BULLETIN
ARCHÉOLOGIQUE
DU
COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES
ET SCIENTIFIQUES
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MINISTERE
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS
BULLETIN
ARCHÉOLOGIQUE
DU
COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES
ET SCIENTIFIQUES
ANNÉE 1896
PARIS
IMPRIMERIE NATIONALE
ERNEST LEROUX, ÉDITEUR, RUE BONAPARTE, 28
M DCCC XCVI
î)6
Z
BULLETIN
ARCHÉOLOGIQUE
DU
COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES
ET SCIENTIFIQUES.
LISTE
DES MEMBRES DE LA SECTION D'AKCHEOLOGIE,
DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD ,
DK LA COMMISSION DES MUSEES SCIENTIFIQUES ET ARCHEOLOGIQUES,
DES MEMBRES NON RESIDANT DU COMITE ,
DES CORRESPONDANTS HONORAIRES ET DES CORRESPONDANTS
DU COMITE.
MEMBRES DE LA SECTIOÎN D'ARCHEOLOGIE.
Président honoraire :
Le Blant (Edmond), membre de l'Institut, directeur honoraire
de l'Ecole française de Home, rue Leroux, 7.
Président :
Bertrand (Alexandre), membre de rinstitut, conservateur du Mu-
sée des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye.
Vice-président :
CiiABouiLLET (Auatole), conservateur honoraire du département
des médailles et antiques à la Bibliothèque nationale, boule-
vard Malesherbes, 65.
Archéologie. *
Secrétaire : ,
Lasteyrie (Robert de), membre de l'Institut, professeur à l'Ecole
des chartes, rue du Pré-aux-Clercs , lo bis.
Membres :
Babelon, conservateur du département des médailles et antiques
à la Bibliothèque nationale, rue de Verneuil, 3o.
Barthélémy (Anatole de), membre de l'Institut, rue d'Anjou, 9.
Berger (Philippe), membre de l'Institut, professeur au Collège de
France, quai Voltaire, 3.
Cagnat (René), membre de l'Institut, professeur au Collège de
France, rue Stanislas, 10,
CouRAJOD (Louis) , conservateur au Musée du Louvre, rue Vital, k'6.
Guiffrey (Jules), administrateur de la manufacture nationale des
Gobelins.
Héron de Villefosse (Antoine), membre de l'Institut, conservateur
au Musée du Louvre, rue Washington, i5.
La Blanchère (René de), inspecteur général des archives et biblio-
thèques, rue Poncelet, ^7.
LoNGNON (Auguste), membre de l'Institut, professeur au Collège de
France, rue de Bourgogne, 5o.
Maspero, membre de l'Institut, professeur au Collège de France,
avenue de l'Observatoire, 2 4.
MiJNTZ (Eugène), membre de l'Institut, bibliothécaire de l'Ecole
des beaux-arts, rue de Condé, ik.
Perrot( Georges), membre de l'Institut, directeur de l'École nor-
male supérieure, rue d'Ulm, /i5.
Rbinach (Salomon), conservateur adjoint du Musée des antiquités
nationales de Saint- Germain-en-Laye, rue de Lisbonne, 38,
ScHLUMBERGER (Gustavc), membre de l'Institut, avenue d'Antin, 27.
COMMISSION DE PUBLICATION
DES DOCUMENTS ARCHEOLOGIQUES DE L'AFRIQUE DU NORD.
Président honoraire :
Perrot (Georges), membre de Tlnstitut, directeur de TËcole nor-
male supérieure, rue d'Ulm, /i5.
Président :
Héron de Villefosse (Antoine), membre de l'Institut, conservateur
au Musée du Louvre, rue Washington, i5.
Secrétaire :
Cagnat (René), membre de l'Institut, professeur au Collège de
France, rue Stanislas, lo.
Membres :
Bahelon, conservateur du département des médailles et antiques
à la Bibliothèque nationale, rue de Verneuil, 3o.
Berger (Philippe), membre de l'Institut, professeur au Collège de
France , quai Voltaire , 3.
HouDAs, professeur à l'Ecole spéciale des langues orientales vi-
vantes, avenue de Wagram, 29.
La Blanchère (R. de), inspecteur général des archives et biblio-
thèques, rue Poncelet, k'].
La Martinière (H. de), secrétaire générai du Comité de TAiVique
française.
La Noë (Le général de), directeur du service géographique de l'ar-
mée, rue de Grenelle, i4o.
Lasteyrie (Robert de), membre de l'Institut, professeur à l'Ecole
des chartes , rue du Pré-aux-Clercs , 1 bis.
Maspero, membre de l'Institut, professeur au Collège de France,
avenue de l'Observatoire, a/i.
Milne-Edwards, membre de l'Institut, directeur du Muséum d'his-
toire naturelle, rue Guvier, 57.
IV
Périn (Georges), membre de la Société de géographie de Paris,
rue de Douai, 65,
Reinach (Salomon), conservateur adjoint du Musée des antiquités
nationales de Saint-Germain-en-Laye , rue de Lisbonne, 38.
Saladin, architecte diplômé du Gouvernement, rue du Faubourg-
Saint-Honoré, 2/10.
COMMISSION
DES MUSEES SCIENTIFIQUES ET ARCHEOLOGIQUES.
Président :
BoissiER (Gaston), secrétaire perpétuel de l'Académie française,
professeur au Collège de France, quai Couti, 28.
1 ice-président :
Lasteyrie (Robert de), membre de Tlnstitut, professeur à l'Ecole
des chartes, rue du Pré-aux-Clercs, 10 bis.
Secrétaire :
Babelo\, conservateur du département des médailles et antiques
à la Bibliothèque nationale, rue de Verneuil, 3o.
Membres :
Courajod (Louis), conservateur au Musée du Louvre, rue Vital, /i3.
FouQuÉ, membre de rinstitut, professeur au Collège de France,
rue de Humboldt, 28.
GuiMET, directeur du Musée Guimet, avenue d'Antin, ^g.
Hamy (Le docteur), membre de l'Institut, conservateur du Musée
d'ethnographie, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, 36.
Héron de Villefosse (Antoine), membre de l'Institut, conservateur
au Musée du Louvre, rue Washington, i5.
La Blanchère (R. de), inspecteur géne'ral des archives et biblio-
thèques, rue Poncelet, 4 7.
Maspero, membre de l'Institut, professeur au Collège de France,
avenue de l'Observatoire, 2/1.
Milne-Edwards, membre de l'Institut, directeur du Muséum d'his-
toire naturelle, rue Guvier, 67.
OusTALET, docteur es sciences, assistant au Muséum d'histoire na-
turelle, rue de Buiïbn, 55.
Perrot (Georges), membre de l'Institut, directeur de l'Ecole nor-
male supérieure, rue d'Ulm, 45.
Reinach (Salomon), conservateur adjoint du Musée des antiquités
nationales do Saint-Germain-en-Laye, rue de Lisbonne, 38.
Le directeur du Secrétariat et de la comptabilité.
Le chef du i*'^ bureau de la direction du Secrétariat et de la comp-
tabilité.
MEMBRES NON RESIDANT DU COMITE.
Albanks (L'abbé), docteur en théologie, à Marseille.
Allmer (Auguste), correspondant de l'Institut, à Lyon.
Babeau (Albert), correspondant de l'Institut, à Troyes.
Baguenault de Puchesse, membre de la Société historique et ar-
chéologique de l'Orléanais, à Orléans.
Bayet, correspondant de l'Institut, recteur de l'Académie de Lille.
Beaurepaire (Charles de Robillard de), correspondant de l'Insti-
tut, archiviste du département de la Seine-Inférieure.
Blancard (Louis), correspondant de l'Institut, archiviste du 'dépar-
tement des Bouches-du-Rhône.
BouRiANT, directeur de l'Institut français d'archéologie orientale, au
Caire.
Brun-Durand (.lustin), à Crest (Drôme).
BuHOT de Kersers, président de la Société des antiquaires du
Centre, à Bourges.
BuLLioT, président de la Société Eduenne, à Autun.
Caillemer, correspondant de l'Institut, doyen de la Faculté de
droit de Lyon.
Cartailhag, directeur de la Revue (T anthropologie, à Toulouse.
VI
Chantre (Ernest), sons-directeur du Muséum des sciences natu-
relles de Lyon.
Chevalier (Le chanoine Ulysse), correspondant de l'Institut, à
Romans.
CouRNAULT (Charles), conservateur du Musée lorrain, à Malzéville,
près Nancy.
Delattre (Le P.), correspondant de l'Institut, à Carthage.
Deloye, ancien conservateur du Musée Calvet, à Avignon.
Demaëght (Le commandant), président de la Société de géographie
et d'archéologie d'Oran.
Desnoyers (L'abbé), conservateur du Musée archéologique d'Orléans.
Dézeimeris (Reinhold), correspondant de l'Institut, à Bordeaux,
DuMOUTiER, directeur de l'enseignement, à Hanoi.
Garnier, archiviste du département de la Cote-d'Or.
Gasté (Armand), professeur à la Faculté des lettres de Caen.
Gauckler, chef du service des antiquités et des arts de la Régence,
à Tunis.
Harmand (Le docteur), ministre plénipotentiaire de France, à
Tokio.
Julien-Laferrière, évêque de Constantine.
JuLLiOT, membre de la Société archéologique de Sens.
Kerviler (René), ingénieur en chef des Ponts et chaussées, à
Saint-Nazaire.
La Borderie (Arthur de), membre de l'Institut, à Vitré.
Lennier, directeur du Muséum du Havre.
Lièvre, bibliothécaire de la ville de Poitiers.
Maître (Léon), archiviste du département de la Loire-Inférieure.
Marsy (Le comte de), directeur de la Société française d'archéo-
logie', à Compiègne.
Maxe-Werly (Léon), membre de la Société des lettres, sciences et
arts de Bar-le-Duc.
M ERLET (Lucien), correspondant de l'Institut, archiviste honoraire
du département d'Eure-et-Loir, à Chartres.
MiREUR, archiviste du département du Var.
OElhert, conservateur du musée d'histoire naturelle de Laval.
PiLLOY (Jules), ancien agent voyer d'arrondissement, à Saint-
Quentin.
Port (Célestin), membre de l'Institut, archiviste du département
de Maine-et-Loire.
PouLLE (Alexandre), ancien président de la Société archéologique
de Const^ntine, à Montauroux (Var).
Révoil (Henri), correspondant de l'Institut, architecte du Gouver*
nement, à Nimes.
RoNDOT (Natalis), correspondant de Tlnstitut, à Lyon.
Rostand (Eugène), publiciste, à Marseille.
Sabatier, doyen de la Faculté des sciences de Montpellier.
Saige (Gustave), correspondant de l'Institut, conservateur des ar-
chives et de la bibliothèque du Palais de Monaco.
Sauvage (Le docteur), conservateur du Musée de Boulogne-sur-
Mer.
Tamizey de Larroque, correspondant de l'Institut, à Gontaud (Lot-
et-Garonne).
Teissier (Octave), bibliothécaire de la ville de Draguignan.
Thiollier, membre de la Société historique et archéologique du
Forez la Diana, à Saint-Etienne, rue de la Bourse, 28.
ViLLBY, correspondant de l'Institut, doyen de la Faculté de droit
de Caen.
Zeys, premier président de la Cour d'appel d'Alger.
CORRESPONDANTS HONORAIRES DU COMITE.
Arbaumont (Jules d'), secrétaire de la Commission des antiquités
de la Côte-d'Or, à Dijon.
Arbellot (Le chanoine), président de la Société archéologique et
historique du Limousin, à Limoges.
Berthelet (Charles), à Arlay (Jura).
Bigarne (Charles), membre de la Société archéologique de Beaune ,
à Chorey (Côte-d'Or).
BouLARD (Gustave), directeur des contributions directes en retraite,
rue de la Bienfaisance , ^ , à Paris.
Brocard, membre de la Société historique et archéologique de
Langres.
Cerf (Le chanoine), membre de l'Académie nationale de Reims.
Chatel (Eugène), ancien archiviste du département du Calvados,
rue Vavin, 5, à Paris.
VIII
Chénon , agrégé de la Faculté de droit de Paris.
Chevreux , archiviste du département des Vosges.
GoNTADES (Le comte de), membre de la Société historique et ar-
chéologique de rOrne, à Magny-le-Désert.
CouRMEAux, conservateur de la bibliothèque et du musée de la ville
de Reims.
Dehaisnes (Le chanoine), ancien archiviste du département du
Nord, à Lille.
Dion (A. de), président de la Société archéologique de Rambouillet,
à Montfort-l'Amaury (Seine-et-Oise).
DissARD, conservateur des musées de la ville de Lyon.
DoMERGUE, géomètre, à Constantine.
Drouyn (Léo), membre de l'Académie des sciences, arts et belles-
lettres de Bordeaux.
Duhamel, archiviste du département de Vaucluse.
EsTAiNTOT (Le comte d'), avocat, à Rouen.
Frossard, pasteur de l'Eglise réformée, à Bagnères-de-Bigorre.
Garnier (Le chanoine), curé de Gorlée (Haute-Marne).
Gautier (L'abbé), curé de Saint-Gyr-l'Ecole (Seine-et-Oise).
Gide, professeur à la Faculté de droit de Montpellier.
GuESNON, professeur honoraire de l'Université, rue du Bac, 98, à
Paris.
Guignard, bibliothécaire de la ville de Dijon.
Hérelle , professeur au lycée de Cherbourg.
JuLLiAN (Camille), professeur à la Faculté des lettres de Bor-
deaux.
JussiEu (de), ancien archiviste du département de la Savoie, à
Chambéry.
Leblanc, ancien conservateur du Musée de Vienne, à Saint-Lau-
rent-de-Chamousset (Rhône).
Lechevalier-Chevignard, professeur à l'Ecole des arts décoratifs,
à Paris.
Ledain (Bélisaire), membre de la Société des antiquaires de
l'Ouest, à Poitiers.
Ledieu (Alcius), bibliothécaire de la ville d'Abbeville.
Lemire (Charles), ancien résident de France en Annam, boulevard
de Latour-Maubourg, lA, à Paris.
Leroy, bibliothécaire de la ville de Melun.
Lesc ARRET, correspondant de l'Institut, à Bordeaux.
IX
Leymarie (Camille), conservateur de la bibliothèque communale,
à Limoges.
Liégeois, professeur à la Faculté de droit de Nancy.
LoisELEUR, bibliothécaire de la ville d'Orléans.
LoTTiN DE Laval, aux Trois-Yals, près Bernay (Eure).
Maignien, bibliothécaire de la ville de Grenoble.
Marion, professeur à la Faculté des sciences de Marseille.
Marionneau, correspondant de l'Institut, à Bordeaux.
MoNTÉGUT (De), ancien magistrat, à La Rochefoucauld (Charente).
MoNTESsus (Le docteur de), à Chalon-sur-Saône.
MouGiNs DE Roquefort (Le docteur), conservateur du Musée d'An-
tibes.
Pacqueteau, syndic des gens de mer, à Ténès (département
d'Alger).
Paillard, au château de Charly, par Mazille (Saône-et-Loire).
Parrot (Armand), membre de la Société académique de Maine-
et-Loire, à Angers.
Poquet (Le chanoine), curé de Rerry-au-Bac (Aisne)»
PoTiiiER (Le général), rue de Bellechasse, i4, Paris.
Prarond (Ernest), membre de la Société d'émulation d'Abbe-
ville.
Privât, lieutenant-colonel du i û i "^ régiment d'infanterie, à Mar-
seille.
Revillout, professeur honoraire à la Faculté des lettres de Mont-
pellier.
Robert (Zéphirin), conservateur du Musée de Lons-le-Saunier.
RocHAMBEAu (Le marquis de), membre de la Société archéologique
du Vendômois, à Thoré (Loir-et-Cher).
Rouchier (Le chanoine), à Viviers (Ardèche).
Sabatier (Camille), conseiller de préfecture du département de la
Seine.
Saijjt-Genis (Flour de), ancien conservateur des hypothèques, rue
Gounod, 7, à Paris.
Saurel (L'abbé), membre de l'Académie des sciences et lettres de
Montpellier.
SouLicE, conservateur de la bibliothèque de la ville de Pau.
Tartière , archiviste du département des Landes.
Thomas, chargé de cours à la Faculté des lettres, boulevard Ras-
pail, 2i3, à Paris.
Vallkntin (Ludovic), juge au tribunal de Montélimar.
Verlaque (L'abbé), à Fréjus (Var).
Verneilh (Le baron Jules de), membre de la Société historique et
archéologique du Pe'rigord, à Puyraseau (Dordogne).
Vétault, bibliothécaire de la ville de Rennes.
VouLOT (Félix), conservateur du musée d'Épinal.
CORRESPONDANTS DU COMITE.
Allain (L'abbé), archiviste diocésain, à Bordeaux.
Alric, vice-consul de France, à Mossoul.
André (Edouard), archiviste du de'partement de l'Ardèche.
André (Ferdinand), ancien archiviste du département de la Lozère,
rue Rougier, lU, h Marseille.
André (Francisque), archiviste du département de l'Aube.
Arn-aud, notaire, à Barcelonnette,
AuBÉPiN, archiviste du département du Cantal.
AuDiAT (Louis), pre'sident de la Société des archives historiques de
la Saintonge et de l'Aunis, à Saintes.
AuTORDE, archiviste du département de la Creuse.
Barbaud , archiviste du département de la Vendée.
Barbier de Montault (Le chanoine), à Poitiers.
Barckhausen, professeur à la Faculté de droit de Bordeaux.
Bardon, receveur des domaines, à Nimes.
Basset, directeur de l'École supérieure des lettres d'Alger.
Baye (Le baron Joseph de), membre de la Société des antiquaires
de France, à Baye, par Montmort (Marne).
Bazin, proviseur du lycée de Reims.
Beauchet, professeur à la Faculté de droit de Nancy.
Beaune (Henri), avocat, à Lyon.
Beaurepaire (Eugène de Rorillard de), secrétaire de la Société
des antiquaires de Normandie, à Caen.
Reauvois, à Corberon (Côte-d'Or).
Berthelé (Joseph), archiviste du département de l'Hérault.
Bertholon (Le docteur), à Tunis.
Berthomieu, secrétaire de la Commission archéologique de Nar-
bonne.
Bertrand (Louis), conservateur du musée de Philippeville.
Bled (L'abbé), président de la Société des antiquaires de In Mo-
rinie, à Saint-Omer.
Bleigher , professeur à l'École supérieure de pharmacie de Nancy.
Bloch, archiviste du département du Loiret.
BoNDURAND (Bligny-), archiviste du département du Gard.
BoNNo (L'abbé), curé de Chenoise (Seine-et-Marne).
Bordier, contrôleur civil, à Maktar (Tunisie).
BoRREL, architecte, à Moutiers (Savoie).
BouRRON , archiviste du de'partement de l'Eure.
BouRDERY (Louis), avocat, à Limoges.
Bourgeois (Alfred), archiviste du de'partement de Loir-et-Cher.
Braquehaye, directeur de l'École municipale de dessin, à Bor-
deaux.
Bray (De), capitaine au 4" régiment de tirailleurs, à Sousse (Tu-
nisie).
Brocard (Le commandant), chef de bataillon du génie en retraite,
à Bar-le-Duc.
Brossaro , archiviste du département de i'Ain.
Bruchet (Max), archiviste du département de la Haute-Savoie.
Brune (L'abbé), curé de Baume-les-Messieurs (Jura).
Brutails, archiviste du de'partement de ia Gironde.
Caranès, membre de la Société' d'études des jsciences naturelles de
Nîmes.
Cardaillac (De), conseiller à la cour d'appel d'Agen.
Carrière , membre de la Société d'études des sciences naturelles de
Nimes.
Carsalade du Pont (Le chanoine de), président de la Société his-
torique de Gascogne, à Auch.
Carton (Le docteur), médecin-major de 2* classe au 19' régiment
de chasseurs, à Lille.
Cazalis de Fondouce, secrétaire général de l'Académie des sciences
et lettres de Montpellier.
Closmadeuc (Le docteur de), président de la Société polyniathique
du Morbihan, à Vannes.
CoLLiGNON, inspecteur du service des monuments historiques, à
Tlemcen (département d'Oran).
xu
CoMBARiEU, archiviste du département du Lot.
CoRNiLLON, conservateur du musée de Vienne (Isère).
CoRTEz (Fernand), à Saint-Maximin (Var).
Couard, archiviste du département de Seine-et-Oise.
Courant (Maurice), interprète au consulat de France, à Tien-Tsin
(Chine).
Dejeanne (Le docteur), à Bagnères-de-Bigorre.
Demaison, archiviste de la ville de Beims.
Des Méloizes (Le marquis), membre de la Société des antiquaires
du Centre, à Bourges.
Desplanque, archiviste du département des Pyrénées-Orientales.
Douais (Le chanoine), à Toulouse.
Du Chatellier (Paul), au château de Kernuz, par Pont -l'Abbé
(Finistère).
Dujarric-Desgombes, vice-président de la Société historique et ar-
chéologique du Périgord, à Périgueux.
Dunoyer de Segonzac (Jacques), archiviste du département de la
Sarthe.
Du Paty de Clam (Le comte), receveur des contributions directes,
à Gafsa (Tunisie).
Durand (Georges), archiviste du département de la Somme.
Dutilleux, chef de division à la préfecture de Versailles.
DuvAL, archiviste du département de rOrne,
DuvERNOY, archiviste du département de Meurthe-et-Moselle.
EcK (Th.), conservateur du Musée de Saint-Quentin.
EspÉRANDiEu, capitaine au 61" régiment d'infanterie, à Mar-
seille.
EsTiENNE, archiviste du département du Morbihan.
Fage (René), avocat, à Limoges.
Farges (Le capitaine), attaché aux affaires indigènes, à Constan-
tine.
Favier, conservateur de la bibliothèque de la ville de Nancy.
Ferrand (Gabriel), agent de la résidence de France, à Mananjary
(Madagascar).
FiLLET (L'abbé), curé d'Allex (Drôme).
FiNOT, archiviste du département du Nord.
Flamare (De), archiviste du département de la Nièvre.
Fleury (Paul de), archiviste du département de la Charente.
Fouquet (Le docteur), au Caire.
XIII
FoDREAu (Fernand), à Biskra.
FouRNiER, professeur à la Faculté de droit de Grenoble.
Fréminville (De), archiviste du département de la Loire.
Garrigou (Le docteur), président de l'Association pyrénéenne, à
Toulouse.
Gauthier (Jules), archiviste du département du Doubs.
Germain (Léon), membre de la Société française d'archéologie, à
Nancy.
GiRAUD, conservateur du Musée archéologique de Lyon.
Grandmaisoiv (Louis Loizeau de), archiviste du département d'Indre-
et-Loire.
Grasset (Le comte de), archiviste adjoint du département des
Bouches-du-Rhône , à la Tourelle, par Mazargues, près Mar-
seille.
GsELL , professeur à l'Ecole supérieure des lettres d'Alger.
Guesde, à la Pointe-à-Pître (Guadeloupe).
GuiBERT (Louis), membre de la Société archéologique et historique
du Limousin, à Limoges.
GuiGUE (Georges), archiviste du département du Rhône.
Guillaume (L'abbé), archiviste du département des Hautes-
Alpes.
GuYOT, professeur à l'Ecole nationale forestière de Nancy.
Habasque, conseiller à la Cour d'appel de Bordeaux.
Baillant, membre de la Société d'émulation, à Epinal.
Hannezo, capitaine au k^ régiment de tirailleurs, à Sousse (Tu-
nisie).
Héron, professeur libre, à Rouen.
Hugues, archiviste du département de Seine-et-Marne.
Imrault-Huart (Camille), consul de France, à Canton (Chine).
IsNARD, archiviste du département des Basses-Alpes.
Jadart, secrétaire général de l'Académie nationale de Reims.
Jarry (Louis), membre de la Société historique et archéologique
de l'Orléanais, à Orléans.
Jeannier, chancelier du consulat de France, à Bagdad.
JovY, professeur au collège de Vitry-le-François.
Labande, conservateur de la bibliothèque de la ville et du Musée
Calvet, à Avignon.
Labrouche, archiviste du département des Hautes-Pyrénées.
Lacroix , archiviste du département de la Drôme.
XIV —
La Croix (Le P. de), à Poitiers.
La Grasserie (Raoul de), juge au tribunal civil de Rennes.
Lahoxdès (De), membre de la Société archéologique du Midi de la
France, à Toulouse.
Laigue (De), consul général de France, à Rotterdam.
Laugardière (De), membre de la Société des antiquaires du Centre,
à Bourges.
Laurent, archiviste du département des Ardennes.
Le Breton ( Gaston ) , conservateur du Musée céramique de
Rouen.
Le Clert, conservateur du Musée archéologique de Troyes.
Lempereur, archiviste du département de TAveyron.
Leriche, chancelier du consulat de France, à Mogador.
Leroux, archiviste du département de la Haute -Vienne.
L'Espinasse-Langeac (Le vicomte de), président de la chamhie
consultative d'agriculture de Tunisie, à Sfax.
Letainturier (Gabriel), sous-préfet de Barcelonnelte.
Lex , archiviste du département de Saône-et-Loire.
Lhuillier, chef de division à la préfecture de Melun.
LiBOis, archiviste du département du Jura.
LTsLE DU Dreneuc (Pitre de), conservateur du Musée archéologique
de Nantes.
Loir (Le docteur), directeur du laboratoire de bactériologie et de
vinification, à Tunis.
LoRiQUET, archiviste du département du Pas-de-Calais.
Malavialle, secrétaire général de la Société languedocienne de
géographie, à Montpellier.
Mély (De), au château de Mesnil-Germain , par Fervacques (Cal-
vados).
Mercier (Ernest), président de la Société archéologique de Cons-
tantine.
Merlet (René), archiviste du département d'Eure-et-Loir.
Métais (L'abbé), secrétaire archiviste de Tévêché, à Chartres.
Michel, conservateur adjoint du Musée Saint-Jean à Angers.
Mingaud (Galien), secrétaire général de la Société d'études des
sciences naturelles de Nimes.
MoLARD (Francis), archiviste du déparlement de l'Yonne.
Monceaux, membre de la Société des études historiques et natu-
relles de l'Yonne, à Auxerre.
MoNLEzui\, lieulenaiil-colonel du régiment de sapeurs-pompiers, à
Paris.
MoREL (L'abbé), curé de Chevrières (Oise).
MoREL (Léon), receveur particulier des finances, en retraite, à
Reims.
MoRis, archiviste du département des Alpes-Maritimes.
MuGNiER, conseiller à la Cour d'appel de Chambéry.
Musset (Georges), bibliothécaire de la ville de la Rochelle.
Nie AISE (Auguste), membre de la Société d'agriculture, commerce,
sciences et arts de Châlons-sur-Marne.
Ottavi, vice-consul de France, à Mascate.
Pagart d'Hermansart, secrétaire général de la Société des anti-
quaires de la Morinie, à Saint-Omer.
Papier (Alexandre), président de l'Académie d'Hippone, à Bonc
(département de Constantine).
Parfouru, archiviste du département d'Ille-et-Vilaine.
Pascaud, conseiller à la Cour d'appel de Chambéry.
Pasquier, archiviste du département de la Haute-Garonne.
Pélicier, archiviste du département de la Marne.
Pélissier, professeur à la Faculté des lettres de Montpellier.
Pérathon (Cyprien), à Aubusson (Creuse).
PiCHE (Albert), à Pau.
PicHOT, chef de bataillon d'infanterie, commandant supérieur du
cercle de Gafsa (Tunisie).
PiETTE, à Rumigny (Ardennes).
Pigeon (Le chanoine), membre de la Société académique de Cou-
tances.
PoRTAL (Charles), archiviste du département du Tarn.
PoTTiER (Le chanoine), président de la Société archéologique de
Montauban.
Pradère (Bertrand), conservateur du Musée du Bardo, à Tunis.
Prieur de Lacomble (E.), lieutenant-colonel du iio" régiment
d'infanterie, à Dunkerque.
Prudhomme, archiviste du département de l'Isère.
Rebillet, chef de bataillon au fi" régiment de zouaves, à Tunis.
Requin (L'abbé), à Avignon.
Reymond (Marcel), à Grenoble.
Richard (Alfred), archiviste du département de la Vienne.
Richard (Jules-Marie), archiviste-paléographe, à Laval.
RicHEMOND (Meschinet de), archiviste du département do la Cha-
rente-Inférieure.
RicouARD, président de la Commission des antiquités départemen-
tales du Pas-de-Calais, à Arras.
Rocher, consul de France, à Malte.
Roman (Joseph), au château de Picomtal, par Embrun (Hautes-
Alpes).
RoscHACH, archiviste de la ville, conservateur du Musée dé Tou-
louse.
Roserot, archiviste-paléographe, rue Saint-Placide, 60, à Paris.
RouGHON, archiviste du département du Puy-de-Dome.
Roussel, archiviste du déparlement de l'Oise.
RoussET, correspondant de la Société des antiquaires de France, à
Uzès.
Rupin (Ernest), président de la Société historique et archéologique
de la Corrèze, à Brive.
Sainte-Marie (De), consul de France, à Santander (Espagne).
Saint-Venant (De), inspecteur des forêls, à Uzès.
Saleilles, piolesseur à la Faculté de droit de Dijon.
ScHiRMER, professeur à la Faculté des lettres de Dijon.
SoucAiLLE (Antonin), ancien professeur de l'Université, à Béziers.
SoucHON, archiviste du département de l'Aisne.
Suisse (Charles), architecte diocésain, à Dijon.
SwARTE (Victor de), trésorier-payeur général des finances, à Me-
lun.
Tholin , archiviste du département de Lot-et-Garonne.
Thomas (L'abbé), curé do Tavcrny (Seine-et-Oise).
Thoulet, professeur à la Faculté des sciences de Nancy.
Travers (Emile), archiviste-paléographe, à Caen.
Triger (Robert), membre de la Commission des monuments his-
toriques de la Sarthe , au Mans.
Trihidez (Le chanoine), président du Comité de géographie de la
Société industrielle de Reims.
Trutat, directeur du Muséum d'histoire naturelle de Toulouse.
Urseau (L'abbé), secrétaire de l'évêché, à Angers.
Veiinier, archiviste du département do la Savoie.
Vidal , bibliothécaire de la ville de Perpignan.
Vig\at (Gaston), membre de la Société historique et archéolo-
gique de l'Orléanais, à Orléans.
XVII
ViLLEPELET (Ferdinand), archiviste du département de la Dor-
dogne.
ViLLERs, membre de la Société des sciences, arts et belles-lettres
de Bayeux.
VissiÈRE, premier interprète de la légation de France, à Pékin.
Waille, professeur à rÉcole supérieure des lettres d'Alger.
Archkologik.
PROCES-VERBAUX
DES SÉANCES
DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE.
PROCES-VERBAUX
DES SÉANCES
DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE.
SÉANCE DU 13 JANVIER 1896.
PRÉSIDENCE DE M. ALEXANDRE BERTRAND.
La séance est ouverte à 3 heures.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M . le Secrétaire donne lecture de la correspondance.
M. Henri Beaune, correspondant du Comité à Lyon, envoie une
note sur une figure de Charles le Téméraire empruntée à une tapis-
serie du Musée de Berne. — Renvoi à M. Guiffrey.
M. de Laigue, correspondant du Comité à Rotterdam, envoie
une note sur des objets faisant partie du Musée municipal de La
Haye et sur la prétendue découverte faite en Brabant d'un navire
romain avec ses chaînes et ses ancres. — Renvoi à M. Héron de
Villefosse.
M. Langiois, peintre et lithographe à Saint-Brieuc, adresse une
demande de subvention à Teffet de publier un ouvrage sur le cos-
tume et la coiffure des femmes en Bretagne. — Renvoi à M. de
Barthélémy.
M. de Lasteyrie communique de la part de M. Tabbé Bossebœuf,
président de la Société archéologique de Tours, une note sur la
découverte de bas-reliefs romains récemment faite à Yzeures (Indre-
et-Loire).
XXII
Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants, offerts au Co-
mité par leurs auteurs :
Antiquarisk Tidskrijt for Sverige utgifven af Kongl. — Vitterkets
historié och Antiquitets Akademien Genom Hans Hildebrand, XVI,
n"' 1 à 3.
Le congrès d'archéologie et d'anthropologie préhistoriques de Seraïevo
[Bosnie) en août i8gâ, d'après M. Robert Munro, par M. Emile
Travers.
Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale et des
remerciements seront adressés aux auteurs.
L'ordre du jour appelle la discussion de la proposition de
M. Salomon Reinach relative aux moyens les plus pratiques de
porter à la connaissance du public le contenu des mémoires et
bulletins des Sociétés savantes, dont le dépouillement ne figure pas
dans les volumes déjà parus de la Bibliographie de M. de Lasteyrie.
Après une discussion à laquelle prennent part MM. Babelon,
Reinach, de Lasteyrie et autres membres, le Comité, considérant
que diverses revues, le Moyen âge notamment, donnent déjà de
nombreux comptes rendus de ces mémoires, estime quil n'y a pas
lieu pour le Comité d'entreprendre un travail du même genre.
M. GouRAJOD rend compte d'une communication de M. Jadart,
correspondant du Comité à Reims , relativement à une porte en fer
du moyen âge conservée au moulin de Sévigny-Waleppe (Ar-
dennes) :
tf La porte en fer du moulin de Sévigny-Waleppe , malgré le ca-
ractère très modeste affecté par elle , est un curieux spécimen d'un
art industriel spécial dont nous n'avons conservé que de trop rares
produits. Aux types déjà connus de décoration appliquée aux ou-
vrages de métal pendant le moyen âge , elle ajoute un type nouveau
non encore suffisamment représenté dans la série des modèles vul-
garisés de l'architecture gothique, celui de la décoration du fer
empruntée à l'art du huchier et de la menuiserie de bois. Je serais
porté à vieillir le monument plus que ne le fait M. Jadart. Je l'at-
tribuerais volontiers, sauf examen de l'original, au xiv% peut-être
même au xiii' siècle.
f Très courte, la communication de M. Jadart mérite , — comme
XXIII
d'ailleurs tout ce qui vient ordinairement de ce zélé et judicieux
correspondant, — d'être insérée an Bulletin Rvec une image (^).«
M. Héron deVillefosse, chargé de faire un rapport sur une note
de M. Tabbé Hamard relative aux nouvelles découvertes faites à
Hermès (Oise) par ce dévoué correspondant, propose de déposer
cette note aux archives. Elle renferme la copie de deux articles qui
ont paru dans le Journal de l'Oise, le 3o août et le i" septembre
dernier. — Adopté.
M. Héron de Villefosse rend compte d'une note de M. Jadart sur
une statue de l'époque romaine découverte à Reims; il propose
d'insérer cette note au Bulletin avec une reproduction du monument.
— Adopté (2).
M. Georges Perrot rend compte d'une communication de M. de
Laigue relative à un bas-relief en marbre de l'époque romaine
provenant de la région du Bas-Danube. Il ne se prononce pas sur
la signification de ce monument.
M. Héron de Villefosse émet l'avis que ce pourrait être un reste
de monument mithriaque; il propose d'en envoyer le croquis à
M. Cumont, à Bruxelles, qui s'occupe particulièrement de tout ce
qui a trait au culte de Mithra. Cette proposition est adoptée ^^K
M. Salomon Reinach rend compte d'une communication de
M. Paul Du Châtellier, relative à divers objets découverts dans une
hutte gauloise à Tronoën, en Saint-Jean-Trolimon (Finistère) :
tfDans les fondations d'une cabane construite en branchages
reliés par de l'argile, on a recueilli sous les yeux de M. Du Châ-
tellier, deux grands fers de lance ; à l'est de l'habitation se sont
rencontrés trois précieux fragments dont il nous envoie les pho-
tographies, à savoir : i° la partie supérieure d'un casque en fer
recouvert d'une feuille de bronze; celle-ci est décorée, au re-
poussé, de cercles et d'autres ornements en relief disposés par
zones; 9° la moitié d'une agrafe de ceinturon, en fer, recouverte
d'une feuille de bronze richement décorée de boutons de corail et
de cercles concentriques; 3° des fragments d'un objet en fer très
^') Voir ci-après, p. io, le texte de cette communication.
W Voir ci-après, p. 43, le texte de cette communication.
î'' Voir ci-après, p. ii, une notice de M. Cumont sur ce monument.
XXIV
mince, également recouvert d'une feuille de bronze estampée et
pourvue d'une décoration analogue à celle des objets précédents
(peut-être un ornement de bouclier).
cf Les grandes pointes de lance en fer et la décoration à l'aide de
cabochons de corail nous reportent à l'époque dite cr de la Marne ou
de la Tène^, qui précéda la conquête romaine, mais qui semble
postérieure à la civilisation que la nécropole de Hallstatt a fait
connaître. Il semble que les antiquités signalées par M. Paul Du
Chatellier doivent appartenir à une époque intermédiaire entre la
conquête romaine et l'apogée de la civilisation de Hallstatt. Dans
l'état de nos connaissances , il n'est pas encore possible de proposer
une date , même à un ou deux siècles près.
tfll y a quelque temps, M. Revelière a découvert près de Quibe-
ron un couteau avec sa gaine, dont l'ornementation ressemble
beaucoup à celle des objets décrits par M. Du Chatellier (^). JVous
commençons donc à entrevoir, dans l'ouest de la Gaule, une civi-
lisation analogue à celle qui florissait dans l'est, et il est remar-
quable que les rares objets de cette classe signalés jusqu'à présent
comprennent des pièces de choix, des armes de luxe ou de parade
comme les membres d'une aristocratie militaire pouvaient en pos-
séder.
rrJe demande l'insertion de la note de M. Paul Du Chatellier
dans le Bulletin et la reproduction de la photographie qui l'accom-
pagne (2'. V
M. ScHLUMBERGER rend compte d'une communication de M. Tho-
lin, correspondant du Comité à Agen, relative à deux acquisitions
récemment faites par le musée de cette ville.
tfll s'agit de deux intailles trouvées en 1880 à Bon-Encontre,
près d'Agen, dans une petite boîte en bronze ayant servi d'écrin.
Les intailles sont d'une grande finesse, une surtout représentant
Hercule portant la biche. Aux deux empreintes M. G. Tholin a
joint un dessin du petit écrin.
ft La note de M. Tholin se termine par la description d'un curieux
fragment de bijou gallo-romain en bronze trouvé à Vianne (Lot-et-
Garonne) et qui a été également acquis par le Musée d'Agen. Une
^'^ Revellière, Note sur un'couteau gaulois trouvé à Qmberon, Vannes, 1896;
cf. Revue archéoL, 1896, II, p. 371. ,
t'' Voir r,i-après, p. 21.
XXV
intaille est logée au centre de cette pièce , dont la patine est su-
perbe et qui paraît être une moitié de bracelet. Le type de Tin-
taille, une Minerve à la démarche rapide, paraît peu commun.
«La note de M. G. Tbolin est fort courte. Les objets sont inté-
ressants. Les reproductions sont bonnes. Il y a donc lieu de publier
cette note avec dessins à l'appui dans le Bulletin t^). -n
M. Eugène MOntz rend compte d'une publication pour laquelle
une souscription a été demandée au Ministère.
L'ordre du jour appelle l'examen des propositions à faire à
M. le Ministre de l'Instruction publique en vue des distinctions
honorifiques à accorder à l'occasion du Congrès de la Sorbonne.
La séance est levée à 5 heures.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie,
R. DE Lasteyrie,
Membre du Comité.
Voir ci-après, p, 53, le texte de cette cominunicalioii.
XXVI
SEANCE DU 10 FEVRIER 1896.
PRÉSIDENCE DE M. ALEXANDRE BERTRAND.
La séance est ouverte à 3 heures.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance :
M. de Laigue, correspondant du Comité à Rotterdam, envoie
une note relative à la découverte récente dans la province de
Gueldre de pilotis paraissant avoir appartenu à l'enceinte d'une
station romaine. Le Comité décide qu'il y a lieu d'attendre des
renseignements plus exacts avant de faire examiner cette commu-
nication par un rapporteur.
Le même correspondant envoie une note sur les Vicani Nerioma-
genses. — Renvoi à M. Longnon.
M. Denis envoie une notice sur la tombe d'Antoine de Ville à
Domjuiien (Vosges). — Renvoi à. M. Edmond Le Riant.
M. Jules Guiffrey présente au Comité le second et dernier volume
des Inventaires du duc de Berry.
M. Collin fait hommage au Comité d'un ouvrage intitulé : Le
pont des Tourelles à Orléans [i lao-ijSo), publié par lui dans les
Mémoires de la Société archéologique et historique de l'Orléanais.
Cet ouvrage sera déposé à la Bibliothèque nationale et des
remerciements seront adressés à l'auteur.
M. Guiffrey lit un rapport sur une communication de M. Henri
Reaune relative à un portrait de Charles le Téméraire, figurant
dans une tapisserie du Musée de Berne.
M. Héron de Villefosse rend compte sommairement de deux
communications de M. de Laigue, consul général de France à Rot-
terdam.
XXVII
Dans la première, accompagnée d'une photographie, M. de
Laigue signale une clef en bronze munie d'un anneau appartenant
au Musée municipal de la Haye et trouvée dans la tourbe, en
i863, au Zorgvliet sur la route de Schéveningue à la Haye. L'an-
neau est orné d'un cachet gravé sur onyx où se reconnaît très net-
tement un gouvernail entre deux épis. M. de Laigue pense que ce
sont les armes parlantes d'un négociant en grains.
La seconde communication est relative à la prétendue découverte
d'un navire romain, avec ses ancres, chaînes, etc., dans le Pagie-
vaart, près de Hoeven, localité voisine de Breder (province de
Noord Brabant). Il résulte d'informations recueillies par M. de
Laigue que la découverte du navire en question n'a jamais eu lieu.
On a simplement retrouvé en cet endroit les débris d'une écluse,
débris sans aucune valeur.
M. Héron de Villefosse propose de remercier M. de Laigue et de
déposer ses deux lettres aux Archives.
L'ordre du jour appelle l'examen de diverses questions relatives
à la tenue des séances du prochain Congrès des Sociétés savantes.
La séance est levée à U heures.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie,
R. DK Lasteyrie,
Membre du Comité.
XXVIII
SÉANCE DU 9 MARS 1896.
PRÉSIDENCE DE M. ALEXANDRE BERTRAND.
La séance est ouverte à 3 heures.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le Président donne lecture de l'arrêté ministériel nommant
M. Héron de Villefosse président de la Commission archéologique
de l'Afrique du Nord.
M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance :
M. Bertrand, conservateur du musée départemental à Moulins,
rend compte des fouilles exécutées à Monetay-sur-Allier par la So-
ciété d'émulation du Bourbonnais, et des fouilles par lui faites à
Moulins. — Renvoi à M. Héron de Villefosse.
M. J. Angerand propose la publication dans la Collection des in-
ventaires de l'inventaire général de la Couronne (1683-1799).
— Renvoi à l'examen de la Commission des inventaires.
M. l'abbé Fillet, correspondant du Comité à Allex (Drôme), en-
voie une notice sur l'ameublement au moyen âge dans le sud-ouest
de la France. — Renvoi à M. Eugène* Mûntz.
M. de Laigue, correspondant du Comité à Rotterdam, adresse
une lettre au sujet d'un petit monument chrétien conservé à Cadix.
— M. Le Biant fait observer que le monument .en question est très
connu , qu'il a déjà été signalé dans le Corpus inscriptionum latinarum.
En conséquence, le Comité est d'avis qu'il n'y a pas lieu de ren-
voyer cette lettre à un rapporteur.
Le même correspondant envoie une aquarelle représentant une
hache en diorite conservée au Musée d'Amsterdam. — Renvoi à
M. Alexandre Bertrand.
M. DE Lasteyrie transmet au Comité de la part de M. Paul La-
XXIX
fond une notice sur une église de la vallée de Barèges. — Renvoi
à M. Schiumberger.
M. DE Barthélémy communique une lettre de M. Bulliot relative
aux dernières fouilles du mont Beuvray.
Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Co-
mité' par leurs auteurs :
Le cojfret émaiîlé de r église de Vaulmier (Cantal), par M. le cha-
noine Barbier de Montault.
1° Calculs sur le marc de Paris et ses subdivisions; a° La monnaie
d'Embrun [iùo6-iâi'j); 3° Les liards créés par Henri III en lôjj;
â" De la Moneta blaffardorum; 5° Du prétendu monnayage mixte de
Dieudonné d'Estaing, évêque de Saint-Paul et de Charles VI ; 6" Du
compte par livre, sol et denier synonymes respectifs des nombres aào,
la et i; j" La motmaie de Jovinzieu ou Saint-Donat {8gà-ioa5?);
8° De la circulation des Jlorins d'Utrecht en Dauphiné, à Avignon et
dans le Comtat; g" Du prétendu atelier carolingien de Venasque; io° De
la détermination des ïuonnaies du dauphin Louis I" {iàio-iài5), par
M. Roger Vallentin.
Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale et des
remerciements seront adressés aux auteurs.
M. Edmond Le Blant rend compte d'une communication de
M. le lieutenant Charles Denis relative à la tombe d'Antoine de
Ville conservée à Domjulien (Vosges). Il propose l'insertion de cette
note dans le Bulletin du Comité t^l
M. Auguste LoNGNON rend compte d'une communication de M. de
Laigue sur la cité des Vicani ISeriomagenses. L'auteur ayant déjà
présenté ce mémoire à la Société des antiquaires de France , il n'y
a pas lieu de le retenir pour le Bulletin du Comité.
L'ordre du jour étant épuisé , la séance est levée à 4 heures.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie ,
R. DE Lasteyrie,
Membre du Comité.
'') Voir ci-après, p. 17, le texte de cette commmiication.
XXX
REUNION ANNUELLE
DES
DÉLÉGUÉS DES SOCIÉTÉS SAVANTES
À LA SORBONNE.
SEANCE GENERALE D'OUVERTURE.
PRESIDENCE DE M. SCHEFER.
Le mardi 7 avril , le Congrès s'ouvre à 2 heures précises , dans
le grand amphithéâtre de la nouvelle Sorbonne ; sous la présidence
de M. Schefer, membre de l'Institut, président de la Section de
géographie historique et descriptive du Comité des travaux histo-
riques et scientifiques , administrateur de l'École spéciale des langues
orientales vivantes.
Sont présents : MM. Léopold Delisle, Himly, Milne-Edwards,
Xavier Charmes, Alexandre Bertrand, R. de Lasteyrie, Bouquet de
la Grye, docteur Hamy, général de La Noë, Troost, A. de Barthé-
lémy, Léon Vaillant, Lyon-Caen, Bufnoir, Ch. Tranchant, Davanne,
Henri Cordier, Babelon, Marcel, Gazier, Ernest Chantre, Charles
Lucas, René Fage, Couard-Luys, docteur Rouire, Ulysse Chevalier,
Lièvre, Julliot, Drapeyron, Le Breton, Eugène Chateï, Félix
Thiollier, Edgard Mareuse, Mowat, Alexandre Sorel, de Marsy,
Massillon-Rouvet, le P. Camille de La Croix, Textor de Ravisi,
Louis de l'Ëstourbeillon , Joret-Desclosières, Seré-Depoin, Camoin
de Vence, Léon Maître, Beiisaire Ledain, etc.
M. Schefer prend la parole en ces termes :
rt Messieurs, les savants éminents appelés, les années précé-
dentes, à l'honneur de présider le Congrès se sont fait un devoir
XXXI
de rappeler la pensée qui a présidé à sa création, et ils en ont fait
connaître les heureux résultats.
ff Je ne crois donc point utile de rappeler ce qu'ils ont exposé avec
tant d'autorité, et je me bornerai aujourd'hui à souhaiter la bien-
venue aux délégués qui ont répondu à notre appel , et à leur dire
combien est vif et sincère l'intérêt porté à leurs travaux.
?f La date fixée pour la réunion à Tunis de l'Association française
pour l'avancement des sciences prive le Congrès de certains de ses
membres les plus distingués. La certitude qu'ils feront, dans une
contrée rattachée à la France par des liens si étroits, une ample
moisson de renseignements économiques et archéologiques, peut
seule nous consoler de leur absence.
ff L'année qui vient de s'écouler n'a point été stérile. La même
bonne volonté , la même ardeur, le même dévouement à la science
ont animé les sociétés savantes formées dans les différentes villes
de la province. Leurs travaux ont porté sur les sciences économiques
et sociales, qui seront pendant longtemps l'objet des préoccupations
les plus sérieuses, et sur les sciences naturelles, dont les progrès
incessants font éclater chaque jour, à nos yeux, des surprises nou-
velles qui exercent sur l'humanité l'influence la plus bienfaisante.
L'histoire, l'archéologie et la philologie ont été aussi le sujet de
mémoires nombreux et intéressants, publiés soit dans des recueils
locaux, soit dans les Bulletins du Ministère de l'Instruction publique.
Le Comité de géographie historique a vu se clore, cette année, la
première période décennale de son existence. Elle a été féconde :
dix volumes de mémoires et de relations accompagnés de près de
cent planches et cartes ont vu le jour, et le Comité a surveillé, en
outre , la publication d'ouvrages importants consacrés à la géogra-
phie et à l'histoire de contrées peu connues de l'Asie. Tous les
travaux et tous les documents insérés dans les revues des sociétés
de géographie de la province ont été analysés dans ses séances,
et plusieurs d'entre eux ont été le sujet de comptes rendus dé-
taillés.
ffDeux explorations ont surtout, dans le cours de cette année,
excité un vif intérêt : l'une est celle qui a amené la découverte des
lacs qui s'étendent au nord de Tombouctou, l'autre est celle des pays
situés entre le Tonkin et le golfe du Bengale, menée à bien par
M. le prince Henri d'Orléans et ses deux compagnons. 11 nous faut
espérer que nous en aurons bientôt entre les mains des relations
XXXII
détaillées. Tels sont, très rapidement mentionnés, les faits qui ont
marqué Tannée qui vient de s'écouler. Il vous appartient. Messieurs,
de ne point laisser péricliter nos traditions et de soutenir l'éclat
des différentes branches de la science française. C'est à vous qu'est
dévolu le soin de lui imprimer un nouvel essor. Permettez-moi de
vous rappeler en terminant ce seul mot, dit par un empereur ro-
main à ceux qui l'entouraient : Laboremus ! Que ce mot soit, dans
toutes les circonstances , notre devise et notre cri de ralliement.
rt Messieurs , au nom de M. le Ministre de l'Instruction publique ,
des Beaux-arts et des Cultes , je déclare ouvert le Congrès des so-
ciétés savantes, et je vous donne lecture de l'arrêté qui constitue les
bureaux des sections, -n
M. le Président du Congrès donne ensuite lecture de l'arrêté
ministériel constituant les bureaux des sections du Congrès.
Le bureau de la Section d'archéologie est ainsi constitué :
Président : M. Alexandre Bertrand.
Secrétaire : M. Robert de Lasteyrie.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie,
R. DE Lasteyrie,
Membre du Comité.
XXXIII
SEANCE DU 7 AVRIL 1896.
PRÉSIDENCE DE M. ALEXANDRE BERTRAND.
La séance est ouveite à 2 heures un quart.
M. Tabbé Bonno rend compte de découvertes d'objets en silex de
nature variée, trouvés en Palestine par le Père Germer-Durand. Il
en montre la photographie et les attribue à Tépoque chelléenne.
Il décrit ensuite une trouvaille analogue faite dans une grotte voi-
sine de Nazareth, au milieu d'objets en verre, de poids en pierre,
de monnaies byzantines, etc. Une chapelle avait été installée dans
ce lieu. Dans une grotte toute voisine et du même genre, on a re-
cueilli des éclats de silex.
M. Alexandre Bertrand fait remarquer que ces éclats ne permet-
tent pas de dater, même d'une façon approximative, l'époque où
cette grotte a pu être habitée par l'homme.
M. Chauvet demande des renseignements sur la dimension et
les formes des silex trouvés par le Père Germer-Durand. Il serait
intéressant, en effet, de constater en Palestine une découverte de
silex du type chelléen; mais la photographie communiquée par
M. l'abbé Bonno ne suffit pas pour se prononcer.
M. Martial Imbert fait remarquer qu'on a trouvé en France bien
des ateliers où il ne restait que des éclats; ce ne serait donc point
une objection contre la découverte qui vient d'être relatée. Toute-
fois les éclats dont il s'agit ici ne semblent pas désigner l'époque
quaternaire. Ils paraissent plutôt de l'époque néolithique.
M. Cavalier entretient le Congrès des tombes nommées lauzas en
Languedoc et qui sont ordinairement composées de six pierres
brutes. Ces tombes se rencontrent généralement en nombre. Elles
forment des nécropoles. Elles sont quelquefois de très grandes di-
mensions, mais le plus souvent elles n'ont que im. /i5àim. 76
de long, et leur peu d'épaisseur ne permet pas de croire que le
corps ait été placé dans la tombe à son état naturel. Les lauzas ont
Archéologie. c
XXXIV
plutôt servi d'ossuaire, car on y trouve ordinairement plusieurs
corps. Les objets qu'on y a recueillis sont bien peu nombreux et ne
permettent guère de dater ces tombes. Dans l'une on a ramassé
une tête en jade ressemblant à une tête de Bouddha. Elle est au-
jourd'hui la propriété de M. Lapouge, bibliothécaire de Rennes.
Aucun objet de l'époque chrétienne ou romaine n'y a été trouvé;
il est donc probable que ces tombes sont de date fort ancienne.
C'est du moins l'opinion de M. Lapouge, qui y voit les sépultures
d'une race antérieure à l'époque romaine.
M. DE Marsy donne lecture d'un travail de M. le chanoine Cerf,
de Reims, sur les représentations d'instruments de métiers que l'on
rencontre à la cathédrale de Reims , dans les sculptures des diverses
parties du portail de ce fameux édifice. On y remarque, en parti-
culier, les travaux des mois; les instruments que tiennent les per-
sonnages figurés dans ces scènes offrent une assez grande analogie
avec les outils usités de nos jours.
M. Henry Corot, membre de la Société historique et archéolo-
gique du Châtillonnais , donne la description du mobilier funéraire
trouvé dans un tumulus, au bois des Vendus, commune de Frai-
gnot, près Minot (Côte-d'Or). Ce mobilier consiste en animaux, en
grains de collier en pâle de verre, en bracelets de bronze ornés
de boules ; le tout rappelle et confirme les trouvailles déjà faites
par M. Flouest dans le Châtillonnais.
M. DE Marsy donne lecture d'un mémoire envoyé par M. J.-B.
GiRAUD, conservateur du Musée de Lyon, sur les forges installées
dès le xiii' siècle dans la région de Rives en Dauphiné. Le premier
document qui les mentionne date de 1289. Au xv' et au xvi° siècle
ces forges se multiplièrent beaucoup, et nous possédons un assez
grand nombre de titres qui nous permettent de suivre les progrès
de cette industrie, en même temps que celle du papier. Dans une
région où la métallurgie était aussi répandue, on ne peut s'étonner
que la fabrication des armes ait eu une grande importance. Rives
était renommée pour son acier, et les épées qu'on y trempait jouis-
saient d'une grande réputation. M. Giraud pense que cette industrie
a pu remonter jusqu'à l'époque où les Sarrasins étaient maîtres du
pays; il expose les raisons de tout ordre qui lui ont permis de se
conserver d'âge en âge.
XXXV
M. Lièvre, membre non re'sidant du Comité, lit un mémoire sur
les transformations du menhir, qui fut sans doute un fétiche pour
nos ancêtres gaulois. C'est probablement ce fétiche en pierre brute
que Tacite désigne sous le nom de simulacrum. Mais de bonne
heure on songea à dégrossir, à retoucher là pierre pour lui donner
une forme plus régulière. Plus tard on chercha à lui donner un as-
pect rappelant la forme humaine. Enfin le dolmen de Kernuz nous
montre de vraies sculptures où l'on reconnaît Mars et Vénus. En
Poitou , on possède un dolmen célèbre sur lequel se trouve une in-
scription certainement postérieure au début de l'époque romaine.
Ces monuments ne sont donc pas tous d'une date très reculée. Il
est sûr qu'on a dû en élever après la conquête romaine et même
après la diffusion du christianisme. Seulement leur forme avait
changé , et il est à supposer que les grands monuments en pierre
désignés par nos archéologues sous le nom de pile romaine ne sont
autre chose qu'une imitation ou une transformation des anciens
menhirs. C'est le cas de la tour de Pi relonge, en Saintonge, qui
ne peut être antérieure au m* siècle de notre ère.
Plusieurs de ces piles ont porté au moyen âge le nom defanum,
ou autre de même signification. Sulpice Sévère raconte qu'il y avait
à Amboise une tour de ce genre terminée par un cône. Paulin de
Périgueux parle de la même construction en la désignant sous le
nom de fanum. Fortunat la décrit aussi, et l'on voit par ces textes
que ce monument n'était pas le temple d'un dieu, mais le dieu lui^
même. Le nom de ce dieu était Vememet chez les anciens Gaulois,
nous dit Fortunat. Les Saxons, au temps de Charlemagne , adoraient
aussi une colonne qu'ils nommaient Imiensul. Il est probable qu'il
y avait au sommet une statue. Plusieurs monuments de ce genre
furent détruits par saint Martin de Tours. Des fouilles récentes faites
autour de la pile de Pirelonge ont révélé l'existence d'une enceinte
extérieure. M. Lièvre croit que c'est là ce que les anciens textes
nommaient delubnim. Enfin les piles passèrent par une dernière
évolution : elles prirent de grandes dimensions, devinrent creuses,
furent munies d'une porte et devinrent ainsi de vrais temples. Tels
furent le temple du Vieux-Poitiers, le temple de Janus à Autun, le
temple de Sanxay, la fameuse tour de Vésone à Périgueux, etc.
Beaucoup de ces fana se conservèrent jusqu'au vi* ou vii^ siècle, et
les vies des saints mentionnent les actes d'idolâtrie dont ces monu-
ments étaient le siège. Les tours pleines ou creusées intérieurement
XXXVI
en forme de bouteille, que l'on nomme tonnelles dans l'Ouest,
sont sans doute des monuments du même genre.
M. Martial Imbert se demande si l'on peut voir des transforma-
tions du menhir dans les temples comme celui de Sanxay. M. Du
Chatellier, qui a découvert et qui possède le menhir de Kernuz, a
fouillé près de soixante-dix menhirs; sous la plupart, il a trouvé
des corps, ce qui prouverait que c'étaient des tombeaux.
M. DE Lasteyrie et M. l'abbé Bosseboeuf s'élèvent contre certaines
des conclusions de l'auteur et montrent ce qu'elles onl d'hypothé-
tique.
M. MossET rappelle que l'on a voulu parfois voir dans ces piles
des monuments funéraires. Il sérail peut-être possible de s'en assu-
rer en faisant des fouilles sur l'emplacement de deux piles de la
Charente -Inférieure, aujourd'hui détruites, mais dont l'emplace-
ment est parfaitement connu. Quant aux tonnelles dont a parlé
M. Lièvre, c'étaient probablement des tours destinées à faire des
signaux à l'aide du feu.
M. Pierre, de la Société académique du Centre, entretient le
Congrès de la guimbarde, ce petit instrument de musique dont les
enfants des campagnes ont conservé l'usage jusqu'à ces dernières
années. A Levroux, dans l'Indre, a été recueilli un instrument de
ce genre, en bronze, dont il ne manque que la languette. M. Pierre
le croit de l'époque gauloise, car une monnaie gauloise et un frag-
ment de poterie, probablement celtique, ont été trouvés à proxi-
mité.
M. Alexandre Bertrand fait remarquer que l'on ne peut con-
clure des conditions de la trouvaille à l'antiquité de l'objet. S'il est
certain que ce morceau de bronze est un reste de guimbarde, rien
n'indique à quelle date il a pu être fabriqué.
M. QuBSNÉ, de la Commission des antiquités de la Seine-Infé-
rieure, rend compte des dernières fouilles exécutées par lui et
M. de Vesly dans les forêts de Bord et de Louviers. Les restes
d'une construction de l'époque romaine y ont été reconnus; c'était
un petit édicule carré bâti en silex et en argile; on y a recueilli
une soixantaine de monnaies, un couteau, de petites haches de
bronze, quelques fragments de poteries, des bossettes de bronze
qui paraissent avoir servi à orner la porte d'entrée; enfin des lames
XXXVII
de verre à vitre. À l'angle nord-est des ruines, on a trouvé une hase
de colonne qui permet de restituer avec vraisemblance la forme et
la nature de ce petit édifice. Ce serait un petit temple formé d'une
salle carrée entourée d'une colonnade sans doute en bois, avec ar-
chitrave également en bois. On sait combien l'usage du bois était
répandu en Gaule pour les constructions religieuses comme pour
les constructions civiles.
Pendant la lecture de cette communication, M. de Vesly dessine
au tableau le plan et la restitution de ce monument.
La séance est levée à 5 heures un quart.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie,
R. DE Lasteyrie,
Membre du Comilé.
XXXVIII
SEANCE DU 8 AVRIL 1896.
UATIN.
PRESIDENCE DE M, CHABODILLET.
M. DE Lasteyrie donne lecture, au nom de M. le chanoine Cerf,
d'un travail sur l'histoire du costume en Champagne, d'après la
sculpture et le mobilier de Notre-Dame de Reims. L'auteur décrit
successivement les costumes ecclésiastiques, militaires et civils des
principales statues. 11 signale une chasuble du xiii* siècle, conservée
dans le trésor, les reliquaires , les calices. Les sculpteurs ont repré-
senté dans les bas-relief des portails, des autels, des meubles, des
instruments, les vertus et les vices, le jugement dernier, et même
des scènes de la vie civile, telles que le jugement d'un marchand
de drap accusé d'avoir vendu à fausse mesure.
M. Martial Imbert donne lecture d'une notice de M. d'Abzac,
membre de la Société des amis des sciences et arts de Roche-
chouart, sur le JariîcAet, bonnet à grandes ailes orné de dentelles,
que les femmes du Limousin portent encore aujourd'hui. Il semble
probable que cette forme de bonnet était déjà en usage au xvii" et
au xviii* siècle. On se mit, au siècle dernier, à orner cette coiffure
de dentelles sur tulle ou sur mousseline, fabriquées dans le pays.
Turgot, qui fut, on le sait, intendant de Limoges, encouragea cette
industrie, qui prit un assez grand essor. Depuis, la fabrication de
ce genre de dentelles s'est concentrée à Aixe- sur- Vienne, petite
localité des environs de Limoges.
L'auteur a recueilli un assez grand nombre de spécimens de cette
industrie; il en présente un album au Congrès.
M. Plancouard, de la Commission des antiquités et des arts de
Seine-et-Oise , lit une note sur divers monuments des cantons de
Marines et de Magny-en-Vexin. 11 signale tout particulièrement
XXXIX
Téglise de Cléry, qui appartient au xiii'' et au xvi'' siècle, l'église
de Chars, œuvre très intéressante du xii* siècle, le retable de
Nucourt, qui remonte au xvi" siècle, le retable de l'église d'Epiais,
l'église de Saint-Gervais, dont le portail est un excellent modèle de
l'art de la Renaissance , le baptistère de Magny, sculpté à la même
époque.
M. DE Lasteyrie fait ressortir l'intérêt que présente le retable
de Nucourt; il félicite M. Plancouard de l'excellent exemple qu'il
donne à ses confrères des sociétés provinciales en signalant ainsi
des œuvres d'art trop peu connues, que la Commission des monu-
ments historiques ne manquera pas de classer.
M. J. Gauthier, archiviste du Doubs, et M. l'abbé Brune com-
muniquent au Congrès une série de photographies représentant
des objets d'orfèvrerie fabriqués en Franche-Comté, du xi* au xviii"
siècle. Ils rappellent que Charlemagne avait légué un parement
d'autel doré à la cathédrale de Besançon, et indiquent que la ville
de Dinant, en Belgique, fut le centre de fabrication d'un grand
nombre d'objets doonés aux églises de Franche-Comté pendant le
XIV* et le xv" siècle. Mais les orfèvres francs-comtois étaient capables
de ciseler des calices et des reliquaires. L'atelier principal se trou-
vait à Besançon et fut peut-être fondé par des arlistes lyonnais.
Ses premières productions furent deux reliquaires détruits aujour-
d'hui mais figurés sur des sceaux du xiii° siècle. Les orfèvres de
la région n'étaient pas inférieurs à ceux des provinces voisines.
M. Gauthier a relevé cinq cents noms d'orfèvres qui ont travaillé
en Franche-Comté depuis iiio jusqu'en 1789. Les artistes de
Besançon marquaient les objets d'orfèvrerie d'une main bénissante
et plus tard des armes de la ville. Malheureusement, on a fondu
plus de six cents objets d'orfèvrerie pendant la Révolution, mais
les églises du pays renferment encore des reliquaires, des mon-
strances, des croix processionnelles très remarquables.
M. Gauthier et M. l'abbé Brune ont pris la peine de photogra-
phier la plupart de ces objets. Ils en soumettent de nombreux
spécimens au Congrès.
M. Martial Imbert demande si M. Gauthier a trouvé, dans ses
recherches, des objets d'orfèvrerie où l'on pourrait retrouver des
traces de l'influence exercée par l'art de l'e'poque barbare.
M. Gauthier répond que non, ce qui ne doit point étonner,
XL
aucun des objets décrits par lui et son collaborateur n'étant anté-
rieur au XI* siècle, et la plupart n'appartenant qu'à la fin du moyen
âge ou même à une époque plus récente.
M. Thiollier, de la Société historique et archéologique du
Forez, lit une étude sur l'ancien clocher de la cathédrale de Va-
lence. Cette curieuse église, consacrée en logS, fut très remaniée
en i6o4, mais le clocher-porche s'était conservé intact jusqu'au
xix" siècle. Endommagé par la foudre en 1822, il fut démoli en
i838 et remplacé par une tour moderne. Le clocher de Valence
ressemblait par son principe de construction à ceux des cathédrales
du Puy et de Limoges. Il était divisé en quatre étages, percés de
baies en plein cintre, ornés de colonnes et d'élégants chapiteaux.
Le Musée de Valence conserve des moulages de ces chapiteaux.
La plupart sont décorés de feuillages ou d'animaux, quelques-uns
de têtes humaines. Les baies géminées étaient encadrées par des
colonnettes et subdivisées par un fût central. La tour carrée se
terminait à l'origine par un toit en pavillon remplacé plus tard
* par une flèche en charpente. L'auteur communique au Congrès
des photographies de ces chapiteaux et des dessins du clocher de
Valence, dont il doit la communication à l'obligeance de MM. Joan-
nis, Camille Rey, Villard et Romiguière.
M. DE Lasteyrie donne lecture d'une étude de M. Leymarie, cor-
respondant du Comité à Limoges, sur divers documents intéressant
l'histoire du costume dans la région du Haut-Limousin. Le premier
document où l'on trouve des détails relatifs au costume est le Testa-
ment de Saint-Yriex. Il y est question d'étoffes ornées de perles;
on en fit usage pendant tout le moyen âge; les émailleurs limou-
sins ont souvent représenté des personnages revêtus de riches vête-
ments, mais on n'a pas jusqu'ici étudié leurs œuvres au point de
vue spécial du costume. L'auteur termine par une dissertation sur le
sens du mot limogiatura que l'on rencontre dans divers textes anciens
et qui semble indiquer des applications de broderies.
M. DE Vesly, de la Commission des antiquités de la Seine-Infé-
rieure, communique au Congrès le résultat de ses observations sur
le catelier de Criquebeuf-sur-Seine. Il y a découvert un petit cha-
piteau d'albâtre, et les paysans ont trouvé de nombreux débris
XLl
gallo-romains en cet endroit. Ce cateiier défendait le col de Tour-
ville comme celui d'Oissel, situé de l'autre côté de la Seine.
La séance est levée à 1 1 heures et quart.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie ,
R. DE Lasteyrie,
Membre du Comité.
XLIl
SÉANCE DU 8 AVRIL 1896.
SOIR.
PRÉSIDENCE DR M. EDMOND LE BLANT.
M. Tabbé Bosseboeuf, de la Société archéologique de Touraine,
lit une notice sur un sarcophage conservé dans l'église de Saint-
Pol-de-Léon (Finistère). C'est une tombe en forme d'auge, taillée
dans un bloc de granit. Des arcatures de faible saillie ornent les
grandes faces, et une croix de grande dimension occupe l'un des
petits côtés. L'autre extrémité est ornée d'un cep de vigne grossiè-
rement traité, dont les rameaux s'enroulent en forme de volutes.
On prétend que ce tombeau est celui du roi Conan Mériadec ; mais
l'auteur suppose que ce sarcophage renfermait le corps de saint
Pol. Il faudrait l'attribuer à la fin de l'époque mérovingienne.
M. DE Marsy fait remarquer que la Bretagne fut toujours en re-
tard sur les autres régions au point de vue artistique, et il se
demande s'il ne faudrait pas dater ce sarcophage de l'époque ro-
mane.
M. EuDE lit une étude sur l'influence française dans le style
manuélin en Portugal. Il montre que le style manuélin tient à la
fois de l'art gothique et de l'art de la Renaissance. Les meilleurs
exemples se rencontrent dans les abbayes de Santa Cruz, de
Coïmbre, de Belem et de Thomar. L'auteur préfère ces modèles
à l'église de Batalha, au point de vue de la pureté du style ma-
nuélin. Le monastère de Belem, commencé en i5oo, était en
pleine construction en 1517. A cette époque, les travaux étaient
encore peu avancés. Le portail du croisillon Sud de l'église, bâti
par un Français nommé maître Nicolas, est une œuvre très re-
marquable. Cet artiste travailla également à Coïmbre, comme le
prouve la chronique de l'abbaye. Il avait avec lui trois de ses con-
frères, nommés Jean de Rouen, Jacques Longuin et Philippe
Odoart. Dom Manuel avait donc fait venir de France des archi-
XLIII
tectes et des imagiers. L'e'cole de Rouen jouissait d'une grande ré-
putation à répoque de la Renaissance. H n'est donc pas étonnant
que cette région ait produit des architectes capables de bâtir des
monuments aussi remarquables que le cloître de Relera. Jean de
Rouen nous est connu par d'autres documents. Il avait commencé
à travailler à une statue du tombeau du cardinal d'Amboise ; mais il
laissa son œuvre inachevée pour émigrer en Portugal. Trois autres
Français travaillèrent pour les rois de Portugal à cette époque; ils
se nommaient Nicolas Chatranz, Jérôme et Simon de Rouen. La
salle du chapitre, à Thomar, marque une nouvelle étape dans
l'architecture manuéline; elle fut terminée par des artistes por-
tugais (^).
M. Jules Gauthier, archiviste du Doubs, donne lecture d'une
étude sur le couvent des Cordeliers de Salins (Jura). L'église de ce
monastère avait été commencée en 1280, mais il n'en reste plus
aucun débris. L'auteur essaye de restituer ce bel édifice gothique
à l'aide d'une description de Jules Chifflet , abbé de Ralerne en 1 6 48.
On y voyait le tombeau d'Isabelle de Courtenay, morte en 1267,
de Laure de Commercy, morte en 1276. Le plan présentait une
abside polygonale aux deux extrémités de la nef, coYnme dans les
églises rhénanes. Les fenêtres du chœur étaient ornées de beaux
vitraux du xiv" siècle. Le cloître était une œuvre de la même époque.
L'église des Cordeliers devait être plus remarquable par ses monu-
ments funéraires que par son architecture. Jean de Chalon y fut
enterré en 1809. ^^ possède le texte des inscriptions de la plupart
des tombeaux, qui furent détruits au xvi* siècle et pendant la Révo-
lution. M. Gauthier décrit les vitraux remarquables du sanctuaire,
dont quelques panneaux sont heureusement conservés. L'église était
ornée de peintures du xv" siècle.
M. Léon Maître, archiviste de la Loire-Inférieure, lit une étude
sur une église carolingienne à date certaine, celle de Saint-Phi-
libert de Grandlieu. Ce village se nommait anciennement Deas;
mais, en 836, les moines de Noirmoutier, chassés par les Nor-
mands, firent élever à Grandlieu une étroite confession voûtée
d'arêtes qui renferme le sarcophage monolithe de saint Philibert.
Au-dessus, l'abbé Imbold construisit une église encore à peu près
(') Voir ci-après, p. 2/4, le texte in extenso de cette communication.
intacte. L'appareil de l'église ne porte pas la trace de reprises et
se compose de lits de briques et de pierres alternés, comme dans
les monuments gallo-romains. Les claveaux des grandes arcades
présentent la même disposition. Les matériaux sont de dimension
moyenne, et le mélange de briques est plutôt employé comme
élément de décoration que pour maintenir l'appareil. Le plan de
l'édifice comprend une nef, deux bas-côtés, un transept flanqué de
deux absidioles et un chœur en hémicycle. M. Maître analyse les
divers éléments architectoniques de cette église et rappelle que
l'église de Yertou (Loire-Inférieure) présentait des restes d'appareil
identiques.
Le carré du transept est encadré par de grands arcs en plein
cintre isolés qui sont formés de claveaux de briques alternant avec
des claveaux de pierre. Au xi" siècle, on voulut réduire la largeur
de ces ouvertures, et on fut obligé de les remplir en ménageant
une porte au centre qui est soutenue par des colonnes provenant
de quelque édifice antique. Cette curieuse église, dont la longueur
est de 54 mètres, est transformée en halle. L'auteur espère que
l'ancienneté de l'édifice attirera l'attention et qu'on pourra la sauver
de la ruine dcoit elle est menacée.
M. DE Lasteyrie ne croit pas que toute la construction dont
M. Maître vient de parler ait été bâtie d'un seul jet. Comme
M. Marionneau l'avait fait remarquer jadis dans un mémoire lu à
un des Congrès de la Sorbonne, la crypte a di\ être bâtie peu
après 836, époque où les moines de Noirmoutier, fuyant les Nor-
mands, vinrent à Déas avec les reliques de leur patron. Or, l'église
qu'ils édifièrent au-dessus de la crypte fut détruite en 8 5 7, lors de
la grande invasion des Normands, qui obligea les moines à em-
porter les reliques de saint Philibert jusqu'à Tournus. Le plan
seul que M. Maître a communiqué au Congrès montre qu'il y a
deux ou trois époques différentes dans ce monument; il importe
donc d'en faire un examen minutieux pour pouvoir en bien dater
les diverses parties.
M. PiLLOY communique au Congrès une étude sur les objets
découverts dans le tombeau de Childéric I*"", trouvé à Tournai
en i653. Chifflet a décrit, au xvu' siècle, les objets renfermés dans
cette tombe. Depuis, l'abbé Cochet a étudié les mêmes pièces dans
un livre bien connu; enfin, en 1889, M. Lidenschmidt s'est occupé
XLV
de cette curieuse découverte. M. Pilloy rappelle toutes les circon-
stances des fouilles de Tournai. Il compare cette trouvaille à celle
d'une sépulture du même genre trouvée à Pouan (Aube). Il s'en
autorise pour corriger certaines inexactitudes de Chifllet. Ainsi,
Tépée du roi n'avait pas deux tranchants, mais un seul; elle était
dépourvue de pommeau , contrairement au dessin figuré par Chifflet,
et ne se trouvait pas suspendue à un baudrier, mais à une cein-
ture richement ornée. M. Pilloy compare Tépée de Pouan avec
celle de Childéric, pour montrer les inexactitudes des dessins de
Chifflet, oiî Ton voit des garnitures qui n'appartenaient pas à
l'épée, mais bien au fourreau, dont l'entrée était décorée de gre-
nats. Labarte ne croyait pas cette arme franque; il l'attribuait à un
artiste byzantin. Au contraire, M. Pilloy montre que les artistes
francs fabriquaient des épées du même genre et fait remarquer
que l'épée de Pouan avait exactement la même longueur.
Le scramasaxe de Childéric n'était pas garni de rainures, suivant
l'habitude constante du vu" siècle. Ce n'était pas un véritable scra-
masaxe, mais un long coutelas.
La fibule de Childéric a été mal représentée par le dessinateur
de Chifflet. Elle n'appartient pas à l'art franc, mais à l'art romain,
et les légionnaires en portaient de semblables au iv® siècle. On a
trouvé dans la tombe de Childéric un assez grand nombre de
boucles. M. Pilloy explique quel en devait être l'usage. Un second
corps, de petite taille, a été découvert à côté de celui du roi.
Chifflet a supposé que c'était un jeune serviteur du roi qui avait
été inhumé avec lui. Il est bien plus vraisemblable que c'était une
femme. A Pouan, de même, on a trouvé deux corps, dont l'un
devait être celui d'une femme. Il n'est pas invraisemblable que ce
fût le corps de la reine Basine, qui aura été ensevelie, à sa mort,
dans la même tombe que son mari. Une partie des bijoux attribués
à Childéric doit donc être restituée avec grande vraisemblance à
la compagne du roi.
M. l'abbé Puiseux communique au Congrès une notice sur l'église
de Notre -Dame -de -l'Epine, près de Châlons-sur-Marne. Au
xviii' siècle, on attribua la construction de l'église à un architecte
anglais nommé Patrice; mais c'est une légende inventée par Beau-
gier et reproduite par une foule d'auteurs modernes. L'église fut
commencée entre iAo5 et i/iio, et on n'y retrouve aucun carac-
XL VI
tère du style gothique anglais. Il est évident que le portail est
moins ancien que la nef. Charles VII avait donné une somme
d'argent pour élever les clochers en lUlib. En lAôg, Tédifice
n était pas encore terminé. L'auteur a retrouvé un inventaire du
XVII* siècle qui reproduit l'analyse d'un document de ikhB et qui
mentionne le nom d'Etienne Poutrise, maçon à Châlons. Cet artiste
avait travaillé à la construction de l'église de l'Epine; c'est évidem-
ment lui, dont le nom défiguré en celui de Patrice, par suite d'une
faute de lecture , a donné lieu à la légende d'un architecte anglais.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie,
R. DE LaSTEYRIE,
Membre du Coinilé.
XLVII
SEANCE DU 9 AVRIL 1896
MATIN.
PRESIDENCE DE M. BABELON.
M. Tabbé Brune lit une notice sur l'égiise de Ghissey (Jura).
Cette église appartenait au prieuré bénédictin de Château-sur-
Salins , qui dépendait de Tabbaye de Cluny. Elle a la forme d'une
croix latine et se termine par un chevet plat. On peut l'attribuer
à la seconde moitié du xiii* siècle. Les piles de la nef se composent
de colonnes isolées et les grandes arcades sont surmontées d'une
corniche dont les modillons présentent des masques bizarres. Cette
corniche supporte des dalles, et l'on peut ainsi circuler au-dessous
de l'appui des fenêtres. Toute l'église est voûtée d'ogives. A l'ex-
térieur, le portail se fait remarquer par son arc trilobé et par le
curieux bas-relief du tympan qui représente le Christ attaché à la
colonne de la flagellation, saint Pierre et saint Paul. L'église de
Chissey vient d'être restaurée par M. Boeswilwald.
M. Bertrand, professeur au lycée d'Alger, communique les ré-
sultats de ses fouilles dans la basilique de Castiglione en Algérie.
En plan, cet édifice comporte une nef entre deux collatéraux et une
abside en hémicycle flanquée de deux pièces latérales. Au-dessous
du chœur s'étend une crypte découverte par M. l'abbé Grandidier.
Cette crypte renfermait non pas un tombeau, mais une piscine en
forme de quatrefeuille oii l'on baptisait les catéchumènes. On a
trouvé une piscine du même genre dans l'île de Djerba, et Gré-
goire de Tours en décrit une semblable. Il est probable que la
basilique de Castiglione remonte au v' siècle. L'auteur fait re-
marquer que l'on n'a pas encore signalé de crypte dans les basi-
liques africaines.
M. Babelon rectifie cette dernière assertion en signalant une
crypte trouvée récemment à Carthage par le P. Delattre.
M. JuLLioT, président de la Société archéologique de Sens, lit un
travail sur le Musée archéologique de Sens. Ce musée contient de
XLVllI
nombreux et beaux débris gallo-romains. La ville renfermait deux
temples , un théâtre , un aqueduc et des thermes , dont il reste en-
core des bases de colonnes. M. Julliot donne une description de
ce dernier monument à l'aide des débris recueillis au musée. Ces
précieux restes avaient été utilisés dans les fondations de Tenceinte
gallo-romaine déjà construite en 356. L'auteur, en terminant, pré-
sente un exemplaire du dernier fascicule de sa publication sur le
Musée lapidaire de Sens. Ce travail est accompagné d'héliogravures
qui reproduisent les plus belles sculptures du musée et les inscrip-
tions récemment découvertes.
M. LE Président félicite M. Julliot des soins qu'il donne à cette
belle publication , tout à fait digne des richesses archéologiques que
contient le Musée de Sens.
M. Bélisaire Ledain donne lecture, au nom de M. Luguet, d'un
mémoire sur les caractères distinctifs de la stèle et du cippe. L'au-
teur montre que la plupart des auteurs ont confondu ces deux
mots, dont il indique l'étymologie. La stèle fut en usage en Assy-
rie, en Phénicie, à Garthage, en Grèce, depuis les temps héroïques.
Le cippe fut d'abord un pieu cylindrique, plus tard quadrangulaire,
puis une courte colonne tronquée avec ou sans inscription. Ge
furent d'abord des bornes agraires, des termes, des bornes milliaires.
La stèle et le cippe ne peuvent être confondus qu'à dater de l'asser-
vissement de la Grèce par les Romains, mais le cippe latin retint
quelque chose de son origine. A Rome, le cippe et la stèle sont
toujours lourds. A Athènes, la stèle est toujours svelte et élégante.
L'auteur signale un cippe très curieux, trouvé récemment près de
Givray (Vienne).
M. DE Lasteyrie donne lecture d'un mémoire présenté par
M. GoRCELLE, professeur au lycée d'Annecy, contenant la liste d'un
grand nombre de monuments anciens du Bugey et du Valromey,
aujourd'hui perdus ou dispersés. Gette région a été jadis assez riche
en monuments gallo-romains; Belley, Vieu-en-Valromey, Anglefort-
Seyssel, en particulier, ont été des centres assez importants au ii*
et au iii^ siècle, si l'on en juge par les inscriptions et les objets de
toute nature qui y ont été recueillis. Malheureusement, une grande
partie de ces objets ont .été se perdre dans de petites collections
privées formées par les habitants du pays. Le Musée de Genève en
a pu acquérir un assez grand nombre.
XLIX
M. Tabbé Bosseboeuk, de la Société archéologique de ïourainc,
lit une étude sur les découvertes de bas-reliefs antiques récemment
faites h Yzeures (Indre-et-Loire). L'auteur rappelle l'antiquité de
ce village , dont parle Grégoire de Tours. Eustache , archevêque de
Tours de Ail à i6i, construisit en ce lieu une église sur les ruines
d'un temple dédié à Minerve. Au xii* siècle, on la remplaça par
une construction très soignée qui s'est conservée en assez bon état
jusqu'à nos jours. On eut, l'an dernier, la fâcheuse idée de la
remplacer par une église neuve, et c'est en fouillant le sol pour
établir les fondations de ce nouvel édifice qu'on découvrit acciden-
tellement une dizaine de pierres sculptées représentant Minerve,
des géants, Léda et le cygne, etc. Un fragment d'inscription por-
tant une dédicace à Minerve est venue confirmer la tradition, qui
voulait que l'église dTzeures eût remplacé un temple à Minerve.
Depuis la découverte des blocs dont il vient d'être question, le
P. de La Croix a entrepris à Yzeures de nouvelles fouilles; il a trouvé
d'autres pierres sculptées et deux autres fragments de l'inscription.
Grâce à cet ensemble de découvertes , on peut restituer le temple
d'Yzeures. C'était probablement un monument polygonal. 11 a dû
être construit au ii" siècle environ.
Le R. P. DE L\ Croix raconte les fouilles qu'il a entreprises dans
les fondations de l'église d'Yzeures au mois de février 1896. 11
en a fait extraire quatre-vingts blocs sculptés, et a reconnu que
ces pierres avaient été employées dans les fondations de l'église
mérovingienne. L'église n'avait pas été consiruite sur l'emplacement
du temple, mais les assises romaines avaient été apportées de
ruines situées dans le voisinage. Le P. de La Croix attribue cette
construction au règne de Marc-Aurèle et de Lucius Verus. Les dé-
bris recueillis par lui ne proviennent peut-être pas tous du même
édifice. 11 serait fort important de faire de nouvelles fouilles, car
elles ne peuvent manquer d'être très productives.
Le Congrès émet le vœu qu'une entente intervienne entre qui
de droit pour que ces curieuses recherches soient reprises le plus
promptement possible.
La séance est levée à midi.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie ,
R. DE LaSTEYRIE,
Membre du Comité.
AUCIIKOLOGIE. D
SEANCE DU 9 AVRIL 1896.
SOIR.
PRESIDENCE DE M. DE BARTHELEMY.
M. Tabbo BoNNO lit une noie sur les monnaies gauloises trouvées
dans Tarrondisseiuent de Provins. Six monnaies en potin doivent
être attribuées aux Sénons, sept aux Leuques. Elles sont ornées
d'un sanglier. L'auteur communique une monnaie d'or décorée
d'un marteau et découverte à Jouy-le-Ghâtel (Seine-et-Marne) qui
présente un type très rare de monnaie gauloise.
M. Coutil fait l'inventaire des monnaies gauloises trouvées dans
le département de l'Eure. Les Aulerci Eburovices étaient la peu-
plade la plus importante de la région; leur capitale était près
d'Évreux, à Saint-Aubin. Le revers de leurs monnaies était orné
d'un cheval. On a trouvé dans l'Eure des monnaies des Santons,
des Séquanes, des Calètes, des Lexovii, des Carnutes, des AUobroges
et même des Arvernes. Les découvertes les plus intéressantes ont
été faites aux Andelys et à Verneuil. L'auteur signale encore des
monnaies des Bellovaques , des Atrébates , des Cenomani , des Morini ,
des Unelli, des Edui, des Meldi, des Catalauni. Toutes ces pièces
sont en potin, en argent ou en or. A Verneuil, on a trouvé en
abondance des monnaies gauloises de l'atelier de Nîmes.
M. Vauvillé lit une note sur les monnaies gauloises trouvées à
Verneuil (Eure). Il décrit chaque exemplaire de ces monnaies en
potin et en bronze, ornées d'animaux ou de têtes, et signale deux
pièces inédites faisant partie du même trésor.
M. DE Lasteyrie donne lecture d'une notice de M. Plancouard
sur quelques monnaies gauloises découvertes près de Magny-en-
Vexin (Seine-et-Oise). L'auteur attribue ces monnaies aux Vëlio-
casses. On y voit un buste de femme ailée qui porte la légende
LI
ATEVLA et au revers un cheval à pieds fourchus portant une
corne sur la tête avec la légende VLATOS.
M. DE Marsy donne lecture d'un travail de M. de Lahondès sur
les églises de TAriège. Cette région n'a pas produit une école spé-
ciale d'architecture : on y rencontre des églises rurales assez nom-
breuses bâties à l'époque romane, surtout dans la vallée de l'Ariège.
L'influence romane se fit sentir très tard dans cette région comme
dans toutes les vallées pyrénéennes. L'auteur montre l'influence
exercée dans l'Ariège par les moines de Gluny et de Gîteaux , qui
possédaient les ressources nécessaires à la construction des édifices
religieux. Les églises romanes se composent soit d'une simple nef
et d'un chœur en hémicycle, soit d'une nef dépourvue de bas-côtés,
d'un transept flanqué de deux absidioles et d'un sanctuaire arrondi.
Les nefs sont voûtées en berceau et tous les arcs décrivent une
courbe en plein cintre.
M. de Lahondès signale tout particulièrement les églises d'Axiat,
de Saint-Lizier, d'Unac, de Portes, de Castillan, de Vie, de Mer-
cus, de Salau et de Mérens. La décoration des chapiteaux se com-
pose de lourds rinceaux et d'animaux fantastiques, et les portails,
flanqués de colonnettes, ont des archivoltes moulurées. A Castillon,
on remarque une curieuse sculpture représentant saint Pierre
tenant un livre oii se trouve inscrit le nom du maître de l'œuvre.
Les clochers présentent des formes variées. L'auteur signale plu-
sieurs clochers-arcades et quelques tours centrales carrées, notam-
ment à Axiat, où le clocher, divisé en deux étages, est percé de trois
baies accouplées sur chaque face. Les clochers de Mérens, de Vic-
desos et de Sentein sont assez remarquables. Enfin le cloître de
Saint-Lizier est une belle œuvre de l'époque romane.
M. DE Lasteyrie lit, au nom de M. l'abbé Pigeon, une note sur
un prétendu tombeau d'un des défenseurs du Mont-Saint-Michel en
i43i. Cette pierre tombale se trouve dans l'église de Chasseguay
(Manche). Le défunt est représenté la tête nue, vêtu d'une cotte et
armé d'une épée. Ses jambes portent des cuissards, des genouillères
et des jambières. Deux écussons sont sculptés de chaque côté de la
figure du chevalier. L'archange saint Michel est représenté au-
dessus de la tête du défunt : il frappe le démon étendu à ses pieds.
Plus bas, on aperçoit un suaire, sorte de rouelle en cire que l'on
LU
porte dans l'Avranchin, aujourd'hui encore, dans les enterrements,
en même temps que le cierge mortuaire, et que Ton dépose dans
la tombe sur la poitrine du défunt '^l
M. Auguste Cavalier, au nom de M. Adrien Po.\s, fait une com-
munication sur un tombeau gallo-romain trouvé près des murs de
l'ancien Altimurium et contenant des urnes en verre, des fioles à
parfum, des aiguières et des lampes en bronze, etc. A cette com-
munication sont jointes des vues photofgraphiques de trois parties
des remparts, d'une portion de colonne et de divers objets funé-
raires trouvés par M. Nestor Grasset. L'auteur émet le vœu que
ces curieuses ruines gallo-romaines, situées à Murviel (Hérault),
soient protégées contre les déprédations. Il ajoute que des fouilles
méthodiques donneraient sans doute d'intéressants résultats , et que
les objets déjà recueillis sont déposés au Musée archéologique de
Montpellier.
L'ordre du jour étant épuisé, M. le Président, après avoir re-
mercié les délégués de leur assiduité aux séances, leur donne
rendez-vous à Tannée prochaine.
La séance est levée à U heures et demie.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie ,
R. DE Lastetrie,
Membre du Comitc.
^'^ Voir ci-après, p. i23, le lexle in extenso de celte coimiiunicalion.
LUI
SÉANCE GÉNÉRALE DU 11 AVRIL 1896.
PRESIDENCE DE M. GDIEYSSE,
MINISTRE DES COLONIES.
Le samedi 1 1 avril a eu lieu , dans h grand amphilhe'âtre de la
nouvelle Sorbonne, sous la présidence de M. Guieysse, ministre
des Colonies, ministre par intérim de l'Instruction publique, des
Beaux-arts et des Cultes, l'assemblée générale qui clôt chaque
année le Congrès des Sociétés savantes de Paris et des départe-
ments.
Le Ministre est arrivé h 2 heures, accompagné de M. Xavier
Charmes, directeur du Secrétariat et de la comptabilité au Minis-
tère de l'Instruction publique, et de M. Bèze, chef du Secrétariat
du Ministre des Colonies.
Il a été reçu par MM. les membres du Comité des travaux his-
toriques et scientifiques, et parles hauts fonctionnaires de l'Uni-
versité.
M. Guieysse a pris place sur l'estrade, ayant à sa droite :
MM. Schefer, membre de l'Institut, président du Congrès; Tranchant,
vice-président de la Section des sciences économiques et sociales;
Léon Vaillant, secrétaire de la Section des sciences; Da vanne et
Grandidier, membres du Comité; à sa gauche : MM. Léopold Delisle,
membre de l'Institut, président de la Section d'histoire et de phi-
lologie; Alexandre Bertrand, de l'Institut, président de la Section
d'archéologie; Mascart, de l'Institut, vice -président de la Section
des sciences; Bouquet de la Grye, de l'Institut, vice -président
de la Section de géographie historique et descriptive; Glasson", de
l'Institut, membre du Comité; Lyon-Caen, de l'Institut, secrétaire
de la Section des sciences économiques et sociales.
MM. Gaston Paris, de l'Institut, vice-président de la Section
d'histoire et de philologie; A. de Barthélémy, de l'Institut, membre
du Comité; G. Servois, garde général des Archives nationales.
LIV
membre du Comité'; Buisson, directeur au Ministère de Tlnstruc-
tion publique; le ge'néral André, commandant l'Ecole polytech-
nique; le docteur Bergeron, secre'taire perpe'tuel de l'Académie de
me'decine ; Kaempfen, directeur des Musées nationaux; Himly,
membre de l'Institut, doyen de la Faculté des lettres, membre du
Comité; le docteur Hamy, de l'Institut, secrétaire de la Section
historique et descriptive du Comité; Gebhart, de l'Institut; Flach,
Henri Cordier, Babelon, Omont, Guiffrey, Angot, membres du
Comité, ont également pris place sur l'estrade.
Aux premiers rangs de l'hémicycle on remarquait : MM. Menant,
membre de l'Institut; Jules Finot, le marquis de Croizier, Ernest
Chantre, Georges Harmand, Léon Morel, le baron de Baye, Paul
Sédille, le marquis de l'Estourbeillon, Lièvre, l'abbé Brune, Couard,
René Fage, L. Drapeyron, Eugène Châtel, l'abbé Trihidez, Mas-
sillon-Rouvet, Emile Travers, le comte de Marsy, Henri Beaune,
le docteur Rouire, J. Gauthier, Thiollier, Fourdrignier, Edgard
Mareuse, Dufour, Dutilleux, etc.
La musique de la Garde républicaine prêtait son concours à
cette cérémonie.
M. le Ministre a ouvert la séance et donné la parole à M. Gran-
didier, de l'Académie des sciences, membre du Comité des travaux
historiques et scientifiques'^).
M. le Ministre a pris ensuite la parole en ces termes :
tf Messieurs,
ffVous venez d'entendre avec un bien vif intérêt M. Grandidier
vous parler de Madagascar et du français Mayeur, son précurseur
dans l'exploration sérieuse de la grande île. Le tableau qu'il vous en
a fait est vivant et plein d'actualité; il a particulièrement frappé le
Ministre qui a l'honneur de parler devant vous, puisque c'est lui
qui a la lourde tâche de tirer de notre nouvelle possession les avan-
tages que la France attend pour la cause générale de la civilisa-
tion et pour elle-même, en compensation des grands sacrifices
qu'elle s'est imposés. J'ai le ferme espoir que cette attente ne sera
pas déçue et qu'un vaste champ va s'ouvrir, je peux même dire
déjà est ouvert, à notre activité, à notre expansion coloniale.
« C'est à l'absence de mon collègue, M. Combes, reJDrésentant en
^'^ Le discours de M. Grandidier a été inséré au Journal officiel du 1 2 avril 1896.
LV
ce moment le Gouvernement en Algérie, qu'est dû le grand hon-
neur qui m'échoit de pre'sider la séance de clôture du Congrès des
Sociétés savantes. Cette réunion annuelle de délégués, symbolisant
notre esprit national et venant fusionner dans de trop courtes
séances ses diversités régionales avec leur caractère particulier, est
toujours une fête pour les esprits délicats. Chaque année voit se
développer davantage la sympathie qui s'attache avec tant de raison
aux œuvres réellement utiles, et leur succès même est la meilleure
preuve qu'elles répondent bien à un sentiment juste et vrai, celui
de ne laisser perdre aucune de nos forces intellectuelles.
ttLe savant, le chercheur, éprouvent des joies vives — les plus
pures en tout cas de l'existence, parce qu'elles ne produisent pas
de déceptions par elles-mêmes, — à se lancer à la recherche de
l'inconnu, à résoudre un problème, à creuser une question ardue.
Mais à côté de la jouissance personnelle, égoïste, à quoi -serviraient
ces travaux, ces labeurs, s'ils devaient rester ignorés? Ce n'est pas
tout que de tailler une pierre de notre édifice social, il faut la
mettre en place, il faut que chacun de nous coopère de toutes ses
forces, de toute son énergie à l'œuvre commune, et puisse profiter
de l'expérience d'autrui, en faisant profiter les autres de la sienne.
Et combien, avant la mise en commun de vos efforts, n'avons-
nous pas à regretter la perte de travaux intéressants, d'œuvres de
valeur réelle, faute des moyens matériels de les mettre en lumière!
Combien surtout de découragement et de lassitude chez des esprits
d'élite, dignes d'une meilleure destinée, combien de forces vives
mal dépensées et perdues!
ff C'est à vos Congrès qu'est dû particulièrement ce renouvelle-
ment de vie intellectuelle, si sain, si utile pour rapprocher des tra-
vailleurs qui s'ignorent; c'est à vos publications qu'est due cette
émulation si heureusement féconde qui nous donne chaque année
des mémoires si précieux. Et c'est ainsi que se produit cet échange
d'idées si indispensable, faisant pénétrer jusque dans les centres
les plus éloignés cette impulsion intellectuelle qui part de Paris et
de quelques grandes villes pour revenir sous une forme nouvelle,
véritable mouvement circulatoire qui crée et entretient la vie dans
notre noble pays de France, comme celui du sang la donne au
corps humain.
ffVos travaux. Messieurs, embrassent un champ de plus en plus
vaste dans le domaine des sciences et des arts; mais ce sont tou-
LVl
jours les Seclions historique et archéologique, bases originelles de
vos Congrès, qui tiennent la place la plus large, et n'est-ce pas
bien naturel? Ne sonl-ce pas elles, en effet, qui ont le plus de fa-
cilité pour se développer dans nos départements, qui ont le plus
d'éléments à mettre en lumière? Leurs efforts méthodiques et per-
sévérants se manifestent du reste par des résultats tous les jours
plus tangibles. A mesure que nous poursuivons notre marche en
avant d'un pas rapide, nous éprouvons le besoin, pour assurer
notre course, de jeter un regard derrière nous, de chercher dans
le miroir du passé des indications pour l'avenir. C'est de l'histoire
que nous devons tirer nos meilleures leçons, c'est dans l'étude des
sociétés disparues que nous devons trouver notre propre enseigne-
ment.
«Dans ces peuples antiques, dont les noms mêmes sont inconnus,
qui ont couvert notre vieille Europe, détruisant et fondant des
civilisations primitives dont notre sol conserve encore pieusement
de rares débris, dans ces peuples moins éloignés de nous, Chal-
déens. Egyptiens et autres, mais dont nous reconstituons les
mœurs par quelques documents, trop peu nombreux, comme un
naturaliste reconstruit un squelette complet au moyen de fragments
fossiles, dans ces peuples plus rapprochés auxquels nous nous rat-
tachons directement, Grecs, Romains, Gaulois, nous retrouvons
toujours les mêmes procédés d'action, d'organisation, d'existence
sociale. Et maintenant que les peuples européens se sont répandus
sur le sol entier du monde, que nos colonies se sont accrues dans
des proportions que personne ne pouvait naguère encore soup-
çonner, que la vieille Afrique n'est plus la terra incognita, et que
les nations européennes s'en disputent la surface avant même de
la connaître complètement, nous constatons que les mobiles humains
sont toujours les mêmes, qu'il s'agisse de notre civilisation raffinée
ou de celle de ces peuplades qui sont comme des témoins des états
primitifs de nos ancêtres.
ff Etudions donc l'homme en lui-même, isolé ou groupé dans la
famille, dans la tribu, dans la nation, dans la patrie. Suivons-le
dans son développement moral, dans son besoin inné des arts,
dans ses efforts créateurs des sciences, pour assurer la conserva-
tion de l'espèce. C'est un vaste cadre pour vos éludes, et c'est,
Messieurs, la lâche à laquelle vous n'avez pas manqué.
ffLe gouvernement de la République a voulu, cette année comme
les autres, témoigner de sa profonde sympathie pour le Congrès,
en décernant des récompenses à quelques-uns de ses membres qui
se sont parliculièrement distingués par une plus longue suite de
travaux. Le nombre de ces distinctions dans Tordre de la Légion
d'honneur est toujours trop restreint pour répondre véritablement
au sentiment de justice absolue, mais au moins je suis certain
d'avance que vous approuverez pleinement les noms auxquels il
a fallu malheureusement se limiter. Ce sont ceux de MM. Ernest
Chantre, Joseph Vallot, Delattre et de Boussès de Fourcaud.
ftVous connaissez tous les beaux travaux de M. Chantre sur l'ar-
chéologie préhistorique. Ses missions en Orient, parliculièrement
dans le Caucase, ont jeté un jour nouveau sur les civilisalions
préhistoriques et ont enrichi nos musées de documents précieux.
La distinction accordée aujourd'hui à M. Chantre n'est qu'un juste
témoignage rendu à ses mérites, qu'ont su si universellement ap-
précier les savants étrangers.
tf En dehors des travaux botaniques de M. Vallot, vous savez que
ce laborieux infatigable est le fondateur d'un observatoire au mont
Blanc, créé à ses frais en 1887 et entretenu par lui depuis cette
époque. Vous savez aussi qu'il a entrepris ce travail si important,
le lever complet de la chaîne du mont Blanc. L'énergie et la téna-
cité dont M. Vallot a fait preuve, son dévouement désintéressé à la
science, juslilient la distinction qui lui est accordée.
trLe père Delattre, correspondant de l'Institut et conservateur du
Musée archéologique de Carthage, se consacre depuis plus de vingt
ans à l'archéologie de l'Afrique du Nord; les résultats obtenus par
lui sont considérables et appréciés de tout le monde savant. La
découverte récente des nécropoles puniques de Carthage, dont l'ex-
ploration lui a été conflée par rx\cadémie des inscriptions et belles-
lettres, a jeté sur ses travaux un éclat qui le désignait particuliè-
rement à l'attention du Ministre de l'Instruction publique.
tf Enfin, M. de Boussès de Fourcaud, successeur de Taine à
l'École nationale des Beaux-arts, comme professeur d'esthétique et
d'histoire de l'art, s'est acquis par ses nombreuses et importantes
publications des titres incontestés à la haute distinction que lui
confère aujourd'hui le gouvernement de la République.
ffLe Ministre de l'Instruction publique ne fait, du reste, que
répondre au vœu émis à l'unanimité par le Comité des sociétés
des beaux-arts, heureux de pouvoir s'associer aux sentiments d'une
Lvm
assemblée qui donnait ainsi à l'un de ses membres une preuve de
l'estime que lui inspirent son caractère et son talent.
ffli me reste, maintenant, Messieurs, à accomplir un devoir dou-
loureux , celui de rendre un dernier et public hommage à ceux qui
ne sont plus et dont nous avons à déplorer la perte cette année.
tr Parmi ceux qui nous touchent de plus près par leurs travaux, je
dois citer en première ligne M. de Montaiglon, membre titulaire du
Comité des travaux historiques, qui s'est éteint en septembre dernier,
après une longue carrière laborieusement remplie. Professeur à
l'Ecole des Chartes et président de la Société de l'art français, M. de
Montaiglon était un de ces chercheurs qui aiment mieux faire pro-
fiter les autres de leurs remarques et de leurs études que d'en tirer
eux-mêmes un parti direct en les faisant connaître par des tra-
vaux d'ensemble.
K Comme écrivain, son œuvre, par sa variété et sa diffusion dans
cent publications diverses, est difficile à apprécier; en revanche,
comme professeur, peu d'hommes ont eu une action aussi pro-
fonde, aussi heureuse sur les nombreux élèves qu'il a formés.
ftM. de Montaiglon a donné un peu de lui-même à tous; c'est
pourquoi son souvenir restera toujours vivant dans le cœur de
ceux qui l'ont connu.
tf M. Bœswilwald, membre honoraire du Comité, était inspecteur
général des Monuments historiques. C'est à son initiative que nous
devons la conservation des beaux monuments de l'Algérie, de ce
pays si riche en souvenirs de l'époque romaine que des soins in-
telligents préservent maintenant de la destruction.
ff Ai-je besoin de vous rappeler les noms de l'éminent directeur
de l'École française de Rome, GefFroy; du savant commentateur
de Marc-Aurèle, Martha ; de La Villemarqué, qui a tiré d'un
oubli si immérité notre vieille littérature bretonne, et de tant
d'autres qui sont tombés sur le champ d'honneur du travail, après
une vie si laborieusement remplie : le vénérable Barthélémy Saint-
Hilaire; le savant orientaliste Derenbourg; les docteurs Verneuil,
Larrey, Sappey?
trll est peut-être peu d'années plus fertiles en tristes moissons,
dans le monde des sciences, des lettres et des arts. Il me suffit pour le
prouver de vous citer les noms des trois gloires françaises que l'année
a vues disparaître: Pasteur, Alexandre Dumas, Ambroise Thomas.
Je n'ai pas à en faire l'éloge; chacun de nous le fait dans son cœur
LIX
à des points de vue différents. La simple évocation de ces noms
éveille en nous bien des pensées diverses; mais nous sommes tous
pénétrés de ce sentiment bien vrai : c'est que chacun de ceux que
j'ai à peine eu besoin de rappeler à vos souvenirs, caractérisait
des idées scientifiques, littéraires et artistiques véritablement fran-
çaises.
cf Si la mort fauche à coups serrés dans nos rangs, une génération
nouvelle s'avance, fortement préparée par ceux qui ne sont plus.
M. Schefer, dans votre séance d'ouverture, constatait que le Congrès
de Tunis vous avait privés de plusieurs de vos membres les plus
distingués. Mais la France est heureusement assez riche en hommes
de talent pour qu'elle puisse essaimer et envoyer au dehors ses
missionnaires des sciences et des lettres sans s'appauvrir. La bonne
parole a été portée au dehors et votre prochain Congrès en recevra
sans doute les échos.
ffA l'an prochain. Messieurs! Portez à vos Sociétés les remer-
ciements du Ministre pour les travaux qu'elles ont produits, et les
vœux qu'il forme avec le monde savant tout entiei" pour leur pros-
périté, qui se lie par toutes les fibres intellectuelles à celle de la
France elle-même, r
M. le Ministre donne ensuite lecture de décrets conférant des
distinctions dans l'ordre de la Légion d'honneur, et d'arrêtés mi-
nistériels décernant des palmes d'officier de l'Instruction publi(jue
et d'officier d'Académie.
Sont nommés :
Chevaliers de la Légion dlionneur :
MM. Chantre (Ernest), sous-directeur du Muséum des sciences
naturelles de Lyon, membre non résidant du Comité des travaux
historiques et scientifiques.
Vallot (Joseph-Henry-Marie), membre de plusieurs sociétés sa-
vantes.
Le R. P. Delattre (Alfred-Louis), de la congrégation des Pères-
Blancs d'Afrique, correspondant de l'Institut de France (Académie
des inscriptions et belles-lettres), membre non résidant du Comité
des travaux historiques et scientifiques, conservateur du Musée
archéologique de Carthage.
LX
De Boussès de Fourcaud (Louis), professeur d'esthétique et
d'histoire de l'art à l'École nationale des beaux-arts, membre du
Comité des sociétés des beaux-arts des départements,
OJficiei's de l'Instruction publique :
MM. D'Anthouard de Wasservas (Albert), adjoint au service de
la résidence générale de France à Madagascar.
Buhot de Kersers (Alphonse-Louis-Marie), président de fa So-
ciété des antiquaires du Centre, à Bourges, membre non résidant
du Comité des travaux historiques et scientifiques.
Chauvigné (Auguste), secrétaire général adjoint de la Société
de géographie de Tours.
Cravoisier (Emile), secrétaire de la Société de géographie com-
merciale de Paris.
Drouët (Henri), membre de l'Académie des sciences, arts et
belles-lettres de Dijon.
Le docteur Duhourcau (Jean-Marie-François-Emile), membre
de l'Association pyrénéenne, lauréat de l'Académie de médecine et
de l'Ecole supérieure de pharmacie de Paris.
Germain (Léon), secrétaire perpétuel de la Société d'archéologie
lorraine, correspondant du Ministère de l'Instruction publique.
Harmand (Georges), secrétaire de l'Association littéraire et artis-
tique internationale, secrétaire adjoint de la Section des sciences
économiques et sociales au Congrès des Sociétés savantes.
Jadart (Henri), secrétaire général de l'Académie nationale de
Reims, correspondant du Ministère de l'Instruction publique.
Lasne (Henri), membre des Sociétés géologique et météorolo-
gique, secrétaire adjoint du Congrès international de chimie.
Malavialle, secrétaire général de la Société languedocienne
de géographie ,, correspondant du Ministère de l'Instruction pu-
blique.
Malinvaud (Louis-Jules-Ernest), secrétaire général de la Société
botanique de France.
Mégemont (Jean), secrétaire de la Société de géographie com-
merciale de Paris.
Momméja (Jules), correspondant du Comité des sociétés des
beaux-arts des départements, membre de la Société archéologique
de Tarn-et-Garonne.
LXI
Pasquier (Étienne-Gliarles-Félix), secrétaire de la Société arié-
geoise des sciences, lettres et arts, correspondant du Ministère de
l'Instruction publique et de la Société nationale des antiquaires de
France.
L'abbé Porée (André-Adolpbe), membre correspondant du Co-
mité des beaux-arts des départements, à Bournainville (Eure).
Ranchot (Achille), consul de France, délaché auprès de M. le
général commandant en chef le corps expéditionnaire de Mada-
gascar.
Romieux (Albert -Marie -René), chef de bataillon du génie, au
service géographique de l'armée.
Rueff (Jules), membre de la Société académique indo-chinoise
de France, membre du Conseil supérieur des colonies.
Sauvaire (Henri-Joseph), correspondant de l'Académie des In-
scriptions et belles-lettres.
Vallot (Henri-Marie-Guillaume), collaborateur à la carte du
mont Blanc au 1/20000'.
Officiers d'Académie :
MM. Angot des Rotours (Marie-François-Jules), secrétaire de la
Société d'économie sociale.
Armagnat (Henri-Marie). Intéressants travaux d'électricité pra-
tique.
Bazin (Jean-Louis), membre de l'Académie des sciences, arts et
belles-lettres de Mâcon.
Béhal, docteur es sciences, secrétaire géne'ral de la Société' chi-
mique, lauréat de l'Institut.
Biaise (Louis-Nicolas-Désiré), lieutenant de vaisseau , comman-
dant la Cigogne au Congo français.
L'abbé Bonno (Alfred-Michel), secrétaire de la Société d'histoire
et d'archéologie de Provins, correspondant du Ministère de l'In-
struction publique.
Bontemps de Mensignac, conservateur du Musée archéologique
de Bordeaux.
Bourgeois (Paul), secrétaire général du Photo-Club de Paris.
Bousrez (Louis), membre de la Société archéologique de Tou-
raine.
Le docteur Chotard (Georges-Williara-Henri), membre de la
LXII
Société de médecine de Caeii et du Calvados, à Greuliy (Calva-
dos).
Le docteur Decaux (Charles), médecin aide-major de i" classe.
Delapoix de Fre'minville-Nugue (Marie-Joseph-Eugène-Frédé-
ric), docteur en droit, correspondant du Ministère de l'Instruction
publique, archiviste du département de la Loire.
Drake del Gastillo (Emmanuel), membre de la Société bota-
nique de France.
Dupont (Henri-Eugène), membre de la Société de topographie
de France.
Froideveaux (Henri-Léon-Marie), docteur es lettres, membre
de la Société de géographie de Paris.
Gautier (Emile-Félix), chargé de missions scientifiques à Mada-
gascar.
Girault (Arthur), membre de la Société d'économie politique et
de la Société des études coloniales.
Granger (Albert- Alexandre), membre de la Société chimique de
Paris.
Guilleminot (René), membre de la Société française de photo-
graphie.
Hélo, capitaine au 61" régiment d'infanterie.
Herrc-Wyn (Gustave- Jean-Edmond), secrétaire de la Société
académique indo-chinoise de France.
Lachouque (Marie-Honoré-Georges), capitaine d'infanterie, au
service géographique de l'armée, chef de brigade topographique.
Lallier (Pierre), docteur en droit, membre de la Société de lé-
gislation comparée.
Le Breton (Fernand- Joseph), capitaine d'infanterie , au service
géographique de l'armée, chef de brigade topographique.
Lefèvre (Léon), préparateur de chimie à l'Ecole polytechnique.
Longuemare (Paul de), membre de la Société des beaux-arts de
Caen.
Mabille (François- Alexandre), architecte de Port- Royal des
Champs.
xMahé (Pierre-Marie), membre de diverses sociétés savantes de
Paris et des départements.
Mangeant (Paul-Emile), membre de la Société des antiquités et
des arts de Seine-et-Oise.
Massillon-Rouvet, correspondant du Comité des sociétés des
LXIII
beaux-arts des de'partements , membre de ia Société académique du
Nivernais.
Molins (Louis), lieutenant au U^ régiment de tirailleurs algé-
riens.
Perrot (Emile-Constant), secrétaire général de la Société rayco-
logique de France.
Prudhommc (Henri-Dieudonné-Josepli-Marie) , docteur en droit,
membre de la Société de législation comparée.
Ransson (Georges-Antoni-Augustin), membre de l'Académie des
sciences , lettres et arts d'Amiens.
Roubv (Jean-Simon-Emmanuel-Georges), capitaine d'infante-
rie, attaché au service géographique de l'armée.
Rousseau (César-Philippe), membre de la Société française des
ingénieurs coloniaux.
L'abbé Sabarthès (Antoine-Auguste), membre de la Commission
archéologique de Narbonne et de la Société des sciences et arts de
Carcassonne.
Sordes, capitaine commandant l'atelier de travaux publics à
Orléansville.
Le docteur Suard (Marie -Eugène -Paul), médecin de i""" classe
de la marine.
Suricaud (Jean), membre de la Société des études historiques
et de la Société philotechnique.
Tinel (Edouard-Raoul), capitaine d'infanterie au service géo-
graphique de l'armée.
Le Secrétaire de la Section d'Archéologie,
R. DE Lasteyrie,
Membre du Comilé.
SEANCE DU 17 AVRIL 1895.
SOIR.
PRÉSIDENCE DE M. ALEXANDRE BERTRAND.
La séance est ouverte à 3 heures.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance.
M. Joseph Berthelb, correspondant du Comité à Montpellier,
demande à publier dans la collection des documents inédits un re-
cueil de textes relatifs à l'histoire de l'industrie campanaire en
France, du xiii* au xvi* siècle. L'examen de cette proposition est
renvoyé à une commission composée de MM. de Barthélémy, Cou-
rajod et Guiffrey.
M. DE Laigue, correspondant du Comité à Rotterdam, adresse
une lettre relative à des statuettes et à des fragments de groupes
en terre cuite , provenant des fouilles exécutées dans le Mar Piccolo
de Tarente, pour l'installation d'un arsenal militaire. — Renvoi
à M. Salomon Reinach.
Le Comité reçoit en communication une circulaire que M. le Mi-
nistre de l'Instruction publique vient de faire adresser aux insti-
tuteurs pour les aider dans les recherches des stations et des in-
struments préhistoriques. Le Comité, après avoir examiné le texte
de cette circulaire et les planches explicatives qui y sont annexées,
croit devoir émettre le regret qu'on ne l'ait pas consulté plus tôt ,
car des erreurs assez graves se sont glissées dans le texte de cette
circulaire ou dans les légendes qui accompagnent les planches.
Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au
Comité par leurs auteurs :
1° Une église rurale du moyen âge jusqu'à nos jours [Villers-devant-le-
Thour)\ 3° Les arquebusiers de Rethel, par M. Jadart.
LXV
1° Les Séguviens : la civitas Aregenuae; a" Les Coriosoliles , Reginea
Fano Martis et Coriallo; 3° Description des ruines romaines d'Oisseau-le-
Pelil [Sarthe); à" Le camp des Provenchères , son temple, sa citadelle, la
voie romaine de Juliomagus à Condate; 5" La civitas Ouagoriton à Ois-
seaii-Je-Petit ; 6° Les dalles tumnlaires de Rouessc-Vassé; j° La ville rouge
à Teunie; 8" Le temple romain de h, Fretinière; g" La vérité sur le cas-
tram de Juhlains, de M. F. Liger.
Histoire numismatique du Barrois : monnaies des comtes et des ducs
de Bar, par M. Maxe-Werly, membre non résidant du Comité.
Les médailleurs lyonnais, par M. Natalis Rondot, membre non ré-
sidant du Comité.
A propos d'une inscription angevine, par M. l'abbé LJrseau, corres-
pondant du Comité à Angers.
Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale et des
remerciements seront adressés aux auteurs.
M. Alexandre Bertrand rend compte sommairement de deux com-
munications de M. de Laigue, relatives à une hache en diorite,
conservée au Musée municipal de Rotterdam, et à des balles de
(ronde. A la première de ces communications est jointe une aqua-
relle, dont le Comité décide le dépôt au Musée de Saint-Germain.
Quant à la seconde, il est difficile d'en juger sans avoir examiné
les objets eux-mêmes pour en apprécier l'authenticité.
M. GuiFFREY lit un rapport sur le projet de publication pre'senté
par M. F. Engrand, d'un inventaire des tableaux de la Couronne
(1683-1792).
Le Comité adopte cette idée en principe, mais attendra pour la
consacrer par un vote ferme que le plan de la publication ait été
examiné en détail par la Commission des inventaires.
M. DE Barthélémy rend compte des dernières fouilles exécutées
au mont Beuvray par M. Bulliot. M. Rolland, ingénieur des mines,
a examiné le conduit dans lequel M. Bulliot a cru reconnaître les
restes d'une installation métallurgique; mais les conclusions de
cet ingénieur ne sont point assez précises pour que l'on puisse
considérer comme acquises les hypothèses de M. Bulliot. 11 y a
donc lieu d'attendre de nouvelles constatations sur le terrain avant
de se prononcer.
Archéologie. e
— LXVI
M. Edmond Le Blam revient sur une communication faite au
Congrès des Sociétés savantes, en 189 5, par M. Auguste Nicaise.
Il s'agit d'un fragment de poterie rouge de l'époque galio-romàine
sur lequel sont représentés des condamnés livrés aux bêtes. M. Le
Blant remettra pour le Bulletin une note sur ce curieux frag-
ment (^l
M. Gustave Schlumberger rend compte d'une notice envoyée par
M. Paul Lafont sur deux églises des environs de Barèges. L'étude
dont il s'agit se recommande par beaucoup de conscience et de pré-
cision. Malheureusement les édifices auxquels elle se rapporte sont
de bien petite importance. Elle sera donc mieux à sa place dans
quelque revue locale que dans le BuUetin du Comité.
La séance est levée à li heures.
Le Secrétaire de lu Section d'archéulogie,
R. DE Lasteyrie,
Membre du Comité.
(0
Voir ci-après, p. ^5, le lexle de celle communication.
LXVII
SEANCE DU 11 MAI 1896.
PRÉSIDENCE [DE M. ALEXANDRE BERTRAND.
La séance est ouverte à 3 heurcB,
■ Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le Secre'taire donne lecture de la correspondance :
M. Le'on Plançouard, membre de la Commission départementale
des antiquités et arts de Seine-et-Oise , envoie une note sur le
château d'Artie-en-Vexin, avec cartes, plans et vues. — Renvoi à
M. Longnon.
M. de Laigue, correspondant du Comité à Rotterdam, envoie
deuK dessins, dont le Comité' décide, séance tenante, le dépôt au
Musée de Saint-Germain.
Le président de la Société archéologique de la Corrèze adresse
au Comité une demande de subvention pour Timpression d'un ou-
vrage sur l'abbaye de Moissac et son cloître. — Renvoi à M. de
Lasteyrie.
M. Maxe-Werly, membre non résidant du Comité, adresse un
travail intitulé : Inventaire de Yolande de Flatidre, duchesse de Bar. —
Renvoi à M. Guiffrey.
M. Rabelon, membre du Comité, dépose sur le bureau V Annuaire
des musées archéologiques des départements , dont il vient d'achever lu
publication.
Est offerte également au Comité, par M. de Raye, une brochure
intitulée : Sépulture du x^ siècle à Kiev.
Ces livres seront déposés à la Ribliothèque nationale.
MM. DE Rarthélemv, Courajod et Guiffrey rendent compte d'un
projet de publication de M. Berthelé intitulée Recueil de textes relatifs
à l'histoire de Vindustrie campanaire en France du xiif au xYiii' siècle.
Ils en reconnaissent l'utilité et seraient disposés à en proposer
l'impression à condition que l'auteur consentît à apporter certaines
LXVIII
modifications à son travail. Un extrait du rapport sera communiqué
à M. Berthele' parles soins de T Administration.
M. MûiNTz propose d'insérer au Bulletin une note de M. Tabbé
Fillet sur le mobilier du moyen âge dans le sud-est de la France;
mais il demande que lors de l'impression, les épreuves soient sou-
mises à un spécialiste pour la correction de certains termes tech-
niques^^'.
M. Salomon Reinach rend compte d'une note de M. de Laigue
sur deux terres cuites trouvées à Tarente dans le Mar Piccolo,
vers i885. Ce sont des poids de filet, affectant la forme de
demi-ellipses et percés à la partie supérieure , c'est-à-dire près du
bord convexe, de deux trous. L'un de ces poids présente, sur les
deux faces, l'image d'un dauphin; sur le second, on voit, d'une
part, Scylla tenant un gouvernail; de l'autre, deux têtes. Les
dessins communiqués par M. de Laigue ne se prêtent malheureu-
sement pas à la reproduction.
M. MiJNTz lit un rapport sur une demande de souscription adres-
sée au Ministère de l'Instruction publique.
Le Comité s'occupe ensuite de la rédaction du programme à en-
voyer aux Sociétés savantes en vue du Congrès de 1897. 11 en
décide l'insertion à la suite du procès-verbal de la séance.
La séance est levée à U heures.
Le Secrclairs de la Seclion d'aychéologie ,
R. DE Lasteyrie,
Membre du Comité.
Voir ci-après, p. 55, le lexle de colle communication.
LXJX
PROGRAMME
DU
CONGRÈS DES SOCIÉTÉS SAVANTES
POUR 1897.
I. — ARCHEOLOGIE PREHISTORIQUE.
1° Compléter la liste des monuments mégalithiques relevés dans
chaque département.
Deux listes de ces monuments ont déjà été dressées, la première par
la Commission de topographie des Gaules (Al. Bertrand, Archéologie
celtique et gauloise, a'e'dit., p. A3o), la seconde par la Société d'an-
thropologie {Bulletin de la Société, 1880, p. Qh). Prendre ces relevés
pour base des recherches nouvelles.
2° Dresser la liste des monuments mégalithiques, par régions,
pour les colonies françaises, en particulier pour l'Afrique et Mada-
gascar.
3° Faire, pour chaque département, un relevé des sépultures
préromaines en les divisant en deux catégories : sépultures par in-
humation, sépultures par incinération.
li° Signaler dans chaque arrondissement les monnaies gauloises
qu'on y recueille dispersées isolément sur le sol.
Il importe de relever. et de dt^crire non seulement les pièces rares ou
inédites, mais surtout celles qui sont connnunes, et qu'on connaît par
des exemplaires déjà publiés ou conservés dans les musées et les col-
lections. C'est en signalant les pièces qu'on trouve plus abondamment
et plus particulièrement dans telle ou telle région ou localité qu'on
parviendra à fixer et à préciser l'attribution de nombreux gi'oupes de
monnaies gauloises qu'on hésite à donner à des peuples voisins et
dont l'origine est encore plus ou moins incertaine. Ce relevé, fait avec
soin dans tous les départements, permettrait de dresser définitivement la
carte numismatique de la Gaule.
II. — ARCHÉOLOGIE ROMAINE.
5° Rechercher les sarcophages ou fragments de sarcophages
sculptés, d'origine chrétienne ou païenne, non encore signalés,
qui peuvent exister dans des collections publiques ou dans des pro-
priétés particulières.
6° Signaler en France et dans l'Afrique française les mosaïques
antiques ou du moyen âge non relevées jusqu'à cette heure et dont
on possède soit les originaux, soit d'anciens dessins.
7° Relever les documents épigraphiques ou archéologiques
(statues, statuettes, has-reliefs, bronzes, ustensiles, etc.) qui sont
signalés dans des livres ou des manuscrits comme existant dans
une collection publique ou privée et dont la trace est aujourd'hui
perdue.
8° Signaler en France ou en Afrique les découvertes récentes
de constructions d'époque romaine ( temples , théâtres , villas , fermes ,
édifices militaires, etc.).
9° Rechercher les centres de fabrication de la céramique dans la
Gaule et dans l'Afrique ancienne; voir si les anciens établissements
de potiers n'ont pas survécu à l'époque antique et persisté à travers
le moyen âge.
10° Etudier les pierres gravées inédites qui se trouvent, en
France, dans les musées ou les collections particulières. En faire
connaître les sujets, les inscriptions, les dimensions et la matière.
Comprendre dans ces relevés les pâtes de verre antique, qui étaient
des reproductions de pierres gravées. Etendre cette recherche au
moyen âge et à la renaissance.
Cette élude devra être accompagnée des empreintes des pierres gra-
vées, de préférence à des dessins ou à des images quelconques.
III. — ARCHÉOLOGIE DU MOYEN AGE.
11° Signaler, par département, les sources ou les fontaines qui
ont été au moyen âge ou sont encore de nos jours un objet de dé-
LXXl
votion ou un lieu de pèlerinage. Indiquer le saint sous le vocable
duquel elles sont placées, les jours et les cérémonies du culte qui
s'y pratique, etc. Examiner si ces coutumes pieuses ne sont pas
des survivances antiques.
1 9° Etudier les monnaies françaises inédites récemment décou-
vertes, qui appartiennent à la période comprise entre les temps
mérovingiens et le xvi' siècle. S'attacher surtout aux monnaies fe'o-
dales.
13° Dresser la liste, avec plans et dessins à l'appui, des édifices
chrétiens et des monuments sculptés d'une province ou d'un dépar-
tement réputés antérieurs à l'an looo.
t!i° Rechercher les documents concernant les ateliers moné-
taires de province, leur fonctionnement, leur organisation; recueil-
Hr les souvenirs archéologiques relatifs aux hôtels oii ils étaient
installés.
i5° Étudier les caractères qui distinguent les diverses écoles
d'architecture religieuse à l'époque romane, en s'altachant à
mettre en relief les éléments constitutifs des monuments (plans,
voûtes, etc.).
Cette question , pour la traiter dans son ensemble , suppose une con-
naissance générale des monuments de la France , qui ne peut s'acquérir
que par de longues éludes et de nombreux voyages. Aussi n'est-ce point
ainsi que le Comité la comprend. Ce qu'il désire, c'est provoquer des
monographies embrassant une circonscription donnée , par exemple un
département, un diocèse, un arrondissejnent , et dans lesquelles on pas-
serait en revue les principaux monuments compris dans cette circonscrip-
tion, non pas en donnant une description détaillée de chacun d'eux, mais
en cherchant à dégager les éléments caractéristiques qui les distinguent
et qui leur donnent un air de famille. Ainsi, on s'attacherait à recon-
naître quel est le plan le plus fréquemment adopté dans la région; de
quelle façon la nef est habituellement couverte (chai-penle apparente,
voûte en berceau plein cintre ou brisé, croisées d'ogives, coupoles);
comment les bas côtés sont construits; s'ils sont ou non surmontés de
tribunes, s'il y a des fenêtres éclairant directement la nef, ou si le jour
n'entre dans l'église que pai- les fenêtres des bas côtés; quelle est la
forme et la position des clochei's; quelle est la nainre des riiatériaux
— LXXIl
employés; enfin, s'il y a un style d'ornementation particulier, si certains
détails d'ornement sont employés d'une façon caractéristique et con-
stante, etc.
16° Rechercher, dans chaque département ou arrondissement,
les monuments de l'architecture militaire en France aux diverses
époques du moyen âge. Signaler les documents historiques qui peu-
vent servir à en déterminer la date. Accompagner les communica-
tions de ce genre de dessins et de plans.
17° Signaler, dans chaque région de la France, les centres de
fahrication de Torfèvrerie pendant le moyen âge. Indiquer les carac-
tères et tout spécialement les marques et poinçons qui permettent
d'en distinguer les produits.
Il existe encore dans un grand nombre d'églises , principalement dans
le Centre et le Midi, des reliquaires, des croix et autres objets d'orfè-
vrerie qui n'ont pas encore été étudiés convenablement, qui bien sou-
vent même n'ont jamais été signalés à l'attention des archéologues. Il
convient de rechercher ces objets, d'en dresser des listes raisonnées,
d'en retracer l'histoire, de découvrir où ils ont été fabriqués, et, en les
rapprochant les uns des autres, de reconnaître les caractères propres
aux différents centres de production artistique au moyen âge.
18° Recueillir des documents écrits ou figurés intéressant l'his-
oire du costume dans une région déterminée.
Au moyen âge, il y avait dans beaucoup de provinces des usages
spéciaux qui influaient sur les modes. Ce sont ces particularités locales
qu'on n'a guère étudiées jusqu'ici. Il serait intéressant d'en rechercher
la trace sur les rûonuments.
19° Dresser, pour un département, un arrondissement ou un
canton, la liste des objets intéressant l'histoire ou l'archéologie qu'il
conviendrait de mettre sous la sauvegarde de la loi du 3o mars
1887.
La loi du 3o mars 1887 a décidé qu'il serait fait un classement des
objets appartenant à l'Etal, aux communes, aux fabriques et autres éta-
blissements publics, dont la conservation présente un rr intérêt nationale
au point de vue de l'histoire ou de l'art. La Commission des monuments
historiques, chargée de faire ce classement, ne peut, par ses seuls
moyens, arriver à découvrir tous les objets curieux qui gisent ignorés
. clans le fond do nos campagnes, et chaque jour l'incurie de ceux qui en
LXXIU
ont la garde, la rapacité des brocanteurs, le mauvais goût de gens zélés
mais ignorants, font disparaître ou dénaturer les monuments les plus
précieux. C'est aux archéologues habitant la province de se faire les dé-
fenseurs de ces richesses, d'en dresser la liste, d'en apporter des photo-
graphies et des dessins au Comité , qui se fera un devoir de les publier
et qui sera heureux de servir d'intermédiaire entre la Commission des
monuments historiques et les personnes qui ont souci de sauvegarder
cette part trop peu connue du patrimoine national.
IV. — ARCHÉOLOGIE ORIENTALE ET HÉBRAÏQUE.
90° Rechercher les épitaphes, inscriptions de synagogues, graf-
fites en langue et en écriture hébraïques qui n'ont pas encore été
signalés ou ont été imparfaitement publiés jusqu'à présent.
91° Rechercher les inscriptions arabes, épitaphes, dédicaces de
mosquées, légendes de portes, de minbar, etc., antérieures à la
conquête turque, qui se trouvent dans nos colonies, en particulier
en Algérie et en Tunisie.
LXXIV
SÉANCE DU 8 JUIN 1896.
PRÉSIDENCE DE M. ALEXANDRE BERTRAND.
La séance est ouverte à 3 heures.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le Président rappelle en quelques mots la perte que le Co-
mité vient de faire en la personne de M. de La Blanchère.
M. Héron de Villefosse, président de la Commission de l'Afrique
du Nord , lit à ce propos la notice nécrologique suivante :
tt Messieurs ,
«La nouvelle de la mort de René de La Blanchère nous a surpris
comme un coup de foudre; elle nous a tous profondément émus et
attristés. Au nom de la Commission de l'Afrique du Nord, dont il
était un des membres les plus actifs, au nom de tous ceux qui s'in-
téressent aux études africaines, je tiens à lui adresser une parole
d'adieu.
ffEn sortant de l'École normale, René de La Blanchère fut en-
voyé à Rome. Les années passées à notre École française d'archéo-
logie développèrent en lui le goût des recherches pratiques : ses
travaux sur Terracine, sur les marais Pontins, sur les procédés
de drainage dans les campagnes latines, attirèrent l'attention de
ses maîtres. Un voyage dans la province d'Oran le mit en contact
avec l'Afrique. Il n'eut pas de peine à comprendre et à aimer ce
pays, où les Romains avaient laissé des marques encore si vivantes
de leur grandeur et de leur puissance. Il s'y attacha complètement;
il lui consacra toutes ses forces et toute son intelligence. Après
l'établissement du protectorat français en Tunisie, il eut l'honneur
d'être choisi pour organiser dans la Régence le service des anti-
quités et des arts. Investi de ces fonctions cT un âge où , d'ordinaire,
on connaît rarement les soucis et les dangers de la responsabilité,
il se montra à la hauteur de sa tâche et sut la remplir avec une
consciencieuse activité, sans se laisser surprendre parles difficultés,
LXXV
ni arrêter parles obstacles. L'inauguration solennelle du Musée du
Bardo, en 1888, en apporta la meilleure preuve. Le jour de cette
inauguration fut pour le jeune archéologue un jour de triomphe et
de joie : un de ses maîtres les plus aimés, un de ceux qui avaient
pu apprécier ses travaux avec le plus de compétence, lui appor-
tait, au nom du gouvernement français, la croix de la Légion
d'honneur.
rr Depuis cette époque, il ne vécut plus que pour les antiquités
africaines. Personne ne peut oublier les services qu il a rendus.
Dans les moments de calme que lui laissaient ses fonctions actives, il
rédigeait les relations de ses fouilles, il composait des mémoires
d'archéologie pratique dont les résultats devaient servir aux pro-
grès de la colonisation , il entreprenait la description des musées
organisés par ses soins et dont il connaissait si bien toutes les ri-
chesses. L'avenir lui souriait et s'ouvrait devant lui plein de pro-
messes et d'espérances. Il avait le droit de compter encore sur de
longs jours pour réaliser les projets qu'il avait conçus, lorsque la
mort est venue le frapper d'une façon tout à fait soudaine et pré-
maturée. A l'émotion que nous en éprouvons se joint le regret de
penser que René de La Blanchère emporte avec lui le secret des
nombreux travaux qu'il avait commencés.
ff Une mère désolée pour qui il s'est toujours montré le plus tendre
et le plus dévoué des fils, a la douleur de lui survivre. Si quelque
chose peut adoucir désormais l'amertume de sa vie, ce sera la
pensée que l'œuvre entreprise par son fils sera continuée comme
une œuvre patriotique et nécessaire. Que cette mère infortunée re-
çoive l'expression de nos plus respectueuses sympathies et l'assu-
rance du souvenir que nous consacrons à celui qui n'est plus.
Le nom de René de La Blanchère restera attaché à cette grande
publication des Musées de V Algérie dont il fut l'inspirateur et dont
il avait la direction; il restera également attaché à l'exploration
scientifique de l'Afrique dont il a été un des membres les plus la-
borieux, les plus actifs et les plus heureux, w
M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance :
M. Maxe-Werly, membre non résidant du Comité, à Bar-le-Duc,
envoie une notice relative aux armes de France représentées sur
les portes de la ville de Bar et sur les vitraux de Saint-Pierre. —
Renvoi à M. de Barthélémy.
Sont déposés sur io bureau les ouvrages suivants offerts au Co-
mité par leurs auteurs :
V ancienne châsse de Saint-Remi , œuvre d'Antoine Lespicier, orfèvre
rémois (16^3-1798), par MM. Givelet, Jadart, Demaison, mem-
bres de l'académie de Reims.
V église de Larchant, par M. Eugène Thoison.
Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale et des
remerciements seront adressés aux auteurs.
M. Anatole de Barthélémy lit un rapport sur une demande de
subvention formée par la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, à
Teffet de poursuivre dans ce département l'étude des monuments
mégalithiques. — Le Comité émet un avis favorable.
M. DE Barthélémy lit un autre rapport sur une communication
de M. Tabbé Bonno, relative à trois monnaies gauloises en bronze
trouvées dans la ville de Provins, et à une monnaie en argent dé-
couverte à Bray-sur-Seine.
ffM. l'abbé Bonno, au dernier Congrès des Sociétés savantes, a
apporté un inventaire descriptif des monnaies gauloises dont la
présence lui a été signalée dans le département de Seine-et-Marne.
C'est une très utile contribution qu'il a apportée pour faciliter le
classement de ces monnaies très souvent anépigraphes. Aussi le
président de la Section d'archéologie l'invita-t-il en termes pres-
sants à continuer ses recherches et à en informer le Comité.
«Déférant à ce vœu, M. Bonno a envoyé les originaux de quatre
pièces, trois en bronze, trouvées à Provins, et une en argent, prove-
nant de Bray-sur-Seine.
ff La monnaie en argent est un denier de la République romaine,
frappé par L. Mucius Censorinus, qui fut triumvir monétaire vers
l'an 8 k avant J.-C.
ffLa première pièce en bronze est, comme l'a très bien deviné
M. Bonno, de la série attribuée aux Véliocasses, sur le territoire
desquels on la rencontre fréquemment.
rrDes deux autres pièces en bronze, l'une est de Arpi, ville
d'Apulie ; l'autre de Paestum, ville de Lucanie. Ici je crois devoir
faire une observation sur ces deux monnaies qui sont très com-
munes.
LXXVII
ff Je ])ense qu'elles n'ont été trouvées à Pi'ovius qu'accidentelle-
ment. Maintes fois j'ai constaté que l'on se procurait quelquefois
sur les quais de Paris ou chez les marchands, des pièces antiques
communes que l'on débitait ensuite en province comme exhumées
dans une localité déterminée, afin d'exciter la convoitise des cu-
rieux.
tf Je me souviens qu'en Bretagne, on me montra un lot de pièces
en potin, d'empereurs romains, frappées à Alexandrie d'Egypte.
Elles étaient censées trouvées au Coz Yeaudet, localité oij certains
savants du pays voulaient placer un port antique, et ces pièces
servaient d'argument pour prouver qu'il y avait eu un commerce
maritime entre Alexandrie et l'Ârmorique septentrionale. Or, ces
pièces avaient dû être achetées à Paris, au poids. En principe,
il faut se méfier, quant à la provenance, des monnaies antiques
des villes grecques et latines, présentées comme trouvées dans le
sol gaulois.
rM. Bonno rendra service à la science en signalant, comme il l'a
encore fait cette fois, les pièces antiques dont il aura connaissance.
Il serait à désirer qu'il eût beaucoup d'imitateurs.»
M. Babelon, chargé d'examiner une demande de subvention de
M. Tournière-Blondeau qui a l'intention de publier un catalogue du
Musée de Péronne, propose au Comité de rechercher les moyens de
publier les catalogues de tous les musées archéologiques et scienti-
fiques de province. Cette idée obtient l'assentiment du Comité, qui
décide de la soumettre à l'examen de la Commission des musées.
En attendant, le Comité estime qu'il y a lieu d'accueillir favorable-
ment la demande de subvention formée par M. Tournière-Blondeau.
M. CouRAJOD, revenant sur une publication projetée de M. Ber-
thelé relative à l'industrie des cloches, explique que l'auteur, se
rendant aux désirs du Comité, a modifié son plan dans le sens qui lui
a été indiqué et se prépare à refaire son ouvrage. Sur l'avis de plu-
sieurs membres, il est décidé qu'on priera M. Berthelé d'envoyer
un spécimen de son travail avant de le laisser s'y engager à fond.
M. GuiFFREY rend compte d'une communication de M. Maxe-
Werly, correspondant du Comité àBar-le-Duc, relative à un inven-
taire de Yolande de Flandre, comtesse de Bar, en iSgô :
«Cet inventaire offre peu d'intérêt; les objets qu'il mentionne
LXXVIIl
sont éuumérés sans description, sans aucun détail. Mais comme le
texte est court, convenablement annote' par un correspondant très
ze'lé, il y a lieu de l'insérer dans le BuUelin, où il n'occupera pas
plus de trois ou quatre pages. La notoriété du personnage en ques-
tion justifierait au besoin la mesure proposée -^ (^l
M. DE Lasteyrie lit un rapport sur une demande de subvention
formée par la Société' historique et archéologique de la Corrèze, à
l'effet de publier une monographie détaillée de l'abbaye de Moissac,
accompagnée de nombreuses planches. — Le Comité émet un avis
favorable.
M. DE Làsteybie Ht un autre rapport sur une demandé formée
par M. Perroud, recteur de l'Académie de Toulouse, à l'effet d'ob-
tenir du Ministère les fonds nécessaires pour la reprise des fouilles
de Martres-Tolosanes. — Le Comité estime qu'il y a lieu de laisser
à l'initiative des sociétés savantes de la région le soin de reprendre
ces fouilles; le Ministère ne manquera pas d'accorder une subven-
tion, si les recherches entreprises par ces sociétés amènent quel-
ques résultats.
M. Salomon Reinach donne lecture du rapport suivant sur une
communication de M. de Laigue, consul de France à Rotterdam :
«Notre infatigable correspondant, M. de Laigue, consul général
de France à Rotterdam, nous adresse un volumineux mémoire sur
les Friso-Rataves, que le département do l'Instruction publique l'a,
dit-il, encouragé à rédiger, par dépêche du lo mars 1895.
cfCe mémoire, rempli de faits intéressants et peu connus, ne se
prête cependant pas à la publication. Il faudrait, pour que l'im-
pression même partielle pût en être ordonnée, faire subir au ma-
nuscrit de M. de Laigue des modifications profondes, portant au-
tant sur la forme que sur le fond. On peut même se demander si
le Ministère de l'Instruction publique a raison d'encourager la ré-
daction de travaux aussi volumineux , touchant à des questions mul-
tiples, que l'auteur, même le plus consciencieux, ne pourrait pas
traiter toutes avec une égale compétence et sans emprunter, plus
que de raison, aux ouvrages de seconde main.
''* Voir ci-après, p. tiS, ie texte de cette comniuiiicatiou.
LXXIX
ffll convient donc de remercier M. de Laigue de son zèle, de
lui exprimer nos regrets de ne pouvoir publier son travail, et de lui
offrir, s'il ne désire pas l'éditer lui-même, de le conserver en ma-
nuscrit dans nos archives, où il pourra être utilement consulté. n
La séance est levée à h heures.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie,
H. DE Lasteyrie,
Membre du Coinilé.
LXXX
SÉANCE DU 20 JUILLET 1896.
PRESIDENCE DE M. ALEXANDRE BERTRAND.
La séance est ouverte à 3 heures.
En l'absence de M. de Lasteyrie, qui s'est fait excuser, M. Babeion
remplit les fonctions de secrétaire.
Le procès-verbal de la séance du 8 juin est lu et adopté.
M. le Président rappelle la perte cruelle faite par la Section
depuis sa dernière séance, dans la personne de notre confrère,
M. Louis Courajod. M. le Président retrace en quelques mots les
services rendus au Comité par notre confrère, la part active qu'il
prenait à nos travaux, et il se fait l'interprète des regrets de la
Section. M. Babeion est chargé de rédiger pour le Bulletin du Co-
mité une notice nécrologique sur Louis Courajod.
M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance :
M. Eugène Thoison, de Larchant (Seine-et-Marne), adresse une
note intitulé : Une curiosité numismatique. — Benvoi à M. Babeion.
M. l'abbé Urseau, correspondant du Comité à Angers, commu-
nique un manuscrit intitulé : Inscriptio7is trouvées sur les insignes
épiscopaux d'Ulger, évêque d'Angers. — Renvoi à M. Mûntz.
Sont déposés sur le bureau divers ouvrages offerts au Comité par
M. H. Bardy, M. l'abbé Bled, M. l'abbé Chevallier, M. le chanoine
Douais, M. Le Clert et M. J. Pilloy.
M. Babelon lit un rapport sur une demande de subvention formée
par la Société archéologique de Touraine, à l'eifet d'exécuter des
fouilles sur l'emplacement du temple gallo romain de Minerve, à
Izeures (Indre-et-Loire). Il conclut au rejet de cette demande de
subvention. Les conclusions du rapporteur sont adoptées à l'una-
nimité par le Comité.
LXXXI '
M. DE Barthélémy iit un rapport sur un mémoire de M. Maxe-
Werly, intitulé : Les armes de France sur les portes de la ville de Bar
et les vitraux de Saint-Pierre. M. de Barthélémy est invité à s'en-
tendre avec Tauteur pour la publication de ce mémoire.
M. LoNGNON lit un rapport sur un travail de M. Léon Plancouard,
intitulé : Les châteaux d'Arties en Vexin.
Conformément à Tavis du rapporteur, le Comité estime que ce
travail serait mieux à sa place dans une revue locale ou dans les
mémoires d'une de nos sociétés de province que dans le Bulletin
archéologique du Comité.
M. Salomon Reinach lit un rapport sur un travail de M. Blan-
cliot, instituteur du département de la Haute-Marne, intitulé :
Recherches archéologiques. Le rapporteur émet le vœu que quelque
ouvrage d'archéologie soit envoyé à M. Blanchot pour encourager
son zèle et faciliter ses recherches.
M. Reinach lit un second rapport sur deux notes de M. Louis
de Laigue , correspondant du Comité à Rotterdam ; l'une est rela-
tive à une épée de bronze trouvée récemment à Onnen, commune
d'Haren, dans la province de Groningue. M. Feith, directeur du
musée de cette ville , a reconnu que l'épée en question était de type
Scandinave. M. de Laigue penche à la considérer comme celtique,
mais cette attribution ne paraît pas admissible.
La seconde note a pour titre : Contribution à V histoire des Frisons
et des Bataves. Sur l'avis du rapporteur, la Section décide le dépôt
aux archives de ces deux mémoires.
M. Edmond Le Blant donne lecture de la note suivante relative
à un vase de terre cuite trouvé dans les fouilles de Vermand et
portant une inscription dont M. Pilloy, dans un travail récent, a
essayé de donner une interprétation :
trEn 1890, notre zélé correspondant, M. Eck, a communiqué au
Comité, pour lui en soumettre l'explication, cette inscription gravée
sur un petit vase de terre cuite trouvé dans les fouilles de Ver-
mand :
DONAVIT
lOVINVS AIlENARlVM(i).
''' Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1890, p. Lx, lxvi
et 4a8.
Archéologie. f
LXXXll
trCe vase vient d'être publié à nouveau par M. Pilloy dans le
troisième fascicule de son intéressant travail sur les lieux de sépul-
ture dans l'Aisne. L'auteur y enregistre, en même temps que la
sienne, les interprétations diverses dont cette légende a été l'ob-
jett'). Aucune n'a satisfait ceux qui les ont proposées et, bien qu'il
en soit autant de celle qui me vient à la pensée, on me permettra
de la joindre aux autres.
ffLe mot ARENAR.IVM me semble, je le dis sous toutes réserves,
pouvoir signifier ici rr poudrier 15 et désigner un récipient fait pour
contenir le sable fin que l'on verse sur l'écriture fraîche. Je confes-
serai tout d'abord que le mot n'existe, en ce sens, ni dans le
lexique du Père De Vit, ni dans celui de Du Gange, et qu'aucune
des miniatures du moyen âge représentant un écrivain à la besogne
ne m'a montré un poudrier à côté du calame, de l'encrier et du
canif-grattoir. Que les anciens aient, comme nous, séché leur écri-
ture avec du sable , on n'en saurait toutefois douter. Nous en avons
pour garant ce gracieux distique gravé sur une coupe de terre jaune
du musée de Cherchel :
Pulveris aurati pluvia sit sparsa papyrus.
Rescribet Danae soUicitata : Veni*^^
ffSi mon interprétation peut être admise, la légende du petit
vase de Vermand nous donnerait un mot inconnu aux lexico-
graphes. 75
M. LE Président présente un manuscrit de M. Rousset, cones-
pondant du Comité à Uzès; ce manuscrit est relatif à la découverte
d'un four de l'époque néolithique. — Renvoi à M. Salomon Rei-
nach.
M. Babelon entretient la Section d'un court voyage d'excursion
qu'il vient de faire dans le département de l'Eure, à Berthouville ,
auprès de Bernay, sur l'emplacement même du temple où eut lieu ,
en i83i, la découverte du fameux trésor d'argenterie dit de Ber-
nay, qui est conservé au Cabinet des médailles. Après avoir rappelé
que les fouilles pratiquées sur ce terrain , tant à l'époque de cette
(') Etudes sur d'anciens lieux de sépulture dans l'Aisne, t. Il, p. igA-aoi, et
pi. VIII, n° 11.
^*) Gauckler, Musée de Cherchel, p. 77.
«
LXXXIIl
découverte qu'en 1861 par les soins de M. Le Métayer-Masselin ,
ont été insuffisantes et incomplètes, M. Babelon insiste sur l'intérêt
qu'il y aurait à déblayer le terrain et à pratiquer de nouvelles
fouilles pour connaître, autant que cela est possible, ce qu'était le
temple de Mercure doté de si riches ex-voto. La découverte récente
d'un pied de vase en argent et de grands blocs architecturaux ornés
de moulures permet de supposer que de nouvelles recherches ne
seraient pas infructueuses. M. Babelon propose, en conséquence,
de demander à M. le Ministre d'encourager les efforts de la Société
archéologique de l'Eure, disposée à entreprendre ces recherches.
La Section émet un vœu favorable à la proposition de M. Babelon
en le chargeant toutefois pergonnellement de s'entendre avec la
Société archéologique de l'Eure pour la direction à donner aux
fouilles et pour la relation qui devra en être faite ultérieurement
à la Section.
La séance est levée à 5 heures.
Pour le secrétaire,
E. Babelon,
Membre du Comité.
LXXXIV
SEANCE DU 16 NOVEMBRE 189().
PRÉSIDENCE DE M. ALEXANDRE BERTRAND.
La séance est ouverte à 3 heures.
Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté.
M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance :
M. G. Barbaud, correspondant du Comité à la Roche-sur- Yon ,
envoie une notice sur la démolition du château de Talmord, en
1628. — Renvoi à M. de Barthélémy.
M. Dergny, membre de la Commission départementale des Anti-
quités de la Seine-Inférieure, envoie une note relative à diverses
inscriptions gothiques recueillies dans les environs de Grapdcourt
(Seine-Inférieure). — Renvoi à M. Chabouillet.
M. Théophile Eck, correspondant du Comité à Saint-Quentin,
envoie une notice sur une sépulture à incinération du m* siècle,
et sur des sépultures mérovingiennes découvertes à Aubigny-en-
Artois (Pas-de-Calais). — Renvoi à M. Salomon Reinach.
M. JuUiot, correspondant du Comité à Sens, envoie une note
sur des inscriptions romaines découvertes en août et septembre
1896 à Saint-Maurice-en-Valais (Suisse). — Renvoi à M. Héron
de Villefosse.
M. de Laigue, consul général de France à Rotterdam, envoie :
1° une note sur le pont romain de Zuylichem, sur le Wahal,
accompagnée d'une brochure de M, W. Pleyte, intitulé : Jets over
de oude Brug te Zuylichem; 2° des dessins représentant une figurine
de bronze trouvée en Toscane; 3° copie d'une inscription romaine
récemment découverte en Andalousie. — Renvoi à M. Cagnat.
M. Masfrand, président de la Société des Amis des sciences et
des arts de Rochechouart, envoie le procès-verbal des fouilles exécu-
tées sur l'emplacement du théâtre gallo-romain de Chassenon, à
l'aide d'une subvention accordée par M. le Ministre de l'Instruction
LXXXV
publique, à la demande du Comité. — Renvoi à M. Héron de ViHe-
Ibsse.
M. Jules Pilloy, membre non résidant du Comité à Saint-
Quentin, envoie une note sur une boucle avec inscription, décou-
verte à Anguilcourt-ie-Sarl, canton de La Fère, et une sur une
plaque de boucle avec emblème religieux. — Renvoi à M. Edmond
Le Blant.
M. Tabbé Urseau, correspondant du Comité à Angers, envoie
un mémoire sur les restes du roi René et d'Isabelle de Lorraine,
et sur le tombeau de l'évêque Ulger, retrouvés dans la cathédrale
d'Angers. — Renvoi à M. de Lasteyrie.
M. Villers, correspondant du Comité à Bayeux, envoie une note
sur une découverte de monnaies françaises faites à Tour, près
Bayeux. — Renvoi à M. Babelon.
Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au
Comité par leurs auteurs :
Starohrvatska Prosvjeta glasilo hrvatskoga starinarskog druztva u
Knime, ureduik joj Frans Radie.
Travaux anciens conservés dans quelques communautés et chapelles de
Beims, par M. Tabbé Cerf.
Le cimetière barbare de Saint-Germain, commune de Saint-Front
[Charente)^ par M. Gustave Chauvet.
Mémoire sur les marbres des Pyrénées, par M. Ch.-L. Frossard.
Le reliquaire de Saint-Victor-de-Montieramé. La bague d'Avitus et
les barbaricaires , par M. J.-B. Giraud.
Les sources de l'histoire du Bas-Bemj aux Archives nationales, par
M. Eugène Hubert.
Les tapissières français en Russie, par M. Veuclin.
L'ordre du jour appelle l'examen des titres des candidats à pro-
poser à M. le Ministre de l'Instruction publique pour deux places
vacantes de membre résidant de la Section d'archéologie du Co-
mité.
Deux listes de trois noms chacune sont dressées au scrutin et
seront soumises au Ministre.
Une commission composée de MM. Héron deVillefosse, Cagnat,
LXXXVI
Salomon Reinach et des membres du bureau est chargée de pré-
parer une liste de candidats au titre de correspondant, qui sera
soumise au Comité dans sa prochaine séance.
M. Babelon rend compte d'une note de M. Thoison, intitulée :
Une curiosité numismatique, et signalant un passage d'un manuscrit
français du xyf siècle, conservé à la Bibliothèque nationale, dans
lequel il est parlé de testons fabriqués sur l'ordre du prince de
CondéW.
M. Babelon lit un rapport sur les fouilles que la Société archéo-
logique de l'Eure a pu entreprendre, grâce à une subvention du
Ministère de l'Instruction publique, à Berthouville (Eure), sur
l'emplacement du temple où fut découvert en i83o le célèbre
trésor connu sous le nom de Trésor de Bernay. La Socie'té a confié
la direction de ces fouilles au P. de la Croix, si expert dans ce
genre de travail :
«Les fouilles sont en cours d'exécution en ce moment, et nous
n'avons encore que des résultats partiels. Néanmoins, voici ce qui
résulte jusqu'ici de cette intéressante exploration.
«Le P. de La Croix a déblayé les substructions de deux édifices
superposés, le second ayant été construit à l'aide des débris du
premier.
ff Le temple le plus ancien se composait d'une grande enceinte
enveloppant une aire de /i,6oo mètres carrés environ.
ff A l'ouest de cette enceinte s'élevaient deux temples : l'un com-
posé de deux rectangles enchâssés l'un dans l'autre. Le rectangle
intérieur (cella) avait près de loo mètres carrés. Un mur le séparait
en deux parties très inégales. La plus petite paraît avoir servi à
cacher les prêtres qui rendaient les oracles. Le rectangle extérieur
[pronaos) couvrait à peu près quatre ares. Il était flanqué, au nord
et au sud, de deux petites chambres qu'on suppose avoir été des
servitudes, et dans lesquelles, peut-être, on déposait les offrandes à
Mercure, telles que le beau trésor trouvé en i83o.
frCe premier sanctuaire était séparé d'un second par un préau de
trois ares.
(f Ce second temple , en forme de rectangle allongé , avait 2 k mètres
sur 6. Un mur séparait la cella du pronaos.
f'' Voir ci-apros le texte in extenso du rapport de M. Babelon.
LXXXVII
ff Autour de ces édifices régnaient des galeries pavées de dalles de
pierres blanches. Dans la partie Est des bâtiments, d'autres gale-
ries, ayant pour limites les murs du péribole, étaient également
pavées en pierre.
ff Toutes ces constructions furent détruites, probablement vers le
milieu ou dans la seconde moitié du m* siècle.
ff Plus tard , une reconstruction partielle eut lieu sur l'emplace-
ment du premier temple ; on éleva alors un nouveau temple plus
petit, avec des murs moins épais; il n'y a plus trace de chambre
ou couloir réservé aux oracles.
ff L'autre temple fut aussi réédifié, avec une cella carrée, à murs
extrêmement épais, et entourée du pronaos.
«Au nord-est de ce sanctuaire on rencontre une tourelle de 3 m. 3 o
de diamètre intérieur; cette tourelle dont la destination est in-
connue, se trouve à cheval sur le mur d'une galerie de première
époque; donc, les galeries n'existaient plus. Les preuves de leur
disparition sont, d'ailleurs, en dehors de celles-là, très nombreuses.
ff Au sud du second temple, et chevauchant sur les constructions
de première époque , on trouve deux hémicycles de seconde date :
s'agil-il d'un petit théâtre, c'est ce qu'on ne saurait dire encore.
En tout cas, les hémicycles coupant la galerie du péribole, ce der-
nier n'existait plus. Le P. de La Croix, dans les derniers jours
d'octobre, poussait activement ses recherches sur ce point.
ff A une distance de i5o mètres environ du temple, le P. de La
Croix a découvert le puits qui desservait ces édifices; il le fait ac-
tuellement déblayer dans l'espoir d'y trouver des débris archéolo-
giques.
ff Enfin, à une centaine de mètres du temple, il existe un petit
monticule rempli de débris antiques, et oiî des sondages ont révélé
des murs d'une certaine élévation, w
La Société archéologique de l'Eure demande au Ministère une
nouvelle subvention pour explorer ce monticule et achever ces
intéressantes fouilles de Berthouville. Le Comité est d'avis d'ac-
cueillir favorablement cette demande.
M. Eugène MïJiNtz rend compte de deux mémoires adressés au
Comité par M. G. Leroy, bibliothécaire de la ville de Meluu.
Le premier est relatif à la petite église de Villiers-en-Bierre, si
humble extérieurement, dit l'auteur, qu'elle se distingue à peine
LXXXVIII
des maisons qui l'entourent. C'est cependant un édifice de la fin du
xuf siècle, d'un fort bon style, et qui s'honore, en outre, de pos-
séder le tombeau de Destouches, l'auteur du Philosophe marié et du
Glorieux.
La description de M. Leroy, sobre et précise, mérite à tous
égards de prendre place dans le Bulletin^^\
Le second mémoire envoyé par M. Leroy est consacré à l'étude
des vitraux de l'ancienne collégiale Saint-Martin de Champeaux-en-
Brie. Il s'agit de vitraux des xv* et xvi" siècles, qui garnissaient
autrefois les cinquante -deux fenêtres de l'église et dont il ne sub-
siste que des fragments. Notre correspondant nous fait connaître
les noms des verriers à qui l'on doit cet important ensemble. En
s'aidant d'une description manuscrite, faite en i635, et de divers
travaux plus récents, il a pu reconstituer cette vitrerie telle qu'elle
était autrefois. Elle comprenait des scènes des évangiles, de la Vie
des saints et beaucoup de figures isolées, soit de saints, soit de
donateurs.
Ce mémoire , composé avec beaucoup de soin , mérite de prendre
place dans le Bulletin avec le plan que M. Leroy a pris soin d'y
joindre ^~\
M. MiJMz , chargé également de l'examen d'une note de M. l'abbé
Urseau, relative aux inscriptions gravées sur les insignes épisco-
paux trouvés dans le tombeau de l'évêque Ulger, à Angers , propose
le renvoi de cette note à M. de Lasteyrie, déjà chargé de l'examen
d'une autre communication émanant du même correspondant. —
Adopté.
M. Salomon Reinach lit un rapport sur une communication de
M. Rousset, correspondant du Comité à Uzès, relative à des anti-
quités découvertes auprès de cette ville (^l
M. Philippe Berger rend compte, au nom de la Commission de
l'Afrique du Nord, de la communication suivante :
M. Louis Bertrand a adressé au Comité le croquis et l'estampage
d'une inscription libyque découverte au lieu dit Praxbourg, à 18 ki-
lomètres de Philippeville.
'') Voir ci-après, p. 116, le texte de cette communication.
^'' Voir ci-après, p. 101, le texte de cette communication.
> W V^oir ci-après, p. 121, le texte de ce rapport.
LXXXIX
Cette inscription est gravée à la partie supérieure d'une stèle en
schiste gris jaunâtre très argileux; elle est aujourd'hui au Musée
de Philippeville. C'est une épitaphe composée des noms du défunt
et de son père, séparés par le mot ou rfils de; mais l'inscription
suit le contour de la pierre, el le sens dans lequel elle doit se lire
n'est pas certain à première vue. Il conviendrait d'attendre un meil-
leur estampage pour être fixé sur la valeur exacte des différents
caractères. Nous demandons qu'en atteudant, l'estampage et le cro-
quis soient transmis à la Commission du Corpus inscriptionum semi-
ticarum.
MM. de Lasteyrie et Mïjntz lisent des rapports sur des demandes
de souscription.
La séance est levée à 5 heures un quart.
Le Secrétaire de la Section d' archéolog'e ,
R. DE Lasteyrie,
Meml^re du Comilé.
xc
SÉANCE DU U DÉCEMBRE 1896.
PRÉSIDENCE DE M. ALEXANDRE BERTRAND,
La séance est ouverte à 3 heures.
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté.
M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance :
M. de Grandmaison , correspondant du Comité à Tours, envoie
une notice sur Jean Papin , maître de l'œuvre de la cathédrale de
Tours (1^73). — Renvoi à M. Mûntz.
M. le capitaine Hannezo, correspondant du Comité à Bergerac,
envoie la photographie d'un fragment de monument en pierre pro-
venant de Montauban et d'un sceau trouvé dans une liasse de par-
chemins à Veynes (Hautes-Alpes). — Renvoi à M. Schlumberger.
M. des Méloizes, correspondant du Comité à Bourges, adresse
une note sur une œnochoé en bronze acquise par le Musée de
Bourges. — Renvoi à M. Saiomon Reinach.
M. Pitre de Lisle envoie un rapport sur des découvertes faites en
Loire pendant l'année 1896. — Renvoi à M. de Lasteyrie.
M. de Laigue, correspondant du Comité à Rotterdam, envoie une
note sur une inscription latine découverte dans la sierra de Hor-
tales. — Renvoi à M. Cagnat.
M. de Lasteyrie présente au Comité de la part de M. de Farcy, la
copie d'une lettre de Charles, duc d'Anjou et de Valois, contenant
engagement de divers bijoux, et une copie d'un inventaire du trésor
de la cathédrale de Bayeux. — Renvoi à la Commission des inven-
taires.
M. Parât envoie un rapport sur des fouilles faites dans les grottes
de la Cure (Yonne). — Renvoi à M. Reinach.
M. Tavoillot envoie un rapport sur la fouille d'une sépulture
préhistorique aux Boutards (Seine-et-Oise). — Renvoi à M. Ber-
trand.
XCI
La Société archéologique de Rochechouart sollicite une subven-
tion pour faire des fouilles à Chassenon. — Renvoi à M. Longnon.
M. Corot sollicite une subvention pour fouiller un tumuius à
Minot (Côle-d'Or). — Renvoi à M. Salomon Reinach.
Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité
par leurs auteurs :
1° Carnet de voyage d'un antiquaire poitevin;
2° Notice sur les anciens inventaires des archives municipales de Mont-
pellier, par M. Joseph Berthelé.
A propos des notes archéologiques du /?. P. de la Croix sur l'église de
Saint-Florent près Niort, par M. Tabbé Largeauit.
Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale et des
remerciements seront adressés aux auteurs.
M. DE Barthélémy donne lecture du rapport suivant :
crM. Barbaud, archiviste du département de la Vendée et corres-
pondant du Ministère, a envoyé au Comité la copie de plusieurs
documents relatifs au démantèlement du château de Talmont, en
septembre 1628. Cette place appartenait alors à Henri de La Tré-
moille qui avait abjuré le protestantisme entre les mains du car-
dinal do Richelieu, pendant le siège de La Rochelle. Richelieu
paraît avoir pris cette mesure officiellement pour ne pas laisser en
état de défense une forteresse qui pouvait tomber au pouvoir des
Anglais. On peut croire aussi que la récente abjuration du duc de
ïhouars n'inspirait pas au cardinal une confiance assez complète
pour laisser une forteresse de cette importance aux mains du nou-
veau converti.
tf Des trois pièces transcrites par M. Barbaud , il y en a une qui me
paraît particulièrement intéressante : c'est le procès-verbal du 7 sep-
tembre 1628 constatant les travaux de démolition jugés nécessaires.
Il contient, par le fait, une description complète de l'ancien château
de Talmont et l'exposé des mesures prises pour le démantèlement.
Ce document pourrait être publié avec la notice que M. Barbaud a
placée en tête.
ffLes deux autres pièces méritent simplement d'être mentionnées
ici. L'une, du 27 février i63o, est la déclaration de la démolition
certifiée par le comte de Brassan, lieutenant général du roi en
Poitou; Taulre, sans date , est une roquéte par laquelle ie duc do
La Trémoille demande une indemnité de 100,000 francs que le
Conseil d'Etat lixe à 5o,ooo livres par un arj'êt du 8 avril i63/i
homologué par le Roi. »
M. Babelon donne lecture d'un rapport sur une découverte de
monnaies françaises par M. G. Villers :
ff A peu de distance du hameau de Fumiclion, commune de Tour,
près Bayeux (Calvados), au mois de juin 1896, un ouvrier tra-
vaillant à la démolition des fondations d'un vieux mur, rencontra
sous sa pince un petit corps rond métallique, oxydé. L'ayant re-
cueilli et examiné avec soin, il reconnut qu'il s'agissait d'un rouleau
do monnaies fort minces, dont le possesseur, en les confiant à sa
cachette, avait fait ce qu'on nomme une cartouche; l'étui ou l'enve-
loppe avait disparu. Les pièces d'argent composant ce petit lot de
monnaies étaient au nombre de vingt-sept, savoir : dix-sept blancs,
dits Guénards, de Charles VI, roi de France, et dix demi-blancs ou
demi-Giiénards du même règne. Ces monnaies sont communes dans
les collections et aucun des exemplaires de la trouvaille de Fu-
michon ne se signale par quelque particularité digne d'être men-
tionnée, -n
M. DE Barthélémy rend compte de la communication suivante :
«M. Maxe-Werly, correspondant du Comité, a envoyé une note
dans laquelle il fait connaître des détails curieux sur des souvenirs
se rattachant à l'occupation du Barrois par Louis XI, en 1A82,
alors qu'il voulait soutenir ses prétentions à l'héritage de Marie
d'Anjou.
ft II s'agit de l'écu de France placé au-dessus des portes de la ville
de Bar, et d'une statue du roi Louis XI, personnage placé sur le
parvis.
tr Une des portes, celle de V armurier, était surmontée de cet écusson
qui fut renversé en 1701, mais presque aussitôt restauré et rem-
placé. Ce fait donna naissance à une procédure qui est conservée
dans la collection Joly de Fleury, t. i35Zi.
frM. Maxe-Werly a extrait de ce dossier assez considérable tout ce
qui a rapport à cette instance , à la restauration de l'écusson mala-
droitement exécutée qui disparut seulement en 1792. C'est dans ce
même dossier que notre correspondant a retrouvé la reproduction
do la statue de Louis XI et la description avec dessin colorié du
XCIII
vitrail principal de Saint-Pierre, contenant les blasons de France
et de Lorraine.
«La note de M. Maxe-Werly mérite d'être publiée. «
M. Gagnât rend compte d'une communication de M. de Laigue,
qui complète une note précédente du même auteur sur le Walther-
burg, ouvrage romain découvert dans Tancien territoire des Frisii.
Il s'agit d'une chaussée, constituée par des traverses de bois, qui
fut reconnue à deux époques différentes, en 1818 et en 1892, dans
des tourbières.
L'analyse de la trouvaille et des détails qui s'y rapportent est inté-
ressante; malheureusement les dessins explicatifs sont trop som-
mairement exécutés pour pouvoir être reproduits. Il est fâcheux que
notre zélé correspondant ne nous ait pas envoyé la photographie
qui lui a servi à exécuter l'un d'entre eux.
Quant à l'assimilation faite par M, de Laigue entre cette chaus-
sée et les Pontes Longi cités par Tacite {Hist., IV, 53), elle est,
comme toutes les tentatives de ce genre, curieuse, mais tout à fait
conjecturale.
M. Chabouillet rend compte d'une comoiunication de M. Der-
gny relative à des inscriptions recueillies aux environs de Grand-
court (Seine-Inféiieure). Ces inscriptions appartenant au moyen
âge, il demande qu'elles soient renvoyées à M. de Barthélémy. —
Adopté.
M. Héron de Villefosse fait un rapport verbal sur les fouilles
exécutées à Bury (Oise), par M. l'abbé Hamard, dans une nécro-
pole romaine. Il propose l'insertion dans le Bulletin de la note
envoyée par M. l'abbé Hamard.
M. Héron de Villefosse rend compte d'un mémoire sur trois in-
scriptions romaines découvertes a Saint-M aurice-en- Valais , par M. G.
Julliot. Ge mémoire devant être imprimé dans les Mémoires de la
Société des Antiquaires de France, le rapporteur propose de déposer
le manus(yit de M. Julliot aux archives.
M. DE Lasteyrie rend compte d'une communication de M. Léon
Maître relative à l'église Sainl-Philbert de Grandlieu. Ge travail
avait été déjà présenté au printemps dernier au Gongrès des Socié-
tés savantes. Il donna lieu à une discussion intéressante, à la suite
XGIV
de laquelle M. Maître a repris son me'moire et en a remanié les
parties qui avaient soulevé le plus de critiques. En même temps il
dégageait l'intérieur de Tédifice des enduits qui le dénaturaient, il
en faisait exécuter un plan détaillé et de bonnes photographies,
bref il réunissait tous les éléments d'une monographie qui mérite
d'être publiée. Ce n'est pas que Ton puisse souscrire à toutes les
appréciations de l'auteur, ni trouver justes toutes les considéra-
tions qu'il présente. Mais s'il veut bien en supprimer quelques-unes
de particulièrement contestables, et ajouter quelques éclaircisse-
ments de détail qui permettront de mieux suivre ses observations,
il nous aura donné une description intéressante d'un monument
dont on a généralement méconnu l'importance et qui est, à n'en
pas douter, un des spécimens les plus complets de l'architecture
carolingienne que nous possédions dans notre pays.
M. DE Lasteyrie rend compte également d'une communication de
M. l'abbé Urseau sur les fouilles opérées dans la cathédrale d'An-
gers et qui ont amené la découverte des restes du roi René et d'Isa-
belle de Lorraine, et du tombeau de l'évêque Ulger. Dans ce der-
nier tombeau jiotamment on a recueilli la crosse de l'évêque, son
calice et un anneau qui porte deux inscriptions dont le sens reste à
trouver.
La première est ainsi conçue :
B.e.S.T.A.RA
La seconde, également très visible, porte la légende :
+ THGBIILG'VTG'VTTHJINI-
M. Babelon rappelle, à propos de cette communication, qu'on
a trouvé dans le fameux trésor de Petrossa un anneau portant une
inscription oh se lit le mol :
GVTANI
M. Odobesco, qui a publié avec tant de soin et d'érudition ce
trésor a proposé, d'accord avec divers savants allemands, de voir
dans le mot GVTANI le génitif du mot Wotan, qui est, on le sait,
le nom d'une divinité germanique. Faut-il voir quelque chose d'ana-
logue dans l'inscription de l'anneau d'Ulger? Comment expliquer la
xcv
présence d'une inscription germanique sur la bague d'un e'vêque
d'Angers? Il est difficile de répondre actuellement à ces questions.
Mais il y a peut-être là un rapprochement à signaler à l'attention
des érudits.
M. Edmond Le Blant rend compte de deux communications de
M. Pilloy relatives à des boucles de ceinturon de'couvertes dans le
département de l'Aisne. Il en propose l'insertion dans le Bulletin. ->-
Adopté.
M. Salomon Reinach rend compte d'un mémoire de M. Théophile
Eck sur des découvertes faites aux environs d'Aubigny-sur-Artois
(Pas-de-Calais). Dans une sépulture à incinération, on a recueilli
un magnifique vase en verre, d'un type fort rare et qui paraît jus-
qu'à présent unique en Gaule. Une tombe de guerrier, dans une
nécropole mérovingienne voisine, est remarquable par la présence
d'un objet en pierre blanche, servant de chevet à l'inhumé, oh
M. Eck reconnaît un cadran solaire. M. Salomon Reinach demande
l'insertion de ce mémoire dans le Bulletin.
MM. DE Lasteyrie et Maspéro rendent compte de divers ouvrages
pour lesquels des demandes de souscription ont été adressées au
Ministère.
L'ordre du jour appelle la discussion des titres des candidats qui
seront présentés à M. le Ministre de l'Instruction publique pour les
distinctions honorifiques à distribuer à l'occasion du Congrès de la
Sorbonne.
La séance est levée à 5 heures et demie.
Le Secrétaire de la Section d'archéologie ,
R. DE Lasteyrie,
Membre du Comité.
RAPPORTS
ET
COMMUNICATIONS
Ahchéologie.
L'EGLISE DE CHISSEY
(JURA),
PAR M. L'ABBÉ P. BRUNE,
Correspondant du Couiilé.
Dans la l'erlile cl vaste plaine de la Louo, appelée le Val-
d'Aniour, entre Dôle et Salins, s'élève un modeste village de
600 habitants, do :it l'origine est très ancienne. Chissey(^), au moyen
âge, était un petit bourg clos de murailles et de fossés. Son terri-
toire formait une prévôté domaniale des souverains de la Franche-
Comté. Sa maison-forte, bâtie sur une motte artificielle entourée
do fossés, était habitée par une famille prévôtale héréditaire, qui
avait pris, selon la coutume, le nom du village et tenait un rang
distingué dans la noblesse de la province.
Tout porte à croire que Chissey fut de très bonne heure un centre
paroissial. Toutefois, on n'en trouve aucune mention certaine dans
les titres avant le xii* siècle.
L'église fut apparemment comprise dans la dotation primitive
du prieuré bénédictin de Ghâteau-sur-Salins , fondé, selon l'opi-
nion commune de nos historiens, par Rodolphe lll, roi de Bour-
gogne, et donné par lui à saint Bernon, comme une dépendance
de son monastère de Gigny(-l Dès lors, le prieuré conventuel de
Château-sur-Salins appartint à l'ordre de Cluuy, en qualité de
membre immédiat de Gigny. Je n'ai pas à entrer ici dans le détail
de l'histoire mouvementée de ce prieuré. Il suffit de savoir que la
paroisse de Chissey le suivit dans les diverses phases de son exis-
(') Canton de Montbarrey (Jura).
^^' Celait la tradition de Gigny, qu'on trouve rapportée par D. Cliassignet,
dans son //isiot're du prieuré de Château-suv-SaUns (1707), publiée Aans \q Bulletin
de la Société d' agriculture y sciences et arts de Poligny, année 1867, p. Sa. — CI.
Histoire de Gigny, par Gaspard (i843), p. iaô-^Sg.
— Ix —
tence, jusques et y compiis son incorporation au collège Saint-
Jérôme, fondé à Dole en 1/.96 par D. Antoine de Roche, le célèbre
grand prieur de Cluny, pour servir de séminaire aux religieux de
son ordre.
son oroie.
Chissey possédait, conjointement avec la paroisse, un prieure ru-
ral, qui dut être fondé par les moines de Château. J'attribue éga-
lem'ent à ceux-ci la construction de Tintéressante église qui fait
l'objet de cette courte notice, bien que l'exploration minutieuse des
divers établissements auxquels elle a successivement appartenu ne
m'ait apporté aucun renseignement positif sur ce point ^>\
En l'absence de documents écrits, l'examen des caractères archi-
tectoniques de l'édifice me permettra de lui assigner une date-
approximative.
Bien que de dimensions modestes C^), l'église de Ghissey a ete
classée, en 18U, et jugée digne d^une restauration que M. Bœs-
wilwald a dirigée avec goût et exactitude.
Elle est régulièrement orientée et son plan, comprenant une
nef de quatre travées et deux bas côtés, rentre dans la série nom-
breuse des églises rurales en forme de croix latine et à sanctuaire
rectangulaire. De prime abord, il semble quelle se fasse remarquer
par une unité de style bien rare en nos régions tranc-comtoises,
si dévastées. Mais en l'étudiant de plus près , on y découvre , à partir
de la quatrième travée, un changement de l'ordonnance primitive,
qui annonce une interruption dans les travaux et autor.se a croii-e
le sanctuaire antérieur de quelques années à la nel, comme nous
allons le constater. .
Commençons donc notre description par la partie la plus an-
cienne. Le Sanctuaire est un rectangle formé d'une seule travée
peu élevée; son mur de fond est percé de trois fenêtres a plein
cintre, sans moulures, surmontées d'une rose à (|ualre lobes; les
côtés sont percés d'un oculus sous les formerets.
Le transept, plus élevé d'un mètre que le chœur, souvi-e sur
(1) Les archives départementales du Jura conservent, dans le fonds de Gigny,
nuelqts liasses concernant Chàteau-sur-Salins; un grand no.n re de documen.s
It en outre compris dans les fonds du collège Samt-Jerome et du chapitre d
Saïlt-Maurice de SaUns. L'exploration minutieuse de ces londs ne n. a nen fa,t
découvrir d'important sur Chissey.
(^) Longueu , 89 mètres; largeur, i5 mètres dans œuvre; hauteur, i.i mètres
sous clef.
• Plan de l'église de Chissey.
celui-ci par un arc brisé mouluré de deux filets et porte' par des
colonnes qui se terminent en cul-de-lampe, à mi-hauteur, comme
— 6 —
aussi celles de la croisée. Il se compose d'une travée centrale, flan-
quée de deux autres, qui s'ouvrent sur les bas côtés et les ter-
minent. Les murs qui ferment les extrémités du transept présentent
chacun une fenêtre romane, dont l'archivolte extérieure est brisée,
et une rose quadrilobée plus petite que celle du chœur. Un arc
triomphal très robuste masque la différence d'élévation entre le
transept et la nef (3 mètres). C'est ici que nous allons saisir l'inter-
ruption du projet primitif.
La travée de la nef, la plus voisine du transept, commence par
de gros piliers carrés, cantonnés de quatre colonnes à l'usage des
grands arcs et des doubleaux, et de quatre colonnettes pour les
croisées d'ogives. La moulure du tailloir des chapiteaux , qui forme
un bandeau autour du chœur et du transept, se continue dans
cette première travée sur le mur au-dessus de l'arcade; mais elle
s'arrête brusquement au bout d'un mètre. Cet arrêt vient de ce que
les arcades des autres travées sont plus élevées que la première, si
bien que la moulure n'en atteindrait plus le sommet. A sa place,
par une malheureuse réminiscence de l'époque romane, on a meu-
blé le plat des murs d'une énorme corniche, formée de dalles
plates très saillantes et soutenue par des corbeaux, la plupart orni'S
de personnages ou de masques grotesques (pi. I). Enfin, dernière
modification : alors que précédemment les nervures des voûtes s'ap-
puyaient sur une colonne partant du sol et se divisant en trois
colonnettes à la hauteur du chapiteau, qui est remplacé ici par un
anneau; dans les trois autres travées,- ces colonnettes partent d'une
triple base assise sur le tailloir des chapiteaux. Ces colonnettes tra-
versent la corniche pour aller supporter les voûtes. Les arcades
sont aussi moins élégantes que les premières et leurs arêtes sont
simplement abattues au lieu d'être ornées d'un tore; enfin les
piliers se changent en grosses colonnes rondes, avec chapiteaux et
bases îi huit pans.
Nous n'avons pas encore parlé des voûtes. Elles sont sur croisées
d'ogives. Deux tores séparés par une gorge composent les nervures
des croisées, tandis que les doubleaux, plus forts comme de cou-
tume, sont doublés et ornés de quatre tores.
Les nervures des bas côtés portent directemeilt sur le tailloir des
piliers et, du côté du mur, sur des pilastres flanqués de trois co-
lonnettes pour la travée supérieure, et d'une seule colonne pour
les autres. Leurs arcs-doubleaux sont à' angles abattus et les ogives
se composent d'un tore unique. Ajoutons, pour ne rien omettre d'es-
sentiel, que les bases des colonnes et colonnettes sont peu éleve'es,
les tores aplatis et débordants; les chapiteaux à crochets bien ou-
verts, excepté ceux du mur de façade, qui présentent des person-
nages; en un mot, l'art gothique règne ici en maître, aussi bien
dans les profils des moulures que dans l'ordonnance générale.
Passant à l'extérieur, nous trouvons d'abord le clocher, en saillie
sur le côté droit de la façade, à son extrémité occidentale. C'est
une tour carrée, munie de contreforts d'angles et percée de petits
jours en meurtrières aux deux étages inférieurs '^l Mais le dernier
étage, qu'un cordon sépare des autres, possède sur chaque face
d'élégantes fenêlres géminées, à colonnettes et archivoltes com-
posées de deux voussures en boudins, dont le point d'intersection
central est surmonté d'un corbeau à tête humaine. La corniche,
plate et peu saillante, offre un curieux découpage de petits arcs
trilobés, dont je ne connais pas d'autre exemple dans la région.
Un toit à quatre pans couvre la tour.
L'entrée esl précédée d'un porche, dont la voûte porte sur
quatre chapiteaux à crochets et des colonnes semblables à celles
de l'intérieur; cette voûte, reprise au xv® siècle, offre sur sa clef le
monogramme du (ihrist.
L'ordonnance de la façade est fort simple : une porte abritée
par le porche; au-dessus, une rose moulurée, sans meneaux, et
une meurtrière destinée à éclairer la charpente, ainsi qu'au tran-
sept. Mais la porte mérite un instant d'attention. Elle forme dans
son ébrasement quatre ressauts marqués par des colonnettes
monolithes de marbre gris, avec des bases carrées très élevées, à
tores aplatis et débordants. Les chapiteaux à crochets qui surmon-
tent les colonnes sont de facture élégante; sur les plus rapprochés
de la porte, les crochets sont remplacés par des personnages ou
des masques humains, de même que sur les corbeaux qui soutien-
nent les angles inférieurs du tympan. Des têtes humaines figurent
également dans les angles, entre les colonnes*^). Au-dessus des
^') On voit dans le clocher une chambre appelée la chambt-e des fous. Elle ser-
vait autrefois, selon la tradition recueillie par Roussel {Dict. des communes du
Jura, t. II, p. 1^7), à enfermer les malheureux que la dévotion à saint Chris-
tophe faisait amener de toute la contrée, pour implorer leur guérison.
(^) Ces angles sont aigus du côté gauche et évidés en quart de rond du côté
droit.
— 8 —
tailloirs, trois rangs de voussures émergent de bouquets de l'euiltes
de chêne; chacune d'elles se compose d'un gros tore, séparé de
deux plus petits par des gorges; une dernière voussure exte'rieure
repose sur des masques humains. Les saillies de cette porte sont
assez heureuses et donnent à l'ensemble un cachet d'élégance.
Mais le tympan est sa partie la plus curieuse. Il est circonscrit
par un tore à trois lobes évasés, sous lesquels se voient trois per-
sonnages assez grossièrement représentés; au centre, par une ano-
malie dont je ne connais pas d'autre exemple, le Sauveur attaché
à la colonne, les mains liées et les pieds croisés par devant; à ses
côtés, les apôtres saint Pierre et saint Paul, assis et revêtus de
chapes ornées; saint Pierre tient une clef de la main gauche et
bénit de la droite, tandis que saint Paul élève des deux mains un
livre sur sa poitrine'''. Entre le Christ et les apôtres sont deux
croix fleurdelisées; au-dessus, le soleil et la lune, comme dans la
scène du crucifiement; les autres vides sont remplis par une feuille
de chêne et de petits quintefeuilles. Il est à remarquer que, le
patron de l'église étant saint Christophe, la présence des deux
apôtres sur le tympan ne peut s'expliquer que par les relations de
notre église avec l'ordre de Cluny, dont on sait la dévotion envers
le prince des apôtres; c'est là une des raisons pour lesquelles j'at-
tribue l'érection du monument aux moines du prieuré de Chàteau-
sur-Salins.
A l'angle gauche de la façade, une petite tourelle renferme un
escalier donnant accès aux combles. Les fenêtres de la nef sont en
tiers-point et ornées d'une archivolte. De chaque côté de l'église,
trois contreforts, à demi engagés dans le mur des collatéraux,
buttent la poussée des voûtes au moyen d'un arc en quart de
cercle. A la partie supérieure des collatéraux, il y a une porte en
plein cintre, ornée en dehors de deux colonnettes de marbre gris
et d'une archivolte à boudin.
Les bras du transept et le sanctuaire forment des édicules sé-
parés de la nef par leur toiture moins élevée. L'élégante corniche
découpée du clocher en fait le tour, ainsi que des nefs , à l'excep-
^^) Et non saint Jean, comme on l'a cru à Ctiissçy. Cette erreur a été consacrée
par un ancien curé qui, dans les vitraux du cliœur, a fait placer saint Jean à côté
de saint IHerre. Quelques notions d'archéologie religieuse auraient fait éviter ce
contresens.
lion des rampants des pignons. Les fenêtres de cette partie plus
ancienne sont romanes, mais leurs archivoltes tirent au tiers-
point ^^l
Tels sont les caractères généraux de Téglise de Ghissey. Au
premier coup d'oeil, il est aisé de se rendre compte qu'on ne se
trouve pas en présence d'un de ces édifices transition de facture
hésitante, bien que quelques détails puissent le faire croire. Au
contraire, toute l'ossature est gothique : ainsi les arcs et leurs co-
lonnes, les fenêtres, les voûtes, la forme du chœur. On ne ren-
contre fie dissonances que dans les portes, qui suivent les tradi-
tions bourguignonnes dans le maintien persistant du plein cintre,
et surtout dans cette malencontreuse corniche, qui vient gâter les
heureuses proportions de la nef principale.
Il me semble donc être eu droit de conclure que l'église de
Chissey a été élevée non au xii' siècle, comme on l'a cru jusqu'ici,
mais au xiii*; et même ses caractères, surtout dans les chapiteaux
et les moulures, si je les compare à ceux des monuments analogues
de nos régions, me paraissent assez avancés pour m'autoriser à
" L'église de Cliissey, en fait d'œuvres d'art, ne possède que deux statues :
l'une, de la fin du xv" siècle, est ((^lle de saint Christophe, patron de l'église. I^a
seconde, moins ancienne, car elle me parait dater du milieu du xv!!' siècle, pré-
sente des particularités iconographiques intéressantes. C'est une jolie statue de la
Vierge, en pierre tendre (hauteur : cm. 85); la tête gracieusement penchée et
les mains jointes, la mère de Dieu semble adorer l'Enfant-Jésus, figuré sur son
sein, debout et entouré de rayons (pi. 11). On connaît des vierges ouvrnnles, ren-
fermant à l'intérieur Jésus-Christ, à Tàge d'enfant ou d'homme fait, comme celle
de Palau - del - Vidre , figurée dans le Bulletin archéologique du Comité (1898,
p. 368), ou bien une série de scènes, commo celle du Musée du Louvre
(xin° siècle), publiée parles Annales archéologiques (t. \X, p. 181, etc.). M. Pouy
a signalé deux statueltes de la Vierge porlatil dans son sein l'Enfanl-Jésus envi-
ronné de rayons. Dans la plus ancienne (xvi' siècle), qui est conservée au Musée
d'Amiens, l'Enfant-Jésus est placé debout au milieu d'une petite ouverture prati-
quée dans le ventre de sa mère et environnée de rayons. Dans notre slatue, l'idée
mystique est rendue avec une décence moins naïve. Cette statue est manifestement
inspirée d'une gravure de J. de Loisy, semblable de tout point, et cont';'nue dans
un ouvrage très rare, intitulé : Le livre des vertus de la Vierge, par Terrier; Pin-
l'Émagny, i635. La statue d'Amiens parait d'origine espagnole. Les graveurs
bisonlins Pierre et Jean de Loisy ont puisé les principes de leur art dans les
Pays-Bas; il est possible que les nouveaux exemples de cette représentation icono-
graphique que nous venons de signaler aient la même origine. (Cf. Y Iconographie
chrétienne de Didron , p. 287, note; Bulletin archéologique du Comité di's travaux
historiques, i885, p. .ti3; 1887, p. 18; 1898, p. 368.)
— 10 —
placer la construction de ce monument dans la seconde moitié' du
xiii" siècle, plutôt que dans la première (^l
L'église de Chissey n avait pas encore fait l'objet d'une descrip-
tion sérieuse; les particularités intéressantes qu'elle présente me
feront pardonner les détails trop arides de cette courte mono-
graphie.
L'abbé P. Brunk.
"> Si l'on veut bien se reporter à ma Notice sur l'archéologie religieuse dans le
Jura (Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques, 1H9'?, n" 3), on
verra que i'égtise Saint-Anatoile de Salins, voisine de Ciiissey, prosente des ca-
ractères moins avancés que celle-ci, avec ses portes et fenêtres enlièreiueiit ro-
manes, et sa galerie également romane, à laquelle elle doit son cachet (rélégan(f>.
El pourtant il est incontestable que ce monument n'était pas encore commence
on la^tg.
NOTE
SUR
UN BAS-RELIEF DE LA MESIE INFERIEURE,
PAR M. FRANZ CUMONT.
Le petit monument dont nous donnons ici une reproduction ( pi. I II )
a été trouvé en 1880 par M. deLaigue, aujourd'hui consul général
de France à Rotterdam , entre les mains du cavnss de la chancellerie
de Galatz. Son origine exacte est inconnue, mais il est probable,
pour ne pas dire certain, qu'il a été découvert sur les bords du
Danube inférieur. Peut-être est-il originaire de Troesmis, dont
l'emplacement, reconnu autrefois par M. Engelhardt, est situé
quelques lieues en amont de Galatz (^l M. Héron de Villefosse
ayant attiré mon attention sur ce débris de sculpture antique,
M. de Laigue, avec une obligeance à laquelle je me plais à rendre
hommage, m'a non seulement donné tous les renseignements dé-
sirables sur cette pièce intéressante, mais il me l'a fait parvenir à
Bruxelles, afin que je pusse la photographier et l'étudier à loisir.
Je suis heureux de pouvoir le remercier de cette complaisance,
trop rare chez les collectionneurs pour ne pas être signalée.
Ce fragment, ou plutôt cette réunion de trois fragments de
marbre mesure 92 millimètres de haut sur i8l\ millimètres de long
et environ 20 millimètres d'épaisseur. La pierre blanche a pris une
teinte ambrée ou noirâtre, même aux cassures qui doivent être
fort anciennes. Sur ce fond mat, étincellent au revers de la plaque
un grand nombre de paillettes de mica dont la présence pourrait
n'être pas inutile pour déterminer la provenance du marbre. Cette
face postérieure, grossièrement épannelée, a été striée de rainures
'" Cf. Corp. insrr. laL, t. III, p. 999.
— 12 —
irrégulièies destinées manifestement à faire adhérer plus fortement
ce marbre à la paroi où il a dû être scellé.
Si l'on veut bien jeter les yeux sur la planche ci-jointe, on re-
marquera que le bas-relief qu'elle reproduit est divisé par des mou-
lures plates, formant cadre, en deux tableaux superposés. La partie
supérieure de la plaque a péri presque tout entière. On distingue
cependant encore à droite''' un homme imberbe, coiffé d'un bon-
net phrygien et vêtu d'une courte tunique, qui est étendu sur le
sol. La mutilation de la pierre l'a relativement épargné. Sa main
droite élevée et son genou gauche replié ont cependant disparu.
Au delà, dans l'angle du tableau, on remarque un sabot, propor-
tionnellement énorme, d'un cheval qui devait fouler aux pieds ce
cadavre. A l'autre extrémité de la moulure horizontale, on pourrait
voir dans deux saillies parallèles qui la surmontent, les extrémités
des pieds d'une table ou d'un siège, si une rainure semi-circulaire
qui se creuse entre elles ne restait alors inexpliquée.
Le registre inférieur est beaucoup mieux conservé, quoiqu'on
ue puisse déterminer quelle était la longueur du morceau perdu.
Dans le coin resté intact, un taureau et un bélier, reconnaissable à
ses cornes recourbées, bondissent tous deux vers la droite. Le tau-
reau retourne la tête comme pour regarder son compagnon visible
entièrement de profil. Plus loin, deux jeunes gens s'approchent
d'une sorte de table ou d'escabeau supportant un buste humain ('-'.
Coiffés d'un simple bonnet, vêtus d'une tunique courte et de pan-
talons collants, ils s'avancent l'un vers l'autre en se tendant la
main droite, et portent la gauche à la tête de l'idole. Un de'tail de
leur accoutrement facilitera peut-être l'identification de ces per-
sonnages e'nigmatiques : ils ont tous deux à la ceinture un glaive
dont on aperçoit le fourreau près de leur cuisse droite. A côte de
ces guerriers, une femme est debout : elle a le haut du corps cou-
vert d'un péplum atteignant les hanches; ses membres inférieurs
sont cachés par une robe traînante tombant jusqu'aux pieds en
trois larges plis; ses cheveux sont assemblés en une masse assez
lourde, mais on ne peut discerner une coiffure quelconque. Cette
femme, sans aucun attribut, applique simplement la main droite
^*^ J'emprunte une partie de la descriplion qui suit à une notice raanusci-ite
de ce monument, rédigée par M. de Laigue.
>-' Il se pourrait cependant que ce prétendu buste fût un troisième personnage
debout derrière la table, quoique rien n'indique une différence de plan.
— 13 —
sur sa poitrine; son bras fjauche, qui se dissimule sous le péplum,
est indistinct. Auprès d'elle, un homme h protome de lion se tient
appuyé sur la jambe gauche, la droite rejetée de côté. La tête du
fauve est assez soigneusement exécutée, et offre plus de relief qu'au-
cune autre partie de l'œuvre. Une chlamyde, agrafée sur l'épaule
droite de ce personnage leontocéphale, recouvre son bras gauche
replié. Au-dessous, il porte une tunique serrée à la ceinture et
coupée au-dessus du genou. Ses jambes semblent être nues. I^
bras droit étendu s'appuie sur un bâton épais, très mutilé aujour-
d'hui; il est impossible de dire si la main gauche tenait autrefois
quelque objet. Aux pieds de ce monstre, près de la cassure de la
plaque, est posé un grand cratère. Au-dessus du rebord saillant et
à gauche sur la panse, on remarque une saillie étrangère au galbe
du vase : ce sont sans doute les restes d'un serpent, qui se glissait
vers son orifice.
Cette description que nous nous sommes efforce d(^ rendre aussi
exacte que possible, n'a pu cependant atteindre une grande pré-
cision dans le détail. En effet, non seulement ce bas-relief est frag-
mentaire et soudé en son milieu, mais toute la surface en est assez
fruste et comme polie par les eaux. D'ailleurs la sculpture n'a cer-
tainement jamais eu aucun fini. Cette œuvre a dû être exécutée
dans quelque atelier provincial, oii l'on fabriquai! à bon mairhé
des ex-voto pour les fidèles de quelque temple voisin.
Aussi n'est-ce pas au point de vue artistique que ce fragment
offre une valeur, mais comme un représentant nouveau d'une fa-
mille de monuments, qui presque tous ont été mis au jour comme
lui dans les pays danubiens. En effet, des plaques de pierre ou de
métal, toutes de médiocre grandeur, où apparaissent régulièrement
un ou plus souvent deux cavaliers s'avançant au-dessus d'un per-
sonnage couché sur le sol, et accompagnés de représentatiojis ac-
cessoires de nature et de quantité très variables, ont été trouvées
en assez grand nombre dans les anciennes provinces de Mésie, de
Dacie, de Pannonie, de Dalmatie et aussi en Italie (^l Non seulement
(" Le recueil le pins complet de ces bas-reliefs est aujourd'liui celui de M. Ti o-
hari Antonescu, Cultul Cabirilor in Dacia. (Bucharesl, 1889, avec 12 pi. lithojji. )
Il faut y ajouter les monuments reproduits ou décrits par voii Schneider, Arch.
Epig. Mitth. ans Oester, XI (1887), p. i4 et s.; Hiilsen, Millli. ArcJi. Inst. in lioiit ,
t. m {1888), p. 3i5; Boionicic, Kroatische Revue, II (188G), p. iA5 et s.;
Nowotny, Wisseiischaftliche Mitteilungen aun Bosnien, t. IV (Vienne, 1896),
— u —
ie groupe mutilé du registre supérieur do notre marbre roumain
était évidemment une reproduction de la scène principale des
tablettes dont nous parlons, mais le taureau avec le bélier^^', les
jeunes gens à côté du trépied ou du guéridon (^', la femme debout,
la main appuyée sur sa poitrine^^^, le cratère avec le serpent'''^ se
retrouvent sur un certain nombre d'entre elles.
Si l'on peut sans peine ranger notre bas-relief dans cette caté-
gorie connue de sculptures, il est moins aisé d'en expliquer la si-
gnification. Ces représentations ont, en effet, provoqué les hypo-
thèses les plus diverses sans que les archéologues soient parvenus
à se mettre d'accord sur leur interprétation. Lenormant voyait dans
le dieu équestre un Mèn-Sabazios et rattachait le seul bronze de
ce genre qui lui fût connu, aux cultes phrygiens'^'. Gerhard C') et
après lui M. Antonescu^^' ont considéré ces divinités, qui chevau-
chent généralement par couples affrontés, comme les Dioscures ou
les Gabires. Le grand nombre de ces monuments, qui ont été
trouvés en Transylvanie, a fait supposer d'autre part qu'ils étaient
en relation avec les croyances des anciens Daces^^). Sans vouloir
discuter ici ces opinions discordantes, je me bornerai à appeler
l'attention sur les rapports étroits qui unissent la figure principale
p. 396-899. Voici comment se réparligsenl leurs lieux d'origine : Mésies (Rou-
manie) : Anionescu, fig. 1, 2, 7, 8, i5, 16; Serbie : Antonescu, fig. 6. —
Dacie, Transylvanie : Antonescu, fig. A, 5, 19, 31, 93, 3,3. — Pannomes, Es-
ciavonie : Antonescu, fig. 10; Sirmiuui : ibid., 9; Siscia : Boionicic, n° 1 ; Cibaiis,
ibid. , n° 3 ; Bassianae , ibid. , n"' 3 , /i ; Hongrie : Antonescu , fig. 1 7 ; Cai nuntum :
von Schneider, n"' 3, h; Virunum : Hiilsen, p. 817, note. — Dalmatie : Giauioc :
Nowotny, /. c. — Italie, Rome : Antonescu, fig. 3; Terracine : Hùlsen, /. c. —
Origine incertaine : Antonescu, fig. 11, 13, i3, i4; Hùlsen, /. c.
('^ Antonescu, n"' 8,7, 8.
(^^ Antonescu, n"' 9, 10; Boionicic, n" 1 et 3 : trDie mittlere Gruppe zeigl
drei bekieidete Gestalleii die einander zugekebrt sind, umd sich etwas vorbeu-
gend, die Hànde auf einenzwischen ihnen befindiichen, bis ùber ihre Knie hinaul-
reichenden Tisch oder Altnr legen.» Cf. Nowolny, /. c, p. 309.
'•^^ Antonescu, n° l\.
'*^ Antonescu, n"* 3, k, 6 et s.; Boionicic, n"" 1, 3 et 3; Nowotny, p. 3oo.
^^^ Lenormant, Revue archéologique, 1875, I, p. 5o.
(*^ Archaeoîogische Zeitung, XII, i85A, p. 309 et s.
^'^ Je regrette que M. Antonescu ait rédigé son ouvrage, qui témoigne de re-
cberches fort étendues, dans une langue qui le rend incompréhensible à la plupart
des archéologues.
^'' Hùlsen, /. c. ; «^La loro origine locale ci accorta che il culto al quaie si rife-
riscono, sia di origine Dacican.
— 15 —
de nos ex-voto avec le a cavalier thrace» si souvent reproduit par
la sculpture antique dans la région des Balkans (^l Je ne serais pas
éloigné de penser que c'est dans cette contrée, dont Tarchéologie
est encore si mal connue, qu'il faut chercher la patrie de ces
images mystérieuses. Elles auraient alors été propagées le long
des frontières de l'empire et introduites même dans sa capitale
par les soldats thraces, qui servaient eu grand nombre dans l'in-
fanterie et surtout dans la cavalerie romaine.
Mais, quelle que soit leur origiuQ, il est certain que ces bas-
reliefs trahissent des influences religieuses diverses. Pas plus que
les autres cultes, celui dont ils sont l'expression n'avait échappé
au syncrétisme désordonné qui caractérise le paganisme impérial.
Depuis longtemps, ou a remarqué les analogies que certains de ces
monuments présentent avec ceux des mystères de Mithra. Ainsi le
groupe du serpent, du cratère et du lion qui, dans le symbolisme
de ces mystères, représente la terre, l'eau et le feu, apparaît sur
quatre tablettes de plomb recueillies en Pannonie (■'^). Notre frag-
ment de Galalz nous fournit une preuve nouvelle de cette action
du mithriacisme sur les croyances des fidèles du dieu cavalier. Le
cratère avec le serpent s'y retrouve encore, mais à côté d'eux se
tient non pas un lion, mais le personnage lëontocéphale qui était,
• pour les mystes de la divinité perse, l'emblème du Temps infini.
La chlamyde et la tunique dont le monstre est ici affublé ne
peuvent nous faire méconnaître son identité t^l
Nous n'essayerons pas de donner un nom aux autres figures (|ui
occupent ce débris de marbre. 11 ne sera guère possible de déter-
miner leur nature tant que nous ne posséderons pas cette étude
'■' Toute une série de ces représentations a été put)iiéc par iM. Dobrusky clans
le Sbornik za narodni umotvorenija , uauka i kniznina, l.. XI (Sopliia, 189/I). l^a
ressemblance de la figure 9 , planche XIII, el de la figure t[ , planche XIV, avec nos
uionumenls, est manilesle.
^^^ Antonescu, n"' 9 el 10; Boionicic, n°' 1 et 3. Les dadophores (Antonescu,
fig. îi et 6), les bustes de Sol et de Luna, le corbeau, etc., sont probablement
empruntés aussi aux monuments mithriaques. Cf. Nowolny, p. 3oo et s., et mes
Monuments relatifs au culte de Mithra, p. Saô, n° 898''".
^'^ On rencontre ailleurs un dieu cynocéphale ou criocéphale (Antonescu, n"' 8 ,
9, 10, 13, 30; Nowotny, l. c. ), mais la tête de lion n'apparaît que sur notre
bas-relief. Cf. cependant Boionicic, p. 1^7 : wLinks steht nebeu einem Baume
ein bekleideter Mann, anscheinend mit einem Tbierkopf vielleichi ist dii's Aeon,
der in einzelnen Milhràen als besondere Statue gefunden wurde».
— 16 —
complète de tous les monuments analogues qu'un archéologue,
compétent entre tous'^^, a promise depuis plusieurs années. Il sul-
lîra à notre ambition d'avoir pu enrichir, grâce à M. de Laigue.
cette série intéressante d'un exemplaire nouveau, présentant au
moins une particularité unique.
Franz Cdmont.
''^ M. R. von Schneider, conservateur du Musée de Vienuf. — M. Xowolny
(p. 298) annonce aussi un article étendu sur les monuments hongrois.
LA TOMBE D'ANTOINE DE VILLE,
À DOMJULIEN (VOSGES),
PAR M. LE LIEUTENANT CH. DENIS.
La famille à laquelle appartient le personnage dont nous allons
décrire la tombe tire son nom du château qu'elle possédait à Ville-
sur-Illon, 8 92 kilomètres à l'ouest d'Épinal.
Son origine est très ancienne et il faut remonter au xi" siècle
pour trouver la première mention la concernant. A cette époque,
un Gilbert, seigneur de Ville, s'engage, par traité daté de 1097, à
défendre le monastère d'Épinal contre les aventuriers qui pillaient
ses terres, à condition qu'il aurait l'avouerie de Faverolles et le
titre de chevalier de Saint-Gœry(').
Elle tenait une des premières places parmi les familles nobles
du pays, car un siècle plus tard, nous voyons Errard de Ville, gou-
verneur du duché de Lorraine en 1220, épouser Isabelle de Bour-
gogne -Montaigu, petite -fille de Hugues III, duc de Bourgogne.
Dans un traité fait en i3/i3, avec Adhémar, évêque de Metz, le
duc de Lorraine , Baoul , qualifie Jean de Ville de cousin.
Deux de ses membres, Philippe et Henri de Ville, occupèrent
le siège épiscopal de Toul au xv* siècle; mais le plus illustre est
sans contredit Lacépède (Bernard-Germain-Etienne de la Ville,
comte de), le savant continuateur des œuvres de BufTon et l'admi-
rateur de Gluck. Ses passions pour l'histoire naturelle et la mu-
sique ne l'empêchèrent point de devenir successivement colonel in
partibus d'un régiment au service d'un prince allemand, conser-
vateur du Cabinet d'histoire naturelle du roi en 1786, président
de l'Assemblée législative, membre de l'Institut, sénateur, grand
^'' L'abbaye d'Epinal fondée dans la seconde moitié du x" siècle par Thierry de
Hamelant, évêque de Metz, avait la garde des reliques de Saint-Gœry ou Saint-
Goëric.
AncHÉoLOGiE. 3
— 18 —
chancelier de ia Légion d'honneur, ministre d'Etat en 1809, pair
de France en 181 4.
La principale seigneurie des sires de Ville était la terre de Dom-
julien (^); aussi i église de ce dernier village fut-elle choisie par
l'un d'eux comme lieu de sépulture.
La tombe de ce personnage est en calcaire jaunâtre et mesure
2 m. 35 sur o m. 98 ; elle a été enlevée de sa place primitive et
sert maintenant de pavé. Le défunt est représenté couché, tête
nue, les mains jointes et armé de toutes pièces; la figure est celle
d'un homme jeune encore, d'une trentaine d'années au maximum.
Le trait net et fermement accusé dénote , de la part du graveur,
une grande habileté (^'. Les armoiries de la famille, ff d'or à la croix
de gueules rt , occupent le tiers supérieur de la dalle ; elles sont en
partie effacées. L'inscription suivante, en caractères gothiques, est
gravée dans l'encadrement de la tombe :
O^^cccc • t\ ' xxni • U • Hvitx • imx • H - mag • ^ -jattttwt • ptm -
L'histoire est muette sur ce seigneur, mais nous avons retrouvé
aux archives de Meurthe-et-Moselle une pièce datée de mars 1^23
dans laquelle il est qualifié de cr baillif du Bassigny 75 , et qui l'accré-
dite avec Jean d'Haussonville pour représenter le duc de Lorraine
dans le règlement de différends avec les seigneurs de Gommercy.
Une autre pièce, insérée dans le tome VllI des Documents rares
ou inédits de l'histoire des Vosges, nous fait connaître les noms de sa
femme et de ses enfants :
rrJe Mahault de Joinville, vesve de noble homme feu Anthoine de ViUe,
signour de Dompjullien , ou dyocèse de Toulz, faiz savoir à touz ceuk qui
(') Domjulien, village du canlon de Viltel et de rarrondissemeut de Mirecourl.
W Mon excellent camarade, M. Alfred Baujard, officier de réserve au a" batail-
lon de chasseurs, a eu l'obligeance de m'envoyer une fidèle reproduction de la
tombe d'Antoine de Ville. Qu'il reçoive ici tous mes remerciements, ainsi que
M. Léon Le Brun, avocat à Lunéville, qui a bien voulu me fournir, avec son obli-
geance habituelle, la plupart des renseignements généalogiques qui m'ont servi ù
composer cette notice.
— 19 —
ces présentes lettres voiront , que comme ledit Anthoine nion çspouz , à son
vivant mehu en dévotion , desurant acroistre le divin service , tant pour le
remède et salut de son âme comme de ses predecessours , heist par propo-
setz de fonder une chappeile perpétuelle en l'église parrochiaul de la dicte
ville de Dompjullien , et icelle dower de rentes et revenues soffîsanz à la
sustantation d'un chappellain. Et jay à son vivant eust fait faire et édifier
ung aultel en l'onneur du benoit sainct Anthoine en ycelle église. Et il soit
ensit que ledit Anthoine soit esté prévenu de mort et alez de vie à trespas-
sement avant que la dicte chappeile soit fondée entièrement et que les rentes
dehues y fah-e assignation à la sustantacion d'un chappellain , devant lequel
autel ledit s" Anthoine à son vivant par plusieurs foiz at ordonné sa sépul-
ture, et en iceilui lieu est enseveUt son corps
Estant en ma pleine, franche et pure voluntey, ayant la mainburnie
de Andreu , Ahx , loland , Jehanne et Agnelz , mes enfanz naturelz et ioyaulz ,
procrez dudit Anthoine mon espouz , moindres d'aige , et tant en mon nom
comme ou nom et mainburnesse de mesditz enfanz , ausit par le consoil des
genz et amis charnelz de my et de mesdits enfanz , en remission des péchiez
de mondit mary et de my, et pour le salut de son âme et de la mienne et
de sez prédécesseurs et dez mienz , en ensuiant le saint et boin propos de
mondit espouz , faiz , dispose , et ai donné , fondé et institué une chappeile
perpétuelle audit autel du benoit sainct Anthoine, ja édifiée par mondit
mary en la dicte église parrochiaul de Dompjullien, comme dit est
et ay supplié et supplie humblement et dévotement révérend peire en Dieu
et signour mondit signour l'evesque de Toulz (Henri de Ville), oncle ger-
main ^^^ de mesdiz enfanz , que les chouses dessusdictes de son auctorité or-
donnaire veuUe lower, ratiffier, confirmer et aggriier, et en ycelle mettre
son decrest et auctoritey ourdonnaire
En tesmoings de veritey de toutes et singuleires chouses dessusdictes , je
Mahault devant dicte, ay miz mon seel à cez présentes et priey à mes chiers
et bien araez Anthoine, sire de Ville, et Arnoul, vouez d'Espinaul, nepvous
plux prochains de mesdiz enfanz , que à cez présentes veullent mettre leurs
seelz avec le mien
Lesquellez cez présentes furent faites, creantéez et ourdonnées au lieu de
Dompjullien l'an de grâce Nostre Signour, mil quatre cent vingt cinqz , le
premier jour de février.
La chapelle dont il est question existe encore, mais elle a subi
'" D'après cela, les deux évêques mentionnés plus haut étaient frères d'Antoine
de Ville.
— 20 —
des modifications importantes; c'est une petite pièce contiguë au
chœur. Les habitants du pays l'appellent encore la chapelle des sei-
gneurs.
A première vue, on serait tenté de croire que le rédacteur de
l'acte ci-dessus a commis une erreur en le datant. Il n'en est rien :
en Lorraine, on avait l'habitude de faire commencer l'année, les
uns à Noël, les autres à l'Annonciation, et c'est ce dernier style qui
était suivi par la chancellerie lorraine '^l C'est donc bien le 3i jan-
vier 1/126 qu'Antoine de Ville a rendu son âme à Dieu.
Ch. Denis.
t') Ce renseignement m'a été fourni par M. Duvernoy, archivislo de Meurthe-et-
Moseile.
UNE HABITATION GAULOISE,
À TROÎSGËN EN SAINT-JEAN-TROLIMON
(FINISTÈRE).
Communication de M. Paul Du Chatellier.
En faisant les cultures d'automne, au village de Tronoën, le soc
de la charrue heurta un amoncellement de pierres. Prévenu par
mes fermiers, je me rendis immédiatement sur les lieux, et prenant
quelques travailleurs, nous nous mîmes à fouiller le sol à Tendroit
indiqué.
Bientôt nous pûmes nous rendre compte que les pierres heurtées
par la charrue provenaient d'une habitation dont les soubassements
étaient encore en partie en place. En suivant leurs contours, nous
reconnûmes qu'elle avait intérieurement h m. 80 de long sur
h mètres de large et qu'elle était orientée sensiblement Est-Ouest.
Sa construction semble avoir été celle-ci. Légèrement enfouie
dans le sol, ses futurs habitants avaient d'abord élevé un soubas-
sement en pierres, large de o m. ^5 et haut de o m. 60, puis
avaient terminé l'édifice avec des branchages entre-croisés sur les-
quels ils avaient appliqué un enduit d'argile. Cette habitation ayant
été détruite par le feu, l'argile a cuit et nous a laissé des morceaux
de clayonnage, sortes de briques portant l'empreinte des bran-
chages ayant servi à sa construction ; quelques-uns ont même con-
servé des parties de bois à l'intérieur.
Le foyer était au milieu de l'édifice; deux pierres plates et le
sol fortement calciné en cet endroit ne laissaient place à aucun
doute à ce sujet.
Lors de l'incendie de cette hutte, les décombres tombèrent à l'in-
térieur et recouvrirent ce que ses habitants, probablement surpris,
y laissèrent après eux.
— 22 —
Parmi ces objets, il en est quelques-uns qui me'ritent qu'on s'y
arrête un instant.
Près du foyer nous avons recueilli de nombreux fragments de po-
teries faites sans le secours du tour, quelques-unes ornées de cercles
concentriques, ornementation fréquente à l'époque gauloise, et
non loin de ce point, dans la direction de l'Ouest, deux pointes
de lance en fer, longues l'une de o m. 1 3 et l'autre de o m. i5. Rien
autre dans cette partie de l'habitation.
C'est dans la partie Est qu'il nous était réservé de faire la trouvaille
des objets intéressants dont nous joignons la photographie à cette
note (pi. IV). Ces objets, au nombre de trois, étaient malheureu-
sement écrasés sous des pierres et par les décombres de l'incendie,
aussi n'avons-nous pu en avoir que des fragments, dont nous avons
reproduit les plus grands.
Le n° 1 est un fragment de casque, sa partie supérieure. Ce
casque, fait d'une feuille de fer de trois quarts de millimètre
d'épaisseur, avec bourrelet au bord, était recouvert d'une mince
feuille de bronze décorée d'une succession de zones concentriques,
richement ornées au repoussé. Le sommet est surmonté d'un bou-
ton en fer terminé par un grain de corail.
La première zone, à partir du sommet, est décorée de cercles
en relief avec un point au milieu.
La seconde zone , large de o m. o i , a pour ornement une série
de reliefs qui ont assez l'air de représenter des casques. Au-dessous
de cette zone en est une troisième identique à la première.
Enfin en vient une quatrième, large de o m. oi5 , ornée de re-
liefs dont la détermination m'embarrasse.
Ces quatre zones, séparées l'une de l'autre par un trait en relief,
se répétaient, je crois, sur le reste de la surface du casque avec la
même ornementation.
Le n° 2 représente la moitié d'une agrafe de ceinturon, large
de o m. 074. Elle est également en fer recouvert d'une mince feuille
de bronze richement décorée de boutons de corail et de cercles
concentriques, formés de grènetis. Les trois grands cercles ont in-
térieurement des ornements ayant une extrême analogie avec ceux
de la quatrième zone du casque.
Le n° 3 représente les fragments d'un objet encore en fer, de
o m. 001 d'épaisseur, recouvert d'une mince feuille de bronze
estampée. Malheureusement ici le bronze est beaucoup plus oxydé.
— 23 —
L'ornemenlation de la partie inférieure se compose de trois cercles,
entourant une sorte d'étoile en relief, et d'une palmette, au-dessus
de laquelle on voit une bande circulaire limitée par deux traits
concentriques en relief, tracés au pointillé. Cette bande est décorée
d'ornements semblables à ceux de la quatrième zone du casque (le
morceau a o m. o53 dans sa plus grande largeur). Enfin la partie
supérieure de cet objet est ornée de points en relief entourés d'un
gracieux enroulement formé par une ligne de grènetis.
Quelle pouvait être la destination de cet objet, d'une forme très
élégante ? A-t-il été l'ornement d'un bouclier ou celui d'une cui-
rasse ? Nous laissons à d'autres plus autorisés que nous le soin de
décider.
Les trois objets que nous venons de décrire, d'une ornementa-
tion très habile et très décorative, nous reportent à une époque
vraisemblablement 1res antérieure à la conquête romaine, et dont
les restes se sont surtout rencontrés jusqu'ici sur les bords du Rhin,
aux sources du Danube ou en Champagne; recueillis au fond de
la presqu'île Armoricaine, sur les bords de l'Océan, ils nous pa-
raissent d'un grand intérêt.
P. DU Chatellter.
ETUDES D'ARCHITECTURE
EN PORTUGAL.
DE L'INFLUENCE FRANÇAISE DANS LE STYLE MANUÉLIN,
PAR M. EMILE EUDE,
Architecte.
Ce que les artistes appellent style n'est pas toujours facile à dé-
terminer. Il y a le style et les styles, deux choses différentes, mais
qui découlent d'un même principe et qu'il faut tâcher de faire
rentrer dans une même définition.
tf Chaque peuple, dit fort bien M. Léon Labrouste, chaque
peuple, à un moment de sa vie, suivant son idéal, a cherché la
représentation d'un thème qui lui devient favori. Ce thème, à ce
moment, s'est traduit d'une manière remarquable dans ses œuvres.
Aussi devons-nous en rechercher le caractère et pouvons-nous con-
clure que :
tfLe style (^' est l'expression caractéristique propre au besoin
d'une époque.
ttLe besoin dominant d'un peuple s'est modifié avec ses idées
suivant les époques et a engendré des œuvres qui, toutes, con-
tiennent les vertus du style, mais qui sont très dissemblables entre
elles. Alors on a , par extension , donné le nom de styles à ces diffé-
rentes expressions caractéristiques.»
Ainsi, puisqu'il faut toujours en revenir à l'étymologie , le style,
c'est le coup de burin qu'un siècle (ou qu'un règne) sait incruster
dans ses œuvres. Inversement, quand on parle de certaines époques
'" U ne faut pas confondre le style avec la mode, qui n'est qu'une fantaisie
passagère, sans liaison avec ce qui l'entoure.
— 25 —
sans caractère, qui n'ont pas su donner ce coup de burin, on dit
quelles nont pas de style ; et cela n'est pas moins vrai dans les
lettres que dans les arts, dans l'architecture en particulier.
Le Portugal, durant le règne du roi D. Manoel le Fortuné,
c'est-à-dire pendant le premier quart du xvi" siècle ^^\ a-t-il eu
réellement un style, ce que, dans la pe'ninsule ibérique, on ap-
pelle le style manuélin? Nous allons l'examiner rapidement.
D'abord , le règne glorieux de D. Manoel fut une époque ; ensuite,
cette époque eut un besoin dominant; enfin, elle a su trouver une
expression caracte'ristique de ce besoin. Ces trois propositions ré-
pondent aux trois termes de la définition que nous avons posée.
Il suffit de rappeler que sous le règne de D. Manoel eut lieu la
découverte du cap de Bonne-Espérance et de la nouvelle route des
Indes orientales par des marins portugais (1^98). Une richesse
inouïe se répandit aussitôt chez un peuple jusque-là pauvre, sobre
et guerrier. C'est alors, suivant le récit de deux ambassadeurs
vénitiens, que les plus minces artisans de Lisbonne avaient un
nègre pour les servir. C'est alors aussi qu'on vit dans l'architecture,
ou pour mieux dire dans l'art ornemental, le plus extraordinaire
mouvement, la plus étonnante efflorescence qu'on puisse imaginer,
et qui se traduisit par des monuments nombreux et d'un caractère
parfaitement déterminé, quoique procédant d'éléments très multiples.
Nous sommes donc en présence d'un style, justement nommé
style de Manoel, puisqu'il commence, on peut le dire, avec ce prince
et qu'il dévie après lui.
C'est un style créé par des gens (ou mieux : pour des gens)
f pressés de jouir et prenant leur bien partout, mélangeant sans
ordre le mauresque, l'italien, l'indou et le gothique flamboyant,
sur une construction, une carcasse essentiellement ogivale î^. (H.
Nodet.) Ajoutons à ces influences diverses celle de la Renaissance
française et nous aurons une idée de la variété du style manuélin.
Lisbonne fut, au xvi* siècle, le carrefour des nations : ce fut aussi
le carrefour des architectures.
Certains esprits chagrins sont partis de là pour protester contre
la dénomination de style donnée à l'art du temps de D. Manoel.
Entre autres, un Portugais, d'ailleurs doué de sens critique, chose
rare dans son pays, M. Joaquim de Vasconcellos, qui m'a l'air d'un
''5 Plus exaclement, de ligS à iSai.
— 26 —
enragé rt classique r , et qui (je le crains) a dû se faire bien des
ennemis parmi ses compatriotes. Vasconcellos^^) conclut ainsi :
tr 1° Nous admettons le mot manuélin comme terme uniquement
chronologique.
K 2° Le système de construction ne présente aucune originalité
ni dans les plans, ni dans les façades, ni dans le tracé général. Il
n'y a qu'un groupement plus ou moins pittoresque.
ff 3° Par suite de ce vague dans la conception du projet''^', aucun
des éléments architectoniques n'accuse sa fonction. Les éléments
constitutifs sont réduits au rôle d'accessoires purement décoratifs,
qui simulent les éléments constructifs.
ff 4° Il n'y a pas de système d'ornementation. Les motifs vont
chacun pour soi, sans aucune liaison entre eux. Ce sont comme
des superpositions étrangères les unes aux autres.
cf 5° Ignorance complète de la figure humaine en sculpture ^^\ v
Parmi ces critiques, d'ailleurs excessives, il y a du vrai. Mais,
fussent-elles toutes et complètement exactes, en quoi donc empê-
cheraient-elles qu'il n'y eût un style manuélin? Vous pouvez dire
que ce style n'est pas d'une qualité supérieure , que le goût peut-
être n'est pas sa caractéristique ; je vais plus loin, je dirai, surtout
pour ses productions les plus frappantes pour le voyageur vulgaire ,
et qui datent non de D. Manoel mais de son successeur, D. Joao III :
le manque de goût est souvent leur caractéristique. Mais je main-
tiens qu'il y a style, dans le sens absolu du mot. Le rncoco n'est-il
pas un style? Je fais ce rapprochement avec intention, quoiqu'il
soit peu flatteur pour les œuvres du xvi^ siècle portugais.
J'ajoute que le style manuélin est plutôt ornemental, décoratif,
sculptural, que proprement architectonique. Le sculpteur y a la plus
grande pari (*\ ne l'oublions pas. Et c'est ce qui me fait accepter
(') Arte em Portugal, Goimbra, i885.
W Combien pourrait-on citer de monuments de la Renaissance, en tous pays,
qui fussent à l'abri de la plupart de ces critiques ? On sait , en ce qui regarde la
pensée directrice, à quel point les architectes de la Renaissance sont inférieurs à
ceux de l'époque gothique. Si cependant la Renaissance n'est pas un style?. . .
(') Comment appeler «ignorant de la figure humaine» le sculpteur de la chaire
(pulpito) de l'éghse Santa Cruz, à Coïmbre? Nous y reviendrons tout à l'heure.
'*) Comme dans beaucoup des édifices de la Renaissance, quelle que soit leur
patrie.
— 27 —
sans trop de chagrin les lignes maussades de Vasconcellos, par
lesquelles il termine sa diatribe :
ffUn éclectisme acceptant le vieux et le neuf, sans critique! Une
accumulation d'éléments contradictoires ! Une vaine ostentation ,
parce qu'il n'y a aucun principe directeur ! . . . Le caprice du
sculpteur là où devrait seulement prévaloir l'idée de l'architecte !
l'indiscipline de l'art, résultat de l'indiscipline dans nos mœurs! . . .
Effet général pittoresque ? soit ; comme celui d'une végétation para-
site qui recouvre toutes les lignes essentielles, tous les profils,
toutes les proportions, — véritable poussée de lierre qui s'enroule
autour du tronc du chêne et finit pas l'étouffer ! v
Cette dernière phrase est charmante et spécifie à merveille , dans
son fort comme dans son faible , ce que nous appelons le style ma-
nuélin. Les Portugais ont un proverbe qui rappelle une des périodes
les plus agitées de leur histoire, l'année 16^0, qui vit la chute de
la domination espagnole et le relèvement de la monarchie natio-
nale, — grâce à l'appui du cardinal de Richelieu, nous ne saurions
l'oubliei'. Or, le dernier ministre de la tyrannie espagnole, ce fut un
Portugais nommé Vasconcellos; d'oiî le proverbe suivant : Plus
traître que Vasconcellos ! . . . Je crains bien qu'après sa publication
contre le style manuélin, que les Portugais appellent non sans
raison leur style national, M. Joaquim de Vasconcellos ne se soit
souvent entendu redire le proverbe : Plus traître que Vasconcellos!
Donc , le style manuélin , que nous venons de définir d'une ma-
nière assez nette, d'après les attaques mêmes de l'un de ses en-
nemis , tient à la fois du moyen âge par la distribution architecturale
des ff masses w, et de la Renaissance par la composition des détails de
l'ornementation. Assez surchargée, quelquefois très surchargée,
cette architecture , comme celle de la Renaissance espagnole , con-
serve dans quelques parties un parfum de l'art des Arabes, si
longtemps dominateurs de ces pays. Et malgré toutes les influences
diverses dont elle est la résultante, elle reste assez particulièrement
accentuée pour que l'œil exercé la reconnaisse du premier coup.
Le Portugal possède un grand nombre de monuments se rap-
portant au style manuélin. Nous choisirons parmi ces ouvrages
trois exemples qui semblent marquer les trois étapes du type , j'en-
tends du type complètement formé : ce sont les monastères de
Santa Cruz à Coïmbre , des Jerdnymos à Relem , près Lisbonne , et
des Chevaliers du Christ à Thomar. Ce dernier, surtout dans la
chapelle du Chapitre''', présente Texpression la plus désordonnée
du style : ce n'est plus du caprice, c'est évidemment du désordre.
Nous ne parlerons pas aujourd'hui de Batalha, parce que ce
célèbre monastère est, pour sa presque totalité, très antérieur à
l'époque de D. Manoel. Les trois autres monuments paraissent
beaucoup plus propres à l'étude du style qui nous occupe.
Je pourrai développer quelque jour mes recherches, qui remontent
déjà loin, sur les origines premières de ce style, origines pour les-
quelles, à mon avis, il faut rebrousser chemin jusque sous les pré-
décesseurs du roi Fortuné. Quelque spontanée que nous semble
l'apparition de l'architecture manuéline, cette architecture est
comme toutes les choses de ce monde, elle ne peut pas dire d'elle-
même : Prolem sine maire creaiam.
A ces origines premières notre patrie pourrait bien ne pas être
étrangère; mais, je le répète, ce n'est pas là ce que je veux exa-
miner aujourd'hui. Je veux, passant rapidement en revue les trois
remarquables monuments ci-dessus désignés , rechercher l'influence
de notre art national français sur le style brillant qui caractérise
l'époque du roi D. Manoel.
Quel est le plus ancien des deux monuments, Santa Gruz de
Coïmbre ou Belem? Bien qu'il soit certain que les travaux aient
commencé d'abord à Belem, en ce qui concerne le gros oeuvre,
nous avons tout lieu de croire que pour la partie ornementale,
décorative, véritablement spécifique du style manuélin, les deux
édifices sont absolument contemporains, pour la bonne raison
qu'ils sont l'ouvrage des mêmes arlistes.
Nous savons que le monastère de Belem, monument de la dé-
couverte des Indes, fut commencé pendant l'année i5oo('^l C'était
l'accomphssement d'un vœu du roi, lors du départ de Vasco da
Gama. Lorsque Vasco fut revenu , le roi voulut qu'à l'endroit même
011 s'était embarqué le grand découvreur, sur la plage des Larmes ^^\
un édifice admirable s'élevât, remplaçant la petite chapelle du Tage
oi!i les marins allaient jadis prier la Vierge avant de lever l'ancre.
Nous avons la date du commencement des travaux : i5oo. Mais
étant donné que l'église est construite sur pilotis, ce qui dut exiger
des précautions d'infrastructure toutes particulières et des pertes de
(') Elle est du règne de D. Joâo III.
^'> Archives royales de Lisbonne {Torre do Tomba), caza da Coroa, arm. 96*.
^'^ Praia das lagrimas.
— -29 —
temps considérables, il est évident que l'on fut plusieurs années
avant de sortir de terre les maçonneries, et Ton ne paraît guère
avoir travaillé d'une manière active aux œuvres extérieures avant
l'année 1617, date à laquelle nous possédons un document pré-
cieux qui fait connaître le peu d'avancement desdites œuvres exté-
rieures à ladite époque.
Durant ce temps, on démolissait l'ancien monastère de Santa
Cruz, sépulture des premiers rois de Portugal, pour en construire
un plus somptueux, et nous savons que les travaux étaient pous-
sés avec activité vers l'année 1617, époque à laquelle D. Manoel
avait appelé de l'étranger des artistes habiles, sur lesquels nous
aurons à revenir (''.
Bien qu'il importe assez médiocrement, au point de vue du
style manuélin, de savoir quel fut l'auteur du plan de Belem,
puisque ce plan, tout gothique, n'a rien de particulier, nous pou-
vons dire que la tradition en fait honneur à Boytaca. Mais au-
cun document contemporain ne permet de fixer ce point. On sait
seulement, d'après les savantes recherches du vicomte de Juro-
menha dans les Archives royales de Lisbonne, que Boytaca fut
l'un des maîtres des œuvres du monument.
En tout cas, il ne l'était plus en i5i6, où nous le trouvons en
Afrique, ainsi que nous l'indiquent les Recettes et dépenses du roi à
Cafim^'^\ pas plus qu'en 1617, où son nom ne figure pas sur Y Ac-
cord des maîtres des œuvres de Belem. Pendant longtemps on a donné
ce Boytaca pour Italien (^>; mais c'est une erreur évidente. Le nom
''' Chronique des chanoines réguliers de saint Augustin.
<^) Torre do Tombo, Paquet 11° 1 1 : Ce livre est celui des mesurages que Butaca
et Bastiào Luiz émvain allèrent faire à Arzilla, Alcacei', Ceiita et Tatiger, en i5iâ.
Cliacun des mesurages est signé par le maître (archifecle) et par récrivain.
('^ On sait que l'archilecto italien Andréa Contucci, dit Sansovino, paf^sa quel-
ques années en Portugal, vers la fin du xv' siècle, appelé par le roi D. Joâo II.
C'est peut-être ce qui fut cause quon prit Boytaca pour un Italien, venu dans la
suite de Sansovino. Disons en passant que ce dernier ne put avoir qu'une action
bien faible sur l'architecture portugaise. La façon dont en parle Vasari ( Vies des
peintres, sculpteurs, etc., trad. Leclanché, t. VI, p. 5a) ne donne pas une très
grande confiance dans les assertions de l'écrivain. Aucun document conini ne fait
mention du Sansovino. D. Joâo II n'habitait pas Lisbonne, mais tanlôt Selûbal,
tantôt Evora. Peut-être est-ce dans celte dernière ville que l'Italion avait construit
le tf superbe palais flanqué de quatre toursn signalé par Vasari. rr Personne ne sait
de quel palais il est question n , disait jadis Loureiro, directeur de l'Académie de
Lisbonne (18^6).
— 30 —
n'est pas italien; ce ne peut pas être une corruption de Potassi,
comme le disent les deux ouvrages qui prêtent au maître une ori-
gine italienne (^l On sait qu'au xvn* siècle, tout artiste, en Portugal
comme en France, venait fatalement d'Italie. D'autre part, le nom
de Boytaca n'est pas non plus portugais; et D. Frey Francisco de
Sam Luiz, l'archéologue distingué du commencement du siècle,
eût été plus prudent, après avoir écrit : rll n'est pas certain que
Boytaca fût étranger» ('^), de ne pas ajouter : «Nous le tenons pour
Portugais. 75 Qu'on me montre un autre mot portugais, un seul,
ayant cette tournure, et je prendrai condamnation. Je crois, pour
mon compte , que Boytaca (c'est ainsi qu'il signait, malgré la diversité
des orthographes données à ce nom) n'est que la forme portugaise
d'un nom français : Boitac, analogue à Boitard, Boitel, Boiton, etc.
D'ailleurs je n'attache aucune importance à la chose ; car je ne crois
pas que Boytaca, Français, Italien ou Portugais, ait eu grande
influence sur le développement de l'art manuélin à Belem.
V Accord des maîtres des œuvres ^^^ de ce monument, de 1617,
spécifie les portions de l'édifice attribuées «à l'entreprise w à cha-
cun des maîtres maçons (c'était le titre modeste dont se conten-
taient alors les artistes les plus remarquables). Cet Accord prouve,
je l'ai dit, combien peu les travaux étaient avancés à cette époque.
Jean de Gastilho est chargé d'une des parties les plus notables :
il était cependant bien jeune à cette époque, car il est mort en
i58i; peut-être n'est-ce pas le même Jean de Gastilho que nous
retrouverons à Thomar. Quoi qu'il en soit, on voit qu'à la date
de 102 2 il avait la construction des voûtes et colonnes de la nef
de l'église (*l Divers artistes aux noms portugais sont mentionnés
comme entreprenant diverses chapelles, le réfectoire, la sacristie.
De toutes ces parties de l'édifice, il faut répéter, avec M. Nodet :
trLa complication des nervures n'empêche point les voûtes de
l'église de paraître trop aplaties; et les piliers semblent grêles,
malgré les ornements qui les couvrent. Le cloître, si admiré par
les voyageurs, montre des bases gothiques supportant des rinceaux
et des feuillages Renaissance, et, sauf le réfectoire, dont l'aspect
(*) Manuscrit de l'Abbesse, i63o; Chronica serafica, 1753.
(^^ Mém. de VAcad. de Lisbonne, 1827.
'^' Le Panorama (i8i3) d'après ies Archives royales. L'article est, je crois, du
célèbre Herculano.
W Corpo chron., partie I, paq. 28, doc. 90.
— 31 —
est sévère , on peut dire qu'un peu moins de fioritures n'aurait pas
nui au monument.»
Reste le portail principal de l'église (pi. V), celui du transept
Sud, l'œuvre la moins critiquable et la plus importante de tout le
monastère, celle pour laquelle on a dû choisir le plus savant et le
plus distingué des artistes présents à Lisbonne. Or, c'est là ce qui
nous intéresse directement, cet artiste est maître Nicolas le Fran-
çais^^\ C'est lui, sans aucun doute, l'introducteur de la Renais-
sance française, de notre admirable Renaissance nationale en Por-
tugal, ou, si vous voulez, le promoteur du style manuélin, qui
n'apparaît pas avant lui sous sa forme pure et vraie, et qui bien-
tôt, transformé par les artistes portugais façonnés à l'école du
maître français, perdit sa pondération native pour tomber dans tous
les excès de la fantaisie, delà redondance méridionale.
Ceci n'est pas une affirmation gratuite, c'est un fait appuyé sur
des textes, car nous trouvons, dans le même temps, s'occupant de
la seule des œuvres portugaises qu'on puisse mettre en parallèle
avec le grand portail de E^elem, nous trouvons le même maître
Nicolas à Santa Cruz do Coïmbre, en train d'exécuter le portail de
la nouvelle église (pi. YI). C'est spécialement pour les travaux de
Coïmbre que D. Manoel avait fait' venir de France maître Nicolas
et quelques autres que nous allons nommer. Mais il est à penser
qu'ayant sous la main un artiste de cette taille, le roi l'avait chargé
simultanément des portails de Relem et de Santa-Cruz.
Nous empruntons ces détails à l'un des documents les plus in-
discutables qui se puissent rencontrer, à la Description de Véglise
et du monastère de Santa Cruz, insérée dans la Chronica da ordem dos
conegos regrantes de Santo Agostinho, de Coïmbre. Cette description
est de l'année ihho. Elle fut traduite de l'italien, car elle avait
d'abord été composée dans cette langue à l'intention du pape
Paul ni, par D. Francisco de Mendanha, prieur du monastère de
Sam Vicente de Fora à Lisbonne.
Or D. Francisco vivait sous les règnes de D. Manoel et de
D. JoSo III; il avait assiste', dans le monastère même en reconstruc-
tion, à tous les travaux y pratiqués. Non seulement il avait été le
contemporain des artistes étrangers ou nationaux qui les avaient
conduits, mais il avait vu journellement s'élever leur œuvre. Il
^'^ Accord des maîtres des œuiTes de Belem.
— 32 —
est donc impossible d'avoir un plus irrévocable témoin. El c'est
qui nous dit, en parlant du riche portail de l'église Santa Cruz :
tfEste portai fez mestre Nicolau Francez; e trabalharam n'elle
os très Francezes, tambem grandes mestres, a saber : Joâo de
Ruao, Jacques Longuim e Filippe Uduarte, que, pera esta obra e
pera a das sepulturas dos primeiros reis d'esté reino, mandouvir
de França o senhor rey D. Manuel, de gloriosa memoria.w
( Ce portail fut fait par maître Nicolas le Français. Y travaillèrent aussi
les trois Français, également habiles maîtres, à savoir : Jean de Rouen,
Jacques Longuin et Philippe Odoart (?) , que , pour cette œuvre et pour
celle des tombeaux des anciens rois de ce royaume, avait fait venir de
France le seigneur roi D. Manoel, de glorieuse mémoire.)
Il est difficile d'être plus clair. C'est bien l'art français que
D. Manoel appelle en Portugal, en la personne de quatre artistes
des plus distingués. L'architecture et la sculpture ornementale fran-
çaise font irruption à Belem en même temps qu'à Santa Cruz. La
coïncidence est parfaite, et nous ne connaissons guère de questions
archéologiques offrant aussi peu de place au doute. Nous verrons
combien les textes sont confirmés par l'examen architectonique des
œuvres.
Nicolas et ses compagnons apportent des formes nouvelles; eux-
mêmes et les artistes portugais du temps les modifient suivant le
génie propre de la nation, et le style manuélin est cre'e'.
D'après le propre texte de D. Francisco de Mendanha, Nicolas
était sans doute le maître des œuvres de Santa Cruz, c'est-à-dire
celui qui dessina le portail. Les trois autres Français , bien qu'éga-
lement architectes (comme nous dirions aujourd'hui )(^', doivent
avoir surtout travaillé comme sculpteurs de figures ou d'orne-
ments.
Les constructions furent menées à Santa Cruz avec une telle
activité, que, dès iSsi, date de la mort de D. Manoel, l'église ('^' du
monastère, le cloître principal, appelé cloître du Silence, et la salle
du Chapitre étaient déjà terminés.
Le cloître da Manga, d'une exécution absolument inférieure, est
du temps de D. Joâo III, 1527. Les Français n'étaient plus là^^'.
('^ Nicolas était architecte et sculpteur.
'^) Il manquait cppcndinl encore quelques statues : voyez un pou plus loin.
'^^ Je veux dire : à Coïmbre.
— 33 —
Notons un détail prouvant combien ii est difficile de retrouver
les traces de nos compatriotes à l'étranger, et combien les rensei-
gnements certains que nous avons sur eux sont des mininia. Par les
citations ci-dessus, on a vu quel rôle ont joué maître Nicolas et ses
compagnons dans la construction de Santa Cruz, Qui croirait que,
pendant ce temps-là même , il y eût à Coïmbre un « architecte des
travaux royaux», personnage officiel, sous la main duquel devait
être maître Nicolas, et qui passerait aux yeux de la postérité pour
avoir tout fait à Coïmbre dans la période qui nous occupe, sans la
précieuse Description de Mendanha?... Cet architecte officiel se
nommait Jacques de Castilho; c'était, dit-on, le frère de Jean. On
trouve pourtant dans les Lettres missives'^^^ un ordre du roi (D.
Joâo IIl) qui nomme M*^ Nicolas : ordre de rr payer à Jacques de
Castilho et à maître Nicolas (^^ cent cruzades d'or pour prix des
statues qui manquaient au portail de l'église du monastère de
Santa Cruz de Coïmbre. Ladite somme, jointe à ce qu'ils avaient
déjà reçu, devait compléter ce qu'on était convenu pour la con-
struction dudit frontispice n.
Nous pouvons penser que si Jean de Rouen, Jacques Longuin
et Philippe Odoart ne sont pas mentionnés parmi les sculpteurs du
grand portail de Belem, ce n'est pas une raison absolue pour qu'ils
n'y aient pas travaillé.
Donc, pour résumer, l'influence française est incontestable dans
le style manuélin. Mais on peut aller plus loin encore et dire :
l'influence de l'e'cole de Rouen, qu'on doit, à cette époque, con-
fondre avec t'école de Gaillon,
L'école de Rouen jouissait dans l'art français, au xv^ siècle et
durant la première moitié du xvi^ d'une incontestable renommée,
d'ailleurs parfaitement le'gititime. C'e'tait l'un des centres les plus
actifs de cette transformation, éminemment nationale, de l'art
gothique, qu'on nomme la Renaissance française, plus belle, plus
pure de style, plus originale, à coup sûr, que toutes les autres
manifestations du mouvement artistique appelé Renaissance.
rrNous voyons, a dit le regretté Léon Palustre '^^, que le point
de départ de la Renaissance dans la Haute-Normandie, en ce qui
(1) Tnrre do Tombo, Paq. i I, n° SgS. Année iSa/î.
^*' Ce document prouve que Nicolas était sculpteur en môme temps qu'archi-
tecte , fait commun à l'époque de la Renaissance.
*'' La Renaissance en France (1879), t. II, p. 195.
Archéologie. 3
— U —
concerne les monuments religieux, se trouve à la Tour de Beurre ^^\
de Rouen. C'est là, sous l'influence des grandes constructions de
Gaillon et à l'instigation du cardinal d'Amboise (Georges P"), que
l'architecture dévia tout à coup de ses anciennes traditions. . . Un
esprit nouveau pénétra l'ornementation, qui n'est plus gothique
qu'en apparence. Une fois sur cette pente, naturellement on devait
aller vite; et nous voyons qu'à la façade les arabesques ont déjà
fait leur apparition, v
A quoi s'appliquent les dernières lignes? A l'école normande? au
style manuéliu? Elles seraient également justes pour l'une et pour
l'autre : il n'est pas jusqu'au mot d'arabesques, qui ne complète
l'illusion. C'est qu'en effet les deux choses procèdent non seule-
ment des mêmes principes, mais, bien plusl des mêmes hommes.
H est difficile qu'une identification soit plus complète.
Dans son précieux ouvrage sur les Comptes des dépenses de la
construction du château de Gaillon, Deville nous apprend que les
travaux du château furent commencés en i5o2 et terminés, ou
peu s'en faut, en i5io. tf Ce château, suivant l'expression de l'ar-
chitecte Ducerceau, l'une de nos gloires, est fort bien bâti, de
bonne manière et d'un riche artifice, toutefois moderne, sans tenir
de l'antique sinon en quelques particularités qui depuis ont été
faites. 75 A quoi Palustre ajoute (^^ : «Les architectes appelés par
Georges d'Amboise s'occupaient peu des règles formulées par Vi-
truve, que peut-être ils ne connaissaient pas. Pour eux, l'invention
était la règle , et tout tendait à trouver des combinaisons nouvelles ,
à obtenir des effets décoratifs aussi étrangers à l'antiquité qu'au
moyen âge. Le mot de modernes appliqué à leurs productions est donc
parfaitement exact. Ils ne sont pas encore entrés dans la période
d'imitation, qui aura pour résultat de semer partout l'uniformité.
La variété la plus grande règne à cette heure; et si parfois l'or-
nementation est un peu touffue, on pardonne à cet excès, qui n'ar-
rive jamais à exclure la grâce et la naïveté, v
Telle est la caractéristique de l'école de Gaillon ou de la pre-
mière Renaissance française. Telle est aussi celle du style manuélin
de la bonne marque, du style de maître Nicolas et de Jean de Rouen.
Nous avons parcouru les Comptes de Gaillon sans y trouver, au
^'^ Le projet de la tour date de i5oG.
('> La Renaiss., etc., t. Il, p. 37a.
— 35 —
moins d'une manière patente , les noms de nos artistes émigrés en
Portugal (^l II n'en est pas de même pour les documents relatifs au
tombeau du cardinal d'Amboise à Rouen, œuvre née de Gaillon,
et cela plus belle architecture françaises, comme disait, d'une ma-
nière trop absolue sans doute , feu mon cher maître , Gabriel Da-
vioud.
Là, nous rencontrons Jean de Rouen, avec des rapprochements
de dates fort particuliers. D'après les «Comptes de la maison
d'Amboise w et les registres capitulaires de Rouen, Deville a fait
connaître '^^ que , bien que la première pierre du célèbre tombeau
n'ait été posée officiellement qu'en l'année iBao ^^î, on commença
dès i5i6 à travailler, dans les ateliers, à la confection des diflfé-
rentes parties du monument. Or, parmi les ymagiers ou sculpteurs,
Jean de Rouen est cité comme ayant ébauché seulement une statue.
La chose paraîtrait assez étrange, si nous ne savions la suite. En
i5i6, Jean ébauchait sa statue; s'il ne l'a pas achevée, c'est qu'il
fut, à la même époque, enrôlé par le roi de Portugal pour les
travaux de Coïmbre, où. nous le trouvons en iBiy.
Il semble impossible de dénier à Jean de Rouen la paternité
de l'admirable chaire {pidpiio) de Santa Cruz, œuvre de premier
ordre, et que l'œil du connaisseur rapproche immédiatement du
tombeau du cardinal d'Amboise. Quand nous ne saurions pas de
maître Jean ce que nous en savons, le rapprochement se ferait
de soi. Cette chaire, d'après les documents de la Chronique^^\ devait
être terminée en iBaa, ce qui concorde parfaitement, même en
admettant que maître Jean ait pu d'ailleurs travailler au grand
portail de Belem. Mais le plus curieux en tout ceci, c'est que,
dans une frise de la chaire, se montre un monogramme qui vient
changer les conjectures en quasi-certitude. Ce monogramme, assez
détérioré, présente, d'après V. Barbosa'^^, les initiales I. R. — Bar-
bosa fut le premier (si je ne me trompe) à signaler ce fait curieux.
Je suis absolument de son avis : je tiens que les initiales sont celles
''' Rieu d'étonnant à cela. Vers le commencement du x\f siècle, on travaillait
beaucoup à Rouen même ; et s'il y eut beaucoup d'artistes de Rouen occupés à
Gaillon, il y en eut certainement beaucoup dans le cas contraire.
(* Tombeaux de la cathédrale de Rouen, p. 80.
(^' Le premier cardinal d'Amboise était mort en i5io.
Chronica dos coiiegos regrantes, etc., Coïmbre.
(" Monumentos , etc. , 1886.
3.
— 36 —
qu'il a lues. Cette preuve, jointe à ce que Jean de Rouen, nommé
le premier dans tous les documents, devait être le plus habile des
sculpteurs appelés par le roi Fortuné, ne laissent, je le répote,
que bien peu de place au doute. Pour moi , l'attribution est cer-
taine.
Pour quiconque a regardé la chaire de Santa Cruzt^', une compa-
raison s'impose avec le monument de Georges d'Amboise. Je trouve la
même impression dans un ouvrage allemand récent de M. Albrecht
Haupt ('-', ou l'auteur a le bon goût de reconnaître que la colonie
d'artistes français de Coïmbre exerça l'influence la plus sensible
sur l'art portugais, et que ffl'on peut voir dans maître Nicolas le
premier importateur des formes de la Renaissance à Relem, tandis
que Castilho s'y conformait tardivement, quoique le premier parmi
ses compatriotes (^^ w. Cette confirmation de nos vues, venant d'un
pays où les influences françaises n'ont généralement pas grand
succès, nous a paru digne d'être rapportée.
Suivant les probabilités, Nicolas rie Française, qui semble
avoir eu la fonction la plus élevée parmi les artistes appelés par
D. Manoel, était déjà depuis quelques années, ou du moins depuis
quelque temps en Portugal, lorsque les autres y vinrent (1617),
sur sa recommandation évidemment. Nous n'avons jusqu'ici décou-
vert aucune trace de Longuin ni d'Odoart dans les documents fran-
çais. Avons-nous été plus heureux pour maître Nicolas? Nous l'es-
pérons. Mais la question a besoin d'être éclaircie; et d'ailleurs, ce
mémoire étant long déjà , nous estimons qu'il est temps de penser
à le terminer.
Avant d'en finir avec l'école sculpturale française de Coïmbre,
fille de l'école française de Rouen et de Gaillon, nous voulons
nommer encore trois artistes, nos compatriotes, que Ton ren-
contre dans les documents portugais. L'un est Nicolas Chatranez,
sculpteur, qu'il ne faut pas, à notre avis, confondre avec l'illustre
maître Nicolas, architecte et sculpteur, dont nous avons si souvent
parlé dans le présent mémoire. Ce Chatranez ('*), artiste de grand
^'' II en existe un moulage au musée du Trocadoro à Paris.
^^' Die Bauhunst der Renaissance , iSgû.
^■'' cfWir di'irfen demnach in Nicolaus wohi den crsten Importcur der Renais-
sancefoimon in Belem erblicken, wœhrend Casiilho sich densolben crst langsam
anbequemlo.n
'"' Voici ce que dit de lui Fr. Francisco do Siini Luiz : rDuarte Nuncs de Loâo,
— 37 —
talent, sculpta Tautel de la chapelle de la Peîia, près Cintra.
L'autel est non seulement signé, mais daté i532. (Test une fort
belle œuvre.
Le second artiste est Jérôme de Rouen, à qui doîia Maria, fille
du roi iManoel, confia la construction de l'église de Luz, près Lis-
bonne ^^'.
Le troisième est Simon de Rouen, dont nous ne savons que le
nom (-).
Tous ces artistes sont ou les compagnons ou les successeurs des
Français de 1517. La série est complète : on rencontre ces noms
jusque dans la seconde moitié du xvi" siècle, alors que l'architec-
ture manuéline était en pleine décadence.
De cette époque de décadence date la partie la plus célèbre du
monastère de Thomar (pi. VII), la salle du Chapitre (^), dont un
seul mot, nous l'avons dit, peut exprimer l'architecture, le mot
rr Désordre n. Dans le beau portail Sud, qui remonte au règne de
D. Manool, je reconnais le crayon de maître Nicolas et le coup de
ciseau de Jean de Rouen : c'est une sorte de compromis entre le
portail de Belem et celui de Santa Cruz (*l Mais dans la façade
Ouest, dans cette fenêtre du chapitre qui fait tomber en |)âmoison
certains voyageurs, nous sommes en plein style portugais; ce
n'est plus l'admirable style manuélin de la première heure, manié
par des artistes d'une délicatesse exquise; c'en est une grossière
contrefaçon, par des hommes de second ou de troisième ordre,
chez qui la richesse est devenue fouillis, et l'originalité bizarrerie.
Ce n'est plus maître Nicolas; ce n'est plus même Jean de Castilho :
c'est Ayres do Quintal! Ici commence la « période d'imitations?
dans sa Descvipl. du Portugal, ch. xxiii, appelle ce Chalrauez , grand sculpteur. —
Luiz Mendes de Vasconcellos lui attribue l'autel do la Pena, près de Cintra {Sitio
de Lisboa, p. 909.) — Faria-e-Sousa, dans son Etirop. portugueza, caractérise
ainsi l'ouvrage : Somptuosité merveilleuse. — Enfin, Jorge Cardoso, l'auteur du
célèbre Agiologio , dit que c'est Jean III qui fit faire l'ouvrage par l'insigne sculp-
teur maître Nicolas, Italien. n Cardoso s'est certainement trompé : les gens de son
époque (xvii° siècle) voyaient partout des artistes italiens. Mais Fr. Francisco de
Sam Luiz, qui ne manquait pas de critique, restitue à Chatranez son nom de iVt-
colao Francez.
(1) et (2) Torre de Tomba.
(^^ Cette salle estdu temps de D. Joào TII (t5^o).
^''' Je croirais volontiers que ce portail est, sinon de nos Français, au moins de
Joào de Castilho, qui fut architecte de Thomar.
-• 38 —
dont parle Léon Palustre, et dont le résultat sera de ff semer par-
tout l'uniformité».
Si nous avons mis en relief — nous l'espérons, du moins —
non seulement l'influence française sur le style manuélin, mais
mieux encore la formation de ce style par une école française,
nous n'avons nullement eu l'intention de ravir aux Portugais un
style qu'ils regardent avec quelque raison comme national. Na-
tional? il l'est évidemment; car, bien que venant du dehors (^), il
caractérise de la façon la plus heureuse et la plus expressive la na-
tion portugaise, telle qu'elle était à l'époque du roi Manoel. Et
c'est là qu'il faut admirer le génie des grands artistes, français, ne
l'oublions pas, qui sont les véritables pères de ce style portugais!
Au lieu de transplanter simplement leur art sous un autre ciel , où
(tout plaisant qu'il fût en France) il eût été malheureux et déplacé,
ces hommes ont modifié leur manière suivant les mœurs et les be-
soins de leur patrie adoptive. Ils ont ainsi créé, par une assimila-
tion pour ainsi dire inconsciente, un art nouveau, complet, et si
bien approprié, que la terre portugaise le reconnut aussitôt pour
sien et le crut né de ses entrailles ; elle put s'étonner de cette fron-
daison éflrangère, mais elle en fut charmée et l'adopta ;
Miraturque novas frondes et non sua poma.
Puisque je viens de citer un poète, je veux finir sur une page en
prose, mais en prose poétique, d'un maître écrivain f^), laquelle
donne une vive impression de l'architecture manuéline en général,
et du monastère de Belem en particulier, qu'on croirait avoir sous
les yeux, à la lecture de ces phrases, aussi scintillantes que le
style de l'édifice :
«Je vis, dit l'auteur, un monument d'une sublimité si naïve, si
originale, que toute la pense'e du peuple portugais semble s'y être
(" «Ce style, dit avec franchise le Portugais V. Barbosa {Monumentos , etc.,
p. ix), que beaucoup de gens chez nous regardent comme étant nalional, nous
vint du dehors , comme tous les autres ; et nous restâmes en retard , — malgré les
relations que les différentes nations de l'Europe entretenaient avec Lisbonne, de-
venue, par la découverte de Vasco de Gama, l'entrepôt des marchandises de
l'Orient : si bien que le monastère de Notre-Dame de Belem , ce monument de la
victoire des Indes, ce pieux type architectural, est en réalité le dernier édifice go-
thique qu'on ait construit en Europe. n
W Mes vacances, etc., i846, par Edgar Quinet.
— 39 —
renfermée. . . Ce monument parle : Tâme marine du Portugal vit
dans chaque pierre.
tr Au bord même du Tage , sur cette plage . . . qui a vu tant
d'émotions de crainte, d'espérance, de douleur, tant de départs,
d'embrassements , d'adieux, et tant de retours triomphants, le roi
Emmanuel a fait élever une église. L'architecture en est gothique;
mais le trait de génie est d'y avoir- mêle' tous les caractères de la
vie de mer. Des câbles de pierre [cordôes), qui lient les piliers go-
thiques les uns aux autres; de hauts mâts qui soutiennent les
ogives, les rosaces, les voûtes, pendant que la voile de l'Humanité
s'enfle sous l'haleine du Ciel. C'est la maison de Dieu, mais appa-
reillée comme un vaisseau en partance . . .
cf Si vous entrez dans l'intérieur du cloître, déjà les fruits et les
plantes des continents nouvellement révélés, les cocos, les ananas,
les pamplemousses, sont cueillis et appendus dans les bas-reliefs.
ff L'esprit d'aventure , de danger, de science , de découverte , res-
pire dans ces murailles plus que dans aucune chronique. C'est l'im-
pression de ce sentiment indicible d'enthousiasme, où Vasco, Ma-
gellan, Jean de Castro entonnent, à genoux, le Gloria in excelsis, en
serrant les voiles devant des terres inconnues.
fflci, des sirènes gothiques, etc. . . Ajoutez des sphères armil-
laires en marbre, des astrolabes, deséquerres mariées aux crucifix,
des haches d'abordage, des boucliers, des échelles; partout des agrès,
des nœuds de cordes roulées qui amarrent les piliers. Vous sentirez,
dans le moindre détail , une église marine , la barque pavoisée du
Christ, qui, au milieu des angoisses de l'homme, cingle en paix,
vent arrière, sur des océans non encore visités. n
Trop de fioritures ! direz-vous. Trop de fanfare et de feu d'arti-
fice ! . . . — Sans doute ; mais c'est la peinture même du style ma-
nuélin.
Emile Eude ,
Membre correspondant des Antiquaires de France.
PORTE EN FER
DU MOULIN DE SÉVIGNY-WALEPPE
(ARDENNES).
Communication de M. Jadart, correspondant du Comité à Reims.
La commune de Sévigny-Waleppc (canton de Château-Porcien ,
Ardennes ) possède une église du moyen âge restaurée au xvii" siècle,
un château de cette dernière époque, et un ancien moulin banal
(moulin à vent), construit en forme de tour de fortes dimensions
et pouvant remonter au xv" ou au xvi° siècle. Ses épaisses murailles
en craie et ses ouvertures n'ont aucune décoration architecturale.
On y entre par deux portes, l'une au Nord, garnie de deux van-
taux fort simples, en bois; l'autre au Sud, plus étroite et munie
d'une clôture en fer très solide, remontant au moyen âge. Cette
porte a pu être ajustée au moulin postérieurement à sa construc-
tion, si l'on en juge par le remplissage intérieur de la baie sur
un côté. Pour découvrir tout l'ensemble de cette belle œuvre de
l'époque gothique, il a fallu la sortir de l'ouverluro et la dresser
comme on la voit sur la gravure ci-jointe.
On ne possède aucun document sur le moulin banal dont la
tradition affirme la destination , et qui ne fut aliéné des biens de
l'ancienne seigneurie qu'après la Révolution. Le propriétaire ac-
tuel, M. Yverneau, ne connaît rien de plus sur l'origine de la porte
qui se trouve à cet endroit de temps immémorial. 11 la conserve
d'ailleurs avec curiosité, et c'est à ce titre qu'elle vient d'être si-
gnalée, mais non reproduite, dans la Revue historique ardennaise^^K
Elle ne court donc aucun péril de destruction, mais il est inté-
ressant de la décrire et d'en offrir l'image en la rapprochant des
(" Revue historique ardennnise, nov.-déc. 1896, p. 287.
— à\ —
trois portes on fer, d'un dessiji différent, qu'a données Violiet-ie-
Duc^*^ Elles offrent des figures en losange ou des garnitures en forme
d'écaillés , tandis que celle de Sévigny a une décoration d'un type archi-
tectural, avec trois arcatures superposées et des montants du même
style. Ces arcatures sont trilobées, d'un dessin très correct et d'une
bonne exécution; à l'intersection des montants, on distingue des
clous fleuronnés et des têtes saillantes de physionomies variées.
les unes coiffées, les autres nues; au milieu du panneau central,
au-dessous de la poignée, se trouve une figure en pied, délicate-
ment forgée et représentant un guerrier, dont les jambes et le
corps sont intacts; le bras droit est mutilé. Quelques portions de
panneaux sont aussi mutilées, et trois trilobés enlevés du côté de
la serrure, qui a été refaite; mais l'aspect général est conservé
C' Dictionnaire de Varchileclure française , t. IV; verho vantail, p. 352, 353 et
35/ï.
— 1x2 —
d'une manière assez satisfaisante pour permettre de donner cette
porte comme un modèle à reproduire.
Les dimensions sont moyennes (i m. 76 de hauteur sur
o m, 90 de largeur) et peuvent s'adapter à une porte en fer à un
ou deux vantaux. La décoration est très pure de style; les lignes
d'assemblage sont fines et délicates; tout révèle la main d'un habile
ouvrier, peut-être d'un maître forgeron de passage dans une loca-
lité très éloignée des villes et de tout centre artistique. La porte,
si elle n'apparlenait pas primitivement au moulin, a pu être exé-
cutée sur place pour l'ancien château de Sévigny ou pour l'abbaye
toute voisine de La Val-Roy (ordre de Cîteaux), dont les bâtiments
et même les dernières ruines ont totalement disparu depuis quel-
ques années.
H. Jadart,
Correspondant du Comité.
STATUE
DE L'ÉPOQUE GALLO-ROMAINE,
TROUVÉE À REIMS, FAUBOURG DE LAON,
ET ACQUISE PAR LE MUSÉE.
Communication de M. Jadart, correspondant du Comité à Reims.
Le Musée lapidaire de Reims vient d'acquérir à la vente de la
maison Bulteau (sculpture et vitraux) un lot d'antiquités et de dé-
bris du moyen âge assez intéressants. Parmi ces objets, recueillis
dans les fouilles voisines de son établissement par M. Hippolyte
Bulteau, frère de M. l'abbé Bulteau, historien de la cathédrale de
Chartres, on remarque principalement la statue en pied d'un per-
sonnage debout, sculpture taillée en plein relief et au ciseau, pro-
venant sans doute d'un monument funéraire de l'époque gallo-
romaine (pi. VIII).
Aucune trace d'inscription n'accompagne ce morceau complet en
lui-même, trouvé en terre vers i885, et reconstitué dans son en-
semble sans lésion. Seule la main gauche du personnage a été re-
faite; toutes les autres parties du corps sont antiques, ainsi que
le massif contre lequel il s'appuie. Le haut de la tête est mutilé;
le visage est intact.
La tête est nue, le corps vêtu de la tunique; les jambes et les
pieds paraissent recouverts de chausses ou de bas montants; de la
main gauche, le personnage tient un bâton, dont la partie supé-
rieure est brisée, ce qui empêche d'y reconnaître un attribut, s'il
en existait un ; de la main droite, il porte un objet indéterminé,
de forme triangulaire, qui pourrait être un instrument de métier,
un polissoir, par exemple, à l'usage des peaussiers. Lors de la dé-
couverte, on avait cru reconnaître une flûte de Pan et une houlette
— kh —
dans ces deux pièces, et Ton avait qualifié ie personnage deberger.
Mais cette attribution nous paraît fausse, et nous préférons sou-
mettre cette figure, assez caractéristique en elle-même, à l'appré-
ciation du Comité, sans prétendre lui proposer une explication qui
nous échappe.
H. Jadart,
Correspondant du Gomilé.
ni '.l
FRAGMENTS DE VASES
AVEC REPRÉSENTATION DES COMBATS DU CIRQUE
Rapport de M. Edmond Le Blaiit
sur une communication de M. Auguste Nicaise.
Dans une note qui nous a été adressée avec deux dessins et
une photographie, notre correspondant, M. Auguste Nicaise, s'ex-
prime ainsi :
«J'ai l'honneur de transmettre au Comité deux dessins représen-
tant, grand(!ur nature, des fragments de vases en terj-c rouge à'
reliefs découverts à Reims, à la fosse Jean-Fat en i883. Ces déhris
de vases, qui figurent depuis longtemps déjà dans ma collection,
sont d'une couleur rouge foncé, d'une terre fine, d'un grain dur
et serré. Ils sont enduits d'un vernis brillant, que leur long séjour
dans le sol n'a point altéré.
f Le fragment n" i représente une Tauromachie. Sous un cordon
formant une ligne chevronnée surmonté d'une ornementation en
forme de lambrequins, un taureau projette en l'air deux hommes,
dont les mains sont liées derrière le dos, et qui t:ont vêtus seule-
ment d'un pagne soutenu par une bande d'étoffe passant sur l'épaule
droite. L'une des victimes est enlevée la tête en bas; l'autre les
jambes en l'air, dans la position d'une personne à demi couchée.
Le taureau montre un garrot vigoureux et paraît avoir conscience
de la force qu'il déploie en jonglant avec ses victimes.
«A gauche, on voit apparaître des branches revêtues de feuilles
à leur extrémité.
«Le fragment n° 2 représente sous une ligne de lambrequins
des combats d'hommes et d'animaux. Ces divers sujets sont séparés
par compartiments ou registres, que limitent des lignes en grè-
netis.
«Le registre supérieur montre à gauche un lion, la queue relevée
sur le dos, la crinière hérissée, se portant en avant par un mou-
_ 46 —
vement d'une belle allure qui fait saillir les muscles de ses épaules
et de son encolure.
crDans le registre suivant, un guerrier casqué et cuirassé, placé
sur un trépied entouré en son milieu d'une écharpe. Ce guerrier a
la main gauche posée sur la cuisse et lève le bras droit d'un geste
plein de noblesse'^). Plus loin, on aperçoit le casque, le dos et la
jambe droite étendue en arrière d'un gladiateur combattant.
fr Le registre inférieur montre , entre deux enseignes ou guidons ,
deux mirmillons combattant l'un contre l'autre. Leur tête est cou-
verte d'un casque à grillage, muni d'un haut cimier. r)
A cette communication de notre correspondant, il y a lieu
d'ajouter les observations suivantes :
Les monuments qui, jusqu'à cette heure, nous retracent le plus
complètement l'aspect des jeux de l'amphithéâtre, les dyptiques,
les mosaïques et d'autres encore n'offrent guère à nos yeux que des
courses de chars, des gladiateurs combattant entre eux ou contre
des bêtes féroces , des tours d'agilité exécutés au son de l'orgue. Il
était encore, dans les cirques, d'autres spectacles : l'exécution des
condamnés qui devaient périr devant le peuple dans quelque drame
mythologique, ou seulement sous l'assaut des bêtes féroces. D'une
partie de ces traits de la cruauté des temps antiques, certains bas-
reliefs de terre cuite nous ont gardé le souvenir. Plusieurs, oiî l'on
voit un fauve s'élançant sur le condamné lié au poteau de l'amphi-
théâtre, ont été signalés par M. Lafaye sur des tessons de vases en
terre rouge trouvés en Bavière, à Tours et à Paris '^K
De même sorte est cet autre fragment trouvé à Reims par M. Ni-
caise, et dont les reliefs représentent un sujet nouveau : deux
hommes garrottés que jette en l'air un taureau furieux.
Les documents relatifs à l'histoire des persécutions païennes sont,
que je sache, les seuls qui parlent de ce genre de supplice,
fréquemment employé sans doute pour des condamnés de toute
sorte. Le plus célèbre de ces textes est la Passion de sainte Perpétue,
qui, enlevée dans le cirque par une vache furieuse, retomba sur le
dos, comme l'un des malheureux que représente le fragment de
Reims : tdacta est, dit le texte, et concidit in lumbosv t^). Autre men-
(') Cette figure ne serait-elle point la représentation d'une statue de héros ou
d'empereur romain ?
^*) Mémoires de la Société des Antiquaires de France, 1899, p. 99 à 106.
('^ 8 XX, Ruinart, Acta sincera, p. 101.
— àl —
lion de ce supplice pour la martyre de Lyon , sainte Biandine. Dans
son Histoire ecclésiastique, Eusèbe parle encore de chrétiens ex-
posés de même aux attaques d'un taureau dont la fureur se tourna
contre les païens qui l'avaient lancé ^^\
Une autre ëpave des temps anciens nous apportera peut-être
l'image de ces malheureuses, les Dircées, comme les appelait saint
Clément le Romain ^'^\ et que, dans les représentations du cirque,
on attachait par les cheveux, ainsi que la Dircé de la fable, aux
cornes d'un taureau indompté '-^i.
(') L. V., c. i; elL. VIII, c. 7.
(■^' Epist. ad Cortnth., I, 6.
'^) Hygin., Fab., VIII.
INVENTAIRE
DRESSÉ EN 1395,
AU DÉCÈS DE YOLANDE DE FLANDRE,
COMTESSE DE BAR.
Communication de M. Maxe -Weriy.
Dans les Annales historiques du Barrois de i35a à iâii^^\où sont
consignés tant de précieux documents extraits du Trésor de nos
Archives, notre regretté confrère Victor Servais donne quelques
détails sur la mort de Yolande de Flandre , arrivée le 12 décembre
de Tannée iSgô; il rapporte que cette princesse avait exprimé la
volonté' d'être inhumée dans l'église de Thérouanne à laquelle,
entre autres legs, elle laissait, par son testament du 12 octobre
i388, toutes les pièces et ornements de sa chapelle particulière.
Or comme , depuis cette époque , Yolande avait manifesté le désir
de reposer dans la collégiale de Saint-Maxe , oii son premier mari ,
le comte Henri, avait reçu la sépulture, Robert, à la nouvelle de
la mort de sa mère, s'empressa de négocier avec le chapitre de
Tlîérouanne la translation du corps de la comtesse de Bar, en of-
frant une somme considérable tant pour obtenir le consentement
des chanoines que pour l'abandon des objets précieux légués par
Yolande à cette église.
Notre annaliste n'ayant pas fait connaître quels étaient ces ob-
jets précieux, nous croyons utile de rapporter le passage du tes-
tament de Yolande relatif au legs en question , puis de soumettre
à l'attention du Comité le document suivant, demeuré inédit, que
^*' Oti Histoire politique, civile, militaire cl ecclésiastique du duché de Bar sout
le règne de Robert, duc de Bar, par Victor Servais. Bar-le-Duc, i865, 2 vol. in-S".
— A9 —
nous avons rencontre à la Bibliothèque nationale parmi les pièces
originales du Cabinet des Titres.
EXTRAIT DU TESTAMENT DE LA COMTESSE DE BAR.
Item , donnons , laissons et devisons à ladicte égiise de Thé-
rouanne nostre image d'argent de Nostre Dame, avec les sanctuaires qui y
sont et les adoremens de nostre chapelle qui sont eschaquftez^'^ en tant de
pièces comme ils seront , et auxi les deux draps de parement d'autel , dos-
sier et devancier, qui sont yndes, ouverës à angeles qui tiennent noz armes,
et l'estroit parement vermeil à franges et à perles à mectre sur la quarré
de l'autel au devant des nappes , et auxi les meilleurs et plus déliés nappes
d'autel que nous avons, que on mect aux bons jours.
Item , ordenons , laissons et devisons à la dicte église de Thérouane les
adoruemens noirs de chasubles , chappes et autres vestemens ad ce appar-
lenans , se auchuns en avons noirs au jour de nostre trespas , telz et en tant
de pièces comme il seront ; et se auchuns n'en avons lors , voulons et or-
denons que du nostre en soient acheteis uns noirs par l'ordenance de noz
exécuteurs , poui- vestir et mectre quant on fera nostredit anniversaire , et
avec ce une chasuble noire pour mectre et vestir ledit chappelain quant il
dira chacune sepmaine les quatre messes de Requiem pour nostredicte
chapellenie, comme ordené l'avons, ainsi que dessus est dit'*'.
INVENTAIRE DE LA VAISSELLE DE FEU MADAME LA COMTESSE DE BAR
M. III* un" ET XV.
Inventaire fait en la présence de mons. le Duc de la vaixelle appartenant
à feue Madame la contesse de Bar, que Dieux absoille, laquelle vaixelle
avoit esté aportée de Flandres à Bar et fu baillée et délivrée à Mess. Jehan
deLor et Jehan de Ghastiilon'*' en exécution du testament d'icelle Madame
par bénéfice d'inventoire le xvu* jour de mars l'an de grâce mil m'' nu" et
XV, présents Messire Liebault de Baudrecourt et Jehan d'Aunoy chevalier,
maistre Glairin , Humbelet de Burey, messire Jehan de S' Thiebault et Jehan
Vinchon.
^*^ Du verbe eschaquei; qui signifie répartir également, dulribuer et convient
parfaitement avec le sens générai de ia phrase.
(*' Trésor des chartes de Lorraine. Cartulaire : Mariages et Testamenlt, î" 396
et suivants; de Sniyltère : Ensai histonque sur lolande de Flandre, etc., 1877,
p. a^a.
('' Jehan de Lor, chevalier et conseiller de Yolande, Jean do Châliilon, son
secrétaire; tous deux exécuteurs testamentaires.
Abcuéologie. &
— 50 —
Premièrement. Vaixelle de bouteillerie laquele avoit este rendue par
Olivier Foulhier bouteiHier avec les coffres et ies escrinz :
xiui pos d'argent chacun d'un lot tous commis , et en y a deux dorez ;
VI demi los et ii tiercerons , dont l'un est sans couvecle ;
xxnii hanaps d'argent plains qui courroient en sale;
I godet d'argent dore et estoit pour essay ;
une bouteille d'argent à biberon et courroie.
Pesans tout au poix de Bar, à vni onces pour le marc, vn" xii marcs.
Item , un godet d'or hachié et une esguière d'or pesans m marcs vi onces
et demi.
Vaixelle de cusine rendue par Maillequan queux, avec les coffres et
linge pour envelopper :
VI grans plas d'argent dorez ;
XII autres plas moiens dorez ;
XXVIII escueles d'argent dorées ;
XII grans plas d'argent;
XII autres moiens d'argent;
II escuelles grandes d'argent ;
XI escuelles mainres d'argent.
Tout pesant au poix dessus dit m'' xxviii mars et i once.
Vaixelle de fructerie rendue par Mulior fructier avec les escrins :
II plas d'argent esmailliez au fons pour laver ;
Il autres bassins d'argent pour laver et ii esguières ;
un chandelliers pour mettre flambeaux à table ;
XI pelis platelés d'argent pour servir de fruict ;
Tout pesans comme dessus lvi marcs m onces.
Vaixelle de chapelle rendue par Montlivaut avecques les esciins :
Une grant croix d'argent dorée à pié;
II grans chandelliers d'argent;
I grant benoilier et l'asperges d'argent;
I ensencier d'argent ;
II possonnuez [burettes] d'argent pour mettre vin et yaiie;
I petit platelet d'argent pour donner à laver ;
I paix d'argent;
I clochète d'argent,
I petit calice et la cuillier ;
II petis chandelliers à vice d'argent ;
la pierre de l'autel bordée d'argent;
la boîte au pain à chanter d'argent.
Pesans xli marcs vu onces.
1
— 51 —
Somme toute du poix de la vaixelie d'ai"gent dessus nommée, tant de
plaine comme dorée et tant boutiiierie , cusine et fructerie comme de chap-
pelle , v° Lxxviii marcs m onces.
Somme de l'or m marcs vi onces et demi,
Ornemens de chappelle qui furent aportez en chemin avecque le corps
de feue Madame , baillez aux dits messires les exécuteurs à Bar le xix* jour
de mars , l'an nu" et xv dessus dit , et rendus par ledit Montiivaut , pré-
sents Regnart de Brailly et Jacquet Henriet :
Une chasuble de veloux inde brun, sengie, à grans orfrois, tunique et
dalmatique de mesme di-ap, sengie, à petis orfrois, parées devant et dar-
rière , et la dalmatique par les manches , de drap d'or ;
Une chappe de mesme drap doublé de toile noire ;
II estolles et un fanons de mesme drap ;
II aubes parées de mesme drap;
I autre aube parée parée de drap de soie noir;
H saints de soie rouge et i de fil;
une grande nappe d'autel à i parement inde ouvré de brodeure d'oi-
seaulx ;
II admis parez ;
m petites nappes d'autel ;
et une aumusse de gris fourré de menue vair ;
le petit messel à pipète et fermoirs d'argent ;
uns petis corporaulx ;
et le livret des vigiles des mors;
et I coffi'e de chappelle ou quel sont lesdits ornements.
Et est assavoir que quant le corps de feu madite Dame parti de messe
il y avoit ii draps d'or, l'un nuef qui avoit este prins en la taillerie par
messire Jehan d'Aulnoy, et l'autre vieux qui estoit de la chappelle , dont le
nuef fri donné à l'abbaie de Lisle en Barrois où le corps reposa xv jours,
et l'autre fii donné à l'église de S' Maxe quant le corps fu descendu, sur
lequel on mit de grands draps d'or à armes que Monsieur le Duc avoit fait
ordonner pour haeque.
Le xi° jour de mars lan un" et xv, en la présence de Jehan de Ghas-
tillon, Milet de la Mothe, maistre Jehan d' Aubreville , Simonet Petitpas et
Oudinet , furent prisées à Glermont en Argonne les choses cy après declai-
rées appartenant à feue madite Dame et baillées au grant Jehan et à Jehan
Vinchon pour porter à Bar.
La chambre blanche à compas d'or, aux armes de feue madite Dame,
contenant xii pièces, c'est assavoir :
le ciel de soie à goutières frangées , doublé de toile noire ;
4.
— 5-2 —
Le dossier de soie, la contrepointe de mesme, ii elles de mesme, dou-
blëes de toiUe et bougueran rouge ;
III courtines blanches de drap de soie ouvré ;
II grans tappiz de laine :
II autres petis de mesmes ;
I petit tappiz nommé le drap au chapelet à x personnages ;
I autre tappiz de l'istoire de Lancelot du Lac:
I autre tappiz de la royne esprouvée au Lyon ;
une pièce de nuefve toile, une corde et une serpillier, pour faire une
trousse.
La chambre verde contenant xvi pièces armorée des armes que dessus :
Le ciel de soye à goutières frangées, doublé de toile noire;
le dossier de mesme, la coutepoinle de mesme, m elles, c'est assavoir
II grandes et i petite, doublées de toile rouge;
III courtines de samit vert;
iiii grans tappiz de laine ;
m autres petis de mesme.
(Pièces originales du Cabinet dos Tilres. Bar, i8.3, f" ôi et sulvanls.)
BIJOUX ET INTAILLES
DU MUSÉE D'AGEN.
Communication de M. Tholin, correspondant du Comité.
La collection d'objets gallo-romains du Muse'e d'Agen, déjà for
importante, a été jusqu'à présent peu étudie'e. Parmi les pièces
les moins connues de ce fonds très varie, trois pierres gravées, qui
ont été trouvées associées à de curieux objets de bronze, méritent,
je crois, d'être signalées.
Vers 1880, M. Biaise, propriétaire à Bon-Encontre près Agen,
remit à M. G. Marraud, un des secrétaires de la Comm'ission du
musée, une petite boite en bronze trouvée par lui sur ses terres,
au milieu de substructions antiques. L'oxyde avait scellé les parois
de cette boîte, qui formait un seul bloc. Elle était cependant lé-
gère et, la curiosité étant éveillée sur son contenu possible, la
tentation de l'ouvrir était forte. On y céda. L'opération entraîna
la rupture d'une charnière, dont la tige en fer était réduite à de
minces écailles. Il n'y avait pas à se repentir d'un accident inévi-
table : deux intailles très fines étaient tirées de cet écrin.
Les deux moitiés de l'écrin s'emboîtent exactement; leur épais-
seur est celle d'un carton; on remarque, sur les deux côtés, deux
trous carrés et, dans un compartiment de couverture, trois trous
ronds, les uns et les autres trop petits pour qu'il fût possible non
seulement d'apprécier mais même de deviner le contenu.
Les intailles, sur cornaline, ont les dimensions d'un cachet ordi-
naire. L'une paraît représenter Hercule, nu, portant sur l'épaule
la biche du mont Ménale; la seconde, un génie de la paix ou de>la
concorde, dont le prototype doit se trouver sur des monnaies : le
personnage, ailé, tient de la main droite une branche d'olivier et
de l;i main gauche une corne d'abondance.
L'exécution de ces gravures est parfîiite.
— 54
Tout rëcemment, un cultivateur apportait un bijou antique,
trouve' sur ses terres, àVianne (Lot-et-Garonne). M. Donibrowski,
conservateur du Musée d'Agen, s'empressait d'acque'rir cet objet
pour quelques francs.
1-2. Bijou
trouvé près de
Vianne (£ -ef-G.J
.-119!.
g<;g— *^
C'est une pièce de bronze, en forme de croissant, renflée et flan-
quée de deux ailerons en tiges plates vers le centre, terminée par
des liges rondes. L'extrémité des quatre tiges est perforée. Une in-
taille est logée au centre de cette pièce, dont la patine est superbe
et qui paraît être la moitié d'un bracelet. Sans doute une chaînette
se rattachait aux pointes du croissant, et des pendeloques, aux
pointes des croisillons. Le type, s'il est connu, doit être pour le
moins peu commun.
L'intaille, sur cornaline, représente Minerve, casquée, tenant de
la main droite une lance appuyée sur l'épaule; de la main gauche,
la déesse retient l'extrémité de son péplum, d'une dimension inu-
sitée, et qui, soulevé par l'eff'et d'une marche rapide, forme une
traîne.
Je joins à cette communication des dessins de l'écrin et du bra-
celet, exécutés par M. Dombrowski, ainsi que des empreintes des
trois intailles.
G. Tholin.
LE MOBILIER AU MOYEN AGE
DANS LE SUD-EST DE LA FRANCE,
PAR M. L'ABBÉ FILLET,
Correspondant du Comité, à Allex (Dromo).
Les meubles et les effets mobiliers peuvent facilement être trans-
portés d'un lieu à un autre; ils ont aussi une facilité spéciale à
changer de propriétaire; ils peuvent, disait Charles Dumoulin, unâ
horâ transire per centum tnanus.
De là, dans la législation, des dispositions qui ne leur sont pas
communes avec les immeubles; de là, cette règle du droit qu'en
fait de meubles la possession vaut titre.
Mais de là aussi la rareté et le peu d'étendue des notions qu'offrent
pour l'histoire du mobilier, et surtout pour celle de l'ameublement,
les documents antérieurs au xiii* siècle. Au xiii* siècle même, lés
actes capables de nous renseigner sur ce sujet sont encore d'une
valeur bien médiocre. Quelques contrats de mariage et quelques
testaments mentionnent en passant certains joyaux, certains vête-
ments et d'autres objets mobiliers; mais ces actes ne nous pré-
sentent guère plus que les autres de ces listes et séries d'effets mo-
biliers qui permettraient de savoir au juste le contenu des maisons
à ces âges reculés.
Nous n'avons rencontré pour l'époque antérieure au xiv^ siècle
aucun de ces précieux inventaires qui, pour les temps suivants,
nous fournissent de si intéressants détails et nous aident si puis-
samment à classer, par ordre d'âge , de provenance et de pays , les
objets antiques de nos musées. On comprend aisément, d'autre
part, de quelle utilité cette classification et les synthèses qui en
résultent, sont pour l'histoire de la vie privée de nos pères, pour
leur histoire religieuse, militaire, artistique et industrielle. Par
— 56 —
suite, il faut regretter que ces sortes d'actes ou d'autres équivalents
n'aient pas été rédigés ou que, s'ils l'ont été, on ne les ait pas
conservés.
Avec le XIV* siècle s'ouvre une ère plus heureuse à ce point de
vue. Non seulement désormais les notaires rédigent les contrats de
mariage, les testaments, des inventaires après décès en vue de la
tutelle et des comptes à rendre, et d'autres inventaires encore,
mais leurs minutes et notes, leurs protocoles, commencent à être
conservés. Par suite, là où le temps, l'incurie, les rats, l'humidité
ou d'autres causes destructives ne les ont pas anéantis, ces précieux
documents suppléent au silence , à l'insuflisance et à la disparition
des archives de famille, de commune ou de tout autre corps social.
C'est précisément ce qui est arrivé en diverses localités de notre
province du Dauphiné. Au fond d'un bon nombre d'études de no-
taire, ou sur les étagères des archives départementales, se trouvent
actuellement de vieux registres des notaires de la région. Aux archives
départementales de la Drôme, le plus ancien registre de cette sorte
va de l'année i335 à l'année i345 (^). Les registres restés dans les
études ne sont pas moins importants par le nombre et l'époque à
laquelle ils remontent. Ainsi, il nous a été donné d'en compter et
d'en parcourir, chez un notaire de Grignan (Drôme), une série très
considérable dont le plus ancien commence à l'année 1387 et
dont quantité d'actes contiennent d'autres actes des années précé-
dentes, voire même du xiii° siècle. Il n'est pas jusqu'aux feuilles de
parchemin dont la plupart des registres sont couverts, qui ne con-
tiennent parfois des actes plus anciens et d'un véritable intérêt.
Parmi les actes que nous avons recueillis dans les registres en
question se trouve un nombre assez grand d'inventaires et divers
contrats de mariage, testaments et autres documents utiles pour
l'histoire du mobilier dans nos contrées.
L'importance de la plupart d'entre eux est trop faible pour que
nous ayons pu songer à les publier intégralement.
Mais nous avons pensé qu'il ne serait pas sans intérêt de donner
les parties essentielles de ces actes, ainsi que le texte complet des
plus curieux. Nous y avons joint un acte du même genre trouvé
dans le Cartuhire de Saint-Paul-Trois-Châteaux.
^'^ Arcli. (léparicm. de la Drôme, E. 3987.
I
— 57 —
1
i3io, 3 janvier.
[Instrumentum dolis Amancii Barastt, de Graynhano] ^'^.
. . . Anno Domini m° ccc° x°, scilicet tercia die mensis januarii , dominus
Guichardus de Nantono , capellanus de Salis ''', et Johannes Novelli fdiiis
condam Raymundi Novelli, et Poncius filius condam Michaeliis Novelli de
Salis omnes , iiicimul et quilibet eorum . . . promiserunt bona fide et sine
dolo Amancio Barasti , de Graynhano , fdio condam Pétri Barasti , presenti
... et inlerroganti , se dictes dominum Guichardum et Johannem et Pon-
cium Novelli facturos quod Alasia , fdia condam dicti Raymundi Novelli , con-
traet matrimonium cum dicto Amancio ad . . . i*equisitionem dicti Amancii
seu amicorumsuorum...; et versa visse dictas Amancius Barasti promisit...
quod ipse Amancius contraet dictum matrimonium cum dicta Alasia ... ad
requisitionem dicte Alasie et amicorum suorum , et dicti dominus Guichar-
dus et Johannes et Poncius Novelli dederunt , constituerunt et accignave-
runt et dare et solvere promiserunt dicto Amancio , presenti ac nomine suo
et dicte Alasie , uxoris sue future , recipienti et interroganti , in dottem , no-
mine et ex causa dottis, cum dicta Alasia, soror dicti Johannis consan-
guineaque domini Guichardi et Poncii Novelli, quinquaginta libras monete
currentis ad panem et vinum tempore solutionum pro uno d(enario?);
item, quandam terram et quoddam pratum contiguum. Que terra et pra-
tum predictum sunt in teratorio de Graynhano ... ; item , quoddam virida-
rium , quod est in teratorio de Salis ... ; item , quoddam ortum , quod est
in dicto teratorio de Salis ... ; item , xnii oves precio c solidorum , et indu-
menta de panno viridi vel brunete , scilicet tunicham et mantellum cum
pena cunicuiorum in dicto mantello , et très lectos pannorum com})lectos ,
et unam garlandam argenti, et unum scrineum: quam quidem dottem
dicti dominus Guichardus et Johannes et Poncius Novelli promiserunt sol-
vere et reddere dicto Amancio vel ejus certo nuncio seu procuratori . . .
per solutiones infrascriptas : videlicet de dictis l libris monete predicte
c solidos dicte monete facto et completo dicto matrimonio , et dictas pesse-
ciones et omnia alia supradicta et nominata ad voluntatem et requisitionem
dicti Amancii, et de dicto feslo Carniprivii in unum annum proximum
alios c solidos dicte monete, et sic de anno in annum quolibet anno in
dicto festo Carniprivii c solidos dicte monete, quousque de dictis l libris
monete supradicte eidem Amancio fuerit. . . plenarie satisfactum. . . Acta
('î Étude de M' Misson, notaire à Grignan, orig. parch. (couvrant le reg. coté
Nostrum des protocoles de Pierre BarasI , i38o), avec traces de sceau appendu.
^'^ Salles, commune du canton do Grignan.
— 58 —
fuerunl hec apud Faysas , in quadani tera Johannis Ruphi de Salis , testi-
bus presentibus domino Petro Laugerii capellano, Raymondo Larocha,
Alsiario Rermondi, Guiilelmo Bermondi, Berlrando de Gastronovo domi-
cellis de Graynhano, et me Bernardo de Graynhano juniore, notario pu-
blico nobiiis viri Guiraudi Ademarii de Montilio domini Graynhani , cpii
banc cartam publicam et mandamentum publicum feci, scripci et bulla
dicti nobilis bullari feci et signo meo signavi.
1 337, 7 mai.
Extrait du testament de Bertrand Rostaing, de Grignan'^^\
. . . Item , confiteor et recognosco me babuisse et récépissé de dote et
pro dote Alasie predicte uxoris mee , et in meum comodum ac utilitatem
convertisse et posuisse , bona que inferius describuntur ut ecce : Et primo
videlicet très saumatas et quatuor eminas anone qualis ievatur de areis, et
très saumatas cum tribus eminis ordei; item et tringinta solides, valente
uno turone argenti duos solidos sex denarios et econversso ; item et duos
lodices; item, tria linteamina et unum pulvinar; item, unum cacobum;
item, unum pestribin; item, unum scrinium; item, unam menssam; item,
quamdam taravellam; item, quamdam rasdoyram ad radendum mastras
sive mayst'^^; item quamdam bacbaciam ^■''' ; item, quamdam cassam de
ferro (addition: cupratam sive) covratam ^'^ ; item et unam garlandam
argenti : que omnia et singula eidem uxori mee volo , jubeo et precipio
reddi et reslitui per beredes meos infrascriptos ...
3
Vers i34o.
Extrait du testament d'un habitant de Grignan '^'.
. . .Item, confiteor et recognosco me babuisse et récépissé, de dote et
pro dote et nomine et ex causa dotis Guillelme uxoris mee xx" quinque
libras et vigenti duas saumatas bladi , videbcet de monela et blado con-
tentis in instrumente dotis; item et très cannas virid(is) cum una penna
cuniculorum; item, duos lectos panorum complètes; item, unum scrinium
^'' Etude cite'e, reg. G. Richardi, fol. i.
(^' Racloir pour arches à pétrir le pain.
^'^ Petit réservoir ; en patois dauphinois, bâchasse.
(*) Caisse en fer couverte.
W Etude citée, reg. cit., fol. vi.
— 59 —
et unam garlandam argent! ; item, unum mantelium de bruneta cum penna
cuniculorum : que omnia sibi volo et precipio ac jubeo reddi et restitiii per
heredes meos universales infrascriplos • . •
4
i34/i, i3 janvier.
Nota dotium nobilis Pétri de Grahano, Dalmacti ejusfilii, et nobilis Morgoni,
jilii nobilis Artaudi de Ayguedine ''\
Anno domini m" iif xliii , videlicet xviii' die mensis januarii , fiiit trac-
tatum de matrimonio contrahendo inter nobiiem Petrum de Grahano et
Dalmacium ejus filium de Grahano , ex una parte , et Belinam ac Beatris-
sem fiiias nobilis Artaudi de Ayguedine , ex altéra , ac etiam inter nobiiem
Morgonum , filium dicti nobiiis Artaudi , et Barastam iiliam dicti nobilis Pé-
tri, etc. Super vero mat(er)iis fuit ordinatiun et arrestatum quod dictas
Artaudus débet constituere in dot(e8) dictis fdiabus suis cum dictis Petro
et Dalmacio videlicet vin" florenos auri de Pedimonte et cuilibet ipsarum
tunicam et gardacorcium de camelino de Melinis seu de Brucellis cum pena
de Vaciis et unum cappellum de Parizius competentem. Et idem Petinis dé-
bet constituere in dotem dicte Baraste cum dicto Morgono v° florenos auri
de Pedimonte, et vestes ut supra cum pena, et chappellum. Que omnia
solvi debent ut sequilur : videlicet quod v° floreni auri debeanl remanere
dicto Artaudo pro dote dicti Morgoni, et sic computare debeant reliques
in'^ florenos auri in quibus dictus Artaudus dictis Petro et Dalmacio tene-
tur, et dictus Artaudus solvi debeat per solutiones que secuntur : videlicet
incontinenti copulatis matrimoniis lx florenos et facere dicte Beiine vestes
dotales et chappellum , et a festo Carnisprivii in uno anno solvere xxx flo-
renos, et sic de anno in annum in dicto festo xxx florenos, quousque fuerit
eisdem Petro et Dalmacio de dictis in" florenis satisfactum; hoc acto , quod a
dicta die in duobus annis idem Artaudus teneatur facere dicte Beatrissi suos
vestes dotales et chapellum. Item, fuit de pacto inter ipsos quod, si casus
restitutionis eveniret de dotibus predictis, quod dictus Artaudus teneatur
pro restitulione dotis dicte Baraste annuatim a dicto festo dicto Petro vel
suis xxx florenis , et e conversso quod dicti Petrus et Dalmacius teneantur
pro restitutione dictarum dotium lx florenis etc. Et, sic dicte partes pro-
miserunt atendere et compiere et incartare et fidejubere quelibet pars juxta
eorum voluntat(es). Hoc acto etc., quod, anno quo faceret idem Arnaudus
vestes et chappellum dicte Beatrissi , non teneatm* facere iilo anno solutio-
nem.
('> Étude citée, orig. feuille volante entre les ff. ii et Aa du reg. coté Nottrum.
60 —
iS/iG, 17 janvier.
Nota dotis Hugoneti Audracii'-'K
. . . Anno incarnalionis Domini u" ccc" xl quinlo , videlicet die décima
septima mensis januarii. Gum tractaretur de matrimonio contrahendo inler
Hugonetum , filium Roddfi Audracii, de Rosassio '^' condam, ex una parte,
et Rayniundam , fdiam Pétri Pascalis , de Graynhano , ex altéra : hinc est
quod . . . diclus Petrus Pascalis constitnit . . . et . . . solvere promisit eidem
Hugoneto, marito future dicte Raymunde, presenti et solempniter stipu-
lanti , nomine et vice dicte uxoris sue future et cum ea ac pro ea , ac pro
honere dicti matrimonii subportando , et pro ipsis futuris conjugibus ac
eorum comunibus liberis aiendis et nutriendis, res et bona inferius nomi-
natas et nominata , quorum aliqua fuerunt matris ipsius Raymunde et aii-
qua sunt ipsius Pétri :
I. Et primo videlicet, quamdam ouchiam citam in territorio dicti loci. . .
9. Item, quamdam terram citam in dicte territorio. . .
3. Item, aiiam terram citam ut supra. . .
II. Item, aliam terram citam ut supra. . .
5. Item, aliam terram. . .
6. Item , et taschiam fructuum quam percipit in eysarto Guillelmi de
Vergerio. . .
7. Item, et taschiam quam percipit in terra Joliannis Bergundionis. . .
8. Item, et taschiam quam percipit in terra Pétri filii Joliannis Rufi
condam . . .
9. Item, quamdam vineam. . .
10. Item, quemdam ortum. . .
1 1 . Item , quoddam hospicium , in quo sunt quatuor staria , confronta-
tum cum hospiciis mei notarii infrastripti et Pétri Gorennhi.
12. Item et quamdam arquam denuce, tenenlem circa duodecim sau-
matas bladi.
i3. Item, unum lectum pannorum completum.
ih. Item, unam garlandam argenli usque ad valorem unius floreni
auri.
i5. Item, unum scrinium.
16. Item, très cannas de viridi pro tunica et mantello dotalibus, cum
una penna cuniculoi'um ad opus dicti mantelli.
Quas quidam res. . . dictus Petrus. . . eidem Hugoneto. . . vel alii ejus
'') Elude citée, reg. G. Richardi, fol. xv.
^'' Roussas, commune du canton de Grignan.
— 61 —
nuncio et procuratori . . . solvere et expedii-e promisit . . . incontinenti
dicto matrinionio . . . selebrato inter futures conjuges supradictos, prêter
vestes cum penna cunicuiorum predict(as) , quas solvere ut , supra promisit ,
infra duos aiinos proximos post predicti matrimonii selebrationem . . .
6
l'Sliij, 8 mai et a décembre.
Tuleta Peyronetejitie magistri Hugonis Ruffi. notant condam de Salis '''.
. . .Anno dominice Incarnationis millesimo tricentesimo quadragesimo
nono , videlicet die octava mensis madii , existons apud Salas , in curia dicti
ioci, coram discrète vire Sysraondo Ruffi, filio condam Michaelis Ruffi de
Salis , bajulo nobilis Armandeti de Vaesco , condomini de Recona ^'^ et dicti
Ioci de Salis, Guillelmus Ruffi de Salis . . . signifficans eidem domino bijulo
Peyronetam, filiam magistri Hugonis Ruffi de Salis condam notarii, fore
pupillam et in pupillari etate existentem. Propter que idem dominus baju-
lus . . . dictum Guillelmum Ruffi . . . dédit seu decrevit tutorem pupille
predictc, decernendo sibi administrationem ipsius et rerum ac bonorum
suorum, lanquam magis utilera inventum. Qui dictus Guillelmus tutor
promisit dictam Peyronetam pupillam , ejus personam , res et bona , bene ,
fideliter et iegaliter regere , gubernare et administrare ... et de bonis ,
rébus et juribus pupille predicte mox facere inventarium incipere ut ci-
cius poterit complere. . . Acta fuerunt hec apud Salas, in hospicio dicti
Guillelmi, ubi jus reddebat dictus dominus bajulus, testibus prescntibus
nobilibus Guillelmo de Vaesco condomino de Recon, Dragoneto de Pla-
ziano condomino de Salis , domino Raymundo de Audefredo monaco . . .
et me nolario publico [infrascripto.
Post que, anno quo supra et die secunda mensis decerabris, dictus
Guillelmus tutor, volens et cupiens de rébus, juribus et bonis dicte pupille
suum inventarium facere et incipere, in presentia dicii domini bajuli et
mei notarii infrascripti ac testium subscriptorum facto primittu;> per eum
venerabili signo sancte crucis -{-, dixit. . . se invenisse de dictis bonis
dicte pupille.
1. Et primo, quoddam hospicium, scitum in Castro de Salis.. . . in quo
quidem hospicio . . . fuerunt invente res mobiles que secuntur :
2. Primo, una archia tenens circa septem saumatas.
3. Item, unum scrinhium tenens circa unam saumatam.
II. Item , unum scrinhium.
'•' Élude citée, reg. coté Magnam, fol. xxxvii.
^*' Bécomie, commune du canton de Dieulefit (Drôme).
— 62
5. Item, una tina de rcyre^^ tenens circa viginti quinque saumatas.
6. Item, tria vasa de sapo, tenentia quodiibet circa quatuor saumalas.
7. Item, de vino mero quinque saumatas et unum sestarium.
8. Item, circa quatuor viginti pecias d'oyle ^^K
9. Item, sex trabes de royre comunes.
10. Item, octo panas de royre.
1 1 . Item , très chabruos de royre.
12. Item, Iresdecira saumatas de blado equa(rum).
i3. Item, circa quinque eminas anone.
1 h. Item, duas saumatas et très eminas bladi.
i5. Item , unam saumatam bladi.
16. Item, très eminas anone pro iogerio uuius bovis.
17. Item, unum sestarium ordei.
. Item , quatuor rasa anone.
. Item, unum sestarium bladi quem débet Petrus Hotberti.
. Item, quatuor rasa anone.
. Item , viginti quintalia feni.
. Item , septeni lodices magnos videlicet duos parâtes et quinque non
parâtes , in quibus sunt duo coloris.
18
19
20
21
22
23.
2/1.
25.
36.
27.
28.
29.
3o.
3i.
32.
33.
34.
35.
36.
37.
38.
39.
ko.
Uu
42.
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
très lodices strictos.
quatuor culcitras.
tria pulvinaria.
sex linteamina comunia.
duas mapas obratas.
duo banchalia.
dimidium quarteyronum quintalis lane.
unum crumalh.
quasdam chananas.
unum cacobum.
unam sartaginem.
unum gral de nuce.
duas cornutas.
unum cadum parvum.
unam garlandam de perlhis.
unam belspam.
unam balistam.
unum bancinum.
unam gorgeriam.
duas simaysas parvas pondérantes inter ambas circa quatuor
libras, de stanho.
i''^ Cuve en chêne. Roure est un terme patois signifiant « chêne».
(«) D'huile.
— 63 —
li3. Item, unam sectirim.
hli. Item, unam picham bene parvam.
U5. Item , unam maydetam.
46. Item, unam breulam.
47. Item, unum cofreclum.
48. Item, ununi corsetum de jasent de rosseta.
ûg. Item, unam burssam magnam de serico.
50. Item, unum candelabrum et unum cnicibolum de ferro.
5 1 . Item , decem animalia equina grossa.
52. Item, unum cort femellum.
53. Item, sex polinos tam masculos quam femellos.
54. Item, unum bovem.
55. Item, unam vachiam.
56. Item , sex oves blales.
57. Item , 1res anoyes.
58. Item, quamdam terrain scitam in territorio de ïurretis''' que con-
frontatur cum terris et pratis circumcirca prioraluni de Turretis.
69. Item. . . [encore à vignes, a prés, 1 jardin et â terres à Grignan;
1 pré et a terres à Salles; 1 maison, 1 pré, a vignes et 3 terres à Tauli-
gnan '^' ...).. .
Actum fuit hoc apud Salas, in hospicio supradicli GuiHelmi Rufli
dree apostoli. Item Sleplianus Fabri unam saumatam bladi ad legalem
mensiiram dicti loci Gx*aynhani, solvendam ut sequitur: primo videiicet
in messibus proxime venientibus, unum sestarium bladi boni et receptibilis
ad dictam mensm-am, et a dictis messibus in unum annum proxime futu-
rum revoiutum unum alium sestarium bladi, et ab illo secundo aniio in
aliuni imediate sequentem anno revoiuto aiterum sestarium , donec ... de
dicta saumata fuerit integraliter persolutum. Item, Poncius Gayardi, unum
sestarium bladi solvendum in messibus proxime venientibus. . . Pio qui-
busquidem. . . dicti promissores. . . se et omnia bona sua. . . obligave-
runt. . . Actum Graynhani. . . ^'^.
7
1378, 10 juin.
Extrait d'un acte de partage entre Ponce et Raymond Roux,
Jils de feu Jean Roux de Salles, habitants de Grignan^^\
Postque incontinenti cum oiim, tempore quo Poncius RulFi predictus
('> Tourreles, quartier nord du territoire de Grignan. U y avait alors un prieuré
dépendant de Tournas.
W Etude citée, reg. coté Lava, fol. 8 v'-io r".
'•') Etude citée, reg. Lava, foi. xv, avec supplément au fol. xxi.
— 64 —
coutraxit matrimonium cum Guilielmeta ejus uxore, habuerit et receperit
ab eadem bona et res mobiles et crédita infrascripta et que secuntur :
I . Primo videlicet quindesim llorenos auri , videlicet septem cunio et
pondère camere domini nostri pape , et octo boni ponderis grayleti.
9. Item, unum alium florenum auri dicti ponderis grayleti habito et
recepto a Garina condam.
3. Item, a Guichardo Ruffi xvm grossos nomine Bertrandi Duranti
soceri sui.
h. Item, a Beratholomeo de Serra alias Popo xvni grossos ratione ven-
ditionis cujusdam orti dicte Guillelmete.
5. Item, pro trallia de stagno unam ovem cum agno a (blanc à l'ori-
ginal).
6. Item , a Guillelmo Ghaycii sex florenos auri in quibus tenebatur eidem
Guillelmete cum publico mandamento.
7. Item, a Lanberto de Monbrando dimidium florenum et aliqua uteu-
cilia in soiutionem tradita nomine ipsius Guillelmete, videlicet aliquam
breuletam rotundam cum pede , aliquam maydetam , duas perticas longas ,
aliquam [)ostem de sapo.
8. Item, duo vasa, tenentia quodlibet xxni cados vini plena viuo mero.
9. Item, unum aliud vas tenens xv cados, plénum eciam vino mero.
1 o. Item , quatuor saumatas et unam eminam anone.
I I . Item , unam saumatam polente anone.
1 a. Item, unam saumatam bladi.
i3. Item, quinque brochellos olei.
\lx. Item, dimidium quintale candelarum cini.
i5. Item, ini" ramos tele lane albe.
16. Item, duos ramos cum dimidio tele brune.
17. Item, unam porseiam.
1 8. Item , très mapas , unam longeriam :
Que omnia in utilitate comuni dictorum Poncii et Raynmndi Uuflîi fra-
trum posita et expedita fuerunt et que de bonis et rébus eorumdem
comunibus eidem Guillelmete restitui et al(ias) per ipsum Poncium eidem
si offerret, quod absit, oleum vero apreciatum est ad xv solidos nionete
nunc currentis , dimidium quintale sini candelarum ad 11 florenos cum
dimidio auri , sex rami tele albe et brune et dimidium ad sex florenos , que
ascendunt in universso xxxv florenos ix grossos, de et pro quibus resti-
tuendis ad partem cujuslibet dictorum fratrum pertinent restituere et sol-
vere ipsi Guillelmete ut convenit xvii florenos x grossos et m patatos.
Verum persoue infrascripte tenentur predictis fratribus in quantitatibus
infrascriptis ut asserunt :
19. Primo, nobilis Dalmacius de Rupe très florenos cum dimidio auri.
20. Item , Johannes Lauberti de Grilhone , lu florenos.
a 1 . Item , Guillelmus Raschacii de Vab*eaco , 1res florenos.
— 65 —
2 9. Item, Guillelmus Mayfredi, xx grosses.
9 3. Item, Amancins Bonoti, n florenos cum dimidio.
96. Item, habet ipse Poncius peues se très lloreuos comunes.
2 5. Item, Raymundus Rocini de Salis, xxi grosses.
26. Summa debitorum dictorum fratrum in moneta vei auro xxiii llo-
reui V gross . . .
8
1873, 1" et 20 décembre.
Tutela liberorum Pétri Gauterii de RegaU villa '■■\ videlicet Viticentii, Stephani
et Bertrandi pupillorum, data et décréta Bertrando et Anlhonio Gauterii
dicti loci'-^K
. . . Anne Incarnationis ejusdem [Christi] miilesimo tricentesimo septua-
gesimo tercio, videlicet die prima mensis decembris, illustrissima domina
Johanna Dei gracia Jberusalem et Cicilie regina , Provincie et Forcalquerii
comitissa régnante et existente, in loco et curia regali Regalis ville, Ber-
trandus Gauterii..., et Anthonius Gauterii, dicti loci, habilatores Vaili-
sam^ee Tricastrineusis diocesis, cilati in dlcto loco et curia et coram no-
bili viro Johanne de Litono, judice et bajulo dicte curie per Johannem
Fancheti servientem dicti loci et curie. . . videlicet ad recipiendum seu
videndum dationem tutele. . . Vincentii, Stephani et Bertrandi Gauterii,
fratrum, liberorum pupillorum Pétri Gauterii, dicti loci Regalis ville
condam. . . Et incontinenti dicli Bertrandus et Anthonius, tutores. . .
cupientes de bonis dictorum pupillorum suorum inventarium inci})ere in
presentia dicti domini bajuli et judicis ac mei notarii et testium. . . facto
primitus per eosdem signo venerabili sancte crucis t dixerunt ... de bonis
dictorum pupillorum factum sive affayre quoddam scitum infra lerritorium
loci predicti Regalis ville. . . vulgariter nominatum Moncharier, quod fac-
tum . . . comuue est et iudivismn inter ipsos fratres ... et Giraudum eorum
fratrem adultum . . . Acta fuerunt hec in Regali villa , in coperto ubi tene-
tur curia. . .
Postque, anno quo supra et die vicesima mensis predicti desembris,
constituti in presentia mei supradicti et infrascripti notarii et testium infra-
scriptorum ...
(1) Réauville, commune du canton de Grignan.
'•^^ Elude citée, reg. P. Barasti coté Lava, fol. l\o. — Outre la copie du registre
Lava, nous avons de l'acte du 90 décembre la minute sur feuille volante , d'où fut
tiré l'acte du registre, et en tête de laquelle nous lisons les mots : fosila est in car-
tulario. Ce cartularium est le registre Lava.
ÂnCUKOLOGlË. 5
— 66 —
. . . Bertrandus et Anthonius Gauterii tutores et nomine lutorio predicto ,
videlicet Vincencii, Stephani et Bertrand! Gauterii fratrum pupilloruin ,
dixerunt et confessi fuerunt reperiisse seu invenisse, de bonis et rébus mo-
biiibus et immobilibus ipsorum pupilioruni comunibus et indivisis inter
ipsos fratres pupilles et Giraudum eorum fratrem, que secuntur :
1. Et primo, quoddam bospicium scitum in loco Regalis ville, quod
confrontatur cum portali dicto seu noniinato de Aquabella''^ et cum hos-
picio R. Acbardi et cum carreria publica. {Ici la minute sur feuille volante
ajoute : in quo sunt bona que secuntur :
2. Primo quedam folanoyra, et le reste comme au registre.)
3. Item quandam folanoyram de quercore tenentem circa quinque sau-
matas rasemoruni.
II. Item, unum vas de quercore tenentem circa octo cados vini.
5. Item, unam arcbiam de quercore tenentem circa quinque saumatas
bladi.
6. Item, aliam archiam modicam tenentem circa unam saumatam.
7. Item, duo pistrinia.
8. Item, très seletas ad sedendum, longas.
g. Item, unum drayetum (minute : dray) de coreo modicum et modici
vaioris.
10. Item, unum cantarum.
1 1 . Item , unam bugaderiam de lapide.
13. Item , unum morterium de lapide.
i3. Item, unum ignipendium.
i/j. Item, abquas chanenas de ferro.
i5. Item, unum graponum de ferro.
16. Item, unum cacobum tenentem unam cornutam aque perforatum
in tribus partibus (minute : in duabus vel tribus partibns).
17. Item, unum crucibolum de ferro.
18. Item, unum broquetum de fiista.
19. Item, unum cloquear pro olla.
90. Item, aliquam serram ad metend^m blada.
2 1 . Item , unam bachassiam.
92. Item, unum archonum modici vaioris.
28. Item, unam nolam sive sbnalham dictam plata (minute : unam
nolam sive sonalha videlicet platàm).
2 4. Item, unam olam dictam clocha (minute : item, unam clocham);
25. Item, très platonos grossos,
26. Item, quinque platonos modicos.
27. Item, unam taravellam et unum eschalpre de ferro.
28. Item, unum gladium trenchayre.
U)
Portail situé du côlé d'Aiguebelie , alors abbaye de Cisterciens.
— 67 —
99- Item, quamdam vineam, modice valons ut dicuut, scitam iu teiri-
torio dicti loci , iu loco dicto aus Bergouhos.
30. Item, quamdam terram Stephaui Laugerii, scitam in dicto terri-
lorio in loco dicto ad Stanhetum , seminatam anone , in qua semiuate sunt
quinque saumate anone et unum sestarium ordei.
3 1 . Item , unum casale prope supradictum hospicium quod confrontât
cum casali R. Rotberti.
32. Item, duos aysaonos ferri modicos.
33. Item, unam asellam.
3h. Item, duos bovcs comunes.
35. Item, unum alium bovem veterem.
36. Item, unum sonalhonum modicum sive cloclio.
87. Item, unam sus sive troyam.
38. Item, unum porsellum valoris quinque grossorum vel ciica (/«/-
nute : Hii""" grossorum).
39. Item, duas botetas sive barlets de fusta.
ho. Item, unum postem in quo fiebat menssa [minute : in quo faciuut
menssam) modici valoris.
lit. Item, quatuor saumatas bladi prout portatum exlitit de area.
h 9 . Item , septem eminas ordei.
Ii3. Item, unam archiam, que est in loco VaUisauree, tenentem circa
septem saumatas.
kli. Item, aliquam justetam fuste modicam.
45. Item , unam sarlaginem.
46. Item, unum lodicem color(is) modici valopis. (Addit. dans (a mi-
nute : item, duo pulvinaria modici valoris.)
47. Item, unum linteamen quasi nullius valoris.
48. Item, aliquas andecas ferri fractas.
49. Item, alia duo linteamina quasi etiam nullius valoris.
50. Item, unam lisclaram.
5i. Item, unum coutrile [minute : coytrile).
53. Item, unum alium lodicem modici valoris.
53. Item, unum far neyrolum.
54. Item, unam aysetam et unam aysolam feri'i.
55. Item, unam vachiam pili vermelli quinque annorum,
56. Item, unum veylacium duornm annorum.
57. Item, unam jungam dicti temporis.
58. Item, unam securim sive destral.
59. Item, unum socum de ferro ponderantem circa novem libras.
60. Item, duas quartas canapis.
6 1 . Item , circa septem libras lane.
62. Item, unum eminale.
63. Item, duas alias nolas sive sonalhas bonas.
— 68 —
64. Item, dimidiam iibram fdi stoparum.
65. Item, quinque cissoria.
66. Item, quinque paraccides in quibus sunl due intègre et aiie as-
clate.
67. Item, quatuor gallinas et unumgallum.
68. Item , très eminas anone.
69. Item, duo cestaria milhii.
70. Item, sex rasos avene.
Et protestantur seu protestati sunt soUempniter dicti Bertrandus et An-
thonius Gauterii tutores predicti. . .
Actum ut supra ...
9
id']U, 7 janvier.
Constitution de dot en faveur de André Goyrand, de Grignah,
et Burgette , fille de Crespin Garciii, de Vinsobres.
. . . Primo triginta et quinque florenos auri boni et fini domine nostre
regine Cicilie currentes nunc et taies quod unus ex dictis florenis valeat
viginti quatuor solidos monete nunc currentis domini nostri pape vel
econversso , unam gariandam , unum scrinium , unam mapam , unum ma-
nutergium , solvenda ipsa bona et dictos xxxv florenos soivendos ut sequi-
tur : et primo , incontinenti copulato dicto matrimonio , scrinium , mapam ,
manutergium , gariandam , juxta facuitatem dotis et decenciam persona-
rum contrabencium , et ipsam Burgetam indutam cota una nova usque ad
valorem trium florenorum am'i , et in festo proxime futuro Omnimn Sanc-
torum quinque florenos auri legis et ponderis predicti , et a dicto festo
proxime venturo in alio festo Sanctorum Omnium imediate sequenli anno
revoluto très florenos aiu*i. . . , et deinde in alio festo Omnium Sanctorum. . .
alios très florenos auri , et sic de anno in annum quolibet anno très flore-
nos auri, donec. . . de dicta tota dote et aliis bonis dotalibus. . . fuerit
integraliter persolutum . . , '■^K
10
187^, a6 janvier.
Extrait d'une constitution de dot en faveur de Bealriseta,
fille de Pierre Bonefidei, de Grignan.
. . . Unam gariandam argenti competentem juxta facuitatem dotis pre-
W Etude citée, reg. coté Lava, fol. Uk.
— 69 —
sentis et qualitatem personarura et decentiam ad arbitrium si necesse fiierit
et ordinationem domini nostri Graynhani, et ipsam induere de presenti
duobus cotis panni decentis juxta facultatem et decentiam predictas , sol-
vendos diclos lx florenos . . . ac dictam gariandam argenti in modum qui
sequitur et per soiutiones et termines . . . infrascriptos , videlicet : inconti-
nenli dictam garlendam argenti et desem florenos auri iegis et ponderis
predictoriim , et a die presenti in unum annmn anno revoluto et complète
quinque florenos auri ... et ab illo die in unum annmn tune proxime se-
quentem et revoiutum imediate aiios quinque florenos etc. . . ^*^
11
1874, 6 juin.
Tutcla, data et décréta Giraudo Rascacii, Pétri pupillt,
fdii Guichardi Marini condam'^^K
. . .Anno Incarnafionis ejusdem [Domini] millésime tricentesimo sep-
tuagesimo quarto, videlicet die sexta mensis junii, ad quam diem citati
extiterant in curia Graynhani viri magniflici et potentis domini Giraudi
Ademarii militis , domini Graynhani et de Alpibus , et coram nobili vire
Bernardo Dalphini bajule dicti loci, Giraudus Raschacii, habitator Gray-
nhani et Raymundus Berengarii, dicti Ipci, per Guiilelmum Meruli ser-
vientem dicte curie , agnati et cognati Pétri fdii pupilli Guichardi Marini ,
dicti loci de Graynhani condam, . . .videlicet ad recipiendum tutelam et
administrationem persone et benerum dicti Pétri . . . Qui quidem domi-
nus bajulus . . . dictum Giraudum declaravit ac dédit et decrevit tutorem
pupille predicte , decernendo eidem Giraudo tutelam et administrationem
ipsius pupilli et rerum suarum. . . Qui quidem Giraudus promisit. . .
dictum Petrum pupillum , ejus personam et bena bene et fidehter et lega-
ter regere, gubernare et adminislrare, utilia faciendo et inutilia pretermi-
lendo pro pesse, ipsumque pupillum bonis moribus imbuere et decere
tamquam bonus paterfamilias sive tutor, et de bonis, rébus et juribus
dicti pupilli mox facere incipere inventarium et quam scicius pelerit com-
plere, et de ipsis sue loco et tempère rationem reddere. . . Et incontinenti
dictus Giraudus tutor volens et cupiens de bonis et rébus pupilli predicti
suum inventarium incipere in presentia dicti domini bajidi ac mei notarii
infrascripti et testium infra scriptorum , facto primilus per eum signe ven(e-
rabili) sancte crucis t, dixit et nominavit idem tutor invenisse de bonis dicti
pupilli :
1 . Quoddam hespicium scitum infra lecum Grayhani ...
^^' Etude et reg. cités, foi. A 6.
'"^' Etude citée, reg. Tuarum, fol. 9 v°-io r° et ^5 r°.
— 70 —
9 . Item , quamdam vineam . . .
Acta fuerunt hec Graynhani in domo curie dicti ioci, testibus p!resen-
tibus nobiii Dalmacio de Rupe . . . Jacobo Turrini donato Sancti Antho-
nii ... et me Petro Barasti , etc.
3. Item, quamdam archiam de querquore tenentem circa vu saumatas.
h. Item, unam aiiam tenentem circa ini"' saumatas.
5. Item, quamdam tinam tenentem circa xx" saumatas rasemorum,
quam habet dominus Amancius Talabossi.
6. Item, unum bachacium lapideum pro porcis.
7. Item, duo scrinia bona.
8. Item , duas seietas modicas de fusta ad sedendum.
9. Item , très culcitras.
10. Item , quinque pravas.
1 1 . Item , sex pulvinaria.
12. Item, sex iodices comunes.
i3. Item, duo orelheria.
1 4. Item , aiiquas gipas modici valoris.
i5. Item, septem iinteamina tam bona quam prava.
16. Item, unam mapam.
17. Item, unam fi'ocham ferri.
18. Item, duas gorgerias et(iam) malhe modici valoris.
ig. Item, copam unius cacobi modici valoris, tenentem unum can-
tarum.
9 0. Item, unam cassiam de cupro modicam.
21. Item, unum bancinum.
99. Item, duo ignipendia ferri sive crumalhs.
23. Item, aiiquem copertorium olle de ferro.
a^. Item, aiiquam secmim sive destral modicam.
95. Item, unum gladium poares ''^ modici valoris.
96. Item, unum gladium rotundum scamellatoris.
97. Item, aiiquas chanenas de ferro.
98. Item, aiiquem graponum de ferro.
99. Item, aiiquam aysetam de ferro modicam.
3o. Item, aiiquas torq(ue)sas de ferro.
3i. Item, aiiquem ferrum de esplieu.
39. Item, aiiquam cossetam modicam de fusta.
33. Item, aiiquam aliam pichetam de ferro.
34. Item, aiiquem alium modicum ferrum d'esplieu.
35. Item, aiiquem marcipium cum i zona modici valoris obratum.
36. Item, aliam pichetam.
37. Item, alium modicum ferrum d'esplieu.
(1)
Un couteau crochu pour tailler la vigne.
— 71 —
38. Item, aliquam rasdayi'am de ferro pro pasta.
89. Item, aliquas forfices sive tésoyras modicas.
ho. Item, aliquem barbos de ferro.
hi. Item, duos marteletos ad ferrandum.
/lu. Item, aliquas alias torq(ue)sas de ferro.
Zi3. Item , alium grapomim de ferro cum paieta.
44. Item, aliquem gladium modicum.
45 . Item , aliquam caysetani modicam et modici valoris de liista.
46. Item , alicjiiadi aysolam de ferro.
47. Item, aliquam tauletam de pasta modicam et modici valoris.
48. Item , unum morterium iapidis.
49. Item, unam bachassiam.
50. Item, duo vasa nullius valoris et sine fuudis.
5i. Item, aliquod doyamenlum vasorum antiquorum.
59. Item , aliquod doyamentum unius gerle modice et sine fundo.
53. Item, unum alium morterium Iapidis.
54. Item, aliquem lapidem bugaderium ^''.
55. Item, aliquem escutum modicum.
56. Item, unam eminam cumulam bladi grossi et nilosi.
57. Item, débet pro uno indumento viridi et clamidi emto per Pon-
cium Gayardi idem Poncius Gayardi xv grossos.
58. Item, habet et recuperavit dictus Giraudus tutor alios xv grossos
a Johanne Mathei pro logerio vinee supradicte de Pratis.
59. Item, de instrumentis antiquis et nullius eficacie xxini".
60. Item, très cossas ordei.
61. Item , quemdam ortum . . .
62. Item, unum ortum. . .
63. Item, unum ortum ad portale Costecalide^^^.
64. Item, quamdam terram. . .
65. Item, aliquod juncherium scitum in Cordio '•^K
66. Item, quoddam gresum scitum ad Serrum. . .
12
i38o, 99 mars.
Trnnsaclio Lnurencii Audeberti et Johatmis Gaslonis genèris sui^'^K
In nomine Domini, Amen. Noverint quod anno Incarnationis ejus-
Une pierre de lessive.
Côtechaude, partie méridionale de la ville de Grignan.
(^^ Quartier du territoire de Grignan.
(4)
Étude citée, reg. Nostrutn, fol. i-3 r".
(»
— 72 —
dem millesimo tricentesimo octuagesimo , videlicet die xxix mensis mardi.
Gum lis , questio . . . seu rancura verteretur essetque diucius ventilata et
ultra nimium verti speraretur inter Laurencium Audiberti de Graynhano
ex una parte, et Joliannem Gastonis notarium, generumsuum et maritum
Antboniete uxoris sue, fdiam (sic) dicti Laurencii, et nomine suo ac An-
thoniete predicte uxoris sue, et ut conjuncta persona ejusdern et dominus
rei dotalis , ex altéra , super eo videlicet quod unus alteti et quilibet per se
et alter ipsorum alteri petebat, et dictus Johannes, suo et quo supra no-
mine dicte uxoris sue, res, bona, jura et actiones infrascriptas et que se-
cunlur: Et primo dictus Jobannes Gastonis, suo et quo supra nomine dicte
uxoris sue, petit sibi dari, tradi, deliberari et restitui bona omnia mobilia
et res que secuntur per Laurencium supradictum socerum suum et patrem
dicte Antboniete , et que continentur in quadam sedula scripta :
1 . Et primo duas capras.
2. Item, sexagenta bruscos^'^ et très apium.
3. Item, tria modia vini meri.
U. Item, dimidium modium vini linphati.
5. Item, duodesim parium sotularium novorum.
6. Item, unum coreum bovinum ablatum caiqueriis.
7. Item, mi" duodenas pellium pelozarum.
8. Item , unum florenum pro francme(n)t. operatorii.
9. Item, esparayre.
10. Item, cavalletum fuste.
11. Item, scagnum in quo sinditur.
12. Item, duas postes de sapo.
i3. Item, novem vasa vinateria.
ih. Item, unam vegetem sive galeya.
i5. Item, unam sartaginem.
16. Item, duas chanenas de ferro.
17. Item, unam cassetam de ferro.
18. Item, duasmensas longas.
19. Item, unam eminam cum dimidia salis.
90. Item , decem postes de nuce.
2 1 . Item , circa unum quintale de canbe.
22. Item, unum cestarium seminis canabis.
28. Item, unam gorgeriam de ferro.
2 4. Item, duos esplyeus de ferro.
26. Item, unam paneriam.
26. Item, unam lanceam de fusta.
27. Item, quatuor lodices.
28. Item, quinque pulvinaria.
''^ Brusc, en patois dauphinois, désigne une ruche d'abeilles.
•>
— 73 —
•2 9- Item, unum aurclherium.
3o. Ilem, decem l nteamina.
3i. Item, iinam mapam operalam.
32. Item, unum almatrassium.
33. Item, unum pic de ferro.
3/i. Item , duas secures.
35. Item, duodecim bachasinos.
36. Item, unam vomerem sive relha.
37. Item , alia frangme(ii)ta sint apreciata ad duos florenos cum dimidio.
38. Item, quatuor aunas tele linee, et una auna lane sive ianie.
39. Item, de lana fîlata profaciendo unum ramum.
ho. Item, viginti rasos amicdalarum.
4i. Item, unam lanternam.
49. Item, unam selam ad equitandum.
43. Item, unum cadumfuste.
44. Item , septem corn utas fiiste.
45. Item, quodam breviarium.
46. Item, duas plenas fenerias feni.
47. Item, duodecim saumatas anone.
Et econversso dictus Laurencius dixit quod solvit et expendidit pro usi-
bus, esplecbis, funeralibus, piis causis, legatis, sainte anime et corpom
Raynumde uxoris sue condam et matris supradicte Anthoniete, iîlie sue et
dicte condam Raymunde' ac heredis , ac cantaribus et reparatione ac susten-
tatione bospiciorum, prediorum et bonorum dicte condam Raymunde As-
térie uxoris sue, ea que secuntur et que omnia infrascripta petit et reqm'rit
sibi solvi, tradi et restitui per dictos conjuges Johannem et Anthonietam
et de bonis ejusdem Anthoniete :
1. Et primo [pro sejpultura Raymunde uxoris sue, . . . matris dicte An-
[thojniete, pro sex [sajcerdotibus , pro quolibet unum grossum, pro clericis
eorum sex patatatos [ad] sumptus . . . dictorum presbiterorum et clerico-
rum.
9. Item, solvit nona die proximo post obitum ejusdem Raymunde [pro]
canta[ri] ipso d[ie, pro] duodecim sacerdotibus mandaiis et qui interfue-
runt ipso die in cantari, pro quobbet unum grossum, et clericis eorum-
dem sex soludos et prandium ipsorum presbiterorum et clericorum.
3. Item, solvit in et pro cantari tresezimi seu trenteni pro duodesim
sacerdotibus xn grossos , et pro clericis ipsorum sex soludos.
4. Item, solvit pro una noale panis legata per ipsam Raymundam , quin-
que sestaria bladi.
5. Item, solvit idem Laurencius Raymunde Flaude pro luminari unura
seslarium bladi.
6. Item, solvit Monelo Garcini pro sereo pasquali unum sestarium
bladi.
— 74 —
7- Item, solvit unam eminam bladi filiole sue filie Michel Treguin-
hani.
8. Item, solvit idem Laurencius miam eminam bladi filie Pétri Roverii
filiole sue.
9. Item, petit et requirit sibi solvi et tradi medietatem fructuum et ob-
ventionum prediorum, bonorum, rerum , et jurium mobilium et inmobi-
lium sive animalium quorumcumque dotalium dicti Johannis sive conjugum
ipsorum, perceptorum per ipsum Johannem et in futurum percipiendorum ,
et prout costat publico instrumento sumpto, facto et signato. . . per magis-
trum Johannem Bernardi de Taulinliano notarium , continentem constitu-
tionem dicte dotis dictorum Johannis Gastonis et Anthoniele.
10. Item, petit et requirit sibi, suo et quo supra nomine dicte Antho-
niete, idem Laurencius filie sue recognosci per ipsum Johannem Gastonis,
et cum débita auctoritate et licentia Pétri Gastonis patris sui, omnia uni-
verssa et singula bona et res mobiles et inmobiles ipsius Anthoniele etc. ,
sibi in dote constitutos ac fructus per eumdem perccptos primi anni et
preteriti, prout convenit et promisit ac justum est et rationabile, pro uti-
litate ipsius Anthoniete et suorum, petitque idem Laurencius sibi solvi
ot tradi per ipsum Johannem Gastonis nomine dicte Anthoniete, causa et
nomine terragiorum nonnuliorum prediorum, et pro parte sibi dicto Lau-
rencio tangente ex dictis terragiis quam aliis de causis usque ad quan-
titatem decem et septem saumatarum et duorum sestariorum bladi et duo
modia vini pro vineis et fructibus vinearum et tralliarum ejusdem An-
thoniete, necnon cerlam pecimie quantitatem ratione constructionis raer-
latorum et muiorum constructorum in ospiciis et supra domibus dicte
Anthoniete tempore dudum lapsso et quo vivebat dicta R(aymu)nda, et
aliam pecunie quantitatem ratione cujusdam compositionis facte cum
domino nostro Graynhani pro dicta Raymunda et criminibus seu delictis
per eam , ut dictus dominus pretendebat , per eandem commissis , necnon
aliam quantitatem pecunie expendite in prosequtione cujusdam litis contra
universitatem de GolonzelUs ''^, et pro deffentione jurium hereditatis ipsius
Raymunde etc. , .
1 1 . Item , et octo saumatas oi-dei quas habebat dictus Laurencius tem-
pore contraclus matrimonii selebrati inter ipsos conjuges Johannem et \n-
thonietam in hospicia dicte Anthoniete.
Tandem partes ipse. . . volentes. . . omnem materiam litium. . . evi-
tare. . . finierunt. . . per modum transactionis et amicabilis compositionis
. . . tractante venerabili et circumspecto viro domino Pelro Beguini, utri-
usque juris baquallario, judice baronie Graynhani,. . . cui dicti domini
Pétri ordinationi. . . ipse partes. . . stare voluerunt. . . sub pena centum
') Culoiizelles , commune du canton de Grigan.
— 75 —
librarum . . . qui quidem dominus Petrus . . . ordinavit ... ut infra se-
quilur :
Et primo quod supradictus Laurencius . . . tradat . . . infra decem
dies proxime futuros, dicto Johanni Gastoni, suo et dicte uxoris sue no-
mine petenti. . . omnia. . . bona et res infrascripta et infrascriplas dotales
et dotaiia etc. , que secuntur :
1. Et primo, duas capras.
2. Item, Lxni bruscos sive alveos apium.
3. Item, duodesim paria sotularium novorum.
k. Item, unum coreum buinum abtatum in chaucherii.
5. Item, iiii" duodenas pellium pelozariim.
6. Item, unum florenum auri pro franme(n)t. operatorii.
7 . Item , unum esparayre.
8. Item, unum scagnum in quo sinditur.
9. Item, duas postes de sapo.
10. Item, novem vasa vinateria.
11. Item, unam sartaginem.
12. Item, duas chanenas de ferro.
i3. Item, unam cassetam de ferro.
i4. Item, duas mensas iongas.
i5. Item, decem postes de nuce.
16. Item, aliquam gorgeriam de ferro.
17. Item , un" lodices.
1 8. Item , quinque puivinaria.
19. Item, unum aurelherium.
20. Item, decem linteamina.
2 1 . Item , unam mapam operatam.
22. Item , unum almatrassium.
28. Item, duos florenos cum dimidio auri pro apreciamento aliquarum
franmentarum.
2/1. Item, iin°' aunas tele linee et unam aunamlanie tele.
2 5. Item, de filo iane filate ad quantitatem unius rami tele.
26. Item, unam selam ad equitandum.
27. Item, unum cadum et septem cornutas.
28. Item, quemdam librum dictum breviarium.
29. Item, duas plenas fenerias feni.
30. Item,. . . ordinavit. . . supradictus dominus Petrus arbiter
quatinus dictus Laurencius de duodecim saumatis anoiie in supradicta [le-
titione supradicti Joliannis Gastonis contentis et supradescriptis solvat diclo
Johanni . . . très saumatas et in messibus proxime venientibus novem sau-
matas anone.
3i. Item, de quatuor modiis vini superius petitis et in petitione dicti
Johannis contentis. . . dominus Petrus. . . ordinavit. . . tradi per ipsum
— 76 —
Laurencium dicto Johanni. . . in proximis vindemiis venienlibus acdelibe-
rari^ex causis predictis et superius contentis duo niodia vini piiri seu meri
et alia duo modia in aliis vindemiis ex tune seu in alio anno proxime ve-
nienli et i médiate sequenti in vindemiis ut est dictum. . .
Acta fuerunt hec Graynhaiii, ia fortalicio dicli ioci, testibus presentibus
Berirando deBlacozio, Garino Aymarii, Bernardo Daiphini. . . etmePetro
Barosti publiée imperyali auctoritate notario.
13
i38o, 16 juin.
Laurentim Attdiberti, recognitio sibtfacta per Johannem Gastonis
ejus generum ^'^.
. . . Anno Incarnationis ejusdem millesimo Iricentesimo octuagesimo
videlicet die sextadecima mensis junii , constitutus magister Joliannes Gas-
tonis de Valreaco, notarius habitator Graynhani, in presentia mei no-
larii et testium infrascriptorum ... ac in presentia Laurencii Audiberti
patris Anthoniete uxoris dieti magistri Johannis, petentis et requirentis
nomine suc et dicte Anthoniete et suoruiii , sibi ])er dictum Johannem bona
fide recognosci res et bona mobiiia et immobilia ac jura per ipsum Johan-
nem a dicto Laurencio habita et sibi dieto Johanni in dotem et pro dote
constituta et assignata. . . prout. . . constare. . . asserunt quodam publico
instrumente facto et signato manu et signo magistri Johannis Bernardi de
TauUnhano , notarii publici , tradita , dehberata et nominata ; qui quidem
magister Johannes Gastonis... publiée recognovit. . . récépissé a dicto
liaureneio ... et pênes se habuisse ac in suum comodum et utilitatem
convertisse et exposuisse res et bona dotalia infrascripta seu que secun-
tur :
I . Et primo quatuor vachias.
3. Item, unum veylassium trium annorum.
3. Item, unum alium veylassium duorum annorum.
h. Item, Ires boysses sive veylaces unius anni.
5. Item, unum vitulum iactantem.
6. Item, unam jungam unius anni.
7. Item, duas capras.
8. Item, unam equam sive roncinam competentem.
9. Item, unum roneinum trium annorum.
10. Item sex saumatas bladi.
I I . Item , de vino mero sive puro viginti cados sive barralia.
^') Éliule citée, reg. Nostrnm, foi. 11 v'-iS r°.
— 77
13. 1
lem ,
i3. ]
tem,
i4. ]
lem ,
i5. ]
tem,
i6. ]
tem ,
17. ]
tem ,
18. ]
tem,
19.]
tem,
20.
tem,
magua (
[uam
21. ]
tem,
22.
tem,
23. ]
tem,
24.
tem.
25.
tem.
26.
tem ,
27.]
tem s
28.
tem,
29. ]
tem ,
3o.
tem ,
3i.
tem ,
32.
tem ,
33.
tem.
34.
tem ,
35.
tem,
36.
Stem ,
37.
tem ,
38.
tem,
39.
lem,
4o.
[tem ,
4i.
[tem,
42.
tem.
43.
[tem,
44.
[tem ,
45.
[tem ,
46.
[tem ,
47.
[tem,
48.
[tem ,
^.
[tem ,
5o.
[tem,
5i.
[tem.
52.
[tem,
53.
[tem ,
septem duodenas formarum fuste.
duos gladios rotundos.
unum gladium sive trenchet.
unum esparayre de ferro.
unum chavalletum fuste.
unam conchiam iapideam.
unum doyre.
unum bancum fuste in quo sindilur.
decem et octo vasa vinateria tam bona quam prava et lam
pai'va.
duas tinas sufficientes.
duas gerias chauchanoyras.
quatuor cada sive barrais.
sex cornutas.
duo cantara competentia.
unum lapidem olei.
septem arcas , in quibus seu inler quas est una prava.
undecim scrinea.
duos cacobos.
duas sartagines.
quatuor coquipendia sive crumahis.
ali([uas cbanenas de ferro.
quasdam crumalherias de ferro.
unum cloquear ferri sive culhiera.
unum graponum ferri.
unam gratusam ferri.
unam ollam metaili esberchalam.
duos pitalphos stanhi parvos.
duo scagna sive archibanca cum una taula de sapo.
unam taulam rotundam.
très taulas iongas.
septem seias Iongas.
X sellas parvas.
duodecim paraccides fuste.
sex cissoria sive talhayres.
duas saierias fuste.
unum sestarium iiguminis. ' .
unam tunicam ferri.
unam gorgeriam ferri.
unum bancinium ferri ad antiquum modum.
unum espiyeu ferri.
unam pereriam ferri.
très lanceas.
— 78
54. Item, quasdam sive aliquas dispioydes.
55. Item, unum scutum fuste.
56. Item, tresdesim flasatas tam bonas quam pravas.
57. Item, quindecim puivinaria.
Item , très culcitras.
Item , duo aurelheria modici vaioiis.
Item , viginti scx linteamina tam bona quam prava.
Item , duas mapas operatas.
Item , duas mapas parvas.
Item , unam longeriam.
Item, duo almatrassia.
Item, unam eyssetam parvam.
Item, unam securim.
Item , duas pichas ferri ad interfodendum.
Item , duos barletos magnos et duos parvos.
Item , unum gladium fausenc cum manibrio ferri.
Item , unmn ferrum vocatum uina.
Item, unum sive aliquod instrumentum dictum suvent. munituni.
Item, unum sive aliquod aliud instrumentum dictum piano munitnni.
Item , aiiquam serram traverseriam.
Item , unam aysetam ferri.
Item, unam doladoyram ferri.
Item, unam molam lapidis niunitam.
Item, unum sive aliquod tarayre ferri.
Item , unam sarpam pravam.
Item , unam aysolam ferri.
Item , duas jafFas ferri.
Item , quatuor aunas tele linee.
Item , unum eminale pravum.
Item, duo morteria lapidis.
Item duas saumatas bladi.
Item triginta et quatuor florenos auri boni et fini, ad quos xxxiiii'"
florenos fuerunt apreciate, per nonnullos viros amicos communes parcium
predictarum, videlicet Johannem Gastonis et Laurencium Audiberti, res
que secuntur, videlicet sexaginta brusci sive alvei apium, pro duodecim
paribus sotularium novorum pro quatuor duodenis pellium pelozarum,
pro fracmentis operatorii, pro duabus chanenis ferri, pro decem posti-
bus de nuce, pro franmetis alterius cujusdam operatorii, pro filo fdato
unius rami , pro duabus feneriis plenis feni ...
Acta fuerunt hec et condita apud Graynhanum, in domo quo tenetur
curia dieti loci, testibus presentibus Poncio et Giraudo de Graynhano
fratribus, Guillelmo Meruli, Poncio Ferrandi, dicti loci, Lanberto de Mon-
brando domicello de Montesecuro , et me Petro Barasti publico etc.
58.
59.
60.
61.
62.
63.
64.
65.
66.
67.
68.
69.
70.
71-
72.
73.
74.
75.
76.
77-
78.
79-
80.
81.
82.
83.
84.
85.
— 79 —
\^
i38o, 3o septembre.
Johannete uxoris Anthonii Aulanherii recognùio
bonorum dotalium^^\
. . . Anno Incarnationis ejusdem miilesimo trecentesinio octuagesimo ,
videlicet die ultima mensis septembris , . . . Anlhonius Aulanherii, de. . . ,
Vasionensis diocesis, habitatoi' nunc Graynhaui, Diensis diocesis. . . confes-
sus fuit. . et. . publiée recognovit. . . ipsuni Anthonium habuisse et rea-
liter récépissé de bonis et rébus dotalibus ipsius Johannete et in suum
comodum et utiUtatem convertisse. . . res et bona et animalia ^^' mobilia et
inmobilia infrascripta et infrascriptas que secunlur :
I . Et primo quinque saii matas bladi.
9. Item, très eniinas leguminis fabarum et cizerum.
3. Item, très cados vini puri.
4. Item, unum partitorium de ferro competentem et bomim pio ina-
cello.
5. Item, unum ligonem bonum et competentem.
6. Item, unam securim.
7. Item, unam tinam tenentem circa viginti saumatas racemorum.
8. Item, duo vasa conipetentia et tenentia quodlibet circa xii cados ses-
teyrales.
9. Item, duas cornutas.
10. Item, duo scrinia competentia tenentia quodlibet circa unam sau-
matam.
II. Item, unum pisirinium.
1 2. Item, unum ai-chibancuni.
i3. Item, duo coquipendia sive crumahls de ferro.
1 U. Item , aliquas chanenas de ferro.
i5. Item, aliquas crumalherias de ferro.
16. Item, aliquam gratusam ferri.
17. Item, unum cacobum tenente(m) plénum cautarum aque.
18. Item, aliquam peyrola(m) cupri competentem et bonam.
19. Item, unam sartaginem bonam.
20. Item, unam aliam perfor[a]tam pro castaneis abtandis.
21. Item, unum morteriuin lapidis cum politrigerio sive pello.
22. Item, aliquam taulam sive nienssam.
"1 Etude citée, reg. Nostrum, fol. 35 v°.
-' Addit. du temps dans l'original.
2 3. Item
26. Item
lam vini.
2 5. Item
26. Item
— 80 —
très seias iongas.
quatuor pitaiphos stanhi leuentes quiiibet diinidiam quai--
duos alios parviores.
duos porcos comunes.
27. Item, duas vachas juvenes et compétentes.
28. Item, unam jungam duorum annorum.
29. Item, umim veyiacium trium annorum competentem.
30. Item, decem oves blales et compétentes.
3 1 . Item , quatuor capras compétentes et blaies.
32. Item, octo florenos am-i.
33. Item , unum bancinetum aibarionatum.
34. Item , aliquos gaudeletos.
35. Item, unum ensem et unum enchile sive bloquier.
36. Item, unam culcitram lane competentem cum piunia.
37. Item, unum almatracium.
38. Item, tria pulvinaria competentia.
39. Item, très lodices albos.
Ao. Item, unum alium lodicem de coloribus.
4 1 . Item , unum alium lodicem modicum.
liù. Item, quindesim linteamina quorum novem sunt magna.
43. Item, très mapas operatas, duas scilicet magnas.
44. Item, unam aliam mapam planotgam.
45. Item, unam eminam grane canapucii.
46. Item, de canpe ad faciendum nii" ranios tele.
47. Item, de fdo lane ad faciendum très aunas tele :
Que quidem omnia . . . bona et res dotales et dolalia supradictas et supra-
dicta dictus Anthonius confessus fuit habuisse et realiter récépissé et.nume-
rasse, et in suum comodum... et utilitatem convertisse et exposuisse, et
de quibus quidem bonis et rébus dotalibus supradictis ipse Anthonius
et ratione dicte dotis se bene habuit et tenuit pro pagato et contento . . .
Actum Graynhani, in hospicio habitationis. dictorum conjugura. . . et
me Petro Barasti etc. . .
15
i38o, 6 novembre, et i38i, 1" août.
Dacio tulele Guillelmete filie Raymundi Gilberni^^\
Et inContinenti dictus Johannes tutor volens et cupiens . . . inventarium
facere et incipere. . . dixit. . . se invenisse de bonis comunibus dicte pu-
^'^ Étude citée, reg. Nosirmn, foi. 87 v°.
— 81 —
piile et ipsius Johannis : quoddani hospicium suum scitum in Castro Gray-
uhani . . . Aclum fuit hoc Graynhani . . . Postque , anno Incarnationis Do-
milii m" m' lxxï primo , et die prima mensis aiigusti , supradictus Johannes
voiens et cupiens de bonis et rébus dictorum Johannis et Guillelmete mo-
bilibus et immobihbus suum inventai'ium inceptum perficere et com-
jdere . . . confessus fuit . . . invenisse de bonis predictis ea que sequntui" :
I . Et primo , quamdam arcam sine cubriss.
9. Item, una tina capacitatis circa xvm somataruni.
3. Item , aha tina capacitatis trium somatarum.
h. Item una arca capacitatis circa sex somatarum.
5. Item, aiia minor arca capacitatis circa duas somalas.
6. Item , aiia arca capacitatis circa unani saumatani.
7. Item, unum vas capacitatis circa x baraliium.
8. Item , unum vas capacitatis circa duorum baraliium.
9. Item, alia duo vasa vinaria modici valoris.
10. Item, unam cornuam plenam ordeo.
I I . Item , unum eminale.
12. Item, bachaciam plenam instrumentis.
i3. Item, unum saculum plénum instrumentis.
1 II. Item , unam sartaginem.
i5. Item, unum vas vinarium capacitatis circa quinque baraliium.
16. Item, unimi quoquipendium garnitum.
17. Item, unum parvum barellinum.
18. Item, due serre.
19. Item, unum llagelium.
20. Item, unam secm'im.
9 1 . Item , duas flazatas liquoris rubeis.
99. Item, alia llazata diversorum colorum liquat. '. . .
9 3. Item, alia bona llazata rubea.
ai. Item, aliam bonam flazatam albam liquat. et rubeis.
25. Item, unam culcitram plumeam bonam.
96. Item, unam aliam cidcitram plumeam modici valoris.
27. Ileiu quinque cussinos plumeos.
•iS. Item, unam tualiam.
îjg. Item , una ayssata.
3 G. Item, una rilia.
32. Item , duo barallia modici valoris.
33. Item , duas picherias.
dli. Item , unus caletus ferri.
35. Item, unus scripneus capacitatis quinque eminarum.
36. Item, alius scripneus capacitatis unius sestarii.
37. Item, duo brocherii fem.
38. Item , scripneus modici valoris.
AnCHKOLOGIE. ■ 6
— 82 —
Sq. Item, alius scripueus modici valons,
ho. Item, unum scanum pro sedendo.
h 1 . Item , unus rqorterius cum pesteilq,
42. Item, una ovis alha.
43. Item, unus cacabus.
A4. Item, aiiud hospiciuni scitum ibidem in platea juxta hospicium
Bertrandi Mirapelli ab una parte et ab alia via qua itur ad ecclesiam.
Actum Graynhani , in'domo ipsoruw pupillorum . . .
16
i383, 11 et 19 septembre.
Liberorum pupilloimm Guiilehni Gachonis et bonoi'um eorumdem dacio tutele
Bile relicte dicti Guillelmi Gachonis condam et Qirando corumfilio^^'.
Anno quo supra et die in crastina que fuit dies xii dicti mengis septembris ,
supradicti Biia et Giraudus . . . voientes , . . inventarium inceptum perficere
et complere . . . confessi fuerunt . . . invenisse de bonis prediclis ea que
sequntur :
1 . Et primo unum cumacle.
9. Item , quasdam chenenes.
3. Item, una s(ar)tago.
4. Item, unum cacabum.
5. Item, unum veru.
6. Item, duas essas.
7. Item , una securis.
8. Item , una rilia.
9. Item , unum marteilum scindent.
10. Item, unum testu.
1 1 . Item , una tibia.
1 9 . Item , una serra.
i3. Item, unum estare ferri.
i4. Item , unum albernins.
i5. Item, una s(er)valeri.
16. Item, una moia.
1 7 . Item , unum tenebrum grossu ni .
1 8 . Item , duas parvas cereval.
19. Item, una arbaiesta cum suo torno.
9 0. Item, unum ovmeuni.
'■' Étude citée, reg. Nostrum, P laS v° h.
— 83 —
2 1. hem, ununi boclier.
aa. Item, unum paneis''^.
aS. Itoin, très serras pro blado.
9.h. Item , unum scanum.
95. Item, unum scrineum.
96. Item, unum aliud scrineum sine coperto.
97. Item, unum bastum.
98. Item, una briola.
9y. Item, una sella.
30. Item, una arca sine coperto.
3 1 . Item , aiia arca capacitatis circa ix sauraatarum.
39. Item, alia arca capacitatis circa quinque saumatarum.
33. Item, aliud scrineum sine coperto.
34. Item , duas flazatas.
35. Item , una culcitra.
36. Item , duo pulvinaria. *
3y. Item, unum [vas] vinarium capacitatis circa xn barallium.
38. Item, aliud vas vinarium capacitatis circa xii barallium.
89. Item, una mosteria capacitatis circa v barallium.
ko. Item, alia minor musteria capacitatis circa nn" barallium.
ki. Item, alia mosteria capacitatis circa ni barallium.
49. Item, unum dolium capacitatis circa xvni barallium.
43. Item, una tina calcadoire.
Uk. Item, duas cornuas.
45. Item, una tina magna.
46. Item, una langeria.
47. Item, una china [sic) pro vino.
48. Item, una aiia mola.
49. Item, una alia briola pai-va.
5 G. Item, alia briola.
lu coquina :
5i. P(rim)o, una briola.
52. Item, una salla.
53. Item, unum morterium.
54. Item, unum picherum stagneum.
55. Item , nnas chananès.
56. Item, una gierla pauci valoris.
57. Item , unum pistrinum.
58. Item, una asilla cum auo pullo.
59. Item, unum magnum pullum assininum.
60. Item, circa octo saumatas bladi.
<') Panéa, mot patois dauphinois, veut dire panier.
— 8/1
Bona inmobilia :
Actum Greynliani iu domo dicti Giraudi etipsorum piipillorurn , testibus
presentibus . . . Michel de Arendar de Bellicio , Johanne Arm. , G" de Gre-
nhano mo(ii)alco, Petro Begererii, Jacobo Roseti clerico, et me Petro
Barasti etc. . .
17
1890, 34 octobre et 28 novembre.
Processus et inventarium bonorum nobilis Pétri Castrinovi'^^' .
Anno Doraini m" ccc" nonagesimo , et die xxiiif mensis oclobris , qaa die
nobilis Giiiota filia et hères ex testamento nobihs Pétri Castrinovi de Ca[n-
tajmeruhs, Tricastrinensis diocesis, citari fecit legatarios et creditpres
dicti nobilig Pétri patris sui condam , comparituros hoc die , hora tercia-
rum, in presenti curia et coram nobili viro Petro Barasti, bayllivo tocius
baronie Granhani, visuros incoari inventarium quod facere intendit ipsa
nobihs Guiota de bonis hereditatis dicti nobilis Pétri patris sui condam, et
ejus perfexionem si comode fieri possit, cum cominatione quod, sive ve-
uerint sive non, ad incoationera dicti inventarii ejusque continuationein et
perfectionem procedetur ut ordo juris dictaverit , ipsorum vel alterius eorum
absentia, si que fuerit, in aliquo non obstante, et hoc voce preconia in
dicto loco de Gantamerulis facta pubhce, ubi dictus nobilis Pelrus de-
cessit.
Postque, paulo post,... coram... domino bayllivo dicta nobilis Guiola
dicens et requirens . . .
. . . Illico dicta nobilis Guiota. . . cum auctoritate, hcentia nobilis
Poncii de Monte Ruffo viri sui presentis. . . in quantum indiget, dicens
se primo invenisse de bonis et hereditate predicte :
I. Queddam hospicia cum curte et orto sibi contiguis sita infra locum
de Gantamerulis, confrontata a parte orientis cum carreria publica ethos-
piciis Giraudi Danielhis et a parte occidentis cum via publica qua itur versus
ecclesiam sancti Mauricii , a parte vero bore cum hospiciis Poncii Vincencii
et quadam androna , et a parte venti cum barrio.
9. Item, in caméra que est a parte venti fuit reperta aliqua canlitas
avene infrascripta videlicet xxxxv ras , item de ordeo vu*"" eminas , item
xxnii" sestaria anone.
3. Item plus , tradidit nobihs Guillelmus Raymundi castellanus xxin ses-
taria cum dimidio anone.
II. Item plus, VI sestaria bladi.
^'^ Etude citée, reg. coté Melliora, ï" i-3.
— . 85 —
5. Itom, iinum bancinelum cum caramalho et viseria.
6. Item, duo paria cantelletorum talium qualium.
7. Item, I glaviurn sive lansam.
8. Item , I ignipendum.
9. Item , iiaam tabulam de sapo.
10. Item, I slaiinum ad sedendum,
1 1 . Item , unam cornutam debiiem.
1 2. Item, I eminam cum dimidia grane canapis.
i3. Itemj I barletum olerium.
ih. Item, I piantatoriam cum acumine feri.
i5. Item, balastonum viginuimm taie quale.
1 6. Item , unum panerium modici valoris.
17. Item, duas bachacetas parvas.
18. Item, I diayonum ad pasandum bladum taie quaie.
19. Item, I scrineum de nuce cum cubersello taie quale.
20. Item, unam palam.
9 1 . Item , XI rassos amicdolorum.
92. Item, de nucibus ix rasa taUa qualia.
93. Item, unum coble sive catenam feri ad estachandum canes.
2/j. Item, 1 librum calcerium taie quale.
95. Item, I candelabrum fieri (lisez ferri) cum tribus dueUiis.
26. Item, I cotam raria(m) malhe sine manicis talem qualem.
97. Item, I espiout.
98. Item, I drayetum de coreo taie quale.
99. Item, I médium glavium.
30. Item, I rete piscatoris vocatum chapays taie quale.
3 1 . Item , in parva caméra, i magnum pistrinum anticum modici valoris.
39. Item, II cofros antiquos feratos, quorum i est modici valoris et
aller taie quale.
33. Item, unam mayt talem qualem ad pastandum.
3/i. Item, quanddam percbes ad piccendum canapum, parvi valoris.
35. Item , I eslordier cujus tela est nullius valoris.
36. Item, v nolas sive sonaihas tam bonas quam pravas.
37. Item, unam archam farneriam antiquam sine copercelio.
38. Item, i seslarium de mes cum dimidia emina.
39. Item, II manoli deseparati.
ho. Item, medietatem unius porte sive uyserie.
hi. Item, H saumatas bladi.
^2. Item, I tuelam tele perforatam.
43. Item, i circulum cum de racemis'^'.
('J En Danphiné, on conserve souvent les raisins en les attachant à un cercle
suspendu au plancher.
klx.
Item ,
45.
Item ]
46.
Item ,
47.
Item ,
48.
Item,
^9-
Item ,
5o.
Item,
5i.
Item,
52.
Item,
53.
Item,
anulos
fuste.
54.
Item,
55.
Item,
56.
Item,
57.
Item ,
grossa
sive d(
58.
Item,
59.
Item,
60.
Itfem,
61.
Item,
62.
Item,
63.
Item,
64.
Item,
65.
Item,
66.
Item c
67.
Item,
68.
Item,
69.
Item,
70.
Item,
71-
Item ,
72.
Item,
73.
Item,
74.
Item,
75.
Item,
76.
Item,
77-
Item,
78.
Item,
79-
Item,
80.
Item,
81.
Item,
82.
Item,
83.
Item ,
84.
Item ,
1 scirouc ferri.
tem plus, de anona xxxii sestaria et eminam.
omne summes anone, avené et bladi ordei sunt sine gietis.
I emiua sisera.
I escodiam f( . . . ).
I aysetam.
ni eminas tam de fabis quam danàtolis qtiam de pissa,
m tauleyronos modici valoris.
II porcos comunes et 11 parvos et unam suim.
unam magnam tinam de corquofe cum un" enchaines sive
unam tinam parvam cum t\ serculis.
unam folayoram.
II cados vinatarios.
I vas querquoris plénum vini meri capientem xix baralia
îschandil.
II vasa vinaria, capiente quolibet i modium.
I alium vas capientem xv vel xvi baralia.
VI vasa vacua comunis forme et i mosteriam vacuam.
viii'" trabes in quo sUstentantur vassa apellata pontilii.
II barietos taies quales.
i tarayre et ti tat-avelhas.
unam tauleta petita.
unam cornutam.
quasdam binas munitas de cordis.
L tegulas.
iinatti cellam basti talem qualem.
II cbavilharios fiiste taies quales.
I siveriam ad portandum fimum.
m furcas palherossàs.
I bonum bast et unam bonain basleriam.
XX pecias poldie, iriter quds est iihus gnalhus.
I eschaletam.
I tauleriuiïi pSrvi valoris.
I palam feni.
I aysatam feri.
I morterium lapidis cUm ii pistellis.
I seram.
II maydes per pastanduiii.
II maydetas parvas taleiS quales.
IX bachasestas cum 11 paUiaconis.
unam securim.
I halansas parvi valoris.
— 87 —
85. Item, i pellem mutonis et i coreum vituH.
86. Item, m quicenia, i bancinam cupri.
87. Item, I parvum .cocobum lalem quaiem.
88. Item, i cassetam parvam.
8q. Item, i ferrum assignandum scutellas et un" graponos.
90. Item, I gratussam.
91. Item, I cornutam in quà tènëlUf eptiltliri pot-coruiiâ.
92. Item, I verum.
98. Item, II candelabros.
96. Item, I martellum ferratorem cum tenÉtCuIis et bota âd parâtidum
pedes equorum.
96. Item, I sarpam talem quaiem.
96. Item, II securim sine manubrio.
97. Item, I cantarium in quo tenetut àqiia.
98. Item, II sartagines.
99. Item, 1 ignipendium.
100. Item, I chaifa fuenc.
101 . Item, I culheriam cura quà scumatiil* rilla.
109. Item, I tabulam cUm it tablilariis.
io3. Item, I tabulam rotondam.
10 4. Item, n scannos.
io5. Itetil, II gladios modici valoris.
1 06. Item , II parkccides stagneàs.
107. Item, V quathinos stagnéOs.
108. Item, II platellos stagneos.
109. Item, V pitalphos stagni tam pal^^Os ^atn ttlïlgnbs.
110. Item , I aygaderiam.
111. Item, V sellas ad sedendum. ■
119. Item, I cbanenas.
1 13. Item, II rasda mayt.
il h. Item, I parvum veru ferri sine pedibus.
11 5. Item, I tirabrasa.
116. Item, I saleriam sine cubersélla.
117. item, il citberêellas ferri.
Item, secuntur designationes instrumentorum :
118. Et primo, quoddam instrumenlum emptiottis CUJUsdam prati cum
terra factura et sigiiatum, ut in eo légitui*, manU et sigiio Johâhnis Glavelli
notarii, sub anno Domini m" ccc° lvi ëi die xvî tîiensls dfecembfis. . .
1 1 9. Item , I partes in qua addiscuntur plieri.
19 0. Itenl, I côfrë.
191. Item , I escrinerium modicum tëtiëfitëiii circa it sestafia.
12 2. Item, II aliud scrineatam modica quam magna.
123. Item, I cornutam.
88
194.
95.
96.
[27.
99.
i3o.
;3i.
32.
i33.
yU.
35.
i36.
37.
38.
.39.
ko.
Mi.
43.
.44.
45.
46.
.47.
48.
.49.
i5o.
5i.
[52.
[53.
[54.
55.
Item,
.56.
[57.
[58.
159.
.60.
161.
[6-2.
[63.
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
Item
II faycerias.
I cadum.
I mensam.
I cannum.
I postem.
I saleriam fuste.
iiii modicos massonos canapis.
I encem.
I mataias.
i lodicem paratam.
I treslis diversis coloribus.
II puivinaria.
I serram.
XIII lintieamina taiia qualia.
m mapas taies quales.
très manitergia talia quaiia.
II lodices paratas.
I iodicem talem quaiem.
II cuicitras tam bonas quam pravas.
V puivinaria.
I esciiania.
m sedas ad pasandam farinam tam modica quam magna.
VII grumeselios fdi lane tam magnos quam modicos.
I maydetum taiem quaiem.
XVIII catinos fusteos.
XXII paraccides fuste.
II plateiios fuste.
I culcitram.
I iodicem paratam.
I copertorium diversis coloribus modici valoris.
I eminale.
ni boves, quorum duo sunt boreti et alter saur.
sequtlur de animalihus bovinis.
Et primo sex vaxsas portancia vituia quorum una est saura.
Item, est una alla yermelha.
Item, unam aliam est quod est borassa.
Item, I aliam pili gruelha seu piii nigri vel pili rubei.
Item , I unam aliam sauram.
Item , I aliam maurinam seu quasi nigram.
Item , II vitulos unius anni quorum unus habet ventrem album.
Item , alter est maurinus.
Le Pèffue, commune du canton de Grignan.
— 89 —
i64. Item, II vitulos anni presentis, quorum ambo sunt rubei et unns
est masculiis et alius ferneHus.
18
1891, 98 février.
Prise en charge par noble Philippe Armand de Montségur,
des biens des filles de Dalmatius de Novaysano, ses pupilles '^'K
1. Quoddam hospicium in quo est quedara turis, scilum infra locum
presentem Montissecuri , quod confrontalur a diiabus parti bus cum car-
reriis publicis. . . Et incontinenti . . . uobilis Philipus tutoi-. . . confessus
fuit reperiisse de bonis mobiiibus dictarum pupillarum bona et res mobiles
que secuntur ;
2. El primo , unus iodex modici valoris.
3. Item, unam vanoyam modici valoris.
h. Item, tria pulvinaria talia qualia.
5. Item, unus aureUierius Alexandrii.
6. Item, quator banchalia talia qualia,
7. Iteiu, unam culcitram.
8. Item, unum mataiassium.
9. Item, duos carrellos, unum fractum et aiium bonum.
10. Item, unam archiam talem qualem, tenentem circa quator sau-
matas.
1 1 . Item , unum barrale.
19. Item, unam caxiam pai*vam.
i3. Item, unum parvum scrineum sine copercello.
1 4. Item , VII cormiou.
i5. Item, unum cantai'um sive broc.
16. Item, unum veru sive astil cum pecoUo.
17. Item, unum tirabrasier ferreum.
18. Item, unam padeilam.
19. Item, VII andes.
9 0. Item , unam destralem.
2 1 . Item , una eysa sive fessor.
22. Item, duas chanenas taies quales.
28. Item, unum cloquear ferreum pertusatuin.
^h. Item , unum grapo de ferro.
25, Item, quasdam brustias.
^'' Etudo citée, reg. MeUiora, foi. 36-().
— 90 —
26. Item, linum candelabrum feri'i.
27. Item, VII trenchayre ferri,
98. Item, duos marteilos ad ferrandum,
29. Item , unum eschaipre.
30. Item, unam rosoyram de ferro.
3i. Item, umim guionetum'^'.
82. Item, unum crucibalum sive chaielh ferri,
33. Item, unum crumalh magnum terri.
34. Itetil , ftiés copercelias ferH.
35. Item, unum multrale sive tnorliér iapidéunl ciint pestëllo ftiStis.
36. Item, très barlets taies quales.
87. îtem, uiiura barlelum oley, tetienlëm quatuor brôcheilos.
38. Item, unum magnum piatéHum fustis.
39. Item, VI talhayres et très pàrâcldes fiistë sivè sCûeylas.
/lo. Item, v' scuylos.
kl. Item, duas feycellas.
42. Item, unum parvum cofredum viride sine copercello.
43. Item, unum tabularium de chaquis.
44. Item unam escalam.
45. Item, unum eyborderium.
46. Item , duas sellas in quibus hoMo cedet.
47. Item, très bachassias, unam magnam et duâs pafvàs modici va-
loris.
48. Item , duos tabubires in quibus pohitUi* pastà.
49. Item, unam palam fuste fractam.
50. Item, unum bonum scrineum quod est ad incantum.
5i. Item, u nus gladius poares**'.
52. Item, duo vasa quorum quiUibèt non habët nisi unum bodium sive
buey modici valoris.
53. Item, unam mensam nucis sive tabulam.
54. Item, unum pistrinhum sine copercello tenentem unum Sèste-
rium paste.
55. Item, unum panem.
56. Item, unum peyrol tenentem dos brocs, quod Hàbet Giiilhelmus
Roberti, de Sancto Restituto '^\ in loco Monlissecuri.
Item, dixit dicta Margarila quod nobilis Dalmacius traspoltavit bona
mobilia inlrascripta in loco de Glansays et quod ipsa ittlpigtloravit pro
funeralibus et mortalagio dicli Dalmacii condam divetsiâ persoUis , et quod
[ea] vel pai'tem eoruni pênes se habet in diclo locO.
^'^ En dauphinois, un goiiyet ost une potite serpotte.
(^î Un couteau à taiiler (pouer, en patois dauphinois) la vigne, les arbres.
^•'') Saint-Restitut , commune du canton de Saint-Paul-Trots-Châleaux.
— 91 —
5 y. Et primo quatuor lodices modicos, très diversorum colorum et
unam albam.
58. Item, tria pulvinaria, unum de lunello et duo îane.
69. Item, unam vanoyam parvam.
60. Item, unum coper(orium sthacatum.
61. Item , quatuor linteamina.
62. Item, unam mapam operatam.
63. Item, unum fiscuium.
64. Item, unam cossam.
65. Item, aliquas piétines de ferre pro lana.
66. Item, unam palam ferri.
67. Item, unum carrellum sthacatum.
68. Item, unum fiscuium plénum instrumentis.
69. Item, de filo canipis cirea x libras.
70. Item, VII rami teie linee.
71. Item, unum pitalphum stanlii.
Protestans insuper dictus nobilis Philipus tutor quod, si et quando-
cumque et quocienscumqiie ipsum aiia bona aliqua mobilia et inmobilia
dictarum pupillarnm ad ejus noticiam pervenire contingerit , quod ea
omnia in hoc presenti instrumento et inventario. . . scribi faciet. . .
Actum etc . . .
19
1399, 99 octobre et It novembre.
Inventartum benorum Lantelmt Puelli^^K
Anno Domini miliesimo ccc° nonagesimo seconde et die xxîx octoljris ,
cum Lantelmus Puelli de Graynhano condam dies suos clSuserit extrêmes
incondito testamento, relictis sibi Bertrana uxore sua et Johannn, Ber-
trando, Andrineto ac Durono liberis suispupiliis et inpuberibus ac comu-
nibus ipsorum Lantelmi et Bertrande , et , cum bona et hereditas mobilia
et inmobilia dicti condam Lantelmi et pupillorum suorum predictorum
sint et remaneant indefenssa , Petrus Barasti bayllivus baronie Graynhani
tam pro interesse suo et sue curie quam pro asservatione dictorum bo-
norum et jurium dictorum pUpillorum, habite prius a dicta Bertrana
juramento ad sancta Dei euvangelia per eamdem prestito corporali quali-
mis pro utilitate predicta ac premissorum eccasiene ^t omnein sùspitionem
('' Etude citée, note orig. sur pap. inséré entre les fol. a a et a 3 du reg.
coté Beus. — Un acte des k et 8 nov. 1893, de tutela liberorum Lantelmi Puelli
condam data et décréta Stephano Puelli, inscrit au folio ai de ce registre, répète
cet inventaire et fournil les variantes marquées que nous indiquons par la lettre B.
— 92 —
apud eam et aiios quoscumque removendam , sub pena x flor(enorum) auri
cur(ie) seu fisco domini nostri Graynhani si secus faceret applicanda, dicat,
nominet et revelet orania universsa et singula bona mobilia et iiimobilia
dictorum pupiilorum et eidempertinencia,ac scribi faciat per me notarium
seu scribam dicte cur(ie).
1- Et p(rim)o, hospicium. . . in quo est.
2. Unus escrineus.
3. Item, una sartago.
à. Item, unum cucupendiurn.
5. Item , unus iodex.
6. Item, VI linteamina.
y. Item, unum barrale sive cadus.
8. Item, duo cantaria.
9. Item, unam sarpam.
1 o. Item , due taravelle , una magna et una pana.
1 1. Item, unum bansi.
19. Item, una cou [B. unam cutem sive cou].
i3. Item, un guionet.
i/fi. Item, unum clucbo sive sonaiho (B. duo sonaihoni sive cluchos).
i5. Item, due raydoyre [B. duo rasoraria sive raydoyre].
16. Item, unum ligonem |R. unus bgo sive fessor].
17. Item , unam securim.
i8. Item, duo barleti tenentes quemlibet dimidiam quartam.
19. Item, duas copercellas.
20. Item, una sera [B. serra] ad metendum biada.
21. Item, unum aratrum munitum sive garnitum ()ro animalibus
azininis.
2 3. Item, unum eyborderium.
28. Item , unum tamis.
ûli. Item, una picha.
90. Item, quinque bachassias tam magnas quam parvas.
26. Item, v* paihassonos.
27. Item, unam mayt.
28. Item, unam paiam fiiste.
29. Item, due fiscl(ar)e prave.
30. Item, duo fisclari beroerii [B. duos fisclaros beroyers].
3i. Item, unum flagellum sive escossors*''^
32. Item, unus lapis buiaerius.
33. Item, duo quaiquaria [B. calcaria] maie garnita.
'dh. Item, unum doyre terre tenentem v' brochellos.
35. Item, una emina ordei palmo.
'' Esroure on dauphinois veut dire balti-o. du lalin soulevé.
— 93 —
36. Item, dimidia emina fabarum.
37. Item, una emina milii.
38. Item, una mapa et ununi manutergium operala.
39. Item, una lancea.
40. Item, unum multrale cuni turribulo [B. cum pesleiloj.
lii. Item, unum plateilum fuste.
Aa. Item, una cossia jaysiarum.
63. Item, unum modicum chandelabrum [B. candeiabrum].
hd. Item, unum cornet [B. un cornet].
i5i5. Item, una eschanha.
/i6. Item, una cella ionga.
hj. Item, VI para pcides.
48. Item, duo cissoria.
4c). Item, unum cloquear,
5o. Item, duos cumulos breni '*'.
5i. Item, duo belsoni.
.52. Item, unum rastellum ad rastellandum.
53. Item, unum congienh [B. un congienh in quoponuntur t'urchej.
bh. Item, duo basti [B. duos bastos].
55. Item, de fdo canipis nii libre.
56. Item, una libra fili lane.
57. Item, una gipa [B. quasdam gipas].
58. Item, una mosteria tenens n cados, qui est in Colunzellis.
59. Item, un coble alliorum'"'.
60. Item, débet Jobannes Driveti dictis pueris m eminas biadi | B.
débet dictis pueris Jobannes Driveti moiendinator m eminas bladi]. . .
20
1899, avant ie 18 décembre.
Inventarium bonorum Raymundi Pasqualis condam '*'.
1 . Et primo quoddam bospicium scitum infra iocum Grayiihani.
2 . Item , quasdam terram et tralhiam scitas ad Prata.
3. Item , quamdam tralhiam scitara in dicto loco ad Prala.
h. Item, quamdam terram.
5. Item, una azella.
('' Deux tas de son. Bren, mot dauphinois signiliant le son, partie grossière
du blé moulu.
'^^ Un crible d'ails. Cuble , mot patois dauphinois signifiant crible.
''' Etude citée, note du temps et de la main de P. Barast, Intercalée entre les
loi. -jo et 31 du registre cote Dms.
— 94 —
6. Itéra , tria scrinea cum copercellis.
7. Item, unam archam tenentem v' saumatas.
8. Item, I archibanc.
9. Item, una tina tenens xx" saumalas de quercore,
10. Item, très mosterie, quarum due tenent vi cados queiibet, el una
est in hospicio Ay, de Graynhano et altéra teqet uii"' cados.
1 1. Item, una sarpa.
12. Item, unus iigo.
i3. Item, due celle ad cedendum*'' niodicum longe,
lû. Item, unum raultrale cum pestello.
i5. Item, unus lapis oieerius.
16. Item , una fiirca fuste.
17. Item, una targia sive scutum.
18. Item, una pereria.
19. Item, duo lodices quorum unus est in ecclesia.
9 0. Item , unum pulvinar.
-21. Item, una cuicitra.
2 9. Item, duo iinteamina praya.
93. Item, unum panier album.
2 4. Item, unum cuccipendium.
95. Item, unaschanenas.
96. Item, una olla terre.
97. Item, unum parvum platellum.
98. Item, due parcides.
29. Item, unum cloquear.
30. Item , una emina biadi.
3i. Item, très cadi vini linphati sive trempe.
21
ittob , h février.
Inventarium bcaiorum Guillelmi Mayfredi condam de Salis,
ab iiitestato dcffuncti^^\
Et |)rimo , fuit repertum iu quodam hospicio dicti condam Guillelmi ,
scito in burgo dicti loci, quod confrontatur cum carreria publica et cum
arels de Salis et cum porticu hospicii Jacobi de Boteria dotali, videlicet :
In quadam caméra dicti Guillelmi :
1 . Duo lodices.
''^ Lire selle ad sedeuduni.
'■-) Étude citée, reg. coté Antea, fol. xvin-xx r°. — En marge : Satisfactum est
de inventario, cur non extralialur.
— 95 —
a. Unura almatrassium.
3. Unura pulvinar.
II. Unum emiuaie.
Item, infocanea dicti hospicii :
5. Una cayssia sive escrineum.
6. Item, unum tamis.
7. Item, unam raydoyram de ferro.
8. Item, très paraccides de fusta, tria cissoria.
9. Item, unam botelliam sive crucham ad teneudum oleum, de tefra.
10. Item, un eschalfayre de terra.
1 1 . Item , unum pitalphum de terra.
19. Item, duas sellas longas ad sedendum.
i3. Item, duas sellas modicum longas.
lU. Item, unam tabulam sive menssam de nuce pecoliatam.
i5. Item, unum morterium lapidis.
16. Item, duas modicas mapas.
17. Item, inestabulo, unum almatrassium.
18. Item , unum pulvinar,
1 9. item , unam cornutam fuste.
20. Item, unum pestellum sive turribuluni.
ii 1 . Item , plus , duo cissoria fuste et unum platellum.
•i2. Item, unum fisculum cum aiiquantulo de polenta circa dimidiam
cminam.
2 3. Item, unum broquelum de fust?i ad mcnsurandum vinum.
2^. Item, unam bachassiam de fusta.
25. Item, unum alium broquetum de fusta.
26. Item, unum candeiabrum de ferro.
27. Item, unam copercellam olie de ferro. *
28. Item, circa unam eminam nucum.
29. Item, unum multrale lapidis modicum.
30. Item, unum banastonuip.
3i. Item, unam mayt.
32. Item, unam aliam mayt, in doœo Moudoni.
33. Item, unum Uuteamen.
34. Item, unas chanenas de ferro.
35. Item, unum cnicibolum de ferro.
36. Item, unmu cloquear de ferro, perforatum.
37. Item, unum ligonem.
38. Item, unum tai'ayre.
39. Ilem, unum modicum taravellum despuchatum.
ho. Item , unum cutellum poares.
hi. Item, unam securim.
Item , in fortalitio , in penore dicti coiu^im Guillehiii.
— 96 —
A2, Uiia culcilra de laiia et de pluma.
A3. Item, quatuor iinleamina.
44. Item, duo pulvinaria talia qualia.
65. Item, unum lodicem modici vaioris.
46. Item, unam sartaginem.
47. Item, unam furcham fustc.
48. Item, unam cayssiam de l'usta.
49. Item, unum cacobum pertusatum.
50. Item, unum ignipendium sive crumaili.
5i. Item, unum veru de ferro cum peccoUis, licet sint separata.
Sa. Item, duas piétines de ferro.
53. Item, unum candeiabrum de ferro.
54. Item, unam mosteriam de sapo, lenens circa vu barrailia.
55. Item, aliquantulum de lana, que fuit alias in almatrassio.
56. Item, unum chap securis.
57. Item, unum catnum stagni.
58. Item, xxxvn doyas tine.
59. Item, très pessias fuste grossas, quarum due sunt puntis de tina.
Item , duos lundaria defusta que erant ante januam penoris.
60. Item, très serras sive faucilhas.
61. Item, unum crucibolum de feri-o :
Queomnia. . . sunt tradila in custodiam. . . supradicto Mondono bajuio
dicti loci, ad tuicionem Pétri fiiii pupilli dicti deffuncti, |)er me Bernarduni
predictum, per traditionem clavis hospicii prcdicti deffuncti, presentibus
venerabili et reiigioso viro domino Guillelmo de Manso priore de Turretis,
Amancii Meruii, et Berl. Roncini anno et die predictis.
22
i/i6H , 20 juin.
Inveiitarium bonorum inobilium repertoruin in ecclesta Sancti Micaelis de
CUansays, diocesis Tricastinensis , post obttum venerande memorie viri
domini Martini Teœtoris, ultimi curati ejiisdem loci^^\
Anno Domini m" iin° xxvni", die autem vicesima mensis junii, nove-
rint etc. quod appiicatus dominus Guiilelmus Alberti, curatus Griihonis,
utvicarius R. P. domini Guioti Adhemarii, commendatarii prioratus Sancti
Amancii Tricastrinensis diocesis, sibi assistentibus discretis viris Ynardo
Faverge, Johanne Le Saibus, Reymundo Berengarii castellano, et pluribus
'') Etude cit., reg. coté Probus, foi. cxxiii-iui.
— 97 —
aliis in ecclosia Sancti Micaelis ejusdem loci, ad boiiorum ipsius ecclesie
mobilium inventarizationem processerunt modo et forma sequentibus :
Et primo dixerunt idem sindici reperisse de bonis ejusdem ecclesie mo-
bilibus :
1. Quatuor graduales, quorum unus est liltere antique, qui coperiun-
tur postibus''^ aiii autem duo desuper pellibus, quorum ununi ad usuni
Sancti Pauli, reliquum autem ad usum Romanum.
2. Item, unum missale novum.
3. Ilem, unuai aliud missale vêtus, orationes iiecessarias continens.
II. Item, unum responsorium ad usum Sancti Pauli, completum, mag-
num.
5. Item plus, parvum missale non complelum.
6. hem plus, unum aliud missale liltere antique.
7. Item, exposiliones Evangeliorum parve.
8. Item , unum baptisterium.
(). Item, unum prosarium.
10. Item, unum responsorium litière antique.
11. Item, unum orationatorium parvum.
12. Item, unum psalterium pergameui.
i3. Item, unum magnum breviaiium cum cerlis orationibus.
ih. Item, unum aliud orationatorium cum cerlis aliis appelalum
(ornes.
10. Item, unum bbrum evangeliorum.
16. Item, quemdam librum oflicium Corporis Christi continentem cum
cerlis aliis.
17. Item, alios duos libros epistolas continentes religalos de novo.
18. Item plus, unum aliud epislolarium anliquum et liltere antique.
19. Item, unum alium librum vilam sancte Margarile continentem.
Sequntur veslimenta ejusdem ecclesie lune per quos supra reperta :
9 0. Et primo, unam casulam rubeam saiFralam ymaginibus aposlolo-
rum, cum sua alba, amiclo , slola, manupulo ac cordono rubeo, bonis et
sulTicientibus.
21. Item plus unam aliam casulam viridem, cum slola ejusdem coloris,
albam, amictum et manupulum alterius coloris , et cordono, bonis elsufli-
cienlibus, ligalis cum cbabelheriis.
9 2. Item plus, unam aliam casulam percicam piscibus depictam circa
pedem de rétro, de anle de cirico viridi barratam, cum alba et amiclo ac
cordono.
28. Item plus, unam aliam casulam fulveam modici valoris, cum alba,
amiclo , slola et manipule ac eliam cordono.
(') Ici on a rayé les mois pelle desuper, duo primt antiqui, ce qui explique les
mots alii nulein duo ... du texte.
ARCHÉOLOGIE. 7
— 9S —
2i. Item, duo amicla nova.
25. Item, unum aiiud modici valons.
26. Item plus, unum aliud vêtus modici valoris.
27. Item, imum calicem argenteum cum sua patena et estoecode corio,
bonum et sufficientem.
28. Item plus, unam stolam et unum cordonum.
29. Item, unam raapam altaris.
30. Item, unum scapuJare telle.
3i. Item, unum tersonum seu unam longeriam.
82. Item, unam cuspidem albe.
33. Item plus, unam albam modici valoris.
36. Item plus, unam aliam cuspidem albe.
35. Item, unum superlicium curtum modici valoris.
36. Item, unam mappani altaris.
37. Item plus, unam aliam mappam altaris.
38. Item plus, unam aliam mappam perforatam per mures, modici
valoris.
39. Item plus, unam aliam mappam modici valoris.
60. Item plus, unam aliam ejusdem valoris.
h 1 . Item , unam mappam novam altaris.
^2. Item, unum amictum médiocre.
à'd. Item, unam aliam mapam altaris modici valoris.
àh. Item, unam aliam mapam altaris modici valoris.
45. Item, unam aliam mapam novam altaris quamvis ruptam.
46. Item plus, unam aliam mapam antiquam.
47. Item plus, unam aliam modici valoris.
48. Item, unam aliam modici valoris.
49. Item, certos pannos ad coperiendum ymagines de xl'.
50. Item, pslalerium papireum '''.
5i. Item, unum parvum alabastrum, in quo sunt reliquie sanctorum
Fereoli et Georgii martyrum.
52. Item plus, unum panum in quo involvuntur reliquie Sancti Blasii
et plures alie.
53. Item, duos tersonos rugatos de rubeo, modici valoris.
54. Item, mi°' corporalia bona.
55. Item, très mapas super magnum altare.
56. Item, unum copertorium telle desuper ipsum altare.
De quibus quelibet ipsarum partium peliit instrumentum.
Acta fuerunt bec in ecclesia Sancti Micaelis , testibus presentibus teslibus
quibus supra et me Nicolao Fi-eraeti.
^'' Article ajouté après coup.
— 99 —
23
iA68, 29 août.
Pro universitate loci de Cliansays '''.
M° iirf Lxvni , die autem xxix" raensis augusti , venerabilis vir dominus
Silvester, arrendator ecclesie presentis loci, confessus fuit habuisse a sin-
dicis presentis loci predia cura sequentibus bonis ecclesie de Cliansays vide-
licet :
1 . Et primo duo sellieta ad reponendum aquam benedictam , quorum
unum est stani et aliud cupri.
2. Item, unum scapularium telle.
3. Item, unum vexillum.
h. Item, panum nigrum corporum mortuorum faciens coperturam.
5. Item, nii" ydrias stani.
6. Item, una custodia cupri.
7. Item, unum magnum candelabrum ferri, et unum aliud parvum
ejusdem metalli.
8. Item, duas capsas fusteas cum seris fereis ac clavibus.
9. Item, panus ad portandum Corpus Christi in die Eucaristie.
10. Item , assenserium cupri.
11. Item, una custodia Gorporis Christi magna.
19. Item, duas cruces.
i3. Item, unum candelabrum fereum.
\k. Item, duo candelabra cupri altaris.
De quibus, etc.
Actum Cliansays , in ecclesia ejusdem loci , testibus presentibus Armando
Bruni, Johanne Garnerii, Johanne Arnulphi.
i468, 10 août.
Datio ad custodiendum castrum presentis loci, facta Petro Ti'uclierii et aUeri
Petro patri et jilio, de presenti loco, de anno Domini m" nu' Lxvnf , die
autem décima mensis augusti, per magnificum Bertrandum, dominum pre-
sentis loci de Cliansays '^'.
Noverint etc. . . quod constitutus magnificus dominus Bertrandus Adhe-
marii de Cliansays dominus gratis etc. , dédit quibus supra castrum et turrim
presentis loci ac castri pro uno anno hodie incipiendo et simili die termi-
(*) Etude citée, reg. cité, toi. cxuiii v°.
(*' Étude citée, reg. cité, fol. cxui r° et cxlliui r°.
— 100 —
nando, çuni paclo quod ab eisdem custodibus idem dominus non auferal
oflîcium dictorum castri et turris nisi suam conditionein faceret meliorem
vel ad suam manum tenere veilet; qui custodes jurarunt ad sancta Dei
evangelia ipsas turrim et castrura custodire bene et iegaliter ad honorem
comodura et utilitatem ejusdem domini Actum Cliansays. . .
Inventarium bonorum repertorum in Castro, tradiiorum per manus
Reymundi Berengarii et mei notarii infrascripti expeditorum per Johan-
nem Le Salhus alias Pauc, de anno Domini m° iiii° lxviu", die autem x° meu-
sis augusli, Petro Trucherii.
1. Et primo tradidit idem Saihus et expediri fecit eidem Trucherii unum
gorgierum nialliarum.
2. Item, mia sallada.
3. Item, una cota de malhe.
k. Item, una brigandina.
5. Item, unum arnesium appelatum garde cors.
6. Item, unus ensis,
7. Item , unum cornu cupreum ad cornandum.
8. Item, una cassis.
9. Item, unum pavetum.
10. Item, una letheria.
Que omnia sunt in calmera ant eranL tune supra gradus turris, média
videlicet.
In introitu autem turris sunt sequentia :
11. Et primo, tria vasa vinea pauci valoris.
12. Item, unus ensis.
10. Item, unum venabulum velus.
1^. Item plus, aiia duo venabula veiiationis.
i5. Item, una cassis.
16. Item, unum arnesium armorum quantum ad lalera.
17. Item, duo avanbrachia.
18. Item , una letheria.
19. Item, quasdam scalas cordeas.
20. Item , duo forulli.
21. Item, una letheria
Item , de rétro :
29. Una bomberdella.
28. Item, unus balteus ad extendendum balisla.
Cetera remanserunt inventarizanda , quia dominus misit pro nobis que
sunt in quoquina et supremo turris predicte et in caméra quoquine.
Acium ubi proxime, testibus presentibus Reymundo Berengarii, Pelro
Trucherii, Johanne Le Salhus, et me Nicoiao Fremeti, notario.
LES VITRAUX
DE LA COLLÉGLILE SAINT-MARTIN
À CHAMPEAUX-EN-BRTE,
RESTITUÉS D'APRÈS D'ANCIENS DOCUMENTS,
PAR M. G. LEROY,
Correspondant honoraire du Comité, à Melun.
L'église Saint-Martin de Champeaux-en-Brie , ancienne collégiale
de chanoines séculiers, classée au nombre des monuments histo-
riques, est connue par la beauté de son architecture, qui appar-
tient au style gothique du xiii" siècle. La régularité de son plan,
Télégance et Theureuse disposition de sa nef, où les piliers simples
alternent avec de sveltes colonnettes géminées pour recevoir les
arcs qui la séparent des bas côtés; le transept, le chœur, l'abside,
toutes les parties do l'édifice enfin, constituent un ensemble har-
monieux qui excite l'admiration des artistes, des amateurs et des
archéologues.
Les dalles funéraires qu'on y trouve, dont plusieurs appartien-
nent aux premières années du xiii* siècle; les stalles du chœur,
exécutées en 1527, sur lesquelles la verve et l'esprit satirique de leur
auteur se donnèrent libre carrière; les vitraux datant des xv* et
xvi" siècles, disposés dans les cinquante-deux fenêtres qui répan-
dent des flots de lumière dans l'édifice; tout ce précieux mobilier
d'autrefois ajoute à l'intérêt d'une église qui, comprise et appréciée
comme elle le mérite, devrait être un but de pèlerinage pour tous
ceux qui ne sont point indifférents aux douces émotions de l'art et
des souvenirs du passé.
Le temps, les révolutions humaines ont imprime' des traces fâ-
cheuses sur l'œuvre de l'architecte inconnu, contemporain de Phi-
lippe Auguste et de saint Louis, qui édifia ce monument. La vétusté
— 102 —
et les dégradations, favorisées par le défaut d'entretien, ont com-
promis sa conservation , malgré les efforts du Comité des Monuments
historiques qui, de temps à autre ^ exécute les plus urgentes des ré-
parations, aidé dans ce soin par les faibles subventions de la com-
mune et de la fabrique.
L'œuvre lapidaire s'est à peu près maintenue; les stalles sont
restées intactes, quoique sérieusement menacées un jour, sous la
Restauration , par un vandale qui parlait de les raboter pour effacer
leurs sujets rabelaisiens. Mais les vitraux, plus fragiles, jamais en-
tretenus, exposés aux intempéries, aux convoitises des amateurs,
n'existent plus qu'à l'état de débris. Leurs sujets sont le plus
souvent incompréhensibles; aucune scène n'existe entière, à moins
de ne comprendre qu'un panneau de petite dimension ; les plombs ,
perdus de vétusté, ne suffisent plus à les tenir. Le moindre vent
leur devient une cause d'irrémédiable destruction.
Des cinquante-deux fenêtres de la collégiale, une quarantaine
étaient enluminées à l'époque de la Révolution. Aujourd'hui, moins
de vingt conservent des débris plus ou moins complets, des frag-
ments dont il est parfois impossible de deviner les motifs.
La plupart de ces vitraux étaient d'une bonne facture. Quelques-
uns dataient de la fin du xv'' siècle , mais le plus grand nombre appar-
tenait au xvi^ siècle, à l'époque de la Renaissance. En conservant
la grâce naïve , l'expression de foi des figures du moyen âge , dont
la tradition n'était point encore oubliée, les compositions, plus
réalistes, prenaient un charme exquis par des détails, profanes ou
mythologiques, dans lesquels excellaient les artistes du temps des
Valois. Les débris des verrières de Champeaux abondent en spé-
cimens de ce genre; la tentation des amateurs se comprend sans
être excusable. Mais toutes n'avaient pas ce fini, ce mérite, attes-
tant le talent de leurs auteurs. D'aucunes sont médiocres, sans cou-
leur et sans dessin.
Il est probable que la communauté dota son église d'une partie
de ses vitraux. Mais aussi, comme de nos jours, pour l'acquit des
dépenses qu'ils entraînaient, il y eut des donateurs, des chanoines
principalement et des personnages laïques , dont les portraits et les
armoiries se retrouvent sur les panneaux qu'ils offrirent. Ces ori-
gines différentes expliquent la diversité de valeur artistique de
chacun d'eux. Le plus ou moins de ressources du donateur se laisse
deviner sur l'objet de son don.
— 103 —
Les comptes du Chapitre, de 1619 à 1628, conservés aux ar-
chives départementales de Seine-et-Marne, mentionnent dans les
termes suivants des dépenses relatives aux vitraux de la collé-
giale :
1619. Item, à Nicolas Maçon et Ailain Gouijon, verriers, pour avoir
fait deux verrières toutes neufves, refait et mis en plomb les autres, et aussy
avoir paint l'ymage saint Martin en la porte de l'esgliseet le portail d'ycelle,
a este' payé pour tout xvi 1. v s.
1621 . Item, à Nicolas Maçon et Ailain Courjon, verriers, demourans h
Meleun , pour cinq verrières , par marché faict avecques eux , a esté payé
la somme de xxvi 1. p.
Item, à Denis Bellinet, maçon, pour sa peine d'avoir faict les eschalfaux
pour attacher les dictes cinq verrières , que la gresle avoit rompues et pour
sceller ycelles , a esté payé xx s. p.
1622. Item, à Nicolas Maçon, verrier, deraourant à Melun, pour deux
verrières qu'il a faictes à la chapelle Sainct-Lienard , comprins vingt sols
que M. Sauvaige avait laissez à la dicte chapelle par son testament, a esté
payé de surplus xvi s, p.
On trouvera également plus loin des détails sur le coût de la
verrière de la chapelle Saint-Nicolas, donnée en i5o8 par le cha-
noine Nicolas Sauvaige, nommé ci-dessus, et dont la dépense, en
verre, fer et mise en place, fut de U livres 19 sous k deniers.
D'après ces indications, chacune des verrières aurait coûté en
moyenne k a b livres.
Nicolas Maçon et Ailain Courjon, cités comme verriers à Melun,
en furent-ils réellement les auteurs ou servirent-ils seulement d'in-
termédiaires pour les fournir aux chanoines de Champeaux, en
les demandant à des peintres verriers de Paris ou d'ailleurs?
Melun était une bien petite ville, un centre bien modeste pour
l'exercice de la profession de fabricants de vitraux.
Nous laisserons la solution de cette observation à l'appréciation
du lecteur, en ajoutant toutefois qu'à la même époque le chevet et
le chœur de l'église Saint-Aspais de Melun, récemment construits
par l'architecte Jean de Félin, étaient garnis de vitraux, dont
quelques sujets se retrouvent à Champeaux, entre autres : Jésus-
Christ en jardinier apparaissant à la Madeleine (fenêtre 27). Plusieurs
églises de villages des environs conservent des débris de vitraux du
même temps et qui paraissent être de même facture, Boissise-le-
Roi, Savigny-le-Temple , Vaux-le-Pénil et autres. Momentanément,
— 10/i —
pour des travaux relativement importants, Maçon et Courjon
avaient-ils transporté leur atelier à Melun?
Avec les seuls fragments actuels, il serait difficile de reconstituer
les scènes des vitraux de Champeaux, dont quelques-uns même ont
entièrement disparu. Mais, à plusieurs époques, des amateurs et
des artistes les ont décrits ou dessinés, constituant ainsi d'utiles
renseignements pour obvier à la destruction incessante qu'ils su-
bissaient.
La plus complète de ces descriptions est celle qu'en a faite Mar-
tin Sonnet, notaire du chapitre, chanoine, de i635 à 1679, qui
écrivait à une époque où les verrières de la collégiale étaient à peu
près intactes. Elle est contenue dans un registre in-8°, écrit en en-
tier de sa main , intitulé : Martinet ou registre des antiquités de l'église
collégiale Saint-Martin de Champeaux en Bnje, diocèse de Paris, 1 653 (^^.
En 1862, M. Lucien de Rosny, fonctionnaire à Melun, que ses
goûts portaient aux études archéologiques, fit exécuter de bons
dessins de l'église de Champeaux, avec les parties encore subsis-
tantes de ses vitraux, avec ses dalles funéraires et ses stalles. Ces
œuvres composent un album offert, en mars 1877, à la bibliothèque
de la ville de Melun, par M. Horace de Choiseul, qui l'avait acquis
à la vente des livres de M. de Rosny.
MM. Âufauvre et Fichot, dans leur bel ouvrage : Les monuments
de Seine-et-Marne (in-folio, i858), ont décrit sommairement ce qu'il
leur a été possible de constater des restes des verrières.
Enfin M. Eugène Liébert, dans le V" volume du Bulletin de la
Société d'archéologie, sciences, lettres et arts de Melun (in-8°, 1869),
a fait l'inventaire de la vitrerie de Champeaux, dont la destruction
s'accentuait chaque jour avec une désolante rapidité, faisant pré-
voir, dans un délai rapproché, la disparition complète de cette in-
téressante imagerie de la vieille collégiale.
Avant !çe dénouement fatal et à l'aide des documents précités,
autant qu'avec l'examen des débris encore existants, essayons de
dire ce que furent les vitraux de Champeaux, quand ils rayonnaient,
étincelants de lumière et de couleur, faisant l'admiration des fidèles
d'autrefois, qui, à défaut de livres ou de connaissances suffisantes,
lisaient, en scènes parlantes aux yeux, les mystères de l'Ancien et
du Nouveau Testament, dont elles offraient la représentation.
(') Archives municipales de Melun. Fonds do Cliampcanx, série G. G.
— 105 —
NEF.
Les fenêtres des bas côtés de la nef, numérotées i à 5, 2^ à 98
sur le plan ci-joint (pi. IX), consistent en une simple baie, sans
divisions ni meneaux.
Originairement, elles étaient toutes garnies de vitraux peints.
Celles du côté Sud, 2/1328, n'en conservent plus traces; celles du
bas côté Nord, 1 à i5, n'en ont plus que des débris, quelques-
unes mêmes sont blanches ou bouchées.
Avant les dévastations qu'elles ont subies, par suite de la sup-
pression de la collégiale en 1790, et qui se continuent chaque
jour par l'effet des intempéries ou de la vétusté de leurs plombs,
elles offraient les sujets que nous allons décrire.
Pour cette description, qui nécessite un ordre méthodique, nous
commençons par le bas côté Nord, à partir du porche de l'église,
à proximité de la tour, pour finir par le bas côté Sud, à la ren-
contre du magasin — sacristie actuelle dans sa partie supérieure
— opposé à la tour.
BAS CÔTÉ NORD.
1. Saint Martin guérit un ladre en le baisant. Sur un phylac-
tère : Martinus oscuJo leprosum curavit. Deux chanoines donateurs en
prières. Cette composition a disparu.
La fenêtre de verre blanc, en mauvais état, est bouchée par des
planches.
2. Saint Martin, évêque, crosse, mitre, tenant un livre ouvert.
Sainte Madeleine et sainte Catherine avec deux chanoines et ces
mots : Messires Odain et Guillaume Hatteau, chanoines, ont donné
cette verrière.
Armoiries : D'azur à 3 gerbes d'or, 2 en chef, i en 'pointe.
De cette composition, il reste seulement la partie supérieure de
saint Martin, enchâssée au centre d'un vitrail de verre blanc. Bon
dessin du xvi" siècle.
M'' Odain ou Oudin, originaire de Troyes, chanoine, vivait en
1/191, d'après une indication du Martinet.
— 106 —
3. Un prêtre, probablement l'un des donateurs, sacrifiant, au
moment de rélévation. A sa droite, en haut. Dieu le père bénis-
sant; au-dessus, un ange apportant une étole; au bas, à droite, un
autre donateur priant. Derrière , un clerc tenant un cierge , et plu-
sieurs assistants. — Légende : Messires Macé Comnault et Louis
Vierne, chanoines, ont donné cette verrière.
Curieuse composition, dont les personnages sont représentés à
mi-corps.
Macé Comnault est mentionné comme chanoine de Champeaux
dans un registre de Tan 1^91.
H. La Vierge, saint Michel terrassant le Dragon, sainte Gene-
viève tenant un livre ouvert et un cierge, qu'un démon s'efforce
d'éteindre avec un soufflet. La sainte pose la main gauche sur
l'épaule d'un chanoine agenouillé et priant.
Au-dessous du saint Michel on lit ces mots en caractères go-
thiques :
Messire Michiel Païen chanoine de Champeaux a fait faire ceste verrière.
Dieu ayt l'ame de luy.
5. Saint Martin à cheval, partageant son manteau avec un pauvre.
Dans le haut , Dieu le père prononçant ces paroles : Martinus adhuc
cathecumenus hac me veste conterit. C'est la paraphrase du proverbe :
cr Qui donne aux pauvres donne àDieu 11. Autrement on ne compren-
drait pas que Dieu prononçât lui-même ces paroles, qui devraient
être mises dans la bouche du pauvre qui reçoit le manteau. — Un
chanoine priant, avec son nom : Etienne Garnier, saint Julien le tenant
sous sa protection.
Actuellement, vitre entièrement blanche.
BAS CÔTE SUD.
24. La Vierge Marie tient le corps mort de Notre-Seigneur entre
ses bras. Groupe de personnages dans l'attitude de la douleur.
25. La mise au tombeau, d'après le récit de l'Evangile.
26. Notre-Seigneur et ses gardes. Scène de la Résurrection. Les
gardes, effrayés, sont comme foudroyés à la vue du Christ qui sort
glorieusement de son tombeau.
— 107 —
27. Jésus-Christ, en jardinier, apparaît à la Madeleine, qui s'hu-
milie devant lui. Légende : Noli me tangere.
28. Celte fenêtre, voisine du magasin parallèle à la tour, n'a
jamais été garnie de vitraux peints.
Toutes les fenêtres cotées 2^, 26, 26 et 27 ne conservent aucun
vestige de leur ancienne décoration. Leurs verrières blanches sont
les mieux conservées de toute la vitrerie de la collégiale. Vraisem-
blablement, elles ont été substituées aux anciens vitraux peints
dont nous venons d'indiquer les sujets, à l'époque de la restaura-
tion de cette partie de l'édifice, il y a une soixantaine d'années , res-
tauration spécialisée aux murs et contreforts du bas côté Sud.
TRANSEPT.
6 et 23. Fenêtres blanches. Même en i653, à l'époque où Mar-
tin Sonet rédigeait le Martinet de Champeaux, elles ne portaient point
de traces d'anciens vitraux peints. S'il en avait existé, ce qui est
douteux, ils avaient disparu antérieurement.
CHOEUR.
BAS CÔTÉ NORD, À LA SUITE DU TRANSEPT.
Les fenêtres des bas côtés du chœur diffèrent de celles de la nef.
Elles sont divisées en deux formes par un meneau. Le haut de la
haie est occupé par une rose à six lobes, inscrite dans un cercle
accompagné de segments qui remplissent les parties libres de l'arc
principal. C'est dans cette disposition qu'on voyait jadis une suite
de vitraux dont il ne subsiste plus que des débris , peu de scènes
complètes, quelquefois même aucun vestige.
7. [Fenêtre suivant immédiatement le transept.) — Forme de droite.
— Un évêque bénissant une sainte femme, qui porte un vase pré-
cieux. Un chanoine priant, avec les lettres T. S., inscrites dans un
écusson. Bordure de fleurs de lys, de couronnes et d'hermines. —
Le chanoine et les armes n'existent plus.
Forme de gauche. — Saint Nicolas et un chanoine priant, avec
les lettres L E. dans un écusson. — On ne retrouve plus que le
— 108 —
chanoine, au bas du vitrail, avec un pèie-niêle de débris. La main
de restaurateurs maladroits, vitriers de campagne, à coup sûr, a
passe' par là.
Au centre de la rose, Charles VIII jeune, tenant la main de jus-
tice et le sceptre royal et vêtu d'un manteau fleurdelisé' avec les
hermines de Bretagne. Diamètre : o m. 48. Tous les lobes fleur-
delise's.
La présence des hermines de Bretagne, associées aux lys, et le por-
trait de Charles VIII dans cette partie de la vitrerie de Cliampeaux
permettent d'attribuer son exécution à l'époque où ce monarque
épousait Anne de Bretagne, c'est-à-dire vers l'année 1^91. Le
dessin, le style et la couleur ne démentent point cette probabilité.
8. Forme de droite. — Saint Georges à cheval, en costume
de chevalier, avec casque empanaché , terrassant le dragon. Dans
le haut, à droite, sainte Agnès priant, accompagnée d'un petit
agneau.
Forme de gauche. — Saint Nicolas avec ses attributs; cha-
noine vêtu d'une robe rouge, agenouillé, avec les armoiries sui-
vantes, qui se retrouvent sur plusieurs autres vitraux : «D'azur, au
tronc d'arbre naturel en pal, accosté à sénestre d'un gland et d'une feuille
de chêne de sinople; à dextre, d'un croissant de gueules et d'une feuille
de chêne de sinople. v
Dans la rose : le sacre d'un évêque (peut-être saint Nicolas),
assisté de deux prélats et autres ecclésiastiques. Dans les lobes, des
anges chantant.
Bordures de France et de Bretagne. Le sujet de la rose n'existe
plus.
cfCe vitrail fut donné en t5o8, — sous Louis XII, après son
mariage avec Anne de Bretagne, ce qui explique les bordures de
lys et d'hermines, — par Nicolas Sauvaige, chanoine de Cham-
peaux, dont il reproduit les armes, mort le 7 septembre 1622, et
inhumé dans la chapelle Saint-Nicolas, existant originairement
dans la travée où se trouve la verrière qui vient d'être décrite.
rrUn article du Compte de la Collégiale, année i5o8, fournit
l'indication suivante :
ttLa vitre de la chapelle Saint-Nicolas a esté faicte l'an mil cinq
cens huit, par M. Sauvaige, estant procureur, et a cousté en verre
ti 1., en fer 16 sols, en piastre troys boysseaux de 12 deniers pa-
— 109 —
risis, au maçon pour une journée de luy et de son varlet, 2 sols
U deniers parisis. Total : ^ i. 1 9 sous k deniers parisis. »
9. Forme de droite. — Jésus en croix entre les deux larrons,
la vierge Marie, saint Jean, les trois Maries et les Juifs. Un cha-
noine priant, avec cette armoirie : Fascé d'azur et d'argent de six
pièces.
Forme de gauche. — Jésus-Christ avec ses attributs mystiques,
assis sur un arc-en-ciel, les pieds appuyés sur le monde, les bras
levés, la tête nimbée, à droite un glaive, à gauche un lis. A ses
côtés deux anges, sonnant de la trompette, appellent au Jugement
dernier : Surgite mortui, venite ad judicium. Dans le bas, de chaque
côté, figures de donateurs priant : In te Domine speravi non confundar
in œternum.
Dans la rose, Dieu le père, sujet qui se retrouve plusieurs fois
dans les vitraux de Champeaux, mais avec variantes dans la repré-
sentation; dans les lobes, six chérubins.
Dans les segments, à gauche, la lune et les étoiles; à droite, le
soleil , avec ces armes : D'or, au sautoir engreslé de sable , cantonné de
quatre arbalètes de gueules. Jean et Nicolas Arbalète , frères , i5i3. Ces
personnages appartenaient à la famille des Arbalète, vicomtes de
Melun en partie , seigneurs de la Borde , localité voisine de Cham-
peaux, dans laquelle se voient encore des restes de leur ancien
manoir féodal, édifié au xiv" siècle, par un cadet de la maison de
Melun.
10. Dans les deux formes. — Adoration des Mages, avec tous
les détails ordinaires du sujet. Importante composition de bon style,
xvi* siècle.
Dans la rose, la Fuite en Egypte.
Segments , anges en chapes.
1 1 . Dans les deux formes. — Plusieurs mystères de la vie de
la vierge Marie :
A droite, la Conception, la Présentation au Temple. Boutique
de changeur : deux personnages assis à un comptoir; l'un d'eux
tient une bourse, Tautre compte des pièces de monnaie. Au-des-
sous, ce blason : Parti, au premier, d'azur, à la face d'argent,
accompagnée de cinq losanges d'or, trois en chef, deux en pointe; au
second, de gueules, à trois croissants d'or, deux en chef, un en pointe.
— 110 —
A gauche , la naissance de la Vierge , son mariage. Composition
d'une quinzaine de personnages , remarquable par le fini et l'expres-
sion des figures; les femmes avec les coiffures de la Renaissance.
Concert angélique. Ornementation avec personnages mythologiques.
Dans la rose, le couronnement de la Rose (a disparu). Anges
dans les lobes.
Dans les segments, donateurs priant. L'homme tête nue, en
costume de chevalier, portant une tunique blasonnée : D'azur à la
fasce d'argent, accompagnée de cinq losanges d'or.
BAS CÔTÉ DU MIDI, RETOUR VERS LE TRANSEPT.
18. La vie de l'Enfant prodigue. Il quitte la maison paternelle.
Ses débauches. Sa misère, qui le contraint à garder des pourceaux.
Son retour. Le banquet de sa réception. Ces scènes occupaient les
deux grandes divisions de la verrière. Il n'en reste aucun vestige.
On y lisait cette légende, dont on voyait encore quelques débris en
8k'.
Le Prodigue , sa portion et part
Des biens son père lui départ.
Ses biens dépend promptement ,
Aveques garses trop gallament. .
Icelles l'ont si bien desceu
Qu'il se despart mevré et nud.
Par pauvreté martyr de tous maulx ,
Depuys se loue à garder les pourceaulx.
Les pourceaulx garde le pauvre abandonné
Et sou Père veu sa nécessité
Grâce et pardon lui a voulu donner.
De joye qu'il eust , un gras veau fit tuer.
L'aisné frère murmure par envie.
Envieux meurt et jamais meurt envie.
Dans la rose : Jésus-Christ au Jugement dernier. Dans les lobes,
la Résurrection des morts. Deux anges sonnant de la trompette, la
Vierge et saint Jean priant pour les trépassés.
19. Forme de droite. — Jésus prêchant au Temple devant les
docteurs. Un chanoine priant, avec ces mots : Nicolaus Foucquet.
— 111 —
Forme de gauche. — Le Baptême du Christ par saint Jean.
Dieu le père, le Saint-Esprit. Sainte Barhe. Débris informes.
Dans la rose et les segments : saint Nicolas, les symboles des
Evangélistes , la Tentation d'Adam et d'Eve. Leur expulsion du
Paradis. Deux anges tenant un chandelier.
20. Forme de droite. — Saint François recevant les stigmates
de Jésus crucifié. Un chanoine priant, en robe violette, avec ces
mots : Carolm Baille.
Forme de gauche. — Saint Jérôme faisant pénitence. Chanoine
vêtu d'une robe rouge : Johannes Défasse, humilis theologia doctor et
canonicus , avec ces armes : Ecarielé aux i et à à trois marguerites d'or
renversées : aux a et 3 au château de sable , sommé de trois tours de même.
Dans la rose et les lobes, la Vierge Marie, avec des anges qui
l'adorent.
Des sujets principaux, il ne reste que des fragments.
21. Forme de droite. — Les religieux de saint Victor faisant
la procession, l'abbé les suivant. Un évêque de Paris, à genoux,
avec ces mots : Epiis Parisiensis. A droite, saint Victor, debout, en
costume de chevalier, la tête nimbée. Composition de treize per-
sonnages.
ff Cette scène a un caractère historique. Elle se rattache à la
prébende de chanoine que l'abbaye de Saint-Victor possédait à
Champeaux, en vertu de la donation de l'évêque de Paris, Etienne,
en 11 34, approuvée par le roi Louis VII, en ii38.
ffCe vitrail, d'une bonne facture, n'existe plus qu'à l'état de
débris informes. 11 avait dû être donné par l'abbaye de Saint-
Victor, à la fin du xv** siècle, v
Forme de gauche. — Saint Martin à cheval (a disparu).
Dans la rose et les lobes, saint Victor aussi à cheval.
Dieu le père , avec ces paroles : Vicisti Béate Victor. Vicisti.
Anges avec ces mots : Vicit camem. Vieil mundum. Vicit hostemfu-
ribundum. Fide vicit omnia.
Dans les segments, un homme priant, avec des instruments de
tonnelier. Une femme également en prières.
22. Fenêtre blanche. Était murée au xvii" siècle, lorsque la
sacristie , dont on aperçoit des traces de la porte dans le mur, était
adossée à cette partie de l'église.
112
FENETRES HAUTES DU CHOTUR.
Dans sa partie supérieure, ie chœur est éclairé par vingt-quatre
fenêtres :
Quatre à i'abside, au-dessus du triforium. Dix dans le mur sep-
tentrional. Pareil nombre dans le mur méridional.
Quelques-unes, à Tabside et au Nord, étaient garnies de vitraux,
dont il reste des vestiges, épargnés par les intempéries ou par les
amateurs, qui n'ont pu les atteindre à cause de leur élévation.
Les fenêtres du Sud , entièrement blanches , n'en ont jamais pos-
sédé.
MUR SEPTENTRIONAL.
Fenêtres cotées sur le plan : A. B. CD. E. F., vitrées à l'antique
de vieux verre peint. Aujourd'hui en verre blanc.
G. Sainte Barbe, avec Tarmoirie déjà décrite, fenêtre 8 : d'azur
au tronc d'arbre naturel en pal, accosté à sénestre dun gland et dune
feuille de chêne de sinople, à dextre dun croissant de gueules et dune
feuille de chêne de sinople.
H. Sainte Geneviève paissant des moutons.
I. Sainte Catherine.
J. Saint Denis.
MUR DU CHEVET.
Au-dessus du triforium.
K. Saint Martin à cheval, en costume de chevalier, la tête nim-
bée, coiffée d'une toque à rebords. Il partage son manteau avec un
pauvre homme agenouillé. — Blason : de France, a la double crosse
dor.
L. Le Christ en croix, la Vierge et saint Jean à ses côtés. Au-
dessous, ce blason, reproduit à l'une des fenêtres inférieures (cotée
1 h ) de l'abside : D'argent , au chef d'azur, chargé de 3 étoiles d'or,
et à la bande de sinople, chargée de 3 coquilles d'or, accompagnée de
3 roses de gueules.
— 113 —
M. La Vierge à ia chaise. Au-dessous, ce blason : Ecartelé, au 1 et
au U , d^azur, à la crosse d'or accompagnée de à hesans de même , au 2
et au U, d'argent. — Ce sont probablement les armes d'un évêque
de Paris, donateur du vitrail, au xvi* siècle.
Toute cette décoration a disparu. On a enchâssé, dans le vitrail
blanc qui Ta remplacée, un fragment de panneau provenant d'une
autre verrière de Champeaux et représentant un roi mage.
N. Saint Nicolas accomplissant le miracle de la résurrection des
enfants coupés en morceaux dans le saloir. A gauche, un chanoine
agenouillé. Au-dessous, le même blason qu'aux fenêtres i4 et L. ,
vraisemblablement celui du donateur. Ce sujet était bordé d'une
décoration de style Renaissance. 11 n'en reste que des fragments.
Les quatre verrières du mur de l'abside, qui viennent d'être dé-
crites K. L. M.N., étaient bordées de fleurs de lis fleuronnées dont
on retrouve quelques débris.
MLR MÉRIDIONAL.
Les dix fenêtres de ce côté, 0. P. Q. R. S. T. U. V. X. Y. du plan ,
sont blanches et n'ont jamais été garnies de vitraux peints.
Ces vingt-quatre fenêtres supérieures du chœur y répandent une
lumière abondante, qui fait valoir l'architecture de cette partie de
l'édifice. Baudot a signalé cette heureuse disposition.
BAS CÔTÉ DU CHEVET.
12. (Ancienne chapelle du Rosaire.) Fenêtre à la suite du bas
côté nord, sans meneaux ni divisions. En partie remplie par l'An-
nonciation de la Vierge, avec les armoiries de l'homme et de la
femme du vitrail coté 1 1 : D'azur à lafasce d'argent, accompagnée de
cinq losanges d'or.
13. (Ancienne chapelle du Rosaire.) — Vitrail en partie caché
par le retable, fenêtre géminée avec rose :
A droite, saint Denis. Un cavalier, dans l'attitude de la prière,
disant : Jésus flli David , miserere met. A ses côtés, cinq enfants; der-
rière lui, une femme priant accompagnée de six filles.
A gauche, l'arbre de Jessé.
ARCHÉOLOGIE. H
— lU —
Dans la rose, un crucifix, la Vierge et saint Jean. Dans deux des
lobes, saint Martin et saint Nicolas. Dans les quatre autres, les
symboles des Evangélistes.
Bordure de fleurs de lis fleuronnées rappelant celles des ver-
rières supérieures du chœur.
l/j. (Ancienne chapelle de Saint-Nicaise.) — Fenêtre blanche,
portant autrefois ce blason qui a disparu : D'argetit, au chef d'azur,
chargé de 3 étoiles d'or, et à la bande de sinople chargée de 3 coquilles
d'or, accompagnée de 3 roses de gueules.
15. (Ancienne chapelle de Saint-Denis.) — Même disposition
qu'à la fenêtre cotée i k , avec le même blason , également disparu.
16. (Ancienne chapelle de Saint-Pierre. — Elle a deux fenêtres,
l'une cotée i, l'autre cotée 17.) — Fenêtre à deux formes, avec
rose, comme la fenêtre cotée i3, à laquelle elle fait pendant.
Forme de droite : saint Jean rÉvangéliste, un genou en terre.
De sa bouche sort un phylactère portant ces mots : Johês. septem
eccliis. Campell. gratia et pax. Devant lui son aigle portant une écri-
toire.
A son côté, un chanoine priant, avec ces armes : lïazur, a 6 lé-
sants d'or, au chef de même. Légende : Le Monde me plaist.
Forme de gauche : Saint Michel archange terrassant le dragon, et
le frappant d'une lance terminée par une croix.
Dans la rose : une église plus grande que six autres qui gar-
nissent les lobes.
«C'est une allusion à l'ancienne collégiale Saint-Martin et aux
six églises ou paroisses qui en dépendaient, appartenant au dio-
cèse de Paris et formant enclave dans l'ancien diocèse de Sens :
Notre-Dame de Champeaux et la Magdeleine de Fouju, érigées en
paroisses par Guillaume, évêque de Paris, en novembre 12 ia.
Saint-Merry, Saint-Martin de Quiers, Saint-Martin de la Chapelle-
Gauthier, déjà unies à la collégiale en 1 187, comme le témoigne un
privilège du pape Innocent IIl, ratifiant la convention de l'évéque
K tien ne avec le roi Louis VII, au sujet de la prébende de l'abbaye
de Saint-Victor à Champeaux. Enfin, Saint-Jean d'Andrezelle, dé-
pendant de la collégiale antérieurement à i936, comme il résulte
de l'acte de fondation de la chapelle de Saint-Eloy de la Borde,
proche Andrezelle.
— 115 —
ftLa septième paroisse relevant de Saint Martin de Champeaux,
à l'époque de la Révolution, n'avait été érigée qu'en 1G67, après
l'exécution du vitrail de ia chapelle Saint-Pierre, sur lequel figurent
seulement six paroisses accompagnant la collégiale, qui occupe le
centre de la rose, v
Ce vitrail, un des mieux conservés de ceux qui restent, et qui
offre un intérêt historique, est d'une valeur tout à fait secondaire
au point de vue de l'exécution.
17. Les apôtres, et Jésus-Christ disant à saint Pierre : Tibi dabo
claves regni cœlorum. Il ne reste plus rien de cette composition. La
fenêtre est entièrement blanche.
Et maintenant, puisque l'action destructive du temps ne peut
être conjurée , puisque chaque jour voit tomber à Champeaux de
précieux débris de l'art de la Renaissance, qu'il reste au moins, par
ces pages, un dernier souvenir des pieuses offrandes de la com-
munauté, du chapitre, des chanoines, des personnages (|ui concou-
rurent à la décoration d'une église si intéressante à tant d'autres
points de vue. L'édifice est restauré dans la mesure du possible, —
nous l'avons dit, — il subsistera longtemps encore. Ses stalles et ses
dalles funéraires seront respectées, il faut l'espérer. Mais plus jamais
il n'aura, que par les écrits qui leur ont été consacrés, une trace
tangible de ses vitraux.
G. Leroy,
Bibiiotiiccaire de la ville de Melun.
NOTE
SUR
L'ÉGLISE DE YILLIERS-EN-BIERRE
(SEINE-ET-MARNE),
PAR M. G. LEROY,
Correspondant honoraire du Comité, à Moluu.
Villiers-eii-Bierre est une toute petite commune du canton sud
de Melun, sur la lisière de la forêt de Fontainebleau, et qui n'a dû
qu'aux domaines du Bréau, de Fortoiseau et d'Orsonville, situés
sur son territoire, de ne pas être supprimée en tant que commune
et rattachée aux localités voisines, soit à Dammarie-les-Lys, soit à
Chailly-en-Bierre. Son nom dit que ce fut autrefois, dans les temps
carolingiens, mérovingiens et antérieurement, une villa, un grand
domaine rural, possédant probablement ses hommes libres, ses
colons, ses lides et ses serfs. Orsonville était la villa ou le manse
domanial d'Ursio ou Orson, dont le nom révèle l'origine germa-
nique. En des temps plus modernes, la seigneurie appartint aux
Ferru ou Ferry, alliés aux Fusée, de la famille du fameux abbé de
Voisenon, aux Chateauvillard, aux Barré de Saint-Venant, et puis
aussi à Rouillé du Goudray, ministre d'Etat sous Louis XV, et à
l'académicien Néricault Destouches, auteur du Glorietix et du Philo-
sophe marié.
Laissons ces souvenirs pour borner nos observations à la toute
petite église du pays, si humble extérieurement qu'elle se distingue
à peine des quelques maisons qui forment le groupe principal de
la commune de Villiers.
C'est un simple oratoire, construit, à la fin du xiii* siècle, sur un
plan rectangulaire de trois travées , la travée centrale plus spacieuse
que les deux autres, plus élevée, voûtée d'ogives avec nervures
— 117 —
à boudins, dont les retombées s'appuient sur des colonnettes en-
gagées, qui ont leurs chapiteaux ornés de feuilles d'eau et de cro-
chets. C'est d'une grande simplicité et aussi d'un goût parfait.
A la clef de voûte de la nef, les armes des Ferrut : Bandé cVor et
de gueides.
Des fenêtres gothiques, sans meneaux, celles de la nef en forme
de grandes lancettes, éclairent l'édifice.
Tous ces caractères appartiennent à l'architecture du xiii* siècle,
durant lequel l'église de Villiers fut construite. C'est un type
commun à la plupart des églises rurales des environs de Melun.
Cela ne suffirait pas pour la signaler particulièrement, si l'on n'y
trouvait plusieurs épitaphes intéressantes :
D'abord, une inscription latine du xvi* siècle, consacrée par
Jacques Ferrut à la mémoire de Claude Fusée, femme d'Ktienne
Ferrut, sa mère, dont il était le septième enfant et qui mourut en
lui donnant le jour. Cette inscription sur marbre noir offre à sa
partie supérieure la figure de la défunte, debout, les mains jointes.
A ses côtés, en différentes attitudes, six saintes mariées : sainte
Paule, sainte Monique, sainte Anne, sainte Elisabeth, sainte
Suzanne, sainte Bathilde. Au-dessus, l'indication du sujet : Nup-
tarum celebris chorus. Au-dessous, l'expression du bonheur de la dé-
funte, qui partage avec les saintes épouses qui l'assistent la béati-
tude d'un séjour de lumière : Congaudete mecum et congratulamini
quia cutn his omnibus lucidas sedes accepi.
Il faut citer ensuite les épitaphes de Néricault Destouches et de
sa fille. Madame de Bourgmarie, moins originales que la précé-
dente, puisqu'elles ne relatent que des noms et des dates, mais
utiles à reproduire à titre de document concernant le célèbre aca-
démicien et sa famille.
I
ÉPITAPHE DE CLAUDE FUSEE.
NDPTARDM CELEBRIS CHORUS.
( Figures de la défunte et de saintes mariées. )
S. Paula, s. Monica, s. Anna, S. Elisabeth, S. Susanxa, S. Rathildis.
Congaudete mecum et congratulamini quia
cum liis omnibus lucidas séries accepi.
— 118 —
" Claudiae Fusée Stephani Fernitii
uxoris epitaphium.
Nota satis terris , habito celestia , dum
Munere virtutis conscia mens bene liabel,
Claudia Fusei quondam licet uifeima partns
Filia, Ferrutio nota pu dore fui.
Seplem natorum uumerus me pulchoi- obibal ,
Taatus honor noslri spes quoque coiinubii.
Sorte mea folix mundo : tamen atria parvis
Gommulota sibi quis velis esse calis.
Gaudia pertuierit quis non eterna caducis.
Sede Jovis digne terra pusiUa fuit.
Ad lectorem tetrasticum endecasyliabum.
Non hic delicias venustioris
Musse lector habes : pro levamus
Dofunctam ofïlcio : Juvat sepultam
Non mo talibus extulisse nug-is.
Vole.
Jacobus Ferruliiis faciebal.
Non in tibiis viri
bene placitum erit ei.
Il .
ÉPITAPHE DE DESTOUCHF-S.
DOM
Cy gist Philippe Nericault
Destouches , ec°'', seig"" de Vosves et
Fortoiseau, cy devant mini'ître du
Roy en Angleterre, gouverneur
de Mekm, l'un des /io de i'acadëmie
frariçoise, décédë en son chatcaii de
'*'oi'toiâeau le k juillet lyS/l, âgée {sic)
de 7/1 ans.
Priez Dieu pour le repos de son âme.
— 119 —
Un écusson placé en tête de cette inscription a été effacé à la
Révolution. Il en a été de même de celui qui, accolé aux armes de
Bourgmarie, se trouvait sur Tépitaphe de sa fille ci-après repro-
duite. Cependant celui-ci, un peu moins maltraité, nous permet
de croire que les armoiries de Destouches étaient : De. . . au sautoir
de. . . , accompagné de trois étoiles posées en chef.
Il y ajoutait cette fière devise : Nunquam non paratus.
Au commencement du siècle actuel, un affouillement se produisit
sur la sépulture de Destouches. C'était la simple bière de bois dans
laquelle il avait été inhumé qui s'effondrait. Les réparations néces-
saires rétablirent la régularité du niveau du sol en cet endroit.
m
ÉPITAPHE DE MADAME DE BOURGMARIE, FILLE DE DESTOUCHES.
DOM
Icy repose le corps de D° Marie
Tlu^rèse-Gabrielle Nëricol (s/e) Dcs-
Touches, épouse de M'" François
Henry de Thiersant de Bourgm-
Arie, eh' de l'ordre Boyal el
militaire de S' Louis, B' ries
armées du Roy, etc. décédée au
château de Fortoiseau le i " avril
1755, âgée de î8 ans.
Priez Dieu pour le repos de son
Ame.
Le modeste oratoire de Villiers, dans un village ignoré, sur la
lisière de la forêt do Fontainebleau, n'éveille-t-il pas mille souve-
nirs et par son architecture et par les dalles funéraires qu'il pos-
sède? Sa solitude, son délaissement, y portent au recueillement et
l'imagination peut se donner carrière, si toutefois une visite pure-
ment archéologique le permet.
Il serait facile de s'y rappeler le xiii* siècle, l'époque de foi par
excellence durant lequel il fut construit; les temps de la Renais-
sance oij le sentiment chrétien était si facilement allié, par Jacques
Ferrut, dans l'épitaphe de sa mère, à l'Olympe mythologique, —
— VIO —
sa mère, qui mérila d'être transportée de cette terre vers le siège
de Jupiter :
Sede Jovis digne terra pusillafuit.
Et puis encore, l'Académie du xviii' siècle avec Destouches, les
armoes de Louis XV avec leur officier général, Henri de Thiersant
de Bourgniarie.
Mais l'archéologie ne permet pas de semblables incursions dans
le domaine des souvenirs et de l'imagination; elle est plus se'vère et
plus positive. Bornons-nous donc à constater l'intérêt relatif d'une
toute petite église de village dans laquelle, lorsque nous y mîmes
le pied pour la première fois, nous n'espe'rions pas rencontrer les
diverses particularite's mentionnées dans la pre'senle note.
G. Leuoy,
Bililiolhccniro de la ville do Melnii.
DÉCOUVERTES ARCHÉOLOGIQUES
PRÉS D'UZÈS.
Rapport de M. Salomon Reinach, sur des communications de M. Roussel.
En 1898, M. Roussel apprit qu'on avait découvert trois vases
grossiers et quelques objets en os et en silex dans un terrain situé
sur la rive gauche de la rivière d'Eure, un peu au-dessus du mou-
lin de Bargeton (lieu dit de Carrignargue). S'étant rendu sur les
lieux, il constata que les vases venaient d'être brisés, mais il put
recueillir dans le champ un grand nombre de débris de poteries et
d'objets divers. H remarqua, en outre, près du même champ, les
restes d'une construction en molasse coquillière du pays, oij il crut
reconnaître un four. M. llousset la décrit comme il suit :
tfCe four est renfermé dans une petite enceinte dont les murs
n'ont pas moins de o m. 5o d'épaisseur; celui du midi a 5 mètres
de long, 3 mètres de haut; celui du nord a Ix m. 20 de long,
2 mètres de haut, dont 1 mètre environ entaillé dans le rocher.
Celui du levant, devant lequel est construit le four, a 7 mètres de
long et 2 mètres de haut; il n'y a pas de mur au couchant. L'es-
pace qui sépare ce mur du nord de celui du midi a 7 m. 5o de long;
dans le mur il existe un montant en bâtisse où se trouvent cinq
trous , ce qui fait supposer qu'il pouvait y avoir une porte fermant
l'espace de 7 m. 5o qui s'étend entre le mur du nord et celui du
midi. La hauteur de ce four devait être de 1 m. 5o; le pavé devait
avoir 2 m. 10 de long de la porte au fond du four, ce qui lui donne
près de 7 mètres de circonférence. La portion du mur circulaire
encore existante a 3 m. 10; les pierres restantes forment trois rangs ;
elles ont m. 60 de longueur sur o m. 33 d'épaisseur. . . L'action
du feu a changé la couleur de la pierre : de jaune elle est devenue
rouge. Une bande noirâtre et cendreuse d'environ m. i5 de large
fait le tour du four près du pavé, n
M. Rousset, qui avait tout d'abord qualifié cette construction de
ffnir romain , s'est ravisé dans la suite et a cru y voir un four néoli-
thique, servant à la crémation des morts. D'après une photographie
— 12-2 —
qu'il nous a adressée, reproduisant la partie bien conservée du mur
circulaire, en bel appareil, il n y a pas de doute que cet établisse-
ment, quel qu'en pût être l'objet, appartienne a l'époque romaine.
D'autre part, les objets découverts dans le terrain environnant sont
incontestablement beaucoup plus anciens et M. Rousset a raison de
les faire remonter à l'époque néolithique ou au début de l'ère des
métaux. Il n'y a donc pas, à notre avis, de connexion à chercher
entre la construction décrite plus haut et les trouvailles fort inté-
ressantes dont il nous reste à parler.
M. Rousset dit qu'il a recueilli plus de 60 kilogrammes de pote-
ries diverses dans un champ mesurant 5,ooo mètres carrés, qui est
à 5o mètres du four. Parmi ces poteries, rouges ou noires sans cou-
verte et fabriquées à la main, il y a des anses de vases perforées,
des couvercles d'urnes et plusieurs cuillers en argile, d'un type qui
s'est déjà rencontré dans divers gisements néolithiques. Les frag-
ments de poteries sont décorés de saillies, de gravures et d'impres-
sions grossières qui les rattachent à des types néolithiques connus.
En fait de silex, il y a des percuteurs, des haclies préparées pour le
polissage, des couteaux, etc.; signalons encore une très jolie pointe
de flèche amygdaloïde , finement retaillée. Le métal fait complète-
ment défaut; du moins ne puis-je considérer comme antique le seul
objet en bronze que M. Rousset m'ait communiqué.
Au mois de mars 1896, M. Rousset découvrit dans lé même
champ une urne plus grande que les autres, contenant 2 à 3 kilo-
grammes de cendres durcies. Cette urne, de forme ovoïde, munie
de quatre petites anses sur le col, est ornée de festons en relief;
elle a o m. 54 de haut. C'est un spécimen fort intéressant et qui
mérite d'être publié. (PI. X.)
Le champ qui a fourni les poteries contient une grande quantité
de cendres, qui en rendent le sol exceptionnellement fertile; on a
souvent constaté que des cendres durcies adhéraient aux fragments
de vases découverts en cet endroit. Il ne paraît donc pas douteux
que M. Rousset ait eu raison de reconnaître à Carrignargue les restes
d'une nécropole à incinération de l'époque néolithique. Mais ce
cr champ d'nrnesi5 est tout à fait indépendant, répétons-le, de la
ruine romaine située à 5o mètres plus loin.
Salomon Reinach,
Memliie du Comité.
NOTE
SUR
UNE TOMBE CONSERVÉE
DANS L'ÉGLISE DE CHASSEGUAY
(MANCHE),
PAR M. LE CHANOINE PIGEON.
La potilo é'jliso de Chasscguay, canton de Juvigny-le-Tcrtre, ar-
rondissement (le Mortain (Manche), possède une pierre tombale
avec effigie et symboles funéraires qui ont intrigué plus d'un visi-
leur. Sur la foi de M. Descliamps de Vadeville, on a cru que le
défunt, gravé au trait, représentait un des glorieux défenseurs du
Mont-Saint-Michel, au xv*= siècle. Nous avons voulu vérifier cette
assertion, et nous avons fi\it une assez longue course pour contem-
pler les traits de ce mort qui devait nous rappeler un de ces héros
qui, pendant trente-trois ans, surent conserver à la France et à leur
roi cette place du Mont-Saint-Michel, entourée alors de provinces
soumises aux Anglais.
Cette pierre tumulaire de Chasseguay, jadis au milieu du chœur
de l'église, est aujourd'hui déposée au bas de la nef. La partie in-
férieure a même été brisée en deux morceaux. En réunissant les
fragments, nous avons pu étudier à l'aise ce tombeau en pierre
calcaire. Il mesure 9 m. 3o de longueur sur t m. o5 de largeur.
Deux portions de l'inscription ont été coupées, soit pour placer
d'autres pierres tombales ou même quelque nouveau pavage. Les
pieds des passants ont aussi usé les lettres et altéré bien des traits,
mais ce qui reste suffit pour donner une idée assez exacte du dessin
primitif.
Cette pierre est divisée en deux compartiments bien distincts :
l'un plus petit, l'autre plus grand et enveloppant le premier sur
_ 124 —
deux côtés. (PI. XI.) Des torsades légèrement courbées à la partie
supérieure forment les divisions. Le moindre des compartiments,
à gauche du tombeau, représente un chevalier de la fin du xv® siècle,
armé de pied en cap. La tête nue est ornée de cheveux longs et
bouclés, qui ombragent une noble figure. Un casque fermé, sur-
monté d'un panache, est aux pieds du défunt. Le buste, jusqu'aux
cuisses, est recouvert d'une cuirasse ou cotte ornée de quinte-
feuilles , qui sont les armoiries du chevalier. Une ceinture soutient
une longue épe'e et un certain objet qui ressemble à un petit écu.
La main gauche est posée sur la poitrine, et la droite tient une
lance. Les jambes sont couvertes de cuissards, de genouillères et
de jambières; le talon des chaussures est armé d'éperons. Des deux
côtés de la tête du chevalier existent deux écussons : l'un fruste,
l'autre bien conservé. Ce dernier est parti d'or et d'azur à trois
quintefeuilles de gueules 2. 1., et d'or à six fers à cheval d'azur,
posés 3. 9. 1.
Le grand compartiment, semé de larmes ou de flammes, repré-
sente quatre autres signes emblématiques qui méritent d'être si-
gnalés. Au sommet, au-dessus de la tête du défunt, apparaît l'ar-
change Saint-Michel, debout, les ailes déployées. H est vêtu d'une
simple cotte et, abaissant son bouclier, il brandit l'épée pour
frapper le démon palpitant sous ses pieds. Un peu plus bas, à
droite, on voit une sorte de suaire qui a la grandeur et un peu la
forme de cette croix en cire qu'on appelle également un suaire et
que, dans l'Avranchin, on porte sur un plat, le jour des funérailles,
pour le déposer ensuite sur la poitrine du mort. Le suaire du
chevalier présente une large bande circulaire, chargée de onze pe-
tits polygones renfermant une croix. L'extérieur de la bande est
hérissé de larmes ou de flammes qui ressemblent assez aux dents
d'une roue. Dans l'intérieur de cette même bande, les larmes re-
paraissent des deux côtés d'une barre horizontale, en forme de vis.
On pourrait la prendre pour l'ardillon d'une boucle ronde, et ce
n'est peut-être qu'une torche ou cierge d'honneur sur lequel repose
la bande.
Au-dessous de ce que nous croyons un suaire est une branche
coupée, une branche de laurier-rose, et, au bas du compartiment,
un ver de terre longuement étendu.
Ces objets sont tous des symboles, des signes allégoriques et
funéraires. Saint Michel est l'ange du dernier combat et du juge-
— 125 —
ment; le suaire est ce qui reste au défunt dans la tombe ; la branche
de laurier-rose est le signe de la mort dans la cryptographie ou le
langage de flore; les larmes témoignent du deuil profond que le
défunt a causé et le ver rappelle la décomposition du corps, selon
ces paroles du psalmiste : «Ego sum vermis et non homo.w — w Je
ne suis plus un homme, mais un verre de terre. ^^
Quant à Tinscription qui encadrait tout le tombeau, on ne lit
bien que ces mots : « Gist ycy le corps ... qui . . . avant Tan mil
cinq cents et après longue vie . . . Charles et Louis . . . pries Dieu ... -n
Maintenant, quel est le défunt qui dormait sous cette dalle?
Était-il vraiment un chevalier du Mont-Saint-Michel?
M. de Beaurepaire ne le pense pas, et il a cru y reconnaître sim-
plement un sire de Carbonnel , seigneur de Chasseguay et vicomte
de Vire. Les Carbonnel furent, en effet, seigneurs de Chasseguay
pendant plusieurs siècles, et cette famille porte pour armes :
fT Coupé d'azur et de gueules à trois besans d'hermines posés 2. 1.75
Mais le chevalier représenté sur la pierre ne peut être un Carbon-
nel, car il porte sur sa cotte et sur son blason : trlJn écartelé d'or
et d'azur à trois quintefeuilles de gueules 2. 1. qui sont les armes
de la famille d'Argouges. ri Nous savons que Jean d'Argouges de
Gratot (canton de Saint-Malo-de-la-Lande, arrondissement de
Coutances, Manche) épousa une demoiselle delà Champagne, mais
il ne prit pas le nom de cette dame et ne figura jamais dans la
liste des cent dix-neuf. Jean d'Argouges ne peut, à aucun titre, être
rangé parmi ces héros restés fidèles à leur patrie. Pour conserver
ses propriétés, il fut un des premiers à se soumettre aux Anglais;
il leur vendit même le fief et roc de Lihou, oii l'ennemi, en lUko,
éleva la ville et forteresse de Granville.
Jean d'Argouges épousa en secondes noces Charlotte de Car-
bonnel de Chasseguay, qui décéda en 1^7 A. Elle repose dans la
nef de l'église de Gratot, oiî elle est représentée sous une arcade
avec une inscription en caractères gothiques. Le d'Argouges de Chas-
seguay est donc le jeune fils de Jean et de Charlotte de Carbonnel,
lequel se retira dans le manoir de sa mère. Il épousa une demoi-
selle de La Perrière, dont il unit les armes aux siennes, c'est-à-
dire l'écusson d'or à six fers à cheval d'azur 3. 2. 1., à l'écartelé
d'or et d'azur à trois quintefeuilles de gueules 2. 1.
Les d'Argouges s'étant reconciliés avec leurs princes légitimes,
celui de Chasseguay servit fidèlement les rois Charles VIII et
— 126 —
Louis XII, mais il ne peut, en aucune façon, être regardé comme
un chevalier du Mont-Saint-Michel, comme un des héros de i^3/i.
Quoi qu'il en soit, ce défunt appartient à une des puissantes fa-
milles du département delà Manche, et sa pierre tombale, en dehors
de ses symboles mortuaires, évoque encore un des grands souve-
nirs de notre histoire nationale.
E.-A. PlOEON.
LE COUVENT DES CORDELIERS
DE SALINS,
SOIN ÉGLISE ET SES MONUMENTS,
PAR M. JULES GAUTHIER,
Archiviste dii Doubs, correspondant du Ministère.
La petite ville de Salins (Jura), dont les sites pittoresques et les
eaux bienfaisantes attirent et retiennent nombre de touristes et de
baigneurs, fut, durant une longue suite de siècles, grâce au trésor
inépuisable de ses sources salées, le principal centre commercial et
financier du comté de Bourgogne. L'or y foisonnait, et dans son
enceinte renforcée de plusieurs châteaux ou bastilles pullulaient
les fondations pieuses : chapitres, couvents d'hommes et de femmes,
hôpitaux et chapelles, dus aux libéralités des sires de Salins, des
comtes de Bourgogne ou de leurs officiers. Mais de toutes les églises
que le xiii* siècle y avait bâties, l'une des plus célèbres, sinon la
plus vaste, était celle des frères Mineurs ou Gordeliei*s. Créé et
doté en 1280 par le comte Jean de Chalon, surnommé l'Antique,
leur monastère abrita la seconde colonie franciscaine qui ait franchi
la Saône, quatre ans après la fondation des Cordeliers de Besançon.
Opulents héritiers de la maison de Salins, les Cbalon, jusqu'à
l'extinction de leur race , demeurèrent les protecteurs attitrés de ces
moines mendiants, qui prenaient dans toute la chrétienté, auprès
du peuple comme auprès des princes, une faveur extraordinaire.
Ce fut au pied de leur château de Bracon, sur la rive gauche de
la Furieuse, que le nouveau cloître s'éleva au sud et non loin des
portes du Bourg-Dessus. Dès 1257, l'église commencée recevait la
sépulture d'Isabelle de Courtenay, seconde femme du comte Jean;
lui-même, en 1267; Perriu, dit le Bouvier, son fils, en 1279;
Laure de Commercy, sa troisième femme, en 1276; plusieurs de
— 128 —
leurs enfants et petits-enfants vinrent successivement reposer au-
tour de ce tombeau, non sans avoir assuré par d'amples largesses
l'achèvement de l'édifice qui devenait leur dernier gîte. A l'exemple
des princes, de nombreux nobles et bourgeois se firent inhumer
soit dans les deux nefs de l'église et dans ses quatre chapelles laté-
rales, soit dans le cloître, oii déambulaient et priaient plus de cin-
quante religieux. A la fin du xiv* siècle, la maison de Chalon cessa
d'inhumer ces morts chez les frères Mineurs salinois pour leur
consacrer dans leurs propres terres, à l'abbaye du Mont-Sainte-
Marie et aux Gordeliers de Lons-le-Saunier, de magnifiques mau-
solées sculptés par Jean de la Huerta, Conrad Meyt et le Mariotto.
Mais les Gordeliers de Salins continuèrent à entourer de prières les
tombes des fondateurs dont les bienfaits les faisaient vivre et dont
le nom les protégeait auprès des rois, des papes et des empereurs.
Durant plus de cinq cents ans leur couvent subsista presque intact
malgré les guerres , les fléaux de toute sorte , les bombardements ;
les lois de 1790 et 1791 lui donnèrent le coup de grâce. Comme
la ville regorgeait de couvents supprimés, sans emploi, l'église
et le cloître des Gordeliers furent, à vil prix, livrés aux démolis-
seurs et, depuis un siècle, une promenade nivelée, plantée de
maigres ombrages et servant de champ de foire, marque l'emplace-
ment d'un édifice que Philippe le Bon, Charles-Quint et Louis XIV
avaient comblé de privilèges, en mémoire de k leurs prédécesseurs
sepulturez dans cette belle et notable église t?.
De cet anéantissement peu de choses ont survécu; des archives,
il ne subsiste qu'un registre compilé en 1672 et renfermant heu-
reusement dans une sorte de cartulaire la copie de quelques docu-
ments; les débris d'architecture ou de sculpture consistent en une
vingtaine de fragments de colonnettes, de nervures ou de chapi-
teaux disséminés dans la clôture des vignes voisines. Quelques
historiens locaux ont consacré à nos Gordeliers des notices variant
de cinq lignes à deux pages; enfin les plans topographiques salinois
de i55o à 1789 conservent les contours et la perspective cavalière
du monastère disparu. Tout cela réuni pourrait suffire à retracer
sommairement son histoire, mais reste insuffisant pour esquisser
la moindre monographie de son église, de son architecture et de
son décor.
Heureusement qu'en i6/i8 l'érudit abbé de Balerne, Jules Chif-
flet, chancelier de la Toison d'or, visitant, avec l'esprit critique
— 129 —
héréditaire dans sa iamille, les trésors amassés sous les voûtes des
frères Mineurs de Salins, pressentit que tout cela s'effondrerait un
jour et essaya de sauver au moins les pièces capitales parla plume
et par le crayon. Les dessins précieux de Chifflet, mêlés de notes
judicieuses et d'inscriptions semées dans ses portefeuilles inédits,
vont nous permettre, combinés avec d'autres sources, de restituer
en quelques pages, appuyées de preuves convaincantes, la descrip-
tion archéologique de l'église des Cordeliers de Salins et de ses
principaux monuments.
Dans l'enclos des Cordeliers, resserré entre un chemin public et
la Furieuse, qui baigne le verger, traversé par les eaux de la fon-
taine de l'Ours qui arrosent le jardin, les constructions occupent
moitié de la surface. L'église est orientée; sur son flanc gauche
s'appuie le cloître carré, entouré par le chapitre, le réfectoire, la
bibliothèque, et à l'étage supérieur par les cellules des religieux.
Au nord du cloître deux autres cours de dimensions presque égales,
entourées également de bâtiments à deux étages, se font vis-à-vis
l'une à l'est, l'autre à l'ouest, cette dernière ouvrant par un large
couloir et une grande porte cintrée sur le chemin public, du côté
opposé à la rivière. Quand on franchit la porterie, on trouve à
gauche, dans le corps de logis côtoyant le jardin, et au rez-de-
chaussée, une grande salle éclairée de six croisées de pierre oiî se
tenaient les Etats généraux de la province quand ils étaient convoqués
à Salins. La façade oiJ est percée la porte d'entrée du monastère
ne mesure pas moins de 90 mètres de largeur, non compris les
deux tours rectangulaires de 8 mètres de côté que le duc Philippe
le Bon a fait bâtir en 1^89 pour la défense du couvent. Au temps
de Jules Chifflet, toutes ces bâtisses dataient en moyenne du xv* et
du XVI* siècle, moins le chapitre et le cloître qui remontent au
xiv° siècle. Les quatre allées du cloître sont longues de 28 mètres
chacune et couvertes d'une simple charpente en appentis; chacune
d'elles compte, outre les travées d'angle, quatre travées ajourées du
côté du préau d'une triple arcature trilobée avec colonnettes repo-
sant sur un bahut à hauteur d'appui. Dès i/i34, une confrérie
pieuse a obtenu des franciscains de placer dans le cloître un autel
que surmonte la statue de saint Claude, né, prétend la tradition,
dans le château voisin de Bracon; le sol est principalement dallé
de pierres tombales portant le nom et les armes de nombreux bour-
geois de Salins et de quelques gardiens, vicaires ou custodes.
Archéologie. q
— 130 —
Pénétrons dans l'église par la porte latérale ouvrant sur le
cloître, débouchant à la hauteur du chœur des religieux près d'un
autel dédié à la Trinité, Notre-Dame, saint Pierre et saint Paul.
Elle a deux nefs de largeur et de hauteur inégales, divisées par
une rangée de cinq piliers rectangulaires, communiquant par six
arcades en tiers-point et irréguliëres ; mais, par une anomalie tout
à fait extraordinaire dans une église entièrement bâtie de laBo
à i36/i, aux extrémités de la grande nef, précédées chacune d'une
travée plus étroite et moins profonde, deux absides terminées eu
cinq pans coupés se font vis-à-vis. Vérification faite, cette anomalie
de plan n'est qu'apparente; l'abside nord n'a été construite qu'en
i53o en prolongeant l'édifice d'environ 7 mètres (ce qui porte la
longueur totale à 52 mètres dans œuvre), probablement pour pla-
cer le maître autel et le chœur nouveau des religieux à l'abri des
inondations de la Furieuse. En effet, le niveau de cette abside est
surhaussé de cinq degrés (environ 1 mètre) au-dessus du niveau
des nefs et de l'ancien chevet. Une des conséquences de cette modi-
fication a été de supprimer la porte d'entrée de l'église , percée dans
un épais renfort de muraille, et de la remplacer par une troisième
porte latérale ouvrant indirectement sur le cloître à la hauteur
du nouveau maître autel. Dans son état primitif l'église ne mesu-
rait donc en sa plus grande longueur, c'est-à-dire dans l'axe de la
grande nef, que kb mètres, la largeur étant de 8 m. 70 hors œuvre
et le nombre de travées de sept, outre l'abside à cinq pans. La
grande nef atteint la hauteur de 1 3 mètres sous clef; neuf fenêtres
avec rose et meneau unique l'éclairent, une dans la façade, huit
sur les flancs; sept grandes baies de même forme, mais de dimen-
sions presque doubles, ajourent l'abside, garnies de vitraux à per-
sonnages sur lesquels nous reviendrons. Les piliers carrés qui sup-
portent les doubleaux des voûtes engagés sur le flanc gauche de la
nef, dégagés sur le flanc droit où sont percées des arcades, sont
irrégulièrement munis de colonnettes saillantes; deux groupes de
trois colonnettes existent à l'entrée du chœur pour recevoir les for-
merets et les arcs des voûtes; ailleurs les retombées sont reçues sans
doute sur de simples culs-de-lampe ou sur les angles des piliers.
Au dehors, la corniche qui règne sous la toiture de la grande nef
est uniformément soutenue par des modillons carrés. Sur le flanc
gauche de l'édifice, au-dessus de la sacristie, un petit clocher de
pierre, hexagone, reposant moitié sur le mur de l'église, moitié sur
— 131 —
un oncorbeilement, s'élève jusqu'à deux étages, percé d'un unique
rang de baies cintrées et surmonté d'une flèche aiguë, sommée
d'une girouette.
Passons à la nef latérale, haute seulement de 8 à 9 mètres,
large de 5 mètres, longue de ko mètres; ses quatre dernières tra-
vées, en partant du chevet à trois pans de sa chapelle absidale,
ouvrent latéralement sur autant de petites chapelles également à
trois pans, éclairées d'une, deux ou trois fenêtres. La largeur de
ces chapelles est de 5 mètres en moyenne, leur profondeur de
2 mètres seulement. Sauf deux fenêtres en tiers-point qui se font
vis-à-vis aux deux extrémités de la petite nef, celle-ci n'a d'autre
jour que celui qui lui vient des chapelles latérales, fort éclairées
d'ailleurs, quoique ouvrant à l'ouest.
Telle est l'architecture peu complexe du double vaisseau des Cor-
deliers de Salins, dont on peut retrouver presque l'équivalent,
comme disposition et comme style, dans certaines travées de l'église
des Cordeliers de Lons-le-Saunier, la seule des seize églises francis-
caines de Franche-Comté qui ait partiellement survécu.
Si les dimensions de l'édifice sont restreintes; si, excepté dans
l'abside, ses membres d'architecture sont dépourvus d'ornements,
les vitraux colorés du chœur, les reliefs des tombeaux qui partout
s'étalent le rehaussent singulièrement. Sous les sept fenêtres du
chœur, ouvrant à k mètres du sol, sont pratiquées autant d'ar-
cades aveugles, d'une certaine profondeur, dont le tiers-point chan-
freiné est entouré d'archivoltes retombant sur des têtes humaines.
Les deux premières de ces arcades sont transformées en enfeux par
l'adjonction d'un bahut de pierre dont la partie antérieure n'a
d'autre ornement qu'un socle et une corniche moulurés flanqués
de deux pilastres. Celle de gauche renferme , les pieds tournés vers
le luaître autel, la tête reposant sur un coussin avec glands et
floches aux quatre coins, une statue de pierre blanche représen-
tant une femme couchée , la tète couverte d'une voilette ou couvre-
chef entouré d'une broderie, le col muni d'une courte guimpe. Les
bras, émergeant des courtes manches d'une robe de dessus ou
surcot à jupe traînante et à longs plis recouvrant complètement la
robe de dessous, sont vêtus de manches très collantes, boutonnées
sur toute leur longueur, et croisent leurs mains ouvertes sur la
poitrine. Malgré la longueur des robes drapées etplissées, les pieds
apparaissent, cherchant un appui disparu, vraisemblablement un
— 132 —
chien couché. Aucune inscription, ni sur le lit funèbre, ni dans la
cavité de Tenfeu; mais la tradition veut que cette statue soit celle
d'Isabelle de Courtenay, morte en 1267, et rien dans les détails du
costume n'infirme la tradition.
L'enfeu symétrique qui s'ouvre à gauche contient une seconde
statue funéraire regardant également le maître autel; elle repré-
sente un homme dont la tête à figure imberbe, à longs cheveux
bouclés, repose également sur un coussin. Il porte une robe assez
longue, descendant un peu plus bas que le genou; les manches de
cette robe sont collantes et de leur poignet à parement sortent
deux mains qui se joignent comme pour la prière. Les jambes du
personnage, emprisonnées dans des bas de chausses, appuient
leurs pieds chaussés de bottines àretroussis sur les reins d'un lion-
ceau dont le mufle se retourne du côté du spectateur. Cette statue
sans inscription est, dit-on, l'image de Jean de Chalon, fils de
Jean l'Antique; cette qualité ne peut convenir qu'à Jean, comte
d'Auxerre, seigneur de Châtelbelin, mort le i3 décembre i3o9,
dont la piété filiale a dû élever le tombeau d'Isabelle de Courtenay,
en se choisissant en face et tout auprès d'elle une tombe qu'il a
dû préparer de son vivant même, car la facture et la disposition
des deux figures est identique. Un sentiment analogue, justifié
cette fois par une inscription, a dicté l'érection du superbe monu-
ment consacré, non loin de là, dans la nef latérale, à la mémoire
de Laure de Commercy, veuve du comte Jean, par Jean de Chalon-
Arlay, son fils. Placé vis-à-vis de l'arcade qui fait communiquer
les nefs à la jonction de l'abside latérale et du chevet, la construc-
tion du tombeau de Laure de Commercy a dû coïncider avec la
bâtisse de la diapelle absidale, élevée entre i3o7 et i3t5, date
de sa mort, par les soins et aux frais du grand baron.
Qu'on se représente un lit de parade en maçonnerie revêtue de
pierre blanche finement taillée, appuyé contre la paroi droite
de la nef et mesurant îx m. 80 de long sur 1 m. 3 de large et de
haut. Les trois côte's visibles de ce dé, que couronne une dalle
monolithe, sont couverts de bas-reliefs formant douze caissons ou
compartiments quadrangulaires disposés trois par trois, six dans le
sens de la longueur, six dans le sens de la lai'geur du bahut. Un
socle et une corniche sertissent en bas et en haut ces douze cais-
sons séparés par de légers pilastres. Dans chaque panneau, un mé-
daillon à huit lobes, évidé, contient une figure d'opante ou de
— 133 —
pleureur debout, en léger relief. Sur le lit est étendue, les mains
jointes, la tête à demi perdue dans les profondeurs d'un couvre-
chef en forme de voile, le corps enseveli dans les plis multiples
d'une robe et d'un manteau artistement drapés, les pieds posés
sur deux petits chiens adossés, la statue en ronde bosse d'une
femme qui semble âgée et dont la nuque repose sur un coussin
tandis que ses regards sont dirigés vers l'autel de la chapelle absi-
dale. Au-dessus de la couche funèbre s'élève, à 3 ou /i mètres de
hauteur, une voûte en pierre, formée de deux croisées d'ogives;
les retombées de ces arcs portent sur trois pilastres appuyés au
mur et sur trois piliers quadrangulaires qui leur font face en avant
du soubassement. Ces piliers supportent, deux à deux, quatre ar-
cades trilobées inscrites chacune dans un pignon aigu dont les ram-
pants sont couverts de choux frisés, dont le sommet porte un pinacle
épanoui. Notons que chacun des trois piliers est surmonté d'un
clocheton dont les flancs sont pénétrés de fenestrelles aveugles et
dont la pyramide à quatre pans est couronnée d'un trèfle, et que
les deux arcades parallèles à l'axe principal de la nef, moins éle-
vées que les deux arcades latérales , possèdent un tympan triangu-
laire, illustré de bas-reliefs aussi bien que le remplage intérieur
des arcades aveugles. De ces deux tympans, le plus voisin de la
tête de Laure de Gommercy la représente elle et son époux aux
pieds du Christ, qui les reçoit au ciel, en présence de deux anges
dont l'un porte une croix et l'autre un encensoir. Le second tympan
est rempli par la scène traditionnelle du couronnement de la Vierge,
au-dessus de deux anges adorateurs portant un encensoir et un
calice. D'autres bas-reliefs, comprenant une trentaine de petites
ligures disposées sur deux étages, couvrent la paroi interne. Le
premier sujet, en commençant aux pieds, représente le Crucifie-
ment, la Vierge et saint Jean se tenant auprès de la croix; le
reste, apôtree et saints tous debout, est difficile à interpre'ter, vu
la petite dimension du dessin. Il nous a permis, du moins, de
constater l'élégance extrême et la richesse de l'édicule élevé par
Jean de Chalon-Arlay'^^. En i6i8, on lisait encore à côté cette in-
scription, qu'il convient de rappeler :
Anno Dotnini mcclxxv in habilu D. Francisci obiit excellenlissima domina
Laura quondam comitissa Burgundie et domina de Salinis que in hoc sépulcre
(') Voir le dessin original conservé dans le ms. la du fonds Chifllot, fol. 17.
(Bibl. de Besançon.) ;
— 13â —
solemni est sepulta. Banc autem capellam cum sepulcro edificari fecit famosus
et inclytus princeps D. Joannes de Cabtlone, D. de Arlato jllius ejus, frater
domim Hugonis comitis Burgundie palatini et frater D. Joannis comitis Autis-
siodore)isis^^\
Aux pieds de Laure de Commercy, une tombe plate porte i'épi-
taphe de sa fille Marguerite, épouse de Hugues de Montréal, fils
d'un duc de Bourgogne, morte à Paris au mois de mars 1288 et
dont les cendres ont été longtemps après rapportées à Salins.
Anno Dommi McaLxxx[vii]. . . martii ohiit Pnrkim nohil. dfia Marga-
retade Cabilone uxor quondam nobilis viri dm Hugonis [filiiducis] Burgundie
dni Montis Regalis [que fuit] translata ad pedes matris sue anno Dhi
MCCC. . .
Inutile de chercher le tombeau de Jean de Chalon l'Antique ni
celui de son fils Pierrin, dit Bouvier, enterrés cependant aux Cor-
deliers en 1267 et 1272; ils devaient être placés pourtant dans
Thémicycle de l'abside; peut-être le canon français de Bracon, ti-
rant sur l'église où s'étaient retranchés, en i^gB, les soldats de
Maximilien d'Autriche, les a-t-il pulvérisés en détruisant, nous le
savons, une partie du monastère ^'^).
Heureusement il n'a pas ane'anti les superbes vitraux qui rem-
plissaient les fenêtres du chœur et dont une partie au moins a sur-
vécu à la canonnade. Ces vitraux, dus aux bienfaits collectifs de la
reine Jeanne de France, fille d'Othon iV et de Mahaut d'Artois, de
sa fille Jeanne, mariée au duc de Bourgogne Eudes IV, auquel elle
apporta en i33o le comté de ses aïeux, de Jean de Ghalon-Arlay,
e'vêque de Langres et de Bâle, enfin de Jean II de Chalon-Châtel-
belin, comte d'Auxerre, doivent, cela résulte de la concordance
des dates, remonter à 1899 ou i33o. Dans une des fenêtres du
côté droit est peinte la figure agenouillée et priante de la femme
de Philippe le Long, Jeanne, fille du comte Othon IV. Une cou-
ronne d'or est posée sur sa coiffe blanche; par-dessus sa robe de
même couleur, parementée d'or, agrémentée de manches rouges
et collantes, flotte un ample manteau rose carmin. La reine est
'^' Ms. 13 du fonds Chifflet, fol. 17. (Bibl. de Besançon.)
^*) Patentes de Maximiiien d'Autriche, comte de Bourgogne, accordant entre
autres faveurs 200 francs aux Cordeliers pour réparer leur église considérablement
endommagée, Malines, 20 septembre tk^k. Cartul. des Cordeliers de Salins, fol. iG.
(Arch. du Jura.)
— 135 —
placée sur un socle orné de rinceaux et de quadrilobes, armorié
d'un écu parti au premier de France : treillissé d'azur et semé de
Jleurs de lis d'or; au second de Franche-Comté : d'azur billeté d'or
au lion de même^^K
En regard de sa mère, du côté opposé, Jeanne de France, du-
rliesse et comtesse de Bourgogne, est également à genoux sur un
socle semblable, armorié d'un écu parti : Bourgogne-Ddché, qui est
d'azur à trois bandes d'or, avec bordure de gueules, et Bourgogne-
Comté. Ses cheveux bruns et coupés courts dégagent son cou nu et
la naissance de son épaule; sa robe blanche apparaît, bordée d'or
à l'échancrure d'un grand manteau rouge avec épaulière et capu-
chon ; vêtus de manches vert-olive , ses bras joignent leurs mains à
la hauteur du visage (^).
Un troisième portrait dont nous n'avons que la description occu-
pait, derrière l'autel, la fenêtre du fond; un évêque vêtu d'orne-
ments pontificaux priait agenouillé devant un prélat franciscain,
saint Louis, de la maison de France. Les armes du personnage :
de guetdes à la bande d'or chargée de trois molettes percées d'azur, sur-^
chargée d'une croix d'or mise en pal, suffiraient pour le faire recon-t
naître, si l'on ne lisait au bas de la vitre cette inscription en capi-
tales gothiques : Dominus Johannes Kabilone epischopus Lingonen.
ET ADMINISTRATOR BaSILENSIS FECIT FIERI I8TAM FITREAM. AmHE . . .
, Il s'agit ici de Jean de Chalon-Arlay, seigneur de Vitteaux, qui fut
évêque de Langres en iSaS, administrateur de Bâle en iSag^-^)
et qui mourut le 99 juin i335. Certaines consonances : epischopus ^
fitream, laissent à penser qu'un peintre verrier tudesque, venu sans
doute de Bâle, dut être l'auteur de nos vitraux.
Une quatrième vitre '*' reproduit les traits d'un chevalier de
35 ans; la tête, expressive, est couverte de cheveux bruns et bou-
clés; le menton porte toute sa barbe, de teinte claire. Vêtu de
mailles et d'un justaucorps de tanné, ayant par-dessus une cotte
d'armes rouge avec bande d'or dont les couleurs sont reproduites
sur deux ailettes attachées à l'épaule, ses genoux et ses jambes sont
') Bibl. de Besançon, nis I du fonds^Chifllet , fol.îiti.
^^' Iltid., fol. 120.
t'') Tonio XLIX des mss Chifflet, fol. 16/4. {Ihid.) Jean ne prend celle qualité
(Tadmiiiistrator qu'en iSap-iSSo. (Fonds de l'al)baye du Mont Sainte-Marie,
Al cil. du Doubs.)
^*' Bibt. de Besançon, tome I des mss Gbifîlot,|fol. 39/1.
— 136 —
couverts de plates de fer; son épée au côté, réperon au talon, il a
les mains jointes. Le socle, orné de deux fenêtres trilobées et de
rinceaux, est orné d'un écu aux armes de Glialon, sans nulle bri-
sure. Jules Ghifflet a cru reconnaître Jean de Chalon l'Antique; l'âge
et le costume du personnage s'y opposent; ce doit être Jean 11 de
Chalon-Auxerre, mort à Crécy en i345, à l'âge de 5o ans.
Pour comple'ter jusqu'à sept cette se'rie de porlrails, dont nous
devons nous féliciter de posséder une moitié, il faut supposer dans
les trois autres fenêtres, escortés de leurs patrons comme l'était
l'évêque de Langres et Baie, Jean de Chalon l'Antique, son petit-
fils Othon IV et sa petite-fille par alliance, Mahaut d'Artois, mère
de la reine Jeanne. On aura groupé ainsi les figures qui devaient le
mieux représenter dans le couvent franciscain de Salins toutes les
branches d'une illustre famille à laquelle il devait sa fondation,
ses embellissements et sa dotation.
Ici s'arrêtent les dessins de Jules Ghifflet, dont le président Clerc
n'avait donné jusqu'ici que quelques reproductions insuffisantes, et
avec eux s'épuisent nos renseignements archéologiques. Ne quittons
pas le choeur sans examiner le maître autel tr enrichi de menuiserie
dorée», où sont sculptées et peintes les armoiries suivantes : parti
de gueules à un demi-aigle d'or, et d'azur fretté d'or. Cet écusson, oii
se combinent les armes des maisons de Vienne et de Joux, ne peut
convenir qu'à Vauthier ou Gauthier de Vienne, marié vers i366 à
Jeanne de Joux et mort en iSgo; tout en nous renseignant sur un
bienfaiteur inconnu du couvent des Gordeliers, il nous aide à pré-
ciser l'époque de l'achèvement de l'église en la limitant aux deux
dates que nous venons d'indiquer.
Devant la balustrade du maître autel, sur une grande dalle dont
l'inscription est effacée, sont gravées deux figures : celle de droite
est un chevalier en armure, celle de gauche un évêque, tous deux
inconnus. A côté, voici la tombe d'un médecin sicilien, de la suite
de Charles le Téméraire, qui vint mourir à Salins le 92 juillet 1/176
dans la retraite lamentable qui suivit l'échec de Granson.
^ Matheus de Clavicus de... regni Cicilie, artiiim medicum doctor... ris ac
illustrissimi domini Caroli ducis Burgundie qui ohiit die xxjijulii mcccglxivi.
Cujus anima in pace requiescat.
Tout auprès du tombeau d'Isabelle de Courtenay, dans le colla-
téral , voici encore quelques tombes intéressantes. La première re-
— 137 —
laie la fondation d'une messe hebdomadaire en l'honneur de saint
Yves par le tabellion ge'ne'ral Michel Brouillar, originaire de Metz,
et Alix Farod, sa femme, en i'anne'e iAqS, date de la reprise de
Salins sur les Français.
En l'honneur de sainct Yve advocat des pauvres la présente chappelle [et]
autel kl messe disant tous les mecredys de lan , perpétuellement sont esiezfondez
par Michiel Brouillar de la cité de Mess, tabellion gênerai au comté de Bour-
gongne, et damoiselle Alix Faro sa femme en l'an mil ccca nu" et treze, dont
Dieu ait leurs âmes.
Dans la première chapelle qui suit, dédiée à saint Paul, deux
autres textes sont à relever. Le premier mentionne que cette cha-
pelle a été construite avant i3/i3 par frère Richard d'Usier, pro-
vincial des frères Mineurs, qui y repose au milieu des siens.
ANNO DOMINI M" CCC XL", XXIir DIE APRILIS OBIIT REVE-
RENDVS IN XPO PATER RICHARDVS D. HVSIER QVI FVIT MA-
GISTER FRATRVM MINORVM IN PROVINCIA BVRGVNDIE ANNIS
VNDECIM ET FECIT ISTAM CAPELLAM ET MVNIIT EAM OMNIBVS
NECESSARIIS SVFFICIENTISSIME IN QVA SEPVLTI SVNT IPSE ET
PATER EIVS DOM- PETRVS D- HVSIER MILES AC FRATRES EIVS
REGINALDVS ET HVGO MILITES.
Le blason de cette vieille race d'Usier, illustrée par maintes charges
auprès des comtes et ducs de Bourgogne, est peint sur les vitraux
et les murs de la chapelle , oii des fresques à la détrempe représen-
tent un certain nombre de ses membres, en costume de guerre, les
chevaliers caractérisés par les éperons d'or, les simples écuyers par
les éperons d'argent. Sur une grande tombe sont figurés Louis
d'Usier, seigneur de Villette et de Vaudrey, chevalier fait à Jéru-
salem, mort en 1/^67, et Antoine, son fils, décédé avant i5oo, les
pieds posés sur des lévriers. Voici leur épitaphe :
Ci git messire Louis d'Husie, seigneur de Villette et de Vatildrey en partie,
quifust chevallier en Jérusalem, qui trespassa l'an lâôj, dont Dieu ay l'asme.
Amen. Et a fait faire ceste sépulture Antoine d'Htisie sonfls^
Une autre chapelle porte dans ses vitres les armes de Loyte :
d'azur à l'agneau pascal ongle d'or, et en regard celles d'une famille
alliée, les Estavayer : pallé dor et de gueules de 6 pièces, a la bande
d'argent chargée de trois roses de gueules brochant sur le tout, souvenirs
d'un officier de la saunerie. Une troisième a appartenu aux Du
— 138 —
Solier, riches banquiers venus de Milan au xi\' siècle; deux d'entre
eux, Barlhe'lemi et Jeannot, son fils, sont inhume's auprès de l'autel
Sainl-Laurent, fondé après leur mort, en iiii3, par le curé de
Boujailles, Guillaume de la Perrière. Une dernière contient le char-
nier des Merceret, bourgeois de Salins enrichis par le ne'goce, puis
anoblis.
En i646, l'église des Cordeliers, remaniée comme nous l'avons
vu en i53o par l'adjonction d'une seconde abside, comptait en
tout sept autels dédiés à Notre-Dame et à saint Georges (maître
autel), à saint François et à la sainte Croix (chapelle de Chalon-
Arlay), à saint Bonaventure (ancienne chapelle Saint-Paul ou des
Usier), à sainte Anne, à l'Annonciation (chapelle des Merceret), à
la sainte Trinité et à l'Immaculée Conception. En 1789, le nombre
des aulels était porté à dix; on eut à ce moment besoin de relever
l'emplacement des bancs et des sépultures concédées à des habitants
de Salins. Cette mesure administrative a fourni inconsciemment à
l'archéologie une base précieuse pour restituer en son entier la
description et le plan d'une des plus curieuses nécropoles des
comtes de Bourgogne, de la maison de Chalon, que l'abbé Guil-
laume, l'historien voleur et faussaire des sires de Salins, avait,
malgré sa compétence incontestable, négligé de relever au siècle
dernier.
Jules Gauthier.
NOTE
SUR
LA BASILIQUE DE CASTIGLIONE,
PAR M. BERTRAND,
Professeur au lycée d'Alfyer.
Le village de Castiglione (^', situé sur la côte de l'Algérie à kk ki-
lomètres à Touest d'Alger et à 2/1 k. 1/2 à l'est de Tipasa, s'élève
sur l'emplacement d'un bourg antique, dont les ruines ont été
sommairement signalées par Berbrugger'^' et M. Cat'^l Les con-
structions modernes les ont fait disparaître presque entièrement.
Cependant un mamelon, situé au nord-ouest du village et domi-
nant la mer, porte encore les vestiges de deux édifices assez im-
portants. Le premier est un établissement de bains, oiî l'on a fait
quelques fouilles; on y reconnaît une piscine rectangulaire [U m. 3o
X 8 m. 80), dans laquelle on descend par trois marches et qui
est précédée d'une salle de 1 1 mètres de long; à côté se trouvent
de petites chambres dont le sous-sol pouvait être chauffé.
A 100 mètres environ au sud-est de ces thermes est une basilique
chrétienne, dont nous donnons le plan ci-joint. Orientée selon
l'usage (porte à l'ouest, abside à l'est), elle mesure 2 4 mètres de
long sur 1 3 de large. La construction était en mauvais blocage avec
des harpes en pierre de taille de distance en distance. En avant
s'étend un vestibule, remplaçant le narthex à colonnade ordinaire
dans les églises primitives; une fouille serait nécessaire pour dé-
terminer la place exacte de son entrée, qui ne paraît pas avoir été
située au milieu; peut-être y avait-il deux entrées symétriques. A
l'intérieur, la nef était séparée des bas côtés par deux rangées de
colonnes dont les fûts, en granit ou en pierre, émergent çà et là.
^'' Le lieu était appelé par les Arabes, Bou-hmaïl.
^^' Revue Africaine, t. V (1861), p. 36i.
^■'' Essai sur la province de Mauritanie Césarienne.
— UO —
Au fond et, autant qu'il semble, à un niveau plus élevé, labside,
dont le mur ne fait pas saillie au dehors et les deux sacristies qui
la flanquent.
Cette église n'aurait pas grand intérêt si elle ne présentait que
ces dispositions banales; mais
des fouilles, faites jadis, à une
époque que nous ne pouvons
fixer, et complétées en 189 4
par M. l'abbé Grandidier, curé
de Tipasa, ont prouvé l'exis-
tence d'une crypte, au-dessous
de l'abside et des sacristies.
Cette crypte, en partie bâtie,
en partie creusée dans le tuf
de la colline, est partagée en
trois salles qui répondent exac-
tement par leur plan et leurs
dimensions aux trois pièces
supérieures. Elles communi-
quaient entre elles par deux
portes placées aux points A et
B de notre plan.
On descendait dans la salle
du milieu par un escalier C,
disposé dans l'axe de l'église,
en avant de l'abside, et limité
par deux massifs de maçonne-
rie D et E. De l'autre côté de
chacun de ces massifs devait
être placé le petit escalier la-
téral menant à l'abside. Aucune trace n'a été retrouvée de ces esca-
liers; ils étaient sans doute en bois (nous avons indiqué leur em-
placement par les lettres F et G).
Les trois salles de la crypte étaient couvertes par des voûtes en
forme de berceau très surbaissé, dont les amorces subsistent.
A notre connaissance , on n'a pas encore signalé de crypte dans
les édifices chrétiens d'Afrique '^l Ce qui surtout rend la notre in-
I
I
I
I
ri
Basilique do Castiglione.
(" M. Gsell {Recherches archMogiques en Algérie, p. 181) signale au-dessous
— l/il —
léressante, c'est ia destination qu'elle a reçue. Elle ne représente
pas, en effet, comme les plus anciennes cryptes connues, un amé-
nagement fait pour faciliter la visite du tombeau d'un saint. Au
milieu de la salle centrale, M. l'abbé Grandidier a constaté l'exis-
tence d'une construction en pierres de taille délimitant une cuve
en forme de croix aux branches arrondies.
Ce sont là, sans nul doute, des fonts baptismaux. On voit une
cuve de forme analogue au Musée de Tunis; elle a été trouvée dans
l'île de Djerbat^^. Grégoire de Tours en décrit'^) une semblable :
rrPiscina est apud Osen campum (en Lusitanie) antiquitus sculpta
et ex marmore vario in modum crucis miro composita opère, n Cette
forme pouvait être donnée au baptistère lui-même; tel était celui
que M. Gavault a tout récemment retrouvé dans ses fouilles de Tig-
zirt. Dans noire église, les deux pièces latérales de la crypte étaient
évidemment des dépendances de la salle où l'on baptisait; c'est là
sans doute que les catéchumènes se dépouillaient de leurs vêtements.
La manière dont les murs de l'abside et des sacristies s'agencent
avec ceux de la crypte prouve qu'ils appartiennent à une seule et
même construction. Malheureusement, pour déterminer l'époque
de celte basilique, nous manquons d'éléments, que des fouilles
dans la nef nous donneraient peul-être.
Il existe pourtant au Musée d'Alger une clef d'arcade, en pierre
jaunâtre (largeur en haut, cm. 69; hauteur, o m. 28), que l'on dit
provenir de Castiglione et qui a peut-être été trouvée dans notre
église, lors des premières fouilles. On y voit un monogramme
conslantinien enferme' dans une couronne tressée, et flanqué de
deux oiseaux, sans doute des colombes, le tout d'un travail très
grossier. Celte pierre a pu servir de clef à l'arc d'une abside, plu-
tôt qu'à une arcade de porte ou à une archivolte appartenant à
une des deux colonnades intérieures, car la taille de sa partie infé-
rieure indique une large baie. Le monogramme présente, non
pas un rhô grec, mais un r latin. De Rossi a prouvé que cette
d'uno basilique à Kherbet-bou-Addoufen , l'existence d'un souterrain qu'il n'a pas
pu visiter lui-même. 11 consisterait en un long couloir flanqué à droite et à gauclie
de Inculi. Cette disposition rappelle moins une crypte que des catacombes. Quant à
la crypte de la basilique de Damous-el-Karita , à Carthage, elle n'est qu'un amé-
nagement d'une construction antérieure à celte basilique.
^'' Collections du Musée Alaoui, p. 5i-5a.
'^' De Gloria martyrum, l, ait.
— U2 —
substitution s'est faite tout d'abord en Orient, k la fin du iv* siècle
ou au commencement du ¥^^). En Afrique, iV latin apparaît dès
l'année hhk^'^\ puis sur des monuments de la fin du v° siècle et
du début du vi*. Mais il faut remarquer qu'il y figure dans des
croix monogrammatiques et non dans des monogrammes constanti-
niens. Or, on sait que le monogramme est une forme plus ancienne
que la croix. Nous ne nous tromperons sans doute guère en attri-
buant notre clef d'arcade au second tiers environ du v^ siècle. Si
elle a été réellement trouvée dans la basilique, elle peut servir à
en déterminer l'époque.
Signalons encore à Castiglione des sarcophages en pierre qui ont
été trouvés, il y a quelques années, à 200 mètres environ au sud-
est de la basilique. 11 semble qu'un cimetière assez étendu ait existé
à cet endroit (■*'. C'est aussi à Castiglione qu'a été trouvée l'inscrip-
tion n" 9273 du Corpus, actuellement au Muse'e d'Alger : épitaplie
chrétienne qui, d'après la forme des lettres, date du v'' siècle.
L'Itinéraire d'Antonin indique, sur la route du littoral, entre
ïipasa et Icosium (Alger), la station de Casae Calbenti, à i5 milles
(22 kilomètres 1/2) de Tipasa et à 33 milles (/19 kilomètres) d'Ico-
sium. Ces distances conviennent à peu près k la position de Casti-
glione, beaucoup plus exactement en tout cas qu'aux autres ruines
de la côte'*). Le nom de Casae Calbenti paraît indiquer un bourg
construit sur le domaine d'un grand propriétaire (^'.
Bërtrjind,
Protosseiir au lycée d'Algor.
'') La capsella argeniea Africana, p. la.
(•') Gseli, Revue Africaine, t. XXXVll (jXg.S), p. 117-118.
(•''> D'autres tombes antiques de Castiglione onl déjà été signalées : Revue Ajri-
caine, t. I, p. 56; t. II, p. Sa 9.
W Cf. Mélanges de l'École de Rome, t. XIV (1 89/1 ), p. Zii3.
''5 Depuis l'envoi de cette note au Ministère, M. l'abbé G/-andidier a publié,
dans le Bulletin d'archéologie du diocèse d'Alger, une élude plus complète que la
nôtre et à laquelle on fera bien de se référer.
DECOUVERTE
D'UN
TOMBEAU NÉO-PUNIQUE
DANS LE CAMP DE TÉBOURSOUK,
PAR M. LE CAPITAINE RAVARD.
Le canii) de ïéboursouk est situé sur la pente nord -est du
Kef-Arras, cuire le pic de ce nom et rOued-Zebbès, à environ
5oo mètres à Touest du village de Téboursouk. Les pavillons d'of-
ficiers sont placés au point culminant du camp, près du chemin
qui relie le contrôle à la route de Medjez-el-Bab en contournant
la partie sud-ouest du village.
Le tombeau qui fait l'objet de cet article se trouve près des pa-
villons des officiers et à l'est à moitié chemin entre les pavillons
et la poudrière du camp.
Le 28 octobre 1896, on de'blayait le camp des monceaux de
[lierres qui l'encombraient; arrivés au rocher, les hommes de
corve'e firent tomber une grande pierre triangulaire qui découvrit
un trou. Je fis déblayer la partie situe'e au-dessus du trou et je
de'couvris la porte forme'e de deux montants place's sur un seuil et
reliés eu haut par une pierre formant dessus de porte. La porte
était fermée par quatre pierres superposées, plates du côté visible,
en demi-cintre à l'intérieur '^l
A droite de la porte se trouvait une stèle de o m. 70 de hau-
teur et représentant une femme debout que je crois être la figura-
tion de la déesse Tanit. (Fig. i.)
'■i Les dimensions de la porte sont les suivantes :
Montants : hauteur, o m. 90; largeur, o m. 3o; épaisseur, o lu. Uh. Largeur
— \àli —
La porte, débarrassée des pierres qui renlouraient, laissa voir à
l'intérieur un pilier central semblant soutenir la voûte et, autour
de ce pilier, un banc de pierre occupant le pourtour de la cavité
et sur lequel on voyait des poteries. (Fig. q.)
Fig. 1.
Je constatai que le tombeau était creusé dans le roc même et que,
après l'avoir fermé d'une manière sommaire, c'est-à-dire avec
des pierres sèches seulement, on avait fait ébouler des terres pour
en cacher l'entrée. Cette précaution a dû être prise au moment de
l'abandon du pays par les constructeurs du tombeau.
La stèle et les pierres composant la porte et bouchant les trous
à droite et à gauche enlevées, après avoir dégagé le seuil de la
terre qui le recouvrait, je pénétrai dans le tombeau.
La figure n" 2 montre le tombeau ouvert et sa disposition au
moment où il a été découvert.
de f ouverture, o m. 5o. Dessus : largeur, m. io; longueur, 1 mèlrc; épaisseur,
m. 10.
— U5 —
La cavité a la (orme d'une moitié d'œiil"; elle est creuse'e dans
le roc (^).
Au centre, un pilier formé de trois pierres superposées, les
deux du dessous de mêmes dimensions, taillées devant et sur les
côtés, brutes à l'arrière. La troisième pierre formant chapiteau
touche à peine à la voûte ''^l
Fig. 2.
Autoui- du pilier règne un banc formé de quatre pierres plates
dont le côté intérieur est taillé en ligne droite et le côté extérieur
suit la (orme de la cavité (-^^
Sur ce banc des poteries de diverses formes, les unes en terre
(') Hauteur à l'entrée, i m. 75; liauteur au fond, 1 m. aS; largeur de l'on-
trée, 2 m. 20; largeur au centre, a m. 5o.
W Hauteur du pilier, 1 m. 60; largeur du pilier, m. 3o; épaisseur du pilier
m. 45.
'•■^^ Dimensions du banc : langueur de chaque dalle, 1 m. aS ; épaisseur, o ni. 1 ;
largeur, m. 60; hauteur au-dessus du sol intérieur, o ni. 70.
Akciikologie.
— U6 —
blanche, d'autres en terre rouge, massives, d'autres encore en terre
vernissée rouge et noir ou tout noir.
£n fouillant le sol, j'ai trouvé deux cadavres en pleine terre,
placés à droite et à gauche du pilier central et tournant le dos à ce
pilier. Les deux cadavres avaient les jambes repliées, les genoux
touchant les coudes, les mains semblant soutenir la tête. Je n'ai pu
retirer qu'une partie d'un crâne dans lequel le médecin du poste
a cru reconnaître un crâne de femme, sans pouvoir lui attribuer
d'époque. Les cadavres étaient en pleine terre, sans enduit d'au-
cune sorte. Près du cadavre de droite se trouvait un petit morceau
d'os travaillé qui doit être un manche de poinçon ou d'outil de
travail de femme et les restes d'un miroir en métal.
Des poteries de formes diverses ont été trouvées dans ce tom-
beau et dans un tombeau contigu mais déjà ouvert; elles ne portent
aucune marque pouvant indiquer l'époque de la fabrication.
Quatre pièces de monnaie, trois de Garthage et la quatrième
représentant : un buste de Diane à droite, avec l'arc et le carquois
sur l'épaule; au revers, un lévrier courant à toute vitesse à droite;
au-dessous, un épieu de chasse séparant le lévrier de l'inscription
C-POSTVMI; à l'exergue, le monogramme A^^l Elle a été remise
ainsi que les pièces de Garthage et quelques poteries, parmi les-
quelles une lampe avec la marque de Tanit, à M. le Directeur des
antiquités et des arts à Tunis.
J'ai aussi trouvé des restes d'un miroir en métal, un petit objet
en os qui semble être un morceau de poinçon ou d'objet de travail
de femme et des quantités de noyaux d'olives desséchées; quelques
vases conservent des traces de feu.
A côté du premier tombeau et séparé par une épaisseur de ro-
cher de o m. 60 se trouve un autre tombeau, de même forme que
le premier, mais qui avait déjà été fouillé. Le banc et le pilier
avaient été enlevés; en le fouillant j'ai trouvé des poteries et deux
cadavres, ces derniers placés d'une façon identique aux premiers;
les poteries étaient de même forme que celles qui ont été trouvées
dans le premier tombeau.
Gapitaine Ravard.
(') Ci'. Babelon, Monnaies de la Bépuhliqiie romaine, p. 882, 383 (année 6Zi
av. J.-C).
STATUE DE FEMME
DÉCOUVERTE À CARTHAGE
ET BAS-RELIEF DÉCOUVERT À SIDISALAH-EL-BALTHI.
(Communication de M. Gauckier.)
M. Gauckier, inspecteur des antiquite's et des arts à Tunis, nous
a adressé d'excellentes photographies d'après deux œuvres antiques
dont s'est re'cemment enrichi le Musée du Bardo.
I.
La première est une statue de femme (pi. XII), que M. Gauckier
a exhumée, au mois de janvier 1896, à Douar-ech-Chott (Car-
thage). L'état de conservation est fort satisfaisant. M. Gauckier
pense qu'on pourra facilement rajuster les nombreux fragments de
draperie trouvés à côté de la statue, et il ajoute : cr Seul, l'attribut
soutenu par le baudrier, peut-être une cithare, manque complète-
ment, n
L'absence de cet attribut est assurément fâcheuse, car il nous
aurait permis de désigner avec certitude un des marbres les plus
imjjortants qu'ait encore fournis le sol de Carthage, Le costume de
notre figure, avec sa laige ceintuie et iion baudrier, est cependant
assez caractéristique pour qu'on puisse espérer en découvrir le
pendant parmi les statues romaines de nos musées. Mais c'est en
vain qu'on le chercherait, comme j'ai pu m'en assurer, parmi les
milliers de statues antiques publiées jusqu'à ce jour. Seule, à ma
connaissance, une statue acéphale du Louvre, encore inédite '^),
dont un dessin paraîtra dans mon Répertoire de la statuaire, présente
la même disposition et la même attitude, si ce n'est qu'elle porte
sur la jambe droite et non sur la jambe gauche. Cette figure est
^') Salle de Psyché, ancien fonds, ancien n° 1710.
— U8 —
vêtue, comme celle de Carthage, d'une tunique talaire, serrée à la
taille par une ceinture et traverse'e par un baudrier qui passe sur
Te'paule droite. Or, la statue du Louvre est certainement une Muse ,
car on distingue, entre le bras gauche ei le corps, les restes
d'une lyre. M. Gauckler a donc e'té très heureusement inspiré lors-
que, au seul aspect du baudrier, il a conjecturé que la statue
carthaginoise pouvait avoir une cithare comme attribut.
Le rapprochement que nous venons d'instituer ne paraît pas
laisser de place au doute; il suffit à faire écarter la dénomination
de rr prêtresse de Caelestisw qui avait d'abord été proposée pour la
femme drapée de Douar-ech-Chott.
L'appendice mutilé qui surmonte la coiffure est difficile à déter-
miner; peut-être faut-il y voir seulement le reste d'un très petit
diadème, pareil à celui que porte Julia Domna dans le bas-relief
de l'arc dos Orfèvres à Rome ''K Le rapprochement de cette tête et
des autres portraits de Julia — entre autres ceux de Gabies et de
Markouna qui sont au Louvre (-' — conduit à la conclusion inat-
tendue que les traits de la Muse de Carthage sont bien ceux de la
seconde femme de Septime Sévère. L'analogie, avec le buste de
Markouna surtout, est trop complète pour qu'on puisse songer à
l'attribuer au hasard. En supposant donc, comme nous y autorise
M. Gauckler, que la tête appartienne incontestablement à la statue,
il faudra conclure de ce qui précède qu'un sculpteur romain a re-
présenté une Muse sous les traits de Julia Domna, ou, ce qui
revient au même, l'impératrice sous les traits d'une Muse. On sait
assez que la sculpture impériale aimait à représenter les impéra-
trices en Junon, en Cérès, en Diane, en Vénus, comme les empe-
reurs en Jupiter, en Apollon ou en Mars ^^l Je ne connaissais ce-
pendant pas encore d'exemple certain d'une impératrice représentée
en Erato.
La statue dont M. Gauckler a enrichi le Musée du Bardo est
une œuvre fort importante de la seconde moitié du n" siècle après
J.-C. Elle l'est par le sujet et le motif, l'un et l'autre à peu près
uniques; elle l'est aussi par le lieu de la découverte. En effet, les
statues de marbre bien conservées, rares partout, le sont particu-
lièrement à Carthage. Je ne connais, de cet emplacement, que
'" Rernoulii, Rom. Ikonographie , t. IV, pi. W.
C^) Ibid.,^1 XVt, fl et i; pi. XVII.
''^' Cf. 0. Millier, Handbuch, éd. Welcker, p. a3o.
— l/i9 —
huit figures à peu près entières qui puissent supporter in compa-
raison avec celle de Douar-ech-Chott. En voici rénumération :
1° Une Victoire récemment découverte par le P. DelaltreC;
2" La Vénus trouvée dans un puits à El-Marsa, autrefois chez
Charles Tissot, aujourd'hui à Paris chez M. Lecomte (publiée seu-
lement dans le catalogue de la vente des meubles et des livres de
M. Tissot, le 1 1 novembre i88/i);
3° La Vénus de l'ancienne collection Ange de Saint-Quentin , qui
a passé en vente, à Paris, le 9. juin 1896 (pi. IV du catalogue de
la vente):
U° Le Dionysos actuellement au Musée de Vienne, en Autriche
(publié par moi dans la Gazette des beaux-aris, 1886, II, p. 2/i5);
5° Le Dioscure, découvert en deux fois par MM. d'Hérisson,
Babelon et S. Heinach, actuellement au Louvre et encore inédit
(mentionné en dernier lieu par M. Furtwaengler, Masterpieces of
Greek sculpture, p. 281);
6° L'impératrice découverte par M. de Sainte-Marie o( publiée
par lui dans sa Mission à Carthage (p. 28); l'original est aujourd'hui
au Louvre, moins la tête qui a péri dans l'explosion du Magenta;
7° Une médiocre statue de femme drapée publiée dans le Bul-
letin archéologique du Comité, 1890, p. fili^'-.
S° Une statuette d'Hercule, actuellement à Pise, que Lasinio a
publiée [Baccolta di sarcofagi, Pise, 181/1, pi. CXXVl), avec la
notice : La tradizione ascrive l'origine di questo Ercole da Cartagine,
acquistato dagli anlichi Pisani nelle loro scorrerie faite in Ajfrica. Cette
statuette aurait besoin d'être étudiée (voir Diitschke, HiJdwerke zu
Pisa, n° 95).
J'ai entendu parler d'autres statues de Carthage ayant appartenu
au Khasnadar et qui auraient été exposées, en 1873. à Vienne;
mais je ne sais rien de précis à leur sujet.
La statue découverte par M. Gauckler, qui est la neuvième de
notre liste , est certainement une des trois plus remarquables.
IL
Le bas-relief que M. Gauckler a fait transporter au Musée du
Bardo provient de Sidi-Salah-el-Balthi, localité à lU kilomètres
•'i Viiillior. La Tunisie, gravure à la pagf> 8 A. C'est un très haut relief.
— 150 —
au nord de Souk-el-Khemis; il a été découvert par M. Chenal,
contrôleur civil de Souk-el-Arba. Je ne puis mieux faire que
de transcrire, à ce sujet, la notice qui accompagne l'envoi de
M. Gauckler :
tf Cette sculpture semble remonter à l'époque numide; à la fois
très grossière et très soignée comme exécution, elle ne peut être
comparée pour le style qu'à certains bas-reliefs proto-puniques ou,
mieux encore, à la stèle d'Abizar et aux sculptures rupestres du
Souf et de Sahna.
rfEUe est gravée sur deux blocs massifs de calcaire jaunâtre qui
se rejoignent exactement; ils ont chacun les dimensions suivantes :
longueur, i m. lo; hauteur, o m. -jo; épaisseur, o m. 3o. 11 semble
que le bas-relief ait occupé quatre blocs de mêmes dimensions su-
perposés deux à deux. Nous n'avons conservé que ceux de la partie
inférieure.
ff Au milieu du tableau (pi. XIII) est figuré un cavalier armé de
toutes pièces, tenant de la main gauche un bouclier oblong et bran-
dissant sans doute une lance du bras droit levé. Il manque la tête du
personnage et le bras droit, qui devaient être sculptés au registre
supérieur. Le cavalier terrasse un ennemi gisant à terre, tenani
également un bouclier oblong. A droite et à gauche se tiennent
debout, les mains enchaînées derrière le dos, deux prisonniers
barbares, à la barbe inculte, aux cheveux longs tombant sur les
épaules. Leur costume mérite d'attirer l'attention. Ils sont nus jus-
qu'à la ceinture. Le bas du corps est revêtu de braies aux plis multi-
ples, qui semblent fixées aux jambes par des lanières entre-croisées
et descendent jusqu'aux pieds, qui sont nus.
ffSur la tranche de la pierre, à droite, est représentée une tête
de divinité, Baal Hâmon probablement.
ffCe bas-relief a été trouvé dans les ruines, très confuses au-
jourd'hui, d'une antique citadelle, dont les débris ont été utilisés
dès l'antiquité pour construire la forteresse byzantine de Sidi Salah.
.le suppose qu'il ornait le jambage gauche de la porte d'entrée de
ce monument, qui doit rem^onter à l'époque numide. 75
Le seul point sur lequel je ne voudrais pas être aussi affirmatif
que M. Gauckler, c'est la date de ce curieux monument. Quelque
grossier qu'en soit le travail, les motifs qu'il présente sont J)ien
ceux qu'on voit sur les stèles funéraires de cavaliers romains, si
nombreuses, par exemple, dans la vallée du Rhin, et qui remon-
— 151 —
tent, pour ia plupart, au ii'' siècle après J.-C. Les figures de bar-
bares captifs se retrouvent, presque identiques, dans les métopes
du monument d'Adam-Klissi , élevé sous Trajan ^i'. Or, ce monu-
ment, comme les sculptures qui le décorent, est Tœuvre de soldats
romains. De même qu'il y avait des architectes dans l'armée ro-
maine, il s'y trouvait des tailleurs de pierres, qui, familiers avec
certains motifs plastiques dont l'origine remonte à l'art grec, té-
moignaient d'une inexpérience enfantine quand il s'agissait de les
reproduire. Je suis donc tenté de considérer le bas-relief de Sidi-
Salah comme l'œuvre de soldats romains et j'incline à le placer vers
le II* ou le m" siècle de l'ère chrétienne.
Salomon Rkinach,
Membre dn Comité.
(') Voir Tocilesco, Bomidorf, Niemann, Das Monument von Aânmklisxi , Vienne,
1895, pi. II, p. 67, 93, 9^1.
DÉCOUVERTES FAITES À LA MALGA,
PAR M. GAUCKLER,
Membre non résidant du Comité.
J'avais autorisé au mois de novembre 1896 le cheik de la Malga
à chercher de la pierre dans un terrain situé en face de la gare, à
Carthage.
Les recherches, que je surveillais attentivement, ont pris bien-
tôt un caractère d'intérêt tel, que je me suis décidé à intervenii-
moi-même pour me substituer au cheik dans son contrat de loca-
tion avec le propriétaire du champ, et poursuivre, au bénéfice du
Musée du Bardo, les travaux commencés avec un tout autre but.
Je me trouvais effectivement en présence de ce premier cimetière
des officiales dont l'existence a été signalée, il y a quinze ans déjà,
par le P. Delattre. Ce cimetière n'a jamais été fouillé méthodi-
quement, mais il a été bouleversé, de fond en comble, par les re-
cherches souterraines d'Arabes chercheurs de pierres et d'antiquités,
qui ont arraché presque toutes les inscriptions des tombeaux. Un
assez grand nombre de monuments funéraires ont été éventrés et
pillés; mais il en reste d'autres, dans les espaces compris entre les
fouilles des premiers explorateurs , qui n'ont pas été atteints ou n'ont
subi que de faibles dommages. Ce sont ces tombeaux que j'ai fait
dégager, assuré d'avance que les dépenses faites seraient ample-
ment rémunérées par les résultats acquis.
L'un de ces monuments présente une forme particulièrement
intéressante : c'est un autel à table plate, percée au centre d'un trou
recouvert d'un dégorgeoir à petits trous et communiquant avec un
tube libatoire, long de i m. 20, qui aboutit à une grande am-
phore cinéraire à deux anses. Dans l'amphore, rien que des osse-
ments brûlés et quelques pastilles de verre. L'autel proprement dit
est surmonté d'une niche rectangulaire, ouverte en avant; elle est
ornée sur les trois autres côtés de bas-reliefs en plâtre, modelés
— 153 —
sommairement à la main, et applique's sur une surface unie de
stuc encore humide, sur laquelle on avait préalablement indiqué
en quelques traits la silhouette ge'ne'rale de la composition. La
niche et les bas-reliefs ont été démolis aux trois quarts par les
coups de pioche des premiers fouilleurs: mais les sujets représentés
sont encore reconnaissables. A gauche, un lit funéraire avec trois
personnages couchés; à droite, un homme nu tenant à la main
une cravache, à côté d'un cheval; au fond, peut-être une Diane
chasseresse, dont il ne reste plus que les jambes revêtues d'en-
dromides, et le bas de la courte tunique. L'inscription du tombeau
a été arrachée.
Un autre monument funéraire se compose d'un massif de ma-
çonnerie en forme d'autel carré de i m. 5o de côté. Sur la face
principale, au-dessus de l'inscription, absente aujourd'hui, sont
pratiquées deux niches, où débouchent les tubes libatoires qui tra-
versent toute l'épaisseur du tombeau, et aboutissent à deux urnes
cinéraires de belle hauteur (o m. 5o) en plomb, à couvercle percé
d'un trou pour le passage des libations. Ces deux urnes renfermaient
deux magnifiques amphores de verre remplies d'ossements, l'une
intacte, l'autre brisée, mais qui a pu être entièrement recollée.
L'amphore, au col largement ouvert pour permettre le dépôt des
cendres à l'intérieur du vase, est bouchée par un couvercle mobile,
également en verre, d'une forme très intéressante : c'est une sorte
d'entonnoir, percé au centre d'un trou qui correspond exactement
à celui de l'enveloppe en plomb et du tube libatoire. Les liquides
versés sur l'autel arrivaient ainsi directement aux cendres qu'ils
arrosaient. Ces deux verreries sont les plus belles qui aient encore
été découvertes, à ma connaissance, à Carlhage et en Tunisie.
Elles peuvent être comparées à celles qui sont conservées au Musée
Saint-Louis, au vase du Coudiat-Aty (collection Vital) à Constantine,
et aux deux urnes cinéraires découvertes dans la nécropole Archam-
beau à Cherche!. Toutes étaient renfermées dans des chapes de
plomb. A côté de ces deux urnes s'en trouvait nue troisième en
poterie renfermant une tabella devotionis et divers bibelots.
En résumé, la nécropole que j'ai commencé à explorer m'a
fourni jusqu'ici : une centaine de lampes, presque toutes signées et
dont quelques-unes sont de toute beauté. Je n'en citerai qu'une
qui représente une scène de pêche dans un décor alexandrin, et qui
porte sur la panse le graffite inédit : PVLLAENMANVARI,
— 15/i —
Un petit moule de disque, en terre cuite, représentant Tanit
Caelestis.
Deux fragments d'un grand moule d'amphore, avec un Amour
chevauchant, une panthère, une autre panthère enchaînée et des
pampres.
De nombreux spécimens de mobilier funéraire, de terre fine et
de formes élégantes, souvent signés.
Trois tabellae devotmiis, deux écrites en grec. Tune do Sa lignes,
la seconde de 18 lignes; la troisième, mutilée, ne renferme que
quelques caractères latins.
Quelques verreries, plusieurs monnaies, du règne de Domitien,
ce qui date la nécropole, et des bijoux de peu d'inlérêt.
Une dizaine d'épitaphes d'esclaves et d'affranchis de l'empereur.
J'ai découvert, en outre, deux petites mosaïques qui ornaient
sans doute un caveau funéraire postérieur à la nécropole des offi-
ciâtes : elles ont été mutilées également par les premiers fouilleurs,
et cela est d'autant plus regrettable que le sujet de l'une d'elles se
rencontre pour la première fois en Afrique : elle représente un
fleuve, couché à demi, le Tibre ou plutôt le Nil, ayant à ses côtés
une outarde (la tête manque), et entouré d'amours portant des
corbeilles de fruits et d'épis. La seconde représente simplement
un calathus rempli de fleurs et de fruits.
A quelques centaines de mètres de mon chantier de fouilles, et
de l'autre côté de l'amphithéâtre, dans la direction de Douar-ech-
chott, j'ai fait pratiquer un sondage dans un terrain rempli de
ruines informes, d'oii l'on a retiré dans ces dernières années un
grand nombre de débris de sculptures. Mes recherches ont amené
la découverte d'une belle statue de femme, un peu moins grande
que nature (1 m. ko), et presque intacte. Il ne manque que les
mains et les attributs qu'elles tenaient (^).
C'est une statue de l'impératrice Julia Domna, vêtue en Muse, à
ce qu'il semble (pi. XII). Le portrait est nettement caractérisé par
la coiffure et par la ressemblance des traits du visage avec les nom-
breuses représentations figurées déjà comme de l'impératrice. Elle
est vêtue d'une longue robe tombant jusqu'aux pieds et ceinte à la
'') Voir ci-dessus, p. 1/17, ce qui a été dit de cette découverle par M. Salomnu
Reinach.
— 155 —
taille d'une large ceinture avec le croissant; elle porte en écharpe un
baudrier, analogue à celui de la prêtresse d'Isis que figure un bas-
relief du Muse'e de Chorchel; il soutenait sans doute une cithare.
La tête est surmontée d'une sorte d'aigrette, mutilée aujourd'hui,
caractéristique des Muses dans la sculpture impériale. La statue
est dès à présent installée dans la chambre des femmes au Musée
du Bardo.
Presque à côté de cette œuvre d'art se trouvait un masque de
théâtre en marbre blanc, tenu par une main de femme. C'est sans
doute un fragment d'une autre statue de Muse, comique ou tra-
gique. Ces deux statues ornaient peut-être les abords de l'amphi-
théâtre, qui est très rapproché du terrain des fouilles.
P. Gauckler.
INSCRIPTIONS INÉDITES
DE L'ALGÉRIE,
PAR M. S. GSELL,
Professeur à T École des lettres d'Alger.
Presque toutes les inscriptions publie'es ci-après ont été copiées
au cours d'un voyage que j'ai fait, en 1896, dans les départements
d'Alger et de Constantine. Ma tâche a été beaucoup facilitée par la
bienveillance que j'ai trouvée partout; je dois en particulier ex-
primer ma reconnaissance à M. l'abbé Delapard, curé de Tébessa,
qui, outre de nombreuses indications sur les antiquités de cette
ville et de la région environnante, m'a donné quelques copies d'in-
scriptions encore inédites.
1. — Fragment que M. l'abbé Delapard m'a dit provenir des en-
virons de Tébessa, actuellement dans la cour de l'église. La pierre
est brisée après la seconde ligne. Hauteur des lettres, o m. 0^.
SATVRNO • AVG
VMBVBALIO
Saturno Aug{usto) Umhuhalio. . .
Ce dernier nom paraît être géographique. Cf. les qualificatifs
de Sobarensis, Neapolitanus , Balcaranensis donnés au même dieu (^'.
2. — Tébessa. Fragment conservé au musée. Hauteur des lettres,
o m. 9 et o m. o3. La pierre est brisée en haut et à gauche.
SiSENT IV S
SV-S-L-A-
•DONATVS-ID
CR
. . . Senlius . . . v(otum) s{plvit) l{tbens) n{nimo) . . . donaitis ,
id\emque conse]cr{avit?)
"' Toutain, Do Satnrni dei cultu , p. 3i.
— 157 —
3. — Tébessa. Dans la cour de l'ëglise. Hauteur, i m. 60; lar-
geur, o m. 58; hauteur des lettres, o m. 06.
QJ^ LVTATIVS ^ Q^F
QVIR ^ VIATOR <ï> AVT
MIL ^ LEG y III AVG
.)PLAETORI ^ VIX
AN ^ XXV ^ MIL AN III
T ^ FLAVIVS ^ ) NASbl
ET0C^IVLQt')BRVTlîN
HER M ^ P
(J[umlu.s) Lutatim, Q{uinti) /(ilius), Quh-iina), Viator, Aut(rico), inU{es)
lcg{ionis) ni Aug{ustae), (centuria) Plaetor{(f) ; vixijt) an(nts) XXV, mit(i-
tavit) aii(im) III. T(iius) Flavius, (ceiiltirin) Nnstdi(t) et C(aius) Jul{ius),
(cenluria) BruUieni, hcr{edes) m{onumentum) p{ostierunt).
On connaît un assez grand nombre de soldats de la 3" légion,
au i'^'" siècle, qui e'taient originaires de Gaule ^^K L'un d'eux , Q. Julius
Dioratus, dont Tépitaphe est certainement contemporaine de la
nôtre ('^), e'tait à'Autr{iciim). Cette ville (Chartres) était peut-être
aussi la patrie de Q. Lutatius Viator.
4. — Tébessa. Acluellemenl dans la cour del'e'glise. Inscription
très mai gravée sur un fragment de corniche. Hauteur, o m. 60;
largeur, o m. 21.
C • IVLIVS • C
• FILIVS
C^V I K I N A •
L VGV
D V NO LVS
• A V
G V S T I D
V N
) VALIIRI FIDIILIS
VIXIT • ANIS • LV
MILITAVIT
•ANIS
XII-HIIRIIS
•IIIVS
SFATIVS POPIVS
SATVRNINVS
) IIAOIIM-LM-T-C
i'J Cf. Corp. iiiscr. lat. , t. VIII, n" iGSig et suiv. ; Cagnat, L'armée romaine
d'Afrique , p. 353.
(-' Cf. Corp. iusa: lut., l. VIII, a" 1876. La rédaction est ia luénie et le même
centurion Nasidius y est nommé.
— 158 —
C{aius) JuHus, C{ait) filius , Quirina, Lugudunoks, Augustiduno, (centuria)
Valen{i) Fidelis; vixit an{n)is LV, militavk an(n)is XXII. Hères ejus Sta-
tius (?) Popius Saturninus, (centuria) eadem, l{ibens) m{ento) t[ilulum)
c{onsecravit).
L'interprétation des dernières lettres n'est pas certaine. On con-
naît déjà un autre légionnaire de la IIP Augusta originaire d'Au-
gustodunum (Autun) (^'.
5. — Tébessa''^*. Actuellement dans la ferme de M. Cambon,
en dehors de la porte de Constantine.
D M S
M • I V L I V S
\ S T AT l AN V Wm
VETRANVS Q
5 VI M I L I T AVI T
IN PAN N O N I A
IN P R r M A I V I R
CE OVl PRESVSIs (sic)
T ANN XXV IVLIA
10 ilLIA SECVPA H El F (sic)
iCIT H S E
D{is) m{anibus) s{acrum). M(arcus) JuHus Istatia7iu\s], veteranus, qui viili-
tavit in Pannonia in prim{a) A{d)iu{t)r[t)ce , (q)ui. . . ann(is) XXV. Julia
[f?]ilia, Secu{r)a, h{eres) ei {1)f[e\cit. H{ic) s[itus) e{st).
Le vétéran nommé dans cette inscription incorrecte avait servi
en Pannonie, dans la I" Adiutrix, qui séjourna à Brigetio (Panno-
nie supérieure), à partir du ii" siècle de notre ère. Je ne comprends
pas la ligne 8. A la fin il faut peut-être admettre une interversion
et expliquer : Julia Secura Jîlia (et) li(eres).
6. — Tébessa. Fragment déposé au musée.
. Qjf» ALAn Qi- L
X TEST<ï'
. . .[e\q{ues) alae[. - .e]x tesl(amento).
t') Corp. inscr. lat., t. VIII, n° i655o.
'^) Suivant un autre renseignement, cette inscription proviendrait du vieux Té-
bessa ou Tébessa-Khellia. {Corp. inscr. lat., t. VIII, p. i590.)
— 159 —
7. — Tébessa. Fragment de stèle, au muse'e. Au-dessus de
l'inscription , un banquet funèbre , où le mort est représenté couché
sur un lit.
MVS • VITA
R A N V S
V-A-LXXX
R.IA- MA
GRAVIT
. . .ius Vita[lis , vete\mjius . . . v{ixii) a(nnis) LXXX . . .ria
Ma. . . \conse\a'av{l.
8. — Tébessa. Encastré dans une maison appartenant à
M. Cambon, en dehors de la porte dite de Solomon.
^î M ^ S <5!'
wMmmmmA\.\y'=> gae
[\mMCVS QVI ET PISTCR
V A XXIIII M VIIII L CAECI
LIVS GAETVLVS PATER ET
CAECILIA SPESINA MATER
FILIO PlISSIMO FECER
H Ç!' S «^ E
[Z)(ts)] m{anibus) s{acrum) [. . . Caec]ilius Gae[t\u[li\cus , qui et Pistor, v{ixit)
aimm) XXIIII , m[cusibus) VIIII. L[ucius) Caecilius Gaetulus pater et
Caecilia Spesina mater jîlio piissimo feceiiiint). H{ic) s{itm) e(st).
9. — Téjbessa. A la basilique. Au-dessus de l'inscription , buste
d'homme. La pierre est brise'e en bas.
M • EGNATIVS
M F Qî)^^IM^Pv•^^
Miarcus) Egnatim , M[ai'ci) /(ilius) , V index, v[ixit'l). . .
10. — Tébessa. Fragment d'un autel, à la basilique. Pierre
brise'e à gauche et en bas.
D M S
ERVCIVS
XliANN
Dits) m(anibus) s{iicrum) . . . Erucius , [m\xi\t\ ann[is\ . . .
— 160 —
11. — Tébessa. Caisson, au musée.
D M S
F-FEIX-V-A-XIIII
M-V D-X-VIIII
F • LiXESTINVS ^
FILIO-KARISIMO
FECITç^
D(is) laiaidbus) s{acrum). F[lavius?) Fe{l)ix , v{ixit) u[nms) XII II, Véii'nsi-
bus) V, d{iehus) XVIIIl. F{lavius?) Lixestinus (?) — ou F{e)Ux . . —
jilio hans(s)imo fecit.
12. — Tébessa. Stèle, dans la cour de l'église.
DyMySACRÇî'
Q^'HELVIVS-SA
TVRNINVS PIVS
VIXIT • ANNIS L HSE
HELVI ' F ' OMNES • CV
RA CORNELI • OPTATI • F C
D[is) m[anibus) sacr(um). Q(uinlus) Hekius Saturninus pius vixit anuis l..
H{ic) s{tlus) e{st). Hek{{{) f{ilti) omnes, cura Corneli{i) Optati, J\acien-
dum) c[uravei'unt).
13. — Tébessa. Caisson, dans la cour de l'église.
ilIliA-XXXX-HOR
^ESIVS- GEME
LLVS • V • K • F •
[D(ts) m[ambus) sÇacrum) . . . ]sia Quin[ta v{txit)] a{nnis) XXXX.
Hor\t\e{n)sim Gemellus n[xori)h[arissimae) f{ecit).
— 161 —
14. — Tébessa. Chez M. Gambon. Petit autel.
D M S
IVLIVS ELI
ANVS PVC
N E V S VI
XI T AN O
S FELI
CITAS
A/VOS XXXV (sic)
D{is) m[anibus) siacrnm). Julius [A\cltatius Pu{g)neus (?) vixit an{n)os.
Félicitas (yixit) aH(n)os XXXV.
L'âge do l'homme n'a jamais été gravé et les mots Félicitas, etc.
ont été ajoutés après coup.
15. — Tébessa. Caisson, dans la cour de l'église.
D M S
C IVLIVS lA
NVAR IVS
V A XXXX PRI
MA VXOR FEC
D{is) m(anibus) s{acmm). C{aius) Julius Januarius v{{j;it) a(nnis) XXXX.
Prima uxorfec[it).
16. — Tébessa. Caisson, dans la cour de l'église.
D M S
M IVNIVS Vie
TOR V A LXXX
lANVARIA CON
I V G I F hSE
D{is) m{anihus) s{acrum). M{arcus) Junius Victor v{ixil) a{Huis) LXXX.
Januaria coniugif(ccit). B[ic) siilus) e{sl).
ARoiiiîouxii::. i i
— 162 —
17. — Tébessà. Caisson, dans la cour de l'église.
D M S
IVNIA OPTA
TVLAV-AXXXV
hERENNIA lANV
ARIA FILI FEC {sic)
h S E
D{{s) m{anibus) s{acrum). Junia Optatula v{txit) a{nnis) XXXV.
Herennia Januaria Jili{a) fec{it). H{ic) s{ita) e(si).
18. — Tébessa. Plaque de o m. 65 de longueur et o m. h^ de
hauteur, au musée. L'inscription est enferme'e dans un cej-cle.
D M S
MECATIA
VIXIT A
NNOS
XXXII
D{{s) m{anibus) s{acrum). Me{g)atia (?) vixitannos XXXI I.
19. — Tébessa. Dans la cour de l'église. Au-dessus de l'in-
scription, un enfant debout; un autel à sa droite.
P-SCï IBONIVS D ^ F
(sic) HhESTVS<J!>PIVS<2' VIXIT
ANN (Î^VU^M^V ^
(sic) H S H Qt- S <J^ E
P{ubhus) Sc[r]{bonius , D{ecmi)f{ilius), Festus pins vixit ann{is) VU,
m[ensîbus) V. H{ic) s[{tus) e{sl).
Au début de la ligne U, les lettres H et S sont sans doute le
commencement de la formule H S E, répétée ensuite tout entière
par erreur.
— 163 —
20. — Tébessa. Stèle, dans la cour de féglise. Au-dessus de
i inscription, guirlande.
D M SS
C • VALQi>VALE
Ri A N VS-V I
X t A N NI S
LX V AL E RI
V S V A L E
N S P A T R I
K ARI S S I M
O F E C I T
H S E D
D{is) m{anibus) <«>''■ s{acrum). C{ams) Val(erius) Valerianm vixit annk LX.
Valemis Valens patri karissimo feciu H{ic) sÇitus) e{st) . . .
21. — Tébessa. Dans la cour de l'église.
D M S
V E L L E I A
RESPECTA
VIXIT ANNIS
L H S E NOVE
LLIANVS F MATR P F
D{is) m{anibus) s{acrum). Vellcia Respecta vixit annis L. H{ic) s{ila) e{st).
Novellianusf{ilius) matr{î) p{iissimae)f{ecit).
22. — Tébessa. Caisson, dans le jardin du camp des zouaves (^).
D M S
C V I B I V S
CELER
V I X I T A N
XX H S E C VIBI
VS NOVELLVS FR P
FECIT
D{is) m{anibus) s{acrum). C{aius) Vibius Celer vixit an{nis) XX..
H{ic) s{itus) e{st). C{aius) Vibius Novellus fr{atri) p{iissimo) fecil.
C) On a seulement commencé ia gravure de cette lettre , puis on Ta reportée
plus à droite.
W Cf. Corp. inscr. lut., t. VJII, n° i6566.
— 164 —
23. — Tébessa. Fragment, dans la cour de l'église. Hauteur des
lettres, o m. 026.
+ IN AEO V
C A 2 T I MCI
Ll^ V I C T
In Deo v[was\, casttmo\n{a]Us Vtct\oria\l
24. — Tébessa. L'inscription est gravée sur deux dalles du pa-
vement de l'atrium de la basilique. Hauteur des lettres, o m. 11.
'^mmi:miiis EXTI^c
mm^t GRATi ssi
^i^ / I R G o e»
^i^ B 1 C A O V O D
NOMEN SEMPeR
U i ASTRA VIGET0
yWDES IN EXCEL
SIS TALIBVS EREP
TA TENEBRIS ^
CVM TIBI PERPE
TVA REDDITVR
ALMA DIES -<<gc-'-
\Hic {ac\es eœttnc[ta , Patr?\i gmtisst\ma\ virgn ,
[U\rbtca, quodnomen semper [in\ astra vigct!
Laudes in excelsis talibus ercpta tencbris,
fjum tibi perpétua redditur aima dies !
La forme des lettres indique plutôt le V siècle que le vl^ Les
mots Laudes in eœcelsis semblent bien être une réminiscence de la
formule Gloria in excelsis, début du Cantique des anges, qui fut in-
troduit dans la liturgie romaine vers le second tiers du v^ siècle (^l
Si la date que nous assignons à notre inscription est exacte, ce
cantique se serait répandu en Afrique très peu de temps après.
('^ Voir Duchesne, Culleciion du Musée Alaoui, p. A7.
— 165
25. — Tébessa. Dallage de l'atrium de la basilique. Inscription
oisine de la préce'dente. Hauteur des lettres, o m. ik.
III C REOVIE
BII IN PAGE
M A R T I I I A
N A V I RGO
D I O S A C R
TA DP II K I
Hic requiebit in pace Marti{a)liana , virgo Deo sacr[a)ta, d(e)p{oslta)
II k[alendas) i[anuartas ou untas ou ulias).
26. — Tébessa. Dans la cour de l'église. Largeur, o m. 70;
hauteur, o m. 89; hauteur des lettres, o m. o5.
+ IC REQyiEVIT AXIDO
CVM XPÔ QVE VIXIT
IN PACE ANNIS XIIII
AEPS XSI KL IVLIAS
INAICTIONE SEC W
AA
{H)ic requievit Axido cum (Christ)o, que [=qui) vLvit in pace annis XIIII.
Dep{ositu)s XVII k{a)l{endas) Iulias, i)idiciione secunda.
Ce nom d'Axido était aussi porte' par un des chefs des circoncei-
lionst^'.
27. — Tébessa. Dans la cour de l'église. Hauteur, o m. 65;
largeur, o m. 61; hauteur des lettres, o m. 06.
+ HIC RE QV I E B I T
BONE MEMORE NO (-s/c)
NNVS • IN PACE BIXIT
ANNOS-V-MENSES-
OECE • DEPOSITVS
XII KUAVGVSTASÇ&
Hic requiebit bon{ti)e memor{ia)e Nonnus; in pace biaàt annos V,
menses dece{^ni); depositus Xll k(a)l(endas) augmtas'-\
'^' Opiat, De schismate donatistarutn , III, li.
'-^ (il., pour les formules, C<:rp. inscr. Int., t. VIII, n°' i6656 et suiv.
— 166 —
28. — Tébessa. Dans la cour de l'église. Hauteur, o m. 65;
largeur, o m. 27; hauteur des lettres, m. o3. Au-dessus de Tin-
scription, croix monogrammatique dans une couronne.
PET ROI A
VICSIT
QVADEIV {sic)
1 PAC E (sic)
DIES
"x ^
Petro(n)ia (?) vicsit. . . (in) pace dies X.
A la fin, la feuille de lierre est douteuse.
29. — Tébessa. Dans la cour de l'église. Console (longueur,
1 m. 4o; largeur, o m. 55), sur laquelle on a ensuite grave' cette
inscription chrétienne. Elle est enfermée dans une couronne, et au-
dessous se voit une rosace. Hauteur des lettres, o m. o^.
t
ERIT
IN PACE
SEPVLTV
R/ EIVS
Erit in pace sepultura eius.
Cette inscription était peut-être comple'te'e par une autre pierre,
donnant le nom du mort.
30. — Tébessa-Khellia (^'. Inscription dont la copie m'a été'
donnée par M. l'abbé Delapard.
D M S
M • ANNIVS • M •
F • PAT • SERAN
VS-V-A XVIII- M-
XI -D-XIIH-S-E
DÇisi) m{anihus) s{acrum). M{arcus) Annius, M{arci)' /{ilius), Pa[p{iria)],
M Cf. Corp. inscr. ht., t. VITI, p. 1.590.
— 167 —
Semnus v{ixit) a{nnis) XVIII, m{ensibus) XI, d{iebus) XII. H{ic) s{itus)
e{st).
31. — Ksar-Gourai (^'. Copie de M. Tabbe' Delapard.
S
VITELIA lA
NVARIA V
A XC FECE
RVNT CINITIVS ET
SECVNDVS FH
[D{i*)] m{anibus) s{acrum). Vitel{I}ia lamaria v{ta:it) ainnia) XC.
Fecerunt Cinitius et Secundus Ji[l{ii)\ '^'.
32. — Henchir-Kissa'^^.
D M S
CAMER.I
VS'DATVS ■ f.0(\
VIXIT-
ANIS • LX •
C RVSTICA
{sic) VXOXOR FE
D{is) in{anibus) s{acrum). Camerius Datus vixit an{n)ts LX.
C. . . Rustica u(xoyxorfe{c{t).
33. — Henchir-Kissa. Copie qui m'a été remise par M. l'abbé
Delapard.
D M S
E L A V I A I A N (sic)
IANVARIA<¥.VAQ&
XXI ^ H Çf' S «Jf» E
D{{s) m{anibus) s{acrum). [F]lavta <^Ian) lanuaria v(ixit) a{nnis) XXI.
H{ic) s{tta) e{st),
(') Cf. Corp. inscr. lat., t. VIIT, p. iSgs,
(^' Pour le cognomen du premier des fils, cf. Corp. inscr. lat. , t. VIII, n" '4807,
ligne 4 , où il faut lire CHINITHI (génitif).
^'' Cf. Corp. inscr. lat., p. 1598.
— 168 —
34. — Henchir-Kissa. Caisson.
D M S
miVLivs
lANVARI
VSVIXAI
XXXVIWl
D{is) m{amhus) s{acrum) . . Iulius îanuarius vi{xit) a[n(n{s)\ XXXVI. . .
35. — Henchir-Kissa. Copie communiquée par M. Delapard.
D M S
IVL MAM
' ARl VIX
IT XXXI
D(is) in{amhus) s{acrum) Iul{n) Mam{m)an{t) ; vixit (cmnis) XXXI.
36. — Henchir-Kissa. Copie communiquée par M. Delapard.
D M S
IV LIA
SATV
R N I N A s,
V X A L«X {sic) ' ""
D{is) m(anibus) s{acrwn). Iiilia Satumina v(i)x{it) a(nnts) L[X]X.
37. — Henchir-Kissa. Caisson,
D M S'
OLIA RVS
TICAVALXXI
M X D XI
H S E
D{is) minnibus) s{acrum). Olia Rustica v(ixit) a[nnis) LXXI, m{enstbus) X,
ddebus) XL H(tc) ii(ita) e(st).
— 169 —
38. — Henchir-Kissa. Copie de M. Delapard.
D M S
P O P I L I {sic)
S E CVN
D E <ï> V
IXIT ANI
XLV
D{{s) m{anihus) s(acrum) Popilt{ae) Secund{a)e ; vixit an{n)i{s) XLV.
39. — Gastal'^^ Pierre brisée à gauche.
D yM V S Y
GALLAQ&
CLiANAvVI
ANyXIIIv
yIvPARESTES
^OSVERVNT
mis) m(anibus) niacrum). GiiUa \Eu?\cliana rtf.r(?V)] an[nis) XIII,
\in(ense)] I. Parentes posuerunt.
40. — Henchir-Torrecha'-). Caisson.
D M S
GEMI
NIA D
O N A
TA VI
XIT AN
L X V
D M S
A 1
VIX- A
N-LXX
D{is) m{anibus) s(acrum). Geminia Donata vixit an{nis) LXV.
D{is) m{anibus) s(acrum) . . . vix(it) an[nis) LXX .
t'^ Cf. Corp.imcr. laU, l. VIII, p. aZia.
W Ihid., p. iSgS.
— 170 —
41. — Henchir-Torreoha. Stèle.
D M S
I V L I V S
D I O N I
SIVS VIXS
IT ANNIS
LXXX
D(is) m{anibus) s{acrurn). Iulius Dion[y)sius vix^syit annts LXXX.
42. — Hencbir-Torrecha. (laisson.
D M S
SAL LV STI
VS BARIC
VIXIT AN
NIS LXXV
H • F E C
D(is) m[anibm) s(acrum) , SaKusttus Bartc vixit annis LXXV.
H[eres) feciit).
43. — Henchir-Torrecha. Borne miiliaire, haute de i m. 5o.
Hauteur des lettres, o m. o5.
D N i'«AV
lO CLA^^DI
O CONSTA
NTIO NOB
AV G
D{omino) n{ostro) [Fl]avio Cla[u]dio (lonstantio, mhiilissimo) Aug(usto).
Inscription de Constance II, fils de Constantin le Grand. Cet
empereur se nommait Flavius Julim Constantius, mais le nom de
Claudius lui est parfois attribué par erreur*^).
A côté de cette borne en gît une autre , illisible. Elles apparte-
naient à une route qui, partant de Tlieveste, prenait la direction
du Nord, vers Tipasa et Hippone. La table de Peutinger indique la
(" Voir GspH, Recherches archéologiques en Algérie, p. 9 5fi fil 288.
— 171 —
première partie de cette route jusqu'à Vatari (Fedj-Souioud) : The-
vesie, XV; Mova, xii; Vasampus, xx; Flavia Marci, xvi; Vatari. Les
stations de Mova, de Vasampus et de Flavia Marci n'ont pas encore
e'te' identifie'es avec certitude. Unç bifurcation conduisait à Madaura
et à Thagaste.
44. — Henchir-Fouagha'*'. Bas d'un autel.
X • PRIMV
S COIVG
F E C I T
. . . \via;it annts] ... X. Primus co(n)iug[t\ fecit.
45. — Petit autel (hauteur, o m, 34), trouvé à 6 kilomètres de
Tébessa sur la route de Constantine, maintenant au Musée.
I V L I A
BON OSA
VOTVM
SO«VIT
Julia Boivom votum so\l]vit.
46. — Yoiiks {Aquae Caesaris) (^K Trois fragments. Le troisième
est brisé à droite. Copie communiquée par M. l'abbé Delapard.
a b c
BEATISSIMIS
SIMORVM AVG STOR QVE NOSTRORVM
FASCALIS TRO'^ /INCU \E NVMIDIAF IN
OPERAM SVMT IBVS SV S PRAEBENTES E
Beatissimis \teinpnribus dominorum? . . . principum? invictis?]siînorum Au-
g[u\stor{uni)que nostrorutn. . . [coiisularis sex] fascalis provineiae Numi-
diae . . . operam sum{p)tibus su\i]s praebentes . . .
Inscription qui appartient à peu près au dernier tiers du
IV* siècle. Elle prouve qu'à cette époque la ville d' Aquae Caesaris,
située à i8 kilomètres à l'ouest de Théveste, faisait partie de la
(') Cf. Corp. imcr. lat., t. VIII, p. 159/4.
(-' Ibid., p. 1 597.
— 172 —
province de Numidie, tandis que Theveste était en Proconsu-
laire. Henchir-Metkidès , situé au sud-ouest de Youks, se trouvait
aussi en Numidie '^l
47. — Youks. Table.
u M :>
INNOCENS EMILIA
NVS VIXIT MENSES
OCTO DIES TREDECI»
DECESSIT OCTAV IDVS
APRILES
D(is) rn{anibus) s{acrum). Innocens [A)em{lianus vLvit menses octo,
dtes tredect\în]. Decessit (die) octav{a) idus apvilea.
48. — Youks. Autel.
D M S
L • P O N T I V S
lAHIN VIXIT
ANNIS ^ LVIIII <?>
MENSES III DI
ES <;^ XX
L PONTIVS SI
L V A' V S F I LI
VS FECIT
D(is) m(anibm) s(acrum). L(ucius) Pontiiis Iahm(us) vixitannis[=annos)LÎX,
mensesIII, dies XX. L{ucius) Pontius Silvanusflius fecit.
49. — Youks. Fragment, dans la porte du fortin byzantin.
VALENS viAU A
I I
. . . Valens vixit a\nnis\. . .
>'' Corp. inscr. lat., I. VIII, n" 9196.
— 173 —
50. — Youks. Table longue de o m. ()6, large de o m. 60.
ONORATA BENE
V I X E R E
P E R
A N N Z
I I IX
SEPVLTA IIII KL
M A
I A S
ANNO SI
[H)onorala bene vixere [! = vixit) per annos VII;
scpuha IV k[a)l(endas) matas , anno VIL
J'ignore quelle est cette ère; peut-être celle de la leprise de
l'Afrique parles Byzantins, en 53/i(^', ou quelque année du règne
d'un prince vandale (^^, — à moins que ce ne soit une nouvelle
indication de l'âge de la morte.
51. — Yoïiks. Table. L'inscription est enferme'e dans un cercle.
MEMORIA DVLCIS
IMAIS riLIAIS MEA PL
ABANA PATER FECIT BIC
SIX ANIS un MEN XII D
lES XVII ORE VII
Memoria dulcis{s)imais filiats mea(is) Flab{i)ana(is) ''' (= Flavianae). Paler
fecit. Bicsit [=vixît) an(n)is IV, men[sibtis) XII, dies (=diebus) XVII,
ore (= horis) VIL
'1' Cf. Corp. inscr. lut., t. VIII, n° 59 09.
1-' Voir aussi Corp. inscr. lat., n" 11198 (inscr. de Lamta), où ou lit anno
XXVIin. M. Moramsen y voit la vingt-neuvième année du règne de Valenti-
nien III(Zi53).
(^' Pour celte forme de génitif en nis, cf., par exemple, Mélanges de l'Ecole de
Rome, t. XIV (1894), p. 58o, n"' /17 et k%.
— 17/1 —
52. — Henchir-el-Hamacha(^'. Actuellement chez M. Camboii,
à Tébessa. Table longue de o m. 5o, haute de o m. 32. Hauteui'
des lettres, o m, o35. Dans un cadre à queues d'aronde.
SATVRNO DM
N AVG SVRDIVS
SOLVTOR DE SV
N TEMPLVM
RENOVAIT
BOB
Salurno D{o)tn(t)n{p) Aug(usto). Surdius Solutor de sun(tu? = sumptu sm?)
templum renova{v)it. Bob . . .
Je ne comprends pas les dernières lettres.
53. — Bas d'une borne milliaire, entre Youks el Aïn-Gaga, à
6 kilomètres de Youks, direction de rOuest'^l
\V G
XVI
Cette borne était placée sur la route qui allait de Theveste à
Thamugadi et qui est indiquée par la table de Peutinger : Theveste,
VII (corr. \n); Ad aquas Caesaris, xvi; Ad Mercurium, ix; Ruglata,
x; Ad Germani, vi; Ad Cazalis, x; Zyrnas Maseli, xiv; Vico Aureli,
XVIII ; Livimia, v; Popleto, ix; Thamugadi ^^\ La route est encore
parfaitement visible en plusieurs endroits, entre Youks et Aïn-
Gaga.
Nous avons parlé ailleurs de la partie de cette route qui avoi-
sine Thamugadi t'). Entre Theveste et Youks, elle passait par Aïn-
Ghabrou, comme Wilmanns Ta pensé avec raison, et les milliaires
n"' 10166-10172 du Corpus lui appartiennent. Il est très probable
'■' Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, p. 1697.
--) Ibid., n°" 1017.3 et 10174, trouvées au même endroit.
(s) Voir Tissot, Géographie de la province d'Afrique, t. II, p. ^79 et suiv.
W Voir Mélanges de V Ecole française de Rome, t. XIV (1894). p. 3o-33.
— 175 —
du reste que, dans ie voisinage immédiat de Theveste, elle se con-
fondait avec la route de Theveste à Cirta. La bifurcation devait se
faire à quelque distance au nord-est de Youks.
Une autre route entre Theveste et Thamugadi est indiquée par
l'Itinéraire d'Antonin : Theveste, xxii; Tinfadi, xx; Vegeseîa, xviii;
Mascula, etc.
Nous pensons qu'elle passait par ie Trik-el-Karreta, par Hen-
chir-Gosset et au-dessous de Ksar-Tibinet, lieux que nous avons
visités. Les vestiges d'une route y sont très apparents el nous ne
croyons pas, quoi qu'on en ait dit'^^, qu'il faille y voir un chemin
d'exploitation. Nous avons, en effet, retrouvé des restes de bornes
miiliaires à Henchir-Gosset et au-dessous, près de la source d'Aïn-
Saharidj ('^' ; l'existence de ces bornes indique naturellement une
voie de grande communication.
A Ksar-Tibinet, il y avait une forteresse romaine, de bonne
époque, transformée plus tard en huilerie; elle surveillait la route.
Au delà de Ksar-Tibinet, le tracé serait à étudier (^'.
54. — Aïn-Gaga (*l Dans un fort byzantin. Fragment de borne
milliaire.
D N FL VALENTl
i\NOi
lU
AVG
XVII
D{omino) n{ostro) Fl(avio) Va(enti[ni\am [Pio Felice] . . .
Aug{mto) — XVII.
<^' Moli, Annuaire de Consluntine , 1 858-1 869, p. 87-88; Seriziat, Bulletin de
r Académie d'Hippone, t. XXII, p. 3i. Bosredon, Rec. de Constantine, 1876-1877,
p. 887, y voit, comme nous, la route de Theveste à Thamugadi. (Cf. Tissot, t. II,
p. 5o5.)
^^' Malheureusement l'un de ces miiliaires est fruste; les deux autres sont en-
terrés et nous n'avions pas les instruments nécessaires pour les dégager.
(') Voiries observations de Bosredon, Rec. de Consluntine, 1876-1877, p. 888
elsuiv. (Cf. Tissol, l. II, p. 5o5.)
W Dans la montagne , à 7 kilomètres et demi à l'ouest de Youks. »
— 176 —
La seconde moitié de ia première ligne et les lignes 2 et 3 ont
e'té gravées sur une inscription antérieure martelée.
55. — Halloufa (^). Inscription dont la copie m'a été communi-
quée p^r M. l'abbé Delapard.
D M S
O C T A V I A
C E L S I N A
V I X I T A^ N k
SECVNDvS C S P
D{is) m{anibus) s(acrum). Octavia Celstna vixil ann{is) LX.
Secundus c{oniugt) s(uae) pipsuit).
56. — Taoura ( Tagura). Actuellement au bordj d'Aïn-Guettar.
Croissant.
Femme.
D M
PRIMA ZABO
N I S S I LA NI
F V IX I T • A N
N IS • XXXV
I I S E
M • L A E LI V S
Croissant.
Homme en toge.
S
M N A M P H'«?
M O N I S R O
G A T I • F ■ VI
XIT • ANNI^
L- H S E
• M A R TI A LI S
HERES CARISSI
D[is) m[ambus) s{(icrum). Prima, Zabonis Silani f{ilia) , vixil annis XXXV.
[Hic) s(ila) e(st).
M. . ., ]^ amph\a\monis Rogati /(ilius) , vixit anm\if\ L.
H(ic) s(itus) e(st).
M(arcus) Laelius Martialis hères carissim[is\.
, '') Cf. Corp. inscr. lat., t. Vlll, p. lâçjS.
— 177 —
57. — Mdaourouch [Madaura). Actuellement au bordj de Se-
drata ^^\ La pierre est brise'e à droite.
D M(^)
QUISQUIS ES iNh \J\L
CUIUS HOC NmMEN WMm,0
CAT PERBREUI DISCES HOC MORA E>
EXCELLEWMTl GENERE mT ADmiCMDlJWM
SEDESQ^CUSTODIENS QUAS SI QUIS \ / iE^
C/\ICUPID1NE CmCOSTM-^mE QUOS PATER BKEim
ii.ULLI IliC lUUENES NUTRIUIT ET ARTE POLLE^
ELYSIOS CELEBRES CAMPOS CARi CONIUNGI AM
SEXIES HUIC DECIMUM SPATIUM COM"
(s«c) TUTATO HEC MONIMEN^ ^ ;^^n
M U î C ;
Épitaphe en quasi versus.
58. — Mdaourouch. Inscription dépose'e au bordj de Sedrata (^).
La piei're est brisée eu haut. A la cinquième ligne, il y a un trou
antérieur à la gravure.
WM^^imiO:> :>ERVAKh LAVUtivi SIBI
wmmm&'^E parare bis geminis na
Mi!iIII«MVS PATER SEXSVS VTER
illVS ETENIM TRANS ALPES ET
iNSIIlERIN^ ^'WM>. AD
iS OBITERl^i ;iiviivCORI\ «
M^RIIS QVINQyAGINTA FERE
^.S SI PIRA VIDIT QVAE COLVI
r^lNQVE DEOS DIGESTA PER
rj^^IIVICLPI^IMVS LIBERTVS
m.\.\ONE PATRONO QVEM TE
mmm/lT ISTVI STATVIT MO
mvMM^^myM NOMEN VITE PAG AT HO
WMmmm. w^E K'x QiN E per aevom
''' Un essai de lecture en a été donné dans les Comptes rendus de l'Académie
d'Hippone, 1899, p. xxiv.
^*) Cet M manque actuelleraont, mais je l'ai lu en 1891, lorsque l'on m'a mon-
tré l'inscription dans un champ , au sud des ruines de Mdaourouch.
''' Un essai de lecture en a été donné dans le Rec. de Constanliuc, t. XX VU,
p. 376 et 3i6.
AnClIKOLOGlE. 13
— 178 —
Inscription en quasi versus, qui, si elle était complète, aurait
peut-être Tintérêt de celle du moissonneur de Maktar.
59. — Mdaourouch. A quelques pas derrière Téglise. Table
longue de i m. o5, large de o m. 96, de'couverte par M. le capi-
taine Toussaint, qui a bien voulu me laisser le soin de la de'chif-
frer. L'inscription est dans une couronne, flanquée : en haut, à
droite, d'un rameau; à gauche, d'un plat; en bas, à droite, d'une
aiguière; à gauche, d'un autre plat. Le tout est encadré par des
bandes de palmeltes. Inscription très fruste. Hauteur des lettres,
o m. o/i.
IP]^ AM
FELIX PATER HABES
DIGNA TUAE PREMIA
UI^iOPTIMA CUM RESON/ "^
PERPETUO NOMINE PAMA PRE
(m-j CONIUMQ^TVM MERITO COMMU
i^ ORE ^mmiMKPEK BENIGNA TIBI Q_
mm^mMmrMM\ pectora du m
'wmmmM'm. \ndo cuntis amo
^^^^^M^il P o N I A N U s
Q_FELIX UIX AN
LXXIIII
/ p(er) (Chnstum) a{d) m{e/iora) [???] '^'.
Félix, pater, habes digna tuae pr(a)emta vi[tae],
Optima cum resonat perpétua nomine fama ,
Pr[a)econiumq[ue) tu{u)m mérita commiini are \^probatu\r.
Per benigna tibi q
Pectara dum anda cun{c)iis amo[rem].
. . . \Poin\pomanus , q(^ui)felix vixit an{nis) LXXIIII.
D'après le style des reliefs et la forme des lettres, celte inscrip-
tion n'est pas postérieure au iv^ siècle.
^') Cf. Coip. inseï: lat., t. VIII, n° aaao, p. 9^8 : [C]ur homo miraris{?) D{e)o
juvante meîiora videbis?
— 179 —
60. — Tifech ( Tipasa) '^'.
M D h\ I
SANCtSSIME
PRO SALVTE ET
I N C OLVMITA"E D N
IMP CAES
PII FEL
AVG ET
AVG TCLD D EORVM
P CAECILIVS FELIX
iaC ex ORDINE poN cko
ï\/METTAVRIBO
iDIDIT
M[atri) d{eum) m(agnaé) l{daeae) sancttssm{a)e , pro salule et incolumitate
d{omini) n(ostrt) Itnp{eratoris) Caes(aris) [Severi Alexandri?] Pu Fel{icis)
Augiusti) et [Iuliae Mamaeae?] Aug(uslaé) t{otius)q{ue) d{omus) d(ivinac)
eorum, P{uhlius) Caecilius Félix, sac(erdos), ex ordine poni crio[bo]liwn
et tauribo[lium] . . .
61. — Tifech ('^l La pierre était un dessus de porte; l'inscription
est dans un cadre à queues d'aronde.
CVLTORES • CERERVj
H I Q_y I • I • S • S:
c • I V L I V s • «i,
L-IVLIVS • SATVRNINVS • MARCVS-SaJ
P-IVLIVS-VINDEX-FRONTO-IV|
(lultores Cereru[m] ... Hi qui i[nfra) s[cripti) s(unt). C{aius) Iulius ... ,
L(ucius) Iulius Satuminus, Marcus Sa. . . , P(ubliiis) Iulius Vitideœ,
Fronto, lu. . .
^'' Publiée iiicomplèlement dans le Cùrp. insa-. lat., t. VIII, n° i846.
(^ Publiée incomplètement dans le Corp. inscr. lat., t. VIII, n" 48/17.
— 180 —
62. — Tifech. Stèle , brisée en haut et à gauche.
inVS • MAR
• S A C E R
^ lO VI-VIXIT-
TX • H • S • E •
. . . ilius Mar[t{alis ?] , sacer[dos] Iovi{s) , vixit \annis L'\X.
H{ic) s(itus) e{st).
63. — Tilech. Stèle.
FRONTO
MVTTHVNIS
? ? V A Im
H S E
Fronto, Mutthunisf {ilius) , p[ius) v{ixit) a{nms) LXXXV. H{ic) s{itus) e{st)
64. — Tiiech. Stèle.
F O R T V N i
TA P V B L I /
H S E
Furlun[a\ta Publila\ p{ia) v{ixit) a{nnis) LXXV. H{ic) s(ita) e{st).
65. — Tifech. Stèle, brisée à droite.
DIS MAN
IVLIA TIL
PIA VIXIT
IS • Lxv
H S
Dis man[ibus\. lulia. , . pia vixit \ann]is LXV. H{ic) s{ita) [e]{st).
66. — Tifech. Stèle.
D M S
I V L I A ^
VICTORIA
PI A ^
D[is) in[anibus) s(acrum). lulia Victoria pia. . .
— 181 —
67. — Tilech. Bas de stèle.
PIVS VIXIT
ANNIS-V-
H • S • E
L(ucius) Junius . . . pins vixit annis V. H(ic) s({tus) est).
68. — Tifech. Fragment de stèle.
D M S
MARISA C
T I I
D(t«) m{anibus) s(acrum). Marisa . . .
69. — Tifech. Stèle, brisée en haut et en bas.
S
L Ç> M A
XIMILLAE^
PQi>V^AÇî'XX0HQ&S^E
M A R I V S m O
N O RA
D{{s) m{anihus) s[acmm) . . . Maximillae; pi{a) v{tant) a{nnis) XX.
H{ic) s{{ta) e{st). Marins [H]onora\tus coni{ugt) f{ecit)f\.
70. — Tifech. Stèle , brisée en bas.
D M S
M
PORCIVS
D{is) m{antbus) s(acrum). M{arcus) Porcius . .
D{is) m[anihiis) s(acrum). Sextilta . . .
71. — Kef-Bezioun (Zattara) '^l Fragment. Hauteur des lettres,
o m. i5.
|/1ENTIA DDDJ
[ Cle]mentia d{ominorum) \n{pstrorum triuni)] .
'" Cf. Corp. inm: lat., t. VIII, p. 1689.
— 182 —
Inscription du iv* siècle. C'est peut-être celle qui est publiée au
Corpus, sous le n° 17275.
72. — Kef-Bezioun. Bas d'un autel. Largeur, m. 38; hauteur
des lettres, m. o5.
ORDINE
POSVIT
D D
. . .[afférente?] ordine posuit. D{ecreto) d{ecurionum).
73. — Kef-Bezioun. Bel autel, haut de 1 m. 10, large de
o m. 5o. Hauteur des lettres, o m. o4.
D • M • S •
C • A Q_y I L I
V S TELE
SINVS VIX •
ANNis -cm
EX-ISSACER
DOTIVMGES
GENI-PAT-AN
XXXXIIX • H • S
EST
CASTA-SATV
RA-VXOR-S-S-
VIX • ANNIS
^ L X X • H • S
EST
D{is) m(anibi(fi) s(acrum). C[aius) Aquilius Telesinus vix{it) annis CIII ; e,r
{h)is sacerdotium ges{sii) Geni{i) Pat{rii) an{nis) XLVIII. H{ic) s({tus) est.
— (hstn Satura, uœnr s{upra?) s{cripti?), vix(it) annis LXX. H{ic) s(ita)
est.
— 183 —
74. — Kef-Bezioun. Autel. Sur la face :
D M S
Q_ ASMV
NIVS QVNl
T I A N V S
P I V S
V I X AN
XXXII MT
D VI n
H
D{ts) tn{anibus) s(acrum). Q{u{ntus) Asmunius '"' Quintianus pius vix{tl)
an{ms) XXXII, m{emé) I, d{iehus) VI, [h{oris)\. . . H{lc) [s{itus) e(s/)].
75. — Sur le côte' droit du même autel :
m
m
Wmm.
wwm
D M
iASMVNI
«lATVS PI»
SVS VIX
s
76. — Kef-Bezioun. Fragment de stèle.
D M S
CASSIA
^ICA
D
M VALERIVS
D[is) m(anibus) s{acrum). Cassia [Ur\bica ...
D(ts) mianibm) \s(acrum)\. M{arcus) Valerius Vttal[{s] . . .
■'' Pour le nom propre Asmunius, dérivé du nom d'une divinité punique, ri.
Corp. illier, lût., t. VIII, n" .^3o6 (inscription de Guelma) : Anno sufetatus As-
mutiis.
77.
— 18/» —
Kef-Bezioun. Stèle , brisée à droite.
CORNE
LIA MAX
IM A V
A X X V
H S E
C
E L
N
V-A-
H
Comelia Maxima v{ixit) a{nn{s) XXV. H(ic) s{{ta) e{st) . .
78. Kef-Bezioun. — Fragment d'autel.
ISES VIII
S E
VS- HONORA
VS-EIIVS-PIVS
NIS-XXII
ES II
. .[men]8es VIII. [H{ic)] s{itus) e(sl). — . . .us Honora[tus , filt\us eius,
pius \vixit an]nis XXII, [mens\es IL
79. — Kef-Bezioun. Petite stèle.
HONORATA
CLEMENTIS
F • VIX • AN
XXVIII H S E
Honorata, Clementis f(ilia) , vix{it) an{nis) XXVIII. H{{c) s{ila) e{st).
80. — Kef-Bezioun. Stèle.
M A R C V S
LI CI N IVS
QVINTIANV
S VIXIT A
N I S L
H S E
L I C I N I A
Q_V I N TA
VIXIT ANIS
XXXV
H S E
Mnrcus Lïcimus Quintianus vixit an{n)is L. H{ic) s[{tus) e{st).
Lic'min Quinta vixit. an{n)is XXXV. E{ic) s{ita) e{st).
— 185 —
81. — Kef-Bezioun. Stèle, brisée en bas.
PA
VA LXX
PRISCVS
CLEMEN
. . . v{ix{t) a{nnis) LXX.
Prisca. . .
Priscus, Clemen[tt]s /{tltus) .
186 —
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2
— 187 —
83. — Guelaat-bou-Atfan. — Stèle.
DEXTER
IVSTI • F
V-A-XXI-
H-S-E-
Dexter, lusti /{tlius) , v[ixit) a{nnis) XXI. H{{c) s{itus) e{st).
Guelaat-bou-Atfan. Stèle.
84.
Vid«
I HONO
RATVS A
F R. I C A
NI FIL
VIX AN
XXXX
I(uUus?) Honoratus, AJricani fiî{tus) , v{x{it) an{nts) XXXX.
85. — Guelaat-bou-Atfan. Dans le fortin byzantin, au-dessus
des ruines. Stèle, d'une gravure très nette.
D M S
I V D O
N A T A
VAL
D M S
I V R A
V I X I T
A N O S
LXXXXV
D{is) m[anihus) syacrum). lu{lia) Donata v{ixit) a{nnos) L.
D{is) m{anibus) s{acrum). Iu{b)a{??) vixit m{n)08 LXXXXV.
86. — Guelaat-bou-Atfan. Stèle.
IVLIVS
BALCILEC
IS-F-P-V-A
LXXI
H S E
lulius, Balcilecis /{tlius), p(ius) v{ixit) a{nnit) LXXI. H{ic) «(t'M e{st).
— 188 —
87. — Guelaat-bou-Atfan. Beau cippe.
D M S
Qj IVLIVS • FOR.TVNA
TVS- ROMAN
lANV Q_- IVLI ROMA
NI FILIVS PIVS
VIXIT- ANNIS XX
MEN III
H S E
D{is) m{anibus) s{acrum). Q{mntus) Iulius Fortunatus , Romnninnu(s) ,
Qiuinti) Iuli{î) Romani filins , pitis vixit annis XX, men{sibus) III. H{ic)
s{itus) e{st).
88. — Guelaat-bou-Atfan. Stèle, brisée en bas.
D
I V L I A
M A jvi
F
M
QJ> IV N
I V smi
r" \7 p
D{is) m{anïbus) s{acrum). Iulia Nam[gedd?]e . . . — Q{utntus) lunius. . .
Sur le côte' droit de cette même stèle.
AQVILI
NVS-TV
89.
Aquiliims.
Guelaat-bou-Atfan. Stèle.
S ATVR
NINA
SEVERI
F
lullfinus, Maximi f[ilius) , v{ixit) a{nnis) XLV. H(ic) s(itus) e{si).
Satumina, Sei)eri f{ilia).
IVLIAN
VS • M A
XI M I F
V A V L
H S E
L'âge de la femme n'a jamais été gravé.
— 189 —
90. — Guelaat-bou-Atfan. Petite stèle.
LVCRETIA
TRIFERA
VIXIT-A-XL
V • H • S • EST
Lucretia Trifera vixit a{nnis) XLV. H{ic) s{tta) est.
91. — Guelaat-bou-Atfan. Petite stèle.
QVINTVS
ROGATI F
VIXIT
A N I F
X I
Quintus, Rogati fiilius) ^ vixit an{n)is XI.
92. — Guelaat-bou-Atfan. Stèle, brisée à gauche.
Etoile.
Croissant.
v^ I N • T V S
EX • TRI • FI L
I • V S • V • A
• LX XXVII
Palme.
Croissant.
IV- LIA-RO-
GATI-FI-LI-A
PI • A • V • A •
C I ■ H • S • E
IQjuintus, \D\extn Jil[ius, p\ius v[ixit) a\n[nis)\ LXXXVII.
Iulia, Rogatijilia, pia v{ixit) a{nnis) CI. H{ic) s{ita) eM).
93. — Guelaat-bou-Atfan. Fragment de stèle brise'e à droite et
en bas.
RESTITVTA FL
94.
Guelaat-bou-Atfan. Stèk
Vide.
D
M S
ROGATVS
SATVRN^
NI F P V A
LXX H S E
I)(is) m{anibus) s(acrum). Rogatus, Salurn[t]ni f{itius) .
p({us) vlixit) «(mm/.v) LXX. H{ic) s{itus) e{st).
— 190 —
95. — Guelaat-bou-Atfan. Stèle brisée en bas.
ROGATA
96. — Guelaat-bou-Atfan. Stèle brisée à droite et en bas (^).
Rosace.
Rosace.
D
M
R V F V
S B A RI
(sic) B G ALI S
F I L I V S
VICSIT \/
F O
N
IN
r ^
D{is) m(anibiis) [s(acrum)]. Rufus, Bari[gb)alis Jilius , vicsit an[nis\.
Fo[rtu]n[at\ . . .
97. — Guelaat-bou-Atfan. Stèle.
S P A N A (ï'
A V T R G A I [sic)
S'Ï'F'S^ V I X^
A N <2^X C I^
H S Qt- E Ç!>
Spana, Autr{i?)gais /{ilia), vix{it) an{nis) XCI. H{ic) s{ita) e(sf)'''.
98. — Guelaat-bou-Atfan. Dans le fortin byzantin. Stèle.
Illisible.
Illisible.
Illisible.
SI L V A N E
BARIBALIS
F-VAXXF
H • S- E-
Silvan{a)e, Bari{g)balis f[iliae); v(ixit) a{nnis) XXXV. H{ic) s[ita) e{st).
f Publiée moins complètement par M. Le Breton dans le Bull, archéol. du
C'omite'j'iSgô, p. 3i3.
-' Pour la forme du génitif du nom de la mère, voir plus haut, n" 5i.
— 191 —
99. — Guelaat-bou-Atfan. Stèle.
VRBANVS
FLACI F
VA -XL
H S E
Urbanus, Flac{c)i /{tlius) , v{ixit) a{nnis) XL. H{ic) s{ttus) e{st).
100. — Guelaat-bou-Atfan. Petite stèle. Lettres très nettes.
VRBANA SATVR
VS FILIA FORTV
NA VXR VI AN
I I S XXI
Urbana, Salur{t) fiUa , Fortum{tî) ux{o)r, vi{xil) an{n)is XXI.
101. — Guelaat-bou-Atfan. Stèle.
Hosace.
V R B V I C T
A N A O R Z- F
V I C T P V A
ORIS VLX HS
X V A E
XXX H S
E
Urbana, Victoris ux{or), v{ixit) a(nnis) XXX. H{ic) s(ita) e{sf).
Victor, Z{abon{s??) /(ilius) , p{ius) v{ixit) a{nnis) LX. H{ic) s{itus) e{sl).
102. — Aïn-el-Fras , entre Guelaat-bou-Atfan et Henchir-el-
Hammam. Bas-relief encastré dans un gourbi. Le bas manque.
Hauteur, o m. 22; largeur, o m. 19. Tête barbue d'un art très
barbare. Au-dessus, Tinscriptiou :
MIMA
— 192 —
103. — Seba-Aïoun, entre Guelaat-bou-Atfan et Gueiaat-Sidi-
Vahia. Stèle'^l Le haut est brisé.
VN/
V • A
L XXXX
Vide.
D-M-
S-
Q_V I
N
T ASI V
S • V
A
L X
V
Vide.
. . .For]tun[at. .] v[îxit) a{nnis) LXXXX.
D{is) m{anibm) s{acrum). Quintasius v(uvit) a{nnis) LXV.
104. — Henchir-el-Hammam ou Henchir-Mennah ^^l Stèle,
dans les décombres du tombeau des Flavii^^'^. Belle gravure.
D M S
SERVILIA ^
VRB ANA
VIX AN Qf
NIS XXVllII
H S E
D{is) miunibus) s(acrum). Servilia Urbana vix{it) annis XXIX.
H(ic) s{tta) e{st).
105. — Henchir-el-Hammam. Stèle.
D M S
F lAHP^-i
V A M
I A R A Vide.
V A M
H S E
F{lavius?) Iah[{n{us)1] v(ixit) a{nnis) LXX. lara v(txit) aÇnnis) LXX.
E{ic) s{ila) e(st).
(•' Cf. Le Breton, Bull, ai'chéol. du Comité, 1891, p. 822.
t*) Cf. Corp. inscr. lut., 1. VIII, p. 162a.
(') Bernelie, Revue africaine , t. XXXVI, 189a, p. 'ilib.
— 193 —
106. — Henchir-el-Hammam. Stèle, brisée à gauche et en bas.
D M S
IVL SOLV
OR VIX
NIS
D(is) mianibus) s(acrum). Iul(tus) Solu[t\or vix{it) [an]ms . . .
107.
Henchir-el-Hammam. Stèle. Les lettres sont très nettes.
D M S OR
D M
OROR BA
S OZO VM
Ricins ^
N O Z A RI
S VIXIT A
cxxv
IS LXXXV
H • S
H S
D(is) m((inihus) s{acruin). Ororor, Baric(h)is f{ilia), [viwit anuis] CXXV.
E[ic) s{tta). — D{is) m(anibus). Sozoum, Nozaris (filius), vix'l a(iin){s
LXXXV. H(ic) s{itus).
108. — Henchir-el-Hammam. Stèle.
ROGATA
CAST • F
V • A • D (sic)
Rogata, Qist(i) f{ilia) , v{lxit) a(nnts) C.
109. — Henchir-el-Hammam. Stèle, brise'e à droite.
D ^■
M • VL
DIADV
ENVS-
A-XLV
H I S
Vide.
D(is) m{anibus) \s{acrurn)\. M{arcus) f//[j9(ms)] Diadu[v{\enus
\v{ixit)\ a{nnis) XLV. H(ic) (est) s({tus) ou Hi(c) s(ttus).
110. — Henchir-le-Hammam, Dans la basilique chrétienne.
Archéologik. i3
— 194 —
Paiftie supérieure d'un cippe carré, large de o m. 87. Hauteur des
lettres : ligne 1, o m. o3; lignes 2-i, o m.oi. Los lignes a-ù sont
enfermées dans une couronne.
IN CRISTO PERSEVERES
PATER
DAT • qA
NE I
In C{h)risto persévères ! Pater dat paneim).
111. — A 2 kilomètres à l'ouest d'Henchir-el-Hammam , le long
de la voie romaine qui conduisait à Oum-Gueriguech. Stèle.
D M S
L CASSIVS
P R I M V S ('aché sous terre.
P • V • A
LXX H S
D{is) m(anibus) siacrum). L(uctus) Cassius Primus p(ius) v{ixit) a(nnis) LXX.
H{ic) s(itus).
112. — Au même emplacement que le numéro 116. Stèle, brisée
à droite.
D M
TERE
T I V ^
MA
V
D[is) m{anibus) [s{acrutn)]. Tere[n]l{us. . .
113. — Guelma. Dans la caserne, auprès du gymnase. Hau-
teur des lettres, o m. o5. La pierre est brisée en bas.
D M S
q_' FiV R I
VS BASSI
V S B P
D{is) tn[anibus) s[acrum). Q{uinius) Furius Bassî\an\us, h{enefic'iarms?)
■ ■p{raefecti?). . .
— 195 —
114. — Aïn-Nechma<^'. Hauteur des lettres : ligne i, o m. i5;
ligne 9 , o m. lo.
NERV AE A
POMPONO SEVER
IG SAC
F FLMA/G
[Mi\tiervae A[u]g(ustae) sac{runi), [ded(îcante)] . . . Potnponio Sever[o,. . .]
f{iUo) , Jlam(ine) Aug[usti).
115. — Aïn-Nechma '^^.
^TIS INUICTISSi
BE UICTORIBVS
vLENTINIANÔ UALENTE El «.
AVGGGvPORTICUM NOUM
5 Cl-Cm^m^VMMJJM-FASTlC
■DIOQ^CUM^IIIf DORE Q_:POLLEl
".-DEDIC^^^^N^^'ANTIUS U-C-
lUDEX • SAC KWMl^mmM G N I T I O N U M
NTONIO PAULO^illKL^ioiUO NUMIDI
10 SERNANE REI PUBLICAE L • HONORA'
•^URATORE REI PUBLIC ET INSISTEN
^^"01 IULIO lANUARIO CEN^;«
. . . mvicùss\\jnk\ . . . [loto orjbe victoribm . . . [[ \almtiniano , Valente e[t\ G[ra-
tiano]. . . Atiff^ustis) , porticum iiovam. . . [ad s]ummum fasUg[ium]. . .
dioque cuin [spleti\dore Q{uintus) Polle[ntius\ . . . dedic[avit Co]nstantius ,
v[ir) cilarissimus) , [proconsul provinciae Africae] , iiidea; saa'[arum cogni-
tionum], . . [cmn] Antonio Paulo. . . Numtdl[ae Iegato?\. . . sernan{a)e
rei ptiblicae L(ucio) Hotiorat[o] . . . curalore rei puhlicae et insisten[te\ . . .
operi Iulio lanuario. . . Aujidio. . .
Ligne lo: la première lettre est très probablement un S, mais
ce pourrait être un B.
''' Déjà publiée dans le Coj-p. insa-. lat., t. VIII, n° 17511.
^ Déjà publiée dans le Corp, inscr. lat., t. VIII, n" 17517, et dans les Comptes
rendus de l'Académie d'Hippone, 1891, p. lxi.
i3.
— 196 —
Le Constantius qui est nommé dans cette inscription était pro-
consul d'Afrique en 876 ^^h
116. — Aïn-Nechma ('-^l
P BASILIVS RV
FINVS MILES
CHOR.-ÏÏ SAR
DORVM ) DO
MiTi'V-A-mm
MIL- A -XWmH s
m
EST
P[uhlius) BasUius Rujinus, miles c(p)hor[lis) II Sardorum, (centuria)
!)omiti{t), v(ixit) a{nnk)..., mil[iUwit) a{nnis) XV[U\ H(ic) s(ilus) esl.
Cette cohorte faisait partie de l'armée d'occupation de la Mauri-
tanie Césarienne '^).
117. — Aïn-Nechma. Autel. Au-dessus de l'inscription, guir-
lande; sur le côté droit, patère; le côté gauche est caché.
D M S
i^RONI IVLIA VR
SQVIN liANA-
ASIVS V-A-XXXI
VA-XLII H-S-E
H Ç^ S ^ E 9^»
D{is) m{anibus) s(acrum) . . . [A\proni[u\s Quin\t\asius v{ixit) a{nnis) XLII.
H{ic) s{itus) e[st).
Iulia Ur\b\ana v{ixit) a(nnts) XXXI. H(ic) s(?to) e(si).
W Code Théodosien, IV, 12, 7.
^^' Publiée d'une façon incomplète dans le Corp. inscr. lat., t. VIII, n°' 5364
el 17537.
'') Voir Gagnât, L'armée d'Afrique, p. 3oi.
— 197 —
118. — Aïn-Nechma. Stèle.
D M S
FVNDA DM S
Nvs SECv SA ! vmmm.
(sic) NDiM VI X u.m^mMmm
ANNOS DAVIX
L V F N§^
mms H s E
DMS HOS D M S
PITALIS VI BASS VIX
XIT ANNO ANN XXX
S XIII
i)(t,s) m{anihu8) s{acr'um). Fundanus , Secundt{ni Jilius), vix[it) annos LV.
F{ecit) n[epo]s{l). — D{ts) m{anibus) s{acrum). . . vix(it)'^^K E{tc) s[tta)
e[st). — D{is) m{anibus) s(acrum). Hospitalis vixit annos XIII. — D{ts)
vi{aulbus) siacrum). Bass{us) vix{it) ann{os) XXX.
119. — Hammam-Meskoutine {Aquae Thibilitanaé) '^l Stèle, bri-
sée en haut et en bas.
lias d'un personnage.
Double porte.
SEX-IVLIVS-
MELIOR- V ■
Sex{tus) Iulius Melior v[ixi() . . .
120. — Hammam-Meskoutine. Stèle, brisée en haut et en bas.
SPERATVS
VXORI CAS
TI SS I ME
(') L'âge n'a jamais été indiqué.
(») Corp. insci: lat., t. VIII, p. i8o3.
— 198 —
121. — Hammam-Meskoutine. Petite stèle.
SPES S
ALVSTI
Spes Sal(r)ustiana . . .
122. — Oum-Gueriguech^^'. Stèle.
M A R T I A L I S
SACERDOS SATV
:XIT ANOS
Martialts, sacerdos Satu\mi, vjtxit an[n)os. . .
123. — Oum-Guerigueoh. Stèle.
O T E R T I L I
V S • F E L I X
VIX-A-XXXHS-E
[Q{uintiis)] Tertiliiis Félix v(ixit) a(nms) XXX. H(ic) s{itus) e(st).
124. — Renier (-). Pierre brisée en haut, à droite et à gauche.
Hauteur des lettres, o m. o5.
«^ 1 1 ^ :> V
• AVS»î^'
3RE LeG 111 Ai
Ce fragment prouve que le centre pomain qui se trouvait à
Renier e'tait bien situe' en Numidie, car à la ligne 3 il faut lire :
[legato Augusti pro praet]ore legijoms) III A[ugustae].
L'oued Cherf formait sans doute la limite entre la Numidie et la
Proconsulaire, comme Ta conjecturé Schmidt ^^\
'•^' Publiée d'une façon incomplète dans les Comptes rendus de l'Académie d'Hip-
pone, 1893 , p. VII, n" 6.
W Cf. Corp. inscr. lat., t. VIll, p. i8o3.
W Cf. fttrf.,p.i6i!J.
— 199 —
125. — Renier. Pierre brisée en haut et à droite.
^ ivi 1 M. M
lANVARIA IVL I V S
VIXIT<Ï'AN T 1 C V S S
NIS C E R D O S
A L X X
. . .lamiaria vixit annis '*'.
[Z)(?s)] m{imihus) [s{acrum)\. Iulius [Rus]t{cu!} s[a\cerdos
[v(îixit)] a(nnts) LXX.
126. — Renier.
M • AEMILI,VS
M • F • M AR.
CELLVS • V- WM
XXXV 'H-S-WA
M(arcu^) Aemtlius , M{arcî) /{ilius) , Marcellm , v(ixit) \a{nnis)\ XXXV.
H{ic) s(itm) \e{st)].
127. — Renier. Petit autel (2^
D M S
Q_LOLLIVS NOVICiO
LVS NEPOS
V • ANNOS QyiNQVE
DIE W A
D[is) m(anibus) s{acrum). Q{u'mtm) Lollius Noviciolus, nepos,
v[ixit) annos quinque, die unn.
128. — Renier. Fragment de borne milliaire ^^l Hauteur des
lettres, o m. o5 et, pour les deux dernières lignes, o m. o8.
I ^ mmmNm
CI s KW4£jMmm\
c IVLIVS VERVS
MA. IMVS NOB '^
CAES AVG
R P C R
C M
. . . li^kti PU Feljt'cis A[ugust]i, C{aius) Iulius Verns Ma[x]imus, nob{i-
^'' L'âge n'a jamais été gravé.
'^' Donnée d'une façon incorrecte dans le Coty. inscr. lai., t VIII, n° i88o4.
(•■'' Publiée dans les Comptes rendus de l'Académie d'Hippone, 1889, p. xcu,
n° 10, et dans le Rec. de Constantine, t. XXVI, p. 86.
— 200 —
h'ssimus) Caes[ar) Aug(ustus). R[es) p{ublica) c{ivinm?) r{omanorum?) c[i-
vitatis ?) M {a urorum ??).
L'inscription nomme Maxime, fils de l'empereur Maximin, au-
quel se rapportaient les premières lignes. L'explication de la fin
est douteuse (^).
129. — Bir-AUouche , hameau romain à environ 8 kilomètres
au sud-sud-ouest de Renier. Autel.
D M S
«EXTVS
PERELLIVS
M A RTI A
L IS V A
LXXX
H S E
D{is) mianibus) s(acrum). [S]extus Perellius Marlialis v[ixit) a{nnts) LXXX.
H[ic) s{itus) e[st).
130. — Bir-AUouche. Autel qui faisait pendant au pre'cédent.
D M S
P ERE L
LIA
QVIN
T I L L A
I)(is) m{a,nihus) s(acnwi). Perellia Quintilla . . .
131. — Ksar-Sbehi [Gacliaufala)^^\ Stèle.
D
A N 1 U
N I V S
Vide. S E C V »
DVS PIV
S VIXIT A
N I S L V
D{is) [m(anibus) s(acrurn)]. Antontus Secu[n]dus pius vixit an[n)is LV.
(') Voir Corp, insa-, lut., t. VIII, p. i8oi, et Mélanges de l'Ecole française de
i?o»«e, t. XV, 1895, p. 338.
W Cf. Ibid., p. 1797.
— 201 —
132. — Ksar-Sbehi. Caisson, dans le fort byzantin f^).
D Ç^ M 'ï' S
Qji'IV LI V S
D O M I T I A
N VS -P I VS
VIXIT'ANNIS
XXXIII H S E
D({s) m{anibus) s[acrum). Q{uinlus) Iiilius Domitianus
pius vixit annis XXXIII. H{ic) s{ttus) e{st).
133. — Ksar-Sbehi. Caisson, près du fort byzantin.
DIS•^^
Vide.
Q_MON 1
VS PRIV
A T V S
PIVS-V-A
LXI H Slll!
Dis [m(anibus) s(acrmn)]. Q{u{ntus) Monius Prwatus
pim v{ix{t) a{nni,i) LXI. H{ic) s(itus) e{st).
134. — Borne miliiaire déposée au bordj de Sedrata; Ton m'a
dit qu'elle provenait de Fedj-Souioud ^'^\
I M P E R A T O
RI CAESARI FL
AVIO VALERIO
CONSTANTINO
MAXIMO PIO FE
LICI INVICTO
AVGVSTO
'•) Cf., pour cette inscription, Le Breton, Btill. archéol. du Comité, 1895,
331.
W Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n" loi 18.
— 20-2 —
135. — Oum-el-Bouaghi. Au bordj de Tadministrateur '''
Rayon Busle Busle Gâteau
de miel, de femme, d'homme. conique.
Deux taureaux (??) affrontés.
Deux béliers affrontés.
Deux taureaux affrontés.
L C KmA NI A V G V S T
ALIS SACERDOS
SOLVIT SOLEMIA
L{ucius) Ca[n]mi(us)'i Augustalts , sacerdos, sohk solem[n)ia.
136. — Oum-el-Bouaghi. Maison Sarthou. Sièle. Le haut
Deux gazelles affrontées.
manque
Deux béliers affrontés.
Deux botes à cornes affrontées.
D M S
AEMILIVS MAX
1 M V S V I X I»#i
»N N I S L X \
D{is) mÇantbus) s[acrum). Aeinilius Maximus vixi[t ajnnis LXV.
137. — Oum-el-Bouaghi. Au bordj de l'administrateur. Au-des-
sus de l'inscription, femme.
D M S
C IVLIVS
A G G R I P {sic)
P A • V- A •
X X X XV
PET ICI A
SATVRNI
N AMARI
T o umm
FEC'O-
" Piibliéo incomplètement dans le Corp. imcr. lai., t. VIII, n" 18675.
_ 203 —
D{ts) m{anibus) s{acrum). C{aius) Juîius Ag(^g)rippa v{iœit) a{nnis) XXXXV.
Peticia Salurnina mariio m[eii^enti)] fec{it). 0{ssa) t{ua) [b{ene) q{uies-
cant)].
138. — Oum-el-Bouaghi , au bordj. Stèle.
D M S
Q^IVLIVS VRBA
N V S V A Im
LIBERIVS PATRO
NO BONO F
D{is) m{anihus) s(acrum). Q{uintus) Iulius Urbanus v{ixit) a{nnis) LXXXV ;
Kber{t)us patrono bono f{ecit).
139. — Oum-el-Bouaghi, au bordj. Autel.
D M S
P • IVLIVS
AGRIPPA
ET DATA
VXOR • El
IVS-V A
L XXXXV
H-S-S-
D[is) m{anibus) s{acruni): P{ublius) lultus Agrippa et Data tixor ejus v{i.rii)
a(tinis) XCV. H{ic) s{itt) s{unt).
140. — Oum-el-Bouaghi, au bordj. Stèle. Au-dessus de Tin-
scription, deux femmes.
D M S
IVLIA • SATVRNI
NA VIXIT • ANN
ISLXXX
D(is) m{anibus) s(acrum). luUa Saturnina vixit annis LXXX.
— 20A —
141. — Oum-el-Bouaghi , au bordj. Pierre brisée à gauche et
en bas.
M S
FELICVS
T ANOS
[Z)(w)] m{anibus) s{acmm). . . Felicus [v{xi]t an{n)os. . .
142. — Borne milliaire delà route de Theveste à Cirta, déposée
au bordj d'Oum-el-Bouaghi.
I M P C A E S
P L I C IN lO
V A LER I AN
O P F AVG ET
P LICINIO G
A L L I E N I O (sic)
N O B I L I S S I
MO C A E S
Iinp{eratore) CnesÇare) P{uhlio) Licinio Valeriano P{io) F[elice) Aug{vsto)
et P(ublio) Licinio GallienCi}o , nohilissimo Caes{are)^^K
143. — Borne milliaire, déposée au bordj d'Oum-el-Bouaghi.
Même route.
D N C VAL
DIOCLETIA
N O • P • 1 mm
m:w/mi.
D{omino) n{ostro) C{aio) Valiei^io) Diocktiano P{io) [F(elicé)
Invic]lo [Augusjto^^K
144. — Borne milliaire, trouvée à g kilomètres environ au nord-
ouest de Mrâkib-Thala (Macomades) , actuellement à la bergerie de
(') Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, n"' 10126 etioiii, qui appartiennent, comme
cette borne, à la route de Theveste à Cirta. (Voir Ibid., p. 876-878.)
(^) CA.Ifnd.,îf iot.S5.
— 205 —
Bir-Djedida (6 kil. O.-N.-O. d'Oum-el-Bouaghi ; 2 kil. N.-O. de
Mràkib-ïhaia). Même route.
D N FLAVIO
V A L ER.1 O
«E V E R O
PIO F ELI C
N O B I L I S
S CESAR
D{oinino) n{ostro) Flavio Valerto [S]evero Pio Felic(e) ,
nohilissiimo) C(a)esar(e).
145. — Bergerie de Bir-Djedida. Ca'sson trouvé à Bir-Djedida
même. .
D M S
LVCI SIIVI VICTOR
VIXI ANIS LXV '^
FILI ET MARITA
FECRVNT
D{is) mianibus) s{acruvi). Luci(î) Si{l)vi(i) Victoris ; v{aji{t) an{n)is LXV.
Ftli{t) et marita fec(e)runt.
146. — Bir-Laskeria , à i/i kilomètres au nord-ouest d'Oiioi-el-
Bouaghi. Stèle, actuellement déposée au bordj d'Oum-el-Bouaghi.
On y voit : 1° un personnage tenant de la main gauche un objet
allongé (rôle?); 9° un taureau et un bélier affrontés; 3° de nou-
veau, un taureau et un bélier affrontés; U" à gauche, deux qua-
drupèdes, peut-être des chèvres, se faisant face, mais séparés par
un rameau; à droite, Tinscription suivante :
SATVRNI Vo
TVNA SOLVIT (sic)
P AVRELIVS
ROGATIANVS
SACERDOS
Satumi votu{in) solvit P(ublius) Aurehus Rogatianus , sacerdos.
— 206 —
147. — Bir-Laskeria. Stèle, haute de i m. lo, inaintenaiit dé-
posée au bordj d'Oum-ei-Bouaghi. Personnage en tunique tenant
de ia main gauche un objet allongé et dont la main droite est
abaissée sur un autel. Au-dessus de l'autel, un couteau recourbé.
Derrière le personnage, une pomme de pin et un petit quadru-
pède, qui pourrait être un chien. Sous cette scène, un taureau. Par-
dessous, deux béliers affronte's. Enfin l'inscription :
C SILICIVS Vie
TOR. SAC VOTV
L I B A N I M O
RED
C{utus) Silicius Victor, sac[erdos) , votu(m) lih{ens) animo red(didit).
148. — Bir-Laskeria. Stèle, haute de i m. 12, maintenant au
bordj d'Oum-el-Bouaghi. En haut, rosace. Au-dessous, homme en
tunique et manteau, tenant un rôle et un gâteau conique; de
chaque côté de ce personnage, une pomme de pin.
^^ M S
^iiELiVM • mmscv^ • vicsit
A N vmmmwMY^cv
[D(îs)] m{anibus) s(acruni). . . [A)*]e/m[s Pn\scus vicsit au[nis\ XCV.
Sous l'inscription, un taureau tourné à gauche.
Cette stèle, où l'on a gravé une épitaphe, avait été fabriquée
pour être un ex-voto (^l
149. — Bir-Laskeria. Fragment de stèle, actuellement au bordj
d'Oum-el-Bouaghi.
Bélier tourné à droite.
POMPEVS
NAMPVLVS
VIXIT A NOS
LXV
Pompe{t)us Nampulus vixit an(n)os LXV.
^') Cf., par exemple, Mélanges dei'Ecole de Rome, t. KllI (1898), p. boU, n" 3,
et pi. VI, fig. 1.
— 207 —
150. — Bir-Laskeria. Petite stèle, haute de o m. 46, mainte-
nant déposée au bordj d'Oum-el-Bouaghi. Au-dessus de l'inscrip-
tion , personnage très grossièrement figure'.
D M S
FELIX
^! S ATVDVS (sic)
P AIER
D{ts) m{anihus) s{acrum). Félix. [Fiecit)!] Satu{r)us pa(l)er.
151. — Mila. Stèle, déposée à l'école.
Croissant.
D M
Q_ ANNIVS
CASSIVS V A
L-H-S-E
D(ls) m[anibiis). Qiuinlus) Annius Cassius v{ivit) a[nnis) L. H{ic) s[itus) e(st).
152. — Mila. Dans une école arabe.
D Croissant. M
L- APERIIVS
l){is) m{anibus). L{ucius) Aper\t]ius S[odalt]s v{ixiî) a{nnis) [L. . .].
H{ic) \ii{itus) e{st)].
153. — Mila. Dans la ville arabe. Stèle (^l
D Croissant. M S
Q_CAECILIVS
FELICIO
V • A- XXXXl
{sic) H • T • B • Q_
D{is) 7n{aHibus) s{acrum). Q{uintus) Caecilius Felicio v{ixit) a{nnis) XLI.
(Ossa) t{ua) b{ene) qiuiescant).
(" Récemment publiée par M. Jacquot, dans sa Monographie archéologique de
la région de Mila, p. i aj, n° 98.
— 208 —
A la dernière ligne , au lieu d'un , le graveur a tracé machina-
lement un H , début de la formule H[ic) s{iîus) e[st).
154. — Mila. Stèle , déposée à l'école ^^\
D Croissant. M
«•CALPVRNI
VS • F E L I C I A
NVS V A XL
D{is) mianihus). . . Calpurnius Feîicianns v{ixit) a[nnis) XL.
155. — Mila. Stèle, chez M. Ponté, maire.
Croissant.
FABIA-MATRO
V • A • LX
H-S'0-T-B-Q_:
Fabia Mairona v[ixit) a(nnis) LX. E{ic) s{ita). 0{ssa) t{ua) b[ene) q{uiescant).
156. — Mila. Au sud-est de la ville arabe, dans un jardin. La
pierre est brisée à droite.
«VLn
l-FIL-CL
GER.MAN
V-AXXX
[D(is) m(anibus) s(acrmn)]. . . [I\uliu[s],. . . jil{ius), Q{umna), German[us]
viixit) a(nnis) XXX.
157. — Mila. Stèle, déposée à l'école. Le bas manque.
D Croissant. M
P IVLIVS
VRBANVS
D(is) m[anibus). P(ublms) Iulius Urbanus . . .
''' Déjà publiée dans ie Corp. inscr. laL, t. VllI, n° 20008.
~ 209 —
158. — Mila. Borne milliaire, dans une maison de la ville
arabe ''*. Le bas mjinqiie.
D N
VALEN
TI PER
PETVO
159. — Fedj-Mzala ('-'. Dans le barrage de rOued-bou-Selaa, à
un kilomètre et demi du bordj de l'administrateur. Pierre brisée
à droite, à gauche et en bas.
Croissant.
C • IVLIVS ^
DATVS •VET'^
VS • MILIT
\r I T
C{aius) Iulius Datas, vete[ran]us, milit[a\vit [annis]. . .
160. — Fedj-Mzala. A 3 kilomètres au sud-ouest du bordj.
Stèle (3).
DIS-M
cwMicim
VS • SECV
ND V S •
V • A • L
/)(«) miiuiibus). C(aius) [S ou L]icinnis Secundus v{ixit) a[nnis) L.
161. — Fedj-Mzala, au bordj. Provient du territoire de la com-
mune mixte.
Buste de femme ,
autant qu'il semble.
NVTRICI-SAT
VRNI • Vie (sic)
NTIA
V-S-L-A
Nutrici Saturni Vi{n)c{e)ntia v{otum) s{olvit) l(ibens) a{nmo).
^') Publiée par Jacquol, op. cit., p. m, n° 98.
(*' Cf. Corp. iitscr. lat., t. VIII, p. 1901.
(^) Publiée dans le Coip. inscr. lat., n° 83 00.
AnCUÉOLOGlE. ih
— 210 —
On connaissait déjà plusieurs inscriptions nommant la Dea
Nutrix. Trois proviennent de la région située au sud de Fedj-
Mzalaf^l Le culte de Nutrix y apparaît comme étroitement associé
à celui de Saturne. Une quatrième ^'■^\ ainsi conçue : Nutrici deae Au-
fr[mlae) sacr[um), a été gravée sur la base d'une statue trouvée à
Lambèse. La statue représente une déesse coiffée de pampres , te-
nant un enfant sur le bras gauche et un pain de la main droite (^l
D'après l'indication contenue dans notre inscription, Tenfant ne
serait autre que le grand dieu africain, Saturne.
162. — Fedj-Mzala, au bordj. Provient du territoire de la com-
mune mixte.
Croissant.
D • M • S •
FES SI A • .
VECTORI (sic)
A V A
SE • SVPER
STITEM SI
BI ET VIRO
vo POSV
D{{s) vi{anibm) s{acrum). Fcsùa V{i)ctoria v{ixil) a{imk)\ se siipnrstltem {l)
sibi et viro [s]uo posu[it\.
Ligne 4, lage na jamais été gravé.
163. — Fedj-Mzala, au bordj. Provient du territoire de la com-
mune mixte. Stèle.
D M S
I V L I M E M
MIA^V A XL
D(is) tn[anibus) s(acrum). Iuli{a) Meminia v{ixû) a{nnls) XL.
(') Corp. inscr. lai., t. VIII, n" 8246, 83^6, 83/17.
W Ibid., n" 3664.
'3> Gajjiiat, Musée de Lambèse, p. 45, et pi. 111, û|;. 'J.
— -211 —
164. — Fedj-Mzala , au bordj. Provient du teiriloire de la com-
mune mixte.
(jroissant.
D 1 S M A
N I B V S
MARI Vie
TORIAV'^*
H ^ «
Dis manibus. Man{a) Victoria vix{it) [a{nniH)\ . . . H{ic) s{ita) [e{'it)].
165. — Fedj-Mzala, au bordj. Provient du territoire de la com-
mune mixte. Stèle.
D M S
T • VER R V
T I V S F E
LIX VIXIT
ANNIS XXXI
D{is) m{anibus) s{acrum). T{itm) Verrutitis Félix vixit annis XXXI.
166. — Fedj-Mzala, aubordj. Provient du territoire de la com-
mune mixte [région de Djeraila]. Borne milliaire. Le bas manque.
Hauteur des lettres, o m. o5.
IMP CAE^
HILIPPOi
lO FEL-AVG-i
MAX-TRIB-PO
COS-ET M-IVL-PHl
NOB CAES-PRINC
IVVENTVTIS-RFS (.sic)
PVB • CVICVLINOR {de)
DEVOTA- NVMiN
MAlESTAto EOR (stc)
VIAS TORRErTfe
EXHAVSIAS RES {sic)
^'fT AC NOV^
Imp{eralorc) Cacs{are) [M{arco) lul{io) P\hilippo, I[)wi€to P]io Fel{ice) Au-
-^ 212 —
g{usto), [pont{tfice)] ma.x(imo), tribÇuntcia) po[t{estate) II], co(ii)s(ule) , et
M(arco) Iul(io) Phi[l(lppo)] , nob(tlisslmo) Caes(aré) , i)nnc(tpe) iuventutis.,
r(e)s pub[lica) CuicuU[ta)vor{um) , ilevola numini maiestah{que) eor{uni) ,
vias torrentib{us) exhaus{t)as res\tit\uit ac nov[is munitionibus dilatavtl] ^''.
167. — Fedj-Mzala, au bord]. Fragment de colonne, provenant
du territoire de la commune mixte.
VS DEVO
VMINI My
ATIQVE EOR
POSVIT
. . . devo[tus n]umini m[aie'it]alique eor[um] posuit.
168. — Djemila {Cuicul). Fragment. La pierre est brise'e en
haut, à droite et à gauche. Hauteur des lettres : ligne i, o m. i3;
ligne 9, o m. 10.
IvNERVAEvNEPO
lîlvPYPyDvDvPrP
. . .[dw\i Nervae nepo[ti, etc. . . co{n)s{ul{)\ 111, p(atri) p{atriae).
D[ecreto) d(ecurionum) , p{iibUca) p(ecunia).
Dédicace à l'empereur Hadrien, se plaçant entre 119 et i38.
169. — Djemila. Chapiteau corinthien de bon style, trouvé
dans la scène du théâtre. Hauteur, o m. 60. Sur une face, entre les
deux volutes, est sculptée une tête barbue qui paraît repre'senler
rOcéan. Ce chapiteau est signe' :
EX OFI ASC; m
Ex of(f)i{cinn) 'Asc[ani[i)1].
o Pour la reslilulion de la fui de l'inscription, cf. Corp. iiiscr. lai., t. Vlll,
11° io335; voir aussi E^hcni. epigr., t. V, 11° 1 1 46.
— 213 —
170. — Sillègue {Novar . . ,)(i). Autel, haut de o m. 65. Hau-
teur des lettres, o m. 02-0 m. oh.
P-K-IVNIS
B ON A-
D E E A • (sic)
A V G
D O N A
TVSS-T
RVC-TO
R-VOTV
M-S-L-A
A • P- ce
XX
Pipsilum) k{(dendk) hini[i)s. Bona[c) De{ae) Aiigiustae). Donatus , strtictor,
votum siolvit) l(ibens) a{inmo). A(iino) p{rovinc{ae) CCXX (= 95p).
171. — Sillègue. Autel qui faisait sans doute pendant au pré-
cédent. Le bas manque. Hauteur, o m. ^2. Hauteur des lettres,
o m. o3.
ARVLA
BON
A DEA
ISANN
I A OVI (.9/V)
NTA-V
OTVM
Arula Bonniis = c) Deais [=Deae)^^\
Annia {Q)uiutii votum \s[ohit) l[ihenii) n{}iimo)\. . .
172. — Sillègue. Bas d'une inscription. Hauteur des lettres,
o m. oG.
^D-D-PR-NONÇ^
FEBRPR-CCVi
D{e)d{tcntum) pr{idie) mn{as) fehiuarias) pr{ovinciae) CCVI (= aâ5).
^'' Ephem. epigr., t. VII , p. i43.
'*) Pour cette forme du génitiron ai», cf. ci-dossus le n" .5i.
— 2U —
173. - — Sillègue. Bas d'une stèle ; elle est brise'e à gauche.
SVLEVS DONATVS-V-ALXXVçi'
iIA-ROGATA VA-LXXXV
[Fnr]suleus Dotiatus v{Lv{t) a{nnis) LXXV . . . ta Rogata
v{ixit) a(nms) LXXXV.
174. — Sillègue. Sur un chaton de hague en bronze apparte-
nant à M. Aubry, maire de Sétif.
VI VA S
INDEO
176. — Monr. (^l Près du fort byzantin, au nord-ouest.
Beau cippe hexagonal, haut de i m. a/i. Hauteur des lettres:
lignes 1-3, o m. o5; lignes suivantes, o m. o/i.
L I B E R O
PATRI
AVG
EX • TEST ■
C-IVLlI-C-F
PAP • Vie ^
RINI-Q-AE
DIL-n-VIR
FL-PERPETVI
IVLII-SCAr
VA • C RES
C E N T I A
NVS-VICTo
R I N V S • F I
LI-EIVS-PO
SVER V NT
ET • D ED I
C A V E R
Libero Patri Augusto. Ex test(amento) C{an) luîii, C{at{) f{ilit), Pap{ma),
Vic[to]rin{, q[uaestons), aedtl{is), II vir{t) , Jl{amm{s) perpetuî , lulii Sca-
{p)u{l)a{'!) Crescentiunus , Viciorinus, fli{t) eius, pomerunt et dedicave-
r{unt).
(') Cf. Corp. imrr. ht., t. VITI, p. 789.
— 215 —
176. — Saint-Arnaud. Stèle (^l
D M S ANTONIVS AMETiSTVS V A^
DM S SAENIA IVLIA V AN
■ç Femme.
SIGNV
.i
BRITTO
Homme
■g
en toge.
DMS ANIVS VICTOR V A^
DMS IVLIA HONORATA V A^
Homme
Femme. en
costume militaire.
■£
DMS AT DONATIANO
V A
D{is) m[amhiis) s[ncrum). Antonius Aineth(t=y)stus v(txiÔ an(nts). — D[is)
m{anibus) s{acrum), Saenia Iulia v{ixit) an{n{s). — Signu
[^signo] Britto (nom populaire du personnage). — D[is) 7n{nHibus)
s{acruni). An(ii)ms Victor v(ixit) an(nis). — D({s) 7n[anibus) siacrum). hilia
Honorata v[ixil) an{iiis). — D{is) m(anibus) s[ncrum). Antionio) Donatiano.
V(ixtt) a[niits) .
Nulle paît l'âge des personnages n'a été indiqué. Les deux sujets
figurés sur notre stèle rappellent les sarcophages oij l'on voit deux
époux représentés deux fois : d'un côté, le mari y porte un costume
civil; de l'autre, un costume militaire (^).
(•' Déjà publiée dans le Rec. de Comtantine, t. XXVI, p, Z'jh, n° 64.
W Cf. Mélanges de l'École française de Rome, t. XIV (1896), p. iSa et pi. VI;
voir aussi la stèle de Sélif, Corp, intcr. lat., t. VIII, n° 85t5.
— 'ilT) —
177. — Sétif. Promenade d'Orléans. Stèle, haule de o m. 53,
large de o m. ko (^^. Personna^je debout dans un édicule que sup-
portent deux pilastres corinthiens et dans le fronton duquel se
voit une rosace. Il tient une faucille (?). A sa droite, un oiseau et,
au-dessus, un plat (??); à sa gauche, une étoile et, au-dessus, une
guirlande. Au-dessous :
M-CECI-GER-SAC-SI SATVl
M(arcus) Ceci{Kus) Ger(inanus), sac{erdos) S(anct)i Satur(ni).
178. — Sétif. Aux bureaux du génie. Stèle.
D M S
PESCENNIA SA
TVRNINA • VIX
AN CXXV (sic)
SE VALENTE FECIT
H S
D(ts) m{anibus) s[aciiim). Pescennia Saturnina vix[it) an{iiis) CXXV.
Se valente fectt. H{ic) s(tia est).
179. — Sétif. Deux fragments d'une plaque de marbre, dans
une cave de l'hôpital.
V-lVLlJ V
ET FORTVNAi.
miLlO DVLCISSIM
.FECERVNT IlnV CCCLX^ (.s/c)
... M{mcus)1 lul{ius) . . . et Forlunnta \^^f\Uiodulcissim{o)fece)'iml,
,'yA{tnense) {n)ov{etnbrt? ??) {anno provinciae) CCCLXV. . . \{ùoù-ùo8).
. 180. — BoMgie (Saldae). Stèle, déposée à la mairie.
Croissant.
D M S
I V L I A
FORTV
N VIXIT
ANIS ;
XXVIIII
D(îs) m[anibtis) s{acrum). lulia Fortun(ata) vixit nn(n)is XXJX.
('' EUe figure déjà' au Corp. twscT. /rtt., t. VIII, n" BiSo.
— 217 —
181. — Bougie. Stèle du cimetière romain situé au nord du
parc à fourrages, près de la ,prison civile.
D • M • S
N VMER I A
MARCI-FIL-
ANVLLA-VI
XIT-ANNIS-Il
H • C • E •
D{ix) iu{auibus) s{acrum). Numeria, Marci fil{ia) , Anulla vixit annis II.
H{ic) (sita) e{st).
182. — Tiklat (Tupusuctu). Cippe ayant la forme d'une base de
colonne, actuellement sur la place d'El-Kseur, La pierre est brisée
eu bas.
D-M-S
C • IVLIVS
L-FIL-QVIR
D{is) m{anibus) s{acrum). C{aius) Iulius , L{ucit) jil{ius) , Quir[ina) . . .
183. — Taksebt {Rusiicurru)'^^\ Dans un mur, à Test des ruines.
Caisson. Hauteur des lettres, o m. o5.
D M S
M • IVL-BASSO
SIMPL ICI-FIL
PAVLVS-FRAT-EI
IVS-D-P-SCVPV
LAM-FECIT-VI ID
NOV P CCk
D{is) m[ambiis) s^aci-um). M[arco) Iu{lio) Basso, Simplici[s) Jil[io) , Paulus,
frat(er) ejus, d{e) p{ecunta) s(ua) cupulam fecit; VI id{us) nov{embres),
p{rovinciae) CCLX (=année 299).
'D Cf. Corp. inscr. iat., t.VIII, p. 766.
— 218 —
L'omission de i'àjje du défunt, l'indication exacte du jour de la
mort, le cngnomen Paulus pourraient faire croire que cette ëpitaphe
est chre'tienne. On sait que les inscriptions chre'tiennes ante'rieures
à la paix de l'Eglise sont extrêmement rares en Afrique.
184. — Tigzirt {Rusucurru)^^\ Chez M. Guillemet, à l'ouest du
village. Copie et envoi de M. Lacoui-, directeur de l'École des arls
et métiers de Dellys. Petite stèle, pointue en haut.
I
DOMITÎO
RVFINO MA
GISTRO LIBE
RALIVM -LITTE
RARVM • HOMI
Nï BONO
V-A M
Domitio Rujino, magktro tibemliuin littemrum, homtni bono.
V(txit) a(nnis) LXXV.
Cette inscription est entourée d'un cercle, enfermé lui-même
daiis Un cadre carré.
185. — Tigzirt. Caisson.
D • M •
Q_-CAECILIVS-
GALLICANVS-ET-
CAECILIA-SVCESSA
ET FORTVNATVS-F
S «Ji» P ^ F
D(ts) m{aittbus). Q(uiHtus) Caecilius GalUcanns et Caecilia Su.c[c)essa
et Fortunatus /[ratres) s(ua) p{ecunid) f{eeerunt).
"^ Cf. Corp. inscr. lat., t. VIII, p. 766.
— 219 —
186. — Tigzirt. Caisson.
D • M • S
I V L I V S
C A E C I L I.
A^VS-V'A'XL
A^- P- CXXX
D(w) Jrt(a«i6us) s{acrum). lultiis Caecilianus v(^îxit) a{nnis) XL.
An(no) p{rovinciae) CXXX (= 169).
187. — Cherchel. Partie supérieure d'une petite stèle en marbre.
Dans ie fronton, croissant (cornes en haut). Au-dessous :
M • IVLIVS • ROGATVS
DOMINO-VOTV-S-L-ANI
M(arcus) Iulius Rogatus Domino ''■ votu{m) s(plvit) l{ibens) ani(nio).
Au-dessous de cette inscription était une femme, placée dans
une niche cintrée; il nen reste plus que la tête.
Ce fragment de stèle est actuellement chez M. Lacour, directeur
de l'École des arts et métiers de Dellys.
188. — Haïdra. A ces inscriptions romaines trouvées en Algé-
rie, j'enjoindrai une qui a été apportée récemment de Haïdra (4m-
maedara) à Téhessa par des officiers; elle est actuellement déposée
dans la cour de l'église.
DO M 1 1 1 ^ T V L
LI ^ LEG Qî' AVG ^
SER AMANVE^
S il H ç& E
CVRAVT POM STE
. . Cn(eit) Domiti(t) Tulli, leg[atî) Aug(ustt) , serv{us) amanuens{vi).
H{ic) e{st). Curavit Pom{peius) Ste{phn}ius).
('' C'est-à-dire Saturne. Cf. Toutain, De Saturnideiin Africa cultu, p. 37. Voir
ibid., p. 90, l'indicatioa des stèles dédiées à Saturne, précédemment trouvées à
Gherchei. Celles que je connais sont en marbre et de la même facture que la nôtre.
— 220 —
Cn. Domitius Tuiliis, qui fut iégat de l'armée l'Afrique en l'an-
née 76 , élail un des personnages les plus considérables de l'empire
au temps des Flaviens '^^
Stéphane Gsell.
O Voir Pailu deLcsserl, Fastes des provinces africaines, t. I. p. 1/18.
.'viù-
Bulletin ARCiiKoroGiauE, 1896.
Pl. I, p. 6
ÉGLISE DE CHISSEY (JURA)
Bulletin Archéologiq.ue, 1896.
PL. II, p. 9
STATUE DE LA S"^ VIERGE
DANS L'ÉGLISE DE ChISSEY (JURA)
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Bulletin Archf.ologiq,uf., 1896,
Tl. VI, p. 51
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Pholotj'pie Borthauii.
PORTAIL DE SANTA-CRUZ, A COIMBRE
(Portugal)
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Bulletin Archéologiciue, 1896
STATUE GALLO-ROMAINE
Trouvée a Reims
Bulletin ARCBÉOLOCiQCE, 1896.
13 ■ , U
PI. IX, p. io5.
PLAN DE l'Église de ghampeaux.
A.
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Bulletin archéologique, 1896.
PI. XI, p. 123.
WÊÊÊÊÊÊÊÊmÊÊÊÊammÊÊÊÊmÊmm^saÊÊmmmmÊÊSÊ^.
■_-: / ^laaufao] ygdg ]3 ,a i\ui m] jp av^|
TOMBE CONSERVÉE A CHASSEGUAY (MANCHE).
Bulletin Archéologiq,ue, 1896.
Pl. XII, p. 14;
,.,,^,^fip^it/
JULIA DOMNA EN MUSE
Statue découverte a Carthage
MIRiiiii
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CQ
STÈLE PUNIQUE
REPRÉSENTANT UNE DÉESSE.
Rapport de M. Pli. Bcrgei sur une ronimuuirafioii de M. Papier.
M. Papier a communiqué à la Commission du Nord de l'Afrique
une stèle anépigraphe trouvée à Hippone, sur laquelle est gravée
au trait, assez grossièrement, une divinité qu'il appelle la Cérès
africaine.
Rien n'est plus fréquent que de trouver, sur les monuments pu-
niques de basse époque, un personnage, tantôt vêtu, tantôt nu,
qui tient dans une main une couronne terminée par deux cornes,
dans l'autre, tantôt un gâteau, tantôt un rameau. La figure de la
stèle d'Hippone présente certains traits caractéristiques qui semblent
légitimer l'interprétation qu'en donne M. Papier. Elle représente une
déesse nue, qui tient dans sa main gauche la couronne cornue et
de la droite s'appuie sur une tige garnie de feuilles et terminée par
une grenade. La tête, qui est assez forte, est couronnée d'une coif-
fure en forme de diadème d'où pend un voile qui retombe sur les
épaules. Au-dessus de la tête et à la partie supérieure de la stèle ,
on voit un grand disque dans lequel est incluse une étoile à dix
rayons.
Cette figure rappelle la déesse également nue qui fait pendant à
Saturne sur ces belles stèles couvertes de représentations figurées,
qui proviennent de Maktar et dont plusieurs sont au Musée du
Bardo. M. de La Blanchère avait entrepris de les expliquer dans un
mémoire communiqué à l'Académie des inscriptions et que la mort
l'a empêché de publier.
Sur ces stèles, comme sur la nôtre, la déesse est voilée; elle est
en outre toujours accompagnée d'une grenade, de même que le
dieu d'une grappe de raisin. Enfin, au-dessus d'elle on voit presque
toujours l'étoile et le croissant.
archéologie:. i5
9-)')
Il y a dans la répétition constante de ces symboles Tindice d'une
tradition iconographique qui nous permet de fixer les traits de la
déesse qui était adorée à côté du Saturne punique dans l'Afrique
Philippe Berger.
romaine.
CHRONIQUE
D'ÉPIGRAPHIE AFRICAINE,
PAR M. R. GAGNAT,
Membre du Comité.
I
DÉCOUVERTES DES BRIGADES TOPOGRAPHIQUES D'ALGERIE
ET DE TUNISIE, -EN 1896.
TUNISIE.
La récolte épigraphique des officiers topographes en Tunisie a
été cette année peu abondante et , à l'exception d'un document de
première importance, sans grand intérêt. Voici les textes épigra-
phiques dont nous avons reçu copie ou estampage :
1. — Près du Douar-Chabia (feuille de TOued-Zerga). Copie
de M. le capitaine Didier.
ELIA CAI
RIONIS QV
I SVRIACVS
2. — Au bord de la route qui va d'Aïn-Goléa à Henchir-Ksi-
rat. Copie et estampage de M. le lieutenant Gamelin.
D M S
. VRIAE -Vie
iORINA PIA
VIXI T AN N
I S X V I I I •
H • S • E
Ligne 2 : ... uriae Vi[ct\orina{é).
i5.
— 22à —
3. — Henchir-Hadjra-el-Beïda (feuille de Téboursouk). Estam-
page et photographie de M. le lieutenant Gamelin.
D M S
BVLLATIA C-F
iiJilKA N T H I A P I A
VIXITANNXL
M V I I I I D X V I
C • CALVI SIVS.
HONORATIA
N V S • V X O R I
FRVGALISSI
MAE • F E C I T
H-S-EOt-B-Q^T-T-LS
4. — Henchir-Hadjra-el-Beïda. Copie et estampage du même.
D M S
C CALVISIVS
HONORA
T V S • P I V S
V I X I T AN
NIS XXXXI
M I I I D XXI
H S E O T b q
T T L S
Le chiffre des années nous paraît incertain.
5. — Henchir-Mandra-el-Kedima , sans doute une maison de
campagne relevant de Thignica. Copie de M. le capitaine Didier.
D M S
^ vICIIIVS VI
CTOR • AMISIAIIC
PIVS-VIXIT AN ^
XXXXVHS-E
OT-BCLT-T-L
Ligne 2 : Caeciliiis.
— 225 —
6. — Henchir-Mettich (à lo kilomètres environ au Nord-Ouest
de Testour). MM. le capitaine Lachouque et le lieutenant Poulain
ont trouvé dans les ruines d'un ancien bourg romain une inscrip-
tion gravée sur les quatre faces d'une grande base, quelque peu
mutilée. Ce document donnera lieu ailleurs à une publication spé-
ciale avec reproduction photographique de la pierre. Il est donc
inutile d'en transcrire ici le texte qui allongerait outre mesure cette
chronique.
7. — 4u pied du Djebel-Skhira, sur le côté Sud-Est. Copie de
M. le capitaine Didier.
e a i i i o r v
iatchlar:nvicToriaeiinv
ET PATlIOMARCinirOVALERIAN
IBVS SVIS FECIT
Aucun estampage n'accompagnait malheureusement cette copie.
8. — Au pied du Djebel-Skira , dans les cactus. Copie du
même.
D c 'm^Mmmmm
IVRIVS ET
VALERANVS
LEG II AOC
- PIA ET DE
VOT'«SOI»
Même observation que pour la précédente. Il semble s'agir d'un
véte'ran de le III* le'gion Auguste.
9. — Djebel-Skira. Copie du même.
«OTIVS Qwe
AMENSIN
RATVS NI
— 226 —
La pierre est employée dans le mur de soutènement d'un bassin.
iNous avons déjà publié cette inscription en 1892, d'après une
copie de M. Sadoux, un peu différente de la précédente.
10. - — Au pied du Djebel-Skira. — Copie du même.
IISSIMO
si BI eT POSTERIs
La pierre a été utilisée dans la construction du bassin qui a
fourni l'inscription précédente.
ALGÉRIE.
M. le capitaine Toussaint, qui nous avait déjà il y a trois ans
rapporté de Tunisie un grand nombre d'inscriptions inédites, en a
recueilli plus de deux cents dans la région de Madaure, en Algérie.
Nous avons divisé ses trouvailles en deux parties; nous avons in-
séré les milliaires dans le rapport fort intéressant qu'il a rédigé à
la suite de sa campagne topographique et archéologique; toutes les
autres sont réunies ci-dessous.
11. — Henchir-el-Aala (à 5 kilomètres au Sud-Est de Mdaou-
rouch).
D-M-S
T-FL'PVDEN
TIS FIL QVIR
M AXIMIA
N VS PI VS
VIX-AN-XX
H-S-E
12. — Henchir-el-Aala.
D-M-S-
POMPONIA SE
CVRAPIAVIXITAN
227 —
13.
Henchir-el-Aala.
DIS MANSAC-
IVLIA SECV P R I S C V S
RAPIA VRBANI
VIX • ANN FIL • PIVS
XLV VIX -ANN
H-S-E- LXI
H-E-S
14.
Henchir-el-Aala .
^ D-M-S ^
^VALERIA^
<ï'OFELLIA<J&
«'VIX-AN-C^
^ H-S-E ^
15.
He nchir-el- Abid .
D-M-S-
E L I V S
E V T I C S
VIX • ANOS
LXXVI
Ligne 3 : Eutic{e)s = Eutyches.
16. — Henchir-el-Abid (à 3 kilomètres à l'Est de Fedj-es-
Siouda).
D-M-S-
MEGSEN
VIXIT AN
NIS XXXII
17.
Henchir-el-Abid.
D-M-S-
Z A B V LV S
CER I A LIS
VIXIT ANNIS
LXXXXV
— 228 —
18. — Ksar-el-Ahmar.
MERCV
'xwmN
L-A-
}Jiercur^\ô\ /4m[^(ms/o)] . . . v{otum) [s(olvit)] l[ihms) m{erito).
19. — Ksar-el-Ahmar (près Aïn-Babbouch).
SATVRNO AVGVSTO SACRVM
GENIO SALT-SOROTHENS-
M-FL-TERTI-PRO- SALVTE
DOM-iMP-iVL- mmmmmmmmm
FEC-
L'ethnique Sorothensis est nouveau. Nous rappellerons comme
simple rapprochement que les chevaux représentés sur la mo-
saïque des chevaux vainqueurs à Hadrumète portent écrit sur leur
croupe et sur leur épaule le mot SOROTHI (^^.
Le nom impérial disparu à la quatrième ligne était sans doute
celui de l'empereur Philippe, le seul qui convienne pour remplir,
sans Texcéder, l'espace vide dont on dispose. Il faudrait lire : Do-
m[im) Imp{eratoris) Juî{n) Philippi Aug(ust{).
20. — Ksar-el-Ahmar. Pierre brisée à droite et à gauche.
BAZIAQ^
SATER
ESç!>NONN
S xxxxxx
'<*' Collection du Musée Alaoui, p. 21,
— 229 —
21. — Mechta-Sidi-Ahmed-ben-el-Fatzni.
\l NnRESTVTVS institvit V
/| EX OF-VICTORIS STRVC |
iV. . . Reslutus tnslituil; ex ofÇficina) Vidot^is stniclioris).
22. — Henchir-Ali-bou-Derbel.
DM-S- D-MS-
M O N I M O N I
F A V S T L S ^»
MAIOR FELICI
(sic) A N I N Q^VIXIT
S CXXV AN NI S
LXXXV
D. m. s. Moniiinentum) Faust(us) Major (viant) annts CXXV.
D. m. s. Moni{mentutn) L. S[eius?] Felici[o] vixit annts LXXXV,
23. — Henchir-Ali-bou-Derbel.
DI S M ANIBV
S MONIMENT
V FLAVS CE
RI A LI S V I X
SIT ANNISQ^îCV
Ligne 3 : F(av{i)us.
24.
Henchir-Ali-bou-Derbel .
¥
Lire : Fortn[n]ata.
D • M • S •
l V N I A
F O R T V
M A T A V {sic)
IX -AN- XXXVIII
25. — Henchir-Ali-bou-Derbel.
D-M-S-
DONATVS
VIX-ANNIS
LXXXV
— 230 -
26. — Henchir-Ali-bou-Derbel.
D-M-S-
L I V s
TRIBV Q
VI • VIXIT
ANN-CV
Ligne h : tnhu Qui[rina).
27. — Henchir-Amana (au débouché Sud du Khanguet
Mkrechba, à 6 kilomètres do Mdaourouch).
D-M-S
T 1 t N A
F O R T V
NATAPIA
VIXIT
A N N I S
XLVIII
H - S • E-
0-T-BQ^
D-M-S-
F-F-FIL- QVk
PVDENS MA
XI M I A N VS
P-V-A LXXXIII
M-XI-H-S-E-
O - T - B • Qj
FL-HIC SITVS EST PRO
AVVS QVI TEMPORA
VITA PLVRA SENEX
NVMERANS MERVIT
HOC SAPE VOCARI
VlXt AD EXEMPLVM VI
Tit POTERAT QVE NEPO
TVM-DICI SIMVL
VkTVTE PATaiNAM
S J^?E SOLEBAT^
E« MQym CAELERI
RIVOS "RNCENDERE MAGNOS NKli^BVS
SENOR LEPOREM MONSTRABAT ET IPSE ^
SIC FORTIS CENTVM NVMIVERABAT TEIVPO
RA VIT/E ^ HOS EGO lAM PRO AVO VER
SVS PATER IPSE NEPOS QVE ^
TESTNTES VITAM MVLTA PER SAE
CVLA MISI
— 231
Lignes 2 et suivantes : F{lavius), F{lavit) Jîl{ius) , Quir{ina tribu),
Pudens Maximianus. En rapprochant les premières lettres des sept
premiers vers, on obtient le nom FI. Pudens.
28. — Bir-el-Askaria.
D-M-S-
M-A-D-V-A-
LXXXV ET -A
S • SEVIVA
FECIT
M. A . . . D. . . v{ixit) a{nnis) LXXXV el A. . . S. . . se vivnfecit.
29. — Bir-el-Askaria.
D-M-S-
^L-AEM
ILIAVIX-
ANN-LXX-
[i4e]/(ja) ou [Ju]l{ta).
30. — Bir-el-Askaria.
D-M-S-
CATONVS
ROGATIA
NVS VIXIT
ANNOS
LXV
Caton[{)us Rogattanus.
31. — Bir-el-Askaria.
D-M-S-
NONIVS POTITVS
V I C SI T ANNI /
S LXV
— 232
32. — Bir-el-Askaria.
D • M • S •
Q^-POMPEVS DO
NATVS FL-PSOLVS
MARITVS IVLIAE RV
FINAE VIXIT AN-LX
ET FLAVIA RVFINA CON
IVNX PRIMA VIXIT
A N N O S XL
Ligne 3 : Jl{amen) pferpetum).
33. — Bir-el-Atrouss.
D-M-S-
I V L I V S
R V F I N
V S V I X •
A^IS LXM'III
34. — Bir-el-Atrouss.
D-M-S-
Q^- F
CVS VIXIT
ANIS XXVI
Q. . . Fu[s]cus.
35. — Bir-el-Atrouss.
«L A E s T R I
CATA V-AN-
C I • H • s -E-
[Majrcia \fili\a Estricata.
— 233 ~
36. — Bir-el-Atrouss.
D-M-S-
Q_- O C T A V I V
S I A N V A R
IVS PIVS VIXI
T ANNIS XXXV
H-SE-
37. — Henchir-el-Azeli.
D-M-S-
ARRVTIA MAXIM -
VIX (ï> AN ^ LX SEP
ELLITA CVMVALE
N AM PAMONI
MARITO EIVS A FI
LI IS EORVM <ï>
Ligne 3 : Frontonis (Jilius).
38. — Henchir-el-Azeli.
DMS-^
C -«FELIX
FRONTON
IS VIX- ANIS
XX XIII ^ SA
LVTIA VICTO
RIA VXOR FE
LICIS VIX-AN
IS XXV
39. — Henchir-el-Azell.
Croissant.
D-M-S-
L-VALERIVS NA
MPAMO SAC-
PLV -VIX - AN
N I S L X X V
Ligne 3 : sac{erdos) Plu(tonis).
— 23/i —
40. — Aïoun-Berrich.
HIC MEMORIE SANCTO
RVPAVLI DONATI MIG
GINIS BARICIS
Les martyrologes signalent en Afrique plusieurs saints du nom
de Paul et surtout de Donat. 11 est donc impossible de savoir le-
quel de ces martyrs était honoré à Aïoun-Berrich.
Miggin est un martyr de Madaure ^^\ Les noms de Donat et de
Miggin, suivis de celui de Baric, sont cités déjà dans une liste des
saints trouvée à Henchir-el-Hamacha (^^.
41. — Bir-Cédra (à 2 kil. 5oo au Sud de la gare de Mdaou-
rouch). Pierre brisée en bas,
D-M-S-
M-MVNATIVS
M A X I M V S
SE VIVENTE FE
CITED
42. — Bir-Cédra.
D-M-S-
WMVS CRE
SCENS VI
XIT ^ AN
NI S «Ji» V^
43. — Henchir-Chabbout.
D-M-S-
DATIVA ^
VICSIT AN
NIS XXV
L C S (sic)
Ligne 5 : le 8[ita).
(" Morceili, Afr. christ., t. II, p. Zig. Cf. Corp. inscr. ht., p. à']li,où est,
transcrit un passage de Maxime, l'adversaire de saint Augustin.
(^) Corp. inscr. lat., t. VIII, n° 1068G. Cf. aussi n° 16896: Donat{u)s m{arlyr)
n(o«ter? ).
44. — Bir-Gham.
45. — Bir-Gham.
— 235 —
DM-S-
le • R O G A
TA VIXIT A
N N I S LXI
F{lavta) Rogata.
Buste.
D wwMm^mmmm vi v s
ARK-VIXIT ANNI
S LXII-M-IIII A DL^
TA CONSER33NEM
ERITO ZD SVO ÎFCIT
Ligne 2 : Ar]i{arms)\ ligne 3 : ^rf/[ec]/a.
46.
Henchir-Gheragrag.
DM-
SCD
ATVS
S S VI
XITA-
LXXVII
D. M. S. C. . . Datus s. s. ? vûvit a{nnis) LXXVII.
47. — Henchir-Gheragrag.
D • M • S •
FL-DONA
TA VIX-AN
NIS LXXXX Ç& L Çb A
DONATVLVS FIL-FE
Ligne h : L. A{eUus'/).
— 236 —
48. — Henchir-Cheragrag.
D • M . S .
IVLIVS Vie
TOR PIVS VI
X I T AN XL
H-S-E-
C-IVLIVS DO
NATVS F- FRA
TRI
49. — Henchir-Cheragrag.
D.M.S.
O P T O
M I G I
NIS VI
XIT AN
NIS ML
D • M • S
M E G G
E N I S
ACERD
A V I X
I T A N
N I S
M
(a). Opto? Miffinis. — (b). Meggeni sacerda{e).
50. — Henchir-Cheragrag'^'. Pierre brisée en haut.
CL r R I B V
M E C H I E T
V- A • LXXX
ITEM VXOR
El VS S A H
N A MT MV
S AVI S VA
LXV
Ligne i : Q{uinna) tribu.
^'' Celte inscription figure déjà au Coi-pus sous le n° aSoG. La copie de JM. le
capitaine Toussaint est préférable.
- i>37 —
51. — Près le Coudiat-Chouf-Debbah. Copie de M. le lieute-
nant Louis.
I
T H X CO
00 P F I
(OHFeP
SHMAO
OnACH
P r H
n A NT
^•ACMC
En Tabsence d'une photographie ou d'un estampage, il est im-
possible d'expliquer cette inscription.
52. — Dans le lit de TOued-Damouss, près du pont du che-
min de fer, entre Mdaourouch et Clairfontaine.
D.M.S.
iL I V S
'«î^^SACER
DOS VA-
LXXV
D.M.S.
lANVARIA
A R I N I S
FILIA PIA
VIXIT AN
NIS
LXXXV
53. — Henchir-Fedj-Deriass.
D • M'S'
A E LI A
POLITA
VIXIT
A N N I S
LX X X I
AnCHÉOLOGlE.
t6
— L>38 —
54. — ^ Hencbir-Fedj-Deriass.
D-MS-
AEMILIA M
AXIMA VI
X-A^- LXXI
H-S-E
55. — Henchir-Fedj-Deriass.
DM-S-
M • DOMITI
VS BARBARI
FILIVS V-A-L
56. — Henchir-Fedj-Deriass.
L • D O MITI V S
M A R T I A L I S
VIXAN-LXXXX
Q_y I R I N A C I R
0-T-B-Q: LARARe
Le signe final n'est peut-être qu un ornement.
Ligne k : Quirina (tribu) , Cir{tensis). A ia cinquième ligne , Larar(ï)
est sans doute un sobriquet (^'.
57. — Henchir-Fedj-Deriass.
D-M-S-
C'DOMITI
VS MAXI
M V S VI
XIT ^ AN
NOS
XXXIIII
ET MESES {sic)
OCTO ^
'"' Voir des sobriquets indiqués à la fia du texte, dans le Corp. intcr. lai.,
t. VIII, n°' igSi, ^1191, io5o6, etc.
ft
— 289 —
58. — ^ Henchir-Fedj-Deriass.
M • COELIVS M AR
CELLVS
-iirione
V-A-S-XXXV (sic)
DM- OT-BQj
Je suppose qu'il faut lire çux lignps 3 et 6 : v(ixit) a(tinis) XXXV.
D{is) m(anibus) s{acrum). 0(s9a) t{tta) b(efié^ q{uîe8cant).
59. — Henchir-Fedj-Derias^.
DMS-
I V L I V S
PAVLINVS
YIX • ANNIS
CHSE-
60. — Henchir-Fedj-Deriass.
DÇ5.M^S^
L-IVLIVS ROGA
TVS VIXIT AN
NIS LXVI
HS'E
61. — Henchir-Fedj-DerLe^ps.
D • M S •
C • I «. S A T VilBia-aiiiofloH — .ÔÔ
RNINVS VI
XIT ANNIS LX
C. J{ultus) Saturninus.
62. — Henchir-Fedj-Periaj;(^.
D-M-S- >
P • IVU • SE
NECAIS Q
VIRINA F
ILI-VIXIT
ANIS L
XXXXV
i6.
— 2^o —
Senecais est, je pense, pour Senecaes, génitif incorrect de Se-
necae ^^K
63.
Henchir-Fed j -Deriass .
D-M • S •
IVLIVS SE
NECIO DE
FVN CTV S
VIXIT ANIS
LXIII
64. — Henchir-Fedj-Deriass.
DMS-
IVLIA ROGATA
OVARINA
P I A VIXI
T AN-LXXVII
65. — Henchir-Fedj-Deriass.
DMS-
SEXTI A
VRBANA
VA-XL
66. — Henchir-Djahel (Djebei-Zouabi).
D-M-S-
D-M-S
S ECW
ZABA
DAM
SECVN
XIME F
DE FI
FVLCII
P-V-A
VXOR
XXV
P • V- A
LV
(" Cf. des formes analogues : Asicianes {Cmy. inscr. lut., t. VIII, n" 1^195),
Urbanais (ibid., n" 8706), etc. Dans un texte de Youks que vient de publier
M. Gsell (Bull, archéol. du Comité, 1896, p. 178, n° 5i), on lit : Memm-ia dulcùsi-
tnaisjîliais mea{is).
— n] —
67. — Mechta-Djebabra.
D-M-S-
CANNIVS VR
BANVS VICSIT AN
NIS XXXV
68. — Ksar-Ejlèje.
D • M • S •
Q_ • T V C C I V S
S E X T I L I A
NVS PIVS VIX-
ANNIS XXXIIII
MENSIBIIII PAR-FILIO FEC-
Ligne 6 : par{entes) filio fec(erunt).
69. — Ksar-el-Frigui.
D • M • S •
CALPV RN I A SE
DATA ASPRENA
TIANA CALPVR
NI GEMINI NEP
CALPVRNI SEDAt
ET VASIDIAE RV
FILIAE SACERDO
TIS FILIA PIA VI
XIT ANNIS XXXII
M ENSIB V S III
MONVLA CARIS
SIME ET FIDELIS
CONIVGPCANNL-
Ligne 7 : iiro riufi[n]ae.
— 42 —
70.
Ksar-el-Frigui.
D.MS
MVS
TIOLVS
2A BVL
LI PIVS
VALXI
D-M-S-
I V L I A
PRIVA
TA MVS
TIOLIV
XORPV-
A- LXXI
Mustiolus Zabulli {jîltHs).
71. — Ksar-el-Frigui
(1)
D-M-S •
ONESiMVS LIB
PVA^LV
72. — Henchir-Gourine.
DIS M N I B VS
S A C • V - F LO
RA ANTONI F-
_P • V • A • X I
ji r/^ H" S ■ E'
V > . . Fhfa AntoHi{t)f{iîia).
73. — Henchir-Gourine.
Il X
Festus Natalis Dubb . . . f{ilius).
(') Cette inscription a déjà été copiée par M. le capitaine Lebreton et publiée dans
le Bull, archéol.du Comité, 1896, p. 820. La copie de M. le capitaine Toussaint est
meilleure.
— 243 —
74. — Henchir-Aïn-Keskès.
DM'S-
AEMIVCILO
M V S A V I S
MVSVI.AMVS
V-A-LfXXXV
Lignes 3 et A : Musavis [filius),, Musulam{{)iis.
75. — Henchir-Aïn-Keskès.
DMS-
M A VR. V RB
ANVS V A II
H E S
mN A F F I L r«
DM'S-
A VR • V I CT
O R I N A PI A
V-A-X-HS-E
lET FLVRBAi
76. — Henchir-Aïn-Keskès.
C- VICTOR
VIXIT
ANIs XL
77. — Henchir-Aïn-Keskès.
ZELMA FA
VSTI FNAT
ABVTVIX-
A N N I S
XXXXIII
HIC
SITVS
EST
n&BÎtaBstX — OB
Ligne 2 : Nat{t)abut{tis)
2/i/4
78.
Khamissa.
DM-S-
AVRELIA
VI CTORI
Cadre vide.
PV-AXXX
HSE
79. — Khamissa.
80. — Khamissa.
DMS-
BAR I S
AL-IAN
V A R I
FI'LI VS
VIX
IT AN •
L X X X
D-MS-
BVLLATIA
H I LARA BVL
LATI FELICIS
FIL-P-V-AN-
LXXXX
dV
81.
Khamissa.
D-
M-S- 1
C AECIL
IVS
MAR
T I
N V S
P-V
A-LXI
H
S-E-
D-M-S-
M • A • M •
P • V • A
LXXV
H-S-E-
2/^5 —
82. — Khainissa.
D.M.S.
CAEC I LI
A FLACCL
LA FABATI
VXORP.V.
A • LXXV
83. — Khainissa.
D-M-S-
CE S TI A
CITTI N
P • V • A •
L X X X X
D.M.S. .
CESTIVS
PRIMVLVS
P-V-A-LXI
(a) Ligne 3 : Cittin{a).
84.
Khamissa.
85.
D-M-S-
D-MS-
S E X T ILI
CL- FA B I
A DON A
V S M E S
T A P I A
S A LL INS
V-A-XXXV
P-V-A- LXXX
HS-E-
H-S-E-
Khamissa.
D-M-S-
D-M-S'"*"'*^
FALCIVS CE
GE LLI A CA
SVS FALCITA
TAMILLA CAS
LARIS FIL-P-V-
TIFIL-P-V-AIX
A N 'wmmMmm
H-S-E-
oe
(a) Falcitis Ce[l]sm Falci Talaris fil{JMs).
86. — Khamissa. Pierre brisée en bas.
F A L C I O
F R O N T O N I
C FALCI Vie
T O R I S F I L I O
I V V E N I Plis
SIMO ET MEMO
RIA AMANTIS
SIMO INTEGRE VIX
87. — Khamissa.
Ligne U : Frontoni{s).
— 2àe
DM-S-
F A L C I V S
F R O N T O
FRO NTON I
FIL-P-V-A XIX
88.
Khamissa.
89.
00. —
91.
D.M.S.
C • FALCIO Vie
TORI
C-FALCI Vie
TORIS
) FIL •
Khamissa.
D-M-S-
FELICE RVF
Cadre vide.
FILIVS
PIVS
V • A -L V
H-S-E
Khamissa.
AJ D'MS'
D•M•S.>>JA^
^^•,L-VIBIA NV
F- F LA ce' '"^
''^^'^ MIDICA
H V S PIVS
F-FLACCHI
V • A • Ll^l.
VXOR
P • V ' A •
XXX
Khamissa.
D-M'S-
D-MS-
FORTV
mmm^.K
N A TA
MAXIMA
V. • A • M
V^-LXXX
H' SE'
V-P'
H-S-E-
Ul —
92.
Khamissa.
D-M-S-
T-HERENNI
V S M A XI
MVS P-V-A-
XLIIII M-X
D • XX
H • S • E-
93. — Khamissa.
qiuf'"'">Vf".
D-M-S-
HONORA
TVS SATVR
NINI MbA
LATIS FIL
VIXIT ANNI
S Im
D-M-S-
FESTI FI LIA
HONORATI
VXOR VIXIT
ANNIS
LXXX
94.
Khamissa.
95. — Khamissa.
I V L IjA R G
M AiN A
M • N V M I S I
NOVELLI VXO
R P-VIX-ANNIS
XXXV
H-SE-
s V I • .n A
IVLIA ROGA
TA MARTIAL
IS FILIA PI
A VIXIT AN
NIS LXXXX
H-SE-
— 2ÙS
96.
Khamissa.
97. — Khamissa.
D-M-S-
IVNIVS PRISCVS
HO N OKK
VS PIVS VlXt
ANNIS LXV
H ^ S ^ E
IVLIAE IVNO
NIAE C IVLI
CRESCENTIS
MATRI
FALCIO PVN
V I CTORIS
FRONTONIS
A la quatrième ligne, le sens des lettres PVN m'échappe.
98.
Khamissa.
D-M-S-
GELLI A
I A N V A
RIA V-A-
LXI
(b) Ligne 2 : V(ibius).
DM-S-
A • MAR
PV- AN
DM-S-
V-MANS
IVS Vie
TOR
V-A-LXXX
H-S-E-
D-M-S-
VR BA N
^ p . Y .. imadS.
es
99.
Khamissa.
LXXXX AN • LXXI
D-M-S-
MARCIA SA
TVR N I N A
V-ANNIS XXI
H-S-E-
100. — Khamissa.
— 2/i9 —
M E R I
DI A N V S
CRASSI F
P VIX ANN
XXV H SE
101.
Khamissa.
102. — Khamissa.
M-NVMIS
IVS NOVELLVS
P-VIX-ANU
HS-E
D-M-S-
Q_- F A B I V S
D O N A TV S
PVA-XVI
HS-E-
103. — Khamissa.
104. — Khamissa.
NVMISIA NO
VELLA NO
VELLI FIL
VIX- AN -
XVIII H -SE
LPLOTI
VS CIRR
I V I V S
P-V- A •
XXXV
H-S-E
Cadre vide.
Lignes 2 et 3 : Cirriu[l]us.
250
105.
Khamissa.
D I D I A
ROGATA
P-V-A-
XXXV
H • S • E •
D-M-S-PL
OT • AAM
P H A M
O CIR F
P-V-A-LI
H-S-E-
(b) Ligne U : Cir{riuîi?) /(ilius).
106. — Khamissa.
D-MS-
D • N O V E
LLA P-VA
XXX H-S-E
D-M-S
P LOTI VS
SILVANVS
PV-A-
XXXXI ET
FILIVS
107. — Khamissa.
P L O TI A
MATRONA
P-V-A-
H-S-E-
L'âge de la défunte n'a jamais été indiqué.
108. — Khamissa. - '''^ . . ;
109. — Khamissa.
'\)-M-ê^^
p RIM V L
LA FELICIS
FILIA
P-V-A-
XVI
H • S •
E-
i
DI
4-S-
RV
FILA
P-^
/IX-
ANI^
Lx:
K.V
:cot
110.
Khamissa.
— 251 —
R V F I L L A
FLVDENI
F-VIX-AN-
L H- SEP •
111.
Khamissa.
112. — Khamissa.
RVFINA
RVFI NI C R
ASSI FILIA SA
CERDOS TEL
LVRIS H-S-E-
P-V-A- LXXX
D-M'S-
C- SAL
VIDE
N I V S
VICTOR
MILES
PRET
P-V-A-
XXXX
H-S-E-
Cadre vide.
Lignes 6 et 7 : miles pr[a)et{orianus).
113. — Khamissa.
114. — Khamissa.
D-M-S-
SATVRNINVS
FRONTONIS F
P • V • A • XXV
D-MS-
SIDINA /£
VARI VXOR
P-VA-
XXXV
;jti
— -252 —
115. — Khamissa.
D-M-S.
SILVANVS CEL
LI SILVAN FIL
I • V • A • XVII
HS-E-
Lignes 2 et 3 : [G]eUi{i) Silvan{i); ligne U : [p{ius)] v{ixit), etc.
116. — Khamissa.
D-M-S-
A-TETR-
H O N O
R A T V S
A • HO -F •
PV-A-XX
A. Tetr Honoratus A. Ho{norati) /(ilius).
117. — Khamissa.
D-M-S-
V I N C E N
TIA PIA FE
LICIS VCXOR {sic)
BONA VIXIT
ANNIS XXX
H-S-.E-
118. — Khamissa.
WMXKL- F-
'mmmc a l
MT EKTl
VXOR FIA
VIX-ANNIS
XXI H-S-E
— 253 —
119. — Mdaourouch.
M E R C V R I
AVGSACRVM
T-FL-MARTIA
LIS V O T V M
SOLVIT
ITEM Q^L-A-DD
Ligne G : itemq{ue) l{ibens) a{nimo) d{e)d{icavit).
120. — ■ Mdaourouch.
IMP- NERVAE C AE
S A R E A V G
V I C T O R I A E
AVG • SAC •
LGRANIVS EQj VIR
LEG III KV GmmmmmmM,
OB DECVRIONaTVwSP F
Ligne 5 : L. Granim [L? /(ilius)] Quir{ina tribu) Honoratus.
121. — Mdaourouch.
IMP • CAES •
FLAVIO GRATIA
NOPIO FELICI VIC
TORT AC TRIVM
FATORI SEMPER
AVGVSTO
ORDO COLMADAV
RENSIS DEVOTVS NV
MINIMAIESTATIC^
EIVS
122. — Mdaourouch.
DIS MANIB
SAC-
T-ANTONIVS
SVDERNVS
PIVS VIXIT
ANNIS XXV
H-S-E-
Abuhéologie.
»7
254
123. —
124.—
125. —
Mdaourouch.
D • M • S •
A E M I L I
LC A E C I L I
A F R T V
V S C R E S
N A T A
CENS F L A
P I A VI
V I A N V S
X I T
P-Y-A-
A N N N S
LXXXX
XXX 1 I
T I T I N I A
H • S • E •
HONORA
TA P'V-A-LXX
HS-S-
Mdaourouch.
D • M • S •
F ABRICI
CAECILI
A MflCEL
V S E S I D
L A P I A
R V S P I
V I X I T
VS VIXIT
A N N I S
A N N I S
XXX
L X X I
H • s • E •
H • S • E •
- Mdaourouoh.
D • M • S •
F L A V I A
L-CAECILIVS
HONORA
HONORA
TA P-VIXIT
TVS A^ZENTI
A N N • L X
VS P-V-A-LX
CAECILll • h'oNORATVS
ROGATIANVS ^
^ PATRI PIISSMO ^
CAECILIA lANVARVA
PIA VIXAN-XXX
H ' S
• S •
255 —
126. — Mdaourouch.
D • M • S •
S • P E
T R O N
I A I A
N V A R
lA P-VIX-
A N N I S
L X X X
H • S • E •
D • M •
S-
L ■ C A E
C I L I V S
CLV I R
H O N O
R A T V S
p. VA-
LX X V
HSE-
127. — Mdaourouch.
D
•M -S- 1
F L-M yR
C I A CL
P F SIBI
E T M A
RITO V-A-
L X X XI
H
• S - E
DMS
L - CAE
CI LI VS
CLV I R •
N V N
D I N
R I V
P • V
L
S •
H
(a). Fl{avia) Marcia. . . J{eeit} sibi.
128.
Mdaourouch.
D-M-S-
CAESONIA
NATIVA PIA
VIXIT ANNIS
LXXIII
H-S-E-
129. — Mdaourouch.
D-M-S-
S-CAPSIVS M F
CLV I R F A V S
T V S P I V S
VIXIT ANNIS
L X X X
A
S
A
'7'
430. —
— 256 —
Mdaourouch.
D- MS •
D MS-
C-C-IIRI
A-NVMI
NIVS VI
SIA PIA
TALIS PI
V I XI T
VS VA
ANNIS
LXXI
LXXXV
H -SE-
H -S-E-
Mdaourouch.
DM-S-
TICL
131.
11 n'y a jamais eu d'autres lettres gravées sur la pierre.
132. — Mdaourouch.
D-M-S-
TI-CLAVDIVS ACVTI
VS PV-A ÉQOL C/ECILI
A SILVANA P,-V-A M
C LA^D I VS MXI MI
ANVS P,-V-AXXXV
CLAVDIVS RoGtA^
VS l'Vs. XX CLAUDIA
ACVtAl>\A^VIII
133. — Mdaourouch.
TI-CLAVDIVS FESTVS
FESTIANVS P-V-AN
NIS LXXXI
H • S • E
134. — Mdaourouch.
DM-S-
TI ^ CLAVDIVS HONO
RATVSKMPA^I/VS
V ^ ANNIS LV Ç^
H ^ S Ci»
— 257
135.
Mdaourouch.
D >" M >- S >^
CLyQVINTIA
PyVyA^vXXXVII
136. —^ Mdaourouch.
TI ^ CLAVDI
V S ^ R O G A
T V S P I V S
VIXIT<J^ANNI5
LXX H • S • E •
137. — Mdaourouch.
D-MS-
TI ^ CLAVDIVS
SATVRNINVS
FcAM P A N I A N V S
P^V<Ï'ANNIS^XL<J&
H <2;' S «Jt- E
138.
Mdaourouch.
D A M A SACR X
CLAVDIA PAVLA
SACERDOS MG
NA PIA VIXIT AN
NIS LXXXX H-SE
139. — Mdaourouch.
D.M.S
M.CORNELIVS
LVCISCVS PIVS
VIX. A NN I S
L X
H.S.E.
D.M.S.
G O R NELI A
SATVR NINA
PIA VIXIT
A N N I S
L X
H.S.E
D.M.S.
SEXP EDI VS
LVCISCVS
V.A.
L X X I
H.S.E.
Cadre vide.
— 258 —
140. — Mdaourouch.
DIS M . SACR .
CORNELIA POLA
PIA VIXIT ANIS
LXX H-S-E-
141. —
Mdaourouch.
D . M
C . D OMI
TIVS MAR
TIALIS PI
VS VIXIT VIXIT
AN
S
GEMI
N I A OP
TATA PIA
AN
L'âge des de'funts n'a jamais été indiqué sur la pierre.
142. — Mdaourouch.
D-M-S-
D O M I
T I A SE
C V N D A
PIA VIXIT
A N N I S
C V
H-SE-
143. — Mdaourouch.
DIS M A N I B
VS -FABBORN
Liï,lTlCIVS AN
NOS VIXIT
LXXXV H-S-E-
Ligne 2 : Fabbor{i)n[ius)V.
259
144. — Mdaourouch.
D-M-S-
p
• F A
B I
V
S F E L
I X
V
• A •
D-M-S-
L X
p
FABIVS
P-
QVIETI BAS
PCV
V A X I
I I
Ligne 7 : P. Fabius P. Qxmti (Jîîius) Bas(siis).
145.
Mdaourouch.
D-M'S-
L- FABRICIVS SA
TVRNINVS FELICI
ANVS PIVS VlXt N
NI S VU H-S-E
146. — Mdaourouch.
DM-S-
F ANN I VS
MVRICIVS
PV-A-LXXI
H-S-E-
DM-S-
L- FANIVS
CASTINVS
P-V-A LXI
H-SE
147. — Mdaourouch.
D • M
POMPON
lA LVCA
N A P I A
V I X I T
A N N I S
XXXV
H • S- E-
(b). Ligne 2 : T. F{laviiis).
T- F- MARTI
AUS
VIXIT ANN
IS XXVII
HS-E-
I
— 260
148.
Mdaourouch.
^
FL-POMPEIANVS
IN PAGE VIXIT A^IS
NIHIL MINVS A SEP
TVAGINTA
149.
Mdaourouch.
DIS
MANIBVS SAC-
T-FLAVIVS^
R V S VI XIT
ANI S CXI
H-S-E-
160. — Mdaourouch ^^K
D • M • S-
Y.vwMmm.
WMmmmm.
WMMYWW
F I L I V s
FELIX PI
VS VIXIT
ANNIS
^KX V
A-S • E •
151. — Mdaourouch.
DM- S-
F O RT V
N A T A
M AT R o
N A P I A
VIXIT
ANNIS
LXXXXV
H-S-E-
DIS MANIBVS
S A C R V M
C • G A B I N / V S
S A B I N V S
P I V S VIXIT
ANNIS LXXV H-S-E
,ai
'■' Cotlo inscription figure déjà au Corpus sous le n" /1726, mais avec des va-
riantes.
261 —
152.
Mdaourouch.
D • M • S .
GABINIAE
MA CHINE
LIB ^ DVDD
OB MN VM
PI A SOBR
A V I X I T
ANN • XXX
H • S • E •
Lire : Gabiniae , Macrin[a)e lib(ertae) , Dudd{a)e ob manum{issio-
nem); pia, sobr(i)a, etc.
153.
Mdaourouch.
D-M-S
ET CL-FLORIDA
PARENTENS
{sic)
HORTENSIVS
FELIX BIZZO
HORTENSIAE PRIVATAE
FILIAE SVAE SIMPLICI M
TRONAE P- V • A^ XX
CLA^THVSA AVIA EIVS
P-V-A^-LXX
H-S-E-
Lignes a et 3 : Hortensius Félix Bizzo et Cl{audia) Florida parentes.
154. — Mdaourouch.
D
Cadre vide.
M • S •
C.IVLI
VS AE
M I L I A
NVS P-
155. — Mdaourouch.
D. M. S.
I V L I AI
R O
G A
TA
QVI
■wmm
^^MM^.
V
• A •
W^w/m'
WA V
■wmwM-'E.
I V L I
VS FES
TVS
VIX-AN-
XXV
H-SE-
•^i-
262
156. — Mdaourouch.
DIS MANIBSACR-
P-IVLIVS FIR.MVS
FIRMI FILIVS P'V-
AIIII H-S-E"
167.
Mdaourouch.
D. M. S.
TI-CLAV
TERTVL
AE FILIA
P lA VIX-
A N N I S
LUI
H • S • E •
C-IVLIVS
FORTVNA
TVS PIVS
VIXIT AN
NIS XLV
H • S • E •
158.
Mdaourouch.
DIS MA^bVS
L-IVLIVS GE
NER O S V S
VlXt AN- VI III
159. — Mdaourouch.
D-M-S-
CIVLIVS LONGI
NVS PIVS VIXIT
ANNIS IIII H-S-E-
160. — Mdaourouch.
D-MS-
C-IVLIVS
NAMPHA
MO SACER
DOS VIXIT
ANNIS Cl
H-S-E-
— 268 —
161. — Mdaourouch.
D IS MA^IB VS
SACR-
L-IVLIVS NEPOS
VIXIT ANNIS
LXXV H- S «E •
162. — Mdaourouch.
{sic)
D • M • S •
CIVLIVS
R V F V S
PIVS VIXIT
AVIS XLVI
D • M • S •
M E C I A
lANVARIA
PI A VIXIT
ANIS HVl
163.
Mdaourouch.
D-M-S-
M IVLIVS G-F-
SABINVS PIVS
VIXIT ANNS XXI
164. — Mdaourouch.
fr
D-M-S-
IVLIVS SATV^
BALLVS PIVS
VIXIT ANNIS
L V
H -S-E
165. — Mdaourouch.
D • M
C LOD lA
C A L L A
PI A VIXIT
ANNIS
C^ ^ l l l
IVLIVS
SATVRNI
NVS CLO
D I A N V S
P-V-A LVII
— 26/1 —
166. — Mdaourouch.
DIS M A Nb V S
S A C R •
CIVLIVS TERtVS
C-IVLIVS NATVS
VIX-AN-VII
167. —
168. —
169.
Mdaourouch.
D • M • S •
D -M • S •
I V L I A F
C-IVLIVS
O R T V N A
V R B A N V S
TA P I A V-
PIVSA-V-XXXV
{sic)
A N N • XL
D • M • S-
D • M • S •
C • I VL I VS
I V L I A
D A T V L V S
S E V E R A
PIVS V-AXII
PIA V A VI
X • AN • VIIII
{sic)
Mdaourouch.
S • M • D • {sic)
CAIVS
CATIA
LICIN
M A R
IVS FE
TA VIX
LIX VIX
IT AN
IT AN
NI
NI LXX
LXXXI
V
Mdaourouch.
D-I
L I CI
VI-S
N I VS
MACER VIX-
ANN
XVIII
— 265
170. — Mdaourouch.
D • M
wmmmm
PIA VIXIT
ANNIS
XIII
H • S • E •
C • LICINIVS
PARCVS QVI
R • PIVS
VIXIT ANN •
IS LXXI
H • S • E •
(b). Ligne a : Parcus, Quir{ina tribu).
171. — Mdaourouch.
D • M
• S •
MAECIA
SE M M V
DAH
VI
XIT
AN
NIS
V
HS
E-
D • M • S •
TI T I N 1
A lANVA
R I A V I
XIT AN
NIS XXXXV
H-S-E-
172. — Mdaourouch.
Deux
croissants.
I
Croissant.
D- M • S •
C-MARI
VS BAE
B-FIL-P-V
AN -LUI
H-S-E-
D • M
MARIA
S A T V R
NINA P-V-
AN • XXIII
H • S • E •
IVLIA GAL
LI FILIA Q
PRIMA PIA
VIX-ANN
LXV H-S-E-
— 266 —
173.
Mdaourouch.
D-M-S-
C-MATTIVS SEX
TI FIL-QVIRINA
RVSTICVS PIVS
VIXIT ANNIS
LXXV H-S-E-
174. — Mdaourouch.
D • M • S •
N V C I V A
Cadre vide.
F O RT V N
ATA CAI-F-
P- V- A-XVI
H-S-E-
D-M-S -
F L • V R B A
N A P I A
VIXIT AN
Cadre vide.
N I S X X X X
CORNELI VS
ARNENSIS PIVS
VIXIT A^-LXIII
H-S-E-
En tête sont deux personnages drapés, qui se tiennent par la
main ; au-dessous , trois petits bustes.
175.
Mdaourouch.
DIS MANIB- SACR-
C - SVTORIVS
MARTIA LIS
PIVS VIXIT
AN
NIS XXV H
S-E
C ■ PINNEIVS
CRESCENS
PIVS VIXIT
ANNIS XXV H-E-S
A LATRONIBVS SVNS DECEP.
Ligne 6 : A latrtmihus sun[t\ decep{tï).
(sic)
— 267 —
176.
Mdaourouch.
D-M-S-
P O M PEI A ^
R E G I L L A <2>
PIA VIXIT
AN ^ LXXXXIII
(sic)
TI-CLAV
DIVS
LO QELA
V-A^S IIII
TI-CLAVDI
VS NOV
E L L V S
V A^S VI
177. — Mdaourouch.
D-M-S-
R V S TI C I
LIA N A M
PH ADORA
PIA V<Ï)A<3!>X
H^S^Eçs»
178. — Mdaourouch.
Ligne a : SaUust[i\a.
179. — Mdaourouch.
D-M-S-
SALLVSTA
BAEBBIA PIA
VIX -ANN -
XXXXV
H - S • E
VDI A
N I A
S A TV RN I
NA PIA VIX
ANNIS XVIIII
HS-E-
180. — Mdaourouch.
268 —
D-M-S-
M-SERVILI
VS PRIMVS
CLODIA^VS
F nmmmmm
181. — Mdaourouch.
DIS MANIBV
Q: STAVIA
lANVARIA
VIX-ANNIS
, LXXXVI
182. — Mdaourouch.
M-VETTIVS INNO
CENS RESTITVIT
L . A .
183. — Mdaourouch.
MEMORIAE
CLVETTI RO
MANI CON
STANTIS
H-S-E*
184. — Henchir-el'Merrah.
D-M-S-
FCECILIVS
PRIMITIVS
VIXIT
ANNIS LXXX
Ligne 2 : \T{%tus)\ ou {P{uh\ius)\
— 269 —
185. — Henchir-el-Merrah. A la source.
D-M-S-
EGNATIA
S A T V R A
VIX- AN •
LXVII
186. -— Henchir-el-Merrah.
D-M-S-
L-F-HO
NORA
T V o Cadre vide.
VIX -AN
IV
Ligne 2 : L. F{lavius).
187. — Henchir-el-Merrah.
D-M-S •
MAE VI A
H O N O R
ATA V-A-
XX X X V
H • S • E •
O -TB-Q^
D-M-S •
C.IVLIVS
P R I M I T
IVS V- A-
LXXI
0-T-B-Q_:
188. — Henchir-el-Merrah. Dans le mur de la citadelle.
D-MS-
I V L I A P R
I M A V • A •
XXIII
H-S-E-O-T-B-
0.-
189. — Henchir-Messereb-el-Anech.
DIS MANIBVS
AEMILIA ROG
ATA VIXIT AV
NIS LV
Archkolocie,
18
— 270 —
190. — Henchir-Ouled-bel-Kheir.
D-M-S-
I V L I A
DONATA
V-A-
L X V
H • S • E
191.
192.
ciales.
— Henchir-Ouled-bel-Kheir.
D-M-S-
PAPINIA
DONATA
V-A-XXH
— Henchir-Ouled-Mrabet. Mélange de capitales et d'on-
D-M S-
BASILIA GEMELI
"ùiLiAhw mm.- woywsm
OCRVDELE NEFAS^i
Tibi Qiy Vî&iw/MmMmMm,.
eOSWM?ATEK MATER Q_
^^ A'^^S E R e^^I S G A •
Ce-DOS FeClTWMFOK
m.N A N Oi
m.i I T V
mmm. 6 M
193. — Mzara-Oum-Chellalig (près Henchir-Mjar Allah).
D-M-S-
A N I A
V E N V
STAV •
A N
— 271 —
194. — Henchir-Oum-el-Abtaïen (n" l).
D-M S-
AEMILIA BO
ROCIA PIA
VIX-ANNIS
LI
195. — Henchir-Oum-el-Abtaïen (n" i). Sur une grande dalle
de près de 2 mètres de long. Lettres de o m. 12, profondément
grave'cs. *
Croissant.
F • FLAVIVS
LONG IN VS
V- A -LXX
H-S-E-
Ligne 1 : [T{itus)] Flavius.
196. — Henchir-Oum-el-Abtaïen (n° 1).
D-M'S-
I V LIVS
DON AT
VS V-A
N • XC
197. — Henchir-Oum-el-Abtaïen (n'' 1).
Croissant.
Vase. Miroii'.
DÇ!>M0S<Ï'
IVLiA<5^MAE
CENETAQbVI
O <î& T ^ B <;i' qj>
Li{{ne 9 : Julia Maecenai{i)a.
— 272 —
198. — Henchir-Oum-el-Abtaïen {n° a).
D-M-S-
L^ SITTIVS
SODA LVS
VIX-
A N I S
L X I
H ^ S E
Ligne 3 : Sodalus, non Sodalis, est déjà connu par une inscrip-
lion des Beni-j^iiad ^^\
199. — Plaine d'Er-Reguiba.
D-M-S-
C L O D I A
SATVRNINA
PI A V-A-XXV
H-S-E-
200. — Plaine d'Er-Reguiba.
Niclie
avec deux personnages debout et drapés.
T A N O
M N I
S f X X
X V I
M E T V
I ANVAR.
IVS VIXI
Monme{n)tum Januarius vixit an{n)os XXXVI.
201, — Plaine d'Er-Reguiba.
D-M-S-
I V N I A
ROGATA ^A
VIXIT ANIS
XXXV H-S-E-
(') Corp. viser, lut., 1. VIH, n" O/iSO.
— 273 —
202. — Henchir-Chabet-er-Ressas.
m a tri MAGNAE
d e W M S A C EL
E V T Y\^^m:mmm%
PROC • wm^^mm^^
TEMPLVM ÇNWWM
CILLIS ET YmmMÂ
D-S-F-IDQ_DD
Ligne 9 : à{è) s(uo)f[ecit) id{em)q{ue) d(e)d[icavU).
203. — Henchir-Chabet-er-Ressas.
D-M-S-
C'A VR. ELI V S
SATVRNINVS
VET-VIXIT AN-
LX H-S-E-
IVL-AVRELIA
CONIVGI RAR
i s s i m f e c
204. — Henchir-Rouijel.
D-M-S-
Z A B»i^I^E
D R EW^iS
TRIBV ^ MVI ^
W\^ N <i> CXV
Lignes i et 5 : tribu?? . . . vi{xit) an[nis) CXV, m(ensibus) VI?
205. — Aïn-Saïd. Au débouché sud du Khanguet-bou-Sessou.
MATIH ^ SIDBII
FILIVS <3f> VIXIT
ANNIS <ï^ XXXI II
H<Ï'S<Ï'E<J^
Mntih, Sidbii filins , vixil , etc.
206
Ksar-Sbehi.
207.
Ksar-Sbehi.
— 27A —
D-M-S-
A N T O
N I V S
S E C V N
D V S P I V
S VIXIT AN
N I S L V
Q_<3î> I V L I V S
D O M I T I A
N V S P I V S
VIXIT ANNIS
XXXIII H-S-E-
208.
209. —
Ksar-Sbehi.
1 V L 1 A
FLORA
VIXIT AN
CXXI
Ksar-Sbehi.
Croissant.
D-M-S-
I VL I A
MAXIMA
VIX-AN
XCV
275 —
210. — Ksar-Sbehi.
211. — Ksar-Sbehi.
DIS Mi
Q_- M O N I
V S P R I V
A T V S
PIVS V- A-
LXI H-S-E-
T E R T 1 A
V I X I T A
XLIII P MIN
Li{>no 3 : p(^lus) mîn(iis).
212. — Aïn-bou-Sessou ( près Mdaouroiich).
NEPTVN O
A VG
SACR •
IyP^IMERIT
A NVS SA
CerdosMï^M
^^^
L • A • V • S •
J(u.lius) [ E]merit{i)aniis.
Ligne A
213. — Sur un rocher entre Aïn-Saïd et le débouché du Khan-
guet-bou-Ses80u, au pied sud du Djebel-Mdaourouch. Copie de
M. le lieutenant Faure.
276
EX AVCTORITATE
IMP-NERVAE-TRAIANI
CAES-AVG-GERMANI
Cl • D A C l C l COS. p. p,
L • MINICIVS N ATALIS
LEG- AVG-PROPR-INTEr
MAD AV REN5ES ET
MVSVLAMI os
ex aiictoriiate
IMP-NERVAE TRAIANI
CAES-AVG-GER-DACICI
L • A C I L I V S STRA'^ELL
IVS NVMMSi^S LEG-AVG-
PR PR INTER MVSVL-
ET MADAVRENSES
La première de ces deux inscriptions figure déjà au Corpus^^\
sauf pour la dernière ligne; la seconde est inédite. Ce n'est guère
qu'une répétition de la précédente; le nom du légat seul diffère. Les
lacunes indiquées sur la copie sont telles qu'on ne peut guère resti-
tuer autre chose que : L. Acilius Stra[bo Gjeîlius Numm[iu]s, nom
d'ailleurs entièrement inconnu. On sait qu'un L. Acilius Glabrio,
consul suffect avec S. Neranius Capito^"^' en 71, avait été envoyé en
Gyrénaïque l'an 69 par l'empereur Claude, comme disceptator agro-
rum^^\ Celui que mentionne finscription de Madaure est un des-
cendant du précédent. 11 est probable qu'il succéda à Minicius Na-
talis, légat de Numidie,en io4-io5, n'ayant pu, en aucune façon,
être un de ses prédécesseurs (*).
Le document n'est pas sans importance pour la géographie de
l'Afrique ancienne. Il nous apprend jusqu'oiî s'étendait, du côté du
Nord, le territoire des Musulamii. On savait déjà que Ksar-Gourai,
près Tébessa, et Henchir-Begar, en Tunisie, non loin de Thala,
leur appartenaient (^). Cela concorde bien avec la position que les
géographes leur assignent (^).
(') Corp. inscr. lat., t. VIII, n° /1676.
(^) Monumenti antichi dei Lincei , t. I, p. 553.
W Tac, Jnn., XIV, 18.
^') Trajan porte sur rinscriptioii le titre de Dacicus, qu'il prit à la fin de toa.
Or en ioo-io3 la légation de Numidie était confiée à L. Munatius Gallus;L. Mi-
nicius Natalis le remplaça immédiatement. (Fallu de Lassert, Fastes de Numidie,
p. 3^0 et suiv.).
(*' Tissot, Géogr. de l'Afrique ancienne, t. I, p. A 5 5.
^*' Ptolem., IV, 3, ai : UâXtv èè tStv ftèv KtpTnaicav hoù tUs No«f*<5/af fietjrfft-
ëptvanepot vtco tb AiSov Spos M.iaou\(i[toi.
214.
— 277 —
rès de Fedj-es-Siouda.
D-O-M
D-O-M-
WSC Z
DONAT
owm^
A VIXT
N • îxxx,
A N Èi
Lifjne i : Il se pourrait que les O qui séparent les sigles connus
D M ne fussent que des points séparatifs.
215. — Tifech.
I M P c a e «
D I V I T r a. i a n i
P A R T H I C i /• d i V i
NERVAE NEP- TRA
lANO HADRIANO
AVG PONTIF MAX
Trib poT xTi cos Tïï p p
cives romani cvl
Tores larvm eT
imaginvm avg s p f
L'inscription est de l'année 128 après J.-C.
216. — Tifech.
fIL
N A M P H A M
ONIS PIA VIX
IT ANNIS XV
H I C S E P •
217. — Henchir-ben-Zrib , près Aïn-Zenaga, au Nord de Ksar-
Sbelii. Dans le inur du gourbi d'Ali-ben-Brahim.
D-M-S-
IVLIVS
VICTOR
VICSIT
A NNIS
LXXXXV
— 278 —
II
DÉCOUVERTES DIVERSES.
J'ai réuni ici difforentes inscriptions découvertes par des offi-
ciers du corps d'occupation de Tunisie ; elles nous ont été envoyées
par M. Gauckler et autres chercheurs.
TUNISIE.
218. — El-Ala. Actuellement dans la cour du contrôle de Kai-
rouan. IVla copie.
D • M • S
A NNO SAC
ERDO S H I C
SITVS EST
VIX- AN-LXV
VXOR-P-FECIT
219. — Lamta. Sur un fond de plat, dans un cercle. Ma copie.
HILA
RVS
220. — Henchir-Maâtria. Copie de M. le lieutenant Hilaire.
I I
^I AETER
I A I
\/ N I C I
VALE
221. — Henchir-Maâtria. Copie du même.
D-M-S
P O M PONIVS
PRIMVS PJV
S VIXIT ANIS
LXl-H-S-E-
— 279 —
MM. Ordioni et Quoniam, du 3" bataillon d'Afrique, ont fait en
1896 quelques fouilles dans les ruines de Medeina. Ils ont trouve'
au cours de ces recherches des inscriptions dont ils ont envoyé à
M. Gauckler des copies, malheureusement trop imparfaites (').
222. — Medeina. Dans le Capitole.
M I |_N E R V j A E
M V N I cTiHv M A E II I V M
capit:)UVM A SOLO EXTRvicTVM
AT ^ \
Le fragment central était déjà connut'^). La découverte des deux
autres nous permet d'avancer que le grand temple signalé par tous
ceux qui ont visite' la ruine était un capitole.
223. — Medeina. Dans le quartier Ouest de la ville. Lettres de
o m. 06 aux doux ])remicres lignes, de o m. ok aux trois autres.
ANICAEEAC
VERI ANTONA
MXAMI GERMA
TRISVGESENI
RYVVSI>IVN
[Pro salute. . . Impi] Cac[s(aris) M. Aureli Sejveri Anton[ini. . . Parthici]
M[axi]mi Gefma\ntci. . . et Jultae Augustae ma\tns [A]ug(ust{) e[t] sen\alus
et patrine] ...
224. — Medeina. Dans le théâtre.
I S GL M S A
ET ERVCIA
IS PORTVLAS ET
('^ Je ne saurais trop insister sur la nécessité, pour les personnes, même les
plus instruites , mais sans habitude de Tépigrapliie , de prendre , en même temps
que des copies, qui seront toujours incorrectes, quoi qu'elles fassent, des photo-
graphies ou des estampages.
'-' Corp. mscr. Int., l. Vllf, n° 1826.
— 280 —
225. — Medeina. Dans le théâtre. Fragment d'cpitaplie.
A POR
ITA
X^
226. — Medeina. Près du Capitole.
NIDIASTERI NE
ORETVLLOARAE ON
Lettres de o m. o8 et o m. o6.
227. — Medeina. Près du Capitole.
L A P A M
Lettres de o m. o8.
228. — Medeina. Près du Capitole.
NAVIMNI
PSMVRNI
N ANVIX
AN XC
h s E
229. — Medeina. Dans le Capitole.
OVBIV
MERC
AN
230. — Près d'un mausole'e, à ho mètres du théâtre.
PONPONms
CREMENTIVS
VIXIT ANNIS
XIIII
H S E
— 281
231. — Medeina. Épilaphes dont le texte est ge'néralemeut si
incorrectement transcrit qu'il serait te'me'raire d'en proposer une
lecture.
232.
D M S
ARSIM A
PIVS
VIXIT AN
NIS XXXX
H S E
236.
D M S
VICIOR PI
VIVMDINV
LXIIII XXV
H S E
233.
237.
D M S
O A LVQ_
DE PI A
VIXIT
A N N I S
XXXI
H S E
SECVNDINVS
PIVS VIXIT
ANNIS LXXXX
H S E
234.
238.
D M S
O S I L I V
FIL F E L
PIVS I
M Y I O
H S E
D M S
QIARIVOHN
MAXIMVS
AIODIMIVS
Y
235.
239.
D M S
VO RTVN A
TRY VIXIT ANNIS
XXII
[F\ortiinat[a pi{a)].
D M S
RVAIERIVS
SVRVS PI
VS Vix an
LXXXX
H S E
P. Va[[\erms Siirus.
— -282 —
240.
D M S
D M S
RVRIVS
HELVIA VlCfO
Cadre vide.
VCEO DIC
RIA VIXIT ANNIS
VS AN VIXI
LXXX
H S E
241. — Sidi-Ali-bel-Kassem. Copie de M. le docteur Carton.
AVFIDIA-HORN
L-A-VIXIT-AN
NOS • LXXVmPjilll
H I S S V N WMm
M. le docteur Carton propose pour la lecture du surnom Horula
ou Horaîia.
A la quatrième ligne, il semble qu'on doive lire Hi{c) s[tti) sun[t),
bien qu'il ne s'agisse que d'un seul de'funt dans l'épitaphe.
242. — Sidi-Ali-bel-Kassem. Estampage de M. le docteur Car-
ton. Fragment haut de o m. lo; large de o m. oh; lettres de
m. 01 5.
w'DEI
^RITIS
ECVLOP
IIAVIT
TT
243. — Sousse. Nécropole. Estampage de M. Hannezo.
Dis MANIBVS
L • BOMMIVS • ROGATVS • H • S • E •
VIXIT -ANN- XXVII •
DON ATVS • FRATRi • OPTIMO
— 283 —
244. — Nécropole. Estampage de M. Hannezo.
D M S
MARTIALICVS QVI
ET LVXVRIVS-VIXIT
ANN • N XXini MENS
N-II-DIEBVS-N- VI
A noter ïapex sur les N signifiant n[umero).
ALGÉRIE.
245. — El-Amri, près Dar-el-Agra. Copie de M. P. BlancheL
Fragment. Lettres de o m. ii5.
VS • A
STR A
CON
246. — El-Mahder. Provient du fortin byzantin; est aujourd'hui
encastrée dans le mur oriental de la ferme Revoncl. Copie et photo-
graphie de M. P. Blanchet.
I O M S
CONSERVATO
RI IMP ERII D N
mm^- A V G E T E X
AVDITORI PRE
CVM GENERIS
HVMANI C MV
NATIVS FELIX VET
FL. P P POSVIT DEDl
CAVITQVE
Le nom de fcmpereur marlele contenait quatre ou cinq lettres
au plus. On peut songer avec vraisemblance à Carus.
— 28à —
247. — Timgad. Dans l'annexe du macellum. Copie de M. Ballu,
revue par moi. Hauteur des lettres, o m. 07.
ADDITIS STATVIS lOVIS Et
HERCVLIS AVGG CVM CO
MITE EORA VICTOkA DE • PEC • PVB
Additis statuts Jovis e[t] Herculis Atigiustorum) cum comité eorum Victoria,
de pec(unia) puh{licd).
248. — Timgad. Dans les murs d'une maison voisine du muse'e.
Copie de M. Ballu. Hauteur des lettres, m. 06.
MINERVae
AVGVSïae
D D
249. — Timgad. Milliaire trouvé le long de la rue qui mène au
Capitole. Copie de M. Ballu. Hauteur des lettres, m. 07.
A V R E L 1 O
INVICTO PIO
FELICI AVG
P O NT M A X
Trib pot P P
COS-PROCOS
RE S P COL
T H A M V G
250. — Timgad. Dans une maison. Copie de M. Ballu.
IMP D N
LICINI
ANO LI
cinio
— -285 —
251. — Timgad. Dans les ruines des pelits thermes. Copie de
M. Ballu.
M • PLOTIO • M • FlL/rtwsTO • EQ_- KOm
PRAEF-CoH iii ITyKAE O KVM
TRIB- COH- I- FL- CANATHENORVM
PRAEF-ALAE GALLORVM • TAVRIANE
FL • P • P • SACERDOTI • VRBIS
OB MERITA • IN CIVES • PATRI AM • QVE
ET • MVNIFICENTI AM EIVS
RESP CO/THAMVG'D'</
M. Plohus Faiistus, déjà connu par de nombreuses inscriptions
trouvées au maccllwn, est un des bienfaiteurs de Timgad.
252. — Timgad. Dans les thermes. Copie de M. Ballu. Hauleur
des lettres, o m. o3.
P AT R I A E
SV AE
DONO DEDE
RVNT
253. — Timgad. Annexe du macellum. Copie de M. Ballu.
Hauteur des lettres, o m. i5.
AN ICES VI
omNbvs FECI
254. — Timgad. Annexe du macellum. Copie de M. Ballu.
IS-SIBI-SVIS-POSTERIS QVE eOKum
255. — Timgad. De'couverte en 1896. Copie de M. Ballu.
MBILI
IB • TRIS
VIT ET AD
SIBI POS
OIORVM
Archéologie. 19
— 286 —
256. — Timgad. Dans une maison. Copie de i\I. Ballu.
D • M •
I V L I
AE • SE
C V N
DE- RA
RIS
S I M E
F E M I
N AE
A C I
LVIi^
ROI^
TIl
R. Cagi\at.
NOTE
SUR
LA VALLÉE INFÉRIEURE DE LA SILIANA
À L'ÉPOQUE ROMAL>E,
D'APRÈS LKS DOCUMKNTS ARCHÉOLOGIQUES HELEVÉS PAR SI. 1111, AIRE,
LIEUTENANT AL' k" BATAILLON DMNFANTERIË LEGERE,
PAR M. GAUCKLER,
Membre non r(5sidant du Comilé.
La Siliana est, après l'Oued-Mellègiio, raffluent le plus impor-
tant de la rive droite de la Medjerda. Formée par la re'union de
rOiizafa et de la Massoudje, qui prennent leur source dans la ré-
gion de Maktar à plus de 1,000 mètres d'altitude, elle se dirige
du Sud au Nord et quitte, aux environs de Djiàma (Zama), les
plateaux largement ouverts des Oulad-Aoun pour forcer la barrière
montagneuse qui les limite au Nord; à partir de ce point, jus-
(|uà son confluent avec la Medjerda, la Siliana décrit de nom-
breux méandres, déterminés par les soulèvements rocheux dont les
contreforts enchevêtrés resserrent et contrarient son cours.
Les difficultés qu'oppose au transit cette région accidentée l'ont
de tout temps condamnée à l'isolement, en dépit de sa fertilité,
tandis que la vallée de l'Oued-Khalled , parallèle à celle de la Si-
liana, mais plus régulière et plus directe, détournait à son profit
la circulation et le trafic entre les hauts plateaux et les plaines al-
luviales de la Medjerda. C'est la voie naturelle qu'ont toujours
suivie les commerçants et les armées, où se sont accumulés les
marchés et les places fortes. Aussi a-t-elle e'té étudiée dans tous
— 288 —
ses détails alors que la Siliana inférieure demeurait à peu près in-
connue.
M. Hilaire, lieutenant au li^ bataillon d'Afrique, a bien voulu
se charger de combler cette lacune dans la carte archéologique de
la Tunisie, et d'explorer d'une façon me'thodique le cours de la
rivière depuis THenchir-Ounizit et Gaffour jusqu'à son confluent
avec la Medjerda. Les premiers résultats de son exploration ont été
consignés par lui dans une Etude sur la défense de la vallée de la Si-
liana pendant Voccupation byzantine, qui a été présentée au Congrès
de Cartilage, le k avril 1896, et est publiée dans le volume dos
Comptes rendus de V Association française pour l'avancement des sciences.
Ils ont été complétés depuis par de nouvelles découvertes dont je
vais donner un résumé.
. La vallée de la Siliana est un pays de bocages, de saltus, plus
propre aux cultures arbustivos qu'à la production des céréales. Dé-
nudée aujourd'hui , elle devait être très boisée à l'époque romaine.
C'est ce que prouvent les bouquets d'arbres, les oliviers sauvages
accrochés çà et là aux pentes des ravins, derniers témoins de fo-
rêts antiques disparues aujourd'hui; et, mieux encore, les restes
de pressoirs à huile que l'on rencontre épars sur tous les points
du territoire.
Comme il arrive d'ordinaire pour les saltus, c'est un pays de
grande propriété. Treize domaines, dont l'un, celui de Gafibur,
couvre une superficie de plus de /io,ooo hectares, se partagent au-
jourd'hui la vallée. Jl devait en être de même à l'époque romaine.
L'humble population de travailleurs agricoles des prœdia^^^ et des
fundi^^^ vivait disperse'e dans des fermes isolées ou de petites bour-
gades; peu de grands centres organisés en municipes et habités
par des citoyens romains. Le pays était cependant assez peuplé, et
le demeura jusqu'aux derniers temps de l'occupation byzantine. On
y rencontre des restes d'édifices chrétiens importants. Aux v* et
vi^ siècles de notre ère, la vallée se hérisse de forts d'arrêt et de
petites redoutes perchés sur des plateaux abrupts que contourne la
rivière et dont elle défend les abords. La vallée de la Siliana ac-
(') Domaine de Rufus Voliislanus, à Bir-ïersas, sur le versant opposé du
Djebel-Cheidi, à proximité de la valiéo de la Siliana. (Carton, Découvertes . . .,
p. lia, n° i58.)
(-) Fitndus Tigi. . . à Hencliir-Rirao , à proximité de la vallée inférieure de la
Siliana. (Carton, Découvertes. . ., p. 18, n" 9.)
— 289 —
quiert à ce momont une véritable importance stratég^iqiie , car elle
double la grande voie de Garthage à Théveste dans sa traversée
des montagnes et pourrait servir à la tourner.
Un chemin d'intérêt local , qui, partant de Tichilla, passe par Co-
reva et dont M. Hilaire a relevé' les traces entre THenchir-Tambra
et le bordj de Gaffour, remonte le cours de la rivière et se prolonge
sans doute jusqu'à Djiâma. Les indigènes le désignent encore au-
jourd'hui sous le nom de cheinin romain [trik roumân). Plusieurs
routes transversales le relient aux artères voisines. A Goreva (Hen-
chir-Dermoulya), il est croisé par l'importante voie romaine qui,
de Tunis à Agbia, abrégeait la vieille route punique suivant les
bords de la Medjerda. De Goreva part également le chemin qui re-
monte, sur la rive droite, la vallée de l'Oued Remil et conduit à
Thuburbo Majus, par Bisica.
Plus haut, une autre route se dirige en sens opposé sur la rive
gauche. Elle part d'Henchir-Tambra, escalade les pentes du Djebel-
Sidi-Abd-Allah-ben-Gheidi dont elle traverse la crête à ti kilomètres
à l'E, S. E. du marabout de ce nom, au col d'Henchir-Zaieta
(600 mètres), oii ses restes sont très reconnaissables, et aboutit,
au pied de Tliugga, à l'arc de triomphe qui marquait, sur la voie
de Garthage à Théveste, le point de départ de cet embranchement.
L'existence de cette voie romaine déjà soupçonnée par Tissot ^^\ et
dont le docteur Carton avait cru retrouver les traces aux environs
d'Aïn-et-Teli (''\ est mise aujourd'hui hors de doute par la décou-
verte de deux fragments d'une importante borne milliaire quadran-
gulaire découverte par le lieutenant Hilaire à Henchir-Zaieta , au-
près de ruines qui semblent être celles d'un poste fortifié défendant
le col. Je les lis ainsi , d'après sa copie :
('' Tissol, Géographie de la province romaine d'Afrique, t. II, p. 348.
('' Carton, Découvertes en Tunisie (région de Dougga), p. 99 à 3a. D'après
M. Hilaire, le sentier actuel d'Aïn-et-Tell à GafTour n'est praticable qu'aux pié-
tons. Il traverse dos pentes si abruptes, qu'une voie romaine n'aurait pu y passer
qu'au prix de travaux d'art considérables dont on devrait retrouver des vestijjes.
Quant au fortin signalé par le docteur Carton, au col d'Aïn-et-Tell , M. Hilaire
croit y reconnaître une simple ferme. Le col d'Aïn-et-Tell est à la cote 6/10.
— 290 —
1 p. X a u c t r i t a t e
i m p . t . c a e s a r i s
divivespA S i A Ni. f.
VESPASIANî AVG ?ONl
M A X - T K l B ' jj O T ■ vTTl i
I M P • "XV C O s viÛ C E N s
C N • P I N A R î A emili n
ClCATKicidn leg Àug. pr. pr
1 X
\Ex auctoritate Impieratoris) T{tti) Caesaris, dwi Fesp]as[t]ffln[i /(t/ii)] , Ves-
pasian\ï\ Aug[ustt) ., pon\l{ificis)\ max{imi)^ tnb(vn{ci(i) [p\ot{estate) vtii[i] ,
imp{evatoris) xv , co\((fi)s(ulu) vi\n , cen\s{oris)\. Cn(eio) Pinar\io Aemilio]
Cicatr\icxda , leg(ato) Auff(usti) 2>fip) pr[aetore)] [7n({llia) plassumny^ vi'iii.
Hauteur des lettres, o m. o5; hauteur des chiffres, o m. i5.
Celte inscription est inte'ressante à divers titres ^^ï; exactement
datée de l'anne'e 79-80 par le chiffre des puissances impériales de
Tempereur Titus, elle nous apprend à quelle époque a été con-
struite la voie romaine qui mettait en communication les vallées de
la Siliana et de TOued-Khalled par le col d'Henchir-Zaieta. Elle
ridentifierait en outre d'une manière certaine avec celle qui pre-
nait son origine à Tare de triomphe d'Agbia, si le chiffre des
milles IX, qui correspond à peu près à la distance du col d'Hen-
chir-Zaieta à Aïn-Hedja, était absolument sûr. Mais je dois faire
remarquer que la première haste verticale est brisée vers le bas et
que Ton est d'autant mieux fondé à supposer qu'elle représente
un L et non un I : LX..., que le chiffre 9 apparaît ordinairement
en épigraphie sous la forme suivante VIIII et non IX. On serait
alors conduit à admettre que la borne milliaired'Aïn-Zaiota appar-
tenait à la grande voie romaine de Coreva à Agbia, qui passait par
Aïn-Younès et Henchir-Guettar; mais Ton sait que cette voie ne
fut construite qu'en 1 93, par le légat de Numidie P. Metilius Se-
cundus, et, d'autre part, il est peu vraisemblable que la borne ait
(') M. Hiiaire a bien voulu la faire transporter, à ma demande, au contrôle
civil do Toboursouk, où sa conservalion est assurée.
— 291 —
été déplacée, sans raison, de plusieurs kilomètres dans une région
rocheuse où la circulation est des plus difficiles. Quant au person-
nage qui présida à la construction de la route et qui, selon toute
apparence, était un légat de la IIP légion Auguste, son nom, mu-
tilé sur la pierre, me paraît pouvoir être restitué d'une manière
certaine, grâce à la rareté du cognomcn. Nous connaissons par un
diplôme militaire trouvé en Hongrie, à Felso-Kanae, près de Ver-
domd('), un certain Cn. Pinarius Aemilius Cicatricula Pompeius
Longinus qui commandait, en février 98, Tarmée de Pannonio.
Ce général et celui qui fut peut-être, en Tannée 80, à la tête de la
IIP légion Auguste (■-) ne sont sans doute qu un seul et même person-
nage, à moins que le second ne soit le tils du premier. Un diplôme
trouvé à Sikaloi, en Hongrie (Pannonie supérieure), et daté du
9 1 mai 76'^^ nous fait connaître un autre membre de la famille
Cn. Pinarius Cornélius Glemens, qui commandait l'armée de la Ger-
manie supérieure. Je n'ai pas d'autres renseignements sur cette famille.
Voici la liste sommaire des groupes de ruines relevés par M. Hi-
laire dans le pays de Gaffour :
Henchir-Oumzît , sur la rive gauche de la Siliana, près du ma-
rabout de Si-Hadj-Ahmor. Fortin byzantin qui défendait l'accès de
la vallée par le ravin de rOùed-Soufi , contournant le Djebel-La-
khouat.
Henchir-Tazma , sur la rive gauche, près du marabout de Sidi-
bou-Argoub et du bordj de GalTour. Ruines d'une agglouiération
importante, bâtie sur les pentes et le sommet d'un plateau abrupt
dont la rivière, aujourd'hui déviée vers l'Est, baignait autrefois la
base. Le plateau se termine du côté de la rivière par une falaise de
calcaire nummulitique à pic, d'une hauteur de 3 à /i mètres.
L'on y retrouve les restes des carrières qui ont servi à construire le
village. La pierre est d'ailleurs de mauvaise qualité et n'était utili-
sée que pour les maisons privées et non pour les édifices publics.
Un ravin séparait la cité antique en deux parties, que réunissait
un pont dont une culée subsiste. Au Nord du ravin se dresse un
fortin byzantin rectangulaire dont l'enceinte assez bien conservée
atteint par endroits 637 mètres de hauteur. Au Sud, au point
W Corp. inscr. lat., t. III, p. 86a.
(^' Cf. Paliu de Lcsserl, Fastes des provinces africaines, I,.p. 33o, noie .7.
W Corp. iiiscr. lut., f. Ut, p. 859.
— 292 —
culminant de la ville, subsistent les restes d'une enceinte ellip-
tique mesurant 3o mètres de grand axe et 20 mètres de petit axe.
Les murs, aujourd'hui fort peu élevés au-dessus du sol et formés
de larges dalles plates, ont une épaisseur énorme, près de 7 mètres.
lis étaient recouverts, au moins à l'intérieur, d'un enduit de mor-
tier. Aux extrémités du grand axe sont deux ouvertures qui vont
en s'e'vasant de l'intérieur à l'exte'rieur. La destination de ce monu-
ment demeure hypotlie'tique; ce'tait peut-être un petit amphi-
théâtre, transformé en réduit fortifié à l'époque byzantine.
11 faut signaler en outre à rHenchir-Tazma les ruines d'une
porte triomphale très simple, dont les pieds-droits subsistent seuls,
et celles, très effacées, de deux temples : l'un d'eux devait être
consacré à la Virtus Augtista'^^\ comme l'atleste la dédicace, gravée sur
un linleau de 2 mèlres de longueur qui gît au milieu des ruines.
Ce texte a déjà été signalé par M. Espérandieu, en même temps
que plusieurs épitaphes chrétiennes ('-) que j'ai revues sur les es-
tampages de M. Hilaire. La lecture de l'une d'elles [Corp. imcr. ht.,
n" i56/io) doit être rectifiée ainsi :
2.
ROGATILLA REDDI F
ANNIS ^ JÇ I II
IN PAGE i
o M mmm
Roffalilla Reddif{ilia) annis XXIII in pace [D]omi[nt]l
Largeur, 1 m. 20; hauteur, m. 5o; hauteur des lettres, o m. o5
à cm. 07.
La pierre est très effritée; les caractères sont gravés grossière-
ment au trait.
3. — l/inscription suivante est inédite
FELICITAS IN PACE
ANis IX sm, DYtmmmm
IN B A f O flîl N OR E M
(') Corp. hiscr. laL, t. VIII, n" i5638.
'^' Ibid., n"" i5C37, i56/io, i564i.
— 293 —
Encadrement large de o m. 55, haut de om. 9 5. Lettres très
ne'glige'es, hautes de o m. o5.
Les 2'' et 3" lignes sont presque illisibles.
4. — M. Hilaire signale encore à rHencliir-Tazma , dans les
murs du fortin, sur la face Nord, à 5 mètres de hauteur, le fragment
suivant, en caractères hauls de o m. o5 :
Nil Q^R
5. — Sur la face Sud, sur une pierre mal e'quarrie, en caractères
hauls do o m. o8 et grossiers :
Ll FAt 1
et, un peu partout, dos fûts de colonnes, quelques fragments de
frise ornes de pampres, d'un style assez élégant; une mosaïque or-
nomenlale grossière, de nombreuses citernes et pressoirs à huile.
Henchir-Abd-es-Semed, rive gauche de la Siliana. Centre agri-
cole aux ruines très effacées. A signaler : un arc de triompbe qua~
drifrons de lo mètres de côte', à l'extrémité Sud-Ouest des ruines.
Los assises inférieures des pieds-droits subsistent seules. Les débris
de plusieurs ponceaux sur l'Oued-el-Kser, qui traverse le village.
Un réservoir circulaire à ciel ouvert, alimenté par un canal d'ad-
duction qui amenait les eaux d'une source à 9 kilomètres au
Nord-Ouest. Un barrage en blocs mal équarris, qui détournait les
eaux de l'Oued-Rahahouès et servait à l'irrigation des jardins. De
nombreuses citernes particulières, des huileries. Un fort byzantin
carré, assez mal conservé.
M. Hilaire n'a trouvé aucune inscription à l'Henchir-Abd-es-Se-
med, à part une estampille do potier sur le col d'une amphore
baute de i m. 20 : lAivs Salvi, et dans un gourbi abandonné,
à 700 mètres du confluent de l'oued Rarahouès et de la Siliana,
l'épitaphe suivante, commune à plusieurs membres do la même
famille :
— 29/i —
6.
D • M • S
P-ANTISTIVS SECVN
D V S M V I X IT
ANNIS XIIII H-S-E
M-SVCCESSA-VIXIT
ANN • XXX • HI»;Mi
P-ANTISTIVS- SE
CVND VS P - VIX
ANNIS XII
p • A NT \M^ni
Lccinre de; M. Iliiaire. Les lignes 3 et 5 seraieni à véi-ifier.
Ijigiie 3 : Secimdus M{ajor)l
Henchir-Meskine , rive gauche de la Siliana, à k kilomètres en
aval d'Abd-es-Semed et en face de Sidi-Aied-ei-Aioussa. Pierres
éparses parmi lesquelles trois tumulaires, deux païennes, une
chrétienne, sur des cippes en forme d'aulel (n"' 7 et 8) ou de co-
lonne (n" 9).
7.
Guirlande.
D-M-S
L • AVRELI
V S O M N
OD V S R O
GATI AN V
S PIVS-VIX
ANN -XXVII
M-VI-D-XIII
H-S-E
8.
D-M-S
QjC AELI
V S M A
XI MVS
PIVS-VI
Xt-ANN-
L X X V I
H-S-E
9.
Q_- ANNIA
F A V S T A
I N - P A C E
Lectures de M. Hilairc.
La colonne n° 9 a été trouvée sur la rive droite du ravin, dans
les débris d'un mausolée dont la base carrée avait 3 m. 5o décote.
Lignes 3 et i, peut-être Commodus?
— '295 —
Henchir-Zoubîa , près d'Henchir-Meskine. Citernes ruiiie'es.
10. — Dans le Djebel- Sidi-Cheidi. Au marabout de Sidi-
Abdallah. Potile Stèle plate, caiaclères négligés.
D-M-S
M A S M
P M V A
XXVIIl
Lecture de M. Hilaire. Ligne 3 : p{liis) m(inus).
11. — Henchir-Oued-el-Klegh. Sur le petit torrent du même
nom, au milieu du plus septentrional des deux cols qui mènent de
la vall('e do la Siliana à la mosquée de Sidi-Abdallnli. (lippe à
double cartouche, caractères très nets.
D M S
D M S
A M A R I VS
O CT AVI A
L AMP A D A
Z A B V L L A
RIVS-P-V- A
P • V • A • LV
XXXIl'H-S-E
HS-E
Lecture de M. Hilaire.
Les noms indigènes Sabullus, Sabulla , Zabullus, Zabulla, etc.
sont fréquents dans la région. Voir notamment l'inscription rele-
vée par M. le docteur Carton, à 5 kilomètres de celle-ci, aux envi-
rons imme'diats du marabout de Sidi-Abdallab.
12. — Col d'Henchir-Zaieta. Inscription brise'e à gauche et en
haut; très fruste et mal gravée en caractères irréguliers hauts de
o m. 09 à o m. o3.
iVS
/E L I X
A-LXXXX
G • M E A I ^
C O Ef^:E • O
D A • P R wm
. . . Félix v(ix{t) a(iiHis) LXXXX . . ?
— 296 —
Ma lecture d'après un estampage de M. Hiiaire.
Ksar-Hellal. Sur TOued-bou-Zid (rive droite de la Siliana).
Ruines étendues. Citernes. Fort byzantin, chapelle chrétienne sur
plan trilobé.
Henchir-Tambra , rive droite de la Siliana, sur l'Oued-Chaïr.
Ruines très effacées. Grand fort polygonal à sept pans de l'époque
byzantine, occupant la boucle que forment à leur confluent TOued-
Chaïr et la Siliana.
A 800 mètres au Sud-Est, sur le sentier de Ksar-Hellal, ruines
de trois vastes citernes accolées couvrant 200 mètres carrés, qui
emmagasinaient les eaux d'un ruisseau, amenées par une conduite
dont les restes sont assez bien conservés.
M. Hiiaire a revu les textes épigraphiques déjà connus à l'Hen-
chir-Tambra, notamment la dédicace à l'empereur Valentinien et
le fragment où se trouve le nom indigène METHVNILIM. Il a
découvert quatre inscriptions nouvelles :
13. — Une dédicace à l'empereur Hadrien, dont j'ai lu ainsi le
texte sur l'estampage :
I M P • C A E S •
DIVI TRAI ANI-DACICI • FIL-
DIVI • NERVAE NEPO^ HADRIANO
AVG • PONT • MAX • TRIB • POT • XV 1 1 1
C O S I I I • P • P •
S-CALVIVS-PRIMVS L VCILI VS- VlCTORM^',?M«S
SVRRENTIVS SATVRNINVS PRIMVS ATmmWSWÏi-S
PRIMVS • MOGONDIN EVSmMDlNW Sm^êiWmWMiM^m^m
MAX I M V S ^Ri ANEVS«MEMR • Yicimmm^^^^mm
BENS SATVRNINVS M. A3mivsmmm^,wMm^^mmmm
B R I H I s immM'^ E^E cv N D V "îmmmms^mmmmmmmm
'mm. SECVN Dv s mfmmmMm»;mj^m/^my^mmm(^)fmm//mMsm^
Nvs-SATVRNiNvs iVstv s^ V ^^mMmmim?&mm
PLOC AM vs i:'E^wm'i^\v'îi-mmMmi^,m^imMmMxmmmm.
N I V s • p R I N P^^»»'C^^^M^^^^^^Iv?;?^?^^g«
— 297 —
Base calcaire, brisée en bas. La parlie inférieure de l'inscription
est très effacée. Largeur de la base, o m. /i5; hauteur du frag-
ment, o m. 60. Hauteur des lettres : ligne 1, m. 07; lignes a à
5, m, o35; lignes suivantes, o m. 02. Lettres hautes et grêles,
caracte'ristiques du temps des Anlonins.
L'inscription est datée de i3A. Elle est dédiée à l'empereur
Hadrien par un groupe de souscripteurs dont les noms trahissent
rhumble extraction. Ce sont des travailleurs agricoles, indigènes
probablement d'origine servile, qui n'ont presque tous qu'un cogno-
men, choisi parmi les plus répandus et les simples : Prinius, Sc-
cundus, Fauslus, Saturninus, Maximus. Cette liste de noms est très
diflicile à de'chiffrer. Je n'y suis parvenu qu'en partie; mais la
perte des bouts de lignes demeurant illisibles n'est pas grande.
Tout rinte'rêt de l'inscription devait re'sider dans la partie infe'-
ricure, où étaient peut-être exposés les motifs de la souscription.
Elle est aujourd'hui détruite.
14. — Une épitaphe sur un cippe en forme d'autel, brise' en
haut, dans un des murs du fortin.
CAIVS SATVRNI
NVS IDDINVS VI
XIT ANNIS-LVI
SATVRNINA KO
GATI FLAMINIA
NI-VIXIT-ANNIS
XXXVII
H-S-E
Lecture de M. Hilaire.
Ligne 9, Iddinus? nom indigène? lignes ^-6, Salurnina Rogali
Flaminiani \f(ilia)].
Deux épitaphos parmi les pierres qui recouvrent le tombeau de
Sibi-bou-Djema, au nord des ruines. Lecture de M. Hilaire.
16.
D'M-S
— 298 —
17.
D M S
MEMIVS
PETRONIVS
SECVNDVS
VICEMINENS
VIXIT
PATER CARVS
ANNIS
PIVSV-A LVII
Le chiffre des années manque.
Henchir-Sidi-Zrez. Rive droite de la Siliana. Ruines informes
d'une ferme.
Henchir-Sidi-Ahmed. Rive gauche de la Siliana. Forlin presque
arasé, dans les murs duquel se trouvent trois inscriptions déjà pu-
bliées W.
Aux abords du fortin, M. Hilaire a découvert deux morceaux de
frise à bas-relief fort effacés. L'une est ornée de rinceaux et de
[)ampres. Sur l'autre, on distingue six personnages qui semblent
combattre deux à deux; en outre, à droite, un quadrupède, tau-
reau ou cheval, et vers la gauche, un arbre et un autel, le tout très
fruste.
19. — Henchir-Fallous. Rive gauche de la Siliana, à 2 kilo-
mètres à l'Est de la iMechta-Mknana. Ruines insigniDantes. M. Hi-
laire a découvert à cet endroit, formant la pierre de foyer d'un
gourbi élevé par un ingénieur prospecteur de phospliates, deux
fragments se raccordant d'une inscription que le feu avait fait
éclater. Je lis ainsi ce texte, d'après la copie de M. Hilaiic.
hic memorlE BEAT- M ARTRM • MEI
îN PAGE SVB AIE III lAi
indiclionis III -PER MANVS-BTSM
St IVLIAN
VM-AORO
\Hic mcmor\i{a)c beat(orum) mart[y)r{ii)m . . .? in pacc me die 111 id{ii.s). . .
indictionis] lertiac per vianus'^ beat{ts)s(t)m(orimi) . . . Sancl{{ ou m) Jii-
lian(i ou us). . . um d{om{ii)o? ro.. .
('' Corp. iiiHcr. lat., n" )y3f«(i, i^SîiS, i-a.'J-îp.
— :299 —
Hauteur et largeur, o m. 3o. Lettres hautes de o m. o3 et o m. o/i.
Les lignes sont soulignées. Les caractères dénotent une 1res basse
époque.
Il est regrettable d'avoir à constater que la mutilation de cette
memoria de martyrs, qui devait présenter pour l'histoire du christia-
nisme africain un intérêt de premier ordre, n'est pas due aux indi-
gènes de la région, mais à un Français de passage, qui n'a même
pas pris la peine de copier l'inscription dont il a fait un si triste
usage. Les actes de vandalisme de ce genre deviennent malheureuse-
ment de plus en plus fréquents et les progrès de la colonisation
rendent singulièrement difficile la tâche du Service des antiquités.
Après Sidi-Ahmed, la vallée de la Siliana se resserre et les
ruines se font rares jusqu'à l'Henchir-Dermoulya, dont les restes,
identifiés par Tissot avec Goreva, ont été suffisamment décrits par
M. Poinssot et par le M. docteur Carton ('^. Avant d'arriver à Coreva ,
M. Hilaire signale trois petits fortins, occupant en amont les der-
nières boucles de la rivière, le premier sur la rive gauche, les
deux suivants sur la rive droite.
En somme, la région explorée par le lieutenant Hilaire ne com-
prend que trois groupes de ruines de quelque importance : l'Hen-
chir-Dermoulya, l'Henchir-Tambra et l'Henchir-Tazma.
De ces trois centres, le premier a déjà été identifié avec la ville
romaine de Goreva. Les deux autres me semblent devoir l'être par
la découverte de deux fragments épigraphiques faite par M. Hilaire,
à proximité de la voie romaine qui conduisait d'Henchir-Tambra à
Henchir-Tazma et à mi-chemin entre ces deux endroits; ù l'Hen-
chir-Zoubîa, qui appartient au groupe de ruines d'Henchir-Mes-
kine, en face de Sidi-Aied, sur la rive gauche de la Siliana.
Les indigènes du pays prétendent que ces deux fragments pro-
viennent d'une seule et même pierre, brisée il y a une vingtaine
d'années par des Marocains chercheurs de trésors; mais il est im-
possible, vu leur, état de mutilation actuelle, de rien affirmer à ce
sujet.
Le premier fragment, en deux morceaux se raccordant, était
gravé sur les deux faces; mais l'une des inscriptions, tracées en
petits caractères très serrés, est absolument illisible aujourd'hui.
^'' Poinssot, Bull, dos Antifiiiilês africaines, t. lll, p. 98; Carton, Decon-
vei-tes . . . , p. 8 et siiiv.
— 300 —
Sur Taulre face, les caractères, liauls de o m. o65, sodI encore très
apparents. Longueur du fragment, o m. kk.
tUlMlSWEWMSES
Le second débris est plus important, mais très fruste. Il n'est
gravé que d'un seul côté, en caractères de o m. o^i à o m. o3 de
hauteur. Voici comment je le lis en m'aidant, pour les deux pre-
mières lignes, de la copie de M. Hilaire et, pour les trois dernières,
de son estampage, très effacé à la paitie supérieure. Largeur du
fragment, à peu près complète : o m. 45. Pierre calcaire de mau-
vaise qualité.
ANS POSITVM SIC
D y M l O KWMV M. M A K mM
H Am^m^i? E R T 1 E vmmmmmmmm
MINVM -me o H XIII VRB • INTEr
fHABBORENSES ET THIMISVENSES
Quel que soit le sens qu'il faille donner aux trois premières
lignes, sur lesquelles je n'ose pas me prononcer actuellement, la
signification des trois dernières suffît à caractériser l'inscription
fer T... minum [c(enlurionem) coh(ortis) XIII Urb(anaé) inle\r] [T\hab~
borenses et Thhnisuenses . . .
Il s'agit d'une borne frontière, posée par les soins d'un centu-
rion de la iS" cohorle urbaine qui tenait, au i" siècle, garnison
à Carthage, à la limite du territoire des villes de Thabbora et de
Thimisiia.
La première de ces bourgades, qui ne durent jamais avoir une
bien grande importance, nous est connue par la liste d'évêques
de la conférence de Carthage, en Aii [ecclesia Taborensis)^ et par
la lettre de 646 à Paul, patriarche de Constantinople, contre les
Monothélites [Talborensis). Nous savions de plus, par le premier de
ces textes, que la ville de Tabora était voisine de Bisica (Bijga).
Aussi, l'éditeur français du Morcelli avait-il été conduit, par l'ana-
logie des noms, à l'identifier avec a deux groupes de ruines appelées
Tambra, assez voisines l'une de l'autre et rapprochés de Bisica; ces
ruines sont situées dans la vallée de la Siliana (''n.
Cî Morcelli, Géogi'aphte de l'Afrique chrétienne, t. I (la ProcoHsulaire), p. 207.
— 301 —
Cette identification me semble aujourd'hui démontrée.
Quant à la viile de Thtmisua, mot composé de deux radicaux,
Thimi et Sua, qui se retrouve dans d'autres noms géographiques de
la région : Thimidu Bure, Tliimida Begia, Sua (Chaouach); elle ne
nous est connue par aucun texte, sauf peut-être par la liste de
Ptolémée, qui signale une ville de Themisa dans la région placée
entre le Bagradas et le Triton.
Les indications topographiques que nous fournissent le tracé de
la voie romaine, la configuration de la vallée et les ruines signa-
lées par M. Hiiaire, plus encore que le nom moderne do fHencliir-
Tazma, me poussent à identifier la ville deThimisua avec les restes
antiques avoisinant le bordj de Galfour.
P. Gauoklbr.
Ahcii^ologib.
UNE CURIOSITÉ NUMISMATIQUE,
Rapport d(i M. Babelon,
sur une conimunicallon de M. Thoisoii.
Notre correspondant, M, Eugène Thoison, nous signale le j)as-
sage suivant du manuscrit n° 55^9 du fonds françiiis de la Biblio-
thèque nationale, qui renferme le journal inédit d'un curé de
Paris du xvi* siècle, nomme' Delafosse, qui habitait sur la paroisse
Saint-Barthélémy.
«Le prince de Condé fait faire des testons des reliques qu'il
print aux esglises, et tourna la face du roi Charles (Cbarles IX) à
Tenvers, et fait mettre des roupies à aucuns.»
Ce passage n est pas le seul document qui mentionne les mon-
naies à l'effigie royale que le prince de Condé fit fabriquer avec
l'argenterie enlevée aux églises. M. Adrien Blanchet veut bien nous
communiquer, au sujet de ces curieuses monnaies qui avaient un
caractère satirique, la note suivante :
ffM. A. de Barthélémy a publié un spécimen de ces monnaies,
en en signalant la mention dans le Registre-Journal de Pierre de
l'Kstoile. levais transcrire de nouveau le passage en question: «11
ff(le teston) a la teste tournée autrement que les autres et d'un
ff meilleur argent beaucoup parce qu'ils ont été faits de ces ustensiles
«et reliques des églises que les huguenos firent fondre en ladite
«ville (Orléans), et il y a au bout dudit teston un petit A et un 0,
«qui veut dire à Orléans, dont peu de gens s'aviseroient. w
«Les testons qui portent cette marque, A et en monogramme,
ont précisément le buste du roi Charles IX tourne' à droite, tandis
qu'ordinairement ce buste est à gauche.
«Un demi-teston, aux mêmes types, a été signalé postérieure-
''' Revue numismatique , 1869, p. 876-88^, pi. XIV, n° 8. Cf. H. Hoffmann,
Les monnaies royales de France, Charles IX, n° ao (testons ^\i morveux).
— 303 —
ment et faisait partie de ia collection Gariel*'). Enfin M. J. Du Lac
a décrit un écu d'or de Charles IX, daté de i563, qu'il considère
comme frappé aussi à Orle'ans, par les huguenots ('-).
ffll est certain que les pièces mentionnées plus haut sont bien
celles qui furent frappées par ordre du prince de Condé, pendant
le séjour de six mois environ qu'il fit à Orléans, en 1 563, au com-
mencement de la première {juerre de relijjiou, et, selon un vieil
auteur (-*), le prince avait fait fabriquer aussi de la monnaie d'or au
coin du roi.
tcUn fait vient, à mon sens, corroborer l'origine huguenote des
testons portant la marque AO. Au revers, après la date, on voit un
petit monogramme qui a été décomposé en les lettres E et B. Je
considère cette lecture comme exacte, car ce monogramme est déjà
connu par d'autres pièces ('^ C'est la marque d'Etienne Bergeron,
qui fut successivement maître de la Monnaie de Troyes et de la
Monnaie des Etuves à Paris. Après s'être ruiné, il entra , vers i66a ,
au service de la reine de Navarre, et devint maître des mines dans le
Béarn et maître de la Monnaie de Pau. C'était là une situation im-
portante qu'il avait dû me'riter par quelque service rendu à la cause
de la Réforme. Or n'était-ce point un grand service que rendait
Etienne Bergeron, ancien maître de la Monnaie des Etuves à Paris,
en fabriquant des espèces satiriques (^^, destinées à rendre ridicule
l'autorité royale? Je dois ajouter qu'Etienne Bergeron était un habile
ouvrier et que les testons d'Orléans sont d'une bonne fabrication.
ffSi nous en croyons quelques auteurs anciens '''^, ces monnaies
^'' Hoffmann, op. cit, n" ai. Le demi-teston est du reste signalé aussi par
Pierre de TEstoile.
'') Annuaire de la Société française de Numismatique, i883, p. 3^^.
(•^' Le frère de Laval, cité dans un mémoire de J.-F. Secousse; voir Revue
numism., i863,p. 356.
^''' Numismatique du Béarn, par G. Schlumberger et Adrien Blanchel, 1898,
t. I", p. 34.
''' Comparez l'cpitlièle de morveus donnée aux testons d'Orléans par Pierre df;
l'Estoile, et la mention de roupies qu'on trouve dans le document découvert par
M. E. Thoison.
'"' J.-F. Secousse, mémoire daté du It mars i']lii , publié dans les Mémoires
de l'Académie des inscriptions, en 1751 (t. XVII) et dans la Revue numismatique,
i863, p. 353. Cf. Le Blanc, Traité hist. des Monnayes de France, 1690, p. 335,
et le P.Anselme, Hist. généalogique, t. I", p. 333. Au sujet des douzains de mau-
vaise fabrication portant le nom de Louis XIII, et qu'on a voulu attribuer à Louis
de Condé, voir A. de Longpérier, dans Revue numism, , i863, p. 35o.
— 304 -
de i569 ne sont pas les seules que fit frapper Louis de Bourbon,
prince de Condé. En i566, il y aurait eu d'autres émissions, et, le
7 octobre 1667, le connétable de Montmorency montra, en plein
Conseil , une monnaie oij le prince de Condé était appelé Louis XIII
premier roy chrétien des François.
«Avant de terminer, faisons remarquer que, d'après les docu-
ments cités plus haut, les monnaies huguenotes d'Orléans ont été
fabriquées avec des objets pris dans les trésors des églises. Cet acte
de vandalisme n'est malheureusement pas le seul qu'on doive enre-
gistrer à propos des guerres de religion, à cette époque. ,Ie me
contenterai d'en citer un qui s'est passé dans la même année que
celui d'Orléans.
ffLe 19 mai i569, les Huguenots s'emparèrent du trésor de
l'église Saint-Georges, à Vendôme. Parmi les objets précieux que
renfermait cette église, citons : une croix en or avec deux anges,
renfermant un morceau de la vraie croix; une autre croix avec
Notre-Dame et Sainte Catherine emprisonnée, un chef de Sainte-
Opportune avec cmeraudes et rubis; une image émaillée de Saint-
Georges, à cheval; une image de Notre-Dame avec perles, pesant
six marcs; une autre sur une chaise émaillée avec deux anges tenant
chacun un chandelier, une image de Saint-Jean-Baptiste (10 marcs
6 onces); un bras de Saint-Georges (7 marcs) avec un «vessel^ de
cristal porté par quatre lions.
ff Jeanne d'Albret fit transformer en monnaie ces objets qui pro-
duisirent 16 marcs d'or et 129 marcs d'argent, estimés environ
3o,ooo livres (^).w
Cette note de M. Blanchet nous a paru mériter d'être reproduite.
E. Babelon,
Membre du Comité.
C' L'abbé Mêlais, Jeanne d'Albret et la spoliation de l'église Saint-Georges de
Vendôme, le ig mai i56a ; inventaire des bijoux et reliquaires, dans le Bulletin de la
Soc. archéol. du Vendômois, t. XX, 1881, p. 297 et suiv.
n
NOTICE
SUR
LA DÉMOLITION DU CHATEAU DE TALMOND,
EN 1628.
Communication de M. G. Barbaud, archiviste de la Vendée.
Talmond est aujourd'hui un chef-lieu de canton du département
de la Vendée, situé dans l'arrondissement des Sables-d'Olonne, à
ik kilomètres au sud-est de cette ville, et possédant une popula-
tion de 1,169 habitants.
Avant la Révolution de 1789, Talmond était la capitale d'une
principauté, relevant du château royal de Fontenay-le-Gomte, sur
laquelle un mémoire de 1710, conservé aux archives de la Vendée^^^
nous donne les renseignements suivants: ffLa principauté de Tal-
mont, qui est une des plus anciennes seigneuries de la province de
Poictou, possédée jadis par les anciens comtes de Poictou et les ducs
d'Aquitaine, consistoit autrefois dans de grands biens fonds sur
lesquels ont été fondées les abbayes de Saint-Jean d'Orbestier^'-',
de Sainte-Croix de Talmont, de Nostre-Dame d'Angle, du Lieu-Dieu
en Jard et de Noslre-Dame de Bois-Grolland en partie, lesquelles
font bornage à la dite principaulté, à la réserve de celles de Jard et
d'Orbestier par des privilèges particuliers.
«Aujourd'huy elle ne consiste plus qu'en droits de justice et de
féodalité, et tout le fond qui paroist y rester est l'ancien château
(') Série E, fonds de la principauté de Talmond, liasse provisoire ti.
^^) Orbeslier, paroisse du Château-d'Olonne; Sainte-Croix de Talmond , paroisse
de Talmond; Angle, chef-lieu de paroisse; Lieu-Dieu en Jard, paroisse de Jard;
Bois-Grolland, paroisse de Poiroux; toutes lesdites paroisses sont situées aujour-
d'hui dans l'arrondissement des Sables, cantons des Sables, de Talmond et des
Moutiers-les-Mauxfails.
— 306 —
inhabité, avec son enceinte, un pré qui autrefois esloit un étang,
le chasteau neuf(') avec une grande cour, un petit jardin, un pota-
ger, un bois en forme de labyrinthe, trois autres prés sans préclos-
ture, colombier, garenne ny pescherie, si ce n'est dans l'achenal
de la mer.
«La justice et juridiction, dont le ressort s'étand dans trante et
deux paroisses, soit en fiefs directs, soit en arrière fiefs, par les
baronnies de Ryé t"^), appartenant à madame Royale de Savoye, de
Poiroux , de la Motte-Achard , les châtellenies de Saint-Cyr, de Mo-
ric, de la Guygnardière et autres, en faict la plus belle et noble
partie, et le reste, pour les droits utiles, ne consiste plus qu'en
droits de rachapts, lots et ventes, services, ligences, rentes nobles
et féodales, et droits de taillées, couchés au papier censaire ou
terrier, v
PROCÈS -VERBAL DE VISITE DU CHATEAU DE TALMOND (^',
CONTENANT LA DESIGNATION DES PARTIES A DEMOLIR.
Aujoiu'dhuy, septiesme du mois de septembre 1698, pardevant nous
Ysaac du Raiffe , licentié en droitz , sieur des Gestes , séneschal et juge or-
dinaire de la principauté de Talniond , et en présence du procureur générai
fiscal d'icelle, comparant par maistre Jean Parraine, sieur de la Raisselière,
s'est présenté et comparu en sa personne messire Ysaac de Farou , escuier,
sieur de Saint-Marçolle et des Brosses-Paradis, commandant au chasteau
du dict Talmond pour le service de sa Majesté, soubz la charge de mon-
seigneur le duc de la Trimouille et de Touars, pair de France, prince du
dict Talmond, comme ayant charge de mon dict seigneur, lequel nous a
requis nous transporter audict chasteau pour icelluy voir et faire estât et
('^ Le château neuf de Talmond n'existait pas au moment de la démolition du
château vieux qui fait l'objet de cette notice. Il fat construit phis tard pour rem-
placer l'ancien, tout près de l'abbaye de Sainte-Croix de Talmond, par J^ouis
Maurice de LaTrémoilie, prince et abbé dudit lieu de Talmond, mort en 1681,
fils puîné de Henri, duc de La Trémoiile, et de Marie de La Tour sous lesquels eut
lieu la démolition du château vieux.
^^' Rié, Poiroux, la Mothe-Achard , Saint-Cyr en Talmoridais, chefs-lieux de pa-
roisses; Moric, paroisse d'Angles, et la Guignardière, paroisse d'A vrillé; toutes ies-
dites paroisses sont situées aujourd'hui dans l'arrondissement des Sables, cantons
de Saint-Gilles-sur-Vie, Talmond, la Mothe-Achard et les Moutiers-les-Mauxfaits.
^^) M. Loquet, archiviste du département de la Vendée, a donné un plan som-
maire de la ville et du château de Talmond, dans son ouvrage intitulé : L'abbaye
de Sainte-Croix de Talmond (La Roche-sur- Yon , 1895, in-8°).
— 307 —
procès vei'bal de la consistance et dépendance d'icelliiy, aux fins de la con-
servation des droictz de mon dict seigneur et telles aultres que de droict,
ce qu'avons faict en pre'sence de niessire Daniel de Bosquevert, chevallier,
sieur de la Roche du Montet, aide de camp ajux armées du floy et lieutenant
pour sa Majesté au gouverneur de Fontenay, subdéiégué de Monseigneur
de Brassac, lieutenant général pour le Roy en Poictou, ayant de luy com-
mission pour desmolir et desmenteler la dicte place.
Et estant à l'entrée du dict chasleau , en la présence des dicts sieurs du
Montet et de Saint-Marçolle , avons entré dans une pièce destachée, appellée
la Tenaille, par ie poiil-levis d'icelle, au devant duquel pont-levis avons
trouvé une forte palissade avecq ses portes et barrières , la dicte pièce des-
tachée estant composée d'ung bastion avecq orillon et casemalhe voultëe
de pierre de taille ; y a encore sur la dicte tenaille une chambre et anti-
chambre, servans à faire corps de garde, deux guérites couvertes de luille
et une cave voultée avecq une casemalhe regardant dans le fossé, servant à
ung demy bastion auquel est alaché ie susdict pont-levis; laquelle pièce
est revestue de pierres de taille, la muraille estant de la largeur de six
piedz ou environ, de la hauteur de quatre toises et demye avecq le parap-
pct et de la largeur de quarente toises en la face qui regarde vers la mer,
y ayant en icelle plusieurs retranchementz , laquelle pièce sera desmollye ,
comme nous a déclaré ie dict sieur du Montet.
De là avons entré dans une petitte cour en forme de ravelin [demi-lune],
fermée de portes et barrières, entournée de murailles de la hauteur de dix
piedz ou environ , ayant de largeur quatre toises et demye ou environ et de
longueur dix toises et demye , au bout de laquelle y a ung petit ravelin devant
le pont-levis et entrée de la fausse braye du dict chasteau, dans lequel y a
ung corps de garde composé de deux chambres, lesquelles peuvent avoir
quelque vingtz piedz de dedans en dedans, l'une portant l'autre, pavées de
planches et garnies par dedans de ratelliers à mettre les armes ; les chambres
n'ayant qu'un estage seuUement avecq leurs cheminées.
Ce faict, avons entré es dictes fausses braies, qui fait l'antienne closture
du cbasteau , par le pont faict en bascuUe soubz le portai qui est faict en
forme de tour quarrée ayant trois estages, dont le premier est voullé, et
dans la dicte voulte ung rasteau, le tout enfermé de trois fortes portes entre
le pont-levis et une cheminée , servant au corps de garde de jour, avecq des
ratelliers à mettre les armes. Le second estage , auquel on monte par ung
escallier de pierres, sont deux chambres avecq cheminées et rastelliers
pour les armes, servans au corps de garde de nuict. Le tiers estage sont
chambres, sentinelles et mascollies [machicoidis] qui doibvent estre des-
moiies comme dessus, ensemble la casemathe estant soubz le dict pont,
avecq la chambre joignant icelluy, servant à moullin a eau , du coslé du petit
estang.
Continuant à marcher dans la dicte fausse braye , à main droicte en en-
— 308 —
trant, du coslé de la basse ville, avons trouve trois tours rondes prenans
dès le fond du fossé, basties de pierres de taille en partye à chaux et sable,
ayant de quatorze à quinze piedz de diamettre de dedans en dedans , ayant
trois chambres chascune, l'une sur l'aultre. Le premier estage voulté, faict
en casemathes qui doibvent estre aussy desmoHies, avecq la courtine et mu-
raille espaisse de sept à buict piedz, ayant son parappet. Et au coing est
ung bastion appelle le Petit Esperon , revostu de pierre de taille à chaux
et sable, de l'espaisseur de sept à huict piedz, et y a une guërite sur le
coing, faicte de bricque, couverte en voulte, avec les casemathes voultées
servans à la deffance du fossé, quy doibt pareillement estre desmoUy.
Et en tournoyant du costé de la haulte ville avons trouvé deux tours
rondes, à deux estages chascune, ayant dix piedz de dedans en dedans,
entre lesquelles y a deux chambres l'une sur l'aultre, et semble avoir servy
d'une entrée et portail au dict chasteau, les dictes deux tours estans voultées
du dict premier estage avecq une gallerie au devant faicte en accoudouer,
lesquelles seront desmoHies avecq les courtines, murailles et parappet estans
entre les dictes deux tours et bastion , et depuis les dictes deux tours jusques
au Grand Esperon , qui est ung bastion , aussy revestu de pierres de taille
avecq ses casemathes , et sur la poincle d'icelluy une guérite voultée faicte
de bricque, le tout ce que dessus hors d'escallade.
De là, avons continué le long de la courtine du costé du grand estang
et y avons descendu par ung degré, en laquelle courtine y a une grande
guérite quarrée portée sur pillotis de bois , faicte de bricque et couverte de
tuille plate, laquelle avec({ toutte la dicte courtine doibt estre desmolie,
icelle courtine hors d'escallade , comme dessus.
De là, en continuant, sommes venus à la courtine du costé de la dicte
tenaille, dans le coing de laquelle avons trouvé une tour ronde, massive
jusques au fondz du fossé, faicte comme tout ce que dessus à chaux et sable,
la dicte tour ayant de diamettre, ses murailles comprises, vingt piedz ou
environ. Et venant vers le susdict portail h pont-levis par où avons entré,
avons veu une tour ronde comme celle cy dessus, auprès de laquelle estoit
ung petit corps de logis contenant une chambre et anthichambre avecq son
galtas, lambrissée et pavée, le tout aussy hors d'escallade et qui doibt estre
razé et desmolly.
Ce faict, avons faict le tour de ladicle place, non comprins la tenaille,
et par le dedans de la fausse braie avons trouvé la courtine du costé de la
basse ville contenir cinquante deux toises, celle du costé de la haulte ville
soixante et une toises et demie, la courtine vers l'estang soixante quatre
toises et celle du costé vers la susdicte tenaille contient trente cinq toises et
demye, revenant en tout à deux cens treize toises de tour. Le fossé entre
la dicte tenaille et le chasteau estant faict dans le rocq a de large six toises
et demye et de creux vingt trois piedz, revestu de pierres à chaux et sable.
Et le fossé du costé de la basse ville a de large douze toises, joignant lequel
— 309 —
est la contrescarpe avec lard(o)ers et petilz ravelins. Et celuy devers la
haulte ville a environ vingt toises. L'aultre fossé est le grand estang.
Dont et tout ce que dessus avons aus dictz sieurs de la Roche et de Saint-
Marçolle, ce requérant, octroyé acte pour leur valloir et servir en temps et
lieu ce que de raison.
Donné et faict par nous , le dict du Raiffe , séneschal susdict , le jour et
an que dessus.
Et le quinziesme jour du dict mois et an , après la démolition des choses
cy dessus faicte , nous sommes , à la requeste du dict sieur de Saint-Mar-
çolle et en sa compagnie, transportez au dict chasteau pardevers le dict
sieur de la Roche du Montet et avons, avec les dicts sieurs, faict le cerne
et visite du circuit estant au dedans de la dicte fausse braye, lequel avons
trouvé flancqué de trois grosses tours de vingt piedz de diamètre chacune
ou environ , les unes logeables de chambres et les autres massives , et d'une
guérite faicte de brique , quarrée , portée sur pillotis , ayant dix piedz de
dedans en dedans , lesquelles tours et guérite , avecq les parappetz des mu-
railles estans à l'entour, le dict sieur de la Roche a dict estre nécessaire
estre desmollies , et de faict , a faict mettre les habitans des paroisses après.
Ce faict, avons entré dans la susdicte enceinte et visité le donjon, où nous
avons trouvé quatre tours logeables , dans l'une desquelles sont les prisons
de la Principauté et cour de céans et de grosseur de celles-ci , et une tour
quarrée , en laquelle y avoit trois chambres Tune sur l'aultre , sans le pre-
mier estage qui estvoulté, ayant les dictes chambres quinze à seize piedz
de dedans en dedans et les murailles de cinq piedz d'espais, lesquelles
choses le dict sieur de la Roche du iMontet a dict estre nécessaire d'abatre
tant pour oster les logemens que la force et flancs du dict donjon, et oultre
d'y faire une ouverture de vingt toises ou environ de long h une muraille
espesse de cinq à six piedz et hors d'escallade. Tout ce cpie dessus estant à
chaux et sable et de pierres de taille, que le dict sieur nous a déclaré voul-
loir faire abatre et y travailler au plus tost. Dont en avons pareillement oc-
troyé acte aus dicts sieurs de la Roche, de Saint-iMarçoIle et procureur, ce
requérans, pour valloir et servir en temps et lieu et à qu'il apartiendra ce
que de raison. Donné et faict par nous le dict du Raiffe, séneschal susdict,
les jour et an que dessus.
Et le lundy, dix-huictiesme jour des dicts mois et an , le dict sieur de la
Roche du Montet nous a faict entendre que par l'ordonnance de mon-
seigneur de Rrassac, qui partit hier de ce lieu, il luy fut enjoinct de ne
laisser la closture du grand donjon que de dix piedz de hauteur par le de-
hors, par quoy, après avoir toisé et calculé en la présence du dict sieur,
avons trouvé que du costé de la basse ville falloit abatre cent trente neuf
toises, et du costé du grand estang oposé cent cinquante et une, et du
— 310 —
coslë qui esl vers la mer cent trente et une, touttes lesquelles murailles sont
à chaux et sable et ont d'espais cinq piedz. Tout ce que dessus revenant au
nombre de quatre cens vingt une toises. Dont avons pareillement aus dicts
sieurs de la Roche, de Saint-Marçolle et procureur, ce requérant, octroyé
acte, pour valloir et servir en temps et lieu ce que de raison. Donne et
faict comme dessus.
Signé : La Roche du Montet, Isaac de Farou, de Saint-Marçolle , J. du
Raiffe el Perraine, procureur susdict, et F. Guérin, commis du greffier.
Gollationné sur l'original du dict procès verbal, signé Guérin, par moy,
conseiller secrétaire du Roy et de ses finances. Signé : Masclary '^^
En 1628, au moment de la démolition du châleau, le seigneur
de la principauté était Henri, seigneur de La Trémoilie, troisième
duc de Thouars, pair de France, prince de Talmond, comte de
Laval, né en 1699, marié en 1619 à Marie de La Tour, seconde
fille de Henri de La Tour, duc de Bouillon, prince de Sedan, vi-
comte de Turenne, maréchal de France, et de Elisabeth do Nassau,
sa seconde femme. Ce prince se trouvait au siège de La Rochelle
en 1628, et c'est pendant ce siège qu'il abjura le protestantisme
entre les mains de Richelieu. Il figura depuis cette époque à l'at-
taque du Pas-de-Suze (1629), à la prise de la ville de Carignan,
en Piémont (i63o), au siège de Corbie (i636) et à la paix de
Munster (16/18). Il mourut en 167/1, âgé de 76 ans.
On sait qu'une déclaration du 3i juillet 1626 (^) ordonna le rase-
ment des villes, châteaux et forteresses qui n'étaient pas situés
sur les frontières. La grande ordonnance de janvier 1629, connue
sous le nom de Code Michaud'^^^ compléta la déclaration précédente
en défendant (art. 176) : ce de faire fortifier les villes places et châ-
teaux, soit ceux qui nous appartiennent, soit aux particuliers,
(hors les murailles, fossez et flancs des clôtures pour ceux qui ont
droit d'en avoir), de quelque fortification que ce soit, sans notre
expresse permission, en la forme susdite».
La démolition du château de Taimond se trouve placée entre
ces deux dates de 1626 et 1629; elle eut lieu en septembre 1628,
quelques jours avant la chute définitive de La Rochelle, c'est-à-dire
avant le 26 octobre 1628, date de la reddition de cette ville. Nous
avons vu que le prince de Talmond était protestant; bien qu'il eût
^'^ Série E, Fonds de la principauté de Talmond, liasse provisoire 3.
''^ Imbert, Anciennes lois françaises , t. XVI, p. 199.
W Ibid., p. 9 a 3.
— 311 -
abjuré, on peut croire que son ancienne qualité' de huguenot fut
peut-être la cause déterminante de la démolition du château. Ri-
chelieu devait tout craindre du relèvement du protestantisme même
repentant.
Une dernière raison, et c'est évidemment celle qui fut mise en
avant par le Roi, si l'on en juge par les termes d'une requête pré-
sentée plus tard par le duc de La Trémoiile, fut la crainte de voir
tomber la place de Talmond aux mains des Anglais, qui avaient
relevé une grande et puissante armée navalld pour venir au se-
cours de La Rochelle assiégée.
G. Barbaud,
Arclliviste de la Vendéo,
DECOUVERTE
D'UNE INCINÉRATION DU IIP SIÈCLE
ET
FOUILLES D'INHUMATIONS MÉROVINGIENNES,
À AUBIGNY-EN-ARTOIS (PAS-DE-CALAIS),
PAR M. THEOPHILE ECK,
Correspondant du Comité.
Les abords du village d'Aubigny-en-Artois (arrondissement de
Saint-Pol) ont maintes fois livré des épaves de l'antiquité. Le vieux
cimetière de cette localité, situé vers Savy-Berlette, et qui paraît
dater du haut moyen âge, imparfaitement exploré jadis par M. Aug.
Ternynck, d'Arras, a cependant laissé entre les mains de cet amateur
quantité d'objets intéressants, aujourd'hui dispersés. Si maintenant
nous remontons à un certain nombre d'années en arrière, et sans
toutefois pouvoir dire dans quelles conditions la trouvaille fut faite,
c'est plusieurs monnaies gauloises en or, au type dit à Yepsilon,
mêlées à des VIROS à la tête disloquée, qui viennent témoigner
du lointain passé de l'antique bourgade; plus près de nous, deux
statuettes en bronze de basse époque (iv* siècle de notre ère pro-
bablement), une Adorante et un Hercule, ainsi qu'une balance en
bronze dite romaine, y ont aussi été découverts à proximité, croit-
on, des substructions d'une villa gallo-romaine '^J.
(') Ces objets, ainsi que la totalité de ceux dont il est parlé dans ce mémoire,
font partie de la collection de M. G. Boulanger, ancien notaire, à l^éronne
(Somme).
— 313 —
Sur ce dernier objet, rarement trouvé dans la région nord de la
Gaule, je crois utile de donner quelques de'lails :
Le bras de cette romaine '^^ [statera) est formé d'une tige pris-
matique [scapus), longue de o m. 16; une des faces de cette tige
est lisse, les trois autres portent une triple graduation avec divi-
sions et subdivisions indique'es par des chiffres et encoches; une
poignée en forme de crochet mobile (^ansa) sert à la suspension; une
autre placée au-dessous, mais dépourvue de sa chaîne, était utilisée
pour accrocher les objets d'un faible poids, tandis qu'un élégant
anneau, jouant dans une sorte d'agrafe tournant sur un axe, ren-
ferme deux chaînettes articulées longues de o m. iZi, auxquelles
on attachait peut-être le plateau (lancula), qui soutenait les corps
à peser ''^^. Le curseur ou poids mobile à belière [œquipondium) , qui
complète l'ensemble, est de forme sphérique; il était maintenu en
suspension à l'aide d'un double anneau.
Sans m'appesantir davantage sur ces faits, je vais relater une
nouvelle et imporlanle trouvaille qu'assez inopinément l'on fît près
d'Aubigny, au mois d'avril 1896, et qui, pendant plusieurs mois,
demeura ignorée.
En labourant plus profondément que d'habitude une pièce de
terre située au lieu dit le Bois Manon, vaste espace découvert situé
entre Aubigny et Hermaville ^-^^ un cultivateur de la première de
ces deux localités rencontra, avec le soc de sa charrue, plusieurs
petits grès taillés paraissant avoir été assemblés sans mortier.
Sou attention une fois éveillée par cette circonstance, qui lui
parut extraordinaire en un tel lieu, il enleva une certaine quantité
de terre, et découvrit une maçonnerie de petit appareil , très affaissée
dans son centre par le temps et affectant la forme d'un parallélo-
gramme. L'idée vint à notre homme d'extraire cet appareil composé
de petits grès d'Artois, que dans le pays l'on nomme biseltes, et
d'en tirer profit. Sans user des précautions les plus élémentaires en
un tel cas, à coups de pic, très hâtivement, et aidé par son fils, il
se mit au travail de déblaiement. Cette précipitation, jointe au
mode de procéder, eut des conséquences déplorables qu'il était ce-
pendant aisé de prévoir, car sous la voûte régnait un caveau en
('î Vitruve, De Architecturâ , liv. X, 3, li.
('' Ricli, Dictionnaire des Antiquités, i883, p. 601 et 609.
'*> La plaine portant ce nom était aulrei'ois entièrement boisée. C'est à
1,000 mètres d'Aubigny que se trouve le Bois Marcon.
— 3U —
maçonnerie d'aspect régulier, ou plutôt une vaste incinération soi-
gneusement édifiée sans ciment et amplement meublée de vases.
Beaucoup parmi ces vases, on le comprendra sans peine, lurent
brisés par Teffondrement de la voûte, qui, fort heureusement, ne
fut que partiel, puisqu'il n'embrassa en étendue que les deux tiers
du rectangle de bisettes.
Piqués par un vif sentiment de curiosité, mais alléchés surtout
par l'appât d'une trouvaille, les deux hommes dégagèrent le mieux
qu'ils purent l'aire de ce caveau des pierres qui l'encombraient, et
firent, au cours de leur investigation, les constatations suivantes,
contrôlées depuis par une fouille récente.
Dans une argile très pure, à i m. 5o de profondeur, ayant
9 m. 5o sur 2 m. 20 de côté, se profilait sur une hauteur dont
il n'a pas été pris note la maçonnerie en question, qui pouvait
avoir de m. 3o à o m. 35 d'épaisseur. Au centre de la chambre
sépulcrale, un grand coffre de bois, réduit à l'état de débris, mais
bien apparent encore, fermé par un couvercle à charnières de
bronze, ainsi que par une large serrure de même métal, munie
d'une targette fonctionnant sur pivot (^', se trouvait un seau à anse,
cerclé de deux larges anneaux de fer plat, et façonné de douves en
bois de chêne ou de hêtre ('^^. De même que la caisse, ce récipient
laissait voir très apparemment sa forme primitive. Dans le seau, il
fut recueilli un miroir de métal de forme carrée^'', ainsi qu'un
élégant vase de terre fine, absolument blanc, mais fragmenté, con-
tenant des cendres jointes à des ossements calcinés. A l'entour, dans
le seau ou dans la caisse, gisait un amoncellement considérable de
grosses perles, variées comme coloris, ayant sûrement composé
plusieurs colliers.
Cet ornement de la femme dont on venait de retrouver les
'') Les dimensions de celte serrure, agrémentée d'un estampage biseaute, sont
de m. 11 de largeur sur m. 076 de hauteur.
'^) Dans les fouilles opérées en mai 1877 à la villa d'Ancy, territoire de Limé
(Aisne), lieu dit le Bois des Sables, M. Fréd. Moreau trouva, dans une inciné-
ration pouvant remonter, suivant toute apparence, au m' siècle de notre ère, un
seau cerclé de bronze doré contenant une urne cinéraire en verre aifec celle in-
scription : IBETIVS CVM ANDECARI BIBETE.
^^) Cette facture est peu ordinaire et ne se rencontre qu'exceptionnellement;
je la crois particulière ou m* siècle; M. A. Ternynck a également trouvé un de
ces miroirs carrés à Saint-Nicolas-les-Arras. {Artois souterrain. Etudes archéolo'
p;iqnes, Arras, 1880.)
— 315 —
cendres, mérite aussi une courte description. Beaucoup de ces
grains sont faits de matière vitreuse façonnée au moule, laissant
voir dans leur gamme de coloris les tons suivants : le blanc, lo
jaune, le vert opaque ou translucide, le bleu lapis, le rouge ambré,
le bleu clair ou foncé, avec ou sans décoration; d'autres sont en
faux ambre ou ambre naturel, en jais, agates, prime d'émeraude,
lapis-lazuii , callaïs, jadéite ou même diorile. Plusieurs de ces jolies
perles sont émaillées de tons dilférents, avec incrustations de cou-
ronnes filées ou de zigzags ombrés; elles sont de plus taillées à
facettes ou moulées sous différentes fojiries.
iEmilius Papinianus, qui vivait au m" siècle, et plus tard Tre-
bellius Pollion, contemporain de Constance Chlore et l'un des au-
teurs de YHistoire Auguste, nous initient, dans les fragments qui
nous restent de leurs travaux, au cas que de leur temps on faisait
de ces gemmœ ou biiUœ vitriœ, dont certaines dames romaines ne
voulaient pas être dépossédées, même après leur mort.
11 paraît assez probable que l'ignorance et la hâte des fouilleurs
improvisés sont cause que certains objets d'un faible volume ont
pu échapper à leur attention. Quoi qu'il en soit, dans toute trou-
vaille de ce genre, on fait généralement, au village, la part du
merveilleux. Or, la croyance générale, dans le pays, veut que l'in-
venteur et son fils aient découvert dans cette incinération des
objets précieux, des bijoux d'or, des pierres fines, etc.
Le mobilier funéraire de la défunte se trouvait complété par une
trentaine de vases placés un peu au hasard, surtout dans les angles
du caveau. Il se composait de douze patères et soucoupes de di-
verses grandeurs, en fine poterie rouge lustrée; de lagènes ou
cruches en terre blanche extrêmement fine; de buires ou d'ampho-
risques en terre rouge ou rougeàtre (celte dernière avec semis de
minuscules taches brillantes, dues, non pas comme on l'a dit déjà,
à une décoration artificielle, mais à la nature de la terre et à la
cuisson); d'urnes eu demi-sphères avec bord annulaire plat, mou-
luré et assez large; de vases oblongs et rougeâtres décorés de zones
de cercles en creux, avec des séries de lignes s'entre-croisaut et
également en creux; d'une casserole de terre jaune avec manche
cannelé se terminant par un anneau pour la suspension'^'; et enfin
^') Le même vase a élé trouvé à Saint-Nicolas-les-Arras, dans une tombe du
111° siècle.
— 316 —
d'une lagèno de terre rougeâtrc, surmonte'e au-dessus de rattache
de Tanse, d'une tête barbare à longs cheveux'^'.
Voici maintenant les quelques noms de potiers que j'ai pu lire
sur les fonds des seuls vases à glaçure silico-alcaline retirés in-
tacts :
Grande soucoupe, OF CALVI.
Petite tasse profonde, OF- ATI.
Sur un même vase, OF-ME.
Grande patère très pure de forme, reposant sur un très petit
pied, OF MCCAA(2).
Sur un second vase semblable, OF WM\.
Sur un troisième, OF LICIN t^).
Fig. 1. — Vase de verre trouvé à Aubigny-en-Arlois (Pas-de-Calais).
(') Saint-Nicolas-ies-Arras a livré une lagène exactement semblable.
(*) L'estampille MACCAAM se trouve deux fois au Musée Boucher de Perthes,
à Abbeville; ce nom s'est également rencontré à Jublains, suivant Roach Smith
{Colleclanea antiqua, t. lll, p. 118).
W Ce sigle a été trouvé sur le fond d'un vase, à Vermand, en ma présence.
— 317 —
Si les fouilleurs gardèrent et gardent encore le silence sur les
bijoux et objets de toilette en métal pre'cieux qu'ils découvrirent,
dit-on, dans cette remarquable incinération, leur ignorance les
empêcha d'user de la même réserve au sujet d'un récipient vitreux
extrêmement rare.
Une cavité en forme de niche , ménagée à dessein dans la maçon-
nerie, renfermait absolument intacte une superbe pièce dont je ne
connais pas d'analogue : c'est un grand verre à pied de la famille
des verres opaques multicolores; il a o m. 20 de hauteur et sa con-
tenance est d'environ trois quarts de litre (fig. 1). On voit que le
verrier antique s'est inspiré, pour la confection de sa petite œuvre
fort bien tournée, des balsamaires phéniciens aux chatoyants reflets,
car la décoration de la panse, conçue sous forme d'imbrications ou
de festons, simule un treillis qui alterne en blanc opaque et bleu
turquoise sur un fond gros bleu ou bleu lapis. L'ensemble de ce
système décoratif figure les mailles d'un panier ou d'une corbeille.
Ce curieux vase n'était pas seul dans la niche, puisqu'au pied de
celle-ci il fut ramassé les débris d'un grand verre jaune d'or à long
col et panse pyriforme.
Par son galbe extérieur et sa courbure, le verre à boire que je
cite est romain et offre plus d'un lien de parenté avec le long po-
culum cylindrique qui doit naître au iv" siècle, et dont sont pour-
vues, dans notre pays picard, nombre de sépultures de l'époque
constantinienne(^); pour le décor, il appartient à cette classe de
monuments que l'on qualifie souvent de verres phéniciens. L'in-
géniosité de l'artiste indigène, c'est-à-dire gallo-romain, paraît
donc s'être imprégnée, dans le cas présent, de l'art oriental; car
c'est surtout d'Orient, et plus spécialement deCamiros, de Rhodes
et de Chypre, que nous vient ce décor, sans grande ingéniosité sans
doute, et que l'on croit avoir été emprunté à l'Egypte*^), mais
qui toutefois, j'en appelle aux connaisseurs, exigeait de l'ouvrier,
avec un faire prompt, la dextérité des doigts ou le tour de main
d'un professionnel émérite^^).
On le signale comme ayant été aussi recueilli à Londres, Tours, Paris et Augst,
près Bâle.
^'^ Les deux cimetières gallo-romains de Vermand et de Saint- Quentin, Paris,
Ernest Leroux , 1891.
(2) w, Frœhner, La Veri'erie antique, p. 38 à hk.
('^ Ihid. Planches I et II de la collection Charvet.
Abchéologie. ai
— 318 —
Les vitriarii romains ou gallo-romains, que Ton peut à bon droit
conside'rer comme d'incorrigibles plagiaires, usaient d'une règle qui
paraît avoir été à peu près absolue pour l'union des teintes entre
elles, comme auxiliaires dans la de'coration des matières vitres-
cibles; aussi notre verre à boire ne sort-il pas de la gamme natu-
relle des combinaisons dont ils usaient. Un fond bleu lapis appelait
invariablement le blanc, le bleu turquoise ou le jaune comme acces-
soires, soit mariés ensemble, soit avec l'exclusion de l'un d'eux, ce
qui toujours produisait des tons crus et heurte's. Quoique ici les
mailles se de'tachent» ce nous semble, avec trop de vigueur sur la
teinte sombre du fond, et que par conséquent l'harmonie en souffre
un peu, ce curieux poctt/wm , si heureusement pre'servé de tout acci-
dent par sa niche protectrice, ne constitue pas moins uûe pièce
extrêmement inte'ressante, dont je ne connais de réplique dans
aucun de nos grands musées d'Europe.
Des recherches faites à l'entour de cette incinération, que des
indices sérieux me portent à faire remonter au m® siècle, n'ont donné
aucun résultat au très habile fouilleur qui s'y est livré ^^\ Comme
lui , je la crois isolée.
La découverte que je viens de signaler était à peine connue par
un très sympathique collectionneur de Péronne (Somme), et par
moi-même, que l'occasion s'offrit d'entreprendre des recherches non
loin de là, dans un champ de sépultures que l'on savait exister
entre le village d'Aubigny et celui de Savy-Berlette.
Les fouilles de ce cimetière, grâce à la généreuse sollicitude de
M. G. Boulanger, ancien notaire, commencèrent sans retard vers
le 5 octobre 1896, et prirent fin le 20 novembre de la même
année, après épuisement complet des fosses qui recelaient d'assez
nombreux sarcophages.
Le cimetière d'Aubigny, d'époque mérovingienne et carolin-
gienne, est situé à 1 kilomètre de cette localité, non loin de la
rivière la Scarpe, en un lieu appelé le Bourbon. Il fut exploré par-
tiellement jadis par feu M. Aug. Ternynck avec des alternatives de
chances et d'insuccès. Ce chercheur rencontra souvent, à Aubigny,
des sarcophages depuis longtemps violés, ainsi que des tombes
absolument muettes du x* siècle.
(^' M. Lelauraia, archéologue» à Nouvion-Ie-Comte (Aisne).
— 319 —
Que l'on me permette ici une courte digression : si un fouilieur
trouve en terre un sarcophage, qu'il ne se contente pas de cette au-
baine souvent illusoire, car ce cercueil de pierre a pu faire office
de caveau, c est-à-dire servir à plusieurs inhumations successives
et être placé juste au-dessus d'une sépulture de l'époque antérieure.
Si l'explorateur se trouve sur un terrain crétacé , qu'il cherche donc
au-dessous du cercueil ; il lui arrivera parfois de rencontrer intacte
quelque tombe pourvue de son ameublement.
Rien ne ressemble plus à une fouille qu'une autre fouille; aussi
n'entreprendrai-je pas de décrire par le menu ce qu'est le cimetière
d'Aubigny au point de vue topographique ou de la disposition des
fosses. Je me bornerai, dans un instant, à la nomenclature des
objets principaux qui y furent recueillis. Au préalable, je crois utile
de consigner ici qu'en même temps qu'il se livrait au Bourbon à des
recherches que les pluies de novembre contrarièrent souvent, le
fouilieur lit quelques tentatives assez timides à Noyellette-en-l'Eau,
sur les bords du Gy, dans un cimetière de la même époque, qui lui
livra, avec des armes, quelques beaux bijoux cloisonnés (^^
Fig. 2. — Cadrau solaire trouvé à Aubigny-en-Artois.
•'^ Ce cimetière, situé dans une de ces plaines que dans le pays l'on nomm^
pâture, est distant de 6 kilomètres de celui d'Aubigny.
— 320 —
Une sépulture d'Aubigny, que je suppose dater du vu* ou du
viii* siècle, présente un intérêt particulier en ce sens qu'elle ren-
fermait un objet que Ton ne rencontre pas souvent dans une tombe,
fût-elle romaine ou franque. Je veux parler d'un cadran solaire (^l
Le défunt, un homme assez âgé, si l'on s'en rapporte à l'ossature,
avait cet objet (fig. 2 ), fait de pierre blanche, sous la tête : on avait
donc agi de telle sorte qu'il lui tînt lieu de chevet. Le complément
du mobilier garnissant la fosse était ainsi placé : sur le pubis, une
plaque de ceinture munie de sa boucle ovale et accompagnée d'une
contre-plaque; le long du bras gauche, un scramasaxe; à portée de
la main gauche, un couteau et un perçoir de fer; à la hauteur du
genou droit, une longue framée de fer à douille creuse, la pointe
dirigée vers les pieds, et, au delà de ceux-ci, un vase noir brisé.
Nous serions peut-être bien près de la vérité en voyant un sym-
bole dans le dépôt en terre de ce solarium ('^) pourvu de ses lignes
horaires, mais dépossédé de son gnomon^^\
La composition, sans grande variété, du mobilier des tombes, à
Aubigny, n'offre rien de particulièrement intéressant. On y a re-
cueilli, dans une proportion à peu près identique à celle que Ton
constate dans l'Aisne et dans la Somme, des armes diverses en fer,
telles que couteaux, pointes de flèches, francisques, framées et
scramasaxes, des objets d'ajustement, des accessoires de toilette et
d'équipement, des bijoux, des vases en terre, quelques monnaies,
enfin tout ce qui, à un degré quelconque, constitue le fonds du
mobilier funéraire de l'époque.
Après sélection, voici une courte nomenclature des principaux
objets trouvés.
(') On sait que les anciens donnaient au cadran solaire, suivant qu'il était plat
ou convexe, diverses appellations. Les Romains nommaient scaphium ou hemi-
spheerium un cadran vertical, et discus un cadran circulaire.
(^) Quelques-uns de ces instruments sont parvenus jusqu'à nous. Au musée
d'Épinal on voit un cadran solaire en bronze de l'époque gallo-romaine. Suivant
M. Baltazzi-Bey, le musée de Gonstantinople aurait reçu en iSgS, avec de nom-
breux objets, un cadran solaire en marbre blanc de Séleucie (Rev. arch., novembre-
décembre 1895, p. Bàh).
^') Pline Y Ancien, dans son Histoire naturelle, II, 7^, et Vitruve dans son
Traité d'architecture, I, 6, 6, désignent sous ce nom l'index ou pointe qui, sur
un cadran solaire, marquait l'heure par son ombre.
321 —
BRONZE.
1 chaînette breloquière à tiges articulées tenant lieu de mailles ,
et sa rouelle ajoure'e à pendentifs.
5 longues épingles en forme de style, avec cube gravé de motifs
aux deux tiers de la hauteur.
1 épingle plus simple.
1 6 fibules de basse époque.
3 bagues avec ou sans chaton.
2 bracelets.
3 grandes plaques de ceinture et leurs boucles, contre-plaques
et accessoires carrés; elles sont ciselées d'entrelacs ou de rinceaux.
1 plaque-boucle de ceinture sans aucun accessoire.
1 petite boucle de travail essentiellement carolingien.
1 plaque-boucle de ceinture étamée, d'un fort beau travail pour
Tépoque, avec séries de gravures variées, buste d'homme vu de
profil et svastika ou croix gammée.
1 ferret portant une croix à branches égales.
1 boucle de courroie.
1 paire de pendants d'oreilles (grands anneaux munis d'un cube
à coins abattus).
ARGENT.
1 fibule ronde garnie de verroteries rouges.
2 autres fibules rondes cloisonnées de grenats taillés en table.
2 fibules de même style en assez mauvais état.
1 paire de boucles d'oreilles.
1 plaque oblongue estampée, ayant fait fonction de coulant ou
de capucine.
PÂTE DE VERRE OU PATE CÉRAMIQUE.
Plusieurs colliers formés de perles de verre, de pâte colorée ou
d'ambre artificiel. '
Je n'ajouterai qu'un mot sous forme de desideratum : pour que le
village d'Aubigny nous livre à peu près dans son entier son lointain
— 322 —
passé, il serait certainement désirable de voir explorer un jour pro-
chain les deux tumuïus qui lui sont contigus, et que l'on rencontre
entre la route d'Hermaville et le chemin qui conduit à la Maison
Rouge.
Théophile Egk,
Correspondant du Comité.
MANDEMENT DE CHARLES,
DUC D'ORLÉANS,
DONNANT MISSION 1 PIERRE BOYLESVE,
SON SECRÉTAIRE,
DE VENDRE CERTAINS DE SES JO\AUX.
(Communication de M. Paul de Farcy.)
Parmi les nombreuses pièces du chartrier de Boylesve, actuel-
lement conservé à Thouare' (Loire-Inférieure), et appartenant à
M. Senot de La Londe, il en existe une particulièrement intéres-
sante, car elle fournit des renseignements très détaillés sur un jjrand
nombre de bijoux et de pièces d'orfèvrerie enrichies de pierreries,
confiés par Charles, duc d'Orléans et de Valois, à son intendant
pour être par lui vendus afin de subvenir à ses besoins.
Ce mandement du duc est adressé à Pierre Boylesve, chevalier,
son secrétaire. Celui-ci descendait au U" degré d'Estienne Boylesve,
— ou Boileau, — prévôt de Paris sous saint Louis, et sa famille
s'était attachée à la fortune des ducs d'Orléans. Son père, Jean Boy-
lesve, chevalier, avait été premier maître d'hôtel de Louis, duc d'Or-
léans. Pierre, son fils aîné, seigneur de Grandchamp, Bourdeboire
et de Forjean, fut d'abord secrétaire d'Etat, puis intendant et cham-
bellan de Charles d'Orléans, enfin gouverneur de Meung-sur-Loire.
Il combattait en i/i3i, dans les armées royales, contre les Anglais
et fut pris traîtreusement par le fils du sire d'Escalles, gouverneur
de Sainte-Suzanne et deDomfront, qui lui déroba un passeport du
duc de Bedford. Il s'adressa aussitôt à celui-ci pour obtenir justice.
Un combat singulier eut lieu dans la ville du Mans, en présence du
duc de Bedford , et Pierre Boylesve, ayant tué son adversaire, obtint
sa liberté. En lA^ 5, on le trouve muni d'un nouveau passeport et
— 324 —
s'occupant de la délivrance des prisonniers français. Enfin Charles,
duc d'Orléans, lui accorda en re'compense de ses bons services le
collier de son ordre du Camail ou Porc-épic.
Son fils Jean fut gentilhomm'e de Charles d'Anjou, comte du
Maine, et chambellan de Louis, dauphin de France en i/i5o.
Cette famille, dont une branche était demeurée à Paris, oii elle
a fourni de nombreux membres au Parlement, a subsisté dans TAn-
jou et la Bretagne et s'est éteinte dans le milieu du xix® siècle.
Outre l'original de la pièce que nous publions ici, il en existe
encore une copie collationnée sur parchemin, appartenant à
M. Charles d'Achon, à la Roche-de-Gennes (Maine-et-Loire).
Charles, duc d'Orléans et de Vaioys, comte de Bloys et de Beaumont, et
seigneur de Coucy, à tous ceux qui ces présentes lettres verront salut.
Comme par nos aullres lettres patentes données à Jargeau le vingt-qua-
triesme jour de juillet dernier passé , nous eussions commis et ordonné à
nostre amé et féal segretaire Pierre Boylesve vandre et adenerer oultre mer
et engaiger les joyaulx et vaisselle cy-après desclarées à nous appartenans,
ensemble ou par parties , et nostre dict segretaire ait tous lesdiz joyaulx et ves-
selle, — excepté le rubis d'orient ainsy qu'il est specifyé et déclaré cy-après.
lequel il a depuis rendu k nous mesmes, — naguères venduz et délivrez à
Perrotla Doysne, marchant demeurant en Bretaigne , pour le prix et somme
de unze mil escus, comme il appert plus à plain par instrument publicque
faict et passé de ladicte vente comme la teneur s'ensuit : Sachent tous pre-
sens et advenir que comme noble homme et saige Messire Pierrre Boilève ,
segretaire de très hault et puissant prince Monseigneur le duc d'Orléans ,
de Vallois , comte de Blois et de Beaumont et seigneur de Coucy, et commis
par iceluy seigneur à vandre et adenerer oultre mer ou engaiger les joyaulx
et vesseile ensemble ou par partyes appartenans audit Seigneur dont la
déclaration s'ensuit et en ensuivant icelle déclaration et tout en ung lolle de
parchemin.
S'ensuit la teneur des lettres dudit Seigneur scellées de son grand scel de
cire rouge en queue simple, si comme il nous est apparu de prime face :
C'est la déclaration des joyaulx et vaisselle de Monseigneur le duc d'Or-
léans , baillez par ordonnance et commandement de mondict seigneur et de
son conseil à Messire Pierre Boylesve, segretaire de mondict seigneur, le
vingt-uniesme jour de juillet l'an mil quatre cens et onze, pour iceulx
vendre et engaiger.
1° Premièrement une grande croix d'argent doré sur laquelle est Nostre
Seigneur en croix , d'or esmaillé de blanc , une couronne d'espines d'or, au
dessus de sa teste Dieu le père couronné, le Sainct-Esprit en ray de sou-
leil, ung rolle d'or esmaillé escript Jhesus Nazarenus, etc. et à un bout de
-^ 325 -
dessus de la croix, ung ange d'or esraaillé de blanc, et aulx deux coslez du
baston traversant le baston de la croix ung auitre ange tenant un calice tous
d'or. De i'ung des costés, l'image de NostreDame d'argent dore, la teste d'or
et les mains d'or, ung diadesme d'or derrière le chef Nostre Dame, à trois
gros saphis , ung gros baliay et deux grosses perles ; de l'austre costé une
imaige de sainct Jehan ëvangeiiste à une main et une teste d'or, derrière
le chef ung diadesme d'or pareil du dessus dict, poisant environ xlvi" in°.
2° Item, ung grand pié de ladicte croix, d'argent doré, à huict coul-
ionnes , au plus haut duquel a une montaigne bosselée , , et entre
les dictes huict coilonnes ung sépulcre de cristal sur lequel a ung ange d'or
tenant ung septre d'or, assis sur le couvercle dudit sépulcre, et dedans le
sépulcre Nostre Seignem* d'or esmaillë de blanc, le devant dudit sépulcre
environné de quatre ballaiz, six saphis et douze trosses de perles, deulx
par trousse , et sur le pié de devant de ladicte croix assis et couchiez trois
chevaliers gardant le sépulcre , pesant environ li'" u".
3" Item, ung joyau d'or dont le pié est en manière d'ung pré, haye,
assis sur quatre chappiteaulx , sur les deux, deux gros saphis, et sur les
deux aultres deux grosses perles, et en my le préau une fleur de lys blanche
dedans laquelle a ung majesté de Nostre Dame esmaillée, tenant son enfant
en son giron, assise en une chayère, aux quatre cornes de ladicte chayère
quatre perles de compte , ung ange dessus en mintenant la couronne en la
teste Nostre Dame, au dessus de l'ange ung petit camahieu environné de
quatre grosses perles, et es deux boutz dudit préau sont deux arbres en
manière de chesne, chascun d'yceubc garniz de perles et pierrerye, celuy
du costé dextre deux grands saffirs, huict petits ballaiz et doze grosses
perles ; et en l'aultre arbre autant de saffirs , de ballaiz et de perles ; pesant
environ ni'"ii°.
h" Item, une affiche d'or de vieille faczon, fête a ces (sic) soustenus de
lyons et à afiiches esmaiilées et environnées de menues perles, autour de
ladicte affiche a cinq ballaiz et cinq trosses de perles de compte, quatre
perles par trosse , et sur les trois desdictes trosses trois assez gros diamans
poinctuz, et sur les deux aultres trosses deux diamans plus petit et ung dia-
mant à part luy à l'opposite d'une chasse vuide de pierre, et en my ladicte
affiche a une chasse où fut une pierre environnée de menues perles , pesant
environ i" i°.
5° Item, ung gobelet d'or esmaillé de blanc à séraphins, environné le
pié de trois saffis , trois ballaiz , et six trosses de perles , chascune de quatre
petites perles , dessus le couvercle ung fretelet environné de perles de se-
mence , et y en fault trois , pesant environ m" ni°.
6° Item, ung gobelet d'or assis sur une haie pomerine {sic), ledit go-
belet à rameaux et fleurettes , garny le pié de trois saflis , quatre ballais ,
huict trosses de perles, deux perles pour trosse, et dedens ledit gobelet ung
sagitayre esmaillé à ung mantel h lettres escriptes : Je tire droict, et le
— 326 —
couvercle dudict gobelet en forme d'une haye à cerfs et chieng environné
de cinq bailays , cinq saffis et neuf trosses de perles , deulx et deulx , et le
fretelet garny d'un saffyr environné de trois perles , pesant environ ii"" iv" xv*.
7° Item , ung petit miroer pendant h une chesne d'or tenue d'une main
en nue, au dessus d'icelluy deux damoiselles esmaillées l'une tirant d'ung
arc et i'auttre d'une arbalestre , environné ledict mirouer de six saffiz , trois
bailays et quatre trosses de perles de compte , quatre perles pour trosse ,
et au-dessus sur quatre chappiteaulx chascune une perle de compte, pesant
environ i".
8° Item, une saincte Catherine d'or esmaiilée de blanc, en une des mains
une roe rompue et l'espée de costë , assis iadicte ymaige sm* ung pië d'or,
environné de deux ballais, quattre saQiz et douze trosses de perles, trois
perles pour trosse, pesant environ ung marc deux onces.
9° Item , une navette de cristal et d'or assise sur une haye en montaigne ,
environnée la haye toutte à perles, et au dessus d'icelle, à l'ung des boutz, a
ung tigre d'or autour du col duquel est ung collier ou deux cosses (sic) assis
sur ung piè et autour ung ballay, ung saffis, deux perles, à l'opposite une
damoiselle tenant ung mirouer faict d'ung balay plat, et autour de Iadicte
damoiselle ung ballay froissé, un saffir, trois perles, et autour de la navette
a six bailays six saffirs et doze perles de compte , et dessus le couvercle a une
fleur de lys au dessus de laquelle a ung sativ gros pointu et six grosses perles
de compte , pesant environ v" iv°.
10° Item, une dozaine de platz d'or, pesant ci" iv° v".
1 1° Item, deux dozaines d'escuelles d'or, pesant lxxxix" i".
1 9' Item , deux boutailles d'or en façon Dapmas , de cristal , emmy envi-
ronnées chacune de quatre ballaiz et quatre trosses de perles de compte,
deux perles pour trosse, pendant à ung tissu de soye cloué au long de
fleurettes d'or environnées de peries de semence et sur les toupillons de
chascune ung saffir et trois perles , pesant ensemble les deux ni".
1 3" Item , ung amirouer d'or double , en l'ung des deux costés est l'An-
nonciation Nostre Dame esmaiilée garny autour de trois bailays , trois saf-
firs et six trosses de perles de semence et en l'aultre costé ung mirail, une
chasse vide à mettre verre garnie d'autant de perles et pierrerye, et ung
pigne d'ivoyre garny d'or, et la broiche à faire la grève , tout en ung estuy
pendant à ung laz de soye quarré, azuré à deux bouttons de semence de
perles , pesant environ ii" ii".
1 4° Item , ung ruby lié en or, pesant environ vi° et cetera.
Charles , duc d'Orléans et de Valloys , comte de Bloys et de Beaumont et
seigneur de Coucy, à nostre amé et féal segretaire d'estat, Messire Pierre
Boylesve, salut et diilection. Comme pour certains et orgeans nos affaires,
nous par la délibération et advis de nostre conseil ayons ordonné les joyaulx
cy dessus desclarez estre par vous vendus et adenerez oultremer et engaigez
— 327 —
au mieulx que faire ce pourra et terimés pour en convertir les deniers en
nos dites affaires, nous confians à plain de vos sens et loyauitë, vous man-
dons expressément et enjoignons que les dits joyaulx et vaissaiHe ensemble
ou par partyes, pour tel prix que bon vous semblera et bonnement faire
se pourra , dont nous chargeons vostre conscience , vous vendez et adenerez
oultremer ou engaigiez à temps de les ravoir à une personne ou plusieurs
des quels rapporterez une certification. Et des deniers que vous en recou-
vrerez baillerez et delivrerës à nostre amë et fe'al trésorier général Pierre
Renier, en prenant de luy sure recongnoissance par laquelle vous demeurerez
deschargé de ce que ainsi baillé luy aurez, déduisez aussy et rabattez aux
marchans ou marchant la marchandise, proffict ou charge en tout ou en
partye , sy comme il eschara et faire ce pourra , avec tous aultres fraiz , dont et
aussi de tous les despens que pour ce conviendra faire , nous voulions que
vous soyez creu par vostre simple serment et acertion et en estre payé et
contante par nostre dict trésorier général. Lesquels par rapportant coppie
de ces présentes et lettres de recognoissance signées de vostre main seuUe-
ment seront et les voulions estre alloués et comptez d'icelluy nostre trésorier
par nos amés et féaulx gens de nos comptes et vous en demeurez deschargés
h tousjours partout où il appartiendra , et ce faire es choses dessus dictes et
en chascune d'icelles tout aultant que faire pourrions sy présent y estions
en nostre personne , jagoit ce que la chose requerst mandement plus espé-
cial , et sur l'obligation de tous nos biens meubles et immeubles presens et
advenir et les biens de nos hoirs , promettons les avoir fermes et agréables
à tousjours et les rattifier et approuver touttes et quantes fois que mestier
sera et requis [en serons,] et feront fournir aussi et faire valloir nos dits
joyaulx et vaisselle jusques à la somme que engaigez les aurez, sans que des
choses dessus dictes ne d'aulcunes d'icelles vous soient tenus de rendre aul-
cun compte ou raison fors ces presantes seullement ou vidimus, desquelles
quand aux choses dessus dictes et chascune leurs circonstances et deppen-
dances voulions planyère foy esti'e donnée et adjoustée comme à l'original.
Donné à Jargeau le xxini" jour de juillet l'an de grâce mil nn* et unze.
Ainsi signé par Monseigneur le Duc en son conseil ouquel vous Messei-
gneurs de Bracquemont et de Herbault, Messire Guillaume Baitaillie et
M" Loys de Gépoy estiez , P. Sauvaige.
Ait icelluy Messire Pierre Boylesve par vertu du pouvoir à luy donné en
ceste partie par les dictes lettres desus transcriptes , vandu , transporté aul-
trement à Perrot la Doisne marchant, demeurant en Bretaigne, tous et
chacun les joyaulx et vesselle dessus dicts sauf et excepté un ruby d'orient,
ainsi qu'il est spécifié audict inventaire, lequel est demeuré par devers ledit
Messire Pierre Boilesve pesans tous chacunes les joyaulx et vaisselle d'or
ensemble avec la dicte pierrerye deux cents sept marcs, une once et demye.
C'est à sçavoir un joyau d'or. . . [suit la nomenclature des pièces ci- dessus
— 328 —
décrites). Et n'est pas en ce comprins la croix d'argent. . . et aussi le pié
Et aict este faicte la vendition et transport pour le prix et somme de unze
mille escuz dont il a esté payé six mille deulx cens escus en or et trois cens
escus en monnaye ; et de toute ladite somme de unze mille escuz ledit Mes-
sire Pierre se tient pour content et en la dicte vendition faisant , aict promis
ledit Messire Pierre d'apporter au dit Perrot la Doyne letti'es dudit Mon-
seigneur d'Orléans d'approbation et ratification desdictsjoyaulx et vaisselle,
et iceulx joyaux et vaisselle parfaire et faire valloir la somme dessus dicte
dedans le mardy après la Nostre Dame my aoust prochaine venant en la ville
du Mans , à peine de cinq mille escus d'or à appliquer moictié à court et
moictyé à partie. Pour ce en nostre cour à Angers en droict par devant
nous personnellement estably ledit Perrot la Doisne et Jehan Delaporte,
marchant demeurant à Angers, submectant euix avecques tous et chascuns
leurs biens presens et advenir à la jurediction, pouvoir et ou destroict de
nostre dicte court quand à ce , confessent de leurs bons gré sans aulcun
pourforcement mais de leur pur esmouvement et pour ce que très bien leur
plaist, touttes et chascunes les choses dessus dictes eslre vraies, et que pour
contemplation dudit Monseigneur le duc et aussi en considération et regard
à la valleur de la pierrerye , façon et ouvraige d'iceuix joyaulx et vaisselle ,
voullans en préférer bonne équité et rigueur, ontvoullu, promis et accordé,
et par la teneur de ces présentes lettres veullent, promettent, accordent et
consentent , et chascun d'eulx pour le tout , que le ledict Messire Pierre Boi-
iesve pour ledit Seigneur, dedans le premier jour de Janvier prochain ve-
nant, icelluy messire Pierre ou aultre que ledit Seigneur y ordonneroit ou
ordonnera , puisse ravoyr et rachater les dits joyaulx et vaisselle en espèces ,
qualités et poix dessus desclarez par en rendant et paiant aux dits Perrot
la Doisne et Jehan Delaporte ou aulcuns d'eux ou à leur certain commande-
ment portant et monstrant les lettres de ladicte vendition faite au susdit
Perrot la Doisne des dits joyaulx et vaisselle, comme dit est, par ledit Mes-
sire Pierre en la ville d'Angers aux coustz et frais dudit Seigneur, ladicte
somme de unze mille escus en telle monnoie comme elle a esté paiée et
baillée en faisant ledict achapt desdits joyaulx et vaisselle, ausquelles choses
dessus dictes tenir et accomplyr sans jamais venir encontre par appleige-
ment, contrappleigement, opposition, ne aultrement en aulcune manière,
obligent les dicts Perrot la Doisne et Jehan de la Porte, chascun d'eulx
pour le tout, eulx, leurs hoirs avec tous et chascuns leurs biens meubles et
immeubles, presens et advenir queisqu'ils soient, renonczans par devant
nous quand à ce à toutes et chascunes qui de faict, de droit et de cousturae
pourroient estre desduictes, alléguées, proposées ou objectées contre la
forme , teneur et substance de ces présentes lettres , et généralement à toutes
et chascunes les choses à cest faict contraire , et de tout ce que dessus est
dict tenir et accomplir sans jamais venir encontre, sont tenus lesdicts
Perrot la Doisne et Jehan de la Porte chascun d'eulx pour le tout par la foy
— 329 —
et serment de leurs corps sur ce donné en nostre main , et condempnez par
le jugement de nostre dicte court à leurs requestes, présens à ce Michel de
Losche et Pierre Nyvart.
Ce fut faict et donné le xxvni' jour de juillet l'an de grâce mil quatre cens
et unze ainsi signé G. Lefevre.
Scavoir faisons que ladicte vente et alliénation et transport des dictz
joyauix et vaisselle fais et passés par la manière contenue oudict instrument
par nostre dict segretaire nous louons, agréons et aprouvons, et par ces
présentes icelles ratifiions et confirmons par la foy et serment de nostre
corps et soubs l'obligacion de tous nos biens meubles et immeubles presens
et avenir, avoir et tenir ferme et agréable tout ce que par mon dict segre-
taire a esté faict es choses dessus dictes et en chascune d'icelles, leurs
circonstances et deppendances et de non venir jamais faire ne pourchasser
par quelconcque voye ou manière que ce soyt aulcune chose ailencontre. Et
en tesmoing de ce nous avons faict mettre nostre scel à ces présentes. Donné
en nostre chastel d'Yèvre le cinquiesme jour d'aoust l'an de grâce mil
quatre cens et unze.
Sur le reply : Par Monseigneur le duc en son conseil auquel vous Mon-
seigneur l'archevesque de Sens, Messire de Sainct-Charles , de Bracquemont
et Messire Guillaume Bataillie estiez.
P. Sauvaige.
Original en parchemin, sceau perdu. (Archives de Boylesve, chez M. de
Senot de la Londe, à Thouaré [Loire- Inférieure]).
Copie coUationnée sur parchemin ( titres d' Achou , à la Boche de Gennes
[Maine-et-Loire]) avec cette mention :
Gollationné à l'original représenté par Noble homme Marin Boylesve,
conseiller du Boy, lieutenant général en Anjou, conserv^ateur des privi-
lèges royauix de l'université d'Angers , et à luy rendu par moy soubsigné
greflier de ladicte conservation et dehvré soubs mon sign et scel d'icelle
conservation.
Lesrat, avec parafe (sceau royal aux armes de France).
DECOUVERTE
D'UNE NÉCROPOLE ROMAINE,
À BURY (OISE),
PAR M. L'ABBE HAMARD ,
Curé de Hermès.
C'est sur la commune de Bury (Oise), à /loo mètres de la gare
de Mouy, sur la pente rapide d'une colline qui regarde le midi,
que j'ai découvert une nécropole gallo-romaine, certainement la
plus riche de toutes les nécropoles découvertes jusqu'à ce jour dans
le département de l'Oise. Comme celle de Hermès, elle est située
sur le bord de la voie romaine de Beauvais à Senlis, c'est-à-dire la
même voie qui passe à Ratumagus (Hermès).
Cette nécropole doit, à mon avis, remonter au iv" siècle de notre
ère. Toutes les sépultures ont les pieds tournés vers l'Occident, avec
une variante de i5 à 20 degrés; deux seulement font exception.
Elles ont une direction tout à fait contraire. Et, dans ces deux sé-
pultures, il ne se trouve aucun objet, pas même un petit vase. Tandis
qu'à Hermès, dans toutes les sépultures gallo-romaines que j'ai
rencontrées, les corps ont invariablement les pieds dirigés vers le
Nord. Pourquoi cette différence dans deux cimetières de la même
époque, éloignés seulement de 8 kilomètres? Dans toutes les sé-
pultures mérovingiennes de Bury et de Hermès, les corps ont les
pieds tournés vers l'Orient, avec une variation de 10 à 35 degrés.
Dans presque toutes les sépultures gallo-romaines de Bury,
nous trouvons des restes d'aliments, des os de poulet, de perdrix,
des mâchoires de lièvre, de lapin, de chevreuil, de sanglier, etc.
(docteur Naudon). Comment se fait-il que tous ces ossements soient
dans un parfait état de conservation, tandis que dans les mêmes
sépultures les ossements humains ont complètement disparu. Faut-il
attribuer cette différence à la cuisson des aliments?
Pourquoi certains vases en verre ne peuvent-ils supporter la
lumière sans se désagréger, et à tel point qu'ils sont insaisissables ;
— 331 —
d'autres, au contraire, juxtaposés, sont faciles à prendre et à con-
server? Ne doit-on point attribuer cette différence à certains mé-
taux jetés dans le verre en fusion?
Pourquoi toutes les cuillers que nous avons trouvées ont-elles
le manche bien pointu?
Comme détail curieux, nous croyons devoir ajouter que, dans
beaucoup de sépultures, nous avons trouvé des coquilles d'œufs;
quelquefois même la coquille était intacte.
Toutes les sépultures gallo-romaines ont été faites dans des cer-
cueils en bois, dont les planches n'avaient pas moins de 7 à lo centi-
mètres d'épaisseur. Il n'en reste que les énormes clous à grosse
tête, auxquels sont accolées des parcelles de bois. Toutes sont rec-
tangulaires, très souvent entourées de pierres brutes et placées à
9 mètres et même 2 m. 5o de profondeur. Une seule, surplus d'un
cent, est doublée d'un cercueil en plomb, mais qui est tellement
décomposé que l'on n'a pu en recueillir que des fragments.
Le mobilier funéraire des Gallo-Romains de Bury ne se trouve
pas toujours aux pieds. Les plus riches objets sont placés derrière
ou à côté de la tête du défunt.
On a trouvé jusqu'à onze vases dans la même sépulture; ils
sont généralement en bon état, sauf les plats en étain ou en plomb,
et les vases en verre dont nous avons fait mention.
Dans ce cimetière nous n'avons pas trouvé d'armes, pas même
un petit couteau.
A un kilomètre de ce cimetière, il en existe un autre où j'ai
commencé à faire des fouilles; dans un grand nombre de sépultures
nous trouvons des francisques, des lances, des poignards, des
épées, etc., ce qui prouve que ce cimetière est postérieur au pre-
mier, et que les habitants avaient à lutter contre de nombreux en-
nemis. Toutes ces armes sont en fer. Les vases sont beaucoup plus
rares que dans le cimetière romain, et dénotent une grande déca-
dence.
Pour exécuter des fouilles dans ces deux nécropoles, je me suis
associé avec les propriétaires, MM. Sivi et Ringeval, qui tous deux
m'ont témoigné la plus grande bienveillance et auxquels j'adresse
ici tous mes remerciements.
L'abbé J. Hamard,
curé (le Hermès.
LE WALTHERBRUG
DE LA PROVINCE DE DRENTHE
(HOLLANDE).
(Communication de M. de Laiguc.)
Dans la séance du 16 décembre 1896 du Comité des travaux
historiques ^^\ le re{jrelté M. de La Blanchère annonçait que nous
nous proposions de fournir quelques renseignements sur le rrpontw
romain de'couvert en 1818, depuis Vallhe jusqu'à Emmen ('^), pro-
vince de Drenthe; voici ces renseignements :
Entre les deux localités précitées, c'est-à-dire dans la partie
E. S. E. de la province et en plein pays des Frisii, on procéda, à la
date rappelée plus haut, à des fouilles ayant pour but de déter-
miner les abornements respectifs de cette même province et de
celle de Groningue, qui en est limitrophe. Au cours des travaux,
on heurta, sous des tourbières restées intactes depuis nombre de
siècles, des charpentes formées de traverses juxtaposées '^l
Pratiqués soigneusement et en divers points, des sondages firent
reconnaître que ces charpentes se continuaient sans interrup-
tion durant environ i5 kilomètres et dans un terrain si détrempé,
qu'actuellement l'on y garnit d'espèces de chaussures plates les
sabots des chevaux qui doivent s'y aventurer. Sans cette précaution,
ils s'embourberaient et ne pourraient plus tr démarrent.
Chargé de la mission rappelée tout à l'heure, l'ingénieur de
l'Etat Kartzen releva, en outre, la direction de ce travail d'art, la-
quelle se trouva être du S. 0. au N. E. à travers les marais.
Quelques parties reposaient sur du sable, et en ces points la
construction était plus légère. Les poutres de soutènement et les
planches formant le tablier sont toutes encore fort solides. Ces der-
(') Bulletin archéologique, 1895, p. CVIIL
'^' Le procès-verbal porte à tort Cunnen pour Emmen.
<'^ Voir la publication périodique Eigen Haard, 1899.
— 333 —
nièrcs ont de 3 à 3 m. 5 o de long et l'épaisseur actuelle varie entre
o m. 4 et o m. 9. Comme on a pu le constater lors de nouvelles
recherches opérées en 1899^ les traverses sont opportunément
évidécs pour assujettir les planches au moyen de clous ou plutôt de
chevilles; toutes les pièces de l'armature sont imparfaitement dé-
grossies à la hache et, particularité fort curieuse, l'on discerne
encore qu'elles ont été coupées en vert dans les forêts voisines, forets
aujourd'hui disparues, mais dont, sur plus d'un point, on retrouve
les arbres abattus, tous dans le même sens, d'Est à Ouest, comme
sous l'influence d'une épouvantable tourmente venue des steppes
de Russie'^). Aussi bien et malgré la nature marécageuse du sol,
les ressources en bois ne devaient pas faire défaut, sinon sur les
lieux mêmes, au moins dans les contrées d'alentour (^). En outre,
circonstance prouvant que la construction est restée inaltérée à
travers les âges, on a retrouvé des plantes tantôt froissées, tantôt
écrasées sous les planches à l'époque oii ces dernières ont été fixées
au lieu qu'elles occupent actuellement encore. L'enfouissement varie
d'ailleurs entre m. ko et m. 80.
D'autre part, si, de temps en temps, l'exploitation présente des
tourbières, remet à jour quelques tronçons de charpentes, il est à
regretter que cette exploitation compromette aussi l'existence de
l'ouvrage, dont, heureusement, quelques fragments ont été trans-
portés dans les musées.
Jusqu'ici , nous avons employé le terme de pont parce qu'en effet
c'est sous ce nom ( Waltherhrug) que le désignent les habitants, les-
quels en ignoraient absolument l'existence avant 1818.
De fait, nous sommes en présence non d'un pont proprement
dit, mais d'une sorte de jetée ou passerelle destinée à permettre
aux troupes, aux impedimenta, de franchir en sûreté un terrain
bourbeux, sans consistance, pêne non terra, d'après l'expression si
connue du panégyriste Eumène. En effet, si l'on a relevé, sous le
tablier, l'existence de solides poutres parallèles, formant gîtes ou
assises, on n'a constaté nulle part trace des chevalets indispen-
sables atout pont tf sur l'eau w, chevalets que César décrit avec tant
de précision et que la plupart des éditeurs, texte ou traduction,
<^^ Renseignements recueillis et fournis par M. Rietschoten, entrepreneur des
dragages en Hollande, et carte n" 1 de l'ingénieur en chef Conrad, à l'appui du
discours prononcé par lui au Congrès de navigation fluviale de La Haye (1891).
(») Tacite, Ann., I, 63.
AncHKOLOGiK. aa
— 33Zi —
de la ft Guerre des Gaules^, se sont attachés, avec plus ou moins
d'exactitude, à reproduire graphiquement depuis quatre siècles '-'K
Ces clievaleta, on les a encore observe's ii y a un an à Zalt Bom-
melC^).
De plus, outre l'artère principale, on a constaté l'existence de
quelques branchements secondaires, ce qui confirme l'hypothèse
d'une sorte de route de bois comme les Romains en ont d'ailleurs
e'tabli sur d'autres points, alors que la nature défectueuse du sol
imposait cet agencement. Témoin les poutres entrecroisées trouvées
dans les tr Hautes fagnesw, proche de la baraque Michel au pays
desEburons (province actuelle de Liège) ^'\ et certains arbres jetés
en long dans l'épaisseur de la voie qui parcourait cette zone, voie
encore très reconnaissable et récemment explorée par nous^*).
'•î Voir entre antres à nne date relativement reculée : Les cammentahvs de Jules
César, translatez par Ëstienne de Laiçue , avec les pourtraicls et descriptions des
lieux, fortz, ponts, etc. (Paris, Gaultier, i564, in-8°), et à une date récente,
Duruy, Hist. des iiomains; Desjardins, GeogropAie . . . de la Gaule romaine , elc.
*^^ Voir mes diverses communications sur ce sujet, au Comité des travaux his-
lori^ues.
*'^ Schuermans, Spa, les liantes fagne* , Liège, sans date (1886?).
'*' Dans une étude dernièrement adressée à l'Académie des Inscriptions, l'on a
démontré,, avec croquis à l'appui, que des troncs munis de leurs maîtresses branches
formaient l'un des éléments constitutifs des routes romaines du haut plateau liégeois.
BOUCLE AVEC INSCRIPTION
DÉCOUVERTE À ANGUILCOURT-LE-SART,
CANTON DE LA FERE (AISNE).
(Communicotion de M. Pilloy.)
Des fouilles ont été faites récemment dans un ancien cimetière
situé sur le territoire d'Anguilcourt-le-Sart, canton de La Fère (Aisne),
à mi-chemin du village de Nouvion-le-Comte, canton de Crécy-sur-
Serre.
Ce cimetière a été découvert vers i865, en tirant de la terre
à briques. Quelques-uns des objets qui accompagnaient les morts
avaient, alors, été donnés au Musée de Laon, mais il n'avait pas été
exploré.
11 datait de l'invasion et de l'occupation du pays par les Francs,
et les inhumations s'y étaient continuées jusqu'au moment où les
populations avaient désiré reposer autour des églises.
Des objets intéressants y ont été trouvés, entre autres le mobilier
funéraire d'un guerrier armé de l'angon, de la hache à tranchant
semi-circulaire et d'une épée dont le fourreau était consolidé à
l'aide de deux tringles d'argent formant gouttière. Il était en outre
muni d'un bouclier dont ïumbo était assez bien conservé. La boucle
de son ceinturon était de bronze doré et décorée, ainsi que sa
plaque de forme cordée, de grenats taillés en table; sa conserva-
tion est parfaite. Aux pieds se trouvait une coupe de verre verdâtre
décorée, sur toute sa surface extérieure, de fleurons entrelacés ob-
tenus à l'aide d'un émail blanchâtre. Chose rare à cette époque,
il avait dans la bouche un sou d'or de l'empereur Anastase I*"" (^g i-
5 18), au revers de la Victoire ailée tenant une croix.
Mais ce que je viens faire connaître aujourd'hui, c'est la décou-
verte, dans une tombe plus récente, d'une boucle de bronze étamé,
à plaque ronde, comme on en trouve assez communément dans les
— 336 —
tombes de femmes au \if siècle. Ici la pre'sence, dans la région du
cou, d'une épingle slyliforme,. ne laisse aucun doute sur le sexe
du sujet. La plaque, munie de trois
clous à tête bombée qui l'attachaient
à la ceinture de cuir ou d'étoffe, est dé-
corée d'une double bordure de dents
de loup. Cette ornementation se répète
sur l'anneau de la boucle et sur la tête
de l'ardillon oii elle entoure une tête
barbue et chevelue. Deux autres têtes
du même style barbare se voient sur la
plaque. La défunte était chrétienne , ce
que prouve la croix à long pied qui
occupe le milieu de la partie inférieure
de ladite plaque.
Enfin, dans les parties du champ
de la plaque laissées vides entre les
têtes de clou et la croix , on lit l'in-
scription suivante, en beaux caractères romains :
Fi,<T.
DISS^ERl
La présence, aux temps mérovingiens, d'une pièce de monnaie
dans la bouche d'un mort chrétien a été souvent constatée. Au
Musée de Mayence, M. Prou a vu la tombe d'une femme ayant dans
la bouche un sou d'or mérovingien de Magnence. A Ghouy (Aisne),
un mort au doigt duquel se trouvait un anneau chrétien avait dans
la bouche une monnaie d'argent de Valentinien II marquée d'une
croix. J'ajoute qu'au siècle dernier, dans un village voisin d'Auxerre,
avait persisté l'usage de munir le défunt de l'obole à Garon; c'est
ce que nous apprend l'abbé Lebeuf dans son Traité sur les anciennes
sépultures. Notre correspondant hésite avec raison à donner la lec-
ture de l'inscription gravée sur l'agrafe d'Anguilcourt. Peut-être, je
le dis sous toutes réserves, peut-on y voir DISSOTERI en comptant
la croix pour un T, comme dans une inscription carolingienne de
Saintes, ou DISSAERI [Disderi), génitif de Disderius pour Deside-
rius, comme sur un marbre chrétien de Lyon.
Cette boucle appartient à M. Carpentier, pharmacien à La Fère.
— 337 —
PLAQUE-BOUCLE GRAVEE.
Au printemps dernier, la charrue ayant heurté les bords d'un
sarcophage dans un champ situe' à proximité d'une ferme dépen-
dant du village de Montescourt-
Lizerolles, canton de Saint-Simon
(Aisne), le fils du proprie'taire du
terrain, M. Sebbe, y entreprit, peu
après, des fouilles qui amenèrent
la découverte de cinq ou six autres
cercueils de pierre, larges à la tête,
très étroits aux pieds, dans Tinté-
rieur desquels il ne trouva que des
ossements mélangés à la terre dont
ils étaient remplis depuis long-
temps, car les couvercles n'exis-
taient plus, ayant été détruits par
les travaux de la culture.
Averti de cette découverte, je
me rendis sur les lieux et au hout
de cinq minutes je trouvais à
o m. 5o de profondeur, placé à un
pas de distance d'un cercueil de
pierre, un squelette qui avait été
inhumé dans un cercueil de bois.
A la ceinture du mort était une
Fig 2. agrafe en bronze étamé, marquée
d'une sorte de croix'' dans| un lo-
sange, au-dessus d'une longue hampe.
Cette plaque-boucle date assurément" du vu' siècle, peut-être
même du commencement du viii*, car on la trouve presque exclu-
sivement dans les dernières sépultures habillées et ornées.
UN GUERRIER CAROLINGIEN.
M. Delvincourt, propriétaire à Crécy-sur-Serre (Aisne), a entre-
pris, il y a quelques mois, des fouilles dans un ancien cimetière
situé aux bords de la Serre, à l'ouest du village de Nouvion-le-
Comte, canton de Crécy-sur-Serre (Aisne).
— 338 —
Dans Tune de ces se'pultui'es, M. Delvincourt a recueilli aux
côtes d'un homme de forte taille, une épée, une lance, et le fer-
moir en fer de la bourse qui avait renfermé , avec un bricjuet en
fer, sa pierre à feu,
La pre'sence d'une e'pée aux côtés d'un guerrier quand viennent
les scramasaxes, ces lourds sabres à rainures sur la lame, est telle-
ment rare, que j'ai cru devoir la signaler, d'autant plus que sa forme
et ses accessoires diffèrent sensiblement de celles des épe'es franques,
et' que l'on doit, sans hésitation, l'attribuer à l'époque carolingienne.
La largeur de la lame (o m. o35 au-dessous de la garde et
o m. o3o près de la bouterolle) et sa longueur (o m. 69) sont un
peu inférieures à celles des épées franques. Ces dernières ont, en
effet, une largeur variant de m. oU à m. o5 et une longueur
allant de m. 60 à m. gB (^).
Ce qui la distingue, c'est qu'elle possède un pommeau et une
garde, alors que les poignées des épées franques en sont toujours
dépourvues.
Le pommeau est constitué par un disque ovalaire de bronze un
peu aplati. Ce sont deux serpents à long cou recourbé qui forment
la garde; ils sont fixés sur la lame à l'aide de petits clous de bronze
et ornés de petits cercles et triangles obtenus par percussion à
l'aide d'un poinçon. C'est une technique bien connue à l'époque
carolingienne. La main du guerrier devait être bien petite, car il
n'y a que m. o85 entre le pommeau et le dessus de la tête des
serpents.
Immédiatement au-dessous de la garde, on avait fixé, à l'aide de
deux petits clous de bronze un écusson qui paraît être d'argent bien
poli, dont je ne soupçonne pas la destination; on n'y voit aucune
marque ni inscription.
La bouterolle rappelle la forme et la décoration des contre-plaques
qui accompagnent souvent les plaques-boucles que nous trouvons
à la ceinture des femmes. Deux bossettes la fixaient au fourreau qui
était de bois, probablement recouvert de cuir. La natte qui orne la
partie inférieure et les filets ornementaux qui l'accompagnent sont
bien de l'époque. La croix à long pied placée dans le champ ne
laisse aucun doute sur la religion du possesseur de l'arme.
(^1 Voir mes Etudes sur d'anciens lieux de sépulture dans l'Aisne, t. I, p. 990.
Fouiiies du cimetière d'Abbeville (Hombiièrcs).
— 339 —
La lance diffère un peu de celles des siècles précédents; elle est
plus courte; sa largeur va croissant de la pointe à l'endroit où les
ailes se rattachent à la douille à l'aide de faibles contre-courbes.
La lance Iranque affecte souvent la forme de feuille de saule ou
de losange. C'est bien l'arme de médiocres dimensions que les
miniaturistes des vu* et viii* siècles mettent dans la main des
soldats.
Le fermoir de bourse n'a pas subi de modification. C'est toujours ,
aussi, une très petite boucle, placée à la partie médiane et infé-
rieure, qui maintient fermé le devant de la pochette ou bourse, oi!i
les Francs et leurs compagnes mettaient leur numéraire et les petits
ustensiles d'un usage courant et journalier. Ici nous voyons le bri-
quet dont la forme n'a guère varié depuis, et la pierre à feu, une
jolie pointe taillée de silex, de l'époque de la pierre polie. On en
ramasse encore aujourd'hui de toutes semblables sur les hauteurs
voisines. Notre guerrier l'a utilisée comme percuteur pour s'éviter la
peine d'en fabriquer un. Au Jardin-Dieu de Cugnyt^^ j'ai trouvé,
avec le même briquet, plusieurs couteaux de silex plus ou moins
ébréchés latéralement.
Le cimetière de Nouvion-le-Comte est loin d'être épuisé. Espérons
qu'il fournira à M. Delvincourt d'autres objets aussi intéressants
que ceux que je viens de décrire en son nom.
t*' Etudes »ur d'anciens lieux de gépultwe dans l'Aisne, Fouilles du Jardin-Dieu
de Cugny, t. I, p. lih.
LE TRESOR
DE L'ÉGLISE NOTRE-DAME DE BAYEUX,
D'APRÈS
LES INVENTAIRES MANUSCRITS DE 1476, 1480 ET 1498,
CONSERVÉS À LA BIBLIOTHEQUE DU CHAPITRE DE BAYEUX,
PAR M. L'ABBÉ E. DESLANDES ,
Chanoine titulaire.
Si la cathédrale de Bayeux est, sans contredit, une des églises
les plus remar(|uables de France par sou architecture et par ses
dimensions, son trésor était aussi un des plus riches, grâce à la
libéralité de ses évêques ou à la générosité des ducs de Normandie
et des rois de France. Pour s'en convaincre, il suffit de parcourir
le minutieux inventaire rédigé au xv* siècle, en français, par ordre
de l'évêque Louis d'Harcourt. Il y en a deux exemplaires originaux
conservés dans la bibliothèque du Chapitre. L'un est incomplet et
peu soigné, l'autre plus beau, que nous publions ici avec les inven-
taires de iZiSo et 1^98.
La reliure de ce dernier manuscrit n'a rien de remarquable; il
est recouvert d'une forte basane brune; sur les plats, on voit les
armes du Chapitre (''; tout autour, un encadrement formant bor-
dure représente alternativement des têtes d'anges, des médaillons
et des corbeilles dans le style de la renaissance. L'inventaire est
transcrit sur beau parchemin, sans initiales de couleurs; il ren-
ferme 12^ feuillets, mesurant m. 82 sur m. 29, et porte le
n° 199 de l'inventaire des manuscrits du Chapitre, que nous avons
publié en 1889 C^).
(') De gueules à l'aigle à deux têtes d'or aux ailes dployées. — L'écu est ap-
puyé sur deux branches de palmier de sinople croisées en sautoir par le bas.
^-' Catalogue général dex mss des bibliothèques de France, t. X, p. 877.
— 3/4l —
Tl est divisé en quatre parties, et la première, qui est précédée
d'une table, comprend les feuillets i à 33 verso. En tête on lit le
titre suivant, qui fait connaître l'objet de cette partie et la date
de sa composition (non compris l'inventaire des livres de iA36) :
f Repertorium Cartularii de rébus fabrice Baiocensis Ecclesie pertitientibus ,
fncti et scripti anno Domîni millesimo quadringentesimo tricesimo septimo. v
Après cinq pages de table, les folios 3 v° à /i v° ont été laissés en
blanc et le re'pertoire proprement dit commence au folio 5 pour se
terminer au folio 33. La première charte porte la date de 1396, et
la dernière, celle de i/iio; mais il y en a du xii" et du xiu* siècle;
ces chartes ou documents sont au nombre de 58. Viennent ensuite
trois feuillets blancs, et du folio 37 au folio 69, l'inventaire des
livres de la trNova libraria Ecclesie Baiocensisv, fait en i/i36.
La deuxième partie va du folio 56 au folio 63 ; on y trouve les
mentions des donations faites à son e'glise par Louis d'Harcourt,
patriarche de Jérusalem et ëvêque de Bayeux. La première pièce
est de 1677, et la dernière, de 1679; mais entre ces deux dates,
il y a deux documents de ih']k.
La troisième partie est comprise entre les folios %k et 71; elle
renferme plusieurs titres d'inféodations, de fondations et de rentes.
Le premier acte est de i555, et le dernier, de 1 559, mais il y en
a de ikk'2. Cette partie a e'té écrite au xvi® siècle, sur quelques
feuillets laisse's en blanc, entre la deuxième et la quatrième partie,
écrites au xv" siècle.
La quatrième partie va du folio 7 1 bis au folio 1 1 5 et renferme :
1° l'inventaire du trésor de la cathédrale de Bayeux, fait en iÛ76et
qui occupe les folios 71 iis à 93 v°; à la fin de chaque chapitre se
trouve géne'ràlement une page ou une demi-page en blanc. — Cet
inventaire est complet ; il a e'té fait en 1 Û76 , mais il n'a été rédigé et
signé dans ce manuscrit, par les notaires apostoliques , qu'en 1677;
il y a quelques petites additions faites vers 1 A79. — 9° L'inventaire
des manuscrits de la bibliothèque du Chapitre, rédigé en i/i8o et
compris entre les folios 95 et 1 1 5. Ces deux inventaires sont en belle
écriture du xv° siècle, absolument semblable à celle de la seconde
partie; à la fin des différents chapitres se trouve la signature auto-
graphe des notaires apostoliques, ce qui prouve que cet inventaire
est l'original.
On a relié avec ce manuscrit huit feuillets de papier, qui ren-
ferment les articles présentés au Roi, par l'évêque de Bayeux et le
11
— 3d2 —
Chapitre, en i563, pour dénoncer les protestants qui avaient ra-
vagé et pillé la cathédrale. C'est Toriginal de la pièce qui a été pu-
bliée par l'abbé Béziers, en appendice à son Histoire de la ville de
Bayeux, mais incomplète et remplie d'inexactitudes.
Parlons maintenant des articles les plus importants mentionnés
dans l'inventaire de 1/176 :
«Premièrement, eu front de V autel, a une excellente table, toute d^ ar-
gent doré, etc. (voir les articles 1 à 5). D'après les détails de l'inven-
taire, voici quelle était à peu près la disposition de ce merveilleux
autel , beaucoup plus avancé vers le chœur que ne l'est le maître
autel actuel de la cathédrale.
Le coffre de bois , dont il est question à l'article 2 , était une sorte
de grande armoire à double face et à double fond; le côté qui re-
gardait le chœur et les deux bouts étaient recouverts de riches pein-
tures; c'était dans la façade antérieure qu'était enchâssée la pré-
cieuse contre-table. Les différentes parties de cette contre-table étaient
fixées au moyen de crampons d'argent, retenus eux-mêmes par des
clavettes de fer que l'on attachait par l'intérieur de l'armoire, en ou-
vrant le double fond ou Ir contre-clôture. Cette contre-clôture , appelée
le secret, et qui servait de fond à l'armoire proprement dite, était
fermée par six serrures dont les clefs étaient conservées dans le
Trésor. Dans cette armoire, par derrière, se trouvaient les quatre
précieuses châsses, dont il est parlé aux articles 5 à 9; elles étaient
protégées par des portes couvertes de peintures moins riches que
celles du devant. On n'exposait cette contre-table d'argent que dans
les fêtes, car ordinairement elle était recouverte de deux vantaux à
coulisses, ornés de peintures à histoire de Nostre-Dame. Au milieu se trou-
vait un pilier, portant un crucifiement , de pareille peinture. Ce pilier était
probablement fixé à l'un des vantaux et en recouvrait la jonction.
Ces vantaux et le pilier, qui formaient ainsi retable , étaient eux-
mêmes recouverts de rideaux richement brodés , comme le montre
l'inventaire aux articles 235 à 277 et 280.
Quant au tombeau de l'autel, il était adossé à l'armoire, au-des-
sous delà contre-table; c'était assurément un autel fixe, c'est-à-dire
consacré en entier, comme le prouverait ce passage de la requête
de l'évêque et des chanoines de Bayeux, oh il est dit que les pro-
testants avaient enlevé la table de marbre estante et servante pour grnnd-
flMte/.*Pour couvrir le devant du tombeau de l'autel , il y avait au
moins huit parements de différentes couleurs et plus ou moins riches
— 343 —
suivant le temps et le degré des fêtes (art. 996 à 980 ). La table de
rautel était recouverte d'un doublier, auquel on attachait un frontel
pour orner le bord de l'autel (art. 281 à 9 33).
De plus , derrière l'autel se trouvait une magnifique Notre-Dame
d'argent, et aux quatre coins étaient les quatre grands docteurs de
l'Église. Tout autour, à une certaine distance, s'élevaient six co-
lonnes de fin cuivre, trois de chaque côté, surmontées d'angelots,
portant des cierges. Il y avait en outre dé riches armoires couvertes
d'or et d'azur, renfermant des châsses, des reliquaires et des joyaux.
Nous voyons encore relro altare majus, rastrum, in quo ardebant
xii cerei; trabs, in qua ardebant ru cerei; au-dessus: Corona confra-
riœ Béate Marie Virginis, in qua ardebant ixxxvi cerei.
Dans plusieurs endroits, l'inventaire nous parle du petit autel,
qui devait se trouver derrière le grand autel, vers le rond -point
du chœur (^). Devant le maître autel brûlait une lampe d'argent.
Puis , intra januas chori, majus candelabrum , in quo ardebant ni cerei.
De chaque côté du chœur étaient les chaères (stalles) des chanoines.
Dans les grandes fêtes, de précieuses tapisseries entouraient le
sanctuaire, le chœur et les stalles. Au milieu du chorus se trouvait
ïaquila de fin cuivre, et on remarquait ante aquilam v candelabra cum
totidem cereis; in pulpilo lapideo, ante chorum et navim, cruciftxus; in
navi, ante crucijixum, ab antiquo, major corona cum xcvi cereis; postea
minor corona cum xxr cereis.
Le magnifique retable d'argent avait été donné, dit l'inventaire,
par Louis d'Harcourt, évêque de Bayeux et patriarche de Jérusalem.
Ce prélat fut véritablement un des plus grands bienfaiteurs de
l'église de Bayeux, par les dons princiers qu'il lui fit; il suffit de
lire cet inventaire pour s'en convaincre. Mais citons ici un acte
autlientique d'une partie de ses donations : •
. . .Ludovicus de Haricuria, miseratione divina patriarcha Jerosolimi-
lanus et cpiscopus Baiocensis, salutem in Domino. Notum faciraus quod
nos, ad laudem et honorem Dei ejusque Matris, Virginis gloriose, pro
salute anime nostre, dedimus et concessimus, ac sponte et libère, lenore
presenlium, damus et concedimns ecclesie nostre Baiocensi res et bona que
sequuntur, videlicet : mitram uostram deauratam, perlis lapidibusque et
gemmis preciose multum ornatam; baculumque nostrum pastoralem ar-
''^ C'était vAb antiquo, altare Sanctœ Crucis , postea SS. Ravenniet Rasiphi,ubi
missœ siniplices elferiarum celehrantum. — Tableau ms. des fondations de la cathé-
drale, par M. Laffetay, chanoine (n° i53 du Catalogue des mss du Chapitre).
— Zàh —
genteum et deauratum ; missaie etiam in qno continetnr pontificale , necnon
et annulum nostrum aureum, in quo est saphirus bonus valoris ccntum
Hbrarum, et cirothecas pontificales; nullum jus nobis in eis nisi solum
usum quoad vixerimus retinentes, sub tali tamen pacto et conditione ex-
pressa quod Decanus et Gapitulura cjusdeni ecclesie non poterunt easdem
res et bona vendere seu alienare, sub quocumque titulo vel colore; sed illas
et illa perpetuis futuris temporibus ad honorera Dei ejusdemque ecclesie
décorera et usura nostrique memoria conservare tenebuntur. Volentes et
ordinantes quod singuJi successores nostri Baiocenses episcopi , totiens quo-
tiens eis placuerit in civitate Baiocensi vel alio dicte diœcesis loco insigni
aliquod officiura pontificale exercere, dictis rébus etinsigniis iiti poterunt,
et Gapitulura predictas res hujusmodi eisdera successoribus Iradere tene-
bitur, recepta prius ab eisdera successoribus et ipsorum quolibet ydonea
cautione de restituendo, statira post hujusraodi corapletura ofliciura ponti-
ficale , prelibatis Decano et Capituio res et bona sic tradita et superius de-
clarata in equo bono statu et valore, sicuti eas et ea receperint ab eisdera,
aut saltem de eas reparari faciendo suraptibus suis condecentcr, si quid
mali vel ruine in eis acciderit, quandiu fuerint in custodia predictorura suc-
cessorum seu servitorura eoruradem, solvendoetiara thesauro dicte ecclesie
nostre per quemlibet dictorum successorum nostrorum insigniis hujusmodi
uti volentiura serael, et dumtaxat et ante eorum primum in civitate inlroi-
tum, aut deinceps priusquam tamen rébus et insigniis predictis utantur,
quadraginta libras turonensiura, raonete currentis pro tempore. De qua
quidem somma distribuentur decera libre turonensiura , juxla morcra ecclesie
consuetum, inter présentes, in missa solerani, que pro nobis et omnibus
defunctis in choro ecclesie Baiocensi in crastino cujuslibet primi inti'oitus
dictorura successorura, vel in crastino solutionis dictarum quadraginta
librarura celebrabitur cura prenunciatione soluta ; residuura vero dictarum
quadraginta librarura turonensiura pro perpétua raanutenentia et repara-
tione rerura predictarum ad utilitatera et usura dicti ihesauri applicabitur.
In cujus rei testiraonium présentes litteras sigillo nostro muniri et per se-
cretarium nostrum signari fecimus. Datura Baiocis, anno Domini millesimo
quadringentesimo septuagesirao quarto , die duodeciraa mensis aprilis.
{Suit l'acceptation du Chapitre.)
Avant Louis d'Harcourt, Odon de Gonteville, évêque de Bayeux,
avait comblé sa cathédrale de riches présents. On lui attribue
entre autres la splendide châsse de saint Raven et de saint Rasiphc
(art. 6). Le moine Bernard, dont nous parle dom Rivet^^', dans
une lettre qu'il adressa à tous les chanoines de Bayeux et à tout le
'•^'i Histoire littéraire de la France, t. IX, p. agS-ag/i.
— 3/i5 —
clergé, écrit ceci : tf Pendant que le seigneur Odon, cet homme
grand et sublime, gouvernait notre mère la sainte église de Bayeux,
d'une manière aussi noble que digne, ces saints martyrs (saint
Raven et saint Rasiphe) reçurent, à cause de leurs grands miracles
divins et éclatants, une châsse nouvelle d'un prix plus considérable
et plus en rapport avec les hommages qui leur sont dus; ouvrage
merveilleux, formé d'un or pur et de pierres précieuses où Tari
semble l'emporter sur la matière. Mais comme elle est connue de
tout le peuple aussi bien que de moi-même, il n'appartient pas à
ma faiblesse d'en faire la description, v
S'il nous est permis d'exprimer un regret, c'est que la célébrité
de ce présent d'Odon , autant que la modestie du moine Bernard ,
nous aient privés d'une description complète de ce magnifique
ornement. Toutefois, s'il faut en croire certaines traditions, consi-
gnées dans les chronologies manuscrites des évêques de Bayeux,
conservées à la Bibliothèque municipale de cette ville, celte châsse
aurait été la reproduction de l'église Notre-Dame de Bayeux. Le
seul écrivain qui paraît s'être intéressé à cette antique châsse est
Robert Ceneau ; il parle de l'or et des pierreries de prix qui décorent
le reliquaire des saints martyrs; le lieu même oii il est placé semble
être une partie de la cathédrale jusque-là inconnue ou oubliée
dans les anciennes parties de l'église dont on a la description.
Voici du reste ses paroles ^^^r «Erexit [Odo] ad borealem portam
turrim miro artificio, quam et ipse honestavit conditorio auro gem-
misque iocupletato, reconditis in eo reliquiis divorum Ravenni et
Rasiphi.n Le sieur de Bras, dans ses Recherches et antiquitez de la
ville de Caen, ajoute'-' : crLa châsse où estoyent les corps de sainct
Ravent et sainct Rasif, martyrs, estoyt toute couverte d'or, et y
estoyt aussi une Nostre-Dame, plus haute qu'une fille de dix ans,
de pur argent, avecques un contre-autel de mesme métail. t5
L'article 29 porte : Item, un vaissel de baes, fait en manière de
pot, etc. Ce ffpotw avait appartenu certainement à saint Thomas
Becket et renfermait une partie de ses reliques; l'église de Bayeux
ne fut pas la dernière, en effet, à montrer sa vénération pour le
saint martyr. Le grand portail du sud, vers l'évêché actuel, est
consacré en entier au souvenir de ce ferme défenseur des droits de
('' Roberti Goenalis, episcopi Arboricensis, Gallica hiatoria (Paris, 1657, foi.),
p. 157.
^'''> Page a64 de l'édition de Gaeii, i833, in-S".
— 3^6 —
rÉglise; le tympan, les voussures sont remplis de sculptures et de
bas-reliefs qui représentent les différentes phases de la \ie de saint
Thomas de Cantorbéry. «Nous remarquons dans le tympan trois
lignes parallèles renfermant quarante-trois personnages; la plus
longue se lit de droite à gauche; la deuxième de gauche à droite;
la troisième renferme l'apothe'ose du martyr saint Thomas de Can-
torbéry dont la première ligne inférieure nous a représenté l'ar-
rivée en France et les conférences traitant de sa réconciliation avec
le roi d'Angleterre ; et la seconde , son retour à Cantorbéry et son
martyre ^^K -n
Plus loin, l'article 33 de l'inventaire nous parie du sang de saint
Thomas de Cantorbière, conservé dans un vaissel de cristal, etc. Ce
vase précieux, renfermant du sang du bienheureux, avait probable-
ment été donné à la cathédrale de Bayeux par Jean de Salisbury,
évêque de Chartres (de 117731181 ou 1182), qui était chapelain
de saint Thomas, lorsque le saint archevêque souffrit le martyre en
Angleterre. Jean de Salisbury avait donné à sa cathédrale de Chartres
le couteau du martyr, avec un vase précieux renfermant du sang
de saint Thomas.
Aux articles 39 à Zi3 , il est parlé de coffrets et de boîtes d'ivoire,
particulièrement du coffret qui renferme le casuble monsieur sainct
Begnobert. Certains auteurs attribuent ces présents à Odon; dans
tous les cas, ils sont antérieurs à l'inventaire ancien de iSôg, cité
à l'article 10 de l'inventaire de 1/176. Quoi qu'il en soit, donnons
simplement une description de ces deux précieux objets, les plus
riches du trésor que possède encore aujourd'hui la cathédrale de
Bayeux {2).
(^^ L'abbé Lelièvre, Notice descriptive sur la cathédrale de Bayeux (Bayeui,
1880, in-13). — Saint Tliomas, pendant son exil en France, célébra les saints
mystères dans l'hôtel-Dieu de Lisieux, et l'on conserve à l'hospice, dans des re-
liquaires, avec toutes les preuves d'authenticité, les ornements dont il fit usage.
La description en a été donnée dans le Bulletin monumental, par M. le D"^ Billon,
en 18A9 (p. 260).
W Nous n'entrerons pas dans toutes les discussions qui ont eu Heu entre les
savants siu" le coffret d'ivoire et la chasuble de saint Regnobert, conservés dans le
trésor de la cathédrale de Bayeux. Nous renvoyons aux ouvrages suivants :
Description d'un monument arabe du moyen âge, conservé à Bayeux, en Nor-
mandie, par M. Spencer Smith (Gaen, iBao, in-8");
Oi'igi7ies chrétiennes du Bessin. — Recherchen historiques et critiques sur saint
Regnobert, second évêque de Bayeux, par M. i'abbé Do (Gaen, 1861, in-S");
— 3A7 —
Et d'abord , le coffret d'ivoire ( Pi. XIV et XV ) (i) : « 11 est de forme
oblongue et mesure o m. ^25 sur o m. 275. Il est monté sur quatre
petits pieds de o m. o3, qui lui donnent une hauteur totale de
o m, 1 59; il est formé de plaquettes d'ivoire, de o m. 009 d'épaisseur
seulement, juxtaposées et reliées entre elles parles nombreux rivets
de la garniture.il est décoré de tous les côtés et sur tous les angles
d'une riche armature d'argent doré et niellé, ciselée en bosse, d'un
relief de o m. 006 ; ces ornements se composent de fleurons épa-
nouis, de rinceaux caractéristiques de l'art arabe, rendus avec une
grande habileté et de formes variées quoique peu différentes. Comme
décoration principale, figurent des paons à la queue contournée
et quelques autres oiseaux assez semblables à des colombes. Deux
riches charnières maintiennent le couvercle; elles ont été brisées et
grossièrement ressoudées; dans l'origine, deux anneaux d'argent
placés de chaque côté, l'un dans le couvercle, l'autre dans le corps
même du coffret, servaient, au moyen d'une chaînette, à le main-
tenir, de peur qu'eu l'ouvrant complètement il ne vînt à briser les
charnières, qui ne témoignent que trop leur utilité. L*un d'eux est
déjà signalé comme manquant au xv* siècle, et un autre actuelle-
ment détaché est conservé dans le coffret. Des quatre pieds, qui
sont en ivoire recouvert d'argent, un seul conserve sa décoration
primitive; les trois autres ont été enlevés et remplacés par une
plaque d'argent unie.
ff Ce coffret se fermait au moyen d'un riche recouvrement à char-
nière, dans l'intérieur duquel se trouvait la serrure. Une cief en
forme de croix faisait mouvoir le penneton, qui s'introduisait dans
un disque uni, plaqué sur l'ivoire; celui-ci, à cause de son peu
d'épaisseur, ne pouvait contenir la serrure que M. Spencer Smith
avait cru y voir. De chaque côté de ce disque se trouve un pivot
saillant dont la tête arrondie est taillée à facettes et percée à jour
pour y introduire une petite verge ronde, aussi d'argent. Elle dé-
passait en longueur les deux pivots ; elle était terminée à l'une de
ses extrémités par une tête semblable, et à l'autre percée d'un trou
Saint Thomas de Cantorbéry, par M. l'abbé Tapin (Caeo, 1870, in-8°);
Le coffret d'ivoire du trésor de la cathédrale de Bayeux , par M. de Farcy ( Caen ,
1878,111-8°);
La chasuble de saint Regnoberl, conservée dans h trésor de la cathédrale de
Bayeux, par M. de Farcy (Caen, 1881, in-8°).
^'' Nous empruntons ces délaiis an travail cité de M. Paul de Farcy.
— 3â8 —
où devait s'introduire un cadenas, dont ii n'est fait aucune men-
tion. Cette brochette, une fois placée et maintenue, empêchait par
sa position même l'introduction de la clef.
crLe disque, dont la forme se rapproche de celle d'un écusson, est
entoure' d'une légende en caractères orientaux; ces lettres, gravées
au trait et bordées d'un léger filet, ont été remplies d'un vernis
noirâtre que l'on retrouve sur tous les objets anciens ayant la même
origine. C'est cette inscription, en caractères coufiques, qui a tant
occupé les savants. Refaite plutôt que lue par Pétis de La Croix W,
qui, le premier, en eut un dessin sans doute fort inexact, elle fut
déchiffrée en 1820 par un savant orientaliste de Vienne, M. de
Hammer, d'après le calque que lui avait envoyé M. Spencer Smith '^l
Depuis, M. de Caze la fit traduire en Algérie par deux Arabes versés
dans la langue et l'écriture anciennes. Ces trois versions, venues
de sources différentes et s'accordant toutes les trois entre elles, ne
laissent plus aucun doute sur la certitude du texte que voici :
aIjç«w X«Ik3j ^^^"^t^ ''^^'^^ {^'^^^^r^ i:y^Ky^ f"^*^
rAu nom de Dieu, clément et miséricordieux! Sa bénédiction
est complète et sa grâce immense, w
Le coffret d'ivoire renferme la chasuble de saint Regnobert, se-
cond évêque deRayeux,une étole et un manipule (PI. XVI). tcNous
avons dans la chasuble, ajoute M. deFarcy, non seulement un objet
excessivement précieux en lui-même , mais un vêtement que la tra-
dition considère comme ayant servi à un évêque placé par l'Eglise
au nombre des saints, un vêtement devenu par cela même une
relique, -n
L'auteur du manuscrit Gassion^^K qui écrivait au xvi^ siècle, ra-
conte ainsi le respect qu'on avait pour la chasuble de saint Re-
gnobert : rr On s'en sert aux plus grandes fêles de l'année aussi bien
qu'au jour qu'on célèbre son office. Cette chasuble est estimée
comme une relique très précieuse et honorée d'une multitude in-
nombrable de peuples qui courent en foule les jours de sa feste et
autres principales de l'année, pour avoir le bonheur de la baiser, w
Cette chasuble a de tous temps attiré l'attention des savants,
t^) Mémoires de Trévoux, octobre 171'), p. 1771.
(^) Description d'un monument arabe du moyen âge, p. 9.
(3) Histoire du diocèse de Bayeux (n" 6 du Catalogue des mss du Chapitre).
— 349 —
et nous ne pouvons mieux faire que de transcrire ici la description
que M. Spencer Smith en a faite en 1820 : trElle est absolument
infundibuliforme. Ce sont deux demi-cercles ayant les deux bords
intérieurs cousus depuis la circonférence jusqu'au centre, à l'excep-
tion d'une fente laissée pour passer la tête. L'étoffe se rapproche
par sa con texture des étoffes de soie de la Chine nommées lampàs,
façonnées à peu près comme les gros de Tours, brochés. Elle est
à fond blou, parsemé de pois blancs (il faut dire de perles), de deux
lignes de diamètre, régulièrement espacés par groupes de trois, de
manière à former de petits triangles. La chaîne et la trame sont en
soie très torse ... -n
Le dessin de M. Smith, qui accompagne cette notice, donne une
idée très exacte de la forme de la chasuble, mais il n'en est pas de
même du semis de perles, qui sont figurées bien trop grosses; en
effet, là oiî il y a quatorze groupes seulement, il en faudrait soixante-
quatre!
La chasuble est actuellement garnie de galons de différentes lar-
geurs; celui qui décore le dos mesure cm. 10, celui du devant
o m. o55, le troisième enfin, qui forme le croisillon et se rejoint
sur l'épaule du célébrant, n'a que o m. 06; les galons sont pour
la plupart excessivement fatigués, et paraissent même à l'œil bien
plus anciens que l'étoffe, car elle a conservé par endroits l'éclat de
sa couleur primitive. Le plus large , tissé de soie brune recouverte
' d'or, n'est à proprement parler que de l'œuvre à très petits enche-
vêtrements, telle qu'on en fabrique encore pour le linge de table;
il est bordé de chaque côté de deux rangs de filets vert et bois.
Le second, aussi relevé d'or, présente des losanges encadrés de
petits carrés. Le troisième est bien plus riche; sur le tissu com-
posé de lignes alternativement vertes et roses, se détachent des
losanges formés de bandes à filets d'or et de petits carrés, remplis
au centre de frettes également d'or et terminées par des grecques
affrontées.
La chasuble a subi plusieurs et regrettables transformations.
Raccourcie déjà sans doute au xiii^ siècle, elle le fut encore au
xvii" siècle, ainsi que nous l'apprennent les BoUandistes ; car les
Jésuites en conservaient un morceau vénéré dans leur chapelle de
Paris. Enfin, vers i835, elle fut réparée à nouveau, c'est-à-dire
qu'elle fut rognée d'au moins o m. 02 pour la plus grande com-
modité du prêtre qui s'en servait à cette époque, et elle fut dou-
ÂncHÉoLOGiE. a3
— 350 —
blée à neuf d'une soie violette. Déjà, plus anciennement, on avait
pris l'étoffe de dessous les galons pour restaurer les parties usées
du cou et du devant. Ces réparations successives nous expliquent
pourquoi elle n'a plus que i m. 38 de hauteur, tandis que les cha-
subles du xiif siècle, commes celles de Reims et de Toulouse, ont
eiicore i m. 5o et même i m. 60. Il est donc impossible de savoir
quelle était sa longueur primitive.
L'étole mesure 2 m. 5o; cette bande, de m. ok seulement,
s'élargit de manière à avoir le double de largeur aux extrémités.
L'étoffe, tissée sans couture, a donc toujours été destinée à former
une étole ; elle se compose de fasces de drap d'or, alternées avec
d'autres de soie violette très foncée. Les deux extrémités sont de
drap d'or ouvré, orné de losanges, de zigzags, de frettes, etc., et
décoré de ])etits carrés ou autres dessins de soie jaune ou verte;
elles sont d'une ornementation différente, ainsi que les parties vio-
lettes. Tous les fonds d'or étaient, originairement, enrichis de se-
mences de perles'^), dont un grand nombre ont disparu; quelques
parties, dans le violet, sont aussi relevées de couleur d'or ou gar-
nies de perles. Tout autour règne un petit galon vert et le bas est
garni d'une frange de même couleur, mais moderne.
Le manipule, moitié plus petit que l'étole, est décoré de la même
façon et ses deux extrémités sont semblables entre elles. 1! est ac-
tuellement dépouillé de perles, mais il est facile de constater leurs
traces sur les fonds d'or.
L'article 88 porte : Item, eu derrière de l'autel, une croce, à laquelle
pend une custode d'argent, etc. Le grand autel de la cathédrale ayant
été détruit aves ses accessoires, en i562, par les protestants, le
Chapitre chargea le fabricier de tr faire faire une crosse de bois doré
pour porter le Saint Sacrements, le 3 février 1662 ('^). Il sera fait,
disent encore les Conclusions, rrdes angelots de cuivre pour mettre
autour du grand autel, le 20 février ikbk^^^n. Ces angelots ne
durent pas être détruits par les protestants, ou bien ils furent rem-
placés, comme l'autel, car les Conclusions capitulaires ajoutent plus
loin: ffLe fabricier fera allonger l'autel, mettre des pilliers pour
soutenir les angelots,. . . le i/i février lôgS'^^.'»
^) Ce sont des perles fines.
^^î Conclusions du vénérable chapitre de Bayeux, à la date.
W Ibid.
— 351 —
Articles 9 1 et 9 2 : Item , dedam le cueur, a une aigle très belle . . .
Item devant ledict aigle a cinq grans et haults candélabres ... — Le
cardinal, dont parle ici Tinventaire et qui donna Tffaijjle tre's belle
de fin cuivre»,. . . était, dit Hermant, Ame'dée de Saluées, fils de
Fre'déric II, marquis de Saluées (^),
.Voici l'inscription qu'il avait fait graver sur le pied de l'aigle de
la cathédrale de Bayeux : Amadeus de Saleucis, Sancte Romane Ecclesie
cardinalis et hujus ecclesie decatms, hoc pulpitum dédit, annot 385 ,mense
junii.
Nous lisons dans les Conclusions capitulaires , qu'crAmédée, fils
du marquis de Saluées, doyen, a donné l'aigle et six grands chan-
deliers de cuivre pour mettre au chœur, qui y estoient l'an 1602;
le 7 mars 1 38o ». L'inventaire ne parle que de ff cinq grans et haultz
candellabres de fin cuivre » ; Amédée les avait probablement donnés
avant l'aigle, en i38o, n'étant encore que chanoine de la prébende
de Missy.
Article 9/i. Item, en la nef, devant le crucifix, est une couronna ronde
de grande circuite, etc. '"^^.
Ce fut Odon, évêque de Bayeux, frère du Conquérant, qui fil
présent à la cathédrale de ce magnifique lustre, composé de plu-
sieurs cercles métalliques, de diamètre inégal, reliés entre eux
par des tiges de même nature. Ces différents cercles supportaient
96 candélabres, un certain nombre de tours ou lanternes, et, dans
les intervalles, des plaques d'argent, sur lesquelles étaient gravés
les hg vers latins, transcrits par H. Oresme, à la fin du manuscrit
n° 1 de la bibliothèque du Chapitre ^^). Dans les vieux titres, la sé-
pulture de plusieurs évêques, dignitaires ou bienfaiteurs, est dé-
signée par ces mots: trsub corona». Raoul Tortaire l'a chantée dans
le compte rendu de son voyage dans le Bessin :
Ferrea sustentant argenti vincla coronam
Alte quae durée sunt clavi fixa sudis.
Tota superficies auro vestita renitet ,
(') Histoire du diocèse de Bayeux (Caen, 1706, in-i"), p, 3o3.
(*' Ce lustre est ainsi désigné dans le cérémonial manuscrit du xiii' siècle, de
Raoul Langevin, chanoine de Bayeux (ma. 122 du chapitre): «Est quartum lumi-
nare, quod vocatur Corona, in qua semper octoginta et sexdecim parvi cerei accen-
dunlur.r)
^^) Publié en dernier Heu par M. L. Delisle, dans son édition de la Chronique
de Robert de Torigni (1871), t. 1°'', p. lxviii-lxxi.
93.
— 352 —
Cinxit turritis quam faber œdiculis ;
Vix geminus tèmpli paries capit hanc licet ampli,
Non aliam tauti ponderis esse reor.
De plus, ce fut pour son entretien que se multiplièrent les gé-
nérosite's des membres du Chapitre: un chanoine de Pezerollfis,
William Arundell, fait, dès Tan i9o3, une fondation spéciale pour
entretenir le luminaire de la couronne. En suivant le cours de TAure
à 1 kilomèlre et demi du Pont-Trubert (Pons Oberti, Isberti, Hu-
berti), on trouve, dans la commune de Saint- Vigor-le-Grand, Tan-
cien fief de la Couronne.
Le tre'sorier (1) de la cathédrale avait la garde des reliques et du
maître autel; c'était lui qui était chargé d'allumer et d'éteindre les
cierges do cette grande couronne. Il se débarrassa de toutes ces
charges par l'abandon du fief de la Couronne, fait à un gentilhomme,
qui s'engagea, lui et ses descendants, à assister les jours des grandes
fêtes et aux processions générales, armé de toutes pièces (-1 Jean
Lenterin, dit de la Colombe, après avoir reçu des lettres de no-
blesse de Louis Xï, en 1671, prit le premier, comme possesseur
de ce fief, le titre de seigneur de la Couronne et de la Rivière,
titre que la famille des Moustiers a transmis depuis le xvin" siècle
jusqu'à nos jours à ses descendants.
Voici l'idée du plan de la couronne t^) et qui fait comprendre le
sens des vers qui étaient gravés tout autour. L'auteur suppose qu'elle
'•^1 Le trésorier tait le quatrième et dernier grand dignitaire du Chapitre; à
l'origine , l'évêqne lui devait « vestes virides et de escariata , prout sibi piacebat ge-
rere, in choro et extra, canes et ancipites». Le trésorier était seigneur et patron
collateur de Bernières-sur-Mer.
'^' Ce seigneur ou homme d'armes du Chapitre (armiger Capituli) doit se trou-
ver «au prieuré de Saint-Vigor, quand i'évèque y vient descendre la veille de son
entrée soJenneile, afin de le saluer, un genou en terre, et de lui ôter ses éperons
d'argent, qui alors lui appartenaient».
Voir dans la salle capitulaire un curieux tableau du xvii' siècle, qui représente
l'entrée solennelle de Mgr. de Nesmond, dans la ville de Baveux, suivi de
l'homme d'armes.
On conserve dans la haute sacristie du Chapitre les dififérentes pièces de l'ar-
nmre. Elles sont unies, à l'exception du casque, qui est gravé et doit dater du
temps de Louis XIII.
(î) Voir sur ce sujet le livre de M. l'abbé Leiièvrc, curé du Subies, près Bayeux :
Notre-Dame de Bayeux, esquisses historiqties cl archéologiques (Bayeux, 1883,
in- 19).
— 353 —
est une œuvre allégorique, un emblème {signunij destiné à traduire
sous une forme sensible et permanente la doctrine qui ne s'adresse
qu'à l'intelligence et ne frappe pas continuellement les oreilles (''.
La couronne, dans son ensemble, est la figure de TEglise. Le cercle,
symbole de l'Infini, est l'image de l'Agneau, roi du ciel et de la
terre. Les tours sont les vertus appuyées sur le rocher de la foi.
Les 12 candélabres placés au sommet (cM/mew) sont les 12 Apôtres;
viennent ensuite les 12 Prophètes et les 2/1 Vieillards qui entourent
le trône de l'Agneau. Au-dessous de l'Église triomphante apparaît
l'Eglise militante. Appelés par les Apôtres et les Prophètes à faire
partie des habitants du ciel, les membres de cette autre portion de
l'Eglise ne parviennent au sommet de la sainte montagne qu'à tra-
vers une foule d'obstacles que leur suscite la rage des démons.
Malheureusement nous n'avons pas dans leur ordre les vers tels
qu'ils avaient été gravés sur la couronne. L'orfèvre chargé de la
nettoyer avait démonté toutes les plaques d'argent; et, lorsque
son travail fut terminé, il les replaça confusément et sans suite.
Henri Oresrae, chanoine d'Evrecy et frère de l'évêque de Lisieux,
les copia, avons-nous dit, à la fin des chroniques précitées. Il nous
prévient du regret qu'il a eu de n'avoir pu leur donner une meil-
leure disposition : Istos alvii versus, confuse et sine ordine in Corona
dispersas, per inadvertenciam aurifabri, qui nuper eam polivit et tersit,
recollegi in ordine, prout melius potui, et qui melius viderit, corrigat
et emendet. H. Oresme.
Cette transcription est donc fautive; l'abbé Béziers, dans ses ma-
nuscrits pour l'histoire de Bayeux, en donne une seconde version
peut-être mois imparfaite, mais presque inintelligible. Les deux
derniers bibliothécaires de la ville, M. Lambert et M. le chanoine
Laffetay, ont pu, grâce à l'étude patiente de la transcription de H.
Oresme, et à la logique des symboles rappelés dans les vers, réparer
en partie ces erreurs ('-).
Article 96. Item, cinq cornes de yvière, etc.
Article 96. Item, trois autres cornes deconie, etc.
Article 111. Item , une corne entière de unicome . . .
Article 112. Item, une aultre corne de unicome coupée. . . ^^K
'1) Notes de M, l'abbé Laffetay, . . .
(^' Cf. plus liaut la mention de la dernière édition de ces vers par M. L. De-
lisle.
('' Voir une savante notice de M. l'abbé Franlz Bock sur les cornes d'ivoire :
— 35À —
D'après le sieur de Bras^^', ces deux magnifiques côfnea, dont il
est parlé aux articles m et 112, auraient été données par le dufl
Guillaume le Conquérant, lors de la dédicace de Téglise de Bayeux.
Elles eurent le même sort que les autres joyaux de la cathédrale,
enlevés par le duc de Bouillon.
Le plus ge'néralement, les cornes étaient employées, dans les
grandes cathédrales, comme vases sacrés pour la consécration deé
Saintes huiles, faite solennellement le Jeudi saint, par Tévôque
diocésain. Telle est la destination que le Chapitre métropolitain
de Gran à donnée aux trois précieuses cornes qui enrichissent soil
trésoi*. Les cornes d'ivoire de la cathédrale de Bayeux ont pu servir
fiu même usage, mais c'était au moins avant le xiii" siècle, comme
en fait foi ÏOrdinanum; h l'époque du présent inventaire, plusieurs
servaient simplement de ff parement environ le grand-autel». Comme
Celles de la métropole de Gran et comme l'olifant du musée
d'Angers, elles étaient ornées «de diverses figures do bestes et de
oyseaulx*.
Article 98. Item, une dent de ballaine , Jigurée en manière de pdisêon.
Un symhole très usité dans les premiers siècles, pour l'orne-
mentation des fonts baptismaux, symbole que nous retrouvons dans
tout le moyen âge, plus particulièrement à l'époque romane, c'est
le poisson, riX0YS symbolique, si bien décrit et expliqué par
dom Pitra, dans les Annaleê de philoiophie chrétienne et dans le Spi-
cilège de Solesme. Saint Ambroise a éloquemment développé le sens
de ce beau symbole (2'.
Article iô/i. Unjg trèê-'esccdknt uiièûl pontifical . . .
At-ticlé 9 83. Vng excellent missal portant tout Voffim pontifical^ à
l'usage de l'église et diocèse de Narbonne . . .
Ce manuscrit, sur vélin, d'une très grande valeur, est un in-
folio» dont les magnifiques enluminures et les ornements attirent
l'attention des amateurs. Il est du xiv^ siècle, renferme 985 feuil-
lets à deux colonnes, mesurant o m. 355 sur o m. 260; la reliure
en bois est recouverte de cuir gaufré. On compte encore aujourd'hui
cinq riches peintures dans ce volume, mais un certain nombre des
plus beaux feuillets, ornés de fines miniatures, avaient été anté-
IjB trésor de la cathédrale de Gran, en Hongrie, dans la Revue de l'art chrétien,
h' année, p. l3i.
''^ Recherches et antiquitez de la ville de Caen , éd. cit., p. 268.
W In Luc, IX, SS 8o-83; t. I, p. iAo3.
I
— 355 —
rieurement coupés et volés. Un libraire et amateur de Gaen, Mancel,
eut le bonheur d'en retrouver neuf quil acheta pour en enrichir
sa collection, où nous les découvrîmes en 1888. La Commission
administrative de la collection Mancel ayant su que le manuscrit
auquel avaient appartenu ces neuf feuillets e'tait conservé dans
les collections du Chapitre, s'empressa, par une exquise délica-
tesse, de les remettre, le k février 1889, à M, l'abbé Duvelleroy,
vicaire général et bibliothécaire du Chapitre '^l Maintenant on peut
les admirer, réintégre's dans le précieux missel pontifical dont nous
parlons.
Ce livre est depuis longtemps à la cathédrale de Bayeux; il lui fut
légué le iQ avril 167^, par Louis d'Harcourt, patriarche de Jéru-
salem et évêque de Bayeux'-). Mais l'exécution, dit M. Léopold
Deiisle(^), trahit une époque beaucoup plus ancienne. De plus, le
rédacteur de l'inventaire a pensé qu'un missel possédé par Louis
d'Harcourt, pendant que ce prélat était archevêque de Narbonne,
devait être à l'usage de l'église de INarbonne, ce qui est une erreur.
En effet, le caractère de l'écriture et le style des peintures nous
reportent à la fin du xiv^ siècle, et M. Delisle a démontré que c0
volume a été exécuté pour Etienne de Loypeau, qui occupa le
siège de Luçon depuis i388 jusqu'en 1^107.
On ignore dans quelles mains le volume passa après la mort
d'Etienne de Loypeau. On ignore également comment Louis d'Har-
court en devint propriétaire; mais il ne ftmt pas s'étonner qu'il ait
désiré s'en assurer la possession, lui qui était tant ami du beau et
surtout des splendides volumes, comme en font foi ses riches dona-
tions à la librairie du Chapitre de Bayeux qu'il construisit, à l'uni-
versité de Caen et à l'abbaye de Lire.
Article 27^. liem^ une chaère pour le prélat, à quatre pommes de
cuivre doré sur les quatre membres.
Cette chaire est en fer forgé et en forme de pliant, de grande
dimension; le siège est formé par une large bande de cuir an-
(1' Le Chapitre vient d'acquérir deux nouveaux feuillets, découverts récemment
par M. P. de Farcy.
^'^ Note moderne mise en tète du volume.
^'' Voir Le missel et pontifical d'Etienne de Loypeau, évêque de Luçon, dans la
Bibliothèque de l'Ecole des Chartes (1887), t. XLVIIl; et Le pontifical d'Etienne de
Loypeau, évêque de Luçon, par Edgard Bourloton, dans la Revue du Bas-Poitou
Vannes, 1896, in-S").
_ 356 —
tique, fixée aux deux extrémités par deux traverses en fer. Deux
galeries ornées d'une rangée de quarte-feuilles délicatement évidées,
dans le style du xiv" siècle, servent d'accoudoirs; enfin, quatre
pommes de cuivre, dédorées aujourd'hui, garnissent les quatre
coins de ce siège remarquable.
Que sont devenues toutes ces richesses? Presque toutes furent
anéanties dans le pillage du 1 5 mai 1662 et dans le second sac de la
ville de Bayeux, par les protestants, le li mars 1 563(^1 De son an-
cien trésor la cathédrale ne possède plus que : le coffret d'ivoire; la
chasuble de saint Regnobert; le siège en fer du xiv" siècle; le missel
d'Etienne de Loypeau; VOrdinarius ecclesie Baiocensis (article 809
de l'inventaire et n" 121 du Catalogue des manuscrits); un petit
livret de brèves et longues (article 3o3 de l'inventaire et n° 66
du Catalogue des manuscrits du Chapitre); un autre manuscrit
intitulé De filio prodigio de Clamenges (article 3 3 7 de l'inventaire
et n° k du Catalogue); enfin le bréviaire de Guillaume d'EUon
(article 3/19 du présent inventaire et n" 72 du Catalogue). La ta-
pisserie de la reine Mathilde est conservée à la Bibliothèque de la
ville.
Lors des ravages des protestants, la chasuble et le coffret d'ivoire
coururent le grand risque d'aller rejoindre, au château de Caen,
les précieuses châsses et les reliquaires de la cathédrale, que le
duc de Bouillon y avait fait transporter sous le prétexte de les
sauver, et nous savons l'indigne conduite que tint en cette ren-
contre ce chef, qui servit plutôt les intérêts des révoltés que ceux
de son roi et des catholiques (-'.
Il en fut de même à la fin du xviii' siècle; dans ses notes sur
La cathédrale de Bayeux pendant la Révolution, M. l'abbé Thomine-
Desmazures (^) rapporte ce qui suit, d'après les souvenirs de M. Le
Forestier, ancien commissaire de police et ancien commissaire du
district: «... Tandis qu'on brisait les ornements, la chasuble de
saint Regnobert fut apportée dans sa cassette et déposée avec les
autres objets au district. Le Forestier dit à Deschamps, procureur
du syndic : tf Cette chasuble n'a aucune valeur intrinsèque, c'est
ffune antiquité, à Paris, cela ne leur servira pas et ce sera perdu,
(') Voir plus loin, en appendice, la requête du clergé de Bayeux de i563.
'*) Cf. Hermant, Histoire du diocèse de Bayeux, p. hilt.
('' Ms. 809 du Chapitre de Bayeux.
— 357 —
«gardons-la. Que veux-tu aussi qu'ils fassent de cette boîte
tr d'ivoire?. . . w Ainsi la chasuble et la cassette sont restées intactes
et ont été' conservées dans un cabinet de l'ancien évêclié, dans
la partie qui touche à la cathe'drale, près du bureau de Deschamps
qui en prit la garde, avec les chandeliers et le Christ de l'autel,
actuellement existants '^\ jusqu'au moment oiî ces objets ont été
rendus à la cathédrale entre les mains de l'évêque constitutionnel
Duchemin("2), en 1799, lesquels furent réclamés au nom dudit Du-
chemin par M. de la Houssaye. n
Nous lisons dans le manmcrit Bisson ^^\ conservé à la Biblio-
thèque de Bayeux, que trce fut un médecin, chef des terroristes,
qui présida à la dévastation de l'église cathédrale . . . Pour empê-
cher que la chasuble de saint Regnobert servît d'avantage au culte,
le président à toutes ces dévastations en avoit soustrait l'étole et
le manipule; c'étoit ainsi qu'on agissoit à l'égard de tous les orne-
ments ecclésiastiques que l'on mettoit en vente. Toutefois ces deux
moindres parties ne furent point déchirées. Quand la chasuble a
été rendue à l'église, ce révolutionnaire, déjà frappé de la maladie
inconnue dont il est mort quelque temps après, les a fait remettre
à l'évêque du temps. Mais la boëte curieuse est restée au dépôt et
n'a été rendue à la cathédrale qu'après la mise en exécution du
Concordat, -n
tf Ce fut aussi la Commission des arts, dit W^ Thomine, qui con-
serva le siège en fer gothique qui sert à l'évêque, et l'aiguière avec
son plateau de fort belle ciselure, en riche métal qui paraît être un
mélange de cuivre et d'argent pour plus grande partie, -n
Quant à la tapisserie de la reine Mathilde (art. 9 63), elle était
presque tombée dans l'oubli au xviii® siècle. Un des historiens du
diocèse de Bayeux, Béziers, lui consacre une page de son livre,
l'autre n'en parle même pas. En 172^, un membre de l'Académie
des inscriptions et belles-lettres, Lancelot, reçut d'un de ses col-
^^^ Ces précieuses reliques furent soigneusement gardées par la Commission des
arts, instituée par le district de Bayeux, pour ia conservation des objets de va-
leur.
^*) Julien Duchemin, installé en 1799^ comme évêque constitutionnel du Cal-
vados , mourut le 3 1 mars suivant.
(') Louis-Charles Bisson, élu évéque constitutionnel en 1799. Il en remplit les
fonctions jusqu'à l'arrivée de M*^' Brault, le 26 juin 1802 ; il abjura entre les mains
du cardinal Caprara et mourut à Bayeux on i8ao.
-- 358 —
lègues un croquis du monument, et il en fit part à l'Académie, Où
était l'original de ce dessin? Cependant, un savant bénédictin,
D. Bernard de Montfaucon , sur les indications du prieur de Saint-
Vigor(^), ayant découvert le lieu oh était cachée cette merveille,
avait envoyé un dessinateur à Bayeux. La tapisserie fut alors in-
sérée dans les Monuments de la monarchie françoisej^^^. Lancelot s'em-
pressa de demander à Monseigneur l'évêque de Bayeux un relevé
exact des inscriptions, et en rendit compte à l'Académie, le 9 mai
1730'^^. A partir de ce moment, la tapisserie fixa l'attention du
monde savant. M. Smart Le Thieullier en transporta une copie en
Angleterre; après sa mort, Ducarel l'obtint et la fit publier'^).
En 1799, les volontaires de Bayeux se levaient pour courir aux
armes; un des chariots où l'on entassait leurs bagages manquant
de couvertures, la tapisserie fut extraite do la sacristie du Chapitre
et placée sur un fourgon. Mais, au moment où le convoi se mettait
en marche, l'homme de cœur dont nous avons déjà parlé, et dont
on est heureux de perpétuer le souvenir, M. Le Forestier, l'arrête
au passage. Fort de son titre de commissaire du district, il donne
l'ordre d'enlever la tapisserie, la remplace par une toile d'embal-
lage , et le précieux tissu , transporté dans son cabinet de travail , y
attendit des jours meilleurs.
Après la Terreur, la Commission des arts du district de Bayeux
se préoccupa vivement de la conservation de la tapisserie. «Peu
s'en fallut qu'elle ne fût coupée par bandes, pour servir à l'orne-
ment d'un char civique '^). » La Commission eut le bonheur de l'em-
pêcher.
A l'époque où Napoléon préparait une expédition contre l'Angle-
terre, il voulut lire de ses propres yeux cette glorieuse page de
notre histoire, et il la fit exposer au Louvre. On craignit un instant
qu'elle ne restât à Paris; de grands personnages essayèrent de l'y
retenir, mais le premier Consul ordonna qu'elle fût renvoyée à
Bayeux. En 1816, le clergé de la Cathédrale en réclama le dépôt;
mais le conseil municipal répondit qu'il lui était impossible de s'en
^^1 Situé près de Bayeux.
W Tome II, p. 9.
(') Mémoires, t. VI, p. 789, et t. VIII, p. 602.
^^> Eiie a été en dernier lieu étudiée par M. J. Laffetay, chanoine (BaycUx,
1880, in-8'').
(') Lettre de la Commission des arts au Comité d'instruction publique.
359 —
dessaisir. Vers i Sk^ , on transporta la tapisserie dans une des salles
de la Bibliothèque publique. Elle fut expose'e à hauteur d'homme,
derrière les vitres d'une double galerie se repliant sur elle-même,
oii il est facile de l'ëtudier dans sa longueur. Plusieurs parties su-
birent alors des réparations indispensables, qui furent, tout le
monde en convient, très habilement exécute'es.
360
r
INVENTAIRE DU TRESOR DE LA CATHEDRALE DE BAYEUX.
(1476) (^).
Inventaire des joyaulx, capses, reliquiaires, ornemens, tentes, pare-
mens , livres et aultres biens appartenans à l'église Nostre Dame de Bayeux
et en icelle trouvés , veux et visite's par ve'ne'rables et discrètes personnes ,
maistre Guillaume de Gastillon, archidyacre des Veiz'^', et Nicole Michiel,
fabriquier, chanoines de ladicte église, à ce députés et commis eu chapitre
général de ladicte église, tenu et célébré après la feste de saiact Ravenl
et sainct Rasiph , en l'an mil quatre cens septante-six. Très révérend père
en Dieu, monseigneur Loys de Harecourt, patriarche de Jérusalem, lors
évesque , et révérend père , maistre Guillaume de Bailleul , lors doyen de
ladicte église ^^\ Et fut cedit inventaire fait eu moys de septembre par plu-
sieurs journées; à ce presens, les procureurs et serviteurs du grand Cous-
teur de ladicte église, et misire Johan Castel, chapellain de ladicte égUse
et notaire apostolique. Et icy est rédigé en françois et vulgaire langaige,
pour plus claire et familière désignation desdictz joyaulx, ornemens et
aultres biens et de leurs circonstances, que elle n'eust peu estre faicte en
termes de latinité.
Et est cedict inventaire cy après digéré en ordre et désigné en dis-
tinction en six chapitres. Le premier est des joyaulx d'or et d'argent , capses
et reliquiaires trouvés et gardés environ le grand autel et eu cueur de la-
dicte égUse. Le second est d'aultres joyaulx et ornemens trouvés et gardés
(1) Ms. 199 de la bibliothèque du Chapitre de Bayeux, fol. 71 èt's-gS v".
(*) L'archidiaconé des Veys comprenait les anciens doyennés de Campigny, de
Couvains, de Thorigny et de Trévières.
'•■') «Guillaume de Bailleul, seigneur de Messey et de Renouart (diocèse de
Séez), fut d'abord chanoine de Bayeux, puis doyen en itiUk. li donna des marques
de sa piété en faisant présent à l'église de deux chandeliers d'argent, à charge qu'on
les porteroit à la procession générale qui se fait la dernière semaine du Carême, à
la chapelle de Saint-Thomas placée dans la cour du Doyenné ... Ce fut lui qui
procura que l'on fist dans le diocèse de Bayeux l'office double des saints Gervais et
Protais, qui sont les patrons d'une des églises de Falaise, qu'il regardoit comme
sa patrie. .. En i/iSa, il ordonna par son testament qu'on l'enterreroit devant
le grand autel des Cordeliers de Falaise, et qu'on payeroit une certaine somme à
toutes les paroisses par oti l'on feroit passer son corps en le portant dans le lieu
qu'il avoit destiné pour sa sépulture. Il mourut au Fresne, proche Falaise, le 16 fé-
vrier de l'an liSa. Il fit plusieurs dons précieux à la cathédrale de Bayeux.n (Her-
mant, p. .366 et 367.)
— 361 —
eu coffre qui est hault en la chambre du Trésor. Le tiers est des riches
manteaulx et pre'cieuses chapes trouvées et gardées eu triangle qui est assis
au costey dextre du pulpitre dessoubz le crucifix. Le quart est d'aultres
chapes communes , casubles , tuniques , dalmatiques , estolles , fanons , aulbes
amictz et Hnge pour l'autel , trouvés et gardés eu revestiaire de ladite église.
Le quint est de tentes, tapis, cortines, pareraens d'autel et aultres draps de
soye pour parer le cueur, trouvés et gardés eu revestiair-e de ladite église.
Le sixte est des livres tant pour l'office de l'église que de esturle, trouvés
et gardés tant dedens le cueur que en aultres lieux et chapelles environ le-
dict cueiu". En ce, nom comprins les livres qui sont en la librairie com-
mune de l'église , desquelz inventaire sera fait à part.
Ensuient, pour le premier chapitre, les joymilx d'or et d'argent, captes et
reliquiaires , trouvés et gardés environ le grand autel, et eu cueur de ladicte
église, aux lieux à ce députés.
1. Premièrement, eu front de l'autel, a une excellente lable, toute d'ar-
gent bien doré et décentement esniaillie, là oii mestier en est. Eu millieu,
a ung crucifiement, et, en chacun des costés a dix ymagcs en deux rens;
tout le champ semey de Heurs de Hz , et tous les hors hault et bas et aux
costés, ennoblis de précieuses reliques qui portent leurs escripteaulx. Et
eu millieu du bort de bas, en champ de azur et lettres d'or, en escript
comme la table a esté de nouvel faicte des biens et du don dudit très révé-
rend père en Dieu , monsieur Loys de Harecourt , patriarche de Jérusalem
et évesque de Baieux. En laquelle ont esté emploies et sont entrés trois cens
seixante trois marcs deux onces quatre gros de fin argent, donc la façon et
doreure a cousté autant environ comme la valeur dudit argent'*'.
2. Item, et est ladicte table enchâssée en un coffre de baes, faict a ho-
neste menurie. Et aux costés de devant, les membres et ymages de ladicte
table sont atachées à crampons d'argent et par le dedens serrées de fors
clouz de fer. Et est ledit coffre de bacs, par le devant et par les deux bous,
ennobly de riche paincture toute d'or et azur. Et pour couvrir ladicte table,
y a devant deux ventailles coullantes à hystoires de Nostre Dame. Et pour
couvrir le joinct desdites ventailles, eu millieu dudit autel, a un piller por-
(•' Selon un ancien registre, les 363 marcs a onces et l\ gros furent estimés
7,59 1 livres 6 sois, et la façon et la dorure coûtèrent i,8i5 écus, à 5 éciis le
marc, ce qui fait 3,799 livres 10 sols; le tout ensemble 1 0,9^3 livres 16 sols,
somme considérable pour ce tems-là. -n ( Béziers , Hist. sommaire de la ville de Bayeux ,
p. 5 de l'Appendice.) — Nous lisons dans lM6reg-e rfes conclusions capilulaires : «Le
patriarche donne une chappe à fonds d'or, et fait oflre de donner une Notre-Dame
d'argent avec une contre-table aussi d'argent, si le chapitre veut dire aux messes
d'obits un Deprofundis, pour liiy, ce qui fut accepté le 1°' janvier 1^69.»
— 362 —
tant ung crucifiement de pareille paincture ; mes le costé de derrière dudit
coffre , par lequel se fait l'ouverture et ostension des fiertres , est orney de
painclure mains riche. Et le tout, des biens et du don dudit très révérend
père en Dieu monsieur Loys de Harecourt^'^
3. Item, etdedens ledit coffre, assés près du costé de devant, auquel,
comme dit est, sont attachés les membres et ymages de ladite table, a une
contrecloslure appellée le secret , par lequel on pourroit avoir accès ausdiz
crampons qui tennent et serrent ladite table, pour la lever et desmem-
brer se mestier en estoit. Et ferme ledit secret à serreures et à six petites
clefs, lesquelles six clefz sont en garde, dedens le coffre, qui est hault en
la chambre du Trésor.
4. Item, en recognoissance de ce magnifique don, a esté délibéré et
c(MicIud el ordonné par les doyen et chapitre de l'église que, perpétuel-
lement el à tousjours, en chacune messe de anniversaire ou obit, ou aultre
messe qui sera dicte en l'église eu lieu de anniversaire ou obit, après l'oroi-
son dominicale chantée par le prestre , tout le collège du Gueur se pros-
ternera à genoulx et dira le pseaulme de De prof midis, et en la fin, Kyn
eleyson et Pater noster, en priant Dieu pour ie salut de i'ame dudit sieur
patriarche et evesque et de tous ses parents, amis et bienfaicteurs,
5. Item, et eudit coffre de l'autel, entre celle closture du secret et le
costé de derrière, a grand et spacieux lieu, eu quel sont closes et gardées
les quatre précieuses capses ou fiertres de sainct Ravent et sainct Rasiph ;
de sainct Panthaleon, de sainct Antonin et de sainct Regnobert, desquelles
la désignation ensuit ^^^
W trLadittc contretabie placée avec cérémonie le dimanche 3 mars 1673.»
(^Conclusions du vénérable Chapitre.)
(*' Le manuscrit n" a 1 i , renfermant un compte de la fabrique de l'Eglise de
Bayeux, en 1^89, nous donne les détails suivants :
ffPour porter la capse le jour de Pasques flories. . . 11 s.
«Pour porter la capse et bannière le jour S. Marc. . . 11 s. v d.
«Pour porter la capse les 3 jours des Rogations. . . iv s.
«Pour porter les quatre capses, seconde croix, candélabres et bannière le jour de
l'Assencion, x s. vu d.
«Pour porter les quatre capses, seconde croix, candélabres et bannière le jour
de ia Penlhecouste, x s. vu d.
«Pour porter les quatre capses, seconde croix, candélabres et bannière le jour
et le velle, xii s. ix d.
«Pour porter les quatre capses, seconde croix, candélabre et bannière le jour
des Reliques, x s. vu d.
«Pour porter les quatre capses, seconde croix, candélabres et bannière le jour
de la Dédicace, x s. vu d.
-^ 363 —
6. En la première capse ou liertre, sont clos et reposent les corps pré-
cieux des glorieux martirs sainct Ravent et sainct Rasiph, de laquelle, le
costé de derrière est dargent doré ou œuvré en marlelleure; et tout le sour-
plus, c'est assavoir, le costé de devant, les deux boutz et le festage de hault ,
est de fin or, à ymages d'or eslevés, et ornée de grans et cliiers esmaulx et
de pierres précieuses de plusieurs sortes; assise sur quatre pies de cuivre
doré, faictz en manière de pies d'aigle'^'.
7. En la seconde capse oufiertre, est clos el repose le corps du glorieux
martir monsieur sainct Panthaléon '^', laquelle est toute dargent doré,
faicte h ymages eslevés , et de tous costés , ornée de saphirs , perles et aultres
pierres précieuses de diverses sortes. En l'ung des bouts, est l'ymage de
Sainct-Saulveur, et en l'autre une ymage de Nostre-Dame, et en sa poictrino
a ung beau saphir, avirronné de trois perles et aultres petites pierres ; et à
l'ung des costés, eu millieu, est l'ymage de Nostre Seigneur ^^', qui, en sa
poictrine, a ung très beau el précieux saphir, assise sur quatre léons et
deux serpens de cuivre doré.
8. En la tierce capse ou fiertre, est clos et repose le coqîs du glorieux
martir monsieur sainct Antonin'*'; laquelle est de plus nouvelle et très belle
façon, toute d'argent doré à ymages eslevés, ornés aux chapilreaulx de
grosses peries , et par tous les hors , de beaulx esmaulx , de gros saphirs ,
grosses gi*anates, grosses perles et aultres pierres précieuses; et en l'ung
des boutz a une très-grosse granate, et en l'autre, ung très gros saphir;
et dessus le festage, a ung pinacle fait en manière de tour d'argent doré.
Et est assise sur quatre léons de cuivre doré, colloques sur une table plane
couverte , entre lesdits léons et par les hors , d'argent doré.
crPour porter les quatre capses, seconde croix, candélabres et bannière le joar
S, Ravent et S. Rasiph, x s. vu d.
«Pour porter la capse et seconde croix le jour saint Panthaléon xiii deniers.
«Pour porter les quatre capses, seconde croix, candélabres et bannière le jour
de rAssuniplion Nostre-Dame, x s. vu d.
«Pour porter la capse le jour S. Anlhonin, xu deniers.
«Pour porter la capse et seconde croix le jour S. Renobert, xni deniers.»
^^) «La châsse où estoyent les corps de sainct Ravent et sainct Rasif, martyrs
estoyt toute couverte d'or, et y estoyt aussi une Nostre-Dame, plus hante qu'une
fdie de dix ans, de pur argent, avecques un contre autel de même métail. » (De
Bras, Recherches et untiquitez [Caen, i833], p. 364.)
^■^^ Dans l'abside de ia cathédrale de Bayeux se trouve une chapelle dédiée à
saint Pantaléoii; elle est ornée de nombreuses fresques représentant différentes
phases de la vie du saint martyr.
(^) Le ms. porte mrs.
'*^ Quel était ce saint Antonin, martyr? Je n'ai trouvé aucun renseignement
qui puisse faire voir comment la cathédrale de Bayeux était en possession du corps
de ce saint. Une des chapelles des collatéraux est sous le vocable de saint Antonin.
— 36/i —
9. En la quarte case ou tiertre, est clos et repose le benest corps du
glorieux confesseur, monsieur sainct Regnobert ''\ second évesque deBaieux,
laquelle est toute d'argent doré. Eu festage de ung des costés, est l'yniage
de JNostre Seigneur qui, en sa poiclrine, a ung gros saphir, et est tout ce
costé et les deux bouts ouvré à yinages de évesques eslevés ^'^\ ornés de
pierres précieuses. Et en l'autre costé, qui est a œuvre de orfaverie sans
ymages, a eu millieu, ung grand beril ront, environ lequel, sont escriptz
deux mètres qui commencent : Cuslos das munus; et par dessus le festage,
eu millieu, a ung aultre ront et gros beril, atachy et liay de quatre bai-res
d'argent doré, assise sur quatre pies de cuivre doré, faictz en manière de
pale de loup.
10. Item , en ung tabernacle de baes '^', faict en manière de armaires
assis soLibz l'ymage du crucifix, derrière le grand autel, sont mises et col-
ioquées sept aullres capses ou fiertres qui sont de baes , painctes de painc-
tures d'or et azur par le front de devant. Ausquelles capses et fiertres il a
reliques et corps de plusieurs glorieux saincts , ainsi que au long et plus à
plain, est contenu en un aultre inventaire des joyaulx, reliques et reli-
quiaires de l'église, faict lan mil trois cens sexante neuf ^''', et esciipt en la
'•) D'après Bézicrs, crcctte châsse et colles de S. Raven, et S. Rasiplie et de
S. Panlhaléon, avaient clé données par Odon de Conleville, évoque de Bayeux,
et frère de Guillaume le Conquérant».
(^^ En haut relief.
'^) 11 est certain que la curieuse armoire du xiii" siècle qui se trouve actuelle-
ment dans la haute sacristie était placée alors dans le sanctuaire.
«La grande armoire qui occupe tout un côté de la sacristie haute, dit M. Bour-
don, cité par M. de Gaumont dans sa Statistique monumentale , est une de ces rares
curiosités du xiu' siècle qu'on est heureux de rencontrer et de tirer de l'oubli.
Placée dans un lieu où le public n'est pas admis ordinairement, elle n'est, malgré
son mérite, connue que d'un petit nombre de personnes. Sa longueur n'est plus
que de 5 m. a3. Elle a, sans doute, été raccourcie de i mètre, environ, pour
laisser le passage à une porte percée dans le mur, vers l'une de ses extrémités.
Elle est divisée en sept compartiments, formés par autant de portes. Los panneaux
ont été peints, et quelques parties des sujets qui y étaient représentés sont encore
fort distinctes. Ces peintures, assez largement traitées, ne peuvent toutefois être
considérées que comme de l'ornementation; elles offrent cela de particulier qu'elles
ressemblent beaucoup , par le faire et le procédé des hachures destinées à marquer
les ombres, aux vitraux peints du même temps. Les ferrures (très intéressantes)
sont intactes; les serrures, sauf une seule, ont disparu.»
Nous ajouterons aux notes de M. Bourdon qu'au lieu de sept compartiments,
formés par autant de portes, il y en a quatorze et quatorze portes. — Quant aux
peintures, l'une d'elles représente quatre prêtres portant une châsse; sur les autres
portes étaient représentés des sujets semblables.
i^'') Ainsi, déjà en 1869, la cathédrale possédait la plupart des précieux et nom-
breux joyaux et ornements cités dans l'inventaire de 1/176.
— 365 —
fin du livre des Evangiles, couvert d'argent doré, euquel aussy sont les
juremens que doibvent faire les chanoines et chapellains quand ils sont
receuz en l'église. Lequel livre est gardé dedens le buffet de Chapitre ; et en
plusieurs pointz de ceslui inventaire, on peut avoir recours au .dessusdit
ancien auquel cestui est conforme, sinon en tant que eudit ancien, aucuns
desdictz joyaux et reliquaires sont désignés jusquez au nombre de six ou
sept, lesquelz, de présent, n'ont point esté trouvés; et aussi aucuns ont
esté trouvés el rédigés en ce présent inventaire, lesquelz eudict ancien ne
sont point désignés. Et est vraysemblable que, depuis la date d'icellui, iiz
ont esté acquis et donnés à iadicte église.
11 . Item , en une armaire à part , derrière l'autel , du costé dextre , est
clos et gardé ung vaisseî quarré d'argent, ouvré en menuerie, fait en
manière de «ne tour; et dedens a une petite fiole de beril, garnie d'argent,
faicte en triangle, en manière de ung escuçon , ornée de pierres précieuses;
et dedens icelie fiole a du précieux sang de Nostre-Seigneur.
12. Item, aux aultres armaires, derrière ledit autel, eu costé senestre,
sont closes et gardées les aultres reliques et reliquiaires. Et premièrement,
une ymage de Nostre-Dame d'argent doré, séante en une chaire ornée de
pierrerie, par derrière, où il y a une place vuide et aux costés; et aussi,
eu fermail de son col et en la teste de son fdz ; et tient une ponime en sa
main. Et ainsi que l'en treuve en l'ancien inventaire dessusdit , dedens sa
poictrine a une très petite boëte de yvière ronde , oîi il a du laicl de la
Virge^').
13. Item, ung vaissel ront de beril, soustenu par les deux boutz de
deux pinacles d'argent doré , assis sur quatre pies d'argent doré , et par
dessus, a une creste d'argent doré; et eu dedens a du laict de la Virge,
14. Item , ung vaissel de cristal faict en manière de columpne , barré de
deux barres d'argent; et dessus a ung pinacle d'argent, et au bout dudit
pinacle , une petite pomme de coural , à pié rond d'argent blanc vérey, au
bort de bas , et dedans a des cheveulx de la Virge.
15. Item, ung vaissel quarré d'argent doré, orné de tous costés de pier-
rerie, couvert de cristal , dedens lequel est escript : De capillis beaie Marie,
cum aliis rcliquiis; et par dessus, a une petite croisète, assise sur quatre
columpnes d'argent blanc, et le pié est quarré d'argent doré.
(') A propos de cette mention du lait de la Vierge, qu'on retrouve presque
partout, il est intéressant de signaler la légende sculptée sur les chapiteaux de la
coilégiaie d'Evron , dans la Mayenne , où l'on assiste à toutes les péripéties et dan-
gers du voyage du pieux pèlerin, qui apporta dans ce sanctuaire, avec d'autres
reliques, une fiole contenant aussi du lait de la Vierge, et pour laquelle un abbé
de ia famille des Chateaubriand lit faire un délicieux reliquaire de la plus belle
époque de la Renaissance, qui y est conservé précieusement.
ARCHÉOLOGIE. sA
— 366 -
16. Item , ung vaissel ront d'argent doré , avironné de pierres enchâssées
en chastons d'argent doré, et par dessus, une petite tourelle: et les deux
coste's sont de beril ; en l'ung a une ymage de Nostre-Dame , avironnée de
beaulx eaniauix, et en l'autre a longue escripture qui commence : De se-
pulchro Dornini et de presçpto ejus; et ensuit après la désignation des aultres
reliques de plusieurs sainctz , qui sont la-dedens closes ; et en est le pié d'ar-
gent blanc veré , au bort de bas , assis sur six léons d'argent doré.
17. Item, une coupe d'argent doré; eu dessus, ung beril ront et les
bors de l'ouverture ornés de pierrerie ; et en est le pié d'argent doré à six
cornières; et dedens a une portion du chief de monsieur sainct Estiene.
18. Item, un vaissel de cristal ront, soustenu par les deux boutz de
deux pinacles d'argent doré , à quatre pies d'argent doré , et par dessàs , eu
millieu, ung petit carapanil, et dedens, a une maxille et une dent maxil-
laire de saincte Margarite.
19. Item, unjouel, duquel le dessus est d'or ouvré et orné de pierrerie;
eu millieu a une ymage de Sainct Saulveur , et environ a aultres ymages de
y vière , et de l'autre costé a ung Crucifix d'argent doré , entre lequel Cru-
cifix et l'ym^e de Nostre-Dame, en lettres anciennes d'argent doré, est
escript : 'R[eUquie] Pétri, Pauli, Stephani, Gregorii et Ciriaci.
20. Item , ung aultre jouel , duquel le dessus est d'or et de œuvre sem-
blable , et orné de pierrerie ; eu dessus a une petite croix , et eu millieu ,
une ymage de Sainct Saulveur, faict en esmail, et le dessoubz est d'argent
doré, où est escript en lettre ancienne : R[eliquie] sancti Remigii, Sydrach,
Misach et Ahdcnago.
21. Item, ung vaissel ront d'argent blanc, ouvrant par le millieu; et eu
bort de dessus est escript en lettres d'argent : Caput sancti Exuperii; et,
entre les lettres , sont six pierres assises en fermailles d'argent jloré , et est
le pié ront, assis sur trois columpnes d'argent blanc, et trois petis léons,
eu mellieu d'argent doré, et dedens est le chief de monsieur sainct Exu-
père^''., .
22. Item, urig aultre vaissel ront, d'argent blanc, à ung pié ront, non
ouvrey et sans pierrerie , et dedens est le chief de monsieur sainct Lup '^^
23. Item , ung jouel, faict en manière de bras , donc la main est charnée,
^'^ Lors des ravages des Danois, les habitants de Bayeux cherchèrent un asile
pour les reliques de saint Exiipère et de saint Loup, vers l'an 843 ou 862. Ils les
déposèrent dans la paroisse de Baiancourt, située dans le territoire dfe Paluau,
petit pays dépendant du comte et seigneur de Gorbeil, à la réserve du chef de saint
Exupère, qu'on garda à Bayeux. (Hermant, Hist. de Bayeux, p. 7 et 8.)
(*) Saint Loup, quatrième évêque de Bayeux (43i-465).
— 367 —
et le poignet est d'argent dore, orné tout environ de pierres et grosses
perles; et ia mance d'argent doré; et, eu miilieu, a ung berii ront, tout
bordé à pierres et perles comme ledict poignet; et dedens est le bras de
monsieur sainct Estienne ''^ ; et au bout a ung anel d'argent blanc , auquel
pend une graelle cbainète d'argent blanc, à laquelle est atacbée une petite
croix d'argent blanc , eu meiilieu de laquelle a une petite portion de la vraie
croix.
24. Item, ung aultrejouel, faict en manière de bras d'argent doré, tant
le bras que la main, au poignet etbordage delà mance orné de pierrerie,
euquel a encore unze pierres et toutes les aullres chaëtes ; et eu dessus a
ung long beril , enchâssé en argent doré , et dedens est le bras de monsieur
sainct Quentin martir.
25. Item, ung vaissel d'or, faict en manière de une navicule, toute cou-
verte et avironnée de pierres et grosses perles; et est assise sur ung pié
ront d'argent blanc, veré au bort de bas; et dedens a grand partie du chief
de monsieur sainct Panthaléon.
26. Item , ung vaissel de cristal , faict en manière de columpne , ung petit
pinacle dessus, à une croix d'argent doré; et le pié d'argent doré à six cor-
nières; et dedens, la dent de monsieur sainct Berlin et plusieurs aultres
reliques.
27. Item, ung vaissel de cristal, en manière de columpne, dont le pié
est semblable au précédent, et, eu dessus, a ung pinacle d'argent doré, au'
bout duquel a une petite pomme de coral ; et dedens a du corps de sainct
Mathieu et de sainct Ravent.
28. Item, ung aultre vaissel ront de cristal, soustenu, par les deux
boutz , de deux pinacles assis sur quatre pies ; et par dessus , eu meiilieu ,
a un petit campanil, le tout d'argent doré; et dedens a ung os de la poic-
trine de monsieur sainct Gile.
29. Item , ung vaissel de baes , faict en manière de pot , donc les hors
de l'ouverture , la ance, les lians et le pié, qui est à six cornières, sont
d'argent doré; et est le pot de monsieur sainct Thomas de Gantorbière,
plain de plusieurs reliques, comme plus à plain est contenu en l'inventaire
ancien , dont cy devant est faicte mention.
30. Item, ung vaissel ront, dont le derrière est d'argent blanc et le
devant de cristal, à pié ront d'argent doré, et le pinacle de dessus aussi
'') «En aousl, supplication des près très de Sainct-Sauveur, faicle au Ghapittre,
pour avoir une chappe et le bras de sainct Estienne , pour faire leur service le jour
de la feste, liGg.n (Ms. Po«tCT'.)
/ au.
— 368 —
d'argent doré , au bout duquel a une petite pomme de coral , et dedens a
ung os de monsieur sainct Antonin.
31 . Item , ung vaissei de cristal , faict en manière de columpne à pi-
nacle d'argent blanc, une petite croix dessus, et le pié d'argent blanc à
VIII cornières ; et dedens est le doy de monsieur sainct Vincent ; et audict
pié est atachié, à ung ruben de soye, un petit estieu d'argent esmaillié,
dedens lequel a une dent de monsieur sainct Exupère.
32. Item, ung petit vaissei ront de cristal, soustenu, par les deux
boutz, de deux pinacles, assis sur quatre pies d'argent doré, et la creste
de dessus est rompue en plusieurs parties ; et dedens sont aucuns des os de
monsieur sainct Vincent.
33. Item, ung vaissei ront et assez gros, de cristal couvert d'argent
blanc , veré par les bors , à pié ront pareillement véré , et , par une fenestre ,
apparest ledict cristal; et par dessus, une petite pomme d'argent doré,
dedens lequel a du sang de monsieur sainct Thomas de Cantorbière.
34. Item, ung aultre petit vaissei de cristal, en manière de columpne,
à pié ront, et par dessus une petite tourelle, le tout d'argent blanc; et
dedens sont aucunes reliques de monsieur sainct Vigor '*'.
35. Item, ung vaissei d'argent doré, faict en manière de boyte, ouvré
tout euviron de serpens et de branches , à pié ront d'argent doré , où il a
sept petis esmaulx ; et au dessus a quatre petites pierres , et eu hault une
petite pomme d'argent doré, au bout de laquelle a une petite pierre, et
dedens a plusieurs reliques, comme apparest par les escripteaulx dont les
aucuns sont illegibles.
36. Item, un vaissei ront de cristal, soustenu par les deux boutz de
deux pinacles , assis sur quatre pies , et par dessus , une creste , le tout
d'argent doré; et dedens a des vestemens de la Virge et de Notre Sei-
gneur, et de la barbe de monsieur sainct Estienne.
37. Item, ung aultre vaissei ront de cristal, soustenu par les deux
boutz de deux pinacles, assis sur quatre pies, et par dessus, une creste,
un petit campanil eu meillieu, au bout duquel a deux petites pommes de
coral , le tout d'argent doré ; et dedens , a des reliques de monsieur sainct
Laurens.
38. Item, un petit vaissei de cristal, faict en manière de boite, à ung
petit pié d'argent doré, et couvert par dessus, sans façon de pinacle, et
eu dessus ung petit anelet d'argent doré; et dedens a de la pouldre du
corps de monsieur sainct Barlhelemieu.
W Saint Vigor, huitième évêque de Bayeux (5ii-537).
— 369 —
39. Item , ung coffret de yvière, barré et bordé à coupletz derrière, sur
lesquelz il se euvre; et a serreure par devant , qui se dot à clef par une barre
d'argent, dont le crampon cliiet dedens la serreure, le tout d'argent doré
et ouvré de menurie; en l'ung des boutz a deux aneletz d'argent, ung
hault et l'autre bas, et en l'autre bout en a ung en hault, et celui de bas
est chaest; et dedens est le casuble monsieur sainct Regnobert ^'' .
40. Item, ung vaissel d'argent doré, faict en manière de pomme,
néelley tout environ, en laquelle néelleure, eu ront de ladicte pomme, a
figures de hommes saulvages et de serpens; le pié ront, d'argent doré,
pareillement néelley, et eu dessus, une petite pomme d'argent doré, en
hault de la quelle a ung anelet prins de une main d'argent; et dedens a
plusieurs reliques.
41. Item, une boyte ronde de yvière, liée de lians d'argent doré, ung
crampon par dessus et une serreure par devant, quatre aneletz des deux
costés; assise sur trois pies, le tout d'argent doré; plaine de plusieurs et
diverses reHques, dont les aucunes sont incogneues.
42. Item, quatre coffres de yvière, desquelz deux sont quaiTés, et lea
deux aultres sont plus longs que leys, garnis par dessus, eu meillieu et
aux cornières , d'argent doré , et œuvré pareillement comme eu coffre du
casuble sainct Regnobert, et sont clos et serrés sans clef et sans serreure;
dedens lesquelz sont plusieurs joiaulx et reliques comme plus h plain est
déclaré eudict inventaire ancien , dont dessus est faicte mention , recoûfs à
icelui.
43. Et est à noter que, par la teneur dudict inventaire ancien, lors y
avoit cinq telz coffres de yvière, mes de présent, celui qui est désigné pour
le quart, eudict inventaire, n'a point esté trouvé, et aussi ledict inventaire
ancien dit que il demeura tout vuide.
44. Item, une teste d'argent, le visage et le col d'argent blanc, la ca-
pillature, la poiclrine et les espaulles d'argent doré, et le bort de bas orné
de petites rosettes; et dedens est le chief de une des unze mille virges.
45. "Item , ung beau jouel d'argent doré , faict en manière de sépulchre
de Nostre Rédempteur, duquel l'y mage gist eu meillieu; et, aux deux boutz
et au costé et derrière, a quatre ymages eslevées, eu devant a manière
d'ung petit sacraire, et, au dessoubz, sont en esmailz, les armes de feu
monsieur Nicole du Rosc'^\ jadiz évesque de Baieux, lequel le donna à
l'église.
(1) Voir plus haut les notes relatives au coffret d'ivoire et à la chasuble de saint
Regnobert, dans l'introduction.
^** Nicolas du Boscq, chanoine de Rouen, évêque de Bayeux (1875-1 ^o8). «H
portoit de gueuiie, à une croix échiquetée d'argent et de sable, de trois traits,
cantonnée de quatre lyons d'or, lanipassez d'azur.» (Hermant, p. 396.)
— 370 —
46. Item, une ymage de Sainct-Saulveur, très précieux, tout d'or; et
en sa main dextre estendue tient un beril ront, entre ses deux doys
estendus a quatre pierres ; et en son aultre main , ung livre esmailly par
le meillieu , et tout le bort dudict livre ennobly de grosses pierres et grosses
perles , dont deux sont chaistes , et tout le bordage de son vestement et le
scabel de ses pies pareillement ennobly de pierres et perles , et est assis
sur ung coulcin d'or.
47. Et est à noter, que tous les joyaulx et reliquiaires dessus designés
sont escriptz et trouvés eudict inventaire ancien, dont dessus est faicte
mention. Et y sont contenus aucuns aultres qui de présent n'y sont plus;
mes on treuve que les aucuns de ceulx qui fallent ont esté portés à la cha-
pelle de Notre-Dame de Yvrande ^'\ Et ensuient aucuns aultres qui de pré-
sent ont esté trouvés, dont eudict inventaire ancien n'est faicte mention,
car depuis le date d'icelluy, ils ont esté acquis et donnés à l'église.
48. Ung vaissel d'argent doré, en façon de une boîte ronde, assise sur
ung petit pié ront; au couvercle d'icelluy qui est bordé, est attachée une
petite chainète, et en hault, une petite pomme, à laquelle est ataché ung
annelet, le tout d'argent doré; et par la teneur dudict ancien inventaire
est vraysemblable que dedens a une petite croisette d'argent, où doibt avoir
de la vraie Croix.
49. Item, ung petit coffret d'argent quarré, sans œuvre ne pierrerie,
doré par le hault et les costés, de doreure fort consumée et le dessoubz
d'argent blanc, auquel est atachée une chaîne d'argent, au bout de laquelle
a un anei d'or, garny d'ung beau saphir, en manière de escuçon ; et dedens ,
comme on dit , a des reliques de saincte Margarite.
50. Item, ung vaissel de beril ront, soustenu par les deux boutz de
deux pinacles; et, aux deux boutz, sont en esmailz les armes de feu mon-
sieur i'évesque du Bosc; et, dessoubz ledict beril, a trois petis ymages assis
sur ung pié, faict en manière de nacelle , séant sur six oyseaulx , le tout d'ar-
gent doré; et dedens ledict beril a des os de sainct Panthaléon et de Marie
Magdalene.
' 51. Item, ung vaissel, faict en manière de demy cercle, véré aux hors
' dessus et dessoubz , assis sur cinq pies d'argent doré ; et dedens a des os
de monsieur sainct Aubert , évesque d'Avrences.
52. Item, ung vaissel de cristal, faict en manière de columpne, à hors
vérés, dessus et dessoubz, et ornés de petites pierres; eu tabernacle de
'^î Nolre-Dame-de-ia-Délivrande , céièbre pèlerinage, situé à trois lieues de
Caen, dans le canton de Douvres. Sa fondation est attribuée à saint Regnobert,
second évéque de Bayeux; la chapelle dépendait du chapitre de la cathédrale de
Bayeux.
— 371 —
dessus a une petite pomme d'argent doré à huit quarres, assis sur ung
pië ront d'argent vëré par ie bort , et , eu dessus dudict pie , a manière de
deux chasteaulx , et entre iceulx deux fleurs de liz dorëes.
53. Item, ung joue! d'argent doré, en ymage d'ung évesque tenant en
sa main senestre une croix ornée de cinq pierres , son mytre orné de menue
pierrerie ; aux deux costés de sa poictrine a deux fermailles d'argent doré ,
dedens i'ung est escript : «du sang» dedens l'autre est escript : «de la
hairen; au dessoubz, a un beril rond eu quel, par derrière, est escript :
ffung os des unze mille virges». Aux deux costés, pendent deux petites
chïiînes au bout desquelles a manière de deux petitz encensiers ; le pié assis
sur huit petites tourelles d'argent doré, et dessoubz est escript que c'est
du don de feu monsieur Zanon de Gastillon, évesque de Baieux'*'.
54. Item, ung vaissel qui semble estre de corne, en manière de coupe,
à deux ancez des deux costés, couvert d'ung beril plat, garny de deux
bendes des deux costez, et les deux hors, hault et bas, ornés de pierrerie,
et ung pié ront d'argent doré tant dehors que dedens ; et n'y a apparence
que dedens ait aucune relique.
Ensutent après les croix trouvées de présent en l'église, dont les aucunes
et en la plus part sont designées eudict inventaire ancien.
55. Une moienne croix, toute d'or, laquelle est portée aux processions
ordinaires de l'éghse, assise sur ung baston couvert d'argfnt, ornée par
tout, devant et derrière, de très précieux esmaulx; ceux de devant, enno-
blis de grosses pierres, camahieux et grosses perles; et au croisillon de
hault, est escript, en lettres d'or esmaillies de diverses couleurs, en sept
petites lignes : Hic est Ihs Nazarenus, rex Judeorum.
56. Item, une aultre croix plus grande d'argent doré, laquelle est
portée aux processions des festes solenneles. Aux quatre cornières, tant
devant que derrière, sont huit précieux esmaulx avironnés de grosses
pierres; et, en chacun desdictz esmaulx, a une ymage; dessoubz a deux
berils pendans. Et en la pomme de dessoubz en a six aultres plus grans ,
eu meillieu de derrière a un cristal ront, avironné de petites pierres de-
dens lequel est escript : vde ligno sanctissime crucis Domini nostri Jhesu
Christi,-» et eu meillieu dudict cristal a portion de la vraie croix, laquelle
apparest en manière de petite croix.
57. Item, une aultre belle croix, aux deux costés, les ymages de Nostre
Dame et de sainct Johan, assis sur deux bastons d'argent doré, esmailly à
fieuUes et fleurs; aux quatre cornières, sont quatre berilz; aux deux de
bas et de hault apparessent deux petites croix d'or, dedens lesquelles a de
'.')
Ziinon de Casliglione, évoque do Bayeux (ihdi-ih^g).
— 372 —
la vraye Croix; et aux deux aultres des costés a aultres reliques de plu-
sieurs sainctz. Le pié assis sur six petits angelotz, entre lequel pié et la
cioix a une columpne à six quarres , auxquelz a six divers ymages ; et sur
ledict pié a siz esmaulx, en trois est escript : nJhesusr), eu celuy de de-
vant sont les armes de France, et aux deux aultres sont les armes de Gas-
lillion, donc fut natif feu monsieui* Zanon'^', qui donna iadicte croix; le
tout d'argent doré.
68. Item, une aultre croix moult précieuse, toute d'or, ornée tout en-
viron de précieux esmaulx et de grosses perles; eu hault a une autre petite
croix et de la vraye Croix dedens; au croisillon d'icelle, a quatre petites
pierres , et eu derrière est escript : k Ligna Dei pétri casti Moysi aurea porta. »
Aux bras de Iadicte principale croix pensent quatre petites chaînettes à
pomme d'or aux boutz, entre lesquelles sont deux aultres chainettes d'or,
auxquelles pendent les ymages de Nostre Dame et sainct Johan, en deuï
petites lamines d'or esmaillie. Et est Iadicte croix assise sur img pié d'ar-
gent doré, ouvré à ymages, séant sur quatre léons et deux aultres figures
saulvages pareillement d'argent doré.
59. Item, une aultre belle croix d'argent doré, à esmaulx aux quatre
cornières ; et dessoubz la teste du Crucifix a ung petit cristal ront , dedens
lequel a de la vraie Croix, apparessante en manière de petite croix. Eu
dessus a un aultre beril faict en triangle, et dedens est escript : ^Be pul-
vere capitis et corporis beati Eligii, etc. t> ; dessoubz lequel a une Annuncia-
tion en esmail, et aux deux costés, les armes de feu monsieur Nicole du
Bosc, évesque de Baieux, assise sur ung pié à six quarres, séant sur six
petilz léons ; et en l'environ est escript que elle est du don dudict monsieur
du Bosc'^'. Et oultre, on peut oster Iadicte croix, et, eu lieu de elle, mettre
un petit sacraire^'' à une petite croix dessus, d'argent doré, euquel jour du
Sainct Sacrement est mis et porté en la procession le Corps de Nostre-Sei-
gneur.
60. Item, une aultre plus petite croix assès longue d'argent doré; eu
meillieu a ung petit cristal en manière de croix, dedens lequel est de la
vraie Croix, en manière aussi de petite croix; et par devant est toute
ornée de petites pierres, et par derrière est d'argent tout plain, assise
'" Nous lisons dans les Conclusions du vénérable Chapitre : cfZanon, évèque, en
mourant, donne une croix d'argent doré, du poids de 20 marcs, le i3 septembre
1/159. n
«11 portoit : un lion rampant, qui touchoit de sa patte un chasteau.n (Hermant,
p. 336.)
^^) ff Nicolas du Boscq fist présent à sa cathédrale d'une croix de vermeil qui
pesoit huict mars.n (Hermant, p. 393.)
W Ostensoir.
— 373 —
sur ung pië ront d'argent vëré, séant sur trois pies d'argent dore; et en
la pomme de dessoubz la croix a six esmaulx.
61. Item, une petite croix d'or, laquelle est quotidianement mise sur
l'autel durant la messe; eu meillieu a ung petit beril , dedens lequel apparest
de la vraie croix, en manière de petite croix, et environ a quatre grosses
perles, et aux quatre membres de ladicte croix a quatre pierres avironnées
chacune de trois perles; assise sur ung petit pié d'argent blanc à six cor-
nières.
62. Item , une aultre petite croix d'argent doré par devant , et d'argent
blanc par derrière ; eu hault de ladicte croix est escript : rr Hic est de sudario
Jhesu Christi et de costa beati Martini, ri Assise sur un pié d'argent véi*é et
esmaillie , séant sur six léons d'argent doré.
63. Item, une aultre petite croix d'argent doré, tant devant que der-
rière, à pié plat, euquel sont les figures des quatre évangélistes , séant sur
quatre pies d'argent doré.
64. Item , une croix de baeâ , bien caduque et usée , laquelle est assise
Bur le tref eu derrière de l'autel, et au bas a une portion de la vraie Croix.
65. Item , le baston sainct Révèrent, Couvert et veslu de drap de soie; et
l'ung des boutz est viroUé d'argent blanc ''^
66. Item, un calice ront, d'argent doré dehors et dedens, avecque la
patène , euviron laquelle a ung mètre escript en lettres anciennes , et poyse
deux marcs , six unces.
67. Item, uiig aultre calice pareillement ront, d'argent doré dehors et
dedens, avecque la patène; et poise deux marcs, quatre unces, ung gros
mains.
68. Item, ung calice d'argent blanc véré, le pié à sept cornières, avec
sa patène ; et poise deux marcs , un unce et demie.
69. Item, ung aultre petit calice ront, d'argent doré dehors et dedens
avec sa patène, laquelle est de laton doré; et poise, sans ladite patène, six
unces et six gros.
Et ces quatre calices précédons ne servent point à l'autel , mez sont gardés
et mis avecques les reliques.
70. Item, trois potz d'argent, chacun à deux ances, l'ung est doré et a
dessus escript : aSanctum Crisina;^ sur le second, non doré, est escript :
ttOleum Sanctiim;n et sur le tiers, aussy non doré, est escript : nOleutninfir-
morurn. n
■ 71. Item, un cahce d'argent, doré dehors et dedens, ennobly de es-
(') Saint Révérend , né à Bayeux et converti par saint Exupère. (Hermant, p. aS.)
— 374 —
maulx, tant en la coupe que en la pomme du meillieu et sur la pâte, et sur
le bort de la patène a ung crucifix; le tout pesant quatre marcs, une unce
mains.
72. Item, ung autre calice d'argent doré dehors et dedens, duquel la
verge et la pâte sont ponçonnés à ymages , et eu meillieu de la patène , sont
les stigmates de la Passion, en esmaulx; le tout, avecque une cuiilier à
servir de eaue , pèse quatre marcz , quatre gros.
73. Item, ung autre calice d'argent doré par dedens et aux hors, et sur
la pâte, qui est ronde, a une croix eu lieu de esmail, avecque sa patène et
une cuiilier; pesant ung marc, cinq unces.
Et ces trois calices sont députés au service de l'autel.
74. Item, ung joel d'argent doré, député ad osmium pacis ; eu dessus
a une croce et au bas une ymage de Nostre-Dame; pesant un marc et
demy.
75. Item, img aullre joel, semblablement àé'ÇixAé adosculum pacis , très-
bel, d'argent doré, un crucifiement eu meillieu de nouvel faict; et donné par
maistre Guillaume Compaing, chanoine de Baieux, comme est escripttout
environ du bas; pesant deux marcs, quatre gros.
76. Item, une escale d'argent blanc à mettre le sel pour faii'e i'eaue
beneste, pesante trois unces.
77. Item, deux petitz platz d'argent pour laver les mains au preslre,
pesans cinq marcs, deux unces.
78. Item, deux nacelles d'argent ''^ avecque une cuiilier pour mettre le
encens à sévir à l'église; l'une est plus grande, laquelle avec la cuiilier.
poise ung marc, sept unces, l'autre est plus petite et poise ung marc, cinq
unces, trois gros.
79. Item, ung benestier et le vipilon^^' d'argent, pour servir de eaue
beneste en l'église , pesant vingt six marcs.
80. Item, deux candeliabres d'argent doré, goderonnés; du don de
monseigneur maistre Guillaume de Bailleul, doyen de Baieux; pesans huit
marcs, quatre unces.
81. Item, deux aultres candeliabres d'argent, ouvrés de bestes et bran-
ches entrelacées; pesans huit marcs, six unces. ,
82. Item, deux grans encensiers d'argent, pesans neuf marcs, quatre
unces.
<'' La note suivante est écrite en marge : «La petite a esté prise pour réparer
les candélabres et ensenciers.»
'^' On dit encore vulgairement le vipillon.
— 375 —
83. Item, deux aultres plus petis, l'ung pesant trois marcs, sept gros,
et l'autre trois marcs , cinq unces , cinq gros.
84. Item, deux ampoles d'argent pour mettre le vin et l'eau, pour célé-
brer les messes , pesans ung marc , six mices.
85. Item, une aultre ampole, moult belle , d'argent doré; et eu meillieu
d'icelle a du cristal , parmy lequel on voit le vin ou eaue qui est dedens ;
et une aultre, qui du tout luy estoit semblable, depuis naguères a esté
perdue '■^K
86. Item, deux boytes de yvière pour mettre le pain.
87. Item, une pomme de laton doré, pour chauffer les mains du prestre
en yver.
88. Item , eu derrière de l'autel , une croce à laquelle pend une custode
d'argent doré, en laquelle repose Corpus Domini; et aux deux costés de
l'autel, six pilliers, et dessus six angelotz tenans six candellabres; le tout
de fin cuivre.
89. Item, devant l'autel, pend une petite lampe d'argent.
90. Item, devant la janue du cueur, a ung candellabre à sept membres
pom' mettre sept cierges , lequel est de cuivre doré ^^K
91 . Item , dedens le cueur, a une aigle très belle , de fin cuivre , et au-
tour du pié sont les armes et le nom du seigneur cardinal qui le donna.
92. Item , devant ledict aigle , a cinq grans et haultz candellabres de fin
cuivre.
93. Item, pour servir à l'autel, a deux aultres petitz candellabres de
cuivre.
94. Item , en la nef, devant le crucifix , est une couronne ronde de grand
circuite , pendante h une grosse chaîne de fer, laquelle est très excellente et
de grande estimation; faicte de fin et chier métal, escripte tout environ en
mètres, à lanternes haultes de diverses façons, et toute dorée; et au bout
de bas de ladicte chaîne qui la porte a une grosse pomme de semblable
matière et toute dorée ^^K
'1) Note ajoutée : «Nota qu'elle est retrouvée.»
'*) C'est le tcmajus candelabrum» dont parle l'ancien Ordinarium et le Cà-émo~
niai de Langevin, «Ce fut Guy, évéque de Bayeux (laii-iaSg), qui donna le beau
candélabre à sept branches, de cuivre doré, qui est au milieu du chœur de l'église
cathédrale de Bayeux.» (Hermant, p. aao.)
'') Voir dans l'introduction ce que nous avons dit sur la couronne.
— 376 —
95. liera, cinq cornes de yvière, les nngz fignrds de diverses figures de
bestes et de oyseaulx, lesquelz sont mis en parement environ le grand
autel.
96. Item, trois aultres cornes de corne, viroles d'argent par les boutz,
et sont mis en parement comme les dessusdicts; et dit l'en que ce sont
nngles de grifon.
97. Item, avecque lesdicts cornes, a ung œuf de autruce.
98. Item , une dent de bail aine , figurée en manière de poisson.
lia est : Jo. Gastklli , Egidids.
99. Après cestuy inventaire fait, l'an mil quatre cens lxxix, eu moys de
décembre, feu monsieur, de bonne mémore, Loys de Harecourt, patriarche
de Jérusalem, évesque de Baieux, décéda, et par son testament donna à
cesle église deux précieux joyaux. L'ung est un calice avec sa patène , tout
d'or, pesant trois marcs , deux unces , cinq gros ; dedens la patène , eu lieu
d'esmail, a une main estendue enlacée en une croix; et sur la pâte du ca-
lice, qui a huit angles, a en esmail, d'ung costey, ung crucifiement, et de
l'autre les armes dudict seigneur ^'' ; député à servir à l'autel aux festes
solennelles , et mis en garde avec les aultres calices. L'autre est une croix
d'or, en laquelle du long et du travers, a du beril enchâssé en l'or, pesante
quatre marcs , trois unces. D'ung costey, en hault et aux deux bras , sont les
y mages eslevées du Crucifix, de Nostre-Dame et de saint Johan; et eu bas,
les armes dudict seigneur, en esmail; et de l'autre costey, sont en esmail,
les quatre Evaugélistes. Laquelle a esté mise en garde eu coffre du Trésor,
usque ad ce que on luy ait fait ung pié, ad ce qu'elle puisse servir sur
l'autel avec ledict cahce aux festes solennelles.
Ensuient, pour le second chapitre, les joyaux et omemens trouvés et gardés
en la chambre de hault eu coffre du Trésor.
100. Premièrement, ung mytre à usaige d'évesque, duquel le champ
est de perles menues , semey d'aultres perles plus grosses , trois et trois en-
semble. Eu devant a saize affiches d'argent doré , et derrière aultres saize ;
les ungz esmailiiés, et les aultres ennoblis de pierres et tout avironnés de
pierres et petites perles. Eu devant, est la représentation de l'Annuncia-
cion, et eu derrière de la Goronalion Noslre-Dame, en ymages. A deux pen-
dans derrière , à chacun desquelz du long a sept affiches , et à chacun des
boutz en a trois qui font les hors, pareillement d'argent doré et ennoblis
de pierres et de esmaulx ; et à l'une desdictes bendes , au bout de bas , a six
(1)
De gueules à deux fasces d'or.
— 377 —
féretz d'argent dore, et en l'autre en a cinq, et le sixième est chaest, pen-
dens à petites cliaînetes d'argent doré, et au dessus a deux saphirs faicts
en manière de cueurs.
101. Item, deux mytaines de laine, à usaige de évesque, à hors enno-
blis de broderie , et sur les mains a deux ligures de Véroniques , avironuées
de perles.
102. Item , un anel d'or, à usaige épiscopal , euquel est enchâssé ung
très beau et précieux saphir quarré.
103. Item, ung baston pastoral en quatre pièces, tout d'argent doré,
duquel la verge , par les quairés , est toute esmaillie en rondeaulx , et entre
les rondeaulx a figures de branches , et est ledict esmail démoiy et cassé en
plusieurs lieux. En la pomme, qui soustient la croce, sont plusieurs taber-
nacles tous esmailliés , et aux deux costés a deux ymages. Et dedens la ro-
tondité de la croce a une ymage de Nostre-Dame , devant laquelle est la
figure de ung évesque priant; et est ladicte croce soustenue de un angle à
ailles esmailliés ; et poise dix huit marcs six gros.
104. Lesquelx mytre, mitaines, croce et anel, avec un très-excellent
missal pontifical ont esté donnés au Trésor de ceste église par le dessusdit
très révérend père en Dieu, monsieur Loys de Harecourt, patriarche de
Jérusalem, évesque de Baieux'''. Avecques condition que les Doyen et
Chapitre de ladicte église, jamès, soubz quelque tiltre ou couleur, ne pour-
ront vendre ou aliéner lesdicts joyaux , mes seront à toujours réservés à
l'église pour estre communiqués et prestes à ses successem"s évesques,
quand ilz vouidront en ceste église, ou en ce diocèse , faire office pontifical,
pourveu que ilz se submettent et obligent , incontinent après l'office célébré,
les rendre audict Trésor, et les restituer en tel et aussi bon estât comme de
lors qu'ilz les prendront. Et avecques ce , eu devant que lesdicts joyaulx
leur soient prestes et communiquez , ils seront tenus pour une foiz , en leur
vie seulement , pour le usage desdicts joyaulx , paier quarantes libres toui*-
nois , donc seront prinses dix libres pour estre distribuées eu cueur en une
^^' «Item, il donne sa mittre, sa crosse, ses gans et anneaux, des draps d'or
fort riches pour faire une chasuble , deux tuniques et deux chappes. — Item des
livres. Le a' juin; 2° juillet et 27 septembre 1^78 et i3 avril xk'jU.
ffltem, par le patriarche, ao escus pour faire une croix devant la chapelle S*"
Marie Egiptienne.
«Item, 20 escus et des tapis, pour fonder la procession des Rameaux, oii il se
dira, à son intention, une oraison de S' Vigor et de S'° Marie Egiptienne. Le
i3' oclobre ik']5.
«Item, par son testament, un calice d'or avec sa patène, du poids de 3 marcs
a onces 5 gros; avec un pontifical. Le 3° janvier 17^19.1' {Conclusions capilu^
laires.)
— 378 —
messe solennelle , laquelle sera cëlëbrée en l'église , le lendemain que ledict
argent sera paie, pour le salut de l'âme dudict seigneur qui les a donnes et
de tous trespasse's ; et les aultres trente libres seront réservées au Trésor,
pour estre employés à la réparation desdicls joyauix , quand mestier en sera ,
ainsi et en la forme que plus au long est contenu en la lettre sur ce faicte,
scellée des seaulx dudict sieur et du Chapitre ^^K
105. Item, deux mytres au petit évesque ^^\ donc l'ung est à orfraiz et
pendens sans ymages, et l'autre est à pierres, où il y a quatre ymages de
broderie , deux devant et deux derrière.
106. Item, le vieul bonnet du chantre, desgarny de ses perles et aultres
ornemens.
107. Item, le baston du chantre, d'argent, liay de bendes, et le dessus
doré , où il a un petit léon , liay de fil d'argent.
108. Item, le baston du petit évesque, dont la croce est d'argent doré,
et la verge d'argent blanc.
109. Item , ung palme , dont le bout de bas est virole d'argent , et eu
dessoubz est escript : ff de Monte Deserto , custos hujus ecclesie. »
110. Item, le bacinet ^^^ du duc Guillaume, de cuivre doré.
111. Item, une corne entière de unicorne, moult longue et très pré-
cieuse , de laquelle le gros bout est virole et garny d'argent blanc.
112. Item , une aultre corne de unicorne , coupée et accourcée par le
bout agu^*'.
113. Item, ung mytre blanc de damas figuré , à usage de évesque.
114. Item , une tunique de drap d'or, tixu en manière de losenges , de-
dens lesquelles sont diverses figures de bestes, toute bordée hault et bas et
aux costés de riches orfraiz de or tiré '"^ et les hors des mances enrichis de
(^) Voir cet acte dans la préface.
(^) Les cérémonies de la fête du petit évêque et des enfants de chœur sont
longuement décrites dans ÏOi'dinarium ecclesie Bajocensis, du xni° siècle (n° 121
du Catalogue des mss du Chapitre).
(3) Voir les notes dans la préface.
(*' Le casque que le duc Guillaume déposa sur l'autel de la cathédrale de
Bayeux, le jour de la dédicace de cette église, en signe des donations qu'il lui fit
alors.
^^^ La provenance comme la date de ces ornements, tissés «en manière de lo-
senges... », etc., et de ces «orfraiz de or tiré», est hors de discussion ; ces tissus se
fabriquaient en Sicile depuis le xn' siècle. La plupart des ornements de ce genre
avaient sans doute été donnés par Robert des Ablèges, évêque de Bayeux, qui
— 379 —
pierres et perles , dont plusieurs sont chaistes , doublée de baudequin , à
chaînp vermeil, semey de geaune.
115. Après cestuy inventaire faict, a esté mis eudict Trésor ung bonnet
neuf à usage du chantre, et aux quatre quarres sont, en brouderie, l'An-
nunciation, la Visitation saincte Elizabeth, la Nativité Nostre-Seigneur et
la Goronation Nostre-Dame ; enrechy de petite pierrerie , et en hault y a un
bouton de petites perles et, eu bout des deux bendes, sont les ymages de
sainct Pierre et sainct Johau ^^K
ne. Item, unes petites mitaines de laine à bort de brouderie à l'usage
'de petit évesque.
117. Item, une dalmatique ''* de drap d'or, en champ noir semey de
croissans et estelles bordée hault et bas et es costés de orfrais d'or tirey,
bien démolitz et uses, à paremens rouges, semés de léons et aigles d'or et
doublée de geaune.
118. Item, deux' paremens pour orner le col ^'' du dyacre et soubz-
diacre, soubz lesdictes tunique et dalmatique, faictz de or tirey; l'ung est
plus court, eu meillieu duquel a ung camahiêu, et est tout ennobly de fer-
mailles d'or esmaillées, enrichy de pierres et perles, dont sont chaestes
quinze, comme il apparest par les places vuides; et l'autre est plus long,
tout, faict à ymages fortdémohtz et usés, tout bordé de fermailles d'or,
enrichi de pierres et perles, dont a saize chaistes, comme il apparest par
les places vuides.
119. Item, ung aultre parement de col plus court et plus estroit pour
le accoHite, faict à testes de ymages ennoblis aux dyadèmes et aux pilliers,
qui sbat entre les ymages, de petites perles.
120. Item , une estolle assez large , et un fanon ^?^ plus estroit doublé de
s'était croisé en i9i5, par le roi saint Louis, on par d'autres personnages illustres
qui avaient rapporté ces étoffes de leurs voyages eq Orient.
«Le baudequin, dit M. de Linas, était une étoffe de soie, généralement ornée
souvent de médaillons et d'animaux, rehaussés d'or.n ■
'•) Les deux articles ii5 et ii6 ont été ajoutés au bas de la page. — D'après
V (h-dinarium , dans les fêtes solennelles, le grand chantre était revêtu d'insignes
propres à sa dignité : «In omni festo cum iin°' capis, débet cantor indui aiba,
a/nictu et capa serica, habens cyrothecas, piliolum suum et baculum.»
(^) On remarquera que notre inventaire distingue toujours la tunique et la dal--
. matique, différence qu'on n'établit plus aujourd'hui que par les prières que récitent
le diacre et le sous-diacre en se revêtant de leurs ornements.
'3^ Qu'étaient ces «paremens "pour orner le coin ? Probablement une bande d'étoffe
enrichie de broderies d'or et de pierres précieuses, qui se rabattait sur le col. Il y
avait aussi le parement de l'aube et le parement de l'amict.
-^*' Fanon, nom du manipule.
— 380 —
cendal^'\ ie tout d'or tiré; et en sont les boutz plus larges , faictz à y mages
tant dehors que dedens; mes par le dehors des ymages sont ennobliz de
pierres et perles, loutefFoiz au fanon a quatre perles sans pierres.
121. Item , une aultre estole plus eslroicte et plus courte , toute d'or tiré ;
les deux bouts ennoblis de petites perles en manière de iozenges , enrechis
aux coingz desdicts Iozenges de fermailles d'or esmaiilies et de perles , des-
quelles en l'ung des boulz en fault cinq et en l'aultre unze.
122. Item, une estole, à champ violet, à ymages d'or et à fieulles.aux
deux hors, à escripture '^' de lettre ancienne, et aux deux boutz a deux
ymages d'or tiré.
123. Item , une aultre estole et un fanon de drap d'or, à champ violet
semey de branches, bordé par tous les costés de lettres anciennes, faictes
de menues perles, et aux boutz a ymages de or tiré.
124. Item, un fanon long de drap d'or, à champ rouge, semey de ron-
deaulx ^^', et entre les rondeaulx a diverses chymères. .
125. Item, une aultre estolle vieuUe, de drap violet, semey decroissans
et tresfles de or.
126. Item, ung aultre parement de col, de drap blanc, à ymages,
127. Item, eudict coffi'e du Trésor, sont sept clefz ^*', faictes pour ou-
vrir le secret du coffre du grand autel, par lequel on pourroit lever et
desmembrer les ymages et orfaverie de la table, quand mestier en seroit,
comme plus au plain, est touchy eu commencement de ce présent inven-
taire.
Ita est : Jo. Gastelli; Egidios.
Ensuient pour le tiers chapitre les précieux manteaulx et riches chapes,
trouvées et gardées eu triangle ^^\ qui est assis eu costé dexlre du pulpitre
dessoubz le crucifix.
128. Premièrement ung mantel ^".^ duquel, comme on dit, le duc Guil-
(^) Étoffe de soie légère. -
(*) Pour les feuilles et les inscriptions tracées sur les étoffes, voir l'article de
M. de Linas, dans la Revue de l'art chrétien, t. III, p. 2 56-2 59.
(■'') Ibtd., p. 255.
<*' Il n'y avait que six clefs pour ouvrir ie secret du coffre ; la septième était celle
de-ia grande armoire renfermant les quatre châsses dont nous avons parlé.
'^' Le ^triangle était probablement une réunion de chapiers en forme de po-
tences mobiles, comme on en trouve encore aujourd'hui dans un grand nombre
de sacristies. — On disait le triangle pour les triangles, car il y en avait plusieurs
pour recevoir la quantité de chapes dont il est ici parlé.
'*) D'après la tradition ces manteaux avaient été donnés à l'égUse de Bayeux, le
jour de sa dédicace (1078), par Guillaume et Mathilde.
^ 381 —
laume esloit veslu, quand il espousa la ducesse, tout d'or tirey, semey de
croisettes et de Horions d or; et ie bort de bas est de orfray à ymages faict,
tout environ ennobly de fermailles d'or esmaillies et de caniabieux et
aultrez pierres précieuses; et de présent y en a encore sept vingiz, et y a
sexante dix places vuides , oii aultrez fois avoient esté pareilles pierres et
fermailles d'or esmaillies.
129. Item, ung aultre mantel, duquel, comme l'en dit, la ducesse es-
toit vestue, quand elle espousa le duc Guillaume; tout semey de petitz
ymages d'or tiré , à orfraiz par devant : et par tout le bort de bas , enrechiz
de fermailles d'or esmaillies et de caraahieux et aultrcs pierres précieuses.
Et de présent en y a encore deux cens quatre vingt douze , et y a deux cens
quatre places vuides, aux quelles aultres foiz estoient pareilles pierres et
fermailles d'or esmaillies.
130. Item , une chape toute de broderie , à ymages tout au tour <le la
chape; en la bille '^', une flour de Hz d'argent doré, et au bort de bas est
escript , en lettres d'or : rr Gloria in excclsis Deo, etc. n ; laquelle donna maistre
Jehan de Montdésert.
131. Item , une aultre chape de drap d'or, le chaperon et orfraiz de bro-
derie d'or à ymages , dont les dyadèmes sont enrechis de perles , et eu cha-
peron une Nostre-Dame séante en une chaère , et environ qualre augres ;
du don de feu monseigneur Zanon de Castillion, évesque de Baïeux.
132. Item, une chape à champ vermeil, semey de roses, besles, hommes
et oyseaulx saulvages, à orfraiz et bort par dessoubz, ennobliz de perles et
petites pierres; la bille d'argent, où sont figures de deux serpens, et aux
deux costés de ladicte bille, deux grands florions, et aux deux pointes de
devant deux aultres, ennobliz de plus grosses pierres et grosses perles, et
le tout d'or tirey.
133. Item, une chape de champ noir, de drap fort démoly et use, eu-
quel drap a quatre grans léons emplans le champ de ladicte chape, tous
d'or tirey; et aux deux costés de la bille a deux florions d'or pareil, enri-
chis de petites pieri-es, à orfraiz et bort pareillement d'or tirey, et aux dictz
florions à quatre places vuides, dont les pierres sont chestes. N
134. Item, une chape à champ de sable, tout semey de croisettes d'or
tù'é, à orfraiz et bort par bas, tout d'or tiré, semey de pierres et perles;
la bille d'argent doré a ung ymage de Nostre-Dame, et aux costés de la
bille, deux grans florions d'or tiré, semey de perles; et y a aucunes places
vuides où aultre foiz eut de la pîerrerie.
^'> Bande d'étoffe ou agrafe d'argent, de forme ronde ou cariée, pour attacher
la chappe sur la poitrine.
Arghéologik. a5
— 382 -^
135. Item, une chape de draps i)ers, seiney de hommes, besles et. oy-
seaulx sauivages; k bilie, cliaperon et ie bort de bas d'or tiré, mez ies
bendes des orfrais sont d'or de Cypre.
136. Item, une chape de veloux pers; ies orfrais de broderie à ymages,
et eu chaperon et aux deux coste's de la bille a six nielles d'argent doré.
137. Item, une chape de drap vermeil, tout semey de florions d'or, les
orfrais et bille de drap veloux pei's, à ymages de broderie, et eu chaperon,
une ymage de Nostre-Seigneur, assis sur ung arc.
138. Item, une chape de satin pers, tout semey de fleurs de Hz d'or, les
orfrais de broderie à testes de ymages de Apostre , enrechis de petites [)eiies ;
et eu meillieu de la bille a ung baston de broderie, couvert de menues
perles.
139* Item, une chape de baudequin vert, semey de florions et bestes
d'or et de saye ; les orfraiz de satin pers à broderie et de solailz et branches.
140. Item, une chape de drap rouge lozengié, semey de escalles et ron-
deaulx d'or; les orfraiz d'or sans ymages, mez aux deux costés de la bilie
a deux ymages d'or.
141. Item, une chape de satin noir, semey à oyseaulx, coquilles et ron-
deaulx , à orfraiz et bort par dessoubz , et aux deux costés de la bille , deux
ymages, le tout d'or.
142. Item , deux chapes de baudequin , le champ blanc , semey de bestes ,
dont les testes et les florions du meillieu sont d'or, à orfrais de damas pers ,
brodés de solailz et de Maria.
143. Item, une aultre chape de baudequin, semey à florions de saye,
à orfrais et bort de bas d'or tirey, laquelle est fort démoiiie et usée.
144. Item, trois chapes de drap d'or, dit impérial, semées de rou-
deaulx, et dedens chacun a deux griffons dos à dos, h orfrais d'or, en
façon de tauelie.
148. Item, une chape de baudequin vermeil, semée de florions et testes
de oyseaulx , à orfrais de broderie à ymages de Apostres ; et aux tabernacles
de chacun a deux testes de oyseaulx.
146. Item, une chape de damas violet, doublée de cendal pers, à orfrais
de broderie à ymages , et eu chaperon a une ymage de Nostre-Dame ; et est
du don de feu monsieur Martin Pynard '*>, évesque d'Avrences, et eu devant
doyen de Baïeux.
(') Martin Pynard, né dans la paroisse de Nonanl, diocèse de Bayeiix, fut
secrétaire du pape Eugène IV; élu doyen de l' église de Bayeux en 1A37, il devint
— 383 —
147. Item, une chape, bien caduque, de drap violet, semée à ymages
d'or, orfraiz et bort par dessoulz d'or, en manière de tauelie.
148. Item, deux chapes biances de damas , semées de floiions et pommes
de pin d'or ; orfrais à ymages de broderie , dont les dyadèmes sont avironnés
de perles ; les chaperons fermans à crochetz , dont l'ung à houppe de saye
par dessoulz, et y est Tystore de la Coronatiou Nostre-Dame; et en l'autre,
est i'ystore de la Annunciation ; du don de monsieur Zanon de Gastillion ,
évesque de Baïeux.
149. Item , une chape vermeille , semée de aigles et liepai-s d'or, à orfrais
d'or, sans ymages.
150. Item, quatre chapes de veloux violet, tout semey à tresfles d'or en
broderie, à orfraiz de broderie, tous à ymages.
151. Item, deux chapes de cramoysi venneil, semées à papillons, flo-
rions de broderie ; à orfraiz de broderie à ymages ; lesquels et lesdicts pa-
pillons et florions, aultrefoiz, avoient esté couverts et enrichis de perles,
lesquelles en ont esté ostées; et sont du don feu monsieur Guillaume le
Charetier, évêque de Paris ^''.
152. Item, une aidlre chape de drap, orfraiz et brodme parelz, de
nouvel donnée par maistre Gnillaume Sohier, grand coustour de l'église,
parent et exécuteur dudict seigneur feu évesque de Paris.
153. Item, une chape de veloux noir ligure, doublée de tafetas violet,
orfrais de brouderie à ymages de I'ystore de la Passion; et eu chaperon,
pendant à crochetz , est l'ymage de Nostre-Seigneur, yssant du tumbe ; et
est du don dudict feu monsieur Zanon de Gastillion, évesque de Baïeux.
154. Item , une chape vermeille de satin figuré , en manières de branches ,
à orfraiz de ymages de broderie, semés de estelles et de branches: et eu
chaperon est l'ymage de Sainct-Saulveur, et en la bille, ung léon.
155. Item, une chape vermeille de salin figuré, semey de rondeaulx de
en lû/ia évéque d'Avranches et mourut au mois de janvier liSa. (Hermant,
p. 364.)
^'' Guillaume Chartier, uatîf de Saint-Malo de Bayeux, fut nommé évéque de
Paris en iMtS. «En i6/i5 il fut nommé, avec l'archevêque de Rheims et l'évêque
de Coutances, par le roi Charles VII pour revoir le procez de Jeanne d'Arc. Il
mourut en 1/179 et fijt inhumé dans son éjjlise cathédrale. Le dimanche d'après
l'Epiphanie, la messe du chœur se chante avec les orneraens qu'il a donnés, qu'on
nomme papillons, à cause qu'ils sont semés de létes d'anges avec des ailes.» (Her-
mant.) Le registre des Conclusions capitulaires nous dit : «Guillaume Le Chartier,
évoque de Paris, donna une chasuble, deux tuniques et deux chappcs de drap
de soie rouge cramoisi, semé de papillons, le 37 octobre 1673.»
— 384 —
broderie, plain de léons et de oyseauix, à orfrais de broderie à ymages de
la passion de sainct Laurens.
156. lleiii, trois chapes de satin rouge, toutes semées de léons ou lié-
pars d'or, à orfrais de broderie à figures de diverses chimères.
Après cest inventaire fait, les places despouillies de perles ont esté
reparées et couvertes de fil d'argent.
157. Item, cinq chapes neuves, faictes en ce présent an, de damas
blanc figuré , toutes doublées de bougueran rouge , à très-beaux orfrais de
broderie, à ymages, tous batus d'or de Cypre. Eu chaperon de la grande,
faicte à l'usage du prestre, de laquelle les orfrais sont à doubles ymages,
est la représentation de la Trinité : eu chaperon de la secunde est la coro-
nation Nostre-Dame: eu chaperon de la tierce est la sépulture de Nostre-
Seigneur: ou chaperon de la quarte est la Nativité de Nostre-Seigneur ; et
eu celui de la quinte est l'apparition des Trois Roys. Et aux billes desdictes
chapes, faictes de broderie, sont les armes du dessusdict seigneur, Loys de
Harecourt, patriarche de Jérusalem, cvesque de Baieux, lequel donna tous
les orfraiz et la façon desdicles chapes; niez le drap fut prins en coffre de
la fabrique, oii il estoit de piéça. Et coustèrent lesdits orfraiz et façon audicl
seigneur, plus de trois cens libres tournoys.
158. Et avecques lesdictes chapes, et du don dudict seigneur, y a, de
pareil drap damas blanc, quatre tuniques à l'usage des enfans de aulbes,
pour servir eu cueur avecques lesdictes chapes , dont la désignation est cy
après en son lieu , en chapitre subséquent.
7to es«: Jo. Gastelli, Egidius.
159. Après cestuy inventaire fait, les orfrais des cinq chapes, dessus
désignées, furent mis sur drap de damas blanc, enrechy de Horions d'or et
de soye de diverses couleurs ; et sur le drap désigné furent mis les aultres
cinq orffrais à ymages de brouderie, dont est faicte mention en chapitre
subséquent, en premier article des chapes gardées eu revestiaire. Et par ce
moyen , ces cinq chapes demeurèrent eu Triangle avecques les précédentes.
Ensuient 'pour le quart chapitre les aultres chapes communes, casublcs,
tuniques, dalmatiques, estoles , fanons , aulbes, amictz, corporeaulx et linge
pour l'autel, trouvés et gardés eu revestiaire ^^^ de ladicte église.
'') H y avait deux revestiaires : ie grand qui était la sacristie actuelle du cha-
pitre; et le petit, servant aujourd'hui de sacristie au cierge de ia paroisse de la
cathédrale. A propos de ce dernier, nous lisons dans ie manuscrit Pottier :
Kl 403. Le petit revestiaire fut concédé à de Taientes, pour, là, faire la cha-
pelle de la Conception.»
Roland des Talents, chanoine de Bayeux, est auteur de lettres et d'opuscules,
— 385 —
160. Premièrement, iing casuhle de flrap d'or h champ vermeil, à ,orans
orfrais, portons au derrière, au plus haut, la représentation de la Trinilë,
les dyadèmes des ymages avironnés de perles, avecqiies tunique et dal-
matique, fournis de estoles et fanons de semblable drap: du don de feu
monsieur Zanon de Castiilion, évesque de Baïeux, sans aulbes, amictz, ne
pai'emens de mesmes.
161. Item , ung casuble de excellent drap d'or, à champ vermeil avecques
tunique et dalmatique de mesmes, sans estoles, fanons, paremens de aulbe,
à orfrais d'or faictz à ymage de broderie: du don de monsieur Loys de Hare-
court, patriarche de Jérusalem, évesque de Baïeux.
162. Ilem, ung casuble, tunique, dalmatique, esloles, fanons, pare-
mens de aulbes et amictz , de drap damas blanc, enrechy de plaisans Horions
d'or et de saye de diverses couleurs, avec les trois aulbes et amictz; à orfrais
d'or, à ymages de broderie à hystoires de Nostre-Dame au casuble, et
simples ymages aux tunique et dalmatique; laquelle chapelle n'est pas
encore du tout parfaicle, mez est es mains des ouvriers; et est du don dudict
seigneur patriarche et évesque ^''.
163. Item , ung casuble avecques tunicpie et dalmatique , estoles , fanons ,
paremens de aulbes et amictz '■'\ de drap damas vermeil figuré de luy
mesmes; et est l'orfrais du casuble tout à ymages de broderie d'or, eu
derrière est l'ymage de sainct Paul, et eu devant l'ymage do sainct Pierre;
fournis de trois aulbes et trois amictz.
164. Item, ung casuble de drap damas vermeil figuré, à orfrais de satin
pers, semey de fieulles et branches de broderie d'or, avecques tunique et
dalmatique, à orfrais de satin pers et vermeil, semés de roses; deux estoles
et deux fanons et paremens de aulbes et amictz de mesmes , fournis de trois
aulbes et trois amictz.
165. Item, ung casuble de veloux cramoysi, semey de papillons et flo-
dont un manuscrit, en parchemin, est conservé dans ia bibliothèque du Chapitre
sous le n° 5.
'') En note, ou lit : cr Lorsque cest inventaire fut recensey, ia chapelle dont
fait cestuy article mention estoil du tout parlaicte.n
^'-' Les parements d'aube et d'amicls étaient ordinairement de la même étoffe
que les ornements dont ils faisaient partie. D'où il suit que l'ornement complet , au
moins pour les fêtes, se composait d'une chasuble, d'une tunique, d'une dalma-
tique, de deux étoles, de trois manipules, de trois aubes, de trois parements
d'aubes et de trois amicts avec leurs parements. Il ne fait aucune mention du
voile du calice, ni de la palle; pour cette dernière, elle n'exislailpas encore proha-
hioment, car le calice se couvrait alors, pendant les saints mystères, d'un bout
du corporal, qui était beaucoup plus grand qu'aujourd'hui.
— 386 —
r'ions de broderie, enrichis de perles, avecques tuuique et dalmatique de
mesmes, despouillies de leurs perles, sans estoles, fanons ne pareinens de
aulbes; aux orfrais du casuble, derrière, est l'ymage sainclo Katherine; du
don de feu monsieur Guillaume le Charetier, évesque do Paris.
Après cest inventaire fait, les places des dessusdictes tunique et dalma-
tique, despouillies de leurs perles, ont esté réparées et couvertes de fil
d'argent.
166. Item, ung casuble de damas violet figuré, avecques tunique, dal-
matique, estoles, fanons, chaintures et paremens de aulbes et amictz,
semés de tréfiles d'or; et aux orfrais du casuble, par derrière, est i'Assump-
tion Nostre-Dame, à broderie; du don de feu monsieur Martin Pynard,
évoque de Avrences , et eu devant doyen de Baïeux. Fournis de trois aulbes
et trois amictz.
167. Item , un casuble de damas blanc figuré, semey de pommes de pin
d'or, avecques tunique, dahnatique, estoles, fanons, paremens de aulbes
et amictz de mesmes; les orfrais du casuble à broderie à ymages, dont les
dyadèmes sont enrechiz de perles. Du don de feu monsieur Zanon de Gas-
tiliion, évesque de Baïeux. Fournis de trois aulbes et trois amictz.
168. Item, ung casuble de damas blanc figuré, avec tunique, dalma-
tique, estoles, fanons et paremens de aulbes de mesmes, sans amictz, à
orfrais de tauelle , fournis de trois aulbes.
169. Item, liri casuble de damas blanc figuré, doublé de satin vermeil;
orfrais à ymages de broderie; et eu derrière est la représenlation de la Tri-
nité; avecques tuniques, dalmatique, à orfrais de me^es, estoieg et fanons,
sans aulbes et amictz.
170. Item, un casuble de veloux noir, orfrais à ymages de broderie d'or,
et eu derrière a ung crucifix; avec tunique, dalmatique, estoles, fanons
de mesmes, et les paremens des aulbes sont de damas noir; fournis de trois
aulbes et trois amictz. Du don de monsieur Zanon de GastiUion, évesque de
Baïeux.
Les ornemens dessus désignés servent aux festes solennelles , et ensuient les
avltres servans aux festes communes et aultres jours.
171. Ung casuble de damas vermeil, semey à testes et pies de oyseaulx
d'or; orfrais de broderie à demis ymages, avecques tunique, dalmatique,
estoles, fanons de mesmes, sans aulbes et amictz.
172. Item , ung casuble de baudequin vermeil , avecques tunique, dal-
matique, aulbes , amictz et paremens, semey de oyseaulx , testes et pies d'or,
et orfrais de tauelle ^''.
^'^ On Ut en note: «Cest présent article est démoli de deux aulbes et de deux
amictz ».
— 387 —
173. Item , ung casuble de satin vermeil, orfrais de tauelie avecquea tu-
nique etdairaatique de mesmes, qui sont fort usés et démolis; sans aulbes,
araictz et paremens.
174. Item, deux tuniques de satin vermeil, et le casuble do mesmes, a
esté envoie à la chapelle de Nostre-Dame de Yvrande; sans aulbes et amiclz.
175. Item , un casuble , tunique, dalmatique, estoles , fanons , paremens
de aulbes et amictz , de satin jeaune, à orfrais et paremens pour les luni<[ues
de drap d'or, à champ vermeil, et l'orfray du casuble est de veloux cra-
mousy, semey de solailz d'or de broderie; garnis de trois aulbes et amictz.
176. Item, ung casuble d'aultre satin jeaune, avecques tunique, dal-
matique , estole , fanons et paremens de aulbes et de araictz de mesmes , à
orfraiz d'or; fournis de trois aulbes et trois amictz.
177. Item, ung aultre casuble tout seul, d'aultre satin jeaune, tirant
sur le tenney, à orfrais d'or en manière de tauelie, fort usés et démolis'').
178. Item, ung casuble de damas blanc figuré, doublé de cendal ver-
meil, avecques tunique et dalmatique, doublés de cendal vert et paremens
de drap d'or à champ vermeil , deux estoles et deux fanons de mesmes ,
sans aulbes et amictz.
170. Item, ung casuble de damas blanc figuré, semey à pies rouges et
testes de oyseaulx d'or, avecques tunique et dalmatique, estoles, fanons et
paremens de aulbes et amictz de mesmes ; fournys de trois aulbes et trois
amicts.
180. Item, ung casuble d'aultre damas blanc, avec une tunique et deux
dalmatiques, bien démolis et usés; sans aulbes et amictz.
181. Item, ung aultre casuble de satin blanc, semey à estelles d'or en
broderie, doublé de satin pers.
182. Item , ung casuble de satin pers, k orfrais à demys ymages de bro-
derie , avecques tunique, dalmatique, estoles , fanons et paremens de aulbes
de mesmes, fournis de trois aulbes et trois amictz.
183. Item, ung aultre vjeul casuble, avecques une dalmatique, une es-
tole et ung fanon de baudequin pers.
184. Item, ung casuble de drap d'or impérial, à champ vermeil, avec-
ques une tunique et dalmatique de baudequin pers, semey de oyseaulx et
de léons , bien démolis et usés , sans aulbes et amictz.
185. Item , ung casuble de baudequin pers, semey de lièvres et connins ,
'^^ On lit en note: «Baillié pour servir à l'église Sainct Estienne.»
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avecques tunique, dalmatiqne, estoles et fanons de mesmes, fournis de
trois aulbes, trois amictz et leurs paremens.
186. Item, ung casuble noir, à orfrais de tauelle, avecques tunique,
dalmatique , estoles et fanons de mesmes drap , semey à oyseauix à testes
et pies d'or, et ont lesdictes tuniques paremens de drap d'or impérial; sans
aulbes et amictz.
187. Item, ung casuble, tunique, dalmatique, estoles, fanons, de neuf
damas noir, à orfrais de tauelle, sans aulbes et amictz. Lors que ce présent
inventaire a esté recense, ceste chapelle estoit parfaicte^'^
188. Item, ung casuble de veloux noir, à orfrais de tauelle, avecques
tunique, dalmatique, estoles et fanons de damas noir figuré , fournis de
trois aulbes et trois amictz , à paremens de vieui veloux noir.
189. Item, ung casuble de ostade noire, avecques tunique, dalmatique,
estoles, fanons et paremens de aidbes de mesmes, fournis de trois aulbes
et amictz.
190. Item, deux manteaulx de ostade noire, servans aux dyacre et
soubzdyacre, au temps de i'Advent et de Caresme.
191.' Item, six estoles et six fanons de drap noir de diverses sortes.
192. Item, une estole et quatre fanons de ostade noire, doublés de bou-
geran rouge. •
193. Item, deux estoles et trois fanons de veloux violet, doublés de
cendal rouge.
194. Item, une tunique et dalmatique de satin blanc, à usage de l'é-
vesque quand il célèbre in ponttficalibus.
195. Item, huyt tuniques, quatre neuves, du don dudict monsieur Iç
patriarche; quatre vieulies de damas blanc et quatre de damas vermeil, à
l'usage des enfan s de cueur.
196. Item, une aulbe et ung amict à paremens de veloux pers, semey
de branches d'or de broderie.
197. Après cest inventaire fait, furent faictes quatre aultres tuniques
])our les enfans, de damas blanc, brochié d'or et de florions de soye de
diverses couleurs, pareil à la chapelle dessus désignée, du don dudict sei-
gneur patriarche.
198. Item, deux aulbes qui servent à l'acolite, aux festes solennelles,
parées de damas blanc, à œuvre de broderie.
^') On lit çn note: «Le casuble démoli ei reformé de neuf.»
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199. Item, trois aultres aulbes parées de drap vermeil, à ymages de
broderie, avecques trois estoles, trois fanons et trois amictz de mesnies.
200. Item, huit aulbes et huit amictz sans paremens, servans aux jours
sans feste.
201. Item, pour servir tant au grand autel que à laulel de derrière
y a saize doubliers, donc les aucuns en la plus part sont démolis et usés et
de petite estimation.
202. Item, y a ung eslieu'*' de drap d'or h champ vermeil, et dedens
a unze pares de corporeaulx bien excellens et de très fine telle; du don
dudict très-révérend père en Dieu, monsieur Loys de Harecourt, patriarche
et évesque de Baïeux.
203. Item , ung aultre eslieu , couvert de drap verd , et dessus a ung
aignel en broderie, et dedens neuf pares de corporeauk de telle moyenne.
204. Item , ung aultre estieu , couvert de veloux vermeil , semey de pa-
pillons de broderie, domié de nouvel par maistre Guillaume Sohier, grand
cousleur de l'église; sans corporeaidx.
205. Item, ung aultre estieu bien caduc, et dessus est l'ymage de saine)
Johan , et dedens quatre pares de corporeaulx , de telle mains déliée.
Ita est : Jo. Castelli. Egidius.
206. Item, ung corporalier de drap damas blanc, couvert de perles,
trouvé au Trésor avecques les nouvelles reliques ^^\
Etisutent les chapes communes eu revestiaire servantes aux moyennes /estes
el aultres jours.
207. Cinq chapes de drap damas blanc figuré, à orfrais à ymages de
, broderie qui, eu devant, estoient gardées eu triangle du pulpitre, eu lieu
desquelles ont esté mises eudict triangle les cinq chapes neuves, donc
dessus est faicte mention , pour servir désormaiz aux fesles de stallo ''' ; et
ces cinq icy par lesdicts commisaires ont esté envoies au Revestiaire pour
servir aux festes cuîh quatuor capis , non de stallo.
208. Item, cinq aultres chapes de damas blanc figuré à orfrais de
taucUe, fort esportées et usées, lesquelles servent aux commémorations
de Nostre-Dame et aux festes des Virges.
(') La bourse, pour mettre le corporal.
'^^ Cet article est ajouté par une autre main.
^''^ Fêtes de Stallo altiori, fêtes solennelles à quatre chapes, portées par les cha-
noines des hautes stalles. — Dans les fêtes moins solennelles, les chapes étaient
portées par des chanoines des stalles du second rang.
— 390 —
209. Item, deux chapes de satin blanc, à oifrais de taiielle, fort dé-
molies et iisëes.
210. Item, sept chapes noires neuves ''\ faictes en ce présent an, de
damas noir figuré de iuy-mesraes, toutes doublés de bougueran rouge; les
six sont pour le cueur, à orfrais de tauejle, et l'autre à usage de prostré,
à orfrais de broderie à quatre ymages de angres , et au dessoubz à ymages
de mors qui resuscitent, et eu chaperon est la représentation (hi Juge-
ment, et en la bille, une mort en son sépulchre.
211. Item, deux chapes de veloux noir, reparées et faictes de trois
vieulles et usées à orfrais de tauelle ^^K
212. Item, deux chapes de ostade noire, de nouvel réparées, h orfrais
de tauelle neuve assés estroicte.
213. Item , quatre chapes de satin vermeil , doublés de bougueran pers ,
à orfrais de tauelle.
214. Item , cinq chapes de damas vermeil figuré , doublés de bougueran
pers, les quatre pour le cueur, h orfrais de tauelle, et celle du prestre à
ymages de broderie.
215. Item, six chapes de baudequin vermeil, tout semey de oyseaulx
à pies et testes d'or, une à orfrais de broderies à ymages, et les aultres h
orfraiz de tauelle , doublées de bougueran pers.
216. Après cest inventaire, iea cinq orlfrais cy-dessus désignés furent
mis sur drap blanc tout neuf, et les chapes mises eu triangle , et les draps
dasdictes chapes furent mis soubz orfrais de tauelle , sauf celuy du prestre
qui est de brouderie réparé , qui demeurèrent au revestiaire.
217. Item, une chape de damas pers, à orfrais de broderie, semeis de
branchages et Jésus, Maria, et eu chaperon, une ymage de Nostre-Dame;
doublé de bougueran rouge.
218. Item, quatre chapes de satin jeaune, à orfrais de tauelle, doublés
de bougueran pers.
219. Item, trois chapes de drap pers, semey à plumes de paon d'or,
orfrais de tauelle , doublés de bougueran pers.
220. Item, deux chapes de satin vermeil fort usées, orfrais de tauelle,
doublés de bougueran pers,
'" On lit en marge: «De perche deux, et faictes neufves en juillet nail nniiii"
dix huit.»
(^' On lit en marge : «Usées et refaites de ostade.»
— 391 —
221. Item, quatre petites cliapes de salin vermeil, à l'usage des enfans
de cueiir, h. la feste des Innocens ^^K
222. Item, trois aultres chapes, une blance, l'autre noire et l'autre
rouge, à l'usage de l'accoHite, selon l'exigence des jours. Après cest inven-
taire fait, de ces trois chapes en furent faictes deux.
223. Item, eudict revestiaire, a ung piegne de yvière pour dr^chier
les choveulx des ministres de l'autel, pendent à une chaine d'argent, attachy
sur le pul[)itre où le prestre se revest.
224. Item, une petite bende de orfray à œuvre de broderie d'or, oii il
a figures de huit chymères de bien singulière façon.
Ita est : Jo. Gastelli, Egidids.
225. Après cest inventaire fait, furent faictes deux aultres chapes pour
servir aux dimences , de damas pers , h orflrais de veioux vermeil , enrechis
de solailz et de jeunettes de brouderie , et aux chaperons , deux ymages de
Nostre-Dame.
Ensinent pour le quint chapitre, les tentes, tapis, cortines, paremens de
auteh et aultres draps de saye, pour parer le cueur aux f estes solennelles,
trouvés et gardés au revestiaire de la dicte église.
226. Deux paremens ^^> de autel, de satin pers, semey à esteiles de
broderie, et les hors de broderie, et eu meillieu de l'ung de eux a ung
crucifiement, et en l'autre la repre'sentalion de Nostre-Seigneur, en l'atache,
aussi de broderie ; du don de feu monsieur Nicole du Bosc , évesque de
Baïeux , et y sont ses armes en broderie.
227. Item , deux aultres paremens de autel , de damas vermeil figura ,
doublé de bougueran pers.
228. Item, ung aultre parement de autel, de damas blanc figuré,
doublé de bougueran rouge.
229. Item, deux aultres paremens de autel, de veioux violet, semey à
solailz de broderie; en l'ung, est l'ymage de Nostre-Dame et ung priant
de évesque. Du don de feu monsieur Zanonde Castillion, évesque de
Baïeux.
230. Item, ung aultre parement, de veioux violet, semey de tresffles,
de broderie, bordé de veioux verd.
(') Pour la fête du petit évèque.
^^) Parements qui recouvraienl le devant du tombeau de l'autel.
— 392 —
231. Item, ung frontel ^'^ pour atachier au bort du doublier qui coeuvre
l'autel, pour orner le bort de l'autel , de satin violet, semey de fieulies d'or
en broderie et bordé de frenge vermeille, doublé de bougueran pers.
232. Item, ung aultre frontel de drap d'or, enricliy de broderie à
yraages, et aux bors eniiobly de petites perles et de pierres dont plusieurs
sont chaestes.
233. Item, ung auitre frontel de veloux cramousy, à frenge, par des-
soubz de saye variée en couleurs de blanc, verd et rouge, doublé de bou-
gueran pers; du don dudict feu monsieur Zanon.
234. Item , une petite bende de orfray, à œuvre de broderie d'or, où il
a figures de buit chymères de bien singulière façon.
235. Après cest inventaire fait, ont esté faictz ung parement pour mettre
desrière l'autel, soubz le tref, et ung aultre pour contreautel, à mettre
devant, avec ung frontel à frenges de soye, le tout de damas blanc brocbié
d'or et de Horions de soye de diverses couleurs; du don dudict seigneur
patriarche et é vasque de Baïeux.
236. Item, ung drap de baudequin, député à couvrir la chaère de
l'évesque quand il fait office en l'église , bordé de satin jeaune et pers.
237. Item, ung aultre drap de drap d'or impérial, à champ pers, dé-
puté à parer la chaère du prescheur.
238. Item , ung drap de baudequin , à champ vermeil , bordé de satin
jeaune, fort démoly et usé.
239. Item , ung aultre drap de baudequin , à champ vermeil , bordé de
frenge de soye variée, en couleur de verd et rouge, servant à faire le
vêle'""', quand on fait le cresme, et à la procession du jour du Sainct-
Sacrement.
240. Item, ung drap de saye, bien linge, faict à raelles de diverses
couleurs, lequel est bien plaisant.
241. Item, deux draps de baudequin, à champ vermeil, fort usés; dé-
putés à mettre sur les scabeaulx, où les fiertres sont assises aux jours que
on les porte en procession.
242. Item, deux draps bien anciens et démolis, batus d'or, h champ
vermeil, et sont de petite estimation.
'•) Ce frontel est remplacé aujourd'hui par le bord ou garniture d'autel, en
flenlelle, guipure, etc. Cependant on revient aux fronlels brodés, que certains
appellent lambrequins.
(^) Dais sous lequel on portait le Saint-Chrême, le Jeudi saint et le Saint-
Sacrement le Jour de la Fête-Dieu.
— 393 —
243. Item, ung- aultre, pareillement batu d'or, fait à ymages, à champ
vermeil, fort usé et démoly.
244. Item, deux petites cortiiies pour couvrir en Garesme le sacraire^'',
pendant à la croce de l'autel; l'une est vieulle et usée, et l'autre est neuve,
de damas blanc ligure, semey de croix et de Heurs de Hz de broderie d'or.
245. Item, quatre petis banquiers de baudequin, double's de ostade
noire, pour couvrir les coffres du cueur, sur lesquelz les chapiers se
soient.
246. Item, deux coucins de satin vermeil, batus d'or.
247. Item, deux aultres de veloux verd.
248. Item , ung aultre de satin jeaune.
249. Item, un aultre plus long de drap d'or, à champ noir.
250. Item , cinq aullres petis vieulx coucins de diverses couleurs.
251 . Item , quatre aultres petis coulcins , servans à l'autel pour porter
le livre des Evangiles.
252. Item , une couverte pour l'ymage de Nostre-Damc , et quatre petites
pour les quatre ymages des docteurs estons sur les quatre cornières du-
dict autel, et six aultres pour les six angelotz, servans à couvrir iesdiclseu
temps de Garesme.
253. Item, sept draps de baudequin de diverses couleurs, tenaus et
atachids l'ung à l'autre, et coulans sur une corde, pour parer ung des eostés
du cueur aux jours des festes solennelles ^^K
254. Item, deux aultres, tenans et atachiës ensemble, et coulans sur
une corde, de la condition des aultres.
255. Item, neuf aultres, pareillement de diverses couleurs, atachiés et
tenans ensemble et coulans sur une corde, pour parer l'autre costc du
cueur.
256. Item, une tente de sarge vermeille; du don de monsieur maistre
Guillaume de Bailleul , doyen de Baïeux , où sont ses armes , et ung chevalier
h cheval qui occit une beste, en oeuvre de broderie.
^'' Où est renfermé le Saint-Sacrement.
^^^ Dans les fêtes solennelles, les arcades du chœnr étaient fermées par de
riclies tentures. En i562, ces magnifiques tapisseries furent volées par un protes-
tant, le sieur de Columbières. Le manuscrit des Conclusions capitulaires nous fait
savoir qu'elles furent rendues à la cathédrale, moyennant rançon : «Allocata au
fabricier de bli^, qu'il a donné au comte de Golombières, pour retirer de chez lui
les tapisseries de l'éghse, le 26 décembre 1071. n
• — 39/i —
257. Item, sept tentes de tapisserie faictes de laine, toutes semëes de
branches , et eu meillieu et aux cornières , en œuvre de broderie , sont les
armes de monsieur Loys de Harecourt, patriarche de Jérusalem et évesque
de Baïeux , qui les a donnes à l'église pour parer le cueur.
258. Item, ung long banchier plus estroit, de façon et œuvre sem-
blable , donné par ledict seigneur et y sont ses armes.
259. Item, deux aultres tentes de laine, batues à fd d'or, auxquelles
en œuvre de broderie, sont les ymages des douze Sibilies avec leurs escrip-
teaulx ; du don dudict seigneur.
260. Item, ung graud chief de satin vermeil, bordé de frenge de saye
et par dessus doublé de satin jeaune, semey pareillement de branches; et
eu meillieu et es cornières les armes dudict seigneur, en œuvre de bro-
derie.
261. Item, deux tentes, servans de costés audict ciel, de satin pareil, et
pareillement enrechis de broderie de branches et desdictes armes , doublés
de bougueran pers ; ledict ciel et costés donnés par ledict seigneur Loys de
Harecourt évesque , à la décoration de l'église , et spécialement pour tendre ,
le jour des Reliques, sur les précieuses reliques de ladicte église.
262. Item, une tente très-longue et estroicte de telle à broderie de
ymages et escripteaulx , faisans représentation du conquest d'Angleterre,
laquelle est tendue environ la nef de l'église le jour et par les octabes des
Reliques ''^
263. Item, une aultre tente longue et estroicte de telle taincte, dé-
putée à couvrir les ymages du pupiltre de devant le cueur, eu temps de
Caresme.
264. Item, une aultre tente de telle, faicte de bendes de diverses cou-
leurs, qui sert de vêle entre l'autel et le cueur, eudict temps de Ca-
resme ^*>.
265. Item, une courtine sur l'autel, faicte de fd, en manière de pa-
villon.
266. Item , ung large et long tapis de drap pers , lequel , quand le prélat
fait l'office, est estendu devant l'autel dessus le pavement, dessoubz les
pies du prélat et des ministres de l'autel.
'•' C'est la fameuse tapisserie de la reine Mathilde.
f-' Dans VOrdinarinm de l'église de Baveux , on voit qu'à ces paroles de la Passion :
«Et ecce velnm lempii scissnm eslv, on coupait la corde sur laquelle était sus-
pendue la tente dont il est ici question, et elle tombait ainsi au milieu de l'oflice,
figurant la déchirure du voile du temple, lors de la mort de Jésus-Christ.
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267. Item, trois telles noires pour mettre sur les bancars, oii on extend
les chapes eu cueur aux jours des processions.
268. Item , une banière de damas pers , où sont les armes de France ,
en riche œuvre de broderie, et est tendue dessoubz le crucifix.
26Ô. Item, une banière neuve de satin pers figuré, semey de fleurs de
liz , et eu meillieu l'ymage de Nostre-Dame , doublé de bendes de satin pers
et verd.
270. Item, une aultre vieulie banière à ymages, de une part et d'autre.
271. Item, une vymple, pour parer l'y mage de Nosti'e-Dame de l'autel,
bordée aux boutz et costés de frenge de soye et fil d'or.
272. Item, une chaère pour le prélat, à quatre pommes de cuivre doré
sur les quatre membres ^''.
273. Item , six pommes de cuivre doré servantes à porter le palle sur
bastons à la procession le jour du sainct Sacrement.
274. Item, ung très-bel ymage de Nostre-Dame, avecques bendes et
rayz de solaii non assemblés , le tout de riche broderie d'or.
275. Item, ung capitel faict pour couvrir le sacraire, de satin pers,
semey à solailz de broderie , et eu meillieu en a ung plus grand.
276. Item, trois syndones de taffetas servantes quotidianement aux
messes célébrées en ladicte éghse, l'une est blance, l'autre perse et l'autre
noire; et servent à l'accollite pour tenir la patène durant la préface de la
messe ^*K
277. Item, une cortine nouvellement faicte pour vestir et couvrir la
paincture du devant et des deux boutz du grand autel, faicte de telle de
Rayns très déliée , bordée par le bas et par les fentes et les bords , de frenge
de saye de diverses couleurs , et par hault attachée à ung bort de veloux
violet, auquel sont attachés les aneletz pour couler, à couvrir et descouvrir
ladicte paincture '^^K
278. Item , au dessus de ladicte cortine , a ung frontel de damas violet ,
enrechy de broderie d'or, de Jésus, Maria, fleurs de liz, petitz solailz et
ci'oissans , bordé par bas de frenge de saye de diverses couleurs , pendant
('^ C'est le curieux siège en fer du xiv* siècle.
^^) Cérémonie qui s'observe encore aujourd'hui à la messe solennelle, lorsquii
y a diacre et sous-diacre; cependant elle n'a plus lieu, comme autrefois, à la messe
des morts.
('^ Cette courtine enveloppait les panneaux peints qui recouvraient eux-mêmes
ff l'excellente table tout d'argent n. [N" i.]
— 396 —
par devant sur ung fil de fer, et dessoubz ledicl frontel coulent les aneletz
de ladicle cortine.
279. Item , ung petit parement de taffetas noir, où il y a ung Jësus en
paincture d'or, coulant soubz ledict frontel et devant ladicte cortine blance,
lequel se extend eu meillieu de l'autel, et sert pour plus clèrement voier la
élévation du Sacrement, quand on célèbre audict autel.
Ita est : Jo. Gastelli. Egidius.
280. Après cestuy inventaire fait, fut faicte une aultre courtine pour
l'autel , tant devant que aux deux boutz , de taffetas noir, coullanle comme
la courtine blance cy dessus désignée , pour servir depuis le jour des Mors ,
jusques à la faste de Pasques.
Ensuientpour le sixte chapitre les livres, tant pour l'office de l'église que de
estude, trouvés et gardés eu cueur et aux chapelles de environ, non comprins
les livres qui sont en la librairie commune de l'église.
281. Premièrement ung excellent missal,porlant tout l'office pontifical,
à l'usage de l'église et diocèse de Narbonne ; du don de très-révérend père
en Dieu, monsieur Loys de Harecourt, patriarche de Jérusalem, évesque
de Baveux ''\ avecques les joyaulx pontificaulx, donc ci-dessus en second
chapitre est faicte mention. Commençant eu second fieullet après le kalen-
dicr : f^Jherusalem. Gloria Patri'-^\r,
282. Item, deux misseaulx compléta, i'ung pour servir au grand autel,
commençant, eu second feuillet: Suscipiamus , Domine -n; l'autre pour servir
à l'autel de derrière, commençant eu second fieullet en rouge : rtSimiliter
etinaliisn.
283. Item, ung evangélier bien précieux à belles hystoires dedens,
couvert à cliamp d'or à ymages ellevés, d'ung costé d'argent doré, orné de
pierrerie , perles et précieux esmaulx , tant d'ung costé que d'aultre , com-
mençant eu second fieullet : ^Variât etiam maledicioi^m-n.
284. Item, ung aultre evangélier, couvert d'Ung costé d'argent doré et
de l'autre costé, d'argent blanc à escales; commençant eu second fieullet :
n Régnât Deusn.
285. Item, ung épistolier, d'ung costé couvert d'argent doré, et y a
C' On lit en marge : ftQue ledict seigneur patriarche a retenu l'usage dndict
messe! sa vie durante. Après le décès de feu monsieur le patriarche, ledict messel
fut restitué à l'église et mis en garde eu coffre du Trésor.»
'^' C'est aujourd'hui le n° 6 1 du Catalogue de la bibliothèque du Chapitre.
— 397 —
ung crucifix, et de i'aiiltre costc d'argent blanc, où est l'ymage de sainct
Paul , commençant eu second feuillet : «Patientie et solacUv.
286. Item, ung aullre évangeljer, couvert de cuir noir, commençant eu
second fieullet : rtnus solvere-n.
287. Item, un aultre évangelier, couvert de cuir tenney, commençant
eu second fieullet : trstallo et terctum apersonav.
288. Item, ung aultre épystolier, couvert de cuir tenney, commençant
eu second fieullet : «det vobis-n.
289. Item, trois gradaulx, deux grand? , l'ung commençant eu second
fieullet : humana qmfuerant-n : l'autre : trmortuorumn , et le tiers plus petit,
commançant eu second fieullet : Kpopulus Syan-n.
290. Item , ung antiphonier entier et complet , commençant eu second
fieullet : «excepiis prtinis vesperisrt.
291. Item, trois antiphoniers, pour le temps de esté, commençans aux
secons fieulletz, l'ung : nstatem concède n , l'autre : (ta capiten et le tiers :
rtie ât sepuhumv.
292. Item, trois aultres antiphoniers, pour le temps de yver, commen-
çans aux secondz fieulletz, l'ung : ntuam et vent*>; l'autre : «orbem tcrra-
rumn et le tiers : fsempiteriia seculan.
293. Item, cinq légendiers, commençans aux secondz fieuHets, le pre-
mier : Kiiein virum,n\ le second : vprophelaretr, \ le tiers : (nnanifestatumn;
le quart : vDomini nostrin et le quint : «mo oravit Dominumn.
294. Item, deux volumes des Morales sainct Gre'gore, commençans aux
secondz fieulletz, l'ung : nto a corde suo-n et l'autre : trevellamurri.
295. Item , le Dyalogue sainct Grégore, commençant eu second fieullet :
ff . . . runt sicut dubitationtSD.
296. Item, ung poslille super Canttca'canticorum , commençant eu se-
cond fieullet : neteriia beatiludo-n.
297. Item, une neuve légende pour la commémoration Nostre-Dame,
, commençante eu premier fieullet : nvota mear>; du don de maistre Johan
Gervais.
298. Item, ung aultre légendier de omélies et exposition de évangiles,
commençant eu second fieullet : ftdane creationisn.
299. Item , ung aultre légendier de omélies et expositions de évangiles ,
commençant eu secong fieullet : animosque coiwcrlereln.
300. Item, mig missai de collectes, commençant eu second fieullet :
'xdtgnos ejfficiantrt.
Archéologie. a 6
— 398 —
301. Item , ung petit livret de brèves et longues , commença :il en second
fieullet : ^fallitur antiquam^^^-n.
302. Item, une légende pour la commémoration Noslre-Dame, donc de
présent on use, commençante en second fieullet : rtiibus trahc men.
303. Item, quatre psaultiers, commençans aux secondz lîeulletz; le
premier : nredhalem iuamn; le second : nferminos terre n; le tiers : (tdimlis
terram-n et le quart: rfEtnunc regesn.
304. Item, ung séquencier, commençant eu second fieullet : vSynago-
ffam Salhanert,
305. Item, ung aultre petit séquencier, commençant eu second fieullet :
«monita natus abnav.
306. Item, ung ordinaire, commençant eu second fieullet : Ktiuncietur
evangeliumn.
307. Item , ung aultre ordinaire , commençant eu second fieullet : (fstallo
et iercium a persona ^^' ^i.
308. Item, ung martirologe, commençant eu second fieullet : ncessa-
riumfuitn.
309. Item , ung aultre vieul martirologe , commençant eu second fieullet :
Kct ludic delestum.
310. Item, cinq processionaires , commençans aux seconds fieulletz,
l'ung : nclorumn; le second : «tris et super v; le tiers: ttghriosusD; le
quart : (tmaiiibus tuisn et le quint : vriaeccen.
311. Item, ung petit misselet pour les vicaires, commençant eu second
fieullet : vel exaudi nos Detis-n.
312. Item, deux obitiers neufz, commençans aux seconds fieuUetz,
r»ng : (fobitus Johannisn et l'auti-e semblablement.
313. Item, deux aultres obitiers vieulx et caducz.
314. Item, ung petit gradal pour le chantre, commençant eu second
fieullet : ff Congregaho eos » ,
315. Item, deux asniers dont l'ung est enchaîné eu hault du cueur, du
costé senestre, et l'autre est eu Chapitre.
316. Item , ung petit misselet pour le cueur, couvert de cuir tenney,
comftiençant eu second fieullet après le kalendier : rrCoiifiteor Deon.
(')■ C'est le ms. 66 de la bibliothèque du Chapitre de Bayeux.
^'^ Bibliothèque du Chapitre, ms. lai.
— 399 -^
317. Ilem, ung aullre vieul messeiet, commençant en second fieullet:
(flntmicum eradicr).
318. Item, ung aultre petit livre servant à l'office des trespassés, com-
mençant eu second fieullet : ^tavil Dominus-n.
319. Item , ung aultre petit livret , servant aux processions de Quaresme ,
commençant eu second fieullet : rrcoHMwpa; ».
320. Item , ung aultre petit livre , eu quel sont les leçons que on lit aux
messes des Quatre-ïemps, commençant eu second fieullet : khus dissoluta'n.
321. Item, ung aultre petit livre, bien ancien, mes frais de escripture,
et dedans sont belles hystoires d'or des principales fcstes de l'an, notey à
notes menues anciennes , faict en mètres et proses qui se intitulent : k Versus
Iroptccfestorunin, comme (t Salve fesia diesn , commençant eu second fieullet :
(fEtJtnisy), et a esté mis eu Chapitre, eu coffre de la Fabrique.
322. Item , ung vieul kalendier fërial.
323. Item, ung petit missel neuf, où sont les messes péculières, que on
a accoustumé dire quand on va hors de l'e'glise en processions, commen-
çant eu second fieullet : npopuli quonlamn.
324. Item, ung aultre pareil livre note, où sont les offices et gradaulx
desdictes messes, commençant eu second fieullet : a Kyrie eleysonri.
ha est : Jo. Gastelli. Egidius.
325. Item ung excellent mesel, couvert de cnyr rouge, commencïiant
au segond fieullet : nin nomine Doininin et finissant au penultiesme : (^summe
sacerdosn. Du don de maistre Robert Lefèvre, chanoine de Barbières ^'^
Ensuient aultres livres enchaînés et mis en divers lieulx ; et premièremejit
eu costc dextre du cueur.
326. Ung postille sur le psaultier, conimençant eu second fieullet :
nporro tttulusn.
327. Item, ung volume contenant plusieurs opuscules de saiuct Am-
brose et de sainct Jérôme, commençant eu second fieullet : ^que nec mi-
nuscule ■peperit'n.
328. Item, une Légende dorée, commençante eu second fieullet du
texte : t^facta est sicut sanguisn.
329. Item, ung Huguce, commençant eu second fieullet ; ffut auxilior-n.
'') Ce dernier article a été ajouté par une main différente.
a6.
— 400 —
330. Item, ung livre intitulé: Flores Evangeliorum , commençant eu se-
cond fieullet : «qui nullam noticiamri.
331. Item, ung livre intitulé: de Propnetattbus rerum , commençant eu
second fieullet: «est divina essentia.ri
332. Item , la Somme du Breton , commençante eu second fieullet : «na-
tur sicut dicitr) .
333. Item , un volume contenant les épystoles de raaistre Nicole de Gla-
menges, commençant eu second fieullet: ftindefructusn.
En sinistre costé ducueur :
334. Premièrement un livre inlituley: Flores beati Bernardi, commen-
çant eu second fieullet: «de co dixeris-n.
335. Item, ung petit volume contenant : de filio prodigo, et aultres
épystoles de Glamenges , commençant eu second fieullet : ^ modo inffeniumri''^\
336. Item, ung livre intitulé : Rationale divinoruin ojîciorum, commen-
çant eu second fieullet : «tropologico et mmgogicori.
337. Item, ung postilc sur les épistoles sainct Paul, commençant eu
second fieullet : «preordinatione aliter -n.
338. Item, une Somme du Breton, commençante eu second fieullet:
«in eo quod descendit n.
339. Item, une postile sur le psaultier, commençante eu second fieul-
let: «propter rei cognoscenderi,
340. Item, une Somme intitulée: frla Bartholine « , commençante eu
second fieullet: ffCMmw» ecc/esj'e».
341. Item, en la chapelle de la Conception, eu pulpitre devers le cueur,
ung missal, commençant eu second fieullet : «tiam agite appropinquavitn.
342. Item, ung bréviaire ancien sans psaultier, commençant eu second
ùealiet: «benedicat nos Deus y).
343. Item, ung psaultier commençant eu second fieullet : «Domine in-
tellige. r>
344. En ung aultre pulpitre en ladicte chapelle, ung volume contenant
la Somme de Huguce , et nng livre qui est intitulé de Grammatica et par-
tibus ejus , commençant eu premier fieullet après la table : Cum nostri pro-
thoplausti. i>
'•^^ C'est le ms. 4 du Catalogue de la bibliothèque du Chapitre de Bayeux.
— /lOl —
345. Item, ung aultre petit livre intitulé : de Exemciis sancli Âugustini
et aliorum doctorum , commençant eu second fieullet: vcorpore aut etasyi.
346. Item, un aultre petit livre intitulé: Epistole Sydonit, commençant
eu second fieullet : tfbat aut puem.
347. En la chapelle de Sainct-Michiel , ung bréviaire, donné par misire
Guillaume Delon, commençant eu second fieullet : ftimumquemque ver-
348. En la chapelle Sainct-Eloy, un aultre bréviaire, commençant eu
second fieullet : nrilisvocitaturn.
349. En la chapelle Sainct-Panthaléon, ung CathoUcon, du don de mon-
sieur Nicole du Bosc, évesque de Baieux, commençant eu second fieullet :
rfsil iibi c dyptongusri.
360. En la chapelle Sainct-Pierre , sur ung long pulpitre, premièrement
ung livre , ancien légendier de la vie et passion de plusieurs saincts , com-
mençant eu second fieullet: (fconfregemntn.
351. Item, ung aultre vieul légendier, contenant pareillement la vie et
passion de plusieurs sainctz, commençant eu second fieullet: (tdicentisn.
352. Item, ung aultre vieul légendier de omélies et expositions de
plusieurs évangiles, commençant au second fieullet: nvidimusn.
353. Item, ung aultre, contenant les expositions des évangiles du tem-
poral, et plusieurs sermons , commençant eu second feuillet: tfhanc preci-
puaniv.
354. Item, ung aultre, des sermons et expositions des évangiles, com-
mençant eu second fieullet: nporale non qucritfi.
355. Item, ung aultre petit livre, contenant la vie de sainct Florent,
commençant eu second fieullet : ttprimum potentatun.
ha est : Jo. Castelli. Egidids.
Anno Domini millésime quadringentesimo septuagesimo septimo, die
décima sexta mensis maii, nobis Johanne Castelli presbitero et Egidio
Thome clerico, aposloHca auctoritate notariis publicis, ad bec que sequun-
tur specialiter vocatis , presentibus et assistentibus in insigni ecclesia Baio-
censi, ex deliberalione matura venerabilis Capituli ejusdem ecclesie, per
venerabiles et circumpectos viros magistros Guillermum de Gastilliono , ar-
chidyaconum de Citra Vada, et Nicholaum Michaelis, canonicum et fabri-
ti> Ms. 72 du Chapitre de Bayeux.
cariuni ejusdem ecciesie, superiiis in capite presentis codicis prenominalos ,
et assistentibus cum ipsis venérabilibus el circuraspectis viris magistris Ro-
berto Fabri, Johanne Militis, Guillermo Auberi, Michaele Moynet et Jo-
hanne Pohier, ejusdem ecciesie canonicis, rariis titulis decoratis et ad bec
per ipsum Gapituliimdeputatis, presentibus etiam domino Nicolao lePoul-
letier, presbitero, et Johanne le Poulletier clerico, ejusdem domini Nicolai
nepole , servitoribus et procuratoribiis domini custodis dicte ecciesie , pre-
sens inventarium jocalium , ornamentorum et aliorum bonorum quorum-
cumque mobilium dicte ecciesie spectantium fait cuiiose et solenniter re-
censitum, ac de verbo ad verbum per eundem Michaelis lectum, et per
singula capitula in eodem hoc codice contenta, et capitulorum singulos ar-
liculos eo ordine quo legebantur, dicta jocalin , ornamenta et cetera bona
mobilia dicte ecciesie curiose fuenint ostensa et visa, ac juxta eorumdem
designationes considerata. Et compertum est quod omnia et singula hic
superius in hoc dicto inventario designata, eisdem die el anno in dicta
ecciesie erant reposita et ordinata , singula in singulis locis ad eorumdem
custodiam et conservationem deputalis. El pro autentica approbatione et
fideli lestimonio dicte ostensionis, visionis et reposilionis eorumdem bo-
norum in suis locis et custodiis, ipse Michaelis, canonicus et fabricarius
ecciesie, ut prefertur, a nobis notaj'iis prenominatis instanter petiil sub-
scriptiones nosiras in fine codicis hujus apponi , quod et fecimus , sicut pre-
mittitur, requisiti et rogati; presentibus domino Johanne Mûrie et magistro
Guillermo Duchemin , vicariis , et domino Johanne Deleens ac Johanne de
Vaulx , capellanis dicte ecciesie , ac plurimis aliis ad pi-emissa pro testibus
vocatis.
Premissa in omnibus et per omnia, prout superius decîarata sunt, vidi,fui
et aûdivi, ego Johaunes Castelli, presbiter, publicus apostolica et imperiali nuc-
toritatibus notarius, et hec omnia omnibus visuris certijico.
Jo. Castelli.
Ego, Egidius Thoine, publicus imperiali auctoritate curieque episcopalis
BaioceuÈis ac tenerabiîis CapiluU ecciesie predicte notarius , fui etiam presens
in omnibus premissis , prout suivra.
Egidius.
— 403 —
II
INVENTAIRE DE LA LIBRAIRIE DE T/EGLISE DE BAYELX.
Anno Domini millesimo cccc™° ocluagesimo, in capilulo generali ecclesie
Baiocensis,postfestumsanctorum martirum Ravenni et Rasiphi peiebratum-,
per dominos capitulantes deputati fuerunt et coniniissi venerabiles ac cir-
cumspecti viri (îoniini et mag-istri Giiiilelinus Aubery, sacre théologie pro-
fesser, Guillelmus de Monasterio , in cadem iicenciatus, et Johannes Dnbec,
in canonico jure Iicenciatus, una cum venerabili etiam et circumspecto viro
magistro Nicholao Michaelis, in eadem theologia bacalario forniato, tune
dicte ecclesie fabricario , videlicet ad visitandain communem librariaiii dicte
ecclesie revolvendo libros et voluniina ejusdeni , eosdemque libres et vo-
lumina aptandum et ordinandum in pulpitis ejusdem librarie, jnxta eorum
discreliones et prout congruentius viderit esse faciendum. Ad que agenda
et complenda cum vigilanter et curiose per dies pluriraos i n tendissent ,
tandem de eisdem libris et volnminibus , per pulpita dislributis et per ipsos
ordinatis, prefali domini canonici, ad premissa commissi et deputati, fe-
cerunt et in hec scripla redigerunt inventarium in modum qui sequitnr.
In primo pidpko deœtre partis , versus doinum episcopalem , continentur libri
sequentes, in latere superiori, incipiendo versus parietem :
1. Primum volumen est prima pars Biblie, a libre Genesis usque ad
librum Paraiipomenon inclusive. Incipit in secunda columpna primi folii ,
in nigro : fffrater Aml)rosius tua mein ; in tertio folio : a memorans fixusque
manebatn; et finit in penultimo folio: ffdicem mosephat». Ex deno ma-
gislri Nicolai Daigny,
2. Secundum est prima pars postille magisU'i Nicolai de Lyra , a prin-
cipio Biblie usque ad librum Psalmorum, inclusive. Incipit in primo folio,
in nigro : cf Hec omnia liber vite n ; in secundo : rr Domini tue, etc. » ; et finit
'*' Déjà en i/i36 un inventaire de ia bibliothèque avait été fait par ordre du
Cliapitrc; comme nous l'avons publié en entier dans la préface du catalogue des
manuscrits du Chapitre de Bayeux ( Ca<. geu. des hibl. puhl. des département» , t, X,
p. 5273-287), nous y renvoyons le lecteur et nous passons immédiatement à l'in-
ventaire de ia hhràirie do l'église de Bayeux fait en i48o. Cet inventaire est en
quelque sorte la continuation et une partie de l'inventaire du trésor; il est copié
dans le même manuscrit 199 du Chapitre de Bayeux, fol. gS-iiS.
— liOh —
in penultinio folio : ffque adhnc ad deïn.v Ex dono domini Nicolai Ha-
bardi, episcopi Baiocensis^''.
3. Terlium est secunda pars Biblie, a Proverl)iis Salonionis usque ad
Novum Testamentum. Incipit in secundo folio : a Parabole Salomonis filii
David 5) ; in tercio : fraurem tuani ut custodias« ; et linit in penultimo : frRa-
nialia excelsiis Domini». Ex dono prefati Daigny.
4. Quartum voiumen est secunda pars postilie de Lyra super Bibliam,
a libris Salomonis usque ad Novum Testamentum. Incipit in primo folio,
in nigro: ffEcce descripsi eam tibi tripliciter»; in secundo: fretiam que
actores coilectionumn; et finit in penuitimo : «dicitur achima erat-u* «.Ex
dono prefati Habard.
5. Quintum volnmen est terlia pars Biblie, continens Novum Testamen-
tum. Incipit in primo folio; in nigro: ffPaulus, servus Jesu Ghristi»; in
secundo: "lis per gratiam ipsius«, et finit in penultino : franxiatus est
snper me spiritus meus». Ex dono predicti Daigny.
6. Sextum est tercia pars postilie de Lyra super Novum Testamentum.
Incipit in primo folio, in nigro: «Quatuor faciès uni. Ezccbiel pron; in
secundo : crdentiam facti facta est», et finit in penultimo : ffsecundum
partem anime inferi». Ex dono prefati Habard.
In la I ère viferiori predicti pulpiti , incipiendo ut supra versus panetem.
7. Primum voiumen est ConcorJantie ai)breviate. Incipit in primo fo-
lio : ffa secundo ejusdem. i.b.v.a.»; in secundo: trXLI.G.LV.S. »; et
finit in penultimo : ff X superius gai . I . G. "»
8. Secundum voiumen est prima pars Concordantiarum. Incipit in primo
folio, in nigro: aGuilibet volenti requirere concordantias^; in secundo:
ffEsdre 2° d. x4biit in Jérusalem» ; et finit in penultimo : fraliud vas in hono-
rem».
9. Tercium voiumen est liber Johannis pape, qui dicitur os aureum, de
interpretatione Evangeliorum ; et in fine sunt quedam omelie. Incipit in
primo folio : ffgemitus enim diclus est a gemendo»; in secundo: ffdies sex
assumpsit Jésus»; et finit: rfin penultimo et peculiari quadam pre.^i.
10. Quartum est glosa Hugonis de Sancto Victore super Psalterium. In-
cipit in primo folio : rrSancti Spiritus assit nobis gratiam; in secundo :
ffprophetiis frequentius utimur» ; et finit in penultimo immédiate ante tabu-
iam : crin spiritu dominum lauderaus».
H. Quintum est Psalterium cum glosa ordinaria. Incipit in primo foiio,
(I)
Nicolas Habard, évêque de Baveux (i42i-i43i ).
— A05 —
ingiosa : ff peccaviel in via peccatorum steti » ; in secundo, in textii : rfquum
novit Dominus viam justorum»; et finit in penuitimo folio, in glosa : rrse-
dentes super duodecim sedes et tune». Ex dono magistri Johannis du
Homme, decani Baiocensis.
12. Sextimi est expositio Bede excerpta ex variis opusculis beati Au-
gustini super epistolas Pauli. Incipit in secunda columpna secundi folii :
ffnatione suscepil et pro pena consecutus est«; in tercio i'olio : rrfdium qui
cura vidisset David»; et finit in penuitimo folio: rrsi dedero primogeuita
mea in porcis».
13. Septimum est expositio Haymonis super epistolas Pauli et quatuor
Evangelia. Incipit in primo folio, in nigro : «Segregatus in evangelium
Dei»; in secundo : fffratres Domini scripturarum more»; et finit in penui-
timo : fffide jani sublimis existons».
14. Octavum est glosa Magistri [Pétri Lombardi] super epistolas Pauli.
Incipit in secunda columpna secundi fob'i, in glosa : «trui in bujusmodi
unde et sancta ecclesia»; in m" : rrcepit bumanam et rationalem animam»;
et finit in penuitimo, in texlu : ffhoc enim expedit vobis orate pro no.».
15. Nonum continet Convenienlias evangelistarum , quod vocatur Unum
ex quatuor. Incipit in primo folio : rr Liber generationis Jesu Ghristi»; in
secundo: frin illa hora accesserunt discipuli»; et finit : crut manducarent
pascha».
Ita est : G. Mathei, G. Maseline.
In secundo pulpito dextre partis sunt libri sequentes, quos omncs donavit
dominus Ludovicus de Haricuria, patriarcha et episcopus Baiocensis; in latere
superxori incipiendo ut supra :
16. Primum volumen est prima pars Biblie, a principio usque ad Psal-
terium inclusive. Incipit in secundo fobo : crconcipiet lingua volveret»; in
tercio : rr annos trigeuta non legantur» ; et finit in penuitimo folio, in rubro :
fffilius suus Absalon».
17. Secundum est secunda pars Biblie, a Parabolis Salomonis usque ad
finem. Incipit in primo folio, in nigro : trJungatepistola quos jungit sacer-
dotium»; in ii° : fret mansuetis dabit gratia»; et finit in penuitimo : ff duo-
decim margarite sunt per. »
18. Tercium est liber Concordantiarum completus. Incipit in primo
folio : ffCuilibet volenti requirere concordantias » ; in secundo : ff.i. pa. xv. c.
princeps trium»; et finit in penuitimo folio : irChristus Dei eleclus.»
19. Quartum est postiila moralis magistri Nicholai de Lyra supra totam
— 406 —
Bibiiam. Incipit in primo folio : trVidi indextera sedentis super Ihronum»;
in secundo : «spiritum gubernata proficit»; et finit in penuitimo : frper
regem Demetrium qui fuit adversarius. r,
20. Qnintum est opus insigne beati Tbome de Acquino super evangelio
Johannis. Incipit in primo folio : cr Divine visionis sublimitate»; in secundo :
crmatum non aliquando possit esse informe»; et finit in penuitimo in
lextu : ffsic eum volo manere doneo.
21. Sextum est postilla super evangelium Johannis. Incipit in primo
folio : ffVidi Dominum sedentem super soliumn; in secundo : rrrilate de
nuptiis vocatus est»; et finit in penullimo : rrde auctoritate tria ponitn.
22. Septimum est explanatio Jeronimi super primam partem Ysaye.
Incipit in secundo folio, in nigro : rrexpletis longo vix tempore»; in tercio :
rrquo significantur due trilms» , et finit in penuitimo : ffomnis qui biberit
de aquis Jesu«.
23. Octavum est explanatio ejusdem Jeronimi in secundam partem
Ysaye. Incipit in secunda cohimpna secundi folii, in nigro : pfdecimus liber
quem nunchabemusin manibus»; in tercio : ffcsse promittit sic majorem»;
et iinit in penuitimo : ffet illud apostoli levan.n.
24. Nonum est glosa Magislri [Pétri Lombardi] super epistoias Pauii.
Incipit in primo folio: ffPrincipia rerum inquirenda sunt j)riusn; in se-
cundo : rraut apostolos ante habuissemus n ; et finit in penuitimo, in textu :
ff extra portam passus est exeamus».
25. Decimum continet omelias beati Augustini super evangelium Jo-
hannis. Incipit in tercio folio, in nigro : rrintuentes quod modo audivimus
ex lectione apostolica >) ; in quarto : «sic propinavit verba « ; et finit in ul-
timo : ffipse compellerer meum terminare sermonemn.
In latere tnfertori dictt pulpttt :
26. Primum volumen continet omelias beati Gregorii super Evangelio,
numéro xl. Incipit in primo folio, post tabulam : rrln illo tempore, dixit
Dominus Jésus discipujis suis»; in secundo : rrregnum Dei ac si aperte
dicat»; et finit in penuitimo : crex eadem luce candesceret».
27. Secundum continet omelias Johannis Chrisostomi super Matheum ,
et sermones beati Bernardi, abbatis Glaravallensis , super Cantica canti-
corum. Incipit in primo folio, in nigro : rrSicut réfèrent Matheum con-
scribere evangelium»; in secundo : frmiaque donec quiescat ira fratris
tui»; et finit in penuitimo : ffsponsa in summo».
28. Tercium est expositio beati Ambrosii super epistoias Pauli. Incipit
in secunda col^mpna primi folii: ffphisica ratione perpetim per legem» ;
— A07 —
in secundo folio : fftionis ostendit misteriumTrinitalis»; et finit in penul-
limo : ffconfessionum indeclinabilem fide».
29. Quarlnm est expositio heati Jeronimi super libros sex minomm
prophelarum , videiicet : Michee , Abacuc , Zacharie , Joelis , Jone et Malacliie.
IncipiL in primo folio, in nigro : (fMicheas in queni nunc commentarios » ;
in secundo : ffque super refertum; et finit in penuitimo : fret esse cum
Christo utn.
30. Quintum continet episloias beati Augustini. Incipit in primo folio,
in nigro : ff Domino iliustri et merito prestantissimo»; in n" : (resse justum
arbitratusn; et finit in penuitimo : crut belliun excitelum.
31. Sextum in veteri littera continet nuiltas onielias Jobannis Cbriso-
stomi et libros ejusdem ; Quod nemo leditur nisi a semetipso; de compunc-
tione cordis; de reparatione lapsi, cum quibusdam aliis. Incipit in primo
folio, in nigro : fralmi prophète progeniesn; in secundo : fret colores colo-
ribus permiscentes n ; et finit in antepenultimo : ffuichil fuerat quod in
profnndum.n
32. Septimum continet epistolas beati Bernardi , abbatis Claravellensis.
Incipit in primo fobo post tabulam, in nigro : ffSatis et plusque satis^i; in
secundo : rrsic fefellit illum sanctitas" ; et finit ante tabulam, in nigro : rnon
illis jam sic nobis merito imputelur^ï.
33. Octavum est liber confessionum beati Augustini. Incipit in primo
folio, in nigro : ff Confessionum mearum libri tredecira»; iq secundo :
rrtriens et perficiens queris cum nicbilT» ; et finit in penuitimo : frpost opéra
nostra ideo bo.fl.
34. Nonum continet excerpta novorum doctorum super Vêtus Testamen-
lum. Incipit in secundo folio : ffilli sunt qui varia virtutis claritatent(s/c)n;
in ni" : frplationem veritatis elevatus intendit»; et finit in penuitimo : frab
ore procul et aure re.y.
ha est : G. Mathei, C. Maseline.
In tercto pulpito dexlre partis continentur libri sequentes , quos etiam omnes
donnvit prefatus domimts Ludovicus de Haricuria, patriarcha et episcopus
Baiocensis; in lalere superiori incipiendo ut supra :
35. Prinium volnmeti est prima pars epistolarum Jeronimi. Incipit in
primo folio in nigro : ff Omnibus ecclesiastici ordinis devotis zelatoribusu;
et in quinto post tabulam , in nigro : ffdormientem te et longo jam tempore
legentenin; et finit in penuitimo : ffperveniant absit ut».
36. Secundum continet secundam partem epistolarum Jeronimi. Incipit
in primo folio post tabulam, quod est quartum in ordine, in nigro : ffFrater
— /i08 —
Ambrosius tua michi muniiscula preferens«; in secundo : (rmanifestissima
est Genesisn; et finit in penultimo : ffJohannis precursoris expletis».
37. Tercium est prima pars Vincentii in Speculo hystoriali. Incipit in
primo folio, in tabula : ffDe Abdon et Sennes; et in quarto post labulam :
ffvidebam preterea juxta Danielem prophetam»; et finit in penuitimo ;
frexoscularetur habebat lam.n.
38. Quartum volumen est secunda pars ejusdem Vencentii in Speculo
hystoriali. Incipit in prima columpna quarti folii post tabulam , in nigro :
ff Gayo igitur cum esset Rome et rediret» ; et in folio sequenti : rrquid om-
nibus et acerbissimos » ; et finit in penuitimo : frquid frater juvenis a spiritu
for. 55.
39. Quintum est tercia [pars] ejusdem Vencentii in Speculo hystoriali.
Incipit in primo folio post tabulam, quod est quartum in ordine : ffta An-
glorum, in quinta Wandalorum n ; in folio sequenti : rrejus anno .i. quo
mortuo» ; et finit in penuitimo : ffvenit ad eum cum sociis inn.
40. Sextum volumen est quarta pars ejusdem Vincentii in Speculo hys-
toriali. Incipit in primo folio post tabulam, quod est tercium in ordine,
in nigro : ffKarolus igitur magnus cum jam super Francos»; in sequenti :
ffannis xi, deinde Michael solus»; et finit in penuitimo: «liberati sumus
nichil erit».
41. Septimum est primus liber Speculi moralis ejusdem Vincentii. In-
cipit in primo folio, in nigro : ffin omnibus operibus tuis memorare novis-
sima^) ; in secundo : tfct mores seriosius ordinare» , et finit ante tabulam :
fflicet non eodem ordine prosequatum.
42. Octavum continet Hystoriam ecclesiasticam tripartitam et Hystoriam
scolasticam. Incipit primo folio, in nigro: ffUtiliter nimis in capite libri
prefîTcio ponitum; in secundo : ffcogatur affligi et nature vini faciat»; et
finit in penuitimo : rrexpectans aeris».
In latere inferiori.
43. Primimi volumen partim in pergameno et partim in papiro , est
prima pars Pantheologie. Incipit in primo foho : ff A. a. a. Domine Deus, ecce
nescio loqui»; in secundo : ffdevotione eisdem etiam si non valde»; et finit
in penuitimo : ffsolum obligat quo ad Deum sicutn.
44. Secundum est secunda pars Pantheologie, etiam partim in perga-
meno et partim in papiro, Incipit in primo folio : frFama. Girca famam
consideranda sunt tria»; in secundo : ffubi super q. Aa. articulo 3°»; et
finit in penuitimo : ffimde quandiu orantes devotio cessât».
45. Tercium continet decem libres prime décade Tyti Livii in gallico.
— /i09 —
Incipit in primo folio : rr A prince de très souvei'aine excellence" ; in secundo :
ff dont les Romains avoient tousjoursn; et finit in penidtimo : ffluy avoient
promis très grande pecunei.
46. Quartum continet decem libros secunde décade ejusdemTyti Livii,
etiam in gallico. Incipit in primo folio : wA très-hault et souverain princes ;
in secundo : «particulières avant ceste première guerre^; et finit in penul-
timo : frne maiz que tant qu'il en ap.n.
47. Quintum volumen continet novem libros tercie décade ejusdem Tyti
Livii. Incipit in primo folio, in nigro : ffTout ainsi comme se je en ma
propre personne » ; in secundo : crà Rome les legatz des Rodiensn; et finit
in penultimo : «de demeurer ne se ilzfl.
48. Sextum est lectura Bonaventure super quartum Sententiaruni. In-
cipit in primo folio : rrUnguentarius faciet pigmenta suavitatis« ; in secundo :
ffger erat ideo oportuit et expedivitn ; et finit in penultimo : trquod si aliquis
vovit castitatem et habitum religionis».
49. Item in dicto pulpito, in virga inferiori, super mensa ejusdem pul-
piti, reposita sunt alia duo voluniina magna, in papiro, fratris Rainerii
de Pisis, ordinis Predicatorum , que intitulantur Pantheologia , in quibus
proceditur secundum ordinem alphabet! . Prinuim incipit ab A usque ad
L exclusive. Incipit in primo folio : ffQuia in suinma Rainerii, que alias
Pantheologia vocatur«; in secundo cfsi ambulans per viam in arbore»; et
finit ante tabulam : fret prima secunde, q. G. XIII. articulo ix, in çor. q.
in fine».
50. Secimdum volumen incipit a littera L usque ad finem alpliabeti.
Incipit in prima linea priini fohi : prQuod tribus modis contingit laudare
Deum»; in secundo : rrutrum Deus sit ore laudandus»; et finit iu penul-
timo : ffkarismata meliora etc. sic aiti.
Nota qiiod de libris prefati domini patriarche, in sua sedula contenlis,
desunthic adhuc quinque volumina, videlicet : Summa Astensis, liber ethi-
mologiarum Ysidori, tractatus Innocentii super septem psalnios peniten-
tiales , omelie Gregorii super Ezechielem et epistole Eusebii ac Girilli , cum
aliis pluribus tractatibus.
Ita est : G. Mathei. C. Maseline.
In quarto pulpito dextre partis sunt libri sequentes , in latere superiori tnci-
piendo ut supra :
51. Primum volumen est Biblia, in mediocri voiumine. Incipit in se-
cundo folio : ffomnes vendicant scribimus indocti»; in tercio : fret Tytum
et Phylomenanm ; et finit : tr anto nomina hebrea. Gratia Domini nostri Jesu
Ghristi cum omnibus vobis. Amen ■».
— /ilO —
52. Secundum est giosa ordinaria super Genesim. Incipit in primo folio :
ff Divines libros iegimus in lanta muititudine n ; in lercio, in texlu : An
principio creavit Deus celum et terrani n et finit in penultinio : . . .
53. Tercium continet expositionem per spéciales libros distinclani super
Exodum et Leviticum. Incipit in primo folio , in nigro : * Unusquisque sermo
scriptus est Domine «; in secundo rrsic et si quis Domini sermonefl; et finit
in penultinio • ret non vos abliominabitur anima».
54. Qaartum est expositio Paschasii super lamentationes Geremie. In-
cipit in primo folio , in nigro : rrMulto cogor longoque confectus vite tedio» ;
in secundo : tr psalmista qui seminat in iacrimis » ; et finit in penultinio folio
texlus : rrexponimur utique sine».
55. Quint um est glosa ordinaria super Jeremiam. Incipit in piimo folio :
trJereraias propheta qui bic prologus»; in secundo' in textu : rrpropheta in
gentibus dedi te et dixi : A. a. a.»; et finit in penultimo, in glosa : crexer-
cituum corona glorie».
56. Sextum est glosa ordinaria super duodecim minores Prophelas. In-
cipit in primo folio , in glosa ; ff Ordo prophetarum secundum hoc talis est» ;
in secundo, in textu : ffverbum Domini quod factum ad Osée»; et finit in
penultimo, in textu : «tristes coram Domino ex,».
57. Septimum est expositio fratris Thome Gisterciensis ordinis super
Gantica canticorum, continens duodecim libros partiales. Incipit in primo
folio : rrReverendo patri domino Poncio»; in secundo : fret Judas Ghristo
tercium dédit»; et finit in penultimo «rquia viam Ghristi venientis».
58. Octavum est expositio Rabani super libros Regum et Machabeorum.
Incipit in primo folio : ffGum venerationem tuam , sanctissime pater»; in
tercio : ffin multiloquio formemur preces»; et finit in penultimo : ffuec
alterum ergo nec te. »
59. Nonum continet epistolas Pauli cura glosa interlineari. Incipit in
tercio folio : trprimum et greco justicia enim Dei»; in quarto : frpropter
quod inexcusabilis esto bomo»; et finit in penultimo : ffiiupediat et per
illam».
60. Decimum continet glosam ordinariam super Malheum et Marcum.
Incipit in primo folio : rrModus tractandi talis est»; in lercio, in textu :
ff Phares autem genuit Esron»; et finit in penultimo, in glosa : ffEvaugeliste
tacere significat».
61. Undecimum est expositio quedam, ad modum traclatus, super epi-
stolas Pauli, in liltera minuta. Incipit in primo folio : ffSciendum quod
quemadmodum in secularibus scienciis»; in secundo : frin scripturis a. q
— ^11 —
Evangeliumn ; et finit in uitimo : ffeum in humilitate nascentem non agno-
verunt».
In lalerc inferiori :
62. Primiim voiumen est una Biblia, in parvo voiumine. Incipit in se-
cundo folio : ffceteri qui vaiiam superiectilem ?» ; in nf : rmullo deprecatui-
super quo melius tacere pulo r, ; et finit in penuitimo : ff theodas laudans
vel laudatio seun.
63. Secundum continet Bedam super Apocalipsim , et sexdecim ser-
mones Augustin! super dictam Apocalipsim, et expositioncs Berengaudi
super decem visionibus Apocalipsis. Incipit in primo folio, in nigro: ffApo-
calipsis sancti Johannis in qua bella»; in secundo : ffdetur tamquam eo
jam temporen; et finit in penuitimo : ffavaricia videlicetn.
64. Tercium est glosa ordinaria super Job et Apocalipsim. Incipit in
primo folio : ffCogor per singulos Scripture libros divine n; in ii°: «virtus
Job et in quiète magna fuiti; et finit in penuitimo, in glosa : ffclarilales
in aspectu suum sin.«.
65. Quartum continet glosam ordinariam super quinque libros Sapien-
tiales. Incipit in primo folio : rr Jerouimus. Jungat epistola n ; in n", in textu :
fffontera frustra deglutiamus eum»; et finit in penuitimo in textu : «et
libéras eos de manu gen.n.
66. Quintum continet postillam magistri Nicolai de Lyra super oranes
Prophetas et libros Sapientiales. Incipit in primo folio : «Jérusalem evauge-
listam dabo»; in n" : «parte erant ita mali ut predictum est» ; et finit in
penuitimo : «multa enim accepit de dictis?». Ex dono magistri Johannis
Gervasii canonici.
67. Sextum est explanatio beati Jeronimi in epistola ad Tytum, et in
fine continet, in minuta littera , quamdam expositionem super Apocalipsim.
Incipit in primo folio, in nigro : «Licet non sint digni fide»; in secundo ;
(fhec autem servitus caritatis est a; et finit in penuitimo : «ita dicens et
postquam vidi«.
68. Septimum est Psalterium secundum translationem Jeronimi Euse-
bii. Incipit in primo folio, in nigro : «Beatus vir, qui non abiit»; in n" :
«quia tu, Domine, specialiter securum habitare fecisti me»; et finit :
ffomne quod spirat laudet Dominum. Alléluia.».
69. Octavum est epythalamium Origenis super Gantica canticorum. In-
cipit in primo folio, in nigro : «Epythalamium libellus hic, id est nuptiale
Carmen»; in secundo : «Ubrorum Saiomonis»; et finit in antepenultirao :
«eos cxtrahat de cavernis».
70. Nonum est explanatio seu tractatus Jeronimi super Danielem pro-
— 412 —
phelam. Incipit in primo folio, in nigro : ff Contra prophetam Danieiem
duodecimuni librnm slabit Porphiriusn; in secundo : rridcirco illiun appa-
rere»; et finit, in ultimo foiio in nigro : rr observationem nostram subver-
terei».
71. DecimumestexpositioPsalterii.in mediocri iittera. Incipit in primo
foHo : ffCum istud dignissimum opus totum in prophetian; in secundo:
ffhoneslas quasi diceret non possumus»; et finit in penultimo : rrpro mor-
tifications carnis et Jaudate».
72. Undecimum est explanatio Jeronimi super Ysayam ; incipit in se-
cundo folio : ffVidetur infirmum ejusdem illud apostoli audiat»; in iii°
folio : ffRomelie venit», et finit in penuitimo : ffdidicerunt se esse ter-
ramw.
73. Duodecimum est Crisostomus, tam de opère perfecto quam imper-
fecto, super Malbeuni. Incipit in primo folio, in nigro : rrOportebat quid
nos non indigere eo»; in secundo : opinantes hiis que dicta sunln; et finit
in penultimo : fret quodam modo pars est parabole huj us».
Ita est : G. Mathei. G. Maseline.
In quinto jmlpito dexlre partis sunt lïbri sequentes , in lalere superiori inci-
piendo ut supra :
74. Pj'imum volumen est liber Augustini de civitate Dei '''. Incipit in
primo folio tabule, in nigro : crDe adversariis nominis Ghristin; in octavo
post tabuiam, in nigro : fflnterea Roma Gothorumî); et finit : rrper pro-
phetam dixit : Ero illorum Deus». Ex dono domni Nicolai Habardi epi-
scopi.
75. Socundum volumen est liber Augustini super Johannem. Incipit
in primo folio textus, in nigro : ffEx lectione apostolica quod animalis
homon; in secundo : rripsi montes sunt"; et finit in penultimo : «tune
eum minus dilecturi sumusi.
76. Tercium continet libros Augustini de concordia evangelistarum et
de sermone Domini in monte. Incipit in secunda columpna primi folii, in
nigro : rrper eosdem annos quibus paulatim libros»; in tercio folio ; frsive
cum solo sive cum ceteris»; et finit in penultimo : rrproinde in primoge-
nitis tuisn.
77. Quartum continet quatuordecim libros et opuscula beati Augustini ,
inter quos primus liber est Enchelidion, secundus de doctrina Ghristiana,
penultimus de predestinatione sanctonim, et ultimus de bono perseve-
^') N° 56 du catalogue.
— à\Z —
innlie. Incipil iii primo folio, in nigro : frDici non potest, dilectissime fili
liciurentifl; in secundo: rrdimus spes,autein nonnisi bonarum rerum esti;
et fini! in pcnultimo : ffdeni dona esse ulique credidit neo.
78. Quinlum continet sermones beati Augustini super primam canoni-
catn Johannis ; item alios super Arrianos, super Judeos et super paganos,
et quosdam alios de resurrectione Domini. Incipit in primo folio, in ni-
gro : ffMeminit sanctitas vestra evangelium secundum Jo. in secundo».
79. Sextum continet iibros Augustini de bono conjugali et de aduite-
rinis conjugiis et de virginitate, et quedam omelia Jeronimi de persecutione
Christianorum. Incipit in primo folio, in nigro : (rQuoniam unusquisque
homo humani generis pars estn; in secundo : ffcresciteet multiplicaminin;
et finit in penultimo : rrnon habebit me Dominusn.
80. Septimum continet Iibros Augustini : Unde malum , et de libero ai*-
bitrio et suas retractationes in eisdem libris. Incipit in secunda columpna
prinii i'olii , in nigro : ffDic mihi , queso te , utrum Deus d ; in secundo :
ffego duas esse disciplinas puto«; et finit in penultimo : trecce jam longe
antequam Pellagianan.
81. Octavuni continet librum Augustini de singularitate clericorum et
epistolas Symachi, cum multis allis opusculis Senece. Incipit in primo
folio : ffPromiseram quid vobis ante tempusn; in n" : frmetuite quantum
potestisn; et finit in penultimo : cmumquid dicet aliquis propter hoc».
82. Nonum continet Iibros Augustini : de quantitate, de ratione anime
ad Consenlum episcopum, omelia de decem plagis, epistolani ejusdem de
visione Pétri aposloli et sermonem sancti Methodii de tenqiore Antechristi.
Incipit in primo folio, in nigro : rrSi quum quanta sit diligentissime dis-
pulalum est 7» ; in n" : «quod a te explicari vellemn; et finit in penultimo:
fffilie Phol régis Ethyopie».
83. Decimum continet librum Augustini de vera religione, expositio-
nem super Job et opuscula Dyonisii Ariopagite. Incipil in primo folio, in
nigro : rrCuni omnis bone vite ac béate via»; in n" : «quamobrem sanan-
dum est» ; et finit quidam ergo maie habens ves.».
84. IJndecimum continet Iibros Augustini de virginitate, et Eraclii de
vita sanctorum Patrum. Incipit in primo folio, in nigro : rrin quoetChristi
virgines admonuimus»; et secundo : rrdenique fra(ribus ejus et secundum
carnem cognatis»-, et finit in penultimo folio , ante grossam litteram que
sequitur : rrqui incidant in peccati ruinam».
85. Duodecimum continet librum Augustini de qu€stiouibus Veteris et
Novi Testamenti. Incipit in secunda columpna primi folii, in nigro : «fDe
Archéologie. 27
^ /ll/l —
Deo et de hominis libero arbitrio n ; in ni": ffcur Salomon spiiitiim sapientie
habuit"; et finit in penultimo: «rsi fieri oporteret suani episloliimn.
86. Decimum tercinni est liber Augusliai de concordia evan^jelislarum.
Incipil in ii' folio : freonim quos anle passionemi; in torcio; ffDeus illa est
et preceptis exercende vite-?; et finit : rrapud eum discipulis pedes lavatr).
In latere inferiori :
87. Priraura volumen est prima pars Moralium Gregorii , usquo ad li-
brum XIX"' inclusive. Incipit in primo folio posL tabulam , in nigro :
tr Reverentissimo et sanctissimo fratri Leandro coepiscopo ^ ; in secundo :
fret nox in qua diclum est concepLus est homon; et finit in penultimo :
ffdicebamque in nidulo». Ex dono domini Nicholai Habardi episcopi.
88. Secundura volumen est secunda pars Moralium Gregorii, a iibro
XX" usque ad finem. Incipit in primo folio, in nigro : frSine aiiqua compa-
ratione transcendât s; in secundo : frpauperum et viduarum consolatorem»;
et finit in penultimo ; «veritas ut non evacnetur rei». Ex dono ejusdem
Habardi episcopi.
89. Tercium est tabula Moralium Gregorii. Incipit in primo folio :
«Abstinentia de mirabili, abstinentia ypocriten; inn°: rramor proximin; et
finit in penultimo : rrOriones 'jlin. Ex dono prefati Nicboiai Habardi.
90. Quartum volumen est Registnim Gregorii. Incipit in primo folio
iibri, quod est tercium in ordine,in nigro : tfcl Filiuni et Spiritum Sanctum
très personas unam substantiam » ; in n" : « insidiis injusticia nulia surrepat » ;
et finit in penultimo : fra nobis promulgatio subscripsi Johannesn.
91 . Quintum est liber Omeliarum beati Gregorii super evangeliis que
in ecclesia leguntur. Incipit in primo folio, in nigro : rr Sanctissimo fratri
Secundino coepiscopon; in ii" : crditorum equanimiter portât ubi et sub-
ditur«; et finit in penultimo : «licet enim flagellati fuissent, ut in Actibus
Apostolorum».
92. Sextum iterum est Registrura beati Gregorii. Incipit in secundo
folio : ffcivitate teneor Romana religatus«; in tercio : crsi michi bec diffi-
cilia sunt quia et valde onerosan , et finit in penultimo , in nigro : fret aliis
cohertionis exemplum sit».
93. Septimum iterum continet Omelias beati Gregorii super Evangelia
que in ecclesiis leguntur. Incipit in secunda columpna secundi fobi : crin
illo tempore dixit Jésus turbis : Si quis venit ad me»; in ni" : «fis adjunxit
et erunt signa jn sole et luna» ; et finit in penultimo : rrvel ultima partici-
|)ari cui resn.
— -415 -
94. Octavuni conlinet libres Gassiani de instilutione cenobiorum, Dya-
logorum Gregorii, Pastoralis ejusdem et omeliarum ejusdetn super Eze-
chielem. Incipit in primo folio, iii nigro : «Veteris instrumenli narrai
hystorian; in secundo : rrcouimunia persévèrent quicquid ei inter famulos
Dei presumiturn; et finit in penultimo : crpulverem faciuius ut ora-
tionenifl.
95. Nonum est Apoiogeticon Gregorii Nazanzeni. Incipit in primo folio
libri, quod est tercium in ordine, in nigro : ffProficiscenti michi ex urbe
raagnopere injungebas, fiii karissimen; in secundo: crsubjectus sum Do-
mino et obsecravi eumn; et finit in penultimo : cfconsequi salutem cum
utiquen.
96. Decimura continet flores coUectos a Francisco de Maronis, et expo-
sitiones magistri Nicholai Trevetb super libro de civitate Dei. Incipit in
primo folio, in textu : «Prima veritas est quod illa disciplinai; in secundo :
crsalvari sicut omnia precepta sunt necessaria»; et finit in penultimo :
ffin G. xxvni°«. Ex dono prefati domini INicholai Habardi episcopi».
97. Undecimum est tabula super eodem libre de civitate Dei. Incipit in
primo folio ffUt de infrascripta tabula notician; in secundo: ff.li.ih. c.
23. e. 7), et finit in penultimo : «si autera populus non isto sed alio dif.î>.
Ex dono magistri Guillelmi Aubery.
98. Duodecinium est liber beati Angustini de civitate Dei. Incipit in
n" folio ; trmia ad capacitatem multitudinisn; in ui° : (tillo confugientes
miseros missos victosque Trojanosi; et finit in penultimo : ffsancti preleri-
torum carebuntfl.
Ita est : J, Mathei, C. Maseline.
In sexto pulpito dextre partis sunt libri sequentes , in latere superiori inci-
piendo ut SMJpra ;
99. Primum volumen continet epistolas beati Jeronimi , et in fine libres
Bcrnardi de diligendo Deo, et de consideraliene ad Eugenium papam.
Incipit in primo folio libri, post labulam, videlicet in quarta columpna, in
nigro : ff Dilectissimo filio Jeronime D.^masus»; in foJio s?quenti : rrBeatis-
simo pape Damaso Jeroninms», et finit in penultimo : ffsublime potentia
profundum sapientiam ejusn. Ex dono domini Zanoni de Gastcliiono, épis-,
copi Baiocensis.
100. Secundum est liber Jeronimi contra Jovinianum, Incipit in primo
folio : (fPauci admodum dies sunt que ex urbe RemaTi; in secundo :
«fscimus ecclesiarum spe, fide et cantate inaccessibiiem»; et finit in j>eo-
ultimo : ffuti supra diximus incorruptionis 71.
— A16 —
101. Tercium volumen est liber beati Ambrosii super psalmum Beati
immaculati. Incipit in primo folio, in nigro : trLicet mistico quod velut tube
increpuerit sono»; in secundo : ffserpentis illecebris exclusus Sancli Spi-
ritus», et finit in penultimo : fcamici intendebant voci ejus».
102. Quartum continet libruni Ambrosii de Virginitale, et quosdam
ejusdem sermones et alia ejus opuscula, et in fine, librum Augustini in
Enchelidion, Incipit in primo folio, in nigro : rrsi juxta celestis sententiam
veritatis»; in secundo : rrquia qui ab omnibus laudari potestn, et finit in
penultimo : (rquecumque ergo mandat ex.n.
103. Quintum continet librum Ambrosii de Paradiso, fonte ac flumi-
nibus , et ligne vite , et quamdam expositionem super librum Jesu Nave , et
in fine quemdam librum astronomie. Incipit in primo folio : «Plantaverat
autem Dominus Deus paradisum voluptatis»; in secundo : ffSpiritus deo
intulit mox contumeliam carnis invenit»; et finit in penultimo : rrla qui
habent caput superius et contraria eorum».
104. Sextum continet Apologeticon Origenis, Periarchon ejusdem et
XX onielias ejusdem super Lucam. Incipit in primo folio : ffCognoscende
veritatis amore permotus»; in n" : trprudens lector judicaverat obtineren,
et finit in penultimo : fret que sunt Dei Deo quorum».
105. Septimum est glosa ordinaria super Exodum. Incipit in primo
folio : ffb. Exodus grece exitus, vei egressus latine»; in secundo in textu :
«■forte multiplicentur», et finit in textu : frper cunclas mansiones suas».
106. Octaviun est Ysidorus in libre Ethimologiarum. Incipit in primo
folio tabule, in nigro : «De disciplina et arte», et in primo post tabulam
quod est sextum in ordine, in nigro : rrCum amici litteras, karissime fili,
suscipis»; et finit in penultimo : ftrotarum quasi carrum acutum».
107. Nonum est liber Ysidori de figmns Veteris Testamenti. Incipit in
primo folio : « Hysloriam sacre legis non sine aliqua pronunciatione » ; in ii" ;
ffciem abyssi quia delictorum ceci tas»; et finit in penultimo : ffdehacetate
Domino dicitur adolescentule».
108. Decimum continet librum sermonum beati Leonis pape et episto-
larum ejusdem. Incipit in primo folio, in nigro : ffLaudem Domini loquitur
09 meum»; in n° crquotiens nobis misericordia Dei» , et finit in penultimo :
tfsumpsit exordium in hac pro re».
109. Undecimum continet sermones beati Pétri, Ravennatis archi-
episcopi. Incipit in primo folio, in nigro : ffBeatus pontifex Petrus, Ra-
vennatis ecclesie»; in secundo : ffsensam genitoris largilas comprobavil»;
et finit in penultimo : «sciam copiosius magnus ingenio loco patri».
— 417 —
In latere inferiori :
110. Primuni volumen conlinel epistolas beati Cipriani. Tncipil in primo
foiio, in nigro : ffCipiianiis Gecilius primiis, Policarpusn; in secundo :
ffPetrus ad plebein loquilum; et finit in penultimo : fret tentationem cru-
ciamenla nunc sustinet».
111. Secundum continet epistoias Senece, tam ad beatum Paiilum quam
ad multos alios. Incipit in primo foiio : ffLucius Anneus Seneca Gordu-
bensis" ; in secundo : rf paraissent in agro Reatiiion ; et finit : rrcum intelliges
infelicissimos esse felices».
112. Tercium continet libros beati Bernardi abbatis de exhortatione et
consideratione , ad Eugenium papani, de aniore Dei, et deinde niullas epi-
stoias ejusdem. Incipit in primo folio, in nigro: ff Subit animum dictare
aliquid» ; in secundo : «post etiam delectabit» ; et finit in penultimo : «tua
meliorum erat quia«.
113. Quartiim continet libruni sancti Ysidori de vita vel obitu sanctorum
patrum; deinde iibris [sic) de geslis démentis episcopi, de disceptalione
Pétri cum Symone mago , continens decem libros particulares ; et in fine
epistolam démentis ad Jacobum. Incipit in primo folio, in nigro : « Adam
prothoplaustus et colonus paradisin; in secundo : «esse aiunt Hebrei»; et
finit in penultimo : ffaut proxima fuerit et hoc cum magna».
114. Quintum vocatur Corpus canonum, quod continet excerpta ex de-
cretis romanorum pontificum. Incipit in primo folio, in nigro : ffNotum
tibi facio, domine, quod Symon Petrus»; in secundo : ff pénis obtinet locum
quem quidam plurimum illi habent»; et finit in penultimo : ffoportebal
Christum pati et».
115. Sextum est liber sancti Cassiani ad profectum monacborum. In-
cipit in secundo folio libri, quod est quintum in ordine : frperfectus est
universis ita refertus»; in sequenti folio : trac monasticorura régula»; et
finit in penultimo : crmetuat me labefacteturi.
116. Septimum est liber Lactentii divinarum institutionum adversus
gentes, conti:iens septem libros particnlares. Incipit in primo folio : rrBu-
cardus solo nomine Wormaciensis episcopusn ; in secundo : « collegeram ,
quia michi soli canones facere non licet»; et finit: frquod ipse prestare
dignetur cujus regnum et imperium, etc.».
117. Nonum est responsio magistri Nicholai de Lyra ad quemdam Ju-
deiim. Incipit in primo folio : ffQueritur ulrum per Scripluras a Judeis
receptas»; in n" : crquanivis discrepent in figura»; et finit in penultimo :
fret Spiritus Sanctus sunt».
118. Decimum, post quedam metrica, continet librum de Unitate ac
— âlS —
Trinitate divina; deinde Lanfrancnm sine complemento, et postea Bedam
de figura taiernaculi , et vasorum et nlensilium ejus. Incipit in primo folio
post metrica , quod est quarlum in ordine : trScolarium nostroriini petitioni
prout possumus satisfacientesn; in ii° : «unde ipse a et «w dicitur, hoc est
principium et finis ^i; et finit in penullimo : fftestantur ipsa verba quibus
dicitur et missa agno.55.
119. Undecimum intitulatur Aldelinus de Egypticorum exemplis ad vir-
gines. Incipit in primo folio, in nigro : crReverentissimis Christi virginibus
omniumque dévote germanilatis n ; in secundo : rrconsortes superans vic-
torie palman ; et finit in penultimo : rreya, Christi tyruincule, sit michi pre-
sentis opusculi rata recon.î7.
120. Duodecimuni continet libros Anseïmi de mcditationil)us, et de
libero arbitrio, et de processione Spiritus Sancli. Incipit in primo folio,
in nigro : fpopus Deus, et misericors pater et bone Domine»; in secundo :
ffnulli tamen se negat, ergo Domine»; et finit in penultimo : rr quibus illi
de una cognatione».
ha est : G. Mathei. C. Maseline.
In septtmo pulpito sunl libri sequentes , in latere anteriori inctpiendo ut
supra :
121. Primum volumen continet sermones Aildredi et Guerrici abbatum,
Incipit in primo folio, in nigro : «Dileclo et diligendo, et cum omni devo-
tionis dulcedine»; in secundo : rmit misericorditer ut agnoscentur»; et
finit in penultimo ; frheu mihi quia cito».
122. Socundum volumen est in papiro, continens primo flores beati
Augustini in libro de civitale Dei, et postmodum aliquos traclatus juris.
Incipit in primo folio : tfChrislus natus fuit anno imperii Octoviani»;''in
quinte, quod est primum folium libri principalis : rr Prima veritas est que
illa disciplina»; et finit in penultimo : crnon ledere, unicuique jus suum
tribuere».
123. Tercium continet epistolas episcopi Cenomanensis, et Hugonis,
archiepiscopi Rothomagensis. Incipit in primo folio : ffDe conversione et
conversatione tua»; in secundo : ffCesarem in carminé Virgilium obstu-
pesco» ; et finit in penultimo : rrquia puniendum confessorem venerat».
124. Quartum est Gyrardus de divino officio. Incipit in primo folio,
in nigro : ffEa que per anni circulum ordine conslitulo»; in secundo :
frymnos.eisdem pêne convictos» ; et finit in penullimo : ffunde psahnista».
125. Quinlum continet Ganones ecclesiaslicos et constitula sancle ec-
clesie cathoiice. Incipit in primo folio: «Michi dalam prestantem»; in
— A19 —
secundo : «élaborent et si forte in semetipsis n ; et linit in penultimo : nnon
ex aposlolica traditione et ratio».
126. Sextum continet varios sermones super variis passibus Scriplure
sacre, inter quos miscentur etiain sermones de aliqnihus sanctis. Incipit in
primo folio : tfAspiciebam ego in visione noctis»; in secundo : frad audien-
dum sic tardi ad operandum»; et finit in penultimo : pf quia non suntnisi
duo diesn.
127. Septimum est Legenda aurea. Incipit in primo folio post labulam,
quod est tercium in ordine : trhoc suis mitis salutein ascriboretn; in se-
quenti : ffvel stelle dicuntur cadere» ; et finit in penultimo : «et cineres quia
cum hiis la.».
128. Octavum est liber Egidii de Roma de regimine principum. Incipit
in primo folio, in nigro : rrEx regia ac sanctissima prosapia»; in secundo :
ffquod non decet regiam majestatem» ; et finit in penultimo : ffreperiri non
poterunt».
129. Nonum est tractatus de virtutibus et viciis. Incipit in primo folio
post tabulam : rr Presens opus habet quinque partes principales » ; in secundo :
ffpersecutionis etdemoniace impugnationis» ; et finit in penultimo, in rnbro :
irdescriptio innocentie».
130. Decimum continet sermones sancti Cesarii, quedam excerpta de
libris Gregorii , benedictionarium , epistolas Fulberti episcopi , vitnm saijcti
Alexis et quosdam canones. Incipit in secunda colunqma primi folii, in
nigro : crin lectione apostolica que nobis paulo ante»; in tercio : frquoliens
exceplo desiderio»; et finit in penultimo : frexequeretur régis imperium».
131. Undecimum est liber sermonum , tam dominicalium quam de festis ,
editorum a fratre Jacobode Losana, Incipit in j)rimo folio, in nigro : frSiçut
in die lioneste ambulemus » ; in secundo : «in hyeme in conversione » ; et
finit in penultimo : rreadem distancia inter clamantem et».
132. Duodecimum continet epistolas Pétri Blesensis super Job , de con-
versione sancti Pauli et transfiguratione Domini. Incipit in priîno folio :
ffHenrico, Dei gracia , illustrissimo Anglorum régi» ; in secundo : (mon quod
sufficientes simus»; et finit in penultimo : ffccce visio Dei in hac autera».
In latere inferiori :
133. Primum volumen parvum est opus quoddam morale, procedens
secundum ordinem alphabeli, editum a quodam monacho Gisterciensi. In-
cipit in primo folio : rrAbsconditur malum a dyabolo»; in secundo : rrquia
causa dampnosa, Ecclesiastici x°» ; et finit : rrrevertere ad me dicit Dominus».
134. Secundum est liber de ecclesiaslicis officiis, editus a magistro Jo-
— 420 —
banne Boleth. Incipit in primo folio, in nigro : «In primitiva ecclesia pro-
hibiluni eiai«; in n" folio : rrvel sacerdos si episcopns non possit»; et finit
in penultimo : ffvel virginis feslum débet celebrarir).
135. Tercium est summa de virtutibus et viciis. Incipit in ii" folio : frsic
virtutum secundum Macrobium«; in secunda pagina quarti folii : tfcissum
a vili sepai'at qui preciositatem?! ; et finit in penultimo : fragitur de superbia
claustralium».
136. Quartum est liber distinctionum fratris Nicholai de Gorham , ordinis
Predicatorum. Incipit in primo folio : rrAbeuntium per bunc mundunm;
in secundo : ff caperent Jhesum in canonica Jude -n ; et finit ante tabulam :
(rad nuptias cum Domino Jhesu Gbristo. Amen».
137. Quintuni est Summa confessorum breviata. Incipit in primo folio,
in nigro : tfLicet doctores juris canonici» ; in secundo : trcens : Date micbi
hanc potestatem, etc.»; et finit in penultimo : frrenovans Salvator anti-
phonafl.
138. Sextum continet sermones , tam dominicales quam de festis -, deinde
tractalum quemdam de animalibus; deinde quemdam traclatum iiitilulatum
de natura et gralia-, et in fine quosdam alios sermones. Incipit in secundo
folio : ffmensuram fidei de n" Prov. 3^.n; in lercio ; rrde p° Sapientie. 9i.
Non est abus Deusn; et finit in penultimo : ffde biis miseris conditionibus
dicit beatus Bernardusn.
139. Septimum continet primo excerpta sanctorum doctorum, quod
opus intitulatur Pharelra; et deinde compendium iheologice veritatis, sep-
tem alios libres particulares continens. Incipit in primo folio, in nigro : ftln
conversionis mee primordio»; in tercio : frnit ut veritas sedet, ut equitas
dominatum ; et finit in penultimo : ffubi inventus sine senectute ubi».
140. Octavum continet librum Macrobii, tractantem de philosopbicis
et astrologicis ; deinde quemdam tractatuin , in minuta iittera , de re publica ;
postea librum epistolarum Yvonis , Carnotensis episcopi , principio et fine
carentem. Incipit in primo folio : cfCum in Affricam venissem, Amicio con-
8ulé« ; in secundo : ircorporeis custodiis liberaverit» ; et finit in penultimo :
ffquia clerici regulares ab hoc officio nec p.w.
141. Nonum continet librum Hugbaldi metricum, ad Karolum impera-
torem, et postea quosdam sermones beati Bernardi. Incipit in primo folio :
ffAurea lux mundin; in secundo : ffcum foret insignis principis Ausonici»;
et finit : ftet periclitatur continentia».
142. Decimum est liber Esmaragdi, qui inlituiatar Dyadeina mona-
chorum. Incipit in primo folio, in nigro : ffDe multorum diclis ortliodoxo-
rumn; in secundo : rmiorum qui sementibus bumanis jungit»; et finit ;
ffAmen. ExplicitDyadema monachorumn.
— 421 —
143. Undpcimum conlinet primo quasdam oraliones pontificales;
deinde compotum Dyonisii; poslmodum evangelium Johannis et excerpta
alioruin evangeliorum ; et fmaliter quasdam benedictiones pontificales. In-
cipit in primo folio : crVivo ego, dicit Dominusi; in if ; ffDeprecamur ut
liiis famulis luis»; et finit in penultimo : ffDeus per quem mulier conjun-
gitur viro et societas».
144. Duodecimum continet quedam de quibusdam virtutibus et quibus-
dam viciis, et deinde iibrum de passione sancti Dyonisii et suorum so-
ciorum. Incipit in secundo folio, in textu : rrDilectissimo fîlio Vuidoni
comiti humilis levita Alcuinus salutemn; in tercio : tfbeat in quo gau-
deatn ; et finit in penultimo : «dictis etiam missis ut».
145. Decimum tercium continet epistolam Hugonis, Rothomagensis ar-
chiepiscopi , ad episcopum Ostiensem , très particulares libros continentem.
Incipit in primo folio, in nigro : «rSaucte Romane ecclesie filio Alberico,
Ostiensi epi^copo»; in secundo, in nigro : ff mandat Dominus, obediat ser-
Yus», et finit in penultimo : ffcaritas autem infi.».
146. Decimum quartum est liber intitulatus de Doctrina cordis, in
parvo volumine: primo de cordis preparatione, secundo do cordis custodia ,
tercio de cordis apertione , quarto de cordis stabilitatione, quinto de cordis
ievatione et sexto de cordis scissione traclalus. Incipit in primo folio, in
nigro : «Preparate corda vestra Domino»; in secundo : ffseratis verbum
solacii»; et finit in penultimo : crnarraverunt micbi iniqui fabulationes».
147. Decimum quintum est liber distinctionum Mauricii, secundum
ordinem alphabeti procedens. Incipit in primo folio : ffCii-ca abjectionem,
nota qualiler in Scriptura»; in secundo : «quia quidam abscundunt ignem
luxurie»; et finit anle tabulam : fret precincti circa pectora zona aurea».
Ita est : G. Mathei. C. Maseline.
In ultimo pulpito sinistre partis, versus ostium, sunt libri sequentex, in
îatere inferiori versus ostium incipiendo , ut supra versus parietem :
148. Primum volumen continet epistolas Arnulphi , episcopi Lexoviensis ,
ad diversas personas; item commentum Calcidii super Tbymeo Platonis;
item Iibrum Fulgentii de grammatica ad Calcidium ; item Tullium de ami-
cicia et senectute; item Iibrum satirarum Persii, cum aliis multis et variis
opusculis. Incipit in primo folio, in nigro : cr Epistolas quas aliquando di-
versis»; in secundo : ffveritate procedens quanto fuerit dilatatus»; et finit
in penultimo : fret de virtute quidem dicitur hic dicere posteriorem vero».
149. Secundum est Bi[b]lia in métro, édita a Petro [Riga], dicta Au-
rora. Incipit in primo folio : irScire cupis, lector, quis codicis istius actor»;
— /i22 —
in secundo : rvel quare terra stat et aquamohilis« ; et finit in anlepenultimo :
ffqui carnem macérât, qui rerum culmen abhorrât.
150. Tercium continel Evangelia in métro. Incipit in primo folio : ffMa-
theus instituit virtuluni tramite nioresw; in secundo : cfvisus cum loti ser-
monis gratia plaçât»; et finit in penultïmo : ffulia sic invitis procerum
furor ocia serval».
151. Quartum est liber Gassiodori, qui intitulatur Variarum forrau-
larum. Incipit in primo folio, in nigro : frCum disertorum gratiam autem
communibus fabulis»; in 11° : ffligit eis dissimiliter filiuin»; et finit : crque
majestatis tue pietate fuerint segregata».
152. Quintuin continet quasi omnia opéra Oracii, cum glosa saltem
interiineari super singulis operibus. Incipit in tercio folio, iu nigro: ffOra-
cius Flaccus liberto pâtre natus»; in quarto : trutitur hoc metri composi-
tione»; et finit in penultimo : ffqui scis an prudens hue se dejecerit
atque»; et est volumen satis grande, coopertum corio albo, nuncupato
fftruine», gallice.
153. Sextum continet musicam Boecii, et Salustium in Catillinario et
Jugurtino. Incipit in primo folio : ffOmnem quidem perceptio sensum»;
in 111° : ffin principio igitur de mnsica disserenti»; et finit in penultimo :
fftunc postremo Sillam accersi jubet et ex illius».
154. Septimum est liber Marciani Capelle , continens novem libros par-
ticulares, quorum duo primi intitulanlur ffNuptiarum» ; et septem sequentes
sunt Artium liberalium. Incipit in primo folio, in textu : ffin quiem psal-
lentem thalamus quia matre camena»; in secundo : rrejus adilis sophia
defixerat», et finit in penultimo : ff prodire doctum ad probanda cultibus».
155. Octavum est similiter liber Marciani Capelle, magis caducus.
Incipit in secundo folio : rr attestabatur uxorum»; in tercio : ffuet secu-
lorum fortune urbium nationumque » , et finit in penultimo: frpoterit
nominari ille vero qui quartum id».
156. Nonum continet epistolas Senece, tam ad beatmn Pauium quam
ad umltos alios. Incipit in secundo folio : ffut traditionem factum non levi-
tate»; in tercio : ffavara tune solemnibus accjpe saxis»; et finit in penul-
timo : ffperceptum et salutare excidit».
157. Decimum continet multos libros, tam metricos quam epistolares,
Gaii Sollii Apolinai-is. Incipit in primo folio texlus quod est quartum in
ordine: ffCum juvenem super astra Jovem natura locaret»; in secundo:
ffimperii sedes sic plus precissa quod extas» ; et finit in prima pagina quinti
folii, versus finem : ffpocius exisse videatur. Vale».
— . A23 —
158. Undeciniuni continet conipolum Albrici, et deinde librum vene-
ral)ilis Bede piesbileri de lemporibus. Incipit in, secundo folio :, çrquod est
octo ut l"^ VIII vel oclies m.n; in tercio : ffsimilitudo non negligenda estn;
et finit in penultinio : «foblitus est et Egyptioruni".
159. Duodecimum continet multos libros Oracii, in mediocri volumine,
coopertum corio albo, sine asseribus. Incipit in primo foHo, in texlu :
ffMecenas, atavis édite regibus»»; in tercio : trturparunt bunieros in-
niodicc meron; et finit in penullijno : crue maie conditum jus opponatur
ut omnisn.
In parte supcriori ejusdem pulpitt :
160. Primum volumen est Suninia Britonis. Incipit in primo folio :
<T Difficiles studeo partes quas Biblia gestat»; in secundo : trislud exem-
plum ponit Priscianus»; et finit in penultimo : rrgiaira dicitur humor
racemi vinaciumn.
161. Secundum volumen est Catbolicon. Incipit in primo folio, in
nigro : ffProsodia quedam pars grammatice nuncupatur«; in secundo :
rrquia omnis diclio prime declinationisn; et finit in antepenultimo : crVul-
canalibus, id est festa Vulcani».
162. Tercium est Priscianus de arte grammatice. Incipit in primo
folio, in nigro : ffCum omnis eloquentie doctrinaniw; in secundo : ff dicta
est vel a vocando« ; et finit in penultimo : aet tanto quanto differt».
163. Quartum est liber Prisciani de constructione. Incipit in primo
folio, in nigro : ffQuum in ante expositis libris de partibus orationis«; in
secundo : rmiichi que me operuit, que me non suscepit» ; et finit in penul-
timo : rr prime persone et antepenullimar).
164. Quinlum est Boecius de censolatione, in veteri et caduca liltera.
Incipit in secundo folio : rr visa est mulier reverendi admodum vultus«;
in tercio : rr opère mederentur nunc veron; et finit in penultimo : rrquid
igitur inquies ex mea ne dispositionew.
165. Sextum continet libros Virgilii Geoi^icorum et Eneidos, Incipit
in tercio folio : rmec cityso snturantur apes nec fronde capellen ; in quarto :
ffquique salis largum celo dimittilis ymbrenn; et finit in penultimo:
rrsubsequor immensus labor sic fertilis idem».
166. Septimum continet libros Ovidii Fastorum , de Pontbo et de Arte
amandi. Incipit in primo folio : rrïenqiora cum causis latnm digesla per
annum»; in secundo : rret vetera nutu candida templa tuo^i; et finit in
penultimo : frnec taceant mediis improba verba vocis».
167. Octavum continet multos libros Oracii cum glosis super eisdem,
— fiV\ —
in volumine satis amplo, corio albo cooperto, cum asseribus. Incipit in
secundo folio libri, quod est quartnm in ordine : rrsive tu mavis eris-
sima [sic) ridensr»; in tercio : frnnnc et in umbrosis Fauno decet immo-
lare lucis»; et finit in penultimo : rrsed tibi stature deest corpusculum
non deest 11.
168. Nonum continet iterum libres Oracii, et preterea libj-os Juvenalis
et Persii satiricorum. Incipit in ii" folio : ffjam cytharea choros ducit Ve-
nus»; et finit in penultimo : ffcum pipere etpalimis venit nostrum sapere
expers» ; et est voiunien sine glosa , sed littere recentis.
169. Decimum est liber Stacii magni. Incipit in secundo folio : ffpulsat
inane soluni sevaque ita voce precatum; in tercio : crfulgurat hec vino
manus aéra verberal ydro» ; et finit in penultimo : frdignarique domos nec
tecta hostilia victor»,
170. Undecimum continet libros Glaudiaui magni, Bernardi Silvestris,
et Claudiani minons. Incipit in primo folio : ffPhebeo domitus Phiton cum
decidit arcu»; in tercio : rrest michi prodigium cunctis immanius ydris»;
et finit in penultimo : rrhostibus exposui rancis secura fruebar».
Duodecimum est Lucanus poeta. Incipit in tercio folio : fret concussa
fides et multis utile belium»; in quarto : frCesar ait partes quamvis no-
lente senalu», et finit in penultimo : . . .
ha est : G. Mathei. G. Maseline.
In sexto pulpito sinistre partis sunt libri sequentes, in latere inferiort inci-
piendo ut supra :
171. Primum voiumen continet librum naturalis hystorie Gaii Plinii,
libros septemdecim particulares continentem. Incipit in secunda columpna
primi folii : frattributa credimus arbores postean; in tercio : ff similitudine
quod maxime probatur»; et finit in penultimo : crproduntque vix quinto
annoreverti». Ex dono magistri Guillermi Auberi, canonici.
172. Secundum est Josephus hystoriarum Judaice antiquitatis. Incipit
in secundo folio, in nigro : rrsed dum terra ad aspectum non veniret»; in
tercio : «super quos alteros veniens»; et finit in penultimo : rrcum autem
quidam hiis Judeorum non iguo.n.
173. Tercium continet hystoriam ecclesiasticam , hystoriam persecu-
lionis Affrice provincie; Augustini de bono conjugali, de virginitate, de
professione viduitatis, de orando Deo; quosdam sermones ejusdem; expo-
sitionem ejus super epistolam ad Galatbas; Encheridion ejusdem, de gratia
Novi Testamenti, de cura agenda pro mortuis et de decein cordis. Incipit
in primo folio , in rubeo : cr Peritorum dicunt esse medicorum v ; in secundo :
— /i25 —
crparlem narrationis animam adjecissc conspicior " ; et finit in penultimo :
rrelemosinas fccit elsi pro Christiano". Ex dono magistri Ricardi Habardi.
174. Quartiim continet cronicas Eusebii Gesariensis '*' cum multis aliis
cronicis, et in fine de gestis Odonis, episcopi Baiocensis, primi liujus
nominis. Incipit in primo folio : fr Vêtus iste disertorum mos fuit ut exer-
cendi ingenii causa n; in ii" : frligneam poterit adverli»; et finit in penul-
timo : rrconstituit preterean.
175. Quintum est liber Bede de gestis Anglorum. Incipit in primo
folio, in nigro : frBeda, famulus Christi, piesbiter, hystoriam gentis An-
glorumn; in secundo : irorientalium Saxonum fidenm; et finit in penul-
timo : ffde ratione l)issextii.
176. Sextum est Orosius de ormesta mundi. Incipit in secundo folio :
(rpreceptis tuis parui, beatissime paler Augustinen; in tercio : ffhystorio-
graphis vel omissi vel ignoranti sunt»*; et finit in penultimo : ffgentes que
per Hyspanias consedissent».
177. Septimnm est liber Curcii Ruffî de gestis Alexandri Magni, con-
tinens novem libros particulares. Incipit in primo folio, in nigro : rrinter
bec Alexander ad conducendum ?i ; in ii° : trconspectum dédit et circumdato
vallo»; et finit ante tabulam : fforanisque memorie ac nomini honos ha-
beturfl.
178. Oclavum iterum est liber Curcii Ruffi de gestis Alexandri. Incipit
in secundo folio : «ruplis omnibus loris oraculi sorti»; in tercio : ffditum
stabile agmen vir viro»; et finit in penultimo : ffpreceplum est ut regio».
179. Nonum continet librum Baldrici archiepiscopi in hystoriam
Jérusalem; deinde Albinum Tribulum, in métro; deinde librum Johannis,
qui iulitulatur Trium logiarum, continens très libros particulares. Incipit
in secundo folio : rmon ignobili assidere vellet» ; in tereio : (rhonorificentius
non quia mullum»; et finit in penultimo : ffcum soleant jnores euntem
sacros».
180. Decimum est Valerius Magnus. Incipit in primo folio : ffUrbis
Rome exterarumque gentium facta»; in n" : rrexaminari videntur quia
numquamr»; et finit ante tabulam : ffjusto impendi supplicio coegit». Ex
dono magistri Guillelmi Auberi.
181. Undecimum continet Policraticon , de curialium nugis et vestigiis
phiiosophorum , cum tabula précédente; postea librum Boecii de disci-
plina scolarum; et in fine librum Vegetii de re militari. Incipit in primo
folio, in tabula : ffdelectatus in insigni opère Policrati» ; in n" : ff ystrionum
^'^ C'est le nis. i du chapitre de Bayeux.
— 426 —
et minoruin et de lurpiludine hujusmodi5», et finit : ffiiubiumque magni-
tudo vel S|lecies«.
182. Duodecimum est textus Sentcntiarum Pétri Loinbardi. Incipil in
secundo folio : rtcellentie conveniat nisi quia meliusii-, in m": asciam, etc.
liée non nominant opérai; et finit in penultimo : ffcum prophète adliuc
mor taies videns hec oinnian.
In latere superiori ejusdem pulpiti :
183. Primum volumen est textus Sententiarum Pétri Loinbardi. Incipit
in secundo folio , in tabula : ff refertur ad patrem et secundum qiiod datuni n ;
in tercio : fcquia iicet idem sit Deo velle«; et finit in penultimo: rrres-
pondit inter nos et vosn.
184. Secundum est prima pars lecture Alexandri de Hallis super quar-
tum Sententiarum. Incipit in secundo folio : crgratiam venientem poterant
esse necessarian; in tercio: fraccinctione gladii et ofïicium»; et finit in
penultimo: mion supponit nisi transitum».
185. Tercium est secunda pars lecture ejusdem domini Alexandri de
Hallis super quartura Sententiarum. Incipit in secundo folio : fret ita in
dormiente non esset prima»; in tercio : rrquia penitentia ut talis estn; et
finit in penultimo : frecclesiastico '-MMMMMa ne afflixis et«.
186. Quartum est quarlus Sententiarum sancli Thome de Aqnino. In-
cipit in II" folio: irrespectu ejusdem preterea in diffinitione generis»; in
tercio : rrdictu materiale elementum»; et finit in ultimo folio, post tabulam :
rrsatisfactionem ut dictum estr». De dono magistri Guitlelmi Auberi.
187. Quintum est Summa ejusdem Thome contra gentiles. Incipit in ii'
folio : ffdiose inquisitionis»; in tercio : «manifeste apparet»; et finit in
ultimo, ante tabulam : fcusque in sempiternum. Amenn. De dono prefati
Guillelmi Auberi, canonici.
188. Sextum est lectura Durandi antiqui super quatuor libres Senten-
tiarum. Incipil in secundo folio : frnec rationes contra argumentum adducte
possunt solvi^i; in tercio : ffsoni similes vocibus figtis^i-, et fHiit in penul-
timo : nsimphciter et ab aliis in plurali videtum.
189. Seplimum est secunda pars secunde Summe beati Thome de
Aquino. Incipit in primo folio : rrPost conimunem considerationcm d^ vir-
tutibus et viciisfl; in secundo : ffvoluntarie declinans in unam partenm; el
finit in penultimo, ante tabulam: crad tercium dicendum quia in majori
includitur minus w. Ex dono domini Ludovici de Haricuria, patriarche et
episcopi Baiocensis.
190. Octavum est textus Sententiarum Pétri Lombardi. Incipit in primo
folio, post tabulam, quod est nonum in ordine : fcVeteris ac nove legis
— /r27 —
€onlinentiam» ; in secundo : rrlocum epistole ad Gaiathasfl ; et finit in penul-
linio : rregredientur eniin electi non».
191. Nonum continet commentum Bernardi super Theodulum , Herme-
leni Tremegestum , Tullium de nalura deorum, Petronum, Apuleyum et
disputalionem Ciceronis super Thymeo Platonis. Incipit in primo folio :
ffDileclissimo filio suo sacrosancte Trajeclensis sedisn; in secundo : tttam
moruni quani scieutie honestale predilus» ; et finit in penuitimo : tfin oculo
rann. s. in eodem ioco unde soiet».
192. Decimum est liber Apulei, non completus, de deo Socratis. Incipit
in secundo folio : ffvulpes cursu, corvus volatu»; in ni" : «eternitas cor-
poris contagiones suaque nalura n; et finit ; «apud Hierapolim Frigie non
adeo ardui».
193. Undecimum continet commentum super Thopicam Marci Tullii et
super Predicamenta. Incipit in primo folio : fr Exliortatione tua, Vatrici,
rethorum peritissiinen ; in n° : rraliene scientie sécréta et iniari»; et finit in
penuitimo : frquod si etiam habet aliquis proprias speciesn.
194. Duodecimum est commentum Boecii super librura Peryarmenias.
Incipit in secundo folio : ffserulo homo sive omnino nicbilw; in m": rrliuic
namque non est satis«; et finit, in penuitimo : rripsorum quoque verborum
sensum eorum ordine persequemum.
195. Tridecimura est commentum Boecii super iibros Porphirii et Pery-
armenias. Incipit in secundo folio : rmiat qnam post gravitas moralis excer-
cealîi; in m" : rrvaleat bec introduction; et finit, in penuitimo : ffboc autem
nicbil differt taniquam sic dicamusn.
Ita est : G. Mathei. G. Maseline.
In quarto et in quinto ejusdem sinistre partis nundum sunt libri. In tercio
putpito :
196. in latere inferiori est una Biblia, in autiqua Uttera, in nii" volu-
minibus; primum volunien incipit in tercio folio : crfaceret. Iste generationes
celi et terre n; in mi'" : rrinterficeret oranis qui invenisset eumn; et finit in
penullirao : «voluminibus usque liodie anliquis ex».
197. Secundum volumen incipit in ni" folio : ffsopbim de monte
Epbraim » ; in nn*" : rrtestDeus, si autem in Domino peccaverit»; et finit,
in penuitimo : trEcce ego mittam vobis Helyam».
198. Tercium volumen incipit in secundo folio : ffanachites condixerant
enim, ut pariter»; in ui" : «qui raptim transit in convallibus » ; et finit in
penuitimo : «per voluntatem Dei ipsum benedicite».
— 428 —
109. Quartiim volnmen incipit in m" folio : crderunt ei et irruil super
rivilalemn;'in quarto : frqui dissipaverunt mandatum régis»; et fiiiil in
penullimo : aa nuptiarum agni vocali sunt et dicit«.
200. Quintum est liber medicine , intitulatus de regimine sanitatis ; in-
cipit in primo folio, in nigro : rr Prima pars vel consideratio sanitatis con-
servanden; in secundo : rreis possit membronim superfluitates»; et finit in
penultimo : rrvidetur urina subtilis et alba in fine febrium apostema».
In laterc superiori ejusdem tercii pulptti :
201. Primum volumen continet très antique compilationes Decretalium;
incipit in secundo folio, in textu : fftenere debeas»; in tercio, etiam in
lextu : ff omnibus preesse débet»; et finit in penultimo, in textu : rrcum
igitur ad sustenta».
202. Secundum continet libios Ysidori de sentenciis canonuni. Incipit
in secundo folio : ffAlexandrinus episcopus»; in tercio : trrequirit, obser-
vatisque januis» ; et finit in penultimo : ffconscienciam».
203. Tercium continet Summam confessorum , breviatam a fratre Guil-
lelmo Gayothyo. Incipit in secundo folio, in (abula : ffDe liospitalitate»; in
m" : ffDe impotencia coeun.»; et finit in penultimo, in tabula : ffsedicio».
204. Quartum continet collectarinm preceptorum synodalium ac sanc-
torum statulorum, tam ex sentenciis quam ex canonibus sanctorum patrum
a domno Bucardo, Wormaciensi episcopo, in viginti libros distributum.
Inci[)it in secundo folio : rftione et observatione eorum»; in ni° : ffde epi-
scopis qui contendunt»; et finit in penultimo : ffin abstinentia sint».
205. Quintum continet textum Decretalium sine glosa. Incipit in se-
cundo folio : tfuniversali approbante consilio»; in ni" : ffsociis suis»; et
finit in penultimo, in tercia columpna : ffoves comedit».
206. Sextum continet apparatum Gomposteliani super primo libro De-
cretalium, a litulo de summa Trinitale et fide catholica, usque ad titulum
de translatione episcoporum; item snmmani Gofredi super Decrelaiibus ;
item Decretum abbreviatuni; item libelluni Guillelmi de Mandago'to super
electionibus. Incipit in secundo folio ff revocaretur i. d. »; in tercio : ffut
pereat, ff. de rébus du.»; et finit in penultimo, in textu. in tercia co-
lumpna : ffqui hujus».
207. Septimum continet apparatum magislri Guillelmi Duranti super
volumen Decretorura. Incipit in secundo folio : ffnaturali quod quidam»;
in ni' : ffquomodo videlicet sagiltari»; et finit in penultimo : tfct in vigiiin
ni.».
208. Octavum est in papiro Gonsilia domni Joliannis Galderini et donmi
Galteriejusfilii sub congruis rubricis , et quedam recollecta domni Johannis
— A29 —
de Milis, solleninissimi advocati, secuiidum iitleias nlphabali. Incipit in
secundo folio, in tabula : rrusque ad suum IjeneplaciluiriTi; et in lercio,
etiam in tabula : «an nomiiiantesr»; et finit in penuitimo : rrobligare vide.".
209. Nouuni conlinet codicem imperatoris Justiniani satis antiquuni
glosatum , a primo iibro usque ad quarlum inclusive et a septimo usque in
linem. Incipit in secundo folio : ffomni modo ratas manerer»; et in tercio :
«et audientibusr) ; et finit, in penuitimo, in textu : trpars dimidiaw.
210. Decimum continet libelhim ordinis judiciarii domni Tancreti. In-
cipit in secundo folio : frsentenciam dare non potesti; in tercio : ffinter-
veniat scilicetn; et finit in penuitimo : rremptorem si».
211. Undecimum continet questiones dominicales et venereales domni
Bartholomei Brixiensis injure canonico. Incipit in secundo folio : ^p. 1. ni.
S ult. et in modo quod non possit alienari« ; et finit in penuitimo : «et in
e. ti.».
212. Duodecimum continet textum Decretalium cum Sexto Iibro sine
glosa. Incipit in secundo folio : ffut eis tani in presentia»; in ni" : rmiorata
non obstanle«; et finit in penuitimo, in tabula : «de majoritale et obe-
dientia».
Ita est : G. Mathei. C. Maseline.
In secundo pulpilo ejusdem sinistre partis , in latere inferiori :
213. Primum voluinen conlinet libellum magistri Guillelmi de Man-
dagoto super electionibus faciendis , cum apparatu. Incipit in primo folio :
ftVenerabili viro^i; in secundo : ffum negociis facienda»; et finit : «et for-
litudo in secula seculorum. Amen.».
214. Secundum est volumen Decretalium cum glosa ordinaria, per ca-
pita et signa, cum quibusdam Extravaganlibus. Incipit in primo folio, in
nigro : ffservus servorum Dei»; in secundo : ffsonam vita manifestius » ; et
finit : (rquerite regnum Dei et invenietisfl.
215. Tercium continet volumen Decretornm cum glosa, per capita et
signa. Incipit in primo folio, in nigro : ffnaturali jure^»; in secundo : «que
sementinam trahunt originemu; et finit : rremendatione indigent ad vicem
sui episcopi corrigat».
216. Quartum volumen intitulatur Directorium jurisin foro consciencie
et judiciali a fratre Petro Quesnel, ordinis fratrum Minorum, compositum.
Incipit in primo folio, in nigro : rrSi quis ignorât ignorabilur»; in secundo :
«qui gignitur spiritus sanctus^; et finit in tabula : rrCbristus et Cbris-
tianus, I. li., ti. nu. , S xxvi'».
217. Quintum continet Tabulam juris canonici et civilis secundum or-
dinem alphabeti, compositam a fratre Johanne Alamano, ordinis fratrum
Archéologie. a 8
— /i30 —
Minorurr(». Incipit in primo folio : frQuoniam sicut diciliir^; iii socundo :
ffcanonice subslituendis « ; et fmit : ffde fideicomissariis» S in heredcm'i.
218. Sextum conlinet Repertorium domni Pétri de Bracho secunduin
ordinem alphabeli. Incipit in primo folio, in nigro : rrReverendo in Gbrislo
patri»; in secundo : rrquod premissa cessant »5; et finit: ffdiaui facit» de
elect. licet S i. n.
219. Septimum continet duo Répertoria super Specuio judiciali. Incipit
in primo folio, in nigro : rrRevereudo in Ghristo patri»; in secundo : rrxcvi.
di. bene quidemn; et finit ; «S. i. x. quid ergo».
220. Octavum continet Spéculum judiciale a magistro Guillelmo Da-
ranti compositum. Incipit in primo folio, in nigro : rrReverendo in Ghristo
palri suoi; in secundo : rrneque previdere facile est«; et finit : rri. nuUus
episcoptisr).
In latere supcriori :
221. Primum volumen est liber Decretalium, satis antiquum, cum
glosa ordinaria, per capita. Incipit in primo folio, in nigro : ffepiscopus,
servus servorum Dein; in secundo : ffseu essentia Trinitatisn; et finit, in
textu : fffacere quis homagium compellaturn.
222. Secunduni conlinet apparalum domni Arcbidiaconi super librum VI.
Decretalium, et textum dicti VI. libri, cum glosa Johannis monachi. In-
cipit in primo folio : tfVenerabiiibus et discretis viris» ; in secundo : crprin.
ibi scribere»; et finit in textu : ffvoluntatem».
223. Terciura continet apparatum magistri Bernardi Gompostellani , a
titulo de summa Trinitate usque ad titulum de translatione episcoporum
inclusive; item summa de materia judiciorum possessoriorum a domno
Odone de Senoy, Minore ^'^ ; item distinctiones juris civifis domni Lam-
berti. Incipit in primo folio : tfprincipali bactenus ut loquar«; in secundo :
ff prebendarum et dignitatum»; et finit : «tenelur pater ut in 1. aile, quo-
ciens, etc.».
224. Quartum continet parvum Volumen juris civilis cum décima coila-
tione , cum apparatu glose ordinarie , per capita et signa. Incipit in prijno
folio: (flmperatoriam majestatem»; in seconde crjusticia est constans«; et
finit in tabula : ffDe statutis et consuetudinibus contra liber tatem ecclesie
editis».
225. Quintum continet Godicem domni Justiniani, cum glosa oi'dinaria,
per capita et signa. Incipit in primo folio , in textu : ff bec que necessario » ;
in secundo ; tf a Theodosio divine memorie« ; et finit in tabula : t? sentenciam
passis et restitutisn.
'" Gf. la notice sur Eudes de Sens, auteur d'une Summa de judiciis possenoriis ,
dans Y Histoire Uttè-aire de la France, tome XXV, p. 86-98.
— A31 —
226. Sextum contiiiet lihi'um Digesti novi, cum glosa ordinaria, per
capila. Incipit in primo folio, in nigro : ffhoc edicton; in secundo : «ioso
vel in publicon; et finit in textu : trabesse non potestn.
227. Septimuni est volunien Inforliati, cum glosa ordinaria, per ca-
pila et signa. Incipit in primo folio, in textu : ffdotis causai; in secundo :
ffdivorcium factuni esln; et finit in textu : «liminio non sit reversus».
228. Octavum volnmen est Digesti veteris, cum glosa ordinaria, per
capita; incipit in primo folio : rrOmnem rei publice»; in secundo : fracci-
pere eos sentimusn; et finit : rr maxime sit necessariumw.
229. Nonum continet Instituta donmi Justiniani cum glosa. Incipit in
primo folio, in nigro : frNon solum armis decoratam»; in secundo : ffdiffe-
rentia est» ; et finit in textu : fradventura estri.
Ita est : G. Mathei. C. Maseline.
In primo jmlptto ejusdem sinistre partis sunt lihri sequcntes , in latere infe-
riori incipiendo ut supra :
230. Primum volumen continet Decretales, cum glosa ordinaria, per
capita. Incipit in secunda columpna primi folii : frconcordia extra n; in
secundo : rfbonam placentes Deo»; et finit in penuitima linea : irpro spi-
ritualibus faceren.
231. Secundum continet apparatum Innocentii IlII super volumine
Decretalium. Incipit in secunda cohunpna primi folii : ffbatur secundimi
Abbatis consilium»; in secundo : ffcertificari»; et finit : frin priv. sit mihi
solamen divinus Spiritus. Amen.rt.
232. Tercium continet primam partem lecture Ostiensis , a I. libro De-
cretalium usque ad III. librum inclusive. Incipit in pi-imo folio : ffAd Dei
omnipotentis gioriam»; in ii" : ffsilia remanseruut « ; et finit : rfArchid. c.
f.8f.«.
233. Quarlum continet secundam partem lecture Osliensis , a III. libro
Decretalium usque ad V. inclusive. Incipit în primo folio : ffdebenl cle-
rici recte judicare» ; in ii" : «excédât c. aureos» ; et finit : rrcula seculorum.
Amen.»>.
234. Quintum continet primam partem lecture domni Henrici Bohic,
a I. libro Decretalium usque ad III. iibritm exclusive, cum tabula. Incipit
in primo folio, in nigro : (fVenerabilibus et discretis viris»; in ii" : irtales
ceteris paribus sunt scolaribus preferendi»; et finit in tabula : fffacie ad
faciem contemplatur. Amen, ».
235. Sextuni continet secundum volumen lecture domni Henrici Bobic,
38.
— A32 —
a 111. iibio Deere lalium usquead V. librum inclusive. Incipit in primo folio,
in lexlu : rrClerici arman; in secundo : fret pro hoc facit, j. desen. extra";
et finit : ffstal de Con. di. v. non mediocriter et vide ibi per Johannem».
236. Septimum est volumen Decretorum cum glosa , per capila, Incipit
in primo folio, in nigro : «duobus regiturTi; in secundo : rstatuimus ut
per septem ebdomadass; et finit in textu : ffuisi quod viderit patrem fa-
cientemn.
In lalere superiort :
237. Primum volumen continet primam partem lecture domni Henrici
Bouhic super volumen Decretalium , a 1. libro usque ad III. exclusive. In-
cipit in secuuda columpna primi folii : «nonnullas de dictis distinctio-
nibus»; in secundo : fraut minus bene tradidit»; et finit in penultima
linea : ffsecundum Osti. in.n.
238. Secundum continet secundam partem dicti domni Henrici Bouhic,
a III. libro Decretalium usque ad V. inclusive. Incipit in primo folio , in
tabula, in nigro : ffulrum et quibus personis lici. a; in n", etiam in ta-
bula : ff quorum clericorumn; et finit : ffv. non mediocriter et vide ibi per
jo.«.
239. Tercium continet Rosarium domni G. archidiaconi super volumine
Decretorum. Incipit in primo folio : ffReverendo in Christo patri suor; in
II" : ffparagraphum quasi divisio Scripturarum « ; et finit: ffseculorum se-
cula. Amen.».
240. Quartum continet volumen Decretorum cum glosa, per capita.
Incipit in primo folio, in textu : ffHumanum genus duobusn, in secundo :
ffaha célébra ntur»; et finit : anon potest filius facere quicquam, nisi quod
viderit patrem facientem n .
241. Quintum continet VI. librum Decretalium cum glosa Johannis mo-
nachi; item apparatum domni Archidiaconi super dicto VI. Decretalium;
item Clementinas cum apparatu domni Johannis Andrée. Incipit in primo
folio, in nigro : «Bonifacius episcopus»; in secundo : aet incertitudinem n ;
et finit in textu : crnon erit processus propter hoc irritandus».
242. Sextum continet apparatum domni Innocentii quarti super volu-
mine Decretalium. Incipit in primo folio , in nigro : ffLegitur in Eze-
chiele»; in ii" : «so in quantitate et qualitate«; et finit : ffde consue. in
prin.n.
243. Septimum continet volumen Décréta cum glosa ordinaria, per
capita, cum quibusdam Extravagantibus. Incipit in primo folio, in nigro :
ffGregorius episcopusn ; in ii° : ffFirmiter credimusn ; et finit : ff teneri nuUi
ergo, etc.».
Ita est : G. Mathei. G. Maseline.
— 433 —
Anno Domini in capile hujus inventarii prenotato, videlicet m'cccc"""
ocUiagesimo , die vero vicesima sexta mensis januarii, coram nobis Guil-
lelino Malhei et Clémente Maseline, apostolica et iniperiali aucloritalibus
publicis notariis, per venerabiles ac circunispectos viros in capile etiani
hujus inventarii prenominatos , Nicolaum Michaelis tune fabricarium , Guil-
lehnum Aubery, GuiHehnuin de Monasterio et Johannem du Bec, canonicos
ecclesie Bajocensis , ad hoc per ordinationem et maluram délibéra tionem
(japituli députâtes et comniissos , presens invenlarium in ioco librarie dicte
ecclesie fuit soUemniter recensitum ac de verbo ad verbum lectum , et com-
pertum est (piod in singulis j)ulpitis dicte librarie reposita sunt singula
Yolumina in série ejusdeni inventarii designata, et eo modo et ordine quo
in eo annotantur. Et jiro auctentica approbatione ac fideli testimonio pre-
missorum, ipse Michaelis, canonicus et fabricarius ecclesie, ul prefertur, a
nobis notariis prenominatis instanter petiit subsciipliones nostras in fine
hujus codicis per nos apponi, quod et tecimus sic, ut premittitur, requisiti
et rogati, presentibus venerabilibus viris domino Johanne Muriel et ma-
gistro Guillelmo du Chemin, dicte ecclesie vicariis, pro testibus ad pre-
missa vocatis.
Ita est : G. Mathei. C. Maseline.
àU —
III
INVENTAIRE DU TRESOR DE LA CATHEDRALE DE RAYEUX.
(1498)^^).
Inventayre du cousleur ^^^ de l'église de Baïeux, dont le cousteur a la garde,
appartenant à Johan Fouques, de présent serviteur dudit cousteur ^^\
Le inventayre des biens dont le cousteur de l'ëglise de Baïeux est garde ,
iceluy fait et rendu par missieurs Johan Lepoulletier et Pierre Selle, preb-
tres, servants à l'office de cousteur, le xx' jour de juillet et aultres jours
ensuivans, l'an mil un' ini" et dix-huit, en la présence de vénérables et
circonspectes personnes, maistres Andrieu de Saint- Just, chanoine de ladite
église en la prébende de Saint-Martin et fabriquier pour cete année, et
maistre Louys le Beauvoisien, chanoine de Tanys et maistre JeanBotin,
chanoine de Danvou , commis et députés de par le Chappitre à fayre ledit
inventayre ; auquel inventayre se sont présentés vénérable el discrète per-
sonne maistre Jehan Vaultier, prestre, grand cousteur de ladite église, et
missieurs Johan Vimarl, semblablement prestre, curey de Villy, et Pierres
Dallet, serviteurs dudit grand cousteur, qui recueillirent et prindrentla
charge des biens et choses dont cy après est faicte déclaracion.
Premièrement.
1. Une croix d'or, dont le baston est couvert d'argent, laquelle sert aux
processions ordinayres. [55.]'*^.
2. Item, une aultre croix, plus grande, d'argent doré, laquelle sert aux
festes solempnelles. [56,]
3. Item, une autre petite croix d'or, le croisillon est d"or et le sourplus
d'argent , à six cornières , et sert quotidiennement sur l'autel. [61.]
4. Item, troys pots d'argent, dont i'ung est doré et les deux aultres
blans. [70.]
("^ Ms. 9 00 (11) de la bibliothèque du Chapitre de Bayeux.
'^' La dignité de grand cousleur ou sacristain, qui était dès le \uf siècle une
servitude plutôt qu'une dignité, fut éteinte en i^ôi.
'■') On lit en note ; «Le cousleur a ia garde des ornemenlz et non le sieur
trésorier, et iuy sont baillés par le Chappitre et fabriquier. . .n (Le reste a été
biffé.)
'*' Le chiffie placé à la fin de chaque article rappelle le numéro des articles
correspondants de l'inventaire de 1476.
— /i35 —
5. Itéra, troys calices, deux dorés et l'autre de fin or, députe's h servir à
l'autel. [71-72-78.]
6. Item, une paix d'argent doré, qui sert ad osculum pacis. [7^.]
7. Item, une escalle d'argent blanc, dont il en deffault une porcion, qui
sert à mettre le sel pour l'eaue benoiste. [76.]
8. Item , une serre d'argent pour mettre les encens , avecques une quil-
lier. [78.]
0. Item, ung benoistier et resvipilion, le tout d'argent.
10. Item, deux candélabres d'argent ouvrés. [79-80.]
11. Item, quatre encensiers d'argent, dont le fabriquier est garde de
troys, et cousteur d'un seullement, qui sert à tous les jours. [82-88.]
12. Item, deux burettes d'argent, pour mettre le vin et l'eau. [84.]
13. Item, une bouyte de yvière, pour mettre le pain, sans couverture.
[86.]
14. Item, une pomme de laton, pour chauffer les mains. [87.]
15. Item, cornes de yvière [96.]
16. Item, trois aultres cornes de corne. [96.]
17. Item, ung œuf d'autruche. [97.]
18. Item, une dent de balenne, faitte en manière de poisson. [98.]
19. Item, ung casuble de drap d'or, en champ vermail; au derrière,
au plus hault, la représentacion de la Trinité, avecque tunique et dalma-
tique, fornies de estolles et phanons, sans aubes, amitz, ne paremens.
[160.]
20. Item, ung aultre casuble de drap d'or, à champ vermail, auvecque
tunique et dalraatique de mesme, sans estolles, phanons, ne paremens.
[161.]
21. Item, ung casuble, tunique et dalmalique, estolles, phanons, pare-
mens de aubes et amictz, de drap de damas blanc,.enrechy de plaisans flo-
rions d'or et de soye de diverses couleurs , auvecques trois aubes et troys
amitz, les orfrays d'or à ymages de broderie, à ystoires de Notre-Dame,
au casuble à simples ymages. [162.]
22. Item, un aultre casuble auvec tunique et dalmatique, estolles,
phanons , paremens de aubes et amictz , de drap de damas vermail figuré
de lui-mesmes ; au desrière du casuble est l'image de saint Paoul et au de-
vant l'image saint Pierre, fomy de trois aubes et troys amictz. [i63.]
— /i36 —
23. Item, ung casuble de drap d'or, de damas vermail figure', à orfraytz
de satin pbrs semé de fieuilles et brodes de broderie d'or, aiivec tuniq^ue et
dalmatique à orfraitz de satin pers et vermail semé de roses; deux estoUes
et deux phanons, dont il n'y a que une aulbe seulleinent. [i6/i.]
24. Item , ung casuble de veloux cramoisy, semé de papillons et fiorions
de broderie, enrechys de perles, auvecque tunique et dalmatique, sans
perles, sans estolles, phanons, sans aulbes et paremens. [i65.]
25. Item , un casuble de damas violet figuré , auvecque tunique , dal-
matique , estolles , phanons , chaintures , et paremens de aulbes et amictz ,
semées de treilles; d'or, et aux orfraitz du casuble de desrière l'Assomption
Nostre-Dame, à broderies. [i66.]
26. Item, ung casuble de damas blanc figuré, semés de pommes de pin
d'or, auvecque tunique, dalmatique, estolles, phanons, paremens de aulbes
et amictz, de mesme les orfraitz du casuble de broderie à ymage d'or, les
dyadêmes sontenrechis de perles. [167.]
27. Item, ung casuble de damas blanc figuré, auvecque tunique dal-
matique, estolles et phanons, et paremens de aulbes sans amictz, orfraitz
de tauelle, forny de trois aulbes. [168.]
28. Item, ung casuble de damas blanc figuré, doublé de satin vermail,
orfraitz à ymages de broderies, et au desrière est la représentation de la
Trinité, auvec tunique, dalmatique et orfraitz de mesmes, estolles et pha-
nons, sans aulbes et amictz. [169.]
29. Item, ung casuble de veloux noir, oi-fraitz à ymages de broderie
d'or, et au desrière a ung crucifilz, auvecque tunique, dalmatique, estolles
et phanons de mesmes, et les paremens des aulbes sont de damas noir.
30. Item , ung casuble de damas vermail , semé à testes et pies de oi-
seaulx d'or, orfraitz de broderie à demys ymages, auvec tunique, dalma-
tique, estolles phanons de mesmes, sans aulbes et amictz. [171. J
31. Item, ung casuble de baudequin vermail, auvecque tunique et
dalmatique et une aulbe seuUement, deux estolles et un phanon. [172.]
32. Item, ung casuble de satin vermail, à orfraitz de tauelle, auvec
tunique et dalmatique, sans estolles et fanons, qui sont fort usés et démo-
lis, sans aulbes et amictz. [173.]
33. Item, deux tuniques de satin vermail et le casuble de mesmes, en-
voyés à Nostre-Dame de Yvrande, sans aulbes, estolles, phanons et amictz.
[174.]
— A37 -.
34. Item, nng casuble, tunique, dalmaliquc, estolles, phanons, pare-
mens de aulbes et amictz, de satin jaune, à orfraictz et paremens pour les
tuniques, de drap d'or à champ vermail, et Torflraitz du casuble est de
veloux cramoisy, fournis de trois aulbes et trois amictz. [i yB. ]
35. Item, ung casuble de damas blanc figuré, doublé de cendal ver-
mail ou telle, auvecque tunique et dalmatique, doublé de chandal vert, et
paremens de drap d'or à champ vermail , deux estolies '*' el deux phanons
de mesmes, sans aulbes et amictz. [178.]
36. Item, ung casuble de damas blanc figuré, semé à paons rouges et
testes de oiseaulx d'or, auvecque tunique et dalmatique, estolles, phanons,
forny de deux aulbes et troys amictz. [179.]
37. Item , ung casuble d'autre damas blanc , auvec une tunique et dal-
matique, bien démolis et usés, sans aubes et amictz. [180.]
38. Item, ung aultre casuble de satin blanc, semé à estelles d'or, en
broderie, doublé de satin pei*s. [181.]
39. Item , ung casuble de satin pers , à orfrays à demys ymages de bro-
derie , auvecque tunique , dalmatique , estolles , phanons et paremens de
aubes de mesmes, fornitz de troys aulbes et troys amictz. [189.]
40. Item, ung aullrç casuble vieul, de baudequin pers, une estolle et
ungphanon. [i83.]
41. Item, ung casuble de drap d'or impérial, à champ vermail au-
vecque une tunique et dalmatique pers de baudequin , semé de oiseaulx et
léons, bien démolis et usés, sans aulbes et amictz. [18/i.]
42. Item, ung casuble de baudequin pers, semé de lièvres etconnins,
auvec tunique et dalmatique, estolles, phanons, fornis de troys aulbes et
troys amictz. [i85.]
43. Item, ung casuble noir, à orfrais de tauelle, auvec tunique et dal-
matique, sans estolles et phanons, aubes ne amictz, semés à oiseaux et
testes et pies d'or, et ont iesdites tuniques paremens de drap d'or, dit im-
périal, sans aubes et amictz. [186.]
44. Item , ung casuble de veloux noir, auvecque tunique et dalmatique,
de damas noir figuré , dont ledit casuble , qui estoit démoli et usé , a esté
prins pour réparer certaines chappes ; et ainsy allégué par ledit Poulletier
et Selle, et sans aulbes ne amictz. [188.]
45. Item, ung casuble de ostade noyre, auvec tunique, dalmatique,
^') On lit en marge : «Nota, qu'on a trouvé qu'une estoHe".
— /i38 —
estoles, ph'inons et paremena de aulbes de mesmes, dont ia tunique et dal-
matique sont à Saint-Salveur; et ainsy ailéguë par Le PouUetier et Selle,
et le tout sans aubes et amictz. [189.]
46. Item , ung casuble de neuf damas noir, à orfrays de tauelle , tunique
et dalmatique, estoUes et phanons, sans aulbes et amictz. (Nouveau.)
47. Item , deux manteaulx de oslade noyre, servons aux diacre et soubz-
diacre, au temps de l'Avent et de Karesme. [190.]
48. Item , six estoUes et six pbanons de drap noir de diverses sortes.
[191.]
49. Item, une estoile et quatre phanons ^^^ de ostade noyre, doublés de
bougrant rouge. [192.]
50. Item, deux estolles et troys phanons de veloux violet, doublées de
chandal rouge , dont deux des phanons sont en doubles et doublés de telle
perse. [igS.]
51 . Item , une tunique et dalmatique de satin blanc , à l'usage de l'é-
vesque quant il célèbre in pontifcalibus. [19^.]
52. Item, douze tuniques, quatre nefves, du don de monsieur le Patri-
arche, et quatre vieulles de damas blanc, et quatre vermailles de damas,
le tout h l'usage des enfans de cueur. [198 et 197.]
53. Item, une aulbe et ung amict et parement de veloux pers, semé de
branches de or de broderie, servant au chantre quant il officie. [196.]
54. Item , deux aubes qui servent à l'acolite aux festes solennelles, parées
de damas blanc à œuvre de broderie. [198.]
55. Item, troys aultres aulbes, parées de drap vermail, à ymages de
broderie , auvec troys estolles , troys phanons et troys amictz de mesmes ,
et nichilper totum in isto articula. [199.]
56. Item, huit aulbes et huit amictz, sans paremens, servans aux jours
sans festes , dont l'en a prins six desdites aulbes et paremens aax chappelles
cy devant nommées et une employé pour réparer les aultres: ainsy n'est
en cete article qu'une aulbe. [200.]
57. Item, pour servir tant au grant autel qu'à l'autel de desrière, y a'^^
doubliei's, dont les aucuns en la plus part sont démolis et usés, et de petite
estimation. [201.]
58. Item, ung estieu de drap d'or, à champ vermail, et dedens a unze
('^ On lit en marge : «tNola, qu'on n'a trouvé que deux fanons».
^*^ On lit en marge : «Le nombre h'y est pas».
— /i39 —
pères de corporeanx bien excellens , de très-fine telle , du don du Patriarche.
[202.]
50. Item, ung aultre estieu , couvert de drap vert, et dessus a un aignel
en broderie et dedens neuf pères de corporeaux de telle moienne. [aoS.]
60. Item, ung aultre estieu, couvert de veloux vermail, semé de pa-
pillons, sans corporeaux. [20^. J
61 . Item , ung aultre estieu bien caduc , et dessus est l'image de Saint
Jehan, et dedans quatre payre de corporeaux de telle moïenne. [200.]
62. Item , ung corporalier, de drap de damas blanc , couvert de perles ,
trouvd au Trésor, auvecque les nouvelles reliques, sans corporeaux. [206.]
Enfin les chappes communes gardées en revestiayre, servantes moiennes
/estes et aultres jours.
63. Premièrement, v. chappes, <le drap damas blanc figuré, à orfrays
sans ymages, réservé celle du prestre. [207.]
64. Item, cinq chappes de damas blanc figuré, k orfrays de lauelle,
fort esportées et usées. [308.]
65. Item, deux chappes, de satin blanc, bien démolies et usés. [209.]
66. Item, vn. chappes noyres neufves, de damas noir, figuré de luy-
mesmes , doublées de bougran rouge , et celle du prestre à orfrays de bro-
derie à quatre ymages. [210.]
67. Item , deux chappes de veloux , ^'^ est fête mention. [211.]
Nihil tradiderunt in tsto [articulo].
68. Item, deux chappes noires, de ostade, ^*' réparées, à orfrays
de tauelle nefve, assé estraite. [912.]
69. Item , quatre chappes , de satin vermail , doublées de bougran pers ,
à orfrays de tauelle. [218.]
70. Item, cinq chappes, de damas vermail figuré, doublées de bougran
pers, dont celle du prestre est à ymages de broderie. [2 14.]
71 . Item , cinq chappes de baudequin vermail , semé de oiseaux , à pies
et testes d'or, doublées de bougran pers, à orfrays de tauelle, et celle du
prestre à ymages. [ 2 1 5. ]
72. Item, une chappe de damas pers, à orfrays de broderie, semées de
^'^ Le parchemin a été rongé à cet endroit.
W Id.
— /i/jO —
branches et de Jésus Maria, ot, au chapron, ung ymage de Nostre Dame.
[917.]
73. Item, quatre chappes de satin jaune, à orfrays de tauelle, doublées
de bougran pers, [918.]
74. Item, troys chappes de drap pers, semé à plumes de paon, orfrays
de tauelle, doublées de bougran pers, dont des troys en furent fêtes deux.
Recours au livre. [219.]
75. Item, deux chappes de satin vermail, fort usées, a orfrays de tauelle,
dont les deux l'en a fait une, qui sert à l'acolite. [220.]
76. Item, quatre chappes petites, de salin vermail, à Tusage des enffans
de cueur. [921.]
77. Item, troys chappes, une blance, l'autre noire, et l'autre rouge,
à l'usage de le acolite, dont on ne trouve riens fors que la noire, qui a
esté employé pour fayre deux banquiers. Recours au livre. [299.]
78. Item , audit revestiayre a ung piengne de yvière , qui peut à une
chaîne d'argent. [aaS.]
79. Item , une petite bende de orfrays , ouvray de broderie de or, ori il
a figuré huit chimères de singulière fachon. [294.]
80. Item, deux autres chappes de damas pers, à orfrays de veloux ver-
mail, enrechis de solail, et, au chapperon, deux ymages de Nostre-Dame,
de nouvel faittes. [9 25.]
Enfin ensuivent les ■paremens , servants à l'autel aux /estes soIempneUes.
81 . Premièrement , ung parement d'autel de satin pers , semés de estelles
de broderie, et, au milieu de l'ung d'eux, a ung cruxifiement , et à l'autre
est l'image Nostre-Dame^^^ [996.]
82. Item, ung aultre parement d'autel, de damas blanc figuré, doublé
de bougran rouge. [928.]
83. Item, deux aultres paremens d'autel, de veloux vioUé, semés à
solaix de broderie; à l'ung est l'image Nostre-Dame. [999.]
84. Item, ung fronfel pour atachier au bort du doublier qui [couvre]
l'autel, de satin violet, semé de fieuUes de or, doublé de bougran pers.
[23l.]
^•^ H y a deux parements au lieu d'un, comme l'indique l'article.
— àà\ —
85. Item, un aultre frontel fie drap d'or, enrechy de broderie à ymages.
86. Item, uiig aultre frontel de veloux cramoisy, doublé de bougran
pers. [933.J
87. Item, ung drap de baudequin, député à couvrir la chayre de
l'évesque, quant il fait l'office de la messe, brode de satin. [286.]
88. Item, ung parement pour mettre desrière l'autel, soubz le trefet
l'autre contre l'autel, avec un frontel à frenges de soye, le tout de damas
blanc, brochié d'or et de florions de soye de diverses couleurs; du don du
Patriarche. [2 35.J
89. Item, ung aultre, d'or impérial, à champ pers, député h paroir la
chayre du prescheur. [287.]
90. Item, ung aultre drap de baudequin à champ vermail, brodé de
satin jeaune, fort démoly et usé. [288.]
91. Item, ung auitre drap de baudequin à champ variable, bordé de
Irenge de soye , variée de veii et rouge, servant à fayre le velle, quant ont
fait le cresme et à la procession du Saint-Sacrement. [289.]
92. Item, ung aultre drap de soye, bien linge et à railles de diverses
couleurs, lequel est bien plaisant. [2^0.]
93. Item, deux draps de baudequin fort usés, députés à mettre sur les
scabeaux quant on porte les fiertés. [ 2^ 1 . ]
94. Item, ung aultre parement [de satin] battu d'or, fait à ymages à
champ vermail , fort usé et demolly , qui est au coffre de la fabrique , et
non à la garde du cousteur ^''. [2/48.]
95. Item, deiLx petites cortines, pour couvrir en Karesme le sacrayre,
l'une vieulle et usée, et l'autre est neufve, de damas blanc, semée de fleurs ,
de croix, de lys. [a/i^.]
96. Item , quatre petis banquiers de baudequin , doublé de ostade noyre ,
pour couvrir les coffres du cueur, sur quoy se soient les chappiers , usés
et cassés. Ntchil. [2^5.]
97. Item, deux coussins de satin vermail, batu d'or. [2/16.]
98. Item, deux auitres de veloux vert. [247.]
99. Item, ung aultre de satin jeaune. [248.]
100. Item, ung aultre, plus long, de drap d'or, à champ noir. [2^9.]
(') Cet article est biffé dans i'originai.
— U2 —
101. Itf|m, cinq aultres pelitz vieuix coussins de diverses couleurs.
[95o.]
102. Item, quatre aultres petis coussins, servans à l'autel pour porter
le livre des Evangiles, [aôi.]
103. Item, une couverte pour l'image Nostre-Dame et nu petites pour
les quatre images de qnatre Docteiu's de dessus l'autel , et six pour les six
Angelos, pour les couvrir en Karesme. [962.]
104. Item, une banière, de damas pers, où sont les armes de France,
et est tendue devant le crucifilz. [268.]
105. Item, une banière neufve, de satin pers figuré, semé de fleurs
de lys, et, au miilieu, l'image Nostre-Dame. [269.]
106. Item, une aultre vieuille banière à ymages de part et d'autre.
[970-]
107. Item, une vimple pour parer l'image Nostre-Dame, brodée, aux
boutz et costés, de frenge de soye. [971.]
108. Item, une chayre pour le prélat, à quatre pommes de cuyvre
doré sur les quatre membres. [972.]
109. Item, WMMMi servantes à porter Dieu au Sacrement. [278.]
110. Item, une yniage Nostre-Dame, auvec bendes et rays de solail
non assemblés, le tout de riche broderie de or. [27/1.]
111. Item, un capitel fait pour couvrir le sacrayre, de satin pers, semé
h soleilz de broderie, et, en miilieu, un plus grant. [275.]
112. Item, troys sydones de taffetas, servantes quotidianement aux
messes, l'une blance, l'autre pers, et l'autre noyre, et servent à l'acolite
pour tenir la patène. [276.]
113. Item, une courtine faitte pour vestir et couvrir la painture de
devant l'autel et les deulx boutz , faitte de telle blance fort déliée , bordée ,
par le bas et par les fentez , de frenges de soye de diverses couleurs , et par
haut atachée à ungbort de . . . , (s«c), auquel sont atachées les anèles,
pour couvrir et descouvrir ladite painture. [277.]
114. Item, au dessus de ladite cortine , a un frontel de damas violet,
enrechy de broderie d'or, de /esMs-Mfflr/rt, fleurs de liz, petiz soleiz, crols-
sans, bordé par bas, de frenge de soye de diverses couleurs. [978.]
115. Item, ung petit parement de taffetas noir, où il a un hsns, en
painture, de or, coulant soubz ledit frontel et devant ladite cortine
blance, lequel se estent au milieu dudit autel. [379.]
— 443 —
116. Item, une aulLre corline, tant devant que aux boutz, de taffetas
noir, pour servir depuis le jour dez Mortz jusques à Pasques. [280.]
117. Item, un parement de veloux viol(5, brochié d'or, servant, au joui'
du Sacrement, apportter sur le corps de Jesucrist. (Nouveau.)
118. Item , troys^'> paiemens de telle noyre, servans pom- mettre devant
l'autel en Karesme. (Nouveau.)
('^ On lit en marge : «Nota qu'il n'y en a que deux».
— Ixk'-x —
lY
Requeste présentée par le clergé de Bayeux , eu l'an M V'LXIll , anx com-
missaires pour l'élal de paix ''^
Gy sont les articles que pre'sentent les seigneur Evesque, Ghappitre et
Glergé de Baieux à vous Messieurs les Gommissères députez par le Roy
nostre sire , pour estre par vous veues et delibe'rées afin leur eslre sur le
contenu en iceulx pourveu ainsy que adviserez par justice et raison.
Premièrement, viron le douziesme jour du moys de may mil v" soixante
et deux , les sieurs d'Agneaulx , de Golumbières , de Briqueville , avec grand
nombre de gentz portantz armes , tant de ceste ville et la ville de Gaen que
de Sainct-Lo et aultres lieux, soy-disantz de la Relligion réformée, apprès
avoir assiégé et prins le cliasteau de cesle ville de Bayeux, avec grande
furie, entrèrent en l'église cathédral dudict lieu, à son de labour, en la pré-
sence de Monsieur le vicomte Artur et l'advocat du Roy audit lieu Les-
calley et du Ministre. En laquelle églize, ils rompirent, démollirent et
abastirent les autelz, y mages, coffres, bancz, tables, sièges, huys et fe-
nestres, ferreures, gontz, pentures et clostures de fer et aultres ferailles;
prindrent, rompirent et déchyrèrent, bruslèrent, pillèrent et emportèrent
grand nombre de chappes, chazubles, tunicques et dalmaticques, calices,
jouyaulx et argenteryes, linge et aultres choses servantes à la célébration
du divin service, d'autant qu'ilz en trouvèrent en ladite églize; réservé les
quatre châsses et quelques aultres reliquières estantz au Trésor, duquel
iedict sieur de Golumbières s'est saizi des clefz ; réservé aussy les orgues ,
les chaires et coronne pendante devant le crucifix, la table de marbre
estante et servante pour grand-autel, ausquelles choses ilz ne louchèrent
par la promesse et réservation qu'en avoyent faicte lesdicts sieurs de Go-
lumbières et Agneaux à Monsieur de Baieux [Gharles de Humières de Pi-
cardie], devant que d'entrer en ladicte églize.
Item, que Iedict jour et à l'instant, les dessusdicts, par force, rompirent
les huys du lieu auquel estoyent les lettres, cliartres, papiers, journaulx,
cartuières, tiltres et enseignementz concernanlz les anciennes fondations,
bien et revenu de ladicte égUze; desquelles lettres, cliartres et enseigne-
mentz ilz prindrent et emportèrent grande partye , et le reste ilz le brus-
lèrent et firent si grand feu qu'ils prinst en la maison et aultres lieux cir-
convoysins.
Ledict jour après médy furent descendues du Trésor les dessusdictes
quatre châsses , dont l'une estoyt couverte d'un costé et des deux boutz
(') Bibliothèque du Chapitre, nis. 199.
— m —
d*or el l'^aultre coslé d'argent dorée , et enrichie de grand nombre de perles
et pierreryes, el les (roys aultres couvertes d'argent dorées et enrichies
de pierreryes et quelques aultres biens et jouyaidx , présence desdicls sieurs
de Columbières et par son commandement; présence aussy dudict seigneur
viconte et de ses lieutenanlz général et parliculyer et dudict sieur advocat,
et portées en la maison dudict sieur évesque, dont fut faict inventaire.
Ensemble de deux licornes, la table de l'autel, d'argent doré et de plu-
sieurs reliquières, croix, tant d'or que d'argent, calices, mistre, croche,
candellabres, une représentation d'un Salvateur, couvert d'or lin et enrichy
de grand nombre de pierreryes et aultres biens et jouyaulx, mys pour lors
en la présence dudict sieur évesque et des dessusdicts , entre les mains d'au-
cuns des olliciei-s et principaulx bourgeoys de la ville; et dudempuys par
eulx représentez et miz entre les mains de Monseigneur le duc de Bouillon
suyvant son voulloir et commandement.
Plus, sur la sommation et interpellation faicte le mercredy ensuyvanl par
lesdicts officiers audict sieur évesque , ou son vicaire , et à aucuns delléguez
du Ghappitre de dire et déclarer s'il y avoyt aultres biens en ladicte églize
([lie ceulx contenuz audict inventaire, fut dict et desclairé auxdicts sieurs
olficiers par lesdicts delléguez du Ghappitre que le grand cousteur d'icellc
églize, ses gentz et serviteurs et aultres personnes commys à garder ladicte
églize, avoyt mys et retyré en quelque lieu secret, près ladicte églize, plu
sieurs jouyaulx, comme livres coupverlz d'argent, un encensier, deux can-
dellabres, une paix, un plat, une croix d'argent dorée d'or et aultres chozes
servantes ordinairement au service de l'autel, et le tout d'argent, avec plu-
sieurs chasubles, lappisseryes, chappes, parementz de drax d'or, de vel-
iours et aultres sortes de soyes; un paille avec les pendantz , le tout de salin
cramoisy viollet, bordées de passementerie d'or, à grandes frenges de drap
d'or et fil de soye cramoisy ; laquelle frenge dudempuys a esté recongneue
en la maison dudict sieur grand doyen de cesle ville après le parlement de
Jehan Lehuey, soy-disant pour lors capitaine desdicls de la Relligion pré-
tendue réformée, en cesle ville, et en cesle qualité occupant ladicte maison;
grande quantité de linge tant aulbes, doubliers, servièles et aullre hnge
nécessaire pour servir en ladicte églize, suyvanl le mémore et billet sur
ce fait. Duquel lieu fut délibéré par lesdicts sieurs officiers faire oupverture
pour mettre les chozes dessusdicfes en évidence et en faire inventaire; ce
qui ne peult eslre faict ledict jour, pour la breveté de l'heure, et différé au
lendemain qui estoyt le jeudy. Auquel jour de jeudy n'y fut encore procédé
[)ar lesdicts officiers pour plusieurs empeschemenlz h eulx survenuz ainsy
qu'ilz disoycnl.
Néanlmoins plusieurs inslances el dilligences sur ce faictes par lesdicts
sieur évesque el du Ghappitre, el la nuict ensuyvanl, ledict lieu secret et
musse fui oupverte et les dessusdicts biens et cliozes y estantes prinzes,
pillées et emportées , d'autant qu'il y en avoyt de valleur et prix , dont il y
Archéologie. 99
— àà6 —
a procès vp-bal et informaliou faicte, ou conmiencée à faire, |iar lesdicls
sieurs viconte et officiers; ce qui n'a peu estre poursuyvy par iesdicts du
Ciiappitre, obstant les troubles et force desdicls de la prétendue Relligion.
D'avantage, lors ou le lendemain, par délibération et conclusion prinze
par ledict sieur de Golumbières , leur Ministre et aultres de ceste ville de
ladicle prétendue Relligion et à leur stipulation, ledict sieur évesque fut
sommé et contrainct avec force de vuyder de sa maison et évescbé dedans
vingt-quatre heui'es, de sorte qu'il fut contrainct promptemcnt s'embarc-
quer sur la mer au havre de Port, près de ceste ville de deux lieues '''.
Néantmoins que en précédent ilz se fussent assaisinez de dix des meil-
leurs cbevaulx dudict sieur évesque, et dont ils sont encore saisyz. Et à
l'instant du partemeat dudict sieur évesque, Jehan Lhonorey '"^ dict Jacob,
maistre de La forte main de ceste ville, osta par force et tyra des mains de
la femme maistre Michel Vérité, concierge et garde des prisons dudict sieur
évesque, demeurant pour lors en la maison épiscopale , les clefz d'icelle
maison épiscopale. Lequel La forte main print de son auctorité et fist em-
porter toutes les provisions de ladicte maison épiscopale, tant foin, fagotz
que gros boys et plusieurs meubles ; et desquelles clefz il est toujours de-
meuré saisy, jusques à ce (ju'il eust le tout emporté de ladicte maison.
Depuys ledict tempz Iesdicts du Chappitre, leurs officiers et commyz
ont esté privez de l'entrée de ladicte églize, les clefz d'icelle baillées audict
Jehan Jacob, maistre de Ladicte forte main, desquelles il s'est tenu pareil-
lement saisy jusques à l'entrée du moys de septembre, que nouvelles arri-
vèrent de Monsieur le duc d'Estampes. Pendant lequel temps il s'est faict
en ladicte églize grandes pilleryes, démolitions, abbastementz , rompementz
des orgues et parties des chaires ; rompu et emporté la plus grande partie
des tuyaulx desdictes orgues; abbastu une grande coronne de cuyvre dorée,
estante devant le crucifix , en laquelle y avoyt grand nombre de lames d'ar-
gent; levé les tombes et sépultures de cuyvre, desterrey les corps des mortz
et signantement le coi'ps du défunct Patriarche de Harcourt, estant dedans
un cercueil de plomb ; et emporté les biens de la fabricque comme grand
nombre de panniers pleins de verre de diverses couleurs, plombz, cordes,
cables, furains, poullyotz et aultres instrumentz et meubles requis et né-
cessaires pour l'entretenement et réparation de ladicte églize.
Plus, audict tem])s (|ue l'onprocédoyt à faire ledict inventaire, présence
dudict sieur de Golumbières , desdictz officiei's et de leur Ministre, fut faict
^^1 Mézeray s'est donc trompé quand il a dit que cet évêque s'embarqua à Gaen ,
lors de cette révolution. (Hiit. génér. de la France, t. III.)
('' Ce Jacob Lhonoré, «surnommé la forte mainn , du nom de son auberge sise
rue Saint-Malo, qui avait pour enseigne une forte main, s'était fait associer en iSio
avec Charlotte, sa femme, dans la (Confrérie de la Sainte Vierge, fondée en l'église
de Saint- Patrice de Bayeux; il embrassa, depuis, la Réforme. {Registre de Saint-
Patrice^ )
inventaire des libvres eslanlz eu la librairye de iadicte églize , et de quelques
ornementz de peu de valleur d'autant qu'il en est demeuré et qu'on en
avoyt lessé en iadicte musse; iesdictz libvres niys en l'éveschë et iesdiclK
ornementz avec aultres libvres servantz à la célébration du divin service
mys en la maison de la ville. Lesquelz libvres de la libi'ayrie mys audict
évesché ont esté, dudempuys, les unz pillez et desrobez et les aultres
bruslez, rompuz et dépecez avec plusieurs lettres, chartres, tiltres et ensei-
gnementz appartenant audict sieur évesque.
Dudempuys lequel temps, et viron la my septembre ensuyvant, suyvanl
le commandement dudict sieur d'Estampes, apprès avoir encommencé la
célébration du divin service avec grandz frayz et despense pour avoir res-
tably, dressé et remys les chozes nécessaires, avoyent continué à foire le
divin service jusques au quatriesme jour de mars dernier, néantmoins que
la ville eust esté assiégée quinze jours précédentz.
Depuys lequel jour ledict sieur de Golumbières, avec grand nombre de
soldardz et geniz de guerre , avoyent par force rentré en ceste ville , raesme
dedans Iadicte églize , néantmoins la composition faicte de ceulx de la ville
avec monsieur l'admirai '''; et abbastu, dégradé et bruslé tout ce qui avoyt
esté réparé, raccoustré et approprié pour la célébration du service divin;
prins, apprébendé, et tué plusieurs prebtres et personnes ecclésiastiques,
les aultres arrançonnez, bastuz et oultragez, lyez et garrotez, traisnez
parmy les rues , la corde au coul , leurs biens meubles et provisions pillez
et desrobez; leurs maisons, tant dudict sieur évesque que desdictz du
Ghappittre desvallizées, ravagées, rompues et démollyes, buys, fenestres,
croisées , grilles de fer, serreures, ferreures, gontz, pentures et aultres
ferailles , tellement qu'ilz ont rendu bonne partye desdictes maisons inha-
bitables.
D'avantage, en quelque lieu secret de l'une desdictes maisons de l'un
d'iceulx chanoines avoyt esté retyré quelque nombre de chappes et orne-
mentz de drax d'or et vellours cramoysy, grandement enrichies d'orfrayz ,
lesquelles ont esté prinzes par force et emportées par aulcuns , qui les ont
applicquées à leurs usages et en ont faict des mantheaux, tours de lict,
doublé des chausses, robbes de nuict, tyré des lingotz et faict faire des
chaisnes de grand prix et valleur.
Plus , iceulx ou aultres ont par force et violence entré dedans l'une des
chambres de la maison de ville , en laquelle avoyt esté mys par inventaire
quelques biens de Iadicte églize , et ont prins et emporté une tapisserye de
grande valleur, qu'on avoyt accoustumé mettre aux festes solennelles à l'en-
tour du chœur de iadicte églize. Avec ce priudrent plusieurs chappes,
ornementz et aultres biens ainsy qu'il appert par l'inventaire qui en avoyt
esté faict.
W L'amiral de Coligny, qui était alors à Caen.
39.
— M8 —
Apprès (le département duquel sieur de Golumbières et ses Iroppes , au-
cuns des habitantz de ceste ville sont demeurez saisyz des clefs de ladicle
églize, et abbastu entièrement et démolly le pepiltre de ladicte ég-lize,
faisant la séparation du chœur et de la nef, et mesme ont abbastu le boys,
soutlletz et l'este desdictes orgues.
Ont abbastu et rompu le reste desdicles chaires, grand nombre de
viltres et démolly plusieurs pilliers, murailles et clostures d'icelle églize.
Plus, ont prins de ladicle églize, pillé et emporté, tant de jour que de
nuict, cofli-es, armaires ausquelles on avoyl accoustuméde mettre et retyrer
les chappes, ornementz et aultres biens de ladicte églize, et grande quantité
de boys provenant des aultres coffres, tables et sièges et clostures des
chappelles, que mesme des orgues d'icelle églize du précédent par eulx
rompues.
D'avantage, viron le xxvni' de mars dernier, deux otFiciers de ceste ville,
assçavoir M' Guillaume Lehusterel , controlleur des tailles et M° Niolle Phi-
lippe , grenetyer, saisys pour lors des clefz de ladicte églize , avec grand
nombre d'aullres personnes, rompirent dix cloches de ladicte églize du
nombre de douze; duquel nombre, ilz en ont lessé une moyenne et la plus
petite, lesquelles cloches rompues étoient de telle grosseur et pesanteur
qu'il estoyt requis avoir vingt-sept honunes pour les sonner. Et ont esté
tant à ronqjre lesdictes cloches, descendre et vuyder lesdicls méthaulx
de ladicle églize, porter et faire pezer au poys le Roy, l'espace de
quinze jours et plus, puys apprès en ont dispozé lesdictz officiers à leur
plaisir.
Plus, ont prins et enlevé, audict temps, de ladicte éghze plusieurs
sépultures eslevez et tombes du cnyvre des évesques et aultres groz sei-
gneurs inhumez en ladicle églize, avec les grilles et clostures- de fer
estantes sur aucunes desdictes sépultures.
Mesme, ont emporté les pièces et fragmentz de la couronne de cuyvre
dorée d'or, avec la chaysne de ladicte couronne, de la pesanteur de deux
mil livres, pour le moins.
Pareillement, ont emporté, viron ledict temps, quatre grandes portes
de fer et aultres grilles et ferailles, faisantes la closture dudict chœur, et
généralement toutes les ferreures et serreures de ladicte églize et chap-
pelles, excepté la porte de devant.
Oullre, les dessusdictz et leurs allyez, pendant le raoys d'apvril et may
dernier, ont prins, ravy et arraché grande quantité de plomb de la couver-
ture, gouttyères, voultes et galleryes d'icelle églize , jusques à quattre mil
livres et plus, ainsy qu'il sera trouvé et congneu, en faisant la visilation
du lieu.
D'avantage , remoustrent que grande partye des dixmes , biens et revenus ,
tant dudict sieur évesque que des chanoynes et autres bénéficierz du dyo-
cèse ont esté puys ledict temps du douziesme de may pénultime et sont
— ^/i9 —
^ eiicor einposchez , prins, tenuz ot recollez par les genlilzhommes et gentz
de ladicte prétendue Relligion.
Oullre, les fermiers desdictz évesfjue, chanoynes et hénéficierz, tra-
vaillez, molleslez, batliiz et mutiliez en recueillant iesdictes dixmes, et qui
plus est, conliainctz lesdictz fermiers tant par quelques prétenduz com-
missères dudict sieur admirai que dudict sieur de Columbières, payer le
prix de leur affennaige et par le coi-ps, non seuJlement ce qu'ilz dehvoyent,
raays par advance sur les termes à escheoir. Et depuys l'édict de pays,
longtemps on a prins et enlevé de nuict au manoir dudict sieur évesquc
cinq tonnes, tenant chaicune virori sept à huit pippes; et a l'on jouy du
moullin de la porle de cesle ville, appartenant audict sieur évesque, qui est
baillé par chaicune sepmaine à dix hoisseaulx de forment, et ce par l'es-
pace de cinq moys et demy ; et a on couppé et emporté tant en herbe que
foing, j)i'esque toute la levée des petitz prez dusdit évesfjue.
Item, remonstrent les dessusdictz que néantmoins l'édict du Roy, ilz
n'ont auzé commencé à faire le divin service en ceste ville, ne aux villages
circonvoysins jusques à la venue de Monsieur de Mathignon, qui fut vers le
xvi' jour de mars, pour le ])ort d'armes, excès et oullrages, nieurdres,
forces et violences qui se. conunettoyent .journellement aux prebtres et
gentz d'églize, voullant conunencer à faire le service divin et administrer
les sacrementz ; lequel service ilz ne pourroyent seurement continuer sans
avoir forces du parly du Roy, pour Tasseurance tant du pays que de leurs
personnes, attendu les menaces dont usent de jour en jour lesdictz de la
prétendue Relligion ; et qu'il soyt vray par les villages du dyocèse le ser-
vice divin n'y est encor encommencé que à bien peu de pari'oisses. Et font
lesdictz de la Relligion leurs exercices en plusieurs églizes; et desquelles
depuys l'édict, on a emporté, prins et dérobé les cloches tant des fors-
bourgz de ceste ville que des lieux et parroisses circonvoysins, et de quoy
les ecclésiastiques et thrésoriers desdictes parroisses n'ont auzé faire au-
cune poursuyte ny instance.
Plus , sera considéré par lesdicts sieurs que , en précédent l'arrivée du-
dict sieur d'Estampes en ceste ville de Rayeux , qui fut le sixiesme de sep-
tembre derrain, et dudempuys jusques au septiesme dudict moys de mars
derrain, il ne s'est faicl aucun presche en ceste ville ni forsbourgz; et néant-
moins les dessusdictz contrevenantz aux édictz du Roy ont faict et continué
dudempuys lesdictz presches dedans ceste ville et aux villages dependentz
du Roy et des personnes ecclésiastiques, tant dedans les églizes que aultres
lieux à leur plaisir.
Plaise ausdictz sieurs couunissères entendre que, oultre les grandes
ruynes, pilleryes et dommages cy devant déclarez, les aidtres églizes du
dyocèse ou la plupart ont esté ravagées, pillées et dérobbées, et plusieurs
d'icelles, démoUyes et abbastues, signantement les églizes et couventz des
relligieux de sainct Francoys et sainct Augustin assises aux forsbourgs de
— /i50 —
ceste ville de Baïeux , ainsy qu'il apparest par la veue du lieu ; et lesdict^
relligieux chassez, bastuz et oultragez; les ornemenlz, calices , jouyaux ,
reliquières, linges et aultres biens meubles piliez et desrobez; de sorte que
lesdictz relligieux sont encor aujourd'huy absentz de leursdictes maisons
et vagabondz par les chan)pz pour ce qu'il n'y a aucune demeure ny asseu-
rance pour eulx audictes maisons , au grand préjudice de la République
chrestienne, pour ce que lesdictz relligieux avoyent accoustumé admi-
nistrer ordinairement la paroHe de Dieu tant en ceste ville et forsbourgz que
par le dyocèse.
Faict et présenté cèjourd'huy dix neufiesme d'aoust mil cinq centz soixante
et troys.
Lanfant, grand archidiacre de Baïeux et officiai de Monsieur de Hu-
mières, évesque dudit lieu.
- Suyvant par le çommendement du Chapitre, le notaire absent :
L. Chiefdeville.
LES EGLISES ROMANES
DE L'ARIÈGE,
PAU M. DE LAHONDES,
Membre de la Société archéologique du Midi do la France,
correspondant du Comité.
Le département de l'Ariège l'ut l'ormé par deux vailëes qui dif-
féraient par le langage comme par la juridiction. Après plus d'un
siècle d'union administrative, les distinctions subsistent. L'idiome
populaire, dans l'ancien pays de Couserans, aujourd'hui l'arron-
dissement de Saint-Girons, qui de'pendait autrefois de la Gascogne
et, dans les derniers temps de l'ancien régime, de la généralité
d'Aucli, est demeuré le gascon, tandis que le languedocien est
parle dans l'ancien comté de Foix, qui a formé les deux arrondùs-
sements de Foix et de Pamiers, C'est la vallée proprement dite de
l'Ariège, la seule des vallées pyrénéennes dans laquelle soit parle'
le languedocien ou le toulousain, puisque à l'ouest on parle le gas-
con, et à l'est le catalan..
Ce sont toutefois les formes architecturales qui dilïèrcnt le
moins dans les deux valle'es, et on peut comprendre leurs églises
dans une même étude. L'influence de Toulo'use s'imposait dans cette
contrée qui n'eut pas une école originale d'architecture, malgré
un patriotisme local demeuré 1res intense, surtout dans le pays
de Foix, lorsqu'il eut ressaisi son indépendance avec la dynastie de
ses comtes. Le pays était pauvre, la vie rude; aucune ville assez
importante pour devenir un centre intellectuel et surtout artistique
ne s'y développa. On ne peut donc s'attendre à y rencontrer des mo-
(') Cette élude, simple nomenclature, est le résumé de travaux publiés par
l'auteur dans le Bulletin monumental, les Mémoires de la Société archéologique du
midi de la France, la Revue ariégeoise, et en même temps comme le programme
d'un volume avec planches, qu'il se propose de publier plus tard. Les églises go-
thiques seront l'objet d'une seconde publication.
— 452 —
uuinents qui s'imposent par leur vaieur artistique; mais de mo-
destes sahctuaires, élevés au pied des montagnes par des popu-
lations de mœurs particulières, et n'en conservant pas moins dans
leurs dispositions ge'nérales, et surtout dans leur ornementation,
un caractère propre.
Nous suivrons, dans cette étude des églises de l'Ariège ou du
diocèse actuel de Pamiers, l'ordre alphabétique. L'ordre chronolo-
gique serait assurément plus conforme aux exigences de l'érudi-
tion; mais la rareté, ou plutôt l'absence presque complète de
documents écrits, la difficulté de discerner des variétés suffisantes
pour échelonner avec précision des monuments d'une construction
en général fort simple, et dans lesquels manquent souvent les
détails de sculpture qui peuvent servir de jalons en d'autres con-
trées, ne permettent pas de l'adopter et exposeraient à beaucoup
d'erreurs.
Il convient toutefois de diviser cet examen en deux parties , l'une
consacrée aux églises romanes, l'autre aux églises gothiques, bien
que la transition et la différence entre elles soient beaucoup moins
apparentes que dans les régions plus septenirionales.
L'empreinte romane est, en effet, fortement marquée dans les
deux vallées, qui, à vrai dire, sont demeurées romanes pendant
presque tout le moyen âge, comme bien d'autres provinces du
midi de la France. Une civilisation féconde s'y développa aux xi^et
XII* siècles, sous la protection de la société féodale fortement orga-
nisée, et grâce à l'impulsion des ordres monastiques. La contrée
prit possession d'elle-même. Cette période de tranquillité, succédant
à de longues luttes, fut éminemment favorable au développement
des aris, et les époques de floraison artistique les plus brillantes de
l'histoire ont toujours apparu dans des circonstances analogues. Ce
premier essor exerça une influence durable, et l'on parcourt la
plupart des vallées montagneuses sans y apercevoir d'autres églises
que celles des xi" et xii" siècles. Mais il se continua bien au delà
des limites qui lui sont assignées ailleurs. Telle église qui paraî-
trait, au delà de la Loire, dater du xii'' siècle, n'a été construite
qu'au xiif, quelquefois au XIv^ On voit au portail de l'église de
Teillet, par exemple, des chapiteaux purement romans à côté d'un
de ces chapiteaux à deux rangs de feuillages qui, au xiv" siècle,
furent si communs. L'art gothique pénétra péniblement, et d'ail-
leurs après la guerre albigeoise, le pays semble avoir été épuisé.
— /i53 —
On ne saurait, par contre, faire remonter avec certitude une
seule église ariégeoise à une époque antérieure au xi* siècle.
Mais dès la fin de ce siècle les belles églises surgissent. Celle
d'Unac, la plus remarquable de toutes, fut donnée à Tabbé de Cluny
par Roger, comte de Foix, qui venait de la construire, en 1076 (').
Dans les premières années du siècle suivant s'élèvent Téglise de
Foix, construite de 1112 à iii7('^\ l'église de Saint-Lizier, con-
sacrée de même en 1117 ^^\ la plupart des églises prieurales dépen-
dant de Saint- Sernin de Toulouse, car les donations à la puis-
sante abbaye se multiplièrent dans la contrée à cette époque ('), et
quelques-unes même avaient commencé dès les dernières années
du xi" siècle.
Les seigneurs, les comtes de Foix en particulier, fondèrent plu-
sieurs de ces églises. Le comte Roger II avait construit avec soin,
cum arte pulc/iro , l'église d'Unac; le même comte fit reconstruire en
1119. l'église de Foix.
L'ordre monastique qui eut le plus d'établissements dans la con-
trée fut celui des chanoines de Saint-Augustin. L'église et la ville
deFrédélas, plus tard Pamiers, leur appartenaient, et cette posses-
sion fut l'origine de longues luttes et de plusieurs actes de paréage
entre les abbés de Saint-Anlonin et les comtes de Foix^^'. L'église
Sainl-Volusien de Foix et ses nombreux prieurés leur apparte-
naient de même, et les églises qui furent données à l'abbaye de
Saint-Sernin furent reconstruites aussi par les chanoines augusli-
niens qui possédaient la belle abbaye toulousaine et qui occupent
dans l'histoire de l'art monumental une place plus considérable que
celle qui leur est généralement accordée.
Les bénédictins avaient fondé un monastère sur les bords de
TArize dès les premières années du ix" siècle, et autour de lui, en
1286, en société avec Roger Bernard, comte de Foix, la ville qui
prit le nom de Mas d'Azil; mais il ne reste pas une pierre de cette
abbaye deux fois détruite par les réformés. A la riche abbaye de
(') Mabillon , inn. Ben., t. V, p. 78.
<^) Gallia christiana, t. XIII. Ecclesia Appamiensis ; Histoire de Saint- Volusien de
Foix, parle père de La Gouldrc, in-ia , Limoges, 1798.
(^) Gallia christiana, t. L Ecclesia Conseranensis.
(*) Les prieure'» de Saint-Sernin dans le comté de Foix, dans le Bulletin monu-
mental, 1886, p. 363, liSS.
('"' Annales de Pamiers, a vol., Toulouse, Privât, 1882.
— /i5Zi —
Lagrasse ^'ut attribué, au xif siècle, le prieuré de Camon, près do
Mirepoix, où aucune construction de l'époque romane n'est demeu-
rée. Mais peut-être doit-on reconnaître l'influence des bénédictins
dans l'église de Portes'^), voisine de leur église du Teillet, et qui
paraît même leur avoir appartenu.
Les moines de Cluny ne possédèrent dans le comté deFoix que
l'abbaye de Lézat sur les confins du Languedoc. Si le comte Ro-
ger II leur donna l'église d'Unac, ce ne fut qu'après l'avoir fait con-
struire lui-même , comme il le dit sur l'acte de donation , et d'ailleurs
les clunisiens ne la gardèrent pas longtemps, si toutefois ils vinrent
l'occuper, car dès l'année iio/i, le recteur d'Unac devint l'un des
vingt-deux chanoines réguliers de l'abbaye de Saint -Volusien de
Foix, en conservant le tiers des fruits décimaux.
Les cisterciens avaient fondé la puissante abbaye de Boulbonne
qui s'élevait aussi sur les confins de la province du Languedoc.
Mais l'abbaye fut détruite par les réformés, et il n'en reste pas ves-
tige. L'abbaye nouvelle rétablie , plus en aval encore , a été recon-
struite au xviif siècle. Mais les cisterciens peuvent avoir exercé une
influence sur la construction d'églises voisines. Le chevet carré de
l'église de Saint-Martin d'Oydes, par exemple, peut avoir été in-
spiré par eux. Les prémonlrés possédèrent l'abbaye de Combelongue
à Gimont, près de Saint-Girons, ovi aucune construction romane
n'a été conservée.
MATÉRIAUX, APPAREIL.
La pierre appareillée, granit dans la montagne, grès ou cal-
caire dans les basses vallées, est toujours employée à l'époque
romane pour les absides et pour les portails, quelquefois pour les
clochers. Le plus souvent les murs de la nef, les clochers latéraux,
parfois même les absides de quelques pauvres églises sont bâtis en
moellons maintenus par la forte cohésion des mortiers, et, dans la
plaine, en briques ou plutôt même en cailloux roulés avec ou sans
assises de briques. La vallée de l'Ariège est d'ailleurs beaucoup
moins riche en pierre de taille que la vallée du Salât ou du Cou-
serans, et le marbre n'y apparaît pas. Quelques églises de la haute
Ariège, celles d'Unac et ses voisines, sont construites en moyen
^>' Autrefois Manses (Mansio).
— /j55 —
appareil d'un tuf calcaire vermiculë qui leur donne un aspect ro-
buste.
C'est en effet le moyen appareil qui règne presque partout dans
la province. On voit cependant le grand appareil à l'abside de l'église
de Saint-Lizier. Au mur septentrional de l'église de Surba, près de
Tarascon, église remaniée et voûtée fort singulièrement à l'époque
gothique, on voit quelques assises de pierres calcaires étroites et
longues qui indiquent peut-être une église antérieure à l'église
romane actuelle caractérisée par son abside.
PLAN.
Le plan des églises lomanes, toujours très simple, ne présente
souvent qu'une salle carrée avec une abside
arrondie vers le levant : Sainl-Sernin du
Salai en Gouserans, Salau à l'origine de
la vallée, Signer, Sinsat, Benac (fig. i),
Yernajoul, Ussat, etc., dans la vallée de
l'Ariège. Quand les ressources permettaient
d'élever des constructions plus importantes,
c'est le plan basilical qui était le plus gé-
néralement adopté : trois nefs avec une
grande abside flanquée de deux absidioles,
Sabart, Unac (fig. 2), Axiat (fig. 3), Mi-
glos, Mercus en Foix, Vie, Saint-Lizier en
Gouserans. Mais, le plus souvent, les col-
, '".... , , latéraux ne se prolongent guère au delà
^, "^ du chœur, et l'éelise n'est plus constituée
Fiff. I. — Bénac. „" . n, •
que par une net unu|ue. Un avait construit
le sanctuaire avec élan et parfois avec une certaine recherche
d'art; puis, les ressources étaient venues à manquer et l'on avait
dû se contenter d'un complément plus modeste. G'élait presque
toujours, d'ailleurs, l'abbaye patronne ou le seigneur du lieu qui
avait construit le chœur; les habitants terminaient ensuite l'église
comme ils pouvaient.
Quelques églises, même de dimensions restreintes, présentent
un transept, mais aucune n'offre la disposition des absides en forme
de trèfle; et quand elles ont trois absides, elles sont toutes les trois
— A56 —
tournées v{;rs TOrienl : Unac, Axiat, Mercus, Miglos, Sabait, Saint-
Lizier, Vie.
|M{J. 9.
Uîiar.
Fig. 3. — Axiat.
Quand les églises sont couvertes d'une voûte, elle est toujours
établie selon le mode toulousain ou auvergnat, grande voûte en
berceau avec doubleaux, contrebutée par des demi-berceaux : Sabart,
Unac (fig. 17), Mercus, Miglos, Axiat, Les absides sont voûtées en
quart de spbère avec assises appareillées. Quelquefois cependant,
dans les églises les plus bumbles, les absides elles-mêmes ne sont
montées qu'en moellons. Deux églises voisines, en Gouserans, celles
de Vie et de Saint-Serniu du Salât, montrent une abside qui n'est
pas voûtée en quart de sphère, mais que le constructeur mal habile
s'est contenté de couvrir par deux arceaux qui vont se rétrécissant
à mesure qu'ils s'avancent vers le fond coupé par un mur droit.
L'abside de la chapelle de Vais, creusée dans la roche, se termine
aussi carrément, mais cette exception s'explique aisément. La seule
abside romane nettement carrée est celle de l'église Saint-Martin
d'Oydes.
(*) Pasqnier, BuWetm de la Société archéologique du midi de la France, i88a,
p. 19-
— 457 —
Aucune ojjlise de l'Ariège ne possède de déambulatoire autour de
l'abside. Aucune net' ariegeoise ne montre de voûtes d'arête. Toutes
les voûtes des nefs sont en berceau.
Souvent les absides sont dressées contre le mur plus élevé de la
nef: Sabart, Unac, Mercus (fig. 6); d'autres continuent simple-
ment le mur de la nef, et l'église n'est ainsi qu'une salle termine'é
à l'Orient par un mur ciculaire, Bénac (fig. i), Saint -Sèrnin de
Bensa.
Le tracé des arcs est en plein cintre. Les arcaturcs du portail
méridional de l'église de Foix sont en arc outrepassé ou en fer à
cheval. Cette courbure n'est pas rare en Languedoc. On la voit au
portail de l'église Saint-Salvy à Alby, légèrement aussi au portail
méridional de Saint-Sernin de Toulouse, dont les arcalures sont
plutôt surhaussées. La voûte et les doubleaux de l'église de Bénac
sont au contraire très surbaissés, mais cette déformation est peut-
être le résultat d'un tassement qui s'est produit plus tard.
Le plein cintre se maintint longtemps dans la province. La
voûte de l'église de Miglos, construite en iSog*'^, montre encore
un cintre parfait sur ses assises et ses trois arcs-doubleaux.
Les supports sont constitués par des colonnes avec bases et cha-
piteaux pour les absides, le plus souvent par des piliers carrés ou
cruciformes dans les nefs, comme à Mercus ou à Sabart.
ORNEMENTATION, SCULPTURES, PORTAILS.
Les chapiteaux imitent le plus habituellement la corbeille corin-
thienne, comme à Unac, à Saint-Jean de Verges. On voyait encore
il y a peu d'années auprès de cette dernière église de beaux cha-
piteaux romains qui avaient dû servir de modèle. Parfois les feuilles
de la corbeille, au lieu d'être incisées comme l'acanthe ou l'arti-
chaut, sont pleines et comme épannelées simplement. Ainsi aux
belles colonnes de l'abside d'Ourjout (fig. U), ainsi surtout aux
colonnettes extérieures des fenêtres des absides. Quelques chapiteaux
s'inspirent, sans les égaler, des beaux entrelacements de plantes et
d'animaux de la sculpture toulousaine, comme à la porte latérale
de l'église de Foix. A Unac, un lion semble se promener sous les
longues feuilles palmées du chapiteau sans former avec elles ces
nœuds robustes et ces volutes puissantes que l'on admire à Saint-
A58 —
Sernin de J'oulouse, et qui sont au moins rappelés à Foix. On voit
à la charmante église d'Axiat, voisine d'Unac, de singuliers cha-
piteaux formés par des serpents entrelacés dont les saillies figurent
les volutes. Le musée de Vienne en Dauphiné conserve des chapi-
teaux semblables de la décadence romaine avec une tête d'Apollon
au centre. On retrouve aussi le souvenir de cette tête dans les cha-
piteaux d'Axiat.
Des têtes monstrueuses apparaissent
parfois aussi au milieu des feuillages,
comme au beau chapiteau de Téglisc de
Pauliac, conservé à Gaudiès.
Enfin quelques chapiteaux sont histo-
riés, comme un autre chapiteau de Pau-
liac, comme ceux des portails de la ca-
thédrale de Pamiers et de Castillon.
Les tailloirs sont souvent sans orne-
ments. Cependant ceux d'Unac et d'Axiat
sont décorés de palmettes ou de fleurons
lobés, comme on en voit dans les églises
romanes du Languedoc; ceux de Pauliac
à Gaudiès montrent aussi des fleurons
trilobés séparés par des palmettes, et un
ruban plissé en forme de grecque. Ceux
du portail de Saint-Vallier à Saint-Gi-
rons, fort épais, sont ornés de sculptures
archaïques de même que les chapiteaux.
On voit aussi sur les tailloirs dos bil-
lettes carrées comme à Salau, rondes comme à Axiat, parfois des
animaux fantastiques, des serpents mordant une tête comme à
Saint-Vallier et à Salau. A la porte de la cathédrale de Pamiers,
une lourde corniche rectiligne surmonte les chapiteaux en guise de
tailloir commun.
Les bases imitent plus ou moins grossièrement la base attique.
A Unac, les deux tores sont presque d'égale grandeur. Au portail de
Saint-Vallier, trois tores se superposent. On voit aux colonnes de
l'abside d'Ourjout deux belles bases alliant (fig. U) l'élégance et la
force avec leurs profils amples et souples et les boules qui garnis-
sent leur gorge. Les griffes, joignant le tore circulaire à la plinthe
carrée, affectent la forme d'un pied chaussé d'une pantoufle bro*
Fig. 4.
Colonne de l'église d'Ourjout.
— A59 —
dée analogue à celle du vêtement épiscopai. On en voit de seui-
Llables à Tahsidc de Saint-Lizier. Une des bases du déambulatoire
de Saint-Germain des Prés présente cette particularité. A l'église
de Vie (fig. 5), une griffe en forme
d'animal lantastique s'arc-boute vi-
goureusement sur les tores épais
d'une puissante base. D'autres griffes
plus simples, en forme de feuille,
se montrent au portail de Mercus.
„„„, , ?|îiî^SnVÎ^^ Les chapiteaux et les tailloirs pré-
— ^ — ^ sentent parlois une ornementation
^^' ;' . qui conserve beaucoup plus le sou-
Griiïc (le l'écrlisc do Vie. • j n. i j i. i
" venir des iibules ou des boucles vi-
sigothiques que celui do l'art romain; spires, entrelacs comme à
Saint- Vallier, à Salau, à Sinsat au cloître de Saint-Lizier (voir
pi. XVllI); étoiles comme à Salau encore; têtes isolées et détachées
comme à Saint-Sernin du Salât, à Saint-Pierre d'Erce. Ces tradi-
tions, vivaces dans la contrée oii les Visigoths avaient dominé long-
temps, se perpétuent aussi aux archivoltes des fenêtres, aux ban-
deaux des clochers.
Quelques portes romanes sont richement ornées de quati'e à huit
colon nettes avec bases et chapiteaux surmontées d'archivoltes mou-
lurées. La porte de l'ancienne église Notre-Dame du Marcadal à
Pamiers, cathédrale aujourd'hui, montre des chapiteaux historiés,
assez grossièrement sculptés, où l'on reconnaît toutefois le festin
d'Hérode et la mort de saint Jean-Baptiste, Adam et Eve avec le
serpent, les sacrifices de Gain et d'Abel, le meurtre d'Abel et 1.
fuite de Gain, la lutte de saint Jean l'Évangélisle avec la bête de
l'Apocalypse et le saint plongé dans la cuve d'huile bouillante,
enlin Samson et Dalila. Le portail de l'église du Gamp, dans la
luênie ville, est plus finement taillé. Le portail de Caslillon, dans
le Gouserans, présente aussi des chapiteaux historiés avec saint
Pierre et le sacrifice d'Abraham. Le portail de Mercus et celui
de Saint-Vallier h Saint- Girons sont ornés de sculptures plus ar-
chaïques, et les archivoltes de Mercus sont creusées de dents de
scie. On voit des modillons avec des têtes de monstres aux portes
de Notre-Dame du Gamp à Pamiers, de Mercus, de Teillet.
Quelques églises construites avec recherche n'ont pas de porte
sculptée, parce qu'elles étaient précédées ou entourées par des bâti-
~ m -^
ments clalistraux ou des annexes, ainsi celles de Saint-Jean de
Verges et d'Unac.
Enfin , le plus souvent , surtout dans la haute montagne , les portes
sont ouvertes au midi. Si elles s'ouvrent sur la façade occidentale,
comme celle d'Axiat, où l'on retrouve le chapiteau à serpents de
l'abside, elles sont précédées par un porche, ordinairement très
modeste, qui les abrite des vents et des neiges de l'ouest.
On voit des fenêtres élégamment sculptées aux absides centrales
d'Unac, de Saint-Jean de Verges. Les fenêtres des absidioles de ces
deux églises ne sont constituées que par une dalle percée d'un jour
étroit, cintré en haut. Quand les églises ont une certaine impor-
tance, les fenêtres de l'abside centrale sont au nombre de trois. Les
murs épais des absides des petites églises sont percés d'une seule
fenêtre et ellç est alors traitée avec soin, comme à la modeste église
de Sinsat.
La belle abside centrale de la cathédrale de Saint-Lizier s'inspire
des souvenirs romains (pi. XVII). Des fragments de frise sculptée
et même de grandes assises de monuments antiques furent utilisés
dans cette abside, au point de lui faire prendre une forme poly-
gonale, parce que ces assises avaient appartenu à un mur droit,
tandis que les deux absidioles de cette curieuse église ne sont autre
chose que les deux tours d'une ancienne porte romaine. La cor-
niche qui surmonte l'abside centrale, arrondie toutefois, présente
une grande richesse.
Mais, en général, les corniches des absides ne sont constituées
que par des bandeaux, quelquefois supportés par des consoles ou
des modillons, qui sont parfois aussi interrompus par des contre-
forts à ressauts, comme à Axiat(fig. lo), à Unac. D'autres absides,
celle de Vie, d'Ourjout, de Mercus, montrent cette ornementation,
fréquente dans les églises pyrénéennes : des arcatures supportées
par des consoles et à de certains intervalles par des contreforts
descendant jusqu'au sol (fig. 6). On voit une disposition semblable
à l'abside pentagonale de Castillon.
Les cintres des fenêtres des absides sont souvent sculptés à l'ex-
térieur et ne le sont pas sur les surfaces intérieures, preuve évi-
dente que ces surfaces étaient destinées à être peintes.
L'abside de la belle église de Saint-Jean de Verges s'inspire
visiblement des absidioles de Saint-Sernin de Toulouse.
Les contreforts sont partout très simples. Ils ne s'élèvent pas tou-
m
— 461 — .
jours jusqu'au sommet des murs. Ils ne portent pas d'ornements.
A l'intérieur même, les absides seules sont de'core'es par des co-
lonnes avec bases et chapiteaux; les piliers carre's ou cruciformes qui
constituent les supports des nefs sont couronne's simplement par une
Fig. 6. — Église de Mercus.
corniche compose'e d'un listel et d'un cavet. La grande nef de
Saint-Sernin de Toulouse s'était contentée de cette ordonnance
modeste. Cependant la nef unique de Saint-Jean de Verges reçoit
ses arcs-doubieaux sur d'élégantes colonnes dressées contre les
murs.
CLOCHERS.
Les clochers présentent des formes variées. Les plus simples et
aussi les plus répandus sont une surélévation du mur pignon, percée
d'arcades recevant les cloches. lis forment à la fois clocher et façade
Archéologie. 3o
— A62 —
et ils abritent la toiture de l'église des vents et des pluies de TOiiest.
Ils profilent sur le ciel leur triangle ajouré, parfois d'une élégance
extrême, comme à la chapelle seigneuriale de Castillon (fig. 7),
souvent plus modeste, comme à Salau, à Saint-Sernin du Salât,
parfois enfin sans sculpture aucune.
Fig. 7. — Clocher de Gastillou.
Des clochers carrés, élevés suivant la règle liturgique sur la
croisée de Téglisc, couronnant ainsi le sanctuaire et indiquant de
loin la place où repose l'eucharistie, se montrent à Axiat (fig. 10),
à Saint-Martin d'Oydes. Un clocher analogue était projeté à l'église
de Manses, aujourd'hui Portes, où l'on voit des trompes préparées
aux quatre angles de la croisée. Une tour carrée fut amorcée aussi
au XII* siècle, sur la croisée de la cathédrale de Saint-Lizier, mais
le clocher actuel ne fut élevé qu'au xiv" siècle, sur le modèle des
clochers octogones en briques et à fenêtres en mitre de la région
toulousaine (voir pi. XVII).
Sur la croisée de l'église de Luzenac, eu Couserans, s'élève un
— . 463 —
clocher dodécagone, presque rond en apparence. Quatre fenêtres
géminées s'ouvrent sur les huit côtés un peu plus grands que les
quatre côtés aveugles, et leur double cintre est supporté par deux
colonneltes dressées sur Tangle. Le clocher est couvert de dalles en
l'orme de dôme apkti. Cette lanterne, fort élégante, rappelle quel-
ques clochers des bords du lUiône, mais elle est unique dans les
provinces pyrénéennes.
m
Fig. 8. — Clocher de Sentein.
Le clocher rond de la chapelle seigneuriale de Vais est plutôt
une tour de défense.
3o.
— k^tx —
Le c'.tocher le plus monumental de toute la région se dresse sur
la façade occidentale de Teglise de Sentein (fig. 8), dernier village
sur la frontière, au fond de la vallée du Lez, affluent du Salât.
Mais malgré ses apparences romanes il appartient peut-être en
grande partie à une époque postérieure. Ses grandes fenêtres gé-
minées sont en plein cintre, mais les bandes de feuillages qui
courent au-dessus des colonnettes et surtout les petits supports
caractéristiques des bases indiquent la fin du xiii" siècle. Au siècle
dernier, le clocher fut surélevé de deux étages. L'enceinte de Téglisc
avait été fortifiée vers la fin du moyen âge et le robuste clocher
forma le donjon de cette petite forteresse.
Fig. 9. — Eglise do Miglos. (Plusieurs fencires géminées sont bouchées.)
— A65 —
Enfin des ciocherti particuliers à la valle'e ariégeoise se montrent
à Unac, à Miglos (fig. 9), à Mérens (fig. i3), à Signer, à Ax et
dans plusieurs autres villages. Ils se dressent sur le flanc méridional
de l'église, à Tenlrée de Tabside, et consistent en une tour carrée,
à plusieurs étages éclairés par des fenêtres cintrées, le plus sou-
vent géminées, et couronnées par un crénelage. Le clocher de Mérens
est orné, au sommet, d'une arcature reposant sur les angles renfor-
cés du carré. Ces tours ont pu être ainsi utilisées pour la défense,
ou du moins pour un poste d'observation. Le clocher de Vicdessos
s'élève aussi à cette place, mais il est plus élégant, en saillie, à
deux étages de fenêtres cintrées, surmontés d'un étage octogone.
On voit des clochers analogues dans la vallée d'Andorre, ouverte
sur le revers méridional de la chaîne, particulièrement à la cha-
pelle de San Juan. Au moyen âge, les relations entre les popu-
lations des deux versants étaient plus fréquentes et plus intimes
qu'aujourd'hui. Mœurs, langage, industrie, travaux, intérêts étaient
communs. Dos traités particuliers garantissaient même la paix entre
elles en temps de guerre. La patrie n'était pas la France ou l'Es-
pagne, c'était la montagne elle-même.
CLOITRES.
L'époque romane n'a laissé que le seul cloître de Saint-Lizier,
sur le flanc méridional de l'église cathédrale (voir pi. XVIU). De
forme rectangulaire avec dix aicades au sud et au nord, et six à
l'est et à l'ouest, portées alternativement sur une colonne isolée
et sur des colonnes géminées, aux angles et au milieu des piliers
carrés, sauf à la galerie de l'ouest, où quatre colonnettes can-
tonnées remplacent le pilier du milieu, ce cloître fut surmonté au
xvi* siècle d'une galerie de bois ouverte à l'imitation des cloîtres es-
pagnols, et dont la toiture rampante est soutenue par des piles
de briques aux angles et des poteaux chanfreinés. L'ensemble est
d'une élégante et robuste simplicité.
Les chapiteaux, très évasés, sont ornés de personnages, d'oiseaux,
de têtes humaines, de réseaux de nattes, de feuillages et de cro-
chets. Les bases ont des griffes avec ou sans boules. Les gorges des
bases des côtés sud et ouest sont plus profondes, tandis que les
angles des archivoltes, vers le préau, sont décorés d'un tore découpé
— Zi66 —
dans lire moulure creuse, au lieu d'être unis et taillés à fine arête (^'.
Ces deux galeries doivent n'avoir ëté élevées qu'au commencement
du xiii* siècle.
Nous ne connaissons pas d'autres sculptures de l'époque romane
dans l'Ariège, statue, tombeau, cuve baptismale, bas-relief. Le
Louvre conserve toutefois deux tombeaux des premiers temps chré-
tiens, trouves l'un au Mas Saint-Antonin, sous le sol de l'ancienne
abbaye, près de Pamiers, l'autre à Cadarcet. Quant à la cuve bap-
tismale d'Orgibet, elle ne paraît dater que du xiii* siècle. On en
voit quelques-unes, pierres rondes ou carrées, creusées d'une cu-
vette ronde qui peuvent être très anciennes.
Il n'est pas demeuré de peintures murales antérieures au
xiv" siècle.
Nous ne connaissons aucun objet mobilier, soit en pierre, soit
en bois, soit en orfèvrerie, qui puisse être attribué à l'époque
romane, sauf la crosse, dite de Saint-Lizier, qui paraît dater du
xi° siècle, et la mitre qui date du siècle suivant (^l
LISTE DES ÉGLISES ROMANES DE L'ARIÈGE.
i . Église d' Aubert , arrondissenieut et canton de Saint-Girons.
Eglise construite en moyen appareil; une seule nef voûtée en
berceau plein cintre avec doubleaux; deux chapelles latérales for-
mant transept, voûtées aussi en berceau; abside voûtée en quart de
sphère. La nef a été prolongée récemment et les pieds-droits du
premier arc-doubleau ont été sapés pour donner plus de place.
L'église est dédiée à saint Jacques, très honoré au moyen âge, sur-
tout dans les provinces pyrénéennes, à cause du pèlerinage de
Saint-Jacques de Compostelle.
2. Église d'Axiat, canton des Gabannes, arrondissement de Foix.
Charmante église, abritée comme un nid sous l'ombrage, sur une
corniche de la montagne légendaire de Tabe; une seule nef voûtée
en berceau avec doubleaux (fig. 3 et lo); petit transept sur lequel
s'ouvrent trois absides, celle du milieu plus grande et plus profonde.
('^ Violiet- Leduc , Dict. d'archit., t, 11. — Bulletin monumental, 189A, p. 8i3.
''^ Bulletin monumental, 188/1, p. 812.
/i67
Fig. 10. — Église d'Axiat.
— 468 —
Des colonnes supportent les arcs des absides; leurs chapiteaux ro-
bustes montrent des têtes de lion dans des feuillages, des serpents
entrelace's d'un effet original et d'une combinaison habile , et d'autres
motifs plus archaïques. Le riche bandeau de la grande abside est
absolument semblable à l'un de ceux de l'e'glise voisine d'Unac,
dont celle d'Axiat est une e'vidente imitation. La nef, plus simple-
ment traitée, est accompagnée de pilastres sans sculptures, sup-
portant les arcs-doubleaux à deux rangs de claveaux. Le bandeau
qui règne à la hauteur des corniches a pu servir à supporter les
cintres de charpente pour la construction de la voûte.
Un portail assez lourd s'ouvre au fond de l'église dans un avant-
corps dont l'épaisseur se prête à recevoir les voussures. L'un des
deux chapiteaux reproduit grossièrement les serpents enroulés d'un
de ceux de l'abside. Le portail est abrité par un porche en char-
pente.
Le chevet n'a d'autre ornement qu'une corniche avec consoles
interrompues par des pieds-droits (fig. lo); la fenêtre centrale, que
ses deux rangs de claveaux. Mais la régularité de l'appareil et les
harmonieuses proportions de l'ensemble satisfont les yeux.
Sur les quatre arceaux robustes de la croisée s'élève, selon les
convenances liturgiques, un clocher carré, couvert par un toit en
charpente, sans voûtes, éclairé par deux étages de fenêtres, dont
les cintres triples et quadruples s'appuient sur des chapiteaux bar-
longs d'une seule pierre, supportant toute l'épaisseur du mur et
reposant sur une colonnette.
3. Église de Bédeillac, canton de Tarascon, arrondissement de Foix.
Une nef avec une abside semi-circulaire, plus étroite que la
nef, voûtée en cul-de-four; murs épais, sans contreforts. L'abside
est éclairée par trois petites fenêtres en plein cintre. En perçant les
murs de la nef pour ouvrir une arcade latérale, on a mis au jour
deux espaces vides de 2 m. 3o de longueur sur m. 3o de hau-
teur. Était-ce des tombeaux?
C'est une des nombreuses églises du diocèse dédiées à saint
Martin. Ce vocable, sans être une preuve, peut être un indice
d'ancienneté. Saint Martin fut le saint le plus particulièrement in-
voqué pendant la période mérovingienne.
— 469 —
h. Église de Bénac, canton de Foix.
Une seule nef à deux travées couvertes d'une voûte en plein
cintre qui s'est fort affaissée, supporte'e cependant par trois arcs-
doubleaux à deux rangs de claveaux. La corniche a pu servir aussi
à supporter les cintres de construction. Abside en quart de sphère.
Pas de sculptures. Plan (fig. t) le plus simple qui puisse être
adopté, mais conçu avec harmonie et exécuté avec soin en petit ap-
pareil. Un banc de pierre règne le long des murs de la nef.
5. Chapelle de Castillon, arrondissement de Saint-Girons.
Chapelle seigneuriale du château disparu. Construite en moyen
appareil; nef voûtée en berceau brisé; abside pentagonale à
contreforts peu saillants embrassant les angles, voûtée en quart de
sphère. Entre les contreforts, le mur plus épais est supporté par
des arcatures en plein cintre reposant sur des consoles historiées.
Une corniche au-dessus supporte des murs, embrassant un espace
plus élargi, qui furent surélevés plus tard et munis de créneaiix.
Porte ouverte au midi, à trois archivoltes en plein cintre supportées
par des colonnettes; sur les chapiteaux, saint Pierre avec sa clef au
côté, le sacrifice d'Abraham, corbeilles végétales à deux rangs de
feuilles. A côté de la porte, dans une niche carrée, une statue de
saint Pierre assis tenant un livre ouvert sur lequel on lit : P.PCEPS.
REGNI CELÔR.IÔA.DE.LACASA.FOOC.MAËST DE LA
OBRA.
Le campanile s'élevait au-dessus du mur de façade (fig. 7),
mais la nef a été prolongée d'une travée. Trois rangs d'arcades avec
colonnettes et corniches moulurées sont encadrés par des rampants
allégés par des dentelures échelonnées qui profilent sur le ciel leur
pittoresque pyramide.
On voit que dans cette chapelle, élevée au xm" siècle, les formes
romanes persistent à travers des détails de construction et d'orne-
mentation qui déjà appartiennent à l'art nouveau. Les ouvertures
sont en plein cintre; l'abside conserve la voûte en cul de four, mais
elle s'encadre au dehors dans un polygone; les chapiteaux historiés
s'allient aux crosses végétales; les caractères de l'inscription sont
ceux du xiu" siècle. Ce mélange de styles se rencontre souvent dans
les provinces méridionales et surtout dans les vallées pyrénéennes.
— â70 —
La poife s'ouvrait sur un porche que la nef prolonge'e a remplacé
en partie.
6. Église de Dreuille, canton de Lavelanet, arrondissement de Foix.
Construite en moyen appareil; nef sans voûte; abside ancienne
détruite, remplacée au xvii° siècle par une abside pentagonale; au
midi de Tégiise, petite salle voûte'e en berceau plein cintre avec
une abside orientée voûtée en quart de sphère, dans laquelle on
pénètre par une porte étroite et basse; sacraireou sacristie, pre-
mier étage d'un clocher projeté.
Au milieu de la nef, pierre tombale de Catherine de Caulet,
veuve du marquis de Mirepoix , fondatrice des régentes pour l'édu-
cation des filles, qu'on appela des Mirepoises, morte le i3 juillet
1706.
L'église de Dreuille, autrefois de Pierre Pertuse, était une an-
nexe du prieuré de Lavelanet, l'un des prieurés de la vallée de
l'Ariège, appartenant à l'abbaye de Saint-Sernin. Elle avait été
donnée à Saint-Sernin dans les premières années du xii* siècle ^'l
7. Oratoire de Saint-Pierre d'Ercé, canton d'Ousl,
arrondissement de Saint-Girons.
Petite chapelle dont la porte (fig. 11) est formée par deux arcs
en plein cintre, aux claveaux ornés de têtes et de cercles tracés au
trait, surmontés d'une archivolte ornée simplement de trous creusés
produisant sans frais l'effet des billeltes. Les arcs sont supportés
par les pieds-droits de la porte, sans colonnettes. A gauche est
sculpté un petit bas-relief représentant saint Pierre avec la clef.
Cette construction grossière et ces sculptures très frustes pourraient
être attribuées au xi* siècle, si l'on n'était exposé à prendre quel-
quefois pour des marques d'antiquité les tâtonnements d'un ouvrier
malhabile, perdu dans une vallée profonde et pauvre.
8. Église de Foix.
L'église de Foix, dont la reconstruction avait commencé en 1111,
^') Les prieurés de Saint-Sei'nin dam le pays de Foix, dans le Bulletin monu-
mental de 1886.
— 671 —
était terminée en 1128; d'après le père de Lacouldre, elle aurait
été consacrée en 1117. Il ne reste de cette église des premières
années du xii* siècle, reconstruite au xv* puis au xvii* siècle, que
les murs inférieurs de la nef, jusqu'à une hauteur de k mètres en-
,jij,,._,,,; :,,„,..,,...,
<<f /%»,. «/V . ^i«~; ^-.^ Jia/i^r^i
Fijj. 11. — Porte de la chapelle de Saint-I^ierre d'Ercé.
viron, en assises appareillées de pierre et de briques, comme à
Saint-Sernin de Toulouse, mais oi!i la pierre domine. A la première
travée à droite de la porte , un oculus dressé en claveaux de pierre
et, au-dessous, des pyramides de dés garnissant Tangle entre le
mur et le contrefort, indiquent Textre'mité ancienne de la nef,
— Zi72 —
prolongée lepuis d'une travée vers l'ouest. La porte présente deux
arcs en plein cintre outrepassé, supportés par quatre colonnettes;
leurs chapiteaux montrent des lions affrontés et des corbeilles vé-
gétales dont la sculpture un peu lourde, imitée des chapiteaux de
la porte occidentale de Saint-Sernin, est loin d'égaler les enche-
vêtrements énergiques d'animaux et de végétaux des artistes tou-
lousains. On aperçoit aussi, au côté droit de la porte, un chrisme
avec {"alpha et Voméga; une petite palmette orne l'extrémité' supé-
rieure du rho.
Les fenêtres basses, montées en briques, sans moulures, sont
séparées par un contrefort. Elles ne pouvaient guère éclairer qu'un
bas côté, et l'église primitive devait avoir trois nefs. L'ancien ban-
deau intérieur, que l'on aperçoit encore, est de même trop peu
élevé pour avoir pu recevoir une grande voûte recouvrant toute la
largeur de l'église.
Les transepts sont purement romans, ainsi que l'indiquent leur
appareil, la belle fenêtre méridionale et la fenêtre géminée du
transept nord qui donnait sur une des salles de l'abbaye.
9. Église de Gaudiès, canton de Savardun,
arrondissement de Pamiers.
On voit dans l'église moderne de Gaudiès deux énormes chapi-
teaux richement sculptés qui proviennent de l'ancienne église du
monastère de Pauliac^^l Ils sont géminés et devaient reposer sur
deux colonnes jumelles. L'un imite les formes générales de la cor-
beille corinthienne avec une tête grimaçante entre les deux cor-
beilles, et un tailloir à rubans plissés en forme de grecque; l'autre
(fîg. 19) montre un sagittaire lançant sa flèche contre une sala-
mandre gigantesque , tandis qu'il est mordu vivement aux reins par
un dragon; son tailloir est orné de fleurons entremêlés de pal-
mettes.
10. Église de Luzenac, canton de Castillon,
arrondissement de Saiut-Girons.
Nef à trois travées couverte d'une voûte en berceau, légèrement
en tiers-point, avec arcs-doubleaux ; abside en cul de four, précédée
(') Le monastère de Pauliac, dans la Revue de» Pyrénées, 1891.
— -473 —
d'une petite trave'e. Porte à Touest, quatre colonnettes, chapiteaux
montrant des palmettes, des entrelacs, de petites têtes isole'es et
détaclie'es, une tête dévorée par deux serpents, emblème de la pu-
nition du pèche'. L'église, église de pèlerinage, a e'té agrandie au
xiv° siècle.
Fig. 13. — Chapiteau de l'ancienne église de Pauiiac.
Le clocher, élevé au-dessus du sanctuaire, est décagone et paraît
rond à une certaine distance; un seul étage e'clairé par quatre
fenêtres ge'minées, ouvertes sur l'angle des huit côtés plus grands
que les quatre côte's aveugles; leur double cintre est supporte par
deux colonnettes dressées sur l'angle. Il est couvert de dalles en
forme de dôme aplati.
Cette lanterne, unique dans l'Ariège, rappelle quelques clochers
ronds des bords du Rhône.
1 1 . Église de Mercus , canton de Tarascon , arrondissement de Foix.
Eglise à trois nefs, celle du milieu voûtée en berceau plein
cintre (fig. 6), avec arcs-doubleaux à un seul rang de claveaux re-
posant sur des piles carre'es en saillie sur le mur percé d'arcades ,
contrebutée par deux d^mi-berceaux couvrant les collatéraux; cor-
— 474 —
niche très simple sans sculptures; trois absides, celle du milieu
plus grande, ouverte par une arcade soutenue par deux colonnes.
L'ensemble est imposant et présente surtout un aspect de force
auquel la justesse des proportions donne aussi de l'élégance.
Le premier arc-doubleau est supporté par une colonne cylin-
drique sans base. Le constructeur, ne sachant comment appuyer
des arcs inégaux sur ces surfaces rondes , a greffé sur la colonne , à
différentes hauteurs, des fragments de chapiteau rectilignes, sortes
de consoles assez maladroitement agencées qui supportent les arcs-
doubleaux et les arcs formerets. Aussi, pour s'affranchir de ces dif-
ficultés, a-t-il élevé les autres piles sur plan carré avec un pilastre
saillant recevant les doubleaux. Les arcs s'ouvrant sur les bas côtés
reposent sur un bandeau , sans retour, placé plus bas.
Une corniche, sans sculptures, court le long de la nef à la nais-
sance des voûtes avec ressauts sur les pilastres.' Elle a pu servir à
poser les cintres de construction.
L'église est éclairée par de petites fenêtres en plein cintre ou-
vertes dans les collatéraux ; l'abside centrale par une fenêtre étroite
encadrée sur le cintre par la corniche; une dalle, percée d'un jour
en forme de meurtrière, éclaire les petites absides.
Le portail , en saillie dans un massif de mur formant placage et
permettant, par son épaisseur plus grande, de développer l'ouver-
ture par des retraites successives , s'ouvre sur la façade méridionale
au devant de la seconde travée. Il est formé par trois arcades con-
centriques, l'inférieure sans ornements, la seconde ornée par des
dents de scie et l'archivolte supérieure par des reliefs de même
forme enfermant dans leurs angles des fleurons opposés. Des feuil-
lages à peine appliqués, rappelant de loin le corinthien, des
crosses croisées d'un très faible relief, de petites dents de scie,
couvrent les chapiteaux. La corniche est supportée par des consoles
sur lesquelles se détachent des têtes d'animaux.
Les contreforts, peu saillants, sont terminés simplement par
trois assises, échelonnées en retrait. Les murs circulaires de l'abside
sont couronnés par une corniche avec consoles.
Un simple campanile ajouré s'élevait sur le mur pignon. Il "vient
d'être remplacé par un clocher dont le rez-de-chaussée, en forme
de porche, constitue un contre sens à cette place, puisque la porte
s'ouvre au midi.
L'église, qui se dresse sur un bloc de granit, a été construite
— â75 —
avec les robustes mate'riaux qu'il lui fournissait, de'grossis simple-
ment à la pointe.
Elle a dû être construite dans les premières années du xii" siècle.
Au commencement du carême de l'année iioù, Pons Azemar la
donna à l'abbaye de Saint-Sernin de Toulouse '^\ et l'abbaye dut
la rcédifier bientôt après.
12. Église de Mérens, canton d'Ax, arrondissement de Foix.
L'ancienne église de Mérens, à moitié démolie en 1811 par les
X.-
Fi{j. i3. — Église de Mérens.
C Les prieurés de Saint-Sernin , dans le Bulletin monumental , 1 886 , p. 363 ,438.
— /i76 —
miquelettidu général Villamil qui incendièrent le village, présente
encore une abside voûtée, couverte directement par d'épaisses dalles
d'ardoise, qui s'ouvre sur une nef aujourd'hui à ciel ouvert. Le
clocher carré, éclairé par des fenêtres géminées, couronné par
des arcatures s'appuyant à leurs extrémités sur des saillies ren-
forçant les angles (fig. i3), s'élève au midi de l'église près de l'ab-
side et est ainsi semblable à ceux d'Unac, de Miglos, de Signer,
de Niaux, de Génat, dans la même vallée de la haute Ariège.
13. Église de Miglos, canton de Vicdessos, arrondissement de Foix.
En même temps qu'il donnait l'église de Mercus à l'abbaye de
Saint-Sernin, Pons Azemar lui donnait aussi les dîmes et les droits
qu'il possédait sur les églises d'Onoste, de Miglos, d'Arignac et de
Mercus. L'église de Miglos dépendit d'abord du grand prieuré de
Vicdessos, fut érigée en prieuré, en 1299, par l'abbé Sanche de
Aissada, et rentra, dans les deux derniers siècles, dans le prieuré
de Vicdessos.
Elle fut reconstruite au commencement du xii'' siècle, en même
temps que celle de Mercus, et elle présente aussi trois absides
s'ouvranl sur trois nefs. L'abside centrale est inclinée à gauche et
l'abside septentrionale s'infléchit aussi sensiblement dans cette di-
rection, de même que la partie du mur qui l'avoisine.
La nef ne fut voûtée qu'en i 809. Le 3 août de cette année, les
fabriciens chargèrent Arnaud de Savignac, maçon de Tarascon, de
construire deux arcs, cinq piliers de pierre et ciment, une voûte
en pierre et ciment recouverte d'ardoises, puis de démolir l'arceau
le plus proche de l'autel et de le reconstruire pour le faire concorder
avec la voûte (^'.
Cette nouvelle construction, du commencement du xiv'' siècle,
n'altère en rien les formes romanes, ne laisse pas pénétrer la
moindre trace d'un art qui avait transformé depuis longtemps les
églises du Nord, et l'on croirait entrer dans un monument construit
d'un seul jet deux siècles auparavant.
De même que le précédent, le clocher de Miglos (fig. 9) s'élève
au midi de l'église, près de l'abside, au-dessus de la première travée
du bas côté méridional et ne se trouve pas ainsi en saillie sur le mur
"' Mémoire de M. Pasquier, archiviste de l' Ariège. Toulouse, Chauvin, i883.
— 477 —
de l'église. Il en est de même à Te'glise d'Unac. Carré aussi de la
base au faîte, il est éclairé par cinq étages de fenêtres géminées,
en nombre inégal, couvert d'une voûte au sommet, le tout d'une
hauteur de 2-3 mètres.
\li. Église d'Ourjout, canton de Gastillon,
arrondissement de Saint-Girons.
Ourjoul est un des noms de localités, si nombreux dans le Cou-
serans, qui paraissent avoir une origine ibérienne^^^.
L'église était formée en premier lieu par une simple nef étroite
et courte voûtée en berceau plein cintre et terminée par une abside
circulaire. Dans les derniers temps du moyen âge, elle fut agrandie
par un prolongement de la nef vers le couchant, puis par deux
chapelles voûtées d'ogives, formant une sorte de transept. La
porte, qui s'ouvrait probablement dans le mur de façade avant le
prolongement de la nef, s'ouvre aujourd'hui au nord.
L'église primitive, aux formes harmonieuses et robustes dans un
plan si simple, est surtout remarquable par les deux puissantes
colonnes qui supportent au devant de l'abside l'arc-doubleau sur
lequel s'élève le campanile (fig. k). Leurs bases attiques présentent
une alliance d'élégance et de force avec leurs profils amples et
souples et les boules qui garnissent leur gorge. Les griffes, joignant
le tore circulaire à la plinthe carrée, affectent la forme d'un pied
chaussé d'une pantoufle brodée analogue à celle du vêtement épi-
scopal.
Le cbevet montre à l'extérieur ces arcatures supportées par des
modillons et, à de certains intervalles, par des pilastres descendant
jusqu'au sol, que l'on rencontre si fréquemment dans les églises
pyrénéennes. L'arcature du milieu repose sur deux têtes d'évêques.
Le campanile est percé de deux rangs d'arcades géminées, cou-
ronnées par un pignon. Le cintre des arcades repose sur deux co-
lonnettes unies par un chapiteau long et épais comme ceux des
cloîtres.
15. Églises de Pamiers.
Les deux églises de Pamiers, l'ancienne église Notre-Dame du
^'^ Luchaire , Les idiomes pyrénéens.
Abchéologie. 3i
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Marcadal, devenue la cathédrale à la fin du xv® siècle, et Téglise
Notre-Dame du Camp, n'ont conservé que leurs portes de leur pre-
mière construction du xii° siècle.
Celle de la cathédrale montre trois cordons de voussures inégale-
ment espacées reposant sur une lourde corniche rectiligne surmon-
tant les chapileaux, sans suivre par conséquent les ressauts des
tailloirs. Sur l'archivolte supérieure s'agitent, dans des enroulements
de feuillages, des oiseaux aux ailes éployées.
La grossièreté des sculptures et le badigeon qui les recouvre ne
laissent apercevoir qu'avec peine les sujets des chapiteaux historiés.
Sur le premier, à gauche en entrant, Salomé danse en jouant du
rebec, puis elle présente la tête de saint Jeau-Baptiste dans un plat
à Hérode et à Hérodiade assis devant une table t^). Sur le second ,
le serpent à tête humaine est enroulé autour d'un arbre auprès
duquel se tiennent debout Adam et Eve; Dieu parle à Adam; un
ange tenant le glaive se tient à côté d'Eve. Sur le troisième, Caïn
offre à Dieu un bouc, Abel un fruit qu'il tient à la main droite
tandis que de la gauche il cache sa nudité.
De l'autre côté de la porte, le chapiteau correspondant au pré-
cédent montre la suite du drame biblique: Caïn tue Abel, puis il
s'enfuit portant la main à son front. Sur le chapiteau intermédiaire
saint Jean l'Evangéliste est plongé dans l'huile bouillante; dans
l'angle le saint semble lutter avec une bête fauve, dans laquelle
l'artiste a voulu représenter sans doute la bête de l'Apocalypse.
Enfin sur le premier chapiteau Samson déchire la gueule du lion,
puis il est étendu sur les genoux de Dali la qui lui coupe les che-
veux.
Il n'est pas surprenant de voir le martyre de saint Jean-Baptiste
et celui de saint Jean l'Evangéhste représentés sur des chapiteaux,
car de même que l'église primitive d'Auch, l'église du Marcadal,
plus tard dédiée à la Vierge, était d'abord placée sous l'invocation
des deux saints Je