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BULLETIN 
ARCHÉOLOGIQUE 

DB 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES 



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M1MSTERE 
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE Ef DBS BEAUX-ARTS 

BULLETIN 
ARCHÉOLOGIQUE 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES 

ANNÉE 1905 



PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 

ERNEST LEROUX, EDITEUR, RUE RONAPARTE, 28 



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MIM8TIHB 
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 

BULLETIN 
ARCHÉOLOGIQUE 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES 



ANNEE 1905 
1" livraison 



PARIS 
IMPRIMERIE NATIONALE 

ERNEST LEROUX, ÉDITEUR, RUE BONAPARTE, 



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SOMMAIRE DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS LE PRÉSENT NUMERO. 



Loti des membres de Is Section d'archéologie, p. i-iii. 

Liste des membres de la Commission de l'Afrique du Nord, p. iii-it. 

Liste des membres de la Commission des musées, p. t-ti. 

Liste des membres non résidants du Comité, p.tài. 

Liste des correspondants honoraires du Comité , p. ( d itii. 

Liste des correspondants do Comité, p. ivn a mil. 

PRUCÉS-V'ERBÀUX DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 

SiisoB du 16 janvier 1905, p. ixxi à mvi. 

Rapport de M. Philippe Bnsu sur neuf inscriptions phéniciennes du temple 

d'Echmoun A Sidon, communiquées par M. le D' fiomii» , p. uiiy-xxit. 
Communication de M. Héeon de Villifoses sur un fragment de poterie portant 

l'image du dieu au maillet, p. xxxv-xmi. 

:SiiiicE du i3 février 190&, p. mut à il». 

Rapport de M. le D' Cipctin sur deux mémoires de M. Ulysse Dnaia, relatifs 
aux tumulus de Belveiet (Gard), et à des huttes de l'époque ballstatienne, 



Rapport de M. Hiio* de Villefosse sur des inscriptions chrétiennes trouvées à 
Lyon et communiquées par H. l'abbé J.-B. Mietin, p. il à xlt. 

ÎEur.i du 10 mars igoS, p. xlti à iltiu. 

Rapport de H. Jules Goivrsir sur une peinture de la Chartreuse de Pesio, com- 
muniquée par H. de Liions , p. iu ii-inm. 

Rapport de M. Eugène Lsrsiu-PoniLis sur un mémoire de H. Ch. Pobtil 
relatif a des fondeurs de cloches de l'Albigeois, p. hjm. 

Rapport de H. Selomon Remich sur une communication de M. de Liions rela- 
tive à l'exploration d'une caverne à ossements è Nabresina, près de Trieste, 



RAPPORTS ET COBHUN1C1T10KS. 

Dalles funéraires avec cupules, trouvées près de CoHorgues (Gard). Rapport de 
H. te D r CiPina sur une communication de M. Ulysse Dumib, p. 3-i. 

Exploration archéologique de la forêt de Rouvray (Seine-Inférieure). Fouilles de 
190S, par M. Léon de Tesit, p. 5 a i5. (HancA* I.) 

Notes archéologiques sur Narbonne, par M. le capitaine Moluts, p. 16 a 3i. 

{Planche IL) 

{Voir le lutte à la iroiiiéme page dt la comerturt.) 



Diglz,d:>yCOO^[e 



BULLETIN 
ARCHÉOLOGIQUE 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES. 



LISTE 

DBS MEMBRES l>B LA SECTION D'ARCHEOLOGIE, 

DES MEMBRES NON RESIDANTS, 

DES CORRESPONDANTS ET DES CORRESPONDANTS HONORAIRES 

DU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES. 



MEMBRES DE LA SECTION D'ARCHEOLOGIE 

Président : 

M. Hébun db ViLLirosu (Antoine), membre de l'Institut, conser- 
vateur au Musée du Louvre, rue Washington, 16, vm*. 

Vice prètideul : 

M. Saouo, membre de l'Institut, directeur honoraire du Musée des 
Thermes el de l'Hôtel de Cluny, rue de Serres, 85 , rt\ 

Secrétaire ; 

M. Linnriu (Robert db), membre de L'Institut, professeur ù l'École 
nationale des Chartes, rue du l'ré-auï-Clercs, 10 Ut, vu". 

AlGHfoLOSIX. Ti° I. A 



Diglz,d:>yCOOg[e 



Secrétaire adjoint : 

M. Prou (Maurice), professeur a l'Ecole nationale des Charles, 
rue des Martyrs, 5i, ix'. 

Membre» : 
MM. 
Bahelon, membre de l'Institut, conservateur à la Bibliothèque 
nationale, chargé de cours au Collège de France, rue de Ver- 
neuil, 3o, vu". 

Berger (Philippe), membre de l'Institut, sénateur, professeur au 
Collège de France, quai Voltaire, 3, vu'. 

Blanchbt (Adrien), bibliothécaire honoraire a la Bibliothèque na- 
tionale, avenue Bosquet, ko, vu'. 

Gagnât (René), membre de l'Institut, professeur au Collège de 
France, rue Stanislas, to, vi*. 

Capitah (Le docteur L.), professeur à l'Ecole d'anthropologie, rue 
des Ursulines, 5, v r . 

Grandirai* (Charles), contrôleur des Monuments historiques, bou- 
levard Saint-Germain , 1 1 9, vr 1 . 

Goirnsv, membre de l'Institut, administrateur de ta Manufacture 
nationale des Gobelios, avenue des Gobelios, ûa, xnr\ 

Homolle (J.-Tli.). membre de l'Institut, directeur des Musées na- 
tionaux, Cour du Louvre, i". 

Lefètbe-Poetalis (Eugène), membre résidant de la Société natio- 
nale des antiquaires de France, rue de Phaisbourg, i3, xvn". 

Lorgnon (Auguste), membre de l'Institut, professeur au Collège 
de France, rue de Bourgogne, 5a, vu". 

Maspero (Gaston), membre de l'Institut, professeur au Collège de 
France, avenue de l'Observatoire, au, m*. 

Perrot (Georges), secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres, directeur honoraire de l'Ecole normale 
supérieure, quai Conti, sFi, vf. 



Diglz,d:>yCOO^[e 



MM. 

ïUiiucb (Salomon), membre de l'Institut, conservateur du Musée 
des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, rue de 
Lisbonne, 38, un". 

ScamuiRGn (Gustave), membre de l'Institut, avenue d'Autin, 
37, Tlll\ 

Tukder*t (L'abbé Henry), membre do l'Institut , ancien président 
de la Société nationale des antiquaires de France, rue de Bour- 
gogne, 54, tif\ 



COMMISSION DE PUBLICATION 
DBS DOCUMENTS ARCHEOLOGIQUES DE L'AFRIQUE DU NORD. 

Préiident honoraire : 

M. Perrot (Georges), secrétaire perpétuel de l'Académie des In- 
scriptions et Belles-Lettres, directeur honoraire de l'Ecole nor- 
male supérieure, quai Contt, 9&, vi*. 

Président ; 

M. Héioh si ViLLiroeei, membre d« l'Institut, conservateur au 
Musée du Louvre, rue Washington, 16, vm*. 



M. CteiUT (René), membre de l'Institut, professeur au Collège 
de France, rue Stanislas, 10, vi\ 

Membre? 1 

MM. 

Bihloh, membre de l'Institut, chargé de cours an Collège de 
France, conservateur à la Bibliothèque nationale,' rue de Ver- 
seuil, 3o, vu*. 

B1u.11 (Albert), architecte en chef des Monnments historiques de 
l'Algérie, rue Blanche, 80, ix*. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

Bkbgbr (Philippe), membre de l'Institut, sénateur, professeur au 
Collège de France, quai Voltaire, 3, tu". 

Bkrthâiit (Le général), directeur du Service géographique de l'ar- 
mée, rue de Grenelle, 1A0, vu*. 

BoEsniLWiL» (Paul), inspecteur général des Monuments historiques, 
boulevard Saint-Michel, 6, vi*. 

Dkhl, correspondant de l'Institut, professeur adjoint à la Faculté 
des lettres de l'Université du. Paris, square du Boute, û, nu?. 

Gaucilea, correspondant de l'Institut, directeur du Service des 
antiquités et des arts de la Régence, à Tunis. 

(Jïundjeân (Charles), contrôleur des Monuments historiques, bou- 
levard Saint-Germain, 119, vi'. 

Gbill (Stéphane), correspondant de l'Institut, inspecteur des An- 
tiquités de l'Algérie, professeur à l'École préparatoire à l'ensei- 
gnement supérieur des lettres d'Alger. 

Hoodih, professeur à l'École spéciale des langues orientales vi- 
vantes, avenue de Wagram, 99, ivii*. 

Lt MiRTituÈRB (H. de), consul général de France à Buda-Pesth. 

Lastetbie (Robert de), membre de l'Institut, professeur a l'École 
nationale des Chartes, rue du Pré-aux-Clercs, 10 Au, vu*. 

Maspbho (Gaston), membre de l'Institut, professeur au Collège de 
France, avenue de l'Observatoire, ai , xiv*. 

Mosciiux (Paul), professeur au Lycée Henri IV, rue de Tournon, 
ia,vi\ 

Rkihach (Salomon), membre de l'Institut, conservateur du Musée 
des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, rue de Lis- 
bonne, 38, vin*. 

SiLiDin, architecte diplômé du Gouvernement, boulevard de Cour- 
celles, 69 bit, vin*. 

ToctAiif (Jules), maître de conférences à l'École pratique des Hautes- 
Études, rue du Four, 95, vi°. 



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COMMISSION 
DKS MUSÉES SCIENTIFIQUES ET ARCHEOLOGIQUES. 



M. Boissm (Gaston), secrétaire perpétuel de l'Académie fran- 
çaise, professeur au Collège de France, quai Coati, s3, ti*. 

Vice-prétidêtU : 

M. L»steïrik (Robert dr) , membre de l'Institut , professeur à l'École 
nationale des Chartes, rue du Pré-aux-Clercs, 10 bit, vu"* 



M. Burlon, membre de l'Institut, chargé de cours au Collège de 
France, conservateur n la Bibliothèque nationale, rue de Ver- 
neuil, 3o, tu*. 



MM. 

CiGNiT (René), membre de l'Institut, professeur au Collège de 
France, rue Stanislas, 10, ti*. 

GmnET, directeur du Musée Guimet, avenue d'Anlin, &o, nu'. 

HtMV (Le docteur), membre de l'Institut et de L'Académie de mé- 
decine, professeur au Muséum d'histoire naturelle, conser- 
vateur du Musée d'ethnographie, rue Geoffroy- Saint -Hilaire, 
36, V. 

Hîron lis Villepossi (Antoine), membre de l'institul, conservateur 
au Musée du Louvre, rue Washington, 16, viii*. 

Maspho, membre de l'Institut, professeur au Collège de France, 
avenue de l'Observatoire, a4, ht*. 

Odst&lkt, professeur au Muséum d'histoire naturelle, rue de Bnf- 
fon, 55, v«. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

Pittof (Georges) , secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions 
et Belles-Lettres, directeur honoraire de l'École normale supé- 
rieure, quai Conti, ab, vr\ 

Rbinach (Salomon), membre de l'Institut, conservateur du Musée 
des antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, rue de 
Lisbonne, 38, mi\ 

Thdtat (E.), docteur es sciences, ancien conservateur du Musée 
d'histoire naturelle de Toulouse, rue du Lycée, à Poix. 



MEMBRES NON RÉSIDANTS DU COMITÉ. 
MM. 

Abdiillon (Edouard) , recteur de l'Académie de Besançon. 
Badkau (Albert), membre de l'Institut, à Troyes. 

Risskt (René), correspondant de l'Institut, directeur de l'Ecole 
préparatoire à l'enseignement supérieur des lettres d'Alger. 

Baye (Joseph de), membre résidant de ta Société nationale des An- 
tiquaires de France, à Baye, par Montmort (Marne). 

lisiiiREPAiiE (Charles di Robillabd de), correspondant de l'Insti- 
tut, archiviste honoraire du département de la Seine-Inférieure. 

Bhhthei.é (Joseph), archiviste du département de l'Hérault. 

Boissonnadb, professeur à la Faculté des letlres de l'Université de 
Poitiers. 

Brun-Durand (Justin), à Grest (Drome). 

Brutailb, correspondant de l'Institut, archiviste du département de 
la Gironde. 

Burkad (Le docteur Louis), directeur du Muséum d'histoire natu- 
relle, à Nantes. 

Caillsmer, correspondant de l'Institut, doyen de la Faculté de 
droit de l'Université de Lyon. 

Cabtailhac, correspondant de l'Institut, à Toulouse. 



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MM. 

Carton (Le docteur), médecin-major du U" régiment de tirailleurs 
algériens, villa Stella, à Kereddine (Tunisie). 

Chant» (Ernest), soua-directeur du Muséum des sciences natu- 
relles de Lyon. 

Caimui» (Paul du), archéologue, an château de Kernui, par 

PonU'Àbbé (Finistère). 

Chauvit, archéologue, à Ruffec (Charente). 

Chevalier (Le chanoine Ulysse), correspondant de l'Institut, à 
Romans (Drome). 

CiiMERT-Smoa , ancien magistrat, au château de Bach, près Tulle. 

Clerc (Michel), professeur à la Faculté des lettres de l'Université 
d'Aix-Marseille , conservateur du musée Borély, a Marseille. 

Déghelette (Joseph), conservateur du musée archéologique de 
Roanne (Loire). 

DiLin» (Le P.), correspondant de l'Institut, à Cartilage. 

Druukon, archiviste de la ville de Reims (Marne). 

Dbxjumuis (Reinhold), correspondant de l'Institut, rue Vital- 
Cartes, j t, à Bordeaux. 

Durand (Georges), correspondant de l'Institut, archiviste du dépar- 
tement de la Somme. 

Duval, archiviste du département de l'Orne, 

Espbranbiio (Le capitaine), du 84* régiment d'infanterie, détaché 
à la direction de la Rente du Cercle militaire, correspondant de 
l'Institut, route de Clamart, 59, à Vanves (Seine). 

Fjnot (Jules), archiviste du département du Nord. 

Fodrbau (Fernand), explorateur, a Biskra (Gonstantine). 

Fouanin (Panl), correspondant de l'Institut, doyen de la Faculté 
de droit de l'Université de Grenoble. 

Gaucilm, correspondant de l'Institut, directeur du Service des an- 
tiquités et des arts de la Régence, a Tunis. 



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MM. 

Giuthiu (Jules), correspondant de l'Institut, archiviste du dépar- 
tement de la Côte-d'Or. 

Gosiilkt, correspondant de l'Institut, doyen de la Faculté des 
sciences de l'Université" de Lille. 

(Jsell, correspondant de l'Institut, inspecteur des antiquités de 
l'Algérie, professeur à l'Ecole préparatoire a l'enseignement su- 
périeur des lettres d'Alger. 

Guvot, directeur de l'École nationale des eaux et forêts de Nancy, 
président de la Société d'archéologie lorraine et du Musée histo- 
rique lorrain. 

Haemand (Le docteur), ministre plénipotentiaire de France, à 
Tokio. 

HiUTBBUx, ancien directeur des mouvements du port, à Bor- 
deaux. 

Jadart, secrétaire général de l'Académie nationale de Reims 
(Marne). 

Jut.Liin (Camille), correspondant de l'Institut, professeur a la 
Faculté des lettres de l'Université de Bordeaux. 

Kbiviler (René), inspecteur général des ponts et chaussées en 
retraite, rue de l'Hôpital, 36, à Lorient (Morbihan). 

Le Clht (Louis), conservateur du Musée archéologique de Troyea. 

LsifNtBK, directeur du Muséum du Havre. 

Lbboux, archiviste du département de la Haute-Vienne. 

Loismt (Mbnchb de), membre de la Commission des monuments 
historiques du Pas-de-Calais, au château de Beaulieu, par Saint- 
Venant (Pas-de-Calais). 

Maîvbk (Léon), archiviste du département de la Loire-Infé- 
rieure. 

Marchand, directeur de l'Observa loire du Pir du Midi (Hautes- 
Pyrénées). 

Mibedb (F.), archiviste du département du Var. 



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MM. 

Moisi» (Da), délégué général a la Direction des fouilles archéo- 
logiques en Perse. 

Œulkrt, correspondant de l'Institut, conservateur du musée d'his- 
toire naturelle de Laval. 

Papibb (Alexandre), président de l'Académie d'Hippone, conser- 
vateur du Musée de Bône (Coustantine). 

Pilismier, professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 
Montpellier. 

Pbtit (Ernest), ancien président de la Société des sciences histo- 
riques et naturelles de l'Yonne, a Chàtel-Gérard (Yonne). 

Pfistib, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté des 
lettres de l'Université de Nancy. 

Piette, archéologue, a Rumigny (Antennes). 

Pillot (Jules), ancien agent voyer d'arrondissement, à Saint- 
Quentin. 

PauDHOHMB, archiviste du département de l'Isère, secrétaire perpé- 
tuel de l'Académie delphinale. 

Richard (Alfred), Archiviste du département de la Vienne. 

ItoscBiCH, correspondant de l'Institut, secrétaire perpétuel de l'Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres de Toulouse. 

Rostand (Eugène), membre de l'Institut, à Marseille. 

Roovibb (Le docteur), professeur à la Faculté française de médecine 
de Beyrouth (Turquie d'Asie). 

Rupin (Ernest), président de la Société historique et archéologique 
de la Corrèse, à Brive. 

Sabaïim (Armand), correspondant de l'Institut, doyen de la Fa- 
culté des sciences de l'Université de Montpellier. 

Sti«B (Gustave), correspondant de l'Institut, conservateur des ar- 
chives et de la bibliothèque du Palais de Monaco. 

SiLBrRiHQui (Léon), directeur de l'Enregistrement, des Domaines 
et du Timbre du déparlement des Landes. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

Sauvage (Le docteur), conservateur du musée et secrétaire perpé- 
tuel de la Société académique de Boulogue-iur-Mer (Pas-de- 
Calais). 

Soocbon, archiviste du département de l'Aisne. 

Steenaceers (Francis), consul de France, a Yokohama (Japon). 

Swaitk (Victor di), à Lille. 

TmoLLiEi, membre de la Société historique et archéologique du 
Forez, la Diana, à Saint-Etienne. 

Thoulet, professeur a la Faculté des sciences de l'Université de 
Nancy. 

Toussaint (Le commandant), chef de bataillon d'infanterie, breveté, 
hors cadres, a Courbevoie (Seine). 

Tbutit (E.), ancien conservateur du Musée d'histoire naturelle de 
Toulouse, rue du Lycée, à Foix. 

Villet, correspondant de l'Institut, doyen de In Faculté de droit 
de l'Université de Caen. 

Waills, professeur à l'École préparatoire à l'enseignement supérieur 
des lettres d'Alger. 



CORRESPONDANTS HONORAIRES DU COMITÉ. 

MM. 

Alric, consul de France, à Scutari d'Albanie (Turquie d'Europe). 

Amdié (Edouard), archiviste du département de l'Ardeche. 

Ahbadhoht (Jules />'), président de la Commission des antiquités 
de la Côte-d'Or, a Dijon. 

Aubépik, archiviste départemental honoraire, à Aurillac. 

Aubkht (L'abbé), cure de Balteroy (Calvados). ■ 

AiiTORiti, archiviste du département de la Creuse, 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

BiiBiDB , archiviste du département de la Vendée. 

BiRCKBiusBit, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté 
de droit de l'Université de Bordeaux. 

Baudet, à la Lambertière, par SainUGeoire (Isère). 

Baibt (Georges), administrateur de la commune mixte de Coflo 
( Constantin^ ). 

BitiR de Binons, proviseur du lycée Lakanal, à Sceaux (Seine). 

Bkaucuet, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Nancy. 

Bkâuvois, 1 Corberoa (Cote-d'Or). 

Bbh Attar (César), avocat, à Tunis. 

Beksakp (Fernand), archéologue, à Saigon ( Indo-Chine). 

Bertholon (Le docteur), à Tunis. 

Bigarni (Charles), membre de la Société' archéologique de Beaune, 
à Chorey (Cote-d'Or). 

Bled (L'abbé), président de la Société des antiquaires de la Mo- 
rinie, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 

Blocb (Camille), inspecteur général des bibliothèques et archives, 
me Donizetti, 3, à Paris, xvi*. 

Boirrl, architecte, à MouLiers (Savoie). 

Boula «d (Gustave), directeur des contributions directes en retraite, 
rue de la Bienfaisance, ù, à Paris, vin*. 

Brocard (Le commandant), chef de bataillon du génie en retraite, 
à Bar-le-Duc. 

Bruni (L'abbé), curé de Mont-sous- Vaudrey (Jura). 

Brt (Georges), doyen de la Faculté de droit de l'Université d'Aix- 
Marseitle, à Ain. 

GàiDULLic (Da), juge au tribunal de première instance de la 
Seine. 

Ciu-Dimun (L'abbé), rue Bellegarde, 3, à Toulouse. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

Caiaus dr Foiidoucb, secrétaire général de l'Académie des 
et lettres de Montpellier. 

Ghatkl (Eugène), archiviste départemental honoraire, rue Vavin, 
6, à Paris, vi". 

Chavanon, archiviste départemental honoraire, rue de Varenne, a3, 
Paris, vu*. 

Guenon, professeur à la Faculté de droit de l'Université de 
Paris. 

Chbvirux , archiviste du département de la Seine-Inférieure. 

Glehyal (L'abbé), docteur es lettres, à Chartres. 

Closmabeuc (Le docteur ni), président de la Société polymathique 
du Morbihan, ù Vannes. 

Colib (Gabriel), professeur au lycée d'Alger. 

Combariku, ancien archiviste départemental, à Cahors. 

Goure (Le docteur), ancien archiviste de la ville de Brest (Fi- 
nistère). 

Goubant (Maurice), maître de conférences à la Faculté dos lettres 
de l'Université de Lyon. 

Dkjsanhe (Le docteur), à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). 

Dblouhe, doyen de ta Faculté de droit de l'Université de Tou- 
louse. 

Debib (Charles), capitaine au 5t" régiment d'infanterie, a Beau- 
vais. 

Dbsdrvisbs bu Dbzebt, professeur à la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Clermont-Ferrand , président de la Société d'émulation 
de l'Auvergne. 

Desplahque , conservateur de la Bibliothèque de Lille. 

Dion (A. db), président de la Société archéologique do Rambouillet, 

à Montfort-l'Amaury (Seine-et-Oîse). 

Dissard, conservateur des musées de la ville de Lvon. 



Diglz,d:>yCOO^[e 



MM. 

Donebbuh, a Saint-Gcniez-sur-Lot (Aveyron). 

Dortkl (Alcide-Étienue), avocat, conseiller général de la Loire- 
Inférieure, à Nantes. 

Ddhaiiil, archiviste du département de Vauduse. 

Dumoulin (Maurice), professeur de renseignement secondaire, en 
congé, aux Mureaux (Seine-et-Oise). 

Fibkk, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de Tou- 
louse. 

Fasses (Le commandant), ancien chef de service des affaires indi- 
gènes, à Amplepuy (Rhône). 

F ATi ei, conservateur de la bibliothèque delà ville de Nancy. 
Finot (Louis), directeur honoraire de l'Ecole d'EïIréine-Orienl, l\ 
Paris. 

Flamabb (Henri de), archiviste du département de la Nièvre. 
Fleuri (Paul de), ancien archiviste départemental, ù l'Isle-Jour- 

dain (Vienne). 
Fourdrignier, ancien receveur des contributions indirectes, avenue 

de Wagrsm, 20, à Paria. 
Fbémihtille (De), archiviste du département de la Loire. 
Gabhier (Le chanoine), curé de Heuilley-le-tirand, par Heuilley- 

Cotton (Haute-Marne). 
GiHiioou (Le docteur), président de l'Association pyréuécniie, à 

Toulouse. 

Gautih (L'âbbé), curé de Saint-Cyr-1'Écolc (Selne-el-Oisc). 
Gide, professeur a la Faculté de droit de l'Université de Paris. 
Giraolt (Arthur), professeur à la Faculté de droit de l'Université 
de Poitiers, 

Godard (Ch.), professeur au lycée du Puy. 

Gomabd, ingénieur des arts et manufactures, à Lyon. 

Guerot, secrétaire général de la Société de géographie de Toulouse. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

Gobsnoh, professeur honoraire de l'Université, rue du Bac, 93, à 
Paris, vu". 

Guioui (Georges), archiviste du département du Rhône. 

Habasque, conseiller honoraire è la Cour d'appel, rue Émile-Four- 

caud, ai, à Bordeaux. 

Hbrku.b, professeur au lycée de Bayonne (Basses. -Pyrénées). 

Hobbrt (Eugène), archiviste du département de l'Indre. 

Hugues , archiviste du département de Seine-et-Marne. 

Jouajc (Le commandant), capitaine de vaisseau en retraite, à Cher- 
bourg. 

Joubin, professeur au Muséum d'histoire naturelle de Paris, v*. 

Lacroix, archiviste du département de la Drome. 

Laugàrdièhe ( De ) , membre de la Société des antiquaires du Centre , 
à Bourges. 

Leblanc, ancien conservateur du Musée de Vienne, à Saint Laureul- 
de-Chamousset (Rhfine). 

Lb Bobuv (Le capitaine), au i a t" régiment d'infanterie, à Montluçon 
(Allier). 

Lb Bbbtoh (Gaston), correspondant de l'Institut, directeur du 
Musée des antiquités de la Seine-Inférieure et du Musée céra- 
mique de Rouen. 

Ledied (Alctus), bibliothécaire de la ville d'Abbeviile. 

Lmii (Charles), résident honoraire de France, rnede Condé, io, 
à Amiens. 

Leroy, bibliothécaire de la ville de Melun. 

L'Espiiusss-Laiigeac (Db), rue Fabert, 5o, à Paris, vir\ 

Lettrbon (L'abbé), professeur au lycée de Bastia (Corse). 

Lbïmabib (Camille), conservateur de la bibliothèque communale, 
à Limoges. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



— VI — 

MM. 

LiBoifl, archiviste du département du Jura. 

Liégeois, correspond a ni de l'Institut, professeur à ta Faculté de 
droit de l'Université de Nancy. 

Lisli bu Dieheuc (Pitre t>i), conservateur-directeur du Musée ar- 
chéologique de Nantes 

Lubbt, contrôleur civil, a Gabes (Tunisie). 

Maigbibu, bibliothécaire de la ville de Grenoble. 

M»l»ïi»llb, secrétaire général' de la Société languedocienne de 
géographie, à Montpellier. 

Hblou» (Dis), mombre de la Société dea antiquaires du Centre, 
àl 



Mélt(Db), membre résidant de la Société nationale des antiquaires 
de France, au château du Mesnil- Germain, par Fervacques 
(Calvados). 

Mbbciib (Ernest), président de la Société archéologique du dépar- 
tement de Constantine. 

Monlbiun, colonel en retraite, rue du Montparnasse, 18, à Paris, 

VI». 

MoiTfcirr (Db), ancien magistrat, a La Rochefoucauld (Charente). 
Mobbl (Léon), receveur particulier des finances, en retraite, à 

Reims (Marne). 
Mobis, archiviste du département des Alpes-Maritimes. 
Ottivi, consul de France, à Zanzibar. 
PiGABT d'Hebhinsist, secrétaire de la Société des antiquaires de la 

Morinie, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 
Patt de Clai (Du), administrateur adjoint chargé du Cercle de 

Béréby (Cote d'Ivoire). 

Paul, professeur au lycée d'Alais (Gard). 
Psiathon (Cyprien), à Aubusson (Creuse). 
Picri (Albert), a Pau. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 
Piiutel (Philippe), bibliothécaire et conservateur du musée de 
Cannes (Alpes-Maritimes). 

Pharohd (Ernest), membre de ia Société d'émulation d'Abbcvillc. 

Privai (Le général), commandant la 3a* division d'infanterie, à 
Perpignan. 

RiBooiH, notaire honoraire, à Ghâteaudun (Eure-et-Loir). 

Rapprit, consul général de France, au Gap. 

Rbbillbt, lieutenant-colonel en retraite, a Mateur (Tunisie). 

Rkquin (L'abbé), & Avignon. 

Revos (Michel), chargé de cours à la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Paris. 

Rbmond (Marcel), à Grenoble. 

Ricuuahi, président de la Commission des antiquités débarluiiH'n- 
taies du Pas-de-Calais , à Arras. 

Rocher, consul général de France, à Tien (sin (Chine). 

RoMin (Joseph), rue Casimir- Perier, ay, a Paris, vu'. 

Rosiiot (Alphonse), ancien archiviste départemental, rue Sman- 
doni, 11, à Paris, vi*. 

Roucbon, archiviste du département du Puy-de-D6me. 

Sabatiei (Camille) , inspecteur général des services administratif!; au 
Ministère de l'intérieur, en retraite, allées La Fayette, a Tou- 
louse. 

Salbillbb, professeur à la Faculté de droit de l'Université de 
Paria. 

Saurel (L'abbé), membre de l'Académie des sciences et lettres de 
Montpellier. 

Schibmbr, maître de conférences à la Faculté des lettres de l'Uni- 
versilé de Paris. 

Scbhidt, archiviste à la direction des Archives, rue des Francs- 
Bourgeois, 60, à Paris, 111'. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



Xfll 

MM. 

Souc.tii.LB (Anton»), secrétaire de ta Société archéologique dt 
Béliers (Hérault). 

Sodliqi, conservateur de ta bibliothèque de la ville de Pau. 

Teulet, archiviste du département des Landes. 

Tuolm, archiviste départemental honoraire, à Concarneau (Fi- 
nistère). 

Thomas, membre de l'Institut, professeur à la Faculté des lettres 
de l'Université de Paris. 

TtiaiDiz (Le chanoine), ancien aumônier du lycée de Reims' 

(Marne). 
Villes (Georges), député du Pas-de-Calais. 
Verlaqu* (L'abbé), a Fréjus (Var). 
Vidai,, bibliothécaire de la ville de Perpignan. 
Vigiut (Gaston), ancien président de la Sociétû archéologique et 

historique de l'Orléanais, à Orléans. 

Vilbebt, secrétaire général des Phares de l'Empire ottoman, h 
Constanlinople (Turquie d'Europe). 

Visskbi, professeur à l'IDcole spéciale des langues orientales »î- 



CORBHSPONDÀNTS DU COMITE. 
MM. 
Abaii (Georges), administrateur de a" classe en Mauritanie, à 

Saint-Louis (Sénégal). 

Abhab», notaire à Barcelonnette (Basses-Alpes). 

Ahuaii» d'Asnsl (L'abbé G.), archéologue, nie Moniaux, iu, à Mar- 
seille. 

AuiBBiCH (Bertrand), professeur a la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Nancy. 

Baidit (Pierre), négociant à Aden (Arabie). 

ÀiciàoMieT». — NM. , 



Diglz,d:>yCOOg[e 



— nm — 

MM. 

B ardy, président de U Société pnHomathiqae vosgiean* , à SainuDié 

(Vosges). 
Barrièrb-Plavt, membre de la Société archéologique du Midi de 

la France, à Puydaniel (Haute-Garonne). 

Bjmuvus (Joseph), interprète de t™cU*ae à Yun-Nân-Sen (Chine). 

Bbneacar, professeur a la Faculté de droit de l'Université de Bor- 
deaux. 

Bernard, lieutenant an A* régiment de chasseurs d'Afrique, à 

■ . Tunis. 

Bkrtrahd (Louis), conservateur du musée de PhîlinperiHa (Con- 
stantine). 

Brilié (Dr), membre de la Société de statistique, des sciences 
naturelles et des arts industriels de l'Isère, à Grenoble. 

Bizot, conservateur du Musée de Vienne (Isère). 

Blossikr, professeur au collège de Honfleur (Calvados). 

Bosbau, à Cormery (Indre-eL-Loirc). 

Bondurand (BuGNï-), archiviste du département du Gwà. 

BonuRror, conseiller général du canton d'Enuesat (Puy-de-Dôme). 

Bouno (L'abbé), curé de Chelles (Seine-et-Marne). 

Bordier (Le commandant), contrôleur civil en retraite, à Hamma- 

met (Tunisie). 
Boucher (L'abbé H.), recteur de l'établissement de Zi-Ki-Wei, 

près Ghing-IlaT (Chine). 

Boulanger (C), conservateur honoraire du musée de Péronne 
(Somme). 

Bore (Pierre), membre de l'Académie de Stanislas, A Nancy. 

Braqurhavr, directeur de l'École municipale de dessin, à Bor- 
deaux. 

Brouilket, professeur à la Faculté de droit de l'Université de 
Lyon. • , 



Diglz,d:>yCOOg[e 



— m — 
MM. 

Baueiir (Mu), archiviste dû département de la Haute-Savoie. 
CiiABÈs, secrétaire général de la Société d'horticulture du Gard, 

à Nîmes. 
Cambra to'AuHDi (P.), professeur à la Faculté des lettres de l*Uni- 

varsilé de Bordeaux. 
Cniiias, président de la Société d'étude des sciences naturelles 

de Nîmes. 
Criiluii (L'abbé), desservant de Beaurecueil, près Aix (Bouches- 

du-Rhone). 
Chklitt, professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 

Lyon. 

CuiHiiB , membre de la Société archéologique du département de 
Constantine, rue Lavigerie, à Saint-Eugène (Alger). 

Cbadvishb, vice-président de la Société' de géographie de Tours. 

Corn.» (Emile), pharmacien, a la Boche-Chalais (Dordogne). 

Cr.iuDON, archiviste du déparlement du Pas-de-Calais. 

Collabj» (6.), archéologue, rue de Metx, 46, à Auch. 

Collwhoh (Le docteur), médecin-major au a5' régiment d'infan- 
terie, a Cherbourg (Manche). 

Coquille (Pierre), membre de la Société des études historiques de 
Paris, a Meulan. 

Couard, archiviste du département de Seine-et-Oise. 

Coubbontaiïm», conservateur du Musée de Lambèse ( Constautiiie ). 

Cociu, (Léon), ancien président de la Société normande d'études 
préhistoriques, aux Andetys (Eure). 

Coxettb (Paul), membre du Comité historique et archéologique de 
Nflyon (Oise) . 

DinotiuoD (Charles), conservateur du Musée de peinture et du 
cabinet d'antiquités de Saintes (Charente-Inférieure). 

Dabshkdthkr (Henri), pasteur de l'église réformée, a Bar-le-Dnr. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

Duku&«(A.), commis des Postes 'et Télégraphes, à Bougie (Coë> 
slantine). 

DsGLàTioNT, vice-consul de Russie, à Rouen. 

Dkoiu», consul de France, a Philippopolî (Bulgarie). 

Dbkibart (Raoul ) , vice-président de la Société archéologique d'Eure- 
et-Loir, cloître Notre-Dame, à Chartres. 

DisLiUDis (Le chanoine), à Bayeux. 

Dustasdiu , pasteur de l'église reformée, à Mouries (Bouches-dn- 
Rhone). 

DoHin (Le capitaine), commandant du cercle supérieur de Kéhiiti 
(Tunisie). 

Doon.ii 1 (G.), professeur au lycée de Nice. 

Dourré (Edmond), charge 1 de cours à l'Ecole préparatoire à ren- 
seignement supérieur des lettres d'Alger. 

DiAPPiaa (Louis), sesrétaire de la Direction des antiquités et des 
arts de la Régence, a Tuuis. 

Dmocx, avocat général, près la Cour d'Orléans. 

Diouiult (Roger), receveur de l'enregistrement à Saint-Sulpice- 
les-Fenittes (Haute-Vienne). 

Dt-BÀHAT (L'abbé), curé de Saint-Martin, à Pau. 

Dujibhic-Discombbs, vice - président de la Société historique et 
archéologique du Périgord , à Périgueux. 

Dumas (F.), doyen de la Faculté des lettres de l'Université de Tou- 
louse. ' 

Dbhu (Ulysse), archéologue, à Baron, par Saint-Chiptes(Gard). 

Duphit, professeur au lycée de Rochefort (Charente-Inférieure). 

Durischl, conducteur des ponls et chaussées, a Mahdia (Tunisie) 

Duvhnot, archiviste du département de Meurthe-et-Moselle. 

Eok (Théophile), conservateur du musée de Saint-Quentin (Aisne). 

Ecksl, archiviste du département de la Haute Saine. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



— 1SI — ■ 

MM. 
Fatoub (D«), conservateur du muée scientifique et archéologiqne 
de Périgucux, au château de Fayolle, par Tocane- Saint-Apre 
(Dordogne). 

Fbmahd (Gabriel), consul de France 1 Stuttgart (Allemagne). 

Flauut (Charles), professeur à la Faculté des sciences de l'Uni- 
versité de Montpellier. 

Flamand, chargé de coure à l'École préparatoire à l'enseignement 
supérieur des sciences d'Alger. 

Fleoiy (Gabriel), membre de ta Société historique et archéo- 
logique du Maine, à Marnera (Sarthe). 

Fodcbu (Le chef de bataillon), commandant supérieur du cercle 
de Médenine (Tunisie). 

Fouqubt (Le docteur), archéologue, au Caire. 

FooaMia (Joseph), archiviste adjoint dn département des Boucbes- 
du-Bhone. 

Gassibs (Georges), professeur au collège de Meaux (Seine-et- 
Marne). 

Gactsih (Gaston), instituteur public, a Mu ri in, par Beaumont- 
la-Fetriere (Nièvre). 

Gaotih (Emile), chargé de cours à l'École préparatoire a l'en- 
seignement supérieur des lettres d'Alger. 

Gaziei (Georges), conservateur à la Bibliothèque municipale, à 
Besançon. 

Griik-Bicibd (Henry de), secrétaire de la Société de statistique de 

Marseille. 
Giradd (J.-B.), conservateur du Musée archéologique de la ville 

de Lyon. 
Goheii» (Le capitaine), du U* régiment de tirailleurs algériens, à 

Sousse (Tunisie). 
Goum (F.), conservateur du musée archéologique de Sousse 

(Tunisie). 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

Giand (Roger), ancien archiviste adjoint départemental , rue Co- 
pernic, ao, a Nantes. 

Giundiaison (LouisLoizEAUDs), archiviste du département d'Indre- 
et-Loire. 

Goillauk (L'abbé), archiviste du département des Hautes- 
Alpes. 

H ailla st. secrétaire perpétuel de la Société d'émulation des Vosges, 
a Epi» al. 

Hanhuo, major au i4A* régiment d'infanterie, à Bordeaux. 

Hbmadlt, bibliothécaire de la ville de Valenciennes ( Nord). 

Hibhahn (Gustave), sous-préfet honoraire, à Excideuil (Dor- 
dogne). 

Hilairr (Jean), capitaine au a* régiment étranger, détaché au 
bataillon étranger de Madagascar, à Sokaramy. 

Hmglais, conservateur du musée de Constaniine. 

Ishard, archiviste du département des Basses-Alpes. 

JicoTiN, archiviste du département de la Haute-Loire. , 

Jacqobtton , administrateur de la commune mixte d« Miehelet 
(Alger). 

Joli (Alexandre), professeur à la Médersa de Gonstantine, en 
congé, 'à l'Ecole préparatoire à l'enseignement supérieur des 
Bcieuces d'Alger. 

Jolï (Charles), conservateur du musée de Guelma (Constantin?). 
JottBDANNB (Gaston), membre de la Commission archéologique de 
Narbonne , à Carcassonne. 

Jovi (Ernest), professeur au collège de VUry-le-Françoia (Marne). 

Jolis*, contrôleur civil suppléant, en disponibilité, aux Mees 
(Basses-Alpes). 

Kiman, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de Gre- 
noble. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



— XXIII 

MM. 

Kmuhclaube, professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 

Lyon. 
Kôrstibi (J.), professeur à la Faculté des sciences de l'Université 

de Bordeaux. ■ 

Labaiidb, conservateur de la bibliothèque de ta rille et du Musée 
Calvet, à Avignon. 

Labat (Gustave), ancien président de la Société des archives his- 
toriques de la Gironde, à Bordeaux. 

Lacroix (Francisque), conservateur du musée d'histoire naturelle 
de Mâcon. 

Lafoh, conducteur des ponts et chaussées, à Souk-et- Arba 
(Tunisie). 

La Gussuie (Raoul db), juge au tribunal civil de Nantes. 

Lahoudès (Db), président de la Société archéologique du Midi de 

la France, à Toulouse. 
Laigub (Db), consul général de France, à Trieste (Autriche), 
Linobb (Maurice), archiviste du département des Basses-Pyrénées. 
La Rogeiib (Bourde de), archiviste du département du Finistère. 

Laubv (Ant.), préparateur a la Faculté des sciences de l'Université 
de Glermont. 

Laurent, archiviste du département des Ardennes. 
Lechbtamib (A.), instituteur public, à Giiverville-en-Caux (Seine- 
Inférieure). ' 

Leclebc (René), professeur au collège de Médéa (Alger). 

Léguas (Jules), professeur à la Faculté des lettres de l'Université 
de Dijon. 

Lbvpbbbdb , archiviste du département de l'Aveyron. 

Lesoht (André), archiviste du département de la Meuse. 

Letaihturier (Gabriel), publicisle, sous-préfet de Gh&teaudun 
(Eure-et-Loir). 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

Lu , archiviste du département de Saône-et-Loire. 

LoaiMY, conservateur du musée archéologique de Chatillon-sur- 
Seine (Céte-d'Or). 

Lou» (Henri), professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 
Bordeaux. 

LtiMJKRc (Auguste), photographe, rue Saint-Vîctor-Monplaisir, ai, 
à Lyon. 

Lumière (Louis), photographe, rue Saint-Victor-Monplaisir, ai, a 

Lyon. 
Maçon, archiviste du château de Chantilly (Oise-). 
Malliid (Gustave), avocat, a Saint-Amand (Cher). 
Miiçiis (William), directeur de la Médersa, à Alger. 
Murtonhb (Emmanuel db), maître de conférences a la Faculté des 

lettres de l'Université de Rennes. 
Misfion, professeur a la Faculté des lettres de l'Université d'Aîx- 

Marseiile, à Ait. 

Mmoiii (Gustave), secrétaire deia Société archéologique du dépar- 
tement de Constantine. 

Mulet (René), archiviste du département d'Eure-et-Loir. 
Metiis (L'abbé), secrétaire-archiviste de l'éréché, a Chartres. 

Mmeius (Galien), secrétaire général de la Société d'étude des 
sciences naturelles de Nîmes. 

Moncmcourr, contrôleur suppléant, sous-chef du bureau des Con- 
trôles, à la Résidence générale, a Tunis. 

MoKBL (Le chanoine), desservant de Chevrières (Oise). 

Mobin (Louis), typographe, rive droite du Canal, 7Û , à Troyes. 

MouiLot (Félix), inspecteur d'Académie, à Alençon. 

Musait (Georges), bibliothécaire de la ville de la Rochelle. 

Novis (Dominique), archéologue, à Sfax. 

Or.sHKAu (François), proviseur du lycée de Toulouse. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



MM. 

Oursbl, bibliothécaire de la ville de Dijon. 

Pabjsot (Le docteur Pierre), professeur à la Faculté de médecine 
de l'Université de Nancy. 

Pisciud, conseiller à la Cour d'appel de Chambéry. 

Pasouibb , archiviste du département de la Haute-Garonne. 

Pawlowbki (Auguste), membre de la Société de géographie, d'agri- 
culture, lettres, sciences et arts de Rochefort, a Fouras (Cha- 
rente-Inférieure). 

Pbbux (Pierre-Alphonse), correspondant de l'Institut, président de 
la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, a 
Aiuerre, 

PânousE, archiviste du département de la Savoie. 

Petit (Auguste), archiviste du déparlement de la Corroie. 

Pêxièiis (Angély), instituteur public, à Ferrieres (Hérault). 

Psilippe (André), archiviste du département do la Lozère. 

PtiKOMM , membre de la Commission départementale, des anti- 
quités et des arts de Seine-et-Oise, a Cléry-en-V«xin , par 
Magny (Seine-et-Oise). 

PoHTSBiiiu (Le lieutenant as), chef du bureau des affaire!» indi- 
gènes, à Zarzis (Tunisie). 

Pores, archiviste du département de l'Yonne. 

Po*m (L'abbé), desservant de Boarnainville (Eure).. 

Portai. (Charles), archiviste du département du Tarn. 

PoTTim (Le chanoine), président delà Société archéologique de 
Tarn-et-Garonne, à Montauban. 

Poulains (L'abbé), desservant de Voutenay (Yonne). 

Poupb (Edmond), professeur au collège de Draguignan. 

Poux, archiviste du département de l'Aude. 

Piàbek (Bertrand), conservateur du Musée du Bardo, à Tunis. 



Diglz,d:>yCOO^[e 



MM. 

Pbkntout, professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 
Caen. 

Qdignoh, professeur au lycée de Beauvais. 

RsamuLT (Félix), rue de la Trinité, à Toulouse. 

lÎBiisiBH (Louis), archéologue, rue du Meilet, g, à Évreux. 

Rbhadlt (Henri-Eugène), officier d'administration du génie, à 
Tunis. 

Ricubhond (Mbscbimbt db), archiviste du département de la Cha- 
rente-Inférieure. 

Robbbt, administrateur de la commune mixte des Maadid, à Bordj- 
Bou-Arréridj (Constantine). 

Houle, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de 
Toulouse. 

SiBUTBBs (L'abbé A.), desservant de Leucate(Aude). 

Sabatibb (Paul) , correspondant de l'Institut , professeur à la Faculté 
des sciences de l'Université de Toulouse. * 

Sadoui (Eugène), inspecteur du Service des antiquités et des arts 
de la Régence, à Tunis. 

Saisson (Camille), vice-consul de France, à Mong-Tseu, Yun-Nan 
(Chine). 

Saint-Venant (Db), inspecteur des eaux et forêts, a Nevers. 

Sabban d'Alurd (Louis db), membre de la Société des lettres; 
sciences et arts «la Haute-Auvergne » , avenue de la République, 
3, à Aurillac. 
Ses (Henri), professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 



SoTKB(Paul), archiviste du département du Loiret. 
Tbibhs (Paul), conservateur du Musée archéologique, à Narbonne 
(Aude). 

Tnoison (Eugène), membre de la Société historique et arebéo- 
logique du Satinais, à Larchnnt (Seine-«fc-Marne). 



Diglz,d:>yCOOg[e 



IITII 

MX. 

Tuutn (Le capitaine), chef du bureau des affaires indigènes, à 
îartis (Tunisie). 

Tiion (Robert), président de la Société" historique et archéo- 
logique du Maine, au Mans. 

Tkouilhhd, archiviste du département de Loir-et-Cher. 

Uassio , chanoine titulaire de la cathédrale d'Angers. 

V*li*n (Gaston), professeur au lycée d'Aix. 

Vàschildb (Henri), à Vals-les-Bains (Ardèche). 

Vbiih (Auguste), architecte des monuments historiques, à Arles 
( Bouches-d u- Rhô ne ) , 

Vmnw, archiviste du département de l'Aube. 

Vbslt (Léon de), correspondant du Comité des sociétés des beaux- 
arts des départements, rue des Faulx, ai, à Rouen. 

Vidai (Auguste), chef de bureau à la préfecture du Tarn. 

Villeniotb (L'abbé Léonce m), archéologue, au palais de Monaco. 

ViLUPtUT (Ferdinand), archiviste du département de la Dor- 
dogne. 



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PROCÈS-VERBAUX 

DES SÉANCES 

DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE 

KT 

DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD 



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PROCÈS-VERBAUX 

DIS SÉANCES 

DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE 

ET 
DB LA COMMISSION DE L'AFlUQUB DO NORD. 

16 JANVIER 1905. 
SÉANCB DB LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 

PHKSIDBflCK DB M. HÉRON DB VILLEFOSSB. 

La séance est ouverte à k heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté*. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Homofle prie le Comité d'excuser son absence. 

M. l'abbé J.-B. Martin, correspondant dn Comité, a Lyon, 
envoie une note sur des inscriptions et fragmenta d'inscriptions 
provenant des fouillas do quartier Saint-lrénée a Lyon. — Renvoi 
à M. Héron de Villefogse. 

M. Ulysse Dumas, à Baron (Gard), adresse au Comité deux 
notes, l'une sur les tuuinliu de Belveaet, de Baron, et d'Ainaliers 
(Gard), l'autre sur des buttes de l'époque ballBtatienne. — Renvoi 
à M. le D r Capitan. 

M. dé Leigue, correspondant dn Comité, h Trierte, envoie nne 



Diglz,d:>yCOOg[e 



notice des découvertes d'antiquités préhistoriques faites à Nabre- 
sina , près de Trieste. — Renvoi a M. Salomon Reinach. 

M, de &aiaUArroman communique une lettre de M. h Ifireçfcur 
des Beaux-Arts, par laquelle il informe la Section que le bas-relief 
qui surmonte la porte de l'église paroissiale de Nantouillet, et dont 
il a été question dans la dernière séance, a été classé parmi les 
Monuments historiqaaa parorrété ministériel en date d a iy juillet 
dernier. 

Sont déposes sur le Bureau les ouvrages suivants offerts au 
Comité par leurs auteurs : 

Le Mont-Saint- Michel en Cornac, par M. Àveneau de la Grancière , 
président de la Société polymathique du Morbihan; 

L'archéologie préhistorique à CExposition de 10.00, par le même; 

Quelque* statuettes de honte médite», par le mime; 

Statuette en bronze d'orateur, au Mutée de la Société polymathique, 
par le même ; 

Explorations archéologiques dans le centre de la Bretagne armorique, 
parle même; 

Les chambres souterraine» artificielles armoricaines, par le même; 

Le gardien du trésor, légende, par le même; 

A Noire-Dame de Quelven, par le même; 

Les villages préromains en Bretagne armorique, par le même; 

Histoire d'un clocher, légende, par le même; 

Les mites englouties des côtes du Morbihan , par le même ; 

Dernières fouilles et trouvailles [août-septembre tgo s), parle anime; 

Deux statuettes en bois : saint Pierre et saint Paul, par le même; 

Le tumuhis du Mètre, parle même; 

Un mom ie antique en terre cuite, par le même; 

Dernières explorations dans la région montagneuse de Quénécm entra 
le Blavet et le Sar (180,0-1 goo), parle même; 

La région de la Roche-Bernard aux époques préromaine , gallo-romaine 
et mérovingienne, par le même; 

Une promenade arehéohgique à Buky, par le même; 

Montaigu-les-Trouet , par M. Forgeot-Tordy ; 

La chapelle du château du Ckamp-<k~BataUk , ^e,r M . Victor Quesné; 



Diglz,d:>yCOOg[e 



«Mil 

Jean Goujon , architecte. Le» colonne» de Samt-Machu et du mausolée 
de Louis de Brézé à Rouen, par M. Léon de Vesly, correspondant du 
Comité, à Rouen. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements seront adressés au auteurs. 

M. le D r Capitan lit un rapport sur une station de l'époque 
acheuléenne, à Rosereuil-Igornay, près d'Autun, signalée et décrite 
par M. Victor Arnon. Ce rapport sera publié in extenso dans le Bul- 
letin archéologique. 

M. le D r Capitan expose au Comité les raisons qui lui ont fait 
surseoir à la rédaction du rapport dont il était chargé sur les fouilles 
de M. Félîi Régnault à Marsoulas ( Haute-Garonne). Le rapporteur 
attend l'envoi que M. Régnault doit faire de photographies et d'un 
chou d'objets recueillis dans ses fouilles. 

M. Pbou lit un rapport sur une demande de subvention formée 
par M. Léon de Vesly, correspondant du Comité, à Rouen, en vue 
de poursuivre l'exploration archéologique du plateau de Boos (Seine- 
Inférieure). 

Le Comité estime qu'il y a lieu de demander à M. de Vesly un 
supplément d'informations. 

M. Salomon Reinich lit un rapport sur une demande de subven- 
tion formée par la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le- 
Duc, pour permettre à M. le D r Meunier de poursuivre à Lavoye 
(Meuse) les fouilles dont il a consigné les résultats dans un mémoire 
adressé au Comité : 

* Les recherches de M. le IV Meunier dans tes ateliers céramiques 
de Lavoye paraissent avoir été conduites avec beaucoup de méthode, 
et je n'hésiterais pas à demander l'impression de la notice qu'il a 
envoyée à ce sujet au Ministère, si l'ouvrage de M. Déchelette, 
publié dans l'intervalle, ne devait obliger M. le D T Meunier à remanier 
en partie son texte. Mais je suis d'avis qu'il est très opportun de 
lui accorder une subvention qui lui permette de poursuivre des 
fouilles si bien commencées. » — Adopté. 

M. Salomon Rbinioh lit un second rapport sur une demande de 

A «entoure u. — N* I. g 



Diglz,d:>yCOOg[e 



subvention formée par M. Raoul BouiUerot, à Dijon, en vue d'achever 
l'exploration du tumulus de La Fortelle, à Boux-souB-Saltnaise 
(Côte-d'Or) : 

<rM. Bouîllerot a commencé des recherches du plus grand intérêt 
dans le vaste tumulus de La Fortelle, appartenant au premier âge 
du fer. La relation qu'il nous adresse de ses fouilles est écrite avec 
une incontestable compétence et accompagnée d'excellents dessins. 
Je prie instamment le Comité et la Direction compétente de lui 
accorder la subvention qu'il sollicite; il y a nécessité de mener à 
bonne fin les fouilles commencées, ne serait-ce que pour éviter la 
destruction ou la dispersion d'objets précieux pour la science, soit 
par des éboulements de terres, soit par des chercheurs de (résors 
ou des marchands d'antiquités. » — Adopté. 

M. bb Listetkib présents une notice de 11. Ainédée Boînet, 
archiviste paléographe, sur une miniature d'nn manuscrit de la 
Bibliothèque royale de Munich, représentant les travaux des mois, 
et en propose l'insertion au Bulletin arthiologiqwr. — Adopté. 

M. Philippe Berger lit un rapport sur un mémoire de M. le 
D r Rouvier, % correspondant du Comité, à Beyrouth, sur neuf 
inscriptions phéniciennes relatives au temple d'Echmoun à 
Sidon : 

«M. le D r Rouvier a adressé au Comité des travaux historiques 
un nouveau rapport sur les fouilles du temple d'Echmoun, auprès 
de Sidon. 

<r Depuis la publication de ses précédents rapports, neuf nouvelles 
inscriptions ont été trouvées sur des pierres de fondation. Elles sont 
toutes identiques et reproduisent le texte de l'inscription que j'ai 
communiquée l'année dernière à l'Académie d'après une lettre 
du D r Schrœder, le Bavant orientaliste qui est consul général de 
l'Empire d'Allemagne à Beyrouth. 

«La comparaison de ces différents textes a permis de combler 
les lacunes de celui que nous avions seul sous les yeux , il y a un an 

it M. Rouvier a annexé à son rapport une lettre du D r Schrœder, 
dans laquelle ce Bavant établit le texte de ces inscriptions. 

«La lecture et la traduction de M. Schrœder justifient les con- 
jectures ingénieuses proposées par M. Clermont-Ganneau au sujet 
du nom du père du roi Bodastart, le fondateur du temple. Ce roi 
s'appelait non pas Sydykjaton, mais Jatoonmetek. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



— III? — 

"En ce qui concerne la date de tout cet ensemble de testes, 
M. Rouvier combat l'hypothèse de M, Cl ermont-Uanueau qui les 
fait descendre jusqu'à l'époque ptolémaïque , et il soutient que le 
début au mois» de la dynastie d'Echmounazsr appartenait à 
l'époque de la domination perse. 

«Je demande l'impression du rapport de M. Ronrier et de la 
lettre dn D' Schrœder dans le Ailles» du Comité. » — Adopte. 

M. Hbson db Villifossi appelle l'attention dn Comité sur uu 
fragment de poterie provenant d'Orange et conservé au Musée de 
SahiL-GennaiB(n" 31607) : 

«Ce fragment vient d'être publié dans l'ouvrage de M. J. Déebe- 
teUe, Le» vûm eénuàquii ornai d» la Qauk romain*, t. H, p. 3o&, 
vf i 'u. L'auteur l'a classé avec raison parmi les médaillons a reliefs 
d'apphque M 1 légendes explicatives, maïs l'intérêt du relief n'a 
pas été suffisamment reconnu. 11 est resté confondu avec les menus 
fragments indéterminés; il mérite d'être mis en lumière. 

'Quoique très petit et d'apparence modeste, ce fragment ouvre 
une série nouvelle dans la classification des médaillons en question, 
celle des représentations relatives à notre mythologie nationale dont 
on pouvait s'étonner de ne rencontrer aurai! souvenir sur les vases 
ornés sortis des ateliers de la valléedu Rhône. Tous les médaillons 
signales jusqu'ici avec des sujet» d'un caractère religieux se rap- 
portent, eu effet, aux légendes des mythologie» grecque, gréco- 
égyptienne on romaine. Quelques cultes particuliers et locaux de la 
vallée du Rhône, ceux des Villes , des Tutelles ou des Génies de 
ville» y trouvant place , il n'y avait pas de raison pour' supposer que 
les fabricants de poteries ornées avaient négligé de parti pria (a 
reproduction des types des divinités d'origine purement gauloise, 
des dieux populaires et nationaux auxquels le peuple était resté 
fidèle sous la domination romaine. Le fragment en question prouve 
que les- potiers ne méritent à cet égard aucun reproche, car il 
appartient a un médaillon au centre duquel était représenté le 
buste du Dieu ou maillet. 

"Ce qui subsiste du sujet est peu de chose; l'éclat provient du 
bord du Telief. On y voit cependant d'une manière très nette une 
main droite ouverte, soutenant un vase ovoïde, sans anse; près du 
vase , on lit les trois lettres . . . PR.O . . . , restes d'une légende en 
grande partie disparue; au-dessus du vase apparaît la moitié d'une 



zedsyGoOgle 



guirlande de feuillage. Une partie de la couronne en feuilles de 
laurier qui encadrait le médaillon subsiste. Le vase ovoïde, sans 
anses, tenu dans la main droite, est une des particularités carac- 
téristiques des figures divines connues sous le nom de Dieu a* 
maillet. Il ne peut y avoir aucun doute sur la représentation à la- 
quelle se rapporte le fragment trouvé à Orange. 

« Les lettres . . . PK.O . . . appartiennent au début du mot PKO[pi- 
fùtm] qui entrait dans une légende inscrite autour du buste du 
dieu. La composition du médaillon était analogue à celle des mé- 
daillons de Vienne et d'Orange (Déchelette, ibid., n" s et3) offrant 
le buste de Jupiter entouré de la légende [Jovem pro]PlTl[um nobù]. 
Si un doute pouvait subsister à cet égard, il serait immédiatement 
levé par la production d'un autre médaillon découvert à Vichy en 
t885 et qui m'a été signalé par M. A. Blanchet. On y voit un per- 
sonnage à mi-corps, coiffé du pieu», tenant une oUa dans la main 
droite^ Autour du buste on lit : 

' ÏHMVMPR.OPITIVM 
NOB1S 

(fil est fâcheux que la légende du médaillon de Vichy soit incom- 
plète. On peut supposer [«fc]VM; mais les lettres VM peuvent aussi 
bien appartenir nu nom spécial, attribué au Dieu au maillet. Bien 
n'empêche de penser a [6't/wujjVM ou à [Sucdt\VM, en attendant 
qu'un médaillon plus complet apporte la solution de ce petit pro- 
blème. Nous avons donc le ferme espoir de retrouver sur les mé- 
daillons céramiques à relief non seulement des représentations 
curieuses pour notre mythologie nationale, mais aussi des légendes 
explicatives qui contribueront à faire avancer nos études. C'est pour 
ce motif que j'engage les correspondants du Comité à ne négliger 
aucun fragment de poterie , même les plus insignifiants on apparence , 
n les recueillir avec soin et à les signaler, s 

La séance est levée à 5 heures et quart. 

Le Secrétaire adjoint de la Section d'Archtaiagi;, 

Maurice Paou, 

Membre du Comité. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



13 FÉVRIER 1905. 
SÉANCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 

PRÉSIDENCE DE H. HÉRON DE! VILLBFOSSE. 

La séance est ouverte a h heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopte*. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Cfa. Portai, correspondant du Comité, a Albi, envoie 'des 
notes sur quelques fondeurs de cloches du vf au ivhi* siècle. — 
Renvoi à M. Eugène Lefèvre-Pontalis. 

MM. Salomon Reinach et GuiBrey sont chargés de rapports sur 
des ouvrages pour lesquels une souscription n été demandée à M. le 
Ministre de l'Instruction publique. 

Sont déposés sur le bureau tes ouvrages suivants offerts au Co- 
mité par leurs auteurs : 

Seramcmut. Étude archéologique, par M. Coquelle, correspondant 
du Comité, à Meulan; 

Le portrait de Lmài XI tonttroé à Béhuard, par M. le chanoine 
Cli. Urseau, correspondant du Comité, à Angers; 

L'exposition dei primihft français en îgoà, parlemente. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. le docteur Cipitih lit un rapport sur une demande de sub- 
vention Tonnée par M. Félix Régnault, correspondant du Comité à 



Diglz,d:>yCOOg[e 



KI1TII1 — 

Toulouse, à l'effet de poursuivre les fouilles qu'Un entreprises dans 
la caverne de Marsoulas (Haute-Garonne). 

Le rapporteur rappelle les travaux de déblaiement opérés et les 
résultats obtenus par notre correspondant au cours des fouilles pré- 
cédemment subventionnées par le Ministère : aménagement d'une 
terrasse devant la grotte; découverte d'un grand nombre de silex, 
parmi lesquels des burins qui ont pu être utilisés pour graver les 
figures des parois de la grotte ; creusement d'une tranchée dans 
laquelle on a recueilli de l'ocre ronge qui a dû servir à faire les 
peintures; la moitié d'un godet de pierre, et des dents de renne, 
de cheval et de bœuf. 

Le Comité émet le vœu que M. le Ministre de l'Instruction pu- 
blique accorde a M. Régnault une nouvelle subvention qui lui per- 
mette d'achever le déblaiement de la grotte et de pousser les fouilles 
jusqu'à la base des parois. 

M. le docteur C«pi?an lit un second rapport sur une communi- 
cation de M, Ulysse Dumas, de Baron (Gard), qui fait la suite de 
communications précédemment adressées par lui sur loi lumuiua, 
de Belveiet (Gard) : 

a L'auteur signale les résultats que lui a fournis d'abord la fouille 
d'un tumulus a Belvezet. Il y a trouvé des fragments d'os brûlés, 
des débris de fer, une fusaïole et la moitié d'un vase orné d'un fort 
curieux dessin géométrique consistant en deux rangées de losanges 



séparés par une succession de deux parai 



'élogrammes inclus l'un 



dans l'autre et réunis par deux bandes paralièl 

«■Près d'Aigaliers, au sommet de la colline de Caoi, nu Nord- 
Ouest du hameau de Marignac, il existe une série de tumulus. 
M. Dumas en a fouillé un de 8 métros de diamètre snr o m. 46 de 
hauteur. Il y a trouvé une clochette (?) de for et un rasoir de broute. 
C'est la première fois qu'il rencontre dans ses fouillée un objet 
semblable. 

■ Jadis il avait fouillé a coté de ce tumulus deux sépultures Su- 
perposées. L'inférieure, halL-rtatienne (à incinération), avec nom- 
breux fragments de poterie; la supérieure, avec squelette entier, 
contenait une amphore de o m. oo do hauteur, de terre jaune pail- 
letée de mica, que l'auteur considère comme étant d'époque mar- 



Diglz,d:>yCOOg[e 



sienne, et enfin un galet de schiste et an fragment de hache polie 
naturellement adventice en nn pareil milieu. 

«Dans la foret de Tardre, près de Baron, M. Dumas a fouille un 
tumulus à la partie supérieure duquel il a également trouvé des os 
inhumés et une bouteille qui, d'après la figure qu'il en donne, est 
gallo-romaine. Au-dessous, et sur un dallage formant le fond du 
tumulus, il y avait une sépulture haiistatienne à incinération, un 
fragment de grand anneau de fer et les débris de plusieurs vases 
dont un a décor en dents de loup, identique a celui des vases de 
Belvetet, de Lusse» et de la Baume-Longue W, 

rM. Ulysse Dumas a adressé un second travail intitulé : Huttei 
ou cubante de tipotfue halUtaiiemt. Ce mémoire renferme le résumé 
d'un grand nombre d'observations personnelles qui ont permis a 
l'auteur de conclure que l'habitat des populations do premier âge 
du fer devait se trouver an pied des collines en haut desquelles 
s'élèvent les tumulus. 

k C'est «n ce point qu'il a trouvé les vestiges de ces habitations 
sous forme de petites cases carrées construites en pierres brutes, de 
a mètres de coté. Il y a recueilli un fragment de fibule de brome et 
des poteries identiques à celles dea tumulus. 

«Il pense aussi que les oppùla ont été construits par ces popula- 
tions et utilisés plus tard par divers peuples, successivement. En 
somme, au premier âge du fer, les habitants de cette région con- 
struisaient leurs maisons à la lisière des forets, au pied des mon- 
tagnes en haut desquelles Us brûlaient leurs morts, puis les enseve- 
lissaient sous des tumulus. 

rr Les hommes de l'époque néolithique , au contraire, inhumaient 
toujours leurs morts au sommet de Téminence la plus rapprochée, 
soit sous des abris sous roche naturels ou dans des abris artificiels, 
ou des hypogées souterrains. 

"Ce mémoire, plein d'observations personnelles faites sur place, 
mériterait d'être inséré in extetuo dans le Bulletin, mais l'auteur se 
proposant de présenter à la prochaine réunion des Sociétés sa- 
vantes, à Alger, un travail d'ensemble sur toutes ces recherches, 
il paraît préférable d'en attendre l'achèvement pour le publier, s'il 

"' Voir HKlUtin arckéoUtgitpt, , igoi, p. l5l. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



y a lieu, en tout ou en partie, et de déposer le présent mémoire 
dans nos archives, en adressant a l'auteur les remerciements du 
Comité, n — Adopté. 

M. dr Listetiib présente un rapport sur l'autel chrétien de 

Sainte-Croix, près de Salon (Bouchesnlu-Rhône), dont M. de Gérîn- 
Ricard a transmis la photographie an Comité. 

M.Léon de Vesly ayant fait parvenir au Comité les renseignements 
supplémentaires qui lui avaient été demandés sur le projet qu'il a 
formé de pratiquer des recherches archéologiques sur le plateau de 
Booa (Seine-Inférieure), M. Pnon présente un nouveau rapport sur 
la demande de subvention que notre correspondant a adressée a 
M. le Ministre de l'Instruction publique. Les vestiges d'antiquités 
signalés depuis longtemps et à plusieurs reprises sur ce territoire 
permettent d'espérer que des fouilles méthodiquement conduites 
auront pour l'archéologie de fructueux résultats. 

Le Comité estime qu'il y a lieu de seconder l'exécution du projet 
de M. de Vesly et de lui accorder une subvention, d'autant plus que 
les sociétés locales et de généreux donateurs se déclarent prêts a 
couvrir la plus grande partie des frais de l'entreprise. 

M. tUaoN de Villkpossb lit un rapport sur quatre inscriptions chré- 
tiennes, dont M. l'abbé J.-B. Martin, correspondant du Comité, à 
Lyon, a transmis au Comité des frottis à la mine de plomb et des 
copies : 

» Les trois premières proviennent des tranchées faites pour l'éta- 
blissement d'une cave dans la maison de M. Ferla, quartier Saint- 
Irénée, rue des Macchabées, a Lyon. Elles sont conservées cliPi 
le propriétaire avec celles qui ont été précédemment décou- 
vertes W : 

1,1 BulUtin archéotogiqut, 190a, p. 111. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



«Hauteur, om.68; largeur, on,k — Les lettres sont gravées 
très légèrement et mesurent environ o m. 09 ■ 



(colombe tenant un 


(grande croîi pattoe 


(colombe) 


rameau dam le bec) 


avec A et LU 


i—i 


(route i quatre 


wua la traverse) 


rinq pétales) 


péUle.) 







COHIYXQ'PkACIDAM CAPIf ÛYIETEM 

HYHM TMJTlTIÀf EXHORRYim 

6YM cura; PROPERAf AMRE ÏEDEÎ 

6KH0 QYAf REC1PIÎ Et,ECTA fRYCTY 

5 IHHOÏMET ÇRAVITER ÏEIYNCTA* AEVII 

HATI OYAM HEOAEYHT VlbERE I0JTKI (««) 

CAEVEUEPOTIYfAMPUXAMYHYÎ 

NOfTRYM UKIAÎ QYA«««MYf D0I.OREM 

CHRHTO n qyotieh; ORATIOHEî 

10 fAHCTlf fAEPE 1,0CIJ ADfYMTA HEfERJ 

/.i» (erand vase cannelé , . . . 

(colombe) j deni mws j (colombe) 

<rLa branche principale de la croix placée en tête du texte 
mesure o m. 1 6 ; la traverse mesure o m. 1 3. 

■ Ce petit poème funéraire de i o lignes se compose de vers de 
u syllabes; il ne renferme qu'une seule abréviation à la ligne i, 
ctoptx q(uae). 11 contient des idées et des expressions qu'on retrouve 
dans les textes contemporains de Lyon et de la région ( ". Il ne nous 
donne pas le nom de la défunte. 

■A la ligne 6 , le marbrier a gravé un a» lieu d'un Q dans le 
mot ntq[u]aeunt. 



0) Cf. Corp. «M»"' ht., t. XIIT, n* s35g, muw »n*dniu» rtlitfiE.it; n' -"95, 
>M«u*(a ra/tnç"««*>' L M, il* *itA,*IacM Dw, elc 



Diglz,d:>yCOOg[e 



II 

rr Hauteur, o m. 38; largeur, a m. 33. — La hauteur des lettres 
est de o m. o3 ; les lettres des deux premières lignes sont inscrites 
entre deux doubles traits. Fragment : 

wsmmc C 0*C 1/ H E T Y R t A T 

bbwsibkM B * A S l tV \ C 
wnmma Y MIT l»TACTÀ r 
■iMMf XV 11 11 ET MîHmi 
5 mtMmilS XXII DEfYHCia 

mnoèiii die i il I iïyj iyhia; 

■M<J«nffl H H R A V I T o«(f 

(restes d'un monogramme 
du Christ entoura d'un cercle) 

«Ce fragment appartient a i'épitaphe d'une jeune fille morte à 
19 ans. 

» A la première ligne, le graveur a ajouté un petit H au-dessus 
du ; il est probable que le groupe de lettres ainsi complété appar- 
tient au verbe concktâtrt. Ce qui suit reste cependant obscur : H est 
douteux, ETYK est certain. Il semble toutefois permis de songer à 
une formule analogue à celle du début d'une inscription métrique 
trouvée à Saint-Just, c'est-à-dire dans le même quartier de Lyon : 

Sic cujtu in Koc amduntur membra sepulchro. 
«En tout cas, le début du fragment est métrique : 



[Ho]e enne^iiduBjiur f patenta m]gtnbr* xepule(kro) 

j(<i») t&rt't intact* [per muwlp 

«L'intérêt du texte réside surtout dans la date; /■/// id*u jmia* 
[tkmïjno. ou [iJom]m> nostro Auto. 

«M. l'abbé Martin pense qu'il s'agit de FI. Avitus Marinianus, 
préfet du prétoire en uaa et consul d'Occident en 4s3. Mais le 



Diglz,d:>yCOOg[e 



consul de -'la-l est toujours désigné par son surnom Marinianu»; de 
plus, il faut remarquer que le nom d'Avitus est précédé ici du titre 
impérial dominus natter. Dès lors il s'agit d'un empereur; il ne peut 
être question qtit. ETEporchitis Avitug.prefet'du prétoire des Gaules 
sous Valentinien fil en 43n, proclamé empereur ea 4&5 à la mort 
de Petronius Maximus et consul d'Occident en 656'''. De Rossi (1 ' 
a démontré qu'en Occident, à la fin d'octobre et au commence- 
ment de novembre 456, l'année avait été désignée par le consulat 
d'E/iarchiuM Avitut; notre texte prouve que cette désignation a eu 
lieu des le mois de juin. En outre , c'est la première fois que le nom 
de l'empereur Avitus est rencontré en Gaule sur un document épi- 
graphique. 

^L'inscription est ainsi datée du 10 juin 456. 

II! 

«Hauteur, on». îo; largeur, o m. si. — Les lettres sont bielles 
et bien gravées aux quatre, premières lignes; «Des ont o m. ok de 
hauteur. Fragment de la partie gauche; début des lignas : 

' fYHEREftYlUMirqarit 
M0HfIMFIACw.u«fe«8 
TI HO TAIK !*■■**■■ 

■L'épitaphe A'Epyfania était en vers. Cf. l'épitaphe du diacre 
Emilius, trouvée a Andance (ï) , ou on lit : 



.'■. . t : , . . .EmUmm ifHimt fmo* dur» 
i iffUMutn ctutt Tâpuit mort iMywj MrWi 



« BOTghesi, Œuvra, t X . p. 733-736. 

W huer, ehr., »rf. I, n" 795. 

« Cerp. xmer. Ut., %. XII, B* &&fei. 



Diglz,d:>yCOO^[e 



XL1T 



«Hauteur, oui.3i; largeur, o tu. 36. — La hauteur des lettres 
est de ni. o3. Fragment gauche; début des lignes ; 

(rinceau de lierre) 
IH HOC TVMVU H f «iM 
CIT BOHE HlMori.m 

(OHITUTHfciii'i 

IH FACE AHHhhks^ 

5 iIT PM6E lAIMMF&if (rie) 

TKEVHR YK3JMMV» 

«Le même nom, Cmatonhw, se retrouve sur on* inscription con- 
temporaine, conservée a Lyon dans la crypte de Saint-Irénée' 1 *. H 
est impossible de savoir s'il s'agit ici d'un homme ou d'une femme 
et si on doit compléter ('onttmt[ius] ou Cotutant\ia]. 

« La formule du début, in hee tvmulo rtquûtcit bone memoru, se lit 
fréquemment sur les marbres du cimetière de Saint-Irénée; les 
exemples datés se placent entre les années aoa et 567 |sj . D'après 
la forme des lettres, notre inscription paraît bien appartenir à la 
première moitié du vi* siècle. Elle ne provient pas du même endroit 
que les précédentes qui paraissent remonter au V siècle et dont la 
seconde en tout cas est datée. Le mot THEYDORV doit appartenir au 
nom Tke*doru[au]. L'inscription devait donc êlre datée par l'année 
du règne de Thierry I ou de Thierry II' 3 ). Il est regrettable que 
M. l'abbé Martin, auquel le Comité doit des remerciements pour 
ses excellentes communications, n'ait pas pu indiquer d'une ma- 
nière précise fa provenance de ce dernier texte.» 



I'l Corp, ituer. lut., t. XIII, n" l'm. 

» Corp. mur. lot., t. XIII, n" a36â à s3 a o. 

M Cf. les inscriptions de Coudes, Corp. inier, loi., I. XIII, n" »53i et i53à, 
qui débutent psr fa raému formule et qui w terminent également par une date 
portant le nom d'un Thierry, awio XV rtgtui dtimni Ttimdoria ; indtetionê quinta 
rtgit Trudorici. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



H. Saglio lit an rapport sur un ouvrage pour lequel une 
souscription a été demandée à M. le Ministre de l'Instruction pu- 
blique. 



La séance est levée i 5 heures. 



lit Secrétaire adjoint de la Section d'Archëohftie, 

M. Pion, 

Membre du Cwnile. 



jiglz,d:,,C00gle 



— 1LTI 



20 MARS 1905. 



SÉANCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 

PBÉS1BBHCK DE H. HÉROH DE VILLEFOSSE. 

La séance est ouverte à h heures. 

Le procès verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Blanchard, de la Société historique, archéologique et scien- 
tifique de Soissons, envoie au Comité une notice sur les décou- 
vertes d'antiquités romaines faites au lieu dit nie Chàteau-d'Ale- 
bastre», de tgo3 à 1906. — Renvoi a M. Salomon Reinach. 

M. de Saint-Venant, correspondant du Comité, à Nevers, adresse 
un mémoire sur le vieux château de Barbarie, à La Machine 
(Nièvre), dans la forêt des Minimes. — Renvoi à M. Eugène 
Lefèvre-Pontaiîs. 

M. l'abbé Caïauren, archiprètre deMirande, transmet au Comité 
la photographie d'une inscription du moyen âge. — Renvoi à 
M. Prou. 

M. Ulysse Dumas, de Baron (Gard), envoie une note relative 
aux tumulus de Belvezet(Gard). — Renvoi à M. le D r Capitan. 



M. de Lasleyrie dépose on mémoire de M. Coquelle sur les 
clochers romans de l'arrondissement de Dieppe et en propose l'in- 
sertion au Bulletin archéologique. — Adopté. 

M. Salomon Reinach est chargé d'un rapport sur un ouvrage 



Diglz,d:>yCOOg[e 



pour lequel une soiisri-iption a été demandée à M. le Ministre de 
l'Instruction publique. 

Sont déposes sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

La grotte des Fées et le» petite» grottes de SAn$e, par M. l'abbé 
Parât; 

La grotte du Trilobitt, TÉgoattoir, ta Nomades, la Rocfie aux chats, 
parle même; 

La Chaut-Dieu, par H. Bouchon. 

Ce» ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale et des 
remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. Jules Guirraar lit un rapport sur une conunanication de 
M. Louis de Laigue , consul général de France à Trieate , relative a 
une fresque du xr* siècle « la Chartreuse de Pesio : 

rcDans son étude sur la fresque de la Chartreuse de Pesio, située 
sur le Pesio, à 98 kilomètres Sud de Cuneo, M. de Laigue se pro- 
pose de faire connaître une peinture murale ou fresque peu connut; , 
car elle se trouve dans un pava que ne visitent guère tes touristes, 
de 61er la date approximative de cette œuvre d'art, enfin d'identi- 
fier un des personnages représentés aven un chartreux d'origine fran- 
çaise, ayant joué un certain rôle politique au milieu du xv° siècle. 

«La description détaillée de la peinture à demi dévorée par l'hu- 
midité, jointe à la photographie de cette Vierge protectrice des 
Chartreux , remplit assez bien le premier but que s'est proposé 
l'auteur, sans toutefois mous édifier bien exactement sur la valeur 
de l'œuvre. 

irCertaina rapprochements risqués par M. de Lasgue pour expli- 
quer la coiffure de la Vierge, appelée, dit fauteur, un n-bicoquet-H, 
comme pour justifier la division des Chartres*, abrités par te 
manteau protecteur en mninee barbas, groupée a gauche, et en 
moines imberbes, placés i droite, bous paraissent un peu hamr- 
dés. lie taisant toutes réserves sur cette deuxième partie de la 
uete de notre correspondant et sur ses recherches relatives au rôle 
joué par le Père Lecoq, chartreux d'origtte française, mort 
en i458, c'est-à-dire à une date bien antérieure à l'exécution de la 



Digtodsy Google 



ÏI.T11I 

fresque en question, non» proposerions cependant de l'imprimer 
dans le Bulletin si la photographie qui accompagne le texte pouvait 
être reproduite. Il serait, en effet, bien difficile de comprendre les 
explications et commentaires de l'auteur sans avoir sous les yeux la 
reproduction de la peinture.» — Adopté. 

M. Eugène Lrfrtme-Pontalis lit un rapport sur une liste de fon- 
deurs de cloches du xv* au xvn* siècle, communiquée par M. Ch. 
Portai, archiviste du Tarn, correspondant du Comité : 

«Notre correspondant, M. Portai, nous adresse des notes bio- 
graphiques sur vingt-trois fondeurs de cloches qui ont travaillé dans 
l'Albigeois du xv" au xvni" siècle. C'est une courte liste qui mérite 
d'être imprimée dans le Bulletin archéologique, car elle résulte du 
dépouillement de pièces d'archives dont la cote est soigneusement 
indiquée. L'auteur ne dit pas si quelques-unes de ces cloches 
existent encore aujourd'hui , mais il apporte de nouveaux docu- 
ments pour la vaste enquête campanaîre dont M. Berthelé a pris 
l'initiative. > — Adopté. 

M. Salomon ÏUinagb rend compte d'un mémoire de M. le 
D' Meunier sur rétablissement céramique dé Lavoye (Meuse) et 
conclut à l'impression dans le Bulletin arthiologiqw. — Adopté. 

M. Salomon Rrinach lit un rapport sur une communication de 
M. Louis de Lingue, relative à l'exploration d'une caverne à osse- 
ments sise 4 Nabresina , près de Tiïcste : 

«M. de Laigue, consul général de France k Trieste, signalé au 
Comité l'exploration récente, par M. le professeur Moser, d'une 
caverne à ossements située à Nabresina, près de Trieste. On y a 
recueilli des restes d'IJrnu speïaeu», de Bot prmigtmu, de FtU* 
tpeUua, de loup, de cerf. Plusieurs os paraissent porter des traces 
d'utilisation par l'homme. La caverne , qui a été habitée à diverses 
époques, a donné aussi des tessons de poterie grossière , des outils 
de silex, de petits morceaux de charbon de bois; enfin, M. Moser 
y a trouvé une mâchoire humaine pourvue de ses molaires, dont 
l'une, à peine développée, prouve que le sujet est mort avant l'âge 
adulte, n 



Diglz,d:>yCOOg[e 



Le mémoire de M. de Lnigue sera déposé aux archives du 
Comité. 

MM. Philippe Buiokr, Jules Guirran et Salomon Rsiiuch lisent 
des rapports sur des ouvrages pour lesquels uue demande de 
souscription a été adressée à M. le Ministre de l'Instruction pu- 
blique. 

M. Cachai annonce an Comité, de la part de M. le capitaine 
Molins, que cet officier, aidé de deui de ses camarades, MM. le 
capitaine Confortini et le lieutenant Sa u tria u, a découvert dans les 
fouilles qu'il a faites sur le territoire de Montfort, près de Nar- 
bonnc, une statue d'Hercule brisée a hauteur du genou. 

Dans les mêmes fouilles, il a trouvé deux fragments d'une in- 
scription funéraire ainsi conçue : 

ULlAVl 
MAR.ITVM J 
L -ùVA VIS 
SIBIETPAT viv 



De très nombreux morceaux de vases, avec sujets figuré» o 
marques de fabrique, continuent à être recueillis au même lieu. 

La séance est levée à 5 heures. 

!j Secritairt adjoint dé U Sscfi'nu d'/irchtologi 

M. Pbod, 

Morahre du Comité. 



AicitOLMU- -N*2. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



RÉUNION ANNUELLE 

•H 

DÉLÉGUÉS DES SOCIÉTÉS SAVANTES 

À ALGER. 
SEANCE GÉNÉRALE D'OUVERTURE. 



La A3* réunion des déléguée des Sociétés savantes de la France 
s'est ouverte ie mercredi 19 avril, à 9 heures précises, à l'Ecole 
de médecine et de pharmacie d'Alger, mus la présidence de M. Hé- 
ron de Villefosse, membre de l'Institut, président de la section 
d'archéologie du Comité des travaui historiques et scientifiques, 
et de la Commission archéologique de l'Afrique du Nord, conser- 
vateur au Musée du Louvre, assisté de M. Bayet, directeur de l'En- 
seignement supérieur, et de M. Raoul de Saint -Arroraan, chef du 
bureau des Sociétés savantes au Ministère de l'Instruction pu- 
blique. 

Etaient présents : MM. Darboux, René Cagnat, Paul Meyer, 
membres de l'Institut; Vidal de La Blache, Henri Cordier, Maurice 
Prou, Gazier, le docteur Capitan, Houdas, G. flamand, Toutain, 
Albert Ballu, le docteur Ledé, Gaston de Bar, membres du Comité 
des travaux historiques et scientifiques; Jeanmaire, recteur de 
l'académie d'Alger; Christian, directeur de l'Imprimerie nationale; 
le commandant Lacroix; te baron Hulot, secrétaire général de la 
Société de géographie de Paris; Ulrich de Formelle, L. Salefran- 
que, Bonet-Maury, Boyé, Coquelle, le docteur Dejeanne, A. Bea- 
nard, Couton, Baroett, Berg; M " Marie Bouchez, Générés; M*" de 
Salberg;MM. Chouet, Chalande, Buret, Crancioni, Cros, Debruge, 
Devaux, U. Dumas, A. Fage, le marquis de Fayolle, l'abbé Levis, 



Diglz,d:>yCOOg[e 



Ck, Griffon, le baron Jtttes de Gnernw, Lebegiie, Letkisq, Laflis#ol, 
(baser-, H,«iM- Hum; MM. IsrMl Léti, Coiffes Letwt, H. h* 
mornp, Lasaïer, Isidore LéVy, Ltba, Leonkfy de Leprade; M, et 
M- Merti; MM. Rodolphe Rey, Pilloy, Rocheblave, Pawtowsfci, 
l'abbé Richard, Magnetoane, Jean Méfia, He*fï Mnt#*o, Gertiex, 
E. Ottïiorî M- Manche ftey; MM. B. Bfcpin, àeetetTr VMtl, Pari 
Servonnel, Traitait, Saatereen, Taride, de Valois-, la ifaateflinV 
colonel de VHbrt, de Motylinahi , dirtctwrr Aê I* Medflrsa de Con- 
«tontine; MM. 1er docteur Cortilbt, directeur, et le ctoeWar ttroeh, 
directeur benersir* d« l'École ** AMeVtoe et de pharmacie d'Al- 
ger; MM. Tntbtrt, B«tttn*«f y Swharh, Ma*»j aa « ftenbyeae, (Jrhoil, 
atofesseare a b mtom *<•«*»* MM. TbéVeWéV dhaetêar de )'E«jfe 
des sciences d'Alger; Trépied, Mège, Pouget, Bo«*bwt, RamiWd, 
Vigtrier, prefeteeen à la menw éwb? MespW, dtaielewr de fÉeole 
sapéiieirre de» lettres d'Aigt*; de Peyrimbeff, direct*» ÔV l'Agri- 
e*ttar« et da Cemaaerwe an gaaverneineïrt $b»4mi de t'AlgÂiéf 
iai a eaT t tto, insyitwtmv d'A ea aaarj g } AwdnM, WtrHi, Saberbfe, 
pra fcs ee u rs s» r*«ée d'Alger; Cbarpwatiet, p ra to a m r à fÉeote si*- 
atrieare de droit d'Alger; te liewlesn^cétonel La^mere, Ëejrfe 
Bronswtt, HinaWW-Oiwfaet; MM. Aoaw, Pesetas, Pktf, la* 
ti»a,Nieerbt,e*e. 

An noai aV MJe MraisWe- de t'iaatraeùon ptàiiqcMf M AwBeWInx 
Arts, M. Héron de VttMtsae décbftt oarertl» Cdagrii de»Soe4ewfe 
savantes et donna ******* de l'afrtMr qcn cewetttM te» bia-éaw* des 



Le hareati de t* S««tjtan d'uUéeloye et» tinei coaatitae : 

Prùidmt «V J» &n'oa i M. Héroa 4« Vil«fasM- r 

Sfwéuir* i M. 4e Laiteyrie; 

fmrétére mfyimt : U< Prou» 

A*Mfciito <i»Wo**»: MM. Héron de VMe/aaw, d«J & MatyKaak», 
GeergM Vunl v Peut GoacU&r, Rea» Gagne*, WeiHe , do Laafcyne, 
Marçais, leaMtan < Ca*itanyRna*fft. 

M. Héron de Villefosse prononce ensuite l'allocution suivante : 

«M*»ie*tt,Ud*»e-d>msiep0m'ta ttemmSum (^tifre^ 
ba j e ia » h tt ààm * mm prive- Mtj#ar#lni eYn» < wwh »t*a*n» de 
— » cii a Mi B is s e» «■*» peut ne— amiifcw cfe tsar laWate, tV* h 



Diglz,d:>yCOOg[e 



pensée qu'ils travaillent à cette heure avec une ardeur égale a la 
nôtre et qu'ils poursuivent le même but que non», dans une con- 
trée où la France vient d'accomplir la grande œuvre des fouilles de 
Delphes. 

«Cette année, pour la première fois, la ville d'Alger a été dési- 
gnée comme le siège du Congres des sociétés savantes, Ai-je besoin 
de voua dire que cette décision a été partout accueillie avec une 
véritable joie. Ceux d'entre nous qui, déjà, avaient appris à aimer 
l'Algérie et qui conservaient au fond du coeur l'espérance' de la re- 
voir, ne pouvaient manquer de saisir une occasion aussi favorable a 
leur désir; ceux qui n'avaient pas encore eu la bonne fortune d'ad- 
mirer un pays vers lequel ils se sentaient attirés depuis longtemps 
se sont réjouis d'y venir. 

rAussi nous arrivons nombreux. De tous les points de la France 
nous accourons, soucieux d'apporter un témoignage de notre estima 
et de notre reconnaissance aux hommes distingués qui travaillent 
ici a faire aimer nos idées, a augmenter le prestige et le renom de 
la patrie. Notre première pensée est d'exprimer à nos confrères algé- 
riens les sentiments que nous inspirent a la fois leurs travaux et 
leur dévouement En leur adressant avec une émotion très sincère 
un affectueux salut, je me félicite d'être votre interprète auprès 
d'eux; c'est un honneur que je n'oublierai pas. Ils appartiennent 
pour la plupart aux grandes associations qui, depuis un demi- 
siècle, se sont librement développées sur la terre d'Afrique et qui 
méritent a tant de titres nos cordiales félicitations. Celles d'Alger, 
de Constantine, d'Oran et de Bône comptent parmi les plus an- 
ciennes et les plus importantes. 

« Ce sont elles qui nous font connaître chaque jour le butin nou- 
vellement conquis et qui le mettent en valeur. Elles sont ici comme 
l'avantrgarde de la science. Si leur marche laborieuse s'est quelque- 
fois un peu ralentie, elles ont retrouvé prompte ment des forces 
nouvelles. Les hommes qui les ont fondées, ceux qui les ont diri- 
gées avec un zèle admirable , ont su grouper et retenir autour d'eux 
les meilleurs ouvriers de notre pénétration intellectuelle. 

«L'accueil de la ville d'Alger, Messieurs, vous montre assez com- 
bien elle est sensible à votre visite. Vous êtes les bienvenus dans ce 
pays qui s'apprête a vous conquérir. Les représentante les plus au- 
torisée des sciences que vous cultivez, les hommes renommés par 
leur maîtrise en tant de domaines divers, sont venus de tous cotés 



Diglz,d:>yCOOg[e 



— 1.111 — 

an-<lev«nt de vous; îb vous entourent, heureux de vous recevoir, 
heureux de vous montrer tont ce qui a été Tait ici pour le progrès 
de la science et pour l'amélioration du sort de l'humanité*. lia se 
disposent à échanger avec vous des communications destinées s. 
répandre la lumière sur les sujets les plus variés. 

«Certainement, c'est avec une impression d'espérance que vous 
avez déjà parcouru le programme des travaux du Congres : il est 
comme le reflet de nos intentions actuelles. Ans généreux efforts 
des savants qui s'attachent a élargir le champ de l'activité humaine, 
a encourager les combattants de la vie, à les diriger vers des voies 
nouvelles, nons applaudissons sans réserve. L'exploitation des ri- 
chesses naturelles du sol, l'amélioration de la santé publique et du 
bien-être général, le développement moral de l'individu, préoccu- 
pent à juste titre chacune de nos sections. Nous leur souhaitons de 
traiter avec un plein succès ces grandes questions d'un intérêt vital 
et pratique. 

nPour nous qui cherchons surtout à interroger le passé et à y re- 
cueillir des enseignements, le terrain de nos recherches s'agrandit 
sans cesse. Votre concours assidu nous oblige à étendre indéfini- 
ment ce domaine, car vons nous apportez, sans vous lasser, les 
éléments épars de la vaste enquête scientifique sans laquelle toute 
généralisation serait stérile. Les titres des mémoires dont nous de- 
vons entendre la lecture nous ont déjà donné l'assurance que l'his- 
toire, la géographie, les antiquités, le langage, les mœurs et les 
institutions des différents peuples qui nous ont précédés fournissent 
a vos investigations de nouveaux et de nombreux projets d'études. 

f Le moment est donc venu, Messieurs, de commencer nos tra- 
vaux. En examinant en commun tant de questions attachantes, nous 
en découvrirons plus facilement la solution et nous gagnerons à 
notre cause de nouveaux adeptes. Des liens étroits s'établiront entre 
les hommes de science et les hommes de bonne volonté. Une telle 
collaboration ne peut produire que des fruits heureux. Nous avons 
le ferme désir de faire aboutir nos recherches qui se lient au pro- 
grès de la civilisation. Mettons-nous donc à l'œuvre avec une entière 
confiance, avec une pleine liberté d'esprit, avec cette passion de la 
vérité dont nous sommes tous animés. Lorsque notre tâche sera 
accomplie, chacun de nous éprouvera la satisfaction intime d'avoir 
utilement travaillé pour la grandeur de la France et pour sa glo- 
rieuse renommée. » 



Diglz,d:>yCOOg[e 



U Pr&idapt ipvjito )#t déUgiife é»a Société savante* k m raudra 
dans Ms Iwww qui pat été affecta fin* di*erw»« sections. 

H. Pkoh, 
Membre du Comité. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



SÉANCE DU 10 AVRIL 1905. 

sou. 



PIjtSlBBWOB DB MM. at90n DS <ni,LSFOSSH 
F,T DE C. MOTTLINSK1. 

M. Toutms, membre de la Commission de l'Afrique du Nord, lit 
an mémoire sur le lime» TripoUtanus. H expose, en s'appuyant sur 
les découvertes faites dans le Sud-Tunisien par plusieurs officiers, 
al en Trlpolitaine , par H. de Mathuisiealx, quel était le tracé du 
Omet entre Teimine (Tumi TimaUmi) et Lebda (btpti* tMgm). 
Le Urne* franchissait, au Sud du paya des Ahouaya,la crête monta- 
gueuse qui sépare le Sahara de la région du littoral, en nrivait le 
pied oriental depuis le Djebel-Tlalet jusqu'aux environs deDehibat, 
puis remontait sur le plateau saharien dont il longeait l'extrémité 
septentrionale jusqu'à Lebda. 

Du Urnet partaient des routes stratégiques qui reliaient cette voie 
principale aux forts construits en plein désert à Ohadamèe, Gharia- 
el-Oharbia, Bondjem. M. de Mathnisienrx a retrouvé l'une des 
bornes milliaires de la route qui conduisait a Gharia-el-Gbarbia. 
Cette borne porte le nom de Caraearla et est datée de Tannée a 1 6 
après Jésus-Christ. 

H. Paul Gauckler, directeur des antiquités de la Tunisie, donne 
lecture d'un mémoire dans lequel M. le capitaine Lr Bmkf a consi- 
gné les résultats de ses dernières recherches sur le tracé de la voie 
romaine de Tacape (Gabès) à Aquae Tacapitantu (El-Hamma). Il a 
relevé une série de ruines romaines sur une ligne droite de dix- 
huit milles dont il a marqué le tracé aur une carte annexée à son 
mémoire. 

Lecture «et donnée d'un mémoire de M. Erneat Hnoin, prési- 



Diglz,d:>yCOO^[e 



dent de la Société archéologique du département de Constantine, 
correspondant honoraire du Ministère, consacré a l'histoire de la 
race berbère. L'auteur passe en revue et discute tous les teites des 
auteurs anciens relatifs aux Berbères; il examine les relations que 
ceux-ci ont eues avec les autres peuples et spécialement avec l'Egypte. 
Il dresse nn tableau de toutes les tribus berbères, discute les di- 
verses théories sur les origines de cette race. Puis il nous montre 
les Berbères sous la domination romaine : la romanisation ne dé- 
passa pas la surface et ne modifia pas les moeurs ou le caractère de 
la race. Enfin l'auteur recherche les conditions faites aux Berbères 
par la conquête arabe. En résumé, les Berbères ont maintenu leur 
civilisation propre aussi bien vis-à-vis des Arabes que des Ro- 



M. Gagnât donne lecture d'an mémoire de M. Paul Mohouux. 
L'auteur discute le récit martyrologique appelé huno FtHeu ou 
Aria Felicis (évftque de Thibiuca) et montre comment la relation 
primitive a été altérée par des additions. 

M. Louis Poinssot, élève diplômé de l'Ecole des hautes études, 
lit une notice sur les stèles de la Ghorfa. Dans un mémoire qui n'a 
paru qu'après sa mort, M. du Coudray de La Blanehère a étudié 
longuement des stèles conservées jadis pour la plupart a la Ma- 
itouba, dans les collections du prince Mohammed, lils du Khax- 
nadar. 

Sans discuter ici les commentaires peu probants, inspirés par les 
figurations de ces stèles, on essaie de rectifier ce qui a été. dit de 
leur origine. On doit renoncer a l'origine thuggensienne comme 
à l'origine carthaginoise; la présence d'une stèle de celte série à 
Dougga n'est pas une objection. Les indigènes déclarent, en effet, 
qu'elle y a été apportée par les soldats du Khasnadar. Il y a lien, 
au contraire, de tenir compte de l'indication donnée a M. de La 
Blanchère par les soldats du Khasnadar, indication qui concorde 
avec les mentions de l'inventaire du Musée du Louvre (année 1876), 
et il faut attribuer à la Ghorfa (Bahiret-el-Ghorfa), plaine située 
entre Malctar et Dougga, ces curieux monuments. M. Poinssot 
cherche à dresser la liste de ces stèles, dont plusieurs ont été jus- 
qu'ici mal décrites. H n'y a pas lieu d'y rattacher, comme on l'a 



Diglz,d:>yCOOg[e 



fiit, une série de stèles du Musée Britannique, qui présentent avec 
celles-ci quelques analogies. 

M. TouiAiH présente quelques observations tendant à foira res- 
sortir l'importance des stèles de la Ghorfa au point de vue de l'his- 
toire des religions africaines. 

M. Gmciua «joute sur l'origine de ces stèles quelques rensei- 
gnements qui renforcent les hypothèses de M. Poinssot. 

M. u PatHsnr /appelle que la provenance de la Ghorfa lui avait 
été indiquée dès Tannée 187!» par Malaspina, l'ancien guide de 
Victor Gnérin en Tunisie, qui connaissait mieux que personne 
toutes les découvertes archéologiques faites à cette époque pour le 
compte du Khaznadar. 

M. Gagnât lit un rapport de M. l'abbé Letiuud sur les Touilles 
que celui-ci a faites, d'abord en collaboration avec M. le docteur 
Carton, puis seul, de 1903 à 1905, dans les catacombes chré- 
tiennes d'Hadrumète (Sousse), dont la première galerie avait été 
découverte en 1889 par M. le colonel Vincent, avec le concours de 
MM. le commandant de Lacomble et le lieutenant Hannezo. Ensuite, 
MM. le capitaine de Bray, le lieutenant Tailhade et le capitaine 
Ordioni en avaient continué l'exploration. 

Les galeries, dont plus de quarante et une ont été jusqu'ici re- 
connues, sont taillées dans le tuf; la largeur varie de m. 70 a 
9 mètres; la hauteur ne dépasse pas a m. 5o. Elles présentent la 
môme disposition que les galeries des cimetières romains. Les loeuli, 
qui s'étagenl le long des parois verticales, sont fermés par trois 
grandes tuiles; les inscriptions, très concises, sont tracées en noir 
sur les tuiles, ou gravées à 1» pointe sur la chaux, rarement gravées 
sur marbre. 

Les fouilles les plus récentes ont fait découvrir une chambre 
avec loeuli et arcotoUum, à laquelle aboutissaient cinq galeries. Dans 
le voisinage , M. l'abbé Leynaud a trouvé une inscription d'un 
certain Longinu» ornée de deux symboles, le Bon Pasteur et la 
Colombe. 

M. le Secrétaire donne lecture d'une étude de M. Saladin , membre 



Diglz,d:>yCOO^[e 



LTIU — 

de U Commission de l'Afrique da Nord, «ir le dévelopjwment de 
l'art musulman. 

La séance ast leréa a 6 heurea- 

L* SuràawÊ afato A te Mm aVaMKay». 
M. Pion, 

Membre dn Comité. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



SEANCE DU 20 AVRIL 190B. 



PRÈSlDKïGE DE M H, DK WSTIÏHIB. SI PAUL GiOGKLIK. 

U> Bejr-AiT»n, correspondant honoraire du Ministère, à Tunis, 
lit un mémoire intitulé i t'wprif libéral du Coran, et dans lequel il 
montre .que, pendent les premiers eiÈclei de t'islam, le Coran a 
été interprété dans un sens libéral, et qui a contribué au dévelop- 
pement de la civilisation musulmane, 

L« Prophète oyait proclamé l'obligation de l'instruction, même 
pour les femmes. Tout croyant doit puiser la science partout où il 
la trouve. Du Coran, il résulte que les femmes devaient avoir le 
visage découvert, mener une vie décente, être instruites. Mais, 
comme tontes les femmes n'avaient pan une vartu austère , U* com- 
mentateurs décidèrent que les femmes m couvriraient le visage et 
se tiendraient enfermées dans les maisons. Ces prescriptions eurent 
des résultats désastreux pour les mœurs. 

Los hommes purent se livrer à la débauche et dissiper leur for- 
tune «ans être rappelés au devoir par leur compagne. 

C'est sous l'influence des Perses que les pratiques de l'astrologie 
et de la magie s'introduisirent ches les musulmans. Malgré tout, la 
civilisation se développa et atteignit un degré de développement 
plus étendu que chez aucun autre peuple. Mais survinrent les Croi- 
sades; à l'intolérance des chrétiens répondit celle des musulmans. 
La croyance à la puissance des saints et des oheiks fondateurs des 
confréries religieuses supprima tout effort, toute vie active ches les 
musnlmauB, puisqu'il suffisait d'un vœu pour obtenir le résultat déliré, 

M. Ben-Atlar examine les relations que le Coran impose à ses 
fidèles avec leur prochain, Broyant ou non. Ces rapporta doivent 
être empreints de tolérance , amicaux, pleins de sincérité, de con- 
fiance et d'affection. C'est là l'interprétation la plus vraie du Coran, 
et l'interprétation contraire, dictant la naine, l'ignorance et le 
fanatisme, doit être repouasée. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



M. Poinssot rend compte d'un mémoire de M. le capitaine Bbnet, 
du 3* bataillon d'infanterie légère d'Afrique, sur un monastère de 
femmes à Tabarka. Le capitaine Benêt a pratiqué des fouilles dans 
une nécropole située entre l'église actuelle et le fort espagnol connu 
sous le nom de Bordj Messaoudi. 11 a découvert une basilique dont 
l'abside est entière. Autour du chœur, on a trouvé deux étages de 
tombes, au-dessous du sol de la basilique. L'idée vient tout natu- 
rellement de supposer que là se trouvait le monastère de femmes 
voisin de celui des hommes, dont parle Victor de Vite. 

La mosaïque de la religieuse CasUtia, découverte, il y a quelques 
années, au pied de la colline du camp, a pu appartenir au mona- 
stère de femmes. Lu basilique et les constructions adjacentes ont été 
détruites, et une nécropole byzantine prit leur place-, les tombes en 
furent faites avec les matériaux provenant de la basilique. M. le ca- 
pitaine Benêt a joint au compte rendu de ses fouilles une descrip- 
tion détaillée des mosaïques et un catalogue comprenant le relevé 
des inscriptions. 

M. Gaucklbb insiste sur l'intérêt que présentent quelques-unes 
des mosaïques découvertes par M. le capitaine Benêt : entre autres, 
celle qui représente la basilique elle-même, el encore la figure 
d'un notaire écrivant la vie d'un martyr. 

M. Gauckler rend compte d'un mémoire de M. le lieutenant 
Maurice Bkhsard, correspondant du Comité, à Tunis, sur le cheval 
dans l'Afrique romaine. Sur les mosaïques du Nord africain, le 
cheval, sujet accessoire de scènes décoratives ou de la vie réelle, 
est reproduit pendant cinq siècles en diverses phases de son utili- 
sation, avec ses formes, couleur, toilette, nom, allures et harnache- 
ment. Sa figuration diffère. Elle a naturellement suivi les évolutions 
de l'art : réaliste à l'époque antoninienne, elle passe peu à peu a 
des représentations conventionnelles aux époques chrétienne et by- 
zantine. C'est dire que la valeur documentaire des silhouettes dimi- 
nue au fur et à mesure qu'on s'éloigne de l'antiquité. M. le lieu- 
tenant Maurice Bernard n joint à son mémoire un catalogue des 
1 io représentations de cheval qui figurent sur les mosaïques. 

M. le docteur Capitan insiste sur l'intérêt qu'il y aurait à faire le 
relevé des chevaux «rayés» sur les mosaïques. Car c'est là un carac- 



Diglz,d:>yCOOg[e 



tire d'où on pourrait tirer d'utiles éclaircissements pour la déter- 
mination des races de chevaux. 

M. Gagnât rend compte d'un rapport de M. le docteur Carton sur 
les fouilles qu'il a faites ou suivies dans une nécropole à Henchir- 
Zoura, au bord de la sebkha de Sidi-el-Hani. Ce cimetière Uis 
humble offre celte caractéristique que les lombes romaines y sont 
superposées à des tombes de traditions libyque et punique; il y a 
aussi des traces de sépulture chrétienne. Cette petite nécropole 
offre en quelque sorte un résumé de l'évolution de la sépulture en 
Afrique. 

M. Giuoai.il présente quelques observations. 

Lecture est donnée d'une note très intéressante du R. P. Di- 
LATTis, membre non résidant du Comité, dans laquelle l'auteur 
raconte les différentes péripéties des fouilles faites par lui dans un 
caveau carthaginois à Garthage, la visite de toutes les chambres 
successives dudit caveau , la découverte d'un grand sarcophage de 
marbre blanc peint, et énumère (es différents objets qu'il y a re- 
cueillis. 

M. Gauckler rend compte de la découverte par M. Lima, corres- 
pondant du Comité, d'une maison romaine à Butta Regia. C'est la 
seule maison actuellement connue en Afrique qui soit aussi com- 
plètement conservée. 

H. le Président fait passer sous les yeux de l'assemblée une série 
de plans et de photographies. 

M. Gauckler analyse ensuite le mémoire de M. H.-E. Rinault, 
correspondant du Comité, architecte des travaux publics, à Tunis, 
consacré à la description d'un grand mausolée découvert à Jema- 
jeur (Tunisie). Cet édifice est sur plan rectangulaire, mesurant 
dans œuvre 8 m. 65 en profondeur et 7 m. "jti en largeur. 
L'entrée, mesurant 3 m. 54 d'ouverture, est située à l'Est; elle av 
comporte ni chambranle, ni feuillure. La construction est faite de 
belle pierre , taillée avec soin , et d'un grand appareil irrégulier. Les 
vestiges consistent en une partie du mur oriental, le mur au Sud 
jusqu'à la corniche, et le mur occidental, dans toute sa hauteur, 



Diglz,d:>yCOO^[e 



— lui — 

amorti par on fronton triangulaire; la façade septentrionale est 
entièrement écroulée. A l'intérieur, deui grande» Biehes so*t enu- 
séesdans le mur occidental ; une entaille qui y est pratiquée laisse 
deviner ta forma de la vodte es plein-cintre, gui rftppwytit sur un 
entaMeaient de grandes dalles probablement supportée* par do 
colonnes d'oo proviennent sans doute prasienrs base* retrouvées 
da»s le» rtrinfls. 

M. Reniait a découvert et aVbtare le cave** destiné à recevoir les 
sarcophages; il était couvert de dalles. 

Vmtmr a joint à son mémoire de nombreuse» pifsta^ripMe», 
des plans et des coupes remarquables et un eBsai de restattnijoB. 

M. Louis Poinssot donne lecture d'an w*w*me de M. Rssin, 
conducteur des ponts et chaassées, à Enfidaville, sur les fouilles 
qu'il a exécutées son* tes ausptees 1 et aai frais du service des Anti- 
quités dans la basilique bysantine d'tyenmi (Beacnir-Chegsriiiit, 
près d'Enfidarille). Cet édiiftw, «fui semble avoir été eonstroit ao 
début es vi* siècle , fut c<«a«}énbleat**B<t agrandi -due tard. U e»tn> 
poi-te r à«6té du sanctuaire p re pum e w t dit, ma baptistère- à i - aie er» 
sien camé qui fut remplacé- plus tard par me ewvw étetMe. 'Font* 
la basilique était pavée de mosaïques avec de nombreuses épftaphe» 
de fidèles, de catéchumènes, d'évêques, de religieuses qui s'étaient 
fort inhumer ad tanettt, auprès de re&qw# dw seise martyr» qui su- 
birent le denier snppHm tews emêinlàtt et paraissent avoir été 
victimes non pas des empereurs palet», mais des Vandales ariens* 
La mosaïque qui recouvrait les restes des martyrs a été retrrmree 
intacte en freede ï abside et à- l'astre e»tré**ité de ht grandie nef. 
près de la grande porte d'entrée. 

La séance est levée * h heures et demie. 

W. Pnov, 
Membre du Comité. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



SEANCE DU 30 AVRIL 1905. 



*r£»1DINCI »I N. aftNB. OAÛMAT. 



M. la Secrétaire donne lecture d'an mémoire de M. f abbé Amuo» 
s Aossl, correipaniknt dn Comité, à Marseille, enr lea relations 
entre Mêttmiim et Carthaon , d'après les récentes découvertes fûtes à 
Marseille. Comme on doit s'y attendre, lea divers objets d'importa- 
tion africaine recueillis dans le sons-sol de Marseille n'ont trait 
qu'à la Cartilage de la domination romaine et à celle du christia- 
nisme, il n'y a pu la moindre preuve qu'un courant d'affaires se 
soit établi entre la Cartilage des Phénicien* et la jeune colonie de 
Pbooée. Lee données de l'archéologie confirment ici celles de l'his- 
toire qui montrent ces deux cités se livrant a cette époque un duel 
à mort en vue de la conquête de la Méditerranée. Parmi les innom- 
brables tessons de poteries sigillées provenant des fouillée de Mar- 
seille, beaucoup révèlent des officines africaines; c'est ainsi que Ton 
trouve souvent reproduite la marque S M F propre a Cartilage. Ce 
Estt et d'autres encore montrent combien étaient fréquentes sous 
l'Empire les relations commerciales entre les deux grands porta 
méditerranéens. Au m* siècle, ces relations d'affaires deviennent 
rares et font place à des) rapports d'un nouvel ordre. Il s'agit de l'in- 
fluence religieuse qu'euneat le* nombreux chrétiens de Cartilage 
et de l'Afrique dn Nord sur les quelques fidèles de Marseille, in- 
fluence attentée par plusieurs séries de découverte*. Ce sont huit 
lampe» recueillies Ion du percement da la rue de ht République 
dans dos teuabsau dont le mobilier funéraire se composait unique- 
ment de vases d'importation africaine. Ce sont des fragments de 
plats et de carreaux d'une céramique rouge à décor chrétien absolu- 
ment identiques à ceux qui ont été trouvés en Tunisie par M. Gatie- 
lier et le R. P. Delattre. Ce sont enfin des olpès et des balsamaires 
da fermes tris typiques, tels que ceux recueillis récemment par 
M. Ckuckier à Sidi-Dewur en Tunisie. Les documents arditkilogiques 



Diglz,d:>yCOOg[e 



LUT — 

d'importation africaine découverts à Marseille sont d'autant plus 
importants que l'histoire ne dit rien des rapports entre Mastaba et 
Cartilage. 

Il est donné communication d'un recueil de documents sur Tan- 
tique Rusicade formé par M. Louis Bertb as » , conservateur du Musée 
de Philippeville, correspondant du Comité. Ce recueil consiste en 
une série de belles photographies de mines et monuments antiques 
découverts dans le domaine de M. Georges Lesuear, compris entre 
la mer, la crête du mont Beni-Melek, et deux ravins connus sous 
le nom d'EI-Mouader et de Bou-Farka. Les antiquités tes plus re- 
marquables recueillies au cours des fouilles, et dont M. Bertrand 
envoie les photographies au Congres, sont : un piédestal de statue 
avec une inscription mentionnant un prauies prtmitàae Numidia* eon- 
mlaris; deux bustes; un tronçon de borne milliaire; trois stèles vo- 
tives; une statuette de marbre représentant Latone ou 1s Fécon- 
dité, tenant sur sa poitrine deux enfants nus; une autre statuette 
de terre cuite représentant une femme bossue et au ventre énorme; 
des sarcophages, des colonnes, des chapiteaux, des lampes et des 
monnaies. Ces objets ont été réunis dans un bâtiment dit le Bordj, 
que M. LeBueur a transformé en musée. 

Quant aux monuments que M. Bertrand a dégagés, ce sont deux 
mausolées et un édicule voûté. Il a, en outre, mis au jour une 
nécropole chrétienne dont i3i tombes ont été reconnues. On y re- 
marque un certain nombre de piliers monolithes avec chrismes et 
graffites. 

M. Bisnm, professeur adjoint à la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Caen, dans une note très nourrie, a étudié les produc- 
tions naturelles de la Maurétanie Tingitane : minéraux, végétaux, 
animaux de toute espèce, surtout des éléphants, des singes et des 
chevaux. Il a recherché ensuite quelles relations commerciales les 
habitants entretenaient avec l'Europe, Italie et péninsule Ibérique; 
pour cette dernière province, il y a eu depuis les temps les plus 
reculés jusqu'au moyen âge un échange constant entre l'Espagne et 
le Maroc. 

M. le Secrétaire donne lecture d'un mémoire de M. DécHuma, 

conservateur du Musée archéologique de Roanne, corresponds itt 



Diglz,d:>yCOOg[e 



du Comité, relatif aux antéfixee céramiques de fabrique gallo- 
romaine. 

L'auteur dresse un premier inventaire de ces objets conservés 
dans diverses collections publiques et privées de la France centrale , 
et qui n'avaient pas encore été soumis a une étude d'ensemble. Il 
donne la liste des marques et s'attache k rechercher les principaux 
centres de fabrication. 

De l'étude des types de l'ornementation, il ressort que les exem- 
plaires d origine gallo-romaine ne sont que des copies contaminées 
de modèles gréco-romains. Les masques et les palmettes des tuiles 
frontales décorant les édifices de Vienne et de Clermont, à l'époque 
romaine, apparaissent déjà sur les anciens antéfixes des temples 
grecs archaïques. 

M. Giucixia, directeur des Antiquités de Tunisie, rend compte 
des travaux entrepris récemment à Dougga par le service qu'il di- 
rige pour dégager et restaurer le temple de Caelestis. Ce sanctuaire 
présente un intérêt exceptionnel au point de vue de l'histoire des 
religions et de l'histoire de l'art : c'est le seul temple antique où 
la ceiia centrale soit entourée d'un portique demi-circulaire, dont la 
forme était sans doute destinée à rappeler celle du croissant de 
la lune, que représente la déesse punico romaine Caelestis. Les re- 
cherches exécutées en igo4 par H. Sadoux, inspecteur des anti- 
quités, ont établi que le temple central était d'ordre corinthien 
hexastyle et périple» , que le portique corinthien du pourtour était 
voûté de voûtes d'arête, enfin que le temple de Caelestis était pré- 
cédé d'un nymphéa a ciel ouvert que le Service des antiquités doit 
commencer A dégager cette année. 

M. Cassât insiste sur le très grand intérêt que présente la dis- 
position du temple de Caelestis et sur l'importance de la restaura- 
tion entreprise par M. Gauckler. 

M. le commandant Coioniur, de Rennes, émet l'opinion que le 
temple dont on a retrouvé les ruines doit s'élever sur l'emplacement 
d'un sanctuaire plus ancien. 

M. Maguelonoe, vice-président de la Société de Constantine, 
donne lecture d'un mémoire de M. le docteur Rouqurm, de la So- 

AkhIolosu. — N" 2. b 



Diglz,d:>yCOO^[e 



ciélé île géographie ch» l'Afrique dn Nord , consacre i la description 
d'une lanterne de bronze, trouvée par lui dans une nécropole »rt- 
tkras, voisine de Thaguste (Souk-Ahras). Gette lanterne, très bien 
conservée , comprend un corps proprement dit, destiné h contenir 
U mèche ai rhuile, un couvercle en ferme de «rtolte et on appa- 
reil de suspension. La calotte pouvait âïre «oit suspendue en l'air, 
soit abaissée, de façon à fermer la partie supérieure du corps delà 
lanterne. Le système de suspension se compose de deux poignées 
et de truie chaînée. M. le docteur Rouqaetta en explique le fonc- 
tionnement. Quant eux pareil mêmes du corps de la lanterne, 
aucun débris n'en a été retrouvé. 

M. Gidcxlbb, directeur des Antiquités de Tunisie, rend compte 
des fouilles qu'il dirige depuis un an dans le théâtre romain de 
Garthsge. Les ruines de cet édifice, qni disparaissaient presque 
entièrement sous un énorme amas de décombres, avaient été faus- 
sement identifiées avec ceHea de l*Odeon de Vi/relim Satontimu, 
jusqu'au moment où M. Gauckler retrouva, en 1900, ce dernier 
monument au sommet de la colline dont le théâtre occupait te flanc 
oriental, faisant face à la mer. Les fouilles actuelles complètent 
donc celtes qni ont été commencées par le Service des antiquités , 
if y a cinq ans. Elles ont eu pour premier résultat de démontrer 
l'étroite parenté qui existait dans les cités antiques entre tes deux 
théâtres, l'un couvert, l'autre découvert; l'un réserve* aux représen- 
tations dramatiques, l'antre aux concerts et à ta musique. 
. Le théâtre de Garthage était célèbre dans l'antiquité par son 
luxe et ses dimensions. Les premières découvertes par M. Gauckler 
prouvent que cette réputation était pleinement justifiée. 

Le monument mesurait plus de loi mètres de diamètre et se 
classe par suite, pour 1a grandeur, au second plan des théâtres an- 
tiques. La différence de niveau entre In galerie supérieure du pour- 
tour et du fond de l'orchestre dépassait «6 mètres. Il y avait quatre 
étages de gradins ou mœnîana, et les gradins étaient faite de blocs 
Tdanifs de marbre blanc. Le mur de fond de la scène était décoré 
de trois étages superposés de colonnades composites ou corin- 
thiennes, des marbres les plus précieux et les plue rares; au-dessus 
des trois portes du fond, des niches abritaient trois statues colos- 
sales, dont deux ont été retrouvées : un Apollon antique et un 
Hercule; d'autres statues décoraient le tend de ta scène et le pro- 



Diglz,d:>yCOOg[e 



seeninm, Seiie d'entre elles ont déjà été retrouvées, notamment 
deux Mercure, un Apollon, nn Bacchus, un Hermès tenant Diony- 
sos enfant, une Venus accompagnée de l'Amour, un portrait de 
Lucius Verus en costume héroïque. M. Gauckler a retrouvé, en 
outre, une tète de personnage barbu qui semble un poète grec, et 
une lête d'acteur masqué, qui jouait le rôle d'acrotere au-dessus 
de la galerie de pourtour. Parmi les nombreux textes épigraphiques 
recueillis au cours des travaux, la plus important est une dédicace 
à Vtritu Audentâu &mdianu* qui fut proconsul d'Afrique en 38s et 
frit l'initiative de restaurer les statuât du théâtre : re&Kttgratienem 
tkcatraiUm* tigtû adkUnât. 

M. le Secrétaire donne lecture d'un mémoire de H. AusoLUMf, 
professeur à la Faculté des lettres de l'Université de démunit , sur 
les taMiae defuiomm d'Afrique. 

L* séance est levés à h heures. 

U SmHimri «#>*l * im Suùon d'mnàêoUfM, 

M. Paon, 

Membre du Comité. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



SÉANCE DU 22 AVRIL 1905. 



PRESIDENCE DE M. MAHÇ.US. 

M. le Secrétaire donne lecture d'une notice de M. l'abbé Ans au» 
d'Aghkl, de la Société de statistique de Marseille, correspondant 
du Comité, consacrée à la description des objets du trésor de la cathé- 
drale de Marseille. 

On y remarque tout d'abord un coffret d'ivoire rectangulaire, 
cerclé d'armatures de cuivre doré. Cette botte, de dimensions 
moyennes et de lignes gracieuses, porte une inscription en caractères 
arabes : c'est un souhait de bonheur tiré du Coran. Le décor se 
compose de cercles ornés d'arabesques à l'intérieur, de paons por- 
tant dans le bec un rameau fenillu, de bouquetins et d'autres ani- 
maux. Sur le couvercle , un médaillon central est occupé par un élre 
à la tête humaine large et aplatie, mais dont le corps se termine 
en queue de poisson. Tous ces sujets sont peints en teintes douces 
vert et jaune pâle, relevées de quelques traits noirs et or. Ce cof- 
fret artistique rappelle le petit meuble d'ivoire du trésor d'Apt 
publié par M. Arnaud d'Agnel dans le Bulletin archéologique de 190b; 
mais, tandis que ce dernier provient de Constantinople, l'autre a été 
fabriqué en Perse au xv° siècle. 

Une pièce plus récente , mais d'un travail d'orfèvrerie très remar- 
quable, est nn reliquaire de lu Renaissance italienne, imitation 
gothique. Cette pièce est en forme de tombeau rectangulaire à toi- 
ture à quatre rampants, couronnée par la statue du Christ portant 
un étendard. La botte repose sur quatre pieds en forme de grenades 
entrouvertes. Cette pièce représente la Résurrection. Le sépulcre 
richement orné de ciselures et d'émaux est gardé par des soldats 
qui sont endormis tout autour sur des degrés. Cette merveille d'or- 
lèvrerie religieuse appartient au xvi" siècle et porte plusieurs des 
caractères de l'art italien bien accusés. 

A citer encore un Christ d'ivoire, d'une anatomie défectueuse, 
mais d'une belle expression, œuvre du i¥° siècle. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



M. le Président fait observer que le coffret d'ivoire du trésor de 
Marseille, par son décor et la forme des lettrée de l'inscription, 
parait avoir une origine syrienne et rappelle certains monuments 
du temps de Saladin. 

Lecture est donnée d'une étude de M. Emile Bomn,dela Société 
archéologique de Montpellier, sur le sarcophage antique dit ode 
saint Aphrodise*, a Béziers, et dont l'auteur fait remarquer les 
analogies avec un sarcophage de l'église Saînt-Fâii, à Girone. 
L'on et l'antre sont ornes d'un bas-relief représentant une chasse 
an lion. 

M. le Secrétaire rend compte d'un mémoire de M. Léon Coutil, 
correspondant du Comité, aux Andelys, sur le cimetière franc et 
carolingien de Criel (Seine-Inférieure). 11 fait passer sous les yeux 
de l'assemblée les photographies jointes au travail de M. Coutil. 

Le cimetière de Criel a été découvert en 1 848 , en extrayant des 
cailloux, puis, en 1866, des ouvriers occupés au même travail 
trouvèrent une large boucle accompagnée d'une plaque de bronze 
ajourée, ornée d'une figure humaine en relief,autourde laquelle sont 
groupés des monstres dévorant lesbrae et les jambes du personnage; 
celle plaque fort intéressante rappelle celle de Cugny (Aisne), de 
la collection de M. Jules Pîlloy. Une garniture de fourreau de scra- 
uiasaxe en argent offre aussi un décor de style Scandinave et se 
termine par une tête d'oiseau; enfin un chaton de bague ou de 
boude d'oreille d'or, orné de grenats, termine la série des objets 
les plus intéressants de celte seconde découverte, suivie d'une plus 
récente, mais moins importante, en 1876, qui a donné notamment 
des cuvettes de bronie de forme ronde et deux fibules ornées 
de cercles, ayant pu supporter une plaque estampée d'or ou 
d'argent 

Au mois d'octobre 190A, M. Cottel entreprit des fouilles métho- 
diques sur le même emplacement. Les renseignements pris lors de 
ces fouilles et l'examen des objets, presque tous acquis par M. Coutil , 
lui ont permis d'en donner une description complète. Environ cent 
trente tombes, limitées par des moellons offrant parfois trois sépul- 
tures superposées, ont fourni cinquante-six vases, quelques cupules 
et une fiole de verre, dix seramasaxes, cinq framées, quinze cou- 
teaux , dix fers de flèche , de très grandes plaques de fer avec leurs 



Diglz,d:>yCOO^[e 



LXI — 

boudes recouvertes de damasquinons d'argent, une garniture de 
fourreau de sabre, en fer, avec incrustations d'argent rappelant 
le fourreau de l'Apec de Childérie, et une chaînette de fer de 
i mètre au moins de longueur, dont les tiges sont recouverte» 
de broute, et d'un modèle jusqu'ici inédit. 

Le brame est représente par une plaque carrée ornée d'une 
chimère ailée, dent plaques rondes, une plaque arec sa boucle 
portant d«« incrustations d'argent, deux autres de style un peu 
Scandinave , beaucoup de petites boucles carrées et plate» , d'autres 
rondes, «ne pince a épi 1er, dent grandes épingles, une fibule a 
quatre lobes, deux autres ansées, une petite balance, deux paires 
de boucles d'oreilles et trois bagnes; enfin, une sorte d'oiseau avec 
parties dorées et des grenats insérés sur le dos, dont l'usage reste 
indéterminé. 

Ce qui ajoute à l'intérêt de ee mobilier funéraire, ce sont les 
deux lions d'or, couchés, dont les poils sont simulés par des fili- 
granes, la crinière et l'œil par des plaquettes de grenats ou d'éme- 
raudes alternant, serties dans des cloisons d'or; une très riche 
boucle de fer, avec ardillon de broute , ainsi qu'un briquet, ornée 
tous deux de cloisons d'or avec verroteries; un petit ferret de cour- 
roie porte en son centre une pellicule d'or. Enfin une grande 
épingle d'argent, dont la tête ornementée est recouverte d'une feuille 
d'or, se termine par une plaquette d'or triangulaire et mobile , ornée 
de filigranes; elle ressemble à celle de Vermand (Aisne), sauf 
l'ornementation de la plaquette. La croix et certains décors de ces 
objets ainsi que les damasquinures permettent de considérer les 
plus riches comme remontant au vu* ou vin" siècle. 

M. Jules Pillot appelle l'attention des membres du Congres sur 
une plaque de suspension , qui est au nombre des objets provenant 
des fouilles de Criel et étudiés par M. Coutil. Ou connaît trois 
exemplaires sortis du même moule : l'un, trouvé dans le départe- 
ment de l'Oise et conservé au Musée de Saint-Germain; l'autre, 
trouvé par M, Pilloy dans l'arrondissement de Saint-Quentin, et 
le troisième, celui de Criel. Ces plaques étaient dans des sépultures 
carolingiennes nettement caractérisées. 

A propos de la décoration d'une des boucles décrites par M. Coutil , 
M. Debruos présente quelques observations sur les animaux stylises. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



Un numismate inooanu, à ce litre du moins, fait l'objet de la 
communication de M. Maurice K*mi*uw, suu&.archimta du dépar- 
tement des Bouchee-du-Rhàne. U s agit de Mtchault d'Arnoaviile, 
contrôleur général et gaide des sceaux de Louis XV, dont aucune 
dee biographies qu'a pu consulter l'auteur a'a signalé le goût pour 
tes médailles anciennes. Un doaaier conservé aux archives dea 
Bouchas-du-rlhône non* apprend que ce personnage avait fait tu» 
collection de monnaies royales françaises et que, pour l'enrichir, il 
avait chargé les directions des Monnaies et les changeurs de retenir 
au passage les pièces qui pouvaient l'intéresser, en mime temps 
qu'il priait les intendants de faire rechercher celles qui pouvaient 
se trouver du» leur Généralité. 

Lw instructions qu'il avait envoyées aux uns et «ut autres mon- 
trant que M. de Machault était plus qu'un simple curieux, plus 
qu'un oollectionneur de vieux sous. Les indications qu'il donne sur 
les sols et triens mérovingiens ainsi que sur les deniers carolingiens 
dénotent des connaissances scientifiques sérieuses. 

La liste des pièces envoyées par les divers délégués dea divers 
points de 1a Provence, liste parfois accompagnée d'un dessin du 
motif principal, donne lieu a d'intéressantes remarques et permet 
de les identifier a peu près toutes avec les descriptions données par 
Hoffmann. 

M. Pilloï rappelle qu'à Saint-Quentin, lors de la construction 
dea fortifications modernes à la place des murs du moyen âge, on 
découvrit un cimetière des 11° et m* siècles de notre ère, qui conte- 
nait un très grand nombre de vases, et des monnaies en quantité 
considérable. Un mayeur de Saint-Quentin , Caignard, s'en forma 
une collection, et pour pouvoir les déterminer il n'hésita pas à 
faire le voyage de Rome, afin de s'instruire à ce sujet. Une grande 
partie des antiquités de Caignard furent achetées pour le compte 
du cardinal de Richelieu et ont probablement passé au Cabinet de 
France. 

M. le Secrétaire rend compte d'un mémoire de M. Léon de Vbblt, 
correspondant du Comité à Rouen, consacré aux fouiUes qu'il a 
commencées but le plateau de Boos (Seine-Inférieure), dont M. de 
Saulcy et l'abbé Cochet signalèrent jadis l'intérêt archéologique. 
Après avoir décrit le vallon de Brunval, qui creuse le plateau, et 



Diglz,d:>yCOO^[e 



l'ancien chemin de Pitres à Rouen, qui le traverse, M. de Vesly 
expose le résultat des rouilles qu'il a faites an Tbuit de CelloviUe, 
dans la propriété de M. J. Mulot. M. de Vesly a recueilli la nn 
un grand brome d'Hadrien, et de nombreux débris de poterie 
rouge avec dessins, dont un était erotique et sort de l'atelier de La 
ftraufesenque. D a pu lire les marques des potiers gallo-romains : 
CARAT1LLI, GEMEN, MLUACI, TACITVS el VAŒRO. 
Une statuette de déesse mère, de belles fibules k émaux sem- 
blables à celles du Musée de Namur, des épingles de brome et d'os 
sont sorties des fouilles. 

Le plan de murailles chaînées de briques a pu être dressé; et, 
remarque curieuse, des squelettes de l'époque franque, avec les 
vases caractéristiques , ont été trouvés couchés le long des murailles. 
Un des squelettes avait même été sectionné pour le passage d'une 
muraille construite postérieurement a la création de la villa gallo- 
romaine. 

En poursuivant son exploration, M. de Vesly a recueilli chez 
un habitant d'inglemare, petit hameau dépendant de la commune 
de Belbeuf, une fort jolie agrafe de broute, a. disqne et à tôles de 
génisses. C'est un type encore inconnu et qui parait dater du 
iv" siècle de notre ère. 

La séance est levée à 1 1 heures. 

U Stcriuùri uAjiànt «V la Stclw* d'arekéalogU, 

M. Punir , 

Membre du Comité. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



SBANCK DU 25 AVRIL 1905. 



PRÉKIDK1C8 DE MM. LF. DOCTE0R (IAPITAH 
ET ACHILLE ROBERT. 

M. fïay, directeur d'école à Marengo, donne lecture d'un rné- 
moiie de M. le docteur Chassatcne, médecin de colonisation , et de 
M. Louis Levistbk, instituteur public, à Duvivier, dans lequel ils 
exposent les résultais des fouilles entreprises aux dolmens du Nador 
et de l'Oued-Frarih. La nécropole dn Nador s'étend sur une vaste 
surface. Elle occupe le flanc de la. montagne exposé à l'Est, depuis 
les enviions immédiats de la gare jusqu'à l'extrémité de lu gorge, 
a son débouché dans la plaine de Duvivier. 

Les sépultures sont nombreuses et la plupart intactes- A l'origine , 
les dolmens ont tous été enfouis. On creusait une fosse rectangu- 
laire dont les parois verticales étaient soutenues par quatre dalles 
dégrossies. Le cadavre était placé accroupi dans ce coffre de pierre, 
et la sépulture était fermée par une table horizontale. On recou- 
vrait parfois le tout d'un tumulus de terre ou d'un galgal de pierres 
sèches. Le caveau funéraire ne présente guère en moyenne qu'une 
surface inférieure à î mètre carré. 

Les auteurs présentent une série d'hypothèses sur la race des 
constructeurs de ces tombeaux et sur leur antiquité. 

MM. Pallahy, le commandant Martin et M. le Président échangent 
quelques observations sur les conclusions de M. le docteur Chas- 
saigne et de M. Levistre. 

M. Gay rend compte d'un travail très considérable de M. Louis 
Levistre, instituteur public à Duvivier, sur les sépultures et stèles 
libyques des environs de Duvivier. L'auteur insiste surtout sur les 
différents types de dolmens, dont il présente de nombreuses et 
très intéressantes photographies. 



Diglz,d:>yCOO^[e 



M. Debruge, de la Société archéologique du département de 
Constant ine, correspondant du Comité, lit une étude sur l'époque 
de transition de la pierre aux métaux dans l'Afrique septentrionale, 
d'après l'exploration qu'il a faite d'une station de pèche au Pic des 
Singes, près de Bougie. M. Debruge présente un certain nombre 
d'objets provenant de cette station : poterie, os travaillés, et parti- 
culièrement des dents, ivoire, os polis, perles et rondelles d'os, 
silex taillés, perles de terre émaillée, tiges de cuivre, etc. 
M. Debruge donne aussi la description d'un dolmen voisin de la 
station. 

MM. Pallary, Flânai», le commandant Muni» présentent quel- 
ques observations. 

M. le Président fait ressortir les points intéressants des trouvailles 
de M. Debruge ; l'association de petits silex avec le cuivre, la pré- 
sence de perles émaillées qui sont tout a fait analogues' aux perles 
égyptiennes. 

M. le Président rend compte d'un travail de M. le docteur Dsr- 
rollr, de la Société archéologique de Sousse, consistant en deux 
statistiques, Tune des stations néolithiques, l'autre des monuments 
mégalithiques, dans la région du cap Bon. 

M. Ulysse Dumas résume l'ensemble des recherches qu'il a faites 
dans plus de orne ceuls tumulus des environs de Belveiet (Gard). 
Ces tumulus sont d'époques très différentes. Les premiers recou- 
vrent des dolmens avec beau mobilier néolithique et quelques 
traces de métal. Les seconds sont de l'époque du bronze. Enfin les 
derniers se rapportent à l'époque hallslattienne et même gauloise, 
et ont fourni de belles séries de bracelets de bronze, d'armes de 
fer et de très belles poteries avec ornements géométriques profon- 
dément incisés. L'auteur insiste sur la très grande variété de con- 
struction de ces monuments : tantôt dolmens, tantôt caissons, tantôt 
simples urnes ou encore amas d'os brûlés sur place. 

M, le Président félicite M. Ulysse Dumas de ses touilles si bien 
conduites et si heureuses dans leurs résultats. 



Diglz,d:>yCOOg[e 



M. le Président rend compte du mémoire de M. Kené LtMou», 
de la Société d'agriculture , commerce, sciences et arts du départe- 
ment de la Marne, consacré à l'étude d'une sépulture à cbar, qu'il 
a découverte l'an dernier. 

M. René Lemoine, au cours des Fouilles qu'il pratique depuis 
1901 dans un cimetière gaulois, a CbâloDs-aur-Marne , avenue de 
Strasbourg, a découvert, le 7 mars 190a, une sépulture a cbar, 
analogue a collet qui ont été précédemment reconnues dans le dé- 
partement de la Marne, et particulièrement semblable « celle de la 
Gorge-Meillet. 

La fosse où reposait le guerrier mesurait 3 mitres de long sur 
1 m. 66 de large et 66 centimètres de profondeur ; celle où avaient 
été déposés les mors de brides, 76 centimètres de largeur sur 
5© centimètres de longueur et &o centimètres de profondeur; la 
rigole qoi reliait ces deux fosses avait 60 centimètres de longueur 
sur 10 centimètres de largeur. Deux tranchées de ho centimètres 
de profondeur avaient été pratiquées le long des parois à la hau- 
teur de la tête de l'inhumé pour recevoir les roues du cbar, de 
façon que l'essieu portât sur le sol de la fosse. La sépulture 
était remplie d'une terre noire dont la nature n'a pu être déter- 
minée. 

L'auteur du mémoire, après avoir indiqué soigneusement la place 
qu'occupait dans la sépulture chacun des objets qui en constituaient 
le mobilier, décrit une à une les pièces de ce mobilier. Du ehar on 
n'a retrouvé que les débris des cercles des roues, les frettes des 
moyens, les crochets d'attelage, les more des chevaux, c'est-à-dire 
les parties qui étaient de fer, le reste étant de bois. L'épée à boute» 
rolle appartient au type de la Tbie I. Le casque de bronze était de 
forme conique. Le guerrier portait un bracelet d'or. Quatre an- 
neaux de bronze étaient alignés aux pieds. La céramique était 
représentée per quinte vases, qui garnissaient le coté droit de 
l'inhumé. On a recueilli un couteau d'une longueur de 37 centi- 
mètres, et aussi les restes des aliments destinés au mort. Enfin, à 
1 mètre de la sépulture, à hauteur de la tête, se trouvait une fosse 
contenant le squelette d'un sanglier. 

M. le Président rend compte d'un travail présenté par M. Félix 
Soucis, instituteur public à Vitry-en-Charolois. L'auteur a dressé 
le catalogue des objets préhistoriques que ses élèves et lui ont 



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recueillis 'sur le sol de la commune de Vitiy. Une carte jointe au 
mémoire indique le point précis où les diverses pièces ont été 
[«cueillies. Ce sont des silex des époques aeheuléenne, monste- 
tienne, solutréenne, néolithique. Le nombre des nucleus et des éclats 
de toute sorte trouvés au lieu dit «la Croisetle» semblent indiquer 
qu'il y a eu la un atelier. 

M. Achille Robert lit une étude palethnologique sur la com- 
mune mixte des Haadid. L'auteur, après avoir donné la géographie 
de la commune et présenté certaines considérations sur la préhis- 
toire, signale trente stations où il a trouvé, a côté de silex taillés, 
des fragments de calcaire , dont quelques-uns portent des gravures 
représentant des chasseurs et divers animaux. 

L;i station d'Oulaoul, dans le douar Sidi-Embarek, lui a fourni 
huit pierres gravées; celte de Bir-Si-Maberek, trois pierres égale- 
ment gravées. Trente-six planches sont jointes au mémoire de 
M. Robert. Les diverses pièces recueillies par M. Robert ont été 
offertes au Musée des antiquités africaines d'Alger. 

M. le Secrétaire donne communication d'une notice de M. Louis 
Charrier, répondant a la huitième question du programme du 
Congres : «Dresser le catalogue des trouvailles de monnaies puni- 
ques». M. Charrier décrit une trouvaille de monnaies faite, il y a 
quelques années, sur le territoire de la commune de Châteaudun. 

M. Jules CiMUSsiÈRi fait déposer sur le bureau des exemplaires 
d'un livre intitulé la Gtnke du Monde. 

La séance est levée à 1 1 heures ot demie. 

U Sreréiaù-t idjoutt de U Stction d'arckétkgU, 

M. Paon, 

Membre du Comité. 



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SÉANCE GÉNÉRALE DU 26 AVRIL 1905. 



Le mercredi a6 avril a eu lieu à Alger, dans le hall du palais 
consulaire, sous la présidence de M. Bienvenu-Martin, ministre de 
l'Instruction publique, des beaux-arts et des cultes, l'assemblée 
générale qui clôt, chaque année, le Congrès des société» savantes 
de Paris et des départements. 

Le Ministre est arrivé à a heures, accompagné de M. Joimarl, 
gouverneur général de l'Algérie, et de MM. Renard et Félix, cher 
du secrétariat particulier et secrétaire particulier du Minisire. Il a 
été reçu par M. Altairac , maire d'Alger ; Jeanmaire , recteur de l'Aca- 
démie; Bayet, directeur de l'enseignement supérieur, et M. de Saint- 
Arrontan, chef du bureau des travaux historiques et des sociétés 
savantes. M. le Ministre de l'Instruction publique a pris place sur 
l'estrade, ayant a sa droite M. le Gouverneur général , M. René Basset, 
président du Congres des orientalistes ; M. Bayet, MM. Philippe 
Berger, René Cagnat, membres de l'Institut; le docteur Capilan,Salc- 
franque, GauckEer, membres du Comité des travaux historiques et 
scientifiques; Tho'venet, Mesplé, professeurs aux écoles d'enseigne- 
ment supérieur; à sa gauche, M. Héron de Villefosse, membre de 
l'Institut , président du Congres des sociétés savantes; MM. le Recteur 
de l'académie d'Alger, Gsell, directeur du Musée des antiquités 
algériennes; MM. Vidal de La Blache, Cordier, Gazier, Prou, Geor- 
ges Harmand, Gaston de Bar, membres du Comité des travaux 
historiques; MM. Brach, le docteur Curtittet, directeur honoraire 
et directeur de l'école de plein exercice de médecine et de phar- 
macie; M. le commandant Drogue, M. le lieutenant de vaisseau 
Botssière, M. le lieutenant Ali-Chérif, de la maison militaire du 
gouverneur; MM. Ficheur, le docteur Trabut, Battaudier, Waille, 
Huiler, Lefébure, professeurs des écoles d'enseignement supérieur; 
MM. PeUeport, le commandant Lacroix, Marçais, de Motylinski, 
Robert, Duc ont également pris place sur l'estrade. 

En face de M. le Ministre ; MM. le général Servières, comman- 



Diglz,d:>yCOO^[e 



dant en chef du 19' corps; le général Bailtoud, commandant la 
division d'Alger; Vacher, premier président; Coste, procureur gé- 
néral; Varnicr, secrétaire général du Gouvernement général; Itos- 
taing, préfet d'Alger; te Président du tribunal de première instance; 
Jourdan, président du tribunal de commerce; Charles Jourdan, 
président de la commission des finances des délégations finan- 
cières; Chenot, président du consistoire protestant; le Président 
du consistoire Israélite; Caslan, prérident de la chambre de c*m- 
meree; Senart, membre de l'Institut; Lamounette, iuspectrar 
d'Académie; Dnjarrier, directeur de l'École de droit; Joave, Tâche I 
elRouyer, adjoints an maire; Port, proviseur du lycée; L»ciani, 
conseiller de gouvernement, directeur dea affaires indigènes; Hon- 
das et Barbier de Meynard, Tau tain, le docteur Ledé. 

Dans l'assistance on remarquait : MM. Coquette, le dotteor De- 
jeanne, Ulysse Dumas, le marquis de Fayolle, te baron de Gaerne, 
A. Kuntz, Lnfon, le commandant Coîgnerai, E. Lebegne, Gésier, 
H. Lemoine, L. Mertc, Nieollet, Pawiowski, Péehenx, Pîat, Pilwy, 
Bonnardot, Rocbeblave, Tribidet, Servonut, Snbertrie, Tardre, 
M"" de Saiberg, M™ Rey, membres des sociétés savantes de Paris 
et des départements; Boliau, Emile Broussais, Debruge, Flamand, 
Gay, M B * Gonnet, U. Hinglais, Maguelonne, R. Rey, membres des 
sociétés savantes locales, "etc. 



La musique du 1* régiment de zouaves prétait son concours a 
celte cérémonie. 

M. le Ministre a ouvert la séance «t donné 1a parole a M. Héron 
de Villefos.ee, qui a tu te discours suivant : 

«Monsieur le Ministre, 
«Monsieur le Gouverneur général, 
e Messieurs, 

«Au nom dn Comité des travaux historiques, au nom des Sociétés 
savantes dont les délégués nous entourent, je salue l'Algérie et son 
gouverneur général; je saine les représenlenta des grands établis- 
sements publics et des associations privées dont les efforts, sans 
cesse renouvelés, ont contribué à Tépaudie dans ce pays fatnwrde 



Diglz,d:>yCOOg[e 



I» science et te goût des recherchas; je salue U cité qui nous ac- 
cueille avec tant d'empressement et de cordialité. 
■ «Bn 180,9 , j'avais le grand honneur de présider, è Toulouse, le 
premier Congrès des société savantes tenu en dehors de la Sor- 
bonne. En me réjouissant de l'innovation heureuse qui derait nous 
permettre de parcourir la France , d'en mieux eonnahre les richesses , 
de Btimater le ièle et t'aetivité de nos associations régionales, je 
ne permettais d'exprimer un vœu, celui de voir bientôt le Congrès 
des sociétés savantes, élargissant encore le champ da ses recher- 
ches, franchissant la mer et se transpartant en Afrique. Il me 
semblait qu'une contrée si riche en souvenirs de l'antiquité, qui 
depuis pins d'an demi-siècle offre a l'activité da nos savante un 
ternis d'études d'une fécondité extraordinaire, méritait de rece- 
voir notre visite, et que nous devions un témoignage particulier de 
notre sympathie a ce coin si vivant de la patrie. Le von que je 
formulais il y a six ans est exaucé. Mon premier devoir est d'adres- 
ser aujourd'hui à M. le Ministre de l'Instruction publique l'ex- 
pression de notre respectueuse reconnaissance; en le disant, je 
sois certain d'être l'interprète de tous ceux qui assistent a ce 
Congres. 

a Plusieurs de nos confrères viennent ici pour la première fois. 
Ce n'est pas seutemeit poussés par une curiosité légitime qu'ils 
ont entrepris ce grand voyage : il leur tardait d'éprouver le senti- 
ment de fierté et de joie qni nom étreint tous en mettant la piad 
sur cette terre africaine, devenue par l'hérofeme da nos soldats et 
de MB «ohms une terre si profondément française, lis voulaient 
s'associer aussi a la manifestation scientifique a laquelle ils étaient 
conviés; tous se réjouissent d'une occasion si favorable a l'expression 
des tentimente qni le «animent. 

«Si, depuis craqnante ans, la connaissance des antiquités ro- 
maines a pris chas mus an développement particulier, si l'histoire 
de notre Garnie elle-même et celte du monde romain tout entier ont 
pu être étudiées avec plus de profit, c'est grâce aux grandes décou- 
vertes faites en Afrique et aux travaux qu'elles ont provoqués. 
Parmi tes sciences «roi sont représentées a ce Congres , l'archéo- 
logie anttqe» tient assurément la plus grande place ; e'est elle qm a 
«entracte envers ce pays la dette la plus importants. Hàtons-noue 
de dira qu'aile en a payé les intérêts avec an noble empressement 
et qae les publications des archéologues ont contribué d'une façon 



Diglz,d:>yCOO^[e 



LUI 

particulière a faire connaître, à foire aimer l'Algérie, à y attirer les 
curieux, les étrangers et les savants. 

« Vous me pardonnerez donc de vous en entretenir un instant. 

«Nous ne sommes pas les premiers qui soient venus des contrées 
irdu Nord s'établir en Afrique; nous avons eu, sur cette terre, des 
ir prédécesseurs illustres qui l'ont conquise comme nous l'avons fait 
net qui l'ont gouvernée avec gloire pendant plus de cinq siècles. Ils 
«y ont rencontré à peu près les mêmes difficultés que. nous; il leur 
u fallu vaincre les mêmes résistances de ia nature, qui n'était pas 
«alors plus clémente qu'aujourd'hui; les mêmes oppositions du 
«races guerrières qui occupaient le sol et ne voulaient le partager 
n avec personne. Comment y sont-ils parvenus? Par quels miracles 
«de courage, de patience, d'habileté ont-ils fait de ce pays aride 
aune des provinces les plus riches de leur empire et du monde? 
«De quels procédés se sont-ils servis pour implanter leur civilisa- 
it tion au miliou de ces peuples barbares, et l'y rendre si florissante 
«que l'Afrique a fini par produire en abondance des écrivains latins 
«et qu'à un moment elle a paru plus romaine que l'Italie même et 
«que Rome. Tout cela, il nous importait de le savoir; nous ne pou- 
«vions donc pas négliger les leçons et les exemples que le passé 
«pouvait nous fournir.» 

«C'est ce qu'écrivait, il y a dix ans, un maître éminenl qui, 
mieux que personne, sait rendre l'archéologie aimable en la dépouil- 
lant de son appareil un peu rude. Vous avez reconnu M. Gaston 
Boissier. Lorsque vous visiterez Timgad ou Corthage, emporte» 
avec yous les Promenade» archéologiques n Algérie et en Tmiùie, vous 
serez heureux de voyager avec un compagnon aussi agréable, avec 
on guide aussi charmant et aussi fidèle. 

«L'enquête dont M. Boissier a tiré tant de pages exquises, qui n 
fourni à son esprit sagace mille occasions de nous instruire, est 
commencée depuis près de trois quarts de siècle, depuis le jour 
ou, comme le dit l'inscription de Sicli-Ferrueii , l'armée fran- 
çaise est venue rendre la liberté aux mers et donner l'Algérie à la 
France. 

«L'exploration scientifique débuta avec 1a conquête. A mesure que 
nos soldats avançaient dans l'intérieur, des ruines nombreuses s'of- 
fraient à leurs yeux, des sculptures et des inscriptions de tout 
genre éveillaient leur curiosité. Certains d'entre eux les dessinaient 
et lee copiaient à U bile entre deux alertes; les plus avises cs- 



Diglz,d:>yCOOg[e 



Bayaient de les interpréter, mais il fallait sans cesse repartir, aban- 
donner le crayon pour reprendre le fusil, il fallait avant tout se 
défendre et pénétrer plus avant. Plus d'un de ces premiers 
carnets, malgré la hâte avec laquelle ils ont été rédigés, a fourni d< 
précieuses indications qu'on ne saurait retrouver ailleurs. 

rVerslafin de l'année 1 83g, le Gouvernement institua une com- 
mission scientifique destinée à faire connaître les richesses de l'Al- 
gérie. Malheureusement, elle commença ses travaux à un moment 
ou les hostilités avec Abd-et-Kader ne laissaient guère d'autre 
champ a ses investigations que quelques parties du littoral; pen- 
dant les opérations militaires il était impossible de s'écarter des 
sentiers ouverts par nos colonnes, il fallait se borner à glaner sur 
les traces de l'armée. La période active de cette commission fut close 
en i84a, alors que les succès du maréchal Bugeaud rouvraient le 
pays à tous les genres de recherches. Le cher d'escadron d'artil- 
lerie Delamarre, dont le nom demeure attaché aux premières explo- 
rations de Lambèse et de la province de Conslantine, l'ingénieur 
Pournel et l'architecte Ravoisié furent les meilleurs ouvriers de ces 
premières recherches officielles. 

«C'est vers la même époque qu'on expédie à Paris quelques mo- 
numents destinés à former au Musée du Louvre le fonds de la ga- 
lerie algérienne qui est devenue aujourd'hui la salle des antiquités 
du Nord de l'Afrique. Un arrêté du duc de Dalmatie décide presque 
en même temps que l'arc de triomphe de Djimila sera transporté en 
France pour être rebâti sur «ne des places de la capitale! Pen- 
sée discutable qui, du reste, ne fut pas mise à exécution. On était 
encore dans la période un peu confuse des tâtonnements et des 
essais; la pacification n'était pas complètement assurée; des soucis 
de tout genre préoccupaient l'autorité militaire. On comprenait 
cependant en haut lieu que l'Algérie ne devait pas être dépouillée 
de toutes ses richesses et qu'il fallait en organiser la mise en valeur 
pour en assurer le respect. On introduisit dans les actes de con- 
cession une clause destinée à sauvegarder les droits de l'État sur 
les objets découverts; on créa un fonctionnaire chargé de veiller 
sur les monuments historiques. Charles Texier, connu par ses 
explorations en Asie Mineure, reçut cette importante mission. 
D'antres soins absorbaient son temps; la Révolution de 18A8 ne 
tarda pas d'ailleurs à le rendre à ses travaux de prédilection. 

t En i85o, Léon Renier débarque en Algérie. Il y vient avec 
- H' 2. v 



Diglz,d:>yCOOg[e 



une mission du Gouvernement pour rechercher 1m inscriptions 
taliaes, en particulier pour étudier le camp de In 3* légion à Lam- 
bèae et les nombreux textes qui s'y trouvent. Accompagné du com- 
mandant Delamarre, jl parcourt l'Algérie à deux reprises. Il cen- 
tralise les trouvailles, vérifie les testas déjà publies, en recueille de 
nouveaux, les explique et les commente. A tous ceux qui travaillent 
isolément et sans profit, il apporte une direction et une méthode. 
De tous cotés lui arrivent des collaborateurs; l'armée lui fournit 
les meilleurs et les plus actifs, parce qu'elle parcourt sans cette le 
pays et qu'elle pénètre la première sur les points encore inexplorés. 
Officiers, soldats, fonctionnaires, propriétaires ou industriel», que 
la vue et l'amour des monuments ont rendus archéologues, rivali- 
sent de zèle pour l'aider dans sa grande entreprise. Bientôt parait 
le Recueil de* hucriptiotis latma de [Algérie, accueilli avec d'autant 
plus de faveur qu'il offre aux travailleurs et aux curieux les tran- 
scriptions de A,5oo textes inédits. 

tf La mission de Renier eut immédiatement uue conséquence des 
plus heureuses. Dès i85a, l'un de ses meilleurs auxiliaires, le 
colonel du génie Greuly, secondé par un jeune professeur d'arabe, 
Auguste Cherbonneau , fondait à Constantine la premiers société 
archéologique de la colonie. Elle est restée La première aussi par 
l'importance et la valeur de ses travaux. Ses membres rivalisent 
d'ardeur pour faire connaître tout ce qui sort de terre dus la 
riche province dont elle devient le centre intellectuel. Cberbon- 
ncan, le commandant Payen, l'inspecteur des domaines Poulie y 
publient leurs plus intéressants mémoires; le docteur Judas y tente 
l'interprétation des textes puniques, Victor Reboud y signale l'en- 
semble des inscriptions libyques. Les années n'ont pas ralenti son 
activité : elle sert toujours la science- Sous la présidence de H. Er- 
nest Mercier, l'historien de l'Afrique septentrionale, la Société 
archéologique de Constantine continue dignement la tâche labo- 
rieuse qu'elle s'est assignée. 

(r Alger ne devait pas rester en arrière, La aussi des nommée de 
bonne volonté éprouvaient le besoin de se grouper et de s'unir. 
En i856, à l'instigation du maréchal ltendon, le Société histo- 
rique algérienne était fondée. Berbrugger, qui venait d'accom- 
plir une importante mission dans le Sahara et de recevoir le 
titre d' t inspecteur général des monuments historiques et des 
musées archéologique* de l'Algérien, en prend la direction. La 



Diglz,d:>yCOOg[e 



même aimée parait la Borne africain*: son premier article est signé 
d'un nom qui nous est cher, celui de Charles Tiscot, alors jeune 
attaché à la légation de France à Tunis. Les découvertes de Cher- 
che! y sont signalées; elles n'étaient que le prélude de nombreuses 
trouvailles d'un intérêt puissant pour l'histoire de l'art antique, 
dont la source n'est pas encore tarie. Mac Carthy, Letourneux, 
Féraud, Hanoteau, Ch. de Vigneral et tant d'autres secondaient le 
zèle de Berbnuner. Depuis plusieurs années, la Revue afrieaint a fait 
à l'histoire moderne, et en particulier a celle de l'Algérie, une 
place considérable; elle demeure a la tète du mouvement scienti- 
fique algérien, 

«L'Académie d'Hippone et la Société de géographie et d'archéo- 
logie de la province d'Oran ne tardèrent pas a soutenir ces premiers 
efforts en marchant sur les traces de leurs sœurs aînées. Entre 
temps, le musée d'Alger et celui de Pbilippeville s'organisent; à 
Constantin*, le génie encastre dans les murs de la Casbah les plus 
belles inscriptions; à Cherche!, on réunit tant bien que mal, bous 
un abri provisoire , les statues qui sortent de terre; d'autres musées 
s'installent en plein air, dans les promenades publiques ou a l'om- 
bre des monument» romains, en attendant des locaux plus surs et 
mieux appropriés. 

«Toutes ce» fondations élaient les résultats dn mouvement pro- 
duit pu les voyages et les travaux de Léon Renier. Malheureuse- 
ment, des devoirs impérieux et des occupations trop nombreuses 
l'absorbaient à Paris; il lui fut impossible de reprendre le chemin 
de l'Algérie. B continuait pourtant à réunir les matériaux destinés 
au supplément de son recueil épigraphique. Un moment, on put 
croire qu'il allait compléter son œuvre; mais la guerre survint, 
elle anéantît cette espérance. Apres nos malheurs, il refusa de col- 
laborer an Cornw intcrtpritmam latûiarvm; le volume qui lui avait 
été réservé dans l'élaboration do ce grand travail fut confié a d'an 
très mains. 

« Dans le département de Conatantine s'élève un village qui porte 
aujourd'hui le nom de htnier. Cet hommage était dâ bu pias 
célèbre de nos explorateur algériens, a celui qui fut en France fe 
nwitre de Tépigraphie latine et le fondateur de son enseignement. 
Ce sont les antiquités africaines qui lui ont fourni ses plus péné- 
trantes observations. Dans le souvenir de ses disciples, de ses ad- 
mirateurs et de tous ceax qui l'ont connu, Léon Renier est resté 



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comme un type de droiture , de désintéressement et d'extrême bien- 
veillance. Il a été le conseil et le guide des savants qui ont tenté 
d'accroître en Algérie ou en France le trésor de l'antiquité. Un 
demi-siècle a passé sur son œuvre; elle ne peut être oubliée. Vous 
tous, Messieurs, qui l'avez si brillamment continuée et développée, 
vous avei suivi la route ouverte à votre activité par le père de l'ar- 
chéologie africaine. 

* Apres les événements de 1870, une insurrection violente bou- 
leversa l'Algérie. Lorsque te calme eut succédé à la tempête, une 
ère de prospérité s'ouvrit pour nos études. La création rapide de 
nouveaux villages en territoire civil, sur des points occupés précé- 
demment par les Romains, la facilité des communications devenue 
de plus en plus grande, l'appui que les pouvoirs publics prêtaient 
aux recherches contribuèrent à favoriser cet élan scientifique. Les 
Algériens, tous ceux que les hasards de leur carrière civile ou mili- 
taire avaient fixés dans ce pays, mirent leur honneur à signaler et à 
respecter les souvenirs des civilisations disparues. Une génération 
nouvelle de savants, formés par les travaux et par l'eiperienee 
de leurs devanciers, se présenta pour faire fructifier l'héritage de 
Léon Renier. Les uns avaient suivi au Collège de France les leçons 
du maître, d'autres arrivaient de l'Ecole normale, de l'École des 
langues orientales vivantes ou de nos Écoles françaises d'Athènes 
et de Rome. Mieux armés que leurs prédécesseurs pour tirer parti des 
documents découverts, ils en démontrèrent l'importance avec une 
force nouvelle. L'activité devint si grande, les découvertes se multi- 
plièrent avec une telle rapidité, qu'il est bien difficile de retracer 
aujourd'hui les phases de ce grand mouvement sans risquer de 
paraître injuste ou d'être inexact. 

«L'événement scientifique qui imprima la plus vigoureuse impul- 
sion à ces généreux efforts fut l'apparition du Cerjnu latin. Pres- 
que au lendemain de la guerre, un jeune professeur, envoyé par 
l'Académie de Berlin, parcourait l'Algérie et la Tunisie, afin de 
préparer le volume réservé aux inscriptions d'Afrique. Ses explora- 
tions durèrent quatre années; le docteur Wilmanns mourut pré- 
maturément à Bade, en 1878, avant d'avoir achevé le recueil qui 
lui avait coûté taut de soins; Mommsen termina sa tâche; le nou- 
veau répertoire d'épigraphie africaine, riche de plus de 1 1,000 tex- 
tes, vit le jour en 1881. Continué par notre confrère, M. René 
Cagnat, par Jobannes Schmïdt, que la mort est venue frapper 



Diglz,d:>yCOOg[e 



avant l'heure et par M. Hermann Dessau, ce grand travail ne sera 
entièrement terminé que le jour où la terre aura cessé de noue 
rendre tout ee qn'elle nous réserve encore. Dès maintenant, les 
inscriptions classées dépassent a3,ooo el le nombre en augmente 
chaque jour. Aucune province de l'Empire romain ne nous a laissé 
une telle abondance de souvenirs; l'Afrique est la terre classique de 
l'épi graphie latine. Ce n'est pas seulement le nombre de ces docu- 
ments qu'il faut admirer, c'est aussi la variété qu'ils présentent; ils 
intéressent aussi bien l'histoire générale, la géographie, la reli- 
gion, l'histoire militaire , le droit, l'administration des provinces 
que la vie municipale, le commerce ou la vie privée des Romains. 
C'est une grande satisfaction pour nous de constater que presque 
loué ont été découverts par des Français. On devine les services 
qu'un instrument de travail de cette nature a pu rendre; on com- 
prend quelles furent les conséquences heureuses de l'apparition de 
ce vaste recueil. Dès lors, la science allait pouvoir profiter d'une 
grande partie des résultats acquis par les fouilles. 

B Doux fondations, l'Ecole des lettres d'Alger et la Commission de 
l'Afrique du Nord, contribuèrent puissamment a étendre le mouve- 
ment archéologique et à en diriger les efforts. 

«Si l'Ecole des lettres d'Alger existe avec son haut enseignement, 
si elle a pu exercer une salutaire influence, elle le doit a Albert 
Dutnonl. Celui qui avait régénéré notre enseignement supérieur a 
entouré sa naissance de la plus vive sollicitude : il lui portait une 
affection paternelle. Trois mois avant sa mort, il lui en donnait 
la preuve en venant lui rendre visite. Son savant directeur, -M. René* 
Basset , qui en a suivi , pour ainsi dire, jour par jour le développe- 
ment, qui a joui de ses succès auxquels il a tant participé lui- 
même, pourrait mieux que tout autre en parler devant vous et 
rendre hommage a Fes dévoués collaborateurs si passionnément 
épris de la vérité. Pourquoi ai-je le douloureux devoir de rappeler 
aujourd'hui ceux qui ne sont plus et qui avaient si efficacement 
contribué, dès la première heure, à établir la réputation de cette 
institution scientifique? 

Emile Masqueray, son premier directeur, est tombé sur la 
brèche «près avoir fondé le Bulletin de comtjxmdance africaine, aussi " 
important pour les arabisants que pour les amis de l'histoire 
romaine. Il se multiplia pour servir l'Ecole; rien de ce qui pouvait 
l'intéresser ne lui était étranger, il l'aimait, comme il aimait fAI- 



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gérie, d'une ardente affection. Les montagnes de l'Aurès l'attirèrent, 
il y établit le centre de ses recherches; il on scruta les ruinée avec 
bonheur; il étudia les races, les coutumes et le langage des tribus 
qui les peuplaient. 11 formait de beaux projets d'avenir, quand H 
fut enlevé d'une manière inattendue. Pendant aa trop courte car- 
rière il a bien servi la science, il nous a laisse d'unanimes regrets. 
«René" de La Blanchira avait fait en Italie aa première éducation 
archéologique. Un voyage dans la province d'Oran le mit en contact 
avec l'Afrique. Il n'eut pas de peina a comprendre et à aimer ee 
paya; il voulut le servir; il lui consacra sas forées et son intelli- 
gence. A un âge oit, d'ordinaire, on connatt rarement les souoi set 
les dangers de la responsabilité , il fut placé a la tête des antiquités 
de la Tunisie. II entreprenait la description des musées organises 
par ses soins, lorsqu'une mort prématurée et singulièrement regret 
table est venue subitement priver les études africaines d'un de leurs 
plus actifs initiateurs. 

r Si l'École des lettres a éprouvé des pertes cruelles, elle a su les 
réparer. N'est-ce pas a l'ombre de ses murs que M. Paul Monceaux 
a commencé ses belles études sur la littérature africaine ? Un de ses 
plus anciens professeurs, M. Victor Waille, s'est fait une spécialité 
des travaux sur la Maure tanie et se consacre avec une sage persévé- 
rance aui antiquités de Cherchel. Depuis de longues années ii 
poursuit dans cette calme cité des fouilles toujours heureuses; sa 
constance, que le succès encourage, nous promet enoore d'agréables 
surprises. 

nL'ËcpIe des lettres possède surtout un travailleur inoompa 
rable, dont les explorations dans toutes les parties de l'Algérie 
ont été particulièrement fructueuses, dont la volonté, servie par 
un vaste savoir archéologique, l'a rendu digne d'accomplir une 
lâche des plus laborieuses. Sous les auspices du Gouvernement 
général, M. Gsell a publié sur les Motwmem anùquea d» ï'Algirie 
un ouvrage qui marque exaclement l'état de nos connaissances 
actuelles et qui devient le point de départ de toutes les nouvelles 
recherches. Précieux manuel, dans lequel rien n'est négligé, qui 
nous fait connaître les monuments indigènes ou puniques aussi 
'bien que les édifices romains, les basiliques chrétiennes, les for- 
teresses byzantines, qui apporte enfin de l'ordre et de la clarté 
dans la masse énorme et confuse de matériaux accumulée depuis la 
conquête, C'est le travail d'ensemble le meilleur ot le plus considé^ 



Diglz,d:>yCOOg[e 



— Ltiim — 

rafale dont l'archéologie de l'Algérie ait été encore l'objet, M. GseH 
achève aujourd'hui un Allai arthéoiogiqu* dont le Gouvernement 
général lui a confié la rédaction, et dont lea premières livraisons 
permettent d'apprécier la haute valeur. Le jour où il a été nommé 
inspecteur des antiquités de l'Algérie, tous cent qui prennent 
quelque souci de noe richesses ont applaudi e un choix si conforme 
a leurs espéranets. 

k A coté de l'École des lettres, les sociétés savantes poursuivirent 
sans se tasser te bot qu'elles s'étaient depuis longtemps proposé. 
Leurs membres, appartenant à toutes les classes de la société, dis* 
géminée eur tous les points de l'Algérie, pouvaient exercer sur les 
fouilles une salutaire influence. Stimulant les bonnes volontés 
locales, défendant les monuments en péril, inspirant partout le 
respect dn passé, elles contribuèrent efficacement a la protection 
des antiquités. Le dévouement de ees sociétés, les services si nom- 
breux qu'ailes ont rendus à la cause de l'histoire et de ('archéo- 
logie, sont de ceux qu'on ne saurait oublier. 

* Quelques vocations particulières se firent jour*, celle de Julien 
Poinssot fut malheureusement de trop courte durée. Indépendant 
par caractère et par situation, il joignit a l'honneur d'accomplir 
d'utiles exploration» le mérite de faire connaître un grand nombre 
de textes inédits en créant un Bulletin des antiquités africaines, 
sous le patronage de la Société de géographie et d'archéologie do la 
province d'Oran. Il le dirigea avec le regretté commandant De» 
maeght, fondateur dn Musée d'Oran, dont les fouilles heureuses 
ont apporté a nos travaux de très utiles contributions. C'est dans ce 
bulletin que parurent les premiers essais de M. PaHu de Lessert, 
qui se préparait a nous donner plus lard, dans ses Fustr* «es jrro- 
vinœuifntainei, les biographies des grands fonctionnaires, déposi- 
taires de la puissance romaine en Afrique. 

tUn souvenir est dû aussi à ce jeune professeur du lycée de 
Constantine, qui s'élançait plein d'ardeur et d'espérance pour 
accomplir de fructueuses missions dans le haut Sahara et qu'au- 
cune difficulté ne semblait devoir arrêter. Paul Blanchet avait fondé 
l'Association historique de l'Afrique du Nord et en était devenu le 
secrétaire général, lorsqu'il fut enlevé, au Sénégal, par la fièvre 
janne an retour d'une périlleuse expédition, organisée et conduite 
par lui avec un plein succès. 

<r L'établissement dn protectorat français ouvrit la Tunisie aux 



Diglz,d:>yCOOg[e 



LXXXTUI 

recherches de tonte nature. Le premier soin du Gouvernement fat 
d'instituer au Ministère de l'Instruction publique une commission 
spéciale, rattachée à la section d'archéologie du Comité des travaux 
historiques et chargée d'examiner, an point de vue de leur publi- 
cation , les communications relatives à ce pays. Vous savez combien 
elles ont été nombreuses; elles ont porté sur les sujets les plus va- 
riés de l'archéologie antique depuis l'époque des Phéniciens jusqu'à 
celle des Arabes. 

«Il ne saurait entrer dans ma pensée de retracer devant vous, 
même a grands traite, l'histoire de l'exploration de la Tunisie; je 
ne puis me dispenser pourtant de proclamer qu'elle a été conduite 
avec autant de clairvoyance que de succès et qu'elle continue à 
donner de merveilleux résultats. Pour en exposer la marche avec 
quelque intérêt, il faudrait de longs développements, dans lesquels 
il m'est impossible d'entrer. Les documente exhumés dans la Régence 
de Tunis ont été mis à la disposition des savants avec une rare 
libéralité et avec le plus grand empressement, beaucoup ont déjà 
pris place dans les grands recueils; ils y sont classés à coté de 
ceux qui proviennent de nos fouilles algériennes, formant avec eux 
un tout homogène qu'on désigne sous le nom d'o Antiquités afri- 
caines». Qui oserait aujourd'hui aborder un sujet relatif à l'his- 
toire des différentes civilisations qui se sont succédé en Afrique, 
sans interroger l'ensemble de ces documents? Les deux explorations 
se complètent Tune par l'autre ; elles sont sœurs , mais la Tunisie a 
été privilégiée. Dès le début, les recherches y ont été dirigées par 
des hommes expérimentés et soutenues par d'importantes ressources, 
double avantage dont l'exploration de l'Algérie n'a ressenti que tar- 
divement les bienfaisants effets. 

«Ernest Renan fut nommé président de la Commission de Tu- 
nisie. La raison commandait de renvoyer à l'examen de celte com- 
mission tout ce qui concernait l'Algérie: on s'en aperçut bien vite. 
Dès lors, son domaine fut agrandi et elle reçut un titre plus con- 
forme à son but, celui de Commission de publication des documente 
archéologiques de l'Afrique du Nord. 

«Apres Renan, M. G. Perrot, le délicat historien de l'art antique, 
en accepta la direction : ses beaux travaux lui donnaient déjà de 
nombreux droits à notre reconnaissance, il s'en est acquis de non-' 
veaux. La Deteription archéologique de f Afrique du Nord, l'Atla* 
archéologique de la Tunitie, la Bîbkothiqite d'archéologie africaine et 



Digfedsy GoOgle 



cette précieuse suite de grands catalogues illustrés qui mettent 
sous dos yeux les richesses conservées dans nos musées d'Algérie 
el de Tunisie, parlent assez éloquemment en faveur du but pour- 
suivi par la commission pour qu'il soit inutile d'insister sur le 
dévouement de ses membres. Il en est un cependant qui, depuis 
vingt ans, lui a consacré toute son énergie, toute sa volonté; c'est 
son secrétaire, M. René Gagnât. Par de nombreux et d'excellents 
travaux, M. Gagnât a contribué plus que personne a mettre en 
lumière les documents sortis du sol africain. Pendant quatre an- 
nées, à une époque où il y avait quelque mérite a le faire, il a 
parcouru la Tunisie; il en a rapporté des textes précieux. Dans un 
magnifique ouvrage sur l'armée romaine, dédié à notre armée 
française d'Algérie et de Tunisie, il a montré le parti qu'un histo- 
rien de sa valeur pouvait tirer des documents découverts; il a re- 
tracé l'histoire de ta 3' légion et celle des troupes auxiliaires char- 
gées, sous l'Empire romain, de gnrder les provinces africaines. Ge 
ne sont pas la les seuls services qu'il nous ait rendus. Il s'est atta- 
ché à l'Afrique, 3 l'a aimée comme l'aiment ceux qui la connais- 
sent; chaque année il y est revenu pour continuer ses travaux, 
encourager ceux des autres, inspecter les musées, veiller à leur 
développement; il s'est enfin consacré tout entier à l'étude de ses 
antiquités. 11 avait rapporté une moisson si abondante d'inscrip- 
tions nouvelles, que l'Académie de Berlin l'a associé à ses travaux, 
et nous avons ainsi la grande joie de voir un nom français, le sien, 
figurer parmi les collaborateurs du Corp*» latin. Après avoir re- 
cueilli la succession de Léon Renier dans sa chaire du Collège de 
France, il est devenu, comme lui, le véritable maître des études 
africaines. C'est sous ce double titre que nous aimons à le saluer 
aujourd'hui. 

«M. Gagnât a publié une monographie excellente de la ville de 
Timgad, nom magique qui évoque dans nos esprits le souvenir 
de Pompéi- Je me rappelle avoir visité Timgad , il y a plus de trente 
ans. Le Wé poussait sur l'emplacement de la ville, encore eacbée 
sous une épaisse couche de terre. Seul, te fort byzantin dominait 
In plaine; il fallait se mettre à genoux pour passer sous l'arc de 
triomphe. Aujourd'hui , quel changement prodigieux ! Les rues sont 
déblayées; le forum avec les grands édifices qui te bordent et 
les statues qui le décorent, le marché, le Capilole, le théâtre, les 
temples, la cité tout entière, ses maisons et leurs dépendances 



Digfedsy GoOgle 



donnent au visiteur charmé l'illusion de la vie antique. C'est te Ser- 
vice des Monuments historique* de l'Algérie, dirigé avec tant du 
talent par M. Albert Ballu, qui a opéré cette transformation. Et 
nous avons beaucoup d'autres motifs encore pour lui témoigner 
notre gratitude. 

t Le Service géographique de l'année a prêté aux recherches un 
concours empressé. Si noue connaissons exactement le tracé des 
voies romaines du Sud, les ruines qu'elles traversent et les moin- 
dres vestiges relevés dans les parages lointains où notre colonisation 
n'a pris qu'une extension restreinte, nous le devons 1 ces officier» 
laborieux qui travaillent avec patience à rectifier la carte de l'Étal- 
Major. Comme leurs aînés, comme leurs camarades des affaires 
indigènes ou déi troupes actives, ils nous communiquent leurs dé- 
couvertes, ils nous envoient les résultats de leurs observations. A 
maintes reprises, ils ont pu résoudre sur place plus d'un problème 
difficile. Le général Berthault, qui représente ce grand service, sait 
que nous apprenons chaque jour à estimer davantage leurs travaux 
et a nous louer de leur précieuse collaboration. Dès les premiers 
temps de la conquête, à l'époque héroïque de l'exploration algé- 
rienne, notre armée Best passionnée pour l'archéologie, et cette 
noble passion ne s'est jamais éteinte. 

«Je ne puis rappeler les nombreux travaux entreprit, patronnés 
oj encouragés par la Commission de l'Afrique du Nord. Cette éuu- 
rnération serait d'ailleurs inulife devant un auditoire qui les «matait 
si bien. Mais j'ai, du moins, l'agréable mission d'exprimer aujour- 
d'hui , en son nom , les sentiments de reconnaissanee qu'elle Con- 
serve à ses correspondants, à tous «eux qui l'ont secondée dans sa 
tâche. Parmi les hommes distingués qui lui ont donné des preuves 
multiples de leur dévouement, il en est un que je me reprocherais 
de ne pas féliciter avec vous. Il appartient à l'Algérie par ses pre- 
miers travaux; la trace de l'ardeur qu'il y a déployée pendant ses 
belles années de jeunesse s'y retrouve toujours. Ja veux parier de 
M. Paul Gauckler, actuellement directeur du service des antiquités 
et des arts dans la Régence de Tunis. Vous ires en Tunisie, Mes- 
sieurs, vous admirerez sur place les résultats de ses efforts et de 
son activité. Vous applaudira* à l'œuvre à laquelle il s'est donné 
sons réserve et qu'il poursuit avec une vaillance inlassable. Elle 
vous apparaîtra mue son véritable jouir, dans son complet dévelop- 
pement, dans toute son utilité pratique. Vous verrez le Musée 



Digfedsy GoOgle 



magnifique installé au Barda; les monument! trouva sur tous le* 
points du pays y parleront a vos yeux et à vos esprits. Les grands 
musées de l'Europe envient au Musée de Naptes une admirable 
suite de peintures sorties des fouilles de la Campante; ils envient 
également au musées tunisiens une série incomparable de mo- 
saïques, dont aucun d'eux ne parviendra jamaÏB à réunir un pareil 
ensemble. L'une de ces mosaïques présente une valeur inappré- 
ciable, elle nous a mit connaître le portrait de Virgile! 

rrPeut-ôtre anrex-vots le désir de visiter Douggeî N'hésitez pas 
à succomber a cette tentation. M. Gaoekler y fait revivre en ce mo- 
ment une des plus vieilles cités de l'Afrique, une cité ou les sou- 
venirs de la civilisation punique se mêlent à cent de l'époque ro- 
maine. Vous y contempleras le grand théâtre , déblayé jadis par le 
docteur Carton, le magnifique sanctuaire de la déesse Céleste avae 
ses colonnades rétablies en place et sa riobe épigrBphie, le nym- 
phéa, le capitale et le forum. Et vous rendras un hommage mérité 
a l'intelligente initiative du savant qui dirige ce travail, k ses col- 
laborateur», au léle éclairé qu'ils déploient en commun dans l'ac- 
complissement de leurs fonctions. 

«Oui , la Tunisie vous espère et vous attend. Avant tout, vous 
voulez voir Carthage dont la grand nom vous attire. Vous n'y re* 
trouvère* ni les traces de Didon, ni les souvenirs d'Annibal. Du 
haut de l'acropole de Byrsa, sur la colline où le roi saint Louis 
rendit le dernier soupir, vous apercevrai devant vous le promon- 
toire d'Apollon et les hautes montagnes qui encadrent le golfe; à 
vos pieds, les emplacements des ports marchand et militaire, où 
se réunissaient jadis les grandes flottes de Carthage , Vous paraîtront 
bien petite. Vous jouiras dn spectacle enchanteur que la nature voua 
y réserve et , devant l'horizon grandiose, vous oublierai un instant le 
passé pour ne panser qu'au présent. Du noté de la terre, le pays est 
occupé par des jardins et des maisons de campagne) de la ville, il 
ne reste que quelques pens de murs, des citernes et des troua aux 
endroits où l'on a fait des fouilles. Pondant des siècles, Carthage a 
été exploitée comme une carrière. Là encore, oependsnt, ont eu 
lieu de mémorables découvertes : si nous connaissons quelque 
chose de la topographie de la ville à l'époque romaine, si le voile 
qui nous a caché pendant longtemps la civilisation punique com- 
mence k se soulever, il faut encore en remercier M. Gnuekler. 

«A cote de lui, le P. Delsttre a poursuit i patiemment, depuis de 



Digfedsy GoOgle 



longues années, un travail méthodique d'exploration. A l'endroit 
marne où ils ont été recueillis, les moindres débris astiques cou- 
servent comme une saveur particulière. Aussi vous jouirai donble- 
ment d'une visite «a Musée Lavigerie; c'est la que voua verres et 
que vous comprendrez te mieux Cartilage , en admirent les monu- 
ments que le P. Delattre s'est efforcé d'y réunir. A côté des souve- 
nirs des premiers temps chrétiens se trouve un ensemble étonnent 
de textes puniques, sur le sens et la valeur desquels M. Ph. Berger 
noue a heureusement édifiés; ia grande dédicace du temple d'As- 
tarté et de Tanit en est le morceau capital. Vous y admirerai sur- 
tout un groupe de sarcophages de marbre blanc, ornés de pein- 
tures, dont le plus beau présente l'image en relief d'une prêtresse 
carthaginoise, revêtue de ses habits sacerdotaux, entièrement re- 
haussés d'or et de couleurs encore vives. Le langage, les croyances 
et les mœurs des Carthaginois vous apparaîtront avec une clarté 
nouvelle. Heureusement, les nécropoles puniques, creusées dans 
le rocher à plusieurs mètres de profondeur, avaient échappé à la 
fureur des soldats de Scipion; la vieille Carthago qu'on croyait 
entièrement anéantie sort lentement des profondeurs de la terre. 

«Ainsi partout ou ta France a mis le pied sur ce rivage, elle a tiré 
de sa conquête un large profit scientifique. Un tel mouvement de 
fouilles et de découvertes devait avoir, pour notre enseignement 
supérieur, nn avantage pratique. L'Afrique du Nord est devenue 
comme nn vaste terrain d'études ouvert a l'ardente curiosité de nos 
professeurs et de nos savants. Ils y ont acquis une connaissance 
plus approfondie des monuments , ils ont appris a étudier les textes 
sur ia pierre elle-même, à interroger les ruines, a faire parier les 
monuments figurés. Après nn séjour en Afrique , ils ont mieux com- 
pris l'antiquité qui leur est apparue avec plus de vérité et de pré- 
cision. L'examen patient du document indique sûrement à l'histo- 
rien la voie qu'il doit suivre. M. Diehl avait parcouru l'Afrique 
avant d'écrire son Histoire de la domination byzantine; M. Andollent, 
après ses missions, nous a donné un livre excellent sur Carthagt. à 
l'époque romaine; M. Toutain était venu recueillir sur place les élé- 
ments de ses récherches concernant le culte du Saturne africain et 
la colonisation antique; grâce enfin aux voyages de M. l'architecte 
Saladin , nous avons appris à mieux connaître l'art musulman et les 
mosquées qui en conservent les plus curieux spécimens. Combien 
d'autres noms faudrait-il citer parmi ceux qui se sont servis avec 



Digfedsy GoOgle 



bonheur des documenta africains et dont les ouvrages ont fait avan- 
cer la science ! 

r Et si j'osais parler des études arabes devant leurs représentants 
les plus qnaliûés, je devrais encore exprimer toute notre reconnais- 
sance à MM. Basset, Houdas, Doutté, deMotylinsky, Gabriel Colin, 
Gustave Mercier et Marçais, chefs de cette laborieuse phalange 
qui s'applique à réunir le trésor des inscriptions musulmanes ou à 
publier des documents sur l'histoire de la domination antérieure 
a la notre. 

irRenan a eu bien raison de dire que l'exploration scientifique 
de l'Algérie serait un des titres de gloire de la France au dix- 
neuvième siècle. Elle a été conduite avec un succès qui est bien 
notre œuvre et dont la France peut, à bon droit, se montrer fière. 
Elle se complète et s'achève. La plupart des grandes ruines ont 
maintenant livré leurs secrets, une abondance incroyable de maté- 
riaux en est sortie; ils n'ont qu'un tort, celui d'être un peu disper- 
sés. En parcourant nos provinces africaines, en admirant les édi- 
fices antiques qui en forment la parure et l'attrait, en visitant les 
musées organisés par les soins de nos confrères algériens, on peut 
apprécier plus complètement les efforts accomplis depuis trente ans 
pour sauvegarder les richesses archéologiques dont se glorifie l'Al- 
gérie. Le gouvernement de la République a mis tout en œuvre pour 
activer l'exploration et la rendre plus féconde; elle est conduite 
avec une méthode, avec une sollicitude que vous serei unanimes à 
reconnaître. Les hommes éminents qui ont été investis tour à tour 
du gouvernement général ont compris la grandeur et l'intérêt d'une 
tache dont ils ont favorisé l'accomplissement de tout leur pouvoir. 
Depuis le soldat, depuis le colon le plus modeste jusqu'aux fonc- 
tionnaires de tout rang et aux officiers de tout grade, chacun est 
tenu apporter son concours à ce grand ouvrage. L'humble travail- 
leur qui exhume un monument inédit a droit à notre reconnais- 
sance aussi bien qne le savant qui l'explique. 

«Après des années de labeur, il était sans doute permis de jeter 
un regard en arrière et de contempler un instant le chemin par- 
couru. La satisfaction intime que procure l'œuvre scientifique vient 
de l'assurance que l'on a de travailler a une œuvre durable, à une 
œuvre que toutes les nations éclairées poursuivent par les mêmes 
méthodes. Celle qui s'accomplit en Algérie revêt maintenant ce 
caractère de stabilité et de durée. Les hommes qui la continuent 



Digtodsy Google 



— nu? — 

aujourd'hui ont quelque droit d'en être fiera; il* travaillent d'an 
effort commun au profil de la science et de la civilisation. Emprun- 
tant le langage dee textes romains , on peut dire qu'ils ont bien mé- 
rité dn pays, ceux-là surtout qui, pour se consacrer pins entière- 
ment à ia résurrection scientifique, objet de leurs patients efforts, 
et par conséquent pour mieux servir la France, ont fait de l'Afrique 
leur seconde patrie. * 

M. le Ministre donne ensuite la parole à M. Stéphane Gskix, qui 
s'exprime en ces ternies : 

«Monsieur le Ministre, 
«Monsieur le Gouverneur général, 
«Mesdames, Messieurs, 

■La réunion à Alger des congrès des Sociétés savantes et des 
Orientalistes est pour nous nn honneur qu'il paraissail présomp- 
tueux d'espérur. Après les illustres cités de Toulouse, de Nancy et 
de Bordeaux, sur lesquelles les lettres et les arts ont jeté et jettent 
tant d'éclat; après les capitales de la vieille Europe, où toutes les 
sciences se groupent dans une ordonnance harmonieuse, oeuvre 
d'une longue suite de siècles, vous aves voulu visiter notre Afrique 
qui n'est encore qu'un grand chantier, où travaillent beaucoup plus 
d'apprentis que de maîtres. Vous êtes venus très nombreux, sans 
craindra les fatigues d'un long voyage. Nous voua en sommes recon- 
naissants. 

>Co que l'Algérie peut surtout vous offrir, « que vous fati de- 
mandes Bans doute, ce sont les sensations fortes et précises que 
provoque la vision directe du passé, et que ne donnent ni les plus 
belles collections d'art, ni h» ouvrages d'érudition les plus exacts. 

«A quelques heures d'Alger, vous aves pu voir se dresser le 
mausolée des rois de Maurétanie, vaste amoncellement de pierres, 
semblable aux tumulus des Africains primitità, et que déguise nul 
an placage d'architecture classique. Près de là, la gracieuse Tïpasa 
vous a montré las débris de ses anciennes églises et ces grands ci- 
metières chrétiens ou, sur les rocs battus des Buts, des centaines 
de tombes mêlent leurs taches grises aux bouquets de lentisques. 
A Cherche!, vous aveu admiré des restes majestueux de thermes et, 
dans un eoin de h petite ville qui remplace aujourd'hui l'Athènes 
du roi Jnba, un ventante entassement de beau* marbras, airaenés 



Digfedsy G00gle 



à lu terni par des fouilles heureuses. Bientôt, dîna la province de 
Constanti ne, vous pourrez visiter des villes romaines presque en- 
lieras, avec leurs temples, leurs arca, leurs places, leurs bains 
publics et leurs forêts de colonnes, et ces rues, et ces marchés, et 
ces maisons d'où sort l'écho de la vie d'autrefois. 

«Ici même, vous avez aimé a voua perdra dans les ruelles tor- 
tueuses de la vieille Casbah, que malheureusement fou n'a pas 
assex respectées, dans ces ruelles d'un pittoresque «barman t, ou des 
formes blanches passent avec lenteur dans une ombre lumineuse, 
ou des pans étroits de ciel bleu découpent les hantas silhouettée et 
les lignes heurtées des maisons mauresques. Vous êtes entrés dans 
ces deux grandes mosquées qui élèvent leurs minarets de chaque 
côté de l'édifice où noue sommes en ce moment réunis et qui sont 
les monuments les plus préeieox d'Alger d'avant la conquête : l'une, 
avec ses longues galeries, d'une monotonie majestueuse, qui rap- 
pellent les plus anciennes mosquées de l'Islam; l'autre, avec sa 
coupole soutenue par les branches d'une croix, sanctuaire de type 
byzantin qui symbolise la prise de possession de la cité berbère par 
lee Turcs, maftrea de Constantinople. 

ttSemptr oJtoMtd nem ex AJHea, disaient les Latins. Et, de fait, 
l'originalité de l'Afrique du Nord se marque par des traite forte- 
ment accusés, par de brusques contrastes qui laissent à l'esprit 
des impressions profondes. 

«Pour le géographe, c'est le pays où les grandes plaines fertiles, 
les montagnes abruptes, les vastes espaces impropres à la culture 
s'enchevêtrent dans un désordre qui étonne les yeux aeoouLtuae* 
au bel équilibre des régions de notre France, où le climat a des ca- 
prices déconcertants, où l'été chasse subitement l'hiver, où, en 
certains neox, les oliviers et les palmiers croissent les une auprès 
des antres. 

«Pour l'historien, c'est le pays où l'Orient et l'Occident se sont 
livre de terribles batailles, le pays des conquêtes rapides et des 
empires éphémères, des civilisations raffinées et des barbarie» te- 
naces, vivant cote à cote, du travail acharné qui dompte les sels 
les plus rebelles et des sauvages destructions. C'est la patrie de ces 
écrivain* qui M détachent si nettement sorte fond un peu uniforme 
de la littérature lutine et qui forcent l'attention autant par laaatv 
défauts bixarres que par le relief puissant de leur style et l'ardeur 
de leur enthousiasme. C'est le pays «ù les voyageai» sont séduits 



Digfedsy G00gle 



par ia bigarrure des costumes , la variété des langues et des mœurs 
et les changements soudains des paysages. 

«Et pourtant, malgré ces incohérences et ces disparates, malgré 
le parfum d'exotisme qu'on se plaît à venir respirer ici, vous savez, 
Messieurs, que l'Afrique du Nord est une terre classique, que tout 
l'isole du reste du continent africain, qu'elle est uu des anneaux 
de cette longue chaîne de contrées fortunées qui entourent la mer 
intérieure, berceau de notre civilisation. Elle est, comme elles, la 
nourrice de l'olivier et de la vigne. Elle a les larges plateaux et les 
cimes dentelées de l'Espagne, et, çà et là, des rivages enchanteurs 
qui paraissent avoir été ravis au golfe de Naples. Elle a ia lumière 
pure et les grendeB nuits calmes dé l'Egypte. 

«Les restes du passé que voua êtes venus étudier ici, vous les 
avec déjà rencontrés ailleurs : ce sont des pages des deux livres de 
la civilisation antique et de la civilisation musulmane effeuillées 
et portées en Afrique par le vent de la conquête. Ces sépultures en 
grosses pierres brutes, ces dolmens qui couvrent les rochers de 
Bou-Nouara, de Roknia et de cent autres lieux, voua les aves vos 
dans tout l'Ouest de l'Europe et jusqu'en Palestine. Ces cryptes fu- 
néraires creusées par les Carthaginois, vous les retrouves en Phé- 
nicie. Les monuments romains de l'Afrique septentrionale offrent 
bien quelques particularités de construction qui les distinguent 
parfois de ceux de l'Italie, mais il n'est pas nécessaire de vous dire 
qu'ils se rattachent étroitement à cet art hellénique qui sut s'accom- 
moder aux besoins des maîtres du monde. Les mosaïques afri- 
caines dérivent, comme les autres, de l'art alexandrin, et les plus 
belles statues de Cherchel sont des copies exactes d'œuvres nées 
dans les ateliers de la Grèce. 

«Les édifices de l'époque chrétienne sont apparentés anx églises 
de l'Egypte et de la Syrie. Le style d'ornementation qui s'est alors 
implanté en Afrique, et que beaucoup de Berbères ont conservé 
dans leurs sculptures sur bois, s'est répandu à la même époque 
dans tous les pays méditerranéens et a eu probablement Bon origine 
en Orient. 

(tSons la domination musulmane, les architectes et les décora- 
teurs qui ont travaillé à Tlemcen se sont sans doute inspirés de 
modèles andalous. Plus tard encore, les humbles artisans, les 
femmes d'intérieur dont les mains habiles ont fabriqué ces armes, 
ces cuivres, ces tapis et surtout ces belles broderies d'Alger, d'un 



Digfedsy GoOgle 



XCV1I 

style 1 la fois si large et si souple, surent apprécier les ouvrages 
orientaux et y puiser des leçons; ils ne dédaignèrent pas non plus 
les enseignements des arts industriels de l'Italie et de la France 
chrétiennes. 

nCes relations séculaires et multipliées entre l'Afrique et les 
autres contrées de la Méditerranée intéresseront vivement les his- 
toriens. Ceux qui aiment les belles choses, sans se soucier de savoir 
comment elles ont été faites, et qui ne demandent aux œuvres d'art 
que des satisfactions esthétiques, seront peut-être plus difficiles. 
Apres avoir accordé grâce a quelques-unes de ces statues de marbre, 
répliques d'originaux grecs aujourd'hui perdus, à ces élégantes 
dentelles de plâtre qui revêtent de leurs réseaux ténus les parois 
des sanctuaires de Tlemcen, à certaines de ces broderies dont je 
vous partais à l'instant, ils nous diront qu'ils font bon marché du 
reste, amas de documents archéologiques, ouvrages exéentés par 
des praticiens de second ordre, par des copistes pressés et mé- 
diocres, et qu'ils donneraient volontiers tout cela pour un marbre 
taillé par te ciseau d'un maître grec, pour un de ces tapis persans 
d'une idéale harmonie de couleurs. Je n'oserais pas trop contredire 
ces délicats. 

«Cependant je voudrais vous rappeler ce qu'un de nos savants 
les plus illustres disait, il y a quelques années, dans une séance 
d'un de vos congres. 11 vous montrait que, dans l'Afrique du Nord, 
l'étude du passé n'est pas toujours une simple curiosité d'archéologue 
et qu'elle peut offrir de précieuses leçons aux hommes d'aujour- 
d'hui. Tirer des vestiges qui s'étaient sur le sol ou que les fouilles 
font sortir de terre des témoignages précis de la prospérité de 
l'Afrique romaine; déterminer les emplacements que les anciens 
ont choisis pour élever leurs fermes, leurs villages, leurs villes, en 
tenant compte des conditions d'hygiène et des convenances de l'ex- 
ploitation du sol; rechercher ce qu'ils ont fait pour l'aménagement 
des eaux (question vitale en ce pays) ; étudier la répartition des di- 
verses régions agricoles et des différentes cultures à cette époque, 
les moyens mis en œuvre pour la fabrication du vin et de l'huile; 
recueillir les restes les plus intéressants de ces vieilles industries 
algériennes; y chercher des modèles et des règles de conduite pour 
ranimer chex les populations indigènes le goût des choses d'art et 
leur rouvrir des sources de profits appréciables : tout cela n'est 
point vaine érudition. Vous ne l'ignorai pas, Messieurs, et, loin 

AMSfOLOMI. — N* %. • 



Digfedsy G00gle 



de voua rendra inatleptifs au prenant, 1» vif intérêl qu» vous parti» 
à l'histoire 4e l'anoianne Afrique , la connaissant* euote que vous 
avea de «on pané vous ont permis de mesurer la g wiwi de la 
tâche accomplie ici par la France depuis trois quarts de stade et 
d'anrnmaiar las magnifiâmes promesses de l'avenir. 

a Apfèsnoanivoât- quittas, vont [tar de rai Ken des souvenirs dam 
votre mémoire. 

«Voua raverrea par la pansa» ose paysages dont la beauté vous 
aura émus : Alger étiaoelant somme une parla, dans la couronna 
d'éternelle verdure qui fcatoaao a u -dessus de cette baie aTune séré- 
mita voluptueuse ; et les montagnes, fauves, an lignes sculpturales 
dis iiajna eoanaai , qui entourent Coasuntinei el tlniBcnse forêt de 
parasse qui scintille dans l'air- vibrant du Sud, au débouché des 
gargea d'Elan tara! 

■ Lies grandes scènes de l'histoire de notre Afrique tous apparaî- 
tront avae plus, do fore» qaand vous songer** aux lieux eu erfes se 
tout déroutes* : Sopaonisb», symbole de Cartbaye expirante, rece- 
lant dana ta palais do Cirt» |e fatal présent de- noees de son neuve) 
époaxi la pane rosaftiaa transformant les plaines de la Numidte en 
d'immense** champs de blé, faisant monter les vignobles te long des 
eotMui, alignant la» vaotea phnlatiODi» d'oliviers, éhvftnt à s* gloire 
oea arca 4a triomphe daat tes sUbooettes délabrées est encore si 
grand au; titdi Oklta , le conquérant impétueux da Maghreb, sur- 
pris et ttté près, de la pahaoraio qai garde sa* tombeau ; Charles- 
Quint vieiUi, a 1 éloignant, tét» baissée et sens la rafale, des mure 
d'Alger dorant lesquels la fortune commença a ra trahir. 

«Mata nous souhaita» que voos emporliet de voire voyage 
d'autres souvenir» encore. Rentres dans nos vieilles villes, eu les 
voix do passé voua parient an atm'ee, eu tant de lient von» rap- 
pellent v«* deuasasa et vos joies, près d» ees écoles «a s'est écoutée 
Votre tjftaaaa», pues do ses csmettèree ou vos morts dorment saprat 
des noires-, vasu> vos* dires peat-èlre que eeax (jutent quitte' ton* 
cola paaran faire- ira un noerreao foyer, en prix d* mille fatigues, 
qai aa sont peaohéa sur eott» terre presque morte et qui, par leur 
labeur obstine, l'ont rendu* a la vie, qai ont renoué les tiens par 
lesquels l'Àfimm* fat, jadis attachée si fortement aa monde latin , 
qui ont associé A leurs travaux les vaincus d'hier, et qai n'ignorent 
pas qu'on m fonde rien do durable que suri* bonté : vous vous dires 
que ceux-» méritant an peu de votre affection. 



Digfedsy G00gle 



•Entra, votw qui aimes la science et eavei ee qu'elle peut pour 
Fedmation monte àot peuples , vous suivrei peut-être crée quelque 
sympathie les «Sorti de va* eonJreres africains. Box aussi apportent 
tenr (lierre a cette grande œuvre de l'édification d'une nonveHe 
France.* 

M. le Ministre prend ensuite la parois an ces termes : 

n Messieurs, 

■Je n'avais garde d'oejoiter la tradition qni réserve au Ministre de 
t'bmtructioR pnbfiqaw l'honneur de prési de r votre séance générale i 
le choix que vous aviez fait de celle ville comme siège de votre 
Congrès fournit, e» «Set, au Gouvernement delà République l'occa- 
sion vraiment unique dé manifester sa aollieite.de pour te» société» 
qui vos» ont délégnés et d'apporter en même tempe k noe frère» 
d'Algérie le saint aftmtvesx de la mère patrie. 

■■Tout reos eoBviaJt a von» réunir par oetle terre d'Afrique : le» 
rest ai imposants du monde antique qni vons offrent tant de au^et» 
d*étnde, les eravenin hérofqaee de notre propre histoir», la forti- 
fiant spectacle de l'activité déployée par notre race peur fe rend er te 
pava enferte s conquis et y faira régner, a l'abri d'înstrMioue ttbé- 
refcw ,'ta pan et ta prospérité. 

■El paris Alger D'est pas seulement la cite prNomame aux 
charmes captivante, elle est devenue uq grand rentre nmvenrtavre, 
n brillant loyer 4e vie tnteMtetuelre; et si l'objet de vos ceogrès 
est d'nw t ran er entre les savanta de tout ordre, des plus iSuatra»a« 
près nMdeetes, um solidarité étroite qui te hisse aucun effort 
mntrkt, n'était-il pas juste que les savants de France, qni «ont les 
«tirée, viaea o n t apporter à leors jeunes enraies leurs enceuragemeaite 
et s'ame n er a lame veobenbest D'an casé de la MémierraBee 
arnow def autre, c'est tonjour» la amenée imçaisje que voua ho- 
noret. • * 

■Le Congre» de tgoS marquera dans veaaiBBlespaj'l'intérft et 
ht riehe variété de ses tartans. 

«Vous avec, sommeil convenait, fivrl w* large part aux tayeta 
iatéressant l'Algérie, sert qn'Atgerlene vous-mêmes vous oyei voniu 
hrirs a vos bote» tes loomear* de votre propre domaine , soit qne , 
venus sWfrenee, voa»»y*i désiré payer le tribut de l'baaaâtatjle en 
eenlribnant à l'dtvda da peyu ont veue repart. 



Digitizedr.y G00gle 



«Au surplus; tous y étiez invités par les ressources que ces con- 
trées si attachantes en leurs aspects divers offraient a vos investi- 
gations. Pour un congrès de sociétés savantes, l'Algérie est comme 
une terre promise. Nulle part, dans vos réunions futures, vous ne 
retrouverez autant de matériaux réunis a pied d'œuvre. Je devine 
avec quelle joie avide votre curiosité s'en est emparée, les a réunis 
et classés pour les présenter en reconstitutions lumineuses. 

«Dans votre section d'archéologie, vous avez fouillé les sépultures 
carthaginoises et romaines, étudié le commerce de la Mauritanie 
avec Masiilia, fait revivre le théâtre de Carihage, la maison romaine 
avec ses habitants, les monuments de l'art musulman. De ces choses 
mortes vous avez fait sortir la vie. 

»Le présent de l'Algérie, si plein de promesses, ne vous a pas 
moins sollicités que son passé si riche en souvenirs. Quel merveil- 
leux chantier d'étude pour qui veut saisir les points de contact et 
les zones d'influence des civilisations superposées que cette partie 
du monde, si vieille et si jeune, ou tant de races se sont succédé, 
qui, après des périodes de prospérité puissante, a traversé les som- 
meils inertes et les longues décadences pour renaître sous l'influence 
dn génie français I 

<r Votre section des sciences économiques et sociales a su associer 
aux recherches locales ou particulières les généralisations qui em- 
brasssent un horizon plus étendu. En étudiant le régime de la pro- 
priété du sol eu Algérie et en Tunisie, les essais de colonisation 
militaire, le rôle des Italiens en Tunisie d'une part, et de l'antre 
les institutions de l'Empire britannique, les réformes à apporter au 
Code civil et aux lois protectrices de l'enfance, les logements à bon 
marché, les expériences comparées de la France et de l'étranger en 
matière de prévoyance, voue avez collaboré à la solution de ces pro- 
blèmes sociaux qui , dans une organisation démocratique comme la 
notre, s'imposent plus qu'ailleurs à la sollicitude des citoyens 
comme des pouvoirs publics. 

« Vos sections de sciences et de géographie historique et descrip- 
tive ont eu, elles aussi, leur large part dans l'œuvre collective du 
Congrès , œuvre remarquable et qui atteste une fois de plus la fécon- 
dité des recherches libres et dn travail désintéressé. 

«Les écoles supérieures d'Alger ont été le siège du Congrès; 
leurs professeurs es ont été des membres actifs. Cest la pour elles 
comme une consécration des efforts accomplis depuis que la loi 



Digfedsy GoOgle 



de 1879 les a organisées. Elles sont, «lies doivent rester un loyer de 
haute culture. Mais elles doivent aussi s'adapter de plus en plus 
au pays où elles vivent et pousser dans le sol algérien des racines 
vigoureuses. Il faut que l'enseignement supérieur ait ici sa physio- 
nomie propre, qu'il collabore à tout ce qui s'y bit, dons l'intérêt de 
la grandeur et de la prospérité du pays. A des titres divers, toutes 
les écoles peuvent y contribuer. Ses professeurs font déjà compris 
et leurs travaux ont éclairé d'une vive lumière l'histoire, la géogra- 
phie, la géologie, la flore de l'Algérie. Je tiens à leur dire combien 
le Minisire de l'Instruction publique sera heureux de les voir mar- 
cher de plus en plus activement dans celte voie. 

«Par une fortune singulière, et dont je tiens à me féliciter, la 
ville d'Alger, qui acclamait ces jours derniers la venue d'un souve- 
rain ami de la France, recevait en même temps un grand nombre 
de savants étrangers qu'appelait ici le Congrès international des 
Orientalistes. Je suis heureux de remercier, an nom dn Gouverne- 
ment de la République, les nations qui s'y sont fait représenter par 
des délégués dont le nom et les travaux font autorité : l'Angleterre, 
la Russie, l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie, la 
Belgique, la Hollande, la Suisse, les Etats-Unis, l'Egypte, la Perse, 
ta Chine. La liste des communications qui ont été faites au Congrès 
prouve combien son activité a été heureuse et variée. 

irVons me permettre* d'ajouter que la réunion du Congrès à 
Alger, la présidence confiée à M. Basset, le savant directeur de 
l'École des lettres, sont des faim dont je tiens à noter la signification. 
Ils indiquent que l'École des lettres est et doit devenir de plus en 
plus un centre d'études arabes, qu'il s'agisse de l'histoire, de la ci- 
vilisation, de la littérature, des langues de l'Afrique du Nord. Elle 
doit aussi, et à ce même point de vue, se préoccuper du présent 
et de l'avenir autant que du passé. Elle ne pont mieux payer sa 
dette envers l'Algérie qu'en formant à la connaissance pratique de 
l'arabe ceux qui, dans des situations diverses, auront à développer 
les ressources de ce pays, à faire comprendre aux indigènes les 
avantages de notre civilisation. 

«Pour la première fois, le Congrès des Orientalistes a organisé 
une section d'art musulman. C'est une initiative dont je tiens à le 
louer. Cette section a tenu ses séances k la Médersa, ou, grâce à la 
protection éclairée de M. le Gouverneur général, s'est ouverte une 
exposition d'art musulman. En quelques semaines, M. Gseli a su y 



Digfedsy GoOgle 



grouper des œuvres nombreuses et d'un grand intérêt. Le savant 
professeur de l'École des lettres d'Alger, qui a si largement contri- 
bué à faire connaître l'Afrique romaine, ■ ainsi montré que l'étude 
de l'art antique ne doit pas faire négliger celle de l'art musulman. 
En Algérie d'ailleurs, l'archéologie n'est pat uniquement la science 
du passe; elle peut être, dans une certaine mesure, la conseillère du 
présent. Retrouver les traces des cité», des exploitation» agri- 
cole*, des villas antiques, constater ce que Rome avait fait dans se 
pays, c'est nous rappeler cl qu'on ; peut faire et quai doit y ôtre 
notre rôle; mais, d'autre part, recueillir, étudier les œuvres si 'ori- 
ginales, d'un goût si souvent exquis, de l'art musulman, c'est en- 
courager ceux qui croient avec raison que cet art n'est point épuisé , 
qu'il y a lieu d'en provoquer le renouveau, que las tapis, tas bro- 
deries , les faïences, les bijoux peuvent redevenir ici un titre de gloire 
artistique en même temps qu'une dea formes de l'activité, indus- 
trielle. Là où on commence à s'en occuper dans les écoles, l'ardeur 
avec laquelle les élevée s'y appliquent prouva que les badinons de 
la race ne sont point perdues. A Alger même, il me serait facile 
de citer d'heureuses et intelligentes initiatives. 

«Messieurs, oette partie du monde a subi bien des vicissitudes. 
Les travaux du Congrès voua ont conduits a travers les phases chan- 
geantes des sociétés disparues jusqu'à l'état présent de l'Algérie; 
ils vous ont inities «ni efforts persévérante que la France fait àson 
tour depuis plue d'un demi-siècle pour mettre en valeur les admi- 
. râbles richesses naturelles qu'elle renferme, pour répandre le bien- 
être matériel et moral parmi ses habitants. Certes il y a dans 
l'histoire des recommencements, «sis notre œuvra trouve dans 
l'esprit d'humanité qui la guide, dans notre mission civilisatrice, 
enfin dans les progrès infinis de la science, dos garanties de pé- 
rennité qui ont manqué aux brillante conquérant» de l'antiquité et 
du moyen âge, 

a Que de chemin déjà parcouru dans la voie que nous nous 
.sommes tracés : i des villes en plein essor, la production du sol 
accrue, les communications multipliées, la sécurité garantie, la 
protection et l'assistance assurées aux indigènes, sens parler de 
l'instruction dont nous leur faisons connaîtra les bienfaits «l qui 
leur permettra, sans rien sacrifier de leurs croyances et de leurs 
coutumes, de s'approprier tout ce qui, dans notre civilisation, est 
capable da rendre leur vie plus facile et plus heureuse I Et, comme 



Digfedsy GoOgle 



Miniabv de l'Instruction publique, il n'«t particulièrement agréable 
do signaler le* progrès ai rapides et si remarquables réalisés à ce 
dernier point de vue : près de 3o,ooo élèves indigènes fréquentent 
déjà nos écoles) M. Bayet, l'éminent directeur de l'enseignement 
supérieur, qui vient, de visiter les écoles kabyles, a trouvé des 
classes remplies d'enfants attentifs et montrant par l'intelligence 
de leurs réponses qu'ils avaient su s'assimiler les leçons du mettre. 
Ces élèves ne seront pas des déclassas ; attachés a, leur» montagnes, 
ils les feront profiter des connaissances pratiques qui leur ont été 
donnée»; grâce à l'influence de l'école, l'exploitation du Ml est 
partout en progrès : 1m culture» enciMMv l'améliorant, les cul- 
tures nouvelles apparaissent. La part qui revient dans ces progrès 
ni instituteurs et bu recteur de l'Académie, M. Jeanmairt, qui 
les inspire et les dirige , est considérable , et je sais heureat de les 
en féliciter publiquement. - 

ir Ce rapide coup d'oeil jttté sur la prêtent montre que si l'œuvre 
entreprise est immense, les résultats acquis autorisent toutes les 
espérances : ils témoignent de la vaillance de nos colons, de l'acti- 
vité féconde des conseils locaux, .du labeur incessant et de l'initia- 
tive de ses gouverneurs et, en particulier, de fémjnMit gouverneur 
général actuel qui présida aux destinées de noln grande colonie 
méditerranéenne avec tant d'autorité; c'ait un vieil uni de l'Algérie, 
il en connaît lea ".besoins et il met a la servir tontes les qualités d'un 
rare esprit et d'un coenr épris de justice.» 

M.'j*k Siini-AiitoifAN donne lecture d'arrêtés ministériels nom- 
mant des officiers de l'Instruction publique et d'Académie. 

Sont nommés' 1 ' : 

Qfiner* dé PAsWetfca puhlique. _ \ 

MM. ftnmum (l'abbé Louis), MbitouSecaire du grand i&ntnitre de Bor- 
deaux; 
Cbius (Marcellin}, archéologue, rédacteur a la direction des Postes 
et des Télégraphes de Nice; 

<» Noos n'indiquons «ne \m oaniiutÎMM am wi&eMmt ht ledioas à'aràJa- 



Digitizedr.y G00gle 



MM. CixiuiLLi (Pierre), membre de la Commission des antiquités de 
Seine-et-Oise, correspondant du Ministère de l'Ioatraetion pu- 
blique; 

Ebebt, chef de bureau au Gouvernement générai de l'Algérie; 

Lorimï (Ciéuient Auguste-Henri), président de la Société archéo- 
logique du Châtillonnais, conservateur du Musée archéologique 
de ChâuTlou; 

Menlet (Heu ri-Lucien -Georges René), archiviste départemental , cor- 
respondant du Ministère de l'Instruction publique; 

Mou», capitaine an 100* régiment d'infanterie, a Narbonne ; 

PsVm-DosiT (Albert-Toussaint), chef graveur de 1" disse au Service 
géographique de l'armée, collaborateur à la Carte archéologique de 
la Tomate; 

SiaiaTBfcs (l'abbé Antoine-Auguste) .curé de Leucalc (Aude), membre 
de plusieurs sociétés savantes, 

Ofieiert d'Académie. 

MM. AraiaTm (Léon Louis), capitaine d'artillerie, détaché au Service géo- 
graphique de l'année; 
Becudb (Charles), archéologue, contrôleur principal des tabacs, a 

Périgueux; 
Bimrr, capitaine au 3' bataillon d'Afrique, à Tabarka. — Recherches 

archéologiques en Tunisie; 
Bbbjuib, lieutenant au k* chasseurs d'Afrique, a Tunis. — Travaux 

archéologiques et topographiques en Tunisie; 
Bkrthxt (Arsène-Auguste), lieutenant au Ha' régiment d'infanterie, a 

Tulle. ; — Travaux top ograp niques en Algérie et en Tunisie; 
Bbhtund (François), conservateur adjoint du Musée de Philippe 

ville; 
Bubon (Henri-Louis) , dessinateur au Service géographique de l'armée, 

collaborateur à la Carte archéologique de la Tunisie; 
Blonubl (Daniel-Pierre- Alfred), lieutenant au i36* régiment d'in- 
fanterie, a Saint-Lo. — Travaux archéologiques en Algérie; 
BoiTOn (Hippolyto-Émile), graveur principal de t" classe au Service 

géographique de l'armée , collaborateur' a la Carte archéologique de 

la Tunisie; 
Bmwo (Jean Louis), dessinateur au Service géographique de l'armée , 

collaborateur à la Carte archéologique de la Tunisie -, 
Connu» (Alexis), architecte du Gouvernement général de l'Algérie 

pour les Monuments historiques , a Alger ; 
CoQDWÏ (Théophile) , imprimeur lithographe an Service géographique 

de l'année, collaborateur a la Carte archéologique de la Tunisie; 



Digfedsy G00gle 



MM. Dînons (Arthur- Adolphe) , commis des postes et des télégraphes, 1 
Bougie , membre de la Société archéologique de CaHstantine ; 

Diut, chef 'de bataillon an h" régiment de tirailleurs; 

Domhs (Pierre-Louis-Albin-Mareel), négociant, membre de la Société 
des antiquaires de Picardie . lauréat de la Faculté" de droit de Paris; 

Donne»., conducteur des ponts et chaussées a Mahidia, collaborateur 
du Service des antiquités de la Régence de Tunis; 

Emnno (Mohammed-ben-Sliman), architecte arabe, collaborateur 
de b Commission de publication des documenta archéologiques de 
l'Afrique du Nord; 

Fooninuuuoi (Henri-Auguste), fientenaat an 1 1' régiment d'artillerie, 
a Versailles. — Travaux topographiques en Algérie et en Tunisie ; 

Gosahd (Charles-Lanreut), géomètre dessinateur, a Alger ; 

Godm, lieutenant au 4* régiment de tirailleurs, a Biierte. — Dons 
au Musée du Bardo; 

Hihaid (l'abbé Jean-Baptiste), archéologue, curé de Hermès (Oise); 

Jioqdbs, lieutenant au a' régiment de tirailleure. — Recherches ar- 
chéologiques eu Tunisie; 

Jmbibt (le chanoine), secrétaire de l'évéché, membre de la Société 
archéologique de Constanline; 

JoiiîiN», lieutenant an 4* régiment de tirailleurs. — Dons an Musée 
du Bardo; 

JuLuiNit ( Claude-Maurice) , capitaine du génie, détaché an Service 
géographique de l'armée. - — Travaux topographiques en Algérie 
et en Tunisie; 

LiFon, conducteur des ponts et chaussées à Souk-el-Arba. — Fouilles 
archéologiques en Tunisie; 

UcTAïaia, sons-intendant militaire de 9* classe, à Gabes. — Dons an 
Musée du Bardo; 

Lainrat (Léon-Pierre), graveur principal de i" classe au Service 
géographique de l'armée, collaborateur à la Carte archéologique 
de la Tunisie ; 

Limon (l'abbé), curé deSousse, membre delà Société archéologique 
de Sonsse (Tunisie); 

MiRc(Ferdinand-Prosper-Henri), garde principal des forêts, membre 
de l'Académie d'Hippone, à Orléans vil te ; 

Muons (Léon-Henri), membre de la Société historique et archéo- 
logique du Gatinais et de la Commission départementale des anti- 
quités de Seine-el-Oise, a E lampes; 

Musa (Charles-Eugène), commissaire de police, a Batna; 

Hioar (Félix-Eugène), instituteur public, a Saint-Domet (Creuse), 
collaborateur du Comité des travaux historiques et scientifiques ; 



Digfedsy G00gle 



MKIImw 

llridanioe. — Fooiife» «nh^dop^DM «a Tuniaia; 
PJucidd, ticntetMot iltahéù Krrô» dot «flairai indigène», k 

MatoaU. — FomOta mtkMafjUfM en Tbmmi 
PiURM (UMMfrOctaw), wciifoktf», i Salina (Jwrt) Dons aux 

maséa ordUologiquM; 
Poiaaccbi (Paul), Mpibùuti «li t 1' rfriMniit Jjafaatno», dtoché" au 

■Satwee gtfogrâ phi ajWB de l' ararfo ; 
ftwaKtMaria-HoatiJig^ia-flftDi^iÉi hfapfr)', dé%* amtodal , membre 

de là Société archéologique du ChAtillonalk-,' 
.. SuMl (dârfes). hibliotfaeauM de U Soeiétt d\trehaaUp> lortwine , 
■ laNatcyi , 
StauiL^alaariceJaana-XsTHt^uaUwft), aapltaiae au îs'irfgiment 

d'iaftnteria , déballai an -Semio» ■^nphiqas da V amie*. 



-Ua'RéMwe tat-larte i 6 fe 



L* ftcrAort arffwil A fit StefÎM fhtràUofagù, 

,. W.Pbod, 
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lie**** aiveo 



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CXII 

conclut à l'impression de la notice de 
lietm archéologique. — Adopte'. 

>réseate un autre rapport sur un ouvrage 
ition a été demandée a M. le Ministre de 



U Secrétaire de la Secton f archéologie, 
R. DE LlSTSTRIl, 

Membre du Comité. 



Digitizedr.y G00gle 



^^ ********•*' ** CHar-ent*, en collaboration 

^«roM «pose. * U Bibliothèque nationale, et des 
**"*i**ont adressés à M. Chauvet. 

J\^v« appelle la désignation de 1» sous -commission 
^"^«er le programme du Confia des Sociétés manies 

"^^8 : MM. Babelon, Gagnât, Capîtan et Longnon. 

'^^•aafcire donne lecture d'un rapport de M. Adrien Blm- 
^^^aipte rendu «dressé au Comité, par M. le capitaine 
^**»iïles qu'il a faites à Moatfort , près de Narbonoe : 
— se- «ue M. le capitaine Molins a adresse au Comité, par 
"■r~« de M. Gagnât, est intitulé Note* archéologique* (iVar- 
*-*- suite à une communication envoyée antérieurement. 
»- «i inventaire succinct des nombreux, débris recueillis 
a*-j>îtaiiie Molins, au milieu des suba£ru«4âoiU de deUK 

découverts sur le territoire de Moatfort. Parmi ces 
*» des débris de lampes, de vases de verre et de terre 
d nombreux clous en brame et en fer, deux fibules en 
■•FragmeuU de miroir en bronze, des épingles en ce on 
* nombreuses défenses de sanglier, une statue d'Hercule 
de la dépouille du lion (coupée au-dessus du genou; 
r» ut i m. on de hauteur). 

,nt été découverts les débris d'inscriptions qui ont été 
«Comité par M. Cagnat (séance du 20 mars 1 qo51 
*V* ^" n * i « tte « <té particulièrement abo-udanti et 
«aie Molins signale environ .,000 marques de potiers 

jrrouper sous 4 9 8 numéros, 800 ornements divers, 
«Je personnages et d'animaux. " 

,^ U ae L COC,T 4 ^ P !- U l l fnl<,,iente < s6 H*«m«*.); vient 
„-mcs très d.verses. P ar exemple , SmJTJ^St 



:,,iz,d, Google 



» reproduire les typ«» ÎBé ^J!? 
la de vases découverte- - Adopte- 

„re d'un autre rapport de M. Blab- 
slructions romaines près de Saint- 
s), signalée par M. Jacquet : 
en retraite à Saint-M«rtin-le- Vieux 
découvertes faites par lui sur le ter- 
res du village du Breuil- Dans des 
rcher des matériaux de cooatruclion , 
Le plusieurs murs et recueilli plus de 
rie, dont quelques-uns sont probable- 
icquet a remarqué sur des parois de 
Leurs et de feuillages" et recueilli une 
;onservée. Les ruines couvriraient une 
ec tares. 

que les substructions sont celles d'une 
es pièces étaient décorées de peintures 
ait encourager M. Jacquet à continuer 
uoin», à lever un plan des substructions 
hier les murs décorés de peinture ainsi 
le les plus complets, et à donner des 
si des monnaies recueillies. ■» Adopté. 

I sur deux demandes de subvention pré- 
rétaire d'Etat des Postes et Télégraphes, 

Mard, maire d'Izernore, l'autre au nom 

»u lycée de Bourg : 

»oir poursuivre des recherches qui , corn- 
sur le territoire de sa commune, y ont 

ople romain et des restes de thermes 
ua rapport détaillé, accompagné d'un 

ation archéoloiriaue mi»îl - 

f Nanti.» ï . UHMme au » » commencée à 



:,,iz,d, Google 



— civil* 

«h au lie» dit«le Fond de Thi«rvai ? . 
Z dalle de pierre growiferement equerrae 
it le manteau général de * m. »o A* terre 
. n «a point depuis des siècles. 

Lbodiquement poursuivi a permis do eon- 
, cnam bre très habilement creusée dan» 1« 
j het est à U m. 10 au-dessous de 1« surface 
eu forme de coupole percée par la cheminée 
uite a conduit a la découverte » présente en 

niche» «»ec banquettes très régulières. Elle 
.plie de tenre noire toute pareille a. celle de 
mené étaient disséminés des débris qui ont 
■cueilli 8 - Ce sont des fragments de poteries 
;t sans doute de différents Ages , déchets de 
intdesilw, des os d'animaux parmi lesquels 

chien, lebœuf, le cheval, le lapin., un oiseau 
rdinaire,etc. 

mbre une foi» dégagé , on y a rencontre des 
ti tuant «n foyer, encore noircis par la fumée 

conservant entre eux quelques fragments de 
u voisinage au foyer, se trouvait un polissoir 

se voient des traces significatives de frotte- 

sntôt que cette première chambre communique 
s, avec une salle de dimension plus vaste nré- 

en haut une ouverture couverte d'une large 
it le remplissage s'est fait spontanément par le 
chutes de plaques de craie provenant du plafond 
le terres amenées du dehors par l'eau de pluie - 
stratification très particulière. * 

.t commencé à l'heure actuelle , le déblaiement 

.«He, q m reserve, «ans doute, de nouvelles dé- 
l le monde sera très désireux crue le travail i'JT 

reste,, uns analogues dan. 1, ré,.;,,- «_;, „ 
n méthodique. On regretterait «S. H ^ ??"" 
voir p., hit proliter Liste,™ 1 "." ^^J""" 

' « r r u de8qUOUe f ■""" ■">« trouva: ~ > - 
, M. le Mm.stre de l'Agriculture d.„. > 



:,,iz,d, Google 



• ï ttv "-«»ifc °" . , .,„i r êt à continuer «M 

err «-iïv e? r, a,ent »« ,oir " 1 " y - P ~„t-êti-e de nouveau. 
i. "»•«■, a-a utr6pm . t , de découvrir peut-ei™ 

«l»; ' * attribuer une subvent.on à M- ■» 

'8»«» pour poursuivre ces fouilles, r, Adopté. 

""^X^" G*,,™ m „„ .utre rapport sur «ne notice de 
^J^'-Snud, correspondant du Comité, conservaient du 
£^ *■»«». relative à la découverte « Vers (Gard) dune 

époque du bronze : 
^*-*. de la découverte, en un seul coup de pelle, de on» 
'**8»e»debronw,deom.«oi o m. 4o de longueur à 
^^ *-*ï»es variables. J'ai l'honneur de proposer au Comité h 
c ^*^. dans le BnUetm archéologiqtw de la note de M- Mingaud, 
* r * , ^=»s des pièces les plus intéressantes.» Adopté. 

, '**» , aET rend compte d'une lettre de M. de Laitue, corres- 
*3.%i Comité, contenant des renseignements complemen- 
*-~^r~ ^^ fresque de la Chartreuse de Pesio, dont îl a envoyé 
c: * c: »- mm^ent une notice et une photographie. 

*■ ^^oarrespondant fait connaître un passage d'une chronique 
^*-^*WI,*-euso qui justifie l'hypothèse qu'il avait croise , que l'un 
*5l »«;ux figurés dans la fresque était le Père J-ecoq, et qui 
^^ ■ = »^.«Fa a prouver que celui-ci est l'auteur de cette peinture. 
"~^-* *-^s de M. de Laigue sera ajoutée au mémoire qu'il a rédige 
* ■«* Comité a décidé l'insertion au BulUtin archéologique. 

^*-*=*v lit un rapport sur une notice de M. l'abbé Hamard, 
**- la description du mobilier funéraire d'une sépulture de 
^— = barbare, découverte à Hermès (Oise) : 

*^*^a sépulture a été découverte par M. l'abbé Hamard le 
s _J^»'er 1Q o&. Le corps, dont il ne restait plus qu'un pou de 
^^ et une dent, mais qui, d'après le mobilier, était probable- 
Ixii dune femme, avait été simplement déposé dans une 



'•âgée dans la craie. 



Digitizedr.y GoOgle 



■m — oui 

wlw.L^ ^^ - aortes de fibules contrôle 

«co»?^^ 1« Tfibules à rayons eo«t presque toujours par 
fibules ^^^çr^ées, dans les sépulture» <*• femmes, de , deu* 
seule, ^* ^-^«vent en forme d'S; ici . toutefois, ou na trouvé 
■ ^W», *»%» dernières. 

8 en r^^^-*- du col, un collier de oo*e perles d ambre rouge, 
"'^V^* 1 ** dW, le» autres taillée» A iejcettes. 
i oôt^[^ ^.e* U sépulture, un silex taillé, triangulaire, dont 
Conrfc ^ — ^»«^éseutait une série de peti te» dents 1res fine». 

ir*,ifc_^^^ ne peut masquer de remercier M. l'abbé Bernard 
qtO ^^^^^Sssante communication, qui vient s'ajouteraient 
*ÉÏ^*. ~^_ *ïousadéjà faites, et qui. uue Ibis de plus, porte 
«.«* ^*-«s U métiiode qu'il met à poursuivre, avec un tele qui 

ai -^_ ^^*fc^-**.s , les fouille» qu'il a entreprises «u mont do Hermès, 
^^..^ ~«e?L^*** ' i e»q«eues l'archéologie a si Imrgrement tiré profit. 
J/-.^ * r *-«» itérait qu'il ftt parvenir au Comité' une bonne photo- 

-—-^ ^f^"*-^ dos grandes fibules qu'il nous « signalées et dont oa 

^^^■'■-^mcnt insérer le dessin dans le procès-verbal de notre 
Adopte. 

' ^ = ^ ~^J lit un autre rapport sur «ne note de M. Léon de Vesly, 
"""*»■ «Xant du Comité, h Rouen, relative A une inscription ré- 
"W=- -«t-»r-«>mivéea Pitres (Enre) -. 

^aL-^^ ^«sly nous informe que M. Louis Lebert, qui, depuis 
f Ma aras, pratique des fouilles a Pitres, a procédé derniere- 
-tafc,-mr-*=>ie* eondageB! le premier, dans un jardin situé au triege 
=» ^L i «sa-*», et qui lui a fait reconnaître un mur de petit ippa- 
■ ■ ■ *=Q"d, au sud de l'église, et qui a mis à jour un grosmur 
— -«=* de n«>yen appareil, près duquel on a trouvé ■ un fraR- 
2* colometl. muni d'une base, laquelle, comme le remarque 

=»► «^ac-^epoadant indique un travail du moyen «W- et une 

:»«=■. -=,*re -UenUon. .Cette macnpuon est gravée sur un mor- 






Digitizedr.y GoOgle 



mobilier qu'il était un amateur passionné de livres rares, de ta- 
bleaux, d'estampes, de médailles. Outre un grand nombre de livres 
rares, il avait réuni 900 estompes dont a53 de Caliot, 75 tableaux, 
aofi médailles, 3u médaillons, 5 jetons et quelques antiquités 
romaines. 

cil ne semble pas cependant qu'il soit utile de publier cet inven- 
lairc dans le Bulletin archéologique, car les descriptions de tableaux 
sont trop sommaires pour eu permettre l'identification. Ou en dira 
autant des monnaies romaines; ou bien, quand le rédacteur de 
l'inventaire a indiqué, outre «le nom de l'empereur, le type du 
revers, on constate que la monnaie est connue des numismAlcs.ii 
— Adopté. 

Le Comité remercie M. Vidal de lui avoir communiqué un do- 
cument qui est un nouveau témoignage du zèle que les hommes 
cultives du xviii 1 siècle apportaient a la recherche et n la conser- 
vation de* antiquités. Il pense que l'inventaire de cet amateur albi- 
geois pourrait prendre place dans une revue locale, comme document 
à utiliser par quelque fntur historien de l'archéologie provinciale 
aux siècles passés. 

M. Héron de Villefosse Tait un rapport sur la découverte d'une 
mosaïque romaine à Penchard , près de Meaux. Celte découverte 
est signalée par M. Georges Gassies, correspondant du Comité, qui 
adresse à ce sujet une note accompagnée d'uu dessin. La partie 
mise au jour ne comporte que des ornements géométriques ce com- 
posant surtout de grands losanges qui se présentent alternativement, 
les uns en largeur, les autres en hauteur, et qui sont remplis par 
des feuilles de lierre ou d'autres motifs végétaux disposes en croix. 
Les souvenirs de l'époque romaine, et en particulier tes mosaïques, 
sont extrêmement rares dans le pays meldois. Le rapporteur pro- 
pose l'impression de la note de M. G. Gassies et la reproduction 
du dessin qui l'accompagne. Il demande, en outre, au Comité 
d'accorder une subvention pour opérer quelques sondages dans le 
champ n'i cette trouvaille a été faite. 

M. Héron de Villefosse rend compte d'un rapport de M. Mallard 
sur les fouilles du théâtre romain de Drevant. Il propose l'inser- 
tion de ce travail dans le Bulletin archéologique, après que l'auteur 
aura bien voolu y apporter quelques modifications. — Adopté. 



Digfedsy GoOgle 



Cil? 

MM. BiBiLOH, Philippe Bibqib et Guiffket lisent des rapporte 
sur des ouvrages pour lesquels une souscription a 6lé demandée a 
M. le Ministre de l'Instruction publique. 

La séance est levée a 5 heures et demie. 

U S*eréairt adjoint <U la Smlien farcktotogit, 

M. Paou, 
Hembn du Coroili. 



Digitizedr.y G00gle 



10 JUILLET 1905. 



SEANCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 



PRÉSIDENCE DE M. SAGLIO. 

La séance est ouverte à A heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu el adopte. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Héron de Villefosse écrit pour s'excuser de ne pouvoir assister 
à la séance. 

MM. Schl uni berger et Lefèvrc-Ponlalis sont chargés de rapports 
sur des ouvrages pour lesquels une demande de souscription a été 
adressée a M. te Ministre de l'Instruction publique. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

Revue de la Haute Auvergne, septième année (1905), 3* fascicule. 

Notice historique et archéologique sur l'abbaye de Saint Jean -des-Vignes 
de SoUstms, par M. Fcrnand Blanchard, de la Société archéo- 
logique, historique et scientifique de Soîssons. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. Blanchet envoie un rapport sur une découverte de monnaies 
à Gérocourt (Seinc-et-Oisc), signalée par M. Léon Plancouard, 
correspondant du Comité, n Ctéry-cn-Vexm. 

«M. Léon Plancouard signale la démolition de l'église Saint-Pierre 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



à Gérocourt (c™ et arrond. de Pantoise, Seine-et-Oise). Au cours 
des travaux, on a découvert d'intéressants débris de constructions des 
xiii*, ht* et xv* siècles. Dans an angle de la voûte d'une chapelle, 
ou a trouvé un vase de grès contenant un e'cu d'or de Charles IX, 
frappé a Rouan en 1&70, el onie pièces d'argent portant les dates 
de 1070, 1S80, i&96 et 1680. Il s'agit évidemment d'une cachette 
faite pendant ta période troublée contemporaine de l'assassinat 
d'Henri III. Cea monnaies ont été déposées a la mairie de Gérocourt, 
où elles formeront peut-être l'embryon d'un musée local. 

«Il est utile de déposer U note de M. Plancouard dans les archives 
du Comité." — Adopté. 

M. le D* C*pit*.n lit un rapport sur une communication de 
M. Collard, correspondant du Comité, a Auch : 

«M. Col lard nous a adressé trois planches de dessins avec légendes 
explicatives. Sur la première sont figurée» deux haches polies, en 
fort mauvais état, de schiste bleuâtre compact(ï), disons diorile; 
sur la seconde planche, une hache de grès gris, bien entière; ces 
trois pièces trouvées dans le département du Gers. 

* Sur U troisième planche sont dessinées deux monnaies ; l'une de 
bronze, de grand module, «d'origine grecque ou phénicienne», dit 
l'auteur, et qui ressemble beaucoup aux pièces de la Narbonnaise 
à légende cedtibérieane ; l'autre, petite pièce d'argent des Tecto- 
aages, du type ordinaire. Ces deux pièces ont été découvertes à 
Auch.» 

Les planches envoyées par M. Collard seront déposées dans les ar- 
chives du Comité. 

M. M Lastxtme envoie un rapport sur une demande de subven- 
tion formée par la Société dw scieqcas, lettres et arts de la Corrèxe 
à l'effet d'entreprendre des fouilles au lieu dit lePuydu Tour, prêt 
d'Argentat (Corrèze) : 

«-Des recherches préliminaires poursuivies par les membres de la 
Société ont permis de reconnaître l'existence en ce lieu, aujourd'hui 
désert, de restes qui paraissent remonter à l'époque gauloise. 
Quelque* débris de vitrification recueillis par eux donnent a penser 
qu'il a du y avoir là un de oee forts vitrifiés comme on en a trouvé 
ptusie-jrs dans le Haut Limousin et la Marche. Il serait fort intéres- 



Digitizedr.y G00gle 



— CUVUI 

sani de s'en assurer et de dégager ce qui peut en rester. Il y a 
donc iieu d'accorder à cet effet une subvention 1 la Société de la 
Corrète. n — Adopte. 

M. Lspèvm-Pohtiub iit un rapport sur une demande de subven- 
tion adressée au Ministre de l'Instruction publique par la Commis- 
sion départementale des Monuments historiques du Pas-de-Calais, 
en vue de poursuivre l'impression de L'hpigraphie du Pat-de- 
Calaù. 

Le Comité décide, après discussion, qu'il n'y a pas lieu d'accor- 
der, pour l'instant, la subvention demandée. 

M. Salomon Reihach lit un rapport sur une demande de subven- 
tion formée par M. l'abbé Breuil en vue de procéder a des fouilles 
dans la grotte des Fadets (Vienne) : 

" M. l'abbé Breuil signale l'intérêt que présenterait l'exploration 
de cette grotte, où l'on a recueilli autrefois plusieurs belles gravures 
sur os. Il est très désirable que l'on puisse accueillir favorablement 
la proposition de M. l'abbé Breuil d'y faire des fouilles; les objets 
découverts reviendraient, suivant l'usage, aux musées nationaux. » 
— Adopté. 

M. BeiNtcu rend compte d'une notice de M. Collard, correspon- 
dant du Comité, à Auch, qui signale au Comité, avec dessins à 
l'appui, les objets suivants : i n onre hachettes polies, de grès com- 
pact, découvertes à Houchet près deRoquelaure (Gers); 9* nn mor- 
ceau de bronze, décoré d'une rosace incisée, trouvé sur le mamelon 
de Couloumé, commune de Montégut (Gers); 3" deux fibules gallo- 
romaines, de broute, dont l'une décorée de fils d'argent, trouvée 
en décembre igo3 au cours des Touilles de la roule de Pessan, à 
Auch , près de l'usine Lartigue ; h" un fond de coupe de terre sigil- 
lée, trouvé à Auch, et portant la marque SABIN. 

Le rapporteur demande que les desgins de M. Collard soient 
déposes au Musée de Saint-Germain. — Adopté. 

M. Rbinagb présente une note de M, Collard sur une amphore 
romaine découverte à Languiot, commune de Nougaroulet (Gers), 
remarquable par une ouverture rectangulaire pratiquée dans la 



Digtodsy Google 



paose. Celte note devrait être publiée, avec le dessin de M. Coilard, 
dans le Bulletin archéologique. — Adopté. 

M. Reiiuch annonce ensuite qu'il a exposé an Musée de Saint- 
Germain, dans la chapelle, le moulage d'une inscription latine de 
très buse époque relevée par M. l'abbé Cazauran dans une église de 
l'arrondissement de Mirande, et dont il a été question à la séance 
de juin. La lecture et la paléographie de ce texte présentent de 
grandes difficultés; il se propose d'y revenir ultérieurement. 

M. Riinàch rend compte d'une lettre de M. Henry Corot , relative 
Aux dernières fouilles qu'il a pratiquées dans les tumulos de Minot. 
Ces fouilles ont donné des résultats intéressants qui feront l'objet 
d'un rapport détaillé de M. Corot. 

La note de H. Henry Corot sera déposée dans les archives du 
Comité. 

M. HiiRAOfl lit un rapport sur un mémoire de M. l'abbé Poulainc 
relatif à des sépultures gallo-romaines et burgondes découvertes à 
Voutenay (Yonne) et exprime l'avis qu'il peut être publié dans le 
Bulletin archéologique avec les photographies qui l'accompagnent. 

M. Saglio lit un rapport sur une notice de M. Alfred Leroux, ar- 
chiviste du département de la Haute-Vienne , membre non résidant 
du Comité,. relative au don fait par Charles VII, en 1A&9, au 
prieuré de Saint-Léonard de Noblac, d'un reliquaire d'argent doré 
représentant la Bastille Saint-Antoine de Paris : 

*Ce reliquaire et le don du roi n'étaient connus que par la 
mention faite en 1760 par l'abbé Oroux dans son Histoire de Saint- 
Léonard. M. Leroux confirme ce témoignage en produisant une pro- 
clamation des consuls de Saint-Léonard de Noblac , du a i septembre 
1 4/19, extraite des archives de la Haute-Vienne, et trois mentions 
relatives à la translation des reliques dans la châsse envoyée par le 
roî, qui permettent d'en fixer la date an 93 septembre de ladite 
année. 

«Tai l'honneur de proposer ta publication intégrale de ces do- 
cuments et de la note de M. Leroux dans le Bulletin archéologique. n 
— Adopté. 

AuaiouKii. — H* 3. 1 



Digfedsy G00gle 



■ H. 1**00 lit on rapport sur un ouvrage pour lequel une sou- 
scription a été demandée à M. le Ministre de l'Instruction pu- 
blique. 

La séance est levée à 5 heurts. 

Lt Secrétaire adjoint il (s Section d'erdiéetogn, 

M. Piov, 

Membre du Comité'. 



Digfedsy G00gle 



n NOVEMBRE 1905. 



8ÉÀHCE DE LA SECTION D'AHCIlréOLOGIE. 
PHÉ6IUERCI DI M. IÉS ON SI VILLIFOMB. 

I* séance est ouverte à 4 heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. de Saint Arroman donne lecture d'un arrête* ministériel en t 
date du 11 juillet 1900, nemmant MM. Dnrrieu, JaUian et Michon 
membres de la Section d'archéologie du Comité. 

M. le Président adresse aux nouveaux membres des compliments 
de bienvenue. 

II communique des lettres par lesquelles MM. Jullian et Théde- 
nat s'excusent de ne pouvoir assister ft la séance. 

M. le Président donne lecture d'une lettre.de M. Thiera, conser- 
vateur du Musée de Narbonne, correspondant du Comité, dans 
laquelle celui-ci expose les raisons qui Font empêché de porter a 
la connaissance du Comité les dernières découvertes archéologiques 
faites à Narbonno. 

M. le Secrétaire donna lecture de la correspondant* : 

La Société archéologique du Midi de la Franoe adresse «ne 
demande de subvention eu rue de terminer les recherche* archéo- 
logiques entreprises a Toulouse et dans les environs. —Renvoi à 
M. Babelon. 

M. l'abbé Arnaud d'Agnel, correspondant du Comité, envoie 
une notice sur ue chasse de bois ornée de peintures, provenant 
de l'abbaye de Lérins. — Renvoi à M. Saglio. 



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M. Jules Beaupré, correspondant de la Société nationale des 
antiquaires de France, à Nancy, adresse au Comité une notice sur 
une station funéraire à mobilier néolithique et sur l'allée couverte 
de Bois-1'Abbé ( Meurthe-et-Moselle). — Renvoi à M. le D r Capitan. 

M. le Préfet des Basses-Alpes écrit pour signaler au Comité la 
découverte, par MM. Col et Leroy, d'une station préhistorique a 
Ttevest-des-Brousses. — Renvoi à M. Salomon Reinach. 

M. Collard, correspondant du Comité, à Auch, envoie une note 
sur la mosaïque d'Orbessan (Gers) et une planche de dessins 
d'objets recueillis sur le territoire de la commune d'Ordan- 
Larroque (Gers). — Renvoi à M. Héron de ViUefosse. 

Le même correspondant envoie une note sur ta découverte de 
trois bâches de brome aux environs d'Auch. — Renvoi à M. le 
D F Capîtan. 

M. Henry Corot, à Savoisy, adresse une demande de subvention 
en vue de poursuivre ses fouilles dans les tumulua du groupe de 
Bauges, près de Minot (Cote-d'Or). — Renvoi a M. Salomon 
Reinach. 

M. Desforges, instituteur public, à Fléty (Nièvre), envoie des 
notes sur l'âge de pierre dans la vallée de l'Alêne. — Renvoi a 
M. le D' Capitan. 

M. Destandau, correspondant du Comité, adresse la copie d'un 
acte relatif a la construction, en i583, de l'hôpital des Baux. — 
Renvoi a M. Grandjean. 

M. l'abbé Hermet, à L'Hospitalet ( Aveyron) , sollicite une subven- 
tion en vue de poursuivre les fouilles de La Graufesenque , près de 
Millau. — Renvoi à M. Héron de ViUefosse. 

M. de Loisne, membre non résidant du Comité, envoie une 
note sur la découverte d'un cimetière franc, à Bé thune. — Renvoi 
a M. Prou. 

M. le commandant Pinet, bibliothécaire de l'École polytech- 
nique, adresse une note sur la découverte, au cours- des travaux 
entrepris à l'École polytechnique, d'une sépulture gallo-romaine. 
— Renvoi a M. Jullian. 



Digfedsy GoOgle 



■ CXXXI1I — 



M. Albert Terrade, à Saint-Florentin (Yonne), demande nne 
subvention en vue de poursuivre des fouilles sur l'emplacement du 
cimetière mérovingien dn Vnu-Donjon. — Renvoi à M. Prou. 

M. le chanoine Urseau, correspondant du Comité, a Angers, 
envoie une note relative a une gravure sur bois du xvi' siècle. — 
Renvoi à H. Guiffrey. 

M. de Vesly, correspondant du Comité, à Rouen, envoie des 
notes sur la découverte de tombeaux antiques à Charleval et a 
Morgny-la-Forét (Eure). — Renvoi à M. Babelon. 

M. de Ville d'Avray, conservateur des Musées de Cannée, adresse 
au Comité des notes sur Potuponiana, et le dessin d'une inscription 
funéraire relevée à Hyères. — Renvoi à M. Héron de Villefosse. 

M. Villepelet, correspondant du Comité, à Périgueux, envoie 
une notice sur les peintres de bannières de Périgueux aux xiv* et 
iv* siècles. — Renvoi à M. Durrieu. 

M. de Saint-Arroman donne communication d'une lettre de 
M. le Sous-Secrétaire d'État des Beaux-Arts a M. le Directeur de 
l'enseignement supérieur, lui faisant savoir que, pour répondre 
aux vœux émis par la Section d'archéologie, dans la séance du 
iû novembre 190/1, il a charge' M. Formigé, architecte en chef 
des Monuments historiques, de lui adresser un rapport sur les 
deux questions qui préoccupaient le Comité, c'est-à-dire la 
recherche des fragments d'une inscription latine, dont un premier 
fragment avait été trouvé a Orange, et les mesures à prendre pour 
assurer la conservation des antiquités de cette ville. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants, offerts au 
Comité par leurs auteurs : 

Revue préhistorique illustrée defEtt de ta France, i™ année, n"i; 

Monographie de Véglùe de Mauie, par M. Coquette, correspondant 
do Comité-, 

La famille du grand tvmulus de Lantitly(Càte-d'Or), par M. Henry 
Corot, en collaboration avec M. de Virien ; 

Lu bas-reliefi gallo-romains du Mutée et de la cathédrale du Puy, 
par M. Joseph Déchelette, membre non résidant du Comité; 



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«SX IV 

Noùce-ètude tw km etatère déeoamrte dan* une êépuiture Au cimetière 
Jrancde Bury(Oùe), par M. Houle; 

Quelque* antienne* statut* de* eghtet rurale» du diocèse de Ami, par 
M. Henry Jadarl, membre non résidant du Comité; 

La maison de* musicien* de I Académie de Rem* du moi* d'avril igo5, 
par le même; - 

Mutée de Troye*. Archéologie monumentale. Supplément au Catalogue, 
par M. Louis LeClert, membre non résidant du Comité; 

Le culte de* fontaine* dan* Seine-et-Oi*e, par M. Plancouard, cor- 
respondant du Comité; 

Étude critique sur le nom et remplacement de deux oppida celtique* 
mmlionmét par Char, par M. Soyer, correspondant du Comité; 

Trait nouveaux document* médit* tw Jean Boucher, peintre bemtyer 
(t5C8~i633), par le même; 

Tombeau du maréchal âOrnano, à Aubenat, monument historique de 
FAràecke, par M. Vascbalde, correspondant du Comité. 

Ces ouvrages seront déposés a la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements seront adressés aux auteurs, 

M. le Secrétaire donne lecture d'un rapport de M, di Listetrib 
sur nne notice de* M. Henry Vaschalde, correspondant du Comité, 
a Vals-lea-Bains (Ardèche), relative à une métairie sise au Crouzet 
et ayant appartenu à l'abbaye des Chambons, en Vivarais : 

«Il y reste un bâtiment en belles pierres de taille avec les 
armes de l'abbaye, dont M. Vascbalde ne donne pas la date, mats 
qu'on peut attribuer, si les photographies qu'il a pris ta peine d'eu 
faire ne sont pas trompeuses, à la fin du xvi* siècle. Nous propo- 
sons de déposer cette notice aux archives du Comité et d'adresser des 
remerciements a l'auteur.» — Adopté. 

M. Hbbon Dt Villefossb communique au Comité une note de 
M. le docteur V.. Leblond, président de la Société académique de 
l'Oise. Elis concerne une marque de verrier relevée sur le fond 
d'un vase en forme de barillet, trouvé a Beauvais. Celte marque 
rentre dans la série, déjà très nombreuse, des marques de la 
fabrique Fronttnienne. Les observations et les renseignements 
recueillis par Je docteur Leblond a propos de ce petit monument 
contribueront certainement à faire avancer la question du déchif- 



Digitizedr.y G00gle 



froment et de la transcription de ces timbres de verrière. Il serait 
utile de publier cette note dans le BulUtin du Comité avec le dessin 
qui raccompagne. — Adopté. 

MM. Lhfrtrr-Pontalis et Schujmbkbiîsb lisent des rapports sur 
des ouvrages pour lesquels une demande de souscription a été 
adressée à M. le Ministre de l'Instruction publique. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

U Snrilain ttjfMftl iê la Stttm fmreUoUgH , 

M. Prou, 

Membre du Comité. 



Digfedsy G00gle 



11 DÉCEMBRE 1905. 
SÉANCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 



PRÉSIDENCK DE 11. HÉRON DE YILLKFOSS& 

La séance est ouverte à h heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président adresse à M. Camille Jullian des compliments de 
bienvenue. 

Il communique des lettres par lesquelles MM. Babelon et de 
Lasteyrie s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. 

M. de Saint-Airoman donne communication d'une letlre de M. le 
Sous-Secrétaire d'État des Beaux-Arts à H. le Directeur de l'Ensei- 
gnement supérieur, a laquelle est joint un rapport de M. Formigé, 
architecte en chef des Monuments historiques, sur la recherche 
d'une inscription et la conservation des antiquités de la ville 
d'Orange. Il résulte de l'enquête ouverte par M. Formigé que, lors 
de la découverte du fragment de cadastre de l'ancienne colonie 
d'Orange, on a étendu l'excavation a droite et a gauche dons le 
dessein de retrouver les restes de l'inscription. Cependant l'in- 
specteur du service des Monuments historiques examinera s'il n'y a 
pas lieu de pratiquer de nouvelles fouilles. 

Pour ce qui regarde la conservation des antiquités d'Orange, 
M. te Maire a fait savoir à M. l'architecte des Monuments histo- 
riques que le déplacement d'une école maternelle, sise en face du 
théAtre antique, laisserait un espace libre ou il serait possible 
d'installer un musée. Il a promis de saisir le Conseil municipal de 
la question. 

Le Comité remercie M. le Sons-Secrétaire d'État et M. l'archi- 
tecte en chef des Monuments historiques del'atlention qu'ils ont 
donnée à cette double question. H enregistre avec satisfaction la 



Digfedsy GoOgle 



CIIXV1I — 

promesse de M. le maire d'Orange. Il demande que la Commission 
des Monuments historiques donne suite à l'affaire et prenne le plus 
tôt possible, d'accord avec la municipalité d'Orange, les mesures 
nécessaires à l'installation d'un musée en vue de sauvegarder les 
antiquités. 

H. ie Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Ulysse Dumas, correspondant du Comité, à Baron (Gard), 

envoie une note sur un fragment de statue découvert à Saint-Jean- 

de-Ceyrargues (Gard). — Renvoi à M. Michon. 

Le même correspondant envoie quatre notes sur les dalles per- 
cées dans les sépultures souterraines; sur an mode nouveau de 
sépulture néolithique; sur les gisements du Cros de Peyrolles et 
de Foissaguet; et sur l'usage du croissant à l'époque préhistorique. 
— Renvoi à H. le D r Capitan. 

M. le chanoine Métais, correspondant du Comité, à Chartres, 
demande une subvention pour, exécuter des fouilles sur l'empla- 
cement de l'ancienne abbaye de Josapbat. — Renvoi à M. Eugène 
Lefevre-Pontalis. 

M. Henry de GtSrin-Ricard, correspondant du Comité, k Mar- 
seille, envoie une notice de diverses antiquités trouvées dans la 
la vallée de l'Huveaune. — Renvoi a M. Jullian. 

H. de Loîsne, membre non résidant, adresse au Comité une 
note sur les fonts baptismaux de grès, dans l'arrondissement de 
Bétonne. — Renvoi à M. de Lasteyrie. 

M. Veran, architecte des Monuments historiques, correspondant 
du Comité, envoie une notice sur le temple de Diane à Arles. — 
Renvoi à M. Héron de Viliefosse. 

I 

MM. le D r Capitan et Perrot sont charges de rapports sur des 
ouvrages pour lesquels une souscription a été demandée à M. le 
Ministre de l'Instruction publique. 

L'ordre du jour appelle l'examen et l'établissement de la liste de 
propositions des distinctions honorifiques a l'occasion du prochain 
congres des Sociétés savantes. 



Digfedsy GoOgle 



M. le Secrétaire donne lecture d'un rapport de M. Bjbelon sur 
une demande de subvention formée par la Société archéologique du 
Midi de la France en vue de terminer les recherches archéologiques 
entreprises à Toulouse et dans les enviroas, 

v Le Comité décide qu'il y a lieu d'accorder cette subvention; 

Lecture est donnée d'un autre rapport de M. Bàbelok relatif à 
la découverte de tombeaux antiques à CharlevaletaMorgoy(Eure), 
et concluant à l'impression dans le Bulletin archéologique de la note 
que M. Léon de Vesly a écrite à ce sujet. — Adopté. 

M. le D r Capitin lit uo rapport sur un mémoire de M. Jules 
Beaupré, de Nancy, relatif à la station funéraire à mobilier néo- 
lithique et à l'allée couverte du Bois-1'Abbé, commune de Sexey-aus- 
Forges (Meurthe-et-Moselle). 

<r Cette station , découverte par M. Jules Beaupré , comprend deux 
groupes de sépultures sous tumulus, très surbaissés, distants d'en- 
viron trois cents pas l'un de l'autre. 

«Le premier groupe était recouvert d'un tumulus haut seulement 
de ) m. ao au centre et large de aA et ao mètres. Presque au 
centre existait une allée couverte formée de dalles verticales mesu- 
rant o m. 60 à 1 mètre de large reposant sur le sol naturel, allée 
longue de 10 m. 5o, large de m. 90 et haute de m. 80 à 
o m. 90, et recouverte de grandes dalles. Elle contenait une terre 
noire fine et, disséminés sans ordre, quelques fragments osseux 
humains, un grattoir de silex et un oe apointé. Le sol était recou- 
vert de pierres plates. Les os reposaient en général sur une mince 
couche de petits galets de quartz ou de quartiite. A l'Ouest de la 
galerie, on remarquait l'amorce de deux caissons de pierre. 

«Cinq caissons isolés se rencontraient aussi sons le même tu- 
mulus : quatre au Sud de la galerie et un au Nord. Ils mesuraient 
en général 9 mètres à 9 m. 5o de longueur, sur o m. 80 à o m. 90 
de largeur. Leur construction était la même que celle de. l'allée 
couverte. Ces caissons renfermaient au milieu d'une terre noirâtre, 
le premier une pointe de lance et une pointe de flèche de silex, 
le second quelques fragments d'os et de poteries; de même dans le 
troisième, qui présentait cette particularité curieuse d'être fermé w 
une extrémité par une dalle percée d'un. trou naturel qui avait été 



Digfedsy GoOgle 



bouché par une pierre introduite dans cet orifice. Dans les qua- 
trième et cinquième caissons , il n'y avait que des débrie d'os et de 
charbon, et les débris d'un vase écrasé. 

«Entre ces caissons, M. Beaupré a découvert et Fouillé huit 
amas de pierres sous lesquels il a trouvé des fragments de vase* et 
d'ossements humains; en un point môme, un squelette presque 
entier, puis un os a pointé, plusieurs silex taillée, soit éclats, soit 
racloirs (a). Ces amas de pierres ne sont autre chose que les ruines 
de petits caveaux sépulcraux, voûtés, construits en pierreB sèches 
et dans lesquels avaient été inhumés les cadavres. Les infiltrations, 
le tassement des terres, les animaux fouisseurs, ont fini par dé- 
truire ces petits monuments et par les transformer en amas de 
pierres informes où on ne retrouve qu'exceptionnellement quelques 
pierreB plates en place, permettant de restituer hypothétiquement 
ce qu'étaient ces constructions. 

r Le second groupe est constitué par un tumulus plus surbaissé 
que le précédent et renfermant deux caissons, dont l'un, divisé en 
deux, de 3 m. Go, et l'autre de 1 mètre seulement de longueur, 
construits tous deux en gros matériaux, et un long pierrier. Le 
premier caisson renfermait les débris de deux squelettes et un mor- 
ceau de calcaire naturel en forme de hache (hache votive?), par- 
ticularité d'ailleurs plusieurs fois observée déjà dans des dolmens, 
puis des fragments de poterie. Dtins l'autre caisson , il y avait les 
restes d'un squelette ayant été couché sur le coté. Au centre du 
pierrier, il y' avait cinq grandes dalles debout et trois blocs assez 
volumineux. Il semble qu'elles aient constitué une des parois de 
caveaux voûtés, qui auraient ainsi recouvert trois corps, dont les 
squelettes ont été retrouves par M. Beaupré avec un grand éclat 
de qoarUile, un racloir, deux belles pointes de Sèche triangulaires 
et une hache polie, le tout de silex. On peut admettre qu'il y a eu 
la les mêmes causes de destruction que dans l'autre groupe, 

irEn somme il s'agit là d'un ensemble très curieux de sépultures 
néolithiques, un peu particulières dans leur groupement, mais ren- 
trant néanmoins dans les types qu'on a observés en Bretagne, par 
exemple. Leur très grand intérêt résulte de ce que c'est la pre- 
mière fois qu'en observe dans l'Est un pareil ensemble sépulcral 
néolithique, les innombrables tumulus de la région ayant toujours 
donné des mobiliers de l'époque du bronze ou de l'époque hallstat- 
lienne. On peut ajouter aussi que le soin extrême apporté par 



Digfedsy GoOgle 



M. Beaupré à ses fouilles, joint à sa grande compétence , lui ont permis 
d'arriver à une exactitude tout à fait remarquable dans ses observa- 
tions et ses descriptions. On ne peut que l'en féliciter très vivement. * 

M. le D r Capitih fait un rapport sur les reproductions que 
M. Gollard, correspondant a Auch, a adressées au Comité , de pièces 
préhistoriques recueillies dans la région qu'il habite : 

«Aujourd'hui notre correspondant envoie les figures de trois 
hacbes de bronze et de trais haches polies. Ces planches prendront 
place dans les archives du Comité à côté de celles qu'il nous a 
précédemment transmises, pour constituer un intéressant inven- 
taire local.» — Adopté. 

M. Desforges, instituteur public à Fléty (Nièvre), avait adressé à 
H. le Ministre de l'Instruction publique une demande de subven- 
tion en vue de poursuivre des recherches sur l'âge de pierre dans lu 
vallée de l'Alêne (Nièvre). 

M. ie D r Capitan ayant besoin de renseignements complémen- 
taires ne présentera son rapport qu'à la prochaine séance. 

M. Durmbo lit le rapport suivant sur une communication de 
M. Ferdinand Villepelet, correspondant du Comité, relative aux 
peintres de bannières à Périgueux aux xiv* et xv" siècles : 

* Les archives communales de Périgueux renferment une riche 
série de comptes en langue romane. M. Ferd. Vïllepelet a eu l'idée 
de rechercher dans cette série ce qui pouvait concerner les peintres 
et enlumineurs. La pensée était bonne; malheureusement, la 
moisson est restée maigre. En effet, antérieurement aux xvn* et 
xviii* siècles, M. Vïllepelet n'a pas rencontré plus de six on sept 
noms à relever. 

f La première mention date de i3«o, et parte de deux enlumi- 
neurs appelés, l'un maître <r Johann , l'autre maître «Guilbem». Le 
document est relatif à des amendes imposées pour un échange 
d'injures publiques I' 1 , nouvelle preuve, indiquons-le en passant, 

''1 Archive* communales de Périgueux, série CC la, année i3ao, fui. H 



Digfedsy G00gle 



que les peintres et enlumineurs, au xiv" siècle, formaient un petit 
monde parfois assez turbulent. 

«Dans une pièce de procédure, il est question, en i3aQ, d'un 
maître trMichael lo penoedern, c'est-à-dire Michel le peintre, dont 
la femme est citée comme témoin dans un procès M. 

if A Périgueui, d'après les comptes, les artistes employés par la 
ville ne peignaient pas seulement des bannières; ils étaient aussi 
chargés de placer les armes du maire en exercice snr les pennons, 
qui étaient renouvelés tous les ans , des trompettes affectées aux 
sergents de la ville. 

«En i3a5, un contingent de sergents d'armes que la ville de 
Périgueui envoie rejoindre l'armée du roi & La Réole porte une riche 
bannière de soie violette, garnie de franges d'or, qui est l'œuvre 
du peintre (penhedar) MondoU. Ce même Mondoti peignît aussi une 
bannière que le contingent de Périgueui porta à Saintes en i33o (i >. 

if A coté de loi, apparaît un autre peintre nommé Raoul (iWtrf- 
fhut), dont la femme s'appelait Huguette. En i3a5, ce Raoul 
peint des pennons de trompettes. En i3ag, il est poursuivi judi- 
ciairement par un certain Arnaud Texier qui, fait intéressant a 
noter, lui réclamait douie émaux (<rab impetratione duodecim 
emauxs [ne] proposita per Arn. Textoris contra diclum Radul- 
phumn). En i33&, il exécute d'autres pennons de trompettes. Des 
travaux analogues lui furent encore payés en 1 336 et i3/io w . 

if En i375, a propos d'une nouvelle commande de pennons, les 
comptes parlent d'un Jean Maubol. Mais, comme le conjecture 
M. Villepelel d'après le document, ce Jean Maubot parait avoir été 
plutôt un doreur'*'. 

«La coutume de peindre sur les pennons les armoiries du maire 
entraînait forcément des renouvellements fréquents, et par consé- 
quent des frais. En 137g, les maires et consuls décidèrent que 
dorénavant on ne peindrait plus les écussons des maires sur les 
pennons des trompettes comme on le faisait trd'antiquitat», mais 
seulement les armea de la ville de Périgueux M. 

1,1 Archivée commandes de Périgueui:, FF *o3, fol. in recto et is4 verso. 
<■> Ibid., CC 46, p. 67, et CC 5o. 

I"! Ibid., CC 47, années i3a5-i3a6; FF ao3, fol. 108; CC 53, M. 1; CC 
56, années i33u-i337; et CC 5g, années i3io-i3di. 
W Ibid., CC 67, foi. 3. 
<•> Ibid., BB i3, fol. 8 {Petit Lien tu,»- de l'Hôtel de Ville). 



Digfedsy G00gle 



«Postérieurement à cette date, M. Villepelet n'a plus rencontré, 
avant d'arriver aux époques relativement modernes des xvu* et 
xvui* siècles, qu'on «eut peintre, Jean Retien on Retiff. 

«En 1 668, ce nJobiu Retieun peignait pour la ville des pennons 
et des écussons. Il était chargé aussi de mettre en état (adobar) 
les deux vitres de la chambre du Consulat, ce qui peut donner à 
penser qu'il s'occupait de vitraux peints. En 1V78, sons la dési- 
gnation de « Johan Retiff n, il peint des écussons aux armes de la 
ville à l'occasion d'une grande procession' 1 '. 

rrA propos de ces divers travaux exécutés pour la ville de Péri- 
gueux, M. Villepelet cite, dans le texte original, les extraits de 
comptes qui s'y rapportent. L'auteur expose aussi 1 quelles circon- 
stances historiques se rattachent les causes des commandes. Cette 
partie du commentaire est très soigneusement faite. Mais l'exposé 
minutieux des détails a surtout un intérêt local. C'est dana une 
Bévue du pays que ces développements trouveraient le mieux leur 
place. Pour les faits dignes d'être notés au point de vue de l'his- 
toire générale de l'art en France, le résumé précédent suffit à 
dégager tout ce qui. mérite l'attention. J'ai donc l'honneur de 
vous proposer le dépôt, dans les archives du Comité, de la note 
envoyée par M. Villepelet. * — Adopté. 

M. GoifCRKT lit ua rapport sur une note de M. le chanoine Ur- 
seau, correspondant du Comité à Angers, concernant les débris 
d'une vieille gravure sur bois, soigneusement recueillie par loi 
dans la doublure de deux vieilles dalmatiqnes achetées en 1904. 

n Disons tout de suite que notre correspondant destine généreu- 
sement cette petite trouvaille an Cabinet des estampes de la Biblio- 
thèque nationale. 

«Il n'y a rien a ajouter a la note qui accompagne cet envoi. 
Comme M. te chanoine Urseau, nous estimons que cette image 
xylographique appartient au règne de François K Comme lui, 
nous serions fort embarrassé pour en préciser la destination. 
M. Urseau y voit un en-téte d'affiche. Ne pourrait-on pas la consi- 
dérer comme une gravure religieuse ou de confrérie pieuse?» 

Voici la note de M. le chanoine Urseau : 

«En 190A, je fis l'acquisition de deux vieilles dalmatiques, gar- 

'■'> Archives communale* <t* Périgntax, CC «ji> et CC 91. 



Digfedsy G00gle 



UICHÉOUIGIOIK, 1906. 



, y Google 



GRAVURE SUR BOIS : 



:,,iz,d, Google 



nies de larges bandes but lesquelles sont brodes divers personnages, 
apôtres, martyrs, moines et vierges, placés sqds un dais dont 1» 
partie supérieure est ornée d'une coquille. Ces bandes étaient appli- 
quées Mr mi fond de soie violette, complètement usé, qu'il fallu t 
remplacer. L'ouvrier que je chargeai du travail enleva soigneuse- 
ment le papier sur lequel les broderies avaient été collées et m'en 
remit tous les fragments. C'est la, parmi des manuscrits Bans in- 
térêt, que je trouvai la curieuse gravure qui fait l'objet de cotte 
notice : elle avait été coupée, dans le sens de la longueur, eu deux 
parties inégales et utilisée, à défaut de bougran, pour augmenter 
la rigidité des bandes. Sauf quelques centimètres qui manquent, 
du haut en bas, sur le coté gauche, aux deux tiers delà largeur, 
elle est presque entière. Malgré son aspect peu séduisant, c'est un 
précieux spécimen de fart du graveur Bnr bois, dans le premier 
liera du m* siècle. (PI. XXVIfl.) 

if Cette naïve image mesure, bordures comprises, o m. 917 de 
largeur but o m. hi 1 de hauteur. Dans la partie inférieure, au- 
dessus d'an long rectangle couvert de hachures obliques, on lit 
ce nom , en lettres hautes de o m. oa 1 : 
AMIENS 

■ Deux balusfres renflés soutiennent une arcade surbaissée et 
servent d'encadrement au resta de la composition. Sur le plan 
même où s'appuient les baluslres, la salamandre entourée' de 
flammée, emblème cher a François I", porte une couronne royale, 
d'où sort une tige d'arbre à laquelle sont suspendu» deux écusso». 
D'abord, celui de la ville d'Amiens, avec deux licornes pour sup- 
ports : diapré de gueule*, au chef futur, armé dé fiewn d» lit far; 
mais déjà le champ de gueules commence à se charger de feuil- 
lages, qui deviendront plus tard deux lierres d'argent* Puis, celui 
de France, entouré du collier de l'ordre de Saint-Michel et soutenu, 
par deux anges, «pour monstrer que les anges sont les génies et 
appuits des armes de nos roys, les tenons et gardiens de leurs cou- 
ronneaf)*. Entre les deux écussons, le tronc de l'arbre donna nais- 
sance a deux branches, qui bc terminent par un énorme bouquet. 

» Au-dessus des armes royales, figure une Vierge, en buste, te- 
nant entre ses bras l'Eufant-Jésus. La mère et l'enfant sont nimbés 

m l'ulIkiL, Ln ernj» «I fwjnle tcifwes (/«« M-ntMnri, p. bg&. 



Digfedsy G00gle 



et entourée d'une auréole de rayons et de flammes. Deux ange* 
soutiennent une large couronne, qu'ils vont déposer sur la tête de 
leur reine. 

«Des couleurs, appliquées à la main, atténuent légèrement la 
rudesse des traits et égayent le tableau. 

«A quelle date faut-il attribuer cette planche? La question est 
facile à résoudre. Les procédés employés par l'artiste et qui sont 
ceux des fabricants de tarots du commencement du ivi" siècle, la 
présence de la salamandre couronnée , les broderies sous lesquelles 
on o découvert la gravure, tout rappelle l'époque de François I". 

trLe nom et les armes d'Amiens sembleraient indiquer que le 
travail y a été exécuté. Mais, sous François I", Amiens, paraît-il, 
ne possédait ni tarotiers ni imprimeurs. Bien que le premier livre 
sorû des presses de celte ville ait été imprimé peu après 1607 ('), 
il faut descendre jusqu'au dernier quart du xvi' siècle pour eu re- 
trouver un autre. 

«A quelle occasion cette vieille estampe a-t-elle été faite? A 
quel usage a-l-elle pu servir? Je l'ignore. Les dimensions et le 
format ne permettent pas de s'arrêter a l'hypothèse d'un fronti- 
spice de livre. J'admettrais plus volontiers l'idée d'un en-tête d'af- 
fiche. François I" est allé plusieurs fois à Amiens, notamment en 
1017; il y fut reçu avec beaucoup d'éclat : qui sait si cette véné- 
rable image n'ornait pas le programme d'une féto donnée en l'hon- 
neur du roi? 

n Quoi qu'il en soit de ces deuils, le document parait absolu- 
ment inconnu. Je le destine à la Bibliothèque nationale, pour 
laquelle M. Bouchot, l'éminent conservateur du Cabinet des es- 
tampes, m'a prié de le réserver.» 

M. Paou donne lecture d'une note de M. deLoisne, membre non 
résidant du Comité, sur la découverte d'un cimetière de l'époque 
barbare a Bé thune (Pas-de-Calais) : 

<r Un cimetière franc qui parait remonter au ti* on au m* siècle , 
écrit H. de Loisne, a dernièrement été mis au jour sur le terri- 



W Ce*l une Coutume du Bailliage d'Amiens, imprimée par Nicolas Le Caron. 
On n'en connaît que deui exemplaires. — Je dois ce renseignement a f obli- 
geance de H. Durand , archiviste de la Somme, correspondant de l'Institut 



Digfedsy G00gle 



— cxtv 

toire de Béthune, an faubourg de Lille, en exploitant une sa- 
blière. 

«Trente -cinq tombes ont, jusqu'à ce jour, été ouvertes. Les 
corps étaient inhumes par rangées parallèles à a mètres enTJron 
l'un de l'autre et à 1 m. 90 de profondeur, couchés sur le dos, les 
pieds tournes vers l'Orient et la tête légèrement relevée par un 
petit amas de sable. Comme dans les cimetières francs du Boa- 
tonnais 1 '), les inhumations avaient été faites directement dans le 
sol, sans cercueils. Un grès plat, aux quatre angles W, indiquait la 
place de la fosse , et les ossements étaient tellement décomposes , qu'il 
n été impossible d'en recueillir un seul. 

» Lu grande majorité des tombes contenait dea cadavres du sexe 
masculin, avec une arme, su coté droit, et un vase de terre, aux 
pieds 

"Parmi les armes, ce sont, comme d'ordinaire, les scramasaxes 
qui dominent. On en a trouvé plus de vingt, d'une longueur variant 
de^fio à 55 centimètres. Il faut y ajouter une belle francisque à 
(ranchant largement ouvert et u marteau, plusieurs framées, dont 
l'une longue de &5 centimètres depuis 1a pointe jusqu'à l'extrémité 
de la douille à pince; un wnbo de bouclier, en plusieurs morceaux; 
une plaque de baudrier en potin ; un disque évidé qui était appli- 
qué sur la tôle d'un bouclier; plusieurs rivets de cuivre rouge à 
bords étampés; une petite pierre à aiguiser, etc. 

«Chaque tombe contenait en outre un ou plusieurs vases de 
(erre grise à couverte noirâtre assez fine, ornés de traits et 
de peints empreints à la roulette, formant des rinceaux; un 
seul est de terre rouge. Beaucoup de ces poteries étaient en mor- 
ceaux; d'autres ont été brisées par négligence ; une dizaine d'échan- 
tillons ont été conservés presque intacts. Leur hauteur varie entre 
17 et 9 centimètres; tes uns sont renflés à la panse, avec bords 
légèrement évasés; les autres sont de petites coupes à base d'un 
très petit diamètre et affectent la forme d'un cône renversé. 

« Comme bijoux, on n'a jusqu'à présent recueilli qu'une belle fibule 
de forme ronde, composée d'une plaque d'or montée sur cuivre 
et ornée de filigranes avec tables de verre transparent et de grenat 



■') Voir Htigneré, dans Mém. Je lit Société Académique de Farrmd. d» Boulognt- 
nr-Mtr, p. 5. 
"1 Cea gréa Imitent une fosse de 3 m. 5o rie enté sur t ni. 8o. 



Digfedsy G00gle 



insérées dans des bâtes; plus un anneau de cuivre et un collier 
de grosses perles de formes diverses. Ce collier comprend une tren- 
taine de grains d'ambre, de mastic coloré à stries, de verre bieu 
ou de terre de Forme sphérique, lenticulaire ou cylindrique. La 
technique en est bien connue. 

rEn résumé, noua n'avons rencontré, jusqu'à ce jour, aucun ob- 
jet particulièrement intéressant dans le cimetière franc de Bétbune, 
maiaj'eiploitation de la sablière se poursuit et il n'est pas douteux 
qu'elle n'amène d'autres découvertes. Dès maintenant nous avons 
voulu signaler au Comité celles qui ont été faites, regrettant qui! 
ne nous ait pas été permis de diriger méthodiquement les fouillée, 
de façon à obtenir des résultats plus complets.» 

M. Pbou lit un rapport sur une demande de subvention formée 
par M. Albert Terrade, agent vOyer cantonal a Saint-Florentin 
(Yonne), membre de la Société des Sciences de l'Yonne et delà 
Société d'études d'Availon, en vue de poursuivre tes fouilles qu'il 
a commencées dans un cimetière de l'époque barbare au Vaudort- 
jon, commune de Monlillot (Yonne). 

Le Comité décide de surseoir a la décision. 

M. Sagi.io lit un rapport sur une chasse provenant de l'abbaye 
de Lérim, et dont M. l'abbé Arnaud d'Agnel a transmis la notice : 

«M. l'abbé Arnaud d'Agnel, correspondant du Comité à Marseille; 
communique une notice accompagnée de trois photographies 
d'une chasse de bois sculpté et peint, provenant du trésor de 
l'abbaye de Lérins, actuellement a l'église paroissiale de Grasse. 
Le travail en est grossier et la peinture très dégradée ; néanmoins 
elle est intéressante par les sujets représentée; trois paraissent se 
rapporter a la légende de saint Honorât, fondateur de l'abbaye 
de Lérins, un quatrième qui décore le devant du faite de la 
chasse, qui est à deux rampants, aurait trait, selon M. l'abbé 
Arnaud d'Agnel , à une visite faite par un pape a Lérins. Les photo- 
graphies méritent d'être reproduites avec la notice qui les accom- 
pagne. Toutefois, avant l'impression, l'attention de notre corres- 
pondant pourrait être appelée sur quelques points douteux. Il 
faudrait avoir l'objet même sous les yeux pour émettre un avis 



Digfedsy GoOgle 



différent du sien. La photographie ne fait pu voir certains détails 
que la peinture préeiae peut-être. 

• Je dot» dire que la date de i35o environ, assignée a l'exécution 
de la ebiase (ailleurs il est dit qu'elle a pu être faite a l'occasion 
de fêtes qui eurent lieu en 1 36o ) , n'est pas celle que je lui aurais 
attribuée d'après ce que je peux voir. Volontiers je la ferais des- 
rendre jusqu'au xv" siècle, à cause de la manière de présenter et 
de traiter les sujets et de certains détails de costume qu'il faudrait 
pouvoir examiner de près. 

«Je n'y trouve pas ia naïveté et la prédominance des éléments 
symboliques qui, d'après notre correspondant, la ferait croire, au 
premier aspect, même antérieure aisoo. La gaucherie seule dé 
l'exécution donne aux figures un aspect très ancien. Il faudrait 
voir la face postérieure de la châsse, décorée, a ce qu'il paraît, de 
tige» fleuries dont le style fournirait peut-être une indication. 
!.. auteur de la notice an tire une de la forme des éeussens suspen- 
dus k la base. Leurs cotés sont parallèles jusqu'à la moitié' au 
uows de ht hauteur : e'est la forme qui prévaut a U an du uv* 
siècle, mais qui persiste pendant presque tout le xv* siècle. Le 
blason est de gueules à U bande «l'or. Quelques recherches pour- 
raient faire connaître le donateur qui fit farr* et orner eetle chasse 
et éctairciraieat par suite la question posée par l'auteur de la ue*- 
tke.s 

Le rapporteur conclut a l'impression de la notice de M- l'abbé 
Arnaud d'Agnel dans le Bulletin archéologique. — Adopté. 

M. ÏIkbon oe Villefosse fait un rapport sur une demande de sub- 
vention formée par M. l'abbé Hermet, curé de lHospitalel (Avey- 
ron), pour continuer les fouilles de La Graufesenque : 

«M. Joseph DécfaeleUe, dans «on ouvrage sur les Ymt$ thamqtat 
«mit de la Gmle rtmtûne, & démontré l'importance exceptionnelle 
des ateliers de potier» établi* a La Graufesenque près aie MiUaw 
(Areyroo) et a constaté la o^usioa extraordinaire de louas preebails. 
Les Butènes avaient conquis ta suprématie dans ia fabrication dis 
vases à pâte rouge; ils avaient réussi a substituer, sur les prin- 
cipaux marchés de l'empire romain, leurs propres poteries à celles 
des ateliers d'Italie. Il serait donc extrêmement intéressant de con- 
tinuer les fouilles déjà si fructueuses, entreprises par M- l'abbé 



Digfedsy GoOgle 



Hermet, afin d'établir d'une façon complète et définitive l'histoire 
d'une grande industrie nationale. C'est un devoir pour le Comité 
d'encourager encore des recherches qui ont été entreprises sous 
son patronage et qui ont donne de si précieux résultats. Les 
fouilles sont assez dispendieuses à cause de la profondeur a la- 
quelle on est obligé d'atteindre et qui est souvent de h mètres. * 

Le rapporteur propose d'accorder à M. l'abbé Hermet la sub- 
vention qu'il sollicite. — Adopté. 

M. Hbioh de Vn.Lsrosss lit un autre rapport sur une communi- 
cation de M. le colonel H. de Ville d'Avray, conservateur des Musées 
de Cannes, intitulée : Notée tur Pomponiana et destin d'une iniaiptûm 
funéraire relevée à Hyh-es : 

«La station de Pomponiana inscrite sur l'Itinéraire maritime 1 ' 1 
entre porta* Akonis (an fond de la baie de Cavalière) et Tutone Martin 
(Toulon) doit-elle être recherchée au nord de la presqu'île de 
(îiens, comme le veulent Bonstetten et Desjardins? Ou bien occu- 
pait -elle un point de la cote près de Carqueiranne? 

«Au cours de travaux récemment exécutés pour la construction 
de la nouvelle voie ferrée, qui relie Hyères a Toulon en passant 
par Carqueiranne et la cote, on a découvert des vestiges romains. 
M. le colonel H. de Ville d'Avray, conservateur des Musées de 
Cannes, s'est rendu sur les lieux en août 190 5. Il résulte de ses 
observations que le port de Pomponiana était probablement situé 
entre la pointe Péro (village de Carqueiranne), La Martine, La 
Valérane et Saint-Vincent; sur tous les coteaux environnants, et en 
particulier sur ceux qui sont au nord de Carqueiranne, étaient 
placées les villas formant Pomponiana qui s'échelonnaient vers l'Est 
jusqu'à Ai-Mnnar. Ces ruines ont été signalées dès i8&3 par Fré- 
déric VII de Danemark; on y a trouvé des substructions antiques 
et de nombreux débris. M. le colonel H. de Ville d'Avray y a re- 
cueilli, cette année même, un fragment de mosaïque 1 cubes 
blancs et noirs, des poteries rouges, des débris de marbre blanc, 
rouge, noir ou multicolore, un poids romain de terre cuite dure, 
percé d'un trou, un fragment de poterie grise, un autre fragment 
de poterie ornée d'une peinture brune. 

"I ta. Parthej et Piiirler, n° SoS, 8. 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



CXLIX 

■ Quant à l'inscription conservée à Hyères et dessinée par notre 
correspondant, elle est connue depuis longtemps; un teite irrépro- 
chable en a été inséré au Corpus interiptionumlatimrmtiW.il 

Le rapporteur propose de déposer celte notice aux archives du 
Comité et d'adresser des remerciements à l'auteur. — Adopté. 

M. Hsbon ]>k VruiBroesB rend compte d'nn envoi de M. Collard , 
correspondant du Comité, à Auch (Gers). Cet envoi comprend : 

i" Une planche reproduisant en couleurs divers objets, a. Une 
hache polie, -en ophite, qui, par sa matière, sa facture et sa par- 
faite conservation, constitue une pièce importante; trouvée en dé- 
cembre 1893 à Ordan-Larroque, dans la propriété de M. Saint- 
Pierre (Jean), elle mesure o m. 1 55 de long sur o m. 007 de 
large au biseau, b. Un petit bronze de Trajan Dèce, au revers 
de YAbundantia Aug., trouvé en août igo5 au lieu-dit à Méxérac, 
commune d'Ordan-Larroque. e. Une clef de fer, oxydée, trouvée 
en même temps que la monnaie. 

a° Les dessins en couleur de quatre fragments d'une mosaïque 
romaine trouvée à Orbessan , qui malheureusement a été détruite 
au fur et a mesure de sa découverte. Ces dessins sont accompagnés 
d'une note, dont le rapporteur propose l'insertion au Buiktin, — 
Adopté. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

U Sécrétai™ o^mut 4* ta SttHom d'ortUoUgû, 
Maurice Pion, 
Membre du Comité. 

'" Carpu nmeript. latin., U XII, n* 385. 



Digfedsy G00gle 



17 JANVIER 1905. 



SÉANCB DR LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NOBD. 

PflKSIDKNGS DR M. HÉHOM DB VI1.I.BPOS8B. 

La séance est ouverte à U heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Gsell a fait parvenir la copie prise ou vérifiée par lui sur les 
originaux de presque toutes les inscriptions d'Algérie qui ne figu- 
rent pas au huitième volume du Corput et de beaucoup mémo do 
celles qui y sont insérées et dont le texte avait besoin d'être revu. 
— Renvoi à M. Cagnat. 

M. Gauckleb envoie un inventaire dressé par M. Gouvet, ingé- 
nieur du chemin de fer de Gafsa, relatif à une importante collec- 
tion d'antiquités diverses, que celui-ci a recueillies au cours des 
travaux de construction de la voie ferrée et qu'il vient de donner 
au Musée de Sousse. Ce travail est accompagné de quelques dessins 
et photographies exécutés par M. Gouvet, frère du donateur et 
conservateur du Musée de Sousse : 

«La collection, — qui comprend des poteries, des lampe;, une 
petite tête en marbre, des bulles byzantines, des pièces de mon- 
naie et divers bibelots, — renferme quelques objets de valeur, no- 
tamment des lampes figurant, l'une, un chariot passant devant une 
maison romaine, l'autre, un type inédit de la déesse Afrique figurée 
sous les traits et dans l'attitude de PallaB-Athéné ; une petite 
tète de Dioscure d'un joli style ; et une veilleuse troneonique à anse . 
d'une forme inédite. 



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tr Cette colleclioH est eagentiellement locale; tous les objets qui 
la composant provienuent du RleaVMaknassi , à uae centaine de 
kilomètres à l'Ouest de Sfas , région aujourd'hui désertique mais ou 
abondent les restes de la colonisation agricole romaine. Ces ruines, 
a peu près inconnues, et dont il m'était impossible d'assurer la 
surveillance d'une façon efficace, ont été saccagées par les entrepre- 
neurs du chemin de far, que j'ai dû poursuivre et faire condamner 
en justice pour leurs actes de vandalisme. 

«M. G. Gouvet n'en a que plus de mérite à avoir sauvegardé les 
nombreux objets qu'il vient d'offrir au Musée de Sousse; leur pré- 
sence dans un pays qui, il y a moins de dix ans, était entièrement 
livré à l'abandon, prouve que celui-ci a pu nourrir une population 
assez dense et prospère; c'est un précieux encourageaient pour les 
courageux pionniers fiançais qui viennent de s'établir dans la ré- 
gion de Maknassi et tentent d'y restaurer l'œuvre de colonisation 
jadis accomplie par les Romains.» — Renvoi 1 M. Toutain. 

M. GiticELER annonce, en outre, la découverte à Upenna de deux 
nouvelles inscriptions chrétiennes sur mosaïque : 

«C'est d'abord l'épitaphe de l'évéque Honorius, dont j'ai envoyé 
une copie à M. Monceaux, qui vient de la communiquer de ma 
part à la Société des Antiquaires de France. 

nLa mosaïque tumulaire, surmontée d'une belle croix latine, 
ansée et accostée de l'alpha et de l'oméga, le tout entouré de l'ora- 
râaH, est de style purement byzantin , mais de la meilleure époque 
(Justinien). L'encadrement gemmé, en losanges alternant avec des 
rectangles, est simple et trèa bien compris. Il isole l'épitaphe du 
grand tableau pittoresque dans lequel elle a été insérée après coup. 
Ce dernier pavement, attenant au baptistère étoile, était divisé en 
deux registres : en bas, dans de riches guirlandes entrelacées, des 
médaillons occupés par divers animaux; en haut , le motif typique et 
traditionnel du cerf et de la biche buvant aux quatre fleuves. Il 
reste les croupes et arrière-trains des deux quadrupèdes , la base de 
la montagne sacrée et quelques-unes des plantes fleuries qui ani- 
maient le paysage. La première mosaïque, d'un excellent travail, 
me parait antérieure à l'époque vandale; la seconde, postérieure, 
mais de bien peu, à la chute du royaume arien et au triomphe de 
la foi orthodoxe. Cet Honorius me semble être le seul évéque que 



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nous connaissions jusqu'ici A'Upama, sans doute parce que ce fut 
le plus illustre et qu'il fut l'objet d'une vénération spéciale après 
sa mort. Exilé par Hnnéric, gracié par Guutbamund, il rentra sans 
doute à Vpetma après l'amnistie définitive de 454, et y vécut pro- 
bablement encore asseï longtemps pour voir la ruine de ses persé- 
cuteurs, puisqu'il ne mourut qu'à l'âge très avaneé de go ans. La 
mosaïque tumulaire est encastrée dans le pavement le plus ancien , 
au niveau de la mosaïque des seize martyrs. Elle est antérieure aux 
remaniements qui ont transformé une deuxième fois et considéra- 
blement rétréci la basilique au vu* siècle. Je la daterais volontiers 
de 5a& a Mo an plus tard. 

a Voilà doue un évéque. Voici la mention d'un autre , trouvée tout 
près iïUpenna, dans une petite basilique à baptistère admirablement 
conservée que vient de déblayer M. Coyetaux , directeur de i'Enfida , 
à a kilomètres et demi au nord de Dar-el-Bey, sur le chemin 
A'Upame. L'église, à trois nefs avec autel central, est entièrement 
pavée de mosaïque. 

kAu fond de l'abside, le siège de l'évêque, un banc de pierre. 
Derrière, le baptistère, cruciforme étoile comme celui de l'Oued 
Bamel. A l'ouest de la cuve, de biais dans un coin de la salie, la 
mosaïque tumulaire suivante : 



i 



-f PAVLVS 
EPISCOPVS 
PRIME SE 
DIS PR.OVIN 
CIE MAVRE 
TANIE IN PA 
CE REQVIE. 
BIT Sa XV 
KAL • M A R 
TIAS 



* Voici donc un primat de la province de Mauritanie qui estre 
mourir près d'Upenna, nous ne savons pourquoi, ni quand, 
comment. 



nu* Google 



CLI11 

■ Je n'ai pas encore vu la mosaïque. Je ue puis donc me pronon- 
cer d'une façon précise sur sa date. A priori, étant données la sim- 
plicité de Tépitaphe et la forme constantinienne du chrisme qu'en- 
toure une couronne d'épines, je la daterais du t' siècle au plus 
tard. Mais alors comment expliquer la mention promaci{a)e Maure- 
(am(a)e tout court, alors que les provinces ecclésiastiques de Mau- 
ritanie Césarienne et Sitilîenne ne semblent s'être confondues 
en une seule que sous Justinien , après la chute de la domination 
vandale M? 

«Les actes du concile de Latran tenu en 609 sous te pape 
Martin I* r (lettre écrite au nom des troi* conciles d'Afrique) men- 
tionnent un certain Reparatus, éréque primat de la Maurétanic. 
La mosaïque serait donc contemporaine de l'époque de Justinien, 
et Paulus serait peut-être un évêque maurétanien qui se serait 
réfugié en Byzacene au moment des troubles qui bouleversèrent la 
Mauritanie pendant toute la fin de la domination vandale : promu 
primat au moment de la réunion des deux provinces en une seule, 
il serait mort avant d'avoir pu regagner sa province î Mais tout 
cela n'est qu'une hypothèse 1 Un fait certain et intéressant à noter 
est la confirmation par le texte de notre mosaïque de ce que nous 
savions déjà dn caractère tout personnel de la prïmalie des provinces. 
africaines, attachée à l'évéque et non à levêché. Y avait-il des 
primats sans évéché spécial ï C'est possible, mais si le mosaïste n'a 
pas mentionné le nom de l'évéché qu'administrait en propre Pau- 
lus, cette omission assex fréquente dans les lestes ecclésiastiques el 
surtout dans les actes des conciles de cette époque ne suffit pas à 
démontrer que l'évéque Paulus n'avait pas d'évéché.» 

M. BtLMi entrelient la Commission des découvertes faites a 
Timgad, au courant des fouilles de inoi. Son rapport sera im- 
primé au Bulletin M. 

M. CiGNit fait connaître le résultai des recherches opérées cette 
année par MM. les officiers des brigades lopographiques de l'Algé- 
rie et lit un rapport de M. le commandant Toussaint sur hs décou- 
vertes effectuées ' st . 

M Cf. MùrclUi-ïoaiom, t. I, p. 61. 

<*' Voir plu» loin , p. 75, le texte ùt exlento Je ce rapport. 

'■'i Voir pins hfo, p. 56, le teito tu «MMW de re rapport. 



Digfedsy G00gle 



M. Dikhl lit le rapport suivant : 

«M. le lieutenant Jacques envoie une note sur plusieurs ou- 
vrages militaires situés dans la région d'Hadjeb-el-Aîoun. La plu- 
part sont de petits fortins du type connu et habituel à l'époque 
byzantine. L'ouvrage d'Àïn-el-Ghorab semble plus important. De 
dimensions assez considérables (28 mètres sur £17 mètres), il com- 
mandait le passage de l'Oued-MerguellU , vers le pont ou la route 
d'ÀUiiiburus au littoral par Anurae, Zama, Utappa, franchissait la 
rivière, assez proche de l'important carrefour que marquait la po- 
sition d'Aquae Régine. La disposition de cet ouvrage avec sa double 
enceinte flanquée de tours et son réduit central, la rareté, 
d'autre part, dons cette région, d'ouvrages de cette importance à 
l'époque romaine inclinent à attribuer cette citadelle a l'époque 
byzantine. Je propose d'en publier le plan au Bulletin avec les notes 
transmises par le lieutenant Jacques 11 '.» — Adopté. 

M. HsaoN db ViLLBPossE communique de la part du R. P. Delattre, 
membre non résidant du Comité, une note relative à la découverte 
d'une inscription à Cartbage : 

r Daim les derniers jours de décembre , une découverte avait lien 
k La Marea dans le vignoble de l'archevêché. A 1 5o mètres environ 
dn palais archiépiscopal, dans la direction dn Nord et de la mon- 
tagne de Gamart, les ouvriers chargés de défoncer le sol trouvaient 
au pied d'un talus une sépulture romaine formée de deux vases 
funéraires , l'un , supérieur, renfermant les os calcinés , l'autre , infé- 
rieur, ne contenant que des cendres. Au-dessous de ces deux réci- 
pients, on recueillit dans ta terre une patère de terre rouge avec 
plusieurs clous de fer et un miroir de brome, simple disque de 
bronze de m. 096 de diamètre, puis une lampe à anneau ornée 
d'une couronne de chêne et portant au revers , imprimée en ermn , 
la marque : 

LMVNSVC 
CmfattnL 

rA côté de celte sépulture était encastrée, dans une maçonnerie, 
une dalle de marbre large de o m. 3o, haute de o m. 17, à revers 

'•''1 Voir plu» loin, p, 107, le texte in txttnw de t 



Digfedsy G00gle 



lisse. Un espace long de o m. 35 et haut de o m. i35 était seul 
visible. Ou y lisait l'épitaphe suivante : 

FELICVLÀ ■ P ■ LVRI : DEXTRI 
SEB.-PIA- VIX- AN XXV ■ 
H- S- E 

sHatteur de* lettres : o m. oî5. 

Feiicula, PfjMïï) iwî(i) Dextri terva jna eixit annii XXV. H(ie) s{Ua) 

<«)■ 

* Monseigneur l'archevêque a bien voulu me montrer lui-même 
l'endroit de la découverte. Ou y trouve beaucoup de pierres et de 
débris de tuiles romaines qui indiquent les ruines d'une habitation. 

(Jusqu'à présent, on n'a rencontré dans ce quartier du faubourg 
de Cartilage que des sépultures isolées ou groupées en petit nombre. 
Les premiers colons de la ville romaine inhumaient leurs morts sur 
le terrain même qu'ils occupaient. 

» L'ensemble des découvertes réalisées durant ces trente der- 
nières années conduit naturellement à eetle conclusion.» 

M. Héron de Villefobse rappelle à ce propos une tablette de 
marbre, a peu près de mêmes dimensions, découverte en igo3, par 
le P. Drtattre, dans le mur d'enceinte de l'amphithéâtre de Car- 
ihuge, ou elle avait été probablement employée à une basse époque, 
lors d'une réparation. Cette (ablette, chargée d'une inscription vo- 
tive, mentionne un individu qui porte le même gentilice, Cn. bu- 
rin» Abcucanûanm' 1 '!, La présence du miroir de branxe dans la sépul- 
ture est à. noter. On trouve souvent des miroirs dans les tombes 
de femmes en Afrique aussi bien que dans d'autres provinces; quel- 
quefois un miroir était représenté sur le monument près de I'épi- 
taphe. 

La séance est levée a 5 heures. 

ht Secrétaire de la Commiiri™, 

R. Gagna», 
Membre du Comité. 

01 Académie det Intcriptiont et Beltet-Lettrei , Complet rendut , if)i>3, p. lof). 



Digfedsy G00gle 



U FÉVRIER 1905. 
SÉANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

PRÉSIDENCE DE H. HÉRON DE V I L LE POSSB. 

La séance est ouverte a A heures. 

Le procès- verbal de la dernière séance est lu el adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de In correspondance : 

M. Gauckler lui a fait savoir, dans une lettre reçue le matin 
même, qu'il vient d'être fait dans le théâtre de Carthage plusieurs 
découvertes de statues : 

irUne femme drapée et voilée, tenant des épis et des pavots de la 
main droite, probablement un portrait d'impératrice romaine en 
Cérès ou en Proserpine. La sculpture est intacte, sauf la tête qui 
manque malheureusement. Joli travail du temps des Anloains, du 
type dit «pudicité»; 

«Une statuette d'Amour. Les pieds manquent; 

«Une petite tête d'Amour rieur, en marbre de Chemtou, du type 
de celles d'El-Djem et d'U tique; 

«Une tête de faune, qui se raccordera peut-être avec un des 
torses déjà recueillis ; 

«Plusieurs fragments importants de statues colossales drapées 1 . 

«A Upettna, on a trouvé une vingtaine de mosaïques tumulaires 
nouvelles, toujours du même genre, notamment les suivantes : 



Digfedsy GoOgle 



a. (ChffcfM à croix latine.) 
IMHII 
I, Y< E t I I CO 

r y ! v 1 x 1 1 
nui w ii 
« e r o / 1 T ïl 

ME (II l-i-l/ 

KIOIUI 

6. (Chrisnie à croix lalioe; 

deux colombes becquetant 

nu rameau d*olî>ier. ) 



«c. Texte dont M. Robin me garantit la lecture, malgré les 
doutes dont je lui ai fait part : 

IÏUÏI 
H H 
K I V S 
F-VM-- 
F'F'IH 
? A t £ 
B ] XII 
1IIII 
■ I 1 ' • 

"Aie ligue a, M. ltobiu me garantit uaf. Je crois plutôt, d'après 
son dessin , que c'est un F : Kaiendtu M(aia») ou J/(arfùu) , les deux 
points suivants ayant une signification que j'ignore; puis peut-être 
0(o)p(ennu). Il faudra que je voie la mosaïque. » 



Dion»»,,, Google 



M. Roy, secrétaire général du Gouvernement tunisien, écrit à 
M. le Secrétaire à propos de la monnaie signalée le 1 3 décembre à la 
Commission que, pour lui, les caractères du revers ne sont pas cou- 
ilques. mais jnaugfarébins. Quant à la tête du droit, ce serait celle 
du Gbrist ou d'un souverain espagnol; si elle est authentique, la 
monnaie daterait de l'occupation de Tlemcen par les chrétiens. 

M. Gauckler a fait parvenir : 

i" Une note sur les fouilles d'Hadjeb-el-Aïoun rédigée par M. le 
lieutenant Godin du &* tirailleurs. — Renvoi à M. Monceaux. 

s* Un rapport de M. le lieutenant Péricaud sur ses fouilles à 
l'Henchir-el-Gueciret. — Renvoi à M. Toutain. 

3" Une nouvelle tabelU devotùmit trouvée a Sousse. — Renvoi 
à M. Audollent, professeur à la Faculté des lettres de Glermont. 

h" Deux notes relatives à des découvertes récentes. 

M. Gauckler annonce d'abord que M. Cbavannes, horloger à 
Tunis, vient de faire plusieurs nouveaux dons au Musée du Bardo : 

Une lampe antique en argile brun clair, sans couverte, se ratta- 
chant à la série dite rkodiaine, mais d'un type inédit. L'objet a été 
trouvé à Cartilage, sans doute dans un tombeau punique; 

Huit épingles d'argent, les unes intactes, les autres endomma- 
gées, longues de o m. 07 à m. 075 , dont la tête est chaque fois 
formée d'une boule parfaitement sphérique de m. o 1 5 de diamètre. 
Ces bijoux appartiennent à une parure féminine trouvée dans un 
tombeau romain des environs de Mateur; 

Une collection de monnaies romaines provenant d'une trouvaille 
unique faite par un ouvrier italien aux ruines de Metlaoui, entre 
Tozeur et Gafsa. Ce petit trésor se compose de huit deniers d'ar- 
gent et d'un moyen bronze, datant tous des Antonins; enfin une 
intéressante série de monnaies de brome de la tétrarchie, trouvées 
toutes ensemble. 

M. le capitaine Ange, du U° tirailleurs, continue-t-il, vient 
d'adresser au Musée du Bardo quelques objet» recueillis par lui 
dans ses fouilles de ta nécropole pnnieo-romaine du camp Safeattter 
a Sousse, en 190a : 

Deux fragments d'une même statuette dont itowt possédons déjà 



Digfedsy GoOgle 



au Musée do Bardo an spécimen de même provenance, également 
incomplet »>; 

Une lampe punique de la dernière période, coupe a trois becs 
faisant corps avec la patère qui lui sert de base. 

De son côté, M. Renault, architecte des travaux publics, a offert 
au Musée du Bardo une anse d'cenochoé en bronze provenant d'un 
tombeau punique de Carthage du rr° siècle avant notre ère. Le 
sommet de l'anse qui était fixé au goulot du vase se termine par 
une tête de femme à coiffure grecque, peut-être Ariadne. L'autre 
extrémité appliquée sur la panse s'aplatit «t s'étale en un large 
masque de Silène barbu. 

M. Renault a également remis à M. Gauckler un fléau de balance 
en bronze recueilli par lui dans les fouilles du mausolée (et non 
temple, comme on l'avait dit) de Djemajeur, qu'il poursuit en ce 
moment pour le compte de la Direction des Antiquités de Tunisie. 

Enfin M. Gaucïlm commente, ainsi qu'il suit, une inscription 
trouvée au DjebeUMansour : 

«J'ai déjà signalé, il y a cinq ans, en 1900, la découverte faite 
au Djebel-Mansour, dans les ruines de l'aulique Gale», d'un inté- 
ressant monument funéraire en forme de cippe , sculpté de Iras- 
reliefs sur trois de ses faces, et présentant snr la quatrième, la 
principale, une inscription bilingue, latine et néo-punique, gravée 
dans deux cartouches a queues d'aronde superposés, que sépare 
un simple filet, et que surmonte un buste de génie ailé, figuré 
d'une façon naïve et grossière dans une niche cintrée. Je n'avais 
pu, a. ce montent, étudier ce texte que sur des estampages très 
effacés qui ne m'avaient permis de déchiffrer qu'une partie de l'in- 
scription latine, tandis que les caractères néo-puniques demeu- 
raient à peu près illisibles. 

"J'ai réussi, l'an dernier, non sans difficultés, a taire transporter 
le cjppe du Djebel-Mansour au Musée du Bardo, où j'ai pu l'étu- 
dier à loisir; et je crois être enfin parvenu à une interprétation 
satisfaisante du texte latin qu'il présente. Tri été aidé dans ce Ira-, 
vail par les observations de M. Clermont-Gauneau, qui étudiait de 
son côté le texte néo-punique, presque identique au latin, parait-il, 
et qui doit le publier prochainement. 

(" UBIinchèreel O.airckler, ftti.<bafw*/t/flm' l p.i83,n u i*flti3,pLXXÏX. 



Digfedsy G00gle 



«Une première lecture, publiés dans le Butiitùi arcMoltgiqm et 
Comité, 1900, p. 106, n" &6, me parait devoir êlre corrigée et 
complétée de la façon suivante : 

Q_V ARTA-NYPTANIS-FG 
ALESIS-VXSOR- CELERIS 
MNTIS ■ F • SACERDOS-MAGN 
CONDITIV-S- P -F- CVRATORIB 
VS-SATVRVM ROG ATV ■ BRVTI 
ONE MAN1V NAMPAMOr-E 
VALENTE CELERISF-STRV-RVFV 
1MILCONE TVLESES VIXIT ANIS L1X 

Qnarla, Nyptanis J[Xa), Gaktù, tuxor Geler!*, Manti» J(itû} , .«méi 
mag*{a ou vm) conditiu[m] t(ua) p{«eunia) Jleeit), euratoribu» Saiurum, 
Bogalu, Brutione, Maniu, Nampamotte, Valcnte, Celerii J{itio) onJ[ilii»); 
Uru[ctoribut] : Rufu, Imilcaoe, Tultut. Vieil an[n]i» LIX. 

«RK«iBQUïs. — ■ Lignes i-t. La lecture GaU{njti» m'a éUS sug- 
gérée par M. Clermont-Ganneau, qui a pu déchiffrer l'ethnique 
dans le texte néo-punique. 

c Ligne 3. Il en est de même du patronymique de Crfcr, M. Cler- 
mool-Ganneau m'a dit avoir lu : QLR-HMA'NN. Ceci devait 
donner en latin : Manni», et non Manti* qui pourtant est certain. 
D'autre part, Manti» delà ligne 3 et Jfont» de la ligne 6 ne seraient, 
d'après le texte néo-punique, qu'un seul el même nom. 

'Ligne 7. J'ai restitué : STKVctoribu» par analogie avec la 
dédicace d'un temple à Mercure découverte en igoA nu Djebel- 
Mansour, a peu de distance de la basilique et dont j'ai communi- 
qué a l'Académie des Inscriptions PI, dans sa séance du 18 mars 
iao4, par l'obligeante entremise de M. Philippe Berger, la lecture 
suivante : 

Tempiu[m] Mercurio J[eeenmt) eivitas Gatetù, sufeles Arit et jVuni, Cele- 
* ri»J[itius) auj(itiï)i teripsîl Satur, Céleri» jÇilivs), tlrttctore* C. Manium 
et C. Aemiliunt, 

I 1 ' Académie de» Imcriptiont, Complet rendui, 190!, p. 1S7 cl suit*. J'ai fait 
transporter au Musée du Bsrdo ce te«te grave sur un linteau de porte mono- 
lithe h raoulnrttion très originale. 



DigitizedEy Google 



«Plusieurs do» personnages mentionnés sur cette dédicace sont 
déjà nommés par le texte bilingue. 

■Ligne 8- 2Vf»(ti)»w. Le mol, dent ls lecture est encore incer- 
taine, est un ethnique. — vixii a[n]HÛ CIX. Je n'ai pu déchif- 
frer la fin de la ligne, très effacée, qu'en maidant de l'indication 
fournie par le texte néo-punique. Le chiffre de l'âge n'est pas abso- 
lument certain. 

«Voici enfin quelques corrections ou additions à faire a la descrip- 
tion que j'ai donnée du cippe lui-même dans le Buiktm archéo- 
logique, La pierre est haute de om. 79 et non de om. 70, comme 
il a été imprimé par erreur. 

■ La prétresse figurée sur la face latérale de gauche est debout sur 
un socle! 1 ), rue de face, les pieds tournés de profil à gauefae. Elle 
porte une corbeille en équilibre sur la tête, tandis que de ses deux 
mains dressées, et qui me paraissent soutenir le récipient, elle 
présente deux épis. Elle est coiffée à la mode africaine, avec les 
deux courtes nattes habituelles encadrant la tête de leurs courbes 
divergentes qui retombent à droite et à gauche du cou, sans 
atteindre les épaules. Son costume se compose d'une simple tunïqne, 
sorte de sac, à manches, serrée à la taille par un cordon. 

a La corbeille renferme sans doute la nourriture des deux serpents 
sacrés, deux grands pythons, dont les têtes affrontées se rejoignent 
au-deasus du récipient, et dont les corps ondulés descendent à 
droite et a gauche, encadrant, de leurs courbes allongées, la prê- 
tresse. 

k Celle-ci reparaît sur la face latérale de droite, mais sans les 
serpents, ni les épis. Le motif est d'ailleurs fortement endommagé, 
de même que celui de la face opposée à celle de l'inscription. Ce 
dernier présente à la partie inférieure un large cratère, ou plus 
exactement un ozybapkon à deux anses, posé sur une tablette a 
trois pieds, et surmontée d'une sorte de fronton en zigzag sur 
lequel reposent en biais deux génies ailés. Ceux-ci , s'inclinant tous 
deux vers uu second oxubaphon placé au centre, semblent vêtus d'un • 

'" La présence de ce auele m'avait d'abord fait supposer que le W-relieJ repré- 
sentait, non une prétresse, mai* une statue de la divinité elle-même. Dana n- 
c.16, l'on l'expliquerait mieux la présence dei deux motifs a peu près identique* 
figuré» aar lea lac** opposée». Ce aéraient lee image» de ami deenn étroitement 
unie* l'une i l'antre, comme Démêler et Cor*, le» Certru. 

\bc»(dlaoic. — V 3. g 



Digfedsy G00gle 



nwLuuut troi léjçer, d mit on ne distiitgw piiu guereque la «eînture 
qui la fixe à la taille. 

■ «Somme tonte, <teoippe,'ri'a&pecl tout à fait-barbare, a pour nous 
tout lUntnrêt d'une aatfiptaro indigène, le lapitùm qui « gravé tVpi- 
laphe bilingwe et ciselé les bas-reliefs, n'ayant eubt que dans une 
txirt faible mesure l'influence de l'art gréco-romain, de Hsjâme <qve 
l'architecte qui avait construit le monument funéraire, tmé Umm , 
abritent Le cippe de la prétresse Quarta. Quant au culte officiât et 
municipal dont celle-ci «Hait obligée de célébrer iee rites, c'était, 
à eu juger par- lei attributs et l'attitude qui lui Beat donnée turtea 
«L*ut bas-reliefs-, celui de in Çetm AJrkmn, bu plutôt des' Ctrtm, 
Déméter et Gora, dont le culte s'était confondu à Gârlhegc avec 
celui <le la phénicienne Tanit. 

«La date de ce monument funéraiee se rapproche certainement 
beaucoup 4e celle de la dédicace du temple de Mercure, construit 
par les- soins de quelques-^ us des membres de la famltte dé la prê- 
tresse. Quarte, femme de Celer, au temps où la riwihw Ga*(»)*t» 
était encore administrée par des suffîtes, comme d'aliïeurs ta pin- 
part des petites viakes agricoles de la même région "I : selon toute 
apparence, A la fin du premier siècle ou au commencement du 
second siècle «te notre ore. * 

M. \V nih«, eorstwposdaal du Comité, *eovmmnfue ta photo- 
graphie d'une inscription sur base de statue qn'lr vient de trouver 
à Cherche! : 

SEX CORNELIO 
EVCAHRIANO 
MVNICIPIV-M 
HADRIANVM 
DROBETEN&H 
EX DAC1A 

M. Uàbklon lit le rapport suivaut : 

«La pièce de bronze communiquée par M. Gauclder est, suivant 
mai, une monnaie ancienne et authentique, mais retouchée a une 

M IX la liste <«*b i» lisnnoe de txtt àU* de U !■%!•« «U Pal» Atas fe AiNtlt» 
ayehëolagique du Comité, i&yy , p. i 63 et sut*. 



Digitizedr.y G00gle 



époaaw récent? sur l'une de se» iàees , par un aoiisau d nirleura pou 
babile, et du fait de ces retouches, sans intérêt ni voleur. 

: n L'âne des tues, -—«elle qui, je crois. uVpai subi: de véritables 
ratonones, nais iBuleumnt un nettoyage à la pointe, — a miMered 
intatda m ancienne légeade arabe qoe les snéeinustea traduisent t 
Frappé • Titmctn. L'autre coté de la médaille portait originairement 
aussi des inscriptions arabes, sentences empruntée» au (bran, -soi* 
vant l'usage. Mais le faussaire a fait disparaître ces légendes à la 
liai»; les traces du .travail à Ja lime soett encore parfaitement raobn- 
naaaiahks, marne saaa le secours «le la loupe. Au milieu du.chaaap, 
le métal n'a pas été limé; dans cette partie demeurée en relief, le 
faussaire a gravé a la pointe et à l'acide une tête de face, barbare, 
dais laquelle il parait atoir voulu représenter soit un Jupiter 
Àaamon «vec les eomes de bélier (les cornes ne sont pas cer- 
taine*), aoù. nae léte de Christ, soit plutôt une effigie iupirée de la 
téie de face de l'empereur Héraelias, telle qu'os (a voit sur les 
pièces d'or byzantines. 

s Conclusion : il n'y a aucun parti scientifique à tirer de cette 
pièce, qui doit être reléguée parmi les «porta. Une pièce authentique 
de ce genre avec effigie , et frappée à Tlemcen , ne saurait exister, » 

M. Causât dépose une étude sur les inscriptions trouvées en 
Algérie au cours des. fouilles de 190&, qu'il a demandée à M. Careo- 
pino, membre de )'Ëcote française de Rome. Cet|s élude est des- 

M. Biucrum enfoifl pour l'impression an rapport de H. le com- 
, mandant Hanneto sur les fouilles que cet officier a dirigées dans 
les ruines du Gnpitole de iSe£-«rmei(rIencsir-Raratt), en les accom- 
pagnant d'une introduction. — Rapport et introduction seront 
insères au Bulletin^. ■ 

A fç propos* M. Saudin rappelle que M. Couderc de Fordpngue, 
capitaine du génie, qui a exécuté des fouilles à Segtrmes, il y a 
quelques années, a signalé au Comité 1 existence, dans cette ruine, 
d'un édifice qu'il a exploré en partie, et dans lequel il a reconnu 
laystasice d'uni grand radier en .cbaïpe» te sur lexpiel reposaient, les 
fondations du monument. Il serait iat&essajut d'y voir poursuive* 

0) Voir p)m Ma , p. a 1 8 , te tait* m trienio de «tte fti.de. 
a ' Voir pin» tui , p. thé, leLrate m a*ttht» de ce raptwrt. 



Digitizedr.y G00gle 



des recherches, afin qu'on puisse se rendre compte exactement do 
mode de construction de ce radier dont les pièces de bois sont, 
paraît-il, dans un état de conservation remarquable. Une étude 
exacte et détaillée de ce mode de fondation dont aucun exemple 
antique n'est parvenu intact jusqu'à nous, serait très précieuse au 
point de vue archéologique, puisqu'elle permettrait un commen- 
taire exact du texte de Vitruve a ce sujet. 



Parmi les inscriptions dont M. Gsill a fait parvenir les e 
pages pour la préparation du supplément an Corptu ù 
latùiarum. figure la suivante qui provient de nfrikeb-Thala (Mam- 
madet). Elle est gravée sur une pierre longue de 1 m. 06, haute de 
o m. 73 , en lettres de dimension variant entre o m. ok , o m. o3 et 
om. 09. La pierre avait été employée par les chrétiens dans une 
église, comme couvercle d'un coure à reliques placé sous l'autel. 
Elle a été trouvée par M. de Monlille, qui en a envoyé l'estampage 
à M. Gsell. Celui-ci a lu ce qui suit : 



I D E O P L V T_0 N 
PRO SALVTE • D ■ N ■ 



< ■ A V G ■ S A C 



c • v al ër i v's •' V\ l ë n t n v s '■ wmtàmm 

TEIyPLWI • MObCWt ANtQ.V\ VET*»^ 
DEDI\ DIL.ÇSNVt WLIATO SPATIO COLYrtHS 
CATW1 ET reçus DWBVS PIC TVkS ORNATW1. 
VI ■ KAL- PECVNIA SVk E X ■ «& fe VII - MILD N 
A SOLO COEPTW PERFECIT ET DEO 
VICTIMIS REDDITIS ET POPVLABaS 
EPVLO EXHIBITO STATVT. *" TIM 
PERPETVO EPVLO ANNVO SAcERDOTI 
BVS DEDICAVITCVRAAGENrô CLOLUO HO 
NORATO ET-Ci-SEPTIMIO VITALESAeERDOTIB • F-C- AC 




Lignes a et 3. Les noms de l'empereur martelés doivent être res- 
titués : P. Zàwri Egnati Gallieni. 

Ligne 8. Au lieu du chiffre D après le mot MIL et avant le der- 
nier N, on avait d'abord gravé un N qui a été surchargé. 

Les consuls sont reux de l'année ?65 âpres J.-G. 



Digfedsy GoOgle 



H. Todtaih dépose pour l'impression dans le Bulletin une note 
de M. Gouvet sur diverses poteries et lampes romaines trouvées 
dans le Bled-Makrassi , entre Sfax et Gafsa (1) . 

La séance est levée à 5 heures. 

Le Secrétaà-t de la Commiition, 
R. CiOMAt, 

Membre du Comité. 
"' Voir plus loin, p. 1 1 1 , k texte tu HtfUM de cette communication. 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



21 MARS 1905. 



SEANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

t>HÉSIÎ)KNCË DE M. HÉROS t)E VIUEFOS'Sr'. 

La séance est ouverte a A heures. 

Le procès-verbal de ta dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

Le Gouvernement général de l'Algérie a fait parvenir la troisième 
livraison de VAtku archéologique de TAlgirie, par M. Gsell. 

M. Gauckler fait connaître la découverte d'un atelier de poteries 
chrétiennes à Henchir-es-Srira : 

"M. A. Deniau, colon tunisien, vient de découvrir, à 17 kilo- 
mètres à TOuest d'Hadjeb-el-Aloun , sur le flanc Est du Djebel- 
Mrilah, dans les ruines désignées sous le nom A"Renekir-e*Srira sur 
la carte an 1 00 000*, un groupe d'établissements de potiers ro- 
mains , renfermant encore dans leurs magasins de nombreux appro- 
visionnements de vases, plais, lampes de terre cuite qui n'ont 
jamais servi. Les fours semblent avoir été abandonnés en plein 
fonctionnement, à la suite de (roubles ayant bouleversé le pays, à 
une époque qui ne me parait pas, à en juger pur la qualité de la 
terre, la forme et l'ornementation des vases, pouvoir être reportée 
avant le règne de Constantin, ni après l'invasion vandale. 

«M, Deniau a bien voulu me remettre, pour le Musée du Barda-, 
trente pièces choisies parmi les plus intéressantes de celles qu'il a 
recueillies dans ses premières recherches. 

» Je l'ai 1 ivemont engagé à continuer celles-ci et à relever le plan 



Digfedsy G00gle 



ct^le^dwdiveraea fabriqua* de potiorsgrtupfes àceteudwiil', et 
des ruines tsuj lm «rbiainent. 

«Los vases retrouvés sur place aOat pr*.*r»ti tons bràss 1 lu plus 
grand nombre n'atîn». aucunu particubu-im remarquable. Le seul à 
cite* ju*i|i('i«i est'** fragment dVntonmoir hénùsphériqv* t«tt un' 
goolot ceatral. Il praeeatkesur « «bavairté i d'une part*' datt-tniu* 
rapprochés où l'on pouvait passer un lien qui permettait de le sus- 
pendre et, d'autre part, un visage humain, d'aspect mot barbare, 
surmonte du croissant et grosù&emfluj. figuré en pa*t*llage< . 

«Les lampes sont très nombreuses et 1res variées rie types. Elles 
sont presque toutes faites de cette terre rouge, très compacté et très 
solide, qui caractérise les poteries de ta période chrétienne : la 
forme est massive, plus haute et moins régulière que celle des 
lampes païennes, moins allongée que celles de l'époque chrétienne 
proprement dite. La queue est tantôt pleine, tantôt forée. Au pour- 
tour se développe toujours une guirlande d'épis, de stries ou de 
rinceaux. Au centre, entre deux Irous forés pour l'aération, appa- 
raît une figure moulée et non appliquée en pastillage, comme cept, 
au' contraire, le cas pour la majeure partie des lampes chré- 
tiennes. 

«Le motif est tantôt païen, tantôt chrétien. En voici la liste: 

«Dwvùtét païennes. — Buste de Sérapis ou d« fiant!) hKh d'un 
caiathos, ceint d'un bandeau et tenant de la main gauche un pourt 
sceptre se terminant au sommet par une boule; terre brunâtre trop 
cuite. La lampe est crevée a h> partie inférieure : c'est uu .raté. .■ 

Auffle raté (trop cuit ; 3 Augmenta de lampes défoncées etsouoVes 
l'une a l'autre. , 

Buste d'Hélioa radié, a gauche. 
. Bus^aVEruwtrpine,, i droite. Aftwvara, *roiii«*\ ( reilea'i appii- 
qttée^re^,wup,siir.unap«iajeUaen.ûri}*t, 
. iHuafÉ. de femme , . à faucheu 
; Baçchn^nu,,t«na»t.|e thyrse «Vunagrappftde. faisan < ■ 

Femme que, ,qu enfant potoià , .passant « droite, Unoat — s)«— i| 
rqnna.at one -, bandelotte. Binaeaiu nu pourtour* ■ An rare», M 
srnenusnt. rapp^iaat, par sa foi'RM, imiYi 

,, A;u,tre,. ana}ognq, mais d'un moula dilïiwnt; épi» an pourtour. 
An.reifBis,,un r 8Îm|4e,twU ...... ' 

Amour assis a usuche-, sujet Basât, flffaflé. r . 



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— CLXVUI — 

Amour assis à droite sur nn tabonret, présentant de la main 
droite un objet indistinct, peut-être une colombe. Au revers, M. 

Amour debout, tourné à droite. 

Personnage debout, a droite, vêtu d'une courte tunique et qui 
semble un charpentier en train de tailler une quille dVmnarcatkm. 
Au revers, ABCT, la quatrième lettre douteuse. 

Animaux diven ; 

Lion galopant à droite; qneue pleine. 

Sujet analogue; queue forée. 

Cerf galopant à droite. 

Lion galopant a droite. 

Cheval galopant a droite. 

Lévrier galopant a droite. 

Chien courant à gauche. 

Monstre à grosses griffes, se ramassant pour bondir. 

Coq très grossier, à droite. 

Lièvre (î) très grossier, à gauche. 

Fragment de lampe sur laquelle était figuré un lion couché, en 
fort relief, épousant le contour de la lampe et tenant lieu de 
poignée. 

Ornements divers : 
Chrisme de la forme constantînienne. Au revers, palniette. 
Rosace. 

Autre rosace, avec croix en relief au revers. 
Lampe plus grande que les précédentes, de la forme dite de 
transition, sujet indistinct. Au revers, croix en relief. 

r Enfin les pièces les plus curieuses de la collection' sont deux des 
moules qui ont servi a fabriquer ces lampes : ils sont tous deux en 
plâtre asseï impur, de forme ovale, longs de o'm. t5 a o m. 16, 
larges de o m. 19, épais de m. oi environ. La guirlande de 
pourtour fermée, d'une part, de stries, et de l'autre de rinceaux, 
cet encore très apparente; par contre, le sujet central est malheu- 
reusement plus effacé et ne peut être déterminé avec certitude. 

«Ces deux moules avaient été choisis par M. Denian, au milieu 
d'une quantité d'autres, qu'il m'a promis de recueillir a notre in- 
tention a sa prochaîne visite a Henchir-es-Srira.n 



pigfedsy Google 



M. Gibcueh innMce également que des feuiHea continuent à 
El-Bjem et il Honchir-Chigarnia (Uppenm). A Bl-fljem, on a décou- 
vert de» mosaïques. L'une représente , dan» un encadrement formé 
de rinceaux de vigne s'échappent de quatre cratères placés aux 
quatre coins, quatre sujets : le principal est un triomphe de 
Bacchos sur un char attelé' de tigresses; les trois autres mon- 
trent des panthère* et un Amour chevauchant un tigre. Une autre 
mosaïque te compose d'une trentaine do merlHifions renfermant 
chacun une tête différente. 

A Upfemm, e* a rencontré de nombreuses tombes chrétiennes 
avec inscriptions funéraires. Celles-ci sont renvoyées a l'examen de 
M. Monceaux. 

Enfin M. Gaccilib envoie un rapport sur les travaux exécutés 
par lui à Dougga en igo& : 

■ rLes travaux, dont j'aî constamment conservé la hante direction, 
ont été conduits sur place, avec la compétence et le dévouement 
que l'on connaît, et au prix de très grandes fatigues, par M. Sa- 
dooz, inspecte)» des Antiquités et Arts; il a été- secondé dans sa 
lâche par M. Bertagnolio, contremaître du Servi» des Monuments 
historiques d'Algérie, dont M. A. Ballu avait bien voulu, avec sa 
bonne grâce et son obligeance habituelles, dodb assurer la. colla- 
boration. 

«Le programme des travaux comportait trois parties i en pre- 
mier lieu, la consolidation du Capitole suivant le plan qui naît 
reçu l'approbation de la Corowisaion de l'Afrique du Nord ; 

* ■' Le dégagement des abords immédiats dn temple et de ta 
place dattes «ni s'étendait a l'fiat; 

*3* Latinise en état du temple de Gmkttin 

■ "La première partie de ce programme a été accomplie dételle 
façon qu'il n'y. aura plus, je l'espère du aisinn , A y revenir. Les 
mars de la eeUa ont été relevés d'après les dispositions exactes 
qu'Us présentaient encore an siècle dernier, et que noms ont fait 
connaître les dessins de plusieurs voyageurs anglais. La porte de la 
eeUa, solidement encadrée, ne court plus aucun risque. Le portique 
du temple, désormais agrafé à la masse inerte et compacte de ta 
ttttti par de solides tenons de fer forgé qui enserrent l'entablement. 



Digfedsy G00gle 



œ peut plu* obcHIcj!' aous lapw tft éa t des ompam ;■ par anlte j 1e» 
coloBflw ne fatiguant plut à U base a» seflrhardai pkia & l'awHirJ 
Enfin, i no» sowUges ayant aanfinné i'«MCtil«il* dearoiftigmwhema 
nessimiatea cawignés pu M. Saiadin «buts m» Secekd twpjmi < wr 
ww hnmw archMcgique an Ttmitie, en M -fui «gmoem& le mawtaii 
ét»t,du soubassement, au coin gauche du lescalUniçui. préoeAe IH 
paitique, Bons h «lionne d'angifi, qui «fcail la.pl».j«o>aféet *&** 
avoua «Wrepù» el mené à bonnes», ssiuiancun tassement , 1* tàcea» 
difficile de reprendre en sous-œuvre tout l'wgU gaudse «Ui.soabt*- 
sèment et,.de remplacer les Ueçe 4li'avai«it,déc#mf*8éa.ielBu.et le 
fupaierdes bestiAO** pw de.aotidea misses de pièce» j)«|lmine par- 
faitement ajustées. '■' .' 
nPar contre, nous avons poussé activement le déblaiement de la 
place latérale dallée qui commence, devant le , sanctuaire* &e. .pro- 
longe à sa droite en se développant, et *e.termine à l'Bst.jfln un, 
hémicycle à trois degrés, dont les fouilles de 1903, conduites par 
M. Merlin, laoan avaient révélé . raitttem-e. U }Aace «He-toféme a 
été y oa ej n e. entièremeart défrayée c a« Sait, M- Sftdottt: » retrotrré' 
toute Une série de compartiments, dallés es séparée fir de» cfcaU 
son» «le pierre qui la bordaient sut lasls «a tofjgwsu>! au fowrj' 
t'bnnwnpcléys'adoaw h tin Imposas* «moumflHfv 'p'tloR di Mais; «* 
qni semblé 1 bien aètévieur h fiustaJfeta»*>dtf'EWuiii bcMb) MaVvy 
Aarite.lU'MWStayuiirufti^^BVinBeaibiiaSèinWrt à saper** bos^ 
sages, et il sera difficile de dégager le monument lui-niémev 1 dflHt> 
l'emplacement :esf actuellement «ceupé par une 1 mal»» arabe et la 
maaquna-dn tallagei H semble: qn<* t'est à «éltfe «oneHùatMll qu'il 1 
faille rapporter In dédi«*ce du tempe* eobaiere * ta fortune Atf-' 
gdsWt àVéhun,Alai€cmcbfdB)l Mewbre-Angawat, p/nl fat construit 
en l'an 119 de notre ère, la troisteantlaniuM «du -'tègm dfWdH**i! 
par Q. Uartius Severuevpaarbn d» jmr**ièt deia'wiirfBas^deîAùgya. 
La première partie de ce texte important a été découverte en 1 903 
et tptobliée. pac M, Mariin' 1 ^ leso>na, fragments r»e<TftjUs1liU -eWic- 
tenJentvejur la tenaisHait eut étéHrauvés far- nouVek jnifl et' 
oetbÉwe igoà^etpae pertoetteaU dareebnstitaeri riens «on eneemMev 
d'euha aianàewe tant afait>prértwej «tt*fcelteiwiK*ipliôtij ftte-ide4> 
phialanoiaonniet dba^n<cajinie4te»4el!é^giaphi»tkjggeiMb3irii«>.' 

a. s*-«t<t<a.i.,n' H. 



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» L'hiver qft* ftûua venons' de mibir, le plus rigoureux que, de 
M«>tiOM»4'iioaudeti'fl4 ait encore eoneUI^ e,a Tunisie* s'est chargé 
de dé— ntrflr l'utilité «tU bonne exécution, des traxam. accomplis 
« 19*4. If naveUgB du Capitule de Thiujgo peut être aujour- 
d'hui coottdéré t#m*»« Meure. 

•V Voto.p«kvew donc maintenant noya risquer, sans, cooir 
praMItre ,1* «teatlité du. taunumeni luiTinetie, à en dégager les 
a4»fd*.Eft i^4»lete^pMea(4ideb*x;ni»aeh WT, trou), ©V sf» faces, 
d» l'épi i a w BOmhn de .«ÛeonibweB , atteignant parais 4 mitres de 
hMatopr, qui, l'enveloppait et. meeqtuût enhjèreraimt le soubasse- 
ment* A l'fiat flt au Nord, le dallage antique «.été retrouvé, à, «a 
bas», Ltf porte «intree d» la citadelle bymotioe, qui a'ou,vrt encore, 
iataett sur Ie«eU Nord, iHwqédiaLeweut À .sajucb.»,- du, Capitale,, a, 
été dé ft t ta atraéV .e£ per i^eUra d établir k travers le nuiç byzantin 
la wie DaMKtiUe.qui servira. a* déiHaiwçwL de : la partie, du Féru,», 
qi'twerreat le» mura de i* forteresse. Pour le moment, nous 
avons dû renoncer à perte* neM'S effort de ce cûté, cac le lerxaju 
erte«cenéo«uj*éu*tf une. amande ferme, indjflèwe qu'il faut d'afiord 
eapiapûet; usai awMuwufl» laissé en place les terres, accumidéps 
à kbwe da GflpiWle sur k face Ouest, pour éviter de créer, 4 cet 
e*drott-*ftdaaqus $uw écoulement passible, qui aurait ftflauilié, le 
»oli -Noue a*u#so«ine* contentés de .ijépgecj'escalier qui descend 
àfs«cWdH isMpki.w Uavail a .(ait découvrir;, «pi Nord djjs degréa, 
M*V»dele «M#sif qui Bet:.adia/:Bnf au, so usasse tueut, du portique, 
wu4 sa«s Ji*,&r& «eco^,, ti dquL.Ift.deft^atvoqi^'a pu ê.ire fincpre, 
p#é«^tvG* w p*Ht!«Mi« ■ i^n .pi^de^al d? «latin; cploswde,,car il est 
éntd*>«n.««Btfl- C* M,|miL,élfi). unn, . tribune ^ car; U, faudrait un 

aatdof>e«,MlM «ettij duf*fufft,de„^j-feie.t i devait, sqrv,ir, au n^ine 

*»•*" ■! "! ■ 1 ■■■ n . 1. ....-:■. , .-, I. 

. .*Eb£ùv»«i IVArddeJst pl&OQ; Bftttf &¥ons,d£cp«.yert,et désfl^daas 
w*njieaiier, ! wi,.SûWiVeaB,s^uaHajiR,, di'uH, type original, elt iftédit, 
Vrèféiè d'ua.pprtiqua de. dix colonneji, qui borde,e»aclpip^t,(a 
pUfce.-aMesWftjlefl quatre flUaréd plongeant çeu* de.l'l^^icjjp^ , 
te temple se compose d'une cetla cwlraU,. rectafUgi^laife,. qjift.^r; 
mail une porte dont les gonds et rainures subsistent, et au fond de 
IftejueU&.fl'ouvfwtuUue^i^nde nipue, ahnUut.sans dou^ le statue 
de. la>.dmniteVpuia,i à droite ,flt,^,ganc4)r de deux ;%^ jdus.seiifas 



:igtz S d 3 yCOO^[e 



et de plan différent; chacune d'elles forme une demi-rotonde cin- 
trée, n'ouvrant sur le portique par une large baie, entre deux 
colonnes de superbe marbre rouge, veiné de quartz émeraude, el 
munies également, an fond, d'une niche de statue. Le col était 
dallé de calcaire bleuâtre; les murs étaient plaqués de marbre; les 
voûtes, stuquées, étaient ornées de rinceaux en bas-relief d'un joli 
travail. Dans la alla de gauche, a été retrouvé on petit piédestal 
avec une dédicace à Ma-eurbu Sântu; sur le sol du portique gisaient 
plusieurs débris de la frise d'entablement, portant diverses parties 
de la dédicace. Celles-ci , se raccordant plus ou moins exactement, 
complètent les divers fragments trouvés en 1909 «a même endroit 
par M. Merlin; elles m'ont permis de reconstituer le texte dans son 
ensemble et d'identifier le sanctuaire. C'est un temple à Mercure, 
construit sous Marc-Aurèle, par Q. Pacuvius Saturas et ss femme 
Nahania Victoria :1e premier, augure de la colonie de Carthage, et 
fl aminé perpétuel; ta seconde, flaminique, comme exécuteurs testa- 
mentaires de leur fils, M. Pacuvius Félix Viclorianus, et aussi en 
l'honneur de leur propre flaminat perpétuel. 

«Le temple de Mercuriut Sîhiu* fait partie intégrante dos monu- 
ments du Forum : toutes les particularités de sa construction prou- 
vent qu'il a été bâti à la même époque que le Capitale et pour 
concourir au même ensemble. À-t-il été établi sur l'emplacement 
d'un sanctuaire plus ancien, remontant a l'époque où Tkugg* était 
la capitale d'une dynastie indigène, au second siècle avant notre 
ère? La découverte en cet endroit d'une dédicace bilingue, libyqne 
et punique, relative à un temple de Masinissa divinisé, et d'nne 
inscription libyque encore inexpliquée, permettrait de le supposer. 
Aussi ai je résolu de procéder pour le Forum de Dougga comme 
les Italiens le font actuellement pour celui de Rome , et de soulever 
le dallage de la place établie sons Marc-Aurèle, pour relever le plan 
des subBtructions antérieures , qui ne peuvent manquer de présenter 
un grand intérêt et nous réservent peut-être de eurieuses décou- 
vertes. Ce sera la tâche des rouilles de tgo5, qui doivent en outre 
achever le dégagement de la place en hémicycle du coté Sud et 
rechercher le ou les monuments publies qui la bordaient et fai- 
saient face au temple de Mercure. 

*3 U Enfin nous avons abordé en 1 904 une nouvelle tâche, qui 
est déjà en bonne voie d'achèvement. C'est la mise en étal du 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



temple de Cadmù, dont le» innombrables morceaux d'architecture 
gisaient à pied d'oeuvre dans un lamentable chaos. La principale 
difficulté', arant de relever les colonnes, était de déterminer la 
place exacte qu'elles devaient occuper, soit dans le temple lui- 
même, Boit dans le portique circulaire qui l'entoure, développant 
son vaste fer à cheval autour d'un témenot a ciel ouvert. Apres de 
minutieuses et patientes recherches, H. Sadoux est arrivé a pré- 
ciser d'une façon certaine toutes les dispositions architecturales du 
sanctuaire. Le temple central était périptère hexastyle; le portique, 
diptère, comportait trois rangées de colonnes, la première de six, 
les deux autres de quatre. Toutes les colonnes du temple, une 
grande partie des colonnes du portique de pourtour ont pu être 
remises en place sur leurs bases, et le pilier de la porte d'entrée 
de gauches été entièrement reconstitué avec deséléments antiques; 
même la statue qui l'ornait a pu être replacée dans sa niche. 

«Le résultat le plus important des recherches de M. Sadoux a 
été la découverte, à l'Est du temple de Cadeau*, en avant de la 
porte d'entrée misant face à la ville, et attenante a elle, d'une 
longue construction rectangulaire que bordent des bassins a ciel 
ouvert, rangés à droite et à gauche de la voie dallée qui conduisait 
au sanctuaire. Ces bassins étaient alimentés par une canalisation 
partant des grands réservoirs publics placés un pen plus haut et en 
arrière. Il semble bien qu'ils faisaient partie de ce nymphée, dont 
MM. Carton et Merlin ont découvert une partie de la dédicace, 
brisée en morceaux nombreux et dispersés de tous côtés. Il faudrait 
entreprendre un déblaiement méthodique de tout le monument 
pour s'en assurer. J'avoue que j'hésite encore à m'y résoudre , car il 
serait indispensable pour cela d'arracher bon nombre de ces oli- 
viers séculaires dont les troncs tourmentés et les frondaisons touf- 
fues donnent tant de charme et de poétique couleur aux ruines du 
lemps de CaeUatU qu'ils encadrent. 

ir Tels sont les principaux résultats de notre activité à Dougga en 
1 90A, an point de vue monumental. Les découvertes épi graphiques 
que les fouilles ont amenées sont nombreuses et importantes, ainsi 
qu'on en pourra juger par le mémoire détaillé que je joins à ce 
rapport. i> 

Ce mémoire sera imprimé au ituuefcn'". 

ll) Voir phtt loi», p. *8o, le bute in «xtatao de ce rmSnoiro. 



Digfedsy G00gle 



M. Héhok tu Vittsrosst «mmwijlque, de lu part 4n £. I 
les copies de deux inscriptions froitrtes i^Mtteat'à't'ainriiHfaiaart, 
de Carthage : 

«\. Sur une des ejtréjnitésd'uij marbre rectangulaire haut de 
o, ra,/>7&, large de o m. 16 et Jong de 9 m. a$', inscription 
gravée en petits caractère* très réguliers, dans un cartouche linut 
de n. 06 el large de ni. |)5. 





AEMIUVS 


-nui 


GENIÀNVS • 


ET-POM 


PElVS ' SISIN NYS. 


qVTNT A S 1 


■ V ■ s • 



cr Hauteur des lettres': elles RttsfgUMt at -peise 1 esnabsatortià la 
première ligne et sont -plus petites encore au* autnes lignes. 

«La face supérieure dit marbre, a w*t»s da-o n..M de iîaréta 
antérieure, a été creusée Sur une longueur de am. il «tune iar> 
geur de m. 07. Cette eieavatlon est lectnigulaire et profonde 
de o m. 007. TÎIle est en partie remplie du plomb >qui était «ni 
sans doute a 7 fixer une pièce qni s'élevait au-aVeaiu du r 
peut-Sire une statuette. ■ • 

«2. Sur un' 'fragment 4e plaque 'de «arbre ïAant à irai 
bleuâtres, 1 à tranthe inférieur 1 » bien dnssaéo, épaisse da ai m.t 
à revers "brut, on lit le 1 commencement des trois dnrniaPae lia. 

d'une autre inscription votive : ■■■■-■ \ 

vof o ■ p-wtSi 

«Lettrés Men' gravées, hautes de o m. «86. » ■ -■ 



M. Moncbaui fait un rapport sur une eommunication de M- 1* 
lieutenant Godîn : «Cet officier B>enfoy»é une'nete intéressante eur 
la nécropole d'Hadjeb-el-Aïoun, dont il a fouillé plusieurs parties 
dans l'été de îyon. H ya étudié aveeaaia les divers geart* de sé- 



Digitizedr.y G00gle 



pulbires : tombes à incinération, restes de mausolées, tombes 
païennes à inhumation, tombes chrétiennes. Il y a découvert une 
épitaphe, une merua funéraire, avec des images de plais ou d'usten- 
siles figurés en creux, une tété sculptée en relief, provenant d'un 
couvercle de sarcophage, quelques monnaies, et un assez riche 
mobilier funéraire, surtout des lampes et des vases de types très 
ï tff^, A ^^^VW^P^J°*^ e *'4tWi D 'W« 1 l e ^ 1 ^ ■ojfoée#,.4Hi 
sont réunis des plans de tombes et divers dessins. Ces deux 
planches, comme la note de M. Godin, nous paraissent mériter 
d'être reproduites dans le Bulletin^.* 

M. TocTiiH lit ta note suivante : 

irLa Commission m'n renvoyé' deux travaux : 

im° Le rapport de M. le lieutenant fîéticaad.fur- l*a fouilles 
faites par lui dans une ferme fortifiée du Sud Tunisien {massif des 
Matmala); 

ta" Le commentaire écrit par M. GaucUer sur les découvertes 
de M. le lieutenant Péricaud. 

«Bien «prtl y art dans les dwax études des renseignements com- 
muns, je propote l'impression des déni notes en mt eefA et même 
«stick. 

« Un plan tout à fait précis et clair a été dressé pif M. le ileu> 
tentât Péricaud. J'en propose égalemestl la puMicalion W.n — 
Adopté. 



La séance est levée à f» heures. 



Le Secrétaire de la Gmuaimon, 

A. CMMWr 



" Voir plus loin, ji. 170, le telle in txtttuo de celle communication. 

<> *Uir )>)i» -M|n, p. *F«j, le feitl) in f*dmtnde celte eumaitmirafi on. 



Digitizedr.y G00gle 



SÉANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

PRÉSIDENCE DE H. HÉRON DB YILLBFOSSE. 

La séance est ouverte à h heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

Les ouvrages suivants sont offerts par les auteurs au Comité 1 : 

Enquête sur k* installations hydrmUa ues romaines en Tunisie ( tome H, 
fascicule m), par M. P. (iauekler, membre non résidant du Comité; 

Mégalithe tle Bougie, par M. A. Debruge, correspondant du Mi- 
nistère, a Uoegie; 

L'homme préhistorique sur Us hauts plateaux de l'Atlas {Aimait'}, 
par le même; 

Abri sous roche, à Bougie, par le même; 

Compte rendu sur les fouilles de divers abris «ou* rocht de» aiguattn 
(Bougie), par le même; 

La parure dans l'extrême sud, sur les hauts plateaux de F Ados et sui- 
te littoral algérien, à l 'époque préhistorique, par le même; 

La n è era p sle des Bais, prêtres et prêtresses de Carthage, par le 
K. P. Detattre, membre non résidant du Comité. 

Ces brochures, seront déposées à la Bibliothèque nationale cl 
des remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. Bertrand, conservateur du Musée de Pbïlippcvillc, annonce 
les découvertes suivantes : 

« i° On voit dans la propriété de MM. Auguste et Lucien Laf- 



Digfedsy G00gle 



fond, située a Lannoy, arrondissement de PhHippeville, à ho kilo- 
mètres lie cette ville, les mure rasés près du sol d'un grand édi- 
fice de l'époque romaine. Ces ruines ont servi, à une date plue 
rapprochée, mais cependant sous la domination romaine, à édifier 
dans l'enceinte de la première construction une autre moins spa- 
cieuse et qui a dû servir au même usage, c'est-à-dire probable- 
ment comme établissement de bains, ear l'eau, y était abondante. 
«A l'issue d'une sorte de bassin se trouve une plaque de marbra , 
très détériorée et percée d'un trou pour écoulement d'eau; elle 
porte l'inscription suivante : 

DMS 



• 0VS (I) 



IANVAR.IVS 
VAXXU1 MV 
B M P F 

«A deux ou trois mètres de ces ruines, en pleine vigne, se 
trouve un tombeau dans lequel ont été recueillis un bracelet et une 
boucle d'oreille en bronze, que MM. Laffond ont bien voulu nous 
donner pour le Musée. 

r 3* En creusant des trous pour plantations d'arbres dans la 
propriété de M. Lesueur, qui recouvre l'ancienne nécropole chré- 
tienne de Ru&kade. on a mis au jour on cercueil de plomb , conte- 
nant quelques ossements ; longueur; a m. 10; hauteur; o m. 70. 

<rLes feuilles de plomb sont assez épaisses et rabattues au mar- 
teau; le dessus, en forme de toit, est intact ainsi que les coins, 
aussi en plomb, dont plusieurs ont conservé les clous à tête plate 
qui fixaient le cercueil de plomb a un autre sans- doute en bois. 

k Tout près, on a recueilli et j'ai fait enlrer au Musée, en même 
lempsque ce cercueil : un petit vase à bec, une grande assiette et 
un objet ayant la forme d'une gourde, le lout de terre cuite. 

t3° J'ai aussi recueilli dans le jardin de M M de Dumas, quar- 
tier Ouest de la ville , l'inscription suivante : 

CRESCENS 

VIXIT AN XX 

XVIII 



Digfedsy GoOgle 



M. Bertrand eavoie, en outre, une aote sur u» tronçon de voie 
romaine découverte nui environs de Philippeville. — Cette note 
sera insérée a* ButUtin «roaMytou* I 1 ). 

M. Gioautft a donné i 1* Commission dé bonites nouvelles 
dsa fouilles de Dongga, commencées depuis le i v ma! «oui la di- 
rection de M. Louis Poinssot. Elles ont pour bat de dégager le 
milieu de la plate déliée en hémicycle devant le temple de Mercu- 
râu Siiuitu et de rechercher ensuite, de L'eut» ooté de la place, l 1 édi- 
fice qui devait faire face au temple déblayé l'an dernier. 

La première partie de ce programme est dès maintenant exé- 
cutée. Le dallage de la place a été retrouvé intact. Il présente, au 
centre, une grande circonférence très soigneusement pavée de 
plus de sept mètres de diamètre. Cette circonférence est divisée 
en sections égales par de nombreux diamètres et sur le pourtour 
sont symétriquement disposés lés douze noms des doute vents : 
« Septentrio , Aquilo, Euroaquiltt , ....», Eurut, Leueimollu, Aiuler, 
ï.ibonotia, A/rkut, fa[v]rmJ[ut] , Argestct, Ciràu», très neU et bien 
conservés. Dougga avait donc, à Tépoque romaine, sinon sa tour 
du vent comme Athènes, du moins sa rose iet venu officielle. 
La découverte de M. Poinssot est curieuse et vaut la peine (Tetre 
citée sans retard. 

H a été trouvé en outre divers textes intéressants, notamment : 

1° Un ex-Voto aUeroure provenant du temple, déjà... connu; 

»° Une seconde dédicace, surmoutaut I'boc des portes latérales, 
et identique à le première : 

Q^ACVVIVS SATVR.VS FL/perp. angnre.ik. 
ET NAHANiA VICTORlA/ye* fi. ptrp. p. fi 

5* Une dMieece grevée sur on énorme ' bloc épai s de t maire , 
large de * m. 86 : 

C. Juli M artialù Catapalue , fi, perp, , nepoles cl kereikt a vita 
opéra consummaverunt el dedtcaverunl. 

W Enfin un texte en vers, difficile à lire, où M. Poinssot n'a 

I" Voir plue loin, p. 366, le Iflite m drteniu de cette nule. 



Digfedsy G00gle 



— OUZII 

déchiffré «mn d'une manière certaine que le membre de phrase 
suivant : 



Puis encore d'autres fragments, notamment un nouveau morceau 
de l'inscription a Gallien et Salouine dont il avait déjà recueilli 
des morceaux inédits qui ont permis à M. Merlin de tenter la resti- 
tution de l'ensemble. 

Somme toute, cette première partie de la campagne d'été dé- 
bute bien, et tes trouvailles faites jusqu'ici justifient amplement les 
dépensée engagées. 

H. Gitictuu a envoyé, en outre, une note très intéressante sur 
on sanctuaire récemment découvert à Bonn : 

•Je crois devoir attira- l'attention de la Commission de l'Afrique 
du Nord sur une découverte récemment faite à Boue, et dont je 
ne me permets de l'entretenir que parce que celle-ci, demeurée 
presque inaperçue, me parait présenter beaucoup plus d'impor- 
tance qu'on se lui eu a accordé jusqu'ici. 

«La colline isolée qui parait avoir joué le rote d'acropole de 
l'antique Hippooe présente sur son versant Nord-Ouest des pentes 
abruptes qui dévalent brusquement vers l'Oued Boudjima, lequel 
baigne le pied du mamelon. Dans les premiers mais de cette année, 
un jardinier italien entreprit le défrichement de ces terres incultes 
et garnies de broussailles qu'il défonça pour planter de la vigne. 
Au cours de ce travail, il découvrit une quantité de pierres sculp- 
tées dont il fit de la caillasse, et des milliers de poteries intactes 
ou brisées qu'il rédeuùt en tessons. 

«M. le chanoine Leroy, chapelain de la. basilique- voisine, pré- 
venu tardivement de «es actes do vandalisme, put cependant inter- 
venir encore 1 temps pour assurer la conservation d'un certain 
nombre de stèles, de vases, de menus objets divers, qu'il recueillit 
et déposa au secrétariat de la basilique, où il a en l'extrême obli- 
geance de me les laisser étudier. 

■La présence de nombreux tombeaux, d'ossements humains et 
d'une inscription funéraire dans te terrain défriché au bas des 
pentes avait fait croire à M. le chanoine Leroy que tous ces 
objets antiques appartenaient a une seule et même nécropole de 



Digtodsy Google 



l'époque romaine. C'est comme tels qu'il en signala la découverte 
d'abord dans YÉchotFHipprme, puis, il y a quelques jours a peine, 
dans une Notice sur Hîppone, p. 67 et suivantes, qu'il vient de faire 
paraître à Bône M. 

« En réalité, si bon nombre de poteries vulgaires, de monnaies 
et de menus objets proviennent réellement du mobilier funéraire 
de quelques tombes romaines de l'époque païenne, quatorze stèles, 
sur quinze recueillies en tout, et toute une série de vases de forme 
caractéristique, remplis d'ossements d'animaux incinérés, ont un 
caractère punique et non romain, votif et non funéraire. 

rrLes stèles, en pierre calcaire du pays sommairement dégrossie, 
sont toutes anépigraphes , mais ornées de dessins et de figures 
symboliques, le plus souvent en relief, rarement en creux, qui 
ne laissent aucun doute sur leur destination, il y en a jusqu'ici 
quatorze : trois sont seules de leur espèce : r une dalle avec 
une couronne entourée de quatre palmes; a s une stèle trian- 
gulaire avec le symbole dit de Tatàt, flanqué du caducée; 3* une 
dalle gravée en creux d'an bélier couché" entre deux palmes, au- 
dessous de trois rosaces disposées en triangle. 

«Les onze autres stèles forment une série très typique. Dix 
n'offrent de figures que sur une de leurs faces; une seule est 
sculptée sur les deux faces. Toutes présentent l'image d'un dédi- 
cant.le plus souvent un homme (10), rarement Une femme (2), 
généralement vêtu (8) d'une tunique, parfois au contraire entière- 
ment nu avec le sexe très accusé (û). Ce personnage, debout au 
centre du tableau, tient toujours d'une main, sauf une fois, une 
grappe de raisin (1 1), puis de l'autre main des attributs divers : 
le gâteau en croissant à extrémités croisées (5), la palme (1), la cou- 
ronne {9), le vase. A ses pieds est souvent un bétier(?)coaché,onà 
demi tourné vers lui , ou sautant après lui pour grappiller les raisins 
qu'il lient dans un pan de sa tunique. Le plus souvent, le travail 
est très barbare. La stèle la mieux sculptée, qui dénote un art assez 
avancé et contemporain de l'époque romaine (premier ou second 
siècle de notre ère), représente, dans une niche arrondie, un dédi- 
cant debout et bien drapé, portant dans un pan de son vêtement, 
qu'il relève et serre contre son ventre, un amas de grappes de 
raisin. A ses pieds est figuré à droite, un gâteau en $ appuyé 

M Imprimerie Thomas, t vol. in-ia. 



Digfedsy G00gle 



contre un cep; & gauche, un bélier (?) est couché auprès d'an 
autre cep. 

«En même temps que ces stèles, ex-voto qui devaient être fichés 
verticalement en terre dîna le ttmêtuu a ciel ouvert qui entourait 
te sanctuaire ptinicc— romain occupant le sommet de la colline 
d'Hippone, ont été recueillis un grand nombre de vases présentant 
une forme caractéristique, qui n'a rien de romain, et qui rappelle 
an contraire les poteries proto-p uniques des nécropoles primitives 
de Cartilage, sans pourtant se confondre avec aucune d'elles. Ce 
sont des pots sans anse en terre rouge bien cuite, de forme ovoïde 
et trapue sans col. L'orifice, asseï large, est cerné d'un bourrelet 
plat et horizontal , qui recevait un couvercle fait d'un disque légè- 
rement bombé, la concavité tournée vers l'extérieur. 

■ Beaucoup de ces vases ont été trouves remplis d'ossements 
incinérés, provenant de menues victimes, prineipaiemeat d'ti- 
seanx. 

«En résumé, de la présence sur on même point de tous tes ex- 
voto se rattachant à une même série très caractéristique, l'on peut 
conclure , à ce qu'il me parait, à l'existence au sommet de la col- 
line d'Hippone d'un sanctuaire punico-romain; la fondation de 
ce temple remonte sans doute bien ayant l'occupation romaine, 
au temps ou sur les lieux haute et bien dégages qui dominaient les 
riches plaines a blé de l'Afrique et de la Numidie se dressaient des 
autels à ciel ouvert où les prêtres de Baai Haman égorgeaient les 
victimes fournies par la piété des fidèles. Hais il semble "être resté 
très longtemps fréquenté et avoir servi à la célébration du culte de 
la divinité africaine, sans doute romaoisée sous le nom de Saturne, 
mais gardant ses rites et son individualité propres, jusqu'au milieu 
du iii* siècle de notre ère. 

«Les documents recueillis jusqu'ici ne noue renseignent pas da- 
vantage. Hais peut-être pourrait-on en augmenter le nombre et 
faire quelques trouvailles plus explicites, en reprenant les fouilles 
faites à fleur de terre et sans aucune préoccupation archéologique 
par le propriétaire actuel du terrai», et en recherchant méthodi- 
quement toutes les traces de constructions qui pourraient déceler 
l'existence du temple ou de l'autel autour duquel devaient être 
groupés les ex-voto, n 

H. (Jaucklkb a communiqué en outre les photographies et estam- 



Digitizedr.y G00gle 



CLIXXII — 

pages de trois stèles paniques trouvées à Cartilage. — Renvoi a 
M. Berger. 

M. le commandant Haknkio a envoyé des notes sur les environs 
de Zaghouan avec photographies et dessins. — Renvoi à M. Mon- 
ceaux. 



M. L. Jacqdoz, juge à Thonon, a fait parvenir une note avoc 
plan relative à une grotte-refuge de Dar-eUGaïna (département de 
GoasUntine). — ■ Renvoi à H. Salomon Reinach. 

M. Audoilent, professeur à l'Université de- Clermont-Ferrand, 
a achevé la lecture de deux tabellae defixionu trouvées a Sousse. Il 
y a déchiffré : 

I. Tabtlia ikfteimis , trouvée dans les Touilles de la nécropole, et 
conservée au Musée du Bardo. 

Hauteur, o m. i55; largeur, o m. og. 

Un personnage nu, représentant sans doute Archélaos, est gra- 
vé au trait sur la plaque de plomb, dont il occupe toute la hau- 
teur; la tête a disparu : peut-être même n'n-t-el(e jamais existé. 
L'inscription couvre te corps, depuis la poitrine jusqu'aux pieds. 

La plaque est percée de quelques trous qui semblent purement 
accidentels. 

Les points sous les lettres indiquent une lecture douteuse ; tes 
points a cité des lettres existent tous sur l'original. 



Apx&ooc * à i}v/o' 
%oe- «paeiuow 
O ZE O c Y 

yctpuv XnyctBcf' 

ctfM" nptfrirv 



10 foutSoX&HMUT* 

cpuft 

h- 1«.- 

ov ■ rbv Hv(oy>ov • 
■nehtlstv h> Ttf> 
Ktpxy St 8Aijc 



!l > Le groupe de lettre* ApyjXa ei 
ttr erreur) on distingue : ajg-ut. 



Digitizedr.y G00gle 



rote roïc 'iiraatc iv 
oie iXcaivet 



sb IIpo»UJiî«V- 

WTV_0 - TO- 



II. Tabella defixiotût découverte et conservée avec la précédente. 
Hauteur, o m. o3a ; longueur, o m. o58. 

m . . . ueanaSatratatUKtia. . 
'-'"' [Ban\luu Amor Pntiowt 
Profiigu* Pelopt Ctarit* Salutarù 



P> & 



M. GiucïLKB, présent a U Commission, annonce la découverte 
à Tunis d'ex-voto à Saturne et. de stèles funéraires païennes 
ou chrétiennes, au Djebel ■Djetloud, près du marabout de Sidi- 
bel-Hassen. Il se réserve de revenir ultérieurement sur cette 
question. 

M. H*ion di Villbfosbs communique, de la part du R. P. De- 
lattre, plusieurs inscriptions latines relevées en Tunisie : 

■ I. Près de EUtUJUhUf. — iosoription trouvée par le capitaine 
Petitjean et communiquée par lui à un de mes confrères de Saint- 
Joseph de Thibar, sur le bord do U MedjenU, dans les ruines 
d'une ancienne ville, situées, selon les renseignements qui m'ont 

'') Plutôt m que st. 

<" Manquent trois ou quatre, lettres au plus. 

W Je compléta d'après me» DsjlziWm uAtllat, 97», 10; 978, S; 17A, 3-4. 
Dans cet trois inscriptions, provenant de Souate somme celle-ci, se retrouvent les 
ai noms de theiaui complets qu'elle contient; it est donc naturel d'y rechercher 
le septième; il n'y en a qu'un dan* toute la série qui se termine en haï, celui 
que je propos». 



Digfedsy G00gle 



été donnés, à près d'un kilomètre de le station de Sidi-ZéHili. 
Je transcris ici cette inscription d'après la copie qui m'a été re- 
mise : 



SAC 
PAGVS ET CIVI 
TAS AVENSE 
SIS- S P F 



n Comme on le voit, le débnt de l'inscription manque. Il devait 
renfermer le nom d'une divinité. Ce texte nous fournit le nom ancien 
d'une localité de la. vallée de la Medjerda. 

nll. — Avec cette inscription, deux épitaphes m'ont été commu- 
niquées. Voici la principale : 

D-M-S- 
C • M A G O 
N I V S H O 
NOR.ATVS 
AELINNVS 
P-V-A LXX1 
MX- H S E 

-La lecture de la 6' liane me parait douteuse. 

e L'autre épitaphe est incomplète : 

V I X I T A 
NNIS XXX1I1 

MENJBK-.-DIH 

" Les dimensions des pierres ne m'ont pas été données. 



:,,iz,d, Google 



— «LUI* 

- Épitaphes trouvées h Thibar : 
D ■ M • S 
CN'CO RM E 
L I V S-C N ■ F 
A R N S E D A 
TVS- PIVS- VIX ' 
ANLXXXXVI 
H ■ S • E 



n V. — - >Snr aie autre pierre dont le sommet est brisé : 



PIA-VIXIT 
A N N • L X 
H * S • E 
O • T • B ■ Qj 
T ■ T -L-S • 

M. Hcron »■ Viubïosh informe aussi ia Commission que, dans 
les premiers jours de ce mois, eu traversant Lambèse avec M. Al- 
bert Ballu, il a pu examiner à ta bile dans un terrain appartenant 
à M. François Bac trois mosaïques nouvellement découvertes. Ces 
mosaïques, d'une exécution fine et délicate, sont d'nn dessin par 
oculierement soigné. 

Dans la première pièce, trois panneaux rectangulaires attirent 
les regards. Le premier représente une femme drapée, assise, 
tenant un roseau de la main droite et s'appuyant sur une 
urne du coté gauche; elle est placée entre un édifice blanchâtre 
en forme de tour carrée et un arbre au feuillage vert. Le se- 
cond panneau est rempli par un groupe : une femme nue, ûm- 
«tenent parée d'une ceinture, et un Satyre portant un thyrse sur 
l'épaule. Le troisième eat occupé par une figure d'homme, barbu, 
aux formes vigoureuses(Hereule?), s- demi drapé et appuyé sur te 
coude gauche. 



Digfedsy GoOgle 



— «mm — 

La seconde pièce Bal ornée d'vm pavage t dessina géométriques. 
Au milieu se trouve un compartiment ovale autour duquel étaient 
disposés, en forme de croix, quatre compartiments carrés, occupes 
par les bustes des ()uatrt fo ir an t . 11 ne reste plus qu'un buste, celui 
de Y Été ou du Printemp$, sous les traits d'une femme encore jeune 
qui tient un rameau fleuri. Les autres figures ont été enlevées avec 
soin à une époque ancienne et difficile a préciser; les bordures sont 
demeurées intactes. 

La mosaïque qui décore la. troisième pièce est placée au-dessus 
d'uo hypocauate. Par suite des infiltrations d'eau venant du sol 
supérieur, plusieurs piliers de ITiypocauste ont été renversés, de 
sorte que le pavage, inégalement soutenu , n'a pas pu résister par- 
tout a la poussée des terres et de* débris qui le recourraient Heu- 
reusement , s'il a faibli en certains endroits , il ne s'est pas effondré , 
mais offre aujourd'hui un aspect vraiment lamentable. La surface 
ressemble à celle d'nne mer agitée. Une plante à larges feuilles 
sépare la mosaïque en deux parties. A gauche est représenté Silène 
couché, la jambe gauche repliée sous la jambe droite, tenant l'en- 
fant Bacchus debout sur ses genoux et loi tendant la main. A droite 
une Néréide, nue, est assise sur un hippocampe; un Amour debout 
sur la queue du monstre tient un des coins de l'écharpe qui, sou- 
levée par la brise, passe au-dessus de la tête de la jeune femme; 
un tigre marin s'avance en face de l'hippocampe. Sous la patte du 
tàg*e, on lit la siguflture à* l'artiste, an oubes blancs sitr.fond 
vérditre t 

ACflAClOV KM 

li «trait très important que le servie* des Monuuwnle hiatpfiawe 
put faire exécuter une reproduction de ces ballet mosaïque*, qui 
sont d'une fluewe surprenante et d'une remarquable exécution, 
filles font le plus grand honneur i l'artiste Atftmoa, dont U nalio- 
nolité, m cache probablement dîna \m deux lettres qui accompagnent 
«on nom. 

("est dwu 1a uwison ornée de cet mosaïques qu'a éui découvert* 
la belle statue en. broute d'un eufaot tenant un aiglon, dont il ■ été 
question dana une séance précédente. On y a trouvé éneleeMat 
plusieurs atatuettee «t (et débris d'un grand bratero eu. brome, 
dont la décoration Irts élégante est malheureusement fort aWmée 
par le feu. 



Digtodsy GoOgle 



— OftXUUl — 

M. Monceaux entretient, la Commission dos iaoeripticiw chré- 
tiennes qui ont été découvertes dans l'Enfida depuis l'automne der- 
nier ; 

x Ces inscriptions, presque toutes sur mosaïque, ont été trouvées 
soit dans la basilique d'Henchir- Chigarnia (Uppcmta), déblayée 
aux frais de là Direction des Antiquités par M, Robin , conducteur 
des ponts et chaussées; soit dans la basilique voisine aTHencbir-Sidi- 
Habich, entre Enfidaville et Hencbir-Chîgarnia , par M- Coeytaux, 
directeur de la Compagnie franco-africaine. Tous ces documente ont 
élé adressés à la Commission par M. Gauekler, qui les a lui-même 
copiés ou revus, et qui a dirigé le» fouilles flUppttma. M, Gauekler 
a montré récemment, en commentant le mémoire de M. Robin 
qu'il a communiqué an Congres d'Alger, le grand intérêt que 
présentent les deux basiliques et leur décoration en mosaïque. 
Les inscriptions constituent également un ensemble fort important 
pour l'épigrapbje chrétienne d'Afrique. Celles dont nous avons eu 
jusqu'ici eau naissante sont au nombre de soixante-deux, y com- 
pris les cinq ou six qui ont éto antérieurement publiées. On y 
relève deux ex-voto à Saturne, qui proviennent d'un édifice plus 
ancien; une belle liste des martyrs, absolument intacte, et sans 
doute les débris d'une autre; l'épilaphe d'un primat de Mauritanie; 
deux épitaphes d'évêques, trois de prêtres; les éprtaphes d'un lecteur, 
d'un ermite, d'une religieuse, de deux catéchumènes enfants, etc. 
Les formules sont assez variées. Quelques-unes sont entièrement ' 
nouvelles en Afrique, comme les litres de Ytpùcoptu prwu ledit 
Mauritaniat, du famulut Dei eremita, des audienttm, comme les for- 
mules in pace Ckrùti tiril «MM /W «* «tatl mnk-H' m Quitta, ou 
comme l'exclamation {H)ic qui digni sunt lie aceipiant. D'autres repro- 
duisent le formulaire des tombes trouvées* dans les cités voisines, 
ou encore le formulaire des nécropoles de Carthage ou d'Ammaedara. 
Ces découvertes de l'Enfida, qui font tant d'honneur è M- Gauekler 
et a ses collaborateurs, complètent en bien des points nos données 
sur l'épigraphie chrétienne d'Afrique.» 

Les principales de celles qui sont encore inédiles sont men- 
tionnées dans les pages suivantes. 



Digfedsy GoOgle 



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" D«nsla basilique des 


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Y I X I T I H 
r A C E A H 
UII s E I 
! 1 T V I E.< T 
Si VII I» MAK 

Dans les murs de cette même basilique de Sidi-Habich ont été 
découvertes deux stèles dédiées à Saturne, rentrant dans la même 
série que le» trois ex-veto trouvés précédemment an même endroit 
par M. Coeytaux, et publiés par M. Gauckler dans les ft-ocei-wrfroïur 
de la séance de la Commission de l'Afrique du Nord du ai février 



1° Cippe à sommet demi-cylindrique. Dans le fronton, un 
grand croissant renversé; au-dessous, dans un registre rectangu- 
laire, la dédicace suivante, gravée sens dessus dessous : 

COCTAVI 
B A S S 1 
V O T V M 
SACE-SOLVIT («.) 

Enfin , dans le registre inférieur, déni pommes de pin en bas- 
relief. 

3° Cippe brisé en haut et eu bas; il ne subsiste que la partie 
médiane, avec la dédicace suivante ; 

LOCTAVISEVER.VS (ai) 
SACER.DOS SATV 
UNI SATVR.NO 
A V G ♦ V ■ S • 

La présence de ces ex-voto païens réemployés, dans les murs 
de la basilique chrétienne de Sidi-Habich, permet de supposer 



:,,iz,d, Google 



— - eu — 

que cet édifice a été construit, comme le fait semble s'être souvent 
produit dans l'Afrique romaine, sox l'emplacement et aux dépens 
d'un ancien temple a Saturne désaffecté. 

Peut-être en fut-il de même potr la basilique des martyrs 
d'Uppenna; car on y a trouvé le fragment de marbre opistographe 
suivant : 

a. SATVR b. OB 

qui semble bien avoir fait partie, a l'origine , d'un ex-voto au dieu 
païen Saturne, et non de t epitaphe d'un Salar[wnw] ou d'une 
Satvr[nitta\. 

U téaaw est lovée à 5 béons. 

, ; , . R" C*GNiT, 

Membre du Comité. 



Digfedsy G00gle 



SÉANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

PHéSIDBNCE AH H. MOtTDiS. 

La séance est ouverte à 4 heures. 

Le procès-verbal de la dernière séant» est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture- de la correspondance : 

Le R. P. Delattre, membre non résidant du Comité', fait hom- 
mage des ouvrages suivants : 

Ifattnutil dg *eù >& *o«>mîfc atuitapotcfo , et Gmikage .'■ Le wfcro- 
fthmiêi m de Sê iH tê'AlmitfUê, gmtpe dêfiftumm: 

Ces brochons seront déposées a 1* Bibliothèque nationale elvt*8 
renwraolnonts seront adresses à l'auteur j - 

M. titsoautu remet une note de M. le ItetotOttatt du Brtll de 
Pontbmad sar une inscription punique «le SiAn. ■*— Renvoi ■* 
M. Philippe Berger. 

M. PhiKppe Baissa dépose un rapport sur trois stèles votives pu- 
niques découvertes dans les ruines du théâtre romain de Carthage. 
Ge rapport son imprimé dans le Bulletin arckfologiqw. ' 

AL GunckLto communique a la Comuaasion Le fatale de trois 
iosurinlÎQas' (attnoa. La première provenant, du Khanarue^el-Uidjej 
a d^i été âigualéu ailleurs atrll. Gauckter. La seconde, trouvé* a 
Thala, «t uni n'est point 0o» plus tout « sait inédite, porte, 
d'aptes l'estampage. ( lettres do pin. »a5,d'aa§esoi«uvaise«4pQqiw): 



Digitizedr.y G00gle 



PRO SALVTEM 
DOMINI NQ5TR1 
CVLTORES ■ IQVIS 
OPTIMI MAXIM! 
PAGANICVMSVMSV 



APQNIA FECERVrT 
MAGISTRIV....ATVCI 



La troisième, envoyée par M. Renault, a été trouvée aux envi- 
rons de Tunis, sans doute au Djebel-Djelloul (lettres de o m. oa 
à o m. 02 5). 

D M S» 

Q_MAEVIVS FELIX 
AL1QVANDAS-VIXIT 
ANNIS- \V - MES-'Itl 
DIEBVS XVII » 

II annonce ensuite le résultat de quelques fouillée qui se font en 
ce moment eo Tunisie. A Dougga, M. L, Poinssat a terminé ses 
recherches. Les résultat* qu'il a obtenus, et qui ont été déjà signalés 
à la dernière séance, feront l'objet d'un rapport plus détaillé. A 
ScNiee, M. l'abbé Leynaud a continué l'exploration des catacombes. 
Dans une des chambres , entourée d'arastaJû, il a trouvé, se détachant 
au milieu d'un de ces arcoiotia, ud buste qui parait représenter le 
défunt Muaveii en cet endroit. A Heuchir FragUu (Upjmna), en 
soulevant la mosaïque qui était présumée recouvrir les reliques «on 
en a découvert une seconde, plus ancienne, à u> niveau inférieur, 
— asseï détériorée d'ailleurs; au-dessous, on a recueilli un flacon 
de verre et une petite cassotte contenant quelques fils d'or. 



M. Morceaux lit un rapport sur une uolice envoyée par ML le 
commandant Hanneco : 

tM. le commandant Hannexo a envoyé une notice intéressante 
sur don antiquités romaines qu'il a découvertes aux environs immé- 
diats de Zagheuan , dans le bois d'oliviers qui s'étend au-dessous et 
au Nord du bourg moderne. D a dégagé une série de chambres rec- 
tnnguhrires, awebeses, fûts et chapiteaux de colonnes; planeurs 



Digitizedr.y G00gle 



liïCIH 

salles de bains, avec dépendances et restes de canalisations; des 
pavements de mosaïques grossières à dessins géométriques; les 
ruines d'une fabrique de carreaux de terre cuite; enfin une cuve 
circulaire (a m. 67 de diamètre; 1 m. 06 de profondeur), à trois 
gradins et huit alvéoles, qui est certainement une cuve baptismale, 
et qui rappelle nettement les baptistères octogonaux de la région , 
naguère étudiés par M. Gauckler. Parmi les objets découverts, 
citons des sarcopbages monolithes; des débris de sculpture, sur- 
tout une belle tête de marbre blanc; des monnaies carthaginoises, 
romaines, byzantines; des carreaux de revêtement de terre cuite, 
ornés de reliefs estampés (rosace, lion, cerf). Dans le cadre d'un 
de ces carreaux, qui représente une rosace, on dislingue une croix 
monogrammatique, tracée à la pointe. 

La notice de M. le commandant Hannezo peut être insérée au 
Bulletin archéologique. » 

M. Hannezo a envoyé encore un estampage d'une épitaphe chré- 
tienne, très mutilée, qui a été trouvée l'an dernier à Zaghouan. Lt: 
lexte de cette inscription n'est pas transcrit dans le mémoire. Voici 
notre lecture : 

Marbre blanc brisé à gauche. Hauteur de l'inscription, o m. 16; 
largeur maxima, o m. 1 3. Hauteur des lettres, o m. oa a o m. os 5. 

/JEU S 

ACEAN 

VSITVS 

*„ MV 

.jtyUli* 

[trixit in p]ace an- 
[nii . . dfpo\iitmi 
[. . .idus oïl Kal{tndiis)\ ianutariai) 

D'après les formules et la forme des lettres, cette épitaphe doit 
dater du */• ou dn »i* siècle. 

La séance est levée a 5 heures 

L* Stcritairt dt la Coaaniuion , 

R. Caqiut, 
Me ml ire dn Comité. 
AtcaéouKu. — Pi* 3. m 



Digfedsy G00gle 



11 JUILLET 1905. 



SEANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

PRÉSIDENCE DE H. PSRBOI. 

La séance est ouverte à h heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance, n'ayant pas été imprimé 
à temps, ne peut être lu. M. le Secrétaire dégage à cet égard sa 
responsabilité. 

M. le docteur Carton, membre non résidant du Comité, envoie 
une brochure intitulée : Troisième chronique archéologique Ptord-Ajri- 
caine (îuoA). 

Elle sera déposée à la Bibliothèque nationale et des remer- 
ciements seront adressés à l'auteur. 

M. Hingtais, correspondant du Ministère, àConstantine, annonce 
des découvertes survenues récemment dans cette ville : 

«La ville de Constantin^ transforme la partie en façade sur la 
place Valée de son grand Marché aux légumes, en un hôtel destiné 
à un établissement financier. Les fouilles faites pour creuser les 
caves mettent au jour des fondations de murs construits en pierres 
de taille de grande dimension, et une énorme quantité de larges 
dalles carrées en poterie (de o m. 6& de coté), d* Iniques et de 
tuiles romaines, semblables à celles que l'on trouve partout où l'on 
remue le sol de la ville. Ni celles-ci, ni les pierres de taille ne 
portent aucune marque de fabrique ou inscription. 

« Par-dessus ces premières fondations, s'en trouvent d'autres des 
époques byzantine et arabe, et pour lesquelles ont été utilisés des 
matériaux provenant de constructions plus anciennes. Elles ont 
fourni jusqu'ici quatre fragments d'inscriptions dont fe dernier 



Digfedsy GoOgle 



CICV — 

seul offre un véritable intérêt ; les autres ne donnent que quelques 
lettre» insuffisantes à nne interprétation plausible. Ce sont : 

ni" Un fragment de bandeau en calcaire blanchâtre, a cordons 
perlés: 

L 

"La lettre L, d'une Tort belle gravure, est haute de om.i3. 
Elle faisait partie d'une inscription dont les lettres étaient évidem- 
ment très espacées. 

■ a* Pierre très fruste, à surface non polie, de calcaire gris; elle 
porte te bas d'un 1 suivi des lettres MO [Maxime?]. Hauteur des 
lettres : m. i ; gravure grossière et irrégulière. 

r3° Fragment de calcaire bleu, surface très polie. Très belles 
lettres de l'époque antouine; hauteur, o m. o»&. Le enni de» lettres 
conserve des traces très apparentes de peinture rouge ; 



• 4* Fragment' dé calcaire bien, de ©m. 63 de hauteur sur 
o m. 47 de largeur, à surface 1res polie, cassé lui-même en quatre 
morceau» se rajustant très exactement. 

• Ce fragment représente nmm delà moitié de ta pierre entrai*, 
|Hmt-êtr* seulement le tien si l'inscription se terminait par trois D 
au lieu de den. 

ELICISAVGFiLI»/ 

fÛPVBLICOEX 

T AT V A M'CVM 

11SSILIBVSQVOS 

TER. *SXXNQVAE 

EDICAV1TQVE 

D 



■Du la première ligne m restent qne les traces inférieures de 
oeetqica caractères qu'il parait impossible de reconstituer d'après 
ce qn'on eu mit. 

■ A La seconde ligne, F1U est suivi d'un martelage sons lequel 
apparaît la marque de quelques lettres indéchiffrables. 



Digfedsy G00gle 



OXCVI 

«Le commencement de la troisième ligne conserve la trace su- 
périeure de la branche droite d'un V (EQVO PVBLICO EXOR- 
NATVSÎ). 

cil s'agit dans celte inscription de la dédicace d'une statue 
accompagnée de jeux (î) et de largesses. Le reste de l'inscription se re- 
trouvera peut-être ou cours des fouilles que l'on reprendra incessam- 
ment pour creuser de nouvelles caves. Que ne peut-on espérer re- 
trouver aussi la statue elle-même dont il est question, comme il est 
arrivé pour celle de Bacchus , actuellement au Musée de Constaotine! » 

M. Gauckler fait connaître différentes acquisitions des musées 
tunisiens : 

"Le Musée du Bardo vient de recevoir en don : 

■ri" De M. Chavanne, horloger- antiquaire à Tunis, une fort 
belle intaille sur émeraude ovale, de grande dimension, représen- 
tant Mercure assis, et provenant probablement de Carthage. La 
gemme est malheureusement brisée, la partie inférieure n'existe 
plus. 

«9° De M. le lieutenant de Kindt, du 4" tirailleurs algériens, 
une lampe romaine provenant des fouilles que cet officier a récem- 
ment pratiquées dans la nécropole d'Hadjeb-el-Aïoun. C'est une 
lampe de forme chrétienne, mais ayant encore la queue forée; sur 
le disque sont figures deux lièvres broutant une large feuille. Au 
revers, le graffite suivant, en cursîve, qui semble inédit : 

EX OF1 

C1NA 

NAB'Gl 

Ex tf\f\icina Nabigi pour JVos^i(i)î 

r'i" De M. le commandant Dehay, du 4* tirailleurs algériens à 
Sousse, un lot de statuettes et de lampes romaines de (erre cuite, 
provenant des fouilles que cet officier exécute depuis six mois dans 
la nécropole punieo-romaine d'Hadrumète , et qui ont considéra- 
blement enrichi le Musée de Sousse. Les pièces les plus intéres- 
santes de ce lot, qui fera l'objet d'une note spéciale, sont : 

«i* Une très remarquable statuette de Vulcain assis, tenants 
la main le marteau et les tenailles; 



Digtodsy Google 



* i" Un dieu barbu portant sur l'épaule gauche la hache a double 
tranchant, dont l'image se retrouve assez souvent à Carthage dans 
la nécropole des 11° et ni* siècles avant notre ère, sans qu'on soit 
encore parvenu a l'identifier d'une façon précise. Le dieu est figuré 
ici dans un édieule à fronton triangulaire et accosté de deux autres 
divinités (?) plus petites et d'ailleurs assez mal conservées, toutes 
deux coiffées d'un bonnet conique. Un second exemplaire de ce 
même groupe a été déposé au Musée de Sousse; 

>3° Un petit récipient de terre cuite., de forme hémisphérique 
avec large ouverture circulaire et tubulure cylindrique à la base, 
ayant exactement l'apparence d'un foyer de pipe et ayant probable- 
ment joué un rôle analogue. Ce curieux objet a été trouvé dans un 
tombeau romain. Nombre de récipients semblables ont été recueillis 
cette année par M. le commandant Dehay dans la nécropole de 
Sousse. L'origine antique de ces « pipes romaines n ne saurait plus 
être mise en doute. 

«Le Musée de Sousse a reçu d'autre part : 

x t° Une tête de stuc presque intacte, portrait de jeune homme 
aux cheveux courts et à la barbe rase, provenant des catacombes 
d'Hadrumète {voir le procès-verbal de la dernière séance); 

ira* Une très intéressante dédicace romaine mentionnant un 
pagamam (voir le procès-verbal de la dernière séance); 

v 3" Une tête romaine de marbre et diverses poteries arabes re- 
cueillies par M. Grosse dans les travaux de construction du nouveau 
groupe scolaire a Kairouan ; 

ï4° Un lot de trente-trois stèles votives à inscriptions dédica- 
toires latines et figures symboliques au trait, provenant du sanc- 
tuaire punico-romain de Battaria; presque toutes ont déjà été 
publiées, au moment de leur découverte, par M. Gauckler dans le 
Bulletin archéologique de 1897. 

M. Gauckler ajoute : 

«Les travaux de dérasement du Djebel-Djelloud continuent à 
fournir en abondance des épitaphes généralement païennes, rarement 
chrétiennes, très bien conservées, mais grossières de facture et banales 
de rédaction. De la centaine de textes inédits qui ont été trans- 
portés au Musée du Bardo depuis la dernière séance de la Com- 



Digitizedr.y G00gle 



mission, 3 n'y « guère à citer qu'une epitaphe hybride où le Di* 
■mm&u «oerum païen est suivi de la formule chrétienne m pmce : 

D-M-S 
DECIVS 
IN PACE 

» Cne epitaphe chrétienne, gravée en grandes lettres de o m. oo5 
sur une longue dalle recouvrant un sarcophage qui ne renfermait 
aucun mobilier funéraire : 

[HHOX DECE 
fOUEJ IH'rACE 

et le teste «ii vaut, qui paraît être une dédicace païenne égarée, ou 
peut-être remployée comme dalle Uimulaîre dans la nécropole du 
Djebel -Djelioud : 

D-MD 

VRED 

C-SAB 

I N V S 

D(eo) M{erewiot) U(<mbwo)7Î v(otum) nd(<Mt) C(oûat) Satin»*. 
n Lettres hautes de o m. 06 à o m. 08. Estampage, n 

M. Salomon ÏUinags rend compte d'une notice de M. L. Jarquot, 
juge a Thonon, qui signale, au Sud-Est d'Oudjel (UxaUs), un abri 
sous roche, dit Dar-el-Gaïma, en recommandant l'exploration de ce 
refuge aux archéologues. Renvoi aux archives. — Adopté. 

La séance est levée à 5 heures moins un quart. 

L* Setr4tair* di ta Gm tm ùmt », 

R. Ca&kat, 
Membre du Comité. 



Digitizedr.y G00gle 



14 NOVEMBRE 1905. 



SÉANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

PRÉSIDENCE DE 11. HÉRON DE VILLEFOSSE. 

La séance est ouverte & A heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopte. 

M. Gauccaib a remis plusieurs notes de M. le capitaine Donui , 
dont l'examen est renvoyé à MM. Héron de Villefosse, Dïebl et Tau- 
tain. Une note, relative a l'occupation de la rive Nord du Chott-el- 
Fedjedj , est réservée jusqu'à plus ample information. 

Les ouvrages suivnnts ont été envoyés comme hommage au 
Comité : 

î" Par le P. Delattre : Lettre à M. Ph. Berger; Let Otholite* d'om- 
brine dans Ira tépultures paniques de Garthage; Nécropole punique de 
Carthage, eèrie de Jigurmcs , etc.; Marques céramiques recueillies sur 
la colline voisine de Sainte-Monique; 

a" Par M. le commandant Hannezo : Notée sur let nétnpolee 
ancienne» de Biterte; Bizerte, histoire et description; Notes sur le» ruines 
marqueté «mégalithiquee* tvr la carte de» environ» de Biterte; 

i" Par M. Hinglais : Catalogue général du Musée de Corutantme. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale et des 
remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. Cassât entretient la Commission des levés qui seront exé- 
cutés cette aunée par les brigades topographiques ' d'Algérie et de 
Tunisie. 

Il lit ensuite une note envoyée par M. HiAglais sur une inscrip- 
tion nouvellement trouvée à Constant! ne : 



Digfedsy G00gle 



«Une nouvelle inscription, écrit notre correspondant, a été dé- 
couverte le ai juillet dernier, au cours des fouilles opérées dans 
le soi du marché aux légumes de Constant ine. 

P-rlVLIVS*P*F 

QVIR 
NOMCVS 
E Q_V O P V B 
EXOR.NATVS 
OBHONOREM 
AED1LITAT1S 
DEDIT 

«Elle est gravée en huit lignes sur une pierre de calcaire blan- 
châtre, à grain fin, qui servait de piédestal au monument (une 
statue, peut-être?) offert par un certain Publius Julius Noricus, 
file de Publias, de la tribu Quirina, en reconnaissance de sa nomi- 
nation à l'éditité. 

!< Elle couvre la surface antérieure du dé. Les trois autres surfaces 
sont nues, celles de coté polies; celle de derrière simplement bou- 
chardée et sans hase, ce qui montre qu'elle était appliquée contre 
un mur ou une paroi quelconque, 

<rLa corniche a été mutilée à coup de masse, probablement pour 
abattre les saillies qui pouvaient gêner dans la nouvelle destina- 
tion donnée a la pierre; il en reste une hauteur de 17 centimètres 
environ an-dessus du dé. Le dé lui-même mesure 83 centimètres 
sur Eio. La base est haute de 37 centimètres. 

«Les lettres de la première ligne sont hautes de o m. o5, celles 
des autres lignes de m. o45. 

«La gravure, ainsi qu'on peut le voir par l'estampage qui 
accompagne mon rapport, est de la belle époque et très saignée. 

«Le nom du chevalier P. Juliu* ne se rattache, ce me semble, à 
aucun fait historique ou local de la république chiéenne, et son 
surnom de JVorwtw n'a encore été relevé qu'une fois dans l'épi- 
graphie africaine Pî où il se rapporte à un Q. Auidius, mort à Thé- 
veste, à l'âge de 53 ans, 3 mois et u 1 jours." 

M Corp. MKT.br., 11° 1^19. 



Digfedsy G00gle 



M. Cag*at analyse une communication de M. Beanier, profes- 
seur à l'Université de Caen, relative a une inscription latine de 
Ksar-el-Kebir (Maroc). Le travail de M. fiesnier sera inaéré au 

JMfafM. 

M. HiaoH db Villifossb communique, de la part du R. P. Di>- 
lattre, diverses inscriptions relevées par H. l'abbé Bonuel aux en- 
virons du Kef. 

1. A douze kilomètres au Sud-Est du Kef, M. l'abbé Bonnel, 
curé du Kef, a copié et estampé l'inscription suivante, gravée sur 
une pierre longue de 1 m. 5o et haute de o m. 5o : 

IVNONI-CAELESTI • AVG-SAC • KHM 
Cil + SATVR.NINVS • FAVSTVS ■ KOMM 
TEMPLVM ■ EXVOTO -FECERViK 

Beaux caractères, haut de o m. 06. 

La pierre est brisée aux deux extrémités. 

2. Au même endroit, l'abbé Bonnel a vu plusieurs pierres funé- 
raires portant toutes, au-dessus de la première ligne, divers motifs. 
En voici une dont le sommet est occupé par le croissant, les cornes 
en haut : 

DMS 

P ♦ AEMILIVS 
GERM ANV* 
P1VS- VIXIl 

ANNIS 

♦ N + LX 
Hauteur des lettres, o m. o5. La pierre est brisée a droite. 

3. M. l'abbé Bonnel a envoyé au R. P. Delaltre les estampages 
de deux autres textes. Le premier a déjanté publié. L'autre épi- 
taphe est gravée sur la face d'une pierre assez informe, mais dans 



Digfedsy GoOgle 



un cadre très régulier, haut de o m. ai et large de o m. 18. La 

pierre a été trouvée par M. l'abbé Sonne), au Kef môme, dans 
un champ près du cimetière catholique. 

♦ D*-M*S* 
L ♦ I V L I V S 

SEVERVS 
VIX»ANIS 
LXXXV*H*S*E 

Hauteur des lettres, o m. o35. 

La Commission prie M. Héron de Villefosse de rédiger une note 
sur la statue d'enfant trouvée récemment a Lambèse. 

Le Secrétaire de'Ja^Committiim , 

B. Gagnât, 

Membre dn Comité. 



Digfedsy G00gle 



12 DÉCEMBRE 1905. 



SÉANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NOBD. 



PRÉSIDENCE DE M. HÉRON DB VILLEPOSSE. 

La séance est ouverte a h heures. 
Le proces-verbnl de ta dernière séance est lu et adopté. 
Excusés : M. le Directeur de l'Enseignement supérieur et 
M. Ballu. 

M. le Secrétaire donne lecture de Ift correspondance : 
H a reçu deux lettres de savants étrangers, relatives à des anti- 
quités africaines. La première lui a été adressée par M. le profes- 
seur Dessau, de Berlin : 

"Je crois de mon devoir de vous signaler un petit monument 
d'origine africaine qui s'est égaré à Berlin. 11 s'agit d'une petite 
pierre gravée, d'une cornaline de dimensions minimes, qui existait 
jadis dans ta collection de M. de Montigny, et qui, en 1887, est 
passée au musée de Berlin; elle porte l'inscription , publiée par feu 
Le Blant dans Bon recueil de 750 ttueriptùnu dt pierrm gravées, 
n a 377, et par M. Fnrtwëngler dans le catalogue des pierres gravées 
du musée de Berlin, n a 8io6; nous l'avons revue, M. Zahnet moi- 
même; on y lit : 

CCI- 
KARTAGI 



ce qui veut dire, sans doute : cohmt, cobniae Juliae Kartagini,Jelici- 
ler! C'était, sans aucun doute, un habitant de Cartilage qui a fait 
graver cefte acclamation sur son anneau, et le petit monument doit 



Digfedsy GoOgle 



avoir été trouvé eu Afrique. On peut comparer l'inscription d'un 
anneau d'or, trouvé a Zaragoza, où on lit'" : CCA PACCAL, c'est- 
à-dire cohniac Caaarmgtutae , puis un nom : 

«Je profite de cette occasion pour soumettre à votre jugement 
une observation sur une autre pierre gravée, publiée par Le Blant. 
Le n D 5s5 du recueil de Le Blant porte l'inscription : Q_ FOL- 
NIVS l A-F-R.OM | FVSCVS. Or c'est aussi le nom d'un habi- 
tant d'Arezzo (Arretium, en Etrurie) dont les cendres furent déposées 
dans une urne avec double inscription étrusque et latine, copiée 
au iv' siècle et publiée, d'après des copies anciennes, an C.I.L., 
t. XI, n* 1870. Cet habitant d'Arezzo doit avoir vécu aux temps de 
la République , car l'usage de la langue étrusque sur les inscriptions 
funéraires ne dura plus longtemps. Or ce serait une coïncidence 
curieuse de trouver, sur une pierre gravée, le nom d'un citoyen 
d'Arezzo des temps de la République dont nous avons aussi l'urne 
funéraire, et ce nom écrit au nominatif avec la désignation du 
père (Q;F*) et la tribu romaine (ROM*, Romilia), précisément 
comme sur l'urne funéraire. Mais je crains fort que l'inscription 
vue par Le Blant ne soit fausse : elle a pu être copiée par un gra- 
veur moderne d'après un des recueils qui ont reproduit l'urne 
d'Arezzo, par exemple celui de Doni ou de A. Fabrelti. Qu'est devenu 
le petit monument, un quartz améthyste, vu par Le Blant à Paris 
chez un marchand d'antiquités?* 

La seconde lettre vient de M. Franz Cumont, de Bruxelles : 

a On sait qu'au début de 190&, un colon de Lambèse découvrit 
une belle statue de bronze représentant un enfant serrant un aigle 
contre sa poitrine. 

kAu mois d'avril de cette même année, ce propriétaire conti- 
nuant ses fouilles dans le même terrain déblaya plusieurs salles 
pavées de fines mosaïques et décorées de fresques ; dans l'une d'elles 
il recueillit une série de nouveaux bronzes. L'édifice rais au joor a 
du être incendié : les bronzes, qui me furent cédés tels qu'ils étaient 
sortis du sol, — ils sont aujourd'hui au musée d'Alger, — avaient 
souffert du feu. Des restes de bois carbonisé y adhéraient encore, 
et une concrétion formée d'une cendre noire, combinée avec l'oxy- 
dation du métal, en couvrait une partie d'une gangue épaisse. 

'" Corpui mteript. ïolrn., t II, n* $976, 4. 



Digfedsy G00gle 



<rLa plupart de ces bromes sont des pièces d'applique qui ont 
été fixées sur des plaques rectangulaires dont des débris sont conser- 
vés. Le creux de ces pièces, travaillées en relier, était comme il 
arrive souvent, rempli de plâtre pour leur donner plus de solidité. 

«L'ensemble a vraisemblablement servi à décorer un édicule con- 
sacré aux divinités égyptiennes. H constitue une série d'images 
sacrées, empruntées a la religion de l'Egypte, telle qu'on n'en a 
peut-être jamais trouvée dans un autre pays de langue latine. 

«L'édicule était supporté par : 1° deux figures de Silène bar- 
bus, penchées en avant, accroupies sur des griffes de lion. Les 
angles inférieurs du meuble étaient insérés dans le dos de ces per- 
sonnages. Les angles supérieurs semblent avoir été ornés de : 
9* deux feuilles d'acanthe ajourées. 3" Deux petits sphinx ont 
aussi été placés aux coins de ce tabernacle. 

Les autres pièces décoratives étaient : 

* h" Quatre fragmenls d'une plaque de bronze coulée sur laquelle 
étaient fixées trois appliques : au milieu Harpocrate tenant une 
massue, et, de chaque coté, un personnage anguipède analogue à 
des types déjà connus*". 

trPuis, des appliques détachées de la plaque qui les supportai! 
autrefois : 5" un bœuf Apis; 6° un Uraeus; 7° un dieu Bcs; 8' 
une tête de chat. Enfin diverses statuettes : 9" un Anubis accroupi ; 
10* un Osiris; 1 1 " un Hermès- Thot; 1 2" un personnage debout vêtu 
d'une longue robe; 1 3° un Silène très oxydé; 1 4" deux petites patères, 

«Je ferai observer, pour ajouter au moins une remarque à ce 
bref inventaire, que le type d'édicnle ou de tabernacle, auquel 
appartenaient les bronzes de Lambèse, a dû se retrouver fréquemment 
chei les fidèles des dieux égyptiens. La collection De Clercq possède 
trois appliques de bronze trouvées ensemble en Syrie (ancienne 
collection Pérétié) et qui figurent , outre une isis , un Uraeus et un Bès 
semblables à nos numéros 6-7, mais de dimensions plus grandes M. » 

M. Hinglais, Conservateur du Musée de Constantine, a envoyé 
une note et un estampage. La noie est la suivante : 

"Le tome XVIII (année 1876-77) du Recueil de» notice* et mé- 
moire* de ia Société archéologique de Constantine contient un certain 

M Cf. Rev. archiol., N. S., t. XXXVII, pi. IX, •>, et Howher, LèxUm Jtfyl*., 
s. v. Tnis , col. 538. 

M Cf. De Riddrr, Brmm d» la coll. Dt CUrea, n"ni, aiV 



Digfedsy G00gle 



sombre de planches où sont reproduites des stèles néo-puniques 
découvertes à Constanline et transportées depuis à Paris. 

«L'une d'elles (a" 1 1 de la planche IV) a échappé à l'expatria- 
tion. On tient de la retrouver enfouie dans on jardin et de la dépo- 
ser an Musée. 

(rJ'ii pu ainsi constater des inexactitudes dans la planche qui 
la reproduit. Elle donne, sous l'inscription, une table à trous dis- 
posés en deux séries de quatre, tandis que la pierre n'en comporte 
qu'une, et comme elle ne paraît pas avoir subi de nouvelles mutila- 
tions depuis qu'elle a été dessinée, on peut croire qu'il y a là une 
erreur du dessinateur. » — Renvoi de l'estampage à M. Ph. Berger. 

M. Pb. BgBQB*, après avoir examiné un rapport de M. le lieute- 
nant du Breil de Pontbriand sur un texte épigraphiqoe panique 
trouvé à Ziane, conclut, comme l'avait déjà fait cet officier, a la 
présence sur l'inscription du nom de Dagon. 

M. Diihl rend compte d'une communication de M. le capitaine 
Donnu : 

"Au cours de l'hiver de igo4-igo5, M. le capitaine Donna a 
déblayé au lieu dît Henchir-Bel-Aïd , près de la piste qni unit 
Kebiiî a Matmata par Bon-Ghorfa, an poste fortifié carré de 
16 m. 85 de c6té\ qui ne présente aucune particularité earaetéris- 
lique et où aucune inscription n*a été, relevée. Auprès des raines 
de cette construction un tombeau offre des sculptures qui , malgré 
leur exécution grossière, semblent intéressantes. On y voit repré- 
sentés des animaux, boeufs a bosse, ânes, chevaux, méhari, et 
surtout deux curieuses silhouettes d'édifices à tourelles et a cré- 
neaux, figurant peut-être te hurgm voisin, ri y aurait intérêt a 
publier an fluHeti* cette partie de la note de M. le capitaine 
Donna.» 

M. Héron ds Viixirossï fait un rapport su£ une note dtr capitaine 
Donau. La première partie est relative a une sépulture sons 
lumulus, aimée près de la piste romaine de Tatape» à Twrit Ta- 
imeliem et qui parait remonter à nue assez haute antiquité; dans 
la seconde partie sont signalées deux inscriptions libyques relevées, 
l'une au village de Negga au Nord-Ouest de Telmine, l'autre au 
Sud-Ouest de ,1'Henchir-Remtia. il est nécessaire de faire connaître 



Digtodsy Google 



ces telles mêmes sans les expliquer : c'est le seul moyen de les 
signaler a l'attention des linguistes qui auraient la volonté d'en 
tester le déchiffrement. Le rapporteur conclut a l'insertion au 
Sulfata . — Adopté. 

M. Héron ob Villefossk annonce également qu'il a reçu de M. fe 
jy Carton communication de plusieurs inscriptions latines. 

Le premier monument a été découvert sur la ligne du Kef, non 
loin de Gaffour. C'est un fragment de stèle en calcaire blanc, baul 
de o m. 38, large de o m. 34, arrondi en arrière, c'est-à-dire pré- 
sentant l'aspect d'une demi-colonne dont la face plane porterait Les 
bas-reliefs et l'inscription. H est divise' en trois registres; les lettres 
de l'inscription mesurent o m. oi4 : 

Registre supérieur : 

( tète diadème* 
(tête radiée) (tête barbue et chevelue) avec croissant) 

SOL 1VPITER LVNA 

Hfffùtr» entrai : 

Triangle entourant un triscète dont le centre est une figure 
humaine. Sur les côtés allongés du triangle, l'espace libre est rem- 
pli par une fleur de lotus d'où s'échappent de petits disques, de 
sorte Vjue cette fleur a l'apparence d'une corne d'abondance. 
En dehors, à gauche, est figuré un gâteau. Sous la base du tri- 
angle, un bandeau , qui semble vide dans sa moitié gauche assez 
abîmée, oflYe à droite le mot : 

FOKTVNA 

Registre inférieur ; 

En grande partie brisé; trou têtes dont le corps n'existe plus. 
La tête de droite porte un bonnet phrygien surmonté d'un crois- 
sant et flanqué d'un objet ovoïde surmonté tl'ane croix. La tête 
centrale est chevelue; il semble qu'on diitingne nne main gauche 
à côté. La tête de gauche, coiffée du bonnet phrygien, est flan- 
quée d'un objet indécis qui pourrait être une tête de cheval. 



Ditifedsy Google 



M. Héron de ViHefosse fait remarquer que la disposition du mo- 
nument signalé par le docteur Carton rappelle beaucoup celle des 
stèles votives africaines à plusieurs registres, élevées a Saturne. Le 
dieu principal, — ici Jupiter remplacerait Saturne d'après l'inscrip- 
tion, — est souvent représente entre le Soleil el la Lune, notam- 
ment sur de nombreux ex-voto recueillis au Nord de l'Aurès, a 
Lambèse et à TimgadC*. Les deux personnages du registre inférieur 
coiffés d'un bonnet (est-il sûrement phrygien?) sont probablement 
les Dioscures, comme on peut les voir au Louvre au bas d'une stèle 
à Saturne provenant de SétiH*', séparés par l'image d'un liou de 
face. Un monument trouvé a Tschermembl, dans la Pannonie supé- 
rieure, semble présenter des analogies avec le monument de GaP- 
fourW; une base trouvée a Mayence en 1877 présente sur ses 
quatre faces les images de Jupiter, du Soleil , de la Lune et de la 
Fortune M. 

Les autres inscriptions sont des fragmenta qui paraissent inédits 
et qui ont été relevés à la Goulelte : 

a. Marbre blanc, formant marche devant le seuil d'une maison 
située dans une ruelle derrière la caserne Sainl-Cyprien. Elle a 
une forme parallélépipédique. Deux des longues faces seulement 
sont visibles. La supérieure présente des traces de moulures très 
effacées. Elle devait appartenir à une architrave. L'antérieure, moins 
large, constituait le aoflîle. 

Elle est ornée d'un faisceau de lauriers entouré d'une bande- 
lette en spirale. 

Longueur, t m. 3o; largeur dusoffile, m. Go; épaisseur, o m. 35 
environ. La face inférieure enfouie n'a pas permis de la mesurer 
exactement. Hauteur des lettres, o m. 09. L'extrémité gauche de la 
pierre est unie et présente le texte ci-contre, placé entre deux p«l- 
metles, l'une au-dessus, Vautre au-dessous de lui. Les lettres sont 
très élégantes, mais un peu grêles : 

R.EPAR.ATAS 

M Corp. ùuer. Ut., L VIII, n" aUg, 
M Delannre, Exploration, pi. 89, n" 3. 

W Premenlein, Arch.-tpigr Millheilwigeu, XIV (i8yi), p. y:'); Corp. itucr. lut. , 

L III, n* 1081*. 

N Hellner, rVfldtuliche ZtiUekriJI, i885, p. 368; cf. 1891, p. 57; Corp. 
intor. lai., t. XIII, n° 679a. 



Digfedsy G00gle 



b. Dans une maison située à côté de la précédente , une pierre 
formant dalle en ayant du seuil a la même forme et la même orne- 
mentation que la précédente. Ses dimensions et celles des lettres 
sont également les mêmes : 

S A LVI S C 
THER.IS 
ET CANCE 
Cest une dédicace impériale chrétienne ayant trait & une con- 
struction dans laquelle il y avait des balustres : et cancellis. 

M. Merlin lit la note suivante : 

«M. le lieutenant Bouchard, du service des Affaires indigènes, 
a exécuté récemment à Ziane, près de Zarzis, diverses recherches 
au sujet desquelles i! a bien voulu transmettre un rapport à la Di- 
rection des antiquités tunisiennes. 

icEn fouillant an mamelon isolé, situé à boo mètres environ du 
Forum, en dehors de l'enceinte de la ville, M. Bouchard a dégagé 
un petit temple, de plan très intéressant, de type oriental et 
phénicien, analogue au temple de Saturne à Dougga entre autres. 
Une plate-forme carrée surélevée sur trois côtés (sauf au Nord-Est) 
de o m. 76 environ au-dessus du sol supporte l'ensemble du sanc- 
tuaire qui comprend une grande cour, large de 6 m. f>o à 7 mètres; 
an fond de la cour se présentent trois chambres, de dimension 
inégale; les deux qui sont à droite et qui s'ouvrent sur Yarea qui 
les précède chacune par une porte, semblent avoir constitué deux 
ceilae : l'une est carrée (a m. 86 de côté); l'autre, À gauche de la 
première, est plus profonde que large (9 m. 86 X ' m - 9 3 )- La 
troisième pièce qui est tout à fait a gauche ne parait avoir eu 
aucune issue directe sur l'extérieur; elle n'était peut-être pas par 
suite destinée au même usage que ses deux voisines. 

«La cour est bordée sur ses deux faces latérales par un portique 
dont les colonnes sans bases étaient surmontées de chapiteaux do- 
riques. La partie antérieure, celle qui formait la façade de l'édifice, 
est jusqu'ici insuffisamment déblayée pour qu'on puisse se pronon- 
cer exactement sur son architecture; il n'est pas probable toutefois 
qu'il y ait eu un grand escalier d'accès, car on n'en a découvert 
aucun vestige; le parvis se terminait sans doute en avant par une 
terrasse surplombant le terrain environnant, fermée par une balus- 
trade, comme celui de Caelestîs à Dougga. 

AKaéoLMii. — N* 3. » 



Digfedsy G00gle 



rr Surtout le flanc Nord-Est de la construction , à droite du péri- 
bolc, règne une grande citerne; un remblai artificiel servait 
d'impluvium pour recueillir l'eau qui se déversait dans la citerne 
par an orifice encore aujourd'hui très net. 

«Dans les décombres du mur du fond, M. le lieutenant de Ponl- 
briant a découvert «ne inscription néo-punique dont M. Ph. Berger 
a entretenu l'Académie des Inscriptions et dont il vient encore de 
nous parler. Une inscription latine, signalée par M. Bouchard, était 
gravée sur le fut de la colonne d angle gauche de la façade; comme 
l'autre, elle a été transportée au Bureau des Affaires indigènes a 
Zaï-zis, où elle est actuellement. L'estampage permet de lire provi- 
soirement : 

« Hauteur des lettrée : t™ ligne : o m. o38 ; 3' : o m. oa6; 3* 
et h' : om. 031; 5':om. oa3. 

CAELESTIS AVG 

ANNIVS ISTRVGI 

SACERDOS ANNI8X NEMEIO 

SIRICO ET CARI'IO GEMELLO 

MAG 

trLa gravure est peu profonde; le déchiffrement présente quelques 
incertitudes, surtout à la fin de la ligne 3, pour le gentilke du 
premier mafiisler, qui n'est donné ici que sous toutes réserve». 

«Tels sont les résultats importants, acquis par les travaux de 
M. Bouchard. Il reste encore certaines questions à élucider; nous 
essaierons de faire reprendre la fouille et de poursuivre le déblaie- 
ment, qui fournira certainement de nouveaux éléments permettant 
de préciser l'architecture et la disposition générale du monument. » 

Cette communication donne lieu entre les différents membres de 
la Commission à des échanges d'observations. Tous s'accordent À 
reconnaître l'importance de la déouverte et la nécessité de déblayer 
complètement avec la plus sévère méthode les restes de l'édifice. 

M. Toutun a examiné deux envois de M. le capitaine Donau et 
les résume ainsi : 

«Les deux études, envoyées par M. le capitaine Donau, sont 
consacrées à deux des voies romaines les plus importantes du Sud 



Digfedsy GoOgle 



«CXI — 

tunisien; elles complètent et rectifient les découvertes déjà faites 
dans cette région soit par l'autour lui-même, soit par les officiers 
des brigades topographiques ou des postes militaires installés dans 
le pays. 

«La première de ces études porto sur la voie transversale qui 
reliait Capta à Tvrris TamaUeni. M. le capitaine Donau y a décou- 
vert, il y a trois ans, une borne militaire, et un fragment d'in- 
scription, sur lequel avait été lu le mot NER.VAE' 1 '. Au printemps 
de 1905, il a de nouveau exploré eette voie; il y a fait plusieurs 
trouvailles intéressantes; il a mis au jour deux nouveaux fragments 
de l'inscription, dont le texte aujourd'hui connu doit se lire ainsi : 



emx&xwmlA V 
VAEBMCAE 
ATTICO |ET ] 



S A C R V M 
ES AVGGER-DACIC 
FRONTONE MASLAE 



irll a déterminé avec certitude la direction de cette voie a travers 
le choit et au Sud du chotl jusqu'à Menchia. 

"La seconde étude de M. le cnpitaine Donau concerne la voie de 
Tacapei à Turrit TamaUeni. Getle voie, qui se confondait jusqu'aux 
Aqvae Tacapilanae avec la voie de Tacapetk Thevette par Capta, forme, 
à partir de cette station, la première partie de la grande route, 
designée dans l'Itinéraire d'Anlonin sous le nom : lier quod limitent 
TripoUtamtm per Turrm Tamalkni a Tacapis Lepti magna durit. D'EI 
Hamma à l'Oued-Nakla, l'étude de cette voie a été faite par M. le 
commandant Toussaint; M. le capihine Donau l'a continuée sur 
le terrain, avec sa précision coulumière, pendant plusieurs milles, 
jusqu'au point appelé Henchir-Megarine ; puis, il l'a reprise depuis 
l'oasis de Limaguès jusqu'à celle de Tlemine. Il a découvert plu- 
sieurs bornes milliaires, dont les inscriptions, sauf deux, sont 
malheureusement fort effacées. Des deux textes, lisibles ou presque 
lisibles, l'un est du temps de Caracnlla, l'autre semble dater de la 
télrarchie. Outre les vestiges de la voie, M. le capitaine Donau a 
relevé plusieurs fragments epigraphiqu.es à Torra même, l'un des 
groupes les plus importants de l'oasis de Tlemine. 1 

H. le Secrétaire entretient ensuite la Commission des publica- 
tions qui paraissent sous ses auspices. Après échange d'observations 

I" BitU. are*, du Cmùti, igo3, p. *o3. 



Digfedsy G00gle 



— 04X11 — 

il est décidé qu'il sera publié, au cours des années prochaines, un 
supplément au catalogue du Musée du Bardo et à lnlbam du 
Musée de Cartbage, et que l'on fera graver la carte de Cartbage, 
relevée après entente du Ministre de l'Instruction publique et de 
ta Direction das antiquités de Tunis, qui a figuré a l'Exposition 
universelle de 1900. 

La séance est levée à f> heures et demie. 

Le Secrétaire de la Comnuuùm, 

11. ClGTUT, 

Membre du Comité. 



Digfedsy G00gle 



RAPPORTS 



COMMUNICATIONS 



A«i:"1IOU)Glt. — N" I . 



Digitizedr.y G00gle 



«Google 



DALLES FUNÉRAIRES 

AVEC CUPULES 
TROUVÉES PltÈS DE COLLORGUES 

(GARD). 



Rapport de M. le IV CutH> 

r une commuai cation de H. Ifljwe Dumas. 



Ml Ulysse Damas, de Baron (Gard), nous adresse un mémoire 

qui a trait a la découverte de d«ux dattes itinéraires avec- cupuli'g. 
En 187b, un cantonnier, M. Nègre, déblayant un champ des 

grosses pierres qu'il contenait (eliatnp fris au Mas dp l'Aveugle, près 

de Coliorgues) et appartenant à M. Raynaud, 

souleva deux grosses dalles posées k plat. Ces 

dalles recourraient une cari té en forme de pnits 

dont le fond était plein d'ossements humains, 

de poteries el de divers objets de silex et de 

pierre polie. Le propriétaire, à la vue de ces os de 

ckrài#it (tic) , donna l'ordre de combler le trou. 
Les deux dalles qui courraient cette sépul- 
ture furent abandonnées à la lisière do champ. 
Lorsque, peu de temps âpres, M. Teste 
signala, à s kilomètres de la, la sépulture 
dite de CoOorgue» avec dalles sculptées , M. Lom- 
bard Dumas considéra les deux dalles du Mas 
de l'Aveugle comme étant de même nature. 
Quand M. Ulysse Dumas eut découvert ta 
dalle funéraire sculptée de Fotssac, il voulut 
examiner les deux dalles en question, mais * ' 

elles avaient disparu; 11 finit par les retrouver faisant partie d'un 
ponceau sur un petit ruisseau du voisinage. Il pat les examiner et 
constata que l'une mesurant 1 m. 91 sur om. Ri porte a sa partie su- 
périeure, d'un coté , une sorte d'encoche usée artificiettement et une 
incisure transversale. Ces deux rainures semblent limiter l'extrémité 
supérieure de la pierre naturellement saillante comme s'il s'était agi 
de la représentation grossière ou schématique d'une télé. (Fig. 1). 



Digfedsy GoOgle 



Au-dessous , 8 eupru les aiesuranl de 3 a A centênôlras de diamètre 
sur 3 en moyenne de profondeur et grou pées autour d'une septième 
plus large. La face opposée est unie. — La se- 
conde dalle, qui mesure î m. io de long sur 
o m. 5o de large, porle d'un coté (fig. a), a 
droite de la ligne médiane, à l'union environ 
des deux tiers inférieurs et du tiers supé- 
rieur, et de l'autre côté (fig. 3), a-gauche 
de la ligne médiane et au milieu de la hauteur 
de la dalle, une large et profonde cupule, 
sorte de véritable écuelle sans autre signe. 

Il semble bien , en effet, comme le pense 
M. Dumas, qu'il s'agisse, au moins pour la 
première, d'une liguration humaine simplifiée 
au maximum. C'est un *oéu> fpeimii qae l'on 
peut observer, par exemple, sur plusieurs des 
pierres de la ferme de La Vaulx (Deux-Sèvres) 
que nous avons décrites récemment, MM. Breuil, Charbonneau et 
moi. D'autre part les cupules sont, en effet, des signes particuliers 
souvent constatés dans les sépultures préhis- 
toriques. 

Ces dalles présentent donc un très réel in- 
térêt; il semble qu il s'agisse le de figurations 
humaines réduites à leur plus simple expres- 
sion , et Taisant néanmoins partie de la même 
famille artistique et rituelle que les dalles funé- 
raires de Collorgues, de Castelnau -Valence et 
de Foîssac, qui se rattachent aux statues men- 
hirs de l'abbé Hermet, et à nos blocs-statues 
de La Vaulx, et constituent un curieux en- 
semble datant probablement de l'époque du 
bronze ou même halstaltienne et pouvant 
même remonter jusqu'à l'époque néolithique. ... 

Je propose donc de remercier M. Dumas 
de cette intéressante communication, da déposer son mémoire aux 
archives et de reproduire les figures de ces dalles qu'il nous a 
adressées. 

D" CiPiuif, 
Hembrt 4» Comité. 



Digfedsy G00gle 



EXPLORATION ARCHEOLOGIQUE 

LA FORÊT DE ROUVRAY 

(SEWE-UIFÉB1EUBE). 
FOUILLES DE 1904, 

PAR H. liON DB V8SLT, 
Corpofpiiidant du Comité, à Rouen. 



Grâce à une nouvelle subvention qui nous ■ été accordée par 
M. le Ministre de l'Instruction publique , nous avons pu poursuivre, 
en 190&, tes fouilles que nous avions commencées, il y a plusieurs 
années'", dans la fordE de RouvrayW. Le Comité des Travaux bistoj 
riques nous avait conseillé de faire porter nos efforts sur l' explora- 
lion des alentours de ta Marc du Puits et d'ouvrir les tertres qui 
avoïsinent le fanum. 

C'est cette mission dont nous allons rendre compte. 

Notre premier soin a été de délimiter le mur d'enceinte du petit 
temple, afin d'en préciser le perihole et de visiter les terres pro- 
venant des déblais (pi. I). 

Ce travail a permis de reconnaître : 

i* Que les fondations du mur d'enceiute formaient un quadri- 
latère de 6g m. 8o de longueur sur kk m, 8o de largeur; 

a" Qne ces murs étaient parallèles a ceux Aafanum, mais que 
cet éuicnle n'était pas placé au centre de l'enceinte qui l'enveloppait 
et qu'il était plus voisin de? murailles Sud et Ouest que de relies 
fin. Levant et du Nord; 

!1 - Voir le dernier rapport. Bulletin archéologique, i flo'i , p. 63. 
"' Bull, arettiol., igo^, p. icii. 



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— 6 — 

3" Qu'un petit bâtiment (?) d'un bel appareil, et dont Une reste 
plus qu'un des angles (voir le plan en A), s'élevait au sud àu/anum 
sans lui être attérïant, Était-ce fa résidence du cwloit Nous ne 
saurions répondre affirmativement; mais ce que nous pouvons dire, 
c'est qu'en cet endroit et dans le voisinage nous avons recueilli 
des statuettes- de- VVftdyomèae et de .nombreuses hachettes de 
silex, groupées avec des oursins' 1 '; 

6° Que le long du mur Sud, «or do m. 8o de longueur, et 
jusqu'à i'angie S. 0. de l'enceinte, s'étendait un terreau noir rempli 
d'ossements d'agneaux et de jeunes chèvres, véritable charnier de 
o m. 6o de profondeur M (voir le plan en 11); 

Si" Enfin, que tous les objets, sauf ceux qui ont été recueillis 
dans le caveau, dont il sera parlé plus loin, ont lous été trouvés 
dans le péribole qui a été visité avec le plus grand soin. 

Mur d'enceinte. — Nous avons indiqué plus haut les dimensions 
de ce mur (6g m. 8o X ktx m. 8o) et nous avons fait remarquer 
que \afanum n'occupait pas la partie centrale de cette eow. 

Cependant il est un fait acquis par les fouilles : c'est l'existence 
de cette fiour si souvent reconnue dans les temples antiques 1 *'. Enfin, 
dans cette enceinte, des subslructions ont été reconnues en C (plan 
général). Ce massif de maçonnerie nous a paru être te soubasse- 
ment d'une statue colossale, dont nous n'avons pu rassembler que 
des fragments très mutilés et épars au milieu des ruines. 

Nous avons exploré, sur une très grande étendue, la limite entre 
les murs parallèles du sacetlum (périptère), et, si nous n'avons pas 
déblayé complètement l'ensemble de l'édicule, c'est que ce travail 
aurait compromis, inutilement, la solidité des murailles. 

Pour conserver le petit monument, nous en avons Tait restaurer 
l'angle N. E. et n'avons poussé les fouilles que juste assez pour 
reconnaître les revêtements des murailles. Celles-ci ont montré des 
crépis colorés en rouge, en noir, en bleu, en vert et en jaune, avec 
des filets tracés avec des couleurs contrastantes. Lee toms rouges 
dominaient et recouvraient les plus grandes surfaces. 



"I Bull, archioi., iijoa, p. 70 et 'j'i. 

W Les ossements ont été déterminés par M. IU011I Fortin. 

"' L. 'iiilil fit H. Koner, ha vie antique, s' partie, p. 'i.'i. 



Digfedsy G00gle 



«Google 



Bulletin irchiologiqui, igo5. 







'XT(jg 



FORÊT 
PLAN DES FOUILLE 



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Légemde. 





éxptoraàan- aixkèolaij/ijHC ctcla. ZArrck 3c notivnu/ (Jcinc .-Jnfriûuw.^ 

PLAN GENERAL 



; ROUVRAY. 

DE LA MARE-DU-PU1TS, 



Digitizedr.y G00gle 



«Google 



Toutes chose* déjà vues et qui nous avaient permis de tenter la 
restauration d'un j'anum gallo-romain 111 . 

Corn». — Notre exploration devait nous réserver d'autres déeou* 
vertes, et notamment celle d'un petit caveau (voir le plan général 
en D), dont nous allons donner la description (fig. 1). 



Fig. i. — Li Mire du Puits. Caveau. 

Situé au Nord du taceitum et en dehors du péribote, il est engagé 
dans des substruclions en grosses pierres. Le plan de cet édicule 
esta peu près carré (i m. 9a X 1 m. 3ft). Cinq marches permettaient 
d'accéder dans l'intérieur. Le Tond se trouve a a m. 1 en contre-bas 
du sol actuel et à 1 m. 90 de celui que nous considérons comme le 
niveau antique; tl n'était pas pavé. 

Les murs du caveau sont construits en maçonnerie de moellons 
smillés et en blocage de silex; mais, tandis que l'appareil de la 



''> Cette étude a été eiposée su Salon de 1895, sous te n* 3999. Une photo- 
graphie de nos dessins a été Faite pur les soins de M. Salomon Reinarh, pour le 
Mu-ée de Saint-Germain. 



Digfedsy G00gle 



— 10 — 

et posées, sans aucune taille, en nput mcerntm. A l'angle N. E. se 
trouvait une pierre énorme (o m. 80 de coté) , beaucoup plus grosse 
que les autres (om.'tâ de coté), et qui était enveloppée parles 
racines d'un sapin (voir le plan en E). Cette anomalie incitait a 
une exploration : non» fîmes soulever cette pierre et nous vîmes 
qu'elle recouvrait un puisard. Nous n'hésitâmes pas à le déblayer, 
mais ce travail ne nous livra que de très petits fragments de 
poteries. 

Le plus curieux de notre exploration a été la reconnaissance dn 
mode des constructions rustiques a l'époque gallo-romaine. 

Les soubassements en étaient formés, nous l'avons déjà dit, par 
de grosses pierres calcaires ou siliceuses "1, sur lesquelles s'élevaient 
des murs en argile ou en torchis 1 *'. La toiture devait être faite de 
paillette on de chaume. 

Pour éviter et régulariser les arêtes rugueuses des gros silex , des 
tuiles courbes étaient disposées aux angles des murailles et parli- 
colierementa l'entrée des habitation». 

Nous avons été assez heureux pour retrouver, en place , cette dis- 
position, ce qui nous permet d'en donner un croquis (fig. 3). Il 
n'en a pas été de même pour les murailles en ar- 
gile; et peut-être faut-il justifier, ici, l'opinion 
que noaB émettons sur leur composition 1 

On sait que l'emploi de la terre séchée au so- 
leil remonte a la plus haute antiquité : Égyptiens 
et Assyriens ont fait usage de briques crues. Or, 
p. a malgré la sécheresse des climats de l'Orient, les 

monuments ainsi construits, dans les vallées du 
Nil et de l'fiuphrate, ne forment plus que d'énormes amas de terre. 
On admettra donc facilement que , sons le climat humide de la 
Normandie, les pluies et les bronillards aient depuis longtemps 
réduit a l'état d'humus et de boue les constructions en terre et les 
couvertures de paille. 

W Gris erratiques* du dîhivium des plateaux ou des vnllées. 

1,1 En Normandie, on déaigne noua le nom de «bauge* un Mélange formé 
d'argile et do paille liarhée avec lequel m construit les mura des habitations et 
des clôtures. 

lys vieilles chaumières du pays de Caui ont leurs murailles construites avec 
cette maronnerie. Il en est de mfmp pour les enceinte* des chAtea.ua et des riches 
domaines. 



Digfedsy G00gle 



Cependant tout n'a pas été anéanti. Des témoins sont restes qui 
permettent de vérifier notre hypothèse. C'est ainsi, par exemple, 
qu'une grande quantité d'argile recouvre le sol naturel, qui, a la 
Mare du Puits, est formé d'un sablon avec graviers; car, sur ce 
plateau, l'argile du diluvium déposée à l'époque glaciaire a été 
lavée et entra! née par les eaux. 

On la retrouve, par larges zones, but les flancs du coteau ou 
dans des poches creusées dans ta craie. C'est donc bien le travail de 
l'homme qui l'a ramenée et amoncelée a la Mare du Puits, où 
nous la trouvons au milieu des ruines. 

D'ailleurs, l'argile malaxée avec de la paille hachée a été fort 
employée pour la construction des habitations rurales, et la couver* 
ture en chaume a été, de temps immémorial, ta toiture préférue 
pour Us maisons villageoises. Or il n'a été trouvé que des débris 
de tuiles au milieu de» aubstructions en grosses pierres, c'est-à-dire 
des quantités insuffisantes pour justifier l'emploi des fK#wia a dans 
la protection des toitures. 

Il nous parait donc bien démontré que le fiatum de la Mare du 
Puils était entouré de constructions agrestes disposées dans un 
ordre bien différent de celui constaté ordinairement dans les wllt* 
antiques. 



Nous croyons bon de réunir, en des paragraphes différents, les 
découvertes faites pendant noire dernière campagne et de leur con- 
server les rubriques ordinaires : monnaies, ossements, armes et 
outils, etc. 

1° Monnaie*. — L'inventaire comprend : 3 grands bronzes, 
k moyens bronzes et Ù5 petites monnaies de bronze , dont quelques- 
unes sont saucées. 

Dans les grands bronzes, on remarque un beau type de Marc- 
Aurèle d'une fort jolie patine et , dans les moyens bronzes , une mé- 
daille à l'effigie de M. PVP1ANVS, portant au revers la Victoire 
tenant une couronne; a l'exergue, VICTORIA GER. C'est une pièce 
rare en Normandie. 

Parmi les quarante-cinq petits bronzes, quelques-uns, à l'effigie 
de Constantin, sont à fleur de coin, tandis que beaucoup sont 



Digfedsy GoOgle 



— 12 — 

effacés. Cependant nous avons pu lire les revers portant le mot 
CONSECRATIO aur deux petite bromes sortis du caveau, ainsi 
que nous l'avons indiqué plus haat">. 

9* Oitanentt. — C'est le long du mur d'enceinte, au point B du 
plan, que nous avons rencontre de nombreux ossements d'animaux 
que nous avons soumis à l'examen de M. Raoul Fortin. Ce natura- 
liste a bien voulu en dresser la liste, où figurent en grands quan- 
tité les os du mouton et de la chèvre. 

L'exploration du caveau nous a livré aussi de nombreux ossements 
du bœuf, du eheval, du sanglier, ainsi que 3 défenses de ces 
animaux. 

La pièce la plus curieuse est un humérus perforé. Nous ne pou- 
vons donner ni l'emploi, ni la destination de cettre pièce d'ostsio- 
logie trouvée dans les déblais opérés è l'entour du/mum et au Nord 
de cçt fidicule. 

M. R. Fortin la détermine ainsi : partie inférieure d'un humérus 
(côté gauche) d'un chien (Cmi* f*m., Linn.). Le foranien de la 
cavité olécranienne est normal chez beaucoup de carnivores, notam- 
ment chez le chien. 

3" Armes et outil» néolithiques. — Ainsi que les années précédentes, 
nous avons recueilli des outils de l'âge de pierre. 

C'est au milieu des terres explorées, dans l'enceinte du meelUun, 
que nous avons trouvé une hachette et un fragment d'arme néo- 
lithique, ainsi qu'un gros galet ou casse- té te, un grattoir, etc. 

Parmi les objets ramassés, nous appellerons «poiiasoirn un 
morceau de roche marmoréenne de couleur noire, veinée de 
blanc. Cet instrument est taillé en biseau à l'une de ses extrémités; 
et l'autre, qui devait être tenue dans la paume de la main, est 
arrondie. 



'" En ré-urnê, les monnaies trouvées celte année aux alentours àafmaa» de 
la Mire du Puits se répartissent chronologiquement ainsi : 

Néron, î H. B. - Trajan, iHJ.- Hadrien, a 6. B. - Àntonin le Pieux, 
s G. B. - Pupien, i M. B. - Gallien, 1 P. B. - Posthume, k P. B, - Tétrieu» 
père, 3 P. II. - Tétricus fil», i P. B. - Constantin, B P. B., dont trois à la 
légende SOU INVICTO COMITI. - Oispui, a P. B. - Constance II, a P. B. 
- Périmai T 1 P. B. - IHiaihles et non dusses : ai P. B. Soit au total ; 3 G. B, , 
h M. B. «t A» P. B. 



Digfedsy G00gle 



— 15 — 

h" A-onze. — Le broute s'est montré dans on fond de plat 

de a m. a3 de diamètre, provenant du caveau, où il a été trouvé 
contre le mur de fond et non loin de la petite niche. 

C'est également da caveau que sont sortis : nn fragment de torque* 
ou bracelet, une fibule étamée, un gros bouton d'amortissement, 
un manche de petite cailler et divers morceaux de bronae dont 
l'attribution ne aaarait être faite avec certitude. 

Dans le péribole du temple, on a trouve un bracelet d'enfant et 
un listel de bronze ayant di orner un objet de forme conique. 

f>° Fer, — Le fer est représenté par des elous de toutes les 
dimensions. Nous avons recueilli des petits clous destinés a fixer 
les tuiles aux chevrons et de longues fiches de o m. 1 5 de longueur 
sur o m. 006 d'équarrissage ; cette dernière mesure prise à la nais- 
sance de la tête terminée en pointe de diamant (pyramide). 

Des fers a cheval , des pentun», une clef et une spatule sont sortis 
du caveau, ainsi que des déblais exécutés dans l'enceinte du fanutn. 

6° Céramique. — Les débris de vases, de terre ronge on noire 
se trouvent en très grande quantité sur le canton de la Mare 
du Puits, et on peut dire, sans être taxé d'exagération, qu'on 
les rencontre, dans la forêt, sur plus de quatre hectares de su- 
perficie. 

Un seul vase de terre noire, d'un fort joli profil, a été retiré 
entier du milieu des grosses pierres entourant le cavean ; mais nous 
n'avons reconnu ni marques de potiers, ni reliefs dignes d'être 
signalés. 

La seule remarque intéressante que puisse offrir la céramique de 
la Mare du Puits concerne les ceroplastes gallo-romains et les sta- 
tuettes de l'Ana4yoméne sortie» de leurs ateliers. 

Nous avons pu recueillir, cette année encore, 3 torses et 9 pré- 
douches. Ces idoles paraissent venues d'an même monde et teai 
brisement est toujours en trois parties : tête, torse et piédestal. C'est 
un fait déjà plusieurs fois mentionné dans nos précédents rapports I' 5 
et que nous avons toujours considéré comme intentionnel. 

7° Vtrrt. — Le verre était représenté par de nombreux cols, 

« BuU. *rtk«J., ijo4,p. 76. 



Digifeed^y GoOgle 



— M — 

fouis et débris d'urnes, de fioles très élégantes ou de petits vases 
d'un grand luxe. 

C'est à l'un de ces vases qu'appartenait nne petite anse, d'un 
fort joli travail , et le fragment d'un col contenant un anneau en 
pâte colorée. 

Nous avons également recueilli an morceau de verre ayant servi 
de vitre et qui montre bien la technique des verriers gatlo- 



Des scories, produites par 1s fusion dn verre tors de l'incendie 
qui détruisit les bâtiments de la Mare du Puits, sont également 
sorties des fouilles. Nous avons déjà fait mention de découvertes 
semblables. 

Cependant, cette année, nous devons signaler une vitrification 
reconnue sur des revêtements de murailles et qui titras a paru 
faire partie d'one décoration. Nous possédons un échantillon, 
asses grand, de ce système de décoration. 

Et si, maintenant, nous résumons les principales récolles faites 
dans les fouines de la Mare dn Puits, depuis trois années, nous 
constatons que nous avons trouvé près de s 80 monnaies. 

La série en commence avec une médaille gauloise des Velocasses 
•sur se terminer a Maxime ( 383-S88 ) , c'est-à dire qu'on peut fixer, 
sans crainte d'erreur, à quatre siècles l'occupation du Heu et la pré- 
sence de l'industrie et de la civilisation romaines. 

Cette civilisation est non seulement attestée par les médailles, 
elle l'est également par l'art déployé dans la construction do fanum 
et de la villa, par les objets et les vestiges recueillis qui montrent 
les mœurs et Us usages importés d'Italie. 

D'antres recherches pourraient être faites, dans la forêt de 
Bouvray pour arriver au complet achèvement de son étude archéo- 
logique. Cependant, comme nous croyons que ces explorations 
nécessiteraient de grosses dépenses bien supérieures aux résultats 
à obtenir, nous considérons notre mission comme terminée. 

Nous ne dorons pas re rapport sans remercier la Section d'archéo- 
logie du Comité des Travaux historiques, des bienveillants encoura- 
gements qu'elle n'a cessé de nom donner au cours de nos travaux 
et des subventions qu'elle nous a accordées pour les continuer. Nous 
joindrons dans notre reconnaissance la Société libre d'émulation 



Digfedsy GoOgle 



— 15 — 

de la Seine-Inférieure et tous nos collègues de ta Commission des 
antiquités qui ont voulu que des fouilles archéologiques fussent 
reprises dans le département de U Seine-Inférieure. Nous remercions 
également M. Gaston Le Breton qui a consenti à se priver d'une 
fraction du budget des Musées pour nous venir en aide dans la tâche 
que nous avions entreprise. 

Léon de Veslt, 
Correspondant du Comité. 



Digfedsy G00gle 



NOTES ARCHEOLOGIQUES 
SDR NARBONNE, 

PAR N. LE CAPITAINE MOLINS, 

du ioo" régiment d'Infanterie. 



Un séjour de quelques années à Narbonne m'a permis de faire 
un certain nombre de remarques archéologiques, que le Comité 
jugera peut-être dignes d'attention. 

I. La municipalité de Narbonne a entrepris de dégager la place 
de l'Hôlel-de- Ville, ancienne place de l'Archevêché, et va démolir 
un certain nombre de maisons adossées au vieux pont dont une des 
arches sert encore au passage de la Bobine; il serait avantageux 
pour l'archéologie qu'avant de transformer tous les terrains en 
place publique, la Société de Narbonne fit quelques fouilles pro- 
fondes dans cette partie; la récolte ne serait certainement pas 
mauvaise et compenserait, par l'intérêt des objets trouvés, les 
sacrifices pécuniaires consentis. 

D'ailleurs, comme indices certains de ce que l'on pourrait ren- 
contrer, on a recueilli à côté , au cours de la réfection du café Gqn- 
linental sur la promenade des Barquen, un grand nombre de pierres 
énormes, bases certaines d'un monument public de grandes dimen- 
sions ou tout au moins d'un édifice appartenant a un riche parti- 
culier. On y a reconnu trois stèles votives, dont nous donnons ici 
la transcription, et une rosace qui devait couronner quelque mo- 
nument élevé à un haut personnage : 

Marbre blanc, trouvé lors de la réfection du café Continental : 

LIBERA n ^XTESl 
REMPVBUCAM- S 
STATVAS-TOTIDEfc 
jPONENDA CmmA 



Digtodsy Google 



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BACCHUS. 

FRAGMENT DE STATUE DE MARBRE, 

TROUVÉ À NARBONNE. 



Digfedsy G00gle 



— 17 — 

a* v*AV 

ORI 
ANEG 
CORN 
CHRY 
AM1CO 

. ^EL 1 

r RICVSE 1 

IELIVS 

SEROS 

OPTIMO ' 

Une pierre gravée, trouvée au même eodro't ; 

TVSCI 
]fl I F Ej 

Mais, nous l'avons dît, il n'a pas été possible de continuer à 
creuser le sol pour arriver au sol naturel ancien, à cause du peu 
de temps dont disposait l'entrepreneur pour achever sou œuvre. 

II. Dans les fouilles pratiquées dans sa propriété, avenue de 
l'Hérault, par M. Llgnon, on a découvert trois sarroptinijes de 
pierre, dont un a été donné au Musée lapidaire de Narbonne. Il 
représente le Bon Pasteur. La sculpture est d'ailleurs assez effacée. 
Le défunt était orienté de l'Est à l'Ouest, la tête tournée vers l'Est; 
le sarcophage était rempli d'ossements qui se sont effrités au 
contact de l'air. 

Deut autres tombeaux de pierre tendre ont été trouvés dans le 
même endroit; ils ne portent ni marque, ni inscription. Nous pen- 
sons qu'ils appartiennent à L'époque chrétienne. 

Les fouilles ont amené la découverte de plusieurs objets, notam- 
ment de poteries dites tamiennei que l'on trouve en très grande 
quantité sur ce terrain, comme d'ailleurs sur le terrain du «Port 
des Galères » dont nous parlerons plus loin. 

M. Lignon a recueilli également un torse de Bacchus. La tête a été 
malheureusement mutilée. Il manque la partie inférieure (PI. II). 
Aiciéouwi*. — N* t. % 



Digfedsy G00gle 



Ce marbre gisait à coté d'un rectangle de 6 mètres sur 3 métros, 
au milieu duquel se trouvaient de» bases de eolounes au nombre 
de six. C'était là peut-être un édieule consacré à la divinité repré- 
sentée par le sujet. 

A proximité, de l'autre côté de l'avenue de l'Hérault, il a été 
trouvé un lorse de Minerve, et deux têtes mutilées. Au même 
endroit, on a recueilli quelques inscriptions, toutes en mauvais 
état: 



M • L V C C 


5. O'ST 




VSA 


M * F ■ 


RVMOV 

/ORSEVE | 

STVM 


PONTIFEX 
P O 





6. E 


j AVI A -1 
LENA 
[■ R.VL- 


(LeUrcde brouze encastrée dans 
la pierre.) 




7. | C . L . P . | 


P- vsv 

AVC 


(Marque sur brique dans un 
cadre rectangulaire; hauteur 
des lettres, o m. oa5. Cette 


VRI 


marque se trouve aussi avec 
les mêmes dimensions sur 




une autre brique.) 



A ces objets il faut ajouter quelques lampes en mauvais état et 
du modèle commun, à anse trouée avec bec, quelques fragments 
do Utile en os avec deux ou trois trous, diverses épingles à cheveux, 
en os également, et un certain nombre de poteries communes en 
très bon état. 

Trois petits bronzes méritent une mention particulière : d'abord, 
un Mercure courant, une tête d'empereur et une Diane (ou une 
Vénus). 

III. Dans la propriété de M. Caiimet de Sauvejunte, attenant à 
celle de M. Liguon, les fouilles pratiquées par le propriétaire lui- 



Digfedsy GoOgle 



— 19 — 

même n'ont Fait découvrir aucune inscription; par contre, les 
objets trouvés sont plus nombreux et offrent de l'intérêt par leur 
degré de conservation. 

Plusieurs lampes et vases sont encore intacts et méritent d'être 
signalés : 

i" Quatre vases de verre avec anse de 6 centimètres rarrés, 
dont deux en parfait état, et plusieurs autres d'un modèle plus 
petit, mais cassés généralement. 

3° Lampes : lampes à 3 tétons, dont un percé et sert d'anse, à 
contours finement travaillés, avec marque AT1ME; lampe à bec 
avec anse trouée, marque COPP1RES; lampe (le fond lentement) 
avec marque CAB1NIA; lampe à bec et à anse verticale trouée, 
marque Qj.PPI; lampe à a tétons a a trous avec une tête pour 
sujet; lampe à a becs à anse avec ornementation; lampe à i bec et 
à î trou sans anse; lampe à i bec età anse avec un poisson pour 
sujet; lampe phénicienne avec volutes, bec carré. 

Les vases de terre dite ««mienne sont tous en mauvais état. 



En voici les marques : 

î. SlOP (probablement SIOFE 

ou SIOPE). 
a. OFMARA. 

3. OFMWUA. 

4. VOMIL1A. 

5. ANNA. 

6. 1VCVN. 

7 . OFACVIL 
S. ARDCt. 

o. AMIN. 

0. OFRVS. 

1. OFRASSI. 
s. OFWRSVC. 



. ACN1NA. 

. BALBVS. 

. <]OFLCVIRILI|>. 

. ARROL 

. LICNVS. 

. OFAO. 

. OFLVN-ENI. 

. OFCIAF. 

. mmmVUDl (probablement 

SECVND1). 
. OF REC. 



Les propriétés dans lesquelles MM. Lignon et Caumel de Sauve- 
junte ont exécuté leurs travaux longent l'avenue de l'Hérault; 
c'était ta le passage de la voie Domitiense , et il n'est point étonnant 
qu'où y ait trouvé ces deui statues. 

A l'époque de la construction des remparts de Narbonne, la ville 



Digfedsy GoOgle 



— 20 — 

devait être entourée de monuments anciens de toute espèce; et si 
un archéologue en ce moment avait seulement eu l'idée de repérer 
ces monuments, cela lui aurait été 1 très facile, à en juger par les 
magnifiques pierres de toutes dimensions gravées ou sculptées qui 
couronnaient la totalité de l'enceinte de la ville. 

IV. Dans une autre propriété en face des deux précédentes et a 
l'Ouest de la voie du chemin de fer, M. Baron, libraire, a essayé 
quelques fouilles dans son terrain, et ses sacrifices ont été couron- 
nés de quelque succès. 

Il a été trouvé notamment : 

i 8 Une inscription qui, déjà connue et citée par l'abbé Bousquet, 
est décrite sous le n° 8aFi daos YHistoire générale de Languedoc. 
Elle avait été perdue de vue depuis une centaine d'années et elle a 
été retrouvée en 1900, encastrée dans un bloc de maçonnerie 
supportant un sarcophage gallo-romain qui servait d'abreuvoir. 

Deux autres tombeaux semblables ont été découverts au même 
endroit; 

3° Une télé de personnage; 

3" Un cercueil de plomb découvert quelques années auparavant 
en 1891, mentionné par M. Héron de Viilelbsse dans le Bulletin et 
la Société des Antiquaire* de France, 189a, 3' trimestre; 

h" Une vase élégant en forme d'amphore avec anse; 

ii" Un vase en forme de tasse a\ec b.c et anse; 

G* Plusieurs urnes et plats de différentes formes; 

7° Un fragment de flûte ù deux trous, en os, et enfin un poids 
de marbre de forme arrondie, des fragments de fioles à parfum en 
verre ; 

8" Un lot de lampes : 1 lampe à bec ornée d'une coquille, 
dessin trie fin, sons anse, marque E; 1 lampe de mémo forme, 
sujet : oiseau portant un rameau; 1 lampe de même forme, sans 
sujet, marque E; 1 lampe de même forme, sujet : sloughi pour- 
suivant un lièvre, sans marque; 9 lampes ù bec et à ansu 
trouée, dont l'une a un croissant comme sujet; tes deux portent 



Digfedsy GoOgle 



— 31- 
la marque OVMNMO; i lampe avec volutes à bec à anse, sans 
marque. 

Marques de plats : 

i. AIIXAF. I S. hEAIftM. 

9. ARIObl. 5. MOl'I. 

3. VOLVS. | 

Les monnaies sont nombreuses et en bon état; elles sont toutes 
connues. 

M. Baron, qui se donne avec ardeur aux études archéologiques, 
n'a pas craint de bouleverser sa cave pour y tenter des recherches 
dont les résultais ont été malheureusement peu satisfaisants; il a 
néanmoins découvert dans sa maison, à l'angle de la rue Droite et de 
la rue Viollet-le-Duc , une statue de femme mutilée. 

D'après le plan de Lenlhéric, elle pourrait appartenir au forum 
qui se trouverait non loin de cet endroit et dont l'emplacement 
n'est pas encore fixé. 

V. MM. H. Cons, du un la Carte comparée des bouche* de l'Aude, 
cl G. Jourdanne, dans les Variation* du littoral narbowiai*, ont fait con- 
naître, en s'appuyant sur des documents précis, que l'Aude était 
navigable jusqu'à Narbonne et que celle rivière venait se jeter dans 
l'étang de Bages, a l'Ouest du domaine actuel de Montfort. A l'en- 
droit où nous plaçons, dit M. Cons, l'embouchure du fleuve en face 
de Bages, sur la rive orientale de 1 étang, se trouve un enfoncement 
d'une superficie de a hectares environ, qui porte le nom très signi- 
ficatif de «Port des Galères ». 

Donc Narbonne avait un port à l'embouchure de l'Aude; c'est 
cet indice qui nous a conduit vers cette région, et nous avons con- 
tourné Il lac de Bages, l'ancien lac de Narbonne, de l'Ouest a l'Ksl, 
pour essayer de dérouvrir au milieu de ces lerres labourées quelques 
vestiges capables de nous guider dans la reconnaissance du 
port. 

Tout d'abord , ce qui frappe le plus, c'est la quantité considérable 
de poteries que l'on trouve sur le sol. Il n'est pas possible de pré- 
tendre que c'était là le dépôt des immondices de (a ville, à cause 



Digfedsy GoOgle 



— 22 — 

de la distance considérable qui sépare cet endroit de l'ancienne 
Narbonne. 

On ne peut guère supposer que les habitants venaient jeter à 
plus de U kilomètres les ordures ménagères, alors que la ville était 
desservie par une grande rivière dont le débit est encore assez 
grand au plus fort de Tété pour alimenter un canal de navigation 
comme nia Robine». 

Autour du point que nous croyons avoir été le « Port des Galères n, 
ou tout au moins une partie du port narbonnais , s'étend un bassin 
artificiel de 60 mètres de diamètre, ayant la forme presque circu- 
laire. On a prétendu que ce cirque avait été construit pour servir 
de manège aux chevaux du comte de Montfort; cette version parait 
hasardée, si l'on remarque que le sol du prétendu manège est au 
niveau de la mer aux plus basses eaux et qu'en temps ordinaire il 
est rempli par l'eau salée. Ce qui est possible , c'est qu'il a pu servir 
à cet usage une fois comblé. Nous n'avons d'ailleurs tenté aucune 
Touille eu cet endroit. Dans les environs de ce lieu dit, existent 
un certain nombre de restes antiques. 

Non loin de la butte de tir, on voit encore un égout parfaitement 
conservé, ce qui indiquerait l'emplacement peu éloigné d'une popu- 
lation quelconque. 

Auprès de la butte de tir, soit sur le bord de l'étang, soit un 
peu en arrière , on trouve plusieurs traces de constructions : citernes , 
murs; et, dans toute l'étendue du terrain avoisinant, la charrue a 
ramené n la surface des débris de. construction, ce qui ferait croire 
a l'emplacement d'un petit village sur le bord de l'étang. 

Dans cette hypothèse, nous ne partagerions pas l'avis émis par 
MM. Conset Jouidanne, qui placent le port des Galères beaucoup 
plus au Sud et à l'Kst: et, seules, des fouilles entreprises aux denx 
endroits pourraient donner la solution de la question. 

Confiant en noire opinion, nous avons commencé a explorer un 
quadrilatère qui s'étend a l'Est du champ de tir sur le bord même 
de l'étang. 

Voici le résultat de nos recherches : 



Digfedsy GoOgle 





Marque» de potier 


tw de* débrit de 


jlau verniesé* rouge» t 1 !. 


,. 


R.OTIFIMI'». 




îW CF. LABW/VA'"'. 


3 


OFFOB». 




•7 


LIBERTA". 


3 


OFMRRA". 




|8 


SEOAQ1 (probablement SE 


4. 


SIOFE™. 






CVNDI)I"I. 


5 


MRriRIISFE"!. 




>9- 


OFMi' 


6. 


■ABIAVS™. 






FESTVSI". 


7 


OF- PRIMI". 




91. 


ARDACI-H 1". 


8 


SA- Sfl. 




33. 


OFSILVANIt"!. 


9 


SAVIH'I. 




>3 


OFV1A t". 





XAI, 




sS 


OFVin. 


i. 


OFAOVITA""'. 




s5 


OFNEW. 


s 


SIICVNDI (probablement 


96 


ArU-OFIC. 




SECVNDl)™. 




■7 


AVE<">. 


3 


OFAOVF". 




«8 


OFAASCI m. 


S 


AIHAb.. 




a 9 


SANOW". 


S 


SENO MA". 




3o 


RVFINVSI"!. 



(l > La négligence avec laquelle onl élé faites les estampilles ne permet pan tou- 
jours de donner une lactnre certaine d'exemplaires isolés. M. Décheletlc, cunserva- 
teur du Musée archéologique de Roanne, qui a bien voulu examiner la liste dressée 
par M. Molins, a proposé aux lectures de notre correspondant quelques correc- 
tion» qu'il tire de rapprochements avec las estampilles recueillies sur l'emplacement 
des atelier* céramique» de La Graufesenque. Les observations de H. Déctielette 
sont consipiées dana les notes qui suivent. — '•'> Lire probablement POTIT1 M. 
Marque de La Graufesenque : POTITI M. — !î ' Lire probablement OF IWRRA 
(Mvrraai). Cf. plus loin, n' 5». — [ *J Marque de La Graufeenque : BIOFE. 
Voir Décheletle, hissa cifrumiquu ornai, t. I, p. »5li. — <■' Lira probablement 
MRT1AL1S FE. Marqua de La Graufesenque : MRTIALIS M. — <"> Lire pro- 
bablement [S]AB1NVS. Marque de La Graulosenque : SABINT. — « Même 
marque i La Graufesenque. — m Marque de La Graufesenque : SA — SAAR* 
A. — « Lire probablement SA. VII. Cf. Coi-put mter. lai., t XIII, n* 1707. 
— »•> Marque de La Gmufteenque : OF-AQVITN. — <"> Même marque i U 
GTadesenque. — M Cf. pics haut, i>' ,,. — «') CE Corptu âuer. laî., t. X11I, 
a*1786. — '"> Lira protaKemenl ÛFLAB[IONlS] M. A rapprocher les 
marques de La Graufoenque : OF-LICINl M, OF-ATE M, etc. — M Mar- 
que de La Graufesenque : UBERIVS. — <"> Cf. plus haut, n' la. — <"> Cf. 
Corym inicr. (al., t. XIII, n' 893. — <"> Marque de La Graufesenque : 
ARDACI. — < u > Marque de La Graufesenque : SILVANI. — «« Marque de La 
Graufesenque : OF-V1TA. — ( "> Sur les formules AVE, VALE, SALVE, qni 
se trouvent sur des vases rulenes, voir Dcrbelette, Vatti eéraiHÙjun omit, t. I, 
p. lai. — W Lira probablement OF M A SCL1. Plusieurs marque* de Matclut a 
La Graufesenque. — in! Lire probablement SASTo(rn'j) M. Cf. Corpiu mter. lat. , 
I. Xlïl,n"100t0, naO.MarquedeLaGrauf.iienqin-: OF SANTO- — »> Marque 



Digitizod ny G00gle 



3i. OFAACC™. 


5a 


3s. OFAMN". 


53. 


33. FELICISM™. 


54 


34. OF.WCC». 


55. 


35. AOE«. 


56. 


36. CM AMI on IVCV AO. 


57 


37. PASSIEZ. 


58 


38. OFBASSIPI. 




3 9 . OFIVCCi". 


H- 


4o. OF- MODE»»". 


60 


Al. PASSI1 (le même probable- 


61 


ment que le n* 37) , " ) . 


6a 


Sa. OF-NICIO'FF"". 


63 


43. M BIONIS 1". 


64 


44. VJfVJf. 


65 


45. HITIO. 




46. OFCOC!"!. 


66 


4 7 . ARV1FE. 


6, 


48. R.ECENVS«. 


68 


4 9 . CRESIIOI"'. 


69 


5o. OFMOM<">. 




Si. OFKSCll'l. 





, OFNWREi"'. 

. OSABI' 1 ". 

. SES1LVA<">. 

. AV*<">. 

. OFSECVN<"\ 

. 0PASS1EM<">. 

. IVCWO (le même probable- 
ment que le n' 36). 

. ALBH-I!">. 

. CARII-A!'". 

. OFPATR.IC 1 "'. 

. OF-FfcMO<">. 

. MCERE<">. 

. OFBEDO. 

. OFBEVC (peut-être le même 
que le précèdent). 

. OFMSCIW. 

. GALL1<">. 

. DOSIO ou OFSÔC 

. MCFRE (le même que le 
n' 63). 



de La Graufesenque : OF RVF1NVS (ne). — W Marque de U Graufceenque : 
OF MCAR. — * Cf. plut haut, n" 11. — <») Marque de U Graufesenque : 
FELICIS M. — (,) Cf. pltubaut, p" Si. — (>> Lire probablement AVE. Cf. plus 
haut, n* 17. — ''' Cf. plus loin, n* ai. — "> Marque de La Graufesenque : 
OF BASSI. — »> Marques de La Graufesenque : OF 1VCO, OF IVCON, 
OF IVCVND. — "> Marqua de La Graufewnque : OF MODES. — M Marques 
de La Graufesenque : OF PASSI, FASSENI. — <"> Lire probablement SE-NI- 
OO'FE pour SENICIO FE, marque de La Graufesenque. H arrite fréquemment 
que des pointa séparetifs ont MA places par erreur dans fe rorps d'un mot. — 
<>» Marque de La Graufetenque ; AMBlONi(j). — <"> Marque de La Grtmfe- 
aenque : OF COCI. — ""Marque de La Graufesenque : R(e)GENI. — '"> Marque 
de La Graufesenque ; CRESTIO. — "*> Marque de La Graufesenque :OF MON. 
— "« Cf. plus haut, n° 18. — "■> Lire probablement OF MtR/V (Mvrrani). 
CI. Corput imcr. lai. , t. XIII, a' 1394. — <"> Marques de La Graufesenque : O 
SABI, OF SABINI. — I" 1 Lire probablement OF SILVA. Marque de U Grau- 
fesenque : SILVANt. — C) Lire probablement AVE. Cf. plus baut, n* «7. — 
t** 1 Cf. plus baut, o* 19. — "^ Cf. plus haut, n° k\. — '**' Marque de La 
Grauieaenque : ALBINI. — "" Marque de La Graufesenque : OF CARI. — 
! * ; Marque de La Graufesenque : OF PATRIC. — l»> Cf. Corptu imcr.tat., 
t. Xlll, n" 10010, 000. — <"> Lire probablement MCER. FE. Marque de La 
Graufesenque : MÂCRI M. — M Cf. plus haut, n* a». — « Marque de 
La Graufewnque: GALLI-M. 



Digitizedr.y G00gle 



70. MCERE (le même que le pré- 


„5. 


OF SI1.VAN (le même que 


cèdent). 




le u* 90). 


71. OSABI (te même que le 


96. 


COIF (le même probablement 


n-53.) 




que le n* 83 ). 


71. COSIVS «A«. 


97- 


LABINIE™. 


3 3. CRJBTIO™. 


9«- 


OF-SP\ANI. 


7*. FEUC1SM (le même que le 


99- 


SILVAAVSE<">. 


n' 33). 


100, 


DMONVS™. 


7 5. OF- MCCA". 


101. 


OFBAISIC»">. 


76. A5IIO. 


10s. 


S1LVAAVSE (le même que 


77. ARTIM '•>. 




le »■ 99). 


78. SCOTNSHHI". 


io3. 


OFSILVAH» (le même que 


79. COCMFIC". 




le n* 90). 


80. OFARDACI (rapprorher 


10» 


OF.SIOANI (le même pro- 


du n* a 1 ). 




bablementquele précèdent). 


11. DIOWII1. 


io5 


OFDR1M1 (terre jaune mar- 


81. IHI ou I8.I. 




brée de rouge, provenant 


83. COU. 




peut-être de Milhou) (,1) . 


84. OSIO. 


106. 


ICO. 


85. REGENVS (le même pro- 


107 


AOVII. 


bablement que le n" 48). 


108 


OFV. 


86. VRIPAV. 


109 


OSAI». 


87. SA-APE. 


110 


OFCOC (le même probable- 


88. OOFI. 




ment que le a° 46). 


89. TABVE. 


111 


CVANVSE (le seul marqué 


90. OF- S1LVAN (le même pro- 




extérieurement). 


bablement que le D' 39). 


11a 


OFSILVA ( pénètre le même 


91. W8CI". 




qne les a" 54 , 90 et 1 o3). 


9s. POM. 


1.3 


SILVAAV (est-ce le même 


9 3. OFCOC (le même que le 




que le n* 99?). 


n* 46). 


114 


COITO. 


9 4. COMOE. 


■ i5 


DMON«. 



M La même, marque à La <.r*ufe*onque. — (,: CL plus haut, n* ig. — 
M Marque de La Grauf<*rnqije : OF MCAR. — : *' Marques de La Graulc- 
aenque : AR.ll, ART! MAN. — <*> Marques de La Graufesrnquc : SCOTNS, 
SCOTIVS. — <" Lire probableaient COCI [0]FiC. Marque de La Graufe- 
■enqne : COCI O. — "> Lire probablement BIO W. CL pins haut, n' 4. — 
W Probablement MSC(fi) rétrograde. Cf. plus baut, „• a 8. — M Lire probable, 
ment SABINI. Cf. plus hsul , n" G. — I* Marque de La GraulWnque : S1L- 
VA'VS. — '"> Marque de La Graufeteiique : DMONA. — <") Lire prcuaule- 
meot OP BASSI CO, marque de La Graufeacnque. — '"' Marque de La 
G ni u fuse n que : OF PRJMI. — "*■ Marque de U Graufesenque : DMON. 



Digitizedr.y G00gle 



ut. 


CANI»I. 


lit. BWSf. 




117. 


OCOC. 


■ 45. SIL\AN (le même que 


le 


118. 


OOIIVUIO. 


n* 191). 




"9- 


OA. 


196. ONom 






OFISRMO. 


197. GIOFF (probablement 


le 


191. 


S1LNA.N1'. 


même que le n' S). 




199. 


DMO (eit-ee le menu que le 


.SI. MARBP. 






«• u5I). 


199. INRR. 




193. 


OFACVIL™. 


i5o. OVF. 




199. 


IVCVvD f est-ce le même que 


■ Si. ■PSCOTNr™. 






le n* 361). 


■ 59. ROCATIM'M. 




195. 


DARRAITl'l. 


i53. «WVS-FEC. 




196. 


OSABI™. 


151. /. VOM. 




197. 


NNIAC ou INNIAO. 


155. OF ■ A ARRAI(a rapprocher 


198. 


SECW>V'*>. 


du n' 195). 




199- 


DMONI™. 


i56. DMON (le même que 


le 


• 3o. 


FIRMO. 


n-i.5). 




i3i. 


CARirQ ■/. 


!5 7 . imo. 




• 39. 


COITO (le même que le 


158. OF AFRI'"I. 






»-...). 


169. FESTVS (le même que 


le 


■ 33. 


AOVR. 


n' 90). 




.34. 


FEUCISM «. 


160. OVF ou OVE. 




■ 15. 


OFIVEM '•>. 


161. SENICIOFEi'». 




,36. 


OFLABIO". 


169. NUAB1A. 




,3, 


SENIOFE'"'. 


■ 63. OFMe'". 




.38 


MAND. 


16I. MA'ERTEF. 




<3 9 


CAMVCN1. 


.65. O PASSIEN<">. 




.90 


SAB17WSI<">. 


166. OF AOV i"l. 




191 


OLVUV. 


167. OIMfH ou OFMïl. 




199 


CALUMT». 


168. RRNI ou INRR. 




■ «3 


OISILVIl'l. 


169. M*. ABIA. 





! ' ; Lire probablement CAlfTl, marque de La Grauleaeaque. — <*> Cf. plu* 
haut, n° sa. - M Marque de La Graufeaenque : ACVIL. — "> Lire probable- 
ment SARR A PP.. Mai*)ue de La GraufaMenq.te : SAURA P. — <•> Marque de 
La Graulaacnque : O SAB1. CL plua haut, n* 6. — "' Marque de Ln fiTaiife- 
senque : SECVK). Cf. pins haut, n* II. — ™ Cf. plut haut, n* 1 00. — <*> Cf. 
plua haut, n* 83. — <*> Marque de L> Graufesenque : OP MEM. — <•*• Cf. plu* 
liant, o' 16. — <"> Cf. plu* baut, n' 4a. — M Cf. plua haut, n* 63. — <•» Cf. 
plua baut, a" 67. — (>" Marque de La Graufcwnque : OP SILVI. — <"> Cf. plus 
haut, n" 78. — . <W Marque de La Graufeaeuque : ROGATI. — I"' Marque de 
La Gn.ufpspnqiio. — ""> Cf. plus haut, n* Ai. — ( " ; Marques de La Graufe- 
aenque : OF M0, MOMMON1S. — ») Cf. plut haut, n° Si. — <"> Cf. plus 
haut, n" i3. 



Digitizedr.y G00gle 



170. DMONVS. 


»97 


OFEEV. 


171. Dnwo. 


,98 


SEMICIOFEI". 


17s. OWVJO. 


'99 


GALLIMXI". 


173. 1LVFIV. 


300 


BASSVS'"'. 


17a. IIWI. 


901 


SIORV. 


| 7 5. FFPXIN. 


303 


SARR OF<">. 


176. SILVUIOM. 


ao3 


ÊMO. 


177. OFIA'. 


aoi 


OFIVAC. 


178. PAT.LIN1M. 


ao5 


SILVANISl l, >. 


179. OF'AB»». 


ao6 


OF.S1LVANI". 


180. S ANIME. 


307 


OFE-VC-C-EI. 


181. SECVNDI". 


908 


VANA. 


i8a. ONADA. 


aog 


SILVANVI1"'. 


|83. SAARIA-». 


aïo 


OFACVIL™. 


M. COSIVS-X^I". 


atl 


ATRVS<">. 


18S. FESTVS F". 




RfLWFOF. 


186. ENIUSI. 


> t a 


OF- PAÏIU™. 


187. StlAAlC™. 


ail 


OF PRIMI<"I. 


188. SCOTNI". 


aiS 


LAVRIO. 


189. .SAARI.A.". 


916 


SIILV.LEIOI'1. 


190. SEON. 


ai 7 


PA'NVSE. 


191. CHNAIV. 


a, 8 


ARRE. 


19a. AC MAFI. 


aig 


LVAM. 


i 9 3. AIVIVO. 


aao 


■ÎODESI '"•. 


19/1. GALLIM"'. 


aai 


SENOMA (le m0me que 


igS. SILWI OF-<">. 




n- ,5). 


19G. P/SO. 


aaa 


coc»t">. 



PI Cf. plus hniil, n° sa. — M Lire probablement PAau M. Marque de La 
Graufesenque ; PAVLLI. — t» Cf. plu» baut, n* il. — ( " Marque de U Grau- 
fesenque : SAARA, — W Marqua de La Graufesenque : COSIVS IRA [L. 
&.. FMIm}. Cf. CWyu. foaer. ht., U XIII, n" 656, 657. COSIVS VR AP, 
sijranlé à Windisch ( Violettes) — » Cf. plus liant , n" ao. — <" Lire probable- 
ment SILWIO. Cf. plus baut, n* *a. — <" Cf. plus haut, 11° 78. — w Cf. plufl 
haut,n° i83. — '"" Cf. plu* haut, n" 67. — <"> Cf. plus haut, n" as. — M Cf. 
plus haut, n* â*. — "" Cf. plut haut, n° 67. — "*! Cf. plus haut, n" 38. — 
W Marques de La Graufeaenque : SARRAF, OF SARRI. — <«) Marque de 
I.o Graufesenque : S1LVANVS. — < u > Marque de La Oaateaenqup : S1LW1 
OF. — ""' Cf. plus haut, n* ao5. — <"' Marque de La Graufesenque : AQVIL. 

— I* Lire probablement ALRVS. Marque de La Graufesenque : ALRVS FF. 

— <"> Cf. plus haut, n" «t.-— » Cf. plus haut, n* 7.— <■» Lire probablement 
SVLPICIO. Marques de La Graufeaenque : SVLPICII, SVLPO. — «l Lire pro- 
bablement MODEST. Marque de La Graufesenque : OF MODES. — <*> Cf. 
plus haut, n* 79. 



Digfedsy G00gle 



993. VOFANGIV. 


955 


■BDESP. 


999. DMOtm. 


.56 


MCERE (le même que ie 


99S. XSABINII'". 




u-,.7)". 


196. M. 


957 


INGENV (a rapprocher du 


997. MCERE (peut-être le incme 




n* 999)!' 1 . 


que les u"63, 69 et 70 V. 


«58 


GIROFE (è rapprocher du 


998. AVG. 




n" 1S7). 


999. HWNGENS. 


959 


OIVD ou MIO. 


s3o. OEBE.IBH. 


960'. 


O.ARIouO.API. 


•Si. OFNIA ou OBNIA. 


961. 


AIC ou AID. 


939. IIWII ou IIMII. 


969. 


OF-VlCtailouOFM-Gja. 


933. MNI. 


o63. 


OF M> R H. 


93a. NIN ou RIN. 


96S. 


S[LVlSEouSILV\OF' , >. 


9.15. OF RV PIEVW^«. 


965. 


OMOWS. 


a 36. OF RASS. 


966. 


SILVANI.M' 1 '. 


93 7 . RILVNI™. 


9G7. 


oPASsia»'"). 


9 38. OF V-1XI. 


968. 


SirMTK. 


93o. OF NGR. 


969. 


SENECm». 


a4o. fiaaiNvi. 


1170. 


OFS[LV\NI<">. 


991. OFLADI-MAN». 


a 7 l. 


SILVAM SF ou SILVAM 


999. AVE. 




OF«. 


993. AIA ou AIN ou A1H. 


37*. 


REGENVS". 


999. CI1NIUIV. 


„ 7 3. 


MRSVMS. 


9Û5. PROFIL 


> 7 4. 


ACC. 


9»6. SEM ou LEM. 


975. 


COS1 ou COCI (le même 


94 7 . ■IWIOF. 




que Jeu* 999) 1 " 1 . 


998. AWI ou 1MV. 


976. 


VSF. 


999. OF M1INR. 


s 77- 


AI-I-. 


95o. ANIIouAMI. 


,78. 


LMIID. 


a 5i. OCAR.I. 


979. 


OF!* RM 


959. 1NO. 


980. 


SSASI. 


953. OF MVRRA. 


981. 


VOMN1NV. 


959. SENONC». 


989. 


INGENV ™. 



'•> Cf. plus liaul, n* 6. — I» Cf. plu- haut, it" 63. — « Lire peut-être OF 
RVTAENI, iiiîiMj je de La Graufesenque. — »> Lire probablement SILVNI. 
Marque, de La GrautWnqiic : SILVANI, SILVNVS. - <« Lire probablement 
CELADI'MAN, marque de La Graufesenque. Voir Déchelclie, Kun eèrumiquê* 
orart, t. I, p. stio. - '■*'> Cf. plus haul, a° 16. - <" Cf. plus baul, n° 63. — 
W Marque de La Grnnlesennue. — » Cf. plus haut, n" **. — <"> Cf. plus haut, 
„' al . _ (ni Cf. plus haut, n* Si. — W> Cf. plus haut, h' sa. — <"> Cf. phn 
haut, n* a*. - f"> Cf. plun liant, n" 85. — I' 1 ) Cf. plus haul, n* 79. — 
!"> Cf. plus haut, n" a5 7 . 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



a83. OF.C-C'SA-Pf (avec une 

croix). 
a84. aWlASTI*". 
a 85. SIiNIiCMP (à rapprocher du 

a' a 69). 



386. CABIAW. 

«87. ATEL- 0F1C. 

388. OFPR.[MI(lemàncquek<i 

n" 7 et 91 4). 
a8<j. MVMONICO. 



Tous ces plais ont été trouvés soit sur le sol, soit pendant les 
fouilles, au milieu de débris de toute espèce, grandes tuiles à re- 
bords, petites briques, cubes de mosaïque grossière et surtout 
écailles d'huîtres en très grand nombre. 

La forme de ces vases varie à l'infini. Us sont tantôt a parois 
verticales, tantôt à parois évasées, à rebords droits ou inclinés, le 
plus généralement unis à l'intérieur et ornés à l'extérieur. 

Les sujets d'ornementation sont très variés et mériteraient nnc 
étude particulière. 

Nous avons remarqué que les vases portaient généralement deux 
lignes de dessin : l'une, du sujet principal, située à la partie su- 
périeure; l'autre, formée par des rinceaux, séparée de la première 
par un simple filet. 

Cependant, dans les vases à parois verticales, le motif principal 
se trouve presque toujours au-dessous. 

Le dessin est toujours d'une régularité remarquable et même 
étonnante pour ces objets qui semblent avoir été d'un usage courant. 
Les uns ne portent comme oruement que des rosaces ou des bandes 
striées, entrecoupées par des rinceaux d'une grande finesse ou des 
branches d'arbres et de fleurs. 

Un grand nombre ont des sujets de chasse ou des médaillon)) 
qui encadrent différents animaux. 

Nous remarquons des médaillons avec des sangliers à la soie 
hérissée , des oiseaux perchés , des chevaux qui se mordent la queue , 
des chiens et des lièvres fuyant, des oies debout, et enfin quelques 
tableaux où se trouvent deux chiens en arrêt devant un oiseau perché 
sur une branche, et en avant un cerf courant, sautant par-rlesms 
un lièvre qui vient en sens inverse; puis un chien mordant un 
lièvre à la queue, près d'une biche ou chèvre au repos, et enfin 
des lions debout el des ânes agenouillés qui semblent brouter. 

I" Lire probablement CASTI. Marque de La tiraufesenque ; OF CASTI, 

!, l Lire probable m no l DAMONI O. Marque» de La GraufcMMique : DA- 
MONI, DAMONO. 



Digfedsy G00gle 



— 30 — 

Sur un de ces fragmenta de vase, on voit aussi un Amour ailé a 
genoux qui semble offrir quelque objet à un autre personnage, mais 
le morceau n'est pas assez complet pour permettre de déterminer 
ni l'objet offert, ni le personnage qui est en face. 

Un autre sujet représente une femme le menton appuyé' sur la 
main droite, qui est soutenue à son tour par la main gauche placée 
à hauteur de la ceinture. 

Il faut citer encore un personnage jouant delà iyre, ayant devant 
lui un autre personnage jouant d'un autre instrument qu'on ne 
peut préciser; des lutteurs en position d'attaque et de défense; 
des chiens mordant un lion; des personnages avec bouclier, massue, 
et armes diverses; de petits Amours semblant porter un message, 
une tôle d'empereur. 

La décoration est 1res variée : on y trouve des feuilles d'arbres 
et de plantes de plusieurs espèces : vigne, chêne, lierre, pin, etc. 

Les objets trouvés intacts sont très rares; jusqu'à présent nous 
n'avons recueilli que deux petits vases, l'un de terre rouge ver- 
nissée sans ornementation et avec marque déjà connue (INRR., 
n° i4q), l'autre de forme plus singulière. 

C'est une poterie très commune qui n'a aucun rapport avec les 
autres vases. Ce vase n'a d'ailleurs ni ornements, ni marque de 
potier. On peut se demander si ce n'est pas une lampe. 

Nous avons dérouvert aussi les débris d'une jarre très grande, 
semblable à celles qui se trouvent au Musée de Narbonne et qui 
servaient à conserver le vin ou t'huile. 

Parmi les fragments de poterie, beaucoup n'ont pas de sujet; 
dans ce cas, la terre est moins fine, la fabrication moins élé- 
gante. 

En recueillant tous ces débris qui n'ont peut-être pas une grande 
valeur archéologique, nous avons pensé pouvoir seconder la Uche 
de ceux qui ont entrepris récemment la reconstitution de la céra- 
mique antique et surtout la recherche des centres où se fabri- 
quaient tous ces plats dont le vernis , malgré le temps et la destruc- 
tion, s'est conservé intact et brillant comme au premier jour de leur 
fabrication. 

La profusion de.- débris recueillis et celle des noms que nous 
avons pu relever semblent indiquer que les fabricants étaient nom- 
breux dans la région narbonnaise et que l'usage de cette céramique 
était devenu très commun. 



Digfedsy GoOgle 



— 31 — 

Jusqu'à présent, nous n'avons relevé qu'un monument décapité 
dont nous suivons le contour et dont nous donnerons la description 
plus tard , quand l'état d'avancement des fouilles nous te permettra. 

Nous préparons eu même temps la reproduction de tous les 
sujets que nous avons rencontrés. 

Mo LINS, 

Capitaine au ioo" d'Infanterie. 



Digfedsy G00gle 



MARQUES DE POTIEBS 
TROUVÉES À NARBONNE. 



OBSERVATIONS DE H. J. DECHBLBTTE, 

Conservateur du Mnse'e archéologique de Roanne, 

Correspondant du Comité. 



L'examen des découvertes céramiques faites par M. le capitaine 
Molins à Narbonne peut donner lieu a quelques observations. 

Dans mon récent ouvrage sur les Voie» céramique* omit de la 
Gaule romaine, je nie suis attaché à démontrer que les poteries 
rouges fabriquées dans les ateliers rutènes, particulièrement dans 
les importantes manufactures de Condatomagus (aujourd'hui La 
Graufesenque , commune de Millau, Aveyron), avaient été l'objet 
d'un commerce extérieur très étendu , durant la seconde moitié du 
premier siècle de notre ère. On les retrouve en effet dans les pé- 
ninsules ibérique et italique et même, quoique plus rarement, 
dans les stations romaines de l'Afrique du Nord. J'avais reconnu de 
plus que les poteries sigillées de l'Auvergne, si répandues à l'époque 
des Anlonins dans les Iles Britanniques, faisaient, au contraire, 
presque entièrement défaut -dans les régions méridionales de 
l'Empire. 

Les nouvelles découvertes dues à M. le capitaine Molins con- 
liruient pie*nemeut ces constatations. Le commerce d'exportation 
des poterie» butènes s'élanl exercé surtout par voie de mer, il était 
naturel de supposer que Narbonne avait été un des principaux en- 
trepôts de ce transit, puisque, suivant le témoignage de Strabon, 
son port célèbre, où se pressait une nombreuse affluence de mar- 
chands et d'étrangers, l'emportait sur tous ceux de la Celtique. 
Nous pouvons maintenant substituer ici aux conjectures des preuves 
matérielles. 

M. le capitaine Molins a été frappé, à juste litre, pur l'extrao!- 



Digitizedr.y G00gle 



— 33 — 

dinaire abondance des débris de vases rouges qu'il a recueillis sur 
l'emplacement présumé du irPort des Galèresn. Mais c'est à tort 
qu'il semble vouloir l'expliquer par l'hypothèse d'une fabrication 
locale. «La profusion des débris recueillis, écrit-il, et celle des 
noms que nous avons pu relever, semblent indiquer que les fabri- 
cants étaient nombreux dans la région narbonnaisc et que l'usage 
de cette céramique était devenu très commun. » 

En réalité, j'ai pu m'assurer que la masse des noms de potiers 
appartient aux ateliers ratènes. Le lieu de fabrication des vases 
rouges sigillés peut être déterminé le plus souvent à l'aide des es- 
tampilles, s'il s'agit de vases unis, et par l'élude simultanée des 
estampilles et du décor, s'il s'agit de poteries ornées. Je n'ai donc 
pas à entrer dans de longs commentaires. Je me suis contenté d'in- 
scrire en regard des marques de Narbonne publiées par M. Molins 
les marques semblables ou similaires découvertes dans les officines 
de La Graufesenque , d'après l'ancienne liste de M. l'abbé Via- 
leltesC). 

Si j'avais eu sous les yeux ces fragments de Narbonne ou les es- 
tampages de leurs marques, le nombre des rapprochements eut 
clé à coup sur plus considérable ,.car les lectures données par M. Mo- 
lins présentent bien des incertitudes. Les estampilles des potiers 
rutènes étaient souvent tracées avec beaucoup de négligence et en 
caractères peu distincts. Les ligatures y sont fréquentes et achèvent 
d'en rendre la lecture malaisée. 

On remarquera que presque toutes les marques qui ne se re- 
trouvent pas chez les Rutènes semblent' être incomplètes ou d'une 
lecture erronée. Aucune ne parait pouvoir être attribuée aux manu- 
factures italiques ou arvernes. 

A peu d'eiceptions près, tous les principaux potiers rutènes 
figurent dans le relevé de M. le capitaine Molins. 

Ces constatations sont d'ailleurs confirmées par l'examen des 
fragments a reliefs. Le plus grand nombre se classent aux formes 
39 et 3o et présentent les modèles variés de rinceaux dont j'ai 
donné le classement général, d'après les vases rutènes. Quant aux 
types, à trois ou quatre unités près, qui constituent des types nou- 
veaux et inédits, on les trouve dans mon recueil, avec les deux 
astérisques désignant ceux de La Graufesenque. 

I') Cf. \aêtt céramiqurt ov/in, t. t, p. 8ai 

Anctitoi.tH-.il, — N* t. 3 



Digfedsy G00gle 



— 34 — 

Voici ceux que j'ai notés sur les estampages qui m'ont été com- 
muniqués : 

Minerve, n" 81; Vénus ou femme nue, n a so3 (dimensions plos 
grandes); Amour, n" 976; Hercule (1) , n" 46u; Femme drapée, 
n" 53^; Homme drapé, a" 5ai; Gladiateur, n" fio3; Gladiateur, 
n" 6o4; Tête virile, n"667; Lion terrassant une gazelle, n° 77g; 
Chien, n° 916 bit; Lapin, n" ù54; Quadrupède indéterminé, 
n" 976; Oiseau à droite, a" 1009; Aigle, n" 98a; Cygne, n°too3 (1 '. 

En terminant, j'exprime le désir que M. le capitaine Mouds 
poursuive ses recherches intéressantes et qu'il veuille bien publier 
les types figurés inédits qu'il a déjà recueillis ou qu'il recueillera a 
l'avenir dans ses trouvailles de vases sigillés, ornés de reliefs. 

Joseph DiQHiurm, 

'lon*crv»tenr du Musée de Roanne. 



111 Dans mon recueil, le» types ao3 et looy uni trois astérisques, c'ert-è-dirc 
qu'ils ti|)[»rlieniieul lout à In rois à La Graufesenqni; et à Leioui. La t<ke virile 
couronnée n" 667 n'a pas encore été retrouvée en fabrique. 



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LA 
CHÂSSE DE SAINT CALMINIUS 

AU MUSÉE DOBRÉE, 

PAR M. P. DE L1SLE DU DRENEUC, 
Conservateur du Mméu irchëologique de Nulles. 



La châsse de saint Calminius, un des chefs-d'œuvre du l'orfèvrerie 
de Limoges au xm* siècle, est restée ignorée depuis de longues 
années. Elle avait un moment attiré l'attention des VioHet-le-Dui\ 
Didron , Labarte <'' , lors de son passage dans la collection du prince 
Sollykoff; mais, depuis la vente de cette célèbre collection, elle avait 
complètement disparu. Achetée sous le nom d'un intermédiaire par 
M. Th. Dobrée, les amateurs Savaient tout a fait perdue de vue et, 
depuis t86i, aile était enfouie parmi ses riches collections, qu'il 
ne communiquait a personne. 

Maintenant que, grâce à la fondation du Musée Dobrée, lâchasse 
de saint Galminius est accessible à tous, nous croyons devoir la si- 
gnaler. Une autre circonstance nous engage à la décrire et à la 
figurer ici. Malgré là grande importance de cette pièce, on l'a 
parfois confondue avec une autre châsse de saint Calmin. 

Nous allons d'abord donner la description de la châsse du Musée 
de Nantes, puis nous expliquerons la cause de ce dualisme. 

La çkâut de Mtnt Calmin de l abbaye de Tuile. — Celte châsse 
a la forme d'une nef avec transept central. Elle est de cuivre 
doré et émaillé; les figures qui la décorent sont faites au re- 
poussé. Au centre de la face principale, le Christ nimbé, bénis- 
sant et tenant un livre. A sa droite, saint Martin bénissant de la 
main droite, et tenant de la gauche une crosse; au-dessus des 
épaules, l'inscription S. MHRCIIIYS; a gauche du Christ, saint 
Calminius, S. CflXHIIUBS, debout et tenant un livre (pi. 111). 

W V«ir BuUttitt <u-»Wojîfiif , igoi , (>. ciui. 



Digfedsy G00gle 



— 86 — 
Les figures, sonl abritées sous des arcades. Le fond est orné de 
rinceaux se détachant sur un émail de diverses couleurs. 

Deux anges thuriféraires sont pesés sur les rampants du 
toit. 

A l'extrémité gauche de la châsse s'ouvre une porte cintrée, avec 
l'image de saint Pierre; à l'extrémité opposée est représenté Paint 
Paul tenant une épée de la main droite, et un livre de la main 
gauche (pi. IV). 

La face postérieure est décorée de médaillons représentant 
l'Annonciation et la Visitation; ces deux médaillons sur le toit; 
puis l'Adoration des Mages, en deux médaillons, et la Nativité; 
dans celle dernière scène, la Vierge est étendue sur un lit et, au 
fond, paraissent l'âne et le bœuf. Six demi-médaillons trilobés, 
avec des anges au centre, complètent la décoration (pi. V). 

Les émaux sont en taille d'épargne. 

Des pierres enchâssées décorent la châsse, et la crête du faîtage 
est surmontée de boules de cristal. 

Cette châsse mesure o m. 69 de long, o m. 60 de haut et 
o m. 30 de large. Elle appartient a la première moitié du 
xiu" siècle. • 

La châsse de saint Calmin du Musée Dobrée provient de l'an- 
cienne abbaye de Tulle. 

Saint Calminius, vulgairement saint Carmery [tanelutÇahuima, 
Calmmnu. Catmehu*), duc d'Aquitaine, vivait au ni' siècle d'après 
les Bollandisles; c'est l'avis de Bahire et de dont Mabillon. L'in- 
scription de l'antique châsse où étaient placées ses reliques le fait 
fondateur de Irais abbayes : celle de Mozac, près de Kiom (Puy-de- 
Dome), celle de saint Chafire, aux environs de la ville du Puy, et 
celle de Tulle. 

Les restes de saint Calmin furent d'abord conservés dans une 
châsse de bois placée derrière le grand autel de l'église abbatiale 
de Mozac. Jusqu'au xn* siècle, ainsi que nous le dit Yiollet-te Duc, 
l'usage était de conserver les reliques des saints et des fondateurs 
dans des châsses reliquaires de la grandeur d'une châsse ordinaire, 
placée sous l'autel. Mais, à partir du mi" siècle, on remplace ces 
grandes châsses, d'un aspect assez triste, par d'élégants reliquaires 
en forme de chapelles ou d'églises, que l'on plaçait sur l'autel et 
que l'on portait en procession.' 

En 1 197, l'église de Mozac fut saccagée par les soldat» de Louis 



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— 37 — 

le Gros et la châsse violée. Les ossements furent transportés, au 
moins en partie, dans la crypte de l'abbaye de Tulle. On y mit 
plus tard cette inscription : Hic ett eorjnti Btati (kdminii confesiorù 
quod fait inventum in tumuto ipiiut, qui ett infra eccltsiam Aquinee 
jnxta magnum altare, tmno ah incamatione Dommi nottri Ietu Chritti 
U71I». 

fin 1937, les ossements de saint Calmioius furent partagés 
coirc l'abbaye de Tulle et celle de Mozac qu'il avait fondées. 

Plus tard, l'abbaye de Tulle les plaça dans l'élégant reliquaire 
ém aillé que nous venons de décrire; en 1 3 1 7, le dernier abbé de 
Tulle devint le premier évoque du nouveau diocèse, érigé par 
Jean XXII. 

De l'abbaye de Tulle, la châsse de saint Calminius fut transportée 
dan.i l'église de La Guenne (Corrèie) ou elle se trouvait encore vers 
le milieu du siècle dernier. Dans son Dictionnaire des communes 
de France, Girault de SarnUFargeau nous la signale en ces termes : 
s- Dans l'église moderne de La Guenne, on voit une châsse émaillée 
et ciselée en forme de maison. Au centre, Jésus; à droite, saint Cai- 
min revêtu d'un froc. Les faces latérales, à droite et a gauche, 
sont ornées des figures de saint Pierre et de saint Paul, gravées 
nu trait sur le cuivre doré et se détachant sur un fond blanc.» 

La vente de cette châsse eut lieu le 23 octobre i84i, et elle a 
donné lieu à un procès w intéressant. Acquise à un très bas prix 
par un sieur Minier, elle fut revendue par lui à un orfèvre de 
Paris, M. Joyan. Cette vente ayant été dénoncée au Garde des 
Sceaux par Didron, des poursuites furent autorisées contre le ven- 
deur par le Conseil de préfecture de la Corrèze, le a8 juin 18/13. 

Le 6 avril, le président du Tribunal civil de la Seine fit mettre 
la châsse sous séquestre. Au mois de juin, un premier procès, 
dont les plaidoiries remplirent deux audiences, mit l'orlèvre Joyau 
hors de cause comme ayant acquis ladite châsse de bonne foi , et 
condamna le sieur Minier, premier acquéreur, à remettre la châsse 
à La Guenne. 

Minier fit appel, et, le 5 juin i8û3, la Cour de Limoges rendit 
nn jugement par lequel la vente de la châsse de saint Calmin au 



l ' ! E. Supin, L'amen de Limoge: 

'.') Tous les détails de ce procès nous nnt été obligea mmeot Irans 
M. Krnesl Rupin qui les a rriahta au Bulltùn ardttologiifue de la ùmtze, e 



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— 38 — 

sieur Joyan est confirmée comme ayant force de chose jugée. 
Minier fui condamné à verser à la fabrique le prix de la châsse. 

Joyan céda peu après cette chasse tant contestée, et elle fut 
achetée par le prince Soltykoff pour 8,106 francs. 

Entrée dans la collection dn prince Soltykoff, elle porte an cata- 
logue de vente te n° 6a. Elle figure maintenant au Musée Dobree 
et est enregistrée et décrite an catalogue général de ce musée sous 
le n° 20 r. 

Nous avons dit qu'au ut* siècle les reliques de saint Calmin 
furent partagées entre les abbayes qu'il avait créées. Le monastère 
de saint Gbaffre, sa troisième fondation, ne parait pas avoir eu de 
châsse de saint Galmin, peut-être parce qu'elle possédait, et con- 
serve encore, les restes de saint Chaflre placés dans un buste reli- 
quaire. 

Ckitse de *amt Catmmiits. de l'abbaye de Mozae, — Au monastère 
de Mozac, après le partage des reliques de saint Galmin avec l'ab- 
baye de Tulle, on joignît ce qui restait de ses ossements à ceux de 
sainte Namadia, son épouse, qui avait aussi contribué à la fon- 
dation de l'abbaye. 

La châsse où on les plaça et qui est actuellement conservée dans 
l'ancienne église abbatiale, devenue église' paroissiale de Moiao, est 
fort grande; elle mesure o m. 80 de long sur o m. Ao de haut, et 
a la forme d'une nef sans transept. 

Sur une des grandes faces on voit, dans la partie formant toit 1 
au centre, le Christ bénissant, entouré des quatre symboles des 
Evnngélistes; au bas, le Christ en croix, la sainte Vierge et saint 
Jean de chaque coté, deux anges au-dessus des bras de ta croix. 
A gauche et a droite de ces deux sujets principaux, les douze 
Apôtres. Les figures sont en relief. 

Au coté latéral de gauche, saint Austremoine. Sur l'autre facp, 
les figures sont gravées sans relief et les sujets sont ceux de la vie 
de saint Calminius, apôtre de l'Auvergne M. 

Le premier panneau à gauche représente la mise au sépulcre de 
saint Calminius. On voit son âme emportée par les anges : Hie 
anima ab angel. porttttur. 



<■> Voir Enirst Rupin, /.'«tinr de Lhugu, p. ion i ioB. Description a 
piffnée dp figure». 



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— S9 — 

Le deuxième panneau a pour sujet la mise au sépulcre de sainte 
Namadia; plus haut, elle est emportée paries aages. Hic in monatterio 
Mauziaco ab anget ducitur. 

Au troisième panneau, Petnu abbas est représenté entre deux 
lévites, devant l'autel avec la légende : Petnu abbas Mautiactu (tic) 
feeit eaptiam precio. 

Les panneaux inférieurs ne sont pas moins remarquables : 

Le premier a pour sujet la construction de l'abbaye de saint 
Chaffre; à gauche eont les deux personnages de Namadia et de Cal- 
minius; à droite, les ouvriers guidés par un ange montent les maté- 
riaux. La légende est ainsi conçue : S, Cabnimu anutnat tmam abba- 
[t]iam in Podienn épata m onore ece Theojredi marliris. 

Dans le deuxième, les figures de Calminius et de Namadia sont 
placées de chaque coté d'une abbaye en construction. La légende 
est en ces termes : S. Calminius, senator roman/us), construit t(e)c(un)- 
d(a)m abba[t]iam m Lemmncenti tpatu, no(n)ûu Thuellam. 

Enfin le dernier sujet représente la construction de l'abbaye de 
Mozao : S. Cabnimui costruit tercia{m) abba[t]iam nomme Mauiiaam in 
Aroerntnii tpatu in onore S. Capram m(arti)ris : et Sri: petr[i) qu(a)m 
ofer. eitdem Scia. 

Cette châsse pourrait être datée par le pontificat de l'abbé Pierre , 
son donateur ( Petnu abbos Mauiiacusfecit capsiam precio). Mais comme 
il y a eu plusieurs abbés de ce nom, il n'est pas très facile de dé- 
mâter celui auquel on doit en reporter le don. 

Elle peut être attribuée soit au deuxième qui était abbé en i i6f> , 
•oit au troisième qui parait de 1168 à 1 181, plutôt qu'au quatrième 
qui devint abbé ea îauu. Mabillon dit, en parlant de la châsse 
de uint Calminius a Hoiac : «Celte chaaee fut faîte en 1398 du 
temps de l'abbé Pierre. » H est bien vrai qu'es ce temps-là Pierre 
i* Vaieriit était abbé de Mozac; mais le style de la châsse ne per- 
met pas de la faire descendre jusqu'à la fin du mi* siècle. 

Nous avons cru utile de donner cette description pour aider à 
distinguer ces deux chasses, qui ont été parfois confondues dans 
certains livres. 

P. DE LlSLE DO DBBBBt'C, 

Correspondant honoraire du Comité. 



'Digitizedr.y G00gle 



NOTE 

SUB 

UNE TÊTE DE STATUE 

TROUVÉE À MEÀirX, 

PAR H. GASS1ES, 
Vice-nréadeal de la SocipW historique et littéraire de la Brie, 
it du Comité, 



La tête de pierre que nous avons l'honneur de signaler à l'at- 
tention des archéologues a été trouvée dans les matériaux des 
anciens moulins de l'Echelle et provient d'une des églises de Meanx, 
démolie au moment de la Révolution. Elle a été recueillie par 
la Société d'archéologie de Seine-et-Marne (section de Meaux), 
puis elle a passé au musée récemment ouvert à l'Hôtel de ville de 
Meaux(iQoo),ou elle est exposée actuellement 

Le caractère archaïque de ce fragment de sculpture, l'étonnante 
ressemblance avec des statues asiatiques et même assyriennes nous 
ont para des raisons suffisantes pour faire connaître ce monument 
inédit, dont on trouvera ci-joint la reproduction (pi. VI). 

Nous pensons que la tête est celle d'une statue tombale de la fin 
du xi' ou du commencement du xit* siècle, et non celle d'une 
statue ayant décoré un pilier central ou un pied-droit de por- 
tail. 

La facture moins poussée d'un des côtés semble même indiquer 
que la statue couchée était située dans un enfeu. 

CYtail le cas d'une statue fameuse autrefois à Meaux et qui, 
i-tcndiie à côté d'une autre, analogue, passait pour être celle du 
fameux Ogier le Danois. 

Sans entrer dans la discussion de cette attribution, nous remar- 
quons simplement la ressemblance de cette tête avec celles des 



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ICHioLOSIQVI, l()(li>. 



TÈTE DE STATUE DU XI* OU XII* SIÈCLE, 
TROUVÉE À MEAUX. 



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— 42 - 

figuras d'animaux, lionne allaitait au pied-droit de droite, el autai 
les lions et lionnes du pilier de Saint-Pierre de Moiasac; doux 
figures d'homme et de femme du portail occidental (porto centrale) 
de la cathédrale de Chartres; le buste du reliquaire de Sainte-Bau- 
dine (à Saint-Nectaire, Puy-de-Dôme); enfin la figure d'un chapi- 
teau de l'ancienne église Notre-Dame de Paris, n* \hk dn Musée 
du Trocadéro, où se trouvent d ailleurs tous les moulages des sculp- 
tures que j'ai citées. 

Les cheveux de la statue deGodefroy d'Eu, évâque d'Amiens, sur 
te tombeau qu'on voit dans la cathédrale de cette ville, rappellent 
aussi la chevelure du personnage de tteaux, mais la Facture de ce 
dernier morceau de sculpture nous parait plus archaïque Cl. Elle 
remonte, à notre avis, au moins au xir* siècle et nous parait, en 
conséquence, fournir un chaînon de plus pour l'étude si passionnante 
de l'évolution de notre art national. 

G. Gusiis, 
Corrospondant do Comité. 



nuterio reclus» erat. . .» vers 1070 (Toussaint) Du Plessis, Hùtinre dt FêgHu 
d» Meavx, t. II, p. 8, pièce tu). — Une confusion eut lieu dans le «site entre 
le* iIsdi Oftûr, comme le prouve un nécroioge rite par Querirto : «Gibelin», 
soror Olgerii le Danois». — Toussaint* Du Pleasîs est pour la Iraditioa favorable 
à Ogier le Danois. — Cf. P. Paria, Bibï. de l'École A»» charte, 1" série, L III, 
p. 535, tiir Ogier le Danois. — . Cf. Roman* de* Douie pairs. Roman d'Ogier de 
Daunewarebe, publié par Barrois. farli, Tacheoer. — U eat l'œuvre de Raànbert 
de Pari*. (Voir les dentiers vers du roman.) 

M Puurco que je di» du style de I* statue, comparer ce que dit le D' Willielm 
Vôfï>' au sujet do Saint Piter* d'Éunnpri et du* aiatue* analogues (DU Aqfimg* 
du Moawnttilalt Stiiti un MUulolter, Strasbourg, t8oS). 



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Bulletin iBCHÉOLoeiQUE, igo5. 



ÉGLISE DE NANTOUILLET. 
BAS-RELIEF DU PORTAIL. 



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NOTE 

SUR 

UN BAS-RELIEF DE L'ÉCOLE FRANÇAISE 
DU XVI* SIÈCLE 

À LÉGUSE DE NÀJSTOUILLKT, 

PAR. M. GASSIBS, 
Vice- président da U Société histurique el littéraire de la Brio, 

correspondant du Comité. 



Une note consacrée à Jean Goujon dans le récent volume publié 
k l'occasion du centenaire de la Société des antiquaires de France, 
par M. Germain Bapst, membre résidant, me fournit l'occasion 
d'un rapprochement qui n'a pas été fait avec de magnifiques sculp- 
tures qui existent a Nantouiltet (Seine-et-Marne). 

On connaît bien le château du cardinal Dnprat, transformé au- 
jourd'hui en exploitation agricole , et ceux qui se sont occupés de la 
Renaissance en France n'ont pas négligé les restes de cet intéres- 
sant édifice. Léon Palustre a , dans son grand ouvnijjo , consacré une 
importante étude an château de Nantouiltet. 

H n'a pas non plus oublié l'église voisine d'Othis, mais il n'a 
pas dit un mot du bas-relief, sur lequel nous voulons insister au- 
jourd'hui. 

La vue seule de la photographie (pi. VU ) qui accompagne cette note 
donne une idée de l'importance et de la conservation des sculp- 
tures. Elles se trouvent au-dessus de la porte de l'église parois- 
siale de Nantouillet. 

Le château , on le sait, fut reconstruit par Antoine Dnprat entre 
i5ai et iS3o environ. L'église, du moins la façade qui nous oc- 
cupe ici, est sensiblement postérieure. Le bas-relief, par son style, 
nous parait indiquer la seconde moitié dn xvi" siècle, et il peut être 
avec intérêt rapproché des sculptures qui oment les œils-de-bœuf 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



__ an _ 

de la cour du Louvre. H est bon toutefois de reconnaître la diffé- 
rence de caractère qui existe entre ces sculptures : les reliefs du 
Louvre sont moins saillants (et aussi plus frustes) que ceux de 
Nantouillet. On peut à ce propos rappeler celte remarque de Berty 
(citée par Palustre) : «11 est bien certain que, entre les figures 
(qui encadrent les œils-de-bœuf) si élégantes, si méplates et les 
figures maniérées, lourdes et très saillantes de l'attique, il existe 
une différence de caractère extrêmement sensible au premier 
abord, mais cette dissemblance, lorsqu'on l'étudié de près, perd 
en partie son importance, car on observe que la rondeur des bas- 
reliefs de l'attique décèle plutôt un système adopté en rue de la 
perspective que le faire d'une main étrangère». 

Nous pensons, pour notre part, en ce qui concerne les sculp- 
tures de Nantouillet, qu'on peut les attribuer à l'école de Jean Gou- 
jon, ou mieux à l'atelier de Jean Goujon, bien qu'elles n'offrent 
pas les caractères des fameuses figures de la fontaine des Inno- 
cents;. Elles se rapprochent beaucoup plus de la figure ailée portant 
un glaive, sculptée sur le manteau de la cheminée d'Écoucn, 
œuvre également incontestée de Jean Goujon. 

Sans oser affirmer que le bas-relief de Nantouillet soit l'œuvre 
du grand sculpteur, sur les travaux duquel plane encore tant de 
mystère , on peut croire qu'elles ont été exécutées sous sa direction 
par un de ses collaborateurs immédiats. La figure de droite, par le 
type même de son visage, rappelle la figure de droite de l'œil-de- 
bœuf, reproduit par M. Bapsl. Les grosses lèvres, le nex aux ailes 
un peu fortes, la physionomie un peu caprine se ressemblent au 
point qu'on pourrait croire que le même modèle féminin a posé 
pour les deux figures. 

Remarquons aussi les ressemblances de l'arrangement, le cadre, 
les colonnes à chapiteaux corinthiens de même profil. 

Quant au document qui nous permet de dater d'une façon pré- 
cise le monument, il nous fournit une date qui concorde tout à 
fait avec celle des sculptures exécutées nu Louvre. 

En effet, les commandes, dont M. Bapst publie le texte, datent 
de i 54y, i55o, i55i, t554; les comptes des Bâtiments du Uoi<" 
donnent les dates de i555 à i56a. C'est donc vers i55o, en 
chiffres ronds, que les bas-reliefs du Louvre ont été exécutés. 

(" Cmpln da bilimnt* du roi, 1. 1. p. 961, 356 et 38;; 1. 11, p. a&, M ■>( 63. 



Digfedsy G00gle 



— 45 — 

Nous n'aurions aucune date a invoquer pour le bas-relief de 
Nantouillcl si, par bonheur, l'instituteur du village 1 ' 1 n'avait re- 
levé en i88i, au cours de la démolition d'une vieille maison 
adossée à la mairie actuelle et située en face de l'église, deux frag- 
ments de la plaque en marbre noir, qui était autrefois placée au 
fronton de l'église, entre les deux figures de femmes assises, — 
au milieu de l'encadrement. Ces fragments portent en majuscules : 

RVM R.EGE 

(m)TITVTA M.D.LX 

Celle date de i56o pour In pose des bas-reliefs sur la façade de 
l'église reconstruite s'accorde bien arec le style des statues, exé- 
cutées sans doute sur la commande d'Antoine Duprat, V° du nom, 
qui fut prévôt de Paris (19 février 1 553) et épousa Anne de Bar- 
bonson, Elle de François de Barbnnson, seigneur de Canny, et 
d'Antoinette de Vaizieres. 

Cette Anne de Barbanson était la nièce de la duchesse d'Elampes, 
Anne de Pisselen. 

Les trèfles du blason de Duprat (qui étaient peints) sont encore 
visibles sur le blason que soutient la figure de gauche; les clous 
de la porte sont également en forme de trèfle. 

Il nous parait donc probable que le bas-relief de Nantouillet n 
été exécuté vers le milieu du xvi* siècle (avant i56o) pour le compte 
d'Antoine Duprat, par un des sculpteurs qui travaillaient pour la 
Cour, Pierre L'Heureux, François L'Heureux, Martin Le Fort, 
Pierre Nanyn ou Etienne Carmoy, sous la direction ou d'après les 
dessins de Jean Goujon. 

G. Gassibs, 
Correspondant du Comité. 



(l) Qni ftail alors H. Laii;<c, actuellement rédacteur du journal Lt Briard, 
aMeaui. — Cf. A. Mélayu, timlouitlêt, notice hitlnrique et héraldique de ut ni- 
gnam, dans Bulletin de la Société littéraire tt hiitnrique dt la llril, I. Il, p. 108. 



Digfedsy G00gle 



NOTE 

SUB 

LA RESTAURATION DES VITRAUX 

DE LA CATHÉDRALE DE CHARTRES, 

PAR M. LE CHASOIHK MUTAIS , 

< Correspondant du Curoilé. A Chartres, 



La restauration des vitraux delà cathédrale de Chartres, heureu- 
sement entreprise aux frais de l'État, intéresse au pins bout point 
les artistes et les archéologues. 

Les verrières du portail royal ou occidental, réputées du 
in* siècle, méritent une attention toute spéciale. Leur remise en 
plomb est aujourd'hui achevée. Sans doute, l'exécution matérielle 
de cet important labeur offre toutes les garanties de solidité dési- 
rables, mais l'artiste et l'archéologue peuvent avoir quelques 
réserves à Taire el quelques observations à présenter. Membre du 
clergé chartrain, nous ne pouvons rester indifférent à tout ce qui 
concerne la splendeur de notre merveilleuse catbédrale. 

Notre première observation vise quelques fragments neufs que 
l'on a cru devoir ajouter à ta verrière de la baie centrale. H s'agit 
de la bordure inférieure. Avant la descente du vitrail, en igoo, 
cette bordure n'existait plus : une assise de pierre de taille en 
tenait place. Elle avait existé cependant jadis, et Lassus a pu la 
dessiner pour sa monographie de la cathédrale (", planche XXVIII. 
À-t-elle été descendue lors de la restauration du portail vers 18B0, 
pour appuyer les échafaudage» sur le bord de cette fenêtre ou 
pour toute autre cause î Toujours est-il qu'elle ne figure pas dans 
les primitives photographies de cette façade antérieures à 1 900. 



n > Monographie de la cathédrale de Ckartret , publiée par ordre de l'Empereur 
et par lea soin* de M. le Ministre de l'Instruction publique. — Paris, Imprimerie 
nationale, i885. 



Digfedsy G00gle 



— 47 — 

La bordure nouvelle est d'un coloris beaucoup trop clair, à coté 
du reste du vitrail ; la différence s'accentue sous les rayons du so- 
leil; l'émail du verre n'oppose plus un obstacle suffisant a la trop 
grande vivacité de la lumière; la douceur, la richesse et le velouté' 
des couleurs disparaissent : cette bande est alors en opposition vio- 
lente avec le reste du vitrail. 

Mais il est un autre point, plus grave à notre avis, sur lequel 
nous croyons de notre devoir d'appeler l'attention du monde artis- 
tique. 

Restaurer un monument n'est pas le transformer, mats lui 
rendre son état primitif, le rétablir tel qu'il est sorti des mains de 
l'artiste. Pour atteindre ee but, il faut bien comprendre l'idée qui a 
dirigé celui qui l'a conçu et exécuté; et, s'il reste des doutes sur 
son dessein primitif, mieux vaut alors le laisser dans la disposi- 
tion précise on on l'a trouvé, que de tenter une disposition incer- 
taine. 

Cette faute avait été commise au xvi* siècle, lors d'une première 
restauration, comme il sera facile de le constater bientôt. Les traces 
de oe premier essai se remarquent en plusieurs points , spécialement 
à la tête de la Vierge. M. Durand , auteur du texte explicatif de la 
monographie de Lassus* 1 *, l'a reconnu sans crainte d'erreur. 

Le verrier du xvi' siècle ne semble pas avoir compris les sujets 
représentes dans chaque panneau, quand il adopta l'ordonnance 
copiée fidèlement par Lassus dans son magnifique Alla». Pour en 
juger plus sûrement, il est utile de rappeler plusieurs principes : 

i° Le vitrail est consacré à l'enfance de Notre-Seigneur; 

*• L'artiste, Iras habile, il faut le proclamer, voulut donner à 
son œuvre tout le charme possible pour l'œil , par l 'agencement des 
couleurs et des dessiné et par ta symétrie parfaite. C'est ainsi que 
les panneaux sont les nos ronds avec un fond bleu , et les antres 
carrée avec un fond rouge. Cette variété exigeait un classement 
spécial. Les ronds ne pouvaient se suivre tous, mais alterner avec 
les carrés : par ce fait, les couleurs se mélangeaient dans une écla- 
tante et merveilleuse mosaïque. 



"> Mtmograftoe d« Notrt-fiame <U Ckartrt: — Explications dw planches par 
M. Pau! Durand. — Paria, Imprimerie aatiooate, 1881. 



Digfedsy G00gle 



— 48 — 

De plus, il devait chercher aussi à instruire les fidèles et éviter 
de les induire en erreur. Il devait doue suivre un ordre logique dans 
la représentation des faits, adopter une chronologie déterminée, 
et non pas jeter avec insouciance les scènes sans avoir égard ni 
au temps, ni aux circonstances. La visite des Mages, par exemple, 
ne peut être placée indistinctement avant tel ou tel autre fait de 
l'enfance de Jésus ; et puisque plusieurs tableaux lui sont consacrés, 
ils doivent avoir entre eux une succession raison née. Poser la 
question, c'est la résoudre. Les peintres verriers du m' siècle noie 
cédaient certes en rien à ceux de nos jours dans la science de l'his- 
toire sacrée. On ne peut donc les accuser, ni les soupçonner d'igno- 
rance sur ce point, que si l'ordre chronologique ne peut eu 
aucune façon s'adapter a la symétrie de leur œuvre; mais si, par 
- contre, ils s'établissent simultanément sans difficulté, cette concor- 
dance n'est pas l'effet du hasard, elle a été voulue évidemment et 
primitivement suivie. 

Or, dans la disposition adoptée au xvi* siècle, la symétrie seule 
a été respectée, la chronologie est mise de coté. Jetez un coup d'œil 
sur la splendide chromolithographie de Lassus, et l'erreur vous 
apparaîtra évidente (voir plus loin le tableau I). 

L'artiste moderne a voulu, et à bon droit, corriger cette faute. 
Il reconnaît par là le principe exposé ci-dessus, de la concordance 
nécessaire de l'histoire avec la symétrie; maison peut craindre 
qu'il n'ait en partie échoué dans l'application de ce principe. 

Pour plus d'évidence dans notre démonstration, nous allons 
dresser trois tableaux : le premier reproduit l'ordre donné dons 
Lassus; le deuxième, l'ordre actuel; le troisième, l'ordre qu'on 
aurait dû suivre à notre avis (voir plus loin la figure). 

La lecture du vitrail se fait de gauche à droite et de bas en 
haut. Nous désignons chaque panneau par une lettre de l'alphabet. 
11 sera facile de suivre ainsi, d'un tableau à l'autre, les transposi- 
tions adoptées par l'artiste' moderne et celles que nous proposons. 



1 A. Annonciation. 

a B. Visitation. 

3 C. Nativité. 

h D. Anges et bergers, 

5 £. Hérode et les docteurs. 



i A. Annonciation. 

a B. VisitntioD. 

3 C. Nativité. 

i D. Anges et bergers. 

5 E. Hérode et les docteurs. 



Digfedsy GoOgle 



6 F. Les Mages «content Herode. 

L'étoile a disparu. 

7 G. Les Mages présentent leurs 



8 H. Marie et Jésus les reçoivent. 

9 I. Les mages s'en retournent 

guidés par l'étoile. 

10 J. Purification, 

n fc. Marie elle vieillard Simeon. 

i a L. L'ange apparaît aux Mages 

endormis. 

i3 M. Herode ordonne le mns- 

saere. 

iq N. Massacre des Innocents. 

i5 O. U. 

16 P. Fuite en Egypte. 

17 Q^ Le peuple acclame Jésus. 

18 R. Retour d'Egypte. 

19 S. Chute des idoles. 
30 T. Baptême de Jésus, 
9 1 U. Songe de Joseph. 

93 V. Entrée de Jésus à Jérusalem. 

n3 X. lbid. 

th Y. La foule acclame Jésus. 



6 L. L'Ange apparaît aux Mages 

endormis. 

7 I. Les Mages guidés par l'étoile 

s'en retournent. 

8 H. Marie et Jésus les reçoivent. 
q G. Les mages présentent leurs 



10 J. Purification. 

1 1 K. Marie et le vieillard Sitnéon. 
1 9 F. Les Mages debout : l'étoile 

a disparu. 

i3 M. Herode ordonne le massacre 

des innocents, 

iq N. Massacre des Innocents. 

16 O. U. 

16 P. Fuite en Egypte. 

j7 U. Songe de Joseph. 

18 R. Retour d'Egypte. 

19 S. Chute des idoles. 

90 T. Baptême de Jésus. 

9 1 Q^ I* peuple acclame Jésus. 

99 V. Entrée île Jésus à Jérusalem. 

93 X. lbid. 

ah Y. La foule acclame Jésus. 



Au sommet. Glorification de Marie. 

Le premier tableau est défectueux. La simple lecture de la 
légende le prouve. La Purification et la Présentation au temple, 
J , Y, sont intercalées au milieu des tableaux consacres aux Mages. 
La chute des idoles, 5, est placée après le retour d'Egypte : elle 
eut lieu, en réalité, lors de l'arrivée de Jésus en celte contrée. 
Le songe de Joseph, qui eut lieu au retour d'Egypte, vient après le 
baptême de Jésus. 

Le deuxième, qui reproduit l'état actuel, est pour nous plus 
répréhensible encore. 

Ainsi au n" 6 L, l'apparition de l'ange aux Mages endormis est 
JrofiiwiiK. — S* t. t 



Digfedsy G00gle 



— 50 — 

placée avant leur arrivée devant Jésus, et cependant, d'après l'Evan- 
gile elle eut Heu après leur adoration, au moment du reloue 



Ordre «produit Ordre Mtutl. Ordre propos. 

VU L.m... 

Cathédrale de CWlre». .— Vitrail de la fiÇMk- 
I 
Au n° 8 H, Jésus reçoil les Mages et leurs offrandes, et cepen- 
dant, au numéro suivant, n" 9 G, les Mages ont toujours leur 
pièce d'or à Ja main et tournent le dos au divin Enfant. L'inverse 
devrait exister. 

La même anomalie se voit aux u H 5 et 6. Hérode, au ii° 5 
E, après avoir consulté les docteurs, veut transmettre ses 
recommandations aux Mages qui étaient Tenus le consulter; mais 
an numéro suivant, 6 L, il a devant lui, non des Mages attentifs 
a ses paroles, mais profondément endormis. 

Au n* 1 3 F, les mages paraissent encore après les deux scènes 
de la Purification et de la Présentation au temple. Dans ce tableau 
n D ia, les Mages se consultent : ils sont privés de la lumière mira- 
culeuse de l'étoile, ce qui leur arriva à Jérusalem, quand ils 
vinrent demander l'avis d'Hérode avant d'aller à l'élable. C'est un 
nouvel anachronisme. 

Enfin, au n" 19 S, la chute des idoles est placée après le retour 
d'Egypte : elle eut lieu certainement a l'arrivée de Jésus en ce pays. 



Digfedsy G00gle 



— 51 — 

- Cette disposition est donc moins acceptable encore que celle du 
iliT siècle. 

Si l'on consulte avec attention les données des Evangiles et de 
la tradition, là solution du problème sera facile et l'accord de la 
symétrie et de l'histoire sera parlait. Nous avons dressé, pour faci- 
liter l'intelligence de cette disposition, un troisième tableau dont 
voici l'explication. 

1 A. — Annonciation. Marie est debout, un livre d'or ferrai retenu 
sur la poitrine par la main gauche. Sa robe rouge et son manteau bleu sont 
ornés de riches broderies, nn voile blanc lui couvre la téta. L'Esprit-Sainl, 
sons forme de colombe avec l'auréole divine, vient te reposer sur elle. 
L'ange, avec ses grandes ailes multicolores , un sceptre a la main, la salue. 
(S. Loc, i, a6, 37.) 

a B. — Visitation. Marie a une robe verte et un manteau rouge. Son 
vêtement change ainsi à cliaipie scène, mais partout le voile qui lui couvre 
la tête porte à la hauteur du front une +., sauf quanti il est remplacé, par 
une couronne. (S. Lie, 1, 3g, 4o.) 

3 C. — Nativité de Notre- Seigneur, La sainte Vierge est couchée dans 
un lit à double rideau. L'Enfant Jésus, entouré de bandelettes, est dans une 
crèche élevée sur une galerie à colonnes. Les têtes du bœuf et de l'âne sont 
suspendues au-dessus de reniant. (S. Luc, u, 7.) 

4 D. — Les anges annoncent la naissance du Messie a trois bergers. 
(S. Luc, n, 8, o, a 17.) 

SE. — Tableau a deui compartimente. Dana le premier, deux docteurs 
consultent le livre ouvert des Saintes Écritures. Dans le deuxième, Hérode, 
couronne en UMe, sceptre a la main, assis sur un trône, la main droite 
levée, parie aux Mages qui paraissent dans la scène suivante. (S. M*th. , 
II,.» 7-) 

6 F. — Les Mages, en effet, tournes vers Hérode, écoutent ses recom- 
mandations perfides. Conformément au texte évaogéiique, ils sont eu ce 
moment privés de la lumière de l'étoile miraculeuse. (S. Math., 11 , 7, 8.) 

7 G. — Les Mages, leurs présents à la main, se dirigent vers Jésus; 
us sont guidés par l'étoile. La pièce d'or qu'ils tiennent semble porter des 
caractères gravés. (S. Mats., u, y, 10.) 

8 H. — Marie, assise sur un trône placé août un are triomphal, la 
tête ceinte d'une couronne, un sceptre à la main droite comme une reine, 



Digfedsy GoOgle 



tient sur ses genoux l'Enfant Jeans qui bénit les Mages de la scène précé- 
dente vers lesquels il est tourne 1 . (S. Math., u, 11.) 

g 1. — Les Mages a'eu retournent, toujours guides par J'étoile, Us n'ont 
plus la pièce d'or a la main, et ils tournent le ilos a la scène précédente, 
pour ne laisser aucun doute sur leur départ. 

10 L. — Les Mages endormis ont un songe : un auge les avertit 
d'éviter Hérode et de s'en retourner en leur pays par un antre chemin. Les 
Mages sont tous couronnes, l'un d'eux parait plus jeune avec sa barbe 
naissante, aucun d'eux n'est noir. (S. Mith., ii, la.) 

1 1 K. — Marie présente l'Enfant Jésus au vieillard Siméon et a la pro- 
poétesse Anne, au-dessous d'une aorte d'autel. (S. Luc, u, as, s3, so 
à 38.) 

iq J. — Purification. Les trois suivantes de Marie offrent, l'une, deux 
colombes, et les deux autres un cierge. (S. Luc, u, si.) 

i3 M. — Hérode, frustré et furieux, assis sur son trône a colonnes, 
donne des ordres à deux séides armés de longues épées, et dont l'un est 
couvert d'une cotte de mailles. (S. Mith., u, 16.) 

i4 N. — Massacre des Innocents. (104.) 

i5 O. — fd. Les deux bourreaux ont des épees bleues. (Ibid.) 

. 16 P. — Fiùte en Egypte. Marie, assise sur une anesse blanche, tient 
l'Enfant Jésus sur ses genoux et une palme à la main gauche. Joseph la 
conduit, portant sur l'épaule un bâton auquel sont suspendues une besace 
et une gourde en forme de tonnelet. Les voyageurs vont de gauche a 

droite. (S. Math., u, té.) 

17 S. — Chute des idoles à l'arrivée de Jésus en Egypte. GeUes-cî 
étaient érigées sur deux colonnes et étaient l'une d'or, a gauche, et l'autre 
d'argent, h droite, dans un temple spacieux à colonnades romanes , cou- 
vert par des toitures imbriquées , flanquées de tourelles ajourées. An-dessus 
de chaque statue brûlaient trois lampes. 

18 R. — Retour d'Egypte. Les voyageurs vont de droite à gauche. 
Jésus bénit de la main droite et tient nn livre de la main gauche, comme 
pour signifier qu'il est maintenant en âge d'enseigner. Dans le tableau P, 
au départ, il étendait les mains en signe d'admiration. (S. Mith., n, 91.) 

19 U. — Songe de Joseph. Avant d'arriver en Judée, l'ange apparaît 
a Joseph pour le rassurer et lui annoncer a mort d'Hérode. Joseph a 



Digfedsy GoOgle 



l'auréole comme h ta Nativité, mais il en était dépourvu a l'aller et au 
retour d'Egypte. (S. Math., u, 93.) 

90 T. — Baptême de Jésus dans le Jourdain. A sa droite Jean-Baptiste , 
à sa gauche un ange qui tient son vêtement. L'Es prit-Saint, sous forme de 
colombe, descend sur Jésus. (S. Math., m, i3.) 

91 Q^ — Le peuple juif, représenté par deux femmes, la tête couverte 
d'un voile, et trois hommes sortent de la ville pour écouter les prédica- 
tions de Jésus et le suivre. La ville est entourée de remparts crénelés, munis 
de hautes tours. 

99 V. — Huit apôtres, les pieds nus, dont trois tiennent des livres, 
sans doute les Évangélistes, suivent Jésus. 

a3 X. — Les quatre autres les précèdent dans ce tableau ; le quatrième 
Kvangâiste porte aussi son livre. Devant eu*, Jésus s'avance, monté sur 
une ânewe blanche, un rameau d'or à la main, foulant aux pieds de sa 
monture des branches d'arbres et des vêtements. Devant lui , deux hommes 
l'acclament , des branches à la main. 

ai Y. — La foule, dans ce tableau, vient en triomphe au-devant de 
Jésus, les uns portant des branches, les autres montés sur les toits des 
maisons; enfin dans la ville le peuple contemple ce spectacle par-dessus les 
remparts crénelés, soutenus par sept tours. Deux portes de la ville, l'une 
d'or et. l'autre d'argent, aux ferrures bien apparentes , sont encore fermées' 1 '. 

"> Pour être absolument complet, nous devons observer que les panneaux car- 
rés de la colonne centrale, dans l'ordre suivi par Lassus (tableau 1), savoir les 
panneaux E, K, Q_ef X, sont encadrée dans une petite bordure roalposeede trois 
pièces variées : d'arabesque* successivement jaunes, roses et vertes, séparées par 
des ronds et des carrés biens. Les carrés des deux autres colonnes ont une lx>r- 
dnre plus simple, composée de demi-roses alternativement jaunes, roses et vertes 
sur fond bleu. 

Évidemment Lassus a voulu respecter cette symétrie, à peine perceptible même 
avec des jumelles, ce qui l'a conduit k rejeter la Chute des làolet, te Rtlottr 
d'Egypte et le Songe de Jœepk après le Baptiixe de A'. S. 

L'artiste moderne (a* tableau) n'en a pas tenu compte, eti placé avec raison le 
panneau Q_après le Baptême de N. S., suivant la chronologie. 

Il serait facile toutefois de remédier même à cetle petite irrégularité en corri- 
geant la faute de mise en plomb commise au iti* siècle. Il suffirait de détacher de 
sa bordure le sujet historique du panneau S, Chute dut Idalct, et de la transporter 
dan* la bordure du panneau Qjet vice verta. Ces bordures en effet ont absolument 
les mentes dimensions. 

S, restant à la place que nous lui assignons dans la colonne centrale, aurait 
ainsi U même bordure que les autres panneaux de relie même colonne et In 
symétrie serait respectée dans toute sa rigueur. 



Digitizedr.y G00gle 



— 54 — 

Le vitrail se termine par ta Clarification de lu sainte Vierge, 
assise sur un trône dans une ellipse ogivale, tenant an sceptre de 
chaque main, sur la tête une couronne ornée de diamants. Sur ses 
genoux l'Enfant Jésus, tenant le livre des Écritures de la main 
gauche, bénit de la main droite. 

A gauche et à droite, deux anges adorateurs s'inclinent avec 
admiration devant leur Reine, tenant a la main non pas un encen- 
soir ou un cierge, mais un sceptre, sans doute pour reconnaître la 
souveraine royauté de Marie. 

Au-dessus d'eux, à gauche, le Soleil sortant des nuages parla 
tête radiée d'un jeune homme, et à droite la Lune, sous forme 
de croissant, que tient dans les plis de son manteau un buste de 
femme, semblent aussi eu adoration devant le Christ et sa Mère. 

h Est-il nécessaire, écrit M. Durand, de recommander a l'admi- 
ration le groupe de la Vierge et de son Fils? Leur pose hiératique 
est pleine de grandeur et de majesté; malheureusement au 
xiv* siècle {au xvi% a notre avis) une désastreuse restauration a 
remplacé les deux têtes anciennes et la couronne posée sur la tête 
de Notre-Dame. » 

Chaque panneau de cette verrière a 1 mètre de côté, et ia bor- 
dure a o m. 5o de largeur, 

Comme on le voit, il es! nisé de donner a ce vitrail une disposi- 
tion conforme à l'histoire et à la symétrie. Ou peut donc souhai- 
ter que le Ministère des Cultes ou des Beaux-Aria fasse procéder à 
cotte restauration, en soi facile à exécuter et peu coûteuse. L'État 
qui a déjà tant fait pour la conservation de ces admirables ver- 
rières, mériterait de nouvelles louanges de la part de tous tes artistes. 

Un mot seulement sur la restauration des deux autres baies. 

Celle de gauche, consacrée à la Passion de Notre-Seigneur, com- 
prenant! A scènes, a été bien rétablie dans son ordre logique; toute 
erreur était d'ailleurs impossible, chaque panneau étant relié à ses 
voisins par une petite rosace dessinée sur l'angle intérieur. 

Nous ferons seulement remarquer que la bordure existe en entier 
à la partie inférieure du vitrait, qu'on la devine A la partie supérieure 
mais qu'elle a complètement disparu de chaque côté, par suite 
du déplacement du portail roman, — question qui a tant agité 



Digtodsy Google 



— 55 — 

les archéologues en ces derniers temps. H serait même facile 
d'apprécier exactement les proportions de ce rétrécissement par la 
double largeur de cette bordure enlevée, et de les contrôler par 
comparaison avec les dimensions de la baie de droite. 

Celle-ci représente l'arbre de Jessé. Par quelle fortune un des 
panneaux latéraux, à la naissance do la courbe de l'arc brisé, du 
côté gauche, consacré au prophète Habacuc, a-t-il été entièrement 
refait, mais avec un coloris si différent de tout le reste du vitrail, 
qu'il fait réellement tache sur tout l'ensemble? A notre connaissance 
ce panneau a été rotait deux fois sans sucées. Serait-il impossible à 
un artiste moderne de retrouver la teinte verte et rouge si brillante 
et si douce dans tous les autres panneaux, puisqu'elle est ici trop 
foncée et trop terne ? 

11 suffira de signaler ces quelques défectuosités pour en obtenir 
la correction. 

Ch. M«taib, 
Correspondant du Garni lé. 



Digfedsy G00gle 



RÉSUMÉ 



RECONNAISSANCES ARCHÉOLOGIQUES 

EXECUTEES 

PAR LKB OPPIC1ERS DBS BRïGADFS TOPOGRAPHIQDBS 

0'ALGBSIE ET DE TlfflWIR 

PENDANT LA CAMPAGNE DE 1903-1904. 

PAR M. LE COMMANDANT TOUSSAINT. 



Les levés ont porté sur les feuilles suivantes : 

Algérie : feuilles de Scdbou, Biskra et Méchéria: 

Tunisie : feuilles de Souk-el-Arba , Bir-Rekeb, fil-Hamma des 
Rcui-Zid, Mennchia, Ki'-bili, Oglat-Merleba , Doui et Djebel-Bergn. 

ALGÉRIE. 

i" La feuille de Sebdou (département d'Oran) comprend au 
Nord les hauteurs limitant le massif des sources de la Tafna, a 
l'Est ta ligne de faite élevée et boisée qui court entre l'Oued-Khemis 
et la Tafna, a l'Ouest et au Sud le commencement de l'immense 
plateau couvert d'alfa qui s'étend d'une part jusqu'à Ras-el-Ma, 
d'autre part jusqu'à El-Aricha. 

Bien que divers archéologues placent à Sebdou le centre romain 
d'Atoa, on ne rencontre aux environs de cette localité aucune 
trace de l'occupation antique. Les ruines du Koudiat-en-Nessnra, 
près de Taffessera, et du Koudiat-Roum, entre Zahra et Tléta, pa- 
raissent être d'origine berbère et non romaine et leur construction 
ne doit pas remonter au delà du vu* ou du vin* siècle; il en est de 



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même de l'organisation défensive de l'extrémité du plateau du 
Djebel -Roudjiine. 

La ruine arabe située près du bordj d'El-Gor semble, par les 
détails encore visibles de sa construction, être contemporaine des 
célèbres ruines de Mansoura, près de Tlemcen. 

Les ruines mégalithiques sont nombreuses dans la région mon- 
tagneuse et sur les collines qui ondulent le plateau au Sud-Est et 
a l'Est de Sebdou; elles se présentent sous la forme de tumulus de 
a m. 5o de diamètre et de a mètres environ de hauteur, ou d'en- 
ceintes circulaires ou rectangulaires de dimensions variables et 
formées de longues pierres plaies fichées en terre. 

s" Dans la feuille de Méchéria, il n'a été relevé aucune trace 
de la colonisation romaine. 

On a signalé sur quelques sommets du Djebel-Antar, seule mon- 
tagne qui accidente la région, des constructions en pierres sèches 
que Ton a confondues avec des ruines mégalithiques; ce sont sim- 
plement des r méragueb » ou vigies arabes, et non deachouchet ou 
îles basina. 

3" La partie de la feuille de Biskra située au sud de l'Oued- 
Djedi a été levée en îqoi par M. le lieutenant Pou!; cet officier y 
a relevé : de nombreux «djedor» d'origine berbère; l'ancien canal 
d'irrigation connu sous le nom de > Séguia-bent-el-Cbas » et d'autres 
canaux secondaires s'embranchant soit sur l'Oued-Djedi, soit sur le 
canal principal; enfin de nombreuses ruines d'établissements agri- 
coles échelonnées sur la rive droite de l'Oued-Djedi entre cette • 
rivière et la séguia précitée, ruines particulièrement denses aux 
abords d'F.l-Knebat, où il signalait un centre antique important, 
d'ailleurs déjà connu et plusieurs fois exploré. 

La partie de la feuille levée en 1903-190& comprend la vaste 
plaine occupée, de Biskra à Doucen.par les oasis des Zibans; cette 
plaine est limitée au Sud par l'Oued-Djedi , au Nord par la chaîne 
élevée et peu praticable des monts du Zab, du col de Bou-Ghczol 
a la trouée de Bir-Sadouri. Le Bled-Selga, extrémité méridionale 
de la plaine d'El-Outaya, situé au nord de la chaîne, est compris 
également dans la feuille de Biskra. 

La région a été occupée aux époques romaine et byzantine par 



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une population relativement dense et les gisements de ruines y sont 
nombreux; les principaux sont les suivants : 

Blr-Sadonii. — Restes d'un poste militaire comprenant une 
enceinte rectangulaire de 80 sur 5o mètres, avec réduit central. 
À l'extérieur quelques bâtiments, dont l'un situé très près de l'en- 
ceinte du poste paraît de construction très soignée; deux mosaïques 
ornementales y ont été mises au jour. Le poste de Bir-Sadouri 
intercepte l'un des principaux défilés permettant de passer des 
plaines sahariennes dans la région du Hodna; il devait faire partie 
de la chaîne de postes militaires marquant la frontière et la limite de 
l'occupation romaine. 

Douce». — Poste romain sur un mamelon commandant la source 
de Doucen; le bordj actuel parait avoir été élevé mu- les substruc- 
lions de l'ancien castellum et doit en reproduire à peu près exacte- 
ment le tracé. Plusieurs fragments d'inscriptions sont encastrée 
dans le mur d'enceinte. Aux environs du bord], vestiges de nom- 
breux bâtiments, dont plusieurs importante, témoignant de l'exis- 
tence d'un centre assez considérable. 

Henchir-el-Ksar, sur l'Ouad-Djedi. — Ruines importantes, 
nombreuses habitations réparties sur ud rectangle de 3oo sur 
i5o mètres; chapelle chrétienne. 

Toiga. — Castellum bastionné de 3o sur as mètres, an milieu 
des maisons arabes an Nord du minaret; les assises inférieures, 
qui apparaissent en plusieurs points, sont en pierres de grand 
appareil; la partie supérieure, qui a dû être remaniée a l'époque 
byzantine, est moins soignée. Dans les maisons du village, on re- 
trouve un- grand nombre de pierres de taille antiques. Renier et 
Tissol ont identifié Tolga et Maar-Ftha de la Table de Peutinger, 
maïs on peut aussi remarquer que le nom arabe de cette localité 
présente une certaine analogie avec celui de Ttgvi* ou Ttgi*, siège 
d'un évéché attribué à ia Numidie. 

Zaatoba. — Carrières exploitées dans l'antiquité. 

Fort byzantin de Sldl-Vellaontohe. — Enceinte a peu près 
carrée d'environ 75 mètres de coté, précédée d'un fossé large 
de h mètres; a l'intérieur, dans l'angle Sud-Est, réduit de 6 snr 
8 mètres. 



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m-K«abat. — Huine connue. 

Ag^lom* rations agricole* do l'Oued - DJadl. — Ces ruines 
jalonnent les deux rives de l'Oued, mais forment cependant deux 
groupements bien distincts : l'un, situé en amont du confluent de 
l'Oued-bou-Miih , a pour centre la ruine d'El-Ksar; l'autre, sim<ï 
entre la Seguîa-bent-el-Khas cl I'Oued-Djedi fr a pour rentre la ruine 
d'El-Kasbal, au Sud de Mliti. 

1-8 Seguia-bent-el-Khas semble bien représenter un immense 
canal d'irrigation destiné à fertiliser une partie des terres de la 
rive droite de l'Oued-Djedi et non, comme on l'a pensé souvent, un 
fossé limite. Son origine est située à une hauteur assez considérable 
au-dessus du fit actuel delà rivière, et on ne trouve pas de traces de 
barrages ayant servi à élever le niveau des eaux jusqu'à l'origine 
du canal, bien que la tradition locale en ait conservé le souvenir; 
depuis l'époque romaine, d'ailleurs, là rivière a du creuser con- 
sidérablement son lit, les crues auxquelles elle est sujette n'oïant 
plus tempérées par les séguias qui en régularisaient le débit, aussi 
bien en amont qu'en aval. De plus, d'autres canaux de même 
nature se greffent, soit sur le canal principal, soit sur l'oued; l'un 
même, aujourd'hui remblayé en partie par tes crues, est devenu 
une véritable branche de la rivière, l'Oued-Sergui; enfin, il y a 
lieu de remarquer que de semblables travaux existent également 
sur la rive gauche de i'Oued-Djedi. 

Accessoirement, la Segaia-bent-el-Khas a pu constituer une ligne 
de défense pour les établissements romains de I'Oued-Djedi, mais 
il semble bien que sa construction a eu pour bnt, d'une pari, do 
fertiliser une partie des terrains qu'elle traverse; d'autre part, en 
temps de crue, de détourner vers te Chott une partie des eaux de 
l'oued, afin d'éviter les inondations qui, actuellement encore pen- 
dant les hivers pluvieux, transforment la plaine en un véritable 
lac. 

Près de Biskra, entre Filiache et Cbetma, le capitaine Boue a 
relevé des traces de bifurcation de voies romaines, ainsi que des 
bases de milliaires; l'une de ces voies semble correspondre à la 
route Thabudeos-Budù Ad Majora, l'autre paraît être l'amorce d'une 
roule se dirigeant surEl-Habel, Mchounèche et Tighanimtne, par 
la vallée de l'Oued-el-Abiod. 

A l'Ouest de Biskra, aucun renseignement nouveau n'a été re- 



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cueilli sur le tracé probable de la grande voie militaire de Lambèse 
à Ad Majores. Si une route directe a relié autrefois Ad Pitcînam 
(Biekra) et Calceui Hercuti» (Ei-Kantara) par Ad Aqw» Hereuli» 
(Hanunam-Sidi-el-Hadj) et la trouée de l'Oued-Biskra , il semble, 
d'après les distances données par la Table de Peutinger et le nombre 
de stations qu'elle indique, que la grande voie militaire devait faire 
un crochet considérable vers l'Ouest pour englober les oasis des 
Zibans, les établissements de l'Oued-Djedt et se relier au /ùhci 
Tubunenm. La topographie de la région indique, pour cette partie 
de la voie, un tracé qui parait des plus rationnels; ae détachant de 
ta route directe vers El-Outaya, la voie stratégique aurait, par le 
Bled-Selga, atteint la profonde trouée de Khenisaen, d'où elle 
aurait débouché dans la plaine des Zibans et gagné ensuite Taïga , 
puis El-Ksar et enfin, en remontant vers le Nord-Est, Mlili et 
Biskra. 

La ruine sans nom, située à * a kilomètres S.-U. d'EI-Outaya , et 
Tolga représenteraient les deux stations anonymes de la Table, 
et Et-Ksar représenterait Metar Fella. La distance d'EI-Outaya a 
Mlili {GemeUae) se trouverait ainsi décomposée en quatre étapes de 
18 à 90 kilomètres. Il y a lieu de remarquer toutefois que les 
ruines du Bled-Outaya et du Bled-Selga semblent plutôt jalonner 
la direction du col de Matraf-el-Kébir, dépression très praticable 
et empruntée par une excellente piste arabe, et que cette direction 
est de nouveau jalonnée, au Sud des montagnes et vers Mlili, par 
le eastellum de Sidi-Fellaouèche; mais, par cet itinéraire, il n'y n 
que 65 kilomètres d'EI-Outaya à Mlili, et cette distance semble un 
peu faible pour y intercaler trois stations. Le fortin d'Aïn-Fet- 
laouècbe a, d'ailleurs, pu marquer le croisement d'une route di- 
recte sur Gemellae, chef-lieu de cette partie du kmet, et d'une route 
prolongeant sur Ad Pitànam, fans passer par GemeUae, la ligne 
frontière Bir-Ssdouri Doucen Tolga. 

Dans tout le massif montagneux du Zab, on rencontre de nom- 
breux tumulus isolés ou groupés sur te sommet des collines; ils 
sont généralement circulaires, mesurant 9 m. 5o de diamètre sur 
9 mètres environ de hauteur et sont construits en pierres sèches. 
Quelques-uns présentent à la partie inférieure des traces de gra- 
dins. 

Un fragment de poterie portant des graffiti a été recueilli par te 
capitaine Boue dans les ruines d'EI-Kasbal. 



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TUNISIE. 

1" FftaBr de Sovk-el~Arba. — Une diagonale Nord-Est-Sud- 
Ouest coupe celte Feuille en deux parties d'aspect très différent. 

La région Sud-Est est accidentée par le massif du Djebel -Gona, 
dont les contreforts s'étendent jusqu'à l'Oued-Tessa , et par les col- 
lines ravinées comprises entre l'Oued-Tessa et l'Oued- M ellegue. La 
région Nord-Ouest est constituée par une vaste plaine, fond d'un 
ancien bassin lacustre, à peine ondulée et parcourue par les lits 
tortueux de la Medjerda , du Mellègue , de l'Oued-Tessa et de l'Oued- 
Thibar; aujourd'hui connue sous le nom de Dakla des Ouled- 
Stlem, cette plaine représente le Compta Buiienm de Saint-Au- 
gustin, les grandes plaines de Polybe. Les raines de Bulla Begia se 
trouvent nn peu en dehors de l'angle Nord-Ouest de la feuille. 

Les ruines antiques sont nombreuses dans toute la région, mais 
elles sont plus spécialement groupées vers le pied des montagnes 
et c'est la que l'on rencontre les plus importantes; cette répartition 
des lieux habités devait tenir à ce que, autrefois comme aujour- 
d'hui, la plaine, d'une admirable fécondité, devait être maréca- 
geuse et peu praticable en hiver, très chaude et fiévreuse en été. 

Les principales ruines relevées sont les suivantes : 

A. Entre la limite Est de la feuille et l'Oued-Tessa. 

Henafalr-Thibu-. Ancienne Thibari*. — Ruines étendues, souvent 
explorées. De nombreuses inscriptions provenant de ces ruines sont 
rassemblées à Saint-Joseph de Thibar; aucun texte inédit n'a été 
retrouvé. 

Hencbir-cl-Frnee. Ancienne Giltium. — Ruines étendues, nom- 
breuses inscriptions transportées à Saint-Joseph de Thibar. 

Benohir-Djftbba. Ancienne Thigibba Bure. — Ces ruines éten- 
dues, mais aujourd'hui indistinctes, ont servi de carrières pour la 
construction du village arabe de Djebba; une inscription brisée 
dounaut le nom de la ville antique a été transportée à Saiot-Joseph 
de Thibar. 

Henchir-Douami*. Ancienne Colonia Mariana Au/puta Alextm- 
driana Udn majtu. — Vastes ruines (superficie i kilomètre sur 



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600 mètres) sur un plateau de la rive droite de l'Oued Arkou. Plu- 
sieurs inscriptions ont donné le nom de la ville antique; quelques- 
unes sont encore sur place, d'autres ont disparu. 

Henchitf-Oued-Arkou. — A 5 kilomètres en aval d'Hcnrhir- 
Douamis, sur la rive gauche de l'Oued-Arkou, ruine Rendue 
étudiée en 1901 par le capitaine Janot; quelques inscriptions 
inédites y ont été relevées et consignées dans le rapport de col offi- 
cier. Aucune n'a donne" le nom de la localité antique. 

Hencblr-Semmooh. Ou Hwaohtr-Onl*d-bow-aian« . — Grande 

ruine située sur la rive droite de l'Oued-Tessa , à 3 kilomètres en 
aval du confluent de l'Ouod-Arkou. Citadelle byzantine dominant la 
berge de l'Oued-Tessa et dans les mura de laquelle le lieutenant 
Delamare a relevé plusieurs fragments d'inscriptions. Quelques 
grands édifices, dont un temple et une chapelle chrétienne; vastes 
citernes. Cette ruine, plutôt que la précédente, nous semble devoir 
représenter la Cimtu Bsnctnnentû , qu'une inscription d'Henchir- 
Douamis permet de supposer voisine à'ilchi Majut. 

Henohir-Chett. — Ruine peu étendue. Mausolée. 

Dans la plaine, aucune ruine importante, sauf cependant les 
vestiges d'une exploitation agricole couvrant environ deux hectares 
autour de la koubba de Sidi-Ali-el-Bahri. 

B. Entre l'Oued-Tessa et l'Oued-Melleguc. 

Ruines d'un fortin sur la rive gauche de l'Oued-Tessa, à h kilo- 
mètres N.-O. d'Henchir-Semmech ; à proximité, quelques vestiges 
de voie paraissant se diriger d'une part sur Hcncliir-Semmecli, 
d'autre part sur la ruine de Sidi-Amor, sur l'Oued-Mellègue. 

Honnhii-«i-Bu]i. — Village antique; fragment d'inscription. 

Dans la plaine, aucune ruine importante; sur la rive droite de 
l'Oued-Mellègue, traces de voie se dirigeant de la min? de Sidi- 
Amor vers Souk-el-Knemis. 

C. A l'Ouest de l'Oued-MeHègue , entre cette rivière et la Mcd- 
jerda, il n'existe de ruines de quelque importance qu'auprès de la 
koubba de Sidi-Amor, 4 5 kilomètres Est de Souk-el-Arba ; ces ruines, 
autrefois 1res étendues, ont servi de carrières pour la construction 



:igtz S d 3 yCOO^[e 



de Souk-el-Arba el pour l'empierrement de la route du Kcf et sont 
aujourd'hui 1res indistinctes. 

2° FewMt de Bir-Rekeb, — Cette feuille comprend la région 
qui s'étend du Bled-Segui et de la vallée de l'Oned-Bcsbas au 
Chotl-Fedjedj ; elle est traversée à l'Est el à l'Ouest par la chaîne 
du Cherb. élevée, ravinée et difficilement praticable en dehors de 
quelques rares passages. L'angle N.-O. de la feuille est occupé par 
une petite partie du versant Sud-Est du Djebel-Berda. 

Dans la vallée de VOued-Besbas s'échelonnent d'assez nombreuses 
ruines, vestiges d'établissements agricoles témoignant de l'ancienne 
prospérité du pays ou de postes militaires paraissant jalonner une 
voie non mentionnée par les itinéraires. 

Dans la chaîne du Cherb, les ruines sont relativement moins 
nombreuses; elles comprennent : 

Des ouvrages défensifs interceptant les principaux passages de la 
montagne, comme à Henchir-Oum-Àti et auprès des sources de 
l'Oued --Ilalfaya; 

Des travaux hydrauliques, comme le barrage de l'Oued-el-Keruia 
et nombre d'autres de moiudre importance, destinés à recueillir et 
a utiliser, pour la fertilisation de terres aujourd'hui stériles, les 
eaux qui actuellement vont se perdre dans le Chott-Fedjedj et la 
Sebkba de Sidi-Mansour ; 

Des établissements agricoles généralement situés vers le bas des 
pentes; 

Dans la plaine, entre la montagne et le Cliott-Fedjedj, nom- 
breuses ruines d'établissements agricoles el postes fortifiés; 

Enfin, dans l'angle Nord-Est de la feuille, dans le BIcd-ol-Aous- 
scdj,on observe un groupe de bornes milliaires appartenant à la 
voie Taeajw-Capua. 

3° Feuille d'FA-Hamina. — La continuation de la chaîne bor- 
dière du Chott-Fedjedj accidente la partie Nord de cette feuille; 
mais cette chaîne s'atténue a partir du Djébel-Hadifa et elle pré- 
sente des passages faciles entre les deux versants par les dépressions 
du Bled-Aira, d'où divergent l'Oued-bou-Loufa et l'Oued-Soukrn , 
de Biar-Fedjedj et du Kbanguet-Hachana, entre le Djelmi -Hou 
uana et le Djebel-Fedjedj. 

La partie centrale est orcupée par la Sebkba-el-Hamma , extré- 



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mité Est du Cbott-Fedjedj , et par la partie du seuil de Gabes «ont- 
prise entre cette seblcha et les oasis d'Oudref-Métouia. 

La partie Sud comprend l'oasis d'EI-Hamma et l'extrémité Nord 
des hauteurs comprises entre l'Oned-el-Hamma et la côte. 

Les ruines romaines ou byzantines sont très nombreuses duos 
cette feuille; les principaux gisements sont les suivants : 

El-Hamma, où l'on s'accorde & placer les Aqvae Tacapitanae. — 
Nombreux vestiges antiques à ia source, dans l'ancien Bordj-el-Bcy, 
dans les séguias et dans les différents villages de l'oasis. 

Hanohir-Souid. — Premier poste militaire sur la route d'EI- 
Hamma a Kébili. 

Bled-chenchoa. — Agglomération de ruines d établissements 
agricoles. 

HenoUr-Khom*. — Village agricole; ruines couvrant environ 
deux hectares. 

Hwnohlr-Hammamat. — Maison isolée*, peut-être la station 
postale i'Aquae de la Table de Peulinger(?). 

Honohir-Telmam. — Petit bourg et fortin. 

Hanobir-Youdl. — Fortin avec réduit; quelques maisons aux 
abords. 

A la sortie du col de Fedjedj. — Fortin et quelques maisons. 

Honchir-FortnR. — Fortin et quelques maisons. 

H«nchlr-Zougrata. — Ruines d'un village ayant occupé une 
superficie de près de 3 hectares, puits antiques; à aoo mètres 
N.-N.-O-, fortin. 

Col du Fadjedj et Hencliïr ReLain. — Fortin, puits romain, 
quelques maisons. Borne militaire illisible. 

Honcbir-flUBatoum. — Ruine étendue; pas de grands édifices; 
probablement village agricole. 

Hoiichir-Djerbi. — Euccinte rectangulaire, de 4o sur 5o mètres; 
probablement poste militaire. Auprès de la porte, borne milliaire. 

Henchir-Fesgula. — Etablissement agricole; citernes. Sur un 
contrefort Nord du Djebel-Hadifa , oppidum et barrages; a peu de 
distance, établissement agricole. 



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HowcMr-Bidi-KhaUta. — Vaste ruine; grands édifices; puits 
antiques. A i5oo mètres Sud-Est, fortin. 

Henchir-Ch«nah. — Castellum sur un mamelon, entre l'Oued- 
Clu'nah et l'Oued-Slelia ; enceinte carrée de ao mètres de côté; 
colonnes, chapiteaux; probablement Silesua. 

Rniin, nombreux groupes de bornes milliaircs jalonnant les voies 
de Tacapet à Thevette par Capta, et de Tacapes à Tamalten. 

Les feuilles de Bir-Rekeb et d'EI-Hamma étaient sillonnées par 
plusieurs voies antiques, dont deux mentionnées par les itiné- 

1° Voie Tacapei-Tkevetle par Capta; 
•t" Voie Tacapet-Twrù Tamalieni, 

et d'autres dont les itinéraires ne font pas mention : 

1° Voie Tvrru Tamalleni-Capta d'une part, -Tapantra d'autre 
part, par Henchir-Oum-Ali ; 

a" Voie Thusvroi-Taparura, par l'Oued-Besbas ; 

3" Voie Thururos-Tacapes, par le Nord du Chott-Fedjedj ; * 

4" Voies annexes de la grande voie Tacapes-Capta : a. par le 
bord du Choit; i. par le col de Fedjedj ; 

o* Voie Aquae Tacapûanae à la voie du littoral. 

Boute Taeaptt-Capta-Thmsle. — Celte route traverse la feuille 
d'EI-Hamma du Sud-Est au Nord-Ouest, et coupe ensuite l'angle 
Nord-Est de la feuille de Bir-Rekeb en pénétrant dans le Bled- 
Seguî. Les stations comprises dans ces feuilles sont Aquae .Tacapi- 
tanae (à XVIII milles de Tacapes d'après l'Itinéraire d'Antonin, à 
xvi d'après la Table de Peutinger), que Ton s'accorde a retrouver 
à El-Hamma, et Silesua (à xix milles d' Aquae), qui nous paraît 
être représentée par Henchir-Chenah; c'est la ruine qui, par sa 
distance d'EI-Hamma et par sa situation topographique, corres- 
pond le mieux à cette station, et le nom arabe delà rivière voisine, 
Oued-Slena, semble'avoir gardé la trace du nom antique. La dis- 
tance de 19 milles qui séparait Aquae de Silesua conduit au col 
faisant communiquer la vallée de Bou-Loufa el ta vallée de l'Oued- 
Hadifa, et c'est bien là que, logiquement, devait se trouver la 
manrio d'où se détachait le raccordement conduisant à Siletua. Si 
AïcuioLOfiiB. — M' 1. g 



Digfedsy G00gle 



_ 66 — 

l'on examine La position des autres ruines importantes de la région 
situées à proximité de la voie, Henchir-el-Maguel et Henchir-Sidi- 
Khalifa, on se rend facilement compte qu'aucune, d'elles ne peut 
répondre aux données do l'itinéraire; l'embranchement conduisant 
à Ilenchir-Sîdi-KhahTase filt détaché à moins de ta milles d'Âi/uae, 
celui conduisant à Henchir-el-Maguel , au contraire, eut bifurqué 
bien au delà de celte distance. La voie est nettement visible sur 
tout son parcours et, sauf dans la partie inondée du Chott, tous les 
militaires ont été retrouvés; mais lu distance entre les groupes de 
bornes varie de 1590 ù 1600 mètres, s'écartant ainsi notablement 
de la longueur normale du mille romain. Cet écarlement des bornes 
doit être le même sur tout le parcours de la voie, car la distance 
totale de i84 milles correspond bien à la distance Taeapet-Thcvctle , 
eu supposant bien entendu que les cantonnements d'hiver de ta 
ut* légion fussent à Tkeoette même; celte longueur anormale du 
mille explique l'erreur de Tissot, qui concluait à un développement 
total de la voie égal à 197 milles. 

La même anomalie a d'ailleurs été constatée sur le fragment re- 
trouvé de la voie Tacapet-TurrU-TamaUeiii. 

Ad'Estd'El-Hamma, la voie est jalonnée par le* militaires d'Hen- 
chir-Tobeul, près de Ras-el-Ouedetd'Henchir-Zaatria, et par deux 
autres uiilliaires illisibles relevés, l'un au col du Djebel-Ragouba, 
à 3 kil. 5oo Est d'El-Hanima, l'autre à rai-distance entre ce coi ut 
EI-Hamma. De plus, des traces d'aménagement de chaussée ont été 
observées au col par lequel la voie traversait la petite chaîne du 
Djebel-Mensof. 

Route de Tattpet à Turrii TamoUeui. — Cette voie se détachait 
de la voie de Thevesle au pied du piton isolé du GueLb-Bechima et 
prenait la direction de l'Ouest en évitant la traversée du Djebel- 
Aaiza, extrémité Est du Djebel-Tebaga ; plusieurs militaires ont été 
retrouvés but cette partie du parcours vers Henchir-Souid et aux 
aborda de l'Oued-Magroun. Elle pénétrait ensuite dans la feuille 
d'Uglat-Merleba , où nous la retrouverons. 

Routes non mentionnées par les itinéraires : 

1 ° Route de iwrù TamaUetù à Cape* et a Tapantra , par Oum- 
Ali. — Ancune borne n'en a été retrouvée, maia son tracé, encore 
emprunté par une bonne piste arabe, est bien net entre Ksarnjt- 
Ahmeur et les Redir-Regra par Uenehir-Oum-Ali. 



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a" Route deTÀtuicnw 1 Taparara par l'Oued-Bcsbss. — Cette 
route est jalonnée par de nombreuses ruines d'établissements agri- 
coles et de fortins qui ont été relevés par MM. les lieutenants La- 
ronde et Gérard; pas de bornes tnilliaires. Le trace 1 de celte voie 
dans le Bled-Segni jusqu'au défilé d'El-Hofay a éti< étudie lors du 
levé de la feuille d'EI-Ayalcha ; elle coupait la voie de Tftevwte vers 
Henehir-Gmoudi. 

3" Roule de Thusurot à Tacapet par le Nord du Chott. — Le» 
ruines de postes militaires relevés de Ksar-eL-Asker à Henchir- 
Chenah semblent indiquer qu'une voie stratégique reliait Thusww 
et Tacape» par le Nord du Chott; des reconnaissances ultérieures 
montreront peut-être si cette voie se détachait de la route Tkevtête- 
C&va-Thmm-Ntptt , ou si, ce qui semble plus probable , elle allait 
oe rattacher vers Ad Majorée a la grande voie stratégique du Sud de 
l'Aurès, qu'elle aurait ainsi prolongée. Vers l'Est, au-delà d'Hen- 
chir-Chenab, elle parait se confondre avec la voie Thevette-Tacape*. 
Les inscriptions, malheureusement incomplètes, trouvées à Hen- 
chir-Chenah et à 9 kilomètres N.-O. d'Et-Hamma semblent se rap- 
porter à cette voie, et les chiffres qu'elles portent correspondraient 
très approximativement aux distances de Thevette par Ad Majorée. 
il y a lieu de remarquer que, au point de vue stratégique, te tracé 
de cette voie eut été plus logique que le trace pu le Sud du Choit ; 
ce dernier a bien plutôt le caractère d'une route commerciale per- 
mettant aux caravanes de gagner, par la voie la plus courte et la 
plus facile, la régiou du Souf, que celui d'une route militaire for- 
mant frontière. Probablement antérieure à l'extension de l'occupa- 
tion romaine dans la région du Nelzaoua, cette ligne de défense a 
dû conserver toute son importance même après rétablissement du 
lime» tripolitanut. 

h* Bottes annexes de la voie Taetpet-Capta. — La disposition 
«Va principaux gisements de raines entre le» puits de Bou-Loufa et 
le» omis d'Oudref-Métouia permet de supposer qu'une route annexe 
doublait la voie Taeapti-Thenette, entre Tacapei et Stfewa; tout en 
desservant les nombreux établissements agricoles situés sur son 
tracé, cette route devait permettre, pendant la saison des pluies, 
d'éviter la traversée du Chott. C'est peut-être à ce tracé que se 
rapporte la distance de xvi mille», donnée par la Table de Pen- 
tuoger, entre Tacapts et Aqtue; a cette distance do tiabes on re- 



Digitizedr.y G00gle 



— 68 — 

trouve en effet la petite ruine d'El-Ham marna t, qui pourrait repré- 
senter la station postale d'où se serait détaché l'embranchement 
conduisant à Aquae. De Gabès à Biar-bou-Loufa par Oudref et 
Henchir-Hammamat, on compte 56 kilomètres, qui correspondent 
bien aux zxxv milles de la Table de Peulinger; par Et-Hamma, 
cette distance serait de plus de 5 9 kilomètres, même en admet- 
tant un tracé absolument en ligne droite entre Ei-Hntnma et 
Gabès. 

11 semble aussi qu'une route un peu plus directe devait se déta- 
cher de la grande voie vers Thaaarle (Mehamla) pour gagner Tacapn 
par le col du Fedjedj ; cette route et la précédente devaient se con- 
fondre à partir d'Henchir-Telmam. 

5" Kotite d'Aquae vers le littoral par Henchir-Telmam. — Un 
alignement ininterrompu de ruines jalonne cette route, qui devait 
rejoindre la voie du littoral vers le point où cette dernière fran- 
chissait l'Oued-Akarit, entre les stations de Lacenae et de Céline 
Picenlmae. 

Enfin, dans le Khanguet-Hachana , coi large et facile qui s'ouvre 
entre te Djebel- Roumona et le Djebel-Fedjedj , on observe des 
traces d'aménagement d'une chaussée antique qui parait prendre 
la direction de la trouée d'El-Hafay eu desservant les ruines relevées 
en îgoi dans le Bled -en Nouai. 

A" Feuille» de Menchia, de Kébili. d'Oglal-Merleba ri de Dout. — 
La région comprise dans ces feuilles s'étend, de l'Est à l'Ouest, 
de ta plaine de Sidi-Guenaou et des derniers contreforts du massif 
des Matmata jusqu'à l'extrémité de la presqu'île du Ncfzaoua. La 
partie centrale est occupée par la double chaîne du Djebel-Tebaga , 
prolongé a l'Est par le Djebel-Aziza , à l'Ouest par la chaîne den- 
telée et 1res atténuée du Djebel -Bessifa ; le Djebel-Axiia est sépare 
du massif des Matmata par une large dépression correspondant au 
coude de l'Oued-el-ltallouf et donnant passage aux nombreux che- 
mins qui, de cette partie de la région saharienne, convergent sur 
Gabès. 

Au Nord du Djebel-Tebaga et jusqu'au Chott, s'étend une plaine 
ondulée, découpée par de nombreux ravins; au Sud, vers Telmine 
et Kébili, l'archipel des oasis du Neftaoua, émergeant des sables 
du Choit, commence presque immédiatement au pied des hauteurs 



Digfedsy GoOgle 



— 69 — 

du Tebaga; plus a l'Est, un plateau stérile coupé par la rivière du 
Djebel-Douéia occupe le triangle compris entre les oasis, le Cholt- 
Rgoug et l'Oued-Tarla. A ce plateau succèdent insensiblement les 
dunes de sable, d'abord isolées et plus ou moins fixées, puis [lins 
denses et souvent mouvantes, du territoire des Merazig. 

Les ruines sont nombreuses dans les feuilles d'Oglat-Mcrlrba , 
de Kébili, de Menchia et dans la parité Nord de la feuille de Doue; 
mais, au Sud de la ligne Bir-Ghezen, Ksar-Tebria, Douz, Sabrîa, 
Ghedema, on n'observe plus aucune trace de l'occupation antique, 

Les principaux gisements signalés sont les suivante : 

A. Dans la feuille d'Oglat-Merteba : 

Slâi-ben-Rlloof. — Poste militaire sur un mamelon dominant 
la source aménagée; borne mîlliaire. Aux environs, établissements 
agricole». 

Hanchir-Temaaaine. — Castetlum mesurant 3o sur a& mètres, 
situé à i5oo mètres environ au Sud de la voie Tacapea-Tamalten. 

El-Kherlba. — Fortin sur un éperon détaché du versant Sud 
du Djebel-Tebaga ; chemin d'accès encore visible. 

Henobir-Benla ou Gu«dah-*a-S«der. — Grand castelliim. mesu- 
rant 60 sur 4o mètre? ; grandes citernes; deux postes détachés aux 
abords. A été étudié en délai! par M. le capitaine Donau, com- 
mandant supérieur du cercle de Kébili. Semble représenter la sta- 
tion romaine de Mazatamur(f). 

Honchir-oi-Khorhn. — Riiiue importante; centre agricole avec 
fortin et cilernes, sur un mamelon isolé du Djebel-Halouga. 

Honohir-aouttouf. — Castellum mesurant 13 sur 10 mètres et 
commandant le chemin d'KI-Hamnaa à Oglat-Merlebn; quelques 
constructions aux abords. Poste détaché au pied du mamelon qui 
porte le caslellum et au bord du chemin. 

Henchir-od-Dib. — Grande ruine située à peu de distance au 
Sud du tracé probable de la voie Tacapt* Aquae; oppidum mesu- 
rant 3o sur 30 mètres et entouré d'un fossé ; puits romain. 

Haaohlr-M «taba. — Construction carrée de 1 3 mètres de côté 
sur un mamelon dominant les Oglat; quelques biHimente moins 



Digtodsy Google 



_ 7e — 

importante aux abord»; a peu de distance en amont et sur l'Oued- 
Merteba, important barrage en partie conservé. 

Henchlr-el-HadJ&r. — Grand castellutn carré de 34 mètres de 
côté", avec fianqueinent aux angles et sur le milieu des cotés; peut- 
être Authut de l'anonyme de Ravenne(ï). 

H*ncbir-«1-Fraaa. — Ruines d'un castellum semblable à celui 
d'Henchir-et-Hadjar ; peut-être Awilimdi du limes tripolitanut(1). 

B. Dans la feuille de Kébili : 

Heucliir-Mgarine. — Fortin SUT la voie Taeapei-TamaUm. 

Henchir~Aïn~Tiei. — Vestiges de constructions ea bordure de 
la même voie; l'une de ces deux ruines, mais plus probablement 
rHencbir-Aln-Tfel, doit représenter la station SAgarhea»; aux 
abords, vestiges de chaussée antique. 

A a5o mètres Ouest de Bordj-Tamra, sur un mamelon qui do- 
mine la plaine. — Ruine étendue, mois complètement bouleversée; 
aux abords, vestiges de chaussée antique. A 1600 mètres Sud-Sud- 
Ouest, base de borne milliaire. 

Tal-mine, Rabta, Btanaoura, Kébili, Buma. — Nombreux 
débris antiques, Ruines déjà étudiées. 

C. Dans la feuille de Menchia : 

Nombreux débrie antiques utilisés pour la construction de ces 
divers villages, étudiés par M. le capitaine Donan. 

D. Dans la feuille de Douz : 

Djemna, à 18 kilomètres de Mansoura, représente peut-être la 
station de Ad Templum du limtt. 

Ksar-Tebria. — Construction carrée en blocage de 20 mètres 
de coté, prolongée par deux murs en forme de lunette. Deux puils 
antiques. 

Au Sud de la Garaa-Gotfia , sur un Ilot rocheux au milieu do la 
vallée de l'Oued-Sr>niem-el-Adara , vestiges de constructions. Peut- 
être Agami de la voie Tacapet-Nepte (?). 

Hench]jv»i*AaiiBin. — Castellum entoure" d'une enceinte avec 

fossé. 



Digfedsy G00gle 



A 3 kilomètres Ouest de Bir-Agareb. — Grande dalle portant 
une inscription libyque peu lisible. 

Les feuilles de Menchia, Kébili, Oglat-Merleba st Doui étaient, 
dans l'antiquité, sillonnées par les voies suivantes : 

i° Partie du Omet tripoUtanut comprise entre Taeapet et Agma, 
par Aquae Tacapitanae , Agarlavat, Turrit TamaUmi, Ad Templum, 
Brrezeo» et Autilimdi; 

a" Route de Taeapes à Thevetle par Aws, Timeiegerri Turrit, 
Putois, Aganel et Nepte; 

3" Route de Turrit TamaUmi à Thutum; 

U" Route de Turrit TamaUmi h Taparwa par Septimi, Bir-Rekeb 
et Bir-Oum-Ali ; 

5° Route de Turrit Tamaikniu Capta par Ksar-el-Asker; 

6" Route de Siletva-k Avet par Ël-Hamma et l'Oued-Merteba. 

Limet Tripoiiianus. — Cette voie se détachait de la voie Tacapet- 
TkntËte par Capta vers le quatrième mille au delà à" Aquae et, 
contournant l'extrémité du Djebel-Aiiza, gagnait l'important point 
d'eau de Sidi-ben-Ghiiouf; de là, elle se dirigeait au Sud-Ouest 
sur les Oglat-Nakla et se confondait ensuite jusqu'à Lîmagues 
avec le tracé de la route actuelle, en évitant toutefois le détour 
de Bordj-Saidan. Jusqu'à Limagues, le tracé de la voie antique 
est bien déterminé par les milliaires trouves à Henchir-Souid , aux 
abords de l'Oued-Magroun , à Sidi-ben-Ghiiouf et presdeBir-Nakla, 
ainsi que par les traces de chaussée antique relevées près d'Aïn- 
Tfel, de Bordj-Tamra et d'Aïn-Radouan; au delà de Limagues, 
ce tracé est plus problématique. Néanmoins, la présence de ruines 
sur la piste Scpùm*- Telmi ne par le Khanguet-Brimba permet de 
supposer que, de Limagues, la voie gagnait directement le Khan- 
guet-Brimba et de là Mansoura, qui doit représenter Tamalten, 
sinon Turrit TamaUmi. On peut concilier, en effet, les données des 
itinéraires st la topographie du pays, en distinguant entre Ta 
malien, centre, et Turrit TamaUmi, région; il est bien certain, 
comme le pensait Tissot, que la tour dont les ruines se voient à 
Oum-Setnaa et qui a des vues à la fois sur le filed-Faraoun , sur le 
Cbott et sur le Nefiaoua occupait un emplacement répondant bien 



Digfedsy GoOgle 



— 72 — 

au rôle que devait jouer le poste le plus occidental du Urnes, mais 
il est probable aussi que cette tour n'était pas isolée et devait faire 
partie d'un système complet de surveillance et de défense de la ré- 
gion. Sur les crêtes du Tebaga et du Ressifa, on retrouve des ves- 
tiges de plusieurs postes vigies, et il en existe également duos la 
plaine. 

Entre Aquae et Turris TamaUeni, l'itinéraire indique une seule 
station, Âgarlaveu; située à xxx milles d'Aqwie. à même distance de 
TamaUm, Agarlava* ne peut se retrouver qu'à Henchir-Mgnrine ou 
plutôt à Henchir-Aïn-Tfel, cette dernière ruine étant à égide dis- 
lance (47 kilomètres, xxx milles) d'El-Hamma et de Mansoura. 

Aucune découverte de document épigraphique ne permet d'indi- 
quer avec quelque certitude la direction que prenait la voie après 
TamalUn; la première station, Ad Trmplum, située 11 xu milles de 
Tamallen, est peut-être représentée par le village actuel de Djemma , 
a ig kilomètres de Mansoura, où l'on observe de nombreux débris 
antiques. Quant à Brrezeos, située à ixx milles A\id Ttmphm, on 
pourrait songer à l'identifier avec les ruines de Bir-Ghezen, situées 
au pied du Koudiat-Bereslim; ces ruines sont, en effet, situées a 
A 7 kilomètres de Djemma, et les noms arabes précités semblent 
avoir conservé la trace du nom de la station antique. Le Ksnr- 
Tebria, situé à 19 kilomètres Sud-Est de Doui, marquerait un 
point intermédiaire de la voie. 

Au delà de Bcrezeos, le tracé présumé du limes pénètre dans une 
région non encore levée et où, dans une prochaine campagne, on 
en trouvera peut-être des traces; il reparaît dans la feuille d'Oglat- 
Merteba, où il semble d'abord se confondre avec In piste arabe, 
jalonnée de ruines romaines, qui conduit de Sidi-Guenaou à l'Oued- 
Shakim. Se dirigeant ensuite vers t'Est par le pied des pentes du 
massif des Matmala, il devait rencontrer AusilmuU à Henchir-Fezaa, 
au pïed du DjebeUMsiiimf?), à xiin milles (Bo kil.)deBir4>hezen, 
à xxx milles (h r j kil.) de Zaral, où l'on s'accorde à placer Agma. 

Route de Tacapes à Thevette par le Sud du Choit — Aucun do- 
cument certain n'a permis jusqu'à présent d'identifier les stations de 
celle voie et on ne peut se baser que sur les données des Itinéraires 
et la topographie de la région pour déterminer approximativement 
leurs emplacements probables, tels qu'ils sont indiqués ci-après : 

Aves, à xviii milles de Tacapes (Henchir-el-Fratis). 

Tmetegtri Ttori», à x milles d'Aves (Hencbir-Ras-el-Madjel ). 



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— 73 — 

Mazatantur, à vi milles de Timezegeri ( Henchir-Benia). 

Puleuê, à vu milles de Mazatanzur (ruines sur l'Oued-el-Hen- 
chir, au Nord de rOued-Oum-Chia). 

Agartel, xiv milles de Puteus (mines de l'Oued-Seniem-el-Adara ). 

Après Agartet, la voie aurait pris la direction de Dons par Ksar- 
Tebria; au delà de Doux, son trace serait jalonné par Sabria et 
Ghedema, où l'on a signalé des constructions antiques. 

Bien que la station de Btreuos ne soit pas mentionnée par l'Iti- 
néraire de Peutinger, il est probable que la section comprise 'entre 
Bereztot et Ksar-Tebria devait être commune à ta voie de Neplr et 
aut lime* Inpoiitauus. 

Authut, de l'Anonyme de liavenne, entre Avihu» et Twuzegm, 
est peut-être l'Henchir-el-Hadjar. 

Route de Tunis TamaUeni à Thuswos. — Aucune indication n'a 
été recueillie sur son tracé; elle devait emprunter le Trik-el-Oudiana 
après avoir rejoint, vers l'extrémité de la presqu'île du Nefaaoua, 
une voie secondaire venant de Li magnes par Septimi et le Bled- 
Faraoun. Le nom de Li magnas (ou plutôt El-Maguei, la Bifurca- 
tion) a conservé la trace de ce dédoublement du Urnes. 

Route de Turrit TamaUeni à Taparura, par Septimi, Bir-Rekeb et 
Oum-AIi. — Pas d'autres indications que les ruines échelonnées 
sur le tracé de la voie. 

Route de Titrri» TamaUeni à Capta, par Bir-Nouni et Ksar-el- 
Asker. — Pas de traces dans la région levée; & 6 kilomètres du 
débouché Nord du défilé d'EI-Asker, M. le capitaine Donau a relevé 
un groupe de bornes appartenant au xxu* mille de cette voie à 
partir de Gafsa. 

Route de SUetua a Ave». — Cette voie, mentionnée par la Table 
de Peutinger, devait se confondre de Sileiua k Aquae avec la grande 
voie Tacapet-Thevette par Capsa; au-delà à'Aquae et vers Ave*, elle 
est jalonnée par les ruines qui s'échelonnent sur la rive droite de 
l'Oued- Merteba. Le chiffre de xvm milles indiqué par la Table entre 
Siletua et Ave* est évidemment faux; on compte, en effet, xix milles 
de SUeitta à Aquae et XI» milles d' Aquae à Henchir-Pratis, qui doit 
représenter Ave*, soit au total xxxu milles. 

Les ruines échelonnées sur la route Kébili-Gabès par le défilé 
entre le Djebel-Tebaga et le Djebel-Donéia (Henchir-Zazia , Hen- 
rhir-el-Asnao), Henchir-Remtia , etc.) représentent peut-être les 
postes de l'ancien limes TamaUemu avant que l'occupation romaine 



Digfedsy GoOgle 



— 74 — 

eût englobé I'omïs du Nefaaoua et les établissements agrieoles de la 
trouée de Bir-Ghezen. 

Parmi les oppida de la liste de Pline, on relevé un ajtpidum 7ï- 
bxgetut , dont le nom semble se retrouver dana le nom du Djebel- 
Tebaga et qui est peut-être représenté par Tune des raines situées 
a proximité de cette montagne ; mais rien n'autorise a faire un choix 
pour cette identification, entre les raines à caractère militaire de 
l'un ou de l'autre versant de la chaîne : Henehir-Temaseine an Nord, 
Henchir-el-Aanam ou Henehir-Bemtia , au Sud. 

5* .Aucune ruine antique n'a été relevée dana la feuille du Djebel- 
Berga , qui comprend une région presque complètement désertique. 

Comm* Toussai»*. 



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RAPPORT 

SUR LES TRAVAUX DE FOUILLES 

OPÉRÉS EN 1904 
PAR LE SERVICE DES MONUMENTS HISTORIQUES 

EN ALGÉRIE, 

PAR H. ALB. BALLU, 
Arcbifecle en chef du Senice dei 



Les travaiii de fouille* exécutés eu igoA dans les trois dépar- 
tements algériens se divisent de la façon suivante : 

I. Département t Alger. — Fouilles a Cherche). 

H. Département de Constmtine. — Fouillée à Souk-Ahras, a Kha- 
missB, Annouiia, Lambese, Thngad. 



C'est encore M. Waille, professeur à la Faculté des lettres d'Al- 
ger, qui a bien voulu cette année assumer la tache des fouille» de 
Cherche!. 

Au printemps dernier, il a découvert dans un terrain apparte- 
nant à M. liesse, épicier, rue de Tenès, une tête de marbre, gron- 
deur naturelle, ceinte d'un diadème avec un morceau d'étoffe ramené 
sur le sommet de la tête. Malgré les meurtrissures du nés et du 
menton, on peut reconnaître, au modelé du front et a la bouche 
proéminente, le roi Juba II. 11 a été exhumé également, outre un 
fragment d'inscription, une colonne de granit, une pierre phal- 
lique, des fragments de poterie hispano-mauresque et une figu- 
rine de marbre à dos plat (Bacchus ceint d'une lourde couronne 
de pampre et de lierre, et qui semble inachevée). 

Un autre chantier a été ouvert sur une partie de l'emplacement 
de la scène du théâtre antique, situé dans le nord de la ville ac- 



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— 76 — 

taelle. Ce théâtre était encore intact avec ses 97 gradins en i8'io, 
et les matériaux en ont été pris par le Génie militaire français pour 
construire une caserne voisine. La scène subsiste encore cependant : 
à 7 mètres de profondeur on a trouvé le couloir de l'orchestre, 
des chambres de belle construction, un escalier longeant jadis 
les gradins. Mais, dans le prolongement de ce couloir, il y a des 
maisonnettes, une route, nne vigne et cinq propriétés particu- 
lières. 

Des fûts de colonnes lisses et cannelés, en marbre rose, en 
brèche d'Afrique, en marbre vert piqué de rouge ont été exhumés, 
ainsi que de beaux chapiteaux d'ordre composite, des bucranes, 
un chapiteau-applique avec un ihyrse comme motif central, 
un couronnement de colonnelte en forme de corbeille entourée de 
feuilles d'acanthe avec dessus en feuilles de chêne avec glands, des 
fragments d'inscriptions monumentales, d'ornements de toutes 
sortes et de marbres les plus variés, etc., indiquant à n'en pas 
douter que la décoration de la scène du théâtre de l'ancienne Cnr- 
iarta était d'une grande richesse. 

Si l'État s'était réservé In propriété de l'emplacement ou se 
trouvent ces ruines, il aurait pu préserver un ensemble presque 
aussi intéressant que celui du théâtre de Timgad. M. Wnille a 
déblayé des murs de six mètres de hauteur bien conservés et 
a recueilli de nombreux morceaux de statues de marbre blanc. 

Tout dernièrement, il vient de découvrir dans les su bstruc lions 
du théâtre une belle stalne presque intacte, représentant, croit-il, 
une des Muses. 

Cette figure est nettement cambrée; les hanches en saillie se 
devinent bien sous l'étoffe. Elle s'appuie sur la jambe droite (trois 
doigts du pied recouvert par la draperie sont seuls a découvert); 
la jambe gauche est légèrement infléchie. La ceinture est nouée 
immédiatement au-dessous des seins, et la main gauche est rame- 
née sur la poitrine. La droite qui manque, tenait peut-être unit 
lyre. Ijo tête a la chevelure ondulée, ceinte d'un bandeau et ra- 
menée à l'arrière en chignon. Le marbre pèse 1 ,900 kilogrammes. 
La hauteur est de 4 mètres. 



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$OCK-AllRkB. 

M. le docteur Rouquette, médecin militaire, en garnison a Souk- 
Abras a continué les fouilles qu'il avait entreprises Tan dernier. Au- 
torisé par la municipalité à percer une grande saignée dans le 
mamelon dit de suint Augwtm, saignée qui est destinée a servir 
de rue, le docteur Rouquette a trouvé des murs nombreux appar- 
tenant à un monument et à des maisons romaines fort bouleversés 
par les Berbères a une 1res basse époque. Toutefois il s exhumé": 
une vaste chambre d'une habitation encore décorée d'une mosaïque 
de dallage fort détériorée; un grand mortier a huile monolithe de 
o m. 65 de diamètre; une petite stèle votive sans inscription; des 
bases de colonnes; des seuils de portes; enfin quelques monnaies 
dont quelques-unes ont pu être déterminées malgré leur mauvais 
état de conservation : ou y voit les images et les noms de Julia 
Marna», d'Alexandre Sévère, de Maximin, de Claude 1" et un denier 
consulaire fragmenté. 



Avant d'entreprendre les fouilles de Khamissa a l'endroit dési- 
gné sous le nom de «platea vêtus», c'est-à-dire l'ancien forum, par 
opposition avec le «forum novumn découvert il y a trois ans, 
M. Joly commença par faire pratiquer une route carrossable pour 
las charrois depuis l'arc de triomphe déblayé l'an dernier jusqu'au 
vieux forum. 

Il put suivre tout d'abord la voie triomphale romaine sur un par- 
cours d'une quinuine de mètres , au bout desquels il rencontra une 
voie transversale près d'une petite basilique chrétienne, des sub- 
slructions d'une bonne construction, un égout se dirigeant vers 
l'autre forum et un tombeau,. 

L'accès pratique au champ de fouilles étant ainsi obtenu, 
M. Joly entreprit les déblais eu dégageant tout d'abord une plaie- 
forme située en contre-bas de la place publique et dont le mur de 
fond forme la limite antérieure du forum. Dooze chambres furent 
mises au jour sur cette ligne, avec des portes s'ouvrent sur une ga- 
lerie aux extrémités de laquelle cinq autres pièces étaient disposées. 
Ces chambres sont probablement des bouliquee accessibles seule- 



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— 78 — 

ment à ia plate-forme inférieure. Peut-être étaient-elles à deux 
étages, et alors l'étage du dessus était-il au niveau de lanplatea vê- 
tus»? Nous ne saurions l'affirmer, quoique celte hypothèse soit assez 
vraisemblable. 

Au cours de ces déblais, il a découvert quelques inscriptions. 
Il a recueilli, en outre, un jeton d'étain, d'un diamètre de 
o m. «3'i et d'une épaisseur de o m. ooa , portant les six lettres 
ci-dessous : 

BL 

I F 

BY 

Une médaille de cuivre de o m. oa de diamètre représentant, à 
l'avers et au revers, des figures avec lettres effacées; une penture 
à charnière de brome pour fermeture d'une porte (longueur, 
o m. so; épaisseur, o m. 08); enfin divers objets de fer. 

La plate-forme ayant été débarrassée, ainsi que les constructions 
qui en occupaient la partie postérieure, l'espace supérieur fut atta- 
qué et presque entièrement déblayé. Les résultats en sont des plus 
intéressants , et tout d'abord on ne peut qu'être extrêmement frappé 
de la similitude qu'offre le plan de ce forum de Khamtssa avec 
ccini de Timgad. On peut en juger par ia description rapide qui 
va suivre. 

Sur le coté gauche de In piace, une très vaste basilique judi- 
ciaire qui occupe, et même au delà, toute la longueur de ce côté, 
communique par deux portes à un portique de 1© colonnes corin- 
thiennes. La largeur de la basilique est de 38 m. 5o, mais des 
points d'appui intérieurs la divisaient en trois nefs, soutenue* cha- 
cune par neuf colonnes, dont la rangée se retournait en avant et en 
arrière du vaisseau central de façon à former un rectangle dont le 
petit coté comportait six colonnes. En* déduisant celles d'angle, 
pour ne pas les compter deux fois, l'intérieur de la basilique était 
donc porté par s6 colonnes. Dans le fond de ta salle se trouvent 
les substructious de l'estrade réservée aux magistrats et des salles 
accessoires de service au nombre de six. Le sol de la basilique est 
naturellement plus élevé que celui du forum. 

Dans le fond de la place, ainsi qu'a Tkamugadi, sont disposées 
des chambres qu'on peut facilement supposer avoir été des bou- 
tiques ou des salles de réunion nécessaires a tout forum romain. 



Digfedsy G00gle 



— 79 — 

L'une d'elles, asseï vaste, a conservé le» soubassements de trois 
petit» monument» dont celui de Taxe a été coupé ultérieurement 
par un mur qui, prolongé en avant ainsi que le mur de droite de 
la salle, a permis d'établir une construction barlongue ressemblant 
fort a une chapelle bytantine. Une autre salle, précédée de trois en- 
trecolonnements, s'ouvre sur une pièce creusée dans la colline qui 
domine ce coté du forum. A l'angle droit de la salle, un petit 
espace rectangulaire, accompagné sur sa droite par un escalier de 
sept marches, semble avoir été la tribune aux harangues. 

Enfin le coté droit de la place publique contient deux impor- 
tants édifices dont, à notre avis, l'un devait être la Curie; l'autre, 
le temple de Jupiter, Junon et Minerve, c'est-à-dire le Capitule. 

La Curie supposée, située dans le Fond près des boutiques, 
était précédée d'un perron de six marches qui donnait accès à une 
sorte de pronaos ou vestibule, ouvert par trois entrecolonnements. 
Puis on pénétrait par une porte située dans l'axe du vestibule dans 
«ne salle au bout de laquelle un reste de mur transversal parait 
avoir porté la tribune où siégeaient les sénateurs (l] . L'ordre de» 
colonnes du vestibule est l'ionique. M. Joiy a réussi a remonter une 
colonne entière avec son chapiteau**. 

Le temple se compose d'une celle'- 11 entourée sur trois faces {en 
avant et sur les cotes) par un portique comptant douze colonne» 
et treize entrecolonnements, le mur postérieur du sanctuaire se 
prolongeant sous les portiques latéraux et se terminant par des 
pilastres. 

Ces colonnes dont, avant les fouilles, des morceaux gisaient sur 
le sol avec un large filet (om.sb environ de hauteur) h chaque 
extrémité avaient été prises par les archéologues pour des colonnes 
puniques, a cause de leur peu de hauteur (a m. 60 environ) par 
rapport à leur diamètre (*). Cette méprise, des plus excusables, ne 
saurait plus subsister en face des travaux de déblaiement qui nous 
ont fourni des fragments de fuis de même diamètre, privés de fi- 
lets. Il est donc certain que le filet supérieur des tronçons primiti- 
vement trouvés n'était que ta bague du tiers inférieur des colonne», 

111 La largeur de I» curie de Timgad est de prèa de 10 mètre»; celle de Klm- 
miwt aurait près de g mètre». 

t'i Diamètre de U rnlannr ■ m. 70; du chapiteau ; o m. 65. Calcaire. 

" ! Longueur : 7 m. o5 ; largeur : 5 m. Sa. Largeur dea portiques : 3 m. o5. 

>'•' Diamètre : o m. 88 ; marine ÔV Cliemtou. 



Digfedsy G00gle 



— 80 — 

disposition qui fut tant de fois employée à l'époque de la Renais- 
sance. L'ordre du temple était donc de proportions normales, et, 
s'il était corinthien, ce que nous ne savons pas encore en l'absence 
de débris de chapiteaux, la hauteur des colonnes atteignait 8 m. £>o. 

On ne saurait douter que cet édifice fut consacré : a Jupiter dont 
on a retrouvé, en igo&, un magnifique morceau de statue en 
marbre' 1 ' se composant de la tète et du torse (PI. VIII); à Junon, 
dont Masqueray a trouvé la tête en cet endroit; et à Minerve dont 
M. Joly a découvert, cette année, un pied 'el le bras droit tout en- 
tier d'une superbe facture' 1 '. 

C'était donc le Copilote qui, contrairement à celui de Timgad, 
avait ici sa place au forum. Sur le côté du monument qui fait face 
à la ville, on adossa, aune basse époque, un baptistère qui donne à 
supposer que le temple païen fut converti en église. 

De nouvelles inscriptions ont été trouvées également dans le 
vieux forum au cours de cette année : la plus intéressante est con- 
sacrée à Larcia L«la, épouse d'À. Larcins Macrinus, chef de la tribu 
des Numides et Ranime perpétuel' 9 '. 

Un buste d'homme en marbre fut trouvé renversé près de la 
pierre qui portait le texte (PI. VIII). Il est en bon état de conserva- 
tion (sauf le nez qui est légèrement cassé). Les cheveux et la barbe 
sont frisés; la loge est attachée sur l'épaule droite. On peut y voir 
l'image de Larcins Macrinus. 

En outre, on a exhumé des fragments de chapiteaux, de cor- 
niches, de frises ornées de rinceaux, de chapiteaux gravés sur des 
placages de marbre, de bases, de poteries, d'objels de métal, de 
bijoux et uue jolie statuette de bronze presque entière. 

Nous devons tous nos remerciements à M. Joly pour les impor- 
tants résultats obtenus celte année à Khamissa. 



ÀnnûuNjL. 

Les efforts de nos travailleurs, guidés encore dans ce chantier 
par M. Joly, se sont portés sur trois points principaux. 

D'abord sur l'espace reliant l'arc de triomphe central au raonu- 

I'' Hauteur du fragment : l m. 35. 

"> Sans compter tes lente* epigraphiques eu l'honneur de la détaxe trouvés en 
ignil et en igoi. 

'■''' M. Cagnal en a communiqué le texte à l'Académie de* Inscription*. 



Digfedsy G00gle 



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— 81 — 

ment encore inconnu dont deux arcades émergent de terre. La fouille 
8'est faite sur une tranchée de 5o mètres de longueur sur 5 mètres 
de largeur. Elle avait pour but de dégager la façade du monument et 
de préparer les opérations qui nous amèneront à la recherche du 
forum de l'ancienne Tkibiii». Nous espérons arriver à un résultat 
satisfaisant l'année prochaine, en suivant de proche eu proche- 
les dallages des voies. 

Le second point exploré a été une maison d'où , il y a plu- 
sieurs années, avait été retirée une inscription aujourd'hui con- 
servée a Hammam-Meskoutine, et qui était placée sur un monu- 
ment aux Dieux lares (Genio Domu» sacrum) dédié par Agathopus, 
affranchi d'Antistius Postumius Aquilinus et de son frère Antistius 
Burrus. 

Cette base honorifique se trouvait au milieu d'un atrium soutenu 
par quatre colonnes qui offraient cette particularité qu'elles étaient 
entièrement enduites de stuc peint et sculpté. Nous en avons trouvé de 
nombreux morceaux. L'atrium a été déblayé, ainsi que plusieurs 
chambres voisines. C'était la demeure de la famille des Antistius, 
une des plus importantes sinon la plus considérable de la ville. On 
y a mis au jour une intaille représentant une femme tenant un épi 
de blé. 

Enfin, à l'endroit ou Ravoivié signale les restes d'une fontaine 
demi-circulaire, on a récolté plusieurs inscriptions funéraires, la 
plupart consacrées aux Antistius, dont il est évident que se trou- 
vait ta le lieu de sépulture. 

LlMBBSE. 

M. Courmontagne , directeur de la Maison centrale de Lamhèse, 
s'est mis à l'œuvre avec le plus grand dévouement pour continuer 
le déblaiement du camp de la III* légion Auguste. 

Les trois grandes voies aboutissant au Praetorium ayant été entiè- 
rement dégagées l'an dernier, nous résolûmes de fouiller en îooft 
la partie située au Nord-Est du camp, c'est-à-dire celle comprise 
entre la voie Prétorienne à l'Ouest, la voie Est au Sud, le coté 
oriental du rempart à l'Est et l'enceinte septentrionale du camp 
au Nord. 

La totalité de ce carré n'a pu être débarrassée, mais les résultats 
n'en sont pas moins des plus intéressants. 

AicafoLocii. — N* 1 . 6 



Digfedsy G00gle 



— 82 — 

Suc la voie Prétarieuoeapparaissenl deux corps de bàtimeuts de 
dimensions inégales. L'un, celui situé au Nord-Ouest, Fenferme 
des casernements abrités sou* un .porlique. tordant le coté orieu- 
tal.de. la voie Prétorienne. Ces casernements < l > sont Jimites à l'Est 
par un mur continu . ; dans toute ja iongawr du pâté de consinu- 
.tions; sur le fume oriental dudit mur slappuiant une série, de 
chambres militaires qu'éclaire, sous un portique, une cour bw- 
longue .limitée de l'autre .coté (a l'Est) par d'Autres çhambr» sem- 
blable* ««.(premières. Cette cour a.aon. .entrée sur un large huuh- 
vard que borde le rampant au Nord. Deux cours pareilles, entancées 
dea mimes cases et.orieateejj.de même, font suite à .la précédente 
dn coté Est 

L'autre corps de bâtiment est situé à l'angle de la voie Prale- 
rienne, avec laquelle il communique par un .portique de huit 
colonnes , el de la voie Est du camp. L'angle Sud-Ouest de cette 
construction se mêle .avec l'angle Nord-Est du Praetorium. 

Les deux ensembles de . bâtisses limitant te flanc oriental de la 
voie Prétorienne sont séparés .par une rue .perpendiculaire à cette 
dernière et conséquemmant, parallèle au rempart Nord et à la voie 
Est, ladite rue ne partant pas de la voie Prétorienne et atteignant 
le rempart Est. 

Le corps de bâtiment attenant au Praetorium est une imvia; il 
possède un atrium avec un bassin de 6 mètres de largeur, flanqué 
à ses quatre angles de colonnes et orné de niches demi-circulaires 
à chacun de ses axes. A l'Est de ce bassin , une grande .pièce (peut- 
être un tabliuuui) et une suite de chambres, de vestibules dont 
une entrée sur la voie Prétorîene, donnent l'impression que l'im- 
meuble était probablement la demeure d'un haut personnage mi- 
litaire. 

Sur la voie. Est, nouvelle série de casernements limités par un 
mur continu comme ceux de la voie Prétorienne; mais, près de la 
porte orientale du camp, anparalt une construction rectangulaire 
nettement délimitée et consacrée certainement au logement de 
fonctionnaires impartants. Ce bâtiment. est limité au Nord par In 
rue parallèle >\ la voie Est ci-dessus mentionnée. 

Au Nord-Est du camp , occupant presque la moitié de la longueur 

" ; -U»i<vw»U; »6 diiriritn iwntiptk* ut 10 autres «conduire* comnsn&c* 



Digfedsy G00gle 



— si — 

de l'espace renfermé entre la voie orientale et le rempart Nord, un 
monument à quatre grandes travées s'ouvre par une porte unique au 
Nord sur un passage étroit débouchant sur le boulevard. A l'Est de 
l'édifice, une sorte de hangar adossé au rempart oriental et sou- 
tenu dans son grand axe par une file de douze piliers. 

Chaque travée de la construction, traversée par une galerie cen- 
trale, s'ouvre sur les travées voisines par une large baie. Elle est 
divisée en trois parties de chaque coté de la galerie, et ces. divisions 
«ont marquées par des piles appuyées sur les mure latéraux et pré- 
cédées par des colonnes. L'ensemble des divisions pour chaque 
coté «st donc de doute. Nous pensons, sans pouvoir l'affirmer par 
aucun telle épigrapJiiquc, que nous sommes là en présence d'une 
écurie. 

A l'Ouest de ce monument, avec façade sur le boulevard Nord, 

un très grand édifice a été déblayé. Las fouilles n'étant pas entiè- 

rentoajt terminées, U destination de la construction ne saurait être 

* (Mtjn, déterminée, mais celle-ci est remarquable par son impor- 

L« porte principale sur le boulevard donne accès à une allée mé- 
dina .bordée à droite .et à gauche par un portique que supportaient 
neuf colonoes. Ces portiques possèdent encore leur dallage; ils s'ou- 
vraiejtt.cbacttft sur. .cinq salles très profondes. Au bout de l'allée, 
une naUe se présente tMaweraaiement et permet d'accéder à une 
grande <ceur rectangulaire entièrement environnée de portiques. 
En face et sur les cotée; «a («mètre dans des salles d'une largeur 
quatre fois égale à leur profondeur. 

Le défaut de toute inscription relative à l'affectation de ce vaste 
édifice ne nous permet malheureusement pas de nous risquer dans 
une conjecture tant soit peu vraisemblable. Espérons que, l'année 
prochaine, les documents utiles nous seront fournis à. ce sujet par 
les travaux de débmi. 

Au-icoon de ces belles fouilles, nous avons recueilli quelques 
haies épigMpbtques. 

M. Gouhnontague a également trouvé: une penture de brome, 
uee.jset, dons, q> hwporte Est du .campO; des fragments d'une 

'» Longueur : o m. 80; ik»rtuaient den bride» : m. 10; longueur des 



Digfedsy G00gle 



statue équestre de bronze, dans une chambre bordant à l'Ouest la 
voie Prétorienne 1 ')-, une corne d'abondance, longue de o m. fto; 
d'une partie plus large sortent deux Feuilles, une grappe de raisin, 
une pomme de pin et un motif décoratif. Cet objet, parfaitement 
conservé , est de bronze recouvert d'une légère couche d'or ; sur près 
de la moitié, la couche d'or est intacte et a conservé son brillant. 
De plus, dans la travée Nord du bâtiment découvert près de 
l'angle Nord-Est du camp, un nouveau dépôt de balles de fronde en 
terre cuite a été exhumé. Enfin , dans un caniveau des constructions 
de la voie Est, on a recueilli une in taille sur agate de couleur fauve, 
en pâte fine d'un blanc laiteux, représentant Hercule debout, le 
coude droit appuyé à l'extrémité d'un rocher sur lequel repose la 
massue du dieu. Le long de son flanc gauche pend la dépouille du 
lion de Némée; de la main gauche il tient le petit Télèphe, vers 
lequel il tourne ses regards. La tête est de profil; cette gravure doit 
dter du i" siècle de notre ère. On connaît la légende d'Hercule 
et de Télèphe, son fils : dans un moment d'ivresse, Héraclès* 
déshonore la fille du roi de Tégée, Auge, prêtresse du temple 
d'Athéna. L'enfant auquel elle donne le jour, Télèphe, est caché 
par elle dans le sanctuaire, puis exposé par le roi sur le mont Par- 
tbenios où le héros découvre son fils allaité par une biche. La 
représentation de cette scène antique existe dans plusieurs sculp- 
tures; notre iotailie, comme la belle statue du Musée Chiaramonli 
à Rome'-', nous figure Hercule tenant Télèphe, sans avoir a ses 
pieds l'animal bienfaisant qu'on trouve partout ailleurs. 

T1MGAD. 
1. Déblaiement dk voies diverses. Quartier en ampiiitjirÂtrk. 



Comme toujours, nous avons éprouvé, pour le déblaiement des 
voies, les mêmes difficultés : après avoir installé un chantier dans 
In direction d'alignements indiquant aussi nettement que possible 
une rue de la ville, on est surpris de la trouver encombrée de con- 
structions et d'être arrêté au moment ou l'on s'y attend le moins. 
D'autres voies, au contraire, apparaissent dans des endroits ou on 

C> Longueur du plu» grtnd morceau ; i m. i o. 

<*' S. IteilMCu, néyn-l.tle la itat., I, p. .'171. 



Digfedsy G00gle 



— 85 — 

ne les soupçonnait pas : ce sont là les hasards inséparables des 
travaux de fouilles. C'est ainsi que la voie parallèle au Cardo qui 
descend des grands tliermesdc l'Est pour passer sous la poterne Nord- 
Est, et qu'on pensait devoir se prolonger assez loin en dehors des 
mura, fait retour à 1 h mètres à l'Ouest et vient se buter contre une 
construction en mauvais état. Une partie de son parcours est même 
méconnaissable des thermes au rempart, et il ne sera possible de 
la dégager que lorsque des déblais complets seront exécutés dans 
ce quartier de la cité. 

Noue avons été plus heureux en suivant le dallage de la voie 
prolongée du Gapitole, qui vient se rencontrer au Sud-Ouest des 
grands thermes du Sud avec la voie qui passe à l'Ouest de cet éta- 
blissement <'>. Au bout de ce carrefour, la rue suit un tracé courbe 
et s'infléchit vers l'Ouest en contournant une colline élevée qui do- 
mine le temple de Jupiter au Sud. 

A près de 80 mètres de distance du carrefour, un second carrefour 
nous est apparu, l'une des voies descendant au Sud vers le fort 
bytantin, l'autre enveloppant toujours le bas du mamelon vers le 
Sud-Ouest, ou elle rencontrera le ravin que les eaux pluviales de 
plusieurs siècles ont pratiqué dans la partie occidentale de nos 
ruines. Entre ces deux carrefours , un sondage pratiqué dans la colline 
nous a fait aboutir, en suivant un étroit corridor dallé en pierre, à 
un mur de soutènement élevé qui appuyait un quartier haut de la 
ville. 11 y aura là des Touilles fort intéressantes a effectuer, car ce 
quartier se présentait en amphithéâtre et devait être fort pitto- 
resque. Il en faudra trouver les accès, les voies et surtout remettre 
d'aplomb les murailles de soutènement qui sont déversées. Ce tra- 
vail sera coûteux et difficile, mais les résultats seront des plus 
importants. 

Les voies découvertes possèdent toutes encore leurs égouts. 



(,) Cette voie peut être considérer comme le prolongement du Garda maiimus 
Sud avec lequel elle fait un tnflle obtus tri* peu prononcé. 



Digfedsy G00gle 



II. Com^mjatiok des foviubs des grands TnEnMHS Est. 

En cherchant à dégager ce que nous pensions être la limite S(kE 
des grands Thermes Est, nous avons déblayé de nonvetted salis» 
faisant partie de ce monument. 

Ce sont : au Nord du grand caldanum, et à ('Ouest de l' extré- 
mité Nord dafritfidariwn . une salle chauds arec ses piliers d'bypo 
caustes en briques; puis, s'aligna ûl avec le mur septentrional delà 
pièce froide, une muraille limitant un couloir disposé le long des 
salies es sous-sol trouvées auparavant. Au Nord de ce corridor,; 
deux salies' d'inégalegrandeur donnent accès à une troisième aussi 
large que l'ensemble des précédentes. Une galerie étroite est placée 
sur le flanc oriental desdilea salles dont les ntora sont fort élevés 
et de bonne construction. 

D'autres chambres se dessiuent vers l'Ouest; une d'entre elles 
renferme un puits circulaire. 

Celte fouille, qui n'est pas encore complète, sera achevée en 
too5. 

III. DsCODVERTB DE IJUATKË MAISONS ET d'cNK BASILIQUE CHBÉTIBNNR. 

Les quatre maisons découvertes cette année à Tinlgad sont : 

t° Un carré à l'Est do monument demi-circulaire du Cardo 
Maiimus Nord "> et a la même hauteur que celui-ci; 

3° Un carré au Nord du même édifice et a l'Es! du Cardo ; 

3° Un carré au Sud des petits Thermes du Nord et également à 
l'Est du Cardo; 

h" Un carré au Nord de la voie parallèle au Decumanas passant 
elle-même au Nord du monument demi-circulaire, et à l'Ouest de 
la voie prolongée du Cardo Maximus Sud. 

La première a son entrée sur la première voie parallèle au Decn- 
manus dans la direction du Nord. Un vestibule en forme de couloir 
d'abord, puis se coudant sur la gauche , conduisait par quatre marches 
à un atrium dallé, sur le flanc occidental duquel on voit encore un 
bassin avec sa conduite d'eau ; k droite de l'atrium , large dégagement 

<" Nous verrons plu» loin que cet édifie est une bihliothèque, 



Digfedsy G00gle 



- — « — 

où uoob rtoM traW* ^ato-da'daaaaBe ■«< tHMlfBe. En tatf, 
portique, é^a\eiaent T* 10 *-^ «trt d* mt»«fcpffi etaméduitui Ublùtara 
dont V extrémité éU^ « l **»ré«r sur lama- (lamlftlo à celle de Ventrée. 
A l'Ouest du taMîatftf > •oHê- dan» laçueHe* nia» avons exhumé- du 
siège de latriw» en p*M*« de grès à irai» trams. Le wetibal«- T sur 
1k droite duquel était disposé* nue vaste' chambre faisant l'anale 
Sud-Est de l'immeuble, conduisait autsi, but sa» flanc Mante», par 
un. étroit couloir à un second atrium dallé en pierre, a* mttiea 
daquul eut resta un puHa d» faune; prtagrmnUi. Cet aawut» «tait aon 
entrée sur la rue beadans ta- oaboa. à< IlfiaL Sur Ir nos Bé païa a i t 
l'atrium de la chambre d'ange, nous avons tarmné daux — ge» de 
pierre utilisées À l'époque byzantine comme mangeoires "'.- 

L'habita*»» contenait' e* totalité ; i* pièce», » atrium «I un 
vestibule, 

Le deuxième carré, en bordure suc le Carde- Narird , ■eéee u ntiaen 
entrée sur la troisième voie parallèle au Decumanus Maximus en 
descendant dans la dkeetio» du Mord. 

De cette entrée „u» accédait à uaaUiiut dallé possédant une foav 

taine sur ko* cité oriental. Dan* l'angle SuaVOvesa de- f atrium m 

trouve une perte avec w» marotte. Dan» la partie méridiaaalei de 

ta maison, ob compte bu pièce» diSKreite»; 1» partie Nord v moine 

■ élevée, an renferme dix. 

Dan» l'atrium ; en d ralingue une piaere de décharge des eaux flu- 
viales d'une jolie facture. 

Le troisième immeuble était ouvert sur le Gardo par une porte 
garnie de trois marches. Le vestibule contenait de jolies moeaïajues 
géométriques. A l'Est et en face de l'entrée, un atrium a conservé 
ses bases de colonnes en place ; un puits occupe son milieu. A gauche 
de l'atrium, au Nord-Est de ta maison, on découvre des bains privés 
dans iesquei» *o recoanett l'étuve awee partie demi-circulaire sur 
800 côté Oaeat et un fourneau. En bordure sur la voie séparant les 
Petits &erwe& dd Nord de L'habitation , se voit une salle avec hypo- 
COlia te intacte' & caldarium; à l'Est de ces deux chambres chaude», 
"" 8 ei> A calda'J uni faisait emprise sur la rue, comme le précédent. 

>i; r0f>< d'autres exemple» à Tùngni. (Vmp Jattnu l tffitiel du 17 jnn- 

*içp fffW 0ti af. ■ et A. Biliu, Lu ruine* de Timgad, p. a»8.) 

%t,p- " ' 



:,,iz,d, Google 



Enfin, au Sud de ce second hypoeanste et a l'Est de l'atrium, il 
reste une petite pisciae d'eau froide qui, plus tard, fut convertie en 
baptistère à l'usage d'une basilique chrétienne (1) installée a l'époque 
byzantine sur les ruines de la partie Est de la maison. 

Noos y avons découvert une jolie fenêtre en pierre de grès, « 
deux petites arcades. En dehors de ces salles, on compte sept pièces 
appartenant à l'immeuble, plus un vestibule avec porte d'entrée do 
côté Est. 

A l'angle, on remarque une pierre percée en biais pour attacher 
les chevaux. Un grand nombre de ces pierres ainsi taillées se trouvent 
à Timgad, notamment dans les boutiques du Nord dn Forum , sur 
la grande voie. 

La petite basilique chrétienne possède une porte ouverte sur la rue 
bordant le carré au Nord ; dans la direction opposée était disposée 
l'abside, de forme hémisphérique; deux colonnes enlevées à une 
ruine voisine décoraient les abords du choeur, 

La quatrième maison, située non loin du rempart occidental de ta 
cité, n'est pas entièrement déblayée. Oo y voit un couloir ou vesti- 
tibnle dallé en pierre, conduisant à un petit atrium également 
recouvert de dalles. Une étroite galerie traverse entièrement la mai- 
son de l'Est à l'Ouest. A l'angle Sud-Ouest est disposée une grande 
pièce avec une large entrée sur la voie longeant le coté occidental 
du carré. Cette entrée a conservé un seuil percé des crapaudines 
qui recevaient les gonds de la porte. On voit aussi une pièce en 
sous-sol dans laquelle on ne pouvait accéder que par le haut , et 
plusieurs autres chambres, dont une avec sol en béton, les autres 
garnies de grandes dalles de pierre. 

IV. Découverts de bassiks. 

l'Ouest des grands Thermes du Sud, qui sont, comme on le sait, 
tes derniers bâtiments découverts jusqu'ici dans cette direction, nous 
avons mis au jour un grand bassin carré qui était autrefois voûté, 
ainsi qu'en témoignent l'épaisseur de ses murs et la pile de maçon- 
nerie qui est disposée dans son milieu. 



I C'est I* dixième découverte A Timgad. (Voir Journal ofieitl du i 
îyo'i , p. 683.) 



Digfedsy G00gle 



Au Sud-Êal 4e eaS**"* 1 ' ^^ a trouvé deux autres grands bassine; 
l'un est muni d'une tv^Ç?" ftn pierre glissant dans deux rainures 
latérales et donnant j& œB *<M:è,B à l'eau par une petite arcade mé- 
nagée dans la pierre. 

Entre le bassin voûté et les deux autres, on a exhumé deux étages 
de galeries dallées en pierre, contenant deux cuves rectangulaires 
et trois vases de grande dimension en pierre. 

Enfin, au Sud de l'hémicycle des latrines des grands Tliermt* 
Suri, deux autres grands bassins formaient tes dépendances de cet 
établissement. 

V. DricoDvtBTB des petits Tukrmes du Sud. 

A Un mètres environ de ces bassins, nos travailleurs on) décou- 
vert un joli monument; c'est encore un établissement de bains pu- 
blics, le septième trouvé à Timgad. 

L'entrée était au Nord-Est. Une large porte permettant de pénétrer 
dans un premier vestibule rectangulaire au fond duquel un renfon- 
cement, profond de 1 mètre, était réservé au tenancier des bains. 
Du vestibule d'entrée, dallé en mosaïque de couleur noire, on accé- 
dait, à l'Ouest, a un second vestibule ,;i) qui s'ouvrait sur la grande 
salle centrale indispensable a tous les thermes romains. 

Il est à remarquer que, pour empêcher le public du dehors de 
voir à l'intérieur des bains, le premier vestibule ne communiquait 
avec les salles que par l'intermédiaire du second, et il était impos- 
sible de rien apercevoir avant de parvenir à ce dernier. 

La grande salle, large de 6 m. 5o sur 9 m. 3o, était limitée au 
Nord-Est par le second vestibule; an Nord-Ouest, par une pièce 
rectangulaire qui servait d'apodyterium. 

Sur le coté Est donnaient deux exèdres ponr le repos et la con- 
versation,- l'une, celle du Nord, était demi-circulaire; l'autre, an Sud, 
reeiaa S a hire. L>» première a conservé sa mosaïque de dallage orne- 
nwotee- fa see ooàe était recouverte d'une mosaïque de couleur 
"°"*' pfoe 4 Â rd rap'** 6 * ,vec des petits cubes de terre cuite. Au 

^ e t'a kA e rectangulaire , juste à l'angle Sud-Est du bâtiment, 

tifii . ^ mo**ïque qui fut remplacée i une bisse époque p»r res 

f**^ V* ferfrefr 1 * cuite qu!un posait sur le» pilier» d'hvpooimte*. 



:,,iz,d, Google 



on voit une pièce qui était destinée à la réserve du eenttwMinle; elle 
était ouverte sur le dehors, au Sud. 

A l'Ouest de. cette pièce, au Sud-Est «VI*. grande saile, mi étant 
dégagement du service faisait communiquer ceMe dernière avec 
l'extérieur. Au Sud de la salle, dan» l'aie, m trouvait I» piscine 
d'eau froid» dans laquelle on descendait par deux degrés' actuelle- 
nient en bon état encore. 

A l'Ouest de la salle centrale, coté Nord, une porte accédait à la 
pièce tiède, le tepidnrium' 1 ); de cette salle, on ootBMuswpHdtl un 
premier caldarium (2! muni sur son flanc oriental d'un bassin chaud 
rectangulaire, contigu à la grande salle. Au Sud de ce eaMarimo, 
dans l'angle Sud-Ouest du monument, se dressait une seconde 
salle chaude I*' flanquée , sur son côté Est , d'un bassin rectangulaire 
et, sur son côté Sud, d'un bassin hémisphérique. 

Enfin, sur le nanti Est du deuxième- caldariam f un dégagement 
pour le service des chaufferies permettait l'alimentation, au .Nortf, 
d'un fourneau pour le premier cntdarium et, jf l'Oneat, d'un autre 
pour l'alreue du deuxième caldsrinm. 

Le tepidarium n'avait pat de fourneau spécial. li bénéficiait se* 
iement de la chaleur que lui apportait le voisinage de la premiers 
chambre co*ude< 

Quant au bassin demi-circulaire du deuxième eaidatnm, il était 
desservi par une case spéciale de service disposée en? son coté mé- 
ridional. ... 

La façade orientale de l'établissement était munie de quatre 
gros contreforts en maçonnerie : soit deux a l'angle. MeraVEet, un 
en prolongement du ■ mur. séparant lexedre . rectaagèture de 1» 
pièce de réserve peur eembuatimeB; le quatrième a l'ange Sud- 
Est de celle-ci. 

Le dallage de ta grande salle des exercice» émit, comme du le 
pense bien, en mosaïque d'ornements et devait être tràsfiohfùMaii, 
è un moment de remaniements, en répara cette mosaïque, qmélait 
en mauvais état, et l'on en remplaça la plus grande partie par -des 
dalles en terre cuite d'hypocaustes , qui couvrent actuellement la 
presque totalité du sol de la salle. 

I" Dimensions : 3 in. Ha sur !i m. oit. 
'■"•' Dimension* : 4 m» 45 sur 6 ni. a5. 
M Dimension* i 3 ta. 88 sur 6 m. 3». 



Digfedsy G00gle 



— M — 

Nous avons examiné attentivement ces dalles et nons » arom 
tronvé deux portant des inscriptions et deux , l'une , avec nue tète de 
femme gravée, l'autre, avec une tête d'homme riVjot les cheveux 
tombent abondamment de chaque coté. 

La première inscription est ainsi conçue : 



SATVR.NINVS FEC1T 



BONIS BENE 

TA LIA 

TALIBVS 



La seconde inscription est la suivante : 



SATVRN1NVS FECIT 



DEDI SPERATVw 

NE DI5PERES 

LEGISTI 

RECEDE 



Nom avons .donné à cet établissement- de bains le nom de petits 
Thermes- du -Sud. 

Nous avons donc actuellement, à Timgad, compté juetju'ioî : «h 
grand établissement de Thermes du Nord et un petit; un grand ^Uh 
blisseiuent de Thermes à l'Est et un petit; un grand établissement de 
Thermes an Sud et un petit, et les petits Thermes du centre sur le 
côté Est du Cardo Maximus Sud, soit ««pi bains publics. 

VI. Découverte des bains des Philadelphks. 

Dans notre rapport sur les fouilles de 1903, nous avons décrit 
la découverte opérée par nos travailleurs d'une motaïque dam m 



Digfedsy GoOgle 

i 



— 92 — 

monument inconnu. C'est qu'alors les fouilles de ce monument n'élaient 
pas assez avancées pour que nous pussions, en toute connaissance 
de cause, indiquer son affectation. Il n'en n'est plus de même au- 
jourd'hui : cet édifice est la huitième maison de bains déblayée à 
Thamugadi. 

En découvrant a\ec soin la mosaïque en question, nous avons, 
en plus de l'inscription «FILADELFIS VITA» (Vivent les Phila- 
dclphes!),lrouvécellede«SALVV LOTVn, qui doit se lire nSalvum 
Inftfflt», c'est-à-dire «Bon bain-». 

L'établissement appartenait donc sans doute a une société qui, 
probablement, l'avait fait construire à ses Trais. La désignation 
de l'édifice pourra donc se faire par celle de «bain* des Phîta- 
delphei-». 

L'eiamen des ruines de ces thermes ne peut d'ailleurs laisser 
aucun doute sur la nature de la construction. Distants des grands 
Thermes du Nord extra murot de a 3 mètres, et à l'Ouest de ceux-ci, 
ces bains étaient précédés, du côté du Sud, par un portique dont les 
colonnes ont laissé leurs bases en place; celui-ci était dallé en mo- 
saïque et disposé devant une grande cour sur les flancs de laquelle 
il faisait retour. Pour parvenir de la rue au sot du portique, se 
trouvait une double entrée ou plutôt une entrée précédée d'uni- 
sorte de tambour ou de porche, dans lequel on descendait quatre 
marches. 

Du second vestibule , dallé en mosaïque de marbre, on accédait 
latéralement à un grand couloir recouvert d'une jolie mosaïque de 
dallage en partie disparue. 

Dans l'axe de la grande dimension du couloir, une porte con- 
duisait a une grande salle centrale dont le ml est encore dallé 
d'une magnifique mosaïque encadrée par une bordure renfermant 
des entrelacs en forme de T, jaune sur fond bien avec filets 
blancs. 

Sur le coté Est de la salle , exedre on salle de conversation large 
ment ouverte, dallée en mosaïque (noir et blanc); toujours au 
même côté, sur un tiers de la longueur environ, dégagement pavé 
en pierre, de même profondeur que l'exedre (h m. o3). 

Sur le flanc occidental de la salle centrale, grande piscine froide 
dont le fond est en mosaïque de ton noir. Comme la piscine des 
grands thermes du Sud deTîmgad , celle-ci es! enveloppée de murailles 
couvertes de peintures à la fresque représentant des imitations de 



Digfedsy GoOgle 



— ^3 — 

marbres, en (orme 4e p»û ftll *Ux rectangulaires. Sur le côté' Ouest 
de la piscine on* &é çf»!* 1 ^**» des niches carrées. 

Enfin, an Nord Je \a wW* ^es exercices, trois portes étaient pra- 
tiquées. Celle de droite (» B g^e Nord-Est) conduisait à un dégage- 
ment dallé de pierre et contenant ua escalier dont sept marches 
sont encore en place (dans V angle Nord-Ouest de ce vestibule). Ce 
dégagement était réservé à une partie du service des chaufferies, 
ainsi qu'en témoigne la présence d'un fourneau qui élevait la tem- 
pérature d'une chambre hypocauste, le tepidarium, disposée dans 
l'axe de la partie Nord de la grande salle et communiquant avec 
elle par la deuxième des Irais portes citées ci-dessus. 

La troisième baie (angle Nord-Ouest de la grande salle) per- 
mettait d'accéder à une petite chambre dallée en béton (de briques 
pilées et ciment) qui était ouverte sur le côté occidental du tepi- 
darium. 

Au Nord de ce dernier, un second hypocauste, le caldarium, était 
chauffé snr son côté droit par ua fourneau donnant sur le dégage- 
ment de service; sur son liane Ouest (ou de gauche) se trouve un 
bassin demi-circulaire, pavé* de jolies mosaïques géométriques, et 
muni au Nord d'un important fourneau de forme ronde. Le fourneau 
de droite chauffait aussi un bassin rectangulaire disposé de ce coté. 
Sur le côté septentrional du précédent caldarium, autre chambre 
chaude de même nature communiquant avec lui par une porte, et 
possédant, sur son angle Nord-Ouest, un grand hémicycle qui , con- 
struit en briques et moellons auxquels le feu a laissé une couleur 
rouge&tre, recevait ta chaleur d'un fourneau placé au Nord-Ouest de 
l'hémicycle. Ce fourneau était desservi par un couloir de chaufferie 
longeant la partie occidentale du bâtiment et contenant aussi un 
fourneau qui donnait la température élevée à la paroi de gauche 
du second caldarium, dont le côté droit (à l'Est) était percé d'une 
porte menant à une petite pièce dallée en pierre , laquelle était 
située au !Y or( j Ju dégagement placé en face de l'entrée Est du 
monument. 

'>ebaaai a oVmi-c' rcu ' a ' re < ' u P fem ' er caldarium était garni d'une 
pierre conj- „ jeu de billes et portant l'inscription : 

CIRCVS VACAT 



:,,iz,d, Google 



— 94 - 

Derrière, au Nord de l'hémicycle du deuxième caldarium, ou 
voit un petit bassin chaud auquel on accédait par deux gradins 
dans l'angle Nord-Ouest d'une troisième salle chaude, celle où fut 
trouvée, Tan dernier, la fumeuse mosaïque des Phitadelphes. 

Cette chambre (longue de 6 m. oo sur 3 m. 70) était disposée 
au Nord du deuxième caldarium et , sur le seuil de la porte qui éta- 
blissait une communication entre elles, se trouvait l'inscription 
citée ci-dessus de : SALVVm LOTVm. 

Au SudiEat de la salle existait un fourneau desservi par la petite 
pièce fermant le .prolongement du dégagement de service du coté 
Est de l'édifice. La chaleur arrivait également par une conduite 
établie sous la partie Nord-Est de l'hémicycle du deuxième calda- 
rium. 

Dans ces .Thermes, pas plus que dans les petits Thermes du 
Sud, nous ne retrouvons la pièce chaude, dépourvue de bassins. 
qui constitue l'éluve de tous les autres bains publics de Timgad. 
C'est là conaéqucmment une particularité à noter; mais cela ne 
veut pas dire que l'un des caldarium n'ait pas servi d'élu ve. Nuus 
pensons qu'en «e quiconçer/ie les thermes des Philadelphes, c'est le 
deuxiènte caldarium qui était utilisé comme lacoaicum, la déperdi- 
tion de chaleur devant y être très faible eu raison de la situation 
de la pièce entre deux caldarium. Quant aux petits thermes du Sud. 
nous ne saurions affirmer lègue! des deux caldarium servait 
de love. 

Au Nord de la salle a ia mosaïque, on voit plusieurs salles qui 
ont probablement été ajoutées après coup su bâtiment; à l'Est de la 
même, .pièce de forme carrée sans;perfes (peul-élre un sous-sol), 
suivie d'une antre, toujours daas.la même direction, chacune étant 
accolée à une .chambre du côté Nord; puis, à l'angle Nord-Est do 
bâtiment, latrines bien aménagées. Enfin, à l'Est du dégagement 
des chaufferies, salle qui fut postérieurement coupée en deux par- 
ties, et dans laquelle trois mangeoires ont été installées pour les 
chevaux. 

Cette salle possède, dans son angle Sud-Est, une porte avec trois 
marehes, ouverte sur une rue «si dépens de laquelle une emprise 
fut opérée, * 4196 basse époque, ei'Eat du deuxième vestibule de 
l'angle Sud-Est du monument. 

Nous avons dit qu'une série de pièces avait été rajoutée au Nord 
des bains; dans ces constructions devaient se trouver plusieurs pis- 



Digfedsy GoOgle 



cinea fou ftçfe. *«r ** **~ occidental de l'établissement , il y avait 
une grande cour bord* 6 * Kauche par un portique dallé en mo- 
saïque; a Ventre™ té HW" ^« celui-ci, on peut voir lea restes d'un 
vaste hémicycle dont la nio»aique est intaxtej; c'étaient lee latrines 
primitives, établies sur le modèle de celles de dos grands Thermes 
du Sud. On y entrait par une porte ménagée dans l'angle Nord-Ouest 
du portique. 

On voit que les bains dits dtt Philwteiphet étaient fort impor- 
tants et constituaient l'un des édifices balnéaires les plus soignés 
de Thanmgadi. 



VU. DSCQU*B*TB *»E U .BIBUOTHWJCB »K TlUMOGiOI. 

On se souvient qu'en igoi nous avons déblayé un des plus 
remarquables édifices de Timgad, sur le côté Est du Cardo Mnxïmus 
Nord, et que, en présence de l'inscription incomplète qui s'y trou- 
vait, nous avons été obligé de désigner l'édifice sous le nom un 
peu vague de Schola ou de salle de réunion' 1 '. 

Le texte épi graphique trouvé au moment des fouilles du monu- 
ment était le suivant : 



iVINTIANI FLAVI RO 
rtENTO SVO fcEIPVBLICAE 
SIVM PATR.IAE S VA E LE 
i EXtS CCCC M1L-NVM 
CTVM EST » 



Noiis.jBn étions réduits à ne connaître rien de la nature même 
de l'édîfifle et à savoir seulement qu'il avait été achevé au moyen 
dWjœ^aoj^jtotteeyo'Mtrà-dûepresde 100,000 francs de notre 
monnaie , J ] a suite d'«ft legs d.'nn certain QnintiaiMs Flavius Ro- 



Or, 



«„ ^03 foattlea.affaarue«B sur l'emplacement du carré 



l^ ijcattvertt* (/tut'nei dt Timgad), par Albert BaHu, p. as. — 

^•ta.*''***'* - - a fi-' caine """ t""*]»" romai*. f*r MM. OgMlat BJIu, 
* *9?.^ &* Piastre A* Impi.&X A. Alla, p. 16. 



"6** 



U'"" 



Digfedsy G00gle 



placé au Nord de l'édifice, noua avons trouvé un fragment de l'in- 
scription qui en complète une bonne partie : 



I I 

TE M lVLICQVtNTIANl FL AV I RO 

AM testa^ento SVO REIPVBLICAE 

LlVGADENSIVM PATRIAE SVAE LE 

3THECAEÎ EXiS CCCC MIL- NVM ■ 

\ PERFECCTVM EST » 



La restitution : [optu bibU]otheat£ est 1res probable , car, comme 
nous l'avons longuement expliqué dans noire rapport de l'exercice 
"ïqoi '", le monument était voûté, et ce genre de couverture con- 
vient fort bien à une bibliothèque qu'elle protège sûrement des 
infiltrations pluviales. 

Les livres étaient rangés dans des armoires ou des casiers que 
recevaient les renfoncements rectangulaires ménagés sur le pour- 
tour du périmètre intérieur; ils étaient soit en rouleaux, soit reliés 
et déposes sur les rayons d'armoires. 

Notre découverte est d'autant plus intéressante, que Ton ne con- 
naissait jusqu'ici d'autre bibliothèque antique que la petite chambre 
déblayée, il y a un siècle et demi, à Herculanum et reconnue pour 
avoir servi de bibliothèque dans laquelle 1,756 manuscrits 'étaient 
conservés (î '. 

IX. GaAfrira. 

Sur le dallage de la grande voie, entre l'arc de triomphe de Tra- 
jan et la porte de Lambèse, nous avons mis an jour des dessins 
gravés a la pointe, et, faute de désignation meilleure, nous leur 
avons donné le nom de graffiteê, bien qu'il soit, selon nous, assez 
impropre et concerne plutôt des images tracées au crayon que des 
contours obtenus par un instrument de métal. 

Ces graffites sont au nombre de six et se trouvent non loin du 
château d'eau de Julhis Liberalis découvert en îooa , à un endroit 
ou la voie Decumane est large de 8 mètres (sans compter les trottoirs). 

a 'l Journal officiel du ai mil 1909 , p. 3583. 
:,i Darembcrg et Siglio, ». 1° Bibliothrca, p. 708. 



Digfedsy G00gle 



97 — 

Le preniez dessin te * ^***te un cheval su galop, emportant d'une 
allure rapide \e cwtWi ^«ienle à deux rouas dont les anciens se 
serraient fréquemment * «-Ont on toit de nos jours une réminiscence 
dans les représenUtiou» de nos hippodromes modernes. Les formée 
du cheval sont nettement indiquées, sauf pour une des jambes de 
devant La voiture, elle, n'est pas figurée entièrement; on n'en 
aperçoit que la partie antérieure , et par conséquent ni les roues ni 
ie conducteur n'ont été dessinés. 

Le second figure un lutteur aux prises avec une bête féroce. Nous 
es avions déjà trouvé un de ce genre dans les graffites des grands 
thermes du Nord txtra muro»W. la nature de l'animât n'est pas 
très définie, maie le lutteur est bien campé; il a les jambes nues, 
ne porte pas de coiffure et sa taille est serrée par une tonique qui 
ne dépasse pas les genoux M. Il est armé d'un épieu de chasse. 

Le troisième nous montre la silhouette d'nn cygne nageant, mais 
malheureusement l'indication est fort sommaire et même incom- 
plète; seuls, la tête, le cou, la panse et le devant du corps sont 
figurés avec précision, 

Le quatrième représente une dame romaine filant auprès d'un 
enfant au maillot. Cette scène d'intérieur est charmante. La figure 
de la femme est de o m. 70 de hauteur et de o m. 30 de lar- 
geur; elle est debout, porte une tunique a manches courtes, 
repliée dans le bas de façon à laisser apercevoir ta cheville et le 
pied. La coiffure se compose de deux cordons de cheveux décou- 
vrant le haut du front et retombant vers les tempes. La matrone, 
représentée de face, tient de la main gauche la laine et de la 
droite le fuseau. La quenouille ne figure pas dans l'ensemble du 
dessin qui est très soigné et nous donne une grande justesse de 
mouvement. 

Le cinquième ofTre un guerrier armé d'une sorte de lance et d'un 
bouclier. La hauteur du personnage est de o m, a 5 ; celui-ci , placé 
de face, est debout et tient sa pique de la main droite, tandis 
que Je boiicfier est maintenu par la gauche. Le vêtement se coin- 
^ >ose ''"«e courte tunique avec ceinturon et cuirasse. Ce dessin est 



*rt 6,-, 



,e « tnité. 



&*» £-' aùw *"*» fVmpirs DM», par MU. Cagnat et Bail m, p. s83. 

^aZ^V fouille* de 1900 (Journal officM du 1" mai 190,, p. «83»)- 
UF**iir ajoute*» * %»gad, par A. Ballu, p. S7. 



S***" KM. 



Digfedsy G00gle 



Le sixième est aussi le plus important et la plue intéressant. Il 
noue montre un quadrige dont le dessin occupe la largeur entière 
d'une grande dalle de calcaire bleu, non loin du tant* du flamme 
Liberalis. 

Las coursiers sont vus de face, et le char, en raccourci, ne lois» 
apercevoir qu'une partie de son avant et ia roue de gauche. Les 
chevaux se déploient en éventail avec des dimensions figurées iné- 
gales à cause de la perspective. Le cocher, debout, tient de la main 
droite un fouet et de la gauche tes rênes qui lui entourent les reins, 
afin de lui donner plus de forcit pour les retenir. Un couteau sus- 
pendu à sa ceiuture est à sa disposition, en cas d'accidenl, pour 
couper les liens qui maîtrisent l'ardeur des chevaux. 

Une pajme gravée en avant da l'attelage indique que le cocher 
est vainqueur; son nom, ainsi que celui des coursiers qui est 
inscrit au-dessus de la tête de chacun d'eux, est : 

FAVYANVS 
AVR.1GA 

Les chevaux s'appellent : 

LEANDER 
HERCVLES 
ACHILLES 
DIOMEDES 

Faut-il déduire de ces images que Thamugadï possédait un cirque 1 
Un ne saurait certes l'affirmer, mai» il est probable que cet hippo- 
■drome, s'il n'était pas situé sur le territoire de la ville, n'en était 
pas très éloigné. 

Quoiqu'il en soit, ces dessins offrent un réel intérêt et l'avantage 
d'être fixés d'une manière indélébile sur les dalles da la belle voie 
triomphale de Tiingad. 

XI. DéCOITVBBTR DR PIUCMKNTS ET OBJETS DIVERS POUt LE IHWb. 

Ces fragments et objets se divisent en neuf séries qui sont celles 
de la terre cuite, de ta pierre, du marbre, du bronze, du verre, du 
plomb, des monnaies, de l'or, des bijoux et pierres précieuses. 



Digfedsy GoOgle 



Terre cuite. 

i" Vase trouvé au Sud des Thermes du Sud, bien conservé; orne- 
ment» guillotinés à la partie supérieure, avec un deuxième rang 
semblable en dessous. Hauteur, om. ig; largeur à la base, om. 10; 
au sommet, om. 38. 

9° Dalle d'hypocaus te , avec inscription , dans ta grande salle des 
petits Thermes du Sud (voir ci-dessus). 
3" Autre dalle semblable. 
h" Autre datte avec tète de femme, déjà décrite. 
5" Autre dalle avec télé d'homme, déjà décrite. 
6" Dalle semblable avec marque de la ni* légion. 
7* Petites amphores, au nombre de 6, dont 9 avec anses bien 
conservées. 

8" Un lot de 1 1 lampes païenoes. 
9° Un lot de 7 lampes chrétiennes avee sujets. 
io° Une lampe à deux becs; au oaatre, un cerf est repré- 
senté. 

ii D Un lot de g antéfixes. 
ta" Un lot de briques creuses. 

13" Tuyaux de conduite d'eau provenant des bassins au Sud 
des grands Thermes Sud. 

ià' Deux couvercles de vases. 

16° Un lot de fragments de vases en terre très fine, de ton rouge. 

Pierre. 

16° Daupaun wulplé de fontaine, tronvé dans les déblais aux 
aborda des grands Thermes de t'Est Hauteur, o m. As; épais- 
seur, om. 36, 

1 7° Claire-voie de feaétreavee quatre ouvertures rectangulaires. 
tCf" Pied Je vaseornementé.Hauteur,oin.a5;diamètre, otn.Ai. 
frauv^ dans i* tranchée au Sud du ('.apitoie. 
'9° 3 g^ poids <■" calcaire. 
2 °° P) tre ornementé comme ceux trouvés au théâtre et an 

e, gyeo calcaire trouvée dans la fouille du carré à l'Est 



wu« Google 



— 100 — 

33* Sarcophage sans ornement, découvert près du Macellnm de 
Sertios. 

33" 9 amphores, dans le bassin au Sud des grands Thermes 
Sud. — Eu grès. 

a4° 3 stèles de grès; l'une contenant un personnage porteur 
d'un objet indistinct; les deux autres très frustes. 6 moulins de 
grès. 

Marbre. 

a5° Bas-relief représentant une tète de femme avec feuille 
d'acanthe. 

36" Fragment de main d'homme tenant un objet brise. 

37° Fragment semblable, main de femme. 

•j8° Fragment de tête de femme. 

ag" Placage avec feuilles d'acanthe. Hauteur, oui. 10, sur 
o m. 08 de largeur. 

30" Lot de chapttaux de différents ordres. 

3i° Quantité de fragments de placages de marbres de toutes 
couleurs, et très riches de tons. 



3a° En déblayant la voie qui contourne vers l'Ouest la colline 
située au Sud du temple de Jupiter Gapitolin, nous avons décou- 
vert une belle lampe de bronie, avec sa tige entière. La baateur de 
ce candelabrum est de m. A3. Le support se compose d'une lige 
divisée en élégantes moulures circulaires au nombre de onie; d'un 
disque évasé qui recevait la lampe et dont les bords sont finement 
moulures; d'une base en forme de trépied dont chaque extrémité 
est ornée d'une patte de l'ion, enveloppée de feuilles d'eau retom- 
bant vers le sol et terminées par de petites boules. 

La lampe, qui s'adaptait sur le support au moyen d'une pyra- 
mide creuse ménagée au-dessous de son bassin et s' engageant sur 
une sorte de tenon pyramidal couronnant le support, est d'une 
grande richesse de décoration. Lu longueur est de 0111.27 e * '" 
largeur de o m. 09 ; elle pouvait être isolée de sa tige et utilisée sur 
une surface plane. Largement ouverte en circonférence à sa partie 
supérieure, elle possède une anse articulée décrivant une longue 
volute qui, au moment ou elle s'élève pour se recourber ensaile 



Digfedsy GoOgle 



101 — 

vers le bassin, se ça***^ 6 ***» deux branches divisées elles-mêmes 
en trois rameaux ch* eoae " Ceux-ci, en n'écartant de la braoehe, se 
retournent aussi vers Ve «aut en petites volutes terminées par un 
bourgeon. Deux de ces rameaux, en s'écartant des branches, por- 
tent, entre leurs extrémités qui remontent, une croix grecque du 
plus gracieux effet. 

33* Statuette de jeune fille nue, dont la tête elles pieds manquent 
ainsi que le bras droit. Le bras gauche s'écarte du corps, et la 
main est posée Bur la hanche. Les cheveux tombent dans le dos, 
sans dépasser le sommet des épaules, et sont divisés en trois 
pointes. A élu trouvée dans.les déblais d'une des maisons du Gardo 
Nerd. Hauteur, o m. 08; largeur, o m. oit; poids, o kilogr. 120. 

3a" Anse de vase bien conservée. 

35" Fragment d'aase bien conservée avec tête de chien. 

36° Fragment de bronze avec feuille d'acanthe. Longueur, 
m. 08; largeur, o m. o3. 

37° Aile d'une statuette. Longueur, o m. 06; largeur, o m. oa5. 

38" Deux clochettes. 

39* Fragment de balance dont le crochet supérieur tient un 
fléau. 

ao" Balance entière très bien conservée avec deux crochets. 
Trouvée près de Tare de triomphe. 

Ai" Couvercle de vase sans sa poignée. Diamètre, o m. 09. 

ua" Partie inférieure d'une anse de vase. Hauteur, o m. 16. 

A3* Cuiller. Longueur, om.io; largeur, o m. o3. 

lih" Serrure de coffret bien conservée, forme carrée. Longueur 
et largeur, o m. o3. 

ù5° Série d'instruments divers : 6 curettes, objet en forme de 
cuiller très allongée. Longueur, o m. îa. 

kfi° Un lot de clous. 

*7° Objet en forme de couteau trouvé près de la porle Nord. 
Longueur, o m. 1 3 ; largeur, o m. o3. 
'^° Série d'anneaux de différentes grandeurs. 
4q* h f ot de fragments divers de bronte, de fer et de 
cuivre. 



5 « _ C H* de ïerre blanc bien taillée. 

5,, Oros^e ". lcs anses de vases. 



Digfedsy G00gle 



— 109 — 

5a° Fragments de vases. 

53" Sorte de broche imitant un masque. 

56° Un lot de verres fondus. 

66° Fragments de colliers. 

Plomb. 

56° Gros tuyau trouvé près des thermes du Sud. Diamètre, 
o m. 1 3 ; longueur, o m.g5. 

57" Un gros tuyau avec deux branches, près des grands Thermes 
Bel. Longueur : 2 m. 5o jusqu'aux branches, et 1 m. 30 de chaque 
branche; diamètre du tuyau, m. 09; de chaque branche, 
m. 06. 

58° Un lot de plomb fondu. 

Monnaie*. 

5g° Environ 3oo pièces de monnaies de cuivre; beaucoup de 
Constantin et de Maxcnce. Une pièce d'argent. 

O*. 

60° Un lot d'épingles ordinaires (ko environ). 

6i° Un lot d'épingles avec têtes ornementée» (16). 

6a° Uu lot de fragments d'épingles. 

63° Quatre dés à jouer. 

66° Boutons et une moitié de boule. 

Bijoux et piètres précieuse*. 

6f>° Quatre bagues, dont deux gravées. L'une représente un 
oiseau; l'autre, une tête. 

66° Un lot de bagues ordinaires. 

67° Très belle bague. C'est une chevalière d'argent sertissant 
une cornaline elliptique qui porte en intaille le dieu Fan. Elle a 
été découverte dans une maison du Cardo Maximus Nord. Son 
poids est de 7 grammes, et son diamètre de o m. 03&. La largeur 
sous le chaton est de o m. 01 1. La pierre gravée a om. 011 de 
longueur et o m. 008 de largeur; elle n'a aucunement souffert de 
l'incendie qui a détruit l'immeuble, tandis que le métal de l'an- 
neau a été fortement calciné. 

Le dieu Pan est représenté debout, avec des cornes sur le front, 



Digfedsy GoOgle ■ 



103 — 

une couronne 4e îetf 1 " 8 ^ *Ur la tète, une barbe tombante et des 
jambes de boue, *ttïv >, " s Ordinaires dn dieu des bergers et de la 
chasse. 

Un manteau est enrovné autour de son bras, et il est facile d'y 
reconnaître une peau fle panthère. La main droits dn personnaga 
est ramenée vers son visage et porte la flûte à sept chalumeaux. La 
gauche tient ton bâton recourbé habituel. 

Cette pierre est la plus belle qui ait été trouvée jusqu'ici à 
Timgad. 

Albert Ballu, 
Membre de la 
de l'Afrique 



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TOMBES 

DE L'ÉPOQUE CARTHAGINOISE 
DÉCOUVERTES À ZAGHOUAN 

(TUNISIE), 
PAR H. LE COMMANDANT HANN1ZO, 



En 189a, lors de notre premier séjour à Zaghouan, il nous 
avait été donné de voir mettre à jour quelques tombes anliqueB sur 
le flanc Nord de la colline qui supporte le village; les découvertes 
faites à cette époque ont été relatées dans une note M, et le seul 
objet curieux (brûle- parfums) a été envoyé au Musée du Bardo. 

En décembre tgo3, nous avons tenu à faire une fouille sur le 
flanc Sud de la même colline, à l'extrémité de l'éperon terminai»! 
l'arête rocheuse sur laquelle est bâtie Zaghouan et à quelques 
mètres de la porte romaine. 

H. te curé de Zaghouan nous avait entretenu de la décou- 
verte , près de son église et sur le bord du terrain dont nous allions 
entreprendre la fouille, d'objets anciens consistant en an petit cer- 
cueil de pierre (3 > avec couvercle (fig. 1), d'un miroir de métal et d'une 
amulette d'ivoire: cela suffit à nous encourager. Malheureusement, 
le résultat des trouvailles ne répondit pas a la somme de travail 
et à la grande quantité de terre remuée. 

Nous n'en donnerons pas moins le compte rendu de ce qu'il nous 
a été permis de mettre à découvert : 

Un puits de forme carrée, conduisant à une chambre funéraire, 
à voûte en partie effondrée, le tout plein d'une terre argileuse très 
compacte; la chambre avait une largeur moyenne de 1 m. a& et une 
longueur de a m. ho ; la hauteur pouvait être évaluée à 1 m. 80. 

<" Bull, arckéol. au Comitr, i8g4 , p. 387-388. 

W Déposé dans la salle de. réunion des officier» Ak Zaghouan. 



Digfedsy G00gle 



— 106 — 

dalles de pierre; on ne trouva aucun objet funéraire ni a l'intérieur 
ni à l'extérieur de ces sépultures pourtant très anciennes. 

De l'examen du mobilier funéraire trouvé dans ces fouilles près 
de la porte romaine, l'on peut déduire que les deux tombes ayant 
fourni des objets datent de la dernière période punique; la forme 
seule des lampes semble bien l'indiquer, eL les monnaies, après 
nettoyage, ont fait ressortir les types particuliers de la monnaie de 
Carthagc. 

E. Hahmkso. 



tl zed,yGOOQ[e 



— 108 — 

Une partie de la face Sud et une partie de la face Ouest sont 
écroulées. La face Est est celle qui n le moins souffert. 

Des éléments de murs de 1 mètre d'épaisseur sur la face Est, de 
o m. 70 sur les autres faces restent accrochés aux parois; mais leur 
peu de relief, de 0111.10 à om.3o seulement, ne permet pas 
d'en déduire l'ancienne répartition intérieure des locaux. 

Des meurtrières traversant les murs, et de grandes niches placées 
dans l'épaisseur de ceux-ci a des hauteurs différentes, semblent 
indiquer l'e m placement des étages. 

Au-dessous du sot intérieur actuel de la tour, placé à a mètres 
environ du terrain environnant et couvert des débris des étages 
supérieurs, on aperçoit le côté Est et, à travers les interstices des 
éboulis, des cavités qui pourraient probablement être les chambres 
du rez-de-chaussée de l'ouvrage. 

A la partie inférieure du mur Nord, se trouve encastrée hori- 
zontalement une pierre de o m. 17 de large sur o m. a5 de long, 
sur laquelle est gravée une croix byzantine. 

La porte de cet ouvrage n'existe plus. 

Kstft-SotiissiNs (au nord du préckdbnt). 

Le Ksar-Souissine est situé sur la rive gauche et à 3 kilomètres 
de l'Oned-Zéroud et à 800 mètres 1 l'Est de la piste d'Hadjeb-el- 
Aïouri a Kai rouan par El-Haouareb. 

Ce ksar se compose d'une construction carrée de 30 mètres de 
coté, dont la partie inférieure (3 mètres) déborde de o m. 16 la 
partie supérieure. 

La hauteur totale de l'ouvrage est de fi mètres environ. Jusqu'à 
h mètres du sol, la constitution des murs est la même : 1 m. 90 en 
moyenne et in. 35 a la base; grosses pierres taillées et grosses 
pierres provenant de ruines environnantes, dans l'épaisseur des 
murs, blocage. 

A partir de cette hauteur l'ouvrage semble avoir subi une restau- 
ration qui, par sa composition, rappelle les constructions arabes 
actuelles. 

L'intérieur de l'ouvrage est en ruine et en partie comblé; l'amé- 
nagement ancien, probablement conservé sous la partie couverte, 
est très peu visible ; cependant , entre les gros matériaux qui jonchent 
le sol, on peut distinguer remplacement de trois chambres. 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



— 109 — 

L'étage visible est compris dans la partie restaurée. Trois petites 
chambres occupent les angles Nord, Sud, Ouest. 

Les murs de rette partie sont percés de meurtrières au nombre 
de quatre but les faces Nord et Sud et cinq sur les faces Est et 
Ouest. La face Sud est en partie écroulée. 

En Est semble avoir existé un escalier. Quant à la porte d'entrée 
du fortin, elle n'a laissé de trace nulle part; aussi il ne serait pas 
impossible qu'elle ait été placée dans la partie écroulée, à proxi- 
mité du bas de l'escalier. 

A peu près au milieu de la cour intérieure, et par hasard 
visible au milieu des ruines, une ouverture de o m. fio de diamètre 
permet de descendre dans une citerne a compartiments, en partie 
comblée. 

Les murs de celte citerne sont enduits d'une couche épaisse de 
ciment ressemblant complètement au ciment romain. 

Gomme il a été dît plus haut, des ruines entourent celte con- 
struction; des pierres taillées, des montants de porte jonchent le sol. 

A 900 mètres du ksar se trouvent deui constructions hydrau- 
liques : elles sont à 100 mètres l'une de l'autre. 

La première est un puits rural de k m. 5o de diamètre et de 
o m. 55 d'épaisseur. 

La deuxième est un citernon couvert, de h m. 5o de diamètre 
et de om. 8o d'épaisseur de mura; il est muni, a fleur déterre, de 
deux ouvertures de o m. 6o de diamètre. 

AiH-EL-RnoRAB (vallée de l'O obb-Meegubu.il ). 

Sur la rive gauche de l'Oued-Merguellil , à la pointe Ouest du 
Djebel Aïn-ei-Rhorab et sur la piste du Fondout-el-Haouareb à 
Sidi-Mohammed-ben-Ali , se trouve une étendue de terrain assez 
considérable couverte de ruines. De nniiiawaii emplacements de 
maisons, des pierres d'angle encore debout dans beaucoup d'en- 
droits et quelques restes de citernes publiques indiquent que la 
localité avait une certaine importance. 

Dans la partie septentrionale de ces ruines existent encore les 
restes d'une ancienne citadelle, non signalée sur la carte. A n'en 
pas douter, celte citadelle a été détruite et refaite; du reste, tes 
pierres qui entrent dans sa composition le prouvent suffisamment. 

L'ensemble de la citadelle est placé sur un petit mamelon com- 



Digitizedr.y G00gle 



— MO — 
mandé par la colline, dont il est séparé par an ravin de 80 à 
100 mètres environ. 

11 comprend : 

1° Une enceinte rectangulaire'dans laquelle se trouve un réduit; 

a" Une ligne de fortification parallèle à la face Sud et située à 
39 mètres de celle-ci. 



Enceinte. — Cette enceinte rectangulaire a ses cotés respective- 
ment égaux à 38 mètres et 67 mètres. Ses murs d'une épaisseur 
moyenne de 1 m. 3o ont une hau- 
teur actuelle qui varie, salivant la 
pente du terrain sur les différent* 
côtés, entre 9 et k mètres. Ils sont 
construits partie en pierres enlevées 
à d'autres monuments de dimensions 
et de formes différentes, partie en 

OJ a pierres sommairement équarrîes. 

r^""HI Du reste, tout cet ensemble est 

d'une construction assez tourmentée; 
la face Ouest seule semble n'avoir pas 
subi de destruction. 

Des tours assurent le flanque- 
ment des faces de l'ouvrage; «lie» 
sont au nombre de cinq. 

Le sol actuel de l'intérieur de 
l'enceinte arrive à hauteur des murs. 
Malgré cela, il est certain qu'on n'est 
pas en face du sot ancien, car, près 
de la tour de la face Nord, on aper- 
çoit de l'intérieur et à travers les 
interstices des éboulis, et à hauteur 
du terrain environnant, une chambre 
dont les parois sont recouvertes de 
ciment. Pour connaître la disposi- 
tion de cet étage inférieur, il serait 
nécessaire d'exécuter un grand bravait de déblaiement. 

Les portes de cette enceinte, non plus que celles des tours, ne 
sont pas visibles. On ne] remarque sur les quatre cotés de l'ouvrage 
qu'une seule ouverture caractérisée, sur la face Sud, et encore 




TT 



Àïii-o! HWah. 
Plut du aultttum. 



Digfedsy G00gle 



— ni — 

celle-ci est trop élevée au-dessus du sol pour avoir servi de passage 
à des hommes. Elle est faite grossièrement et semble, comme celte 
partie de la face tout entière, avoir été reconstruite à la hâle. 

A l'intérieur de l'enceinte, à part te réduit, il ne reste que peu 
de tracas du dispositif ancien. 

Deux chambres seulement apparaissent nettement : l'une de 
7 m. so de coté, située à l'angle Nord-Ouest et dont les murs ont 
encore o m. 5o à o m. 80 de haut; l'autre de a m. 5o de côtiî , située , 
à l'angle Sud-Ouest. Ces deux chambres devaient probablement 
communiquer avec les tours adjacentes. 

11 existe encore dans la partie Nord-Est quelques murs, repré- 
sentés en pointillé sur le plan, qui sembleraient indiquer que de 
petites chambres existaient dans cette partie de l'enceinte; mais ces 
murs semblent si peu anciens, qu'ils sont seulement signalés pour 



Réduit. — Le réduit est adossé à la face Est de l'enceinte, et 
dans son milieu; il a ïam. ao de côté. Ses murs ont 1 m. 3o 
d'épaisseur; ils sont formés de la même façon que le reste de l'ou- 
vrage et particulièrement dégradés. 

Sur le milieu de la face Ouest, une porte est encore visible parmi 
les décombres. 

L'intérieur de ce réduit était partagé en petites chambres dont 
on retrouve la base des murs. Leur disposition et leur forme rap- 
pellent un peu l'aménagement intérieur du Ksar-Makouda. 

L'étage inférieur, s'il existe, ainsi que la hauteur totale ancienne 
sont inconnus. La hauteur actuelle de ces murs varie entre 3 m. Ijo 
et u mètres. 

Première ligne. — L'ouvrage était protégé, à 3a mètres du coté 
du Sud, par une ligne de fortifications de 1 mètre d'épaisseur, 
construites en gros matériaux grossiers. Du côté Nord, elles sont à 
fleur de terre; du coté Sud, elles sont a 1 m. 5o environ au-dessus 
du soL Un tour demi-circulaire de 6 mètres de corde et de u mètres 
de floche flanquait cette ligne. 11 existait peut-être une porte. 

H ne serait pas impossible que ces murs aient été rattachés à 
l'ouvrage principal, pour former une première enceinte du coté de 
l'oued. Du reste, la partie encore visible des flancs de cette ligne 
semble l'indiquer. 

Lieut 1 Jicquaa. 



Digfedsy GoOgle 

i 



INVENTAIRE 
D'ANTIQUITÉS DIVERSES 

TROUVEES 

DANS LE SUD DE LA TUNISIE, 

PAR H. C. GOUVET. 



Les objets énumérés ci-après proviennent des régions desservies 
par la ligne de Sfax a Gafsa, avec prolongement sur Metlaoui. 

Ces régions dont l'aspect lamentable annonce le voisinage du 
désert semblent avoir e'té plus prospères à l'époque romaine. 

Partout, en effet, le sol est joncbé de vestiges anciens, seuils de 
portes, débris de murs, lombes, citernes, fragments de pressoirs à 
huile. 

Très marquée dans la région voisine du littoral , la décadence du 
pays est moins accentuée dans la région haute, appelée de nos 
jours Bled-Maknassi , où un centre de colonisation a été créé de- 
puis peu, autour de la station de ce nom, à ia3 kilomètres de Sfax. 

Quelques nécropoles y ont été explorées; la principale se trouve 
située en face du point géodésique désigné sur la carte sous le 
nom de Bas-Bekeur, à 3 1 6 mètres d'altitude. 

LA furent trouves, dans des tombeaux généralement ensablés, 
les objets dant le catalogue est donné ci-après. 

Ces tombeaux affectent deux formes caractéristiques. Les uns 
ont une largeur moyenne de o m. 5o; leur longueur est variable. 
Les parois sont en maçonnerie de mortier ou de plâtre, de o m. a& 
à o m. 3o d'épaisseur, recouvertes de pierres plates en forme de 
toit a. deux pans. Le fond est constitué simplement par la terre 
battue, dans laquelle on distingue des cendres ou des poussières 
de charbon. 

Les antres affectent la forme d'un caisson rectangulaire, couvert 
de pierres plates provenant des carrières du Ras-Bekeur. La tna- 



Digitizedr.y G00gle 



— 113 — 

çonnerie ne diffère pas comme dimensions de celle des premiers , 
mais elle est d'une résistance remarquable, grâce à un enduit de 
pouzzolane rose. Au fond de ces tombeaux est étendue une mince 
couche de béton. 



Poteries d'époque romaine. — Petite amphore, de terre ronge fine, pa- 
tine rouge, col étroit et court, goulot à rebord évasé; deux petites anses 
bifides , panse sphérique ; marque illisible du potier, dans un ovale sur la 
pause. Haut, o m. i65; diam., om. ii. 

CEnochoé, de terre rouge très fine, forme élégante, col cylindrique 
allongé terminé par un tronc de cône reposant sur une couronne en saillie; 
une anse longue décorée d'une palme. La panse presque spbérique avec 
base est ornée de trois palmes langues; dans les intervalles, un sanglier; 
au-dessus, un croissant dans lequel figurent deux branches d'olivier réunies 
par une couronne et un grillon ailé à gauche, surmonté d'un croissant 
semblable au premier. Tous les ornements sont en relief. Haut., om. ai; 
diam. , o m. 1 3 , travail très soigné. 

Une autre de forme et de dimensions semblables; les palmes sont rem- 
placées par des branches de chêne avec glands; un lion coiffant un Ane 
surmonté d'un croissant; et une couronne surmontée d'un croissant ren- 
versé comme les précédents. 

Œnochoé, terre rouge grossière, col court, une anse striée, panse demi- 
sphérique sur une base tronconique, embouchure évasée, brisée. Haut, 
a m. as; diam., o m. i5. 

Œnochoé, terre rouge très fine, col large brisé, une anse décorée d'une 
palme, panse ovoïde, trois palmes séparant deux sujets en relief : l'un repré- 
sentant une tète de femme, dont le nez et les yeux sont communs, si l'on 
renverse l'o-nochoé, a une tête d'homme barbu; l'autre représente un 
sujet effacé, peut-être une femme couchée à plat ventre (?). Haut, om. i8x 



Amphore de terre rouge , de forme élégante, col tronconique et étroit, 
panse spbérique, deux anses décorées de palmes; sur la panse, quatre épis 
de maïs encadrant deux tétas de chevaux harnachés. Haut, o m. ik x 
o m. io. 

Amphore de terre ronge , même forme que nos gargoulettes tunisiennes ; 
le col est large et haut, la panse ovoïde. Haut, o m. 19x0 m. 1 a. 



Digfedsy GoOgle 



— 114 — 

Alabattre, terre rouge ordinaire, col effilé et court, embouchure éneée; 
sur les deux côtes inférieurs de l'embouchure, deux oreillettes; nue anse 
bifide, panse renflée a la bue. Haut., o a>. ao. 

Œnochoé, terre rouge, panse renflée, col large terminé par un orifice 
tronconique , une anse courte. Haut., om. 19 xo m. i3. 

Hydrie, une anse, terre brune, col large el haut, pause renflée termi- 
née a b base par un pied très large. Haut , o ni. 1 h x o m. 1 o. 

Hydrie, une anse, embouchure très large et évasée, panas renflée à la 
base. Haut., o m. 17x0 m. 11. 

Gobelet ovoïde, une anse, petit pied, terre rouge patinèe. Haut., 
om. îaxo m. 09. 

AUbastresans anse, ovoïde, large orifice, petit pied, terre ronge pati- 
nèe. Haut. , o m. ilxom, 10. 

llnguentarium , terre grossière rouge, sans anse, orifice large et évasé, 
panse renflée. Haut., o m. i3 X o m. 08. 



Fig. 1. — Veilleuse de terre rouge. 

Sorte de veilleuse , de terre rouge; le fond est formé d'un plateau trou- 
conique renversé et très évasé, dont la petite base sert de pied, o m. 09; 
la grande base, o m. 17 et o m. u3 de profondeur, est surmontée d'un 
troue de cône légèrement renflé et fermé h sa partie supérieure; il mesure 
o m. 17 à la grande base, o m. io5 k la petite sur o m. 10 de hauteur. 
La petite base supérieure ou couverte reçoit nue forte anse de m. o3o de 
largeur sur o m. o5 de hauteur. 

Dans le corps du edne, on a ménagé une ouverture pour le passage de 
la lampe, de o m. ou de large sur o m. 07 de hauteur, et trois trou» 



Digfedsy GoOgle 



de a m. 006 ont été percés et disposes en triangles sur efaaqne coté de la 
grande ouverture, afin d'établir un courant d'air à l'intérieur (tïg. 1). 

Vase à décanter, de terra rouge , intérieur demi-sphérique o m. 1 3 de 
diamètre sor o m. o55 de profondeur; large rebord de m. o5 recourbé 
à l'extérieur, avec, bot l'un des côtés, a petits trous et, de l'autre, un bec 
terminé en pointe avec trois canelurcs. 

Coupe sébile arec rebord à l'orifice , terre grossière. Dinm. , o m. 16; 
prof. , m. 07. 

Soucoupe évasée, terre ronge. Diam., o m. 17; prof., o m. o3. 
Deux antres semblables. 

Coupe demi-sphérique, terre rouge patines , & rebord très large et épais. 
Diam. , o m. 1 7 x o m. oh. 

Canthare à rebord; la panse est formée d'une partie cylindrique , ia base 
très étroite, terre brune. Diam., om. 017x0 m. ah. 

Patère, fond plat, terre ronge patinée, rebord peu saillant Diam., 
o m. y/i; prof., o m. oa. 
Itéras genre. J)iam. , o m. a3;prof,, m. o3. 

Même genre avec cercles concentriques et au milieu cinq disques. Diam., 
o m. 37. 
Sept antres semblables sans dessins. 

Paiera à bord évasé , terra rouge patinée. Diam. , o m. 35. 

Une antre semblable. 

Deux autres semblables. Diim., o m. 3i ; prof., ni. 06. 

V(MpÈ* d'époque nnume. — Terre ronge, queue forée, bec allongé 
réuni au corps par deux volutes. Sur. le disque, au second plan, une con- 
struction d'habitation composée d'un rez-de-chaussée central de face re- 
couvert de tuiles plates , cinq baies éclairent l'intérieur ; elles sont formées de 
deux pieds-droits partant du sol réunis par des voûtes en plein cintre et fer- 
mées par des châssis vitrés en menuiserie. Ce rez-de-chaussée est flanqué 
à ses deux extrémités de deux pavillons en saillie, à un étage, placés en 
perspective. Ces pavillons sont couverts par une toiture à deux égouta 
on tuiles plates: oetui de gaucho est éclairé, au rex-de-chaussée et à l'étage 
sur 11a façade principale , de deux grandes baies en plein cintre munies de 
chiens vitrés. Celui de droite est également couvert d'une toiture à denx 
versants en tuiles plates; la façade faisant retour avec le corps principal est 
éclairée au rex-de-chaussée et à l'étage par deux grandes baies semblables 
aux précédentes ; sa façade principale est percée au rez-de-chaussée et à l'étage 
par deux baies carrées également munies de châssis vitrés à quatre orresKu. 



Digfedsy GoOgle 



— 116 — 

Ed arrière de cet ensemble , ou au troisième plan , on voit un bâtiment sans 
croisée dominant les précédents, couvert par une toiture a deux pente» en 
tuiles plates. 

Au premier plan figure un personnage monté but un véhicule a deux roues 
traîné par un mulet ou un âne marchant au pas, à gauche, convenable- 
ment harnaché. L'attelage est précédé par nn second personnage vêtu 
d'une robe lui arrivant aux genoux, paraissant porter sur le dos une hotte. 
En arrière du véhicule , on voit, a droite, un arbre avec une double branche, 
dépourvu de feuillage. Diam., o m. 08. ty. : AVGENDI <''. 

Terre rouge, queue forée brisée, bec court en forme de cœur. Sur le 
disque concave. Mars monté sur un char traîné par deux chiens passant à 
droite. Le dieu est coiffé d'un casque a longue visière avec panache , en partie 
effacé; il est vêtu d'un corsage s. taille sans manches et d'une jupe longue; 
il tient de la main gauche un bouclier avec lequel il parait se protéger, et 
brandit de la main droite une lance dirigée en avant. L'artisle qui a com- 
posé ce dessia a fait passer la haste de la lance derrière le corps du dieu , 
sans doute pour éviter la complication des reliefs. 

Les deux chiens attelés au char paraissent être de forte taille; ils sont 
tigrés et out les pattes poilues; on ne distingue, en fait de harnachement, 
qu'un simple collier sur la poitrine du premier chien et des renés partant 
du museau du second. Le pourtour du disque est orné d'une couronne de 
canaux en partie effacés. Diam., m. 575. 

Terre rouge ayant reçu une patine brune , bec court en forme de cœur. 
Sur le disque, Cybèle de face chevauchant un lion au galop passant à 
droite; la déesse a la tête tournée & gauche; elle tient de la main gauche 
un thyrse. Couronne de canaux autour du disque. Diam. , o m. o85. 

Autre exemplaire semblable, de terre noire. IV. dans un disque, trois épia 
de blé et autour du disque , placés en triangle , trois cordons en creux replies 
en volutes. 

Terre rouge; sur le disque, un lion attaquant un gladiateur a gauche. 
Le gladiateur est sur le genou droit, la jambe gauche allongée, la main 
droite à terre paraissant vouloir saisir un béton et faire des efforts pour se 
dégager de l'étreinte du lion qui lui happe le flanc gauche. Diam. , o m.o85; 
sous le bec, quelques stries. 

Terre rouge; queue pleine, bec en forme de cœur. Sur le disque. Mer- 
cure chevauchant un bélier au trot passant à gauche; le dieu tient de la 
main gauche In caducée levé. Au pourtour, guirlande de lauriers. Diam. , 
o m. 076. 

M La même lampe a déjà été publiée en héliogravure par H. Gagnai dans tes 
fcxphrationi rpigraphiqvrt «H Ttmuit, I , pi. I, 



Digfedsy G00gle 



— 117 — 

D'autres semblables avec queues forées, sujet effacé. 

Terra rouge-, bec en forme de cœur. Sur le disque, Diane montée sur 
un char traîné par deux griffons non ailes passant à droite, tenus par des 
rênes de la main gauche. Au pourtour, couronne de canaux. Diam. , o m. 09. 

Trois autres exemplaires semblables très effacés. 

Terre brune, queue et bec brises; sur la couverte, une poule a gauche 
avec an poussins; au pourtour, guirlande de lauriers. Diam., m. 075. 

Terre brune, bec court en forme de cœur; sur le disque, un monstre 
marin représentant l'avant-corps d'un lion vu de face, avec l'arrière- corps 
et la queue d'un poisson k écailles; au pourtour, guirlande de lauriers. 
Diam. , o m. o85. fy. Trois épis de blé dans nu disque et quelques stries sous 
le gorge du bec. 

Terre rouge; sur la couverte , un sanglier passant à droite ; an pourtour, 
une couronne de canaux. Diam., o m. 07. 

Terre rouge; sur le disque, deux personnages debout et nus; le premier 
à gauche, grand, le bras droit légèrement coudé, paraît appuyer son bras 
gauche sur les épaules de son compagnon qui est de plus petite taille; il a 
le poids du corps porté sur la jambe droite et la gauche repliée en arrière. 
Le second personnage repose sur sa jambe gauche , tandis que la jambe 
droite est portée en avant et ployée; il tient de la main gauche un pedum 
et a la tête tournée et levée vers son compagnon. Sujet très effacé ; au 
pourtour, une couronne de canaux. Diam. , o m. 075. 

Autre exemplaire avec patine noire, très effacé. 

Terre rouge, patine brune; sur le disque, un crocodile à gauche, atta- 
qué par un lion; sujet un peu confus, fy. IVNI ALEXI. 

Terra blanche; sur le disque, un guerrier debout dans l'attitude de ta 
défensive; sujet très effacé; an pourtour, guirlande de lauriers, queue 
pleine. Diam., o m. 08. 

Antre sujet semblable en terre rouge. 

Terre blanche, patine jaune; dons le disque, divinitéf?) debout de face, 
veine d'une blouse longue serrée à la taille par une ceinture et d'une robe 
talaire; elle est casquée, le bras droit est étendu vers le sol, la main 
gauche s'appuie sur nne lance; c'est probablement Athena; au pourtour, 
une couronne de canaux. Diam. , o m. o85 ; sujet asseï vague. 

Terre rouge; sur le disque, buste de femme de face, coiffée de ban- 
deaux ondes, poitrine nue avec l'épaule gauche recouverte d'un vêlement 
a plis; cou orné d'un collier. Diam. , o m. 07. fy. M NOV 1VST. 

Terre blanche, patine rouge; sur le disque, un Amour ailé vu de dos, 



Digtodsy Google 

i 



— 118 — 

tournant ia tête en arrière, présentant de U main gauche éWvée une oou- 
ronne; sujet efiacé. Diam. , o m. 07. IV- IVN DR.AC. 

Terre rouge ; sur le disque , deux mains réunies tenant un caducée. Diam. , 
o m. 07. IV 1VNI ALEX1. 

Terre blanche; sur le disque, un buste effacé'. Diam., om. o65. 

Terre ronge; un Amour à droite très effacé. Diam., om.075; au pur- 
tour, une guirlande de lauriers. 

Terre rouge; sur la couverte brisée, une antilope passant à droite; an 
pourtour, des grappes de raisins. IV. Disques concentriques et trois cordons 
enroulés en volutes posées ea triangle. 

Terre blanche, patine noire; sur le disque, Bacchus debout nu , de face, 
le thyrse dans la main gauche. Diam., o m. o85. 

Terre rouge, patine noire unie, fy. IVNONRI (?) effacée. 

Terre rouge, patine noire; sur te disque, couronne de stries, queue 
brisée. IV- IVN DRAC. 

Terre blanche ; queue pleine dans laquelle on remarque de chaque côté 
un commencement de forage. Le corps de la lampe est bombé et a cotes en 
forme d'oursin; le bec est long; quelques traces de peinture blanche, bleue 
et rouge. 

Deux lampes à sujets obscènes. 

Lampe.% d'époque chrétienne. — Terre rouge, o m. 1 3 x o m. 09 ; sur le 
couvercle, deux trous et le buste de profil d'un personnage à droite, vcïnct 
coiffé d'un voile qui lui retombe sur les épaules; au pourtour, des stries. 
IV- Sous le bec, une branche d'olivier; sous la queue, de chaque coté, 
trois épis; dans le disque, huit pastilles dont cinq réunies par deux bastes 
en x. 

Terre rouge, o m. iSxora, 09; sur le disque, une gaxelle à cornes 
passant à droite; au pourtour, a ceps avec grappes et disques au lien de 
feuilles. IV. Une croix inscrite dans un cercle , dans le disque formant pied 
au fond. 

Sculpture. — Tête d'éphebe, de marbre blanc, coiffée du pilem; sur le 
front, les cheveux sont bouclés. Travail assez minutieux. Haut., o m. 09. 

Divers. — Bulle byzantine, o m. o3o x o m. oo3. Deux inscriptions. 

Autre bulle byzantine : Minerve debout regardant à droite, armée de 

toutes pièces. La main droite abaissée sur le bouclier, la main gauche te- 



, y Google 



— 119 — 

liant la lance; réplique de celle du Musée de Sousse. fy. Un autel à 
(rois étages. Diam., o m. oaa. 

Rondelle de plomb, amulette; anneau plat décore 1 de dessins en relief. 
Diam., o m. oS5. 

Une autre semblable, brisée. 

Bracelet ouvert, de cuivre doré. 

Bracelet fermé, de bronze. 

Clef montée sur un anneau de bronze. 

Deux chatons de bagues, de brome, avec cachets. 

Basile d'argent 

Deux bagues en alliage. 

Trois boudes de brome. 

Environ 900 pièces de différentes époques. 

G. Govvbt. 



Digfedsy G00gle 



EX-VOTO ET INSCRIPTIONS 

DE TH1BARIS. 



Rapport de H. Jules Toctiin, membre de I* Commiwîon 
de l'Afrique du Nord , but une communication du R. P. Hxcirrt m 9* . 



Le R. P. Heurtebise, supérieur de l'Orphelinat indigène de 
Saint-Joseph de Thibar, a découvert , en 1 908 , plusieurs stèles vo- 
tives auépigraphes et quelques inscriptions on fragments d'inscrip- 
tions. Ces documents proviennent, les uns, de Thibarit même, les 
autres des ruines voisines de Thigibba Bure et de Gitiitm. 

A. STILKS VOTIVES AHÉPIGiAPHIS. 



1. Trouvée sur la rive droite de l'Oued Thibar. Haut., m. 5o; 
larg., m. 3o; épaiss., m. i&. — Stèle à fronton triangulaire; 
dans le fronton, disque et croissant montant; au-dessous, image 
grossière, presque linéaire, d'un personnage debout levant les bras, 
dans l'attitude de l'adoration. Cette image rappelle l'image si fré- 
quente sur les stèles votives du sanctuaire de Saturne à Thigmta; 
mais elle est ici plus voisine de la forme humaine (pi. IX, 6g. k). 

2. Partie supérieure d'une stèle à sommet arrondi. Haut., o m. 35 ; 
larg. ,om. a6; épaiss., om. 07. — Au sommet, rosette; au-dessous, 
disque minuscule et croissant montant, encadrés à droite, à gauche 
et à la partie inférieure d'une ligne profondément creusée. Plus 
bas, dans un cadre évidé, couronne. 

3. Trouvée à Sainte-Marguerite de Thibar. Haut-, o m. 75; 
larg., om. 3o; épaiss., om. iS. — Stèle à sommet arrondi, dont 
la partie supérieure figure une arcade soutenue par deui colonnes; 
c'est là une représentation simplifiée et fruste d'un temple. Au som- 
met, disque orné d'une rosace à six feuilles; sous le disque, crois- 
sant montant; plus bas, image dite de Tanit (en réalité, représen- 



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BouitM tRGlioLosiqliB, igoô. 



PL IX, p. t 



STELES VOTIVES 
TROUVÉES À THIBARIS. 



DigitizedDyVjOOgle 



:,,iz,d, Google 



— 121 — 

talion simplifiée d'un fidèle dans l'attitude de la prière); a droite 
et à gauche, une palme. A la partie inférieure de la stèle, victime 
(probablement de race ovine) passant à gauche (pi. IX, fig. 3). 

4. Trouvée a Saint-Joseph de Tbibar. Haut., o m. 60; larg., 
o m. 97; épaiss., o m. t5. — Stèle à sommet arrondi; de haut en 
bas, deux croissants montants; disque orné d'une rosace à quatre 
feuilles, croissant montant; image grossière et simplifiée de l'ado- 
rant; au-dessous, dans un cercle évidé, rosette. 

5. Trouvée sur la rive droite de l'Oued-Thibar. Haut., o m. 5o; 
larg., o m. 93; épaiss., m. 10. — Stèle très grossière. Entre deux 
torsades très frustes, on distingue : 1" deux fois répété, un objet 
formé d'une base horizontale et de deux montants verticaux qui 
reposent sur les extrémités de la base; 9° la victime absolument 
indistincte (pi. IX, fig. 1). 

6. Trouvée à Thibar. Haut., o m. 55; larg-, o m. 3o; épaiss., 
m. 10. — Stèle à sommet arrondi; de haut en bas : t" entre 
deux rosettes, le groupe du disque (en forme de rosette) et du 
croissant montant; 9° entre deux gâteaux, dont l'un est en forme de 
losange et l'autre en forme de lyre, un bucrane el une rosette; 
3° la victime (de race ovine) passant à gauche, 

7. Trouvée à Thibar. Haut, m. 60; larg., o m. 3o; épaiss., 
o m. 07. — Stèle à sommet triangulaire. Même décoration que la 
précédente; la seule différence consiste en ce que, sous le bucrane, 
au lieu d'une rosette figure une pomme de pin. 

8. Trouvée à Thibar. Haut., m. 5o; larg., o m. 33; épaiss., 
o m. oiî. — Stèle à sommet arrondi. Même décoration générale que 
les deux précédentes. Outre les rosettes, le disque et le croissant, 
le bucrane et les deux gâteaux, on voit de chaque côté de la stèle, 
une palme, et devant la victime un autel carré embrasé (pi. IX, 

a,. 3). 

9. Trouvée à Thibar. Haut., o m. ko; larg., o m. 3o; épaiss., 
o m. 07. — Stèle brisée a la partie inférieure. Sommet trian- 
gulaire. En haut, entre les deux gâteaux (losange et lyre), une 
pomme de pin, puis une pyxideà couvercle conique; au-dessous, 
animal qu'on dirait être un iion(ï). 



Digfedsy G00gle 



— 132 — 

10. Trouvée à Thibar. Haut., om. &9; larg., on, 97; épaiss., 
o m. 16. — Stèle mutilée, représentant l'entrée d'an temple sou- 
tenue par deux colonnes. Un bncrane; au-dessous, un mouton 
passant à gauche. 

De ces dix stèles, les cinq premières, par maints détails de leur 
décoration, rappellent les ex-voto néo-puniques trouvés en diffé- 
rents points de la Tunisie; les cinq dernières se rapprochent 
davantage des monuments d'époque romaine, tels que la plupart 
des stèles de Thigmea. Deux autres stèles de cette seconde caté- 
gorie, trouvées par le P. Heurtehise a Djebba, ont été publiées par 
H. Héron de Villefosse dans le Bulletin de» Antiquaire» (1900, 
p. i3i-i37J. 11 est vraisemblable que tous ces monuments étaient 
des ex-voto dédiés au Saturne africain. 

B. Inscriptions et fragments d'inscriptions. 

1. GiUtum(Henchir-el-Fras). — Fragment d'une dédicace mo- 
numentale, déjà publié par le R. P. Delattre, mais revu par le 
P. Heurtehise. On lit : 

PLVTONI-MERCVrio 

...VIII COS III PP ET ÏVLIAs... 
AVG-DEDICATVM PEC... 

Ptutoni, MrTcufrio. . . . sacrum, Pro sainte Imp. Car». H. Aureli Steen 
 lem n iri P. F. Aug.pont.max., trib.potest.]viii, co(n}s(ulit) 111, pfntro) 

ftatriar) et Mia[* Mamaewt Awff., natri* Attgwti. . ., tentphm ] 

Avg. dcdicatvm pec[*nia 

L'inscription est datée de l'année 399 après J.-C. Cette année 
parait avoir été marquée à Gillium par quelque événement très 
important : elle vit l'érection de monuments a la mémoire de Sep- 
time Sévère, de Jnlia Domna, de Caracalla (,) . 



2. Tkibaris. — Fragment. 

C 

Qj DEtf 



Qj EIM 
o nEr» 



W Cf. R. P. Delitlre, fioles archéologiques dans 1= Rmte (uiujhihio, 1899, 
p. Ufà-hb-]; Comprit rendus de PAcad. des Inscription* et Bulles-Lettres, 1R.99, 



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Au début de \a praouèn ligne, avant le Q, ou distingue sur ia 
pierre un trait oblique qui peut être le dernier jambage d'us M; 
d'autre part, M. Merlin ,, ancien membre de l'École française de 
Rome, récemment chargé d'une mission épigraphique en Tunisie, 
a bien voulu nous indiquer qu'il existe a Thibar un autre fragment 
paraissant appartenir au même texte ; ce fragment se lit : 

T. A ELI 
.EG. CAN 

De toutes ces observations on peut condnre, seuible-t-il , que ces 
deux débris proviennent d'une inscription impériale, dont ia pre- 
mière Ugne se restituerait ainsi : [Pro Write Imp. Caa.\ T. Aeli 
[Hadriam Atttonini PU Aug. Uberom]mque eju*. . . La seconde ligne 
reste énigmatique,sauf à la lin [. . . .feeit adfâtte) dfU[icamt\. 

3. Idem. Fragment. 

SP'F- 

...>.)■<««*)/.»<)...; 

h. Thiggiba Bwe (Djebba). — A Boo mètres environ à l'est de la 
première source, borne grossièrement taillée, d'une hauteur totale 
de o m. 80 dont près des deux tiers étaient enfoncés en terre; 
larg. , m. 39; épaiss. , o m. 16. Deux des faces portaient des 
inscriptions. 

«. R. ■ P • C 

THIG- BVR 

ft(cêjp(Mca) «(iwtetw) Tktg(ibbae) Bta{t) 

b. P VU 

Cette borne marquait sans doute la limite entre le territoire 
communal de Thigihba Bure et quelque grand domaine. 

5. Tkiggfa Burt (Djebba). — A 900 mètre» environ de la 
borne précédente; borne moins grossière; hauteur totale, o m. 70; 



Digfedsy GoOgle 

i 



liirj;. , o m. ht; épaiss., o m. ao. Deux des face* portaient des in- 
scriptions. 

B V R 
[tiexpvbl. TUg.]f Bur{e) 

b. P R O 

Mémo observation que pour ta borne précédente. 

6 et 6 bis. Gillium (llencbir el-Fras). — Deux fragments gros- 
siers, provenant peut-être de bornes. 



La lettre G est peut-être l'abréviation de Gillium ou GMUanut? 
Dans la seconde ligne du n" G, on reconnaît peut être au début les 
lignes VC, abréviation de Uci, nom d'une cité voisine de Gil- 

&NN. 



7. Thibarit. — Épîtaphe; haut., o m. A5; larg., o m. 9»; 
épaiss., o m. 07. 

D M S 

FORTNNAT (me) 

A-V- A-XI 

D(it) Minibus) *{acrum). Fort\n]nab> v(ixit) a(»aii) «t 

8. Giliiim. FragmentdVpilapbe; haut,, o m, s5; larg., oui. i5; 
épaiss., o m. oi>. 



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A NN 
-_IDIE 
XII-H-S-P- 

. . . [rmïj «w(.«)[. . , *(***.) . . . ]i, die [but. . ] sîi. IHfrtde*) *(wi) p(eeunià) . . . 

Mais peul-ctre y avait-il à la dernière ligne HSE, c'est-à-dire 
H(ic) .(,•«,) «(«). 

9. Gitlùm. — Fragment : haut., o m. au; larg., o m. 30; 
épatas., o m. 08. 

M S 

P.E1AZ 

ICA 



[O»] :»(«.i6«.).(«o«,»). [ | reia 4» «/,>». 



10. Gittûu*. — Fragment : haut., o m. 35; larg. , o m. 3o; 
e'paiaa., o m. 08. 

i.iAvixir.i 

US LXIII / 
TTLS y 

[. . . .]&■ ait* [«»] [«]» tràï l\«rra) <*) l(îrà)i(il). 

11. GHUum. — Fragment : haut., n m. 90; larg., n m. 90: 
e'paiaa., o m. in. 

NIS 
HS 

[oixit a»]nù[ ] A(tc) *(inu). 

12. GilUuni. — Fragment : haut, n m. 95; larg.,n m. 10; 
épaiss. , o m. 9n. 

DV 
1* 
H 

*.[<• •«• »] ""(<■ 1 "M K*»> «"» 



z,d:,,COO 



gk | 



— 1S6 — 

13. Thigibba Bure. — Fragment: haut. , o [il. 3a; larg., o m. a3; 
épaias., o ni. 3 3. 

ANNIS 
PM 



. [rixil] anni'.s p(hw) mlinui) . 



IV Henchir-Chett. — Fragment: baut. t o m. af>;larg., on. ao. 



•t'HON 
VS- PV 



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NOTE • 

SUR 

LES FOUILLES DE LA NÉCROPOLE 
DE NESATTFUM 



PAR H. DB LAIGXJE, 
Correspondant du Comité, connu] général à Triette. 



Comme suite à mes notes antérieures' 11 , voici, soos une forme ré- 
sumée, le compte rendu des fouille» exécutées, à partir du 16 mai 
dernier, per le professeur Puschi sur l'emplacement de l'antique 
Netatùum. 

Les ouvriers, dont le nombre a été certains jours de 63 , étaient 
divisés eu escouades distincte!. La première, qui travaillait en 
dehors de l'enceinte, n'a guère fait que vider des tombes déjà 
antérieurement explorées, les unes avec appareil en maçonnerie 
et les autres sans vestiges de constructions. 

Opérant à l'intérieur de cette même enceinte, la seconde es- 
couade avait pour tâche de pénétrer, dans la nécropole préromaiue, 
au-dessous des sépultures remises à jour en 1903 et sur rempla- 
cement même où s'étaient rencontrées des sculptures du type 
mycénien, lesquelles étant plus anciennes que les sépultures elles- 
mêmes révélaient une civilisation antérieure encore, civilisation 
dont, jusqu'ici du moins, Netauivm offre seul un souvenir certain 
pour riatrim 

Avec les débris de murs rustiques, plus ou moins massifs, car 
ils servaient a soutenir des espèces de terrasses pratiquées au 
flanc de la colline , et formant peut-être comme autant de divisions 
du cimetière primitif , ou a rencontré un peu partout, disséminés 

<>' Voir Buiktiu areUoiogùjw , 190A, p. al. 



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— 128 — 

dans le sol, des fragments de vaisselle d'argile et des ossements 
d'animaux. De loin eji loin étaient accumules les résidus de la cré- 
mation et les débris des repas funèbres, consistant surtout en co- 
quillages de diverses espèces, notamment bivalves. A 3 m. 10 au- 
dessous du niveau du sol existait un sépulcre des plus pauvres, 
car il consistait en un simple trou ayant reçu les os calcinés, et 
immédiatement au-dessous, c'est-à-dire à 3 m. ao, ou se heurtait 
à la roche vive. 

La troisième escouade fut affectée à une partie encore absolu- 
ment inexplorée de cette même nécropole, et limitée a l'Est par un 
mur de 70 mètres de long qui sépare le cimetière archaïque de 
l'aire occupée par les édifices romains. On y a découvert seise 
lombeaux intacts, disposés en quatre étages superposes; eu outre, 
l'on reconnut les vestiges de bon nombre d'autres, détruits soit par 
les chercheurs de trésors à l'œuvre depuis des siècles , soit par la 
charrue du laboureur, soit encore par les éboulements et mouve- 
ments naturels du terrain. 

Les plus élevés présentaient simplement une seule urne de terre 
cuite, protégée par de petites dalles de pierre, tandis que ceux des 
étages inférieurs, qui étaient aussi les plus voisins du mur, consis- 
taient en une sorte de chambrette ou cellule entourée de maçonnerie 
légère et de grosses pierres placées en équerre. A l'intérieur se 
trouvaient toujours plusieurs urnes cinéraires , selon l'agencement 
propre aux colvmbaria familiaux, e t. partout on a signalé l'existence de 
grandes dalles ou de lourds amas de pierre en guise de couvercle. 

Que les sépulcres fussent plus ou moins sommairement établis, 
tous étaient également pauvres en mobilier funéraire, celui-ci con- 
sistant uniformément en bracelets de différente facture, en quelques 
pendeloques, quelques anneaux, quelques boucles d'oreilles et 
quelques longues épingles. Quant aux vases eux-mêmes, ils se rat- 
tachent au type de fabrication locale, de pâte grossière, et la 
plupart du temps lisses ou tout au plus ornés soit de méandres , 
soit de dessins géométriques des plus simples. ** 

La pénurie de cette partie de la nécropole fait contraste avec la 
richesse relative des fouilles exécutées en 1901 dans la zone méri- 
dionale où se trouvèrent en abondance les objets de parure et grand 
nombre de vases fabriqués dans les ateliers étrangers d'Afeste, de 
l'Apulie et de la Grande Grèce. 

Le site actuellement exploré se rapporterait, suivant le profeft- 



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nur Puschi, à nue période plus ancienne, laquelle serait exacte- 
ment celle que l'on est convenu de qualifier de troitifou atartme, 
■lors que les tombes étudiées en 1 901 appartiennent ou seulement 
à la fin de cette période ou même au commencement de la qua- 
trième. «Et de cette attribution chronologique*, écrit notre con- 
frère, nous croyons pouvoir trouver nue preuve certaine dans la 
composition du mobilier des deux sépultures découvertes à l'ex- 
trême limite septentrionale des fouilles de cette année. N'offrant 
que la structure de simples trous, ceux-ci renfermaient en abon- 
dance des objets de brome, parmi lesquels on notait la fibule ca- 
ractéristique de Hallstalt-n 

Ne pouvant reproduire ici, si utiles soient-ils, tous les détails 
fournis par le directeur des recherches , on se limitera , en ce qui 
concerne cette même Mtne, & signaler comme trouvé dans la couche 
supérieure un cercueil formé de plaques de pierre soutenues par 
des amas de pierres détachées. Dans ce cercueil reposait le sque- 
lette d'un homme d'âge mur couché sur le côté droit et replié sur 
lui-même, c'est-à-dire dans une position analogue à celle du som- 
meil. Fait notable , c'est là le seul exemple d'inhumation relevé 
dans la nécropole primitive du NetaUtum archaïque. Mais, contraire- 
ment aux prévisions, nul mobilier funéraire n'a été découvert, en 
so-rte que les éléments manquent ponr déterminer, fut-ce approxi- 
mativement, l'époque de l'inhumation. 

An cours des fouilles et à la suite de quelques sondages, on re- 
connut que le vaste cimetière était comme divisé en deux par la 
rue principale de V oppidum, laquelle aboutissait à une porte orientée 
vers Pola. Le long de cette voie, on ramena divers objets non sans 
intérêt, notamment des fragments de parures d'argent et une bague 
de brome portant cette inscription : AVE MATER. 

La quatrième escouade de travailleurs s'était attaquée aux édi- 
fices romains voisins de la nécropole, édifices parmi lesquels l'on 
ne tarda point à distinguer des thermes importants par leur éten- 
due. En effet, quoique la fouille ait porté sur plus de mille mètres 
carrés, il n'a pas été possible d'atteindre les murs extérieurs de la 
construction. Dans cette zone, les trouvailles n'ont pas été insigni- 
fiantes. Ainsi, abstraction faite de divers motifs architectoniquea de 
bonne exécution, on a découvert un autel votif consacré d'après l'in- 
scription, d'ailleurs asses maltraitée, par une certaine CAEC1L1A 
BARBARA à une divinité dont le nom a disparu. Un autre autel 



Digtodsy Google 



— 130 — 

votif, de plus grandes dimensions et complet, nous apprend que 
LTORIVSSTEPHANVS a dédié le monument à EJAEAV- 
G VST A F., divinité dont le culte était certainement très développé 
à Nuattitim , car notre inscription est ta troisième qui mentionne ce 
nom nouveau. Un troisième cippe fort grossier nous révèle une 
TfUTAE- AVG qui apparaît pour la première fois. Enfin la série 
épigrapbique se dot par un quatrième autel votif dont le dédicant 
estT-ANNIVS- .. R.ASSVS, le reste ayant péri. 

Laissant de côté rénumération des tuiles avec marques de potier 
comme aussi trois grands poids de plomb, quelques conduits de 
même métal, voire une fibule de bronte de facture byzantine, nous 
terminerons par quelques brèves indications relatives aux thermes 
ou plus exactement aux parties de ces thermes jusqu'ici remises au 
jour. 

Bien que les décorations et ornements aient entièrement dis- 
paru, on ne saurait douter de leur existence et, dès à présent, on 
a exploré le catdarium avec l'hypocauste, une citerne remise eu 
usage, un bassin pour ablutions froides, des récipients pour l'eau 
chaude et enfin le vestiaire qui parait avoir eu des revêtements de 
marbre. 

Au centre de l'édifice, mais exposé au Nord , règne un promenoir 
d'une quinzaine de mètres, dont le dallage est constitué au moyen 
de petits polygones de faïence ingénieusement combinés. 

Tels sont, sommairement exposés, les résultats obtenus jusqu'à 
la fin dejnin 190/1. L'automne prochain, c'est-à-dire lorsque les 
décombres qui entravent les recherches et recouvrent le sol auront 
été enlevés, les fouilles seront reprises. 

L. de Laigub, 
Correspondu ni du Comité. 



Digfedsy G00gle 



NOTICE 

SLR 

LES ANCIENS THERMES ROMAINS 
DE MONFALCONE, 

PAR H. GUSTAVE DB LAIGUE. 



Aui alentours du gros bourg de Monfalcone, lequel est situé à 
environ une heure à l'Ouest de Trieste, en chemin de fer, et proche, 
vers l'Italie, de la station-frontière de Cervignano, existe présen- 
tement un établissement thermal restitué des Romains, situé dans 
une région marécageuse formée par les débris de l'ancien Lacnu 
Timavi et par le delta actuel du fleuve Timave. 

Lorsque la mer occupait encore ces marais et battait le pied des 
contre-forts avoisinants, il en émergeait deux lies appelées par 
Pline Ituuiat QaraeW, et dans l'une de celles-ci se trouvaient des 
thermes très fréquentés. Ces deux lies, on les distingue fort bien 
aujourd'hui encore et elles forment deux monticules qu'affleurent 
des rochers de même nature que ceux du Karst. On prétend qu'au- 
trefois elles étaient réunies par un pont dont on aurait même re- 
trouvé les vestiges. Là où maintenant circulent des centaines de 
canaux d'irrigation s'étendait précisément le Laeut Timavi. H avait 
trois débouchés sur la mer, et le port se trouvant en ce lieu était 
avec Pola l'un des abris habituels de La flotte romaine. 

Ce Laetu Timavi était formé par le célèbre fleuve Timavus duquel 
Virgile décrit les sources, le cours souterrain dans les montagnes et 
l'embouchure : 

An ténor potoh, média elapsus Achivis, 
Ulyricoe penetrare sinus, atque intima tutos, 
Régna LuSuroorum et fontem superare Timavi, 

W Hitt.mu., II, 3; LU, i6. 



Digfedsy G00gle 



Uade per ora oovem, v«sla cura murmure raontia, 
It mare proruptam et pekgo prenait arva sonanti' 1 '. 

Tout près de ce Timave, la localité actuelle de Monfalcone (ou 
eu ignore le nom antique) fat en renom par les thermes qui s'y 
élevèrent justement pour capter et utiliser les sources chaudes qui 
jaillissent au marais même. 

Les nombreuses invasions barbares qui dévastèrent ces parages, 
et la nature elle-même qui, au cours des âges, changea le vaste 
lac en marais malsain, ne nous permettent guère de restituer, 
fut-ce par la pensée, l'état antique des lieux. Les guérisons obte- 
nues par ces sources étaient si merveilleuses, que la croyance po- 
pulaire avait créé autour d'elles de mythiques légendes. On affir- 
mait, notamment, qne les cavernes d'où jaillissaient les sources 
chaudes étaient habitées par des génies , tandis que les esprits aver- 
naux défendaient de mystérieuses portes de fer élevées par ces génies. 
Quant aux nombreux malades guéris par les divinités des eaux, ils 
marquaient leur reconnaissance envers ces divinités, en élevant en 
leur honneur des temples, des colonnes et des inscriptions coin- 
mémoratives. 

C'est ainsi qu'aux embouchures du Timave «raltisonantx se dres- 
sait un somptueux nymphée, lequel devait regorger de riches of- 
frandes; car, on le sait, et la trouvaille de Vicarello le prouve, les 
malades avaient coutume ou de dédier des ex-voto aux nymphes 
guérisseuses ou de jeter des objets de valeur et des monnaies dans 
les sources elles-mêmes. 

Outre ce nymphée, les baigneurs avaient érigé un autre temple 
à la déesse de l'Espérance Auguste. Et ces temples devaient être 
très fréquentés, car, s'ils étaient situés dans le voisinage d'une fon- 
taine thermale en renom, ils étaient tout à fait près de la grande 
artère formée par la Vtà Gemina qui, se bifurquant, tendait d'une 
part vers les Pannonies, et de l'autre réunissait les Alpes et flstrie 
à Aquilée. 

Le fait que les Romains érigèrent un sanctuaire à la déesse de 
l'Espérance Auguste est confirmé par trois inscriptions votives 1 * 1 
dédiées h cette déesse. 

I» An,, I,t. lit et m». 

<*> Corp. m*cr. lai., C V, n" 706, 707, 708. Ce» trois pierres Yotiw» furent 



Digfedsy G00gle 



— 133 — 

Dana l'antiquité, les bains se prenaient en dos vasques con- 
struites au niveau de la source. Les malades se faisaient amener 
tu moment de la marée montante; car les eaux suivaient le mou- 
veulent du flux et du reflux de la mer, avec laquelle elles commu- 
niquent sans doute, puisqu'elles sont salées; elles atteignent du 
reste actuellement, à la source même, une température de 3g° a 
ho' centigrades, ce qui en démontre indubitablement l'origine vol- 
canique. Au sujet de ce flux et reflux qui subsiste de nos jours, 
comme aux temps romains, Pline écrit : Contra Timavum amnem in- 
ttda pana m mari Ut cum fontiinu caiidit fia panier evm aettu maris 



Quand on édifia les thermes actuels de Monfalcone, c'est-à- 
dire au coure de i83o , en faisant des fouilles, on mit au jour de 
nombreuses ruines et des inscriptions votives. Nous avons rappelé 
trois de celles-ci , en voici trois antres : une de ces pierres porte ce 
qui suit :FONTI-SANCTISSIMAE-SACR.VM. 

Sur une autre est écrit ; AB VD RV— SICVT, ce qui 
a été* interprété de ta sorte : Âqtta Bénédicte, Vtrtm Dei, Redtmptù 
Vùae =» Sieut. Cette dernière inscription prouve que les eaux étaient 
encore fréquentées au moyen âge. 

On lit, ailleurs, sur des tuyaux de plomb qui servaient à la con- 
duite des eaux ACQ_VA • DEIETVITAE. Tontes ces in- 
scriptions tout conservées au Musée d'Aquilée; elle appartiennent 
au moyen Age. 

On découvrit également des débris de vases de terre cuite, di- 
vers objets domestiques et de nombreux outils on instruments. 

Lorsque l'Empire romain s'écroula sous la poussée des Barbares 
qui se ruèrent avec fureur sur cette xoue appelée Porte de fltaUe, 
en semant partout la terreur et la mort, ces thermes, après la des- 
truction d'Aquilée , demeurèrent ensevelis et oublies sous les ruines 
des constructions qui les entouraient. Ni les ducs du Frioul, ni les 
patriarches d'Aquilée ne s'occupèrent de celte station, autrefois 
célèbre, et c'est seulement sous la domination de la Sérénissime, 
en Tan t&33, après bien peu moins de mille ans d'oubli, qu'elle 
fut l'objet d'une sorte de modeste restitution , comme le prouve une 



oeeSBrêrta pies de PfgBJSt «due-Ile de Saint-Jeu, prèi dn Tîmme, où elles «ont, 
du reste, amenées. 

« Pline, (lut. Mt.,II,sso. 



Digfedsy G00gle 



— 134 — 

inscription latine encastrée dans la façade de rétablissement actuel , 
lequel est visité par de nombreux malades renés d'Autriche et 
d'Italie. 

En dehors des thermes, situés dans l'nne des Intuiae Ctêrae, il 
existait, au temps ou Aquilée était florissante et au lieu appelé 
S. Caneiano, une des neuf teintureries de pourpre que les empe- 
reurs romains avaient autorisées dans tout l'Occident. Une pierre en- 
castrée dans le mur de l'église du village susindïqné en fait foi 111 . 
Cette pierre fut trouvée dans l'enceinte de ce village. 

Sur le territoire de ce même village , il existait aussi un* fabrique 
de vases au lieu qui aujourd'hui s'appelle fltoa ai Cop. On y trouve 
actuellement encore des fragments de terres cuites diverses; sur 
beaucoup de ces fragments, on lit les mêmes noms de fabricants 
que sur les Bgulines dont on rencontre des débris nombreux sur 
le territoire d' Aquilée, la seconde Rome jadis. 

Il est, du reste, fort à regretter que le manque de l'onds ne per- 
mette point de procéder à des fouilles régulières dans la région, 
car une tradition persistante veut qu'il existe dans le sol un riche 
dépôt d'offrandes, et la trouvaille de Vicarello, trouvaille rappelée 
[lius haut, non moins que la coutume bien connue du jet de mon- 
naies et objets précieux dans les sources donnent beaucoup de 
vraisemblance à cette tradition. 

Aussi bien, le sol rend fréquemment des monuments intéressants 
non seulement pour l'histoire ancienne, mais également pour celle 
des temps postérieurs. Ainsi, pendant un séjour à Moofaloone, 
j'ai pu me procurer une pièce d'argent frappée par Rodolphe de 
Pedraxxani, évéque de Trieste en i3iu, le dernier qui ait battu 
monnaie. Reconnue rare par le savant M. Puachi, conservateur 
du Musée municipal d'Antiquités, cette pièce dont je me suis des- 
saisi en faveur du médailler local provient d'une trouvaille remon- 
tant à i8g3 et due, comme presque toujours, exclusivement au 
hasard. En faisant certains travaux, des ouvriers découvrirent un 
vase rempli d'espèces de coins différante; le vase lui-même fut 
brisé par un paysan et les espèces dispersées, l'exemplaire ici 
représenté étant le seul qui ait été apporté jusqu'à Trieste W. 

"1 Corp. iwcr. lai., t V, n* ioSo. 

(1 > Un certain nombre de monnaie!, provenant de cette même trouvaille, font 
coDBenées au Musée de Mcmtfalcone même, où elles forment une collection uité- 



Digitizedr.y G00gle 



— 135 — 

En voici la description : 

Au droit, RflDVLFVB flPS, en légende circulaire. Dans le 
champ, un évêque de face, assis, mitre en télé, tenant lu crosse 
de la main gauche et bénissant de la droite. {Saint Just, patron de 
Trieste?) 

IV- * T6R06STIHYS en légende circulaire. Dans le champ, 
un cerf(?], nimbé à gauche; placé sur un monticule de six cou- 
peaux, celui du centre chargé d'une fleur de lis ou plutôt d'un fer 
de hallebarde, lequel figura aujourd'hui encore dans les armes de 
Trieste. 

Gustave db Lugub. 



j, 



:,,iz,d, Google 



L'ÉTABLISSEMENT CÉRAMIQUE 
DE LAVOYE 

<MBUSK), 

PAB H. LB DOCTEUR MBl/MER, 



Les collines abruptes de l'Argonne, sourotuiéea de leur épaisse 
forai, après avoir canra du Nord au Sud, par Verennea et Cier- 
raoat, s'arrêtent brusquement a la hauteur de Verdun, ■ j5 kilo- 
mètres de cette vflie, peur s'infléchir à anal* droit, vers l'Ouest, 
c'est-à-dire dans la direction de Châlons et de la Champagne 

De l'angle ainsi formé' m détacha un contrefort allonge dans le 
ssmHsfrOnaa, a pentes eaearpéas, dit la C*te de Waly. Cette col- 
line, par aa disposition, constituait ua point stratégique important, 
d'où, l'an pouvait surveiller la plains jusqu'aux valises de fOrnafa 
st aie la Sautt, Las Romains ne pâmaient manquer d*y établir un 
aaata, et c'est as qu'ils firent, eoumo U prouvent les retranehe- 
ments, bien visibles encore, qui la surmontent. 

La chaîna montueose argonnaise appartient geelegiquemeat au 
terrain albien, l'an» de» assises inférieures de la formation erom ed e. 
Sa masse ait entièrement composé* d'an grès veraatre, tendre, 
reposant aar un double lit d'argjia et de sables varia. 

Je panse, mais sans pouvoir encore ta démontrer, que le eaajp 
de Walr ruant comme garnison une cohorte appartenant a la vnr* 
oa i la kxj* légion après que, sons la règne da Domitien, eeriles-ei 
eorant été envoyées d'Auvergne sur la frontière rhénane et dans les 
pays environnants. 

Chaque légion renfermant des enrri er a de tons corps de métiers , 
les potiers, trouvant sous leur main l'argile et le sable propres à la 
cenfeetien dé la poterie, le bois no n — s p ire pour la nuire, la gaize 
aa pistai uimln, très rérraclaira et, par conséquent, bien propre à 
la conatractioB des tours, songèrent à fonder an eet endroit d*im- 
poriaau) établissements iadaaariais. 

l — N'2. 10 



Digfedsy G00gle 



— 138 — 

Or, à a kilomètres à peine de l'extrémité Est du camp, passait 
une voie reliant le camp de Faiua (sous Bar-le-Duc, vallée basse de 
rOraain) 1 Dan (sous Verdun, vallée de la Meuse). En ce même 
point, cette voie se trouvait coupée à angle droit par une autre voie 
allant directement de Chilons à Verdun. Cet entrecroisement de 
routes devait se prêter à merveille au transport des produits céra- 
miques dans quatre directions et à leur dissémination par les vallées 
delà Marne etde la Meuse. Il était difficile de trouver accumulées de 
plus nombreuses conditions de réussite. 

La station industrielle naissante prit le nom lïAUar-iaeuin, qui 
devint pins tard Altreium. Il y eut donc, a l'époque romaine, un 
centre industriel dans le territoire qui forme actuellement les deux 
Images conligus d'Aulrécourt et de Lavoye. 

A Autrécourt cependant, on ne trouve aucune antiquité romaine, 
tandis que le sous-sol de Lavoye est romain dans toute son étendue. 
Lavoyfi n'est que la partie basse et riveraine de cet astique milieu 
céramique. 

Des ateliers céramiques on figiines d'A b r amm il ne reste pins rien 
au-dessus du sol ; la charrue a soigneusement nivelé leur emplace- 
ment et recouvert leurs ruines, mais la teinte noire du terrain sur 
une vaste étendue, l'énorme quantité de menus tessons de poterie* 
et de tuiles à rebord qui jonchent sa surface, celle que la charrue 
ramène tous les ans à l'époque des labours , témoignent de la riches» 
archéologique du sol. 

Maintes foi» le hasard a suscité d'intéressantes découvertes : 
monnaies et objets divers, un puits, un four de potiers, les d'ab- 
stractions d'un temple, etc. Ces découvertes ont fait l'objet de deux 
notices publiées par M. de Widranges, archéologue à Bar-le-Duc : 
la première dans VAknanack de la Meute, de t84ù; la seconde dans 
les Mémoire» de la Société d'archéologie lorraine, de Nancy, en i86a. 
Elles ont été, en outre, signalées par M. P. Liénard, dans Ml 
Dictionaire topographique et archéologique du département de la Ment, 
articles Autrium. 

Mes premières recherches datent de 1878; elles n'ont été faites 
d'abord qu'à la surface du sol. 

En 1886, a en lieu ma première fouille sur l'emplacement des 
figiines et, depuis cette époque, j'en ai pratiqué presque tons les 
ans. Ces fouilles m'ont procuré de très nombreux objets : : 
propres à l'enfournement, moules, poteries, eto. Je les ai t 



Digfedsy G00gle 



— 140 — 

mfese établissement céramique, à moins que ceu»-«i n'aient été 
acheté» par tes potiers de oet établissement k une fabriqaa spéciale 
de poiaçons qui aurait pu en vendre de semblable» a d'autre* 
figiines, «a à moine que les poinçons, nu partie d'entre eni, n'aient 
été obtenu» par surnioulago dea sujet» d'ornementation déjà en- 
ployé* par de» fabrique» antérieures on plus renommées. C'est ia 
une question a résoudre. 

lin tel programme, pour être rempli, demande de très longues 
et de très minutieuses recherches. 

En 1889, mes investigations ont porté sur un autre point que 
l'emplacement des figiines. Dan» une fosse longue de A mètres, 
large de * mètres an moins, j'ai recueilli environ soo vases, quel- 
ques-uns complète, la plupart incomplète, mêlés à des objets très 
divers. De la situation de cotte fosse sur le bord d'une voie romain* 
(Cbâl ons-Verdun) et de la nature doa objets qu'elle renfermait , j'ai 
oondu a une sépulture k incinération 1 j'ai même reoonetitné, dan» 
un travail que je destine à la Société des lettres de Bar-le-Duc, 
certains deuils de la cérémonie funèbre. 

J'ai complété celte fouille en 1896 et eu 190a. Au nombre des 
objets enfouis se 1 trouvaient plus de 900 monnaies petit brome 
appartenant à une série de règnes qui débuta è Claude le Gothique 
pour se terminera Constance (I (mort en 36 1). Cet an fouisse ment 
est donc très nettement daté, et ce qu'il nous apprend de «dus inté- 
ressant, c'est que : 

Pas un des types représentés par ees a 00 vssaa ne figura dans la 
collection des types céramiques fabriqués dans les figiines d'Autry. 
Donc, eu 36o, les figiines d'Autry ne fonctionnaient piaa; 

Kn 86«, les potiers ne signaient pins leurs oeuvras; 

Ëar 36o, la décoration des vases par le procédé du moulage était 
abandonné ; 

En 3 6 o, le rouge dit tamien est devenu orangé" , toujours trop 
mince et trop pou cuit; on ne peut pas dire, comme le fait M. Dé- 
cheleUa , qn'à cette époque les vases moulés sont remplacés par de» 
vases décorés i la roulette (ses vases a soneg striées), mais, bien 
que, les vases moulés n'existant pins, on a continué à façonner dai 
vases striés, comme on en avait fabriqué durant toute la période 
d'activité des figiines d'Autry. Toutefois, ces vase» striés du rv*eièele 
(les senls que eite M. Déeheielte) différant notablement de «m 
qui avaient été faoennéa dans las figiines d'Autry. 



Digfedsy G00gle 



K* outre, un alphabet de |3 lettres, fort nettement gravé à La 
pointe ■««lie sur an vase, «prit cuisson, iuhis apprend qu'en 86© 
on employait encore des caractères archaïques II = E et r-=ssF. 

J'appelle cette fosse, dont je prépare en ce moment, pont- la 
Société de Bar-le-Duc , une description détaillée, téjmkutv A. 

Au nombre de ces vases qui, par leur aspect et par quelques 
autres' caractères, montrent assez clairement qu'ils sortent d'une 
même fabrique, se trouve une grande coupe, de o m. 43 de dia- 
mètre (type représenté par six exemplaires et de nombreux frag- 
ments), dont les similaires figurent en grand nombre au musée de 
Saint-Quentin, provenant du cimetière romain de cette ville et, 
sans doute aussi, de Vermand. C'est sur l'une de ces grandes coupes 
qu'a été gravé l'alphabet «otnplet, A, B,C,D, K, F, U, H, I, K, 
L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, X, Y, Z, dont il vient d'être 
parlé. 

Donc, nouveau problème : de quelle fabrique sont sortis les vases 
de la sépulture A et leurs similaires du musée de Saint-Quentin 1 
Probablement d'un établissement situé à Aulry et qui aurait suc- 
oddé If «e que j'ai appelé précédemment les figUnH tfUiiïry, Si -cer- 
tains indices m'autorisent à émettre celte hypothèse, du moins 
reste-t-elle entièrement à démontrer. 

L'examen des parois de la fosse que j'appelle iiputture A, m'a 
montré qu'en la creusant on avait tranché u,ne aire. do chaux et 
sable appartenant à uae habitation gallo-romaine antérieurement 
détruite. J'ai voulu savoir (novembre -décembre too&) a quelle 
époque existait cette habitation. Or, elle a du appartenir à un for- 
geron; quoi qu'il en soit, les habitants de cette maison n'ont em- 
ployé que des vases fabriqués dans les liglines d'Autry et quelques- 
uns apportés d'autres fabriques étrangères au pays, entre autres 
une grande amphore de terre blanche, dont l'aise porte, sur sa 
face latérale, la marque EVT, du potier Eutyekrs. Ils n'ont connu 
MK0nfl>B type» céramiques renfermés dam la lépututrt A. 

Donc cette habitation a été détruite entre 967 et 36o, et j'espère 
que de nouvelles recherches viendront donner à cette conclusion 
une précision plus grande encore. 

Je ne puis, dans ce rapport, mentionner tes divers types de 
vases recueillis jusqu'à ce jour dans les figlines d'Autry. Celte 
mention nécessiterait en effet, pour chacun d'eux, une. description 



Digfedsy GoOgle 



assez longue; mais voici ta liste complète de» estampilles de potiers, 
toutes recueillies par moi-même à la date du t" janvier 190 5, dans 
les ruines de ces établissements : 

1. AFR1CWVS. Afrieanu*. — Nombreux exemplaires. 

9. A'P'R'I'M. Apri manu on arte Primi. — Exemplaire unique. 
N'ayant encore trouvé aucune autre marque de Aper ou de Prima , je ne 
sais auquel attribuer cette estampille. 



h. BELVB. Ilelux (ï). — Ces deux exemplaires, saos 
marne marque, sont incomplets. 

5. «aatjRIVSFE. Boriùfi. — Exemplaire unique. 

6. CAR1230F. Garùm oficina. — Exemplaire unique. 



6. CAIVCV2. G****. — Plusieurs exemplaires de la première va- 
riété; nn seul de la leconde. 

9 . CINTVGNATV. 

10. NTVGF. Ciniiigiiaitu. — La seconde de ces variétés, toute hùarre 
qu'elle soit, est complète et ne peut résulter de la troncature du cachet qui 
a imprimé la première. 

It. CIHTVSMVS. Cinhumut. — Exemplaire unique. 

is. COCVSF. 

18. COCVS-F. 

th. COCV2F. ûteui. — Cea trois variéu* sont bien dirtkrte» l'une 
de l'autre. 

i5. COMINIV. Commiut. — Incomplet, exemplaire unique. 

16. CRETICV2-F. Crrtkutfeeit. 

17. nunro'h 



Digitizedr.y GoOgle 



i8. '"8.ETTOK Gnttofiat. — Ces deux exemplaires, brisés à 
gauche, appartiennent bien certainement a Gretto. 

19. «.-VCILLIOK. liucilti ofievta. — Nombreux exemple ires. 

ao. DACCIVF. 

ai. DACCIVSF. 

99. DACCIVSF. Daceius fteit. — Ces trois variétés sont bien dis- 
tinctes l'une de l'autre. 



a3. JDÏSËTW DitMut. — Sur un petit fragment de poterie grise 
foncée. Trouvé à la surface du sol, loin de l'emplacement des figiine*. 

ai. CICADII. — - Le C initial est douteux; toutefois on ne peut pas 
lire ARC ADI, en sorte que je ne sais a quel potier attribuer cette estam- 
pille, dont je ne possède qu'un exemplaire. 



96. GABRi. Gaina. — La première en lettres élégantes. Ces deux 
marques diffèrent entre elles. 

97. IERMANVS. Germamit. 

98. OF C». 

99. CVMILLVS. 

3o. GIAI MILLVS. 

3t. C'LA MILLII. Giamilku. — Ces trois marques sont certaine- 
ment du même petier; les deux premières peuvent avoir été obtenues avec 
le même cachet qui aurait glissé lorsque rat imprimée la second*; la troi- 
aieBM est bien distincte des deux précédantes : au lien 4e LLII, a la fin, on 
■narrait voir LV1. 

3a. INT1N. — Trouvé dans la maison du Forgeron. 

83. IVNIANVF. 

34. IVNIANVSF. 

35. IVN1AN. JtMtaiti». — Ces trois variétés sent bien distinctes 
l'une de l'antre. La troisième est complète. Les lettres de tontes trois sont 
très élégantes. 



Digfedsy GoOgle 



— 144 — 

36. «M-1V5TI. 

3 7 . MMIVSTI. 

38. MMIVSTVS T. 
3o. MMIVSTVS. 

uo. MMEM-IV-S+. 

6t. IvSTIÏ-RIBVNI. Jiutut, Mhet Tribupi, — CtlU *eri* dat- 
lampilles de Juste* est parti cidièrement intéressante. Elles sont commet 
déjà pour «voir été trouvées, &4re autre* lieui, au Gnatelut. ou elles étaient 
certainement venues d'Aulry. Mais elles n'ont pas toujours été bien tnet 
ni bien Comprîtes. La Cinquième nous montre que MM ne signifie pas 
manibut, nuû forme l'abréviation du prénom et du nom do famille 
(Mmamiu). Les numéros 3 et A pourraisat bien être la même marqua. 
Le numéro 6 nous montre Juttut associé temporairement à Tribwau, 
dont nous verrons plus loin les marques personnelles, 

4a. KATINV5. iorisw. 

43. UBON1. Libomm ou Liborws. 

44. MACCONOP. Maccmie on Mntmtii «fficim. 

45. MAIAHVS F. Maiamtficit. 

46. MARCE * F. 

4 7 . MRCELLVS F. 

48. VUtCBLLVU. Marmite >W. — Ces trois Barque* soat bien 
disdnotas les unes des antres. La cachet qui a aervi à impritier la trmsiàme 
• éta mai gravé, sar sur vingt asdiapisim iu moins que je posa o s W ae 
cette marque, les deux lettres initiales liées M sont éfrsJemnt iawnt- 
préhenaibies, ce qui a (ait lire cette marque ARCELLVS et AR CEI.IVS; 
mais il fout, sans laeQQ doute, la rapporter a Matcdtut, potier a Adlry. 

4g. MARTI. 

5o. 1 1 -fl*. Graffites. — La seconde en relief sur un tragment de po- 
terioi laprsoûara sacraux dansun fragment du monta qui * Servi «façonner 
oe rasa. Est-ce no potier d'Aiftryï Oui, mu doute, puisqu'il « gravé 
son nom à l'intérieur du moule. 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



5*. WERCOkC. Mmtu officwo. — Ûe» deta variéten tout dis- 
tincte* l'une de l'autre; leur lecture «'est pee douteuse. 

53. MIISSIRIVS. Me&iriwi. — Noua connaissons aujourd'hui son four 
très éloigné du centre des figlines d'Antry; néanmoins cet éToigiiemenl 
n'empêche pas qu'il ait appartenu a cet établissement, puisqu'il a em- 
ployé a la décoration de see vases les mêmes poinçons qui étalent en usage 
dans celui-ci. 

54. NASSOFF. Marque circulaire, — Exemplaire unique. 

55. POMPE1VS FE. 

56. POMPEJVS. Pumpêùn. — l>ax marques distincte»; la seconde 
est bien complète. 

5 7 . PVPVS Y. P*pu*fteù. 

58 REDIl* F. 

5g. REID1LLR. HtdtUn$ Jeeit. — La première de ces estampilles est 
TemaWfttaWt par sa ««Dde analogie avala i» marque MAIVCEJ.* F; les 
teltrw en uni mandées- avee te mes* km goût) la 'liaison des «an LL 
{Ju'} M le agne d'atartnation (*)**nt les mènes, li s«b>1»<ojm les deox 
cachets tien* éràgrmv*p*l».oéme individu, Uni la seconds estampilla, 
l'orthographe RE1D1LL doit cire une faute; en Mot e» n sa lecture est 
incontestable. 

«0. SA'HV'CIVS F. Samain jtàt. — M. de WJd*«aw, rnmsBS 
notice è> tMi , a dite ta marqne L-SANVCIV6 , mata c'est une ma*. 
vaise lecture de celle que j* donne tdi. 



6a. SECCO-F. 

63. SECCOF. Seooofeeit. — Ces trois variétés sont distinctes les 
unes des autres. 

64. SECVNOINVS. Seetmdinu». — Exemplaire unique. 

65. ■ /ER.VS F. Seventê ou Féru*. — Marque brisée à gauebe. 
N'ayant enoere troBvd Munn* eaWnpIUe fin nom de Ssathu ni a ceint de 
Venu, je ne sais auquel -de «ea deu potier* je daiiaCtribveréalVMi. 



Digitiz'edr.y G00gle 



66. TERTIVe.F. 

67. TII&TIV2 F. TtrlitiM fiât. — Remarquer a l'occasion de ces 
estampillée comme nom l'avons déjà va dan» celles de Cretto, l'emploi 
indifférent de Ï'H et de l'E. 

68. TOCCAF. 

69. TOCCAF. 

70. TOCCAF. 

71. TOCCA. Toeea fecit. — Ces quatre: variétés sont bien distinctes 
les unes des antres. 

79. TOCCIVS Y. TocewtfieU. — Eiemplaire unique. 

7 3. TfUBVNVS. 

7 4. TRIBVNVS F. 
76. TalflANO. 

76. TRIBVNVS F. Tribwuifieit. — Ces quatre variétés sostbiai 
distinctes l'une de l'antre; la seconde figure sur denx moules. C'est ce 
même Trilmnut que nous avons vu plus haut, associé a Jtuba; les dsui 
dernières variétés trouvée» dans la maison du forgeron et non eneore sur 
femph e— un i des tiglines. 

77. VALDY. Vaevi on Valdi fabriea. — Je possède de nombreux 
exemplaires de cette estampille, mais les lettres ont été ai mal formés 
sur la matrice qui a servi a les imprimer, que je n'ai pu arriver à «ne 
lecture certaine; néanmoins je tirais plutôt Vaaù que Valdi. 

78. V1DDVCU 1 . 

79. avD-vaiv. 

80. \ oooaio. 

81. ivbuaio. 

8a. VCVS. 

63. iOuCuâ. Vidvcn. — Ces six variétés sont bien distinctes les uns» 
des autres; ks numéros 1, 5 et 6 sont incomplets. 



Digfedsy GoOgle 



— 147 — 
8i. VINDVS. 

85. UlUDoS. Vindus. 

86. VIITALIS r. 

87. XATTAU2 F ou XATLACIS F. Vàalù <m AttaH* feeit (J). — 
La lecture de ces marques demande a être précisa; par la trouvaille de 
nouveaux exemplaires. 

Soit 87 estampilles différentes appartenant a 45 potiers, tons 
attachés à rétablissement céramique d'Antry, sauf peut-être Ditettu. 
A ce nombre, déjà respectable, vient s'ajouter nne série de vingl- 
rinq marques différentes émanées, à ce que je crois, d'apprentis ou 
d'ouTriers qui , n'ayant pas encore été reçus maîlres , n'auraient pas 
encore en le droit d'apposer leur nom aor leurs œuvres. La plupart 
sont formées d'une empreinte circulaire entrecoupée de lignes ou 
de points s'irradiant diversement à partir du centre. Seuls, le dessin 
ou le moulage pourraient en exprimer la variété. 

Je suis convaincu que des recherches ultérieures viendront 
ajouter à cet ensemble de nouvelles variétés et préciser les lectures 
douteuses. 

La lecture attentive dn savant et très conseiencîeni ouvrage de 
M. Décbelette, tout récemment paru, ne m'engage à apporter a 
mes conclusions aucune modification. A son étude des vases céra- 
miques de la Narbonnaise, de l'Aquitaine et de la Lyonnaise, je 
voudrais ajouter un premier chapitre relatif aui vases céramiques 
belges. 

Les figlines d'Antry sont bien certainement Tune des filles plus 
ou moins nombreuses des figlines arrernes, et c'est à cette filiation 
que se rapporte l'hypothèse que j'ai émise au début de ce travail. 
Peut-être butas et Stoundtmu ont-iia compté parmi les importateurs 
de l'industrie lédoaienne, dans la marche gauloise argonnaise 
interposée aui deui Belgiques. Peut-être, parmi les poinçons déco- 
rnlife en usage à Aulry, en est-il quelques-uns copies ou inspirés 
de ceux qui étaient employés a Leunix. 

Noos ne pouvons guère attribuer la fondation d'un atelier céra- 
mique nouveau qu'à un maître ouvrier formé dans une fabrique 
préexistante ou à un patron ne travaillant pas lui-même, mais qui 
aurait fait venir d'autres fabriques les ouvriers exercés qui lui 
étaient indispensables. 



Digtodsy Google 



— M8 — 

La filiation entre le nouvel établissement et des établissements 
plus anciens est indéniable et même nécessaire. Il s'agit donc de 
fixer scientifiquement cette filiation et, pour cela, nous avons les 
estampilles, les poinçons décoratifs et la forme des vases. 

Les ouvriers peuvent provenir, à la fois ou successivement, de 
plusieurs liglinee préexistantes, en sorte que la filiation du figlinea 
d'Antry pourra peut-être s'établir : 

Avec La Graufesenque , par Cocus, Germantu, Juttut, Promu él 
■Vùaiù; 

Avec Bannaseec, par CernW, GtnHamu et GiamiUm; 

AvecLeieux, par Autel ci Seeundinm ; 

Avec Saint-Bonnet (Allier), par AJrieanm et Ci n tu t mm, 

Enlin Autry pourra peut-êtr* H relier à Rbeibtabern, par 6V 
khmUhus et Pwnpeiut; a Weslerndwf, par Umaumt et Natta (ou 
Naum). 

Maie pourquoi ce lieu a-t-il été choisi, de préférence à tout 
autre, pour l'établissement d'un» %line nouwrileï Peut-être net 
fouille* faîtes dans 1» camp de Waly bon» rapprendront-etle». 

Mon hypothèse de l'extension de l'industrie teratniqae par le dé- 
placement de légionnaires serait grandement corroborée si, contra 
je l'espère, je parvenais à démontrer que c'est emquitLant le cam- 
pement de Waly, pour sa rapprocher d* la Meune, en suivant Udift 
voie du «amp de Fâins à Dun, que lei potiers d'Autry, ou partie 
d'entre eux, seraient allé» fonder, an pied de la «Me escarpée a> 
Ysuquois, la figline des Ailletu dont les produits céramiques for* 
ment précisément la transition entre les deux époques industrielle 
que j'ai , plus haut, si nettement délimitées. 

Jusqu'alors, à ma connaissance, c'est au Châtslet (sur la Marne, 
antre Eurville et Ghevillon) que le sont rencontrées en plus grand 
nombre (une quinuine) les estampillée des potion d'Antry; a* 
CluUelet eu M. fiéohewtt» (>> signale la présente de- vaaea nlOuiéi 
originaires d'une ofnniue inconnue. 

Un coup d'oeil jeté aur la carte permettra de juger de la situation 
relative des divers points que je viens de signaler i Mit, en allait 
du Sud an Nord suivant Bn« ligne parfaitement droit» i la Ctaâ- 
telet, le oamp de Faine, Lavoye (Autry), Vauquois et Dun. 

D r Mkukier. 
'" Décfaelelte, Vattt céramique» omit, t. 1, p. an. 



Digfedsy G00gle 



LES CLOCHERS ROMANS 

DE L'ARRONDISSEMENT DE DIEPPE, 



PAR M, P. QOqPBUHt 

t du Uwlk 



La grande rénovation architecturale du x»i" tiède, qui couvrit la 
Haute-Normandie d'églises nouvelle*, conatroitei au gras, a fait 
disparaître presque tous les anciens sanctuaires de l'époque romane 
dans l'arrondissement de Dieppe. Des nefs ou des transepts avec 
beies en plein oiartFe, à Longue* ille , à Bourg-ûua, a Sainte-Mar- 
ga*rile-«ar-tter, k Saint-IIeHier (ces depx dernières avec abside), 
à Saint-WeesUeVEqulque ville, à VaretujeviHe; des ehcaura a Reao- 
mont-le-Hareng, à Sauchay-le-Bai W et à Saint -Utien-soui - 
Blilly; deui portes latérales at des modifions à la cerniehe de 
la nef de Rois-Hulin; une porta latérale à Grainoourt; un petit 
portail è AaoemMe; des contreforts plats an pierre tuffeuaa dam 
une divine d'autres églises; qeatorse elachen enfin tant les der- 
niers vestiges des édifices religieux cmurtmiU pendent k» u* et 
xu'eieclee. 

Ces clochers, qui sent les inonunenU les plu important! que 
l'arl roman ait laisses dans l'arrondissement de Dieppe, méritant, 
croyons-nous, d'être étudiés avec attention. Leur base, ou partie 
reposant directement sur le sol, solidement bâtie en pierres de tuf 
bien, appareillées, a résisté aux efforts des siècles, et cette solidité 
les e herôeueemnnt mit à l'abri de* remaniement* peeterieure. 

Dana m» rsvnarqnaMe ouvrage *', l'abbé Cochet mentionne sim- 
plement quelques-uns de ces clochers, mais sans les décrire, sans 

<') Sou* le chfcur de Sauchav-le-Bas se trouve une crypte romane, formé* à"un 
«eul berceau brisé, de 9 mètres sur 3 m. 70, uns ornements; des peintures 
murale* n'y Toienl encore. 

'•*' La Egtiiei dt Farrondiiumsnt dt Ditppt, t. Il : Hgtiut rurala; Paris. 
i85o, s ■vol. 



Digfedsy G00gle 



faire ressortir leurs particularités architeclonùjues , sans rechercher 
tes caractères communs qui les distinguent (1 '. 

H ne faut pas s'attendre à rencontrer, dans les environs de 
Dieppe, ces beaux clochers romans, surmontés d'une élégante pyra- 
mide de pierre, modèle de hardiesse, qui parsèment le Vexin 
Français et le Pincerais' 3 *. La rareté des matériaux, la nature de la 
pierre tuflense, presque impossible 'à sculpter, arec laquelle furent 
construits les clochers qui nous occupent, s'opposaient au développe- 
ment ornemental des tours et de leur base, et rendaient l'édifi- 
cation des pyramides presque impossible. Tous sont donc, sans 
exception, très sobres d'ornements et coiffés d'une mince flèche 
d'ardoises. Autre caractère commun : les tours sont tontes carrées de 
la base au sommet, et le passage du plan carré au plan octogonal, 
pour former l'étage supérieur, y est totalement inconna. 

A l'exception dn clocher de Saint-Valéry-sous-Bures , qui , comme 
nous le dirons plus loin, porte ht date de sa construction, il est 
impossible de préciser l'époque exacte de l'édification des églises 
auxquelles appartiennent ces clochers. 

Toussaint DupleFsis (3) ne donne aucune indication à cet égard; 
il en est de même des divers ouvrages manuscrits ou imprimes, et 
notamment du plus complet de tons, le registre des visites d'Eudes 
Rigaud, archevêque de Rouen de i s68 à îa&gl*'. Les documents 
d'archives font complètement défaut sur ce point spécial, et tout 
ce que l'on peut affirmer, c'est que, d'après leurs caractères archi- 
tectoniques, aucun de ces clochers n'est antérieur au milieu da 
xi' siècle, ni postérieur au troisième quart dn xii*. 



"> Cf. également : l'abbé Tougard, Gingrapliit dn dqntrtcmtnt de la S*in*-I»fi- 
finira, arrondissement de Dieppe; Paris, 1877. Cel outrage De contient aoran 
renseignement archéologique. — A. Guilmelh , flùlotr» oamm wl i det «tiniu A 
Dieppe. — Le Répertoire archiologiqiu de ta Seine-Imféneitre , do Cachet, et» I» 
répétition abrégée de ion ouvrage sur lea églises rurale* rite ci-dessus. 

;,) Cf. notre ouvrage : Lt$ clochen roman* du Vexin françaù et du Pincerait, 
.1** 54 destin» originaux; Ponloise, 1911a. 

''I Dencriptia* de la llaale-Normaniie , t-jho. 9 vol. irv-8", vol. I.pduin. 

W Édité par Bonnin , en i84a-j 8*7. 



Digitizedr.y G00gle 



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I. Clocher» \ deux étagïb. 

1 . Le clocher le plus imposant par ses dimensions I'), et l'un des 
plus anciens certainement , puisqu'il appartient à une église fondée 
par les Giffard vers l'an 1 060 <-', est celui de Sainte-Foy, à peu de 
distance à l'Est de Longneville. Sa base est très primitive; elle 
consista en quatre paas de Muraille, percés, ceux du Nord et du 
Sud, d'une arcade en plein cintre, les deux autres d'une vaste 
ouverture a are brisé, refaite à une époque postérieure. Pas de 
colonnes dans cette base; pas même a la retombée des arcades, la 
petite imposte, formée d'un méplat surmontant un chanfrein, 
que l'on rencontre dans presque tous les édifices de la pre- 
mière époque romane'*). Cette imposte représente assez exacte- 
ment le tailloir d'un chapiteau. La nudité absolue est le caractère 
de la base du clocher de Sainte-Foy. Il serait intéressant de savoir 
si elle a été couverte à l'origine par une voûte a arêtes ou par un 
berceau; bien qu'il n'en reste aucune trace, c'est infiniment pro- 
bable. Cette voûte a disparu et elle est actuellement remplacée par 
un plafond de bois. Nous remarquerons que , dans les clochers ronéos 
de l'arrondissement de Dieppe, on ne rencontre plus aucune voûte 
construite à l'époque romane; il n'y a donc pas de base romane 
absolument put», comme celles que l'on trouve encore en petit 
nombre dans le Vexin français. 

Le premier étage de Sainte-Foy est ajouré sur les faces Nord, 
Est et Sud d'âme baie cintrée, nue, divisée en deux par une colon* 
nette surmontée d'un chapiteau à godrons. Celle de l'Est, protégée 
par la surélévation du toit do chœur et mise ainsi à l'abri des 
intempéries, est très bien conservée : les autres sont assez abîmées; 
la baie de la face Ouest a disparu complètement. Le second étage a 
doux baies géminées sur chaque face ; les colonnettes qui les en- 
cadrent et qui divisent chacune d'ettes sont également & corbeilles 
de godrons (pt. X, fier. 1 1. Cette ferme ornementale assez primi- 
tive, et qui s» rencontre rarement dans ces régions, est la seule 
dont se soient inspires les raaitres d'oeuvre qui ont édifié l'église 



t» UUlWH 

W Coebit, mmnge Mi, arlid* : SMutB-fr'oye. 

<» C. EaUrt, jHaW tarchiologU rvtigwi*, p. 36B. 



:igtz S d 3 yC00g[e 



— t53 — 

de Sainte-Foy. Toutes ces parties du clocher sont en pierres tuf- 
feuses; c'est ce qui explique le inHUïais état de conservation des 
chapiteaux. La charpente de la flèche repose sur le faite des murs 
de la tour, et on a* voit en cet endroit aucune trace dos trompes 
qui auraient pu servir a élever nne pyramide da pierre. 

3. Le clocher de Sajnt-Valéry-stiue-Burw P) permet de c- 
un sensible progrès dans le choix des matériau* et damt l'ai 
tfltion; il est pourtant presque contemporain de celui de Sainte- 
Poy, comme l'indique l'inscription suivante, gravée sous une des 
arcades de sa hase, en capitale» droites i 

ANNO i AB ; INCARNATIONS : 0HT : M*= C*: LXX'; 
DEOICATA : EST ; MEC ; ECCIESIA ; VI* ; *AL : MAO 
IN : HONORE i 

Cette inscription, qui n'ont pu complète car le nom du saisi 
manqua, est disposée sur cinq lignes. 

La base du otaehor est formée de quatre piliers carrée, de rai- 
çonawie, cantonnés chacun de denx colonnes engagées qui oor. 
reapondant à la retombée de» ajoadea. Lee chapiteaux offrent os 
curies» spécimen» de l'art roman, et ils rappellent les difflnei 
sources auxquelles il a puisé ses inspirations. Cetu des entonnes 
placées au Nord-Est ont des rinceaax et une double rangés de 
feuilles d'acanthe surmontées d'un masque , le tout rappelant l'or- 
nementation daasiqae; an Nord-OwuH, oa sont des volutes donl as 
détache un faisceau de feuilles la potelé tournée vers le soi 

Les doux piliers du Sud ont un groupe de paons à cote* de deui 
monstres ans figuras hideuses et aux membres son tournas, et an» 
des lions a taie humaine et des entrelacs. 

Les hases des coioones, placées sur des socles cubiques, f«el 
constituées par un seul tore fortement écrasé, et sans griffée dam 
lea angle*. Quatre arcades en plein cintre, à denx vouaanm nus, 
s» tendent au-dessus des tailloirs aaseï épaii. Une voAte sur croisé* 
d'ogives arec daa bronches à nervures prismatiques, datant du 

W Cette église u'est pM, I «rai dire, dan» l'arrondissement de Dieppe; pourtint, 
comme elle n'est éloigné* da m konts que é* denx kilomètres * pwn, ai»i«M 
cru devoir]* mentionner ici , parce que un docW nroetHa la ■éaiedMeaKaen 
du xi* siècle dtiw ce» peragea. 



Digitizod ny G00gle 



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— 154 — 
tout le clocher, enfin arec la série de modillons a tétas humaines 

qui supportent la corniche do toit. Ce cordon d« billettes est la 
reproduction de celui qui orne (et baies du croisillon Nord de 
Bourg-Duu, s a kilomètres d'Avremesnil. Lee fenêtres géminées, qui 
éclairent chacune dea faces de ce clocher, ont conservé la Forme ro- 
mane dans toute m pureté , mais les sculptures dea chapiteaux 
sent méconnaissables. 

Les deux étapes sont en pierres de tuf; le rea-de-chBUsaée a subi 
une réparation singulière au in* siècle : on lui a donné un revête- 
ment en grès et les contreforts ont été considérablement renforces; 
une hante et lourde tourelle d'escalier, construite à la même 
époque, surcharge le clocher et rompt l'harmonie de ses lignes; 
on a pourtant cherché a l'accommoder en Ini donnant des areaturea 
et un cordon de billeUn» analogues à ceux du clocher roman. On 
distingue facilement, sur (a photographie ci-jointe, les pierres tuf- 
feuses de la construction primitive, du grès qui servît s effectuer 
les réparations. Un portail moderne, du genre roman, donne accès 
dans le narthex formé par la base du clocher. 

L'église paroissiale de Loomieville possédait on eloeher central 
du xr" aiede, et «a base était barbare mais tria curieuse, d'après 
l'abbé Cochet* 1 )) malheureusement, «Ha a été complètement recoin 
ltruite,it ya quelques années, dans un style roman de fantaisie , 
t regrettable. 



II. Clochers à un ssul btagb. 

à. Nous aliéna examiner des clochera, intéressants encore, mais 
de dimensions beauconp moindres en hauteur et en étendue. C'est 
d'abord la clocher d'Otmlle-la-Rîvière, enfoncé entre les combles, 
surélevés postérieurement, de la nef, du transept et du choeur. Les 
petites impostes chanfreinées des quatre piliers carrés de la base 
étaient, à l'origine, surmontées de primitives arcades an plein 
cintre, en pierres tafleuies. Au xvf siècle, on a repris cette hase en 
«nuMBuvtw, et dea arcades brisées en grés, arec vouaaoirs évidés 
en forme de carat, ont remplacé les anciennes arcades. L'un de cas 
vont-soirs porte des armoiries sculptées. La voûte est remplacée par 
un plafond de bois. L'extérieur a conservé son aspect primitif et 

<» La Églitn 4* f jw iiiÉmi m wi H dt Ditpp*, t. T, p. «6o. 



Digfedsy G00gle 



— 166 — 

simple : il a une seal« baie wr abaque face, ot de rustiques 
modifions soutiennent la corniche du toit; un bandeau aux angles 
arrondit ceint la tour à hauteur de la basa det fenêtres. Le tout oit 
en pierres tuffeuses. 

6. La tour de 8ainb-Germain-d 1 uableB na fat pas centrale, et 
c'est une exception pour la Normandie, province où les clochers 
romans centraux sont pin* nombreux que partout ailleurs. Les 
dimensions de sa base sont trop «ligues pour avoir jamais permis 
l'établissement d'un carré de transept. Lea deux ouvertures, situées 
au rea-de-ehaussee , sur lea faces Nord et Sud, et surmontée* d'un 
cintre plein en tuf, sont des portes d'accès, l'une vers (a lier, 
l'antre vers le dehors. La tour n'a pat de contreforts; elle est en 
pierres tufîeaaea, sauf (es angles qui sont «n gros. Lea baies de 
l'étage, placées une sur chaque face, sont géminées à plein cintre 
et ressemblent à celles de Saint-Valéry-sous-Bures, mais un peu 
plus hautes. Les chapiteaux qui décoraient les colonnettee médianes 
de chaque baie ont complètement disparu (des briques les ont rem 
placée), sauf celui de la face Est qui est encore visible. Un bandeau 
an ferme de méplat entoure te clocher sous les fenêtres. 

6. Le clocher d'Hermanville présente les caractères de l'archi- 
tecture de transition. 8a base est fort belle et rappelle celle de 
Saint-Valéry-sous-Bures , mais dans des proportions réduites. Elle 
n'eBt pas carrée, mais rectangulaire, et mesure 5 m.Bosur am.8o. 
Quatre piles de maçonnerie a deux ressauts soutiennent la tour; 
chacune est cantonnée de deux colonnes aux ehapiteaux ornée de 
gracieuses volutes; lea tailloirs sont filetés; les bases attiques très 
purée ont des griffes empoignent vigoureusement le socle. Des 
arcades en arc brisé, à deux voussoîrs nus, relient les piliers, et 
une voûte sur croisée d'ogives, peu bombée , ayant aux branches un 
bandeau eux angles abattus , dénote une des plus anciennes oon- 
atructions de ce genre de voûtes. L'are brisé fait aussi ion apparition 
dans lea quatre baies géminées de l'étage d'Hermanville, mais la 
brisure est très peu prononcée \ sur la face Nord, le cintre de la 
fenêtre n'est même pas brisé du tout {pi. XI, fiar. a). Les chapi- 
teaux des co'onnettee avec corbeilles a volutes sont aeses bien con- 
servés; une série de modillons à têtes humaines et d'animaux, et 
un bandeau complétant l'extérieur. La conatructton est en tuf, 



Digfedsy G00gle 



— 156 — 

avec grès aux angles. Les caractères archi tectoniques de ce clocher 
permettent d'en fixer la date au milieu du xu* siècle; il est homo- 
gène dans toutes ses parties, et c'est peut-être le moins ancien de 
toute la série. 

7. Le clocher de Saint-Mards est de la même époque que celui 
d'Hermanville, bien que plusieurs parties de cette église appar- 
tiennent au style roman pur. Son revêtement extérieur a été presque 
complètement refait de nos jours. Le rez-de-chaussée est constitué 
par quatre murailles épaisses, sans traces d'arcades; il est soutenu 
par des contreforts plats en pierre tuffeuse, et reçoit le jour par 
deux petites ouvertures à plein cintre nettement romanes. L'étage 
est ajouré par quatre fenêtres géminées en arc brisé , exactement 
semblables a celles d'Hermanville; il en est de même de la série 
de méditions qui soutiennent la corniche du toit. Ce clocher pré- 
sente une particularité très rare à l'époque gothique, moins fréquente 
encore à l'époque romane; il est situé à l'extrémité orientale du 
chœur et ne fait pour ninsi dire pas corps arec l'église. Les moines 
de Jumiègea, qui reçurent les terres de Saint-Mards et y fondèrent 
un prieuré", ont peut-être obéi à des considérations monastiques en 
élevant ce clocher à la place insolite qu'il occupe! 1 *. 

En résumé, les deux clochers de Saint- Mards et d'Hermanville 
marquent nettement le début de l'époque dite de t 



III. Cl.0CHRR8-*HC*DE6. 

L'arrondissement de Dieppe possède trois témoins de cette archi- 
tecture très primitive , assez fréquente dans la vallée de la Garonne 
et en Provence, mais que l'on rencontre fort peu dans le Nord et 
le centre de la France. 

8. Sainte-Geneviève, près d'Auffay, a pour clocher un pan de 
muraille, soutenu jusqu'à son faite par des contreforts plats, en 
tnf; à l'extrémité supérieure s'ouvrent deux arcades en plein cintre , 
dans lesquelles pendent les cloches; un pignon aigu surmonte l'en- 
semble. Le couronnement a été refait tout nouvellement, main sans 
rien changer à la forme ancienne du monument. 

Ci C'est l'opinion de l'abbé l^ociiet, aucrtge ait, t. II, p. hbi. 



Digfedsy G00gle 



— 157 — 

0. Moins heureux, le petit clocher-m-cade de la chapelle de l'an- 
cienne maladrerie de la Magdeleine, près de Sainte-Foy, tombe en 
ruines. La chapelle est convertie en grange et ne présente plus 
g trace d'architecture. 



10. Le clocher-arcade de l'église de Sauehay-le-Bas a t te" pro- 
fondément modifié et complètement défiguré. On distingue encore 
très bien ses deux arcades, mais elles ont été bouchées avec du 
silex. Le couronnement est remplacé par une flèche d'ardoises, et 
une charpente contenant les cloches a été adossée a la primitive 
construction. Malgré cette adjonction et à cause des pierres lufleuses 
dont il est construit, ainsi que des contreforts plats qui le sou- 
tiennent, le clocher-arcade de Sauehay-le-Bas n'est pas le moins 
intéressant de cette catégorie. 

IV. Bases romanes de clochers. 

Nous avons terminé l'examen des dix clochers romans complets; or 
il en existe encore, dans l'arrondissement de Dieppe, quatre autres 
dont les étages ont été reconstruits complètement au xvi* siècle, 
mais dont les infrastructures datent des xi* et xn° siècles. 

1. Voici d'abord Meulers, dont les larges assises, formées de 
quatre énormes piles carrées, avec la petite imposte chanfreinée, 
surmontées par des arcades en plein cintre, à un seul voussoir et 
d'une épaisseur inusitée, appartiennent au xi" siècle et donnent 
l'illusion de l'infinie durée. La voûte est du style flamboyant , ainsi 
que la partie supérieure de la tour. La base est de vastes dimen- 
sions; elle mesure, à l'intérieur, à m. 8o dans chaque sens. 

2. Le rez-de-chaussée de la tour de Bailly-en-Riviere ne le cède 
en rien à celai de Meulers; il est même encore plus étendu , car il 
a 7 mètres dans chaque sens '", mais son architecture est beaucoup 
plus intéressante et dénote une époque moins reculée. Dans chacun 
des piliers carrés sont engagées deux colonnes; quatre colonnettes 
les flanquent dons les piliers de l'Est , trois seulement dans ceux de 
l'Ouest. Les quatre grosses colonnes sont surmontées de chapiteaux 

<') Ce sont exactement le? mêmes dimensions que Sainte-Foy. 



Digfedsy G00gle 



volutes. Les basai sont toutes 
sceaux de colonnes, mipportent 
t. à double vounoir. La yoûle 
ntre deux Calons aux branchée, 
mble pas très éloignée. L'église 
, la fin dix jcn" mWejlsbase du 
s a été remplacé par un ottbe 



dément une bas* de otcebor 
lb d'un tiers plus peines el son 
[uatre piliers nus, à un ressaut, 
iée, soutiennent des arcades en 
sant très peu saillie l'en sur 
.tiers de l'Ouest, une minuscule 
rein dans l'imposte. La voûte 
(lèche d'ardoises s'appuie di- 
, l'étage intermédiaire ayant 

issement, et non loin de Bel- 
taire de Beaumont-Ie-Hareog, 
ient, quant à Mm ba.mo, de ceux 
Kd effet, ces dédiera, comme 
inéraloment de quatre piliers 
ion par des colonnes ; or celui 
» et appartient à un type de 
grand nombre dans le Vexia 
deux pans de muraille dirigés 
g-teinent entre le chœur et la 
me de deux petites baies à 
» en plein cintre se détache 
lit face dans la muraille Sud. 
nues et toujours en plein 
ication avee le chœur et la 
«née. Une voûte sur croisée 
» base, qui ne meBUPe 
'eur est de l'époque de la 



Digfedsy G00gle 



— 169 — 

AU tarminaiion occidentale de la nef de Beauaay s'élève use 
lour dont Us parties inférieure! semblent contemporaines de 
l'époque romane, si l'on considère leur «peseeenr, les hauts contre- 
forts plats en pierres tuffeuses qui les soutiennent, enfin les petite* 
baies cintrées qui y laissent pénétrer un jour discret 

Le clocher de Canoeban, placé également à l'Ouest de la nef, 
est peut-être dans le même cas, mais il s'est écroulé* en partie et 
n'a pas été rebâti dans sa forme primitive. Toutefois, une fenêtre 
basse, en plein cintre de la face Ouest, pourrait être un vestige 
de l'ancien clocher roman. 

Nous ne mentionnons Cannehan et Beaunay que pour mémoire , 
car nous sommes loin d'être aJBrmatifs sur ce point. 



V. ClOCHÏIS DB L'ÉPOQUE GOTHIQUE. 

Nous avons signalé à plusieurs reprises l'imposte ebanfreinée 
des piliers de la base des clochers de l'époque romane, nous y 
revenons encore une fois, car nous retrouvons ce caractère archi- 
tectonique dans onze rex-de-chaussée de tours de l'arrondissement 
de Dieppe, appartenant à l'époque gothique primitive. 

D'abord , sur les piliers nus de la base du vaste clocher cen Irai de 
Notre-Dame d'Aliermont, où cette corniche est lourde et épaisse 
slir trois piliers et sensiblement plus mince sur le quatrième ; puis , 
à Suint-Nicolas d'Aliermont, où son profil est très nettement carac- 
téristique. 

Les quatre arcades brisées et très aiguës qui supportent le clocher 
de Rosay retombent sur une imposte identique; il en est de même 
à ceux de Gueuree, de Beaumais, de Martigny, qui sont placés 
entre chœur et nef. 

Les infrastructures du clocher de Beroeval-le-Grand, posé sur le 
croisillon Sud , ont conservé une arcade en plein cintre et une 
imposte dont le profil se rapproche beaucoup de celle que nous 
avons tant de fois décrite. 

On la rencontre enfin, dans toute sa pureté, aux bases des clo- 
chers-porches d'Aubermesnil , du Gourel, de Penly et de Saint- 
Denis-d'Aclon. 

Getle ornementation très sommaire des piliers de ces onze clochers 



Digfedsy GoOgle 



— 160 — 

de l'époque gothique primitive et dans lesquels on n'avait proba- 
blement ni le loisir, ni les moyens de sculpter des colonnes a chapi- 
teaux k crossettes, constitue une réminiscence de l'art roman qu'il 
était intéressant de signaler. 

P. Coquille, 
Correspondant du Comité. 



Digfedsy G00gle 



LES 
TRAVAUX DES MOIS 

DANS UN MANUSCRIT 
DE LA BIBLIOTHEQUE ROYALE DE MUNICH, 

PAR M. AHBDÉB BOISBT, 
Archiviste paléographe. 



Parmi les sculpture* de nos grandes cathédrales de Chartres, de 
Paris, d'Amiens, de Reims, il en est certaines qu'on examine tou- 
jours avec orne vive curiosité : ce sont celles qui représentent les 
travaux des mois. Quoi de plus charmant, en effet, que ces petites 
scènes si délicatement traitées, qui témoignent parfois d'une obser- 
vation si profonde de 1* réalité et nous font revivre la vie de nos 
■BtètmWI 

Nos artistes dn commencement de l'époque gothique n'ont certes 
pas été des novateurs en cette matière. Ils n'ont fait que suivre 
une tradition depuis longtemps établie. Loin de vouloir diminuer 
leur mérite, nous voulons simplement indiquer les origines assez 
lointaines de ces représentations. 

Les travaux des doute mois, figurés si souvent au un' siècle, 
se rencontrent bien plus rarement a l'époque romane. On cite à cet 
effet, comme exemple intéressant, la mosaïque que Suger lit exé- 
cuter à la façade de l'église de Saint-Denis P'. 

Avant le m* siècle, nous trouvons des manuscrits très curieux. 
A ce point de vue, l'histoire de l'illustration du calendrier, pour 
le haut moyen âge, a été l'objet d'un mémoire très détaillé de 

■" On ne ««irait trop recommander la lecture des pages si intéressantes que 
H. M*fa a consacrées à ce aujet dans nn ouvrage, L'Art religieux 4a ziu' tiïrlr 
en Franc*, a* édit, p. 85 et stuiv- 

"> Il en mûste un fragment au Muaée de Ctuny. — Voir aussi un dit de colon nette 
isoliV qui se trouve dans l'église de Souvjgny (moulage au Trocadéro). 



Digfedsy G00gle 



— 162 — 

M. Riegl , paru en 1 889 t*l. Nous ne prétendons pas refaire ici cette 
étude. Nous nous proposons uniquement d'y apporter nn complément. 

M. Riegl a insisté tout particulièrement sur deux manuscrite du 
Vatican : le premier est un martyrologe en vers de Wandalbert, 
abbé de Prum (ïiag. 438), de U tin du ix r eièeie ou du commen- 
cement du x" et peut-être exécuté dans le nord de la France ou du 
côté du Rhin. Le seooud fîteff. tâ63) est nn livre de comput da- 
tant des environs de l'an 1 000 et qui a dû être écrit en France (îl ; 
en tout cas* d'après Une mention un peu postérieure k la date de 
sa confection, il provient de l'abbaye de Saint-Mesmin au diocèse 
d'Orléans. 

Les travaux des mois et les signes du zodiaque sont représentés 
assez grossièrement, dans ces deux volumes, par des dessins à la 
plume rehaussés de quelques couleurs, or, rouge, vert, violet, le 
plus souvent' 3 '. 

Ii noua A été permit d'examiner un manuscrit de U Bibliothèque 
royale de Munich (lat. 310) que M. Riegl ne semble pas avoir 
connu et qui est d'un grand intérêt pour le sujet qui noua occupe , 
car il est antérieur à ceux qui viennent d'être cités. Il nous a donc 
paru utile d'en publier une notice. 

Disons d'abord quelques mole de trois peomes en distiques rela- 
tifs aux mois et datant de l'époque carolingienne. Le premier est 
dû au moine Wandalbert de Prum; il est intitulé : Ih mmtium 
dmdtàm mminibut tifpiii culluri* aeritque quatitMibiuM. Les deux 
autres font partie d'une série appelée CarminaSaUtburgtnna et portent 
le titre : Idiama menmm *ing*lorvm<à , Ces pièce» de vers témoignent 
de souvenirs antiques tant dans les idées que dans les expressions 
mêmes. Les vers de Wandalbert ne parlent pu, k proprement 
parler, de personnifies Lions des mois. Il en est tout autrement du 
second des Carmina Saiùburgetma, où ils (ont nettement persunni- 

W Riegl (Mai*), Die mittelalterliche KaleruUrMiutmio*. dam Mttlhtihugmfir 
oêitemich. GeiMcliUforichung , L X, p. 1-7&, avec h planches (Innsbruck, 1869; 
in-8*). 

'" t>'*prè* las noms de Milite du calendrier, M. Riegl pense qa'H faut songer 
a Sen», Beauiaii ou Pari». 

[») Cf. les quatre planche» donnât» par M. Riegl. Le* deux prenrièra qui 
repràeotent les mois de juin et de décembre appartiennent m ma. Reg, 48S; Im 
deui autres (janvier el mai), au nu. Reg. i»63. 

W CL Mon. Gërm., Pott. lat. mi Carvl. , *d, Dnmmler, t. Il, p. «où. 

W Ibid.,L II, p. 644-666. 



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HuLLETIX mCBKOLOGIQVK. 1 (|05. 




LES TRAVAUX DES MOIS. 
1BLIOTHKQUE ROYALE DE MUNICH. 
MANUSCRIT LATIN yiO, DE L'AN 818. 



Digfedsy G00gle 



— 163 — 

fiés. Main co qui a beaucoup plus d'intérêt, o'eel que chaque dis- 
tique de ce dernier poème correspond exactement à Tune des 
figures du manuscrit de Munich. On pourra le constater dans la 
description qui va suivre. 

Le ms. latin fio de la Bibliothèque royal» de Munich I') est 
un recueil de comput et d'astronomie qui parait aroir été copié 
a Salzbourg en 818 W, d'après un exemplaire exécuta dans le nord 
de la France' 3 '. Outre lee travaux des mois, le dessinateur a repré- 
senté les signes du zodiaque i*', le Soleil , la Lune et les Venls. Les 
mois sont figures sur lenieme feuillet (fol. 01 V*) en quatre re- 
gistres. Leur nom est inscrit eu petites capitales rouges. Le dessin , 
presque toujours indiqué d'un trait rouge ou noir, est rehaussé 
le plus souvent de rouge «a de vert. L'eiécutioB même est très 
médiocre et dénote une main fort peu habile (pi. XII). 

Voici maintenant la description de chaque figure avec le dis- 
tique qui l'explique. 

Janvier. Un homme accroupi se chauffe les mains à un feu 
allumé à terre M. 

Poue foeum menais diclus de nomme lani 
Heret contractas frigore sire sedftt. 

Fkvkikb. Serre contre sa poitrine deux jeunes oiseaux et, de la 
twiin droite, en tient un plus grand par les pâlies. 

Annua quem quondam puera runt Februa rnensem , 
Ova fovet quorum portât eves manilius. 

' l" Oli trtuvera une aolice aise* complète- Sltr 1* calej 11 provenance et les 
vicissitudes de ce volume dans (Ihrousl, Dtakinàler lier Schreibktuut tlei Mitulatter* 
(Munich, in-fol. , i" série, i" livraison, 180,9,). L'auteur a donné en fac-similé le 
feuillet qui représente les dôme mois. 

1*1 On lit, dans l'Adbrevialîn chranice : «Sunt eutem lolîus suinme ab origine 
inundi uwjue ad presentem annum bccci"" incaraationis Domini». 

"' D'sprès le* non» de* s*inU du martyrologe contenu dans ce manuscrit, il 
faut songer comme lieu d'origine à Reims, Saint- Vaast, Paris, Aubin, tlotegne, et 
surtout à Saint-- Amand où Arnaud de Salibourg lut d'abord abbé. 

(»' Cf. Thicle, Autila HmuatUbiidtr, Berlin, 1898, in-4', p. i&». 

» Cf. mois d« déVambre dans le ma. Heg. 488 (pt. Il de ftiegl) et de janvier 
dans le nu. Reg. n63. 



Digitizod ny G00gle 



— 164 — 
Mahs. Tient un serpent d'une main et un petit oiseau de l'autre. 
Martius educît serpentes, alite gaudet , 
Pondibns atque suis tempora laeta vocat 

Avait.. A une gerbe dans la main droite. A coté est un arbre en 
fleurs et au sommet duquel est un oiseau. 

Aprilis gerit berbarum pandente maniplos 
Se tellure virons arboris et folhim. 

Mu. Tient une branche fleurie de la main droite et de l'autre 
répand la semence d'une plante (l) . 

Mensis Agenoreus calamanco fundît operlns 
Flores ac Piiadis erescere prodit aquas. 

Juin. Laboure avec une charrue traînée par deux bœufs. 

Inouïs incorvo prwciodit vomere terram , 

Anrea cum caelo comua Taurns agit. 

Juillet. Part aux champs avec la faux sur l'épaule' 9 ). 

Quintilu falcem collo dum vectat acutam , 

Herbida pratorum rnra secare cnpit. 

Août. Coupe le blé avec une faucille' 3 ). 

SexlUis segetes, quibus horrea repleat, nneo 
Succidit chalibe sive metit stipulas, 

Septembre. Jette les grains dans les sillons. 

Semùta Septimber sulcis inmitlit apertis, 
Quae pansis eeqoa lance iacit digilis. 

"Octobm. Tient d'une main un rameau de vigne et, de l'autre, un 
pressoir <*■'. 

Vitibus Octiuiber botros decerpit et uvss , 
In nova sub nndo qui pede musta Quant. 

M Dan» le nia. 438, Mai tient ainsi une brute)» fleurie. Cf. mum le mois 
d'avril dune le ms. n63. 

( " Voir le faucheur du ma. 438 (mois de juillet). 

M Même scène dans les mu. 43» pi ia63 («oui et juillet). 

1" Cf. le* mois d'août, septembre, octobre, dan* le m. is61 (culture de la 
vigne et fabrication du vin). 



Digfedsy G00gle 



UNE 
FRESQUE DU XV SIÈCLE 

À LA CERTOSA D! PESIO, 



PAÏI M. DE LMGUB, 
Correspondant du Comitë. 



A a8 kilomètres au Sud de Cuneo, dans la pittoresque et alpestre 
vallée du Peaio, s'élève la Chartreuse de ce nom, aujourd'hui et 
depuis longtemps déjà transformée en un confortable hôtel devenu 
le rendez-vous dénombre de nvillégianls» et ou, en un autre temps, 
ne dédaignaient point de venir méditer, dans le calme et le recueil- 
lement, des hommes tels que Cavour, Masaimo d'Azeglio et, plus 
récemment, Viscontï-Venosta. 

Si notre intention n'est point de retracer ni même de résumer 
ici l'histoire de ce célèbre couvent, fondé en 1173, histoire qui, 
aussi bien, a fait l'objet de consciencieuses recherches' 1 ', nous 
pensons qu'il n'est pas hors de propos de signaler un monument 
d'art que nous avons eu l'occasion d'y rencontrer et qui, si nous ne 
nous trompons, n'a pas été, jusqu'ici, examiné par les cercles com- 
pétents, du moins en France. 

Il s'agit d'une fresque occupant une espèce de niche placée en 
avant de l'un des deux ponceaux couverts, lesquels, actuellement 
encore et comme autrefois, ainsi que l'atteste une vue cavalière 
exécutée en 1673 par Giovanni Boetto, dePossano, franchissaient 
le Pesio et donnaient accès à l'intérieur du vaste édifice. 

Le ponceau dont il s'agit est le premier que l'on rencontre en 
venant des villages de San Bartolomeo et de La Chiusa, lesquels, 
avec celui de Beynette, sont sur la route de Cuneo. Tandis que, 
bien que très praticable encore, ce premier ponceau est a peu près 

W Biagio Giranti, La Certain di Peiio, 9 vol. grand in-4*, Turin, igoo. 



Digfedsy G00gle 



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Bulletin inciiÉor.oGiurK, igo5, 



CERTOSA DI PESIO. 
FRESQUE DU XV* SIÈCLE. 



.'.1 



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abandonné, car l'ancienne penlc douce qui y faisait surte et n)«^ 
gnait l'avenue principale est présentement for* *S» hl *; " seCT »r^ 
plue conimiide, plue spacieux, placé de plain-piod à 1 amorce ,». 
x. i i ■ i j a ^>i>inti*naat accès am ^fr' 

cette même avenue principale, donne seul mBini*""' _ «s 

turee et au piéton.. C'ait » qui eipliqoo pourquoi, "•"S" «0»^ 
incontestable intérêt, la fresqoe en question « éch8pP ^f m . L?V,? 
des investigateurs, jusque-là que nooa t «von» " htsarrf ^^ 

quée ou plutôt découverte presque par a»oit«5 " un " \ 



rbêj Garanti signale s> 
De fait, tandis que, dans son onvrafre , ■*»- xrlJ - siècle, C»rJ*> 

,oelque détail les peintures dont, au mille» «* ,., „,„„,,„„„,, »■« 
d'Anvers, a orné l'église du couvent; "nf^,,^ œuvre) m.yiM,. H 



, — _.- n _„, -_„ xvn siècle, caiv ^v 

quelque détail les pemtures dont, an milieu i «m j( „,„„,,„„„,, **•»*% 
d'Anvers, a orné l'église du couvent; tan»»"» "* œ „ vr> m.yi,,,, V 
triptyque disparu «par le malheur des t<-rnp» . j-verr»™! . <♦; WV> 
d'AlbertDûrer.l.quelleserv.itd'aulelinili*'""' " „„-_-' „.<*„",/> 



croyonê-nona, «l-^W V^ 
tien quen passant des freaques plus ou m*» 116 * " j^ - e j^ ^^\ \ 



dinal Maurice de Savoie, notre auteur ne !»■* 



encore au dehor. de .'édifice. Emprasson*-" t ^ tre fl[I «„ ^Vv \ 

fre.,u« n'offre* guère matière, l'étude, «*" f n £ nt | e8 portra/e, QO-^ 
nographique, car plusieurs d'entre elfe» <*on .^ a^OV * 

pneurs les plus notables soit par leur piet» » ««rmî e*?9 fr» ^4^^ ^V^ 



»,t par l'un, et l'autre i 1. fois. Maie roD.»^ „„ f ^V. ^ \^\ 
elKSr.enre.ceUe dont non. noue occupons •*> f o) V V. % N 

notre part, «Ira digne d'attention, noua iH» nB .détaillée *K *J 

une description aussi exacte que scrupuleuse ' ^ VvSJ* 

Quoique eise au fond d'une «liée a«*<« étroite I* tft.. *0O 

esl à 86a mètre» au-dessus du niveau de J« *" . , *'' %*,*, ^w 
meuree exposée, depuis de longs siècle» *»* 'JW*** ^*/H* 
frimas de l'hiver rigonreun qui règne a pare-**» altitude, e 6 ^ wS 6 
que a beaucoup souffert et, loin de s'éloi-rt** 9" «M Soi». '^ J*^ 
endommagée, on doit plutôt se demander comment rf/ e ^ l^*** 

couptètenieat disparu. ^ « ^*. 

Du dépierable eut de dégradation ou el't»» ((nn^ t\*** 

encore penfrotre de l'incontestable valeur art<s t, '7 li 9 <jt>'.,ji ^( *** 

eaoore, H n'est malheureusement pae pose»**» fa PtJ****fh 

compte exact d'après la photographie oblîfï**' ,m «ïej,. ^ttH^Off 
M™ Gûccone, l'un* des propriétaires tctaelles fa PL^^t/* *tt 
graphie qui, faute do mien., est ici reproduite (pj v "«tpf ~* ^ 



La uicha qai contient notre eornpoaitiori ee( 4 A 
-deaiuB dn niveau d* aol et ofte une coupe (^ ^'tJn 



*^ÏS 



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Bulletin mcllioLOGlqi'K, 1905. Pi. XIII, p. 167 



: à 



** . . _«-■ —.-••-•■ ■•• '.vjy 



CERTOSA DI PESIO. 
FRESQUE DU XV* SIÈCLE. 



D lg tz S d,yCOOg[e 



— 167 — 
abandonné, car l'ancienne pente donc» qui y faisait suite et re/oç^ 
gn.it l'avenue principale est préwnlement fort A«Si«l>r-e>e , .le second 
plu. commode, plo« spacieui, place de plain-pied * I «moree <,^ 
cette même «venu, principale, donne aeul maintenant accès au. , 0{ - 
tore, et aui piéton., Ce* ce qui e.plique ponr-quo., m. »_ «o 
incontestable intérêt, I. freaqoe en question « *« s^meme rema % 
de. investigateur., jusque-là que non. l'avons n ° U9 ~ r . hasard. **\ 
qnée ou plutôt découverte presque par suites o nn p 

ma Garanti signale ar 

Def.it, tandis que, dan. son ouvrafre_, M - XTrI - siècle, C«,JV 

quelque détail les peintures dont, au mil.«n o ^. mentionne ^ 
d'Anvers, a orné l'église du couvent; landi * ^"„,n,r« nMgMB>,^vN 
triptyque disparu -par le nt.lheur des ten»P* * mierroyant c? «J^V 
d'Albert Durer, laquelle servit d'autel mil.""''*» ' "«i, ,\\ 
dinal Maurice de Savoie, notreauteur ne TaM*, ' aàém .nàs/j^wV'' 

lion qu'en passant des fresques pins ou mons de le din ^\\ X 

encore au dehors de l'édifice. Im,ri»)i>«-' , " u >i ^ te „ ^ ^ ^\\ 
freine, n'offrent guère métiers 1 l'étude, »<"** £ nt le. portrait, VV k 
nograpbique, car plu.ieur. d'entre elles don ■> |„ K/ »k~y^ V 

prieurs les plus notables soit par leur piété , «^ ^ «^ ^\3 

soit par l'une et l'.utre a la foi.. Hais « ,nr "" „j,le, sauf erre %■ ^ ^ > 
extérieures, celle dont nous noua occupons e^ 1 ^^ ' ., **W Vv^^ ^ 
notre part, «la digne d'attention, m allone ' ^.^ V y" 

unt; description aussi exacte que scrupuleuse . . -, * v t^ ^S 

Quoique sise au fond d'une valide a»»»* * 1 , , a **lv ^-k ^ 

est à 86a mètres nu-dessus du niveau de »» ^^' tem .''. *\\ % 
meuréa exposée, depuù de longs tiède» « uX I*"*!} > y. 

fiinu de l'hiver rigoureux qui règne apure-»* ,™*»«8|.^ ^*?\, 
que a beaucoup souffert et, loin de n'étonne* q«e«e 80 f t ^ . */ V 
endommagée, on doit plutôt se demander comment e f/ e ^ ^ fv ^ 
eumplètcmtmt disparu. v IS. *" 

Du dépknble éUt de dégradation où e\\e se tto^^ *^%>l 

encore peut-être de l'mcotttesUble «leur Bl**«|*ï ,w <jn ' e (i ty **' 

eaoore, il n'eut malheureusement pas pos»'***e <(«, ^ £h£/°/i> 
compte exact d'après ia photographie obliff* ,flmm *u( %1-jSït/ 
M"" Giaceona, l'un* des propriétaires actuel'™ d$ , e w(tî!/ "r> 
graphie qui, faute de mieux, est ici reprodnitej'pi y? ^ J? P*r 

La nicha qui contient ootre composition est 4 -*l|fj ' P^Ofo. 
«r-cieyuB du ■ifeau du sol et ufre une coupe J^'^On a 



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_ 168 

ordale, cW— ^._„ aire ..„ lleu de former .m angle droit avec • 
.aroi vertical.., ^ u fcnd , e9 deox paroi» latérales rencontrent cel e- 
; sou» un a m ^, ^ obtus ne „,„, „ int , de. Ion,, parallèle, entre 
Ile., tandis «^,_, e ,„ artie supérieure, arc-boutée mi «. p.ro.. 
Herales, est. «.^«.i^njent voûtée. Nous sommes donc en présence 
uo »«•*•.«.« -ttaHptyque fixe ayant un développement approximaUl 
e A meta, . «3L on ;»„ peu plu. de » mètre» pour le fond etoueque 
en moin, .d « » me tre pour chacun de» côte.. En dehors du tnp- 
que lui-mai, »™n»«- emt.it un encadrement presque entièrement dévore 
■jourd'hui ^z»».- les efflorescences de salpêtre et qui représentait 
« pil..ta-«^ « historié, avec leurs chapiteaux, les ornement., 01- 
*"x, riuc-EK » mi», palmette., volutes, eB., étant exécuté» en blanc 
enampi tut me- jaune plus ou moins intense et semblant, daprès ce 
ie l'on en 1E >eut discerner encore , inspires des meilleur, mollis de 
Renaissam-m ^cr= «ss toscane. Venons au sujet iui-méme. 
Ea nmt. «i« trois arcades d'inégal écartement et teintées en 

Jet, furme » ■ n. plus ouverte, occupant le paonM. du milieu, el les 
» autre» ,, -pf^rspecti^einent pjug étroites , inscrites aux panneaux 
iraux et -vue! en raccourci, figurent la Vierge tenant l'Enfant 

i. el <J«a- ax-ax-^a=.«3 chartreux, six a gauche, six à droite. Devant les 
;aux se«s«ZR> :ataL«iaires, on voit, à gauche, saint Jean-Baptiste debout 
partie i ara»- :nT~â5 rïeurc du corps a presque entièrement disparu) et, 
oite, «a ara» jouoint, aussi debout, alors que les douie autres sont 

ouillés» — 

errièr-** al *** Vierge, pareillement debout, on remarque, eo haut, 
aéras* ■":»■ iaxae (rorantn, dont de maladroites retouches ont gâté 
mlioDt -aK^ja-ax-emière; tandis que sur le ciel bleu se détache uno 
d'étr-o* ail at«» tenture jaune-brun à fleurons noirâtres, tenture 
e atâxna «tM*î la mieux faire ressortir, en arrière de la tête de la 

deE>i-«3*-au»x - 

lle-cï -a3= a^ax, * «roiHee d une sorte de bonnet brun noirâtre sur lequel 
vient «ri-"" .auaj^pelersr^cialementi'attention , car, en denors du faire 
luvre» , ** aoeutservir par lui-même, et presque A lui seul, pour 
asseaa."'*» 3 *^'** «temeot celle-ci , les autres pari les principales ou accès- 
d u -v «^ at«2* saoent étant purement conventionnelles : manteau bleu 
fétoâa'' 1 " jadis Manches et doublé d'une étoffe verdatre, tunique 
A la» «-•»"•«="* P 1 '"' «a» plaquant sur le ventre, avec rosaces ton 
„. « = ^».a-a»'»s"« s blanches reposant sur un escabeau ou mieux 
lef J;».«=«-a»«ronal. Autour du bonnet, ua examen attentif permet 



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— 169 



de reconnaître les vestiges d'un diadème autrefora doré et coœp, 
de perles alternant avec feuilles d'ache. 

Vêtu d'une sorte de chemisette blanche , transparente, en * . 
lin», l'Enfant Jésus autrefois nimbé d'or, comme l'indique un ce,. 
vague et brunâtre, autour du crine, repose sur le bras droit rep^ 
de sa mère, de qui la main droite est étendue , le» doigts °uve./ 
et joints, la gauche soutenant la cuisse droite du Rédemp^. 
lequel fait le geste hiératique de la bénédiction. Comme l'Ea^** 
la Vierge a les cheveux blonds se déroulant en ondes dénouée, ^\ 
les épaules, avec deux mèches encadrant le visage- y 

Si l'expression de la physionomie de l'Enfant Jésus n'a . 
de bien remarquable, les traite de la Madone sont dune eij.'^ 
pureté, dune inspiration très juste; d'une résjularxté charmant^ i; ^ 
rappellent la meilleure tradition des m»«tf« s italiens immeni ^ 

ment antérieurs à Raphaël. % ^ 

Les deux pans du manteau sont tenus des deux m.ins, ce/,,. 'v 
gauche, par le moine debout, celui de droite par "»">' Jeeu.K'" x 

liste. Sous les plis largement éployés, les dou» chertreux, „^«- 
chon rabattu, sont agenouillés avec, derrière , des opuce, «Ok>^ 
deviner d'autres religieux dont le viaage demeure caché sou (,>)^\ Vs 
qu'ils n'appartenaient pas à la chartreuse de Pesio , mars pe ot ^> ». y^ 
celle voisine de Casolto.soil encore parce «1«»"! <""""" * VO O 
novices, la règle de l'ordre ne comportant , «"*"' f"T° r ' ï»e A V J* 
profès et un prieur par couvent, comme sou'"» «« ««H H. )K %% 
apôtres et du divin Maître. %v* ^ A 

En tout cas, nous sommes très vraisemb■» b,,,,, """ eu ^ ^ V^ W* 
do portraits, ainsi qu'on le peut constater non seulemea t ^i ^ * s 

vérité des types, mais par le fait que tous ces religieux, J, K^%. % 
ont les yeux bleus, ce qui est fréquent en Piémont, njj, S j ^ «x 
qu'intentionnellement, a coup sftr, 1» V "*ï* a /„, rK'^ *> °e 
clair, l'En&ut Jésus brun foncé comme au,,; ^ 4 (,.*»» \" 
atque l'on en peut juger, vu la détériora^ *a^ ^.^ ' 

loler, tons les individus groupés a gauche , **^*", 

sont imberbes alors que tous ceux de droite sont ^ . Qb » %* 

dont nous nous réservons de tirer, en son tempe "«, ^tjj 
lions. ' c »t«j 1| N^r 

Quant au saint Jean-Baptiste dont, tout end i °d,/' tf 

actuellement, le galbe émacié respire encore ^stré 

■•—■«-». -«• 1 " e «uélaïï.*»'! 



ont les 

tandis 
brun dur, 
pour autant 
nage. 
Fait a noter, 



""ancoJi 



:igtz S d 3 yCOO^[e 



— 170 — 

douceur, on ne saurait néanmoins donner une description précise, 
en l'étal déplorable de délabrement ou mieux de presque destruc* 
tion où ilse trouve, la tête elle-même dispunissant en partie bous 
les effloreseencte de salpêtre. 

Il tn va autrement du moine debout en qui nous pensons recon- 
naître un prieur, tant à raison de sa posture droite que du fait 
qu'il partage avec le saint l'insigne privilège de porter les pans du 
manteau , véritable palUitm d'honneur dont la Vierge est drapée , 
ainsi qu'on l'a marqué déjà. 

En outre, dans la saignée dn bras gauche de notre moine repose 
un missel fermé, autre détail évidemment significatif. 

Si les plia de la robe blanche sont exécutés avec autant d'ampleur 
que de vérité, la physionomie, tendrement ascétique, est traitée 
avec une simplicité gracieuse et magistrale qui respire un carac- 
tère de religieuse et pensive quiétude. En effet, le visage est, dans 
son ensemble, noble, calma et reposé d'expression, grâce aux mé- 
plate accentués sans être heurtés , à la finesse de la bouche aux 
lèvres minces et plus encore a la carnation sensiblement moins 
poussée en vigueur que celle des autres moines, surtout de ceux de 
droite. 

Tel est le sujet principal. Il est complété sur la partie cintrée, 
formant plafond, par un petit ange de joli dessin qui soutient 
un cercla au centre duquel en est tracé un plus petit d'où 
rayonnent des flammes au nombre de douae, régulièrement 
espacées a 3o degrés l'une de l'autre. Cet ange est à la gauche du 
spectateur et faisait pendant à on autre dont il ne subsiste plus 
actuellement que le pied gauche et un fragment de jambe. La 
parte de cette figura , pour accessoire qu'elle fût , est d'autant 
plus regrettable que celle qui subsiste encore est d'une exquise 
exécution. 

Quoi qu'il eu soit, de l'examen que nous avons fait d'une pho- 
tographia exécutée en 1870 et conservée par la propriétaire ae» 
tuelle de la Chartreuse, M^V'^Biagio Garanti, il résulte que depuis 
lors, c'ost-4-diro en 34 ans, aucun nouveau dégât marqué ne s'est 
produit. Ainsi, il partie droite de l'enduit de la voûte s'était déta- 
chée déjà; la tête de saint Jean-Baptiste avait, ni plan ni moins 
qu'aujourd'hui, été dévorée par le salpêtre; le torse et les jambes 
avaient aussi disparu. Enfin trois profondes crevassas, pénétrant la 
masse même du mur, avsient disjoint la paroi droite, endomma- 



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- \1\ — 

géant les portflit» des moines barbue et estai au prieur, car, ,j, 
qu'il a été dit déj», nous estimons être «>« préwiiic» d ■»•>• «H 
iconographique nom «yant conservé les trait.» «*"" t T°? i " ™**« 
qui maniant ■ Paeio h via eteoblule » l'ep»"!»" oo tm ™^ 
noire œime d'art. . . ,_-,- > 

Cette époque quelle est-elle! C'est le V aiat ^'%°™„£Z*A^ 
gager en nous .id.nt non seulement de. - C ( *l* C .i™ill««UY du „*% 
raies de i'eiédution, mais eneore d'un dét«i* "* B " e Q tv 



Mme de le Vierge. -_„.r..«». « «Mrs 

En ce qui consente on caraclérlstiqeie» •» donne âne à 



<V 



En ce qui consente ces caractéristique» ■»" do nne une i S . 

tout d'abord de le remarquer, notre photofir •"" P orlgialkj Ki ^ ^> 
très imparfaite, très Incomplète aotsi de "",.-_•, relatire» dos ' J^ 
raison de l'impossibilité d'apprécier le» *°*** , !* iel , > soit, au eu JV% 
leurs, défaut commun à toutes les pbotoaj r *'P nlans latérai *^. \ 

tlcnlier, par suite de la déformation fba*o«»e -«éai peor tnetttt.^ ^^ a?" 
dn cintre supérieur, lesquels ont du être »""" "^ % > 

«leur le sujet central qui est aussi le P ria "J'" ' r te de Donnai . -N 

L'on . dit que la Vierge était coiffée A ta»» .„„,„,,, «péeial, V > 
noirâtre peut-être en fourrure, de fornt» e * rioUrtanl fort » ^V 

qne4,»enutrë B »agoe dans la photographie* *J Ure tuit maJS^. \», 
naissable aar l'original. Autrefois, nette * 5 ° 1 ! f-ut/fe» à' ^%. V^ 

diadème enricbi de porta alternant ave» «"^ „„ jJ^Wv 
oe Irèlle, diadème qni, aujourd'hui «ne*»"".. ' w ■ " * ^^ v ■•k 

obtenu par empâtement et a été don*, *****?***,, j^ Mj ft t 4 ,. \. ^,7 
devenu noirâtre comme le nimba de fB ** °fe V ^^^ N 

n'est pue en lui-même tris significatif, e*r < *° *" , e <t^ ^ O* 
breux eiemplea à diterses époque* et en ****?*„ **' , W,. TV %^ 
hlable au nôtre étant eelui que lo Christ vit ^7~*" r " taU 1 * %*VfJ , * 
Vierge dm» un .couronnement - peint par Fr» *»*■* <*.) "S tjv* 
fore eHfl-méme est évidemment plu» rare e* d °* ""l**» ,. L tA^V " 
car, a la diBérsnee des antrei parties du <*»]»**, *0* O'* 
évidemment copiée sur un objet en usage * ■ "P^u* «fl Ç\^ tSfJ*«C 
a été exécutée. IV * «* ' 

Or, le chapeau de feutre à borda entièr« rt, *" ( r#| 8v , \ ^ 



nomme (e portent aujourd'hui e»* ** i«i ,_ «,,. 

n Hongrie et dans certaines parties de l'Espa^n,^ ■ ^ u.,^ 

emnient vers la Cn du xv* siècle. 14,. . 'e ,„ ^«M- 



la calotte nomme 
en Hongrie et dan 
très fréquemment vers la Cn du xv* siècle. ïe, (| "." 'e ^ ^*fi»V 

80 



W Lubie, HuwwJ* r4M,lY«, U rtk-a Koèil-, •■ ", p 



,fl »-4*,. 



Digitized^y G00gle 



— 172 — 

d'autres, le portrait de Charles V1U d'après Gurgnières "1 et, dans 
la Chronique de Louis XII par frère Jean d'Auton > a, t une miniature 
où ce prince et divers seigneurs de sa cour sont représentés la tête 
ainsi couverte. Nous pouvons donc, sans beaucoup nous hasarder, 
Faire remonter notre peinture à la seconde moitié du xv* siècle. 

Si maintenant nous examinons le galbe très pur de la Vierge, il 
n'est pas sans quelque analogie, a notre avis, partagé du reste par 
un peintre français qui a va notre fresque, avec celui des ma- 
dones du Pérugin, ce maître de Raphaël, qui peut être regar.té 
comme ayant été dans la plénitude de son épanouissement durant 
celte période. Quant à l'Enfant Jésus, on ne croit pas beaucoup se 
tromper en le rapprochant de celui qui, dans la nativité de Lo- 
reazo di Credi conservée aux «galierien de Florence, se voit couché 
au premier plan. Et Lorenxo di Credi, lui aussi, est du xv* siècle. 
Cest bien la même petite tête , vue de trois quarts et couverte non 
de cheveux longs et bouclés, comme dans la plupart des effigies 
du xvi* siècle, mais bien de ce petit duvet court et drn, propre aux 
pargoleUi. On retrouve aussi ces mêmes cheveux naissants chez les 
Getà hambino du Pérugin. 

Il reste à parler des quatre anges ou séraphins norantn, dont 
deux apparaissent aux côtés de la Vierge et deux au-dessus d'elle 
dans le cintre. Comme on l'a dit, le galbe des deux premiers a été 
singulièrement compromis par de malencontreuses retouches qui 
en ont, tout à la fois, altéré le coloris. — Par contre, celui qui 
subsiste encore à peu près intact à la voûte, aussi remarquable 
par la ligne que par la coloration et notamment par le diapré des 
ailes, n'est point sans rappeler des figures analogues existant dans 
diverses compositions du Pérugin , notamment dans la n Vierge 
patronne de Pérouse» et dans une «Adoration des Mages '*'» du 
même peintre. En outre, quefque altérés qu'ils soient, les deux 
autres anges, ceux qui volent derrière la Madone, s'inspirent aussi 
du même type. Nouvelle raison pour attribuer à notre fresque la 
date du xv* siècle. 

Si l'on ne croit pas devoir tirer argument des motifs ornemen- 
taux des pilastres, parce qu'ils peuvent être d'une main autre que 

<') Bordici-Pt Cliartoii . Wur. de France, i" édition, t. t, p. 564. 
'*> Bibliothèque nationale, manuscrit fr. 9701. 

(î ' Cea célèbres cotnpoaiuow ont été notamment reproduites dani le n* XXII 
(année ii)o3)de la Vax Urbit, journal latin pi 



Digfedsy G00gle 



— 173 

celle qui a exécuté le Ubleiu lui-même . qu'il» «.ont , d'ailleurs, ^ 
délabres et ne paraissent point dans notre héliogra.ure, .on c 
bon, pourtant, de répéter qu'il, sont de fort «levante .11.™ « ^ 
pellent, en quelque sorte" ceux qui .oedren' le '»°^ T 
César p»r M.nteg„., d.n, 1. célèbre compoMU» cooserv^ , 
Hampton-Coort. r „r, r é S e=té». ériden,^ 

Pour terminer, venons aux religieux. «!■ r « s «". ^jent irnber6.,"% 
sur le »if ainsi qu'on l'a suggéré déjà. Q"f " ies ^es de l"o,? * 
six barbus , nous sommes trop peu vex-aé» «*™ a ctte diffère/"^ ' 

pour .Itribuer un sens précis, ineontest»»> • ^ dous som <V/> 5 
Mais si elle nous confirme dans l'hypothèse «j^ ^^ interpréta'* ^ 
présence de portraits, peut-être comportera, tt ern „ , M n,»,,,,^^ V 

analogue à celte qui a été admiseen ce qu" c bas— reliefda /àh.^ V^ 

antiques. C'est ainsi, par exemple, que »»'"",„, dan , „„ j^XJVo 
autel dédié par les naute. parisiens, or» m '-*~~ ,enior* du coHj ^^\> 



autel dédié par les nautes parisiens, on. ■* *"~ „ m iore, du coHj ^v -^, -, 
de trois homme, armé, barbus de. ™ BC!abr ^ t . m és, mais imbA^S \ 
dans un antre groupe aussi de trois homme» interprelaHo^^-^O V 

des membres jwnoresl 1 ). Nous ne donnoxa» «= , . H •■» -â| 

c 1 :«*» debout, a qui, p Xv 

«>us expresse re.er.e, parce que le ns»n« quniité de prt.\, VJV 

raisons exposées plus baut, nous assigne»* 1 » «ièrement rasé ^* ^»J ^ 
qui en ferait un «emor par excellence, eut °" Mn( donné»,,' V \\ 

Et a propos de cette charge do prieur, jt , ^^ /( « ^ V " ». 

croyons l'avoir prouvé, notre fresque date ** 4. »^ 

rait que la belle phYsionomie dont les trait» 1k k H ^, 

par le peintre soit cille d'un de. plus *°**>*?,t? >' V\NN, 
tain *£•» * C*»i" »» CriroL, qui fath-Vhmp, Q^V *» 
du couvent t. cette époque et mourut en * **9 . ■ , t - ^V - 

Mais au temps de cet ÈliennedeCrivol^ " " /* % % %^ 
un simple moine, Antoine Lecoq, plus c*>o te 8 . ^^ fj 

de yi^KfflM. Or, sut le montant droit du ponceau cou-^K -K * 

accès actuellement encore a la Charlreu^f ' °° Vo " Ut» *L %v ^ 
relativement moderne qui représente, à n on " ° B le., h^ *»*, °fe 
treui, puisque, dans un cartouche p' ace , *" ^Otig ' tv^iy * 4 ' 
de ce religieux, on lit : Anlmiu* Lecoq * ^^Uq (| 6 cA."^ 

ffoJnfwBfti.] Ku7u Pkâd iMi. ^V. ; '• 



1 Mowat, Rtmarqun mr Um iiucriptioni antique* dePari^.^ 

----- - '-'■'- ,.•* *-en 



*sEÇ- 



(Voir aussi BuW«û'n a> la SociïM' Mlmuh ««» ^"''Pdi,'^ 

» Carsnti, omr. <tW, p. .88-196. "*•», , 9|| J ■ 



wiedoy Google 



diS.»«=»i«. Fi» 1 »""!».. & t,"l»»-f k. 4il " lHo«' 
^.« W " .- rivé «*• «""S, .ate»»"- & 



,, CoOglc. 



— 156 

l'incertitude qui rtgne eur ce point, l'im.»»ïinniti«»«» populaire . ^ 

on» légende d'après laquelle ce saint homme »«•»'• demeure - 
ara endormi .nr lune des roche, ibropto» <ï>»« murplomt*,, 



couvent. 



DUT Cil I. i. 

A un antre point de vue, il convient Aa Daemt, °™ , J <îr 1 ?ï,'„u,>»^ 
un manuscrit da Ml- délia Chie.a, appartenant à la B «éV ■ 

nauon«I.d. Turin, l.d.uphin Louis, plu» *•«" **°™ „JJ'~ 7*^1^ 
de fuir le ressentiment de Chartes VU, aoa p*» • " J* M iKnTV * 
àretroagerot» rendit . ta „CerU»« «U i> T!£ OIJM , «on.,1, «wH 
menu Tandis qu'il disait 1. mes», le **- * p ro«i«i»« ri %jN 

intuition divine, le royal .errant-, lui i"" ,5 "_ ocba j„ .y.n.«orTrVS 
eiliation avec non père et ion non owin 8 " fiouls de vent ^ 

tr6n« de France. En souvenir de l'acero*»» 1 E °? o'uelie fit fanât!* O 
envoya au couvent une magnifique caaau M"» * * uM pMmontaisJ^ V^ 
l'admiration de ceui qui visitèrent la ci»*.*' *s^ ^^n^* 

dont témoignent divers auteurs. „_.-«*<> ' """»• •* f V J 

On croit aussi que Lecoq était de haut p* \T^ g'ggt qu'il ^\ 
là qu'une vague tradition, H qui somM» *^ t ea( „ >'oi«»^ v ^V 
fréquemment d'intermédiaire politique ■*,„,„, «t „„, , b .^^>\ 
Savoie et «on frère. Enfin les écrivains «»•» j™ p. Antoine * V V. N 
rent après eux .ffirm.nl que sur ta U»*^* , ue , .otn.H.n,,' l v V \ 
fut «mb dan. l.nci.n cim.tièr* f° , ». v "" om piir.j 1 t«. no *l^v*'4 Vj 
paru (onato a retrouva aucune trace), «* »*^* «K. ^ •> 

miracles. .^ C^ajg. «x a^ ^^ ^* 

Si maintenant on se reporte 1 la parti* ** . . *^»V 4.^i ^/ 

OWa, ftisri. CW-». «a». .«.-«a„r7cl.'«"". < ' U ' a ""'»»^V VS 
une data tri. postérieur., on y trouve P»«*»" "" "?*Nj v/V V, 
Beat. Aataoaio L. Coeq Aviltauensi, m""***"' I"*»» J» ^O»- 
V.lli. Pisii.. U plus «urieuse est ta >"'**?, ,,; , "* ! '««r*«»* V(,j 
réfèr. au mincie, dont U vient d'être pn>"* ' * " • ^tt?**^*», *ifc 
Aviltana cuius odora, Domino inspirante, ow"»« de 911(1 ^sV^. ***£ 
nattai dicter et multi alii fuerunt »d «O»*» 1 *.*», . \^<i~j' + 
enim eutitit prophète vaticin.odo d. fut"*"» «I q a<t , %(>•■*•»,* 
Dei, corda hominum serutabatur et conecif nc,fts ^urum e »l W" 
eognososbat fiebantqne per eum singnlaria et «du^ «v» i *°i«/ 
qui. viridis herba super eius tumulum Da9 cen 8 ton **<W 
super se febriciUintes sanat; et quam nmltoa ^.' P ^,, """aia, 

'Ms fï .>' 

"» C.ranti, U Cvrtws « fWo, t. U. p. 65 ot S96, *"-ib Ull 



Wiedey GOOgk 



_ 176 

il.or.vi. »»-.«.««•««„„, eet omni pop<"l° - 0bii < '" febru "" 



|458»U 

Enfin fub «=.^» ^^ poor lui ce distique : 
Chmlo <=^ ■«».»„ hyJnIlo ,l« hryiM.i»s: qu«si cm liqne«». 
Hinc -v-^tj, J,„ „„,„, pondère neqne gr.»or™. 

■ n. leqoel ,«, t.rto. . . liqneneo» donne l'.nagrimme «Antonh» 
eeocq . . . *» ^3^ r approximation. , , , ,, ■■„ 

Et mainte, n „ t Fon s'est peut-être e*too»é de l'ampleur «jee détails 
•cmn»l«is5-^»».„„-ici soit pour fixer la date de l'œuvre, soit pour en 
terminer m. «- faire. En nous livrant à de tel» développements, ma 
>us propos» 5.«mis essentiellement, comme imporUnte et dernière 
neIusion,_ **« préparer le lecteur à la «*ve<lauon inattendue que 
n pourra». ».-fc Jaien être en présence d'un /" •»"**/ fi****- 
En effet , s*i l'on pense avoir établi de façon incontestable que 

coqétaïfc »otrc compatriote; si, malgré la date de ii&8 indiquée 

■ la CA*-.*»^ar»^e-« comme pouvant être celle de sa mort, on a été 
ené a coKftstater qu'il y avait a l'égard do cette date, divergence 
relesé«=ar-i-v«in8, — plusieurs d'entre eux affirmant d'accord avec 
raditio,*» ap».«xmlaire, que notre chartreux vécut tien après l'année 

[uestiorat. » les sources documentaire» fournissent plus et mieux 

>lre poi kk«- «le vue français; car, dans les additions a la chronique 
ent ci t.«^«s de Stepkamu de Crknlo, on lit textuellement, en ce qui 
erne «=-e^ v»«me Lecoq, dont fauteur fait, a tous égards, le plus 

d é)o> «E~ «e^? ~ ^8& tra àipmtare âwoto A" ^t> imwnajfini. 

don«s ar— y ant lui-même exécuté la fresque de la Ctrtota di Ptm, 
qne <~ ~" «a™ 1 ^* noire conviction, notre compatriote doit être ajouté 
iste J ^^** aprimitifs français désormais très justement prônés, rien 
Mant. *^» *^* < ï De ' d'après Im usage alors fort générai, il se soit 
Bout** -pc^amx~nii les personnages figurant dans sa compsition. 
itile -a~ =a> **^ "pousser plus loin nos explications, car nous pensons 
attèi a--» *■ m ^ triple but que nous nous sommes proposé : d'abord , 
1er taajm i*«=- connaisseurs une fresque très ancienne, très remar- 
e a u»« * *** T"' ex P° sée comme elle l'est aux intempéries, peut 
•alt,ar*= ^^."*«jn jour à l'autre; ensuite, assigner a cette œuvre une 

i blanc existant à la Ça ilu pas- 



Digitizedr.y GoOgle 



— 177 

date au moins approximative et surtout enfin, indiquer que, d'flp^ 
les vraisemblances, cettre fresque aurait pour- auteur ud cb*rt&~ 
français qui Tait honneur à son pays d'origine et devrait être in^ 
parmi nos primitifs nationaux. 

On se reserve, d'ailleurs, de fournir ultérieuremeol certains <j 
taila sur notre Chartreuse au point de vue strictcmcol historiq^ * 
épigraphique. 

L. DE L.MIGUE, 

Corrcspon*'»" 1 au Comité. 



Digfedsy G00gle 



NOTES 

SUR 

QUELQUES FONDEURS DE CLOCHES 

DU XV AU XVIII' SIÈCLE, 

PAR H. CHARLES POSTAL 

Archiviste do département du Tarn, 
Correspondant du Comité. 



Ces notes n'autorisent aucune conclusion d'une portée générale. 
Elles ne sont qu'une faible contribution a la biographie des fon- 
deurs de cloches et à l'histoire industrielle de la fonderie. 

Les renseignements dont il s'agit concernent vingt-trois artisans, 
dont quelques-uns furent peut-être des artistes. Ils ont été extraits 
des archives départementales du Tara (série G principalement) et 
étaient inédits, a une exception près. 

L'ordre chronologique a semblé convenir mieux que tout autre 
a cette simple «numération, suivie d'ailleurs de groupements par 
région ou lieu d'origine, ainsi que d'un index alphabétique des noms 
des fondeurs cités. 

<ï" SIBCLK. 

1. Bksot (Thomas). — Le i4 novembre 1474, deux fabriciens de l'église 
de Bleya" 1 reconnaissent devoir a Thomas Besot aîné, fondeur, habitant 
de Clermont en Auvergne (Clennont-Ferrand), la somme de 36 éeus et 
demi , plus 4 livres tournois , pour ht façon d'une cloche et pour la fourni- 
ture de 3 quintanx 66 livres de métal. A la suite , sans doute , de nouvelles 
conventions, ou plutôt après la fonte, qui avait dû accuser un poids supé- 
rieur aux prévisions, les mêmes personnes s'engagèrent a payer en outre 

( " Blevs, commune de L» Bsrl.be Bleys, canton de Cordes, 

GulUc (Tara). 



Digfedsy G00gle 



io écueet 10 doubles tournois , l'écu étant compté pour «7 nu 6 déniera. 
Ce dernier contrat est daté du 16 du mi>me mois ,;,) . 



IV I BIKCLE. 

2. Joly (Jean). — En 1557, un bail a besogne était passé entre la 
fabrique de l'église Saiute-Martianne d'Albi et le fondeur Jean Joly. de 
Villefranche-dn-Rouergue ■*•, pour la refonte d'une cloche; H était fait divers 
achats de métal, notamment d'un mortier pesant too livres, au prix de 
4 sous la livre ». 

3. Pilmc (Jean). — La même paroisse faisait fondre plusieurs petites 
cloches, pn 1 558 (n. st.) par Jean Palanc, fondeur d'Albi ( *>. 



XVII* STECLB. 

4. Gurru.BE (Jacques). — Le chapitre collégial de Saint-Michel de 
Goiflac'-' 1 recevait, le a3 septembre 1608, une quittance de Jacques Grcf- 
felhe, fondeur de Saint^Pons-de-Thomières m , qui avait touché i5o livres 
pour la fonte de la grosse cloche de Saint-Michel et pour la fourniture de 
a90 livres de métal f. 

5. Bodbet (Arnaud). — Le même chapitre approuvait, le 97 mai 1619, 
un marché conclu en son nom avec Arnaud Bodret, fondeur de Toulouse. 
Il s'agissait d'un lampadaire (lampemtr) de bronze «de an lampes portant 
huile et (au centre ou en haut) la figure de Sain l- Michel n. On était coït» 
venu du poids, qui serait de s quintaux ot demi, ainsi que dn prix : 
1 3 sous la livre. 11 est dit, en marge de la délibération, que le lampadaire 
pesa 3o8 livres et demie™'. 

6 et 7. Cuesevet (Antoine) et Fbaisse (Jacques). — Dans une assem- 
blée capitulai™ du a5 août 1697, les mêmes chanoines donnaient leur 
consentement à un traité passé avec Antoine Ghenevet et Jacques Fraisse, 

M Ce document est le saul qui ne soit pas inédit. Il s été analysé dans mes 
Extrait* de n/fitlitt à» sotairtt, Xiv'-xvi' riède», p. 3o. f Albî, 1901, iii-JT, 
tirage à part d'articlee publiés dans U Heeui du Tarn.) 

'" YilUfrsncliM (kvejfon). 

f ] » ArdutwduTarn.G 677. 

W Archives du Tarn, G 677. 

Cl Gainât (Tarn). 

W Saint-Pou. (Banult). 

W Archives du Tsrn, G 479. 

!■' Archives du Tarn, G 48s. 



Digfedsy G00gle 



— 180 — 

fondeurs de Toulouse , qui avaient offert de foudre une cloche de i S quin- 
taux pour l'église Saint-Michel , au prix de 7 livres par quintal; le chapitre 
devait fournir manœuvre, bois, charbon, cire, suif et chauvre ;j) . Le 
mouton (sotie) coula 36 livres (délibération du 6 décembre i633) ( * ) . Il est 
à noter que cette cloche avait él& livrée dans de mauvaises conditions, 
comme le prouvent les pièces d'un procès intenté aux fondeurs en 1 6a8 p) . 

8. LiiNis(Jean). — Le même chapitre collégial de Gaiiiac approuvait, le 
8 février i6a8, une acquisition de 55o livres de métal, ainsi que les con- 
ventions airélées avec Jean Laine, «habitant de la ville de Lamotte en Lor- 
raine* (>> , pour la fonte d'une cloche de 9 quintaux, moyennant 8& livres'". 

9. Qdenetbit (Pierre). — Les Cordeliers de Lavaur ( " ; passaient un 
■bail a foire cloche « , le 7 juillet i63a, avec Pierre Queneltet, fondeur de 
Toulouse, à raison de 3 livres 1 sous le quintal. Les Capucins de la même 
ville lui commandaient, A la même époque, une cloche de a quintaux en- 
viron, qni serait payée sur te pied de g sous la livre '■''''. 

10 SxanoisB (Pierre). — Le a mars i638, le chapitre collégial de 
(îaillac ratifiait le contrat passe* avec Pierre Sermoiee, fondeur lorrain, pour 
la façon de deui cloches de i3 et 3 quintaux; Sermoise devait recevoir 
17 quintaux de métal et 51 livres W. Il fut payé par acomptes 1 *'. 

11 et 12. Joly et LtDUNs. — Autre approbation par ledit chapitre, le 
1 !> novembre 1 638 , d'un marché couda avec les fondeurs Joly '"> et Lau- 
rens (dont le lieu d'origine ou de résidence n'est pas indiqué), pour la 
refonte de deux cloches rompues, moyen liant la somme de 100 livres 1 " 1 . 

°) Archives du Tarn, G .'18s. 

W Archives du Tarn, G i83. 

!« Archives du Tarn, G 5g6. 

!*' Il s'nçil «ans iloule de La MoUic (en Bassigny), près de Roui-mont (Hante- 

M Ardâtes du Tarn, G àSi. 

O Lavadr(Tam). 

<" Archives du Tarn. Fond* Lnfage et Cambeforl. Registre du noliire Guill. 
Relayai pour l'année 1 63s , folios a33 et s8o. Cas documents m'ont été indiqués 
par M. Aug. Vidal, correspondant du Ministère de l'Instruction publique, i Albi. 

Cl Archives du Tarn, G A 83. 

M Archives du Tarn, G 53g. 

<"> Ce Joly élait probablement un descendant de Jean Joly, de Villefranche-dc- 
liouergue, déjà cilé(n° a). Peut-être doit- on la confondre avec Etienne JciIt (o" là) 
établi A Toulouse une trentaine d'années plus tard, 

"» Archives du Tarn, G 485. 



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— 181 — 

13. Cessa d (Pierre). — Par acte du 8 juin i658, Pierre Cereau, fon- 
deur d'AIbi, faisait abandon au couvent des Cordelière de celle ville de 
16 livres que ces religieux lui devaient encore sur les 8o stipulées à l'oc- 
casion de la refonte d'une petite cloche; ce don était fait à charge de service 

obi t un ire W. 

I.'i. Jolt (Etienne). - — Il est décidé, le 99 mars 1679, par le chapitre 
collégial de Gaillac, qu'Etienne Joly, fondeur de Toulouse, refondra deux 
cloches en mauvais état et emploiera a la façon d'une troisième un quîulal 
du métal qui se trouve de re>le et qui s'ajoutera à la matière de la cloche 
de l'horloge de l'église Saint-Michel™ 1 . 

15. PioTiLs. — Le syndic du même chapitre soldait, en 1675, les frais 
de visite des cloches de Saint-Michel par Pau talé, fondeur de Toulouse P1 . 

16. Fodrnirb. — Suivant une délibération du chapitre cathédral de 
Castres'*', du 5 mai 1679, le fondeur Fournier prendra livraison d'une 
cloche rompue, pesant 998 livres, et c^lle qu'il livrera sera payée a raison 
de i4 sous la livre. A la date du a juin suivant, il est dit que Fournier a 
livré une cloche du poids de /j46 livres; le métal qu'il a reçu est estimé 
10 sous la livre 1 * 1 . 

IVUl' S1BCLI. 

17. Cainé (Antoine). — Nombreuses sont les délibérations du chapitre 
de Castres où il est question du fondeur Cbeué (ou Chenay ou Chesncï. En 
1711 (délibération du 7 uoùl), on confiait audit Chenay, fondeur de Tou- 
louse, la refonte de deux cloches, pour la somme de &00 livres, payables 
en six années. Le 8 janvier 1713, le travail était achevé; Chenay avait 
fourni 64» livres de métal à 19 sons la livre, et il lui était dû, de ce chef, 
300 livres, outre les 4 00 précédemment stipulées <*>. — En 1719 (délibé- 
ration du 18 novembre) , il était dû a Cbené 8 livres 8 sous pour la refonte 
«d'une mélaiilere m et autres choses*. Le 97 août 171a, le chapitre lui fai- 
sait remise du tiers des droits de lods qu'il lui devait à l'occasion de l'ac- 

W Archives du Tarn, H «A3. 

M Archives du Tarn, G 484. 

"> Archive! du Tarn, G 54i. 

'•) Castre* (Tarn). 

<•> Archives du Tarn, G 168. 

<•> Archives du Tarn, G 170. Le calcul n'est pas exact 1 64s fais 1 1 sous équi- 
valent i 3Rô livres et non *o«. H faut supposer que ces 100 livres supplémen- 
taire* De correspondent qu'à une parti* de la valeur du métal , le resta ayant élé 
cocuondu dans le* 4oo livres du contrat primitif. 

1,1 Récipient de métal. ( Voir Du Gange , an mot tiiuue.) 



Digfedsy G00gle 



— 183 — 

qoialtion d'une maison a Centres, dana le quartier dm Ormeaux. D'après 
cela , il semblerait que Chené «'est établi à Castres entre les années 1719 
et 1714. Le 9 an Al 1718, le syndic était autorité à lai payer i4 livres 
4 sons pour avoir adapté quatre plaques de «livre jaune h on gros bré- 
viaire et pour avoir fourni deux chandeliers à l'église de Murasson (1) . — 
Chené louche, en 1719, 11 livre* 1 h sous représentant le prix d'une paire 
de chandeliers dn poids de 9 livres, destinés a l'église de Ferrières '''; 
20 livres, en 1730, pour un encensoir, une cuiller, une navette et deux 
chandeliers de laiton acquis pour l'église de Murasson; 33 livres, en 1731, 
pour avoir refondu six chandeliers de laiton de l'église de Ssïx m . Il livrait, 
en 1739, quatre autres chandeliers pesant si livres, au prix de 35 sons 
la livre 1 * 1 . Il figurait, cette même année 179a , parmi les tenanciers du 
chapitre de Castres, a raison d'une maison située dans ladite ville, l'im- 
meuble sans doufc qu'il avait acquis vers 1 7 1 .'i ■'■. On ne le retrouve plus 
qu'en 1761 , à Castres, appelé alors Chené père; a cette époque, le cha- 
pitre collégial de Gaillac lui achetait six chandeliers et une grande croix 
pour le maître-autel de Saint- Michel (,) . 

18. Chréti sabot (Jean-Baptiste). — Le syndic du même chapitre de 
Gaillac payait, en t-jtâ ou 17'ii, 57 livres 19 sons au fondeur 1 Jean- 
Baptiste Chréliennot , pour une quantité de métal employé à la Fonte d'une 
cloche (I> . 

19. Cooderc (Joseph). — Le chapitre collégial de Saint-Salvi d'Albi 
comptait au nombre de ses tenanciers, en 1 7 55, le fondeur Joseph Cou- 

derc dit Cabanes 1 *'. 

30. Gilbt (Pierre). — Le même recueil de reenonaissanoea mentionne 
aussi Pierre Gilet dit Besançon. Il est à présumer une ce fondeur ne fait 
qu'un avee celui {sans prénom indiqué) qui, et» 1778-1777, recevait qoaf> 

'" Archives du Tarn, G 371. Cette délibération Je 1715 est 1» première qui 
indique le prénom (Antoine) de Chené. — Muramon , canton de Bebnont, arron- 
dissement de Saint-Affrique (Averron). L'église dépendait du chapitre de Castres, 
comme celles de Ferrières et de Saïx. 

'*' Femères, canton de Vabre, arrondissement de Glaires. 

< J I Sah, canton et arrondissement de Castres. 

I" Archives du Tarn, G a;u. 

(,) Archives du Tarn , G ao.7. 

(,) Archives du Tarn, G 5S7. 

M Archives th Tin», G 5*7, Jean -Baptiste Ohrétieucot était originaire de 
(;hanmoflt-li-Vitie (es Bsssijnv), esnton a> Ruurmonl, arrendissernaat d* Cfa«u- 
mont (Haute-Marne). 11 a fondu dent cloches a Touloase en 1764*1 1766. (Voit 
Jos. Berthelé, Knqu^.tei cumpanairu , p. Ho et ilS. Uoiiipallie», «jn3, is>4".) 

1,1 Archives du Tarn, S90. 



Digitizedr.y G00gle 



ques petites sommes de l'archevêché d'Albi, pour l'entretien des bronzes 
des meubles et 1b fourniture de menus objets P>. 

31. Fibbb. ■ — En 17S0 on 1760, un fondeur du nom de Fabre touchait 
n3 livres, que lui devait le chapitre de Gaillac; le motif de la dette n'e»t 
uns donné m . 

33. VlUTOH (Jean-Baptiste). ■ — La 17 mai 1763 , Jean-Baptiste Valeton, 
toadeur de Mande, déclarait avoir reçu, des Jacobins d'Albi, s5o livrea, 
prix convenu pour la fonte de leur grosse clocha, suivant la police passée 
le i A du même mois. Une partie de celte somme représentait la valeur de 
1 83 livres de métal que le couvent avait aédé k raison de 16 sous la livre. 
<rJe déclare en outre et m'oblige, ajoutait Valelon, à refondre a mes frais et 
despens la susdite doche par moi fondue et mise en son lien et place, si elle 
venoit a se casser par les endroits défectueux qui se trouvent entre le troi- 
sième et le cinquième points de compas, là ou commence le renflement de 
la cloche, lesquels défauts j'ai reconnus" m . 

33. LiaoQVE. — En 1 788 ou 1 78g , le chapitre collégial de Gaillac ache- 
tait une clochette au fondeur Laroque'". 

En réparligsant les noms de tous ces fondeurs suivant leurs lieux 
d'origine ou de résidence, on a tes groupements suivants : 

AlITIlGKl. 

CAenmmt-Ferrmd. — Besot (Thomas). 



e (Pierre). 

Chaummt-la-ViKt. — Chré'tiennol (J.-B.). 
La Mo&e. — Laine (Jean). 

GsTlODiH. 

Mende. — Valelon (J.-B.). 

(" Archive» du Tarn, G i5. Le» Gilet sont encore aujourd'hui fondeurs à A-lbi. 
W Archives du Tarn, G 5oo. 

<■> Archive» du Tarn, H Fonds des Jacobin» d'Albi. (Inventaire en préparation.) 
<*> Archives du Tarn, G 553. 



Digfedsy G00gle 



LlHCDOO. 

Ait*. — Palane (Jean); Cerean (Pierre); Coaderc (Joseph); Gilet 
(Pierre). 

Outres. — Chené (Antoine) [d'abord à Toulouse]. 

Saint- Pont. — Greffellic (Jacques). 

Toulouse. — Bodret(Arnaù'd); Chene»et (Antoine) et Fraisse (Jacques); 
Quenelret (Pierre); [Joty et Laurensî]; Joly (Etienne); Paulolé; Chenc 
(Antoine) [ensuite à Castres]. 

RouMAmt. 

Yilltfrmtehe. — Joly (Jean); [Joly et Laurens?]. 

Lieux indeteimixes. 
Fonrnier; Fabro; Lamque. 



Index alpha se tiq de des ikms deb kosdeibs cites. 



Besot (Thomas), i. 
Bodket (Arnaud), 5. 
CEREiD (Pierre), i3. 
Chine (Antoine), 17. 
Crrnbvbt (Antoine), 6. 
Chretiennot (Jean-Baptiste), 
Goodbu (Joseph), ig. 
Faim, ai. 

FODINIEI, t6. 

Fmisse (Jacques), 7. 
Gilet (Pierre), 90. 
GiEFFELHE (Jacques), h. 



Jour, 11. 

Joly (litienue), «S. 

Jat(JwO,i. 

Lamé (Jean), 8. 
Lmoque, a3. 

LlUBINS, 19. 

PiuNc(Jeau), 3. 

pAnTALE, l5. 

Qoesetrit (Picrru), 9. 
Seehoise (Pierre), 10. 
ViiETON (Jean-Baptiste), 



Digfedsy G0OgIe 



DEUXIÈME NOTE 

SDR 

LES MONUMENTS ARABES DE LA KALAA 
DES BENI HAMMAD, 

COMMUNE M1ITE DIS HÀADID , PROVINCE DE COSSTANT1NB. 



Rapport île H. H. Siunitf, membre de la Commission de l'Afrique du Nord, 
finr des croquis communiqués par H. Lboti m Silukt. 



LE PALAIS DU FANAL. • 

Les plans que M. Lhôle de Sélancy a communiqués à la Com- 
mission de l'Afrique do Nord sont ceux de deux monuments de 
la Kalaa, celui du château du Fanal et celui d'une fontaine pu- 
blique, précédée d'un réservoir. 

J'ai résumé dans une note publiée dans la première livraison du 
SalietÎR de 190a, ce que uous pouvons savoir de l'histoire de la 
Kalaa. Dans ce travail, j'ai exposé en quelques mots ce qu'était le 
palais du Fanal : je reviens aujourd'hui avec pins de détails sur cette 
question en résumant ce que nous pouvons en dire d'après les 
dessins de l'architecte que Blanchet avait chargé de relever pour 
lui les monuments de la Kalaa, et le plan de M. Lhôle de Sélancy. 

Pakiig du Faaal au. Katr-el-Menar. — Blanchet avait rapproché 
le plan de cet édifice des plans de la Zita et de la Conba '*■ , sous 
prétexte que, comme ces palais, Kasr-el-Menar présente sur ses 
faces des pavillons en saillie. Mais c'est là seulement que s'arrête 
l'analogie : ni le plan d'ensemble, ni les détails, comme on te verra 
plus loin, ne sont comparables; d'ailleurs, les palais de la Ziza et 

tu Palais aiCiilo-atib» silués près de Païenne. 

AicaiaLMii. — N* 2. 1 3 



Digfedsy G00gle 



— 186 — 

de la Coubâ remontent, le premier a 1100 et te second à 1180, 
tandis que le palais du Fanal remonte a 1080; par conséquent, on 
peut dire que le style des monuments de la Kelaa ne peut en au- 
cune façon être dérive de celui des seuls monuments siculo-srabes 
que nous connaissons actuellement, puisque ceux-ci lui sont posté- 
rieurs; tout ce que nous pouvons dire, c'est que Hammad fit con- 
struire les monuments de la Kalaa sous la direction d'un esclave 
chrétien nommé Bouniache (I) ; mais nous ignorons la nationalité de 
celui-ci, et tout ce qui pourrait nous faire croire à une influence 
de la Sicile ou de l'Italie méridionale sur les monuments de la Kalaa , 
c'est que les souverains hammadites avaient des relations suivies 
avec l'Italie et qu'En-Nacer demanda au pape Grégoire VII des 
architectes et des ouvriers pour continuer les embellissements de 
sa capitale' 31 . D'ailleurs, on peut dire aussi qu'il y a toujours eu, 
entre la Sicile et l'Afrique du Nord, des échanges continuels d'in- 
fluences de tout genre, qui depuis les premières expéditions pu- 
niques se sont continuées jusqu'à nos jours ; mais rien de précis ne 
peut être affirmé en ce qui concerne les monuments de la Kalaa, 
et je crois que nous pouvons assurer que, jusqu'ici, rien ne nous 
permet de penser que les analogies que Blanchet avait cru remar- 
quer entre les monuments sienio-arabes et ceux de la Kalaa puissent 
servir a nous guider en quoi que ce soit dans cette étude; les seules 
ressemblances que nous puissions y reconnaître, ce sont ces amor- 
tissements en coquille des longues niches étroites du minaret, qui 
présentent en effet une analogie frappante avec le même détail au 
palais de la Couba : mais c'est tout. Il vaudrait mieux dire que l'ar- 
chitecture musulmane de la Sicile est inspirée de l'art asiatique, 
ce qui s'explique parce que les premiers conquérants arabes de Si- 
cile étaient des Asiatiques, comme tous les premiers conquérants 
arabes de l'Afrique, que la Sicile fut tout entière fatimite^, qu'il 
en fut ainsi des princes hammadites, et qu'il est aisé de remar- 
quer & quel point les arts musulmans, sous .les princes fatimites, 
s'inspireront plus profondément des arts de la Perse que sons les 
autres dynasties orthodoxes. 

Quoi qu'il en soit, la tour qui donnait son nom au Palais, et 



W Fèraud, llecaril <U Centtnnùne, 1871-1873, p. 5 7 el ■ ait. 
l *' Mis Latrie ap. Féraud, BtcueSdt Coiutunline, 1869. 

t" La Sicile, conquise par Atud-twn-Foru en 817 ap. J.-C, pasea peu de tempa 
après des Aghlabilcs nui Fatimiles. (G. de Praagav, fiwai, p. 97.) 



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— 1*7 — 

dont nous avons le plan sous les yeux (fig. 1), a été construite par 
El-Mansour bon el-Naeer "). Gomme je l'ai dit dans la précédente note 
sur les monuments de la Kalaa, ces grandes tours à signaux dé 



Fig. i. -,- Kw^-fhMfp*. - PUd dusoms-sol. ,.., 

feu disposées sur tous les points culminants de l'empire des califes , 
avaient constitué, dès le ni* siècle de l'hégire, un réseau de postes 
de télégraphie optique qui permettait aux gouverneurs de recevoir, 
d'une extrémité de l'empire a l'autre, les ordres dn souverain et 

( " KiUb-cl-Jitibçir, Reauilda CmtUMtiu, 1899. 



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— 188 — 

de lui transmettre les nouvelles importantes ' n . J'en ai relevé pour 
ma part un certain nombre eâ Tunisie, notamment! Souase, a 
Monastir, etc. '■*'. En-Naeer en avait fait construire une à Bougie, le 
Chouf-er-Riad, au sommet duquel un appareil a miroirs corres- 
pondait A d'autres semblables établis sur différentes directions, a 
l'aido d es qu e ls , dil le chroniqueur arabe, on pouvait eo w a op eadre 
avec Gonstantine, Tunis, etc. Pendant la nuit, les signaux se fai- 
saient avec des feux disposés d'uue manière convenue : c'est pour 
cela que la tour de Choul-er-Riad fut également nommée El-Me- 
nara («le phare ») i5) . Il faut remarquer ici que la télégraphie optique 
des anciens, qui consistait en signaux de feu (par conséquent visi- 
bles seulement la nuit), avait été perfectionnée ou pur les Byzan- 
tins ou par les Persans (je n'ai rien pu, jusqu'à présent, retrouver 
qui me guide sur l'origine de ces signaux à miroirs), à qui les Arabes 
avaient emprunte* ce procédé, remis en honneur de nos jours (hélio- 
graphes des services de télégraphie optique militaire). Ce système 
de miroirs a du être d'autant plus facile à employer que, dans ces 
pays, le soleil est très ardent. D'ailleurs, même dans nos climats, 
on peut se rendre compte de la portée considérable que peut avoir 
ta lumière solaire réfléchie par un simple verre è vitre. Quand 
on se trouve sur une montagne élevée, au déclin du jour, et que 
l'on jette les yeux sur une ville éloignée, il n'est pas rare de perce- 
voir à une grande distance le reflet du soleil dans une vitre appar- 
tenant à use fenêtre et à une maison invisibles , et dont le rayonne- 
ment arrive a une intensité remarquable. Cette télégraphie optique 
était d'ailleurs une ancienne tradition dans cette région même, 
puisque (es historiens arabes disent de la ville de Kiana qu'elle 
est appelée Kalaa-el-Mri par les Berbères, parce que, dans l'anti- 
quité, elle était couronnée de miroirs destinés è faire des signaux R 
Nous pouvons encore en citer d'autres exemples. It y avait au 
Caire, snr le Mokattam, une mosquée dite du Fond, construite 
par Touloun, sur l'emplacement d'an ancien pyree perse; elle est 
mentionnée par Makrisi '■*'. Le minaret de celte mosquée devait 

M Féraud , foe. cit. 

m Cet tours «ont «ppdéi MMtMi*. 

W FéMod.focuiï. 

1,; Il serait curieux do wvoir sur quel tente repue celte tradition. Faraud, 
toc. cit., 1871-1871. 

<*> Kitab, t. Il, p. 655, tilt! par Ctiunn de Perteml , Nutùm et extrait* de* mu. 
de la Bibl. mat., t. VII. 



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— 189 — 
assurément, Plant donnée la position do Makatlam qui domine I» 
viHe du Caire et «es environs, sertir dé tour à signaux. Les Arabes 
tenaient peut-être aussi ces traditions des Byzantins; une des plus. 
célèbres de ces tours à signaux était le pJmre de Gonslantinople, 
installé par Théophile et Léon le Philosophe, on face du Boueo- 
léen, et qui, an moyeu de feux, transmettait les nouvelles a tout 
l'Empire. D'ailleurs, toute l'antiquité a connu ces signaux de' feu. 
tr De fanal en fannl, te feu, porteur de la nouvelle , nous & été renvoyé 
jusqu'ici*, dit Eschyle dans i'A^amtnaon. La description' que je re- 
trouve dans la communication de P. Blanchet, et que je me permet? 
de rapporter ici en la modifiant et en la corrigeant d'après l'examen 
des dessins que M™ P. Blanchet n bien voulu me confier et que 
son mari avait fait relever par un architecte dont malheureuse- 
ment j'ignore le nom , résume ce que nous savons actuellement sur 
ce monument. 

Le château du Fanal s'élève a {'Est de la ville sur un escar- 
pement rocheux qui famine -l'Oued - Fradj ; sa base repose sur 
d'énormes affleurements stratifiés qui dessinent sur les flancs de la 
colline comme de gigantesques assises; les murs sont construits, 
comme le'sont d'ailleurs tous les édifices de la Kalaa, au moyen 
de moellons grossièrement équarris, et dont la surface irrégulicre 
devait assurément être recouverte d'un enduit destiné à en faire 
disparaître les aspérités sous une surface uniformément dressée. 
L'emploi des enduits à la Kalaa est parfaitement prouvé par les 
nombreux vestiges que l'on en peut remorquer, notamment sur la 
face du minaret de la mosquée qui est dirigée vers In cour de l'édifice. 

Les grandes cannelures verticales qui sont déterminées par les 
redans en formé de niches sur plan demi -circulaire, pratiquées 
dans les murs et qui forment edmme d'énormes contreforts, se ter- 
minaient dans leur partie supérieure par un amortissement en co- 
quille, suivant l'hypothèse très ingénieuse de P. Blanchet, qui les 
compare très judicieusement à certains détails du palais de la 
Goaba (pi. XIV). 

Je ne puis m'empécher, a l'aspect de cette façade si caractéris- 
tique, de me souvenir des dispositions analogues des façades des 
grands palais de In Mésopotamie, depuis les palais de Tello jusqu'à 
ceux de Warlta ") (fig. 3), et de me demander si, dans celle di6po- 

1,1 Ce sont te* traditions qui re sont continuées dans les mausolées de Pêne 

Digfedsy G00gle 



— 190 — 

sition, il ne faut pas voir une véritable transmission de méthodes 
de construction d'origine asiatique. Je crois pouvoir donner deu 
raisons pour défendre cette thèse : la première, d'ordre général, 
c'est que le royaume hammadite fut fatimiteet, pour cette raison, 
soumis plus qne d'autres parties de l'Islam a des influences asia- 
tiques; c'est sous une autre forme la thèse que soutient pqur la Si- 
cile fatimite le major R. Mnrdoeh Smith, dans la notice qu'il a 
consacrée a l'arl peman, dans la oolleotion des Art Ua*dbt*k* pu- 
bliée bous, les auspices du Comité directeur du South ¥ 
Muséum. 



4u Aifev 4t Mbnti 

Ci r H_i r >i_x 



f ig. s. — Figure* eonparatire* entre le» façade* de Km>4I-Hbw 
•t mIIm du ptkit de YTark* *t de i'< 



La seconde, c'est que l'appareil fatimite des édifices de la Kelaa 
et celui des murs de Mahédia de Tunisie M sont, peur ainsi dire, 
identiques l'un à l'autre et absolument différents de: l'appareil 
BfjnlahHe p ', et que nous Bavons parfaitement , par les historiées, 
qee l'influence des monuments de la Mésopotamie sur les édifiées 
de Mahédia a été considérable , puisque Ibn-Haucal en dit ceci : «On 



en forme de Bjut, aotanment a Rai (Ihagèa), %. a. CL Paacal Coile, Vajag*. 



m Toute* deui capitale» de Murmins chiite». 

'■*■ L'appareil aghlabite est romain ou byianlin et de tradition locale; l'appareil 
fatimite ne l'est plus. Cf. la grande mosquée de Sfai, la 'grande moequée de 
l'uni», elr. 



Digfedsy G00gle 



— 191 — 

y entre par deux portes qui surpassent, par la forme et la façon, 
tontes celles que j'ai vues ailleurs, h \a seule exception des deux 
portes de Rafiea (Ruera, en Mésopotamie), sur le modèle des- 
quelles elles ont été faîtes, * II est d'ailleurs très probable que cette 
influence asiatique s'est plus particulièrement manifestée sur la 
construction des enceintes fortifiées <" et sur tout ce qui s'y rap- 
portait, puisque Ton sait que, dès les premiers siècles de l'hégire, 
les ingénieurs persans et leurs mineurs furent très fréquemment 
employés par les Musulmans dans les sièges des places fortes. Où 
ne peut douter de l'origine asiatique deia poliorcétique des anciens, 
lorsqu'on étudie les bas-reliefs sur lesquels sont retraces avec toute 
espèce de détails les procédés employés par les armées assyriennes 
a l'attaque des villes fortes : le bélier, ta tortue, les mines sont 
employés par les assaillants, tandis que la défense a déjà les cour- 
tines, les tours à commandement élevé, les crénaux, les merlons, 
les portes profondes, et ces renforts en talus à la base des murs 
(pour en éloigner les mineurs), renforts que nous ne rencontrons 
pas, par exemple, dans les fortifications aghlabites, mais que nous 
trouvons tout à coup employés d'une façon absolument systématique 
dans les fortifications de Maliédia de Tunisie. 

Comme je l'ai dit plus haut, la tour du Fanal se présente sous 
la forme d'un énorme massif carré, dont les faces sont formées 
d'une auile de contreforts verticaux, an nombre de onze, et dont la 
partie centrale se décroche, avec une saillie de 1 m. 5o, sur une 
largeur de trois contreforts. 

En sous-sol, les fouilles que Blanchet avait fait pratiquer ont 
permis de reconnaître une salle voûtée eu arc de cloître (et non 
pas en voûte d'arête, comme le croyait Blanchet); cette voûte est 
appareillée en pierre de grand échantillon , contrairement aux cou- 
loirs de cet étage qui sont simplement plafonnés grossièrement de 
rondins de genévrier jointifs, au-dessus desquels la maçonnerie a 
été posée; ii est vrai que ce couloir est très étroit, car il ne me- 
sure que o m. 60 de largeur ( fig. 3). Cette voûte en arc de cloître , 
au lieu d'être terminée a la clef par l'intersection des deux arêtes 
creuses qui la forment, s'amortit par une surface plane, carrée par 
conséquent, et de 1 mètre de coté. Les quatre retombées de la 

!" On peut comparer aussi le système des fortification* do Mahédii * celui de 
Kalaa-i-Khoenm a Knsr-i-Chirin (J. de Morg.a, Miititm m Port., t. IV, pt. Û9). 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



— 192 — 

voûte présentent actuellement la surface inférieure de leurs som- 
miers, car les colonnes qui les soutenaient 1res probablement ou 
bien sont tombées, ou bien, ce qui est plus probable, ont été" en- 
levées lors de l'abandon de la Kalaa an moment où l'on en pilla 



Ki(j. 3. — Kasr-cl-Menur. - Plan du rot-de-cliaussé;. 

tous les édifices pour enrichir de leurs dépouilles Bougie, la nou- 
velle, capital» d'El-Mansour-ben-el-ISacer. Celle salle était reliée à 
d'autres par des couloirs qui ont échappé aux recherches de Blan- 
chet, mais donl quelques-uns ont été retrouves par M. Robert. 



Digfedsy G00gle 



— 195 — 

(Test d'après le plan de M. Bobert' 1 ) et celui que j'ai retrouvé dans 
les papiers de Blanchet que j'ai tracé celui-ci (fig. i ). On voit que 
ces galeries débouchaient par une pelife poterne sur l'escarpement 
même du rocker. Blanchet supposait que celte salle busse devait 
être une prison : rien ne parait indiquer cette destination ; je 
croirais plutôt qu'on doit y voir des magasins souterrains, et que 
la petite poterne devait être destinée à servir, en cas d'investisse- 
ment, ou à introduire les émissaires qui auraient pu échapper 
h la vigilance des assiégeants , ou bien encore q permettre a des défen- 
seurs de la ville do tenter d'en sortir pur cette voie inaecssible. 



Fig. h. — Kiai -el-Meoar. - Plan Jti premier étajp. 

Au rez-de-chaussée (fig. 3), au contraire, les dispositions qui 
ont été retrouvées sont toutes différantes; un couloir de i m. 80 
de. largeur contourne le massif central de l'édifice qui, d'après le 
plan Blanche!, aurait formé comme une grande salie rectangulaire 
dont les dimensions longitudinales n'ont pas encore été détermi- 
nées par les fouiilcs. Cette salle centrale n'a pas été déblayée, 
mais, suivant l'expression de Blanchet, <rde belles colonnes de 
marbre crèvent encore les éboulis, et une grande quantité do frag- 
ments de terra cuite émaillée, ramassés dans la galerie extérieure 
et à l'entrée de la grande salle, semblent en justifier complète- 
ment l'assimilation à la chambre centrale des palais siciliens*. 
Blanchet ajoute : «Des indigènes qui auraient pénétré il y a une 

<" Htctui! dt GtmtUmUtt, i$o3, p. 917 errai.'. 



Digfedsy G00gle 



— 191 — 

quarantaine d'années y auraient vu des mura de faïences verte» et 
rougean; au-dessus de cet étage, on remarque, dans les décroche- 
ments des façades, des chambres en niche, percées de meurtrières 
et qui complétaient le système de défense de la tour ; il devait an 
être de même au* autres étages, s'il y en avait (fig. U ). Cette grande 
salle devait se rattacher aux autres parties du palais dont cette 
tour, d'après Blanchet, ne devait former que 1a vingtième partie 
environ; car, dit-il, <rsur près de aoo mètres s'écroulent les murs 
et sortent de terre les briques émaillées; le palais devait être une 
petite ville qui dominait la grande». Le «requis de M. L'Hôte de 
Sélancy qui indique cette tour comme ayant dû être carrée, et par 
conséquent isolée, ne me semble pas devoir être accepté comme 
l'expression d'une hypothèse plausible : je croirais plutôt que cette 
tour était reliée à droite et à gauche par des courtines aux murs 
de la ville et que, si elle n'était pas ouverte à la gorge pour se re- 
lier aux autres parties du palais , elle ne devait cependant pas avoir 
sa quatrième face ornée comme les autres de contreforts saillants, 
mais plutôt former comme une grande arcade formant porte. La 
galerie qui entoure la grande salle centrale est percée de longues 
meurtrières' aux angles; ces meurtrières étaient non seulement 
destinées à éclairer ce couloir, mais encore à permettre le tir des 
archers. Cette galerie est voûtée en berceau; ces voûtes sont gros- 
sièrement construites en matériaux irréguiiers et se pénètrent l'une 
l'autre aux ongles pour former des voûtes d'arête (fig. 5, coupe 
verticale). Je n'ai aucun renseignement sur les fragments d'archi- 
tecture qui auraient pu être découverts pendait les fouilles de Blan- 
chet. On n'y a tronvé que des fragmenta de foïence. 

Ces fragments de faïence recueillis dans les ruines de la Kalaa et 
que Blanchet m'a autrefois montres, sont de petite dimension; les 
émaux sont de couleurs assez franches: le blanc, le bleu de cuivre, 
le vert, le jaune de fer sont les couleurs les plus fréquemment 
employées par les architectes de la kalaa; l'émail blano parait être 
sUnnifere. Ils ont un éclat très harmonieux et sont bien cuits et 
bien fabriqués; ce sont, à ma connaissance, les émaux de revête* 
ment les plus anciens qui aient été trouvée jusqu'ici dans les édi- 
fices arabes de l'Afrique du Nord , et qui paraissent avoir été l'objet 
d'une grande fabrication locale, car les carreaux de revêtement 
du mur de Mihrab de la mosquée de Sidî-Okba à Kairouan, qui 
datent du ix* siècle de notre ère, ont été, d'après tes historiens 



Digfedsy GoOgle 



— 196 — 

arabe», envoyés de Bagdad & Kiîrouan en même tempe que le beau 
mimber delà même mosquée, bous le ligne d'Ibrahim el-Aghlab'". 
Blaacbet a retrouvé aussi de nombreux fragmenta entaillés dans 'les 
rainas dss autres édifices de la Kalaa, dans les palais des émirs, 
dan» la mosquée, etc. On est donc autorisé à croire que ce système 
de décoration était employé d'une façon générale dan* tous les édi- 
fices de la capitale des fiammadiles, et que l'aspect de ses revête- 
ments émaillés, sa détachant aur la blancheur des enduite de ohaui ; 
devait avoir une richesse et une harmonie pleines de charme. 




Fîg. 5. — Knsr-Hl-Mejxr. - Coupe du rei- de-chaussée. 

On voit, pat lea quelqve» détails qut précèdent, de quel intérêt 
seraitune sf^dwation méthodique des raÎD«e du chilenuduFa«al>Uo 
déblaiement complet, en parlent des salles supérieures, la émisait- 
dation des .munie} das mates, le relevé exact des ruines, un inven- 
taire détaillé' dea objet» Irotwea, leur transport dans le. Musée de 
Conalantiie,! tel serait le. prejpranune à ; suivre. Hais une mesure 

' *• : Cf. ma monographie 'de 1» mosquée de Sidi-Okba dans les Monummti Hi- 
ni il)— itia Mm; Unnwnfnu nroiiti. Paru, Leront. 



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— Î9C — 

préalable s'impose, à mon avis : c'est le classement de ces raines 
comme monument historique. 

Combien on regrette à présent de n'avoir, an moment de la 
conquête, pris aucune mesure efficace pour la conservation des mo- 
numents arabes de l'Algérie I Aussi ne doit-on négliger aneune dea 
mesures qui peuvent nous permettre de sauver ceux dont les dé- 
bris existent encore, et d'ajouter une page de pins a. l'histoire de 
l'art musulman africain de l'Algérie au x* siècle, qui nous eat encore 
imparfaitement connu. 

La fontaine publique. — L'autre édifice dont M. L'Hôte de Séiancy 
nous a envoyé le plan est une fontaine publique (fig. 6), dont 
Blanchet n parlé très brièvement. 



- Plan du réservoir et de lu fontaine d'Aia-es-Sullao 
k ta Kolas des Ben i- Ha mm ad. 



Cette fontaine se compose d'un réservoir en maçonnerie, sur 
pian rectangulaire (6 m. ao sur ta m. io), cantonné, sor sa 
face antérieure, de quatre contreforts demi-cyKndiïqnes, en tout 
semMnble aox innombrables citernes romaines qui se rencontrent 
sur toute l'étendue de l'Afrique romaine : mémo maçonnerie en pe- 
tits matériaux, méine enduit en mortier de chat». Cette citerne, 
qui devait être voulée en berceau, se déversait dans un bassin en 
pierre blanche, affleurant le pave extérieur et dont il ne reste 
qu'une partie. Cette vasque, de o m. 3o environ de profondenr sur 



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Bulletin incuioLOGiqne, i 




VASQUE DE LA FONTAINE A ï N - ES - S J LT A N 

À LA KALAA DES BENI HAMMAD 
JNTAINE DE LA MOSQUEE DE S1DI-OKBA À KAIROUAN 



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— 197 — 

1 mètre de diamètre intérieur, était creusée en forme de rosace' à 
huit lobes, et ornée intérieurement d'autant de colon nettes engagées. 
Blanchel rappelle à ce propos que, dons la grande mosquée de Kai- 
rouan, on remarque une vasque exactement semblable. A mon 
avis, la comparaison n'est pas tout à fait juste , mais il y a seule- 
ment une lointaÎBe analogie que les croquis ci-joints (PI. XV) 
feront, je pense, saisir aisément. 

J'ai déjà, dans, une note précédente à propos du minaret de la 
grande mosquée de la Kalaa, indiqué l'intérêt capital que pré- 
sentent ces ruines au point de vue de l'histoire de l'architecture 
musulmane dans le Nord de l'Afrique. Cette ville, qui fut pendant 
une centaine d'années la capitale d'un puissant royaume, a été 
délaissée, pillée, détruite; mais ses ruines ont été ensuite complète- 
ment abandonnées. Si, pour embellir leur nouvelle capitale, Bougie, 
les sultans hammadites ont enlevé des monuments de la Kalaa 
tous les matériaux précieux, ils n'en ont cependant pas détruit 
systématiquement tous les édifices; ceux-ci, quoique démolis en 
partie ou ruines par le temps et l'abandon, n'en sont pas moins 
encore en place; mais les recherches qui y ont été faites jusqu'ici 
ne l'ont été que d'une façon absolument superficielle. Il serait 
nécessaire, pour qu'elles pussent être utiles, qu'elles fussent 
poursuivies avec méthode, avec persévérance, avec des moyens 
suffisants, et dirigées par des personnes compétentes et capables 
non seulement d'exécuter les fouilles avec discernement et de 
relever exactement les monuments qui sont encore enfouis sous 
les décombres, mais encore de tirer de ces découvertes tout le 
parti possible. Les découvertes de Blancbet et celles de M. A. Robert 
et de M. L'Hôte de Sélancy nous autorisent 4 croire que, pour 
lepigraphie, pour l'histoire de l'architecture et pour celle des arts 
décoratifs, les ruines de la Kalaa seront un champ d'études exces- 
sivement intéressant à exploiter; nous avons vu, par les inscriptions 
du minaret de la mosquée et du château du Fanai , combien ces 
restes différent de ceque nous connaissons des monuments' arabes 
d'Algérie ou de Tunisie. Les tombes retrouvées par Blancbet possé- 
daient, parait-il. de fort belles inscriptions dont les caractères et 
l'ornementation rappelaient absolument la grande description de la 
frise de la Maksoura d'Abou-Temmin el-Moexx, a la grande mos- 
quée de Kairouan; les fragments de poterie, ou entaillée ou ver- 



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— 198 — 

nissée, trouvée par H. Robert, noua permettent d'espérer qu'an 
point de vue de l'épioraphie et des arts décoratifs ces recherches 
ne seront pas moins fructueuses. 

H. Saudin, 



Membre At U Commission 
de l'Afrique da Nord. 



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NEUF NOUVELLES INSCRIPTIONS 
PHÉNICIENNES 

AU NOM DU ROI BODACHTART 
CONCERNANT LE, TEMPLE D'ECBMOUN À SAÏDA, 

PAR M. LE D a ROUVIER, 

CoTTopondant an Conité, i Beyrouth. 



La Rtvtte biblique, dirigée par le R. P. Lagrange, correspondant 
de l'Institut, contenait dans aon dernier numéro (octobre iqo4), a 
la suite d'an article A tracer* Jet nieropoiet tidùnimne* de Th. Macridy- 
BcyO, l'importante note suivante qui fixa aussitôt mon attention : 

«Les fouilles de Sidon «ont poursuivies, cette année encore, au 
nom du Musée impérial de Constantinople et sous notre direction, 
avec l'appui de M. le baron von Landau de Berlin. 

«L'exploration continue d'abord au temple d'Ëchmoun, où ont 
été découverte neuf exemplaires nouveaux des inscriptions phéni- 
ciennes. Ces documenta modifient profondément les conjectures 
émises jusqu n ce jour sur la construction «tu temple et font un peu 
plu» de lumière sur la généalogie du roi connu Bodachtoret, qui a 
seulement commencé la construction de l'édifice. . . * 

Tout en faisant quelques réserves prudentes sur la portée capi- 
tale attribuée dans ce passage aux nouveau* textes épigraphiquos , 
je crus utile néanmoins de procéder à leur sujet à une enquête 
approfondie, il m'a semblé, connaissant personnellement Maeridy- 
Bey, archéologue et non épigraphiste , qu'en rédigeant sa note, il 
avait du nécessairement reproduire plus ou moins intégralement 
l'opinion de savante plus compétents que lui en la matière, à qui 
il s'était empressé de communiquer les nouvelles inscriptions- Mes 
pnetentimente ne m'avaient pas trompé. 

■ "■ htnu bikiiifm, igoA-, p. 517 i 671. 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



— 200 — 

Trois savants me semblaient particulièrement désignés comme 
devant être an courant de la découverte : 

i" Le D' Hugo Wiockler, professeur a l'Université de Berlin, as- 
sistant de Macridy-Bey dans la récente campagne de fouilles; 

s" Le II. P. Lagraage, qui avait dû se renseigner en insérant 
l'annonce de la découverte auprès de son auteur; 

3" Enfin le D* Sehreeder, depuis longtemps en relation avec le 
représentant du Musée, qui n'avait jamais manqué de recourir a 
ses connaissances d'épigraphie phénicienne lors des découvertes 
antérieures. 

A mon retour en Syrie, à la fin des vacances, le D' Winckler 
était retourné en Allemagne. Le P. Lagrange était à Jérusalem. 
C'est donc au D r Scbrœder que je me suis adressé. Arec sa bien- 
veillance habituelle, ce distingué philologue me communiqua les 
renseignements les plus complets sur les nouvelles inscriptions. 
Pour répondre au désir exprimé par moi d'avoir une note a leur 
sujet, il voulut bien rédiger la monographie ci-jointe qu'il m'a au- 
torisé à transmettre au Comité des éludes historiques et scienti- 
fiques. Je crois qu'il serait bien aise qu'un résumé en fut commu- 
niqué par l'un des membres du Comité à l'Académie des inscriptions 
et belles-lettres. 

Note cohhuniqukk pas M. le docteur P. ScnnWDER. 

<rLe 9 septembre îgoA, je me suis rendu de Beyrouth a Saîda 
pour' voir les nouvelles fouilles exécutées par Macridy-Bey sur l'em- 
placpmenl du temple d'Bchmoun. A mon arrivée à Bostan-eeh- 
Cheïkh, Macridy-Bey me surprit par l'annonce que neuf nouvelles 
inscriptions phénicienne» du roi Bodachtart avaient été découvertes 
par lui, au courant du mois d'août, dans les fondements du temple. 
Trois des gros blocs caleaires, qui portent ces inscriptions, sont en 
core a leurs places primitives , encastrées dans le nrar de fondement 
du temple : l'un montre au visiteur une inscription parfaitement 
lisible, car if est placé de manière qne son coté écrit se trouve dans 
la façade du mur; 1rs deux autres ne laissent pas voir leurs inscrip- 
tions, qui sont cachées dans les joints verticaux de deux Moca con- 
tigus, mais dont l'existence est sûrement indiquée par certains 
caractères phéniciens qu'on peut apercevoir dans la fente en regar- 
dant de près et qui sont les premières lettres des lignes. Les six 



:igtz S ri:>yCOOgle 



autres pierres avaient été extraites du mur par Macridy-Bey, qui 
tes avait déjà fait mettre en caisses pour les expédier au MuBée 
de Conslantinople , ou elles doivent se trouver a présent. Averti de 
mon arrivée, Macridy-Bey avait eu l'attention de laisser les caisses 
ouvertes pour me donner l'occasion d'examiner les inscriptions. Les 
sept inscriptions que j'ai pu voir sont tout à fait identiques; il n'y 
a pas entre elles la moindre divergence, quant au texte. Mais elles 
diffèrent dans la distribution des lignes, dont le nombre varie 
entre 3 et 5. Les lettres ne sont pas très profondément incisées, 
leur creux est peint en rouge avec de l'ocre. La forme des carac- 
tères montre, sur les diverses pierres, certaines légères différences; 
ainsi Yaleph, le code, le qoph, le mem ont dans une inscription une 
forme angulaire (fH»), dans une autre une forma plus ondu- 
lons* (fc *■"<? w ). Ces particularités graphiques s'expliquent par le 
fait que les inscriptions sont gravées par des ouvriers différents , 
dont chacun avait dans l'écriture son ductiu spécial. En considéra- 
tion de la contemporanéité absolue de ces inscriptions (elles sont 
peut-être gravées toutes le même jour), j'insiste sur ce point, parce 
que ces petites divergences dans l'écriture démontrent qu'il ne faut 
pas s'appuyer trop sur la graphie pour déterminer l'Age des textes 
épigrnphiques phéniciens. 

<rJe reproduis maintenant le texte des nouvelles inscriptions, tel 
qu'il se présente sur une des sept pierres que j'ai examinées. Cette 
pierre a une longueur du 1 m. 3i, une hauteur de om. 73; l'inscrip- 
tion même, divisée en cinq lignes, mesure oni.no en longueur 
et o m. E>7 en hauteur. Les cinq premières lettres de la première 
ligne manquent, le reste est complet' 1 ). 

-«Ta* s 



('> Lai sept nomelies inscriptions ne sont pis également bien conservées. Dans 
cette que j'ai transcrite ci-desêu* , il manque le commencement de la i" ligne 
(5 lettres); dans une autre composée de trois ligne), ce commencera ont existe, 
AKiltOLMK. — N'2. 1* 



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— 302 — 

«Il est maintenant prouvé à L'évidence que l'imeriptioh phéni- 
oienne en trois lignes, déposée depuis îooa su Musée du collège 
américain à Beyrouth et provenant également des ruines du Boston' 
ech-Cheikh , n'est pas complète et qu'elle était, dans son étal pri- 
mitif, entièrement identique aux nouveaux textes. Il y manque dans 
chaque ligne la commencement, oe qui m'avait échappé lorsque 
j'adressai à M. Philippe Berger ma lettre du 16 mara iao3, com- 
muniquée par oê savant a l'Académie des inscriptions et bellfs- 
lettrea dans sa séance du 3 avril 1903, et une autre lettre au 
P. Lagrange, en data du 19 mai 1908, communiquée par lui dam 
la Hnm èiWùrw 11 '. J'y avais émia l'opinion qu'il manquait, a la fin de 
la 1™ ligna 4 i» lettre w et qu'il fartait lire la [BJaVo ifo «roi des 
rois», titre honorifique appoaé eu prétendu nom propre précé- 
dent, Sadikjathon în'ptït, que je croyais alors être le nom du père 
durai Bodaahlart. Celte lecture, quoique approuvée par MM. Berger 
et Rounerl", était erronée. L'inscription est complète du côté 
gauche, incomplète du coté droit; il faut le lire comme suit t 

■j'id •fman'' pis jii njTTUffma iVd] 1 

MIS 1*70 ItVjQVK l'iQ pi3 | DilS] a 

«np iv pvtà [>]'îk i ï 13 1 nan [n»H] 8 

«M. Chéries Torrey <*> supposait avec raison que la pierre était 
incomplète du coté droit, mais il ee trompait en présumant que 
le morceau manquent contenait 7 a 8 lettres dans chaque ligne; 
il ne contenait en vérité que 3 ou A lettres dans la première ligne 
(. .t?D), h dans la seconde (ont) et 3 dans la troisième (rvtt). 
Les deux petits fragments conservés au collège américain de Bey- 
routh avec la pierre cassée en deux grands morceaux faisaient 
partie de celle dernière, comme M. Torrey l'avait déjà observé; l'un, 
contenant les lettres U», appartient au commencement de la 



maie les 6 dernières lettres de 11 1* tîfltte et t» à dernières lettres de la s* ligne 
ont disparu ; dans une troisième inscription en quatre lignes, les 7 premières et 
les 3 dernières lettres de la i" ligne manquent, etc. 

!| ! Ninutelle note sur lei imeriptiotu du temple d'Echnoun, dans Revue biblique, 
1** juillet iga3, p. 4 ■ 7-ù 1 9. 

<" Voir Uui-s rapport et communleatlon : Sur un* noamos interiptm dt Solda 
[8at%'atoH, roi de Sûton], dvmlc Bulkfin nreh&lagiijut , it)o3, p. &75--58B. 

» 3/mnuù of A» Amfiem OWratal SooVfy, t XXIV (1903), p. »l8-i*6. 



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deuxième ligne; l'autre, portant les lettrée hof (du mot htt-f-), au 
commencement de la troisième ligne. 

ir Voici la traduction certaine de tontes ces inscriptions identi- 
ques : 

Le roi Bodachtart et fi* légitime de Jathonmekk, roi de* Sidonums, 
peùt-Jils du roi Eehmounaiar, roi de* Sidomen* , a commit ce temple 
à ion dieu Echmoun, prince saint. 

tcLe père du roi Bodachtart s'appelait donc Jathonmelek ou 
Jalhonmilk, et non pas Sadiqjalhon, et il précédait son fils dans 
le royaume de Sidon. H faut définitivement abandonner la lecture 
D37D^?D <r roi des rois», qui du reste a souleva des objections justi- 
fiées de la part de plusieurs savants, parce que ce titre fier, appar 
tenant aux grands rois de Perso, ne convient pas a, un petit roi de 
Sidon. La lecture "pDarv pis p «fils légitime de Jathonmiliku, 
suggérée déjà l'année passée par la sagacité de M. Clermout- 
Ganneau' 1 ', est pleinement confirmée par nos nouveaux textes. Las 
mots pis p ben *addtq «fils légitime» (der Redite, d*r rtektmienge 
Sohn, comme noua disons en allemand) ont leur analogie dans 
l'expression plSnDS «rejeton légitime» que nous rencontrons dans 
la grande inscription de Larnax-Lapilhou a la ouxième ligne. Boda- 
chtart accentue donc fortement son origine légitime. Dans quel 
dessein? nous t'ignorons, comme nous ignorons pour quel motif 
il passe sous silence, dans une autre série d'inscriptions de fon- 
dation du temple d'Echmoun, le nom de son père. Il est possible 
que la légitimité de sa naissance et son droit de succession au 
trône de Sidon aient été contestés par certains membres de la 
famille royale. L'existence de la lettre waw dans la première ligne, 
derrière le nom rnnwjna, qui a éternise en doute dans l'inscrip- 
tion du collège américain par certains savants, est maintenant 
irréfutablement établie par les nouveaux textes; dans chacun d'eux, 
elle apparaît très clairement. La conjonction 1, précédant les mots 
pis p, sert à affirmer, à souligner ces mots; en allemand, on tra- 
duirait «Kœnig Bodaschtart wd tamr rechlmâssiger Sohn Jethon- 
meleks», en latin : srex Bodastartus isque filius legitimus Jatbon- 

W Rtauii d'archéologie orientait, L V, p. 366. 



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milcin (<rle rot B. et notes bien le fils légitime de J.»)' 1 '. Dans la 
Bible, nous trouvons parfois le 1 employé dans le même sens, par 
exemple dans le passage Sam., 98, 3 : XVVSl îïCra imap'l ret 
ils l'ensevelirent (scîl. le juge Samuel) & Bama, sa ville natales 
(litt. : ira Bama et dans sa ville natales = ira Rama qui était sa 
ville natale*). 

« Le roi sidonien Jathonmelek nous était jusqu'à présent inconnu. 
Mais le même nom se rencontre dans les inscriptions carthagi- 
noises^ 1 . Sous une autre forme, avec transposition des deux mots 
dont il est composé, il nous est connu depuis longtemps comme 
nom du roi chypriote Melekjathon ou MiliJcjathon (jrvaVo), qui 
régnait de 3aa à 36 1 avant J.-C. snr Citium et Idalîum, par des 
inscriptions phéniciennes provenant de ces deux villes' 31 et par les 
monnaies de ce roi W. 

«Le rot Jathonmelek était le fila du roi Echmounazar; il s'agit de 
savoir duquel des deux rois qui portaient ce nom il était le fils. 
Si Echmounazar II était mort sans postérité, comme on le croit gé- 
néralement, il s'ensuivrait nécessairement que Jathonmelek était 
le fils d'Echmounazar 1" et le frère de Tabuith et qu'il avait succédé 
a son neveu Echmounazar H, qui mourut après quatorze ans de 
règne. Je suis cependant plus incliné à voir en Bodachtart non pas 
le cousin germain, mais le petit-fils d'Echmounazar II, et à croire 
que les rois de la dynastie d'Echmounazar se suivaient dans te règne 
car filiation directe : 

EchmmiDuar I". 



I 



Bodachtart. 

ffCar je partage l'opinion du D r Bouvier, que le passage dans 
l'épitaphe d'Echmounaiar II : «j'ai été enlevé avant mon temps, fils 

W Macridv-Bey, pu contre, veut rattacher 1 au nom du rat, qu'il lit 

W Corp. l'iucr. ttm., a" afli, sao, 7g">. 

W Corp. irurr, iem., n" 10, 11, li, 16 0, 18, 88, 89, 90, gi, 9a. 
'' Bsbelon, lut Achtméiûdn, p. 101-101. 



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— 205 — 

de peu de jours , fils orphelin d'une veuve ... n, ne doit pu être 
pris dans un sens littéral, mais au figuré, et qu'il ne signifie pas 
que ce roi soit mort enfant et sans laisser de postérité'.» 

Je crois nécessaire de compléter le savant commentaire de M. le 
D' Schrœder par quelques remarques personnelles : 

I. Au point de vue epigraphique : 

Le texte de l'inscription de Bodachtart, que j'ai transmis précé- 
demment au Comité d'après un exemplaire mutilé sur les bords, 
appartenant à l'Université protestante américaine de Beyrouth, 
texte publié avec mes observations "', était sujet a contestation 
sur divers points concernant : a. le roi qui avait fait graver l'in- 
scription; b. le nom du roi son père; e. le titre de irroi des rois» 
octroyé à ce dernier; d. la présence du «w à la première ligne; 
t. enfin les conclusions historiques qui me semblaient logiquement 
découler de ce lente epigraphique. 

Les neuf nouvelles inscriptions de Macridy-Bey, comparées les 
unes aux autres, donnent un texte désormais indiscutable, autori- 
sant à étayer la discussion soulevée à propos de la généalogie de la 
dynastie des Echmounaxar. 

L'auteur de l'inscription est bien, comme je l'ai soutenu l a| , le 
roi Bodachtart. Ce dynatie a donc graoé rimultanèaent daté un même 
édifice, pour relater le* même* fait*, de* vucriphon* dont le texte épiera,' 
phùjue carie. Ce qui est directement k l'encontre des conclusion» 
tirées, à diverses reprises, par M. Clermont-Ganneau , a propos de 
certaines omissions de litres dans certaines inscriptions, conclusions 
d'où ce savant a déduit sa doctrine chronologique de la dynastie 
des Echmounaxar (s) . 

H. Clermont-Ganiiean m'a reproché d'avoir fort peu tenu compte 
dans ma lecture des difficultés graves offertes entre autres par la 
présence du tw»<*'. Ur cette lettre existe, quoique M. Bruston (s) 
ait estimé qu'elle ait été mal lue, ou plutôt devait manquer a 

M llvlitlm arvkmiogique , igo3, p. &70-BSB. 
1,1 Itulletin arciuhlogiqu», igo3,p. 58l. 

<») Voir en particulier GlcrmonUGaanuu, Recueil d'orthéol. irrient., t. Y, 
p. 117-367, et t. VI, p. 1 65- 

») Clermnnt-GanDMii , op. cil., t. VI, p. i 66. 

W Éludée phénicienne 1, eitr. de la Htvut dt tkéolngie de Mtmfuban , p. 16. 



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— 306 — 

l'inscription, tandis qne le D T Schrœder la considérait «comme une 
simple erreur du sculpteurs. Je pourrais me récuser en faisant 
observer que je n'ai jamais posé pour l'épigraphiste , et qu'au 
contraire j'ai toujours insisté sur mon incompétence en cette ma- 
tière. Ainsi, pour l'inscription transmise par mes soins au Comité, 
j'ai soigneusement signalé qne sa lecture (et, par suite, traduction) 
avait été faite par MM. Schrœder et Porter' 1 '. Si antérieurement 
j'avais adopté sans discussion l'opinion de M. le D r Schrœder, opi- 
nion qu'il abandonne aujourd'hui devant la présence constante du 
vae dans les nenf exemplaires nouveaux, je ne crois pas devoir le 
suivre dans sa dernière interprétation. Je préfère tire avec Maeridy- 
Bey, à qui parait-il celte lecture aurait été suggérée par le 
D r Winckler, Bodacltfartov, en rattachant le vav discuté au nom do 
prince. A l'appui de ce sentiment, je rappelle que M. François 
Lenormant a depuis longtemps signalé W la présence dn vav comme 
finale des noms de Pharnabaze et Datame' 9 ', noms auxquels on 
peut ajouter celui de Tiribaze 1 *', écrits en caractères araméens. La 
même particularité est relevée par cet écrivain sur un cachet de 
la collection de Luynes, portant la légende hébraïque de Nsthanias, 
fils d'Obdias, cachet publié par M. Bœdiger' s >. Il est vrai qu'il 
semble faire une restriction peu satisfaisante, quelques lignes après 
avoir insisté sur les rapports étroits de la paléographie phénicienne 
de la Cilioie avec l'alphabet araméen. François Lenormant ajoute, 
en effet : "Ces noms (de Phamabase et de Datante) sont des noms 
étrangers, et le vm> y représente la finale perse en a. Quant aux 
noms nationaux appartenant aux tangues sémitiques, sur aucun 
monument phénicien on ne les trouve terminés par un vav non 
radical» < s ). Cette affirmation trop absolue a été combattue par W. 
H. Waddington. Cet auteur soutient que la terminaison par vav n'est 
pas réservée aux noms propres d'origine persane, puisqu'on trouve 
aussi le nom de la déesse syrienne Aurgalis écrit avec un vav final 



"' Bulletin archéologique, 1903, p. 58o. 

<*> Obtervatitnu un' quelque! pointt dl nununulifi phénicienne, daiw Revu* 
nique, 1860, p. il. — Cf. Hill , Calai- of Gr—k coini of Lgemmia, Iiou- 

, and AUcia, p. i64-i65, n" isaai; p- 167-168,0°' «8 à 36. 

i Babelon, fenet AeUmémdei, n" 169 i 176, 181 * 140. 19S i 19B. 

■: B»belon,foe. àt., n" »56. —Cf. Hill, toc. cit., p. îU.u'u, 

■1 Zeitichr. dtr deuuch. morgtni. GenSUcK., t. III, p. lAS. 

1 r"r. Lanormaul, lac. oit. 



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— 207 — 

sur 1m médailles!'). M. Fr. Lenonnant a cité d'ailleurs la légende d'une 
pierre gravée d'origine juive , sur laquelle deux noms purement sémi- 
tiques se terminent par un vm. H serait facile de multiplier les 
exemples. Au surplus, en présence dn 1res petit nombre d'anciennes 
formes araméennes que l'on connaît, il est au moins téméraire d'af- 
firmer que telle ou telle inflexion grammaticale est impossible, et, 
lorsqu'on trouve sur un monument une désinence nouvelle et sin- 
guliers, du moment que la valeur des lettres est bien établie, il 
faut l'admettre comme élément nouveau de la grammaire ara- 
méeone, jusqu'à preuve du contraire iW. Pour rendra cette argu- 
mentation applicable a notre inscription , il suffit de remplacer à la 
dernière ligne le mot «araméenne» par celui de «phénicienne-». 

Le titre de «roi des Sidonienss donné en toutes lettres au père 
de Bodaebtart oblige a adopter sans conteste les importantes recti- 
fications que M. Clermont - Ganneau avait proposées le premier, 
avec une merveilleuse sagacité, en discutant les traductions déjà 
publiées sur cette inscription ">, soit : a. la suppression du titre de 
roi de* rmt attribué à Sadiqjaton; b. le changement du nom de ce 
prince en celui de Yatanmiiik (ou Iatonmelak); a. enfin, la sépa> 
ration du mot *Wv« de Lkot désormais complété par h'jWi ponr 
en faire l'adjectif du mot l$. 

Cet adjectif a été traduit par «légitime». J'avoue que cette tra- 
duction me parait boulever, surtout précédée du tw», bien des dif- 
ficultés. En effet, cette affirmation solennelle conduirait à soupçon- 
ner avec le D r Schrader que la légitimité de naissance de Bodaebtart 
et son droit de succession au trône sidoniea. avaient été contestés 
par certains membres de la famille royale. Je ne rappelle cette 
hypothèse que pour l'écarter. Je n'aime pas les hypothèses invo- 
quées à l'appui d'autres hypothèses. Celte méthode d'argumentation, 
sans base solide, éloigne forcément plus ou moins, mais con- 
stamment de la vérité. La conclusion du D* Schrader découle na- 
turellement de la traduction du mot Vav* proposée par M. Cler- 
mont-Ganneau; mais s'il est prouvé que pareille affirmation serait 

M W, H. Wtdôuiaton, Hmw aumùmatiqiu , 1861, p. 91 IL Babdoo, ftrwi 
Aekdmémda, p. &5, d" 81 5, n'admet pas ce ranqui semble fifrurar sur li repro- 
duction da la pièce, pi. VU, 17. 

W W. H. Wtddington, Étuda àmuiutm. «réf., duin «m» «un»™., 1860, 
p. 45o-/i5j. 

(1) ClerniooI-GiDDMu , Hteueil d'arcUaJ. oruiil,, t, VI, p. iflb. 



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_ 208 — 

des plus étranges dans l'état de nos connaissances sur les mœurs 
orientales dans l'antiquité, on sera bien forcé de chercher un sens 
plus convenable que celui de «légitime» au mot contesté. 

Deux arguments doivent évidemment peser d'un grand poids 
dans cette discussion : a. Les inscriptions des potentats orientaux 
avaient pour but unique de perpétuer leur mémoire et d'assurer 
la transmission aux peuples de l'avenir, des faits glorieux de leur 
règne. Elles mentionnaient donc leurs hauts faits, parfois dénaturés 
ou exagérés, mais jamais leurs échecs ou leurs tares. Or une justi- 
fication éveille immanquablement le souvenir d'une imputation 
calomnieuse qui, à toute époque, a trouvé des esprits malveillants 
ou intéressés pour la propager. • 

h. Ce serait méconnaître le monde oriental, surtout celui des sou- 
verains dont l'autorité jalouse était absolue, de supposer que, dé- 
tenant le pouvoir de leur royaume, ils se soient jamais abaissés 
jusqu'à discuter avec des sujets dont la vie et les richesses étaient 
à lear discrétion. Le seul fait qu'ils détonaient le sceptre était l'af- 
firmation irrécusable de leur puissance : force donc était au 
peuple ou de se soumettre aveuglément ou de se soulever contre 
le pouvoir royal , quitte a s'exposer aux répressions les plus cruelles. 

Bodachtart n'a donc pat pu affirmer la légitimité de ta naittanre: 
elle devait être indiicutable aux yeux de tout dont ton royaume par le 
teulfàit qu'il était «roi de Sithnr.. 

Gomment traduire alors le mot Vavt? ^ e l'ignore; aux épigra- 
phistes de se prononcer' 1 '. 

II. Au point de vue historique : 

1° Dans diverses publications, et spécialement dans mon rap- 
port sur le premier exemplaire de l'inscription actuelle, j'ai insisté 
longuement sur la généalogie du roi Bodachtart (*!. Je crois utile 
néanmoins de revenir sur cette question intéressante , en fournissant 
de nouveaux arguments. 

L'opinion adoptée par un grand nombre de Bavants qu'Ech- 

(l ' Je fui» toutefois porté A présumer que le sens de > affectionnés, comme en- 
core ceux de sdévouén ou de ■chéri*, conviendrait parfaitement. Le premier 
sens se retrouve pour le mot homonyme de la langue arabe. 

(,) Bulletin archéologique., lgoo, p. 583-585. 



Digfedsy G00gle 



— 209 — 

niourmar H «et mort jeune sans postérité repose sur un passage de 
son épilaphe pris dans an sens littéral, et qu'a mon avis il faut 
comprendre dor.s un sens figuré. La mention dans notre inscrip- 
tion des noms des rois Yathonmelek et Ecbmounaiar, comme père 
et grand-père du roi Bodachtart , me parait venir à l'appui de mon 
interprétation. 

Ce problème mérite donc d'êlre soumis a une nouvelle discus- 
sion, puisque la solution adoptée conduira ù déterminer d'une ma- 
nière précise le grand-père du roi Bodachtart 

L'interpréta lion littérale, admise par la presque unanimité des 
savants, traduit en somme le passage controversé ( " par « mort jeune, 
avant l'âge nubile et par suite sans postérité" comme interprétation 
équivalente du texte original : «J'ai été enlevé en peu de temps, file 
de peu de jours. . . » Elle se concilie évidemment Tort peu avec un 
règne de 1 h ans. Nul doute qu'Echmounazar 11 ne fut monté jeune 
sur le trône , puisque le jour de sa mort il n'avait certainement pas 
atteint l'âge mur. Mais son avènement remonte sûrement a une 
époque-où sa première enfance était déjà terminée; dans ce cas, il 
aurait succombé en pleine adolescence et par conséquent nubile' 1 ', 
c'est-à-dire capable d'avoir laissé en mourant une postérité. Cette 
estimation me parait elle-même insuffisante. Pour avoir pu accom- 
plir des exploita capables de mériter, en récompense de son suze- 
rain, les villes et territoires de Dora et deJoppé (lin. 18 à 30), 
Ecbmounaxar II a dû succomber au moins en pleine jeunesse, soit 
entre au et 35 ans, c'est-à-dire longtemps âpres son mariage, 
puisque, en Orient, les unions conjugales ont toujours été contractées 
de fort bonne heure. 

Les objections soulevées par l'interprétation littérale s'éva- 
nouissent donc en attribuant aux expressions un sens figuré. L'hypo- 
thèse de la mort d'Ëchmounazar H sans postérité est, par suite, 
écartée, et à plus forte raison faut-il ne point tenir compte des 
autres hypothèses trop ingénieuses qu'on a essayé de greffer sur la 
première. Il est par contre très naturel d'admettre qu'en mourant le 
jeune roi eut pour successeur direct son fils Yathonmelek, et après 
lui, son petit-fils , Bodachtart 

"> Corp. ûuer. m*., 1. 1, tue. i, p. i3, lin. la-tS, 

M M. Théodore Reiuach (S«crop>U rayait à Sido*, p. 3 9 8) admet aussi 
qu'Eehmounuar II n'a pu pu régner quitorxe ans un» être marié. Il attribue 
même k ta veuve le somptueux hypogée voisin de celui du roi Tabnit. 



Digfedsy G00gle 



— 810 — 

D'autres arguments conduisent logiquement oux mêmes conclu- 
sions. 

La transmission du pouvoir royal en Orient s'effectuait, en 
général , par filiation directe , et le plus souvent par ordre de primo- 
géaiture. On ne peut supposer, pour le successeur d'Echmounasar II , 
la violation formelle de cet usage sans une preuve certaine. Tant que 
cette preuve ne sera pas fournie, la critique est forcée d'admettre, 
dans la dynastie des Eehmounasar, l'existence d'au moins cinq 
générations successives dans lesquelles la royauté s'est régulière- 
ment transmise de père en 61b, dans l'ordre suivant : 

a. Ëcbmounazar I", 

b. Tabnil, 

c Echmounazar II, 

il. Yalboninelek, 
e. BodachUirt. 



D'ailleurs, si BodachUrt n'avait pas été le petit-GIs d'Echmoun- 
axar II, il l'aurait certainement indiqué dans sa généalogie, soit 
en désignant le roi inconnu, père d'Echmounasar 1", soit en men- 
tionnant ses liens de parenté avec son oncle le roi Tabnit et son 
cousin germain le roi Echmounasar II W. 

9" Si l'on écarte de plein droit l'identification hypothétique 
d'Echmounasar II avec le roi Tétramnestos, qui régnait à Sidon 
en a8o avant J.-C., et, par suite, celle de Tabnit avec son père le 
roi ÀnysosW, on trouve depuis longtemps deux systèmes en pré- 
sence useignant pour époque chronologique à la dynastie des Ech- 
inounasar, des périodes distinctes séparées par plus de deux siècles 
d'intervalle. 

Pour M. Clermont-Gannean , cette dynastie serait contemporaine 



1 Le premier, j'ai émis l'opinion que le roi BodacliUrt était le polit- fils d'Bcli- 
r IT. Je suis heureux de constater que les récentes découverte), en con 
firmant cette théorie, lui ont acquis les adhésions successive* da savants orienta-- 
lUtes comme le R. P. Lagrtmge (AntM bibliqu*, juillet icjoS, p. 119) e( du 
D' P. Scbrœder. 

<*' Sludnicu, Die Sarkophaf» «on Sidtm, dan» Verhandlim/rt» der XLB Vmam- 
teng dtulsoher PMalagtn und Schtilmvmnrr m Wim, Leipiig, iflgB, p. 71, et 
Vebtr dit Grundltge» dtr getekiehtliehm Erklmntng <hr iidimitckim Sarfrepllag*, 
dans lakrbvékia dmêchm arcfutolitgitehm Matt'litU, t. IX, t8ni, p. aoB. 



Digitizedr.y G00gle 



— 211 — 

des deux premiers rois d'Egypte : Ptolémée I" Soter et Ptolémée II 
Philadelphe. Cette thèse, soutenue par des argumenta séduisanUt 
autant qu'ingénieux, n'a pas tardé a rejeter au second plan celle 
qu'avaient antérieurement défendue le duc de Luynes et Long- 
périer. Pour ces savante, les Echmounazar auraient vécu dans le 
cours du vi* siècle avant notre are. 

Le système de M. Clermont-Ganneau, le plua répandu encore 
aujourd'hui, a été adopté par nombre d'historiens ou d'orientalistes 
des plus distingués, quelquefois cependant non sans quelque ré- 
serve. Parmi eux je rappelle les noms bien connus de J.-P. Six 
et de MM. Maspero, A. Bloch, Ed. Meyer, Pietscbmann, Halévy, 
Winckler, Bouché -Leclercq, etc. Vigoureusement attaquée par 
M. Théodore Beînach' 1 ', dont j'ai repris, développé ou complété 
les conclusions en divers mémoires, ta doctrine du savant aca- 
démicien se débat péniblement en face des découvertes épigra- 
phiques concernant le roi Bodachtart qui démentent nombre de 
ses hypothèses primitivement acceptées par la science. Elle perd 
chaque jour du terrain. Les plus modérés, comme M. Philippe Berger 
et le R. P. Lagrange, reprennent les idées de J. G. Schlotlmann 
ou de Gutsctimid, et rejettent les Echmounazar avant Alexandre, 
soit au iv", sott au v* siècle avant J.-C. Mais la plupart préfèrent 
encore les placer au vi° siècle. 

Pour mettre fia, une bonne fois pour toutes, à cette controverse 
chronologique, il convient de résumer brièvement les principaux 
arguments apportés en laveur de chaque système, en les complétant 
de nouvelles remarques inspirées par les récentes inscriptions du 
roi Bodachtart. 

L'argumentation de M. Clennont-Ganneau repose presque entiè- 
rement sur des constatations épigraphiques : 

i" Dans l'épi tu plie d'Echmounazar IIP' se trouve le mot <\'\-f , 
traduit par » paissants , que l'on trouve aussi dans l'inscription de 
Ma'soub (ligne fi) publiée et commentée par M. Glermont- Gan- 
neau (s 'qui te rapproche dumotfieyàXàSo^osdti la pierre de Bosel te. 
Celte analogie a été considérée comme insignifiante'* 1 . 



(1) Nécropole royal» à Sillon, iNgg. 
W Corp. inicr. nmitic., p. tg, tin. 3. 

W Hir. farek&l. orùnU, t. I, p. 81, pt. V. 

W Tb. Reinaeh, NecropoU royale à Stthn, p. 368. 



Digfedsy G00gle 



— 212 — 

9° Cette même épitaphe renferme (loc. cit., 1. 18) une expres- 
sion wuljW^Jç. ttAdfrn Melakinm dont M. Clermont-Ganneau a 
fait en quelque sorte la clef de voûte de tout son système. En effet, 
elle se retrouve dans trois autres inscriptions. Dans la première, de 
Lapéthos 1 " elle désigne un Plolémce incertain; dans les deux autres, 
de Ma'soub' 2 ' et d'Idalion W elle concerne Ptoléuie'e 111 Evergète. 
M. Clermont-Ganneau considère ce titre comme exclusivement 
ptolémaïque, et le donne pour équivalent de la formule xiipins 
{iaBikettàv «seigneur des royaumes »i 5 !, dérivée d'une formule 
hiéroglyphique des anciens Pharaons. 

Chacune de ces hypothèses a trouvé des contradicteurs. 

a. La même expression est employée sur l'inscription d'Oum- 
el-Aouamid ' s ' pour l'ère des Séleucides confondue tardivement 
avec l'ère d'Alexandre le Grand '*'. C'est comme successeurs du con- 
quérant macédonien, lui-même héritier des rois de Perse, que 
lea Lagides ont adopté re titre. Dans l'épitaphe d'Echmounaiar, 
il peut parfaitement être appliqué au grand roi , quoique jusqu'ici 
on n'en ait aucune autre preuve. La locution est ancienne, comme 
le prouve le nom de vAdonmélek» adopté 17 ' comme celui du grand- 
père de Ikhawmélek , roi de Gébal. Elle n'est donc pas de l'époque 
ptolémaïque. 

h. M. Théodore Reioach a réfuté cette autre hypothèse que, sur 
les inscriptions phéniciennes, le roi de Perse devrait être désigné 
par wwiv/'jtw "Oi des rois» 1 ". Je n'y reviens pas. 

c. Le même savant s'est également élevé contre la traduction de 
«seigneur des royaumes» du grec comme équivalente de l'expres- 
sion phénicienne «Adon Mélalumn (u> . M. Philippe Berger partage 



I 1 ' Corp. inter. «m., t. I, p. lia, n? gi>, I. a. 

W Bk. ifarchéol. orient. , t. ], p. 81. 1. 5-6. 

(,) Corp. inter. um., p. 109, n* 98, i. 1. 

"' Corp. iaicr. um., n* 161)7. 

'■*' Corp. inter. «on., p. 3o, t. 5. 

W ftouvier, L'àri d'Alrxandre le Grand en Phjmcit, duu Amu art tOide» 
grecque», 1899, p. 876. 

''> Corp. inicr. ttm. , p. 7. 

") Loc.eit., p. 38i. 

M toc. «t., p. 38o. 



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cet avis' 1 '. D'après M. Reinach, celle-ci est l'analogue de ccroi des 
rois». 

3* * L'inscription du sarcophage de Tabnit semble, an premier 
abord, apportera cette théorie la confirmation <]ui lui manquait 
jusqu'alors. Parmi les mots encore inexpliqués de cette inscrip- 
tion figure le groupe de lettres «Adlan», dans lequel M. Halévy a 
cru reconnaître (ï! le mot grec eïSa>\ov M, Tabnit avertirait qu'il 
n'y a point de figurines ou statuettes de inétal précieux dans son 
cercueil. 

Cette lecture est loin d'être certaine, d'autant plus que le sens 
qu'on lui attribue serait fort peu satisfaisant. Il n'en serait pas de 
même des traductions «trésor* ou «amas, monceau» M ou «bijoux». 

La théorie historique de M. Ctermont-Ganneau repose donc sur 
des bases bien fragiles i5i . Elle soulève, en outre , bien d'autres graves 
objections. 

J'ai signalé la principale 161 , l'impossibilité d'admettre la succes- 
sion régulière sur le trône de Sidon des membres de la famille 
des Echmounazar. Comment auraient-ils pu se maintenir en faveur 
durant une période aussi longue et aussi troublée, pendant laquelle 
la Phénicie a changé tant de fois de maîtres? Ils n'auraient pu 
alors conserver leur sceptre qu'au prix de trahisons honteuses qui 
leur eussent attiré de sévères châtiments et non un accroissement 
de territoire I 

J'écarte avec le P. Lagrange (1) , mais sans m'y arrêter comme suffi- 
samment controuvée par les inscriptions de Bodachtart, l'assimi- 
lation faite par M. Winckler d'Echmounaxar I" à Apollodore, 
et de Tabnit à Philoclès. En supposant que ce dernier soit monté 
sur le trône qu'il occupait en 378 deux ou (rois ans auparavant, 
et qu'Abdalonyme ait, d'autre part, dû régner au moins deux ans, 
il faudrait donc placer cinq générations successives entre 33o et 
280, en un demi-siècle. Le fait est d'autant plus embarrassant 

[,) Philippe Berger, Intcriptian de la fondation du ttmjiê SEtmonn, dans Mim. 
Atad. iW. tl bilUf-Itttrt,, t XXXVII, p. 187. 
«> Rem* à* itudtipUva, t XV (1887), p. 191. 
» Philippe Berger, loc. «'(., p. 987. 
'') Hiver Lambert, dans Reinech, loc. rit., p. 377, a. a. 
l " Reinach, lue. cit., p. 377. 
<*> Èr» d'AUxandr, ta PMmcù, p. 3 7 4, a. 6. 
"1 Rmnubibliqui, 1901, i"oct, p. 5n. 



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— 214 — 

que le règne d'Bchmonnasar, présenta comme de courte durée dans 
sou épitaphe, ne laisserait que 36 ans pour quatre rois, soit environ 
neuf ans par règne. 

M. Philippe Berger et le 11. P. Lagrange n'hésitent pas plus que 
moi à regarder désormais cette solution comme inacceptable. 

Je pourrais encore rapporter d'aolres objections. On les lira 
ci-après sous forme d'arguments constituant tout autant de présomp- 
tions favorahles au système de l'antiquité plus reculée des Ech- 
mounaiar, que forcément contraires à la théorie de M. Clermont- 
Ganneau. 

î" Nul doute, après les campagnes successives de fouilles exé- 
cutées parMacridy-BeyàBostan-ech-Cheikh,qne les ruines étudiées 
ne soient réellement celles du temple d'Echmoun. Elles ont fourni 
quantité de débris de style égyptien. J'ai joint a mon rapport du 
8 juillet îaoo (voir p. 10) un fragment de cylindre portant, sar 
deux cotés opposés, une légende hiéroglyphique. Traduit** par 
M. Maspero, elle a donné le nom d'Amasis, pharaon de la XXVI* dy- 
nastie. Cet objet trouvé lors des premières recherches clandestines 
m'a été communiqué par le D r Ford, directeur de l'école protestante 
de Salda. Il a été publié, d'après mon rapport, par M. Philippe 
Berger CI. 

Or, dans mon mémoire sur «Les rois phéniciens de SidonV*', 
' j'ai montré que l'influence de l'Egypte sur la civilisation phéni- 
cienne s'est maintenue durant de longs Merles. Elle était prédomi- 
nante sous la domination des Achéménides. Elle oéde temporaire- 
ment le pas à l'influence perse, comme le prouvent tea monuments 
numismatique* postérieurs à Slraton I", puis, sons Alexandre et ses 
successeurs, fat définitivement remplacée par l'influence grecque. 

a" Dès mon premier rapport, j'avais signalé la situation étrange 
des inscriptions de Bodachtart. Toutes celles qui ont été découvertes, 
au nombre d'une vingtaine, dans les fondations du temple d'Ech- 
moun, sont masquées dans la construction, la face cachée contre 
la pierre voisine. En relatant cette particularité, M. Philippe Berger 
l'a considérée i3 ' comme la continuation d'un usage babylonien en 



W Loe. cil., 
M Remumu 
« Lk. cit., 



Digfedsy G00gle 



— 3Ï6 — 

Phénicie et une preuve nouvelle des liens anciens qui unissaient 
les deux civilisations; j'ajoute : avant la vulgarisation des procédés 
helléniques. 

3" M. Théodore Reinach a insisté suffisamment!') sur les 
caractères égyptisants de l'hypogée de Tabnit comme déterminants 
de son ancienneté relative, pour que je me dispense d'y revenir. 

h* Les sarcophages avec inscriptions phéniciennes des rois 
Tabnît et Echmounazar II sont des ouvrages de la XXVI* dynastie. 
M. Th. Reinach < a > a émis l'hypothèse très Vraisemblable qu'ils arri- 
vèrent en Phénicie vers 5a5 avant J.-C., après la conquête de 
l'Egypte par Cambyse. 

5° L'étude des sarcophages grecs aujourd'hui au Musée de 
Constantinople , qui furent trouvés avec celui de Tabnît, est loin 
d'être favorable à la modernité de la dynastie sidonienne'*'. 

6° D'après l'aveu d'un juge autorisé, M. Noeldeke, rien dans le 
style des inscriptions de Tabnit et d'Echmouuaxar ne dénote une 
basse époque. «L'impression qui s'en dégage est plutôt favorable à 
une date reculée* w , 

7° Les recherches paléographiques du P. Lagrange sur les pre- 
mières inscriptions deBodachtart") l'amènent n les rapporter à une 
période antérieure à Alexandre, 

8* r L'Inscription d'Gehmounatar, avec rémunération prolixe de 
constructions de temples où elle se complaît, évoque une image 
de sécurité, de paix et de prospérité qui n'a certainement pas été 

la condition de la Phénicie pendant les luttes des diadoques 

Pour tout lecteur sans préjugé, ce texte respire un esprit a la fois 
profondément religieux et profondément national, qui convient 
aussi mal que possible à la période de fusion rapide des races, des 
mosnrg, des croyances inaugurées par la conquête d'Alexandre. Le 
cumul chez les souverains de la qualité de roi et de prêtre d'Às- 
tarlé, l'absence de toute allusion aux divinités helléniques, le luxe 
solennel des formules imprécatoires, tout reporte à une époque de 
solide théocratie et de seffùtisme inoorrompu ou l'on ne sent même 

t'I Lot. «i'(.,p. 870. 

'« Loe. «t., p. 373. * 

<*> Philippe Berger, loe. cit., p. sii». 

'*> Reinach, loe. cit., p. 375. 

(i) Revus bibl. , ott 1901, p. 5i6. 



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— 216 — 

pas encore poindre l'aurore de cette civilisation syncrétique qui 
devait être celle de l'Orient hellénisé*' 1 '. 

9° D'après le témoignage de Maiala<' j; , l'introduction des mois 
macédoniens fut officiellement introduite dans les villes phéni- 
ciennes par Séleucus I". Si l'épitaphe d'Eehmounazar II était de 
380, elle ne serait donc pas datée du mois de boul. En la classant 
avant Alexandre, on comprend que ce mois phénicien soit men- 
tionné à Sidon, comme il figure sur des inscriptions des rois de 
Citium et d'Idatium, Melekiaton (31 et Pumiaton '*\ 

io° Avant la conquête macédonienne, tous les rois de Phénicic 
et de Cypre comptaient par l'ère de leur avènement au trône. A 
partir de 33s, en Phénicie, un peu plus tard en Cypre, ce droit 
leur fut supprimé. Sur les monnaies phéniciennes, jusqu'à l'insti- 
tution des ères autonomes à Tyr et à Arados, et sur les inscrip- 
tions de même origine, ces ères sont remplacées suivant les villes 
et les périodes chronologiques par l'ère d'Alexandre le Grand, puis 
par l'ère des Séleucides ou par celle d'un des Lagides. 

L'autorité des roitelets phéniciens sous les premiers successeurs 
d'Alexandre était tellement diminuée, qu'ils furent prives du droit 
de monnayage et furent obligés, comme les anciens satrapes, de 
compter par l'une des ères précédentes au gré de leur suzerain. 

1 1° La donation de Dor et de Joppé ne peut être faite à Eeh- 
mounazar II que par un roi de Perse, puisque le périple du Pseudo- 
Scylax, rédigé vers 356 avant J.-C, mentionne Dor comme ville 
sidonienne H 

Le nom de la ville de Césarée, sise entre Dor et Joppé, était, 
avant Hérode, Tour de Straton. 11 est difficile de ne pas l'attribuer 
à l'un des rois sidoniens de ce nom I 

1 a" Enfin le caractère exclusivement égyptien des bijoux trouves 
autour de la momie de Tabnit confirme toutes les conclusions 
précédente*. 

En résumé, l'étude critique desdeux séries d'inscriptions du roi 
Bodachtart, trouvées dans le temple d'Echmoun, concorde pleine- 

I» RtJnach, foc. cit., p. 385. 

I» Êhronol., XVIII, i5 7 . 

I! ' Corp. huer. tem. , p. 107, a* 911. 

« Corp. inier. #»m., t. I, p. 36, n" 10. 

'*' Reinach, loc. cil-, p. 386. 



wu« Google 



— 217 — 

ment avec les données archéologiques et épigraphiques recueillies 
à une époque antérieure dans les hypogées de Tabnit et d'Echmoun- 
azar II, et établit sajas.«qn|epl4'p$siible Voristence de leur dynastie 
sous les Achéménides, au vi* siècle avant notre ère, puisque, dans 
mon mémoire «Sur les rois phéniciens de Sidoan, j'aj démontré 
f impossibilité de (Inscrire sur la liste de ces dynasties aùi iv" où 
v* siècles. 

' Docteur Jules Rotrviu, 
Correspopdsnt du Comité. 



kmmàouMi*. — N* 2. 



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INSCRIPTIONS 

DE KHAMISSA, LAMBÈSE, TÉBESSA 
ET TIMGAD, 

PAR H. JRRÔME ÇÀRCOPINO , 
Membre de l'Ecole française de Rome. 



Les inscriptions suivantes ont éïé découvertes en Algérie au 
cours de l'année ijjo4. Les copies ou les estampages en ont été 
transmis à H. Cagnat, qui a bien voulu me charger de les pu- 
blier ici. 



Numidanun (Khamiua). — D'après un t 
tampage de M. Joly. Hauteur des lettres : o m. 07. 

I M P C Aetari 
D1V1 NER.V*«jH 
NERVAE Traiano 



Imp(eratori) Ca[etttrî] Dwi Nerv[at ji!(io)] Pienae 7\rajimo] . 



Voir, à Khamissa, l'inscription suivante et une autre inscription 
en l'honneur de Trajan '". 



Humidarum (Khamiua), — Sur le vieux 
forum; d'après deux copies de M. Joly. Hauteur des lettres : 
m. 1 1, o m. 07 et m. 06. 



) Corp. imer. lat., t. VIII, n' A875. 



Digfedsy G00gle 



•<? & & 








Ce qui, à la confroatatiou des deux copies, apparaît d'abord, 
c'est l'amorce du nom de Trajan, nHRVA TRAi'ANO, et les 
lettres ER.VAH. La première restitution à laquelle on songe est 
celle du nom de l'empereur Trajan [divi\ Neroae [jtli]. Mais si l'on 
prend garde, d'une pari, que sur la copie la plus soignée, et par- 
tant la plus digne de foi, la ligne de NER.VAE est surmontée d'un 
pointillé indiquant qu'elle commence l'inscription, et que, d'autre 
part, les caractères du mot NERVAE sont de trop grande dimen- 
sion pour qu'on puisse inscrire sur la même ligne les mots imp. 
eau. divi, celte restitution semble impossible. Nous sommes bien 
plutôt en présence d'une dédicace à mtNERVAE auq. , dont on ren- 
contre en Afrique plusieurs exemptes"). D'ailleurs la copie n* 3 



J Ootf.i 



: ta.,t VIII q" 1Ï17», i545,*fi&7. 



Digfedsy G00gle 



— 520 — 

nous a conservé, dans son fragment a, l'amorce de l'M de Mi- 
nenxu. 

La dédicace a été faite sons le règne de Trajan : imp. caes. «IvRVA 
TRAiANO, par un personnage dont la pierre ne nous a gardé 
qu'une très petite partie des dénominations. Il est è remarquer, 
en effet, que le cognoman Rufiu procède le gentîlîce Arilius, ce qui 
est coatraire aux loi» épigraphiquea , si de pareilles interversions 
se rencontrent parfois dans les textes littéraires. Nous sommes donc 
forcés de conclure que la ligne h du fragment 1 de nos deux copies 
ne contient que deux appellations entre autres d'un nom polyony- 
mique. Ce . . . Rufus Acilîus, dont la mention vient après celle de 
l'empereur, était probablement proconsul d'Afrique. H est naturel, 
en elfet qu'à Thubwricum Nwnidarum, ville de la Numidie pro- 
consulaire, ce soit ce haut fonctionnaire qui fasse les dédicaces 
aux divinités, et, selon toute vraisemblance, nous devons lire pro- 
COS à la ligne 5 du fragment i de la première copie. Apres 
CVM venaieut, énumérés, tes différents dédiants auxiliaires dont 
les noms mie a. l'ablatif étaient reliés par la conjonction ET très 
nettement marquée à la dernière ligne du fragment 1 de la pre- 
mière copie. 

Eut-il possible de retrouver quelques-nos des noms qui compo- 
pwtut la poryonymie du preeonsul? fc*t-it possible de reconstituer 
les noms Am dédicanto eecoadaiM»? — Eu ce qui concerne ces 
derniers, l'identité de l'un d'eux au moins nous est révélée par les 
fragments des copies : c'est un certain C POmPONiu*; la copie 1 , 
fr. 8 , donne C PO , et !a copie a , fr. 3 , donne C P ; les deux copies 
(fr. y et fr. 5) donnent PON. Or, dans un fragment d'inscription 
retrouvé à Khamissa lors des mêmes fouilles, et que nous publions 
ci-après, on ne peut pas ne pas être frappé de la présence dn 
de"but de ce même nom a la fin de la ligne 3 du fr. d, en même 
temps que de la présence à la ligne 9 d'une partie de nom poly- 
onymîque. Ce fragment appartient également a «ne dédicace, 
comme il appert de ta différence de dimensions des lettres. Pour- 
quoi ne pas admettre que ces deux dédicaces ont eu les mêmes 
personnages pour auteurs? Dans ce cas, nous pouvons proposer la 
lecture suivante : 



Digfedsy GoOgle 



— S21 — 
MiNERVAE - V G '««r. 

imp. eaê». nE R VA TRAiANÛ Aug g efM imt, 
opt. pON'li/. MAX TR.1B POT I ! «•«... p. j> 

R.VFVS ACILIV. coeli** jpannu j»» 

proCOS CVM C 

detig. sadali tiliO ET C POmPONte 

M[t]nerpiie [,4]t#(toto*) [*<ier(u»i) Jmp(mitor*) G'aei(«r») Y]*™* 7Kt[t]a» 
j4[i#(i«to) (îW]ni(<mH») [D«(fnt) Oplfime), p]«»i(yi»iw)] Mcfim), Iri- 

b{mim) pot«uq //, [*W*) K-W) ?(«»«)] 

flu>* Anli*[* Coiiivê Spamu Pon j>r»)«M mm C 

[«*«#»*>) «Mi 7ïft> A C(«io) Po[m)pm[iù} 

Il noua a d'ailleurs été impossible de savoir le véritable nom du 
proconsul dont il est question ici ; et nous n'avons pas pu davantage 
compléter le nom de G. PompOni». On trttiw faito dans les in- 
scriptions des frères Arvnles, à l'année taoW, un eoMul Buffeoldu 
nom de Pomponius Marcellus qui, par conséquent, aurait pu être 
légat du proconsul d'Afrique aux environs de 110. Mais ce Pom- 
ponius Marcellus est prénommé Q(uintUs). Le nôtre est prénommé 
G(aius) sur tous tes fragments. Us font donc deux personnages 
distincts. Et tout ce que nous pouvons tirer de notre inscription au 
point de vue historique, c'est une preuve de plus de l'importance 
du règne de Trajan dans l'histoire de Thubursicum Numidarum. 

3. Thnbnndonm Numidarum (Khattmta). — Quatre fragments; 
d'après un estampage de M. Joly; hauteur des lettres : o m. o65 
et o m. o5. 



g? 

|pR.d 




K Ut., t. VI, n' «080, l. 5(i. 



:,,iz,d, Google 



— 222 — 

Nous sommes en présence d'une dédicace faite soit a un em- 
pereur, soit à une divinité, sous le règne d'un empereur dont le 
fragment a contient vraisemblablement le prénom itAp. La pre- 
mière ligne des fragments e et d contient un nombre XV qui , sans 
doute, est celui des puissances tribuniciennes et ta mention IMP 
des salutations impériales. Viennent ensuite les noms des dédicants, 

et entre autres le proconsul d'Afrique Rufiu AeUnù Cçelm 

Sparnu Pou et C(aiut) Pomp[onùu] ( ". L'inscription a été gra- 
vée d(ecr*to) d{ecuriomim) p{ecunùt) p{%iUtca). Comme les personnages 
de notre inscription sont les mêmes que ceux des fragments pré- 
cédents, l'empereur dont il est ici question est encore l'empereur 
Trajan. 



4. Thaburadoom Namldsmm (KÀamùta). — D'après un estam- 
page de M. Joly. Hauteur des lettres : o m. o5. 

DIVO GOKDIANO 

oVO AVG N 
LAE"VS LF MRHOM 

Divo Gordiano [a]tm Atigiwlî) n(ottri) £(iwtut) 
A$lï\u* [Liudi) fiiiiui)] 

Cette inscription dédiée & Gordien , aïeul de l'empereur régnant , 
honore donc la mémoire de Gordien I", proclamé Diau au mois 
d'avril a38, et a été gravée sous le règne de son petit-fils Gor- 
dien 111 proclamé Auguste au mois de juillet de la même année M. 
La fin de la ligne 3 et la ligne A qui doivent mentionner les titres 
de L. Aelius sont trop mutilées pour autoriser les conjectures. 



B. Thubursioum Numldarom (Khamuta). — D'après un estam- 
page de M. Joly. 



1 Cf. l'iruciïption pnÇeédcnte. 

' Cf. Ctgnat et (Joyau, Ommoiogiê de t'Empirt romain, p. i84-i85. 



:igtz S d 3 yC00g[e 



— 223 — 

IMP CAES SWALER] 
VS D I O C LESSI 
ANO PIO FELICI 
AVG 

/«çxWwi) Caetfari) [C{aio) V\tl#w DiocUttiar* 
P» FiBn Axgi.vto). 

Le fapicide a commis deux fautes : il a écrit DioeUtianu* par 
SSI au lieu de TI et il a intercale un nominatif, vALERIVS, 
dans une dédicace an datif. La grammaire, dans les inscriptions 
d'Afrique en l'honneur de Dioctétien, a. été particulièrement mal- 
traitée P). 



6. Thuburetcnm Namldaram (Khatnitm). — Trois fragments; 
d'après la copie de M. July. 

i. a. 3. 

SA MM VSL1C 

AVG PIO MEDEH RMVSSt 

C'Q. AR AERITC» NICOS 

A TO E R I 

Le fragment i renferme les débris du nom d'un empereur coeSAn 
AVGimJo PIO. La dernière ligne du fragment 9 est évidemment 
formée par la fin du mot mERITO. Peut-être faut-il lire a la 
a' ligne du fragment 3 : JteKl IVSS1"? 

7. Thaburadoum Namldaram (Khatmua). — Lettres de la 
bonne époque. Hauteur des lettres : l. î et 3 , m. 06 ; l. 3 et 4 , 
de o&; l. h etsniv., oui. 07. 

W Cf. notamment Cerf. mttr. lat., t. Vill, il" 10071, "<»"&». 



Digitizedr.y G00gle 



— m — 

P POSTVMIO^JU 
R.OMVLQ I I Iji mn> mot 
CVRANDA rU». mi/. 
LEG + XV1 FLAVlU quant 

PRO VINCI AE 

TRIB + PLEBIS Ti alignait) 
AtTHVBVRSlClVa ni , 
PRIMO LATO Clavo txer 
NATO . 



P(ublù>) Pmmh [P(ubUi] jU(w}\? iïomulo UI[I wro war{*m)] euwuU- 
r(wa), [tribfaho) miliktitit}} bleuit) XV 1 Flattai ipuai^wt)] ptirvin- 
Au ,,.... ,, »ttf«M) pUbk a\ttign{oio)} ,u n»imit*[lami] prtm ta* 
c[lavo exor\ttato 

Début d'un cursus direct relatif à un personnage de l'ordre séna- 
torial, P(ubliui) Postimitu Romidut, par siHpurs Inconnu. Parmi les 
inscriptions de Thubursicum Numidaruttl, H en est bled une qui 
mentionne nn namen perpetuus du nom de Uueâu) Potlwnnu P{ublii) 
fiHûu) Papàiia tribu) Ftammalu et à laquelle l'indication de la tribu 
semble assigner Une date antérieure au in* siècle. Malheureusement , 
rien ne nous assura que ce L(ucius) Postumiut FlaunnalU, fils d'un 
P(ublius), soit un fils ou même un parent de P(ublius) Postumins 
Romulus. 

L. k. — - L* légion ivi Flavia a été constituée par Vespasîen 
pour remplacer la légion xvi Gallica que son dévouement à la 
cause de Vitellius avait fait dissoudre W, Notre inscription est donc 
postérieure à 70. Comme, d'autre part, les lettres de l'inscription 
sont d'une belle époque, nous ne pouvons faire descendre P. Poatu- 
mius Romulus plus tard que le n" siècle. 

L. 5. — H est impossible de restituer avec certitude le nom de 
la province sénatoriale où Postumius Romulus a rempli ses fonc- 
tions de questeur. 

L. 7. — La forme Thuburriàtanl se rencontre dans tes inscrip- 
tions concurremment avec la forme Thulursictmses&l 



« Dion.LV, »4. 

M Corp. imef. ht., t, VIII, n' U96. 



Digfedsy G00gle 



— 3» — 

L 8 et 9. — Gommait interpréter les mot» prit» Ulc clavof 
Sans doute faut-il comprendre que Postumius RomoluB a été le 
premier des Thubursicitans à recevoir le iaLiciave, c'est-à-dire à 
entrer au Sénat r 



(Khamma). — Copie de M. Joly. 

Lr C 1. 

PAPiV 

TALi 

T!S F 

M Vira fiam 5. 

PER.P quûq 

PR+AE 

MOC 

INCV 

IVS + Aoi 10. 

MERITA 

Uwù) C Pap[hiût tribu)] Ioi[i] te* J[ilk) 

// vî[ro Jlamf.vu)'] perpétua) [qumqu(emudi)\ 

La ligne 5 dont la restitution est évidente donne à peu près la 
longueur des lignes. Le gentilice du personnage, à la ligne l, 
manque. Peut-être était-ce un Claudiusî La lecture C\\awko\ est 
celle dont les dimensions cadrent le mieux a\«r le nombre de lettres 
à restituer; et le nom n'est pas incoanu a Thubaroîcum Numide - 
ruml'l. Les lignes 3 et 4 renfermaient la fin du cognomen et la 
filiation du personnage. La ligne 3 prouve que cette inscription 
doit s'ajouter au nombre de celtes qui inscrivent les citoyens de 
Tbubursicutn parmi les membres de la tribu Papiria ,ïj . 



»> Corp. iucr. Ut., t. VIII, n' htfiï. 

«> a Corp. inKT. fal„ L VIII, d" 48*6, 68*7. 



Digitizedr.y G00gle 



page de M. Joly. 



— 2J« — 

(Klwmuta). — D'après un eslam- 



SALLVSTIAE i. 
NOB1L1 FLAM 

PERP 
C V R I A LE S 
O B M E R I I A 5. 
E [ V S un 
C O N lalo fie 

«rVNT N 

E I S V I Dd 

Salluttiitc Nobili Jlam(inicnit) perp{etuu) ranouv ob nwn{l]<i ejw 
[aère] c[r>ntalofecer]unt d(e)[d(«Me«r«nf)j. 

L. 8 et 9. — Apres fer.trrunt et avant d(e )[d(Kavemni)] , la pierre 
ne présente distinctement qu'un N. 

Salluttia Nobilit est inconnue par ailleurs. 

Les inscriptions dédiées par les curiales sont fréquentes en 
Afrique (I) . 

10. Tnnbnralnun Nnmldarom (Khamma). — Copie de H. Joly. 
I V 
taalVRSItilaafr 
BVS*DF[ 
TMQV 
NATV 



' Ct. Corp. >n«cr. lai., t. VIII, o" 7s, 399», 33os, etc. 



:,,iz,d, Google 



1. Copie de M. Joly. 




(Khamina), 



ta. Copie 


de M. Joly 




;L li 


'R 




RI 


R 


GEM 


E C 


EBELC 


;VIA 



13. Castra LambmstUuia [Camp de Lambke). — Estampage 
de M. Coui-montagne. Hauteur des lettres : o m. 06 pour la ligne î, 
et o m. o35 pour les lignes suivantes. 

I • O • M 

CONSERVA 
TOH1 A V G G 
G N N N L M 
IVS SE VER.VS 
TRI B M I L I T 
LEG III NC VS- 

/(oci) 0(ptimo) M{aximo) cotutnalori (trmm) Avg{uttornm) n(oi(ronon) 

/.(uci'tu) Maius Sevcnix irib(unit*) m!lit(um) legiitmid) III Aug{uslae) vîotum) 
t{oMt). 

L. 3 et /j. — L'ex-voto a été exécuté Âuggg. tout., sous trois 
Augustes, c'est-à-dire entre aoo et ai i, années pendant lesquelles 
Septime Sévère et ses deux fils étaient tous les trois associés à 
l'Empire. Il est à noter que deux G et deux N ont été martelés 
après coup. Or, officiellement, il n'y a jamais eu qu'un seul des trois 
Augustes, Géta, dont le nom ait été proscrit des monuments. Si 
donc on a aussi effacé celui de Caracaila, c'est qu'on a voulu Faire 
servir l'ex-voto ulténenrement, et que, dans la suite, la protection 
de Jupiter a été appelée sur un empereur ayant régné seul : Éla- 
gabal ou plutôt Alexandre Sévère. 

Cette inscription, placée dans le camp, prouve que Jupiter jouis- 
sait, dans l'année d'Afrique, d'un culte officiel; elle n'est point la 



:igtz S d 3 yCOO^[e 



seule, du reste, et on connaissait déjà celle qu'avait l'ait graver, non 
loin du prœtorium, le primipile Ti. Claudius Vitalis' 1 '. 



14. Castra LambaesiUuia (Camp de Lambete). ~~ Estampage 
de M. Cou montagne. Lettres de o m. o36. 

ieoinvictO M 1 Ti R. A E 
pro sainte HVL1VF.RI Ma 
«rniMtf rtMLISSIMI CAES 

[Deo wwe(]o MiArae \pro sainte C(«ï)] Jdi Yen M[axim At/fatti) 
M>]bilimmi Cae»{arit). 



Celte inscription gravée pour le saint de C. Miut Venu Maxtima 
Augtutm nobilitrimtu Gaeiar date donc du règne de Maiimin, son 
père (a35-a38). Elle grossit le nombre des inscriptions consaciées 
à Mitbra par des officiers ou sous-officiers de l'armée d'Afrique i". 
Elle serait très importanLe et prouverait contrairement à l'opinion 
de M. von Domaszewski' 3 ' et de M. Cumont'* 1 , que le culte de 
Mitbra a eu une place officielle dans l'armée romaine dès la pre- 
mière moitié du 111 e siècle, si elle avait été faite exprès pour un 
autel du camp de Lambèse. Mais tout ce qu'on peut dire, c'est 
qu'elle y a été trouvée, et la pierre a pu y être apportée comme 
moellon. 



15. Castra Lambaeattana (Camp âe Lamhiie). — Fragment de 
Mcola, près du prœtorium; d'après une copie de M. Cagnat et l'es- 



W Cf. BmII. mvK. eu ComUé dtt froMU hiitorUpui , ■n&fe igoi, p. tg«. 

M Corp. imer. laL, U V1H, n" u6 7 &, 3676, «Ù83, is«»&. Cf. sur ce» psinfc 
Cïgaal, Armée nm. d'Afr., p, Ua'i. 

W Von Domaaemki, Die Rtligion dit Râmùcken Beerti dans la WttttkuUche 
Zriuchrift, année i8g5, vol. XIV, p. 66. 

») Comout, r#«M et tmmtmént$ figura rthtifi au* mfttbrt dé MHira, 
Bruxelles, tsgg, t. I, p. ada, a. 1. 



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tampage de M. Courmontagne. Hauteur des lettres : o m. 06, 
m. oh. 

CASTRORw» 1. 
exhrgùS 1 M I S S T I Pendu 

D II CAECIL VR. 

VM LEG III AVG P 

A HABERE ET SC 5. 

VLIS K îl l^OA 

La différence de hauteur des lettres permet de discerner dans le 
fragment les deux parties d'une inscription dédicatoire. La première 
ligne porte visibles encore les traces du mot CASTR.OR.um. Il est 
donc naturel de penser que la dédicace s'adresse a Julta Âugusta 
mater castrorum, et vraisemblablement aussi à sou mari et a son 
fils Septime Sévère et Caracalla. 

En second lieu, cette inscription qni a été faite par des mili- 
taires de la légion 111* Auguste, ainsi que nous l'apprend la ligne û, 
se termine par l'indication d'une somme d'argent a verser : 

twyVLIS tt îî N DAw 

N'est- il pu, dès lors, évident que ce fragment appartient aux 
statuts d'un des collèges militaires qui se sont constituas à Lambèae 
sous le régna de Septime Sévère ,; "î Toute la question est de savoir 
s'il noua révèle des statuts nouveaux, ou s'il appartient à des slatuls 
que des découvertes épigraphiqaes antérieures nous aient déjà fait 
connaître partiellement. 

Parmi les règlements élaborés par les sociétés de serours mu- 
tuels de sous-officiers de la légion qui sont parvenus jusqu'à nous, 
il en est un dont nous ne possédons que la partie gauche et que 
les éditeurs du Cor/nu ont complété par comparaison avec les ré- 
glemente analogues moins mutilés. C'est celui qui igure sous le 
n* a&53 du tome VIII et qui fut rédigé par les options* oaUt[ndmarii], 
les ptçmiri, le fcsVartM rt ditcmt** tap$*rior[um\. 

« a l^sw. lot, t VUI,a-a&5*,»6S3, »6W«tiB^. 



Digitizedr.y G00gle 



— 230 - 

IMF ( CAESS * L i SEPTIMIO —m fit 
AVRELIO 4 ANTONINO Pi. -f * 
ET IVLIAE AVG MATRI A VG [GÏ] ET «ta*. 
FAVSTOCOS AMPL EX L A R G InM • 
EOS CONFERVNT FECERVNT OPT10NES VALET diwi... 

PEQVARI LIBRARIVS ET DISCENTES CAPSARIOr» 

LEMNITATEM DECREVERVNT VNIVERSI ARCA v i jut m 
EODEM COLLEGIO D1MITTENTVR ANVLARI N SING.Ji. •«>>.•< 
ITEM DISCENT1B PROPORT SCAMNARI SVI » oo N «m *f» 

Il est séduisant de supposer que les six lignes de notre fragment 
s'adaptent aux ligues 3-8 de l'inscription déjà publiée. A vrai dire, 
on peut faire valoir contre cette hypothèse une objection grave. II 
parait, en effet, malaisé de faire coïncider la ligne 5 de notre frag- 
ment avec ta ligne 7 de l'inscription, car si l'on rattache le mot 
arca de l'inscription au mot habere du fragment, c'est un accusatif 
et par conséquent arcaM qu'on est forcé d'avoir. Or la dernière 
lettre que les éditeurs du Corptu aient vue sur la pierre est un V 
brisé, et la première lettre que porte notre fragment est un A, 
aussi bien d'après la copie de M. Gagnât que d'après l'estampage 
de M. Courmonlagne. Comment concilier le témoignage de la pierre 
avec les exigences grammaticales du texte? Peut-être, dans ['in- 
scription , les 3 branches du V n'étaient-etles pas aussi nettes que 
le marquent les éditeurs du Corpus? Peut-être aussi, dans noire 
fragment, le trait intérieur de l'A n'est-il qu'un défaut delà pierre, 
ou même une erreur du lapieide* 1 '? En rapprochant la branche 
gauche du V et les deux jambages de l'A , ne peut-on alors rétablir 
une MT Sur tous les autres points, et à toutes les antres lignes, 
fragment et inscription se rejoignent facilement, et nous nous 
croyons autorisé à compléter ainsi les statuts dn collège : 

IMPP I CAESS t L I S E P T I M I O «wn r* f" — "* « - 
AVRELIO + ANTONINO P««. 7 *(. i T ™ »*" — 
ET IVLIAE AVG MATRI AVG JGT] ET CÀSTROF.™ itik. v ™* 
FAVSTO COS AMPL EX LARGIStSIMIS STIP.-iiii f .«. •• 

EOS CONFERVNT FECERVNT OPTIONES VALEThD II CAECIL VR*™ 

PEQVARI LIBRARIVS ET DISCENTES CAPSARIOrVM LEG III AVG P ...»«-«-J 
LEMNITATEM DECREVERVNT VNIVERSI ARCAM HABERE ET SCWi»-. f*. « 
EODEM COLLEGIO DIMITTENTVR ANVLARI N S1NGVLIS » ÏÎ N DAr« 1*1 <*> 
ITEM DISCENTIB PRO PORT SCAMNARI SVI 1S oo N ». dit p-—- itmmmwt nr 

;l > Les ioBwiptiotw eoncernaat lei collège» railiUirei de litmhfiw renferment 



Digitizedr.y G00gle 



— 231 — 

Impiemtoriimt) Caatiaribat) £{mm) Sftimio [Severo Pio Pcrlirmci Au#(*4io) 
et M(mreo)} Axrtlin Anlouùw P[ie Angola) et Uueio) Septimia Geiae 
Gott(«n)] « Julùu Aug(u*tat) main Aug{uttorum) et Mffrorfifm, dedi 
c{tiMtt) Q(umto) Anieio] Fatuto co{*)t(uU) awp^tMMw), ex larffi[i]timU 
stif^cndni (ftae in] <w conftrmt feeermt options vatet[u^(mam) Il 

GnàUfUt) Ur[bwuu ] peguari, Ubrarùu et dûcentes eapntrio[r]u»i 

Ugiitmù) III Aug{uitae) P{iae) [ V{wdicU) , ai qu*m »ol\lcwoiitalem decru- 
verunt uniWsi anm[m] habere et s\odalibug qui ex] eodtm eoliegio diutil- 
tentur mulori n(omme) singulu t(e»tertnm) duo miltu n[wnmorum) dn[ir 
kai(emiU) Jan(uarài<) ; item dûcentib(vi) pro portions) tcumnari tut *(estrr- 
tioe) mile nfwmwM) [ma die quuettor admumarare cur*bit\. 

L. 6. — Une inscription découverte an camp de Lambèse anté- 
rieurement mentionne Caecilius Urbanus comme opt(io) val(etudi- 
narti)' 11 . Cette inscription est datée du règne des trois Augustes, 
c'est-à-dire de la période qui s'étend entre 909 et a 1 1 et pendant 
laquelle Septime Sévère, Garacalla et Gela furent associés à l'em- 
pire. Or notre inscription, dédiée par Q. Anicius Faustus, ne 
peut être postérieure à l'année 101 , qui est la dernière du gouver- 
nement de ce proconsul' 1 '. Il est donc resté assez longtemps opta» 
mletuâinurii. L'inscription de 198-201, complétée par notre Frag- 
ment, tranche en faveur de la pluralité la controverse qui s'était 
élevée sur le nombre des optûmee valetudmarUW. 

L. 8. — La restitution *[odalibu*] est amorcée par la boucle 
d'un O visible sur la pierre et justifiée par la définition juridique 
des sodales : t lodalee nmt qui ejutdem coikgii tuntn '*). 

L. g. — Les compléments apportés par notre fragment élucident 
le sens des mots pro portitme teamnari. Quand l'inscription était 
incomplète, il était permis de supposer, bien que le chiffre précis 
de mille sesterces semblât déjà écarter l'hypothèse d'un anularium 



pirfoîi de* tapons do Ispitide. Cr. no! «minent Corp. ùucr. lot., I. VIII, n* 1ËS7 : 
pro filieitati «( incolumitattm. 

M Corp. iiucr. lot., L VIII, n* »563. 

1,1 Cf. Psflu de Lenert, FatUi dtt ptmneet africain»', t. t, p. i*6 et sui- 

(, j Mirqoudt (Orfoiùakon mUttau-t, p. 3oo, n. 10) trait à leur piitrijiU. Au 
contraire, H. C»gn»t (Armée mm. d'Ajr., p. 180) suppose qu'il n'y * qu'un «pli» 
vaUtuimarii. 

« Dig., «7, 11, h. 



Digitizedr.y G00gle 



— ÎSÎ — 

mobile, qu'il s'agissait d'an* proportionnalité gradue* nr un 
seam mriom variable M. Noua devons comprendre maintenant que si 
l'anularium des associés titulaire», pourrait-on dire, est de 9,000 ses- 
terces et Yattularium des dittmUt seulement de 1,000 sesterces, 
cette différence s'explique par la différence des cotisations d'entrée 
et proportionnelle ment a elle : pra portione uammari. Es d'autres 
termes, les versements des dûemfM étaient moitié moindres que 
oenx des todaist. 



10. Caatra Is*mh*wm*n* (Cm? dt Umbht). — Estampages 
de M. Courmontagne; hauteur des lettres : om. 026 jusqu'à la 
lign«8; puis m, 01. 

p roF E L I C 1 TATj ET INCOLVMITAT» 
«ECVLI DOM1N N N N A> G G G 
• cPTIMI S EVE RI Pli PEB.TINA'G 
et M AVB.EL ANÏON AVG n. fi 
fêl, AK BRI G £ R MA 7~j N G G 
et I.VL1AE ,VG M A R A'G [R] CA5 
( V B LEG III A'G PVQ_N SVB 
«NTONTVS PROCVL OP Q, GRANTVS CRrSPÏNVS 
cALERIVS FELIX PR Q.FABIVS DONAT 
ELIVS FAVSTVS 

[fV(o)] feUeitat[e] et incolitm\tal\e i\«nl\ domtn(orum trium) n{ottrorum) 
Augiuitorum) [Se]ptiw Severi PU Pertin(tuû) Augfaulî) [et] M(atvi) 
Aurftfî) Anto>i(i>iï) Aug(usti) [n(oMn) jî/(i) Fe!{icû)] Ar[abui) Brifamict) 
Gmrfanlc!} Max(mï) Ait^uttomm) \et\ Juliat Avg(ii*tae) mair(u) 
Aitgfuttî) n(o*tri) ca*(lrvnmqtu) [l]uh(ieines) Ug(imù*) III Aug{mlat) 
P{iae) vimdicit) Quorum) «(omin*) tub(jeeta tmt) : [A]ntoniut Proc*l(M*) 
op((w), [Vjaltriu* Fetia pr{mcipaUt), <$/mm)Gmm Grûpêm, Q(jm- 
fi») Fabiia Dottat(u*) , Elius Fatum* 

Cette inscription a été gravée entre 909 et 911, puisqu'elle est 
dédiée aux trois Augustes. Ultérieurement, le nom de Géta fut mar- 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



— ÎS3 — 

(elé et remplace par un allongement de la b'tnlature de Garacalla 
qui porte sur notre inscription des épithètes qui ne lui furent 
décernées qu'après ta mort de Septime Sévère : Ar{abîcm) en ait, 
Germ(amcus) Maxfimui) en ai 3. 

Granius Crispinus, Fabius Donatus sont inconnus a Lambèse. 
On a découvert dans la nécropole de Lambèse la tombe d'un M{arau) 
Anloniut Proctdut vet(eramu)W et les tombes d'antres membres de 
sa famille' 3 '; mats on ne peut affirmer qu'il ait quelque rapport 
avec notre option. Les Valeriua Félix sont si nombreux tant au camp 
qu'à la ville, qu'il est impossible d'identifier 4e notre avec l'un 
d'eu*"). Un C. Aelius' 1 ) Faustus est mentionné comme htmfiâarvu 
du tribun laticlave; sa fonction nous interdit de l'assimiler au 
nôtre. 

C'est, en effet, de tubicînes qu'il est question dans notre inscrip- 
tion; les lacunes de la pierre ne laissent pas de marge a une 
autre restitution que [(]ui(icûicf) , et celle-ci est confirmée par la 
disposition même des noms des dédicants. C'est un opiio qui 
ouvre la liste; or les chefs de musique portaient le titre d'opiw [i \ 
et, dans l'inscription gravée par le collège des eornJEMM , c'est Vopiio 
L. Clodius Secondas qui est en tète de rénumération des 
membres I". 

Si l'on songe que l'inscription des cormcmet a été gravée égale- 
ment sons le règne des trois Augustes, qu'elle débute par la même 
formule, qu'elle est disposée de la même manière que la notre, il 
est vraisemblable d'admettre que les lubirines avaient formé, eux 
aussi, un collège, et que nous sommes en présence du diîbut de ce 
que nous pourrions appeler l'acte constitutif de la société : au-des- 
sous des noms des membres de la société, comme au-dessous des 
noms des cornicines, venait sans doute le texte des statuts qui la 
régissaient. 



17. Cintra I*mlMMdtana {Camp if Lambiie). 



W Corp. ûucr. lot., t. VIII, n- 3o36. 

■ Cf. Corp. .wer. lot., t. VIII, n" 3d3&,34oi, 3*07. So*3. 

M a Corp. ùuer. lai., t VIII, n" i554 A, si; i56a, i5; 3i55, 3s& 7 , etc. 

W Corp. iiuer. lat., L VIII, 0° t5Bi. 

f 'l Cf. Cignat. np. cit., p. 118. 

<•> Corp. Huer, lat, t. VHI. rt* «567. 

Amchéologib. — N* 2. 16 



Digitizedr.y G00gle 



— ISA — 

tels du oampi copie de M. (lignât; hauteur des lettrée t tu, 10* 

TIL i. 

PATI 
F 
OsT| 
t A S. 

Une nstitatîtra est impossible. Tout ce que l'on peut dire, c'est 
que noscriptioB contenait un nom martelé à 11 place duquel on a 
itnerit d'autres lettres. 

18. Outn Lu»bi»ilUn« (Camp de Lambin). — Dausiecamp, 
mais «sseï loin des thermes; copie de M. Gagnât; hauteur dea 
lettres : o m. 10, 

IMP CAESAR. M 

THSR.M* 



lmp(avtor) Omtr J/(«™*.) , ,JWm(«a)?.. 



Bien que la pierre ait été trouvée loin des thermes, il semble 
bien qu'il soit question ici et d'eux et de l'empereur sous le regoe 
duquel il y fut travaillé. Malheureusement, on ne sait s'il s'agit d* 
leur construction ou simplement de réparations ou d'etnbollissB- 
ments; au surplus, le prénom M(arcua) a été porté uMoesaivement 
par Marc-Aurèle, Commode) Caracalla, Macrin, Élagabai et Sévère 
Alexandre, si bien que l'histoire du camp de Lambeae u'e rient 
tirer de cette inscription mutilé* 

19. Centra ?■.—*«*»«*-«» (Camp de Lambite). — Près du pre- 
torium. Estampage de M. Courmoutagne. 

A V N O 
AS ASMI 

HumeT BASSO 
«mm/l&VS 

...A DM. . .an Artni[liam> t}t lmi*o [toUtuijUta. 



:igtz S d 3 yC00g[e 



— 1S5 — 

La consulat d'£milianus et Bassns est de l'année a 5 



90. Castra Lambanoitan» { Camp de Lambhe). — Dans le bastion 
Nord-Est du camp; d'après les estampages de M. Courmonlagne ; 
trois fragments; hauteur des lettres : o m. 019. 



< aii-VLLIVS St. ^.-.rN an 

maaRELIVS FATALIS THEV 

a.. inLIVS QVINTVLVS CIRT C 

m. «NGONIVS VE8.VS CIRT C 

«v/AVIVS VRBANVS CAST 1 t. 

.OH VII T 

lit WaVDIVS CASTVS CIRT C 
}. m.MMIVS AVITV» CAST 
c. aHlVS ROGATVS CAST 
j.rerEU-IVS SRVANVS CAST .0. 

m. aoïTIVS FAVSTINVS CIRi 
«. aarTOB.1 VS VICTOR. «ART 
a. aasNATlVS MESSOR CAS. 
c. .«SVS SILIQVARIVS Cri 
«. ia/iVS HONORATVS airl i5. 

>». j-raNIVS CLEMEN. «il 
m. coil VS R VF Vi WÊÊ» 
«. «a/DIVS »»".«.' la«d«BB 

L — [Q(aa») NtrjtUm m*mv (In»J, [K(«™.) .«irjafcu Atab fila- 
B/afc), [«(ara.) AJaW Qmtjv &<•), [«(ara.) Cinj/mi Carw 
On», [«(ami) F(|aaiii> EMsnas Cul(n>). — CJaKar.) Wl. Tirons) 
C/û]aata* Co.Au Cirf(fl), [Q(sùtla.) Menijmîu. .4 Mots Ca*t(n«), [C{aiu.) 
^H]ùu Rognlut Ca*((H»), [Ç-fuiniu.) Cn-Jettu* Silmnus Caafl/w) , [M («rea») 
&]pjaf frotta» (Çra», C(aa») oVJanaa Kaar Aaral«— 1. [«{or-. 
a») «Jajaaaa. «ausr Cabris), <•>««) *'>• SilifÊÊtim Cira» , (<— .) 
;•«> /Wola. (Or»», «(arata) firajai» ClnvaJ. Caitn.), «tanna) 
CmtfaBtMf l>«a)iii/|vwA[«aal>iiar] . 

•uia. Hax'aaa... p. .08. 



Wtndny GoOgle 



II 

m. mini.ivS GEmELfwf catt i 

1/1ARIVS FELIX ctrl 

m.yVINTIVS SER.VILIVS Bute 

t. GELLIVS MARTIALIS Citio 

t. FLAVIVS SATVRNINVS Gwf 5. 

/ I. ATI NI VS Sitvanu* kart 

IL — [M(areui) N*mis]i«s [Gtmellut Cast(rU), M(amu) M\arhuf Felùe 
[Cirll a), ti(amu) Q]umtùu StrviUuê [Huila, C(*w)] Gdtiv Marlklit 
qUio, T[U**)] Flaviu* &tf«nwu» q«J(m), L(*nw LJoftWiu [S&nwih 
Xor((A^i'n«)]. 

III 

f. ordlVS RVFVS eait t. 

e. aim'CIVS DONATVS ea.t 
c. oitALIS CAPITO kad 
e. iutiVS ARA B V S euie 
cgemlNlVS SATVRNIN.» eirt ■ 5. 
m. a li NI VS FELIX fAam 
p.puifciVS ORESTIN Cssïeor. (r 
e. • •frosiVS MANGAla e«i« 

111. — [(ftaMtet) A*n]tùu Rufiu [Guérit), C(«iu») Fwi]ci« Donat** 
[Ouvrit), C(aiiu) VùyUit Capito [Had(rumeto) , C(ww) /«f]tw Araiw 
[C«w(«/o) , C(anu) &iw]imw &jftirra n [ui Ctrfla) , M(areiu) Atm^tu Fe&t 
\Tham(ugadi), I\ubliui) Public]iu* On*tîn{ui) Qa»t(m) eor(mraInrtM) 
tr{ibuni), (fyùu) Pefro»ni> 3fa%o6» Gw(«fo)]. 

Cas trois fragments appartiennent à une liste de militaires de la 
légion, et lu noms qu'ils renferment peuvent être restitués avec 
certitude. Nous les retrouvons, en effet, groupés suivant un ordre 
identique dans' une inscription antérieurement découverte a Lam- 
bèse et qui figure uu tome VIII du Corjnts, sous le n" 18068. Les noms 
du fragment I occupent les lignes 3-19 de la première colonne 



Digfedsy GoOgle 



- 237 — 

de cette inscription; les noms du fragment III, les lignes 37-3/1; 
les noms du fragment II, les lignes 19-1 h de la seconde colonne. 
A constater cette coïncidence, on pouvait d'abord se demander si 
M. Courmonlagne n'avait pas découvert une seconde fois quelques- 
uns des morceaux d'une inscription déjà connue et publiée. Mais 
un examen comparatif des deux textes a vite fait de démontrer 
leur indépendance. Non seulement ils n'offrent pas leurs lacunes 
aux mêmes endroits "1, mais ils ont été graves suivant deux méthodes 
différentes; la liste déjà publiée a été dressée suivant un procédé 
économique. A côté de la cohorte et sur la même ligne, on men- 
tionne un des soldats de cette cohorte; on fit, par exemple : 

Cri(ort) VU. Tib{trm) On&» Cutai". 

Dans nos fragments, au contraire , le Upicide a été moins par- 
cimonieux, et la mention de la cohorte occupe une ligne à elle 
seul* : 

[TO(«r*u) Ci&judiu* (Auto™. 

il faut donc conclure que la même liste de légionnaires a bien 
été dressée a deux exemplaires. 

L'ancien exemplaire, précédé d'une dédicace à la famille im- 
périale est daté du gouvernement d'Anieiue Faustua par les vété- 
rans de la légion, libérés en 108 et entrés au service sous le con- 
sulat de Gn. Claudius Severua et de Tib. Claudius Pompeius, tous 
deux consuls pour la deuxième fois, c'est-à-dire en 173. Nos frag- 
ments, gravés parles soinsdes soldats delà ciasse 173, comme nous 
dirions aujourd'hui, appartiennent a In même époque; et il est 
plus que probable que l'inscription dont ces fragments font partie 
datait également de Tannée de la libération des légionnaires. Ln 
dédicace manquant cette fois tout entière, il est impossible d'affir- 
mer d'une manière positive que cette inscription a été gravée aussi 

fl La liste ancienne contient tous les gentilicii dont le fr. I de la liste réunie 
ne renferme que quelques lettre». Réciproquement, dans le fr. I de notre inscrip- 
tion , à la ligne 10, oa lit Sifaamu en entier, tandis qu'à la ligne 1 1 de l'inscription 
publiée on lit 5i'?c[amif ]. 

M Corp. maer. lot., t. VIII, n* 18068, col. 1, f. 7. 

W a fr. 1,1. 6 et 7. 



Digfedsy G00gle 



— 238 — 

pour le salut de Septùne Sévère, de Caracalla et de Juin ÀnguBia; 
mais il est vraisemblable qu'à leur départ de la Légion, les vétérans 
de 1 98 , reconnaissants «aven L'empereur africain, ont fixé deux 
foie sur la pierre et pour deux endroits différent* du camp de Lam- 
boae le même témoignage de gratitude. 

Quoi qu'il en soit, les fragment» nouveaux, restituée grâce à leur 
comparaison avec l'ancienne liste, éclairent celle-ci a leur tour. 
Non pas qu'ils nous aient révélé des militaires nouveaux , — il n'est 
pas un nom qui ne se rencontre déjà dans la lista publiée; te» 
fragments I et III mentionnent des soldats des cohortes vi et vu, 
le fragment II mentionne des soldats de la cohorte x; — mais la 
cohorte vin, qui n'est représentée que par quatre noms dans la liste 
ancienne, est totalement absente de nos fragments, et ce sont ces 
lacunes au même endroit dans les deux exemplaires qui empêchent 
de restituer les gentllices et eognomina amorcés par les prénoms 
C(aùu), C(am»), [£(■>*>»)]. T\Hnt) et C(*hu), des lignes 8-8, a li 
partie droite du fr. I. La liste publiée ne présente pas en effet une 
série identique de prénoms groupes dans cet ordre, et c'est aui 
absents qu'il faut les attribuer. Mais, ai l'on ne peut dire que nos 
fragments complètent la liste mutilée, du moins est-il vrai qu'ils 
confirment presque partant las reetitntioni du Cors*», at qu'en 
deux ou trois cas ils en introduisent da nouvelles, inté res s a ntes à 
signalisr. 

A la ligne sq de la colonne I delà liste publiée, les éditeurs dn 
Corp» restituent C[«]s*ijV). Leur restitution tombe devant Le 
cognomen Capfto parfaitement visible sur notre fragment 111. 

A la ligne 99 de la colonne II de la Liste publiée, les éditeurs 
du Corpus restituent Gff|nw avec uu point d'interrogation, Notre 
fr. 11,1. 4, répond C(aiw) GWfe. 

Enfin, a la ligne 90 de la colonne II, le Corpui donne M(arm) 

AWràw Félix. Notre fr. Il, 1. 9 , donne mit Fetix arec un A 

1res marqué, N est-il pas évident qu'an lien de AWtiu, dont il n'y 
a pas d'exemple aux tables du tome VIII du Corpui, il faut lire 
[M(arcus) M\ariu» Félix. On a d'ailleurs retrouvé au cimetière de 
Lambese la tombe d'un M(areui) Marin» Félix vettftmw)®. 

fil. Castra Xiamba«altana (Camp de Lamhiie). — Dans le 

W Crp. mm-, (ai., t VIII. n° 3i 9 a. 



Digitizedr.y G00gle 



bastion Nord-Est du camp; d'après les estampages de M. Cour- 
monlagne; trois fragments. Hauteur des lettres : o m. 01. 



vs 




hiLai 




AVIVS GERM 




iVUVS FELIX 




NON1VS AMPUATi» 




OMVLLIVS LVCANVS 




ANIONIVS RESTVTVS 




C ARRIVS ROGATVS 




C BADIVS SATVRNINVS 


THE. 


IVLIVS MAXIMVS 


CAST 


SECVND1VS PRIMVS 


TVBV 


1ANNONIVS SECVNDVS 


CAST 


tAECILIVS R.OMANVS 


TIPASA 


eOH Tni M AVREL SEDATVS 


FVRN 


1ACIVS NAMPHAMO 


CAST 


IVS PVDENS 


CAST 


~V-S RVFVS 


CAST 


VS VALENS 


THEV 


TIVS VICTOR 


THEV 


\AESSOR 


ASSVR 


FAVSTVS 


THEV 


VS 


CIRT 



. — . . .M tfilftTrMJT. . -, [WJ»«i Gen*\m(*t)\,[J}*U**Felir, 

, . .nosfw Amplta{tu*], . . .imuliiu» Lucamv, . , .Xn[(]otttw Reiiutut, 
t(<iti«) Armu HegatH», [C'(«tiw)] iJwiiu* SiKtmtiww TA[w(m(»)]. .M«s 
Maxinm Catt(ri*), .Secundhu Pritmu Tubu(ni*), [Tfâmonùa Seamilvt 
Qul{m), [C^wilûu Romaw Tipw — [G>À(ora) ÏÏT/ — jK(«w) -4u- 
rri(tM) S*&lw fa™(i) , . . .wnw Nanjtkemo Ctut(rU), . . .m Piatau 
Cw((rii), . . .m* ityfct G»|(r»), . , .« Fatal* ï'»*r<«<*). . . .tm Vidât 
Tke*(ate), . . .aawr Au*r(ilw), . . .FawAu Tk***»). . . .«* Oi». 



Digitizedr.y G00gle 



II 

M FVFICIVS t. 

T FLAVIVS PR.ISCVS 

M SILIVS VR.BANVS 

M AEMILIVS FELIX 

C CERELLIVS DONATVS 5. 

C FAIANIVS FELIX 

Q_AEMILIVS SAR.NIAN 

Q_GEMINIVS CR.ESCENS 

M SE1VS AELIANVS 

C LVSATTVS TIRO 10. 

C ANNIVS SATVR.NL». 

C S1TTIVS SATVR.NIN». 

C MOTILIVS NEGOTIAN 

C CAECILIVS CASTV. 

C ATT1VS FABVLLIAN |5. 

T FLAVS RVSTICVS 

C SITTIVS SILVANVS 

C IVLIVS FAVSTVS 

Q_GIICIVS FABR1C1VS 

C IVLIVS MAXIMVS si). 

T IVLIVS PAVLINVS 

C CAE 

II. — M(amu) Fufiàm. . . , T{ihu) Flavius Pritnt, M(amu) Sitm Urba- 
nité, M(tirctu) Aemihut Fehx, C(aiiu) CereUùu Dotuttus , Cfaiwi) Fuùumu 
Félix, Ofaintut) Aemititu Snmianfvi) , Q(umtu») Gemiitiut Crttems, W(or- 
cm«) Smu AeKamu, Qnim) Luuiltut Tin, C(aitu) Annitu Saturni[nui] , 
Qmu) Sittius S«Iiinii'n[uj] , C(«m) Motiliui Ntgotiadve) , (\aiut) Catcili** 
Gut>{«!v€(aiM) Artw Fab%Ui<mm) , T{ibu) Flav[i n \* Ruttiau, Cfnnu) 
Sittùu Siloama , C(oitti) l*tiut Fmubu , Qfnintiu) Gfùiut Fabriehts , Oaiiu) 

■ Hiim Maximal, T[iUu) Jtilàu Paulimu, Qatm) Cas. . , 



:,,iz,d, Google 



III 

...../EUX i. 

MAXIM CAST 
ATVS THEV 
DVS CAST 

HAR.T 5. 

KART BV 
CAST IM 
'VIC 

RI. — . . .[Fe]fix f . . .[M}mB»(w) QufyU), . . .at*t Tkee(e$le) Au 

C<ul(pi) , ... Kart{ kagine) , ... Kmi(hagiiu) bulccinator) , ... Owffrw) 
tm(«u<n.»), . . .[C^K(uh)T 

Fr. II, 1. 16. — Flaus est évidemment une erreur du lapicide 
pour Flavius, 

Ces fragmenta, comme les précédents, appartenaient a une .liste 
de légionnaires ou anciens légionnaires, groupés par cohorte, et 
désignés chacun par son prénom, son nom, sou surnom, le nom de 
son lieu d'origine et parfois, lorsque le soldat était un spécialiste, 
par le nom de sa fonction spéciale. Ainsi, par exemple, fr. III, 
I. 6 el 7, le militaire est dit dans un cas bu(cànator) et dans l'autre 

Le troisième fragment est tellement mutilé que toute restitution 
de nom est, déprime abord, impossible autrement que par pure 
conjecture. — Le premier fragment présente des cognoraina presque 
toujours complets; mais, a bien des lignes, on n'a que la fin des 
gentilices. Dans quelques cas privilégiés (\J]ulitu à la I. 4, [T]an- 
nonmt à la I. ia, [C\amlitu à la I. i3), la restitution s'impose. 
Mais, dans la plupart des autres cas, elle est impossible, soil qu'il 
rente trop peu du gentilice pour qu'on puisse choisir entre les 
multiples hypothèses que suscite sa désinence! 1 ', soit qu'il en reste 
assez pour qu'on puisse constater que les lettres subsistantes ne 

(1 > Cf., p*r exemple, les ligne* 16, 17, 18. 



Digfedsy G00gle 



— 242 — 

concordent pas avec les gentilîces qui , suivant les indteei du Corjnu 
d'Afrique, précèdent, à Lambèse, les mêmes cognomina W. 

Plusieurs de ces noms étaient déjà connus à Lambèse. Ainsi, 
Tannonius Secundus' 31 , Q. Geminius Creseens''*, G. Annius Satur- 
ninua' 1 ', C. Julius Faugtus Castris' 5 ', figuraient sur des listes de 
militaires antérieurement découvertes au camp et remontant soit 
aux dernières ' années du n* siècle, soit à la première moitié* du 
m* siècle. C'est aussi à cette époque qu'il faut rapporter ces trois 
fragments, et cette data concorde avec le caractère purement ré- 
gional et africain du recrutement que le troisième fragment nous 
permet de constater. On aurait tort, d'ailleurs, de vouloir préciser 
davantage sous prétexte qu'un C. Julius Maximus est signalé comme 
ayant fait partie de la vexillation détachée en Asie et rentrée à Lam- 
bèse en 3i8>'); car, si cette date en elle-même ne nous apprend 
guère que ce qu'on supposait déjà, rien ne nous autorise à affirmer 
que notre Julius Maximus dont nous ignorons la prénom soit le 
même que C. Julius Maximus. 

Enfin il nous est interdit de considérer ces fragments comme 
faisant partie de la même liste de vétérans que les trois fragments 
précédents. En effet, les hauteurs de lettres diffèrent, et aussi les 
dispositions de la gravure. Dans les fragments relatifs à la tC et 
a la vit' cohorte , l'indication de la cohorte remplissait une ligne a 
elle seule' 1 '. Dans ces fragments-ci, relatifs à la in' et a la n" co- 
horte, l'indication de la cohorte est accompagnée d'un nom de 
militaire <*'. 



. (Camp dt lombit). — Près de la 
porte orientale du camp; pierre haute de om,jj, large de o m. 65; 
lettres de om. 07; belle époque. 



(1J Ct, i la ligne i5, le cognomm Nomphamo qui, à Lambèse, rait le n 
P01 ((umiui) , Corp. itucr. Int., o" agS'i. 
«I Corp. nier, lai., t VIII, n* io85. 
W Corp. huer, lai., t Vûï, a* 3667, 67. 
«> Corp. mkf. taf., t VIII, n« iSfia , S», et »f>6 7 , 74. 
W Corp. mm-, bt., t. V1U, n" s568, 56, et a56fl, 0. 
W Corp. inter. lot., t VIII, n* a564, i, 76. 
Ci Cf. nipra, p. s35, fr. 1,1. 6. 
<» Cf. tupra, p. a3 9 , fr. I, I. i4. 



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— 2A8 — 

ARMA ANTESIjmm 

POSTSIGNAm 

Arma uitiesi{çnar.a] . . . , potto^iwfn*] . . , 

H faut rapprocher de cette inscription les deux inscriptions 
découvertes à Lambëse en iooa (l> , et que l'on peut maintenant 
compléter : 

i* miESIGNANA XXX 

■' «tfESIGNANA X 

Ces trois inscriptions se rapportent évidemment à des magasins 
d'armes où celles-ci étaient placées dans Tordre de leur emploi de 
combat; ce sont les en-lêtes des salles ou des armoires ou chaque 
série était renfermée. 



t ( Téb*$$a). — Copie de M. Gagnât ; la pierre ap- 
portée récemment au Musée. 

D M S i. 

C CAECILIVS 
THEVESTINVS 
VIX A* LU r-M 

F B H M 5. 

D(U) M(*mè*) i{Mntm) \ C(<riw) GneiBn \ Tkeeettimu \ tûr(it) m(rû) 
Ul ^er);^i/ro) k(ariaim) \ fait) 6(ww) ï M,omim) ï m{erenb) î 

h. 6. — L'interprétation b{m>) h(omim) est incertaine. 

34. Tborute (Tébato). — A 6 kilomètres de Clairelbntaine , 

! 'l Bail. areh. du Comité in travaux hi*U>nqu4i, 190s, p. 33i- 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



sur la rive gauche de l'oued Mellèguc (au lien dit Metltmba). Copie 
de M. le lieutenant Muitrot. 

TFLNVNDINA i. 
VET NEP S PET 
NVNDINARIAE 
FEC V ANNIS 
III M V H- SE 5. 

T(ito) t\m,) JVWia«(ri».)? | vtteraatf) aa/ali) <(««) Petf/lmj 
AWâvaiw | /«(il); e(iiil) mil | H/ «(«uiJa») V. H(ic) t(ila) <(»). 

L. i . — Faut-il prendre le mot Afautitu pour le coguomen entier 
du vétéran Titan) I'\aviiu) ou y voir une abréviation du cognomen 
Nvndinariuë très répandu en Afrique '■' et que nous retrouvons à la 
ligne 3 dans le nom de sa petite-fille î 

as. Thamngadi { Timgad). — Hauteur des lettres : o m. o85 . 

NEP i. 

iMPX 
ARM 
TON 

AVG FIL S. 
"AT) ANT 

Ces lettres forment un nouveau fragment de l'inscription qui 
ligure au Corptu, sous le o" 1787a du tome VIII. Elles complètent 
heureusement les fragments m el n, permettent d'en corriger les 
restitutions et de donner la lecture suivante de l'inscription : 

[1.] ins.can.aW m. A NI ONINI Pli G crama aar M AT FIL 
D1VI COMMODi /.ATll D1VI awoaiai aii aajMi aVn' *a- 
nViflal PRONEPoft' oW Iraiam' [2.] partawiaattcooli dl V I NERVAE 
•ADNEPori c. icpoWO SEVERO P.'O PERTINACI AVG 
AR.Au aditib. partit. Max. font. vtax. tria. potEST XI iMP Xi eat iii 
p.p. [S.] etuap.atu.imp.CAES L SEPTIMi SE VERÏ pii pttr- 

<» Cf. Guy. rwr. toi., t VIII. n" Alo, 1916, 43S8, etc. 



:,,iz,d, Google 



— 245 — 

UnaCAS [AVG ARAB ADIAB paRTHICI MAXimiJiHo divi 
m. antoninipii germait ICI lARMsùn nepoti [4.J divi antonini pîl pro 
NEPOTl DIVI HADHmt ABNEPOTI divi trnia* PAR- 
THICI ET Diw nertne aditepoti m. aweLIO ANTON.'*» j)IO 
avgia'ïQ [5.] trib. potett. w cot [fortutjmo IN VlQwiwo que prôciPJ | 
AVG IMp/MpftniMHrijHÏ^trMiACIS AVG FIUO pra, i™ ET 
[6.] itdiae domnae AuguttAt etmugi imp. I. teptini teveri pii jjctiiiwCIS 
AV^»«<Ri«ijrVST |NOS I R rt autrorm et «mflu cf PATRTAE^ 
ANTONINI. 

Jérôme Caicopino. 



Digitizedr.y G00gle 



RAPPORT 

SKI 

LES FOUILLES DU CAPITOLE DESEGERMES, 

PAR H. LE COMMANDAIT HANNKZO. 



INTRODUCTION 

PAR H. P. (iAIICIJ.EB , 

J'avais demandé à M. le capitaine Hanueïo de déterminer le 
caractère de l'énigmatique et curieux édifice dont les sondages 
de MM. le capitaine Montalier et le lieutenant Monnier venaient de 
nous révéler l'existence, à proximité du fragment de dédicace à la 
Triade Gapitoline jadis relevé par Wilmanns, et de préciser les 
rapporta qui pouvaient exister entre cette inscription et le monu- 
ment lui-même. 

Ce programme a été exécuté de la manière la plus satisfaisante, 
et le but visé pleinement atteint. L'édifice a été déblayé dans son 
entier et dégagé des constructions parasites qui l'encombraient 
Le plan en a été soigneusement levé, et la découverte de nombreux 
morceaux d'architecture permettra de tenter — du moins sur le 
papier — une reconstitution de toutes les parties de la construction 
aujourd'hui démolies. Devant la porte d'entrée, et un peu plus loin 
à l'Est, oui été retrouvés deux nouveaux et important fragments 
de la dédicace de Wilmanns qui couronnait certainement la façade. 
Nous nous trouvons donc bien eu présence du Capitale de la ville 
antique. Enfin l'on a commencé le déblaiement de la place dallée 
qui entourait le temple de Jupiter Conservateur, Junon Reine et 
Minerve Auguste, sur trois de ses cotés, et qui n'est autre que 
le Forum. C'est ce qui résulte d'une façon indiscutable de la pré- 
sence en cet endroit de nombreux piédestaux de statues impériales 
et bases honorifiques, les uns connus depuis longtemps, ayant 
été publiés jadis par Wilmanns et par MM. Babelon, Reinach, 



Digtodsy Google 



— S47 — 

Bordier et Tàntia de Leepin, les autres recueillis au cours des ré- 
centes recherches : dédicaces a. Gordien IU 1 et à sa femme Tran- 
quiilinaW, a Àurélien, datées de 370"), à ProbuB, datée de 378 <*>, 
et à deux autres empereurs dont les noms manquent ,s ) ; ou inscrip- 
tions gravées en l'honneur de hauts fonctionnaires patrons de la 
cité, surtout dea procurateurs impériaux de la région Hndrumétine 
a laquelle était rattachée Segernu* l*>. 

Mais ti les dernières recherches nous donnent la solution du 
problème posé, elles en soulèvent d'autres que je crois devoir indi- 
quer ici, et qui ne pourront être entièrement élucidés qu'an prix 
do patients et minutieux efforts. 

Tout d'abord le Capitole de Segerma se présente sons on aspect 
singulier, qui n'est, en aucune façon, celui qu'offrent habituelle- 
ment les sanctuaires réservés au culte de ta Triade Capitoline. Au 
Heu de dominer toute la cité et de se dresser très haut au-dessus 
du Forum, il se trouve presque de plain-pîed avec la place environ- 
nante, le sol intérieur de l'édifice ne dépassant que de trois marches 
le dallage qui l'entoure. Le Capitole de Segermet n'a ni escalier 
monumental précédant la façade, ni pronaoi, ni colonnade. Il 
ressemble moins à un temple qu'à un arc de triomphe tétrapyle et 
q-aaàrifrtmi, comme celui de hum a Rome, eu encore la porte 
de Caracalla a Tébessa, dont on n'aurait conservé que l'ouverture 
principale en aveuglant les trois antres haies. L'édifice est petit, et 
a peu près carré, mesurant 1 a m. t K rie largeur suri a m. 56 de pro- 
fondeur (fig. 1). Les quatre angles se détachent nettement en saillie, 
appelant la comparaison arec les quatre piliers de Tare quaMfnru. 
La disposition de ta façade principale est telte, qu'elle n'a gaère 
pu être arrangée autrement qu'à la manière d'une porte triomphale , 
avec entablement plat, et sans fronton de couronnement; quant aux 
trois autres faces, si les baies sont aveuglées, elles «ont tout an 



M Grimer, lat., L Vlll, n" iu6y. 
I*> Fouilles Hsnneio, roir plus loin. 

<** Vtoufflet tftontaltftr et Motmto; cf. Oaucfcler, Pn uk -v u bm * *, igoA , p. tfn, 
•à mm teqatlit ne M 4mt bb laite a* ta* au lie* àt «70. 

«> Corp. iiwr. ht., t. Vlll.n" II 171. 
» Corp- mter. tM., n" m 170 rt II 171. 

1,1 Corp. ùuer. loi., n" 1117A, 11175 el peut-êlro 11176, et fouilles San- 
buo, voir plus loîa. 



Digitizedr.y G00gle 



moins indiquées par un enfoncement, au milieu duquel se d 

en saillie une surface pleine et massive répondant à une niche 

intérieure qu'elle annonce. 

■M CaniCrucCiom primkivti 



Fig. t. — Plan du rapilolc de Spgeriaei. 

Les quatre façades, parfaitement symétriques, présentent donc 
chacune une surface très mouvementée avec nombreux décroche- 
ments. L'emploi de matériaux divers pour chacune des divisions 
architecturales de l'enceinte achève d'en varier l'aspect extérieur, 
Le soubassement est en grand appareil soigneusement assemblé, et 
d'apparence fort imposante, il mesure a m. 7a de hauteur; le profil 
de la mouluration est assez mou et indécis, mais base et corniche 
se détachent nettement en 1res forte saillie. 

La paroi proprement dite, décorée sur chaque côté de quatre 
pilastres, deux a chaque angle, est en simple blocage, entièrement 
revêtu de stuc. Tous les détails de l'ornementation étaient sculptes 
dans le plâtre, ce qui explique leur disparition à peu près totale. 
La pierre reparaissait ensuite pour le couronnement de l'édifice, 
qui comportait : une frise, gravée d'une dédicace sur la façade 
principale; une corniche, dont quelques débris ont été retrouvés; 
et peut-être une attique. 

A l'intérieur, l'édifice affecte la forme d'une relia rectangulaire, 
large de 7 m. a5 et profonde de 7 m. 5 9, c'est à d ire à peu près carrée, 



Digtodsy Google 



La salle, vodtée en berceau, était pavéede belle» dalle» de nMrbrenué. 
Les parois étaient également revêtue» de plaquettes de marbre, fixées 
par des cloue de bronze. Chacune d'elles se creusait en son milieu 
d'une niche rectangulaire ( fig. a ), la plus grande dans le mur de fond 
répondant à l'entrée, deux autres plus petites, adroite et à gauche. 
Ces niches devaient être ornées des statues de la Triade Capitoline , 
Jupiter au milieu, Junon a sa droite et Minerve a sa gauche. 
Chacune d'elles devait présenter l'aspect d'un édictde à fronton 



Pig. *. — Capilole de Aptrnui. - Niche de In cttie. 

triangulaire saillant supporté par deux colonnes. L'on a retrouvé 
divers débris de cet arrangement architectural, pas assez cependant 
pour le reconstituer avec toute la précision et la certitude désirables. 
Ce sont : plusieurs bases et fragments de colonnes; puis deux cha- 
piteaux corinthiens avec aigle aux quatre coins "', convenant fort bien 
h la statue de Jupiter qu'ils devaient encadrer, et un chapiteau 
corinthien plus petit, provenant d'une des niches Latérales; eoGn 
les quatre tympans forment le fond des quatre frontons qui surmon- 
taient la porte d'entrée et les trois niches. Ces derniers morceaux 
d'architecture présentent un aspect singulier. Os offrent sur leur 
face principale un bouquet d'acanthe, sculpté dans un espace trian- 

111 L'un au Capilole, l'autre à la Basilique où il avait été remployé. En oulre, 
quelques débris d'un troisième chapiteau analogue semblent prouver que l'arran- 
gement architectural de la niche du fond répondait a celui de la porte d'entrée, 
qui (levait s'ouvrir entre deux colonnes & chapiteaux également ornés d'aigle*. 
AaciioLoeii. — N* 2. 17 



Digfedsy G00gle 



— 250 — 

giikire que n'encadre aucune moulure. Sur la tranche contiguë se 
développent d'autres rinceaux d'acanthe formant Boffite. Il faut donc 
supposer que ces quatre pierres étaient encastrées dans les murs 
au-dessus de l'entrée et des trois niches, tandis que le fronton trian- 
gulaire proprement dit, entièrement ajouré et soutenu par deux 
colonnes, était simplement appliqué contre la paroi et sa détachait 
tout entier en saillie. De jolies consoles, dont on a retrouvé une 
paire , les reliaient sans doute l'un 1 l'autre , mm que je puisse dire 
exactement de quelle façon. 

Somme toute, le Gapitole de Segermei était un édifice très ori- 
ginal, luxueusement décora et dont l'ornementation architecturale 
très soignée et bien comprise parait indiquer une assez bonne 
époque, la fin du second siècle au plue tard. Elle contraste étrange- 
ment avec l'aspect négligé de la dédicace qui couronnait le monu- 
ment, et qui remonte, elle, à la fin du m" siècle et au règne simul- 
tané de Dioctétien et de Constantin. Aussi doit-on se demander si 
ce texte est bien contemporain du monument Ini-méme, ou si, au 
contraire, il n'a pas été gravé après coup, peut-être a la place de la 
dédicace primitive, qui aurait été retaillée. L'aspect très rugueux 
de la pierre autorise cette supposition. II manque malheureuse- 
ment dans l'inscription précisément le seul mot qui pourrait 
nous fixer sur ce point : le verbe. Doit-on suppléer exttruxit, comme 
le supposent les éditeurs du Corput, on roMutt, comme je serais 
plutôt porté à le croire? En Afrique, au temps de Dioctétien , l'on 
ne construit plus guère de monuments publics; l'on se borne a res- 
taurer les anciens et a réparer les désastres causés par cinquante 
ans de troubles et d'anarchie' 1 '. En outre, il faut se rappeler que 
Segerme* était déjà, au temps des Antonins, une cité très prospère, 
organisée en municipe par Marc-Aurèle ( *. Il serait bien étrange 
qu'elle ait attendu près de deux cent cinquante ans pour édifier 
son Capilole. Donc, de deux choses l'une : l'édifice que vient de dé- 
blayer M. le commandant Hannezo a été construit sous le règne de 
Marc-Aurèle, au moment de la transformation de l'ancienne ctn'bu 
africaine en municipe, et a été simplement restauré sous Dioclétien 

<'> Cf. , par exemple , ce qui a'esl ptMé au début du n* siècle pour le Capitale de 
Papput, asseï voisin de celui de Segtrnêi : Gaucklcr, Bull. areh.du Comité, 189Û, 
p. s5i,»*ùG. 

!*' Muaicipium Aitrrlmm AugMitum Segrrrmei. Cf., par exemple, Corp. îmtr. ht, 



:,,iz,d, Google 



_Î51 ■— 

et Muimiefl; ou bien iW été édifié d« °**e* pièces a wtte époque 
peur remplacer no sanctuaire plu» » n ft i» , détruit on désaffecte'. 
J'opte pour la première solution que j aspàrw voir confirmée A bref 
délai par la découverte dea fragment» manquant encore à la d&icace 
le jour où noua pourrons reprendre et terminer le déblaiement dm 
Forum devant le Capitale de Segerme*. 



Segermet, l'Heuehir-el-Harnt des Arabes, a déjà été l'objet 
d'études archéologiques. Apres Wilmanns, ee furent, en 188A, 
M. le eapHaine Bordier seconde par M. le soua-Iieutenant Tauiia 
de Lespin; en i885, MM. Reinach et fiabelon et, en 1888, 
M. le capitaine du génie Couderc de Foulongue, qui explorèrent 
cette ville antique. En 190a, MM. le capitaine Montalier et le lieu- 
tenant Monnier, du A" Tirailleurs, reprirent la suite des travaux 
ébauchés; un rapport sur leurs recherches paraîtra prochainement. 

Cette année, M. Gauckler, directeur du service des antiquités 
et arts de Tunisie, d'accord avec l'autorité militaire, voulut bien 
nous confier la direction de nouvelles recherches en un point ou 
MM. Montalier et Monnier avaient reconnu les traces d'un monu- 
ment complètement enseveli sous une épaisse couche de terre, 
pierres de démolition et blocs énormes de maçonneries renversées. 

Nous savions, par les inscriptions découvertes, que l'Henchir- 
el-Harrat était le Municipium Aurelium Augustum Segtrmet, que 
son territoire, connu dn temps des Romains, était compris 
dans la région de Sousse (fait notable : la délimitation des 
deux anciens territoires et celle des deux ealdats de Sousse et 
de Zagbouan n'ont pas du être modifiées; le proevrator regiorùt 
Hitdmmetinae a fait place au caïd ou au contrôleur civil actuel de 
Sousse). Segermet a eu aussi, d'après la Notice de la Byxacène, son 
évéque; enfin, les Anciens du pays racontent encore qu'Hencbir- 
el-Harrat était, H y a cinquante ans, occupé par une agglomération 
arabe et qu'il y avait, au milieu des ruines, un marché très fré- 
quenté. 

Segermet a donc été, de tous temps avant nos jours, un centre 
asseï important; actuellement, quoique sur la piste de Zagbouan a 
Bou-Ficba, l'Henchir-el-Harrat est complètement abandonné. 

Un examen des ruines nous permit de reconnaître les thermes, 



Digtodsy Google 



— 252 — 

une basilique chrétienne, des restes de temples, une porte monu- 
mentale avec pieds-droits encore debout et voûte effondrée, diverses 
nécropoles et des pierres à inscriptions prises dans des mors. 

C'est à proximité de ces pierres a inscriptions découvertes, le 
letig des magasins voûtés, que nous avons entrepris nos travaux. 

Tout d'abord , une pierre jetée au milieu d'an champ fixa notre 
attention; elle portait une inscription déjà relevée, mais incom- 
plète (li ; elle fut mise de côté dans l'attente de découverte de quelques 
autres morceaux ; deux fragments ramassés de-ci de-là et se raccor- 
dant à la pierre furent mis à jour; ils étaient connus; un troisième 
nous semble inédit; enfin, un quatrième paraissant appartenir à la 
même inscription par la nature de la pierre et la forme des lettres, 
mais ne se raccordant pas, fut recueilli au milieu de terres de 
déblai. 
■ L'inscription peut actuellement être lue comme suit : 

/7AVIO + FELi CI t FLAM + PER.PT1+VIR.+ Q_f 

/■/avivs+ova^r at«*iaei 

prAEFECTVS-COHI-IIIi 
OR-PROyiNCIAE+TINOlIÎ'^TH'- 
'CiE + IIïMSEC" 

Le monument à dégager avait été, en partie, reconnu par deux 
tranchées creusées sur deux faces à environ 1 m. 80 de profondeur 
et 1 mètre de largeur; les terres de ces tranchées avaient été reje- 
lées en hauteur et, par suite, cachaient à quelques pas de là toute 
trace du monument; seulement de la tranchée l'on pouvait voir 
une partie de la corniche Nord-Est. 

Les travaux furent commencés le long de la face Sud Est qui 
nous sembla être celle par laquelle on devait pénétrer dans le 
monument, deux pieds-droits de porte étant visibles à leur 
partie supérieure; tout d'abord, l'on trouva des bases et des tron- 
çons de colonnes, puis des murs grossièrement construits en terre 
et en pierres sans mortier, toutes pierres généralement taillées et 
provenant de monuments anciens; quelques débris de poteries, 
de lampes chrétiennes, clous, objets divers de cuivre, furent aussi 
ramassés dans les déblaie. Le déblaiement de la face Sud-Est 



»l Huit. arrh. du Comité. l88G,p. 7I A. 



Digfedsy G00gle 



— ^53 — 

nous mit en présence de mors accolés à l'édifice proprement 
dit. 

La face Sud-Est étant en partie dégagée des terres, le travail fut 
reporte' sur (a face Nord-Est; la tranchée est élargie, approfondie, 
et, là encore, nous rencontrons des murs de très mauvaise con- 
struction formant des chambres rectangulaires; de nombreux dé- 
bris de lampes chrétiennes dans les déblak; la base d'un mur. est 
formée d'un fragment d'entablement sculpté. 



Kîg. 3. — Capitale de Stgtrmtt, - Porta yjK de l'extérieur. 

Un vent violent vint gêner pendant quelques jours les travailleurs 
nveuglés par la poussière des terres remuées; l'on dut suspendre 
momentanément le travail sur les faces Nord-Est et Sud-Est et 
entreprendre, a la main et à la pince, le dégagement des blocs de 
pierre* et de maçonneries encombrant la face Nord-Ouest; au 
milieu de ces blocs fut découvert un beau chapiteau 1res artiste- 



Digfedsy GoOgle 



— 254 — 

ment fouillé et ornementé, aux quatre angle», d'aigles ni ailes 
déployées; malheureusement, les têtes manquaient, ayant dû être 
cassées lors de la chute du chapiteau. 

Le déblaiement d'une partie de la face Nord-Ouest permit ensuite 
de se rendre a pen près compte de la forme du monument, dont 
les faces, sauf au Sud-Est, devaient être sensiblement les mêmes 
quant à la disposition et aui dimensions. 



Deux consoles sont trouvées. Un soffite est dégagé de la partie 
supérieure du côté Nord et amené au bas de la face Sud-Ouest; 
nous avons remarqué que chaque côté du monument avait son 
Roffite et que tous étaient pareils; le soffite du côté Est était encore 
en place; celui du coté Nord était enfoui dans des débris de ma- 
çonnerie. 

Le temps étant devenu pluB clément, les travaux sur les faces 
Sud-Est et Nord-Est furent repris et l'on commença ta démolition 
des murs de construction postérieure a celle du monument principal. 



Digfedsy GoOgle 



— 355 — 

On découvrit, au cours de cette opération, des fragments d'inscrip- 
tions et des pierres exécutées en forme d'auges simples ou doubles, 
ou ayant pu être utilisée» comme sarcophages d'enfants ou dépôts 
d'ossements; toutes portaient une saillie sur un de leurs cotés. A 
signaler aussi de nombreuses pierres plates provenant du dallage 
qui devait s'étendre sur tout le devant du monument, et d'autres a 
rebord. 

La face Nord-Est et l'angle Est sont complètement dégagés , puis 
la porte du monument, face Sud-EsL Dans les derniers déblais de 
terres, l'on trouva de nombreux débris de poterie* informes, et 
dans les mure encombrant encore l'entrée du Capitale, de nouveaux 
fragmenta d'inscription. Je rapporterai le texte de l'un d'aux à 
cause de son intérêt : 

ROfc 



TfUB + COH + js.a 
RIOR t TRlB * LEG *■ Xlli 
PRAEF EQ_ALAE VETTOr- 
EQ_ALAE II FLAVIAE M1LIAK 
CVR VIAE PEDANAE PROC AVl* 
TOR PRQVINC PANNONlAE SVP 
PROC AVGVSTOR REG HADRlMETf* 
D D P P 



Sur pierre calcaire blanche. Hauteur des lettres, om.o&3. Di- 
mensions du fragment : hauteur, o m. 90 et o m. 5o; largeur a la 
base, o m. 70. 

Dès le dégagement de la porto du monument, nous remarquâmes 
qne le sol de l'intérieur, du moins A l'entrée, était garni de dallas 
en marbre blanc rosé et qne, comme généralement dans 1m «api- 
toie», il était élevé sur un soubassement; à Segernw, ce sol était à 
hauteur de la plinthe extérieure. 

Les travaux, momentanément auspendus pendant quinte jours, 
furent repris le a 1 mars. 



Digfedsy G00gle 



— 356 — 

Il restait à fouiller la face Sud-Ouest et l'intérieur du monu- 
ment. 

Deux équipes travaillèrent simultanément aux deux chantiers; 
l'angle Sud dégagé, le quatrième soffite fut mis à jour; comme sur 
les autres faces, quelques débris divers furent recueillie. 

Le déblaiement de cette face Sud-Ouest permit de constater que 
de ce coté, comme sur la face Nord-Ouest, aucun mur n'avait été 
construit postérieurement à l'établissement du Capitole, peut-être 
parce que ces deux faces étaient très encombrées de matériaux 
de fortes dimensions (blocs de maçonneries et pierres de grand 
appareil). 

Les deux faces Snd-Onest et Nord-Ouest se rejoignent; le dernier 
objet trouvé, a. l'angle Ouest, est en cuivre et asees curieux, il repré- 
sente un enfant dans une position obscène. 

L'extérieur du monument étant complètement dégagé, la fouille 
intérieure est poussée très activement; les remarques suivantes sont 
faites : des clous de cuivre ramassés en assez grand nombre ou 
encore fixés dans les murs servaient très vraisemblablement à fixer, 
contre les parois, des plaquettes de marbre de om.oi, du sol 
jusqu'à une hauteur de 1 m. 70 ; le sol n'est plus , comme & l'entrée, 
dallé uniformément de plaques de marbre; quelques traces de 
mura en argile comprimé font supposer que des habitants ont logé 
dans le monument; des cendres, des os d'animaux, fragments de 
poteries communes, monnaies frustes on rongées par le feu sont 
répandus un peu partout 

Une colonne, un morceau de colonne couchés sur le sol, un 
fragment de statue de marbre blanc, avec draperies, une pierre à 
inscription martelée, Ires difficilement lisible, et un autre frag- 
ment d'inscription sont les seuls restes antiques qne nous ayons pu 
découvrir. 

' Le Capitole est entièrement fouillé tant à l'extérieur qu'à l'inté- 
rieur. Les dessins ci-joints montrent, l'un, la porte d'entrée vue de 
l'extérieur, l'aube, cette même porte voe de l'intérieur; le Iroiaième, 
une niche de l'édifice (fig. 9, 3, a). 

Dédié è Jupiter Optimus Maximus, souverain des Dieux et pro- 
lecteur de la. cité, il fut établi comme la plupart des capitales 
provinciaux, c'est-à-dire sans obligation stricte d'être construit 
-sur un lieu éminent; il forme un carré è peu près régulier; sa lon- 
gueur, qui est de 12 m. 56, n'excède sa largeur que de o m. 46; 



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— 257 — 

il est probable qu'il y avait des colonnes de face en dehors du 
monument. 

Nos recherches sont ensuite poursuivies vers le Nord-Est tant 
pour continuer la démolition des murs de basse époque qui avaient 
déjà fourni des pierres à inscriptions que pour nous rapprocher des 
voûtes, magasins ou chambres dans les murs desquels avaient été 
mises a jour précédemment de superbes inscriptions. La première 
découverte fut celle d'un deuxième fragment de la dédicace du 
CapHole; nous avons déjà mentionné un de ces fragments, plus 
haut; la nouvelle pierre mesure, comme longueur, im.5'i et îm.li'à 
et donne maintenant comme lecture avec le premier fragment : 

IOVI CONSfcjRVATORI 
PRO SALVTE DD NN DIOCLETiANI 
RESPVBL 5EGERMlTANOtv(/M SVA PP 

Furent ensuite trouvés : 

a. Va fragment de stèle, avec caractères incomplets dtms un 
cartouche à queue d'aronde ; 

b. Une pierre ronde, de om.48 de diamètre, haute de obi. 36, 
creusée en son milieu et semblant avoir été utilisée comme moulin 
ou mortier portatif; 

c. Deux fragments de statues de marbre; 

d. Un pied en marbre. 

Nous divisons alors nos travailleurs en chantiers pour la fouille 
de toutes les chambres de l'édifice B (fig. i). 

La chambre a semble avoir été un magasin dont la voûte s'est 
écroulée; dans l'intérieur, rien que des blocs de maçonnerie; la 
face était ouverte, tandis que la face opposée était en partie fermée 
par un mur dans lequel avait été ouverte soit une porte avec seuil 
de o m. 8o de hauteur, soit une fenêtre; le magasin était dallé. 

La chambré 6 n'a pas été voûtée; sa face est ouverte; la face op- 
posée est adossée à un mur de magasin voûté d; les murs se faisant 
face sont revêtus d'un crépissage cimenté; sur l'un, on remarque les 



Digfedsy GoOgle 



— 358 — 

traces (Tune guirlande de fleuri, d'épis et d'une colonne surmontée 
d'un chapiteau, te tout en trhs mauvais état de conservation. Dana 
celte chambre forent trouvés plusieurs fragments d'inscriptions in- 
signifiants. 

Le magasin e était voûté; rien à l'intérieur, qu'une de ces pierres 
a auge pareille à celtes déjà signalées. 

Les parties i et/ sont ensuite visitées; rien en e, que deux 
pierres à inscriptions déjà connues. 

En/, chambre remplie de gros cailloux roulés ; ce -deveit être un 
magasin voûté; nous n'y trouvons que des débris de sculptures et 
trois fragments d'inscriptions ; une monnaie de Gordien le vieux, 
moyen bronze, est également recueillie. 

La base du mur soutenant la voûte do magasin d étant très peu 
solide, nous faisons, par mesure de prudence, céder la voûte en 
son milieu; aucune particularité ni découverte importante; seuls, 
deux fragments d'inscriptions. 

Nos travaux touchent à leur fin; le retour à Zaghouan est or- 
donné; les derniers coups de pioche sont donnés sur l'emplace- 
ment g; une mosaïque, d'une conservation moyenne, est mise à 
jour. 

A notre avis, la partie intéressante à étudier actuellement serait 
celle qui est comprise entre le Capitole et la basilique chrétienne; 
cette basiliqne a été fouillée en partie par MM. Montalier et Mon - 
nier; tout dernièrement, nous sommes revenus à Segirmet avec 
quelques travailleurs pour en poursuivre la fouille depuis l'abside 
jusqu'à une porte, el les résultats ont été assez satisfaisants. Une 
note complémentaire a été adressée à la Direction du Service des 
antiquités de Tunisie; nous souhaitons vivement qu'une suite soit 
donnée aux recherches de nos prédécesseurs et aux nôtres. 

Gomm 1 fhniiuo. 



Digfedsy G00gle 



TUBRIS MANILIORUM ABELLIORUM 

DANS LE MASSIF DES M AT H ATA 

(TUNISIE). 



RAPPORT DB M. LE LIEUTENANT PÉRICAUD. 

Dans le rapport établi par M. le lieutenant de Pontbriand, à la 
suite de recherches archéologiques faites en 1901 a Hencnir-bou 
Guerba , cet officier émettait l'hypothèse qu'une voie militaire reliait 
Bordj-Zoumil a Marelh sa temps de l'occupation romaine. 

Les gttes d'étape indiqués dans ce travail étaient pour cette voie : 
Henchir-bon-Guerba et Henchir-el-Gneddiin. 

Il est nécessaire de rectifier immédiatement le nom de ce dernier 
point : Henchir-el-Gueddim est, en effet, complètement inconnu 
des indigènes. 11 faut dire Henchir-ei-Guqejret. 

En parlant des ruines que l'on y rencontre, M. le lieutenant de 
Pontbriand s'exprimait ainsi : 

«Ce castellum a été vainement exploré par nous au début de 
1899, pendant que l'on travaillait à la route de MatmaU à Toujane. 
C'est une enceinte carrée d'environ 3o mètres en saxa quadraîa. 
Une pierre trouvée dans les ruines (élevée aujourd'hui en colonne 
par la compagnie de discipline ) parait avoir été préparée pour rece- 
voir une inscription malheureusement absente. Tout ce qu'on n pu 
y rencontrer est un petit bronze de Constantin le Grand'". * 

Une visite que nous fîmes à Henchir-el-Guecirat, en mai 1909 , 
nous permit de constater que la seule trace de fouilles récemment 
effectuées dans ces ruine» était une excavation de 1 ni. ôo x 
1 m. 3o X ■ m. 80 de profondeur, pratiquée vers le cenlre de 

« Bull. mreh. dm Comité, ifio3, p. 384. 



Digfedsy G00gle 



l'henchir. Il pouvait donc y avoir intérêt à effectuer en ce point des 
recherches méthodiques et complètes. Hencbir-el-Goeciret est, en 
effet, la seule ruine romaine de quelque importance qui existe, a 
notre connaissance, dans la partie élevée do massif des Malrepta. 
M. le Directeur des antiquités et des arts de Tunisie voulut 
bien reconnaître cet intérêt, et nous accorder une subvention; elle 
nous a permis de mener à bien les travaux dont l'exposé et les 
résultats font l'objet du présent rapport. 

Henchir-el-Gueciret n'est point porté sur la carte au 1/900,000. 
(Feuille de Kasr-Médenine.) Nous indiquerons donc l'emplacement 
de ces ruines par. rapport à des points ou à des lignes connus. 

Il est situé sur la piste muletière qui relie Matmata à Médenine, 
par Toujâne, a i5 kilomètres du Lord] des affaires indigènes de 
Mfllmaln. On peut encore déterminer son emplacement k l'aide 
de la Cote 637, marquée sur fa carte, et te placer sur un petit 
plateau qui s'étend entre l'Oued- el-Kef et un de ses affluents, à 
environ 2,000 mètres à l'Ouest-Sud-Ouest de la cote 6H7. 

Le pays est accidenté; son aspect général, vu du haut d'Henchir- 
p|--(ïueciret, est celui d'un vaele cirque dont ce point occuperait 
sensiblemant le centre. 

Les travaux de fouilles furent entrepris le 5 mai 190/1 et ter- 
minés le 1 3 du même mois. Les travailleurs furent répartis en deux 
chantiers principaux, chargés, le premier, de déblayer l'intérieur de 
l'ouvrage, le second , de dégager les murs extérieurs jusqu'où niveau 
des fondations. 

Le travail fut poursuivi normalement jusqu'au 10 mai, date 
a laquelle le chantier employé au dégagement des mars extérieurs 
découvrit la porte d'entrée de la construction. 

Nous donnâmes alors l'ordre de fouiller à deux mètres environ 
du pied du mur extérieur devant l'emplacement de cette perte. Le 
1 1 mai, dans l'après-midi, on découvrît une pierre qui avait fait 
partie de ta corniche de 1« porte; puis, successivement, d'autres 
pierres du mê"me genre et une pierre ornée d'une sculpture gros- 
sière représentant une Victoire ailée tenant une couronne. 

Le 1 a , les Iravaox poursuivis en ce même point amenèrent la 
découverte de deux pierres portant un cheval grossièrement sculpté, 
une seconde pierre ornée d'un motif représentant une Victoire; 



Digtodsy Google 



— *6A ~~ 

puis une autre pierre sur laquelle 1 istiague un personnage 
tenant une palme; enfin, vers la fi" tt journée, on mit au jour 
une inscription. Le bloc sur lequel « le «si gravée était brise; les 
deux fragments ont été retrouvés. 

L'emplacement où ces pierres furent découvertes et qui est mar- 
qué sur le plan au i/ioo ayant été complètement dégage, les efforts 
de Ions les travailleurs se portèrent vers l'intérieur du castelium 
pour terminer le déblaiement. Les travaux prirent lia le i3 mai. 

Le castelium est actuellement complètement déblayé tant à l'ex- 
térieur qu'à l'intérieur. 

Une seule pièce de monnaie en a été retirée; elle est en mau- 
vais état. 

Le castelium d'Henchir-el-Gueciret couvre une surface sensible- 
ment carrée. Les dimensions totales de l'ouvrage sont : 18 m. 90 X 
1 8 m. o&. Son orientation est exactement S.-N. ; chaque face corres- 
pond par suite à l'un des points cardinaux. La piste muletière actuelle 
de Matmata a Médenine, par Toujane, passe à 3o mètres environ de 
In face Sud. Une partie du mur extérieur a été détruite jusqu'au 
niveau des fondations; elle est représentée en clair sur le plan. 
L'autre partie du mur extérieur est encore debout partiellement, 
ainsi que tous les murs intérieurs dont la hauteur varie, dans l'état 
actuel , de m. 80 à 9 mètres. 

Le mnr extérieur a une largeur totale de o m. 80 ; son parement 
extérieur est en pierres de taille de o m. oo d'épaisseur moyenne; 
son parement intérieur est en maçonnerie ordinaire de o m. 3o 
d'épaisseur, soit au total : m. 80. Les murs intérieurs ont une 
épaisseur de o m. 5o. Ils sont construits avec soin par couches de 
pierres de petites dimensions, mais sensiblement égales et placées 
à peu près régulièrement à plein sur joint. 

Après avoir franchi l'entrée coudée à angle droit, on pénètre 
dans une cour intérieure de 8 m. 90 X 8 m. 10, où l'on ren- 
contre sept piliers encore debout qui, vraisemblablement, suppor- 
taient un portique établi sur trois faces de cette cour inté- 
rieure. 

Quatre portes permettent l'accès des différentes pièces de la 
construction; une sur la face Est, une sur la face Nord et deux sur 
la face Ouest 

Il y a lieu de remarquer que la petite chambre située dans 



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— 262 — 
l'angle Nord-Est de la cour n'avait d'ouverture ni sur la coup, ni sur 

Par la porte Est, de o m. go de largeur, on entre dans un 
appartement composé de deux pièces communiquant entre elles 
par une porte de t m. 10 de largeur. Les dimensions de ces 
chambres sont respectivement :6 m. 60 X 3 m. 70 et 4 m. 80 X 
3 m. 70. Les portes de la face Ouest de la cour donnent accès dans 
deux appartements composes également de deux pièces et dont la 
disposition est a peu près identique. 




MB Mure dthout .d'une hauteur de o.So à 8 flO.- ~J~ 

T I Mure détruits jiafu 'au. niveau dea /bndatkms. TŒUSeulls dapûrtes. 



Kg. 1. — Hrauiir-d-Gu«eiret - Plut 4a auttBw* 

Les deux chambres du premier appartement ont, en effet, les 
dimensions suivanles : 4 m. ao X 3 m. 70 et 3 mètres X 3 m. 70; 



Digfedsy G00gle 



— 26S — 

celles du second : u m. ao x 3 m. 70 et 3 m. 65 x 3 m. 70. La 
porto de communication de «en deux dernières chambres est restée 
entièrement debout. 

Par la porte située au Nord, dont la largeur est de o m. 80, on 
pénètre dans une écurie de ta ai. Ao de longueur et de 3 m. 55 
de largeur. Celle écurie est divisée en trois compartiments, dont la 
longueur est respectivement : s m. 60; k m. 91; 3 m. 85. Les 
compartiments sont séparés par une ligne de trois mangeoires de 
o m. 80 de hauteur. Chaque mangeoire esl taillée dans une seule 
pierre. La mangeoire centrale est plus petite qne les deux extrêmes , 
et la longueur totale de I* ligne est de a m. 70; sa largeur atteint 
o m. 03 , avec o m. 3 de vide. 

En résumé, l'ouvrage comporte : uate cowr intérim»-, sept 
chambres, une écurie. 

Noua avons également cherché s'il n'existait pes de citerne, soit 
à l'extérieur, soit a l'intérieur des ruines. Nous avons découvert a 
95 mètres environ de la face Sud, près de la piste muletière de 
Matmata a Médenine, nue petite excavation avec traces de maçon- 
nerie circulaire. 

Nous estimons que la citerne sa trouve en ce point, mais le temps 
nous a manqué pour le vérifier. 

L'inscription trouvée au cours des Touilles d'Henchir-el-Gneciret 
est gravée sur une seule pierre, qui a été malheureusement brisée 
en deux. 

La longueur totale de la pierre est de 1 m. 96; sa hauteur est 
de o m. '17 et son épaisseur atteint o m. 3o environ. 

Un estampage de cette pierre a été pris et adressé à la direction 
du Service des Affaires indigènes, a Tunis; il a été communiqué à 
M. Gauckler. (Voir plus loin.) 

Du texte même de l'inscription, il ressort que les Romains 
avaient construit a Henohir-el-Gueeiret une ferme fortifiée et non 
un poste militaire. Le domaine romain, dont cette construction 
était le centre, était sans doute relié par des pistes de caravanes, 
d'une part, a Maretfa ou à Gabès, d'autre part, soit à Tameiered, 
soit à Ksar-Tarcine ou à Bordj-Zoumit par Henchir-bou-Guerba. 

Les ruines d'Henehir-el-Gueciret sont les seules ruines impor- 
tantes que l'on rencontre, à notre connaissance, dans cette partie 
du massif. 



Digfedsy GoOgle 



— 264 — 

La présence de celte ferme, construite tri» solidement, an «entre 
de la région montagneuse des Maunata, indique qne cette partie do 
territoire n'est pas restée totalement étrangère a la colonisation 
romaine dans l'extrême Sud Tunisien. 



II 

NOTE COMPLÉMENTAIRE DE M. P. GAUCKLER. 

Ainsi qu'on a pu le voir par le rapport de M. Péricaud, les 
ruines d'Henchir-el-Gueciret se présentent sous la forme d'une coa- 
slrucl'uin carrée de 18 mètres de coté, dont l'enceinte extérieure est 
soigneusement établie en grand appareil, les cloisons intérieures 
en moellons alignés au cordeau. La porte s'ouvre au milieu du côté 
Sud. L'entrée est coudée a angle droit, de manière à masquer l'in- 
térieur. Elle donne accès dans une cour centrale rectangulaire , bordée 
sur les trois côtés Sud, Ouest et Nord par un portique couvert que 
soutenaient sept colonnes. Sur cette galerie de pourtour s'ouvraient 
trois appartements de deux pièces chacun, deux à l'Ouest, un à 
l'Est. Le coté Nord est réservé aux écuries , divisées en trois box par 
deux lignes de trois mangeoires. Chacune de ces mangeoires servait 
pour deux chevaux affrontés. L'écurie pouvait recevoir en tout douze 
chevaux, trois dans chaque box latéral, six dans le box central. 
Entre l'écurie et l'appartement de l'Est, le plan de M. le lieutenant 
Péricaud indique une chambre rectangulaire longue de 3 m. 70 et 
large de a mètres, qui n'a ni portes ni fenêtres. Je suppose que 
c'était un réservoir, recevant les eaux des terrains et pouvant servir 
« l'alimentation dos défenseurs du fortin en cas de siège. Quant à 
l'excavation avec traces de maçonnerie circulaire signalée par M. le 
lieutenant Péricaud a 20 mètres de la face Sud du monument, 
c'était probablement un puits. 

La porte de l'édifice, projetée en avant de l'entrée, a été 
retrouvée presque tout entière. Elle était cintrée, et les claveaux 
étaient ornés de figures es bas-relief analogues a celles qui cou- 
ronnaient les entrées des deux caaelia de l'Oued-el-Gordab fouillés, 
en 1903, par M. le lieutenant Moreau. Ce sont des sculptures indi- 
gènes d'un art absolument barbare, et intéressant par cela même. 
11 y avait cinq figures en tout : au milieu un personnage nu, avec 
un phallus énorme; il se tient debout sur la jambe droite, la 



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— 26a — 

jambe gauche relevée et ramenée en arrière, comme s'il était en 
marche. H dresse la main droite avec le geste habituel d'ovation , 
et présente de la main gauche une grande palme. A droite et à 
gauche se tenaient deux chevaux, puis deux Victoires portant des 
couronnes. Ces déesses du panthéon gréco-romain sont travesties 
à la mode indigène : au lieu de deux ailes, elles en ont quatre, dont 
deux éployées en arrière, et les deux autres rabattues sur les 
jambes, comme dans certaines représentations de divinités égyp- 
tiennes et assyriennes, et rappelant assez ici l'aspect d'un pantalon 
bouffant de zouave I La coiffure, en fer à cheval, est également carac- 
téristique. 

Au-dessus de Tare cintré était placé un grand linteau monolithe 
long de i m. oo, haut de o m. '17, épais de o m. 3o, qui a été 
retrouvé brisé en deux fragments se rajustant presque exactement. 
Il ne manque a chaque ligne qu'une ou deux lettres faciles a res- 
tituer. Les caractères sont très nets, a l'exception de ceux de la 
dernière ligne, en partie endommagés. Ils mesurent o m. o55 de 
hauteur a la première ligne, o m. 06 à la seconde, o m. o&3 à la 
troisième, o m. o& a la quatrième et o m. 3a à la dernière. Les 
dernières lettres sont pressées les unes contre les autres, afin de 
pouvoir finir la dédicace sans déborder du cadre. Celui-ci est un 
cartouche à queue d'aronde en relief, présentant à droite et à 
gauche de l'inscription, dans la queue d'aronde, deux palmes inci- 
sées au trait, et a la suite, sur les bords en saillie, les noms des 
propriétaires Maniiiorwn, Areliiorum , en lettres verticalement super- 
posées, au lieu d'Aire alignées horizontalement : 



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-T'ViMrji-ffav* / 


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— M7 — 

Ma lecture d'après un estampage et une photographie i 

Maniliorum. — lu hit pr(a)e£U, M(arçus) M(«m7ittt) ïngtnti[u]i, v(ir)d(evo- 
tus), et AreHi/i Nepotitla , k(pnetta) trt('iirona) , itror ejiu , el Jilv.t) , nepoiett, 
prtmepetet o«<a>* torvm vivant, mmcant el mcliora perjleiant; tuirû 
perfieta disposition! mmnJn», ptr m*tanha(m} AreSi(i) Pîfaffc"]*, »er(vî) 
wf(eria) nm, UMtrwmft0iM a «o/o ftçtnfo,. . .] a, Smso&Hk, j*#(m) 
rf(erficopenoK) «I «y(n«wrMU) maJtrW doswM mtmm. — Artltiorwn. 

L'aspect de celle inscription , la forme dei lettres, les particu- 
larité! de la rédaction me portent a ta dater d'une asses basse 
époque, an plue tôt du règne de Dioctétien. 

Le linteau qui présentait la dédicace était lui-même surmonté 
d'une corniche, grossièrement enjolives de traits en zigzags, qui 
achevait le couronnement de la façade d'entrée. 

Le teite découvert par M. le lieutenant Périeand est très inté- 
ressant. 11 nous révèle l'existence d'an grand domaine remam dans 
une région où l'on n'avait relevé jusqu'ici que des traces d'occu- 
pation militaire et non de ootoaisation agricole. Cette propriété 
était gérée par un intendant d'origine servile, et mise en valeur 
par on nombreui personne), dont les chefs portent des noms 
romains et non indigènes. Quant aux maîtres de ces praêdia, 
M. Manilius Ingenuus et sa femme Àrellia NepotiHa ,»*tts ne séjour- 
raient pas a poste rixe a lUenchir-el-Gueddim , ils devaient y faire 
au moins de fréquentes visitée} et c'est pour essorer leur sécurité 
et celle de leur nombreuse famille, que fut construite au centra d« 
domaine et an milieu des bâtiments d'exploitation, trop légère- 
ment bâtis pour qu'en ait pu en retrouver (a trace, cette turm m 
heureusement identifiée par les récentes fouilles. 

Celle-ci se rattache à un type de construction qui devait être 
fréquemment alité dans la région du Jinus ÎVtfwKiwiw, à en juger 
parle sombre de localités qui portent ce nom : sur la cote de Ttempt* 
a Lebda et aux autels des Pbilènes Tarn* ad Aigttm f Tedjoura); ad 
Turrem à proximité de Presidio; TwrU et Taberna a Teratin; puis, 
dans l'intérieur, Tunis Tamalletu (Telmin), près de Kebili; Time 
Mgeri Tsmt au Snd du Djebei-Tbaga. Mais de ces diverses burtt, 
l'on ne connaissait jusqu'ici que les noms, et l'on se perdait en 
conjectures sur leurs caractères propres et sur ce qui pouvait les 
difïerencîer des autres stations du Urne» (cattelk, burgi, etc.). 

L'opinion générale, reposant en grande partie surde prétendues 



Digtodsy Google 



constatations de Tissot qui ont été récemment reconnues erronées (1 ', 
était que la turr'u affectait une forme ronde de petit diamètre, et 
que c'était moins une enceinte fortifiée qu'un lieu d'observation ou 
un poste optique W. 

Les fouilles de t'Henchir-el-Gaeciret prouvent, au contraire, que 
la ton* différait beaucoup moins du bwgm et du caxteUum par sa 
forme que par sa destination. Celle des Mamlii Aretlii est carrée , et 
non ronde : elle ressemble beaucoup au premier des deux catteUa 
de l'Oued-Gordab. Elle rappelle également, bien qu'avec de notables 
différences, le bwgtu centenaria* de TUmbuei et celui de Tùavar. 
C'est, comme ceux-ci, un ouvrage de défense, un poste fortifié, 
mais de population civile et non pas mififatr», un édifice privé el non 
public. Il n'a pas été construit pour recevoir une garnison, mais 
pour abriter, en temps de troubles, le personnel d'une exploitation 
agricole. La turri* rentrerait donc plutôt dans la catégorie de ces 
demeures seigneuriales fortifiées, qui annoncent déjà les châteaux 
féodaux, et dont les villas de M.Cùwùu HUm-iantu, près de Tipasa, 
et surtout de Fermm, à Kaooa, dans la province d'Oran, nous 
offrent de si curieux exemptes bâtis probablement à la mémo 
époque que la uarù des ManiUi AreUu&l Mais cette dernière est 
beaucoup moins grande, Ce n'est pas, à proprement parler, une de 
ces habitations où les précautions prises pour assurer la sécurité 
des propriétaires n'excluent pas la recherche d'un certain luxe, 
mais plutôt nu refuge où tout est subordonné aux nécessités de la 
défense. 

C'est ce qui me parait ressortir avec toute évidence du soin avec 
lequel sont aménagées les écuries de la tutti*. Dans cette construc- 
tion de si faible étendue, un tiers de l'espace disponible est réservé 
aux chevaux. C'est que dans un pays aussi aride que te limai Trîpo- 
litanut , où les moindres points d'eau sont éloignés de 3o kilomètres 
et plus, où les postes de secours sont plus distants encore, le cheval 
est le principal élément de sécurité, l'agent indispensable de la vie 

<'! Cf. Gagnât, V Armât romains d'AJrique, p. 67Ù. 

<*> Cf. notamment, pour Telmtn identifié outtsemeat avec h tiwr de l'Houchir- 
Sourat, Le Bœuf et Donau, dans le Bulletin aixhtologiqw du Comité, io43, 
p. 991 et suif. 

(,) Cf. en dernier lieu Ph. Gsell, Les Monument* anliqttet de l'Algérie, U I, 
p. ion et su»., fig. 33 et 34 (caiteHum du Nador, et p. 10s et niiv., pi. XV et 
<ig. 35, eiuuilum de Kaoua). 



. Digfedsy G00gle 



de tous Isa jours, et par suite, plus que partout ailleurs, un objet de 
convoitises. C'est lui surtout que visent les razzias, c'est lui svant 
tout qu'il s'agit de protéger. Ce fait que nous avions déjà eu 
l'occasion de mettre en lumière en étudiant le plan du centenaritt* 
de Tibubuà ( Ksar-Ta reine ) , les fouilles de l'Henebir-el-Gueeiret le 
confirment à nouveau d'une façon éclatante. 

A quelle époque la turrit des Marâlii Arellii a-t-elle été défini- 
tivement abandonnée? Elle fut sans doute utilisée pendant tout le 
iV siècle. Le seul objet pouvant fixer une date qu'on y ait retrouva 
est un petit brome quinaire assez rare de l'empereur Constant. 
11 est malheureusement très fruste. J'ai cependant réussi à l'iden- 
tifier. Il présente au droit l'effigie de l'empereur à droite , avec la 
légende : D-N- CONSTANT PFAVG- Au revers, Constant 
en babit militaire, debout à gauche, tenant on globe et une baste 
renversée, avec la légende : SPES REIPVBUCÀE <". 

Cette monnaie remonte donc à la période qui s'étend entre 33^ 
et 35o. 11 est curieux d'avoir à remarquer que la seule monnaie 
découverte dans le déblaiement du auteÏÏwn de l'Henchir-Guedah- 
Ceder est précisément une pièce du même lype ,2) . 

Daillcurs, dans tous les poBtes du limes fouillés depuis cinq ans, 
1 l'exception de celui de Titmar, — plus ancien que (es autres et 
probablement évacue - plus tôt, — l'on ne trouve guère d'autres 
monnaies que celles de la période Constantin îenné. Au début du 
v* siècle de notre ère, le limes Tripotitanu* devait être a peu près 
complètement évacué; le domaine des Manilii Arellii, insuffisam- 
ment protégé par sa turrit, fut sans doate définitivement abandonné 
à la même époque. 

0) Coheo et Fenardont, Momain i m p ér i éitt, X. VII, p. &»o, n* 106, cott 
6 frinra. 

M Cf. Notât U document* MirJtNH stratégique et l'occupation miliuùrt im Sud 
Tunitien, dans le Bulltlm artnealogiçu* du Comité, igo3, p. 3ll. 



Digitizedr.y G00gle 



NOTE 

sus 

LA NECROPOLE DE MASCLÏANAE 
(HADJEB-EL-AÏOIW), 

PAR H. LE LIEUTENANT GOtKN. 
I. CoMPU ■INDU DIB FOUILLIS. 

La nécropole de McueUanae eat située au Sud des ruine» de l'an- 
cienne ville, sur le bord même du plateau où s'élèvent maintenant 
le bordj et le village d'Hadjeb-el-Aïoun. 

L'ensemble des tombes du cimetière d'Hadjeb, ou plutôt des 
cimetières, car il y en a plusieurs juxtaposés, occupe une étendue 
de plus de 5oo mètres de longueur, comptés sur une ligne demi- 
circulaire. La largeur en est plus difficile à apprécier, des tombes 
isolées sont fort éloignées; mais des sondages opérés en différents 
endroits noue permettent de supposer que la nécropole était plutôt 
étroite et se limitait a quelques dizaines de mètres en arrière du 
bord du plateau. 

A première vue, la nécropole de Matcfianat présente une phy- 
sionomie assez confuse. Cependant, en reportant sur un plan, ainsi 
que nous l'avons fait (fig. 1 ), les résultats donnés par les fouilleR, 
on voit se dessiner des divisions nettement marquées, qui per- 
mettent de faire une classification par espèces des sépultures. Cette 
classification peut s'établir aiuai : 

Au Nord et au centre, les tombes païennes à incinération; 

A l'Ouest, les mausolées; 

Au Sud, les sépultures païennes a inhumation; 

A l'Est, enfin, les tombes chrétiennes. 



Digfedsy GoOgle 



I. Tomêm*paitoni»àincit>érmm.~ Toutes sensi Marnent pareille», 
elles consistent es un simple trou dont la forme fat peut-être cir- 
culaire. On les trouve wui une minée couche de pierres, à 70 on 
80 centimètres dans le sol. Souvent la couche de pierres n'existe 
même pas, et les charbons d'incinération, avec quelques Ires rares 
MMtnents calcinés, témoignent seule de l'eiistenoe des tombée. 
Quelques-unes étaient manies d'un tuyaa a libations. 




Plan de» fouille» de II neeropnli de Méietiitat. 



Dans la plupart de ces tombes, le mobilier funéraire n'existe pas 
ou consiste en un gros fragment de poterie qui a dû jouer le rôle 
de plat. 

II. MatuoUn. — Quatre de cet monniuente ont laieaé des tracas 
dans la nécropole d'Hadjeb. C'étaient des constructions carrées, 
probablement fort simples, dans le genre de celles qu'on a trou- 
vées en grand nombre à Sidi-el-Hani. Les fouilles qui y ont été 



Digfedsy G00gle 



entreprises n'ont donné aucun résultat; et tout d'ailleurs porte à 
croire que ces mausolées ont été violés des l'antiquité , car l'intérieur 
est on véritable chaos de débris de toute sorte. 

IH. 'jfomèm païennt* à inhumation. — Ces tombes sont peu nom- 
breuses. Malgré cela, elles présentent an réel intérêt par les diffé- 
rences constatées entre las modes d'inhumation, comme par la 
variété des objets que nous y avons trouvés. 

Nous avons ouvert, dans cette partie de la nécropole, une qua- 
rantaine de tombes. Voici les types principaux ; 

A. Tout d'abord, une série de tombes parallèles, disposées join- 
livement sur plusieurs rangs et orientées do Nord au Sud : ce sont 
celles qui, sur notre planche I, occupent le centre dn village 
d'Hadjeb. Elles se présentent comme il suit : 

a. Tombes profondes de 3 mètres environ, avec on lit de très 
grosses pierres à fleur de terre. Au rond, près du corps, est la 
lampe, accompagnée généralement d'un vase et d'un plat. Parfois 
ce petit mobilier est déposé sous une dalle qui devait le préserver; 
un tuyau a libations complète la tombe. En passant, notons qu'un 
de ces tuyaux, fait d'une seule pièce, avait la forme d'une urne 
sans anse, très allongée , qui aurait eu a mètres de hauteur sur ia 
ou i5 centimètres de diamètre à sa partie la plus large. 

b. Tombes un peu moins profondes que les précédentes, i m. 10 
à i m. ao. Immédiatement au-dessus du corps est disposée une 
couche de larges tuiles qui, au nombre de trois, recouvrent le 
défunt en entier. Ces tuiles ont 1 peu près o m. 70 au carré et 
sont épaisses de 3 centimètres. 

Parfois la couche est double, surmontée même, dans une seule 
tombe-, d'une troisième série de dalles disposées en toit. Quand les 
tuiles sont sur deux couches, elles sont séparées par un lit de 
chaux. Dans d'autres cas, au contraire, seule la tête du mort est 
abritée par une tuile ; le reste du corps est placé dans un lit de sable 
remarquablement fin. Quelques sépultures, enfin, étaient entière- 
ment remplies de ee sable, qu'on retrouve fort bien, en plein aal 
calcaire, entre les parois de la tombe. C'est dans ces dernières 
sépultures que nous avons trouvé le mobilier nwécaire le plus élé- 



Digitizedr.y G00gle 



gant; c'étaient sans donte les sépultures d'une même famille; quatre 
d'entre eHes étaient placées Tune à coté de l'autre. 



B. Un pen a l'Est se trouvaient, très groupés, plusieurs c 
rectangulaires, en blocage, recouverts de plâtre blanc. Us surmon- 
taient généralement un des types de tombes décrits plus haut, et 
ae retrouvent a o m. 80 sons le sol. Les caissons de maçonnerie 
n'apparaissent qu'en cet endroit et ont toujours la forme indiquée 
ci-dessus. Nous en avons dégagé six ou huit en cette partie de la 
nécropole, et aucun dans les autres régions. Les sépultures de ce 
type ne contiennent pas, pour ainsi dire, de mobilier funéraire. 



f ^ \ 


jUeA(ei,ii 

Y'A'VjkHJ 


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P%. s. — Nécropole de Mvclianat. - Tombe »ec mania. 

Tombeau mec menm. — Au milieu de ces caissons a été décou- 
vert un fort joli tombeau d'enfant, merveilleusement conservé. Il ae 
compose de deux dalles, l'une hoxixontale formant menta, l'autre 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



— 574 — 

verticale, formant ssel*. Celle-ci, par s* partie inférieure, taillée 
en tenon , s'engageait dam une mortaise de la table boriaootale. La 
metua (o m. 70 X o m. 60) porte trois excavations hémisphériques 
figurant des vases funéraires, et un plateau rectangulaire avec 
queues d'aronde. Dans la pierre est sculptée une sorte de casserole 
h manche allongé (fig. 9). 

La stèle (hauteur, o m. 4o) est ornée d'un croissant, et on y lit 
l'inscription suivante : 

O M 

L*CAECILI 

VS rSILVA 

NVS*Q_* F 

VvA"Vl»HS 

IV. Tombe» chrétienne*. — L'originalité des lombes chrétiennes 
d'Hadjeb nous a fait regretter que les circonstances n'aient pas 
permis de pousser plus a fond les fouilles dans cette partie de la 
nécropole. 

Nous y rencontrons tout d'abord les tombes simples, sans appareil 
funéraire : un squelette dans le sol , et c'est tout. Pourtant une par- 
ticularité se présente : au milieu de ces sépultures, quelques-unes 
renferment des lampes chrétiennes. On peut s'étonner de ce fait, 
puisque les chrétiens avaient abandonne ta coutume païenne de 
déposer des objets à coté des corps; et cependant nous avons con- 
staté fréquemment ta présence de la lampe dans des tombeaux 
chrétiens. 

Caveau chrétien. — Près des tombes simples, on a découvert un 
groupe de sarcophages fort curieux par la manière dont il est 
disposé. 

A h mètres de profondeur a d'abord été trouvé un superbe 
cercueil monolithe, orienté du Nord au Sud; rectangulaire a l'ex- 
térieur et a coins arrondis à l'intérieur, il contenait les restes d'un 
homme d'une taille extraordinaire qui avait sensiblement plus de 
9 mètres. Près du mort, on a recueilli pins de quatre-vingts pièces 
de monnaie fort petites et les fragments d'une lampe chrétienne. 
Gomme ces pièces de monnaie étaient très petites, que, de plus, 
elles étaient décomposées entièrement et tontes par le vert-de-gria, 
on peut se demander si estaient bien là des pièces de monnaie et 



Digfedsy G00gle 



— Î76 — 

non de» plaquettes de cuivre provenant de quelque eollier on 
ornement. 

Tout contre l'extrémité Sud du sarcophage et an peu sur le coté, 
deux colonnes surmontées d'un linteau formaient comme 1* porte 
d'un caveau. En arrière de cette porte, vers le Sud, le* fouilleurs se 
heurtèrent d'abord à une masse d'énormes blocs éboulés et amon- 
celés, provenant sans doute du caveau dont la porte seule subsiste. 

En appuyant un peu a gauche, on dégagea tant de suite on 
second sarcophage, rectangulaire a l'intérieur et à l'extérieur : il 
était orienté du Nord au Sud. Immédiatement au-dessous apparut 
bientôt un troisième sarcophage en croix avec le second, et, en 
dessous, un quatrième tourné comme les deux premiers du Nord 
au Sud. Il y avait donc la trois cercueils, places successivement et 
perpendiculairement les uns par rapport aux autres. Dans ces tom- 
beaux , il n'existait aucun mobilier funéraire , à peine y a-t-on trouvé 
quelques grains de collier en verre et une bagne de brome. 

Sur le plus élevé des tombeaux superposés, qui seul était recou- 
vert de dalles, reposait un gros fragment sculpté. Ce fragment, qui 
était placé la face vers l'intérieur du tombeau, représente une tête 
d'un travail très grossier. 

Non loin et au Nord du groupe de sarcophages que nous venons 
de décrire, nous avons trouvé a même le sol des séries de deux ou 
trois squelettes, superposés en croix tout comme les cercueils; (a 
disposition spéciale de ceux-ci parait donc indiquer une coutume 
funéraire. 

La seule inscription que nous ayons pn tirer de la nécropole de 
Mm*clianae est celle du petit tombeau à mema dont noua avons parlé 
tout à l'heure. 

A part la stèle en question, nous n'avons trouvé qu'un fragment 
de plaque funéraire en marbre rouge. Ce fragment provient de la 
tombe d'un défont enterré a l'âge de îoa ans. A en juger par les 
caractères qui sont d'un beau style, cette épilaphe était antérieure 
è la précédente. 

Lee monnaies sont rares; on n'en trouve presque jamais dans les 
tombes, et celles que l'on y rencontre par hasard ne nous apprennent 
rien. Il arrive, en effet, qu'on découvre dans une même sépulture 



Digfedsy GoOgle 



— 376 — 

deux monnaies d'époques 1res différentes : pnr exempte, une pièce 
de Micipsa et l'autre de l'un des Gordien. Les Romains d'alors se 
débarrassaient de leurs vieux sous pour les offrir en obole à Charon. 

Nous avons trouvé, empilées sur une lampe, huit monnaies dont 
les Ages s'échelonnaient depuis l'époque punique jusqu'au iv* siècle 
de notre ère. Une autre fois nous avons recueilli, enveloppée d'une 
étoffe rude et carbonisée, une pièce de Massinissa presque entière- 
ment fruste. Cette pièce était donc bien inutilisable déjà quand elle 
avait été placée dans la tombe romaine. 

Pourtant, au milieu de cette confusion , trois monnaies trouvées 
ensemble dans un tombeau ont attiré notre attention. Encore bien 
conservées aujourd'hui, elles ont été mises dans la tombe peu de 
temps après avoir été frappées. Elles peuvent indiquer, par suite , 
une époque, et permettent d'assigner à une partie de ta nécropole 
un âge approximatif. Deux des pièces sont conservées seulement dn 
coté de la face; les revers, en contact avec le sol, ont été détruits 
par te vert-de-gris. Ces monnaies portent les noms de Sévère 
Alexandre; la troisième, ceux de Gordien. 

Ont été trouvés en outre, mais en dehors des tombes : trois 
pièces puniques, plusieurs Constantin, deux Justinien. 

Les spécimens de poterie découverts dans la nécropole de Mai- 
eliame sont très variés: on y trouve un grand nombre de types, 
depuis la poterie la plus grossière jusqu'aux vases les plus élégants, 
ornés d'applications en relief. Nous citerons les types suivants : 

Vase-amphore de terre rouge demi-fine : hauteur, 1 8 centimètres. 
Les deux anses sont côtelées. Deux spécimens ont été trouvés. 

Vase-amphore à large col, en terre vulgaire : hauteur, 17 centi- 
mètres. Les anses parlent exactement du bord du goulot et sont 
côtelées (i spécimen). 

Petit vase en terre noirâtre: hauteur, 1 5 centimètres (1 spécimen). 

Pot en terre vulgaire, à une anse. La forme rappelle celle des 
pots à bière employés de nos jours : hauteur, 18 centimètres. 

Petit vase à col élancé , avec une anse ornementée rejoignant la 
panse du récipient Es terre fine et polie, ce vase était orné dé 
deux dessins en application représentant un vieillard aveugle et un 
homme luttant avec un tigre (ï). Entre chaque sujet montent des 
branches de palmier. 

Un vase de la même terre que te précédent, mais moins ver- 



Digitizedr.y G00gle 



— 277 — 

nîssé. Ce vase avait la forma d'une poire très allongée; l'ouverture 
était très étroite. Sur la panse se voient des branches de palmier, 
ornementation commune à tous les récipients de ce genre trouvés k 
Hadjeb; entre les branches des figures diverses : lions, combats de 
gladiateurs, chars, etc. C'est un petit carafon de terre rouge, fine 
mais mate. L'anse est légèrement ornementée, la panse unie. 
Hauteur, 1 1 centimètres et demi. Ce type était tout particulièrement 
original. 

Tasse a anse côtelée : ventrue, peu élégante, en terre rouge 
vernie, mais pas très fine; hauteur, ta centimètres ( i spécimen). 

Petit plat creux auquel on a ajouta des rebords verticaux qui en 
augmentent la capacité. Ce plat est d'une terre rouge fine et vernie, 
mais un peu lourd et massif. Cet ustensile lire son principal intérêt 
d'une estampille qui est reproduite quatre fois aux extrémités de 
deux diamètres perpendiculaires, sur le rebord horizontal. Elle 
représente une divinité, évidemment Mercure, tenant d'une main 
le caducée et de l'autre une bourse. A coté du dieu se tient un 
animal; à gauche, une branche d'olivier termine le dessin. Cette 
empreinte n'est pas tout à fait aussi large qu'une pièce d'un 
franc. 

Marmites, avec couvercle, qui se retrouvent partout en Tunisie. 
Nous en avons découvert plusieurs spécimens de dimensions va- 
riables. Quelques marmites de cette forme, en terre ordinaire, ont 
été trouvées aussi : elles sont alors plus grandes que celles en terre 
rouge (diamètre, o m. 3a). 

A signaler également de grands récipients de forme rectangu- 
laire oblongue, arrondis aux angles et s'évasant vers le haut comme 
une sorte de cuvette. 

Petit bol hémisphérique à bords plats; terre rouge fine et mate. 

Assiette de terre rouge mate, qui a la forme des assiettes mo- 
dernes. 

Avant de terminer ce qui a trait à la poterie, indiquons qu'il a 
été découvert encore : 

i" Sous un caisson de blocage, un masque de plâtre représen- 
tant une figure humaine grandeur naturelle (brisé); 

a* Dans les environs des tombes chrétiennes, trois briques 
plates ornées, deux de figures géométriques en rosaces; la troi- 
sième d'un chien très rustique et d'un dessin naîf (deux de ces 
briques sont en assez bon état). 



Digfedsy GoOgle 



— 378 — 

La verroterie est très rare a JaW&nto«, et noua n'en avons ren- 
contré que trois échantillons i 

Petit bol de verre bien , sens intérêt. 

Fiole de verre blanc, avec an col élancé et six pans repousses. 

Jolie amphore de verre bleu, avec deux anses coudées a angle 
droit. Hauteur, o m. 40. 

Gomme bijoux, nous avons découvert seulement quelques grains 
de collier de verre irisé et quelques bagues; pas de miroirs ni de 
chaînes de brome. Notons, toutefois, deux appliques circulaires 
de plomb, qui ont pu servir à orner quelque partie d'un vête- 
ment. 

Un certain nombre de lampes ont été exhumées de la nécropole. 
Pour la plupart, ce sont des lampes unies à queue forée et non 
signées. 

Méritent pourtant d'être mentionnées : 

i u Deux lampes non signées, sûrement du même auteur. La 
première présente 11 ne Céres avec la corne d'abondance et la charrue ; 
tout autour, des grappes de raisin alternent avec des feuilles de 
vigne. 

L'antre lampe est ornée d'une tête de dieu, peut-être Jupiter (T); 

s" Une lampe non signée, avec une déesse qui doit être l'amena 
«uieiafî); 

3* Une lampe signée M. ADIEC, petite, avec un masque au 
centre ; 

h* Une lampe signée M. NOVIVST, et représentant un scorpion ; 

i>° Plusieurs lampes non signées, identiques, représentant un 
guerrier qui tire de Tare ; 

6° Une lampe non signée, représentant un combat de coqs; 

7" Quatre lampes rappelant la forme chrétienne, en terre rouge. 
Elles représentent : ta première, un coq; la seconde, une gazelle; 
la troisième, use urne à deux anses; la quatrième, un guerrier 
casqué; 

8" Trois lampes chrétiennes en mauvais état "'. 



• [11. GauckW * fait savoir, hb aoveyant la priant rapport , que H. la Itaa- 
tenant Godin irait offert au Musée du Bvdo le* objet* le» plus trpiaue» recueillit 
" **ub décrit». ] 



Digfedsy G00gle 



— 279 — 
Pour terminer, je veux dire un mot des cimetières des environs 
d'Hadjeb. On en trouve partout Ceci tendrait à faire croire que 
Ma$ctianae était le centre d'un groupe agricole et que de "nombreuses 
installations s'étaient formées aux environB. Tous ces cimetières sont 
d'une pauvreté lamentable; dans dix nécropoles , peut-être, ou nous 
afona fait dis rtoherchea, il nous a été impossible dé trouver filtra 
chose que des fragments de poterie. 

Étant donnée la richesse du sol , arrosé par des sources multiples , 
nous sommes amenés à supposer que ces cimetières, si pauvres en 
mobilier funéraire, malgré la présence de mausolées et de caissons 
de blocage, sont des nécropoles chrétiennes, et qu'à l'époque où 
florissait MateUanae, la plupart des habitante appartenaient & cette 
religion. Cette supposition, d'ailleurs, est confirmée par la présence 
de basiliques dont les vestiges subsistent dans les environs, alors 
que les ruines de temples font presque totalement défaut. 

GoMH, 

lieu terrant de tirailleurs. 



Digfedsy G00gle 



RAPPORT ÉPIGRAPHIQUE 

SDR 

LES FOUILLES DE DOUGGA 

EN 1904, 

PAU H. GAUCKLRR, 
Membre non résidant du Gotniliï. 



) A *T- PROPOS. 



Le présent rapport a pour but de compléter le compte rendu 
sommaire que j'ai présente a la Commission de l'Afrique du Nord 
dans sa séance du 31 mars 1 9 o 5 ' ' >, et où j'ai expose 1 dans leur 
ensemble les principaux résultats des fouilles du Service des Anti- 
quités de Tunisie a Dougga pendant l'année 190/1. 

On trouvera ici la description détaillée de toutes tes sculptures 
et des inscriptions découvertes au cours de nos recherches. D'autre 
part, le plan annexé au rapport, et qui a été dressé par M. Sadoux 
au mois de juin 1906, permettra, par la comparaison avec les 
levés précédemment publiés par MM. Homo 11 ', Merlin W et Poins- 
sot (*', de se rendre un compte exact de l'importance des progrès 
accomplis depuis dix-huit mois dans l'exploration du Forum de 
l'antique Tfmgga et des monuments publics qui l'encadrent 

La récolte en bit de sculptures a été, comme toujours, asset 



111 Gmiekler, ion Extrait dsiproclii -verbaux du Comitfiot Travaux itiitonquoi , 
mars igo5, p. nu «t «tir. 

CI Homo, Le F 'arum de Tkugga, dans Éook jrtmçmie do Rome, Mftmgti, igol, 
pi. I, fouille» de tgoo. 

"I Merlin, Fouiltot à Dttigga tu igol, dans Bull. arch. du Comité, 190*, 
pi. XXIX, p. 375, ot pi. XXX, p. 383; et pour les fouilles de 1 901-1 yo3 : Archivoi 
de Hiaioni, t. XI (1903), plana la page 116. 

"I Poinssot, Archiva dit Million*, t XII (îgoi), plan de la page 46o, pour 
les fouilles de 1 go3 . 



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— 281 — 

maigre; en dehors de Carlhage et de Cherche), l'on trouve bien 
rarement dans les ruines africaines une oeuvre d'art de quelque 
mérite. 

A Dougga, les statues qui ornaient le Forum semblent avoir 
été systématiquement réduites en miettes, et leurs débris ont été 
dispersés de telle sorte qu'il est généralement impossible de rajuster 
les morceaux de bras, de jambes, de torses, les mains, les pieds, 
que les fouilles nous permettent de recueillir. 

Devant le temple de Mercure, et à proximité de la dédicace du 
temple a la Fortune Auguste, à la Concorde, à Vénus et à Mercure, 
gisait un débris de bas-relief brisé en bas, haut , dans l'état actuel , de 
o m. 37 et large de m. 4a. Il représente un busle de femme a la 
tête tourelée, tenant de son bras gauche une corne d'abondance de 
forme originelle: Fortune ou Concorde? La sculpture peut être attri- 
buée à Tune ou à l'autre de ces deux déesses. 

A l'extrémité méridionale de la spina de l'hippodrome, M. Sadoux 
a recueilli à fleur de terre, sur le chemin même de Teboursouk, uu 
fragment de statue, fort usé par le passage des charrettes. C'est un 
buste acéphale de Victoire ailée, qui ornait, selon toute apparence, 
l'extrémité de la spina. 

Les morceau d'architecture, corniches, frises, chapiteaux, co- 
lonnes et bases sont beaucoup plus nombreux et mieux conservés. 
A mesure que le déblaiement du Forum avance , et que de nouveaux 
monuments reparaissent au jour, il devient plus facile de trier tous 
ces éléments et de les restituer aux divers édifices auxquels ils appar- 
tenaient à l'origine. Le plus curieux est une console de pierre cal- 
caire, trouvée dans les décombres au nord du Capitule : elle présente 
sur l'un des tailloirs un phallus, sur le tailloir opposé un cœur. Les 
dimensions de la base sont respectivement :o m. 45 et om. 5o;du 
sommet : i m. 88 et 1 m. 60; hauteur : o m. 3a. Je signalerai 
encore quelques débris de placages en marbre gravés de jolis rin- 
ceaux d'un bon style, puis un fragment de mmta funéraire avec un 
plat allongé à deux poignées en queue d'aronde, et deux assiettes 
rondes posées devant le plat. 

Les trouvailles épigraphiques sont beaucoup plus intéressantes 
L'une d'elles, celle de la dédicace bilingue iibyque et punique d'un 
temple élevé en l'honneur de Masinissa , a une importance capitale 
que M. Philippe Berger s'est plu à faire ressortir en présentant le 
texte à l'Académie des Inscriptions quelques jours après sa décou- 
AtcrfoLosit. — N'2. 19 



Digfedsy GoOgle 



— 882 — 

* (1 >, le 8 juillet 1 90a. La pierre sur laquelle est gravé ce texte 
1. 68 de longueur sur o m. 33 de hauteur et o m. no 
d'épaisseur; c'est un calcaire jaunâtre fort commun, et dont l'aspect 
n'a rien de décoratif Elle a été trouvée dans les décombres qui 
recourraient la place dallée devant le temple de Mercure, à proxi- 
mité des dégreva en hémicycle qui la ferment, et presque à l'en- 
droit où M. Merlin a découvert, en 1909 , un texte libyque encore 
inédit' 3 ). Il nous a été impossible jasqn'ici de déterminer d'une 
façon précise la provenance, ni d'expliquer la présence, au-dessus 
d'un dallage et au milieu de monuments édifiés a la fin dn second 
siècle de notre ère, de ose deux textes plus anciens de trois cents 
ans au moins. 

TimrLB. Dt Mercure. 

i* Dédicace du temple de Mercure, gravée sur la frise d'enta- 
blement du portique qui précédait le sanctuaire et bordait au Nord 
la place dallée s'étendant à l'Est du Capitale. Le portique s» compo- 
sait de dix colonnes corinthiennes, soutenant neuf linteaux mono- 
lithes, exactement juxtaposés, qui mesuraient ebacun de s m. <>!i 
à :i m. oii de longueur, les deux extrêmes étant plus longs d'une 
trentaine de centimètres parce qu'ils recouvraient entièrement le 
premier et le dernier chapiteau de la colonnade. Le soffite, l'archi- 
trave et la frise étaient taiHés dans nn même bloc. La corniche était 
sculptée à part. Dès maintenant nous possédons nombre de frag- 
ments de la corniche, et la majeure partie de ta frise. Voici la iisle 
des linteaux, intacts ou brisés, retrouvés jusqu'ici ; 

Le commencement du linteau t avec le début de l'inscription, 
retrouvé en 190a devant la eeUa Onest; — ■ les linteaux 3, A, 6, 6, 
intacts on peu s'en faut, encastrés à la suite l'un de l'autre dans le 
mur byzantin voisin, et publiés par M. Merlin*"; deux fragments a 
et s du linteau 7 1 le premier a trouvé par nous tout près du Ca- 
pitule, lors du déblaiement de l'escalier; le second b, connu depuis 
longtemps, mais mal lu, signalé dès 1860 par ftuérinW, revu par 
Prient de Sainte-Marie qui en donne une lecture asses fautive pour 



<u Cwafca m/m * f4m4tm du fasryahnt, t»i, 

w Merlia, Archiw dei Mwùmt, t XII, 4, igo4, p. 11 
<*> Merlin . loc. cit., p. 44 et luiv., a' it. t, b,t, ê. 
M Corp. Aucr, lot., U VIII, n* iCoî. 



Digfedsy G00gle 



— 283 — 

tromper le» éditeurs du Corpw qui la publient a nouveau , comme 
s'il s'agissait d'un fragment différent de celui de GuérinO, et re- 
trouvé par M. Poinssot dans un mur d'une maison arabe située à 
l'Ouest du Gapitole; — le linteau S, que j'ai reconstitué en totalité 
au moyen des fragments a, /3, y, trouvés dans nos dernières fouilles 
presque en place, et S, s, trouvés, il y a deux ans, par M. Merlin et 
publiés par lui dans son Rapport"''; — enfin le commencement du 
linteau 9. Les lacunes que présente la dédicace sont faciles a com- 
bler, et la découverte des parties manquantes que je me suis efforcé 
de restituer ici d'une manière hypothétique, sans garantir d'ailleurs 
l'exactitude de mes conjectures, pourra modifier celles-ci, mais non 
changer le sens général du texte. 

L'inscription est gravée avec soin en lettres hautes de m. 1 1 à 
la première ligne , de o m. 1 o à la seconde. La haste des T dépasse 
généralement, mais non toujours, le niveau des autres lettres. La 
frise, qui porte la dédicace, est haute de o m. 35. L'architrave, com- 
portant sept moulures hautes de m. oh, o m. 09, o m. 10, 
o m. o3 et ta. o3, mesure, au total, m. 29. L'épaisseur des 
linteaux est de o m. 35 au sommet et de o m. hi à la base, où la 
saillie des moulures de l'architrave s'ajoute à l'épaisseur de la frise. 
Sous chaque linteau se présente un soffite très simple. 



Q_- PACVVIm salurnt fi. perp. angm 
OMNI 6m 



nakania victoria, UXOT ej*t, Jl. perp. Opu 



S TEMPLI MERCVRl QVOT MPA 

A.E EXTRVXERVNT ET EXCOLVERVNÎ ■ IÏEM CIVITA 



« Corp. iutr. ht., iTiâSs; Untt. «rdt. th Comité, 1887, p. 5s, H* II. 
W MwKa.te. tit., p. 46 el wiv., «" t». 



Digfedsy G00gle 



CVVIVS FELI X V ICT0RIANVSF1LIVSE0R 
TlTHVGGHS XXV MIL CL.PACWIVS SATVRVS F 



VM CODICILLllS SVIS EX HS L MIL FIER1 
L-PERP-DATVRVM SIE P0LL1CITVS EST EX CVIVS SV 



IVSSIT AMPLIVS IPSI OB HONOREM FL 
MMAE REDITV QVOTANNIS DECVRIONIB\ 



lononiptrp. u»S LXX Ml (/ POLLI CITIS «m 

i ittrl VLAE DAREN TVR ET OBDIEM iiiicali. 



IS TeJmPl/vM M|kcVRl ET 

' " LWDOS SCAENlCpS ET SPORT^È. 



LLAS I* 
DECVRJ 



VAS CVM STATVIS ET PORTieii.i cl or,am,nti, 
0NIBVSVTRIVSQVEORD1NISETVN1VER m populo liait 



Qi^tinius) Pocuti[us Sohtrut, ffiimtn) pny(ttwts), migur eolottiae Knli'if) 
K{arlnaginù), et Hnkama Victoria vxor ejui, Jujminiea) perpétua), opu\* 



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— 285 — 

tempH Mereuri, quot M(areut) Paeuvim Victoria»*», fibut eonan, codi- 
àlS* «ti exktL mit(Shu) fierijuuit, ampUm ipii , ob kmorem f\lamam(i) 
perp(etuî) r eje]he LXX T»i[i(libus)] pollichis [sum]mU, templam Mercuri et 

cellat duat cum statuts et port[icîbu* et ornamentis] omni[bui ]ae 

fxtruxerunt et eœcotuerunt ,- item civitati Thuggae ks XXV mii[lia) Q. Pn- 
Cttvius Satums jt[ameii) per(peUuu) daturum sepoliieitus est, ex cujut nim- 
mae reditu quotawiis decurioni bu\s tportulae darenhtr et ob diem dedicalion\is 
ludo» senenieot et sportu[la]i deevrionibtu utriutque ordinis et uniWj-vo 
populo dédit. 

Remarque*. — Linteaux 1 et 9. Première ligne : Je restitue les 
nomades deux dédicants, Q. Pacuvius Saturus; (lamine perpétuel, 
augure de la colonie de Carthage, et sa femme Nahanîa Victoria, 
flaminique perpétuelle, d'après une dédicace que noua avons retirée 
en 1900 du mur byzantin eu face du Capitale et que j'ai publiée 
précédemment (I) . Celte identification avait déjà été proposée par 
conjecture, — a la suite d'une observation de M. L. Poinssot, - — 
par M. A. Merlin dans un appendice à son Rapport sur letJouiUet de 
jooï' 1 '. Elle me parait aujourd'hui certaine. De plus, il me semble 
infiniment probable que la dédicace, découverte en 1900 à quelques 
mètres à peine de celle du portique, faisait partie intégrante du 
temple de Mercure. Je placerais volontiers cette dernière au-dessus 
de la porte de l'un des deux sanctuaires latéraux qui flanquent la 
cellu principale < a ). 

La dédicace du temple de Mercure mentionne la cwitas Tkvg- 
geiuit et les decurùmet utrhuque ordinis. Elle appartient doue à l'époque 
où la cité africaine formait encore une emitat et un pague ayant 
chacun son assemblée municipale particulière. Certainement anté- 
rieure à la transformation de Thstgga en munieipe sous le règne de 
Septime Sévère, elle remonte au plus tard aux dernières années 
du second sièclnH 



M Bull. arch. du Comité, 1901, p. cutii, 0° 1. 

'*> Ibùt., p. n5 et buïï. 

'"' Pendant que cet nrlicle était Mus presse, M. Louis Poinssot, que j'avaii 
chargé, au printemps dernier, de la direction du ehnnlier de fouilles de Dougga, a 
retrouvé devant le portique du temple de Mercure une seconde dédicace iden- 
tique i la première, et qui semble bien avoir couronné la porte de l'autre celle 
latérale du sanctuaire. Cette nouvelle trouvaille vient ainsi fortifier ma première 
hypothèse. 

■*' En 190, date de la dédicace du temple de Saturne, Thugga était encore 



Digfedsy G00gle 



— 286 — 

Le sanctuaire n'a, par conséquent, pas été construit sons Caraealla, 
comme Tarait fait supposer a M. Merlin la découverte d'un fragment 
de dédicace a Mercure pour le salut de l'empereur [M. AureUat 
Ânto]ninw. Nous verrons toul à l'heure qu'il date du règne de Marc 
Aurèle , et qu'il est contemporain du Capitale , des principaux monu- 
ments du Forum, et du Dar-el-Acbeb dont M. Merlin a fixé la date 
entre 16A et i66<». 

La partie la plus importante du texte est la dernière découverte, 
celle qui est gravée à la première ligne des linteaux 8 et 9. Elle 
nous apprend que le temple de Mercure se composait d'un sanc- 
tuaire central accoste' de deux ceUae, et précédé d'an portique. Or, 
a l'endroit même où gisaient ces monolithes, nous avons découvert 
et déblayé en totalité un édifice disposé exactement de la môme 
manière P); d'autres trouvailles épigrapbiquen faites dans l'intérieur 
de cette construction , et que ' nous allons énumérer, ne permettent 
plus de douter que nous ne nous trouvions en présence des restes du 
temple de Mercure, bâti sous Marc Aurèle par Q. Pacuvius Saturus 
et sa femme Nahania Victoria, tant comme exécuteurs testamen- 
taire! de leur fils M. Pacuvius Félix Victorîanus, qu'en leur nom 
propre, en l'honneur de leur flaminat perpétuel. 

a" Morceau de frise architraves, encastré dans le coin du mur 
byzantin à l'Est du Capitole. Longueur, 1 m. 68; hauteur totale, 
m. 65; hauteur de l'architrave, m. 3o. La pierre est fort endom- 
magée à gauche sur toute sa surface; les moulures de l'architrave 
et l'inscription de la frise ont entièrement disparu, A droite, il sub- 
siste quelques lettres, très bien gravées, et atteignant o m. ia5 de 
hauteur k la première ligne et o m. 1 o5 à la seconde : 



k.VRELI 
Mfil-KARTri 



3° Peut-être est-ce du linteau précédant celui-ci, et portant 

p»yt" M emtat 1 le mwiieipe fut constitué, selon tonte apparente, très peu da 
tamp» plut tard. 

m Merlin, tee. M., p. ai, a* 1. 

'*' Cf. Gauckler, Procii-eerbaux dit tianeti du Comité, mira 1905, p. I et 



Di,iz,d, Google 



- Ï87 — 

le début de la dédicace, que provient l'éclat suivant, qui contient 
quelques lettres de même hauteur, et espacées de la même façon que 
les précédentes : 

Il faudrait alors lire te teste ainsi : 

\Pt]» m\ImIo Imp. Guet. M.]AvrtU {AatomtU, . . 
[Q. Pa]cu[viut Satunu fi. perp.twgvr e.]! . KarAlagwii). 

Ce Q. Pacuvius Saturus, flamme perpétuel et augure de la colonie 
de Carthage, est connu par le fragment de dédicace auquel j'ai déjà 
fait allusion plus haut, et que nous avions découvert en 1901 de- 
vant le Capitule, encastré dans une portion du mur byzantin du 
Sud que nous avions été forcés de démolir' 1 ). M. Merlin a très 
justement identifié le personnage nommé dans ce texte avec le 
Q. Pacuvius Saturus, flamine perpétuel, qui, avec sa femme Nahanîa 
Victoria, et comme exécuteurs testamentaires de leur fils M. Pacu- 
vius Felii VictoiïanuB, firent édifier le temple de Mercure. C'est 
certainement au même édifice que se rapporte la dédicace que 
je publie aujourd'hui, et qui a été retrouvée à quelques mètres à 
peine de la place qu'il devait occuper dans le sanctuaire, sans 
doute au-dessus de la porte principale. 

h" Sur la face intérieure du montant de droite de la porte qui 
donne accès a la ceUa centrale du temple de Mercure était gravée, 
a hauteur d'homme, une inscription actuellement très effacée. II 
n'en subsiste que les premières lignes qui se lisent sur un fragment 
gisant sur le seuil et se rajustant presque exactement avec la partie 
du montant qui est restée en place. Hauteur des lettres, dm. o3 à 
ta première ligne, o m, oai aux suivantes : 

SENATVS CONSVLT LOC DAT^u* 

EST-X KALENDASFEBRVAVin* 
S DVg-M- VINIC1VS H ES T" 

Senattn consutto fot(tw) éafytt] ut X kalmdas F«bna[riru\ • rft«»îri .' 
Mlaretu) Virimui Ht». . , 

« BWJ. arth. du Comité, 1901, p. 011*11,»' t. 



Digfedsy G00gle 



— 288 — 

A gauche de l'inscription, à hauteur de la 3* ligne, apparaît un 
signe qui peut être un S. 

Cette lecture, faite sur estampage, a besoin d'être revue aur la 
pierre. 

5" L'autre montant de la même porte, celui de gauche, se dresse 
encore en place jusqu'à î m. &o de hauteur. Il conserve à la partie 
supérieure les deux dernières lignes d'une inscription analogue, 
mais encore plus mutilée. Je n'ai pu déchiffrer que les lettres sui- 
vantes, gravées en caractères minuscules, hauts de o m. oa a à l'avanl- 
deruière ligne et de o m. o 1 5 seulement a la dernière ligne ; celle-ci 
est complète et large de o m. 175. 

I pEC | 

I XÂËÛ^*S*BtÔVERVNT | 

Remarque. — Il n'est pas impossible que les deux fragments épi- 
graphiques, que je suppose appartenir à deux inscriptions symé- 
triques se faisant face sur les montants opposés de la porte prin- 
cipale du sanctuaire, ne proviennent tous deux du montant de 
gauche, et ne constituent en réalité qu'un seul et même texte dont 
ils représenteraient le début et la fin , l'espace intermédiaire ayant 
été détruit par les cassures. 

6" Petit autel ou piédestal de pierre calcaire, qui fut ensuite 
remployé et repiqué sur ses quatre faces ponr recevoir un enduit 
Largeur de la table, o m. 88; du dé, o m. -jô; épaisseur de la 
table, o m. 85; du dé, m. 70; hauteur totale, m. 43; du 
dé, m. 38. Les lettres, très bien dessinées, sont encore asseï 
visibles malgré le martelage. Elles sont hautes de o m. o55. 

MER.CVRIO SILVIO 
SACR.VM 

Mcrcurio Sikio sacrum. 

Cet autel a été trouvé dans la eelia latérale du sanctuaire de Mer- 
cure la plus voisine du Capïtole, celle de l'Ouest. 

L'épithète Silviw appliquée à Mercure est, je crois, inédile. Elle 
rappelle le caractère primitif de ce dieu , d'abord agreste et pastoral. 



Digtodsy Google 



Une inscription africaine de TbigeB' 1 ' est dédiée è Silvanus 
Merearius. 



7* A l'angle du bastion Nord du mur byzantin, dans les déblais, 
deux fragments ee raccordant d'un petit piédestal en pierre cal- 
caire, brisé en bas et à droite. Largeur, o m. 3a ; épaisseur totale 
de la table, o m. 63; hauteur, o m. 3i; hauteur de moulures des 
la table, o m. 1 1. Sur la table, une empreinte circulaire marque la 
place de la statue de Mercure qu'elle supportait. 

Lettres hautes de o m. oG5 à la première ligne et de o m. oh 
aux deux suivantes. 



MElRCVRIO- AVGSACB.-' 
tOCO A CIVITATE DATO CELL/v-, 
EXO|rNAV /7T~7Î\ MER.CVRl.SIG) k «m 



Merewio Avg(iuto) iiht[wbi]. Loco a dvit/ite dato, celtn[$ ou i»?. . .] 
txvrunv\it et] Mercnri tig[mtm. . . posuit. . .]. 

8° Entablement d'un petit édicule, en trois fragments se r Accor- 
dant. Le premier de ces morceaux a été trouvé par M. Merlin en 
tooa' 4 !; les deux autres en tooi, tous trois ou même endroit, à 
l'Est du Capitole, sur l'emplacement du temple de Mercure. L'enta- 
blement se compose d'une corniche, faisant retour sur les faces 
latérales de la pierre , et surmontant un bandeau plat sur lequel est 
gravée ta dédicace. La face inférieure présente, au centre, un soOite 



avec guirlandes de lauri 
qui recevaient les chapi 
ment. La partie posté) 



rier, et, à droite et à gauche, deux mortaises 
liteaux des colonnettes soutenant l'eutable- 
rieure de celui-ci est à peine dégrossie; elle 
s'encastrait dans nn mur. Hauteur, o m. 19; largeur du premier 
fragment, o m. 3 9; du second, om. 17, et du troisième, om. 38; 
au total : m. aï. Hauteur des lettres, o m. o4 à o m. o45, très 
nettes et d'une jolie facture. L'entablement est trop petit pour avoir 
pu surmonter l'une des trois niches de fond du triple sanctuaire. 11 



1 Cari,. iMCr. lat., i 

' Merlin, foc. cit., ■ 



Digfedsy G00gle 



— 290 — 

dorait couronner un petit édicule appliqué contre une paroi laté- 
rale d'une des cellae ou qui fermait peut-être l'une des extrémités 
du portique de façade, lequel était bouché aux deux bouts. 

P • SABIDIVS- EXORAT VS ■ CVM • SV1S - VOTVM • SOLVIT «> 

P. Snbidius Essarahu eut» mû votam aohit. 

9" Fragment d'une dédicace analogue, trouvée au même endroit 
et qui appartient peut-être à un second édicule, analogue au premier, 
lequel aurait occupé une position symétrique à l'autre extrémité du 
portique de façade. Hauteur des lettres, o m. oia. 

Peut-être Q. Pacuvius Saturas, le fondateur du temple de 
Mercure. 



10° Grand linteau monolithe, de pierre calcaire, qui devait cou- 
ronner la partie principale d'un temple important. La pierre mesu- 
rait plus de 3 mètres de longueur. Elle a été brisée en quatre mor- 
ceaux, dont trois seulement ont été" retrouvés : le i", a, par M. Merlin 
qui Ta publié dans son Rapport ntr Ut fouille* de Dougga en 1 joa I 1 '; 
le a', 6, peu important, manque, et ne pourra sans doute pas être 
retrouvé, ayant dû être réduit en miettes; le 3*, c, mesure î m. 06 
de longueur; le h', d, qui se raccorde presque exactement arec le 
précédent, o m. ûo. Hauteur du linteau, o m. 55; épaisseur, 
o m. do. Lettres hautes et grêles, serrées les unes contre les 
autres, tandis que les mots sont largement espacés, comme le cas 
se présente souvent en Afrique pour les inscriptions de l'époque 
d'Hadrien. 



• corn 

VtTATISNOh) 



FOR.TVNAB ' AVG • VINERI 

PR.O-SAI.VTE-1MP-CAESAK1S-TB.AI. 
Qj,MAEDIVS-SEVER.VS-PATRONVS-PAGIET-CIVtTATIS-t 

AMPLIATA ■ PECVNIA • FVNDAMEN' 



1" Lee. cit., p. >i a et si 



Digfedsy G00gle 



Î91 — 

h 



f\VG • PONT • MAX • TRIB ■ POTEST ■ COS ■ III • PP ■ 
UeDIAELENTVLAE-FILIAE-SVAE-FLAM-PERPTEMPLVM QVOnEXHSLXXi 
l'ORE EXORNAV1T ■ IDEM Q_V E • DEDICAV1T ■ CVR 



m.7. /nCTVRVM • SE- PROMISERAT 
.LloreMAGNlOPRlMOSEIANO 

Forhmae Âugyustne), Veneri, Coneoriiae, Mercurio A«g{usto) stiervm. - Pro 
sahttf. Intp(erntoru) Caesaris Trajani Had[riani] Avg(\tttî) ponlfjjîn'i) max(i- 
tm), fri6(wii«n) potest(ate) [III] co(n)*uli* III , pfatrù) p(atnae) , Q. Mardi** 
Severux, patronna pagi et rivùatw, nomme suo et Maeàiae Lentuliie jiHae 
tutu, fiam(infeae) perpfeluae) , tmplum quod ex sestertUt LXX ou peut- 
être LXXV [mil(libut) fa]chtrum m promiterat, ampliata pecunia njvn- 
damen[tis ex&truxii omit spieiid\i/re exornavil, idcmque dedicewit, cur[u- 
Iotb. . \ Magn'to Primo Sejuao. 

Hauteur des lettres, o m. og5 à la première ligne, o m. 075 à 
la seconde, m. o55 a la troisième, m. 06 à la dernière. 

Cette dédicace où Ton doit remarquer l'omission du nombre des 
puissances tribuniciennes de l'empereur, se place en 1 19 ou dans 
les années suivantes. 

Q. Maedius Severus n'élait connu jusqu'ici que par son épi- 
Uphe" 1 . 

W Bull. arch. du Comité, iSg.'i, p. 35a, n° Ù5. 



Digitizedr.y G00gle 



— 292 — 

1 1° Bloc calcaire, large de o m. 33, haut de o m. 55, épais 
de o m, si. Lettres hautes de om. o65 à la première ligne et de 
o m. o.Sq à la seconde. 

LIBERO 

UBERAE 

Libéra, Libérât. 

i2 n Autel ou piédestal à table moulurée, brisé a la base. Hau- 
teur du fragment, o m. Ai; épaisseur, o m. 3a; largeur totale, 
o m. 53. Lettres hautes de o m. 08. 

PLVTONIAVG 

Pktoni Augfutto) .... ? Tknggn. 

Ces deux ex-voto ont été découverts à l'Est du Capitole, a proxi- 
mité du lemple de Mercure. M. Merlin avait déjà trouvé, au cours 
des fouilles de 1 goa , une dédicace a Liber Pour Âug(uslits)^\ et eo 
outre une base de statue de la Concorde Auguste, dédiée par te 
pagtu et la civitas ThuggauùW. 

Ces divers monuments votifs, qui datent tous d'une très bonne 
époque, proviennent sans doute des temples de la Concorde, de 
Pluton Frugifère, de Liber pater, élevés des le règne d'Hadrien, et 
probablement sur le Forum, par deux patrons de lu civitas et dupagu* 
deThuggaW. 

i3* Fragment de frise arrhitravée, encastré à l'angle du bastion 
Nord du mur byzantin. Hauteur totale, o m. 55; hauteur de la 
partie moulurée, o m. 08; largeur du fragment, o m. 73; hauteur 
des lettres, o m. ig5 a la première ligne et o m. 1 h à In seconde. 



XCOSV-I1PPPR 
J.7MVI R A LI 



; Merlin, ibid., 0. i'i , il" i< 
* MerKn, ibid., p. 13, n° y 
1 Cf. Corp. irwrr. lot. , n" il 



Digitizedr.y G00gle 



— 293 — 

Ce fragment, continue presque exactement celui qu'a découvert 
autrefois J. Poinssot et qui figure au Corpus, sous le n" i55si. Le 
rapprochement de ces deux parties de la même dédicace nous 
permet de dater celle-ci des dernières années du règne de Gallien : 

a pro salute imp. cacx.p. licinii gullieni au 



JGGER.MANICI PONT- MAX -TIUBPOT7 
[pAP-FELIXIVLIANVSBÉRFLP D' 

xvt imp. 

IX-COS-VII-PP-PRj 

VMVIRALl/ 



En effet, l'inscription se rapportant à un empereur qui porte le 
surnom de Germamcu» et qui a été sept fors consul, ne peut être 
attribuée qu'à Commode en 13a, ou à Gallien à partir de 366. 
Mais, dans le premier cas, le surnom de Gtrmaaicus devrait être 
suivi de ceux de Sarmatictu et de Britanmeus que Commode possédait 
tous deux en io3, tandis que si Gallien possédait aussi à côté du 
surnom de Germanicus celui de Daàau, ce dernier titre apparaît 
fort rarement sur les textes épigraplûques. 

D'autre part, ta forme des caractères de notre fragment convient 
mieux à la fin du m' siècle qu'au temps des derniers Antonins. La 
seule objection que l'on puisse faire à notre choix est la mention de 
la tribu accompagnant te nom du duumeiralicitu, . . . Félix JuUtmus, 
ce qui semblerait indiquer que l'inscription ne peut être postérieure 
au temps de Caracalla. Je ne crois pas celte considération suffisante 
pour l'emporter, à elle seule, sur les raitons en sens inverse qui 
ont décidé ma conviction, l'anomalie que nous relevons ici n'étant 
pas sans exemple sur les monuments du 111' siècle, jusqu'à Dio- 
ctétien. 

J'ai publié en 1900 (l) le fragment suivant, que j'avais cru 

W BulUtin ardUologiqiu du Comité, p. 10*, n* 34. 



Digfedsy G00gle 



pouvoir attribuer au même toile que eelui du Corpm, eu m'ap - 
puyant sur U hauteur concordante des lettres à chacune des deui 



\CVR- REIPVBL- PORTjwm 
DIT -INLATIS Elt' 



Une nouvelle vérification aie permet d'affirmer aujourd'hui 
d'une manière positive l'exactitude de ma première hypothèse. 

De plus, M. Louis Poinssot vient de me signaler, au moment ou 
cet article était déjà sous presse, que divers autres fragments épi- 
graphiques déjà publiés soit dans le Corpm {t. Vlfl, n° 10690, et 
(5346 a et b) attribués faussement à Thignka, dans le Bulletin archéo- 
logique du Comité, par MM. le D' Carton et le lieutenant Denis en 
1893 (p. 17a), appartiennent également à cette même dédicace à 
Gallien, qu'ils permettent de reconstituer presque entièrement. 



in" Trois fragments d'un épistyle, trouvés à l'Est du Capitale. 
Le premier est très endommagé à gauche. Toute la première partie 
de l'inscription s'est écaillée. Largeur totale de la pierre, m. 8a; 
largeur de la partie conservée du texte, o m. 64; épaisseur, 
o m. 43. Les deux autres morceaux se raccordent. Le premier est 
large de o m. 5o , le second de o m. /17, mais très écorné à droite 
où l'inscription s'est écaillée. Le texte, de basse époque, est tracé 
en caractères de hauteur variable, les voyelles étant presque toutes 
beaucoup plus petites que les consonnes. Les premières mesurent 
m. o35 de hauteur, les secondes o m. 0^5. 



tfti INCvR.iAQV* DiFoR, 
WRMiSSàM MeUOR.k CvLlV 



l' 



F RoS PeCTïO B HC5 NoRbM D Vo^iratu* 



SïDà 
DVoMfira 



*tdemt [...kttga kî\ be mm ia p e iefirwsfam . . . f] ...intmiem 
[. . .]remiuam, meliore eultu et prospecte ob honorent duov\iratvë . . .rtp- 
ùtuit). 



Digfedsy G00gle 



— 395 — 

Coi trois fragments se rapportent à use dédicace du temps du 
Théodose, dont M. Poinssol'" avait déjà découvert un débri dans 
un mur arabe à ko mètres à l'Est du temple de la Piété Au- 
guste. 

i5° Fragment d'épislyle, trouvé en arrière du Capitole : hau- 
teur, o m. 59; longueur, 1 m. 90; épaisseur, m. A3; hauteur 
des lettres, o m. i45. 



EPVLVM DEDIT CVRi 



16° Pierre encastrée dans le mur hyzaoUn. Largeur, o m. 80 ; 
hauteur, o m. 18. Hauteur des lettres, o m. 1 55. Caractères pré- 
tentieux et fignolés, de basse époque. 

HYDATI 

Un fragment analogue, découvert dans les fouilles de 1901, et 
actuellement déposé dans la eella du Capitole, présente les lettres 
suivantes : HYDAi 

17° Pierre encastrée dans le mur byzantin du Capitole, au 
Nord, près du bastion du mur byzantin. Largeur, o m. 45; hau- 
teur; o m, 28; épaisseur, o m. 45. Hauteur des lettres, in. 19. 
Formes grêles; pleins très renforcés et profondément taillés. 

SPERMATiA 
Les deux dernières lettres sont douteuses. 

18° Pierre prévenant du mur byzantin. Hauteur des lettres, 
o m. ai. 

VRENEIvlou peut-être aurentiu. 

(l ' Archivai Aei Mitiitn», t XII, 4, p. k*% a" 1. 



Digfedsy G00gle 



— 296 — 

19" Bloc calcaire, brisé de partout, provenant 'peut-être de 
l'attique d'un arc de triomphe. Plus grande hauteur du fragment, 
t m. ao; plus grande largeur, 1 m. o5; épaisseur, o m. ko. Belles 
lettres, de forme classique, et bien gravées, hautes de o m. 08. 

imp . ea et . ii v i m. i«i om'sj p i i 

dtpt «NTONINI . Pli. NEPOTl t i i p i 
hadri ANI.PRONEPOTI . DIVI Ira tan i 
parthiC. ABNEPOT.DIV1. NER. Mtmlii 
pot 1. teptimiO. SEVER.0 PIO FELI/e i perd" 
naei aug. A[ R.AB .ADIAB . P^ar f ». max. 
pont, ma x. tri b. p QT 'XètWimf . XllcQi.iii 

a! 

[Imp(eratorij Cae^art), divi M. Antonini PU Gcrm(<mKi) Sar]m{atUi) JU(io), 
diei Com[modijratri, dki A]ntonit>i PU ncpot[i, divi fiadri]ani pronepod , 
divi [Trajani AirfAijeî abiUpot{i), divi Ner[oae ndncpolfl, L. $epùi*i\o 
Severo piofel^ci Pertinaâ A"g[uslo), A]rab(ieo), Adia^enieo)^ P[arth(ieo) 
max(imo), pont(ifici) m/ixt'imo) , trib{unieia) p]ot(e$ttite XVII, [imp(eratori) 
XII '(»', eo(n>(Nft) ///, p[atrt) ptatrine) . ..'..]. 

Peut-être faut-il lire : trib(anieia) p]ote»late XVI, t[mptratori 
XIV. .]. Dans ce dernier cas, la dédicace, qui s'adresse a l'empereur 
Septime Sévère, serait datée de 308, et non pins de aoo,. La fin 
de la dédicace, aujourd'hui détruite, devait présenter les noms et 
les titres de l'empereur Garacalla, associé de son père, ou peut- 
être plutôt ceux de la femme de Septime Sévère, Julia Domna. Le 
texte serait alors presque identique à celui qui était gravé sur la 
porte triomphale Sud-Est, par où passait la voie dallée qui allait 
rejoindre ta grande route de Garthage à Theveste M. 

('! Le» dédicace* afriuioes è Septime Sévère portent toujours à celte date le 
chiffre 111 pour l'tmptritm «u lieu de W qu'il faudrait Cf. Corp. inter. loi., L VIII, 
n" 1 917, 7973, g35a, pnr exemple, et Cnjaat. Court rTépigraphii latin», 3* o"dit. , 
p. 195-igG. 

w Cf., eo dernier lieu, Merlin, Ltt jomllti dé Dougga en 1 90s , fans Archiva 
(U, Militant, L XI, n* igo3,p. 3> et sui*. et n" a et 3. 



Digitizedr.y G00gle 



90" Linteau calcaire, encastré" dans le mur byzantin au Nord du 
Gapitole. Largeur, 1 m. 55; hauteur, om. 5^5; épaisseur, om. ht. 
La face principale présente : à gauche, la fin d'une corniche en 
saillie; a droite, le début d'une dédicace impériale, gravée dans 
un cartouche rectangulaire, long de o m. g5 et haut de o m. &o, 
à la place d'une première inscription qui a été soigneusement re- 
taillée. Les lettres, larges et profondes, conservent quelques traces 
de peinture rouge. Elles mesurent o m. nb de hauteur à la pre- 
mière ligne, o m. oo5 a la seconde et a ta troisième. La suite de 
l'inscription, dont nous n'avons retrouvé que le commencement, 
était gravée sur d'autres linteaux exactement juxtaposés à celui-ci, 
qui est coupé net, à droite et à gauche : 

PR.O SALVTE |i«j>. 
AVG- P \ii 
BRIT | 

L'empereur auquel s'adressait celle dédicace portant le litre de 
RriUuutiau pourrait élre Commode, mais plutôt, a mon avis, Sep 
rime Sévère ou son fils Caracalla. 

ai" Linteau calcaire, encastré dans le mur byzantin au Nord 
du Capitole. Largeur, i m. 95; hauteur, o m. 09. Lettres soignées, 
hautes de o m. 1 1 à la première ligne, om, og n la seconde, 
o m. 08 a la troisième. La seconde ligne est presque entièrement 
martelée, mais les noms impériaux qu'on a voulu faire disparaître 
restent encore assez lisibles : 

Fngra. «. 
1. Pro Bnlvte imp. cats. divi antonini magni pii f. divi teptimi * 
9. M. aureii antonini pii felici» invirti 00... M. attrtli 4«teri 

aleœandrt pii felici* aug. f. p. pont max. Irib. pot.... 

eut. . . tt iuliae mammtae matri» 
3. ttmplumf quod nomine tuo et . . . Jiii 



VER] PlI.NEPOTIS DIVI 
AVG ET 1VHAE MAESAE AVG. 
AE SVAE : EXSTR.VXERAT VETVS 

AkcifouMii. — N' 2. 



Digitizedr.y G00gle 



— 398 — 

Fngm. A. 
1. m. <t»t«nt»i yJi pronfpotit. . , 
9. mi'«« «tiy. n. matri» enttrertim et tenatut 
3. tate eollapgum. ■ . 



a. e( IoIïk* ditinat 4omun «•mm «JMM te[»(f/t] 

3. rHpajMlM «KiiVipij »eftltmi anre(i libtri tktgffûtui* r[«/*eit] 

Fragment de dédicace à l'empereur Hilagabale, wiim cousin 
Sévère Alexandre, a sa grand'oière Julia Ma,esa et sans doute aussi 
a Soaemias Augusta, mère d'Hélagahale, si l'inscription concerne 
le premier de ces empereurs, à Julia Mamaea Augusta, s'il s'agit 
du second. La dédicace, dont nous ne possédons encore qu'une 
faible partie, devait être gravée sur la, frise d'un templo jusqu'ici 
indéterminé, qui fui réparé sons, le règne du souverain auquel 
s'adresse l'inscription, au plus tôt en ai8, au plus tard en i35 
de notre ère, sans que Ton puisse, en l'état actuel du texte, 
préciser davantage. Ce texte est du même genre que la dédicace 
du monument élevé aux frais de Cosinia Hermîona, sous Caracalla; 
celte dernière, encastrée dans te mur byzantin à l'Est du Capitole, 
a été publiée par M. Merlin dans son rapport sur les fouilles de 
Douggaen 1909'". 

J'ai fait entrer, à la fin de cette longue inscription d, le frag- 
ment de dédicace retrouvé par M. Merlin dans le mur byzantin, à 
l'Est de la celia du Capitole M, qui semble bien appartenir au même 
texte que. DQlre fragment a. Dana ce cas, il faudrait lire à la fin 
de h 3' ligne de ce débris : [rtqwblica mumd^ii Septim» AweU 
Libtri Thuggmtm r[e>htm au efcàt]. 

99. Base calcaire brisée au sommet, haute de o m. 85, large 
de m. 535, épaisse de m. 65. ta pierre présente sur sa face 
principale une dédicace honorifique, mutilée dès l'antiquité; la 
partie supérieure, qui perlait primitivement las coma du person- 



w ArMmim Km*™-, l XI, ig«3, p. && tf ani«„ d* «3. 
W Luc. ât,, p. 56. n*»6. 



Digfedsy G00gle 



— 299 — 

nage, a été retaillée avec soin, de manière a effacer le souvenir 
de celui-ci. Les lettres de la fin fhi texte sont nu contraire très 
nettes, de forme élégante; elles mesurent de o m. oit à o m. o45 de 
hauteur et étaient peintes en rouge. 

lacerdûli iovis ttf 

AESCVLAFI-ÛB'EXIMIAM 

, ElVS LI BER.ALIT ATEM 

PAGVS ET CIVITAS AVR.ELIA 

THVGGAD-DP-P- 

. . . tacerdoti Joci» et? A etculapi , ob eximiam eju* Ubera&tatea, pagus 
et eivila* AureSa Thuggu, dfeereto) d(eeurwnum) p(ecunià) ptublicà). 



Ce texte est antérieur à. la fin du n* siècle, époque à la- 
quelle les pagut et cwitas Aunlia Tkugga furent transformés par 
Septime Sévère en mtmicipium Septimium Thugga; par contre, il est 
postérieur à Tavènement de Marc Aurèle en 161, puisque la civitas 
porte déjà le nom de cet empereur. 

Cetle appellation de la cité africaine se retrouve sur deux autres 
textes : la dédicace de feièdrc faisant face au Capitoie, dont j'ai 
publié un fragment en 1901 [l) , et une dédicace honorifique que 
j'ai publiée en tgofi "■, que M. Gagnât a reproduite, en modifiant 
légèrement ma lecture, dans sa Revue dtt publication* èpigraphiquts 
de mai-juîllet igoi' 3 ', et dont je crois pouvoir donner ici une 
nouvelle lecture, sinon définitive, du moins encore légèrement 
améliorée. J'ai, en effet, constaté sur place que, si l'un des deux 
noms lus par M. Cagnat sur l'estampage est certain (Octamo, 
ligne 9), l'autre, au contraire, ne peut être admis {Serwma, ligne 3). 

« ButUtim mrUoL m* CemM, 1901,11 orna. 

ai Ibid,, iÇûA, Praci*-Vtrt»xx ist ëientui, m*rs 190S, p. Il» tt «BV. 
111 Itou* ardiiol., tyoi, tt, p. 101, n° ,"3- 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



— 300 — 



O'^- fil^AILN — 

CAPSINÏOÔCT À VIO 
FESTO SVFÀHMMSio 
F LA M I N I ■ DIVI • ÀVG ■ EQVO PVBH O 
OR.NATO ABIMPCAËS-M ÀVRE 
UO-CÔMMODO' ANTONINO 
PIO ■ AVCWMH—llIlMIWI— Il 

— ■ m ■ m— mm u iiiii m i m ii m 

ci Vif AS ■ AVRËLÏ A ■ ÏH VGGA 
d D • P • P 



Voici donc deux dédicaces honorifiques, à peu près contempo- 
raines, qui présentent toutes deux cette particularité assez rare, que 
le nom du citoyen de Thugga, auquel elles s'adressaient, a été systé- 
matiquement martelé. 11 faut en rapprocher une troisième inscrip- 
tion tris mutilée, découverte en 1901 par M. Merlin dans la 
même région, a l'Ouest de l'exèdre qui fait face au Capitale, et 
dans le voisinage immédiat du mur byzantin. Ce dernier texte 
offre une grande analogie avec les deux autres. Il est aussi mar- 
telé et mutité en deux fragments, retrouvés à nn an de distance du 
premier. M. Merlin n'avait pu d'abord en déchiffrer que la der- 
nière ligne : Pagus et, puis au-dessus quelques lettres sans aucun 
sens (1 > ; il a été plus heureux depuis en le rapprochant du second 
fragment retrouvé plus tard qui complète le texte, et a bien voulu 
me faire connaître que la troisième ligne devait se lire ainsi ; 
[tacerdoh] Aetcuiapi et Jmiù jlam(inî) perp(etuo). Il s'agit donc ici d'un 
prêtre d'Esculape et de Jupiter. Or le personnage que concerne 
notre dédicace était certainement prêtre d'Esculape et peut-être 
aussi de Jupiter, si Ton admet que le nom Jmi ait po précéder 
celui d'AESCVLAPI à la ligne précédente et être enlevé par la 
retaille qui a fait disparaître entièrement cette ligne. 

D'autre part, la dernière ligne de l'inscription de M. Merlin 
doit être lue ainsi : Pagm Thuggentfa) d\eeurionum) d(ecnto) p(ecu- 



ci Merlin, Sultan arehÀilogiqit* du Comité, 1901, p, 39t. 
p. 376, n" ». 



Digfedsy G00gle 



— 301 — 

nia) p(ublica). H est donc- permis de supposer que les deux textes 
martelés, relatifs a ces prêtres d'Ësculape étant à peu près eon- 
lemporains, ne concernent qu'un seul et même personnage. Celui 
qui est nommé dans La troisième dédicace martelée, ce (lamine 
du divin Auguste, devenu chevalier romain par la faveur de 
l'empereur Commode, était peut-être le fils du premier. Ceci 
admis, H resterait ensuite à rechercher pour quelle raison, en 
punition de quel crime, la cité de Tkugga, après avoir décerné 
les plus grands honneurs à ces deux prêtres, leur infligea la flé- 
trissure officielle du martelage. Sur ce point, nous sommes jus- 
qu'ici et nous serons sans doute longtemps encore réduits à de 
pures conjectures. De même, nous ne possédons encore aucun ren- 
seignement sur le temple de Jupiter et d'Ësculape, dont les textes 
que nous venons de ciler laissent supposer l'existence à Dougga. 
Mais dans le voisinage immédiat de la cité de Thugga, et sans 
doute encore dans les limites du pagvt associé a la data», à Hen- 
chir-es-Zaouîa , groupe de ruines situé à deux kilomètres environ 
au Sud, se dressait & l'époque romaine un temple d'Ësculape, 
dont M. le D* Carton a retrouvé une partie de la dédicace' 1 ', et 
dont les restes sont encore très visibles aujourd'hui. 



33. Fragment de dédicace, large de o m. 38, haute de o m. 97; 
lettres hautes de o m. o4, om. o35 et m. o3, très effacées. 

palroNO -PAGIETCIVITAT- AureRae tkuggat 

■ MVS omnivm-eximimV 

\MHRGA . PAGVM • ET ■ CIV1TATEM ■ EX\ 

^ - - JT CONCORDIAMP»VA ^ 

La ligne 1 se termine par une hasle oblique qui ne peut avoir 
appartenu qu'à un M, ou plutôt à un A. J'ai restitué cwitati* À[u- 
rrliae Thuggae], par analogie avec l'inscription précédente. 

Le texle serait ainsi daté approximativement de la fin du 
u* siècle de notre ère. 



ai. Fragment brise* de partout, sauf en haut. Largeur, m.35; 
") Carton, M fW iM, p. aoo et fttiv., n* 37S. 



Digfedsy G00gle 



hauteur, o m. 3o. Hauteur des lettres, o m. «6 a la première 
ligne, 0111. o£8 à la «coude, o m. ois a Ja troisième. 



fc> D I O L I C 1 N I AVttol 
f d(STMOR.TEMPAG-THVGG- 
. 3D1VS 



oJio Lteinia[no . . . po]st morlem pag(iu} THuggiensu). . . odiut. . . 

\" ligne : la première lettre est illisible. 

On peut lire \M)wlio; ou encore [Enn]<idio. 

Un fragment de dédicace, découvert par M. Homo' 1 ' au Sud de 
la place dallée qui s'étend devant le Capitole, et remontant comme 
celui-ci au temps ou îhugga n'était encore qu'une mita», est dédié 
à un certain [En ?]noâio , . , 



a&. Bloc calcaire, brisé à droite et an bas. Hauteur, o m. ko; 
largeur, o m. Su. Lettres bien gravées, dans un encadrement 
mouluré, hautes de o m. 06 à o m. o55. Au début de chacune des 
lignes a , 3, 4 est gravée une feuille d'eau ou de lierre : 



L-INSTANiO-PAPCOMMODO-ASICIOAJ 
* SPLÊNDIDISSIMAE COL-THVGG 
5DVVMVIR.ALICIO-AED1LICIOB 
«LIBENTISSIME ADQVE- ABSTI NEN ) 
•jWÊimmiAS AVR.ES sine o^-e — P-*T ' 

L(flcio) Imtanio, Pap(iria) [tribu], Co/rmodo Aticio A\ ] splendiditsimae 
col[oniae) Thagg[ae\, duumviralieio , acdiUcio. . . libentitsime adqnt abtti- 
ntn[tUtime] . . . t[taht?]a& aure[a]*? tint. . .? 

Peut-être faut-il restituer à la fin de la première ligne A[dju- 
tori] : Atteint Adjutnr est un personnage connu, appartenant à une 

"> Homo, Mélangfdr. Rame, 1901, p. 17,1)* 3. Je lis h li 3' ligne EODOS, 

el non 1.0-L'RO. 



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— SOS — 

de» principales familles de Dougga' 1 ) e t purent de déni flamt- 
□iques.: Axivia VietoriaW, épouse d'un VtUiU, peut- être M, Vîbna 
F&e, et «A fille Vibia Atiàase^. Une statue lui avait été érigea 
an théâtre W. La forme des lettres de cette dédicace ne porterait a 
la dater de la Seconde moitié du m' siècle; par «mire, la awutùra 
de la tribu dans laquelle était inscrit L. /turtènlw Qpw aa Wi An* 
dut. . . semblerait indiquer que le texte remonte au plus tard au 
règne de Caracalla. A cette date, Thugga, qui n'avait été élevée 
au rang de municipe que par Sèptitné 6é*ère, serait donc déjà 
devenue colonie romaine. L'ancienne civitai africaine aurait ainsi mis 
bien peu de temps à franchir les deuï plus hauts degrés de la 
hiérarchie municipale africaine. Faudrait-il supposer, contraire- 
ment à l'opinion émise par M. Toutaia' 5 ', que la distinction entre le 
municipium iïbenm et la coloma, absolue en droit, n'était pas toujours 
aussi bien tranchée en fait, et que le itiutiiàpium Septimium Awelium 
libmtm Thugga avait reçu parfois abusivement ce titre flatteur de 
splundidùitima colonia avant d'y avoir tout à fait droitî Ce n'est qu'à 
partir de Gallien que l'on relève dur les inscriptions honorifiques 
de Dougga le titre officiel de reepublieu cvUniae Lmnia* 5flptw*wt 
Awèlitw Ahxandrianae Thvggae, et l'on croyait jusqu'ici que n'était 
à cet empereur qu'elle devait le titre de colonie raaaaine> 

Il n'y a pas lieu, semble-t-il > de renoncer à cette opinion. Nom 
verrous plus loin que , dans une dédicace q » ne peut s adresser qu'à 
l'empereur Commode, connut pour la tu* fois en îga, ou à Galliern 
consul pour la vil* fois en a66, mais plutôt, à mon avis* à ee der* 
nier, le personnage Dominé à la seconde ligna 1 1 iFetim Juiiinkt 
•et également indiqué comme appartenant à la triba R*ji(tWa). Là 
mention de la tribu n'est pas suffisante pour faire reporter la data 
d'une inscription avant le règne de Caracalla. C'est une anomalie 
qui, assez, rare au m* siècle, et disparaissant complètement à 
partir dt Dioelétien, n'est cependant pas sans exemple, même 
après Aurélien'". 

W Dbrp. mur. îaM n. i5«9, ASICI. 

» Bni.,\l\l, h' lias, Ctrttfn, ofi. *'(,, p. 97 (ijij j et hiiéyi, Merlin, laé. cit., 
p. 96, a' i3i. CL misa Carton, op. cit., p. ie3 (177)1 n" h», iaseriptioa éor- 
rigéc et complétée par M. PoiqmoI. 

I') Merlin, op. cit., Corp. itucr. lot., a° liftô. 

<" Carton, loc.ci'f., p. 97 (<7>)> "' l6 - 

W Le, Citéromaine, de la ïtmàit, p. Sa4 *t Biriv. « p. 3»<). 

'•*> Gagnât, Cour» d'épigraphie latine, p. 60 et note* 1-0. 



Digitizedr.y G00gle 



a6. Fragment de plaque calcaire, coupée à droite et a gauche 
par deux sections droites, complète en haut et en bas. Hauteur, 
o m. 54; largeur, ont. 37; épaisseur, o m. s5. Hauteur des lettres: 
o m. 10 à la première ligne; o m. 07 à ta seconde; m. o55 à la 
troisième et à la quatrième; o in. o3 à la dernière. Caractères 
gravés avec soin et de forme classique. 



>"T 


I T 


cl 


V E 


R. G 


L 


S T 1 


C A E 


A 


R A 


N N V 




CORRVPTAS 


EX 



M. Merlin m'a fait observer très justement que ce fragment de 
dédicace impériale se rajuste exactement à deux antres déjà connus. 
qui le complètent a droite et a gauche et permettent de reconstituer 
le texte dans son ensemble. Le premier de ces fragments, a, est 
encastré dans le mur byzantin qui entoure le Capitale , entre la 
cetia du temple et la poterne de l'Ouest. 11 a été publié avec quelques 
inexactitudes par M. le D r Carton O; MM. Merlin et Poinssot ont 
revu et complété cette lecture; l'autre, c, h été découvert par 
M. Poinssot à trente mètres à l'Est du temple de la Piété Auguste. Il 
figure dans le rapport de M. Poinssot sur les fouilles de Dougga 
en 1903 W. L'inscription complète doit se lire ainsi : 





I 


M 


Ir-Tl - 


C 1 




CVRATORE 


■ L ■ 


V E R. G I 


L F 




f ■ F ■ 


R. V! S T 1 C A E 


AN 1 


M 


L1CINIVSM-L 


• T Y 


Ut.. A N. N 


V 1 


RESTITV1T AEOF.M ET STATVa. 


CORRVPTAS EX] 



' Découvert»! en Tamne, 1 8g5 , p. 1 54 , n* af 
" Archive* du Miiiiom, t. XII (igoA), p. /iaj 



wu« Google 



— 305 — 

A E S A R I y A\« g 
'OP-F-ARN-RVFo 

j/IAE'M'LICINI 
S'PATRONVS-PAfi 
! ORNA VIT ET V-S-INTESTINVl 



Ainsi reconstitué, ce texte présente une très grande importance. 
Remontant au règne de Tibère, c'est la plus ancienne inscription 
latine datée de Oougga, et l'une des plus anciennes de l'Afrique 
romaine. De plus, il est intéressant d'avoir à constater ici que, dis 
le début du premier siècle de notre ère, il existait a Tkugga des 
temples, ornés de statues, remontant à une époque asset reculée 
pour tomber en ruines de vétusté et avoir besoin d'être res- 
taurés. 

M. Licinius, M. L. Tyrannus, patron du ptgu* de Thugga, est 
connu, d'autre part, par la dédicace d'un sanctuaire à Cérèsl". 
Notons aussi que plusieurs autres inscriptions de Tkugga men- 
tionnent des Vrrgitii >: ' ] . 

97. Fragment de plaque calcaire, brisé à gauche et en bas. 
Hauteur, o m. 65; largeur, o m. 3o; épaisseur, m. 17. Hauteur 
des lettres, o m. 066. 



\M-TRIB-LEG-V-M 
mou* ^"îlPRAEPOSITOVE 
ITN-CUVSV rM 

Lecture de M. Sadoux, que je n'ai pu encore vérifier, et qu'il 
semble nécessaire de revoir. Ligne 1 : Trib(uno) kg(ionù) quinUte M(a- 

cedonicae) ? 



« Carton, Lt UMlr* de thugg*, p. 48. n" ta. 

<*' Cf. Homo, Éroli franc, de Rome, Melangei, 1901, p. io, n* il; Merlin, 
HU., p. 71, n* 60; l'on trouve tiusi ries Vtrgitii C»rtb«ge; cf. Delaltre, Rtmu 
arvMol., 1898,11, p. 89, n" 5-0, elc 



Digitizedr.y G00gle 



— 506 — 

a8. Fragment de dédicace, haut de 1 m. o5 , large de o m. 99 , 
brise à droite et à gauche et très effacé. Lettres hautes de o m. o65 
a o m. 06. 

M G I N V O 

A* R.T_ENSIA 

m O-QjPROV 

i N C ! A E 

BETICAE 

PATR.ONO 

D d p p 

[fio~\rtmitfn]a , tfmttori) ptotiiwiat Bttûue , patron», 

J<WrMe) dimuriomto), p(mum) •<«&«> 

J'ignore ia provenance exacte de cette Inscription j je ne 1* 
connais que par un estampage exécuté au mois de juin 196/1 pat 
M. Drappier au cours d'une tournée à Dougga et sur les travaux du 
chemin de Ter du Fahe au Kef , par la vallée de ta Siliana. Je n'ai 
pas retrouvé ta pierre à Dougga; peut-être a-Uclle Uê découverte 
plutôt a Sidi-bou-Rooii, sur les borda de l'0iied-Te»sa« , les estant- 
pages des textes épi graphiques de cette localité ayant été Confondus 
dans un même paquet d'envoi avec ceux de Dougga. 

39, Stèle calcaire, au Nord du Capitol». Hauteur, o n. 19; lar- 
geur, m. a 3 ; épaisseur, m. 1 66 ; hauteur des lettres, o m. o'd, 

D M S 

AEMIUA 

VICTORIA 

P- V-A-XI 

H-S-E 

D[it) M(anibu*) i(aenm). Aemilia Victoria, 
p(ia) v(ù:it) atjmit) XI. H(ic) *(i'ta) «(*')• 

3o. Cippe itinéraire en forme d'autel, à fronton triangulaire 
accosté de deux aerotères ornées de rosaces; trouvé k l'Ouest du 
Capitale. Le sommet du fronton est brisé; la hauteur de l'autel, 
dans son état actuel, atteint m. 87. La base, carrée, est large 
de o m. 3o, épaisse de m. 99. Le dé, écorné à droite, est haut 



Digfedsy GoOgle 



— S07 — 

de o m. ha, large de o m. s3, épais de o m. s©. Les lettres sont 
hautes de o m. oà. La première ligne, gravée dans le tympan, se 
compose de quatre lettres inégales formant sigles. Les antres sont 
gravées sur le dé, qui est divisé en deux compartiments par une 
ligne verticale séparant deux épîtaphes, celles du mari et de sa 
femme. 



F P B M i 




D M S 


D M S 


PACVV1A 


Q_ AVR.H 


FEK1CIS 


LI VS-fl 


S I M A 


BVLIA ! 


P-V-A 


P-V-A \ 


LXXVIIII 


L XXX 


H-SE- 


H-S- E 


O-T-B-Q. 


S T Tl 



F(iKi) p{otturunl) b{tne) m(trentibtu)1 

D{U) M(anibus) i{rxrum). Pocuvia FeUcittima , 

p(ia) v(h*t) M**û) LXXXVUU; h{U) •(*■) e (»/); o(««) '<•*) *(«*) qiwescant). 

D{ii) M(aoibu*) M{acrwn). Q[uinbts) Aurelùu t\ a ]b,d(l)ia[nu S } 

p(iu*) v(ixit) «(mû) LXXX, h(ie) *(ilus) <*l); s(it) t{ibt) t{erra) (m*). 



3i. Cippe en forme d'autel, trouvé près du mur byzantin, a 
l'Est du Capitole. La table supérieure de l'autel est ornée sur la 
face principale d'un croissant flanqué de deux aerotères qu'agré- 
mentent des rosaces; elle est en partie brisée. L'inscription est 
gravée sur le dé, haut de o m. 5û, large de om.36, épais de 
om. ai. La table est épaisse de om. 39. L'autel, dans sou état 
actuel, est haut d'un mètre. Les lettres, larges et grasses, gravées 
avec soin, décroissent de hauteur de la première ligne, où elles 
atteignent o m. 06, à la dernière, ou elles n'ont plus que om. o38. 
Les F et les T dépassent sensiblement le niveau des autres lettres. 

ID M SI 

«CESTKONl 

ivs ForTv 
naTvs • E 

G R I L A N V S 

P ■ V- A- V1III- V 

H • S • Ei 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



— 308 — 

Ligne 5. L peut être une lettre double : LI. 

D(ii) Af (anifeiu) i(aerwx) . . . Cutronw Fortuitalui n^riiTj'jaiuu 
rfiu) ^izil) «(»».'«) Vllll. . . Hic) .(.■!«.) <(■<}■ 

3a. Stèle brisée de partout, trouvée dans la ceflo dn Capilolc. 
Epaisseur, om. 09. Hauteur des lettres, om.09. Le première lettre 
est douteuse. 

DM S 
3.1NTVS 
slaVDIVS 
œVNDV 
... VIXIT 
ena>> LXX 

fl(i) H(m'a») <acn»). Q(«)i«I«. [Q»]uJn« [X*]««n,[.] 

[Ki»)) •»< [-""s] MX. 

33. Cippe funéraire en forme d'autel, encastré dans le mur 
byzantin au Nord du Capitole. La table, a fronton triangulaire, est 
brisée au sommet. Hauteur totale, t m. 57; hauteur de la base, 
om. 37; largeur, om. 60; épaisseur, om. 55; hauteur du dé, 
om. 00; largeur, om. Ao; épaisseur, m. 38. Hauleur des lettres, 
om. oh. 

D M S 

C ■ C V T I I. I 

V S • P A P I R I * 

SATVUN'NVS 

PIVS-VIXIT' AN 

NIS LXXXII • M 

ENIIIDIEBVS VI 

HOEUSII1 
H • S • E 

D(ûr) V(ani£u«) t(aerum). C(aiui) Cutiliui, Papiria ((rien), SatWHnuu, 
pu» rail «n»ii LXXXII, innfiita) III, dieha VI, Ujc) ipaa) c(«). 

3A. Stèle calcaire complète snr les côtés, écornée en haut. 



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cassée à la base. Hauteur, om. 5o; largeur, om.33; épaisseur, 
o m. i3. Hauteur des lettres, o m. 33. 

D M S 
FELIX A B 
BONIVS VIC 
TOR P • V ■ A 
ÎÎDXHSE 

Le C qui termine la 3' ligne est beaucoup plus petit que les 
autres lettres, 

D(ù) M(anibui) t(aenm). Ftkx Abbmius Victor, 
f{iMM) t{ixii) o(tMÙ) II, <l{i*biu) X; *(«;) j(ttet) <«()• 



35. Stèle funéraire, a sommet arrondi, brisée en bas. Hauteur, 
omJo; largeur, o m. 34; épaisseur, o m. î a. Hauteur des lettres, 
o m. o55. Au-dessus de l'épitaphe, un croissant montant. 




Lecture douteuse, à revoir. 



36. Stèle funéraire, brisée à droite. Hauteur des lettres, om.oi 

D \_ m » 
H O N Omi/« 
R.TVNAT u 
TFP'VA 

H • S • v e 

Dfjt) [M(amM i(«twhi)]. Ho^oriu, Po^tna^a], T{iti)J[ili*s), 



37. Gippe funéraire en forme d'autel, trouvé s l'Ouest du Capi- 
tale, h» table de l'autel est brisée. Hauteur totale, 1 m. 06; hauteur 



Digfedsy G00gle 



du dé, om. 77; largeur, om. 36; épaisseur, om. 34; largeur de la 
base, o m. 56; hauteur, om. 3g; épaisseur, ont. &&. Hauteur des 
lettres : o m. o4 à la première et à la dernière ligne; o m. o5 
aux quatre ligues intermédiaires. 

M S 
CIVLIVS 
FOR.TVNA 
TVS-PIVS 
VALXXV 
H'SiE 

D(i's) M(mibvt) «(aérant). Gaiui) Miiu Forttmahu, 
fin vijxit) a(nFHs) LXXV; A(ic) s(i/w) «(tl). 

38. Fragment de stèle brisé de partout. Épaisseur, om. 18. 
Lettres au trait, hautes de o m. oi et m. 06 pour le I. 

d M . 

Ojvuy. 

N A M P rjîamo 

[H»] ,«(™4i») [«Jamim)]. Q[,i„t,„) Mi„{,] Namp *[«,«> . . . . ]. 



3g. Épitapbe très effacée. Hauteur des lettres, o m. o35. 

DMS 

LIÇINIVS 

VtTAlIS 

VAXXXÏ 

HSE 

Ligue II. Les chiffres de l'âge sont douteux. 

/a» «(«a*.^ a(«n»). M»» filai» •(»*> araaà) XIZT 



:,,iz,d, Google 



Ad. Stèle funéraire, trouvée dans les déblais au Nord du Capi- 
tole. Sommet arrondi. Hauteur, o m. 76; largeur, m. 99; épais- 
seur, o m. 1 5b. Hauteur des lettres, m. o35 a om. 09 5. 

D-M-S 
LICINIA-AT 
TICA-P-VA 
LXX-H'S-E 

Les A ne sont pas barrés. 

IXit) m(tmibvs) $(aerum). Lieûùa Attica 

-'il. Stèle. Hauteur des lettres, om. o35. Formes irrégulières. 

D-M-S 
Q_- NA PO T 
VS -FAVSTV 
SPV-AXXI 

H S ■ E 

D(U) M(anilnu) s(ntrum). Qfvintut) Napotut Fauthu 
p(i«*) ^ûty a(nnit) XXI; h{k) •$■»] «(*i). 

Le nom propre ffapottu, dont la âesinenc» romaine «aohe. mal 
l'origine sémitique (Naboth), se retrouve sous une forme légère- 
ment différente, Napotit, génitif de Nqrot ('?), sur une autre épi- 
taphe latine de Dougga, précédemment publiée par M. le docteur 
Carton : . . .fC«(î)]re» — et non /fe*[hita] — Napoto fiia , pia . .M. 

&9. Fragment de stèle calcaire. Hauteur du fragment, om.58; 

M DianivtrU» èpigraphiqan rt iKthM*g^itf m TWim, p. i85,o° 3*7- 



Digitizedr.y G00gle 



largeur totale, o in. 3o; épaisseur, o m. 10. Hauteur des lettres, 
ou), 04. 

(M ■ P Ornpa 
NIVS FELIX"! 
PIVS 
H ■ S • E 

[/)(«) «(«liant) i(«nwi)]. M(areiu) Po[ntpo]iM.M F*/i*, 

f.i», %).(ii»)«;M). 

A3. Stèle calcaire. Hauteur des lettres : o m. o65 à la première 
ligne, o m. oi5 à la seconde et à la troisième, o m. o& à la qua- 
trième, o m. oa5 à la dernière. Formes irrégulières. 

D-M-S- 
C • SERVIH 
V S O N O R 
ATVS.P-V-A 

VIII* 

Z)(ù) M(mibui) nWwa). Qmiu) &rwaW [lljonoralui , 
Ki«<) r{i*«) «(«ai.) PI//. 

44. Fragment de stèle calcaire, brise de partout, sauta droite. 
Largeur maxima, o m. au; hauteur, om. a3; épaisseur, oro. la. 
Hauteur des lettres variant de o m. oa à o m. c-35. 

|V S V I Cl 
(O R-V E N E R I 
VSPVA-LXXV 



. at F«{l]ar FaxHu, p(i u ) ^iiù) a(na.) IMF, 
J<i)^ill.)H«). 



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li'â. Épitaphe écornée au sommet, à droite. Hauteur des lettres, 
o m. oA. 

D ■ M • i 
Q.'VETTIVS 
DATVS-P-F-V- A 
LX XX V ■ H • S • F 

Ligne a. L'on pourrait lire aussi Villiiu, les lettres étant mai 
caractérisées. — Ligne A. L'E final a très nettement la forme 
d'un F. 

D(ù) M{anibui) [)(«r«4 Q{umtiu) Vettiv* Dalttt , P{ubHt) /(ift'w) , 
t<ùn'0 a{mm) LXXXV; h(ie) «{«m) «(.()■ 



46. 


Fragment de stèle brisée en haut 


lettres, 


o m. o36. 






ES.. 






V2Vlj«it 






IS-L / 






H |... 



U-j. Fragment de stèle brisée au sommet, haut de o m. 5o, large 
de o m. 98, épais de o m. 18. Lettres hautes de m. o5. 

P • V A 
XXVII 
H- S- E ■ 

P. G AUCELBR , 
Membre non rendant du Comité. 



Ak(*olo«ii. — N* 2. 



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ÉPINGLES 
DE L'ÉPOQUE DU BRONZE 

DÉCOUVERTES 1 VERS 

(GARD), 

PUI M. GAL1EH HINGAUD, 
Correspondit) t dti Comité. 



Une trouvaille, très intéressante pour l'archéologie préhistorique 
du département du Gard, vient d'être faite à Vers, canton de Ke- 
moulins, arrondissement d'Uzès. 

Es défonçant un champ pour planter de la vigne, on culti- 
vateur a ramené au jour, d'un seul coup de pelle, onie fortes 
épingles de bronte. 

Ces épingles sont remarquables par la grandeur, la forme et les 
dessins variés qui les ornent. Elles sont parfaitement conservées; 
elles étaient enfouies comme intentionnellement placées sur un lit 
de pierres , à environ o m. ho de profondeur. Il y a lieu de supposer 
que l'on a affaire à une cachette de marchand. 

Je me suis rendu à Vers pour voir si d'autres fouilles n'amène- 
raient pas quelque autre objet préhistorique. L'état des lieux (plaine) 
tout en cultures, céréales et vignes, rend toute recherche difficile. 

Ois maintenant en peut dire que cette trouvaille est très intéres- 
sante pour notre région, car, a ma connaissance, aucune découverte 
de fortes épingles du bel âge du bronze n'avait été faite dans le Gard. 

Ces onze épingles sont déposées au muséum de Nîmes pour qui 
je les aï acquises. 

En voici la description (fig. 1) : 

N™ 1 à à. Épingles a tête plate; le haut de la tige est orné de 
lignes circulaires, les unes larges, les autres fines. 
N' 1. Longueur, o m. a8; poids, s 9 grammes. 
N* 2. Longueur, o m. ai5; poids, 30 grammes. 
AicifouMii. — K° 3. a* 



Digfedsy G00gle 



— 316 — 

N° 3. Longueur, o m. ag; poids, 36 grammes. 
N" k. Longueur, o m. 3i; poids, 43 grammes. 

5. Épingle à Ute plata^el « VbAs VonMs! le haut de la tige e 
orné de aq lignes circulaires 1res apparentes. 

JL^n/uéuV,^*. a8j,Ud S , 0b ftVUmW.1 I \\ A (\ 



1. Épingle h.J&\fl .pjateyet lwao f an fofof ,<Je ^fi|ton. 
nilé supérieure; le haut de la tige porte huit dise 



6- 
trémité supérieure; le haut de la fige' porte 
mobiles, sur une longueur de omiA)' 

Longueur, o m. 46; poids, g 3 grammes. 



rivée à l'ex- 
isques dentés, 



V 



Kpingtes 




7. Épingle à UJto en forme da fuseau; le haui. da la tige «et ètaé 
de .fileta en spirales séparés par. de* fileta circulaire*: . 
Longueur, d m. 3Ç; poids, ifta granuMS. 

8-9. Épingles à tête légèrement bombée; le hnu! de la tige est 
orné de lignes, tes unes circulaires, en petit nombre, et les autres 
plus fines, plus rapprochées, formant Une spirale unique de pas 1res 
petit. 

N° 8. Longueur, o m. 3i; poids, 37 grammes. , 
N° 9. Longueur, m. 3o; poids, 5i grammes. 



Digfedsy GoOgle 



— 817 — 

10. Epingle a tête plate; le haut de la tige est orné de lignes 
circulaires et de chevrons. 

Longueur, o m. ao; poids, an grammes. 

11. Fragment d'une épingie; haut de ta tige carré. 
Longueur, o m. 9o; poids, n grammes. 

A notre prière M. Jules Gat, professeur au lycée de Nîmes, a 
bien voulu faire l'analyse de l'une des épingles; il a reconnu du 
brome a 10 p. 100 d'étain. 

Galien Mingàud , 

Ctirrespoudwt du Comité. 



Digfedsy G00gle 



UNE 
VILLA ROMAINE À PENCHARD 

(SEINE-K'HWÀRNË), 

PAR H. GBOBGE9 GASSIBS , 
Correspondant du Comité. 



Le 8 février igo5, en labourant bu lieu dit » Terroir vacant», à 
quelque 1,800 mètres du village de Pencbard, dans la direction 
de Montyon, sur le flanc septentrional d'une colline dont le sommet 
est boisé et au bas de laquelle coule un ruisseau, le ru de Viry, 
les ouvriers de M. Désiré Viard, propriétaire à Penchard, remar- 
quèrent de petite cubes noirs et blancs en quantité suffisante pour 
les intriguer et ils mirent a nu une surface ornée d'une mosaïque, 
sans savoir d'ailleurs quel intérêt pouvait présenter leur décou- 
verte, car ils m'ont avoué depuis qu'ils n'avaient jamais cessé, de- 
puis des années, de trouver, dans ce champ, des substructions, 
des débris de murailles enduils de couleur, des fragments de po- 
terie, des tuiles a rebord, enfin tous les éléments d'une habitation 
de l'époque gallo-romaine, mais qu'ils n'en avaient jamais parlé à 
personne. Par bonheur, cette fois, ils rapportèrent une poignée de 
petits cubes à leur maître, qui les montra a son voisin, le médecin 
M. Faucheux, que nous venions précisément d'inscrire à notre 
Société d'archéologie. Ce dernier fut l'intermédiaire tout naturel 
qui vint, le lendemain jeudi 9, nous aviser delà découverte au 
nom du propriétaire. Je reconnus aussitôt des fragments de mo- 
saïque romaine, et la netteté de ta taille, la proportion des petite 
cubes me firent penser qu'on pouvait se trouver en présence d'une 
mosaïque appartenant à une belle époque, et sans doute antérieure 
anx invasions du iv* siècle. Ce qui me le faisait penser aussi, c'est 
que le territoire de Penchard n'a pas formé de paroisse et ne porte 
pas un nom qu'on puisse faire remonter à l'époque romaine. Il est 
donc permis de supposer que la villa de Penchard n'existait plus à 



Digfedsy GoOgle 



— 319 — 

l'époque où les vtflw de notre région se transformèrent en villages 
ou paroisses' 1 ). 

Une Commission fut donc désignée et mes collègues me firent 
l'honneur de me confier la direction des premières fouilles métho- 
diques. J'avisai alors par lettre notre étainent ami M. Héron de 
Villefosae , peur lui demander quelques conseils pratiques à suivre 
au cas où nous trouverions en bon état la mosaïque annoncée. 



Fig, i. — Mosaïque trouvés à Peiichwd (Seine-et-Marne,). 

Le dimanche i» février, a l'aide de trois ouvrière munis de 
truelles à main , et avec défense expresse d'employer le pic de ter- 
rassier, nous dégageâmes la surface, dont je vous adresse aujour- 
d'hui un dessin, fait d'après nature. La partie actuellement dé- 
couverte mesure environ 3 mètres sur 3 mètres. On se rendra 
compte assez bien des dimensions en sachant que les losanges ont 
exactement i mètre dans leur plus grande longueur (fig. i). 

U) $i je mfi permets de parler lirai, c'est qae j'ai établi par fiches l'histoire 
loponymique de lous les lieux habitas de l'ancien diocèse de Meaul depuis les 
temps les plus reculés. 



Digitizedr.y G00gle 



— S30 — 

L'ensemble ma parait d'une conception Menante; il' est traité 

avec une harmonie, une proportion, une variété, toutes elassiqne*. 
Les cubes noirs, blancs et rouges sont réguliers et alignés aTec ie 
plus grand soin. Notre dessin ne peut en donner une idée parfaite, 
mais la mosaïque étant encore en place , il nous était matériel- 
lement impossible da la photographier, sans des déformations 
optiques plus graves encore que les erreurs ou les maladresses de 
notre crayon. 

Maintenant, qu'il nous soit permis d'espérer que, comme a 
Villelaure (Vauctase), cette mosaïque est accompagnée de plusieurs 
autres. Nous n'avons fouillé qu'à la seule place on se trouve la 
mosaïque. Pourquoi dans ie même champ ne trouverions nous pas 
des vestiges intéressants d'habitation T En surveillant les fouilles, 
j'ai ramassé' de nombreux fragments à'mbnett et de tmht & retord, 
de poterie a gtaçure rouge et de poterie grossière grise ou noire, 
d'enduits muraux de couleur rouge et de couleur bleue, avec des 
treillis d'ocre à deux tons. En outre, un ouvrier m'a apporté cas 
jours derniers un fragment de vase rouge , avec une bordure d'un 
usage courant cbes les céramistes gallo-romains et une décoration 
composée d'amours et de petits groupes dans une position obscène 
formant une sorte de frise ou de motif répété autour de la panse 
du vase. 

Je pense donc qu'il serait intéressant de pratiquer des fouilles 
plus importantes dans le champ, qui nous a fourni déjà ces ves- 
tiges incontestables. Le propriétaire, M. Désiré Viard, se montre 
bien disposé, mais notre Société archéologique n'étant pas ajMt 
riche pour supporter toute la dépense, nous osons espérer qu'un 
subside du Ministère nous permettant de poursuivre les fouilles 
viendra s'ajouter à celui qu'a bien voulu nous donner un de nos 
otnfreres à l'effet de procéder à l'enlèvement de la mosaïque. 

Georges G «sus , 

fioirfwpondint du Cottfté. 



Digfedsy G00gle 



ANTIQUITÉS ROMAINES 

DÉCOUVERTES 

iUI U84Ï MT LB «OBÂTEAU VALBKASTIIE*, 



, . PA« H. FERNANu BLANCBARP , 



Les travaux de nivellement des fortifications de Soisson», pour 
1» «eatiu» «In boulerai d Pasteur*, a* Nord do la TÎIte , ont remis au 
jotr<qutalcfMè dribria witdroisants de l'époque romaine. 

Ou se trouve là, eu effet, dans le quartier de -prédilection des 
Romain», où ils élarèrent d'importante édifices, dont les ruines - 
fureatt sàgdalées^ dis le «w*«jècl«, par un chroniqueur BoiBSonnnis, 
Nicolas Sérielle, sous la démini notion générale de Chtuteav i'Ale- 

ik raison des 'travaux défenûfs exécutés a plusieurs reprise» 
■ur ce terrain depuis U Renaissance, -il -(Hait à prévoir qu'on ne 
ééoniwrirant- aucune construction considérable, (nais de simples 
restes dannirailles, aecorapagnés de^JéhriB antiques. 

CsaprévisiontM sont trouvées justifiées. Voici I» résultat de ces 
récentes trouvailles, faites de 1903 a 1 9 o & , classée» suivant leur 
nature : 

Mms, pitit*. aqueduc. — Des nwrs de petit appareil ont été* dé- 
gflgéfe dflBiterrea.-àdrûUc- et à gauche du boulevard, dans le pro- 
longement de la rue de Guise. L'une de ces muraille» subsiste, sur 
une Jnontear deo on. 80 et sur une longueur de 3 mètre». L'autre 
eu face, encore enfouie on partie, parait Se cettti&uer à angle 
droit. 

Non loin de la, les terrassiers rencontrèrent un puits et l'aire 
d'une habitation, faite de ce mortier spécial, opm tifwnum, qui se 



Digtodsy Google 



— 322 — 

composait de tessons de terre cuite, piles et mélangea avec de la 
choux M. 

Dans Je prolongement de la rucFriaeboia, ou Jâcouïrit plusieurs 
fûts de colonnes doriques, en pierre tondre, de o m. Ao de dia- 
mètre, ainsi qu'une meule. 

Dans la courbe intérieure du boulevard, au bas de l'escarpe de 
la demi-lune qui subsiste, on rencontra l'extrémité d'un aqueduc, 
fermé par une muraille de 1 m. 80 de large, sur 1 m. Ao de 
hauteur. Il avait dû être voûté à l'origine et il forme encore une 
sorte de couloir en pierre, Benfonçant dans le sol du talus, 
qui, à cette profondeur, ne fut jamais exploré. Sa largeur inté- 
rieure est d'environ 1 m. 10. Les parois et le fond sont soi- 
gneusement cimentes. Un rebord, de quelques centimètres de 
haut, est ménagé au bas des murs latéraux. Dans les cendres et 
la glaise qui le remplissaient, nous avons trouvé un grand nombre 
d'objets. 

Sur l'autre face du talus, M. de la Prairie rencontra en i8A5 
une portion d'aqueduc, qui devait être U continuation de celui 
que noua venons de décrire. 

A l'angle du chemin de Paaly et de la rue du Général- fille, on 
découvrit des fondations de murs, perpendiculaires et parallèles 
à la rue, qui formaient plusieurs rectangles, d'environ 3 mitres 
sur 4 ; ces murailles séparaient sans doute les différents apparie* 
mente d'une habitation. Près de là, on trouva une base de colonne 
dorique et des fragments du caniveau de pierre dure, de o m. so 
de profondeur, qui amenait, a ce qu'il semble, dans le quartier 
romain, l'eau de la gorge des Chaudières, ou de Pigsonville, 
située à 800 mètres et dont les nombreuses sources se perdent 
maintenant dans les terres. 

Peinture» à Jretque. — Lee peintures a fresque, sur enduit de 
chaux et de sable on grève, qui ornaient l'intérieur des palais, 
temples et villas d'Â ugutta Suettimtm , ne sont parvenues qu'an frag- 
ments très réduits. 

Ces fragiles débris méritent toutefois d'être soigneusement re- 
cueillis en raison de leur rareté à Soisaons. 

Les fragments que nous avons rencontrés sont en général recou- 

t» PtiM, XXXV, 66. 



Digfedsy GoOgle 



— 833 — 

verte d'une couleur pourpre, éclatante et très solide. On trouve 
ensuite des fonda noirs, jaunes et bleus. 

Des feuillages vert d'eau, édairéa de blanc, sont exécutés mr le 
tond pourpre de la fresque. Des bordures très variées encadrent cet 
fonds rouges. L'une est bleu foncé avec filet jaune; l'autre saumon 
avec festons blancs; une autre encore est noire avec festons roses. 
Certain encadrement est compose de tons verts tria doux, allant 
du vert olive foncé au vert d'eau pâle. Des fresques, 1 fend noir, 
■ont décorées de grandes herbes rubanées vert amande et d'une 
grande fleur blanche, à quatre pétales, rappelant tes marguerites 
des prés. 

De toutes cas fresques, ia plus intéressante a été tramée dans 
l'aqueduc. Cette peinture est a fond blanc, du ton ■ataarel de l'en- 
duit, d'un blanc erénuui, qui a pris, avec l'âge, des teintes de 
vieux pareh*tBnîs> Sur ce fend, l'artiste a figuré un oiseau, dont 
il ne reste que la partie antérieure et qui a l'aspect et la taille d'un 
pigeon. 

L'œil est tracé en amande et cerclé de violet; le bec est rose; le 
pluaeage de la tête gris tourterelle; quant au con, il est visible que 
le peintre s'est efforce' d'imiter les tons changeants, verts et roses, 
appelés çtrge pigeon; enfin, l'aile est roux clair, avec mouchetures 
brunes. 

Un autre oiseau était représenté aussi sur celte fresque, mais 
nous n'avons pu en recueillir que d'insignifiants débris. 

Ces oiseau étaient accompagnés d'une fleur en rosace , a 5 pé- 
tales, d'un ton ocre muge pâli, éclairé de blanc, où les touches de 
lumière et d'ombre sont habilement posées. 

De l'autre coté, on remarque des herbes vert jaunâtre ayant 
1 apparence de roseau et terminées par un fruit noir. Lear exécu- 
tion est moins soignée que celle des oiseaux et de la rosace. Une 
large bordure rouge brique et des filets de même- couleur entou- 
rent cette fresque, dont l'ensemble devait être, jadis, d'une tona- 
lité 1res claire et très douce. 

Cette peinture, trouvée au C aan Va ii dAUbaitn, rappelle, par son 
style, certaines fresques de Pompei , si gracieusement , décorées de 
fleura et d'oiseau, entre autres celles de la collection Campana, au 
Loavre , trouvées près du tombeau des Scipions. 

Marbra. — Des fresques, nous passerons aux marbres. En rai» 



Digfedsy G00gle 



— su — 

se» du i nom dii lieu dit, on pouvait sataendoe à *n ^emmilrer de 
nombreux échantillons. Noua an >areut en effet, trSuW plue-de 
ào nrlM, depuis les faWo épais de Paras et de Carrera *létnaîre, 
jusqu'à ut •pnéeieuse serpentine vevle, l'agate onyc, le .rouge 
d'Egypte -qu'on rencontre eu nuque»; éftessas» à peine de A aiiafci 
mètres. ■ . ■ ■ . 

■ .Prèade l'extrémité' dn boidewd/.Paeteur, vers le Mail, nous 
avons ! tretivé trois- fragtnanle .de Carrare (l'un était perfored'un 
fcroaid'asssfcBMssje r où i adaptait une eafeville de feri ira antre était 
pafivsurane partisid» n surface, Cesontdea débris d'une- statua 
d'assez grandes dimensions. Vers cet endroit, on trou va, en i8î(, un 
brait et onei jambe de 1 marbre.- Cas débris e«n peut-être une prove- 
nance idmmuae. Ils. di'marttrrtat. en tout cas, ejoe la' groupe du 
PidaffÊgw, actuellement au Louvre, et lai déesse, jadu àt'lVéebA 
n'étaient pas ses seules grandes etainea. décorant les <temaaet 
A'Augtoêm, et qu'il an resta peitt-étr* d'antrerà déebuvrirv h 

Un de ces morceaux de marbre était enduit de ciment romain 
et avait été employé canine moellon., dans un mat- ganVromam , 
co;qwi donne a croire que «eUe statue 'fat -brisée antémenranaenl 
à !»■ nonquAte des Frqnoa. ■■■ .. , ■ -, i 

Dr* l'an 388, en' effet, l'empcMurTbaodoie avait ratef dit) tes* 
sacrifice païen, et l'on voit, dans la Vie de ïamf Onéiime, évoque 
deSoissons, que, peu d'années après, pu prélat satirps les restée de 
l'idolâtrie dans la vinseu et que In dostroetion des temples et 
deq idoles de* Soiasouuia fut -complètement achetée «ans son épi- 
séopa*. CestsVinoàsetéïiSrieaiBat -qu'il faut, au phss tard, reporter 
la décapitation et le morcellement du groupa du fimijjHuriii et de* 



-■ Quant anx marbres de décoration murale, leur deetnratkai ipii 
être imputée aux France, lorsqtrtls entrèrent dans Ht ville romain*: 
(à86,aprii J.-C.^ 

A le même extrémité do boulevard, aoua avons rencontré un 
socle de statuette, de marbre brun rose, dit Mtpé de-SicUi,) qui 
nom. o3 d'épaisseur, b m. ladalotiguaupat e m. 07 de larneur. 
l£ statuette, 'qui la surmontait, était 'de brame, ainsi que le -dé- 
montre. Je- vert*de-grie, «nacre déposa, à la surface du marbreU 
Celte statuette était munis d'un pivot, qui a'embetteil'deju un trou 
d'assemblage, percé dans le marbre du socle. Aucun des bronzes 
dumose'e de Soissau» ne s'y adapte. \> 



:igtz S d 3 yCOOg[e 



— m — 

.-, Vw-oHwa U rue de ttuiae, Wuimoh reoneilli ma fragment/ de 
utflubr» brtMteUejïata, «mieaanfc un angle 'deneanVarnout, <«k>aw 
luré «a creux , 4 qui devait entourer une loacripiionL A eetta aièaab 
plane, nous amas Irouwé aussi Un morceau de marbre noir, ié- 
coupé «irculairement et qui devait fer-mer, jadis;,. 1* rsbowt d'un 
bassin d'atrium. ■ ■. . *.(-.■: .■•' 

-. Df i* r*e F*Uetpiftàla»enue.dePa*ly,:(«*jpl hoojaifwtttué, à 
profusion, de» mbahirea ni de» plaques à> pavaa^etid«re**ie«uanU- 
Ces moulures sont de fondas et de dimensions trisvarioeîe leort 
dimensions, de haoteur, *ont,de o m. »i6 Jr! o vu nh^léBfhu 
hMlM.tant.de marbre blanc Le» plaças»» i w*t décdapes< en 
bandes, losanges, triangles et damier*. On . dncoukrii aaaaii, à net 
endroit, un iregnmt. aie 'marbre. Hase atatuaiifcvaw Uqtitel.uae 
feuille iitoaia lobe* était ecuJiHée. en feuvrtiiet .:.!.■ 

i.Ëomaie, en Italie,-' les marbres étaient appliqués 4tu meyeu 'de 
ciment et de goujeiiude fier, oui aie feston. <La ' ratsnuvesBiee dernier 
métal, aux yeux dm ' Kre.hcs> exjtbque Ven&itttt'dispantàdu des 

obewlies de bwuue. •-,■..... i , -,i I .. / ■■ / . 

En résumé, les principaux marbrée» qu'on, peut dénommer 
sont. : ieeaprare antique; .le parmi l'agate onyx; 4a biocatelle 
violette de Toscane-, le noir .grand; antique;' le< range «s^ifu*. 
d'Egypte vdetii autre» rouge» antique»; la ùrèc-hte rfise.de/ Sicile; 
le-vartide Gènes.} la brèche ïïiapilsn^lerjcaffeyjto roogei le janne 
antique lie Macédoine. -■ ■•> 

Poteries. — Les poterie» entières. let intactes «ont en très pe- 
tUdftomfaf* Bn MÙtila liste i 

Un plat de terre tris oraux, muni dr» tMuVpatit». pieds; at «et 
iV.iAne, anjpie iTOBe «grisâtre, mceuwrie dlusn) sorte- de dorete'; . 

Une carafe de terre blanchâeffe; 

Une soucoupe de même terre} ■ . .</■,. 

Uj»g»beUt.,trifl bas, de terre ro«ge glaréei .. r ■ I .... 

Un vase en forme de bol , également, en potsria ente 1 de Sanw, ■ ■ 

Parmi les fragments, nous citerons, d'abord, une moitié de 
pocuiiHH, d'une terre rougeâtre, à couverte noire, sur le haut du- 
quel on a gravé, à la pointe, une inscription = 
PONE MEIM 

c'est-à-dire Pone tne[rnm]. 



Digitizedr.y G00gle 



— m — 

Nous noterons «limite an manche de poterie me, me traces 
de dorures, paraissant provenir d'unepatère à libations. Ce man- 
che, très ornementé, se termine a son extrémité par on anaena. 

Quant aux autres fragments, ils sont teus de terre rouge dite 
«V SamoÊ. Certains sopt sigillés; d'autres sont «ouverts d'ornemepts. 
Voici la description des plus remarquables. 

1. Fragment de grand bol. Bordure dassiqse de lambrequins 
ou d'oies^ au-dessous, une double guirlande 4e laurier forme des 
demi-cercle» qui renferment une colombe. 

». Soucoupe 1 '). Feuille de laurier, sur kvmarlis. 

3. Bol. Lambrequins en bordure. Au-destOM, une cordelière 
l'orme des triangles entourant une chouette. 

4. Plat creaix. Feuilles aquatiques, à longue» tiges. ■■ 

5. VaBe (indéterminé). LnubreqailM «l feuilles' d'acanthe. 

6. Vase {N)W. Cordelière, en guise de lauibrequin. Au- 
dessous, enroulements svee €eurettes rappelant les myosotis. 

7. Vase (N), Lambrequins, et semis d étoiles. . ■ 

8. Vase (N). Dans un rectangle formé par un «ebte, m homme 
au tient en main une tprobe ou uns massue, 

9. Vase (N). Athlètes combattant. Leuro -.putes rappellent reUns 
«Va gladiateurs du Toaabuau de Seau rus. 

10. Vase(N). Médaillon avec cheval ailé ou- hippogriffe. 

st. Grand bol. Sous la guirlande d'oves et un mince fitet en 
dents de scie, deu\ coqs, plumes hérissées, tomba tient. Plus bas 
deux chiens ou deux renards semblent fuir. 

1 3. Bol. Marne sujet que le précédent. 

i3. Grand bol. Lambrequins et sujets de «basée: lierres, ohe- 
vreuik et autres animaux courant en tous sens: ' ' 

th. :Vaao (N), Scène de martyre dans un cirque, lin homme *u 
est étendnsur le sol, auprès d'un lias. 

1 5. Vase (N). Feuilles de palmier, en imbrication*. - 

16. Vase (N). Masque tragique,, pareil à ceux employés SM" tn 
scène,, dans le théâtre antique. 

Rûttrw mgWtm : ■•■ ■ 

1 . Fond d'assiette. Marque : pF-A | ' 

<"' Fragment. — De ménic pour les suivant*. 
'" { N ) signifie indéterminé. 



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s. GramA plat : |- -R AT- FECTT | 

3. Fond d'assiette : |- • • L TARf 

4. Très p«tit bo». Cachet cerclé : [ 6P'-ÀAf 

5. Très petite patina. Cachet cerclé : [AKVj 

6. Petite coupe, marque cerclée : |OF'SEVer.I | 

7. Soucoupe : | S'fcO-'' ■] 

8. Bol moyen i |IN.R-f 

9. Tria petit bol ; |- ■■■■1V[ 

10. Soucoupe : | DL| 

11. Bo|. Mwque cercVSe : J L1GNVS | 

Toutes ces marques de fabrique étaient imprimées sur des po- 
teries de Samos. Nous avons rencontré deux autres marques sur une 
poterie noire, que nous n'avons pu déchiffrer, et sur une sou- 
coupe de terre grise , très dure , où nous avons lu cette inscription : 
|ERIf exécutée au moyen d'un cachet, comme sur las poteries 
rouges précédentes. 

Verrerie. —- La verrerie est très rare sur l'emplacement du 
quartier romain. Nous n'avons découvert qu'un fond de fiole vert 
bleuâtre, le pied d'une coupe fortement irisé et un très long goulot 
d'une autre fiole de verre incolore. 

Objetê ttooen et brome. — Au cours des travaux, on rencontra 
aussi quelques objets, que nous n'avons pu classer dans les caté- 
gories précédentes. Ils consistent en de nombreuses défenses et 
mâchoires de sangliers; en un grain de collier ou amulette de 
quarts, une fusaïole de filet de pécheur et en une grande quan- 
tité d'armes de silex, flèches et haches. 

Nous terminerons notre nomenclature par les bromes qui sont 
en petit nombre : un fragment de fibule, deux rondelles de bronze 
argenté, de diamètre différent, soudées l'une sur l'autre au 
moyen de rivets et paraissant provenir d'un harnais; enfin, une 
ditaine de monnaies parmi lesquelles on peut en citer trois remar- 
quables par leur belle patine verte et leur conservation: une de 
Marc Aurèle, une de Caligula, une de Néron; celle de Néron sur- 
tout semble à fleur de coin. 

On doit remarquer l'absence complète de débris mérovingiens 
parmi les objets trouvés dans les fouilles et que nous venons 



Digfedsy GoOgle 



d'énumérer. En rapprochant cette absente des traces d'iateendte et 
des cendres visibles encore partout, on peut «a conciliée que lea 
Francs, venus o la mite de -Glovia , n'habitèrent jamais \b quartier 
romain, après la conquête; puais qu'au contraire, cette partie de 
la ville fut livrée au pillage et incendiée complètement. 

L'extension prise par Boissons, de nos jours, nécessite des 
fouilles profondes pour les nouvelles construction». Grâce, a w» 
travaux, l'état et la configuration de la ville,- a répoque romaine, 
nous seront révélés peu à peu. Cet immense terrais n'a point 
encore livré tous ses secrets. 

■ Pernand flutitctui». ' 



Digitizedr.y G00gle 



S'ARCOPïJAg'e JDÈ SAINT ÀPHROJXISE, 

,'V.,, 'J. BÉ2IJERS» . . '.".': ■.-■-■ 

■,PAR M. ÉSILR BONNET. ., ; 



■ it^i*eSaiaitAfd)rod«Att, qai«stikipliM «ncie» rfdifioei-digieulC' 
dei.B&iare» posséda un. aareofàVaga antique, utilisé,. depuis plo- 
sieucs, siècles» ennuie -ouve bapiisinainW. D'apree ope fait-Mille 
tradition, ce monument murait ' autrefois renfermé ke restes da 
mn\ Apbwlii», jnartyi iBt pHenlies* évèqne de Béliers. Nous 
trouvons «a éclw de> eMte «eyaaet d*n* 1» .^ocBft-wrhal-dei* 1 
visïle de l'église, faite le a3 juillet i633, par l'évêque Clément é» 
Bmuti:, i- ; , ■■ l ■■ ■ ■"' 

.nDûila., y ftst-iidit, visitai les fends baptismaur qui «dut bien 
fejnoez, ut çpuyai-u du», bois -fort bien trawaiUé-W* ils -saàt i« 
rnarbruidaflc, faicU en ,fol:inedelotBba««tirthitiUM de figures de 
relief, U tfaditjoD, est que 4«n& icem seintf.Affradww, evesqu« 
de Beiiers et martirisé en ladite ville, fust ensepvely, et il y a 
encore (les marquea de- sang qu'on dit astre dudttntarttr; et «nr la 
Uaddition et «reanoe qveles autans baptise* on ieeur sont préser- 
ve* du haalt niai , ta pins part des pères et mères y font baptiser 
leurs enfans, el particulièrement lés aîsnes, bien qu'Us ne soient 
pas de la paroisse; et.plusieurs personnes qui estaient atteintes de 

W Sut w H^wp^age. ou peut çomultor .: IL SaWiar, Sot»»» mtfégitt» Saùn- 
Afkrodiu dt Itéutrt (&*Uttt*di i» . iiwiAf' **fli*Je(Tf»» 4i Béiitr., ! , p. i S eà 
pf. 11, % *) el Ilutort fr h.pilU-*l<U* à*ttm.i*B**n*v, |4;' U K*4utaV 
La fohmi'f ronwin» 4* /fct«r* \B*ll*tm à» i» Sêciàt ui'oJubJsgii.* «V Mon, 
s". série, XI, p, 3»'i); «bbé Co«te, ■&>« Xp*r«to«, a?Ai* «V UtMrr, *i M*' 
«j/i'm i trovtrt.lt* 4ge>. p- »4o et plti Enwîa Bottcet, ,AH*ee*V»al wnM—wlurf» 
Fllérault, p. asg e tpL , ■ ■■ .<■ ■ 

;,; Ces funlï b»ptism«uï *mt aujourd'hui Kvwtertt (MB :un uMUfel* «k. itvJe 
Lwii» XV, eii foriDûi'trmoire, qui, contrwte éVtagaaeilU"»!* MrctetMffe. pflo- 
romûn sur lequel il es* pj«cé, . . 



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— 330 — 

ce mal faîsoient veu de boire de l'eau qui est dans lesditi fonds, ce 
qui leur a esté permis autres fois (1 >. » 

Le plus ancien historien de saint Aphrodise, qui ne nous est 
connu que par les initiâtes de son nom : I. D. G. , rapporte de 
même que tes prêtres et religieux attachés a l'église dédiée a ce 
saint «ne pouvant souffrir que ses reliques précieuses fussent en- 
fermées dans une pierre, les enchâssèrent en une caisse d'argent et 
les transportèrent sur le maÏBtre autel avec de grandes soiemnitei 
dont l'église de Beiiers célèbre la Teste annuelle le vingt-troisiesme 
du mois de mars». Il ajoute que la pierre du tombeau (testant 
creusée en forme de bière ou de cuve oblongue, fut destinée par 
lea premiers chrestiens à servir de réservoir aux eaux baptismales" 
et que «les longues expériences ont aprnM que tous cens qui y 
sont baptisez sont, par un privilège particulier, préservée des 
attelâtes dangereuses du haut mal, qui par ses surprises cause de 
morts soudaines a ceux qui en sont rrepei Mu. 

Pierre Andbque, qui a écrit l'histoire du siège épiscopal de 
Béliers, signale également la croyance qui s'attache a cette antique 
séputtoreW. 

Notre intention n'est point de rechercher ce qu'il peut y avoir 
de vrai dans cette tradition. Cette recherche serait, du reste, fort 
difficile, car nous sommes assez mal renseignés sur saint Aphro- 
dise et sur l'époque a laquelle il vécut, bien qu'il soit généralement 
considéré comme un disciple de Jésus t*\ Nous devons toutefois 

"l La ptocea-vanbal de vinte de l'éati» eellétiite Saint-Aphrodite a été plu- 
Mon fait publié, notamment Aow ta tf*Unm du Gmitt de U lamgut, tU fki*- 
toirt (I de> art, de U.Frwux, yoL III (liiàfi -.856 ), p. 64g, et dtM le Bvlla- 
tinatla SoeUti arthMogi^u de Bézart, vol. VII, p. i So, et 3' aérie, vol. V, 
p. iSg, 

M fnatotr* de Unit, mort II mWaelet dt tainct Afrodit», lotte et ditàpU de 
Juum -Cbriit, marlyr tt premier nttq*e dt Bezitrt m Languedoc, avec «m* ormi- 
*m, kimnrt et prière» à l'komumr dm mime jamrt (Maere, Jean Marld, 1 638 ; 
ia-8* do 71 page»). — Celte rerisnme plaquette ■ été réimprimée en 1899, par 
M.fabbé A. Ceste.ea télé de son firre snr Somt Aphrodite. 

1,1 «On »oid dans t'egtise de 9. Aphrediae an tombeau de marbra blanc où 
tWiïer a UriHé une chaan de Irons; on eroid que de* que les Ghreatiena de 
cette vide pearent eau» péril te déclarer ouTerienent, qu'on mit la dedans le carpe 
de S. Aphrodite où il fut content, durant quelque» tiedee.» (Catalogue du 
{iwiqun de HétUrt , Bélier», Jeen Martel, I«5 1, p. 16.) 

<*' L'Église n'honore pai ment» de sept sainls du nom tTAphrodiae. D'iprea 
les aor.ie nu livre* liturgique* du diocèse de Bériore , le naint Aphrodise, martyrisé fîan« 



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DigmzedîiyVjOOgie 



reconnaître qu'il n'y a rien d' invraisemblable à ce que le moi*omenl 
en question ait servi de tombeau à un martyr •vénéré par l'Eglise , 
eu le» sarcophages antiques étaient fort recherches,' au moyen 
Age, pour y déposer les restas soit des princes ^ soit des saints. 

Nous nous Attacherons uniquement à l'intérêt archéologique que 
présente ce monument. (PI. XVII, fig. 1.) . . 

C'est une cave rectangulaire qui mesure a m. 10 de longueur 
sor o m. 5a de hauteur. Elle est de marbre griB semé de taches 
d'un rouge vif, dans lesquelles il faut voir probablement lea 
t marques de sang» du martyr, signalées dans le procès-verbal de 
visite de Clément de Bonai. 

Ce sarcophage est décoré d'un important bas-relief qui en oc- 
cupe toute la face antérieure. Il représente une chasse aux lions. 
Au centre, le principal personnage, achevai, vient de lancer son 
épieo contre un lion de grande taille et a traversé de part en part 
le- fauve, qui, rendu furieux par sa blessure, bondit vers le chas- 
seur, tandis qu'un chien le mord cruellement Sur le sol, un autre 
chasseur renversé essaie de se protéger en se couvrant d'un bou- 
clier. Derrière le cavalier qui a frappé le lion , une femme coiffée 
d'un casque a cimier et vêtue d'une longue tunique, semble le 
protéger et lui tendre une nouvelle arme. Cette figure est certai- 
nement une de ces allégories comme on en trouve souvent mêlées 
aux personnages réels, sur les œuvres de sculpture de la déca- 
dence, fille symbolise vraisemblablement la Valeur. 

A gauche de ce groupe, trois chasseurs, dont deux cavaliers,' 
sont aux prises avec une lionne qui défend avec fureur ses petits 
et 1er couvre de son corps. Un quatrième chasseur, a demi cou- 
ché sur le sol, détourne la tête et se cache derrière un bouclier. 

celte ville, était préfet d'Egypte et rendait à Heraiopolis, a l'époque où Jésus, 
Marie et Joseph quittèrent Bethléem pour échapper à li colère d'Hérode. Il au- 
rait logé la sainte Famille dan* son pajai* et. tingt ans plue tard , aurait aban- 
donné sus para pour l'attacher a ht suite de Jésus : <rCum Joseph et Vîrgo Maria 
Chrietaia ejui filin m Deo per angelimi in sonraiis révélante in Kgyptj ternm 
Herodi non subditam auluginrat : phaniimnue ydolorunt sptenrride constrnrtum 
cum intrafeent, fundilus rorruisset; INisque in medio lapidum illesU remnnrn- 
tibn*, bealoa AnVodinoa, proconsul terra illins, coneiUtna iilic adveniene, Chrîs- 
lum videns attonilus, primns ilium adoraiit : iltosque «optennio proprbs soropti- 
bus educana sno eieepit bospitio.» (llrcviarium Itirtorriyut, anno i53A. 
fol. rcciiiTii y'.) — Cf. l'Évangile apocryphe de l'Enfance du Sauveur, attribué 
à saint Jacques te Mineur, ch. m». 

AacaÉOLOOti. — \° 3. a3 



:igtz S d 3 yC00g[e 



— 332 — 

A droite, dans une mêlée confuse, une autre lionne lutte contra 
plusieurs cavaliers. ' 

Nous allions oublier de signaler la présence, ou centre même 
du bas-relief, d'un lièvre qui, sans paraître troublé' par cette 
scène tumultueuse, mange tranquillement un fruit placé devant 
lui. 

il n'est pas rare de rencontrer des sujets de chasse sculptés sur 
les tombeaux antiques '". Un des plus remarquables et probable- 
ment le plua ancien bas-relief de ce genre, est celui qui décore le 
tombeau dit d'Alexandre, qui a été découvert à Sidon et qni est 
■ aujourd'hui conservé au Musée de Constantinople (*'. Dans certains 
cas, ces scènes de chasse ont eu vraisemblablement pour but de 
rappeler les prouesses cynégétiques du personnage pour lequel le 
sarcophage était sculpté. Mais , le plus souvent, elles avaient un 
caractère purement décoratif. Aussi a-t-on recherché quelle pou- 
vait en être la signification et s'est-on demandé s'il ne convenait 
pas d'y voir un symbolisme funéraire. La question a même été 
posée, en 1878, au Congrès archéologique tenu à Chiteauroux , au 
sujet du tombeau de saint Ludre (sancUu !***■), conservé dans la 
crypte de l'église SaintrÉtienne de Déotst*) et mentionné, dès le 
vi° siècle, par Grégoire de Tours" 1 . L'opinion générale «et que 
jamais les sculpteurs n'ont attaché une idée symbolique à la repré- 
sentation des chasses sur les tombeaux. C'est l'avis d'éminents 
archéologues, notamment de MM. Prospcr Mérimée, de Lanrière 1 * 1 
et Léon Palustre' 6 ), 

A l'époque de la décadence artistique romaine, les sculpteurs 
peu habiles et dépourvus d'inspiration, se contentaient de repro- 
duire aux les monuments qu'ils devaient décorer, les bas-reliefs 
qu'ils avaient sous les yeux, sans considérer la destination de ces 
monuments, étant ptu aptes, du reste, à composer et a exécuter 

W Cet mige «amble e'étrs perpétué jtuqu'au nwvw ajrc Le Musée de Hmrt 
poueda un inUicMUitUa^eav du ui' siècle qni provient du château de itnrtny 
et sur lequel «t tcuIpUe une charne (roir A. de dumoat, AbéMmin tm Ml m 
lagù : ardUtecImrt ntigiturt, 6" dditioa, p, 3ss). 

i<i Ce monument etl «tlribuii bu «■ sièdn a». J.-C 

111 CoKgrét tmhéaltgùpu <i* Franc*, XL' timàon. Sianetê général* Mwwt à 
CUltmttMàxtn 18 j3, f. «90. 

W De gitria an/iiNna». 

« Congre* mekétlogiqm . . . CUUéMreux, tS 7 H , p. /19g. 

<•) U* vuawti il* rindrt (Btillttm mmumemlmi, XXXÏX, 1878, p. 190). 



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— 333 - 

une décoration appropriée. G'est ce qui explique la répétition de 
ces sujets de chaise, dont il existait de nombreux modèles et qui 
se prêtaient fort bien à l'ornemenlaliou de surfaces étendues. 

Quelquefois cependant, le sculpteur, tout en demeurant fidèle 
à un type banal, avait la préoccupation de rappeler, dans une cer- 
taine mesure, celui auquel était destiné le sarcophage. Un tombeau 
d'enfant trouvé en Corse , à la Basleiicaccia , près de Baitelica , nous 
en offre un curieux exemple. Dans la scène de chasse aux bête» 
féroces qui y est représentée, les chasseurs sont tous de jeunes en- 
fants' 1 '. Non» verrons, d'autre part, qu'il n'était pas rare que les 
sculpteurs donnassent au principal personnage tes traita du défunt. 

Ce qu'il y a de plus singulier, c'est que le plus grand nombre de ces 
bas-reliefs procèdent d'un prototype commun, modèle banal qui a 
été plus ou moins fidèlement copié durant plusieurs siècles. Ou 
retrouve en effet, sur beaucoup d'entre eux, les mêmes groupe- 
ments de personnages et d'animaux, dans des attitudes à peu près 
identiques. Cette constatation a été souvent faite (a) . On a rapproché 
notamment le bas-relief du sarcophage connu sous le nom de tom- 
beau de Jovin et conservé au Musée lapidaire de Reims (*), de celui 
d'un autre sarcophage antique qui provient de la villa Borghèse et 
que possède aujourd'hui le Musée du Louvre ("l 

Sur ces deux monuments, on voit, au centre du bas-relief, 
comme sur le tombeau de saint Aphrodise, un cavalier qui frappe 
un lion bondissant et qui est accompagné d'une figure allégorique, 
mais les scènes qui sont sculptées aux deux extrémités, difièrent 
complètement. A gauche, un personnage s'apprête a monter sur un 
cheval qu'un serviteur tient par la bride (i) ; à droite, plusieurs 
chasseurs prennent parla la lutte contre le lion, tandis que d'autres 
s'enfuient. 

W Bulletin de la Société det Antiquaire* de France, 1870, p, i3i. 

<*> Voir notamment Léon Palustre, dans Bulletin monumental, loc. iup. cit. 

; "' Catalogue du Mneée lapidaire rémoii établi dam la Chapelle boue de FAr- 
ck—etM (i8t]5.iBa5), par MM. Olrekl. Jadartet Demafson, p. 81, n* 7 et % 
— Voir auaai U tmeètau it Jari*. par Unique*. 

■'*' F. de Clarac, Mutée de teulplure antique et moderne, 11, p. ti'jG, n* 186 st 
pi. 1B1. — Voir aussi Selomon Reinach, Répertoire de la statuaire grecque et 
romaine, I, p. 45. 

!l! Certain» archéologues ont pensé que c'était le même personnage que celui 
qui était représenté, ou milieu du bas-relief, en action de chasse. Ce aérait donc 
use «ite de scènes qui seraient sculptées ai 



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— 334 — 

Il est incontestable que les ouvrière qui ont sculpté ces deux 
bas-reliefs se sont inspires d'un même modèle, et que ce modelé, 
dont des copies devaient se trouver dans la plupart des ateliers 
de sculpture, a été longtemps utilisé par les praticiens. Le 
tombeau de Reims est, en effet, bien antérieur à celui du Louvre. 
On attribue généralement le premier, qui est d'un très bon style, 
à l'époque de TrajanO on a celle des AntoningW, tandis que le 
second, dont le dessin est assez lourd, parait contemporain des 
sculptures de l'arc de Constantin le Grand , a Rome (*'. 

Les différences que nous venons de relever, entre les sujets 
sculptés sur ces sarcophages et ceux qui décorent le tombeau de 
saint Aphrodise, prouvent qu'il y avait plusieurs variantes du mo- 
dèle en question. Chacune de ces variantes a donné naissance à de 
plus ou moinB nombreuses reproductions. Nous avons, eu effet, l'heu- 
reuse fortune de pouvoir signaler un bas relief qui offre iivec celui de 
ftéziers une telle analogie, qu'on dirait, a première vue, que c'est 
la réplique exacte de la même œuvre. Ce monument se trouve en 
Espagne, dans l'église Saint-Félix de Girone. ou l'on peut étudier 
plusieurs autres sarcophages antiques, mais ceux-là d'origine chré- 
tienne. (PI. XVII, fig. a.) 

Nous retrouvons, sur ce bas-relief, non seulement le groupe cen- 
tral du cavalier et du lion, mais encore, à droite et à gauche, les 
groupes de chasseurs aux prises avec des lionnes que nous avons 
signalés sur le tombeau de Béziers. Saur quelques légères diffé- 
rences, les attitudes des personnages et des animaux sont les 
mêmes. Les détails sont également les mêmes; on y voit les deux 
chasseurs blessés et renversés sur le sol, les petits lionceaux pro- 
tégés par leur mère et jusqu'au lièvre en train de manger. La diffé- 
rence la plus notable réside dans l'attitude d'un cavalier qui se 
trouve derrière la lionne de gauche; tandis que sur le bas-relief, de 
Béziers, il se précipite vers le fauve, sur celui de "Girone, il se 
retourne sur sa monture pour piquer de sa lance un lion déjà ter- 
rassé. De plus, la figure symbolique de la Valeur n'est pas casquée 
sur le sarcophage de Girone et se présente de face, la main droite 
levée «t. 

iO Hâbner, '/.% dm Attirihûmerit don Rsimi. 

'*' Loriquet, Lt tombeau de Jovin, p. 37. 

f> K. de Clame, np. cit., p. £177. 

'*' Un bon moulïgp (ta bas-relief de Girone; se trouve dans la riche cofleclion 



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— 335 — 

Le tombeau de l'église Saint -Félix, est de bien meilleure facture 
que celui de Saînt-Apbrodise. C'est assurément, comme ce dernier, 
un ouvrage de 1res basse époque, probablement de la fin du iy° ou 
du t* siècle, mais l'ouvrier qui l'a sculpté a fait preuve de plus 
d'habileté et d'une facililé de main plus grande. Le bas-relief de 
Béaiers dénote, chez son auteur une singulière inexpérience; cer- 
taines parties sont même tout à fait choquantes, car elles violent 
toutes les règles des proportions. On remarquera notamment les 
griffes énormes dont sont gratifiés les fauves et la petitesse des 
personnages couchés sur le sol. Ce sont des témoignages d'insigne 
maladresse qu'on ne relève point sur le bas-relief de Girone, bien 
que ce dernier ne soit pas exempt de fautes. 

On a signalé sur les sarcophages de Reims et du Louvre une 
curieuse particularité que nous retrouvons sur celui de Girone, 
mais qui n'est pas apparente sur le bas-relief de Béliers. Les têtes 
des principaux personnages, réservées dans l'œuvre primitive, ont 
été sculptées après coup, vraisemblablement à l'image du défunt 
auquel le tombeau était destiné, et des membres de sa famille. 
Elles sont, en effet, d'une autre main que le reste' 1 '. Cette con- 
statation permet de conclure que les sculpteurs conservaient dans 
leurs ateliers un certain nombre de tombeaux décorés par avance, 
qu'ils tenaient à la disposition de leur clientèle i*>. C'est une nou- 
velle preuve de la banalité de ce type de sarcophage. 

On n'est pas d'accord sur la signification qui s'attache aux lièvres 
que nous retrouvons tant sur les bas-reliefs de Béliers et de Girone 
que sur celui du Louvre. Les uns y voient un symbole funéraire 13 ); 
les antres, l'expression de cette idée que la poursuite des animaux 
féroces est seule digne des nemrods valeureux qui dédaignent le 



ri'udiigljptique du chanoine Didelot, récemment acquise par It Faculté de» 
Lettres de Montpellier (Voir !<*. Bertbelé, U OAUetio» DidtUit à Mwijxlli*-), 
Ceat d'après ce moulage qu'a élé faite la photographie qui accompagne ce mé- 
moire) et dont noua devras la communication i l'obligeance de M. le profcacur 
Joubin. 

W Catukguc du Miaêi lapùiairt rénoii, p. 33 , note i . 

I* « Quelle que soit l'origine îles composition» de chasse que l'on tronre en ai 
grand nombre en tant de Ùeai, dit Prosper Mérimée, eues paraissent «voir été 
tellement A la mode dans le Bas-Empire, que les sculpteurs en faisaient i U 
pacotille.* 

M K. Sabftier, Hùtnire di la rittt rt dn bravn de Rnitn, p. 7 5. 



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— 336 — 

pacifique gibier!". Nous ne prendrons pas parti dans la contro- 
verse, mais noua ne doutons pas que ces figures répétées avec in- 
sistance n'aient eu, au moins à l'origine, un sens symbolique. 

Dana cet ordre d'idées, on pourrait avoir quelque hésitation en 
ce qui touche ta figure de femme que nous avons considérée 
comme une allégorie du Courage ou de la Valeur. Mais, si nous 
nous reportons à celui de nos monuments qui doit se rapprocher le 
plus du prototype, puisqu'il est le plus ancien, nous voulons par- 
ter du tombeau de Jovin, nous constaterons, arec les auteurs du 
Catalogue du Mutée lapidaire rémoi» W, une singulière analogie entre 
cette figure et la déesse gravée au revers de certaines monnaies 
d'Adrien et de Commode, qui portent la légende V1RTVTI AV- 
GVSTI <*). Ajoutons que sur plusieurs monnaies offrant la même 
légende, on peut voir l'empereur a cheval perçant un lion de aa 
lance' 41 . L'interprétation donnée de cette figure peut donc être con- 
sidérée comme certaine, malgré les modifications résultant des 
copies successives, qui en ont altéré le caractère. 

La très grande ressemblance qui existe enlre le sarcophage de 
Béliers et celui de Girone autorise a croire qu'ils proviennent sinon 
du même atelier, du moins de la même région, et vraisemblable- 
ment du bassin du Rhône, car le type de ces monuments rappelle 
plutôt les produits de l'école provençale que ceux de l'école d'Aqui- 
taine ( s) . On ne saurait objecter que le tombeau de Girone se trou- 
verait aseei loin de son pays d'origine, car il est aujourd'hui établi 
que ces monument» ont été souvent transportée, au moyen Age, à 
de grandes distances'»). 

Le prototype dont procèdent ces deux bas-reliefs devait avoir 
une réelle valeur artistique, tin dépit de la pauvreté et de la lour- 
deur du dessin , les copies que nous possédons révèlent de très sé- 
rieuses qualités, notamment dans l'habile groupement et dans les 

PI F. de CUrae, Mu.ét de teufpMrc, II, p. Ù77. 

» Page 33. 

W Cf. Colian, DitcrJptianliittoriquM a>« numuaJMfnpfé*» ww l'Empwt rtm mm , 

Adrien, n" 1 ifi'i-i '168; Commode, n° 966. 

M Cohen, ouer. cité., Adrien, n° 1A71; Commode, n" joli, 969, 971-973. 

W Sur Im omettre* dutùittih de oee drai écoles, voir EeWnd Le Blint, 
tiivdt Mir in MTMphagi' eWfimi d'ArUt, introduction, p. »; Lu tmmpktgm 
chrgtiëHÊ iê la Gault, introduction , p. \i et p. 66. 

'*' Voir Edmond Le Rient, Nonrean rrcutii det inicriptioai ckriùmiua tit i* 
Gnidr, p. 3Sii. 



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— 337 — 

altitudes des personnages. Il serait d'un grand intérêt de retrouver 
l'œuvre originale et d'en suivre les dégénérescences successives, en 
recherchant et comparant, (es hts-a-aliffs du même type qui nous 
ont été conservés. Mais ce qui offrirait plus d'intérêt encore, ce 
serait de découvrir comment ont été créées les deux variétés de 
modèle que nous avons signalées et qui sont représentées, d'un 
coté, par les sarcophages de Reims et du Louvre, de l'autre, par 
ceux de Béliers et de Gîrone. La publication prochaine du Corput 
des bas-reliefs de la Gaule romaine nous permettra probablement 
d'élucider ce petit problème archéologique. 

Emile Bonnet. 



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NOTES 



LE TRÉSOR DE LA CATHÉDRALE DE MARSEILLE, 

PAR H. L'ABBÉ ARNAUD D'AGNEL, 
Coneapondut du CgmiW. 



Le Trésor de la cathédrale de Marseille mérite d'être connu 
malgré sa pauvreté relative. 

En dépit de sa haute antiquité et de sa primauté sur les autres 
paroisses de la ville, l'église de la Major n'a jamais eu un mobilier 
remarquable. Au moyen âge, la toute puissante abbaye de Saint- 
Victor recevait seule les donations importantes des seigneurs pro- 
vençaux et des riches bourgeois marseillais. C'est ce qui rassort de 
la comparaison des inventaires de la Cathédrale et de ceux de la 
célèbre abbaye bénédictine. 

Trois reliquaires de valeur et d'âge très différents constituent 
les pièces principales du Trésor de la cathédrale. 

Le plus ancien est un coffret d'os qui contient des ossements 
allribués aux Saints-Innocents : oita S. S. Innocmtxum. 

Cette botte rectangulaire aux angles arrondis a o m. 28 de lon- 
gueur surom. 10 de largeur ou d'épaisseur et m. 11 de hauteur; 
son couvercle est à charnières. 

La facture de ce meuble est grossière. L'unique ornement con- 
siste en des bandes de cuivre larges deom.oi5 à om.oao, en 
une poignée de fer et en un système de fermeture des plus simples, 
deux ardillons s amorçant dans une plaque rectangulaire. Les rubans 
de cuivre courent le long du coffret daus le sens de la hauteur; 
leurs extrémités au-dessus et au-dessous de la boite sont arrondies 
en trois- quarts de cercle Ces rubans de métal, ainsi que la 
serrure, sont ornés de minuscules cercles en creux pointés au 
centre; ceux de la serrure sont disposés en croix latine. 

Ce reliquaire a été réparé en deux endroits. 



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— 899 — 

Il «et difficile d'assigner une date , même approximative, à cette 
boite en os. Son aspect lourd, m facture primitive et son décor 
archaïque, cercles pointés au centre, ardillons. découpés en petites 
dent* de scie, tout semble en reculer l'origine an moins jusqu'au 
mil* siècle. 

Dans un acte original touchant la translation des reliques de 
l'église de Marseille par l'évoque Raimoud, il est parlé entre autres 
reliques de celles des Saints Innocents que renferme aujourd'hui 
le petit coffret de la Major, nuis il n'est fait qu'une mention vague 
du reliquaire du xn* siècle, de sorte qu'il est impossible de con<- 
clure de cet acte à l'existence à cette époque de la boite en os. 

La cathédrale de Marseille possède un superbe coffret d'ivoire 
en forme de tombeau, dont le oouveireJe est à quatre rampants et a 
dessus plat. 

Ce meuble précieux est formé de vingt-huit plaquettes d'ivoire 
de dimensions variables, épaisses de o m. ooa à o m. ooo. Ces pla- 
quettes sont collées sur une caisse de bois dur et retenues par plu- 
sieurs frettes de cuivre doré. 

Ce reliquaire a o m. 336 de longueur sur o m. 189 de largeur 
et o m. 16 de hauteur; il contient des reliques attribuées à saint 
Jean Cassien, abbé de Saint-Victor, #wa S* Joamû Camani abb. S 1 ' 
Vitttriê Majt. 

La précieuse cassette est garnie à l'intérieur d'une étoffe de 
coton blanc dite zondettidji; ses faces sont ornées de dessins an 
trait noir rehaussés de dorure et de touches en couleurs, vert d'eau , 
rose pâle, jaune canari, marron clair. 

La planche XVIII présente un décor qui consiste en quatre grands 
cercles concentriques ornés dans le champ d'arabesques; ces cercles 
sont accostés de paons et de gros chiens courants. Sur la bande 
inférieore du couvercle , court en caractères arabes l'inscription sui- 
vante :t beaucoup de bonheur, une position élevée et d'autres choses 
qui vous montrent le bon chemin n. Il faut soua-«n tendre au début 
de ces vœux de prospérité las mots : *je vous souhaite», comme 
l'indique le sens générât de la phrase. 

La fate opposée (pi. XIX) à ceBe que nous venons d'étudier a une 
ornementation un peu différente, toujours des cercles concen- 
triques; mais tandis que trois sont occupés par des arabesques, deux 
autres inscrivent des dragons ailés et un troisième sert de cadre a un 
curieux personnage qui se présente de face. Sa tête énorme, dis- 



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— 340 — 

proportionnée avec le corps, repose sur un buste trop court, les 
membres inférieur* semblent foire place A une queue de poisson. 
Cet homme ou cette femme, car rien n'indique son Bexe, tient de 
fa main droite un vase en forme de léeythe et de la gauche uae 
coupe étroite et très allongée. 

Le couvercle est orné sur sa partie horîiontale de deux arbres 
dont les rameaux feuifiue se répondent et s'infléchissent en courbes 
gracieuses et symétrique!. Des cervidés se détachent dans des cercles 
concentriques. Une jolie poignée de enivre dore* est fctée su «antre 
du couvercle. (PI. XX.) 

Le petit coté droit du coffret a son décor à demi effacé-; on y 
distingue deux paons, un canard et un faucon aux aHes Apleyées 
accosté de deux oiseaux qui tiennent un rameau fleuri dans le 
bec. 

Le coté gauche offre le même ornement , si ee n'est deux arbres 
sur le rampant 

Le coffret d'ivoire de Marseille rappelle celui du Trésor de 
l'église d'Apt qu'a publié le BulUtin archéologique (H. 

Sur tous les deux, le décor est dessiné au trait nair rehaussé de 
dorures et de couleurs aux teintes douces; les motifs sent sem- 
blables : paons portant un rameau fleuri , cervidés courant, cercle* 
concentriques ornés d'arabesques. Il n'est pas jusqu'à k bordure ù 
tresse, de style si particulier, qui ne se retrouve identique que sur 
les coffrets d'Apt et de Marseille. Le reliquaire de la Major est ce- 
pendant d'une exécution plus soignée et d'une plus grande richesse 
(jue la cassette aptésienne. Ce dernier meuble est en effet de petites 
dimensions et d'ornementation très sobre; son convertie plat n'a 
pas de rampant. 

Le coffret de Marseille se rapproche beaucoup de eefoi de tant 
Tuduai de Laval. Cette parenté ressort du rapprochement de notre 
description et des ligues suivantes de M. de Barthélémy (*> i «Le 
coffret de saint Tuduai, en forme de tombeau, formé* de plaques en 
ivoire juxtaposées et assemblées par des attaches de cuivre^ est 
garni à l'intérieur d'une étoffe de coton blanc difesMdniidjiî. Sur 
chaque face et sur son couvercle, le coffret est oene de dessins 



I" Bull, «rcfc., .yo.'i, p.33i, pi. XXVI et XXVII. 

"> Let rthquri it Saint TvJual, frfqut de Tréguin; par K. He RlrthfilaOV. 

Vannes, imprimerie I-afclve, 1901. 



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— 341 — 

graves an trait noir et rehaussés de couleur verte et d» dorures. 
Les côtés du coffret sont ornés d'animaux et de sujets de chose. On 
remarque des bouquetins guettés par des oiseaux de proie ou pour- 
suivis par des guipants, un loup ou une hyène se jetant sur un 
lièvre, un faucon saississant un renard, des paons, des perruches, 
des perroquets, » 

Le coffret de saint Tudual est à peu près de mêmes dimensions 
que celui de Marseille. Il a o m. 33 de longueur, o rit. 1 6 de pro- 
fondeur et o m. 1 8 de hauteur. M. de Barthélémy lui attribue une 
origine persane et le fait remonter au iiU* siècle. 

Certainement, le reliquaire de la Major est aussi ancien que 
celui de saint Tudual, mais faut-il les faire remonter l'un etl'autre 
au ini* tiède 1 Leur genre de décor noua permet de le croire, puisque 
la plupart, des motifs traités sur ces bottes d'ivoire figurent sur 
des objets du in* et même du xi* siècle. Mais il ne faut pas oublier 
que les pièces en question sont de provenance orientale, qu'elles 
relèvent donc d'un art essentiellement conservateur. A cause de 
leur lieu d'origine, ces coffrets peuvent aussi bien appartenir aux 
environs de Tan mil qu'à la fin du xiv* siècle. Gette dernière date 
nous parait la plus probable d'après la forme de la serrure et des 
tirettes de cuivre doré. 

L'inscription arabe que porte ta cassette de la cathédrale de 
Marseille ne défend pas d'attribuer a cet objet une origine persan*, 
puisqu'il s'agit d'une inscription religieuse et que l'arabe est la 
longue religieuse de la Perse comme de tous les pays de la religion 
de l'Islam. On se trouve en présence d'un de ces élégants coffrets 
d'os, d'ivoire, de bois de senteur qui se fabriquaient à Conetanti- 
nople et dans tout l'Orient, du in* au xv* siècle. On sait par les 
chroniques et les inventaires du moyen Âge la vogue qu'avaient en 
Occident ces articles de prix importés de Byzance. 

La ressemblance du coffret de la Major avec celui de saint Tudual 
rend certaine l'origine persane que M. de Barthélémy assigne à ce 
dernier petit meuble. La ressemblance entre les deux coffrets est 
d'autant plus significative, qu'elle porte sur certains détails carac- 
téristiques tels que la physionomie des personnages, leur coiffure, 
leur habillement; c'est ainsi que les personnages portent un bra- 
celet en forme de large ruban au même endroit des bras, a dis- 
tance égale du coude et de l'épaule. 



Digfedsy GoOgle 



— 3A2 — 

On expos» h-ia cathédrale de Marseille une châsse du xvi* siècle 
en ferme de tombeau reposant sur un soete recta ufrolaire a) . 

. Ce magnifique reliquaire a o m. Uii de hauteur sur o m. 35 de 
longueur i la base et o m. 3 s de largeur on profondeur; il est 
d'argent doré enrichi de cùekree, d'émaux et d'appliques; les plaques 
de métal sont appliquées sur une carcasse de bois qu'elles re- 
couvrent complètement. Le reliquaire symbolise la Résurrection; il 
se compose de trois parties : un socle, un tombeau à quatre ram- 
pants et une statuette du Christ sortant glorieux du sépulcre. 

Le socle rectangulaire haut de o m. 09 s'appuie sur quatre gre- 
nades entrouvertes, dont la queue ornée de feuillage se termine 
en spirale; il est formé de trois étages de hauteur égale en retrait 
les uns sur les autres et décorés de rinceaux. Au deuxième étage 
se trouvent les soldats préposés à la garde du Sépulcre , .ils sont au 
nombre de six. Rien de plus réaliste que ces statuettes de guerriers 
d'un fini merveilleux, placés dans des attitudes si naturelles: 
les uns étendus sur le dos donnent tandis que d'autres, a demi 
muchés, se réveillent eu sursaut avec nne physionomie et des 
gestes pleins d'épouvante. La finesse du travail est telle qu'il n'est 
pas une des pièces de l'armure dont les rivets et le* moindres res- 
sauts ne soient fidèlement rendus. Nous ne savons rien de plus 
expressif -et de plus délicat femme exécution que la tote d'un vieux 
guerrier a longue barbe. Entre les soldats est une salamandre 
dans le goût, alors en faveur, des reptiles qui ornent les plais 
de Bernard Palissf. 

Le tombeau est une caisse rectangulaire a toiture inclinée de 
m. a6 de longueur sur o m. 1 3 de largeur. La caisse est flanquée 
aux quatre angles d'aros-boutantB de style gothique a double rang 
d'aroatures ogivales. Une bordure de fleurons court an bas du fat* 
tage. 

La face principale du tombeau (pi. XXI) est ornée snr le rampant 
de deux émaux translucides en peinons or qui représentent deux 
des évangéliBles : saint Mathieu dans l'attitude du recueillement 
est accosté d'un homme debout; saint Marc, assiB, écrit sur un 
volumen , un lion est accroupi à ses pieds. Deux médaillons cir- 
culaires décorent le devant de la caisse-, ils représentent des scènes 



> Celle chiite ipptrtienl à N. l'allié Ollîtier, vicaire f>#iu>r»l de Marseille, * 
elle ■ été donnée personneUemenl. 



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Bulletin Archéologique, 1905. 



CHÂSSE DF. LA CATHÉDRALE DE MARSEILLE 

(■596) 

Face antérieure. 



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Bulletin Archéologique, 1905. Pl. XXII, p. 34}. 



CHASSE DE LA CATHEDRALE DE MARSEILLE 

(1596) 

Face postérieure. 



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Bulletin Archéologique, 190;. 



CHÂSSE DE LA CATHÉDRALE DE MARSEILLE 

0ï9*) 

Extrémité. 

D.g.t.zedsy GoOgle 



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Bulletin Archéologique, 190;. 



CHÂSSE DE LA CATHÉDRALE DE MARSEILLE 

(■S9« 

Extrémité. 

D,«„e«=, Google 



— 343 — 

de la Passion : celui de droite, Jésus en prière «ur un monticule 
au jardin des Oliviers, tandis que Pierre, Jacques et Jean se sont 
endormis; ceiui de gauche, le Christ, les mains liées, en tunique 
longue, comparait devant Pilate assis, tenant droit un glaire à 
deux tranchants. Ces sujets, découpures de métal, sont appliqués 
sar le fond nni des médaillons. 

La face opposée à celle que noue venons de décrire a une orne- 
mentation semblable (pi. XXII). Sur les émaux du rampant se voient 
saint Luc avec un boeuf auprès de lui , et saint Jean accosté d'un 
aigle posé par terre. Les médaillons circulaires figurent tous deux 
la flagellation. L'un très curieux : deux soldats placés de chaque 
côté" du Christ enfoncent la couronne d'épines dans son chef à 
l'aide d'un long bâton sur les extrémités duquel ils s'appuient en 
e'arc-boutant contre le corps de la vietime pour avoir plus de force. 
Ces sujets sont traités de la même manière que ceux dont nous 
avons parlé pins haut. 

Les petits cotés du reliquaire de la Major sont enrichis chacun 
d'un médaillon circulaire et d'un grand émail. Les médaillons sont 
portés Sur nn anneau de o m. 01 de saillie; ils ont ont. o36 de 
diamètre. Sur l'un est représenté le mystère de f Annonciation. 
L'ange Gabriel, debout, les ailes étendues, tient nn glane nn à la 
main; la Vierge à genoux sur un prie-Dieu se retourne à mi-corps, 
les bras ouverts, dans l'attitude de l'étonnement. (PI. XXIII.) 

Sur l'autre, est figurée l'Adoration de Bergers. Saint Joseph et 
la Vierge sont, agenouillés a droite et à gauche de l'Enfant couché 
sur la paille, un berger salue; au fond, fine et le bœuf légendaires 
montrent leurs têtes sous une arcade surbaissée. (PI. XXlV.) 

Ces deux scènes sont faites au repoussé. 

Les grands émaux sont de forme ovale. Sur l'un , on voit le Cal- 
vaire. La croix du Sauveur est dressée entre celles des deux larrons; 
Marie-Madeleine, les cheveux épnrs sar les épaules, appuie sa tête 
contre le bois du gibet; In Vierge tombée en pâmoison est soutenue 
par saint Jean; vis-à-vis de ce groupe, Longin, debout, armé de 
la lance dont il doit frapper le coté du Christ. Sur l'antre émail , 
on voit le Christ en train de laver les pieds de saint Pierre qui 
est assis sur un escabeau; au fond, six apôtres se tiennent debout 
contre le mur de la salle. * 

A l'horiion , se dressent les murs d'une forteresse dont les conr- 



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— 3&A — 

tihee crénelées alternent avec des tourrf seniuoîroti! aires à toiture 
conique. 

Le tombeau que nom venons de décrira est couronné d'une sta- 
tuette du Christ vainqueur de la Mort qui s'élève sur un petit socle 
rectangulaire. Le Christ, haut de oui.iu, est nimbé du nimbe 
cruciforme ; il tient le bras droit élevé en signe de victoire et porte 
la croix en étendard de la main gauche. Un manteau agrafé sur le 
devant de la poitrine flotte sur ses épaules nues. (PI. XXI.) 

Le reliquaire de la Major est couvert de ciselures merveilleuses i 
têtes d'anges aux joues pleines et aux cheveux bouclés, corbeilles 
de fruits, rinceaux délicats. 

Portés sur des appliques au profil recourbé, du*x anges sus 
ailes éployéee tiennent chacun un phylactère) sur l'une de ces 
.banderoles est gravé le mot rewrrexit; sur l'autre se lit la dote 
de l'exécution du reliquaire, l'an i5p,6. Cette belle pièce d'oric* 
y écrie , de style Renaissance , est donc de la fin du xvi* siècle. C'est 
probablement une œuvre italienne; la manière dont les tètes 
d'anges sont traitées nous incline aie croire. 

Signalons encore un coffret de bois peint dont la cathédrale de 
Marseille était en possession avant ta Révolution, mais qui fait 
partie aujourd'hui d'une collection particulière. 

Il s'agit d'un meuble en forme de tombeau dont le lattage d'une 
seule pièce décrit des courbes légèrement concaves. 

Cette lourde cassette de bois massif est peinte de coulent* sombres. 
La scène que représente la peinture est la reproduction naïve d'un 
miracle cher a l'église de Marseille, la résurrection deLasare. Le 
Christ suivi (l'on groupe d'apôtres commande au mort de sortir de 
la tombe ; Marthe et Marie-Madeleine sont a genoux devant le Mettre; 
Lazare, le corps entouré de bandelettes, selon le récit évangélique, 
est soutenu par plusieurs personnages qui font dee gestes de sur- 
prise, tandis qu'une femme regarde a l'intérieur du sépulcre dont 
un enfant soulève le couvercle. 

Le coffret de bois peint de la Major a dû servir de tronc pour 
recueillir les aumônes, ainsi que l'indique la fente longitudinale 
pratiquée sur la partie supérieure de la toiture. 

Un autre objet asses intéressant est un Christ d'ivoire légué' 
au Chapitre de la cathédrale de Marseille par W de Mazenod. Ce 
crucifix remonte au xiv° ou xv* siècle; les membres sont dispro- 
portionnés, mais l'expression du visage est superbe de douleur vo- 



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lontaire et de calme béat, la tête est droite, les yeux levés au ciel 
sont ceux d'un agonisant déjà glorifié, les bras d'une analoroie 
1res défectueuse sont légaiettfiii mfléthfeâu Ueuid'étre parallèles 
à la traverse de la croix ainsi que dans les crucifix antérieurs au 
xiii* siècle 

J)es gouttes, dp sang sont peintes, en pamyn sur. la, figure du 
Christ et iu Voisinage des plaies*. ' 'V : ' '' u ! * 

En résumé, le trésor de la cathédrale de Marseille compte trois 
pièces d'un réel intérêt : une botte d'os aux contours arrondis, 
d'une facture toute primitive; un coffret d'ivoire du xiv* siècle im- 
porté de Consfantinople en Provence; un reliquaire de la fin du 
xvi" siècle, merveille de l'art italien. 

Nos recherches aux archives des Bouches-du-Rhône dans le fonds 
de U Major ne nous ont fourni aucun détail intéressant aurles 
quelques pièces qui constituent le modeste trésor de la cathédrale. 
Elles sont simplement mentionnées dan» le livre de la sacristie 
contenant tous les ornements, reliques et argenteries de l'église 
Major de Marseille, de 16/19 * 17 1* 1 ' 1 - 

A»bé Ankiu» s'Asul. 



W Akohm d<n Bouebs^da-RbàM, ngirtra 5i du fanai d« il Hsjw. 



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LA VOIE ROMAINE 



TACAPES À AQUAE TACAPITANAE, 

PAR H. LB CAPITAINE LE BORUF, 
Cmufooèaml du Cemilé. 



Duos mon étude, insérée dans le rapport de M. J. Toutain, 
membre de la Commission de l'Afrique du Nord, publié au Bwik- 
Itn artkéolofpqu* <h Comité de îgojt", je n'avais fait que résumer, 
en ce qui concerne la partie de la voie romaine qui reliait Tmeape» 
(Gobés) à iquat Taeaptianat (Ef-Hamma des Béni Zid), les décou- 
vertes antérieures de MM. les capitaines Privé et HilaireO. 

J'avais simplement émis l'opinion que la route de Tacapet a 7nr- 
ris TomalUni empruntait jusqu'à El-Hamma la voie romaine de 
Capta (Gafsn). 

N'ayant relevé sur le terrain aucun mil lia ire, je n'avais pu pré- 
ciser davantage le tracé d'une voie qui, d'après Peutinger, était 
longue de 16 milles, tandis que, selon l'itinéraire d'Anlonin, elle 
avait dû être de 18 milles. 

Mais, ainsi que l'écrivait M. te capitaine Donau en 1903, dans 
ses notes sur la «Via exeastris hibernis Tacapesn, il était convenu 
qu'étant mieux placé que lui pour trouver la solution de ce pro- 
blème, je rechercherais les groupes de milliaires du 160* au 
■ 83* mille de la voie stratégique inaugurée par le proconsul Lucius 
Nonius Asprenas. 

M. le commandant Toussaint, du Service géographique de 
l'armée, m'apprit, au cours d'une conversation au mois de fé- 



r Im voiii ttratégiquti tt <ur l'occupation iitililairt in 
liiniiifn A l'époque romaine , dans le Bull. arch. du Comité , igo3, p. 171 

> Bail. arch. du Comité, 1895, p. 84-88, et 1899, p. 5S3-54A: 



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TRACE DE LA VOIE ROMAINE 

de TACAPE a AQLLE TACAPITATΠ



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1 levé par leCêp^d. Le Bœuf. 



TRACÉ DE LA VOIE ROMAINE DK 
EXPLORATION DL ( 






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^d'EnchirSitria-' M EnchirGuellal 



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Ench'RajF.S 1 Khalife Mahmoud 



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Milh'airt d Asprenas ébauiJié 
/ t -l (i ' - ' ,, \(cHpJ J eBœuf) / •' 
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45ARÈS 



— Milles delà Via etCasiris liiiemis Tâcapes* 
. Milles de I Itinéraire d 'Ântonin. 



1C.APES A AQUAE TAC.AP1TANAE. 
*I'ITAINF, LE BCEUF. 



;,^iOOQie 



■:, CoOglc 



— 347 — 

vrier 190a, que des constatations récentes faites à l'Ouest d'El- 
Haïuuia des Benî-Zid, par les officiei-s de la brigade topographique, 
établissaient que les milles romains de cette voie correspondaient 
à nne distance moyenne de 1,635 mètres. 

J'entrepris aussitôt, d'après ces données, de nouvelles recherches 
du tracé de la voie romaine de Tacapet à Aquae Taeapitauae. 
L'étendue des ruines romaines de l'antique Tacapet, éparses depuis 
la uouïa de Sidi-Boulbaba jusqu'au bord de la mer, créait une in- 
certitude sur l'emplacement probable du milhaîre d'or de Tacaptt , 
qui avait fait échouer jusqu'alors toutes les investigations entre- 
prises en partant de Gabès. Renonçant à celte base, je choisis 
comme point de départ de mes nouvelles recherches le centre beau- 
coup moins important d'Aqwu Tacapitame (El-Humma), dont l'ei- 
trémité occidentale, le quartier de Debdaba, se trouve au 16 6' raille 
de la «Via et castris hibernis Taeapes» identifiée par M. le capi- 
taine Donau. 

Je parvins a relever ainsi, sur une ligne droite de 18 milles de 
1,69a mètres, une succession de raines romaines. (FM. XXV.) 

Cette ligne, quittant Eï-Hamma par le quartier actuel de Deb- 
daba, suit le chemin appelé vTeniet-Djedaria-es-Zeidan (col du 
jujubier consacré). 

Au 1 68* mille (1) , elle atteint dans le Djebel-Ragouba , près de In 
cote 177,1e col où devait se trouver la borne militaire illisible dé- 
couverte sur cette hauteur par le capitaine Hilaire'*' et vue encore 
en 190? par M. le capitaine Donau' 1 ', qui la reconnut comme 
étant du modèle de l'an 937. Mais je n'ai pas retrouvé ce milliaire, 
qui a dû très probablement être débité par les ouvriers des car- 
rières actuellement exploitées en cet endroit. 

Laissant à droite une piste qui conduit i Zouitinet (Ava)^, 
puis celle d'El-Medou, on atteint, en cheminant dans la même di- 
rection, le lit de l'Oued-el-Bâti, longé par te sentier de Debdaba à 
Bir-Chenchou jusqu'au 169* mille, 

En ce point, 1* ligne Debdaba-Oued-el-Bâli, prolongée, qnitle 
la piste de Bir-Chenchou et traverse sans chemin l'Hencbir-ZitHn 

M Tous cm milles sont compta a raisun do i,C*j5 mitre* pnviron, 

<>> Bull. are*, du Comité, 1899, p. 56». 

w Donau, Via ex ctutiil hibentii Ta€apn. 

{t> Identification de l'auteur : Bull. oit*, du Comité \go3 , p. 3o3. 

Aiuifoi.osii — V 3 au 



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— 348 — 
(la domaine du Thym), dans lequel fut trouvé" le railliaire "> dont 
le texte conservé a permis d'établir la similitude evec les bornas de 
Caraealla du Bled-Segni. 

L'Henchir-Zatria, dont M. le capitaine Donau n'avait pu déter- 
miner exactement le position Wpographiqne, s'étend du 169* au 
171* mille dans las terrains limité»; au Nsrd par la brousse de (a 
cuvette de Chenchou , au Sud par le DjebeWf atone*] , a l'Ouest par 
l'Oued-el-Baii et a l'Est par la ligne d'eau successivement appelée 
Oued-Aguerba , puis Oued-Ghenchou. 

Au 171* mille de la route, la direction suivie depuis bedbaha 
atteint, à ta sortie delîleocbirié hria, les tu«iesdVHenebiir*0uell8l», 
vestiges d'un oppidum très important, situés à »oo mètres au Sud- 
Ouest «k puits du m^tne nom. Ce point d'eau, ramifié par les in- 
digènes en 1890, ne ligure pas sur les cartes; c'est un puits de 
construction romaine, circulaire, mais a orifice carre, dont la 
margelle, au ras du sol, est érodée par des passages de cordes très 
profonds qui attestent ses longe services. La température d* l'eau 
du puits d'Hericbir-ânellal est d'environ ao degrés. 

Au 173* mille, on rencontre sur le dernier contrefort septen- 
trional dn DjebnM&enehou IVrlenchin-Kheroua», constitué par les 
raines d'os» petite ferme romaine fortifiée, dans lesquelles se 
trouvent une borne ébauchée du type des milliaires d'Asprems et 
un pressoir à huile de forme rectangulaire, 

Au 17 A* mille, IVHeadi^Ras-Sidi-Kbatifa-Wâhmeiidj), sur lee 
pentes occidentales du Djebel-MeneaT, est formé des ruines d'un 
petit oppidum. 

Au 176* mille s'élnvent, en face de la propriété de M, Casanova, 
les ruines d'installations romaines rurales. 

Le 177' mille de cet itinéraire coïncide avec tVHenchrr-Tebalt*, 
dans lequel est abrité, Bous une couche de terre damée, ieraillinirc 
trouva la ta août 1889 par le capitaine Privé W dans ces ruines 
ensablée* qui constituaient alors la butte d* champ -dé tir dn camp 
de Ras-el-Oued. 

A hauteur du 180* mille et k 1,1100 mètres an Sud de la ligne 
relevée, j'ai lr*uve\ au cours de recherchée faite*» de -concert avec 
M. le capitaine Donau, un militaire qui avait été porté devant la 



W Bull. arch. du Comité, 1K8G, p. 76. 
W Ibid., 1876, p. 78 ni «uiv. 



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— 349 — 
porte du marabout de Sidi-Ourich "> et y '»rt de banc; la section 
en est cylindrique et la surface a été entaillée pour former le cadre 
de l'inscription, mais celle-ci, complètement martelée, est illisible. 

An i8i* mille se trouve, à l'entrée de Gbeniui par la piste d'El- 
Hamma, un amas de fats de colonnes romaines qui pourrait bien 
cacher, nus la terre qui le recourre en partie, un groupe de mil- 
itaires. 

Il serait intéressait de fouiller cet endroit; mais comme c'est 
un lieu de prière des musulmans de Chenini, ta crainte défroisser 
leurs sentiments religieux m'en a empêché. 

De ce point, la ligne droite Debdabe-Ghenîni , se prolongeant a 
travers l'oasis, aboutit exactement 1 l'emplacement de l'ancienne 
citadelle de Tacape», au marabout de Stdi-Boulbaba , qu'elle atteint 
an i83" mille de la «Via ex Castris bibernk Tacapes*. 

Les recherches que j'ai faites pour identifier, entre son i65* et 
son l83* milles, la voie stratégique qui relia dès les premières 
années de l'ère chrétienne Tacapet aux camps d'hiver de la Troisième 
Légion d'Auguste, donnent donc les résultats suivants : 

1* Une ligne droite de l'Ouest a l'Est, de Debdabé a SWi-Boul- 
baba , mesure exactement 18 milles romains de t,6«5 piètres. 

a" Les constatations faites a l'Ouest de feasls d'EI-Hnmma éta- 
btieBent orne cette longueur de i,6s« mèlrea était celle des milles 
du pmioogement de la voie de IWnn k Aqwm Tmapkmat sur 



3" Alors que l'on sait qoe les voies romaines étaient généralement 
jalonnées de postas de protection, on relève snr la ligne droite 
dMçnar Taâapàanaê à Twnpw W vestiges suivant