
P • H • S • V 
A • L X X X V 

403. [i635 et 2438]. Copie du même. 

I. 1 et 2 : MARCVS TjFREXTIVS 

1.5: AX L X X V H • S • E 

Cf. Reboud, Rec. de la Société de Constantine, i885, p. 54, n° 09, 
Archéologie. 8 



114 



•404. [i636 et 2440]. Copie du commandant Rouvière. 

L M S 

MAVON BAC AS A 

nia : '.; : ';;fiBALi 

p h 1 l a l 1 i rmmmm 

ISFIL • CO 

nivx.Iac 
ksfSnBs 

PIA-V-A-I 

405. [1637 et 2487]. Copie du 
même. 

B A E B I d L M 

A-EVDE PAC AT A 

Cadre 
M O S I N V • A • 

ville 

Y • A • XXXX LX X X V 

V • P • H • S • E H • S • E 
Cf. Reboud, loc. cit., p. 37, n° 9. 

407. [i63 9 et 2463]. 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 43, n° 25. 

408. [1639 et 2404]. Sur la face latérale droite de la même pierre 



SESlEi 
MMivs 

V • A • L X X 

406. [i638 et 243i]. Copie du 
même. 



B E ^ 

PA 

p -\ 

XXX V 

H-S-E 



lCAS 
V-A| 



il® MA 

uwmm 
mmmm 

P • V 



H 



409. [1640 et 2411]. Copie et 
estampage du même. 



BAL 


I B A 


L I S 


S T A 


• T A N I • 


FI • 


IVS • 


N A 


M 


P H 


M 


BALIBALIS 


FIL 


IVS • 


VIXIT 


A T IS 


xxli 


[ • H • 


S • E 


BALIV N 





Cf. Reboud, loc. cit., p. 4", n° 1 9. 



1 v L 1 A 

C A E S 
O N 1 

M • P • V 

H S E 



410. [1641 et 2497]. Co P ie 
du même. 

MARC D M S 

ELABA BARZAZ 

RICHIS B V L L I 

AIX VIXSIT 

ANIS 

XX H SE 

SPESIN 

AVAXI 

Cf. Reboud, loc. cit. ,ip. 55, n°64. 



115 — 



411. [1642 et 2490]. Copie et 
estampage du comm. Rouvière. 



BARICBAL SE BAEBIA RO 

VERI FILIYS GATA • P 

Y A V • A • C 

LXXXY H S g 

H • S • E 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 60, u° 7^. 

413. L l6 44 et 2499J. Copie 
du même. 



412. [i643 et 2433]. Copie 
du n.ême. 

D • M • S D M S 

IVLIA PHjflKJ BARICIA 

FELICIS • FI ClOXlf 

PI A • Y • A V k{* 

H • S • E H • S 



U) 
BEREGBAL 
BARBARIE 
F I L • V • £f A 

L \* 



S A T Y R Y 

s • q a p • v 

A 9 XX V 

H • S • E 



414. Li G45 et 2410]. Copie 
du même. 

c a b 1 x 1 A 
IVLIA 
(Cadre vide) AYRELIYS BA 

R-F-QVIETMVS 

AX-Y-LXXY-H-S 



Cf. Reboud, loc. vit., p. 55, n. 63. 

415. [1647 et 2485}. Copie 
du même. 

C E L S I N V S V R 

B A X I • F I L • P • 
Y • A • L X X I I 



416. j 1 648]. Copie du même. 



FABR1CIA ÎO 

rTyxata CEI 

S I X I • Y X O R 
P • V 



Y A S I A • C E L S I 
XI-FIL-P-Y-A-X 
H • S • E 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 35, n° 4- 

417. [1649 et 2425]. Copie 
du même. 

C H 1RTIJYRBAXA 
SIS-XXXI CHIRTISI 

ap |svxsân 



C I I R 1 1 S C 
1 1 S • P 1 1 C Y L 
I A R I S • V 
V • A ■ X X X 
H S E 

418. |i65o et 2460]. Estam- 
page (côté a) et copie (côté b) 
du même. 

x a F a x c • c o R 

a, E S A T Y X E L IVS << , 

R X I X I SATYRX 

F • Y -A I X Y S V 

XXXV A • I* 
H S E 

Cf. Reboud, op. c*Y.,p. |8, n°3g. 



- 116 — 
419. [i65i et 2416]. Copie du commandant Rouvière. 



\C O N 


E L I A 


V s 


B I A C A 


\VR 


V A LV 



420. [i65 2 et 2458]. Copie 
du même. 



421. [i653 et 2434]. Copie 
du même. 





D E R E S 






DO'MITIVS 


A T V R N I 






V E N V S T V S 


N I • F • V • A 






P V A 


LXXV-H-S-E 






XLI H S E 
DOMITIVS 
O P T A T V S 

P V A 
XXI H S E 


Cf. Reboud, loc. cit., p. 


49, 




Cf. Reboud, loc. cit., p. 53, 


n° 43. 




n° 


5 7 . 


422. [i655 et a5oo]. Id. 




423 


. [i656 et 2480]. Id. 




FLORI j 






/ 
FORTVN ( 




VFIVX ( 






TA • SAT ( 




PIA • VIXIV 






RI • FLA ) 
I • F • j- 


VA 


ANN I S ' 







SE 



LX XI 
H • S • F 



424. [i65j et 2453]. Copie du même. 



FRVCTVS • 




REPENTIS • F 




I • P • V • A • L 




H • S • E 


I VL • M ATRO 




NA • IVLI 




FRVCTI • VXOR 




P-V-A-L-H-S-E 






Cf. Reboud, loc. cit., p. 46, n° 34. 



_ 117 _ 

425. [i658 et 2470]. Copie et estampage du commandant Rouvière. 

GlIMIILLV 

S FIILICIS 
FIL • V ■ A 



C R E S C I N 

a -'saTvrn 

NI FIL V A 
XXXV ■ H • S 



XXXX'H-S 



426. [1659 et 2468]. Copie du même. 







I V L I A V 




D • M • S 


C T O R I A 
V • X • A' • I IBB 


MRNHMKV a 


S A T V R 


GERMA 


ISVEHBARI 


NINA SE 


N V S N A 


FIL • V • A 


CVNDI FIL 


M pua 


XXX 


V I X I T 


M O N I S 




A N I S 


F I L • V • A 




XXV 





Cf. Reboud loc. cit., p. 54, n° 61. 



427. [1660 et 2436]. Copie du 
même. 

D M s 

H I L A R V S 
P R I M V L I 
F I L • P V A 
XXX H-S-E 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 53, 
n° 58. 

429. [1662 et 2494]. Copie du 
même. 



IVLIA IV 
N V AR I A 



HONORAT 

VS-EVTISI 

I V-A-LXXX 

i I • H • S • E 



428. [1661 et 2404]. 
p h N o 

R A T V S A 
M FRI CA 
gANI FIL 
V I X • A N 
X X XX 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 5o, 
n° 4/- 

430. [i663]. Copie et estam- 
page du même. 

H o r d 1 o 

N I A T I 
FIL V A 
XXX H S E 



— 118 — 



431. [i664 et 2432]. Copie du 
commandant Rouvière. 



PA/' 

y 



Q. • ICILIVS 
LVS V I X I T 
A N N I S 
XXXIII 

433. [1668 et 242;)]. Copie du 
même. 

D M /// 
I Y L I Y S 
C E X T I 
Y • A • LX 
H • S • E 



435. [1670 et 2457]. Copie du 
même. 

I V L I V S • C R E S 
C E X S PIVS Y 

Y I X I T A X X I S 
LXXXV • H • S • E 



[16-4 et 2460]. Id. 



M«Hfv<H« 


F E L I C I 


YS VIXIT 


Y III N 

1 



IVLV S 
H O X O 
RATYS 
S A T Y R 
X A V X 
OR HO 
X R A T I 



432. [1667 et 2447]. Copie et 
estampage du même. 



%YLIVS CAS 
T R E X S I S 
PIVS ■ V • A 



434. [1669 et. 2406]. Copie du 
même. 



IVLIVS CRES 

CEXS . firmI 

FIL • FYRXA 
RIYS • PIYS 



F O R T Y X A 
T A • R O G A 
TI • FIL • CRE 
C E X T I S ' Y 
X O R • P I A 
VIX • A X X 
LUI 
H S F 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 42, n° 23. 

436. [1671 et 2475]. Copie du 
même. 

D • m • s 

mmmi v mmmm i 

F A V S T I N V S 

n • ivlii Romm 

X I S • FIL- PIVS 
V • A • XX • H • S • E 

Cf. Reboud, loc. cit.^. 49,n°42. 
438. [ 4 6 7 6 et 2426]. Id. 



G R A X I A 
S AT V R 
NIXA P 



Q. • IVLIVS 
X V D I N A 
TVS 



— 119 — 



439. [1679 et 2452]. Copie du commandant Rouvière. 

M • I V L • V I I V L I A H O X O 
RATA • BARBA 

A • X X RI • FIL P V A LXXXV 

H • S • H M • I V L • B A 

R B A R V S • V 

A-XXIII-H-S-E 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 38, n° 1 1. 

440. [1681 et 244-î]. Copie du même. 

IV LIA IV.II F 

V • A 
L X X X • 



441. [1682]. Estampage du 
même. 

I V L I A M A 
X I M A C O X 
IVNX IVLI 
FELICIS IVL 
LEPORIXI FI 
LIA V A E 

443. [i685 et 2419]. Copie du 
même. 

IVLIA SATVR 
XIXA IVLI F 
S E V E R X V 
X O R • VI 
A LV • H -S • E 

445. [1687 et 2491]. Copie du 
même. 

LIBOSA CLIIM 
XTIS FILIA VX 
A X VIIII 
H • L • S 



442. [1G84 et 2466]. Copie du 
même. 

D M S 

IVLIA P 
A L L I X A 

P I A V A Hadre vide. 
X I S • X L 
H-S -E 

Cf. Reboud, loc. cit.. p.42^n°24- 

444. [1686 et 2409]. Copie et 
estampage du même. 



P R E G N A 
SILECISF 
IVSTI 
VXOR • V • 
A • XX XX 
H • S • E 



D • M • S 
I V S T V L V S 

BARICBALIS 
FILIVS • PI • 
V-A-XL • H • 
• S • E 



446. [1688 et 2488]. Copie du 
même. 



v E R r 1 A 

MVLSVLA 
FEBIXI • V 
XOR • V-A 



L • LICIXI • FE 
BIX -V-A 
LI • H • S • E 






— 120 — 

447. [1689 et 2417]. Copie du commandant Rouvière. 
I. 1 : LVSARINIS • F 

Cf. Corp. inscr. lot., t. VIII, n" i843. 

' 448. [1690 et 2476]. Copie du 449. [1691 et 2471]. Copie du 



même. 



^; 



M 

ARTIAL 
IS • vx 



LI 
M 
PIA 



même. 

D M 

VXOR MAR 

wS$»avi(CT? 



m s • e 



P V S ' MAR 

T I A L I S 

F • V • A • LXX 

H • S • E 



450. [1692 et 2407]. Copie du même. 

Croissant. Croissant. 

D M ' 

M A X I MA XI 

MA BEL MVS 

LICI • FILIA I V L I A N I 

M A X I M I FIL # BARI 

CO NI VN X CIS- NEPOS 

RARISS I M \IXIT 

ET OPSE NISLXXX 
Q.VENTIS HSE 

S I M A M A X I 

VIXIT AI MVS MA 

N IS L XXX XI M I F I : 

C-T____ I V S I V L I A 



Cf. Reboud, loc. cit., p. 5i, n° 4g. 
451. [i6g3 et 2442]. Copie du même. 



D O 


M I 


L I 


A • 


VR • 


BA 


NA 


• V 

c 


• A 


H • 


s • 


E • 


M • 


MAMO 


VI A • XVII 


H 


• S • 


E 



C • 
I VS 
V • A 

a • 



M E M M 
• FELIX • 
• C • 
M E M I V S 



P R I M V S • 
A • CVII • H • S 

Cadre vide. 



Cf. Reboud, loc. cit., p. 3g, n° ii. 



121 — 



452. [i6g5 et 2472]. Copie du commandant Rouvière. 

N V M I S I V S 

DATVS- VIX 
I T • A X I S • L 

H I C • S I T 



453. [1696 et 2406]. Id. 

OPPIA • SATVÎ 
X I X A • V • A 
X X V • H • S 
E 

455. [1698 et 2473]. Copie du 
même. 



D M 



IVLIA 



Q.VIX 
TVS 

ç v n ,. 



454. [1697 et 2423]. Id. 

POLITVS-SA 
TVRNI-F- 
VIXIT-ANIS- 
X-VIII 

456. [1699 et 2454]. Copie du 
même. 

Croissant surmonté 
d'une palme. 

IVLIA R O 

GATI • FILIA 

P I A V • A • 

C I • H • S • E 



Croissant surmonté 
d'une étoile. 

JV I X T V S 

/x • T R I • F I L 

(i V S • V • A • 

|L X X X V I I 
/S • E 



457. [1700 et 2496]. Copie du 
même. 

ROGATVS 

BELLICI-F- 

VIX • AX 

XVIII 

H • S • E 

Cf. Reboud, toc. cit., p. 58, n° 77 . 



458. [1701 et 2469]. Copie du 
même. 

ROGATVS FAVS 
TI F • V • A 
LX 



Cf. Reboud, toc. cit., p. 42, n°28. 
459. [1702 et 2474]- Copie du même. 



D 


M 


s 


R V F I 


MAX I 


M A S 


X V S 


M A F E 


IMVS 


M V R 


LICEFI 


RVFI 


A C I S 


LIA P- V 


XI 


P • V • A 


A • XXXX 


V A . 


LXX- HS 


H • S-0 


xv 


Etf 






Cf. Reboud, loc. cit., p. 58, 


n° 7^. 





122 — 



460. [iyo?> et 2462]. Copie du commandant Rouvière 

d m s 

I V L I A I • SALLVS 

S A T V R TIVS 
NINA • P • M A R C PI 

V-A-LXXV IVS- P • V • 
H • S • E A • LXXXV 
H • S • E 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 47, n° 36. 

461. [1704 et 2408]. Copie du 
même. 

SATVRNIN BIRIClf 

VS BARICHIS F R O N T O 

N E S • F • P 

V • AN LXXV 

H • S • E 

463. [1706 et a5oi]. Copie du même. 

Rosace. Rosace. 

S A T V R S A T V 
VS SATRNIA 

V R I B V S A T V 
L-DESI-FILRIVX 

V • A LXX H • S • E 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 5g_, n° j5. 

464. [1707 et 2484]. Copie du même. 
a) 1. 5 : vxor p-v-a; I. 7 : lolvs sa; I. 9 : 

Cf. Corp. inscr. lut., t. VIII, n°484t. 

465. [1708 et 24i3]. Copie du même. 



F • V • A • XXXX V 

H S E 



462. [1705 et 2489]. Copie du 
même. 

SATVRNIN 

V S • C L E M 
ENTIS • F- P 

V A • CV 
H • S ■ E 



FIL-P- V-A-XIII. 



S A T V R N I 


S E I V S F O 


N A B A R B 


R T V N A T V S 


fm^wsssw 


BIRIC • F- 


C A P V L V 


V • A • L X X X I 


S • VA-XXXX 


H • S • E 


H • S • F. 


SEI A 




B I R I V S 




F O R T V N 




A T V S • F • V 




A • X X V • H • S 



Cf. Reboud, loc. cit., p. 4*, n° 21. 



123 



466. [1709 et 2412]. Copie 
du commandant Rouvière. 

MpfSERVILl 

V S # R O M 
N V S & P I V S 

V • A • LXV 

H • S • E 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 5a, n° 55 

468. r 1 7 ' -^ et 2420]. Copie du même. 

TREBIA • L • F • 

rogaTa • PIA 

VIXIT • A • XXV 
H • S • EST 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 4«, n° 17. 

469. [1714 et 2481]. Copie du même. 



467. [1712 et 243o]. Copie 
du même. Excellente gravure. 



STORIA 
M A 1 1 OR 
P • V • A 
XI • H • S 



Cf. Reboud, loc. cit., y. 53, n° 56. 



AELIA SA 

TVR NINA 

V • A • LXV 

H • S • E 



L • VAL) 
V S F El 



V A L Xl 




470. [1717 et 2428]. Copie du 
même. 

^*T~XT~F~k C 

V S • P V I V i s 

V • A • X X I • H • S • E 



472. [1720 et 2446]. Copie du 
même. 

m v E r r 1 v s 

R O M V L V S 

VIXIT ANNIS 
LXV • H • S • E 



471. [1719 et 24i5]. Copie du 
même. 

VERRIVS FO 

RTVNATVS 

V • A • LXIII 

H • S • E 

Cf. Reboud, loc. cit., p. 52, n°5i. 

473. [1722 et 2422]. Copie du 
même. 



V s T 1 CA 

R D O N I 
V • A • LXV 
S • E 



V E T V 
XS • XRB 
NXS • X • A 
LXXXI • H( 



— 124 



474. [1723 et 2427]. Copie 
du commandant Rouvière. 

p v \ 

VI ctor\ 

F • V • A • XXV 

H • S • E 

476. [1725 et 2498]. Copie du même. 



475. [1724 et 2441]. Copie 
du même. 





477. [53i et 1971J. Fedj Berkouch. — Copie dumême. 

autre copie APERIVS 



D • M • S 
A P E R I I V S 

P R I M V S 
VIX • AN • XXX 

H • S • E 



478. [532 et 1968]. H. o ra ,38; 1. on>,68. — Copie du même. 



D 



M S 
I V L • M A T R O 
N A VIX AN 
XXXV • H • S • E 
IVL • NAMPVN 
IVS 

479. [533 et 1979J. Copie du même. 

d m s 

A V F I 
DIAGE 



D M S 
APERIT 
VS SOD 
AL V-A 
XL-H-S 



D M S 
A V F I D 

IVS AV 



CVS VI 
XIT A • L 



I V I X 
V I X I T 



La copie primitive du commandant portait 






AVEI II DIAGE II IVIX 



— 125 — 



480. [48 1 et 1974]. Copie du 
commandant Rouvière. 

Deux roues à six rayons. 
S 



D • M 
AVFIDIV 
S AVFIDI 
A N V S V 
A LV 
H • S • E 



Cadre 
vide 



481. [535 et 2012]. Copie du 
même. 



D 



M • S 
F I D I V S 
RCVS 
AN 

XXXV 



482. [536 et 1973]. Copie du 
môme. 

Q. • A V R E L I 
V S F E L I C I 
A N V S VI 
X I T A N N I S 
xx ET FELICI 
A N V S I V X 
A § X V 



483. [537 et 1990]. Copie du 
même. 

H • S • E 

d ummm 

C A X I X I A 
A V G V S T A 
VIXIT • AN 
X I S XIV 
H SE 



484. [538 et 1970]. Copie du 
même. 



485. [539 et 1985]. Copie du 
même. 



D • M • S 


D • M • S 


D M S 


D M S 


I V L I A 


AVREL I 


BERET 


C • CECILI 


R O M A 


V S XI 


V I X I T A X 


V S X A R E 


X A 


NVS 


XIS LXXV 


VS • VIXIT 


Y IX 


V I X A X 




A X L X X V 


A X LV 


LXXV 







486. [54o et 1996]. Copie du même. 
d m s 




D M 


S 


C ES S I A 


IVLIA 


VI 


XIT 


AN 


XIS 




H • S * 


F • 



D M S 

D O M I T I 

VS SICIO 

R VIXIT 

A X N I S 

XLV 

H S E 



— 126 — 
487. [54i et 2018]. Copie du commandant Rouvière. 



D M S 


D M S 


ivl|a 


E R E M 


QVETV 


VS GVD 




F VS VF 




A L X X 



488. [542 et 2007]. Copie du même. 

Deux bustes. 



D M S 


D M S 


$8$&VRNI 


VICTOR 


NVS KAS 


IA 


H R E N S I S 


V A iX: 


V A LXX r 


LV 


h mm* 





D M S 

WBBmssmm 

SffiUCILÇ 

V A L X | L X X V 



Estampage de la face «) FVRNI || VS KAS||TRENS1S 



489. [543 et 2019]. Copie du 
même. 

D M S G R I 1 A S 

ISO FIL 

PIVS VIXIT AN 

XIS XXX H SE 



490. [544 et 1986]. Copie du 



même. 

G V M E Z • V I X 
A N O R V M 
Q. V I N T A • E V 
VXBE • HN XR Z V 



491 



. [545 et 1969J. Copie du même. 



Roue à 6 rayons 

D • M • S 
C I A N V 
A R I V S 
V I X 1 T A 
N N O S 
LXX H S E 



12" 



492. [546 et 1981]. Copie du 
commandant Rouvière. 



D • M • S 
I X G E X 
V Y S I V 
X I O R Y I 
XIT AN XXV 



494. [548 et 201 4]. Stèle, à 
double compartiment, celui de 
gauche non gravé. Copie du 



493. [54; et 1970]. H. o ra ,5o; 
1. o m ,36. — Copie du même. 
d m s 

M IYL • BA 

RIC V A 

L H 

S E 

495. [549 et 1994]- Copie du 
même. 



J11CI11C. 

D 


M S IVL Ci 

I Y S Y I X 

A L X 
I VRBAN A 
VIXA X HY S 


D M ii 
EMILIA 
MATRO 
X A Y A 

H • S • E 


D • M • 
I Y L I Y S 
CRESCEXS 
Y I X I T A 
L X X X X V 
H • S • E 




496. 


[55o et 1997]. Copie du 


497. [55 1 et 1987]. Copie 


du 


même. 




même. 






1 Y L I Y S 


I Y L I Y s 






C R I C I I S 


F L O R Y S 






YIXIT AN 


YIXIT 






LXXV 


ANXIS XC 






H • E • S 


HES 




498. 


[552 et 2001 j. Copie du 


499. [553 et 2002]. Copie 


du 


même. 




même. 






IV L I Y S 


I Y L I Y S 






M A X I M 


X I X Y S 






VS&fftA 


YIX • A XXX 






CY 


H • S • E 




500. 


[554 et 2011]. Copie du même. 






a m s 


a m s 






IYLIYARCIA 


I Y L I Y S X Y 






LIW&YIXIT 


XaiXARIY 






LfV 


S Y I X I T 

LXXV 








H • S • E 










128 



501. [555 et 1977]. Copie du 
commandant Rouvière. 

jlVLIVS PAc[/ 

c i v s v i x i 
Iannis lxxxKv 

503. [557 et 1989]. Stèle 
double dont le côté droit est 
resté vide. — Copie du même. 
1 v l 1 v s 

Z A B B V R 
VIXIT • AN 
NIS 
LV 

H S E 
505. [559 et 1998J. Copie du 



502. [556 et 1980]. Copie du 
même. 

D M S 

I V L I S O 
L V T O R 
V A XX* HES 

504. [558 et 1972]. Copie du 
même. 

I V L I A CE 
M I L L A V 
ANN CXXV 



506. [56o et 2009]. Copie du 



même. 






même. 












(Deux pc 


'sonnages debout faisant des liba- 
tions sur un autel.) 


D I I S MAKI 




D 


M S 


D .M S 


B V S • I V L I A 




I V L I A 




M A X I M A 




S I 


B L M 




V I X I T ANN 




V 


X A 




XXXXL • H • S • E 




lx; 


•H -S-E 




507. [56i et 1982]. Copie 
même. 


du 


508. 
même. 


[562 et 1983]. Copie du 


I V L I A 






D • M • s 


V I T A L I S 






A V P RI 


V A • VLXX 
H S E 






R I V S 

V IX 

X X X X 


509. [563 et 2022]. Copie 


du 


510. 


[564 et 2017]. Copie du 


même. 




même. 




LVSIMV 


%mmà 




M I 


N v 


a C M A N 


nH«i 


fflZ&WM 




C I A 


S A 


LWvixffiZ 


V A c 


'(: : >;Xï 




S T 


X A 


LVXXX A 


H S E 


Lxxx 




LX • 


ISXC 


IS^S&CV 




H S E 








Copie primitive, 1 


. 3 : 


SFVA 









129 — 



511. [565 et 1991]. Copie du commandant Rouvière. 

Y S 
M A R T I A 
LIS VAN 
NI S I.XX 
H • S • E 

(( 2 e inscription, i ro ligne : lego d M s » [Renier. 

512. [566 et 1 995 . Copie du même. 



D 




M S 


L 


I c 


I N I 


A 


M 


ART 


V 


X 


V A 


LXX 


• H SE 



Trois 


roues. 


D • M • S 


d?.;:; 


M A R T I 




A LIS 


" •'.£••'! 


VICSIT 


vie 


LXXX 


LXXX 


D • M • S 


X V N D I N A R 1 V S 


VICSIT A X X I S 


XL 



51 i. |56(S et 1 ()(j[)\ . Copie du 
même. 

d • m • s • M A 
X 1 M A M A 
X 1 M A E F 
Y I X 1 T A X 
XY ■ II • S • E 



Au-dessus, deux cases vides. 

513. [56; et 2021]. H. o m ,62, 

<> m r 53. Copie du même. 

D M^a?M;- 

c y sSA$&«MMMI«|i;'. 

M A Y I X I tI.U A X I M I 
AXXIS CXvJfI • VIXIT 

|anni cxxy 

515. [56(j et 1984]. Copie du même. 

D M S 

M O N I A N V S 

M A R S A C H I X F 
Y A XXXXY • H • S • E 

516. [070 et 2010]. Copie de Renier, d'après un estampage 

Dis m x 1 B 

V S S A C R X Y L 
ADAZE ARGEX 
I • F • VIXIT- AX 
LXXX • Il • S • E 



Archéologie. 



•1 



— 130 — 
La copie du commandant Rouvière portait, 1. 3 
517. [5ji et 2016]. Copie du même. 



ALA\ I AR-CEX. 



D • M • S • 

VARBl) 
P VIXIT 
A* X X 



D • M • S 
X V M I S 

V I X I T 



Al XX 



X 



Le carnet du commandant Rouvière portait, 1. \ : AN xx||aîÏXXX. 
518. 072 et 1960]. Haut. o m ,j<>; larg. o m ,5o. — Copie du même : 



D M 


s 


QVIX 


Ta 


SIVS 


• VI 


xiT 


AN 


XIS 


VII 


H • S 


■ e 



D .M S 
1 V L I A 

v 1 x • 1 T 

A X X 1 S 
L- H • S -E 



519. [5-3 et 202.I]. — Copie du même. 

R E D E AV V 
TA BRO 
M I VXO R 
PI A VIXIT 
AX L 



H S E 

ce Je lis sur l'estampage : redemp||tabro|| » etc. [Renier]. 



SiJO. [074 et 2000J. Stèle double, 
dont le côté droit est resté vide. 

D .M S 
SALLVSTIVS 
CAJMVS VI 
X I T A X CX 

H -"s • E 

522. [576 et 1993]. — Copie 
du même. 

S E R V I L I 

A S O R R I S 

F • VA LXXX 

II • S • E 



521. [675 et 2004J. — Copie 
du même. 

SATVR • SI 
X E R O T I S 
F • PVIX A 
XX LXXX 

523. [077 et 1988]. — Copie 
du même. 

S I D I X A 
V • A • CI 
Il • S • E 



— 131 - 

524. [5-8 et 1992]. — Copie du commandant Rouvière. 

SITRONA MATRO 
X A V I X I T 
V X O R V I X I T 
AX XX • H • S • E 

<( Estampage, 1. 2 : na yiccit&H&x » [Renier]. 

525. [079 et 2000J. Stèle à deux compartiments, dont celui de 
gauche est resté vide. — Grossière, mais lisible. Copie du même. 

D M S 

tex vc 

v s i> 1 x 

VVS YX 
L, 



'H S E 



526. [58o et 1978]. « Très 
exacte. » — Copie du même. 

V A R VBA • SE S 

VM F • YXX&ïiVIl 
H • S • E 



527. [58 1 et 2oi5j. — Copie 
du même. 

dV 

Q. • VI LV l\ 

B A X Y S 
VICSITANIS 

L X X X X V 



528. [582 et 197(31. — Copie du même. 






M 


S 


B 


A R I 


c 


Y 


I X I 


T 


A 


X X 


I 


S 


LXXXV 


H 


• S • 


E 



D M 


S 


Y E R 


1 X' 


Y 1 X 


I T 


A N X 


I S 


L X X Y 




H • S 


• E 



S OU VIR1VIS 



529. [583 et 2oo3j. — Copie du même. 



D 


M 


S 


XL V 


V L 1' 


Â~x" 


X AB 


S I L 


C I R 


V R A" 


EN 


RVS 


Y A 


V A 


V I X 


z 


XVII 


ÂCY 



VLP FORTVN 

V A«««W 



132 



« Estampage des deux premiers compartiments, conforme à la copie » 
[Renier], 

530. [584 et 2006]. Copie du commandant Rouvière. 

M® m s 

V O L V S I A 
1ANVAR1A 
VX A XXX" 



531. [585 et 2 01 3]. — Copie 
du même. 



%mm%m$$ 


D M S 


Y S • CRES 


N A B Y 


CENS 


R V • 


YIXIT AN 


Y IX • AN 


L X 


/' 


H • S • E 





532. [586 et 2020]. Gravure 
grossière. — Copie du même. 

t&g S I I O 

HO» NE N I • C 

iANI R E S C 

HVICX ' E N S 

H S E I VALV 



533. [587]. Copie du même. 



L I Y S V I X I T 

ANNIS LXXY 

H • S • E 



534. [563o]. Tiffech. — Copie 
de M. Masqueray. 

D M S 

L • C E L I V S 
M A R T I A L I S 
P - V • A LXXX 

H • S • E 



535. [5633]. Papiers Ber- 
brugger. 

D M S 

ELIANI A 

YIXIT 

ANNIS 

LXXX 



536. [1275]. Tebcssa.— Copies d'un inconnu. 
(a D • M • S 
P PETRONI 

V S CELER 

Y A L X X X 
H S E 

6) P PETRONI 

P YL 

VA XI V 



— 133 — 

537. [762]. Haut. <> m , <)•">; larg. o m ,G2. — Copie de M. Seriziat. 

538. [760]. Pierre formant le linteau de la porte de la tour n" 8. 
Haut, des lettres : o m ,o8. Copie du capitaine Moll. 

FIL PAP DATVS II VI R MVNER ■ BRA| 
DIE MVNERIS ■ S VI V X I V F. R S 1 S C\ 

539. [5469]. — Copie du 540. [5470]. Copie du même. 

même. 

D M D M S 

VICTORI IVS 

NVS VI X FORTVNATVS 

AX XXII VIX AN XXXX 

DOX1VS FECIT 
PATRI 

541. [604]. Ksar bel Kassem; Henchir Metkidès. — Copie du 
capitaine de Vigneral. 

Rosace I X A F O 

VERRAS 

542. 84o]. Brisgaun. — Presque illisible ; lecture douteuse, 
du capitaine Moll. 

D M S 

FL CIIV XV 
R F D I . . .M 
V T I VIXIT 
AN L X I I I 
B O XX A F 



543. [85 1]. Nécropole de l'oued Ma el Abiod. — Copie du même. 



D M S 
. .ASINICVS 
T I V S VIXIT 

AXXIS XXXIII 
H S E 



— 134 — 

544. [85g]. Bir ben Mohammed. — Copie du capitaine Darras. 

D M S 

LAXIMTYX 
VIXIT AXIS 
LXXX 

545. [876]. Copie du capitaine de Vigneral. 

a) I. 1 : VDINE TEMPORVM; I. 3 : KM PATRIAE P. 
6) I. ■>. : IXVICTISSIMORVM PRIX - . I. "> : AXTK CAELIO CENSORINO. 
c) I. 1 : AXIKT VALEXTIXIAXI PEX : I. '>• : RE VI ■ FASCALI ■ P- 
1. 3 : PROPRIO SV.VPTVFKRV. 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 2216. 

546. [935]. Cercle d'Ain Beïda. Fedj Souîoud. — Copie du 
commandant Dewulf. 

Q.V I X T • A L ID V S 
I A X V A R I V S 

P I V S 

VIXIT AXIS 

CI 

547. [9.36]. Henchir Tobbal. — Copie du même. 

1 m p c a E s DVI 
S E P T I M I S E V E R 
IM • ARAB • ADIAB 
M A X • B R • M A X 
D I V I M A V R E 
L I A X T O X I FIL 

Une autre copie porte à la ligne (» : axtoxixi. 

548. [937]. Copie du même. 540. [938]. Copie du même. 

I M P D X D X g 

C I V L I O LCOXST 

VEROMAXI A T T I X 

M I X O RI 0(«'c O P • F • AVG 

FEL AVG TRIB 

POTS II c O S 

P R O C O S II 

C V I D I C A T I S 

SIMI VIVIMV# 



- 135 — 

550. *jH)I- Copie du commandant Dewulf. 

C A I X I A 
S E C V N D 
ILLA PI A 
V " A • XXI 

551. [955]. Henchir Abdallah, à gauche de la route d'Ain Beïda à 
la Meskiana. — Copie du même. 

GLORIA IN E X C E L S I S DEO PAX 
IX TERRA HOMINIBVS BOXE VOLVM 
S P E S IX DEO S E M P E R H A E C 
D O M V S D E I EST XR.STAT 

55'2. I t)5G] . Ouled Bel Arhir (oued Trouch). — Copie du même. 

d m s 
o s e v s 

D O X A T V S 
Y I X T T AXIS 
X L X I I I HERE 
ïg?SSFECERVXT P P 

553. [957]. Kessaria Ouled Sa/ah (oued Trouch). — Copie du même. 

\ 

A ET DIOMEDA PL VRI M ASECLASSOR 
E S I G N I X ?P? ERENOVARINAM Q. Y E 

554. [968]. Ain Keskes. Tizi on Mesloug (cercle d'Aïn Beïda). 
— Copie du même. 

I M P D X 
FL • VALER 
T O L I C I X 

T Og&^^gîP^ 

t; E R M A X 
ICO S A R 



136 — 



555. [959]- Ain Snob, au-dessous du moulin du caïd Bou Diaf 
ben Salata (cercle d'Ain Beïda). — Copie du commandant Dewulf. 



i M p c A E s 
DIVI SEPTIMI SEV 

PII ARABICI ADI 
E N I C I P A R T H I C I 
MI BRI II 

ELI ANT«WM^ 

ICI R X ;^;"::ï ' 

ici i\xmtémzsm 

POXTIFEX 

V S TRIBVNICIE 

S T A T I S 
III C O S III 
P P 



556. [9G3]. HenchirelHaouar. 

- Copie du même. 

IMP CAES DIVI 
SEPTIMI SEVERI 
PII AD A R A B I 
MAX BRI M A X 
I V I M 



558. [967]. Henchïr bel Groun. 

- Copie du même. 

/D I A P I A 

/IN EIDE 

1 1 X D V S T R I A 



557. [9O4J. — Copie du même. 

IMP CAESAR^i^ 
$$gl SEVERE '• 

g&i&i xeposM';-. 

^^ANTOXINIS 

mmmÊmsFiMma 

AVRELIVS SE^Î 

MX TR POT COS 
P P II 

551). [968]. Ain Fakroun. — 
Copie du même. 

D M S 
P R I M V L V S 

P R I M V S 
V A LXX HO 
RAS X 



,1 o- 



560. [969]. Henchir Moham- 
med ben Abdallah. Copie du 
commandant Dewulf. 



561. [970]. — Copie du même. 



I M P C A E S D I V I 
SEPTIM1 SEVERI 



D M S 

C V FELIX 
VIXIT A XX 
XII H SE 



562. [97 l]. Henchir ben Zrib. — Copie du même. 

D M S 
I V L I V S 
VICTOR 

v 1 x s r t 

A N X I S 
I. X X X X V 

5G3. [633]. Ksar Sbehi. — Copie du même. 

I. 7 : CVIDICA 

Cf. Corp. inscr. lui., t. VIII, n° ioi52. 

564. [636]. Fedj el Msaoui, à 3750 mètres de Ksar Sbehi, sur la 
voie romaine conduisant à Sigus. — Copie du même. 

P E R P E T V O 
LMP • CES L DO 
M I T I O A V R E 
LIANO PIO IX 
VICTO FELICE 
AVG XOSTRO 
LU II 

5(i5. [637]. Ksar S/>p/ii. — Copies du même. 

p E R PET 
VO DOCLE 

T I A X O 
AVG 



566. [639]. Qopie du même. 
D m s 
A R R V N 

TIVS CAT 

TVLVS V 

^LXXXV 



567. [Gi<>]. Copie du même. 



d m s 

AVLIVS 
CVDEVS 

SSUvs vi 

XIT AXX 

IS CLXX 

H S E 



— 138 — 

568. [644]. Copie du même. 569. [645]. Copie du même 
M E M O R I D M S 

A E D O M I IVLFELICIA 

TIAE FES P I A V I X IT 

TE INFAN AXIS XXX H S 

TIS EST 

570. [646.] Copie du commau- 571. [6|-]. Id. 
dant Dewulf. L. 3 et suiv. 

VARIA PIA D M S 

V I X I T A X I V L I A 

XIS LXXXI I A X V A R I A 

PIA V I X 1 T 

Cf. Corp. inscr. hn., t. VIII, axxis xxxv 

n° 48091?! H N s 

572. [648]. Id. 573. [65o]. Id. 

IVLIA • CEg D M S 

M A X I M A M S A B I D I V S 

V I X • A X M A R T I A L I S 
XCVII-H-S-E P • V • AXXIS 

L 
H • S • E 

574. [65?.]. Id. 575. [653]. Id. 

D M S D M S 

immmmmA r midi 

D I O X I V S V S 

V • AX • LXXX OSVS P 

VIXIT AX- 
XIS XXXI 

576. [654]. Id. 577. [655]. Id. 

y) 



SSIMAE OV 

S" A E S E M I ) 

( HALIVS AeI 

ET SALVT) 



S A I XM3 

vixitjSM 

X I 



— 13<) — 

578. [101]. Ain \Kebira. — Copie 579. [102]. Id. 
de M. Cberbonneau. 



D M S 


P X R 


H E L V I A 


CLORI 


A S R B I 


EVS YXX 


X P V ï 


V 


S R A X 


CLI A X- 


L 


V A R I V S 




V XXV 



a s f v 

10 V I 
nara5 fecit 



580. [120]. Msila. — Dessin de M. Séjourné. — Lettres de près 
d'un décimètre. 

vox 

581. [121]. Près de Fagues, h 9 kilom. de Tarmount. Copie du 
commandant Payen. 

1 KmMmzm 

TONIOlOR 

«*«x 1 otiM 
58'2. [122]. Copie du même. Ajoute une première ligne brisée. 

Cf. Corp. inscr. lui., t. YÏTT, n° to4a8. 

583. [124]. Copie du même. 

1. 3 : asvrfi ; I. 4 : ia • VIXIT. 
Cf. Corp. inscr. lui., t. VIII, n° 8820. 

584. [128]. Copie de Renier, d'après un estampage. 

I. •'• : AGRORVM AGAi; I. 3 : GILIO GODDEO DEC; 
1. 9 : RIVATAXgATIONl; 1. 10 : Wfà 3C W&fâ 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 8811. 

585. [i45]. Kerbet Zembia. — Copie du commandant Payen. Haut, 
des lettres : o m ,i5. 



DICA 



— 140 — 
586. [io4]. KherbetAchir et lieux voisins. — Copie du même. 



ttus'e. 

I S A C R 

VTTRVN 

FELIX VW 

C D CCXL 



587. [i 1 1]. Copie du même. 

Niche avec deux bustes. 
D M S 
M Vd CELIADO 

V I VI G i NATA VIXT 
IO VI AN NOS 

AN XXXV XXXI 



588. [112]. Copie du même. 

Deux bustes. 
D M S 

C POMPE1V 
S FELIX V1XI 
T AN XXXXV 



589. [118]. A environ 1800 mètres du S.-O. du bordj de Bou 
Aréridj, — Copie du même; estampage. 

JTe&)v\ 

^Je~r s vj% \ 
/ (lerivs v/" 1 v 
y /eriï; felice( \ 

" VE FA'STINIA' 
00 VNVMENNI FE 

Kg ccclxjn 

O I V I V 

A P C L x I 

590. [1276]. Djijelli. — Copie de M. De la Mare. 



fo N S J f A N T I N ( (VS A VGJVS J 



N O 



Ç.V S 

». 

)R • N R V) 



;> 



/ / 



^ IL I S S I .\l( (V S JcAES) 

)/t-nec-me| )mor/ia veter] 

j/EARER ! }J CIVITA | 
\ E T V J S V S S F E ) 

/etiam\ y — »^ )e ssen ( 

'REBVS F\ \ O M X I B IvS • RESTITVTA / 

{artère p] \ontib( VS CETERISETIA ) 

i I \ \ ^' 

jORANT F) \A T I S (T- IN • INTEGRVM j 

\ E P E R F J " ~~^ ESERTAM EXPV ) 

\ CTISSIM ) \ DEDICAVIT ) 






— 141 — 

591. [35]. Copie de M. De la Mare. 

DÇIS MANIB 

HKMCA 
VXITANNIS 

XIX 

592. [foi], Sétif. — fl Vase enterre cuite trouvé le 1 1 juillet 1862 dans 
les fondations de l'église de Sétif. Haut. o m ,23. » Communication de 
Cherbonneau (2(1 août 1862). 

. va'aiio)m>x.cxiii 

R O M A X 1 1 L 

paoliiavim ...en retour : co 

593. [Ji]. Banlieue de Sétif (ferme Milhaut) route de Djijelli. 



594. [55oo]. Copie de M. de la Mare. 

Cassiu...., Flavia Syria, [mater*!] 
uotum solvit Saturno régi qui 
meol rog[qtu] salvos [nos pracslilii . 

595. [0002] . Copie du même. 

D M S 

A V F • E X T 
R I C A T V S 

V • A -XXXI 
X O X X I A 
SATVNINA 

S V O F E C I T 
M A K • C A C I ■ F E 
CIT • SVM • CVIS 



596. [5.3n]. Copie du même. 597. [55i3 et 0024]. Copie du 

même . 
RIC SOX VSALV 

LIBERA VIRO 1XXOCEX CAEL • VI CTO 

TISSIMO 1 : ECIT 



— 142 — 

598. [55i5]. Copie de M. De 599. [552o]. Copie du même, 
la Mare. 

A N I A E M T E I MAX 

M AIHLIS • F EDI ( 

V • A • XLVIII 
H • S • E 

600. [55 2 5]. Copie du même. 

# ACX 

601. [548o]. Mons. — Copie du même. 

D M S 
AELIVS FELIX 
VIXIT AN NI S IXX 

602. [270]. Bougie. — Copie de Renier, d'après un estampage de 
Berbrugger. 

I. 1 : IVNONI CETERIS Q DUS 

I. (i : TAM EX MAVRET 

1. 10 : El A M ET 

Cf. Corp. inscr. lai., t. VIII, n° 8924. 

603. [271]. Copie de M. Cherbonneau. 

1. 1 : I INVICTO 

I. 3 : C • A M V 

Cf. Cor p. inscr. lot., t. VIII, n° 6908. 

604. [291]. Copie de M. de Lhôtellerie. 

L S • A R B A 
Cl Y A X S V A 
XXI • H • S • E 

605. [kj">|- Tubusuctu. — Dessin de M. Féraud. 

1. 1 : SEXIORES AVGG 
I. ■>. : V5 IKVICTI 

Cf. for/i. inscr. lai., t. VIII, n° 8830. 

606. [198]. Copie du commandant Payen. 

I. 3 et \ : L ■ FIL DO d XAIA VI 
Cf. Corp. inscr. lot., t. VIII, n° 885o. 







— 143 — 

607. [-2i8 et 5i2o]. Copie du capi- 608. [23o]. Copie du même, 
laine Pierron. 

D M S 

CORNE 
L I V S HO 
N O R A T V S 

V A L X X X 1 
& & 



609. [24I et 5i43]. Copie du môme. 610. [255]. Copie du même. 

D M D m 

S M O D I V S T I T 1 N I A 

LI HAR M • F • SECVX 

N E N S I S DA • V • A • LXXV 

I V N D À N V S H • 5 • E 

V A XXXXVII 

H • S • E 

611. [885<>]. Copie du même 

1. 3 : L l'IL DO 

Cf. Corp. inscr. /»/., t. VIII, n° 885o. 

612. [18.32]. Aumale. — Copie de M. Fière. 

1. 1 : CAELESTABVS 

Cf. Eph. Epigr., n° 949. 

613. [i853]. Copie de M. Berbrugger, d'après M. Maillefer. 

', : JA FVNCTVS SVA LIBERALI PATR • COL 

5 : p COLOXIAE 

Cf. Corp. inscr. lat. } t. VIII, n° 9044- 
61 i. [1809]. Copie de M. Berbrugger. 

1. 5 MARIVS VICTOR DVVMVIRVCITER PL 

SUh. : V • A • XL CLAVDIVS ONOR ,EDI LIClflTPLEN 
V • A -XV A P R I L I S V A' X CVI 
MATER TITV 
LVM FECIT 

Cf. Corp. ntsc)-. lui.. 1. Y11I, n" 9073. 






144 



615. [1860 et 2386]. Copie de Renier qui lit : 

sias • v\ • vu . m • ii . ck chb 

.V V S (2 E b S P 1 -.VTA F D D 
A P CCCXXXV 
Clo(dius) Clodianus col{oniae) p(alronus) disp(unclor) et Donala fcc(e~ 
runt) d(e)d(icaverunt), a(nno) p(rorinciae) CCCXXXV. 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 9069. 

616. [1860 et 2383]. Papiers 617. [1868 et 2400]. Copie de 



Berbrugger 



D M S 
S E N "f O R O G 
ATO EQ. • RO 
FILIO KARIS 
M E R E N f 
M A L L ON 
FECIT E DE 
D I C A V I T 



M. Maillefer. 

DIS M 
S ACR 

OCTAVIVS 

POTITVS 

I MAC • V A XE 



618. [1870]. Copié en 1 853, par 
le même. 

1 1 w r s ex 

COH • I • AEL • SIX G 
V • A • X X X X S I M I 
LIS SIG HERE X S 
POSVIT OB M 

620. [1870]. Estampage de M. Grenade Delaporte 

I. 1, à la iil) : PRIMOINEOP. 

1. 3, au débul : c N ? s 

Cf. Corp. inscr. ht., t. VIII, n" 9142. 
6'21. [1880 et 23n]. Copie de M. Maillefer. 
D M 

IVL HOSPIT.E MARIT/E 

K A R I S S I M .E • V I X 
AX • XXIII • M • XI • D V 
P • .E L ■ M A R I A X V S 
.AIL R E X f C O X I V G I 



619. [1872 et 2402]. Aujour- 
d'hui perdue. Copie du même. 

D # M & S 

O D I V S cW&'E T I > 
MILES C-ïTIS 
M^»AX f EIVS 
ITCà IN YVES & "H 

xxxa sctiMft&â 

VIS • T • A'PES KS 



— 145 — 
621. [1881 et a3io]. Copie de M. Maillefer. 

a) 1. 3 : f VS V x. 

b) 1. 3 et \ : VS SVC;-tfftS |j.VVS • V X ; 1. 7 : FECI "E DE. 
Copie de M* Texier. 

>>) 1. 3 : vs svci§ ; 1. 5 : Cxxvae ; I. 7 : secil de. 

62*2. [1882 et 2309]. Copie de M. Maillefer. Haut. o^Go, larg. o m ,49. 

d m s 

A E L Y< B X V S 
C E C I L I A VIX • X ■ LXXX ET 

VRBANA0 .E L I A Q. VI R T A 

V IXIT AX VIX • A - • III • ETuIjJ 

NOS XXX & FONBNATV ti$ 

VIX • AX XX1M8Ù 

c e c l a vttmm 

623. [i883, 23o5 et 23o8]. Copie du même. 

M A i Ç A E M I L I 

.WI O X I V S # R V 

CA • VIXIT 1" I X V S 

X N I S L X V I X I T A 

M E ^SM<#£* X I S C X V 

624. [1884 et 23o;]. Dessin de M. Charoy. 

-^f lTX TRES 
A F R I C A 
NVS ET M 
C V D I A X 
V S P A T R I 

62o. [1886]. Copie de M. Maillefer. Autre copie de M Berbrugger. 

1. 4 : ativ • x • li • m • VIII 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 9092. 

626. [1887]. Copie de M. Maillefer. 

b) 1. 5 : VIXIT N # LXX 

Cf. Ibid., n° 9079. 

Archéologie. 10 



146 — 



627. [1888 et 2!5o4]. Copie de 
M. Maillefer. 

D M S 

CL • I V C V NffîMffifàMiïi. 
F I L I A E I NW4M0/MM 

t 1 innocen wmwmK 

S I M A E DE SSSwSSvvv; 
ID • IANV • PROV • CW&S8& 

629. [1891 et 'i!io2J. Copie du 
même. 

1. 4: f • caesarien'sis (sic) 



628. [1889 et a3o3]. Détruite. 
Copie du même. 

DIS M A X I 

B V S CLAVb 

A PETRONIA 

P I E V 

A X X X X 

Copie de M. Berbrugger. 

1. i : C.ESAR1ESIS l. 6 : STL 



Cf. Corp. iriser, lai., t. VIII, n° 9098. 



630. [1892 et 23oi]. Copie de 
M. Maillefer. 



Copie de M. Berbrugger. 



a) 1. .') : ax • Vil b l. * : A • HONORA 

Cf. Corp. inscr. lai., t. VIII, n° 9099. 



631. [1894 et 2347]. Copie de 
M. Maillefer. 

D M S 

corneLv 

£$&$!$&&; v 1 

«W,V A V 



633. [1897]. Copie du même. 



D M S 

M E M O R I A E 1 V L P R I M E 

M • I V L • FIL • V1X • A X ■ XL V 

1 • M • <§R • HOSPES • FIL • EIVS 

VI X • AN • XX 



632. [189J et 2346]. Copie du 
même. 

D M S 
M E M olAE 
C O R X E L I A E 
!$$$£$ M A T E R 
EIVS D V L C I 
S S I M A F E C f 
ET DEDCAVf 

634. [1900 et 2343]. Copie du 
même. 

DIS M A X I B 
E G N A T I A R 

GATA 

VIX • AN • XXXX 

B O M B C E N I 

S FECIT 



- Ii7 — 

635. [i9 ,JI et 2338]. Copie de M. Maillefer. 

A E L • C A L V I F A B I V S O 

X A E • C • D VU S P I T A L I S 

V I V E R E T V A LU 
FECIT SIBI ï : : II A L V I X A 
M A RIT O SVO M'iTO SVO 

V • A" • LV F D D 

F • D D 
Dessin de M. Hervin. 

o] I. 2 : xaj- c DVM /', manque 

636. [1902 et 2i}4<»]- Copie de M. Maillefer. 

D M S 

MEMORIAL 
I LA VI FELI 
CIS V A LU 
M L X S I B V S 

637. [i<j»»;> et 2j4'J- Copie du même. 

D 

F • P A V L I X 



G L R M 1 X 1 O 
FILIO KA TV 

MVLV F L C 
VA XXIII 



IL • PAVLIN 

1TV1 L V I C 
T O R I x-: F I 
LIE KAR TV 
M 1 E • VIXIT 
.VIS XVII 



ï ■ PAVC. 
VS FL PAV 

L I Xi F I L I E 
K A T WY. F 
ECT VIXIT 
A' I S XI 



W 



V A 



638. [1906 et 20 59]. Copie de 
M. Maillefer. 



F V R F 


A X 1 V S 


H O X O 


R A T V S 


I V D E V 


S • V I X 


PL • M E • 


AX • XX XXV 



WC L • HOXORATA 
*'^E R • FECIT 



630. [1908 et 2^72]. Copie de 
M. Berbrugger. 

d m s 

M E M O R I A E 
G A R G I L I O 
G V D V D I 
V ÇS A • LXXX 
I V L I A M A 
T R O X V X 
E I V S FECIT 



148 



640. [1909 et 2376]. Brisé en i854- — Copie de M. Maillefer. 



D M S 
S G ARG 
P • PRIMV5 
L V I V S V 



D M S 

C A R G wm& 

ARE Lffiftftft 

A wmwMM 



641. [1911 ei 2^79]. Copie du même. 



D M S 
I V L I A 
A V C E N 
D A VI 
VIT AN 
XXXX ISE 
III Z VTE 
RENTIVS 
S MATRI 
D VLCIS 
S I M A E 
F 



D M S 
C A E L I \\ 
L A V I A 
CARIS 
S I M A 6 
N I V X V 
AN XXX 
I M V Z 
VII GI 
F A VS T I 
N V S (2 N 
IVGI DVL 
CISSIMAE 
F 



642. [1912 et 23j8]. Sert de seuil, dans l'intérieur d'une maison 
(i854). Copie du même. 

0D M S^ 

D O tf S M E M O R JE S P I R T A X $®>M'tt&$m 
TIV IVLIO CALVO MRTO FAVfô»«« 
NET R O G A T I O F I L I S • C A R S S I M I S 
AVRELIA ROGATA LENTA DOLoREM ME 
S -M C V M T I T V L V M R E F R I G E T A T I O 
>ÏS POSVIT DEbCAVTQVE CALVV 
S • V'X • ANS • LXV ROGATVS Aks XX FA 
V • VIX • ANS • XLIL1 P CCLXVIIII 



V 



© 



e 



149 — 



643. [igi3 et 2 3; 7]. « Au génie, 26 déc. 1853. » 
M. Maillefer. 

D M s 

A R T O R I 
A I A X V A 
R V • N • LX X X 

H O X O R 
A T V S F I L 

A E I V S F E CIT 



Copie de 



D 


M S 


I 


V L I V S 


C 


A L V V 


S 


• F I L I VS 


V 


• A • XXXX 



645. [191; et 2358]. Copie de 
M. Berbrugger. 



D 

ivl • FELI 
X C R E .NE 
XTO DEC 
E P T V S 
Y • A • I 
M • X • D 

xgyfgtffeii 



I V L NU 

i A L I S 
C R E JE 
XTO DE 
CEPTV 
S Y A 
I. I M 

VII 



644. [igi5 et 235o]. Copie du 
même. 

D M S 

I Y L Y S f«D O 
M I f V S PVB 

WUSStm most 

fimHHfUlB ROb 
T/MX • A • XY 
M • XI • POST 
Cvlvs OBTYM 
PATER SvS VI 
XIT DEBYS X 
Dftg&lKMORTA 

646. [1918 et 235;]. En ville; a 
été brisée. Haut. i m ,46 ; I. o m ,5o 
— Copie du même. 

D & M Ci S # 

IYLIA & GVDYLA 
V I X I T A X X I S L X X 
OS0T#B#X#Q. 
FECIT FILIVS EIVS 

mmmsi 

648. [1922 et 2355J. Hors de la ville, à l'est. Copie de M. Maillefer. 
D M s 

IVLIIS BASSYLO RGATO S A LGAX .'.';.;.. 

filiis iv Lys priyatys pater 



647. [1921]. Copie du même. 



D m s 

Y X E R T Y 
S FELIX V A 



mmwmm 



D M S 

IYLIVS 
X I X V S 

wmmm 
mm 



SALf/AN/('/j«s'? [Observation de Renier.] 



— 150 — 

649. [1923 et 2354]. Au même endroit. Copie de M. Maillefer. 

D M S 

M E M O II E I 

V L I V S Q. V A 

RTVS • V • A • XL Y 

? nem ES I A Yi Ci O r i a? 

M A k T O D V. 

C I S S I M O E E C I T 

E D D 

650. [1924 et 2353], Copie du même. 

'• !» : FEC A T P CCXXVl) 

Cf. Corp. inscr. Int., VIII, 9121. 

651. [1926 et 235i]. Très altérée et probablement détruite.— Copie 



du même. 



IVLITVS C x 
M FftWPMO 
E M I S fc^MMS 
E L I Y S V O 
T V I I O M II 

l 1 o f f :W 

S I C I A 38SB5S8&W. 
A N I S $$$£$&§£ 

F K vmmm 



652. [1927 et 2371]. Hors de la ville. — Copie du même. 

D M S 

P • I V L I V S VA L E N 
TINVS YX A' VI ME VI 
VALENT NVS ■ FÏ-I • F 

653. [1929 et 2.369]. Copie du même. 

D M S 

L A B E N I A C O G V 

TA' • YIC AC III SECYX 
DA • FIL • FECIT 



— 451 — 
654. [ig32 et 2366]. Copie de M. Maillefer. 

D M S 

L O N G I N I A ZO 

T. A B N- V I X I T 
ANNIS • P • M • LXXX 

L O I Z I D O M i 

T I A F I L I A MA 

T R I R A R I S S I 

F E C I T 



655. [ 19.16]. Copie du même. 



d m s 

M A R I V S 
C A S T V S 

IVX • V • A • XX 
VI • M • V 
M A h'S 
C A S T V S 
PATER 
F E C I T 



D M S 
MARI 
A R V S 
T I C A V 
A XVI M 
E X I • M 

A r n* S c. 
A S T V S 

D F 



656. [1937 et 2.374]. Dessin de 
M. Charroy. 

Guirlande. < luirlande. 

D .M S D M S 

M ARIA H PRIMO PA'Ii 

N A M P A M BENE LABO 

E BENELAB R.VTIPRIX 

ORANT PRI VS FILIVS 

M V S C V I. A C V P V L A 

FECIT- V -A FF C IT V t 

I.XXXV • P • LXXX XVP 

M M 



6) I. 9 : p • f [Noie de Renier. 



Copie de M. Maillefer. 









a 1. 


•"> : R .M T I PRI M 








b 1. 


n : CVPVLA r 


657. [iy38]. 
M. Maillefer. 


« Au 


génie. » Haut. i m ,ni 


, larg\ o m ,5o. Copie de 








wmmmmm 










II A M O X I S V I 










XIT ANXS 










LXXXV 










M E M M I A 










SIDDINA 










VXOR 










P • F 





— 152 — 

658. [1939 et 23 1 4]. Haut. o m ,4o; larg. o m ,55. Copie deM.Maillefer. 

dm?? 
q_ • m i d i a r o m o d i v s 
g a t a v a" iv.cvndvs 

lxxiiegamvs vi x • an • l 

SOCRE DIGNE Q.ROG <§ FECIT 

659. [1940 et 23a6]. Dessin de 660. [1941 et 23i3]. Copie de 
M. Charoy. M. Maillefer. 

D m s wmmwwmmm cmwtiws 

modia pïivat mmmmmxx mmmm 

Tr , vv ,y VII V I X A' XII BON- 

V A • XX^' 

X L V I I I IVE M O 



ROG • nf 
F E CJ 



PETLVS r^fil 

FeLx FiLvs iY.k do 

Bo M E P A 'il N K M A 



661. [1942, 1902 et 233i]. Copie du même. 



D 


M 


S 


PRIVA 


TANONI A 


PRIVA 


TVS FECIT 


I A N V A R I A 


TA VE 


FELICI FI 


MARITA F 




L I O S V O 


SVA 


% 


V I X I T A 






N I S XXII 







662. [1943 et 2312]. En ville. — Copie du même. 

D M S 

LV • VL • CACIA SEXTVS PV. 

M A T R O N A MIX'XVS 

V I X I T AN VIXIT 
N I S L V A N N I S 

V A L E R I V S LXXV 
Q. V I N T A S 

S V S F E C 
D 



— 153 — 

663. [ig44 et a3i5]. A l'ouest de la ville. Haut. o m ,6o; larg. o">,6i 
— Copie de M. Maillefer. 

mMMww 

SREDDM 
mv C V A 

NX LXXV 
Q.VA)RA 
V S C O N 
I V G I F E 
CI T 

664. [1949 et 2.334]. « Au génie»; très négligée. Haut. o ra ,64 
larg. o m ,49- — Copie du même. 



wm»m* 


m m s 


D M S 


A X 


SOS 


A R I S S A 


LIVS 


V s • s 


R V F I X 


BARBAR 


A D A R 


A 


I V S 


L V S 
P 

V I X I T 

A NX OS 
XII & 
H • I • T 





665. [1953 et a33o]. Très altérée; encastrée dans un mur. Au côté 
gauche est figuré, dans une sorte de niche, un homme faisant un 
sacrifice sur un petit autel. — Copie du même. 

s v a L e r I v s I 
ET VAGNIENVS 

L : PIVS VERIAXIV 
ΠE J=~ IESE- 



663. [1955 et 236iJ.Haut. i m ,o3; larg.on»,95.— CopiedeM.Texier. 



ADLITVSAMORERATXOBISIFATADEDISENT 
FVITXOBISIVXCTIODVLCISBISIIPERANNOS 
MYJLOCINVSFLCAMERIX.ECOXIYGICARISSIMAE 
FECITDDPCCCXVVAXXXV 






BIBITPRO^^§ 



— 154 — 
667. [i 9 56 et 2328]. — Copie de M. Maillefer. 



IXIT ANNIS LX • VIBI 
VS SECVNDVS 'FILIVS 
OB MERITA # FECIT 



668. [1957 et 2327]. Brisée et assez fruste. — Copie du même. 

D M S 

MEMORISE 

VICToRS FILI AMS 

miïi*$®m S M V A X 1 1 

We CODVAîîWpCoN && 

g e wmmmm v i x i t 

forT' ^WM$MëW& 

w&Mtè f e 1 xmmè'ê® 



ta C I T D D 



669. [1969 et 2323]. «Rompue 
parenbas.» — Copie du même. 



D tf m # s £J 

V L P A IN 

G E N V A « 

PI A 



670. [1961 et 2.33 9 ]. 
du même. 

D M 

S A C R V M 
F A C T V M 
RATO • MVG 
N I I • V I X I T 
A N I S # L 



Copie 



671. [1962 et2.32i].« Au génie. » 672. [1963 et a3ao]. Très alté- 
Cop. de MM. Maillefer et de rée. — Copie de M. Maillefer. 



Berbrugger. 

D M S 
LV XV R 

V S SEC 
VNb FIL 

V A^ • VIII 

m • h o 

N O R V IW 
A M A S 
S I Mo F E 
"Ê D D 



D M S 
AE M O 
RI.E SEC 
VNb N V 
A R I E L V 
A' • X L V 
A R I L Ho 
N O R V M 
RTO FEC 
1 D D 



D M S 
FMINIA • AVF • I 
P» A • XXVI 
&D I C A \ T P I A E 
SlfifflMffffVHt EIVS 



— 155 — 
673. [ig65 et 23i8]. Copie de M. Maillefer. 



vm.- 

P CLXX« 
X O M o W//4 

674-. [1966 et 2!) 17]. « Sur une grande pierre, ayant sans doute 
servi de pierre sépulcrale, on voit pcravé ce seul mot. » [Maillefer]. 

RESTVTI 

Marque de tailleur de pierre [Renier]. 

675. [43o"J. Sour Djouab. —Dessin de M. Ghabassière (communi- 
cation de M. Cherbonneau, 6 août 1869). 
tmt&tlfflim PROBV S AVB 

na fiimsmgSÊÊÊUBBBGm 
WN6&E B F V x 1 ŒHES V R K D7SMSHS 

mmmm d -m r i n 

MÎSÎVRKffiVS DOMITVS 
E X ŒWfW P A R E 




wmBÊMmomsmm 



676. [i8:5Gj. Sour]Djouab. — Copie de M. Fière. 

lima cresrfui 

D I S M A X I B V S 

P QY I X T I L L V S V H I. 

vixrr axi lxx pecit 

L C O X I V X X 

677. [i2jj]. Boghar. — Copie de M. Berbrugger. 

IMP CAESAR SEPTIMIVS SEVE 

rvs pivs p®wmmmèmiïïïm 

g dsabexicv gSSËHHHBHHH vs 

\ G I L_J A T I S • VT I M i£3i$ïfë«wK 
... P CAESAR MAVRg^!$VSRSS& 

mmwmmmt^. m b liasse 
iRETANl^. .<m®> 



• 



— 156 — 



678. l 12 4^J- Berouaguia. — Copie de M. Berbrugger. 

IOVI OPTIMo MX 

ET DOo SILVNO 

TXIIIVS ZABIDVS 
NEXIILVM 
FECIT D D 

679. [i25i]. Copie de L. Renier, d'après les n os \iSi et 1253. 

MP • CAE»L • SEPTIMI 
RABIC VSKT>I A BENIC 
ISVNICIAE POTlHvi IMP 

/IP • CAESAR • MS9/REL 

wmBmsmm&BÊ opa 

A . . F H . . 
V/ 

c 

680. [3o6]. Médéa. — Sur le fond d'une lampe représentant le 
Sphinx. — Copie de M. Maillefer. 

CAPRARI 

681. [1249]. El Hadjeb. — Copie du même. 

1. 3 : sidomiti ; 1. 4 : avrelia li ; 1. 5 : GVSTOC. 
Cf. Corp. inscr. lat.,t. VIII, n° io443. 

682. [i2.3i]. Ammi Moussa. — Communication de M. Cherbonneau, 
lettre à l'Académie des Inscriptions, 4 août 1877. 

M E S E L E V 

AVRELIVS SL 
NEGAS EN VIX VA 
XIT ANNOS V AVI 
GIN V NE 

SIT NEN FECI 

683. [i2j-2j. Zeboudj el Kaçar, près Ammi Moussa. Sur la clef de 
voûte de la porte d'entrée de l'ancien fort. — Même lettre. 







— 157 — 



684. [i256 et 12.37]. Djedar de la Haute-Mina. — Papiers Berbrug- 
ger. 

IÎBAZKimgP 

vers l'endroit qui devait contenir la deuxième ligne : 

S0AMQN2T PaTHTOS 

Cf. Corp. inscr. lat.,t. VIII, n°(j738. 

085. [3go]. Aïn Temouchent. — Copie de M. de Sainthillier. Ajoute 
une légende à la fin. 

FIL DV 1-E 



Cf. Corp. inscr. lai., t. VIII, n° 9799. 



686. [3 9 3]. Haut. o^ôa; larg. 
<> m ,4 2 - — Copie du même. 

A M S 

M E M O R I A E 

A V R E L I A E 
LORIAAQ.V 

A E V I X I T A N X 
I S X X X Y ET 
A I S C E S S I T 
IX P A C E A N 
AIE V I A N I r . 
AN F CCCCXXXC 



687. 3(j4,. Mêmes dimensions. 
— Copie du même. 

A M S 

M E M O R I A E A Y 
R E L I S E C V N A I 

Q. V I Y I X I T A X 
III M X X X Y ET 
AISCESSIT IX 
FACE A I E 
C A .M A S E M E 
RFS AX RRO CCCXXX 



688. [4<»o]. Dans l'écurie Labanti. — Copie du même. 



I Y I M S S O PO 



689. [4«6]. Copie du même. 



S ATT OR D • M • S 

I V S R M GEMNIX SEC Y 

S X D M NDAPIAVX 

I .M V V Y Y V 
X X X M A S C A v R 
XXXV H • S • 

Cf. C0/7). inscr. lat., t. VIII, n° 9806. 



— 158 — 
690. [i248]. Haut. o m ,86; larg. o>»,46.— Papiers Berbrugger. 



D M S 
B A S E L V S 
V I X • W L X X 
1 "RE N I V S • SI 
L V A \VS • IE R E 
,V FECIT EX 
X • 3 • H • S • E 

691. [3<>y]. Hadjar Roum. — Estampage du commandant Rouvière. 

I. i et 2 EMORIA IVLIVS GERMANE PA 

MILIE CVIFILI ET 1EPOTESFECE 

Cf. Corp. inscr. (ut. A. VIII, n" 9870. 

692. [333]. « Trouvé à Hadjar Roum, aujourd'hui à Zemman (La 
Moiïcière). Estampage communiqué par le même. 

(20 juin 187a). » 

D M S 

I V L I A • VICTORIN A 
V1XIT • AXX IS ■ DVOBVS 
MENSES • X • DIEBVS ■ XI 

693. [33 9 ]. Id. 

D M S 

X V M I T O K 1 A 
S A T V R A VIXIT 
AXIS & XXVII- 
V L P I V S $ D O X A 
T V S DVLCISIM 
AE MARITAE FECIT 

694. [372]. Tlemsen. — Photographie. 

1_ /j e t 5 PEU ■ T • AEL ■ DECR 

A X V M $ P R O C 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n" 10460. 



— 159 — 

695. [436]. Cherchel. — A Zurich , près Cherchel (copie de 
M. Dupotel; ms. Berbrugger). 



IMP • CAE 
L • SEPTI 
SEVERO 
P E R T I M A 

bbmmbmbbwi 



ïsar f 



ADIABEN 
CI Ç 

696. [44 2 ]- Estampage Berbrugger. 

Lire I. <; POTEST eus 1 1 

Cf. Corp. inscr. lai., t. VIII, \\° io45i. 

697. [44iJ- « Au-dessus de la rue de Miliana, sous la caserne », 
— Cop. de M. Berbrugger. 

T CONSTANT] 

PROCOS « AVG ■ 
I V I V I V 
IV 



X X X 

OB 

698. [445]. Copie de M. de Lhôtellerie (-23 mars 1862). 

L • DOMITIO • L • FIL 

Q.VIR • FELICI • 
EX • D E C V R I O N E 
A L A E • P A R T H O 
R V M • Q. V A E S T O 
RI • AEDIL • Il • VIR 
HEREDES 
EIVS • EL • TES 
T A .M E N T O 
P O X E X D A M 
C V R A V E R V N T 



— 160 — 

699. [446]. Trouvé à Zurich, près Cherchel (copie de M. Dupotel, 
ms. Berbrugger). 

) s i v s 

{ E N V S A E 
S LIANVS 
^J:ON OREM 
J AEDILITATIS 
/ANN • PRO • CLXX 

700. [45o]. Estampage Berbrugger. 

I 5 XXIII • AVRELI 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 9422. 

701. [45 1]. Estampage du même. 

1. 1 AEM • BARIBAL • ï • VIXIT • AXIS 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° <j442. 

702. [45a]. Estampage du même. 

1. 4 S • T • T • L 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° [)iô 7 . 

703. [46o]. Copie communiquée par M. de Lhôtellerie. 

E SECVRE 
L A S S E X T V S 
A ET VICTOR 
/ A T R I S V A E 
VXT lk^ 

704. [476]. Tipasa. — Fac-similé en couleur envoyé par M. Cher- 
bonneau. 



Variantes : I. 1 / VuR î s 

1. 3 C g RED AS T , 

1. 11 jj.c positvs est;;. 
Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 93i3. 



— 161 — 
705. [i246]. Djemdat Sahridj. — Copie de M. Masqueray. 

/sELI\ 

y C 

(iBOQ A N . 
/NVS • V • A • L**? \ 
ITLIVS • MOD 



STVS • XEPOS ■ F 



706. [492]. Deliys. — Copie de M. Berbrugger : « au bureau arabe. » 



DIS MAXIBV.S 

C • MINI BAS 

A X L X X 



INCERTAINS 



Ksiba. — Copies de M. Delamare. 

707. [5455]. 

CAPITO ARIX1S PIVS 

VIXIT AXXIS LXV 

H S E 

O E B Q 

709. [5458]. 

ARIS CORXE 

LI CAPITON I S 

FILI FILIVS VAXIX 

H S E 

711. [546o]. 

IIVS FORTV 
NATVS VIXIT 
A X N I S XXV 
O T B Q. 
Archéologie. 



708. [5457]. 



D M S 

Q. TICRILIVS 
VIXIT AXIS 
XXII 



710. [545 9 ]. 



CASTRO 

CRSCEI 

t t t r 



712. [546i]. 



RELIVS OR 
ACTVS PIVS 
TAS 



— 162 



713. [546 a]. 

MERCVRIO ,VG SAC 
SATVRNINVS BAI 
THONISIVS P 



714. [5463]. 

D M S 
AVRELIVS BA 
R I G A L P I V S 
VIXIT ANNIS 
XIII 

h o t b a 



715. [548j]. 

M S 
ORNELIVS 

v sTysniv! 



717. [5566]. 

D M S 
MAGNIA L FILIA CLO 
DIA MARCIANA 
FLAVIANA PIA VI 
XIT ANN ET M 

octo o t b a 

T T L S 



716. [5465] 



D M S 
SILIVSIANVA 
RIVS VIXIT AX- 
IS LXXX 
H PO 

718. [546 7 ]. 

D M S 
Q_ GA RG I L 
VS FELIX PI 
VS VIXIT AN 
NIS LXXXI 

O T B Q. 



D M S 
P AVRELI 
VS POSTV 
MVS PIVS 
VIXIT AN 
NIS XXX 
O I B Q. 



719. [5468]. 

D 



M 



M AVRELIVS 
CO N VS 

PIVS VIXIT 



o_ 



720. [i225j. .1 Kcniouia, près de A'sar bouMalek. Copie du même. 



d M 

l'VLVIA RVFI 

XA PVA LV11I 

H S E 



— 163 — 

721. [i22(j]. Source thermale près de Charef. Haut. n"',3o ; 
larg. o m ,2.5. — Copie d'un inconnu. 

PONTIFEX 

SYM : .. w . S 



722. [1227]. Afrique. — Copie de M. Texier. 

ANTOXINO PIO AVG 
VI E I O I I V S DOMVS 
I RAI O M N I S S Y M 

723. [1228]. Afrique. — Copie de Texier. 

M • A • AN TON 1XO 



3. MAROC 



724. [741]. Maroc. — Fragments encastrés dans la porte de la 
marine à Safi. — Copie du consul de Mogador communiquée par 
M. Tissot. 

a) | ibit -vil 

b | h • v 1 t | 

i bit!}:::"' 



725. [748J. Ksar Farâoun. — Copie de M. Tissot. 

flfifâJôAVSStëKSSSSys 

.. fi YIXITAX 

x t? x x wmmœ& 
m$w&efà$%# vxor 



164 



Les inscriptions qui précèdent sont tirées des fiches laissées 
par L. Renier; celles qui suivent proviennent des dossiers et de 
la collection d'estampages qui constituent le reste de ses papiers 
africains C 1 ). 

726. [Dossiers, XV, 4]. Lambèse. 727. [Dossiers . XV, 4J. Copie 

— Copie de M. Barnéond. du même. 

t-v w Buste de femme. 

CDOMITIO DMS 

SECVNDO T PETRONIYS 

VET V I X I T MAXIMVS 

ANN LXXX VIXIT ANNIS 

CAELIA PROCV XXIII 

LA MARITO VALERIA ZO 

MERENTI EX SIMEMATER 

ES 7F MIL • N • TEC FILIO RARIS 

SIMO F • C • 



728. [Dossiers, XV, 4]. Copie du même. 

noi«b 

VALER 
~^P_ASSI 

729. [Dossiers, VII, 9]. Batna. — Pierre haute de o m ,25; lettres 
de o m ,i2. — Copie de M. Cherbonneau. 

"INOMA 

730. [Dossiers, XXV]. Timgad. — Estampage de M. Masqueray. 

x : JWM • AN , ON INI AVG GERMAN^I 

2 : ; '.SDI FRATRIS etc. 

4 : ET IMP CAES IMP CAES L SEPTg MI etc. 

6 : EDIVINERVAEADNEPOTITRIBVNIC-POTESTBISPROCONS#M-A£É§? 

n : ...PERTINACIS ARABICI etc. 

Cf. Corp. inser. lat.,t. VIII, n° 2437. 

(') Les n° s 769 à Yll proviennent pourtant de fiches retrouvées après-coup 
rpic nous n'avons pu mentionner plus haut à leur place. 



— 165 — 

731. [Dossiers, VII, 9]. Pierre encadrée dans la façade du moulin 
de Barika. — Copie du commandant Payen. 

M V A L E R I V S M • F B 
PIXIA • XVIÏIIVS SCRI 
BONIANVS • OBLIO 
MORI • Mil V • IRATVS 

PIALTER III EGITI 
MAM DU SVO POSVIT 
D E D I C A V I T Q. V F. 



y s< 

LV;®M«WVS M F 
P A T E R R V F I 
NVS SCRIBO 
N I A N V S A E 
b L I C I V S b L A B 
S V I M S V A • P E C • 
XYfflïïï'KV .',' ; £$*V I T 

Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 4485. 

732. [Dossiers, IX, 8]. — Constantine. 

1. 2 CgVRBIS ; 1. 7 et 8 RECONLATO • VEL# EX || CONSTITVERE EX£ 
Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII n° 7103. 

733. Dossirrs, XXII, 44]- — Constantine, « Batterie couverte du 
fort. » — Dessin de M. De la Mare. 

D M 

c a n N 1 v 

S SEVERVS 

V • A • 
L X X X X 
H • S • E 

734. [Dossiers, XXII, 44]' Porte de la Brèche. — Dessin du même. 

D M 

I O V I N I V S 

SATVRNVS 
V A • L X V I 
M I N O SA V 
XOR ■ V • A • LI 
H • S S V N T 
O • S • V • B • Q. 



— 166 — 

735. [Dossiers XXII, 44]- Sidi Mimoun « au bord du bassin des 
Tortues ». 

/m a y\ 
/civlis 

; LXXXX VE^ 

7 I V L I V S( 

/or par 



736. [Dossiers, XXII, 42]. Bivouac d'El Beroudji. — Copie de 
M. De la Mare. 

ANNI MI XXX 

OB MEMORIA 
PATRI FECERV 
NT E RED ES H 
VII 

737. [Dossiers, IV, 3]. — Dar-eUBey . Lettres de o m ,io. — Copie 
de M. Reboud. 

a) PVLCERR h) ËVNAL c) )3NS 

ANTEAS MCVR TO 

738. Autour de la caserne des Janissaires. Lettres de o m ,o5. — 
Copie du même. 

INI AVG 

739. Rue Nationale. Lettres de o m ,27. — Copie du même. 

Q.VEA 

740. Rue Nationale. Lettres de o m , ■>.■?. — Copie du même. 

a) NI b) AT c) T d) N 

741. Lettres de o m ,i8. — Copie du même. 

TINA 

L'estampage joint ne porte que les trois dernières lettres. 

742. Lettres de o m ,i2 et o m ,o8. — Estampage du même 

ONI; V, 
is • avgI 



— 167 — 

74H. [Dossiers, VIII, 8]. Sur la tranche d'une pierre monumentale. 
Lettres de o n, ,<>7, — Copie de M. Cherbonneau. 

PR F DO M D 

744. [Dossiers, X, t]. Lettres de o"'.o(i. — Était au musée. Copie 
du même. 

ALICV 
VM RK 



745. [Dossiers, X, 3]. Rue Leblanc. Lettres de o m ,o9- — Copie du 
même. 



•;,-^ - -• , V C F Q.V 

\> îdVINd 

'-•'■ ; : nvs poi 



746. Lettres de o m ,o7. — Copie du même. 



f|\. i c o s III 

TI • QVADRATI 



747. [Dossiers, XI, i et 3]. Copie du même. 



p • POP 



M A 



P F / 
R C.) 



IVN 

SVA 

D 

748. [Dossiers, VII, 12]. A côté de Sidi Maklouf. -- Copie du 
même. 

R v M 

DLIVS 

a va 

749. [Dossiers, VII, 14]. En caractères cursifs. — Copie du même. 

D M 

NARCICI 
VIXI ANIS LXXXXXVI (sic) 



— 168 — 

750. [Dossiers, VII, i5]. A côté de Sidi-Maklouf. — Copie de 
M. Cherbonneau. 

PRO 
AEO 

751. [Dossiers, X, i]. Copie du 749. Copie du même, 
même. 

DM DM 

I CAESIL IVLIANVS A 

AN V S VI N V L A V A 

XITAN XXXHSE 

752. [Dossiers, VI, 3]. Dans une maison de la rue Vieux. — Copie 
du même. 

D & M # s 

A N I A • ME 

T I N E • V • A 
XXX • H • S • E 

753. [Dossiers, X, i]. Rue du Rocher, près de la Kasbah. — Copie 
du même. 

• p ro c I L I A E 

PVDENTIS ET 

754. [Dossiers, X, i4]. Au Coudiat AU. — Estampage du même. 

L • IVLIVS 

L • F • ASXf 

V A&$ 

755. [Dossiers, XIII, io]. Coudiat AU. — Copie du même. 

T M a d o 
V A X L B Q_ 

756. [Dossiers, VIII, 5]. Copie de M. Thibouville, envoyée par 
M. Cherbonneau. 

RCVS SITI 

VICTORIA 

FECIT V 

CORI SVNI 



- 169 — 



757. [Dossiers, VIII, 10]. Sur une pierre encastrée dans le bordj de 
Si Hassan, à Djerr el Hamzaour. — Copie de M. Cherbonneau. 

© 

D M 

GARGILIA 
S A T V L L A 
V A L I I I 

H S E 
H T B Q. 

758. [Dossiers, X, i4]- Idicra. « Idicra est le nom que je crois 
pouvoir assigner aux ruines considérables qui avoisinent un lieu 
appelé par les gens du pays « Decri » et situé à 52 kilom. de l'an- 
cienne capitale de la Numidie... Cette inscription est gravée sur un 
autel haut de o m ,98 et large de o m ,46. Au-dessus de la première 
ligne et, peut-être plus exactement, au-dessus de l'encadrement de 
la légende est un bas-relief sculpté assez grossièrement mais profon- 
dément. » Lettre de o m ,o4. — Estampage envoyé par M. Cherbon- 
neau. 

AVRELIVS 

BVIVBRI 

MNNR»VIX 
ANPMWvn 

IS 



759. [Dossiers, XI, 8]. Ain Feroiii, non loin de la montagne appe- 
lée Oum Settas, qui est à l'orient du Kroub et touche par une de 
ses extrémités à Mahidjiba. Envoi du même. 

D M 

SEX FVLVIVS 
M A R I A N V S 
V • A • LXXX 

H S E 
O T B Q. 

760. [Dossiers, XXVII]. Kherbet Zemmouri. — Deux fragments 
en lettres hautes de o m ,o45. Envoi du même. 

a) aÇiocyi à) fflfmmiASSBSbA® 

MMHTÉPIPA A N Y T Q N WMM 

" onm €ïC€ iopo WVL' T N A 

i"; a i-^" '/ 



- 170 — 

761. [Dossiers, X, 19]. Bessam. — Cippe dont les caractères sont 
soignés, mais qui est mutilé à droite. — Copie de M. Cherbonneau. 

D M 

c n v 1 tm 

XIV 
CE I V 

c v s 

A # L X 

762. [Dossiers. XIII, 18]. Philippeville. — Dessin du même. 



1 iroix 

dans un cercle 




XXI 


D 





76 3. [Dossiers, XII, i3]. Arsacol. — Copie du même. 



1 v L v 1 s 

OM os 



764. [Dossiers, XIV, 1]. Ain Phouwa. — Copie du même. 



D M 
MENA 

K 1 A , . 

PETTID 
FELICIS 
V A XXX 



765. [Dossiers, VI, 6]. El Khaneg. — Copie du même. 



D M 

M A R I V S 

AR R I VS 

V A XXXV- 

H S E 



— 174 



7C>0. [Dossiers, VI, 10]. Announa. — Copie de M. Dollv. 



C A E S F L A 

O V A L E R I O 

N S T A N T I O 

1 N V I C T O P I O 
FELICI • AVG • PON 

F I C I M A X I M O 
RIBVNITIAE 
O T E S T A X 
A C O N S 
P P V M 
V T O X 

X C 



767. [Dossiers, XXII, 42]. Guelma. — Dessins de M. De la Mare. 



<0 



O C IV s 
S I B 1 1 X I 
S A D A 
RL S Fil C 

AMPER LIACIEM 
TAQ.DVCTVM 



V A C V A X 

S I C S S O L E S C 

f LANBSHfSIO 

CONSTITV 



c) a 1 1 sfmmmmm 
m e m tew$Mm&M 

d) NIVMIILCE S 
TIS VXI?®» 



9) 



h) 



MBIT VEADQ. 
F I R M L V S 

,'ASIAIAVEf I 
SÏP O 



i) SA le S 
Q. • B 
RED 

Fragm. b-h. — Lettres de o m ,io à la première ligne; o m ,o9 à la 
deuxième. 

768. [Dossiers, \, 46 et V, 02]. Copie envoyée par M. de Lhôtellerie. 

Bas-relief. 



D • M • S 
VALERIA RES • 
VTA PIA V A 



D • M • S 
IVLIVS • SATVRNI 
N V S If V S V A 
LXX 



— 172 — 
769. [Fiches, 6991]. Khamissa. — Copie du capitaine de Vigneral. 



H 

770. [5992]. Copie du même. 

D • C A E C I L I V S 
D F • Q.V I R 

PROCVLVS 

P • V • AN • LXXV 

H • S • E 

772. [6024]. Copie du même. 

D M S 
F V N D A 
N I A CAÂ 
M I L L A 
P V A LXV 
H S E 



D M S 

I C A E C I 
L I V S P O M 
P I L A N V S 
P • V • A • XXII 
S • E 



771. [5998]. Copie du même. 

CANDIDARV 
FINI • F • P • V • A • LXI 
H S E 



D M S 

M LICINIVS RV 

FINVSLICINIPA 

L IRNI FIL P V A 

LI H S E 



773. [6028]. Copie du même. 774. [6037]. Copie du même. 



D M S 
IMVTT I 
VS DORE 
VN VS 

VFVS 
V A L V 
H • S ■ E 



D M S 
I V N I A 
APRONA 
P • V • A 
XXfiS^III 
4 S E 



Q. V I N T A • Q. 
A R I N I S F 
IVENALIS • VAR 
TIM10 F VXOR 

P V AN LXXV 
H S E 



775. [6o56]. Copie du même. 




173 — 



776. [Fiches, n° 097 y]. L'inscription signalée comme fausse au 
Corpus (tome VIII, n° i4)a été également copiée par M. deVigneral, 
dont le témoignage n'est pas suspect. 

777. [Fiches, n° 5984]. L'inscription signalée comme fausse au 
Corpus (tome VIII, n" 10) n'est qu'une mauvaise copie de celle qui 
porte le n° igo3 dans le même recueil. — [ La remarque est de 
L. Renier.] 

778. [Dossiers, V, 43]. Tébessa. — Copie de M. Desnues, commu- 
niquée par M. de Lhùtellerie. 

+ 
D M S 
ROIMMACA 

V S I V A S I A L 
CODI I CISAII 
CHSSIMAE BAXX 
M B D X V L I s i : : 

771). [Dossiers, VII, a3]. Henchir Gesses. — Dessous d'ouverture 
d'une ruine qui a dû être un petit temple. — Copie de M. Payen. 



IX HOR M 
OS SE • D 
E S l'EClT 



780. Copie du même. 



d m s 

M CA 
VIX AXI 

I.X V 
PVS oz 



781 . Dans le mur d'enceinte, près 
la porte du Sud. — Copie du même. 



d M s 
a p o x 1 A 

M A X I M 

A VIXIT NI 

S XXVIII 

ET BVCA 

FILI NIXI 

T AHS • VII 



782. Copie du même, 
# d m s 

C • K I A M 
A R I V S 
VIXIT 

ANNISJ^ 
XCVAB FI 
LIS D 



— 174 — 

783. [Dossiers, XL1X, 5]. Set if. — A ioo m de la voie, au nord des 
sources et sur la rive droite de l'oued Fermatou. — Copie de 
M. Payen. 

IMP • CAES • DIVI 
TRAI • PART -FIL- 
DIVI • NER • NEP 
TRAI • HADR 
AVG • P • M- TR- P- 
VIII • COS • III • 
PROCOS • A • SI 
TIFI • MIL • PAS- 
IIII 

784. [Dossiers, XXII, 20]. Copie 785. [Dossiers, XXII, 14]. Copie 
d'un inconnu. île M. Aubin. 

M CAES MOLOPICW I1CIOI • VICO 

NIO MAXIM OP P I A 1 1 A • S H I A 
CI AVG POXTI MAXIR E M E N A S 

RO OS A N N O M 

I M P C A E S P O X I I I O S P y 

X O R A 
AVG 



786. [Dossiers, XXII, 20]. Copie d'un inconnu. 



M A X I A X 
XIA W X I 
II S 



787. [Dossiers, VII, 23]. El Khouabi, chez les Ouled Fadhel, sur 
une base de colonne. — Copie de M. Payen. 

SEPVL 

Copie du même . 

# DOCA-DEI ^ 

788. [Dossiers, XIV, 17]. Kherbet hen Mokhenech(4. kil. à Test de 
Bordj Medjana, 10 kil. N.-O. de Bordj bou Areridj). Dessin du même : 
« Bloc calcaire haut de o m ,36, large de o m ,8o, long de o m ,82. On y 
voit un cadre dont l'intérieur est creusé au ciseau; au centre est 



- 175 — 

pratiquée une coupe dont les bords font saillie à hauteur du cadre. 
Au-dessous : 




789. [Dossiers, XVIII, 5], Aumale. — Copie de M. Maillefer : a Ins- 
cription entourant un bassin de forme hexagonale , peu profond et 
orné de poissons sur les bords. » 




FVRAT bVIOR • Q. • S • F 



790. [Dossiers, XXXVII]. Bou-lkeullalm, sur la partie supérieure 
d'une porte monumentale. — Copie non signée, probablement de 
M. Berbrugger. (Pap. Berbrugger.) 



CEN 


PREDIS 
S CS FELICIT 


ARI 


ACV 
GVST 


SEVER 



— 176 — 

791. [Dossiers, XXX, a]. Plaine des Oulad-Mimoun, au-dessous et. 
au nord d'Hadjar er Roum. — Estampage de M. Cherbonneau. 

IVLIVSDONATVS 
VICXIT ANIS LV FIL 
LOL'IVS FECIT 
DS C III KFEBR 
ONO P CCCLXXIII 

792. [Estampages, 3a, ta]. La Moricière. — Estampage envoyé par 
le commandant Rouvière. 

D M S 

! V L I A • VICTOR I N A 
VIXIT • ANNIS DVOBVS 
M E N S E S X DIEBVSXI 

793. [Estampages, 32, i3]. Id. 

D • M • S 
NVMITOR • I • A • 
SA • TVRA • VIXIT 
ANIS • XXVII • 
V L P I V S • D O N A 
TVS D V L C I S I M 
A E M A R I T A E FECIT 

794. [Dossiers, XLVI, 9 et 11]. Cherche!. — Copie de M. Ber- 



brugger en i855. 



xwmtmwm® a r 1 
mmmmsssto wsso. v i r 
rMMfoWAWt 1 c c 1 p 1 

EQ.VO PVBLICO EXORNATO 
FLAMIÎÎ • P • PROVINCIAE 
CVLTORI S I g R I PAT RI 
PATRONO 
OB M E R I T A 
EIVS CAVBONE 



— 177 — 

795. [Dossiers, XL VI, i |. Cherckel. — « Sur le quai du Cothon 
ouest. » Pierre de i m ,io. — Copie de M. De la Mare. 

T LIC1NIU 
T F I F 



10 lignes 



79(3. [Dossiers, V, 28]. « Employée dans un petit mur de soutène- 
ment , à la Campagne Thomas, attenante aux grandes ruines du 
champ de maïs. » Pierre haute de o m ,93 et large de o"',23. — Copie 
du même. 



L Ll O 

il M V 

O 

C A E S 



797. [Dossiers, Y, 3o]. Fragment haut de o m 11, large de o m , 12; 

lettres de o m ,o2o. — Copie et estampage du même. 




798. [Estampages, 11, -■*]. Estampage de M. Berhrugger (?). 
\ - l 1 v s d O N A J 

\ A I L I A • \ / 






799. [Doss>ers, V, 17]. Fragment haut de o m ,ii, large de o m ,i3; 
lettres de o m ,oi et o m ,o?.. — Copie de M. de Lhotellerie. 

/S • A E R A R I 
r M E N T V M • F L 

ATVBIT • PR|MT 
S • 
Akchéologie. '- 



800. f Dossiers, XLVI, 



— 178 — 

Copie de M. De la Mare. 

ESTRICAT 

ANORV • X 

YOT D 

801. [Dossiers, XLVI, n]. Dessin de M. Lewal. 

D M S 
DAND AS 
PA 
IV 
IIS 
VI X 
IX H S 

802. [Dossiers, XLVI, ai]. Copie de M. De la Mare. 

x i b v s 

PROCVL • ET 
A X I M I L I A E 

803. [Dossiers, V, 22]. Trouvé près de Cherchel. Pierre haute de 
o m ,i3j large de o m ,io; lettres de o m ,i5. — Copie de M. de Lhôtel- 
lerie. 

ROGA • T 
NVMI • SI 

SATV 

804. [Dossiers, XLVI, i]. — Copie de M. De la Mare. 

P PATER$fôgSlBV 
PRAESTANTISSIM 

805. [Dossiers, V, 3o]. Pierre haute de o m ,i5, large de o m ,o8 ; lettres 
de o m ,o25. — Copie de M. de Lhôtellerie. 



RED 
C AT O 

V M • N 
C O X S I 

M V X 
TITVLO 



— 171) — 

8U6. [Dossiers, V, 17]. Pierre haute de o"',n5, large de o m ,<jô; 
lettres de o m ,o2. — Copie de M. de Lhôtellerie. 



A. Al V L 


V E C I T 


1 LORO 


VIXIT 


H S 



807. [Dossiers, Y. 3o . Fragment haut de o m ,3a, large de i>"\h.), 
lettres de o m ,o8. — Copie du même. 



R V .\ 
je a( 

808. [Dossiers, V, 28J. Fragments de poleries. — Copie du même. 
a) AlL^ 

ii c • s en 1 " • 1 ext formant monogramme). 
L • WI.E/ 



R I 



d) AGI 

e) C CLO S VC 

809. [Dossiers, V, 27]. Fragments de poterie. — Copie de M. de 
Lhôteilerie. 



a) ' VlCi 

6) RASIxJ 

c) -eInc( 

d) Fi il 

e) cl- P 

f) SAPOLO 

3) GABMERçJ 



h) 



COL 
V I L 



1 ITT A 2 

/-' R I N 

/) jLKA 

m) iciNS 

A X N I 

et sur le fond, gravé à la main 
(lettres cursives] 



♦ 



+ 



£ 



Ld 



— 180 — 

810. [Dossiers, XLV1, ij. « Gravé à l'envers et en relief. » — Copie 
de M. De la Mare. 

ANKAIS 

Cf. Corp. mscr. lut., t. VIII, n° 9409. 

811. [Dossiers, V, 28]. Tipasa. — Trouvé en 1869, au sud de la 
maison Monniot, en faisant la route de Coléa. — Copie de M. de 
Lhôtellerie. 

aL\ I \ 1 1 
IIVVENTV 
' P ASIT A I 
F RE 

812. [Dossiers, \li, 20]. Henchir /{> j sdis, à l'oued du lac Djendeli 
— Copie de M. Payen. 

D M 

r 1 

PATRIS V I 

ope p g 1 c 1 s 1 

L V A N r, y r 

a p e f a WWM 

I L I O V I X 

813. [Dossiers, XI, 51. Débris sculptés sur des morceaux de marbre 
blanc; ont été déterrés près du lac Alloula (province d'Oran). — 
Copies d'un inconnu communiquées par M. Cherbonneau. 

1 ) V I D V C 2) N R I L 

G N A S S C I A r 

F COM Q^ 

N'FLA\ ES 
/N I 



SÉANCE DU 14 MARS 1887 



PRESIDENCE DE M. CIIABOUILLET 

La séance est ouverte à trois heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. de Colleville, secrétaire général de la préfecture des Basses- 
Alpes, sollicite une subvention pour un ouvrage qu'il vient de publier 
sous le titre d' 'Histoire abrégée des empereurs grecs et romains, etc. 
— Plusieurs membres font remarquer que les affaires de ce genre 
sont plutôt du ressort de la Commission des souscriptions, et qu'il 
n'est point possible, pour bien des motifs, de prendre cette demande en 
considération. En conséquence, le Comité ne croit point devoir la ren- 
voyer à l'examen d'un rapporteur. 

M. Espérandieu, correspondant du Comité à Saint-Maixent, envoie 
le compte rendu de diverses découvertes récemment faites à Nanteuil 
(Deux-Sèvres). — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Léon Maître, correspondant du Comité à Nantes, adresse un 
rapport sur les fouilles opérées par lui à Saint-Jacques de Fégréac 
(Loire-Inférieure), et demande une subvention pour les continuer. — 
Renvoi à M. Alexandre Bertrand. 

M. Pilloy, correspondant du Comité à Saint-Quentin, envoie le 
dessin d'une boucle récemment découverte dans une sépulture 
du iv c siècle, à Saint-.Iust-en-Chaussée (Oise). — Renvoi à M. de 
Lasteyrie. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

Les monuments historiques de Reims, compte-rendu par M. Ja- 
dart. 

Compte-rendu du Congrès international des Américanistes , 
6 e session, tenue à Turin, par M. J. de Baye. 

La tapisserie de la chaste Suzanne, par M. Jules Guiffrey, avec une 
introduction par M. Paul Marmottan. 

Archéologie. 13 



- 182 — 

M. Hékon de Villefosse lit un rapport sur une inscription 
gauloise récemment découverte à Nimes et dont un estampage a 
été adressé au Comité par M. Bondurand, archiviste du Gard ' . 

M. Héron de Villefosse dépose sur le bureau un rapport rédigé 
par M. Théophile Eck, conservateur des Musées de Saint-Quentin, 
au nom de la Société Académique de cette ville. Ce rapport rend 
compte des fouilles faites à Vermand pendant Tannée 188G ; il est 
rédigé avec grand soin et contient un inventaire sommaire des objets 
découverts. 

« Commencées le :i8 décembre 1 88.5, sous la direction de M. Eck, 
avec des ressources mises à sa disposition par la Société Académique 
de Saint-Quentin, ces fouilles furent continuées en 1886 à l'aide 
d'une subvention votée par le Comité. Non seulement il faut féliciter 
les archéologues de Saint-Quentin du résultat intéressant de leurs 
recherches, mais il convient aussi de les remercier de la prompti- 
tude avec laquelle ils ont mis le Comité au courant de leurs décou- 
vertes. 

« Les objets trouvés appartiennenl aune liasse époque pour la plu- 
part. La série des verres offre un intérêt particulier. On y remarque 
plusieurs produits de la fabrique Frontinienne, un vase en forme de 
singe assis, une coupe portant un sujet chrétien accompagnée d'une 
inscription. La céramique rouge est représentée par des spécimens 
sans valeur ; mais, en revanche, les fouilles ont donné quatre vases 
avec inscriptions peintes sur la panse et une statuette en argile 
blanche portant le nom du fabricant. La découverte dans les lombes 
de vases en étain et de nombreux plateaux du même métal contenant 
des restes d'offrandes funèbres est très digne d'attention. Une cuiller 
d'argent portant une inscription latine est à ajouter à la liste donnée 
par M. Frœhner dans ses Kritische Analekten. Enfin deux intailles en 
cornaline offrent des caractères gravés. Sur la première les lettres 
L • I • A • paraissent être les initiales des trois noms h(ucius) l(ulius) ? 

A suivies du chiffre VI (peut-être sévir). Si la seconde n'avait. 

pas été recueillie par M. Eck lui-même on devrait douter de l'au- 
thenticité de l'inscription, car les points séparatifs sont placés à la 
base des lettres, ce qui est un signe ordinaire de fausseté. 

« Ce rapport très instructif mérite d'être inséré dans le lin lie lin 
du Comité H. Il faut espérer que la Société Académique de Saint- 

'1 Voir ci-après p. 201, le texte de ce rapport. 
-) Voir ci-après p. 184, le texte de ce rapport. 



— 183 — 

Quentin continuera dos fouilles si bien commencées et que, grâce 
à ses nouvelles recherches, on aura bientôt les documents nécessaires 
pour résoudre le problème archéologique qui s'atlache au nom de 
Vermand. » 

M. de Lasteyiue fait uri rapport sommaire sur une communica- 
tion de M. Matton, membre non résidant du Comité à Laon, relative à 
la dédicace de la cathédrale de Soissons à la fin du xv c siècle. 

Dans une communication insérée l'an dernier au Bulletin archéo- 
logique, M. Eugène Lefèvre-Fontalis a fait connaître un acte impor- 
lant qui donne la date exacte de la dédicace de la cathédrale de 
Soissons (■>.') avril i \~\)). M. Matton a trouvé aux archives de l'Aisne 
deux expéditions contemporaines de La même pièce, dont l'une esl 
encore munie des sceaux de l'évêque Jean Milet et du chapitre. Ces 
deux copies ne différant, point de celle qui a été imprimée dans le 
Bulletin, il suffira de remercier M. Matton de sa communication et 
de la déposer aux archives du Comité. Toutefois on peut profiler de 
l'occasion pour corriger une faute d'impression qui s'est glissée à la 
lin du texte donné par M. Lefèvre-Pontaiis ' . La concession d'un 
surcens de seize sous parisis à Ambleny, accordée à l'église de Sois- 
sons par l'évêque Jean Milet et mentionnée au dos de la pièce précitée, 
est du 6 avril i488 (v. sf .) et non t Jo8. 

M. de Lasteyrie lit une note sur diverses inscriptions antiques 
récemment découvertes à Timgad et à Djemilah, en Algérie, et dont 
d'excellents dessins, accompagnés d'estampages, ont été adressés à la 
Commission des monuments historiques par M. Duthoit, architecte 
af taché à cette Commission. 

Le même membre communique également le texte d'une inscrip- 
tion chrétienne récemment découverte à Doué- la-Fontaine (Maine-et- 
Loire), et dont l'original est aujourd'hui en la possession de M. Mi- 
chel, sous-conservateur du musée d'Angers s ). 

L'ordre du jour appelle le rapport de la Commission chargée de 
dresser le programme du Congrès de la Sorbonne pour 1888. M. le 
Secrétaire donne lecture des questions proposées par la Commission. 
Après diverses observations, la Section adopte ce programme en 
principe, il sera communiqué aux délégués des sociétés savantes dans 

'» Bull, archéol., année 188G, p. 351, ligne ltj. 

-) Voir ci-aprrs, le texte de ces deux communications. 



- 184 — 

la prochaine réunion du Congrès, et inséré le plus tôt possible au 
Bulletin archéologique. 

M. le Président rappelle qu'il y a lieu dénommer une sous-com- 
mission pour préparer les propositions à faire au Ministre en vue des 
récompenses honorifiques à décerner à l'occasion du prochain Con- 
grès de la Sorbonne. Sont désignés pour faire partie de cette Com- 
mission, MM. de Villefosse, de Barthélémy, Bertrand, auxquels 
s'adjoindra le bureau de la Section. 

La séance est levée à quatre heures et demie. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



LE CIMETIÈRE GALLO-ROMAIN DE VERMAND (AISNE) 

Communication de M. Eck, 

conservateur du Musée de Saint-Quentin. 

Le village de Vermand (Civitas Viromanduorum), situé à dix kilo- 
mètres de Saint-Quentin, possède actuellement encore l'un des camps 
romains les mieux conservés de la seconde Belgique, et depuis long- 
temps on a la certitude qu'il existe un vaste cimetière antique autour 
de cette localité. Vermand fut, en outre, cela parait irrécusable, un 
vieil oppidum gaulois. 

Dorn Grenier, dans son Introduction à l'histoire de Picardie, nous 
dit que l'on a trouvé des tombes à différents endroits bien détermi- 
nés par lui, et fort éloignés les uns des autres; il ne serait pas 
impossible qu'il en ait été découvert d'autres plus anciennement. 
Ce qui tendrait à le faire supposer, c'est qu'au cours des fouilles 
récemment faites, j'ai constaté la violation de quelques sépultures au 
milieu d'un grand nombre de fosses parfaitement intactes. 

Il y a trente-cinq ans, en i852, des ouvriers travaillant à une 
briqueterie que Ton exploitait alors dans la direction du Nord, à deux 
cents mètres au plus de Yaijger du camp, mirent à jour plusieurs 
tombes, non loin de l'endroit où il en a été tant trouvé depuis un an. 
L'intéressant mobilier funéraire provenant de ces inhumations fut 



— 185 — 

disséminé de côté et d'autre. Seuls, quelques menus objets en argent 
furent donnés à la Société Académique de Saint-Quentin, pour son 
musée. 

Jusqu'en ces dernières années, toute idée de recherches paraissait 
abandonnée, lorsque, durant une promenade que je fis à Vermand 
en 1876, j'eus connaissance par hasard de deux sépultures trouvées 
à une assez grande distance l'une de l'autre, au bas et dans le haut 
de cette longue agglomération de jardins qui s'étend entre le camp et 
la chaussée romaine, allantde Saint-Quentin à Amiens. 

Aussitôt que je fus au courant de ce fait, dont j'étais loin cependant 
de soupçonner l'importance, je résolus de remettre mes recherches 
à une époque où il me serait possible d'explorer cette nécropole. 
Dans ce but, j'attendis patiemment une occasion favorable pour 
mener à bien un projet qui devait combler mes vœux. 

Neuf années s'écoulèrent, et, à part quelques trouvailles isolées qui 
n'attiraient que faiblement l'altention des archéologues, nul, si ce 
n'est moi, ne songeait à entreprendre un travail d'exploration continue. 

Un fouilleur de profession, fort connu de tous les antiquaires de la 
région, et. qui venait d'explorer avec grand profit quatre cimetières 
mérovingiens autour de la ville de Péronne (Somme) C 1 ), visita Ver- 
mand qu'il savait avoir été une cité antique. Il s'y prit de façon à 
être promptement renseigné et il obtint de suite l'autorisation de 
faire des sondages et des terrassements dans un but, affirmait-il, 
exclusivement historique. Les habitants de l'endroit, qui devaient un 
peu plus tard louer à prix d'or leurs terres de culture et leurs 
jardins, accordèrent gratuitement à M. Lelaurain, dont ils avaient 
reconnu l'habileté et l'expérience, tout ce qu'il voulut. 

C'est à partir de cette époque, 10 novembre i885, que commencè- 
rent les fouilles qui devaient, deux jours après seulement, donner le 
résultat le plus brillant et le moins espéré : je veux parler de la 
découverte d'une chambre sépulcrale avec sarcophage et mobilier 
funéraire d'une richesse et d'une beauté vraiment incomparables. 

Fermement résolu à me livrer de mon côté à des recherches qui 
pourraient fournir les premiers éléments d'un musée archéologique 
à Saint-Quentin, j'entretins de ce projet l'honorable président de la 
Société Académique de notre ville, M. Emmanuel Lemaire, qui, avec 
le plus grand empressement, voulut bien exposer à la Société l'im- 
mense avantage qu'il y aurait à tirer, au point de vue historique, de 
recherches méthodiques et de fouilles consciencieusement faites. 

(*) Marchélepot. Barleux, le Mesnil-Bruntel et Buire-Courcelles. 



— 186 — 

Je me plais à déclarer ici que nos propres ressources une fois 
épuisées, g#âce aux démarches de notre Société Académique, nous 
obtînmes de M. le Ministre de l'Instruction publique les subsides 
nécessaires pour continuer les fouilles que, sans sa générosité, nous 
avions la crainte de voir reprises par des étrangers. 

Nous étant assuré la location d'une pièce de terre et de trois jardins 
dont l'un, le plus vaste, devait à lui seul nous livrer le secret de 
cent dix-sept sépultures, je me mis à l'œuvre le lundi ^..S décembre 

L'étendue aujourd'hui connue de ce vaste champ de repos, en 
tenant compte cependant de trois solutions de continuité, embrasse 
en longueur plus d'un kilomètre sur une largeur très faible et qui 
varie beaucoup. Tout n'a pas été fouillé encore; sept cents tombes 
(je crois ce chiffre assez exact) ont été ouvertes jusqu'à ce jour. 

L'absence presque absolue de soldats indique un cimetière civil, 
servant aussi bien aux adeptes du nouveau culte, qu'à ceux, tout aussi 
nombreux sans doute, qui n'avaient pas encore voulu renier le vieux 
dogme païen. A l'exception d'un seul cercueil de pierre, dont le 
mobilier est des plus intéressants, toutes les inhumations avaient été 
faites à une profondeur fort variable, dans d'épais cercueils de bois 
dont les clous atteignaient en longueur de dixàdix-huit centimètres. 
Les ossements étaient admirablement conservés pour la plupart, et 
fort peu d'inhumations, sauf celles des plus pauvres, avaient été 
faites sans bières. 

L'époque de ces inhumations est parfaitement caractérisée par un 
mobilier funéraire fort varié, abondant, riche surtout, et par les 
nombreuses médailles que renfermaient les sépultures. Je me suis 
trouvé dès le début des fouilles en présence d'un cimetière qui va de 
la fin du 111 e siècle au commencement du V e . Pendant cette période, 
il n'y eut probablement pas d'autre endroit consacré à ce pieux 
usage; puis, brusquement, les inhumations cessèrent avec l'an 407. 
Ce qui tend à confirmer pleinement cette opinion, que je ne crains 
pas d'émettre, c'est que les dernières médailles trouvées sont à 
l'effigie de l'empereur Honorius. 

Au surplus, la date que je viens d'indiquer concorde parfaitement 
avec plusieurs autres témoignages confirmant la ruine complète de 
Yermand qui aurait eu lieu lors de la grande invasion germanique 
conduite par Attila. 

(le qui donne un caractère particulièrement intéressant aux trou- 
vailles faites à Vermand, c'est la singulière abondance des verreries 
extraites des sépultures et leur multiple variété de formes. Il y. a été 



— IN7 — 

trouvé des objets de la plus grande rareté qui suffiraient à eux seuls 
pour donner une importance exceptionnelle au musée assez heureux 
pour les posséder tous aujourd'hui. 

Le peu d'étendue de cette relation ne me permettant pas d'entrer 
dans des détails sans nul doute utiles et précieux, mais trop nom- 
breux pour être consignés sommairement ici avec profit pour la 
science, je me bornerai à une nomenclature succincte qui suffira 
cependant à donner une idée des richesses que recelait ce coin du 
territoire des Viromandui. 

Deux cent trente-quatre tombes ont été ouvertes par moi, et, il y a 
peu de jours encore, j'explorais les dernières. Elles m'ont donné : 

I errerie 

Cinquante-six coupes apodes en verre blanc, à bords droits et lisses, 
en forme de bol. Quelques-unes sont ornées de quatre ou huit larmes 
en verre blanc sur le pourtour extérieur. 

Six petites coupes à pied en verre blanc, de forme fort gracieuse 
quoique surbaissée. 

Sept coupes de différentes grandeurs en verre blanc, profondes, 
ornées d'un collier de dentelures avec gemmes artificielles ou pâtes 
en cabochons noirs, bleus, jaunes et verts. 

Treize coupes à boire, avec fossettes ou dépressions longitu- 
dinales. 

Une coupe ou urne profonde avec nombreux granules en relief et 
rosace dont les feuilles s'étendent circulairement du fond vers le 
haut. 

Deux petites urnes en verre blanc. L'une est décorée d'un filet en 
verre bleu clair faisant sept Ibis le tour de la panse. 

Deux grandes coupes plates en verre blanc verdâtre. 

Une palère parsemée de gemmes artificielles ou pâtes en cabo- 
chons bleus et jaunes serties méthodiquement. Diamètre o m ,2i. 

Une grande urne (forme de la diatreta) en verre blanc verdâtre, 
ornée sur le pourtour de cinquante boutons très saillants en verre 
blanc et. en verre brun orangé qui alternent. Ces boutons se com- 
posent d'un cercle blanc évidé daus son centre et laissant surgir un 
ombilic de même couleur que le cercle. Hauteur o m ,i4, diamètre 
o"',ij, épaisseur du verre o m ,oo3. Sur le haut se trouve gravée cette 
inscription, qui fait le tour du vase : 

VIVAS -^ CUM TUIS -< P «* 7. 



— 188 - 

Une coupe chrétienne en verre gravé avec scène, monogramme et 
inscription. 

Vingt-trois barillets de toutes grandeurs, à une et. à deux anses 
lisses ou striées, ayant pour la plupart sur le fond extérieur les 
sigles suivants qui se rapportent tous à la fabrique Frontinienne : 

FRON 

FRONT 

F R O T I 

FRONT PAX 

FRONTINO 

FRONT (SEXTIN) 

COM FOR FRONT 

Une aiguière de deux couleurs (rouge grenat et blanc), de forme 
élancée, avec une série de filets en verre blanc opaque courant hori- 
zontalement depuis le sommet du col jusqu'au pied même de cette 
charmante pièce, dont l'anse, en verre blanc opaque, manque 
malheureusement en partie. 

Quatre fioles avec dépressions longitudinales ou ornements en 
relief et initiales; l'une d'elles, de très petite dimension, présente 
près du col quatre lignes horizontalement placées en granulé, alors 
que plus bas, dans un cadre cordelé et en relief, se voit une guir- 
lande fleurie surmontée des deux initiales H L- 

Cinquante-un flacons, fioles, guttus et bouteilles diverses en verre 
blanc incolore ou bleuâtre. 

Vingt-deux aiguières à une et à deux anses, unies ou avec filets de 
verre blanc courant en spirale ou horizontalement le long de la 
panse. 

Deux bouteilles cylindriques et élevées, en' verre blanc; Tune 
d'elles, légèrement opaque, a pour anses deux dauphins. 

Une grande aiguière ornée de gemmes artificielles de couleur bleu 
saphir et de verre blanc translucide. Cette incrustation se trouve sur 
le pourtour inférieur de la panse. Hauteur o m ,27. 

Une aiguière de forme ordinaire; — mais ce qui lui donne un inté- 
rêt tout particulier — munie d'une anse ajourée affectant la forme 
d'une tresse ou d'unentrelac. 

Une charmante aiguière, en verre blanc, ornée de quatre anses qui 
du goulot rejoignent la panse, laquelle est parfaitement ronde et 
décorée de gemmes ou boutons saillants en émail blanc. 

Un lécythe en verre d'un blanc verdâtre représentant un singe 



— 189 — 

assis dans un fauteuil natté; il est coiffé d'une sorte de capuchon et 
joue de la flûte de Pan. Hauteur o m ,2i . 

Un flacon ou ampoule en verre blanc un peu verdâtre, très épais, 
à six panneaux lisses, avec une anse large, cannelée; sur le fond 
extérieur le sigle M I- Hauteur o"'.i \. 

Dix-sept verres à boire, ou verres dits à pied. 

Un guitus pomiforme à goulot surbaissé et muni de deux très petites 
anses. 

Un verre droit sans pied à bords rentrants. Par sa forme, cet objet 
retenait forcément les impuretés du liquide au moment où l'on vou- 
lait boire. 

Céramique. — i° Terre rouge vernissée. 

Une coupe munie d'un pied très étroit et décorée de trois cercles 
superposés, de couleur blanche. 

Sept petites urnes de forme assez élégante. Deux d'entre elles sont 
décorées de cercles de couleur brune. 

Trente-six assiettes profondes, décorées ou non, à l'extérieur, de 
dessins faits au poinçon ou à la roulette. 

Neuf petits plats abords ronds ou plats. 

Treize grands plats à aliments. Diamètre moyen o ,n ,3o. 

Une amphorisque agrémentée de stries sur le pourtour. 

Trente-huit lagènes à embouchures rondes ou trilobées et à panses 
décorées ou non de cercles blancs et bruns. 

Trois grandes terrines profondes décorées à la roulette. Hauteur de 
l'une d'elles o m ,n, diamètre o m ,a3. 

Deux grandes urnes de forme élancée avec spirales ou feuilles d'eau 
à la barbotine. 

Une lagène avec décoration blanche se composant de pois et de 
spirales reliées entre elles. 

Fragments de poterie dites amienne ; l'un, qui se trouve être le 
fond d'un vase, porte l'estampille de LICINI VIS- Un autre fragment 
représente la partie antérieure du corps d'un cerf ou d'un renne. 

2° Terre blanche, jaune et rose. 

Une grande gourde à panse lenticulaire, à quatre anses, munie 
d'un pied carré ou support; elle est rayée sur ses deux faces, c'est- 
à-dire sur les bords seulement de sa circonférence ; une dépression 
ronde se trouve dans le centre de cette circonférence. Hauteur, o n \-i- ; 
largeur, o m ,22. 



— 190 — 

Quatre lagènes de forte taille avec anse (terre blanche ou rosée). 

Quatorze lagènes plus petites en terre jaune ou légèrement rosée. 

Trois autres lagènes en terre blanche. 

Une bouteille à panse ronde avec embouchure évasée. 

Six: amphorisques. 

Deux lagènes en terre blanche avec dessins et ornements ronges 
laits au pinceau avant la cuisson. 

Une râpe ou vase à trituration en terre jaune avec déversoir destiné 
à l'écoulement du liquide. L'intérieur est composé d'un semis de 
minuscules fragments de quartz collés dans la pâte avant la cuisson. 

■)o j' erre noire et grise. 

Quatre-vingt-cinq petits vases en terre noire et. grise, à panse 
ronde, large ouverture et base rentrante. La dénomination générique 
de poculum est la seule qui leur convienne. 

Quinze lagènes. 

Dix grandes urnes. 

Dix plats à aliments. 

Trente-trois terrines de diverses formes et grandeurs. 

Vingt-neuf assiettes ou soucoupes. 

Quatre bouteilles. 

Une urne de forme élancée, avec pied ; le col en est haut et droit ; 
sur la panse, huit compressions, dont quatre fortement accusées el 
quatre autres longitudinales et moins accentuées. 

Une fiole noire d'un galbe élégant décorée de touilles d'eau à la 
barbotine. 

4° 1 ases avec inscriptions et peints à la barbotine. 

Une urne rouge de forme élancée, à panse ronde, portant sur le 
sommet du col ce graphite : 

F E c i 

Une grande urne noire de <> m , 22 de hauteur, ornée de deux lignes 
d'émail blanc sur le sommet delà panse, et, plus bas, entre deux autres 
lignes de même matière faites au pointillé, de rinceaux en émail blanc 
rehaussé de jaune et, régnant sur tout le pourtour. Au-dessus de ces 
Heurs et en lettres majuscules cette inscription : 

R E P L E M E 

Un vase de même forme, mais plus petit. Entre deux lignes un peu 



- im — 

ondulées se trouvent quatre très gros pois blancs, et entre chacun de 
ces pois, quatre lettres qui forment le mot : 

V A L E 

Un vase noir de même forme que les précédents; mais un peu 
plus grand que le dernier. Entre deux lignes ondulées blanches, cette 
inscription : 

SA L V E 

Statuette. 

Une statuette en argile blanche finement moulée, paraissant repré- 
senter Junon-Lucine. Hauteur o m ,i j. 

Vases en êtain. 

Trente-sept plateaux, la plupart de grande dimension, contenant 
ou tous les vases de la fosse dans laquelle ils se trouvaient ou le 
repas funèbre donné comme offrande au mort. Une dizaine de ces 
plateaux avaient jusqu'à o :D , 55 de diamètre et quelques-uns étaient 
décorés de dessins géométriques en creux. 

Quatre coupes à pied ; elles contenaient des aliments. 

Quatre vases ayant probablement contenu des liquides. 

Objets en métal précieux. 

Une paire de pendants d'oreilles en or, portant deux émeraudesde 
forme oblongue et arrondie. 

Une bague d'argent, avec intaille en fausse calcédoine représentant 
un quadrupède courant à gauche. 

Une autre bague d'argent avec chaton simple. 

Deux épingles à cheveux en argent figurant une hache ; l'une d'elles 
est évidée et ornée de quelques traits gravés. 

Quatorze épingles à cheveux en argent, avec tètes lisses, rondes, à 
facettes ou côtelées. 

Objets en bronze. 

Sept bassins côtelés ou à bords godronnés. Diamètre moyen o ra ,25. 

Une coupe à boire. 

Un grand plateau très épais ; il est étamé intérieurement et cette 
couverte est parfaitement conservée. Cet objet a été fondu, puis 
façonné au tour. Une couverte épaisse et très dure m'a jusqu'ici em- 



— 19'2 — 

péché de lire au sigle qui se trouve au revers. Diamètre o m ,3o. 

Une aiguière. La patine antique qui la recouvre est d'un beau vert. 

Deux petites soucoupes. 

Un torques composé d'un simple fil de bronze terminé par son 
attache. 

Un collier avec mailles ayant la forme d'une chaînette. 

Vingt-six armillse ou bracelets cordelés, lisses ou ornés de dessins. 
Deux d'entre eux sont faits avec un fil d'argent et un fil de bronze 
roulés en torsade. 

Une forte fibule ansée, cruciforme, et encore dorée dans quelques- 
unes de ses parties. 

Treize boucles de ceinturons gravées et ornées de têtes de dau- 
phins ; l'une d'elles, avec chimères couvertes d'écaillés et dauphins 
aux yeux émaillés de bleu, est décorée d'un beau dessin sur toutes ses 
parties ; un ferret de même style l'accompagne. 

Quarante-trois objets divers, tel que bagues, pinces épilatoires, 
sonnette, boîtes, clefs, cuillères, etc. 

Objets, en fer. 

Dix-neuf objets comprenant : armes, boucles, briquet, seau, mo- 
raillon, etc. 

Objets en verre, jayet ou bois dure}. 

Quatre bracelets dont un très gros en jayet. 

Objets en os et ivoire. 

Treize épingles à cheveux dont une a pour tête une figure humaine. 
Cinq peignes. Deux sont triangulaires. 
Un manche d'ustensile percé de trous. 

Stèle. 

Une stèle funéraire taillée représentant, grossièrement au trait, une 
personne du sexe féminin. Cette pierre, a été trouvée dans le fond 
d'une sépulture, aux pieds d'un tout jeune homme. 

Objets en matières diverses. 

Cette série comprend des coffrets funéraires en bois et bronze, des 
tablettes en marbre, schiste ou lignite, des bottines en cuir cousu, 
sans talons et avec bouts pointus, des colliers de perles de verre de 



— 193 — 

couleur bleue, verte, blanche et jaune ; des débris de coquillages, de 
vêtements et d'une mappa ou tapisserie de forme carrée dont les 
couleurs sont encore bien apparentes, etc. Les trois objets suivants 
offrent un intérêt particulier. Ce sont : 

Une grande cuillère à bouche en argent à très bas titre, avec 
manche composé d'un enroulement en forme d'S aplati. Celte cuil- 
lère, de même forme et de même capacité que celles de nos jours, 
porte dans la coupe l'inscription suivante : 

PONI CVRIOSE 

Une intaille en cornaline avec sujet d'une grande linesse. Elle doit 
dater d'une des bonnes époques de l'art. L'artiste nous représente 
Minerve avec l'égide, tournée vers la droite, elle est casquée et vêtue 
de la stola. De sa main droite elle s'appuie sur le bouclier, et de la 
gauche elle tient une haste. Dans le champ, des deux côtés, les lettres 
suivantes disposées ainsi : 

I -J 

I v -a 

Une autre inlaille en cornaline. Cette pierre fine, d'assez grande 
dimension, a été fragmentée dans l'antiquité même, aussi n'en possé- 
dons-nous que la moitié, et sur cette moitié on lit : 

V.ALEXANÛ ) 

V O T O • F 

Monnaies et médailles. 

Les cent trois monnaies trouvées dans les sépultures ne sont pas 
toutes lisibles; beaucoup d'entre elles sont ou frustes ou enduites 
d'une couverte épaisse et trop dure pour être entamée avec profit par 
l'outil. Ce que j'ai constaté, c'est qu'elles embrassent la période qui 
s'étend deTrajan (97 après J.-C.) à Magnence (35o après J.-C). On ne 
peut se baser sur leur dépôt pour fixer l'âge des tombes. Une 
monnaie gauloise du type Nervien s'est rencontrée, par hasard, 
dans une fosse. 

Tel est le résultat acquis et dont nous avons tout lieu de nous 
déclarer satisfait jusqu'ici. 

Une description de cette multitude de petits monuments m'entraî- 
nerait trop loin, aussi me contenterai -je de donner quelques détails 
sur un petit nombre des pièces les plus intéressantes de chaque série. 



194 



Le verre moulé. 

] /objet le plus curieux de cette série est un lécythe de verre blanc 
verdâtre, en forme de quadrupède. Il représente un singe assis dans 
un fauteuil natté; l'animal est coiffé d'une sorte de capuchon, il 
Se penche légèrement en avant, et joue de la syrinx ou pipeau 
champêtre. 

Je n'ai pas besoin d'insister sur la rareté de ce curieux verre qui 
est jusqu'ici le quatrième connu. La collection Disch, à Cologne, en 
possède un semblable, et le musée d'Amiens considère à juste titre 
l'exemplaire qui lui appartient comme étant le plus précieux des 
objets en cette matière qu'il renferme {Cotai. n°;)iç)). On dit celui ci 
trouvé à Amiens même. Montfaucon en a publié un troisième ; mais il 
ne l'avait assurément pas vu, puisqu'il lui prête deux anses et qu'il 
l'assimile à une femme ! 

Le goulot évasé qui surmonte la tête du cynocéphale de Vermand 
ressemble assez au kalathoè des divinités grecques ou au modius 
placé comme Ornement sur la tète de Sérapis, et, si l'on ne considérait 
que le style, la matière et surtout la couleur, on se demanderait si ce 
verre n'a pas été moulé en Orient, en Egypte surtout. Les Égyptiens, 
peu habiles à affiner suffisamment les matières vitrescibles, ne produi- 
saient généralement qu'une pâte de couleur olivâtre plus ou moins 
foncée. Mais sa provenance, son style, certains détails tels que le fau- 
teuil d'osier, nous contraignent à lui donner pour origine une de ers 
fabriques gallo-romaines qui, un peu avant le IV e siècle, commen- 
çaient à faire usage du moule. Il n'y a pas bien longtemps que 
M. Froehner a émis cette opinion. Une figurine en terre blanche, 
de même provenance que ce vase, présente, ainsi que d'autres trouvés 
en grand nombre dans l'Allier, une analogie assez bizarre avec cette 
conception que l'on serait tenté de qualifier de sémitique. Assuré- 
ment l'un des deux artistes, le verrier ou le coroplaste, a dû s'inspirer 
de l'autre. 

Le verre gravi'. 

Dans une fosse profonde seulement de o 1 ", <So, et contenant les 
ossements bien conservés d'un jeune homme, se trouvait sur le 
côté, un peu au-dessus du tibia droit, la coupe que je vais décrire; 
elle était associée à deux ampoules, à une aiguière en verre blanc 
et à un petit plateau en bronze, à bords droits et de forme très 
ordinaire. 



— 195 — 

Cette coupe, brisée par le poids des terres, mais reconstitués depuis, 
nous montré le sujet suivant fait à la pointe par rotation sur la face ex- 
terne : à droite, le Christ debout, nimbé, vêtu de la tunique courte ornée 
de deux losanges brodés et couvert du palliùm; il tient delà main droite 
une tige qu'il parait vouloir incliner; de la gauche, il appuie contre 
sa tunique serrée à la taille par une large ceinture plate (cingulum) 
un livre roulé {volumeri). Sur le même plan, à gauche, un homme 
voilé, vêtu d'une tunique et de braies collantes entourées de bande- 
lettes, sort d'une édicule à toit élevé. Un arbre sépare 1 s deux per- 
sonnages. Dans le champ, sous le monogramme du Christ, brille une 
étoile à sept rayons, tandis qu'à l'exergue croît une plante à longues 
liges retombantes. Sur l'extrémité de l'un des bras de la croix, 
celui de gauche, se trouve figuré un flambeau. 

Autour de la coupe, on lit ce souhait dévie et de bonheur, ponctué 
avec des triangles pleins et inclines : 

V I V A S •* I X D K O * P <4 ^ 

Le sujet traité ici avec un faire négligé, un peu barbare peut-être, 
est la Résurrection de Lazare. Cette scène, les graveurs du temps 
l'ont reproduite à satiété sur les sarcophages, dans les peintures ef 
les mosaïques. Elle est une des plus familières de l'iconographie 
chrétienne des premiers siècles. On voulait par là tenir sans cesse en 
éveil, chez tous ceux qui avaient embrassé le nouveau culte, la pensée 
d'une résurrection de la chair. 

L'abbé Martigny nous dit dans son Dictionnaire des Antiquités 
chrétiennes : « Les artistes anciens figurent habituellement Lazare 
comme une petite momie enveloppée de bandelettes, la tète voilée 
d'un suaire, qui le plus souvent encadre la face et la laisse à découvert, 
et placé debout à l'entrée d'un édicule. Notre-Seigneur est devant 
lui, qui le touche avec une verge (c'est le type commun), ou étend 
vers lui la main droite, tandis que de la gauche il tient un volume à 
a moitié ouvert. Quand sa main droite est libre, il bénit ordinairement 
la momie à la manière latine. » 

Il n'y a pas à s'y tromper, c'est Lazare que le Christ ressuscite. 
Avec le même sujet gravé à la meule, et à l'exclusion des verres 
historiés à fond d'or trouvés dans les catacombes de Rome, on ne 
connaissait jusqu'ici que la patère de Bonn. 

Le verre orné de gemmes artificielles. 

Je ne décrirai qu'un seul de ces objets pris au hasard. C'est une 



— 196 — 

patère en verre blanc dont le diamètre est de o"',2i. Le fond est 
agrémenté de neuf gemmes d'un bleu saphir brillant et neuf autres 
d'un jaune imitant la topaze. Ces pierres sont disposées alternati- 
vement. Elles sont heureusement distancées, tranchent assez vive- 
ment sur le fond qu'elles ornent, ainsi que les parois, d'une façon 
charmante. 

Ces verres sont rares, et, ce qui est plus rare encore, ce sont les 
deux grandes aiguières de même matière, ornées comme cette coupe 
de gemmes en verre bleu saphir, en verre blanc translucide ou en 
émail blanc laiteux. 

Le ouvre orné de bas-reliefs. 

Cette série assez nombreuse, assez variée dans les musées et les 
collections particulières, ne nous a donné à Vermand que d'assez 
rares exemplaires. 

Je me bornerai à citer une coupe large et profonde, à base ren- 
trante, en verre incolore et sans pied; son cylindre est garni de 
six séries de granules losanges qui devaient beaucoup faciliter la 
préhension de l'objet s'il servait, comme je le crois, à un usage 
domestique. Il existe assurément un rapport intime entre le décor de 
ce verre et sa destination. Les six séries de grènetis, étagées longitu- 
dinalement, alternent entres elles, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de 
superposition immédiate; elles forment un semis régulièrement placé 
si on le considère horizontalement, mais dans le sens vertical la 
disposition n'est plus la même : il y a interruption apparente des 
granules. Le fond de ce vase est orné d'une rosace à pétales longues, 
d'une symétrie parfaite, avec double trait sur les bords. On dirait 
une fleur épanouie, une marguerite aux proportions exagérées. 

Le verre à décors linéaires. 

.le vais décrire ici un verre de cette série : 

C'est une petite carafe composée de pâtes de deux couleurs parfai- 
tement soudées au moment où elles étaient en pleine fusion. L'adhé- 
rence est parfaite, quoique le point de réunion ne soit pas régulière- 
ment horizontal. Ces deux couleurs se trouvent jointes avec une 
habileté extraordinaire. Aucun défaut dans le point de contact qui 
échapperait à l'œil le plus exercé si les deux tons n'indiquaient 
la section. Le col et une petite partie de la panse sont en verre rouge 
foncé ou lie de vin imitant un peu la texture du bois, tandis que 
la partie inférieure est faite d'un verre incolore. L'ouverture, l'anse 



— 197 - 

et le pied sont ea verre ou émail blanc laiteux, alors que du sommet 
du col part un fil d'émail, blanc également, qui se déroule en spirale, 
court sur toute la rotondité du vase qu'il enveloppe, et vient se fixer 
enfin au pied de ce curieux verre. 

Le Verre sans décors. 

Cette classe est de beaucoup la plus nombreuse à Vermand, comme 
ailleurs, du reste; elle réunit à elle seule une quantité considérable 
de vaisseaux de dimensions diverses ; la variété en est des plus 
grandes et elle revêt tant de formes qu'il me faudrait consacrer à un 
examen, même sommaire, un temps et un espace dont je ne puis 
disposer. 

Les verres sans décors que j'ai recueillis sont ou blancs, ver- 
dàtres ou bleuâtres. Certaines aiguières entre autres, ont un galbe 
des plus gracieux, leur forme est si svelte, leur profil si pur que 
malgré soi on est bien forcé de convenir que l'on ne fait pas mieux 
de nos jours. Il en est de même de certaines coupes à pied ainsi 
que de grandes fioles à dépressions, à ouverture fortement évasée 
que l'on croirait faites de nos jours, tant le dessin en est exquis. 

La terre rouge vernissée. 

On peut voir par l'inventaire général qui précède, que cette nécro- 
pole présente une moins grande variété dans la céramique que dans 
la verrerie. Les vases en terre noire, rouge et jaune ne doivent 
pas être d'importation ; ils étaient très probablement fabriqués dans 
l'endroit, ainsi qu'on en a eu la preuve déjà par la découverte d'une 
aire durcie et calcinée contenant les débris accumulés d'un grand 
nombre de tessons. 

Les vases en terre rouge m'ont donné une certaine quantité de 
formes dont la terrine et la jatte sont les types principaux. La terre 
de ces récipients est pure et malaxée avec beaucoup de soin ; certains 
d'entre eux, sans avoir la finesse de la poterie dite de Samos, s'en 
rapprochent quelque peu, tant par la pureté de la pâte que par l'ad- 
hérence du vernis qui les recouvre. Ces vases devaient servir de vais- 
selle de table, car à part certaines urnes étroites et longues, la 
plupart contenaient généralement des débris d'aliments principale- 
ment des restes de poule et de lapin. 

Les terrines sont fréquemment décorées, à l'extérieur, soit d'un 
larmier, soit de dessins faits au poinçon ; les plats peu profonds, 
reposant sur un pied étroit et circulaire, sont grands, parfaitement 

Archéologie. 1-4 



— 198 — 

lisses et avec un léger rebord. Quant aux reliefs ayant la forme 
de volutes ou de feuilles d'eau, ils sont excessivement rares. 

Les petites urnes à couverte rouge uni, ou rouge avec zones noires 
et blanches, ne sont pas rares, de même que les lagènes à large panse 
et à ouverture trilobée. 

La terre noire et grise. 

J'ai trouvé cette catégorie de vases moins variée que la série qui 
précède. Le poculum à sillons horizontaux, à panse rentrante vers la 
base et à large ouverture, y est fort commun, et à part trois ou quatre 
urnes à la barbotine, quelques petites urnes en terre plus fine et de 
forme gracieuse, on ne rencontre guère en terre noire ou en terre 
grise légèrement bleutée que des urnes à large panse, des terrines 
et de grands plats ayant contenu, soit des légumes, soit des ossements 
de petits mammifères et de poule. La pâte ici est moins pure et d'une 
trituration fort sommaire, ce qui donne aux objets une porosité que 
n'a pas la terre rouge. 

La statuette. 

Je crois que cet exemplaire est le seul qui ait été trouvé jusqu'ici 
dans nos contrées. Le département de l'Allier, si favorisé par ses 
terres cuites de fabrication gallo-romaine, en a fourni un très grand 
nombre du même modèle. Celle ci gisait dans une tombe de femme, 
mélangée à un certain nombre d'objets qui rendent la sépulture 
en question fort intéressante. Cette divinité, en argile blanche, 
est communément appelée Junon Lucine ou déesse -mère. Elle est 
coiffée en cheveux, la tête surmontée d'un diadème et allaite un 
enfant. Le coroplaste l'a faite vêtue d'une tunique talaireà manches, 
elle est assise dans un fauteuil natté, arrondi sur le derrière, dont 
le dossier monte jusqu'aux épaules. Cette figurine est d'un bon style 
et bien venue. Elle est pleine et l'on voit qu'elle a été façonnée 
dans un moule composé de deux pièces. On lit sur le derrière, au bas 
du siège : 

p I s T i l l vs 

L'étain. 

Les vases en étain présentent quelque intérêt par leur matière 
et par les dimensions inusitées de quelques uns ; mais le mauvais état 
de leur conservation était tel que je n'ai pu recueillir un seul vase 
entier. Ils s'émiettaient sous la moindre pression des doigts. Malgré 



— 199 — 

cette difficulté, j'ai pu, avec beaucoup de précautions, reconnaître la 
forme du plus grand nombre. 

Les plateaux de forme ronde reposaient sur un petit pied et avaient 
en dessous, pour détruire la monotonie de leur grande surface, une, 
deux ou trois moulures circulaires. Les coupes n'avaient pas d'anses, 
elles reposaient sur un pied peu élevé et décrivaient une courbe 
beaucoup moins gracieuse que leurs similaires en terre rouge. Quant 
aux aiguières, je les ai rencontrées de forte taille et identiquement 
du même modèle que les plus belles carafes en verre. Cette consta- 
tation a été pour moi le motif de profonds regrets, ces monuments 
précieux tombant d'eux-mêmes en morceaux. 

Je l'ai dit plus haut, une certaine quantité de plateaux ronds at- 
teignaient un diamètre de o m ,55. L'un d'eux était carré. 

Ai' bronze. 

Je me borne à décrire ici une fibule dont la forme a été assez usitée 
dans le Bas-Empire, et que l'on rencontre surtout chez nous, dans 
le nord de la France ; elle est anséeet cruciforme, c'est-à-dire qu'elle 
se compose d'un corps courbe, à tige carré-long, irrégulier, placé sur 
champ ; il est surmonté d'un appendice rond, présentant une pointe 
dans son centre ; la tète est formée par une traverse à charnière ; 
chaque bout présente un appendice semblable. La queue, ronde en 
dessous, est taillée en dessus à trois pans, lesquels sont bordés par 
des moulures. Sur l'un des côtés se trouve une profonde rainure pour 
y loger le bout de la broche. Cette fibule, malgré sa robe antique un 
peu rugueuse, conserve encore de nombreuses traces de dorure. Sa 
longueur est de o m , u 1/2, sa largeur de o m , 08. Elle pèse 164 grammes. 

L'or. 

Si une matière est rare dans la partie fouillée par moi, c'est bien 
l'or ; cependant je dois dire que des médailles, des bagues, des colliers 
des ornements divers de ce précieux métal, ont été retirés sous mes 
yeux par M. Lelaurain, dans une région peu éloignée de celle où je 
me trouvais. 

Les boucles d'oreilles dont je vais parler, sont des plus simples ; 
leur structure parait même toute moderne comme style, agencement 
et dimensions. Elles se composent d'un crochet en tout semblable à 
celui qui est mis en pratique dans la joaillerie moderne. Ce crochet 
tient en suspension une assez grosse émeraude à couches feuilletées 
qui la rendent fissile ; elle est allongée, taillée en forme de petit fût 



— 200 — 

et percée dans le sens de sa longueur d'un trou où pénètre la grille 
d'or posée sans solution de continuité, qui fixe la pierre fine au cro- 
chet. Pour donner une idée plus compréhensible de ces pendants 
d'oreilles, je ne puis les comparer qu'à ,1a minuscule reproduction 
du rouleau dont se servent de nos jours les agriculteurs pour le tas- 
sement des terres de labour. 

L'argent. 

La bague dont je donne la description a été trouvée dans la même 
sépulture de femme que les pendants d'oreilles en or. Je l'ai trouvée 
placée à l'annulaire de la main droite. C'est un anneau assez épais 
s'élargissant beaucoup à mesure qu'il s'amincit jusqu'à la rencontre 
du chaton ; il est surmonté d'un second chaton ovale fort saillant, dans 
lequel se trouve encastrée une fausse calcédoine imitant l'intaille. 
Sur le plat de la pierre, en pâte de verre, sans doute, on voit un 
lièvre courant. La partie plate de l'anneau est gravée de traits en 
volutes . 

Vos et l'ivoire. 

Les peignes ne sont pas rares quoiqu'ils soient le plus souvent en 
fort mauvais état par suite de leur long séjour en terre. Le peigne 
triangulaire, que l'on n'a rencontré jusqu'ici que dans les sépultures 
d'hommes, est le moins commun, il n'a jamais qu'une seule rangée 
de dents et, qu'il soit en ivoire ou en os, on le trouve de temps à 
autre dans un étui de même matière élégamment orné. Ceux qui 
servaient aux femmes sont à double rangée ; un côté servait à dé- 
mêler les cheveux, l'autre à les lisser ; une bande transversale en 
relief, placée au centre de chaque face, donnait de la solidité à cet 
objet de toilette et l'ornait en même temps, car ces bandes, mainte- 
nues par de petits clous en os, en fer ou en bronze, sont généralement 
décorées de séries de cercles dans un double, un triple ou un qua- 
druple encadrement fait au trait. 

Je pourrais m'étendre davantage et donner la description d'autres 
objets fort intéressants, fort rares surtout ; mais la chose sera faite 
dans une publication spéciale. Déjà il est facile de se faire une idée 
de l'importance plus ou moins grande que cette localité avait acquise 
au iv e siècle et du degré de civilisation de sa population, surtout si 
l'on songe que les fouilles ne sont pas terminées et que mes trop 
nombreux concurrents ont agi de telle sorte que je n'ai pu trouver, 



— 201 — 

pour la part de notre Société Académique, que le quart des objets 
recueillis jusqu'ici. 

En plusieurs endroits, contre et au delà de Vagger, sur un grand 
rayon, des vestiges importants d'habitations disséminées se sont 
offerts à mes yeux comme une preuve évidente de l'importance 
acquise par ce lieu à une époque encore mal définie. 

Vermand, avant d'être romanisé, a été un oppidum gaulois, la 
chose paraît incontestable ; mais ce qu'il importe surtout, et là est 
notre objectif principal, c'est de savoir si les environs immédiats ren- 
ferment des tombes par incinération. 

Si nous trouvions ce mode de sépulture en usage, un grave pro- 
blème serait bien près d'être résolu, et il y aurait alors quelque 
probabilité pour que Vermand ait été la cité antique appelée par les 
Romains Augusta Viromanduorum. 

Théophile Eck, 
Conservateur des musées de Saint-Quentin. 



INSCRIPTION GAULOISE TROUVÉE A NIMES 

RAPPORT DE M. HÉRON DE VILLEFOSSE 
Sur une communication de M. Bondurand, correspondant du Comité à Nimes. 

M. Bondurand, archiviste du Gard, correspondant du Comité 
à Nimes, a adressé au Ministère, à la date du 21 décembre 1886, 
l'estampage d'une nouvelle inscription celtique découverte à Saint- 
Côme, près de Nimes. La note suivante rédigée par M. Bonduraud, 
contient les renseignements relatifs à cette trouvaille et au transport 
du monument au musée de Nimes, où il est conservé aujourd'hui. 

« Il y a quelques jours, est entrée au musée de Nimes, par les soins 
de M. le maire de Nimes, une nouvelle inscription celtique dont j'ai 
l'honneur d'envoyer au Comité l'estampage. Elle a été découverte l'été 
dernier, aux environs de Saint-Côme, à quinze kilomètres de Nimes, 
dans une maison de campagne appartenant à M. Fabre, négociant à 
Nimes. A la prière de M. le maire de Nimes, M. Fabre a généreuse- 
ment donné au musée de la ville, ce précieux monument. 

« Saint-Côme est dans la région appelée Vannage ( Vallis Anagia), où 
l'on a trouvé et où l'on trouve encore de nombreux vestiges antiques. 



— 202 — 

Le plus beau cippe funéraire du musée de Nimes, provient de Clarensac, 
village à proximité de Saint-Côme. 

« Le musée de Nimes se trouve à présent en possession de trois ins- 
criptions celtiques et d'un petit fragment d'inscription de même na- 
ture. Le nombre très restreint de ces inscriptions connues jusqu'à pré- 
sent (moins de vingt) fait, donc de ce dépôt l'un des plus favorisés sous 
ce rapport. 

« L'inscription de Saint-Côme n'est malheureusement pas entière, et 
il manque des lettres du côté gauche. Comme la célèbre inscription 
des MATPEBO NAMAYIIKABO, elle est gravée sur le tailloir d'un 
chapiteau et sur deux lignes. Elle est ainsi conçue : 



AAPE22IKN02 
G TIBPATOTAEKA 



« Éd. Boxdurand. » 

Comme le fait très justement remarquer notre zélé correspondant, 
ce monument présente une grande analogie avec la célèbre dédicace 
aux mères nimoises découverte en 1742, à Nimes, près du temple de 
Diane. 

En rapprochant l'estampage envoyé par M. Bondurand de l'excel- 
lent fac-similé de cette dédicace publié dans le Dictionnaire archéo- 
logique de la Gaule, on voit que ces textes sont gravés tous deux sur 
le tailloir d'un chapiteau dorique, en marbre blanc, sur deux lignes, 
en beaux caractères grecs d'une forme élégante, et que ces caractères 
paraissent absolument semblables, Malheureusement, le texte de 
Saint-Côme est incomplet. 

Il existe au musée de Montpellier, un troisième chapiteau dorique, 
en pierre blanche, très mutilé, qui porte également des lettres grecques. 
Il a été découvert à Murviel (Hérault). Primitivement ce chapiteau 
était carré et mesurait o ra ,jo de côté ; l'abaque qui portait les inscrip- 
tions est large de o m ,io. Il ne subsiste que des portions de deux des 
quatre côtés du chapiteau. 

Sur le premier côté on lit : 



I//////T A/////////////////! « 

Sur le second côté, qui forme angle avec le premier au point a, on 
distingue les caractères suivants : 



I//1NOTCIA 



Je ne suis pas éloigné de penser que le chapiteau de Murviel a 



*- 203 — 

porté, comme ceux de Nimes et de Saint-Côme, une dédicace en 
langue celtique. 

Pour la première fois, en 1879, j'ai eu l'occasion de publier le relevé 
des inscriptions gauloises connues (' en divisant ce petit recueil en deux 
sections : i° Inscriptions en caractères grecs; 2 Inscriptions en ca- 
ractères latins. 

Jusqu'ici l'ancienne province romaine de Narbonnaise (et, dans 
cette province même, une région bien déterminée, comprise dans les 
départements actuels des Bouches-du-Rhône, de Vaucluse,de l'Hérault 
et du Gard) a seule fourni des inscriptions gauloises en caractères 
grecs. Il y a huit ans, on n'en connaissait que six ; aujourd'hui ce 
nombre a presque quadruplé. 

On en jugera par la liste sommaire suivante (*) : ' 

I. — Inscriptions votives. 

1. Nîmes (Gard). — Inscription découverte en 1742 dans les tra- 
vaux de la Fontaine ; elle est gravée en beaux caractères sur le tailloir 
d'un chapiteau de marbre blanc*. 5 ). Verbes AEAE et BPATOTAE- 

— Musée de Nimes. 

2. Saint-Côme, canton de Saint-Mamert (Gard). — Inscription 
trouvé au mois d'octobre 1886 dans la démolition d'un mur de la 
propriété Fabre ; gravés en beaux caractères grecs sur le tailloir 
d'un chapiteau de marbre blanc (*). Formule BPATOTAE KA[vtsvo]. 

— Musée de Nimes. 

3. Nîmes (Gard). — Fragment d'inscription découvert en 1739, près 
de la Fontaine de NimesO. Formule AEAE BPATOTAE KANTENA- 

— Perdu. 

4. Nîmes (Gard). — Inscription découverte le 24 janvier 1876; 

( J ) Inscrijitions de Saint-Remy et des Baux (dans le Bulletin monumental, 
1878-1879); cf. Bulletin des Antiquaires de France, 1884, pp. 189-191. 

( 2 ) Je ne renvoie pas aux travaux philologiques qui concernent ces inscriptions; 
j'indique simplement une référence suffisante pour retrouver le texte. 

( 3 ) A. Colson, Essai sur une inscription celtique trouvée à la fontaine de 
Nimes (extr. des Procès verbaux de l'Académie du Gard, i85i); Dictionnaire 
archéologique de la Gaule, I" pi. des inscriptions gauloises. 

(') Voir plus haut. — Cf. J. Guillemaud, Comptes rendus de l'Académie des inscr. 
1886, pp. 468-471; Aurès, Bulletin des Antiquaires de Fra?ice (9 février 1886) ; 
Allmer, Rev. épigr. du Midi, t. II, n° 642. 

( 3 ) Histoire de l'Académie des inscr. et belles-lettres, t. XIV, p. 107, planche 
gravée: Mowat, Bulletin des Antiquaires de France, 1881, p. 284. 



— 204 — 

gravée sur les deux faces d'un bloc rectangulaire en pierre dure ( 1 ). For- 
mule AEAE BPATOTAE KANTENA- — Musée de Nimes. 

5. Malaucène (Vaucluse). — Inscription gravée sur un cippe avec 
couronnement, mais sans base ; ce cippe est enfoncé dans une pierre 
carrée qui tient lieu de plinthe; depuis 18 10 il sert de piédestal à une 
croix devant la porte de la chapelle de Notre-Dame-du-Groseau; pré- 
cédemment il était placé, comme support d'autel, dans l'intérieur de la 
chapelle^. Formule [^PATOTAE KANTENA- 

6. Collias (Gard). — Inscription trouvée à l'Ermitage de N.-D. 
de Laval, près de Collias (Gard) ; pierre oblongue employée comme 
moellon dans le mur méridional de la chapelle à une certaine hau- 
teur('). Formule AEAE BPATOTAE KANTENM- 

7. Orgon (Bouches-du-Rhône). — Inscription gravée sur un petit 
cippe avec base et couronnement, en pierre molasse compacte, trouvée 
en octobre 1886 dans un monceau de décombres provenant des démo- 
litions de la chapelle Notre-Dame, au sommet de la colline (*). Formule 
BPATOTAE KANTEM {Usez KANTENA)- — Musée d'Avignon. 

8. Vaison (Vaucluse). — Inscription gravée en lettres grecques 
cursives sur une petite dalle de pierre blanche à peu près carrée ( 5 ). 
— Musée d'Avignon. 

II. — Inscriptions funéraires. 

9. Saint-Remy (Bouches-du-Rhône). — Inscription découverte en 
i836 dans un champ inculte, au nord du coteau de la Galline (terri- 
toire de Saint-Remy) ; gravée sur une grande stèle à fronton ( 8 ). — 
Mairie de Saint-Remy. 

10. Saint-Remy (Bouches-du-Rhône). — Inscription trouvée vers 
le même temps que le n° 9, au sud du même coteau ; gravée sur une 
grande stèle dont le fronton est brisé ( 7 ). — Mairie de Saint-Remy. 

11. Saint-Remy (Bouches-du-R.hône). — Analogue aux deux pré- 
cédentes C). — Perdue. 

i 1 ) À. Bertrand, Bulletin des Antiquaires de France, 1876, p. 93 et 203; 
F. Germer-Durand, Revue des Sociétés savantes, 3 e série, t. III, 1876, 1, p. 37; 
D'Arbois de Juhainville, ibid., IV, 1876. 2, p. 266. 

( 2 ) Héron de Villefosse, Bulletin des Antiquaires de France, 1884, p. 188 
(dessin); abbé Saurel, Aeria, p. 92 à 99 (avec dessin et photographie); Allmen 
Rev. épigr. du Midi, t. II, n u 532. 

! 3 ) F. Germer-Durand, Bulletin épigraphique de la Gaule, t. IV, p.' 253. 

I 1 ) Allmer, Rev. épigr. du Midi, t. II, n° 643; Mowat, Bulletin de la Société de 
linguistique de Paris, n° 3o, septembre 1887, p. cxxxiv. 

( 2 ) Dictionnaire archéologique de la Gaule, I re pi. des inscriptions gauloises. 

(«) (î) (s) Fr. Lenormant, Rheinisches Muséum furPhilol., 1886, XXI: Aurès, Note 



— 205 — 

12. Nîmes (Gard). — Inscription qui existait autrefois au quartier 
des Garrigues nommé Gattinie ('). — Perdue. 

i3. Gargas (Vaucluse). — Inscription découverte en 1880 au village 
de Gargas, à 6 kilomètres d'Apt ; gravée sur une grosse pierre en une 
seule ligne W. 

i4- Saint-Saturnin-lez-Apt (Vaucluse). — Inscription découverte 
en 1 870 ; gravée sur un autel en pierre calcaire terminé en pyramide (*). 
— Musée d'Avignon. 

i5. Alleins (Bouches-du-Rhône). — Inscription gravée sur une 
pierre quadrangulaire encastrée à l'angle d'une maison située près 
d'Alleins, qui appartient au sieur Talon (*). 

16. L'Isle (Vaucluse). — Inscription gravée sur le haut du fût d'une 
petite colonne cylindrique, en pierre blanche ; restée longtemps de- 
bout au bord de l'ancien chemin de Velleron, elle est aujourd'hui 
renversée et sert de banc devant la ferme de M. Lucien Laval, sur le 
même chemin. Au milieu de la face supérieure se remarque une mor- 
taise ( s ). Cf. le n° 19. 

III. — Inscriptions non déterminées. 

17. Nîmes (Gard). — Fragment d'inscription gravée sur un morceau 
de grès rouge ; trouvé par M. Germer-Durand au fond d'une armoire 
de la bibliothèque sans qu'il ait été possible de déterminer sa prove- 
nance (*). — Bibliothèque de Ni mes. 

18. SAiGNON,près Apt (Vaucluse). — Inscription gravée sur une pierre 



sur les deux stèles de Saint-Remy (Congrès archéol. d'Arles, XLIH e session 
p. 5j3 avec croquis,; Aurès, Encore le pied gaulois, p. 20; Allmer. Rev. épigr 
du Midi, t. I, n° a, p. 4^: Héron de Villefosse, Inscriptions de Saint-Remy et 
des Baux, n os a5, 26. 27. 

' Mowat, Bulletin des Antiquaires de France, 1880, p. 246; Mowat, Explica- 
tion d'une inscription céramique gauloise contenant un nouveau verbe, p. lu; 
Jullian, Inscr. de Bordeaux, t. I, p. 22. 

- Mowat, Bulletin, iStto, p. 2^3; Explication, pp. 10-11 ; Allmer, Revue épigr. 
du Midi, t. I, n° 209 et p. 206. 

t 3 ) Héron de Villefosse, Bulletin des Antiquaires de France, 1878. p. 128 
(croquis). 

(*) G. Lafaye, Bulletin épigraphique de la Gaule, t. II, p. 127; Gilles, Les 
voies romaines et massi tiennes dans le département des Bouches-du-Rhône, 
p. 117. 

3 ! Rochetin-Allmer, Revue épigr. du Midi, t. Il, n° 483, et p. 79. 

■ Mowat, Bulletin des Antiquaires de Fiance, 1879, p. 292-293 ; Allmer, Ret 
épigr. du Midi. I. I. n° 201. 



— 206 — 

quadrangulaire, oblongue, sans ornements, trouvée vers 1868, dans 
le jardin du presbytère i'h — Perdue. 

19. Apt (Vaucluse). — Inscription gravée sur l'extrémité supérieure 
d'une colonne cylindrique; trouvée en novembre 1882, à onze cents 
mètres d'Apt, dans les travaux du chemin de fer d'Apt à Forcalquier. 
A la partie supérieure, au milieu de la surface plane se voit une mor- 
taise quadrangulaire f). Cf. le n°i6, gravé également sur une colonne. 

20. Uzès (Gard). — Inscription trouvée pies d'Uzès dans une vigne 
appartenant à M. Alphonse Abauzit ; gravée en une seule ligne sur le 
tailloir d'un chapiteau^. — C'est sous toutes réserves que je signale 
cette dernière inscription dont la celticité n'est pas démontrée; je 
tiens à faire remarquer qu'elle est gravée sur le tailloir d'un chapiteau 
comme les n os 1, 2 et 21. 

21. Murviel-les-Montpellier (Hérault). — Voir plus haut. Mêmes 
observations que pour le n° 20. — Musée de Montpellier. 

Comme on le voit, j'ai divisé cet ensemble en trois parties. 

Les formules et les verbes transcrits ici en caractères épigraphiques 
ont, de l'avis de tous les philologues, une signification qui ne laisse 
aucun doute sur le caractère votif des inscriptions qui les renferment. 
On rencontre : 

AEAE BPATOTAE (n os 1, 3, 4, 6), quatre fois ; 
AEAE BPATOTAE KANTENA (n°» 3, 4, 6), trois fois ; 
BPATOTAE KANTENA (n os 2, 3, 4, 5, 6, 7), six fois. 

Quatre inscriptions sont gravées sur des tailloirs de chapiteaux 
(n os 1, 2, 20, 21). 

Deux inscriptions sont gravées sur le haut du fût d'une colonne 
cylindrique (n os i6 et 19). 

Les textes classés sous la rubrique Inscriptions funéraires, ne ren- 
ferment que des noms propres. 

Il serait extrêmement utile que le Comité publiât dès maintenant un 
recueil de toutes les inscriptions celtiques connues, trouvées en 
Gaule ou en Italie, aussi bien les textes en caractères latins que les 
textes en caractères grecs. On pourrait y joindre certains grafittes 

C> Àllmer, Rev. épigr. du Midi, t. I, n° 409. 

t 2 ) Allmer, Rev. épigr. du Midi, t. I, n° 370 et p. 384 (avec fac-similé). 

[») Procès-verbaux de l'Académie du Gard, 1868-1869, p. 42; Germer-Durand, 
Découvertes archéologiques faites dans le Gard, en 1809, i er sem., pp. 8-9: 
Aurès, Revue des Sociétés savantes, 4 e série, t. IX 1, 1869, 1, p. 384- 



— 207 — 

relevés sur les poteries découvertes au mont Beuvray ou dans d'autres 
centres gaulois. Ce recueil, dans lequel tous les textes devraient être 
accompagnés des indications bibliographiques les plus complètes et 
de tous les renseignements concernant la provenance ou l'histoire de 
chaque monument, formerait un petit fascicule d'une utilité incontes- 
table. Il faudrait y joindre des reproductions de toutes les inscriptions 
par le procédé de la photogravure. Le nombre limité des textes en 
langue gauloise et l'intérêt particulier qu'ils présentent nous 
autorisent à faire cette proposition. D'ailleurs on pourrait, utiliser les 
fac-similés publiés par l'ancienne Commission de topographie des 
Gaules dans le Dictionnaire d'archéologie celtique, ce qui diminue- 
rait d'autant la dépense. 

La réalisation de ce vœu rendrait service en même temps aux épi- 
graphistes et aux philologues. Ces derniers ayant ainsi sous les yeux 
des textes corrects, des reproductions absolument fidèles, se livre- 
raient en toute sécurité à l'étude de ces précieux documents; la 
science y trouverait son profit. 

Ant. Héron de Villefosse, 
Membre du Comité. 



SÉANCE DU 18 AVRIL 1887 



PRESIDENCE DE M. CHABOUILLET 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 
M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance. 

M. Buhot de Kersers, membre non résidant du Comité à Bourges, 
annonce la découverte, à Chanteloup (Cher), d'une épée de fer appar- 
tenant à l'époque gauloise et dont le type paraît très ancien. - — Ren- 
voi à M. Alexandre Bertrand. 

M. Durighello, à Saïda (Syrie), envoie une notice sur un sarco- 
phage en marbre blanc de style égypto-phénicien. — Renvoi à 
M. Maspero. 

M. Leblanc, correspondant du Comité à Sainte-Colombe, adresse 
une notice sur les découvertes archéologiques faites de 1 885 à 1887 
à Sainte-Colombe et à Saint-Romain-en-Gal. — Renvoi à M. de Bar- 
thélémy. 

M. Liénard, adresse une note sur des marques de tâcherons qu'il 
a relevées à la cathédrale de Verdun et dans la tour de Sainte-Vanne 
de la même ville. — Benvoi à M. Boeswillwald. 

M. l'abbé Laferrière, correspondant du Comité à La Bochelle, 
envoie des estampages qu'il a pris sur des inscriptions qui se lisent 
sur les murs de l'église de Chadenac (Charente-Inférieure). — Renvoi 
à M. de Barthélémy. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

Les Plafonds de Vhôlel de Vento, à Marseille, par M. le D r Bar- 
thélémy, correspondant du Comité à Marseille. 

Causerie archéologique, par M. Duval, correspondant du Comité à 
Alençon. 

Histoire de la verrerie et de l'émaillerie, par M. Garnier, membre 
de la Société archéologique de Tarn-et Garonne. 

Le Bréviaire d'Anne de Prye, par M. l'abbé Barbier de Montault. 

La Vénus antique du Musée Calvet, par M. Sagnier. 



— 209 — 

Un Château gascon au moyen âge. — Elude archéologique sur le 
château de Madaillan [Lot-et-Garonne), par MM. Tholin, correspon- 
dant du Comité à Agen, et Benouville, architecte du département de 
Lot-et-Garonne. 

Note sur un sceau de justice de l'ancienne châtellenie de la Motte- 
Saint-Jean, par M. Jules d'Arbaumont, correspondant du Comité à 
Dijon. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque des Sociétés sa- 
vantes, et des remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. Alexandre Bertrand lit un rapport sur une communication de 
M. Léon Maître, correspondant du Comité à Nantes, relative à des 
fouilles pratiquées par lui à Fégréac (Loire -Inférieure) : 

« Les résultats obtenus jusqu'ici ne sont pas considérables ; tou- 
tefois il est deux points du rapport sur lesquels nous devons attirer 
l'attention du Comité : 1° l'étendue des terrains sur lesquels se sont 
rencontrés des débris de l'époque romaine ; 2° la découverte de sta- 
tuettes en terre dont l'une avec inscription. 

« L'étendue des terrains portant traces d'une ancienne occupation 
du sol, à une époque qui, bien que postérieure à la conquête de la 
Gaule par les Romains, en paraît voisine, fait naître la pensée que là 
pouvait être la station des itinéraires, connue sous le nom de Duretie 
et placée jusqu'ici à Rieux, localité voisine dont le sous-sol est in- 
connu. Il est certain en tout cas que la voie romaine traversait la 
Vilaine en face de Rieux. Il se pourrait que la station ait été établie 
sur le promontoire de Fégréac qui fait face à celui de Rieux. M. Léon 
Maître espère que la continuation des fouilles pourrait donner la so- 
lution de ce problème géographique. 

« Parmi les statuettes découvertes au milieu de décombres prove- 
nant d'une villa, statuettes malheureusement toutes privées de leur 
tète, il en est une qui porte une inscription qu'il est utile de relever. 
Gravée au dos de la statuette, cette inscription se lit: REXTVGENOS 
SVLLIAS AVVOÛ). Ce nom de Rextugenos était déjà connu. En 
1878, M. Godard-Faultrier signalait une statuette analogue à la nôtre 
découverte à Lesvières, près Angers. Entre le bras gauche et le corps, 
se lisait ce même nom REXTVGENOS. Trois autres statuettes 
portant la même inscription proviennent de Corseul (Côtes-du-Nord). 
L'une est dans la collection du conseiller Fornier, à Rennes, les 
deux autres appartiennent à M. Rioust de l'Argentaye. L'une de 
ces deux dernières inscriptions se lisait REXTVSENOS, avec S au 
lieu de G. L'inscription de la statuette de Fégréac, où le G est très 



— 210 - 

visible, fait supposer que TS de la statuette de M. de l'Argentaye est 
une erreur du graveur, à moins que l'S n'eût alors, dans certaines 
circonstances, un son analogue au G. La vraisemblance était d'ail- 
leurs que la forme véritable devait être Rextugenos, forme qui rap- 
pelle les noms déjà signalés dans plusieurs inscriptions de REITV- 
GENVS — RECTVGENVS - RITOGENVS. » 

Le Comité, considérant l'intérêt des découvertes signalées dans ce 
rapport, émet l'avis qu'il y a lieu d'accorder à M. Léon Maître une 
nouvelle subvention. 

M. de Barthélémy rend compte des fouilles exécutées par M. l'abbé 
Gérés dans la plaine de Graufesenque près de Millau O. 

M. de Barthélémy résume une communication faite à la Section 
de géograpbie historique, relative au résultat des fouilles entreprises 
à Pommiers, près de Soissons, au moyen d'une allocation accordée 
par M. le Ministre sur la demande de la Section d'archéologie. Les 
fouilles ont été dirigées par M. le lieutenant -colonel de la Noë, 
membre du Comité, et par M. 0. Vauvillé, correspondant de la So- 
ciété des antiquaires de France. Ces archéologues ont. constaté la 
présence de traces d'habitations, de puits et de ruines de fortifications 
de l'époque gauloise, et ils ont recueilli une riche collection de 
monnaies de la même époque, parmi lesquelles il y en aurait plusieurs 
inédites. Leurs recherches soulèvent une question importante qui sera 
discutée au prochain congrès archéologique de Soissons ; il s'agit de 
savoir si Noviodunum, ancienne capitale gauloise des Suessiones, 
n'aurait pas élé à Pommiers; Augusta Supssinnwn, aujourd'hui Sois- 
sons, serait une ville romaine, fondée après la conquête ; nous trou- 
verions ici un fait analogue à ceux de Bibracte, capitale des Eduens, 
au mont Beuvray, remplacée à l'époque romaine par Augustodunum; 
et Agetinrum, remplacé par Sens. On fait des recherches pour voir 
si Tours n'est pas dans le même cas et s'il n'y a pas quelque oppidum 
qui aurait été la capitale des Turones avant Caesarodumoa. 

M. de Barthélémy entretient ensuite le Comité de la découverte 
faite à Saintes sous le mur de clôture de l'hôpital des fondations de 
l'ancien rempart romain. On y a recueilli des fragments de sculptures 
et d'inscriptions et M. l'abbé Julien-Laferrière demande une subven- 
tion pour pouvoir y faire des fouilles. — Le Comité est d'avis d'ac- 
cueillir favorablement celte demande. 

(*) Voir ci-après p. -ivi, le texte de ce compte rendu. 



- '211 — 

M. Charles Robert lit le rapport suivant sur une inscription de 
borne milliaire récemment découverte à Pouvourville sur la voie de 
Toulouse à Narbonne. 

« Cette borne est au nom du César Décence, elle est donc fort in- 
téressante, car si les monnaies frappées par ce César se rencontrent 
fréquemment, les monuments élevés en son honneur sont des plus 
rares. Le texte de Pouvourville lui donne le titre de Nobilissimus, 
qu'il reçoit avec celui de Fortissimus dans les légendes monétaires; 
ce texte montre de plus, ce qui est nouveau, que Décence prenait en 
quelque sorte comme prénom le gentilice Flavius, comme l'ont fait, 
du reste, presque tous les successeurs de Constantin. 

« Il est à remarquer que le chiffre indiquant la distance se trouve 
en haut de l'inscription, dispositif qui ne se rencontre guère que 
dans File de Sardaigne, sur certaines voies de l'Italie, et exception- 
nellement en Afrique. Mais, ainsi que le constate l'auteur de la 
communication, la pierre aété brisée etl'indication arithmétique, qui 
était gravée au bas d'une dédicace disparue avec le haut de la borne, 
s'est trouvée commencer une nouvelle inscription qui aura sans doute 
été gravée à l'époque où Décence combattait dans les Gaules. Quant 
au chiffre VII intercalé entre la deuxième et la troisième li^ne de 
l'inscription, il a été ajouté après coup, ce qui n'est pas sans exemple. 

« M. Sacaze fait remarquer en terminant que la borne qui devait 
se trouver à 7,000 pas de l'enceinte de Toulouse, soit à plus de 
10 kilomètres, a été découverte à 5 kilomètres seulement. Elle avait 
donc été déplacée. 

« Notre savant correspondant nous fait espérer l'envoi de nou- 
velles inscriptions itinéraires inédites. Le Comité les accueillera avec 
empressement, et elles fourniront un précieux appoint au Recueil 
des bornes milliaires de la Gaule, que préparent MM. de Villefosse 
et Thédenat. » 

M. le Secrétaire soumet à l'approbation du Comité divers docu- 
ments dont la Commission de Tunisie demande l'impression dans le 
Bulletin. Le Comité décide l'impression de ces documents. 

L'ordre du jour appelle l'étude du programme à dresser pour le 
Congrès de la Sorbonne en 1888. 

La séance est levée à quatre heures un quart. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 
R. DE Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



— 212 



RAPPORT DE M. DE RARTHÉLEMY 

SUR LES FOUILLES DE M. L'ABBÉ CÉRÈS DANS LA PLAINE 
DE GRAUFESENQUE 

A la séance du 10 mai dernier, j'ai entretenu le Comité des fouilles 
entreprises par M. l'abbé Cérès, correspondant à Rodez, grâce à l'allo- 
cation que le Ministre de l'Instruction publique lui a accordée ; ces 
touilles ont eu lieu dans la plaine de Graulésenque, près de Millau. 
M. Cérès a fait de nouvelles fouilles sans épuiser son modeste crédit 
et compte les continuer. Aujourd'hui permettez-moi de vous donner 
une idée du résultat des recherches faites jusqu'à ce jour et d'une 
opinion curieuse qu'elles ont suggérée à notre correspondant. 

La plaine de Graufesenque, appelée Canhac dans d'anciens titres, 
et située au confluent du Tarn et de la Dourbie, non loin de Millau, 
a une contenance de i5 à 18 hectares. M. Cérès y signale la décou- 
verte des objets suivants : i° des monnaies gauloises, des flèches en 
bronze, des grains de collier remontant à l'époque gauloise ; i° des 
monnaies romaines depuis le haut empire jusqu'à Philippe, de nom- 
breux fragments de poterie rouge sigillée, des- instruments de po- 
tiers, des épingles à cheveux en ivoire et en bronze, des bagues, des 
fibules, des clous et des anneaux en fer de toute dimension, des frag- 
ments de mosaïque et de stucs couverts de peintures, des seuils de 
portes, des puits, de nombreuses suhstructions ; une stèle représen- 
tant une tête de femme avec son nom assez fruste ; plusieurs autels 
sans inscriptions ; des vases et des fûts de colonne ; plusieurs clés, 
dont deux de grande dimension 1 - 1 ) ; un autel quadrangulaire en grès, 
représentant deux fois un Mars, tenant sa lance de fer vers la terre et 
ayant une sorte de rayon sur la tête : l'autre divinité est féminine. 

M. l'abbé Cérès propose de placer dans la plaine de Graufe- 
senque la station de Cindatomagus signalée par la carte de Peutinger 
entre Segodunum (Rodez) et Luteva (Lodève), à 3o lieues de la pre- 
mière ville et à 20 milles de la seconde. Jusqu'ici la question est 
restée incertaine, et en dernier lieu, la Commission de la Topographie 
des Gaules a hésité entre Millau et Saint-Affrique, attendant, pour 
préciser son opinion, que l'on ait reconnu des traces de chemins an- 



ci Les clefs, ainsi que les derniers vases découverts, et un moule en bon état 
de coupe en terre rouge sigillée d'assez grande dimension, ont été mis à la dis- 
position du Musée de St-Germain par M. Cérès. 



— 213 — 

tiques. M. Cérès a trouvé le tracé de la voie entre Lodève et Mil- 
lau où elle porte le nom de Costo Roumioo ; celle-ci parait avoir tra- 
versé le Tarn, à un point que M. Cérès appelle Trajectum adTarnim, 
vis-à-vis Millau, à 5oo mètres de la plaine de Graufesenque, dont la 
situation, au confluent du Tarn et de la Daulve justifie le nom de 
Cindatomagus. L'hypothèse proposée par notre correspondant parait 





a.bEWN 0- LEGUA'" 

Autel antique découvert dans la plaine de Graufesenque. 

probable et il y a lieu d'espérer qu'en continuant ses recherches sur 
le terrain il trouvera des preuves nouvelles à l'appui de ses conclu- 
sions. 

Anatole de Barthélémy, 
Membre du Comité. 



LE TOMBEAU MILITAIRE DE VERMAND 
Par MM. J. Pillov et A. Jumel. 



Le village de Vermand, chef-lieu de canton de l'arrondissement 
de Saint-Quentin (Aisne), est placé dans une situation topographique 
quimérite d'attirer l'attention. Bâti sur un mamelon bordé au sud et à 
Test par les marais de l'Omignon, petit affluent de la Somme, et au 



Archéologie. 



— 214 — 

nord, par un fort escarpement, il n'était accessible que du côté de 
l'ouest et du nord-ouest; mais là, un forte levée artificielle bordant un 
large fossé, le protégeait contre les attaques du dehors. 

Alors même que le nom de ce village n'indiquerait pas que c'était 
en ce lieu que devait se trouver la capitale de la tribu gauloise des 
Veromandui, cette forteresse, placée au centre de la contrée, où 
nulle autre n'a encore été remarquée, les caractères de sa situation 
et de sa construction qui diffèrent essentiellement des travaux défensifs 
laissés par les Romains, les Mérovingiens et des Capétiens, tout 
indique suffisamment qu'il faut y voir le refuge (oppidum) des 
premiers de nos aïeux qui aient été signalés dans l'histoire^ 1 ). 

Aussitôt qu'il se fut rendu maître de la Gaule Belgique, le premier 
soin de César fut d'occuper militairement les lieux fortifiés par ses 
adversaires, et de les relier entre eux par des voies dont la rectitude 
dans la direction, est le caractère dominant qui les fait reconnaître. 

Vermand vit donc aboutir à ses pieds trois voies principales, l'une 
venant de Reims (Durocortorum), l'autre d'Amiens (Samarobriva) 
et la troisième de Bavay (Bagacum), ce qui est un indice de l'impor- 
tance de cette cité au commencement de notre ère. 

Des substructions, des tronçons de colonnes, des chapiteaux de très 
grandes dimensions, des pierres de taille trouvées dans les remparts 
il y a une soixantaine d'années ( 2 ) et sur lesquelles étaient sculptés 
en relief des soldats casqués, munis du bouclier romain prouvent 
également qu^u 11 e siècle, les Romains avaient fait de Vermand 
un poste d'une certaine importance, qui fut au 111 e , ruiné comme 
tant d'autres, de fond en comble. 

Mais lorsque les armes de Constantin eurent rendu un peu de 
sécurité à la Gaule Belgique, que les Barbares furent, pour un moment, 
maîtrisés et arrêtés sur les bords du Rhin et dans la Toxandrie, il 
s'éleva de nouveau dans notre pays, de nombreux établissements, 
non seulement le long des voies qui formaient jusqu'aux confins 
de l'Empire un réseau aux mailles serrées, mais encore partout 
où il y avait une forêt à faire valoir, un pâturage à faire paître, une 
terre à mettre en culture. 

Le point de départ de cette résurrection de la vie dans les cam- 
pagnes, ce fut le grand développement des concessions de terres faites 
par les empereurs aux vétérans des légions, aux auxiliaires surtout, 
qu'en faisant propriétaires sur les frontières, on intéressait à la 



O César. Ue bello galL, I. 11. 
(*) Annuaire de /'Aisne de 1827. 



— 215 — 

défense du pays. C'était, une barrière vivante qu'on avait voulu ajouter 
aux barrières naturelles qui ne le protégaient qu'insuffisamment du 
côté de Germanie. 

Des fouilles opérées en i885 et l88(3 à Vermand ont amené la 
découverte de deux cimetières où était ensevelie une population 
assez riche, si l'on en juge par les nombreux objets qu'elle avait 
emportés avec elle dans la tombe, et qui devait appartenir à cette 
époque où une tranquillité relative lui permettait de prospérer. 






Tombeau découvert à Vermand. 

L'âge de ces cimetières est indiqué, non seulement par les mon- 
naies dont la plupart des morts avaient été pourvus, comme oboles 
à Caron, et dont la presque totalité appartenait au iv e siècle 
(aucune n'étant postérieure à Honorius), mais encore par le style 
des bijoux, poteries, verreries, ustensiles de bronze etd'étain,etc.,que 
l'on recueille ordinairement dans les nécropoles de cette basse époque. 

Nous n'avons pas l'intention de nous occuper ici des résultats 
des fouilles de Vermand, malgré tout l'intérêt qu'elles présentent; 
c'est un travail de longue haleine qui viendra en son temps. 

Nous voulons seulement faire connaître la riche sépulture d'un 
guerrier, d'un chef, d'un général assurément, dont la découverte a 
signalé le début des fouilles. 

C'est à l'ouest de Vermand, entre les remparts et la voieromaine qui 
vient de Reims, que se trouvait placé le cimetière où gisait cette 
sépulture. 



— 216 — 

Dans une excavation rectangulaire de 3 m ,5o de longueur, sur 2 ra ,7o 
de largeur et 2 m ,5ode profondeur, on avait construit, à l'aide de fortes 
dalles de pierres de taille, bien dressées, un coffre mortuaire orienté 
du sud au nord, dont la longueur était de 2 m ,8o, la largeur de o m ,85, 
la hauteur de o m ,75. Plusieurs dalles tectiformes le recouvraient. 

Ce qui apparut tout d'abord, dès que l'on eut enlevé la moitié des 
terres qui remplissaient l'excavation faite dans la craie, et dont les 
bords étaient taillés à vif, c'est, placé exactement contre la paroi 
sud, un umbo de bouclier, en fer, doublé d'une plaque assez forte 
d'argent doré. La diamètre de la bande qui devait s'appuyer sur le 
bouclier est de 20 centimètres et la hauteur totale de l'objet est de 
16 centimètres. Contrairement aux umbos des boucliers francs affec- 
tant toujours une forme bombée, celui-ci est conique et se termine par 
une pointe fort aiguë. (PI. I, fig. 1.). Il était fixé au corps du bouclier 
au moyen de douze forts clous d'argent dont les têtes sont coniques 
et qui sont disposés par groupes de trois, sur la bande inférieure. Ils 
alternent avec de fausses calcédoines ovales serties dans des fossettes 
que rendent plus sensibles des bourrelets très simples qui forment 
encadrement. 




Poignée de bouclier. 

En contact avec F umbo se trouvait la poignée du bouclier. Elle 
est aussi en fer et doublée d'une feuille d'argent simplement bruni. 
La partie médiane qui correspond à la concavité de l'umbo, est 
légèrement recourbée sur les bords pour faciliter la préhension. 
Cette poignée était fixée au bouclier au moyen de clous d'argent qui 
tous, sont encore en place. 

Enfin, des traces charbonneuses bien visibles sur la paroi de 
l'excavation indiquaient d'une manière certaine que le bouclier était 
circulaire et avait un diamètre de o ra ,8o. Ceci explique pourquoi il 
n'avait pas été placé dans le cercueil de pierre, dont les dimensions 
étaient trop restreintes pour contenir un objet de semblable grandeur. 

Indépendamment des traces charbonneuses en question qui déno- 
taient que le bois, l'osier probablement, était entré dans la composi- 
tion du corps du bouclier, on a constaté, en outre, la présence de 
nombreux fragments de cuir qui montraient encore la couleur pourpre 
qui l'avait teint et les gaufrures d'or qui l'avaient orné. 






-'; 



i 







< 

- 







— 217 — 

Les déblais se continuant, quand on fut arrivé à la hauteur des bords 
du coffre mortuaire, d'autres objets se révélèrent. Ce fut, d'abord, 
dans l'intervalle qui existait entre ce coffre et le mur sud de la 
chambre, une hache en fer dont la forme a beaucoup de rapports 
avec celle des francisques. Elle est remarquablement petite, n'ayant 
que 12 centimètres du tranchant au talon. 




Hache en fer. 

Puis, plus loin, vers la gauche, un faisceau de dix javelots en fer, 
de 20 à 25 cent, de longueur. Ils affectent la forme de feuille de 
laurier, et leur douille, qui n'a pas plus d'un centimètre de diamètre, 
est entière, différant en cela des similaires francs, dont la douille est 
toujours fendue. Ce qui caractérise ces armes, c'est leur faible épais- 
seur et l'absence de nervure médiane. 




l'ointe de javelot. 

Mais l'objet le plus remarquable qui fut trouvé en dehors du coffre, 
c'est assurément la lance et sa garniture. On l'avait placée touchant 
presque la partie extérieure droite du cercueil de pierre, de sorte que 
la saillie des dalles de couverture la recouvrait presque en entier. La 
pointe se trouvait aux pieds, le talon vers la tète et deux admirables 
garnitures de la hampe, qui devait être de bois avec un diamètre bien 
restreint (20 millimètres) pour le volume et le poids de la pointe, se 
trouvaient à peu près à égale distance des extrémités de l'arme. 

La pointe, ou, pour mieux dire, le fer de lance, a une longueur 
de 5o centimètres de la douille à l'extrémité. Les ailes sont fort 
minces; mais en revanche, la nervure médiane est remarquablement 
forte, ayant près de 4 centimètres d'épaisseur ; elle se termine laté- 
ralement par un filet saillant, qui fait encore ressortir la délica- 
tesse des ailes, comme la courbe rentrante de la nervure en accuse 
aussi la saillie. La partie cylindrique qui sépare les ailes de la douille, 
est ornée d'un crochet en bronze qui s'amortit en une tète de lion gri- 
maçante. Le second, qui devait faire pendant, manque. Ce crochet, qui 



— 218 — 



n'adhérait plus qu'imparfaitement à la douille, a été consolidé au 
moyen d'une ligature formée d'une très mince et étroite bande de 
bronze qui l'entoure de treize replis. Il est cer- 
tain que cette ligature ne devait pas exister dans 
l'origine. Enfin, la lance entière avait été da- 
masquinée ou incrustée d'argent. On distingue 
encore des filets verticaux entre lesquels ondu- 
lent des rinceaux garnis de feuilles et de fruits, 
des zig-zags, des dents de loup, etc. 

Environ au tiers supérieur de la hampe, se 
trouvait une virole ou bague en argent doré, 
de 25 millimètres de diamètre intérieur et de 
3o de hauteur. Elle est cylindrique, mais elle 
possède une saillie latérale dont nous ne pouvons 
nous expliquer l'usage. (PI. I, fig. 5 et 5 a.) Ce 
qui distingue cet objet, ce sont les riches orne- 
ments qui le recouvrent complètement et qui se 
composent principalement de rinceaux qui on- 
dulent entre deux filets, formant l'encadrement 
d'un caisson où une ligne zigzaguée est hérissée 
d'enroulements. Le rectangle de la partie sail- 
lante est lui-même rempli d'enroulements en 
forme d'S. Tout le pourtour est garni de demi- 
cercles centrés qui forment feston. Le travail 
mérite d'attirer l'attention ; c'est une mince 
ligne de niellure incrustée sur un étroit filet 
d'argent bruni, qui trace les linéaments des 
ornements, que des tailles profondes dans le 
métal, semblent faire saillir hors de la surface. 
Ces tailles ont un autre avantage, c'est de pro- 
duire des effets d'ombre et de lumière qui don- 
nent un éclat étonnant à cette pièce d'orfèvrerie 
qui est un véritable bijou. 

La plaque rectangulaire munie de deux trous 
à ses extrémités, qui a été recueillie au second 
tiers inférieur de la hampe, n'est ni moins 
riche, ni moins intéressante. (PL I, fig. 6.) Un double rinceau en 
couvre toute la surface. C'est la reproduction, comme travail et comme 
disposition, des enroulements qui courent entre les filets, formant 
l'encadrement de la bague décrite plus haut. 
Mais la pièce principale, c'est le talon, trouvé à l'extrémité de la 






Pointo do lanci 



— 219 — 

hampe. (PI. I, fig. 7 et 7 a.) Sa longueur totale est de 120 millimètres. 
Il était légèrement courbé transversalement pour le faire bien adhérer 
à la hampe, dont le diamètre nous est encore fourni par celui d'une 
seconde bague placée un peu au-dessous du milieu de l'objet. Deux 
chimères consolident cette bague qu'elles semblent mordre. Deux autres 
chimères accostent un caisson rectangulaire placé à la partie supérieure. 
Ces animaux paraissent typiques, car on les retrouve partout : sur les 
boucles, sur les bijoux et jusque sur les peignes d'hommes et de 
femmes. L'extrémité supérieure s'amortit en une sorte de tète d'a- 
beille dont le corps est recouvert de rudiments d'ailes. A l'autre extré- 
mité, se trouve un fleuron dont le centre percé recevait la tête du 
clou qui fixait l'objet à la hampe. La partie intermédiaire se compose 
de deux surfaces cordées dont le rétrécissement est occupé par cette 
étoile formée de l'enlacement de deux triangles équilatéraux, que l'on 
a l'habitude de désigner sous le nom de Sceau de Salomon, et le 
triangle curviligne inférieur, par un trèfle obtenu à l'aide de trois 
entailles profondes entre lesquelles l'artiste a exécuté en niellure, cet 
autre ornement en forme d'ancre, aussi bien typique puisqu'on le 
retrouve à Abbeville (Homblières), sur une boucle en bronze incrustée 
d'argent, sur d'autres boucles de la même époque de la collection 
Farcy, trouvées aux environs de Sedan, etc. La surface cordée infé- 
rieure est occupée par des enroulements du même style que ceux qui 
décorent la plaque et la bague. Ce sont aussi des filets de niellure 
qui accentuent toutes les saillies, tous les linéaments des principaux 
ornements de cette riche pièce d'orfèvrerie. 

En poursuivant l'enlèvement des terres, on s'aperçut que l'encoi- 
gnure gauche de la dalle qui, vers les pieds, recouvrait le cercueil de 
pierre, avait été rompue par des violateurs et, près de l'ouverture 
béante, on recueillit des tronçons de fer oxydé qui ne pouvaient avoir 
appartenu qu'à une épée, et d'autres à un poignard. 

L'enlèvement de ces dalles amena une déception. La sépulture avait, 
en effet, été violée et on ne recueillit, dans un amas d'ossements hu- 
mains, qu'une boucle de ceinturon, en argent doré. (PI. I, fig. 2), 
deux autres petites boucles de même métal et leurs ferrets (PI. I, 
fig. 3 et 4): et enfin, une plaque ovale aussi en argent, percée de 
trous, qui n'avait pu appartenir qu'à la gaine du poignard (PI. I, fig. 8). 

Ce qui avait dû attirer les spoliateurs, c'étaient les vases de métal 
précieux qui, assurément, avaient été déposés dans le tombeau pour 
contenir les victuailles du repas posthume ; aussi ces vases ne s'y 
trouvaient pas, non plus que les monnaies d'or et d'argent dont le 
défunt avait certainement été pourvu pour payer le passage du Styx. 



— 220 — 

Ce n'est donc que grâce à ce que les dimensions du cercueil s'op- 
posaient à l'introduction du bouclier et de la lance, que ces riches 
objets sont venus jusqu'à nous. 

La boucle de ceinturon mérite une description toute pariiculière. 
Elle est, comme nous l'avons dit, en argent. Certaines parties, les 
creux surtout, sont dorées. D'autres ont reçu des ornements en 
niellure. L'anneau est constitué par ce double dragon si caracté- 
ristique, dont les deux tètes mordent la brochette. L'ardillon est 
accosté de deux autres tètes qui semblent appartenir à des oiseaux. 
La chape est double, pour recevoir entre ses lames, le cuir du cein- 
turon ; elle forme un demi-ovale dont le champ est orné d'une rosace 
à six rayons et le pourtour est décoré d'une rangée de dents de loup 
en niellure qui tranche sur la bordure d'argent bruni. Ces dents de 
loup se répètent sur l'anneau de la boucle. 

Les boucles à tête de dragons sont bien typiques. Presque toutes 
celles que l'on trouve dans les sépultures du iv e siècle présentent cette 
particularité. Les animaux fantastiques soudés latéralement à l'ar- 
dillon, se voient également sur la remarquable boucle de Misery 
(Somme)W sur celle de Landifay (*),de Saint-Albain près Mayence t 3 ). 
Les cimetières de Vermand en ont donné plusieurs autres dont l'une 
a été déposée au musée de Péronne par M. Danicourt et l'autre existe 
au musée de Saint-Quentin. 

Les deux petites boucles d'argent et leurs ferrets(*) devaient assu- 
rément appartenir à la chaussure. Ce sont les accessoires obligés des 
courroies qui assujettissaient à la jambe le calceum. L'époque franque 
fournit de nombreux exemples de ces garnitures de souliers, 
mais le style en est bien différent, et il est à remarquer que ce sont 
toujours les femmes qui les possèdent. 

La forme de ces petites boucles a beaucoup d'analogie avec celle 
de la boucle de ceinturon. Comme cette dernière, des dents de loup 
en niellure décorent le pourtour de l'anneau et de la chape dont le 

M Cette boucle fait partie des collections du musée de Péronne. Elle a été 
publiée par M. Rigollot dans le tome X e du Bulletin de la Société des antiquaires 
de Picardie, et par M. Danicourt, l'an dernier dans son intéressant travail sur 
Quelques antiquités trouvées en Picardie (Revue archéologique). 

(-) Publiée par M. Ed. Fleury dans le 2 e volume des Monuments et antiquités 
du département de l'Aisne, pages 250 et 254, qui l'a attribuée à tort à l'époque 
capétienne. 

( 3 ) Publiée par M. Lindenschmit dans le 4 e volume de ses Alterthiimer unserer 
heidnischen Vorzeit, 2» cahier, pi. 12. 

(*) Ces pièces font partie de la collection de M. Eck, de Saint-Quentin, qui a 
bien voulu nous autorisera les faire connaître. 



— 221 — 

centre est occupé par un ornement cordiforme. La pointe des ferrets 
est, de même, ornée d'un caisson doré dont les bords sont occupés 
par des postes. 

Comme nous l'avons indiqué plus haut, le bouclier était rond et diffé- 
rait en cela des boucliers romains qui, presque toujours, étaient ova- 
laires ou rectangulaires. L'umbo a certains rapports avec ceux que 
M. Lindenschmit a fait figurer sous les n 08 2 et 9 dans la planche 6, 
5 e cahier du I er volume des Alterthùmer déjà cité. Us ont été trouvés 
le premier à Darmstadt et le second aux environs de Munich. Les 
quatre pierres qui l'agrémentent sont de fausses calcédoines comme 
on en- fabriquait tant pendant le Bas Empire. Les clous d'argent qui, 
trois par trois, existent dans les intervalles, donnent à l'armature du 
bouclier une épaisseur d'environ un centimètre. 

La caractéristique du fer de lance, c'est l'excessif renflement de 
la nervure médiane, ce qui le fait différer complètement des lances 
franques toujours si plates. C'est bien la haste, insigne du comman- 
dement chez les chefs des armées romaines, telle qu'elle est figurée 
sur les monnaies. Le lion qui surgit au-dessus de la douille est 
aussi un travail bien romain. Jamais les barbares n'ont fondu et 
ciselé rien de pareil ; les artistes de nos jours ne le désavoueraient 
pas. 

Quant aux plaque, bague et talon décoratifs ils défient toute com- 
paraison avec les plus riches objets germains et francs, dont la forme 
et la décoration a toujours un cachet de rudesse native et d'incorrec- 
tion bien facile à distinguer. C'est assurément un artiste gallo- 
romain qui les a fouillés de son habile burin pour y faire sur- 
gir les enroulements, les postes, les rosaces qu'on ne trouve que 
dans le style classique romain. Les niellures qui viennent, sem- 
blables à des traits de force, accuser cette riche ornementation, sont 
encore un produit de l'art romain ; mais, nous devons faire remar- 
quer, cependant, que les dents de loup des boucles de ceinture et de 
chaussures appartiennent à l'art germain, ce qui vient accuser l'époque 
de la décadence. 

Que pouvait être le personnage dont les restes ont été si inopiné- 
ment retrouvés à Vermand ? 

Les armes offensives et défensives indiquent assurément un guer- 
rier. Leur richesse dénote que ce devait être un chef. Le bouclier, la 
haste et l'épée étaient chez les empereurs romains les insignes du 
commandement, car ils les portaient dans les triomphes, et c'est tou- 



222 

jours avec cet appareil militaire qu'ils sont figurés en pied sur les 
monnaies. Quant à l'époque à laquelle doit remonter la sépulture, 
tout indique la seconde moitié du iv e siècle. En effet, les tombes voi- 
sines ont fourni comme oboles à Caron, deux sols d'or de Valenti- 
nien I pr ; un autre sol de Magnence, des deniers d'argent et des 
moyens et petits bronzes de tous les empereurs romains du iv e 
siècle, y compris même Honorius qui vécut au commencement du v e . 
Il est, de plus, à remarquer que les Valentinien, les Magnence, les 
Magnus Maximus et les Gratien étaient communs et les Honorius 
très rares. 

Si maintenant nous nous reportons aux œuvres des historiens, 
nous verrons qu'à cette époque si troublée, les légions romaines 
étaient pour la plupart, commandées par des barbares, des Germains, 
des Francs surtout, qui, de simples auxiliaires, parvenaient à force 
d'intrigues, à occuper les plus hauts emplois. Ils étaient comblés de 
faveurs par les faibles empereurs qui croyaient par là se les attacher. 
Le danger venant des barbares, c'étaient des barbares qu'ils voulaient 
leur opposer. 

« Sous Constance, dit Ammien Marcellin ('), les Germains rem- 
plissaient dans les armées romaines les postes les plus honorables et 
étaient considérés comme les soutiens de l'empire... » et plus loin, 
« les Francs étaient en nombre et très considérés au Palais H. » 

Aux m 8 et iv e siècles, Vermand était, par sa situation, ses fortifi- 
cations naturelles et artificielles, le seul lieu du Vermandois et d'une 
partie de la Picardie qui fût à l'abri d'un coup de main. N'est-il pas 
naturel de penser qu'au moment où les invasions des Barbares 
étaient, pour ainsi dire, permanentes dans un pays riche et situé si 
près des frontières, le vieil oppidum des Veromandui servit de poste 
militaire ? 

Pour nous, le personnage enterré avec tant d'apparat devait être 
l'un de ces chefs francs ou germains au service de Rome, c'est-à- 
dire l'égal des Arbogaste, Stilicon, Ragnacaire, Mellobaud, Rico- 
mer (etc.), dont les historiens de l'époque nous ont fait connaître les 
noms et les faits. 

Ce qui vient fortifier notre opinion à cet égard, c'est cette réunion 
insolite d'armes romaines et barbares sur le même sujet ; et, dans 
les objets trouvés avec ces armes, ce mélange intime d'ornements, 
les uns appartenant au style classique romain, et les autres à celui 

(*) Livre XIV, eh. x. 
(*) Livre XV, ch. x. 



_ 223 

adopté par les Germains et les Francs pour la décoration de leurs bi- 
joux et des autres objets à leur usage. 

Tout en continuant les traditions d'un art dans lequel ils excel- 
laient, les gallo-romains ne pouvaient se dispenser de sacrifier dans 
de certaines limites au goût des nouveaux venus ; ou bien, par ce 
besoin inné de notre nation de faire du nouveau, ils créaient un style 
ornemental mixte qui devait bientôt disparaître avec la civilisation 
mixte qui l'avait vu éclore. 

.T. PlLLOY. — A. JUMEL. 



moM v f 



ËE/nriol 



NOTE SUR UNE BORNE MILITAIRE 

TROUVÉE A POUVOURVILLE 
Par M. Sacaze, correspondant du Comité à Saint-Gaudens. 

Le 28 octobre 1886, des ouvriers occupés à défoncer un champ, au 
quartier dit de Niquet, à Pouvourville, hameau dépendant de la com- 
mune de Toulouse, ont découvert un frag- 
ment de colonne en grès, ayant o m ,j4 de 
hauteur sur o m ,38 de diamètre. Informé 
de la trouvaille, je me suis rendu aussitôt 
à Pouvourville, et j'ai immédiatement pris 
copiede ce monument. En voici letexte ' : 

VII P — Do{mino) n(ostro) Fla(vio) 
Decentio no(bilissimo) Cse(sari). 

Magnus Decentius, nommé César en 
juin 35 1, par Magnence, son frère, eut 
le gouvernement de la Gaule; il se tua 
lui-même en août 353 : cette inscription 
a donc été gravée à une époque comprise 
entre ces deux dates. Nous n'avons que 
la partie inférieure de la colonne. La partie 
supérieure portait, je pense, une inscrip- 
tion qui se terminait par l'indication de 
la distance VII P (sept mille pas) qui est, actuellement, la première 
ligne du texte : mais comme cette première ligne est dégradée par la 

(') J'ai publié la description de ce. petit monument dans la Dépêche de Tou- 
louse (n° du 2 novembre 1886). 




A.H. 

Borne milliaire de Pouvourville. 



cassure, elle a été répétée plus bas (VII), à une époque déjà fort 
ancienne elle-même, et en caractères plus minces. — Les lettres 
ne sont pas toutes de la même hauteur; cette hauteur varie de 7 à 
10 centimètres. 

Ce milliaire se trouve sur la voie de Toulouse à Narbonne, que 
j'ai étudiée dans mes Inscriptions antiques des Pyrénées Françaises, 
pages 73 et suivantes. 

La distance marquée sur la colonne est de 7000 pas; or le lieu où 
cette pierre a été découverte est à cinq kilomètres seulement de Tou- 
louse : le milliaire n'était donc plus à la place qu'il occupait primiti- 
vement, à 7 milles de Toulouse. 

J'ai visité le champ où ce monument a été recueilli. Les mêmes 
ouvriers étaient occupés à mettre à découvert des substructions 
antiques dont le périmètre m'a paru assez considérable : maçonneries, 
béton, cailloux, briques à rebord, fragments de marbre sculpté : j'ai 
trouvé moi-même, dans les déblais, les fragments d'une urne qui 
contenait des cendres lorsqu'elle fut exhumée, m'ont dit les ouvriers. 

La colonne milliaire se trouve actuellement à Pouvourville, chez le 
propriétaire du champ, M. Michel Comminges. 



NOTE SUR DES RUINES ROMAINES 

DÉCOUVERTES A HENCHIR-LEKAL PRÈS DE ZAGHOUAN 
Par M. le capitaine Bordier, contrôleur civil à Maktar. 

Henchir-Lekal, appelé aussi Henchir-Cheeda, esc situé à i3 kilo- 
mètres environ de Zaghouan, sur le chemin qui conduit à la zaouïa 
de Sidi-Salem-El-Garsi. 

La carte provisoire au 1/200 000 ne mentionne pas le nom d'Henchir- 
Lekal et n'indique pas de ruines au point où il est situé. 

Pour s'y rendre, on sort de Zaghouan par la porte romaine; on tra- 
verse, sous des voûtes ombreuses, mais par un chemin détestable, la 
zone des jardins, puis celle des oliviers, enfin une petite plaine arrosée 
par une rivière dont le nom, Oued-MerdjahO, suffit pour indiquer 
la nature des terrains qui la bordent. Jusqu'à l'extrémité de cette 

M Sur le vu de la carte au 1/200000 on pourrait croire que l'Oued Merdjah se 
nomme l'Oued-Degaa. L'Oued-Merdjah n'est qu'un affluent de cette dernière ri- 
vière qui prend sa source sur le versant sud-est du Zaghouan, et dont le véritable 
nom est Oued-Bou-Begra (et non Oued-Begra). 



QOTi 



plaine, c'est-à-dire jusqu'au 5 e kilomètre environ, le chemin, dont la 
direction générale est N.-E., est à peu près carrossable. Après il de- 
vient muletier. On franchit une succession de collines, connues sous 
le nom de Koudiat-Gouïtinn, par un sentier abrupt qui court en 
zigzags au milieu de lentisques et de maigres thuyas. 

Au 7 e kilomètre la vue se repose agréablement sur un mamelon 
couvert d'oliviers sauvages d'une belle venue. On nomme ce point 
Henchir-Sidi-Hameïne, du nom d'un cheikh Souissi dont les descen- 
dants ont fait élection de domicile, depuis une centaine d'années, 
disent ils, sur les bords fangeux de l'Oued-Sbahia. Auprès de la tombe 
du cheikh, entourée d'autres sépultures, on voit les vestiges d'une 
station antique peu importante ; on y remarque pourtant quelques 
pierres de grand appareil et les débris d'une colonne ; mais les ruines 
n'occupent qu'un espace très restreint, et les fouilles que nous avons 
pratiquées très rapidement d'ailleurs, sur ce point, n'ont amené au- 
cun résultat. 

Un kilomètre plus loin on traverse l'Oued-Sbahia. C'est un ruis- 
seau à sec en été, un torrent impétueux en hiver. Il prend sa source 
très près du point de passage et court, à peu près du nord au sud, dans 
un lit qui ressemble à une grande tranchée, à berges perpendiculaires, 
tracée au milieu d'alluvions s'éboulant fréquemment par masses con- 
sidérables. 

Arrivé sur la rive gauche de l'Oued-Sbahia, on franchit un kilomètre 
environ de terrains marécageux, puis on s'élève, pendant 3 kilom., 
par des pentes assez raides, à travers une forêt de thuyas rabougris, 
jusqu'au plateau sur lequel Henchir-Lekal est situé. Par endroits, le 
sentier est fortement raviné; il sert, en hiver, de lit à un de ces mille 
ruisselets qui vont grossir l'Oued-Sbahia; en toutes saisons son accès 
est donc assez difficile. Mais lorsqu'on est parvenu sur le plateau on est 
largement récompensé des difficultés, d'ailleurs peu considérables, 
qu'on a vaincues. La vue vers le nord-est est limitée par les derniers 
contreforts du djebel Sidi-Salem-El-Garsi et par le djebel Zid ; mais, 
dans toutes les autres directions, on découvre un panorama grandiose au 
milieu duquel le Zaghouan dresse sa masse imposante. Sur le plateau 
même, à son extrémité ouest, le voyageur s'arrête avec plaisir dans 
une forêt en miniature où des thuyas gigantesques se marient avec 
des oliviers séculaires. Ce coin frais et verdoyant a été respecté parce- 
que, depuis plusieurs siècles sans doute, il sert de lieu de sépulture 
aux Arabes de la contrée. 

On rencontre, en effet, dans les environs d'Henchir-Lekal, quelques 
fractions de Souïssi, de Rhainma, ainsi que des Ourgamma. Ces 



— 226 — 

groupes ont quitté leurs centres d'origine, à des époques qu'il n'est 
pas possible de fixer encore bien exactement, pour venir s'établir 
dans cette contrée peu abordable où ils vivent assez bien en fabriquant 
du charbon, en coupant du bois qu'ils vont vendre à Tunis, en 
semant un peu d'orge et de blé, en élevant quelques troupeaux de 
chèvres et en se livrant aussi à une apiculture assez primitive, mais 
qui donne pourtant des produits estimables grâce au romarin dont 
ces coteaux sont émaillés. Ce sont des gens très doux, très hospita- 
liers, n'allant chez les citadins de Zaghouan — qu'ils méprisent et 
qui le leur rendent — que lorsqu'ils y sont forcés. 

Ils donnent à Henchir-Lekal et à ses environs le nom de Koudiat 
mta Sebàa er Regoud (le Plateau des Sept-Dormants). Il m'a paru 
curieux de constater que cette légende des Sept-Dormants, qu'on m'a 
déjà racontée à Mgaous, dans le Hodna, au pied du djebel Bou- 
Thaleb, où une djamaâ leur a été consacrée, soit parvenue jusqu'ici ('). 

La station antique dont les ruines sont accumulées sur ce plateau, 
à son extrémité Est, ne nous a point livré le secret de son nom. Les 
vestiges sont pourtant nombreux ; mais on se rend facilement compte, 
que là même, on ne se trouve que devant des reconstructions. C'est en 
partant de cette hypothèse qui, dans mon esprit, a pris la force d'une 
conviction, que j'ai fait extraire un assez grand nombre de pierres 
me paraissant devoir donner quelque document épigraphique. Ces 
recherches n'ont pas été couronnées de succès : nous n'avons mis au 
jour aucune inscription. 

En même temps, grâce aux quelques tirailleurs que M. le com- 
mandant de Pellieux avait mis à ma disposition, je faisais pra- 
tiquer en deux endroits de la ruine des fouilles plus régulières. 

Nous fouillâmes d'abord un édifice qui, par la régularité de ses 
assises, me semblait devoir être un monument d'une certaine im- 
portance. En effet, nous y découvrîmes un chapiteau de style corin- 
thien, et, à côté le fût de la colonne (de 2 m ,2o de longueur) qui, 
probablement, le supportait. Ces deux fragments d'architecture se 
trouvaient presque à fleur de sol. Je fis poursuivre cette fouille 
dans différentes directions et assez profondément pour arriver au sol 
primitif. Mes travailleurs ne trouvèrent que quelques débris de pote- 
rie sans aucun intérêt. 

Ce chapiteau n"est que très peu endommagé ; il ferait, je crois, 
bonne figure au musée de Tunis. 

[*) Cette légende est très répandue en Tunisie et a laissée des traces nom- 
breuses dans la toponymie locale. S. R. 



— ±27 — 

Le second point fut exploré plus complètement encore. J'avais 
été alléché, dès le début, par la trouvaille d'une médaille à l'effigie 
de Maxence et par la présence de quantité de petits cubes de mo- 
saïque. Nous rencontrâmes, presque au niveau du sol, au pied d'un 
lentisque qu'il fallut arracher, un vase en argile ; c'est un de ces 
récipients que les Arabes pétrissent à la main et qu'ils placent sur 
les tombeaux. Sa présence en cet endroit me fit croire d'abord qu'un 
indigène avait été enterré là ; mais nous ne trouvâmes aucune trace 
d'ossements, et je conclus que cet objet avait pu être apporté et 
oublié là, par un arabe, dans une visite faite aux tombeaux qui se 
trouvent à quelques centaines de mètres à l'ouest, au milieu des bois 
de thuyas et d'oliviers. A un mètre environ de profondeur nous 
rencontrâmes quelques fioles à parfums, de celles que les anciens 
antiquaires appelaient, improprement, vases iacrymatoires, un joli 
bronze de Cartilage sur lequel figure la tête du cheval carthaginois, 
un autre bronze très fruste, un petit bronze carthaginois où le che- 
val est en pied avec le palmier au second plan, enfin une médaille 
romaine à l'effigie de Licinius (') et de nombreux débris de tuiles et 
de poterie. Cela nous encouragea ; 5o centimètres plus bas, dans 
l'angle ouest, nous mimes au jour sept vases cinéraires de formes 
diverses. Ils reposaient côte à côte, sur un débris de tuile ; chacun 
d'eux était séparé de son voisin par un éclat de pierre, de forme 
triangulaire, et le tout était recouvert d'une autre tuile semblable à 
celle servant de base, de sorte qu'on se trouvait en présence d'une 
sorte de niche, divisée en compartiments dont chacun contenait un 
vase cinéraire. 

L'examen de ces urnes n'offrit rien de particulier ; elles ne con- 
tenaient que de la terre qui s'y était glissée, des débris de charbon 
et quelques-uns des ossements qui avaient résisté à l'ustion. Plu- 
sieurs de ces vases étaient munis de couvercles faits expressément 
pour eux ; l'un avait pour couvercle un fragment de schiste réguliè- 
rement taillé ; d'autres étaient complètement démunis de fermeture. 
La pâte de ces urnes est généralement blanchâtre et grossière ; deux 
sont en terre rouge plus fine et l'un de ces derniers porte des guillo- 
chures sur ses flancs. 

Aux environs immédiats de l'emplacement où étaient déposés ces 
urnes nous rencontrâmes quantité de vases Iacrymatoires plus ou 

( l i S'agit-il de Licinius, déclaré César et Auguste par Galère en 307, étranglé 
en 324, ou bien de Licinius le jeune que le précédent déclara César en 317 ? L'un 
et l'autre portaient les mêmes noms Flavius Valerius Licinianus Licinius ; la 
médaille ci-dessus mentionne un de ces surnoms : Lie 



— 228 — 

moins fragmentés, ainsi que deux monnaies en bronze de très petit 
module. 

Pendant que nous faisions ces découvertes, le cheikh Ammar-ben- 
El-Hadj-Ammar, des Ourgamma, vint me dire qu'il avait enfoui, 
dans sa jeunesse, une tête de statue, à un emplacement qu'il allait 
m'indiquer. Il m'y conduisit, et là, sous un soubassement de colonne, 
nous mîmes au jour une tête de statue, plus grande que nature, en 
beau marbre blanc ; malheureusement elle est fort endommagée. La 
face et la nuque ont été brisées et on ne voit guère plus, distincte- 
ment, que les tresses de cheveux qui garnissaient les tempes. Le 
cheikh se rappelle avoir vu cette tête complète, alors qu'il était en- 
fant ; elle lui avait servi de jouet, de cible, à lui et à d'autres com- 
pagnons de ses jeux, et ce sont eux qui l'ont mise dans l'état où nous 
la trouvons aujourd'hui. 

Au moment où nous allions quitter Henchir-Lekal, le fils du cheikh 
Ammar vint m'apporter une médaille carthaginoise d'un type qui me 
semble peu commun . Elle est composée d'un alliage d'or et d'argent 
où l'argent domine ; elle est d'un petit module. Elle présente au 
droit une tête de femme, au revers le cheval, avec cette particularité 
que la tête, au lieu d'être dans la position habituelle, est retournée 
vers la croupe, comme si le cheval regardait derrière lui. 

En résumé le bilan de nos découvertes est peu considérable ; il 
consiste en ; 

7 vases cinéraires ; 

1 vase d'origine arabe ; 

quelques vases lacrymatoires ; 

i chapiteau corinthien d'un style remarquable , 

7 bronzes carthaginois et romains ; 

î médaille carthaginoise, or et argent ; 

une tête de statue fort endommagée, un filtre grossier, etc. 

Mais si on veut bien remarquer que notre temps était compté, que 
nous n'avons pu explorer, d'une manière à peu près méthodique, 
que deux points des ruines d'Henchir-Lekal, on en déduira que le 
champ des découvertes est encore vaste, et que, étant donnés les 
résultats obtenus, la science pourra puiser de nouveaux et précieux 
renseignements dans les vestiges que les anciens ont laissés sur le 
plateau des Sept-Dormants. 

Je tiens à la disposition du Musée Alaoui les objets énumérés ci- 
dessus. 



BULLETIN ARCHÉOLOGIQUE, 188"; 



PL- II, p. 2 20 




Phototyi :i i 



Le Palais des Papes 

D'aprcs un Plan d'Avignon en 161S 



— 2-20 — 
RAPPORT DE M. CAGXAT 

SUR DIVERSES INSCRIPTIONS ROMAINES RECUEILLIES EN TUNISIE 
Par M. le capitaine Winkler. 

M. le capitaine Winkler a communiqué un certain nombre d'ins- 
criptions qu'il a recueillies dans le cours de ses tournées en Tunisie. 
Les suivantes sont inédites : 

1—3. 

Le lieu où les n os 1,2 et 3 ont été trouvés n'est pas indiqué par 
l'auteur. Les estampages qu'il en a adressés à M. de la Rlanchère ont 
été ainsi déchiffrés par ce dernier : 



D M s 

C • CAECILIVS 

CRESCEXS 
P V A L X X X I 



D M S 

CLOD1A MAXIMA 

PIA VIXIT ANNIS 

X X X X 1 1 

H S E 



Vase. 



3. 

Croissant. 



D M S 

C F V R F V R A R I 

V S P I V S VIXIT 

AXXIS LXXXXIII 

H S E 



Vase. 



D M S 

C M A R T I A L I S 
FVRARIANVS 
PIVS VIXIT AXIDV 
BVS XVII H S E 



M. de La Rlanchère croit qu'à la 5 n ligne de la seconde colonne xvn 
est une faute de graveur pour M • vil. N'y aurait-il pas sur la pierre 

VIXIT AN I DIEBVS XVII ? 



4-5. 

Au Kef, près de Rab-el-Oust. Copie de M. de La Rlanchère d'après 
un estampage. 

Archéologie. 16 



230 



4. 

D M S 
B A R I C C A 
ROGATI Fil 
V E N S E R 
VENSERf 
VIX AN XXV 



D M S 


L I C I 


NIA GAL 


LI>AVI 


XI T A N 


NI S 


L X X I 



6. 



Au Kef. Copie de M. Winkler. 



L V C R E T I A 
Q.E QVINITA 
P G A R G I L I 
P • P Q.VI • RVFI 
VIX ■ A N N • 
X L I • Û S E 



D M S 
Q. PVPt 

V S B A 
LIAS 

V I X I 
T AN N 
IS LXX 
III 



M. de La Blanchère lit avec raison : Lucrelia Q. f(Hla), Quinta, 
[conjux] P. Gargili, P. f(Un), Qui(rina), Rufî, vix{it) ann(is) XLI. 
[H], s. e. 



Dans une rue de Kafsa, près du jardin du commandant supérieur. 
Hauteur des lettres : 0,026. 
Copie de M. Winkler. 



D M S 

AELIVSGVBV 
LAVIXAN XXXII 
FIAEIROCVRA 
NTEFONPONNA 
SECVNDAVX 
O R 

P O M I V N I X 
S I C V N D A V 
A L O E L X I 



— 231 — 

L. 4- F[l]a[m.p. p.] curante ou f\i]a. \p.p\rocurante. La formule 
habituelle dans l'épigraphie funéraire de Kafsa est cuisante, non 
procurante (Cf. Corp. inscr. lat. f t.Ylïl, iu,n os i25, i32, i33, i35, 
i43, etc.). Flam. p. p. qui s'éloigne un peu plus du texte tel qu'il 
nous est parvenu, me semble néanmoins préférable. Toutefois, il serait 
étonnant que le titre du personnage ait été indiqué après son âge; il 
n'y a pourtant rien d'impossible à cela. 

L. 5 : Pomponia. 

L. 6 et 7. - unda uxor[e], 

L. 8 et suiv. Pomponia Secundo 1. a. I. 0. [t. b. q.] 



A Bordj-Turki (G kil. S.-O. du Kef). Haut, des lettres : 0,04. 

D M S 
L P V L L A E 

X I V S T E 
L I X V VS 
5 V I X I T AN 
X I S LXVI 
IX PRFDI 

S S F 
V L T V S 
10 ES T 

1. 3 : Félix ; 1. \ : [Pins]; I. 7 : in pr[e]dis] I. 8 cl 9 : sepultus. 

M. Winkler a envoyé de plus au Ministère une photographie prise 
par lui, dit-il, à Hadjeb-elAioun et représentant une mosaïque et une 
inscription trouvées en cet. endroit par les officiers de la garnison. Il 
ajoute qu'Hadjeb-el-Aioun est à \h k. au nord de Kafsa ; or, il n'y a 
pas de localité de ce nom dans cette région. Je suppose que M. Winkler 
a confondu Hadjeb-el-Aioun, poste aujourd'hui abandonné par nos 
troupes, situé entre Kairouan et Djilma avec Sidi-Ali-ben-Aoun qui 
se trouve, en effet, à \b kilom. environ de Kafsa vers le nord ; c'est 
dans l'une ou l'autre de ces localités qu'auraient été trouvés les deux 
objets dont nous avons reçu la photographie. 

La mosaïque est très mutilée; on aperçoit en haut un poisson et 
au-dessous le buste d'un homme qui tient à la main un fouet ou une 
ligne dépêche. Le travail parait assez fin ; mais il ne reste qu'un mor- 
ceau insignifiant du sujet qui y était représenté. Quant à l'inscription 



— 232 



qui est, elle aussi, très mutilée et qui, de plus, se lit mal sur la pho- 
tographie, je la déchiffre ainsi, tant hien que mal : 



DEXTERAEisSAK 
CARMINAREDD^ 

RES Q.VATERPIEff;N 
Z I «I A KïDAC V E m C 
SET FACIETE 



C'est sans doute une épitaphe versifiée ; mais je n'en puis tirer rien 

de satisfaisant. 

R. Cagnat. 

NOTES SUR LES RUINES ROMAINES DE L.\ KROUMIRIE 
Par M. le capitaine Winkler. 

Les notes que M. le capitaine Winkler nous a fait parvenir sur les 
ruines romaines de la Kroumirie sont intéressantes. Le but de l'au- 
teur a été, nous dit-il, de retrouver dans cette partie de la Tunisie 
les voies romaines et les centres qu'elles desservaient. 

La première partie du travail, communiquée séparément pour 
commencer, contient la description du bassin de l'Oued Djenane et 
de celui de l'Oued Tessala. Une carte est jointe au mémoire. 

Cette étude de géographie archéologique est précieuse, par cela 
surtout que le pays est à peine connu et que les traces de ruines 
romaines qui s'y rencontrent n'ont jamais été signalées en détail ; elle 
semble faite avec grand soin et très complète. Il ne me parait pas pour- 
tant qu'il y ait lieu de la reproduire au Bulletin, aucune de ces ruines 
n'offrant un intérêt spécial. Ce ne sont guère que maisons d'exploi- 
tation agricole ou petits villages sans importance; le pays n'a jamais 
été habité que par des colons employés dans des propriétés impé- 
riales comme le saltus Burunitanus , connu par des inscriptions 
célèbres de cette région, ou dans des domaines privés. Il est même 
parfois impossible de retrouver sur la carte les ruines signalées par 
l'auteur, celui-ci ayant omis de leur y donner un numéro corres- 
pondant à celui du texte. 

Je propose donc de déposer ce mémoire aux Archives du Comité, 
où ceux qui désireront l'examiner et y puiser les renseignements 
d'une nature toute particulière qu'il renferme, pourront le consulter 
avec le plus grand profit. 

R. Cagnat. 



SEANCE DU 9 MAI 1887 



PRESIDENCE DE M. CHABOUILLET 

Le procès -verbal de la séance du 18 avril est lu et adopté. 

M. le Président fait part au Comité de la mort de M. Charles de 
Linas, membre non résidant du Comité à Arras. Il rappelle les 
importants travaux de cet érudit qui fut pendant longtemps un 
<lcs meilleurs correspondants du Ministère. Ses recherches sur les 
anciennes étoffes, sur rémaillerie, sur l'orfèvrerie cloisonnée sont 
connues et appréciées de tous les archéologues. M. de Linas laissera 
donc derrière lui de vils regrets, auxquels le Comité ne peut 
manquer de s'associer tout entier. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Camille Jullian, correspondant du Comité à Bordeaux, envoie 
une note intitulée : Un Musée d'antiquités nu Vigan, en 17 9 2. — 
Renvoi à M. Courajod. 

M. Terninck, correspondant du Comité à Boisbernard (Pas-de- 
Calais), envoie une note sur un autel ancien conservé dans l'église 
de Sapignies, arrondissement d'Arras. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Mowat, membre de la Société des Antiquaires de France, 
annonce au Comité qu'il a terminé l'examen des papiers de Léon 
Renier, relatifs à la Gaule. 

M. Alexandre Bertrand rend compte d'une lettre de M. Buhot de 
Kersers « annonçant la découverte, dans le département du Cher, 
d'une nouvelle épée gauloise en fer, analogue aux épées trouvées à 
Lazenay et à Vornay, et publiées par MM. de Laugardière (') et de 
Goy " ! . M. Pierre de Goy en possède une troisième du même type, 
malheureusement très mutilée, dont un moulage est déposé au 
musée de Saint-Germain ( s ), près du moulage de l'épée de Vornay. 

'') Mém. de la Soc. des antiq. du Centre, t. VIII, p. 5. 

( 2 > Pierre de Goy, Rapport sur une épée en fer trouvée à Vornay, iSS3. 

( 3 > Salle VI, vitrine 3G. 



— 234 — 

L'intérêt qui s'attache à ces épées tient à ce qu'elles se rapprochent 
très sensiblement de la forme des épées de bronze du type le plus 
commun sous nos tumulus, et diffèrent au contraire assez notable- 
ment des épées de fer de nos départements du nord-est, c'est-à-dire 
de la Belgique de César. Les épées de bronze leur ont certainement 
servi de modèle, ce qui permet de leur attribuer une date relative- 
ment très reculée. 

« L'épée signalée par M. Buhot de Kersers a été découverte sous 
un tumulus, au hameau de Ghanteloup, commune de Lunery, à 
seize kilomètres de Bourges. Le tumulus était de petite dimension. 
Près de l'épée ont été recueillis un bracelet de bronze ouvert, formé 
d'un simple fil méplat et un disque de bronze très mince et découpé, 

— de ceux qui passent pour être des rasoirs. — Quanta l'épée, elle est 
à lame ondulée, à soie plate et à rivets de bronze. Les rivets sont au 
nombre de quatre. La lame porte sur chaque face une arête médiane 

' très accusée. La longueur de la lame est de o m ,47o, celle de la 
poignée o m , 12, la longueur totale qui est complète, sauf les érosions 
produites par l'oxydation, est donc de o m ,5g5, ce qui est la dimension 
moyenne des épées de bronze. Les épées de fer des tumulus gaulois 
de la Bourgogne sont beaucoup plus longues. L'épée de fer des 
Bituriges semble donc spéciale à la contrée. 

« Il est inutile d'insister davantage sur l'intérêt que présente cette 
arme, et il est à souhaiter que M. Buhot de Kersers publie avec 
détails cette curieuse découverte O. » 

M. Boeswillwald lit un rapport sur des marques de tâcherons 
relevées par M. Liénard sur les murs de la cathédrale de Verdun 
et à la tour de Saint-Vanne, en la même ville ( 2 ). Il conclut en 
proposant le dépôt de cette communication aux archives du Comité. 

— Adopté. 

M. Héron de Villefosse lit une note sur un tuyau de plomb avec 
inscription, communiqué par M. Bousset, d'UzèsC). 

M. Héron de Villefosse rend compte d'une nouvelle communica- 
tion relative au déblaiement du théâtre antique de Mauves, de M. 
L. Maître, archiviste de la Loire-Inférieure : 

« Une circonstance imprévue a permis à M. L. Maître d'exécuter 

I 1 ) Voir ci-après, p. 35g, notice sur cette épée par M. Buhot de Kersers. 
i-) Voir ci-après, p. 3i3, le texte de ce rapport. 
( 3 ) Voir ci-après, p. 237, le texte de cette note. 



— 235 — 

de nouvelles fouilles au théâtre de Mauves et d'y faire d'intéressantes 
constatations. Le phylloxéra a forcé le propriétaire du terrain à 
arracher ses vignes et à transformer son clos en terre labourable. 
M. L. Maître a protité de cette occasion. 

« Aujourd'hui la plus grande partie de la seconde précinction 
apparaît au grand jour; elle a o n, ,8o d'élévation au-dessus des fonda- 
tions et va servir de soutien aux terrains du plan supérieur. Tous les 
remblais qui cachaient le monument du côté opposé à la cavea ont 
été enlevés et reportés aux alentours pour faire des nivellements, en 
sorte que bientôt toute la butte apparaîtra soutenue par un mur solide 
et bien appareillé. La route qui passe à côté en rend l'accès facile. 

« Les matériaux sont débités en petit appareil assez régulier, et 
dans beaucoup d'endroits le parement montre des joints tracés visi- 
blement sur le mortier. La base du mur déborde à l'intérieur de o m ,3o, 
et à l'extérieur de o m ,io. Nulle part on ne voit de rangs de briques 
comme on en remarque au temple de Yieillecour. Le système de cons- 
truction est le même que celui qui a été employé à Petit-Mars; les 
deux enceintes, au lieu d'être complètement circulaires, sontcomposées 
de lignes brisées qui, bout à bout, forment une série de seize pans 
coupés. Dans un couloir que les ouvriers ont récemment déblayé, on 
a découvert six monnaies antiques; ce sont des bronzes d'Auguste, 
de Néron, de Domitien et des Antonins. 

« Lorsque les déblais extérieurs seront terminés, notre zélé cor- 
respondant a l'intention de pratiquer dans la cavea plusieurs tran- 
chées, afin de déterminer d'une façon précise toutes les dispositions 
de l'édifice et notamment la forme exacte du massif central, désigné 
dans un premier rapport sous le nom d'autel. » 

M. L. Maître sollicite une subvention pour couvrir les dépenses 
que ces divers travaux ont occasionnées. Le Comité accueille favora- 
blement cette demande. 

M. de Lasteyrie lit un rapport sur une demande de subvention, 
formée par M. Maignien, de Grenoble, à l'effet de rechercher les 
restes de Bayard. 

Le Comité, considérant qu'aucune recherche préliminaire n'auto- 
rise à croire que les fouilles projetées par M. Maignien puissent être 
couronnées de succès, n'est point d'avis de prendre actuellement 
cette demande en considération. 

M. de Lasteyrie rend compte d'une communication de M. le 
lieutenant Espérandieu, correspondant du Comité à Saint-Maixent, 



— 236 — 

relative à diverses découvertes récemment faites à Nanteuil (Deux- 
Sèvres), par M. Bordier, maire de cette commune ('). 

M. Chabouillet saisit cette occasion pour faire savoir au Comité 
que M. Espérandieu a fait don au Cabinet des médailles des diverses 
pièces qu'il avait communiquées à la Section d'archéologie, au mois 
de février dernier O, et qui manquaient à notre collection nationale. 
Le Comité remercie M. Espérandieu de cet acte de libéralité, et décide 
qu'il en sera fait mention au procès-verbal. 

M. de Lasteyrie fait un rapport sur une boucle mérovingienne 
avec inscription, trouvée récemment à Saint -Just- en- Chaussée 
(Oise), et communiquée par M. Pilloy, correspondant du Comité à 
Saint-Quentin, qui en est actuellement possesseur ' 3| . Il propose 
l'impression de la note de M. Pilloy. 

M. Maspero fait un rapport sommaire sur une communication de 
M. Durighello, annonçant la découverte à Saïda (Phénicie;, d'un 
sarcophage en marbre, de style égypto-phénicien. Ce tombeau est de 
forme anthropoïde et ressemble absolument à ceux que M. Ernest 
Renan a découverts dans la nécropole de Saïda, lors de sa mission 
de Phénicie. Il a déjà élé question de cette découverte dans une 
précédente séance, M. Maspero attend des renseignements complé- 
mentaires pour en entretenir plus longuement le Comité. 

M. Eugène Muntz lit un mémoire sur les sources de l'histoire 
des arts à Avignon pendant le xiv° siècle. — Renvoi au Comité de 
publication (*). 

La séance est levée ;'i cinq heures. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 

i 4 ) Voir ci-après, p. 299. 

l ! ) Voir ci-dessus, p. 14. 

I 3 ) Voir ci-après, p. 298. 

!*) Voir ci-après, p. 249, le texte de ce mémoire. 



— 237 — 
TUYAU DE PLOMB AVEC INSCRIPTION ROMAINE 

RAPPORT DE M. HÉRON DE VILLEFOSSE 
Sur une communication de M. Roussit. 

M. Rousset, d'Uzès, a envoyé au Comité un dessin représentant 
un tuyau de plomb, trouvé probablement à Nimes ou dans les envi- 
rons, et qui porte en relief cette inscription : 

^ SEXSAMMIVSSERVATIANj 

Sex(tus) Sammius Servatian[us f(ecity] 

D'après le dessin, le tuyau parait brisé à droite. 

Les tuyaux de ce genre, fistulse plurnbeae, servaient à la conduite 
des eaux; les estampilles qui y sont imprimées en relief et qui pré- 
sentent des noms propres au nominatif, se rapportent ordinairement 
aux maîtres des plomberies. Il y a cependant des distinctions à faire 
suivant la provenance des tuyaux et la composition de l'inscription ('). 

On a retrouvé des tuyaux analogues dans la plupart des grandes 
villes de la vallée du Rhône, où les eaux étaient amenées par des 
aqueducs à Lyon " , à Vienne ' , à Arles ' ..., etc. A Nimes, quel- 
ques-uns de ces tuyaux ont été déjà signalés ' . 

La famille Sammûz, à laquelle appartient Servatianus, revient très 
souvent dans les inscriptions de Nimes ( 6 J ; on y relève le nom d'un 
Sex(tus) Sammius Apronianus, qui ne diffère de notre plombier que 
par le surnom. 

Le célèbre édit d'Auguste, relatif à l'aqueduc de Venafrum, dans 
le Samnium, renferme un passage qui prescrit pour la conduite de 
l'eau l'emploi des tuyaux de plomb : « ... Dum ne ea aqua, quse ita 
distributa discripta deve qua ita decretum erit, aliter quam fîstulis 
plumbeis dumtaxat ab rivo pedes L ducatur ; neve eœ fisluhe aut 
rivos nisi sub terra, quae terra itineris vise publicse limitisve erit, 
ponantur conlocentur ('). » 

W Sur les tuyaux de plomb et le parti qu'on peut tirer des inscriptions qu'ils 
portent, voir la très intéressante dissertation de L. Renier, intitulée La Maison 
de Livie. (Revue archéol., nouv. série, t. XXI, 1870, p. 326 et s.) 

- A. de Roissieu, Inscriptions antiques de Lyon, p. 446 à 449* 

t 3 ) Allmer, Inscriptions antiques de Vienne, t. IV, n os 791 à 819. 

(*) [Le P. Dumont], Recueil de toutes /es inscriptions d'Arles, a 03 17 à 20. 

I 3 ) A. Aurès, Marques de fabrique du Musée de Nimes, n os 21S à 220. 

( G i Ménard, Histoire de la ville de Nimes, nouv. édition/t. VII, p. 570, à la table. 

I 7 ) Corp. inscr. latin., t. X, n°. 484^. 



— 238 — 

Quand il s'agissait d'un aqueduc destiné à amener les eaux dans 
une ville ou construit pour un service public, on ne pouvait pas tou- 
jours poser les tuyaux sur le terrain communal ; on était souvent 
obligé de traverser des propriétés privées. Dans ce cas, on payait au 
particulier la servitude de passage, à moins que celui-ci ne fit preuve 
de générosité envers ses concitoyens, comme nous le montre une 
inscription découverte à Marigny -Saint- Marcel , dans la Haute- 
Savoie (') : 

C • SENNIVS • C • F • VOL • SABINVS • PRdcf ■ f ah ru m 
B A L I N E V M • C A M P V M ■ P O R T I C V S • AQUrtS ■ i II S que 
EARVM • AQVARVM- TVBO • DVCENDARVM itù. ut rectc 
PERFLVERE • POSSINT ■ vIcAxIs ■ ALBINNENSi&MS • d ■ 's ■ d 

Les vicani Albinnenses, auxquels est faite celte donation, sont les 
habitants du bourg actuel d'Albens, à sept kilomètres de Saint- 
Marcel, sur le département de la Savoie, et non pas ceux d'Alby, 
comme l'a cru OrelliC*), et comme Fa répété après lui M. R. Lan- 
çiani ( 3 ). 

M. Allmer a inséré ce texte dans ses Inscriptions antiques de 
Vienne {*) ; il l'a accompagné des renseignements suivants, qui sont 
pleins d'intérêt et que je transcris textuellement : 

« Une fouille pratiquée, il y a quelques années, à Saint-Marcel, 
presque devant la porte de la chapelle du même nom, a permis à 
M. le curé de Marigny de reconnaître la naissance du tubus men- 
tionné dans cette inscription. A un mètre et demi de profondeur a 
été trouvée une pierre romaine, en forme de dé, de i mètre de haut 
sur un peu plus de large; reposant sur une plaque de plomb, et 
percée de deux trous de o m ,i6 de diamètre, qui correspondaient à 
deux canaux en poudingue artificiel de o m ,3o de largeur. Ces canaux 
paraissaient dirigés vers Albens. A Albens, en effet, devaient être les 
bains donnés aux vicani Albinnenses ; et à Saint-Marcel, d'où pro- 
vient cette pierre, était le champ d'où prenaient leur point de départ 
les eaux qui alimentaient ces bains, en parcourant, de là jusqu'au 
vicus, c'est-à-dire sur une étendue de cinq à six kilomètres, les pro- 
priétés du donateur. » 

A. Héron de Villefosse, 
Membre du Comité. 

I 1 ) Rcvon, Inscriptions antiques de la Haute-Savoie,]}. 22,n.3i (avec fac-similé). 

( 2 ) N° 199. 

( 3 ) / comentarii di Frontino intorno le acque c gli aquedotti, p. 385. 
(*) N os 23o à 239.. 



— 239 — 

LES TAPISSERIES DE L'HOPITAL DE BEAUNE 
Communication de M. Jules Guiffrey, membre du Comité. 

Une récente visite à l'hôpital de Beaune nous a permis d'examiner 
avec soin la riche collection de tentures conservée dans cet établis- 
sement. Cette collection compte plus de soixante-quinze pièces, dont 
une bonne partie, près des deux tiers, remonte au xv c ou au xvi° 
siècle. Une certaine quantité de ces tapisseries a été commandée 
par les fondateurs mêmes de l'hôpital pour les salles des malades ; 
c'est là un fait remarquable et à peu près unique dans l'histoire de 
l'industrie textile. 

Quelques échantillons de ces vieilles tentures sont exposés en per- 
manence dans les salles ouvertes aux voyageurs ; cela suffit, sans 
doute, pour donner une idée des séries les plus intéressantes parleur 
date, car on a choisi les pièces étalées dans le musée de l'hôpital 
parmi les types les plus anciens. Toutefois, comme l'occasion de 
voir l'ensemble des tapisseries ne s'offre qu'une ou deux fois par an, 
aux grandes solennités religieuses, et seulement pendant quelques 
heures, il est difficile de les étudier à loisir. C'est ce qu'il nous a été 
permis de faire, grâce aux facilités qui nous ont été procurées avec 
une parfaite bonne grâce par les administrateurs de l'hôpital et par 
les religieuses attachées à la maison*. 1 ). Aussi, est-ce un devoir 
pour nous de témoigner aux personnes chargées de la direction et 
de la surveillance de l'hôpital notre gratitude pour l'accueil que nous 
y avons reçu. Ce n'est pas, en effet, une petite besogne de sortir des 
coffres où elles sont soigneusement conservées plus de cinquante 
tapisseries dont quelques-unes atteignent de grandes proportions. 
Le travail était d'autant plus compliqué qu'il n'existe pas de cata- 
logue détaillé de cette riche collection. 

Nous allons essayer de coordonner et de présenter dans un ordre 
méthodique les notes prises sur place, sans nous dissimuler toutes 
les lacunes qu'elles présentent. Notre travail pourra du moins servir 
de canevas à une description plus complète, et nous serions heureux 
si cet essai pouvait fournir à un des érudits de la ville de Beaune 
les premiers éléments et la base d'une notice définitive. 

1 L'objet de notre visite était de réviser sur place un inventaire des œuvres 
d'art existant à l'hôpital de Beaune, dressé par M. Maurice Ouradou, architecte 
chargé de la restauration des bâtiments. L'examen attentif des tapisseries nous 
a permis de faire certaines remarques qui trouveraient difficilement place 
dans un inventaire et que nous résumerons rapidement dans les pages suivantes. 



— 240 — 

Tout d'abord, il faut observer que les tapisseries appartiennent à 
trois périodes distinctes : trente-huit pièces sont de la fin du xv° 
ou du début du xvi° siècle; une quinzaine datent de la seconde 
moitié du XVI e siècle; les autres ont été fabriquées après 1600. Dans 
ce dernier groupe, qui ne nous retiendra pas longtemps, sont com- 
prises des verdures en général assez communes. 

Nous dirons pour terminer quelques mots d'une suite des plus 
remarquables conservée dans l'église de Beaune; à de grandes qualités 
d'exécution, à un état de conservation des plus satisfaisants, cette 
tenture joint une particularité fort intéressante : elle porte le nom de 
son donateur et sa date. 

Nous nous trouvons ainsi en présence, à l'église comme à l'hôpital, 
de tapisseries exécutées il y a quatre siècles ou environ, pour la 
décoration des édifices où elles sont encore conservées. 



Le plus ancien inventaire des meubles de l'hôpital de Beaune a 
été rédigé en 1 5o i (*). Dans l'énumération des objets garnissant la 
grant chambre des povres, se lisent les articles suivants : « Item, 
plus, pourpairer lesdicts licts es festes solennelles sont trante et une 
/■dur crie d'haulte lisse falotes à torterelles, armoyez des armes de... 
[La suite a été postérieurement ajoutée : ] messires patrons et fonda- 
teurs, serrans à pairer lesdictes couchettes aux festes solennelles. 

« Item, pour mectre pur dessus lesdictes concertes sont trente et 
untj linceux de lin chacun d'une taille et demye [gui se mectent sur 
lesdictes i-mirertures aux festes solennelles.'] » 

Ainsi, dès les premières années de sa fondation, l'hôpital de Beaune 
possédait trente-une pièces de tapisserie servant à parer les lits 
des malades les jours de grandes fêtes. Ces pièces étaient ornées 
des armes de Nicolas Bolin et de Guigonne de Salins, sa femme, 
fondateurs de la maison. Avec des indications aussi formelles, il 
ne reste aucun doute sur l'identité des tentures signalées dans 
l'inventaire de i5oi et des trente pièces, toutes semblables, qui 
existent encore dans le trésor de l'hôpital. 

Ces tapisseries ont toutes les mômes dimensions, à quelques 

I 1 ) Cet inventaire précieusement conservé dans les Archives de l'hôpital, a été 
publié par M. l'abbé J.-B. Boudrot, dans un volume intitulé : Petit Cartulaire 
de l'Hostel-Dieu de Beaune, Beaune, i88o,in-4° à deux colonnes, 94 pages. 



— 241 — 

centimètres près. Elles mesurent 2 m , -5 de hauteur sur i m .-r> de 
largeur. Ces proportions donnent à supposer qu'elles étaient des- 
tinées, non à être étendues sur le lit des malades, car elles eussent 
été beaucoup trop longues, mais à être suspendues devant le lit dont 
le ciel pouvait fort bien, dans une vaste salle, être placé à plus de 
deux mètres au-dessus du sol. Si cette conjecture est admise, les 
« linceux de lin » auraient servi à préserver les tapisseries pendant 
une partie de la journée où elles restaient exposées. 

Ce singulier usage de tendre des tapisseries devant les lits des 
malades s'explique assez naturellement quand on connaît la dispo- 
sition de la grande chambre des pauvres. Dans une haute et vaste salle 
de cinquante ou soixante mètres de long, les lits des malades sont 
alignés bout à bout contre les murailles, laissant au milieu un large 
espace libre pour la circulation des dames hospitalières et des 
visiteurs. A l'extrémité opposée à la porte d'entrée s'élève un autel 
qu'on aperçoit de tous les points de la pièce, et qui est séparé de la 
parlie réservée aux malades par un rideau qu'on lire au moment de 
la célébration des offices. On conçoit dès lors qu'on ait songé à dé- 
corer avec un certain apparat cette salle de malades transformée en 
chapelle. Ainsi s'explique la destination des tapisseries à tourterelles. 

Ajoutons que les tentures ne sont plus employées aujourd'hui à 
l'usage indiqué par l'inventaire de 1001. On se contente de les sus- 
pendre le long des murailles des cours intérieures, et, dans cette 
circonstance, les pièces appartenant à l'église de la ville sont jointes 
aux collections de l'hôpital et sont exposées à côté d'elles. L'inventaire 
mentionne trente-un panneaux de tapisserie; il en existe encore 
trente. L'ancienne collection est donc presque complète. 

Les différences que nous avons pu remarquer entre la décoration 
des différentes pièces sont presque insignifiantes, ainsi qu'on va le 
voir par la description que nous avons prise sur place. 

Tous les éléments de la décoration rappellent le nom ou le sou- 
venir des fondateurs. Ce sont les initiales, les armoiries ou les devises 
de Nicolas Rolin et de Guigonne de Salins, répétées un certain nom- 
bre de fois et jetées symétriquement sur un fond rouge saumoné, 
dont la coloration, assez fréquente à cette époque, se retrouve dans 
la Dame à la licorne du Musée de Cluny et dans d'autres tapisseries 
contemporaines. Ce fond chaud est du plus heureux etfet; les 
attributs des donateurs s'harmonisent à merveille avec ce ton rouge 
encore vif. 

Le champ de la pièce, plus haut que large, comme on l'a vu, se 
divise en onze lignes horizontales d'ornements répartis dans un 



- 242 — 

ordre à peu près invariable. Cinq de ces zones superposées sont 
occupées par des tourterelles sauvages, posées sur des branches 
d'arbre coupées. Ces tourterelles, alternativement au nombre de 
quatre et de cinq, sont séparées par les initiales du prénom des dona- 
teurs, la lettre N tissée en jaune et la lettre G en bleu. Les six 
autres lignes intercalées entre les tourterelles portent la devise seulle 
répétée alternativement deux et trois fois par rang, soit en tout quinze 
fois. Les devises de la même ligne sont séparées par des étoiles. 

Aux quatre angles et au milieu de la tapisserie, de la branche sur 
laquelle est perchée la tourterelle pend, à un cordon bleu, unécusson 
parti des armes de Nicolas Rolin : d'azur à trois clefs d'or, et de 
celles de sa femme : d'azur à une tour d'or crénelée. 

C'est toujours une ligne de devises qui commence et qui termine 
le panneau; seulement, sur certaines pièces, la première rangée 
compte trois devises, sur d'autres, deux seulement. Dans les deux 
cas, le nombre total des devises est le même. 

D'ailleurs, deux de ces tapisseries à tourterelles sont exposées en 
permanence dans une des salles du musée ouvert aux visiteurs. Sur 
deux fragments en mauvais état, le fond offre au lieu d'être uni, un 
dessin damassé rouge à deux tons, d'un effet décoratif des plus 
heureux. En outre, dans ce fragment, la devise, au lieu d'être 
tissée à même sur le fond rouge, est inscrite dans une banderole 
bleue et blanche et suivie d'une étoile en laine jaune. 

Tandis que les panneaux précédemment décrits étaient destinés, 
suivant l'inventaire de i5oi, à parer les lits des malades, les dimen- 
sions des pièces suivantes semblent leur assigner un tout autre 
usage. 

Sur deux de ces tapisseries, mesurant 2 m ,o5 de hauteur sur 
3 m ,4o de large, destinées à la décoration des bancs de la grande 
chapelle ( l ), au milieu d'un semis de tourterelles perchées, d'initiales 
enlacées et de devises répétées jusqu'à vingt-trois fois, apparaît une 
figure de saint Antoine, un des patrons du fondateur, en robe bleue et 
manteau noir, la tète entourée d'un nimbe de perles, tenant de la 

W Ces deux tapisseries sont ainsi mentionnées dans le précieux inventaire de 
i5oi : « Item, deux draps de tapisserie d'aulte lisse esquelz est l'imaige de sainct 
Anthoine et sont semées de torterelles et des armes desdiets fondateurs, des- 
quels l'on paire les ehaieres estant es costez de l'aultel. » L'article suivant t'ait 
peut-être allusion aux deux tapisseries de VAgnus Dei, décrites après celles de 
saint Antoine : « Item, deux aultres tappis armoyez comme dessus, desquelzl'on 
paire la chaire à preschier et aucunes fois les haultez. » 

Une signifie ce dernier mot. L'éditeur l'a-t-il mal lu? Le scribe a-t-il voulu 
parler des autels de la chapelle ? 



— 243 — 

main gauche un livre, et, de la droite, un bâton en forme de lau, 
auquel pend une sonnette. 

Deux autres pièces, l'une de i m ,3o de haut sur .'> m ,i° de large, 
l'autre de o"\gj sur 2 m ,io, semblent, d'après l'ancien inventaire, avoir 
été destinées à décorer les chaires de la grande chapelle. Elles datent 
aussi de Nicolas Rolin et de Guigonne de Salins, comme le prouve 
le semis de clefs et de tours rappelant les armoiries des donateurs. 

Seulement, sur ces dernières, un Agneau couché, portant le nimbe 
crucifère, remplace le patron de Nicolas Rolin. Derrière l'Agneau, 
se dresse la croix avec l'inscription INPJ, entre le soleil et la lune. 
Sur la plus large des deux pièces, les attributs de la Passion, la 
colonne et la lance avec l'éponge, sont placés de chaque côté de la 
croix; ces emblèmes manquent au panneau le plus étroit. 

Toutes les tapisseries qui viennent d'être décrites sont incontesta- 
blement contemporaines des fondateurs, et datent par conséquent de 
la seconde moitié du xv e siècle. Jl est difficile de déterminer le 
lieu de la fabrication ; nous ne possédons sur cette question spé- 
ciale aucun indice de nature à nous mettre sur la voie de la vérité. 
S'il nous était permis de hasarder une hypothèse toute gratuite, nous 
inclinerions à penser que ces tapisseries ont bien pu être tissées sur 
place, à Beaune même, sous les yeux des donateurs. On sait avec 
quelle facilité se déplaçaient les artisans, et, en particulier, les tapis- 
siers du moyen âge. Nicolas Rolin occupait un poste de confiance 
auprès d'un des princes les plus puissants de son temps, sous lequel 
la Bourgogne atteignit l'apogée de sa prospérité et de sa richesse. 
Nul doute qu'elle n'ait possédé à cette époque de nombreux artisans 
de haute lisse venus des Flandres pour chercher fortune à la cour 
d'un seigneur aussi opulent et aussi fastueux que le duc Philippe. 
Il était donc facile au chancelier Ptolin de trouver dans l'entourage 
de son maître des ouvriers experts au tissage de la haute lisse. 
Il n'avait pas besoin d'aller chercher au loin dans l'Artois ou les 
Flandres ce qu'il avait sous la main. 

Chaque jour, une nouvelle découverte nous révèle quelque atelier 
local inconnu antérieurement. Rien ne nous empêche donc d'ad- 
mettre que la ville de Reaune, ou tout au moins la Rourgogne, 
possédait des tapissiers vers le milieu du xv e siècle. 

Deux pièces de la fin du xv c siècle ou des premières années 
du xvi c méritent aussi une mention particulière. Celles-ci n'appar- 
tiennent pas, comme les précédentes, au mobilier primitif de l'hôpital. 
On ignore d'où elles viennent, qui les a données et à quelle époque. 
Elles n'en sont pas moins dignes d'intérêt. 



_ 244 — 

C'est d'abord une longue bande de près de six mètres, sur un 
mètre et demi de haut environ ; elle était destinée, ses dimensions 
l'indiquent, à servir de dosseret. Elle date probablement des dernières 
années du xv° siècle; son exécution peut se placer entre 1480 et 
i5oo. 

Sur cette frise le tapissier a représenté un épisode bien connu de 
la vie de saint Eloi, dont le nom est plusieurs fois répété au-dessus 
des figures. Un homme tient par la bride un cheval blanc, dont la 
jambe est coupée au-dessus du genou. Il s'agenouille en se décou- 
vrant comme pour rendre hommage au miracle dont il est témoin. 
A gauche de la scène qu'on vient de décrire, la Vierge couronnée d'é- 
toiles tient l'enfant Jésus. A droite, saint Eloi, nimbé, en robe blanche, 
portant l'étole, un livre dans la main droite, pose la main gauche 
sur le manche d'une bêche enfoncée en terre. 

Le fond bleu du tissu est semé d'oiseaux, de lapins et de fleurettes, 
ancolies, œillets, etc. 

Une restauration inhabile a laissé des traces visibles et parait avoir 
déplacé les figures ou tout au moins les inscriptions. Le nom de saint 
Eloi deux fois répété en caractères gothiques, ne semble plus à sa 
place. 

La dernière tapisserie de la période primitive est un fragment 
de Pietà, avec figures de grandeur naturelle coupées à mi-corps, 
réparées avec des morceaux disparates. Deux personnages seulement : 
le Christ mort sur les genoux de sa mère, et le bras d'une des saintes 
femmes. L'original devait offrir un beau caractère ; mais le morceau 
qui reste est vraiment bien mutilé. 



II 



Nous arrivons aux tentures qui portent franchement les carac- 
tères du xvi e siècle. Nous n'avons plus maintenant affaire qu'à des 
séries sans rapport avec l'histoire de l'hôpital. Elles proviennent de 
dons, sans qu'on sache exactement la date de leur entrée. Elles sont 
conservées avec le plus grand soin ; si la place ne permet pas de les 
tenir toutes exposées en permanence, on voit, soit dans le musée, 
soit dans d'autres salles accessibles au public, quelques échantillons 
des plus curieuses de ces séries. 

La plus importante à coup sûr de ces tapisseries, dont la fabrica- 
tion peut être fixée vers le milieu ou la seconde moitié du xvi c siècle, 



— 245 — 

retrace en cinq panneaux les principaux épisodes de l'histoire de 
Jacob. On voit d'abord Esaù partir pour la chasse, puis Jacob re- 
cueillir la bénédiction paternelle destinée à son frère. Nous assis- 
tons ensuite au songe du patriarche, à sa rencontre avec Rebecca 
et enfin à son arrestation quand il est accusé d'avoir volé les trésors 
de Laban qu'on retrouve dans ses ballots. Les cinq tableaux sont 
tendus, soit dans la salle d'assemblée du conseil d'administration, 
soit dans le salon de la supérieure. 

La largeur des panneaux varie beaucoup. Elle va de 2 m ,45 (béné- 
diction de Jacob) à 5"',i5 (rencontre de Jacob et de Rebecca). La 
hauteur ne dépasse pas 2 m ,85. Les pièces sont encadrées d'une 
étroite bordure formée d'un enroulement de feuilles symétriquement 
disposées et d'un ruban bleu. 

Cette suite se recommande à l'attention, d'abord par la dimension 
exceptionnelle des personnages, dont la taille est deux fois grande 
comme nature, puis par le style du dessin où les réminiscences de 
Raphaël et de son école sont nettement accusées. Dans la rencontre 
de Jacob et de la fille de Laban, plusieurs des compagnons de Rebecca 
rappellent par leur attitude pleine de caractère certaines figures des 
Loges. Evidemment, l'auteur des cartons a étudié à Rome, a connu 
les peintures du Vatican. 

Nous avons vainement cherché dans la bordure une marque, un 
indice de nature à nous mettre sur la trace du lieu de fabrication. 
L'encadrement et la coloration générale, assez montée de ton, ne rap- 
pellent pas les tapisseries d'origine bruxelloise. Pour ma part, je serais 
assez tenté d'attribuer cette suite à un atelier français du xvi c siècle. 
C'est, je dois le dire, une simple conjecture, et je ne me la per- 
mets qu'en l'absence de tout indice sur les origines de cette tenture. 
Tout ce qu'on sait de son histoire à l'hôpital, c'est qu'elle fut achetée 
au xviu c siècle, moyennant la somme de neuf cent cinquante livres, 
de M. Angot, tapissier de Paris, pour la décoration du bureau où 
elle est encore exposée. 

Une suite en sept pièces représentant des scènes rustiques et des 
chasses, d'une exécution bien inférieure à celle de l'histoire de Jacob, 
oifre des détails singuliers et inexpliqués jusqu'ici. Trois de ces 
tapisseries mesurent 2 m ,6o de hauteur, sur des largeurs variables 
tandis que la hauteur des quatre autres atteint 3 m ,4o. Malgré cette 
différence, elles paraissent bien appartenir, sinon à la même série, 
du moins à la même époque et au même atelier. 

Les motifs d'architecture, les balustres qui forment les éléments 
constitutifs de la bordure, rappellent le goût de la Renaissance. 

AliClIÉOLOGIE. 17 



- 246 — 

Certains détails, comme le personnage à longue chevelure portant un 
arbre entier, et s'inclinant devant une femme qui lui présente un 
anneau, eu comme le chasseur à masque de singe monté sur un 
cheval blanc et poursuivant un cerf, semblent se rapporter à une lé- 
gende populaire. Par quelques détails cette suite rappellerait l'histoire 
de Gornbaut et de Macée. Peut-être un érudit versé dans la littérature 
populaire du moyen âge et de la Renaissance arriverait-il à déchiffrer 
cette énigme. Nous renonçons, pour notre part, à en donner l'explica- 
tion, et nous nous contenterons d'indiquer les titres qui nous parais- 
sent pouvoir caractériser chaque panneau: i° Scène de mariage; 
2° Promenade des mariés, avec un fou portant une marotte et le 
chasseur à tête de singe dans le fond ; 3° Le gardeur de pourceaux 
(l'enfant prodigue?); 4° Déjeuner de chasse; 5° et 6° Scènes de 
chasse; 7 Déjeuner champêtre. Ces quatre dernières pièces sont 
plus hautes que larges (3 ,n ,4o de hauteur). Toutes quatre ont la même 
largeur (2 m ,65). 

Nous passerons rapidement sur des panneaux de peu d'intérêt, 
soit en raison de la grossièreté du travail, soit à cause de l'état 
actuel de la tapisserie. L'un de ces panneaux est tellement usé qu'on 
distingue à peine le sujet. Les autres représentent la fuite d'un per- 
sonnage couronné, portant un enfant dans ses bras et deux épisodes 
de l'histoire d'Esther {Est lier •présentée à Assuérus et Mardoché 
paraissant devant le Roi). 

Une dernière tapisserie du xvi c siècle exposée dans une des salles du 
Musée, présente quelques particularités curieuses. Cette tapisserie de 
grandes dimensions — elle mesure 3 m ,20 de haut sur 5 m ,3o de large 
— représente, selon toute vraisemblance, le roi David entouré de 
sa cour, recevant la nouvelle de la mort d'Absalon. En effet, une 
scène qui se passe dans le fond et qui nous montre le prince rebelle 
suspendu par sa chevelure à un arbre, tandis que son cheval s'enfuit 
au galop, précise le sujet de la scène principale qui serait bien 
difficile à déterminer sans ce détail. 

La bordure fort large offre ces guirlandes de fleurs et de fruits 
séparées par des Termes et des personnages allégoriques, qu'on 
retrouve sur la plupart des tapisseries flamandes du xvi° siècle. La 
tonalité générale plaide aussi pour une origine bruxelloise ou fla- 
mande. Enfin, dans le galon inférieur est tissée une marque consistant 
en une bourse ou aumônière suspendue à une lanière. Cet attribut 
nous paraît être une signature de fabricant. Nous avons reproduit, 
d'après Alexandre Pinchart, dans notre Histoire de la Tapisserie 
(p. 206), un certain nombre de marques appartenant à des artisans 



— 247 — 

d'Audenarde et consistant soit en lettres, soit dans la repré- 
sentation d'outils ou ustensiles (une arbalète, une fleur, un 
soulier, un pot). L'aumônière tissée dans le galon de l'histoire de 
David et d'Àbsalon, nous parait appartenir à cette catégorie de mar- 
ques. Dans tous les cas, c'est à un atelier de la Flandre que cette 
pièce doit, selon nous, être attribuée. 



III 



A mesure que nous nous rapprochons de l'époque moderne, les 
tapisseries de Beaune perdent de plus en plus de leur intérêt. 
Aussi passerons-nous très rapidement sur celles qui datent du xvii 8 
et du xvnr siècle. Une seule pose un problème assez singulier; c'est 
un sacrifice d'Abraham dont tous les caractères, dessin, coloration, 
bordure, semblent annoncer une origine française. Or, dans l'enca- 
drement de cette pièce, un écusson ovale porte les armes réunies de 
Nicolas Rolin et de Guigonne de Salins. Il ne nous a pas été possible de 
nous assurer si ces armoiries faisaient corps avec le tissu ou avaient 
été ajoutées après coup. Cette dernière conjecture est la plus pro- 
bable. Pour la vérifier, il faudrait examiner l'envers de la pièce qui 
esî actuellement tendue. On ignore d'ailleurs dans quelles conditions 
elle est devenue la propriété de l'hospice. 

Une histoire d'Achille en quatre pièces, datant du milieu du 
XVII e siècle et qui pourrait bien provenir d'un atelier français, d'Au- 
busson par exemple, existe ici en double exemplaire. Nous savions 
déjà que les tapissiers ne se faisaient pas faute de répéter à satiété 
les mêmes sujets ; car l'achat des modèles était une des dépenses 
qui pesaient le plus lourdement sur leur industrie. Mais on trouve 
rarement l'occasion de comparer deux suites sorties de la même 
fabrique, à la même époque, et de constater ainsi les différences que 
la fantaisie des ouvriers pouvait introduire dans l'exécution. A cet 
égard, les deux tentures de l'histoire d'Achille offrent un sujet d'étude 
intéressant. Les bordures d'ailleurs les distinguent complètement. 

Les autres panneaux du xvn c ou du xvin e siècle, dont les sujets 
sont parfois malaisés à déterminer, sont sans importance pour l'his- 
toire de la tapisserie. Parmi les verdures qui nous semblent sortir des 
ateliers de Felletin et d'Aubusson, nous signalerons trois sujets d'après 
Boucher : les Jeux champêtres, le Colin-Maillard et le Cuisinier. 

Toutes ces tapisseries proviennent de dons datant d'une époque 



— 248 — 

indéterminée. Peut-être retrouverait-on dans les archives de l'Hôtel- 
Dieu fort Lien classées la trace de ces libéralités. Encore ce renseigne- 
ment ne nous apprendrait-il rien sur l'origine première des tentures. 
L'hôpital possède aussi quelques broderies qui sortent du cadre de 
cette étude spéciale ; elles figureront dans le catalogue dressé pour 
Y Inventaire des richesses d'art de la France. 



IV 



Pour terminer, nous dirons quelques mots de la belle tenture 
conservée à Beaune, dans l'église de Notre-Dame. Par sa conservation, 
par sa date, par l'inscription qui a conservé le nom du donateur, 
l'Histoire de la Vierge mérite une place parmi les plus curieuses 
tapisseries françaises de la fin du xv e siècle. Car, pour nous, l'ori- 
gine française du travail ne fait pas de doute. Le type des person- 
nages ne porte la trace d'aucune influence flamande. C'est une œuvre 
française et bien française. 

La dernière pièce porte cette inscription : Cette tapisserie fut 
faite l'an de grâce MV C . A côté se voit le portrait du donateur, un 
beau vieillard en habits religieux, accompagné de son patron saint 
Hugues, avec ses armes parlantes : d'azur à trois coqs d'or. En effet, 
le donateur se nommait Hugues Lecoq, comme on le sait par une 
tradition reposant sur des pièces authentiques. Aussi, quand les 
dames de l'Hôtel-Dieu se chargèrent, en i852, de réparer la tenture, 
purent-elles écrire sur la doublure du dernier pan cette inscriplion 
parfaitement véridique : Données far Hugues Le Coq, archidiacre 
du chapitre de la collégiale et réparées en i 85.2. 

Le bon archidiacre s'est montré fort désireux de transmettre ses 
traits à la postérité, car il s'est fait représenter non seulement sur le 
cinquième panneau mais aussi sur le deuxième à côté de son blason. 
Seulement, cette fois, c'est saint Jean et non saint Hugues qui assiste 
le donateur en oraison. Les deux effigies sont bien semblables et ne 
laissent aucune incertitude sur l'identité du personnage. 

Toute l'histoire de Marie se déroule sur ces cinq frises dont la hau- 
teur ne dépasse pas i'",9<> sur 6 mètres de large pour chacune. Ces 
dimensions indiquent assez leur destination. Elles servaient de dos- 
serets dans le chœur aux jours de grande fête. Depuis leur restaura- 
tion par les dames de l'hospice, elles sont prêtées à cet établissement 
et exposées à côté des pièces décrites plus haut lors des processions. 



— 249 — 

Voici les dix-neuf sujets représentés sur ces cinq tapisseries : 

i rc pièce: La porte dorée. — Naissance de Marie. — Consécration 
de la Vierge dans le temple. — Fiançailles de la Vierge. 

2° pièce : Mariage de Marie et de saint Joseph. — La promenade 
des mariés. — Annonciation. — Portrait agenouillé du donateur 
avec saint Jean. 

3° pièce : Visitation. — Nativité (occupant l'espace pris ordinaire- 
ment par deux sujets, avec l'inscription : Gloria in excslsis Deo). — 
Circoncision. 

4 e pièce : Adoration des Rois. — Purification. — Fuite en Egypte. 
— Massacre des Innocents. 

5 e pièce : La Vierge, l'enfant Jésus et saint Joseph. — Mort de la 
Vierge. — Couronnement de la Vierge. — Second portrait du dona- 
teur accompagné de saint Hugues. C'est sur le cinquième panneau, 
à droite en haut, qu'est tissée l'inscription reproduite ci-dessus qui 
nous a conservé la date de l'exécution de la tapisserie. 

Jules Guiffrey, 
Membre du Comité. 



LES SOURCES DE L'HISTOIRE DES ARTS 

DANS LA VILLE d'.VVIGXON PENDANT LE XIV e SIÈCLE 

Essai bibliographique suivi de documents inédits, 
par Eugène .Mùntz, membre du Comité. 



Les Sources revîtes. 

L'histoire des arts dans le Comtat Venaissin, assez terne pendant 
la première période gothique, acquiert tout à coup une importance 
capitale avec la translation du Saint Siège à Avignon. L'architecture, 
la sculpture, la peinture, les arts décoratifs, ne profitent pas seule- 
ment du luxe, fameux à juste titre, des nouveaux souverains d'Avi- 
gnon, et du concours des maîtres les plus éminents, Français, Ita- 
liens, Espagnols, voire Allemands et Anglais ; ils sont également 
appelés, grâce au passage incessant de tout ce que l'Europe comptait 
alors de princes, de prélats, de grands seigneurs, de personnalités 
éminenles, à étendre au loin leur influence. Comme autrefois R.ome, 



— 250 — 

désormais Avignon donnera le ton aux entreprises artistiques de 
centaines de Mécènes forcés de ce tenir en relations constantes avec 
la cour pontificale. 

Cette considération m'a engagé, il y a de longues années déjà, à 
rechercher les divers documents de nature à éclaircir un chapitre de 
l'histoire des arts dans notre pays, chapitre qui est encore à écrire, et je 
viens demander aujourd'hui au Comité la permission de l'entretenir 
des recherches que je n'ai cessé de poursuivre depuis 1879. 

Ce fut à cette époque qu'un architecte et décorateur éminent, 
M. Alexandre Denuelle, à qui les Archives de la Commission des 
Monuments historiques doivent un si grand nomhre de reproductions 
de la plus scrupuleuse exactitude, me demanda de rechercher dans 
les Archives du Vatican, enfin accessibles aux travailleurs, les docu- 
ments relatifs à l'histoire du palais des Papes. Je me mis à l'œuvre 
aussitôt et j'eus la joie de découvrir un immense fonds, complè- 
tement inexploré; bien plus, dont aucun savant moderne n'avait 
soupçonné l'existence. 

Je n'entretiendrai toutefois pas aujourd'hui le Comité de ces inves- 
tigations, qui portent sur un grand nombre de centaines de volumes : 
elles feront l'objet d'un mémoire spécial. 

Il me suffira de rappeler que le recueil connu sous le titre de 
Introitus et Exitus Camerae apostolicse forme la source principale de 
l'histoire des arts à la cour d'Avignon t 1 '. 

Cette collection inappréciable ne fournit pas seulement en abon- 
dance les détails les plus nouveaux sur l'histoire de l'art à Avignon et 
dans le midi de la France, elle contient aussi une foule de renseigne- 
ments sur les diverses constructions entreprises aux frais ou sous 
les auspices des papes dans le reste de la France, en Italie et ailleurs 
encore. C'est ainsi que le registre n° i83, de l'année i34o, nous 
donne le détail des dépenses effectuées à Paris, pour la construction 
de l'église Saint-Bernard; le registre n° 180 (i33g-i34i), celui des 
dépenses relatives à la restauration de la basilique de Saint-Pierre et 
d'autres églises de Rome. 

Une seconde série, également très intéressante, est celle qui com- 
prend les inventaires du Trésor apostolique. 

Les principaux de ces inventaires sont, d'après le P. Ehrle, qui en 
a dressé la liste : 

L'inventaire du mois d'avril i3i4, rédigé pendant le conclave de 

i 1 ) Pour l'époque qui nous occupe, on ne trouve que peu de renseignements 
dans l'ouvrage de M. Woeker, Das kirchliche Finanzwesen der Psepste, Nonl- 
lingen, 1878. 



— 251 — 

Carpentras (Archives Secrètes du Vatican; Instrum. Miscell. an. 
1 3 1 4 • Copies: Cod. archiv. Avin., n° 467, autrefois LVII, t. VII). 

Inventaires datant la plupart de l'année i32o (Cod. archiv. Avin., 
n° 448. Expensae Palatii apostolici, îiîi-, i3^7). Les 4 l premiers ff. 
sont consacrés aux dépenses de la maison pontificale de i3i6 à i3i8. 
Inventaires de i34^, i343 à i348 (Cod. archiv. Avin., n° 289). 
Inventaire de i353 (Cod. archiv. Avin., n° 4j^)- 
Inventaire de i33g, i36() (Cod. n° 468). 
Inventaire de i3-i, i383 (Cod. n" 469). 

Inventaire de i4n (Cod. A. 76 des archives du chapitre de Saint- 
Pierre à Rome). La description des livres remplit les ff. 10 à 43. 
D'importantes informations seront en outre fournies par les archives 
des notaires apostoliques d'Avignon, conservées avec bien des lacunes, 
hélas, dans les Archives du Saint Siège. 

Une mention doit être également accordée aux Régestes, bien que 
la moisson que l'historien d'art rapporterait d'une telle recherche ne 
serait pas en rapport avec le travail qu'entraînerait le dépouillement 
de cette collection colossale, dans laquelle les bulles de Jean XXII, 
pour ne citer qu'un exemple, forment plus de 4o,ooo numéros. 
Parmi les bulles les plus intéressantes sont celle relative au palais 
pontifical (Benedicti XII reg. ann. VII, cod. n° 129, fol. 195) ; celle 
de la fondation de l'église Sainte-Marie à Villeneuve-les-Avignon. 
(Bibl. nationale, ms. latin, n° 8971, fol. 238.) 

Je citerai enfin les Registres des obligations de la Chambre apos- 
tolique, le Catalogue des familiers de Clément VI, les Diversorum. 

Le dépouillement des registres contenant la liste des officiers ponti- 
ficaux, chapelains d'honneur, sergents d'armes, etc., fournira aussi 
.des contributions importantes pour l'histoire de l'art. Je citerai le 
vol. 325 comme contenant la liste des familiers de Clément VI. 

Un des Régestes de Clément VII (an. VI, part. IV, t. XXXVI), nous 
offre la liste des chapelains pontificaux d'Urbain V, de Grégoire XI et de 
Clément VIL On lit au fol. 235: « Sequuntur nomina cappellanorum 
honoris factorum per dominum Urbanum papam quintum. Johannes 
Marchi monachus monasterii Fontisfrigidi ordinis Cisterciencis, Nar- 
bonensis diocesis. — Jacobus de Cocella de Neapoli, ordinis fratrum 
minorum...» (suivent 25 noms). — Fol. 236: «Item qui sequuntur sunt 
de tempore domini Gregorii pape XI et de anno primo... » (n3 
noms). — Fol. 260 : « Sequuntur nomina cappellanorum honorum 
(sic) per dominum Clementem papam VII factorum de anno pri- 
mo... )>(7i noms). — « Sequuntur nomina cappellanorum honorum 
tam de tempore domini Urbani V quam domini Gregorii et domin 



— 252 — 

nostri modérai Clementis VII repertornm inregesto magistri H. Bay- 
ler...» (284 noms). — Fol. 25i v° : « Sequuntur cappellani honoris, 
quorum littere sunt michi Pontio Beraldi commisse... » (17 noms). 
— Fol. 9.5-2 v° : « Cappellani honorum mei Johannis de Neapoli 
anni tertii... » (44 noms). — Fol. 204. « Nomina cappellanorum 
honorum reperla in regestris magistri Gilberti de Tadinghem 
domini nostri pape secretarii... » (16 noms). — Fol. 255 : « Infrascripti 
fuerunt recepti in cappellanos honoris dicti domini nostri Clementis 
pape septimi... sedis apostolice, prout constat per huilas dicti domini 
nostri de regestro ad cautelam apportatas... » (9 noms). — Fol. 25-. 
« Anno domini millesimo trecentesimo LXYII et die XXVI mensis 
januarii pontificatus domini Urbani pape quinti fuit receptus in cap- 
pellanorum honoris (numerum) venerabilis vir dominus Bollandus 
Nicolai licentiatus in legibus... » (suivent 7 4 noms). 

Il ne m'a pas été possible jusqu'à présent de mettre à contribution 
les Archives du département de Vaucluse, ni les Archives de la ville 
d'Avignon, qui sont sur le point d'être réunies à celles du département. 
Mais si j'en juge par la médiocrité des résultats qu'en ont retirés 
jusqu'ici les détenteurs de ces dépôts, dans leurs différentes publi- 
cations (il me suffira de citer les travaux de M. Achard C 1 ) ), ce 
n'est point là qu'il faut chercher des éléments propres à renouveler 
l'histoire de Fart dans le Comtat. 

Les Archives de la Commission des monuments historiques sont 
surtout riches en documents dessinés : fresques de Notre-Dame des 
Doms, de la salle du Consistoire, de la tour Saint-Jean, par M. De- 
nuelle ; fresques de la chapelle d'Innocent VI (à la Chartreuse de Ville- 
neuve-lès-Avignon), par M. Brune; église d'Uzeste avec le tombeau 
de Clément V par M. Duphot ; la Chaise-Dieu avec le tombeau de 
Clément VI, par M. Bruyerre. 

A côté des documents authentiques conservés dans les archives, il 
faut accorder une place d'honneur aux témoignages des chroniqueurs 
contemporains. Les vies des papes d'Avignon, recueillies pour la 
première fois par Baluze ( 2 ), réimprimées ensuite par Muratori, avec 
quelques additions C 3 ), ne semblent jusqu'ici pas avoir été analysées 
méthodiquement. Il importe, avant de poursuivre notre examen, de 

(') Notes sur quelques anciens artistes d'Avignon, Carpcntras, i858. 31. Achard 
n'y cite qu'une douzaine d'artistes appartenant au xiv° siècle. Or, c'est par 
centaines que se chiffrent, dans les Archives du Vatican, les noms d'architectes, 
de sculpteurs, de peintres, de décorateurs, pour la période correspondante. 

(*) ViUe paparum Avenionensium ; Paris, i6g3. 

a Rerum italicarum Scriptores, t. III, 2 B partie. 



— 253 - 

reproduire ici ces textes précieux, trop imparfaitement utilisés jus- 
qu'ici par les archéologues modernes. Si, au xv e siècle, les historiens 
de la papauté, notamment Platina, n'ont pas ajouté de détails essen- 
tiels aux récits des chroniqueurs du xrv e siècle, en revanche aux 
xvi c et xvn e siècles, Panvinio ('), Ciacconio(% Duchesne (*), Frison ' , 
les Bollandistes, Baluze, dans ses précieux commentaires, nous ont 
conservé une foule d'informations du plus vif intérêt sur les fondations 
laissées à Avignon, soit par les papes, soit par les cardinaux. 

Je n'en dirai pas autant de l'ouvrage de Gatticus C), qui est très 
pauvre en notices sur la période avignonaise (j'y citerai, 1. 1, p. 9.62, 
le récit de la visite faite à Avignon en 1412 par la reine Yolande), 
ainsi que de l'ouvrage hien connu du prolixe Cancellieri v 6 ). 

Un dépouillement méthodique des ouvrages historiques ou géogra- 
phiques imprimés au xvi e et au xvn° siècle fournirait certainement 
aussi de très utiles indications. Je n'en veux pour preuve que le 
Labyrinthe royal de Valladier et Yltinerarium Gallise de Jodocus 
Sincerus { ~'). 

Le Labyrinthe royal de V Hercule gaulois triomphant sur le sujet 
des faits héroïques de Henri IV représenté à Ventrée de la royne 
Marie de Médicis dans la cité d'Avignon, 19 novembre 1600 (par 
Valladier; Avignon, 1600) est un ouvrage dans lequel on ne s'attend 
guère à rencontrer des détails sur l'histoire du palais des Papes, et 
cependant Valladier y a donné un résumé très suhstantiel des prin- 
cipales vicissitudes de ce monument. Je ne crois pas que ce témoi- 
gnage intéressant ait jamais été cité ; en tout cas il a été mis à con- 
trihution parFantoni Castrucci dans sonhtoria délia città (TAvignone 
(Venise, 1678). Il ne me semhle que plus important de reproduire 
ici une notice qui a été la source première de heaucoup d'autres. 
Je constaterai à ce sujet que, dès le temps de Valladier, les tours 
du palais portaient le nom sous lequel elles n'ont cessé d'être con- 
nues. 

Citons encore le témoignage de l'auteur du Voyage de France 
(1673) ; il nous parle des grandes salles du palais qui servent à 
jouer à la paume ou au hallon ; il signale en outre la salle où le vice- 
ci Epilome ponfificum romanorwn, Venise, i-îôj. 

( 2 ) Vitse êtres gestœ pontificum romanorwn, édit. de 1677, \ vol. in-fol. 

( 3 ! Histoire de tous les cardinaux françois de naissance, Pari», 1660. 

W Gallia purpurata. 

( 5 ) Acla selecta cxremonialia Sanclœ Romans Ecelesize, Rome, 1703. 

(*) Storia de' solenni Possessi de' Sommi I'ontefici de' ; Rome, iSoa, p. aS-33. 
7 Voir ces deux textes ;'i l'appendice du présent travail. §§ IV et V. 



— 254 — 

légat entend ceux qui ont affaire à lui. Une mention est également 
accordée à « l'Audience de la Rote et à l'Arsenal, qui en est 
proche » ('). 

Une publication contemporaine, le Caducée français, est par contre 
absolument nulle au point de vue archéologique "'. 

Ce que je me propose plus spécialement de faire connaître aujour- 
d'hui, ce sont celles des sources manuscrites qui se trouvent en dehors 
du Vatican. Ces sources se divisent en trois grands groupes : l'un 
conservé à Rome, notamment dans les Ribliothèques Rarberini et 
Chigi, l'autre à la Ribliothèque nationale de Paris, le dernier à 
Avignon même. 

La présence, à la Rarberine, de tant de documents curieux sur 
l'histoire d'Avignon s'explique par les relations des deux Suarès avec 
les neveux du pape Urbain VIII Rarberini. Le fonds Suarès n'y forme 
pas moins de 69 volumes. Je citerai en particulier parmi eux le n° 
XXXVIII, 7 1 , Monumenta de rébus Avenionensibus, et le n° XXXVIII, 
36, Insignia cardinalium decessorum Avenione in curia pontificia. 

Le premier de ces ouvrages, un volume non paginé, contient la 
description « Urbis Avenionis, — Avenioa Saracenis liberata, — Incur- 
siones Saracenorum », des extraits de chroniques, la description des 
sculptures d'Apt représentant la vie de saint Eléazar. (Collectio 
rerum memorabilium Avenionensium a i3n ad i4oo, avec des épi- 
taphes. — Sommaire de la recherche des mémoires d'Avignon. — 
Catalogus Episcoporum et Archiepiscoporum Avenionensium ab 
anno 70 ad 14^7, etc.) 

Le n° XXXVIII, 36, est destiné à servir de supplément à l'ouvrage de 
Ciacconio : Vitse et res gestse Pontificum romanorum, dont la pre- 
mière édition avait paru en i63o. Ce manuscrit, dont je possède la 
copie, contient, outre les armoiries des cardinaux morts à Avignon, 
de précieux détails sur leur vie ou sur leur sépulture. Quoiqu'il ait 
été utilisé par les continuateurs de Ciacconio (édition de 1677), il 
fournirait encore plus d'une information intéressante*.' 1 ). ;; 

J'ignore pour quel motif le manuscrit, qui porte Yincidatur et l'impri- 
matur du maître du palais apostolique, n'a pas été livré à la publicité. 

(*) De Laineel, Avignon, p. 3i S. 

( 2 ) Le Caducée françois sur In ville d'Avignon, comté Venaissin et principauté 
d'Orange, par M. Esprit Sabatier, du lieu de Oppede, advocat en la ville et cité 
d'Avignon. A Avignon, par George Bramereau, imprimeur de la ville, et uni- 
versité. M. D. CL. XII. in-12, vi-5a. 

(3) La Descriptiuncu/a Avenionis et Comitatus Venascini (Lyon, iG58, in-4, 19 
pages), de .T. M. Suarès, ne contient que quelques lignes insignifiantes sur Avignon 
et moins encore sur le palais. 



— 255 — 

Voici la composition du volume : 

« Ecussons : Cardinalis Roberti Guib. ! — Brancassiorum in 
ecclesia Fratrum Prœdicatorum Avenione. — Simonis de Laugham, 
eadamque cardinalis Andoini seu Andruini de Roca. — N. N. in 
dicta ecclesia Fratrum Pra?dicatorum. — Jobannis de Blandiaco ex 
tabula picta in ecclesia S. Desiderii Avenesia. — N. N. in ecclesia 
S. Catherin» Avenione. — Arnaldi et Jacobi de Via nepotum ex 
sorore Joannis XXII. — N. N. in sacello ecclesiaï patrùm Francis- 
canorum. — Cardinalis Joannis de Grangia. — Pétri de Corsinis. — 
Cardinalis Pétri Blavi. — N. N. 

Je citerai encore, dans le volume XXXVIII, n° \i, ff. 1 et 2, des 
dessins d'Avignon, etc. ; dans le XXXIII, n° 71, des notes et des 
extraits dont l'analyse serait trop étendue. 

Le XXXVIII, 100, contient, au commencement, le dessin delà fon- 
taine de Vaucluse aveccetle inscription: 

FONTI NUMEN IXEST ; HOSPES VENERARE LIQUOREM 
UNDE BIBENS CECIXIT DIGXA PETRARCA DEIS. 

Puis la vue de la maison de Pétrarque à Vaucluse; Sorgue; l'Isle; 
des vers et épigrammes sur la maison de Pétrarque, l'épitaphe de 
Laure, etc. 

Un autre manuscrit de Suarez, le XXXIX, -?>, contient la liste des 
manuscrits conservés à la Cbartreuse de Villeneuve, vers 1610. Le 
R. P. Ehrle, qui a rapproché cette liste de celle insérée dans l'in- 
ventaire rédigé du temps d'Innocent VI [Archiv. Avin., n° 4/5, ff. 4 1 , 
42], constate que beaucoup de manuscrits primitifs se trouvaient en- 
core à leur poste au début du xvii siècle (*). 

C'est également à un Suarez, à Henri (mort vers 1669), que sont dus 
les importants recueils conservés au Cabinet des manuscrits, à la 
Bibliothèque nationale. Parmi ceux de ces manuscrits qui concernent 
Avignon, je citerai, d'après l'Inventaire des Manuscrits latins, de 
M. Delisle, le n° 897, Avenio ckrîstiana; le n° 8972, Avenionis histo- 
ria ecclesiastiea ab anno 1367 ad annum i640;\e n° 8973, Ave- 
nionis historiu politica ; le n° 8974, Avenionensium paparum historia ; 
le n° 8975, Avenionensis schhmatis historia. 

Le manuscrit n° 8973, du fonds latin, est surtout consacré à la pé- 
riode antérieure aux papes, et le n° 8972 à la période postérieure ; par 
contre le ^897 1 renferme en abondance des notices intéressantes. C'est 
un in-folio de 26.3 feuillets (moins les ff. 1 2-14 omis dans la pagination). 

1 Archiv fur Literatvr und Kirc/ienr/eschickte, t. I, iS85. p. 11. 



— 256 — 

Le n° 8974 se compose surtout d'extraits d'ouvrages imprimés : 
Platina, Ciacconio, Duchesne, etc. 

Les souvenirs des papes du xrv° siècle ont trop fait oublier ceux 
des papes du x\i e et du xvn e siècle. L'intérêt d'un manuscrit que j'ai 
découvert, il y a une dizaine d'années, dans la bibliothèque Chigi, à 
Rome, consiste précisément dans les détails qu'il nous fournit sur les 
traces de magnificence laissés au palais par les représentants des 
souverains pontifes du xvi e et du xvn e siècle. Ce manuscrit, dont la 
rédaction est postérieure à l'année 1664 et antérieure à l'année 1667, 
date de la mort d'Alexandre VII, qui y est mentionné comme vivant, 
est consacré à la description des armoiries et inscriptions des papes 
existant à Avignon. L'idée de s'occuper d'Avignon au point de vue 
des écussons pontificaux et cardinalices sculptés ou peints dans la ville 
peut paraître bizarre, et j'avoue que lorsque je vis pour la première 
fois le manuscrit de la bibliothèque Chigi, je ne lui accordai que peu 
d'attention, mais en réfléchissant que les armoiries sont des signa- 
tures, que dans les monuments elles tiennent lieu d'inscriptions, je 
ne tardai pas à reconnaître toute l'utilité de ce relevé. 

Le travail débute par la description des armoiries sculptées sur les 
murailles de la ville. Cette partie n'offre qu'un intérêt relatif, beau- 
coup d'écussons existant encore. Néanmoins, eu égard à sa brièveté, 
je la reproduirai ci-après. 

Nous entrons ensuite dans la cour d'honneur du palais. L'auteur 
nous montre la façade du fond ornée sous chaque fenêtre de fresques 
imitant des tentures, et sur chacune de ces tentures, dont les extré- 
mités sont maintenues par des enfants ailés, les armoiries d'un pape 
en compagnie de beaucoup d'autres. Plusieurs des fresques, exposées 
aux intempéries, étaient déjà fort endommagées à cette époque. 

Plus loin, il est question d'une tour construite par Clément VII, sur 
celui des côtés du palais qui est exposé au sud. 

La chapelle haute est décrite comme privée de tous ornements, 
soit de peinture, soit de sculpture. (Voy. l'Appendice, § VII.) 

A la bibliothèque d'Avignon, dirigée avec tant de zèle et de com- 
pétence par M. Deloye, je citerai principalement, comme m'ayant 
fourni quelques détails utiles, les histoires générales d'Avignon, ré- 
digées au siècle dernier ou au commencement de celui-ci, alors que 
tant de monuments, aujourd'hui détruits, étaient encore debout : de 
ce nombre sont les manuscrits de Teissier, le « Journal historique et 
recherches pour servir à l'histoire d'Avignon, tirés de plusieurs auteurs 



— 257 — 

latins, italiens et français et de quantité de manuscrits depuis l'année 
1177 jusques et inclus celle de 1740, par M. J. L. (J. Laurent, Dra- 
pier, docteur en droit), » deux volumes petit in-folio, 1. 1 (68 1 pages), 
1177-1648; t. II, 1648-1706; les Mémoires de Fransoy (1818). 

Je me hâte d'ajouter que ces auteurs, n'ayant pas à leur disposition 
les Archives du Vatican, ont dû se contenter d'informations très gé- 
nérales. Si du moins ils avaient pris la peine de décrire le palais des 
Papes, tel qu'il était de leur temps ! Mais c'est là un travail dont ils 
n'ont môme pas soupçonné l'utilité. Aussi connaissons-nous peut-être 
mieux l'état du monument au xiv c siècle qu'au xvnr' ! 

Je ne fais qu'indiquer ici pour mémoire divers manuscrits du fonds 
de Massilian et du fonds de Chambaud : on en trouvera le détail dans 
les passages où je les ai utilisés C 1 ). 

Le recueil du chanoine Deveras, quoique souvent consulté, peut 
rendre encore bien des services. Il se compose de deux manuscrits 
différents : A. « Recueil des Inscriptions, et Epitaphesqui se lisent dans 
les églises, chapelles, cloîtres de la ville d'Avignon, fait en 1720. par 
J. R. D. P. et chanoine de Saint-Pierre d'Avignon. Cette copie a été 
faite par le R. P. Pierre Yani, religieux célestin, et le chanoine De- 
veras a recueilli toutes ces épitaphes et inscriptions « ne temporum 
injuria memoria eorum cum fabrica ecclesiarum intercidat. » Petit 
in-fol., 180 pages écrites. 

R. « Recueil des épitaphes et inscriptions qui sont dans les églises 
d'Avignon, par Jean Raymond Deveras, 1700 (-J- 1780) ». Edition plus 
complète, 476 pages paginées. Des copies de ce recueil se trouvent 
dans le manuscrit 17 du fonds Chambaud. 



II 

Les plans ou vues du Palais des Papes. 

Si le palais des papes a conservé, dans ses lignes générales, la dis- 
position qu'il avait au xiv° siècle, en revanche il n'est guère un seul 

i 1 ) Il faut toujours consulter avec défiance ces notices souvent singulière- 
ment sujettes à caution. C'est ainsi qu'un manuscrit du fonds de Massilian nous 
promet le plan de l'église métropolitaine d'Avignon en 1688, avec « les lieux et 
les sépultures de toutes les familles qui y ont droit. » Mais l'auteur, tout en- 
tier aux revendications des familles contemporaines, n'a oublié qu'une chose : 
de nous parler des sépultures des papes et des cardinaux (fol. 22G). 



— ^258 — 

de ses corps de bâtiment qui n'ait été gravement altéré, pour ne point 
parler de ceux qui ont disparu. Mon premier soin, après avoir re- 
cueilli à Rome les documents qui permettent de suivre pas à pas la 
marche de la construction, a donc été de rechercher les plans ou vues 
qui nous rendent avec plus, ou moins de précision la physionomie 
ancienne du monument. 

I. Le plus ancien de ces documents graphiques est la vue du palais 
faisant partie du retable de Saint-Maximin, exécuté entre 1017 et 
i52o,parun peintre de Venise, Antoine R.onzin, probablement d'origine 
flamande. Cette vue occupe le fond de la scène représentant le Christ 
devant Pilate ('). Elle nous fournit plusieurs indications intéressantes : 
la tour de la Campane y est surmontée d'une toiture triangulaire; un 
mur élevé, mais non crénelé, relie cette tour à la Métropole ; la tour 
de la Gâche, qui domine toute la façade du palais, y est encore mu- 
nie de tes créneaux. Un mur tout simple et assez bas, s'étend en 
avant de la porte d'entrée. 

Le musée Calvet possède un dessin exécuté par M. Aubanel d'après le 
tableau de saint Maximin . Ce dessin est exposé dans l'escalier du musée. 

II. La vue d'Avignon insérée dans les Civitates orbis terrarum de 
Braun et Hohenberg (Cologne, i5;5, livre II, pi. i3), ne contient 
qu'un croquis très sommaire et très inexact du palais : seules, la tour 
de Trouillaset la tour de la Campane y sont nettement caractérisées. 
(Par contre, la vue du rocher de Notre-Dame des Doms, avec ses 
moulins à vent, la vue du petit palais — le séminaire — et de l'entrée 
du pont y sont fort satisfaisantes.) 

III. J'en dirai autant de la vue d'Avignon, gravée sur bois, insérée 
dans la Cosmographie de Sébastien Munster ; édition Belleforest, 
Paris, 1.575, 3 vol. in-folio : « le vray pourtraict de la ville d'Avignon ». 
Le palais y est à peine reconnaissable. 

IV. « La légende de saint Benoit (Bénezet). Mathias Greuler 
sculpsit i6o3.» Le bas de celte gravure contient, en deux médaillons, 
deux plans ou vues d'Avignon, dont l'un, « Avignon, comme elle est 
à présent, i6o3 » nous montre la façade du palais, reproduite avec 
beaucoup de fidélité, mais malheureusement en dimensions micros- 
copiques. — Musée Calvet. — Bibliothèque nationale; Cabinet des 
Estampes. Voir aussi VAvenio christ iana de H. de Suarès; Biblio- 
thèque nationale, fonds latin, n° 8971, fol. 4- 

V. 1617. Vues d'Avignon, par Etienne Martellange. Dessins. Le 



(*) Publié par MM. Rostan : Iconographie de l'église de Saint-Maximin (Van: 
le rétable du Crucifix. Paris. Pion, 1.S.S6. in-l'ol., pi. Vil. 



Bulletin Archéologique, 1887 



Pi., m, p. 259. 




Le Palais des Papes 

D'après une gravure de la première moitié du xvu e siècle. 

(Collection de M. E. Mùntz.1 



— 259 — 

palais représenté de face avec beaucoup d'exactitude, mais sans au- 
cune particularité digne d'être notée. — Cabinet des Estampes. 

VI. Le plan le plus important de l'ancienne ville est la gravure en 
huit feuilles conservée au Cabinet des Estampes : Civitatis Avenionis 
omniumque viarum et œdificiorum ejus perfecta delineatio hoc a mm 
MDCXVH1. — Illustrissimo ac Reverend ma D. D. Jo. Franc ex co. 
Guidiis a Balneo Archirpis Patracensiet vice leg t0 Avenionen. grati 
animi pignus D. C. Odoricus Aloysius Septempedanus Picenus. 

Notre gravure (pi. II) reproduit un fragment de ce document monu- 
mental, qui se distingue par sa précision et qu'il y aurait grand inté- 
rêt à publier intégralement pour la connaissance de la topographie 
de l'ancien Avignon. 

VII. Civitatis Avenionis omnimg. ( sic) viarum et gedificiorum ejtis 
perfecta delineatio. 1635. M. Merian fecit. Ce plan fait partie de 
l'ouvrage bien connu de Merian, la Topographie; il présente la plus 
grande analogie avec le plan désigné ci-après (VIII). 

VIII. Avignon. Gravure sur cuivre, en ma possession. Largeur, o m 5?,; 
hauteur, o m 4o. Légende en français. Cette gravure, comme il vient 
d'être dit, se rattache intimement à celle de Merian. Si le pont du 
Rhône y est intact — sur la gravure de Merian. plusieurs arches se 
sont écroulées — et si la numérotation des légendes diffère, en 
revanche les moindres accessoires, bateaux sur le Rhône, arbres 
dans l'île de la Rarthelasse , sont littéralement reproduits. « La 
Sorgue n'(vière), lit-on sur un des bras du R.hône; » la Sorgue H 
sur l'autre. Cette mention est devenue sur le plan de Merian, la Sor- 
fjiii'r; ce qui, d'après la judicieuse observation de mon savant confrère 
en archéologie, M. Digonnet d'Avignon, tendrait à prouver que 
Merian a copié, sans toujours le comprendre, le plan anonyme 
n° VIII. 

Le palais est représenté sur les deux plans avec beaucoup d'exacti- 
tude. Aussi ai-je cru utile de faire reproduire (pi. III) la partie 
correspondante du plan n° VIII. 

IX. Les gravures de Silvestre. Elles sont trop connues pour qu'il 
soit nécessaire de les décrire ici. 

X. Un dessin de la collection de M. Albert Lenoir, membre de 
l'Institut, dessin que j'ai publié dans VAmi de.; Monuments (1887, 
j rc livraison), contient également quelques indications précieuses 
sur. la façade du palais. Ce dessin, antérieur à la construction de la 
barbacane (1664), représente comme intact le mur, ou peut-être la 
maison d'habitation qui relie la tour de la Campane à Notre-Dame- 
des-Doms. Devant la porte d'honneur, s'élève une sorte de poterne 



— 260 — 

sur colonnes à fronton triangulaire. La tour de la Gâche y domine 
toutes les autres tours. 



Une mention spéciale doit être accordée ici à un album donné à la 
bibliothèque d'Avignon par le marquis de Laincel, en i85i. Cet album, 
composé d'environ 25o dessins (à la plume avec des lavis de sépia), 
dont deux portent la date 1671 et un autre celle de 1788. appartient 
dans son ensemble à la seconde moitié du xvn c siècle. 



Diverses vues du palais des Papes, 

1-6. Voy. ci-après. 
Petit palais, 7-8. 
Sainte-Anne d'Avignon, 9-9 bis. 
Roque-des-Doms et abbaye de 

Saint-Martin, io-i4. 
Saint-Ruf, 14 bis. 
Fort Saint-André de Villeneuve, 

16. 
Grands Carmes d'Avignon. Vue de 

la tour Saint- Jean-le-Vieux, 17. 
Église des Grands -Augustins, 

17 bis. 
Église Saint-Didier, 18 bis. 
Église des Cordeliers, 19. 
Couvent de Sainte - Catherine , 

19 bis. 
Couvent des Frères-Prêcheurs, 2 . 
Récolets, 20 bis-21. 
Couvent des capucins d'Avignon, 

24 bis. 
Porte Saint-Lazare, 25. 
Château de la Barthelasse, 26-27. 
La tour et le pont d'Avignon, près 

del'ile de la Barthelasse, 26 bis. 
Montaut, 28-28 h is. 
Tours de Villeneuve (prises de di- 
vers côtés), 3o-32. 
Fort Saint-André, 34-36. 
Saint-Ruf, 39-4 1. 
Saint-Véran, 42-46. 
Édise et couvent de Montfavet 



(au verso : église de Villeneuve), 
47 à 49-49 ai*'. 

Chartreuse de Bon-Pas, 5o. 

Château de Sorgues, 5i à 53. Un 
de ces dessins a été reproduit 
par M. Faucon, Mélanges de 
V Ecole de Rome, 1 8 8 4 ; un 
autre dans VAmi des Monu- 
ments, de 1887. 

Chàteauneuf-des-Papes, 54- 

Chàteauneuf-de-Gadagne, 55. 

Château de Vedène, 56-09. 

Le Thor, 61. 

Porte de liste, 62. 

Vaucluse, 63-64- 

Cavaillon (château, église, tours), 
66-68. 

Château d'Orgon, près Cavaillon, 
68 bis, 69. 

Valréas, 70 bis. 

Château de Barbantane, 71-74- 

Château-Renard, 75 et v°. 

Carpentras (murs, portes, tours, 
hôpital des pestiférés, église 
des Capucins, des Frères -Prê- 
cheurs), 76-83. 

Monteux, 83 bis, 84. 

Château de Lauriol, 85-8 bis. 

Vue de Saint-Didier (1671), 96. 

Châteauneuf - des - Vignes , 98- 
98 bis.- 

Vues de Mazan, 107 à 116 bis. 




— 



< 


„ 


CU 


Tl 




-<LI 


X 


G 


CJ 


'" 


■Si 


c 



261 



Château d'Aubaroux, 117. 

Château, tours, portes dePernes, 
1 18-123 bis. 

Vue de Baucet (1671), 125-126. 

Pernes vu du côté de Saint- 
Gilles, 127. 

VueduchâteaudeCaromb,i28-3i. 

Château de Touzon ou Tozon, 1 3i- 
33. 



Château d'Orange, 1 34-1 35. 
Vue de Mornas, 1 37-38. 
Château de Serignan, 139. 
Château de Gigondas, i4o. 
Entraigues, i4i-i4 2 » 
Château de Bédarrides, i43. 
Château de Biou, 1 44- 
Vaison, i5o. 



Puis une série de vues d'Italie, de Lyon, etc. Une vue du pays 
« de Loccho », où saint François reçut les stigmates. Une architecture 
attribuée à Poussin, une aquarelle, étude du grand Vernet, et une 
série de dessins sans titres ni indications quelconques ('). 

Les vues se rapportant au Palais des Papes, dans l'album donné 
par M. de Laincel, méritent une description plus étendue. 

XI. Fol. 4- La tour de Trouillas y est représentée avec ses deux 
étages de créneaux. Par contre, la tour de la Gâche y a perdu les 
siens. 

XII. Fol. 5 (n° 2). Le palais vu par derrière. La cour actuelle du 
gymnase y est traversée par des bâtiments. La courtine qui forme 
l'enceinte intérieure de la cour y est parfaitement visible. 

XIII. Fol. 7 (n n 3). Dans ce dessin, pris du même côté que le pré- 
cédent, on voit très distinctement une galerie allant du corps de bâti- 
ment avoisinant la tour des Anges à l'extrémité de la cour du gym- 
nase. (Voir notre pi. IV.) 

XIV. Fol. 9 (n° 4). Vue prise du même côté. La tour de Trouillas s'y 
dislingue par son double couronnement et par deux contreforts don- 
nant sur la cour de la manutention, l'un à droite, l'autre au milieu. 

XV. (Fol. 11 n° 5). Vue prise du même côté. En avant de la tour 
des Anges, se trouve une autre tour avec de hautes fenêtres à lan- 
cettes. Une de ces fenêtres existe encore sur la place de la Mirande. 
Plus bas, vers le Bhône, des arbres. 

XVI. Blaeu, Theatrum civitatum et admirandorum Ilalix, Ams- 
terdam, i663 : Vue d'Avignon, reproduite dans le Nouveau Théâtre 
d'Italie, Amsterdam, 1704, et dans Het nieuic Stede Boek van Italie, 
2 e partie, Amsterdam, 1704, pi. LXXI. Vue assez confuse; on recon- 
naît toutefois la tour Saint-Laurent, avec ses créneaux, la tour des 
Anges, et la façade de la salle du Ballon. Deux arches manquent au 



(') D'après les notes fournies par M. André Michel et par M. G. Bayle. 
Archéologie. 18 



— 262 — 

pont du Rhône, dans la partie située entre l'île de la Barthelasse et 
Villeneuve. 

XVII. Un dessin, exposé dans l'escalier du Musée Calvet, nous fait 
connaître une nouvelle étape dans la dégradation du palais. Le som- 
met de la tour de Trouillas y est déjà ruiné. Par contre, sur le devant, 
on aperçoit à la fois la barbacane, élevée par Alexandre Colonna 
en 1664, et les deux tourelles détruites depuis. A gauche de la tour 
de Trouillas et de Notre-Dame-des-Doms, se dresse une tour crénelée 
avec des tourelles aux angles. 

XVIII. Un grand dessin lavé, exécuté par un chartreux (Biblio- 
thèque d'Avignon), représente le palais tel qu'il était vers le milieu 
du siècle dernier. Les tours sont encore munies de leurs créneaux; 
par contre, les arcades sont figurées comme voûtées en plein cintre, 
au lieu de l'être en ogive. 

XIX. Peinture à l'huile, exécutée par Gordot en 1774 et représen- 
tant l'entrée du vice-légat (salle de lecture de la bibliothèque d'Avi- 
gnon , n° 1 24). La façade du palais y est figurée avec beaucoup de pré- 
cision. On compte douze arcades depuis l'angle septentrional jusques 
et y compris les deux arcades de la salle du Consistoire. Tout le devant 
est crénelé, y compris la tour de la Gâche. Les deux tourelles à droite 
et à gauche de la porte principale existent encore. A gauche de la 
porte d'entrée, au premier étage, on remarque une belle fenêtre ogi- 
vale. 

XX. La peinture n° 223, par Raspay (né en 1748, mort en 1825), 
est beaucoup moins importante. Je me bornerai à y signaler les deux 
contreforts-mâchicoulis de la tour de la Gâche, qui ont été dénaturés 
depuis. 

Divers dessins ou gravures du xvm c siècle se voient en outre, soit 
dans l'inappréciable recueil topographique du Cabinet des Estampes, à 
la Bibliothèque nationale, soit à la bibliothèque d'Avignon. Comme ils 
n'offrent pas d'intérêt particulier, il n'en sera point fait mention ici. 

XXL « Le plan, rez-de-chaussée, du Palais des Papes, dressé par le 
capitaine du génie Pontjary, le 21 fructidor an IX », publié dans Une 
Visite au Palais des Papes (Paris, sans date), et dans les Mélanges 
d'archéologie et d'histoire de V Ecole française de Rome, 1884, pi. II), 
n'apprend rien de particulier sur la configuration du Palais à cette 
époque. 

XXII. Un album de la bibliothèque d'Avignon, provenant de la 
collection d'Artaud, contient au fol. 8 deux cheminées du château 
des Papes à Avignon (décembre M D CCC IX) ; une de ces cheminées 
a encore son couronnement à lobes ogivaux. 



— 263 — 

XXIII. Les plans plus récents, dressés par les soins du génie mili- 
taire, offrent un intérêt tout particulier, quoiqu'ils ne datent que de 
notre siècle. Je citerai tout partie ulièrement le plan de 1821 : la cha- 
pelle de Benoit XII y est appelée Petite-Cour des prisons ; le consis- 
toire « ancien arsenal des papes ». Sur la cour d'honneur, dans 
l'angle, entre le palais du Consistoire et la tour des Anges, est figurée 
une sorte de poterne (démolie depuis) avançant sur la cour en triangle. 
Les cuisines sont installées dans la salle du Ballon et la salle Brûlée. 
Sur la cour du Gymnase, du côté de la place de la Mirande, en face 
de l'escalier qui conduit de la cour d'honneur dans la cour du Gym- 
nase, on aperçoit un vaste bâtiment rectangulaire, voûté, s'appuyant 
contre la courtine qui coupait la cour en deux ; ce bâtiment, depuis 
longtemps démoli, et dont le plan du génie ne nous fait connaître 
que le géométral, correspond à la galerie qui reliait le palais à la cour- 
tine dépendant de la cour actuellement appelée cour du Gymnase ' . 

XXIV. Un dessin exécuté par C. Bourgeois en 1818, et lithographie 
par les soins du comte de Lasteyrie, sous le titrede Vue de l'ancien 
Palais des Papes à Avignon, département de Vaucluse, nous montre 
la façade avant les remaniements entrepris par le génie; il nous 
apprend que l'extérieur de la tour de la Gâche surtout a été profon- 
dément altéré. 

XXV. Un joli dessin de la façade, signé T. T. (Turpin de Crissé), 
et daté de 1818, se trouve dans la collection de M. Henri Revoil, à 
Nimes. Peu de différences avec l'état actuel; les deux tourelles n'y 
existent plus. 

XXVI. Un plan manuscrit (1839), exposé dans la salle de lecture 
de la Bibliothèque d'Avignon, n'apporte aucun détail essentiel. Nous 
y voyons que la chapelle de Benoit XII servait à ce moment de préau 
aux femmes prisonnières, le cloître aux prisonniers mâles. 

XXVII. Le plan (en quatre feuilles), dressé par Viollet le Duc, et 
conservé dans les Archives de la Commission des Monuments histo- 
riques, forme, non pas le relevé du Palais des Papes, mais le projet 
de restitution imaginé par l'éminent auteur du Dictionnaire raisonné 
d'Architecture. Ce plan a été publié dans les Archives de la Com- 
mission des Monuments historiques, avec un commentaire intéres- 
sant. Par contre, le plan du rez-de-chaussée et le plan du premier 
étage (état actuel), insérés dans le Dictionnaire d'Architecture, du 
même auteur (t. VII, p. 3o, 32), se distinguent par leur extrême clarté. 

i 1 ) Ces dessins m'ont été obligeamment communiqués par AI. le commandant 
Louis Nègre, chef du génie à Avignon* 



- 264 — 

XXV11I et XXIX. Parmi les plans publiés dans notre siècle, je 
citerai encore le plan, de petite dimension et fort insuffisant, de Frary 
[Monuments de l'ancien Comtat Venaissin ; Paris, s. d.,p. 58), et celui 
de M. Gourtet. [Revue archéologique, t. XI, i854). 

Gaignières, clans son inappréciable recueil de dessins, conservé 
en partie au Cabinet des Estampes de Paris, en partie à la Biblio- 
thèque Bodléienne d'Oxford, ne s'est malheureusement pas occupé 
du Comtat Venaissin. 

Aussi est-ce aux collections les plus diverses qu'il nous faut re- 
courir pour trouver quelques croquis des innombrables œuvres d'art 
du xiv c siècle qui s'étaient conservées à Avignon jusque vers la fin 
du siècle dernier. 

François Duchesne, dont Y Histoire de tous les cardinaux françois 
de naissance parut à Paris en 1660, a fait graver, d'après les statues 
tombales d'Avignon, un grand nombre de bustes de cardinaux de la 
période avignonaise. Ces gravures, malheureusement, se distin- 
guent par le manque absolu de fidélité qui caractérise les productions 
du xvn e siècle. J'en dirai autant des reproductions des tombeaux de 
papes, si utiles néanmoins, publiées par les Bollandistes dans le Pro- 
pylseum ad Acla sanctorum maii (i685). 

Un manuscrit de la bibliothèque Barberini nous a conservé le 
dessin du mausolée du cardinal de Lagrange ; un autre de la Biblio- 
thèque nationale (Fonds latin, n° 11907), celui du cardinal d' Aigre- 
feuille. 



APPENDICE 

I 
Guillaume d'Avignon, architecte d'un pont sur l'Elbe en i333. 

Il y^ajquelques années, dans un compte rendu publié par le Répertoire 
des travaux historiques (i883, t. III, n° 123?.), j'ai eu l'occasion d'appeler 
l'attention sur cet artiste originaire d'Avignon. Je me demandais alors si 
Guillaume d'Avignon n'était pas identique à Guillaume de Cucuron, l'ar- 
chitecte de Jean XXII. Cette question doit être aujourd'hui résolue dans 
le sens négatif : Guillaume de Cucuron, en effet, était déjà mort en i323. 

Quoi qu'il en soit, il ne sera pas sans utilité de reproduire ici le pas- 
sage même [de la Chronique de François de Prague où il décrit l'œuvre 
entreprise et menée à bonne fin par le « pontifex » avignonais. 



— 265 — 

« Unde ipse (Joannes episcopus Pragensis) videns multa in Albea 
flumine pericula et hominibus , et maxime pauperibus evenire dampna 
et incommoda, misericordia motus ibidem in Rudnitz pontem fieri dispo- 
suit ultra flumen. Et quia magistros ad taie opus perilos in regno Boe- 
mia nec in vicinis provinciis potuit reperire, unde misit ad curiam 
Romanam pro magistro Guilhelmo, optime in hujusmodi arte perito, 
cum quo dominus episcopus, cum adbuc ibidem stetisset, de hac materia 
fuerat locutus, cui promisit ad regnum Boemiae ad suam instantiam se 
transferre. Unde visis nunciis et literis domini episcopi, assumptis tribus 
sociis, mox sine omni dilatione ad ipsum est profectus. Et anno Domini 
MCCCXXXDI, anno vero ordinationis ejusdem domini Episcopi XXXII, in 
festo sancti Bartholomaei apostoli, cum reliquiis sanctorum et magna 
devotione ac solemnitate in medio fluminis Albeae pro fundamento optatos 
et magnos lapides posuerunt. Prœfatus quoque magister cum suis com- 
plicibus duos pilares et unam testudinem perfecerunt. Et anno sequenti 
una cum suis copiose a domino Episcopo remuneratus et honoratus ad 
propriam patriam est reversus. » (Franciscus Pragensis, apud Dlabacz, 
Allgemeines historisches Kiinstler-Lexikon fur Bœhmen, pp. 5i6, 517.) 

II 

Régestes de la construction du palais d'Avignon et des principales autres 
fondations pontificales contemporaines. 

Les Vies des Papes publiées par Baluze forment la base de l'histoire du 
Palais d'Avignon ainsi que des nombreuses fondations contemporaines. 
Néanmoins, aucun des historiens du Palais n'a pris la peine jusqu'ici de 
les dépouiller à ce point de vue. Il m'a paru utile de combler cette lacune 
en classant chronologiquement ces extraits et en les complétant, à 
l'occasion, par des documents tirés des Archives vaticanes. 

Benoit XII 

Le palais d'Avignon. 

« Hic primus cœpit construere palatium apostolicum Avinione in loco 
ubi solebat esse palatium episcopalc, in quo Dominus Johannes residere 
consuevit. » (Baluze, Vitœ Paparum Avenionensium, t. I, p. 235-236. Ré- 
pété dans une autre biographie publiée par Muratori, Rerum Italicarum 
Scriptores, t. III, II e partie, p. 547.) 

« Tandem anno Domini MCCCXLII, in die sancti Marci Evangelistae 
Avinione in palatio quod construi fecerat ad Christum migravit, de cujus 
morte tota curia ac christianitas condoluit; sepultusque est in Ecclesia 
cathedrali Avinionensi. » (Baluze, t. I, p. 235-236.) 

« Item Dominus Papa fieri fecit totum magnum palatium ubi ipse resi- 
dentiam faciebat Avinioni cum turribus circumcirca atque viridario bene 
labricatis cum veronibus circumcirca. » (Baluze, t. I, p. 23(5.) 



— 26H — 

<« Incepitque ibi a solo ffdificare palatium in loco ubi tune erat domus 
episcopalis, et tandem hujusmodi sedificium quasi quandiu vixit conti- 
nuavit, in tantum quod suo tempore et per ejus ministerium faetum est 
dictum palatium valde solemne miraeque pulchritudinis in mansionibus 
et immensae fortitudinis in mûris et turribus, prout hodie luculenter 
apparet. Demum pro tempore. ordinavit quod Episeopus Avinionensis 
haberet pro mansione sua ac in recompensam alterius in cujus loco et 
solo dictum palatium erat aedificatum domum quae nunc episcopalis 
appellatur, quae est valde notabilis et solemnis. » (Baluze, t. I, p. 199- 
300.) 

« Ecclesiae fluenti thesauro frena dédit : sed illa diu tenere non potuit, 
quia domus quam aedifleare desiderat magna est. Episcopale namque 
Palatium Avinionense praedictum, per modum permutationis cum Avi- 
nionensi Episcopo celebratae, ad sacrosanctam RomanamEcclesiamappli- 
catum a fundamentis instituit, et illud mirabiliter ampliavit, magnum in 
illo thesaurum expendens. » (Baluze, 1. 1, p. 2i5.) 

« A tempore autem suée creationis (MCCCXXXIV), videlicet Benedicti 
Papae XII usque ad annum septimum completum, praeter praemissa nihil 
dignum relatione fecit, nisi quod Capellam sui Palatii ampliavit, et quod 
Turrim magnam conjunctam suo Palatio construxit, et quasi perl'ecit : 
quae etiam ad sui similitudinem magna et quadrata existit. » (Baluze, 
1. 1, p. 226.) 

« Fuitque idem Rex (le roi d'Aragon) honoriflee receptus per dictum 
Papam, licet die introitus sui in curia magnum incendium fuerit in 
coquina ubi parabantur cibaria pro prandio dictorum Papae, Régis, et 
Gardinalium, prout est fieri eonsuetum. » (Baluze, t. I, p. 204.) 

« Tempore etiam istius Papae, Alfonsus Rex Castellae condicto praelio 
contra Regem Marrochiae Saracenum et infidelem triumphavit, et in 
signum victoriœ vexillum seu banderiam dicti Régis una cum sua eidem 
Papae misit; quae usque ad longa tempora in Capella Papali appensae 
permanserunt ( 4) . » (Baluze, t. I, p. 204. Cf. p. 228.) 

« Tandem anno Domini MCCCXLII in die Sancti Marci Evangelistae 
Avenione in Palatio, quod construi fecerat, ad Christum migravit. De 
cujus morte tota Curia, et Christianitas condoluit ; sepultusque est in 
Ecclesia Cathedrali Avenionensi. » (Baluze, t. I, p. 220 ; cf. p. 235-23(3.) 

i335. 14 décembre. « Facto computo cum magistro Petro Peyssonis de 
Mirapisce, magistro operum domini nostri pape de operibus factis in mense 
novembri proxime preteriti, tam incapella quamturri, quas dominus noster 
papa facit construi in hospicio apostolico Avinionensi, tam in lapidibus, 
ralce, arena, plumbo, ... coloribus, picturis, salario magistrorum qui faciunt 
ipsas picturas et salario magistrorum lapicidarum, fusteriorum et mano- 
brariorum et quibusdam aliis minutis et receptis per libros rationum 
dicti magistri Pétri, quod expenderat in dicto mense pro operibus dicte 

(*) Yoy. aussi Une ambassade à la cour porUifira/e. Avignon, 1 883. p. 12. 



— 207 - 

capelle, yn« \vm 1b. x s. x d. c. ix 11. auri. Et pro operibus dicte turris, 
vm c x lb. xvn s. m d. ob. c. xvm fl. auri... » (Archives secrètes du Vati- 
can, vol. 146, fol. 106 v°.) 

i3'i(i. 7 janvier. « Facto computocum magistro Petro Piscis de operibus 
factis in mense decembris... » (Dépenses analogues à celles du précédent 
paragraphe), en tout xx fi. vin xcvm lb. xvu s. mi. d., etc. 

» io février. « Facto computo cum magistro Petro Piscis magistro 
operum domini nostri pape de operibus factis in mense januarii proxime 
preteriti in turre et capella que edificatur in hospicio papali Avinionensi, 
... pro operibus dicte turris. Lxiufl. vn° x lb. xvi s. xi d. c. Et pro operi- 
bus dicte capelle. m fl. v c xxxvii lb. m s. i d. c. » (Vol. 149, fol. io3.) 

» 1 mars. Au même, pour le même ouvrage. : mvhi c vu lb. im s. 1 d. 
ob. c. lxwv fl. « auri cum dimidio. » 
» i(ï avril. Au même : kv xx lb. xvm s. c. lix fl. « cum dimidio. » 
» 3i mai. Au même : « Pro operibus capelle, 1111 e xxxu lb. vm s. ob. c. 
vi 11. auri et pro operibus dicte turris, mvi c x lb. xix s. un d. ob. c. xx 11. 
auri et pro operibus mûri viridarii, clxxxvii lb. xim s. x d. c. » 

» 22 juin. Au même, pour le même ouvrage : « nm? x lb. xv s. nu d. c. 
nu fl. cum dimidio. » 

1a juillet. Au même : « miii c lxxxvi lb. vu s. c. xx fl. auri. » 
» 25 août. Au même : « ira* xn lb. xvi s. vm d. c. nu fl. auri. » 
» 9 septembre. Au même : « mvi c xciii lb. xvi s. ix d. c. v fl. auri. » 
» i"y octobre. Au même : » n m xvi lb. xvm s. v d. c. » 
» 19 novembre. Au même : « n m cxvi lb. vi s. vi d. c. xLvn fl. cum 
dimidio. » 

» 18 décembre. Au même : « Pro vitreis et ferramentis capelle, xliii lb. 
vm s. vm d. c. Et pro operibus dicte turris et camere sibi contigue, 
mciiii lb. xi s. vin d. c. xvi fl. auri. Et pro muro dicti viridarii, v c ix lb. 
x s. x d. ob. c. » (Vol. 149, fol. io5 v°.) 

1337. 4 février. Au même : « Pro operibus in capella et turri ac muro 
viridarii, \n s. v d. c. Et pro picturis camere nove (contigue dicte turri)... 
lxvii lb. mi s. 11 d. c. Et pro muro viridarii, n« xci lb. vi s. 

» Et pro vitreis capelle et quibusdam aliis minutis, xxxmi lb. vm s. c. » 
(Ibid., fol. 106.) 

» i5 février. « Facto computo cum magistro Petro Piscis magistro ope- 
rum domini nostri pape de expensis factis per ipsum in operibus domini 
nostri pape in mense januarii proxime preterito, videlicet in lapidibus, 
calce, arena, ferro, plumbo, salario magistrorum, lapicidarum, fuste- 
riorum, manobrarum et pluribus aliis, et reperto per rationes suas quod 
expenderat in dicto mense pro operibus turris palacii apostolici Avenio- 
nensis mûri consistorii et gradarii per quod ascenditur ad viridarium, 
m c xx lb. xiii s. 11 d. c. Et pro operibus mûri viridarii, 1111 e lxix lb. v s. xi 
d. c. Et pro vitreis capelle, lxi lb. vm s. c. » (Vol. 162; fol. i85.) 

» 18 mars. « Facto computo cum magistro Petro Piscis magistro ope- 
rum domini nostripape.de expensis factis per ipsum in mense februarh... 



— 268 — 

in lapidibus,calce,arena, ferro, plumbo, salario magistrorum, lapiscidarum , 
fusteriorum, manobrarum, et pluribus aliis et reperto per rationes suas 
quod expenderat in dictomensetam pro turri etmuroexterioriante turrini 
pictura turris et copertura plurabea dicte turrisetpro studio domini nos- 
tri contiguo dicte turri ii^n un flor. auri n lib., xvm s. julhatorum argenti 
xxvi s. tur. gros, argenti, xm libr. xv s. VIII. (Vol. i6i,fol. 87, et vol. 162). 

» 7 avril. Au même : « Pro plumbo infrascripto per ipsum empto a die 
XXX mensis januarii proxime preteriti usque ad diem presentem pro co- 
perienda turre palacii papalis Avinionensis emptis a Chionello de Podio 
precio xvi s. m d. c. pro quilibet quintali. Solvimus dicto magistro Piscis 
11 e xxii lb. mi d. c. in 111 e xlvi fl. auri. » (Vol. 162.) 

» 8 avril. Au même : « Pro operibus mûri ante audientiam studii novi 
juxta viridarium, picturis turris, miii c xxviii lib. xn s. od. c. (fol. 87 v°). 

» 17 mai. Au même : « Pro operibus turris, mûri ante audientiam 
studii novi, capelle et aule nove et picturis turris, miiii c lxxx lib. m s., 
ix d.ob. c. Et pro operibus mûri viridarii, vm c xlviii lb. vi s. v d. ob. c. » 

» 12 juin. Au même « mvii c xxv lb. mi s. xi d. ob. c. xi fl. auri. » 

» 6 juillet. Au même : « Pro operibus domus et coquine juxta turrem 
et cavatura et factura gradariorum turris et picturis camere nove, v c lb. 
mi s. xi d. c. Et pro operibus mûri viridarii, vi° xxxm lb. xmi s. xi d. c. » 

» 7 août. Au même : mvii c lb. vi d. c. 

» 12 septembre. « Facto computo de expensis factis per Bernardum 
Canelle (?) clericum Narbonensis diocesis pro operibus domini nostri pape 
in quinque septimanis terminais die dominica septima mensis septembris 
proxime preterita, videlicet in lapidibus, calce (etc., comme ci-dessus) pro 
operibus domus juxta turrem et mûri viridarii et aliis operibus ix c xxii 
flor. xxv scudatis (sic) auri, mhi c lix lib. vu s. vm d. ob. c, solvimus dic- 
tam summam n m vn c flor. xxv scudat. auri. xm s. ob. c. » 

» 6 octobre. Au même : n m lxxiiii flor. auri, ix s. vu d. ob. c. 

» 2 novembre. Au même : « In coloribus pro picturis corretorii, ...pro 
copertura corretorii, destructione corretorii antiqui, mundatura viridarii 
et cimeterii béate Marie de Domps =mv c lxxxvi flor. auri, xn s., iid. ob. c. M» 

» 2 décembre. Au même : « Pro mundatura et fundamentum (sic) 
hospitalis juxta palacium et palacii (sic) mûri prope coquinam et consis- 
torium ac salario fusteriorum et serratura fustium et salario cadrigorum 
m c lxiiii lb. xvi s. vi d. ob. c, 111 e xxxvi fl., solvimus eidem dictam sum- 
mam in vm c xvn flor. vm s. mi d. ob. » (Vol. 162, fol. 87.) 

i338. 2 janvier. « Facto computo cum Bernardo Canelle clerico supra- 
dicto... m 1111 e lix fl. xn s. vi ob. c. » 

» février. « Cum magister Piscis fecisset pactum cum magistro Pero 
de Carona lapiscidario de faciendis gorgis supra terrassam cum bardatura 



C) Au fol. n3 il est question des « possessiones emptae pro ipso palatio am- 
pliando ». Le, registre contient en outre les dépenses faites pour 1' « hospitale 
juxta palatium », pour Io « tinellum », etc. 



— 269 - 

earum precio xv flor. solvi eidem xv flor. auri. » (Introitus et Exitus 
i338, fol. 12). 

i338. a mars. « Facto computo cum B. Canelle clerico supradicto de 
expensis factis per ipsum pro operibus domini nostri pape in mense fe- 
bruarii... n c lxxxi lb, nu c lyiii scud. auri. ci lb. xm s. vi, d. c. » (Vol. 
170, fol. 9a. Cf. fol. 92 v°.) 

» Die XXVI mensis julii, pro operibus aule constructe de novo ante 
primam portam palatii ap ci Avinion. per Johannem Folcrandi, Jacobum 
Alasandi, P(etrum) Audiberti, Petrum Capelerii et Bernardum de Ganiaco 
lapiscidarios de Avinione, que aula cum tinello ac duobus portalibus et 
fornellis duabus (sic) capitellis mûri versus ecclesiam béate Marie fundatis 
et procedentibus eidem aule sese tenentibus continet in summa omni, 
bardatura, merletis, barbacanis, et dictis turella et portalibus mxli can- 
nas, sex palmos cum dimidio, videlicet de muro grosso vn c xxxix cannas 
unum palmum, que valent, ad rationem m florenorum cum dimidio pro qua- 
libet canna, n m v c lxxxxii flor.,xv s. cur., et de muro nn or palmorum in 
latitudine lxiiii cannas n palmos m quartos cum dimidio, valent ad ra- 
tionem m flor. pro qualibet canna cxcm flor. xv d. cur., et de barbacanis 
et merletis 11 e xv cannas, iui or palmos cum dimidio quarto, valentes, 
computata qualibet canna xxn s. cur. 11 e xxxvn lb., xx d. cur., valentes 
11 e evi flor., s. vm d. cur. Et de textudine turelle et portaliorum xxiu can- 
nas, vi palmos cum dimidio, valentes, qualibet (canna) computata pro 
m flor. lxxi flor., vus. cur., de quibus mxlii cannis, vi palmis cum dimidio, 
valentibus sicut premissum est m m cxlvii flor., xim s., vu d. cur. xxvi 
canne, vi palmi de muro grosso deducuntur primitus per operarios ad 
dietas domini nostri pape conductos, valentes xcm flor., x s., cur. Et sic 
restant, facta deductione hujusmodi, mxvi canne cum dimidio palmo, que 
valent in summa m m liiii flor., 11 s., xi d. cur. Sed quia in libro ordinario 
Camere anni preteriti in expensis operum fuerunt computati xmii c flor. 
soluti pro dictis operibus, ideo non scribuntur hic pro expensis anni hujus 
nisi mvi c liiii flor., 11 s., xi d. cur. » (Reg. 170, fol. 93.) 

On continua pendant toute l'année 1342 à travailler à la Tour deTrouil- 
las, comme on peut s'en convaincre par ces quelques extraits choisis 
parmi beaucoup d'autres. 

« Anno quo supra, die XXI mensis januarii soluti sunt Rostagno Pro- 
phète calcinerio pro vm c xci scandalh. calsis (sic) emptis ab eodem et 
receptis in mense decembri proxime preterito et in presenti mense januarii 
pro edificio turris Tralhasii ad rationem 11 sol. monete currentis, in lxix 
flor. auri. 

« Die XXI mensis aprilis soluti sunt Johanni Fabri et Petro de Castel- 
lione frigidariis pro dirutione parietum et fenestrarum domus in qua 
morari solebat dominus camerarius domini nostri pape in qua fit turris 
Trolhassii juxta conventionem habitam cum Caméra, xl flor. auri. » 

1342. i3 janvier. « Traditi sunt et mutuati magistris Jacobo Alasandi, 



— 270 — 

Petro Clari et Johanni Mat lie lapicidis pro edificiis turris Trolhassii. — 
l flor. auri. » 

1342. 29 janvier. « Traditi sunt[et mutuati magistris Petro et Bertrando 
Gafirelh (alias Gafuelli) ac Jacobo Alisandi pro edificiis turris Trolhassii. 
— l flor. auri. — ■ Id. 5o florins le 10 février; 5o fl. le 2 mars ; Go 11. le 
27 mars; 3o fl. le i3 avril, « pro operibus per eos lactis exlra turrini 
Throlhasii ». (Introitus et Exitus i34?„ fol. 33.) 

On trouvera en outre, dans une brochure intitulée les Origines du Palais 
des Papes, par L. Duhamel, le texte de la bulle du 23 juin i336, accordant 
des indulgences aux fidèles qui visiteront la chapelle construite par Be- 
noit XII, dans le palais apostolique, ainsi que le texte de la bulle du 5 
juin i336 pour l'échange entre le palais épiscopal et le palais aposto- 
lique, et de la bulle du i er février i34i relative au même objet. 

Villeneuve-lez- Avignon. 

« Eodem etiam tempore fuit sedificata, fundata, et dotata ecclesia 
collegiata beatae Mariae Villanovae prope Avenionem per Dominum Arnal- 
dum de Via, Sancti Eustachii Diaconum Cardinalem, qui etiam ibi ïnsti- 
tuit certum numerum canonicorum, et decanum qui ipsis praesideret. 
Voluitque quod collatio prœbendarum alternatis vicibus ad Begem Fran- 
cise pertineret. » (Baluze, t. I, p. 2o3.) 

« Hujus tempore cœperunt cardinales œdificia ultra pontem facere, in 
quibus aestivo tempore morabantur. » (Ibid., pp. 226-227.) 

Une copie de la bulle de la fondation de la collégiale de Villeneuve se 
trouve à la Bibliothèque nationale de Paris, ms. latin, n° 8971, fol. 238. 

Fondations diverses. 

« Item animadvertens, quod pro multis necessitatibus interdum Curia 
citra montes habet morari, hospitia nobilissima nomine Bomanse Ecclesise 
Avinioni [Benedictus XII] construxit. » (Baluze, t. I, p. 233.) 

« Item anno Domini MCCCXXXVI die IV mensis junii obiit Dominus 
frater Guillelmus Pétri de Godino ordinis Praedicatorum, Episcopus Sa- 
binensis Cardinalis, qui diu fuerat Legatus in Hispania... Construxit enim 
très Ecclesias mirabilis pulcritudinis, adeo quod Ordo suus non credilur 
habere pulcriores et solemniores ubicumque, unam videlicet in Conventu 
AMmionensi, aliam in Conventu Tolosano, in qua jacet tumulatus, et aliani 
in Conventu Bajonensi, in quo fuerat vestitus et educatus. Fecit etiam 
tam in dictis Conventibus quam in aliis dicti Ordinis multa alia bona 
admodum commendabilia et memoria digna. » (Baluze, t. I, p. 2o4-2o5.) 

« Fecerunt tamen dicti Cardinales per idem tempus opus admodum 
laudabile, et memoria dignum. Primus enim Bastitam, quas Hispania? 
appellatur, secundus etiam alias satis contiguam, qua? de Montefavenaio 
nuncupatur, prope Avenionem, de bonis a Deo eis datis a solo aedificave- 
runt. In quibus sunt inansiones pulcherrimae, et onini amœnilate décora?: 



- 271 - 

habentque viridaria, vineas, et pascua, et alia delectabilia inflnita. Uua; 
potius fecisse et ordinasse censentur pro animarum suaruni salute, quam 
complacentia corporali. Primus enim in sua instituit Conventum notabi- 
leni Dominarum sub régula seu ordine Praedicatorum degentium ; pro 
quarum, et certorum Fratrum ejusdem ordinis eis assistentium sustenta- 
tione, bona et sufficientes reditus et proventus circumquaque acquisivit, 
earumque usui deputavit : voluitque in Ecclesia valde solemni ibidem 
fabricata postremo sepeliri. » (Baluze, t. I, p. 202-203.) 

(( Monasterium etiam Bolbonœ, in quo, ut praedicitur, prius monachus 
extiterat, magnis et altis mûris claudi et circui fecit cum suis magnis 
sumptibus et expensis. » (Baluze, t. I, p. 199-200.) 

Les Basiliques de Rome. 

« Hic Pontifex audiens, quod tégument uni seu tectum Basilicae Prin- 
eipis Apostolorum de Urbe propter trabum antiquissimarum putredinenj 
diu non poterat sustentari, cum novis et veteribus trabibus illud pristinae 
soliditati restituit. » (Baluze, t. I, p. 216.) 

MCCCXXXIV). «Qui in primo Gonsistorio quod habuit, scilicet XII 
Galendas januarii , maudavit reparari Ecclesiam Romanam Sancti Pétri, 
item Ecclesiam Lateranensem, et alias Ecclesias, et Palatia ibidem deso- 
lata. Et ad fabricam donavit quinquaginta millia florenorum. » (Baluze, 
t. I, p. 219.) 

« Ecclesiam insuper beati Pétri de Urbe pro tune in tectis valde demo- 
litam et destructam fecit miro et sumptuoso opère reparari , prout ad 
ejus memoriam perpetuam in ea litteris grossis et patentibus scriptum 
reperitur. » (Baluze, t. I, p. 199-200.) 

i335. 11 août. « Die XI mensis augusti cum per Guillelmum de Bar- 
derio domino Johanni Piscis qui pro reparandis basilicam (sic) Aposto- 
lorum (Pétri) et Pauli ac palacio populi in Urbe est destinatus et depu- 
tatus littere apostolice ac alie per cameram mitterentur eidem Guillelmo 
pro suis necessariis in victualibus in itinere per ipsum faciendo tradidi 
vu flor. auri de flor. » |(Introitus et Exitus cameres Benedicti pape XII, 
ann. i335, n° 146, fol. cxviii.) 

» 6 novembre. « Die VI mensis novembris Guillelmo de Barderis qui 
domino Johanni Piscis pro reparandis basilica (sic) apostolorum Pétri et 
Pauli ac palacio populi in Urbe est destinatus et deputatus litteras... ac 
alias litteras apostolicas portavit pro suis necessariis in victualibus in 
itinere tradidi vu flor. auri. » (Ibid., fol. 179 v°). 

On sait que le directeur réel des travaux fut le Siennois Paul, ainsi 
qu'en fait foi cette inscription conservée dans les grottes du Vatican : 

Bmedictus papa XII Tholosanus fieri fecit de novo tecta hujus Basilicœ 
sub anno domini MCCCXLI. Magister Paulus de Senis me fecit. (Dionisio, 
Sacrarum Vaticanae Basilicse cryptarum Monumenta ; Rome, 1773, p. 18. 
pi. VIII.} 



— 272 - 

Clément VI 
Le Palais d'Avignon. 

« Adhuc Pontifex iste casus mundi considerans, ante praedictum Bene- 
dictinum palatium aliud valde mysteriosum et pulcrum , et Capellam 
amplissimam, nimiumque decoram, sub qua modo caussarum et contra- 
dictoriarum audientiae tenentur, a fundamentis grossissimis fecit aedifi- 
care. » (Baluze, t. I, p. 277, 278. Répété, p. 298.) 

« Videns autem et audiens haec et omnia supradicta manuum suarum 
opéra perfectè compléta, benedicens Dominum in vita sua, in dicta nova 
sua magna capella semel duntaxat, in omnium sanctorum festo videlieet, 
sollemniter celebravit et facundissimè praedicavit, ac de votis ejusutcun- 
que completis dignas Deo laudes exsolvit. » (Ibid.) 

« Hujus tempore incœptum fuit Palatium novum cum Audientia magna, 
et capella, atque turribus, et quasi completum nec non magna turris, 
quae postmodum cremata exstitit. » (Baluze, t. I, p. 3o5.) 

« Ac in primis occurrit capella quae magnae turri, de qua cameram 
faciebat, annexa est, quam a fundamentis usque ad primum girum turris 
ejusdem in honorem Sancti Michaëlis erexit, illamque fecit picturis pul- 
cherrimis exornari (1 '. Deinde magni consistorii locus et parvae capellae 
papalis palatii , quod praedecessor ejus fundaverat. Nam illum et illas 
nimium scientiflce fecit et mysteriose depingi. » (Baluze, 1. 1, p. 297-298.) 

« Ipse etiam palatium Avinionis ampliflcavit recte de média parte, 
cum perprius per Benedictum Papam XII praedecessorem suum licet 
solemne factum fuisset de duobus angulis, ipsum tamen perficiendo fecit 
quadrangulare, totam plateam mûris altis et turribus altis primis aequa- 
libus claudendo et circumendo. In hac autem parte licet omnia aedificata 
seu constructa sint admodum solemnia et aspeclu valde décora, tria sunt 
tamen quae reliqua specialiter excedunt, videlieet capella major, audientia, 
et terraciae superiores, cum, quod id pro quo constitutae et ordinatae sunt, 
forte non est in mundo palatium in quo, non dicam solemniores, immo 
nec pares existant, attenta praesertim eorum contiguitate, cum de una ad 

O i346. 3 janvier. « MagislerMatheusJohannetide Viterbio pictor computavit de 
expensis per ipsum solutis pro pictura Capellarum sancti Michaëlis que sunt su- 
pra palacium apostolicum Avenion. Et primo computat suivisse pro V 1111 dietis 
pictorumquilaboraverunt in pictura Capelle sancti Michaëlis que est in capite tur- 
ris garderaube doniini nostri pape, \ideliceta XIX die januarii de anno Domini 
M. CCC. XLV usque ad diem XXV sept, de eodem anno sub diversis preciis prout 
in libro suo particulariter continetur, in summaLxxilib. ix denar.parve monete. 
Item computat solvisse pro certis coloribus per ipsum emptis prêter colores recep- 
tos a caméra pro aliis necessariis ad dissolvendum dictos colores oleo etc. ad 
Pingendum capellam predictam sancti Michaëlis in summa vu lib. xvii s. m d. 

« Summa universalis expensararum solutarum pro pictura capelle sancti 
Michaëlis lxxviii libr. xvm s. parve monete Avinionensis. » (Archives du Vatican. 
Introitus et Exitus i345, fol. 160.) 



— 273 — 

aliam sine medio ascensus, vel transitus t'acilis existât. » (Baluze, t, I, 
p. 9.61.) 

(Clément VI). « Consistorium insuper in alia parte per dictum praede- 
cessorem suum multum solemniter œdificatum, quia remanserattanquam 
tabula rasa, in qua nihil depictum erat, miris picturis decoravit, et scrip- 
turis mirabilioribus adornavit. In quo considerationem habendo, quod 
locus ille solum ad justiciam poscendam et reddendam deditus et ordi- 
natus oxistitit, inpingendo per pictorera hune ordinem voluit, et in pro- 
pria descripsit observari : videlicet, quod divina Majestas in supremo 
throno depicta, cireumquaque literaliter effigies sanctorum et sancta- 
rum, ac aliorum, qui in veteri vel novo testamento aliqua notabilia in 
judicio, juré, justicia et aequitate, aut veritate scripsisse vel dixisse le- 
guntur, pingerentur, et sub cujuslibet effigie seu figura, aut in rotulis, 
quos suis gestare videntur in manibus, sua dicta seu scripta super prœ- 
missis aut altero eorumdem literis grossis et legibilibus scriberentur, 
libros et capitula, in quibus continentur, rubeis literis designando. Qua; 
omnia videntibus et legentibus non modicum proficere, eosque allicere 
debent, ut ab ipsis non devient, sed potius ad eorum observationem in- 
tendant. » (Baluze, t. I, p. ifa.) 

1344. 14 octobre. « Cum fuerit conventum cum magistro Johanne de 
Lupera quod débet facere provisionem pro omnibus edifficiis faciendis 
de lignaminibus necessariis pro stagiis precio cccl flor. fuerunt sibi de 
dicta summa dicto die [soluti] ce flor. » (Reg. 227, fol. 39.) 

1345. 26 octobre. « Pro stag. pictorum magni tinelli in magna turri 
Trulhedii. »(Vol. a4o, fol. 58.) 

(i346). « Magna aula palatii papalis super hostium capelle dicti palacii 
que bis facta extitit. » (E. Mûntz, les Peintres de Clément VI, p. 11.) 

3 février. « Mag r Matheus Johannoti pictor computavit de picturis 
per ipsum factis in deambulatoriis palacii apostolici a parte magni tinelli 
in quibus asseruit quod sunt clxxviii canne cadrate inclusa parte deam- 
bulatorii in qua stant custodes tertie porte, pro quibus computat sibi 
deberi ad rationem x s. pro qualibet canna, in summa lxxxix libre parve, 
que summa fuit sibi soluta in lxxiiii flor. 1111 s. singulis florenis pro 
xxim s. computatis. » (Intr. et Exit. cam. i345-i346, fol. i63 v°.) 

1347. 27 avril. «Facto dudum foro cum Galtero Vial, Bertrando Coterii, 
Bernardo Frezier et Lamberto Fabre de demoliendo audientiam antiquam 
et totum opus antiquum, videlicet omnes domos que erant ante palatium 
ubi edificatum est modo palatium novum, et ubi est platea vacua ante 
dictum palatium, pro quibus omnibus debeba[n]t habere vi c flor. auri, et 
facto hodie computo [de receptis traditi fuerunt dicti vi c flor.] » — 
(Vol. 25i, fol. no.) 

Voy. en outre mes Peintures de Simone Martini à Avignon, mes Peintres 
d'Avignon pendant le règne de Clément VI et mes Fresques inédites du 
XIV e siècle au palais d'Avignon. 

7 mars. « Sequitur computum Guillelmi Desiderii de lapidibus ab 



— t>74 — 

eo receptis pro edificiis palatii apostolici ia mense februarii proxime pre- 
teriti... Summa universalis vi c xx flor. xvn s. v d. » (Payements analo- 
gues en avril, mai, etc.) — Reg. 25i, fol. io5. 

1347 24 mars. « Sequitur computum Poncii Saturnini pro morterio et 
lapidibus trahendis de solario turris Trolhatie x s. — Item pro tegulis et 
lausa (?) antique audientie et contradictoriarum portandis et recolli- 
gendis 11 fl. » (Vol. 25i, fol. 106.) 

'5o avril. « Gomputavit Pontius Saturnini provisor edificiorum domini 
nostri pape de expensis per eum factis pro lapidibus portandis de platea 
antepalatium infra antiquam audientiam xx s. vu d. » (Ib'uL; fol. 110 v°.) 

i3 avril. « Cavamentum mûri facti per Johannem Matha in hospitioMa- 
rescallie Trolhatii ubi sunt ligna combustilia domini nostri pape. Qui 
quidem munis de mandato domini Camerarii fuit eavatus per magistros 
Johannem de Luperiis, Petrum de Lunello et Petrum Gualterii. Murus 
predictus babet in longitudine un cannas et vi palmos, et in altitudine 
un can. et 11 pal... Item murus de bugetis (?) qui stat a parte ruppis habel 
in longitudine vi can. et n pal. et in altitudine xn pal... Item in dictio 
liastimentosuntvipilariaethabetquodlibet duas cannas... Summa predicti 
mûri et pilariorum xxi can. cum m pal. pro qualibet can. x sol. [valent x 
libr. xiii s., ix den. coronat. Item mcianum (1) quod est factum in capella 
inferiori babet in longitudine mi can. et v pal. et in altitudine m can. 
Ascendit xim cannas cum uno palmo. Item dicunt predicti quod pro fun- 
dando murum antiquum qui est inter capellam et cellarium et pro faciendo 
quandam pbrtam indicto cellario predictus Johannes habeat v flor. Summa 
totalis xxx vin flor., xi libr., xix s., m d. » (Vol. 25i, fol. 108.) 

Chapelle de Sainte-Marie. 

« Propter quod (èpidemiam) Papa prœdictus émit extra Givitatem 
Avinionensem agrum, qui usque hodie dicitur ager sacer ; ubi foveis pro- 
fundissimis et ïargissimis fossis operiebat ut pecora gregatim terra de- 
lunclos. Et ibidem fundari fecit unam capellam in honorem Beats Mariae, 
quam dotavit decenter et de Campo Sancto vulgariter cognomen accepit. 
Et duravit haec epidemia usque ad annum septimum Pontificatus sui, 
nativitatis vero Dominicae MCGCXLVIII inclusive, sed totaliter non com- 
pletum. » (Raluzc, t. I, p. ^94.) 

Le Pont Saint-Bcnezet. 

« Pontem insuper lapidum et lignorum, per quem de Civitate Avinio- 
nensi in Regnum Francise pertransitur, de quatuor arcubus, qui deficie- 
bant in illo, plus quam pulcherrime compleri mandavit et factum est. » 
(Baluze, t. I, p. ^.78. Répété, p. ^98.) 

i*) Mot provençal qui a été latinisé. 



— k 275 — 

t345, :>-\ mars. « Petro Capellerii faeto nnn eo precio perprefatos domi- 
dos cardinales de reficiendo pontem ad summam in m flor. et alios sub cer- 
tis condicionibus v* ilor. » (Reg. 235, i345, fol. 3g.) 



Villeneuve-les-Avignon. 

i345, 12 août. «Item [Christiano factori vitrearura] pro vi magnis vitreis 
per cum factîs in capella hospicii doinini nostri apud Villam novam, que 
continent nn c xxxv palmos cannatos,perpredictum Petrumet perdominum 
Poncium provisorem operura ad racionera ut supra, valent cvm lbr. xv s. 

« Item pro duobus (sic) situatis in duobus capitibus dicte capelle, 
continent xxui palmos et i tierz., valent v lbr., xvi s., vin d., precio quo 
supra. 

« Item pro una vitrea per eum facta in capella hospicii domini quon- 
dani Neapolionis supra altare dicte capelle, continent lu palmos, valent ad 
racionem ut supra xin lbr. Summa totalis omnium premissorum est 
cucxxvn lbr., vi s., vin d. Que pecunie summa fuit sibi soluta in clii tlor. 
xxu s., vind. » (Introitus et Exitus Caméra 1 1 345-1 346, fol. i53.) 

i346, 3o janvier. « Item [Christiano vitreario] et pro xvu feneslris factis 
in hospicio novo domini nostri apud Villam novam in quibus sunt vn c 
xxxvi palmi cadrati. Et pro duabus fenestris factis in studio inferiori 
hospicii dicti domini nostri apud Villam novam, continent xl palmos. Et 
sic in summa vu c lxxvi palmos (sic) valent ad racionem v s. pro quolibet 
palmo cadrato cxciiii lb., que fuerunt sibi soluté in glxi flor. xvi s., sin- 
gulis Qorenis pro xxnu s. computatis. » (Intr. et Exit. i345-i34<i, fol. 
r(i:>. v°.) 

7 août. « Magister Ghristianus vitrearius computavit de vitreis per 
ipsum factis in hospicio Ville nove et domini quondam Ncapoleonis ut 
>equitur : Et primo computat posuisse in vi fenestris que sunt in deambu- 
latoriis hospicii ViUenove. Item in una fenestra in caméra domini Belli- 
fbrtis et in alia fenestra que respicit versus capellam. Item in alia fenes- 
tra in modica capella, in summa cccvn palmos in quadrato vitri, pro quibus 
computat pro quolibet palmo sibi deberi v s., quorum summa est lxxvi 
libr., xviii s., ix den. 

« Item computat posuisse in x fenestris magni tinelli Avinion. et in un 
fenestris camere paramenti in summa cxxvi palmos ad eamdem rationem, 
pro quibus computat sibi deberi xlix lbr. 

« Summa universalis dictarum duarum sumniaruin cxxv lbr., xvms., 
ix d., que pecunie summa fuit eidem soluta in ciiii flor., xxu s., ix d., 
singulis tlorenis pro xxnu solidis computatis. » (Intr. et Exit. Canl. i346, 
fol. i3 7 v°.) 

1347, <v > mars. « Sequitùr computum Rostagni Auros coopertorio domo- 
rum pro cooperiendo hospicio domini nostri pape Villanove ni fl. xvm s., 
monete Avinionensis. » (Reg. a5i, loi. io.">. 



— 276 — 
Le Couvent de Gentilli^. 

« Ipse autem (Annibal de Ceccano) diu ante aedificaverat locum de 
Gentiliaeo juxta Pontem Sorgiae prope Avinionem, in quo constituerai, et 
fundaverat cœnobium Fratrum Cœlestinorum : pro quorum sustentatione 
condecenti tam in vineis, pratis, molendinis, domibus, et censibus cir- 
cumquaque, et etiam ipsorum usui perpetuo deputaverat de bonis a Deo 
sibi datis pro suorum remissione peecatorum. » (Baluze, t. I, p. 257.) 

La Chaise-Dieu M. 

« Ipse praeterea monasterium Casa? Dei, in quo a principio professus 
extiterat, multis et magnis dotavit honoribus et privilegiis decoravit ac 
proventibus ampliavit, ejusque Ecclesiam quasi vetustate consumptam ac 
satis ruinae proximam a solo aedificavit, tamen in multo solemniori statu 
quam prius. » (Baluze, t. I, p. 262.) 

« (Post exequias ejus). Et demum exinde corpus ejus, juxta disposi- 
tionem ipsius, ad praedictum Casse Dei Monasterium, quod ipse Pontifex 
in Ecclesia et domibus mirabiliter ampliavit, et possessionibus augmen- 
tavit, fuit portatum per Dominos fratrem et nepotes ipsius cardinales, et 
comitem Bellifortis, aliosque nepotes et consanguineos ejus, simul et do- 
lentissime nec minus ceremonialiter quam honorabiliter sociatum, sed 
virtutis ejus honorum obsequium non attingit, et in sepulcro novissimo, 
quod ipsemet vigens et vivens in Villanova Avinionensis Diœcesis sibi 
fecerat fabricari, quodque pretiosissimi et politissimi operis est, illuc de- 
lato, et in Capella, quam praeter illas supradictas construi fecerat, se- 
pultus est clementissimus ille Clemens, anno Domini MGCCLII, Pontificatus 
sui undecimo, die VI mensis Decembris. Anima cujus in pace requiescat. 
Amen. » (Baluze, t. I, p. 278-379. Répété dans la troisième biographie, 
p. 299-300.) 

« Deinde asportatum in Monasterium Casse Dei, ubi pridem fuit mo- 
nachus, quodque Cardinal ibus comitantibus in Capella ab ipso constructa 
compositum et tumulatum. » (Muratori, Reram Italicavum Scripto7'es, 
t. III, 2 e partie, p. 584; ex additamentis ad Ptolomaeum Lucensem ex 
ms. Patavino.) 

La Basilique de Latran. 

« Sacrosanctam insuper Lateranensem Ecclesiam, quae mater et caput 
est Ecclesiarum Urbis et Orbis, sedesque propria Romani Pontilicis, atque 
prima, tecto, quod deficiebat in illa, honorabiliter et pulcherrime restau- 
ravit. » (Baluze, t. I, p. 378. Répété p. 298.) 

") Voy. sur le couvent des Célestins de Gentilli : Courtet, Dictionnaire des 
Cotnmunes du département de Vaucluse; Avignon, 1877, p. 33^-335. 
(*) Voy. sur les travaux de Clément VI à la Chaise-Dieu le travail de M. Faucon : 

Bulletin archcolorjiqne du Comité des Travaux historiques, 1884. 



Innocent VI 
Le Palais d'Avignon. 

i355, 3 janvier. « Die tertia januarii soluti fileront magistro Johanni de 

Luperiis magistro operum palacii domini nostri pape de mandato domini 
nostri pape in deductione(m) niajoris summe sibi débile et promisse pro 
magna turri nova facienda et complenda per eum, qua erit revestiarum 
magne eapclle palacii Avinionensis, v c Qor. » (Registre 277, fol. 146.) 

i356, 26 janvier. « Die wvi januarii soluti fuerunt magistro Johanni 
de Luperiis magistro edificii tiirris nove vestiarii palacii domini nostri 
pape in deductionem summe raeione dicte turris sibi promisse c flor. » 
(Reg. 278 ; fol. 196. Cf. Reg. 280, fol. GG.) 

20 février. « Cum de mandato Camere apostolice fuisset factum pre- 
cium per dominum Raymundum Guitbandi directorem operuni palacii 
domini nostri pape cum Petro Gaulïidi lathomo commoranti Avinione de 
faciendo unum pilare in turri Audiencie et de claudendo unum correto- 
rium ex toto juxta cameram camerarii pro tuicione et securitate meliori 
et dicte turris juxta deliberacionem magistrorum in lx floren. auri, die 
qua supra fuerunt dicto Petro solutos (sic) dictos lx flor. » (Reg. 278, 
fol. i 9 G. Cf. Reg. 280, fol. 69). 

3i août. « Die eodem soluti fuerunt magistro Johanni de Luperiis 
magistro editicii turris Vestiarii in deductione(m) summe sibi promisse 
pro edificando dictam turrim, ipso manualiter recipienti lx tlor. » (Reg. 
278, fol. 204 v°.) 

3o novembre. « Die ultima mensis novembris facto computo cum 
domino Raymundo Guitbandi directore operuni palacii de expensis per 
eum factis pro certis operibus et dietis magistrorum pro claudendo duas 
portas turris de Trolhacio et mundando palacium et certis aliis cum re- 
paratione mûri qui cecidit juxta lignerium et cooperiendo revestiarium 
magne Capclle, repertum est sibi deberi xvi lib., 11 sol., vu den. \alore xn 
floren., xiv solid., v den. Que summa fuit soluta in xn flor., xim sol., vu 
den. » (Reg. 280, fol. 106 v°.) 

i35G, 3 décembre. « Die m solvi Colino de Queroi (?) et Ponceto ejus 
fratri et Johanni fusteriis, in deductione m] 11 flor. eis promissorum pro 
restaurando turrim magnam Palacii vocatam de Trolliis, que alias com- 
busta fuerat, recipiente pro ipsis Rertrando Capelerii tidejussore et prin- 
cipali cum eis 11 e flor. » (Reg. 280, fol. 108.) 

1357, 22 mars. « Diexxu solvi Rertrando Chapelerii habitatori Avinionis 
in deductione^m] m floren. sibi et aliis fusteriis sociis suis promissorum 
pro fustando turrim palacii vocatam de Trolhas alias combustam, ipso 
pro se et aliis manualiter recipienti n c floren. » (Reg. 283, fol. 73.) 

22 avril. « Die xxn aprilis soluti fuerunt Bertrando Capelerii la- 
thomo pro se et nomine magistri Johannis de Luperiis in deductione 
mille vi c lxii floren. eis debitorum, facto tinali computo cum eis pro com- 
Archéolugie. 19 



— 278 — 

plendo turrim Audiencie et turrim Revestiarii capelle magne juxta pac- 
ta et conventiones facta inter eos et Cameram, prout constat per tns- 
trumentum receptum per dominum Johannem Palaysini, ipso Bertrando 
pro se et alio recipienti in deductione[m] dicte summe mi c lvii floren. » 
(Reg. 282, fol. i5o v°. Cf. Reg. 283, fol. 78.) 

1357, 3o avril. « Die eadem facto computo cum Johanne de Castellione 
habitatore Avinionis, de cannand(is) n m cxxx cannis, vupalmis parietum 
et edificiorum factorum per magistrum Johannem de Luperiis in Palacio 
Avinionis, ad relacionem domini Raymundi Guitbandi et Rostagni Berqui 
ad hoc deputatorum per Cameram, repertum est sibi debere xn flor. se- 
cundum relacionem predictorum factam in Caméra, videlicet solvi me- 
dietatem per Cameram et aliam per dictum magistrum Johannem, et solvi 
pro parte débita per Cameram vi flor. » (Reg. 283, fol. 79 v\) 

3 octobre. « Die eodem solvi Rostagno Arena pro cohopertorio do- 
morum, pro complemento 11 e lxxv flor. sibi promissorum pro cohoperiendo 
turrim magnam palacii vocatam a Trolhacio, ipso recipienti, l floren. » 
— Reg. 283, fol. 106. 

3 novembre. « Die m novembris soluti fuerunt magistro Johanni 
de Luperiis et Bertrando Capelerii lathomis in deductione summe eis 
promisse pro complendo sive complemento duarum turrium palacii, vide- 
licet Audiencie et Revestiarii magne capelle, dicto Bertrando pro se et 
alio recipienti manualiter, c floren. » (Reg. 282, fol. 164.) 

4 décembre. « Die mi solvi Bertrando Capelerii massonerio et Jo- 
hanni Brayo ac Nicholao de Quercie fusteriis pro complemento mille floren. 
eis promissorum pro fustando turrim magnam palacii vocatam de Trol- 
hacio, que alias combusta fuerat, realiter domino Bertrando recipienti 
pro se et aliis lx flor. » (Reg. 283, fol. 118.) 

i358, 26 janvier. « Die eadem solvi Bertrando Capelerii massonerio in 
deductione[m] summe sibi et magistro Johanni quondam Johannis de 
Luperiis promisse pro conficiendo et pro consummendis et perficiendis 
duabus turribus novis Audiencie et Revestiarii palacii Avinionis, ipso 
Bertrando recipienti, G floren. » (Reg. 284, fol. 67 v°.) 

La Chartreuse de Villeneuve. 

« ^Ëdificavit insuper idem Pontifex et dotavit in Villanova prope Avi- 
nionem domum Carthusiensem, Vallis Benedictionis nominatam, consti- 
tuens in ea certum numerum Fratrum, seu Monachorum ejusdem ordinis, 
pro quorum sustentatione multa bona deputavit. » (Baluze, t. I, p. 342. 
Cf. p. 348. — Voy. aussi la Gazette des Beaux-Arts, novembre 1887.) 

Travaux divers. 

<( Fuit ctiam erecta capella extra Avinionem prope Ecclesiam de Mi- 
raculis in loco qui dicitur Campus floritus ubi tempore epidimiaî infinita 



— 279 — 

corpora tumulata erant, quia non poterant in cimiteriis infra ci\ itatcm 
reponi. » (Baluze, t. I, p. 347-348.) 

« Circa festum sancti Matthaù canonici Ecclesiae sancti Desiderii Avi- 
nionensis novam suam Ecclesiani per Dominum quondam Bertrandum 
Sabinensem fundalam intraverunt, quam antea consecraverat die \x 
mensis septembris Dominus Raynaldus Episcopus /Eduensis, Domini nos- 
tri Papse Thesaurarius ; fuitque corpus dicti cardinalis translatum cl 
liumatum in ipsa. » (Baluze, t. I, p 353.) 

« Hoc tempore fundatum fuit hospitale sanctse Trinitalis Avinione per 
Dominum Bernarduin Rascasii militem Avinionensetn. » (Baluze, t. 1, 
p. 347-348.) 

« InTolosa etiam, ubiaprincipio studuerat, fundavit notabile collegium 
pauperum Scholarium, quod Sancti Martialis voluit appellari. Pro cujus 
dotatione multa bona exposuit a Deo sibi data. » (Baluze, t. I. p. ">]■>,). 

Urbain V 

Le Palais, les Églises et les Couvents d'Avignon. 

« Dictus etiam Urbanus Papa quasi a principio sui Pontificatus in 
iderisque locis continue aedificavit. Et primo in palatio Avinionensi, quod 
in magna parte ampliavit, in illa videlicet, quae hodie vulgariter Roma 
appellatur. In qua factae sunt caméra?, liabitationes, deambulatoria, et 
viridarium (M mirae pulcritudinis et amœnitatis, habentia in se majorem 
delectationem, quam etiam qua>cumque alias in toto palatio existentes. » 
(Baluze, t. I, p. 392.) 

(Le cardinal Anglicus Grimoard). « Qui etiam suo tempore et successive, 
ultra bona multa, quae fecit in Ecclesia memorata, in Avinione a solo 
aedificavit monasterium cum officinis et babitationibus necessariis pro 
Monialibus de Furnis, Ordinis Sancti Benedicti, quae prius erant ab extra 
collocatae in loco campestri et aperto : deditque eis multa bona et reli- 
quias aliquoruni sanctorum, et specialiter brachium Sanctae Luciae, mu- 
nitum et incassatum in argento. » (Baluze, t. I, p. 366.) 

Marseille. 

« Eodem anno (scilicet MCCCLXVII)die ultima mensis aprilis, praefatus 
Urbanus Papa recessit de Avinione, gressus suos dirigens versus Romani. 
Et quum applicuissetMassiliam, declinavitad Monasterium Sancti Victoris. 
cui dudum praefuerat : quod quum prius esset vetustate consumptum, 
minareturque ruinam in multis, ex quo ad Papatum assumptus fuerat, 
multimode fecerat renovari et reparari, murisque ac turribus altis 

(M « Subtus viridarium palatii D. N. papa? prope majorem turrem vulgariter 
appellatam Trulhas, videlicet ad portam Aurosam. - fP.ibl. Barberini, n° xxxvni, 
-1, fol. 26 V u . 



— 280 — 

claudi, circui, et fortificari ; magnis etiam privilegiis decoraverat, et multis 
adornaverat reliquiis, jocalibus, et ornamentis pretiosis. » (Baluze, t. I, 
p. 376. — CI'. Muratori, Rwum Italie. Script., t. III, 2 e partie, p. 643.) 

« Eodem anno et mense Dominus Papa existens in Massilia consecravit 
majus altare in monasterio Sancti Victoris Massiliensis. » (Baluze, t. I, 
p. 404.) 

« Tandem vero post multa bona et virtuosa opéra in Domino requievit 
di xix mensis decembris anno Domini MCCCLXX pontificatus sui anno 
nono, fuitque sepultus in Ecclesia majori Avinionensi, demum transfe- 
rendus ad monasterium Sancti Victoris Massiliensis, ubi vivens suam per- 
petuam elegerat sepulturam, magnis et stupendis miraculis coruscando. » 
(Ibid., t. I, p. 3 9 8.) 

« Eodem etiam tempore translatum fuit de Avinione corpus Urbani 
pape V ad monasterium Sancti Victoris Massiliensis, in quo vivens suam 
perpetuam elegeret sepulturam, concomilautibus ipsum sex cardinalibus 
per ipsum ordinatis... » (Ibid., t. I, p. 4'^°) 

Montpellier. 

« Postea vero circa principium anni MCGCLXVII, ivit ad Montepessu- 
lanum caussavidendiet visitandi monasterium, quod in honore sanclorum 
Benedicli et Germani a solo suis magnis sumtibus aedificaverat, et solem- 
niter dotaverat pro sustentatione certi et notabilis numeri monachorum 
jampereum ibidem instituti etordinati, partim ut divinis insistant officiis, 
et partim ut literarum studiis vacent, pariter et intendant. Ipse enim tune 
in propria altare majus hujus monasterii consecravit, ac magnis privile- 
giis decoravit, et multis reliquiis, ornamentis et jocalibus pretiosis ador- 
navit. » (Baluze, t. I, p. 374. Cf. p. 4°6- V- Marini, Archiatri pontiji'-j , 
t. I, p. 83 et les Archives Secrètes du Vatican, vol. 460.) 

« Urbanus V. Monachus felicis recordationis et bona; mémorise, multa 
construxit pro Ecclesia et Ordine sanctissimi Benedicti, et pulcherrimam 
domum et Ecclesiam et Monasterium in Montepessulano fieri fecit. Et 
audivi ab eis, qui dicti operis faciendi erant commissarii deputati, quod 
in septem millia francorum et ultra in opère illo expensa fuerant cum 
dependentibus subsequutis. Et de maximis donis et jocalibus ditavit dic- 
tum locum, et de reliquiis pretiosis. Ubi constituit perpetuo Monasterium 
Monachorum studentium et claustralium. Et dicebatur, quod si diu vixis- 
set, Episcopatum vel Abbatiam erexisset. Marsiliae, ubi prœfuit Abbas, in 
sancto Victore multa sedificavit, reparavit et donavit. Et inibi quasdam 
Abbatias subjugavit, muros pulcherrimos et fortes cum vallatis Avinio- 
nensis civitatis, et quamplurima alia citra montes et ultra sumtuosa 
construxit, qua? quasi incredibilia reputantur, facta in parvo tempore suo. » 
(Baluze, t. I, p. 4*5-4i6. — Cf. Muratori, Rerum Italie. Script., t. III, 
2 e partie, p. 643-644-) 

(Le cardinal Anglicus Grimoard). « In Aptensi etiam civitate a solo 



- 281 — 

aedifieavit, et etiam dotavit monasterium monialium ordinis Cisterciensis, 
et in Monlepessulano collegium canonicorum regularium sub nomine 
Sancti Rufl, in quo eonstituit certum numerum canonicorum, qui Deo ibi 
servirent, et nihilominus intenderent circa studia literarum. Dotavitque 
collegium hujusmodi de reditibus et proventibus satis sufficientibus ad 
sustentationem dictorum canonicorum. (Juibus etiam providitde plurimis 
bonis libris ac aliis ornamentis pro divino servitio, et sui continuatione 
studii necessariis et opportunis. » (Baluze, t. I, p. 366.) 

Fondations diverses. 

« In loco etiam de Bedeosco, diœcesis Mimatensis, ubi crat ecclesia bap- 
tismalis et parochialis loci sua? originis, spectabatque ad Domum suam 
paternam, a solo œditîcavit pulcram et satis notabilem ecclesiam, quam 
mûris altis et turribus ad modum castri circundedit. In qua eonstituit 
collegium certorum canonicorum secularium et Decani, qui ibi haberent 
Deo perpetuo deservire, in memoriam sui et parentum suorum, quorum 
sepultura est et erat ibi ab antiquo. Dotavitque dictum collegium tam de 
bonis paternis quam aliis bene et sufficienter. » (Baluze, 1. 1, p. 392-393.) 

« In ecclesia etiam de Quèsaco diclae diœcesis, ubi est oratorium spiri- 
tuale et devotum Beats Mariae Virginis, collegium novum instituit certo- 
rum canonicorum secularium et Decani, qui ipsis habeai prae sidère : pro 
quorum sustentatione sufficienti reditus et proventus multos acquisivit 
et ordinavit; fecitquedictam ecclesiam mûris et turribus altis circumdari. 
Idemque fecit in plurimis aliis locis et ecclesiis Dei servitio deputatis in 
dicta diœcesi constitutis, de quibus dubitabat quod tempore guerrae fa- 
ciliter possent capi aut hostiliter impugnari. » (Baluze, t. I, p. 3y3.) 

Rome. — Basilique de Saint-Pierre et Palais du Vatican. 

« Hoc tempore Doniinus papa fecit reparare multas ecclesias in Urbe, 
specialiter ecclesiam Sancti Jobannis de Laterano, et ecclesiam Sancti 
Pauli. » (Baluze, t. I, p. 409.) 

« Palatium (S. Pétri) suum, dictse ecclesiae contiguum, quod prius vê- 
tus tate ac inhabitatione quasi consumtum ac dirutum saltem quoad 
tecta opère mirabili fecit renovari. » (Baluze, t. I, p. 38o.) 

« In Roma etiam existens ecclesias Lateranensem et Sancti Pauli, qua- 
rum tecta erant totaliter demolita, fecit mirabiliter et sumtuose reparari. 
Et idem fecit de ecclesia Sancti Pétri in ea parte in qua reparatione indi- 
gebat. Ibidem etiam juxta palatium suum fodi et aptari fecit unam vineam 
maximi ambitus, de qua communiler, si bene et débite colatur et operetur, 
annuatim colligentur tercenta dolia vini. In qua etiam noviter plantari 
fecit multas vîtes et arbores fructiferas, quas de diversis et longinquis 
terris et partibus fecit asportari. Ipse insuper tam in Urbe quam in aliis 
ecclesiis ac locis religiosis ecclesiasticis, proute orum nécessitas exigebat, 



— 282 — 

vestes sacras, calices, ornamenta ecclesiastica, et libros ad officinm divi- 
num opportunos, innumerabiliter distribuit atque dédit, reliquiasque 
multorum Sanctorum auro et argento, gemmis ac lapidibus pretiosis 
adornatas reposuit in eisdem. » (Baluze, t. I, p. 893-393.) 

« Magnis sumtibus reparari fecit palatium Sancti Pétri jamdiu ante di- 
rutum, et quintam partem majoris ecclesiae Sancti Pétri, et majorem 
partem ecclesiae Lateranensis, et ecclesiam Sancti Pauli extra muros. « 
(Muratori, Rerum. Italie. Script., t. III, 2 e partie, p. 644-) 

Les comptes des peintures exécutées en 1369, dans le palais du Vatican, 
ont été analysés dans la Chronique des Arts, du 22 mai 1880. Voy. aussi 
Crowe et Cavalcaselle, Storia délia Pittura in Italia, t. II, p. 102-104; 
Florence, i883. 

Rome. — Basilique de Saint-Paul. 

« Veniens itaque Romani, primo constituit reparari ecclesias Romanas. 
Fertur autem Abbas ecclesise Sancti Pauli dicto papae magnam summam 
florenorum obtulisse ad finem, quod ad cardinalatum posset promoveri. 
Accipiens itaque papa hanc oblationem, de eadem constituit reparari 
ecclesiam Sancti Pauli, et Abbatem in suo statu reliquit absque promotione. 
Sicque factura est, quod papa de dicti Abbatis pecunia fecit quod ipse 
Abbas facere debuit. » (Baluze, t. I, p. 4i5-4i6 (1) «) 

Pérouse. 

i3yo, « Tuncque pronuntiata est pax, et Dominus Bituricensis vicarius 
intravit Perusium, et possessionem recepit pro ecclesia. Gœpitque sedifi- 
care citadellam. » (Baluze, t. I, p. 4i2-) 

Montefiascone. 

« Eodem anno, tempore aestivo instante, idem Urbanus deliberavit se 
transferre ad Montem Flasconis, ubi aër purus est et sanus : fecitque 
ejus palatium, utique satis pro tune ruinosum, collapsum, et déforme, 
reparari, renovari, et mirabiliter adaptari ac novis oflîcinis decorari. Et 
quum locus ipse non haberet aquas potabiles nisi cisternales ab intra, 
in medio villrc puteum magnum et altum fodi et fieri fecit, aquam abun- 
danter proferentem. Quumque ad dictum Iocum pervenisset,adeo in ipso 
delectatus est, quod moram suam in eo se velle facere etiam in sestatibus 
futuris ordinavit,audientia tamen caussarum in Viterbio résidente, quum 
locus ipse pro tota curia non existeret bene capax. » (Baluze, t. I, p. 382.) 

Le Mont-Cassin. 
« Anno MCGGLXX. currente in monasterio Cassinensi... quia erat 

(') Le ciborium et le reliquaire destiné aux chefs de saint Pierre et de saint Paul 
feront l'objet d'un travail spécial. 



— 283 — 

collapsum in sdificiis, quœ propter terraemotum erant pro majori parte 
diruta, ipsum fecit reparari et reaedificari , et in hoc voluit exponi 
proventus ipsius quanidiu vacavit. » (Baluze, t. I, p. 38g.) 

Grégoire XI 
Travaux divers. 

1371. « Eodem anno, in restate sequenti ivit ad Villam novam Avinio- 
nensis diocesis, ubi stetii per aliquod tempus. » (Baluze, t. I, p. 45i.) 

« Et dictus dominus Papa recédons de Villanova, ivit versus castrum de 
Novis, ettransiens Avinioni, noluit intrare palatîum, et postea de Novis 
ivit ad Orgonum, et de Orgono ad Celonem, et in dictis locis stetit per 
totam aestatera. » (Ibid., p. 4"> <. 

« Hic refici fecit campanile ecclesiae Beatfr- Maris Majoris de Urbe, nec- 
non Lateranensem ecclesiam. » (Ibid , p. 18*.) 

1378. <( In pace quievit, fuitque prime corpus ejus delatum ad Eccle- 
siam beati Pétri et ibi pro eo solemnibus exequiis celebratis in crasti- 
num translatum et sepultum in ecclesia Beats .Maria? Novae, in qua prius 
cardinalis existons fuerat intitulatus. » (Ibid., p. 44*0 

Benoit XIII 
La cathédrale de Carpentras. 

i4o5, 10 lévrier. « Domino Arbaldo Archiepiscopo Arelatensi quem 
dominus noster papa mittit apud Carpentoratem pro ponendo primum 
lapidem in l'undamentis ecclesie cathedralis que ibidem incipietur noviter 
edificari, destructa antiqua, et quos vult ipse dominus noster ad ipsius 
fabricant dari, recipiente pro ipso Poncio Isnardi familiare suo, videlicet 
centum florenos currentes, valent florenos Camere lxxx. » (Reg. i4o4-i4o5, 
fol. i5 9 .) 

ill 
Les noms des tours du Palais d'Avignon d'après l'inventaire d'Urbain V. 

L'inventaire d'Urbain V, rédigé en i36g, nous prouve que la plupart 
des tours portaient dès lors le nom sous lequel elles n'ont cessé d'être 
connues depuis. Voici les principales de ces mentions, qui nous four- 
nissent en outre quelques détails sur l'affectation des tours : 

« Item in turri Trulhacii in quodam stagio ad quod ascenditur per ter- 
raciam, ubi est quedam porta ferrea (fol. 179). — Caméra turelle parve 
que est juxta Turrim de Troilhacio (1) ». 

(*) Ce nom de Trouillas (étymologie : «Trullum», pressoir: Glossaire de 
Ducange) se trouve dès le règne de Benoit XII. 



- 284 — 

« Item in introitu superiori turris de Troilhacio, una magna culcitra de 
pluma. 

« Item in meiano stagio turris Troilhacii subtus cameram in qua jace- 
bant servientes armorum. I. m quintalia lignorum vel circa. 

« Item in magna turri de Troilhacio, scilicet in Caméra in quasolebant 
jacere servientes armorum sunt xxx baconi falsi. 

« Magna turris nova vocata la Gachia' 1 '. In prima trabe aparté ecclesie 
S. Marie de Dompnis. » (Fol. 178.) — On y conservait les harnais, etc. 

« In superiori solario seu stagio turris aperte Peyrolharie. » — C'est 
la tour Saint-Laurent, qui donne sur la rue Peyrolerie (de peyrou= chau- 
dron). 

« Turris proxima ecclesie B. Marie de Dompnis, in qua solebat stare 
D. Montmajor (fol. 179). » C'est probablement la tour de la Campane. On 
y conservait les balistes. 

« Item in caméra média turris versus ecclesiam béate Marie, in qua 
jacebat dominus Prepositus Folcalquerii, unum matalacium de fustana 
alba cotonno munitum. 

« Item in caméra subtus campanam duo matalacia... » 

« Item in penore subtus turrim Thesaurarie sunt V bote de mena (?) 
vacue. 

i< Item in capella antiqua inferiori V lapides ad tenendum oleum 
quorum minor est oleo plenus. 

« Item in capella majori domini nostri pape. 

« Item inmagno tinello quinque scanna sive archebancs. 

« Item in coquina superiori due bacine sive conche. 

<c Item in coquina inferiori quinque bacine magne. 

« Item in tinello domini Thesaurarii videlicet et in caméra para- 
menti... 

La chapelle Saint-Michel : on y conservait les chasubles, etc. (fol. 176.) 

« Item in caméra inmediate subtus capellam sancti Michaelis. 

« Omnia ista cum coffris predictis fuerunt portata in capella[m] sancti 
Michaelis supra dictam cameram. 

« Item in studio domini nostri pape juxta cameram paramenti. 

'< Item in caméra paramenti unum bancale de opère Atrebatensi me- 
diocris forme fractum. 

« Item in caméra magne turris una culcitra magna cum suo pulvinari 
de alexandro. 

« Est tamen sciendum quod de hiis que in presenti caméra erant fue- 
runt tradita domino priori de tabulis pro portando in camera[m] para- 
menti domus nove palacii antedicti, die quinta mensismaii. 

« Item in capella que est juxta cameram quam tenebat dominus B. 
de Sancto Stephano. 

« Item in vestiario vet[eris?] capelle est una magna capsa. » 

(') La Tour de la Gâche ou du Guet. 



— 285 — 

IV 

Le palais d'Avignon d'après le « Labyrinthe royal ». 

« Benoist XII créé en Avignon, successeur de Jean, sacré aux Jacobins, 
commença à bastir le grand Palais par la partie septentrionale, quarrée, 
à quatre corps de logis, jusques à nostre Dame de Doms : personnage 
de grande saincteté et théologien excellent, il repose à Nostre Dame en 
une autre chapelle, à main gauche du chœur. 

« Clément sixiesme le suivit, l'ornement de la maison de Canillac, 
coronné en Avignon aux Jacobins. Ce fut celuy là, qui achepta cette ville 
80 mille florins d'or de Florence, l'an i348, bastit tout le devant du 
Palais, et la grande chapelle d'en bas vers la Vicegérence, commença les 
murailles neufves depuis la roche de Doms, jusques à la porte du Rhône : 
fit refaire quatre grandes Arcades du pont, que le grand ravage des eaux 
avenu de son temps, avoit mis par terre : il y mit ses armoyries d'où 
plusieurs ont prins occasion de penser et d'escrire que les Papes avoient 
faict le pont, lequel néantmoins fut basti miraculeusement l'an 1177 par 
sainct Benezet, pastre envoyé de Dieu aagé seulement de douze ans, et les 
papes ne vindrent en Avignon que l'an i3o5 ou i3o6 pour le plus. Clé- 
ment décéda en Avignon et est enterré à la Chase Dieu, en cette belle 
Église qu'il avoit faicte bastir : grand prédicateur, d'une mémoire mons- 
trueuse, se souvenant de tout ce qu'il voyoit, oyoit, lisoit une seule fois, 
sans jamais s'en pouvoir oublier, comme le tesmoigne Pétrarque. 

« Après luy suivit Innocent VI, créé en Avignon au Palais. Il a basti la 
grande chapelle d'en haut et parachevé tout ce corps de logis méridional 
et des murailles, despuis le pont de la Sorguette soubs les Jacobins jusques 
à S. Lazare, fondé les Chartreux de Ville-neufve où ses cendres reposent. 

« L'on lui subrogea S. Urbain V créé en Avignon au Palais, qui a faict 
tailler dans la roche la grande cour et le puis dudict Palais, œuvre mer- 
veilleuse : a faict faire le logis qui regarde l'Orient, où estoit logée la 
Royne, depuis la sale des Légats jusques aux grandes chapelles : et des 
murailles les plus belles de toutes, dez le pont de la Sorguette quasi 
jusques a la Porte du Rhosne et dez la porte de S. Lazare jusques à la 
roche de Doms ; voire a faict refaire de celles d'Innocent, qui avoient esté 
faictes à la haste dez la porte Sainct Michel jusques à la porte d'Ymbert, 
et la porte de S. Lazare mesme, avec le pan de muraille en ça, qui a des 
meurtrières et bouquez : tout cela ayant esté mis à bas par le ravage de 
la Durence et du Rhône, qui s'estoient accordez une fois de faire du bien 
à la ville d'Avignon. Il mourut en Avignon au Palais du cardinal Albane 
son frère, près du chœur de sainct Pierre, ainsi que l'a escrit Verneron 
son secrétaire, qui y estoit présent. Platina, selon sa coustume qui est de 
dire toutes choses ab hoc et ab hac, dict qu'il est mort à Marseille, où il 
fut transféré deux ans après avoir esté enterré et reduict en cendres 
(comme il l'avoit commandé par son testament) à nostre Dame de Doms; 



— 286 — 

de sorte que pour le présent il gist à Marseille à sainct Victor qu'il avoit 
faict bastir sumptueusement, avec la forteresse. Il trouva les chefs de 
Sainct Pierre et S. Paul et le corps de S. Thomas d'Aquin que Jean 22 
avoit canonizé en Avignon : il mit sus l'usage des Agnus Dei, qui avoit 
esté intermis par longues années et fit plusieurs miracles. 

« Grégoire unziesme succéda à Urbain : il fut de la maison de Canillac, 
faict en Avignon au Palais : où ayant résidé par l'espace de quatre ans 
entiers, ramena le sainct siège à Rome, un des plus grands jurisconsultes 
de son temps et grand homme de bien : il gît à Rome. 

« Plusieurs désirent de scavoir qui le premier et à quelle occasion mit 
le nombre septennaire en ceste ville. Nous en avons ouy en son temps et 
lieu, ce qu'on en avoit peu apprendre par le cours de l'histoire d'Avignon : 
j'en diray seulement un mot icy en passant pour les curieux. Ce fust 
saint Urbain, cinquiesme du nom, de la maison deGrisac, en Languedoc, 
natif de Beaucaire. Il se plaisoit uniquement au septennaire : et de faict 
au ravelin de Saint-Lazare qu'il a faict rebastir, il ny voulut que sept 
créneaux, où l'on avoit faict escrire le piebiscitum septennaire cy dessus 
allégué, qui m'a donné occasion d'entamer ce propos : de mesme au grand 
palais n'y ayant que six tours, Trouillas, de l'Estrapade, Saint-Jean, de 
la Cloche, Saint-Laurens, et l'Agache, il y en adjousta la septiesme, et 
l'Appella des Anges, la plus belle de toutes, où est l'Archive admirable, 
dans les fondements : la salle des Légats et autres beaux membres qui 
furent donnés pour logis à la Royne. L'on a remarqué fort particulière- 
ment les ans passez, par le dénombrement des bastimens et fondations, 
qui furent faictes de son temps, que non seulement il a introduict le sep- 
tennaire, mais a prins occasion de ce faire du dessein qu'il avoit de rendre 
Avignon une seconde Rome. Il feit faire de très beaux vergiers en ce 
mesme endroict du Palais et ordonna que l'on appelleroit tout ce costé 
là du nom de Rome, comme le tesmoigne Pierre Verneron, qui estoit 
son secrétaire, en son manuscript des papes d'Avignon. (Le cardinal de 
Clermont les gasta y faisant bastir la Mirande et cette grande galerie, 
qui occupent la plus grand part de ces jardinages.) Nous ne pouvons ré- 
voquer en doute avec raison qu'Urbain ne voulut former Avignon sur le 
prototype de Rome : mesmement ayant délibéré d'y arrester à tousjours 
le Saint-Siège comme l'on veoit à l'œil par toute la trame de l'histoire de 
ce temps là : qui a occasionné Paul .-Emile de parler en ces termes d'A- 
vignon : Avenio sancta jam, atque Urbis Romœ semula. » 

(Valladier, Labyrinthe royal de l'Hercule royal triomphant, p. 29etsuiv.) 



V 

Le Palais d'Avignon, d'après Jodocus Sincerus. 
« Palatium hic pontificum est vêtus et amplum. Introitus exhibet quatuor 



— 287 — 

architectorum effigie?. Monstratur atrium igni et pulvere intrato subjecto 
uti narrant, disjectumO ; nunc sphaeristerium pilaeque minoris lusus. 

« Aliud item, in quo pontifices clecti fuerunt, hodie pila: majoris lusui 
destinatum. 

« Aliud insuper, in quo vice legatus Sedis apostolicœ audire solet se com- 
pellatum missos, pulchrè ornatum, in quo hi versus : 

Qui varias operwn moles, curritaque passirn 

Mœnia dimensx suspicis artis opas : 
Ingressus nostras humiles ne despice sedes 

Aerimus (sic) ex sola commoditate decus. 

« Complura restant alia, quae hue cum dictis versibusque inscriptis eno- 
tare longum esset. 

« Turris ibi prœalta et in summo data opéra foramen factura, collocando 
tormento ad infestandum liberum pontis transitum. Ex hac nescio an alia 
infans prolapsus misère in trusta disjectus a Petro antipapa restitutus 
dicitur. Tabulam in Olestinorum aede cujus rei picturam continentem 
suspensam supra retuli-'. Sacclla etiam templi cum audientia Rota? adiri 
merentur, ac vicinum armamentarium. » (Jodocus Sincerus, Itinerarium 
Galliw, Lyon, 1616, p. 25o-25i). 



VI 

Notice <Ji- J. M. de Suarës sur Pierre Obreri. 

« Petrus Obrerius archilatomus quondam et director operis palatii do- 
mini papre. — Acta mss. 

« Etiam nunc portis insculpta sunt insignia Benedicti XII. 

« Gapella palatii a Benedicto xn constructa consecrata fuit a Gasberto 
de Valle archiepiscopo Arelatensi S. D. N. camerario sub titulo SS. apos- 
tolorum Pétri et Pauli. — Tabul(arium) archiepiscopatus Avenionensis. 

« Turris Trulatii dicta alt ma ab eodem Benedicto constructa dicitur. » 
(Bibliothèque Barberini, n° xxxvm, 36, fol. 25 v°.) 

En regard de cette mention, qui précède de beaucoup celle que fait 
d'Obreri l'historien Fantoni Castrucci (le premier, à en croire les historiens 
du Palais des Papes, qui ait prononcé ce nom), il convient de placer la 
définition donnée des fonctions du « magister operum », par l'auteur 
d'un traité rédigé immédiatement après l'élection d'Alexandre V, en 1409» 
traité dont les éléments toutefois sont plus anciens : « Magister ope- 
rum. Item in palatio apostolico consuevit esse unus officiarius, qui vo- 

( 4 ) La salle brûlée. 

( 2 ) P. 249. « Tabula in qua frustillatim discerpti pueri restitutique depicta 
historia, quà de referam paulo post. » 






— 288 — 

catur magister operum, ad cujus officium pertinet omnia opéra, quse fmnt 
in palatio, vel alibi ubi residet summus Pontifex vel sua curia, mandare 
et ordinare, sive sunt lignea, sive lapidea, operariis assistere, de salariis 
et veris pretiis convenire et concordare ; habito tamen prius mandato 
camerarii seu gentium camerae, vel aliquo de ipsis gentibus per came- 
rarium ad hoc ordinatum, si magnitudo et sumptuositas operis exposcat. 
Item iste consuevit locum habere in palatio, in quo custodire et conservare 
possit lignamenta, fustas et alia ad suum officium pertinentia. Item est 
sciendum quod iste Magister operum percipere solet stipendia in libris 
camerae descripta, et ideo non consuevit in palatio apostolico victum 
habere. » (Gatticus, Acta selecta cœremonialia sanctœ Romanw ecclesiœ ; 
Rome, 1753, 1. 1, p. 270.) 



VII 

Le Palais d'Avignon au xvn e siècle, d'après le manuscrit Chigi. 

« Memorie dell' armi ed iscrittioni de sommi pontefici che risederono 
in Avignone : che ampliarono : Lo stato ecclesiastico con quelle de car- 
dinali legati e loro vicelegati. (Dédicace de « Gio : Angelo Canini ail' Emo », 
le cardinal Chigi, légat en France.) Fol. 1. (Description des remparts d'A- 
vignon. Reproduit ci-après.) 

Palazzo pontificio. (Armes de Clément VI). « Sopra la Porta di questo 
Palazzo è collocata la présente arme di Clémente VI senza nome, titolo 
veruno conforme le passate. Non si sa, se per la troppo modestia, à per 
l'insipidezza di quel Secolo : poiche da ciô ne résulta una poco lodevole 
oscurità per la memoria de' posteri curiosi, quando mancassero le Scrit- 
ture negli archivii per provarne il vero. Quest' arme di Clémente VI, pa- 
rimente l'usô Gregorio XI suo nipote; tuttavia come ci dimostra l'Iscrit- 
tione délia Sala, si puo credere di quel Pontefice havendo fatto fabricare 
parte délie Mura, e risarcire il Palazzo. La sudetta porta vien ricoperta 
da un' altra più moderna! 1 ', che più avanti si sporge dal Muro del Palazzo, 
ove frà l'una e l'altra vi è il Corpo di Guardia de' soldati. Nel Frontes- 
pitio di questa si vede scolpita di bianco marmo l'arme di Sisto Quinto, e 
di duoi cardinali, cioè del cardinal Carlo di Borbone, e del cardinal Giorgio 
de Armagnac suo collega, conforme divisano i nomi de medemi intagliati 
in quella pietra : ma queste poco si vedono, essendo sempre ricoperte 
dall' arme dipinte de' Pontefici regnanti, e de' Legati, e V. Legati. Per 
passar nel Cortile sopra la volta del Vestibulo si vede scolpita la med a 
Arme di Clémente VI con le sole chiavi senza il regno. 

« Di qui, avanzandozi nel cortile, la facciata ail' incontro délia porta 

!*) C'est la barbaeane détruite en 1857. 



— 289 — 

principale <'', ove si vede dipinto sotto ciascuna fenestra délia medesima 
facciata un gran panno spiegato, e sostenuto da Puttini alati con l'arme 
di alcuni pontefici in compagnia di moite altre. Quella di Clémente viene 
accompagnata, ma pero più sotto dal nipote, e dal cardinal Farnese, et 
si legge sopra l'arme del Pontefice CLEMENS VIII PONT. MAX. scritto 
in lettere d'oro, si corne sono tutte le altre, che non sono corrose dal 
tempo. Sopra quella di Leone si legge : LEO X. PONT. MAX., di sotto 
son poste due armi de' cardinali Aldobrandini, e nel più basso luogo di 
Monsignor Montorii con li sei monti, e tre gigli nell' arme. Nell' altro Pon- 
tefice si legge : PAVLVS V. PONT. MAX. sotto è posta l'arme del cardinal 
Aldobrandino, al lato di essa vi era un arme di principe, corne si vede 
dalla sola corona, che vi è rimasta, il restante è caduto; più sotto è collo- 
cato Monsig 1- Montorio. Segue come è scrilto sopra l'altra fenestra : GREG. 
XV. PONT. MAX. di sotto vi è il cardinal nipote, e del principe Ludovisio, 
e di Mons* Dunozet. Quella di Urbano VIII viene di sotto accompagnata 
dall' arme del cardinal Barberino, et da quella del principe Prefetto am- 
bidue nipoti, e di Monsig r de Bardi Vescovo di Carpentrasso, e sopra il 
fregio délia fenestra si legge VRB. VIII. P. M. L'arme del pontefice Inno- 
centio è accompagnata da quella del cardinal suo nipote, et del principe 
Ludovisio, è da monsignor Corsi, ciascuna posta alli suoi debiti luoghi. In 
quel tempo che l'Eminentiss. cardinal Chigi tornava dalla sua Legatione 
di Parigi, e si tratteneva in Avignone, si preparava già il luogo, dove si 
dovevano dipinger le armi d<d pontefice régnante Alessandro VII suo 
zio, che il signore IDDIO lungamente conservi ad imitatione de' suoi 
gloriosi predecessori. 

« AU' incontro délia descritta facciata nell' entrar del cortile à mano 
destra sopra ad una porta si legge : PAVLVS V. PONT. OPT. MAX. e più 
sotto nel fregio di essa : SCIP. S. R. E. CARD. BVRGHES. LEG; e poco 
lontano in una fenestra : PAVLVS V. PONT. OPT. MAX. e di sotto vie 
scolpito in una cartella : PHILIP. S. R. E. PHILONARD. P. LEG. Servono 
questa porta, e fenestra ail' arsenale overo armeria, le cui volte sono 
dipinte di chiaro oscuro, ma da médiocre artefice con varie imprese, e 
cartelle, et arme del pontefice Paolo V. 

« Nel descritto Cortile à mano destra nell' entrare nella più alla parte del 
palazzo vi è scolpita sopra una fenestra un arme di pontefice con due 
chiavi incrociate simile à quella di Nicola V. » 

(2 armes du cardinal dellaRovere ayant au milieu les armoiries de Sixte IV). 

« Quasi in mezzo al descritto Cortile vi è un pozzo fatto con molta indus- 
tria, e fatica, il quale si profonda per moite braccia nel vivo délia pietra à 
ritrovare nel più cupo di essa l'acqua sorgente. Sopra l'architrave di 
questo vi sono di bianco marmo intagliate le presenti arme con lettere 
tali : SIXTVS. IIII. PONT. MAX. » 

(2 armes de Clément VIL) 

t 1 ) La partie touchant ù la tour des Anges et qui servait de résidence aux 
vice-légats. 



— 290 — 

« Benchè non siano in questo Cortile, ma in un' altro più intimo del 
palazzo, non ho voluto trasandare la memofia di Clémente VII, antipapa, 
promosso al pontificato da otto soli cardinali Francesi per impulso délia 
Regina Giovanna, le armi del quale qui disegnate si vedono nell' altezza 
di certi mûri vicino ad una Torre da lui fabricata dalla parte del palazzo 
esposto ad austro ; queste ho incontrato con quelle poste al capo, et alli 
piedi délia sua statua giacente sopra il tumulo collocato in mezzo la Chiesa 
de' Celestini in Avignone, dove egli è sepolto. » 

(Emblèmes pontificaux, tiare, clefs, écus sans armoiries dans un cadre 
rectangulaire.) 

« Queste insegne pontificie sono scolpite sopra una porta del Cortile, per 
la quale si trapassa alla Sala. » 

Sala Pontificia E Sdo Ingresso. (Armes de Marcel II avec celles du car- 
dinal Alexandre Farnèse). 

« Sopra la porta di dove si entra nella sala, dalla parte di fuori ricoperta 
da un Arco, si vedono le Armi sopra delineate con Cartelle volanti scritte 
a lettere d'oro. 

« A capo la sala nella maggior sommità apparisce effigiato in pittura il 
Nome di GIESV in mezzo al disco solare, a cui vedesi sottoposto l'alloro, 
corne imprese délia casa Barberina col motto, et iscrittioni corne ail' in- 
contro. » 

(Le nom de Jésus avec la « Rovere » au-dessous, et plus bas deux armes 
du cardinal Antonio Barberini, avec des inscriptions.) 

ci Sotto le precedenti si vedono l'armi delineate in questo foglio délia 
Santità di N. S. Papa Alessandro VII, dell' Eminentissimo sig r cardinal 
Chigi Legato, e dell' Eccellentissimo signor principe Don Mario, générale 
di Santa Chiesa, le quali furono dipinte nel ritorno, che fece S. Emin* 
dalla legatione di Francia, mentre si tratteneva in quella città, che fù di 
settembre l'anno 1664 '■> benche le medesime armi fossero già state dipinte 
à piè délia sala senza alcuna iscrittione. » 

(Dans le haut, les armes d'Alexandre VII, au-dessous, sur les côtés, 
celles du cardinal Chigi et du prince Mario Chigi, général de l'Église.) 

« Nell' angolo délia sala a mano destra di queste armi vi sono varie 
iscrittioni, et imprese, ma tanto rovinate, e guaste, che non se ne puô 
baver cognitione determinata. Dalla sinistra, a cui segue l'ordine dell' 
armi de ponteflci, v' è una impresa di un' Aquila, che sollevando il volo 
alla cima di monte horrido, e nudo, ove ella hà posto il nido, con il motto 
scritto in una fascia, che per l'aria si ragira IN ARDVIS NIDVM SVVM 
ALTA PETIT, e prossima ail' arme de' ponteflci vi è questa seguente 
Iscrittione: 

SVMM • PONTIF • QVI VEL AVENIONE SEDERVNT VEL 
INTRA EIVS LEGATIONIS FINES ACCESSERVNT. 

Armes de différents papes, accompagnées d'inscriptions. 



— 291 — 

« Sotto alla série de' pontefici seguono le memorie de' Vicelegati prin- 
cipiando con la seguente iscrittione : 

P • LEG • AVEN • QVI PRO SS • RR • PP • ET S • SEDE APLICA 

ATQVE EMIN'WS LEGATIS IIS ABSENTIBVS LEGATIO= 

NI AVEN • SVMMA CVM POTESTATE PRAEFVERVNT 

AN • M • D • XL • 

(Armes des légats, avec inscriptions.) 

Anticamera. « Vedesi nell' Anticamera sopra una délie porte l'arme di 
Clémente VIII, di marmo bianco con l'iscrittione, corne ail' inconlro. » 
(Armes de Clément VIII, avec inscriptions.) 

« Sotto segue l'arme similmente in marmo del cardinal legalo, e nel 
fregio délia porta si legge, corne ail' incontro... » 

(Armes, avec l'inscription : OCT. DE AQV AVIVA. CARD. LEG.) 
« Nella medema stanza ail' incontro délia sudetta porta v'è un' altra 
porta simile con arme sopra parimente scolpita in marmo del cardinal 
Bagni, nel cui fregio sono intagliate le lettere poste ail' incontro. » 
(Aimes du vice-légat Gio. Francesco « a Balneo ».) 
« La sopradetta porta entra in una Capella dipinta di chiaro oscuro, 
nella sommità délia cui volta si vede l'arme di Urbano V11I, ove celebrandosi 
la Messa, si ode nell' Anticamera per la porta, e nella sala per una fenestra, 
che vi risponde per commodità délia servitù. » 

« Sopra l'accennata arme di Clémente VIII corre un fregio d'armi delli 
seguenti legati con le loro iscrittioni. » (Armes des légats avec inscriptions.) 
Capella Poxtificia (,) . « E la Capella del Palazzo di Avignone non inferiore 
di grandezza à quella del Quirinale, overo à quella del Vaticano. Vogliono, 
come dicevano quelle genti, esser stato il modello, e l'originale di queste 
di Roma ; vedesi pertanto conforme l'uso, e purità di quei secoli senza 
ornamento veruno di stucco, 6 di pittura, che la possino rendere ma- 
gnifica, ô riguardevole, solo l'arme dipinte di alcuni Pontefici modérai, 
che qui sono notati. 

« Nel luogo più riguardevole délia Cappella, ove è posto l'altare, sopra 
del quale vedesi in parte molto eminente l'arme dipinta del Pontefice 
Paolo V ; sotto la quale è collocata quella del cardinal Borghese, et dal 
lato destro del cardinal Philonardo, e dalla parte sinistra dell' altro car- 
dinal Borghese ; à piè délia Cappella nella più alta parte è collocata l'arme 
di Clémente ottavo, sotto di essa quella del cardinal nipote, e da un lato 
il cardinal Conti, dall' altro il cardinal Farnese in luogo più basso, e rap- 
presentata in un panno l'arme di Sisto V ; e dalla parte destra quella del 
cardinal Carlo di Borbone, e dalla sinistra il cardinal nipote, e più sotto 
di monsig r Petrucci. Sotto di questa vi è collocata l'arme di Pio V ac- 
compagnata ne' suoi debiti luoghi, del cardinale Carlo di Borbone con 

1 La chapelle haute, construite par Innocent VI, au-dessus de Ja salle du 
Consistoire. 



— '292 — 

quella del suo collega. Di questi doi cardinali parimente si vedono le loro 
armi nel paliotto dell' altare, dipinte nelle vetriate délie fenestre di questa 
Cappella, e parimente nella porta intagliate in legno l'arme del cardinal 
Philonardo, et posta sopra quella porta, che communica l'ingresso délia 
Cappella alla sala, et aile altre camere. E sopra il fregio di essa porta si 
legge : 

PHILIPPVS S. R. E. CARD. PHILONARD. 

« Nell' uscir délia Cappella per la porta principale si vede posta ail' in- 
contro délia sala l'arme di marmo di Pio quinto, et d'ambo i lati ma in 
luogo più basso il cardinal Carlo di Borbone, e del suo collega con queste 
lettere di sotto intagliate in marmo : 

CAR. CARD. LEG. GEOR. CAR. COLL. M. D. LX. IX. 

« Nel discendere la scala si rappresenta alla vista in primo aspetto in- 
tagliata in marmo l'arme di mons r Lascari con una iscrittione, ambo col- 
locate in un' arco, che per maggior fortezza sostiene la volta di questa 
scala, et l'iscritt* è taie : 

Alexandro VIL P. O. M. Féliciter. Sedente. Em mo ac R mo D. Card. 
Flavio Chisio ex Fratre Nepote Legato. 

Ulmvs A c Rmvs £). GASPAR. DE LaSCARIS PrOLEGATVS SCALAM HAXC COL- 
LAPSO TEMPORVM INJVRIA FORNICE AXTIQVATAM IN PRISTINAM FORMAM .ERE 
PROPRIO restitvit [*1 

CVRANTE AD PVBLICAM CVRIALIVM COMMODITATEM JOANNE ChECCOXIO 
NOBILI SEKENSI AVDITORE GXLI AnNO MDCLIX. 

Cappella Inferiore^). « Nell' estremità délia Scala eguale al pio delan 
cortile vi è l'ingresso ail' inferior Cappella posta sotto alla superiore ; hà 
in mezzo di essa alcuni Pilastri, che da terra si sollevano à sostenere la 
volta, nella cui vedesi in una parte una picciola arme di pietra di Clé- 
mente sesto. Altro non si scorge tanto sopra, corne d'intorno che le nude 
piètre prive d'ogni ornamento ; v' è solo, corne in luogo più remoto nell' 
angolo à destra mano dell' entrata una devota imagine con un' altare 
recinto da cancellata di legno, dall' altra parte à sinistra vi è un luogo, 
dove si diffiniscono leliti; sopra del tribunale è dipinta l'arme di Paolo V; 
et del cardinal nipote assieme col cardinal Philonardo, e più sotto l'arme 
d'un prelato con tre monti, e una colomba in cima di essa ; ail' incontro 
del Tribunale per ammonire li Giudici si legge la présente iscrittione : 

VlDETE JVDICES Q.VID FACIATIS, NON ENIM HOMINIS EXERCETIS IVDICIVM, SED 
DOMINI ; QVODCVMQVE ENIM IVDICABITIS , IN VOS REDVXDABIT, SIT TIMOR 
DOMINI VOBISCVM, ET CVM DILIGENTIA CVXCTA FACITE, NON ENIM APVD DOMI- 
XVM DEVM NOSTRVM INIQ.V1TAS, NEC PERSONARVM ACCEPTIO, NEC CVPIDO 

MVXERUM. 

(Bibliothèque Chigi, G VIII, n° 224, ancien i35.) 

I 1 ) On trouvera une transcription plus exacte dans l'ouvrage de M. Canron, 
Le Palais des Papes, Avignon, 1884, p. 4°- 
( 2 > La salle du Consistoire. 



— 293 — 

VI II 

Les Remparts d'Avignon. 

« Délie nuira d'Âvignone, che dal loro primo giro ampliate da Sommi 
Ponteflci à quella grandezza, che al présente si vede, ne restano le me- 
morie per quelli, che curiosamente \anno per il pomerio di esse osservando, 
si considéra in primo luogo corne più anticha l'arme di Clémente VI, in 
quel tratto di muro voltato ad occidente, e fù la cima délia Torre, che di 
molti angoli è formata l'una, e l'altra posti tra la Rupe, et il gran Ponte, 
che attraversa il Rodano. Quella d'Innocentio VI vedesi sopra la Torre ail' 
incontro del medesimo Ponte ; si corne anche replicata si scorge sopra il 
Torrionc tondo non molto lontano da Porta délia Rosa. Quindi continuan- 
dosi il giro col trapassare la Porta del Maglio prossima al flumicello di 
Sorga, il quale sboccando da un t'oro délie mura attorno aile medesime 
per alquanto spalio, ricorre prima di unirsi col Rodano ; ma più oltre 
avanzandozi il curioso, vede posta sopra una Torre quadrata (da quella 
parte, che col restante del muro si volge à mezzo giorno) l'arme d'Inno- 
centio VI, si corne à Porta S. Florin la medema arme accompagnata dall' 
impresa délia Città figurata con le trè chiavi, le quali parimente à Porta 
S. Michèle si vedono. Il sudetto Innoccntio VI comme ne fanno fede altre 
varie memorie, fece fabricare la maggior parte délie mura ; poiche se- 
guendo oltre Porta Imber, e Porta S. Lazzaro dalla parte di settentrione 
trapassato il 'muro di Clémente VII Antipapa, altre memorie de Ponteflci 
non si scorgono che di Urbano V sopra una Torre quadra con l'arme 
sotto délia Città reiterate sopra Porta délia Legna. E qui compisce il giro 
délie Mura, rinnendosi alla Rupe, corne sarebbc per similitudine una 
pietra posta in un cerchio d'anello. » (Fol. -j). 

Armes de Clément VI. (Fol. 3.) 

— d'Innocent VIII. (Fol. 4.) 

— d'Innocent VI. (Fol. 5.) 

— de Clément VII, antipape. (Fol. 6.) 

— d'Urbain V. (Fol. 7.) 

« Non molto lontano d'ail' arme di Urbano V, termina il muro di A\i- 
gnone ricongiungendosi alla Rupe, la quale si sporge in gran parte i'uori délia 
Città sollevandosi con la maggior altezza à linea perpendicolare dalla 
parte di tramontana su la ripa del Rodano, rimanendovi spatio conve- 
niente da passar le carra e gli huomini. Questo sasso serve di fortezza col 
supplimento d'alcuni mûri, che dalla parte meno dirupata lo rendono più 
forte. Vi sono state fabricate sopra due Chiese, una di No?tra Sig ra con l'ha- 
bitatione de' Canonici, l'altra di S. Anna, vi è l'Arcivescovato, e parimente 
de' molini à vento. Dalla parte poi di mezzogiorno, che dolcemente va 
declinando per ritrovare il piano délia Città vi è la grande habitatione 
de' Ponteflci recinti da forti mura, e di difesa ail' uso di quei tempi, dalle 

AlICHÉOLOGIE. 2(1 



— 294 — 

cui cime turrite di smisurata altezza si vedono soggiacere li più eminenti 
edificii délia Gittà, il circuito délie mura, la grau riviera, et quanto è 
d'intorno à quella bella compagnia. » (Manuscrit Chigi, ff. 2-8.) 

Clément VI 

« Les remparts de la troisième enceinte d'Avignon, telle qu'on la voit 
de nos jours, sont l'ouvrage des papes... 

« Clément VI, en ayant fait l'acquisition, en i348, commença aussitôt à 
en bâtir les murailles auprès du palais épiscopal, et les poussa jusqu'à la 
partie du Rhône. On voit ses armes sur la première tour contre le rocher. » 
(Bibliothèque Calvet; Fonds Massilian, t. I, fol. 180.) 

« Clément VI mit le premier la main à l'œuvre en i35o, il fit bâtir la 
partie des remparts depuis le rocher jusqu'à la porte du Rhône. Cette 
partie portoit ses armes composées de six roses coupées par une bande. 
Une inscription dans un encadrement que les révolutionnaires ont fait 
bèttement {sic) racler, désignoit le jour où fut posée la première pierre. 

« Clément VI auroit sans doute continué son entreprise, mais un évé- 
nement fortuit l'obligea de discontinuer son ouvrage, pour occuper les 
ouvriers ailleurs. Une inondation survenue en i35i renversa quatre ar- 
ches du pont Saint-Benezet ; il les fit reconstruire. Ses armes furent apposées 
à ces quatre arches, ce qui a fait juger mal à propos à plusieurs que 
ce pape avoit fait construire le pont. » (Fransoy, Mémoires manuscrits ; 
Bibliothèque d'Avignon, t. I, fol. 22 et suiv.) 

« Clément VI fit bâtir la porte du pont et la tour qui le couvroit. Rode- 
ric de Luna, neveu de l'antipape Benoit XIII, s'en empara en même temps 
qu'il s'y fortifioit dans le grand et le petit palais et dans la cathédrale, 
mais les troupes qui l'assiégeoient, emportèrent d'assaut et démolirent le 
mur du pont le 23 décembre 1410. 

« La ville délibéra, le i5 aoust 1489, de le rebâtir, et on y mit les armes 
du pape Innocent VIII (Cibo), du cardinal Julien de Rovere, légat, et de 
la ville. 

« Cette porte a été murée en..., lorsque le passage du pont n'a plus été 
praticable. » (Fonds Massilian, vol. I, fol. 182.) 

Innocent VI 

« D ictus etiam papa [Innocentius] suo tempore fecit claudi et circuiri 
totam civitatem Avinionensem mûris ac turribus altis et fortissimis, ac 
fossatis seu vallibus ad extra. Ex quibus dicta civitas, quse per prius erat 
omnino aperta, effecta est fortissima, et ad resistendum quibuscumque 
eam expugnare volentibus multum bene disposita et parata : voluitque 
quod clusura hujusmodi haberet magnum ambitum, ad hoc ut processu 
temporis infra ipsam possent fieri nova sedificia, ex quibus dicla Civitas 
ampliaretur, inclue! erentur etiam infra eam multa viridaria et loca amœna 



— t>35 — 

circa ipsam tune existentia, ac etiam hospitale mirae pulchritudinis, pro 
tune noviter ibidem aedificatum et dotatuin per Bernardum Rascasii le- 
gum doctorem, civem Avinionensem. » (Baluze, t. I, p. 342.) 

« Fuitque etiam nova tallia indicta clericis Avinionensibus pro com- 
plendis mûris civitatis. » (Baluze, t. I, p. 353.) 

« Clément VI étant mort en i35a, Innocent VI... continua les remparts 
depuis la porte du Rbône jusqu'à la Sorgue, qui passe à coté des Prêcheurs 
et se dégorge dans le Rhône, au-dessous de la digue de pierre. 

« La ville d'Avignon fit battir en même temps la portion des remparts 
depuis la Sorgue jusques à la porte Saint-Michel. Cette porte portoit les 
armes de la ville de distance en distance avec des inscriptions répétées 
dans des encadrements portant les mots Mve publico, que les révolution- 
naires ont également fait racler. 

« Innocent VI fit bâtir la partie des remparts depuis la porte Saint-Mi- 
chel jusqu'à celle de Saint-Lazare exclusivement. » (Fransoy, t. I, fol. 22 
et suiv. Cf. Joudou, t. II, p. 37.) 

« Sur le dedans de la porte de Saint-Michel sont les armes du pape 
Innocent VI. 

« La porte Imbert sur laquelle sont les armes d'Innocent VI a été rebâtie 
en ... [sic . 

« La porte de Saint-Lazare, sur laquelle sont les armes du pape Inno- 
cent VI prit ce nom de l'hôpital Saint-Lazare, qui en étoit voisin. » (Bi- 
bliothèque Calvet; fonds Massilian, t. I, fol. i85-i86.) 

« Innocent VI..., négligeant la partie qui étoit couverte par le Rhône, les 
continua en i356, depuis la tour dans l'angle qui est auprès de Notre-Dame 
des Miracles (les Minimes) jusqu'à la porte Saint-Lazare. Ses armes sont 
sur cette tour, qui depuis 17...., sert de magasin à poudre. On les voit 
aussi sur l'ancienne porte de Champfleuri ou Saint-Roch, et sur celles de 
Saint-Michel, de l'Imbert, et de Saint-Lazare. 

« Ce pape mit en i35g un impôt sur le clergé pour fournir aux frais de 
cet ouvrage O et en donna la direction à Ferdinand de Hérédia, qui fut 
ensuite grand maître de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 

« Le V des cal. de février i36i,le pape Innocent VI donne pouvoir à 
Pierre Sicard, chanoine de Narbonne, qu'il a établi inspecteur de la cons- 
truction des murs de la ville d'Avignon, d'exiger les sommes destinées 
pour la perfection de cet ouvrage. 

« Le X des cal. de sept, il donne à Bernard Rascacii M « milit. Ave- 
nion. » et à Napoléon de Ponterlis, citoyen de Forli, la charge de veiller à 
la construction de ces murs et il ordonne à Jean Berni (?), archidiacre de 
Vannes, de leur faire fournir les sommes nécessaires pour cet ouvrage. » 
(Fonds Massilian, loc. cit.) 

(*) « Martène, Thesawas Anecd.,t. Il, col. 8G9, io4g et 1000. 

( 2 ) « Hoc tempore (vers i355) l'undatum fuit hospitale Sanctœ Trinitatis Avi- 
nionensis per dominum Bernardum Rascassi militem Avinionensem.. » (Biblio- 
thèque Barberini, xxxvm, n° 71, fol. 12 v°.) 



— 296 — 

« On a dans les archives d'Avignon, l'édit par lequel le pontife met une 
imposition d'un florin sur chaque habitant, pour la construction des mu- 
railles ; on y a de plus les actes des prix faits donnés aux ouvriers par les 
consuls de la ville et les acquits que ces ouvriers leur faisaient. » (Teis- 
sier, t. II, p. a3.) 

Urbain V 

« La portion depuis la porte Saint-Michel jusques à la porte Imbert 
ayant été bâtie à la hâtte (sic) par Innocent VI, éprouva des revers par 
l'effet d'une inondation qui survint peu de temps après sa confection, on 
jugea nécessaire de la reconstruire. 

« Le pape Urbain V et la ville la firent reconstruire en entier à moitié 
fraix. Cette partie portoit les armoiries de la ville ajumelée (sic) avec 
celles d'Urbain V, et une inscription ad hoc raclée par les révolutionnaires. 

« Certains cardinaux firent bâtir quelques tours qui décorent ces rem- 
parts ; elles portoient les armes du cardinal payant, avec une inscription 
indicative. Ceux qui contribuèrent obtinrent le droit de vivier dans les 
fossés devant leur tour. Ces viviers étoient séparés par de gros murs en 
talus qui traversoient les fossés, qui pour lors étoient toujours remplis 
d'eau qu'on y mettoit à volonté par le moyen de la Sorgue de Vaucluse 
qui entre dans la ville à la piramide. Partie couloit du côté méridional 
devant les portes Imbert, Saint-Michel, Saint-Roch, et alloit se dégorger 
dans le Rhône par le pont au-dessous de la digue. Autre partie couloit 
du cotté du Levant et du Nord, passoit devant la porte Saint-Lazare et 
alloit se dégorger dans le Rhône par le pont de dégorgement entre la 
digue et Saint-Lazare. 

« Ainsi furent construits dans le xiv e siècle et dans l'espace de dix-huit 
ans, sous trois papes, depuis i35o jusqu'en i368, les remparts qui ceignent 
aujourd'huy la ville d'Avignon... On trouve dans les archives de la ville 
les comptes de la bâtisse des remparts que dirigèrent sous Innocent VI, 
le comte Hérédia, Espagnol, et Pierre Obreri, architecte, sous Urbain V. 
Ces remparts soigneusement entretenus jusques à la Révolution française, 
ont éprouvé des dégâts sous ce règne de destruction... 

« En 1792, les révolutionnaires d'Avignon démolirent le beau ravelin de 
la porte Saint-Lazare et les bastions angulaires. Cette porte, bâtie par 
Urbain V sur le modelle d'une des portes de Rome, étoit fort belle. Tout 
y étoit dans un ordre septénaire et simétrique, conformément au goût 
de ce pape. On y voyait le plebiscitum septénaire de Rome dans un enca- 
drement orné de scultures. Plebiscitum singulier en ce qu'il reconnoît 
bettement (sic) que le septième enfant mâle d'une femme mère sans 
femelles entre eux étoit un enfant merveilleux qui devoit opérer les plus 
grandes choses... 

« On voyoit avant la Révolution deux croix, dont l'une près la porte 
Saint-Lazare, en face de la route de Carpentras, formée d'une colonne de 
marbre surmontée d'une croix [en] fer avoit été érigée par le pape. . . . 



— 297 — 

. . . ., pour marquer le lieu jusques où le pape accompagna. . . . Roy de 
France, se retirant à Paris après sa visite au pape. 

« L'autre, en forme de piramide posée peu après la porte Imbert, en face 
de l'ancienne route de Provence, érigée là pour marquer le lieu jusqu'où 
le pape et sa cour accompagnèrent l'empereur. » (Fransoy, 1. 1, fol. 11-17, v°.) 

(( Urbain V eut la satisfaction de finir les murailles de la ville, en les 
faisant continuer depuis le pont de la Sorgues au-dessous des Frères prê- 
cheurs, jusqu'à la porte du Rhône, terme des ouvrages de Clément VI, et 
depuis la porte Saint-Lazare jusqu'au rocher, et en relevant la partie de 
ces mêmes murailles depuis la porte Saint-Michel jusqu'à celle [de] Limbert, 
que le débordement des eaux du Rhône et de la Durence avoient fait 
écrouler. » (Teissier, t. II, p. 27.) 

« Le pape Urbain V fit construire les remparts depuis la porte Saint- 
Lazare inclusivement jusqu'au rocher, c'est la plus belle partie. » (Fransoy, 
loc. cit.). Le pape Urbain V fit faire le ravelin de cette porte (S. Lazare). 
On y lit ces mots :clav... Pétri tuta ». (Fonds Massilian, 1. 1, fol. 186.) 

« Urbain V, au commencement de son pontificat [1362], reprit l'ouvrage 
où son prédécesseur l'avait laissé, refit le ravelin de cette porte de Saint- 
Lazare et continua le rempart jusqu'à la roche des Doms. Ses armes sont 
sur l'ancienne porte de la Ligne et en plusieurs endroits de cette partie 
des murailles. Il refit celles qu'Innocent VI avait élevé à la hâte entre les 
portes de Saint-Michel et d'Imbert, et bâtit la partie qui est depuis la tour 
des Miracles jusqu'à la Sorguette, avant le jardin des Frères prêcheurs. » 

i365, 5 mai. « Acte d'acquit de mille florins d'or levés et receus par 
Jean Textoris dans les paroisses de Saint-Pierre et de Saint-Simphorien, 
pour prêt pour aider à faire les murailles de la ville. » (Archives de la ville, 
boite 22, n° 5 E.) — (Fonds Massilian, t. I, fol. 180.) 

« Dans un acte de 1372 [21 avril] receu par Pierre Caussanicis (?), no- 
taire d'Avignon, pour un prix fait donné parM r . Jean de Régis et M ro . Ber- 
trand de Manso, sacristain de Saint-Didier, directeurs de l'ouvrage des 
murailles de la ville à Jordan Ami [de Villeneuve] pour refaire un pan de 
muraille du côté des Dominiquains, « juxta hortum Fratrum prœdicato- 
« rum inter turrim S u Joannis existentem supra aquam Sorgise et unum 
« pannum(?)receptumpermagistrumRaymundumdeMontilisjuxtadomum 
« domini cardinalis Morinensis » : on voit que ledit a cédé deux tiers de ce 
pan de muraille à faire à d'autres, et ne s'en est retenu qu'un tiers, scavoir 
40 cannes, par où il paroit que le total de la muraille étoit de 120 cannes. 
Le prix delacannequarréedegros mur, « latitudinis sex palmorum,» étoit 
de 6 florins et 5 gros et chaque canne quarrée dé mur de buget (?) étoit 
de 3 fl. et 3 gros. Le dit Jordan déclare avoir reçu à-compte des dits di- 
recteurs « xxviii francos auri valentes « florenos auri, quem libet xxiv so- 
lidos. » — (Répert. de 1416, n° xlvii. Arch. de la ville ; boite 22, n° 12 M. 
— Bibl. Calvet, Fonds Massilian, n° 1, fol. 181.) 



598 



RAPPORT DE M. DE LASTEYRIE 

SUR DES MONUMENTS DE L'ÉPOQUE MÉROVINGIENNE 
Communiqués par MM. Pilloy et Espérandieu. 

M. Pilloy, correspondant du Comité à Saint-Quentin, possède une 
curieuse boucle d'argent, qui a été découverte il y a quelques mois 
dans une ancienne sépulture, à Saint-Just- 
en-Chaussée (Oise). 

Grâce à l'habileté de son crayon, nous 
pouvons en donner ici une très fidèle repro- 
duction. 

Cette boucle, nous apprend M. Pilloy, est 
en argent très pur. La chape en est double 
et recevait entre ses deux lames l'extrémité 
du ceinturon de cuir, que des clous d'argent 
y fixaient solidement. A l'autre bout du cein- 
turon était attaché un ferret, également d'ar- 
gent. La chape et le ferret sont décorés de 
guillochures très simples. L'anneau de la 
boucle est cannelé, et l'extrémité de l'ar- 
dillon est ciselé de façon à rappeler très 
grossièrement une sorte de tête d'animal. 

M. Pilloy attribue cette boucle au iv c siècle. 
Je ne vois pas de raisons bien péremptoires 
pour ne pas l'attribuer aussi bien au siècle 
suivant. 

Mais, ce qui la rend surtout intéressante, 
c'est l'inscription gravée à la pointe qu'on 
remarque sur le plat inférieur. Ce graffite 
a trois lignes, dont la première seule est 
bien lisible ; c'est le souhait de vie que l'on 
rencontre fréquemment chez les païens 
comme chez les chrétiens. Mais, quels sont 
les mots qui accompagnent le mot VIVAS, 
je l'ignore, et le savant M. Le Riant, à qui 
j'ai pu montrer, grâce à l'obligeance de 
M. Pilloy, l'original même de cette boucle, 
n'a pas réussi mieux que moi à déchiffrer ces caractères. J'ajoute 
seulement que si le dessin de M. Pilloy est d'une exactitude par- 




Boucle d'argent trouvée 
i Saint-Just en Chaussée. 



— 299 — 

faite, il n'a pu rendre certains détails minuscules qui se remarquent 
sur l'original et qui différencient les lettres. Toutes ne sont pas tra- 
cées de la même façon, les seules qui soient parfaitement nettes et 
indiscutables sont les suivantes : 

VI VAS 
XAII 
CDI 

Les autres se composent de traits si fins qu'ils pourraient bien être 
simplement des rayures accidentelles. 



Le Comité doit à un autre de ses correspondants, M. le lieutenant 
Espérandieu, professeur à l'École militaire de Saint -Maixent, quelques 
renseignements curieux sur des découvertes qui ont été faites récem- 
ment dans la commune de Nanteuil (Deux-Sèvres), en un lieu dit 
le Fief de la Salle. Le maire de la commune, M. Bordier, ayant fait 
faire quelques fouilles en ce lieu, y a trouvé une série de tombes en 
pierre dont les couvercles offrent assez d'analogie avec ceux que le P. 
de la Croix a découverts dans les cimetières de Civaux, d'Antigny,etc, 
et dont il a donné la description ici mèmeO. Les couvercles re- 
cueillis par M. Bordier sont au nombre de sept. Le plus grand et 
l'un des mieux conservés est formé d'une pierre bombée, ornée d'un 
bandeau longitudinal et de deux ou trois larges bandeaux transver- 
saux ( s ); c'est un genre de décoration dont le P. de la Croix a trouvé 
de très nombreux exemples. Un second, plus petit, consiste en une 
pierre plate ornée de bandeaux transversaux, d'un très faible relief, 
et d'une croix pattée à la partie supérieure de la tombe ; il est bordé 
sur ses quatre côtés de festons en demi-cercle. Enfin, un autre de ces 
couvercles a été taillé dans un monument gallo-romain, dans une stèle 
funéraire représentant un homme en pied, vêtu d'une tunique s'ar- 
rêtant au-dessus des chevilles, et d'un manteau en forme de chape. 
Toutes ces tombes doivent appartenir à la période comprise entre le 
vn e et la fin du vm e siècle. 

Enfin, on a trouvé au même lieu une petite inscription gravée sur 

(*) Bull, archéol., 1886, p. 256 et s. 

m C'est ce que le P. de la Croix appelle, un peu improprement peut-être, 
une croix à trois traversés. 



— 300 — 

une tablette de marbre blanc, liante de o m ,i85 et large, à sa partie 
inférieure, de o m ,io. C'est un fragment d'inscription funéraire, il 
est malheureusement fort mutilé, mais on y lit très distinctement les 
lettres suivantes : 

S A Z 

VIO RI 
A C T i> 
VG INEM 
DSITVS-E 
IT 

M. Espérandieu attribue ce petit fragment au v e ou vi c siècle. 
Mais les caractères ne rappellent point ceux qu'on rencontre habi- 
tuellement dans l'épigraphie de cette époque. Ils semblent plutôt, si 
l'on peut en juger sur un si petit fragment, appartenir à l'époque 
romaine. 

Je ne veux pas terminer ce compte rendu sans rappeler que 
M. Espérandieu vient de faire don gracieusement à notre Cabinet des 
médailles de la Bibliothèque nationale de plusieurs pièces rares qu'il 
avait recueillies, et dont notre collègue, M. Chabouillet, a récemment 
entretenu le Comité. On ne saurait mettre trop d'empressement à 
signaler à tous les lecteurs du Bulletin cet acte de libéralité dont le 
Comité tiendra certainement à remercier M. 'Espérandieu. 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



INSCRIPTION CHRETIENNE 

DÉCOUVERTE A DOUÉ-LA-FONTAINE (MAINE-ET-LOIRE) 
Note do. M. do Lastoyrio, membre du Comité. 

M. Michel, sous-conservateur du musée d'Angers, a bien voulu 
m'envoyer un excellent estampage d'une curieuse petite inscription 
chrétienne dont il est possesseur. Ce petit texte a été trouvé, il y a 
quelque temps déjà, dans une fouille opérée auprès de l'église Saint- 
Denis, de Doué-la-Fontaine (Maine-et-Loire). Cette église est un fort 
beau type de l'architecture angevine du temps de Philippe-Auguste, 
malheureusement elle est dans un tel état de ruine qu'il faut renoncer 



— 301 — 

à tout espoir de la conserver, et pour éviter des accidents, qui sont 
fort à craindre, le propriétaire actuel en a déjà démoli bien des parties. 
C'est en faisant quelques travaux dans un coin de son jardin, sur 
l'emplacement du mur septentrional de la nef, actuellement détruit, 
que ce propriétaire a trouvé cette inscription en même temps qu'un 
certain nombre de cercueils de pierre dans lesquels il n'a, paraît-il, 
recueilli rien de bien intéressant. Ce petit marbre frappa heureu- 
sement l'attention de M. Magne, architecte des Monuments histo- 
riques. Celui-ci se le fît donner sans difficulté et le céda peu après à 
M. Michel. 




Inscription trouvée à Doué -la-Fontaine ('). 



C'est, comme le dessin ci-joint le montre, une petite épitaphe élevée 
à la mémoire de deux jeunes filles, des sœurs probablement, décédées 
l'une à l'âge de douze ans, l'autre à l'âge de quinze. Le monu- 
ment est de très basse époque, du vn e ou vm e siècle environ. Rien 
de plus simple que ce petit texte, et il prêterait à bien peu d'observa- 
tions s'il ne s'y rencontrait un nom qu'on ne semble pas avoir si- 
gnalé jusqu'ici. 



[*) Haut., o m ,i6 ; Iarg. o m ,22. 



- 302 — 
M. Michel propose de la lire ainsi : 

Hic requiescent bonemetnoriis Maimalla, in an[n]is XII et S/;/ai- 
fledis, in an[n]is XV. 

Cette lecture ne peut soulever d'objection qu'en ce qui concerne le 
premier des deux noms propres. On peut se demander, en effet, s'il 
ne conviendrait pas de lire de préférence en tenant compte de la cou- 
pure des lignes : bonememorii hmaimalla. 

J'avoue que le nom de Ismaimalla ne s'est pas plus rencontré 
jusqu'ici, à ma connaissance, que celui de Maimalla, et sa forme 
parait si étrange au premier abord que je n'oserais peut-être pas le 
proposer s'il n'avait semblé acceptable à des savants fort versés dans 
l'onomastique mérovingienne tels que MM_ Longnon et Deloche. 
L'apposition d'un i en avant de l'S suivie d'une consonne est effecti- 
vement un phénomène assez commun à cette époque ; c'est ainsi que 
le pays d'Étampes est nommé dans les diplômes du temps pagus 
Istanpensis ; et l'on trouve dans les premiers siècles de notre his- 
toire plusieurs personnages dont les noms ont une forme analogue, 
sinon semblable, par exemple : 

S. Ismido, évèquede Die, mort le 28 septembre C 1 ) ; un autre Ismido, 
vassal de Guillaume d'Aquitaine, et qui vivait au début du X e siècle ( 2 ) ; 
un Ismundus, abbé ( s ), etc. 

En revanche, on peut objecter que les noms propres commençant 
par la syllabe sma sont bien rares, et, de fait, je ne vois guère à citer 
dans cette catégorie que le nom assez répandu de Smaragdus^). 

Les noms propres commençant par la syllabe mam, sont, je le re- 
connais, plus communs. On peut citer par exemple MammoC), Mammes 
ou Marnas i 6 ), nom porté par plusieurs saints de l'église d'Orient ('), 
Mamelta ( 8 ), Majnertus, nom d'un des archevêques de Vienne les plus 
connus; enfin, et c'est là un argument assez fort, nous trouvons dan s 



(*) Acta SS. Sept., t. VII, p. 846. 

( 2 ) Rec. des hist. de la France, t. IX, p. 711 d. 

( 3 ) Ibid., t. VI, p. 386, 396. 

(*). Smaragdus , dux Romanorum, Rec. des hist. de la Fr., t. IV, p. 90. — 
Sm.iragdus abbas, ibid., t. V, p. 107. — Autre du même nom, ibid., p. 456. 

( 5 ) Mammo, dux Gothorum, Rec. des hist. de la Fr., t. II, p. il\. 

( c ) Ibid., t. XI, p. 482. 

(') Saint Mammès, martyr à Constantinople (voir les Acta SS., au \i juillet, et 
un autre du même nom au 3o juillet). Saint Mammès, à Gésarée de Cappadoce 
(Acta SS., au 17 août). 

( 8 ) Martyre, en Perse, honorée à Constantinople le 17 octobre (Acta SS. Oct., 
t. VIII, p. r .3.) 



— 303 — 

l'antiquité un nom absolument semblable à celui de Maimalla, c'est 
Mai'tMtXoç, nom que portait un des MyrmidonsO, et ce nom s'est 
conservé jusqu'en pleine époque byzantine, car nous le retrouvons 
sous la forme Mâ;j.aXoç, porté par un primicier de la cour de Cons- 
tantinople qui fut chargé, en 781, par l'impératrice Irène, d'une am- 
bassade auprès de Charlemagne (*). 

Ce sont là d'assez fortes raisons pour préférer la lecture Maimalla. 
On ne saurait objecter que la coupure des lignes ne semble pas 
favorable à cette leçon, car il est évident que le lapicide s'est uni- 
quement préoccupé de faire entrer un même nombre de lettres dans 
chaque ligne, et l'on voit dès le début de l'inscription qu'il n'a pas 
hésité, pour atteindre ce but, à couper les mots. 

Peut-on avec plus de raison faire valoir que le datif bonemn/toriis 
est bien étrange accolé à deux noms au nominatif? Mais l'autre lec- 
ture suppose l'accord de l'adjectif masculin bonememoru avec deux 
substantifs féminins, solécisme pour le moins aussi grave. 

Je reconnais même que la faute consistant à faire accorder un 
nom au nominatif avec un adjectif au datif est aussi probable, pour 
ne pas dire plus, que celle qui résulterait de l'accord d'un adjectif 
au masculin avec deux noms féminins. Car si l'on se reporte aux 
inscriptions de l'époque, on constate que l'accord des genres est 
bien mieux observé que l'accord des cas. Ainsi dans le recueil de 
M. Le Blant, on trouve une douzaine d'exemples de l'emploi du même 
adjectif qui nous occupe ici. Or, on n'a pas une seule fois manqué 
de le faire accorder en genre avec le nom de personne auquel il est 
joint. Au contraire, il arrive plusieurs fois qu'il ne s'accorde pas en cas 
et l'on trouve des fautes absolument semblables à celle qu'il faudrait 
supposer dans l'inscription de Doué-la-Fontaine. Ainsi dans un marbre 
conservé à Écully on lit : 

IN HOC TVMVLO REQVIESCIT 
BONE MEMORIO FEILOCALUS. .. etc. < 3) 

Ailleurs, c'est l'accusatif au lieu du datif que l'on accorde avec le 
sujet de la phrase, comme dans cette inscription de Lyon : 

f HOC TVMOLO IACET BONOM MEMORIO M RAPSO. . . etc. ' 4) 



(*) Homère, 77., II, 194. 

(*) Rec. des hist. de la Fr., t. V, p. 187. 

( 3 ) Le Blant, t. I, p. 38. 

W Ibid., t. I, p. i35. 



— 30-4 — 

Ce sont là de bien bons arguments en faveur de la lecture pro- 
posée par M. Michel, et je m'y arrêterais volontiers, n'étaient ces 
trois i consécutifs dont elle ne tient pas compte. On pourrait, il est 
vrai, supposer que le lapicide assez ignorant pour supprimer un N 
dans ANnlS était capable de mettre un I de trop dans Bone memoriis, 
mais c'est une hypothèse extrême à laquelle on n'est en droit de 
souscrire qu'à défaut de toute autre explication plausible. En bonne 
critique on doit toujours s'en tenir de préférence à ce qui est écrit, 
et c'est pourquoi je m ''arrêterai à la leçon Bonememorii Ismaimalla. 

Quant au nom de la seconde des jeunes fdles ensevelies sous la 
pierre de Doué, il prête à peu d'observations. Il appartient à la caté- 
gorie bien connue des noms terminés en fridus, frida, Sigefridus, 
Bertefridus, etc. La substitution de la terminaison en is à celle en a 
est un phénomène commun chez les Mérovingiens tout comme la per- 
mutation de IV et de 17. Il n'est pas nécessaire d'y insister pour 
faire ressortir tout l'intérêt du petit texte que l'obligeance de M. 
Michel m'a mis à même de communiquer au Comité. 

• R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



INSCRIPTIONS ANTIQUES 

RECUEILLIES A TIMGAD ET A DJEMILAH 
Communication de M. de Lasteyrie, membre du Comité. 

Dans le courant de l'année dernière, M. Duthoit, architecte de la 
Commission des Monuments historiques, ayant été chargé par cette 
Commission de divers travaux pour la conservation des belles ruines 
romaines de Timgad et de Djemilah, a eu l'occasion d'exécuter des 
fouilles qui ont amené la découverte de plusieurs inscriptions anti- 
ques. Il s'est empressé d'en faire des dessins et des estampages, qu'il 
a adressés à la Commission des Monuments historiques. Celle-ci les 
a renvoyées à mon examen, et plusieurs m'ayant paru intéressantes et 
inédites, j'ai demandé l'autorisation, qui m'a été facilement accordée, 
de les soumettre au Comité d'archéologie. 



— 305 — 



I 



La première de ces inscriptions a été trouvée au théâtre de Timgad, 
en déblayant la scène. Elle est gravée en belles lettres de o m ,o4 de 
haut, sur une pierre de i m ,20 de hauteur sur o m ,55 de largeur. Le 
texte est encadré d'un triple bandeau. Il est ainsi conçu : 

M E R C V R I O A V G 
S A C R V M 

prosalvTedd| 

NNgSEVERI • ET 

antoninipii 

fortissimiq) 



AVGG'iEÎlVLLE 

avgvsTae • maIi 

AVG§ETcASltCR/M 

L • GERMEVS SLVA 
NVS AVGVRINLAT S 

RPOBHONORE.M 
A V G V R A T V S F3 



XXIMILETCCN 
M E R C V R I V M E X 
S VA LIBERALITA 
TEPOS VITE TOB 
DEDICATIONEM 
LVDOSSCENKsS 
EDI DIT 

Mercurio Aug[usto) sacrum. Pro salute d(ominorum) n(pstrorum) 
Severi et Antonini Pli fortissimiq[ue) Aug[ustorum) et Juliae 
Augustae matri\s] Augiustï) et caslrorum, L. Germeus Silvanus, 
augur, inlatisr(ei) p(nblicae) ob honorem auguratus sestertiis XXI 

mil(llbus) et CC n{ummis), Mercurïum ex sua liberalitate posuit et 
ob dedicationem ludos scenicos edidit. 

Cette inscription appartient au commencement du 111 e siècle. Les 
empereurs qui y sont mentionnés sont Septime Sévère, Caracalla et 
Géta. Le nom de ce dernier a été effacé, comme sur la plupart 
des inscriptions d'Afrique, à la suite de sa mort en 21 2. Primi- 
tivement, le texte de l'inscription devait être ainsi conçu : pro 



— 306 — 

SALVTE DDD I NNN SEVERI • ET | ANTONINI PII j ET SEPTIM1I GETaE 

avggg eT ivliae | avgusTae maTii I avgg, etc. 

Le personnage qui avait élevé ce monument en souvenir de sa 
nomination au titre d'augure et des jeux qu'il avait donnés lors de la 
dédicace du monument, se rencontre pour la première fois, je crois, 
dans les inscriptions d'Afrique. 

II 

La seconde inscription provient également de Timgad. M. Duthoit 
l'a recueillie aux abords de l'arc de triomphe du côté de l'est. Elle 
mesure o m ,8o, de large, sur o m ,-o de haut. Les lettres ont o m ,o65 
de hauteur. Le texte est encadré d'un triple bandeau. La pierre est 
brisée en trois fragments, et deux cassures ont fait disparaître l'angle 
inférieur de gauche et enlevé un petit morceau d'une lettre de la der- 
nière ligne. En voici le texte : 

C V RIAMARCIA 
CVRIALESEIVS 
ASOLO-SVA-P-FE 
CERVNT • IDD 

Caria Marcia. Curiales ejus a solo sua p(ecunia) fecerunt id{emque) 

d(edicaverunt). 

Cette inscription est intéressante, car elle nous donne le nom d'une 
curie jusqu'ici inconnue de la colonie de Thamugas, l'ancienne 
Timgad. On savait déjà que dans cette ville, ainsi qu'à Lambèse, 
à Hippone, et dans la plupart des colonies et municipes d'Afrique, les 
citoyens étaient divisés, comme dans l'ancienne Piome, en un certain 
nombre de curies. Les curies de Thamugas sont mentionnées dans 
une inscription publiée par l'Académie de Berlin C). Mais, jusqu'ici 
on ne connaissait le nom que d'une seule d'entre elles, la cuvia 
Commoda. Il s'est rencontré sur un monument élevé par les membres 
de cette curie à leur patron L. Julius Comicianus Martialinus Eucar- 
pius ( s ). 

L. Renier, qui a découvert cette inscription à Timgad, en i85o,l'a 
publiée pour la première fois dans un mémoire qu'il communiqua, 
en i855, au Comité d'archéologie, et où il explique ce qu'étaient les 
curies et les curiales t 3 ). 

(') Ephem. epigr., t. V. n° 700. 

(*) Corp. inscr. lai., t. VIII, n n ?4o5. 

C) Bull, des Suc. Sav., t. II (i855), p. 241. 



— 307 



III 

C'est encore au pied de l'arc de triomphe de Timgad, du côté 
ouest, que M. Duthoit a recueilli l'inscription que voici. Elle est 
gravée sur la face antérieure d'une base de statue de forme hexa- 
gonale et de o m ,8o de diamètre. Les cinq autres faces du monument 
sont décorées de cannelures. Elle se lit ainsi : 

COXCORDIAE 

A V G G g 

DOMINO R V M 

N N g 

o I.MPPLSEpTni 

s e v e r i e t m x 
relianToxix 1 



11. 



j:, 



PiFEL.VGPARÏîMAX 

B ÏIT M /X G E R j .y G G 

E T I V L I A E A V G 

L LCltfvSOpTAT A 

n v s o b h o x o r e m 
flpp sTaTwsqvas 
exs&xxmncvm 

basbp raeï rle 
g i t i m p o l l c i t v s 

EST • AMpLaTvPEC 



E X S§ X X X V M N 

posviTeasclve 
20 sportvlisdecv r 
daïseT epvl-cvr 
isetlvdisscae 
nicisediti'sde 

D 1 C A V I T 

Concordiae Aug(ustorum) dominorum n(ostrorum) Jmp(erato7 x um) L. 
Sfptiuii[i] Severi et M. Aureli[ï\ Antonini PU Fel{icis) Auy[usti), 
Parth{ici) max(imï), Brit(annici) max(imi), Ger(ma?uci), Au<j{us- 
torum)^) et Juliae Aug(ustae) L. Licinius Optatianus, ob honorent 



(') En effaçant les noms et titres de Géta on a oublié de faire disparaître le 
second G d'ÀVGG, titre qui s'appliquait aux deux frères et qui, dans le texte 
modifié après le meurtre de Géta, devrait être au singulier puisqu'il ne s'applique 
plus qu'à Caracalla. 



- 3U8 - 

fl(aminatus) p(er)p(etui), statuas guas ex s(estértiis) viginti 
m(illibus) n(ummis) cum basîb(us) praeter legitim{am) pollicitus 
est, ampliata pec(unia), ex s(esterliis) triginta quinque m(illibus) 
n(ummis) posuit easque, sportulis decuri(onibus) datis et epulfa) 
curiis et ludis scaenicis editis dedicavit. 

Cette inscription est, comme on le voit, tout à fait analogue à la 
première. C'est un riche habitant de Thamugas, L. Licinius Opta- 
tianus, qui la fit élever à la suite de son élection au titre de flamine 
perpétuel de cette colonie. Elle rappelle les distributions de sportules 
qu'il fit aux décurions, et les repas qu'il offrit aux membres des 
curies, et les jeux publics qu'il donna à cette occasion. Enfin, elle 
nous apprend qu'il avait fait élever à ses frais des statues avec leurs 
bases. Or, c'est précisément sur une des bases ici mentionnées que 
cette inscription est gravée. 

Comme date, ce monument doil également être rapproché du 
premier. Il est, comme lui, antérieur à l'an 212, puisqu'il portait le 
nom de Géta, qui fut effacé et remplacé plus tard par les titres que 
prenait Caracalla. 

Le nom de L. Licinius Optatianus s'est déjà rencontré dans une 
autre inscription d'Afrique que l'on conserve aujourd'hui à Lambèse, 
mais qui provient de Marcouna, l'ancienne VerecundaO. Voici le 
texte de cette dernière : 

MINERVAE 

A VG 
L ■ L I C I N I V S 
OPTATIANVS 
O B H O N O 
REM PONf 
F I C A T V S 



EX IS VICXL 
N F A C I E N 
DAM DED I 
C A N D A M a 
CVRAVIT 



( 4 ) L. Renier, Rec. des inscript, de l'Algérie, n° i4">o. — Corp. inscr. hit., t. VIII, 
n" 4198. C'est peut-être le nom du même personnage, qui se lisait sur une autre 
inscription de Marcouna dont on n'a retrouvé qu'un fragment [Corp. inscr. 
kit., t. VIII, n» 4i86). 



— 309 — 

Rien ne s'oppose à ce que le même personnage, après avoir exercé 
des fonctions sacerdotales à Verecunda, soit venu ultérieurement 
habiter Thamugas et y obtenir le titre de flamine perpétuel, ou inver- 
sement. En effet Y incola d'un municipe était soumis aux charges 
civiques et dans la civitas à laquelle il appartenait et dans celle où 
il était établi comme incola. En revanche il pouvait arriver dans les 
deux aux honneurs, surtout aux honneurs sacerdotaux. 



IV 



La quatrième inscription que j'ai à signaler a été recueillie par 
M. Duthoit, à côté de la troisième, c'est-à-dire au pied de l'arc de 
triomphe de Timgad, sur la face ouest de ce monument. Elle est, 
de même, antérieure à l'an aia, puisque le nom de Géta y a été 
effacé. Malheureusement, ce n'est qu'un fragment, et la partie la 
plus intéressante du texte a disparu. Voici ce qui en reste : 

M A R T 1 A V G 

conservaTo r 

D O M I X O R V M 
X X g I M P P • L S E P 

Timiseveri-eT 
m • a v r e l 1 • a x t o 



xix 1 


PIIFELAVGPARÏÎ 


m/xbrtgermxIatg 

1 










Marti Aug(usto) consei'vatori dominorum n(ostrorum) Impieratorum) 
L. Septimi[i\ Sevwi et M. Aureli\i] Antonini PU Fel(icis) 
Aufjiiisli , Parth(ici) max(imï), Brit(annicï), Ger[manici max(imi . 
\ ug(ustï) 

Cette inscription était placée en pendant de notre n° 3, il est donc 
possible qu'elle ait également appartenu à une des bases des statues 
élevées par L. Licinius Optatianus, d'autant plus qu'elle est encadrée 
d'une bordure en perles allongées, semblable à celle qui encadre la 
précédente. 

Ari.III nl.iM.II . 2\ 



— 310 



Enfin, M. Duthoit a trouvé, en face de l'angle nord-est du forum 
de Timgad, sur le côté nord de la voie romaine dont les restes exis- 
tent en cet endroit, un fragment qui appartient à une grande ins- 
cription dédicatoire, dont Léon Renier avait découvert jadis un pre- 
mier morceau C 1 ). Voici ce texte, dont la plus grande partie peut 
être restituée avec certitude : 

a b 



imp. rues a r e d I A 
nepOTETR AI ANO 
triBYNIC POTES T 
I e g AVG PRO PR PATR 



; I T R A I A N I P A R T H I c I fUio divi nervae 

HADRIANO A V G V S T O pontifae ma.rimo 

AT X COS ÏU PP DD PP 

ONVS COLONIAE DEDICAVIT 



C'est le fragment a que l'on connaissait seul jusqu'ici, le fragment 
f>, que M. Duthoit a retrouvé, contient un détail intéressant, puisqu'il 
permet, à Taide de la mention de la puissance tribunitienne, de déter- 
miner la date du monument. La dixième puissance tribunitienne 
d'Hadrien correspond à l'an 126 de notre ère. Malheureusement, on 
ignore encore le nom du légat propréteur qui était en fonctions à 
cette date, et dont le nom se trouvait sur la troisième pierre qui 
reste à découvrir. 

L'estampage envoyé par M. Duthoit permet de constater avec 
certitude qu'il ne manque que trois lettres en tèle des deuxième, 
troisième et quatrième lignes île l'inscription. J'ai cru devoir, en 
conséquence, modifier légèrement la coupure des lignes admise par 
les auteurs du Corpus i . J'ajoute que la quatrième ligne parait être 
complète. 



VI 

Je laisse de côté une autre inscription recueillie à Timgad par 
M. Duthoit, et que L. Denier avait déjà relevée jadis 1 % et je passe à 
un autre texte qui est encore inédit, et que M. Duthoit a découvert 

[*) Inscript* de l'Algérie, 11" t484> — Corp. inscr. Int.. t. MU, n° ^338. 
(*] Ils ont supposé que la première ligne se terminait au milieu du mot ner~ 
vae, la deuxième ;'i la première syllabe de ma-ximo. 

3 < [fixer, de l'Algérie, n° i5o2i — Corp. inscr. fat., t. VI1Î. n° iï^Q. 



— :U1 — 

à Djemilah, l'ancienne Cuiculum, dans les fouilles qu'il a exécutées, 
en 1886, pour le dégagement de l'arc de triomphe. 

r k o s \ I a ( ' a v g ij g 

D D D .\ .\ .\ 
Q. LVCILIVS CREScen* 
ET Q. LVCILIVS PELVSIV 
SACERDOTES VI S V AD 
MONITI ARAM DE SVO 
FECERVXT DEDICAVE 
RYXTQVE# 

Pro s'/[lute\ Aug(u8torum) d(ominorum) n(ostrorum) Q, Luciliut 
Cre[scens] et Q. Luciliu* Pplusiu^s) sacerdotes vi$u admoniti aram 
de suo fecerunt dedicaveruntqup. 

Cette inscription est gravée sur un bloc de o ,n .:i5 d'épaisseur, 
o m ,3o de hauteur et o m ,b- de largeur, en comprenant les moulures 
qui encadrent le texte, les lettres ont o"\o3 de hauteur. 



Vil 

Enlin, voici une dernière inscription découverte par M. Dulhoit 
aux abords de Tare de triomphe de Djemilah. Elle est gravée sur un 
bloc de i m ,oi de hauteur, sur i m ,oi5, et forme la première moitié 
d'une inscription qui devait être gravée sur deux pierres juxtaposées, 
car celle-ci n'est pas brisée, mais coupée net. Les lettres ont o m ,07 
de hauteur, le texte est entouré d'un cadre de moulures de o m ,09. 
Cette inscription doit être lue ainsi : 

probe a titv dîne temporum ' 
dd xx & V A LE N Tl niani et valen 

T I S S E M P E R A V G V Storum bttsilt 

C A M V E S T I A R I A M de SUO r ljn s 
T R V X I T D E D I C A V I T que Fublilius 
C A E I O X I V S C A E C I X « AlbittUS C. C. 
COXSVLARIS SE Xfasc. provin 
C I A E X V M I D I A E C V R antt ac propri 
O SVMPTV PERFICIEXTe 

1 Ou secuh. 



- 312 — 

Les parties manquantes peuvent être restituées pour la plupart 
avec certitude, carie personnage qui a élevé le monument est assez 
connu. Son nom se retrouve dans une série d'autres inscriptions 
découvertes à KenchelaO, à Timgad.% à LambèseC 8 ), à Ksour-el- 
Amar (*), à Constantine (*) et à Stora^. Il ne peut y avoir d'hésitation 
que pour les deux dernières lignes, et pour le mot qui termine la 
troisième. J'ai supposé basiliGAM, parce que le mot convient à mer- 
veille à l'espace qu'il s'agit de remplir, et que je n'en vois pas d'autres 
d'un même nombre de lettres, satisfaisant à la fois au sens et à la 
terminaison cam qui subsiste en tête de la quatrième ligne. Une 
basilica vesflaria devait être une sorte de marché couvert où l'on 
vendait des habits. M. Gagnât pense, avec raison, que ce devait être 
quelque chose d'analogue au souk des villes arabes. 

Quant à la fin des deux dernières lignes on ne peut la restituer avec 
certitude. Mais le petit nombre des lettres qui manquent ne permet 
guère de supposer un nom de personne, car il faudrait qu'il n'eut 
qu'une douzaine de lettres en tout, ce qui est bien peu, à moins 
d'admettre des abréviations invraisemblables. La restitution que je 
propose semble indiquée par le sens; et elle a du moins le mérite 
d'exiger exactement le même nombre de caractères que les autres 
bouts de lignes de l'inscription. Il faut sans doute restituer après le 
dernier mot la formule l-d-d-d, ou autre analogue. 

Les excellents estampages que M. Duthoit a faits de toutes les 
inscriptions qui précèdent sont actuellement déposés dans les Ar- 
chives de la Commission des Monuments historiques. Il est à sou- 
haiter que les autres architectes, attachés au même service, suivent 
l'excellent exemple qu'il a donné en cette circonstance, et relèvent 
avec le même empressement et le même soin les monuments épigra- 
phiques de tout genre que leurs travaux peuvent leur faire rencontrer. 

R. de Lasteyrie, 
Membre du Comité. 



4 ! Corp. inscr. la t., t. VIII, n° 224:!. 

■J Ibid., n" '1388. 

• 3 J Ibid., n° 2656 et 2735. 

I*) Ibid., n°47«7. 

i 5 ) Ibid., 11° 697;*). 

[•) Ibid., n° 7970. 



— 313 — 

MARQUES DE TACHERONS 

RELEVÉES SUR LES MONUMENTS DE VERDUN 

Rapport de M. Bœswillwald, «m un*- communication de H. Liénard. 

Les marques de tâcherons, relevées par M. Liénard à la cathé- 
drale de Verdun, sur les parements des tours d'escaliers, dites 
tour du Lion et tour de la Porte- Saint- Jean, ainsi que sur ceux 
d'un reste de tour existant dans la citadelle de cette ville, et ayant 
fait partie de l'église abhatiale de Saint-Vanne, aujourd'hui détruite, 
ne se rencontrent dans ces monuments que dans les constructions du 
xii e siècle. 

Ces marques consistent en tracés de figures géométriques diverses, 
de croix, d'étoiles à six branches, de crosses, de clefs aux formes 
variées, de truelles, de marteaux, de haches, de glaives, de poignards, 
de fers de lance, d'animaux : oiseaux, poissons et quadrupèdes. 

La plupart de ces signes se trouvent reproduits à plusieurs reprises; 
quelques pierres portent à la fois plusieurs marques distinctes; 
d'autres en sont totalement privées. 

Pour ces dernières, M. Liénard pense que le tâcheron n'apposait 
sa griffe que sur Tune des pierres du groupe résultant de l'ensemble 
de son travail. Tel n'est pas notre avis ; à côté des tâcherons il y avait 
des ouvriers payés à la journée, et qui, pour cette raison, n'avaient 
pas besoin de donner un signe particulier à leurs pierres. 

D'un autre côté, plusieurs de ces marques se rencontrent simulta- 
nément à la cathédrale et à la tour de l'église Saint-Vanne, ce qui 
fait croire à M. Liénard que ce sont les mêmes tâcherons qui ont 
travaillé et à la cathédrale et à Saint- Vanne. Cette supposilion peut 
être contestée, car des signes identiques à ceux relevés par M. Lié- 
nard se rencontrent dans des monuments du Midi, tels que le Palais 
des Papes, à Avignon; dans le Nord, au château de Coucy et, dans 
l'Est, à la cathédrale de Strasbourg, postérieurs, il est vrai, au 
xii e siècle, mais cependant contiés à des tâcherons différents. 

En résumé, la communication de M. Liénard, offre un certain 
intérêt. Il y a lieu d'en remercier l'auteur, et de la classer dans les 
Archives du Comité où elle pourra être consultée avec fruit. 

E. Bœswillwald, 

Membre du Comité. 



314 



INSCRIPTION ROMAINE 

TROUVÉE DANS LA COMMUNE DE CHAGNON (LOIRE . 
Note de M. Héron de Villefosse, membre du Comité. 

Je dois à M. F. Thiollier l'envoi d'une photographie que j'ai l'hon- 
neur de déposer sur le bureau du Comité. Elle représente une ins- 
cription romaine, récemment découverte dans l'arrondissement de 
Saint-Étienne, sur le territoire de la commune de Chagnon, canton 
de Rive-de-Gier (Loire). 

Cette inscription intéressante est gravée sur une pierre rectangu- 
laire et encadrée de moulures. Elle a été découverte au mois d'avril 
près de l'aqueduc romain qui conduisait à Lugdunum les eaux de la 
chaîne du mont Pilât. Elle a été relevée, aussitôt après sa découverte, 
par M. Aug. Chaverondier O, archiviste du département de la Loire, 
et par M. F. Thiollier, qui en a exécuté la photographie ci-jointe : 



EX • 


avcToriTa! 


IMP 


• CAES • 


"R. 


V I A 


N I 


• H A D R 


I 


a ri 


A V 


G • N E M I 


N I 


A R 


A N D I • 


S 


E R 


E N 


D I • P 


A 


N G 


E N 


D I V E 


I 


V S 


E S T • ixl 


\ • 


I D 


S P 


A T I V M 


• 


A G 


R I 


Q. V O D 


T 


V "Ê 


L A 


E D V C 


T 


V S 


D E 


S T I N A 
EST 


T 


V M 



£'x auctoritate imp(eratoris)lCaes(aris) Trajani Hadriani Atig(iisti). 
Nernini arandi, serendi pangendive jus est intra id spafium agn 
quod tutelae ductus destinatum est. 



M Voir le Mémorial de la Loire, du i mai 1887, et une Note rectificative de 
M. A. Chaverondier dans l'opuscule intitulé Une inscription lapidaire. 



— 315 — 

Comme on le voit, il .s'agit d'un acte de l'autorité impériale règne 
d'Hadrien), par lequel il était défendu de labourer, de semer ou de 
planter dans un espace de terrain affecté à la protection de l'aqueduc. 
Cette défense devait être répétée de distance en distance, sur d'autres 
pierres, le long du parcours de l'aqueduc. Elle indique l'existence 
d'une zone de protection, inculte, dont l'établissement avait pour but 
de rendre la surveillance plus facile et d'assurer la conservation des 
travaux d'art, des conduits ou des constructions. On conçoit facile- 
ment que les racines d'un arbre, en s'insinuant dans les murs, les 
eussent fait dévier ou eussent dérangé l'aplomb des tuyaux; les tra- 
vaux agricoles, s'ils avaient été tolérés, auraient également nui à 
l'aqueduc. 

Frontin, dans son traité des Aqueducs de Rome ' , nous a conservé 
le texte d'un sénatus-consulte qui est le meilleur commentaire de 
cette inscription. Après avoir constaté que la plupart des dégrada- 
tions des aqueducs proviennent de la cupidité des propriétaires des 
champs voisins * , il rappelle que, pour obvier à tous ces inconvé- 
nients, le sénalus-consulte suivant a été rendu : 

« Sénatus-consulte. Les consuls Q. .Elius Tubéron et Paulus 
Fabius Maximus "' ayant parlé au Sénat sur ce que les chemins qui 
devaient régner le long des aqueducs amenant l'eau dans la ville 
se trouvaient interceptés par des monuments, des édifices et des 
plantations d'arbres, ont demandé au Sénat ce qu'il lui plaisait d'or- 
donner à ce sujet; sur quoi il a été arrêté : Que, pour faciliter les 
réparations des canaux et conduits, sans lesquels ces ouvrages publics 
seraient bientôt dégradés, il leur plaisait qu'il y eut, de chaque côté 
des fontaines, murs et voûtes des aqueducs, un isolement de quinze 
pieds. Quant aux conduits qui sont au-dessous de terre, et aux 
canaux qui sont dans l'intérieur de la ville, où se trouvent des édi- 
fices, il suffira de laisser un espace libre de cinq pieds de chaque 
côté. De sorte qu'à l'avenir il ne sera plus permis de construire des 
monuments ni des édifices, ni de planter des arbres qu'à cette dis- 
tance. Les arbres qui existent actuellement dans cet intervalle seront 
arrachés, à moins qu'ils ne soient renfermés dans quelque domaine 
ou dans quelque édifice. Que si quelqu'un contrevient en quelque 
chose à ce qui vient d'être prescrit, il sera condamné à une amende 



" De aquxductibus urbis Ronue commentarius, CXXVI à CXXX. 
-) Qui, dit-il, interceptent tout accès ;'i la surveillance, novissime aditus ad 
rt'TELAM prsecludunt. 
(s) ç e génatus-consulte est de l'an ilo Rome 743 = n av. .!.-<:. 



— 316 — 

de dix mille sesterces, dont la moitié sera donnée comme récompense 
au dénonciateur, après qu'il aura convaincu le contrevenant du fait 
dont il l'accuse; l'autre moitié sera remise dans le trésor public : ce 
sont les administrateurs des eaux qui connaîtront de ces délits et 
qui les jugeront. » 

Malgré ces prescriptions, les dégradations continuèrent et, pour 
remédier aux nombreux abus qui se commettaient journellement 
contre la propriété commune, deux ans plus tard, en 745 de Rome 
= 9 av. J.-C, le consul T. Quinctius Crispinus fit passer une loi 
qui édictait des peines sévères contre les coupables. Dans le texte 
reproduit par Frontin (') on remarque la prescription suivante : 

« .... Si quelqu'un forme une clôture auprès des canaux, des 
conduits souterrains, des voûtes, des tuyaux des châteaux d'eau ou 
des réservoirs dépendant des eaux publiques qui sont ou seront 
conduites à l'avenir dans la ville de Rome, à l'exception de ce qui 
sera autorisé par cette loi, il ne pourra rien opposer, ni construire, 
ni obstruer, ni planter, ni établir, ni poser, ni placer, ni labourer, ni 
semer, ni rien faire de ce qui est défendu par la loi dans l'espace 
qui doit rester libre, à moins que ce ne soit pour le rétablissement 
des aqueducs ( s ) . . . Les curateurs des eaux auront soin de ne souf- 
frir aux environs des sources, des voûtes, murs, canaux et conduits 
souterrains, aucuns enclos, arbres, vignes, buissons, haies, murs de 
clôture, plantations de saules, ni de roseaux ; ils doivent faire enlever, 
arracher, déraciner ceux qui s'y trouvent... » 

La formule « jus ducendœ tuendseqae aquse », est employée par 
Frontin pour indiquer l'ensemble de la législation des eaux destinée 
« ad cohibendos intra modum impetrati beneficii privatos et ad 
ipsorum ductuum tutelam ». Comme le fait remarquer M. R. Lan- 
ciani , les documents que Frontin cite dans les chapitres xciv à 
cxxx constituent un véritable « Corpus juris aquarum ». 

Hadrien ne fit donc qu'appliquer ou remettre en vigueur la loi 
votée sous Auguste. 

A Venafro, dans le Samnium, on a découvert une inscription C 3 qui 
offre une certaine analogie avec celle de Chagnon, et qui remonte, 



1 CXXIX. 

-' « Ne quis in co loco post hanc legem rogatam quid uppunilo, molitu. 
ubsepito, figilo, statuito, ponito, eonlocato, arato, serito; neve in eum quiii 
immittito. 

J Corp. /user, lutin., 1. X. il" \&!fi. 



— 317 - 

comme les documents rites par Frontin, aux premiers temps de 
l'Empire. 

IVSSV • [MF • CAESARIS 

AVGVSTI • CIRCA > EVM 
RÏVOM • Q.VI • AQ.VAE 
DVCEXDAE ■ C A V S A 
FACTVS • EST ■ OCTONOS 
P E D • A G E R • D E X T R A 
S I N I S T R A a • VACWS 
RELICTVS • EST 

Ces explications permettent de comprendre l'expression tutela 
duc tus, et font nettement ressortir l'importance de cette tutda ' . 

Dans une inscription trouvée à Marigny-Saint-Marcel (Haute- 
Savoie) '* , et qui ne nous est connue que par de mauvaises copies, 
d'ailleurs fort incomplètes, on rencontre le mot TVTELA qui doit se 
rapporter aux conduits d'un aqueduc, car, dans une autre portion 
du texte, il s'agit de bains publics et des eaux qui les alimentaient. 

A ni. Héron de Villefosse, 
Membre du Comité. 



I 1 ' Sur la tulela aqtue, voir une inscription de Pola, Corp. inscr. latin., t. V. 
n° 47- — Cf. le décret d'Auguste relatif à l'aqueduc de Venafrum, Corp. inscr. 
latin., t. X, n° 4^4'- 2 > e t ' e cn - XCYIIII de la lex colonùe Genetivs Juliœ, dans 
VEph. epigr., t. II, p. 1 1 1 . — Sur le régime des eaux chez les Romains, voir sur- 
tout R. Laneiani, Topografia di Roma antica. I comentarii di Frontino intorho 
le acque e gli aquedotti, Roma, 1880, in-4- 

- Allmer, Inscriptions antiques de Vienne, n° a3a. 



REUNION ANNUELLE 

DES DÉLÉGUÉS DES SOCIÉTÉS SAVANTES 

A LA SORRONNK- 



SÉANGE GÉNÉRALE D'OUVERTURE 



PRESIDENCE DE M. LEOPuLli DELISLE 

La vingt-cinquième réunion des Sociétés savantes s'est ouverte, 
le mardi 3i mai 1887, à midi et demi précis, dans le grand amphi- 
théâtre de la Sorbonne, sous la présidence de M. Léopold Delisle, 
membre de l'Institut, président de la Section d'histoire et de philo- 
logie du Comité des travaux historiques. 

Étaient présents : 

MM. Gréard, l'amiral Jurien de La Gravière, Levasseur, Mascart, 
Carnot, Chabouillet, Milne-Edwards, de Rozière, Ed. Le Blant, Xavier 
Charmes, A. de Barthélémy, Alexandre Bertrand, de Montaiglon, 
Héron de Villefosse, Maspéro, Gazier, Tranchant, Maunoir, Bouquel 
de La Grye, Himly, Lyon-Caen, Flach, Joret-Desclozières, Servois, 
Guiflïey, de Lasteyrie, de Marsy, Buhot de Kersers, l'abbé Arbellot, 
Léon Maître, Seré-Depoin, Robert Mowat, A. de Dion, Joseph Roman, 
E. Lefèvre-Pontalis, Borrel, etc., etc. 

M. le Président, prononce l'allocution suivante : 

Messieurs, 

« Appelé cette année à l'honneur d'ouvrir le Congrès des Sociétés 
savantes, je m'applaudis d'avoir à vous souhaiter la bienvenue au 
nom du Comité des travaux historiques et scientifiques. 

C'est aujourd'hui la vingt cinquième fois que nous nous réunis- 
sons dans cette enceinte pour nous entretenir de nos études com- 
munes, pour constater les progrès accomplis, pour nous entendre sur 
des plans de travail et sur le moyen de tirer le meilleur parti de nos 






— 319 — 

observations el de nos découvertes dans l'immense domaine de la 
philologie, de l'histoire, de l'archéologie, de la géographie, de 
l'économie politique et sociale, et des sciences mathématiques, phy- 
siques et naturelles. 

« Nos réunions, dont la date a dû être modifiée, ne seront ni moins 
intéressantes, ni moins fructueuses que par le passé. Mais, pour en 
apprécier l'importance, il ne faut pas s'en tenir aux procès-verbaux, 
si exactement tenus par MM. les Secrétaires. En dehors des séances 
officielles, que d'idées fécondes naissent et se développent dans les 
conversations intimes qui s'engagent entres les membres du Congrès! 
Que d'éléments de travail vous savez puiser, Messieurs les délégués 
des départements, dans la visite, même rapide, des musées, des biblio- 
thèques et des laboratoires de Paris ! Mais, en retour, quels précieux 
renseignements vous nous apportez sur une foule de questions dont 
vous avez préparé et souvent trouvé la solution par de patientes 
recherches et d'ingénieux rapprochements! 

«. C'est ainsi que nous avons tous à gagner dans ces réunions, où se 
donnent rendez-vous tant d'hommes de science et de bonne volonté; 
animés d'un seul désir, celui de faire avancer des études qui se lient 
au progrès de la civilisation et qui contribuent à la grandeur du pays. 

« J'ai l'honneur de déclarer ouvert le Congrès des Sociétés savantes- 
En conséquence, je vous invite, Messieurs, à vous rendre dans les 
salles affectées à chacune des sections. Vous pourrez dès aujourd'hui 
y installer vos bureaux et régler l'ordre des lectures, des communi- 
cations et des discussions. » 

M. le Président donne ensuite lecture de Tarrêté ministériel qui 
constitue les bureaux des cinq sections du Congrès. 

Le bureau de la Section d'archéologie est ainsi composé : 

M. Edmond Le Blant, membre de l'Institut, président; 

MM. Chabouillet et Anatole de Barthélémy, vice-présidents ; 

M. de Lasteyrie, secrétaire, assisté de M. Eugène Lefèvre-Pontalis. 

M. le Président du Congrès invite chaque section à se retirer dans 
le local qui lui est affecté. 

La séance générale est levée à une heure. 



SÉANCE DU MARDI 31 MAI 1887 



PRESIDENCE DE M. EDMOND LE BLANT 

La séance est ouverte à une heure et quart. 

MM. Buhot de Kersers et de Marsy sont nommés assesseurs pour 
la durée du Congrès. 

M. Buhot de Kersers, membre de la Société des Antiquaires du 
Centre, en réponse à la première question du programme relative aux 
cimetières à incinérations, signale la découverte d'un ancien cimetière 
à Pougues. Il ne peut affirmer toutefois avec certitude qu'on y ait 
constaté des incinérations. 

M. de Marsy, directeur de la Société française d'archéologie, à 
propos de la seconde question relative aux monuments helléniques 
conservés dans les musées de province, dit quelques mots de deux 
inscriptions grecques conservées au musée de Compiègne et au musée 
de Clermont-sur-Oise. 

M. Borrel, membre de l'Académie de la Val d'Isère, répond à la 
troisième question du programme relative aux bornes milliaires et 
aux voies antiques de la Gaule, par un long mémoire dans lequel il 
décrit les vestiges encore existants de la voie romaine qui conduisait 
de Milan à Vienne en Dauphiné à travers les Alpes Grées, la Taren- 
taise et la Savoie. Cette voie franchissait les Alpes au col du Petit- 
Saint-Bernard. On a découvert au sommet du col les restes d'une 
construction dans laquelle M. Borrel croit qu'on doit reconnaître une 
mansio romaine, c'est-à-dire un établissement servant à la fois de 
relais, d'hôtellerie et de poste militaire. C'était un bâtiment en briques 
et en moellons, recouvert de tuiles. Il était formé de plusieurs salles 
carrelées, groupées autour de deux cours. Cette construction devait 
être à deux étages. M. Borrel en a soigneusement relevé le plan qu'il 
soumet au Congrès en même temps que des échantillons des mortiers 
et des enduits qu'il a ramassés sur les lieux. 



— 321 - 

Après avoir traversé le Petit-Saint-Bernard, la voie romaine se 
dirigeait vers Bourg-Saint-Maurice. Elle était bordée de tombeaux, 
d'inscriptions, peut-être de temples; et l'on voit encore taillées dans 
les rochers, au milieu desquels elle est creusée, des niches où étaient 
sans doute placées des statuettes de Mercure, dieu prolecteur des 
voyageurs. Le passage de la voie dans les gorges de l'Isère, avait 
donné lieu à de véritables travaux d'art, notamment à des murs de 
soutènement dont on voit encore la trace. La traversée du défilé d'Ai- 
gueblanche était un des points les plus remarquables, la route y était 
entièrement taillée dans le roc. M. Borrel fait circuler des photogra- 
phies qui montrent les restes encore apparents de cette voie, et des 
dessins dans lesquels il a reproduit les inscriptions les plus impor- 
tantes que l'on ait trouvées le long de la voie. 

M. Mowat demande où sont conservées ces inscriptions et si les 
murs de la mansio sont encore visibles. 

M. Borrel répond en indiquant l'emplacement actuel de toutes les 
inscriptions dont il a parlé. Quant aux ruines de la mansio, il les a 
complètement dégagées et elles sont encore à découvert. 

M. Guignard dit quelques mots d'une voie romaine du départe- 
ment de Loir-et-Cher, le long de laquelle on aurait fait des découvertes 
analogues à celles dont il vient d'être question. 

La quatrième question du programme relative aux monuments de 
l'Afrique romaine, ne donne lieu à aucune réponse. 

M. Joseph Roman, à propos de la cinquième question, relative aux 
renseignements que les archives des notaires peuvent fournir pour 
l'histoire de l'art, communique une liste d'architectes, de peintres et 
de sculpteurs, ayant travaillé en Dauphiné auxxiv e , xv et xvi c siècles. 
Ces artistes, dont les noms se sont conservés dans les minutes des no 
taires de la région, ont travaillé aux églises, aux remparts des villes 
et aux divers monuments du pays. M. Boman a retrouvé plusieurs 
œuvres de l'un d'eux, un certain Bemi P'atin, qui signait ses travaux 
sous la forme d'un rébus représentant les trois notes de musique 
correspondant aux trois premières syllabes de son nom. 

M. Thellier, vice-président de l'Académie Champenoise, lit une 
note en réponse à la sixième question du programme, relative aux 
musées archéologiques de province. 

Une courte discussion s'engage à la suite de cette lecture sur le 
mode de classement qu'il convient d'adopter dans les musées de pro- 
vince. 



— 322 — 

M. de MahsTî ne croit pas qu'il convienne de suivre partout le même 
ordre. Ainsi l'ordre chronologique, s'il était imposé d'une façon sys- 
tématique, empêcherait souvent de grouper ensemble les productions 
locales ; or, c'est là ce qui offre le plus d'intérêt dans la plupart des 
collections provinciales. 

M. Mowat insiste sur la nécessité de dresser des catalogues au 
moins sommaires, des musées de province, et de tenir ces catalogues 
au courant. 

Personne ne demandant plus à répondre aux questions du pro- 
gramme' , M. le président annonce qu'il va donner la parole aux 
personnes qui se sont fait inscrire au début de la séance. 

M. des Méloizes lit un mémoire sur les vitraux de la cathédrale 
de Bourges postérieurs au xin e siècle <>*). Il soumet en même temp.-D 
au Congrès une nombreuse suite de dessins représentant les plus ca- 
ractéristiques de ces vitraux. 

M. Buhot de Kersers fait ressortir l'exactitude et le mérite des 
dessins de M. des Méloizes. 

M. le président s'associe à ces observations et se fait l'interprète de 
la réunion en remerciant M. des Méloizes de cette importante com- 
munication. 

M. Léon Maître, archiviste du département de la Loire-Inférieure, 
lit une étude sur différentes figurines de Vénus en terre blanche, 
dont on connaît actuellement treize exemplaires, tous recueillis dans 
l'Ouest. 11 les décrit successivement en faisant remarquer les traits 
communs qui les rattachent à un prototype unique dont l'empreinte 
ne rappellerait en rien, d'après lui, les divinités grecques ou romaines. 
M. Léon Maître a découvert à Fégréac (Loire-Inférieure) un exem- 



i 1 ) M. l'abbé Desnoyers, conservateur du musée d'Orléans, avait envoyé un 
mémoire au Congrès, mais ta personne à laquelle il avait remis ce mémoire, 
n'a pu, par suite de circonstances indépendantes de sa volonté, en donner 
lecture. Ceci prouve combien il est nécessaire que les personnes qui veulent 
faire des communications au Congrès, aient toujours soin d'envoyer leurs 
manuscrits au Ministère quelques jours avant l'ouverture des réunions. Ils 
seront inscrits à l'ordre du jour et le bureau veillera à ce qu'il en soit donné 
lecture, dans le cas où, par une raison quelconque, l'auteur, ou le confrère 
qu'il aurait chargé de le représenter, ne pourrait assister au Congrès. H. L. 
-) Voir ci-après, p. 07'î, !<■ texte de ce mémoire. 



— 323 — 

plaire de cette figurine qui appartient à la catégorie la plus rare ; 
il porte au dos l'inscription suivante : 

REXTVGENOS SVLLIAS AVVOT 

Cette même inscription se lit sur trois autres exemplaires, tandis 
que sur trois encore, on ne trouve que le premier mot qui est le nom 
du fabricant. AVVOT est un verbe qui équivaut au latin fecit. Il s'est 
rencontré ailleurs et ne peut laisser de doutes. Quant au mot 
SVLLIAS, il n'a pas encore été interprété. M. Maître pense que c'était 
le nom du lieu où se trouvait l'atelier de Rextugenos. Il existe dans 
le Loiret une localité nommée Neuvy-en-Sullias. Elle est voisine des 
gisements d'argile blanche qui servent encore aujourd'hui à fabriquer 
la poterie de Gien. Il est à présumer que c'est là le lieu d'origine de 
cette série de Vénus, et que la Bretagne ne doit pas s'en attribuer la 
provenance, bien que cette province ait eu au in' siècle une ville 
nommée Sulis. 

M. Héron de \ illeiosse demande à ajouter quelques mots aux 
observations que vient de présenter M. Léon Maître : 

« Il existe trois classes différentes des produits estampillés du 
potier Rextugenos, sur lesquelles les inarques sont toujours en relief, 
mais qui se distinguent entre elles par la façon dont les estampilles 
sont composées : 

i° La série mise en lumière par M. Ch. Robert avec la marque 
REXTVGENOS ' . Nom du fabricant seul; 

■2 e Un fragment trouvé à Breteuil, en Picardie, vers 1802; portion 
d'une figurine en terre cuite blanche, sur lequel le nom du potier est 
mutilé : [Rextugen]OS AVVOT * . Nom du fabricant suivi d'un mot; 

.'i° Les figurines de Caudebec et de Fégréac avec la marque REX- 
TVGENOS SVLLIAS AVVOT ' . Nom du fabricant suivi de deux 
mots. 

On m'objectera que sur le fragment de Breteuil le nom propre à 
restituer, dont on n'a que la terminaison, peut être aussi bien 
St/rvill~\v* ou tout autre nom en us. Je le concède; cela n'infirme 

1 Herue des Sociétés savantes, 6 e série, t. VU ^1878), Malice sur une statuette 
de terre cuite. 

(■) Il a été publié d'après un croquis trouvé dans les dessins d'Edouard 
Heaucousin, par le comte d'Allonville, Dissertation sur les camps romains du 
département de la Somme, p. [84, et pi. Y, n° 44- 

3 ) Sur la statuette de Caudebec un point est très visible entre les dens branches 
du premier v. 



— :jt>i — 

en rien la thèse que j'ai à soutenir. Ce que je veux démontrer, c'est 
que les inscriptions de Caudebec etdeFégréac renferment trois mots : 
i n Rextugenos, nom du fabricant; 2 sullias; 3° auvot. 

Les deux derniers mots sont inexpliqués. Je laisse de côté le mot 
sullias, et je m'attacherai seulement à chercher la signification du 
terme auvot. Il est bien certain que ces lettres AVVOT forment un 
mot complet, indépendant de SVLLIAS, puisqu'on le trouve seul 
après le nom du fabricant sur le fragment de Breteuil. 

Les savants qui ont étudié les marques de potiers romains ont 
constaté que les produits estampillés de l'époque romaine peuvent se 
diviser en deux catégories : i° ceux qui portent le nom du potier au 
nominatif; 2 ceux qui portent le même nom au génitif. 

Les premiers (au nominatif) présentent le nom du fabricant seul 
ou accompagné du verbe fecit en toutes lettres, ou en abrégé fe. ouf. 
— Les seconds (au génitif) sont ordinairement suivis des mots offi- 
cina ou manu, soit en toutes lettres, soit en abrégé. 

Rextugenos est au nominatif; c'est un nom de fabricant; il fait 
partie de la légende d'une marque de fabrique ; il est donc probable- 
ment suivi d'un verbe ayant le sens de fecit. 

M. le docteur Plicque a bien voulu me communiquer plusieurs 
marques qu'il a relevées lui-même sur les poteries de Lezoux (Puy- 
de-Dôme). A l'aide de ces marques et d'autres connues, on peut 
dresser le tableau suivant : 



RVTEN FECIT Rttten (us) fecit 
RVTEN • FE Ruten(us) fecit 

tlavvs • F Flavus f(ecit 



SACRILLOS AVOT SocHllOS ÛVOi ' 

RVTEN vs AV Rutenus av(ot) 
TOGO S • A Tngos a(vot) 



Il parait hors de doute que les mots et sigles fecit, fe., /"., corres- 
pondent exactement aux mot et sigles arot , ar. et a. Les premiers sont 
employés sur les poteries dont l'estampille est rédigée en latin, les 
seconds sur ceux dont l'estampille est rédigée en gaulois ou dans 
un idiome dérivé du gaulois. Il en résulte que le mot auvot (ou 
avot) est un verbe et qu'il a le sens de fecit. 

Sur l'arc de triomphe d'Orange, du côté sud regardant la ville, 
au-dessus de la petite porte de droite, dans l'espace compris entre la 
colonne cannelée, placée à l'angle de l'arc et l'arcade qui surmonte 
la porte, on remarque un bouclier gaulois décoré au centre d'un 



1 Cette marque se trouve sur un moule à statuettes du musée de Moulins: 
>llc ;i été publiée par Tudot, Collection de figurines enargile. 



— 325 — 

umbo ovale, accosté de quatre torques en creux. Au-dessus du 
bouclier, dans un petit cartel, on lit. le nom gaulois : 



b o\\ d I l l v s 



N 



A la partie inférieure du même bouclier, dans un cartel semblable, 
on lit : 






AV OT 



Kl 



Dans les exemples que j'ai signalés tout à l'heure, le terme auvot 
ou avot est toujours précédé d'un nom propre. Il me parait donc 
certain que ces deux mots, placés sur le même bouclier, ne doivent 
pas être séparés, et je suis persuadé qu'il faut lire Boudillus avot et 
traduire Boudillus fecit. Nous aurions donc là le nom d'un des 
ouvriers, un sculpteur probablement, chargé de la décoration du 
monument». 

M. Moyvat, ajoute quelques mots à l'appui de cette dernière 
observation. 

M. Buhot de Kersers rend compte de la découverte d'une épée 
en fer trouvée à Lunery (Cher). Cette épée est d'un type fort curieux ; 
elle fournit un argument nouveau pour réfuter une erreur archéolo- 
gique trop longtemps accréditée, et qui consiste à contester l'exacti- 
tude des récits de Tite-Live sur l'importance du rôle joué par les 
Bituriges dans les grandes invasions gauloises, en se fondant sur le 
petit nombre d'objets gaulois trouvés jusqu'ici en Berry. M. Buhot de 
Kersers saisit cette occasion pour passer en revue les principales dé- 
couvertes de ce genre faites en Berry depuis vingt ans, et qui sont 
plus nombreuses qu'on ne le croit habituellement ('). 

M. de Baye insiste sur l'intérêt de la communication de M. Buhot 
de Kersers ; l'épée qu'il vient de décrire est d'un type très archaïque, 
or elle a été trouvée avec un rasoir de bronze et un collier de bronze, 
elle semble donc appartenir à une époque de transition entre l'époque 
du bronze et celle du fer. 

M. Grassoreille lit plusieurs documents qui montrent les diffi- 
cultés que Mariette eut à surmonter pour mener à bonne fin les fouilles 
qu'il avait entreprises en Egypte. M. Bàtissier, consul de France, 
l'aida à triompher des difficultés de tout genre qui lui furent suscitées, 

f 1 ) Voir ci-après, [). 35<), le mémoire de M. Buhot de Kersers. 

Archéologie. 22 



— 326 — 

et grâce à son entremise, Mariette put faire transporter au Caire les 
objets destinés à former le noyau du célèbre musée de Boulacq. 

M. Veuclin fait une communication sur des feuillets de parche- 
min qu'il a trouvés en dépouillant une ancienne reliure du xvi e siècle. 
Cette reliure contenait des fragments d'une grammaire latine, d'un 
incunable, de poésies latines du xf siècle, d'un roman français, etc. 
L'un des feuillets donne le nom d'un libraire de Chartres au xv c siècle, 
Simon Picot. 

La séance est levée à quatre heures et demie. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

R. DE Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



SÉANCE DU 1" JUIN 1887 



PRESIDENCE DE M. A. DE BARTHELEMY 

Lu séance est ouverte à neuf heures. 

M. Lièvre, membre de la Société archéologique et historique de la 
Charente, lit un mémoire sur les constructions romaines connues 
sous le nom de piles. Il décrit les piles d'Ébéon, de Pirelonge et de 
Cinq-Mars et signale divers monuments du même type dans la Cha- 
rente, l'Ariège et la Haute-Garonne. On a fait de nombreuses con- 
jectures sur la destination de ces monuments, mais on n'a pas assez 
insisté sur leurs noms actuels et anciens. Ils sont désignés sous le 
nom de fanum dans les actes, et s'appellent encore aujourd'hui fa ou 
fanlau. Toutes ces piles se composent d'une masse compacte de 
pierres de petit appareil ; on peut donc les considérer comme des 
tours pleines. Elles ne se trouvent pas sur le bord des voies romaines, 
et se rencontrent au contraire dans des endroits isolés, au milieu des 
champs. M. Lièvre suppose que les piles, sont des monuments con- 
sacrés à des divinités gauloises et se refuse à admettre qu'elles aient 
été élevées par les Romains. Elles sont, à son avis, la dernière ex- 
pression du culte, dont les menhirs étaient destinés à rappeler le 
souvenir. 

M. Bouchard donne lecture, au nom de M. Esmonnot, récemment 
décédé, d'une note sur un puits antique, trouvé à Isanghy (Saône- 
et-Loire). Ce puits très profond, construit en pierres sèches, était 
peut-être un puits funéraire. 

M. Lièvre dit avoir rencontré des puits du même genre dans les 
environs de Jarnac. Ils étaient remplis de fragments de poteries et 
de débris culinaires. Il en a conclu que ces puits étaient destinés à 
servir de décharges publiques pour les habitations, et suppose que le 
puits décrit par M. Esmonnot appartient à la même catégorie. 

M. Bouchard communique, au nom de M. Esmonnot, de nom- 
breux dessins reproduisant des fragments de vases sigillés trouvés 



— 328 — 

aux Martres-de-Veyre (Puy-de-Dôme). Les fragments découverts en 
cet endroit ont donné une cinquantaine de marques de potiers, ce 
qui prouve qu'on se trouve en présence d'un atelier de poterie impor- 
tant. Un atelier du même genre a été découvert à Clermont. M. Es- 
monnot y a recueilli une nombreuse série de fragments ornés de 
figures. A Coulanges (Allier), M. Esmonnot a mis au jour une tête 
en pierre, qu'il considérait comme un produit d'un art antérieur à 
l'époque gauloise. Il a également trouvé au même endroit des vases 
gallo-romains en terre cuite, et les fouilles qu'il a faites dans la 
vallée de l'Allier lui ont donné un grand nombre d'objets du même 
genre. Ces découvertes doivent faire vivement regretter la mort de 
M. Esmonnot, qui a mis au jour, dans le département de l'Allier, 
tant d'objets d'un véritable intérêt au point de vue archéologique. 

M. de Marsy rappelle à cette occasion les recherches faites par 
MM. Bourgade et Plicque sur les poteries des Martres-de-Veyre. 

M. Charles Lucas, membre de la Société centrale des architectes, 
entretient le Congrès des églises rondes. Il voudrait que les sociétés 
de province s'occupassent de rechercher les églises rondes ou poly- 
gonales qui existent encore en France, et de signaler d'après les 
documents écrits toutes les anciennes églises de ce genre qui ont pu 
exister jadis. Il signale les avantages que ce plan pourrait encore 
présenter aujourd'hui pour les constructeurs d'églises. 

M. de Lasteyrie ne pense pas que l'enquête proposée par M. Lucas 
puisse aboutir à des résultats bien importants, la plupart des églises 
rondes existant encore en France sont depuis longtemps connues, et 
il est bien douteux que l'on en puisse signaler beaucoup de nouvelles. 
Tous ces monuments sont généralement considérés comme des imi- 
tations du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Mais il y a une série d'édi- 
fices qui semblent plutôt dériver des temples ronds ou polygonaux 
des anciens. Ainsi, l'église d'Ottmarsheim, en Alsace, est une imi- 
tation de la cathédrale d'Aix-la-Chapelle, imitée, on le sait, de Saint- 
Vital de Ravenne. Or, ce dernier monument ne peut passer pour une 
imitation du Saint-Sépulcre, car, d'après les recherches de M. de 
Vogué, le Saint-Sépulcre n'a reçu la forme ronde qu'à une date 
postérieure à la construction de Saint-Vital . 

M. l'abbé Bontemps, membre de la Commission historique du 
Nord, fait une communication sur les débris gallo-romains, trouvés 
à Iwuy, clans le Cambrésis. Cette localité, voisine d'un camp dit de 
César, était traversée par trois voies romaines. Les fouilles qui vien- 



— 329 — 

nent d'être entreprises en cet endroit ont mis au jour un cimetière 
gallo-romain, les fondations d'un grand bâtiment de la même période, 
des monnaies romaines, des fûts et des bases de colonnes, une 
chambre souterraine garnie de cinq niches, d'importantes substruc- 
tions d'une maison gallo-romaine divisée en trente-quatre chambres, 
des marques de potiers, etc. 

M. Bertrand lit un travail sur un atelier de verrier antique 
récemment découvert dans la commune de Pierrefitte-sur-Loire 
(Allier). Il présente de nombreux fragments de verreries trouvés dans 
les fouilles, qui offrent une grande analogie avec les spécimens décou- 
verts en Italie. Le même endroit a fourni des débris de bronzes et de 
poteries. 

La séance est levée à onze heures un quart. 

Le Secrétaire de la Section d'Archéologie, 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 






SÉANCE DU I e ' JUIN 1887 



PRÉSIDENCE DE M. EDMOND LE BLANT 

La séance est ouverte à deux heures un quart. 

M. Delort, professeur au collège d'Auxerre, lit un mémoire sur 
les cases ou huttes grossières du centre de la France. Ces cases 
remontent les unes à l'époque préhistorique, les autres au moyen 
âge. Elles offrent une certaine ressemblance avec les huttes des 
Lapons et affectent le plan d'un rectangle. M. Delort a recueilli dans 
ces cases des poteries gallo-romaines, des monnaies, des pointes de 
flèches préhistoriques, etc. Il fait circuler divers spécimens des objets 
de dates diverses, découverts dans ces fouilles. 

M. Blancard, archiviste du département des Bouches-du-Rhône, 
donne lecture d'un travail intitulé : La Livre de Charlemagne. On 
possède au Conservatoire des arts et métiers, sous le nom de pile de 
Charlemagne, un ancien poids qui a la forme d'un godet et pèse 
environ 12 kilos; il n'est pas antérieur au xiv e siècle, et se compose 
de divers poids entrant les uns dans les autres. Il est très probable 
que cet étalon reproduit une mesure plus ancienne, car on sait que 
Charlemagne fit faire une refonte des monnaies et des poids en 
usage sous son règne. 

M. Courajod hésite à admettre que la pile de Charlemagne puisse 
reproduire la livre en usage au ix e siècle. M. Blancard a avoué que 
cette pile ne remontait qu'au xiv° siècle. Or, sous Charles V, on 
chercha à faire remonter les origines de la monarchie française à 
Charlemagne. Ainsi, on mit à Saint-Denis un sceptre de Charle- 
magne, qui n'est qu'un objet du xiv° siècle. Qu'est-ce qui prouve 
que la pile de Charlemagne n'est pas également une invention de la 
même époque? 

M. Baillet, membre de la Société historique et archéologique de 
l'Orléanais, entretient les membres du Congrès des momies du musée 



— 331 — 

d'Orléans, si riche en antiquités égyptiennes. Les caisses qui les ren- 
ferment sont de l'époque ptolémaïque et appartiennent à des person- 
nages revêtus de fonctions dans le temple de Khem, Horus et Isis, 
à Panopolis, dans la Haute-Egypte. Elles ajoutent notablement aux 
renseignements recueillis jusqu'ici sur d'autres monuments de même 
provenance. 

M. Maspero ajoute que Panopolis avait fourni peu d'antiquités 
jusqu'en 1884. La découverte d'un cimetière intact de l'époque gréco- 
romaine, a jeté dans le commerce plusieurs milliers de momies, sans 
compter celles qui sont demeurées au musée de Boulak. C'était le 
lieu de sépulture du peuple et de la moyenne bourgeoisie. Les mo- 
mies étaient entassées les unes sur les autres dans des tombeaux 
grossièrement creusés ou même dans des crevasses naturelles de la 
montagne; les corps sans cercueil étaient placés en bas, les cercueils 
étaient rangés aux étages supérieurs. Quelques hypogées isolés 
avaient appartenu aux familles de l'aristocratie locale. Les sépultures 
les plus anciennes étaient contemporaines des derniers Ptolémées; 
le premier siècle de notre ère a fourni jusqu'à présent le plus grand 
nombre de sujets. Mêlés à ces païens, on a déterré des chrétiens qui 
vivaient au vn e , au vin c et même au ix c siècle. Ils étaient habillés de 
leurs costumes de cérémonie, et c'est sur eux qu'on a recueilli la 
plupart des étoffes brochées ou brodées et des bandes de tapisserie 
qui ont été apportées récemment à Paris. 

M. Morel lit une étude sur des torques trouvés dans la Cham- 
pagne. Ces torques sont ornés de figures humaines ; c'est ce qui fait 
leur principale valeur, car on n'avait pas signalé jusqu'ici de torques 
semblables. L'un des torques présentés par M. Morel provient de 
Courtisolles (Marne); l'autre de Vieille-Toulouse, celui-ci est garni 
de tètes de chevaux. La représentation de la figure humaine se re- 
marque également sur la poignée d'une épée trouvée à Salon (Aube), 
sur des ceintures de bronze découvertes dans la Marne, sur des cro- 
chets provenant de Sommebionne (Marne). 

M. Gosset, membre de l'Académie de Reims, fait une communi- 
cation sur la basilique de Saint-Remi de Pveims. Il croit que cet 
édifice contient des restes importants de la basilique carolingienne 
primitive dans le croisillon nord du transept. Dans ce croisillon, 
les entre-colonnements des arcades sont plus étroits que dans la nef, et 
leurs dimensions se rapprochent des proportions indiquées par Vitruve 
pour les basiliques romaines. Le croisillon nord de l'église actuelle 



— 332 — 

formait la nef de l'ancienne basilique, comme le prouve une coupure 
très visible au carré du transept. M. Gosset prétend concilier son 
opinion avec le récit du moine Anselme, bien que ce chroniqueur 
affirme que la basilique carolingienne fut entièrement détruite au 
XI e siècle. 

M. Demaison, archiviste de la ville de Reims, conteste la thèse de 
M. Gosset. Il est d'avis qu'on ne peut trouver dans l'église Saint- 
Remi que de rares fragments antérieurs au xi e siècle. Le chroniqueur 
Anselme, témoin des faits qu'il raconte, est affirmatif à cet égard. 
C'est en l'année ioo5 qu'on a commencé à reconstruire Saint-Remi 
mais comme le plan adopté était trop vaste on dut renoncer à l'exé- 
cuter ; on détruisit donc les parties commencées, dont on conserva 
cependant quelques débris, et on se mit à bâtir la nef du monument 
actuel au milieu du xi e siècle. L'ancien chœur, dont les fondations 
ont été mises au jour dans des fouilles récentes, fut élevé à la 
même époque, et on termina ensuite le transept en utilisant certaines 
parties plus anciennes. Vers 1170, le chevet actuel de l'église fut re- 
construit, et il n'a pas subi de modifications depuis cette époque. 

M. Gosset réplique et s'efforce d'établir son opinion sur d'autres 
considérations. Le module des chapiteaux du croisillon nord est trop 
différent de celui des chapiteaux de la nef pour que les premiers 
puissent être du commencement du xi e siècle. 

M. de Lasteyrie appuie les observations de M. Demaison. Il est 
impossible de ne pas tenir compte de textes aussi catégoriques que 
ceux qu'on vient de rappeler. Le raisonnement de M. Gosset pèche 
par un point important. On peut admettre, avec lui, que les propor- 
tions du transept nord de Saint-Remi rappellent celles que Vitruve 
indique pour la construction des basiliques ; mais pour qu'on en pût 
tirer un argument, comme le veut M. Gosset, il faudrait prouver 
qu'on n'a jamais, dans des temps postérieurs, construit des édifices 
de mêmes proportions. Quant aux détails signalés par M. Gosset, 
bases ou chapiteaux, ne sont-ce pas là ces débris de l'ancienne église, 
que l'on réemploya au xi e siècle, au dire d'Anselme. 

M. Dumuys, de la Société archéologique de l'Orléanais, lit une 
étude sur les lentilles de verre trouvées dans certaines tombes anti- 
ques. Ces lentilles, découvertes surtout dans le Gàtinais et l'Orléanais, 
ont une forme bombée caractéristique, et quelques-unes se sont ren- 
contrées dans des puits funéraires. Il est certain, d'autre part, que 
les populations préhistoriques connaissaient le verre, puisque les 
fouilles des dolmens ont fourni aux explorateurs des spécimens de 



- 333 — 

verrerie. La destination de ces lentilles de verre est assez difficile à 
déterminer. M. Dumuys pense qu'elles servaient peut-être de mon- 
naie, comme semble le prouver un passage de Pline, ou d'amulettes, 
opinion déjà soutenue par M. de Pibrac. Au I er siècle, les oursins 
fossiles étaient très recherchés en Gaule et servaient d'amulettes ; ne 
peut-on admettre qu'on a voulu les imiter avec ces lentilles, qui 
seraient ainsi de véritables talismans ? 

M. Bertrand dit avoir trouvé un objet analogue dans le départe- 
ment de l'Allier, et considère ces lentilles de verre comme des 
polissoirs. 

M. Guignard explique que l'une des lentilles décrites par M. Du- 
muys a été trouvée à Chouzy dans une sépulture en hémicycle, et 
émet l'idée qu'elle servait à broyer les couleurs. 

M. Seré-Depoin fait une communication sur les architectes de la 
ville et du château de Puchelieu, en Vendée. C'est en 1625 que 
la reconstruction du château fut commencée. Les travaux furent 
poursuivis jusqu'en 1628, puis, après une interruption de trois ans, 
ils furent repris en i63i et terminés en i635. 

Ce fut l'architecte Pierre Lemercier, et non son frère Jacques, qui 
dirigea cette importante entreprise. L'église du village est également 
son œuvre. Quant à Jacques Lemercier, il était alors retenu à Paris 
par les travaux de la Sorbonne. Pierre Lemercier mourut en i63g, 
et fut enterré dans l'église de Richelieu. Un autre Lemercier, Nicolas, 
né à Pontoise en 1096, présida, en 1642, à la construction de la ville 
de Richelieu. 

La séance est levée à cinq heures. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 

R. DE Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



SÉANCE DU 2 JUIN 1887 
(matin) 



PRESIDENCE DE M. ANATOLE DE BARTHELEMY 

La séance est ouverte à neuf heures un quart. 

M. l'abbé Arbellot, membre de la Société historique et archéolo- 
gique du Limousin, lit un mémoire sur la ville gallo-romaine décou- 
verte à Chassenon (Charente). Il décrit les substructions qu'on y a 
trouvées, et dans lesquelles on a reconnu les fondations d'un temple, 
les ruines d'un théâtre et les restes d'une grande construction qui 
fut peut-être un palais. M. l'abbé Arbellot parle des menus objets 
qui y ont été recueillis, et signale entre autres une élégante figure de 
triton en bronze, dont il met la photographie sous les yeux des 
membres du Congrès. 

M. Maxe-Werly lit une étude sur la numismatique mérovin- 
gienne. On sait qu'à cette époque les monétaires signaient les mon- 
naies. Parfois ils s'associaient à plusieurs, comme le prouvent les 
monnaies découvertes à Châlons et à Lyon. Les ateliers étaient nom- 
breux, ils avaient de véritables directeurs; les triens mérovingiens 
portent des signatures extrêmement variées, mais on doit remarquer 
que ces signatures, bien qu'écrites de différentes façons, désignent 
souvent le même monétaire. I! faut donc apporter beaucoup de cir- 
conspection avant de donner la liste des monétaires d'une même 
ville. On doit distinguer les ateliers royaux et les ateliers particuliers. 
Les premiers se trouvaient à Soissons, à Paris, etc. ; les autres 
étaient extrêmement nombreux, et la liste s'en accroît tous les jours. 
La mention PALATI MONETA signifie que la monnaie provient 
d'un atelier royal. L'étude des triens mérovingiens relève également 
certaines particularités relatives à la levée des impôts, à la géo- 
graphie locale. En effet, ces monnaies portent des indications très 
précises qui font connaître la nature d'impôt qu'elles étaient desti- 
nées à couvrir. 



— 335 — 

M. l'abbé Dehaisne donne lecture d'un mémoire sur les camps de 
César d'Avesnelles et d'Etrœungt (Nord). Les retranchements de ce 
dernier camp sont très caractérisés, ils sont entourés de fossés. Les 
fouilles faites par les soins de M. l'abbé Dehaisne ont mis au jour des 
monnaies romaines, des silex taillés, les traces d'une voie romaine 
partant du camp et traversant l'Escaut. Le camp d'Avesnelles, situé 
à une faible distance d'Avesnes-sur-Helpe, est assez bien conservé. 
On y a trouvé des médailles, des clous et tout récemment les traces 
des pièces de bois destinées à assurer la solidité des retranchements. 
Ces pièces de bois étaient entrecroisées, elles prouvent qu'on se 
trouve en présence d'un oppidum gaulois occupé plus tard par les 
légions romaines. 

M. Buhot de Kersers cite, à l'appui de l'opinion de M. l'abbé 
Dehaisne, diverses enceintes analogues situées en Berry. 

M. de La Noë présente quelques observations au sujet de la com- 
munication de M. l'abbé Dehaisne. Il ne croit pas que le camp 
d'Avesnelles remonte à l'époque gauloise. Les clous disposés par 
assises avec des débris de poutres prouvent bien que la partie de 
l'enceinte où ils se trouvent est gauloise, mais il faudrait savoir s'il 
en est partout de même et si les autres côtés n'ont pas été modifiés 
par d'autres occupants. On ne trouve pas, en effet, dans les camps 
reconnus jusqu'ici comme gaulois une division intérieure comme 
celle du camp d'Avesnelles. Quant au camp d'Etrœungt, il peut 
appartenir au ix c siècle, mais rien n'autorise à le faire remonter à 
une époque antérieure. 

M. Gasté lit une notice sur un chapiteau de l'église Saint-Pierre, 
de Caen, qui remonte au xiv e siècle. Ce chapiteau est orné de sculp- 
tures représentant le lai d'Aristote, le Chevalier au lion, Lancelot 
du Lac sur le Pont de l'épée, le Pélican, le lai de Virgile, la Vierge 
et l'Unicorne et Gauvain ou Lancelot dans le lit aventureux. Le sculp- 
teur de Saint-Pierre de Caen connaissait à fond les bestiaires du 
moyen âge, et il en a tiré les légendes qu'il a reproduites sur ce cha- 
piteau. M. Gasté, à l'appui de ses interprétations, cite plusieurs 
miniatures empruntées à des manuscrits de la Bibliothèque nationale. 
Il entre dans quelques explications sur la place occupée dans la 
littérature du moyen âge par ces légendes, dont l'origine doit parfois 
être cherchée jusque dans l'Inde. Le fabliau d'Aristote surtout a joui 
d'une grande popularité, grâce au trouvère Henri d'Andely. 

M. Le Boy fait une communication sur des substructions d'an- 



— 336 — 

ciennes forges trouvées à Ferrières en Gâtinais, dans le fond d'une 
pièce d'eau. Les prises d'air des fourneaux, les scories, les débris de 
combustibles sont encore parfaitement visibles. Une monnaie ro- 
maine de Valens a été découverte dans les fouilles et semble indiquer 
l'époque de la destruction de ces forges. M. Le Roy croit ces forges 
gauloises, et en conclut que la ville de Ferrières a une origine plus 
ancienne que celle qui lui était attribuée généralement. 

M. Louis Pradal lit, au nom de M. Clément Sipière, une note sur 
les fouilles pratiquées par M. Marty dans la caverne de Lombrive 
(Ariège) ; on a découvert dans cette grotte un squelette humain, des 
haches en silex, des poteries, des moules de l'âge du bronze en 
stéatite, etc. Les dimensions de la grotte de Lombrive sont considé- 
rables, et il est probable que son exploration complète donnera lieu 
à d'autres découvertes. 

M. Féray, d'Évreux, rend compte des recherches qu'il a faites 
pour retrouver le fameux tombeau préhistorique de Cocherel, dont 
Montfaucon a donné la description. L'ouvrage de l'illustre bénédictin 
a paru en 1722, une quarantaine d'années après la découverte et 
l'exploration de ce tombeau, et, dès lors, on avait déjà perdu la 
mémoire de l'emplacement précis de cette importante sépulture. 
Mais, grâce aux indications de Le Brasseur, M. Féray a pu le re- 
trouver; il y a pratiqué de nouvelles fouilles qui ont confirmé ce 
qu'on savait de ce tombeau, où l'on a retrouvé en présence les deux 
systèmes funéraires de la crémation et de l'inhumation. Il y a re- 
cueilli notamment une urne semblable à celles que Montfaucon avait 
décrites. 

La séance est levée à onze heures. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 
R. DE Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



SÉANCE DU 2 JUIN 1887 
(soir) 






PRESIDENCE DE M. EDMOND LE BLANT 

La séance est ouverte à deux heures un quart. 

M. Luquet, professeur à la Faculté des lettres de Clermont, lit 
une étude sur les différents types du Mercure arverne. Il considère 
cette divinité au point de vue mythologique; puis il examine, d'après 
les textes de Grégoire de Tours et de Pline l'Ancien, la célèbre statue 
de Mercure, œuvre de Zénodore, qui était placée au sommet du Puy- 
de-Dôme. On s'est refusé longtemps à admettre l'existence du Mer- 
cure arverne, mais la découverte d'un temple antique au sommet du 
Puy-de-Dôme a fourni des inscriptions qui ne peuvent plus laisser 
de doute à cet égard. Cette statue avait été faite pendant la domina- 
tion romaine en Gaule, elle devait offrir des ressemblances avec les 
types du Mercure romain. Le Mercure arverne était très populaire 
en Gaule, et Auguste chercha à diminuer son influence au profit des 
divinités locales. Son culte disparut au moment de l'introduction du 
christianisme dans la région, mais le Puy-de-Dôme continua à servir 
de lieu de rendez-vous à tous les sorciers de la Gaule. Le Mercure 
arverne, dont beaucoup de statuettes antiques nous ont conservé la 
figure, reproduisait le type caractéristique des habitants de l'Au- 
vergne. 

M. de l'Estourbeillon, au nom de M. Félix Chaillou, fait une 
communication sur la station archéologique des Cléons (Loire-Infé- 
rieure). Cette station, placée au bord d'une voie romaine, fut habitée 
dès l'époque préhistorique, comme le prouvent les silex taillés qu'on 
y a recueillis. 

Des fouilles faites récemment aux Cléons ont permis de découvrir 
d'importantes substructions gallo-romaines et notamment une mo- 
saïque. La surface occupée par ces ruines fait espérer qu'elles pour- 
ront être explorées avec profit. Déjà de nombreux objets ont été mis 
au jour; c'est ce qui a décidé M. Chaillou à rendre compte de ces 



— 338 — 

fouilles, qu'il se propose de continuer incessamment. On peut signaler 
également une inscription en caractères cursifs trouvée au même 
endroit. 

M. Pilloy, correspondant du Comité à Saint-Quentin, donne lec- 
ture d'un travail sur des plaques de ceinture découvertes dans les 
sépultures mérovingiennes des bords de la Somme. Ces plaques sont 
décorées d'ornements à jour très variés. Elles se rencontrent dans 
des tombes de femmes, à la hauteur de la ceinture. Elles étaient 
fixées sur une lanière de cuir. 

On voit gravés sur les unes des poissons, sur les autres des ser- 
pents ou d'autres animaux; c'était le principal ornement des cein- 
tures des femmes de l'époque mérovingienne et de l'époque carolin- 
gienne. Si l'on rapproche la décoration de ces plaques de certains 
ornements pris dans un manuscrit du vn c siècle, conservé dans la 
bibliothèque de Laon, on sera frappé de leur ressemblance, 

M. Pilloy conclut que le type de ces plaques est localisé sur les 
bords de la Somme, et qu'on a commencé à en faire usage vers le 
vin siècle, quand le christianisme était déjà établi en Gaule (*). 

M. Pasquier communique, en son nom et au nom de M. l'abbé 
Cau-Durban, un mémoire sur les ruines du château fort de Caumont- 
en-Couserans (Ariège). Cette forteresse a la forme d'une ellipse, elle 
était protégée par une barbacane et renfermait des logements divisés 
en petites cellules. Elle semble avoir été destinée à contenir une nom- 
breuse garnison qui pouvait, en cas de guerre, interdire l'accès de la 
vallée du Sarlat. Les particularités du plan du chàteau-fort de Cau- 
mont doivent attirer l'attention des archéologues. Quant à l'époque 
de la construction de cette curieuse enceinte, elle peut être attribuée 
au xin e siècle. Dans ce cas, la barbacane du château de Caumont 
serait l'une des plus anciennes du midi de la France. Cette forteresse 
fut détruite au xiv e siècle, mais ses ruines sont encore très intéres- 
santes à étudier. 

M. Advielle donne lecture, au nom de M. l'abbé Guillaume, ar- 
chiviste des Hautes-Alpes, d'une note sur le trésor de l'église Notre- 
Dame d'Embrun. Ce trésor renferme une centaine d'ornements 
remontant au xv e siècle, des pièces d'orfèvrerie, une croix proces- 
sionnelle et un ostensoir en argent du xvin siècle. La plupart de ces 
objets sont parvenus à l'église d'Embrun en vertu d'un droit de 

»') Voir ei-aprèss, p. 365, le texte de ce mémoire. 






— 339 — 

chapelle qu'elle avait sur l'héritage de ses archevêques, comme le 
prouvent les pièces justificatives jointes au mémoire de M. l'abbé 
Guillaume. 

M. Roman confirme l'opinion de M. l'abbé Guillaume sur l'intérêt 
du trésor de la cathédrale d'Embrun. 

M. de Lasteyrie donne l'analyse d'un travail de M. Callamand, 
sur trois objets d'art, d'origine hellénique, conservés au musée de 
Grenoble. Le premier est un bas-relief représentant un mariage, qui 
fut rapporté d'Athènes, en 1789, par M. d'Albert, et donné par ses 
enfants au musée. Le second est une tête d'homme, le troisième, une 
tête de femme. Ces deux pièces proviennent des magasins du château 
de Versailles, et ont été attribuées à la ville de Grenoble par l'admi- 
nistration des Beaux-arts. Ces tètes sont montées sur des bustes dont 
l'un est moderne, et dont l'autre est peut-être antique, mais de pro- 
venance toute différente. 

M. Léon Maître lit, au nom de M. Pitre de l'Isle, conservateur 
du musée de Nantes, un inventaire des monuments mégalithiques de 
la Loire-Inférieure. Ces monuments sont particulièrement abondants 
sur les bords de la Loire et près du rivage de la mer. M. de Tlsle, au 
cours de ses explorations, a trouvé beaucoup d'ateliers de silex ouvrés 
dans la région. Il insiste sur la nécessité de dresser le catalogue des 
dolmens, menhirs, tumuli et stations néolithiques de la France. 

M. de l'Estourbeillon communique, au nom de M. Forestié, 
divers extraits d'un livre de raison du xvi e siècle, provenant de la 
famille de Saffray. On y trouve de nombreux renseignements sur 
les costumes de l'époque, la liste des meubles du château de Saffray 
et un grand nombre d'autres détails curieux sur la vie intime d'une 
famille seigneuriale au xvi e siècle. 

M. Christian lit une note sur des débris gaulois découverts au 
Coudray (Eure-et-Loir). Il suppose qu'il y avait en cet endroit un 
monument crématoire destiné à incinérer les corps, et présente trois 
monnaies gauloises trouvées dans les fouilles qu'il a entreprises . 

M. le Président donne lecture au Congrès du projet de programme, 
dressé par la Section d'archéologie du Comité, en vue du Congrès 
de 1888. Il demande aux délégués de présenter les observations 
qu'ils pourraient avoir à faire à l'occasion de ce programme. 



— 340 — 

Plusieurs membres du Congrès émettent l'avis qu'il est inutile de 
s'attacher à rédiger d'avance un questionnaire, et qu'il est préférable 
de laisser à la libre initiative de chacun le choix des sujets qui peu- 
vent faire l'objet d'une communication. L'assemblée, consultée, se 
prononce en ce sens à une faible majorité. M. le Président promet 
de transmettre ce vœu à M. le Ministre. 

L'ordre du jour étant épuisé et personne ne demandant la parole, 
M. le Président prononce la clôture du Congrès pour la Section 
d'archéologie, et la séance est levée à quatre heures et demie. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie, 
R. DE Lasteyrie, 

Membre du Comité. 






SÉANCE GENERALE DU 4 JUIN 1887 



PRESIDENCE DE M. SPULLER 

Ministre de l'Instruction publique. 

Le samedi, i juin, a eu lieu dans le grand amphithéâtre de la 
Sorbonne, sous la présidence de M. Spuller, ministre de l'Instruction 
publique, la séance générale de clôture du Congrès des Sociétés 
savantes. 

Le Ministre est arrivé à deux heures. Il a été reçu par les mem- 
bres du Comité des travaux historiques et scientifiques et par les 
hauts fonctionnaires de l'Université. Il a pris place sur l'estrade, 
ayant à sa droite M. Léopold Delisle, président de la Section d'his- 
toire, et, à sa gauche, M. Le Blant, président de la Section d'archéo- 
logie du Comité. 

On remarquait dans l'assistance MM. Gréard, Carnot, Levasseur, 
Gaston Paris, Alfred Maury, Himly, Chabouillet, Milne-Edwards, 
Maunoir, Anatole de Barthélémy, Perrot, Frédéric Passy, Mascart, 
de Lasteyrie, Cosson, Alexandre Bertrand, de Montaiglon, Longnon, 
Xavier Charmes, Geffroy, Héron de Villefosse, Oppert, de Mas-Latrie, 
Beaussire, Siméon Luce, Lacaze-Duthiers, etc. 

M. le Ministre a pris la parole en ces termes : 

Messieurs, 

« C'est pour moi un grand honneur, dont je sens tout le prix, mais 
qui me cause, en même temps, une vive émotion, que de me trouver 
en votre présence : aussi, c'est très sincèrement que je me sens forcé 
de vous demander une bienveillance toute particulière. 

« Personne, j'ose le dire, n'a un sentiment plus élevé de la tâche 
que vous accomplissez tous les jours, et personne n'a plus de recon- 
naissance pour les services que vous rendez au pays et à la science. 
Mais permettez-moi de vous dire, Messieurs, que je suis très frappé 
de cette circonstance, que ce soit un homme né dans la démocratie, 
élevé par elle — ■ je serais tenté d'ajouter : élevé pour elle — qui soit 
appelé, dès ses premiers pas dans la carrière si nouvelle et si péril- 
Ahchéologie. 23 



— 342 — 

leuse qui vient de s'ouvrir pour moi, à vous remercier au nom des 
pouvoirs publics de tout ce que vous faites pour la science pure, 
désintéressée, et qui vous associe tous d'une manière si directe et si 
efficace aux progrès moraux et intellectuels de cette démocratie 
généreuse, si avide de lumière et de vérité. 

«. Je n'ai garde, Messieurs, de mêler la politique à vos études. Ce 
n'est pas comme homme de parti que je vous adresse la parole; une 
telle nouveauté serait indigne de vous, comme elle serait indigne de 
l'homme qui a l'honneur de vous parler, en ce moment, comme 
ministre de la République. 

« Il n'y a pas de place ici, il n'y a pas d'auditeurs, il n'y a pas 
d'orateurs pour tenir et pour écouter le langage d'un homme de 
parti; mais tous, ici, Messieurs, nous sommes Français, nous sommes 
patriotes, et c'est notre satisfaction, comme notre devoir, de placer les 
intérêts intellectuels et la grandeur de la France au-dessus de tout. 
Mais, Messieurs, je le dis avec confiance, s'occuper de la France, de 
son passé si glorieux, de son présent et de son avenir au point de 
vue de la culture et du développement des esprits, c'est-à-dire au 
point de vue de la mise en œuvre des prodigieuses ressources intel- 
lectuelles dont notre race a été douée, non, ce n'est point faire de la 
politique de parti, c'est faire de la politique vraiment nationale. 

« Messieurs, les Sociétés savantes de France, dont vous êtes les 
membres éminents, peuvent — dans une certaine mesure, je le veux 
bien, mais dans une mesure moins grande qu'on ne se plaît à le dire 
quelquefois — les Sociétés savantes peuvent être ignorées de ce 
grand et vaste public qui compose la démocratie française : c'est 
pourquoi je voudrais m'attacher à faire comprendre au pays tout 
entier, en dissipant toute erreur, quelle est votre situation particu- 
lière dans cette œuvre d'éducation intellectuelle et morale dont je 
parlais tout à l'heure. 

« La société française, surtout depuis qu'elle a entrepris de fonder le 
règne de la démocratie, peut se vanter, à bon droit, de poursuivre le 
bien public dans toutes les directions : elle cherche passionnément 
l'amélioration du sort des hommes qui la composent, sans jamais 
perdre de vue la grandeur de la nation. De ce côté, nous pouvons le 
dire, notre société n'a rien à désirer; les institutions de l'État, les ser- 
viteurs de l'État, l'État tout entier ont maintenant pour charge de 
communiquer aux citoyens de la nation le souci de leurs propres af- 
faires. Et cette nation, maîtresse d'elle-même, a le droit d'exiger 
que ses affaires soient remises en des mains fermes et sages, pour 
être conduites conformément à ses besoins, à ses inspirations, et 






— 343 — 

finalement, en dernière analyse, conformément à sa volonté souve- 
raine. Mais si c'est là le devoir de l'Etat et de tous ceux qui le servent, 
ce n'est pas tout. 

« A côté de l'État, au-dessous de lui, il reste de grandes choses à 
faire, et je dirai que c'est l'honneur de l'État républicain de comprendre 
que, si son domaine est éminent, c'est précisément son devoir de res- 
pecter, de protéger, de défendre, de développer ces grands intérêts 
moraux qui s'appellent le culte de la science, l'amour des études et 
des recherches de l'esprit humain dans toutes les voies. Les travaux 
scientifiques et littéraires des citoyens, ceux des associations qu'ils 
forment entre eux pour échanger leurs idées et se donner mutuelle- 
ment appui et force, font partie du patrimoine commun de la nation, 
qui s'en honore comme d'autant de sources précieuses d'instruction 
et de vérité, et c'est pourquoi il importe a un si haut degré de laisser 
ces citoyens, ces associations absolument et complètement libres. 

« L'État méconnaîtrait sa mission, comme il méconnaîtrait leur 
caractère, s'il prétendait à les diriger, à les gouverner. 

« On a parlé quelquefois, en se servant d'une expression magnifique, 
du gouvernement des esprits. Messieurs, malgré l'autorité de cette 
haute parole et de l'homme illustre qui l'a prononcée, ce gouverne- 
ment des esprits, toujours difficile à exercer, ne serait pas sans périls 
dans notre démocratie moderne. A la grande rigueur, on pourrait 
dénouer les difficultés et parer aux dangers s'il y avait un réel avan- 
tage pour la société et pour la vérité ; mais qui oserait parler d'avan- 
tages là où il n'y aurait plus la pleine et complète liberté? Gardez 
donc la vôtre, Messieurs, et continuez à la mettre à profit; tous nous y 
gagnons, et, j'ose le dire, nul parmi nous ne songe à la limiter. Il est 
parfaitement utile que vous existiez, que vous viviez d'une vie active 
et féconde en face de l'État. Plus vous vous développerez, plus nous 
aurons sujet de nous réjouir de vos progrès, et si, parmi vous, parmi 
vos Sociétés, il en est qui ont besoin de l'assistance, de l'encourage- 
ment, du dévouement de l'État, vous avez le droit de les réclamer et 
d'y compter. Ce concours puissant ne peut vous manquer; en aucun 
cas il ne doit vous faire défaut. 

« Permettez-moi, Messieurs, d'appeler votre attention sur la cons- 
titution sociale dans laquelle nous vivons. La puissance publique est 
chez nous, très concentrée : c'est, à coup sûr, la tradition c'est peut- 
être le génie de la France qui veut qu'il en soit ainsi, et cependant 
nous ressentons partout — précisément parce que le pays est désormais 
son seul maître — un extrême besoin, un goût marqué d'indépendance. 
C'est, dit-on, la démocratie qui eif est la cause. 11 ne faut pas s'en 



— 344 — 

plaindre. Bien loin de comprimer cet esprit d'indépendance, il faut 
le favoriser. Mais il y en a parmi nous qui ajoutent tout aussitôt qu'en 
favorisant ces tendances il convient d'apprendre à les régler. 

« Messieurs, sans être ennemi d'une règle prudente et partout ailleurs 
nécessaire, ne vaut-il pas mieux faire crédit aux associations et dire 
à ceux qui les forment : si vous voulez être à la hauteur des travaux 
que vous entreprenez pour la science, soyez d'abord dignes de la li- 
berté plénière dont vous jouissez, et, pour en être dignes, avec le 
sentiment de vos devoirs envers la vérité, ayez le sentiment de votre 
responsabilité envers le pays qui vous assure cette liberté si pré- 
cieuse ! 

« A un autre point de vue, nous vivons dans une société qui, je puis 
le dire, par une singulière contradiction de l'esprit humain, est, à la 
fois, 'très concentrée, et morcelée, divisée, au point de paraître toujours 
toute prête à se dissoudre. Les détracteurs de la démocratie ne se 
gênent pas pour dire qu'elle réduit tout dans la nation à l'état de 
poussière. En face de l'Etat, dit-on, il n'y a plus que des individus 
qui ne comptent pas et ne pèsent rien. Eh bien, Messieurs, c'est à 
nous et à ceux qui sont de cœur avec nous à protester contre cette 
accusation. 

« Vos associations vivent : puissent-elles se multiplier ! Les savants, 
les érudits, les chercheurs, ne sont plus à l'état de poussière, puisque 
vous formez des agrégations dont quelques-unes sont déjà très an- 
ciennes, très vivaces, fort estimées et justement influentes. Et, mes- 
sieurs, cette grande assemblée, cette réunion annuelle de toutes les 
Sociétés savantes, par son unité imposante, par l'accord qui règne 
entre tous ses membres, par la popularité légitime et grandissante 
dont elle est entourée, ne démontre-t-elle pas que cette prétendue 
poussière n'est qu'un mot et non pas la réalité ? 

« Le Congrès général, qui date de vingt-cinq ans à peine, a déjà passé 
par diverses transformations qui attestent sa vitalité. Ce qui ne doit 
pas durer est incapable de se transformer. Les Sociétés savantes se 
sont montrées de tout temps animées d'un désir, d'une volonté à la- 
quelle le gouvernement ne peut que venir en aide, de faire de ces 
sessions annuelles une occasion d'instruction générale. Les travaux 
sont nombreux et les communications de plus en plus intéressantes. 
C'est un juste sujet de satisfaction, de joie et d'orgueil public. Au- 
jourd'hui, Messieurs, c'est le Ministre seul qui aura la parole devant 
cet imposant auditoire; mais j'ai le plaisir de vous annoncer que, 
l'année prochaine et les années suivantes, à tour de rôle, commencera 
un compte rendu quinquennal des» différentes sections du Comité des 



— 345 — 

Sociétés savantes de France ; chaque section aura la parole à son tour, 
pourra conter, clans un rapport présenté sous forme oratoire, ce qu'elle 
aura fait pour établir devant l'opinion publique le bilan des travaux 
et des progrès qui occupent tous les jours de votre vie. 

« Me renfermant dans la tâche qui m'est assignée par les circons- 
tances, je voudrais pouvoir passer rapidement en revue les divers 
sujets dont vous vous êtes entretenus au cours de vos séances. Mais 
ne vous dois-je pas plutôt quelques explications sur la réunion tar- 
dive du congrès de cette année? 

« Qu'importe, dira-t-on, puisque le Congrès est là et qu'il a réussi? 

« Cependant, pour rassurer certaines susceptibilités, je tiens à ne pas 
laisser ignorer que si cette réunion a été ajournée à cinquante jours, 
que si, au lieu d'être fixée comme d'habitude à la semaine de Pâques, 
elle a été reportée à la semaine de la Pentecôte, ce n'est pas par un 
acte de volonté personnelle et arbitraire, mais bien conformément à 
la résolution bien constatée de la majorité des Sociétés savantes. A 
cet égard, l'administration centrale ne peut que déclarer qu'elle s'est 
conformée à vos intentions en général. D'ailleurs, vos réunions ne 
sont pas fixées pour toujours à une date précise et invariable : ce qui 
a été fait cette année pourra être changé ; ce qui ne changera pas, 
c'est la sympathie avec laquelle vous serez toujours accueillis dans 
cette antique Sorbonne, si heureuse de vous offrir l'hospitalité; ce 
qui ne vous manquera pas non plus, c'est l'expression de la recon- 
naissance du gouvernement de la Piépublique pour vos efforts, et c'est 
enfin tous les témoignages de considération et d'honneur qui vous 
attendent parmi vos concitoyens de Paris, tout empressés et tout 
heureux de vous recevoir. 

« Les affaires du Congrès, si je puis ainsi parler, continuent à être 
faites avec diligence, zèle et dévouement : on a successivement publié 
les mémoires, travaux, ouvrages que vous aviez vous-mêmes signalés 
à l'attention de votre Comité central; je n'en ferai pas la nomenclature, 
ne pouvant pas dire de mémoire tout ce que vous avez fait et ne vou- 
lant rien omettre. C'est là précisément l'objet de ces rapports quin- 
quennaux qui commenceront l'année prochaine. 

« Cependant, devant une assemblée comme celle-ci, comment pour- 
rais-je ne pas rappeler les différents événements de la vie scientifique 
de notre pays pendant l'année 1886? Comment ne dirais-je pas un 
mot de ce congrès astronomique, auquel ont été conviés les savants 
du monde entier, qui tous, sans exception, sont venus reconnaître et 
proclamer, avec autant, d'équité que de courtoisie, la suprématie in- 
tellectuelle de la France dans cette science sublime, et les services 



— 346 — 

de tous genres que nos savants, qui sont aussi de grands artistes, ont 
rendus à l'astronomie? 

« Comment ne vous parlerais-je pas de cette découverte admirable, 
qui est non seulement un des plus éclatants témoignages de la force 
intime de l'esprit humain servi par la méthode d'observation, mais 
un incomparable bienfait pour l'humanité : je veux parler de la grande 
découverte de M. Pasteur? 

« A cette occasion, et sans entrer dans les détails des questions de 
tous genres qu'un aussi grand phénomène dans l'ordre scientifique 
peut soulever, comment ne vous dirais- je pas que la France entière 
a été honorée par toutes les nations dans la personne de l'un de ses 
plus illustres enfants, non pas tant par l'envoi de sommes considé- 
rables, mais bien plus encore par l'envoi de malheureuses victimes 
d'un fléau terrible qu'on croyait ne pouvoir conjurer et qui sont venues 
chercher à Paris la guérison et la vie dans le laboratoire de notre 
École normale? 

« Comment ne pas vous dire que la gloire de notre illustre compa- 
triote a rejailli sur le pays tout entier, que la France s'est associée à 
cette gloire en apportant à M. Pasteur tout ce dont il avait besoin 
pour la continuation de ses travaux ? 

« Enfin, Messieurs, vous me reprocheriez, au lendemain d'une fête 
qui a réjoui tout le monde savant, de ne pas vous dire combien nous 
avons été fiers et touchés d'avoir pu, grâce à un des bienfaits les 
plus extraordinaires de la nature, célébrer, dans la personne de 
M. Chevreul, un siècle entier de travaux, d'efforts et de dévouement 
à la science et à l'humanité. 

« Il ne saurait y avoir de lieu plus propice pour saluer avec respect 
M. Chevreul que cette salle vénérable où l'on couronne d'habitude 
ceux qui naissent à la gloire. C'est après un siècle que nous appor- 
tons, au doyen des étudiants, la couronne de notre reconnaissance et 
de notre admiration; elle a cent fois plus de prix que celle que l'on 
pose sur la tète des plus jeunes lauréats. 

« Après avoir parlé des grandes choses qui nous ont rempli de joie, 
il y a un dernier adieu à dire aux hommes que nous avons perdus et 
que nous pleurons. 

« Notre corps médical, si considéré, si illustre, a été bien durement 
éprouvé : MM. Vulpian, Gosselin et Béclard nous ont été enlevés 
dans l'espace de trois mois. Ils n'avaient avec le Congrès des Sociétés 
savantes que des rapports indirects. Mais dans le monde de la science 
et dans le monde des lettres, quoiqu'on ne se voie pas, on se suit du 
regard, on sent qu'on appartient à une même famille, et vous me repro- 



— 347 — 

cheriez de ne pas vous associer au deuil qui a frappé coup sur coup la 
Faculté de médecine, l'une des Sociétés les plus savantes, les plus res- 
pectées et les plus dévouées à la science et à l'éducation de la jeunesse. 

« Vous avez perdu, Messieurs, dans le cours de cette année, plusieurs 
membres dont il vous plaira sans doute que je rappelle les noms : 
M. Laguerre, M. Boussingault, le savant chimiste dont les travaux 
ont été si profitables à l'agriculture; M. de Wailly, qui s'est éteint à 
un âge très avancé et qui a été si dignement loué par ses collègues 
de l'Académie des inscriptions et belles-lettres; M. Charles Jourdain, 
qui appartenait plus spécialement à l'Université et dont les doctes 
écrits sur saint Thomas d'Aquin et sur la philosophie du moyen âge 
ont tant aidé ceux qui, parmi vous, s'occupent de restaurer l'histoire 
de cette époque si difficile à bien connaître. 

« Je viens à M. Ernest Desjardins, que j'ai plus particulièrement 
connu et auquel j'ai le douloureux honneur de rendre aujourd'hui un 
hommage de reconnaissance toute personnelle. M. Ernest Desjardins 
était né pour instruire la jeunesse ; je l'ai eu pour maître alors qu'il 
n'avait que vingt-cinq ans; il a été mon premier professeur d'his- 
toire; il était alors dans toute la fleur de cette riche imagination qu'il 
a conservée jusqu'à la fin ; et c'était avec une véritable passion qu'il 
racontait à ses élèves de sixième, dont j'étais, les temps de la Grèce 
héroïque. C'est à lui, Messieurs, que mes compagnons d'étude et moi 
nous devons la claire vision de ce qu'a été la Grèce des guerres mé- 
diques, l'idée juste et vraie de cette petite nation qui a fondé notre 
civilisation et qui a remporté, au bénéfice de l'humanité tout entière, 
ces victoires de Marathon, de Salamine, de Platée, événements à 
jamais glorieux, journées immortelles que les arts, après tant de 
siècles reculés, s'évertuent encore à célébrer... 

« M. Ernest Desjardins nous expliquait et faisait comprendre ce 
qu'était cette petite Grèce en face de l'armée du grand Roi; il nous 
montrait avec les couleurs d'un artiste et mettait à notre portée la 
science d'un archéologue. Et puis, il nous enseignait que, lorsqu'un 
peuple porte en son âme le sentiment de sa dignité, lorsqu'il veut 
conserver sa liberté, parce qu'il a conscience de la supériorité du 
droit sur la force, ce peuple est invincible... 

«c M. Ernest Desjardins était un maître qu'il était impossible de voir 
sans l'aimer. Après la brillante carrière qu'il a fournie, laissez-moi 
vous dire qu'il m'eût été particulièrement doux de le retrouver au 
milieu de vous; je suis sûr qu'il m'eût accueilli avec les sentiments, 
je ne dirai pas d'un père, mais d'un frère aîné, qui eût été heureux 
de voir se réaliser toutes ses espérances. 



- 348 — 

« Après Ernest Desjardins, je dois nommer un autre savant français 
qui n'est pas mort au service de la science, quoiqu'il se fût exposé 
souvent à bien des dangers pour elle. Celui-là est mort dans un pays 
lointain, au service de la patrie : c'est Paul Bert. 

« Je rappelle ce nom, parce que celui qui le portait m'a précédé 
dans les fonctions que j'occupe aujourd'hui, et surtout parce que 
véritablement, pour ceux qui l'ont connu, nul n'a été plus dévoué 
que M. Paul Bert à la liberté de l'esprit, aux conquêtes de la science, 
à la grandeur de la patrie française. 

« Ce n'est ni le lieu ni le moment de renouveler ici son éloge. Je rne 
serais reproché, cependant, comme un acte d'ingratitude, d'avoir 
quitté cette enceinte sans avoir redit quels titres il a conquis à la 
reconnaissance, à l'admiration, aux regrets et au respect de tous ses 
concitoyens. 

« Messieurs, après cet hommage rendu à nos morts, je dirai quelques 
mots des questions sur lesquelles vous voudrez plus spécialement 
porter votre attention. 

« Ce n'est pas que nous ayions de programme à vous tracer ; jamais 
pareille idée n'est entrée dans la tête d'un ministre de l'Instruction 
publique, et j'ai, pour ma part, un trop grand respect de votre ini- 
tiative et de votre indépendance pour vous assigner tel ordre de 
recherches qui ne vous conviendrait pas. Cependant, il m'est impos- 
sible de ne pas profiter de ma présence parmi vous pour vous dire 
que les études entreprises par vos sections d'histoire et d'archéologie 
sur l'histoire de France à toutes les époques continuent de jouir de 
toute la faveur publique et méritent tous les encouragements du 
gouvernement de la Bépublique. On a reproché quelquefois au parti 
républicain de chercher à faire dater toute l'histoire de France de la 
Piévolution qui a clos le xvm e siècle et ouvert le xix e , et de trop 
vouloir distinguer entre l'ancienne France et la nouvelle. C'est là une 
accusation que, pour mon compte, je repousse absolument. 

« Je vais plus loin. Je dis que l'on ne serait pas en état de rendre des 
services à la France nouvelle, de travailler efficacement pour elle, de 
la pousser hardiment dans les voies de l'avenir, si l'on ne connaissait 
par le passé de l'ancienne France, avec son vrai caractère, avec ses 
grandeurs et ses faiblesses, avec ses abus, ses iniquités, mais aussi 
avec ses bienfaits. 

« Je n'ai jamais pensé que l'histoire de notre pays, qui a rempli le 
monde du moyen âge de sa civilisation et de sa gloire en ces temps 
reculés, pût être abandonnée à une critique mal informée, sans 
vues, sans patriotisme et sans équité. 



— 340 — 

« Au contraire, Messieurs, je suis pleinement convaincu que nous 
autres, hommes de la France d'aujourd'hui, nous avons plus d'in- 
térêt qu'on ne pense à chercher à mettre en lumière nos véritables 
origines, à nous en réclamer, à nous en glorifier. Ce serait d'ailleurs 
une singulière ingratitude; ce serait aussi méconnaître nos vrais 
intérêts que de nous séparer, nous plébéiens, de cette nation fran- 
çaise qui a brillé par sa noblesse, comme une fleur de chevalerie, 
d'élégance et de bravoure, qui a été, par son clergé, une grande 
école de politique, de science et de charité, et qui, par sa royauté si 
habile, si persévérante, a tenu une si grande place dans le monde. 
Dans cette nation, il n'y avait pas que le roi des prêtres et des 
nobles, il y avait aussi le peuple, et nous qui sommes du peuple, 
nous aimons à nous souvenir que ce peuple a joué son rôle sous les 
ordres de ceux qui le conduisaient alors. 

« On a souvent cité une parole célèbre qui a retenti comme un cri 
de guerre : « Nous sommes les fils des croisés! » Voulez-vous me 
permettre de vous dire sincèrement l'effet qu'a toujours produit sur 
moi cette parole enflammée? Eh bien! et nous, que sommes-nous 
donc? Ceux que vous conduisiez, ces roturiers dont vous autres, 
nobles et prêtres, vous étiez les cbefs, qu'étaient-ils à cette époque ? 
Si vos pères étaient les croisés, nos pères l'étaient comme les vôtres, 
car qu'eussent-ils été faire aux croisades, si nos pères n'y avaient pas 
été avec eux? 

« Ne séparons donc pas l'ancienne France de la nouvelle ! C'est pour- 
quoi il sera toujours bon de s'occuper d'histoire, d'archéologie, de 
critique. Ne vous détournez pas, Messieurs, de ces utiles travaux. 
Du reste, vous pensez à cet égard aussi largement et aussi généreu- 
sement qu'on peut le souhaiter. L'étude du passé ne vous détourne 
pas du présent ni de l'avenir, puisque tout récemment, lorsque l'un 
de mes prédécesseurs vous a proposé d'adjoindre au Comité des 
Sociétés savantes une section d'économie sociale, non seulement vous 
ne vous y êtes pas opposés, mais vous avez ouvert les bras aux 
membres de cette nouvelle section, à la condition qu'ils porteraient 
leurs études sur les besoins des sociétés nouvelles dans le présent et 
dans l'avenir. 

« Maintenant, les diverses sections sont au complet, et le Congrès 
peut travailler activement dans tous les ordres de recherches qui peu- 
vent solliciter votre activité intellectuelle. 

« L'année dernière, le ministre de l'Instruction publique qui était à 
cette place vous invitait à penser à l'approche de la grande date 
de 89. 



— 350 — 

« Il vous a demandé si vous pourriez concourir, vous aussi, à élever 
le véritable monument commémoratif de la Révolution française que, 
dans notre reconnaissance, nous voudrions ériger à la mémoire et à 
gloire de nos pères. Ne vous serait-il pas possible, chacun dans votre 
sphère, et suivant vos moyens d'études dans vos régions respectives, 
de mettre en lumière les témoignages et les monuments de cette 
histoire ? Mon honorable prédécesseur vous a parlé de cette tâche si 
intéressante et si pressante en termes trop excellents pour que j'y 
insiste. 

« Tout ce que je puis faire, c'est de renouveler cette invitation. Déjà 
une circulaire vous a été adressée pour vous tracer non pas un pro- 
gramme — encore une fois personne n'y songe — mais une sorte de 
plan qui ne serait pas mauvais à suivre, en vue d'arriver à la consti- 
tution des éléments, des matériaux d'une histoire générale de la 
Révolution. 

« On vous a demandé de retracer le tableau d'une généralité de l'an- 
cienne France, celle qui aura été le plus à la portée de chacun de 
vous et qu'il connaîtra le mieux. 

« Que ce programme vous agrée, que vous en choisissiez un autre, 
que l'initiative individuelle s'efforce même de trouver s'il n'y aurait 
pas mieux à faire eu égard à la position de telle région ou de telle 
ville, il importe assez peu! Ce qui est important, c'est que les 
Sociétés savantes se montrent animées à cet égard d'un sentiment 
dont, la nation tout entière leur sera reconnaissante : je veux 
parler du sentiment général qui animera toute notre nation, quand 
viendra le grand anniversaire. Car il ne vous sera pas possible, 
croyez-le, Messieurs, à mesure que nous approchons de cette date 
fameuse de 1889, il ne vous sera pas possible, ne l'espérez pas, si 
tant est qu'il y en ait parmi vous pour l'espérer, il ne vous sera pas 
possible de vous abstraire de ce grand mouvement d'admiration et de 
reconnaissance qui va se produire et qui entraînera la France entière. 

« Ah ! je sais que la Révolution française a des critiques très acerbes, 
et qu'elle rencontre des détracteurs souvent très injustes. Mais que 
prouvent ces critiques passionnées? On n'attaque si vivement la 
Révolution que parce qu'elle est vivante en nous, qu'elle nous tient 
et nous possède, et pourquoi, Messieurs? parce que dans la Piévolu- 
tion il y a la flamme qui anime le monde moderne, et que, selon 
l'expression du grand maître Michelet, là se garde pour nous l'inex- 
tinguible étincelle de vie. 

« Oui ! Messieurs, quand chaque jour vous rappellera, à cent ans 
de distance, une de ces grandes dates de la Révolution, quand vous 



— 351 — 

ne pourrez ouvrir un journal, jeter les yeux sur votre calendrier 
sans vous retrouver en présence de quelque mémorable événement, 
comment ferez-vous pour ne pas vous dire : Il y a un siècle, telle 
chose est arrivée? Comment est-elle arrivée? 

« Il faut le savoir, et pour le savoir il faut étudier, travailler, dissiper 
les obscurités, trouver les causes et les dire, et vous vous mettrez à 
l'œuvre avec votre zèle, votre science d'érudits et d'historiens. Oui, 
Messieurs, vous voudrez, par votre ardeur, par votre curiosité scien- 
tifique, prendre aussi votre part dans ces investigations universelles. 
Soyez prêts pour cette date! Je vous le demande, Messieurs, au nom 
du pays, au nom de l'histoire et aussi au nom de la justice que nous 
devons à des morts, dont les uns sont illustres, dont les autres sont 
calomniés, dont la plupart sont ignorés. 

« Parmi les travaux qui doivent aider à ces recherches, il faut citer 
la correspondance et les mémoires d'un homme dont nous pouvons 
saluer le nom avec un singulier orgueil en présence de son fils : je 
veux parler des lettres et mémoires du grand Carnot. 

« Mais Carnot lui-même, le grand Carnot ne se plaindrait pas si, 
conformément à l'avis ouvert dans le sein du Comité central des 
Sociétés savantes, on lui annonçait que la correspondance et les actes 
du Comité de salut public et du Comité de la défense de g3, dont il 
a fait partie et dont il est la gloire, seront publiés en même temps 
que ses propres écrits. C'est à cette tâche que doit se consacrer un 
homme dont il me suffira de prononcer le nom pour établir sa com- 
pétence, M. Aulard. 

« En appelant les Sociétés savantes à s'occuper de ces travaux, nul 
doute, Messieurs, qu'on ne les fasse entrer dans le mouvement qui 
emporte la société française contemporaine : vos efforts, vos études 
seront accueillis, soyez-en sûrs, avec la plus vive sympathie. 

« A ma connaissance, diverses Sociétés des départements, qui reçoi- 
vent chaque année, de nos assemblées départementales, des subven- 
tions, soit à titre d'encouragements, soit comme marques de gratitude, 
ont déjà été invitées à se préoccuper de la date de 1789. Vous voyez 
par là, Messieurs, que, bien loin qu'on dédaigne vos travaux, on 
cherche au contraire de plus en plus à s'en servir et à s'en faire 
honneur. Le pays va au-devant de vous, ne refusez pas ses avances ! 
Rejoignez-le dans l'étude des questions qui le touchent le plus. 
Venez à lui avec vos habitudes d'exactitude, de sincérité, d'équité, 
de modération. Ne craignez pas de lui apprendre à découvrir ce qui 
est juste et ce qui ne l'est pas, ce qui a été bon et ce qui a été funeste 
dans ces choses qui le passionnent ! 



— 352 — 

« Il faut bien espérer que ce centenaire de 89, en même temps qu'il 
ouvrira pour la Révolution française l'ère de la grande histoire, de 
l'histoire définitive, amènera du même coup l'apaisement, la conci- 
liation dans les esprits. Personne n'y peut plus contribuer que 
des savants désintéressés, qui font servir la vérité au culte de la 
patrie. 

« Vous le devez et vous le ferez certainement, Messieurs, parce que 
sans vouloir, comme je l'ai dit, vous appeler à faire œuvre de poli- 
tique, vous tiendrez à contribuer à ce mouvement d'éducation générale 
de la démocratie française. 

« Messieurs, ce qui caractérise notre nation entre tous les peuples, 
nous pouvons bien le dire, puisque c'est ce qui nous désigne à la 
jalousie de nos rivaux, c'est que la France n'a pas cessé de porter 
dans le monde le drapeau des idées justes et nobles; c'est qu'elle 
reste la patrie de l'idéal. Que d'autres s'adressent à la force pour 
faire des conquêtes, que d'autres s'assurent la domination, l'influence, 
la richesse par toutes sortes de procédés, de moyens et de pratiques, 
il n'en demeure pas moins certain que ce pays, le nôtre, n'a pas 
cessé d'être fidèle à ses instincts les plus anciens, les plus généreux. 
Ce peuple — hélas! c'est peut-être son défaut, mais c'est aussi sa 
gloire — vit non seulement pour lui, mais pour le reste du monde. 
Sans dire que la Révolution de 89 a été faite pour tous les peuples 
— non! gardons-lui sincèrement et dans toutes ses manifestations 
son caractère national — sans tomber dans le cosmopolitisme, sans 
renier surtout la patrie, il n'est pas possible d'oublier que les hommes 
de 89 ont proclamé les droits de l'homme et du citoyen. Ils n'ont pas 
été les premiers; mais personne plus qu'eux n'a poussé aussi haut et 
plus loin l'amour de la justice et la passion de l'égalité. C'est de 
l'égalité qu'est née la démocratie. 

« La démocratie, qu'on le veuille ou non, règne et gouverne. Elle a 
lutté pendant cent ans pour la conquête de ses droits. Aujourd'hui 
elle est maîtresse de ses destinées, elle est souveraine, et, comme tous 
les souverains, elle a ses flatteurs qui pourraient la perdre, comme 
les flatteurs ont perdu toutes les puissances qu'ils ont trompées. 

« Il faut savoir résister à ce courant et déclarer qu'il n'y a pas de 
droits sans devoirs. Proclamons donc hardiment qu'après avoir passé 
tout un siècle à réclamer et à conquérir nos droits, il est temps de 
commencer à pratiquer nos devoirs. 

« Encore une fois, nul ne peut mieux dire ces choses que ceux qui, 
par la dignité de leur vie, par l'élévation de leur caractère, par l'étude 
désintéressée, cherchent avec patience à découvrir la vérité et qui 



— 353 — 

l'exposent avec modération. Ceux-là, Messieurs, sont de véritables 
instituteurs de la nation. Il y a des maîtres pour enseigner les sciences 
élémentaires, les sciences professionnelles. Vous, Messieurs, vous 
vous attachez à la science pour elle-même, et non pour ses applications 
pratiques. 

« Et cependant, la science, la vérité, doivent servir à tous, et ce 
n'est pas pour vous seulement que vous travaillez tant à vous instruire, 
c'est pour les bienfaits que la science et la vérité répandent parmi les 
hommes, c'est là ce qui vous empêche de vous séparer de vos conci- 
toyens. Pensez à eux, travaillez pour eux, car ce sera travailler pour 
la République, pour la France, pour l'humanité! » 



Ce discours a été fréquemment interrompu par les applaudissements 
unanimes de l'auditoire. 

M. le Ministre a ensuite donné lecture du décret aux ternies duquel 
MM. Fichot (Alexandre), membre de plusieurs Sociétés savantes, 
auteur et collaborateur d'importantes publications archéologiques; 
Lennier (Gustave), conservateur du musée d'histoire naturelle du 
Havre, président de la Société géologique de Normandie ; et Ribot 
(Théodore- Armand), membre de la Société de l'enseignement supé- 
rieur, chargé de cours à la Faculté des lettres de Paris, directeur de la 
Revue philosophique , sont nommés au grade de chevalier de la 
Légion d'honneur. 

Enfin, M. le Ministre a décerné les palmes d'officier de l'Instruction 
publique à MM. : 

Rarbier de Montault (l'abbé Xavier), membre de la Société des 
antiquaires de l'Ouest, correspondant du Comité à Poitiers. 

Rrossard (Joseph-Philibert), membre de la Société d'émulation de 
l'Ain, archiviste du département de l'Ain, correspondant du Comité 
à Rourg; 

Duvernoy (Clément-Frédéric), membre de la Société d'émulation 
de Montbéliard, correspondant de la Société des antiquaires de France; 

Gibert (Honoré-Louis-Marius) , correspondant du Comité à Aix, 
conservateur du musée d'Aix ; 

Haigneré (l'abbé Daniel), secrétaire perpétuel de la Société acadé- 
mique de Roulogne-sur-Mer ; 

Ledain (Rélisaire-Stanislasî, membre de la Société îles antiquaires 
de l'Ouest, correspondant honoraire du Comité à Poitiers ; 



— 354 — 

De] Marsy iAlexandre-Charles-Arthurj, directeur de la Société 
française d'archéologie, correspondant du Comité à Compiègne; 

Molinier (Auguste-Émile-Louis-Marie), membre de la Société de s 
anciens élèves de l'École des Chartes, auxiliaire de l'Académie des 
inscriptions et belles-lettres; 

Pvichard (Guy-Alfred), archiviste du département de la Vienne, 
correspondant du Comité à Poitiers ; 

Etc ('). 

Et les palmes d'officier d'Académie à MM. : 

Lefèvre-Pontalis (Eugène), bibliothécaire du Comité des Sociétés 
savantes ; 

Martin (François-Joseph), membre de la Société des antiquités et 
des arts de Seine-et-Oise ; 

Musset (Georges), membre de la Société des archives historiques 
de la Saintonge et de l'Aunis, bibliothécaire de la ville de La Rochelle; 

Vau ville (Octave-Léopold), membre de la Société archéologique, 
historique et scientifique de Soissons; 

Etc. 

La séance est levée à quatre heures. 

Lr Secrétaire dp la Section d'archéologie, 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 



(*) Nous ne donnons- ici que les noms des personnes qui ont reçu les palmes 
académiques sur la proposition des sections d'archéologie et d'histoire du Comité. 



SÉANCE DU 13 JUIN 1887 



PRESIDENCE DE M. EDMOND LE BLANT 

La séance est ouverte à trois heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président2fait part au Comité de la mort de M. l'abbé Cérès, 
correspondant du Comité à Rodez. M. l'abbé Cérès était le repré- 
sentant le plus autorisé des études archéologiques dans le Rouer^ue 
il était un des membres les plus actifs de la Société des lettres, 
sciences et arts de l'Aveyron, et depuis bon nombre d'années, il 
entretenait avec le Comité des relations suivies. Tout récemment 
encore, il était question des fouilles importantes que cet excellent 
travailleur avait entreprises dans la plaine de Graufesenque. Sa mort 
laissera un grand vide dans les rangs trop clairsemés des savant 
aveyronnais. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

L'Académie d'Hippône, à Rône, adresse une demande de subven- 
tion. — Renvoi à M. Chabouillet. 

Le Société agricole, scientifique et littéraire de Perpignan adresse 
une demande de subvention. — Renvoi à M. de Lastevrie. 

M. l'abbé Rarbierde Montault, correspondant du Comité à Poitiers, 
envoie des documents relatifs aux reliques de saint Guillaume 
Tempier, évêque de Poitiers. — Renvoi à M. Darcel. 

M. le capitaine Rrochin, chef de la 2 e brigade topographique de la 
division d'Alger, annonce la découverte d'une mosaïque dans les 
ruines de Kherbet Guidra (Algérie). — Renvoi à M. Charles Piobert. 

M. l'abbé Julien Laferrière, correspondant du Comité à la Rochelle, 
envoie les estampages des inscriptions récemment découvertes dans 
les fouilles de l'hôpital de Saintes. — Renvoi à M. de Rarthélemv. 

M. Lhuillier, correspondant du Comité à Melun, communique une 



— 356 — 

série de noms d'artistes des derniers siècles relevés dans des docu- 
ments inédits de la Brie. — Renvoi à M. Courajod. 

M. Mathieu, d'Alger, envoie une note sur l'inscription celtique de 
Poitiers. — Renvoi à M. de Barthélémy. 

M. Maxe-Werly, correspondant du Comité à Bar-le-Duc, adresse 
une note, avec dessin à l'appui, sur une épée de bronze découverte 
sur le territoire du Barrois. — Renvoi à M. Alexandre Bertrand. 

M. Pilloy, correspondant du Comité, à Saint- Quentin, envoie un 
mémoire sur une sépulture franque découverte entre Gauchy et 
Grugis, canton de Saint-Simon (Aisne). — Renvoi à M. Alexandre 
Bertrand. 

Sont déposés sur le bureau, les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

La collection G. Ckauvet à l'exposition de Poitiers en 18 87. — 
Boules et pierres de jet de l'époque quaternaire, par M. Chauvet. 

Le vieux Tulle. N° VLJL, Le collège, par M. René Fage. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque des Sociétés savantes 
et des remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. de Barthélémy rend compte au Comité des découvertes récentes 
laites à Saintes, dans l'enclos de l'hôpital : 

« Dans la dernière séance, dit-il, j'ai eu l'honneur d'entretenir la 
Section d'archéologie des fragments d'architecture romaine et des 
inscriptions que M. l'abbé Laferrière signalait dans les travaux de 
réparation du mur de clôture de l'hôpital de Saintes, du côté des 
champs. Les recherches faites par notre correspondant, grâce à 
l'allocation accordée par le Ministère, ont déjà permis d'exhumer un 
fragment d'inscription et deux cippes portant des textes complets : 

DM D • M 

P E T R O X I O • A Y I ET • M E M O 

TIANO • YIXIT • AX PAYLI • PA 

XIS • II II • DIEB • C • YLIANI • FIL • 

SEXILIS • ET • AYE YIXIT • A X X 

T I C C Y S • P A R E X XIII • DIES ■ XXX • 

TES • F • C IVL • ATYRIO 

A Y U C L V S 
POS 

lascia) 

Ces inscriptions sont gravées sur des blocs provenant de monuments 



— 357 — 

romains démolis. — Un autre cippe, .sans incription, représente un 
personnage et l'ascia sur la face gauche. Les fouilles continuent et 
on peut espérer de nouvelles découvertes puisque le mur construit 
avec des débris antiques a plus de cent mètres de longueur sur trois 
mètres de largeur et six mètres de profondeur. 

M. de Barthélémy fait un rapport sommaire sur une communica- 
tion de M. J. Leblanc, correspondant du Comité à Sainte-Colombe- 
lès-Vienne (Rhône) : 

« M. J. Leblanc a adressé au Comité une note détaillée au sujet 
des découvertes archéologiques faites, de i885à 1887, sur le territoire 
des communes de Sainte-Colombe et de Saint-Remain-en-Gal, limi- 
trophe de la première. Des fouilles exécutées avec soin ont mis 
à jour les substructions de plusieurs maisons romaines ; celles-ci, 
détruites par un incendie dont les traces sont visibles, étaient amé- 
nagées avec luxe ; des peintures murales , une grande quantité de 
marbres variés, plusieurs mosaïques attestent la recherche qui avait 
présidé à leur établissement. Parmi ces mosaïques de bon style, les 
unes représentent des oiseaux, d'autres des poissons ou des person- 
nages mythologiques. On a aussi trouvé quelques monnaies depuis 
Auguste jusqu'à Magnence et un nombre considérable de fragments 
de poteries unies ou sigillées portant des sujets divers, souvent accom- 
pagnés d'inscriptions, enfin une riche série de noms de potiers. 

« M. Leblanc annonce que les recherches continuent et qu'il se 
propose d'envoyer ultérieurement un plan détaillé des lieux. Je crois 
qu'il y a lieu d'attendre ce complément pour formuler un jugement 
sur cet ensemble d'habitations que l'on peut, dès à présent, considérer 
comme très intéressant. Il ne serait pas inutile de donner dans le 
Bulletin du Comité la liste des inscriptions et des noms de potiers 
mentionnés dans la note de M. Leblanc et dont plusieurs sont déjà 
connus ; mais il ne sera permis de le faire que lorsqu'il aura envoyé 
des estampages ou des photographies au moyen desquels on pourra 
les reproduire aussi correctement que possible. » 

M. de Barthélémy propose en conséquence le dépôt aux archives de 
la note de notre correspondant afin que l'on puisse y recourir lorsque 
l'on aura tous les éléments d'un rapport définitif. 

M. Courajod rend compte d'une communication de M. Camille 
Jullian, correspondant du Comité à Bordeaux : 

« Une note très courte, adressée par M. Camille Jullian, établit, 
à l'aide du Registre des délibérations du conseil municipal du Vigan 
(Gard), que des monuments antiques furent découverts sur cette 
Archéologie. 24 



— 358 — 

commune en 1792, et qu'une exposition en fut immédiatement orga- 
nisée par les soins de l'autorité municipale. 

« Bien que, actuellement, antiquités et musée, tout ait disparu au 
Vigan ; bien qu'il ne soit pas démontré que les objets d'art décou- 
verts et exposés en 1792 fussent des monuments de premier ordre, 
nous estimons cependant qu'il y a lieu de recueillir les renseigne- 
ments fournis par M. G. Jullian, car les documents sur les collections 
publiques de la France avant le xix 6 siècle sont rares, beaucoup trop 
négligés, quoique dignes du plus vif intérêt. » 

En conséquence, M. Courajod propose l'insertion au Bulletin de la 
communication de M. Jullian ('). 

M. de Lasteyrie rend compte d'une communication de M. Ter- 
ninck, correspondant du Comité à Arras, relative à une ancienne 
table d'autel conservée dans l'église de Sapignies (Pas-de-Calais). 

«. Autant qu'on en peut juger, d'après un croquis très sommaire joint 
à la communication, cette table d'autel ne semble point remonter à 
une date bien reculée. Les cinq croix de consécration qui y sont 
gravées ont été tracées, si le dessin est exact, par une main inexpé- 
rimentée et n'ont aucun style; les dimensions de l'autel, 2 mètres 
sur i m ,35, conviendraient tout aussi bien aux deux derniers siècles 
qu'au xiii ou au xiv c . Il est donc bien difficile d'assigner une date 
à ce monument, et il suffira de déposer la note et le dessin de 
M. Terninck aux archives du Comité. » 

M. le Secrétaire dépose sur le bureau la liste des mémoires lus à 
la Sorbonne et demande à la Section d'examiner quels sont ceux 
qu'elle désire insérer dans le Bulletin archéologique. Après discus- 
sion, le Comité vote l'impression des mémoires lus par MM. Buhot 
de Kersers, Pilloy et des Méloizes. 

L'ordre du jour appelle l'examen du programme du Congrès de la 
Sorbonne pour 1888. 

Une discussion s'élève sur la façon dont il convient de libeller ce 
programme. On propose de lui donner la forme d'instructions, et 
une commission composée de MM. Guiffrey, Maspero, de Barthélémy, 
Bertrand et des membres du bureau, est chargée de reviser le pro- 
gramme en conséquence. 

La séance est levée à cinq heures. 

Le Secrétaire de la Section cV archéologie, 

R. de Lasteyrie, 

Membre du Comité. 

') Voir ci-après, p. 36a, le texte de cette communication. 



— 359 







NOTE SUR UNE ÉPÉE DE FER ET UN RASOIR DE RROXZE 

TBOUVÉS A LUNEKY (CHER) EN 1887 

Communication do M. Buhot de Kersers, membre non résidant du Comité, 

à Bourges. 

Le déblai fortuit d'un petit tumulus de pierrailles, au hameau de 
Chanteloup, commune de Lunery, sur la rive 
droite du Cher, en mars 1887, a amené la 
découverte de quelques objets achetés par 
M. Filliozat, percepteur à Saint-Florent, qui a 
bien voulu nous les communiquer. 

Auprès d'un squelette dont la tète était, dit- 
on, très grosse, mais n'a pas été mesurée, ont 
été trouvés : une épée de fer, un bracelet de 
bronze et un rasoir de bronze. 11 nous faut dé- 
crire ces objets. 

L'épée a la lame en feuille de sauge, ren- 
forcée d'une arête médiane et la soie plate et 
ondulée, garnie encore de quatre rivets de 
bronze. 

La longueur de la lame est de 4^7 millimètres, 
celle de la poignée de 12 centimètres; soit, 
pour l'ensemble, 58- millimètres. On peut sup- 
poser quelques millimètres perdus à la pointe, 
soit en tout et au plus 60 centimètres. 

La largeur de la lame à sa naissance, actuelle- 
ment de 4^ millimètres, était primitivement de 
5o : à 12 centimètres, point de son plus grand 
rétrécissement, elle a 21 millimètres; à 25 cen- 
timètres, lieu du plus grand renflement, elle 
atteint 32 millimètres, qui doivent être portés 
à 35. La pointe est légèrement émoussée. 

La largeur de la poignée, à 17 millimètres de 
la naissance est réduite à 20 millimètres ; à 
4 centimètres, elle devient de 3o millimètres, 
puis s'étrecit et s'accroît encore. 

Les rivets de la poignée sont en bronze et 
existent dans les alvéoles ; leur diamètre est de 4 millimètres ; leur 
longueur varie : les deux rivets, au point le plus large, à la naissance 



d™&' - 



— 360 — 

de la lame n'ont dû avoir que i4 millimètres de long; celui du milieu 
atteint 2 centimètres ; celui du bout est brisé. 

Cette épée est donc du type halstattien, mais ses dimensions très 
restreintes la rattachent d'encore plus près aux épêes de bronze dont 
elle est un dérivé immédiat et primitif. Ce devait être, du reste, une 
arme délicate et légère. 

Le bracelet n'est qu'un étroit ruban de bronze, rond au dehors, 
plat au dedans, large de 3 millimètres, épais de deux. Sa forme est 
ovale, longue de 53 millimètres, large de 48 ; il est très petit. Il est 
brisé à un bout, ce qui donne une ouverture de 12 millimètres. 

L'objet le plus intéressant de cette sépulture avec l'épée, est un 
rasoir en bronze, ovale, large de 45 millimètres, long de 5o, et de 
65 en comptant une des deux annexes qui devaient supporter l'anneau ; 
,celui-ci et l'autre branche manquent. Une échancrure rectangulaire 
est pratiquée à l'opposé du manche. Quatre ouvertures en forme de 
secteurs irréguliers, disposés autour d'un vide central triangulaire, 
donnent à cet instrument une apparence absolument semblable à celle 
de la figure 1187 du Musée préhistorique de M. G. de Mortillet. 

Ces petits instruments, qu'ils aient été des rasoirs ou de simples 
ornements, se trouvent au dernier âge du bronze dans les palafittes 
de la Suisse et de la Savoie, dans la vallée de la Saône et dans l'Italie 
centrale. Ils persistent, mais plus rares, à l'époque halstattienne. Leur 
réunion dans une même tombe avec une épée de fer, qui n'a guères 
jusqu'ici été constatée que dans la Côte-d'Or, est digne de remarque. 
Enfin la découverte de ces deux objets dans le centre de la France, 
présente un très sérieux intérêt, singulièrement accru par d'autres 
rencontres que nous devons rappeler en peu de mots. 

On sait avec quelle ardeur les récits de Tite-Live, concernant les 
grandes invasions gauloises, leur attribution aux Bituriges et la puis- 
sance de ce peuple à ce moment, furent attaqués, il y a une vingtaine 
d'années, au nom des observations archéologiques. Tirant des consé- 
quences extrêmes de faits insuffisants ou négatifs, on crut voir un 
argument contre l'historien latin dans l'absence, chez ces mêmes 
Bituriges des épées primitives de fer répandues dans les vallées du 
Rhin, du Danube et du Pô. 

Or, depuis quelques années, cette prétendue absence d'armes de 
cette date a cessé dans notre Berry. 

Dans une précédente notice, en 1879, nous avons signalé plusieurs 
épées de bronze de provenance Biturige, et ce nombre s'accroît chaque 
jour. Toutes appartiennent aux types les plus récents des armes de 
ce métal. 



— 361 - 

Un cimetière gaulois, fouillé à Pougues, en 1880, et séparé du so 
Biturige seulement par le val de la Loire, a fourni, parmi de nom- 
breuses poteries et objets divers, deux rasoirs en bronze de type ar- 
chaïque, appartenant à la dernière époque du bronze. 

Une cachette de fondeur, mise au jour en i88i, à Villatte, près 
Neuvy-sur-Baranjon (Cher), a révélé six cent vingt-huit pièces ou 
fragments, aujourd'hui au musée de Saint-Germain, et appartenant 
pour la plupart à la même période. 

Ces découvertes affirment l'identité de mœurs entre le centre et 
l'est de la France, à l'âge pour lequel on a proposé le nom de Lar- 
nandien et qui a précédé immédiatement l'emploi usuel du fer. 

Les objets dont nous allons maintenant parler se rattachent direc- 
tement à la période suivante que l'on regarde comme celle des grandes 
invasions. 

Déjà, M. A. Bertrand, avec sa sagacité profonde et cette loyauté 
scientifique, qui est la plus sûre de toutes les prudences, avait, dans 
sa carte de la Gaule celtique, rappelé l'existence d'une épée à soie 
plate trouvée près de Bourges, à Sainte-Solange, dit-on, et publiée 
par notre collègue, M. le vicomte Ch. de Laugardière. 

Depuis lors, M. Paul Moreau, secrétaire de mairie, a recueilli, au 
lieu dit les Gironnets, près des Granges, à 5oo mètres à l'ouest de 
Dun-le-Pvoi, une épée semblable, malheureusement brisée en deux 
morceaux, qu'il conserve. La longueur totale de l'arme devait être 
d'environ o m ,j£. Celle de la lame seule est de o ra ,64. 

M. Pierre de Goy a trouvé dans un tumulus, à Vornay, une épée 
du type de Halstatt, longue de <> m ,685, qu'il a publiée avec une pho- 
togravure dans les Mémoires de la Société des antiquaires du Centre, 
C'est la seule dont la rencontre soit due à des fouilles scientifiques. 

Celle que nous signalons aujourd'hui est plus courte encore et 
accompagnée d'un rasoir. 

Il y a quelques années, M. des Méloizes présentait ici même une 
œnochoë en bronze, à bec relevé, trouvée dans un tumulus, à Prunay 
près Bourges, et caractéristique aussi de la première époque du fer. 

Un char gaulois découvert à Issoudun, dans des fondations, et qui 
nous montre l'emploi simultané du bronze et du fer, par conséquent 
très ancien, relie encore notre archéologie à celle de la Bourgogne 
et de la Champagne. 

Tous ces faits bien caractérisés attestent donc la haute place que 
tenaient les habitants du sol Biturige dans la civilisation gauloise, à 
la dernière époque du bronze et à la première du fer, vers le vn e ou 
le vi e siècle de notre ère, date acceptée des récits de Tite-Live. 



— 362 — 

Observons que tous ces objets sont sortis, non d'un point isolé, où 
ils eussent pu être accumulés par le hasard d'une bataille ou d'un 
passage rapide, mais dans des lieux divers, et qu'ils prouvent ainsi 
le séjour prolongé dans nos contrées des populations qui en ont fait 
usage. D'ailleurs, leurs rencontres sont presque toutes dues au ha- 
sard : elles sont connues et signalées uniquement parce qu'une 
attention plus grande est donnée aux faits archéologiques, attention 
due surtout, permettez-moi cet excès d'orgueil paternel, à la Société 
des Antiquaires du Centre. 

Nul doute qu'un nombre considérable de pièces analogues, aient 
été découvertes antérieurement et détruites ou dispersées sans que 
trace ni mémoire en soit restée. 

Irons-nous cependant, à notre tour, prétendre que nous avons 
retrouvé les épées d'Ambigat, de Bellovèse et de Sigovèse et que, 
toute difficulté cessant, la gloire des Biturges va désormais rayonner 
sans nuage et sans contestation sur l'Italie, la Pannonie et la Grèce ! 
Non, certes, nous serons plus modestes et plus prudents, et nous nous 
bornerons à dire, avec les droits de l'évidence même, que ces faits 
mettent à néant et interdisent, dès aujourd'hui et pour toujours, 
l'argumentation qui se fondait sur leur absence. 

Ils constituent une base nouvelle de discussion, sur laquelle devront 
s'appuyer désormais les études historiques de cette importante époque 
et que nous devions par conséquent signaler. 

A. BUHOT DE KERSERS. 
Membre non résidant du Comité. 



UN MUSÉE D'ANTIQUITÉS AU VIGAN 

EN 1792 
(Communication de M. Camille Jullian, correspondant du Comité à Bordeaux.) 

La Statistique du département du Gard C 1 ), la Topographie sta- 
tistique et médicale de la ville et du canton du Vigan, publiée 
par Rouger ( 2 ), \es Tablettes militaires de V arrondissement du Vigan, 

(*) Tome II, 1842, p. 757, 709 et 767. Cf. Ménard, Histoire de Nimes, I, p. 4o4- 

< 2 ' Montpellier,i8i9, in-8, p. 7.: « On a découvert, dans le territoire du Vigan, 

des ruines, une grande enceinte... On y trouve fréquemment îles médailles 



— 363 — 

de A. Annan ' el d'autres auteurs du département , font allusion 
à des découvertes d'antiquités qui auraient été faites au Vigan, au 
temps de la Révolution. On fit plus que découvrir des antiquités : 
on les réunit en musée et on fit le règlement de ce musée. Les 
Archives municipales du Vigan (Registres des Délibérations, vol. du 
20 mai 1790 au 8 sept. 1793) en font foi. Voici ce que j'y ai copié : 

[F 608]. L'an mil scpt-ccns-quatre-vingt-douze et le vingt-quatrième 
may le conseil général de la commune assemblé... 

M. Capion procureur de la commune a dit : Messieurs les niches ou 
chapelles de la halle ont été. adjugées le quinze mars dernier au > r Abel 
Ricard pour son ami élève ou ex-élève, au prix de deux mille neuf cens 
cinquante livres. Le même jour led. s r Ricard avant la séparation de l'as- 
semblée lit élection «le la personne de < r Jean Deshors négociant de cette 
ville. Celui-cy a commencé ses ouvrages pour utiliser son achat. Enfouil- 
lantses fondations il a découvert de vieux matériaux peints à la fresque; 
cette découverte a excité sa curiosité, il a poussé plus avant et a découvert 
des anciennes colonnes qui prouvent que le temple de la déesse Izis éloità 
cette place. Ces antiquités sont précieuses, il convient de les rechercher, la 
commune ne peut dans le moment de gène où elle se trouve faire cette 
dépense. Led. s r Deshors offre de fouiller le terrain intermédiaire entre 
les dites chapelles, de voûter ce terrain el remettre le sol de la halle au 
niveau de la place du devant de la halle, el de remplir autrement toutes 
les conditions de son adjudication. Sur quoy il a requis de délibérer et a 
signé 

Capion, P r de la commune. 

L'assemhlée oui ledit réquisitoire, oui pareillement l'offre dudit s r 
Deshors ici présent, 

Considérai) I que. les antiquités sont toujours précieuses et respectables, 
que l'offre dudit s r Deshors jointe aux conditions de son adjudication pré- 
sente d'un côté l'avantage de mettre à jour des antiquités toujours pré- 
cieuses, de l'autre celui de rendre utile un terrain qui sur sa tète sera 
soumis à l'impôt foncier, considérant encore que ledit s r Deshors se sou- 
romaines, des aqueducs. En 1794 [la date est erronée], M. des Hours, orfèvre, 
qui avait acquis deux des chapelles Je l'ancienne église qui, depuis 1701, sert 
de halle aux grains, découvrit, en construisant une maison dans chacune de 
ces chapelles, des ruines souterraines dans lesquelles on trouva des débris de 
colonnes, des chapiteaux, un puits, un aqueduc dirigé du côté d'où les eaux 
d'Isis pouvaient être dérivées, des cercueils en briques, des ossemens humains, 
des lacrymatoires, des lampes sépulcrales, ce qui fit juger que ce sanctuaire 
était un temple consacré au culte de la déesse Isis. ». Cf. Anthouard, Essai de 
topographie physico-médicale de la ville, du Vigan, Montpellier, i8i4, in-4» 

fl ) Nimes. 1814, in-8. 



— 364 — 

met à faire une grille solide pour laisser apercevoir au public des anti- 
quités, que d'ailleurs il s'engage d'ouvrir sa porte à des heures com- 
pétentes à tous étrangers curieux de les examiner de près que des officiers 
municipaux accompagneront ou quelqu'un de leur part; de garantir 
d'ailleurs la solidité de l'édifice de la halle; 

Délibérant sur le tout, a arrêté que ledit s r Deshors pourra fouiller 
comme portant les quatre niches tout l'intermédiaire qu'il y a dans l'in- 
térieur de la halle et cela gratuitement en compensation de la soumis- 
sion que t'ait ledit s r Deshors de laisser voir les antiquités de la forme 
qu'il l'a dit et en outre snus la condition de conserver précieusement 
lesdites antiquités, les autres matériaux détachés de\anl lui appartenir 
à l'exception de tout ce qui pourrait être antique; que s'il est curieux 
et mouvant ledit s r Deshors s'engage de placer et faire porter à ses frais 
au lieu que la commune assemblée en conseil général pourra indiquer, 
comme aussi de baisser l'entier sol de la halle au niveau du pavé de la 
rue du côté de l'hôtel de ville, et sous la réserve encore à la commune 
que s'il se trouvait quelque trésor ou objet précieux il appartiendrait à 
la commune, sans aucune part pour l'inventeur que led. s r Deshors sera 
tenu d'avertir de la présente condition ; 

Arrêté en outre que pouvoir est donné au conseil municipal desous 
la garantie spéciale de la commune, passer aud. s r Deshors sous la stipu- 
lation dud. conseil municipal vente pure et simple desdites quatre niches 
ou chapelles ensemble du sol dud. marché en dessous delà voûte à faire, 
de l'entretien de laquelle ledit s' Dehors et les siens seront chargés à 
toujours et sous toutes les clauses et conditions portées et stipulées dans 
la délibération du premier mars dernier auxquelles il n'est autrement 
dérogé par la présente ; 

Et ainsi a été délibéré et ont les opinans signé avec ledit s r Deshors. 

Laroquete, maire; Deshors, acceptant ; Baumie, aîné, officier municipal ; 
Moutet, officier municipal ; Servel, officier municipal ; Villeméiane, Ar- 
gelie, Polge, Paget, Bergues, Finiels fils, Campredon, Maurin, Guibal, Gros, 
Boussy, Anthouard. 

Il va sans dire que j'ai, à maintes reprises, cherché ces antiquités 
et ce musée : le musée a disparu, les antiquités n'ont laissé aucune 
trace. Je m'adresse à tous les archéologues du département du Gard, 
pour les inviter à être plus heureux que moi. 

Camille Jullian. 



— 365 — 



LES PLAQUES AJOURÉES DES BORDS DE LA SOMME 

Communication de M. Jules Pilloy, 
membre de la Société académique de Saint-Quentin. 

Dans une intéressante étude sur les bijoux de Jouy-le-Co?nte, et 
les cimetières mérovingiens de la Gaule que M. Alexandre Bertrand a 
publiée dans la Revue archéologique, en octobre 1870, le savant di- 
recteur du musée de Saint-Germain fait ressortir que les cimetières 
mérovingiens connus jusqu'alors en Gaule, forment des groupes bien 
distincts. 

Il ajoute « que ces groupes ne sont pas seulement géographiques 
séparés, mais qu'ils se distinguent aussi par des variétés dans le mo- 
bilier funéraire ; que chaque groupe, à côté d'un fond d'industrie 
commun à l'ensemble, est en possession d'un art, si l'on veut, de 
variétés artistiques à lui propres ; qu'on se sent en présence de frères 
mais de frères ayant suivi des destinées diverses ». 

Les nombreux documents que j'ai consultés sur l'époque dite mé- 
rovingienne, les visites que j'ai faites aux musées du nord de la France, 
de la Belgique et des bords du Rhin, la quantité d'objets se rapportant 
à cette époque qui me sont passés par les mains, m'ont donné l'oc- 
casion de reconnaître la justesse de celte appréciation. 

Mais à cela il faut ajouter que parmi les nombreuses nécropoles 
explorées jusqu'ici plus ou moins méthodiquement, la plupart avaient 
servi de lieu de repos aux morts de générations multiples. Il arrive 
rarement qu'un cimetière ne contienne qu'une seule génération, ou 
que les inhumations successives aient été faites les unes à la suite des 
autres. Presque toujours, au contraire, les premières sépultures ont 
été violées pour servir à des inhumations d'un autre âge. Cela est si 
vrai, qu'il m'est arrivé de trouver dans la même fosse, superposés et 
séparés à peine par quelques décimètres de terre, trois corps; le 
premier, enterré sans le moindre ornement, appartenait sans conteste 
à la période la plus récente ; le second, à l'époque carolingienne ca- 
ractérisée par des fibules à cabochons et des plaques décorées d'en- 
trelacs gravés ; le troisième, enterré le plus profondément et partant, 
le plus ancien, était un Franc armé du poignard, de la framée et de 
la francisque, le ceinturon garni de sa boucle ovale toute simple, de 
son couteau, de son poinçon, de son briquet, etc. Mais il arrive bien 
rarement que l'on puisse faire de semblables observations. Presque 
Arcuéolooie. 25 



— 366 — 

toujours les nouvelles sépultures ont détruit les précédentes et l'on 
conçoit quelles difficultés l'on éprouve à démêler un semblable chaos. 

Un heureux hasard m'a fait découvrir des cimetières qui présen- 
taient des caractères franchement uniformes, qui n'appartenaient 
par conséquent qu'à une époque restreinte et unique, et j'ai pu ainsi 
jeter les premières bases d'une classification que les découvertes 
qui, depuis plusieurs années, se font pour ainsi dire périodiquement 
autour de nous, ne font qu'affirmer. 

Je ne m'étendrai pas ici sur les détails caractéristiques de cette 
classification. 

Je dirai seulement que les sépultures franques, celles du peuple 
qui a fait l'invasion, se distinguent de celles des générations qui leur 
ont succédé, en ce que dans les premières on trouve toujours avec 
les framées ou lances, des francisques et de rares épées à deux tran- 
chants, et que dans les secondes ces armes ont complètement disparu 
pour faire place au scramasaxe ; que les femmes franques sont ornées 
de bijouterie cloisonnée et de boucles extrêmement simples, tandis 
que plus tard, à l'époque qui fournit le scramasaxe, la bijouterie 
cloisonnée fait place à celle ornée de cabochons, et aux petites 
boucles, succèdent ces grandes et larges plaques de fer ou de bronze 
destinées à orner le ceinturon des femmes comme celui des hommes. 

De toutes récentes découvertes faites dans la vallée de la Somme, 
en même temps qu'elles fournissent un exemple de ces localisations 
géographiques et de ces variétés typiques signalées par M. A. Ber- 
trand, vont me donner l'occasion de faire remarquer une fois de plus 
qu'il ne faut pas renfermer dans les étroites limites de l'époque mé- 
rovingienne les objets que donnent nos nécropoles. 

Dans les cimetières qui fournissent les scramasaxes et les grandes 
plaques de ceinturon on trouve assez souvent à la ceinture des 
femmes, un peu vers la gauche, des rondelles ou plaques ajourées de 
bronze étamé, dont la surface est toujours découpée en meneaux 
étroits disposés en rayons, en croix grecques simples ou pattées, en 
serpents, en griffons, lions, chevaux montés par des cavaliers fantas- 
tiques, élevant les bras comme les orantes, etc. ; à ces plaques sont 
quelquefois adhérentes ou adjacentes des pièces rectangulaires aussi 
ajourées en forme de boucles et dans leur voisinage on trouve souvent 
de longues aiguillettes ou ferrets également en bronze. 

Il n'y a peut-être pas d'objets qui aient autant exercé la sagacité 
des archéologues. On en a fait jusqu'à des décorations militaires. 
Pour moi, je puis affirmer que je ne les ai jamais trouvés que sur 
des femmes, à la ceinture et jamais sur la poitrine. Comme elles n'ont 



— 367 — 

ni clous, ni goupilles à la face postérieure, les nombreux jours qu'elles 
possédaient avaient deux destinations : la première, c'était de servir 
à les fixer sur le cuir ou l'étoffe de la ceinture à l'aide de fils ; la se- 
conde, de tenir en suspension des courroies de cuir destinées à sup- 
porter la trousse composée de clefs, d'efforcés, de poinçons, de cou- 
teaux et d'autres ustensiles d'un usage commun que ne quittaient pas 
les femmes. Et en effet, toutes les fois que l'on trouve la plaque 
ajourée à la ceinture d'une femme, on rencontre vers les genoux les 
ferrailles qui sont les restes de la trousse. Les courroies étaient ter- 
minées par des aiguillettes qui facilitaient leur introduction et leur 
attache autour des meneaux et qui constituaient elles-mêmes un or- 
nement supplémentaire. 








Fig. i. Ferret trouvé à. Marchélepot (Somme). 

Je possède des rouelles dont les meneaux portent des traces pro- 
fondes du frottement des lanières et des ferrets. A Barleux, près 
Péronne, on a trouvé récemment dans un cercueil de pierre une 
plaque ajourée en forme de croix où les courroies qui supportaient la 
trousse,, entouraient encore les meneaux de plusieurs replis. 




Fig. -2. Boucle franque trouvée au Jardin-Dieu de Cugny (Aisne). 



Il ne peut donc y avoir aucun doute sur leur destination. 

Mais l'objet principal de cette étude, est d'appeler l'attention sur 



— 368 — 

une forme particulière qui, par trois fois, vient de se révéler dans des 
sépultures des bords de la Somme. Je veux parler de la plaque cru- 
cifère décorée de figures d'hommes, de serpents et surtout de poissons, 
et que je crois spéciale à la Picardie. 

L'une a été trouvée par moi dans une sépulture en pleine terre au 
cimetière du Jardin-Dieu, de Cugny, canton de Saint-Simon (Aisne), 
à la ceinture d'une femme qui possédait en outre, une boucle accom- 




Fig. 3. Plaque_trouvée au Jardin-Dieu de Cugny (Aisne). 

pagnée d'une grande et belle plaque pleine, en bronze, ornée de cinq 
clous fortement saillants, et finement ciselée au pourtour et dont 
l'ardillon est décoré d'une tête humaine d'un style extrêmement 
barbare. 

Ce qui, dans la plaque ajourée, attire tout d'abord l'attention, c'est 
la lêle fortement en relief qui occupe la partie centrale, appliquée 
sur la croix dont les bras horizontaux légèrement pendants sont cons- 
titués par des serpents. Bien que le travail du ciseleur soit on ne 
peut plus sommaire, cette tête ne manque pas de caractère. La bouche 



— 369 — 

est ouverte, les yeux fortement saillants sont ronds, les sourcils sont 
bien accusés ; la chevelure n'est indiquée que par quelques traits de 
gravure ; la barbe est forte et divisée en boucles verticales par de 
profonds sillons. Comme effet général, elle se rapproche des similaires 
sculptés à profusion sur les corbeaux qui décorent les corniches des 
églises romanes de la contrée. 

Un fouillis de serpents entrelacés qui se poursuivent et se mordent, 
décore la partie inférieure en laissant toujours entre leurs replis des 




Fig. 4- Plaque trouvée à Marchélepot (Somme). 



jours destinés à faciliter, comme je l'ai dit plus haut, la fixation sur 
le cuir ou l'étoffe de la ceinture. Un arc couronne le tout, il est orné 
au centre, dans un caisson, d'une croix pattée, que deux serpents 
gravés sur les pendants de l'arc, semblent menacer. Enfin deux ani- 
maux à large tête et à queue fourchue terminent latéralement ce 
singulier objet. 

Je reviendrai tout à l'heure sur ces animaux qui sont intéressants à 
étudier. 

La seconde plaque, dont je dois la communication à l'obligeance de 
M. Danicourt, appartient au musée de Péronne et a été trouvée à 



370 — 



Marchélepot, canton de Nesles (Somme). Les éléments constitutifs 
ont à peu près la même disposition que ceux de la plaque de Cugny. 
Même croix centrale à bras pendants formés par des serpents et ornée 
à la croisée des bras d'une tête, mais cette fois gravée en creux et d'un 
travail extrêmement barbare. Le bas est aussi garni d'entrelacs de 
serpents ; vers le baut nous retrouvons les deux animaux à grosse 




Fig. 5. Plaque trouvée à Templeux-la-Fossc (Somme). 

tête et à queue fourchue qui accostent une sorte de boucle double 
dont les ardillons sont absents. Avec cette plaque on a trouvé deux 
très grands ferrets. 

La troisième a été trouvée récemment à Templeux-la-Fosse, canton 
de Roisel (Somme); c'est la mieux caractérisée des trois. 

La croix aux bras pendants orne toujours la partie médiane, mais 
ici elle n'est pas décorée de la tète qui se voit sur les deux autres; 



— 371 — 

en revanche, elle en possède trois sous l'arc qui sert de fronton 
supérieur. La tète qui existe au milieu de l'arc est plus petite que les 
deux autres qui l'accostent. Vers le bas, nous retrouvons toujours les 
mêmes enlacements de serpents, et vers le haut, nous voyons encore 
les deux animaux à grosse tète et à queue fourchue. Ici, leurs formes 
sont plus accusées, et il n'est plus possible de les prendre pour des 
serpents ou des dragons; ce sont des poissons, et la volute qui existe 
à mi-hauteur figure la nageoire dorsale. 

Il est évident que dans la persistance de ce type, il faut voir la 
représentation d'une idée. 

La plupart des plaques et contre -plaques de boucles de ceintures 
que fournit l'époque où l'on trouve les scramasaxes, les ardillons 
mêmes de ces boucles, quelquefois les fibules, sont décorés de la 
croix pattée carolingienne. J'ai dans ma collection une plaque ronde 
qui présente jusqu'à trois fois le symbole de la rédemption. Il faut 
donc reconnaître que la population qui en faisait usage était chré- 
tienne. Ceci admis, ne faudrait-il pas voir dans les tètes qui ornent 
aussi les mêmes objets, la figure du Christ? 

L'image symbolique du poisson tendrait à confirmer cette hypo- 
thèse. Bien que son usage remonte aux premiers temps des persécu- 
tions, il ne faudrait pas pour cela vieillir outre mesure nos plaques. 
Les poissons, l'alpha et l'oméga, les colombes qui se désaltèrent dans 
le vase eucharistique, Daniel dans la fosse aux lions, Jonas dans la 
baleine, en un mot, toutes les images symboliques des premiers 
chrétiens, si elles se voient dans les Catacombes, sont également 
figurées non seulement sur les chapiteaux romans de nos vieilles 
églises, mais encore dans les manuscrits datés de nos bibliothèques. 
Je pourrais multiplier les preuves, mais je n'en donnerai que deux 
qui suffiront pour élucider complètement la question. 

Je prendrai le manuscrit n° 42 3 de la bibliothèque de Laon, cata- 
logué par M. Ravaisson, sous le titre : Liber Rotarum Sancti Isidori 
hpalensis Episcôpi, et attribué par ce savant à la fin du vn e siècle, 
dont presque toutes les lettres ornées se composent ou de poissons, 
ou de ces oiseaux fantastiques que nous retrouvons tant de fois sur 
les bijoux mérovingiens. Le titre du premier livre est même entière- 
ment composé de poissons qui se contournent de toutes façons pour 
former les lettres. Cette ornementation est si commune à cette époque, 
que les Bénédictins ont créé un terme pour la distinguer, c'est l'or- 
nementation ichlyomorphique. 

Dans le manuscrit n° 137 de la même bibliothèque, attribué par 
M. Ravaisson au vn c ou vm e siècle, le motif principal du frontispice 



372 



est une croix grecque à la réunion des branches de laquelle se voit 
l'Agneau divin et dont les extrémités sont des médaillons, dans 
chacun desquels est représenté un évangéliste, avec une incorrection 
de dessin qui ne le cède en rien à celle des sujets gravés sur le 
bronze de nos plaques. 

On voit, attachés par des chaînes aux bras de la croix, d'un côté, 
deux poissons; de l'autre, deux oiseaux, et dans de telles positions 
que leur ensemble rappelle la forme de l'alpha et de l'oméga. 

Le même manuscrit contient des lettres ornées où le poisson a la 
même queue fourchue se terminant, d'un côté, par une volute, de 
l'autre, par une pointe, et avec une nageoire dorsale qui rappelle 
identiquement ceux qui existent sur la plaque de Templeux-la- 
Fosse. Il suffît de rapprocher ces figures pour reconnaître, sans la 
moindre hésitation, que ce sont les émanations d'un même art. Les 
détails sont tellement identiques, qu'il n'est pas possible de soutenir 
qu'ils n'appartiennent pas à la même époque; c'est la même rudesse 
dans la taille, d'un côté, et dans le trait de plume et de pinceau, de 
l'autre; on dirait que le scribe a d'abord tracé 
sur le bronze les linéaments des entrelacs des 
grecques, des dents de loup, des têtes humaines 
et de ces animaux fantastiques que le graveur 
est venu ensuite creuser avec son rude burin, 
tant il y a de ressemblance. Cette remarquable 
identité est surtout frappante pour les entrelacs 
de certains ferrets avec ceux qui décorent les 
jambes des T, des J du manuscrit 137. C'est 
donc au VII e ou au vin e siècle que j'attribuerai 
ces plaques et contre-plaques. 

Une monnaie d'or de l'empereur Maurice 
Tibère, mort en 602, que j'ai trouvée dans le 
cimetière de Vaudesson, arrondissement de 
Soissons, suspendue au collier d'une femme dont la ceinture était 
ornée de grandes plaques à entrelacs, confirme cette opinion. J'ai 
l'espoir que de nouvelles découvertes viendront, un jour ou l'autre, 
la justifier. 

J. Pilloy, 
Correspondant du Comité. 




Fig. 6. 

Lettrine du ms. i3^ 

de la bibliothèque 

de Laon. 






— 373 — 
LES VITRAUX DE LA CATHÉDRALE DE BOURGES 

POSTÉRIEURS AU XIII e SIÈCLE. 
Communication de H. Albert des Méloizes. 

La cathédrale de Bourges, écrivait il y a trente ans M. F. de Las- 
teyrie ('), « est un des monuments les plus admirables du moyen 
âge et l'un de ceux, en même temps, où la peinture sur verre a 
déployé successivement les plus brillantes ressources de ses différentes 
manières ». 

On peut dire, en effet, qu'à Saint-Etienne de Bourges, l'art du 
peintre verrier étale son histoire tout entière depuis son origine, à 
la fin du xi e siècle (*), jusqu'à son irrémédiable chute, au milieu 
du xvn e . On suit pas à pas dans le même édifice ses progresses trans- 
formations ; on constate aussi à la fin, il faut bien le dire, les signes 
de sa décadence ; mais sans rencontrer, même dans les productions 
des dernières époques, aucune œuvre qui n'ait encore un mérite 
incontestable. 

Les magnifiques verrières du xm e siècle sont bien connues par la 
monographie des PP. Cahier et Martin ; mais il n'en est pas de 
même de la riche série de vitraux des époques postérieures. Ceux-ci, 
bien qu'infiniment intéressants pour l'histoire de l'art et aussi pour 
l'histoire locale, n'ont encore été l'objet d'aucune publication spéciale 
et ne sont pas aussi connus qu'ils devraient l'être. J'ai entrepris de 
combler cette lacune et de montrer, par des dessins exacts et des 
descriptions aussi complètes que possible, combien ils sont dignes 
d'attirer et de retenir les regards. 

L'abondance des œuvres du xv e siècle est un des caractères les 
plus originaux de notre vitrerie : si le xvi e siècle peut être apprécié 
à Beauvais, à Rouen, à Brou, à Auch et ailleurs plus complètement 
qu'à Bourges, c'est à Bourges surtout qu'on peut étudier le xv e siècle, 
parce que c'est là que se présentent à des dates très variées des 
modèles nombreux et caractéristiques d'un art qui, en général, n'a 
laissé ailleurs que des fragments, des compositions isolées ou des 
productions appartenant à une même date et à une même manière. 

(') Histoire de la peinture sur verre, d'après ses monuments en France. Paris, 
1857, p. 91. 

M Note sur un très ancien vitrail de la cathédrale de Bourges, par A. des 
Méloizes, dans les Mémoires de la Société des antiquaires du Centre, IV e vol , 
1873, p. 193. 



— 374 — 

Les vitraux de la cathédrale de Bourges, qui datent du xv e siècle, 
sont au grand pignon de la façade (i3o,o et i4-5o), et parmi les 
nombreuses chapelles construites à cette époque entre les contre- 
forts de la nef, aux frais des opulentes familles qui leur ont donné 
leurs noms : chapelles de Trousseau (i4<4), d'Aligret (vers i4o6), 
d'Elampes (même époque), de Boisratier (i4i<>), de Jacques Cœur 
(i448), de Fradet (i456), de Beaucaire (i46o), de Breuil (1467)» des 
Leroy (i475). Ils garnissent encore une fenêtre de la salle capitulaire 
(vers i49<>)- H faut y ajouter, quoique à l'état de fragments, les 
importants débris des verrières de la Sainte-Chapelle du duc Jean 
(i4o5), ajustés à la fin du siècle dernier, et malheureusement sans 
aucun respect de leur valeur, dans les fenêtres de la cathédrale 
souterraine, et enfin la partie supérieure des vitres de la sacristie du 
chapitre (vers i449)- 

Parmi les noms des verriers locaux révélés par les documents de 
l'époque, je citerai ceux de Guillot du Saussay, Gilet Benoist, Henri 
Mellein, Hennequin de Vulcop, Pierre Guillon, Jehan et Jacquelin de 
Molusson, Guillaume Labbe. 

Les vitraux du xvr 3 siècle sont moins nombreux ; mais plusieurs 
d'entre eux ont le particulier intérêt d'être l'œuvre d'un artiste de 
génie, fils du pays, Jehan Lescuyer, mort en i556. Nous rencontrons 
successivement dans ce siècle, les verrières des chapelles de Bar 
(i5i8), de Tuilier (i532), des Copin (i545), de La Châtre (vers 1690). 

Enfin le commencement du xvir 3 siècle, avec le vitrail ou plutôt le 
lableau sur verre de la chapelle de Montigny (1619), superbe compo- 
sition qui n'a d'autre défaut que de n'être pas peinte sur toile, clùt 
la liste de nos richesses. Après cela, les fragments qui nous restent, 
les bordures des fenêtres à verres blancs et quelques écussons qui 
n'ont qu'un intérêt historique, méritent peu d'attention et je ne ferai 
que les mentionner. 

Après ces quelques indications générales, je me bornerai aujour- 
d'hui à décrire un vitrail qui est le plus ancien de la série du 
xv e siècle et l'un des plus intéressants. La chapelle qu'il éclaire fut 
fondée dans les premières années de ce siècle par un des familiers 
du duc de Berry, Pierre Trousseau, chanoine et archidiacre de 
Saint-Etienne de Bourges, d'une famille qui tenait alors un rang 
considérable. Une charte de Jean, duc de Berry, de janvier 1404O, 
relative à l'amortissement du revenu annuel attaché par le fondateur 

(*) A. de Girardot et H. Durand, La cathédrale de Bourges, Moulins, i84y, 
p. 90. 




< 




- 




Xjl 




00 




t> 


,__ 


a 


'.', 


tf 

h 




w 




# 




X 


& 








O 


ix 


pq 




nd 






- 










d 


s 
fc 




o 


O 



> 



— 375 — 

à la dotation de deux vicairies par lui établies dans cette chapelle, 
indique la date à laquelle on doit attribuer ce vitrail : c'est l'époque 
où s'achevait la Sainte-Chapelle de Bourges et il n'est pas difficile 
de voir que la verrière dont je parle sort de l'atelier qui a produit 
les vitraux de la chapelle du duc Jean. La similitude de certains 
détails, notamment des fonds damassés, la manière de traiter les 
figures et les étoffes, l'identité de la touche et des couleurs, ne peuvent 
laisser sur ce point aucun doute. 

J'attribue la même origine au vitrail qui orne la chapelle fondée 
par Simon Aligret, médecin du duc de Berry, et qui est, à quelques 
années près, de la même époque. J'en mets le dessin sous vos yeux, 
sans entrer à son sujet dans d'autres détails pour ne pas donner trop 
d'étendue à ma communication. 

On ne connaît malheureusement pas l'auteur de ces peintures ; 
mais il n'est pas téméraire de rappeler à leur propos les noms des 
habiles artistes qui travaillaient alors pour le duc Jean, de Michelet 
Saumon, de Jacquemart de Hesdin, de Pol de Limbourg que nous 
savons avoir demeuré à Bourges, et particulièrement d'André 
Beauneveu, alors fixé à Mehun-sur-Yèvre, où il dirigeait à la fois 
« les ouvriers de taille et de peinture », — « dessus lequel, dit 
Froissart C 1 ), n'avoit pour lors meilleur ni le pareil en nulles terres, 
ne de qui tant de bons ouvrages fussent demourés en France. » 

Si l'on compare les vingt-quatre tableaux des prophètes et des 
apôtres attribués à André Beauneveu, qui décorent les premiers 
feuillets du Psautier latin-français du duc de Berry (*), avec ce qui 
nous reste des prophètes et des apôtres représentés sur les vitraux de 
la Sainte-Chapelle de Bourges, et avec le saint Jacques du vitrail de 
Trousseau et le saint Simon du vitrail d'Aligret, on ne peut manquer 
d'être frappé des analogies que présentent toutes ces figures et d'être 
tenté d'attribuer miniatures et cartons de vitraux au même auteur. 

Voici une réduction au dixième du vitrail de Pierre Trousseau^). 
Cette échelle est celle que j'ai cru devoir adopter comme un mini- 
mum pour mes reproductions de tous les vitraux de la cathédrale 
de Bourges, postérieurs au xm e siècle, parce que c'est seulement 
dans de telles dimensions qu'il est possible de respecter tous les 
détails et de donner des dessins véritablement exacts et utiles. 

La fenêtre, de 3 m ,3o de largeur sur 5 mètres de hauteur, est 

(') Froissart, éd. Buchon, III, 74. 
(*) Bibl. nat., ms. français i3ogi. 

f 3 ' La planche ci-jointe est la reproduction héliographique, à la moitié, à peu 
près, des dimensions linéaires, du dessin dont il s'agit. 



— 376 — 

divisée par les meneaux en quatre panneaux à ogives trilobées, sur- 
montés de trèfles, qui supportent dans le tympan une rose à trois 
lobes trèfles. La rose renferme trois écussons portés par deux anges 
et surmontés de deux clefs en sautoir et de la tiare; en haut, l'écu 
est de gueules à deux clefs d'argent passées en sautoir. Ce sont les 
armes de la papauté sans distinction de personne. On voit au-dessous, 
à droite, l'écusson de Robert de Genève, antipape sous le nom de 
Clément "VII (1378-1394) : cinq points d'or éguippllés à quatre 
d'azur ; à gauche, celui de Pierre de Lune, Benoît XIII, antipape 
(1394-1424) : coupé de gueules et d'argent au croissant renversé 
d'argent sur la partie de gueules qui est en chef. 

A la base du tympan, les trèfles qui surmontent les grands pan- 
neaux sont encore garnis d'écussons de même forme et pourvus des 
mêmes supports que les écussons pontificaux de la partie supérieure, 
mais avec un troisième ange à la place de la tiare. Ce sont, à droite, 
l'écu de France : d'azur semé de fleurs de lis d'orW; à gauche, l'écu 
du duc de Berry : de Finance à la bordure engrêlée de gueules ( 2 ). 

Tous les intervalles compris entre les arcs ogives des grands pan- 
neaux, les trèfles et la rose supérieure, sauf le compartiment central, 
où est représenté saint Michel terrassant le dragon, sont garnis 
d'anges musiciens. 

Dans les quatre panneaux du bas du vitrail, on voit : 

Premier panneau, à droite. — La sainte Vierge assise, avec l'Enfant 
Jésus debout sur ses genoux, qui tient de sa main gauche un globe 
et tend la droite vers les personnages représentés dans les comparti- 
ments suivants : derrière la Vierge, saint Sébastien et un Evêque 
bénissant saint Ursin ou, plus probablement, saint Guillaume. 

Deuxième panneau. — Saint Jacques, debout, présente au groupe 
divin du premier panneau un chevalier et une dame agenouillés et 
les mains jointes. Le chevalier porte l'armure et une cotte d'armes à 
ses couleurs, savoir : de gueules à la fasce d'azur chargée de trois 
fleurs de lis d'or, accompagnée de trois paquets ou trousseaux d'or 
liés d'argent, armes parlantes de la famille Trousseau. La dame 
porte un surcot bordé de fourrure, et sa jupe est ornée des écussons 

(*) On ne trouve dans la cathédrale de Bourges les fleurs de lis réduites à trois 
qu'à partir de 1410. (Vitrail delà chapelle de Boisratier.) 

( 2 ) La disposition des plombs qui réunissent les morceaux de verre bleu 
formant le champ donne à celui-ci l'aspect d'un fret té ; mais il n'y a là qu'une 
apparence résultant de la coupe du verre en fragments réguliers. Les armes 
du duc de Berry sont traitées de la même façon, à Bourges, dans tous les 
vitraux de cette époque. 



— 377 — 

accolés de son mari, comme ci-dessus, et d'elle-même : d'argent au 
sanglier -passant de sable dentéet allumé d'argent, au chef de gueules 
chargé de trois étoiles d'or. Ces deux personnages sont : Jacques, 
dit Jacquelin Trousseau, V e du nom, surnommé le Jeune, chevalier, 
seigneur du Bois-Sire-Ameil, de Quincy, de Cocuyn, des Granges, 
vicomte de Saint-Georges-de-Molon, échanson du roi, maître d'hôtel 
du duc de Berry, puis du roi, né en i3;3, mort en 1407 ; et sa femme 
Philippe de La Charité (de Caritate)( l \ que le P. Anselme etMoréri, 
dans leurs généalogies de la maison de Lignières, ont à tort nommée 
de La Châtre, comme le fait remarquer M. le comte de Maussabré^). 

Ce sont les père et mère du fondateur de la chapelle figuré dans 
le panneau suivant : 

Troisième panneau. — Ce fondateur, agenouillé, en costume de 
chanoine, est présenté par saint Etienne, debout près de lui. Il tient 
dans ses mains un petit édifice, emblème de la chapelle qu'il a 
construite et dédiée à Notre-Dame. 

Pierre Trousseau, licencié es lois, chanoine et archidiacre de 
Saint-Étienne de Bourges, fut ensuite chanoine et archidiacre de 
Notre-Dame de Paris, prévôt de Saint-Omer, maître des requêtes 
de l'hôtel du Boi, évêque de Poitiers. Il figure, le 18 avril i4"5, à la 
cérémonie de la dédicace de la Sainte-Chapelle de Bourges, comme 
l'un des commissaires apostoliques chargés de représenter le papet' 1 ). 
Il venait d'être nommé duc et pair, archevêque de Beims, lorsqu'il 
mourut, le 16 décembre i4i3, avant d'avoir pris possession de son 
siège. Il fut inhumé à Bourges, en exécution de son testament du 
i cr juin de la même année (*), dans la chapelle qu'il avait construite 
et dotée, et où se voyait autrefois son épitaphe en vers latins, que La 
Thaumassière ( 5 ) a rapportée. 

Le quatrième panneau nous montre trois personnages agenouillés, 
savoir : deux chevaliers et une dame, présentés par une Sainte cou- 
ronnée et portant une palme. Les deux chevaliers sont reconnais- 
sablés à leurs cottes d'armes pour des membres de la famille Trous- 
seau. L'un d'eux porte sur les épaules la représentation d'un lambel 
d'argent. Ce sont les deux frères du fondateur de la chapelle : 

Jacques Trousseau, VI e du nom, chevalier, seigneur du Bois- 
Ci Arch. du Cher, série E. Titres de la famille Labbe de Saint-Georges, Série C, 
n° 81 3, fol. 240 v». 

( ! ) Généalogie {inédite) de la famille Trousseau, 

(») Raynal. Blst. du Berry, II, 444. 

(*) Gall. christ., tome X. Instrumenta Ecclesise Remensis, LXXYI. 

( 3 ) Hist. de Berry, liv. IV, chap. cxxn. 



— 378 — 

Trousseau, YÏcomte de Bourges, maître d'hôtel du roi et du dauphin 
de Viennois, mort en i445, marié à Marie de Saint-Germain; 

Jean Trousseau, écuyer, seigneur de Quincy et deGivresay, maître 
d'hôtel du duc de Berry en i4io, marié à Marie de Clamecy. 

La dame est leur sœur : Agnès Trousseau, pour lors veuve de 
Godemar de Lignières, seigneur de Mereville, Bougemont et Méne- 
tou-sur-Cher, qui était mort en i3g6. Elle est représentée dans un 
costume semblable à celui de sa mère, avec une jupe sur laquelle 
l'écu de Trousseau est accolé à celui de Lignières : d'or au chef de 
vair, au lion de gueules couronné d'or brochant sur le tout. 

La présence d'Agnès Trousseau ne permet pas de douter de la per- 
sonnalité de la sainte présentatrice : la couronne qu'elle porte sem- 
blerait caractériser la bienheureuse Agnès de Bohême, fille et sœur 
de rois; mais la palme convient mieux à sainte Agnès, vierge et 
martyre qui, d'ailleurs, était de famille patricienne. 

Pierre Trousseau, dans son testament, nomme une autre sœur, 
Catherine, femme de Guillaume Odart. Elle ne figure pas sur le 
vitrail, sans doute parce qu'elle n'était pas encore mariée. 

Les indications généalogiques données par La Thaumassière dans 
son Histoire de Berry O, concernant Pierre Trousseau, sont erronées. 
Celles qui précèdent, confirmées par la présence des armoiries que je 
viens de décrire, s'appuient sur des titres conservés aux Archives du 
Cher, aussi bien que sur le testament de i4i3. Elles sont conformes 
à la généalogie de la famille Trousseau dressée par M. le comte de 
Maussabré, que la Société des Antiquaires du Centre doit publier pro- 
chainement et dont l'auteur a bien voulu me communiquer des 
extraits avec une libéralité dont je me fais un devoir de le remercier ici. 

Dans les quatre panneaux, des colonnes prismatiques forment l'en- 
cadrement latéral; elles supportent quatre dais semblables figurant 
des tours couronnées de frontons triangulaires, accostées de légers 
contreforts à clochetons. Des feuilles trilobées ornent les arêtes. Toute 
cette architecture en grisaille relevée d'or convient bien aux premières 
années du xv c siècle. 

Derrière les personnages sont tendues des tapisseries de dessins va- 
riés et extrêmement élégants. Le fond général des panneaux sur lequel 
les dais se détachent était, un damassé analogue à celui des tapisse- 
ries. Il a été malheureusement mutilé. J'ai cru devoir le restituer 
d'après les fragments qui sont restés en place et qui indiquent parfai- 
tement ce qu'était l'état ancien avant l'intercalation de verre incolore. 

(') Loc. cit. 



— 379 — 

Des damassés, toujours du même genre, existent encore sur la 
robe de la sainte Vierge, sur la chape de saint Guillaume, la dalma- 
tique de saint Etienne et la robe de sainte Agnès. Sur ces vêtements, 
ils sont dessinés par un trait bistre et se détachent en blanc sur un 
fond au jaune d'argent, tandis que sur le fond général et les tapis- 
series, le dessin est rouge, bleu, vert ou pourpre clair — couleur 
propre du verre — sur un fond en apprêt opaque d'un ton chaud. 




Il est bon de faire remarquer combien la liberté du tracé dans les 
lignes souvent si compliquées du dessin de ces riches étoffes s'é- 
loigne de la fatigante régularité du poncif et ajoute à l'effet obtenu, en 
ne laissant pas sentir la répétition du même motif ornemental. 

Voici deux des plus heureux damassés de cette époque. Le premier 
est tiré du vitrail d'Aligret dont j'ai dit un mot plus haut, comme 
devant être attribué au même auteur que celui dont je donne en ce 
moment la description détaillée. Des lions, des oiseaux, au milieu de 
tiges ondulées et de fleurons variés parsemés de fleurs de lis, forment 
l'ensemble le plus élégant. 

Le second est composé dans le même esprit et semble devoir être 
attribué au même artiste. 11 n'en existe à la cathédrale de Bourges 



— 380 — 

qu'un fragment utilisé dans une réparation; mais sa provenance ne 
peut faire doute : c'est une épave de la chapelle du duc Jean. Lorsqu'en 
1757 la Sainte-Chapelle fut supprimée et démolie, un procès-verbal 
fut dressé par l'intendant de la généralité de Bourges ('). On y lit, à pro- 
pos du mausolée du duc Jean : « Parmi les ornements... on voit... 




<__ 072-0 - '-■ :-» -; 

cette devise : Ursine le temps venra où le premier mot est exprimé 
par un ours et par un cygne et les trois autres par un chiiïre (*). Cette 
devise se trouve encore dans presque tous les ornements et jusque sur 
les vitraux de ladite chapelle. » 

Pour achever la description de la verrière de Trousseau, j'ajouterai 
que les soubassements de l'architecture, au-dessous des personnages, 
n'existent plus ; ils ont été enlevés probablement avec les damassés 
des fonds, pour donner plus de lumière à la chapelle. C'est une 
mutilation qu'ont subie au commencement de ce siècle beaucoup de 
fenêtres de la cathédrale. 

(') Arch. du Cher, Fonds de l'Intendance. 

< s ) Le bien fondé de cette explication du chiffre VE n'est pas démontré. 
M. Léopold Delisle {les livres d'Heures du duc de Berry, p. 29, en notel, parait 
disposé à n'y voir que la première et la dernière lettre du mot Vrsine. 



— 381 — 

J'ai dit que les cartons de ce vitrail peuvent être attribués à l'un 
des plus habiles des peintres qu'employa Jean de Berry. En effet, le 
dessin en est remarquable à tous égards. Les personnages sont bien 
posés, le groupe de la sainte Vierge est noble et en môme temps 
infiniment gracieux. Les mains seules laissent à désirer ; mais toutes 
les têtes, sobrement modelées, ont une remarquable expression et on 
sent que ce sont non seulement de beaux portraits, mais aussi des 
portraits ressemblants. 

J'appellerai l'attention, en terminant, sur un vitrail de la cathé- 
drale d'Évreux qui me semble avoir avec celui que je viens de décrire 
et aussi avec ce que nous possédons des vitraux de la Sainte-Chapelle 
de Bourges, les plus intéressants rapports. 11 appartient certainement 
à la même école et je serais très disposé à croire qu'il est sorti des 
mêmes ateliers. Il occupe les trois baies de la seconde chapelle au 
nord de celle de la Vierge. Les tympans montrent en haut l'écu de 
France et au-dessous d'un côté la lettre K initiale de Karolus, de 
l'autre l'emblème de Charles VI : un cerf ailé accolé d'or (0 ; partout, 
sur des banderolles, la devise : En bien. Les grands panneaux des 
trois fenêtres, garnis de grisailles avec médaillons circulaires ren- 
fermant des anges musiciens en camaïeu et or, sont décorés au centre 
de niches à dais et pinacles encadrant des personnages qui se 
détachent sur des tentures en damassés identiques à ceux des 
vitraux de la chapelle du duc Jean et du vitrail de Trousseau. Le 
panneau central montre un personnage agenouillé dont l'habillement 
est en tout semblable à celui de Pierre Trousseau. Je crois y voir un 
chanoine en habits de chœur et sans doute le donateur de la verrière. 
Sur un phylactère, on lit les mots : Maria, mémento mei. Dans les 
autres panneaux sont figurés : à gauche, saint Gilles, qui peut être 
le patron du donateur, et deux saints évèques dont l'un tient un livre 
(saint Ursin ?) ; à droite la Vierge assise tenant l'Enfant Jésus, et le 
Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. 

Par son style, ce vitrail se place entre les années i4o5 et 1411». 
Or à cette époque, le comté d'Évreux appartenait à la couronne de 
France, ce qui justifie la présence des armes et emblèmes de Charles 
VI. Il y aurait à rechercher la raison des relations d'un dignitaire du 
diocèse d'Évreux avec les artistes de Bourges. Je livre cette question 
aux archéologues locaux, mieux placés pour arrivera une solution 
précise qu'un visiteur comme moi étranger au pays. 

Albert des Méloizes. 

Ci Chronique du religieux de Saint-Denis, édition Bellaguet, t. I, p. 71 ; 
Froissart, édition Buehon, II, 218. 

Archéologie. 26 



SÉANCE DU 11 JUILLET 1887 



PRÉSIDENCE DE M. EDMOMD LE BLANT 

Le procès verbal de la séance du i3 juin 1887 es ^ m e * adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Barbier de Montault, correspondant du Comité à Poitiers, 
envoie une notice sur les vitraux de la chapelle des évoques de 
Poitiers au château de Dissais, Vienne. — Renvoi à M. Mùntz. 

M. Huart, correspondant du Comité à Arles, envoie une notice 
descriptive et explicative sur un cachet d'oculiste romain au nom de 
Q. Lucius Dionysius, découvert dans l'amphithéâtre d'Arles. — 
Renvoi à M. Héron de Villefosse. 

M. Jules-Marie Richard, correspondant du Comité à Laval, envoie 
la description et le dessin d'une série de filigranes de papiers de la 
première moitié du xiv° siècle, conservé dans le Trésor des chartes 
d'Artois, à Arras. -- R.envoi à M. de Montaiglon. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

L'Autel de Valcabrère [Haute-Garonne). — V arbre de Jessé et la 
Vie du Christ. Vitraux du xm e siècle à la cathédrale d'Angers, par 
M. Barbier de Montault. 

Un chapiteau de l'église Saint-Pierre de Caen, par M. Gasté. 

Monographie des rues, places et monuments de Sentis, par 
M. l'abbé Mùller. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque des Sociétés savantes, 
et des remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. Ciiabouillet lit un rapport sur une demande de subvention 
formée par l'Académie d'Hippone. Le Comité, considérant le zèle que 
met cette Société à sauver les monuments antiques que l'on découvre 
dans la région, considérant aussi les difficultés particulières contre 



— 383 — 

lesquelles elle a à lutter, émet l'avis qu'il y a lieu de lui accorder une 
subvention. 

M. de Lasteyrie lit un rapport sur une demande de subvention 
formée par la Société agricole, scientifique et littéraire de Perpignan. 
Cette Société, à l'appui de sa demande, a envoyé le dernier volume 
de ses Mémoires, dans lequel se trouve un bon compte-rendu des 
touilles qu'elle a entreprises dans l'ancienne église Saint-Jean de 
Perpignan. Le Comité prend acte de cet envoi, mais considérant que 
la Société de Perpignan a reçu déjà une subvention, il y a quelques 
mois, pour les fouilles dont elle envoie aujourd'hui le compte 
rendu, il est d'avis que cette nouvelle demande ne peut être prise en 
considération. 

M. Anatole de Barthélémy rend compte d'une communication de 
M. Henri Mathieu sur l'inscription celtique de Poitiers. L'interpré- 
tation proposée par M. Mathieu ne parait pas de nature à clore les 
débats soulevés par ce fameux monument. En conséquence, il suffira 
de prendre acte de cette communication et d'en remercier l'auteur. 

M. Darcel rend compte sommairement d'une communication de 
M. Barbier de Montault relative aux reliques de Guillaume Tempier, 
évèque de Poitiers. Sur l'avis du rapporteur, ce mémoire est renvoyé 
à l'examen de la Section d'histoire. 

M. Charles Bobert rend compte d'une communication dans la- 
quelle M. le capitaine Brochin, chef de la 2 e brigade topographique 
de la division d'Alger, signale la découverte d'une église chrétienne 
et d'une mosaïque dans les ruines de Kherbet-Guidra. Cette localité 
se trouve à io kilomètres 1/2 de Zomora, sur l'emplacement de 
l'ancienne ville épiscopale de Serteï. 

Le capitaine faisait « le point » sur l'emplacement de l'ancienne 
église, quand un pilier, orné de deux tètes parfaitement conservées, 
attira son attention ; la pluie l'ayant forcé à interrompre son lever, 
il fit dégager le pilier et mit au jour environ trois mètres carrés de 
la bordure d'une belle mosaïque aux couleurs variées, qui formait 
le sol de l'église. Il serait à désirer que le dégagement de la mosaïque 
fût continué et qu'on pût déterminer l'âge et le caractère d'un édifice 
qui occupait une surface d'au moins 65o mètres, et qui, suivant 
l'auteur des fouilles, était la cathédrale d'une ville épiscopale. 

« Le terrain appartenant au Domaine et les ruines étant aujourd'hui 
protégées par la loi promulguée le 3o mars dernier, on peut espérer 



— 384 — 

que les antiquités mises au jour par M. le capitaine Brochin ne seront 
pas détruites, comme tant d'autres, et que le Gouvernement pourra, 
avec le temps, faire faire à Kherbet-Guidra des fouilles régulières. » 

M. Héron de Villefosse offre au Comité, de la part de M. l'abbé 
Julien-Laferrière, des photographies des inscriptions récemment 
découvertes à Saintes dans le mur de l'hôpital. 11 fait ressortir 
l'intérêt de ces textes dont l'un surtout, qui mentionne Vala Atecto- 
rigiana, est d'une réelle importance. 

M. le Secrétaire transmet à la Section divers mémoires dont l'im- 
pression a été proposée par la Commission de Tunisie. — La Section 
ordonne l'insertion de ces mémoires dans le Bulletin, 

La séance est levée à quatre heures et quart. 

Le Secrétaire de ta Section d'arclidologie 
R. DE Lasteyrie, 
Membre du Comité. 



SEANCE DU 44 NOVEMBRE 1887 



PRESIDENCE DE M. EDMOND LE BLANT 

La séance est ouverte à trois heures. 

Le procès-verbal de la séance du 1 1 juillet est lu et adopté. 

Il est procédé au dépouillement de la correspondance : 

M. Buhot de Kersers, membre non résidant du Comité à Bourges, 
rend compte de la découverte, à Vierzon, d'une barque prétendue 
antique. — Renvoi à M. Alexandre Bertrand. 

M. Deschamps de Pas, membre non résidant du Comité à Saint- 
Omer, envoie copie d'un marché passé en i555 pour la construction 
d'une horloge astronomique dans l'église collégiale de Saint-Omer. — 
Renvoi à M. Darcel. 

M. le lieutenant Espérandieu, correspondant du Comité à Saint- 
Maixent, envoie : i° une note sur deux célèbres vers léonins du 
moyen âge; 2 copie de trois inscriptions funéraires, relevées à Ville- 
franche de Confient (Pyrénées-Orientales). — Renvoi à M. Miïntz. 

M. Flouest, correspondant du Comité à Lugny (Côte d'Or), envoie 
une note accompagnée d'un croquis sur un autel de laraire, découvert 
àNimes. — Renvoi à M. Charles Robert. 

M. Gachet, chargé d'affaires de France à Rucharest, signale la 
découverte d'un fragment de tombeau, attribué par les savants rou- 
mains à la sépulture d'Ovide. — Renvoi à M. Chabouillet. 

M. l'abbé Julien-Laferrière, correspondant du Comité à La Rochelle, 
envoie les estampages de plusieurs inscriptions romaines, découvertes 
dans les fouilles exécutées par lui à l'hôpital de Saintes. — Renvoi à 
M. Héron de Villefosse. 

Le même correspondant demande une nouvelle subvention pour 
continuer les fouilles. 

MM. Charles Robert et Héron de Villefosse insistent sur l'intérêt 
de ces fouilles. — Le Comité décide unanimement qu'il y a lieu d'ac- 
corder une nouvelle subvention, mais qu'avant d'en arrêter définitive- 
ment le chiffre, il attendra d'être renseigné sur les mesures qui ont 



— 386 — 

pu être prises pour la conservation des monuments découverts jusqu'à 
ce jour, et sur les encouragements que l'Administration des Monu- 
ments historiques serait disposée à donner à de nouvelles fouilles. 

M. l'abbé Maillard, curé de Thorigné (Mayenne), sollicite une 
subvention pour entreprendre des fouilles à Thorigné — Renvoi à 
M. Alexandre Bertrand. 

M. de Marsy, correspondant du Ministère à Compiègne, envoie une 
note sur une inscription grecque du musée de Clermont (Oise). — 
Renvoi à M. Héron de Villefosse. 

M. de Martonne, archiviste de la Mayenne, rend compte de diverses 
découvertes archéologiques récemment faites dans le département de 
la Mayenne. — Renvoi à M. de Montaiglon. 

M. Maxe-Werly, correspondant du Comité à Bar-le-Duc, envoie 
un rapport sur les fouilles exécutées à Naix (Meuse). — Renvoi à 
M. Charles Robert. 

M. Pasquier, correspondant du Comité à Foix, envoie l'empreinte 
d'un sceau du xv e siècle, trouvé à Celles (Ariège). — Renvoi à 
M. Chabouillet. 

M. Terninck, correspondant du Comité à Rois-Bernard (Pas-de- 
Calais), adresse une note sur le castrum gallo-romain d'Arras. — 
Renvoi à M. Alexandre Rertrand. 

La Société archéologique de Rambouillet sollicite une subvention. 
— Cette Société ne faisant valoir, à l'appui de sa demande, aucune 
publication particulière, le Comité ne pense pas qu'il y ait lieu de 
prendre cette demande en considération. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants, offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

Album de divers objets de l'époque gauloise, recueillis à Con- 
nantray {Marne), par M. Amet; 

Notice sur turc coupe en bronze, ornée de figures, au Musée de 
Turin, par M. le baron de Baye; 

Recherches critiques sur trois architectes de la fin du xi e siècle, 
par M. Berthelé; 

Les fouilles de Saint-Martin de Tours. — Recherches sur les six 
basiliques successives élevées autour du tombeau de Saint-Martin, 
par M. l'abbé Chevalier ; 

Notice sur trois bronzes de la haute antiquité, découverts dans le 
département de la Drame, par M. Flouest; 

L'église Saint-Jacques de Reims. Son architecture; ses œuvres 
d'art ; ses inscriptions, par M. Jadart; 



— 387 — 

Quelques inscriptions de l'église Notre-Dame de Niort, par 
M. l'abbé Largeault; 

Exploration archéologique du département de la Charente, par 
M. Lièvre (tome I er , 3 e livraison); 

Rapport sur les nouvelles fouilles fuites à la Croix-des-Monceaux, 
territoire de Conliège, par MM. Zéphirin Robert et Chevaux; 

Le jubé et les tapisseries de l'église Sainte-Croix de Bernay, par 
M. Veuclin. 

Le Comité décide que ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque 
des Sociétés savantes, et que des remerciements seront adressés aux 
auteurs. 

M. Héron de Villefosse fait un rapport sur deux communications 
de M. Huart, conservateur du musée d'Arles et correspondant du 
Comité. 

« La première a trait à un cachet d'oculiste romain, découvert à 
Arles. Ce cachet est de forme rectangulaire, et mesure environ o m ,o5 
à o m ,o55 sur chacun de ses côtés. A l'aide des empreintes que 
M. Huart adresse au Comité, je crois pouvoir modifier la lecture de 
l'inscription de la seconde tranche, adoptée par notre zélé corres- 
pondant. 

« M. Huart transcrit PENICIL(/«w) LEMN(mw) ADIMPET(«»i)- En 
réalité, il y a sur l'empreinte PENICILLEM AD IMPET(»jh). La pre- 
mière lettre de la seconde ligne, où il a cru voir un N lié avec le A qui 
suit, est très incertaine, du moins d'après l'empreinte que j'ai sous 
les yeux. Une cassure a enlevé une partie de la lettre N; je crois bien 
que le graveur avait d'abord gravé un N et qu'il l'a modifié en A, ce 
qui a causé l'éclat qui parait en cet endroit. Du reste, il n'existe 
aucun exemple du penicillum lemnium, tandis qu'on rencontre sur 
plusieurs cachets le mot penicillem. Ce mot a même souvent embar- 
rassé les transcripteurs. Comme on le trouve quelquefois sous la 
forme penicille, on avait cru pouvoir lire pénicillium) le(ne), mais 
j'ai examiné presque tous les cachets sur lesquels se rencontre cette 
forme; il n'y a jamais de point séparatif entre les deux L. J'en 
conclus qu'il faut lire penicille(m), comme cela est gravé en toutes 
lettres sur le nouveau cachet d'Arles, et qu'il faut y reconnaître une 
variante du mot penicillum, variante en usage chez les oculistes. De 
même, on trouve diaglaucen et diaglaucium, diamisus, diamisos, 
diamisgos et diamisum, etc.. 

« A part cette observation, je demande l'impression de l'intéressante 
note de M. Huart. Le musée d'Arles possède déjà un autre cachet 



— 388 — 

dont les inscriptions sont rédigées en grec ; c'est le premier connu de 
ce genre. 

« La seconde communication se rapporte à une épitaphe récemment 
découverte à Arles, près des Aliscamps, Voici ce qu'en dit M. Huart : 

« Sur une pierre d'un grain assez fin de o m ,54 de hauteur sur 
o m ,28 de largeur et o m ,o6 d'épaisseur, découverte en décembre 1886, 
par M. Rey Laurent, ouvrier mineur, dans l'enclos Martin, situé sur 
l'ancien périmètre des Aliscamps d'Arles et près la chapelle de la 
Genouillade, est gravée l'inscription suivante : 

D M 

M • A E M I L I O • 
EVTYCHETI- 
VALERIA • PA • 
TERNA • CONIV 
GI • PIENTISSIMo 

«. L'inscription est renfermée dans un encadrement linéaire et le 

Bis Manibus est gravé dans un fronton circulaire couronnant le cippe. 

« Cette inscription funéraire a été acquise pour le musée de la ville. » 

M. de Montaiglon rend compte verbalement d'une communication 
de M. Jules-Marie Richard, ancien archiviste du Pas-de-Calais, 
relative à des filigranes de papiers du xiv e siècle, conservés dans 
le Trésor des chartes d'Artois à Arras. 

M. Eugène Mïïntz rend compte d'une communication de M. Rar- 
bier de Montault, relative aux vitraux de la chapelle des évoques de 
Poitiers au château de Dissais (Vienne). 

« Ces vitraux datent de la fin du xv e siècle ; ils représentent la 
Vierge allaitant l'enfant Jésus, la Fuite en Egypte, le Christ souffleté, 
le Couronnement d'épines, la Flagellation, la Cruxifixion, la Résur- 
rection, puis les figures des évangélistes, rapprochés par un parallé- 
lisme assez singulier, des faits qu'ils ont racontés. 

« Le diocèse de Poitiers ne contenant que trois peintures sur verre 
du xv° siècle, y compris celle de Dissais, la verrière décrite par 
M. Rarbier de Montault et jusqu'ici absolument inconnue, offre un 
véritable intérêt. 

« La description est faite avec tout le soin qu'apporte dans ses 
travaux notre savant correspondant. » 

En conséquence, le rapporteur propose l'insertion de ce travail 
dans le Bulletin du Comité. 



— 389 — 

M. Eugène Muntz rend compte d'un travail de M. Lhuillier, cor- 
respondant du Comité à Melun, contenant des documents inédits 
sur divers artistes des derniers siècles. Cet envoi fait suite à ceux 
que le même érudit a précédemment adressés au Comité et dont 
l'impression, sur le rapport de M. de Montaiglon, a eu lieu dans 
le Bulletin archéologique. La question n'est donc plus entière et on 
ne peut que proposer au Comité de faire à cette nouvelle série le même 
accueil qu'aux précédentes. Mais on doit toutefois faire observer 
que la plupart des notes recueillies par M. Lhuillier ont trait au xvm e 
siècle, c'est-à-dire à une époque pour laquelle les documents abondent 
et que le Comité, pour ce motif, a cru devoir exclure du cadre de ses 
travaux. C'est donc à titre exceptionnel et sans que l'on doive en 
tirerun précédent, que le rapporteur propose l'insertion de ce recueil 
de notes dans le Bulletin. — Adopté C 1 ). 

La séance est levée à quatre heures et demie. 

Le Secrétaire de In Section d'arelu'ologie, 

R. de Lastevrie. 
Membre du Comité. 



LES 

VITRAUX DE LA CHAPELLE DES ÉVÊQUES DE POITIERS 

AU CHATEAU DE DISSAIS (VIENNE) 

Communication de M. Barbier de Hontault, correspondant du Comité 
à Poitiers. 

Un triple intérêt s'attache à ces vitraux. D'abord, ils sont d'une 
bonne exécution et méritent l'attention autant sous le rapport de 
l'art que sous celui de l'archéologie. Puis, ils offrent, au point de vue 
iconographique, une exception qu'on ne doit pas laisser dans l'oubli. 
Enfin, ils sont complètement inédits, aucun archéologue ne les ayant 
encore signalés ni décrits. 

Je les avais fait connaître à feu M. de Longuemar, qui avait pris la 
peine de les dessiner avec soin. La Société des Antiquaires de l'Ouest 
n'a pas hérité de cette partie de son album. J'en avais demandé des 

(i) Voir ci-après p. ' ( 00, le texte de ce mémoire. 



— 390 — 

photographies à M. Rohuchon, qui n'a pas trouvé le jour suffisam- 
ment favorable et a reculé, en conséquence, devant un insuccès. 

Les panneaux, me dit M. Fruchard, propriétaire du château deDis- 
sais, ont été récemment remis en plomb à Tours, dans l'atelier de 
M. Lobin, mais sans aucune retouche. Leur état de conservation ne 
laisse rien à désirer. S'il m'était permis d'exprimer un vœu, je souhai- 
terais de les voir remonter comme ils furent dans le principe, afin 
qu'on puisse mieux juger de l'ensemble. Ce serait infiniment préfé- 
rable au morcellement actuel, qui ne donne pas une idée adéquate 
de la verrière. 

Si c'est la « maîtresse vitre », ce que je suppose, il manquerait un 
double complément : en haut, dans le tympan, des anges musiciens 
ou portant les instruments de la Passion ; en bas, le souvenir du 
donateur, l'évèque Pierre d'Amboise, constructeur du château de 
Dissais. Une inscription est probable : en face de l'écusson, on peut 
admettre l'évèque à genoux et présenté par son patron. 

Pierre d'Amboise ayant siégé de 1481 à ioo5, nous sommes ici à 
la fin du xv° siècle C 1 ). 

Le diocèse de Poitiers n'est pas riche en vitraux du xv e siècle. Le 
bilan en est vite dressé, car on n'en compte que trois : Un arbre de 
Jessé, à Notre-Dame de Niort ; à la cathédrale, quelques saints, 
auxquels manque l'encadrement d'architecture habituel; la vie du 
Christ, au château de Dissais. Je ne veux m'occuper ici que de 
cette dernière verrière, actuellement démontée et placée aux fenêtres 
de la galerie de l'est, modernisée au siècle dernier. 

Elle provient incontestablement de la collégiale et son déplacement 
est la conséquence de la suppression de l'édifice religieux. Y avait-il 
d'autres vitraux? Nous l'ignorons. Ilestbien probable que les fenêtres, 
au nombre de cinq, une par travée, devaient en être garnies. Il n'est 
resté, en tout cas, que la vie du Christ, qui, suivant la tradition, 
devait, non pas surmonter l'autel, à l'orient aveuglé par une tour 
d'angle, mais l'avoisiner. 

Les treize panneaux subsistants forment une fenêtre complète. Il est 
facile de les rétablir dans l'ordre primitif, qui dut être celui des évé- 
nements eux-mêmes et l'on peut supposer, comme ailleurs, que les 
sujets s'échelonnaient de bas en haut. Mais ici s'offre une particularité 
assez curieuse et que je ne me souviens pas avoir rencontrée en icono- 
graphie : il existe un certain parallélisme entre les faits représentés 
et les évangélistes qui les racontent. Il est donc logique de conjecturer 

(') Gall. christ., t. II, col. 1202. 



— 391 — 

que la fenêtre était partagée en deux baies par un meneau vertical 
qui séparait les groupes : d'un côté, l'histoire; de l'autre, les histo- 
riens. 

L'idée était nouvelle, ingénieuse; cependant elle présentait, à 
l'application, une monotonie qui allait jusqu'à la répétition, ce qui 
est toujours une faute au point de vue esthétique : en effet, comme 
il n'y a que quatre évangélistes, il fallait les reproduire chacun deux 
fois pour arriver à l'équivalence des panneaux historiés. On n'a même 
pas pris garde que saint Mathieu revient trois fois, au détriment de 
saint Marc, qui ne parait qu'une seule. 

Au lieu d'évangélistes, n'était-il pas davantage dans l'ordre de la 
tradition de figurer une série de prophètes, qui auraient annoncé à 
l'avance les différentes phases de la vie mortelle du Christ? De la 
sorte on aurait eu sous les yeux l'alliance des deux testaments, la pré- 
diction et sa réalisation. 

On pourrait même croire que telle fut, un instant, la pensée du 
peintre verrier, car il a représenté une sibylle, qui annonce le couron- 
nement d'épines. Une seule, ce n'est pas assez, puisque le motif ico- 
nographique complet comporte douze prophètes et douze sibylles, 
c'est-à-dire le même nombre de voyants et d'inspirées, dans l'ordre 
religieux comme dans l'ordre profane. Cette sibylle unique est d'au- 
tant plus faite pour déconcerter qu'elle ne prend pas place dans le 
rang des historiens, mais bien de l'histoire même. Il n'y a pas 
moyen, étant donnés les seize panneaux, que l'on suppose faire un 
tout homogène et complet, de la caser ailleurs. 

C'est regrettable pour l'économie même du vitrail, qui semble fait 
pour accumuler les fautes d'ensemble et de détail. La vie du Christ 
est assez fournie pour qu'on la répartisse, ainsi que le pratiquait le 
moyen âge, en quatre groupes distincts, chacun comportant plusieurs 
scènes : VEnfance, la Passion, la Mort et la Résurrection. L'en- 
fance est réduite ici à la Maternité et à la Fuite en Egypte: il y 
manque Y Annonciation, qui est le principe de V Incarnation, et la 
Nativité, pour montrer la première manifestation du fils de Dieu. 

La passion comprend : les Soufflets, le Couronnement d 'épines et 
la Flagellation. L'équilibre est doublement rompu : deux scènes 
suffiraient à la rigueur, puisque l'enfance n'en a que deux; mais 
aussi il ne fallait pas inutilement répéter la seconde, qui se confond 
avec la première. Cette insistance est de mauvais goût. 

La mort appelait la Cruxifixion, qui aurait dû se compléter par la 
sépulture ou la descente aux limbes. 

La résurrection occupe un seul panneau, quand deux auraient pu, 



— 392 — 

lui être consacrés. L'apparition à Mario, à Madeleine, aux apôtres, 
est bien dans la donnée du temps. On est étonné que l'artiste n'y ait 
pas songé. Le couronnement de la vie mortelle est l'Ascension : les 
deux extrêmes font défaut, l'entrée dans le monde et la sortie. 

Ce vitrail pèche donc par la conception même et j'en suis surpris, 
car les peintures de l'oratoire révèlent une disposition, de la part de 
celui qui dirigea les travaux, au mysticisme, à l'observance fidèle de 
la tradition ecclésiastique et à une pensée d'ensemble qu'il est facile 
de saisir, grâce à sa simplicité d'exposition. Ce désordre est d'autant 
plus choquant que l'exécution matérielle est des plus soignées et 
indique un talent réel. Le style est celui de la fin du XV e siècle, c'est- 
à-dire gothique par certains côtés, mais avec une tendance très pro- 
noncée à se transformer. L'écriture s'en ressent, car tantôt c'est la 
minuscule et tantôt la majuscule romaine qui commence à se montrer. 
Le verre est peu épais, mais serti dans de petits plombs qui accusent 
nettement les contours. Le modelé des figures a été obtenu à la pointe, 
en enlevant la peinture par endroits. Les fonds sont de trois couleurs : 
bleu, rouge, vert ('). Le champ du panneau, qui laisse parfois une 
perspective ouverte sur la campagne, est tendu d'une riche étoffe 
damassée, à ramages ou losanges dans lesquels sont inscrits des fleu- 
rons crucifères. Il est délimité par deux pilastres ou deux colonnes, 
qui portent un écriteau expliquant la scène. Les successions de 
majuscules qui forment bordure ont. parfois un sens, mais souvent 
aussi elles en sont dépourvues et, à ce titre, n'ont aucune importance, 
car elles ne donnent ni une signature ni une marque d'atelier. On est 
parfaitement fixé maintenant sur cette ornementation fantaisiste, 
qui emploie des lettres, sans chercher à leur faire signifier une pensée 
quelconque. 

Les règles de l'iconographie sont presque toujours fidèlement 
observées pour les nimbes. 

Après ce coup d'œil jeté sur l'ensemble, passons à l'examen dé- 
taillé des panneaux. 

1. Maternité. — La Vierge est assise sur un banc; un voile blanc 
couvre sa tête, sur laquelle remonte son manteau bleu. Elle tient sur 
ses genoux un gros enfant, qui boit avidement à son sein et qu'en- 

(') Les panneaux allant deux à deux, le même fond se rencontre à droite et 
à gauche. Cependant, au n° 3, le bleu fait face au vert, et, au n° 6, le rouge au 
vert, sans qu'il y ait possibilité de transposition. 

Les nuances devaient également différer dans le sens de la hauteur, pour ne 
pas toujours exhiber un même fond, et il en est ainsi en réalité, excepté au n° 2 
où le rouge succède au rouge du n° 1. 



- 393 — 

veloppe en partie un linge blanc qui laisse l'épaule à découvert. Le 
fond est rouge. On lit en bordure : NrAVHRT NOVERMELAN. 

1'. Saint Luc. — Saint Luc est l'historien de l'allaitement, par ce 
texte inscrit sur un cartouche : 

beatû t)bcra q. 
suïisti . lu . t : (,; 

L'évangéliste est assis sur un banc, son bœuf derrière lui. R tient 
son écritoire de la main gauche et écrit sur ses genoux. Son phylac- 
tère porte EIVTISVOIVO. Devant lui est ouvert un livre, posé sur 
un pupitre bas, en forme de banc. Son visage est imberbe. Coiffé, il a 
un manteau blanc sur une tunique verte. La tenture du fond est rouge, 
avec cette légende en bordure : ANERTOVXSI BMVR4ORLTND. 

2. Fuite en Egypte. — Le sol est sablonneux et rocailleux; au 
fond, un champ jaune, et, à droite, un arbre. La tenture est rouge, 
avec bordure ornée de lettres : RENEDICTVS D RENEDIGTVS 
DOMINVG DE (*). Saint Joseph, non nimbé, coiffé et chaussé, marche 
devant : il porte ses hardes attachées au bout de son bâton. Marie, chaus- 
sée, voilée de son manteau bleu, une guimpe blanche autour du cou et 
- vêtue d'une robe rouge, est assise sur l'âne. Elle tient, serré dans ses 
bras et emmailloté de langes blancs, son petit enfant qu'elle recouvre 
de son manteau : l'Enfant Jésus, par exception, n'a pas de nimbe. 

2'. Saint Mathieu, — R ne raconte pas la fuite en Egypte, mais 
redit les paroles de l'ange à saint Joseph : 

acripe puerû 1 
Cua,e t egtptum 

• MATHE • Il • « 

Coiffé en bleu, habillé d'une robe bleue et d'un manteau blanc, 
barbu, il écrit sur un pupitre bas, assis sur un banc et les pieds posés 
sur un carrelage en échiquier de deux nuances, vert pâle et vert 
foncé. Son ange, sans nimbe, se tient devant lui. La tapisserie» rouge 
répète comme au panneau précédent : BENEDICTVS D MINVS 
DEYS. 

(') Les citations ne concordent pas exactement avec la Vulgate qui dit : « Beatus 
venter qui te portavit et ubera quae suxisti. » (S. Luc, xi, 27.) 

( â ) « Benedictus Dominus Deus Israël » (Psalm. xl, 14). On remarquera, à 
dominuc, le sigma grec en c, qu'a fréquemment employéje moyen âge poul- 
ies monogrammes des noms de Jésus et de Christ, IHC, XPC. 

( 3 ) « Ecce angélus Do mini apparuitin sommis Joseph, dicens : Surge et accipe 
puerum et matrem ejus et luge in .Lgyptum » (S. Matth., 11, i3.) 



— 394 — 

3. Soufflets. — Le fond est vert. Le Christ, assis sur un pavé, 
échiqueté en rouge et Liane, a les yeux bandés. Deux juifs le souf- 
flètent, lui demandant : Qui t'a frappé ? 

3'. Saint Marc. — Il se détache sur un fond bleu et se reconnaît à 
son lion, accroupi derrière le banc sur lequel il est assis. 11 écrit 
sur ses genoux, et un autre livre est ouvert sur un pupitre. Son 
texte est ainsi formulé : 

• mstri alnpis 
eum febebant 

♦ marn . xii\ . [1) 

4. Couronnement d'épines. — Fond bleu. Le Christ, la tète en- 
tourée du nimbe crucifère, est blond et barbu. Assis, les mains liées 
en avant, il porte un vêtement de pourpre violette. Deux soldats, 
dont un est coiffé du bonnet juif de couleur rouge, enfoncent avec des 
bâtons la couronne d'épines; un autre à genoux, feignant de l'ado- 
rer, s'apprête à lui donner un soufflet. 

4'. Saint Jean. — Fond bleu clair, semé de nuages qui ondulent. 
Imberbe, assis sur un fauteuil à bras et en X; il écrit sur ses genoux 
le début de son évangile : IN PRINCI(/)/o). Son aigle d'or tient au 
bec son écritoire. Sa robe, d'un violet bleu, est accompagnée d'un 
manteau blanc. Ses pieds nus, comme il convient à un évangéliste, 
foulent une herbe verte. Le texte tiré de son évangile dit : 

JUilttes populi 
tes coron am 
spinis . \o . ix . (?) 

On remarquera populites pour fleclenf.es, ce qui est une distrac- 
tion du peintre, qui a mal lu les paroles qu'on lui avait remises. 

5. Couronnement. — La sibylle Delphique, la figure triste et de 
mauvaise humeur, âgée de trente-cinq ans environ, tient la couronne 
d'épines. Sa robe rouge est recouverte en partie d'une cotte bleue. 
Son long bonnet pend en arrière. Elle annonce la venue miraculeuse 

f 1 ) « Et ministri alapis eum caedebant. » (S. Marc, xiv, 65.) 
(-) « Et milites plectentes coronam de spinis, imposuerunt capiti ejus. >< 
(S. Joann., xix,"2.) 



— 395 — 
d'un prophète, qui se nomme Jésus et sera couronné d'épines : 

ttasri oebere ppljeta. 
absq? maris coitu 
noie il)m q coronat. {%) 

La tapisserie rouge a une bordure ornée des lettres suivantes : 
VOREIVSAOAMOSHVORENSAD 

5'. Saint Lac. — Fond rouge. Nimbé, coiffé, en robe verte et 
manteau blanc damassé, son bœuf couché derrière lui, il écrit sur 
un papier tendu, assis sur un banc. Le texte fait défaut. 

6. Flagellation. — Fond vert. Le Christ, nimbe crucifère à la tète, 
est attaché à une colonne, les mains derrière le dos : un linge, tendu 
aux reins, couvre sa nudité. Deux bourreaux le frappent avec des 
fouets. L'un, habillé de jaune et le poignard au côté, a un haut-de- 
chausses vert; l'autre, costumé en vert, porte des bottes jaunes et un 
haut-de-chausses bleu. 

6'. Saint Mathieu. — Fond rouge, ce qui ne concorde plus. L'évan- 
géliste se distingue par une robe verte, une escarcelle rouge, un 
manteau blanc et son attribut l'ange, à la tunique bleue et aux ailes 
vertes. La flagellation est indiquée par ce texte qui nomme Pilate : 

3ceum llacjel 
latû traînait. 
. mat , ïïfliii . ( ' 

7. Crucifixion. — Le fond est rouge, comme il convient au sang 
répandu. Le Christ est fixé par trois clous à une croix jaune. Cou- 
ronné d'épines, il a, en qualité de Dieu, le nimbe crucifère. Un 
large linge entoure ses reins. A droite, saint Jean, nimbé, soutient la 

(') Voir pour la première partie de la prophétie mon Iconographie des Sibylles, 
Arras, 1874, p. 27, 62, 81, 85, et pour le couronnement d'épines, p. 101, io5. 

( 2 ) Un livre d'heures, imprimé en i4g5, donne le texte intégral : « Sibila Del- 
phiea, annorum 20. De coronatione Ghristi. Nascetur propheta absque maris 
coïtu, nomme Jésus, qui coronabitur. » {Ibid., p. 121.) 

On lit dans IcsHeures à l'usage de Poitiers imprimées en i5o6 par Simon Vostre 

[Ibid., p. 120) : 

« Sibile Delphica, en l'aage 

De xs ans, a déterminé 

Que Crist par gens remplis de raage 

Sera d'espines couronné ». 

t 3 ) '< Jesum autcmuagellatumtradidit eis ut erueifigeretur. » [S. Matth., xxvn, 26.) 



— 396 — 

Vierge qui tombe en défaillance : elle n'a pas de nimbe et porte un 
voile blanc. A gauche, deux soldats et un juif, la tète couverte. 

y'. Saint Jean. — Le fond est rouge, comme au panneau auquel 
il fait vis-à-vis. Les attributs de l'apôtre sont l'absence de barbe, les 
cheveux blonds en signe de jeunesse, le livre ouvert sur les genoux, 
le double vêtement, tunique bleue et manteau blanc, nimbe qui 
rayonne à l'intérieur de la circonférence, calice à pied polylobé, de 
la coupe duquel sortent trois dragons pour symboliser le poison 
qu'elle contient. Il est assis sur un rocher vert et enregistre la cruci- 
fixion par les juifs sur le calvaire : 

in ioco caiuavie 
£mnfi*erunt : 

(e)um , io . xxx . (,) 

8. Résurrection. — Le fond est bleu, par allusion à la joie céleste, 
avec broussailles. Le tombeau a la forme d'un sarcophage rectangu- 
laire, décoré de disques en creux. Derrière est un soldat qui regarde 
avec surprise : il met sa main devant ses yeux, car la lumière l'éblouif . 
Le Christ ressuscité se tient debout sur le sol gazonné. Il se recon- 
naît à son nimbe crucifère et à la croix du triomphe, à banderole 
traversée par une croix, qu'il arbore de la main gauche, pendant que 
la droite bénit. Le manteau est rouge et la robe violette, deux cou- 
leurs qui rappellent le supplice du Fils de Dieu et la pourpre des 
triomphateurs. 

8'. Saint Mathieu. — L'évangéliste porte une tunique violette et 
un manteau rouge ; au côté pend une escarcelle verte, par allusion à 
sa première fonction. Le fond du panneau est bleu, pour s'accorder 
avec son pendant. La résurrection est proclamée sur deux cartouches : 

QÊt tcrfia Î5 ic .*. resurrcxit sicut 

resurget . mat- oiïit ic' (ï) 

xxix '.- e> 

X. Barbier de Montault. 

*) « Et bajulans sibi ciucem, exivit in eum qui dicitur Caharise locum, he- 
brnice autem Golgotha, ubi crucifixerunt eum. » (S. Joann., xix, 17-18.) 

W S. Matth., xx, 19. 

( 3 ) Et cœtera. — Ces paroles ne sont pas tirées do S. Mathieu, mais emprun- 
tées à la liturgie, à l'antienne Begina cœli, qui se dit pendant le temps pascal. 



397 



NOTE SUR UN CACHET D'OCULISTE DU MUSÉE D'ARLES 
Communication de M. Huard, correspondant du comité à Arles 

Ce cachet d'oculiste, a été offert au musée d'Arles par M. Augier, 
maître maçon, qui en a fait la découverte, en août 1 885, sous le seuil 
d'une porte située sur la voie dite Rond-Point des Arènes. 

Il est inédit, et c'est à l'obligeante communication de M. Roman, 
photographe, que j'en dois la connaissance. 

La pierre composant ce cachet est une sorte d'ardoise verdàtre et 
polie, écaillée sur divers points. Elle mesure \- millimètres sur 4'J 
et 10 millimètres en épaisseur. Elle est gravée sur ses quatre tran- 
ches et porte un cercle inscrit avec point central sur la face plane de 
dessus, tandis que la face opposée porte trois cercles concentriques, 
avec un point au centre. 

Les inscriptions de ce cachet sont ainsi conçues : 

1. 

Q.- L • DIOxYsiDIALIBA 
X VA D LPPIT • EXO VO 

Q(uinti) L(ucii) ûyonisi Dialibanu(m) ad lippi((udiuei/t) ex ovo. 

« Collyre dialibanum, au blanc d'œuf, de Q. Lucius Dionysus, à 
employer contre l'ophthalmie. » 

Le dialibanum est un collyre composé d'encens, désigné sur 
d'autres cachets par le mot thurinum. Celui-ci fait suite aux cinq 
spécimens portant le titre thurinum ou dialibanum, dans le savant 
recueil de Cahcets d'Oculistes romains, publié par MM. Héron de 
Villefosse et H. Thédenat. Ce collyre était employé contre diverses 
affections, telles que : aspritudines , impeius, lippitudo, suppu- 
rât iones. 

Ambroise Paré(') défini ainsi le mot lippitudo : 

« 11 y en a quelques-uns qui ont toujours les yeux mouillés d'une 
humeur subtile, acre et chaude qui leur cause une perpétuelle aspé- 
rité; pour peu de chose, il survient inflammation et quelques fois 
lippitude ou chassie, et enfin éraillement des yeux. Or, lippitude 

i 1 ) De plusieurs opérations de chirurgie, livre XVII, page 3S6. 

Archéologie. 27 



— 398 — 

n'est autre chose qu'une ordure blanche qui sort des yeux, et quel- 
quefois tient les paupières liées ensemble, etc. » 

Le même auteur dit de l'ophthalmie : 

« L'ophthalmie est une inflammation de la membrane appelée 
conjonctive, et par conséquent de tout l'œil, accompagnée souvent de 
douleur, rougeur et chaleur. » 

2. 
q.-l-dionYsipenicLlem 

ADIMPET • LIPP'fEXoVo 

Q(uinti) L(ucil) Dyonisi penicillem ad impet(um) lippit(udinis) 

ex ovu. 

« (Collyre) penicillem (à l'éponge), au blanc d'œuf, de Q. Lucius 
Dionysus, pour la période aiguë de l'ophthalmie. » 



q. • ldionVsidiagla'CI 

VADLPPTVbîEIVEXO 

Q(uinti) L{ucu) Dionysi diaglauciu(m) ad lippitudinem ex o(vo). 

« Collyre diaglaucium, au blanc d'œuf, de Q. Lucius Dionysus, à 
employer contre l'ophthalmie. » 

Le collyre diaglaucium rappelle, par sa composition, ceux indiqués 
dans les Notes de MM. Héron de Villefosse et H. ThédenatO. 

Le glaucium ou la chélidoine est une même plante, que les anciens 
désignaient indifféremment sous l'une de ces deux dénominations. 

Voici, en effet, ce qu'en dit Dioscoride ( 2 ) : 

« Chelidoniam magnam nonnulli Paoniam vocant, alii Aubion, 
alii Glauciam, quidam Pilomedion, alii Othonon, .Egyptii Nothoth, 
Daci Crustona, Chelidonia major. » 

Et, plus loin (*) : 

« Othonna aliqui majoris Chelidonia; succum esse aiunt, alii 
succum floribus corniculati papaveris expressum. » 

Or, le pavot cornu n'est autre que le Chelidonium glaucium des 
botanistes. 

(■) Tome I, p. 93, note. 

( 2 ) De medïcinali maleria, page 80, de chelidonia. 

( 3 ) lbid.,\). 81. 



— 399 — 

Au sujet du suc, dont il est ici question, l'auteur ajoute plus bas : 
« Extractus succus oculorum medicamentis adigatur, ubi expur- 
gare est opus. Mordet enim et abstergit omnem caliginem quae 
oculis offenditur. » 

Voir aussi Mathiole, Sur Dioscoride ( J ), qui s'exprime ainsi : 
« Les médecins et apothicaires appellent ordinairement le Glau- 
cium, Ménithé, et, de fait, le Ménithé des apothicaires est le vrai 
glaucium; car il est du tout conforme, et en marque et en propriétés, 
au glaucium. Premièrement, outre ce que, par expérience, on le re- 
connaît fort bon pour les yeux. » 
Pline dit aussi (*) : 

« L'herbe dont on fait le Ménithé est dite des Grecs glaucion, et 
croit en Syrie et au royaume des Parthes. Cette herbe est petite et 
fort touffue de feuilles qui retirent quasi à celles de Pavot, hormis 
qu'elles sont plus petites et plus crasseuses ; joint aussi qu'elles ont 
une odeur vilaine et un goût amer, stiptique et astringent ; elle 
produit aussi certains grains jaunes comme safran, desquels ils tirent 
le Ménithé, que les Grecs appellent aussi Glaucium. Et pour en tirer 
le dit jus, ils enduisent de boue les dits grains et les mettent échauffer 
ainsi engagés au four, en un pot de terre, et après qu'ils sont assez 
échauffés, ils les tirent et en font ce jus que nous appelons Ménithé. 
Ce jus, pilé avec les feuilles de cette herbe, est singulier aux fluxions 
des yeux, car il les fait toujour tomber en un coup. De ce jus est fait 
ce collyre que les médecins appellent Diaglaucium. » 



Q.L DIONYSICHLORON 
ADLÏ>tTVblSEiVEX 0V0 

Q(uinti) L(ucii) Dionysi chloron ad lippitudinem ex ovo. 

« Collyre chloron, au blanc d'œuf, de Q. Lucius Dionysus, pour 
l'ophthalmie. » 

Le collyre chloron figure déjà sur un cachet d'oculiste, publié par 
MM. Héron de Villefosse et H. Thédenat ( 3 ). 

Les quatre inscriptions gravées sur les tranches du cachet de 
Q. Lucius Dionysus, en caractères très corrects, accusent une bonne 
époque de l'épigraphie latine. 

(') Liv. III, chap. lxxxih, p. 3io. 

( J ) Livre XXVII, p. 374. Traduction d'Antoine du Pinet. 

< 3 ) Cachets d'oculistes romains, t. I, p. 9 et suiv. 



— 400 — 

C'est là une bonne acquisition pour le musée d'Arles, qui possède 
maintenant deux spécimens de cachets d'oculistes 

Cette collection vient, en effet, d'être enrichie du cachet de Cosmos, 
déjà bien connu depuis la découverte qui en fut faite sur l'emplace- 
ment du théâtre antique, en 1S79, par M. Pascal père, qui n'avait 
jamais voulu s'en dessaisir. Par suite d'instances réitérées auprès de 
ses héritiers, l'acquisition a pu en être faite récemment pour le 
Musée. 

Ce cachet, dont les inscriptions sont en langue grecque, et par 
conséquent beaucoup plus rares, a été publié par M. Héron de 
Villefosse v 1 . 

HUARD, 

Correspondant du Comité, à Ailes. 



NOMS D'ARTISTES DES DERNIERS SIÈCLES 

RELEVÉS SUR DES DOCUMENTS INÉDITS DANS LA BRIE^J 
Par M. Th. Lhuillier, correspondant du Comité à Melun. 

Andry, maître chasublier brodeur à Paris, sur le pont Notre-Dame. 

Il informe en ij36 les fabriciens de l'église Saint-Loup de 
Montereau-faut Yonne qu'une « bannière propre, en velours cra- 
moisi, doublée de damas de même couleur, à grands ramages, 
avec franges d'or de Lyon, autour des représentations d'une 
Sainte Vierge et d'un saint Loup, de laine, au petit point, tapis- 
serie des Gobelins, » coûtera 56q livres. (Archives municip. dp 
Montereau, GG. 23.) 

Archange, architecte à Paris, rue de Sèvres. 

Dresse en 1786, avec l'architecte Gabriel, le devis des travaux 
à adjuger pour « l'ouverture de partie d'une rue projetée sous 

(*] Bulletin de la Société des antiquaires de France, 1879, p. 87; Bulletin 
monumental, 1881, page 259. 

(-) Voir la Revue des Sociétés savantes, 5 e série, t. IV, p. 494 a 5x6; 6 e série, 
t. II, p. 207 à 221 ; 7 e série, t. II, p. 247 à 263; Bulletin du Comité, section d'his- 
toire, d'archéologie et de philologie, année 18S2, n° 1, p. 20 à 4'- 



— 401 — 

le nom de rue Louvois, à Paris, hôtel Louvois, rue Richelieu. » 
{Coll. de l'auteur.) 

Aved (Jacques-André-Joseph), peintre du roi. 

Le i er juin ij5i eut lieu à l'ahbaye de Faremoutiers en Brie 
la cérémonie de vèture de deux novices, filles de Pierre Hatry, 
marchand à Paris, et de René Jardel, avocat à Paris ; au nombre 
des personnes présentes qui ont signé l'acte figurent « M. Aved, 
peintre du roy et conseiller en son académie royale de peinture et 
sculpture, et M. Aved, son fils. » (Arch. de Seine-et-Marne, 
H, 449-) 
Baco (M 1Ie M. E.) peintre (1777) à Paris. 

« M lle Baco, peintre, successeur de son père, à l'enseigne du 
Maréchal de Saxe, à l'entrée du pont Notre-Dame, fait le portrait 
d'après nature ; fait et vend toutes sortes d'ouvrages de peinture, 
sculpture et dorure...; raccommode les tableaux même les plus 
ruinés, à juste prix et raisonnable. » 

En 1711, un Charles Baco était peintre du roi, rue Saint- 
Honoré. (Coll. de l'auteur.) 

Bélamy (Paul), fabricant d'instruments de musique, à Paris, rue de 
la Juiverie, paroisse de la Madeleine. 

Il concourt, avec Marie Godefroy, sa femme, et cinq autres 
héritiers, à un partage des biens de Etienne Picque, leur oncle, 
mort marchand drapier bourgeois de Paris ; chaque lot consis- 
tant en immeubles situés àTrembleseau en Brie, Yinantes, etc., 
est évalué à 549 écus sol. (Contrat devant Levasseur, notaire à 
Paris, 9 février 1099. — Coll. de l'auteur.) 

Bettou (Alexandre), peintre du roi à Fontainebleau. 

Par contrat devant Boucher, notaire à Fontainebleau, du 
3o septembre 1668, les habitants de Samois lui concèdent le 
droit de joindre à la maison qu'il possède dans ce village 4 1 toises 
d'une ancienne voirie délaissée, dite à présent rue Derrière le 
four à ban, et ce, moyennant une rente de 55 s. 6 d. 

Le 24 juillet 1669, devant le même notaire, Louis Saussoy, 
prieur de Saint-Félix de Franchard, dans la forêt de Fontaine- 
bleau, archidiacre de Sens, donne à loyer à Alexandre Bettou, 
peintre du roi et bourgeois de Fontainebleau, 4 arp. de terre à la 
pointe de Samois, plus 1 arp. 1/2 de vignes et friches délaissées 
depuis vingt ans, moyennant 6 liv. par an. (Coll. de l'auteur.) 



— 402 — 

Blaise (Barthélémy), sculpteur. 

Cet artiste, né à Lyon en 1738, reconnaît en 1789 avoir réglé 
avec M. Fontaine de Cramayel tous les travaux exécutés pour son 
compte. 

Le 21 germinal an XI M. de Cramayel constitue au profit de 
Barthélémy Biaise et de Marie Blanchot, sa femme, une rente 
de 5oo fr. (Id.) 

Bocciardi (Augustin), sculpteur des menus plaisirs du roi. 

Il s'engage, le 26 juillet 1766, envers M. Fontaine de Cra- 
mayel, fermier général, à démonter le groupe qui est au fond du 
parterre du château de Cramayel, à le transporter et remonter 
sur un piédestal, à l'un des milieux dudit parterre ; à y faire 
toutes les augmentations de sculpture convenables pour lui 
donner une masse égale au groupe parallèle ; le tout moyennant 
2,200 livres. (Id.) 

Boscry, architecte des bâtiments et jardins, à Paris. 

Dessine et dirige en 1722 les travaux exécutés par Langelin et 
Darcagne, pour le cardinal de Bissy, dans les jardins du palais 
abbatial de Saint-Germain-des-Prés. (Id.) 

Boulle (Paul), orfèvre, fils de Pierre Boulle, menuisier, et de Marie 
Bahuche, peintre. 

Le 5 juin 1649, devant Lecat et Lesemelier, notaires à Paris, 
il est procédé à la révision du compte de tutelle de Paul Boulle, 
fils de feu Pierre Boulle, menuisier, et de Marie Bahuche, sa 
veuve, alors remariée à Jean de Nogen, conseiller et médecin 
ordinaire du duc d'Orléans, oncle du roi. A cet effet, comparais- 
sent Jean de Nogen et Marie Bahuche, domiciliés rue de Harlay ; 
Samuel Martin, marchand apothicaire, cy-devant subrogé- 
tuteur de Paul Boulle ; Pierre Delabarre, marchand orfèvre 
bourgeois de Paris ; Bobert Nicou, peintre ordinaire du roi. 

Le compte de tutelle, rectifié notamment par suite du décès de 
Isaac et de Marguerite Boulle, frère et sœur du mineur, s'élève 
à 6,704 a. 8 d. en recette, et à 3,566 u. 2 s. 4 d. en dépense. Il 
est attribué 2,610 tf i3 s. à Josias Delabarre, marchand orfèvre, 
créancier qui avait formé saisie-arrèt, — et 35o tf à Pierre Dela- 
barre, pour employer aux frais de maîtrise de Paul Boulle. (Id.) 

Bradel, relieur à Paris. 

En 1720, les marguilliers de l'église Notre-Dame de Monte- 



— 403 — 

reau paient pour trois martyrologes de papier, couverts en par- 
chemin, 44 tt i5 s., et au sieur Bradel, pour la reliure en cuir 
de ces trois volumes, 19 n. (Arck. municip. de Montereau; 
GG, 60.) 

Bruant (Sébastien), maître des œuvres de charpenterie du roi et 
architecte. 

Par acte devant Symonet et Cousinet, notaires à Paris, du 
12 septembre 1662, contenant obligation par la veuve d'Antoine 
Le Veillard et autres, à Claude duVaulx, receveur des décimes, 
Pierre Lepage, bourgeois de Paris, transporte en nantissement 
9,000 a et les intérêts qui lui sont dus par Sébastien Bruant. 
(Coll. de l'auteur.) 

Cardon (Nicolas-Vincent), maître sculpteur, de la communauté et 
académie de Saint- Luc, à Paris, faubourg Saint-Martin. 

Exécute, de 1709 à 1765, des travaux à une maison de la rue 
du Sentier, pour M. de Cramayel, sous la direction de l'archi- 
tecte Barrau. (Jd.) 

Clodion (Claude-Michel), sculpteur, de Nancy. 

« Ce 18 août 1814. 
« Monseigneur, 

« J'ai l'honneur d'envoyer à Votre Altesse une notice sur 
M. Clodion. Vous avez prouvé votre goût pour les arts en occu- 
pant cet estimable artiste; il se trouvera dans sa vente un char- 
mant grouppe en terre cuite, représentant des femmes adossées 
et portant des corbeilles destinées à recevoir des fruits; comme 
je sais que pareil sujet a été exécuté en bronze pour Votre 
Altesse, et que M. Clodion a refusé la proposition d'un manu- 
facturier qui aurait désiré le multiplier à son profit, je crois 
remplir ses intentions en vous prévenant de l'existence de ce 
grouppe. Vous trouverez encore dans la vente d'autres terres 
cuites dans ce genre aimable, que l'auteur savait si bien mo- 
deler, et qui sont faites pour mériter l'attention d'un prince qui 
rend justice au talent. 

« J'ai l'honneur d'être avec respect, etc. Dingé. » 

Cocheux (Guillaume), peintre en faïence, â Nevers. 

Vient travailler à Montereau, en 1777, avec François, son fds, 
né à Nevers, le 24 janvier 1760. (Id.) 



_ 404 — 

Corcol (Jérôme), ciseleur, sommelier d'armes et garde des armes du 
roi Henri IV. 

Présente requête au juge criminel du bailliage de Melun, pour 
faire arrêter et juger un compagnon polisseur qu'il a eu à son 
service, nommé Michel, lequel a incendié la maison de cam- 
pagne dite Pessard, à Saint-Port, la veille de Saint-Thomas 1 599. 
Le plaignant déclare avoir perdu à cette occasion « chambre, 
grenier, étable, deux chevaux, du linge, des grains et fourrages. » 
— Le 23 avril 1600, l'autorisation est accordée « ayant égard 
aux qualités du suppliant et de l'accusé. » — (Arch. de Seine-et- 
Marne, bailliage de Melun.) 

D'Agoty, écuyer, peintre de la cour et de Madame, de l'Académie 
royale de Toulouse et de celle de Dijon. 

Donne en 1723, à l'église de Brie-Comte-Robert, un tableau 
de Despeigne, représentant le Martyre de saint Etienne. (Arch. 
munie, de Brie.) 

David (Louis), peintre. 

Lettre à Boissy-d'Anglas, député à la Convention (1794) '• 
« Deux de mes élèves, mon cher collègue, viennes de m'écrire 
afin d'obtenir chacun d'eux une réquisition qui les exempte de 
rejoindre l'armée; ils ont l'un et l'autre des dispositions infinies 
pour l'art qu'ils ont entrepris. L'un (Callier) a déjà payé son 
contingent à la liberté, car il a reçu une blessure dont il se res- 
sent de temps en temps; l'autre (Delafontaine), d'une santé 
délicate et surtout d'une taille trop petite pour pouvoir supporter 
les fatigues de la guerre, ne serait qu'un fort movait soldat, 
quand il peut devenir un bon artiste. Le service important que 
j'ose encore espérer de vous, c'est que vous voudrez bien les 
rendre à la peinture. 

« Je suis, etc. David. » 

Au bas d'une copie de cette lettre, Delafontaine qui obtint, 
comme peintre d'histoire, un prix à vingt-un ans, se fit sculpteur- 
ciseleur et fabricant de bronzes, a mis la note suivante : « Le 
Ministre de la guerre nous plaça dans un régiment de Paris, où 
nous n'avons jamais figuré; nous avions des congés de quatre 
mois en quatre mois. » 

De Launay (Daniel), maître peintre à Paris, pont Sainte-Marie, pa- 
roisse Saint-Louis. 



— 405 — 

Donne procuration devant Debeauvais et Remond, notaires, le 
28 avril i653, pour se faire représenter au conseil de famille de 
Rachel Lanevassier, sa nièce, à cause de Judicq Noret, sa femme. 
{Coll. de l'auteur.) 

Delobel, peintre ordinaire du roi. 

Description autographe d'un de ses tableaux : 

« Tableau allégorique qui représente l'histoire des négociations 
de la paix conclue à Utrect, en 1713, par M. l'abbé de Polignac, 
l'un des plénipotentiaires du Roy, déclaré cardinal le 3o janvier 
de la même année, et depuis ministre de France à Rome. 

« Rellone, touchée des discours de Mercure, dieu de l'élo- 
quence, éteint son flambeau. Le portrait de Son Eminence est 
tenu d'une main par la paix qui, de l'autre, donne une branche 
d'olivier à la France, personnifiée par une jeune guerrière au 
manteau semé de fleurs de lys; elle reçoit ce rameau précieux 
par le conseil de Minerve, laquelle représente le Roy. 

« Au dessus de la Paix, la Justice maintient l'équilibre de sa 
balance, pour affermir les nœuds d'une longue et heureuse paix. 
Cette déesse est appuyée sur une autruche, qui est un des attri- 
buts de la Justice et dont Raphaël s'est servi pour caractériser 
cette divinité dans les peintures qu'il a faites au Vatican. Un 
enfant tient l'épée de la Justice. 

« La Poésie regarde avec admiration le portrait de Son Emi- 
nence, qui, au milieu de ses grandes occupations, a toujours 
fait ses délices des lettres, des sciences et des beaux-arts. Un 
génie tient son portrait et l'élève. 

« La Renommée, sur des nues, publie l'heureuse paix qui 
affermit Philippe V sur le trône des Espagnes. 

« L'architecture qui relie le groupe des figures représente le 
temple de Mémoire, autour duquel sont des médaillons, entre 
autres celui de Louis XIV. 

« Sur les degrés du temple, les attributs des sciences et des 
beaux-arts. On découvre dans le lointain la ville de Paris, et sur 
les bords de la Seine on aperçoit la Religion qui, appuyée sur 
un autel, foule aux pieds un monstre représentant la Discorde. 

« Ce tableau, de quatorze pieds de haut sur huit et demi de 
large, est composé et peint parle sieur Delobel, peintre ordinaire 
du Roy. » — (Coll. de Vauteur.) 

Demontpetit, peintre. 

« Mémoire des ouvrages de peinture, dans le genre éludorique, 



— 406 — 

faits pour Madame Victoire, tante de Sa Majesté, par Demont- 
petit, à Paris, rue du Gros-Chenet, n° 3. 

« En 1787, peint Madame Victoire, en buste, grandeur natu- 
relle, pour servir de modèle aux petits portraits ... 10 louis. 

« Livré un dessus de boëte où Madame est peinte 
tenant un livre à la main, sur lequel on lit : Traité 
de V Amitié ; prix fixé à 25 louis. 

« En 1788, un portrait, tableau de cabinet, même 
sujet 20 louis. 

« En 1790, un pareil dessus de boëte 25 louis. 

« Reçu de M. deMussy, trésorier général, ce 5 septembre 1791. 
(Id.) « Demontpetit. » 

Diane (Bernard), maître orfèvre-graveur à Paris. 

Sa veuve, Madeleine de Boissy, épouse Charles Desboutz, jar- 
dinier du roi au jardin des Pins, à Fontainebleau ; contrat devant 
Gilles Langlois, notaire à Fontainebleau, du 14 janvier 1589. — 
(Arch. de Seine-et-Marne, B. 432, f° 117.) 

Dubois (Jean), peintre, né à Fontainebleau, petit-fils d'Ambroise 
Dubois. 

« Le dixiesme jour de septembre 1646 a été baptisé Jean, fils 
de Jean Dubois et de Françoise Lefebure; le parrain, messire 
Jean-Jacques de Renouard, sieur de Villayer, conseiller du Roy 
en ses conseils, maître des requêtes ordinaires de son hostel 
[membre de l'Académie française] , de la paroisse de Saint- André- 
des-Arts, à Paris, lequel luy a imposé le nom ; la marraine, 
dame Jacquette de la Place, de ceste paroisse. » Signé : Jean- 
Jacques de Renouard, Jacquette de la Place, Mercier (prêtre). 
{Reg. paroissiaux d'Avon.) 

Duret (François-Joseph), de Valenciennes, sculpteur à Paris, rue du 
Pot-de-Fer, paroisse Saint-Sulpice. 

Donne quittance, le 3 juillet 1781, de 4oo tf, pour six mois de 
la rente viagère constituée à son profit par le duc d'Orléans, 
suivant contrat devant Lhomme, notaire à Paris, du 19 juin 1773. 
(Coll. de fauteur.) 

Du Ry (Mathurin), architecte des bâtiments du roi. 

Assiste à la délivrance d'un alignement donné à Villeparisis, 
le i3 mai i665, par Charles Hobbe, voyer du roi en la prévôté 



— 407 — 

de Paris, pour clore le parc de M e C uïlard, avocat au parlement, 
seigneur en partie de Villeparisis. (Id.) 

Fauconnier (Jean-Jacques), élève de l'Académie de peinture de Paris, 
demeurant à Sens. 

Donne à bail sa ferme seigneuriale de Brison, située à La 
Groix-en-Brie, devant Vaudremer, notaire à Nangis, le 27 jan- 
vier 1766. (Id.) 

Féron (Adam), graveur à Paris. 

En i4-î5, passe déclaration à l'abbé comte de Lagny, pour 
des terres situées à Lagny et Thorigny. (Id.) 

Le 9 octobre i4 ; W, Adam Féron, ouvrier de la monnaie du 
roi, et Enguérand Féron, monnayeur du serment de l'empire, 
vendent à Jean Vivien, doyen de Saint-Germain-l'Auxerrois, 
4o sols parisis de rente à prendre sur une maison à Lagny, rue 
aux Brebis, moyennant 32 # tz. (Arch. de VHôtel-Dieu de 
Paris A 

Flamberge (N...), maître sculpteur en plâtre. 

Beçoit 35o tf en 1 65 1 , pour la façon du grand autel de l'église 
Saint-Thugal de Chàteau-Landon, suivant marché passé devant 
Pierre Yves, notaire audit lieu. (Archives munie, de Chàteau- 
Landon; comptes de la fabrique de Saint -Thugal.) 

Fleury (noble homme René), contrôleur général des bâtiments du 
roi ; marié à Marie Rousseau. 

Leur fils Jean, écuyer, sieur de Violette, à Combs-la-Ville, 
chevalier du Saint-Empire, demeurant à Saint- Germain-des- 
Prés, rue Saint-Dominique, épouse Catherine de Marie ; contrat 
devant Delagrange, notaire à Paris, des 25 et 26 novembre 1645, 
(Coll. de l'auteur.) 

Girardon (Edme), sculpteur. 

Recettes à l'occasion de la bénédiction des cloches de l'église 
Saint-Louis de Fontainebleau, le mardi 25 octobre 1-49 : 
« ... plus un christ d'ivoire sur une croix d'ébène, avec son 
piédestal, en la place duquel a été mis celui de bronze, fait par 
M. Girardon, donné à l'église par M. Paillard... » (Arch. de 
Fontainebleau GG. I .) 

Gobert (André), menuisier du roi au château de Fontainebleau. 

Signe comme cousin germain de Nicolas Guissin, menuisier 



— 408 — 

à Fontainebleau, au contrat de mariage de ce dernier, qui épouse 
Marie Rigaud ; ce contrat passé le 11 novembre 1662, devant 
Tamboys, notaire. (Coll. de. l'auteur.) 

Godard (Ambroise), peintre du garde-meuble du roi. 

Fait baptiser à Montereau-faut-Yonne, paroisse Saint-Nicolas, 
le 18 janvier 1700, son fils Louis, né le 29 décembre 1694, de 
son mariage avec Thérèse Remy de La Chambre. (Reg. par. de 
Montereau.) 

Grassiot, sculpteur. 

« 1708. Le chapitre (de Saint-Quiriace de Provins), ayant 
voulu se mettre à la mode, a fait marché avec le sieur Grassiot, 
sculpteur de profession, pour avoir un autel de marbre en tom- 
beau, à la romaine, tel qu'on le voit encore aujourd'hui, 
moyennant la somme de 6,000 livres, y compris la croix, les 
chandeliers et les deux consoles ; l'ancien autel a été démoli, les 
pothuis vendus, l'autel de prime abattu. — 1760. Le jour de 
Pâques, on a officié à l'autel de marbre qu'on \ été obligé de 
recevoir tel qu'il est, le sieur Grassiot étant insolvable. Plusieurs 
ont regretté l'ancien, je suis de ce nombre. M. Acier a appelé 
les chandeliers cordons d'Espagne ; M. Grisard a appelé l'autel 
un sopha ou un canapé ; MM. de Notre-Dame se sont moqués 
de nous, ils n'avaient pas tort : cet ouvrage ne répond pas au 
mérite d'un insigne chapitre. » (L'abbé Ytier, chanoine de 
Provins. — Ms. de la Bibl. publ. de cette ville.) 

Hainceville (Jean-Robert de), maitre émailleur à Paris. 

Donne quittance de 3o # pour six mois de rente viagère cons- 
tituée sur les aides et gabelles ; devant Larsonnyer, notaire à 
Paris, le 10 septembre 1711. (Coll. de V auteur.) 

Hardouin-Mansart (Jules), architecte, et son frère Michel. 

« Par devant les conseillers du Roy, notaires gardes-notes de 
Sa Majesté en son Châtelet de Paris, soubsignéz, furent présents 
en leurs personnes : Jules Hardouyn-Mansart, ingénieur et 
architecte des bâtiments du roy, demeurant à Paris, rue des 
Tournelles, paroisse Saint -Paul, et Michel Hardouyn, aussy 
architecte des bâtiments du roy, demeurant à Paris, rue Saint- 
Martin, paroisse Saint-Martin-des-Champs. 

« Lesquels, pour recognoistre les bons offices que Christophe 



- 409 — 

Grossin, écuyer, seigneur de Dongerict, gentilhomme ordinaire 
de Monsieur, frère unique du roy, leur a rendus es diverses 
occasions, de la peine desquels ils Font rellevé ; voullant luy 
donner quelques marques de leur gratitude et de l'amitié qu'ilz 
luy portent ; pour ces considérations et autres à ce mouvant, 
ont recognu et confessé avoir volontairement par ces présentes 
donné, transporté et délaissé par donation entre vifs, irrévo- 
cable, en la meilleure forme que donation puisse être faitte, 
audit sgr Dongerict, demeurant à Paris, rue et paroisse Saint- 
Germain de Lauxerrois, à ce présent et acceptant : le quart de 
ce qui sera adjugé tant en principal, intérêts, frais et despens 
en discussion et jugement du procès qui est entre eulx, ès-noms 
et qualités qu'ils proceddent, et M c Charles Puotte, cons r du roy, 
président au siège présidial de Melun, et consorts, au sujet de 
la succession de deffunct M c Charles de Louviers, fils de 
deffunct Charles de Louviers, ch ,;r sgr de Changny, capitaine 
au régiment d'infanterie de M. le M is de Terny, et de dame 
Marguerite Boquart, ses père et mère, elle auparavant veuve de 
feu M e Claude Le Ragois, vivant conseiller en la cour de par- 
lement ; lequel procès est encore pendant et indivis en la cin- 
quième chambre des enquêtes du parlement, du rapport de 
M. Méliand, soit par arrest, sentence ou autrement. Pour 
recevoir, par ledit S r Dongerict, ledit quart présentement donné 
en tout ce qu'il sera adjugé et pourra provenir dudit procès con- 
curremment avec lesdits S rs Hardouyn, sans aulcunes contesta- 
tions; le subrogeant pour cet effect en tous les droits, actions, 
hypothèques résultant du contrat de mariage de ladite d elle de 
Louviers, et aultres actes et pièces. Et dudit quart, faire et 
disposer par ledit Dongerict, ses hoirs et ayant-cause comme de 
chose à eux appartenant. Cette donation, cession et délaissement 
entre eux ainsy faits pour les causes cy-dessus et parce que 
telle est la volonté desdits donateurs; donnant pouvoir, pro- 
mettant, obligeant, etc. 

« Fait et passé en la maison desdits s rs donateurs, l'an mil 
six cens soixante quatorze, le dix sept rae juillet, et ont signé la 
minute des présentes, demeurée en la garde et possession de Sadet, 
l'un des notaires soussignés. » (Arch. de Seine-et-Marne, hisi- 
nuations au bailliage de Melun, I 67 3- 1 676.) 

Jaillot (BernarJ), dessinateur, géographe du roi. 

Est parrain à Fontainebleau, le 2i décembre 1705.de Marianne, 



— -410 — 

fille de François-Hubert- Joseph Jaillot, conseiller-procureur du 
roi des eaux et forêts de Fontainebleau, et de Jeanne Jamin. 
(Reg. paroissiaux de Fontainebleau.) 

Jouvenet (Jean), peintre ordinaire du roi. 

Le 9 novembre 1712, mariage à Gombs-la- Ville de M Bernard- 
Claude Lordelot, avocat en parlement, avecD cllc Elisabeth-Anne 
Jouvenet, fille de messire Jean Jouvenet, peintre ordinaire du 
roi, ancien directeur et recteur de l'Académie royale de peinture 
et sculpture. 

Le 3 novembre 1766, inhumation dans la nef de l'église de 
Combs-la-Ville de d elle Catherine Jouvennet, fille de défunt Jean 
Jouvennet, peintre ordinaire du roy et directeur de l'Académie 
royale de peinture et sculpture ; morte en cette paroisse âgée d'en- 
viron soixante-cinq ans, chez dame Anne-Elisabeth Jouvennet, sa 
sœur, veuve du défunt M 1C Claude-Bernard Lordelot, avocat en 
parlement ; présents, M 1 ' Louis- Anne de Vallans, écuyer, 
chevalier de Saint-Louis, Antoine-Robert de Fromont de Gressy, 
écuyer, chevalier de Saint-Louis, et autres amis qui ont signé. 

Une liste des personnes enterrées dans la même église, men- 
tionne en outre Marie-Anne Jouvenet, morte (à Paris?) en 174°- 
(Reg. paroissiaux de Combs-la-Ville.) 

Lanier (Charles), menuisier des bâtiments du roi. 

Obtient sentence du prévôt de Fontainebleau, le 9 juillet 1678, 
pour faire visiter une maison qu'il a louée dans cette ville, rue 
Basse. (Arch. de Seine-et-Marne ; prévôté de Fontainebleau.) 

Larsonneur (Jean-Gabriel-Constantin), peintre. 

Né à Montereau, baptisé à l'église Saint-Nicolas le 1 1 mars 
1758 ; fils de Louis Larsonneur, potier de terre, et de Marie 
Catherine Boutault. Le i cr mars 1777, a Y ant perdu son père, il 
obtient des lettres de bénéfice d'âge pour son émancipation ; il 
était alors élève de l'école royale gratuite de dessin, à Paris, et 
habitait rue de la Madeleine. (Coll. de fauteur.) 

Le Bloucy (Guillaume), chantre ordinaire de la chapelle du roi. 

Parrain de Louis Desvignes, à Avon - Fontainebleau, le 
i3 octobre i63i. (Reg. paroissiaux d'Avon.) 

Leborgne (Arthus), l'un des vingt-quatre violons du roi, maître à 
danser des princesses d'Orléans et de Valois. 



— 411 — 

Propriétaire de biens à Saint- Fargeau, près Melun. 

En 1696, sa fille Marguerite, mariée à Edmond Bailly, avocat 
en parlement, passe déclaration de ces biens au terrier de 
Nicolas Lejay, baron de Tilly, comme seule héritière d'Arthus 
Leborgne, décédé. {Arcli. de Seine-et-Marne, E. 1462.) 

Leglerc (N.), organiste des Théatins à Paris. 

Reconnaît, le 8 octobre 1768, avoir reçu de M. Mahon, 
60 livres qu'il promet de rembourser au moyen des cachets qu'il 
recevra « à mesure des leçons données à Mesdemoiselles Hornot ». 
(Coll. de V auteur.) 

Lespine (Nicolas de), architecte des bâtiments du roi, à Paris, rue 
de Cléry. 

Vend des bâtiments et des terrains, rue du Sentier, à Jean 
Rouillé, comte de Meslay, conseiller au parlement, devant 
Sainfray, notaire à Paris, le i er juillet 1690. 

Etait marié à Judith Freyssen, légataire de feu Pierre Fermont, 
écuyer, son frère utérin. (Coll. de l'auteur.) 

Le Verdier (frère Jean-Baptiste), sculpteur à Paris. 

Extrait du compte des dépenses faites en 168 1-1 683 par les 
marguilliers de l'église Saint-Maurice de Montereau-faut-Yonne : 

Au frère J.-B. Le Verdier pour les ouvrages en plâtre, bois, 
figures, etc., qu'il a faits dans ladite église et au grand autel, 
373ff5 s. — Au même, pour la sculpture des figures en pierre 
de Saint-Leu, notf. — Audit frère sculpteur, pour avoir fait 
charger ces figures dans le coche de Montereau, etc. — 10 ff 2 s. 
(Arch. municip. de Montereau ; GG. 88.) 

Lheureux (François), maître sculpteur à Paris. 

Comparait comme témoin dans deux marchés passés les 27 et 
28 avril i5g3, devant Fouques, notaire à Melun, par lesquels 
Lazare Bourgoin, Jehan Maigras, Léandre Mangin et Charles 
Cocquet, maçons tailleurs de pierre, et Pierre Robert, charpen- 
tier, s'engagent envers Florent Fournier, maître juré du roi en 
l'office de maçonnerie à Paris, à construire un tripot ou jeu de 
paume, avec logis attenant, au champ de parade de Melun, 
paroisse Saint- Etienne. (Coll. de fauteur.) 

Liotard, Wille et Surugue, graveurs. 

« Compte des payements qui leur ont été faits pour diverses 



— 412 — 

gravures de la Galerie de Versailles, du 17 juin 1730 au 
14 mai 1746 : 

« A M. Liotard, la planche n° 19, petit médaillon représentant 
la Réparation de Val tentât des Cor tes, prix fait à 800 tt. 

« La petite planche n° 12, la Fureur des duels arrêtée, prix fait 
3ootf. 

« La planche n° 45, cintre qui a pour sujet YFarope chré- 
tienne en pair, convenu 1,000 tf . 

« A M. "Wille, pour avoir retouché le cintre, 96 H. 

« A M. Surugue, pour avoir gravé la planche n° 24, grand 
médaillon : Protection accordée aux beaux-arts, prix fait à 
1,000 a. 

« Total : 3,196 tt. — Nota : la planche n° 9 a été retouchée 
depuis par M. Tardieu, le fils, et la planche n° 24 par M. Gars. » 
(Coll. de V auteur). 

Loron (César), architecte juré du roi, à Paris. 

Passe marché en i658 pour la fouille d'un puils dans le 
domaine de Luzart, à Champs-sur-Marne. (Arch. de Seine-et- 
Marne ; notariat de Champs.) 

Marcel (Louis), musicien de la cour électorale de Bavière. 

Né à Paris, il est mort célibataire, à Munich, le 24 décembre 
1761, laissant par testament ses effets mobiliers à Cavalleri, 
autre musicien de la Cour. Un frère de Louis Marcel était mort 
à Paris, sans enfant, en 1760; celui-ci est qualifié premier 
maître à danser du roi. (Coll. de Fauteur.) 

Mathieu (Julie-Amable), maître de la musique du roi, à Versailles, 
rue de l'Orangerie. 

Achète des héritiers Legagneur, devant Barat, notaire à 
Versailles, le 2 juin 1771, une maison à Fontainebleau, rue 
des Bois, moyennant 200 h. (Arch. de Seine-et-Marne ; insinua- 
tions au baill. de Melun.) 

Matis, peintre décorateur à Paris. 

Reconnaît avoir reçu, le 10 lévrier 1794, à la caisse du 
théâtre Feydeau, 55o livres pour la décoration entière de la Prise 
de Toulon ; cette décoration représentant l'intérieur de la ville 
et du port de Toulon, l'extérieur d'une porte et une redoute. 
(Coll. de l'auteur.) 



- 413 — 

Messin (Nicolas), peintre, né en ijiy. 

Veuf de Marie-Sophie Lcfebvre, il a habité Fontainebleau, 
puis Boissise-la-Berlrand, près Melun. Le 14 juin 1817, fut 
célébré à Boissise le mariage de Clarice-Emilie Messin, sa fille, 
peintre en miniature, âgée de 33 ans, avec Esprit-Prudent- 
Fidèle-Amant Millet, âgé de 56 ans, colonel en retraite, né aux 
Biceys. (JReg. de l'état civil de Boissise.) 

Metezeau (Clément), architecte du roi, né à Dreux, mort à Paris 
vers iG5o. 

Claude de Pontlevoy, sa veuve, laisse à l'Hôtel-Dieu de Paris 
(contrat du 3 février 1662) une rente de 1,000 tt. dont le revenu, 
capitalisé tous les quatre ans, doit servir à doter une fille noble 
indigente, soit pour la marier, soit pour la faire entrer en reli- 
gion. — 1670, Catherine-Nicole Arbaleste de Melun demande à 
jouir de cette dut. (Coll. de l'auteur, et arch. de VHôtel-Dieu 
de Paris.) 

Miger (Simon-Charles), graveur, membre de l'Académie de peinture 
et de sculpture, né à Nemours le 19 février 1736, mort à Paris le 
28 février 1820. 

Un acte de tutelle est dressé le 17 janvier 1748, au bailliage 
de Nemours pour les trois enfants mineurs de Simon Miger, 
marchand tanneur, et de feu Elisabeth Pillé : Simon-Charles, 
âgé de 12 ans; François, âgé de 11 ans environ, et Jacques, 
âgé de 9 ans environ. — Tuteur : Simon Miger, père; cura- 
teur, Antoine Augis, marchand tanneur à Nemours, oncle 
maternel, ayant épousé Jeanne Pillé. 

— 9 décembre 1702. Sentence du bailliage de Nemours, 
autorisant Françoise Tranchon, seconde femme de Simon 
Miger, tanneur, à poursuivre la séparation de biens contre ce 
dernier qui, depuis plusieurs années, est hors d état de travailler 
pour son compte, a des dettes dépassant son avoir de plus de 
10,000 H et a disparu de Nemours pour éviter la poursuite de ses 
créanciers. (Arch. de Seine-et-Marne; bailliage de Nemours.) 

Noguez (Guillaume) sieur de la Saudraye, maître brodeur du roi, à 
Paris, rue Saint-Denis. 

Donne à loyer le 21 juillet 1679, devant Etienne Berthod, 
notaire à Brie, des terres qu'il possède à Grégy et Servon 
Archéologie. 28 



— 414 — 

en Brie, du chef de Catherine Nory, sa femme. — Le 
3o août 1680, ces Liens sont vendus au président de Mesmes, 
devant Thibert, notaire à Paris. (Coll. de fauteur.) 

Organistes de l'église collégiale de Montereau -faut-Yonne. 

Payé à Pierre Inger, ancien organiste, pour le mois de 
juillet 1625, et avoir raccommodé quelques tuyaux rompus 
23it6 s. — A feu maître Louis de Vaumartin, ancien organiste, 
deux années de gages, VI XX livres. — A Louis Languille, orga- 
niste, pour avoir joué du jour de saint Loup au dernier 
octobre 1628, 10 n. — A messire Orphelin, prêtre, organiste, 
pour sept mois, 35 «. [Archives municipales de Montereau', 
compte de la fabrique, pour les années 1626-30.) 

Pifferi (Pierre), peintre de la province d'Ivray en Piémont, à Paris, 
rue Neuve Saint-Martin, et Ignace Cietti, peintre de l'Académie de 
Saint-Luc, originaire de la même province, demeurant à Paris, 
rue Meslée. 

Signent le 23 février 1761, devant Delaleu et Giraut, notaires 
à Paris, un acte de notoriété concernant Jean-François Henrielly, 
décédé curé de Cannes, près Montereau. {Coll. de l'auteur.) 

Pinguet (Jean), maître sculpteur à Fontainebleau. 

Vend avec Magdeleine Rouer, veuve Jean Pinguet, sa mère, 
un jardin situé à Fontainebleau, à Pierre de Ricard, par acte 
devant Tamboys, notaire audit lieu, du 25 février 1641 ; 
témoins : Gabriel Tamboys et Pierre Périlleux, émailleur sur 
terre. (ld.) 

Pintenelle (Daniel), peintre du cabinet du roi, à Fontainebleau. 

Donne à loyer, à François Bignet, maçon, une maison située 
à Fontainebleau, près la Coudre, moyennant 20 tt par an; devant 
Boucher, notaire audit lieu, le 27 octobre 1662. (/(/.) 

A la mort de D. Pintenelle, sa veuve Marie Alnois, épousa 
Louis Goujon, bourgeois d'Égreville, qu'on voit ligurer, en 1689, 
en qualité de co-tuteur de la mineure Elisabeth Pintenelle. 

Poisson (Pierre), peintre du roi, à Fontainebleau. 

Le 2 î février 1 6 1 « honorable homme Pierre Poisson, peintre * , 
est parrain de Marie Bignet, à Avon; marraines, Gabrielle Ta- 
bouret et Marie Jamin. {Reg. paroiss. d'Avon). 



— 415 — 

Son frère, Louis Poisson, est compris pour 3o H de pension, 
sur un état de la maison du roi, pour l'année 1624. (Bibl. 
nationale ; »ts. Clairambault, 3-8, n° i65i.) 

Roettieus (Georges), graveur ordinaire de l'histoire des médailles, 
à Paris. 

Pourvu après le décès de Joseph Roëttiers, son père, de l'office 
de tailleur particulier de la monnaie de Paris, par lettres ohtenues 
en la chancellerie le 4 novembre ijoj, et reçu le 16 novembre 
à la cour des Monnaies, il fait enregistrer ses lettres de privilège 
à l'élection de Rozoy-en-Brie, le i3 octobre 1727. 

L'enregistrement des lettres de 1703, à la cour des Monnaies, 
constate que « Georges Roëttiers a fait expérience par-devant les 
conseillers et en présence d'un substitut du procureur général, 
et de Jean Le Roux et Jean Revoir, graveurs experts, nommés à 
cet effet. » {Arck. de Seine-et-Marne; élection de Rozoy, 
privilégies.) 

Roger de Rogery, peintre ordinaire du roi, concierge de ses jardins 
de Fontainebleau. 

Appelle en 1095, devant le bailli de Melun, d'une sentence 
du prévôt de Samois, au sujet des fermages que lui doit Michel 
Gervais, meunier, locataire d'un moulin que Pioger avait loué, 
dès i588, à Pierre Blanchard, moyennant 20 setiers de grain. 
— Il signe : Rugiero do Rugieri. (Coll. de V auteur.) 

Ruggieri, artificier du roi. 

« Je soussigné, reconnais avoir reçu de M. de Mary, secrétaire 
des commandements de S. A. S. Monseigneur le duc d'Orléans, 
la somme de douze cens quarante-huit livres, pour le prix d'un 
feu d'artifice, à raison de i/200 tf, et 48 tt pour boire aux gar- 
çons; lequel feu d'artifice a été tiré au chàleau de Sainte-Assise, 
le 4 courant, dont je quitte Monseigneur. A Paris, ce 12 no- 
vembre 1779. 
«, Japrouve lecritur inci desus. Ruggieri. » 

(Id.) 

Sainctox (Nicolas), peintre, occupé au château de Fontainebleau avec 
Etienne Saincton. 

Échange de terrains et jardins à Fontainebleau, devant Des- 
quatrevaulx et Mauschevelle, notaires à Paris, du 14 décembre 



— 416 — 

i6i3, entre Germain Chalange, sieur d'Auvilliers, secrétaire du 
roi, et Nicolas Saincton, maître peintre, et Anne Dauby, sa 
femme. (Jd.) 

Sannys (François de), peintre d'Anvers, occupé au château de Fon- 
tainebleau. 

Obtient, en janvier i5q3, des lettres de naturalisation qu'il 
fait insinuer au bailliage de Melun. (Arc h. de Seine-et-Marne; 
bailliage de Melun.) 

En 1604, François de Sannys ligure sur les registres parois- 
siaux d'Avon, avec la qualification de concierge au cbàteau de 
Fontainebleau. 

Sénéchal (Nicolas), sculpteur, ancien pensionnaire du roi. 

Héritier pour moitié de Louis Sénéchal, dit Lionnais, son 
père, décédé à Paris le i5 avril 1770, ancien portier de M. de 
Laborde, fermier général, et de Louise Martin. {Coll. de l'au- 
teur.) 

Seulin (Philippe), dit Lafontaine, peintre et émailleur. 

Françoise Molle, sa veuve, épouse Claude Brunelet, chau- 
fournier à Avon, après un contrat de mariage passé devant 
Tamboys, notaire à Fontainebleau, le 16 mai 16GG. (Id.) 

Soin (Mathieu), peintrj au château de Fontainebleau. 

Parrain, le 26 août i5o,3, de Jacques de Setain. — (R p Q- 
parois*. d'Avon.) 

Dans l'église d'Avon se trouve l'épitaphe de « honorable 
homme Martin Soin, peintre, bourgeois (sic) de ce lieu de Fon- 
tainebleau, décédé le dernier jour de novembre 1 G 1 3 . » 

Solignac (Gabriel), architecte et entrepreneur des bâtiments de la 
maison de Guise, capitaine du château de Meudon. 

Passe déclaration au terrier de l'abbaye de Jouarre, en i632, 
pour des biens situés dans la seigneurie d'Ussy-sur-Marne. 
(Arch. de Seine-et-Marne, H. 5 18.) 

Surugue (Pierre-Louis), graveur (1716-1772). 

Le 24 septembre 17.^2, Pierre de Surugue, conseiller du roi, 
et Elisabeth Sageon, sa femme, donnent à bail leur terre des 
Fossés (à Villeneuve-les-Bordes, près Donnemarie), moyennant 



— 417 — 

4oo # par an, devant Houdiard, notaire à Donnemarie. Le 
4 octobre 1760, devant Quatremère, notaire à Paris, ils la ven- 
dent à Louis, écuyer, sieur du Coudray. 

Le 2.Î octobre 1786, Alexandre-Jacques-Louis du Coudray 
passe déclaration au terrier des religieuses de Sainte-Colombe- 
lès-Sens,, de la terre, fief et métairie des Fossés, qu'il a acquise 
« de Pierre de Surugue, conseiller du roi, membre de l'Académie 
royale de peinture et de sculpture, et d'Elisabeth Sageon. » 
{Coll. de l'auteur.) 

Testu (Jean), sculpteur, né à Fontainebleau, mort en 1669. 

Le 23 août 1666, devant Tamboys, notaire à Fontainebleau, 
Jean Testu, Marie Tabouret, sa femme, et Marie Ricard, veuve 
de Claude Tabouret, marchand tapissier, constituent au profit 
de la veuve de Pierre Cardin, officier du roi, une rente perpé- 
tuelle de i5 tt, sur des maisons appartenant à Jean Testu, par 
suite du partage fait entre ce dernier, feu Geneviève Jamin, sa 
mère, et Isaac Testu, sculpteur, son frère. {ld.) 

Testu (Mathurin), sculpteur à Fontainebleau, père du précédent. 

Transige sur procès avec Renée Mebu, veuve de Jacques Des- 
vignes, devant Bluceau, notaire à Fontainebleau, le 3o décembre 
1637. (ld.) 

Villesavoye (Paul), directeur de la musique à l'église cathédrale de 
Strasbourg, veuf de Suzanne Palais. 

Son fils, Joseph Villesavoye, docteur en médecine (vers 1770, 
la pièce n'est pas datée), adresse une supplique au roi pour ob- 
tenir un brevet lui permettant de séjourner à Bamberg-en- 
Franconie, pour, ses affaires, sans que son absence puisse lui 
porter aucun préjudice. — (ld-) 

Tir. Lhuillier, 
Correspondant du Comité à Melun. 



SÉANCE DU 12 DÉCEMBRE 1887 



PRÉSIDENCE DE M. CHABOUILLET 

La séance est ouverte à deux heures. 

Le procès -verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

La Société des lettres, sciences, arts, agriculture et industrie de 
Saint-Dizier, demande une subvention. — Renvoi h M. Alexandre 
Bertrand. 

L'Académie de Màcon demande une subvention. — Renvoi à 
M. Alexandre Bertrand. 

M. Eck, conservateur du musée de Saint-Quentin, envoie un 
mémoire sur la découverte d'un cimetière gallo-romain à Saint- 
Quentin. — Renvoi à M. Héron de Villefosse. 

M. Espérandieu, correspondant du Comité à Saint-Maixent, envoie 
une note sur la découverte d'une inscription funéraire à Saint- 
Maixent. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Alcius Ledieu, correspondant du Comité à Abbeville, envoie 
une description de la première entrée de Charles VIII à Abbeville, 
en i4o3. — Renvoi à M. de Montaiglon. 

M. de Martonne, archiviste de la Mayenne, annonce la découverte 
à Torcé-en-Charnie de i3,ooo pièces de monnaie en billon, avec des 
poteries rouges. — Renvoi à M. de Montaiglon. 

M. Pouy, correspondant du Comité à Amiens, envoie une notice sur 
deux peintres amiénois du xvi c siècle. — Renvoi à M. de Montaiglon. 

Sont déposés sur le bureau, les ouvrages suivants, offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

Notice sur l'église Saint-Pierre dp Nant (Aveyron), par M. Espé- 
randieu. 

L'église Saint-Maurice de Reims, son architecture, ses œuvres 
d'art, ses inscriptions, par M. Jadart. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque des Sociétés savantes 
et des remerciements seront adressés aux auteurs. 



— 419 — 

M. le Président donne lecture d'une lettre de M. Buhot de Kersers, 
en date du 8 décembre 1887, qui lui paraît de nature à intéresser 
les lecteurs du Bulletin. Cette lettre est ainsi conçue : 

« Monsieur le Président. 

« Les journaux de la localité et même de Paris, ayant fait il y a 
quelques semaines, un certain bruit autour d'une prétendue barque 
antique, qui aurait été trouvée à Vierzon même, j'ai dû m'informer 
de ce qu'il y avait de vrai dans ce bruit et je crois devoir transmettre 
au Comité, le résultat de mes informations. 

« En effet, on a trouvé en amont du pont de Vierzon, à la pointe 
de l'île, dans le lit du Cher, le fond d'un bateau ancien, mais qui ne 
parait pas remonter à une époque bien reculée. 

« C'est un chaland à fond plat, formé de planches transversales. 
Les côtés consistent en deux madriers superposés, et devaient en 
comprendre davantage. Ils sont réunis au fond par des équerres en 
bois assez grossières. 

« La construction est massive, il reste une des planches qui 
fermaient l'arrière et un pal vertical. La largeur du bateau est de 
i m ,9'2, sa longueur de 9 m ,6o. 

« Tout semble indiquer que c'est là un bac, destiné au passage de 
la rivière. Il a été recueilli par la municipalité vierzonnaise, et déposé 
sur l'ancien champ de foire. 

« Mais il ne nous paraît pas que cet objet puisse être antique. Sa 
construction ne s'éloigne pas considérablement du mode encore 
usité, il y a peu d'années, avant la vulgarisation du fer. 

« Nous avons donc le regret de ne pas voir réalisé l'espoir, qui 
avait pu être conçu, que les sables du Cher avaient encore révélé un 
type de navigation antique. 

« On sait que deux barques monoxyles, sorties de cette rivière, 
l'une à Saint-Florent, l'autre au-dessous de Vierzon, sont aujour- 
d'hui au musée lapidaire de Bourges i 1 ). 

« La nouvelle découverte n'est pas malheureusement digne de 
figurer près des deux autres, et notre rôle doit se borner à éclairer 
le Comité sur sa véritable portée, qui est d'établir avec quelle fidélité 
les sables de nos rivières peuvent conserver les épaves qui y sont 
enfouies. » 

M. Alexandre Bertrand fait un rapport sur une demande de 

(') Voyez ci-dessus p. 21. — Cf. les Mém. de la Société des Antiquaires du 
Centre pour 1887. 



— 420 — 

M. l'abbé Maillard, qui sollicite une subvention pour continuer les 
fouilles entreprises dans la station préhistorique de Thorigné-en- 
Gharnie (Mayenne). Cette station très étendue a déjà été explorée en 
partie, non seulement par M. l'abbé Maillard, mais par M. le duc de 
Chaulnes, M. Chaplain-Duparc et Mlle de Boxberg. Ces premières 
touilles ont donné des résultats intéressants et ont été l'occasion d'un 
débat sérieux à la Société d'anthropologie de Paris. En conséquence, 
le Comité est d'avis qu'il y a lieu de prendre en considération la 
demande de M. l'abbé Maillard. 

M. Alexandre Bertrand fait un rapport sommaire sur une commu- 
nication de M. Maxe-Werly, correspondant du Comité à Bar-le-Duc, 
relative à une épée de bronze, découverte à Fains en Barrois. Les 
trouvailles d'objets remontant à la période dite « âge du bronze » 
ont été bien rares jusqu'ici dans la région du Barrois. 

« Les fouilles faites sur l'emplacement de l'oppidum gaulois de 
Boviolles n'ont donné que de rares débris d'armes en fer, et si l'on 
excepte les anneaux et torques, recueillis en 1862 au lieu dit la 
Chiennerie, près de Ligny et cédés si généreusement au musée de 
Bar, par M. le D r Geminel, puis deux haches à douille et à col 
presque carrées, trouvées, dit-on, l'une à Naix, l'autre sur le terri- 
toire de Fains, tous les autres objets de même métal, appartenant à 
l'âge du bronze et possédés par le musée de Bar-le-Duc, sont de 
provenance étrangère au Barrois. 

« Aussi M. Maxe-Werly a-t-il bien fait de nous signaler l'acquisi- 
tion, par ce musée, d'une épée de bronze récemment découverte sur 
le territoire de la commune de Fains. 

« Longue de 58a millimètres, à lame en forme de feuille, cette épée, 
offre une nervure médiane non fortement en saillie, comme sur 
quelques spécimens bien connus des archéologues, mais simplement 
accusée par un renflement ayant environ 5 millimètres dans sa plus 
grande épaisseur ; un groupe de trois lignes, tracées à la pointe, 
prend naissance à peu de distance de la pointe, suit parallèlement 
les contours de la lame à 6 millimètres du tranchant et se prolonge 
jusqu'à la garde, sous les ailes de laquelle ces lignes disparaissent. 
La poignée, qui a perdu les plaques de bois ou de corne dont elle a 
dû être garnie, nous montre au centre trois trous destinés à recevoir 
des rivets et deux autres sur chacune des parties de la garde un peu 
endommagée, dont il est facile de reconstituer toutefois la forme pri- 
mitive. 

« Brisée en deux par le pic de l'ouvrier, qui en a fait la découverte, 



— 421 — 

cette épée laisse apercevoir en plusieurs places, et principalement à 
l'endroit de la cassure, ce qu'il est permis d'appeler Y âme de la lame. 
Nous croyons qu'après l'opération du martelage, cette arme a subi 
un travail de trempe et de martelage, ayant pour but de lui donner 
les qualités particulières de résistance et d'élasticité relative qu'elle 
présente. 

« Sans offrir l'intérêt archéologique du type recueilli à Vaudrevan- 
ges, par M. Victor Simon de Metz, le spécimen acquis par M. Alfred 
Jacob, conservateur du musée de Bar-le-Duc, et offert par lui à cet 
établissement, rappelle par sa forme les grandes épées à soie plate, 
trouvées dans la Seine, la Moselle et l'Aube, et présente la plus 
grande analogie avec celle que possède le musée de Troyes. » 

M. Bertrand donne lecture d'une lettre par laquelle M. Pilloy, 
correspondant du Comité à Saint-Quentin, annonce la découverte 
dans un cimetière franc, d'un squelette dont la tète avait été tré- 
panée. M. Bertrand demande l'impression au Bulletin de cette lettre, 
qui est ainsi conçue : 

« .Te viens de découvrir dans un cimetière franc, situé entre les 
communes de Gauchy et deGruyiers, canton de Saint-Simon, arron- 
dissement de Saint-Quentin, le squelette bien conservé d'un homme, 
mort à l'âge de cinquante-cinq à soixante-cinq ans. Il avait aux 
pieds un vase en terre noire, de la forme bien connue et qui est si 
commune dans tous les cimetières de cette époque ; à la ceinture, 
j'ai recueilli les restes d'une boucle en fer d'une forme très simple, 
d'un perçoir, d'un couteau et d'un morceau de fer qui devait être 
un briquet, car il y avait à côté quelques silex entaillés par la per- 
cussion. L'époque à laquelle ce sujet appartient n'est donc pas dou- 
teuse. C'est le vi° siècle, peut-être même la fin du V e , car tous ses 
voisins avaient la framée, la francisque et la petite boucle ovale, 
en bronze ou potain, accompagnée des goupilles triangulaires à 
l'aide desquelles le ceinturon de cuir était assujetti à la boucle, et 
les femmes portaient la bijouterie cloisonnée qui caractérise bien les 
premiers temps de l'occupation franque. Mais ce que le squelette 
présentait d'intéressant, c'est que le crâne, d'une bonne conservation, 
avait été trépané. 

« L'ouverture située sur le sommet du crâne a été faite presque à 
l'origine de la suture qui sépare les pariétaux ; elle a environ trois 
centimètres et demi de diamètre et est sensiblement circulaire ; elle 
a été obtenue à l'aide d'un raclage prolongé de la matière osseuse du 
crâne. Les bords ne sont pas vifs, mais on y sent un léger bourrelet 



— 422 — 

de reconstitution. Le malade a donc dû vivre pendant quelque temps 
avec cette ouverture artificielle. 

« Je ne doute pas que cette pièce anatomique ne présente un 
grand intérêt au point de vue de l'histoire des sciences médicales. 

« Je m'empresserais de la mettre à votre disposition, si elle était 
demandée par le Muséum d'histoire naturelle ou l'Académie de mé- 
decine. » 

M. le directeur du Secrétariat se charge de transmettre à M. Pilloy 
les remerciements du Comité et de l'inviter à offrir, comme il le 
propose, ce crâne au Muséum d'histoire naturelle. 

M.Chabouillet rend compte d'une communication que M. Gachet, 
chargé d'affaires de France à Bucarest, a faite à M. le ministre des 
Affaires étrangères, et que celui-ci a renvoyée à son collègue de 
l'Instruction publique : 

« M. Gachet, fait savoir que l'on vient de trouver dans les environs 
de Kustendjé, à Andal-Kia, dans la Dobrudja, une pierre que l'on 
suppose provenir du tombeau d'Ovide. On y voit un vaisseau abordant 
le rivage où il est reçu par Apollon. M. Gachet nous apprend en 
outre qu'un membre de l'Académie roumaine tout en reconnaissant 
l'importance de cette découverte, doute que ce monument provienne 
du tombeau du poète des Métamorphoses. Ces doutes nous paraissent 
sages, car le sujet représenté sur cette pierre semble être une de ces 
scènes banales que l'on rencontre souvent sur les tombes antiques. 

« M. Gachet ajoute que l'on va entreprendre des fouilles sérieuses 
à l'endroit où a été trouvé le fragment en question. Il faut, espérer 
que la découverte de quelque inscription viendra fixer les savants sur 
la nature de ce monument. Mais il est prudent en attendant de se 
tenir en garde contre des hypothèses trop aventureuses. » 

M. Chabouillet lit un rapport sur une empreinte de sceau envoyée 
au Comité par M. Félix Pasquier, archiviste de l'Ariège et correspon- 
dant du Comité à Foix. Le sceau en question est celui d'un abbé de 
Saint-Michel de Cuxa, il est intéressant à divers égards, et le rappor- 
teur demande qu'il en soit donné une gravure dans le Bulletin^). 

M. Alfred Darcel fait un rapport verbal sur un marché passé en 
i555 pour la construction d'une horloge astronomique pour l'église 
collégiale de Saint-Omer : 

l 1 ) Voir cette gravure ci-après p. 43oavec le rapport de M. Chabouillet. 



— 423 — 

* M. Deschamps de Pas, membre non résidant du Comité, à Saint- 
Omer et auteur de cette communication a fait précéder le document 
par une description de l'état actuel de l'horloge, qui a subi quelques 
mutilations moins dans ce qu'on appelait jadis sa « monture » que 
dans la menuiserie de l'enveloppe du mouvement qui a disparu. 
Cette description aide à comprendre celle du document. 

« Deux mots seulement arrêtent M. Deschamps de Pas. C'est d'abord 
le mot Larcama qui est orthographié larame dans la minute de 
l'acte. Il semble possible à M. A. Darcel que la bonne version soit la 
vamp, avec la signification de cuivre : l'objet dont il s'agit était 
précisément d'airain. Du Cange donne le mot avec ce sens. 

« Le second mot est tumerailles qui est employé parmi la désignation 
des pièces composant le mouvement du marmouset qui sonne les 
heures. Il n'est point usité dans la technologie actuelle de l'art de 
l'horloger, qui semble l'avoir remplacé par le mot batterie dans la 
nomenclature des pièces de la sonnerie d'une horloge. 

« M. Deschamps de Pas, est aussi arrêté par le mot astrolabe qui 
ne lui semble pas avoir dans la description de l'horloge de Saint- 
Omer la signification qui lui est donnée en astronomie. Il a raison. 
L'astrolabe dont il s'agit ici est la sphère qui porte les figures du 
soleil, de la lune, et des lignes aujourd'hui en partie effacées. Ceci 
est implicitement expliqué dans le marché pour la construction de 
l'horloge de la cathédrale de Cambray en i4<»2, publiée par M. le cha- 
noine Ch. Dehaisnes dans ses Documents. On y lit en effet : « Zodia- 
cum ad modum astrolabii. » 

Le document ne présente aucune autre difficulté d'interprétation et 
le rapporteur conclut à sa publication v 1 ). 

M. Héron de Villefosse présente un estampage qui a été renvoyé 
à son examen. C'est celui d'une inscription romaine découverte par 
M. le chanoine Julien-Laferrière dans ses fouilles de Saintes. L'ins- 
cription se lit ainsi : 

VIVOS 

C-SVLPIC • S A HC tus 

SlBl-ET-MEMOHae 

CINNAMI- PATRON? 

Vivos (pour vivus) G(aius) Sulpic(ius) San[ctus~\ sibi et memo[riae] 
Cinnami patron[i] 

(') Voir ci-après p. !\ib. 



— 424 — 

Ce petit texte funéraire brisé à droite mais qu'il est facile de com- 
pléter, remonte comme plusieurs des autres textes retrouvés dans les 
murs de Saintes, aux premiers temps de l'empire romain. 

M. Héron de Villefosse rend compte d'une note de M. deMarsy, 
correspondant du Comité à Compiègne. Cette note est relative à une 
inscription grecque conservée au musée de Clermont (Oise) et qui, 
d'après une tradition remontant à une vingtaine d'années, provien- 
drait des constructions du château de Clermont. Notre zélé corres- 
pondant démontre la fausseté de cette origine et rappelle que le texte 
de cette inscription est identique à celui d'une autre inscription con- 
servée au musée d'Amiens et signalée en 1879 par M. Mowat à la 
Société des Antiquaires de France t 1 ). Il en conclut que l'inscription 
du musée de Clermont est une copie moderne ou simplement un 
moulage de celle du musée d'Amiens. M. Héron de Villefosse émet le 
vœu que M. de Marsy puisse se rendre au musée de Clermont pour 
vérifier ce point et fixer une bonne fois les épigraphistes sur la va- 
leur de ce monument. 

M. Charles Rorert rend compte des fouilles exécutées par M. Maxe- 
Werly sur l'emplacement de l'antique Nasium, grâce à une subven- 
tion que lui avait accordée le ministre de l'Instruction publique sur la 
proposition du Comité. % 

(( M. Maxe-Werly n'a dépensé qu'une partie de son allocation dont, 
par parenthèse, il fournit, avec preuves à l'appui, une justification 
très en règle. Ses fouilles, sans avoir mis au jour jusqu'ici des objets 
nouveaux, comportent des enseignements intéressants au point de vue 
de la topographie et de l'archéologie. Les objets découverts consistent 
en divers débris tels que chapiteaux d'ordre ionique et fragments de 
colonnes cannelées en pierres de Savonnières. On a trouvé aussi des 
corniches, des cordons de perles et des plaques de marbre blanc ayant 
servi à la décoration intérieure d'un vaste édifice, sur la destination 
duquel on ne peut, malheureusement faire aucune hypothèse, tant le 
sol a été bouleversé par les travaux agricoles. Je dois mentionner 
aussi un atelier de ferronnerie dont une chambre mise à décou- 
vert a procuré de nombreux débris de ferrements, de clous, de 
crochets, de scories, un bloc de minerai de fer très riche extrait des 
gisements voisins, un fragment de meule, un contrepoids de soufflet 
de forge. 

(') Bu//, rie la Soc. des antiq. de France, 1879, p. 280. 



— 425 — 

« Mais j'insisterai surtout sur l'exploration d'une excavation 
appelée dans le pays « la Fossotte » que les archéologues meusiens 
prétendaient avoir été l'emplacement d'un cirque. M. Maxe-Werly 
démontre, par une série de relevés topographiques, l'impossibilité 
matérielle de l'existence d'un cirque ou d'un théâtre, sur ce penchant 
de la colline, où l'on ne trouve en réalité qu'une excavation rectan- 
gulaire s'enfonçant au pied de la déclivité et resserrée entre quatre 
monticules cle pierres provenant ou de l'excavation elle-même ou des 
champs voisins. M. Maxe-Werly, comme on le voit, procède scien- 
tifiquement et sur place, ce qu'on ne saurait trop recommander aux 
archéologues que leur imagination entraine parfois trop loin. 

« Les dernières explorations de notre correspondant lui ont permis 
de constater, matériellement, la présence de deux tronçons encore en 
bon état ayant appartenu à la voie romaine de Nasium à ad Fines. 

« Sur la modeste somme qu'il a dépensé, M. Maxe-Werly a trouvé 
le moyen de rendre possible à l'instituteur de Delouze, localité voisine 
de Naix, l'exploration d'une villa de l'époque gallo-romaine qui a 
procuré un certain nombre d'objets intéressants, et notamment des 
ustensiles en fer, tels que : couteaux, clef, cuillère, pelle, marteaux, 
qachette, pince. Plusieurs de ces instruments en fer soigneusement 
dessinés par M. Maxe-Werly, sont de grandes dimensions. 

- M. Maxe-Werly, dès que la saison le permettra, continuera l'ex- 
ploration de l'antique Nasium, jusqu'à complet épuisement de son 
allocation. » 

La séance est levée à quatre heures. 

Le Secrétaire de la Section d'archéologie 

R. de Lasteyrie, 

.Membre du Comité. 



— 426 — 
MARCHÉ POUR LA CONSTRUCTION 

DE 

L'HORLOGE DE L'ÉGLISE COLLÉGIALE DE SA1NT-0MER 

(Communication de M. Deschamps de Pas.) 



Dans l'église Notre-Dame de Saint- Omer, ancienne cathédrale, 
auparavant collégiale, contre le pignon du transept nord, au-dessus 
du portail qui faisait autrefois communiquer le cloître avec l'église, 
est une ancienne horloge dont voici la description sommaire. Le 
cadran qui a un peu plus de deux mètres de diamètre, offre d'abord 
une première bande circulaire divisée en vingt-quatre heures (deux 
fois douze heures). Un second cercle intérieur, est divisé en douze 
mois. Un troisième cercle placé excentriquement par rapport aux 
premiers, et tangent par un point à la circonférence intérieure dn 
second, porte les douze signes du zodiaque, représentés dans des 
compartiments alternativement noir et or. Une aiguille met en corres- 
pondance le cercle des mois et celui du zodiaque. Le fond du cadran 
est occupé par une portion de sphère sur laquelle sont tracés des 
méridiens et des parallèles, et en outre par diverses courbes dont on 
ne comprend plus bien l'emploi. Au-dessus de l'horloge est placé le 
timbre que frappe un jacquemart avec un marteau, pour marquer 
l'heure, la demie et le quart. 

Nous sommes ici en présence d'une horloge astronomique, comme 
c'était la mode d'en faire à l'époque de la Renaissance. Le marché du 
26 août i555 dont nous donnons la copie, détaille avec soin tout ce 
que devra indiquer l'horloge. Il y a parmi ces détails plusieurs dont 
il nous est impossible de nous rendre compte aujourd'hui, attendu 
que parmi les aiguilles du cadran, il n'y a plus que celle qui 
marque les heures qui fonctionne. (Le mouvement n'est plus en effet 
qu'un simple mouvement d'horloge de bois dite coucou.) Nous ne 
nous arrêterons donc pas davantage à décrire les diverses parties 
du cadran, nous renverrons pour cela à ce qu'en dit le marché 
ci -joint. Nous ferons observer seulement que l'astrolabe (astralarbe) 
qui devait faire partie de l'horloge ne doit pas être confondue avec 
l'instrument de ce nom destiné à prendre la hauteur des astres ; elle 
rentre plutôt dans la catégorie des représentations dont parlent les 



— Ail — 

citations rapportées par M. Victor Gay dans son Glossaire archéolo- 
gique, au mot Astrolabe C 1 ). 

En même temps qu'une horloge nouvelle, le chapitre commandait 
la confection d'un ensemhle de menuiserie qui devait l'accompagner 
et l'entourer. Un marché spécial fut passé le 12 juin i55G avec « Je- 
han Maes bourgeois et menuzier », pour l'exécution de cet ouvrage. 
Ledit marché ne contient pas de détail sur l'ordonnance du travail. 
Il y est dit seulement que le comparant livrera « une assiette et devan- 
ture d'orloge tant de la haulteur et largeur que demande et porte 
certain patron à lui délivré. » Mais, vu l'époque, il est aisé de se 
représenter à peu près ce que devait être ladite devanture avec ses 
tourelles, ses clochetons, ses pinacles, etc. Seulement, le marché 
ajoute ce passage qu'il est bon de relever. « Les ouvrages posez... y 
adjouster deux ymaiges sur les deux costéz d'embas : Assavoir au 
costé dextre un cosmographe tenant une sphère et du costé senestre 
ung pareil tenant un compas, de la haulteur que l'ouvraige le 
requerra. » Le prix convenu était une somme de soixante -treize florins 
de quarante gros de Flandre. Tout cet entourage n'existe plus aujour- 
d'hui ; il a disparu vers le milieu du siècle dernier, et a été remplacé 
par un ensemble d'un aspect maigre et laid, sans doute à l'époque 
où M» 1 ' deValbelle, modifiait le chœur, en faisant disparaître tous les 
objets anciens pour y substituer une ornementation en style Louis XV. 

Outre le marché pour l'horloge et celui pour la devanture en 
menuiserie, il existe dans le même dossier un autre marché en date 
du 3i décembre 1008 pour la fourniture du timbre de l'horloge, qui 
du reste ne contient rien qui soit digne d'être cité. Ajoutons enfin 
que l'horloge et la devanture furent achevées en i558, ainsi qu'en 
fait foi cette date conservée au-dessous du cadran. 

Marché pour la fourniture d'une horloge dans l'église collégiale de 
Saint-Omer, en 1555. 
Comparut en sa personne Pierre Engueran, bourgois et orlogeur de- 
meurant en cesle ville de Sainct-Omer. EL a recongnut avoir faict trans- 
action et niarehiet avecq messieurs les doien et chapitre et chanoines 
de Sainel-Orner, en la ville de Sainct-Omer, de faire et construire a mes- 
dicts sieurs une orloge pour servir à l'église dudict Sainct-Omer. Et ce 
moiennant la somme de cent trente florins que lesdicts sieurs de chapi- 
tle lui seront tenus paier, oultre l'anchienne et vielle orloge qu'il aura à 
son prouffict, au jour de la saint Andrieux xv c cinquante-six, que lors et 
audit jour ledit comparant a promis et s'est submis furnir et livrer la- 
dicte orlo"e, sur paine de vingt florins de suhmission et amende, sonnante 

(') « Zodiacum ad modum astrolabii (in horologio). » Comptes de la cath. de Cam- 
bray de i4oi à 1^0-2. Gh. Dehaisnes, Documents [A. D.]. 



— 428 — 

construicte l'aide et estoffée en la sorte et manière qui s'enssuit: Primes 
ledit comparant sera tenu de faire sonner ladicte orloge l'heure la demie 
de l'heure et le quart, et aura icelle orloge pour la monstre ung caldran 
de vingt quatre heures avecq une astralahe monstrant le cours du solleil 
et de la lune, passans et lournans par les douze signes du zodiaque, et 
les douze mois de l'an, monstrant chacun sellon son endroict, aussy 
monstrant le lever et lescouser du solleil et la haulteur dudit solleil à 
toutte heure et les heures merales, aulcuns signes célestes et les douze 
saisons. Item sera tenu de faire ledict caldran de la forme et grandeur 
du pourtraict qui s'est faict et contient sept piedz demi en carrure. Item 
sera tenu de faire contenir la grandeur de larcama (?)(*) du zodiacque où 
sont les douze signes sera de diamètre de cincq piedz demi et fauldra 
eslre d'errainC 2 ', et au regard de la croix conduisant le solleil et la lune 
sera de fer. Sera tenu faire le pourtraict de tout le caldran au contente- 
ment de mesdits Seigneurs, mais ne sera ledict comparant tenu livrer le 
hois ne la paincture. Sy sera tenu livrer faicte et parfaicte icelle orloge 
du milleur fer qu'il porra recouvrer et de telle grandeur et espesseur 
qu'il sera requis pour faire tourner ladicte aslralabe à grande souffi- 
sance, et le livrer faicte sonnante et tournante en ladicte église, le tout au 
contentement desdits seigneurs au dict de gens en ce cognoissans et en 
cas qu'il y fut trouvé deffault la Visitation se fera à ses dépens; néantmoins 
ne sera tenu livrer les cloches de l'heure demy heure ne du quart, ne 
aussy le marmouset sonnant l'heure, mais sera seulement tenu livrer le 
marteau les pièces, resors, tumer ailles^ et tous aultres ferailles, moien- 
nant laquelle livraison ledit comparant aura à son prouffict ladicte vielle 
orloge telle qu'elle est pour le présent avecq le registre, et ladicte somme 
de cent trente flourins que lesdits S rs de chapitle par la bouche de 
mons r Me Lambert de Cavrel, prebtre, ung des chanoines et maistre de 
la fabricque d'icelle églize,pour ce présent et comparant, luy en ont promis 
paier audict jour et livraison de ladicte orloge cy dessus speciffié; à la 
charge expresse de tenir bonne et souffisante à ses despens ladicte orloge 
en tous ses comprehentions le temps de deux ans completz, à compter 
depuis le jour de ladicte livraison jusques au jour de laquelle livraison, 
ledict comparant sera tenu depuis ce jourd'huy entretenir l'orloge allante 
et sonnante à ses despens et sans aulcuns sallaires. Aussy de durant l'as- 
siette de ladicte orloge livrer une orloge sonnante en ladicte église jus- 
ques ad ce que l'on se porra servir de laditte nouvelle orloge; et à la 

(') Le projet de marché, pièce non signée jointe à celle que nous copions, écrit 
pour ce mot larame, dont nous ignorons également la signification. 

(*) L'article dudit projet relatif à la nature des matériaux employés, est beau- 
coup plus explicite, en voici la reproduction: la grandeur de larame du zo- 
diaque ou sont les douze signes sera de diamettre de ri ne pies et demi et sera 
(te airoin. Le cercle des douze mois le soleil et la lune et autre estoille tenant 
leur mesure a ladicte ouvrage seront aussi de airoin. 

W Le projet de marché dit lumelares. {Tumua, battant de cloche. Du Camje.) 



— i29 — 

plaine livraison et iurnissement de tout le contenu cy dessus, a ledut 
Engueran comparant ohlei^iet et obleige tous et quelzconcques ses biens 
maisons et héritaiges et ceulx de ses hoirs présens et advenir, où qu'ilz 
soient scituez et assis, meismes en faulte de livraison promecl de restituer 
et paier ausdits Seigneurs tous despens dommaiges et intérestz que à 
faulte de ce ilz porroient avoir et supporter, n'est toulesvoies que aul- 
cunes maladies survenoient audit Engueran et que au moien d'icelles il ne 
porroil livrer audit jour icelle orloge, eu ce cas ne seroit submes vers 
iceulx Seigneurs en aulcuns intérestz, ains du consentement desdits Sei- 
gneurs, selon que a déclaré ledit M e Cavrel, icelluy Pierre Engueran aura 
autant de relax de temps qu'il aura ou auroit séjourné et laissiet la be- 
songne à cause de ladicte maladie. Acordant néanlmoins par ledit com- 
parant pour sceureté dé ce que dessus main assize mise de faict estre 
l'aides et prinses sur lesdits biens maisons et héritaiges à ses dépens, 
touteffois qu'il plaira ausdits seigneurs du chapitle, domicile a ces lin-> 
'sien a sa maison qu'il a à lui appartenant, estant en la tenne rue bas, 
accordantz... et à. juges Mess rs les président et gens du conseil d'Ar- 
thois, bailli, maieur eteschevinsdud.it Sainl-Onier etc... promectantetc... 
renunchant etc.. Fait passé et recongnut audit Saint-Omer le vingt 
dixième jour d'aoust xv c cincquante cincq, pardevant nous Baptiste Grisel 
et Anthoine Da^ns. nottaires impériaux résidens audit Saint-Omer. 

Signé : B. Grisel. et A. Daens, avec paraphe '), 



UN SCEAU D'UN ABBE DK CUXA 

Rapport de M. Chabouillet sur une communication de M. Pasquier, 
correspondanl du Comité à Foi\. 

M. Pasquier a adressé au Comité des empreintes en cire prises 
sur une matrice de sceau trouvée, il y a quelques années, sur le ter- 
ritoire de la commune de Celles, canton de Foix < Ariège). Notre zélé 
correspondant, qui ne nous fait pas connaître sa lecture de la légende 
de ce sceau, lequel, dit-il, « n'a pu être exactement déterminé ». 
l'attribue au xv e siècle et parait penser qu'il provient d'une institution 
de la contrée où a été trouvée cette uiatrice. M. Pasquier termine sa 
lettre, en priant la Section de lui fournir le moyen de «. mettre à 
profit les renseignements contenus dans ce sceau ». 

Notre correspondant aura pleine satisfaction, si la Section adopte 

1 Archives du chapitre de .Notre-Dame de Saint-Omer, G. i-8ft. 
Abchéologik. 29 



i30 - 



la lecture que je lui apporte de cette légende qui au premier abord 
offre quelques difficultés, en raison de l'empâtement des caractères 
dans la cire. 

S • AMELII DI GRA .«BIS MOI S MICAEL' d' CVXAN . 

« Sceau d'Amélius, par la grâce de Dieu, abbé du monastère de 
Saint-Michel-de-Cuxa. » 

Le lype concorde avec cette légende. 
Sous des arceaux gothiques, dans la 
partie centrale et principale, parait l'ar- 
change saint Michel, debout, tenant d'une 
main sa lance dont il frappe le dragon 
et de l'autre s'appuyant sur le bouclier 
chargé d'une croix, que lui donnent la 
plupart de ses représentations et qu'il 
porte au bras dans le précieux petit ta- 
bleau de Raphaël que l'on admire au 
Louvre, dans le salon carré. Aux pieds 
de l'archange, l'abbé à genoux en orai- 
son. Dans la partie supérieure, la Vierge, 
à mi-corps, portant l'enfant Jésus. A la 
base de chacune des colonnettes, est placé 
un écusson dont les armoiries se répètent. 
Ce sont, soit celles de l'abbé, soit celles 
de l'abbé et de l'abbaye réunies. Les ligures héraldiques de ces 
écussons ne sont pas très distinctes sur nos empreintes ; je les bla- 
sonne comme je les vois, sans répondre d'avoir bien vu : Parti de... au 
château de..., et de... au dextrochère de... 

Les auteurs de la Gallia < 'hristiana n'ont su de l'abbé qui fit graver 
notre sceau, que son nom et une date ; l'article qu'ils lui ont consacré, 
est ainsi conçu : « XXXV. Amelius. 13Ô0.» C'est assez pour nous 
apprendre que ce monument date de la première moitié du xiv e siècle 
et non du xv c siècle ; le nom de l'abbaye de Samt-Michel-de-Cuxa, que 
nous venons d'y lire, nous montre aussi que s'il a été trouvé dans le 
pays deFoix, il ne lui appartient pas, et qu'il provient du Roussillon. 
Je n'ai pas à faire l'histoire de cette abbaye ; cependant, je ne 
puis me dispenser de rappeler que Saint-Michel-de-Cuxa, dont l'abbé 
était seigneur de vingt-trois fiefs W, fut au moyen âge l'un des plus 

(') On en trouverait la liste dans la Géographie historique du Confient, par 
M. Alart. (Mém. de la Soc. agric, scient, et litt. des Pyrénées-Orientales, t. X . 
p. 85.1 




- m - 

importants monastères de l'ordre de Saint-Benoit, ainsi que de pré- 
senter à son sujet quelques observations, afin de rehausser l'intérêt de 
la communication de M. Pasquier. On sait que cette abbaye a emprunté 
le nom qui la distingue de celles qui sont également sous l'invocation 
de Saint-Michel, à une vallée dite de Cuxa, en Roussillon, dans le 
pays de Contient. C'est dans cette vallée écartée, dans un site des 
plus pittoresques, sur la Litera, au lieu dit Villare Coxanum ou 
Cuxanum dans les textes .*), que s'établirent au IX'' siècle, les béné- 
dictins d'Exalata dans l'Engurra, chassés de leur asile par une 
inondation du ïet, qui fut si terrible, qu'on la compara au déluge. 
< luxa est à trois kilomètres de Prades, chef-lieu d'arrondissement des 
Pyrénées-Orientales, et à onze d'Elne, l'antique cité, dont le siège 
épiscopal fut transporté à Perpignan au commencement du xvir siècle. 
Les bâtiments de l'abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa, qui offraient l'aspect 
d'une place forte, s'élevaient au pied nord du Canigou; ce monastère 
a été détruit en 17'ji, niais il en subsiste des ruines majestueuses et 
dont certaines parties sont assez bien conservées pour montrer qu'il 
fut réédifié en grande partie au xir 3 siècle. Taylor, Nodier et A. de 
Cailleux ont consacré aux vestiges de l'abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa, 
dans leurs Voyages pittoresques ei romantiques dans l'ancienne 
France, cinq planches, qui font vivement regretter le vandalisme 
qui a renversé un édifice aussi remarquable ■'). Viollet-Leduc, au mot 
cloître de son Dictionnaire raisonné de l'architecture française, a 
donné deux traits d'un cloître de Saint-Michel-de-Cuxa du xn c siècle, 
qui, dit-il, a connu la « disposition primitive des galeries couvertes 
par des charpentes ». On trouvera dans la riche collection topogra- 
phique du cabinet des Estampes, à la Bibliothèque Nationale, une 
lithographie signée A. Jugelet, exécutée en iSiîy., qui représente les 
ruines de Saint-Michel et ses environs. Il existe aussi une gravure 
par Née, d'un dessin du chevalier de l'Espinasse, d'après un cro- 
quis du chevalier de la Grave ; celle-ci, qui est antérieure à la des- 
truction du monastère, ligure sous le 11" 20, dans le t. III, publié 
en 1787, du Voyage pittoresque de la France, par une société de 
gens de lettres. 

'i Noyez Pierre de .Marra, Marca Hispanica, etVHisluire générale du Lanyuedoc 
de Dom de Vie et de Dom Vaissète [passim). 

2 - Languedoc, II e vol., i re partie. PI. 160, par Léger en 1832. Portail extérieur 
de l'abbaye. — PI. 161, par Villeneuve, i834- Ruines de l'abbaye. Cloître. — 
PL 162, par Taylor, 1809. Portail de la maison abbatiale. — PL i63, dessin de 
Taylor, i832, gravé par Damonza. (Chapiteaux du cloître). —PI. 164, par Vil- 
leneuve, i&33. \ ue générale du Canigou et de l'abbaye de Saint-Michel de-Cuxa. 



— i32 — 

La bonne renommée de Saint-Michel -de-Cuxa était telle dès la fin 
du X e siècle, même hors de France, qu'en 978, le i cr septembre, sur 
les conseils de l'abbé Guérin, le doge de Venise, Pierre Orseolo (pre- 
mier de ces noms), abandonnait le trône ducal, sa femme ainsi que 
son fils qui devait être le doge P. Orseolo II, pour se retirer 
dans ce monastère et y taire pénitence. Pierre Orseolo I er mourut en 
odeur de sainteté en 987 et tut canonisé ; sa fête fut toujours célébrée 
en grande solennité à Saint-Michel où l'on conservait son tombeau. 
Me sera-t-il permis d'ajouter à ce rapide aperçu, qu'en parcourant dans 
la Gallia l 'hristiana, la liste des abbés de Saint-Michel, j'y ai remarqué 
un article qui me parait susceptible d'une rectification? Quelqu'un 
l'a peut-être déjà faite ? je vous la soumettrai néanmoins sous le 
bénéfice de l'axiome : Quod abundat, mm viliat. 

L'article du 43'' abbé de Saint-Michel y est ainsi conçu : » Ctesa- 
rinus cardinalis. 1495. 9 

Selon moi, il faut lire Cassar et après ce prénom, ajouter nu nom 
de famille. En effet, dans les vies des papes et des cardinaux de 
Ciacconi, on ne trouve dans le XV e siècle d'autre cardinal du nom de 
Cesarini, que le Romain Jules Cesarini, qui revêtu de la pourpre par 
Martin Y, mourut en 1 44^, c'est-à-dire cinquante-cinq ans avant 
l'époque où la Gallia Christiana nous montre un abbé de Saint-Michel 
que les rédacteurs nomment Cxsarinus. En conséquence, il me 
parait évident que ce Caesarinus, J3 e abbé de Saint-Michel, n'esl 
autre que César Borgia, cardinal-diacre de Sainte-Marie-Nouvelle en 
1493, à l'âge de dix-sept ans, qui fut pourvu indépendamment d'au- 
tres riches bénélices, de l'évèché d'Elue deux ans après, en 1490. H 
à qui l'on aura donné en même temps l'abbaye de Saint-Michel-de- 
Cuxa, car on ne pouvait trop combler le fils d'Alexandre YI. Dans 
cette liste des abbés de Cuxa que j'ai dû étudier, je noterai encore 
en passant, un nom qui n'y fera pas l'horrible tache que je viens 
d'y révéler : celui de Jules de Médicis, archevêque de Narbonne, 
abbé de 1016 à 1018, qui fut le pape Clément YI1 de bon souvenir 
chez les amis des arts et des lettres. Plus loin dans cette même liste, 
se présentent des particularités que je signalerai dans l'espoir qu'elles 
tenteront la curiosité de quelqu'un de nos collègues de la Section 
d'histoire. Sans s'expliquer au sujet de la mise en commende de l'ab- 
baye de Saint-Michel, la Gallia Christiana nous apprend que le 5;' 
de ses abbés. F. III de Mompalu, nommé abbé commendataire en 
1648, n'obtint pas ses bulles, que le 58 e , Louis Habert de Montmor. 
fut nommé par le roi en septembre 1684, puis dans l'article du 5;, e . 
.1. de Trobat, les rédacteurs nous apprennent que ce personnage avait 



été auparavant abbé d'un monastère voisin du nôtre, à Saint-Martin 
du Canigou, mais sans nous faire savoir comment il devint abbé de 
Saint-Michel-de-Cuxa. 

Viennent ensuite deux articles que je traduis littéralement : <• LX. 
Jean-Hervé de Basan de Flamenville, évêque de Perpignan, nommé 
abbé de Saint-Michel-de-Cuxa par le roi, le 16 décembre 1701. Sous 
son épiscopat, l'abbaye fut unie à l'évèchéau mois de décembre 1704. » 
fci le rédacteur commence une phrase par le mot Cependant \ttn- 
men) et passe à l'article du <> 1 •' abbé : Dom Sauveur de Copons, nourri 
dans ce lieu, est dit (legitur) avoir été abbé régulier de Saint-Michel- 
de Cuxa de Tan 1 7 -> 1 à l'an 1 7 -> < » au moins ''. » 

Que signifie tout ceci? Dans le volume des Voyages pittoresques de 
lu Fin, ire, cité plus haut, daté de 1787, nous lisons, p. 99, que l'ab- 
baye de Cuxa « avait un abbé régulier et quinze religieux; que l'abbé 
nommé par le roi, avait les honneurs épiscopaux et juridiction quasi 
épiscopale, la croix, la mitre et la crosse. » Ceci explique la Gère 
formule Dei gratia que nous avons lue sur le sceau d'Amélius, mais 
non pas comment l'abbaye de Saint-Michel unie en 1704 à l'évèché 
de Perpignan, avait un abbé régulier en 1 72*», et à ce qu'il semble 
jusqu'à la veille de la révolution de 1789. 

Les religieux avaient-ils protesté contre l'union de leur abbaye 
à l'évèché de Perpignan? Leur protestation avait elle été accueillie 
favorablement soit sous Louis XIV, soit sous la régence, soit sous 
Louis XV? Je l'ignore et me contente de signaler cette singularité qui, 
on l'a vu, avait frappé les auteurs de la Gallia Chris tiana. Je ferai sim- 
plement observer que si, comme c'est probable, les auteurs du Voyage 
pitoresque dp la France par une société de gens de lettre*, ont. parlé 
de l'état de l'abbaye au moment, où paraissait leur livre, elle eut 
des abbés réguliers jusqu'à la révolution, car elle n'est pas mentionnée 
dans la liste des abbés commendataires qui figure dans Palmanach 
royal depuis l'année 1729. 

Il parait d'ailleurs que dans ses derniers jours, l'abbaye de Saint- 
Michel fut loin de donner des exemples d'édification comme dans 
ses âges héroïques. Voici ce que je lis dans une Etude sur les institu- 
tions monastiques du diocèse d'Elne [Perpignan] publiée en 1807 
dans le Bulletin monumental par M. Edouard de Barthélémy, travail 
dans lequel, pour le dire en passant, l'auteur déclare que les archives 



(*) L'abbaye de Saint-Michel-de-Cuxa, du diocèse d'Elne, puis Perpignan, était 
comprise dans la province <lr Narbonne.qni occupe le t. VI dr j la Gallia Chris tiana 
public* en 1779. 



— 434 — 

de Saint-Michel-de-Cuxa ont été détruite? ou dispersées, sauf peut-être 
un important document qu'il a eu la bonne idée de reproduire. Selon 
M. Edouard de Barthélémy, si Dom Sauveur de Copons fut abbé 
régulier, il ne gouverna pas son monastère avec régularité. Au 
mépris des plaintes des religieux et des observations de l'évêque de 
Perpignan, ce singulier abbé permettait que sa belle-sœur, Mme de 
Copons, dont il est vrai, le mari était premier président de la cour 
souveraine du /Roussillon, vînt s'établir tous les ans, pendant la 
belle saison, dans les bâtiments de l'abbaye, où il l'hébergeait ainsi 
que ses femmes de chambre lesquelles s'y conduisaient d'une ma- 
nière tellement scandaleuse qu'en 1728, trois religieux adressèrent au 
roi un placet, pour le supplier de réprimer ces désordres. J'ignore le 
dénouement de cette affaire et je reviens à notre sceau. 

Ce monument est d'autant plus curieux qu'il émane d'un abbé dont la 
Gallia Christiana ne sait que le nom et la date; il l'est encore à un 
autre point de vue. Avant la découverte de celui dont il est question, 
si je ne me trompe, on n'en connaissait qu'un seul de cette illustre 
abbaye. 

Je n'ai vu de sceau de Saint-Micbel-de-Cuxa ni dans les planches 
du t. V de la grande Histoire du Languedoc ni dans le recueil de 
Douët d'Arcq et le sceau auquel je viens de faire allusion, et qui n'est 
connu que depuis environ vingt ans est moins ancien, moins impor- 
tant et moins curieux que celui que nous a communiqué M. Pasquier. 
Je veux parler d'un sceau de Galcerandus, le 38 p abbé de Saint- 
Michel, dont les auteurs de la (rallia Christiana ont connu des docu- 
ments des années i38i, i3g3 et 1 fin. On doit la publication de ce 
sceau à M. E. de Fouchier, capitaine au 25 e de ligne, qui l'a décrit et 
fait graver sous le n° 14 de la planche I rc d'un bon travail intitulé 
Spkragistique Roussillonnaise ou Iconographie de certains seeau.r 
autrefois usités dans les comtés de Roussillon et de Cerdagne ('). 

Je conclus en priant la Section de demander qu'il soit adressé 
des remerciements à M. Pasquier, auteur de l'intéressante commu- 
nication dont je viens de l'entretenir ; je la prierai aussi de décider 
qu'un bois représentant le sceau d'Amélius, abbé de Saint-Michel 
de-Cuxa au xrv° siècle, soit annexé au présent rapport. 

Chahouillet, 
Membre du Comité 1 . 

(') Mémoires de lu Société agricole, scientifique <■/ littéraire <Ip* Pyrénéen- 
Orientales, i863, I. XIII, p. 221. 



— 435 — 



DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES EN TUNISIE 



île la correspondance de M. de La Blanchère. 



Lettre du I .j mai 1887. — « Je m'empresse de porter à votre 
connaissance deux textes épigraphiques récemment apportés à Sousse, 
et qui sont conservés au vice-consulat de France, d'où ils viendront 
grossir les collections du musée Alaoui. Je saisis cette occasion de 
rendre hommage au zèle de M. Alata, contrôleur civil : le contrôle 
de Sousse est certainement celui où la loi tunisienne, destinée à 
protéger les antiquités, est le plus strictement exécuté. 

« Des deux textes en question, l'un n'aurait qu'un médiocre intérêt, 
n'était le lieu de la découverte. 11 provient, en effet, d'El-Djem, qui. 
jusqu'ici, n'a presque pas d'épigraphie. C'est une dalle plate, peu 
épaisse, qui a recouvert un tombeau chrétien. La plus grande partie 
de l'inscription manque, et ce qui reste est divisé en neuf fragments, 
dont plusieurs ne peuvent être rajustés : 






XIII A 



DPSTA IIID \ \A I 



V 



:«d\ 



II 



L7T> 



nu 

P R 



.< Le second texte, malheureusement décapité, devait être plus inté- 
ressant par le personnage auquel il était consacré. Il provient de la 



— i36 — 

ruine appelée El-ksibat, (|ui est située à cinq ou six kilomètres à 
l'ouest d'El-Djem. C'est un cippe de marbre blanc veiné, qui a été re- 
taillé, à une époque postérieure, pour faire une console dans un édifice. 
Les lettres sont, de bonne époque, et l'inscription se lit sans aucune 
hésitation : 

i ÀTRIMONIPER 

K RG1 ONE M L E P T I T A 

\ A M PROC RATIO S 
pR I V A T A E !' KR R E G 

T K I P O I. I T A M A M 
" m y I VM V I R T V TV .,: 
r I TOTIVS IVSTITlAfî 

VIRO 
///'/ rpo S ITO IXCOMPARAB/7/' 
libERTl ET FAMILiflr" 
es CAESAR & 

| L'estampage envoyé par M. de La Blanchère confirme sa lecture. 
Je n'ai noté que les différences suivantes : 

1. 4. Au début : °RIVATAE. 

1. 8. Après le mot VIRO. il y a un espace martelé ou enlevé lors 
de la retaille de la pierre. 

1. y et suiv. : 

///■aelpOSITO INCOM P A R|" '"' / / 
h h ERT1 ET 1 A M IL)'" 
CAESAR # N>> ) 

Les deux dernières lettres sont effacées, la seconde paraîl avoir été 
martelée. R. C] 

Lettre du ?? mai ISS~ . — « J'ai l'honneur de vous adresser la 
copie d'une inscription tracée sur un cippe, qui existe à Lamta. et que 
j'espère, malgré son poids considérable, faire apporter au musée 
Alaoui. La hauteur de ce monument, qui a servi de base, est de i m ,6o, 
r-l les lettres, grandes et bien gravées, n'ont subi de dégradations que 
dans la ligne supérieure, laquelle est gravée sur la corniche, et flan< 



la partie droite des lignes; mais les parties détruites se rétablissent. 
;'i mon sens, avec la plus grande facilité. 

SIMPLICI 



L-SEPTIMI'. 
MALCHI O 
FORT V N •> 
TO EQ R 

I L A M I N I A V ;/ 

D O M () R O /// » 

F F. L I X E t 

M A X I M U s 

A V G G • L I B e r T ' 

P A T R V 1 



et Le surnom de Malchius, porté par cet. homme, d'origine servile 
probablement, mais devenu chevalier, est intéressant. Peut-être est-il 
syrien plutôt que punique. » 

Lettre du I / juin I 8 S 7 . — « Estampage d'une inscription décou- 
verte par M. Mangiavacchi, à Bir-es-Selloum, non loin de la côte et à 
sept kilomètres environ au sud de Kasr-el-Menara. » 

[L'estampage est aussi bon que le comporte l'état déplorable de la 
pierre. J'ai lu : 

( IDKM6.. 
V T OniS AX XIAEg 



F S E M 

SPROl VX 1 

) J|\oger-eT-liiœ 

\ * '■ : AET CVSTOI 1 

"~, mmusmii r 

^j j_ R.G.] 

c J'ai revu la stèle récemment trouvée dans l'Enfida, à Dai-el- 
Aroussi, et dont MM. Hamy et de La Croix ont pris un estampage. 
Malgré la forme très mauvaise de ces caractères demi-cursifs. j'y lis : 

Q_ V I N T V S • O T A C I L 1 US 

PER ■ AXOS • XOXrtG/XIVr 
V I X I T • C V / X T M S 
TITVLEIVS • PATROXO 
S T A T V i T 



— i38 — 

« Le trait que l'on obtient sur les estampages entre les mots VIX1T 
et CVNT m'a semblé, sur la pierre, être une cassure et non un carac- 
tère. D'ailleurs, la lecture du nom Quintus est, pour moi, incertaine, 
et, à la quatrième ligne, PATRONO est plutôt ce que le graveur a 
voulu mettre que ce qu'il a mis. 

« Au sud de l'Enfida, j'ai exploré l'Henchir Zembra, si remar- 
quable par son amphithéâtre fait dans une colline isolée, creusée par 
les Romains. Il me paraît de plus en plus probable que là était la 
ville d'Ulisippara. C'est, en tous cas, un emplacement à recom- 
mander à l'attention des chargés de missions qui explorent cette 
partie de la régence. Les ruines sont fort, étendues, et le nombre des 
fragments d'architecture ou des matériaux précieux que l'on trouve 
employés dans les constructions des villes ou villages du Sahel, et que 
les indigènes donnent comme extraits de l'Henchir Zembra, est assez 
grand pour donner à penser que dos fouilles en ce lieu ne seront pas 
stériles. » 

Lettre du 1 1 juillet 1 887 . — « L'inscription suivante existe dans 
l'extrème-sud tunisien, au Bir-el-Haguef. Ce point de notre Sahara 
a été signalé comme portant des traces d'occupation romaine par les 
otficiers des brigades topographiques. 

(( M. Letourneux, qui a traversé récemment cette région, m'a donné 
des inscriptions qui s'y trouvent une copie, un peu imparfaite, mais 
qu'il est très aisé de rectifier comme il suit : 

S M A V R COMMODO 

lO PIO FEL AVG GERMA 

MAX BRITAN MAXIMO 

le g AVG P R P R A E T 

S V B C V R A CLAVDIAB'i 



« C'est un fragment d'une fort grande inscription. L'autre morceau, 
relevé par le même explorateur et qui provient d'un autre texte, est 
insignifiant. M. Letourneux l'a copié : 



( 

i 

; 

/T 



V E 



— 439 — 

« Les puits de l'Oglet-el-Haguef sont sans eau. M. Letourneux a vu 
sur cet emplacement, les ruines d'un fort grand poste romain. Il est 
évident que là se trouvait une station très importante des routes du 
Sahara, la première entre Doriz, point extrême du Nefzaoua, et Gha- 
damès, but lointain des caravanes. » 

dette inscription a été découverte, dessinée et estampée, il y a 
plus de deux ans, par M. le commandant Lachouque. chef de la mis- 
sion topographique de Tunisie, et les officiers qui l'accompagnaient. 
Le fait a été signalé à la commission de Tunisie. M. Lachouque a bien 
voulu me communiquer, à titre privé, un calque de son dessin. Il porte : 



S M. A St R C O M M O D O 
IO PIO FEL AVG GERMA 
MAT BRI TAN" MAXIMO 
V \Lgl|pW»AVCPRIiAET / 
! SVB CVRA CLAVDIN ) 
^ T f " V'YfjY \ î E 
) T V 



M. Lachouque croit que les deux fragments font partie de la même 
inscription ; la moulure et la nature de la pierre tendraient à l'indi- 
quer. Pi. G.] 

Lettre du 29 juillet I 8 87. — « Voici une marque de potier qui se 
lit sur le dessous d'une assez jolie lampe païenne trouvée à Zarzis. 
L'objet est en la possession de M. Étenaud, agent des Postes et Télé- 
graphes dans cette localité. 

« La marque est fort nette. Dans un triple encadrement rond, 
ormant médaillon, se lisent très clairement les mots : 

EX OF F 
v I c t o 
R I S 

« Cette signature n'est pas nouvelle. » 

Lettre du i er septembre 1887. — « J'ai voulu profiter de mon nou- 
veau passage à Monastir pour essayer une fois de plus de retrouver 
deux cales, dont j'avais entendu signaler l'existence près des murs 
de la ville. Je ne crois pas avoir laissé un point du rivage sans y avoir 
passé. Je n'ai rien vu, et je pense qu'il n'existe rien de semblable. Par 
contre à la Karaia, il n'est pas douteux qu'il n'y ait eu deux établisse- 
ments de bains, composés de chambres creusées dans le roc. M. Sala- 



_ uo — 

(lin a donné le plan de l'un d'eux ( J ), qui existe et qui sert encore. 
11 se trouve sur la face nord du cap rocheux qui porte l'ancienne villa 
du Farik Othman. Mais, dans la partie orientale de ce cap, c'est à-dire 
à la pointe même, il en existait un second, beaucoup plus étendu, donl 
les traces sont des plus visibles. Il était composé de neuf pièces rectan- 
gulaires, chacune de trois à quatre mètres de côté, creusées dans le 
rocher et ouvertes sur la mer. Celle-ci, qui ronge terriblement ce 
rivage, qui le sape, et qui fait de temps en temps ébouler par énormes 
quartiers sa roche très peu consistante, en a mangé, à la pointe, 
environ une centaine de mètres. Elle a donc détruit tout le massil 
dans lequel ces bains étaient faits, el L'a rasé jusqu'à fleur d'eau. De 
l'entrée de l'enclos 'Othman, on lit, comme sur un plan, la confi- 
guration de cet ouvrage. 

« On connaît donc désormais, à Monastir, trois bains antiques : i° le 
Hammam-Bent-es-Sultan, signalé par M. Guérin dans l'île El-Gha- 
damsi, et dont un plan accompagnera mon rapport sur ma tournée de 
l'année dernière ; 2 celui dont M. Saladin a donné le plan, à la Karaia ; 
3° à la pointe même de la Karaia, celui que je viens de décrire. 

« Je ne doute pas, d'après le caractère de ces travaux, qu'ils ne 
remontent à l'époque de la Ruspina punique, comme la nécropole 
établie dans les îles, par les tombeaux de laquelle l'Oustania est si 
singulièrement percée. 9 

Lettre du ?. septembre 1887. — « Dessin d'une belle inscription décou- 
verte à Chemtou par M. R. Valensi, et qui va prochainement s'ajouter 
aux collections destinées au musée Alaoui. [Dès le 8 août, le P. Delattre 
en avait envoyé une copie due à M.Moerz, comptable de la Compagnie 
des marbres de Chemtou. Les deux communications se confirment en 
tous points.] Bloc haut de i m ,i5, large de o m .75 et épais de o m ,55. 

C • OFIDIO • P • F • Q.VIR ■ IOVINO 

PRAEFECTO • F A B R V M 
SACERDOT1 • PROVINC-AFRIC 

ANNI-XXXVIIII QYI-PRIMVS 
EX • COL ON I A • S VA ■ HVNC 

H ON OREM • GES SïT 
CVI • CVM • ORDO • PECVNIA -PVBL • 
STATVAM • DECREVISSF.T TITVLO 
CONTENTVS-PECVNIA-SVAPOSVIT 



CVR ATORE • Q.- OFIDTO • P-F OVIR 
PRAENESTINO FRATRE PRAEFECTO 
F A B R V M 

Archives des Missions scientifiques, I. XIII, p. t>. 



— 441 — 

Lettre du 16 septembre 1887. — « Je reviens d'une excursion où 
j'ai exploré le cours inférieur de la Medjerda et les débouchés des 
montagnes nommées Djebel-Ahmar et Djebel-Nahali. C'est la région 
comprise dans la carte qui fait face à la page 76, dans le premier 
volume de ïissot. 

« Cette carte présente mal heureusement une configuration du 
relief du sol peu exacte, et capable d'induire en erreur. Le Djebel 
Ahmar (montagne rouge), improprement dénommé par elle, Djebel - 
Abmor, n'y est pas distingué du Djebel-Nahali. Or, ce sont deux 
massifs, séparés par le col où passe la route de Tunis à Bizerte. 
Ensuite, il donne aux Kbour-el-Djehela (tombeaux des païens , qui 
ne sont que des buttes, une importance et une forme tout à fait trom- 
peuses. La carte provisoire de l' état-major, au 2011,000'. quoique très 
imparfaite encore sur ce point, est bien préférable, et permet beaucoup 
mieux de se rendre compte du pays. On y voit que ces Kbour, loin 
d'être un massif voisin du littoral, projetant une arête vers l'inté- 
rieur, ont, au contraire, leurs points culminants, qui atteignent 
d'ailleurs à peine 5o mètres, à peu près vers le milieu de la longueur 
que Tissot leur attribue, au-dessus du fondouk. Vers la mer, jusqu'à 
la falaise de la Kalaat-el-Endleus, ils s'abaissent, et, vers l'intérieur, 
il n'y a qu'une ride du sol extrêmement faible. 

" Il n'y a donc à tenir compte de la carte de Tissot que pour l'in- 
dication de l'ancien littoral et des lits primitifs du Bagrada. Pour la 
région entre Utique et le Djebel-Ahmar, il faut se contenler de la carie 
au 200,000 e . Pour la partie sud seulement, on a à sa disposition la 
bonne carte des environs de Tunis, au 20,000 e , dressée en 1S82. 
C'est la quatrième fois que j'examine cette région, ayant tenu à la 
voir en automne, en été, au printemps. 

(.< Il est certain, comme l'expose Tissot, que le Bagrada s'est d'abord 
déversé, à une époque très ancienne, très antérieure à Carthage, dans 
un grand golfe profondément découpé, où les hauteurs de Carthage, 
le Djebel-Nahali, le Djebel-Ahmar, les Kbour- el-Djehela et peut-être 
même la crête qu'occupe Tunis, formaient des îles. Il est certain 
également que ses apports sont très forts et rapides, qu'à cette époque 
préhistorique ils étaient énormes, et qu'ils ont probablement aidé 
ceux de l'Oued Mélian à faire du lac de Tunis et de la Sebkhat-es- 
Seldjoumi deux flaques et à créer l'isthme de Carthage. 11 est encore 
certain que son travail continue très vite, qu'il comblera le Char- 
el-Melah, et que, quand il n'aura plus aucune dépression à remplir, il 
se fera un delta, gagnant continuellement sur le large : c'est l'histoire 
de vingt fleuves méditerranéens- Mais il ne faut pas négliger, au 



— 442 — 

point de vue de la géographie historique, les causes accessoires, 
locales, qui influent sur cette marche. 

« Or, s'il est vrai que le Bagrada, pendant l'âge punique et romain, 
ait coulé entre la Kalaat-el-Endleus et Sidi-Amor (et non Ali)-Bou- 
Ktioua, puis qu'il ait changé de marche pour passer, comme il le 
fait encore, entre la Kalaa et Utique, il n'est pas vrai, comme le dit 
Tissot, qu'il ait lui seul Louché son passage primitif. A l'origine, il 
coulait au pied même du Djebel-Ahmar; le premier lit que Tissot lui 
attribue se reconnaît parfaitement, et l'on pourrait le dessiner sur la 
carte au 20,000 e . Il passe, à Sidi-Tabet, au pied de la maison d'ha- 
bitation, puis au ras de la vacherie, et suit la route qui longe la 
montagne jusqu'à l'ancien littoral. Mais pourquoi ces deux autres 
lits, parfaitement visibles ? Dans cette plaine marécageuse, formée 
par ses apports, pourquoi le Bagrada, au lieu de s'épancher comme 
le Nil, comme le Pô, comme le Pihône « en bras épars comme une 
flievelure » ainsi qu'il le fait maintenant, conserva-t-il un lit unique, 
et recula-t-il toujours vers le Nord? C'est qu'il y est poussé, chassé 
par les déblais du Djebel-Ahmar. 

« Cette montagne, dont le ton rose est extrêmement remarquable, 
est friable et probablement n'a jamais été bien boisée. En tous cas, dès 
qu'on la déboisa, elle jeta sur le Bagrada une quantité extraordinaire 
de matières. La Société franco-africaine, propriétaire de Sidi-Tabet, 
a fait tracer des lits pour recevoir les eaux et jeter des ponceaux pour 
assurer, l'hiver, un passage aux voitures. Or ces travaux, qui ne 
datent que de deux ans et qui ont un mètre de hauteur, commencent 
déjà à se combler. On comprend donc ce qui s'est passé aux époques 
antiques : la rivière, cherchant à couler au pied de la montagne, a 
reculé parce que le pied de la montagne avançait. Le premier lit 
presque comblé, la rivière a tracé le second ; puis, le sol de la plaine 
^'exhaussant à la fois par les troubles fluviaux et par les déblais de la 
montagne, elle s'est ouvert le troisième. Mais à ce moment, cette mon- 
tagne comblait le col même d'entrée, et le seuil qu'on y voit se créa. Ce 
seuil est d'ailleurs peu sensible. Dans les grandes eaux, la Medjerda le 
franchit; aux dernières inondations, je l'ai vu couler par ses quatre 
lits. Maintenant, la crête qui existe entre le lit moderne et les lits 
antérieurs recommence sur le premier le travail du Djebel-Ahmar ; 
seulement elle ne peut agir que dans des proportions bien plus fai- 
bles; mais, dans le domaine même de Sidi-Tabet, deux boucles de la 
Medjerda sont aujourd'hui obstruées, et, sous le nom d'Oued-Fargh 
(Rivière -Vide), attendent les crues pour se remplir. 

« Ces observations permettront de comprendre comment en un mil- 



— 443 — 

lier d'années le fleuve a pu faire son travail entre la Kalaa et Carthage, 
tandis qu'en quinze cents et plus, il n'en a pas fini avec le Ghar-el- 
Melah. Elles permettent aussi d'apprécier avec plus de précision les 
identifications topographiques qui ont été proposées jusqu'ici. 

e Le système des lits successifs de la Medjerda, tel que l'expose 
Tissot, est exact. Je m'étonne seulement de ne point retrouver sur le 
lit primitif du Bagrada les traces du pont punique dont Polybe atteste 
l'existence. Ce pont ne pouvait être qu'en deux points, ou au débouché 
de la route de Bizerte, au nord de la Sebbala, ou au débouché de la 
route de Sidi-Tabet, au nord de rHenchir-Bedjaoua. Car ce sont les 
deux seuls passages. L)e même, la forteresse, la ville des Mercenaires 
aurait dû laisser des vestiges. Il y a des ruines à la Sebbala, et au nord 
des collines, il y en a à l'Henchir-Maklouf, à Sidi-Tabet, et en deux ou 
trois autres lieux. Il est évident que, dès que cette plaine a été formée, 
de grandes fermes s'y sont créées, exploitant l'extrême fertilité de son 
sol. Mais tout cela est du temps de l'Empire. Il y a toute apparencr 
que c'est juste au pied de Sidi-Amor qu'était l'einbouhcure qu'Amilcar 
franchit sur une barre temporaire. D'un autre côté, la station « Ad 
Gallum Gallinaceum » de la route de Carthage à Hippone est certaine- 
ment la Sebbala. Tout le prouve, distances, ruines et peut-être autant 
le charme de l'endroit, le seul où une station peut être intelligemment 
placée. Mais cette toute ne saurait être d'une époque très ancienne. A 
l'âge punique, et même encore au temps de la conquête romaine, la 
plaine dans laquelle elle conduit, sèche peut-être pendant l'été, était 
un marécage sept ou huit mois de l'année. II eut fallu y faire une 
chaussée, et nous n'en voyons aucune trace. Il est probable que le 
col entre le Djebel-Xahali et le Djebel -Ahmar, col qui certainement a 
été accommodé par la main de l'homme, n'était encore qu'un de ces 
chemins raccourcis, qui évitaient, en venant de Carthage, un détour 
extrêmement long. Je crois, pour ma part, qu'entre Utique et Car- 
thage, à l'époque ancienne, on pouvait communiquer par ces chemins, 
comme aujourd'hui par la plage, mais que la grande route passait à 
l'ouest du Djebel-Ahmar. 

« Partie de Carthage, et suivant d'assez près le tracé qui était ou qui 
fut celui de l'Aqueduc, elle ne tardait pas à le quitter, probablement 
au point où elle joignait un des sentiers de la montagne, celui qui 
passe à l'Ariana et va rejoindre la Sebbala par le vallon d'El-Ayari. 
Elle devait courir ensuite à peu près où est la lisière des Oliviers de 
l'Ariana jusqu'au pied du Belvédère peut-être exactement suivant le 
tracé de la voie romaine qui se reconnaît dans ces parages. Là elle 
envoyait sur Tunes un rameau de i,5oo mètres de lon< r . Puis elle 



passait probablement vers la caserne d'artillerie, et ensuite derrière 
le Bardo, et recevait le compendium qui s'en allait à la Sebbalaetqui 
fut plus tard la grande route romaine. De là suivant le pied de la mon- 
tagne, elle rejoignait à peu près le chemin de Sidi-Tabet et contour- 
nait le Djebel-Amar. La piste actuelle qui va, sur la dernière pente des 
montagnes des environs, de la Manouba aux environs du Bordj Drif, 
s'infléchit ensuite vers le nord. Elle gagne le gué de la Medjerda par une 
^eipoTCO'.vjToç Si£x6o)^ étroite, qui débouche au-dessus de la Garaat-el- 
Mabtouha en un véritable petit col, entre la cime où est le Nador et 
rHenchir-Bedjaoua. 

« Cet henchir est très curieux, et je suis étonné qu'on n'ait pas si- 
gnalé son intérêt archéologique, il ne figure point sur la carte au 
'',00,000 e , mais la carte au 20,000" le montre. C'est un tertre rectan- 
gulaire, élevé d'au moins dix mètres au-dessus du col, et dont le 
sommet a plus d'un hectare. Les côtés forment un talus remar- 
quable : il n'est pas incliné à moins de 70 degrés. Quand bien même 
on ne trouverait pas sur tout remplacement de belles pierres, quand 
bien même les ruines des murs ne se laisseraient pas entrevoir par- 
tout, quand bien même, enfin, le boidj du G u ' Raffo, qui couronne le 
monticule, ne serait pas fait avec les matériaux de cehri-ci, l'angle de 
ce talus suffirait à montrer qu'il n'est pas naturel, et qu'il recouvre 
une muraille. En effet , on la suit sur tout le pourtour de la 
colline, et les Arabes, en recherchant les pierres, en ont marqué tout 
le tracé. Ils ont même, ces jours derniers, trouvé précisément une 
porte, dans le flanc nord, juste au-dessus du passage de la Medjerda. 
Tous ces débris sont en belle pierre, en maçonnerie massive et so- 
lide, et peuvent remonter à des temps très anciens. Il ne serait pas 
étonnant qu'un grand poste, dès l'époque punique, ait gardé ce pas- 
sage important, et peut-être marqué, pour un temps, la frontière 
entre Utique et Carthage. Qu'on ne l'oublie pas, six ou sept siècles 
avant notre ère, Carthage avait une position presque insulaire : 
Utique, Tunis même, communiquaient à peine avec elle par terre; 
ce fut une partie de sa force. 

« L'étude de l'Henchir-Bedjaoua me paraît jeter quelque jour sur la 
campagne de Curion. Pour moi, j'admets avec Tissot que le théâtre 
de sa défaite est le gué de la Medjerda, et la partie de la plaine qui 
s'étend entre cette rivière et les Kbour-el-Djehela. Cela fait un champ 
de bataille de sept à huit kilomètres, et le combat s'explique fort bien 
si la grande route passe sous l'Henchir-Bedjaoua. Cette forteresse 
domine le gué, coupe la route ; c'est elle qui forme le pivot de la 
position de Juba : il barre au chef eésarien le chemin de Carthage: 



— 445 — 

Ja cavalerie, avec Sabura, défend le passage de la rivière. Évidem- 
ment, plus tôt, lors de la terrible marche forcée qui fit faire à Curion, 
en deux, jours, les trente lieues d'Aquilaria à Utique, ce passage 
n'était pas occupé; mais, dès qu'il le fut, Curion demeura enfermé 
dans le nord de la province. Il est clair que, si la grande route eût 
passé par la Sebbala, Juba se serait posté sur elle, à deux lieues 
environ plus à l'est. Il est clair surtout que Curion, si Juba eût été 
posté à l'ouest du Djebel-Ahmar, se serait échappé sur Tunes, toujours 
par la Sebbala, et l'aurait tourné sans nulle peine. 

« Je pense donc qu'à l'époque punique, la route passait sous l'Hen- 
chir-Bedjaoua, à l'ouest du Djebel-Ahmar, correspondant dans une 
certaine mesure au chemin de Sidi-Tabet, que la route par la Seb- 
bala ne date que de l'époque impériale, et qu'elle n'était précédem- 
ment qu'un des chemins de la montagne. C'est sous l'Empire seule- 
ment que la Garaa, qui s'étend de Sidi-Tabet jusqu'à Sidi-Iahia , fut 
à peu près solide et toute cultivée. C'est l'âge du troisième lit assigné 
par Tissot au fleuve, et l'âge des établissements dont les ruines for- 
ment de rares tertres semés dans cette large plaine. » 

Lettre du 26 septembre 1887. — «Les recherches faites par 
M. le capitaine Rebillet dans l'île d'El-Ghadamsi, en face de Monastir, 
n'ont, comme je le craignais, rien donné. Je tire de cet insuccès une 
nouvelle probabilité en faveur de mon opinion que les restes si 
confus qui se voient à la pointe nord de cette île sont ceux d'un 
bordj turc, qui avait été construit avec les décombres de la villa 
romaine, située sur la falaise nord-est, et qui lui-même fournit les 
matériaux de la koubba de Sidi-el-Ghadamsi et des bâtiments de la 
Tonnara, aujourd'hui abandonnés. »> 

Lettre du 28 septembre 1887. — Acquisition par le Musée 
d'une mosaïque de 8 m ,6o de longueur sur i m ,io de large provenant 
de Douar-ech-Cholt (Carthage) ; elle formait le sol d'un corridor. 
« Cette mosaïque représente une scène de pêche. Au milieu est une 
barque montée par deux hommes et traînant un filet. Le reste du 
champ est rempli par des poissons et des bêtes marines. Le travail, 
quoique fait en gros cubes, est assez correct et la manière dont sont 
rendues les diverses espèces de poissons avec leurs détails caracté- 
ristiques donne de l'intérêt à ce sujet, commun dans les monuments 
de ce genre. » 

Lettre du 3(1 septembre 1887. — Transport au musée du Bardo 
Archéologie. 30 



— 446 — 

des mosaïques d'Hammam-Lif. Les trois morceaux contenant les 
inscriptions étaient naguère encore intacts ; un accident arrivé avant 
la remise des mosaïques à M. de La Blanchère a brisé l'un d'eux en 
plusieurs pièces ; c'était la mieux conservée des inscriptions latérales. 
Il ne reste donc plus de la mosaïque d'Hammam-Lif que l'inscription 
centrale et une des deux inscriptions latérales. 

Lettre du l'- v octobre 1887. — Envoi d'estampages provenant de 
Bou-Ghrara. « Ces découvertes sont le fruit d'une campagne que vient 
de faire dans cette partie de la régence, M. Reynier, attaché à la 
Direction. Désireux d'en finir avec Bou-Ghrara , emplacement riche 
sans doute, mais déjà plusieurs fois visité par les archéologues, j'avais 
chargé M. Reynier de s'y rendre, de lever un plan complet des ruines, 
de transporter les inscriptions qui s'y trouvaient à Houmt-Ajim, où 
l'on pourra plus facilement les prendre, d'exécuter quelques fouilles 
autour du Forum, de déblayer la partie de celui-ci qui n'avait pas 
été découverte, et enfin de recueillir tout ce qu'il trouverait de 
fragments antiques dans le pays. Je lui avais prescrit également de 
profiter de son séjour dans le golfe de Djerba, pour aller à El-Kantara, 
faire quelques recherches ou fouilles. 

« L'exécution de ce programme n'a pas été complète, et il faudra que 
l'on retourne dans ces parages éloignés. Néanmoins M. Reynier a 
obtenu des résultats qui méritent d'être signalés. Parti le i cr sep- 
tembre, il est revenu le 26. Les objets réunis par lui sont déposés à 
Houmt-Ajim, entre les mains du Reis-el-Marsa, Si-Salem-Guerfallah, 
qui les a pris en charge. Ils seront apportés à la Goulette dès qu'une 
occasion se présentera de les prendre. 

« D'El-Kantara proviennent : une tète de lion en marbre blanc de 
grandeur naturelle ; un chapiteau corinthien en marbre rouge ; un 
piédestal en marbre rouge ; un fragment de frise en marbre blanc de 
1 mètre environ ; un mortier en marbre blanc de o m ,2o de diamètre 
environ ; un torse cuirassé et une jambe de statue, en marbre blanc. 

« M. Reynier a de plus découvert à deux cents mètres environ de la 
vieille mosquée, le long du rivage, plusieurs sépultures, renfermant 
quelques ossements. Ces tombes étaient faites en 'maçonnerie et 
recouvertes de dalles qui lui ont paru être en ciment. Une de ces 
tombes était recouverte d'une mosaïque de 1 mètre de long sur o m ,5<> de 
large environ, représentant un homme à cheval. Quelques débris de 
construction parmi lesquels une cuve ovale qui peut avoir été un 
baptistère, existaient assez près de là. Je pense que M. Reynier est 
tombé sur les annexes de la basilique, dont les longs murs sont tout 



— 447 — 

auprès et à laquelle appartenait probablement une mosaïque décou- 
verte il y a quelques années. M. Reynier n'ayant pas enlevé celle qu'il 
vient de mettre au jour, il est à craindre qu'elle ne périsse, malgré 
le soin qu'il a pris de rejeter quelques centimètres de terre par- 
dessus. 

« A Bou-Ghrara, M. Reynier a pris un chapiteau corinthien en 
marbre blanc ; une base en porphyre rouge d'un caractère particu- 
lier que je lui avais spécialement signalée; six piédestaux ou cippes 
à inscriptions, découverts par les précédents voyageurs ; cinq autres 
dont les estampages accompagnent la présente lettre. 

« De ces dernières inscriptions, trois ont été trouvées sur les bords 
du Forum, l'une encastrée dans le mur, l'autre au sud-est, à environ 
60 mètres, la troisième au nord, près du mur. Toutes les trois n'ont 
été visibles qu'après une fouille plus ou moins profonde et doivent 
par conséquent être inédites. Les autres n'étaient recouvertes que 
d'une faible épaisseur de sable, et auront peut-être été déblayées par 
les explorateurs antérieurs. 

«J'extrais du rapport de M. Reynier, le passage suivant relatif à 
ses fouilles à El-Kantara : « J'avais ouvert, dit-il, mais inutilement, 
« quelques tranchées au bord de la mer, pour retrouver le quai de 
« l'ancienne Meninx. Celte recherche m'a amené à faire quelques 
« petites découvertes. 

« Au sud-est de la chaussée romaine, tout près d'un long rectangle 
« en maçonnerie, j'ai relevé une salle carrée de deux mètres de côté, 
« dont les murs sont revêtus d'une couche de stuc ; probablement un 
« tombeau. A côté est une petite construction rectangulaire de i m ,5o 
« de long sur o m ,75 de large et o ni ,4« de profondeur. Les murs en sont 
« également enduits de stuc. J'ai fait creuser dans l'espoir de trouver 
« quelques inscriptions ; mais c'a été peine inutile. 

« De l'autre côté, au nord-est, où les fouilles antérieures sont plus 
« nombreuses, j'ai été un peu plus heureux. A 4oo mètres de la 
« chapelle arabe qui est construite au bord de la mer, j'ai rencontré les 
« ruines d'une église en partie dégagées. J'ai fait donner quelques 
« coups de pioche pour m'assurer que la seconde partie, laissée intacte, 
« était de même nature ; puis j'ai fait déblayer une construction qui 
« faisait partie du monument et affectait une forme ovale (4 mètres de 
« long, sur i m ,7o de diamètre). C'est probablement un baptistère. 

« A io mètres de là, j'ai rencontré une mosaïque en marbre de 
ce couleurs variées. Elle a 1 mètre de long, sur o m ,6o de large et 
« représente un cavalier. Malheureusement elle est incomplète : la 
« tête du cavalier et une épaule ont disparu. J'ai fait recouvrir cette 



— 448 — 

« mosaïque, n'ayant pas les moyens de l'enlever. Touf autour à une 
« profondeur égale (4o centimètres environ), j'ai rencontré de larges 
« dalles mais qui ne portaient aucune inscription. En revanche, j'ai 
« trouvé des ossements humains et, au milieu de débris de poterie 
« très nombreux, un fragment d'amphore très reconnaissable. Un peu 
« plus à l'est, et à cinq mètres de la mer, deux tronçons de colonnes en 
« marbre vert, en partie enfouis, et à deux mètres l'un de l'autre. Sous 
« l'un d'eux, deux tibias, un fragment d'urne, un bec de lampe, mais 
« aucune inscription. Non loin de là, en faisant pratiquer un sondage 
« dans l'intérieur d'une ruine, j'ai trouvé un mortier en marbre blanc, 
« de o m ,i2 de diamètre sous une couche de terre de o m ,4o environ.» 

« Le passage suivant est relatif aux fouilles faites à Gigthis : 

« Le Forum, dit M. Reynier, m'a paru parfaitement délimité par 
« un mur d'enceinte de o m ,35 d'épaisseur. J'ai mesuré les quatre côtés 
« de la place et j'y ai trouvé 4« mètres pour les côtés nord et sud, 
« 38 m ,5o pour les côtés est et. ouest. C'est donc une place à peu près 
« carrée et non pas un carré long de plus de 60 mètres sur \o, comme 
« on l'a cru à la suite des fouilles de 1882. Il est vrai que les murs du 
« nord et du sud sont continués vers l'est, après le quarantième mètre, 
« par des murs de même nature et de mêmes dimensions ; mais, au 
« quarantième mètre, une muraille transversale, en pierres de grand 
« appareil, va du sud au nord, formant ainsi la limite est du Forum. 
« A l'autre extrémité, c'est-à-dire vers l'ouest, la délimitation est 
« également marquée par deux tumuli, dont l'un a été sondé en 1882 ; 
« c'est celui du sud-ouest. » 

[Des cinq inscriptions déterrées et estampées par M. Reynier, deux 
seulement sont inédites. 

L'une est une base dédiée à Q. Egrilius Plarianus, légat du pro- 
consul d'Afrique en l'année i5g et déjà connu par deux inscriptions 
de Tunisie (Corp. inscr. la t., t. VIII, n os 800 et 1177). — Haut, des 
lettres : om,o65. 

C G R I L I O 
PLARIANO 
LEG PRO PR 
P A T R O N O 
GIGTHENSES 
P V B L I C E 

L'autre date d'une très basse époque ; elle est particulièrement 
intéressante en ce qu'elle fait connaître un personnage qui porte le 



— 449 — 

titre de praeses et cornes provinciae Tripolitanae ; c'est, si je ne me 
trompe, le premier exemple épigraphique de cette dignité. 
Les lettres varient de hauteur entre o m ,o5 et o m ,o4. 

1 V i i u 

recemJ 

V I G O R ( 

G I O N E \_^_^__ 

PRIMO VEL SOLoV 

T -ARCHONTIO • NILC/ 

V-P-P-ET COMITI \ 

P • T • ORDO • POPVL\ \sq 
f:\V-GIGTHEN Sl\friT^ 

PATRONO GRAT] 
g E R C O N L O C Ait? it 

...primo vel solo T. Archontio Nilo v(iro) p{erfeclfesimo) p(raes}di 
et comiti p(rovinciae) T(ripolitanae) ordo populu[sq{ue)] mu[nici~ 
piï) Gightens'm\in~\ patrono grat[iam? aet]er(nam)? eonloeavit. 

R. C] 

Lettre du 13 octobre 18 87. —M. de La Blanchère transmet 
quelques renseignements sur les fouilles faites à Zarzis par 
M. Étenaud, agent consulaire, pour le compte du Service. 

« M. Étenaud a trouvé, dit-il, sur une petite élévation de terrain, 
dix-sept tombes orientées de l'est à l'ouest, faites et couvertes en ma- 
çonnerie. Ces tombes contenaient les unes « une auge en ciment » (?), 
les autres une jarre, et dans ce récipient des ossements non incinérés ; 
mais il ne s'est rencontré, avec les cadavres, ni lampes, ni monnaies, 
ni aucun autre objet. C'était un cimetière de gens pauvres. 

« Auprès du bordj de Zarzis, M. Étenaud a mis au jour quelques 
morceaux, mais de peu d'importance. Ce sont un chapiteau et un 
gros fragment de corniche. Les sculptures qui les décoraient étaient, 
m'écrit-il, « très fines », mais sont extrêmement dégradées. La pierre 
est en effet, comme à Zian, fort tendre, et se détériore facilement. 

[M. de La Blanchère a envoyé, en outre, plusieurs estampages 
relatifs à des découvertes faites à Macteur par M. le capitaine Bordier, 
Ce dernier ayant envoyé, de son côté, un rapport d'ensemble sur ses 
fouilles, nous avons réuni ailleurs les deux communications. R. C] 



— 450 — 

NOTES 
SUR LES RUINES ET LES VOIES ANTIQUES DE L'ALGÉRIE 

Recueillies par le? brigade? topographiques et communiquées 
par M. le colonel Mercier. 



PROVINCE DE CONSTANTINE 
(Suite.) 

Massif des Beni-Salak. — Frontière de Tunisie. — Vallée de 
la Medjerda. — Sidi-Youcef. 

Les recherches exécutées en i885, dans la province de Constantine, 
ont porté sur une région des plus intéressantes, au point de vue ar- 
chéologique. Cette région est située entre la Seybouse, les massifs 
montagneux de l'ancienne frontière de Tunisie et la grande voie ro- 
maine de Carthage à Cirta, par Naraggara. 

Des montagnes abruptes, des torrents encaissés, quelques clairières 
au milieu de vastes forêts, une population pauvre et clair semée, 
laissent, au premier abord, une impression pénible ; mais, pour peu 
que Ton s'arrête et qu'on regarde, des ruines surgissent partout au 
milieu de ce sol presque abandonné, ruines libyques immenses, 
ruines carthaginoises, ruines romaines ; toutes viennent attester que 
ce pays, aujourd'hui si pauvre, a été autrefois couvert de populations 
riches et puissantes. Cirta a pu être le joyau de la Numidie, mais la 
véritable citadelle numide comprenait le massif montagneux dont il 
va être question ci-après. 

On y a fait, avec le temps et les moyens d'action restreints dont 
on pouvait disposer au cours de la campagne, des découvertes pré- 
cieuses, qui promettent ample moisson aux archéologues assez amis de 
l'antiquité romaine pour consacrer leurs efforts à cette région insuffi- 
samment explorée jusqu'ici. 

On va passer successivement en revue les monuments laissés par 
les différents peuples en commençant par les Libyens ou Numides, 
dont la population, à en juger par les nombreuses ruines de villages, 
les monuments mégalithiques importants, et les stèles qui remplissent 
de vastes nécropoles, devait être extrêmement nombreuse. Un terme 
de comparaison nous reste, qui a survécu à toutes les révolutions dont 



— 451 — 

le nord de l'Afrique a été le théâtre; traqués par les Carthaginois 
d'abord, puis par les Romains, contre lesquels ils furent en révolte 
presque permanente, puis par les Vandales, puis par le Bas-Empire 
et enfin par les Arabes, les restes de la race numide occupent encore 
aujourd'hui les principaux massifs montagneux du nord de l'Algérie 
et du Maroc. Les montagnes kabyles sont aussi abruptes que celles 
qu'habitaient autrefois les Numides, leurs ancêtres directs, et leur 
population aussi dense qu'elle l'était du temps de Jugurtha au cœur 
de la Numidie. Quelle devait être la richesse et la force de résistance 
du nord de l'Afrique habité par cette race ! Les Romains ont mis 
deux cents ans à la réduire, mais non à l'anéantir puisqu'elle existe 
de nos jours, industrieuse et vivace, avec sa langue, ses mœurs, ses 
habitudes et son costume contemporain de Carthage. 



RUINES MEGALITHIQUES 

Si l'on s'en rapporte aux découvertes faites pendant la campagne, 
les Libyens n'auraient occupé à demeure que les massifs montagneux 
situés au nord de la Medjerda (partie algérienne), entre cette rivière 
et la mer, et comprenant les vallées de l'oued Tafeur, de l'oued Sou- 
dan, de l'oued Kebir, de l'oued Cheffia, de l'oued Zitoun, de l'oued 
Bougour et de leurs affluents. Les vallées de l'oued Tafeur et de l'oued 
Soudan sont aujourd'hui entièrement couvertes de forêts qui rendent 
toutes les recherches impossibles. Partout ailleurs, les sommets seuls 
sont boisés ; on a constaté, sur les croupes qui descendent des chaînes 
de montagnes et au point où ces croupes commencent à s'adoucir, 
d'immenses amoncellements de pierres non taillées et ça et là, parmi 
ces amoncellements ou aux environs, des alignements de pierres 
également frustes, plantées en terre et d'un volume beaucoup plus 
considérable. En général, des sources abondantes sont voisines de ces 
amas de pierres et il n'est pas rare de trouver à quelque distance 
des pierres taillées datant de l'époque romaine. Tous ces amon- 
cellements, dont il est inutile de relever ici l'emplacement exact, 
sont autant de ruines d'anciens villages numides. Elles ont une 
analogie frappante avec les ruines d'anciens villages abandonnés 
depuis longtemps en pays kabyle. 

Outre la présence de ces villages dans le voisinage desquels on 
trouve fréquemment des dolmens (dont nulle trace ne se retrouve 
au sud de la Medjerda), on n'a constaté, exception faite du massif 
montagneux au nord de Souk-Arrhas, qui n'a pas été visité encore, 



— 452 — 

que trois traces de l'occupation libyque, sur le versant nord des 
montagnes qui séparent le bassin de la Medjerda de celui de la Mé- 
diterranée. Ce sont : 

i° Un groupe assez considérable de dolmens, érigés au sommet 
du Kef-Rekab, à l'est du Djebel-Mcid. Ce groupe de dolmens est 
voisin d'un sentier, sans doute bien ancien, qui met la vallée de la 
Medjerda en communication avec la station d'El-Kantas, au confluent 
de l'Oued Bou-Hadjar et de l'Oued Kebir; 

2° Un second groupe mégalithique, comprenant des dolmens et 
des stèles libyques à l'extrémité du Djebel Grine près de la Mechta de 
Fedj-Abdallah. Ce second groupe commande également un sentier 
mettant la Medjerda en communication avec la vallée de Bou-Hadjar. 

3° Enfin, une stèle bilingue, des fragments sculptés de pierres 
tumulaires et un tombeau creusé dans le roc, marquent le passage 
du col de Fraia, non loin de l'ancienne forteresse romaine, nommée 
aujourd'hui Dar-Tebala. Aucun autre monument mégalithique ne 
se retrouve au sud de ceux dont on vient de préciser les gisements. 

Dans tout le massif nord, au contraire, on rencontre çà et là, sur 
les crêtes et par groupes plus ou moins considérables, des dolmens 
qui, à première vue, paraissent jetés un peu au hasard ; mais une 
étude plus attentive permet de voir qu'ils sont disposés, comme 
autant de points de repère, le long de grandes voies de communica- 
tion qui ont précédé la viabilité romaine. Ces voies de communica- 
tion, ou plutôt ces sentiers, dont plusieurs ont, par la suite, été 
empruntés par les Romains, traversaient le pays dans tous les sens 
et venaient aboutir aux vallées centrales. On en a cité déjà plus haut 
deux, reliant la vallée de la Medjerda à la station d'El-Kantas. Le 
fort romain de Dar-Tebala, défendant le passage, au col de Fraia, 
de la voie romaine d'Hippone à Simittu, voie qui sera décrite 
plus loin, se trouve également sur un troisième sentier numide, 
adopté ensuite par les Romains, reliant El-Kantas à la plaine de 
Ghardimaou. Un quatrième sentier, partant du Viens Juli anus, ou plu- 
tôt des groupes de dolmens du Djebel-Nador, reliés d'autre part vers 
l'ouest, avec les gisements mégalithiques de Roknia, d'Hammam- 
Meskoutine et, sans doute, de la Mahouna, remontait l'Oued Sfa, 
traversait la montagne pour rejoindre la vallée de l'Oued Soudan 
qu'il descendait, en se bifurquant, avant d'atteindre le Mechta -Teffah, 
au pied du Ras-el-Aïoun. L'une des pistes, qui existe toujours, allait 
droit sur le hammam des Beni-Salah et sur El-Kantas, l'autre rencon- 
trait, près de la Mechta, environ trente dolmens dont la majeure partie 
est encore debout. L'épaisseur de la forêt, entre Duvivier et la Mechta 



— 453 — 

n'a pas permis de s'assurer s'il y en avait d'autres sur le parcours, 
ce qui est probable. A partir de la Mechta, la piste principale 
s'engage dans les gorges abruptes de l'Oued Kebir, pour en sortir 
près du village actuel de Merdes et traverser diagonalement la petite 
plaine d'alluvion, formée par la Bou-Namoussa (Oued Kebir prolongé), 
en passant près de la ferme Arnaud, et du marabout de Sidi-bou-Tad- 
jem, où se trouvent de beaux dolmens. Le sentier franchissait ensuite 
le col qui sépare le Bou-Abaed du Bou-Kerma, en laissant une 
seconde station mégalithique au pied sud de cette dernière mon- 
tagne et quelques dolmens sur les crêtes. Le plus remarquable de 
ces derniers est celui de Hadjar-Mrabka, dont les pierres paraissent 
taillées tout récemment et qui domine au loin la plaine marécageuse 
de Y Armoniacum f lumen. 

Un cinquième sentier passait près des dolmens de Kef-Kerichfa et 
d'Aïn-Saboun, à l'est de Medjez-Sfa, traversait le Djebel Mahabounda 
et venait aboutir à El-Kantas, en passant au bas du hammam des 
Beni-Salah, près des ruines d'un village libyque important et de 
deux dolmens aux dimensions colossales. Les pierres supérieures de 
ces dolmens, encore placées sur leurs appuis, mesurent 5 mètres de 
long, 2 mètres de large et o'",4o à o m ,5o d'épaisseur. Ces énormes 
monolithes ont dû être transportés d'une assez grande distance, car 
il n'existe ni gisements, ni carrières à proximité. 

Enfin, un sixième sentier, suite du précédent, a dû gagner la 
plaine de la Guerra-el-Oubeïra, entre les bordjs du Tarf et de Mexna. 
En suivant, en effet, les crêtes qui séparent l'Oued Ziloun de l'Oued 
Bougour, on retrouve un certain nombre de dolmens, mais toute 
trace de sentier a disparu dans la broussaille. 

MONUMENTS MÉGALITHIQUES. — STÈLES LIBYQUES 

Aux dolmens dont il vient d'être parlé, premiers monuments d'une 
civilisation encore dans l'enfance, succédèrent d'autres monuments 
encore frustes, mais qui indiquent un immense progrès de l'esprit 
humain. Les Lydiens avaient apporté de Grèce leurs caractères 
d'écriture, lors de la fondation de leurs colonies de la Cyrénaïque. Ce 
nouveau mode d'inscription et de transmission des faits saillants avait 
pénétré dans la Libye, et des stèles grossières, à caractères primitifs 
d'abord, puis de plus en plus réguliers, vinrent remplacer, le plus 
souvent du moins ('), les dolmens des âges primitifs. 

t'I Cette réticence est occasionnée par le vaste dolmen en pierres taillées, 
trouvé l'an dernier sur l'un des contreforts du Djebel Ouach. 



— 454 — 

Cette seconde période de la vie historique de la race libyque a 
laissé de nombreuses traces dans la région de Bou-Hadjar. Cette 
région, absolument excentrique et placée en dehors des grandes 
voies de communication modernes, n'avait été, jusqu'à ces derniers 
temps, traversée que par les sentiers muletiers de Bône à la smala de 
Bou-Hadjar et ceux, assez rudes, de la smala à Souk-Arrhas et à 
Duvivier. Elle était donc assez peu connue, lorsque M. le général 
Faidherbe, commandant la subdivision de Bône, d'abord, puis M. le 
docteur Beboud, puis MM. Bosc, Mauch, Baxu, etc.. la parcoururent 
et y firent les premières découvertes de stèles libyques et bilingues. 

En 1876, M. le docteur Beboud signalait déjà 129 textes libyques 
ou latino-libyques trouvés dans la seule Cheffia, et ce nombre s'est 
encore accru depuis. 

Les officiers des brigades topographiques , et en particulier 
MM. Toussaint, lieutenant au 9 e régiment d'infanterie ; Bauchet, 
capitaine au 2 e régiment d'artillerie (pontonniers), et Brochin, capi- 
taine au 102 e régiment d'infanterie, ont continué les recherches 
précédentes, et ont été assez heureux pour découvrir un certain 
nombre d'inscriptions et même de nécropoles inconnues jusqu'ici. 

Les nécropoles sont libyques et latino-libyques. 

Les nécropoles libyques sont celles d'El-Kantas, Mzaret-Zaroura, 
Kef-Kehine et Hammam-Sidi-Trad. 

Nécropole d'El-Kantas. 

La nécropole d'El-Kantas est située dans la petite plaine qui s'étend 
entre l'Oued-El-Kebir et l'Oued-Bou-Balia, près du confluent de ces 
deux cours d'eau et à 200 mètres à l'ouest de la portion du chemin de 
Bou-Hadjar à Bône, comprise entre les gués de Mohammed-Taïeb et 
de Sidi-Dahaz. Elle occupe un terrain couvert, en partie de champs 
d'orge et en partie de broussailles de lentisques et de jujubiers sau- 
vages. Les stèles que l'on y trouve sont, ou des blocs bruts ou des 
dalles grossièrement taillées; elles sont toutes en grès plus ou moins 
fin et généralement de couleur jaune rougeàtre- 

Une seule présente un personnage, une autre le croissant lunaire 
(Tanit). Quelques-unes d'entre elles formaient une sorte de rangée 
orientée nord-ouest sud-est, les autres étaient semées un peu au 
hasard. 

M. le lieutenant Toussaint a recueilli sur ce point vingt-cinq textes 
inédits. Il affirme qu'il existe un très grand nombre d'autres textes 
trop profondément enfouis pour qu'il ait eu le temps de les déterrer. 



— 455 — 

Nécropole de Mzaret-Zaroura . 

A deux kilomètres environ au sud-ouest d'El-Kantas, sur le versant 
nord du Chabet-Safra, se trouve la petite nécropole de Mzaret-Zaroura, 
que M. Toussaint n'a pu explorer que superficiellement et qui lui a 
fourni six textes nouveaux. Une des stèles, brisée en deux fragments, 
porte un personnage dans une sorte de cadre arrondi et son fronton 
triangulaire est orné du croissant lunaire. 

Nécropole du Kef-Kelune. 

Au Kef-Kehine, rocher abrupt, qui se dresse entre l'Oued-El-Kébir 
et le chemin de Bùne à Bou-Hadjar, à sept kilomètres environ de ce 
dernier point, le même officier a constaté l'existence, dans les murs 
des jardins, de nombreux fragments d'inscriptions libyques. Trois 
inscriptions seulement restaient entières et ont pu être déchiffrées. 

Nécropole du Hammam-Sidi-Trad. 

Le Hammam-Sidi-Trad est situé en face des ruines du bordj du 
même nom, dans un encaissement profond de l'Oued-Sidi-Trad, au 
pied du Djebel-Rhourra. Le site est des plus sauvages et ne doit 
d'avoir été habité qu'à la source thermale qui jaillit du rocher à la 
température de 90 . M. le capitaine Bauchet a trouvé près des sources 
deux stèles libyques. 

Nécropoles latino-libyques. 

Les nécropoles latino-libyques sont celles : du Kef-beni-Fredj, de 
Chabet-el-Mekouss, d'Aïn-Hofra, du douar Djentoura, de Dar-Tebala 
et de la forêt des Ouchtetas. 

Avant de passer ces divers gisements en revue, disons qu'un certain 
nombre de stèles libyques et latines, provenant des environs de la 
smala de Bou-Hadjar, ont été réunies dans le jardin des officiers. 
Trois d'entre elles recueillies, la pemière, près du marabout de Lella- 
Meïda, les deux autres près du Bordj -bou-Larès, paraissent inédites. 

Nécropole du Kef-beni-Fredj . 

Entre le massif du Bou-Abaed et celui du Djebel -Aouanit, s'étend 
une vaste dépression désignée sous le nom de plateau de Sidi-Aoun. 



— 456 — 

A l'extrémité ouest, et au pied des rochers qui viennent barrer le 
plateau dans toute sa largeur, se trouvent les nécropoles du kef des 
Beni-Fredj et les ruines de Tenelium. On s'occupera plus loin de la 
nécropole romaine et des ruines; la nécropole libyque se trouve près 
du nouvel abreuvoir, presque complètement cachée au milieu de 
broussailles de lentisques et de jujubiers. Elle est la plus intéres- 
sante d'ailleurs par les nombreux et importants documents épigra- 
phiques qu'elle renferme. C'est dans cette nécropole que se trouvent 
les belles stèles bilingues : 

i° Du Vétéran (n° 5209 du Corpus) toujours en place, quoique le 
Corpus la signale comme se trouvant à l'hôtel de la subdivision, à 
Bône, et actuellement assez endommagée pour que la lecture en soit 
laborieuse ; 

2 De Naddhsen (n° 52 18); 
3° De Navasen ; 
4° De Casresis (n° 0216); 
5° De Saetat (n° 5220). 

Les inscriptions de Sactut et de Naddhsen ('), qui ont donné lieu à 
une controverse entre M. le docteur Reboud et M. Halévy, sont dans 
un état tel de conservation, qu'il est impossible d'avoir le moindre 
doute sur la valeur des lettrés qui les composent. Les deux textes 
donnés par le docteur Reboud sont bien exactement ceux qui se lisent 
sans difficulté sur les stèles. M. le lieutenant Toussaint a estampé ou 
recueilli toutes les inscriptions bilingues qu'il a pu rencontrer. 

La nécropole du kef des Beni-Fredj a été découverte au moment 
de la construction du pont et du puits de l'Oued Semsen, par M. Jayer, 
entrepreneur, qui tirait ses matériaux de la ruine romaine, située au 
pied du kef. Elle a été depuis bien souvent explorée, mais elle ren- 
ferme encore de nombreuses richesses épigraphiques. Les frontons de 
stèle qui font saillie hors du sol sont nombreux, mais leur volume 
est généralement tel qu'il faudrait un outillage spécial pour les 
extraire. Dans l'exploration des murs de jardins et en déterrant 
quelques blocs de dimensions moindres, M. Toussaint a mis à jour 
six textes qui ne sont pas inédits. 

Les indigènes lui ont signalé plusieurs pierres à inscriptions au 
sommet des rochers du kef, mais le temps lui a manqué pour en 
faire l'ascension et s'assurer qu'elles existent réellement. 

(*) Voir Bull, archéol. du Comité, 188G, p. 457. 



— 457 — 

Nécropole du Chabet-El-Mekauss* 

La nécropole du Chabet-el-Mekouss occupe l'étroite bande de terrain 
comprise entre l'Oued-Baïda et l'Oued-Mekouss, ruisseaux qui se 
jettent dans l'Oued-Kebir, vers le point où ce dernier cours d'eau, au 
débouché du Kranguet-el-Keroucha, fait son grand coude vers l'ouest. 
Elle a été découverte en i853 lors de l'exécution des travaux du 
chemin muletier de Bône à Bou-Hadjar, par MM. Dumont, officier 
au i6 c de ligne, et Baxu, officier de spahis de la Smala, qui trou- 
vèrent quelques inscriptions dans la partie de la nécropole traversée 
par le chemin. MM. Mauch et Letourneux la visitèrent en i85-, et le 
docteur Reboud y entreprit en 1868 et 1869 dea fouilles qu'il reprit 
en 18-3. En 1869, M. le général Faidherbe et le capitaine Bosc y 
avaient également trouvé un certain nombre d'inscriptions nouvelles. 
Jusqu'à présent, cette nécropole a fourni cinquante-huit textes et 
laisse peu d'espoir de nouvelles découvertes. Dix-huit des stèles 
trouvées dans les premières fouilles avaient été rangée - le long du 
chemin; elles sont aujourd'hui fortement endommagées, quelques- 
unes même illisibles. Celles qui ont été découvertes par le docteur 
Reboud, lors de sa dernière exploration, et replacées dans les 
excavations d'où elles avaient été extraites, sont mieux conservées. 

Nécropole dWïn-Hofra. 

La nécropole d'Aïn-Hofra est située à l'extrémité est du plateau 
de Sidi-Aoun, en face des ruines du kef des Beni-Fredj. Elle est 
voisine des ruines d'une bourgade romaine dont le nom n'a pas été 
découvert. On y a trouvé lors de précédentes recherches l'inscription 
bilingue dite de Chinidial. 

Nécropole du douar Djentoura. 

Le douar Djentoura est situé sur le versant est du Djebel Guetar, 
en face du bordj Bou-Larès. Le capitaine Bauchet y a trouvé des 
ruines assez considérables parmi lesquelles il a pu estamper trois 
inscriptions dont deux bilingues inédites ('). 

Dar-Tebala. 

La vallée de l'Oued Raraïqui prend successivement les noms de 
M Voir Bull, du Comité, 1886, p. \b~, n. 1 et 3. 



— 458 — 

Oued-El-Hammam et Oued-El-Djourf, contient un certain nombre de 
ruines isolées sur lesquelles on reviendra. Dans le haut de cette vallée, 
près du col de Sraia, se trouvent les ruines d'un poste romain connu 
sous le nom de Dar-Tebala. A deux kilomètres à l'est de ce 
poste, on a trouvé deux tombeaux creusés dans le roc, qui ont 
deux mètres de long et fermés chacun par une dalle. Ces dalles 
ont été jetées au bas du rocher où sont les tombeaux. Sur les bords 
du chemin qui passe au nord, M. Bauchet a trouvé plusieurs pierres 
tombales sur l'une desquelles il a estampé une inscription bilingue, 
surmontée de figurines en assez mauvais état. 

Mechta, de F^dj- Abdallah. 

Les dernières traces vers le sud de monuments libyques se trouvent 
près de la mechta de Fedj-Abdallah à l'extrémité orientale de la mon- 
tagne de Goureïn. Ce point de passage d'un sentier important dont il a 
été parlé plus haut, a été occupé par les Romains après le départ des 
Libyens. Les pierres taillées y sont nombreuses. Quelques-unes, 
énormes et placées debout, portent vers le centre une grande cavité 
en forme de mortier ; sur d'autres, on remarque des traces d'une or- 
nementation assez rudimentaire. 

A 700 mètres environ de la mechta, M. Brochin a relevé dans un 
ruisseau une pierre portant une inscription libyque qui figure dans 
son recueil sous le n° 33 .'). 

Non loin des ruines, sur un mamelon, le même officier a estampé 
une pierre tombale, sans inscriptions, qui paraît remonter à l'époque 
romaine (n° 32). Ce serait peut-être ici le lieu de signaler les traces 
nombreuses et incontestables de ruines libyques qui abondent autour 
du bordj Bou-Larès, mais ce point fera, plus loin, l'objet d'une des- 
cription particulière. Deux autres monuments restent à signaler, dont 
la date est incertaine et qui peuvent parfaitement être attribués aux 
Libyens : ce sont deux chambres funéraires creusées dans le roc. Elles 
présentent quelque analogie avec celles qu'on a relevées à Roknia et 
qui sont incontestablement contemporaines des dolmens. Ces deux 
chambres funéraires sont situées : la première près de l'Henchir Haps- 
el-Klab, la seconde auDar-el-Hadjar. L'henchir Haps-el-Klab (prison 
des chiens) est situé au pied du Kef-Borni, dans une dépression de 
terrain abritée des vents du nord et du nord-est. La chambre sé- 
pulcrale est un simple cube à parois lisses, creusé dans un rocher, 

I 1 ) Le recueil de M. Brochin a été publié au Bulletin, 1886, p. 158 et suiv. 



— 459 — 

qui pouvait servir soit de tombeau, soit de prison, soit de silos pour 
les grains. Les ruines romaines qui composent Phenchir sont assez 
importantes. 

Dar-el-ffadjar. 

La chambre sépulcrale de Darel-Hadjar, que les Arabes désignent 
aussi sous le nom de Bit-el-R'oul, est située sur la rive gauche de 
l'Oued El-Kebir, à 110 mètres environ au-dessus de la rivière. Elle est 
creusée dans un rocher de grès de 3 mètres de hauteur, dont toute la 
partie extérieure est restée fruste. La poiHe d'entrée a i m ,io de large, 
sur i m ,2o de haut. Elle a dû être fermée par une dalle dont on re- 
trouve les encastrements. L'intérieur de la chambre a la forme d'un 
carré de 2 m ,-5 de côté, la partie supérieure forme une voûte assez 
régulière de 2 mètres de hauteur, au-dessus du sol. Les tombeaux 
creusés dans le roc sont au nombre de deux, l'un à gauche, l'autre 
en face de la porte d'entrée ; leurs dimensions sont identiques, 
ils mesurent 2 mètres de long, sur 60 centimètres de large et 5o de 
profondeur. 

Les nombreux documents dont il vient d'être parlé et qui se 
trouvent accumulés dans une région admirablement abritée par des 
défenses naturelles importantes (marais au nord, massifs montagneux 
et forestiers à l'est, à l'ouest et au sud), permettent de considérer le 
massif de Bou-Hadjar comme l'un des berceaux les plus importants, 
sinon comme le plus important, où a pu se développer, à l'abri de 
toute insulte, la race libyque, qui de là s'est successivement répandue 
dans toute l'Afrique du nord-ouest ('). Ce serait à quinze ou vingt 
siècles avant l'ère chrétienne qu'il faudrait faire remonter les premières 
migrations libyques vers Roknia et au delà. 



1 Pourquoi les Libyens se sont-ils établis plus spécialement sur ce territoire? 
Il y avait d'abord pour eux une question de sécurité, qui incontestablement avait 
son importance, mais il est bien possible qu'ils y aient été appelés surtout par 
la grande quantité de sources thermales que renferme la région. La science 
médicale n'existait pas ou existait à peine à l'état rudimentaire, et les bains 
chauds devaient être à cette époque reculée, la panacée universelle. Peut-être 
même est-ce à ces sources thermales, près desquelles on trouve toujours des 
dolmens et des pierres tumulaires, qu'il faut attribuer l'accumulation des né- 
cropoles dans les environs de Bou-Hadjar. L'importance donnée auv établisse- 
ments de bains dans toutes les colonies romaines, tiendrait à prouver que chez 
les Romains comme chez les Lybiens, les bains chauds jouaient un grand rôle 
dans la thérapeutique. 



— 460 — 



RUINES PUNIQUES 



Les Carthaginois ne paraissent pas avoir occupé autre chose que 
quelques points des côtes, au nord de la Medjerda, et on ne rencontre 
aucune de leurs traces dans le massif libyque dont il vient d'être parlé. 

M. le capitaine Brochin a découvert, en revanche, quelques ves- 
tiges de leur passage, au sud des montagnes qui bordent la rive droite 
de la Medjerda, dans un pays beaucoup moins accidenté et d'accès 
facile. Il cite ceux d'Aïn-Seri et de Ksiba. 

Près de la source d'Aïn-Seri, au milieu du vaste et fertile plateau 
de Mraou, se trouve le bordj de Hadj-Soltan. Cette maison a été 
construite avec des pierres provenant de ruines nombreuses éparses 
aux environs, parmi lesquelles M. Brochin a estampé une pierre 
tombale d'une conservation parfaite. L'homme représenté sur cette 
pierre tient dans la main droite une palme et dans sa main gauche 
un raisin. Au-dessus est le croissant de Tanit, avec d'autres attributs. 
Cette pierre paraît dater de l'occupation romaine. 

En revanche, au milieu des vestiges importants de Ksiba, le même 
officier a relevé une très longue pierre portant une inscription punique 
parfaitement conservée. Les caractères sont en relief et d'une très 
grande netteté. La stèle a été estampée avec soin. 

RUINES ROMAINES 

L'accumulation de la population indigène au nord de la Medjerda 
et la richesse des plaines du sud sont, avec la proximité de Carthage, 
de Cirta et de nombreux centres, les causes du développement consi- 
dérable qu'atteignit la colonisation romaine dans cette partie de la 
Numidie. 

Les géographes anciens ne nous ont laissé que l'indication som- 
maire de quatre routes d'étapes qui traversaient le pays, ce sont les 
voies : 

i° D'Hippone à Tipasa, par le Vicus Julianus; 

2° D'Hippone à Naraggara, par Thagaste ; 

3° D'Hippone à Carthage, par Simittu ; 

4° De Carthage à Cirta, par Naraggara. 

Voie d'Hippone à T'qmsa. 
La voie d'Hippone à Tipasa laissait à l'ouest le village actuel de 



— 461 — 

d'Uzewille, à l'est celui de Mondovi, s'engageait dans la vallée de 
l'Oued Djebana, en longeant le pied oriental du Djebel -Douara, passait 
près de la Mechta Maïzilet où sont les ruines d'une installation assez 
considérable, gagnait la crête des mamelons delà rive gauche de l'Oued - 
Frarah par Ain-Goula où se trouvait un premier poste un peu 
au delà, en face de la ferme Beaufranchet ; un deuxième poste élevé 
à mi-côte, sur un point dominant, protégeait la descente dans la 
vallée. La voie franchissait l'Ubus, sur un pont en pierres, à 
cinq cents mètres en amont du confluent de l'Oued -Frarah. De ce 
pont reste encore apparente la pile centrale, très corrodée par les 
eaux. Les culées sont envasées, mais les gens du pays y ont souvent 
puisé des matériaux de construction. Les abords du pont semblent 
avoir été un centre assez peuplé. Un établissement de bains, avec sol 
en mosaïque, a été relevé, non loin de la gare de l'Oued-Frarah, et 
des pierres taillées sont dispersées aux environs. 

Après avoir franchi le pont, la voie s'engageait sur la rive droite de 
l'Ubus, parallèlement à la rivière. Elle rencontrait d'abord le ksar el- 
Achour. Ce poste, gros bâtiment carré, construit sur voûtes superposées, 
s'élève à l'extrémité d'un promontoire miné par la Seybouse. A une 
centaine de mètres au nord du poste, sur la berge rongée par la 
rivière, émerge un dallage de route, surplombant l'escarpement. Un 
peu au sud du fort, le même dallage se reproduit dans l'arrachement. 
La voie romaine passait donc à l'ouest du fort, entre lui et la rivière, 
sur un promontoire aujourd'hui complètement emporté. La largeur 
du dallage aux deux arrachements est de huit mètres. Entre le fort 
et l'Oued-Bou-Noua, affluent de droite de la Seybouse, il est facile, 
malgré les cultures, de suivre le tracé de la voie. Sur son parcours, en 
effet, la végétation plus basse, plus pauvre, indique la présence de 
pierres à une faible profondeur. Sur les berges de l'Oued-Bou-Noua, 
à quelques pas en amont du pont actuel, le dallage de la voie se 
retrouve à o m ,8o de profondeur. Il en est de même au passage de 
l'Oued Mzaïb, près duquel la voie aboutit au Viens Juliarti. 

Vicus Julio ni. 

Placé au confluent du Mzaïb et de la Seybouse, le Vicus devait être 
et était en réalité le point de bifurcation de deux voies longeant les 
deux cours d'eau et se dirigeant l'une sur Thagaste, l'autre vers le 
sud. On les étudiera plus loin toutes deux ; examinons d'abord les 
ruines du bourg romain. 

Dès qu'un a franchi le pont de la gare de Duvivier on aperçoit 
Abcuéolooik. 31 



— 462 — 

à droite et à gauche de la route des vestiges de constructions ro- 
maines, et de nombreux débris de meules, pressoirs, mortiers et 
moulins à grains entassés dans des murs de clôture. A quelques 
pas plus loin une maison moderne a été construite sur les voûtes 
encore intactes d'une maison antique. Cette maison renferme une 
mosaïque fort belle, établie avec le plus grand soin. Sur les voûtes 
même de l'édifice, l'architecte ancien avait disposé un lit de sable 
de rivière sur lequel s'appuie un carrelage en briques ordinaires. 
Au-dessus et uniformément répartie, une couche de charbon pilé 
supportant un deuxième carrelage de briques à grain plus fin. C'est 
sur ce second carrelage que repose la couche de ciment dans laquelle 
la mosaïque en marbre blanc et bleu a été enchâssée. 

M. le capitaine Fourié, qui a relevé le plan du Vicus, estime que 
cette ruine faisait partie d'un établissement de bains. Entièrement 
construit sur voûtes, l'établissement paraît se composer de trois 
corps de bâtiments dont deux subdivisés régulièrement en pièces 
uniformes de 6 à 8 mètres carrés communiquant entre elles par des 
portes ménagées sur l'une des faces du carré. Le bâtiment central 
était relié aux deux autres par une canalisation recouverte de tuiles, 
suivant la base des murs et encastrée dans ceux-ci. L'origine de la 
conduite est bien dans une bassine maçonnée et cimentée qui devait 
retenir les eaux chaudes, voisine d'un four avec lequel elle était en 
communication. 

Symétriquement à la bassine et de l'autre côté du four de chauffe 
se trouve une belle pièce rectangulaire de 4 mètres sur 5, pavée en 
mosaïque de losanges, communiquant avec deux autres pièces de 
dimensions plus restreintes mais pavées avec le même soin et 
s'ouvrant sur une vaste cour carrée, bétonnée, sauf sur la largeur 
correspondant à la cour d'entrée où l'on retrouve encore la mosaïque. 

Ce bâtiment central était beaucoup plus élégant et plus soigné que 
le reste des constructions. 

Deux puits, placés dans le couloir qui sépare le bâtiment central du 
bâtiment oriental, communiquaient avec les voûtes inférieures. 

Sur un espace de sept à huit hectares entre le Mzaïb et la Seybouse 
on trouve des ruines partout ; les cultures empêchent les fouilles ; il 
résulte néanmoins des assertions des habitants et des indigènes que 
l'on n'a trouvé ni colonnes, ni tombeaux, ni sculptures quelconques. 

Le Vicus n'était donc pas une ville importante, mais un centre 
agricole, ainsi que l'indique son nom. L'olive et le blé en formaient la 
richesse principale, comme le prouvent les nombreux moulins qui 
couvrent encore le sol. 11 s'alimentait en eau à l'aide de puits et par 



— -463 — 

captation de sources. Le puits le plus important est celui qui, adossé 
au mur est de l'établissement décrit plus haut, est encore utilisé 
aujourd'hui et donne la meilleure eau du pays. La base en est carrée 
et formée de blocs cubiques superposés. La partie supérieure est 
cylindrique; elle est cimentée avec le plus grand soin. Il a trois 
mètres de diamètre et douze mètres de profondeur. Un deuxième 
puits de mêmes dimensions, mais d'une profondeur plus grande, se 
trouve à deux cents mètres plus haut, sur la rive gauche du Mzaïb. 

Non loin du pont de la Seybouse, se trouvent les ruines d'une 
citerne alimentée par une conduite d'eau que M. le capitaine Foui ié 
a pu suivre jusqu'à la fontaine actuelle du village de Duvivier. La 
conduite était totalement maçonnée sur tout son parcours (environ 
i,5oo mètres). Elle était tonnée de grosses tuiles juxtaposées, pro- 
tégées au-dessus par un long ponceau à section carrée. Tous les 
trois cents mètres se trouvait un regard, en forme de puits, traversé 
par la conduite. 

On n'a retrouvé au Vicus Juliani que quelques pièces de monnaie 
de Constantin et de Gordien et une borne milliaire, qui n'existe plus 
actuellement et qui a été brisée lors de la construction du pont('). 

La voie romaine, partant du Yicus vers Tipasa, se retrouve sur 
une longueur de douze cents mètres, au sud de la ferme Dubourg. 
Ces douze cents mètres sont encore dallés. Ils commencent au-dessus 
du passage actuel de la route de Guelma, et se perdent dans les 
broussailles du Koudiat-Debidib. Entre la ferme et le Yicus, le pas- 
sage de la voie est indiqué par une citerne qui émerge du sol, à 
quelques pas de l'intersection de la route de Guelma et du chemin 
d'Aïn-Dardara. 



Voie d'Hippone " Tkagaste. 

Elle empruntait la voie précédente jusqu'au Vicus. Il est facile, de 
là, de la suivre dans le ravin de Duvivier, longé presque partout par 
la route du Génie. Ce tracé la conduit jusqu'au Ksar-Kbech, où l'on 
trouve les ruines d'un puits, et de là à Medjez-Sfa. Les investigations 
n'ont rien découvert au delà, dans un rayon de deux kilomètres. 

Il n'en est pas de même d'une autre voie qui, quittant la première 
au passage du Mzaïb, contourne le Koudiat-el-Batoum, sur lequel 
on retrouve un tronçon de sept cents mètres parfaitement conser- 
vé. Il en sera parlé plus loin. 

1 Cf. Corp. inscr. lai . VIII, 10119. 



— 464 — 

Citons, en passant, parmi les nombreuses ruines de la vallée de la 
Seybouse : 

Celles de Bou-Zitoun, sur l'emplacement desquelles s'élève une 
des fermes modèles (ferme Nicolas) de l'Algérie. Un travail de res- 
tauration va y être commencé, pour rétablir l'ancienne habitation 
dans toute la pureté de son style primitif; 

Cette idée n'est pas neuve, et le général de Flagny, dans sa 
terre de Debidib, a su conserver le caractère romain à la ferme qui 
domine le confluent du Melha et de la Seybouse. Il y a là un petit 
établissement de bains fort bien restauré. 

A citer encore les groupes de ruines de Bou-Chakouf, en face de 
Duvivier, du Bas-Dra, près du chemin actuel de Kef-Djemel au Kef- 
Safrania, du col de Sidi-Aïssa, du Bled-Sardouk et, enfin, la nécro- 
pole du Koudiat el-Batoum. 

Dominée par une construction massive, la nécropole s'étend jus- 
qu'au chemin de Duvivier, occupant une superficie de 5oo mètres 
carrés, absolument couverte de pierres tumulaires, d'autels ou de 
dolmens. D'après les renseignements recueillis sur les lieux, cha- 
cune des stèles qui était debout lors des premières fouilles, était 
accompagnée d'objets sacrés, tels que lampes funéraires, charbons 
et vases. Ces objets, recueillis par les habitants de Duvivier, sont 
d'un travail grossier. 

Un tronçon de voie romaine de trois kilomètres de long environ, 
remontant une partie de la vallée de l'Oued- Treilli, affluent de droite 
de la Seybouse', un peu au sud de Barrai, avait permis de supposer 
qu'il existait une route directe d'Hippone à Thagaste, par la rive 
droite de la Seybouse. Les ruines sont nombreuses sur la première 
partie du tracé de cette route, mais l'épaisseur de la forêt, dans la 
partie montagneuse, n'a pas permis d'en retrouver des traces pro- 
bantes. On les recherchera au cours de la prochaine campagne au 
passage du Djebel-Mahabounda. 

Jusqu'à quel point y a-t-il lieu, à défaut d'inscriptions, d'identifier 
les ruines du confluent de la Seybouse et de l'Oued Mzaïb avec le 
Vicus Juliani? Les tables de Peutinger seules donnent le nom de ce 
bourg, qu'elles placent à 20 milles d'Hippone et à 18 de Tipasa 
(Tifech). La distance réelle, par la route la plus courte, est de 
93 kilomètres, soit 62 milles entre Tifech et Hippone, au lieu de 
43 milles donnés par le géographe, soit 19 milles d'erreur. Si on 
répartit proportionnellement cette erreur sur les deux distances des 
tables, le Vicus tombe bien au confluent ou à peu près. Si la seconde 
distance (Vicus à Tifech) est seule erronée, le Vicus peut être placé 



— 405 — 

au Ksar-el-Achour ou, au plus loin, au pont romain de l'Ubus. On 
travaille beaucoup dans cette région à l'heure présente, peut-être 
quelque borne milliaire ou quelque inscription nouvelle fixeront-elles 
les noms des diverses localités et l'emplacement définitif du Vicus. 

Vole d'Hippone à Carthage, par Onellaba et Simittu. 

D'après les itinéraires d'Antonin, la voie passait à : 

Onellaba 5o milles d'Hippone. 

Ad Aquas -i5 — d'Onellaba. 

Simittu 5 — d'Ad Aquas, etc. 

D'après les tables de Peutinger, les gîtes d'étapes auraient été : 

Odiana, à 5o milles d'Hippone. 

Ad Aquas, à . . . . 25 — d'Odiana. 
Sunitu, à. .... . 5 — d'Ad Aquas, etc. 

Si ces deux voies ne sont pas identiquement les mêmes, elles ont 
au moins des parties communes dans la majeure partie de leur 
parcours et ne varient que pour le premier gite d'étape. 

Il y a tout lieu de supposer qu'à l'époque romaine, l'Ubus suivait 
encore son ancien lit, et, ce qui le fait penser, c'est le groupe fort 
important de ruines romaines accumulées autour de la Mzara de 
Sidi-ben-Aïcha (actuellement sur la rive droite de la Seybouse), et qui 
devait alors constituer un village sur la rive gauche de l'Ubus, au 
débouché du pont de cette rivière. En second lieu, l'embouchure de 
l'ancien lit de l'Ubus correspond exactement, comme distance (Peu- 
tinger), avec l'embouchure de la Mafrag (Armoniacum flumeri), qui 
ne parait pas avoir varié. 

La voie romaine aurait donc traversé la plaine entre Hippone et le 
village indiqué plus haut, aurait côtoyé les sinuosités de la rivière 
pendant quelques kilomètres et se serait dirigée en ligne droite sur 
l'entrée des gorges de la Bou Namoussa. C'est le sentier arabe qui, 
passant au nord de Zerizer, vient aboutir à la ferme Couder. Ce 
sentier remonte la rive gauche de la rivière, franchit le col qui sépare 
le Kef-Kelem du Kef Mekra et atteint les ruines d'une agglomération 
romaine considérable entre les marabouts de Sidi-Slimane et Sidi-bou- 
Charb, en face du village de Merdes. Un peu au delà de l'agglomé- 
ration, elle passe la Bou-Namoussa à son premier gué rocheux, un 
peu au sud de la ferme Defrançais. Près du point de passage se 
trouvent encore des ruines foit importantes, hJtelleries, forteresse 



— 466 - 

peut-être, permettant d'abriter les voyageurs quand la rivière n'était 
pas guéable. De là, la voie romaine, coupant le chemin actuel de 
Bou-Hadjar, gravissait sur un plan assez doux les pentes de Bou- 
Abaed et atteignait, sur le vaste col qui sépare le Kef-B'lah du Kef- 
Loumi, un poste important composé de deux vastes corps de bâti- 
ments entre lesquels passe le sentier actuel. Laissant ensuite au 
nord-est la ville de Tenelium, elle descendait dans la vallée de l'Oued- 
Mekouss, y rencontrait quelques groupes d'habitations, dont les ruines 
couvrent les environs d'Aïn-Hofra, et arrivait aux ruines considé- 
rables qui avoisinent le bordj Bou-Larès. Ces ruines, dont il sera parlé 
plus loin, sont situées à 5o milles d'Hippo-Regius, par la voie suivie 
jusqu'ici. Cette seule considéiation, à l'exclusion d'inscriptions pro- 
bantes, nous amène à les considérer comme étant celles d'Onellaba. 
Une bifurcation se détachant de la voie principale près du Chabet-el- 
Mekouss, et remontant la rive droite de FOued-el-Kebir et de l'Oued- 
Bou-Hadjar, passe bien aux ruines d'une bourgade au douar Magra, 
mais les indigènes affirment, sans spécifier d'emplacement, que l'une 
des ruines voisines de l'Oued-Bou-Hadjar porte le nom d'Henchir- 
Oudjnia, et nous pensons, jusqu'à preuve du contraire, que ce nom 
peut s'appliquer aux ruines du douar Magra. L'analogie des noms 
Oudjnia et Odiana expliquerait la variante de Peutinger, tout en 
corroborant l'attribution d'Onellaba aux ruines du bordj Bou-Larès. 
A partir du bordj, la voie romaine indiquée par les ruines du 
douar Hadjar-Merkab et du douar Souig, coupait l'Oued-Troug et 
remontait l'Oued-Remila, jusqu'au col de Sraia, défendu par le poste 
de Dar-Tebala. Elle descendait ensuite l'Oued Raraï, jusqu'au Vicus, 
placé sur l'Oued-Souf, à l'entrée de la plaine de la Medjerda, non 
loin d'Ad Aquas. Celte voie est encore indiquée tout entière par des 
sentiers très bien tracés et son passage au col de Sraia est facilement 
reconnaissable. 

Tenelium. 

On a vu plus haut que la voie, après avoir franchi le Bou-Abaeb, 
laissait au nord la ville de Tenelium. C'est la plus étendue des 
anciennes villes romaines de la haute Cheffia. Ses ruines sont situées 
sur la plate-forme qui occupe le pied des rochers des Beni-Feredj, à 
la naissance du plateau de Sidi-Aoun. Dans la partie couverte de 
broussailles, immédiatement au-dessous des rochers, se trouvent de 
gigantesques substructions, couvertes de pierres de grand appareil , 
ayant dû appartenir à un monument considérable. Plus bas, en se 



- 467 — 

rapprochant de la nécropole latine, le sol est couvert, sur une étendue 
d'environ un quart de kilomètre carré, de débris de moindre dimen- 
sion et d'un moins beau travail. A l'ouest de la ruine et près des 
sources que l'on a essayé de capter de nouveau en 1870, se trouvaient 
les restes d'un bassin et d'une conduite d'eau presque complètement 
détruite aujourd'hui. La nécropole romaine est située entre le pied 
des rochers et les jardins clos de haies de cactus. C'est d'après l'ins- 
cription de la stèle du Vétéran, que l'on a cru pouvoir restituer à 
cette ville le nom de Tenelium. 

Les autres ruines importantes de la vallée de la Cheffia, où elles 
abondent, sont : 

Henchir Haps-el-Klab, qui couvre une étendue d'un quart de 
kilomètre carré. En certains points, l'épaisseur des débris accumulés 
est considérable. On y a constaté l'existence de nombreux tombeaux 
taillés dans le roc et de quelques sarcophages. 

On retrouve également les traces de plusieurs bâtiments impor- 
tants, dont l'un, situé à peu de distance du chemin, et construit en 
pierres de taille de grand appareil, mesurait 3o mètres sur 20. Il 
présentait des colonnes énormes de plus de i m ,5o de diamètre, il 
en reste six couchées sur le sol ou à moitié enfouies. Au bord même 
du chemin, on remarque un petit bâtiment, avec mur en blocage en 
partie debout, et à peu de distance les ruines d'une citerne comblée 
au ras du sol, mais dont le ciment intérieur est intact. Une bifurca- 
tion de voie romaine est tout proche. On peut suivre les traces de la 
voie pendant assez longtemps. 

L'Henchir Berket-Zihm, près du gué du même nom, sur l'Oued- 
Kebir, comprend un nombre considérable de colonnes d'un style 
élégant; presque toutes sont brisées. 

Le mamelon qui domine, sur sa rive gauche, le pont de l'Oued- 
Bou-Hadjar, était couronné par un fort assez vaste dont l'enceinte 
est encore visible. 

Un autre poste couronnait le Kef-Arminiba. 

Un troisième défendait une voie vers Souk-Arrhas à l'Henchir 
el-Oursouf. Les murs ont encore un mètre d'épaisseur. A citer 
encore : L'Henchir Chouïcha, comprenant plusieurs bâtiments ; 
l'Henchir Lassenab, les ruines éparses autour du hammam des Beni- 
Salah, les ruines de la vallée de l'Oued-Soudan, près de Bas-el- 
Aioun, et la ruine qui domine le hammam de l'Oued-Zaïd. Ce devait 
être un poste très important, de i5o mètres de côté sur 60. Les murs 
existent encore ainsi qu'une porte en partie taillée dans le roc. 

Outre ces grandes ruines, tous les sommets de collines qui bordent 



— 468 — 

l'Oued-Kebir, l'Oued-Ralia et l'Oued-Semsen, portent des traces de 
constructions moins importantes. 

En quittant ce centre de colonisation si riche et si peuplé, la voie 
romaine gravissait les pentes des Senhadja et arrivait à Onellaba. 

Onellaba. 

La ville romaine était située sur le plateau qui s'étale au pied de la 
grande chaîne de rochers des Senhadja et en partie abritée par elle 
des vents d'ouest et de nord-ouest. Il est à remarquer que toutes les 
ruines qu'on rencontre dans ces montagnes, sont disposées de même, 
par rapport aux vents les plus redoutables de ces régions, contre les 
atteintes desquels les anciens paraissent avoir cherché à se garantir 
le plus possible. Sur l'un des points culminants du plateau, le génie 
a construit, avec des pierres provenant de l'ancienne ville, le bordj 
du caïd Bou-Larès. A ooo mètres en avant du bordj, on trouve des 
fondations d'habitations considérables, et les pierres de taille couvrent 
un assez vaste aspect. Au sud, sur un second mamelon, dominé par 
le bordj et au milieu de jardins de figuiers de Barbarie, on retrouve 
d'autres constructions considérables, dont les murs atteignent deux 
mètres de hauteur, et près de ces dernières des constructions en pierres 
de taille, d'une grande épaisseur, remontant évidemment au Bas- 
Empire. C'est cette partie de la ville qui parait avoir été habitée en der- 
nier lieu, lors de la réoccupation du pays par les troupes de Justinien. 

Autour de ces ruines et disséminés un peu au hasard, on trouve 
environ cinquante tombeaux creusés dans le roc et le plus souvent 
accouplés. Enfin, dans un mur de clôture de jardin, on a relevé une 
dizaine de pierres portant des inscriptions à demi effacées et des 
personnages sculptés, environnés d'animaux, de plantes et d'autres 
attributs. Une fouille pratiquée dans la partie sud de la ville, qui 
paraissait la mieux conservée, a amené la découverte d'une cinquan- 
taine de bouteilles en poterie assez grossière, comme celles qu'on 
employait pour la construction des voûtes. 

Avant de quitter la région au nord de la Medjerda, il y a lieu 
d'étudier quelques voies, dont le tracé ne figure pas aux itinéraires, 
mais n'en est pas moins indiscutable. Ces voies aboutissent toutes à 
Onellaba, ou traversent cette ville. 

La première et la plus importante partait du Vicus Juliani et 
parait se diriger, presque en ligne droite, vers le port de Thabraca 
(voie de Cirta à Thabraca). 

On a vu précédemment (voie d'Hippone à Tbagaste), qu'une voie 



— 469 — 

romaine quittait la voie principale au passage de l'Oued-Mzaïb, 
contournait le Koudiat-el-Batoum, sur lequel on retrouve un tronçon 
de 700 mètres de long. Cette voie se continuait par le sommet de la 
vallée duChabet-Meksernia, sur les deux rives duquel on en retrouve 
le dallage, coupait le chemin de Medjez-Sfa au Koudiat-el-Djemel, 
non loin du passage du Sfa, remontait pendant dix kilomètres le 
cours de cette rivière et rejoignait les crêtes montagneuses de la rive 
gauche de l'Oued-Bou-Ralia, rencontrait un poste à l'ouest du 
hammam des Beni-Salah, traversait l'Oued-el-Kebir, non loin de Dar- 
el-Hadjar et rejoignait Onellaba en contournant par le nord les 
rochers des Senhadja. Elle traversait ensuite l'Oued-Zitoun, au bas de 
la ville, et se dirigeait sur la vallée de l'Oued-Bougour et sur Aïn-el- 
Kebir, en passant par les bordjs de Sidi-Trad et d'Aïn-Guitoun. Sur 
tout le parcours les ruines abondent. Elles sont en général mieux 
conservées que les précédentes et il n'est pas rare de trouver des 
murs de maisons ayant 2 m ,5o de hauteur. 

La vallée de l'Oued-Bougour est littéralement couverte de ruines; 
sur tous les mamelons on trouve des pierres taillées et principalement 
des meules et des plateaux de moulins à huile. 

Les zeboudj (oliviers sauvages) qui abondent, indiquent assez quelle 
était la principale industrie des habitants de cette riche vallée. 

Une voie partant du Bordj-Mexna, et remontant l'Oued-Bougour, 
jusque près du col d'Aïn-Kebir, coupait perpendiculairement la voie 
précédente. Elle se dirigeait vers le sud, passait aux bains d'Ham- 
mam-el-Fsoa, près desquels se trouvent les ruines d'une installation 
considérable et rejoignait la vallée de la Medjerda au Vicus dont il a 
déjà été parlé. Tout le tracé de cette voie est jalonné de ruines de 
fermes et de postes. 

On a relevé, au vicus qui se trouve sur TOued-Souf, les traces très 
nettes d'une voie romaine et d'une conduite d'eau se dirigeant vers 
la montagne dans la direction du ouest-nord-ouest. Ces traces sont 
visibles encore à quatre kilomètres environ du vicus, enfin un peu 
au delà, sur un joli plateau formé par un ressaut de la montagne, et 
arrosé d'eaux vives et limpides se trouve une ruine assez vaste, avec 
murs encore debout, qui porte le nom de Boman-Djenane. 

Une voie remontait la vallée de la Cheffia, dans toute sa longueur, 
depuis Tenelium, jusque dans la plaine de l'Armoniacum flumen. 
Elle est également jalonnée de ruines, dont les principales sont : 
celles d'un moulin sur le bord de la Cheffia ; celles de plusieurs 
nécropoles dans lesquelles on n'a découvert aucune inscription et 
enfin, celles du hammam de Sidi-Djaballa. 



— -470 — 

Dans ces dernières, la piscine romaine affectait ia forme d'un mara- 
bout à lignes très élégantes. L'intérieur était divisé en trois compar- 
timents dont le principal renfermait la source. Une faible partie de la 
voûte s'est effondrée, un olivier a pris naissance dans les débris 
et ses racines ont lézardé un mur. L'arbre abattu, le moindre 
travail suffirait pour remettre la piscine dans son état primitif. La 
source thermale sort de terre à un mètre à peine des murs, là où 
elle devait sourdre autrefois, car son cours n'a pas changé et elle 
traverse toujours la ruine, par la voûte d'accès qui lui était réservée. 

Une autre voie est empruntée aujourd'hui par le chemin de Bou- 
Hadjar au Tarf. Elle est absolument reconnaissable sur une foule de 
points de son parcours. Elle partait d'Onellaba, remontait, par la rive 
gauche, la vallée de l'Oued-Zitoun, franchissait cette rivière au sortir 
des gorges et traversait sur la rive droite à 5oo mètres de la berge, une 
installation considérable, peut être un virus. A un kilomètre au delà, 
sur un mamelon bien découvert, un poste la protégeait, puis elle 
franchissait le Fedj-Takouk pour descendre dans la vallée du 
Guergour. Cette vallée renferme une quantité considérable de ruines. 
Les principales sont celles d'un temple à la Mechta-Matroa, et dans 
son voisinage, de constructions diverses et d'une citerne encore 
cimentée. Sur un morceau de marbre brisé, dans le voisinage du 
temple, on a trouvé le fragment d'inscription suivant : 

SX 
INORVII I 

S A C R 
RISLL B 

Près de la mechta d'Aïn-Guesba sont les ruines d'un fort important, 
au point culminant d'une route transversale reliant l'Oued-Bougour à 
l'Oued-Guergour. Enfin près d'Aïn-el-Hammam on remarque les 
ruines très étendues d'une bourgade ou d'une petite ville et près de la 
smala du Tarf, des tombes creusées dans le roc. 

Une dernière voie reliait Onellaba à Thagaste. Elle remontait la 
vallée de l'Oued-el-Kébir et s'appuyait sur un fort considérable dont les 
ruines couvrent une grande étendue de terrain près du Dar-el-Roula. 
Ce fort devait servir à la défense des défilés du Djebel-Mcid. Enfin 
citons la voie suivant le pied de la montagne dans tout le développe- 
ment des plaines de l'Armoniacum flumen et de l'Ubus, voie sur 
laquelle venaient aboutir plusieurs des voies secondaires citées plus 
haut. 



— 471 — 



VOIES DF. COMMUNICATION DE LA RIVE DROITE DE LA MEDJERDA 

Ruines de Sidi- Youcef. — Ruines de Ksiba. 

Les itinéraires d'Antonin (voie de Cirta à Carthage), indiquent : 
Thagaste à 53 milles de Cirta, Naraggara à i5 milles de Thagaste, 
Sicca-Veneria à 3a milles de Naraggara, etc. Seule la ville de 
Naraggara de l'Itinéraire se trouve sur le terrain reconnu en 1 885 et 
la dislance donnée par l'Itinéraire, ?.5 milles (3; kilomètres), de 
Thagaste, la place bien près du marabout de Sidi-Youcef. La voie 
romaine, dont les traces sont encore distinctes en plusieurs endroits, 
n'est autre que le chemin actuel de Souk-Ahras à Sidi-Youcef. En 
plusieurs endroits la chaussée actuelle est soutenue par des pierres 
romaines. 

Une voie paraissant destinée à contourner par le sud les gorges de 
la Medjerda, se détachait de la voie principale au sud-est, et à peu 
de distance d'Antra. Cette bourgade, bien placée dans une position 
dominante, ne présente plus que quelques amas de pierres taillées, de 
belles dimensions, des restes de murs, des alignements de fondations. 
Les Arabes y ont construit, avec les pierres prises dans les ruines, des 
gourbis nombreux et relativement bien établis. D'Antra, la voie se 
dirigeait sur Ksiba. laissant à droite Aïn-Seri, où des amas de 
ruines ont servi à la construction du bordj actuel, et elle traversait 
l'Oued-Pihenem. Au delà de cette rivière, à 4 kilomètres environ de 
Ksiba, les traces de la voie apparaissent très distinctement sur une 
longueur de plusieurs kilomètres ; en certains endroits le dallage est 
resté intact sur toute sa largeur, qui est ici de 10 mètres. Elle est 
bordée de murs de clôture en pierres provenant de ruines, parmi 
lesquelles M. le capitaine Brochin a trouvé la pierre gravée portant 
le n° 20 de son recueil. La voie arrive ensuite à Ksiba. 



ksiba . 

Ksiba appelée aujourd'hui Henchir-el-Okseiba, est le point le 
plus intéressant de toute la région, dans une position des plus remar- 
marquables, aussi bien au point de vue géographique et stratégique, 
qu'au point de vue topographique. Située à l'angle nord-ouest du 
vaste et fertile plateau de Mraou, cette ville le domine en entier et 



— 472 — 

commande en même temps les passages des montagnes, qui le sépa- 
rent de la vallée de la Medjerda au nord et des plaines tunisiennes 
à l'est. Ces passages sont au nombre de trois : 

Le Fedj-Mougrar, véritable brèche entre le Bou-Ourzine et l'Oued- 
el-Ktef, donne accès dans la vallée de l'Oued-Mougrar et conduit dans 
la vallée de la Medjerda; 

Le second passage au nord-est de Ksiba conduit aux ruines de 
Kharrouba et par un chemin de crêtes à la plaine de Dakhrela, vers 
Simittu. 

Le Fedj-Mraou enfin, situé entre le Djebel-Mraou et Djebel -Amri, 
conduit dans la vallée de l'Oued-Zitoun et à Sidi-Youcef. 

Au sommet du ravin d'Okseiba, en face du défilé qui conduit à 
Kharourba, se dresse un mamelon escarpé au sommet duquel se 
trouvait la citadelle protégeant la ville. Le tracé, qui en est encore très 
nettement marqué par des alignements ininterrompus de pierres et 
de fondations, couronne les escarpements qui bordent le mamelon de 
trois côtés. Les escarpements les plus abrupts sont ceux de l'est. Des 
tours carrées s'élevaient aux angles. Les débris de la tour nord-ouest 
sont encore debout et l'on y voit des figures humaines taillées dans la 
pierre. Dans l'intérieur de la citadelle, au point culminant, s'éle- 
vaient des constructions dont les fondations subsistent encore. 

A l'ouest de la citadelle, après un étranglement assez accusé, s'é- 
tend une large croupe, bordée par les ruisseaux de Fretissa et d'Ok- 
seiba : c'est l'emplacement de la ville. Les pentes du plateau sont 
absolument cachées par des ruines de toute nature, débris de voûtes, 
pans de murailles, fondations, etc. Plus à l'ouest, au delà du chemin 
de Bordj-Mraou à Fedj-Mougrar, existe un nouvel étage de ruines, 
qui diminue peu à peu, dans la direction du confluent des deux ruis- 
seaux. 

Dans cette partie des ruines, les pierres qui jonchent le sol 
sont de très forte dimension. Tout près du chemin se trouvait sans 
doute un établissement public, peut-être un temple, dont l'entrée 
faisait face au nord et dont les murs sont restés debout, sur une 
hauteur d'un mètre environ. 

Au milieu des pierres éparses gisaient un grand nombre d'inscrip- 
tions, les unes entières, les autres tronquées, des pierres tombales 
ornées de bas-reliefs, de figures humaines, d'images d'animaux. 
M. le capitaine Brochin y a pris autant d'estampages qu'il a pu le 
faire et a relevé des ruines un plan complet. Entre la citadelle et le 
temple, sur le versant nord du mamelon, se trouve le cimetière. Il 
élait presque entièrement caché sous des amas de pierres. M. Bro- 



— 473 — 

chin voyant un fragment de stèle émerger du sol, y fit donner un 
coup de pioche et bientôt les pierres tombales apparurent, nom- 
breuses, debout, serrées, à peine séparées les unes des autres par 
des intervalles de 20 à 3o centimètres. Au pied de quelques-unes, 
se trouvaient des débris de poterie tombant en poussière. Il en fit 
extraire quelques-unes dont il prit les estampages. Toutes les pierres 
sont parfaitement conservées. Elles ne portaient pas d'inscriptions, 
tandis que M. Brochin en a trouvé plusieurs avec inscriptions à 100 
mètres plus loin dans la vallée. 

Au-dessus et à l'est de la citadelle, les murs d'un jardin con- 
tiennent un grand nombre de pierres tombales où les inscriptions 
abondent. On y a constaté plusieurs épitaphes que le manque de 
temps n'a pas permis d'estamper. 

Sur le flanc du mamelon s'élèvent des gourbis arabes, près desquels 
se trouvent dispersées d'assez nombreuses pierres tombales. 11 semble 
qu'il y ait eu là un second cimetière, dont la situation, par rapport 
au mamelon, est symétrique au premier cimetière indiqué plus haut. 
M. le capitaine Brochin y a pris plusieurs estampages. 

De l'angle sud-ouest de la citadelle, près de l'emplacement d'une 
ancienne tour, part une ligne d'escarpements qui descendait jusqu'à 
rOued-el-Okseiba, vers le sud-ouest. Une muraille longeait autrefois 
la crête de cet escarpement et aboutissait près du ruisseau, soit à 
une porte, soit à une tour comme semble l'indiquer un amoncel- 
lement de pierres énormes encore debout et superposées. Là, près 
d'une inscription latine, se trouvait couchée une très belle pierre 
parfaitement conservée, longue de i m ,5o, large de 3o centimètres, 
portant une inscription punique. 

Au sud de l'Oued-el-Okseiba, court une crête parallèle au mamelon 
de la citadelle. Sur cette crête se trouvent les ruines d'une ancienne 
tour, qui défendait, sans doute, les approches de la ville du côté du 
sud. Elle en est située à 200 ou 3oo mètres. 

Elle était ronde, d'un diamètre de 7 mètres. Le mur qui faisait 
face à Ksiba est encore debout, sur une hauteur de 3 mètres. De 
Ksiba partaient des chemins dans toutes les directions. L'un d'eux 
conduit par le beau col de Fedj-Mraou à Sidi-Youcef et était défendu 
par la tour dont on vient de parler. La distance de Ksiba à Sidi- 
Youcef est de 10 kilomètres. 



Naraggara. 
Naraggara (Sidi-Youcef), était située en dehors du bassin de l'Oued- 



— 474 — 

el-Rheném, à Test du versant oriental de la ceinture de ce bassin, en 
communication avec lui par une vaste dépression, dans laquelle passe 
l'ancienne voie romaine de Cartilage à Cirta et à Hippone. 

Bien que dispersées sur une étendue plus vaste (ce qui semble 
indiquer que Naraggara était plus important que Ksiba), les ruines de 
Naraggara sont aujourd'hui moins considérables et moins intéres- 
santes. La cause en doit être attribuée, sans doute, à la construction 
du bordj de Sidi-Youcef, élevé sur l'emplacement même de Naraggara, 
et pour lequel on a utilisé les ruines éparses sur le sol. 

D'autre part, ces ruines étaient fort connues. Situées sur la route 
de Souk-Ahras au Kef, elles ont été souvent visitées et il est probable 
que les inscriptions et les débris les plus intéressants ont été enlevés 
et transportés. Elles se réduisent aujourd'hui à des pierres éparses, 
des restes de voûtes massives, des débris de colonnes et. de chapiteaux. 
M. Brochin a été assez heureux pour y découvrir quelques pierres 
tombales entièrement enfouies (n 0s 1, 3, 4, 5, 6). L'inscription n° 4 
est très bien conservée. Elle est gravée sur une pierre énorme, 
longue de i mètres, large de 8o centimètres. Elle était debout, en- 
tièrement enterrée. Au pied se trouvaient encore une lampe, un vase, 
des débris de poterie et du plomb. 

Autres ruines. 

Pour compléter, au point de vue archéologique, la description de 
la région, il y a lieu de citer, outre celles qui précèdent, les ruines ci- 
après : 

Rive gauche d^ la Medjerda. 

Sur la rive gauche de la Medjerda, les plateaux, où se trouve le 
bordj du caïd des Ouled-Dhia, plateaux fertiles, arrosés par des eaux 
très abondantes, sont couverts de ruines nombreuses et bien grou- 
pées. Elles occupent les sommets de plusieurs mamelons et les pa- 
liers que présentent les flancs de vallées. Les principales se trouvent 
à Enchir-et-Toutaït, à i kilomètres au sud du bordj. De ces plateaux 
on peut gagner Thagaste par deux voies, l'une qui contourne par le 
nord et à liane de coteau leDjebel-Guera-Djedi, l'autre qui contourne 
cette montagne par Test et le sud en empruntant la vallée de la 
Medjerda. Sur la première se trouvent les ruines de Ksar-el-Atech, 
sur la seconde, celles de Zebbès et de Sidi-Bader. 

Les ruines de Ksar-el-Atech présentent une masse imposante. Sur 
le plateau, prolongement du Djebel-Guera-Djedi, entre la Medjerda et 



— 475 — 

l'Oued-Sidi-Zid, sur un palier d'où Ton voit Souk-Ahrasà 10 kilomètres 
environ vers l'ouest, se dressent encore des murailles d'une hau- 
teur de 5 à 6 mètres, sur i m ,5o à 2 mètres d'épaisseur. Des murs 
bas et courts, entourent deux bâtiments principaux perpendiculaires 
l'un à l'autre et se joignant par une de leurs extrémités. Le bâtiment 
orienté est-ouest, parait être un ancien temple. Sa longueur est de 
3o mètres. Onze piliers de chaque coté supportaient une voûte dont 
la naissance est encore marquée à 2 n, ,5o au-dessus du sol actuel. 
Quatre fenêtres percent la façade exposée au nord. L'entrée principale 
devait faire face à l'est et on devait y accéder par des degrés dont la 
hauteur était de 2 ra ,5o. 

Dans l'angle des deux bâtiments se trouve un dallage, sous lequel 
règne un espace voûté assez vaste, divisé en compartiments par des 
arceaux. Des conduits y avaient été ménagés pour les eaux. On 
pénètre dans ce réduit souterrain par une porte faisant face au 
sud. 

M. le lieutenant Toussaint y a relevé deux inscriptions, dont une 
relative à un marché. 

Les ruines de Sidi-Bader sont moins importantes; des pierres, des 
débris de murs et d'arceaux au milieu desquels se trouve le marabout 
de Sidi-Bader. A deux kilomètres de là, près du sommet de Lebbès, 
M. le capitaine Brochin a relevé deux inscriptions. 

A deux kilomètres en aval se trouvent les ruines de Ksar-Babouch, 
sur les bords de la Medjerda. 

Enfin, sur la même voie, non loia d'Aïn-Zenata, près de la maison 
de l'ingénieur du chemin de fer, M. Brochin a trouvé, au milieu de 
pierres éparses, trois pierres tombales dont deux portent des débris 
d'inscription d'une lecture difficile. 

Rive droite il*' lu Medjerda. 

Dans les massifs montagneux et généralement boisés, de la rive 
droite de la Medjerda, les ruines sont encore nombreuses, mais peu 
importantes. On citera seulement : 

Au sommet du Djebel-Berda, non loin d'un signal géodésique, une 
ancienne chapelle romaine, dont les Arabes ont fait le marabout de 
Sidi-Ahmed-Moussa. Les murs sont conservés sur une hauteur de 
i m ,5o à 2 mètres. Leur longueur est de 10 mètres environ; à l'une 
des extrémités, le marabout a été formé au moyen des restes de 
quatre colonnes et de leurs chapiteaux. Au milieu de l'un des murs 
se trouve une niche de i m ,5o de hauteur sur o'",jo de largeur. 



— 476 — 

Sur la rive gauche de l'Oued-Rhenem, des ruines disséminées, au 
milieu desquelles ont été relevés les n os 27 et 28, à Henchir-Berda. 

A deux kilomètres au nord de Rehana, sur un tertre dominant 
un site sauvage, se trouve debout une pierre tombale avec une in- 
scription presque effacée. 

A mi-côte, ou un peu plus, de la crête rocheuse qui domine sur 
la rive gauche le confluent de l'Oued-Mougrar et de la Medjerda, le 
rocher a été taillé suivant une surface plane, presque horizontale, de 
quatre à cinq mètres de côté. Au milieu du plan est creusé un bassin 
à arêtes vives, de 2 m ,5o de long sur i in ,2o de large. Le terrain avoi- 
sinant est un fouillis de roches et de broussailles, et rien n'a permis 
de supposer quelle pouvait être la destination de ce bassin. 

En résumé, le caractère frappant de tous les vestiges, outre leur 
répartition sur des emplacements toujours judicieusement choisis, 
c'est leur densité. On retrouve des pierres taillées dans tous les 
endroits propices à quelque installation, jusque dans les parties les 
plus ignorées et les plus sauvages. 

Le plateau de Mraou est, à cet égard, particulièrement remarquable. 
Ce n'était autrefois qu'une vaste exploitation romaine; on s'y heurte 
à chaque pas à des pierres taillées disséminées de tous côtés, groupées 
sur tous les mamelons, le long des deux voies romaines, et amon- 
celées sur les centres les plus importants, tels qu'Antra, Sidi-Mendil, 
Aïn-Frès et Ksiba. Ce pays est aujourd'hui presque désert. 



NOTES SUR LES ENVIRONS DE ZAGHOUAN 
par M. le contrôleur civil Bordier. 

1° DE ZAGHOUAN A HAMMAM-ZERIBA 

H y a dix kilomètres environ de Zaghouan à Hammam-Zeriba. 
On sort de Zaghouan par la porte romaine ; on emprunte, pendant 
quatre kilomètres, la route de Sousa, qu'on quitte au delà de l'Oued- 
bou-Bagra, pour suivre un chemin rendu récemment carrossable 
par les tirailleurs du commandant de Pellieux. 

Disons que c'est grâce à cet officier supérieur, ami de la science, 
qu'il nous a été permis, en utilisant avec son autorisation quelques- 
uns des tirailleurs employés aux travaux d'ouverture de ce chemin, 



— 477 — 

de pratiquer les fouilles, malheureusement peu fructueuses, consi- 
gnées dans le présent rapport. 

A propos de la porte romaine de Zaghouan, nous croyons devoir 
faire remarquer que, dans la description qu'il en a faite, M. Guérin 
(tome II, pages 291-299) n'a pas défini très exactement le symbole 
sculpté sur la clef de voûte. 

Il dit : 

« Sur le bloc qui forme la clef de voûte, on remarque d'abord une 
figure triangulaire ressemblant à un A... » 

La vérité est que cette figure est un niveau de maçon. A la lor- 
gnette, on le reconnaît fort bien. Enfin, nous avons trouvé le même 
niveau dans les ruines d'Henchir-Braham, à un mètre au-dessus 
du sol, c'est-à-dire assez à portée des yeux pour qu'on ne puisse 
conserver aucun doute. 

Il nous a été donné de voir entre les mains d'un savant allemand, 
de passage à Zaghouan, un fascicule du Corpus dans lequel ce signe 
est mal représenté. On lui a donné la forme d'un grand A (sans barre 
horizontale, soit A, si nos souvenirs sont exacts) et un angle extrê- 
mement aigu. C'est une rectification à faire à cet important ouvrage. 

Puisque nous parlons de Zaghouan et de M. Guérin, disons que la 
maison signalée par cet explorateur sous le nom de Dar-el-Agha, 
s'appelle — et s'est sans doute toujours appelée — Dar-el-Bey, et que 
l'inscription qu'il donne sous le n° 489 existe encore; elle a été uti- 
lisée pour faire le seuil d'une porte du rez-de-chaussée. 

On ne rencontre pas de vestiges antiques avant Henchir Braham : 
cette station est située à la bifurcation de la route de Sousa et du 
chemin de Hammam-Zeriba, à droite et à gauche de ce dernier 
lieu, à quatre kilomètres et demie environ de Zaghouan. 

Les ruines d'Henchir-Braham commandent la sortie du défilé du 
Djebel-Zaghouan, vers le Sud, défilé connu sous le nom de Kranguet- 
el-Meriz, que traverse la route appelée Tenia-mtaà Halk-en-NVIi 
reliant Zaghouan à Kérouan par le Saouaf. En raison de cette situa- 
tion, nous sommes disposé à croire que la constructien en pierres de 
grand appareil qui couronnait le mamelon était un castellum chargé 
de garder cet important passage. 

Nous avons fait à Henchir-Braham d'assez nombreuses fouilles, 
mais sans grand succès : 

i° Nous avons découvert un triangle, ou mieux un niveau identique 
à celui qui orne la porte de Zaghouan; 

2 Les ruines d'un assez vaste bâtiment, sur la nature duquel nous 
sommes loin d'avoir une opinion aussi précise; 

Archéologie. 32 



3° Nous avons trouvé d'abord un modeste trésor déposé là par 
quelque berger arabe; il consiste en une vingtaine de pièces en 
cuivre de petit module, de la valeur d'un demi-caroube chaque, 
presque toutes au nom du sultan Moustefa (Mustapha, pour nous 
servir de la transcription habituelle), ou de sullans antérieurs; puis 
cinq débris de colonnes, en pierre schisteuse du pays, fichées verti- 
calement, sans soubassement ni chapiteaux, ce qui nous a fait penser 
qu'elles avaient été ainsi placées pour servir à l'édification d'un gros- 
sier abri arabe; le sommet des colonnes se trouvait à o m ,8o au- 
dessous du niveau du sol actuel, leur hauteur, en moyenne i m ,6o, 
était variable; à o m ,5o au-dessous de leur base, nous avons découvert 
une lampe grossière et des monnaies romaines en bronze de basse 
époque; enfin, nous avons trouvé une autre lampe aussi grossière 
que la première, une médaille et les débris d'un moulin à huile. 

Nous n'avons rencontré aucun document épigraphique, mais notre 
exploration n'a pas été assez complète pour que nous puissions 
affirmer qu'il n'en existe pas sous le sol. 

Henchir-Chérif, situé à l'ouest de la ruine précédente, au delà du 
chemin dit de Halk-en-Neb, ne nous a rien offert d'intéressant : on 
n'y voit que quelques constructions en blocage, effondrées, qu'on 
n'aurait pu fouiller sans une somme de travail qu'il ne nous était 
pas possible de produire. 

Quand on a dépassé les ruines d'Henchir-Braham, on traverse 
la rivière El-Hadjar et on se trouve sur le domaine de la Société franco- 
africaine, dans la partie connue sous le nom de Hammam-Zeriba. 

Elle doit ce nom à une source thermale que les Romains avaient 
utilisée et qui conserve encore quelques traces de leur séjour, traces 
qui ont déjà été signalées, en particulier par MM. Gagnât et Saladin 
qui les ont visitées avec moi, pour la première fois, en mars 1882O. 
Récemment encore, Tunis-Journal a entretenu ses lecteurs des pro- 
priétés curatives des eaux de Hammam-Zeriba, qu'il considère avec 
raison comme une des richesses thérapeutiques du sol tunisien, en 
même temps qu'il cite cette station comme un des endroits les plus 
ravissants du pays. 

Vers le mois de juin dernier, M. Mangiavacchi, régisseur général 
de la Société franco-africaine, m'avait signalé une sorte de tour 
antique dont les substructions émergent du sol tourmenté de Ham- 
mam-Zeriba. Quelques jours après cette communication, nous nous 
rencontrâmes sur ce point. Nous fîmes déblayer l'entrée de la voûte, 

l 1 ) Voir le n° 1222 du Tour du Monde. 



— 179 — 

encombrée par de gigantesques lentisques, et nous pénétrâmes 
tous deux dans l'intérieur du monument. Nous trouvâmes, dans 
la voûte même, retenus par une épaisse couche de ciment, trente 
vases cinéraires de grande dimension. Le nombre avait dû être 
plus considérable, mais le monument avait été violé, des urnes 
avaient complètement disparu, et presque toutes celles qui res- 
taient, enchâssées dans leur lit de ciment, avaient subi de graves 
mutilations. Nous parvînmes pourtant non sans difficultés, car 
nous ne pouvions travailler qu'à plat-ventre ou accroupis et les urnes 
étaient solidement fixées dans le ciment, non sans périls, car la 
voûte menaçait de s'effondrer sur nous — nous parvînmes, disons- 
nous, à extraire trois urnes complètement intactes. Elles ne conte- 
naient qu'une poignée de cendres : l'ustion avait été si parfaite, qu'il 
ne restait même pas, comme dans les urnes découvertes à Henchir- 
Lekal, quelques parcelles d'os. 

Les urnes étaient juxtaposées; leur ouverture, sans couvercle spé- 
cial, était tournée vers le vide de la voûte. Cette disposition, l'absence 
de tout autre moyen de fermeture que le ciment composant le plafond 
de la voûte, semblent démontrer que ces urnes ont été enchâssées là 
toutes au même moment. En outre, elles sont toutes semblables de 
formes, de dimensions; elles portent les mêmes dessins; enfin, elles 
paraissent avoir été placées dans la voûte du colombarium alors 
qu'elles étaient encore dans un état de siccité imparfait, car la plupart 
présentent, sans fêlures, de notables traces de déformation, résultant 
évidemment de la pression exercée sur elles par la voûte. On est 
amené à conclure — comme M. Mangiavacchi et nous l'avons fait — 
que ce mausolée a été construit à la hâte, les urnes cinéraires fabri- 
quées de la même façon hâtive, pour un besoin urgent, c'est-à-dire 
pour recevoir les restes d'un certain nombre de personnes incinérées 
au même instant, à la suite de quelque accident grave. 

Près du mausolée, on remarque les ruines d'un petit édifice qui 
parait avoir eu une forme hexagonale; pourtant le sol a été si vio- 
lemment tourmenté par les tremblements de terre, si raviné par les 
eaux venant du plateau supérieur, qu'il est bien difficile de se pro- 
noncer sur cette question de forme. 

Quant aux ruines des thermes romains, elles ont été, en grande 
partie, utilisées depuis l'invasion arabe pour la reconstruction du 
Hammam actuel. Le temps nous a manqué pour fouiller ce qui en 
reste; mais nous ne doutons pas que la Société franco -africaine 
ne soit appelée, à bref délai, à transformer le Hammam-Zeriba 
indigène en une véritable station thermale à l'usage de la colonie 



— 430 — 

européenne, et qu'à ce moment, dans les travaux qu'elle exécutera, 
elle fasse d'intéressantes découvertes dont ses agents, et particu- 
lièrement M. Mangiavacchi, ne manqueront pas de faire profiter 
la science. 

Nous avons trouvé trois monnaies byzantines dans les déblais du 
mausolée de Hammam-Zeriba. 

Nous avons fait parvenir déjà au musée Alaoui une des urnes 
cinéraires de Hammam-Zeriba ; nous en tenons deux autres, sem- 
blables, à la disposition de M. le Directeur des antiquités et beaux- 
arts en Tunisie. 



2° LAMPE CHRÉTIENNE D HENCHiri-EL-GRAA 

Henchir el-Graà est situé à 4 kilomètres environ au nord de 
Zaghouan entre les deux routes, celle dite de Bab-Kraled et celle 
dénommée d'Ain Safsaf, qui, partant de Zaghouan et se réunissant 
à Mohamdibia, conduisent à Tunis. 

En i885 (septembre), M. Pierre* Finet, gérant de cette propriété, y 
a découvert une lampe chrétienne qu'il a bien voulu me confier et 
que M. l'adjudant Simonin a dessinée. 

J'avais lieu d'espérer que les travaux de construction entrepris à 
Henchir el-Graà en 1 886 donneraient lieu à quelques intéressantes 
trouvailles. Il n'en a pas été ainsi. On n'a mis au jour que quelques 
pierres de grand appareil il est vrai, mais sans inscription ni sans 
aucun ornement, et les débris d'une meule à broyer les olives. 

Il est à présumer que l'habitation antique qui avait été édifiée sur 
ce point n'était qu'un établissement rural, d'une certaine importance, 
mais sans caractère architectural. 

La lampe trouvée par M. Finet présente une grande ressemblance 
avûc celle qui se voit à la page 62 (n° 5) de l'ouvrage de M. de 
Sainte-Marie, intitulé Mission à Carthage. 



TABLE ALPHABÉTIQUE 



Advielle. Communication au Congrès 
de la Sorbonne, p. 338. 

Agoty (D'), peintre, p. 404. 

Aïn-el-Bey (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 104. 

Aïx-el-Ksar (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 80. 

Aïn-Fakroix (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. i36. 

Aïn-Feroui (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 169. 

Aïn-Kebira (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 139. 

Aïn-Kerma (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. ioi-io3. 

Aïn-Keskes (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. i35. 

Aïx-Nechma (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 107. — Inscription chré- 
tienne, p. 107. 

Aïx-Phoiwa (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 102, io3, 170. 

Aïx-Sxob (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. i36. 

Aïx-Temoichent (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 1.^7-1 58. 

Amelils, abbé de Cuxa; son sceau, p. 43o. 

Amet. Hommage au Comité, p. 386. 

Ammi-Moissa (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. i56. 



Andry, chasublier à Paris, p. 4< 0. 

Anneau sigillaire de l'époque méro- 
vingienne, p. 45-49- 

Annodna (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. io5, 107, 171. 

Arbaumont (Jules d'). Hommage au 
Comité, p. 209. 

Arbellot (L'abbé). Note sur la ville de 
Chassenon, p. 33'|. 

Archange, architecte à Paris, p. 400. 

Arles (Bouches-du-Bhône). Cachet 
d'oculiste, p. 387-388 et 397-400. — 
Inscription romaine, p. 388. 

Arnauld (Isaac). Épitaphe consacrée 
par lui à Marie Perrin, sa femme, 
p. 34-38. 

Arsacal (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 170. 

Almale (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. i43-i55, 170. 

Al'TEL GALLO-ROMAIN, p. 2l3. 

Aved, peintre du roi, p. 4 01 - 
Avesnelles (Nord). Camp de César, 

p. 335. 
Avignon (Yaucluse). Documents sur le 
palais des papes, p. 257-9.92. — Sur 
les remparts, p. 293-297. — Sources 
de l'histoire des arts a Avignon, 

P- 249-297- 
Aymard. Hommage au Comité, p. 12. 



Baco (Mlle), peintre, p. 4"i- 

Bagrada (Le fleuve). Modifications de 

son lit, p. 44 I_ 44 2 - 
Baida (Algérie). Inscriptions romaines, 

p. 83-84. 



Baillet. Momies du musée d'Orléans, 
p. 33o. 

Barbier de Montault (L'abbé). Commu- 
nications diverses, p. 355, 382, 383. 
— Hommages au Comité, p. 208, 



482 — 



382. —Nommé officier de l'Instruc- 
tion publique, p. 3.">3. — Note sur 
les vitraux de la chapelle des évèques 
de Poitiers, au château de Dissais, 
p. 38g -3g6. 
Barques antiques trouvées dans le 
Cher, p. 20, ai à 33. — Barque 
prétendue antique, trouvée, dans le 
Cher, p. 4ift- 
Barré. Hommage au Comité, p. 2. 

Barthélémy (Anatole de). Chargé de 
rapports, p. 3, 208, 355, 356. 

Nommé de la Commission du 

Congrès delà Sorbonne, p. 358 ; — 
de la Commission des récompenses, 
p. 184 ; — vice-président du Con- 
grès de la Sorbonne, p. 3 19. 

— — ■ Rapports sur diverses communi- 
cations, p. 210, 35;. 383 ; — sur les 
fouilles de Graufesenque, p. 212-213 ; 
— sur les fouilles de Pommiers, 
p. 210 ; — sur les fouilles de Saintes, 
p. 356. 

Barthélémy (D r ). Hommage au Comité, 
p. 208. 

Batna (Algérie). Inscription romaine, 
p. 164. 

Baye (.1. de). Hommage au Comité, p. 386. 

Observations diverses, p. 325. 

Beahne (Côte-d'Or). 'Tapisseries de 
l'hôpital, p. 239-348. — Tapisseries 
de l'église Notre-Dame, p. 248-249, 

BelAmar (Algérie). Inscriptions romai- 
nes, p. 108-109. 

Bélamy 1 Paul), fabricant d'instruments 
de musique, p. 401 . 

Bexoît XII (Le pape). Ses travaux à 
Avignon et à Rome, p. 265-271. 

Benoît XIII (Le pape). Donation à la 
cathédrale de Carpentras, p. 283. 

Benouville. Hommage au Comité, 
p. 209. 

Berouaguia (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. i56. 

Berthelé (Joseph). Communications 
diverses, p. 1, i5, 17. — Hommage 
au Comité, p. 386. 

Bertrand (Alexandre). Chargé de rap- 
ports, p. 1, 3. 181, 208. 356, 385, 
386, 4 18. 



Bertrand (Alexandre). Communication 
sur des découvertes faites à Nantes, 
p. 4. 

Hommage au Comité, p. 12. 

■ — — Nommé de la Commission des ré- 
compenses, p. 184 ; — de la Com- 
mission du Congrès de la Sorbonne, 
p. i.s, 358. 

Rapports sur diverses communi- 
cations, p. 19-20, 209, 233-234, 4 20 » 
421 ; — sur une demande de sub- 
ventions, p. 4^; — sur une épée 
gauloise, découverte dans le Bar- 
rois, p. 4 20 '> id. dans le Cher, 
p. 233-234 ; — sur les fouilles de 
Fégréac, p. 209 ; — sur un cime- 
tière franc, p. 421. 

Bertrand (X). Atelier de verrier dé- 
couvert à Pierrefitte-sur-Loire, p. 329. 
— Observations diverses, p. 333. 

Bessam (Algérie). Inscription romaine, 
p. 170. 

Besseriani (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 82-83. 

Bettou (Alexandre), peintre du roi, 
p. 401. 

Bir-ben-Mohammed (Algérie). Inscrip- 
tions romaines, p. 1.34. 

Bir-el-Hagief (Tunisie) . Inscription 
romaine, p. 4^^-439. 

Bir-es-Sellocm (Tunisie). Inscription 
romaine, p. 437. 

Blaise (Barthélémy), sculpteur, p. 402. 

Blancard. La livre de Charlemagne, 
p. 33o. 

Bocc.iARDi (Augustin), sculpteur, p. 402. 

Bœswillwald. Chargé d'un rapport, 
p. 208. — Marques de tâcherons sur 
les monuments de Verdun, p. 234 , 3i3. 

Boghar (Algérie). Inscription romaine, 
p. i55. 

Bondi hand. Communications diverses, 
p. 1, 182. 

Rone (Algérie) . Inscription romaine 
p. 110. 

Rontemps (L'abbé). Fouilles à Iwuy, 
p. 328-329. 

Rordier (Le capitaine). Notes sur Zag- 
houan, p. 47 f > _ 48o. — Ruines ro- 
maines d'Henchir-Lelcal, p. 224-238. 



— 483 



Bordj-Turki (Tunisie). Inscription ro- 
maine, p. 23i. 

Borne ihixiaire de Pouvourville, p. 21 i 
et 223-224; — trouvée en Tunisie, p. '<-. 

Borrel. Communication sur la voie ro- 
maine de .Milan à Vienne en Dau- 
phiné, p. 320-321. 

Boscry, architecte, p. 402. 

Bou-Aktan Algérie . Inscriptions ro- 
maines, p. Il3-I2'|. 

Bouchart. Note sur un puits funéraire, 
p. 32 7 . 

Boucle d'argent du v e siècle, p. 298. 

Bou-Ghrara (Tunisie). Antiquités diver- 
ses, p. 446-447- 

Bougie (Algérie). Inscriptions romai- 
nes, p. 142. 

Bou-Ikeullalen (Algérie). Inscription 
romaine, p. ij5. 

Boille (Paul), orfèvre, p. 402. 

Bourges (Cher). Vitraux de la cathé- 
drale, p. 322, 3;3, 3Sl. 



I!n\ni;i., relieur, p. 402. 

Brigades topographiques. Leurs travaux; 

en Algérie, p. 4 H '~'i7''- 
Brisgaun (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. i33. 
Brochin Le capitaine). Découverte 

d'une mosaïque à Kherbet-Guidra, 

p. 355, 383. 
Brossard Joseph-Philibert;. Nommé 

officier de l'Instruction publique, 

p. 353. 
Priant Sébastien), p. 4o3. 
Blhot de Kersers. Communications 

diverses, p. 20, 208, 233. 

Nommé assesseur au Congrès de 

la Sorbonne, p. 320. 

Note sur une épée de fer trouvée à 

Lunery, p. 325 et 35g-362; — sur une 
barque prétendue antique, p. 38 ',, 
4u,. 

Observations diverses, p.3ao,322, 

33.-). 



Cachet mérovingien, p. 45-49- 

Cachet d'Oculiste, découvert à Arles, 

387-388 et 397-400. 
Caen Calvados). Chapiteau de l'église 

Saint-Pierre, p. 335. 
Cagnat (R.). Chargé de publier les 

papiers de Léon Renier, p. 4, i3. 

Inscriptions inédites d'Afrique ex- 
traites des papiers de Léon Renier, 
p. 5o-i8o. 

Inscriptions romaines recueillies 

en Tunisie, p. 229-232. 

Callamand. Antiquités helléniques du 
musée de Grenoble, p. 33g. 

Cardon, sculpteur, p. 4o3. 

Carthage (Tunisie). Inscriptions ro- 
maines, p. 5o, 5i. — Mosaïque ro- 
maine, p. 44^- 

Caturiges. Station romaine, p. 9-11. 

Cau-Durban (L'abbé). Note sur le château 
de Caumont-en-Couserans, p. 338. 

Caimont (Ariège). Camp fortifié, p. 3, 
338. 

Ceinture (Plaques de), p. 365-372. 



Céramique ^allo romaine, p. 189-191, 
19--198; — gauloise, p. 209-210, 

322-325. 

Cérès (L'abbé). Fouilles de Graufesen- 
que, p. 2i2-2i3. — Sa mort, p. 355. 

Chabouillet, annonce la mort de M. de 
Linas, p. 233. 

Chargé de rapports, p. 1. 355, 

385, 386. 

Nommé vice-président du Congrès 

de la Sorbonne, p. 319. 

Rapport sur une demande de sub- 
vention, p. 382; — sur diverses 
communications, p. 14, 4 23 - 

Sceau d'un abbé de Saint-Miehel- 

de-Cuxa, p. 429-429- 

Chagnon (Loire). Inscription romaine, 

p. 3i4. 
Chaillou (Félix). Station préhistorique 

des Cléons, p. 337. 
Chaise-Dieu (Travaux à l'église de la), 

p. 276. 
Chanteloup (Cher). Fouilles d'un tu- 

mulus, p. 234. 



484 — 



Chassenox (Charente). Ruines romai- 
nes, p. 334. 

Chauvet. Hommage au Comité, p. 356. 

Chemtou (Tunisie). Inscription romaine, 
p. 440. 

Cherchel (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 1.19-160, 176-180. 

Chevalier (L'abbé). Hommage au Co- 
mité, p. 386. 

Chizé (Deux-Sèvres). Fer à hosties, 
p. i5. 

Christian. Antiquités découvertes au 
Coudray, p. 33g. 

Cimetière franc de Gauchy, p. fpi. 

Cimetière gallo-romain de Vermand, 
p. 184-201. 

Cixdatomagus. Station romaine, p. 212. 

Clazay (Deux-Sèvres). Fer à hosties, 
p. 16. 

Clément VI (Le pape). Ses travaux à 
Avignon, à la Chaise-Dieu, etc., 
p. 272-276, 294. 

Cléons. (Station préhistorique des), 
p. 337. 

Clermont (Oise). Inscription grecque 
du musée, p. 4^4 • 

Clodiox (Claude-Michel) , sculpteur, 
p. 4o3. 

Cocherel (Le tombeau de), p. 336. 

Cocheux (Guillaume), peintre en faïen- 
ces, p. 4o3. 

Colleville (De). Demande de sou- 
scription, p. 181. 

Collo (Algérie). Inscription romaine, 

P- 97- 

Comité des Travaux Historicités. Com- 
mission du Congrès de la Sorbonne, 
p. 18; id. des récompenses, p. 184. 

Séances de la Section d'archéolo- 
gie, du 17 janvier 1887, F- I- 6; — du 
14 février, p. 12-18; — du 14 mars, 
p. 181-184 ; — du 18 avril, p. 208- 



21 1 : — du 9 mai, p. 233-236 ; — du 
i3 juin, p. 355-358 ; — du 11 juillet, 
p. 382-384; — du 14 novembre, 
p. 385-389; — du 12 décembre, 
p. 418-425. 

Congrès de la Sorbonne en 1887. Dis- 
cussion du programme, p. 5-6. — 
Séances, p. 3i8-3f>4; — d'ouver- 
ture, p. 3i4-3i5j — du 3i mai, 
p. 320-326; — du i er juin matin, 
p. 327-329; — du i er juin soir, 
p. 33o-333 ; — du 2 juin matin, 
p. 334-336; —du 2 juin soir, p. 337- 
340. — Séance générale de clôture, 
p. 34i-354. 

Congrès de 1888. Commission 

chargée de le préparer, p. 18. — 
Discussion du programme, p. i83, 
211, 33g, 358. 

Constantine (Algérie). Antiquités et 
voies romaines, p. 450-476. — Ins- 
criptions romaines, p. 85 -g3, i65. 

Corbeville. Épitaphe de Marie Perrin, 
veuve d'Isaac Arnauld, p. 34-38. 

Corcol (Jérôme), ciseleur, p. 4o4- 

Cote-d'Or (Épigraphie antique de la), 
p. 4. 

Coudiat-Ati (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 168. 

Coudray (Le) [Eure-et-Loir]. Décou- 
verte d'antiquités, p. 33g. 

Coupe de verre gravé à sujet chrétien, 

p. 194-19 5 - 

Cour.uod (L.). Chargé de rapports, 
p. 233, 356. — Hommage au Comité, 
p. 12. — Observations sur la livre 
de Charlemagne, p. 33o. — Rapport 
sur une communication, p. 307. 

Crâne trépané, p. 421. 

Cuiculum (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. IOD. 

Cuxa. Voy. Saint-Michel-de-Cuxa. 



Darcel (Alfred), chargé de rapports, 

p. 1, 355, 385. 
Nommé de la Commission du 

Congrès de la Sorbonne, p. 18. 



Darcel (Alfred). Observation sur le mot 
monchia, p. 17. 

Rapports sur diverses communi- 
cations, p. 383; — sur un document 



— 485 — 



relatif à l'horloge de la cathédrale 
de Saint-Omer, p. 422-423; — sur 
des fers à hosties, p. i ;">- 17 ; — sur 
l'inventaire de Pont-en-Royans, p. 
38-3 9 . 

Dar-el-Aroussi (Tunisiej. Inscription 
romaine, p. 4^7- 

Dar-el-Bey (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 166-167. 

David (Louis), peintre, p. 4o4- 

Dehaisne (L'abbé). Camps d'Avesnelles 
et d'Etrœungt, p. 335. 

Delaunay (Daniel), peintre, p. 4o4- 

Delisle (Léopold). Discours pour l'ou- 
verture du Congrès de la Sorbonne, 
p. 3i8-3i9- 

Dellys (Algérie). Inscription romaine, 
p. 161. 

Delobel, peintre, p. 4o5. 

Delort. Les cases du centre de la 
France, p. 33o. 

Demaisox. Sur l'âge de Saint-Remi de 
Reims, p. 33a. 

Demandes de subvention. Voy. Sue- 
vention (Demandes de). 

Demay (Germain). Notice sur sa vie et 
ses travaux, p. 17, 23-34- 

Demontpetit, peintre, p. 4o5. 

Deschamps de Pas. Document relatif à 
l'Horloge de la Cathédrale de Saint- 
Omer, p. 385, 4a3, et 426-429. 

Des jardins (Ernest). Son éloge par 
M. Spuller, p. 347. 

Des Méloizes (Albert). Communication 
diverses, p. 1,20. — Barques anti- 



ques conservées au Musée de 
Bourges, p. 21-23. Vitraux de la 
Cathédrale de Bourges, postérieurs 
au xm e siècle, p. 322, 373-381. 

Diane (Bernard), orfèvre, p. 406. 

Dissais (Vienne). Vitraux de la chapelle 
des évoques de Poitiers, p. 389-396. 

Djedar de la Haute-Mina (Algérie). 
Inscription grecque, p. 157. 

Djemaat Sahridj (Algérie). Inscription 
romaine, p. 161. 

Djemilah (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 3io-3i2. 

Djijelli (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. i4o-i4i. 

Douar ech-Chott (Tunisie). Mosaïque 
romaine, p. 445- 

Doué- la - Fontaine (Maine • et - Loire). 
Inscription chrétienne, p. 3oo-3o4- 

Dubois (Jean), peintre, p. 4°6- 

Dumuys. Observations sur des lentilles 
en verre trouvées dans d'anciennes 
tombes, p. 33a. 

Duret (François-Joseph), p. 406. 

Duretie. Station romaine, p. 209. 

Durighello. Communication relative à 
un sarcophage trouvé à Saïda, 
p. 208, a36. 

Du Ry (Mathurin), p. 406. 

Duthoit. Découverte d'inscriptions ro- 
maines en Algérie, p. 3o4-3i2. 

Di val. Hommage au Comité, p. 208. 

Duyernoy (Clément-Frédéric), nommé 
officier de l'Instruction publique, 
p. 353. 



Eck (Théophile). Note sur le cimetière 
gallo-romain de Saint -Quentin, 
p. 418. — Rapport sur les fouilles de 
Vermand, p. 182 et 184-201. 

Égyptiennes (Antiquités), p. 33o- 
33i. 

El Beroudji (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 166. 

El-Djem (Tunisie) . Inscription ro- 
maine, p. 435. 



El-Ghadamsi (Tunisie). Recherches 
archéologiques, p. 44^« 

El-Goléa (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. IOO-IOI. 

El-Hadjeb (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. i56. 

El-Kantara (Tunisie). Antiquités diver- 
ses, p. 446-447. 

El-Khaneg (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 170. 



486 — 



El-Khouabi (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. r 74- 

El-Kmbat (Tunisie). Inscription ro- 
maine, p. 436. 

Embrun (Hautes-Alpes). Le trésor de la 
cathédrale, p. 338. 

Epée i>e bronze de Fains-en-Barrois, 
p. 420. 

Epée gauloise en fer, découverte à 
Lunery (Cher), p. 233-234 et 35g- 
36a. 

Épigraphie antique de la Côte-d'Or, 
p. 4- — Cf. Inscriptions. 

Esmonnot. Note sur un puits funé- 
raire, p. 327 ; — sur des vases sigil- 



lés de l'époque romaine, p. 327-328. 
Espérandieu (Le lieutenant). Commu- 
nications diverses, p. 1, 14, i8r, 
235, 236, 385, 418. 

Découverte de monnaies, p. i4~ 

i5 ; — de sépultures mérovingiennes 
à Nanteuil, p. 299-300. 

Don à la Bihliothèque nationale, 

p. 3oo. 

Hommage au Comité, p. 418. 

Estampille de potier, p. 439. 
Estampilles de verriers gallo-romains, 

p. 188. 
Etroeungt (Nord). Camp de César, 
p. 335. 



Fage. Hommage au Comité, p. 356. 
Faguès (Algérie). Inscription romaine, 

p. 139. 
Fains-en-Barrois. Epée de bronze , 

p. 4'io. 
Fauconnier (J.-J.), p. 4°7- 
FEnj-BERicoucH (Algérie). Inscriptions 

romaines, p. 124-132. 
Fedj-el-Msaoui (Algérie). Inscription 

romaine, p. 137. 
Fedj-Mrau (Smalah du). Inscriptions 

romaines, p. 55. — Inscription chré- 
tienne, p. 55. 
Fedj-Soiïoud (Algérie). Inscriptions 

romaines, p. i34- 
Fégréac (Loire-Inférieure). Fouilles, 

p. 209. — Statuette avec inscription 

gauloise, p. 322-323. 
Féray. Le tombeau préhistorique de 

Cocherel, p. 336. 
Ferga-Taojin (Algérie). Inscriptions 

romaines, p. 102-103. 



Féron (Adam), graveur, p. 407. 

Ferrièhes-en-Gatinais. Forges anti- 
ques, p. 336. 

Fers à Hosties de Chizé, p. i5; — 
d'Oyron, p. 16 ; — de Clazay, p. 16. 

Fichot (Alexandre), nommé chevalier 
de la Légion d'honneur, p. 353. 

Fillet (L'abbé L.). Inventaire du 
prieuré de Pont-en-Boyans en 1406, 
p. 39-45. 

Flamberge, sculpteur, p. 407. 

Fleury (René), contrôleur des Bâti- 
ments du roi, p. 4<>7- 

Flouest (Edouard). Anneau sigillaire 
de l'époque mérovingienne, p. 45- 
4g. — Autel de laraire, p. 385. — 
Hommage, au Comité, p. 386. 

Forestié. Livre de raison de la famille 
Saffray, p. 33g. 

Forges antiques de Ferrières-en-Gàti- 
nais, p. 336. 

Fouilles de Yermand, p. 184-201. 



G 



Gachet. Communication relative à la 
découverte du tombeau d'Ovide, 
p. 385, 422. 



Garnier. Hommage au Comité, 

p. 208. 
Gasté. Explication d'un chapiteau de 



— 487 



Saint-Pierre de Caen, p. 335. — 

Hommage au Comité, p. 38a. 
Ghebua (Tunisie). Inscription romaine, 

p. 53. 
Gibert (H.-L.-M.), nommé officiel' de 

l'Instruction publique, p. 353. 
Gir.HTis (Tunisie). Inscriptions romai- 
nes, p. 448-449- 
Girardon (Edme), sculpteur, p. 407. 
Gobert (André), menuisier du roi, 

p. 407. 
Godard (Ambroise), peintre, p. 408. 
Godard - Faultrier. Communication, 

p. 12. 
Gosset. L'âge de l'église Saint-Remi de 

Reims, p. 33i. 
Grassiot, sculpteur, p. 408. 
Grassoreille. Note sur Mariette, p. 325- 

326. 
Graufesenque (Aveyron). Fouilles de 

M. l'abbé Cérès, p. 212-213. 



Grecques (Antiquités) du Musée de 
Grenoble, p. 33g. 

Grenoble (Musée de). Antiquités grec- 
ques, p. 33y. 

Groult (Edmond). Sur les musées can • 
tonaux, p. i3-i 4- 

Guelma (Algériei. Inscriptions ro- 
maines, p. 107-171. 

Guiffrey (J.-J.). Hommage au Comité, 
p. 181. — Inscription de Corbeville, 
p. 17 et 34-38. — Nommé de la Com- 
mission du Congrès de la Sorbonne, 
p. 18, 358. — Notice sur Germain 
Demay, p. 17 et 23-34.— Tapisseries 
de l'hôpital de Beaune, p. rfg-afô. 

G uignard. Observations diverses,p. 32 1- 
333. 

Guillaume (L'abbé). Note sur le trésor 
d'Embrun, p. 338. 

Guillaume d'Avignon, architecte, p. 264- 
265. 



Il 



Hadjar-er-Roum (Algérie). Inscription 
romaine, p. 176. 

Hadjar Roum (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. j 58. 

Hadjeb-el-Aioum (Tunisie). Inscription 
romaine, p. 232. — Mosaïque, p. a3i, 

Haidra (Tunisie). Inscription romaine. 
p. 53. 

Haigneré (L'abbé), nommé officier de. 
l'Instruction publique, p. 353. 

Hainceville (J. R. dei, émailleur, 
p. 4o8. 

Hammam-Lif (Tunisie). Mosaïques ro- 
maines, p. 446. 

Hardouin-Mansart (Jules), p. 408. 

Henchir-Abdallah (Algérie). Inscrip- 
tions romaines, p. i35. 

Henchir-Bel-Groum (Algérie). Inscrip- 
tions romaines, p. i36. 

Henchir-Ben-Zrib (Algérie). Inscription 
romaine, p. 137. 

Henchir-Chott (Tunisie). Inscriptions 
romaines, p. 5i-52. 

Henchir-Djougar (Tunisie). Inscriptions 
romaines, p. 52. 



Henchir-Dougga (Tunisie). Inscriptions 
romaines, p. 52-53. 

Henchir-el-Haouar (Algérie). Inscrip- 
tions romaines, p. i36. 

Henchir-Gessés Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 173. 

Henghir-Lekal (Tunisie). Ruines ro- 
maines, p. 224-228. 

Henchir-Metkidès (Algérie) . Inscrip- 
tions romaines, p. i33. 

Henchir-Mohammed-Ben-Abdallah (Al- 
gérie). Inscriptions romaines, p. 137. 

Henchir-Nemcha (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 108. 

Henchir-Resdis (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 180. 

Henchir-Tobbal (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 1 34-1 35. 

Héron de Villefosse (A.). Chargé derap- 
ports, p. 1, 12, 382, 385, 386, 418. 

Communications diverses, p. 4> 

384- 

Nommé de la Commission des pa- 
piers Renier, p. 5; — de la Com- 
mission des récompenses, p. 184. 



— 488 



Héron de Villefosse (A.). Inscription 
gauloise de Nimes, p. 182 et 201-207. 
— Inscription grecque de Mondragon, 
p. 9.-3 ; du Musée de Clermont (Oise), 
p. 424. — Inscription romaine deCha- 
gnon, p. 314-017; de Saintes, p. !\ii. 

Rapport sur un cachet d'oculiste, 

p. 387. — Sur les fouilles de Mauves, 
p. 234-235; de Vermand, p. 182. 



Héron de Villefosse (A.). Statuettes à 
inscriptions gauloises, p. 3a3-325. — 
Tuyau de plomb avec inscription 
romaine, p. 237-238. 

Hippo.NE (Académie d'),p. 355-382. 

Horloge de la cathédrale, de Saint- 
Omer, p. 423, et 426-4. 

Htaht. Cachet d'oculiste découvert à 
Arles, p. 382, et 397.-400. 



Idicra (Algérie). Inscription romaine, 

p. 169. 
Innocent VI (Le pape). Ses travaux à 

Avignon, p. 277-279, 294-296. 
Inscriptions chrétiennes à Ain-Nem- 

cha, p. 107 ; — à Doué-la-Fontaine, 

p. 3oo-3o4; — à la Smalah duFedj- 

Mrau, p. 55 ; — à Zeboudj-el-Kaçar, 

p. i56. 
Inscriptions galloises actuellement 

connues, p. 203-207 ; — sur des 

statuettes, p. 322-325. 
Inscriptions grecques trouvées en 

Afrique, p. 58, 157; — de Mondra- 



gon, p. 2-3; — du musée de Cler- 
mont (Oise), p. 4^4- 

Inscriptions mérovingiennes dePersac, 
p. 6-9; — sur une boucle, p. 298- 
299 ; — sur un cachet, p. 46, 48-49- 

Inscriptions Romaines à Arles, p. 388 ; 
— à Chagnon, p. 3i4; — à Nimes, 
p. 237 ; — à Saintes, p. 356. 

En Algérie, p. 5g-i63 ; — en Tuni- 
sie, p. 5o-5g; 229-232, 435-44 , 44^449- 

Inventaire du prieuré de Pont-en- 
Royans, p. 38-39 et 4°"45. 

Iwdy (Nord). Découvertes d'antiquités 
romaines, p. 328. 



Jadart. Hommage au Comité, p. 181, 
386, 418. 

Jaillot (Bernard), géographe, p. 409. 

Jullian (Camille;. Un Musée d'anti- 
quités au Vigan, en 1792, p. 233, 
362-364. 



Jullien-Laferrière (L'abbé). Fouilles de 
Saintes, p. 210, 355, 356, 384, 385, 
423. 

Inscriptions de Chadenac.p. 208. 

Jumel (A). Le tombeau militaire de 
Vermand, p. 213-223. 



K 



Kafsa (Tunisie). Inscriptions romaines, 

p. 53, 230. 

Kef (Tunisie). Inscriptions romaines, 
p. 54-55, 57, 229-230. 

Kef-deni-Feredj (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 109. 

Kef-Cheb (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 109. 

Kessaria-Ouled-Salah (Algérie). Ins- 
criptions romaines, p. i35. 



Khamissa (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 172-173. 

Khenchela (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 80. 

Kherbet-Achir (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 140. 

Kherbet-ben-Mokhenech (Algérie). Ins- 
criptions romaines, p. 174. 

Kherbet-Guidra (Algérie). Église et 
mosaïque chrétiennes, p. 383. 



— 489 — 



Kerbet-Zembia (Algérie). Inscription 
romaine, p. 139. 

Kherbet-Zemmouri (Algérie). Inscrip- 
tion romaine, p. 169. 

Krjemissa (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. II2-ll3. 

KnouMiiiiE;Ruinesromainesdela),p. 23a. 

Ksar-Farasun (Maroc). Inscription ro- 
maine, p. i63. 



Ksar-Sbehi (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 137 i38. 

Kseur-Mariam (Tunisie). Inscription 
romaine, p. 58. 

Ksiba-Mrau (Tunisie). Inscription ro- 
maine, p. 55. 

Ksour-Mahres (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 112. 



LaBlanchère (De). Découvertes archéo- 
logiques en Tunisie, p. 435-44î). 

La Choix (Le P. de). Tombe avec ins- 
cription mérovingienne, découverte 
cà Persac, p. 3, 6-9. 

Lambèse (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 59-79, 164. 

La Moiucière (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 17']. 

Lamta (Tunisie). Inscription romaine, 
p. 43 7 . 

La Noë (Le colonel de). Fouilles à 
Pommiers, p. 210. — Observation 
au Congrès de la Sorbonne, p. 335. 

Laiigeult (L'abbé). Hommage au Co- 
mité, p. 387. 

Lasteyrie (Robert de). Chargé de rap- 
ports, p. 1, 12, 181, 233, 355, 4'8- 

Communications diverses, p. 2, 3 ; 

— sur une inscription mérovingienne 
trouvée à Doué-la-Fontaine, p. i.Si. 
et 3oo-3o4 ; — sur des inscriptions 
romaines trouvées à Timgad et à 
Djemilah, p. i83 et 3o4-3i2; — sui- 
des plans du Mont-Saint-Michel, 
p. 17-18. 

Nommé de la Commission des 

papiers Renier, p. 5 ; — secrétaire 
du Congrès de la Sorbonne, p. 319. 

Observations diverses, p. 328, 

33a, 33g. 

Rapports sur des demandes de 

subvention, p. i3, 383. 

Rapports sur diverses communica ■ 

tions, p. i83, 235, 23t> ; — sur l'autel 
de Sapignies, p. 358 ; — sur l'ins- 
cription mérovingienne de Persac, 



p. H-9 ; — sur divers monuments 
mérovingiens, p. 298-300 ; — sur la 
question des musées cantonaux, 
p. i3-i4 ; — sur les tombeaux mé- 
rovingiens de Nanteuil, p. 299. 

Le Blanc (J.). Découvertes à Ste-Co- 
lombe-les-Vienne, p. 208, 357. — 
Hommage au Comité, p. 12. 

Le Blant (Edmond), annonce la mort 
de M. l'abbé Cérès, p. 355 ; — nommé 
président du Congrès de la Sor- 
bonne, p. 3ig. 

Ledaix (Bélisaire). Nommé officier de 
l'Instruction publique, p. 353. 

Ledieu (Alcius). Entrée de Charles VIII 
à Abbeville, p. 4 '8. 

Lefèvre-Pontalis (Eugène), nommé 
officier d'Académie, p. 354 ; — secré- 
taire-adjoint du Congrès de la Sor- 
bonne, p. 319. 

Lejay. Epigraphie antique de la Côte- 
d'Or, p. 4. 

Lkmehcier. Note sur les architectes de 
ce nom, p. 333. 

Lennier (Gustave). Nommé chevalier 
de la Légion d'honneur, p. 353. 

Leroy. Forges antiques de Ferrières- 
en-Gàtinais, p. 335. 

Lescar (Basses-Pyrénées). Mosaïque 
romaine, p. i3. 

L'Estolrbeillon (De). Communications 
au Congrès de la Sorbonne, p. 337,339. 

Lhuillier. Noms d'artistes des derniers 
siècles, p. 355, 400-417. 

Libviji.es (Stèles), p. 4Î2-459. 

Liénard. Marques de tâcherons rele- 
vées à Verdun, p. 208, 3i3. 



490 — 



Lièvre. Communications au Congrès 
de la Sorbonne, p. 327. — Hommage 
au Comité, p. 387. 

Liras (Charles de). Explication du mot 
Monchia, p. 17. — Hommage au 
Comité, p. 2. — Sa mort, p. 233. 

Livhe de Charlemagne (La), p. 33o. 

Livre de raison de la famille Safiïay, 
p. 33 9 . 



LoMiuiivK (Ariège). Fouille d'une ca- 
verne, p. 336. 

Loron (César), architecte, p. ^12. 

Lucas (Charles). Observations sur les 
églises rondes, p. 328. 

Lunery (Cher). Découverte d'une épée 
gauloise en fer, p. 325, 359-362. 

Luqhet. Observations sur le Mercure 
Arverne, p. 337. 



M 



MÂcon (Académie de), p. 4'^- 

Maignien. Demande de subvention, 
p. 235. 

Maillard (L'abbé). Demande une sub- 
vention pour des fouilles, p. 386, 4i9- 

Maître (Léon). Demande de subven- 
tions, p. 181, 2-35. —Fouilles de Fé- 
gréac, p. 181, 209. — Fouilles de 
Mauves, p. 11, 234-335. — Statuette 
trouvée à Fégréac, p. 322-323. 

Marcel (Louis), musicien, p. 4 12 - 

Mariette. Ses fouilles en Egypte, 
p. 325-326. 

Màrigny-Saint-Marcel (Haute-Savoie 1. 
Inscription romaine, p. 238. 

Marmottax (Paul). Hommage au Co- 
mité, p. 181. 

Maroc. Inscriptions romaines, p. i63. 

Marques de tâcherons, p. 3i3. 

Marseille. Travaux du pape Urbain Y 
p. 2-9. 

Marsy (De). Communications diverses, 
p. 320, 322, 328, 386, \i{ 

Hommages au Comité, 2, 12. 

Nommé assesseur du Congrès de 

la Sorbonne, p. 320; — officier de 
l'Instruction publique, p. 354- 

Martin (F.-J.), nommé officier d'Aca- 
démie, p. 354. 

Martonne (de). Communications di- 
verses, p. 386, 4]8. 

Maspero, chargé d'un rapport, p. 208, 
2 36. — Nommé de la Commission 
du Congrès de la Sorbonne, p. 358. 
— Observations sur les antiquités 
égyptiennes de Panopolis, p. 33i. 



Mathieu, musicien, p. ^12. 

Matis, peintre, p. 412. 

Matton. Note sur la dédicace de la 
cathédrale de Soissons, p. 12, i83. 

Mauves (Loire-Inférieure). Fouilles du 
théâtre antique, p. 23^-235. 

Maxe-Wehlv. Epée de bronze trouvée 
à Fains-en-Barrois, p. 356, 4 20 - — 
Etude de la voie romaine d'Ariola à 
Fines, p. 9-1 1. — Fouilles de Naix, 
p. 386, 4a4-4 2 5. — Observations sur 
la numismatique mérovingienne , 
p. 334. 

Mdaodrouch (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 111-112. 

Mechta-Nahar (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 97. 

Médéa (Algérie). Lampe romaine avec 
inscription, p. i56. 

Mégalithiques (Monuments) en Algérie, 
p. 45r. 

Méloizes (Des). Voy. Des Méloizes. 

Mercier (Colonel). Notes sur les ruines 
et voies antiques de l'Algérie, p. 4^0- 
476. 

Mercure Arverne (Le), p. 337. 

Messin (Nicolas), peintre, p. 4i3. 

Métezeau (Clément), architecte, p. 4i3. 

Miger (Simon-Charles), graveur, p. 4i3. 

Molinier (Auguste), nommé officier de 
l'Instruction publique, p. 354- 

Monastir (Tunisie). Antiquités romai- 
nes, p. 439-44 • 

Monchia. Sens de ce mot. p. 17. 

Mondragon / Yaucluse ) . Inscription 
grecque, p. a. 



491 



Monnaies diverses communiquées par 
M. Espéraudieu, p. 14-13- 

Mons (Algérie). Inscription romaine, 
p. 142. 

Montaiglon (A. de . Chargé de rap- 
ports, p. 3-Sa. 386, 388, 4i8. — 
Nommé de la Commission du Con- 
grès de la Sorbonne, p. 18. 

Montpellier (Hérault). Fondations di- 
verses, p. 280-281. 

Mont-Saint-Michel (Manche). Plans du 
monastère au xvin e siècle, p. 17-1S. 

Morel. Torques gaulois trouvés en 
Champagne, p. 33 1. 

Mosaïque découverte à Carthage, p. \ J5 ; 
— à Douar-ech-Chott, p. 445; — à 
Hadjeb-el-Aioun, p. 231 ; — à Ham- 
mam-Lif, p. 44°- 



Mowat (R.). Observations diverses, 
p. 321, 322, 325. — Rapport sur les 
papiers de Léon Renier relatifs à lu 
Gaule, p. 233. 

Msila (Algérie). Inscription romaine, 
p. i3<,. 

Mulleh (L'abbé). Hommage au Comité, 
p.38à. 

Muntz (Eugène). Chargé de rapports, 
p. 2, 12, 236, 382, 385. — Rapports 
sur diverses communications, p. 18, 
388, 389. — Sources de l'histoire des 
arts à Avignon auxiv e siècle, p. 249- 
297- 

Musées cantonaux, p. i3-i4- 

Mushbt (Georges). Nommé officier d'A- 
cadémie, p. 354. 



N 



N'aix Fouilles de), p. !\2l\-^2b. 

Nantes (Loire-Inférieure . Découverte 
d'antiquités, p. 4- 

Nanteuil (Deux-Sèvres). Inscription 
romaine, p. 3oo. — Tombeaux mé- 
rovingiens, p. 299. 



Ngaols (Algérie). Inscriptions romai- 
nes, p. 84-85. 

Nîmes Gard . Inscriptions gauloises, 
p 201-207. — Romaine, p. 237. 

Nogusz 1 Guillaume), brodeur, p. 4i3. 

Numismatique mérovingienne, p. 334. 



Obreri (Pierre), architecte du palais 
des papes à Avignon, p. 287-288. 

Orléans (.Musée d'j. Antiquités égyp- 
tiennes, p. 33o-33i. 

Oi'led-bel-Achir (Algérie; . Inscription 
romaine, p. i35. 



Olled-Dhia (Rordj desj. Inscriptions 

romaines, p. 108. 
Ouvrages offerts au Comité, p. 2, 12, 

181, 208, 356, 382, 386-387, 4«8. 
Oyron (Deux-Sèvres). Fer à hosties, 

p. 16. 



Panopolis (Egypte). Découvertes d'an- 
tiquités, p. 33i. 

Papes (Palais des) à Avignon, p. aSj- 
270, 272-274, 277-278, 283-292. 

Pasquier (Jules) . Communications di- 
verses, p. 3, 338-386. 



Perpignan (Société agricole scientifique, papiers de D. Renier, p. 5. 



et littéraire de), demande une sub- 
vention, p. 355, 383. 

Pekhin (Marie), veuve d'Isaac Arnauld, 
son épitaphe, p. 35. 

Perrot (Georges), nommé de la Com- 
mission chargée de l'examen des 



— 492 



Persac (Vienne). Inscription mérovin- 
gienne, p. 6-9. 

Philippeville (Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 93-96, 170. 

Pierrefitte-si-r-Loire (Allier). Atelier 
de verrier, p. 329. 

Pifferi (Pierre), peintre, p. 4i4- 

Pigeon (L'abbé) communique des plans 
du Mont-Saint Michel, p. 18. 

Piles Romaines, p. 327. 

Pilloy (Jules). Boucle de ceinturon 
découverte à Saint -Just-en-Chaussée, 
p. 298-299. — Cimetière franc de 
Gauchy, p. 356, fai. — Communi- 
cations diverses, p. 181, 236. — Les 
plaques ajourées des bords de la 
Somme, p. 338, 365-372. — Le tom- 



beau militaire de Vermand, p. 213-223. 
Pinguet (Jean), sculpteur, p. 4 I 4- 
Pintenelle (Daniel), peintre, p. 4 X 4- 
Pitre de Lisle. Inventaire des mo- 
numents mégalithiques de la Loire- 
Inférieure, p. 339. 
Poisson (Pierre), peintre, p. 4 J 4- 
Pommiers (Aisne). Fouilles de M. de La 

Noë, p. 210. 
Pont-en-Royaxs. Inventaire du prieuré 

en j4o6, p. 38-4 ï. 
PocvouRviLLE (Haute-Garonne). Borne 

milliairc, p. 211 et 223-224. 
Pour. Communications diverses, p. 2, 

418. 
Pradal (Louis). Fouilles de Lombrive, 
p. 336.] 



R 



Ramrouillet (Société archéologique 
de), p. 386. 

Rasoir gaulois, p. 19. 

Reims (Marne). Église Saint-Remi, 
p. 33i-332. 

Reinach (Salomon). Hommage au Co- 
mité, p. 12. 

Renier (Léon). Inscriptions inédites 
recueillies en Afrique, p. 5o-j8o. — 
Publication de ses papiers, p. 4> 
i3, 233. 

Reynier. Fouilles à Rou-Ghrara, El- 
Kantara et Gightis, p. 446-449- 

RiROT (Théodore-Arm.), nommé che- 
valier de la Légion d'honneur, p. 353. 

Richard (Guy-Alfred), nommé officier 
de l'Instruction publique, p. 354- 

Richard (Jules-Marie). Filigranes du 
xiv« siècle, p. 382-388. 



Rorert (Charles), chargé de rapports, 
p. 12, 355-386. — Communications 
diverses, p. 4> 9> 385. — Nommé 
delà Commission des papiers Renier, 
p. 5, i3. — Rapport sur diverses 
communications, p. 211, 383, 4 2 4- 

Rorert (Zéphirin). Hommage au Co- 
mité, p. 387. 

Roettiers (Georges), graveur, p. 4*5. 

Rogery (Roger de), peintre, p. 4 I - t >- 

Roman (Joseph). Notes sur des artistes 
dauphinois du xiv e -xvi e siècle, p. 321. 

Rome (Rasiliques de), p. 271,276, 281- 
282. 

Rolffack (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 98-100. 

Rousset. Communications diverses, 
p. 2, 3, 19, 237. 

Ruggieri, artificier, p. 4i5. 



Sacaze (,L). Borne milliaire de Pou- 
vourville, p. 12, 211, et 223-224. 

Sadoiri (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 81. 

Saffray (Livre de raison de la fa- 
mille)^. 339. 



Sagnier. Hommage au Comité, p. 208. 

Saïda (Syrie). Découverte d'un sarco- 
phage phénicien, p. 208. 

Saincton (Nicolas), peintre, p. 4i5. 

Sainte-Colomre-lès-Vienne. Ruines ro- 
maines, p. 357. 



— 493 — 



S.uNT-DiziER^Sociétédes]ettres,sciences 
el arts de), p. 418. 

Saint-Michel-de-Cuxa (Ariège). Sceau 
d'un abbé du xv e siècle, p. 429-439. 

Saint-Omer (Pas-de-Calais). Construc- 
tion de l'horloge de la cathédrale, 
p. 4a3, et 426-4. 

Saint-Quentin (Aisne). Société Aca- 
démique, p. 182-18.5. 

Saintes (Charente-Inférieure). Fouilles 
du rempart romain, p. 210, 356, 385, 
423 . — Inscriptions romaines , 
p. 356-4a3. 

Sannts (François de), peintre, p. 4*6. 

Sapignibs (Pas-de-Calais). Ancienne 
table d'autel, p. 358. 

Sarcophage phénicien découvert à 
Saïda, p. 208. 

Sceau d'un abbé de Cuxa, p. fog-fôg. 

Schlumberger. Hommage au Comité, 
p. i3. 

Sénéchal (Nicolas), sculpteur, p. 41^. 

Se.miadja (Algérie). Inscription ro- 

• maine, p. 110. 

SEiLiN,ditLafontaine,émailleur,p.4i6. 

Seré-Dépoin. Note sur les architectes 
du château de Richelieu, p. 333. 

Sétif (Algérie). Inscriptions romaines, 
p. i4i-i4 2 > !;4- 

Sidi-ali-bel-Kassem (Tunisie). Inscrip- 
tion romaine, p. 56. 

Sidi-Ibrahim (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 80. 



Sidi-Maklouf Algérie). Inscriptions 
romaines, p. 167-168. 

SiDi-MntouN (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 166. 

Sii)i-Yolssek (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. m. 

Sidi-Youssef (Tunisie). Inscription ro- 
maine, p. 56. 

S h. l s (Algérie). Inscriptions romaines, 
p. io4-io5. 

Sipière (Clément). Fouilles de Lom- 
brive, p. 33H. 

Smalah du Fedj-Mrau (Tunisie). Ins- 
cription romaine, p. 55. — Inscrip- 
tion chrétienne, p. 55. 

Soin (Mathieu), peintre, p. 4 1 ' 1 - 

Soissons (Aisne). Document relatif à la 
dédicace de la cathédrale, p. i83. 

Solignac (Gabriel), architecte, p. 4 l6 « 

SoRuoNNE (Congrès de la). Voy. Congrès 

DE LA SORUONNE. 

Solk-Ahras (Algérie). Inscriptions 

romaines, p. 3. 
Soir-Djouar (Algérie). Inscriptions 

romaines, p. i55. 
Splller. Discours au Congrès des 

Sociétés savantes, p. 34i-353. 
Statuette avec inscription gauloise, 

p. 209-210, 322-32.5. 

Subvention (Demandes de), p. 12, i3, 
181, 210, 235, 355, 382, 383, S85, 
386, \iS. 

Surugue, graveur, p. ^16. 



Taoura (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. m. 

Tapisseries de l'hôpital de Beaune, 
p. 239-248 ; — de l'église Notre- 
Dame de Beaune, p. 248-249. 

Tebessa (Algérie) . Inscriptions ro- 
maines, p. i32-i33, 173. 

Teniet et Tin (Algérie) . Inscriptions 
romaines, p. 80-81. 

Terninck. Communications diverses, 
p. 233, 386. 

Archéologie. 



Terre-cuite. (Statuette gauloise en), 
p. 209-210. 

Testu (Jean), sculpteur, p. 4' 7- . 

Testu (Mathurin), sculpteur, p. 4 : 7- 

Thala (Tunisie). Inscription romaine, 
p. 56. 

Théâtre antique de Mauves, p. 234- 
235. 

Thellier. Note sur les musées de pro- 
vince, p. 321. 

Tholin. Hommage au Comité, p. 209. 

33 



494 



Thorcé-en-Charme (Mayenne). Décou- 
verte de monnaies, p. 4i8. 
Tiddis (Algérie). Inscription romaine, 

P- 97- 
Tiffech (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. l32. 
Timgad (Algérie). Inscriptions romaines, 

p. 79, 164, 3o4-3io. 
Tipasa (Algérie). Inscriptions romaines. 

p. 160, 180. 
Tlemcen (Algérie). Inscription romaine, 

p. i58. 
Tobna (Algérie). Inscriptions romaines. 

p. 82. 
Tombeau du iv e siècle découvert àVer- 

mand, p. 2i3-223. 



Tombeaux mérovingiens, découverts à 
Nanteuil, p. 299. 

Torques gaulois trouvés en Champagne, 
p. 33i. 

Tours. Société archéologique de Tou- 
raine, demande de subvention, p. i3. 

Tubusuctu (Algérie). Inscriptions ro- 
maines, p. 142-J43. 

Tumulus de Chanteloup (Cher), p. 234- 

Tunis. Inscription romaine, p. 56. 

Tunisie. Découvertes archéologiques, 
p. 224-228, 232, 435-449- 

Inscriptions antiques, p. 5o-59, 

229-232. 

Tuyau de plomb avec inscription ro- 
maine, p. 237-238. 



u 



Urbain V (Le papej. Ses travaux à Arignon, Marseille, etc., p. 279-283, 296-297. 



Vases sigillés, de l'époque romaine, 
p. 327-328. 

Vauvillé (Oscar). Fouilles à Pommiers, 
p. 210. — Nommé officier d'Acadé- 
mie, p. 354. 

Verdun (Meuse). Marques de tâcherons, 
recueillies par M. Liénard, p. 3i3. 

Verecunda (Algérie). Inscription ro- 
maine, p. 79. 

Vermand (Aisne). Fouilles entreprises 
par la Société académique de Saint- 
Quentin, p. 182 et 184-201. — Tom- 
beau du iv e siècle, p. 2i3-2a3. 

Verreries gallo-romaines, p. 187-189, 

i94-!97- 
Veuclin. Feuillets de parchemin, 



trouvés dans une reliure, p. 326. — 
Hommage au Comité, p. 387. 

Vicus Juliani (Algérie), p. 46i-463. 

Vierge en bois communiquée par 
M. Pouy, p. 18. 

Vierzon (Cher). Découverte d'une pré- 
tendue barque antique, p. 385, 4!9- 

Vigan (Le). Musée d'antiquités fondé 
en 1792, p. 362-364. 

Villefosse (Héron de). Voy. Héron de 
Villefosse. 

Villeneuve lès-Avignon, p. 270, 275, 278. 

Villesavoye (Paul), musicien, p. 4 1 :- 

Vitraux de Bourges, p. 373-38i ; — de 
Dissais, p. 389-396. 

Voies romaines, p. 9-1 1, 212-213, 223- 
224; 460-476. 



w 



WiNKLER (Le capitaine). Inscriptions 
romaines, recueillies en Tunisie, 



p. 229-232. — Ruines romaines de 
la Kroumirie, p. 232. 



— 495 — 



Zaghodam (Tunisie). Découvertes d'an- 
tiquités, p. 476-480. 

Zarzis (Tunisie 1. Antiquités diverses, 
p. 449- — Estampille de potier. 



p. 439. — Inscription romaine, p. 56. 
Zarzis (Tunisie/. Fouilles, p. 449- 
Zeboudj-el-Kaçar (Algérie). Inscrip- 
tion chrétienne, p. t56. 



TABLE DES PLANCHES HORS TEXTE 



PI. I. — Tombeau militaire de Vermand, p. 216. 

PI. II. — Le palais des papes, d'après un plan d'Avignon en 1618, p. 239. 
PI. III. — Le palais des papes d'après une gravure de la première moitié du 
xvn e siècle, p. 259. 

— Le palais des papes,d'après un dessin de la bibliothèque d'Avignon, 
p. 261. 

— Vitrail de la cathédrale de Bourges, p. 373. 

PI. VI. — Carte archéologique de la contrée comprise entre Bône, Souk- 

Ahras et Sidi-Youcef, p. 450. 
PI. VII. — Ruines romaines de la province de Constantine, p. 471. 
PI. VIII. — Croquis de la position et des ruines de Ksiba, p. 473. 



PI. IV. 



PI. V. 



LISTE DES VIGNETTES 



Tombe mérovingienne trouvée à Persac, p. 7. 

Rasoir gaulois à double tranchant, p. 19. 

Bague mérovingienne trouvée à Saint-Montan, p. 46. 

Autel antique découvert près de Graufesenque, p. 213. 

Tombeau découvert à Vermand, p. 215. 

Poignée de bouclier découverte à Vermand, p. 216. 

Hache en fer, découverte à Vermand, p. 217. 

Pointe de javelot découverte à Vermand, p. 217. 

Pointe de lance découverte à Vermand, p. 218. 

Borne milliaire de Pouvourville, p. 223. 

Inscription mérovingienne de Doué-la- Fontaine, p. 291. 

Épée gauloise en fer trouvée à Lunery, p. 359. 

Ferret trouvé à Marchélepot, p. 367. 

Boucle franque trouvée au Jardin-Dieu de Cugny, p. 367. 

Plaque franque trouvée au Jardin-Dieu de Cugny, p. 368. 

Plaque franque trouvée à Marchélepot, p. 369. 

Plaque trouvée à Templeux-la-Fosse, p. 370. 

Lettrine du ms. 137 de la bibliothèque de Laon, p. 372. 

Ornements de fonds d'un vitrail de la cathédrale de Bourges, p. 379. 

Ornements de fonds d'un autre vitrail, p. 380. 

Sceau d'un abbé de Cuxa, p. 430. 



TABLE DES MATIÈRES 



Séancs du 17 janvier 1887, p. 1 à 6. 

Inscription mérovingienne trouvée à Persac (Vienne); note de M. de 
Lasteyrie sur une communication du P. de la Crois, p. 6 à 9. 

Étude du tracé de la chaussée romaine entre Ariola et Fines; rapport de 
M. Charles Robert sur un mémoire de M. Maxe-Werly, p. 9 à 11. 

Séance du 14 février 1887, p. 12 à 18. 

Rapport de M. Alexandre Bertrand sur des communications faites par 
MM. Rousset et Buhot de Kersers, p. 19. 

Note sur deux barques antiques conservées au musée lapidaire de 
Bourges; communication de M. Albert des Méloizes, p. 21 à 23. 

Germain Demay ; notice sur sa vie et ses travaux, par M. J.-J. Guffrey, 
p. 23 à 34. 

Inscription à la mémoire de Marie Perrin, femme d'Isaac Arnauld (1610) 
conservée au château de Corbeville; communication de M. J.-J. Guiffrey, 
p. 34 à 38. 

Visite et inventaire du prieuré et de l'église de Pont-en-Royans en 1406; 
rapport de M. Darcel sur une communication de M. l'abbé L. Fillet, 
p. 38 à 45. 

Anneau sigillaire de l'époque mérovingienne ; communication de M. Éd 
Flocest, p. 4a à 49. 

Inscriptions inédites d'Afrique, extraites des papiers de L. Renuîr et publiées 
par M. Cagnat, p. 50 à 180. 

Séance du 14 mars 1887, p. 181 à 184. 

Rapport de M. Héron de Villefosse sur les fouilles de Vermand, p. 182. 

Le cimetière gallo-romain de Vermand; rapport de M. Eck, p. 184 à 201. 

Inscription gauloise trouvée à Niines; rapport de M. Héron de Villefosse 
sur une communication de M. Boodurand, p. 201 à 207. 

Séance du 18 avril 1887, p. 208 à 211. 

Rapport de M. Al. Bertrand sur une statuette antique communiquée par 
M. Léon Maître, p. 209 et 210. 

Rapport de M. Charles Robert sur une borne milliaire communiquée par 
par M. Sacaze, p. 211. 

Rapport de M. A. de Barthélémy sur les fouilles de M. l'abbé Cérès dans la 
plaine de Graufesenque {fig.), p. 212 et 213. 

Le tombeau militaire de Vermand, communication de MM. G. Pilloy et 
A. Jumel [planche I), p. 213 à 223. 

Note sur une borne milliaire trouvée à Pouvourville, communication de 
M. J. Sacaze (fig.), p. 223 et 224. 

Note sur des ruines romaines découvertes à Henchir • Lekal près de 
Zaghouan, par M. le capitaine Bordier, p. 224 à 228. 

Rapport de M. Cagnat sur diverses inscriptions romaines recueillies en 
Tunisie Dar M. le caoitaine Winkler, p. 229 à 232. 



— 498 — 

Note sur les ruines romaines de la Krouniirie, rapport de M. Cagnat sur 
une communication de M. le capitaine Winkler, p. 232. 

Séance du 9 mai 1887, p. 233 à 236. 

Rapport de M. Al. Bertrand sur la découverte d'une épée gauloise en fer 
signalée par M. Buhot de Rersers, p. 233 et 234. 

Rapport de M. Héron de Villefossk sur les fouilles exécutées à Mauves par 
M. Léon Maître, p. 234 et 235. 

Tuyau de plomb avec inscription romaine, rapport de M. Héron de Vil- 
lefosse sur une communication de M. Rousset, p. 237 et 238. 

Les tapisseries de l'hôpital de Beaune; communication de M. Jules Guiffrey, 
p. 239 à 249. 

Les sources de l'histoire des arts dans la ville d'Avignon pendant le xiv e 
siècle; essai bibliographique par M. Eugène Muntz {planches II, III, IV), 
p. 249 à 297. 

Rapport de M. de Lastevrie sur diverses communications de MM. Pilloy 
et Espérandieu (fig.), p. 298 à 300. 

Inscription chrétienne découverte à Doué-la-Fontaine ; communication de 
M. de Lasteyrie, p. 300 à 304. 

Inscriptions antiques découvertes à Timgad et à Djemilah par M. Duthoit: 
communication de M. de Lasteyrie, p. 305 à 312. 

Marques de tâcherons relevées sur les monuments de Verdun ; rapport de 
M. Boeswillwald sur une communication de M. Liénard, p. 313. 

Inscription romaine découverte dans la commune de Chagnon (Loire); 
note de M. Héron de Villefossë, p. 314 à 317. 

Congrès de la Sorbonne, p. 318 à 354. 

Séance générale d'ouverture, p. 318 et 319. 

Séance du 31 mai 1887, p. 320 à 326. 

Communication de M. Borrel sur la voie romaine du Petit Saint-Bernard, 
p. 320 et 321. 

Communication de M. Léon Maître et observations de M. Héron de Vil- 
lefossë sur une statuette avec inscription gauloise trouvée à Fégréac, p. 322 
à 325. 

Séance du 1 er juin 1887, matin, p. 327 à 329. 

Séance du 1 er juin 1887, soir, p. 330 à 333. 

Communication de M. Gosset et observations de MM. Demaison et de 
Lasteyrie sur l'église Saint-Remi de Reims, p. 331 et 332. 

Séance du 2 juin 1887, matin, p. 334 à 336. 

Séance du 2 juin 1887, soir, p. 337 à 340. 

Séance générale de clôture du 4 juin 1887, p. 341 à 354. 

Discours de M. Spuller, ministre de l'Instruction publique, p. 341 à 353. 

Séance du 13 juin 1887, p. 355 à 358. 

Note sur une épée en fer et un rasoir en bronze trouvés à Lunery (Cher), 
par M. Buhot de Kersers (fig.), p. 359 à 362. 

Un musée d'antiquités au Vigan en 1792, communication de M. Camille 
Jullian, p. 362 à 364. 

Les plaques ajourées des bords de la Somme, communication de M. Jules 
Pii.loy (fig.). p. 365 à 372. 



— 499 — 

Les vitraux de la cathédrale de Bourges postérieurs au xui e siècle ; com- 
munication de M. Albert l>es Méloizes {planche Y), p. 373 à 381. 

Séance du 11 juillet 1887, p. 382 à 381. 

Séance du 14 novembre 1887, p. 385 à 389. 

Rapport de M. Héron de Yillefosse sur deux communications de M. Hlard 
p. 387-388. 

Les vitraux de la chapelle des évêques de Poitiers au château de Dissais, 
(Vienne), communication de M. Barbier de Montault, p. 389 à 396. 

Note sur un cachet d'oculiste du musée d'Arles, communication de 
M. Hlard, p. 397 à 400. 

Noms d'artistes des derniers siècles relevés sur des documents inédits 
dans la Brie, par M. Th. Lulillier, p. 400 à 417. 

Séa.nce du 12 décembre 1887, p. 418 à 425. 

Rapport de M. Darcel sur une communication de M. Descha.mps de Pas, 
p. 422 à 423. 

Rapport de M. Héron de Villefosse sur des communications de MM. k- 
lien-Laferrière et de Marsy, p. 423-424. 

Rapport de M. Charles Robert sur les fouilles entreprises par M. Maxk- 
Werly. à Naix, p. 424 et 425. 

Marché pour la construction de l'horloge de l'église collégiale de Saiut- 
Omer; communication de M. Dkschamps de Pas, p. 426-429. 

Un sceau d'un abbé de Cuxa; rapport de M. Chaboiillet sur une com- 
munication de M. Parolier [fig.), p. 429 à 434. 

Découvertes archéologiques en Tunisie; extraits de la correspondance de 
M. de La Blanchère, p. 435 à 449. 

Note sur les ruines et les voies antiques de l'Algérie recueillies par les 
brigades topographiques et communiquées par le colonel Mercier [plan- 
ches VI. VII. Mil , p. 450 à 476. 

Notes sur les environs de Zaghouan^ par M. Bordier, p. 476 à 480. 
Table alphabétique des matières, p. 481 à 494. 
Table des planches, p. 49o. 
Liste des vignettes, p. 496. 
Table par ordre de matières, p. 497 à 499. 



ANGERS, IMF. BURD1N ET C lc . RLE GARNIER, 4. 



DC France. Comité des travaux 

2 historiques et scientifiques 
F82 Bulletin archéologique 

1887 



PLEASE DO NOT REMOVE 
SLIPS FROM THIS POCKET 



UNIVERSITY OF TORONTO 
LIBRARY