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Full text of "Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques"

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BULLETIN 
ARCHÉOLOGIQUE 

SD 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES 



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BULLETIN 
ARCHÉOLOGIQUE 

un 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES 



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l 



MINISTBBB 
DB L'INSTRUCTION PUBLIQUE BT DEB BEAUX-ARTS 

BULLETIN 
ARCHÉOLOGIQUE 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQDES 



ANNEE 1905 



PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 

BBHB8T LEROUX, ÉDITEUR, RUE RONAPARTB, 2S 



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^-■L-s^ 

BULLETIN 

ARCHÉOLOGIQUE 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES. 

LISTE 

DBS MEMBRES DE LA SECTION D'ARCHiOLOGlE , 

DBS MEMBRES NOM ABSIDANTS, 

DBS CORRBSPOUDANTS ET DES CORnESrONDAKTS HONORAIRES 

DU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 

ET SCIENTIFIQUES. 

■EilBRES DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 
' Prétideat : 

M. HitOH DK VitLCPOSSB (Antoine), membre de l'infllitut, consor- 
V4letir au Musée du Louvre, me Washington, 16, tui*. 

Vice-préiidenl : 

M. Saguo, membre de l'Inslilut, directeur honoraire du Musée des 
Thermes et de l'Hôtel de Cluny, rue de Sèvres, 85 , ti*. 



H. [«tsTniiE (Robert db), membre de l'Institut, professeur à l'École 
nationale des Chartes, rue du Pré-aui-Clercs, 10 bu, vu'. 



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Secrétaire a^ottU : 

M. Pnou (Mauric«), prafeesaur ï I'BcoIq nationda des Charles, 
rue des Martyrs, &i, i\'. 

Membre» : 

MM. 

BiBELOn, membre de l'Institut, conservateur à la BJbliothôtjuc 
nationale, chargé dt oours au Cd^[e de France, rue de Ver- 
neuil, 3o, m*. 

Bbi>cbi> (Philippe), membre de l'Institut, sénateur, professeur au 
Collège de France, quai Voltaire, 3, vu', 

Blancdkt (Adrien), bihiiothécaire lionoraire à la Bibliothèque na- 
tionale, avenue Bosquet, bo, vu*. 

CiiGNiT (René), membre de l'Institut, professeur au Collège de 
France, nie Stani^as, lo, ti*. 

Gapitah (Le docteur L.), professeur à TÉcoIe d'anthropologie, rue 
des Ursulines, 5, r*. 

Ua^NDJBAN (Charles), conInMeur des Monuments historiques, hou- 
levartl Saint-Germain, iig, vi'. 

GuiFPBBT, membre de l'Institut, administrateur de la Manufacture 

nationale des Gobelins, avenue des Goheline, Aa, xiii*. 
HoHOLLB (J.-Th.). membre de l'Institut, directeur des Musées na- 



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MM. 

RciNiCH (Salomoa), niembre de IToBlitut, etrasenrateu du Mueée 
des antiquités aatioiules de Saint- Germam>eii-Laye, me de 
Lisboone, 38, rui*. 

ScaLOMBUcin (Gastave), membre de Tlnatitut, avenue d'AuLia, 
37, ïiii", 

TaiDEiiàT (L'sbbJ Henry), membre de rbutitat, aneien président 
de la Société nationale des antiqunires de France, rue de Bour- 
gogne, 5Û, Tll*. 



COHHlSSlOfi OB PUBUCATION 
DKS DOCUHERTS ARGH^OLOGIQOBS DB tMFRIQirB DU NORD. 

Primilmt k«iê»nân : 

M. PiaaoT (Georges), secrétaire perpétuel de rAcadt^mie des In- 
scriptions et Betles-Lettres, diraetenr houorsire de TEcote nor- 
male Bupérienre, quai Conti, 9b, rf. 

Prétident : 

M. HiaoH M ViLuroaak, membre ds l'InathiU, 
Musée du Louvre, rue Washington, i&, viii*. 



M. GiaiiAi (René), membre de l'Institut, professeur eu Collège 
de France, rue Stanislas, 10, vi*. 

Menuet : 

MM. 

Babeloh, membre de Tlnslitut, cbai;gé de cours su Collège de 
France, conserraleur à la Bibliothèque nationale, me de Ver- 
n^), 3o, III'. 

BiLLo (Albert), architecte en chef des Monuments historiques de 
TAlgérie, rue Blanche, 80, ix*. 



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MM. 

B1H6» (Philippe), membre de l'Instittit, sénatenr, professeur an 
Collège de France, quai Voltaire, 3, tii*. 

BuTHAUT (Le géuëral), directeur du Service giEograpfaique de {"ar- 
mée, rue de Grenelle, lâo, vit*. 

fiaBBwiLwiLD(Pau)), inspecteur général des Monuments historiques, 
boulerard Saint-Michel, 6, ti*. 

DikHL, cori'espondant de l'Institut, professeur adjoint k la Pacullj 
des lettres de l'Universilé de Paris, square du Ronle, h, viii*. 

GivciLni, correspondant de riostitut, directeur du Serrice des 
antiquités et des arts de la Régence, i Tnnis. 

(iRiHDJRin (Charies), contrôleur des Monuments historiques, bou- 
levard Saint-Germain, 119, vi*. 

Gsiu. (Stéphane), correspondant de l'Institut, îospectonr des An- 
tiquités de TAlgérie, professeur à l'Écfrfe préparatoire à l'ensei- 
gnement supérieur des lettres d'Alger. 

Honnis, professeur à l'École spéciale des langues orienlales vi- 
vantes, avenue de Wagrâm, 99, xvii*. 

Li Mabtiiiibhe (H. ni), consul général de France à Buda-Peslh. 

Lastitrib (Robert db), membre de l'Institut, professeur à l'Ecole 
nationale des Chartes, rue du Pré-aux-Glcres, 10 bu, vir. 

Mashio (Gaston), membre de l'Institut, professeur au Collège de 
France, avenue de l'Observatoire, aâ, iiv*. 



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COMMISSION 
DBS MOS^RS SCIBNTIFIQUB9 ET ARCRiOLOGIQUBS. 



H. BouMn (Gastoo), Becrétaire perpétoel de l'Académie fran- 
(tise, profeaKur «n Gidlège d« France, quai Gonti, s3, ti*. 

ViiX'fréndent : 

M. LtsTiiiii (Robert dk) , membre de rinstitut , professeur à l'Ecole 
Bilionale des Chartes, rue du Pré-aux-Clercs, to bu, tu*. 



M. BuiLoa, membre de rinstitut, cbai^gé de cours au Collège de 
Fnnee, eonservaleur i la Biblîoth^ue nationale, rue de Ver- 
nruil, 3o, Tii*. 

Membres : 

m. 

CuiiiT (René), membre de l'Institut, profeiiseur au Collège de 
Pnace, rue Stanislas, lo, vi*. 

Gmin, directeur du Musée Guimet, avenue d'Anlin, &g, viii'. 

HtiT (Le docteur), membre de l'Institut et de l'Acadtïmîe de mé- 
derine, professeur au Muséum d'bistoire naturelle, conser- 
«ti'nr du Musée d'etbnogrophie , rue Gcoffroy-Saint-Hilaire, 
Î6,?*. 

Hitoi DB V1LLBFO8SI (Antoine), membre de l'institul, conservateur 
*a Musée du Louvre, rue Washington, 16, tiii'. 

MiHPUo, membre de l'Inslittit, professeur au Collège de France, 
avenue de l'Observatoire, iU, tit*. 

^''niLrr, professeur au Muséum d'histoire naturelle, me de Buf- 
foo, 55, V*. 



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MM. 

PiRROT(Georges), secrétaire perpétuel derAcadémie des Inscriptions 
et Belles-Lettres, directenr honoraire de l'Ecole normale supé- 
rieure, qnai Oonti, aS, fi*. 

Rbihich (Salomon), membre de l'InsUtut, conservateur du Musée 
des antiquités nationales de Saint- Gennaîn -en -Laye, rue de 
Lisbonne, 38, viu*. 

TmiTiT (E.), docteur i» scieneea, ancien coaserraleur du Mns& 
d'histoire niiurelle de Toulouse, rue du Lycée, à Poix. 



MEMBRES NON BÉSIDANTS DU COHIT^. 
Mlf. 
AaDiiLuin (Edouard), recteur de t'Acadiîmie de Besançon. 
BiBiAU (Albert), membre de rinstitut, à Troyes. 

BisssT (René), correspondant de Tlnslitut, directeur de TEcoIe 
préparatoire k l'enseignement supérieur des lettres d'Alger. 

Bits (Joseph pb), membre résidant de la Société nationale des- An- 
tiquaires de France, à Baye, par Montmort (Marne). 

BiAnKBPtiBB (Charles n RoBiu.tBi> db), correspondant de l'insti- 
tut, archiviste honoraire du déparlement de la Seine-Inférieure. 
BiKTBBLft (Joseph), archiviste du département de l'Héraull. 

BotsaoHHiDB, professeur i ta Faculté des lettres de rUniverailé de 
Poitiers. 

Bkor-Duraki» (JuBtin), à Crest (DrAme). 

BiiUT«ti.s, correspondant de l'Institut, archiviste du département de 
la Gironde. 

BuRBiu (Le docteur Louis), directeur du Musi^am d'histoire natu- 
relle, à Nantes. 

CâiLLRHi», correspondant de l'Institut, doyt>n de la Faculté de 
droit de l'Université de Lyoo. 

lC, correspondant de l'Institut, à Toulouse. 



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MM. 

CiBTOH (Le docteur), mrfdecïa-nujor du U* régiment de tirailteurs 
algériens, villa Stella, à Kereddiue (Tunisie). 

CBiiini (Ernest), souft-directear du Muséum des sciences natu- 
relles de Lyon. 

CiinLuiH (Faut du), «rchéologoe, au château de KemuE, par 
PoDt-l'Abbé (FioiBtàro). 

Cflinvcr, archéologue, à Ruffec (Charente). 

Chkviliek (Le chanoine Ulysse), correspondant de l'Institut, à 
Romans (DrOme). 

Clbmini^iwon , ancien ma^strat, au château de Bach, près Tulle, 

Clmc (Michel), professeur à la Faculté des lettres de l'Université 
d'Aix-Marseille , conservateur du musée Borély, à Marseille. 

DÉcHiLSTra (Joseph), conservateur du musée archéologique de 
Roanne (Loire). 

DiuTTiB (Le P.), correspondant de l'Institut, k Carthage. 

Dbiuisoh, archiviste de la ville de Reims (Marne). 

DaiBiHiHis (Reinhold), correspondant de l'Institut, rue Vîlal- 

Carlea, 1 1, & Bordeaui. 
DuRAiiD (Georges), correspondant de l'Institut, archiviste du dépar- 

tem«nt de la Somme. 

DuTiL, archiviste du département de l'Orne. 

EspiatiiDKO (Le capitaine), du 84' riment d'infanterie, détail 
& la direction de la Revue du Cercle mUitaire, correspondant de 
l'Institut, roate de Clamart, 59, à Vanves (Seine). 

FinoT (Jules), archiviste du département du Nord. 
FocKUu (Fernand), eiploratenr, i Biskra (Goastaatiiie). 
FoDMNin (Paul), correspondant de l'Institut, doyen de la Faculté 
de droit de l'Université de Grenoble. 

G*ociLia, correspondant de l'Inalilut, directeur du Service des an- 
Uquités et des arts de la Régence, à Tanis. 



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MM. 

GiuTBiBH (Jules), correepoodant de l'Institut, archÏTiate du dépar- 
lement de la Côtc-d'Or. 

GosBBLBT, correspondant de l'Inslitut, doyen de la Faculté des 
sciences de t' Université de Lille. 

GsELL, correspondant de l'Institut, inspecteur des antiquités de 
l'Algérie, professeur à l'Ecole préparatoire A l'ensei^ement su- 
périeur des lettres d'Alger. 

GuTOT, directeur de l'École nationale des eaux et forêts de Nancy, 
président de la Société d'archéoli^ie lorraine et du Musée histo- 
rique lorrain. 

HiKHiND (Le docteur), ministre plénipotentiaire de France, à 
Tokio. 

HinrasDi, aneien directeur des mouvements du port, k Bor- 
deaux. 

JiDiBT, secrétaire général de l'Académie oatlonale de Beïms 
(Marne). 

JuLLiAH (Camille), correspondant de l'Instilut, professeur à la 
Faculté des lettres de l'Université de Bordeaux. 

Kbbvileb (René), inspecteur général des ponts et chaussées en 
retraite, rue de l'HÂpitat, 36, à Lorlent (Morbihan). 

La Glibt (Louis), conservateur du Musée archéologique de Troyes. 

Lbnnwk, directeur du Muséum du Havre. 

laioui, archiviste du département de la Haute-Vienne. 

Loisne (Merchb de), membre de la Commission des monuments 
historiques du Pas-de-Calais, au château de Beaulieu , par Saînt- 
Venant (Pas-de-Calais). 

MaItsb (LéiHt), archiviste du département de la Loire-Infé- 
rieure. 

MiBCHtHD, directeur de l'Obeervaloire dn Pir du Midi (Hautes- 
Pyrénées). 

MiBRDB (F.), archiviste du département du Var. 



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MM. 

MouA» (Di), délégué géaénl k la Direction des Tonilles arcbë»- 
iogiques en Perae, 

GEblht, correspondant de l'Institut, conservateur du musée d'his- 
toire naturelle de Laval. 

Papiu (Alexandre), président de l'Acadt^mie d'Hippone, conser- 
vateur dn Musée de Bftne (Gonstantioe). 

Pblissiu, professeur à la Faculté des lettres de l'Université de 
Montpellier. 

Prit (Ernest), ancien président de la Société des sciences histo- 
riques et naturelles de l'Yonne, à Châtel-Gérard (Yonne). 

PrisTBR, correspondant de l'Institut, professeur à la Faculté des 
lettres de l'Université de Nancy. 

Pinri, archéologue, à Romigny (Ardennes). 

PiLLOV (Jules), ancien agent voyer d'arrondissement, à Saint- 
Quentin. 

Pbdkhomhe, archiviste du département de l'Isëre, secrétaire perpé- 
tuel de l'Académie delphinale. 

RicHtRD (Alfred), archiviste du département de la Vienne. 

UoscHiCM, correspondant de l'Institut, secrétaire perpétuel de l'Aca- 
démie des inscriptions et belles-lettres de Toulouse. 

ItosTtND (Eugène), membre de l'Institut, à Marseille. 

ItooviBB (Le docteur), professeur^ la Faculté française de médecine 
de Beyrouth (Turquie d'Asie). 

Rupii) (Ernest), président de la Société historique et archéologique 
de la Coriite, k Brive. 

SiitTiu (Armand), correspondant de l'Institut, doyen de la Fa- 
culté des sciences de l'Université de Montpellier. 

Sirai (Gustave), correspondant de l'Institut, conservateur des ar- 
chives et de U bibliothèque du Palais de Monaco. 

SAurainqos (Léon), directeur de l'Enregistrement, des Domaines 
et du Timbre dn département des Lamiee. 



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MM. 

SiovisB (Le docteur), conservateur do nuisée et tecréuîre perpé- 
tuel de ta Société académique de Boul<^De-«ur-Mer (Pas-de- 
Calais). 

SoocHON, archiviste du département de l'Aisne. 

STERn DCiBRS (Francis), consul de France, à Yokohama (Japon). 

Swàhte (Victor de), à Lille. 

Tbiollier, membre de la Société historique et archéologique du 
Forez, la Diana, h Saint-Etienne. 

TaouLn, professeur k U Facnlté des Bciences de l'Université de 
Nancy. 

ToussiiNT (Le commandant), chef de hatailloa d'infanterie, breveté, 
hors cadres, k Courbevoîe (Seioe). 

TiiUTtr (E.), ancien conservateur du Musée d'Iiisloire naturelle de 
Toulouse, rue du Lycée, à Foix. 

ViLLET, correspondant de l'Institut, doypn de In Faculté de droit 
de l'Université de Caen. 

Waillb , professeur à l'Ecole préparatoire à l'easuignemenl supérieur 
des lettres d'Alger. 



CORRESPONDANTS HONORAIRES DU COMITÉ. 

MM. 

Alhic, consul de France, À Scularî d'Albanie (Turquie d'Europe). 

A»dr6 (Edouard), archiviste du département de l'Anlferhe. 

AiiBkDMOHT (Jules d'), présidenl de la Commission des antiquités 
de U Céte-d'Or, k Dijon. 

AuEÉPiK, archiviste di^partemenlal honoraire, à Aurillnc. 

AuBRHT (L'abbé), curé de Balleroy (Calvados). 

AuTOHDK, archiviste du département de la Creuse. 



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MM. 

Bauidd, archÎYisIa du département de la Vendée. 

BiRCKHiuSEH , correspondant de Tinslitut, professeur it h Facullû 
de droit de rUoiveraitJ de Bordeaux. 

Babdbt, à la Lambertière , par Saiot-Geoire (Isëre). 

BniBY (Georges), administrateur de ia commune mixte de Collo 
( Constantine). 

BtaiR DE Béions, proviseur An iycée Laksnal, & Sceaux (Seine). 

Beiuckit, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Nancy. 

BEâUTOis, à Corheroa (CAte-d'Or). 

Bek Attàh (César), avocat, à Tunis. 

Berhird (Pernand), arohéolc^ue , à Saigon [Indo-Chine). 

Bbitholok (Le docteur), à Tunis.' 

BiOABHB (Charles), membre de la Société arcliéologique de Beaune, 
k Chorey (Côte-d'Or). 

Bled (L'abbé), président de la Société dus ajiliquaires de la Mo- 
rinie, i Saînl-Omer (Pas-de-Calais). 

Bloch (Camille), inspecteur général des bibliotU^quPS H archives, 
rue Doniiettî, 3, à Paris, xvi*. 

BoRBEL, architecte, à Moutiers (Savoie). 

BonLtBD (Gustave), directeur des contributions directes en retrait?, 
rue de la Bienfaisance, &, à Paris, viii*. 

Bbocird (Le commandant), chef de bataillon du génie en retraite, 
h Bar-le-Duc. 

Bbune (L'abbé), curé de Mont-sous- Vaudrey (Jura). 

Brt (Georges), doyen de la Faculté de droit de l'Université d'Aix- 
Marseille, à Aix. 

GkiituLUG (Di), juge au tribunal de premièri! inslaoco de la 
Seine. 

GiD-DuRain (L'abbé), rae Bell^arde, 3, h Toulouse. 



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MM. 

CiEiLts M FoNDOucB, Secrétaire génénl de l' Académie des BcieDceB 
et lettres de Montpellier. 

CaiTBt (Eugène), archiviste départemental honorsire, rue VaTÎn, 
5, & Paris, ti*. 

CaiTAHOK, archiviste départemental honoraire, rue de Varenne, s3, 
Paris, vu*. 

CaiNON, professeur à la Faculté de droit de rUnivenité de 
Paris. 

Gretrbijs, archiviste du département de la Seine-Inré Heure. 

Clervil (L'abhé), docteur es lettres, à Chartres. 

Clo6ii*iisuc (Le docteur bb), président de la Sociétc! polymatbique 
du Morbihan, ù Vannes. 

CoLiK (Gabriel), professenr au lycée d'Alger. 

CoMBÀRiRu, ancien archiviste de'parlemenlal , à Cahors. 

OoKBB (Le docteur), ancien arcbiviste de la ville de Brest (Fi> 
nistère ). 

CouiANT (Maurice), maître de conférences i la Faculté des lettres 
de l'Université de Lyon. 

DsiEtniiK (Le docteur), à Bagnères-de-Bigorre (Hou les- Pyrénées). 

Dblouhb, doyen de la Faculté de droit de l'Univerwté de Tou- 
louse. 

Denis (Ghories), capitaine au 5r régiment d'infanterie, k Beau- 



Desdbtisrs du DiiEiT, professeur à la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Clermont-Ferrand , président de la Société d'émulation 
de l'Auvergne. 

Dbsplihqdb, conservateur de la Biblioth^nede Lille. 

DioH (A. k), président de la Société archéologique de Ramboaitlet, 
à MontTort-rAmaury (Seine-et-Oise). 

DissAU, conservateur des musées de la ville de Lyon. 



îdbyGoOglC 



HM. 

DoHRftDi, k Saint"Geniei-8i]r4iot (Aveyron). 

Dokth. (Alcide-EtieDiie), avocat, conseiller général do la Loire- 
Infériimra, à Naates. 

DoflAHB., arehiriate du département de Vauduse. 

Dmorun (Maurice), professeur de reaseignemeal secondairi', eu 
congé, Ms Hnreau2 (Seine-et-Oise). 

Fabik, proresseuri la Faculté des sciences de l'Université de Tou- 
louse. 

FiBOifl (Le commandant], ancien chef de service des all&ircs indi- 
gkaea, à Amplepuy (RhAne). 

Fiviaa, conservateur de la biMioth^ue de la ville de Nancy. 
FifiOT (Louis), directeur honoraire de l'École d'Extréme-Oricnt , à 
Paris. 

Flikub (Henri di), archiviste du département de lu Nièvre. 
Fiioar (Paul ra), ancien archiviste départemental, i'i l'Iale-Jour- 

dain (Vienne). 
FooRBRiemn, ancien receveur des contributions indirectes, avenue 

de Wagram, 9&, i Paris. 
FabuHTiLU (Di), archiviste du département de la Loire. 
GAanua (Le chanoine), curé de Henilley-le-Grnud, par HeuiHey- 

Cotton (Haute-Marne). 
Gaiusoo (Le docteur), président de l'Association pyrénéenne, à 

Toolouse. 
GiUTtai (L'abbé), cnré da Saint-Cyi<-l'École (Seine-el-Oise). 
GiM, proTeaseur k la Faculté de droit de l'Université de Paris. 
GiaADLT (Artbar), professeur k la Faculté de droit de l'Université 

de Poitiers. 

GoBUP (Ch.), professeur au lycée du Pay. 

GoiHiiD, ingénieur des arts et manufactures, à Lyon. 

Gniaav, secrétaire général de la Société de géographie de Toulouse. 



DigiLizedbyGoOglc 



MM. 

GuKBNOH, proresseur hmonire de rUuiversité, rue du Bae, 93, i 
Parie, vil". 

GuiGui (Georges), archiviste du département du Rhâue. 

HtBisqtii, conseilln honoraire à )» Cour d'appel, rue «atle-Four- 

caud, 31, à Bordeaux. 
Hkrblle, professeur au lycée de B«yonne(BaMeB"Pyréné«s). 
HniiBiiT (Eugène), «rcbivista dn départemeot de l'Indre. 
Hugues, archiviste du département de Seine-et-Marne. 

JoutN (Le commandant), capitaine de vaisseau'en retraite, à Cher- 
bourg. 

JouBiN, professeur au Muséum d'histoire naturelle de Paris, t*. 

LiGBOix, archiviste du département de la Drôme. 

lituuiBDiBAi (Dr), membre de la Société des antiquaires du Centre, 
à Bourges. 

LtBLtNC , ancien conservateur dn Musée de Vienne, àSaink-Laai«nt- 
de-Chamousset (RhAne). 

Lk BoBui'(Le capitaine), au 1 3 iTégiment d'infantene, it Moaduçon 
(Allier). 

La BuTOH (Gaston), correspondaDt de l'Iostitut, directeur du 
Musée des antiquités de la Seine -Inférieure et du Hus^e c^ra- 



DigiLizedbyGoOglc 



— « — 

HM. 

Umu, archiviste du dépirtement du Jun, 

LiÎGïois, correspondanl de l'Itislitut, profusscur à la Fncultii de 
droit de rUniversité de Nnscy. 

Uni bu DuHiuG (Pitre di), c(»iservateDr-d>re«teur du Musée ar- 
eh^iogique de Nantes 

LuiiT, contr6)enr cîtîI, i GaMs (Tunisie). 

MiiemEii, bibliothécaire de la litle de Grenoble. 

HiLiTikLLE, secrétaire général de la Société languedocienne de 
g^graphie, à Montpellier. 

MiLouB (Dis), mombre de la Société des antiquaires dn Centre, 
à Bourges. 

.Véli(Db), membre résidant de la Soctélé nationale deaantiqnaires 
de France, au château du Mesail-Germaia, par Fiirvacquee 
(Calvados). 

MiiciiR (Emeat), président de la Société archéologique du dépuv- 
tement de Constantine. 

HosLUUN, colonel en retraite, rue du Montparnasse, 18, à Paris, 

MoiTifluT (Dr), ancien magistrat, à La Itochefoucauld (Glinrenle). 
MoBEL (Léon), receveur particulier des finances, en relrailc, à 

Reims (Marne). 
Hdkis, archivisie du d^partemciiL des Alpes-Maritimes. 
'-trriTi, consul de France, à Zimzibar. 
fAi^ART D'HERHtnsÀRT, Secrétaire de ).i Société des antiquaires de la 

Morioie, à Saint-Omer (Pas-de-Calais). 
PtTT DR ClilM (Du), administrateur adjoint chargé du Cercle de 

Béréby (Côte d'Ivoire). 

PiiL. professi'ur au lycée d'Aiais (Gard). 
fiiiTHo:^ (Cyprien), à Aubusson (Creuse). 
PicaE (Albert), à Pau. 



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MM. 

PiNitBi. (Philippe), biblioth^ire et eonsenratenr du mus^ de 
Cannes (Alpes-Maritimes). 

pRiiORD (Ernest), membre de U Soeiétéd'émulntion d'Abbcville. 

PtiTit (Le général), commandant la 39* division d'iaranlerie, a 
Perpignan. 

RtBoniH, notaire honoraire, à Chiteaudun (Eure-et-Loir). 

RtFFBtT, consul général de France, au Cap. 

Rbbillet, lieutenant-colonel en retraite, à Mateur (Tunisie). 

Rbouih (L'abbé), à Avignon. 

RnoN (Micbd), chaîné de cours k la Faculté des lettres do l'Uni- 
versilë de Paris. 

RiiMOHD (Marcel), à GrenoUe. 

RiGomiiT, président de la Commission des antiquités dé|iart<3U)i'n- 

tales du Pas-de-Calais, à Arras. 
RoGBU, consul général de France, à Tien-lsin (Chine). 
RoaiH (Joseph), rue Casimir-Perier, 37, k Paris, vu*. 

RosBROT (Alphonse), ancien archiviste ddpaiiemealal , rue Servan- 
doni, it,k Paris, ti*. 

RoucBon, arehivbte du département du Puy-de-DAme. 

Sabitibr (Camille), inspecteurgénéraldes services administratif» au 
Ministère de l'intérieur, en retraite, allées La Fayette, k Tou- 
louse. 

SiLBiLLBB, professeur à la Faculté de droit de l'Université de 
Paris. 

SiuKBL (L'abbé), membre de l'Académie des sciences et lettres do 
Montpellier. 

ScHiBMBB, maître de eonférences i la Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Paris. 

ScHiiiDT, archiviste à la direction des Archives, rue di's Fn-inca- 
Bourgeois, 60, k Paris, tii*. 



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HM. 

SouGiiLLi (Antonin), secrétaire de la Société archéolo^que de 
Béiiera (Hérault). 

SouLici, eonservateur^ la bibliothèque de la ville de Pau. 
TaoLET, archiviste du département des Landes. 
Tholih, archiviste départemental honoraire, à Concarncau (Fi- 
nistère). 

Thomas, membre de l'Institut, professeur h la Facnllé des lettres 
de l'Université de Paris. 

TuBiou (Le chanoine), ancien aumAnier du lyci!c de Reims 
(Marne). 

ViLLÉB (Geoifies), député du Pas-de-Calais. 
VcattQDE (Uabbé), à Fréjus(Var). 
ViDtL, bibliothécaire de la ville de Perpignan. 
ViGiUT (Gaston), ancien président de la Sœic-lù archéologique et 
liistorique de l'Orléanais, À Orléans. 

ViLim, secrétaire général des Phares de l'Empire ottoman, h 

Constanliaople (Turquie d'Europe). 
Viasiî», proresseur à l'École spéciale des langue» orientales vi- 



G0RHE8P0RDANTS DU COMITE. 
MM. 

Adih (Geoi^ea), administrateur de a* classe eo Mauritanie, à 
Saint-Louis (Sénégal). 

.\i»OD, notaire à Barcelonnette (Basses-Alpes). 

AiHADD it'AoDB. (L'abbé G.), archéologue, rueMontaux, lo, à Mar^ 
seille. 

AimatcM (Bertrand), professeur k ta Faculté des lettres de l'Uni- 
versité de Nancy. 

BiiHi (Pierre), négociant à Aden (Arabie). 

AicafaLMii. ~Vl. ■ 



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— XTIll 

MM. 
BiRDT, président de )• Société phîlomathiqae voegienne, à Sainl-Dié 

(Vosges). 
Bibbibib-Plâty, membre de la Société ardiéologique dn Midi de 

la France, à Puydauiel (Uaute-Garonae). 
BBiUTtu (Joseph), iaterpritede i~claBae à ïnD-NaB-Sea(Chiiie). 

BBDiAOkB, professeur k ta Faculté de droit de l'Université de- Bor- 
deaux. 

Bbbnibd, lieutenant an ft' régiment de chaBseurs d'Afrique, à 
Tunis. 

BEKTBikHD (Louis), conscrvateur du musée de PbilïppeviUe (Con- 
stantiue). 

Bbtlië (Db), membre de la Société de statistique, des sciences 
oaturelles et des arts industriels de l'Isère, & Grenoble. 

BizoT, conservateur du Musée de Vienne (Isère). 

Blossibu, professeur au collège de Honfleur (Calvados). 

BoBEAu, à Cormery (Indre-et-Loire). 

BoNBURiND (Blignt-), archiviste du département du Gard. 

BoHitEFOT, conseiller général dn eanlon d'Ëanezat (Pny-de-IMimc). 

BoRNO (L'abbé), curé de Chelles (Seine-etr-Mame). 

BoRBiBh (Le commandant), contrôleur civil en retraite, À Hamma- 
met (Tunisie). 

BoucuEK (L'abbé H.), rectear de l'établissement de Zi-Ka-Wei, 
prèe Gh3nf;-HaT (Chine). 

Boulanger (C), conservateur honoraire du musée de Përonnc 
(Somme). 

Bori (Pierre), membre de l'Académie de Stanislas, è Nancy. 

Braquebate, directeur de l'École manieipale de dessin, & Bor- 
deaux. 

BaouiLHsr, professeur k ia Faculté de droit de l'Université de 
Lyon. 



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r (Mu), avAiviste dn département de la Haute-Savoie. 
CABinis, secrétaire général de la Société d'horticulture du Gard, 

à Ntmes. 
CiMiai d'Almiim (P.), profesMur & la Paenlté des lettres de l'Uni- 

venité de Boideaux. 

CiiRiÈBE, président de la Société d'étude des sciences natareUes 
de Ntmes. 

CuiLUH (L'abbé), desservant de Beaareeueil, près Aii (Bouebe»- 

du-Hh6ne). 

CakMLitj, profewflur à la Pacvlté de» lettre» de l'Université de 
Lyon. 

GBiisin, membre de la Société ardéologiqae du département de 

Gonstantine, rue Lavigerie, à Saint-Eugène (Alger). 
Caïuviaai, vice-président de la Société de géograpbie de Tours. 
GiiTLD» (Emile), pharmacien, à la Roehft-Chataia (Dordogne). 
Cliudoh, archiviste du département du Pa^de-Calais. 
CoLLian (G.), archéoli^ue, me de Metz, &6, à Auch. 

CoLLifiHOH (Le docteur), médeciD-major an 9&* régiment d'iniau- 
terie, à Cherbourg (Manche). 

OoQuiLLB (Pierre), membre de la Société des études historiques de 
Paris, à Meutan. 

Coôian, archiviste du département de Seine-et-Oise. 

CouaMOSTAGNi, conservateur du Musée de Lambèse (Gonstantine). 

CoBTU. (Léon), ancien pr^idemt de la Société normande d'étades 

préhistoriques, aux Andelys(Eure). 
Co»r» (Paul), membre du Comité historique et archéol<^que de 

Noyon (Oiae). 
DiRâiniDD (Charles), conservateur du Musée de peinture et du 

cabinet d'antiqnités de Saintes (Charente-inférieure). 
DtnNRKDTHKi (Hesri), pasteur de l'Oise réformée, k Bar-le-Doc. 



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MM. 

DMKDflB(A.), comniia des Postée et Tél^afthes, à Btagit (Coa- 

BUtatioe). 
Dbglatioht, vice-consul de Russie, À Bouen. 
Dboband, consul de France, à Philippopoli (Bnlgarie). 
Denisaht ( Raoul) , vice-président de la Société archéologique d'Eure- 

el-Loîr, (doltre Notre-Dame, i Chartres. 
Deslindks (Le chanoine), & Bayeui. 
Dbktaudid, pastcar de l'église réformée, à Moariès (Bouches-du- 

Rh6ne). 
DoHAn (Le capitaine), commandant du cercle supérieur de Kébilli 

(Tunisie). 
DoDSLBT (0.), professeur an tycée de Nice. 
DoiiTTÉ (Edmond), chargé de cours à TËcole préparatoire à ïea- 

seignement supérieur des lettres d'Alger. 
DBAmaa (Louis), sewëtaire de la Direction des antiquité et des 

arts de la Régence, h Tuuis. 
Daioux , avocat général , près la Cour d'Oriéaos. 
Dbouault (Roger), receveur de l'enregistrenjent à 8ainl-Sulpice~ 

les-Feuilles (Haute- Vienne). 
DcBABAT (L'abbé), curé de Saint-Martin, k Pau. 
Dujabbic-Dbscobbks, vice-pi'ésident de la Société historique et 

archéolc^ique du Périgord, h Périguenx. 

Dumas (P.), doyen de la Faculté des lettres de l'Université de Tou- 

Uuse. 
Dumas (Ulysse), archédogae, à Baron, par Sainl-Cbaples (Gard). 
DuPKAT, professeur au tycée de Bochefort (Gharenle-Inférienre). 
DuBARCBL, conducteur des ponis et chaussées, à Mahdia (Tunisie) 
DuvBBNot, archiviste du département de Meurthe-et-Moselle. 
EcK (Théophile), conservateur du muaée de Saint-Quentin (Aisne). 
EcKiL, archiviste du déparlement de la Haule-SaA&e. 



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MM. 

PiTOLLi (Di), con§ervateur du musée sdeotifique et archéologique 
de Périgueux, au château de Fayolle, par Toesue-Saiot-Apre 
(Dord(^e). 

FnitHD (Gahriel), consul de Franee k Stuttgart (AUema^e). 

PiiUinr (Charles), processeur À la Faculté des soîences de l'Uni- 
versité de Montpellier. 

Flimàrd, chargé de cours à l'École préparatoire à renseignement 
supérieur des sciences d'Alger. 

Pleuit (Gabriel), membre de la Société historique et archéo- 
logique du Maine, à Mamers (Sarthe). 

PoncHKB (Le chef de bataillon), commandant supérieur du cercle 
de Hédeniae (Tunisie). 

FonQun (Le docteur), archéologue, au Caire. 

FoDiRiBB (Joseph), archiviste adjoint du département d<» Bouches- 

du-Rb6ne. 
fîusiEs (Georges), professeur au collègue de Meaux (Seine-et- 

Haroe ). 
(iiDTim (Gaston), instituteur public, à Murlîn, par Beaumont- 

la-Feirière (Nièvn). 

Gàdtiei (Emile), chai^ de cours à l'École préparatoire à l'én- 
seignemoit Mipérienr d«8 lettres d'Alg[«r. 

Gaiieb (Georges), conservateur à ta Bibliolhëque muuictpale, à 

Besançon. 
GiiiN-BiciRD (Henry de), secrétaire de la Société de statislique de 

Narseillfl. 
(îiiiDD (J.-B.), conservateur du Musée archéologique de la ville 

de Lyon. 
GoHBiD* (Le capitaine), du U' riment de tirailleurs algériens, à 

Sousse (Tunisie). 
GocTET (E.), conservateur du musée archéologique de Swisse 

(Tunisie). 



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MM. 
GiiND (Roger), ancien archiviste adjoint départamental, nu Co- 
pernic, 90, à Nantes. 

Ghandmaison (LouisLoiiBiu de), archiviste du département d'Indre- 
et-Loire. 

GviiiLiuaE (L'ahbé), archiviste du département des Hautes- 
Alpes. 

HtiLLiMT, secrétaire perpétuel de la Société d'émulatioa des Vosges , 
à Epiasl. 

Hahhuo, major au thU* riment d'infanterie, i Bordeaux. 

HERAULT, bibliothécaire de la ville de Valenciennes ( Nord). 

Hermine (Gustave), sous-préfet honoraire, à Excideail (Dor- 
dogne). 

HiLA»E (Jean), capitaine au a* régiment étranger, détaché nu 
bataitlon étranger de Madagascar, Ji Sokaramy. 

HiNGLAiB, conservateur du musée de Constanline. 

IsNABff, archiviste du département des Basses-Alpes. 

Iacotin, archiviste du département de la Haute-Loire. 

iCQDBTTOii, administrateur de la commune mixte de Michelet 
(Alger). 

loLT (Alexandre), profeeaeur à la Hédersa de Constanline, en 
congé, k l'École préparatoire à l'enseignement supérieur des 
sciences d'Alger. 

[oLT (Charles), conservateur du musée de Guelma (Constantine). 

[oDKDiNNs (Gaston), membre de la Commission archéalogiqne de 
Narbonne , à Carcassonne. 

lovv (Ernest), professeur au collège de Vitrjr-Ie-François (Marae). 

iuLiEH, contrAleur civil suppléant, es disponibilité, aax Mées 
(Basses-Alpes). 

KiLiAN , professeur i la Faculté des sciences de l'Université de Gre- 
noble. 



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— uni — 

MM. 

Klungladsz, profcneur k la Faculté des lettres de l'Université de 
Lyon. 

KûHBTLBR (J.), professeur à la Faculté des sciences de l'Université 
de Bordeaux. 

LiBAiitiB, conBerrateur de la bibliothèque de ta ville et du Musée 
Calvet, h Avignon. 

LiBii (Gustave), ancien président de la Société des archives his- 
toriques de la Gironde, à Bordeaux. 

LiCBoix (Francisque), conservateur du musée d'histoire naturelle 
de Micon. 

LiroH, conducteur des ponts et chaussées, à Souk-el-Arba 
(Tunisie). 

hi Gbassrhib (Raoul db), juge su tribunal civil de Nantes. 

LiBOHDÉs (De), président de la Société archéologique du Midi de 

la France, à Toulouse. 
Liicdb(Di), consul général de France, à Triesle (Autriche). 
LtRoiB (Maurice), arehiviste du département des Basses-Pyrénées. 
La Rocbiiib (Bouhdr db), archiviste du département du Finistère. 

Ladbt (Ant.), préparateur à la Faculté des sciences de l'Université 

de ClermonL 
LiuBKHT, ardiiviste du département des Ardennes. 

LicnKTi[,iBB (A.), instituteur public , à CuvervîUe-en-Cau» (Seine- 
Inférieure). 

LicLBBc (René), professeur au collège de Médéa (Alger). 

Lbobas (Jules), professeur k la Faculté des lettres de l'Université 
de Dijon. 

LiHrBBiuB, archiviste du département de rAveyron. 

Lksobt (André), archiviste du département de la Meuse. 

LBnrtiRTDBiBB (Gabriel), publicisle, sous-préfet de Châteaudun 
(Eure-et-Loir). 



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MM. 
Lbx, archiviste du département de SaAae-et-Loire. 
LoiiMT, conservateur du musée archéologique de Châtitlon-sur- 

Seioe (C4te-d'0r). 
LoBin (Henri), professeur à [a Faculté des lettres de l'Université de 

Bordeaux. 
Low^BB (Auffuste), photographe, rue Saint-Viclor-Mouptaisir, ai, 

à Lyon. 
LuMiÈiB (Louis), photographe', rue Salut-Viclor-Monplaisir, ai, à 

Lyon. 
Maçon, archiviste du château de Chantilly (Oise). 
MiLLABD (Gustave), avocat, & Saint-Amand (Cher). 
MiBÇAis (William), directeur delà Médersa, à Alger. 
Mabtonne (Emmanuel de), maître de conférences à ta Faculté des 

lettres de l'Université de Rennes. 
Masson, professeur h la Faculté des lettres de l'Université d'Aix- 

Marseille , à Aix. 
Mbboiib (Gustave), secrétaire de ta Société archéologique du dépar- 
tement de CoDStantine. 
Mbblbt (Bené), archiviste du département d'Eure-et-Ijoir. 
MitTAis (L'abbé), secrétaire-archiviste de l'évéché, à Chartres, 

MinoAUD (Galieu), secrétaire général de la Société d'étude des 
B naturelles de Mîmes. 



MoHcnicouiT, contrôleur suppléant, sou!i-chef du bureau des flon- 
trftles, ik la Résidence générale, à Tunis. 

MoBBL (Le chanoine), desservant de Ghevrières (Oise). 

MoaiN (Louis), typographe, rive droite du Canal. 7/1, k Troyes. 

MouRLOT (Félix), inspecteur d'Académie, à Alençon. 

MussBT (Georges), bibliothécaire de la ville de la Rochelle. 

NoviK (Dominique), archéologue, à Sfax. 

OfîïBBiD (François), proviseur du lycée de Toulouse. 



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MM. 

OoMRL, bibliothécaire de U vitle de Dijon. 

pAKiaoT (Le docteur Pierre), professeur à la Faculté de médecine 
de l'Université de_ Nancy. 

PisciDD, conseiller à la Cour d'appel de Chambéry. 

PiBQuiBi , archiviste du déparlement de la Haate-Garonne. 

PiWLOWBct (Auguste), membre de la Société de géc^aphie, d'agri- 
culture, lettres, sciences et arls de Rochefort, h Fouras (Cha- 
reate-Inférieure). 

PisoH (Pierre-Alphonse), correspondent de l'Institut, président de 
la Société des sciences hiBloriqu<;8 et naturelles de l'Yonne, h 
Auxerre. 

PfaoDSB, archiviste du département de la Savoie. 

Peitt (Au^ste), archiviste du département de la Corrèze. 

PsiiRBBS (Angély), instituteur public, à Ferrières (Hérault). 

PfliLiFPB (André), archiviste du département do In Loi^. 

PitHcouiao, membre de la Commission départementale des anti- 
quités et des arts de Selae-et-Oise, h Gléry^n-Vexin , par 
Magny (Seine-et-Oisc). 

PoiTuiiHD (1^ lieutenant db), chef du bureau des afTaires indi- 
gènes, à Zanis (Tunisie). 

PornÉB, archiviste du déparlement de l'Yonne. 

Pi»ftB(L'aM>é), desservant de Bournainville(Enre). 

PoRT4L (Chartes), archiviste du déparlement du Tarn. 

' PomBi (Le chanoine), président de la Société archéologique de 
Tam-et-Garoune , & Montauban. 
PouuiHB (L'abbé), desservant de Voutenay (Yonne). 
PoDpf (Edmond), professeur au collège de Dra|;uignan. 
Pool, archiviste du département de l'Aude. 
PrabIib (Bertrand), conservateur du Musée du Bardo, à Tunis. 



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È 



MM. 

Pbertodt, professeur k U FnenlU des lettres de l'Université de 
Caen. 

Qdighon, professeur au lycée de Beauvais. 

RBaiiioi.T (Félix), rue de la Trinité, à Toulouse. 

RËeniBR (Louis), archéologne, me du Meilet, 9, à Évreui. 

Rrhadlt (Henri-Eugène), officier d'adminisU^tion du génie, à 
Tunis. 

RicBBMOND (MESCHiHtT db), archiviste du déparlemeot de la Cha- 
rente-Inférieure. 

BoBBiT, administrateur de ta commune mixt« des Maidid.^Bordj- 
Bou-Arréridj (Constantine). 

BouLi, professeur à la Faculté des sciences de l'Université de 
Toulouse. 

Sababthbs (L'abbé A.), desservant de Leucate (Aude). 

Saiatibr (Paul) , correspondant de Tlnstitut, professeur h la Faculté 
des sciences de l'Université de Toalousa. 

SiDOUK (Eugène), inspecteur du Service des antiquités et des arts 
de La Régence, k Tunis. 

Sainson (Camille), vice-consul de France, à Mong-Tseu, Yun-Nan 
(Chine). 

Saint-Vbnaht (Dr), inspecteur des eaux et forêts, k Nevers. 

Sabbah d'Allard (Louis db), membre de la Société des lettres, 
sciences et arts «k Haute-Auvergne» , avenue de la République, 
3, à Aurillac. 

Sis (Henri), professeur à la Faculté des lettres de l'Université de ■ 
Rennes. 

SoTBB(Paul), archiviste du département du Loiret. 

Tbibbs (Paul), conservateur du Musée archéologique, à Narhonne 
(Aude). 

Tnoisoti (Eugène), membre de la Société historique et archéo* 
logique du Gitinais, à Larchant {Setne-«t-Mame). 



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XXTII 

MM. 

Ttiutn (Le capitaine), cbeT du bureau des affaires indigènes, à 
Zarsis (Tunisie). 

Taien (Bobert), prëeïdent de la SociéW historique et archéo- 
logique dn Maine, au Mans. 

TnoniLLiM, archiviste du département de Loir-et-Cher. 

UuiiD , chanoine titulaire de la cathédrale d'Angers. 

Vàlrih (Gaston), professeur au lyc^ d'Aix. 

ViacBiLDB (Henri), k Vals-les-BsiiiB (Ardèche). 

ViaiH (Auguste), architecte' des monuments historiques, à Arles 
( Bonches-du-Bh6ne). 

Vnmni, archiviste du département de l'Aube. 

VuLT (Léon se), correspondant du Comité des sociétés des beaux- 
arts des départements, rue des Faulx, 3i, àRouen. 

Vidai, (Auguste), chef de bureau à la préfecture du Tarn. 
ViuBHBOTB (L'abbé Léonce de), archéologue, au palais de Monaco. 
ViuBTRUtT (Ferdinand), archiviste du département de la Dor- 
d(^e. 



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D,j.,.db,Googlc 



PROCÈS-VERBAUX 

DES SÉANCES 

DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE 

. DE U COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD 



D,j.,.db,Googlc 



notice des découvertes d'antiquiUs préhistoriques faites à Nabre- 
sina, près de Triesl4;. — Renvoi i M. SaloniOD Reinacb. 

M. de Saînl-Arroaian communique une lettre de M. le Directeur 
des Beaui-ArlB, par laquelle il inrorme la Sortion que le bas-relief 
qui BurmoDte la porte de l'église paroissiale de Nantouillet, et dont 
il a été question dans la dernière séance, a été classé parmi les 
MonumealE historiques par arrêté miniaUriel «■ date du 19 juillet 
dernier. 

Sont déposés sur le Bureau les ouvrnges suivants ofîerla au 
Comité par leurs auteurs : 

Le MontSaiat-iSkhel m Cornac, par M. Aveneau de la Granclère , 
président de la Société polymathique du Morbihan; 

VarchéiAogie prifàttonqae à VExponbim de tgoo, par le même; 

Quelquet gtatuettt$ de hnmu àii^tn, par le même; 

SuUfUtte en bronze ttorateur, au Musée île la SocUlê ptdymathiquf , 
|Hir le même; 

ExjdoralioM archéohgiquet dan* te centre de la Bretagne armorique, 
parle même; 

Les chambrei toulerrainet artificuUet amtoricamei, par le même; 

Le gardien du trétar, légende, par le mâmp; 

A Notre-Dame de Quelven, par le même; 

Les viUagei préromaint en Bretagne armorique , par le même; 

Hutmre (Tun eWher, légende, par le même; 

Les ville» engloutie» de* côte* du Morbihan, par le même; 



DigiLizedbyGoOglc 



Jean Gotgtm , arehiteele. Le* eolonnet de Saint-Maelou et du maumlée 
Je LoM* de Brhi à Rouen, psr M. Léon de Vesiy, correspondant du 
Comité, à Rouen. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothiqiie Dalionale, el des 
remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. le D' CiPiTiH lit un rapport sur ane station de l'époque 
acheuléenne , h. Bosereuii-lgornay, près d'Autun, signalée etdécrite 
par M. Victor Amon. Ce rapport sera publié m exteiuo dans le Bul- 
letin arehéoiogi^, 

M. le D' CAPiTAri expose au Comité les raisons qui lui ont fait 
surseoir k la rédaction du rapport dont il était chargé sur les fouilles 
de H. Félix Régnaultà Marsoulas (Haute-Garonne). Le rapporteur 
attend t'esvoi que M. Régnaull doit faire de photographies et d'un 
dioix d'objets recueillis dans ses fouilles. 

M. PiOD Ut un rapport sur une demande de subvention formée 
par H. LéoB de Vesly, correspondant du Comité, k Rouen, en vue 
de poursuivre Vexploration archéologique du plateau de Boos (Seine- 
Inférieure). 

Le Comité estime qu'il y a lieu de demander à M. de Vesly un 
supplément d'informations. 

H. Sdomon ïtEiNica lit un rapport sur une demande de subven- 
tion formée par la Société des lettres, sciences et arts de Bar-le- 
Dnc, pour permettre à M. le D' Meunier de poursuivre à Lavoye 
(Meuse) les fouilles dont il a consigné les résultais dans un mémoire 
•dressé au Comité : 

«Les recherches de M. le D' Meunier dans les ateliers céramiques 
de Lavoye paraissent avoir été conduites avec beaucoup de méthode, 
et je n'hésiterais pas k demander l'impression de la notice qu'il a 
envoyée k ce sujet au Ministère, si l'ouvrage de M. Déchelette, 
publié dans l'intervalle, ne devait obliger M. le D' Meunier à remanier 
ei partie son texte. Mais je suts d'avis qu'il est très opportun de 
lui accorder une subvention qui lui permette de poursuivre des 
fouilles si bien commencées, n — Adopté. 

M. Salomou RsintcH lit un second rapport sur une demande de 



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-~ un» — 

subveatioD rormée par M. Raoul Bouillerot , à Dijon , en vue d'achever 
Texploratioa du tumulus de La Fortelle, à Boui-sous-Salmaùe 
(Côte-d'Or) : 

«M. Bouillerot a commencé des recherches du plus grand intérêt 
dans le vaste tumulus de La Farlelle, appartenant au premier âge 
du fer. La relation qu'il nous adresse de ses fouilles est écrite avec 
une incontestoble compiîtence et accompagnée d'excellents dessins. 
Je prie instamment le Comité et la Direction compétente de lui 
accorder la subvention qu'il sollirile; il y a nécessité de mener à 
bonne lin les fouilles commencées, ne serait-ce que pour éviter la 
destruction ou la dispersion d'objets précieux pour la science, soit 
par des éboulements de terres, soit par des chercheurs de Irésors 
ou des marchands d'anUquités. n — Adopté. 

M. DE Lastbtbib présente une notice de M. Amédée Boinel, 
archiviste paléc^raphe, sur une miniature d'un manuscrit de i» 
BibliothÈque royale de Munich, représentant les travaux des mois, 
et en propose l'insertion au Bulletin m-chéologiqw. — Adopté. 

M. Philippe BsROER lit un rapport sur un mémoire de M. le 
D' Rouvier, correspondunl du Comité, à Beyrouth, sur neuf 
inscriptions phéniciennes relatives au temple d'Echmoun à 
Sidon : 

irM. le D' Bouvier a adressé au Comité des travaux historiques 
un nouveau rapport sur les fouilles du temple d'Echmoun, auprès 
de SidoQ. 

n Depuis la publication de sesprécédents rapports, neuf nouvelles 
inscriptions ont été trouvées sur des pierres de fondation. Elles sont 
toutes identiques et reproduisent le texte de rinscription que j'ai 
communiquée l'année dernière à l'Académie d'après une lettre 
du D^ Schrœder, le savant orientaliste qui est consul général de 
l'Empire d'Allemagne à Beyrouth. 

"La comparaison de ces différente textes a permis de combler 
les lacunes de celui que nous avions seul sous les yeux , il y a un an 

rM. Rouvier a annexé à son rapport une lettre du D^ Schrœder, 
dans laquelle ce savant établit le texte de ces inscriptioDS. 

"La lecture et la traduc^on de M. Schrœder justiiieol les con- 
jectures ingénieuses proposées par M. Clermont'Ganneau au sujet 
du nom du père du roi Bodastart, le fondateur du temple. Ce roi 
s'appelait non pas Sydykjaton, maïs Jatoonmelek. 



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«Eb ce qui «mcerae la date de tout cet ensemble de textes, 
M. Roorier combat rhypolfaèse de M. Clermoni-Gaunean qui les 
fait descendre jmqu'À fépoqne ptotémafqae, et il soutient que le 
débat au moins de la dynastie d'Echmonaatar appartenait i 
l'époqae de la domination perae. 

«Je demande l'impreasion du rapport de M. Bouvier et de la 
lettre ds jy Schrœder dans le Butitàn du Comité, n — Adopté. 

M. H^oN Di ViLLRFosBi appelle rattentiou du Comité sur un 
fragment de poterie provenant d'Orange et conservé au Musée de 
Sainl-Germain ( q" 3i6j7) : 

«Ce fragment vient d'être publié dans fonvrage de M. J. Déche- 
lelle, Let vtuei céramiqvêi emé» de la Gatik romoÛM, t. H, p. 3o&, 
n* 1 & 1 . L'auteur t'a classé avec raison parmi les médaillons k relieb 
d'appHqae et k légendes explicatives, mats l'intérêt du relief n'a 
pas été suffisamment reconnu. Il est resté confondu avec les menus 
fragmenls indéterminés; il mérite d'être mis en lumière. 

«Quoique très petit et d'apparence modeste, ce fragment ouvre 
une série nouvelle dans la classification des médaillons en question, 
celle des représentations relatives à notre mythologie nationale dont 
on pouvait s'étonner de ne renconlrer aucun souvenir sur les vases 
ornés sortis des ateliers de la vallée du RhAne. Tous les médaillons 
signala jusqu'ici avec des sujets d'un caractère religieux se rap- 
portent, en effet, aux légendes des mythologies grecque, gréeo~ 
^fyptienoe ou romaine. Quelques cultes particuliers vt locaux de la 
TaHée du RhAne, ceux des Villes, des Tutelles ou des Génies de 
TÏUes y troufanl place, il n'y avait pas de raison pour supposer que 
les fabricants de poteries ornées avaient négli^ de parti pris la 
reprodoetitm des types des divinités d'origine purement gauloise, 
des dieux populaires et nationaux auxquels le peuple était resté 
GdUe sous la domination romaine. Le fragment en question prouve 
que les potiers ne méritent h cet ^rd aucun reproche, car il 
appartient à un médaillon au centre duquel était représenté le 
buste du Dieu au moUlet. 

•rCe qui subsiste du sujet est peu de chose; l'éclat provient du 
bord du relief. On y voit cependant d'une manière très nette une 
main droite ouverte, soutenant un vase ovoïde, sans anse; près du 
vase , on lit les trois lettres . . . PRO . . . , restes d'une légende en 
grande partie disparue; au-dessus du vase apparaît la moitié d'une 



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guirlande de feuillage. Une partie de la couronne en feuilles de 
laurier qui encadrait le médaillon subsiste. Le vase ovwde, sans 
anses, tenu dans la matn droite, eat une des particularités carac- 
téristiques des figures divines connues sous le nom de Diat au 
mailUt. Il ne peut y avoir aucun doute sur la représentation A la- 
quelle se rapporte te fragment trouvé à Orange. 

ir Les lettres . . .PR.O. . . appartiennent au début du mot PR.O[p»- 
u'um] qui entrait dans une légende inscrite autour du buste du 
dieu. La composition du médaillon était analogue à celle des mé- 
daillons devienne et d'Orange (Déchelette, îbid,,D'' 9 et 3) offrant 
le buste de Jupiter entouré de la légende [Jm»m pn]PVTl[um mIm]. 
Si un doute pouvait subsister à cet égard, il serait immédiatemcot 
levé par la production d'un autre médaillon découvert à Vichy ea 
i885 et qui m'a été signalé par M. A. Blanchet. On y voit nu pei^ 
soitnage à mi-corps, coiffé du pUeut, tenant une oUa dans la main 
droite. Autour du buste on lit : 

KMKVM-PROPITIVM 
NOBIS 

«il est fAcbauxque lalé^nde du médaillon de Vichy soit incom- 
plfele. On peut supposer [ie]VM; mais les lettres VM peuvent aussi 
bien appartenir nu nom spécial, attribué au Dieu au madlet. Rien 
n'empêche de penser à [5t/win]VM ou à [5ii«U]VM, en attendant 
qu'un médaillon plus complet apporte la solution de ce petit pro- 
blème. Nous avons donc le ferme espoir de retrouver sur les mé- 
daillons céramiques à relief non seulement des représentations 
curieuses pour notre mythologie nationale, mais aussi des légendes 
explicatives qui contribueront k faire avancer nos éludes. Cest pour 
ce motif que j'ei^ge les correspondanis du Comité à ne négliger 
aucun fragment de poterie , même les plus insignifiants en apparence, 
h les recueillir avec soin et à les signaler.* 

La séance est levée à & heures et quart. 

Ia SierAatre a^aint ii U Steliv» iTÀreUaltgit, 

Maurice Paoe, 
Ui^mbre du Comilë. 



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13 FÉVRIER 1905. 
SÉANCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGrR. 

PRÉSIDENCB DK M. HÉROIH DE TILLEPOSBB. 

Lii séanee est ouverte à h heures. 

Le proeèe-Terbal de la dernière s^nce eat lu et adopté. 

M. le Secrelaire donne terlure de l.i correspondance : 

M. Ch. Portai, correspondant du Comité, k AIbi, envoie ileH 
notes sur quelques fondeurs de cloches du xv* ou win' siMo. — 
Renvoi à M. Eugène Lcfèvre-Ponlalîs. 

MM. Salomon Beinnch etGuilTrey Ront chargés de rapporls sur 
des ouvrages pour lesquels une souscription n i'>Ip demand^<> à M. le 
Ministre de l*Tnstruclion publique. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants ofTerls au Co- 
mité par leurs auteurs : 

SarameotàrL Etiule arekéelogique, par M. Coquelle, correspondant 
du Comité, k Meulan; 

Le porlrail de Lomt XI eontené à Béhmrd, par H. le chanoine 
Ch. Ureeau, correspondant du Comité', à ADgcr:<; 

Ltxpon&M Jet jirimityi Jrançmt m t$oâ, parle roéme. 

Ces onvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale, et des 
remerciements seront idressés aux auteurs. 

M. le docteur CtPitiii lit an rapport sur une demande de sub- 
vention formée par M. FéUi B^ault, correspondant du Comité à 



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Toulouse, & l'effet de poursuivre les fouilles qu'il h entreprises dans 
la caverne de Marsoulas (Haute-Garonne). 

Le rapporteur rappelle les travaux de déblaiement op^^ et les 
résultats obtenus par notre correspondant au cours des fouilles pré- 
cédemment subventionnées par le Ministère : aménagement d'une 
terrasse devant la grotte ; découverle d'un grand nombre de silex , 
parmi lesquels des burins qui ont pu être utilisés pour graver les 
figures des parois de In grotte : creusement d'une tranchée dans 
laquelle on a recueilli de l'ocre rouge qui a dà servir à fiiire les 
peintures; la moitié d'un godet de pierre, et des dents de renne, 
de cheval et de bœuf. 

Le Comité émet le vœu que M. le Ministre de rtostniotion pu- 
blique accorde à M. Régnault une nouvelle subvention qui lui per* 
mette d'achever le déblaiement de la grotte et de pousser les fouilles 
jusqu'à la base des parois. 

M. le docteur Capitan lit un second rapport sur une communi- 
cation de M. Ulysse Dumas, de Baron (Gard), qui fait la suite de 
communications pi-écédemment adressées par lui sur les tumulua 
de Belvezet (Gard) : 

R L'aul«ur si^ale les résultats que lui a fournis d'abord la fouille 
d'un lumulus à Itelvezel. Il y a trouvé des fragments d'os brAlés, 
des débris de fer, une fusaïoie et la moitié d'un vase orné d'un fort 
curieux dessin géométrique consistant en deux rangées de losanges 
séparés par une succession de deux parallélogrammes inclus l'un 



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y I lien, en tout ou en partie, et de déposer le présent mémoire 
dans nos archives, en adressant à l'auteur les r^nerciemeobs du 
Comité. » — Adopté. 

M. Bi LASTKTaiB présente un rapport sur l'autd chrétien de 
Sainte-Croii, prèsde Salou(Bouche8-du-Rh&ne), dontM.de GMn- 
Ricard a transmis la photographie an Comité. 

H. Léon de Vedy ayant fait parvenir au Comité les renseignements 
supplémentaires qui lui avaient été demandés sur le projet qu'il a 
formé de pratiquer des recherches archéologiques sur le plateau de 
Boos (Seine-Inférieure), M. Pbou présente un nonvean rapport sur 
la demande de suhvention que notre correspondant a adressée i 
M. le Ministre de l'Instruction publique. Les vestiges d'antiquités 
signalés depuis longtemps et k plusieurs reprises sur ce territoire 
permettent d'espérer que des fouilles méthodiquement conduites 
auront pour l'archéologie de fructueux résultats. 

Le Comité estime qu'il y a lieu de seconder l'exécution du projet 
de H. de Vesly et de lui accorder une subvention , d'autant plus que 
les sociétés locales el de généreux donateurs se déclarent prêts i 
couvrir la plus grande partie des frais de l'entreprise. 

M. HéaoH DB ViLLBFOssB Ht un rapport sur quatre inscriptions chré- 
tiennes, dont M. l'abbé J.-B. Martin, correspondant du Comité, à 
Lyon, a transmis au Comité des frottis k la mine de plomb et des 
mpies : 



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sHauteur, o m. 68; largeur, o m. ia. — Les lettres sont gravées 
très légèrement et mesurent environ ora. on ■ 

(calombe tcnaat no (fraude croit patt«e (eidambe) 

runeau dans le bec) «vec A et LU (rotace i 

' (rosace à quatre sous la traverse) cinq p^lcs) 

CONIVXQ-PUCIPAM CAPrf QYIETEM 

MYHm TRIUirrAî EXHORRYIÎTI 

(YM CUHAÎ PROPÉHAÎ ADIRE ÎEtEÎ 

PKHO QYAf RECIPrî EI.ECTA fRY<TV 

5 IKNOmET (;RA¥ITER nrYHCTAi AEVIÎ 

HATI QYAM HE^OAEYHT VICERE HOÏTRl (.«) 

CAEUnEPOTIYÏAMPl.EXA MYHYÏ 

HOÏTRYM UHIAÏ ClYA<i«MVÏ &01,OREM 

CHRHTO ÎI OYOTIEHÏ ORÀTIOHEÎ 

>o ;AHCTlf ÎAEPE kOCi; AMYMTA DEfERÏ 

, , , . (grand vase anneié , , . , 

(cehimbe) ^ j^^^ ^i^j (rolorobo) 

rLs branche principale de la croit placée en tête du texte 
mesure o m. 1 6 ; la traverse mesure o m. 1 3. 

vCe petit poème funéraire de lo lignes se compose de vers de 
1 1 syllabes; il ne renferme qu'une seule abréviation à la ligne i, 
cmjux ^vm). 11 contient des idées et des eipresaions qu'on retrouve 
dans les textes contemporains de Lyon et de U r^ion '". Il ne nous 
donne pas le nom de la défunte. 

vA la ligne 6, le marbrier a gravé un nu lieu d'un Qdans le 
mot fM9[it]a«imt. 



") Cl. Corp. «aer. Uu., L XIII, n* aSSg, fHu nmàana nli^it; n* s3^h, 
jam imteU fWtNfxM; 1. XII, n* iiiA, tItcU Dto, elc 



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II 

ir Hauteur, o m. 38; laideur, o m. 33, — La hauteur des lettres 
est de o m. o3 ; les lettres des deux premières lignée sont ioacrites 
entre deux double» traits. Froment : 



: tOCI.- HETVHÏ AT 
1 B H A J E F Y ; C- 
'IT INTACTAjwr 
m anmeS X V 1 1 [ I ET M E Hm> 

5 wKmmt\tS XXI 1 ili^Hita 
mm»6,i-i DIE nu idy; iyhia; 

mdomi^ OHOnROAVlTOaog 

(rettes d'un monof[i«iiiiDe 
du Christ entouré d'un cercle) 

(tCe fragnieiit appartient à l'épitaphe d'une jeune fille morte à 
i<) ans. 

irA la première ligne, le graveur a ajouté un petit H au-dessus 
du ; il est probable que le groupe de lettres ainsi complété appar- 
tient au verbe emekidtre. Ce qui suit reste cependant olracur : H est 
douteux, ETYK est certain. Il semble toutefois permis de songer à 
une formule analogue à relie du début d'une inscription métrique 
trouvée & Saint-Just, c'est-à-dire dans le même quartier de Lyon : 

Hie ni/'i» m koe amdmtur numbra iepulchro. 

nEn toat cas, le début du fragment est métrique : 

[Ho]e eone^uémtjlwf pa^fruo m]mhr* iepule{kn) 

f(uw) vixit MUa«(« [per «mo]* 

«L'intérêt du texte réside surtout dans la dat« , //// û&u /wu'of 
[(ii>Mi]no, ou [f/oinjno tuutn Avito. 

«M. l'abbé Martin pense qu'il s'agit de FI. Avitus Marinianus, 
préfet du prétoire en Ù99 et consul d'Occident eu &s3. Hais le 



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— lUU — 

niim) de !ii3 est toujours désigné par sod surnom Marmùmm; de 
I^, il faut remarquer que le Dom d'Avitus est précédé ici du titre 
impérial demùiut tuuUr. Dès lors il s'agit d'un empereur; il ne peut 
^qoeriion que d'Eporchius Âvitus, préfet du prétoire des Caules 
MOI Yalentinien flf en ASg, proclamé empereur en bbb it la mort 
df PetroniuB Maximus et ronsal d'Orcident en ù56'''. De Rossi'*' 
■ déinootré qu'en Occident , S la (în d'octobre et au commence- 
mml de novembre lib6, l'année avait été désignée par le consulat 
^Efonim Amtut; notre texte prouve que cette désignation a eu 
iifn ik le mois de juin. En outre , c'est la première fois que le nom 
de l'empereur Avitus est rencontré en Gaule sur un document épi- 
gn[diiqoe. 
«L'inscription est ainsi datée du tojuiu â56. 



'Haulenr, o m. 3o; largeur, o m. %i. — Les lettres sont belles 
HbifD gravées aux quatre premières lîgpies; elles ont om. o& de 
buitfar. Fragment de la partie gauche; début des lignes : 

EFYfAHUTrMMWim» 
fyHEKEtYK«Bmn<P«i 

TIfH0TAIH!ar^E3K:^s 
r> B I U ^ Ammttmiwsinu 

'L'ppitaphe d'Ep^ama était en vers. Cf. l'épitapbe du diacre 
Wlius, trouvée à Andanro'^', od on lit : 



. . . . Emlimu quem funtrê dur!) 
n edere rapMl mor» mtfia atrtii. 



' BoTi-hm, Œttrm. t. X. p. 73.1-736. 

'' tuter. ffcr. , »ol. I, n" 795. 

"> Ci»f. nucr. UU., t XII, n* 58^3. 



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«Hniiteur, o m. Sa ; largeur, o iii. 96. — - La hauteur des leUre» 
est de m. o3. Fragment gaucbe ; début des ligues : 

(rinceau 4e Berre) 
IH HOC TYMV^O rt^ui*. 
CIT BOHE MEM»r.«M! 
CO H f TA H T mmiiii 
IH FACE AHKMMmuot 
S iIT PR[6E tKlmm-^-it (■«) 
T H E V D K Smmmmm 

<rL« mânif nnm , Cmutanûu*, se retrouve sur une inseriplioii ron- 
t(^mporaine, conserva à Lyon dans ta crypte de Saint-Iréaée ''). Il 
est impossible de savoir s'il s'agit ici d'un bomme ou d'uno Temme 
et si on doit compléter C<mlant\ivi\ ou Cimttoi([ia]. 

«La Formule du début, in hoc tuimdo reqiàtiâtbonememarie, se lit 
fréquemmeut sur lt>s marbres du cimetière de Sainl-Irénée; les 
exemples datés se placent enti'e les années ^93 et 567'^'. D'âpre 
la forme des lettres, notre inscription parait bien appartenir i la 
première moitié du vi* siècle. Rlle ne provient pas du mAme endroit 
que les précédentes qui paraissent remonter au v* siècle el dont la 
seconde en tout cas est datée. Le mot THEYMKY doit appartenir au 
nom Theiidoru[aiâ\. L'inscription devait donc élre datée par l'année 
du H'gne de Thierry I ou de Thierry 111-^'. Il est regrettaMe que 
M. rabl>é Martin, auquel le Comité doit des remerciements pour 
ses cuccllentes communications, n'ait pas pu indiquer d'une ma- 
nière précise la provenance de ce dernier texte.* 



W CoTf. i<ucr. Ut., t. \m,u- l4l>. 

'•I Corp. MMT. lot., (. XIII, 1)** s364 1 i3ya. 

"I Cf. Ic« inimptionï de ÛMides, Corp. i'hict. loi., L Xllt, n** i&3i et thU, 
i)ui débutent pir la mime formule et qui v terminent éf[alenieot par une ilah 
portant le nom d'un Thierry, aima XV rt^no rfnmiu ^mÀorici; indieliaiië fuinia 
rtgi$ TeuJoriei. 



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— XLT — 



M. Sâolio lit un rapport sur un ouvrage pour lequel une 
souscription a ^lé demandée k M. le Ministre de rinstrodion pu- 
blique. 



La séance est levée à 5 heures. 



lu Stcrèlaire adjoint dt la Stclùm d'Ànhmhgie, 

M. Pioij, 

McmbK du Cwiiilé. 



D,j.,.db,Googlc 



20 MABS 1905. 



8ÉANCK DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 

PRéSIDBHCB DB M. HÉBOU DB TIILBFOUB. 

La sëanee est onTerte à h heares. 

Le procès-verbal de la donière sésoce est la et adopté. 

M. le Secrétaire doone lecture de la comepondutce : 

M. Blanchard, de la Société historique, archéologique et scien- 
lilique de Soissons, envoie au Comité une noUce sur les de-cou- 
vertes d'antiquités rooiaiaes faites au lieu dit rie Cbâteau-d'Ale- 
bastren, de igoS h igo5. — Renvoi à M. Salomon Reinach. 

M. de Saint- Venant , correspondant du Comité, à Nevers, adresse 
un mémoire sur le vieux château de Barbarie, à La Machine 
(Nièvre), dans ta forêt des Minimes. — Renvoi à M. Eugène 
Lef^vre-Pontalis. 

M. l'abbé CaEauran,archiprétre deMirande, transmet au Gomilc 
la photographie d'une inscription du moyen âge. — Renvoi à 
M. Prou. 

M. Ulyase Dumas, de Baron (Gard), envoie une note relative 
oui tumulus de Bel vezet (Gard). — Renvoi à M. le D' Capitan. 

M. de LasEeyrie dépose un mémoire de M. Coquelie sur les 
clochers romans de l'arrondissement de Dieppe et en propose l'in- 
sertion au Bviktin archéolBgiqve. — Adopté. 

M. Salomon Reinach est chargé d'un rapport sur un ouvrage 



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pour lequel ime souscriptioD a ét^ demsadée à M. le Ministre de 
riuBtractioD publique. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
par leurs auteurs : 

La gnttt dei Fée* et les petita grotte» de fAtue, par M. l'abbé 
Parât; 

La grotU dv Trihtrite, FBgoattoir, let Nomade», la Boche aux chat», 
par le même ; 

La Chtùe-Dit», par M. Bouebon. 

Ces ouvrages seroat déposés à ta Bibtiotbèque nationale et des 
remerciemeats seront adressa aux auteurs. 

M. Jules GuirFSBï lit un rapport sur une communication de 
M. Louis de La^e, eonsul général de France à Trieste, relative i 
une (recqae du x** siède à la Cbarlieuse de Pesio : 

(rDans son étude sur la fresque de ia Chartreuse de Pesio, située 
sur le Pesio, a 96 kilomètres Sud de Cuneo, M. de Laigue se pro- 
pose de faire connaître une peinture murale ou fresque peu connue , 
car elle se trouve dans un pays que ne visilcoit guère les touristes, 
de fixer U date approximative de cette œuvre d'art, enfin d'identi- 
fier un des personnages représentés aveo un cbartreux d'origine fran- 
cise, ayant joué un certain rôle politique au milieu du xv* siècle. 

sLa description détaillée de ta peinture à demi dévorée par Thu- 
midit^, jointe à la photographie de cette Vierge protectrice des 
Chartreux, remplit assez bien le premier but que s'est proposé 
l'auteur, sans toutefois nmiE édifier bien exactement sur la valeur 
de l'œuvre. 

<r Certains rapprodiemeots risqués par M. de Laigne pour exjrfi- 
quer la coîffnra de la Vierge, appelée, dit Tauteur, un r bicoqnetit, 
comme pour justifier le division des Chartreux, abrités par le 
manteau protecteur en moines barbas, groupés à gauche, et en 
moines imberbes, placés k droite, nous paraissent un peu hasar- 
dés. En faisant tontes réserves sur cette deuxième partie de la 
note de notre correspondant et snr ses recherches relatives au rôle 
joué par le Père Lecoq, chartreux d'origine francise, mort 
en i&5â, c'est-à-dire à vue date bien antérieure à l'exécution de la 



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fresque en question, dous proposerions cepeadant de l'imprimer 
dans le BidUîin si la photographie qui accompagne le teitc pouvait 
être reproduite. Il serait, en efTet, biea difficile de comprendre les 
explications et commentaires de fauteur sans avoir sous les yeux la 
reproduction de la peinture, i — Adopté. 

M. Eugène Lefbvbb-Postilis lit un rapport sur une liste de ion- 
deurs de cloches du zV au xtii* siède, communiquée par H. Cb. 
Portai, archiviste du Tarn, correspondant du Comité : 

1 Notre correspondant, M. Portai, nous adresse des notes bio- 
graphiques sur vingt-trois fondeurs de cloches qui ont travaillé dans 
l'Albigeois du xv' au xtiii" siècle. C'rst une courte liste qui mérite 
d'être imprimée daas le Bulletin archiologiqtie , car elle résulte du 
dépouillement de pièces d'archives dont la cote est soigneusement 
indiquée. L'auteur ne dit pas si quelques-unes de ces doches 
existent encore aujourd'hui, mais îl apporte de nouveaux docu- 
ments pour la vaste enquête campanalre dont M. Berthelé a pris 
riniliative. n — Adopté. 

H, Salomon Reiniou rend compte d'un mémoire de M. le 
IH Meunier sur rétablissement céramique de Lavoye (Meuse) et 
condnt i l'impression dans te BuUetin arehéohgiqne. — Adopta. 

M. Salomon Rrihach lit un rapport sur une communication de 
M. Louis de Laigue, relatKc à Texploration d'une caverne à osse- 
ments sise à Nabresina, près de Trieste : 

irM. de Laigue, consul général de France k Trieste, signale au 
Comité l'exploration récente, par M. te professeur Mosw, d'une 
caverne à ossements aituée i Nabresina, près de Trieste. On y a 
recueilli des restes d'f/mu spdatut, de £•* frmigamu, de Ft^ 
apelata, de loup, de cerf. Plusieura os paraissent porter des traces 
d'utilisation par l'homme. La caverne, qui a été habitée à diverses 
époques, a donné aussi des tessons de poterie grossière, des outils 
de aUex, de petits morceaux de charbon de boia; enfin, M. Moser 
y a trouvé une mécboîre humaine pourvue de ses molaires, dont 
l'une, à peine développée , jtrouve que le sujet est mort avant l'âge 
adulte, n 



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RAPPORTS 



COMMUNICATIOiNS 



kacmiauMiM, — N* I . 



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D,j.,.db,Googlc 



DALLES FUNÉRAIRES 

AVEC CUPULES 
TROUVÉES PRÈS DE COLLORGUES 



Bipport de M. le D' Gtmi* 
sur uns cMnmuniutîoii de H. Uljme Dms. 



M. Ulysse Damas, de Baron (Gard), nous adresse un mémoire 
qui a Irait ii la décoDTerta de deux dalles funéraires avec cupulits. 

En 187&, un cantonnier, M. Nègre, déblayant un champ des 
grosses pierres qn'rl contenait (champ sis au Mas de l'Avengle, près 
de CoUorgues) et appartenant à M. Raynand, 
sonleva deax grosses dalles posées & plat. Ces 
dalles recouvraient une cari té en forme de puits 
dont le fond était plein d'ossements humains, 
de poteries eL de divers objets de sîlei et de 
pierre polie. Le propriétaire, à la vue de ce» os de 
cArAMn<(nc), donna l'ordre de combler le trou. 

Les deux dalles qui couvraient celte sépul- 
ture furent abandonnées k la lisière do champ. 

Lorsque, peu de temps après, M. Teste 
signala, h 3 kilomètres de li, la sépulture 
^la de CoHorgitet avec dalles sculptées, M. Lom- 
bard Dumas considéra les deux dalles dn Mas 
de l'Aveugle comme étant de même nature. 

Quand M. Ulysse Dumas eut découvert la 
dalle (anéraire sculptée de Foissac, il voulut 
examiner les deux dalles en question, mais "S" '" 

elles avaient disparu ; il finit par les retrouver faisant partie d'un 
ponceau sur un petit ruisseau du voisinage. Il put les examiner et 
constata qne l'une mesurant 1 m. m surom. 5i porte ik sa partie su- 
périeure, d'un c6té, une sorte d'encoche usée artificiellement et nne 
incisure transversale. Ces deux rainures semblent limiter Texta-émité 
supérieure de la pierre naturellement saillante comme s'il s'était agi 
de la repréeenlalion grossière ou schématique d'uue léte. (Fig. 1). 



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Au-dessous, 6 cupules mesurant de 3 à & centîmMres de diamètre 
sur s en moyenne de profondeur et ^upées autourd'une septième 
plus large. La Face opposée est unie. — La se- 
conde dalle, qui mesure i m. lo de long sur 
o m. 5o de large, porte d'un dyt^(fig. 3), à 
droite de la ligne médiane, à l'union environ 
des deux tiers inrérieurs et du tiers supé- 
rieur, et de l'autre cbtÀ (fig. 3), i gauche 
de la ligne médiane et au milieu de la hauteur 
de la dalle, une large et profonde cupule, 
sorte de véritable écuelle sans antre signe. 

Il semble bien, en cfiet, comme le pense 

M, Dumas, qu'il s'agisse, au moins pour la 

première, d'une Tiguration humaine simplîHite 

au maximum. C'est un moduê faeiaidi que l'on 

.,. peut obsei'ver, par exemple, sur plusieurs des 

pierres de la ferme de La VauLi (Deux-Sèvres) 

que nous avons décrites récemment, MM. Breuîl, Charbonneau et 

moi. D'autre part les cupules sont, en effet, des signes particuliers 

souvent constatés dans les sépultures pnthis- 

toriques. 

Ces dalles présentent donc un très réel in- 
térêt; il semble qu il s'agisse là de figurations 
humaines réduites à leur plus simple expres- 
sion, et faisant néanmoins partie delà même 
famille artistique et rituelle que les dalles funé- 
raires de CoHorgues, de Caatelnau-Valtoce et 
de Foîssac, qui se rattachent aux statues men- 
hirs de l'abbé Hermet, et à nos blocs-statues 
de La Vaulx, et constituent un curieux en- 
semble datant probablement de l'époque du 
bronze ou même halstatlienne et pouvant 
même remonter jusqu'à l'époque néolithique. 
Je proposti donc de remercier M. Dumas 
de celte intéressante communication, de déposer son mémoire aux 
archives et de reproduire les figures de ces dalles qu'il nous a 
adressées, 

D' CiPtTJui, 
Membre du Comité. 




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EXPLORATION ARCHEOLOGIQUE 

DE 

LA FORÊT DE ROUVRAY 

(SEIKE-INFÉRIEUBE). 

FOniLLES DE 1904, 

PAR M. tiON DE VBSLY, 
Correapondant du Comité, A Rouon. 



Grâce & une nouvelle subvention qui nous a été accordée par 
M. le Ministre de Tlnslruclion publique, noue avons pu poursuivre, 
en 190/i, les fouilles que nous avions commencées, il y a plusieurs 
années''), dans la forât de Rouvray'^'. Le Comité des Travaux histo- 
riques nous avait conseillé de faire porter nos efforts sur l'explora- 
lioD des alentours de la Marc du Puits et d'ouvrir les tertres qui 
avoisJDflnt h/anum. 

C'eat celle mission dont nous allons rendre compte. 

Noire premier soin a été de délimiter le mur d'enceinte du petit 
temple, afin d'en préciser le p^ribole et de visiter les terres pro- 
venant des déblais (pi. I). 

Ce travail a permis de reconnaître ; 

1° Que les fondations du mur d'enceinte formaient un quadri- 
latère de 6g m. 80 de longueur sur Uh m. 80 de largeur; 

3° Que ces murs étaient parallèles à ceux àufanum, mais que 
cet édicnle n'était pas placé au centre de l'enceinte qui l'enveloppait 
et qu'il était plus voisin des murailles Snd et Ouest que de celles 
du Levant el du Nord; 



'') Voir le dernier rapport, BnUttùi arrhMogi^ê, 
10 Mf. onrfcM., i9oi,p. icn. 



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3° Qu'un petit bâtiment(?) d'uo bel appareil, et dont Hue reste 
plus qu'un des angles (voir le plaa en A), s'élevait au sud du/anum 
sans lui être attenant. Était-ce la résidence du autosf Nous tie 
saurions répondre affirmativement; mais ce que nous pouvons dire, 
c'est qu'en cet endroit et dans le voisinage nous avons recueilli 
des statuettes de rAnadyomène et de nombreusee hachettes de 
silex, groupées avec des oursins"); 

à" Que le long du mur Sud, sur 90 m. 80 de longueur, et 
jusqu'à l'angle S. 0. do l'enceinte, s'étendait un terreau noir rempli 
d'ossements d'agneaux et de jeunes chèvres, vérîlable charnier de 
o m. 60 de profondeur 1*1 (voir le plan en B); 

6° Enfin, que loue les objets, sauf ceux qui ont été recueillis 
dans le caveau, dont il sera parlé plus loin, ont lous été trouvés 
dans le péribole qui a élé visita avec le plus grand soin. 

Mw d'eiuxmte. — Nous avons indiqué plus haut les dimeasions 
de ce mur (6g m. 80 X hb m. 80) et nous avons fait remarquer 
que le/ia«m n'occupait pas la partie centrale de cette cour. 

Cependant il est un fait acquis par les l'ouillei : c'est l'exislenec 
de cette cours! souvent reconnue dans les temples antiques'^'. Enfin, 
dans cette enceinte, des snbstructions ont ét^ reconnaes en C (plan 
général). Ce massif de maçonnerie nous a paru être le soubasse- 
ment d'une statue colossale, dont nous n'avons pn rassembler que 
des fragments très mutilés et éparg au milieu des ruines. 

Nous avons exploré, sur nne Irès grande étendue, la limile entre 
les murs parallèles du aaceUum (périptère), et, si nous n'avons pas 
df!blay<î complètement l'ensemble de l'édicule, c'est que ce travail 
aurait compromis, inutilement, la solidité des murailles. 

Pour conserver le petit monument, nous en avons fait restaurer 
l'angle N. E. et n'avons poussé les fouilles que juste assez pour 
reconnaître les revêtements des murailles. Celles-ei ont montré des 
crépis colorés en rouge , en noir, en bleu , en vert et en jaune , avec 
des filets tracés avec des couleurs contrastantes. Lee tons rouges 
dominaient et recouvraient les plus grandes surfaces. 



(>' BuU. archéol., ign&, p. 70 et 73. 

'*' Les owentents oat <M déterniinâ!) par U. Ilioul Forlio. 

"I L. liulil Kl H. KuiMr, lia me antùiue, 1' partie, p. ^'l. 



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Toutes clio3L-(< déji vues et qui nous ivaient permis de tenter la 
restauration d'un /anum gallo-romain'". 

Cmfou. — Notre exploration devait nous réserver d'autres décou- 
vertes, et notamment celle d'un petit caveau (voirie pion gméral 
eu D), dont nous allons donner la description (fig. i). 



Fig. 1. — Li Mare du PuîU. Caveau. 

Situé au Nord du lacellam et en dehors du p^ribole, il est engagé 
dans des substructions en grosses pierres. Le plan de cet édicule 
esti peu pr^ carré (i m. 93 X 1 m. 38). Cinq marches permettaient 
d'accéder dans l'intérieur. Le fond se trouve h 3 m. 1 en contre-bas 
du sol actuel et à 1 m. 90 de celui que nous considérons comme le 
niveau antique; il n'était pas pavé. 

Les murs du caveau sont construits en maçonnerie de moellons 
Bmillés et en Uocage de silex; mais, tandis que l'appareil de la 



"> Cette étude ■ été nposée lu Saton du iHg-i, suiw le n° 3993. Une pliutO' 
graphie de dm dessins a été faite par les ^ins de M. Salomon Reinarh, puur te 
Hu-^ de Saint-Germain. 



DigiLizedbyGoOgle 



— 8 — 

pierre est visible, les cailloux sont cachés par un revêtemeat en 
mortier de chaux et de sable. 

Un soupirail, encore bien visible, dans la muraille Sud, laissait 
pénétrer la lumière, et une petite oicbe {aramlmm) formée de 
tuiles disposées en une courbe demi -elliptique était creusée dans 
la paroi Ouest, sur o m. Ao de profondeur. 

Des tuiles se «oient dans la muraille Sud; elles ont été employées 
pour assurer l'horitontalité des malériaux mis en œuvre. Ce sont 
également de lai^gcs tuiles k rebords, qui recouvrent les grosses 
pierres monolithes des marches d'accès et dressent leur surface 
rugueuse. Ces pierres n'ont pas été taillées; elles ont éLe' employées 
en rétat de leur sortie de la carrière, r.' est-à-dire, aussitAt arrachées 
aux rochers d'Orival '•'. 

Pour bien faire coanattre la construction du caveau que nous 
avons découvert, nous l'avons figuré en perspective, ou plutôt en 
un schéma, dans lequel la muraille Nord est supposée enlevée 

(fis- ■)■ . 

La fouille du caveau a livré : i plateau de bronze, t fibule de 
métal étamé, 5 épingles ù cheveux dont ti d'os et t d'ivoire, 
des fragmenta de poterie saniienne, des tuiles courbes ou k rebords, 
des éclats d'une meule de grès, une clef, une spatule et des char- 
nières de fer. 

Des monnaies sont Clément sorties de la fouille. Nous avons pu 
leconualtre un grand brome d'Antonin le Pieux et 17 pelils 
bronzes, dont s à l'avers très fruste, mais au revers bien lisible; 
ils sont du bas empire; on y voit une aigle qu'entoure la légende 
CONSECRATIO. 

Les déblais sortis du caveau contenaient, en très grande quan- 
tité , des ossements de bœuf, de cheval , de sanj^ier ou * ut tcro/a, etc. , 
mais aucun ossement humain. 

Or, la découverte d'objets aussi divers n'était pas pour nous 
surprendre ; le caveau avait été comblé avec des terres contenant 
des débris antiques. Cependant, comment expliquer la présence 
d'ossements d'animaux réunis en une si grande quantité dans le 
fond du caveau î ^ 

Les hypothèses pouvaient être nombreuses. Nous ne nous arr^ 
laines pas à les exominer, ne voulant retenir pour lu discussion 

'■> Csirièrei exploita dès U plu» haute antiquité. 



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_ 9 — 

qu'une coDstatatïon bien établie : Tabseoce d'ossemenb humains. 
De ce Tait, l'hypoUi^ d'un sépulcre semblable aux cellm qui bordent 
la voie Appienne à Kome ou la route des Tombeaux à Pompéi Be 
trouvait écartée. 

D'ailleurs, le caveau de la Mare du Puits, qui mesure i m. 93 de 
longueur sur 1 m. 38 de largeur, n'aurait pu servir aux inbumations. 
Ces dimeDsions eussent ét(! insuffisantes, en supposant mêoie que 
ta deacente du cercueil pût être opérée pur la partie supérieure du 
caveau, ainsi que cela se pratique à noire époque. Alors à quoi 
eussent servi i'escalier et le soupirail? 

L'hypothèse d'un coJiMiiaptiiM n'est pas plus admissible. Il n'exisle 
qu'une seule niche, ou areoàolium, construite sans ort, et des 
marches d'accès d'une très grande rusticité. Tout cela enj^lohé dans 
des constructions en grosses pierres semble indiquer une dépen- 
dance de ÏMgrvria, une eellaria p<mtana ou cellier, plutôt quun 
tombeau. 

Noua savons bien que cette désignation pourra être combattue 
par les archéologues qui ont adopté la conclusion émise par 
M. L. Coutil , dans ?od Mémoire sur les FomlUi de Pitres <'' , et veulent 
toir dans les petits caveaui trouvés dans notre région des monu- 
ments Funéraires. 

Maintenant, si on vient à jeter les yeux sur les plans joints k ce 
inémoire, on reconnaît vile que de nombreuses constructions 
s'ëlevaieol à la Mare du Puits. Ce n'est pas le moindre intérêt ofTert 
par aoa fouilles que d'avoir retrouvé les subslructions de la plupart 
des bâtiments qui entouraient leyàauin. 

Ici, nous avons vu, jalonnées par de grosses pierres disposées 
en quadrilatère, les limites d'une babilâtion. Là, c'est un petit 
bâlimeot terminé en abside. Plus loin encore , ce sont les 
vnligei d'autres abris pour l'homme et les animaux (voir le plan 
caX). 

An Suddu^^wn, nous avons reconnu les soubassemenis d'une 
maison. Le plan annexé a ce rapport en montre les divisions. Celle 
ranstruetion nous a livré des détails iatéressanis. 

C'est ainsi que les fondations étaient, comme toutes celles qui 
ont élé reconnues, formées de pierres brutes arrachées à la carrière 



") L^on Coutil, FMtiOa d* PUrti, p. i5 et <uiv. (Extrait du BaUttin n 
mnUl.) 



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— 10 — 

et pn^^es, »am aucuno tnille, en opm inctrtum. A l'angle IV. E. k 
trouvait une pieire énorme (o m. 80 de cttXÂ), beaucoup plus grosse 
que les autres (0 m. 65 de c6té), et qui ëlait e&veloppfc par Iw 
rarini-s d'uD sapin (voir le plan en B). Celte anomalie incitait i 
iinc exploration : nous fîmes soulever cette pierre et noua vîmes 
qu'elle recouvrail un puisard. Nous n'hésitâmes pas à le déUayer, 
mais ce Iravail ne nous livra que de très petits fr^imenls de 
poteries. 

Le plus curieux de notre exploration a été la reconnaissance dn 
mode des constructions msliques i l't^poque gallo-romaine. 

I^s soubassements en étaient formés, nons l'avons Aéyk dit, par 
de grossi'S pierres calcaires nu siliceuses"), sur lesquelles s'élevaient 
des murs en ai^le ou en torehisf^'. La toiture devait être faite de 
paillollo ou de chaume. 

Pour éviter et régulariser les arêtes ragueast» des gros «Icx, des 
tuiles murbes étaient dis])0sée3 aux angles des murailles et parli- 
(■uli^rement& l'entrée des habitations. 

Nous iivons été assez heureux pour reironver, en [rface, cette dis- 
positiou, ce qai nous permet d'en donner un croquis (^. 9). Il 
n'en a pas été de même pour les murailles ea ar- 
I gile; et peut-être faul-il justifier, ici, ropinion 
que nous émettons sur leur composition? 

On sait que l'emploi de la terre séchée an sn- 

. leil remonte à la plus haute antiquité : ^yptiens 

et Assyriens ont fait usage de briquet crnes. Or, 

malgré la sécheresse des climats de l'Orient, les 

monuments ainsi construits, dans les vallées du 




DigiLizedbyGoOglc 



_ Il _ 

Cependant tout n'a pas été anëanti. Des témoins sont rest^ qui 
permettent de vérifier notre hypothèse. C'est ainsi, par exemple, 
qu'une grande quantité d'argile recouvre le soi naturel, qui, à la 
Mare du Puits, est foi-mé d'un gabion avec graviers; car, sur ce 
pkteau, l'argile du dilavium déposée i l'époque ^aeiaire a été 
livée et ealralnée par les euux. 

On la retrouve, par larges lones, sur les flancs dn coteau ou 
dans des poches creusées dans la craie. C'est donc bien le travail de 
l'bomme qui l'a ramenée et amoncelée i» la Mare du Puits, oit 
nous la trouvons au milieu des ruinée. 

D'ailleurs, l'ai^ile malaxée avec de la paille hachée a été Tort 
employée pour la construction des habitations rurales, et la couver- 
ture eu chaume a été, de temps immémorial, la toiture préfénfe 
puar les maisons villageoises. Or ii n'a été trouva quo des débris 
de tuiles au milieu des substructions en grosses pierres, c'est-iWire 
des quantités insuSisaotes pour justiBer l'emploi des tttfpiriœ dans 
la prolectioa des toitures. 

Il nous parait dune bien démontré que le ftmum de la More du 
Puils élait entouré de constructions agrestes disposées dans un 
(inire bien diGTérent de celui constaté ordinairement dans les villa 
antiques. 



Nous croyons bon de réunir, en des paragraphes dilTérenls, les 
dérouvertes faites pendant notre dernière campagne cl de leur con- 
server les rubfiqnes ordinaires : monnaies, ossements, armes et 
outils, etc. 

i* limitmrê. — L'inventaire comprend ; )i grands bronzes, 
h moyens broaieset A5 petites monnaies de bronxe, dont quelques^ 
unes sont saucées. 

Dans les grands bronzes, on remarque un beau type de Marr- 
Aurèle d'une l'ort jolie patine et, dans les moyens bronzes, une mé- 
daille i re%ie de M. PVPIANVS, porUnt au revers la Victoire 
tenant une couronne; à l'exergue , VICTORIA GER. C'est une pièce 
rare en Normandie. 

Parmi les quarante-cinq petits bronzes, quelques-uns, à lefligie 
de Conatanlin, sont à fleur de coin, tandis que beaucoup aoni 



DigiLizedbyGoOglc 



— 12 — 

efTscés. Cependant nous avons pu lire les revers portant le mot 
CONSECRATIO sur deux petits broutes sortis du cavean, ainsi 
que nous l'avons indiqué plusKaot*'). 

3° Ottementt. — C'est le long du mitr d'enceinle, au point B du 
plan, que nous avons rencontré de nombreux ossements d'animaut 
([lie nous avons soumis à l'examen de M. Raoul Fortia. Ce nalun- 
lisle a bien voulu en dresser la liste, ofi figurent en grande qoaiH 
LÎIé les os du mouton et de la chèvre. 

L'exploratioa du caveau nous a livré aussi de nombreux ossenieats 
du bœuf, du chevat, du sanfrlier, ainsi que 3 défenses de ces 
animaux. 

La pi^ la plus curieuse est un humérus perforé. Nous ne pou- 
vons donner ni l'emploi, ni la destination de cettre pièce d'oat^ 
iogie trouvée dans les déblais opérés à l'entour da/mmn* et an Nord 
de cet édicule. 

M. B. Fortin la détermine ainsi : partie inférieure d'un homénis 
(celé gauche) d'un chien {Canii /am., Linh.). Le foramen de la 
cavité olécra ai enne est normal chez beaucoup de carnivores, nolam- 
ment chea le chien. 

îC Armet et ouHU ncolilhiqueM. — Ainsi que les année^^rérédentes. " 
nous avons recueilli des outils de l'âge de pierre. 

C'est au milieu des terres exp)or<ies, dans l'enceinte du lactUum. 
que nous avons trouvé une bncbetle et un fragment d'arme néo- 
lithique, ainsi qu'un gros galet ou casse-léte, un grattoir, etc. 

Parmi les objets ramassés, nous appellerons 'poliasoin^ ub 
morceau de roche mannoréeone de couleur noire, veinée de 
blanc. Cfl instrument est tailltf en biseau h l'une de ses extrémités; 
et l'autre, qui devait être tenue dans la paume de la main, esl 
arrondie. 



'■' En n'»iuntë, les monnaieri troiiVte relie année iji ilt'Dloitrs iln/smmde 
ta Marc du Puîtï «e réptrtîie«ut ebronologiqueiDeiit ainei : 

yinm. I U. S. - Trijon, i U. B. - Hadrien. « G. B. - Anbmia le Pieui. 
1 G. B. - Pupitm, I H. B.- Gallien, i P. B. ~ Postliume , A P. B.-T^tw 
iièiw, 3 P. B. - TétricuB fil», i P. B. ~ CuiuUntin, 8 P. B.. doot trois i U 
U^ade SOLI INVICTO COMITI. - Crispus, a P. B. - ConsUnte II, i P. B. 
- Pniinu? 1 P. B. -IHUibles et non disués : sa P. B. Soit au loUI : SO.B., 
k H. B. et Aï P. H. 



DigiLizedbyGoOt^le 



— 18 — 

&° Bmœ. — L« brome s'est montré dans un fond de plat 
de m. 33 de diamètre, provenant du caveau, où il a ét^ trouvé 
contre le mur de fond et non loin de la petite niche. 

Cest paiement du caveau que sont aortia : un fragment de lorqurt 
DU bracelet, une fibule étamée, un gros bouton d'amortissement, 
uD mancbe de petite cuiller et divers morceaux de broote dont 
l'attribution ne saurait être faite avec certitude. 

Dans le péribole du temple, on a trouvé un bracelet d'eafanl et 
un lisld de bronie ayant dâ orner un objet de Torme conique. 

5° Fer. — Le fer est représenté par des clous do toutes les 
iliinensioas. Nous avons recueilli des petits clous destina à fixer 
Im tuiles aui chevrons et de longues fiches de o m. 1 5 de longueur 
sur o m. oo6 d'équarrissage; celte dernière mesure prise a la naîs- 
wnce de la télé terminée en pointe de diamanl (pyramide). 

Des fers à cheval, despentures, une clef et une spatule sont sortis 
du caveau, ainsi que des déblais exécutés dans l'enceinte du yànum. 

6" Céramique. — Les débris de vases de terre rouge ou noire 
su trouvent en très grande quantité sur le canton de la Marc 
du Puits, et on peut dire, sans être taxé d'exagération, qu'on 
les reocoutre, dans la forêt, sur plus de quatre beclarea de au- 
perficie. 

Un seul vase de terre noire, d'un fort joli profil, a été retiré 
ealierdu milieu des grosses pierres entourant le caveau; mais nous 
o'avons reconnu ni marques de potiers, ni reliefs dignes d'être 
signiJà. 

La seule remarque intéressante que puisse offrir la céramique de 
la Mare du Puits concerne les coroplaetes gallo-romains et les sta- 
tuettes de l'Anadyomène sorties de leurs ateliers. 

Nous avons pu recueillir, cette ann^e encore, 3 torses et a pié- 
dooches. Ces idoles paraissent venues d'un même moule et leur 
brisemeal est toujours en trois parties : tête , lorse et piédestal. C'esl 
UD fait déjà plusieurs fois mentionné dans nos précédents rapports'*' 
et que nous avons toujours considéré comme intentionnel. 

7* Vart. — Le verre était représenté par de nombreux cols, 



DigiLizedbyGoOglc 



— u — 

fcmds et débris d'urnes, de titdee très élégautea ou de petite vases 
d'un grand Itue. 

C'est à l'un de ces vases qn'appartenn it une petite anse, d'un 
fort joli travail, et le Tragmeot d'un col contenant nn anneau en 
pâte colorée. 

Nons avons également recueilli un morceau de verre ayant servi 
de vitre et qui montre bien la technique des Terriers gallo- 



Des scories, produites par la fusion du verre lors de t'incendie 
qui détruisit les bâtiments de la Mare du Puits, sont également 
sorties des fouilles. Nous avons déjà fait mention de découvertes 
semblables. 

Cependant, cette année, nous derons signaler une vitrification 
reconnue sur des revêtements de murailles et qui nous a para 
faire partie d'une décorati^m. Nous possédons un écbantillon, 
asseï grand, de ce système de décoration. 

Et si, maintenant, nous résumons les prinùpales récoltes faites 
dans les fouilles de la Mare du Puits, depuis trois années, nons 
constatons que nons avons trouvé prés de aSo monnaies. 

Ui série en commence avec une médaille ganloise des V^casses 
pour se terminer k Maxime ( 383-388 ) , c'est-i dire qu'on peut fixer, 
sans crainte d'erreur, à quatre siècles l'occupation du lieu et la pré- 
sence de l'industrie et de la civilisation romaines. 

Cette civilisation est non seulement attestée par les médailles, 
elle l'est également par l'art déployé dans ta construction do famvm 
et de la villa , par les objets et les vestiges recueillis qui montrent 
les mœors et les usages importés d'Italie. 

D'autres recherches pourraient être -faites dans la forêt de 
Rouvray pour arriver au complet achivemenl de son élude archéo- 
logique. Cependant, comme nons croyons que ces explorations 
nécessitenienl de grosses dépenses bien supérieures aux résultats 
à obtenir, nous considérons notre mission comme terminée. 

Nous ne clorons pas ne rapport sans remercier la Section d'archéo- 
l(^e du Comité des Travaux historiques, des bienveillants encoura- 
gements qu'elle n'a cessé de nous donner au cours de nos travaux 
et des subventions qu'elle nous a accordées pour les continuer. Nous 
joindrons dans notre reconnaissance la Société libre d'émulation 



DigiLizedbyGoOglc 



— 15 — 

de la Seiue-Inférieure et tous qds coliques de la Commission des 
antiquités qui ont voulu que des fouilles archéologiques fussent 
reprise» dans le départemeat de la Seine-Infërieure. Nous remercions 
Cernent M. Gastoo Le Breton qui a consenti à se priver d'une 
frac^on du badget des Musées pour nous venir en aide dnus la tâche 
que nous avions entreprise. 

Léon DE Veslt, 
Correspondaiit du Comilé. 



D,j.,.db,Googlc 



NOTES ARCHÉOLOGIQUES 
SUR NARBONNE, 



. LE CAPITAINE MOUNS, 
00* r4||iiDent d'infmtene. 



Un séjour de quelques années à Narbonne m'a pennis de rain: 
un certain nombre de remarques arcliéologiques, que le Comité 
jugera peut-être dignes d'attention. 

I. La municipalité de Narbonne a entrepris de dégager la place 
de l'Hôtel-de-Ville , ancienne place de l'Archevêché, et va démolir 
un certain nombre de maisons adossées au vieui pont dont une des 
arches sert encore au passage de la Bobine; il serait avantagent 
pour l'archéologie qu'avant de transformer tous les terrains en 
place publique, la Société de Narbonne Ht quelques fouilles pro- 
fondes dans cette partie; la récolte ne seraît certainement pas 
mauvaise et compenserait, par l'inlérét des objets trouvés, les 
sacriRces pécuniaires consentis. 

D'ailleurs, comme indices certains de ce que l'on pourrait ren- 
contrer, on a recueilli à rôté , au cours de la réfection du café Con- 
tinental sur la promenade des Barques, un grand nombre de pierres 
énormes, bases certaines d'un monument public de grandes dimen- 
sions ou tout au moins d'un édiiice appartenant k un riche parti- 
culier. On y a reconnu trois stfeles votives, dont nous donnons ici 
la transcription, et une rosace qui devait couronner quelque mo- 
nument élevé à UQ haut personnage ; 

Marbre blanc, trouvé lora de la réfection du café Continental : 

1" fej^A 

REMPVBL'ICAMS 
STATVASTOTIDEN 
PONENDA Cm^A 



DigiLizedbyGoOglc 



— 17 — 

fkV 

ORI 
ANEG 
CORN 
CHRY 
AMICO 



, ^EL 1 
' R.1CVSE 1 
lELIVS 
SEROS 
OPTIMO 



Une pierre gravée, trouvée au même endrD't ; 

TVSCI 

Mais, nous l'avans dit, il n'a pas élé possible de conliauor à 
crauser le sol pour arriver au sol naturel ancien, à cause du peu 
de temps dont disposait l'eDlrcprencur pour achever soa œuvre. 

II. Dana les fouilles pratiquées dans sa propriété, avenue de 
l'Hérault, par M. Lignon, on a dt^uvert trois sarroplia^jes de 
pierre, dont un a été dono^ au Musée lapidaire de IVarbonne. Il 
représente le Bon Pasteur. La sculpture est d'ailleurs assez ciïacéc. 
Le défunt était orienté de l'Est à l'Ouest, la tête tournée vers TEst; 
le sarcophage était rempli d'ossements qui se sont eiïrités au 
ronlacl de l'air. 

Deui autres tombeaux de pierre tendre ont étt! trouvés dans le 
même endroit; ils ne portent ni marque, ni ioscripliou. Nous pea- 
soas qu ib appartiennent à l'époque chrétienne. 

Les fouilles ont amené la découverte de plusieurs objets, notam- 
ment de poteries dites tamimnes que l'on trouve en tr^ grande 
quantité sur ce terrain, comme d'ailleurs sur le terrain du irPort 
des Galèresn dont nous parlerons plus loin. 

M. Lignon a recueilli également un torse de Bacchus. La tête a ëté 
malheureusement mutilée. Il manque la parlic inFérieure (PI. 11). 
AiciioiiMii. — N* I. 9 



DigiLizedbyGoOglc 



— 18 — 

Ce marbre gisait à côlé d'un rectangle de 6 mètres buf 3 mèlros, 
au milieu duquel se trouvaient des bases de colonnes au nombre 
de six. C'était là peut-être un édicule consacré à la divinité repré- 
sentée par le sujet. 

A proximité, de l'autre côte' de l'avenue de l'Hérault, il a été 
trouvé un torse de Minerve, et deux tètes mutilées. Au tnéme 
endroit, on a recueilli quelques inscriptions, toutes en mauvais 
état: 



M • L V C C 


5. OSt" 


M ■ F ■ 


VSA 


, R.VMOV 


PONTIFEX 


/ORSEVE 1 
STVM 




P O 






6. E 


{ AVI A -^^ 
1 L E N A 


(Lettre de broaie eDcastnfe dans 


[■ R.VL- 


ia pierre. ) 




'■ icL-P-l 


PVSV 


1 _] 

{M»quo iur brique du» nn 


AVC 


cadre recUnguiaire; banleur 




(!esietlres,om. oaS. Cette 




marque se trouve aussi avec 


\R.[ 






une autre brique.) 



A ces objets il faut ajouter quelques lampes en mauvais état et 
du modèle commun, à anse trouée avu'c bec, quelques fragments 
defliUe eu os avec deux ou trois trous, diverses ^piugles à cheveux, 
on 09 également, et un certain nombre de poteries communes en 
tris bon état. 

Trois petits bronzes mi'rilent une mention particulière : d'abord, 
un Mercure courant, une t4te d'emperenr et une Diane fou une 
Vénns). ^ 

Hl. Dans la propriété de M. Cauniei de Sauvejunle, attenant à 
celb' de \f. Lignon, les fouilles pratiquées par le propriétaire lui- 



DigiLizedbyGoOglc 



— 19 — 

même n'ont fait découvrir auciue inecrîptioD; par contre, les 
dijuta troBvés sont plus nombreux et offrent de l'intérêt par leur 
degré de conservation. 

Plusieurs lampes et vases sont encore intacts et méritent d'être 
signalés : 

i" Quatre vases de verre avec anse de 6 centimètres carrés, 
dont deux en parfait état, et plusieurs autres d'un modèle plus 
petit, mais cassés générale me al. 

1° Lampes : lampes à 3 tétons, dont un percé et sert d'anse, a 
contours finement travaillés, avec marque ATIME; lampe à bec 
avec anse trouée, marque COPPIRES; lampe {le fond seulement) 
avec marque CABINIA; lampe à bec et à anse verticale trouée, 
marque Q^PPl; lampe à s tétons h a trous avec une tête pour 
sujet; lampe à s becs à anse avec ornementation; lampe à i bec et 
à 1 trou sans anse; lampe à i bec et à ause avec un poisson pour 
sujet; lampe phénicienne avec volutes, bec carré. 

Les vases de terre dite iomietme sont tous en mauvais état. 



En voici les marques r 





i3. ACNINA. 


os SIOPE). 


iS. BALBVS. 


1. OFMARA. 


i6. <| OFLCVIMLI >. 


3. 0FIMR.1A. 


16. ARROI. 


4. VOMIUA. 


17. LICNVS. 
i8. OFAO. 


S. AMHA. 


6. IVCVN. 




7. OFACVIL. 


19. OFLVN-ENI. 


8. ARDCI. 


ao. OFCIAF. 


j. AMIN. 


!ii. ■■BlVNDl (iirebablemenl 


10. OFRVS. 


SECVNDI). 


i>. OFHASSl. 


aa. OF REC. 


11. OFIBHIVC. 


a3. pwmm. 



Les propriété dans lesquelles MM. Lïgnon et Gsu'mel de SauTe< 
jante ont exécuté leurs travaux longent l'avenue de l'Hdrautt; 
c'était là le passage de la Yoie Domi tienne, et il n'est point étonnant 
qu'on y ait tnravé ces deux statues. 

A l'époque de la construction des remparts de Narbonne, la ville 



DigiLizedbyGoOglc 



— 20 — 

devait être entoui-ée de monuments anciens de toute espèce; et si 
un archéologue en ce moment avait seulement eu l'idée de repûrer 
ces monuments, cela lui aurait élé très facile, i en juger par tes 
magnifiques pierres de toutes dimensions gravées ou sculptées qui 
couronnaient la lotatité de l'euceinle de la ville. 

IV. Dans une autre propriété en face des deui pnfcédentes et à 
l'Ouest de la voie du chemin de fer, M. Baron, libraire, a essayé 
quelques fouilles dans son terrain, et se^ sacrifiées ont été couron- 
nés de quelque succès. 

Il a été trouvé notamment : 

i' L'ne inscription qui, déjà connue et citée par l'abbé Bousquet, 
est décrite sous le n" Saà dans VHinUfire générale de LatigveHoc. 
Elle avait été perdue de vue depuis une ccataine d'années et elle a 
été retrouvée en 1900, encastrée dans un bloc de maçonnerie 
supportant un sarcophage galln-romaîn qui servait d'abreuvoir. 

Deux autres lombeaux semblables ont été découverts au même 
endroit; 

ù" Une tête de personnage; 

3" Va cercueil de plomb découvert quelques années auparavant 
en it^<)i, nienlionué par M. Héron de Villefosse dans le BvUetiu de 
la Société des Anliquairei de Fraure, 1 89a , 'i' trimestre; 

II' Une vase élégant en forme d'amphore avec anse; 



DigiLizedbyGoOglc 



la marque OVHWNMO; i lampe avec volutesà bec à anse, snns 
marque. 

Marques de plats : 

i. AIIXAF. I S. ÏCAINH. 

9. ARIObl. 5. MOPI. 

3. VOLVS. i 

Les monnaies sont nombreuses et pu bon état; elles sont toutes 
connues. 

M. Baron, qui se donne avec ardeur aux études archéologiques, 
n'a pas craint de bouleverser sa cave pour y tenter des recherches 
dont les résultats ont été malbeuieusement peu satisraisants ; il a 
néanmoins découvert dans sa maison , à l'angle de la rue Droite et de 
la me Viollel-le-Duc, une statue de femme mutilée. 

D'après le plan de Leulhéric, elle ■pourrait appartenir au forum 
qui se trouverait non loin de cet (endroit et dont l'emplacement 
n'est pas encore fixé.' 

V. MM. H. Cons, dmis la Carte comparée da boachet de PAude, 
elG. Jourdanne.dansles Variation» du iiltoralnarbonnait, ont fait con- 
naître, en s'appuyant sui; des documents précis, que l'Aude était 
navigable jusqu'i Narbonne et que cette riviùre venait se jeter dans 
l'étang de Bages, à l'Ouest du domaine actuel de Montfort. A l'en- 
droit ofi nouH plaçons, dît M. Coas, l'embouchure du fleuve eu face 
de Bages, sur la rive orientale de l'étang, se trouve un eafoncement 
d'une superficie de 9 hectares environ, qui porte le nom très signi- 
liralif de «Port des Galères». 

Donc Narbonne avait un port à feoibouchure de l'Aude; c'est 
cet indice qui nous a conduit vers celte rûgioo , et nous avons con- 
tourné k lac de Bages, l'ancien latrde Narbonne, de l'Ouest fiTrist, 
pour essayerde découvrir au milieu iln ces terres labourées quelques 
vestiges capables de nous guider d<-iDs la reconnaissance du 
port. 

Tout d'abord , ce qui frappe ie plus, c'est la quantité considérable 
de poteries que l'on trouve sur le sol. II n'est pas possible de pré- 
tendre que c'était là le dép6t des immondices de la ville, fi cause 



DigiLizedbyGoOglc 



— 32 — 

de )a dislance considérable qui sépare cet endroit de riDcieniie 
Narbonne. 

On ne peut guère supposer que les habitants venaient jeter à 
plus de II kilomëtres les ordures ménagères, alors que la ville était 
desservie par une grande rivière dont le débit est encore assez 
grand au pins fort de l'été pour alimenter un canal de navigation 
comme irla Bobinen. 

Autour du point que nous croyons avoir été le if Port des Galères» , 
ou tout au moins une partie du port oarboonais, s'étend un bassin 
artificiel de 60 mètres de diamètre, ayant la forme presque circu- 
laire. On a prétendu que ce cirque avait été construit pour servir 
de manège aux chevaux du comte de Montforl; cette version paratl 
hasardée, ai l'on remarque que le sol du prétendu manège est au 
niveau de la mer aux plus basses eaux et qu'en temps ordinaire il 
est rempli par l'eau salée. Ce qui est possible, c'est qu'il a pu servir 
à cet usage une fois comblé. Nous n'avous d'ailleurs tenté aucune 
fouille en cet endroit. Daus les environs de ce ticu dit, existent 
un certain nombre de restes antiques. 

Non loin de la butte de tir, on voit encore un égout parfaitemenl 
conservé, ce qui indiquerait remplacement peu éloigné d'une popu- 
lation quelconque. 

Auprès de la butte de tir, soit sur le bord de l'étang, soit un 
peu en arrière, on trouve plusieurs traces de constmetioas: citernes, 
murs; et, dans toute l'étendue du terrain avoistnant, la charme a 
ramoné k la surface des débris de construction, c« qui ferait croire 
à l'emplacement d'un petit village sur le bord de l'étadg. 

Dans eette hypothèse, nous ne partagerions pas l'avis émis par 
MM. Cona et Joui'danne, qui placeAt le port des Galères beauroup 
plus au Sud el à l'Est: et, sentes, des fouilles enlreprisea aux deux 
endroits pourraient donner la solution de la question. 

Confiant en noire opinion, nous avons commencé h explorer un 
quadrilatère qui s'étend à l'Iîst du champ de lir sur le bord même 
de l'élnng. 

Voici le résultat de nos rochei-ches : 



DigiLizedbyGoOglc 



D,j.,.db,Googlc 



3i. 


OF/ViCC". 


39. 


OFAH «l-l. 


33. 


FELlCrSM». 


3i. 


OF.WCCM. 


35. 


AOE'l. 


36. 


CM /OAl on IV(y AO. 


•'7- 


PASSIEZ. 


38. 


OFflASSIC. 


ag- 


OFIVCC". 


io. 


OF- MODEHSil. 


4i. 


PASSn (le même prcibable- 




meutqne le n" 37)'"'. 


Sj. 


0F-NIC10-FF'">. 


Ii3 


•• BIONISI-l. 


M. 


VJevje. 


iS. 


HITIO. 


16. 


OFCOCi"". 


'7 


ARVIFE 


18 


RECENVSI"!. 


H 


CRESllOi"!. 


5o 


OFMOMi'-l. 


6i 


OF»SCI<"l. 



59. OFM*lREi">. 
63. OSABIt"». 

54. «ESILVA'"'. 

55. AV«i"'. 

56. OFSECVNf". 

57. OPASSIEM'"!. 

58. IVC\V>:) (le même probable- 

ment qoele n' 36). 

59. ALBJM!">. 

60. CÂR.I?A<"'. 
6i. OFPATRIC"'. 
6a. 0F-FkjV10'">. 
63. MCERE'"'. 
dS. OFBEDO. 

65. OFSEVC (peut-élre te noéme 

qoe le précëdmt). 

66. OFMSCl'"'. 

67. GALLT '"'. 

68. DOSIO ou OFSOC. 

69. MCERE (le même que le 

D* 63). 



de La Graufetenque ; OF KVPINVS (ne). — t" HuqiM de Lt Gnufcaenque : 
OF MCAR. -~ '■) or. pliu haut, a° 11. — '*' Marque da U Grantewnfpie : 
FELICIS M.— '•} apluibiut,ii°3i. — "' Ure prabablement AVE. Cf. ii4iM 
baut, D* 17. — ''' Cf. pitu loin, n' Ai. — '^> Marque de La Grauiaaenqae : 
OF BASSI. — '•) Marques de La GrauTeaenque ; OF IVCO, OF IVCON, 
OF IVCVND. — W Maïque de La Graufesenque .- OF MODES. — "■> Marqua 
de La Graufesenque ; OF PASSt, PASSENI. — '"> Lire pn^Uement SE-NI- 
CIO-FE pour SENICIO FE. marque de La Granreaenque. Il arrive Tréquemmeat 



DigiLizedbyGoOglc 



70. MCER.E(leinâ(neqne)eprë- 

eëdent). 

71. OSABl (le mâme que le 

n- 53.) 
7». COSiVS VlAW. 
7Î. CRBrriO'". 
7Ï. FEUCISM (le même q^e le 

- n'33). 
75.0F- MCCA<\ 

76. A)!IO. 

77. AR.TIM '•'. 

78. SCdTNSW". 

79. COOWFIC'i. 

80. OFARDACI (rapprocbrr 

du a* 91 ). 
fli. DIOWI'". 
8». IHI ou IRI. 

83. COU. 

84. OSIO. 

85. REGENVS (le même pro- 

bablement que le n' â8). 

86. VRirV^V. 

87. SA-APE. 

88. OOFI. 

89. TABVE. 

go. OF- SI[,VAN(lem*roe pro- 
bablement qae te n" 9 s). 

gi. wac'*'. 

9». POM. 

93. OFCOC (le même que le 

n- Ù6). 
9*. COMOE. 



95. OF SILVAN (le mime que 

le n' 90). 

96. COIF(lemAme probablement 

qoe len'83), 

97. LABINIEW. 

98. OFSPViNI. 

99. SILVAM'SEï"). 

100. DMONVS"". 

101. OF-BAISIC''", 

109. SILVAAVSE (le mémeqne 

le b" 99). 
io3. OFSILVAMi(le mémeque 

le u" 90}. 
10/1. OF.SILWNi (ie mêmepro- 

boblementqoele préa^lenl). 
io5. OFDKIMl. (terre jannc mfir- 

bn^ de rouge, provenant 

peut-âti¥ (le Miihau) '"K 

106. ICO. 

107. AOVn. 

108. OFV. 

109. OSAI», 

iio. OFCOC (le même p«>baUe- 
ment qnelen" âG). 

111. CVANVSE (le sent marque 
Citt^rieuremeat). 

113. OFSILVA(pent'Arelen)éD)e 

que les n" 5& , 90 et io3). 
ii3. SILVAAV (est-ce le même 
que le b° 99Î). 

11 4. COITO. 
iiS. DMON'"'. 



-'' U méoïc TDtrqua ■ La GraufEMiique. — C) CIL plus baut, n° hg. — ■ 
'' Hvque île La Graufespoque : OF MCAK. — '*' Mfln{ues de La tiraurc- 
>ntfot ! ARII, ARTI MAN. — <" Marques il« La Graufescoqnc : SCOTNS, 
SCOTIVS. ~ <•! Lire probablemGnt COCl [OjFiC. Marque de La tiraufe- 
mqae : COCl O. — '" Lire probablement BIO W. Cl. pins baul, n° A. — 
'' Prriidilemcnt MSC(IO t4tr.>giiula. CL plus baut, n* nS. — m Lire probabl«- 
wst SABINI. Cf. plua baul, n" G. ~ <"> Mgrrjue de La GraureMnque ; SIL- 
VATVa — <"> Han]M de La Gnufescnque : OMONA. — '"> Lira probri>le- 
mcnl OF BASSI CO, marque de Im Graufeieni|Ue. — "" Hanpie de La 
TTaukKnque : OF PRIMI. — <"> Marque de La Graureaeiique : DMON. 



DigiLizedbyGoOglc 



D,j.,.db,Googlc 



170. DMONV5. 

171. DrMIO. 

17a. o^A'JO. 

173. ILVFIV. 

174. IIWI. 

175. FFI1CIN. 

176. SILVklIOm. 

177. OFW. 

178. PAfLLlNl". 

179. OFABW.. 

180. SANIBE. 
)8i. SECVNDI'*'. 
i8«. ONADA. 
i83. SAARIA'I. 
i84. COSIVS--«.,f I" 
i85. FESTVS F". 

186. ENIUSI. 

187. SILWIC". 

188. SCOTNIfi. 

189. .SAARI.A.f. 

190. SEON. 

191. CIINAIV. 
. AC MAFL 
. AlVIVO. 

19*. GALLIWI"'. 

195. SIL\A'I OF-I"'. 

196. P/SO. 



19a. 
.93. 



. OFEEV. 
i. SEUICIOFEI"'. 
,. GALLIMXt"!. 
.. BASSVSI"!. 
. SIOR.V. 
:. SARR. OFl"l. 
:. EMO. 
. OFIVAC. 
. SILVANISI"!. 
. OF.SILVAN'"!. 
. OFE-VC-C-EI. 
. VAW. 

. SILVAr*«i"i. , . 

. OF-ACVIL". 
. ATRVS". 
. RiLWFOF. 
. OF- PA'RlCIC'. 
. OF PRIMI". 
. LAVRIO. 
. SIILV.LUOi". 
. PA/NVSE. 
. ARRE. 
. LVANI. 
. ij^ODESl'"'. 
. SENOMA (le m^nw que le 
11- i5). 

. coai»i"i. 



) Cl. plus haut, n* 99. ~ "> Urr probablement PA'LLI M. Marque de La 
! PAVLLI. — 1" Cf. plus baul, n* 19. — "' Marque de La Grau- 
: SAAR-A. — '" Marque de La Graufeaeuque : COSIVS MIA (t. 
0«. Vin(ù). Cf: Oîfyu. iMCr. tat., L XllI, n*" «56, «57. COSIVS VR AP. 
iij>aal.< k Windisth (Vialetles). — "> Cf. plus haut, n' 90. — "' Lire p^taible- 
uwol SILWIO. CL pbis haut, n' 99. — '" Cf. plus haut, u' 78. — '*' Cf. plua 
baut.n* (83. — i"l CLp!usbaul,n°67. — i"> CL pbia liaut. n° 99. — "■' Cf. 
plu4 haut, n' âa. — <"' CL ptiw haut, n° 67. — i"' CL plua baul, n* 38. — 
"*l Marqitea de La Graufèeenque : SARRAF, OF SARRI, — "" Marque de 
La Granfeaenque : SILVANVS. — ("> Marque de U Graufèeenque ; 51LWI 
OF. — "" Cf. plue haut, n* 9U&. ~ <"' Manjue de La Oaufeeenque ; AQVIL. 

— M lare probaMeraent ALRVS. Manpie de La Graufeaeuque ; ALRVS FF. 

— ""' Œ plus haut, n* 61. — "" CL pbjahaut, n* 7. — *"' Lire prohabtement 
SVLFIC10. Man]ue8 de La Granfeaenque : SVLPICII , SVLPO. — <*> Lire pro- 
bablement MODEST. Marque de La Graufeaeuque : OF MODES. — ^> CL 
phia haut, n* 79, 



D,j.,.db,Googlc 



D,j.,.db,Googlc 



983. OF.C-CSABh (avec oite 

tna). 
98&. BBASTl'''. 
«85. SENECMi(knippn>cherdu 

n* 369). 



386. CABISW. 

387. AXEL- OFIC. 

s88. OFPR[MI (lemdmc que les 

a" 7 et ai 4). 
aSçp. IKeMONICC. 



Tous ces plais ont été trouves sort sur le sol, soit peadant les 
fouilles, au milieu de débris de toute espèce, grandes tuiles à re- 
bords, petites Lriqucs, cubrs de mosaïque grossière et surtout 
écailles d'bultres en trhi grand nombre. 

La forme de ces vases varie à l'inGni. Ils sont taoLôl k parois 
verticales, tant6tâ parois évasées, à rebords droits ou inclinés, le 
plus généralement unis i rinlérieur et ornés k l'extërienr. 

Les BDJets d'ornementation sont très variés et mériteraient une 
élude particulière. 

Noos avons remarqué qile les vases jmrtaient généralement deux 
lignes de dessin : l'une, du sujet principal, située à la partie su- 
périeure; l'autre, formée par des rinceaux, siparée de la première 
par un simple filet. 

Cependant, dans les vases à parois verticales, le motif principal 
se trouve presque toujours au-dessous. 

Le dessin est toujours d'une régularité reiuarquabli; et mâme 
étonnante pour ces objpls qui semblent avoir éxé d'un u$a|;e courant. 
Les uns ne portent comme omcmenl que des rosaces ou des bandes 
striées, entrecoupées par des rinceaux d'une (rraude finesse ou des 
bnocbes d^arbres et de fleurs. 

Un grand nombre ont des sujets d- cbas$e ou des médaillons 
qui encadrent diiTt^renls animaux. 

Nous remarquons des médaillons avec des sangliers à la suie 
hérissée, des oiseaux percliés,des chevaux qui se mordent la queue, 
des chiens et des lièvres fuyant, des oies debout, et enfin quelques 
tableaux où se trouvent deui chiens en arrêt devant un oiseau perché 
sur une branche, et en avant un cerf courant, sautant par-dcsfus 
un lièvre qui vient ea sens inverse; puis un chien mordant un 
lièvre k la queue, près d'une biehe ou chèvre au repos, et enfin 
des lions debout et des ânes agenouillés qui semblent brouter. . 

"' Urp proUMeoMiit CASTI. Marque de 1^ liraur«WBqii« : OF CASTI. 
'" Lire pnilMl>tpmi-al DAMONI O. Marfiif» d<' U Gmir-wnqiH' ; DA- 
MONl, DAMONO. 



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— 30 — 

Sur un du ces Fragments de vasn, on voit aussi nn Amour »\\6 i 
genoux qui semble ofTrir quoique objel ù un autre personnage, maii 
le morceau n'est pas assez complet pour permettre de déterrniflei 
ni l'objet offert, ni le persononge qui est en face. 

Uu autre sujet représente une femme le menton appuyé surli 
main droite, qui est soutenue à son t'>ur par la main gauche placÀ 
à haut«ur de la ceinture. 

Il faut citer cucore un personnage jouant de la lyre, ayant dcranl 
lui UQ autre personnage jouant d'un autre Instrument qu'on m 
peut préciser; des lutteurs en position d'attaque et de défense; 
des chiens mordant un linn ; des personnifies avec bouclier, massue, 
et armes diverses; de petits Amours semblant porter un message, 
une tête d'empereur. 

La déeomlioo «st Ir^s variée : on y trouve des feuilles d'arbret 
et de plantes de |ilusieni's espèces : vigne, chêne, lierre, pin, etc. 

Les objets trouvés intacts sont très rares; jusqu'Jk présent noui 
n'avons recueilli que deux petits vases, l'un de terre ronge ver- 
nissée sans ornementation et avec marque déjjl connue (INRR., 
n" 1A9), l'autre de foime plus singulière. 

Cest une poterie très commune qui n'a aucun rapport avec les 
autres vases. Ce vase n'a d'ailleurs ni ornements, ni marque de 
potier. On peut se demander si ce n'est pas une lampe. 

Nous avons découvert aussi les débris d'une jarre tiis grande, 
semblable à celles qui se trouvent au Musée de Narbonne et qui 
servaient à conserver le vin ou l'huile. 

Parmi les fragments de poterie, beaucoup n'ont pas de sujet; 
dans ce cas, la terre est moins fine, la fabrication moins été- 



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— 31 — 

Jusqu'à présent, nous n'avons relevé qu'un monument décapit<î 
dont nous suivons le contour et dont nous donnerons la description 
plus tard, qoand Vital d'avancement des Touilles nous Je permettra. 

Nous préparons en même temps ta reproduction de lous tes 
sujets que nous «vouB rencontra. 

MOLINS, 

Ga|ûtaiiMau loo'iTlnranlerie. 



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MARQUES DE POTIERS 
TROUVÉES À NARBONNE. 



OBSERVATIONS DE H. J. D^CHKLETTE, 

GoDKTVBteiir du Musée ircbéologrque de Roanne. 

Corre^nduit du Comilé. 



L'examen des dëcouvertcs céramiques Taites par M, le capitaine 
Molios à Narbonoe peut donner lien à quelques observations. 

Dans mon rëcent ouvrage sur - (es Vaseï eéramiqvet ornés de la 
Gauk romaine, je me suis atltiché h démontrer que les poteries 
rouges fabriquées dans les ateliers rutènes, particulièrement dans 
les importantes maoufictures de Condatomagut (aujourd'hui La 
Graufesenque, commune de Miiiau, Aveyron), avoient été l'objet 
d'un commerce extérieur très étendu , durant la seconde moitié du 
premier siècle de notre ère. On les retrouve en effet dans les pé- 
ninsules ibérique et italique et même, quoique plus rarement, 
dans les stations romaines de l'Afrique du Nord. J'avais reconnu de 
plus que lespoterics sigillées do l'Auvei^ne, si répandues à l'époque 
des Anioains dons les Iles Britanniques, faisaient, au contraire, 
presque entièrement défaut dans les nagions méridionales de 
l'Empire. 

Les nouvelles découvertes dues à H. le capitaine Holins con- 
tinnent pleinement ces constatations. Le commerce d'exportation 
des polerieb fulènes s'étant exercé surtout par voie de mer, il était 
naturel de supposer que Narbonne avait été un des principaui en- 
trepôts de ce transit, puisque, suivant le témoignage de Sirabon, 
son port célèbre, oik se pressait une nombreuse aillucDce de mar- 
cbands et d'étrangers, l'emportait sur tous ceux de la Celtique. 
Nous pouvons maintenant substituer ici au\ conjectures des preuves 
matérielles. 

M. le capitanfc Molins a été frappa, jk juste titre, par l'extraor- 



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— 33 — 

dinaire abondance des débris de vases rougeg qu'il a recueillis sur 
l'emplacement présume du «Port des Galèresn. Haïs c'est à tort 
qu'il semUe vouloir l'expliquer par l'hypothèse d'une fabricalîon 
locale. "La profusion des débris recueillis, écnl-il, et celle des 
noms que nous avons pu relever, semblent indiquer que les fobri- 
oints étaient nombreux dans la région narbonnaisc et que l'usage 
de cette céramique était devenu très commun, n 

En réalité, j'ai pu m'assurer que la masse des noms de potiers 
appartient aux ateliers rulènes. Le lieu de fabrication des vases 
rouges sigillés peut être déterminé le plus souvent à l'aide des es- 
tampilles, s'il s'agit de vases unis, et par l'étude simultanée des 
estampilles et du décor, s'il s'agit de poteries ornées. Je n'ni donc 
pas à entrer dans de longs commentaires. Je me suis coatenté d'in- 
scrire en regard des marques de Narbonne publiées par M. Molins 
les marques semblables ou similaires découvertes dans les officines 
de La Granfesesque, d'après l'ancienne liste de M. l'abbé Via- 
•lellesW. 

Si j'avais eu sous les yeus ces fragments de Narbonne ou les es- 
tampages de leurs marques, le nombre des rapprochemeals eût 
élé à coup sûr plus considérable , car les lectures données par M. Mo- 
lins présentent bien des incertitudes. Les estampilles des potiers 
nitèaes étaient souvent tracées avec beaucoup de n^ligence et en 
caractères peu distincts. Les ligatures y sont fréquentes et achèvent 
d'en rendre la lecture malaisée. 

On remarquera que presque toutes les marques qui ne se re- 
tronvent pas chez les Rutènes semblent être incomplètes ou d'une 
lecture erronée. Aucune ne parait pouvoir être attribuée aux^manu- 
factures italiques ou arvemes. 

A peu d'exceptions près, tons les principaux potiers rulènee 
figurent dans le relevé de M. le capitaine Molins. 

Ces constatations sont d'ailleurs confirmées par l'enamen des 
fragments i reliefs. Le plus grand nombre se dasseat aux formes 
9g et 3o et présentent les modèles variés de rinceaux dont j'ai 
donné le classement général, d'après les vases rulènes. Quant aux 
types, à trois ou quatre unités près, qui constituent des types nou- 
veaux et inédits, on les trouve dans mon recueil, avec les deux 
astérisques désignant ceux de La Graufesenque. 

•'' Cf. Vaitt cfromt^utt Druèi, t. I, p. 8d. 

AlGBfOLMIf. — h'I. 'i 



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— Si — 

Voici ceux que j'si notés sur les estampa^ qui m'ont été eoni- 
in uniques : 

Minerve, a' Si; Venus ou femme nue, d' 9o3 (dimensions pins 
grandes); Amour, n° 97A; Hercule (î), n° Uês; Femme dnpée, 
n° ^39; Homme drapij, n' 5ai; Gladiateur, n° 6o3; Gladialeor, 
n" 6o4; Tête virile, n"667; Lion terrassant une gaielle, n" 779; 
Chien, n° 916 bit; Lapin, n" çBb; QuadmpMe indéterminé, 
B" 976; Oiseau à droite, n° 1009; Aigle, n" 983; Cygne, n" ioo3"'. 

En terminant, j'exprime le désir que M. le capitaine Molins 
poursuive ses rechen^es intéressantes et qu'il veuille bien publier 
les types figurés inédits qu'il a déjà recueillis ou qu'il recaeilleni i 
revenir dans ses trouvailles de vases sigillés, ornés de reliefe. 

Joseph DéflHSLnTB, 
(loDiwrvateiir dn Musée de Rwnne. 



''' Oacumou recueil, le» l^pes ïa3 et looy udI troiï aïtérisfue», i.''a>l-i-ilire 
qu'il» np^Mrliunrieiit lout i In fois i La Graufeectiqui! et à Lcioui. Lt UHc virile 
eouroiinëe n° 667 n'i |»8 encon; été rctrounîc en fabrique . 



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LA 

CHÂSSE DE SAINT CALMINIUS 

AU MUSEE DOBRÉE, 

PAR H. P. DB LISLB DU DRBNEUC, 
GoDMTOleiir du Hiuée «rcbéologiqoe de Naiilea. 



La chAsse de saint GsbniDius, un des chefs-d'œuvre de l'otfbvrerie 
de Limoges au xiii' siècle, est restée ignorée depuis de longues 
aon^. Ole avait un moment attiré l'aUention des Viollet-le-Duc , 
Didron, Labarte''), lors de sou passage dans la collection du prioce 
Sollykoff; mais, depuis la vente de cette célèbre collection, elle arail 
eomplètement disparu. Achetée sous le nom d'un intermédiaire par 
M. Th.Dobrée, les amateurs l'avaient tout à fait perdue de vue et, 
depuis 1861, «lie était enfouie parmi ses riches collections, qu'il 
ne communiquait i, personne. 

Hainlenant que, grâce à la fondation du Musée Dobrée, lâchasse 
de saint Calminius est accessible à lous, nous croyons devoir la si- 
gnaler. Un« autre circonstance nous engage à la décrire et à la 
igurer ici. Malgré la grande importance de cette pièce, on l'a 
parfois eonibodue avec une noire châsse de saint Galmin. 

Noos allons d'abord donner la description de la châsse du Musée 
de Nantes, puis nous cxpliqueroas la cause de ce dualisme. 

La ekâut de mint CoJmn de rabbaye de TnUe. — Cette châsse 
a la forme d'ane nef avec transept central. Elle est de cuivre 
doré et émaitlé; les figures qui la décorent sont faites au ro- 
pooscé. Au centre de la face principale, le Christ nimbé, bénis- 
sant et tenant un livre. A sa droite , saint Martin bénissant de lo 
main droite, et tenant de la gauche une crosse; au-dessus des 
^ides, l'inscription S» UflRSiaVS; à gauche du Christ, saint 
Calninius, B. CflLHIIUUS, debout et tenant un livre (pi. lU). 

(U Vair BuUttiH ordMogiqur, 190&, p. cuil. 



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— 36 — 

Lus li|;ureg soûl abritées sous des arcades. Le fond est orné de 
rinceaux se délachant sur un i^mail de diverses couleurs. 

Deux anges thuriféraires sont posés sur les rampants du 
luit. 

A i'exlrémité gnucfae de la châsse s'ouvre une porte cintrée, avec 
l'image de saint Pierre; à l'extrémité opposée est représenté Ftiint 
Paul tenant une épée de la main droite, et un livre de la main 
gauche (pi. IV). 

La face postérieure est décorée de médaillons représentant 
l'Annoactalion et la Visitation; ces deux médaillons sur le toit; 
puis l'Adoration des Mages, en deux médaillons, et la Nativité; 
daus cette dernière scène, la Vierge est étendue sur un lit et, au 
fond, paraissent l'âne et le bœuf. Six demi-médaillons trilobés, 
avec des anges an centre, complètent la d^oration (pi, V). 

Les émaux sont en taille d'épargne, 

Des pierres enchâssées décorent la châsse, et la crête du faltago 
est surmontée de boutes de cristal. 

Cette châsse mesure o m. 6g de long, o m. 60 de haut «t 
o m. 30 de lai^e. Elle appartient à la première moitié du 
XIII* siècle. 

La châsse de saint Calmin du Musée Dobr^ provient de l'an- 
cienne abbaye de Tulle. 

Saint Calminius, vulgairement saint (lannery {lanctuiCalmmui, 
Cn/mi'nnu. Calmelitu), duc d'Aquitaine, vivait au xti* si^le d'après 
les Bollandistes; c'est l'avis de Baluie et de dom Mabillon. L'in- 
scription de l'antique châsse où étaient placées ses reliques le fiiil 
fondateur de trois abbayes : celle de Mozac, près de Biom (PuT-de- 



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— S7 — 

l«! Gros et la châsse violëe. Les ossements furent transporli'-s , au 
moins en partie , dans la crypte de Tabbaye de Tuile. On y mit 
plus tard cette inscription : Hic eit eorpiu Beati Catminii conjesiorv 
quod Juil inveniun m luniu/o iptiut, qm Ut it^ra ecclenam Aquitue 
JMTta nutgtaon ailare, onno ab incamatioBe Donàni noitri îetu Christi 
ii7aU'. 

En 1397, les ossements de saint Calminius furent partagés 
entre i'abbaye de Tulle et celle de Mozac qu'il avait fondées. 

Plus tard, l'abbaye de Tulle les plaça dans l'ëlégaot reliquaire 
émaillé que nous venons de décrire; en i3i7, le dernier abbé de 
Tulle devint le premier évéque du aouveau diocèse, ^gé par 
Jean XXII. 

De l'abbaye de Tulle, la ch&sse de saint CalmioJusfut transportée 
dans l'église de La Guenne (Corrèze) où elle se trouvait encore vers 
le milieu du siècle dernier. Dans son Dictionnaire des communes 
di> France, Girault de Salnl-Fargeau nous la signale en ces termes : 
nDans l'ëglise moderne de Lii Gueuue, on voit une châsse émaillée 
ni ciselée en forme de maison. Au centre, Jésus; à droite, saint Cal- 
min revâlu d'un troc. Les faces latérales, à droite et à gauche, 
sont ornées des figures de saint Pierre et de saint Paul, gravées 
au trait sur le cuivre doré et se détachant sur un fond blanc, v 

La vente de cette châsse eut lieu le 33 octobre 18^1, et elle a 
donné lieu à un procès''^' intéressant. Acquise à un très bas prix 
par un sieur Minier, elle fut revendue par lui à un orfèvre de 
Paris, M. Joyan. Cette vente ayant été dénoncée au Garde des 
Sceaux par Didron, des poursuites furent .lutnrisées contre le ven- 
deur par le Conseil de préfecture de la Corrèze, le 38 juin 18/19. 

Le 6 avril, le président du Tribunal civil de la Seine fit mettre 
la chasse sous séquestre. Au mois de juin, un premier procès, 
dont les plaidoiries remplirent deux audiences, mit l'orlèvre Joyan 
hors de cause comme ayant acquis ladite châsse de bonne foi . et 
condamna le sieur Minier, premier acquéreur, à remettre la châsse 
à La Gnenne. 

Minier fit appel, et, le 5 juin i8A3, la Cour de Limoges rendit 
un jugement par lequel la vente de ta châsse de saint Calmin au 



!'> E. Rupin. L'muwt d» Limoget. 

'*i Tuus le» drliili' du c« |irur^g uuuB ont <Hé oUigeamraeot Iraiumis par 
W. Ennit Ru^iin qui ieH i rriat^s au BuSeliH mchéelogiqut dt ta Corrif.tm 1891. 



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— 88 — 

sieur Joyan est conlirméi! comme ayant force de chose jugée. 
Minier fui condamné à verser à la fabrique le prix de la châsse. 

Joyan c^a peu après cette châsse tant contestée, et elle fiit 
achetée par le prince SoltykofT pour 8,to6 francs. 

Entrée dans la collection du prince SoltykofT, elle porte an cata- 
logue de vente le n° 63. Elle figure maintenant au Musée Dobrée 
et est enregistrée et décrite eu catalogue gfénéral de ce musée sous 
le n" 9 o t . 

Nous avons dit qn'au ui* si^e les reliques de saint Calmin 
furent partagées entre les abbayes qu'il avait créées. Le monast^ 
de sainttfChafFre , sa troisième fondation, ne paraît pas avinr en de 
châsse de saint Calmin, peut-être parce qu'elle possédait, et con- 
serve encore, les restes de saint ChalTre placés dans un buste reli- 
quaire. 

Otàue de laint CalmiMu», de Fahba^ de Monte. — An monutère 
de Moiac, après le partage des reliques de saint Calmin avec l'ab- 
btiye de Tulle, on joignît ce qui restait de ses ossements ik ceux de 
sainte Namadia, son e'pouse, qui avait aussi contribué & la fon- 
dation de l'abbaye. 

La châsse oà on les plaça et qui est actuellement conservée dans 
l'ancienne église abbatiale, devenue église'paroîssiale de Motac, est 
fort grande; elle mesure o m. 80 de long sur o m. ko de haut, et 
a 1.1 forme d'une nef sans transept. 

Sur une des grandes faces on voit, dans la partie formant toil : 
au centre, le Christ bénissant, entouré des quatre symboles des 



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— 39 — 

Le deuxième panneau a pour sujet la mise au sépulcre de sainte 
Namadia; plus haut, elte est emportée par les anges. Hic m moneaterio 
Mauziaco ah angd ducilur. 

Au troisième panneau, Petru» abbat est représenté entre deux 
Mvitea, devant l'autel avec la légende : Petrus abha» Mautiaau (sic) 
feeit capiiam preeio. 

Les panneaux inférieurs ne sont pas moins remarquables : 

Le premier a pour sujet la conslruction de l'abbaye de saint 
Chaffi-e; à gauche sont les deux personnages de Namadia et de Cal- 
minius; à droite, les ouvriers guidés par un ange montent Les maté- 
riaai. La l^ade est ainsi conçue : S. Catmtniu cofumtl imam ahba- 
[ijiam tn Podienti epatu in antm me TKtoJredi morltrû. 

Dans le deuxième, les figures de Calminius et de Namadia seul 
placées de chaque ctité d'une abbaye en construction. La légende 
est en ces termM : S. Cidnàmui, tenator roman{m), cotatnit t(«)c(wi)- 
(^a)m (ii6a[f]tatR in Lemomxnii epatu, no(m)me ThiuUam. 

Enfin le dernier sujet représente la construction de l'abbaye de 
Moiac : S. Co^mtmuf cottruit tercia(m) abba[t]iam nomine Mautiacum in 
Anententi épata tn onore S. CapratU ffl(arli)m .- et Sci : petr[ij qu{a)m 
tjfer. eitdem Scit. 

Cette châsse pourrait âtre datée par le pontificat de l'abbé Pierre , 
son doaalear[Petnu abbat Mauàacutfecita^iiainprecio).ÎAa]B comme 
il y a eu plusieurs abbés de ce nom, il n'est pas très facile de dé- 
mêler celui auquel on doit en reporter le don. 

Elle peut être attribuée soit au deuxième qui était abbé en ii65, 
soit au troisième qui parait de ii6S jk 1 181, plotAt qu'au quatrième 
qui devint abbé en \iliU. Mabillon dit, en parlant de la châsae 
de saint Calminiua à Mosac : vCette chAsse fut faite en 1998 du 
lampa de l'abbé Pierre, v II est bien vrai qu'en ce temp»-là Pieire 
de Valernt était aitbé de Mozac; mais le style de la châsae ne per- 
met pas de la faire descendre jusqu'à la fin du xui* siècle. 

Noua avons cm utile de donner cette description pour aider è 
dÎBtiDguer ces deux châsses, qui ont été parfois eonfoodues dans 
certains livres. 

P. DE LiBLB DU DbBHEUC, 

Oorretpcodant honoraire du Comitô. 



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NOTE 

SUR 

UNE TÈTE DE STATUE 

TROUVÉE i MEAIIX, 



Virn-préndenl de h Sod^l^ liislorique et lilUraire de h Brir, 
coimpondaiil du Oomilé, 



La tète de pierre que nous avoas rhonneur de signaler à l'at- 
lention des archpologues a élé trouvée dans les mal^riaux des 
anciens moiiliDs de rKcbelle et provient d'une des t%liseg de Meanx, 
démolie au moment de ta Révolution. Elle a été recueillie par 
la Société d'archéologie de Spine-cl-Mnrne (section da Meaui), 
puis elle a pansé au musée récemment ouvert i THAtel de ville de 
Meanx (t 900), où elle est exposa actuellement. 

Le caractère archaïque de ce Tragmenl de sculpture, l'étoanante 
ressemblance nvee des statues asiatiques et m^me assyriennes nous 



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— ai — 

statues tombales représentées dans Jes Aeta &tnel9rum'') et que 
MabilloD donne comme celles d'Ogîer et de son ami Benott, tous 
deux morts et enterres, d'après la tradition'^', à Sainl-Faron de 
Meaux, abbaye Mn^dictine démolie à la Sn du xviii* siècle. 

C'est en vain que Longpérier, accueillant k la légère une noie 
manuserite de rinconséqaent curé Janvier, a cru i une coorueion 
entre Ogîer le Danois et un prétendu Ogier de Cbarmenlray. Ce 
dernier personnage est presque aussi légendaire que Toutre et le 
premier a pour lui la tradition, l'autorité de Fulcoius de Beauvab, 
arobidiacre de Meaux, qui vivait au xi° siècle, et les chansons de 
geste, — en particulier la chanson ou le roman d'Ogier de Danne- 
mnrche<^l (publié par Barrois dans la collection des Romans des 
douze pairs). 

Quoi qu'il en soit, la tête est bien celle d'un moine, et son style 
est intéressant à étudier. On remarquera les cheveux rangés par 
boudes symétriques, s'euroulant à l'extrémité suivant une disposi- 
tion qui rappelle les bas-reliefs ninivites. On pourra avec intérêt 
rapprocher de cette tête , pour la facture des cheveux et de la barbe 
figurée par petites touffes également symétriques : les statues de la 
façade occidentale de Saint-Gilles (Gard), et en particulier les 



icU', t. V, p. 656 et suivantes. Grande gri- 
nir«da lambeau ijui «e trouvftit i .Siûnt-Faron, lors de U vînte de Montaigne. 
— Cf. Rtlalien du voyagt de Mimtaigna, publiée par Qusrion; Rome et Pari), 
I -jih , 1 vol. ia-b,' (j'ai écrit diig notice aar le séjour de Monlaigrre A Heai)i ). — 
Grande copie de cette fp-aiure dans la Collection de Cbampa|pie, vol. XIX, ao 
déparlcmeut des manuscritt de la Bibliothèque aatioaiile, avec une rimeuso \p\if 
inédile (p. laG) rdative i ce tombeau. 

<>' Alntaïutck hûlorifiu iju dioeit» dt Mtavx; Paris, impr. Michel Lambei't. 
177A {et UeaDX, chei U veuve Cbarle). 

1*' On voit d'après la charte auivaute que ie peraoonage d'Ogîer de Cbar- 
meatny était déji peu coonu des moines de S. Faron , au 11' siècle. Or la statue 
tombale qae Longpérier, d'après l'autorilé iusufliiante de Janvier, voudrait Taire 
paner pour celle d'Ogier de Charmentraf serait précisément de l'époque d'une 
pèee où foD désipw ce peraonuage d'une façon 1res vague, tandis qn'i la rafine 
époque, la tradition, représentée par Fulcoius de Beauvais et les chansoDS de 
geste, aflirme la mort d'Ogi» le Danois k S. Faron de Heaui : "Ego Fulcoiidui 
(n<^ pas confondre avec Fulcoiiit), coenobii sancUe et victoriosiasiinae Cruels, 
Sanclique Faronis nomine tenus aLîias, nolitiae cunctorum fidelium traders <lis- 
pnmi, qnod apud Carmen triacum ipùdam laxciu inUe luoi clana, noniae Olg'- 
nu, morabatur, soror eajus, nomine Gibalina, amoris Dei causa in noslro luo- 



D,j.,.db,Googlc 



— 42 - 

figures d'aDimaux, iîoaoe allaitant au pied-droit de droite, et aiiui 
les lions et lioDDes du pilier de Saint-Pierre de Hoiwac; deux 
figures d'bomme et de femme du portail occidental (porte centrale) 
de la cathédrale de Chartres ; le basl« du reliquaire de Saînte-Bau- 
dine (à Saint-Nectaire, Puy-de-Dôme); enfin la figure d'un ^api- 
teau de l'aDcienne église Notre-Dame de Paris, n" ihh dn Huaée 
du Trocadéro, o& se trouvent d'ailleurs tous lesmoul^^des sculp- 
tures que j'ai citées. 

Les cheveux de la statue de Godefroy d'£u , évéque d'Amiens, sur 
le tombeau qu'on voit dans la cathMrale de cette ville, rappellent 
aussi la chevelure du personnage de Meaux, mais la facture de ce 
dernier morceau de sculpture nous parait plus archaïque''), Kle 
remonte, à notre avis, au moins au xii* siècle et nous parait, en 
conséquence , fournir un chaînon de plus pour l'étude si passionnante 
de révolution de notre art uational. 

G. Guuiu, 
Correspondant dn OmâU. 



nuterio rediiu erat, . . n vers 107a (ToiUMÙita Du PleiÙB, HUtoire da Fighi 
dt IHtaiix, L n, p. 8, pièce m). — Une eonfonon eut lieu du» ]■ luile oArr 
k» deux Ogter, commfi le prouve un nécrologe àU pv Qutrioa : ■Gifaefini, 
soror Olgerii te DaningB. — Touaninls Du Ple«U est pour li Iradilioii fkvonble 
à Ogicr le Dunoie. — Cf. P. Piris, Bibl. dt l'ÉcoU drt dun-Ut, i" «érie, L III, 
p, 535, sur Ogier le Duwi». ^- Cf. Romuu dei Douie pun. Bonut d'Ogier de 
Dannoiuin^be, pabUé par Burois. Paru, Techener. — U «at l'iBUvn d« RaÎBtbert 
de PoTÛ. (Voir le» déniera iva da roman.) 

'" Pour ce que je dit du stjle de la sUlue, comparer ce que dit le D' Willielin 
Vofje au sujel dn Soi'nl Pùrrt fÈtampn et dei ttatuea analogueB {Dit Aafimgt 



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NOTE 

UN BAS-RELIEF DE L'ÉCOLE FRANÇAISE 

DU XVI' SIÈCLE 

A L'ÉGLISE DE HANTOUILLET, 

PAR H. GASSIES, 

Vk«-préMdeDl ds h Soàdté hùlonqae et lilLérairc de la Bric, 
corraspondanl du Comité. 



Une note coDBacrée i Jaan Gonjon dans le récent Tolnme publié 
i roecasioD dn centenaire de la Société des antiquaires de France, 
par M. Germain Bapst, membre résidant, me fournit roceaaion 
d'un rapprocbement qui n'a pas été fait avec de magnifiques sculp- 
tures qui existent à Nantouillel (Seine-et-Marue). 

On connaît bien le chAteau dn cardinal Duprat, transformé au- 
jourd'hui en exploitation agricole, et ceux qui se sont occopés de la 
Renaissance en France n'ont pas négligé les restes de cet intéres- 
sant édifice. Léon Palustre a , dans son grand ouvrage , consacré une 
importante étude an chtteau de Nantouillet. 

Il n'a pas non plus oublié l'élise voisine d'Othis, mais il n'a 
pas dît un mot dn bas-rdief, sur lequel nous voulons insister au- 
jourdlint. 

La vue seule de la photographie (pi. Vil) qo> accompagne cette note 
donne nue idée de l'importance et de la conservalion des sculp- 
(orea. Elles se trouvent au-dessus de la porte de l'église parois- 
siale de Nantouillet. 

Le cbâlean, on le sait, fut reconstruit par Antoiue Duprat entre 
t 591 et i53o environ. L'église, dn moins la façade qui nous oc- 
cupe ici, est sensiblement postérieure. Le bas-relief , par son style, 
nons paraît indiquer la seconde moitié du xti* siècle, et il peut être 
aTCC intérêt rapproché des sculptures qui ornent les œils-de-bœuf 



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de ta cour du Louvre. Il est bon louterois de reconnaître la difft!- 
rence de caractère qui existe enire ces sculptures : les rdiefs du 
Louvre sont moins saillants (et auisi plus frustes) que ceux de 
Nanlouillel. On peut à ce propos rappeler cette remarque de Berty 
(ciléc par Palustre) : «Il est liicn certain que, entre les figures 
(qui encadrent les œîls-de-bfEuf) si élégantes, ai mépUlee et les 
li|>ures maniérées, lourdes ol très saillantes de l'attique, il esîsle 
une difîéi-ence de caractère extrêmement sensible au premier 
abord, mais cette dlssemiilsnce, lorsqu'on Tétudie de près, perd 
en parlie son imporianc«, car on observe que la rondeur des bas- 
reliefs de l'attique décèle plutôt un système adopté en vue de la 
perspective que le faire d'une main étrangèren. 

iNous pensons, pour aotre part, en ce qui concerne les sculp- 
tures de Nanlouillel, qu'on peut les attribuer à l'yole de Jean Gou- 
jon, ou mieux à l'atelier de Jean Goujon, bien qu'elles n'offrent 
pa.s les caractères des fameuses figures de la fontaine des Inno- 
cenls. Elles se nipprocbent beaucoup plus de la ligure ailtfe portant 
uu glnivo, sculptée sur te niaulcau de la cheminée d'Ecoucn, 
[puvre également incontestée de Jean Goujon. 

Sans oser aliirmer que le bas-relief de Nantonillet soit l'œuvre 
du ];i'nud sculpteur, sur les travaun duquel plane encore tant de 
mystùre, on peut croire qu'elles ont clé ex^ut^ sous sa direction 
par un de ses collaborateurs immédiata. La ligure de droite, par le 
type mt'me de son visite, rappelle la Bgure de droite de l'œil-d^ 
bipuf, reproduit par M. Bapst. Les grosses lèvres, le nés aux ailes 
un peu fortes, la physionomie un peu caprine se ressemblent au 
point qu'on pourrait croire que lu môme modèle féminin a posé 



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— 45 — 

Nous n'aurions aucune daLe h invoquer pour le bas-relief de 
Nantouillet si, par bonheur, l'instituteur du villnge") n'avait re- 
leva en 18S/1, au cours de la dëmolilion d'une vieille maison 
adossée à la mairie actuelle et située en face de l'église, deux fra|[- 
mcnts de la plaque en marbre noir, qui était autrefois placée au 
rronlon de l'élise, entre les deux figures do femmes assises, — 
au milieu de l'encadrement. Ces fragments portent en mnjuscules : 

R.VM REGE 

{r«)TITVTA M.D.LX 

Celle date de 1 56o pour la pose des bns-reliefs sur la façade de 
l'église reconstruite s'accorde bien avec le style des stalues, exé- 
cutées sans doute sur la commande d'Anloinc Duprat, V* du nom, 
qui fut prévôt de Paris ( 1 g février 1 5 5 3 ) et épousa Anne de Bar- 
baosoD, Glie de François de Barbinson, seigneur de Canny, et 
d'Antoinette de Vaiziëres. 

Celte AuDe de Barbanson élail la iiiëccde la duchesse d'Etampes, 
Anne de Pisselen. 

Les trèfles du blason de Duprat (qui éluieot pcinls) sont encore 
visibles sur le blason que soutient la figure de gauche; les clous 
de la porte sont également en forme de trèfle. 

Il nous paraît donc probiiblu que le has-rciief de Natilouillel a 
cléeiécuté vers le milieu du xvi* siècle (avant 1 5 60) pour le compte 
d'Antoine Duprat, par un des sculpteurs qui travaillaient pour la 
Cour, Pierre L'Heureux, François L'Hcui'cux, Martin Le Forl, 
Pierre Nanyo ou Etienne Carmoy, sous la direction ou d'après les 
dessina de Jean Goujon. 

G. GjtssiEs, 
Carrc^ndaiit da GomiLé. 



"* 0"' *<*'' ■'■>" M. Ijii);p, ■tlucllomenl rédiclGur da journal L« Briard, 
a Uetui. — Cf. K. Uélayu, NaMtuMtt, uoliet hùlorique tt liiraUiqtit J» ui «(■- 
gHtrnrt, dam Bulletin de la Société liuàraïrl et hiibirique de In Brie, L 1], p. io8. 



D,j.,.db,Googlc 



NOTE 

SUR 

LA RESTAURATION DES VITRAUX 

DE LA CATHÉDRALE DE CHARTRES, 

PAR H. LE CHANOtnK VOTAIS, 
(knreapontlanl du Comilé, i Clurtret. 



La restauration des vitraux de la cathédrale de Chartrca, heureu- 
sement entreprise aux frais de l'Etat, intéresse au plus haut point 
les artistes et les archéologues. 

Les verrières du portail royal ou occidenUl, réputée» du 
xii° siècle, méritent une attention toute spéciale. Leur remise en 
plomb est aujourd'hui achevée. Sans doute, l'exifcalion matérielle 
de cet important labeur offre toutes les garanties de solidité dési- 
rables, mais l'artiste et l'archéologue peuvent avoir quelques 
réserves à faire et quelques observations à préseoler. Membre du 
clergé chartrain, nous ne pouvons rester indifférent i toat ce qui 
concerne la splendeur de notre merveilleuse cathédrale. 

Notre première observation vise quelques fragments nen6 que 
ToD a cru devoir ajouter à la verrière de la baie centrale. Il s'agit 



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— 47 — 

La bordure noavelle est d'un «oloris beaucoup trop clair, h c6té 
dn reste du vitrail ; la difit^rence s'accentne soas les rayons du so- 
leil; l'émail du verre n'oppose plus un obstacle suflÎBant à la trop 
grande vivaeit^ de la lumière; la doneenr, la ricbesae et le velouté 
des couleurs disparaissent : eette bande est alors en opposition vio- 
lente avec le reste du vitrail. 

Mais il est un autre point, pins j^re k notre avis, sur lequel 
nous croyons de notre devoir d'appeler l'attention du monde artis- 
tiqne. 

Restaurer nn monument n'est pas le transformer, mais lui 
rendre son état primitif, le rétablir tel qu'il est sorti des mains de 
l'artiste. Pour atteindre ce but, il faut bien comprendre l'idée qui a 
dirigé celui qui l'a conçu et exécuté; et, s'il reste des doutes sur 
son dessein pritnitiF, mieux vaut alors le laisser dans la disposi- 
tion précise où on l'a trouvé, que de tenter une disposition incer- 
taine. 

Cette fanta avait été commise an ivi* siècle, lors d'une première 
restauration, comme il sera facile de le constater bientôt. Les traces 
de ce premier essai se remarquent en plusieurs points , spécialement 
à la tête de la Vierge. M. Durand, auteur du texte explicatif de la 
monographie de LasBUS<i), l'a reconnu sans crainte d'errenr. 

Le verrier du xvi* siècle ne semble pas avoir compris les sujets 
représentés dans chaque panneau, quand il adopta l'ordonnance 
copiée fidèlement par Lassns dans son magnifique Atltu. Pour en 
jngflr pins sârement, il est utile de rappeler plusieurs principes : 

1° Le vitrail est consacré à l'enfance de Notre-Seigneur; 

a" L'artiste, très habile, il faut le proclamer, voulut donner à 
son «envre tout le charme possible pour Tceil , par l'agencement des 
coalmirs et des dessins et par la symétrie parfaite. C'est ainsi que 
las pauneaox sont les uns ronds avec un fond bleu, et les antres 
carrés avec nn fond rouge. Cette variété exigeait un classement 
spécial. Les ronds ne pouvaient se suivre tous, mais alterner avec 
les carrés : par ce fait, les couleurs se mélangeaient dans une écla- 
tante et merveilleuse mosaïque. 



('> Ihnegrafkù i* HoUt-Davu dt Charlrti. — Eiplîutionti des planches par 
U. Pau) Durand. — Piris, Imjirimerip natioailp, 1881. 



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_ 48 — 

Do plus, il devait chercher aussi à ioBlruire les fidèles et éviler 
de les iaduire en erreur. Il devait donc suivre un ordre logique dans 
la re presse n ta Lion des faits, adopter une chronologie déterminée, 
et non pas jeter avec insouciance les scènes sans avoir égard ni 
au temps, ni aux ciiconslances. La tisite des Mages, par exemple, 
ne peut être placée indistinctement avant tel ou tel autre fuit de 
l'enfance de Jésus; et puisque plusieurs tableaux lui sont consacrés, 
ils doivent avoir entre eux une succession raisonnée. Poser la 
question , c'est la résoudre. Les peintres verriers du lu" siècle ne le 
cédaient certes eu rien à ceux de nos jours dans la science de l'bis- 
toirc sacrée. On ae peut donc les accuser, ni les soupçonner d'igno- 
rance Bur ce point, que si Tordre chronologique ne peut en 
aucune façon s'adapter à la symétrie de leur œuvre; mais si, par 
contre, ils s'établissent simultanément sans difficulté, celte concor- 
dance a'est pas l'effet du hasard, elle a été voulue évidemmeul et 
primitivement suivie. 

Ur, dans la disposition adoptée au xvi' siècle, la symétrie seule 
a été l'espectée, la chronologie est mise de cAté. Jeles ud coup d'ieil 
sur la splendide chromolithographie de Lassus, et l'erreur vous 
apparaîtra évidente (voir plus loin le tableau I). 

L'artiste moderne a voulu, et à bon droit, corriger cette faute. 
11 reconnaît par là le principe exposé ci-dessus, de la concordance 
nécessaire de l'histoire avec la symétrie; mais dd peut craindre 
qu'il n'ait en partie échoué dans l'application de ce principe. 

Pour plus d'évidence dans noire démonstration, noua allons 
di'eseer trois tableaux : le premier reproduit l'ordre doaoé dans 
Lassus; lu deuxième, l'ordre actuel; le troisième, l'ordre qu'on 



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6 F. Les Hages dcoutent Uérode. 
L'Aoiie a dispini. 



6 L. I/Ange apparaît aux H^|eB 
endormis. 



7 G. Les Magea présenteDt lenra 
o&andes. 


7 I. Les Mages guidés par l'étoile 
s'en retournent. 


8 H. Marie et Jésus les reçoivent. 


8 H. Marie et Jésus les reçoivent. 


9 1. Les mages s'en retournejit 
guid^ par l'étoile. 


9 G.» Les mages présentent leurs 
offrandes. 




io J. Purification. 


11 K. Mane et le vieillard Siméou. 


M k Marie et le vieillard Siméon. 


19 L. L'ange apparat! aiiï Mages 
eodormis. . 


19 F. Les Mages debout: l'étoile 
a disparu. 


t3 M. flérode ordonne le mas- 


i3 M. Hérode oHonue le massacre 


satre. 


des Innocenls. 


i& N. MasBacredes Innocenta. 


\h N. Massacre des Innocents. 


i5 O. U. 


lE 0. U. 


i6 P. Fuite en Egypte. 

1 7 Q^ Le peuple acclame Ji^iis. 

i8 R. Retour d'%pte. 


16 P. Fuite en lîgypte. 

17 U. Songe de Joseph. 

18 r: Retour d'Égypt«. 


19 S. Chute des idoles: 


19 S. Chute des idoles. 


ao T. Baptême de Jésus. 
ai U. SoDge de Joseph. 


30 T. Baptême de Jéius. 

9 1 Q^ Le peuple acclame Jésus. 


3 9 V. Entr^ de J^us À Jérusalem. 


93 V. Euti^deJésnsàJémsalem. 


a3 X. m. 


93 X. Jbid. 


au Y. Ufbole acclame JAuB. 


ih Y. La foule acclame Jésus. 



Au sommet. Glorification de Marie. 

Le premier tableau est dérectueux. La simple lecture de le 
légende le prouve. La PuriGcalioa et la Préaealatîou au temple, 
J , Y, sont intercalées au milieu des lableaua consacrés aux Mages. 
La chute des idoles, S, est placée après le retour d'Egypte : elle 
cul lieu, en réalité, lors do l'arrivée de Jésus en celte conlréo. 
Le songe de Joseph, qui eut lieu au retour d'Ëgyple, vient après le 
baplJme de Jésus. 

Le deuxième, qui reproduit l'état actuel, est pour nous plus 
réprébensîble encore. 

Aiiui au d* 6 L, l'apparition de l'ange aux Mages endormis est 

AlGutoLOOIE. — N* t. h 



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_ 50 — 

pUeée af ant leur arrivée devant Jéeus, «l cependaDt, d^tpris l'ÉvaD- 
gile elle cul lieu après leur adoration, au moment da retour. 



Ordre rtpmlHil Ordre Ktatl. Ordr» prtpoa^. 

Cathédnle A» Charlrei. — Vitrail de l« ftçtie. 

Au II" 8 H, Jésus reçoit les Mages et leurs offrandes, et cepen- 
dant, au numéro suivant, o" 9 G, les Mages ool toujours leur 
pièce d'or à la main et tournent le dos au divin Enfant. L'inverse 
Juvrait exister. 

La même aaomalie se voit aux n" 5 et 6. Hérode, au n' 5 
E, après avoir consulté les docteurs, veut transmettre ses 



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_ 51 — 

Getle dûposition est donc moins acceptable eneore qae ctlia du 

iTi' siècle. 

Si l'on consulte avec attention les données des Evangiles et de 
la tradition, la solution du probjèioe sera facile et l'accord de la 
symétrie et de l'histoire sera parfait. Nous avons dressé, pour faci- 
liter l'intelligence de cette disposition, un troisième tableau dont 
voici texplication. 

1 A. — AnaoafflatioB. Mtm eat dabont, un livre d'or fennd relann 
Nir la poitrine par la main gauefae. Sa robe rouge et nn mantaan Ueu loat 
ornés de richea broderies, on voile blanc Ini couvre la tête. L'Esprit-SainL, 
sous ferme de colombe avec l'auréole divine, vient M reposer sor die. 
L'ange, avec ses grandes aile* mnllicolores , un sceptre h la main , la saine. 
(S. Ldc, 1. a6, 37.) 

9 B. — VisitaUon. Marie a une robe verte et un manteau rouge. Son 
vêtement cbange ainsi à ehaipie scène, mais partout le vo3e qui iiû couvre 
la l£le porte i la bauteur du front one +, sauf quand il est remplacé par 
une Goaronne. (S. Luc, i, 3^, Ao.) 

3 C. — Nativité de Notre- Seigneur. La sainte Viei^e est coiidiéc dans 
on lit i double rideau. L'Enfant J^tii, entouré debandeleUes, est dans une 
cricbe âevée sur nue gderie à colonnes. Les t^tes du bœuf et de l'fine sont 
«uspendosa aa^deaRos de l'Enfant. (S. Ldc, n, 7.) 

I D. — Les anges annoncent la naiwanee dn Messie h (mis bergers. 
(S. Ldc, n, 8, 9*17.) 

6 E. ~ TaUeau à denx eonqurtimMits. Dans le pramiw, dam donteura 
comoltent le livre ouvert des Saiulaa Éoîtures. Dans le deuxidoie, Hénde, 
couronne en léte. seeptre à la main, asais sur nn trAne, la main droite 
levée, parle aux Mages qui paraissent dans la scène anivante. (S. Mira., 

n. .i7.) 

6 F, — L« Magas, en eCbt. tourna vers Hérode, écoutent aee recom- 
mandatitms pn^des. Conformément au texte évangAque, îla sont en ce 
moment [HÎvés de la lumière de l'étoile miraculeuse. (S. Mira., 11, 7, 8.) 

7 G. — Les Hages. leon préKntaà la mam, te dirigent verv Jésus; 
ds sont guidés par l'étoile. La pièea d'or qu'ils tiennent semble porter dee 
carad^cs gravés. (S. Hatr., n, 9, 10.) 

8 H. — Maria, asRse sor un trAne placé aoua un arc triomphal, la 
léifl ceinte d'oneconionne, un sceptre i la main diwte comme une reine. 



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tient SOT ses genoux i'Enfont Jésus qui bénit l«8 Mages de la Mène précé- 
dente vers lesquels il est tourné. (S. Math. . it , 1 1 . ) 

9 1, — LesMsgess'en retournent, tonjonrsgmdà par Tétoile. Us n'ont 
'fiae la pièce d'or k la main, et ils tournent le dos k la scène précédente, 
pour ne laisser aucnn donte sur leur départ 

10 L. — Les Mages endormis ont un songe : un ange les avertit 
d'éviter Hérode et de s'en retourner en leur pays par un autre chemin. I^es 
Mages sont tons couronnés, l'un d'eux parait plus jeuaa avec sa barbe 
naissante, aueun d'eux n'est noir. (S. Mira., ii, la.) 

1 1 le. — Marie préseole l'Enrant Jésos au vieillard Siméon et i la pro- 
pbétesse Anne, au-dessous d'une sorte d'auld. (S. Ldg, ii, aa, a3, a5 

à 38.) 

ta J. — Purification. Les trob suivantes de Marie oRrent, l'nne, deux 
ctdombes, et les deux autres un cierge. (S. Lvc, ii, ah.) 

i3 M. — Hérode, frustré et fitrieux , assis sur son trAne i adonnes, 
donne des ordres a deux séides armés de longues épées, et dont l'un est 
couvert d'une colle de mailles. (S. Math., ii, t 6.) 

i& N. — Massacre des Innocents. (!bid.) 

1 5 O. — Id. Les deux bourreaux ont des épées bleues. {lUd. ) 

i6 P. — Fuite en ^^yple. Marie, assise sur une Anesse blancbe, tient 
l'Enfant Jésus sur ses genoux et une palme à la main gauche. Joseph la 
conduit, portant sur l'épaule un btttea auqnd sont suspendues une besace 
et une gourde en forme de lonnelet. Les voyageurs vont do gaocbe i 
droite. (S. MiTB., ti, li.) 



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l'aarà^ comme ■ la Nativité, mais il en éUit dépourvu à l'alkr et au 
retour d'Egypte. (S. Mith., u, aa.) 

90 T. — Bagili^raede Jésus dans le Jourdain. A sa droite Jean-Baptiste, 
à sa gauche un an^eqoi tient son vêlement. L'Esprit-Saint, sous forme de 
eolombe, descend sur Jésus. (S. Mith., m, i3.) 

91 Q^ — Le peuple juif, représenté par deux femmes, la tête couverte 
d'un voile, et trois hommes sortent de la ville pour écouter les prédica- 
lioas de Jésus et le suivre. La ville est entourée de remparts crénelés, munis 
■le hautes toiu^. 

as V. — Huit apAtres, les pieds uns, dont trois tiennent dee livres, 
sans doute les Évtngâistea, suivent Jésus. 

a3 X. — Les quatre autres les précèdent dans ce tableau ; le quatrième 
Ëvangéliste porte oussi son livre. Devant eux, Jésus s'avance, monté sur 
one Anesse blanche, un rameau d'or è la main, foulant aux pieds de sa 
monlore des branches .d'arbres et des vêtements. Devant lut , deux hommes 
l'acclament, des branches k la main. 

a& Y. — L« foule, dans ce tableau, vient en triomphe au-devant de 
J^us, les uns portant des branches, les autres montés sur les toits des 
msisoDs; en6o dans la ville le peuple contemple ee spectade par-dessus les 
remparts créndés , soutenus par sept tours. Deui portes de la ville , l'une 
d'or et l'autre d'argent, aux ferrures bien apparentes , sont encore fermées '''. 

^■) Pour être «bMiluiiient complet, nous devons observer que les paoneaui car- 
réi de la colonne centrale, dans l'ordre suivi par Lassua (tableau i), savoir les 
pioneaDi E, k, Q^et X, sont encadrés dans une petite bordure tomposéede trois 
piècnt itnéei : d'arabeMjues successivement jaunes, roses et vertes, séparées par * 
dn rondi et d« carrés Ueus. Les carrés des deux autres colonnes ont une bor- 
dore pluK ûnpie, composée de demi-roses altéra ativemeiit jaunes, ruseset vertes 
rar fond bleu. 

EvidfMnment Lossus a voulu respecter celle Gjmétrie, à peine perceptible ntfmo 
atee des jumelles, ce qui l's condnit à rejeter la Ckat» dti IdoUt, le RiloHr 
^Ég^fU et le Songe dt Jeupk après le B^ilémt de N. S. 

L'artiste moderne (s' (alileau) n'en « pas tenu compte, et a placé avec raison le 
panneau Q^après le Baplrme de S. S., suivant la clirouolagie. 

Il M>nit facile toutefois de remédier même à retin petite irrégularité en corrï- 
j^tant la faute de mise en plomb commise au ir:' siècle. Il siiElirsit de détacher de 
sa bordure le sujet historitpie du panneau S, Chute de> Idolet, et de le transporter 
dans U bordure du paottean Q_et n'ca twTM. Ces bordures en effet ont absolument 
les mêmes dimensions. 

S, restant à la place que nous lui assignons dans la colonne centrale, aurait 
■inù b même bordure que les autres panneaux de celte m^e colonne et la 
sjmétrie serait respectée dans toute sa rigueur. 



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— 54 — 

f^ Tib-ai) se termiDe par la Glorification de la sainte Vierge, 
assise sur un Iràne dans une ellipse ogivale, tenant nn sceptre do 
chaque main, sur la télé une couronne ornée de diamants. Sur ses 
genoux l'Enrant Jésus, tenant le livre des Écritures de la main 
gauche, Mnit de la main droite. 

A gauche et à droite, deux anges adorateurs s'inclinent a»ec 
admiration devant leur Reine, tenani k la main non pas un encen- 
soir ou un cierge, mais un sceptre, sans doate pour reconnaUre la 
souveraine royauté de Marie. 

Au-dessus d'eux, à gauche, le Soleil sortant des nuages par la 
tête radiée d'un jeune homme, et i droite la Lune, aous forme 
de croissant, que tient dans les plis de son manteau un buste de 
femme, semblent aussi eu adoration devant le Christ et sa Mère. 

«Est-il nëressairc, ocrit M. Durand, de recommander h l'admi- 
ration le groupe de la Viei^e et de son FilsT Leur pose hiératique 
est pleine de grandeur et de majesté; malheureusement an 
XIV* siècle (au xvi', à notn^ avis) une désastreuse restauration a 
remplacé les deux télés anciennes et la couronne posée sur la tête 
di" Notre-Dame," 

Chaque panneau de cette verrièi-e ii i mètre de côté, et la bor- 
dure a o m. 5o de largeur. 

Comme on le voit, il est nisé de donner k ce vitrail une disposi- 
tion conforme k l'histoire et h 1.1 symétrie. Ou peut donc soubai- 
• 1er que le Ministère des Cultes ou des Beaux-Arts fasse procéder k 
celle restauration, en soi facile à eiëcuter et peu coAteuse. L'État 



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— 55 — 

les archéologues en ces deniiers temps. I) serait méuie Facile 
d'apprécier eiactemeat les proportions de ce rëtrécissement par la 
double largeur de celle bordure enlevée, et de les contrôler par 
comparaison avec les dimensioDs de la baie de droite. 

Celle-ci représente l'arbre de Jessé. Par quelle fortime ua des 
panneaux latéraux, i la naissance de la courbe de l'arc brisé, du 
cAté gauche, consacré au praphète Habacuc, a-t-il été entièrement 
refait, mais avec un coloris si dilTérent de tout le reste du vitrail, 
qu'il fait réellement tache sur tout l'ensemble? A notre connaissance 
ce panneau a été refait deux fois sans succès. Serait-il impossible à 
un artiste moderne de retrouver la teinte verte et rouge si brillante 
et si douce dans tous tee autres pinnoaux, puisqu'elle est ici trop 
foncée et trop terne? 

11 suffira de signaler ces quelques défectuosités ponr en obtenir 
la CMTeclion. 

Ch. MUTAIS, 
Correspondant du Comilë. 



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RÉSUMÉ 

DBS 

RECONNAISSANCES ARCHÉOLOGIQUES 

BlÉGUréRS 

PAR I.RS OPPICIEHS DBS BRIfiADRS TOPOGRtPHIQlTBS 

nULGiflEK ET DS TUNIS» 

PENDANT LA CAMPAGNE DE 190.V1004. 

PAR H. LF. COMHANDt^T TOUSSAINT. 



Les levt'a nat porté sur les feuilles suivantes : 

ALoéniE : feuilles de Si-dbou, Bîskra e{ Méchéria; 

TuNiHiR : feuilles de Souk-el-Arba, Bir-Rekeb, El-Hamma dea 
lieui-Zid, Mennchia, Ki'bili, Oglat-Merleba , Doux et Djebel-Bergn. 



ALGÉRIE. 



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— 57 — 

mâme de l'organisation défensive de l'extrémité du plateau du 
Djebel- Roudjëue. 

La ruine arabe située près du bordj d'EI-Gor semble, par les 
détails encore visibles de sa conslruclion , être contemporaine des 
célèbrea ruines de Mansoura, pris de Tlemcen. 

Les ruines mégalithiques sont nombreuses dans la région mon- 
tagneuse et sur les collines qui ondulent le plateau au Sud-Est et 
il l'Est de Sebdou; elles se présentent sous la forme de tumulus de 
9 m. 5o de diamètre et de i mitres environ de bauteur, ou d'en- 
ceintes circulaires ou rectangulaires de dimensions variables et 
formées de longues pierres plates fichées en terre. 

9* Dans la feuille de Méchéria, it n'a été relevé aucane trace 
de la colonisation romaine. 

On a signalé sur quelques sommets du Djebel-Antar, seule mon- 
tagne qui accidente la région, des constructions en pierres s&ches 
que Ton a eonfondaes avec des ruines mégaUtbiques; ce sont sim- 
plement des nmëraguebn ou vigies arabes, et non des chouchet on 
des basina. 

3" La partie de la feuille de Biskm située au sud de l'Oucd- 
Djedi a été levée en igot par M. le lieutenant Paul; cet officier y 
a relevé : de nombreux ndiedam d'origine berbère; l'ancien cancd 
d'irrigation connu sous ie nom detTS^uia-bent-el-Cbast et d'autres 
canaux secondaires s'embranchant soit sur l'Oued-Djedi , soit sur le 
canal principal; enfin de nombreuses ruines d'établissements agri- 
coles échelonnées sur la rive droite de l'Oued-Djedi entre cette 
rivière et la séguia précitée, ruines particulièrement denses aux 
aliords d'El-Kasbet, où il signalait un centre antique important, 
d'ailleum déjà connu et plusieurs fois exploré. 

La partie de la feuille levée en i9o3-t90& comprend 1» vaste 
plaine occupée, de Biskrs à Doucen,par les oasis des Zibanfi; cette 
plaine est limitée au Sud par l'Oued-Djedi, au Nord par l.i cbaîne 
élev4e et pen praticable des monts du Zab, du col de Bou-Gliczal 
k la trouée de Bir-Sadouri. Le 61ed>Selga, extrémité roéridioDolo 
de la plaine d'EI-Ontaya, situé au nord de In chaîne, est compris 
également dans In feuille de Biskra. 

La région a été occupée aux époques romaine et byxontine par 



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une population relativement dense et les gisements de ruines y sont 
notnbreux; les principaux sont les suivaat« : 

Bir-Sadonri. — Resles d'un posie mîlilaîra comprenant une 
oiK-eintc rectangulaire de 80 sur 5o mètres, avec réduit central. 
A rcitérieur quelques bâtiments, dont l'un situé tr^s près de Ten- 
ceinte du poste paraît de construction très soigna; deux mosaïques 
ornementales y ont été mises au jour. Le poste de Bir-Sadonri 
intercepte l'un des principaux défilés permettant de passer des 
plaines sahariennes dans la région du Hodna; il devait Faire partie 
de la chaîne de postes militaires marquant la frontière et la limite de 
l'occupation romaine. 

Doooen. — Poste romain sur un mamelon commandant la source 
de Doueen; le bordj actuel parait avoir été élefé rar les nubstrae- 
lions de l'ancien castellnm et doit en reproduire k peu près eiacte- 
inent le tracé. Plusieurs fragments d'iascriptioiu soat encaslrée 
dans le mur d'enceinte. Aux environs du bordj, vestiges de nom- 
breux bâtîmenlB, dont plusieurs importants, témoignant de l'exis- 
tence d'un centre asxez considérable. 

Benoblr< el - Ksar, sur l'Oued-Djedi. — Ruines importantes, 
nombreuses habitations réparties sur un rectangle de '3oo sur 
tSo mètres; chapelle chrétienne. 

Tolga. — Gaatellum bastionné de 3o sur as mètres, au milieu 
des maisons arabes au Nord du minaret; les assises inférieures, 
qui apparaissent en plusieurs points, sont en pierres de grand 



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Aggltanirailonm «0ilosl«a da l'Onwt-DJadi. — CeB mines 

jalonnent les deux rives de t'Outd, mais FonnGnt cependant deux 
groapemente bien distioctA : l'an, situé en amont du confluent de 
rOued-boU'Mlih , a pour centre la ruine d'Q-Ksar; l'anti-e, situé 
entre la Segnia-bent«l-Khas ei l'Oued'Djedi , a pour centre la ruine 
d'Ël-Kasbal, au Sud de MliU. 

I<a Segnia-bent-el-Kfaas semble bien représenter un immense 
ranal d'irrigation destiné k ferliliBer une partie des terres de la 
rive droite de rOued-Djedi et non, comme on l'a penaé souvent, un 
fossé limite. Son origine est situde h nne hauteur assex considérable 
au-dcseusdulitaelneldela rivière, et on ne trouve pas de traces de 
barrages ayant servi à élever le niveau des eaux jusqu'à l'origine 
du canal, bien que la tradition locale en ait conservé le souvenir; 
depuis répo(|ae romaine, d'ailleurs, la riviire a dû ci-euser con- 
sidérablement son lit, les crues auxquelles elle est sujette n'ëlant 
pins tempérées par les séguias qui en régularisaient le débit, aussi 
bien en amont qu'en aval. De plus, d'autres canaux de même 
nature se greffent, soit sur le canal principal, soit sur l'oued; l'un 
même, aujourd'hui remblayé en partie par les crues, est devenu 
une véritable branche de la rivière, l'Oued-Sergui; enfin, il y a 
lien de remarquer que de semblables travaux existent également 
sur la riye gauche de l'Oned-Djodi. 

Accessoirement, le Segnia-bent-el-Khas a pu constituer une ligna 
de défense poarles établissements i-omeins de l'Oaed-Djedi, mais 
il semble bien que sa construction a eu pour but, d'une pari, de 
rertilisw une partie des terrains qu'elle traverse; d'autre part, en 
tempe de crue, de détourner T«rB le Chott une partie des eaux de 
l'oned, afin d'éviter les inondations qpi, actuellement encore pen- 
dant les hivers pluvieux, transforment la plaine en un véritable 
lac. 

Près de Biskra, entre li^ltaelie et Ghetma, le capitaine Boue a 
relevé des Iraees de bifurcation de voies romaines, ainsi que des 
basfs de milliaires; l'une de ces voies semble correspondre à la 
route Thahudeos-Badù AdMi^om, l'autre parait être l'amorce d'une 
roule se dirigeant sur El-Habel, Mchounèche et Tighanimine, par 
la vallée de l'Oued-eUAbiod- 

A rOiiest de Biskra, aucun renseignement nouveau n'a été re- 



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— 60 — 

cueilli sur le tracé probable de la grande voie militaire de Lambèse 
à Ad Miijorf*. Si une route directe a relié autrerois Ad Pitemam 
(Biskra) et Calretu Hercuiù (El-Kantara) par Ad Àquai Hemilit 
(Hanunam-Sidi-el-Hadj) et la trouée de l'Otied-Biskra , il semble, 
d'âpre les distances daunées par la Table de Peutinger et le noiAbre 
de slalions qu'elle indique, que la grande voie militaire devait faire 
un crochet considérable vers l'Ouest pour enrober les oasîs des 
Zibans, les étoblissements de l'Oued-Djedi et se relier au Urne* 
Tubunmsi*. La topographie de la r^on indique, pour cette partie 
de la voie, un tmcé qui parait des plus rationnels; se détachant de 
la route directe vers EI-Out«ya, la voie strst^pqne aurait, par le 
Bled-Selga, atteint la profonde trouée de Khenissen, d'oii elle 
aurait débouché dans la plaine des Zibaos et gagné ensuite Tnlga, 
puis El-Ksar et enfin, en remontant vers le Nord-Est, Mlili el 
Biskra. 

La ruine sans nom, située i is kilomètres S.~0. d'El-Oulaya, et 
Tolga reprfeentaraient les deux slalions anonymes de la Table, 
et El-Ksar représenterait Meiar Fttla. La distance d'EI-Outara à 
Ulili (GemfUae) se trouverait ainsi décomposée en quatre étapes de 
t8 à 30 kilomètres. Il y a lieu de remarquer toutefois que les 
ruines du Bled-Outaya et du Bled-Selga semblent plutôt jalonner 
la direction du col de Matraf-el-Kéblr, dépression très praticable 
et empruntée par une excellente piste arabe, et que cette direction 
est de nouveau jalonnëe, au Sud des montagnes et vers Mlili, par 
le casteBum de Sidi-Fellaouèchc ; mais, par cet itinéraire, il n'y n 
que Ûi5 kilomètres d'EI-Outaya à Mhli, et cette distance semble un 



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1° FeuiUe de Smtk-el-Arba. — Uoe diagonale Nord-Est— Sud- 
Ouest coupe cette feuille en deux parties d'aspect Ir^s difTéreol. 

La rëf^ion Sud-Est est accidentée par le massif du Djebel-Gona , 
dont les coDtreforts sMlendent jusqu'à l'Oued-Tessa, et par les col- 
lines ravinées comprises entre TOued-Tessa et l'Oued-Mellègue. La 
région Nord-Ouest est constituée par une vaste plaine, fond d'un 
aacien bassin lacustre, à peine ondulée et parcourue par les lil« 
torlueui de la Medjerda , du Mellègue , de i'Oued-Tessa et de l'Oued- 
Thibar; aujourd'hui connue sous le nom de Dakia des Ouled- 
Salem, cette plaine représente le Congru* BuUensiê de Saint-Au- 
gustia, les grandes plaines de Polybe. Les ruines de BuUa R^ia se 
trouvent un peu en dehors de l'angle Nord-Ouest de la feuille. 

Les raines antiques sont nombreuses dans toute la région, mais 
elles sont plus spécialement groupées vers le pied des montagnes 
et c'est là que l'on rencontre les plus importantes; cette répartition 
des lieux habités devait tenir à ce que, eutrerois comme aujour- 
d'hui, la plaine, d'une admirable fécondité, devait être maréca- 
geuse et peu praticable en hiver, tr^ chaude et fiévreuse en Hé. 

Les principales ruines relevées sonf les suivantes : 

A. Hntre ta limite Est de la feuille et l'Oued-Tessa. 

Henoblr-Thlbar. Ancienne Thibaris. — Ruines étendues, souvent 
explorées. De nombreuses inscriptions provenant de ces ruines sont 
rassemblées à Saint-Joseph de Thiliar; aiu-un texte inédit n'a été 
retrouvé. 

Hanchliwel-Pram. Ancienne GUlium. — Ruines étendues, nom- 
breuses inscriptions transportées à Saint-Joseph de Thibar. 

Henohli^DJeblw. Ancienne Tbîgibba Bure. — Ces ruines éten- 
dues, mais aujourd'hui indistinctes, ont servi de carrières pour la 
construction du village arabe de Djebba; une inscription brisée 
donnant le nom de la ville antique a été transportée à Saint-Joseph 
de Thibar. 



r-Dcnukinl*. Ancienne Coionia Mariana Âugiuta Alexan- 
driaaa Utlà majiu. — Vastes ruines (superficie i kilomètre sur 



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— 62 — 

6oo mètres) sur ud plateau de la rive droite de t'Oued-Arkou, Plu- 
sieurs inscriptions oat donné le nom de la ville antique; quelques- 
unes sont encore sur place, d'autres ont disparu. 

Honohir^aad-Arkon. — A 5 kilomètres en aval d'Hencliir- 
Douamis, sur la rive gauche de l'Oued-Arkou, ruine eleaduc 
étudia en 1901 par le capitaine Janot; quelques inscriptions 
inédites y ont été lelevées et consignées dans le rapport de cet olfi- 
cier. Aucune n'a donné le nom de la localité antique. 

Hanohlr>8«ixiia»ah ou H«nobli^4>al«dJMni-ZIan«. — Grande 

ruine située sur la rive droite de l'Oued-Tessa, k 3 kilomètres en 
aval du confluent de l'Oued-Arkou. Citadelle byxanline dominant la 
bei^ge de l'Oned-Tessa et dans les murs de laquelle le lieutenant 
Delemare a relevé plusieurs frt^enta d'inscriptions. Quelques 
grands édifices, dont un temple et une chapelle chrétienne; vosles 
citernes. Cette ruine, plutAt que la précédente, nous semble devoir 
représenter la (Sàtat Benemneruû, qu'une inscription dllencfair- 
Douamis permet de supposer voisine d'Ueiii M^mi. 

Henoliir.Ghett. — Uuiae peu étendue. Mausolée. 

Dans la plaine, aucune ruine importante, sauf cependant les 
vestiges d'une exploitation agricole couvrant environ deux hectares 
qutour de la koubba de Sidi-Ali-el-Bahri. 

B. Entre l'Oued-Tessa et l'Oued-Mellègue. 

Ruines d'un fortin sur la rive gauche de l'Oued-Tessa, & & kilo- 



DigiLizedbyGoOglc 



de Souk-«l'Arba et pour l'empierrement de la route du Kef et sont 
aujourd'hui très indutinctea. 

3* jPmlb dt Bit'Rekeb. — Cette feuille comprend ta région 
qui s'étend du Bled-Segui et de la Tallée de l'Oued-Besbas au 
Chotl-Fedjedj ; elle eet traversa à l'Est el à l'Ouest par la chaîne 
du Cherb, élev^, ravinée et difficilement praticable en dehors de 
quelques rares passages. L'ange N.-O. de la feuille est occupé par 
une petite partie du versant Sud-Est du Djebel-Berda. 

Dans la vallée de rOued-Besbas s'échelonnent d'assez nombreuses 
ruines, Testîgw d'établissements agricoles témoignant de l'ancienne 
prospérité du pays ou de postes militaires paraissant jalonner une 
voie non mentionnée par les itinéraires. 

Dans la chaîne du Cherb, les ruines sont relativement moins 
nombreuses; elles comprennent : 

Des ouvrages déFensifs interceptant les principaux passages de lu 
montagne, comme à Henchir-Oum-Ali et auprès des sources de 
rOued-Hidfaya-, 

Des travaux hydrauliques, cwoœc le barrage de l'Oued-el-Kerma 
et nombre d'autres de moindre imporlaoce, destinés à recueillir et 
k utiliser, pour la fertilisation de terres aujourd'hui stériles, les 
eaai qui actuellement vont se perdre dans le Chott-Fedjedj et la 
Sebltba deSidi-Mansour; 

Des étaUlisMments agricoles généralement situés vt^rs le bas des 
pentes; 

Dans la plaine, entre la montagne et le Cbott-Fedjcdj, nom- 
breufies ruines d'établissements agricoles et postes fortidus; 

Rnfin, dans l'angle Nord-Ëst de la feuille, dans le Bled-oI-Aous- 
sedj, on observe un groupe de bornes railliaires appailetiant h la 
voie TMOfO'Capaa. 

3° FeuiUe d'El-Hamma. — La conlinualion de la chaîne bor- 
dière du Chott-Fedjedj accidente la partie Nord de cette feuille; 
mais cette chaîne s'atténue à partir du Djebel-Hadifa et elle pré- 
sente des passages faciles entre les deux rersants par les dépressions 
du Bled-Aira, d'où difergeDt l'Oued-bou-Loufa et î*Oued-Soukra , 
de Biw-Fedjedj et du Khanguet-HichaoB , entre le Djebel-Bou- 
mana et le Djebel-Fedjedj. 

La partie centrale est occupée par la Sebkfaa-el-Hamma , extr4- 



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— 64 — 

mité Est du ChoU-Fedjedj , et par la partie du seuîl de Gabès com- 
prise ealre celte sebkha et les oasis d'Oudref-Métouia. 

La partie Sud comprend l'oasis d'EI-Hamma et l'extrémité Nord 
des hauteurs comprises entre l'Oued -el-Hamma et la côte. 

Les ruines romaines ou byiantines sont tr^ nombreuaes ditns 
cette Feuille; les principaux ^isemunls sont ti;8 suivauts : 



ji, où l'on s'accorde à placer les Aquae Tacapitanae. — 
Nombreux vestiges antiques à la source, dans l'ancien Bordj-e)-Bey, 
dans les ségulas et dans les difTérenU villages de l'oasis. 

Hcnoblr-Sould. — Premier poste militaire sur la route d'ËI- 
Hamma k Kébili. 

BlMl-Ghenoboa. — Agglomération de ruines d'établissemenls 
agricoles. 

Hanohir-KbMna. - Village agricole; mines couvrant environ 
deux hectares. 

Hanchir-HammMnat. — MaisoA isoi^c; peut-être la station 
postale d'Aquoe de la TaWe de Peutinger(î). 

HanoMT-Telmam. — Petit bourg et forlia. 

H«nchir-To«di. — Fortin avec réduit; quelques maisons aui 
abords. 

A la Borlie du col de Fedjedj. — Fortin et quelques maisons. 

Henchlr-Fortas. — Fortin et quelques maisons. 

HaaohiivZotigrata. — Ruines d'un village ayant occu|>é une 



DigiLizedbyGoOglc 



- Vaste mine; grands édifices; puils 
aoliqnes. A i5oo mètres Sud-Est, fortin. 

H«nchir-GbenBh. — Castellum sur un mamelon, entre l'Oued- 
Chcnah et l'Oued-Slelia; enceinte carrée de ao mëlres de côté; 
colonnes, chapiteaux; probablement Sileiua. 

Enfin , nombreux groupes de bornes milliaires jalonnant les voies 
de Tacapes à Theveste par Capia, et de Tacapes à Tatnallen. 

Les feuilles de Bir-Rekeb et d'EI-Hamma liaient sillonnées par 
])lusieura voies antiques, dont deux mentionnées par les itiné- 
raires : 

i' Voie Tacapei-ThevetU par Capta; 

3° Voie Taeapet-Turrit TamaSeiii, 

et d'autres dont les itinéraires ne font pns mention : 

i" Voie Titrru TamaUeni-Capia d'uoe part, -Taparvra d'autre 
part, par Henchir-Oum-Ali; 

a" Voie Tkusnroi-Tapana'a, par VOued-Besbas; 

3' Voie Thuninu-Tacapet , par te Nord du Chotl^Fedjedj ; 

W Voies annexes de la grande voie Tacapes-Cap$a : a. par le 
bord du Choit; b. par le col de Fedjedj ; 

5* Voie Aquae Taeapitanae à la vote du littoral. 

Route TacapM-Capêa-Tkevnle. — Cette route traverse la feuille 
d'EI-Hamma du Sud-Est au Nord-Ouest, et coupe ensuite l'angle 
Nord-Est de la feuille de Bir-Rekeb en pénétrant dans le Bled- 
Segui. Les stations comprises dans ces feuilles sont Aquae Taeapi- 
tanae (à xviii milles de Tacapes d'après l'Itinéraire d'Aotonin, à 
!tvi d'après la Table de Peutinger), que l'on s'accorde k retrouver 
à El-Hamma, et Silenta (à xix milles d'Aquae), qui nous parait 
être représentée par Henchir^Chenah ; c'est la mine qui, par sa 
distance d'EI-Hamma et par sa situation topographique, corres- 
pond le mieux à cette station , et le nom arabe de la rivière voisine , 
Oned-Slena, semble avoir gardé la trace du nom antique. La dis- 
tance de 19 milles qui séparait Atpiae de SSema conduit au col 
faifliiot communiquer la vallée de Bou-Lonfa et la vallée de TOued- 
Hadifa, et c'est bien le que, logiquement, devait se trouver la 
autMto à'oii se détachait le raccordement conduisant à Sitftaa. Si 
AKsioLoeiiu — N* I. G 



Dig.Lizedbi'GoOglc 



— 66 — 

l'on examine la position des autres ruines imporUnles de la r%)on 
situées à proiiinilé de la voie, Heocbir-el-Mtguel el iieucbii^idi- 
Khalife, on se rend facilement compte qu'aucune d'elles ne peut 
rifpondre aux données de l'ilinc'ruire; l'embranchement conduisant 
h Henchir-Sidi-Klialira se fill détaché h moins de 19 milles d'Aquae, 
celui conduisant à Henrhir-el-Maguel, au contraire, eAt bifurqué 
bien au delà de cette dislance. La voie est nettement visible sur 
tout son parcours et, sauf dans la partie inonda du Chott, tous les 
milliaires ont él^ retrouvés; mais b distance entre les groupes de 
bornes varie de 1&90 à 1600 mètix», s'écarlant ainsi notablemenl 
de la longueur normale du mille romain. Cet écartemcnt des bornes 
doit être le même sur tout le parcours de la voie, car la distance 
totale d<< i8à milles rx>rrespond bien à la distance Taeapf»-Thevf$tf, 
en supputant bien entendu que les cantonnements d'hiver de la 
iir légion fussent à Thnvslc même; cette longueur anormale du 
mille explique l'erreur do Tissot, qui concluait à nn développement 
total de la voie ^gal à 197 milles. 

1^ même anomalie a d'ailleurs élé constatée sur le fragment re- 
Irouvû de la voie Taa^et-Turrit-TamaUmi. 

A l'Est d'ËI-Hamma, la voie est jalonnée par las milliiires d'Hen- 
clnr-Toheul. près de Itas-eUUuedetd'Henchir-ZaaLria, et par deux 
autres milliaires illisibles relevés, l'un au col du Djeb^Ragouba, 
à 3 kil. 5oo Est d'Ël'Hamma, l'autre à mi-disUnce entre ce col et 
El-Ilauima. De plus, des traces d'aménagetnenl de chaussée ont été 
observées au col par lequel la voie traversait la petite chtlue du 
Djebel-Mensof. 



DigiLizedbyGoOglc 



— 67 — 

3° Ronte de' Thuturm h Tapantra par l'Oued-Besbas. — Cetto 
route est jtlonDée par de nombrenGes ruines d'élabiissemenls agri- 
coles et de fortins qui ont été relevés par MM. les tienlenants La- 
ronde et Gérard; pas de boroes miUiaires. Le trac^ de celte voie 
dans le Bled-Segui jusqu'au dëfîlë d'El-Hafay a éif étudié lors du 
levé de la feuille d'El-Ayaïcha ; elle coupait la voie de Thevesti- vers 
HeBchir-Gmou d i . 

3° Route de Tkuutros à Tacapes par le Nord du Chott. — Le» 
ruines de postes militaires relevés de Ksar-el -Asker k Hencbir- 
Chenah semblent indiquer qu'une voie stratégique reliait Thiuuroii 
et Taeapei par le Nord du Chott; des reconnaissances ultérieures 
montreront peut-être si cette voie se détachait de la i^oute Thevetle- 
Cerva-Thiaurm-Nepte, ou si, ce qui semble plus probable, ellf allait 
se rattacher vers Àd Majore» à la grande voie stratégique du Sud de 
l'Aurès, qu'elle aurait ainsi pi-oloogée. Vers l'Est, au-delà d'Hea- 
chir-Chenah , elle parait se confondre avec la vois Thevette-Tacafm. 
Les inscriptions, malheureusement incomplètes, trouvées à Hen- 
chîr-Ghenah et à 9 kilomètres N.-O. d'EI-Hamma lemUent se rap- 
porter à cette voie, et les chiffres qu'elles portent correspondraient 
très approumativemeot aux distances de Thevtête par Àd Mafwe*. 
Il y a lieu de remarquer que, au point de vue stratégique, le tracé 
de cette voie eût été plus logique que le tracé par le Sud du Chott; 
ce dernier a bien plutôt le caractère d'une route commerciale per- 
mettant aux caravanes de gagner, par la voie la plus courte et la 
plus facile, la région du Souf, que celui d'une route militaire for- 
mant frontière. Probablement antérieure à l'eitension de l'occupa- 
tioa romaine dans la région du Nefzaoua, cette ligne de défense a 
dA conserver toute son importance même après rétablissement du 
Umet tripoKlamu. 

&* Bentes anoeies de la voie Tac^eê-Capga. — La disposition 
des pnaeipanx gisements de ruines entre les puits de Bou-Loufa et 
Us oasis d'Oudref-Métouia pumet de suppoew qu'une route annexe 
doublait la voie Tacofes-Thmute, entre Tacapei et S^esua; tool en 
desservant les nombreux établissements agricoles situés sur son 
tracé, cette route devait permettre, pendant la saison des pluies, 
d'éviter la traversée du Chott. C'est peut-être à ce tracé que se 
npporte la distance de xvi milles, donnée par ia Table de Pen- 
tinger, entre r«eapei et Aquae; à cette dbtance de Gabèfl on re- 



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— 68 — 

trouve en effet la petite ruine d'EI-Hammamat, qui pourrait repré- 
senter la station postale d'oCi ae serait détaché l'embniachemeal 
conduisant à Aqttae. De Gabès à Biar-bou-Loufa par Oudref et 
Uenchii^Hammamat, on compte 56 kiiomètros, qui correspondent 
bien aux xxxv milles de la Table de Peutînger; par El-Elamma, 
cette distance serait de plus de 69 kilomètres, même en admet- 
tant un tracé absolument en li^e droite entre Bl-Hamma el 
Gabès. 

Q semble aussi qu'une route un peu plus directe devait se déta- 
cher de la grande voie vers TkasarU[Uti[iamh) pour gagner Tacaptt 
par le col du Fedjedj ; cette route et la précédenle devaient se con- 
fondre à partir d'Heachir-Telmam. 

5° Route HAquae vers le littoral par Henchir-Telmam. — Un 
alignement ininterrompu de ruines jalonne cette route, qui devait 
rejoindre la voie du littoral vers le point ofi celte dernière fran- 
chissait rOued-Akarit, entre les stations de Lacenof el de CfUar 
Picfntinae. 

Eniin, dans le Khanguet-Hachena , col large et facile qui s'ouvre 
entre le Djebei-Roumana et ie Djebel-Fedjedj , on observe des 
traces d'aménagement d'une chaussée antique qui paraît prendre 
la direction de la trouée d'EI-Hafay en desservant les ruines relevées 
en 1909 dans le Bted-en-Noual. 

4° Feuille» de Menchia, de Kébili, d'Offiat-Merteba et dp Doaz. — 
La région comprise dans ces feuilles s'étend, de l'Est à l'Ouest, 
de la plaine de Sidi-Guenaou et des derniers contreforU du massif 
des MatmaU jusqu'à l'extrémité de la presqu'île du Ncfzaoua. La 
parlic centrale est occupée par la double chaîne du Djebet-Tebaga , 
prolongé à l'Est por le Djejgel-Aiiza , à l'Ouest par la chaîne den- 
telée et très atténuée du Ûjebel-Ressifa ; le Djebel-Axita est sépare 
du massif des Matmala par une lai^e dépression corre^adant au 
coude de l'Oued'-el-Hallouf et donnant passage aux nombreux che- 
mins qui, de cette partie de la région saharienne, conveigeot sur 
Gabès. 

Au Nord du Djebel-Tebaga el jusqu'au Chott, s'élead une platine 
ondulée, découpée par de nombreux ravins; au Sud, vers Telmine 
el Kébili, l'archipel des oasis du Nefiaoua, ifraei^eant dessables 
du Choit, commence presijue immédiatement au pied des hauteurs 



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_ 69 — 

du Tebaga; plus k TEst, an plateau stérile coupé par la rivièro Hu 
Djebel-Douéia occupe le triai^le compris entre les oasis, le Choit- 
Rgoug et rOued-Tarfa. A ce plateau succèdent insensiblement les 
dunes de sable, d'abord isolées et plus ou moins fixées, puis plus 
denses et souvent mouvantes, du territoire des Merazig. 

Les ruines sont nombi-euses dans les feuilles d'Oglat-McrlL'Iia , 
de Kébili, de Mencbia et dans la partie Nord de la feuille de Douz; 
mais, au Sud de la ligne Bir-Gheien, Ksar-Tebria, Douz, Sabria, 
(ihedema, on n'observe plus aucune trace de l'occupation antitjue. 

Les principaux gisements signales sont les suivants : 
A. Dans la feuille d'Uglat-Merteiia : 

Bidl-bau-HUonf. — Poste militaire sur un mamelon dominant 
la source aménagée; borne milliaire. Aux environs, ctablii^scmenls 



Hanchti-Tamwi n». -— Castellum mesurant 3o sur 3 5 mètres, 
situé i i&oo mètres environ au Sud de la voie Tacapei-Tamallen. 

El-Kherlba. — Fortin sur un éperon détaché du venant Sud 
du Djebel-Tebaga ; chemin d'accès encore visible. 

Hvncbir-BaiilB ou Guadah-as-Seder. — - Grand castellum mesu- 
rant Co Rur Ao mètres; grandes citernes; deux postes détachés aux 
abords. A été étudié en détail par M. le capitaine Donau, com- 
mandant supérieur du cercle de Kébili. Semble représenter la sta- 
tion romaine de Mazatamurft). 

HAuobir^l-Kliarba. — Ruine importante; centre agricole avec 
fortin et citernes, sur un mamelon isolé du Djebel-Halouga. 

Henchlr-Bouttanl. — Cnstellum mesurant i3 sur lo mètres nt 
rommandant le chemin d'RI-Hanima à Ojrlat-Merteba; quelques 
ronstructions aux abords. Posic détaché au pied du mamelon qui 
porte le csEtetlum et au bord du i:hemin. 

Banohlr-ed'Dib. — (irande ruine située à peu de distance au 
Sud du tracé probable de la voie Tacaptt-Aqme; oppidum mesu- 
rant 3o sur 30 mètres et entouré d'un fossé; puits romain. 

Henoliir-liftrtaba. — Construction carrée de la mètres de oMé 
taxr un mamelon dominant les Ogiat; quelques biUiments moins 



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— 70 — 

imparUnls aui abords; à peu de distance en amont et surl'Oued- 
Merteba, important lurrage en partie conservé. 

Haaohir-al-Hadjar. — Grand castellum carré de 3fi mëtres de 
e^té, avec flanquiiinent aux angles et sur le milieu des cfttés; peut- 
Plre Autkiu de l'anonyme de Ravenne(T). 

Bcnohiisal-FezMi. — Ruines d'un caslcilum semblable à celui 
d'Henchir-el-Hadjar; peut-être ÀusiUmdi du Hmei Ir^Utamuif^. 

B. Dans la feuille de Kébili : 

Haaobir-Mguin*. — Portin sur la voie Tacape^Tioiiallat, 

Hencbir-Ain-Tlel. — Vestiges de constructions en bordure de 
la même voie; l'une de ces deux ruines, mais plus probablement 
l'Hencliir-Aïn-Tfel, doit représenter la station i^Agariaooi; aux 
abords, vestiges de chaussée antique. 

A aSo mi'tres Ouest de Rordj-Tamra, sur un mamelon qui do- 
mine la plaine. ^ Ruine étendue, mais complètement boalev«rsée; 
aux abords, vestiges de chaussée antique. K 1600 m&tres Sud~-Sud- 
Uuest, base de borne ruilliairc. 

T«linljia, Rabta, Kanaoura, KdUll, Basma. — Nomfareui 
débris antiques. Ruines déjà (étudiées. 

C. Dans la feuille de Mencbia : 

Nombreux débris antiques utilisés pour la construction de ces 
divers villages, étudiés par M. le capitaine Douau. 



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A 9 kilomètres Ouest de Bir-Agareb. — Grande dalle portant 
une inscription lîbyqne peu lisible. 

Les feuilles de Menchia, Kébiti, 0^at-Mer(eba et Dout étaient, 
dans Fantiqaité, sillonnées par les voies suivantes : 

1° Partie du limei tripolitantu comprise entre Tacapes et Agma, 
par Aquae Tacapilanaf , Agarîavoê, Turrù Tamaîleni , Ad Templum, 
Bfrezeot et AtuSim^; 

3° Route de Tacapei k Tkevesie par Aveg, Timezegerri Turrù, 
Pulem, Aganel et Nepte; 

3° Route de Twrù Tamalkni i Thvtuns; 

U" Route de Turrù Tamalkni à Tt^tarum par Seplimi, Bir-Rekeb 
et Bir-Oum-Ali; 

b" Route de Turrù TamaUenii Ci^ta par Ksar-el-Asker; 

6" Route de Siltiua à Ava par Ël-Hamma et rOued-Herteba. 

Lim«$ Tr^iolitafÈai. — Cette voie se détachait de la voie Taeapet- 
TkêvMê par Copia vere le quatrième mille au delà d'Aquae et, 
contooniant rextrémité du Djebel-Aiiia, gagnait l'important point 
d'eau de Sidi-ben-6hitouf; de U, elle se dirigeait au Sud-Oueet 
sur tes Oglat-Nakla et se confondait ousuile jusqu'à Limagues 
avec le tracé de la route actuelle, en évitant toutefois le délour 
de Rordj-Saîdan. Jusqu'à Limagues, le tracé de la voie antique 
est bien déterminé par les milliaires btiuvés à Henchir-Souid , aux 
abords de l'Oaed-Magroun , àSidi-ben^Ghiloufet prisdeBir-Nakla, 
aioei que par lee traces de chaussée antique rdevées près d'Aïn- 
Tfel. de Bordj-Tsmra et d'Aïn-Hadouan; au delà de Limagues, 
ce Irtcé est plus probl^atiqae. Néanmoins, la présence de niinen 
Mir U piste S^ptùrw-Telmine par le Khanguet-Brimba permet de 
supposer que, de Limagues, la voie gagnait directement le Khan- 
guel-Brimba et de là Mansoura, qui doit représenter TamaUen, 
•ÎDon Ttims Tamallmi. Un peut concilier, en effet, les données des 
itinénires et la topographie du pays, en distinguant entre Ta- 
maUm, centre, et Twtù TanuJimi, région; il est bien certain, 
comme le pensait Tissot, que la tour dont les mines se voient à 
Oum-Seutaa et qui a des vues à la fois sur le Bled-Faraoun , sur le 
Chott et Rir le Nefuoua occupait un emplacement répondant bien 



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— 72 — 

au r6le que devait jouer le poste le pins occidental du kmn, maïs 
il est probable aussi que cette tour n'était pae isolée et devait faire 
partie d'uu syst^-me complet de surveillance et de défense de la ré- 
gion. Sur les craies du Tebaga et du Ressifa, on retrouve des «es- 
tiges de plusieurs postes vigies, et il en existe également dans la 
plaine. 

Entre Aqmu et Turrù Tamalifni, ritinéraire indique une seule 
station, Agariaviu; située à iix milles dM^wt^, i même dtslaoce de 
Tamallm, Agarlavat ne peut se retrouver qu'à Henchir-Mgarine ou 
plutôt à Henchir-Aîn-Tfet, cette demif;re ruine étant & ^rnle dis- 
lance (A7 kilomètres, iix milles) d'EI-Hamma et de Mansoura. 

Aucune découverte de document ^pîgraphique ne permet d'indi- 
quer avec quelque certitude la direction que prenait la voie après 
TamaUen; la première station. Ad Tm^lum, située à m milles de 
TnmaUen , est peut-être représentée par le village actuel de Djemma , 
k 1 9 kilomètres de Mansoura , oà l'on observe de nombreux débris 
.inliques. Quant h Brmto*, située à xxi milles d'Ad Tn^um, on 
pourrait songer à VidentiGer avec les ruines de Bir-Ghezen, situées 
au pied du Koudiat-Bereslim; ces ruines sont, en effet, situées à 
&7 kilomètres de Djemma, et les noms arabes précités semblent 
avoir conservé la trace du nom de ta station antique. Le Ksar- 
Tebria, situé à 19 kilomètres Sud-Est de Doue, marquerait un 
point intermédiaire de la voie. 

Au delà de Bemeoi, le tracé présumé du kmt» pénètre dans une 
région non encore levée et où, dans une prochaine campagne, on 
en trouvera peut-être des traces; il reparaît dans la feuille d'O^at- 
Merleba, oi'i il semble d'abord se confondre avee la piste arabe. 



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— 73 — 

MazaUmtw, à vi milles de TtnMzf^vn (Henchir-Beala). 

Putev», à vil milles de Mazatamur (ruÎDes sur l'Oued-el-He»- 
chîr, au Nord de l'Oiied-Ouiu-Cbia). 

Agartel, xiv milles de Puleu$ (niiDes de l'Oued-Seaiem-el-Adara). 

Après Aganfi, la voie aurait pris la direction de Doux par Ksar- * 
Tebria; au delà de Doui, son trac^ serait jalonné par Sabria et 
Ghedema, où l'on a signalé des constraclions antiques. 

Bien que la station de Benxeos ne soit pas mentionnée par l'Iti- 
néraire de Peulinger, il est probable que la section comprise entre 
BfTêzeos et Ksar- Tebria devait être commune à la voie de NpfiU oL 
aux Inief fripoliiamu. 

ÀMtkiu, de l'Anonyme de Ravenne, entre Avibtu et Tmezegm, 
est peut-être l'Henchir-el-Hadjar. 

Route de Turris TamaUeni k Thmuroa. — Aur.une indicnlioQ n'a 
ilé recueillie sur son trace; elle devait emprunter le Trik-el-Oudiaaa 
après avoir rejoint, vers reitrjmilé de la presqu'île du Nefzaoua, 
une voie secondaire venant de Limagues par Septimi et le Blcd- 
Faraoun. Le nom de Limague» (ou plutôt El-Magws, la Bifurca- 
lion) a conserve la trace de ce dédoublement du Umn. 

Route de rurrû TamaUeni à Tapantra, par Sfptimi, Bir-Hekeb et 
Oum-AIi. — Pas d'autres indications que les ruines échelonnées 
sur le tracé de la voie. 

Route de Tairù TamaUeni à Cajaa, par Bir-Nouni et Ksar-cl- 
Asker. — Pas de traces dans la région levée; à 6 kilomètres du 
débouché Nord du défilé d'Ei-Asker, M. le capitaine Donau a relevé 
UD groupe de bornes appartenant au iiu* mille de cette voie à 
partir de Gafsa. 

Route de SUeiua à Avet. — Cette voie, mentionnée par la Table 
de Peuliuger, devait se confondre de Silenta à Aquae avec la grande 
voie Taeapet-ThaxêU par Capsa; au-delà d'Aquae et vers Aee», elle 
est jalonnée par les ruines qui SL^chelonnent sur [a rive droite de 
rOued- Merteba. Le chiffre de ïviii milles indiqué par la Table entre 
Silenta et Avei est évidemment faux; on compte, en effet, xix milles 
de Sileiua à Aquae et iiii milles à'Aquae à Heachir-Pratis , qui doit 
représenter Avei, soit au total xxxu milles. 

Les ruines échelonnées sur la roule Kébili-Gabès par le défilé 
entre le Djebel-Tebaga et le Djebel-Donéia (Heuchir-Zaiiu, Hcd- 
rhir>el-Asnam, Henchir-Remlia, etc.) représentent peut-être les 
postes de l'ancieD Urne» Tamalknait avant que l'occupation romaine 



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— 74 — 

eût enrobé Toaiis du Nefzaoua et tes établiaeeinente agrioolee de la 
troaée de Bir-Ghetea. 

Parmi les opjnda de la liste de Pline, on ralèTe an ^fiAtm Ti~ 
bifftiue, dont le noin semble se retroaTer dans le nom du Djebel- 
Tebaga et qai est peut-être représenté par l'one des raines situëes 
à proiimilé de cette montage-, mais rieu n'antorîse i faire un choix 
pour cette identification , entre les raines à earaetire militaire de 
fun on de l'antre versant de la cbatne : Henebir-Temassine au Nord, 
Hencbir-et-Asnam ou Henchir-Remtia, au Sud. 

5' Aucune ruine antique n'a ét^ relevée dans U feaiUe do Djebel- 
Bcrga , qui comprend une région presque complètement désertique. 

Comm' TouasintT. 



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RAPPORT 

SUR LES TRAVAUX DE FOUILLES 

OPÉRÉS EN 1904 
PAR LE SERVICE DES MONUMKJVTS HISTORIQUES 

EN ALGÉRIE, 

PAR H. ALB. BALLli , 
Arehtlecle en cikef du S«niee dei Maoumenls hislûriquai. 



LeB travaux de fouilles exécutés eu 190& dana les trois dépar- 
tements algériens se divisent de la façon suivante : 

J. Diparlemml d'Alger. — Fouilles à Chercbel. 

II. /)llparfnn«nt ^ Cotutantme. — FouîHps à 8ouk-A)iras, k Klia- 
mÎBSe, Annnune, Lambèse, Tim^ad. 



C'est encore H. Waille, professeur à la Faculté des lettres d'Al- 
ger, qui a bien voulu calte année assumer la Uche des fouilles de 
Ghenhel. 

Au printemps dernier, il a découvert dans un terrain apparie- 
oant Jk M. Besse, épicier, rue de Tenès, une tête de marbre, gran- 
deur naturelle, ceinte d'un diadème avec un morceau d'étoffe ramené 
Kur le sommet de la tête. Malgré les meurtrissures du oei et du 
menton, onpeat reconnaître, an modelé du front et à la bouche 
proéminente, le roi Juba II. Il a été exhumé également, outre un 
fragment d'inscriplion, une colonne de granit, une pierre phal- 
lique, des fragments de poterie hispano-mauresque et une figu- 
rine de marbre à dos plat (Bacchus ceint d'une lourde couronne 
de pampre et de lierre, et qui semble inachevée). 

Un autre chantier a été ouvert sur une partie de l'emplacement 
de la seine du théâtre antique, situé dans le nord de la ville ac- 



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— 76 — 

luelle. Ce théâtre était encore intact avec ses 97 gradins en iSAo, 
et les matériaux en ont été pris par le Génie militaire français pour 
construire une caserne voisine. Lu scène subsiste encore cependant : 
à 7 mètres de profondeur on a trouT« le couloir de l'orchestre . 
des chambres de belle construction, un escalier longeant jadis 
les gradins. Mais, dans le prolongement de ce conloir, il y a dofi 
maisonnettes, une route, une vigne H cinc] propriétés partiru- 
liëres. 

Des fûts de colonnes lisses et cannelés, en mariirc lose, en 
brèche d'Afrique, en marbre vert piqué de rouge ont été eihuinés. 
ainsi que de beaux chapiteaux d'ordre composite, des bucranes. 
nn chapiteau-applique avec un thyrse comme motif central, 
un ronronnement de colonnelte en forme de corbeille entourée de 
feuilles d'acanthe avec dessus en feuilles de chéoe avec giands, des 
fragments d'inscriptions monumentales, d'ornemcals de toutes 
sortes et de marbres les plus variés, etc., indiquant k n'en pas 
douter que ta décoration de la scène dn théAlre de l'ancienne Car- 
Morta était d'une grande richesse. 

Si l'Etat s'était réservé la propriété de l'emplacement oi*! sp 
trouvent ces ruines, il aurait pu préserver un ensemble presque 
aussi intéressant que celui du théâtre de Timgad. M. Waille a 
déblayé des murs de six mètres de hauteur bien conservés et 
a recueilli de nombreux raorreaux de statues de marbre blanc.^ 

Tout dernièrement, il vient de découvrir dans tes substruclions 
du tliéâtre une belle statne presque intacte, représentant, croit-41, 
une des Muses. 

Cette ligure est nettement cambrée; les hanches en sailtie se 
devinent bien sous l'élofle. Elle s'appuie sur la jambe droite (trois 
doi^B du pied recouvert par la draperie sont seuls i découvert); 
ta jambe gauche est légèrement infléchie. La ceinture est nouéf 
immédiatement au-dessous des seins, et la main gauche est rame- 
née sur la poitrine. La droite qui manque, tenait peut-être une 
lyre. I.a léte a la chevelure ondulée, ceinte d'un bandeau et ra- 
menée h l'arrière en rhignon. Le marbre pèse 1,900 kilogrammes. 
La hauteur est de 9 mètres. 



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SotIK-AlIRAg. 

M. ledocleurRouquette, médecin militaire, en garnison à Souk- 
Abras a conlînué les fouilles qu'il ovait entreprises l'an dernier. Au- 
torise par la municipalité à percer une grande saignée dans le 
mamelon dit de taint Auguttii, saignée qui est destinée à servir 
de rue, le docteur Bouquette a trouvé des murs nombreux appar- 
tenant à un monument et à des maisons romaines fort bouleversés 
par les Berbères k une (r^ basse époque. Touterois il a exhumé : 
une vaste chambre d'une habitation encore décorée d'une mosaïque ' 
de dallage Fort détériorée; un grand mortier à huile monolithe de 
o m. fis de diamètre; une petite slMe votive sans inscription; des 
bases de colonnes; des seuils de portes; enfin quelques monnaies 
dont quelques-unes ont pu être déterminées malgré leur mauvais 
état de conservation : on y voit les images et les noms de Julio 
Mamea, d'Alexandre Sévire, deMaximin, de Claude 1" et un denier 
consulaire fragmenté. 

KtlANISSA. 

Avant d'entreprendre les fouilles de Kfaamissa i Tendrait dési- 
gné sous le nom de irplatea vetusn, c'est-ik-dire l'ancien forum, par 
opposition- avec le irfonim novum» découvert il y a trois ans, 
M. Joly commença par faire pratiquer une route carrossable pour 
tas charrois depuis l'arc de triomphe déblayé l'on dernier jusqu'au 
vieux forum. 

Il [Hit suivre tout d'abord la voie triomphale romaine sur un par- 
cours d'une quinzaine de mètres, au boutdesqueie il rencontra une 
voie transversale pris d'une petite basilique chrétienne, des sub- 
slmctions d'une bonne construction, un égoul se dirigeant vers 
i'aotre forum et un tombeau. 

L'accès pratique au champ de fouilles étant ainsi obtenu, 
M. J«l; entreprit les déblais en dégageant tout d'abord une plaie- 
forme située en contre-bas de la place pnUique et dont le mur de 
fond forme la limite antérieure du forum. Douze chambres furent 
mises au jour sur cette ligne, avec des portes s'ouvrent sur une ga- 
lerie aux exirémilés de laquelle cinq autres pièces étaient dtsposiées. 
Ces chambres sont probablement des boutiques accessibles seule- 



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— 78 — 

ment à la plaie-forme iaférieure. Peut-âtre ëtaient-elles à deux 
étagfes, et nlors l'^taffe du dessus ëtait-il au uiveau de liKtplalen vo- 
tU3« 1 Nous ne saurions Taffinner, quoique cette hypolbèse soit assct 
vraisemUable. 

Au cours de ces déUais. ii a d^uvert quelques inaeriptions. 

Il a recueilli, en outra, un jeton d'étain, d'un dinaiëlre de 
o m. o33 et d'une épaisseur de o m. oos , portant lus »ix lettres 
ci-desBOuB : 

BL 



Une médaille de cuivre de o m. na de diamètre représentant, à 
l'avers et au reven, des figures avec lettres effaeées; une penture 
k chamiëre de bronte pour farmeture d'une porte (longueur, 
o m. 9o: épaisseur, o m. oS); enfin divers objets de fer. 

La pUte-fonoe ayant é.iè débarrassée, ainsi que les constructions 
qui en occupaient la partie postérieure, l'espace supérieur fbt atta- 
qué et presque entièremenl déblayé. Les résultats en sont des plus 
intéressants, et tout d'abord on ne peut qu'être extrAmement frappé 
de la similitude qu'offre le plan de ce forum dt; Kbamissa avec 
celui de Tim^jad. On peut en juger par la dascription rapide qui 
va suivre. 

Sur le c6lé gaucbe de la place, une très vaste basilique jndi> 
' claire qui occupe, et même au delk, tonte la iongu<?ur de ce oAté, 
communique par deux portes i un portique de lo colonnes corin- 
thiennes. La largeur de la basilique est de 98 m. 5o, mais des 
points d'appui iotérieurs la divÎMieiit en Iroia nefs, soatenues dia- 
coDP par oeuf colonnes, dont la rangée «e relonmait €n avant et en 
arrière du vaiaaeao central de façon k former nn rectangle dont le 
petit c6lé comportait six colonnes. En déduisant colles d'ange, 
pour ne pas les compter deux fois, l'iatérieur de la basilique était 
donc porté par 36 colonnes. Dans le fond de la salle se trovvent 
les subelmctions de l'estrade réservée anx negislrala et des salles 
aeceMoires de service an nombre de six. Le soi de la basilique est 
Baturellement plus élevé que celui du forum. 

Dana le fond de la place, ainsi qu'à Tkammgadi, sont dispoeécs 
des chambres qu'on peut facilement supposer avoir été des bou- 
tiques eu des sailee de réunion nécessaires h ton! foram romain. 



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— 79 — 

L'une d'^ee, aaaes vsale, a conservé les soubasBements de tcoa 
petits monuments dont celui de l'axe a été coupé uUérieuremeal 
par un mur qui, prolongé en avant ainsi que le ouïr de droite de 
la salle, a permis d'établir une construction barioB{(ue ressemUaul 
fort à une ebapdie byiantine. Une autre salle, précédée de trois en- 
trecolonnements , s'ouvre sur une pièce creusée dans la colline qui 
domine ce cbté du forun). A l'angle droit de la salie, ua petit 
espace rectangulaire, accompagné sur sa droite par un escalier de 
a^t marches, semble avoir ét^ la tribune aux harangues. 

Enfin le c6té droit de la place publique contient deux impor- 
tants édifices dont, k notre avis, l'un devait être la Curie; l'autre, 
le tem{de de Jupiter, JuaoQ et Minerve, c'est^-dire le Capilole. 

L» Curie supposée, située dans le fond près des boutiques, 
était précédée d'un perron de six marches qui donnait accès <i une 
sorte de pronaos ou vestibule, ouvert par trois entreoolonnements. 
Puis on pénétrait par une porte située dans l'axe du vestibule dans 
une sidle au bout de laquelle un reste de mur transversal parait 
avoir porté la tribune où siégeaient les sénateurs ''J. L'ordre des 
eoloones du vestibule est l'ionique. M. Joly a réussi k remoD|er une 
colonne entière avec son chapiteau '^'. 

Le temple se compose d'une cella'-') eatourée sur trois faces (eo 
avant et sur les cdtéa) par un portique comptant douze colonnes 
et treize entrecolonne men ts , le mur postériear du sanctuaire se 
prolongeant sous les portiques latéraux et se terminant par des 
pilastres. 

Ces colonnes dont, avant les fouilles, des morceaux gisaient sur 
le sol avec un large filet (om.aâ eaviroo de hauteur) à chaque 
extrémité avaient été prises par les archéologues pour des colonnes 
puniques, à cause de leur peu de hauteur (a m. 60 environ) par 
rapport k leur diamètre'*'. Cette méprise, des plus excusables, ne 
saurait plus subsister en face des travaux de déblaiemeut qui dous 
ont fourni des fragmenls de f&i» de même diamètre, privés de fi- 
lets. 11 est donc certain que le filet supérieur des tronçons primili- 
vement tronvéa n'était que la bague du tiers inférieur des colonnes , 

<'' La lirgeur de I* curie de Tiinjad esl de pré» de 10 mètre»; celle de Klia- 
miam lariit près de g métrés. 

'*) Diaaiètre de la vimal»: m. 70; du clw[H(eau ; d m. 65. Gfticaîre. 

'*> LongUPDr : 7 m. oS; largeur : 5 m. 59. Ltrgeor de« portiques : 'im. o5. 

<*> Di i rôè te e : » m. SU; DMrltre de (Jbeinlou. 



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— 80 — 

(ilisposition qui fut tant de fois employa à i'ëpoqne de la Renais- 
sance. L'ordre du temple était donc de proportions normales, et, 
s'il était corinthien, ce que nous ne savons pas encore en l'absence 
de débris de chapiteaux, la hauteur des colonnes atteignait 8 m. 5o. 

On ne saurait douter que cet édilire fut consacré : à Jupiter dont 
on a retrouvé, en 190A, un magnifique morceau de statue en 
marbre ''' se composant de ta tête et du torse (PI. VIII); à Janon, 
dont Masqueray a trouvé la léte en cet endroit; et i Minerve dont 
M. Joly a découvert, cette anaép, un pied et le liras droit tont en- 
tier d'une soperbe facture"'. 

C'était donc le Capitole qui, contrairement à celui de Timgad, 
avuit ici sa place au forum. Sur le cAté du monument qui fait face 
à la ville, on adossa, à une basse époque, un baptistère qui donne à 
supposer que le (emple païen fut converti en église. 

De nouvelles inscriptious ont été trouvées également dans le 
vieux fonim au cours de cette année : la plus intéressante est con- 
sacrée h Larcin Lvta , épouse d'A. Larcius Maerinus, chef de ta tribn 
des Numides et flamine perpétuel^'). 

Un buste d'homme en marbre fut trouvé renversé près de la 
pierre qui portait le texte(Pl. VIII). Il est en bon état de conserva- 
tion (sauf le nei qui est i^rement cassé). Les cheveux et la barbe 
sont frisés; la toge est attachée sur l'épaule droite. Un peut y voir 
l'image de Larcius Macrinus. 

En outre, ou a exhumé des fragments de chapiteaux, de cor- 
niches, de frises ornées de rinceaux, de chapiteaux gravés sur des 
placages de marbre, de bases, de poteries, d'objels de métal, de 



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— 81 — 

ment encore iDConnn dont deux arcades émergent de terre. La fouille 
s'est faite sur une tranchée de 5o mitres de longueur sur 5 mètres 
de largeur. Elle avait pour but de dé^ger la façade du monument et 
de préparer les opëratioas qui nous amèneront à la recherche du 
forum de l'ancienne ThibSit. Nous espérons arriver à un résultat 
satisfaisant l'année prochaine, en suivant de proche en proche 
les dallages des voies. 

Le second point exploré a été une maison d'où, il y a plu- 
sieurs années, avait été retirée une inecription aujourd'hui con- 
servée à Hammam-Meskoutioe, et qui était placée sur un monu- 
ment aux Dieux lares (Genio Domut Maerwn) dédié par Agathopus, 
affranchi d'Antistius Postumius Aquilinus et de son frère Anlistius 
Burrus. 

Cette base honorifique se trouvait au milieu d'un atrium Houlenu 
par quatre colonnes qui offraient celte parlicularil^ qu'elles étaient 
entièrement enduites de stuc peint et sculpté. Nous en avons trouvé de 
nombreux merceaus. L'atrium a été déblayé, ainsi que plusieurs 
chambres voisines. C'était la demeure de ta famille des Antistîus, 
DDe des pins importantes sinon la plus considérable de la ville. On 
y a mis au jour une intaille représenlant une femme tenant un épi 
de bté. 

Enfin, h l'endroit ofl Ravoîvié signale les restes d'une fontaine 
demi-clrealaire, on a récolté plusieurs inscriptions fonérnires, la 
plupart consacrées aux Anlistius, dont il est évident que se trou- 
vait l le lieu de sépulture. 

Lahbbse. 

M. Counnontagne , directeur de la Maison centrale de Lambèse, ' 
s'est mis à l'œuvre avec le plus grand dévouement pour continuer 
le déblaiement du camp de la lil* légion Auguste. 

Les trois grandes voies aboutissant au Praetorium ayant été entiè- 
rement dragées l'an dernier, nous résolûmes de fouiller en igoA 
la partie située au Nord-Est dn camp, c'est-à-dire celle comprise 
entre la voie Prétoneone à l'Ouest, la voie Est an Sud, le cAté 
oriental du rempart à l'Est et l'enceinte septentrionale du camp 
au Nord. 

La totalité de ce carré n'a pu être débarrassée , mais les résultats 
n'en sont pas moins des plus intéressants. 

AKHÉHAan. — N* 1 . 6 



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— 82 — 

Sur la voie Prétorieniie apparaissent deux corps de bAlimeuls dn 
dimensions iuégalos. L'un, celui situé au Nord-Ouest, reDrenne 
des casemeuients abritas hous un portique bordant le calé orien- 
tal do la voie Prétorienne. Ces casernements ('^ sont limités i l'Est 
par un mur continu dans toute la longueur du ptté de construo- 
tions; sur le flanc oriental dudit mur s'appuieel une série de 
chambres mililaires qupclaire, sous un portique, use cour bar- 
longue limitcD de l'autre càté {à l'Est) par d'autres cbambres sem- 
blables aux premii'ree. Cette cour a son entrée sur un large boule- 
vard que borde le rempart au Nord. Deux coors paroiltee, entourées 
des mêmes cases et orientées de même, font suite à la précédente 
du cdté Est. 

L'autre corps de bsUimeiit est situé à l'angle de la voie Préto- 
rienne, avoc laquelle il communique par un portique de huit 
colonnes , et de la voie Est du camp. L'angle Sud-Ouest de cette 
construction se mâle avec l'angle Nord-Ëst dn Praetorium. 

Les deux ensembles de bâtisses limitant le flanc oriental de la 
voie Prétorienne sont séparés pur une rue perpendiculaire k celle 
dernière et coosequemment parallèle au rempart Nord et i U vme 
Est, ladite rue an parlant pax de la voie Prétorienne et etteignant 
le rempart Est. 

Le corps de bâtiment attenant au Praetorium est une vumU; il 
possède un atrium avec un bassin de 6 mètres de largeur, flanqué 
à ses quatre angles de colonnes et orné de niches demi-circulaires 
à ubaeiin de ses axes. A l'Est de ce bassin, une grande pi^ (peuL- 
('trc un tablinuiii) et une suite de chambres, de vestibules dont 



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— 88 — 

de l'eipaee ronfermd eatre la voie orieolaleet le rempart Nord, un 
Bionument k quatre grandes travëee s'ouTre par une porte unique au 
Nord Bur un passage étroit dëbouebant sur le boulevard. A l'Est de 
l'édifice, une sorte de hangar adossé au rempart oriental et sou- 
tenu dans son grand axe par une file de douze piliers. 

Chaque travée de la construction, traversée par une galerie cen- 
trale, s'ouvre sur les travées voisines par une lai^e baie. Elle est 
divisée en trois parties de chaque c6té de la galerie, et ces divisions 
sont marquées par des piles appuyées sur les mars latéraux et pré- 
cédées par des colonnes. L'ensemble des divisions pour chaque 
e6té est donc de douse. Nous pensons, sans pouvoir l'affirmer par 
•ucuD texie épigraphique , que nous sommes là en présence d'une 
écurie. 

A rOaest de ce monament, avec façade sur le boulevard Nord , 
an très grand édifice a été déblayé. Les fouilles n'étant pas entiJv 
rem«nt terminées, ta destination de la construction ne saurait 4tre 
encore déterminée, mais celle-ci est remarquable par son impor- 
Unce. 

La porte principale sur le boulevard donne acc*>R à une allée mé- 
diane bordée à droite et à gauche par un portique que supporlaient 
ncur colonnes. Ces portiques possèdent encore leur dallage; ils s'ou- 
vraient chacun sur cinq salles trfes profondes. Au bout de l'allée, 
une autre se présente transversalement et permet d'accéder à une 
grande cour rectangulaire entièrement environnée de portiques. 
En face et sar les côtés, on pénètre dans des salles d'nne largeur 
quatre fols égale <i leur profondeur. 

Le défaut de toute inscription relative à l'affectation de ce vaste 
édifice ne nous permet malheiireuHement pas de nous risquer dans 
une conjecture tant soit peu vraisemblable. Espérons que, l'année 
prochaine, les documents utiles nous seront fournis à ce sujet par 
le» travaux de déblai. 

Ah floars de cea belies fouilles, nous arons recueilli quelques 
textes épigrapbiques. 

M. Courmontagne a également trouvé: une pentnre de bronze, 
avec sec cloua, de la porte Est da camp(^); des fragments d'une 

"> himgmar : o m. 80; ifrarlnMot ém bride* : o m. 10; lon^pur dc^ 



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— 84 — 

sUlue ûquosti-e de broote, dans uno chambre bordant à l'Ouesl la 
voie ['rélorieaae'"; une corne d'abondance, longue de o m. &o; 
d'une partie plus large sortent deux feuilles , une grappe de raisin , 
une pomme de pin et un motir décoratif. Cet objet, parfaitement 
conservé, est de bronze recouvert d'une légère couche d'or; sur près 
de la moitié, la couche d'or est intacte et a conservé son brillant. 
De plus, dans la travée Nord du bâtiment découvert pr^ de 
l'ange Nord-Est du camp, nn nouveau dépAt de balles de fronde cd 
terre cuite a été exhumé. Enfin , dans un caniveau des constructifus 
de ta voie Est, on a recueilli une intaille sur agate de couleur fauve, 
en pâte fine d'un blanc laiteux, reiH-étienlanl Hercule debout, te 
coude droit appuyé à l'extrémité d'un rocher sur lequel repose la 
massue du dieu. r<e long de son flanc gauche pend la dépouille do 
lion deNémée; de la main gauche il tient te petit Télèpbe, vers 
lequel il tourne ses regards. La tête est de profit ; cette gravure doit 
dter du ■"siècle de notre ère. On connaît la légende d'Hercule 
et de Télèpbe, son lib : dans un moment d'ivresse, Héradfes 
déshonore ta fille du roi de Tégée, Auge, prêtresse du temple 
d'Athéna. L'enfant auquel elle donne te jour, Télëphe, est caché 
par elle dans le sanctuaire, puis exposé par le roi sur le mont Par- 
ihenios oà le héros découvre sou fils allaité par une bicbe. La 
représentation de cette scène antique existe dans plusieurs sculp- 
tures; notre întaitle, comme ta belle statue du Mnsée Chiaramontî 
h Rome'^l, nous figure Hercule tenant Tétèphe, sans avoir à ses 
pieds l'animal bienfaisant qu'on trouve partout ailleurs. 



TIMGAD. 

I. DéBUIBMS%T VB VOIES DIMHSIS. QOARTIBH EN AMpniTHiÂT». 

Comme toujours, nous avons éprouvé, pour le déblaiement des 
voies, les mêmes difficultés : après avoir installé un chanUer dans 
la direction d'alignements indiquant aussi nettement que possible 
une rue de la ville, on est surpris de la trouver encombrée de ood— 
struclions et d'être arrêté au moment où Ton s'y attend le moins. 
D'autres voies, au contraire, apparaissent dans des endroits oA on 



' lion^cur du plut QrwMl nwneau : i m. 
' S. ReiiMtb, Btfeii.d*kHmU, 1, p. ^71. 



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ne les goupçoonait pas : ce sont là les hasards inséparables des 
travaux de fouiiips. C'est ainsi que la voie parallèle au Cardo qui 
descend desgrauds theroiesdel'Esl pour passer sous la poterne Nord- 
Est, et qu'on pensait devoir se proloii^r assez loin en dehors des 
murs, fait retour à ifi mètres à l'Ouest et vieul se buter contre une 
Gonstnictiou en mauvais état. Une partie de son parcours est même 
mécounaissaUe des thermes au rempart, et il ne sera possible de 
la dégager que lorsque des déblais complets seront exécutés dans 
oe quartier de la cité. 

Nous avons été plus heureux en suivant le dallage de la voie 
prolongée du Capitfde, qui vient se rencontrer au Sud-Ouest des 
grands thermes du Sud avec l« voie qui passe k l'Ouest de cet 4ta< 
blissementC). Au bout de ce carrefour, la rue suit un tracé courbe 
et s'inflëchit vers l'Ouest en contournant une colline élevée qui do- 
mine le temple de Jupiter au Sud. 

A près de 80 mètres de distance du carrefour, un second carrefour 
nous est apparu, l'une des voies descendant au Sud vers te fort 
byzantin, l'autre enveloppant toujours le bas du mamelon vers le 
Sud-Ouest, où elle rencontrera le ravin que les eaux pluviales de 
plusieurs siècles ont pratiqué dans la partie oi^cidentale de nos 
mines. Ealre ces deux carrefours , un sondage pratiqué dans la coUine 
nous a fait aboutir, en suivant un étroit corridor dallé en pierre, à 
un nmr de soutènement élevé qui appuyait un quartier haut de la 
TÏUe. U y aura là des fouilles fort intéressantes k effectuer, car ce 
quartier se présentait en amphithéâtre et devait être fort pitto- 
resque. Il en faudra trouver les accès, les voies et surtout remettre 
d'a|^omb les murailles de soutènement qui sont déversées. Ce tra- 
vail sera coAteui et dîIRcile, mais les résultats seront des plus 
importants. 

Les voies découvertes possèdent toutes encore leurs égouts. 



''' Cette VDie peut élre caasiiiérée, comme le prolongement liu Canio maxiiDus 
Sud mvee lequel die fait un ■ngtc obtua très peu pnHioiicé. 



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IT. CnTiTinuATion des fouillu nu quinds Thrbmbs Est. 

Eu cherchant à dégager ce que nous pensioag être la limite Sud 
des grands Thermes Est, nous avons déblayé de nouvelles salles 
faisant partie de ce monument. 

Ce sont : au Nord du grand caldarium, et à l'Ouest de l'extré- 
mité Nord dafrigidarium, une salle chaude avec ses piliers d'hypo- 
causles en brlquos; puis, s'alignanl avec le mur septentrional de la 
pièce froide, une muraille limilant un couloir disposé le long des 
salles es sous-sol trouvées auparavant. . Au Nord de ce corridor, 
deux salles d'inégale grandeur donnent accès à une troisième aussi 
large que l'ensemble des précùdeates. Une galerie étroite est placée 
sur le flanc oriental desdites salles dont les mars sont fort élevés 
et de bonne construction. 

D'autres chambres se dessiuent vers l'Ouest; une d'entre elles 
renferme un puits circulaire. 

Celte fouille, qui n'est pas encore complète, sera achevée en 
1905. 

HT.- DÊCOnVBKTB DK QDITRB MklHONS ET d'dKE BISILIQDB CBRiriENNE. 

Les quatre maisons découvertes celle année i Timgad sont : 
1° Un carré k l'Est du monument demi-circulaire du Cardo 
Maximus Nord ''' et k la même hauteur que celui-ci; 

3° Un carré au Nord du même édifice et k l'Esl du Cardo ; 

3° Un CBiré au Sud des petits Thermes du Nord et également k 



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— 87 — 

où nous avons trouvé des restes de dallage eu mosaïque. En ïace, 
portique, paiement recouvert de mosaïque et accédant au tablînum 
doat l'extrémité était éclairée sur la rue parallèle à celle de l'entrée. 
A l'Ouest du tablinum, salle dans laquelle nous avons exhumé un 
si^ de latrines en pierre de grès k trois trous. Le vestibule, sur 
la droite duquel était disposa une vaste chaiabre faisant l'angle 
Sud-Est de l'immeuble, conduisait aussi , sur son flanc oriental, par 
un étroit couloir à un second atrium dallé en pierre, au milieu 
duqud est resté un puits de forme octogonale. Cet atrium avait son 
entrée sur la rue bordant la maison it l'Est. Sur le mur séparant 
l'atrium de la chambre d'angle, nous avons trouvé deux auges de 
pierre utilisées à l'époque byzantine comme mangeoires''). 

L'habitation contenait en totalité : la pièces, 3 atriums et un 
veatibate. 

Le deuxième carré, en bordure sur le Cardo Nord, présente son 
entrée sur la troisième voie parallèle au Decumanus Maximus en 
descendant dans la direction du Nord. 

De cette entrée, on accédait à un atrium dallé possédant une fon- 
taine sur son c6té oriental. Dans l'anj^ Sud-Ouest de l'atrium se 
trouve une porte avec une marche. Dans la partie méridionale de 
la maison, on compte six pièces différantes; la partie Nord, moins 
élevée, en rauframe dix. 

Dans l'atrium, on distingue une pierre de décharge des eaux flu- 
viales d'une jolie factura. 

Le trusième immeuble était ouvert sur le Cardo par une porte 
garnie de trois marehes. Le vestibule contenait de jolies mosaïques 
géométriques. A l'Est et en face de l'entrée, un atrium a conservé 
ses bases de colonnes en place; un puits occupe son milieu, A gauche 
de i'atrium, au Nord-Est de la maison, on découvre des bains privés 
dans lesquels on reconnaît l'étuve avec partie demi-circulaire sur 
son côté Ouest et un fourneau. En bordure sur la voie séparant les 
petits thermes du Nord de l'habitation, se voit une salle avec hypo* 
eauste intacte, le ealdarium; ii l'Est de ces deux chambres chaudes, 
uQ second ealdarium faisait emprise sur la rue, comme le précédent. 



(» Nous en afiMii d'autres eiempln àTimgMl. (Vmt JmtimJ «fficirl du 17 jan- 
ter i9a&,p. 84; «t A. Ballu, Ut ruiiut de Tm^, p. 918.) 



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— 88 — 

Enfin, au Sud de ce second hypocauste et à l'Est de Tatrium, il 
reste une petite piscine d'eau froide qui, plus tard, fut convertie en 
baptistère à l'usage d'une basilique chrétienne t" installée à l'époque 
byzantine sur les ruines de la partie Est de la maison. 

Nous y avons découvert une jolie fenêtre en pierre de grès, à 
deux petiles arcades. En dehors de ces salles, on compte sept pièces 
appartenant k l'immeuble, [dus un vestibule avec porte d'entrée du 
cAté Est. 

A l'angle, on remarque ane pierre percée en biais pour attaeher 
les chevaux. Un grand nombre de ces pierres ainsi taillées se trouvent 
k Timgad, notamment dans les boutiques dn Nord du Forum, sur 
la grande voie. 

La petite basilique chrétienne possède une porte ouverte sur la me 
bordant le carré au Nord; dans ta direction opposée était disposée 
l'abside, de forme hémisphérique; deux colonnes enlevées i une 
ruine voisine décoraient les abords du chœur. 

La quatrième maison, située non loin du rempart occidental de la 
cité, n'est pas entièrement déblayée. On y voit un couloir ou vesli- 
tihule dallé en pierre, conduisant à un petit atrium paiement 
recouvert de dalles. Une étroite galerie traverse entièrement la mai- 
son de l'Est à l'Ouest. A l'angle Sud-Ouest est disposée une grande 
pièce avec une large entrée sur la voie longeant le cM& occidental 
du carré. Cette entrée a conservé un seuil percé des crapaudines 
qui recevaient les gonds de la porte. On voit aussi une pièce en 
sous-sol dans laquelle on ne pouvait accéder que par le haut , et 
plusieurs autres chambres, dont une avec sol en béton, les autres 



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— 89 — 

An Sud-Est de celni-cî, on a trouvé deax autres grands bassins-, 
l'un est muai d'une (rappe ea pierre pissant dans deux rainures 
latérales et donnant jadis accès k l'eau par une petite arcade mé- 
nagée dans la pierre. 

iditre le basun voûté et les deux autres, on a eihumé deux étages 
de galeries dalléee en pierre, contenant deux cures rectangulaires 
et trois vases de grande dimension en pierre. 

Edëd, an Sud de l'hémicyGle des latrines des grands Thermes 
Snd, denx autres grands bassins Tonnaient les dépendances de cet 
établisse ment. 

V. DéconvaRTE des petits Thehhbs du Sud. 



A &o mètres environ de ces bassins, nos travailleurs ont décou- 
vert un joli monument; c'est encore un élablissement de bains pu- 
btica, le leptSnu trouva h Timgad. 

L'enlrée était au Nord-Est. Une large porte permettant de pénétrer 
dans un premier vestibule rectangulaire an fond duquel un renfon- 
cement, profond de i mëtre, était réservé au tenancier des bains. 
Du vestibule d'entrée, dallé en mosaïque de couleur noire, on accé- 
dait, à l'Ouest, à un second vestibule''' qui s'ouvrait sur la grande 
salle centrale indispensable à tous les thermes romains. 

Il est à remarquer que, pour empêcher le public du dehors de 
voir à l'intérieur des bains, le premier vestibule ne communiquait 
avec les salles qne par l'intermédiaire du second , et il était impos- 
sible de rien apercevoir avant de parvenir h ce dernier. 

La grande salle, large de 6 m. &o sur g m. 3o, était limitée au 
Nord-Eat par le second vestibule; an Nord-Ouest, par une pièce 
rectangulaire qui servait d'apodyterium. 

Snr le c4lé Est donnaient deux exidres pour le repos et la con- 
Teraation; l'une, cdie du Nord, était demi-circulaire; l'autre, au Sud, 
rectangulaire. La première a conservé sa mosaïque de dallage orne- 
mentée; la seconde était recouverte d'une mosaïque de couleur 
noire, plas tard rapiécée avec des peUls cubes de terre cuite. Au 
Sad de l'eiidre reclangulaire, juste è l'angle Sud-Est du bâtiment, 



C) Dillé aulrefoù en mosaïque qui fut rempltcée à une bagiie époque 
gnaàti dillcs de tnre cuite qu'un posiit tur le» pilier* d'bjpocauiloii. 



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— 90 — 

on voit une pièce qui était destinée à la réserve du combustible; elle 
ëlâit ouverte sur le dehors, au Sud. 

A rOuest de cette piëce, au Sud-Est de la grande salle, un étroit 
dégagement du service faisait communiquer cette dernière avec 
l'extérieur. Au Sud de la salle, dans Taxe, se trouvait la piscine 
d'eau froide dans laquelle on descendait par deux degrés actaelle- 
nienl en bon état encore. 

A l'Ouest de la salle centrale , côte Nord , une porte accédait à la 
pièce tiède, le tepidarium O; de cette salle, on communiquait k nn 
premier caldarium 1^1 muni sur son llaac oriental d'un bamin chaud 
rectangulaire, contigu à la (grande selle. Au Sud de ce caldarium, 
dans l'angie Sud-Ouest du monument, se dressait une seconde 
salle chaude'^' flanquée, sur son cAté Est, d'un bassin rectangulaire 
et, sur son c6té Sud, d'un bassin hémispbérique. 

Enfin, sur le flanc Est du deuxième caldarium, un dégagement 
pour le service des chaufferies permettait ralimentation , au Nord, 
d'un fourneau pour le premier caldarium et, à l'Ouest) d'un antre 
pour l'alveus du deuxième caldarium. 

Le tepidarium n'avait pas de fourneau spécial. Il bénéficiait seu- 
lement de la chaleur que lui apportait le voisinage de la première 
chambre chaude. 

Quant au bassin demi-circulaire du deuxième caldarium, il était 
desservi par une case spéciale de service disposée sur son cAlé mé> 
ridional. 

La façade orientale de l'étaUlsBOment était munie de quatre 
gros contreforts en maçonnerie : soit deux a l'angle Nord-Est, un 
en prdongement du mur séparant l'exèdre rectangulaire de la 
pièce de réserve pour combustibles; le quatrième à l'aagleSwl- 
Est de celle-ci. 

Le dallage de la grande salle des exereiees était, comme on le 
pense bien , en mosaïque d'ornements et devait être très ricbe. Hais, 
à un moment de remaniements, on répara cette mosaïque qui était 
en mauvais état, et l'on en remplaça la {dus grande partie par des 
dattes en terre cuite d'hypocaustes, qui couvrent acbiellement Is 
presque totalité du sol de la salle. 

<" DinKinsionti : 3 id. 8a sur 5 m. o3. 
I» Dimciuions : A m. à5 rnir 6 m. i5. 
!'> DimentiiM-'' i 3 m. S8 sur 6 m. 3H. 



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— 91 — 

Nous BVons eiamÎDé attentivement ces dalles et noue en avons 
trouvé deux portant dee ioscriptianB et deux , l'une , avec nue tâte de 
femme grav^, l'autre, avec une t^te d'homme doat les cheveux 
tombent abondamment de chaque cAté. 

La première inscription est ainsi conçue : 



SATVB.NINVS FECIT 



BONIS BENE 

TALIA 

TALIBVS 



La seconde inscription est la suivante : 



SATVRNINVS FECIT 


DEDI SPERATVm 


NE DISPERES 


LEGISTI 


RECEDE 



Noui avons donné i c«t établissement de bains le nom de petits 
Thermes du Sud. 

Nous avons donc actuellement, à Timgad , compté jusqu'ici : un 
f^rand établissement de Thermes du Nord et un petit; un grand éta- 
blissement de Thermes k l'Est et un petit; un grand <5tablissenieat de 
Thermes an Sud et un pelit, el les petits Thermes du centre sur le 
due Est du Carde Maximus Sud, eoiltepl bains publics. 

VI. DicOUTERTK DRS BtINS DBS PlIILADSLPHKS. 

Dans notre rapport sur les fouilles de i(|o3, nous avons décrit 
la découverte op<fr4e par. nos travailleurs d'ime tMêoique daiu tm 



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— 92 — 

monument inconnu. C'est qu'alors les fouilles de ce Doonument n'étaient 
pas assez avanctfes pour que nous pussioua, en toute connaissance 
de cause, indiquer son alTectation. Il n'en n'est plus de même au- 
jourd'liui : cet édifice est la hwliime maison de bains déblayée à 
Thamugadi. 

En découvrant a\ec soin la mosaïque eo question, nous avons, 
en plus de l'inscription «FILADELFIS VITA a (Vivent les Phila- 
delphesl), trouvé celle de «SALVV LOTVn,quidoitselirea&i/iiiiii 
/olHinn, c'est-à-dire ''Bon bainn. 

L'établissement appartenait donc sans doute à une soriété qui, 
probablement, l'avait fait construire A ses frais. La désignation 
de l'édifice pourra donc se faire par celle de nbaim tiet Phila- 

L'examen des ruines de ces thermes ne peut d'iiilleurs laisser 
aucun doute sur la nature de la conslruction. Distants des grands 
Tbermes du Nord extra mvro» de 3 3 mètres, et à l'Ouest de ceux-ci, 
ces bains étaient précédés, du coté du Sud, par un portique dont les 
colonnes ont laissé leurs bases en place; celui-ci était dallé en mo- 
saïque et disposé devant une grande cour sur les flancs de laquelle 
il faisait retour. Pour parvenir de la rue au sol du portique, se 
trouvait une double entrée ou plutôt une entrée précédée d'une 
sorte de tambour ou de porcbe, dans lequel on descendait quaire 
marches. 

Du second vestibule, dallé en mosaïque de marbre, on accédait 
latéralement à un grand couloir recouvert d'une jolie mosaïque de 
dallage en partie disparue. 

Dans l'axe de la grande dimension du couloir, une porte con- 
duisait à une grande salle centrale dont le soi est encore dallé 
d'une magnifique mosaïque encadrée par une bordure renfermant 
des entrelacs en forme de T, jaune sur fond bien avec filets 
blancs. 

Sur le cdté Est de la salle, exidre on salle de conversation large- 
ment ouverte, dallée en mosaïque (noir et blanc); toujours du 
même côté, sur un tiers de la longueur environ, dégagement pavé 
en pieire, de même profondeur que l'exèdre {ft m. o3). 

Sur le flanc occidental de la salle centrale, grande [uscine froide 
dont le fond est en mosaïque de (on noir. Comme la piscine des 
grandsthermesduSuddeTimgad, celle-ci estenveloppée de murailles 
couvertes de peintures à la fresque représentant des imitations de 



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— 93 — 

marbres, en Tonne de panneaux rectangulaires. Sur le côté Ouest 
de la piscine ont été pratiquées des niches caiTées. 

ËnGn, au Nord de la salle des eiercices, trois portes étaient pra- 
liquées. Celle de droite (angle Nord-Est) conduisait à un d^ago- 
ment dallé de pierre et contenant un escalier dont sept marches 
sont encore en place (dans l'angle Nord-Ouest de ce vestibule). Ce 
déiragement était réserré h une partie du service des chaulTeries, 
ainsi qu'en témoigne la présence d'un fourneau qui élevait la tem- 
pérature d'une chambre bypocaoste, le tepîdariuni, disposée dans 
l'axe de la partie Nord de la grande salle et communiquant avec 
elle par la deuxième des trois portes citées ci-dessus. 

La troisième baie (angle Nord-Ouest de la grande salle) per- 
mettait d'accnder k une pelîtn chambre dallée en béton (de briques 
pilées et ciment) qui était ouverte sur le côté occidental du tepi- 
darium. 

Ad Nord de ce dernier, un second faypocanste , le caldarium , était 
chanfTé sur son cfité droit par un fourneau donnant sur le dégage- 
ment de service; sur son flanc Ouest (ou de gauche) se trouve un 
bassin demi-circulaire, pavé de jolies mosaïques géométriques, et 
muni au Nord d'an important fouriteau de forme ronde. I^ fourneau 
de droite cbaulTait aussi un bassin rectangulaire disposé de ce cAté. 
Sur le c6té septentrional du précédent caldarium, autre chambre 
chaude de même nature communiquant avec lui par une porte, et 
possédant, sur son angle Nord-Ouest, un grand hémicycle qui, con- 
struit en briques et moellons auxquels le feu a laissé une couleur 
rougeâtre, recevait la chaleur d'un fourneau placé au Nord-Ouest de 
l'hémicycle. Ce fourneau était desservi par un couloir de chaufferie 
longeant la partie occidentale du bâtiment et contenant aussi un 
fourneau qui donnait la température élevée k la paroi de gauche 
du second caldarium, dont le cÂté droit (à l'Est) était percé d'une 
porte menant à une petite pièce dallée en pierre, laquelle était 
située BU Nord du dégi^ment placé en face de l'entra Est du 
monument 

Le bassin demi-circulaire du premier caldarium était garni d'une 
pierre coDteaant ud jeu de billes et portant l'inscription : 

CIR.CVS VACAT 

c'eal-à-dire R le cirqne est vide*. 



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™ 94 _ 

Derrière, au Nord de rhémicycte da deaxiëmo caldarium, on 
voit uu petit bassin chaud auquel on accédait par deux gradins 
dans l'anglo Nord-Oueel d'une troiûime salle cfaaude, celle où fut 
trouva, l'an dernier, la fameuse mosaïque des Pliitadelphes. 

Cette chambre (longue de 6 m. 5o sur 3 m. 70) était disposée 
au Nord du deuxième caldarium et, sur le seuil de la porte qui éta- 
blissait une communication entre elles, se trouvait l'inscripUoD 
citée ci-dessus de : SALVVm LOTVm. 

Au Sud-Est de la salle existait un fourneau desservi par la petite 
pièce formant te prolongement du dégagement de service du cAté 
Est de rédiiîce. La chaleur arrivait paiement par une conduite 
établie sous la partie Nord-Est de l'bémïcycle du deuxième calda- 
rium. 

Dans ces Thennes, pas plus que dans les petite Thermes du 
Sud, nous ne retrouvons la pièce chaude, dépourvue de bassina, 
qui roDstitue l'étuve de tous les autres bains publica de Timgad. 
C'est Ik conséquemment une particularité à noter; mais cda ne 
veut pas dire que l'un des cddarium n'ait pas servi d'étuve. N<mis 
pensons qu'en ce qui concerne les thermes des Philadelphes, c'est le 
deuxième caldarium qui était utilisé comme laconicom, la déperdi- 
tion de chaleur devant y être tris faible en raison de la situation 
de la pièce entre deuK caldarium. Quant aux petite thermes du Sud, 
nous ne saurions affirmer lequel des Awx caldarium servait 
d'étuve. 

Au Nord de la salle k la mosaïque, on voit plusieurs salles qui 
ont probablement été ajoutées après coup an bâtimeat; à l'Est de la 
même, pièce de forme carrée sans portes (peul-4lre un soiu^ol), 
suivie d'une autre, toujours dans la mente directimi, chacune étant 
accolée à une chambre du cAlé Nordj puis, i l'ange Nord-Est du 
bâtiment, latrines bien aménagées. Enfin, k l'Est du dégagement 
des chaufferies, salle qui fut postérieurement coupée en deux par- 
ties, et dans laquelle trois mangeoires ont été installées pour les 
chevaux. 

Cette salie possède, dans son angle Sud-Est, une porte avec trois 
marches, ouverte sur une rue ani dépens de laquelle une emprise 
fut opér^, k use basse époque, à l'Est du denxième vestibule de 
l'angle Sud-Est du monument. 

Nous avons dit qu'une série de pièces avait été rajoutée au Nord 
des bains; dans ces constructions devaient se trouver plusieurs pis- 



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— 95 — 

cines d'ean Troide. Sur le cAté occidental de l'établissement, il y avait 
nae grande cour bord^ à gauche par un portique dallé en mo- 
saïque; à l'extrémité Nord de celui-ci, on peut voir les restes d'un 
vaste hémicycle dont la mosaïque est intacte; c'étaient les latrines 
primitives, élahlies sur le modèle de celles de nos grands Thermes 
du Sud. Oh y entrait par une porte méoagée dans l'angle Nord-Ouest 
du portique. 

On voit que tes bains dits drs Philadelpheg étaient fort impor- 
tants et constituaient l'un des édifices balnéaires les plus soignés 
de Thamugadi. 



VU. DÛOVVBBTI at U BIBLIOTHBQUB Dh TaàMOCàOI. 

On se souvient qu'en 1901 nous nvons déblayé un des plus 
remarquables édifices de Timgad, sur le côté Est du Cardo Maximus 
Nord, et que, en présence de l'inscription incomplète qui s'y trou- 
vait, nous avons été obligé de désigner Fédilice sous le nom un 
peu vague de Schola ou de salle de réunion '''. 

Le texte épigraphique trouvé au moment des fouilles du monu- 
ment était le suivant : 



iyiNTIANl FLAVl RO 
(lENTO SVO REEPVBLICAE 
SIVM PATR.IAE SVAE LE 
S EXK CCCC MIL-NVM 
CTVM EST C 



Nous m étions réduits k ne connaître rien de la nature même 
de l'édifice et à savoir seulement qu'il avait été achevé au moyen 
de &oo,ooo seiterces, o'est-Â-dire près de 100,000 francs de notre 
monnaie, à la suite d'un legs d'un cerlsin Quintianns Flavius Ro- 
galUB. 

Or, an cours des feailleB eiifeetuées sur remplacement du carré 



<'> La neuvelUi rUcomerUt (RuiMt d$ Timgad), par Albert Ballu, p. 93. — 
et rimgod. Uiu eilé africaine looi ftmfire mnaùt. pu- MH. Gagwt et BiHu, 
p. 997. — Guitlt illuilH de Timgad, pir A. BiUu, p. 16. 



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place au Nord de l'tfdifira, nous avouR Irouvv un fngnient de l'ia- 
BcriptioD <]iii en coin|ilète une bonne parlio : 



TE M IVLlCîyiNTlANI FL AV I R. O 

AM testap'aento SVO REIPVBLICAE 

UvGADENSlVM PATR.IAE SVAE LE 
3THECAH EX» CCCC MIL ■ NVM ■ 
\ PERFECCTVM EST * 



La restitution : [opiu bibli\othecae est très probable , car, comme 
nous Tavons longuement expliqué dans notre rapport de Texercice 
icjoi ''', le monument élait voûlé, et ce genre de couverture con- 
vient fort bien à une bibliothèque qu'eUe protège sûrement des 
infiltrations pluviales. 

Les livres étaient ranges dans des armoires ou des casiers que 
recevaient les renfoncements reclanguUlres ménagés sur le pour- 
tour du périmètre intérieur; ils étaient soit en rouleaux, soit reliés 
et déposés sur les rayons d'armoires. 

No(re découverte est d'autant plus intéressaole, que l'on ne con- 
naissait jusqu'ici d'autre bibliothèque antique que la petite chambre 
déblayée, il y a un siècle et demi, à Herculanum et reconnue pour 
avoir servi de bibliothèque dans laquelle 1,766 manuscrits étaient 
conservés '^', 

IX. GiiArriTKa. 



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— 97 — 

Le premier deBsin représente un cheval au ^alop, emportant d'une 
allure rapide le nram, véhicule à deux roues don! les anciens se 
servaient fréquemment et dont on volt de nos jours une rÀniniscence 
dans ies représentations de nos hippodromes modernes. Les formes 
du cheval sont nettement iodiquées, mat pour une des jamhes de 
devant. La voitur«, elle, n'est pas figurée entièrement; on n'en 
aperçoit que la partie anl^rieure , et par con8é<[aent ni les nmee ni 
le conducteur n'ont été dessinés. 

Le second figure un lutteur aux prises avec une béte féroce. Nous 
en avions déjà trouvé un de ce genre dans les graffites des grands 
thermes du Nord exlra muras '^). La nature de l'animal n'est pas 
très définie, nuis le lutteur est bien campé; il a ies jamhes nues, 
ne porte pas de ooiffore et sa taille est serrée par une tonique qui 
ne dépasse pas les genoux <^'. Il est armé d'un ejneu de chasse. 

Le troisième nous montre la silhouette d'un cygne n^eaot,maig 
malheureusement l'indication est fort sommaire et même incom- 
plète; seuls, la tête, le cou, la panse et le devant du corps sont 
figurés avec précision. 

Le quatrième représente une dame romaine filant auprès d'un 
enfant au maillot. Cette scène d'intérieur est charmante. La fignre 
de la femme est de o m. 70 de hauteur et de o m. 90 de lar- 
geur; elle est debout, porte une tunique à manches courtes, 
repliée dans le bas de façon & laisser apercevoir la cheville et le 
pied. La coiffure se compose de deux cordons de cheveux décou- 
vrant le hant du front et retombant vers les tempes. La matrone, 
représentée de face, tient de la main gauche la laine et de la 
droite ie fuseau. La quenouille ne figure pas dans l'ensemble du 
dessin qui est très soigné et nous donne une grande justesse de 
inoavemmt. 

Le cinquième offre un guerrier armé d'une sorte de lance et d'un 
bouclier. La hauteur du personnage est de o m. 9 5 ; celui-ci , placé 
de face, est debout et tient sa pique de la main droite, tandis 
que Je bouclier est maintenu par la gauche. Le vêtement se com- 
pose d'une courte tunique avec ceinturon et cuirasse. Ce dessin est 
fort bien traité. 

(■) Unt dli ajricaiae touë Vtmpire romdm, |>ar MM. Cagoat et Btllu, p. 9B3. 

— Rapport iur le» fouifles de igoo (Journal offàtl An i" mai 1901, p. 983i}. 

— ha immtO** diemivtrUt d» Tàngad, par A. Ballu, p. S7. 
") Hauteur, o m. aS ; largeur, o m. 09. 

AmiouMii. — N* 1. 7 



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Le sixième est uum le ptus importaot et le plus intéressant. Il 
nous montre un quadrige dont le dessin occupe la laideur entière 
d'une grande dalle de calcaire bleu, non loin du laau du flamine 
Liiberaîis. 

Les coursiers sont tus de face, et le char, en raccourci , ne laisse 
apercevoir qu'une partie de son avant et la roue de gaache. Les 
chevaux se déploient en éventail avec dea dimenaiona figurées iné- 
gales à cause de la perspective. Le cocher, debout, tient de la main 
droite un fouet et de la gauche les rênes qui lui entonrent les reins, 
a6n de lui donner plus de forc« pour les retenir. Un coutean sus- 
pendu à sa ceinture est k sa disposition, en cas d'accident, pour ' 
coaper les liens qui maîtrisent l'ardeur des chevaui. 

Une palme gravée en avant de l'attelage indique qae le cocher 
itsl vainqueur; son nom, ainsi que celui des coarsiers qai est 
inscrit au-dessus de la tête de chacun d'eux, est : 

FAVYANVS 
AVRIGA 

Lt'S chevaux s'appellent : 

LEANDER. 
HERCVLES 
ACHILLES 
DIOMEDES 

Pautril déduire de ces images que îhmtiigadi possédait un cirque? 



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Terre cuite. 

1' Vase trouvé su Sud des Thermes du Sud, bien conservé; orne- 
menta gnillochfa à la partie supérieure, avec un deuxième rang 
semblable en desBoos. Hauteur, o m. i g ; largeur h la base, o m. t o; 
au sommet, om. 38. 

3° Dalle d'hypocauste, avec inseripUon, dans la grande salle des 
petits Thermes du Sud (voir ci-dessus). 

3° Autre dalle semblable. 

Il' Autre dalle avec tète de femme, déjà décrite. 

5° Autre dalle avec t^t« d'homme, d^à d^rite. 

6° Dalle semblable afec marque de la iii* légion. 

7° Petites amphores, an nombre de 6, dont 9 avec anses bien 
conserréeA. 

8° Un lot de 1 1 lampes païennes. 

9° Un lot de 7 lampes chrétiennes avee eajets, 

10° {lue lampe k deux becs; au centre, un cerf est repré- 
aenté. 

11° Un loi de 9 antéfixes. 

13° Un lot de briques creuses. 

iS' Tuyaux de conduite d'eau provenant des bassins au Sud 
des ^ndi Thermes Sud. 

f &* Deux converciM d« vasee. 

1 &* Un lot de fn^raenti de vases en terre très fine , de ton rouge. 

Pierre. 

16* Daii{Àin seuIpLé de fontaine, trouvé dans les déblais aux 
abords des grands Thermes de l'Est. Hauteur, om. As; épais- 
seur, om. 9 5. 

17° Claire-voie de fenêtre avee quatre ouverlares rectangulaires. 

18' Pied de vase ornementé. Hauteur, om. 9 & ; diamètre, o m. â 1 , 
Trouvé dans la tranchée au Sud du (!)apîtoIe. 

19° 9 gros poids en calcaire. 

90* Placage ornementé comme ceux trouvés au théâtre et au 
Capîtole, av«e rosaoe en relief. 

91* Vasque de calcaire trouvée dans la fouille du carré à l'Est 
de la biblM>th^ne. 



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— 100 — 

93' Sarcophi^ §aDs ornement, découvert pris en Macellum de 
ScFlîus. 

93' 9 amphores, dans le baseÎD an Sud des grands Thermes 
Sud. — En grès. 

iU' 3 stèles de grès; Tune contenant nn persouiage porteur 
d'un objet indistinct; les deui autres très frustes. 6 moulins de 
grès. 

Marbir. 

36" Bas-relief représentant une télé de femme aiec feuttle 
d'acantbe. 

36* Fragment de main d'homme tenant un objet brisé. 

37° Fragment semblable, main de femme. 

38° Fragment de tête de femme. 

39° Placage avec feuilles d'acanthe. Hauteur, om. 10, sur 
o m. u8 de largeur. 

30° Lot de cbapitaux de diflerents ordres. 

3i° Quanlitc de fragments de placages de marbres de toutes 
couleurs, et très riches 'de tons. 

Bronze. 

Ss" Kn déblayant la voie qui contourne vers l'Ouest la colline 
Bitume au Sud du temple de Jupiter Capitolin, nous avons décou- 
vert une belle lampe de brome , avec sa tige entière. La hauteur de 
ce candelabntm est de o m. A3. Le support se compose d'une lige 
divisée en élégantes moulures cii-culaires au nombre de onze; d'un 



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— IM — 

vers le bassin, se partage en deux branches divisa elles-mêmes 
en trob rameaux chacnne. Ceux-cï, en s' écartant de la branche, se 
retournent aussi vers le haut en petites volntes termiaées par ud 
bourgeon. Deux de ces rameaux, en s' écartant des branches, por- 
tent, entre leurs extrémités qui remontent, une croix grecque du 
plus gracieux effet 

33° StatuettedejeuaeliUenue,doDllatét«et tes pieds manquent 
ainsi que le bras droit. Le bras gauche s'écarte du corps, et la 
main est posée sur ia hnuche. Les cheveux tombent dans le dos, 
sans dépasser le sommet des épaules, et sont divisés en tnHS 
pointes. A été trouve'e dans les déblais d'une des maisons du Gardo 
Nord. Hauteur, o m. 08; largeur, o m. o3; poids, okilogr,.i3o. 

34° Anse de vase bien conservée. 

35° Fragment d'anse bien conservée avec tète de chien. 

36° Fragment de bronze avec feuille d'acanthe. Longueur,- 
o m. od; largeur, om. o3. 

37' Aile d'une statuette. Longueur, o m. 06; largeur, o'm. o3 5. 

38° Deux clochettes. 

39* Fragment de balance dont le crochet supérieur tient un 
fléau. 

ho" Balance entière tris bien conservée avec deux crochela. 
Trouvée pris de l'arc de triomphe. 

Ui' Couvercle de vase sans sa poignée. Diamètre, o m. 09, 

ia' Partie inférieure d'ane anse de vase. Hauteur, m. 16. 

A3* Cuiller. Longueur, m. ^o ; largeur, m. o3. 

àk' Serrure de coffret bien conservée, forme carrée. Longueur 
et largeur, om. o3. 

fib' Série d'instruments divers : 6 curettes, objet en forme de 
cuiller très allongée. Longueur, o m. 1 3. 

A6° Un lot de clous. 

47" Objet en Torme de couteau trouvé près de la porte Nord. 
Longueur, m. 1 3 ; largeur, m. o3. 

&8° Série d'anneaux de dliférentes grandeurs. 

^9° Un lot de fragments divers de bronze, de fer et de 
cuivre. 

Verre. 

&o* Grosse perle de verre blanc bien taillée. 
&i* Denx petites anses de vases. 



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— 102 — 

59" Fragments de vaaes. 

53* Sorte de broche imitant un masque. 

5&* Ud lot de verres fondas. 

55° Fragments de colliers. 

Plomb. 

56° Gros tnyau trouvé près des thermes do Sud. Diamètre, 
ont. 19; longueur, o m.95. 

57* Un gros tuyau avec deux branches, près des grands Thermes 
Est. Lcmgnear : 3 m. 5o jusqu'aux bninchea, et 1 m. ao de chaque 
branche; diamètre du tnyan, o m. og; de chaque branche, 
o m. 06. 

58° Un lot de plomb fondu. 

Monnaie*. 
59° Environ 3oo pii'ces Hg monnaies de cuivre; beaucoup de 
Constantin et de Maxence. Une pièce d'argent. 

0». 

60° Uu lot d'iïpingles ordinaires (4o environ). 

61° Un lot d'épingles avec télés ornementées (16). 

69° Un lot de fragments d'épingles. 

63° Quatre dés i jouer. 

6/1° Bontons et une moitié de boule. 

Bijoux et pierres précietun. 



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— 103 — 

une couronne de feaillage siir la tétfl, une barbe tombante et des 
jambes de bouc, attributs ordinaires du dieu des bergers et de la 
chasse. 

Un manteau est enroulé autour de son bras, et il est facile d'y 
reconnaître une peau de panthère. La main droite dn personnage 
est ramenée vers son vis^e et porte la Hâte à sept chalumeaux. La 
gauche tient son bftton recourbé habituel. 

Cette pierre est la plus belle qui ait été trouvée jusqu'ici à 
Timgad. 

Albert Billu, 

Honbre de la Gommiiaion 

de i' Afrique du Nord. 



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TOMBES 
DE L'ÉPOQUE CARTHAGINOISE 

DÉCOUVERTES À ZAGHOUAN 

(TUNISIE), 

PAK H. LB COmiANDANT HANNEZO. 



En 189a, lors de notre premier séjour à Zaghouao, il nous 
avait ^té donn^ de voir mettre à jour quelques tombes antiques sur 
le flanc Nord de la colline qui supporte le village; les d^uvertes 
faites h cette époque ont ét^ relatées dans une note "1, et le seul 
objet curieux (br^le- parfums) a él^ envoyé au Musée du Bardo. 

En décembre 190$, nous avons tenu à faire une fouille sur le 
flanc Sud de la même colline, k rextrémîté de l'éperon terminant 
Taréte rocheuse sur laquelle est bâtie Zaghouan et !t quelques 
mètres de la porte romaine. 

M. le curé de Zaghouan nous avait entretenu de la décou- 
verte, près de son église et sur le bord du terrain dontoons allions 
entreprendre la fouille, d'objets anciens consislaoten un petit cer- 
cueil de pierre <^l avec couvercle (fig. t), d'un miroir demélal et d'une 
amulette d'ivoire: cela suffit à nous encourager. Malheureusement, 



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— 105 — 

Le mobilier recueilli au milieu des terras se composait de : 

Lampes de formes et dimeosioDS diverses, dont deux collées 
l'anei l'autre, disque sur disque, portaient comme estampille un 
des atlribnts de la Déesse Tanit; une sans sileroa et une avec 
aileron percé d'an trou; 

Petits plats, k demi creni , en terre rougeâtre {pattUa) ; 

Plats de terre noire (jMfem], avec on sans ornementa; 

Fioles à parfums {wiguentarimi) de terre rougeâtre; 

Vases ou sortes de bols, de terre noire; 

Récipients h liquides, de formes et grandeurs diverses, de terre 
cuite; 

Deux urnes à ossements (alla osmirta) cassées; aucun objet de 
parure ou bijou parmi les os calcinés; 

Un miroir de métat, avec fragments de poignée; 

Sept monnaies carthaginoises , très frustes. 

L'orientation de cette tombe était S. E.-N. 0. 



Les travaux continués conduisirent à une autre tombe de forme 
tn'-s simple correspondant à une auge ordinaire creusée dans le roc. 

Cette nouvelle tombe, orientée E,-0., large de o m. 60 et 
longue de 1 m. 80, ne Tournit qu'une urne cassée, un miroir et 
neuf monnaies aussi très frustes. 

A partir de ce moment, les Touilles ne donnèrent plus aucun ré- 
sultai; un puits rond, creusé dans l'argile, fut déblaye jusqu'à une 
profondeur de 5 m. 5o; rien n'étant trouvé et des éboulemenis 
étant à craindre, le travail fut arrêté pour être reporté à l'extréniilé 
iii4me de l'éperon; le terrain fut entièrement bouleversé; une tren- 
taine de tombes avec ossements, c'est-à-dire non violées, furent 
d^couverte&, creusées à même le roc et simplement recouvertes de 



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— 106 — 

dalles de pierre; on ne trouva aucun objet funéraire ni irÏBtérieDr 
ni à l'extérieur de ces sépultures pourtant très anciennes. 

De l'examen du mobilier funéraire trouvé dans ces fouilles près 
de Is porte romaine , i'oa peut déduire que les deux tombes ayant 
fourni des objets datent de la dernière période punique; la forme 
eeule des lampes semble bien l'indiquer, eL les monnaies, après 
nettoyage , ont fait ressortir les types particuliers de la nMHinaie de 
Carthage. 

E. HtHHEIO. 



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NOTES 

SUR 

D'ANCIENS OUVRAGES MILITAIRES 

DES ENVIRONS D'HADJETÎ-EL-AÏOUN. 

PAR H. LE LIEVTBNAIIT JACQUES. 



J'ai étudié dans les environs d'Hadjeb-el-Aloun plusieurs petits 
forlins dont je donnerai ei-dessous )a description sommaire. 

Ksib-Kebbita (Vallée de l'Odek-Zeboud). 

A i,5oo Qiitres à l'Est du confluent des oueds Zerga et Zeroud 
et sur la rive droite de ce dernier, se Irouvc uu fortin appelé acluel- 
lement Ksar-Kebrila. 

Ce forlin est bâti sur t'empiacement d'une localité probsbleiuent 
romaine, et la présence, dans la composition de ses murs, de tion- 
rons de colonnes, de rhapi'o.iux, de montants de porte placés selon 
i|ue leurs fonues et leurs dimensions pemictlaienL de les utiliser, 
prouve que sa coostructiou ou, tout au moins, son ancienne res- 
tauration est postérieure à la construction de la localité. 

Ce fortin domine le torrent, il en commande le passage et il devait 
certainement, dans le temps, communiquer avec le Ksar-Souiesinc 
dont nous parierons et avec le Ksar-Makouda dont nous avons 
précédemment donné la description. 

De cet ouvrage militaire il ne reste d'apparent qu'une tour 
carrée de il mètres de cùlé et d'une hauteur actuelle d'environ 
7 mètres. 

Des (races de murs d'enceinte semblent exister h proximité des 
laces Est, Ouest et Sud. Les murs ont une épaisseur moyenne de 
I m. Uo; ils sont formés eitcrieurement de gros blocs de pierre ou 
de pierres taillées et intérieurement de pierres moins crusses; un 
blocage rëoait ces deux revêtements. 



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— 108 — 

Une partie de la face Sud et une partie de la face Ouest sont 
écroulées. La face Est est celle qui a le moins souflerL 

Des éiti'nienls de murs de i ni^tre d'épaisseur sur la face Est, de 
o m. 70 sur les autres faces restent accrocha aux parois; mais leur 
peu de relief, de om. 10 à oin.3o seulemeut, ne permet pas 
d'en d^uire l'ancienne répartition intérieure des locaui. 

Des menrtriëres traversant les murs, et de grandes niches placées 
dans l'épaisseur de ccui-ci à des hauteurs différentes, semblent 
indiquer l'emplacement des étages. 

Au-dessous du sol intérieur actuel de la lour, placé à i maires 
environ du terrain environnant et couvert des débris des étages 
supérieurs, on aperçoit le côté Est et, i travers les interstices des 
élioulis, des cavités qui pourraient probablement être les chambres 
du rez-de-chaussée de l'ouvrage. 

A la partie inférieure du mur Nord, se trouve encastrée hori- 
zontalement une pierre de o m. 1 7 de large sur o m. aS de Ion];, 
sur laquelle est gravée une croix byzantine. 

La porte de cet ouvrage n'existe plus. 

KsiB-SoULSSINE (au ^OaD DL PaËCKDBHT). 

Le Ksar-SouisBÏne ent situé sur la rive gauche et ii 3 kilomètres 
de rOned-Zéroud et à 800 niètres k l'Est de la piste d'Hadjeb-el- 
AToui) h Kairouaa par El-Haouareb. 

Ce ksar se compose d'une conslructiou carrée de 90 mi^tres de 
e()té, dont la partie inférieure (3 mètres) déborde de om. i& la 



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— 109 — 

L'étage visible est compris dans la partie restaurée. Trois pclites 
chambres occapeol les angles Nord, Sud, Ouest. 

Les murs de cette partie sont perr^s de meurtrières aa nombre 
de quatre sur les faces Nord et Sud et cinq sur les (àces Est et 
Ouest. La face Sud est en partie écroulée. 

En Est semble avoir osJslé un escalier. Quaut à la perle d'entrée 
dn fortin, elle n'a laissé de trace nulle part; aussi il ne serait pas 
impossible qu'elle ait été placée dans la partie écroulée, i proii- 
inité du bas de l'escalier. 

A peu près au milieu de la cour intérieure, et par hasard 
visiUe au milieu des mines, une ouverture de o m. 60 de diamètre 
permet de descendre dans une citerne à comparlimenls, en partie 
comblée. 

Les murs de celte citerne sont enduits d'une couche épaisse de 
ciment ressemblant complètement an ciment romain. 

Gomme il a été dit plus haut, des ruines entourent cette con- 
struction; des pierres taillées, des montants de porte jonchent le sol. 

A 90D mètres du ksar se trouvent deui conslnicltons hydrau- 
liques : dles sont à 100 mètres l'une de l'autre. 

La première est un puits rural de & m. 5o de diamètre et de 
cm. 56 d'épaisseur. 

La deuxième est un cilemon couvert, de &m. 5o de diamètre 
et de om.8o d'épaisseur de murs; il est muni, è fleur déterre, de 
deux ouvertures de o m. 60 de diamètre. 

AIs-BL-RhOBAB (tILLËB DB L'OuaD-MsaGUELLIL). 

Sur la rive gaucbe de l'Oued-Merguellil , à la pointe Ouest du 
Djebel Aîn-el-Rborab et sur la piste du Foudouk-d-Haouareb à 
Sidi>Mahammed-ben-Ali, se trouve une étendue de terrain assez 
considérable couverte de ruines. De nombreiuL emf^cemeiits de 
maisons, des pierres d'angle encore debout dans beaucoup d'en- 
droits «t quelques restes de citernes publiques indiquent que la 
localité avait une cerbine importance. 

Dans la partie septentrionale de ces ruines existent encore les 
restes d'une ancienne citadelle, non aignidée sur la carte. A n'en 
pas douter, cette citadelle a été détruite et refaite; du reste, les 
pierres qui entrent dans sa composition le prouvent sutGsamment. 

L'ensemble de la citadelle est placé sur un petit mamelon com- 



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- ilO — 

mandé par la cottîae, dont il est séparé par un ravin de 80 à 
100 mètres environ. 

Il comprend : 

1° Une enceinte rectangulaire dans laquelle se trouve un réduit; 

3" Une ligne de fortification parallMe à la face Sud et situ^ i 
39 mètres de celle^i. 



Enceinle. — Cette enceinle recijinffalaire a ses c6lés respective- 
ment égaui à a8 rablres et A7 mètres. Ses murs d'une épaisseur 
moyenne de 1 m. 3o ont une hau- 
teur actuelle qui varie, suivant la 
pente du terrain sur les différents 
c&tés, entre a et & mètre.i. Ils sont 
construits partie en pierres 'enlevées 
h d'autres monuments de dimensions 
et de formes différentes, partie eu 
pierres sommairement équarries. 

Du reste, tout cet ensemble est 
d'une construction assez tourmentée; 
la face Ouest seule semble n'avoir pas 
subi de desliuction. 

Des tours assurent le flanque- 
ment des faces de fouTrage; dlef 
sont an nombre de cinq. 

Le sol actuel de l'intérieur de 
reuceinlc arrive à hauteur des murs. 
Malgré cela, il est certain qu'on n'est 



s 



D,j.,.db,Googlc 



— 111 — 

cdle-GÏ est trop élevée au-dessus du sol pour avoir servi de passage 
à des hommes. Elle est faite grossièrement et semble, comme cette 
partie de la face tout eutièro, avoir été reconatniile k la hâte. 

A rintérieur de l'enceinte, à part le réduit, il ne reste que peu 
de tncesdn dispositif ancien, 

D^ux chambres seulement apparaissent neltemenl : l'une de 
•j m. ao de côté, située à l'angie Nord-Ouest et dont les niure ont 
encore o m. &o à o m. 80 de haut; l'oulre de a m. 5o de côté, siluëe 
à l'angle Sud-Ooest. Ces deux chambres devaient probablement 
communiquer avec les tours adjacentes. 

11 existe encore dans la partie Nord-Est quelques murs, repré- 
sentés en pointillé sur le plan, qui sembleraient indiquer que de 
pelilfs chambres existaient dans cette partie de l'enceinte; mais ces 
murs semblent si peu anciens, qu'ils sont seulement signalés pour 
mémoire. 

RMiàt. — Le réduit est adossa à la face Est de l'enceinte, et 
dans son milieu; il a tam. ao de calé. Ses murs ont im. 3o 
d'épaisseur; ils sont formés de la même façon que le reste de l'ou- 
vrage et particulièrement dégradés. 

Sur le milieu de la face Ouest, une porte est encore visible parmi 
les décombres. 

L'intérieur de ce réduit était partagé eu petites chambres dont 
on retrouve la base des murs. Leur disposition et leur forme rap- 
pellent un peu TaméDagemeot intérieur du Ksar-Makouda. 

L'étage inférieur, s'il existe, ainsi que la hauteur totale ancienne 
sont inconnus. La hauteur actuelle de ces murs varie entre a m. 5o 
et & m^res. 



e UgMê. — L'ouvra^ était protégé, k Sa mètres du cAté 
du Sud, par une ligne de fortifications de 1 mètre d'épaisseur, 
cxtoslmiles en gros matériaox grossiers. Du côté Nord, «lies sont k 
flenr de terre; dn cAlé Snd, elles sont à 1 m, &o environ au-dessus 
du soL Un tour demi-ciiculaire de & mètres de corde et de & mètres 
de flèche flanquait cette ligne. Il existait peut-être une porte. 

Il ne serait pas impossible que ces murs aient été rattachés k 
roavrage principal, pour former une première enceinte du côté de 
l'oued. Du reste, la partie encore visible des flancs de eette ligne 
sonblfl l'indiquer. 

Lieut' JiCQDSfl. 



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INVENTAIRE 

D'ANTIQUITÉS DIVERSES 

TBOUV^BS 

DAP^S LE SUD DE LA TUNISIE, 

PAR H. C. (iOUVET. 



Les objets énnmérës cï-après provienoent des régions desservies 
par la ligne de Sfat h Gafse, avec prolongement sur Metiaoui. 

Ces régions dont Taspecl lamentable annonce le voisinage du 
désert semblent avoir ilé plus prospères à IMpoque romaine. 

Partout, en effet, le sol est jonché de vestiges anciens, seuils de 
portes, débris de murs, tombes, citernes. Fragments de pressoirs à 
huile. 

Très marquée dans la région voisine du littoral , la décadence du 
pays est moins accentuée dans la région haute, appelée de nos 
jours Bled-Maknassi , ofi un centre de colonisation a été créé de- 
puis peu, autour de la station de ce nom, à i33 kilomUres de Sfax. 

Quelques nécropoles y ont été explorées; la principale se trouve 
située en Tace du point géodésique désigné sur la carte sous le 
nom de Bas-Bekeur, à 3i6 mètres d'altitude. 

Là furent trouvés, dans des tombeaux généralement ensablés, 
les objets dont ie catalogue est donné ci-après. 

Ces tombeaux affectent deux formes caractéristiques. Les uns 
ont une largeur moyenne de o m. 5o; leur longueur est variable. 
Les parois sont en maçonnerie de mortier on de pUtre, de o m. aS 
à o m. 3o d'épaisseur, recouvertes de pierres plates eo Tonne de 
toit k deux pans. Le fond est cousUtué simplement par la terre 
battue, dans laquelle on distingue des cendres ou des poussières 
de charbon. 

Les autres affectent la forme d'un caisson rectangulaire, couvert 
de pieiTcs plates provenant des carrières du Bas-Bekeur. La ma- 



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— 113 — 

çonnerie ne difl^re pas comme dimensions de celle des premiers , 
nniis elle esl d'une résistance remarquable, grâce à un enduit de 
pouzzolane rose. Au fond de ces tombeaux est étendue une mince 
couche de béton. 



fl^RiiiQint. 



Poterie» i'épotpie romaine. — Petite amphore, de terre rouge 6ne, pa~ 
liae rouge, col étroit et court, goulot à rebord évasé; deux petites anses 
biCdes, panse sphérique ; marque illisible du potier, dans un ovde sur la 
pause. Haut, o m. i65; dïam., o m. i&. 

(Xnochoé, de terre rouge trie fine, forme éUgtObe, cot cylindrique 
allongé terminé par un tronc de cAne reposant sur une oonionne en saillie; 
une anse longue décora d'une palme. La panse presque sphérique avec 
base est ornée de trois palmes longues; dans les intervalles, un sanglier; 
au-dessus, un croissant dans lequd figurent deux branches d'olivier réunies 
par une couronne et an grifion ailé à ^nche, surmonté d'un croissant 
semblable au premier. Tous les ornonents sont en relief. Haut., om. si; 
diam. , o m. 1 3 , travail très soigné. 

Une autre de forme et de dimensions semblables ; les palmes sont rem- 
placées par des branches de chtee avec giands; un lion coiffant un Ane 
surmonté d'un crotseant; et une couronne surmontée d'un croissant ren- 
versé ctnnme les précédents. 

Œnochoé, terre rouge gnMsière, col court, une anse striée, panse demi- 
sphérique sur une base tronconique, embouchure évasée, brisée. Haut, 
o m. 99; diam., o m. i5. 

CEnochoé, terre rouge très fine, col large brisé, une anse décorée d'une 
palme , panse ovoïde , trois pdmes séparant deui sujets en relief : l'un repré- 
sentant nneiéte de femme, dont le nes! et les yeui sont communs, si l'on 
renverse l'œnocfaoé, k une télé d'homme barbu; l'autre r^r&enle un 
rajet effacé, peut-être une femme couchée h plat ventre (7). Haut. , o m. 1 8 x 
o m. 11. 

Amphore de terre rougo, de forme dégante, col tronconique et étroit, 
panse sphérique, deux anses décorées de p^mea; sur la panse, quatre épis 
de mais encadrant deux têtes de chevaux harnachés. Haut., m. lA x 
Q m. 10. 

Amphore de terre ronge , même forme que nos gargotdetles tnnisiemies ; 
le col est large et haut, k panse ovoïde. Haut., o m, 19 x m. ta. 
AscaioLoaii. — N* t. 8 

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_ 114 _ 

AJabwtTQ, terre i-ouge ordinaire, col effilé et court , anbouelKire ëvMée; 
sur les deux cdtés inférieurs de l'embouchure, deux oreillettes; nue uue 
bifide, panse renflée à la base. Haut , o m, 90. 

Œnochoë, lerre rouge, panse renflée, col lai^ terminé par un orifice 
li-onconique , une anse courte. Haut., o m. 19x0 m. 1 3. 

Hydrie, une anse, lerre brune, col lai^ et haut, panse renflée termi- 
née à la base par un pied très lai^. Haut , o m. 1 â x o m. t o. 

Hydiie, une anse, embouchure très large et évasée, panse renflée à la 
base. Haut. , o m. 1 7 x o m. 1 1. 

Gobelet ovoïde, une anse, petit pied, terre ronge pslinée. Haut, 
om. 13 xo m. og. 

Alabaatre sans aine, ovotde, lai^ oriflce, petit pied, terre rouge patî- 
nde. Haat, om. tâxo m. 10. 

Ungnentarium , lerre grossière rouge, sans anse, orifloe large et évasé, 
panse renflée. Haut, o m. i3 x o m. 08. 



Fig. 1 . — Veiilenso de terre rouge. 

Sorte de veiUeuge , de terre rouge ; le fond est formé d'un plateau Iroa- 
conique renversé et très évasé, dont la petite base sert de pied, o m. 09 ; 
la grande base, o m. 17 et o m. o3 de profondeur, est surmontée d'uD 
Irooe de cAne légèrement renflé et fermé i, sa partie supérieara; il meaure 
o m. 17 à la grande base, o m. io5 k la petite snr o m. 10 de hantear. 
La petite base supérieure ou couverte reçoit nne Forte anse de m. oSB de 
largeur sur o m. o5 de hauteur. 

Dans le corps du cône , on a ménagé une ouverture pour le passage de 
la lampe, de o m. 09 de lai^ sur o m. 07 de hauteur, e( trois (roun 



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de o m. 006 ont iti percés et disposés co triantes sur chaque cM de la 
gmide ouverture, afin d'établir un oourant d'air k l'inlërieur (fig. 1), 

Vase il décanter, de terra roug^, intérieur demi-sphërique o m. i3 de 
diamètre sur o m. o55 de profoodeur; largue rebord de m. o5 recourbe 
à Teitérieur, avec, sur l'un des calés, a petits trous et, de l'autre, un bec 
terminé en pointe avec trois canetnres. 

Coupe sébile avec rebord k l'orifice , terre g^-oseière. Diam., o m. 16; 
prof, om. 07. 

Soucoupe évasée, terre ronge. Diam., o m. 17; prof,, o m. o3. 
Deux antres eemUables. 

Coupe demi-sphérique, terre rougfepatinée, à rebord très large et épais. 
Diam. , o m. 1 7 X o m. oA. 

Cuthare il rebord-, la panse est formée d'nne partie cylindrique , la base 
Irb étroite, terre brune. Diam., o m. 17x0 m. ok. 

Patère, fond [dat, terre rouge patioée, rebord peu HÎilaut. Diam., 
o m. 9& i prof. , m. oa. 

Blême gwre.^Diam. , o m. 33 ^ prof. , o m. o3. 

Uéme genre avec cercles concentriques et au milieu cinq disqoes. Diam. , 
o m. 37. 

Sept autres sanblables sans desains. 

Paiera à bord évasé , terre rouge patinée. Diam. , o m, 35. 

Une autre semblable. 

Deox autres semblables. Diam. , m. 3 1 ; prot , m. 06. 

Lamfu d'^ofu roHMMe. — Tore nage, queue forée^bee allongé 
réuni an corps par deux vdutes. Sur le disque, au second plan, une con- 
struction d'habitation composée d'un rez-de-cbaussée central de face re- 
couvert de tu'des plates, cinq baies éclairent rÎDtérieuT'.dles sont formées de 
deux piedft^lroils partant du sol réunis par des voâtes eu plein cintre et fer- 
mées par des chAseis vitrés en menuiserie. Ce reï-de-rbaussée est flanqué 
Il ses deni extrémités de deux pavillons en saillie, à un élage, |dacés «i 
perspective. Ces pavillons sont couverts par une loîtnre à deui ^outs 
en toiles f^es; eëlui de gauche ert édairé, an rfli-dfr«hausaée et k l'étage 
sur M fcfâde prioeipale , de deux grandes baies en plein cintre munies de 
chÉiais vttréi. Celui de dnnte est égàameal ooavert d'une toiture à denx 
versants en toiles plates ; la façade faisant retour avec le corps principal est 
édairée au nu-de-chaussée et à l'étage par deux grandes baies semblables 
Hu préoédentea ; Ht bçadfl principale est percée au re£-de-chau8Bée et à l'étage 
par deox baiea carrées également munies de ebtsaa vitrés k quatre carraMx. 



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. — 116 — 

En arrière de cet ensemble , ou «u troisième plan , on voit un bltiment sans 
croisée dominant les précédeoU , coovert par une toiture à deux pentes en 
tuiles plates. 

An premier plan figure ud personnage moulé sur un véhicule k deai roues 
traîné par nu mulet ou un Ane marchant au pas, à gauche, convenaUe- 
ment harnaché. L'attelage est précédé par un secrâd personnage vêtu 
d'une robe lui arrivant aux genoui, (karaisrant porter sur le dos une hotte. 
En arrière du véhicule, on voit, a droite, an arbre avec nue double branche, 
déjwurvu dn feuillage. Diam. . o m. 08. fy. : AVGENDI ''>. 

Terre ronge, queue forée bri»^, bec court en forme de cœur. Sur le 
disque concave, Mai-s moulé sur un char traîné par deux chiena pusant il 
drmle. Le dieu est coiffé d'un casque il longue visière avec panache, enpu-tie 
citacé : il est vAlu d'un corsage à taille sans manches et d'une jupe longue ; 
il tient de la main gauche an bouclier avec lequel il parait se prot^^er, et 
brandit de la main droite une lance dirigée en avant. L'artisle qui ■ com- 
jwsé ce dessin a fait passer la baste de la lance derrière le corpe du dieu , 
sans doute pour éviter la complication des reliefs. 

Les deux cliiens attelés au char paraissent être de forte taille; Sa sont 
tigrés et ont les pattes poilues; on ne distingue, en fait de harnachement, 
qu'un simple collier sur la poitrine du premier cliien et des rênes partant 
dn museau du second. Le pourtour du disque est orné d'nne couronne de 
canaux en partie efiàcés. I^am., o m. 576. 

Terre roi^ ayant reçu une patine brune, bec court en fonne de cœur. 
Sur le disque, Cybèle de face chevauchant un lion au galop passant h 
droite; la déesse a la télé tournée i gauche; elle tient de la main gauche 
un Ihyrse. Couronne de canaux autour du disque. Diam., o m. o85. 

Autreexemplaîresemblable, déterre noire. Vf, dansun disque, trois ëfns 
de blé et autour du disque, placésentriang^, trois cordons en creoxr^liés 



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— 117 — 

D'antres semblables avec queues forëa, sujet eSacë. 

Terre roujj^e; bec en forme de cœar. Sur le disque, Diane montôe sur 
un chu- tratoé par deux g^riSbns non ailés passant à droite, tenus par des 
rênes de la main gauche. Au pourtour, couronne dec<n8wi.Diani.,o m. 09. 

Trois antres exemplaires semblables très effacés. 

Terre broue, queue et bec brisés; sur la couverte, une poule à gauche 
avec ses poussins; au pourtour, guirlande de lauriers. Diam., o m. 076. 

Terre brune, bec court aa forme de coeur; sur le disque, un monstre 
marin représentant l'avant-corps d'un lion vu de face, avec t'airière-corps 
et la queue d'un poisson à «écailles; au pourtour, guirlande de lauriers. 
Diam., onLoSS.iy.TroisépiBde blédensnn disque et quelques stries sous 
la gorge du bec. 

Terre rouge; sur la couverte , un sanglier passant b droite; au pourtour, 
ane couronne de canaux. Diam., o m. 07. 

Teire rouge; sur le disque, deux personnages debout et nue; le premier 
k gauche, grand, le bras droit l^rement coudé, parait appuyer son bras 
gauche sur les épaules de son compagnon qui est de plus petite taille; il a 
le poids du corps porté sur la jambe droite et la gauche repUée en arrière. 
Le second personnage repose sur sa jambe gaacbe, tandis que la jambe 
droite est portée en avant et ployée; il tient de la main gauche un pedum 
et a la télé tournée et levée vers son compagnon. Sujet très effacé; an 
pourtour, une conronne de canaui. Diam. , m. 078. 

Autre exemplaire avec patine noire, très eSicé. 

Terre rouge, patine brune; sor le disque, un crocodile à gauche, atta- 
qué par un bon; sujet un peu confus. I^. IVNI ALEXI. 

Tore blanche; sor le disque, un guerrier debout dans l'attitude de la 
défennve; sujet très effacé; au pourtour, guiriande de lauri«^, queue 
[rieine. Diam., o m. 08. 

Autre sujet semblable en terre rouge. 

Terre blancbe, patine jaune; dansie disque, divinitéf?) debout de face, 
vAne d'une blouse longue serrée à la taille par une ceinture et d'une robe 
talaire; elle est casquée, le bras droit est étendu vers le sol, la main 
gauche l'appuie sur une lance; c'eft probablement Athena; an pourtour, 
one couronne de canaux. Diam. , o m. o85 ; sujet asseï vagne. 

Terre ronge; sur le disque, buste de femme de face, coiffée de ban- 
deaux ondes, poitrine nue avec l'épaule gauche recouverte d'un vêtement 
k pUs; cou onié d'un collier. Diam. , o m. 07. IV- M NOV IVST. 

Terre bbodie , patine rouge; sur le disque, un Amour ailé vu de dos. 



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— 118 — 

tournaDl la télé eo arrière, prëieataot de la main gaadia davëe noe eon- 
ronne; snjeteBacé. Diam., u m. 07. IV- IVN DRAC. 

Tpitq rouge ; sur le digqne , deni niaiiu réaniei tenant un cadneée. Diam, , 
o m. 07. IV IVNI ALEXl. 

Terre blanche; sur le disque, un buste effacé. Diam., om. o65. 

Terre rouge; un Amour à droite très effacé. Diam., om. oyS; au pour- 
tour, une guirlande de lauriers. 

Terre rouf;e; sur la couverte brisée, une antilope pa&sanl à droite; au 
pourtour, des grappes de raisins. ï^. Disques concentriques et trois cordon* 
enroulés en volutes posées en triangle. 

Terre blanche, patine noire; sur le disque, Bacchus debout nu, de fitoe, 
le tbyrse dans la main gauche. Diam., o m. o85. 

Terre rouge, patine noire unie. I^. IVNONElI{î) eflhcée. 
Terre ronge, patine noire; sur le disque, couronne de stries, queue 
brisée. IV. IVN DRAC. 

Terre blanche; queue pleine dans laquelle on remarque de chaque cAté 
uu commencement de forage. Le corps de la lampe est bombé et h cAtes eo 
forme d'ouraîo; le bec est long ; quelques traces de peinture blanche, bleue 
et rouge. 

Deux lampes à sujets obscène». 

Latape» d'époque chrilienHe. — Terre rouge, o m. i3 x o m. 09; sur le 
coiiverde, deux trous et le buste de profil d'un personnage i droite, vAluet 
roiHé d'un voile qui lui retombe sur les épaules; au pourtour, des stries. 
IV- Sous le bec, une branche d'oliviar; sous la queue, de chaque eAlé, 



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— 119 — 

liant la lance; rripiiqoe de c«lle dn Musée de Souase. f^. Un autel à 
Irais étages. Diam., o m. oaa. 

Rondelle de [^mb, amidette; anneau plat décore de degdns en l'elief. 
Diam., o m. o55. 

Une autre semblable, brisée. 

Bracdet ouvert , de cuivre doré. 

Bracdet fermé, de brome. 

Clef montée aur no anneau de bronze. 

Deux chatons de bagues, de bronze, avec cacheta. 

Bague d'argent. 

Deui bagnes en alliage. 

Trou bondes de broiueb 

Environ aoo piices de différentes époques. 

G. GODVIT. 



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EX-VOTO ET INSCRIPTIONS 

DE THIBARIS. 



hi-jifOTi de H. lulet TonTiiH. membre de )■ Commission 
de l'Afrique du Nord , !iur une. eommonication du R. P. HiDamni. 



Le R. p. Heurtebise, supérieur de l'Orphelinat indigiae de 
Saint-Joseph de Tbibar, a d^uvert, en i^oS, plnsieun sUÀe» vo- 
tiv«>s uiiepigraphes et quelques inscriptions ou fragments dHnscrip- 
tions. Ces documents proviennent, les uns, de Thibarù même, les 
antres des ruines voisines de Thig^ba Bure e( de GHUum. 



A. Styles totites AiiipiGRAPBis. 

1, Trouvée sur la rive droite de l'Oued Thibar. Haut, o m, 5o; 
larg., o m. 3o; épaiss., o lu. t5. — Stèle à Itonton triangulaire; 
dans le Tronlon, disque et croissant montant; au-dessous, image 
grossière, presque linéaire, d'un personnage debout levant les bras, 
dans l'attitude de l'adoration. Cette image rappelle l'image si fr^ 
queote sur les stèles votives du sanctuaire de Saturne i Thigniea; 
mais elle est ici plus voisine de la forme humaine (pi. IX, fig. &). 



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— 131 — 

tatîoD ûmpUSée d'un fidèle dans Tattitade de la prière); i droite 
et à gauche, une palme. A la partie inférieure de la stMe, victime 
(probablement de race ovine) passant à gancbe (pi. IX, fig. s). 

4. Trouvée i Saint-Joseph de Thibar. HauU, o m. 60; larg., 
' o m. 37; épaiss., o m. i5. — Stèle à sommet arrondi; de haut eu 

bas, deux croissants montants; disque orné d'une rosace à quatre 
feuilles, croissant montant; image grossière et simplifiée de l'ado- 
rant; au-dessous, dans un cercle évidé, rosette. 

5. Trouvée sur la rive droite de l'Oued-Thibar. Haut. , o m. 5o ; 
larg., o m. aS; épaiss-, om. 10. — Stèle très grossière. Entre deux 
torsades très irustes, on distingue : 1° deui fois répété, un objet 
formé d'une base horizontale et de deux montants verticaux qui 
reposent snr les extrémités de U base; 3° le victime absolument 
iDdi8lincte(p). IX, fig. 1). 

6. Trouvée i Thibar. Haut., o m. 65; larg., m. 3o; épaiss., 
o m. 10. — Stèle à sommei arrondi; de bauten bas: 1° entre 
deux rosettes, le groupe du disque (en forme de rosette) et du 
croissant montant; 3" entre deux gâteaux, dont l'un est en forme de 
losange et raiitre en forme de lyre, un buccane el une rosette; 
3° la victime (de race ovine) passant à gauche. 

7. Trouvée à Thibar. Haut., o m. 60; larg., o m. 3o; épaiss., 
o m. 07. — Stèle à semmet triangulaire. Même décoration que In 
précédente; la seule différence consiste en ce que, sous le bucrane, 
au lieu d'une rosette iiguro une pomme de pin. 

8. Trouvée è Thibar. Haut., o m. 5o; lai^., o m. 33; épaiss., 
o m. o5. — Stèle à sommet arrondi. Même décoration généraleque 
les deux précédentes. Outre les rosettes, le disque et le croissant, 
le bucrane et les deux gâteaux, on voit de chaque c6lé de la stMe, 
une palme, et devant la victime un autel carré embrasé (pi. IX, 
fig. 3). 

9. Trouvée à Thibar. Haut., o m. Ao; larg., m. 3o; épaiss., 
o m. 07. — Stèle brisée k la partie inférieure. Sommet trian- 
gulaire. En haut, entre les deux gâteaux (losange ot lyre), une 
pomme de pin, puis une pyxide à couvercle conique; au;des.sous, 
animal qu'on dirait être un lion(?). 



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— 122 — 

10. Trouvée i Thibar. Haut., om.&9; Urg., om. 97; épaisa., 
o m. i&. — Stèle mntilée, repréaeataat rentrée d'nn temple rou- 
tcDue par deux colonnes. Un bnenne; «n-dessoas, on moaton 
passant à gauche. 

De ces dix stiles, les cinq premières, par maints détails de leur 
di'rcoratïon, rappellent les ex-voto néo-puniques trouvés en diffé- 
rents points de la Tunisie; les cinq dernières se rapprochent 
davantage des monuments dVpoqne romaine, tels qne la plupart 
des stMcfi de Thignica. Deux autres stèles de cette seconde caté- 
gorie, trouvées par le P. Heurlebise i Djebba, ont été publiées par 
M. Héron de Villefosse dans le Bulletin dat AtUiquairtM (igoo, 
p. iZU-iS-j). 11 est vrai8end}lable que tons ces monuments étaient 
des ex-voto dédiés au Saturne africain. 



B. hsCHlPTIONS ET PBAGHENTS D'iifSOttmORS. 

1. (rtUitm (Henchir-el-Fras). — Fragment d'une dédicace mo- 
numentale, déjà publié par le R. P. Delattre, mais revu par le 
P. Heurtebise. On lit : 



PLVTONI-ME[l.CVr.(. 

...VHI COS III PP ET IVLIAe... 
AVG-DEDICATVM PEC... 

Pbilont, Afem^rto .... mentm. Pn talule /«ip. Cm*. M. Awiii Sttai 
Alexandri P. F. ÀHf.pml.max., trib. potett.] ma, eo{ii)i(tiltâ) in, p(atrit) 

p{alriae) et Jt^ia[e lUamaeite Aug., matni At^pud. . ., Um^mK ] 

Avg. dedkatmn pee{Kma 



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— las — 

Aq début de la pmniiTO ligne, avant le Q, on diriingae sur la 
pierre un trait oblique qui peut être le dernier jambage d'un M; 
d'autre part, M. Merlin, ancien membre de l'École française de 
Rome, récemment cbargé d'une mission épigraphique en Tunisie, 
a bien voulu nous indiquer qu'il existe à Thibar un autre Tragment 
paraissant appartenir au même texte ; ce fragment se lit : 

T. A ELI 
-EG. CAN 

De toutes ces (Aieervations on peut condnre, Mmble-t>il, que ces 
deux débris proviennent d'une inscription impériale, dont la pre- 
mière ligne se restituerait ainsi : [Pro talute Imp. Caet.\ T. AeU 
[HaJtianî Ânkmini PU Aug. iibenru\mqM fjo». . , La seconde ligne 
reste énigmatique , sauf à la lin [ ... . fecit ai\^ue) de^eami\. 

3. Idem. Fragment. 

SP-F- 

...\Ma)f{tamm)J{«itj...t 

^. Tkiggiba Sure (Djebba). — A 5oo mètres enviroDàl'estdela 
première source, borne grossièrement taillée, d'une hauteur totale 
de m. 80 dont près des deux tiers ^ient enfoncés eu terre; 
larg., o m. 39; épaiss-, m. t6. Deux des faces portaient des 
ioscriptions. 

a. R ■ P ■ C 
THIG- BVR 

R(e$^MbKea) t^mtaHt) Tk^ibbae) Bur{f) 

b. P Vil 

Cette borne marquait sans doute la limite entre le territoire 
communal de Thigibba Bure et quelque grand domaine. 

&. Tlàgffka Bwn (Djebba). -~ A 900 mètres environ de la 
borne précédente; borne moins grossière; hauteur totale, o m. 70; 



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itrg-, nm.&i; épaigs., o m. lo. Deux dm faeet portaient des in- 
acriplions. 

B V R 

[Rt^. Tlàff.]r BMtie) 

b. P R O 

Même obserralion que pour la borne préeédento. 

G et 6 bù. Gillitm (Heochir el-Fras). — Deux rnfjprnenls gros- 
siers, provenant peut-être de bornes. 



La lettre G estpeut-^tre l'abréviation de GSËim ou GHUtamitf 
Dans la seconde ligne du n* 6, on reconnaît peut-^tre au début les 
lignes VC, abréviation de Uci, nom d'une cité voisine de GU- 
Uum. 



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ANN 
XÏÏ ■ H ■ S ■ P • 

. . . [nxit] WH{h)[. . , m{ti».) . . . ]i, die[bM..] xii. U(eredes) «(m) p{e(mma) . . 

Mais peul-élre y avait-il k la dernière ligne H SE, c'est-à-din 
fl(ic) t{itiu) e(*t). 

0. GSSum. — Fragment : haut., o m. 35; lai^., o m. 3o 
épaiss. , o m. o9. 

M S 

PEIAZ 

iCA 



[D(it)] .V(iimAM) »{aenm) . [ ]reiaZ[a bvHi\at . 



10. Gitiium. — Fragment : hauL, o m. 35; larg., o m. 3o; 
ëpaiss-, o m. o8. 

tiAVlXir,! 
^IS LXIII •/ 
TTLS/ 

[ yia vixit [an] [njù liiii T(erTa)'t(ibi) [(mu) «(il). 

H. Giltùim. — Fragment : haut., o m. 3o; larg., o m. ao; 
e'païsa., o m. lo. 

NIS 
HS 

[oixil aH]mt [•■.-] i(ù) s(ttut), 

13. GtUÎHffi. — Fragment : haut., o m. aB; larg.,o m. lo; 
épaisg. , m. ao. 



...iU[ê,vix.a]nH[it ] H{ic) [«(ùw) <«)] 



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13. Thigibba Bwt. — Fragment: haut-, o m. 39;larg., o m. i3; 
épaiss. , o 111. -j3. 

ANNIS 



. [n.n(J owii* p(hu) u^imu) . . 



\\. Heachir-Cbelt. — Fragment: haut., o m. 35;lai;|{., om. 90. 

■l'HON 
VS- PV 



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NOTE 

SUB 

LES FOUILLES DE LA NÉCROPOLE 

DE NESATTIUM 

(ISTRIE), 

PAR H. DE LAIGUB, 
Caireifmduit du ComiU, coneul géoéral à TnetU. 



Comrae suite à mes notes antérieures'*', voici, sous nae forme ré- 
Huoée, le compte rendu des fouilles exécutées, à partir du 16 mai 
daroier, par le professeur Fuschi sur l'emplacement de Tantique 

Les ouvriers, dont le aombre a été certains jours de 53, éiaieot 
divîws en escouades distioctes. Id première, qui travaillait ea 
dehors de reoceinte, n'a guère fait que vider des tombes déjà 
antérieurement exploras, les unes avec appareil en maçonnerie 
et les autres sans vestiges de constructions. 

Opérant à Tintérieur de cette même enceinte, la seconde es- 
couade avait pour tâche de pénétrer, dans la oécropole pr^maînc, 
au-dessous des sépultures remises k jour en tgoS et sur l'empls- 
cemeot même oi!i s'étaient rencontrées des sculptures du type 
mycénieo, lesquelles étant plus anciennes que les sépultures elles- 
mêmes révélaient une civilisation antérieure encore, civilisation 
dont, juaquici du moins, NesaUÎum offre seul un souvenir certain 
pour ristrie. 

Avec les débris de murs rustir^ues, plus ou moins massifs, car 
ils servaient à soutenir des espèces de terrasses prali<juées au 
flanc de la collioe, et formant peut-être comme autant de divisions 
du cimetière primitif , on a rencontré un peu partout, disséminés 

<» Voir BulUtùt arehMagi^u», igoi, p> i3< 



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— 128 — 

dans le sol , des fragments de vaissdie d'argile et dea ossements 
d'animaui. De loin en loin étaient accumulés les résidus de la cré- 
mation et les débris des repas funèbres, consistant surtout en co- 
quillages de diverses espèces, notamment bivalves. A 3 m. lo au- 
dessous du niveau du sol existait un sépulcre dea plus pauvres, 
car il consistait en un simple trou ayant reçu les os calciaés, et 
immédiatement au-dessous, c'est-à-dire à 3 m. 3o, on se heurtait 
à la roche vive. 

La troisième escouade fut alTectée à une partie encore absolu- 
ment inexplorée de cette même nécropole, et limitée à l'Est par un 
mur de 70 mètres de long qui sépare le cimetière archaïque de 
l'aire occupée par les édifices romains. On y a découvert seiic 
lombcaux intacts, disposés en quatre étages superposés; en outre, 
l'un reconnut les vestiges de bon nombre d'autres, détruits soit par 
les chercheurs de trésors à l'œuvre depuis des siècles , soil par la 
charrue du laboureur, soil encore par les éboulemenls et mouve- 
ments naturels du terrain. 

Les plus élevés présentaient simplement une seule urne de terre 
cuite, protégée par de petites dalles de pierre, tandis qne ceux des 
étagesinférieurs, qui étaient aussi les plusvoisinsdu mur, consis- 
taient en une sorte de chambrette ou cellule entourée de maçonnerie 
légère et de grosses pierres placées en équerre. A rintérienr se 
trouvaient toujours plusieurs ornes cioéraires , sdon l'agencement 
propre anxcolumbana familiaux , et partout on a rignalé l'existence de 
grandes dalles ou de lourds amas de pierre en guise de couvercle. 

Que les sépulcres fussent plus ou moins sommairement établis, 



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— 1Î9 — 

seor PiMchi, k uoe. période plus ancienne, laquelle serait exacte- 
ment celle que Ton est conremi de qnati&er de trmiiime ateitmt, 
alors qne les tombes étudia en 1 901 appartiennent ou seulement 
il la fin de cette période ou même au commencement de la qaa- 
triime. rEt de cette allribntion ehronoloffiquen, écrit notre con- 
frère, nons croyons pouvoir trouTer uoft preuve certaine dans la 
tsomporation du mobilier des deux sépultures découvertes & l'ex- 
trJme limite septentrionale des fouilles de cette année. IVoflrant 
qne la structure de simples trous, ceux-ci renfermaient «n abon- 
dance des objets de bronie, parmi lesquels on notait la fibale ca- 
ractéristique de Hallslalt.n 

Ne pouvant reproduire ici, si utiles soientih, tons les détails 
fournis par le directetir des recherches, on se limitera, en ce qni 
concerne cette même «joe, à sîgnder comme trouvé dans la concbe 
snpérieure un cenmeil formé de plaques de pierre soutenues par 
des amas de pierres détaehéex. Dans ce cercueil reposait le sque- 
lette d'un homme d'âge mur couché sur le cAté droit et replié sur 
Ini-méme, c'esl-i-dire dans une position analogue h celle du som- 
meil. Fait notable, c'est ii le seul exemple d'inhumation relevé 
dans la nécropole primitive du Neiatlium archaïque. Mais , contraire- 
ment anx prévisions, nul mobilier funéraire n'a été découvert, en 
sorte qne les éléments manquent poor déterminer, fAt-ce approxi- 
mativement, répoque de l'inhumation. 

An eoors des fadlles et k I» suite de quelques sondages, on re- 
coDinit qne le vaste cimetîh-e était comme divisé en deux par la 
rae principale de Yep^dum, laquelle aboutissait i une porte orientée 
vers Pola. Le long de cette voie, on ramena divers objets non sans 
intérêt, notamment des fragments de parures d'argent et une bague 
de bronze portant cette inscription : AVE MATER.. 

La quatrième escouade de travailleurs s'était attaquée aux édi- 
fices romains voisins de la nécropole, édifices parmi lesquels l'on 
ne tarda point k distinguer des thermes importants par leur éten- 
due. En effet, quoique la fouille ait porté sur plus de mille mkres 
carrés, il n'a pas été possible d'atteindre les murs extérieurs de la 
construction. Dans cette lone, les tronTailles n'ont pas été insigni- 
fiantes. Ainsi, sbstraetion faite de divers motîk architeetoniques de 
bonne exécution, on a découvert un autel vottf consacré d'après l'in- 
scription, d'ailleurs asset maltraitée, par une certaine CAECILIA 
BARBARA k une divinité dont le nom a <Usparu. Un antre autel 
AiciioLOflii. — n* 1. g 



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— ISft — 

valif, d« ^t» grandes dimensioDa «t complet, nous ap^M^nd qtte 
LTORIVSSTEPHANVS a dédM le mmument à ElAE AV- 
CVSTAE.diTÎailé dont le cullc éUit certaÎBesieiit très déreioppé 
iiNe>aaiam,c»T notre îiuenptioa esl la troifiineqâ mentionne oe 
nom nouveau. Un Iroisième cippe fort grossier doos révMe me 
TRITAE'AVG qui apparaît pour la [werniire foia. £aGn laa^e 
épigraphique ae <Ml par un quatrième autel votif dant le dMicaat 
wtTANNlVS- .. RASSVS, le reste ayant péri. 

Laiaaant de «6té t'énumération dea tuilea avec marqnei de potier 
GMDilke auasi troîa grands poids de plomb, quelqnea coaduila de 
uiéme métal, voire une fibule de bronie de belore byianliBe, nsoe 
tennineroDB par qDe^«ea biives indicationa ralativea mm therines 
ou f^ua exaetemeat aux parties de cea ^rmea jnsqu'ici remiaea au 
jeur. 

Bioi que les décorations et onkemenla aient entiireaent dis- 
paru, on ne saurait douter de leur esiatenee et, dès à présent, M 
a exploré le oaUarÎHM avec rhypocaoste, ans eiterne remise en 
neage, un bassin pgur aUntîona froides, des récipients pour l'eau 
dwude ^ enfin la vestiaire qui parak avnr eu dea revêtements de 
marbre. 

Ah esntre de l'édifice, nais exposé au Nord , riipie ua promenoir 
d'une quîniame de mitres, dont le dallage est oonatilné sa moyen 
de petits polygones de faïence ingémeMaernent conibhiës. 

Tds sont, sommairement exposés, les rémkab oblenne JMqu'ft 
la fin de juin 190&. L'automne proehRin, c'eat-i-dire krsqne les 
décombres qui entravent les nebêrdies et reconvrant le sol aaront 
été enlevée, les fouilles seront reprises. 

L. DK LklGUK, 
IJom.i>p«HM)*nl du (knnitù. 



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NOTICE 

SUR 

LES ANCItriyS THERMES ROMArNS 
DE MOIVFALCONE, 

■PkJt H. GUSTAVE DE tAtGDB. 



.Aux aleatoura du gros bout^g de Monfalcooe, lequel est sîlué i 
environ une heure à rOueatdeTrieste>encliemindefer, et proche, 
vers l'Italie, de la HtatioD-froutière de Cervigoano, existe prâeiv- 
temeot un établisaemeut thermal restitué des Homains, situé dans 
une région marécageuse rormée par les débris de l'ancien Lacu» 
Timmi et par le delta actuel du fleuve Timave. 

Lorsque la mer occupait encore ces marais et battait le pied des 
contre-forts svoisinanis, il en émei^eait deux lies appelées par 
Pline Iiuulae C[arae^^\ et daus l'une de celles-ci se trouvaient des 
thermes très fréquentés. Ces deux. îles, on les distingue fort bien 
aujourd'hui encore et elles forment deux monticules qu'affleurent 
des rochers de même nature que ceux du Karst. On prétend qu'au- 
trefois elles étaient réunies par un pont dont on aurait même re- 
trouvé les vestiges. Là où maintenant circulent des centaines de 
canaux d'irrigation s'étendait précisément le Lcuus Tmavi. Il avail 
trois débouchés sur la mer, et le port se trouvant en ce lieu étail 
avec Pola l'un des abris habituels de la flotte romaine. 

Ce Laau Timavi était formé par le célèbre fleuve Timamu duquel 
Virgile décrit les sources, le cours souterrain dans les montagnes e1 
l'embouchure : 

Aateaor potuit, BediiselspHisAchirâ, 
UlyrioM penetrare sinus, atque intima teta». 
Régna Libomorum et fontem saperare Timavi, 



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Uude per an Dovem, vuta cam murmure nHWtw, 
U mare proniptmn et pdago premlt arva sooanli'''. 

Tout près de ce Timave, la localité acludle de Moaiâicone (on 
en ignora le nom antique) fut es renom par les thermes qui a'y 
élevinnt justement pour capter et utiliser les sources chaadeB qui 
jaillissent au marais même. 

Les nombreuses invasions barl>ar<es qui dévastèrent ces parages, 
et la nature elle-même qui, au cours des Ages, diangeâ te vaste 
lac en marais malsain, ne nous permettent guère de restituer, 
fût-ce par la pensée, l'état antique des lieux. Les gaérisous obte- 
nues par ces sources étaient si merveilleuses, que la croyance po- 
pulaire avait créé autour d'elles de mythiques légendes. On »Sr- 
mait, notamment, que les cavernes d'où jaillissaient les sources 
chaudes étaient habitées pardesgënies, tandis qneles esprits «ver- 
naux défendaient de mystérieuses portes de fer élevées par ces génies. 
Quant aux nombreux malades guéris par les divinités des eaux, ils 
marquaient leur reconnaissance envers ces divinités, en tievant en 
leur honneur des temples, des colonnes et des inscriptions com- 
mémora tives. 

C'est ainsi qu'aux embouchures du Timave Kaltisonantn se dres- 
sait un somptueux nymphëe, lequel devait r^rger de riches of- 
frandes; car, on le sait, et la trouvaille de Vicarello te prouve, les 
malades avaient coutume ou de dédier des ex-voto aux nymphes 
guérisseuses ou de jeter des objets de valeur et des monnaies dans 
les sources elles-mêmes. 



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— ISS — 

Dans l'aatiqoité, les bains m prenaient en des vaaquea coit- 
struites an niveaa de ia souree. Les indadei se faisaient amener 
an moment de la marée montante; car les eaui suivaient le mou- 
vement du âox et du m&ux de la mer, avec laquelle elles oooimu- 
DÎquent sans doute, pmsqu'eUes sont salées; elles atteignent du 
reste actadlement , à ta source même, une température de 39° k 
ko' centigrades, ce qui en dimontre îudubitablemeat Torigino toI" 
caoique. Au sujet de ce fiux et reflux qui auhsisle de nos jours, 
comme aux temps romains, Pline écrit : Contra Tmaeum amaem. m- 
mls ftrta m wutri mt ctvn fontUnu wilirfit ^ panier ewn aeita morit 



Quand on édiBa les thèmes aetaeb de Monfalcone, c'est-ît-r 
dire an cours de i63o , en fusant des fouilles, on mit su jour de 
nombreuses rumas et des inscriptions votives. Nous avons rappelé 
trois de celles-ci, en voici trois autres : une de ces pierres porte ce 
qui suit :FONTl-SANCTISSIMAE-SACRVM. 

Sur une «ulre est écrit : AB VD R.V=SICVT, ce qui 
a ét^ interpréfaS de la sorte : A^ua Bmtdieta, Virium Dei, Beéemptio 
Kfne ^ 5ÛU1. Cette dernière inscription prouve que les eaux étaient 
flocwe fréquentées au moyen âge. 

On Ut, adlenre, sur des tuyaux de plomb qui servaient à la con- 
duite des eaux ACQ^VA - DEI - ET • VITAE. Toutes ces in- 
scriptions sont conservées an Musée d'Aquilée; elle appartiennent 
an moyoi âge. 

On découvrit également des débris de vases de teri'e cuite, di- 
vers objets domestiques et de nombreuit outils ou instrumeuts. 

Lorsque l'Empire romain s'écroula sous la poussée des Barbares 
qui se ruèrent arae fureur sur cette sone appelée Porte dt SltaUt, 
en semant partout la terreur et la mort, ces ibermes, après la de»- 
tmelion d'Aqtnlée, demeurèrent ensevelis et oubliés sous les ruines 
des eonstrueliona qui les entouraient. Ni les ducs du Frioul, ni les 
patriarcbes d'Aqnilée ne s'occupèrent de cette station, autrefois 
célèbre, et c'est seulement sous la domination de la Sérénissime, 
en l'an t&33, après bÎMi peu moins de mille ans d'oubli, qu'dle 
fut l'iAjetd'aae sorte de modeste restitutiou, comme le prouve une 

déeoovalei ^ de riglita adnaHa de Sdnt-Jara, ;vèt du 'RiDive, où die* aovA, 
du reate, toauené». 
W Pline.iKiLMi., U,»9. 



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— \%A — 

iMeriptioaiUrtÎMeDcastrée'dBttg 1» façade <!■ IMlaUisseHeat acÉuel , 
lequfd est viàU' par de Bombreux maUdeB Temus d'Autriebe el 
d'Italie. 

Endeborades Iharmes, situés dans I'um des Inrwiae Ciarae, il 
ftàslait, aa l«nip« où Aquil^ était florissante et au lieu appdé 
S. Caneiano, une des neuf letsturerica de ponq)re ^a lea empe- 
reurs romotns araient auturisées dau tout i'Oogideiit. Une pieTTe en- 
castra dans ]e mur de l'église du nllage snsiiidiqué en- fait Bh"'. 
Cette pierre fut trouvée dans l'enecinte de ce nll«^ 

Sur le territoire de ce même rillage , il existait aoui aae ftifarique 
de vases au lieu qui aujourd'hui s'appelle Rivadi Ctf. Qm^ y Ifoove 
actuellnnent euowe des fragmenta de terres cnites dnemes; sur 
beaacoup de oe> fragmeato , «a lit les mêmes noa» de iabrieants 
que sur les figalioes dont on rencontre été d^is nombranx sur 
le lerritoire d'Aquilée, la seconde Borne jadis. 

Il est, du reste, fort à re^^ler que le manqua de fonds ne per- 
mette point de procéder à des fouillea régulières dans la région, 
car une tradition persistante veut qu'il existe dans le sol uo ricbe 
dépAt d'aSrandes, et la trouvaille de ViearaUa, trouvaille rappd^ 
plus haut, non moins que la cauLiime bien connue du jet de outu- 
naies et objets précieux dans les sources donnent beaucoup de 
vniseniJ>lanee à cette traditioa. 

Aussi bien, le soi rend fréquemoient des monumenls intéressants 
ooa Seulement pour l'histoire ancienne, mais ^Mement paur oelle 
d«e temps postérieurs. Ainn, pendant un séjour a Monialooae, 
j'ai pu me procurer une pi^ d'argent frappée par Bodolphe de 
Pedrasuni, évéque de Trieste en i3i&, le draiûer qui ait battu 
monnaie. Reconnue rare par le savant M. Puaehi, Gonaamteur 
du Musée municipal d'Antiquités, cette pièce dont je me sois des- 
saisi en faveur du médailler local provient d'une trouvaille remon- 
tant à 1893 et due, comme presque toujours, exelosivemeikt aa 
basard. En faisant certaina travaux, des ouvriers déoouvrireat un 
vase rempli d'espèces de coins différents; le vase iai-oiéme lut 
brisé par un paysan et les espèces dispersées, i'examplaire ici 
représenté étant le seul qui ait été apporté jusqu'à Trieete'^. 

'■> Corp. ÙMcr. lai., t. V, n* lo'iJi. 

W Un carUin nomtm de noBktiH, pfeveuat de c«U* méiitt troacwlla, mbL 
CDUserréei «u Huiiëe de MontlalcoiK même, où elles rorment uM coUactiuB ïaU' 



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— 135 — 

En Toici la ({«Bcription : 

Au droit, ReDYLFVS GPS, en l^ndê circulaire. Dans le 
champ, an évèque de. face, assis, mitre «a tête, tenant la crosse 
de la main ^uclte et bénissant de la droite. (Saint Jost, patron de 
Triesteî) 

IV- * TGROeSTIHYB en Ugende circuiaire. Dans le cbamp, 
un cerf (7), nimbe à gauche; placé sur un monticule de six cou- 
peaui, celui du centre chaîné d'une fleur de lis on plutôt d'un fer 
de hallebarde, lequd figure aujourd'hui encore dans les armes de 
Triesle. 

Gustave de LtiGus. 



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BDU,ITniK>foLO«lqUE, l<fo5. 



BACCHUS. 

FRAGMENT DE STATUE DE MARBRE, 

TROUVÉ À NARBONNE. 



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Marques de potier* trouvées è Narbonne. Observations de M. J. Djcbelitti, 
p. 3s i 3&. 

La chÂsie de saint Calminius au Musée Dobrée, par H. P. m Lisu dq Damne, 
p. 35 i Sg. (RaneAei //; à V.) 

Note sur une'lSte de atalne trouvée è Heaui, par M. GtsiiM, p. &o k &■. 
{Planehi VI.) 

Noie sur un bas-relierde l'Ecole française du ai' siède è l'^f^se de NanlouiUet, 
pvH. G>99iis, p. A3 à A5. (Plancht W.) 

Noie sur la reatauntion des vilraux de la cathédrale de Chartres, par H. le clu- 
DoiDe iittue. p. A6 à â5. 

Rësumé des recoanaitsances archéologiques exécutées par les olBdert des bri- 
.gades topographiques d'Algérie et de Tunisie pendant U campagne de igoS-igofi, 
par M. le commandant Touuiiht, p. 56 à 7A. 

Rapport sur les travaux de foiiillea opérés en 190& par le Service des Monu- 
menla historiques en Algérie, par M. Alb. Biixu.p. 76 à ieZ.{Platttlit VIII.) 

Tombes de l'époque carthaginoise découvertes à Zaghonsn (Tnnine), par H. le 
commandant HinnEio, p. loA à 106. 

Notes sur d'andens ouvrages militaires des environs d'Hadjeb-el-Aïonn, par 
là. le lieutenant Jicooas, p. 107 à 111. 

Inventaire d'antiquités diverse!^ trouvées dans le Sud de la Tuniwe, par 
Jl. G. GoDvn, p. lia è 11g. 

Ei-Toto et inscriptioiia df. Th^arii. Rapport de H. Jules Tovtim, membre de ta 
CommÏMoD de l'Afrique du Nord, sur une communication du B. V. HaniTiiist, 
|>.iioi it6.{PianektlX.) 

Note sur les fouilles de la nécropole de Naallium (Istrie), par H. Louis m 
Liis», p. 117 à i3o. 

Notice lor le* anciens thermes romains de Monfslcone, par M. Gustave •■ 
LiiBVi, p. i3i à i3S. 



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X 

n 



DE L'inSTRUGTIOn PUBLIQUE ET DES UEAUX-ARTS 

BULLETIN 
ARCHÉOLOGIQUE 

DU 

COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES 
ET SCIENTIFIQUES 



ANNEE 1905 
a* livraison 



PARIS 

IMPRIMERIE NATIONALE 

ERNEST LEROljX, ÉDITEUR, RUE RONAPARTE, 2S 



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UNIVERSITY OF MICHIG 



SOMMAIRE DES MATIÈRES 

CONTENUES DANS LE PRÉSENT NUMÉRO. 

PBOCÈS-TEBDIUX DK Ll SECTION D>lRCIl£oLOaiE. 
StiN» du «0 mars igoS (suite el fin), p. lui. 

BtUNlON IMNtlELlE DE9 DÉLtcVÉS PIS SociJTfB SITUTES, 1 AlqEH , p. L B Cil. 
SJtKCE BÉIËlliLB d'ouverture, p. L à LIT. 

SÉiNcE du ig nvril 1905, eoir, p. m h loii. 

Communie* lion de H. Todtiiji sur le IJmet Tripolilaniu, p. m. 

Mémoire de M. le capitaine Li BixtiF sur la voie romiioe de Taeape i Aquae 

Taeapiuaiu, p. 11. 
Ménioîie de M. Eruest Mirciik sur l'hisloire de la race berbère, p. lv-lvi. 
Commanication de M. Louis Poiussot sur les alèles de La Ghorfa, p. lti-lvii. 
Rapport de M. l'abbé Letnidd gur tes Touilles des ulaeombes d'Hadrumèle, 

p. LTII. 

SiiRGE du 30 avril 1905, matin, p. lii à lui. 

Communication par M. Bts Attai d'an mémoire intilolé : L'ttprit libéral du 

Mémoire de M. te capitaine Be:iet sur les subslruclîons d'un monastère de 

femmes à Tabarka, p. li. 
Mémoire de M. le lieutenant Maurice BEimap lur le cheval dans l'Arriqne ro- 

Mémoire de H. H.-E. Rikadlt sur je mausolée de Jemajcur (Tunisie), p. ui- 
Mémoire de M. Roiiti sur les fouilles de la basilique d'fpmtu, p. iiii, 
SiiiinE du ao avril 1905, soir, p. miii k litii. 

ilémoire do H. l'abbé An:iiuD ii'Ag:iel sur les relalions entre Maualia et Car- 
tilage, p. UIU-UIV. 

Communication d'un recueil de documents sur l'ancienne hiuicadt (bnné par 

M. Louis BEKiaiffD.p. uiv. 
Compte rendu par M. Paul GiccELEa des fouilles du théâtre romain de Gar- 

thage.p. uTi-Lini. 

SÉiNCE du 93 avril 1903, matin, p. lxtiii i uiii. 

Mémoire de M. l'abbé Amidd d'Agml sur le trésor de la catbédrale de Mar- 
teit1e,p.i.ivi)i. 

( Voir la nul« è la troùiimt pagt d* la eomwrftrr*.] 



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1905 



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Le mémoire de M. de Laigue sera déposé aux archives du 
Comité. 

MM. Philippe Bbuiei, Jules Guirnur et Stdomon RnntOH lisent 
des rapports sur des ouvrages pour iesqu^ une demande de 
souscription a été adressée à H. le Ministre de l'Instruction pu- 
blique. 

M. Cio HAT annonce au Comité, de la part de M. le capitaine 
Molins, que cet officier, aidé de deui de ses camarades, MM. le 
capitaine Confortini et le lieutenant Saatriau, a découvert dans les 
fouilles qu'il a faites sur le territoire de Montfort, près de Nar- 
bonnc, une statue d'Hercule brisée à hauteur du genou. 

Dans les mêmes fouilles , i) a trouvé deux fragments d'une in- 
scription funéraire ainsi conçue : 

>-> ^ i M V I 
MAR.ITVM J 

l V 

L • b V A VIS 
SIBI-ET-PAT ^'^ 



De très nombreux morceaux du vases, avec sujets ligun' 
nianpies de fabrique, continueot à être recueillis au même liu 



La séance est levée à S heures. 



M. Pbou, 
Marabre du Gamilé. 



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RÉUNION ANNUËLLK 

DÉLÉGUÉS DES SOCIÉTÉS SAVANTES 

k ALGEB. 
SÉANCE GÉNÉRALE D'OUVERTURE. 



La &3* réunion des déliés des Sociétés savantes de la France 
s'est ouverte le mercredi 19 avril, à 9 heurm précises, i l'École 
de médecine et de pharmacie d*Al^r, Bons la présidence de M. Hé- 
ron de Villefosse, membre de l'Ioetitut, préaident de ia section 
d'archéologie du Comité des travaux historiques et scientifiques, 
el de la Commission archéologique de l'Afrique du Nord, conser- 
vateur au Musée du Louvre, assisté de M. Bayet, directeur de l'En- 
seignement supérieur, et de M. Raoul de Saint-Arromqn, chef du 
hureau des Sociétés savantes au Ministère de l'Instruetion pu- 
blique. 



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Ch. Grifibn, le baron Jalai à» Ouem*, Ltbègufl, Leuoq, Laniaiol, 
Hansw, M. «1 M» Kunli; MM. lanti L^vi, Chtrioa Latort, H. La. 
moine, Lanier, laidon Lévy, Lafpn, Lcoaisr, de Leprade; M. et 
M~ Merti: MM. Rodolphe Rey, Pilloy, Rocbeblare, Pawtowiki, 
Tabbé Biohard, Maguelonne, Jean HMiq, Henri Muteau, Oervies, 
Ë. CHivier) M** Blanche Hey; MM. E. Rupin, dpeteur Vidal, Paul 
Serv{»iB*t, Trufiaalt, Santareau, Tanda, de Valoia, le liculananb- 
cotonel ds Vilian, île Motyliaslci, dipecteur da la Maderev de Con- 
staotine; MM. le docteur Curtillet, directeur, et le doctaur Rpuch, 
directeur honoraire de TEcole de médecine et de pharmacie d'Ài* 
ger; MM. Trabut, Battandier, Sehafb, Malsue, Beulaygue, Grimai, 
proFeuaiirs 1 1* mAma écolet MM. Tbdfenat, directeur de rEeole 
des sciences d'Alger; Trépied, Mège, Pouget, Bounhiol, Flamand, 
Vignier, profeaieuFf à la mJma molt; MaapU, directeur de rÉeole 
aup^rieura des letlrea d'Alger; de Payrimhoff, directeur de l'Agri» 
Bulture et du Commerce au gouvememanl gén^l de l'Alg^riti 
Lamourette, inapeeteur d'Aeadémïei Audran, Wolti, Subetiiia, 
profeaseun au lyoéa d'^er; Charpentier, pmfeiaaur à l'École t\i^ 
périeore de droit d'Alger; le lieutenant-colonel Laquiire, Emile 
BnMuaaia, Hinglais; M"* Qouneti MM. Auger, Peseheux, Piat, Bor 
tiaq, Nicolletjelc. 

Au neoi de M. le Ministre de l'initruetian publique et des Beam* 
Arts, M. H^nm de ViHerosse déclara ouvert le Congrfei des BoeléUs 
■avantee et donne leetUK de l'aivété qui conatitne lea bureaux des 



ie bureau d« la Section d'«icb4pl«gie «f4 ma oomitiM : 

PrMtM ia la Seetim : H- Hérw ds ViJIfifow; 

Surilaiim ; M. d» I^sUyriei 

Sternum w^wf -• M. Prou; 

Pritidnti dt rima: iMi.liéroa AeMMMta, à» C. Maljliutlki. 
tiflOfgw Pcvrpt, Paul GaucU^F, Bené Cannât, Waillfl. ^ Utleyria, 
Marçais, 1» dwt^iv CfipiUw, Robwt. 

M. Hénn de ViUefosae proqoqce pp^uite l'alloeution suivaotç : 
vMcasirara.la ^te chsisie pour I« réunion d'un GppgrJM «rebécH 
bgiqufl i Ithènae nous prive e^oHitd'hni d'un oartaîa fMmbre de 
Boe coafcima : ce qai peut sons «naeder de ]ma ebaMiee, e'eat U 



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pens^ qu'ils tfavaillent k cette heure avec une ardeur ^le à ta 
n&tre et qu'ils poursuivent le m^e but que notu, daua une con- 
trée ou la France vient d'accomplir la grande œuvra des fouilles de 
Delphes. 

«Cette anoëe, pour la premi^ Fois, la ville d'Alger a ^té dési- 
gnée comme le siège du Congrès des société savantes. Ai-je besoin 
de vous dire que cette décision a 6té partout accaeiUie avec une 
véritable joie. Ceux d'entre nous qui, déji, avaient appris a aimer 
l'Algérie et qui conservaient au fond du cœur l'espérance de la re- 
voir, ne pouvaient manquer de saisir une occasion aussi favorable à 
leur désir; ceux qui n'avaient pas encore eu la bonne fortune d'ad- 
mirer un pays vers lequel ils se sentaient attirés depuis longtemps 
se sont réjouis d'y venir. 

wAnssi nous arrivons nombreux. De tous les points de la France 
nous accourons, soucieux d'apporter un témoignage de notre estime 
et de notre reconnaissance aux hommes distingués qui travaillent 
ici k faire aimer nos idées, à au^enter le prestige et le renom de 
la patrie. Notre première pensée est d'exprimer à nos confrères idgé- 
riens les sentiments que nous inspirent k la fois leurs travaux et 
leur dévouement. En leur adressant avec une émotion très sincère 
un affectueux salut, je me félicite d'être votre interprète auprès 
d'eux; c'est un honneur que je n'oublierai pas. Ile appartiennent 
pour la plupart aux grandes associations qui, depuis un demi- 
siècle, se sont librement développées sur la terre d'Afrique et qui 
méritent k tant de tibvs nos cordiales félicitations. Gdies d'Alger, 
de Constantine, d'Oran et de Bftne comptent parmi les plus an- 
ciennes et les plus importantes. 

« Ce sont elles qui nous font connaître chaque jour le butin nou- 
vellement conquis et qui le mettent en valeur. Elles sont ici comme 
l'avant-garde de la science. Si leur marche laborieuse s'est quelque- 
fois un peu ralentie, elles ont retrouvé promptement des forces 
nouvelles. Les hommes qui les ont fondées, ceux qnt les ont diri- 
gées avec un iMe admirable , ont su grouper et retenir autour d'eux 
les meilleurs ouvriers de notre pénétration intellectuelle. 

«L'accueil de la ville d'Alger, Messieurs, vous montre asseï com- 
bien elle est sensible ii votre visite. Vous êtes les bienvenus dans ce 
pays qui s'appr4te à vous conquérir. I^es représentants les plus au- 
torisés des scienoes que vous cultivez, les hommes renommés par 
leur maîtrise en tant de domaines divers, sont venus de tous c6lée 



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en-devant de vous; ils voiib entourent, heureux de vous recevoir, 
heureux de vous montrer tout ce qui a été fait ici pour le progrès 
de la science et pour l'amélioration du sort de l'humanité. Ils se 
disposent à échanger avec vous des communications destinées à 
répandre la lumière sur les sujets les plus variés. 

^Certainement, c'est avec une impression d'espérance que vous 
avez dr^Jà parcouru le programme des travaux du Congrès : il est 
comme le reflet de nos intentions actuelles. Aux généreux efforts 
des savants qui s'attachent à élargir le champ de l'aclivité humaine , 
à encourager les combattants de la vie, à les diriger yen des voies 
nouvelles , nous applaudissons sans réserve. L'exploitation des ri- 
chesses naturelles du sot, l'amélioration de la santé publique et du 
bien-être général, le développement moral de l'individu, préoccu- 
pent à juste titre chacune de nos sections. Nous leur souhaitons de 
traiter avec un plein succès ces grandes questions d'un intérêt vital 
et pratique. 

K Pour nous qui cherchons surtout à interroger le passé et à y re- 
cueillir des enseignements, le terrain de nos recherches s'agrandit 
sans cesse. Votre concours assidu nous oblige à étendre indéfini- 
ment ce domaine, car vous nous apportez, sans vous lasser, les 
élémenls épars de la vaste enquête scientiRque sans laquelle toute 
généralisation serait stérile. Les titres des mémoires dont nous de- 
vons entendre la lecture nous ont déjà donné l'assurance que l'his- 
toire, la gét^rapbie, les antiquités, le langage, les mœurs et les 
institutions des différents peuples qui nous ont précédés fournissent 
à vos investigations de nouveaux et de nombreux projets d'études. 

irLe moment est donc venu, Messieurs, de commencer nos tra- 
vaux. En examinant eu commun tant de questions attachantes, nous 
en découvrirons plus facilement la solution et nous gagnerons à 
notre cause de nouveaux adeptes. Des liens étroita s'établiront entre 
les hommes de science et les hommes de bonne volonté. Une telle 
collaboration ne peut produire que des fruits heureux. Nous avons 
le fenne désir de faire aboutir nos recherches qui se lient au pro- 
grès de la civilisation. Meltons-nous donc à l'œuvre avec une entière 
confiance, avec une pleine liberté d'esprit, avec cette passion de ta 
vérité dont nous sommes* tous animés. Lorsque notre tâche sera 
accomplie, chacun de nous éprouvera la satisfaction intime d'avoir 
utilement travaillé pour la grandeur de ta France et pour sa glo- 
rieuse renommée. Il 



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Le Président invite les délégués d«8 Sociétés aavaates i se rendra 
dans les locaux qui ont été aSectés aux diverses sections- 
La séance est levée Ji a heures et demie. 

U SterHain a^oiM i» Im 5«M>m tmM U ^, 

M. Paon. 

Hembn do Goinit^. 



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SÉANCE DU 19 AVRIL 190&! 



VliBIBHCK DI HM. BÏROU DI VILLI?0S8B 
ET DB C. MOTTLinSÏI. 

M. ToDutN, membre de la Commission de TAfrique du Nord, lit 
un mémoire sur le Umeê TripoUuamt. U expose, ea s'appuyant sur 
les découvertes faites dans le Sud-Tunisien par plusieurs officiers, 
ot en TripolUaioe, par H. 4e Matliuisienlx , qQ(4 4tait le trac< du 
fau» entre Tdmiae (^yrrù Tmudbmi) et Lebda {Ltftù magna). 
Le limtÊ franabiBent^ au Sud du pays des Ahouaya, la crête moaU- 
gneuse qui sépare le Sahara de la r^îon du littoral , en suivait le 
pied oriental depuis le Djebel-Tlatet jusqu'aux environs de Dehibat, 
puis remontait sur le plateau saharien dont il longeait l'extrémité 
septentrionale jusqu^à Lehda. 

Dn Kme$ partaient des routes stratégiques qui reliaient cette vote 
prisciprie auK forts construits en plein désert k Ghadam6s, Gharia- 
el-Gharbia, Bondjem. M. de Mathuisienh a retrouté l'une des 
homes miUiaires de la route qui conduisait i Gharia-el-Ghari)ia. 
Cette borne porte le BOm de CaracaMa et est datée de l'année a 1 6 
aprfes Jésus-Christ 

H. Paul GaucUer, directeur des antiquités de la Tunisie, donne 
lecture d'un mémoire dans lequel M. le capitaine Le Btmur a consi- 
gné les résultats de ses dernières recherches sur le tracé de la voie 
romaine de Tacape (Gahès) à Aquae Tacapitcmae (El-Hamma). Il a 
relevé une série de ruines romaines sur une ligne droite de dix- 
huit milles dont il a marqué ie tracé sur une carte annexée k son 
mémoire. 

Lecture est donnée d'un mémoire de H. Ernest Mnoin, prési- 



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dent de la Société archéolt^que du département de Constautine, 
correspondant honoraire du Ministère, consacré à l'histoire de la 
race berbère. L'auteur passe en revue et discute tous les testes des 
auteurs anciens relatifs aux Berbères; il examine les relations que 
ceux-ci ont eues avec les autres peuples et spécialement avec l'Egypte. 
Il dresse un tableau de toutes les tribus berbères, discute les di- 
verses théories sur les origines de cette race. Puis il nous montre 
les Berbères sous la domination romaine : la romacisation ne dé- 
passa pas la surface et ne modifia pas les mœurs ou le caractère de 
la race. Enfin fauteur recherche les conditions faites aux Berbères 
par la conquête arabe. Ea résumé, les Berbères ont maintenu leur 
civiliaatioii propre aussi bien vis-à-vis des Arabes que des Ro- 



M. Gagnât donne lecture d'un mémoife de H. Paul Moiiounx. 
L'auteur discute ie récit martyrologique appelé PtEttio Fdûii ou 
Aeta FeUcii (évêque de Thibiuca) et monb« comment la relation 
primitive a été altérée par des additions. 

M. Louis PoiNssoT, élève diplômé de l'École des hantes études, 
lit une notice sur les stèles de la Ghorfa. Dans un mémoire qui n'a 
paru qu'après sa mort, M. du Goudray de La Blandbère a étudié 
longuement des stèles conservées jadis pour la plupart h la Ma- 
nouba, dans les collecUons du [«ÎDce Mohammed, fils du Khat- 
nadar. 

Sans discuter ici les commentaires peu probants, inspirés par les 
figurations de ces stèles, on essaie de rectifier ce qui a éU dit de 
leur ongine. On doit renoncer à l'origine thuggensienne comme 
i l'origine carthaginoise; ta présence d'une stèle de cette série à 
Dougga n'est pas une objection. Les indigènes déclarent, en effet, 
qu'elle y a été apportée par les soldais du Kbesnadar. H y a lieu, 
au contraire, de tenir compte de l'indication donnée à M. de La 
Blaacbère par les soldats du Khasnadar, indication qui concorde 
avec les mentions de l'inventaire du Musée du Louvre {année 1876), 
et il faut attribuer k la Ghorfa (Babiret-el-Ghorra), plaine située 
entre Haktar et Dougga, ces curieux monuments. M. Poinssot 
cherche à dresser la liste de ces stèles, dont plusieurs ont été jus- 
qu'ici mal décrites. H n*y a pas lieu d'y rattacher, eomme on l'a 



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fait, um série de stMes du Musée Britannique, qni présentent avec 
celles-ci quelques analogies. 

M. TouTiin présente (]uelques observations tendant k foire res- 
sortir l'importance des stèles de la Ghorl'a au point de vue de l'his- 
toire des religions africaines. 

M. GiucKL» ajoute sur l'origine de ces stèles quelques rensei- 
gnements qui renforcent les hypothèses de M. Poinssot. 

M. La PaisiDRNT rappelle que la provenance de la Ghorfa fui avait 
été indiquée dès l'année 1875 par Malaspina, l'ancien guide de 
Victor tiuérin en Tunisie, qui connaissait mieux que personne 
toutes les découvertes archéologiques faites k cette époque pour le 
compte do Khaznadar. 

M. Gagnât lit un rapport de M. l'abbé Lithàdi» sur les fouilles 
que celui-ci a faites, d'abord en collaboration avec M. le docteur 
Carton, puis seul, de ijoS à 1906, dans les catacombes chré- 
tiennes d'Hadrumète (Sousse), dont ta première galerie avait été 
décoQverle en 1889 par M. le colonel Vincent, avec le concours de 
MM. te commandant de Lacomble et le lieutenant Haanezo. Ensuite , 
MM. le capitaine de Bray, le lieutenant Tailhade et le capitaine 
Ordioni en avaient continué l'exploralion. 

Les galeries, dont plus de quarante et une ont été jusqu'ici re- 
connues, sont taillées dans le tnf; la largeur varie de m. 70 à 
9 mètres; la hauteur ne dépasse pas 9 m. 5o. Elles présentent la 
même disposition que les galeries des cimetières romains. I^s loadi, 
qui s'étagent le long des parois verticales, sont fermés par troix 
grandes tuiles; les inscriptions, très concises, sont tracées en noir 
sur les tuiles, ou gravées à In pointe sur la chaux, rarement gravées 
sur marbre. 

Les fouilles tes plus récentes ont fait découvrir une chambre 
avec locvH et taroioUum, k laquelle aboutissaient cinq galeries. Dans 
le voisinage , M. l'abbé Leynaud a trouvé une inscription d'un 
certain Longituu ornée de deux symboles, le Bon Pasteur et In 
Colombe. 

M. le Secrétaire donne lecture d'une étude de M. Salahin, membre 



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de U GomniiMioB de l'Afnqae du Nord, sur le déreloppeaul de 

Tart musulman. 



H. PlOD. 

Hemlm da GoiniU. 



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— ux 



SEANCE DU 20 AVRIL 1905. 



PRÉSIDBHCB AS Mil. Dl LA8TBÏRIB BT PICL GiDOKLIA. 

M. Bih-Attib, comwpondaDt honorura du Hubtère, i Tunis, 
lit un mémoire intitulé : L'etprà Ubiral du Coran, et dans lequel il 
montre que, pendant les première siècles de I'IsIbu, le Coran a 
été intofprété dans un sens libéral, et qui a contribué au dév^p- 
pement de la civilisation musulmane. 

Le ProphMe avait proclamé l'obligalioD de riustniction , même 
pour les femmes. Tout croyant doit puiser la scienc« partout où il 
ia trouve. Du Coran, il résulte que les femmes devaient avoir le 
visage découvert, mener une vie décente, âtre instruites. Mais, 
comme toutes les femmes n'avaient pas une vertu austère, les com- 
mentateurs décidèrent que les femmes sa couvriraient le visage et 
se tiendraient enfermées dans les maisons. Ces preeeriplions eurent 
des résultats désastreux pour les mœurs.^ 

Les hommes purent se livrer à la débauche et dissiper leur for- 
tune sans être rappelés au devoir par leur con^gne. 

C'est sous l'influence des Perses que les pratiques de l'astrologie 
et de la magie s'introduisirent chei les musulmans. Malgré tout, la 
civilisation se développa et atteignit un degré de développement 
plus étendu que chez aucun autre peuple. Mais survinrent les Croi- 
sades; & l'intolérance des chrétiens répondit celle des musidmaus. 
La croyance à la puissance des sainU et des cheiks fondateurs des 
confréries religieuses supprima tout effort, toute vie active chet les 
musulmans, puisqu'il sufEsaitd'unvotupourobtenir le résultat désiré. 

M. Beo-Attar examine les relations que le Coran impose à ses 
fidèles avec trur prochain, croyant ou non. Ces rapports doivent 
être empreints de tolérance, amicaux, pleins de sincérité, de con- 
fiance et d'affection. C'est là l'interprétation la plus vraie du Coran, 
et t'interprétatiou contraire, dictant la haine, l'ignorance et le 
fanatisme, doit être r^useée. 



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M. PoinsBot rend compte d'un mëinoire de M. le capitaine Bbnbt, 
du 3* bataillon d'înranterie l^ère d'Afriqae, sur un monastère de 
femines à Tabarka. Le capitaine Benêt a pratiqué des fouilles dans 
une nécropole située entre l'église actuelle et le fort espa^ol connu 
sous le nom de Bordj Messaoudî. Il a découvert une basilique dont 
l'abside est entière. Autour du cbœur, on a trouvé deux otages de 
lombes, au-dessous du sol de la basilique. L'idée vient tout natu- 
rellement de supposer que là se trouvait le monastire de femmes 
voisin de celui des hommes, dont parle Victor de Vite. 

La mosaïque de la religieuse Cattida, découverte, il y a quelques 
années, au pied de la colline du camp, a pu appartenir au mooi- 
Blirre de femmes. La basilique et les constructions adjacentes ont été 
détruites, et une nécropole bytantine prit leur place; les tombes en 
furent faites avec tes matériaux provenant de la basilique. M. le ca- 
pitaine Benêt a joint au compte rendu de ses fouilles une descrip- 
tion détaillée des mosaïques et un catalogue comprenant le relevé 
des inscriptions. 

M. Gadcklbk insiste sur l'intérêt que pr^ntent qaelquesmnes 
des mosaïques découvertes par M. le capitaine Benêt : entre autres, 
celle qui représente la baùlique elle-même, et encore la figure 
d'un notaire écrivant la vie d'un martyr. 

M. Guuckler rend compte d'un mémoire de H. le lieutenant 
Maurice BaRNàRi», correspondant du Comité, à Tunis, sur le cheval 
dans TAfrique romaine. Sur tes mosaïques du Nord africain, le 
clieral, sujet accessoire de seines décoratives ou de la vie ré^e, 
pst reproduit pendant cinq si^les en diverses phases de son utili- 
sation, avec ses formes, couleur, toilette, nom, allures et harnache- 
ment. Sa figuration diilïre. Elle a naturellement suivi les évolutions 
de l'art : réaliste k l'époque antoninienne , elle passe peu a peu i 
des représentations conventionnelles aux époques chrétienne et by- 
lantîne. Cest dire que la valeur documentaire des silhouettes dimi- 
nue au (îir et il mesure qu'on s'éioii^e de l'antiquité. M. le lieu- 
lenaut Maurice Bernard n joint à son mémoire un catalogue des 
1 10 représentations de cheval qui figurent sur les mosaïques. 

M. le docteur C*piTAn insiste sur l'intérêt qu'il y aurait h faire le 
relevé des chevaux nrayésn sur les mosaïques. Car c'est là un carac- 



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tëre d'où on pourrait tirer d'utiles édaircisaemeats pour la déter- 
mination des races de chevaux. 

M. Gagnât rend compte d'un rapport d« M. le docteur. CinoN sur 
les fouilles qu'il a faites ou suivies dans une nécropole à Hencbir- 
Zoura, au bord de la sebkha de Sidi-el-Hani. Ce cimetière très 
humble offire cette caractéristique que les tombes romaines y sont 
superposées h des tombes de traditions libyque et punique; il y a 
aussi des traces de sépulture chrétienne. Cettu petite nécropcde 
oBre en quelque sorte un résumé de l'évolution de la sépulture en 
Afrique. 

M. Gaockler présente quelques observations. 

Lecture est donnée d'une note très intéressante du R. P. De- 
LiTTBB, membre non résidant du Comité, dans laquelle l'auteur 
raconte les différentes péripéties des fouilles faites par lui dans un 
caveau cartba^nois à Cartbage, la visite de toutes les chambres 
successives dudit caveau , la découverte d'un grand sarcophage de 
marbre blanc peint, et éaumère les différents objets qu'il y a re- 
cueillis. 

M. Gauckler rend compte de la décoi^erte par M. Lafoh , corres- 
pondant du Comité, d'une maison romaine à BuUa Regia. C'est lu 
seule maison actuellement connue en Afrique qui aoit aussi com- 
plètement conservée. 

M. le Président fait passer sous les yeux de l'asseBohlée une série 
de plans et de photographies. 

M. Gauckler analyse ensuite le mémoire de M. H.-Ë. Rbniult, 
correspondant du Comité, architecte des travaux publics, â Tunis, 
consacré à la description d'un grand mausolée découvert à Jema- 
jeur {Tunisie}. Cet édifice est sur plan rectangulaire, mesurant 
dans œuvre 8 m. 65 en profondeur et 7 m. 7A en laideur. 
L'entrée, mesurant 3 m. 5& d'ouverture, est située à l'Est; elle ne 
comporte ni chambranle, ni feuillure. La construction est faite de 
belle pierre, taillée avec soin, et d'un grand appareil in^rulier. Les 
vestiges consistent en une partie du mnr oriental , le mur au Sud 
jusqu'à la corniche, et le mur occidental, dans toute sa hauteur, 



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amorti par qd fronton tri«aguUire; la fbçad* uptentrionale mt 
entièrement écroulée. A l'intérieur, d«ui grandes niob«8 sont oreu» 
nées dans le mur occidental; une entaille qui y est pratiquée laisse 
(tftviner la forme de la voAte en ptein-cîntre, qui s'cppayait eur un 
entoUMnent d« ^ndes daltfls probabtement eupportém par det 
colonnes d'oA proviennent sans douta plusieurs bases ratronrées 
dans tes ruines. 

M. Renault ■ découvert et délaya le caveau destiné à recevoir les 
sarcophages; i) était couvert do dalles. 

' L'auteur a Joint k son mémoire de nombreuses pholographioa, 
des plaitô et des coupes remarquables et un essai de restauration. 

M. Louis Poinssot donne lecture d'un mémoire do M. Rot», 
conducteur des ponts et chaussées, & Enfidavilie, sur les foailles 
qu'il a ex^cnt^ee sooi les auspiees et aui fraia du service des Anti- 
qnités dans la basilique bytantine d'C^wima (Henehir-Chegarnia, 
près d'Enfidavitle). Cet 4difioe, qui seqibtfl avoir él^ conebniit au 
début du VI' siéde , fut conndémblement agrandi plos tard. H corn* 
porte, k eftté du tanctnaire proprement dit, nn iMptistire k immei^ 
sion carré qui fVit remplacé plus tard par une cuve ét<Hl4e. Tout* 
la basilique était pavée de mosaïques avec de nombreuses épitapbea 
de fidèles, de catéchumènes, d'évêques, de religieuses qui s'étaient 
fait inhumer «<f satutta, aupr^ de rriiquee de mue martyrs qui su- 
birent le dernier suppliée tons ensemble et paraissent avoir ét^ 
vietimes non pas des empereurs pafens, mais des Vantlalm «riens. 
La mosaïque qui recouvrait les restes des martyrs a été ratrouvét 
intacte «n face de l'abside et i favfre ext^mît^ de la grande nef. 
près de la grande porte d'entrée. 

La i&ince est Iet4e k h heum et demie. 

L» StcméiMin uJjoiÊt de U BÊClim fanhéUgù, 

M. Pnot), 

Membre du Cumilë. 



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SKANCE DU 20 AVRIL 1905. 

SOIK. 



fHiSIDIHai DB H. RBHB OAOOAT. 

M. le Seerélaîre donne lectan d'an mémoire de M. fsbbé Ahaub 
»'A«HHL, correapondant dn Comité, k Merseille, aur les relitiiHiB 
antre jfanalia et Carthage, d'âpre les récentes déconrertes faitea k 
Uarsaîlle. Comme on doit s'y attendre, les diren objets d'importa- 
tion afiieaine ceeueiUÎB dans le soua-aol de Marseille n'ont trait 
qn'à la Cartbage de la dominatioB romaine et k cdle du ehristia- 
aisme. Il n y ■ pu la moindre pranve qa'un coarant d'a&ires se 
atit établi entre la Carthaga des Phéniciens et la jeune colonie de 
Pbocée. Les données de l'arefaéologie confirment ici eelleB de riits- 
Uiîre qui montrent ces deux eitéa se lîvnDt k cette époque un iad 
k mort en vue de la conquête de la Héditerranée. Panni les innom- 
braUee tessons de peteriea sigîllées provenant des fouillée de Nar- 
sfliUe,beaMoup révèlent des officines africaines; e'eit ainsi que Ton 
toouve iouveat r^»oduite la marque S M F propre k Cartbege. Ce 
bit et d'antres encore montrent combien étaient fréquentes sous 
l'Empire les relations commerciales entre les deux grands pmis 
méditerranéens. Au iii* siècle, ces relations d'afiaires deviennent 
rares et fcnt place à des rapports d'nn nouvel ordre. II s'agit de l^in- 
flnenee rdigiesse qa'exereent les nombreux obrAiens de Cartlw^ 
et de l'Afrique dn Nord sur Us quelques fidèles de Marseille, ïb' 
iMoee attestée par plnneurs séries de dÀnuvertes. Ce sont buit 
lampes reeueilUee Ion du percement de la me de k RépebliqMe 
dans des lombeanz dont le mobiber funéraire se cmnposait uniqie 
amt de vases d'importation africaine. Ce sont des fragments de 
^ta et de oarreanx d'une aénmiqne rou^ è déeor chrétien abiidiH 
ment identiques è ceux qui ont été trouvés en Tunisie par M. 6mi&- 
kler et le R. P. Delattre. Ce sont enfin des olpès et des bsisamaires 
de femes tris typiqwae, tids que ohix recueillis récemment par 
M. Gandder A Sidi-Danar m Tuniaie. Lee doeaments arcbéologiqnce 



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— I.IIÏ — 

âWportalion africaine découverts à Marseille soat d'auUnt plus 
importants que l'histoire ne dît rien des rapporte eatre MauaUa et 
Cartbage. 

Il est donné communication d'un recueil de documeute sur l'an- 
tique Riuieade formé par M. Louis BERint-iD, conservateur du Musée 
de Philippeville , correspondant du Comité. Ce recueil consiste en 
une série de belles photographies de ruines et monuments antiques 
découverts dans le domaine de M. Georges Lesuenr, compris entre 
la mer, la crête du mont Beni-Melek, et deux ravins connus sous 
le nom d'EI-Mouader et de Bou-Parka. Les antiquités les plus re- 
marquables recneillies an cours des fouilles, et dont M. Bertrand 
envoie les photographies au Congrès, sont : un piédestal de statue 
avec nne inscription mentionnant un praaseg pnemetae NumidiÊe cbh- 
sularù; deux bustes; un tronçon de borne milliaire; trois stMes vo- 
tives; une statuette de marbre représentant Lalone ou la Fécon- 
dité, tenant sur sa poitrine deux enfanta nus; une autre statu^te 
de terre cuite représentant une femme bossue et au ventre énorme; 
des sarcophages, des colonnes, des chapiteaux, des lampes et des 
monnaies. Ces objets ont été réunis dans un bâtiment dit le Bordj, 
que M. Lesueur a transformé en musée. 

Quant aux monuments que M. Bertrand n dégagés, œ sont dens 
mausolées et un édicule voâté. Il a, en outre, mis au jour une 
nécropole chrétienne dont 1 3 1 tombes ont été reconnues. On y re~ 
marque un certain nombre de piliers monolithes avec chrtames et 
graffites. 

M. BuniBB, professeur adjoint à h Facutté des lettres de l'Uni- 
versité de Caen, dans une note très nourrie, a étudié les produc- 
tions naturelles de la Maurétanîe Tingitane : minéraux, végétaux, 
animaux de toute e^>èce, surtout des éléphants, des ùnges et dos 
ehevaai. Il a recherché ensuite quelles relations oommercialee les 
habitants entreteoeient avec l'Europe, Italie et péninsule Ibérique; 
pour cette demîire province, il y a eu depuis les temps les plus 
reculés jusqu'au moyen Ige un échange coDBtmt entre l'Eapagne et 
le Maroc. 

H. le Secrétaire donne lecture d'un mémoire de M. Décnu-BitE, 
eonservateur du Musée «rohéologique de Roanne, correspondaut 



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du Comité, relatif auK antéfixes eéramiqueB de labrique gnllo- 
romaine. 

L'auteur dresse ud premier inventaire de ees objets conservés 
dans diverses cdlections publiques et privées de la France centrale , 
et qui n'avaient pas encore été soumis & une étude d'ensemble. It 
donne la liste des marques et s'attache à rechercher les principaux 
centres de fabrication. 

De l'étude des types de l'omementalion, il ressort que les exem- 
pUîres d'origine gallo-romaine ne sont que des copies contaminées 
de modèles gréco-romains. Les masques et les palmettes des tuiles 
frontales décoraut les édi&ces de Vienne et de Clermont, à l'époque 
romaine, apparaissent déjà sur les anciens antéBxes des temples 
grecs arcbaïques. 

H. Gadcum, directeur des Antiquités de Tunisie, rend compte 
des travaux entrepris récemment à Dougga par le service qu'il di- 
rige pour d^^er et restaurer le temple de Caelestis. Ce sanctuaire 
présente un intérêt exceptionnel au point de vue de fbistoire des 
religions et de l'histoire de l'art : c'est le seul temple antique oà 
la «ÂOa centrale soit entourée d'un portique demi-circulaire , dont la 
forme était sans doute destinée à rappeler celle du croissant de 
la lune, que représente la déesse punico-romaine Caelestis, Les re- 
chmvbes exécutées en igo4 par M. Sadoux, inspecteur des anti- 
quités, ont établi que )e temple central était d'ordre corialliien 
hexastyle el pérîptëre, que le portique corinthien du pourtour était 
vodl4 de voAtes d'arête, enfin que le temple de Caelestis était pré- 
cédé d'un nymphée à ciel ouvert que le Service des anliquités doit 
commencer & dégager cette année. 

M. CieiAt insiste sur le tris grtttd intérêt que présente la dis- 
poailioD du temple de Caelestis et sur l'importance de la restaura- 
tion entreprÎM par M. Ganckler. 

M. le commandant Coiflasati, de Rennes, émet l'opinion que le 
temple dont on a retrouvé les ruines doit s'élever sur l'emplacement 
d'un sanctuaire plus ancien. 

M. Magu^nne, vice-président de ta Société de Constantîne, 

donne leetnre d'un mémoire de M. le docteur Houqumrre, de la So- 

Akb£olobii. — 14*3. ■ 



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D,j.,.db,Googlc 



sceDiam. Seise d'entre elles ont déjà étë relroavées, notamment 
deui Mercore, un Apollon, un Bacchug, un Hermès tenant Diony- 
sos enfant, une VAmu aMMOfiigaée de TAmiMir, un portrait de 
Lacius Verus en costume héroïque. M. Gauckler a retrouvé, en 
outre, nne tête de personnage barbu qui semble un poète grec, et 
une léte d'acteur masqué, qui jouait le r&le d'acrotère au-dessus 
de la galerie de pourtour. Parmi les nombreux textes épigraphiques 
recueillis au cours des travaux, la plus impartant est une dédicace 
à ViriuM Audeiuius jEmUtantu qui fut proconsul d'Afrique en 383 et 
prit l'iniliatiTe de restsorer i«s (taluei 4u ikéUr» : reibaegmiiium 
titabvShfu ligniê mlàAmt. 

M. le Secrétaire donne lecture d'un mémoire de M. AuMLUWt, 
proCaiMnr i la famlté des lettres de ('tlaivanit^ de ClennoBt,eur 
1m lÊiÊilm tU^aiamn d'Afrique. 

Le einME »t lavée i h lieana. 

U Sm*mr» «i^mM «b la SêtUnt d'mtêMfiÊ. 

M. PWJB, 

Membre du Coinilf. 



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■ LXflll 



SÉANCE DU 22 AVRIL 1905. 



PRéSlDEIfCB m H. MARÇIIS. 

M. le Secrétaire donae lecture d'une ootice de M. l'abbé Aihaob 
d'Aohbl, de la Société de statistique de Marseille, correspondant 
du Comité , consacrée h la description des objets du trésor de la cathé- 
drale de Marseille. 

On y remenjne tout d'abord un coBret d'ivoire reetangulaira, 
cerclé d'armatures de cuivre doré. Cette botte, de dimensioiu 
moyennes et de lignes gracieuses, porte une inscription en caractères 
Rrabes : c'est un souhait de bonbeor tiré du Coran. Le décor se 
compose de cercles ornés d'arabesques à l'intérieur, de paons por- 
tant dans le bec un rameau feuillu, de bouquetins et d'autres ani- 
maux. Sur le couvercle, un médaillon central est occupé par un être 
à la tête humaine large et aplatie, mais dont le corps se termine 
en queue de poisson. Tous ces sujets sont peints en teintes douces 
vert et jaune pâle , relevées de quelques traits noirs et or. Ce cof- 
fret artistique rappelle le petit meuble d'ivoire du trésor d'Apt 
publié par M. Arnaud d'Agnel dans le BuUetm ardûologique de t goA ; 
mais, tandis que ce dernier provient de CoHstantinople, l'autre aélé 
fabriqué en Perse au xv° siècle. 

Une pièce plus récente , mais d'un travail d'or{%vrerie ti^ remar- 
quable, est un reliquaire de lu Renaissance italienne, imitation 
gothique. Cette pièce est en forme de tombeau rectangulaire i loi- 
ture k quatre rampants, couronnée par la statue du Christ portant 
un étendard. La boite repose sur quatre pieds en forme de grenades 
entr'ouvertes. Cette pièce représente la Résurrection. Le sépulcre 
richement orné de ciselures et d'émaux est gardé par des soldats 
qui sont endormis tout autour sur des degrés. Cette merveille d'or- 
fèvrerie religieuse appartient au xvi* siècle et porte plusieurs des 
caractères de l'art italien bien accusés. 

A citer encore un Christ d'ivoire, d'une analomie défectueuse, 
mais d'une belle expression, oeuvre du iV siècle. 



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LUI 

M. le Président fait observer que le co&^t d'ivoire du trésor de 
Marseille, par son décor et la forme des lettres de l'iascription , 
psratt avoir uae or^ine syrienne et rappelle certains moniunenla 
du temps de Satadin. 

Lecture est donnée d'une étude de M. Emile Boinn, de la Société 
archéologique de Montpellier, sur le sarcophage antique dit «de 
saint Aphrodiseï, à Béziers, et dont l'auteur fait remarqlier les 
analo^es avec un sarcophage de l'église Saint-Fâii, à Girone. 
L'im et l'autre sout ornés d'un bas-relief représentant une chasse 
au lion, 

M. le Secrétaire rend compte d'un mémoire de M. Léon Coutil, 
i«rrespondant du Comité, aux Andelys, sur le cimett^ franc et 
carolingien de Criel (Seine-Inférienre). Il fait passer sous les yeux 
de l'assemblée les photographies jointes au travail de M. Coutil. 

Le cimetière de Criel a été découvert en i8&8,en extrayant des 
cailloux, puis, en 1866, des ouvriers occupés an même travail 
trouvèrent une large boucle accompagnée d'une pl&qae de bronze 
ajourée, ornée d'une figure humaine en relief, autour de laquelle sont 
groupésdes monstres dévorant lesbras et les jambes du personnage; 
celle plaque fort intéressante rappelle celte de Cugny (Aisne), de 
ta collection de M. Jules Pllloy. Une garniture de fourreau de scra- 
masaxe en argent offre anssi un décor de style seaqdinave et se 
termine par une tête d'oiseau; enfin un chaton de bagne ou de 
boutée d'oreille d'or, orné de grenats, termine la série des objets 
les plus intéressants de cette seconde découverte, suivie d'une plus 
récente, mais moins importante, en 1 871, qui a donné notamment 
des mvettes de brome de fwme ronde et deux fitnites ornées 
de cerdes, ayant pu supporter une plaque estampée d'or ou 
d'argent. 

An mois d'octobre 190&, M. Cottel entreprit des fouUles métho- 
diques sur le même emplacement Les renseignements pris lors de 
ces feuilles et Texamen des objela , presque tous acquis par M. Coutil , 
lui ont permis d'en donner une description complète. Environ cent 
trente tombes, limitées jiar des moellons offrant parfois trois sépul- 
tures superposées , ont fourni cinquante-six vases, quelques cupules 
et une fiole de verre, dix seramasaxea, cinq framées, qainie cou- 
teaux , dix fers de flèche , de très grandes plaques de fer avec leurs 



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bouetes reeoarertefl de dnauqninant d'aj^nt, nae garnilnre de 
lonmaa dfl ssbre, eo fer, aree iBerasUtioiw d'nj^eat rappduit 
le loniTeta de l'ép^ de Cbildérie, et «ne ehrfnette de far de 
1 mètre an moins de longueur, dont les tifot MHit reeowrerles 
de brome, et d'un modMe josqu'ici inédit 

Le brtoie «et raprtenté ptr nne pUi|ne tvrée ornée d'une 
chimim ailée, dem pleqoes nnides, une plaque arec m boucle 
portant' dea incnutatiinu d'ai]gent, denx autres de atfle «n peu 
seandînaTe, beaoeoop de petites bougea CMnim et platea, d'antre* 
nnidef, mne pince k épiler, dem grandea épingles, nne fibide k 
quatre lobes, deux autres ansées, une petite balance, deux paires 
de boucles d'oreilles et trois bagues; enfin, une sorte d'oiseau avec 
partie* dorée* et des grenats îaïérés sur le dos, dcat Vnaage reste 
indétenniné. 

Ce qui ajoute à l'intérAt de ce mcdiîlm funénire, ce sont les 
deus lion* d'or, ooochés, dont tes poil* lODt aimnlés p*r de* filt- 
granea, la crinière et l'œil par des plaquettes de grenata on d'éine- 
raode* alternant, serties dans des cloisons d'or; une très riche 
bonde de fer, afec ardillon de bronze , ainsi qu'on briqnet, oroés 
tous deux de doiaons d'or arec Terrateries; un petit ferret de coor- 
roie porte en son centre nne pellienlfl d'or. Enfin une grande 
épingle d'argent, dont la tête ornementée est reconiertad'aw feuille 
d'or, se tennine par une plaquette d'or triangulaire et mobile, «née 
de filigranes; elle ressemble i cdie de Vermand (Àiane), *auf 
l'omementation de la plaquette. La croix et certaina décors de ces 
objet* ainsi que les damasquinurea permettent de considérer la* 



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Ub nuiaisDule inaoïmu, à ce titre du «unns, fait l'ot^et de la 
coanumoatMo d« N> MaarÏM fiiuwAUiT, «)u»-arctùvût« du dépar- 
tavMt des Bfmcbe»-du-RhâQ«. Il s'asit da MaohauU d'AmooviUs, 
Motréleiir g^éral «l ^uda dea bcmux dQ IjOuû W, dont ineune 
dw lûogra|diiea qqa pu coiuultar fauteur n a signalé le goût pour 
lea nédaillss aaoieopaa, lia doaiier coniené aux amhîvM doa 
BouehM-dU'Hh&Df noua apprend que ce peraonnage avait fait nue 
eofiaction d« EDounaiH royalw franpaiàM et qu», pour iftanchir, il 
avait cbaigé lea diractiona des Honiuilea et U» ebangeum da retenir 
au passive les pièces qui pouvaient l'intérwaar» an mitât teoqw 
qu'il priait !•■ iateadanta d« faire rooharcber ceUta qui pouvaient 
ae trouver dm» leur Généralibi. 

Lea intruotioDa qu'il avait envoyées aux una «t «u> autres math 
tnat que M. de Macbault était ptut qu'un aimi^a curieux, plus 
qu'un ooUectionueur de vieux bqub. Lea indioations qu'il donne mr 
les sols et triens mérovingiens ainsi que sur les deniers carolingMua 
dénotant doa ctuiiwiiaaanees acientifiquaa sériauaei, 

La liile des pièces «avoyées par las divers délégués dea divers 
points de la Provenoe, liste parfoia aoconipagnée d'un de«in du 
Diotif prinaipal, donne Heu à d'iatéreasantea remarques et permet 
de les identifier à peu près toutes avec les desoriptioas dffionées par 
Hoffmann, 

M. PiLLOT rappelle qu'à Saint-Quentin, lors de la construction 
dea CortificatioDs modeniea k la |daM des murs du moyen âge , on 
découvrit un cimetière des ii° et m' siècles de notre ère, qui conte- 
nait un très grand nombre de vases, et des monnaies en quantité 
considérable. Un mayeur de Saint-Quentin, Caignard, s'en forma 
une collection, et pour pouvoir tes déterminer il n'hésita pas k 
faire le voyage de Rome, afin de s'instruire à ce sujet. Une grande 
partie des antiquités de Caignard furent achetées pour le compte 
du cardinal de Richelieu et ont probablement passé au Cabinet de 
France. 

M. le Secrétaire rend compte d'un mémoire de M. Léon bs Vbslt, 
correspondant du Comité i Rouen, consacré aux fouilles qu'il a 
commencées sur le plateau de Boos (Seine-Inférieure), dont M. de 
Saalcy et Tabbé Cochet s^nalèrent jadis l'intérêt archéolt^ique. 
Après avoir décrit le vallon de Brunval, qui creuse le plateau, et 



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l'aacica ehemin de Pitres à Roaen, qui le traverse, M. de Vesly 
expose le résultai des fouilles qu'il a faites au Tfauit de Celionlle, 
dans la propriété de M. J. Motot M. de Vesly a reeneiHî U un 
nn grand brome d'Hadrien, et de nombreux débris de poterie 
rouge avec desâns , dont un était éroliqne et sort de l'atelier de La 
Graufesenque. D ■ pu lire les marques des potîera gdlo-roroaÎDB: 
CARATILLE, GEMEN, MLUACI, TACITVS et VAGIRO. 
Une statuette de déesse mire, de belles fibulee k émaux sem- 
blables k cdies do Musée de Namur, des épingles de bronxe et d'os 
M»t sorties des fouilles. 

Le plan de murailles dialnées de briques a pu élre dressé; et, 
remarque curieuse, des squelettes de l'époque franque, avec les 
vases caractéristiques, ont été trouvés coaehés le long des murailles. 
l)n des 8i]ue)ettes avait même été sectionné pour le passa^ d'une 
muraille construite postérieurement ik la créatioB de la villa gallo- 



Ën poursuivant son exploration, M. de Vedy a recneillî cbea 
un habitant d'In^emare, petit hameau dépendant de la commune 
de Belbeuf, une fort jolie a^afe de brome, k disque et k télés de 
génisses. Cest un type encore inconnu et qui parait dater da 
IV' siède de notre ère. 

La séance est levée à 1 1 heures. 

U âlNT-Aan adjuiml di la Stetiù» fàrtkUtgiê, 

M. Paou, 

Membre du Cumilé. 



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LXItK 



SP.ANCË DU 35 AVKIL 19U&. 



PnltSIDEICI DE NM. LE DOCTEUR CAPIÎtll 
BT ACBILLK nOBERT, 

M. (i.-iy, directeur d'école k Marengo, donne lecture d'ua mé- 
moire de M. le docteur CHkg8Atr.NR, médecin rie colonisation , el de 
M. I^uis Levirtre, instituteur public, à Duvlvier, dans lequel ils 
exposcnl les résultais des Touilles entreprises aux dolmens du Nador 
et de rOued-Frarah. La nécropole du Nador s'étend sur une vaste 
surface. Elle occupe le flanc de la montagne exposé à l'Est, depuis 
les enviions immédiats de la gare jusqu'à l'extrémité de lu goi^e, 
h son débouché dans la plaine de Duvivier. 

Les sépultures sont nombreuses et ta plupart intactes- A l'origine , 
les dolmens ont tous été eafouis. On creusait une fosse rectangu- 
laire dont les pnrois verticales étaient soutenues par quatre dalles 
déj^ssies. Le cadavre était placé accroupi dans ce coffre de pierre , 
et la sépulture était fermée par une table horizontale. On recou- 
vrait parfois le tout d'un tumulus de terre ou d'un galgal de pierres 
sèches. Le caveau funéraire ne présente guère en moyenne qu'une 
surface inférieure à i mètre carré. 

Les auteurs présentent une série d'hypothèses sur la race des 
constructeurs de ces tombeaux et sur leur antiquité. 

MM. Palliht, le commandant Miann et M. le Président échangent 
quelques observations sur les conclusions de M. le docteur Chas- 
saigne et de M. Levistre. 

M. Gay rend compte d'un travail très considérable de M. Louis 
Levistib, instituteur public & Duvivier, sur les sépultures et stèles 
libyquea des environs de Duvivier. L'auteur insiste surtout sur les 
différents types de dolmens, dont il présente de nombreuses et 
très intéressantes photographies. 



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M. Dkbudsr, de la Société archéologique dn département de 
CooBtanline , correspondant du Comité, lit une étude sur l'époque 
de b'aosition de la pierre aux métaux dans l'Arrique septeatrionaie, 
d'après Texploration qu'il a faite d'une atation de pèche au Pic des 
Singes, prës de Bougie. M. Debruge présente un certain nombre 
d'objets provenant de cette station : poterie, os travaillés, et parti- 
culièrement des dénis, ivoire, os polis, peries et rondelles d'os, 
silex taillés, perles de terre émaillée, tiges de cuivre, etc. 
M. Debruge donne ausai U deseriptiwi d'un d(4mflD voisin de la 
station. 

MM. PiLLAKT, FLàHiKD , le oommsndaiit Mahvir pr^soutent quel- 
ques oboervations. 

M. le Président fait ressorUr les points intéressants des tronvaiHes 
de M. Debruge : l'association de petits silex avee le ouivre, la pré- 
sence de perles ématllées qui sont tont k fait analognes ans p«rl«9 
égyptiennes. 

M. le Président rend compte d'un travail de M. le docteur Dbv- 
noLiB, de la Société archéologique de Sousse, consistant en deux 
statistiques, Tune des stations néolithiques, l'autre des monuments 
mégalithiques, dans la région du cap Bon. 

M. Ulysse DuKis résume l'ensemble des recherches qu'il a faites 
dans plus de onze cents tumulus des environs de Belvezet (Gard). 
Ces tumulus sont d'époques très différentes. Les premiers recou- 
vrent des dolmens avec beau mobilier néolithique et quelques 
traces de métal. Les seconds sont de l'époque du broute. Enfin les 
derniers se rapportent k l'époque hallstattïenne et même gtiulaise, 
et ont fourni de belles séries de bracelets de bronze , d'armes de 
fer el de très belles poteries avec ornements ^métriques profon- 
dément incisés. L'auteur insiste sur la tràs grande variété de eon- 
structiou de ces monuments: tantôt dolmens, tantét caissons, tantAt 
simples urnes ou encore amas d'os brûlés sur place. 

M. le Président félicite H. Ulysae Dumas de sea fouilles si hiea 
conduites et si heureuses dans leurs rélultata. 



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M. lé PrdflideDt rend oon^I» do mémoire ia M. Rvaé hwnua, 
At la Sotàéié d'agricaltnre , commerce, scieucee el arts du départe- 
ment de la Marne, consacré à IMlude d'une Bépnlture à cbar, qu'il 
a découverte Tiii dernier. 

M. RenéLemome, au cours des fouilles qu'il pratique dapui» 
1901 dans un cimetière gaulois, à Cbâtons^ur-Marne, avenue de 
Strasbourg, ade'couvert, le 7 mars 190&, une sépulture à char, 
aoslogne à eeUet qni ont été précédemment rcooaaaes dans le dé- 
partement de la Marne, at particulièremeot semblable à celle de la 
Gorge^leiilat. 

La fosse où reposait le guerrier mesanit 3 mètres de long sur 
I m. 68 de Iti^ et 6i centinaitrea de profondeur ; celle où avaient 
été déposés les mors de brides, 76 centim^trea de largeur sur 
i<t cflStimètrel de longueur et bo centimètres de protbodaur; la 
ngftleqnt reliait ces deu fosses avait 5o centimfalrea de longueur 
sar 10 eentimMres de largeur. Demx tranchée^ de ko Gentimètres 
de prefondeor avaient été pratiquées le long des parois à la ban- 
tenr de ta léte de i'inliumé pour recevoir iea roues du char, de 
làçon que l'essieu portât sur le sol de la fosse. La sépulture 
était remplie d'une terre ooire dont la nature n'a pu être déler- 
minJe. 

L'aulenr do mémoire, apHia avoir indiqué soigneusement la place 
qn'oMupait dans la sépulture chacun des objets qui en constituaient 
le mobilier, déu'it une à one les pièoee de ce mobilier. Du char os 
n'a retrouvé que les débris des cercles des roues, les frettes des 
moyen, les crocheta d'attalage, iea mon des cbevaua, c'etl-à-dire 
les parties qui étaient de fer, le reste étant de bois. L'épée à boat&- 
rolle appartient au type de la Tint I. Le caB.que de bronze était de 
forme conique. Le guerrier portait un bracelet d'or. Quatre an- 
neaux de bronze étaient alignés aux pieds. La céramique était 
représentée par quinie vases, qui garnissaient le càté droit de 
l'inhumé. On a recueilli un couteau d'une longueur de 87 centi- 
mètres, et aussi les restes des aliments destinés au mort. Enfin, i 
1 mètre de la sépulture, à hauteur de la tête, se trouvait une fosse 
contenant le squelette d'un sanglier. 

' M. le Président rend compte d'un travail présenté par M. Félix 
SoBOuas, instituteur public à Vilry-en-Charolais. L'auteur a dressé 
le catalogue des objets préhistoriques que ses élèves et lui ont 



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reeneHIis sur le boI de U commaoe de Viby. Une carie jointe au 
mémoire indique le point prëcis où les diverse* pibces ont étt 
recueillies. Ce sont des silex des époques adieuléenne, monsté- 
rieone, solutréenne , néolithique. Le nombre des nucleus et des éclats 
de toule sorte trouvés au lieu dit rU Croisetlen semblent indiquer 
qu'il y s eu là un ntelier. 

M. AcbiHe Rmut lit une étude palethnologïque sur U com- 
mune mîsie des Maadid. L'auteur, après avoir donné la géographie 
de la commune et présenté certaines considérations sur la préhïfl- 
loire, signale trente stations ofl il a trouvé, à vbU de sitex taillés, 
dos frogmeuts de calcaire , dont qudques^uos portent des gravures 
représentant des chasseurs et divers animaux. 

La station d'Oulaoui, dans le douRr Sidi-Embarek, lui a fourni 
huit pierres gravées; celle de Bir-Si-Haberek, trois pierres égalt- 
menl gravées. TreDU>-8ix planches sont jointes au mémoire do 
M. Robert. Les diverses pièces recueillies par M. Robert ont été 
ofTertes au Musée des antiquités africaines d'Alger. 

M. le Secrétaire donne communication d'une notice de M. Louis 
CuARHiER, répondant h la builiÈme queslion du programme dy 
Oongrk : <r Dresser le catalogue des trouvailles de monnaies puni- 
quGSn. M. Cbairier décrit une trouvaille de monnaies faite, it y a 
quelques années, sur le territoire de la commune de ChAteaudun. 

M. Jules GuAMBBiBRa fait dépwer sur le bureau des exemplaires 
d'un livre intitulé la Geniie du Monde. 

I.a séance est levée k 1 1 heures et demie, 

fA SKràain aijomt di U Sêetien fartl M agi», 

M. Prou. 

Membre an Cnmit«(, 



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SÉANCE GÉNÉRALE DU 26 AVRIL 1»0&. 



Le mercredi 36 avril a eu lieu à Alger, dans le hall du palais 
eonsulaire, soue la présidence de M. BieuTeau-Marlia , ministre de 
rinstnictioD publique, des beaux-arts et des cultes, l'asBemblée 
générale qnî clôt, chaque aimée, le Congrès des sociétés savantes 
de Paris et des départenienls. 

Le Ministre est arrivé à 9 heures, accompagné de M. Jonnarl, 
gouverneur général de l'Algérie, et de MM. Renard et Félix, chef 
du secrétariat particulier et secrétaire particulier du Miulslrc. Il a 
été reçuparM. Altairac, maire d'Alger;Jeanmaire, recteur de l'Aca- 
démie; Bayel, directeur de renseignement siipériour, cl M. de Sainb- 
Arroman, chef du bureau des travaux historiques et des sociétés 
savantes. M. le Ministre de l'Iastniction publique a pris place sur 
l'estrade, ayant à sa droite M. le Gouverneur général, M. René Basset, 
président du Congrès des orientalistes; M. Bayet, MM. Philippe 
Berger, René Gagnât, membres de l'Institut; le docteur Capilan.Salc- 
franque, Ganckler, membres du Comité des travaux historiques et 
scientifiques; Thévenet, Mesplé, professeurs aux écoles d'en.-^ergne- 
ment supérieur; à sa gauche, M. Héroo de Villefosse, membre de 
l'Institut, président du Congrès des sociét<3s savantes; MM. le Recteur 
de l'académie d'Alger, Gsell, directeur du Musée des antiquités 
algériennes; MM. Vidal de La Blache, Cordier, Gazier, Prou, Geor- 
ges Harmand , Gasion de Bar, membres du Comité des travaux 
historiques; MM. Bruch, le docteur Curlillet, directeur honoraire 
et directeur de l'école de plein exercice de médecine et de phar- 
macie; M. le commandant Drogue, M. le lieutenant de vaisseau 
Boissière, M. le tieuteaant Ali-Ghérif, de la maîsoa militaire du 
gouverneur; MM. Ficheur, le docteur Trabut, Battandier, Waillc, 
Huiler, Lefébure, professeurs des écoles d'euBeignement supérieur; 
UM. PeUeport, le commandant Lacroix, Marçais, de Motylinaki, 
Robert, Duc ont paiement pris place sur l'estrade. 

fin face de M. le Ministre : MM. le général Servières, commaa- 



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dan t en chef du 19° corps; le généra] Bailloud, eoiomnndant la 
diviBÎOD d'Alger; Vacher, premier présideat; G>3te, procureur gé- 
néral; Varnier, secrétaire géuëral du Gouvernement géaéral; Ros- 
laing, pri'fet d'Alger; lePr^identdatribanal de pnHÙïre instance; 
Jourdan, président du trilmnal de commerce; Charies Jourdan, 
président de la commission des Gnances des délégatioDs fiaan- 
cières; Cbenot, président du consistoire protestant; le Président 
da consistoire Israélite; G«st«n, prétident de !■ càamfande c*m- 
merce; Senait, membre de Tlntitat; Lamometta, i ni paetwir 
d'A«a4énie; DuJHrrifir, directmir de TÉccdede droit; Jane, TMket 
et Rouyer, «djmnis au mura; Pnrt, praviiear du Ifc^i Laciuii, 
conseiller de gouvernement, directeur des «fiàirM iMKghMB; Hon- 
das et Barbier de Meynard, Toutain, le docteur Ledé. 

Dans Tassistance on remarquait : MM. Coqudle, le d wt Bw D«- 
jeanne, Ulysse Dumas, le marquis de Fayolle, le baron <le 6«er*e , 
A. Knnti, Laron,1e commsDduf Coîgnerai, E. Leb^gm, Gtttef, 
H. Lemoinc, L. Mertt, Hiwrflet, Pairtowski, Pécbein, Piat, Piltoy, 
Bonnardot, Rocbeblavc, Trihides, Servonnet, SnberWe, Ttrdre, 
M"* de Salberg, M*" Rey, membres des «odétés nrantea 4e Paris 
et dn départemcBfs; Bolian, Emile Bronasais, Debmge,FlRnaiid, 
G«y, M*' Gonnel, C. Hinglais, MayoHoime, B, Rey, nenbreadee 
sociétés satantcs tecales, «le. 

La musique du t" régiment de zoaaves prl^tait soA coucoars h 
cette cérémonie. 



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D,j.,.db,Googlc 



— WXl — 

pirticulière à faire eoanathv, à faire aimer rAlgérie,iy attirer les 
curieux, les étrangers et le« eavacls. 

trVoiu me pardoanerei donc de vous en enlreteniruB instant. 

ffNouB ne sommes pas 1^ premiers qui soient venus des contrées 
«rdu Nord s'établir en Afrique; nous avons eu, sur cette terre, des 
trpràlécegsenFs illustres qui Tont conquise comme nous l'avons fait 
net qui Tont gouvernée avec gloire pendant plus de cinq siècles. Ils 
ir y ont rencontré i peu près les mêmes difficultés que nous; il leur 
ira fallu vaincre les mêmes résistances de la nature, qui n'élait pas 
(talors plus clémente qu'aujourd'hui; les mêmes oppositions du 
(traces guerrières qui occupaient le sol et ne voulaient le partager 
RQvec personne. Comment y sont-ils parvenus! Par quels mirarles 
nie courage, de patience, d'habileté ont-ils fait de ce pays aride 
flune des provinces les plus riches de leur empire ^t du mondoî 
nDe quels procédés se sont-ils servis pour implanter leur civilisa- 
ntion au milieu de ces peuples barbares, et l'y rendre si Horissante 
«que l'Afrique a fini par produire en abondance des écrivains lutins 
«et qu'A un moment elle a paru plus romaine que l'Italie mèmit et 
irque Rome. Tout cela, il nous importait de le savoir; aoua ne pou- 
Rvions donc pas négliger les leçons et les eiemples que le passé 
«pouvait nous fournir.^ 

«C'est ce qu'écrivait, il y a dix ans, un maître éminenl qui, 
mienx que personne , sait rendre rarchéolo)[ie aimable en la dépouil- 
lant de son appareil un peu rude. Vous avez reconnu M. GaslMii 
Boissier. Lorsque vous visiterez Timgad ou Corthage, eniportei 
avec vous les Promautde» areUoiogiquet m Algérie H m TunitU, vous 
aérez heureux de voyager avec un compagnon aussi agréable, avec 
un guide aussi charmant et aussi fidèle. 

ctL'enquéte dont M. Boissier a tiré tant de pages exquises, qui a 
fourni k son esprit sagace mille occasions de nous instruire, est 
commencée depuis près de trois quarts de siècle, depuis le jour 
oi, comme le dit l'inscription de Sidi-Ferrueh , l'armée fran- 
çaise est venue rendre la liberté aux mers et donner l'Algérie i la 
France. 

■L'exploration scientiiîque débuta avec la conquête. A mesure que 
nos soldats avançaient dans l'intérieur, des ruines nombreuses s'of- 
fraient k leurs yeui, des sculptures et des inscriptions de tMit 
genre éveillaient leur curiouté. Certains d'entre eux les deesinaient 
et les copiaient à la hâte entre deux alerLee;*les plus avis^ db- 



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«ayaieot de les interpréter, mais il fsllatt sans cesse i-epartir, aban- 
donner le crayon pour reprendre le (usi), il fallait avant tout se 
défendre et pénétrer plus avant. Plus d'un de ces premiers 
carnets, malgré la hâte aveclaquelle ils ont él^ redits, a fourni Ai 
précieuses indications qu'on ne saurait retrourer ailleurs. 

itVersIa fin de l'année 1839, le Gouvernement institua une com- 
mission scientifique destinée à faire connaître les richesses de TAI- 
gérie. Mtdbeurensement, elle commença ses travaux à un moment 
où les hostilités avec Abd-el-Kader ne laissaient guère d'autre 
champ à ses investigations que quelques parties du littoral; pen- 
dant les opératioDâ militaires il était impossible de s'écarter des 
sentiers ouverts par nos colonnes, il fallait se borner k glaner sur 
les traces de Tarméç. La période active de cette commission fut close 
en 18&S, alors que les succès du maréchal Bugeaud rouvraient le 
pays à tous les genres de recherches. Le chef d'escadron d'artil- 
lerie Delamarre, dont le nom demeure attaché aux premières explo- 
rations de Lambèse et de la province de Conslanttne, l'ingénieur 
Foumel et l'architecte Ravoisié furent les meilleurs ouvriers de ces 
premières recherches oBBcielles. 

nC'est vers la même époque qu'on expédie à Paris quelques mo- 
numents destinés à former au Musée du Louvre le fonds de la ga- 
lerie algérienne qui est devenue aujourd'hui la salle des antiquités 
du Nord de rAfrique. Un arrêté du duc de Dalmatie décide presque 
en même temps que l'arc de triomphe de Djimila sera transporté en 
France pour être rebâti sur une des places de la capitale ! Pen- 
sée discutable qui, du reste, ne fut pas mise à exécution. On était 
encore dans la période un peu confuse des tâtonnements et des 
essais; la pacification n'était pas complètement assurée; des soucis 
de tout genre préoccupaient l'auterité militaire. On comprenait 
cependant en haut lieu que l'Algérie ne devait pas être dépouillée 
de toutes ses richesses et qu'il fallait en oi^aniser la mise en valeur 
pour en assurer le respect. On introduisit dans les actes de con- 
cession une clause destinée à sauvegarder les droits de l'Etat sur 
les objets découverts; on créa un fonctionnaire chargé de veiller 
sur les monuments historiques. Gfaaries Texier, connu par ses 
explorations en Asie Mineure, reçut cette importante mission. 
D'autres soins absorbaient son temps; la ftérolution de 1S&8 ne 
tarda pas d'ailleurs k le rendre & ses travaux de prédilection, 

crEn 18&0, Léon Benier débarque en Algérie. Il y vient avec 
AKHtouwi*. — N° 2. w 



DigiLizedbyGoOt^le 



nue miMion du Gouvernement pour rechercher les inscriptions 
lalinea, en particnlier pour étudier te camp de la 3* légion à Lam- 
bèse et les nombreux textes qui s'y trouvent. Accompi^né du coin* 
mandant Delamarre, il parcourt l'Algérie à deux reprises. Il cea> 
Iralise les IrouvaUle», vérifie les textes déjà publiés, en recneille de 
nouveaux, les explique et les commente. A tous ceux qui traTsiHeDt 
itolëuent et sans profit, il apporte une direction et une méthode. 
De tous c6tés lui arrivent des coUaboratenre; l'armée loi fournit 
les meilleurs et les plus actifs, parce qu'elle parcourt sans cesse le 
pays et qu'elle pénètre la première sur les points encore ineitplorâi. 
Officiers, soldats, fonctionnaires, propriétaires on industriels, que 
la vue et l'amour des monuments ont rendus archéoli^ues , rivali- 
sent de zile pour l'aider dans sa grande entreprise. Bientôt paraît 
le Recueil des macriplioM laÙMi de (Algérie, accueilli aTec d'autant 
plus de faveur qu'il offre aux travailleurs et aux curieux les tran- 
scriptions de Â,6oD textes inédits. 

«La mission de Renier eut immédiatement une conséquence des 
plus heureuses. Dès i859, l'un de ses meilleurs auxiliaires, le 
colonel du génie Creuly, secondé par un jeune professeur d'arabe, 
Auguste Cherbonneau, fondait k Constantine la première société 
archéologique de la colonie. Elle est restée la première aussi par 
l'importance et la valeur de ses travaux. Ses membres rivalisent 
d'ardeur pour faire connaître tout ce qui sort de terre dans la 
riche province dont elle devient le centre intellectuel. Cherbon* 
Beau, le commandant Payeu, l'inspectenr des domaines Poulie y 
publient leurs plus intéressants mémoires; le docteur Jndas j tente 
l'interprétation des textes puniques, Victor Beboud y signale l'en- 
semble des inscriptions libyques. Les années n'ont pas ralenli son 
activité : eUe sert toujours la science. Sons la présidence de M. Er- 
nest Mercier, l'historien de l'Afrique septentrionale, la Société 
archéologique de Constantiac continue dignement la ticbe labo- 
rieuse quelle s'est assignée. 

irAJgei ne devait pas rester en arrière. Là aussi des homnee de 
bonne volonté éprouvaient le besoin de se gronper et de s'anir. 
18&6, à l'instigation du maréchal Randon, la Société hïsto- 
e algérienne était fondée. Berbrugger, qui venait d'aceom- 
une importante misaoa dans le Sahara et de recevoir le 
I d' it inspecteur général des numumenU bistwiquefl et des 
lées archéologiqaea de l'Algérien, en prend la direction. Ln 



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MTXni — 

id4iO« année paraît la flmue a/ncaim: son prettiier article est sigrié 
d'un nom qui nous est cher, celui de Chartes Tissot, alors jeune 
■ttaobé k la légation de France k Tunis. Les dëcouvertea d« Gher- 
chel y sont signalées; elles n'étaient que le préInde de nombreuses 
trouTaillee d'un int^t puissant pour l'histoire de l'art antique, 
dont la source n'est pas encore tarie. Mac Carthy, Letourneux, 
Féraud, Hanoteau, Cb. de Vigneral et tant d'autres secondaient le 
iMe de Berbrugger. Depuis plusieurs années , la Bevw afrieaine a fait 
s l'histoire moderne, et en particulier k celle de l'Algérie, une 
place considérable; elle demeure à la tête du mouvement scienti- 
fique algérien, 

«L'Académie d'Hippone et la Société de géographie et d'archéo- 
logie de la province d'Oran ne tardèrent pas k soutenir ces premiers 
effiirtB en marchant sur les traces de leurs sœurs ahiées. Entre 
temps, )e musée d'Alger et celui de Pfailippeviile s'oi^sniBent; k 
Constantine, le génie encastre dans les murs de la Casbah les plus 
belles inscriptions; à Ghercbel, on réunit tant bien que mal, sons 
nn abri provisoire , les statnes qui sortent de terre ; d'autres musées 
s'installent en plein air, dans les promenades publiques ou k l'om- 
bre des monuments romains, en attendant des locaux plus sûrs et 
mieux approprias. 

it Toutes ces fondations élaient les résultats du mouvement pro- 
duit par les voyages et les travaux de Léon Renier. Malhenrense- 
ment, des devoirs impérieux et des occupations trop nombreuses 
rabaorbaient à Paris; il lui fut impossible de reprendre le chemin 
de l'Algérie. Il continuait pourtant à réunir les matériaux destinés 
an supi^ément de sou recueil épigraphique. Un moment, ou put 
croire qu'il idlait compléter son œuvre; mais la guerre snrvint, 
die anéantit cette espérance. Après nos malbears, il refuse de col- 
laborer au Corptu iiucriftiimiim tatmanm; le volume qui lui avait 
été réservé dans l'élaboration de ce grand travail fut confié k d'au 
trea mains. 

• Dans le départNnent de Constantine s'élève nn village qui porte 
aajourd'hai le nom de Renier. Cet hommage était dâ au plus 
eéièbra de nos explorateore algériens, k celui qui fut en France le 
iBattre de fépigraphle latine et le fondatenr de son enseignement. 
Ce sont les antiquités africaines qui lui ont fourni ses pins péné- 
trantes observations. Dsns le souvenir de ses disciples, de ses ad- 
•îratears «t de tous ceux qui l'ont connu, Léon Renier est resté 



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LIIXIV 

comme uo type de droiture, de désintéressentent et d'eitrème bien- 
veillance. Il a ét^ le conseil et le guide des savanU qai ont tenté 
d'accroître en Algérie ou en France le trésor de l'antii^iiité. Un 
demi-sibcle a passé sur son œuvre; elle ne peut être oubliée. Vous 
tous. Messieurs, qui l'avez si briitamment continuée et développée, 
vous avez suivi la route ouverte à votre sctivitë par le père de l'ar.- 
chéologie africaine. 

«Après les événements de 1870, une insurrection violente bou- 
leversa r^gérie. Lorsque le calme sut succédé k la tempdte, une 
ère de prospérité s'ouvrit pour nos études. La création rapide de 
nouveaux villages en territoire civil, sur des points occupés précé- 
demment par Les Romains, la faâlité des communications devenue 
de plus en plus grande, l'appui que les pouvoirs publies prêtaient 
«ui recherches contribuèrent à favoriser cet élao scientifique. Les 
Algériens, tous ceux que les hasards de leur carrière civile ou mili- 
taire avaient fixés dans ce pays , mirent leur honneur à signaler cl à 
respecter tes souvenirs des civilisations disparues. Une génération 
nouvelle de savants, formés par les travaux et par l'eipérience 
de leurs devanciers, se présenta pour faire fructifier l'héritage de 
Léon Renier. Les uns avaient suivi au Collège de France les leçons 
dn maître, d'Hutres arrivaient de l'Ecole normale, de l'École des 
langues orientales vivantes ou de nos Écoles françaises d'Athènes 
etde Rome. Mieux armés que leurs prédécesseurs pour tirer parti des 
documents découverts, ils en démontrèrent l'importance avec une 
force nouvelle. L'activité devint si grande , les découvertes se multi- 
plièrent avec une telle rapidité, qu'il e^t bien difficile de retracer 
aujourd'hui les phases de ce grand mouvement sans risquer de 
paraître injuste ou d'être inexact. 

«L'événement scientifique qui imprima la plus vigoureuse impul- 
sion à ces généreux elForIs fut l'apparition du Corput latin. Pres- 
que au lendemain de la guerre, un jeune professeur, envoyé par 
l'Académie de Berlin, parcourait l'Algérie et la Tunisie, afin de 
préparer le volume réservé aux inscriptions d'Afrique. Ses explora- 
tions durèrent quatre années; le docteur Wilmaans mourut pré- 
maturément à Bade, en 1878, avant d'avoir achevé le reeudi qui 
lui avait coûté taut de soins; Monimsen termina sa tiche; le nou- 
veau répertoire d'épigraphie africaine, riche de plus de 1 t,ooo tex- 
tes, vit le jour en t88i. Continué par notre confrère, M. Bené 
Cagnat, par Johennes Schmidt, que la mort est venue frapper 



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aTMtt l'heure et par M. Hermann Desseu, ce grand travail ne sera 
entièrement terminé que le jour où la terre anra cessé de nous 
rendre tout ce qu'elle nous réserve encore. Dès maintenant, les 
inscriptions classées dépassent 33,ooo et le nombre en augmente 
chaque jour. Aucune province de l'Empire romain ne nous a laissé 
une telle abondance de souvenirs ; l'Afrique est la terre classique de 
l'épigrapbie lutine. Ce n'est pas seulement le nombre de ces docu- 
ments qa'il Faut admirer, c'est aussi la variété qu'ils présentent; ils 
intéressent aussi bien l'histoire générale, le géographie, la reli- 
gion, l'histoire mililaire, le droit, l'administration des provinces 
que la vie manicipale, le commerce ou la vie privée des Romains. 
C'est une grande satisfaction pour nous de constater que presque 
tous ont été découverts par des Français. On devine les services 
qu'un insirument de travail de cette nature a pu rendre; on com- 
prend quelles furent les conséquences heureuses de l'apparition de 
ce vaste recueil. Dès lora, ta scieuce allait pouvoir profiter d'une 
grande partie des résultats acquis par les fouilles. 

rDcox fondations, l'École des lettres d'Alger et la Commission de 
l'Afrique Ju Nord, contribuèrent puissamment à étendre le mouve- 
ment archéologique et à en diriger les efTorls. 

nSi l'Ecole des lettres d'Alger existe avec son haut enseignement, 
si elle a pu eiei'cer une salutaire in6uence, elle le doit à Albert 
Dumonl. Celui qui avait régénéré notre enseignement supérieur a 
entouré sa naissance de la plus vive sollicitude : il lui portait une 
affection paternelle. Trois mois avant sa mort, il lui en donnait 
la preuve eu venant lui rendre visite. Son savant directeur. M, René 
Battsel, qui en a suivi , pour ainsi dire, jour par jour le développe- 
ment, qui a joui de .ses succès auxquels il a tant participé lui- 
même, ponirail mieux que tout autre en parier devant vous et 
rendre hommage à ses dévoués collaborateurs si passionnément 
épris de la vérité. Pourquoi ai-je le douloureux devoir de rappeler 
sujoard'hui ceux qui ne sont plus et qui avaient si efficacement 
eoniribné, dès la première heure, à élablir la réputation de cette 
institution scientifique? 

Emile Masqueray, son premier directeur, est tombé sur la 
brèche après avoir fondé le Bulletin de eorretpondame africaine, aussi 
important pour les arabisants que pour les amis de l'histoire 
romaine. Il se multiplia pour servir l'Ecole; rien de ce qui pouvait 
l'intéresser ne lui était étranger, il l'aimait, comme il aimait VAi- 



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gârie, d'une ardente affecticm. Lob montagnes de rAur^t'atHrèrent, 
il y établit le centre de ses recherelies ; il en scruta les niinBs avee 
bonheur; il étudie les racée, les coutumea et le langage des tribus 
qui les peuplaient. Il formait de beaux projeta d'avenir, quand il 
fut enlevé d'une manière inattendue. Pendant sa trop courte car- 
rière il a bien servi l« acienca, il ogus a laissé d'uBanimes regrets. 

1 René de La Blanchère avait fait en Italie sa première éducation 
archéologique. Un voyage dans la province d'Oran le mit en contact 
avec l'Afrique. Il n'eut pas de peine i comprendre et à aimer ce 
pays; il voulut le servir; il lui oonsaera ses forces et son intelli- 
gence. A un âge où, d'ordinaire, on connaît raremeot les souoi set 
les dangers de la responsabilité, il fut placé à la téta des antiquités 
de la Tunisie. 11 eoLreprenait la deacription des musées organises 
parsesBoins, lorsqu'une mort jH^matorée et Bingulièremeol regret- 
table est venue subitement priver les études africainea d'un de leurs 
plus actifs iuitiateura. 

irSi l'École des lettres a éprouvé des partes cnidles, elle a sa les 
réparer. N'est-ce pas i l'ombre de ses murs que M. Paul Monceaoi 
a commencé ses belles études sur la littérature africaine } Un de ses 
plus anciens professeurs, M. Victor Waille, s'est fait une spécialilé 
des travaux sur la Maurétanie et se eonasere avec une sage persévé- 
rance aux antiquités de Ghercbel. Depuis de longues années il 
poursuit dans cette calme cité des fouilles toujours heureufles; sa 
constsnce, que le succès encourage, nous promet encore d'agréablea 
surprises. 

«L'Ecole des lettres possède surtout un travailleur inoompa 
reUe, dont les explorations* dans toutes les parties de l'Algérie 
ont ét^ particulièrement fructueuses, dont la vi^nté, servie par 
un vaste savoir archéologique, l'a rendu di^e d'acoomplir une 
tâche des plus laborieuses. Sous les auspices du Gouvernement 
général, M. Gsell a publié sur les Mmimmta tmliqmê de FAIgéne 
un ouvrage qui marque exactement l'élat de nos conaaiistiicea 
actuelles et qui devient le point de départ de toutes les nouvelleft 
recherches. Précieux manuel, dans lequel rien n'est négligé, qnî 
^oui fait connaître les monuments indigènes ou puniques aussi 
bien que les édifices romains, les basiliques chrétiennes, les for- 
teresses byianlioes, qui apporte enfin de l'ordre et de la clarté 
dans la masse énorme et confuse de matériaux aocumulée depuis la 
conquête. C'est le travail d'ensemble le meilleur ot le plus considé- 



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rsble dooL l'arah^li^ie de l'Algérie ait éM encore l'objet. M. GtHi 
aelifava uijourd'bui un AtUu ardiéologiqttt dont le Gouvememaot 
géoéral lui a coa£é la rédaction , et dont lea premières livraiwHtB 
permetteiit d'apprécier la haute valeur. Le jour oii il a ilè nommé 
isapectaur dea antiquités de l'Algie, tone ceoi qui prennent 
quelque souci de nos riebesiM ont applaudi à un choix al conforme 
à leurs espérances. 

icA cAlé de l'Ecole des lettres, les sociéti^'s savantea poursuivirent 
sans le lassor le but qu'elles s'étaient depuis longtempa proposé. 
Leurs membres, appartenant i toutes les dasses de la société, dis- 
sémioés sur tous les points de l'Algérie, pouvaient axeroar sur les 
fouilles une salutaire influence. Stimulant les bonnes volontés 
locales, défendant les monuments en péril, inspirant partout le 
respect du passé, elles contribuèrent efficaoement à la protection 
des antiquités. Le dévouement de ces sociétés, les services si nom- 
breux qu'îles ont rendus à la cause de l'histoire et de l'archéo* 
logie , sont de ceux qu'on ne saurait oublier. 

H Qudques vocations parlieuliferas se firent jour; celle de Julien 
Poinssot fui malheureusement de trop courte durée. Indépendant 
par caractère et par situation, il joignit k l'honneur d'acooDiplir 
d'uUles explorations le mérite de faire connaitre un grand nombre 
de textes inédits en créant un Bulletin des antiquités africaines, 
aouB le patro'nage de la Sociéld de géographie et d'archéologie de la 
province d'Oran. Il le dirigea avec le regretté commandant De- 
maeght, fondateur du Musée d'Oran, dont les fouilles heureuses 
ont apporté à dos travaux de tris utiles contributions. C'est dans ce 
bulletin qne parurent les premiers essais de M. Patiu de Lessert, 
qui se préparait à nous donner plus tard, dans ses Faiteê du pro- 
mues ^riemnêi, lea biographies des grands fonctionnaires, déposi- 
tairas de la puissance romaine en Afrique. 

s Un souvenir est dû aussi à ce jeune professeur du lyeée de 
Constantine, qui s'ëlaoçait plein d'ardeur et d'espérance pour 
accomplir de fructueuses nûssions dans le haut Sahara et qu'au- 
cune difficulté ne semblait devoir arrêter. Paul Blanchet avait fondé 
rAssoeiatioo historique de l'Afrique du Nord et en était devoiu le 
secrétaire général, lorsqu'il fut enlevé, au Sénégal, par la fièvre 
jaonc an retour d'une périlleuse expédition, oi^anisée et conduite 
par lui avec un plein succès. 

n L'établissement du protectorat français ouvrit la Tunisie aux 



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recherches de (oute nature. Le premier min dn Goavemement fîit 
d'instituer au Ministère de l'Instruction publique une commiBeion 
«péciale, rattachée à la section d'archéolo^e du Comité des travanx 
historiques et chargée d'examiner, au point de vue de leur publi- 
cation, les communicatioDs relatives à ce pays. Voas savez combien 
elles ont éié nombreuses ; elles ont porté sur les sujets les plut va- 
riés de l'arcbéolt^ie antique depuis l'époque des Phéniciens jusqu'à 
celle des Arabes. 

«11 ne saurait entrer dans ma pensée de retracer devant vous, 
même à grands traits, l'histoire de l'exploration de la TanJsie; je 
ne puis me dispenser pourtant de proclamer qu'elle a été conduite 
avec autant de' elairroyance que de succès et qu'elle continue i 
donner de merveilleux résultats. Pour en exposer la marebe avec 
quelque intérêt, il faudrait de longs développements , dans lesquels 
il m'est impossible d'entrer. Les documents exhumés dans la R^ence 
de Tunis ont été mis à la disposition des savants avec une rare 
libéralité et avec le plus ^nd empressement, beaucoup ont d^à 
pris place dans les grands recueils; ib y sont classés à cAté de 
ceux qui proviennent de nos fouilles algériennes, formant avec eox 
un tout homogène qu'on désigne sons le nom d'<r Antiquités afri- 
cainesn. Qui oserait aujourd'hui aborder un sujet relatif à Fbîs- 
laire des différentes civilisations qui se sont succédé en Afrique, 
sans interroger l'ensemble de ces documents? Les deux explorations 
se complètent l'une par l'autre; elles sont sœurs, mais la Tunisie a 
été privilégiée. Dès le défaut, les recherches y ont été dirigées par 
des hommes expérimentas et soutenues par d'importantes resBonrces, 



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cetle précieuse suite de grands catalogues illustrés qui mettent 
sous nos yeux les richesses consenrées dans nos musées d'Aig^rie 
et de Tunisie, parient assez éloquemnient en faveur du but pour- 
suiri par la commissiim pour qu'il soit inutile d'insister sur le 
dévouement de ses membres. Il en est un cependant qui, depuis 
vingt ans, lui a consacré toute son énergie, toute sa volonté; c'est 
son secrétaire, M. René Gagnai. Par de nombreux et d'excellents 
travaux, M. Gagnât a contribué plus que persoone i mettre ea 
lumière les documents sortis du sot africain. Pendant quatre an- 
nées, h une époque où il y avait quelque mérite à le faire, il a 
parcouru la Tunisie; il en a rapporté des testes précieux. Dans un 
magnifique ouvrage sur l'arma romaine, dédié à notre année 
(raiiçaise d'A^rie et de Tunisie, il a montré le parti qu'un histo- 
rien de sa valeur pouvait tirer des documents découverts; il a re- 
tracé rhistoire de la 3' légion et celle des troupes auxiliaires char- 
gées, sous l'Empire romain, de garder Iw provinces africaines. Ce 
ne sont pas lit les seuls services qu'il nous ait rendus. Il s'est atta- 
ché à l'Afrique, il l'a aimée comme l'aimenl ceux qui la connais- 
sent; chaque année il y est revenu pour continuer ses travaux, 
encourager ceux des autres, inspecter les musées, veiller à leur 
développement; il s'est enfin consacré tout entier à l'étude de ses 
antiquités. H avait rapporté une moisson si abondante d'inscrip- 
tions nouvelles, que l'Académie de Beriin l'a associé à ses travaux, 
et BOUS avons ainsi la grande joie de voir un nom français, le sien, 
figurer parmi les collaborateurs du Corpus latin. Après avoir re- 
cueilli la succession de Léon Benier dans sa chaire du Gollège de 
France, il est devenu, comme lui, le véritable maître des études 
africaines. Cest sous ce double tilre que nous aimons h le saluer 
ftujoard'hui. 

<rM. Gagnât a publié une monographie excellente de la ville de 
Timgad, nom magique qui évoque dans nos esprits le souvenir 
de Pompai. Je me rappelle avoir visité Tîmgad , il y a plus de trente 
aus. Le blé poussait sur l'emplacement de la ville, encore cachée 
80UB une épaisse couche de terre. Seul, le fort byzantin dominait 
Ift plaine; il fallait se mettre h genoux pour passer sous l'arc de 
triomphe. Aujourd'hui, quel changement prodigieux! Les rues sont 
déblayées; le forum avec les grands édifices qui le bordent et 
les statues qui le décorent, le marché, le CepitcJe, le théâtre, les 
temples, la cité tout entière, ses maisons et leurs dépendances 



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doDoeat au «isiteur chanm^ rilluBioa as la vje aaLique. C'eit le Ser> 
vice des Moaumente historiques da l'Algérie, dirigé avec tant do 
talent par M. Albert Ballu, qui a opéré celto IraBsforination, Et 
nous avoni beaucoup d'autres motifs eocoro pour lui témoigner 
notre gratitude. 

rLe SerTÎce géographique de l'armée a prêté aux recherches ud 
coneourB emprCBaé, Si nous coQuaiBsous exaclemeat le tracé des 
voies romaines du Sud, lee mines qu'eilw traversent et les moin- 
dres vestiges relevés dans les parages loiataina où notre colaaisation 
n'a pris qu'une extension reatreinte, nous le devons i ees officiers 
laborieux qui travaillent avec patience à rectifier la carte de rÉtat- 
Major. Comme leurs aines, comme lears eamarades des aflhires 
indigènes ou des troupes actives, ils nous communiquent leurs dé- 
couvertes, ils nous envoient les résultats de leurs observations. A 
maintes reprises, ils ont pu résoudre sur place plus d'un problème 
diBicile. Le général Berthcult, qui représente ce grand servioe, sait 
que nous apprenons chaque jour k estimer davantage leurs travaux 
et à nous louer de leur précieuse collaboration. Dès les premiers 
temps de la conquête, à l'époque héroïque de l'exploration algé- 
rienne, notre armée s'est passionnée pour l'archéologie, et cette 
noble passion ne s'est jamais éteinte. 

«Je ne puis rappeler les nombreux travaux entreprit, patronnés 
ou eocouragéa par la Commission de l'Afrique du Nord. Cette eau- 
mération serait d'ailleurs inutile devant un auditoire qui les connaît 
si bien. Mais j'ai, du moins, l'agréable mission d'exprimer aujour- 
d'hui, eu son nom, les senlimenta de redonnaissaoce qu'dle con- 
serve i ses correspondants, à tous ceux qui l'ont secondée dans sa 
lâche. Parmi les hommes distingués qui lui ont donné des preuves 
multiples de leur dévouement, il en est un que je me reprocherais 
de né pas féliciter aYeo vous. 11 appartient à l'Algérie par ses pre- 
miers travaux; la trace de l'ardeur qu'il y a déployée peudant ses 
belles années de jeunesse s'y retrouve toujours. Je veux parier de 
M. Paul Gauckler, actuellement directeur du service des antiquités 
et des arts dans ta R^ence de Tunis. Vous irei en Tunisie, Me»> 
sieurs, vous admirerez sur place les résultats de Mfl eSbrta et de 
son activité. Vous applaudirez à l'œuvre à laquelle il s'est donné 
sans réserve et qu'il poursuit avec une vaillance inlassable. Elle 
vous apparaîtra sous son véritable jour, dans son complet dévdop- 
pement, dans toute son utilité pratique. Vous verrez le Musée 



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magBÎGquft installé au Bardo; lee monumaDts trouvés sur toua lei 
points du pays y parleront à vo!< yeux et à vos esprits. Les grands 
musées de l'Europe eorient au Musée de Naples une adaùrablfl 
suite de peintures sorties des fouilles delà Gaai[janie; îla envient 
également aux musées tunisians une série incomparable de mo- 
■aïqaes, dont aucun d'eux ne parviendra jamaie k réunir un pareil 
ensemble. L'use de ces mosaïques présente une valeur inappré- 
ciable, elle noua a fait connidtre le portrait de Virgile] 

K Peut-être anres-vous le désir de visiter Dougga? N'hésitez pas 
à succomber h cette tentation. M. Gauclder y fait revivre en ce mo- 
mant une des plus vîeiltea cités de l'Afrique, une cité où lea sou- 
venirs de la civilisation punique se mêlent à cent de l'époque ro- 
maine. Vous y contemplerei le grand théâtre, déblayé jadis par le 
docteur Carton, le magnifique sanctuaire de la déesse Géleat« avec 
ses Colonnades rétablies en place et sa riohe épigraphie, le oyio- 
phée, le oapitole et le forum. Et vous rendras un hommage mérité 
à l'intelligente initiative du savant qui dirige ee travail, à sas col- 
tsborateum, au lèle éclaira qu'ils déploient en commun dans l'ac- 
complissement de leurs fonctions. 

«Oui, la Tunisie vous espfere et voua attend. Avant tout, vous 
voules voir Carthage dont le grand nom vous attire. Vous n'y re- 
trouveres ni les traces de Didon, ni les souvenirs d'Annibal. Du 
haut de l'acropole de Byna, sur la colline oà le roi saint Louis 
rendit le dernier soupir, vous apercevrez devant vous le promoBr 
taire d'Apollon et les hautes montagnes qui encadrent le golfe; à 
vos pieds, les emplacements des ports marchand et militaire, où 
•a réunissaient jadis Us grandes Hottes de Carthage, vous perattront 
bien pMils. Vous jouirai du spectacle enchanteur que la nalura vous 
y réserve et, devant l'horizon grandiose, vous ouhlierei un ioslantle 
posté pour ne penser qu'au présant. Du oMé de la terre, le paya est 
oeoupé par des jardins et des maisons de campagne; de la ville, il 
ne reste que quelques pans de murs, des citernes et des trous aux 
endroits où l'on a fait des fouilles. Pendant des siMes, Carth^e a 
été espl<Mléfl comme une carrière. Là encore, cependant, ont en 
lieu de mémoraUes découvertes : si nous connsissons quelque 
chose de la topographie de la ville à l'époque romaine, si le voile 
qui nous a caché pendant longtemps la civilisation punique eom- 
nanoe à se soolever, il faut encore en remeroier M. Gauclder. 

«A c6té de lui, leP. Delattrea poursuivi patiemment, deputade 



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loDgneB aonées, un travail méthodique d'eiploration. A l'endroit 
même où ils ont été recueillis, les moindres débris antiques con- 
servent comme une saveur pHrticulière. Aussi vous jouïres double- 
ment d'une visite au Musée Lavigerie; c'est là que vous verrei et 
que vous comprendrez le mieux Carthage , en admirant les monu- 
ments que le P. Delattre s'est eflbrcé d'y réunir. A c6t^ des souve- 
nirs deo premiers temps chrétiens se trouve un ensemble étonnant 
de textes puniques, sur le sens et la valeur desquels M. Ph. Berger 
nous a heureusement édifiés; la grande dédicace du temple d'As- 
larté et de Tanit en est le morceau capilal. Vous y admirerez sur- 
tout un groupe de sarcophages de marbre blanc, ornés de pein- 
tures, dont le plus beau présente l'image en relief d'une prêtresse 
carthaginoise, revêtue de ses habits sacerdotaux, entièrement re- 
haussés d'or et de couleurs encore vives. Le langage, les croyances 
et les mœurs des Carthaginois vous apparaîtront avec une clarté 
nouvelle. Heureusement, les nécropoles paniques, creusées dans 
le rocher k plusieurs mètres de prorondeur, avaient échappé à la 
fureur des soldats de Scipion; la vieille Carthage qu'on croyait 
entièrement anéantie sort lentement des profondeurs de la terre. 

R Ainsi partout oil la France a mis le pied sur oe rivage, elle a tiré 
de s» conquête un large profit scientifique. Un tel mouvement de 
fouilles et de découvertes devait avoir, pour notre enseignement 
supérieur, un avantage pralii|ue. L'Afrique du Nord est devenue 
comme un vaste leirain d'études ouvert k l'ardente curiosité de nos 
prolesseurs et de nos savants. Ils y ont acquis une connaissance 
plus approfondie des monuments, ils ont appris k étudier les textes 
SUT la pierre elle-même, à interroger les ruines, k faire parler les 
monuments figurés. Après un séjour en Afrique, ils ont mieux com- 
pris l'antiquité qui leur est ap|iarua avec plus de vérikS et de pr^ 
cision. L'examen palient du document indique sûrement h l'histo- 
rien la voie qu'il doit suivre. M. Diehl avait parconru l'Afrique 
avant d'écrire son Hùioire de la domination byzanlme; M. Audollent, 
après ses missions, nous a donné un livre excellent sur Cartilage à 
Opaque TomainÊ; M. Toutain était venu recueillir sur place les élé- 
ments de ses recherches concernant le coite du Saturne africain et 
la oolonisalion antique; grAce enfin aux voyages de M. rarehilecte 
Saladin , nons avmis appris à mieux connaître l'art masulinas et tes 
mosquées qui en conservent les plus curieux spécimens. Combim 
d'autres noms faudrait-il citer parmi ceux qui se sont servis avec 



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XOIU 

boDhenr des docaments arricainaet dont tes ouvrages ont fait avan- 
cer la science 1 

irEt si j'osais parler des études arabes devant leurs représenlonts 
les plus qualifiés, je devrais eocore eiprimer toute nofrc recounals- 
svice k MM. Basset, Houdss, Doutlé, de Molyllnsky, Gabriel Colin, 
Goatave Mercier et Marçais, chefs de cette laborieuse phalange 
qui s'applique à réunir le trésor des inscriptions musulmanes ou à 
publier des documents sur l'hisloire de la domination antérieure 
ï la n6tre. 

<r Renan a eu bien raison de dire que l'exploration scientifique 
de l'Algérie serait on des titres de gloire de la France au dis- 
neuvième siècle. Elle a ^té conduite avec un succès qui est bien 
notre ceuvre et dont la France peut, à bon droit, se montrer fière. 
Elle se complète et s'achève. La plupart des grandes ruines onl 
maintenant livré leurs secrets, une abondance ioeroyabie de maté- 
riaux en est sorlie; ils n'ont qu'un tort, celui d'être un peu disper- 
sés. En parcourant nos provinces africaines, en admirant les édi- 
fices antiques qui en forment la parure et l'altrait, en visitant les 
musées organisds par les soins de nos confrères algériens, on peut 
apprécier plus complètement tes efforts accomplis depuis trente ans 
pour sauvegarder les richesses archéologiques dont se glorifie l'Al- 
gérie. Le gouvernement de la République a mis tout en œuvre pour 
activer l'exploration et la rendre plus féconde; elle est conduite 
avec une méthode, avec une sollicitude que vous seret unanimes à 
reconnaître. Les hommes éminenis qui ont été investis tour à tour 
du gouvernement général ont compris la grandeur et l'intérêt d'une 
tâche dont ils ont favorisé l'accomplissement de tout leur pouvoir. 
Depuis le acddat, depuis le colon le plus modeste jusqu'aux fonc- 
tionnaires de tout rang et aux officiers de tout grade, chacun est 
venu apporter son concours è ce grand ouvrage. L'humble travail- 
leur qui exhume on monument inédit a droit h notre reconnais- 
sance aussi bien que le savant qui l'explique. 

«Après des années de labeur, il était sans doute permis de jeter 
un regard en arrière et de contempler un instant le chemin poi^ 
couru. La satisfaction intime que procure l'œuvre scientifique vient 
de l'assursace que l'on a de travailler à une œuvre durable, è une 
Œuvre que toutes lee nations éclairées poursuivent par les mêmes 
méthodes. Celle qui s'accomplit en Algérie revêt maintenant ce 
caractère de stabilité et de durée. Lee hommes qui U continuent 



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aujourd'hui odI qnelque droit d'en être fiere; ili IraTâillnil d'an 
effort commua au profil de la science et de la civilisatioa. Empnin- 
UDt le langage des testes romains, on peut dire qu'ds ont bien mé- 
rité du pays, ceui-là surtout qui, pour se consacrer pins entière- 
ment k la résurrection scientifique, objet de leurs patients eSortsy 
et par conséquent pour mieux serrirla France, ont fait de l' Afrique 
leur seconde patrie, n 

M. le Ministre donne ensuite la parole à M. Stéphane Qhu, qai 
s'exprime en ces termes : 

iiMonsieur le Ministre, 

«Monsieur le Goutemeur général, 

irMesdames, Messieurs, 
vLa rénnion k Alger des congrès des Société saTsatsa M des 
Urientalistes est pour nous un honneur qu'il paraissait présomp- 
tueux d'espérer. Après les illnstres citée de Touloose, de Nancy et 
de Bordeaui , sur lesquelles les lettres et los arts ont jeté st jettent 
tant d'éclat; après tes capitales de la vieille Europe, où tonlae lea 
scJeBces se groupent dans une ordonnance harmoniense, «urre 
d'une longue suite de sièges, tous arez voulu visiter notre Afrique 
qui n'est encore qu'un grand chantier, où traiatilent beaucoup plus 
d'apprentis que de maîtres. Vous êtes venus très nombreux, saBS 
craindre les fatigues d'us long voyage. Nous vous en sommet recon- 
naissants. 

«Ce que l'Algérie pent surtout vous offrir, ce qne vous loi de- 



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par.la bigarrure des costumes, 1b variété des laDgues et des mœurs 
et les changemenlA soudains des paysages. 

«Et pourtant, ma^ré ces incohérences et ces disparates, malgré 
le parrain d'exotisme qu'on se plaît à venir respirer ici, vouesavcz, 
Messieurs, que l'Afrique du Nord est une terre dassique, que tout 
l'isole du reste du continent africain, qu'elle est un des anneAuiL 
de cette longue chatae de contrées fortunées qui entourent la mer 
intérieure, berceau de notre civilisation. Elle est, comme elles, U 
nourrice de l'olivier et de U vigne. Elle a les larges plaleaoi et Us 
cimes dentelles de l'Espagne, et, çà et là, des rivages enchauleurs 
qui paraissent avoir étë ravis au golfe de Naples. Elle a U lumière 
pure et les grandes nuits calmes de l'Egypte. 

«Les restes du passé que vous êtes venus étudier ici, vous les 
avez déjà rencontrés ailleurs : ce sont des pages des deux livres de 
la civilisation antique et de la civilisation musiilmane effeuillées 
cl portées en Afrique par le vent de la conquête. Ces sépultures eu 
grosses pierres brutes, ces dolmens qui couvrent les rochers de 
* Bou-Nouara, de Boknia et de ceut autres lieux, vous les avei vus 
dans tout l'Ouest de l'Europe et jusqu'en Palestine. Ces cryptes fu- 
néraires creusées par les Carthaginois, vous les reUouvei en Phé- 
nicie. Les monuments romains de l'Afnque septentrionale offrent 
bien quelques particalarités de construction qui les distinguent 
parfois de ceux de l'Italie, mais il n'est pas nécessaire de vous dire 
qu'ils se rattachent étroitement à cet art hellénique qui sut s'accom- 
moder aux besoins des maîtres du monde. Les mosaïques afri- 
caines dérivent, comme les autres, de l'art alexandrin, et les (due 
belles statues de Chercbel sont des copies exactes d'œuvrcs nées 
dans les ateliers de la Grëce. 

nLes édifices de l'époque chrétienne sont apparentés aux églises 
de l'Egypte et de la Syrie. Le style d'ornementation qui s'est alors 
implanté en Afrique, et que beaucoup do Berbères ont conservé 
dans leurs sculptures sur bois, s'est répandu à U même époque 
dans tous les pays méditerranéens et a eu probablement son origine 
on Orient. 

rSous la domination musulmane, les architectes et tes décora- 
teurs qui ont travaillé à TIemcen se sont sans doute inspirés de 
modèles andalous. Plus tard encore, les humbles artisans, les 
femmes d'intérieur dont les mains habiles ont fabriqué ces année, 
ces cuivres, ces tapis et surtout ces belles broderies d'Alger, d'un 



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■ - - va Vrance depuis f-,.^ ^ 'Me , 

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— xoix — - 

K Enfin, voae qui «imei II miaet et M*eK oa qu'elle peut pour 
rédaeation nioMie des peuplés, voœ suivret peutÀre «reo quelque 
symptihie les «ffsrte de vm «oofMrai afWcaini. Eux «uiiri apportent 
leor pierre k «Mte grande «urre de l'ddlfieation d'une floaveHe 
FMnee.* 

M. le Miiiirtre prend enêuiM le ptnie «n «m termes : 

«lleMisurs, 

Kje n'ivaie garde d'oublier- la tradition qui réienre au Miaistrede 
l'ïwtruetbti puMique l'honnetir de présider yotte eéauee géaérate i 
le choix que voua aviez fait de Mtte Wlle comme siège de YOt!*e 
Cobgrès t<Btrniit,enefA)t, ■ufiouvemémentïtela RépaMiqne l'oeca- 
ston Tralmeut unique de maniAMter sa sollidtnde pour les iMi^tAs 
qui vom ont diiégaéé et d'apporter en mtoie temps à &m frire» 
d'Algérie I» salut affeoiaenk de la mère patrie. 
' «ToHt mub Mnviatt k vous rtonir eur Mtte terre d'Afrique t le* 
rflUes imposants du monde antlqne qui vous offrent tant de sujets 
d'Aude, les souveoiM hâroiqaes de notre propre histoire, le fbrti- 
Gant spectacle de l'activité déployée par notre race pour Kcfladerlo 
p«^ qu'Ole a conquis et y biire r^er, A Cabri d'inetit«tions tib^ 
rôles, (i poil et la prospérité. 

«El puis Alger n'est pas seulement le dté pKtorssqae aux 
«hannw eaptifants, elle eat devenue un grand centre uuiversilsire, 
an brillant foy«r de vie intellectuelle; et si l'objet de *oe eongrès 
eat d'instîMer entre ies savante de tout ordre) des plue iilualm «m 
pttfs modeatea, une solidarité étroite qui te laisse aucun eifort 
iflntHo, s'était'il pas juste que les saraols de ^ranee, qttî eont les 
fftnée , viASsent apporter k leurs jeunes émnlei leurs eneouragefflonts 
et B'tseoeior ii learx feeberebesT D'uu eété de le Médilerranéo 
emme de i'autfe, «'est tonjours la soieata IVançalse que vous fao- 
nores. 

«Le Google de igo6 marquera dans vos annales par l'ioMret et 
la riebe variété d« ses travanx. 

• Vons ivet, comme il oonveneit, feit m* largo part aux sujets 
intéressant l'Algérie, soit qu'Algériefll vous-mêmes vous ayes voala 
isire à vos listes les honneurs de votre propre domaine , sdt que , 
vonasdefroueet «otfs ayei désiré payor le tribut de l'hospitalité «n 
Mbiriboiat * l^ébide du pays qui vous reçoit 



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itAu surjrfits, vous y éUet invités par les ressources que cas con- 
trées si attachantes en leurs aspects divers offraient à vos inveeti-^ 
gâtions. Pour un congrès de sociétés savantes, l'Algérie est comme 
une terre promise. Nulle part, dans vos rénoioDB futures, vous ne 
retrouverez autant de matériaux réunis k pied d'œuvre. Je dOTÎne 
avec quelle joie avide votre curiosité s'en est emparée, les a réttols 
et classés pour les présenter en reconstitutions lumineuses. 

« Dans votre section d'archéologie, vous avez fouillé les sépultures 
carthaginoises et romaines, étudié le commerce de la Maurétanie 
avec MoêêHia, fait revivre le théitre de Oarthage, la maison Tomaioe 
avec ses habitants , les monuments de l'art musulman. De ces choses 
mortes vous avez fait sortir la vie. 

«Le {vésent de l'Algérie, si plein de promesses, ne -vous a paa 
moins sollicités que son passé si riche en souvenirs. Quel merveil- 
leux chantier d'éludé pour qui veut saisir les points de contact et 
les zones d'iniluence des civilisations superposées que cette partie 
du monde, si vieille et si jeune, où tant de races sa «ont succédé, 
qui, après des périodes de prospMté puissante, a traversé les som- 
meils inertes et les longues décadences pour renaître sous l'influence 
du génie français 1 

R Votre section des sciences économiques et sociales a sa aasocier 
aux recherches locales ou particulières les généralisations qui enï- 
brasssent un horizon plus étendu. Em étudiant le r^ime de la pro- 
priété du sol en Algérie et en Tunisie, les essais de colonisation 
militaire, le râle des Italiens en Tunisie d'une part, et de l'antre 
les institutions de l'Empire britannique, les réformes à apporter au 
Gode civil et aux lois prolectrices de l'enfance, les logements à bMi 
marché, les expériences comparées de la France et de l'étranger en 
matière de prévoyance , vous avea collaboré à la solution de ces pro- 
blèmes sociaux qui, dans une wgaDisation démocratique comme la 
nAtre, s'imposent plus qu'ailleurs à la sollicitude des citoyens 
comme des pouvoirs publics, 

t Voa sectiims de sciences et de géographie historiqne et descrip- 
tive ont eu, elles aussi, leur large part dans l'œuvre coUective da 
Congrès, œuvre remarquable et qui atteste one fois de pins la fécon- 
dité des recherches libres et du travail désintéressé. 

«Les écoles supérieures d'Alger ont été le siège du CongrèK; 
leurs professeurs en ont été des membres actifs. C'est là poor ^ea 
comme une consécration des efforts accomplis depuis que la loi 



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èe 1879 les a organisées. Elles BODt, elles doivent rester un Toyer de 
haute culture. Mais elles doireat aussi s'adapter de plus en plus 
RU pays où elles «iient et pousser dans le sol algérien des racines 
TÎftonrenges. U faut que renseignement supérieur ait ici sa physio- 
nomie propre, qu'il (^llaboreà tout ce qui s'y fait, dans l'intérêt de 
la grandeur et de la prospérité du pays. A des titres divers, toutes 
les écoles fteuvmt y contribuer. Ses proFesseurs l'ont d^jà compris 
et leurs travaux ont éclairé d'une vive lumière l'histoire , la géogra- 
phie, la g^ogie, la flore de l'Algérie. Je tiens à leur dire combien 
le Ministr* de rinstruction publique sent heureux de tes voir inar- 
eher de pins eu plus activement dans celte voie. 

vPar une fortune singulière, et dont je tiens k me féliciter, la 
fille d'Alger, qui acclamait ces jours derniers la venue d'un souve- 
rain ami de la France, recevait en même temps un grand nombre 
dfl savants étrangers qu'appelait ici le Congrès international des 
Orientalistes, Je suis heureux de remercier, au nom du Gouverne- 
ment de la République, les nations qui s'y sont fait représenter par 
des dél^nés dont le nom et les travaux font autorité : l'An^eterre, 
la Russie, l'Italie, l'Espagne, l'AUemagDa, l'Aatriche^Hongrie, la 
Belgique, la Hollande, la Suisse, les Etats-Unis, l'Egypte, la Perse, 
1» Chine. La liste des commanications qui ont été faites au Congrès 
{M«nve combien son activité a été heureuse et variée. 

(rVons me permettrez d'ajouter que la réunion du Congrès it 
Alger, la présidence couriée à M. Basset, le savant directeur de 
TEcole des lettres , sont des faits dont je tiens k noter la signification. 
Us indiquent que l'École des lettres est et doit devenir de (dus en 
plus nn centre d'études arabes, qu'il s'agisse de l'histoire, de la ci- 
vilisation, de la littérature, des langues de l'Afrique du Nord. Elle 
doit aussi, et i ce même point de vue, se préoccuper dn présent 
et de l'avenir antnnt que du passé. Elle ne peal mieux payer sa 
dette envers l'Algérie qu'en formant k la connaissance pratique de 
l'anbe ceux qui, dans des situatiens diverses, auront à développer 
les ressources de ee pays, à faire comprendre anx indigènes les 
avanti^ies de. notre civilisation. 

R Pour la première fois , le Congrès des Orientalistes a oi^aniié 
une section d'art musulman. C'est une initiatiie dont je tiens k le 
loner. Cette section a tenu ses séances k la Médersa, où, grAce i la 
protection éclairée de M. te Gouverneur général, s'est miverte une 
«xposition d'art musulman. Eu quelques semaines, M. Gsell a su y 



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tiTOuper dos œuvres nombreuBe» et d'un grand inLér^L Is nvaal 
{irofeiscur de l'Écola ilee Icltres d'Alger, qui a si Urgement cOQtri' 
bu4 il flire conoallrQ l'Afrique ramaÎDe, a ainii uiontr^ qui l'étude 
dfl l'art antique ne doit pas faire négliger wlie de l'nrt masulmaQ. 
Ko Algérie d'aîllenn, l'arcbt-'ologiâ aast pil uniquemaDt li science 
du pansé; elle peat être, ilaos une certaine iQefiure.UcauelUiredp 
présenl. Retrouver les traces dcH cit^, des et[doitâttMU »gn- 
eolea, des villan antiques, coiuUtar ce que Rome avait fût dans «e 
pays, c'est bous nippeler ce qu'on y peut Taire et quel doit y Abre 
notre rtie; mais, d'autre part, recueillir, étudier les ffuvrea ù ori- 
ginales, d'un godl si iouveot exquis, de l'nrt musulpun, c'wt eo- 
couragcr ceux qui croient avec raison que cet art o'eat point épuisé , 
qu'il y a lien d'en provoquer le rwiouveau, que les tapis, tw bro- 
deries , laa faïences, tesbijous peuvent redevenir iei un titre de ^oire 
artistique au méoie tensps qu'une des formes de l'activiU indui- 
Irielle. Lit où on rommence à s'en occuper dans les écoles, Tudeur 
avec laquelle les élèves s'y appliquent prouve que les tradition» de 
la race ne sont point perdues, A Alger mâme, jl me serait fioile 
de citer d'heureuses et intdligentes isitiativei. 

tMeasieurs, cette partie du monde a subi bien dw viciintudM- 
Les travaux du Congrès vous ont conduits a travers lei phase* chan- 
goantes de» sociélés disparues jusqu'à l'état présent de VAlgérie; 
ils vous ont inititÎB aux efforts persévérants que la France fait à eon 
tour depuis plus d'un domi-sitclc pour mettra en valeur In admi- 
rables ricbesses naturelles qu'elle renferme, pour répandra la bian- 
litre mnlériel et moral parmi ses habitants. Certes il y a dans 
l'bistoîre des recommeucemeuts, mais noire œuvra trouve dans 



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Uiaittra d« rioatruction publîqua, il ib'mL partioaUbrement «gi>étUe 
d» signaler let piogrii ai rapides at ai ramtpquablef r^Haés à ce 
deroier point de vne : près de 3o,ooo élèves indignes fr^uenlent 
déjà nos tedesl M. Bayet, ruminent dlreeteur de l'enself^ement 
supérieur, qui tient de yisîter les écoles kabyles, a trouvé des 
classes remplies d'enfants attentifs et montrant par ript«lligenee 
de leurs réponsea (]u'ils avaient gu s'assimiler les leçons du maître. 
Ces élèves ne seront pas des déclassés; attachés à leurs montagnes, 
ils les ferQDt profiter défi coanaistancei pratiquas qui Uur opt été 
doDu^; grâce à l'influence de l'éede. l'eiplntetioii du «ol est 
partout on pnigpèi : Iw oulturei ancÛMmét ■'améliorrat, les cul- 
tures nonvelles apparaissent. La part qui revient dans ces progrès 
ani iMtituteiirB at au recteur de t'Afladémie, M. Jeaantalre, qui 
les inspire et les dirige , est considérable , et je suis henrenx de les 
en féliciter publiquement. 

K Ce rapide coup d'œil jaté sur la préient montre que si Toeuvre 
entreprise est immense, les résultats acquis autorisent tQutes lai 
espérances : ils témoignent de la vaillance de nos coloBS) de l'acti- 
vité féconde dea cQo^eiU locaux, du labaur iocewant et de l'initia- 
tive de ses gouverneurs et, en particulier, de l'éminaot gonvemeur 
gén4nl actuel, qui préaida aux dattiBéas da noin grande colonie 
méditerranéenne avec tant d'autorité; sait un vieil ani da l'Algérie, 
il en connaît let besoina «t il met k )a servir toutes les quatités d'un 
rare esprit et d'un cœnr épris de justloe.i 

M, w SAiiiT-AiHoi(A;ï donne lecture d'arrêtés ministériels nom- 
manl des officiers de l'Instruction publique et d'Académie. 

Sont nommés 1» : 

QfiàtTi et fliutrwtSon puNtqw. 

MM. BaanuD (l'abbé Lonia), biUlotbéeaire da grand aéipiRaire de Bor- 
deaux ; 

Chius (MBrodllo). archéologue, r^actcnr & la direcdon clés Postée 
et de* Td^raphes de Nree; 

"1 Nmh n'ifldMpwot qa* Im nomliutwM qoi ialéraMeot t«i Mctiooi d'arrli&v- 
le^ «I d1iul«ink 



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MM. CoQDiLLi (Pierre), membre de la Commission des aDtti|uitë8 de 
Sane-et-Oi>e, correspondant da Miiiiatèr« de l'Imttraetion pa- 
blique; 

EuHT, chef de bureau au Gonveraenient générât de l'il^^^e; 

LouNT (Giémeot- Auguste -Henri}, président de la Société archéo- 
logique du ChâUllonnsis, conservateur du Musée archéolc^rique 
de CbAlilloii; 

MiBLET (Henri-Lucien-Geoi^es-tiené), archiviste départemental, cor- 
respondant da Ministère de l'InalnictioD poUique; 

MouRs, capitaine an loo' régiment d^nfauterie. IVarbonne; 

PiMii-DoMT(Aibert-Too»aaint), chef graveur det"dasfle au Service 
géographique de l'armée. ooUabontenr i la Carte ardéologiqnc de 
la Tuùne; 

SAUirats (l'abbé Antoino-Auguete), curé de Leucate(Auiie], mexabtts 
de plusieara sociétés savantes. 

Q^Emri é^AeadiilHe. 
■ Mm. Adbertin (Léon-Louis), capitaine d'artillerie, détaché an Service géo- 
graphique de l'armée -, 
BicHADi (Charles), archéologue, contrAteur prindpal des tabacs, k 

Pàigileni; l 
BunT, capitaine au 3* bataUlon d'Afrique, à T8bari[a. — Rechercha 

arcbédogiqaei en Tunisie-, 
BniiuD, iieuteDâiit au à' duaseurB d'Afrique, k Tvma. — Travaux 

archéologiques et topo^phiques en Tunisiev 
Bbbthit (ALTsène- Auguste) , lieutenant au 80* r^iment d'inlanterie. i 

Tuile. — Travaux topographiques eu Algérie et en Tunisie; 
' BBHTautD (François), conservateur adjoint du Musée de Phitîppe- 

vdle; 
BiBsoN (Henri-Louis) , dessinateur au Service géographique de t*armée, 

collidMratenr k Is Carte archéologique de la TaniMB; 
Blondbl ( Danid-Pierre- Alfred ) , lienlenent au i36' régiment d'in- 
fanterie, k Saiut-L6. — Travaux archéologiques en Algérie; 
BoiTon (Hippolyte-Emile) , graveur principal de 1" dasse an Service 

géographique de l'année, cdlaboralear'ii la Carte archéologique de 

la Tnmaie; 
Buizo (Jean-Louis), dessinateur au Service géographique de l'armée, 

coUaborateur à la Carte archéologique de la Tunisie-, 
CooNiEB (Alexis), architecte du Gouvemenient général de l'Algérie 

pour les Monuments historiques , à Alger-, 
CoQDnt (Théophile) , imprimeur litht^raphe an Servite géographique 

de l'armée , collaborateur k la Carte archéologique de la Tunisie-, 



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MM. DflUDSE (Arthur- Adolphe), eommis dcspostes et dea tël^graphea, k 

Bougie , membre de li Seeiétë arcfaÀilc^qae de Gosatantine ; 
DiaAr, chef de batailloiiMi b' r^lgiment de tiraitleam; 
Ddhis (PieiT»-Lea»-Albiii-Mareed), n^goeiant, metn)»* de b Société 

dea uUii|aaireB de Picwdîe, Uoi^t de la Faoaitë de droit de Paris; 
Ddumcil, coodnctear de§ ponts el diauvéea à Mahidia, ecrflaboratear 

dn Scrrioe dea antiqoitfB de k Rëgeoee de Tanis; 
EiiiinBO (Mohammed-hoi-Sliinan), arcMecte arabe, collaboratenr 

de la Cominiiaion de pabiiealion des dooamenti archéologiques de 

rA&iqoe du N<m^; 
FouMnuuiK (Henri-Anguste), liMitenant aa 1 1* régiment d'ardtieric, 

k Versaillea. — Travaux lopographiquei en Algérie et en Tunisie; 
GoatiD (Charfe»'Ianrent), géomètre desainatear, ft^ger; 
GoBB, iiaalHiant an A' régiment de 'lirailiean, h Biierte. — Dons 

au Musée dn Bardo ; 
HiHtiD (l'abbé Jean-Baptiste), areliéologae, curé de Henaes (Oite); 
JicQDU , lieutenant au A* riment de tinûlleuTB. — Bedterches ar- 
chéologiques es Tuniaie; 
JiDBiBT (le chanoine), secrétaire de l'évéché, membre de la Société 

archéologique de ConsUmliae; 
JouiNNB,-}ien(eiMuit an A* r^imeal de lirailleurH. — Dons an Mnséc 

du Bardo-, 
JuLLUHD (Clnude-Hauriee), capitaine du génie, détaché an Service 

géographique de l'armée. — Travaux topograj^iques en Algérie 

et en Tunisie-, 
LàroN, conducteur dea ponte et chaussées A Souk-d-Arba. — Fonîllea 

archéologiques en Toniaie; 
LiDTuaàa, aona-iolenda ni militaire de a' claaae, A Gabèa. — Dons au 

Musée do Bardo; 
LaicDin (Léon-Pierre), graveur principal de i" classe du Service 

géographique de l'armée, collaborateur A la Carte archéologique 

de la Tuniaie; 
LErniDD (l'abbé), curd deSousae, membre de la Société archéologique 

de Sonsse (Tunisie); 
Masc (Ferdinand-Prosper-Henri), garde principal des forêts, membre 

de l'Académie d'Uippone, A Orléanavîlle; 
MtiQiiia (Léon-Henri), membre de la Société faialorique et arcbéo- 

If^que du GAtinaia et de la Commiisioii départementale des anti- 
quités de Seine-et-Oiie, A Étampes; 
MiBsa (Charles-Engène), commissaire de p(dice, A Balna; 
HiDur (Félix-Eagkie), instituteur public, b Saint-Domet (Creuse), 

«rflaboratenr du Comitédes travaux hbtoriqnes et scientifiques; 



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1, Nmud. InutHunt aUailié m aemea (b* tfairw irtdifètiet, k 
Uàimim, — FouiUm «nh^ologiqQw «t Timiûi 

l'éuciDi», -liwiUQUtI iUmU w «nio» dn abim iodigWeg, k 
Ualmata. ■— FooîUm uebMagil^iuii en Tiwbwt 

FiMitiT (MtniwOeUvs), mluiQla^, i Saliiw (Jiui).r— Dons mx 

PoLLiccHi (P«ul), MpiUilwiu lt*r4|weDtd'iilIaiilari»-. détaché an 

Service gdopvpbHfw de Tsiorfat 
FWar(Uarw-fienr»4jaais-GeQr0i»4oHph), dM^ttHteaal, monbre 

de la Société arch^lt^qae dn ChiliUonniii ;' 
âuML (GbMlM). IttUi^btfflùpa^UScMlM.dVcliM^lofriine, 

iNewyt 
SAiuiL()fai)noft4Uft^XavMrTGiialav«), o^kùa «ii la* i^ment 

d'idautcrifl . détaaU av Senriea g<ognq>liiqiB da Vanné*. 



La iiéatie* estilevée i h henrm. 



Lt SÊtTHain adjtiM A la 9taitm i'mtMobgi; 

M. P«OU. 

Vemln itl GvKtH. 



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SÉANCE DE LA SECTION D'ABCHÉbLOGf E. 



LasdiBM Mt oiiTvrte 4 h hamM. 

Le procès-verbal de In dernière séance est lu et ndapt^ 

M. la SqcHbtire doqpe lecture de la ptireapoodapce ; 

MM. Babelon et Prou écrivent pour s'excuser de nç pouvoir 
aiisister h la séance. 

La Socii^té académique d'srchéolo^e . sciences et arts du dé- 
part«meat de l*Oise demande une subvention pour continuer les 
fouillas entreprises autour de Téglise Sttint-Btlenne' ^ Bçauv^Is. 

M. Hiaoït DB ViLLBfbssB Tait un rapport sur cêltç demai^de : 
(fUne note de M. Acher, architecte, permet d'apprécier les ré- 
sulttli fdrtMUfi tm t9ll& flf Mt ifta&i die ml aecoiqkagliëe'd'un 
fim jl i'éàê dwiufll on peut aisément suivre la naiinihei des eiLplo- 
nlnn» déjà faila». fi est nté de oonatator que \e» piUttes retrouvéos 
du cAté ^, du êàli Niml.'et ■ow ia dallage même de la ^nde 
nef de Saint-Ëtienne, constituent des alitements rectili^^nes qui 
«ppflrtimnBM't naininUaUement i Thypoeausls complet d'un grand 
ét^ilîasaœeiit d^ bains poUifli. Au court des fouilles, «n a reraeilli 
un nombre considérable de fragmenta detullM, des eonduh* atriée, 
des dalles et des enduits recouverts de peintures décoratives; on a 
ti>onvé enesi qvelques monnaies uns grand IntérAt pour déberminer 
TAge dn mAniAnent. » 

Le Nppitrt«ur propose d'aceorder h la Société Académique une 
•obtention, afin de Keconn«lta« les subetruotions i'ritendant vers le 



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Nord et le Sud. Il est entendu que cette subvention ne peut £tre 
accordée en 190&, mais qu'elle pourra être pr^evée sur le budget 
de igo6. 

La Commission dÀpartemeal^le des Monuments bisloriqueB du 
Pas-de-Calais sollicite une subveution qui lui permette de pour- 
suivre rimpression de ÏÉpigraphie du P(u-d«-Caiaii. — Renvoi à 
M. Eugène Lefévre-Pontalî?. 

M. le Ministre de l'Agriculture présente une demande de sub- 
vention en vue de permettre de continuer les fouilles archéolo- 
giques effectuées dans le parc de Grignon au lieu dit «Le Fond de 
Tbiverraln. La lettre de M. le Ministre de l'Agrieultur* est accom- 
pagnée d'un rapport Je M. Stanislas Meunier. — Renvoi à M. le 
docteur Capitan. 

M. le Sous-Secrétaire d'Etat des Postes et des Télégraphes pré- 
senle une demande de subvention en vue de permettre à M. Mi- 
chaillard, maire d'Iiernore, de poursuivre dans cette commune ses 
reclierches archéologiques. — Renvoi jt M. Gagnât. 

M. le Sous-Secrétaire d'État des Postes et des Télégraphes pré- 
sente une autre demande de subvention en vue de permettre h 
M. Chanel, professeur au lycée de Bourg, de poursuivre ses fouilles 
archéologiques sur le territoire de La Cluse et de Montréal (Ain). 

— Renvoi à M. Cagnat. 

M. Collard, correspondant du Gnnil^, à Audi, adresse au Co- 
mité deux note* : l'une sur les hacheltea de Houchet, près de 
Roquelanre(Gers); l'autre sur l'amphore de Lauguiot, eommniw 
de Nougaroulet(Gers). — Renvoi i M. Salomon ReinBch. 

M, (lalien Mîngaad, correspondant du Comité, i Ntmes.sigaale 
.la découverte à Vers (Gard) d'une cachette de l'époqve du bnnte. 

— Renvoi à H. le docteur Capitan. 

M. Gassies, correspondant du Comité, à Mewix, adrease un 
rapport sur les fouilles exécutées par les soins de II Société hia- 
lorique et lilt^ire de U Brie sur le territoire de la commune de 
Penchtrd ( Seine-et-Hame). — Renvoi i M. Héron deViUefiiGse. 



.vCoogIc 



. H. fabbë Hamard, à Hermès (Oise), envoie une note sur le mo- 
bilier funéraire d'nne sépulture Dranque. — Renvoi à M. Prou. 

M. Jaeqaet, instituteur en retraite, & Saint-Marlin-le- Vieux , 
signale la découverte de substructionâ romaines sur le territoire de 
Saint-Martin-le-Vîeux (Haute- Vienne). — Renvoi i M. Adrien 
Blanchet. 

M. Mallard, ctarespondant du Comité, à Saialr-Amand, envoie 
un rapport sur les fouilles du thëâlre romain de Drevant (Cher). 
— Renvoi à U. Héron de Villefosse. 

M. Vaschatde, à Vals-les-Bains , adresse au Comité une notice 
sur Le Crouiet, ancien domaine de l'abbaye des Chambons, en 
Vivarais. — Renvoi à M. de Lasteyrîe. 

M. Léon de Vesly, correspondant du Comité, à Rouen, envoie 
une note sur un fragment d'inscription trouvée à Pitres (Eure). — 
Renvoi à M. Prou. 

M. GiGNiT annonce au Comité qu'il a reçu de M. le capitaine 
Holins un rapport d'ensemble sur les fouilles faites en tgoS et 
190& par cet officier à Narbonne, et dont les résultats ont été déjà 
signalés en partie dans le fiu/IelûiarcAÀlo^ue. — Renvoi à M. Adrien 
Blanchet. 

MM. Babelon, Philippe Berger, Guiffrey, de Laateyrie et Ma(«- 
pero sont chargés de rapports sur des ouvrages pour lesquels une 
demande de souscription a été adressée à M. le Ministre de rinstruc- 
UoB publique. 

Smit d^oséfl sur le bureau les ouvrages suivants, offerts au 
Comité par lenra auteurs : 

Le kg» Arthur BrSemMm au Mtiiée Je Lyoa, par M. J.-B. Giraud, 
eomepondant du Comité à Lyon; 

Tntyet : t» anàamei maitoiu de boit. L'Election. La maùon dite trtle 
PÉltclimit, par M. Louia Le Qert, membre non résidant du Comittj, 



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Ces ouvrages serant déposés i In Ribifothèque nnUosal», et des 
remerciements sont adressés aox autrars. 

M. le docteur Cit>rriii lit ud rapport sur une eommatileatioii de 
M. Ulysse Dnmas, de Baron (Oaid), rdatÎTe «ai tamulos de M- 
iieset, de Baron et d*Ai)ratiere ; 

nOa sait que M. Dumas eiplore en ce moment, avec la perséTé- 
rance, le soîn et la compétence qn'on hti eonnatt, lés Ms nom- 
breut lumulns qui, sar les territoires des «omtnunes de Bvlveirt, 
de Baron, d'Aigalicrs, de Seynes, de VallemrjrQeS, de BoUcjltet, âè 
Fons-sur-Lussan cl de Lusisao, occupent un espace qae l'nuteur 
estime élre plus vaste que celui d'un arrondissement de moyenne 
étendue. H a pu constater en ce point l'existence de plus de onte 
cents tumulus. Il a d'ailleurs fait déjà sur ces exploratinns pinsîeurs 
communications intéressaules au Comité. 

rrSes dcrni!^res Touilles ont port^ aur sept tuuulus, Cinq des 
plus volumineux ne renfermaient que des frag^ments de pOteHe^ 
brisées, mélanj^u'a à des terres brdiées et à des ossements carbo- 
nisés. Deux étaient plus intéressa ni s. L'un, sur la colline deTaldre 
(commune de Baron), mesurait g mMrrs de diamètre sur i m. f o 
de hauteur. On avait ulîlisi^ des blocs sortant de terre pour former 
les côtés d'un caisson r<<cou«ert de pierres plates placées hitentioa' 
nellement. Ce tumulus ne renfermait que quelques déiiris de ptrte* 
ries, deux dents de clieval et un oui'sin Tossile. Ce dernier point 



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B de lem «uite. Sur le faord Nord du tuttulua exi«Mft ane 
sépulture par ïueim^ration , pR^Usmoitt d'époque rottutltl». 

«Cette nouvelle note est à joindre a celles que M. Dumas a déjà 
«uToyAes «u Goniu! tidr le« autres tuonihiB de eetle r%ion, âoles 
déjk àipoÊte* aiii ■rahlvM dn Cumii^. Nous ne pouvons que 1« te*- 
mercier de ces intéressantes communications.* 

H. Eugène Lepbvbb-Pontalis lit un rapport dur itiie notice de 
M. de Saint-Venant, correspondant du Comité, relative aa vieux 
«hileau de Barbarie (Nièvre) : 

nDans U forêt des Minimes, sur le territoire de la commune de 
La Machioe (Nièvre), se trouvent les ruines d'un vieux château 
eonnu sous le nom de «La Cité de Barbarie^, que M. de Saint- 
Venant, correspondant du Comité, cl M. Poussereau viennent 
d'étudier avec le plus grand soin. L'enceinte barlongue, qui semble 
remonter à l'époque gauloise, fut utilisée par un seigneur au mo- 
ment des invasions normandes. Ëtle fut agrandie et réparée, tandis 
qu'on élevait au centre, sur une motle, un donjon de bois sur une 
{nice souterraine en pierres sèciies. Ce donjon fut incendié deux 
fbia avant le xiii* siècle, si l'on en ju^e par les vases à bec dont 
quelques-uns sont jumeaux, les clefs, les ép«^rons et d'autres objets 
de fer recueillis dans les fouilles. 

■^La notice du M. de Sairit-Vciiaul est accompagnée de plans et 
de dessins qu'il serait iutéressiml de reproduire avec le texte dans 
le BidUlin archéologique. 

ffOn peut comparer cette enceinte à celles du Beuvray et de 
LaFontcnelle,à Viéïy-le-ltayé (Loir-et-Cher), et i'exploriilion de la 
motte a lourni les mêmes résultats que pour le poype de Villars 
(Ain), fouillé par M. Bucbe, et pour certaines mottes de la région de 
Mamers, décrites par M. Gabriel Fleury. Il faut en conclure que 
la plupart des donjons antérieurs nu xii' stèck- étaient bâtis en iiois 
sur une salle souterraine qui se trouvait enfouie dans une motte 
artificielle, n — Adopté. 

M. Snlomon Reifîalu présente un rapport sur une notice de 
M. Fernand Blanchard, secrétaire de la Société archéologique, 
historique et scieutilique de Soîssons, relative aux découvertes 
d*anliquités romaines faites au lieu dit "le Château d'Alehastren, à 



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Soissons. Le rapporteur conclut i l'impression de la notice de 
M. Blanchard dans le BuBetm ardtéolegique. — Adopté. 

M. Salomon Rbihioh prës^te un autre rapport sur un ouvrage 
pour lequel uoe souscription a été demandée à M. le Ministre de 
rin si rue lion publique. 



[<a séance est levée à 5 heures. 



Le Starjùàrt it la Stetint ^areUtUgi», 
R. DE LisTamiB, 
Upmbre du Comilé. 



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CXllI 



SÉANCE DE LA SECTION D'ABCHÉOLOGIR. 

PBÊaiDBlICK DE H. H|R0N DE TILLEPOSSB. 

\m séance Ast ouverte h & heures. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

H. ColUrd, correspondant du Comité, & Auch, envoie une note 
accomp^ée de trois planches sur lesquelles sont dessinées des 
hachettes et des monnaies antiques. — Renvoi à M. le docteur 
Capitan. 

M. Henry Corot, à Savoîsy (COte-d'Or), adresse au Comité une 
lettre relative aux fouilles des luuialus de Minot. — Renroi !i 
M. Salomon Reînach. 

M. Plancouard, correapondant du Comité, k Cléry-en-Vexin, 
envoie une note snr une découverte de monoaies faite à Géro- 
courl (Seine-et-Oise). — Renvoi à U. Adrien Blanchet. 

M. Leroux, correspondant du Comité, à Limogea, adresse au 
Comité une notice relative au don d'un reliquaire fait par Charles Vil 
en lA&g au prieuré de Saint-Léonard de Noblat. — Renvoi à 
M. Saglio. 

M. l'abbé Ponlaine envoie une note relative k des sépultures 
découvertes i Voutenay (Yonni;). — Renvoi à M. Salomon Rei- 
oach. 

MM. Berger et Prou sont chaînés de rapports sur des ouvrages 
poar lesquels une souBeriplioa a été demanda à M. le Ministre de 
rinstruetion pnUiqae. 

AKaloLMii. — N* 3. ■ 



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Sont déposés sur le bureau deux ouvrages offerts an Comité par 
l'auleur, M. Gustave Chauvet : 

Que nous apprend ranalyte im 6m(r« ipi4ki*lorique$ ? 
CbMÎ/Smttnn de» hache* de bronze de la Charente, eu collaboration 
avec M. Chesaeau. 

Ces ouvrh^ «eroAt 4ép(isA i h Biblit>tlih|te ii«€6airie, et des 
remerciements seront adressa à M. Chauvet. 

L'ordre du jour appelle la d^ignation de Xa, sous- commission 
chargée de rédiger le programme Mu Congrès des Sociétés savantes 
de 1906. 

Sont désignés : MM. Babelon, Gagnât, Capitan et LongnoD. 

M. le Secrétaire donne lecture d'un rapport de M. Adrien Blah- 
OUST sur le compt» Mndu adnwsé «u Comité, par Mi. 4» capitaine 
Molins, des fouilles qu'il a fititas à MoBifort, pi^ de NiriMaqBe: - 

R Le dossier que M. le capitaine Molins a adressé au Comité,- ùr 
l'inlermédiaire de M. Cngnnt, est intitulé NtHet arckéologiquet (ffàr- 
bonae), et fait suit« k une oommunication envoyée «otérifurtnipaL 
Il cootiful uo ipventaire suçcinet das oonibnut dôbri* .r«cu»illifl 
par M. le capitaine Molins, au milieu des S!UwlFiU3lîatt«..d#<deia 
monuments découverts sur le territoire de Montfort. Parmi ces 
objets, citons des débris de Umpea, de vases de v«n« et de torre 
ordinaire, de nombreux cloos en brome et«n fsr, doQx fibules «B' 
brome, des fragments de miroir en bronze, des Cingles efi ds-ou 



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D,j.,.db,Googlc 



Gaule. Enfin il importerait de reproduire les types inédiu ies 
plus remarquables des fragmente de vases découverts, n — Adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture d'un autre rapport de M. Bli^- 
CHR sur la découTerte de substnicttons romaines près de Saînt- 
Martin-le-Vieui (Haute-Vienne), signalée par M. Jacquet : 

frM. V. Jacquet, instituteur en retraite à Saint-Martin-le-Vieiu 
(Haaie-Vienne)"), signale les découTertes faites par lui bot le ter- 
ritoire de cette rammuoe, près du village du beoiL Dans des 
fouilles ptatiquées pour rechercher des matériaux de coostructioD, 
on a reconnu les fondations de plusieurs murs A recueil plus de 
deux ceots fragments de poterie, dont quelques-uns sont {»t>babie~ 
ment ornés de sujets. M. Jacquet a remarqué sur des parois de 
murdiUes des «dessins de fleurs et de fenillagesn et recutôlli une 
raonAaie romaine très Inen conservée. Les ruines couvriraient une 
supn^ie de plus de deux hectares. 

«n est plus que probable que les substrudions sont celles d'une 
villa romaiBe, dont quelques pièces étaient décorées de peintures 
murales. Le Comité pourrait encourager M. Jacquet à continuer 
ses recherches ou, tout au moins, i lever un plan des anbatructitHis 
mises au jour, k photographier les murs décorés de peinture ainsi 
que les iragsaeats de ptderie 1rs plus complets, et k donner das 
indications précises au sujet des monnaies recueillies. » — Adopté. 

M. CioniT til un rapport sur deux demandes de subvention pré> 
sentées par M. te Sous-Serrétaire d'Etat des Postes et T^^rapbes, 
Tune an nom de M. Michaîllard, maire d'izemore, Tautre an nom 
de M. Chanel , professeur au lycée de Bourg : 

R M. Michaillard désire voir poursuivre des recherches qui , oom- 
mescées depuis longtemps sur ie toritoire de sa commune, y ont 
révélé la jKésenoe d'un temple romain et des restes de thermes. 

nM. Chanel a adressé un rapport détaiUé, accompagné d'uB 
plan provisoire de Teiploration archéologique qu'il a commencée i 
MonlréaMa-Clnse, près de Nantua. Il « reconnu le* raines d'une 
gmde construction, un établissement de baiM, 6amble-t~îl, et 

''■ Cwton d'Aiie, air. de Lino^t ■ 17 Ubailm de ntte liNe. 



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il y a trouvé, outre des di^HMÏtions caractéristiques, nne série de 
meauB objets et de moanves du haut-empire qui témoignent de l'iin- 
portaoce de la loealité antique et Tant espérer de bons résultats 
le jour oh l'on pourra étendre ie champ des investigations. M. Chaiiel 
et M. Grand-Jean, propriétaire du terrain, ont déjà supporté les 
frais des recherches préparatoires, n 

Pour oe qui regarde la demande de subvention formée par 
M. Michaillard , en voe de foire des fouilles à Iiernore, le Comité, 
tout en souhaitant qu'une exploration méUiodiqae soit entreprise 
sur ca territoire, considérant, d'au^ part, que le temple d'iiernore 
est dflssé comme monument historique et que précédemment, en 
igo3, M. Ruprîch-Robert, architecte des Monuments hisloriquei, 
a été cfaai^ par M. le Directeur des Beaux-Arts d'aller examiner 
sur place le terrain et de rédiger un rapport sur cette question, 
pen^e qu il appartient au Sous-Seerétariat des Beaux-Arts de prendre 
la direction des fouilles, de les surveiller et de les subventionner. 
Il y a donc lieu de transmettre à l'Adminifitration des Beaux-Arts 
la demande de subvention adressée an Comité par M. Michaillard. 

Eb ce qui concerne les foviBes de rétablissement romain de 
Hontréal-la-Clnse, le Comité eet d'avis que les premiers résultais 
obtenns par M. Chand sont assez intéressants pour qu'on en sou- 
haite rRchèvement. 11 serait regrettable de laiiser incomplètes 
de) recherches dont l'importance archéologique consistera moins 
dans la troavaïHe de quelques antiquités que dans la découverte 
d'un ensemble nouveau. Il émet donc le vœu que M. le Ministre 
de l'Instruction publique accorde i M. Chanel la subvention qu'il 
sollicite. 

M. le docteur Capitan lit sur une demondc de subvention pré- 
sentée par M. le Ministre de l' Agriculture , en vue de faire des 
fouilles archéologiques dans le parc de Grignon, le rapport sui- 
vant : 

(tM. le Ministre de l'Agriculture a adressé à M. le Ministre de 
rinairnction publique un rapport de M. Stanislas Meunier, pro- 
fesseur de géologie au Muséum d'histoire naturelle, sur la décou- 
verte d'une cavité par des 'ouvriers employés )i la rectification du 
RA, au travers dn parc de Grignon. 

«Cette cavité cylindrique, écrit M. Stanislas Meunier, s'enfonce 



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(i TerlicBlemeot dans ia cnîe, au liso ditclfl Fond de ThifCnaK. 
H Elle était recouverte d'une dalle de pieir* groMiireBienE ^aarrie 
net Sur laquelle ^'étendait le maaleau géo^sl de t m. »o d« tecre 
«végétatfl qu'on cultive en ce point depuis des aiiclea. 

(cLe d^laiemeat métbodiquemeat poursuivi a permis de cAn- 
nstaler l'existence d'une chambre tna ttabiletnant créait dâiu la 
(croche et dont le pltDoher est A 4 ni. lO au-destoua de la surftce 
icdu Bol. Cette chambre en ftNnde de coupole pnrcéApar U cheminéB 
«dont la rencontre fortuite a co&duit k la d^ourerk, préBente «■ 
ff trois de ses faees des siebcs avec baoqueUee (rfes iràgiâiives. Elle 
itétait entièrement remplie de taire noire toute paraiUe k odk de 
nia Burface et dans laquelle étaient dbsdmiliés des débris. qui ont 
"été soigneusement recueillis. Ce sont dds iragtneDls de potanea 
<cde différents types et sans doute de différents Agée, déeh^ de 
itpîerres et spécialemunt de ûlei, des os d'auimaui parmi leequ^ 
iron a déjà recoaau le chien, le boeuf, ie cheval, le lapin, un oiasau 
■de la taille du ooq cn^linaire, et£. 

«Le sol de la chambre use fois dégagé, on y a Centiontré des 
R blocs de pierre constituant Un foyer, eaoOre noinûa par la funée 
Rot rougis par 1« feu, conservant e&trs eux quelques fragiAonta ds 
vcharboa de bois. Au voinnage du foyer, se trouvait un polisMÎr 
<rde gris sur lequd se voient des traces significative» de frotte- 
smeut. 

n On a feconnu bientôt que cette première flbatnbre commuttique, 
epar ud de ses cdtéS) avec uoo aalle de dimeasion plot vaste, pré- 
<f sentant également en haut une ouverture couverte d'une large 
«pierre plate et dont le remplissage s'est fait spontanément par le 
•tjeu alternatif des chutes de plaques de craîe provenant du plafond 
tel d'infiltrations de terres amenées du dehors par l'eau de pluie; 
nîl en résulte une stratification 1res particulière. 

tOn a seulement commencé, à l'heure actuelle, le déblaiement 
nde cette seconde salle, qui réserve, sans doute, de nouvdles dé- 
rrcouvertes, et tout le monde sera très désirent que le travail d'ex- 
nhumtlioa de cei restes, sans analogues dhoa la r^ioa, toii con- 
Ktinué d'une façon méthodique. On regretterait, sans doute, bioi 
«vivement de n'avoir pas lait profiler l'histoire locale des eiroon-* 
RStances fortuites en face desquelles nous nous trouvons.n 

oD'aulre part, M. le Miuislre de l'Agriculture, dans sa ieltro, 
insiste sur l'intérêt qu'il y aurnit i conlinuer ret fouilles opérées 



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JBiqu'Hé m» frais de l'École de Grigaoa, et c'est préeiséoieat daes 
ce dcsseia qo'i) s'est adressé à H. le Ministre de l'ia^truatioa 

icEn présence de ces deux documents, il y avait lieu d'étudi«rta> 
qiiWtidD de prèa. Je me suis donc reiktu k tirigooo où j'ai été 
admiraMemeut re^n el ffaiàé («a l'abeeuce de M. le DirecMur quîi 
B*étaît eaoaaé) par M. Ekaguy, dirocteurdes études, st M. RÎMeh ; 
instituteur à Thiverval, commune louchant une des extrémités du 
parc où la trouvaille a été faite. 

«J'ai examiné les lie^x et fait les plans et relevés complétant 
ceux iqu'avait exécutés M. Riesch et qu'il m'a commuoiqués. 

rrLa description de M. Meunier est fort«xacte. 

(rQuel peut être l'Âge de cette excavation? Paî, pour l'établir, mis 
«a. œwtn le procédié qui noua sert d'ordinaire pour établir l'^e 
d'unetouobe wchéologique, par exemple , dans les IbuiUae de Parùi 
o'est l'étude, des ïragmeats de poterie. 

nti. Riesth en avait reCue^li luw eérie dans le vusinafe de l'eir< 
cavation iovs dn creuseuant da nouveau lit du ruiaseaui Par lea 
échantillons que j'ai prélevés dans cette série, on peut constater 
aettement Teuttence d'abord d'une tenv grise a couverte ooire 
lustrée et d'une tecre rouge k oouverte rouge brillante. Ce uni li, 
de Sa^a certuos, des céramiques du u' au m* siède. Des terres 
noirâtres grossières et blaac gris ou Foeea aases ânes pounraieiit 
■n*ù ètiB' gaUtHronaÎBes. Un fragment gris à otoeiBeitta imprimés 
est aàremenl mérovingion. 11 y • enfia UD petit fngmMkt à émail 
B^lalliqic bnia et jsuDe du iv° aiiwie, uo autre de grès probable- 
ment.de la même époque at un deinlei de terre rose à émail bran 
rouge dn it* an xvi* lièflle. Dans les terres i^nfdiasant.reXMvatîon 
et plutôt RU Eand, on a raoueUli avec les ossements susindiqués i 
une série de fragments de terre à couverte noire, et d'autres de 
terre grise, unmorceau de tuile à rebord, des cloua et des pièces 
de fer indéterminées. Pas trace de céramique du moyen â^. 

rrll paraît donc bien probable qu'il s'agit d'un travail qui ne 
parait pas postérieur au ui" ou ir' siècle. 

(c Qu'est-ce que cette excavation î Elle rappelle les puits ven- 
déens, les msrdefles ou bien encore certaines entrées de souterrains 
refagee de la m4me région. 

«En tout CBS, c'est là une découverte curieuse, surtout étant 
donné qu'on n'a gnère signalé d'excavatioBi aiulf^ea dans la 



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r^WD. Il y aurait cerlainement un 'réel iotérfit à eonlinoer des 
fouilles qui permellraient de voir s'il n'y a pu de prolongements 
de ce souterrain et, d'antre part, de découvrir peut-être de uouTeau 
documents. 

«Je propose donc au Comité, après avoir pris i'aTis de M. St»- 
nidas M«nnier, d'attribuer une subvenlion i M. le Directeur de 
l'Ecde de Gri^ion pour poursuivre ces fouilles.n — Adopté. 

M. le docteur Cipitâk lit ud autre rapport sur une notice de 
M. Galien Mingaud, correspondant du Comité, conservateur du 
Muséum de Nîmes, relative i la découverte à Vers (Gard) d'une 
cachette de l'époque du bronze : 

«Il s'agit de la découverte, en un seul coup de pelle, de oue 
fortes épingles de bronie, de o m. so à o m. &o de longaeur, k 
lètes de formes variables. J'ai l'honneur de proposer an Gomilé k 
publicalioB dans le £tilblûi arehéoi^ifie de la note de H. Mîngand , 
avec %ures des pièces les plus intéressantes, n — Adopté. 

H. GoirpRBi rend compte d'une lettre de M. de Laigue, co r rea- 
pondanl du Comité, contenant des renseignements compléra^ 
Iwrec sur la fresque de la Chartreuse de Pesîo, dont il a eavoyé 
préc^emment une notice et une photographie. 

Notre correspondant fait connaître un passage d'une chroiiii]BC 
de la Chartreuse qui justifie l'hypothèse qu'il avait émise, qne l'on 
(les religieux figurés dans la fresque ëtait le Pèra Lecoq, et qw 



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«Voici ia liste des objets que M. l'abbé Humard a recuerlIÏB dans 
ta fosse et dont il nous a transmis les dessins : 

irAux pieds, ud vtise de lerre grise, sans ornements , delà forme 
onUiutire de denx WInes tronqués unis par la base t'). 

«A la hauteur de la ceinture, un petit couteau de fer, une 
boade de brome dont l'ardillon est de fer, sans doote parce qu'il 
avait été réparé, une clef de fer connstant en une tige terminée 
k une eitréntilé par un anneau, et, à l'autre, par deux crochets; 
une petite bagne de «mêlai brun», recouverte d'une pAte blanche 
qne le frottesoent a feit dispu'atb^, et munie d'un chaton sans 
omemenL 

frSur la poilrine, une paire de fibules d'argent irenriehies, dit 
rM. l'abbé Hamard, de dessins en or faits i?n relief». On aimerait 
savoir si ces r^efs n'étaient pas simplement dorés. Ces deux fibules 
BG ratloebent it la classe des (ibnles qu'on désigne sous le nom do 
fiiuln à r«yo>u on iUgitée»; le sommet est amorti par une plaque 
rectangulaire, dont lee bords sont ornés de boulons. Elle sont ana- 
logues de' forme à la fibule a' 8 de la planche LlXde M. Barrièr&- 
Flavy (*l, qui provient de Molain (Aisne) et fait partie de la collec- 
tion de M. Boulanger, duPéronne, au n" 9 de la même planchel^), 
trouvée aui environs de Toulouse, et conservée au Musée SainL- 
Raymond, et encore au n" 3 de la planche 3& de M. Boulanger''^'. 
Cependant, tandis que, dansées fibules, les boutons qui garnissent 
les bords de la plaque sont on séparés dans toute leur hauteur ou , 
au contraire, serrés les uns contre les autres, ils sont, dans la 
fibule de M. Tabbé Hamard, rattachés les uns aui antres par 
la base, la télé étant dégagée, de façon à former feston. 

<rA cdtéde ces fibules s'en trouvait une autre, petite, d'argent, 
en forme d'S, avec deux têtes de serpent ornées d'an grenat en 



f ' Voir le type dan» BMTÎère-Plitj, Lti arli induilrifU du piuplei hnrbarti 
de la GauU, t. I, p. aâS, %. gi, n° i. 

") Barrière-Flavy, ouvrage cite. (Voir encore un dessin de celte même Tbiile 
dans Boulanger, Le Mobilier funrraire, pi. 9&, n* i, et iotrodaction. p. li, 
Gg. 48.) 

<^' Voir encore 1g dessin de ta m^e fibale dan» Boutangnr, Le Mo':ilirr Jwé- 
rairr, introduction, p. i.i,%. &i. 

"1 Cf. Boulanger, /.( Mabilier funéraire gallo-rrimain et Jranc m Pieanlie H en 



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gutM d'œil '". Le rappradteseol des itn\ aimim de lîbulcs cemitiAt 
une oba«>n*alion Taile par 11. ('«bbé Cocbet >'. et enanitc par M. Hn- 
rièiv-Flavy ' . qu« W fibnl» à rayons Mnt presque toujours pv 
paire et afcout f g n é w - daB« Im sépultiirrs d« Icmncs. da dëoi 
petites libules. »oii«enL em ibnm d'S; ici, loolcAm, oa na tfNvé 
qu'une seule de cet dernicrM. 

•fA la hanteur dn col, on coUîer de oue paries d'aMJiie rMge. 
Ii>s naes en Carme d'œuf. le» autres t«iUéea à facette*. 

«Au milieu de la sépulture, nn ailei. teille, tnaagalain, doal 
l'un d«â cAt» pmeotail tue série de pelilee dants très fiaee. 

rI^ Comité ne peut manquer de iei» t« e icr M. tabbi Hamard 
(If Mm int<-re^âante rommunicalion . ()iii vient s'ajouter 4 taat 
d'aiitnK qu'il aou«a déjà Elites, et qui, une fois da pla», perte 
téiiioit{ua}{e de la méthode qu'il met à poarsoÏTre, ano uasile qnî 
ne se luie pas. les fouilles qu'il a entreprises «u m»ai de Hermei, 
et des iv^ullats ilraqu«41e> rarchêologie a si largement tité profit 

•rOa aouhaiirrait qu'il fît pancair au (^omîU une boane phnte- 
((raphie d'une dn grande» fibades qu'il nous a sisaïUe* et dont oa 
(Niurrail ulilemoni in^^r le de^eio dans le procè fr -nar b al de notre 
seaare.o — Vduple. 

M. Wdv lit un autre rapport sur une note de M. IA»o de VmIt, 
ntrrespiindanl du (Àtmi(<'. à ftouen. relalhe h une inscription r^ 
<>emment trouvée i Pttres i Eure) : 

vM. «le Ve»K nou» informe que V. Louis Lebert. q«î, depuis 



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Kceau d'iwfl pierff«.tri|,diu« pcdieataïkt deuxTiiceBlaiMUitua tUi^ 
(tde 19e dsgré», diipositioH qui implique bmI une forme hesa-? 
Rgouala complète (Goloimetto ou calonae), «oit tft oHoîtij deoe 
Rpoly^gone (couvercle de «aroophage). v VinMriptioo «M'«a ietb^ 
capitales : 

a&cvsi 
\iMCp\ 

irÀ U ligne ^réricBre , la Mcoadeletke, d<mtil m reste ({ue la 
pense eapédenn, est P,< B eu IL. Un fragment aiiBBi court ne se 
prâte pas à use Feslitutâon. A peine pe«vAli»-noue déienuiner'.i'Aga 
de cette inscription. On peul affirmer en raison de la Jorinb'dë» 
lettrée et fifMcâalemeot de l'S qtte «e n'ait paelitr ub fraf;inent 
aaliqiM. 

> Le Iroisi^ine eooda^ de M. Lebert a r^élé t'oiîslence — on ne 
dit pas en quel eodrait ■»- de dunnkvs chauffées pw un hypar* 

CMMÉe. 

itNouepropostas à la Section de dépoeet le nbledeM. de Veely. 
dans les Archives du Comité et de ramercier notie- eorreapoudant 
de sa communication. Il — Adopté. 

M. Pmou l^it'iln rapport sur une inecripUon dont M. l'abbé Ga- 
MUraa, ouré^rchiprétre de Mirasdef'Gers), a envoyé, le mouta^ 
an Comité. Cette inscription a ^ retira d'an mor de r%lise de 
SéAiKes (canton d'Éau«e). Le rapporteur MHtre ne pomoir omettre 
aneuiM opinion ni sdr l'âf;4 ni sur te sea» de eette instrlptioD.' H 
propose de la renvoyer h l>K«rBea de M. Satomon Reinaclt. 

M. Phon rend compte d'un mémoire de M. Aug. Vidal, corres- 
pondant du iGomit^, à Atbi, intitulé: (h càikv^mtieur aUngeài» au 
rriif tiidi :' 

N M. Vidal A envoyé tu Comité U copie d^uu inventaire «pr^f^ 
déi-ts des meubles et objets d'art de Claude Vilte de BeauUeu, an- 
cien prév6t des maréchaux, mort le 3o janvier 173g. Ce docu- 
ment est conservé aux Archives départemeatales dn Tarn, leua la 
cote B 7Ei&. 

«Notre correspondant donne quelifues détails biographiques 
sur Claude Ville do Beaulîeu. Il ressort de l'invOntaire de son 



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mobilier qu'il était un amateur passionné de livres rares, de ta- 
bleaux , d'estampes, de médailles. Outre un ^nd nombre de livres 
rares, il avait réuni goo estampes dont aSSdeCaHot, 76 tableaux, 
906 médailles, 34 médaillons, b jetons et quelques antiquités 
romaines. 

ffl) ne semble pas cependant qu'il soil utile de publier cet ïnvcn- 
laire dans le Bulletin arckéologiqm , car les descriptions de tableaux 
sont trop sommaires pour en permettre l'identificalioD. On en dira 
autODt d«s monnaies romaines; ou bien, quand te rédacteur de 
rinvenlaire a indiqué, outre lo nom de l'empereur, le lype du 
revers, on constate que la monnaie est cwinue des n«miHmfites.i> 
— Adopté. 

Le Comité remercie M. Vidal de lui avoir communiqué un do- 
cument qui est un nouveau témoignage du zèle que le» bommes 
cultiTes du xv!!!* siècle apportaient à la recbercbe et à la conser- 
vation dei antiquiléd. Il pense que l'inventaire de cet amateur albi- 
geois pourrait prendre place dans une revue locale, comme document 
^ utiliser par quelque futur historien de l'archéologie previuciaie 
aux siècles passés. 

M. Héron de Villefossb fait un rapport sur la découverte d'une 
mosaïque romaine à Pencbard , près de Meaux. Cetle découverle 
est signalée par M. Georges Gessies, correspondant du Gomité, qui 
adresse ii ce sujet une noie accompagnée d'un deesiii. La partie 
mise au jour ne comporte que des ornements géométriques 8e com- 
posant surtout de grands losanges qui se présentent altornativeaieDlt 
les uns en largeur, les outres en hauteur, et qui sont remplis par 
des feuilles de lierre ou d'autres motifs végétaux disposés en croix. 
Les souvenirs de l'époque romaine, cl en particulier les mosuqoes, 
sont extrêmement rares dans le pays meldoÎB. Le rapporteur pro- 
pose l'impression de la note de M. G. Gassies et la reproduction 
du dessin qui l'accompagne. Il demande, eu outre, au Comité 
d'accorder une subvention pour opéiTr quelques sondages dans te 
champ o'i cetle trouvaille a été faîlc. 

M. HÉRon DE ViLLEFusse rend compte d'un rapport de M. Mallttrd 
r les fouiilosdu Ihéàtro romain de Drevant. H propose l'inser- 
>n de ce travail dans le Bullelm archéologique, après que l'autrur 
ira bien voulu y apporter quelques modifications. — Adopti!. 



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MM. BiBiLON, Philippe Brrobr et Goimtx lisent des rapports 
sur des ouTrages pour lesquels une souscription o Jté demandée à 
M. le Ministre de l'Instraetlon puUique. 

La séance est levée i 5 heures et demie. 

Im StcrAonv a^oitU dt la Saclùm iPareliMogit, 

M. Pkou, 
Membre du Coroilé. 



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10 JUIUJÎT 1905. 



SBAKCK UE L\ SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 



PRESIDKNCK DK H. SAGLIO. 

La siïsnce est ouvcKe à U heures. 

Le procL's-verbal de la dernière séance est lu el adopl^. 

M. le Secrt'laire donne lecture de la correspondance : 

M. Héron de Viilefosse écrit pour s'excuser de ne pouvoir assister 
a la séance. 

MM. Schlumbei^cr et Lefèvre-Ponlalis sont chargés de rapporte 
sur des ouvrages pour lesijuels une demande de souseriplioD a été 
adressée à M. le Ministre de l'Instruction publique. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants offerts au Comité 
r leurs auteurs : 




à G^oeonrt (c^et arrend. de Ptratoîse, Scine-et-Oise). Au coim 
des bvnmi, os a déeouTert dlntéressants débris de eonstrncftions des 
iiii*, in' et XT° siklea. Dans na angle dé la voûte d'une chapelle, 
on a trouve un vase de grès contenant un ucu d'or de Charles IX , 
(mfpé & Rouan m 1&70, e( orne pièete d'argent portant tes dbtes 
da 167&, t&Bo, t&86 et i63g. Il s'agit évidemment d'une cachette 
faila {tendant U période trotMéa EOalempornne «te rassaBstnat 
d'Henri Jll. C«a qioBnaies ont été d^pnéee à la inaîne de Oéronourt, 
où dles formeront peut-être l'embryon d'un musée local. 

aIltet'Bfil«4edéiin9aDlan*l»de U. Plannouard dans les archives 
du Comité.» — Adopté. • ■ ■ 

Al. le D' Ciitttiji Jit un rappwt «ir une eotUmanioaHon- de 
M. Gotlard, eorreepondaat du Gomité, i Auidi : ' 

rM. Collard nous a adressé trois planches de dessins avec légendes 
explicatives. Sur la première sont figurées deux ha^es poliai, en 
fort loauïais état, de tobiâte bleuAlve ooinpa«t(t), disons diorile; 
fur la seoDode planche, une hacha d« grbs gris, bien entière; ees 
tfois ptèœe trouvées dans te dépirteaient du Gn*». 

■tSwln Ifoinème pUorbe sont deseinéen) deux Baonnaies : l'uoe du 
brome , de grand module, ird'origine grecque ou phénicieaae», dit 
l'auteur, el qui ressemble beaucoup aux pièces de la Narbonnaise 
h. légende ceUibérienae j l'autre, petite pièce d'argent dee Tecto- 
^ges, du type ordÎMire. Ces deux piècep oolété d^ouv&rltis. Ji 
Aucb.». 

jLea plaucties Etvvojiéej {tarll- ColUrd seront déposées danaleaar' 
clùvça.du Comité. 

., M. Ds LtaufiuR envoie un rapport sur une demaade du subven- 
tion fgrj^ée par la Société des scieno^ , lettres et aits de la Corrèaa 
à l'eQeld'antreprendre des feuilles au lieu dit le Puy du Tour, prêt 
d'Argenlat (CorrwEe) : , 

#Des recherches préKminaires ponnnivies par lès membres de la 
Société ont permis de reconnaître l'existence en Ce lieu , aujourd'hui 
désert, de restes qui paraissent remonter à l'époque gauloise. 
Qadh|iiM dékris 4e «rtrificatlon reenetlliB par etn ddnMnti penser 
qu'il a ddyavairNi usdeoea fitrlB- vitrifiés comme Oh en a trouvé 
phmarsdiilB le 'Hmit Limousin et la Marche'. Il sertit flort intéres' 



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gant de s'en assurer et de dégager ce qui peut en rester. Il y a 
doQc lieu d'accorder à cet effet une aubvenUon à la Soci^ de la 
Corrèie." — Adapté. 

M. LiFfcTBk-PoiiTAUs lit OB rapport sur une demande desubvcs* 
tion adressée au Ministre de l'iDStruclion publique par lu Commi»' 
sien dtSpartementfde des Monuments historiques du Pa&'de-Calais , 
en vue de poursuivre rimpression de L'tfigraphù da Pu-'de' 
Calûû. 

Le Comité décide, après discassiMi, qu'il n'y a pas liau d'accor- 
der, pour l'instant, la subvention demandée. 

M. SalomoB BtiiitoB lit an rapport sur une demande de subven- 
tion form^ par M.' l'abbé Breuil en «ne de procéder i des fonllles 
dans la grolte des Fadets (Vienne) : 

ffM. l'abbé Breuil signale l'intérêt que présenterait l'exploralion 
de cette grotte, oit l'on a recueilli autrefois plumeurs belles gravures 
sur OB. Il est très désirable qne l'on puisse accueillir favorablement 
la proposition de M. l'abbé Breuît d'y faire des fouilles; les objets 
découverts reviendraient, suivant l'osage, aux musées nationaux.') 
— Adopté. 

M. Rrinacb rend compte d'une notice de M. Cotlard, correspon- 
dant du Comité, à Auch, qui signale au Comité, avec dessins k 
l'appui, les objets suivants : a' onte bachettes polies, de grès com- 
pact, découvertes A Houchet pris deRoqueIsure (Gers); s* on mor- 
ceau de hronie , décoré d'une rosace incisée , trouvé sar le mamelon 
de Couloumc, commune de Montégut (Gers); 3" deux fibules gallo- 
romaines, de bronze, dont Tanc décorée de fils d'argent, trouvée 
ea décembre 1903 an cours des fouilles de Is roole de Pessan, ï 
Auch, près de l'usine Lartigue; 4* on fond de coupe de fetre sigil- 
lée, trouvé k Auch, et portant la marque SABIN. 

Le rapporteur demande que les dessina de M. Gollard soient 
déposés an Musée de Sainl-Germain. — Adopté. 

M. RtiNicn présente une note de M. CoUard sur une ampbore 
romaine découverte à Languiot , commune de NoQgaioulet (Gers), 
remarquable par une ouverture rectangulaire pratiquée dcns la 



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D,j.,.db,Googlc 



— 138 — 

Or, k 3 kilomètres i peine de Yexlrénùtë Est du camp, passait 
une voie reliant le camp de Faios (boiu Bar-le-Duc, vallëe basse de 
rOraain) k Dàa (sous Verdna, vaHée de la Mease). En ce même 
point, cette voie se trouvait coupée k angle droit par une autre voie 
allant directement de Châlons k Verdun. Cet eutrecroisemeot de 
routes devait se prêter à merveille au transport des produits céra- 
miques dans quatre directions et à leur dissémination par les vallées 
de la Marne et de la Meuse. Il était dilBcile de trouver accnmulées de 
plus nombreuses conditions de réussite. 

La station industrielle naissante prit le nom à'AUar-itumm, (jai 
devint plus tard Altreium. Il y eut donc, à Tépoque romaine, un 
centre industriel dans le territoire qui forme actuellement les deui 
finages contigus d'Antrécourt et de Lavoye. 

A Autrécourt cependant , on ne trouve aucane antiquité romaine, 
tandis que le sous-sol de Lavoye est romain dans toute son étendue. 
Lavoye n'est que la partie basse et riveraine de cet antique milieu 
céramique. 

Des atdiers céramiques on figlines d'AItrenim il ne reste plus tien 
au-dessus du sol; la charrue a so^oeusement nivelé leur eiD{rfMe- 
ment et rmouvert leurs ruines, mais la teinte noire du terrain aor 
une vaste éteodne, l'énorme quantité de menus tessons de poteries 
et de tuiles h rebord qui jonchent sa surface, celle que la cbarnie 
ramène tous les ans k l'époque des labours , témoignent de la riehesBe 
archéologique du sol. 

Maintes fois le hasard a suscité d'intéressantes découvertes : 
monnaies et objets divers, un puits, un four de potiers, les sab- 



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— 139 — 

faites au couteau, afin de ne rien briser et de recueillir aussi mé- 
thodiquement que possible les divers fragmenta appartenant k an 
mAme vase. A^r autrement m'aurait exposé à détériorer les objets 
et à perdre des frt^ments. Mais un proche aussi lent ne saurait 
convenir à l'étude de certaines substnictions étendues qui deman- 
dent moins de ména^ments et exigent le déplacement d'une masse 
de terre assez considérable. 

Le bal que je me propose est de refaire l'histoire des figlines 
d'Autry, et Toici les documents qu'i cet eiîel je m'efforce de re- 
cueillir. 

Nous nous proposons d'abord de fixer les dates extrêmes de leur 
p^iode d'activité. Pour te moment, je dis vaguement de too & 
370. Pour cette date de l'an 970, nous nous fondons sur la r<iison 
suivante. Une fouille faite cette année mâme (fouille Gillet-Tisaot) 
m'a fait découvrir, au fond d'une faabitatlou où tous les tessons qui 
se sont rencoutrés appartenaient k des poteries façonnées dans les 
figlines d'Autry, un moyen bronie de Commode et un petit broni» 
de Postume (358-367). ^^ figlines d'Autry fonctionnaient donc 
uioore TBrs 367. 

En second lieu, nous cherchons à rassembler tous les types ^e 
vases qui ont été fabriqués dans ces figlines. Je suis persuadé que 
ces types différents, tant rouges sigillés et unis que divers et 
d'optu doUart, seront au nombre de plusieurs centaines. 

En troisième lieu, nous voulons recueillir tous les renseignements 
rela^Is su fiiçonnemen>. des vases, à leur décoration, à leur revê- 
tement, k leur enfouraeinent et k leur cuisson, enfin à leur dissé- 
mination par voie commerciale. 

Eu quatrième lieu , nous nous proposons de recueillir toutes les 
variété d'estampilles de potiers et de les répartir en divers groupes 
k l'aide des catalogues spéciaux et des observations dans les ma- 

Enfis nous recherchons tous les poinçons à l'aide desquels ont 
été empreintes dans les moules, les décorations dont on ornait, à 
Antry, certains vases de la variété dite sigillée. Je puis déjà dire 
qu'on employait k cet usage au moins &00 poinçons. J'aurai à 
m'assurer, en outre, s'ils ont été employés tous simultanément ou 
saccMsivement. Quel que soit l'intérêt présenté par les estompUles 
de potiers, je suis convaincu qu'un intérêt plus grand encore s'at- 
tache su collationnement des poinçons décoratifs usités par un 



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— «0 — 

m^me ^tablinement eértmiqoe, i moins que eeux-^ a'aiant M 
aeliel^ par jw potien de cet AaMistemeat à tme fabriqua apAeiala 
de poinçons qni anraît pn en vendre de §emblaUes i d'aalna 
figlinee, ou à moins que les poinçons, ou partie d'entre eux, n'aient 
éti «btenos par sonnoulage des sujets d'ornementation Ai^ aoi- 
ptnyés par dea fabriques ant^neorea on ploa reanaiBées. tTast U 
une question i résoudre. 

Ud tel pn^ramme, pour étie rempli, demande de tràs lances 
et de tr^ minulienses recherches. 

En 1889, mes investigations ont porté sur un autre point qne 
l'emplacement des ^ines. Dans aae fosse longue de k uMres, 
tai^ de a mètns au moins, j'ai reeaeilti euTiran aeo Tases, qa^ 
qnea-nns comfdets, la plupart incomplets, m^és à des objets très 
dÏTers. De la siloatioD de celle fosse sur le bord d'une nie ronnioa 
(CliâloDB> Verdun) et de la natore des objets qu'elle renfermait, j'ai 
eondn h une sépaltuie à iacin^rttion; j'ai même reeonslitiié, dans 
no travail que je destine à la SoôM des lettrée de Bar-I»-D«e, 
certains détails de )« cérémonie funèbre. 

J'ai complété cette fouille en i8g6 et en 190&. An nomlira daa 
objets enfouis se trooTaient pins de soo OMmoaies petit bronte 
appartenant i me série de ri^nea qui débute i Claude le Gotbîqna 
pour ae terminera Constance II (mort en 36 1). Cet mfnnisiamnnt 
est donc très nettement dat^, et ce qn'il nous apprend de pina ■nié' 
rewant, e'est que : 

Pas an des types représentés par ees aoo vaaes ne figura dans la 
coHeetion des types céramiques rd>riqués dans las figUnes d'Antay. 
Donc, en 36o, les figliaes d'Autry ne fanctîoanaieat pina; 



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ËB outre, an alphabet de i3 lettres, fort iiett«iarait gravé à U 
pointe i^he sur un vu«, apria caUaon, nous apprend qu'en 36o 
on employait encore des caractères archaïques 1 1 = E et H ^ F. 

J'appuie cette fosse, dont je prépare eo ce moment, pour ta 
Société de Bar-Ie-Duc , une, descriplion détaillée, té^ulturt A. 

Au nombre de ces vases qui, par leur aspect et par quelques 
autres caraclëres, montrent assez clairement qu'ils sorteot d'une 
même fabrique, se trouve une grande coupe, de o m. &3 de dia- 
mètre (type représenté par six exemplaires et de nombreux frag- 
meols), doDt les similaires âgurent en grand nombre au musée de 
Saint-Quentin, provenant du cimetière romain de cette ville et, 
sans doute aussi, de Vermaud. C'est sur l'une de ces grandes coupes 
qu'a été gravé ralpbabet complet, A, B,G,D, Ë, F, 0,H, I.K, 
L, M, N, 0, P, Q, R, S, T, V, X, Y, Z, dont il vient d'être 
parlé. 

Donc, nouveau problème : de quelle fabrique sont sortis les vases 
de la lépukurt A et leurs similaires du musée de Saint^uentin T 
Probablement d'un établissement situé à Aulry et qui aurait suc- 
eéié h ce que j'ai appelé précédemment les figline» ÏAutry. Si cer- 
tains indices m'autorisent à émettre cette hypothèse, da moins 
reste-tr-elle entièrement è démontrer. 

L'examen des parois de la fosse que j'appelle tépulture A , m'a 
montré qu'en la creusant on avait tranché une aire de cliaut et 
sable appartenant à une habitation gallo-romaine antérieurement 
détruite. J'ai voulu savoir (novembre- décembre 190&) à quelle 
époque existait cette habitation. Or, elle a dâ appartenir à un for- 
geron; quoi qu'il en soît, les habitants de celte maison n'ont em- 
ployé que des vases fabriqués dans les figlines d'Autry et quelques- 
uns apportés d'autres fabriques étrangères au pays, entre autres 
une grande amphore de terre blanche, dont l'ans* porte, sur sa 
face latérale, la marque EVT, du potier Eutychei. Ils n'ont connu 
anevn des types céramiques renfermés dans la léptdiwe A. 

Donc cette hahitaUon a été détruite entre a 6 7 et 36 0, et j'espère 
que de nouvelles recherches viendront donner à cette conclusion 
une précision plus grande encore. 

Je ne puis, dans ce rapport, mentionner lee divwrs types de 
vasee recueillis jusqu'à ce jour dans les figlines d'Autry. Cette 
mention nécessiterait eu effet, pour chacun d'eos, une description 



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«Bseï longue; mais voici la liste eomplite des estampilles de potiers, 
toutes recueilliee par moUmAme à la date dn i*' janvier t^o&idans 
les ruines de ces étabtissemeats : 

1, AFRJCA'VS, AJrKonMM. — Nombreux exemjdaires. 

9. A-P-R-I-M. Àfn momt oa ttrte Prvni. — Eiemplaire oniqne. 
N'ayant encore trouvé incnne autre marque de Aper ou de TVhmu, je ne 
sus auqnd attribuer cette eslainpiUe. 



k. BELV«. Behu (ï). — Cet deux exemplaires, uni 
néme marque, sont încom^deti. 

5. «auR.lVSFE. Boriiufi. — Exonjdaire nmqœ. 

6. CAKISâOF. tionim ojteîna. — Exemplaire unique. 



8. CAlVCVa. Cotenw. — Plusieura exeraplairM de ia premièn va- 
riété; un seul de la seconde. 

9. CINTVGNATV. 

10. NTVGF. Cintuguatut. — La seconde de ces variëlài, toute biiarre 
qn'eOesotl, est complète et ae peut résulter de la troneatnre du cachet qm 
a imprimé la première. 

11. CIMTVSMVS, Cùausmut, — Exemplaire unique. 
13. COCVSF. 

i3. COCVS-F. 

i&. COCVa-F. Coaa. — Ces trais variétés sont bien distincte) rnse 
de l'autre. 

1 5. COMINIV. Cominita. — Incomjdet, exemplaire unique. 

16. CRET1CV2-F. Cretieui/mL 

17. '^MlTTO-l'. 



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*8, ^'R.ETTOK CnOo fiât. — Ce» deax axemjduree, brisés à 
gauche, apparlienuent bien certaînemeat fa Cretto. 

ig. eVClLLlOK CtteUH t^leiim. — Nombreiu exemplaires. 

ao. DACCIVF. 

ai. DACCIVSF. 

99. DACCIVSF. Daeeùitfieit. — Ces trois variété soat bien dis- 
tineles l'nne de l'antre. 



93. I DISE'n / DûtUu. — Snr un petit fragment de poterie grise 
foncée. Trouva k la surfaee du sol, loin de remplaoranent des figues. 

9à. CICADII. — Le C initial est donleux; toutefois ou ne peut pas 
lire AR.CADI , en sorte que je ne sais Ji ([ud potier attribn» c^e estam- 
pille, dont je ne possède qu'un eiemplaire. 

96. GABRVS. 

36. GABRil, Gabnu. — La première en lettres â^ntes. Ces deux 
marqnes diflèrent entre dles. 

97. lERMANYS. Gctwwm. 

38. OF cm. 

99. CVMILLVS. 

3o. GlAI MILLVS. 

3i. C-LA MILLII. GiamiUm. — Ces tn»s marques sont eerlaine- 
raent du même potier-, les deux prtnûères peuvent avcùr été obtenues avec 
le mâme caeliel qui aurait ^issë lorsque ftit imprimée la seconde; b traî- 
àène est bien diMincto des- deux prieddestes ; au lien de LLII, kkfiu, on 
itïoif LVL 



Sa. INTIN. — Tnmvé dans la maison du Foigerou. 

33. IVNIANVF. 

sa. IVNIANVSF. 

U. IVNIAN. Jimmnu. — Ces Irma Tariëlés sont Un distinctes 
rmw de l'aulie. La troisième est oamfdète. Lee lettna de hmtee trois sont 
très élégantes. 



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36. IM'IVSTl. 

37. MMIVSTI. 

38. M-M-IVSTVS T. 

39. M MIVSTVS. 

So. MMEM1-VS+. 

il. IvSTI'T'IUBVNI. jMm, laàa IWin', — Otto iMe <r» 
UmpilleB de JutOu est particuliërenietit iat^reeuate. Elles sont caonnM 
dl^pwr avoir éUtroovto, eoln utni lieux, an Ghitelet.où ellet étaient 
certaÎDemeat venues d'Antry. Mais elles n'ont pas toujours iHÀ bien lues 
ni bien comprises. La cinquième nous montre que MM ne signifie pss 
sieiuiM, mais forme i'abiéviation du prénom et du non da bmiUe 
(Jtfsaunwi). Lee numén» 3 et A pnnnaiant bien âtre la mâma marque. 
Le nnmëro 6 nous montre Jutba associé temporairemant k 7rii«aas, 
dont nous verrons plus loin les marques personnelles. 

4a. kATINVS. Lotis... 

43. LIBONl. libonitM on Ltionus. 

ht,. MACCONOF. Mntûonit on Maeemii ùfiema. 

45. MAIAHVS F. ««i»»«./mr. 

46. MAR.CE - F. 
»7. MUCELLYS F. 



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59. WERCOKC. Marau ojieina. — Ces deiix vuiétéa KQt dis- 
tÏBotes i'uoe de raotre; lanr leetnra nTeat pae doatauBe. 

53. M1ISS1R.I VS. Mettiriiu. — - Noua coaDsiflsoaB aujourd'hui son four 
très âoignë du centre des figlines d'Autry; Dëaïunmne cet âtùguanent 
n'empêche pas qn'il eit apparlena à cet établùsement, puisqu'il a em- 
ployé à la décoration de sea vaees les mémra poinçons qtd étaient en tuage 
dans cdni-ci. 

64, NASSOFF. Marque circulaire. — Exemplaire onique. 

55. POMPEIVS FE. 

56. POMPEiVS. Pontfmia. — Dsdx Durques disliiiGtea; la seconde 
est bien complète. 

67. PVPVS ï. Pi^tafeeU. 

58 REDIX» F. 

59. Et-ElDILUi. Redilliu feeil. — 1^ première de ces estampilles est 
remarquable par sa grands analogie avec la marqne M ARCEJ. a F; les 
leltrea en sont moddées avec le meta* boa go&i i la Umboq des deax LL 
(J.) et le rigne d'alKpMatioo { k ) «ont les mAmes. Il sead»le qoe les deni 
«acheta rieat été gnvéa par l^méme individu. Dni la ««ande «atampijlt, 
iortbf^apbe R.ËIDILL doit être nne faute; en tont cas, sa lecture est 
incontestable. 

60. SA-NV'CIVS F. SaimiMficit. — M. de Widranges, dntsra 
notioe de 1863, a eité la marque t-SANVCIVS, maie c'eit une maa- 
vaise lecture de c^ que je donne ici, 

6). KCCO F. 

6a. SECCOF. 

63. SECCOF. Seeeo fecit. — Ces trois variëléi tout diatiortes les 
unes dea antres. 

6&. SECVNDINVS. Secwidinu$. — Ëimiplaire onique. 

65. R /ER.VS F. Severu» ou Feruê. — Marqne brisée à gauche. 
FTayant encore trouvé anenne astampHlB au nom de Sewnu ni ii cehii de 
Vertu, je ne sais auquel d» «a deu potifln je doia attribow eeU»«i. 



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66. TERTIVa.F. 

67. TIlKTIVâ F. Terlius fieit. -— Remarquer ii roennoD de cea 
estampilles comme noos l'avDni djjft vu dans cdles de Creib, l'emplai 
indifférent de i'II et del'E. 

68. TOCCA-F. 

69. TOCCAF. 

70. TOCCAF. 

71. TOCCA. Toeea feeit. — Ces quatre variât «ont bien distiiielM 
les nnes des autres. 

7». TOCCIVS Y. r«w«wy«ni. —Exemplaire aniqne. 

73. TRIBVNVS. 

7Ù. TMBVNVS F. 

75. TalflANO. 

76. TRIBVNVS F. Trilmauficit. ~ Ces quatre variélÀ aontlâw 
diïtinetM l'une de l'antre; la seconde figure sur deux moules. C'ert ce 
m^e 7riimiM que noua avons vu plus haut, aaaoci^ k Jmtn; les deui 
dernières vuiétéa Irmivées dans la maiacw ^n forgeron et non encore ior 
l'emidaeement dea figiinea. 

77. VALDY. Vactti on Valdi fabriea. — Je possède de ntHubreux 
eionpiairei de cette estampille, mais les letlres out i\é ai nud fonn^ 
Mtr la matrice qui a servi à les intprhoer, que je n'ai pu arriver è une 
leetare certaine ; uéanmDiDs je lirais plntAt Vaaà que VMi. 

78. VIDDVai. 

79. avD-vaiv. 

80. \ oDuaio. 

81. iVboaio. 
80. vcvs. 

83. lDuCo2. Viàiicvt. — Ces six variété sont tùen diMiBeles )ca unes 
des antrea; les nnmfros 1, 5 et 6 sont ineomidetB, 



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— 147 — 

84. VINDVS. 

85. UiMDoS. Vindu». 

86. VIITALIS f. 

87. XATTALia F ou XATLACIS F. Vta&ou AmH» fiât (f).— 
La leetore de ces inBrqaes demande h être prédaëe par ia tronvaifle de 
noaveanx exemplaires. 

Soit 87 estampilles différentes appartenant à â5 potiers, tous 
attachés à rétablissement céramique d'Autry,'Saaf p«at-4tr« Diaetus. 
A ce nombre, déjà respectable, vient s'ajonler ane- série de vii^ 
cinq marques différentes émanées, à ce que je crois, «fapprentis ou 
d'ouvriers qui , n'ayant pas encore été reçus maîtres, n'auraient pas 
encore eu le droit d'apposer leur nom sur leurs ceuTres. La plupart 
sont formées d'une empreinte circulaire entrecoupée de lignes ou 
de points s'irradiant diversement k partir du centre. Seuls, le dessin 
ou le moulage pourraient en exprimer la variété. 

Je anis coBvaincu que des recherches nllérieures viendront 
ajouter i cet ensemble de nouvelles variétés et préciser les lectures 
douteuses. 

La lecture attentive du savant et trës eonseiencient ouvn^e de 
M. Décbelette, tout récemment paru, ne m'engage à apporler à 
mes conclusions aucune modification. A son étude des vases cé-a- 
miqaes de ia Narbonnaise, de l'Aquitaine et de la Lyonnaise, je 
voudrais ajouter un premier chapitre relatif aux vases céramiques 
belges. 

Les figlines d'Antry sont bien certainement l'une des filles plus 
ou moins nombreuses des figlines arvemes, et c'est à cette filiation 
que se rapporte l'hypothèse que j'ai émise au début de ce travail. 
Peut-être Jiutiu et Seettn^niu ont-ils compté parmi les importateurs 
de l'industrie lédosîenne, dans la marche gauloise argonnaise 
interposée aux deux Belgiques. Pent-étre, parmi les poinçons déco- 
ratifs en usage k Anlry, en est-il quelques-uns copiés ou inspirés 
de ceux qui étaient emj^oyés è Letoux. 

Nous ne pouvons gain attribuer la fondation d'un atelier céra- 
mique nouveau qu'A un maître ouvrier formé dans nne fabrique 
préexistante ou à un patron ne travaillant pas Ini-méme, mais qui 
aurait fait venir d'autres fabriques les ouvriers exercés qui lui 
étaient indispensables. 



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— las — 

La filiation entre le nouvel établissement et des établissements 
plus anciens est indéniable et même nécessaire. Il s'agit donc de 
fixer scientifiquement cette filiation el, pour cela, nous avons les 
estampilles, les poinçons décoratifs et la forme des vases. 

Les ouvriers peuvent provenir, à la fois ou sucoessiveiaent, de 
plusieurs figlines préexistaotes, ea sorte que U filiation des fi^net 
d'Aatry pourra peut-élre s'établir : 

Avec La Graufesenque , par Cocut, Gemiamu, Jmtui, Prtmtu el 
yUaUt; 

Avec Banaassac, par Coeiu, Germatuu et GiamSbu; 

Avec Lésons, par Aultu et SeewuHiau; 

Avec Saim-Boutet (Allier), par Ajricanut et CmUmimw. 

Enfin Autry pourra peut-être se relier à Rheiniabern, par Se- 
emdinua et Pw^ui; k Westenidorf , par Umantu et Natêo (ou 
jVomim). 

Mtia pourquoi ce lieu a-Jril été choisi, de préférence k loat 
autre, pour rétablissement d'une figlioe Douvelteî Peal*élre des 
fouilles faites dans le camp de Waly dons l'apprendront-dlee. 

Mon hypothèse de l'extension de l'induslrie téramiqae par le dé- 
placement de légionnaires serait grandement corroborée si| oonuue 
je Teapère, je parvenais k démontrer que c'est en quittant le cam- 
pement de Waly, pour se rapprocher de la Meuae, eu suivant ladite 
voie du camp de Faios k Oun, que les potiers d'Autry, ou paitie 
d'enUe eux, eeraient allés fonder, au pied de la o6te escarpée de 
Vauquois, la %Une des Ailleux dont les produits cératniques for- 
ment précisément la transition entre les deux époques industrieUes 
que j'ui, plus haut, si nettement délimitées. 

Jusqu'alors, à ma connaissance, c'est au Châbelet (sur la Marne, 
entre Eurville et Gbevillon) que le sont rencontrées en plus grand 
nombre (une quinaaine) les eslampilles des potiers d'Autry; an 
Châtelet où M. Décbelette "^ signée la présesee de vases moalës 
originaires d'une olSoine inconnue. 

Un coup d'œil jeté sur la carte permettra de jUgo* de la situation 
relative des divers points que je viens de signaler ; soit, en aUaat 
du Sud an Nord suivant uu« li^ne parfaiteflaeat droite i U Châ- 
telet, le camp de Faios, Lavoye (Autry), Vauquois et Dnn. 

D' Msuniu. 

(<> Détbetelte, Va*«t emfnu'jiiM ornée, l. I, p. ai i. 



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LES CLOCHERS ROMANS 

DE L'ARBOJNDISSEMENT DE DIEPPE, 

PAB H. P. COQUELLB, 
Corrtspoadàol du CnnUé. 



La grande réaovttion uebiteeturale du xff Miele, qui etNivrit la 
Hauto-Nonouidie à'ég\m$ nouvellw, eooUniites ea grk», • fait 
disparaître preiqM toua les aneiene saoehiaireB de l'époque rpmuu 
dans l'arrondissement de Dieppe. Des neis ou des transepts avec 
baie» ec plein «intn, ik LoagaeriUtf, i Boofg-Diui, à B4iiile-4>lar- 
gKerite^fliir-lier, i Sainl-HaUier (cet dmx demi^ree «vec abeiiie), 
à SBÏat-WMii-d'Équiqueville, à Vareogwille; d«i ehoMirs i 8«eU' 
mon l- le -Hareng, à Sauchay-le-lljtil^J et k 8atit-0ii«a-ioiw- 
Bailly; deux porte» Laténdec et des raodillwe i U comiehe de 
la nffdc Seis-Halia; aae porte ieténle k (rraioMNirti ua petit 
portail à Asgenrille; des eonlrsferts ptatt en [wnie taBeuM dam 
■De disaifle d'autrei égUeee; qnatone eloefaen aotiB «mt tei der- 
•tcfs ws%as de* édifices religieux coiutniita peodaat !«• xi" et 



Cea dachars, «(ni «Mt Iw moammeot» let plu inpwUoU que 
l'art roman ait laiaaésdaa* rtr wdifl a c aiiat 4e Dieppe. mérilMit, 
croyons-nous, d'être étudiés avec attention. Leur base, ou partie 
reposant directement sur le sol, solidement bâtie en pierres de luF 
hîïui appareillées, a résisté auA efTorls des siècles, et celle solidité 
UiB« héâreMWiaBt aûa k l'abri des reiaanieiBeNJa postérieuai. 

Dans ■■ remanfveUe ewrrage ^\ i'^fbi Cochet eacntioniie «in- 
plement qn(4ques-«n« de ces clochers, mais sans les 4^erire, sans 

10 Soi» le clueur de Saudjaj-le-Ba» m Irouve une crypte romane, formé; d'un 
seul b^reeaa brïsë, de g mèlree (ur 3 ■□. 75, saa^ omemeDls.; des ^wiotures 
murtlei s'y voient encore. 

C l4t Églùêt dâ Parronditiêiiunt <U Oieppt, t 11 : Egliim ruralti; Pari». 



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faire ressorlir leurs particularité architecloniques, mds recberelwr 
les caractères communs qui les distinguent C. 

Il ne Faut pas s'attendre à rencontrer, dans les enTÎrons de 
Dieppe, ces beaux clochers romans, i^urmont^ d'une élé][ante pyra- 
mide de pierre, modèle de hardiesse, qui parsimeni -le Veua 
français et le Pincerais'*'. La rareté des matériaux, la nature de la 
pierre lufTense, presque impossible à sculpter, arec laqudle fareat 
construitsles clochers qui nous occupent, s'opposaient aadéreloppe- 
ment ornemental des tours et de leur base, et rendaient TédiG- 
cation des pyramides presque impossible. Tous sont donc, sans 
exception, très sobres d'ornements et coifTés d'une mince fliefae 
d'ardoises. Autre caractère commua : les tonn sont tontes carrées de 
la base au sommet, et le passage du plan carreau plan octogonal, 
pour former l'étage supérieur, y est totalement ineonna. 

A l'exception du clocher de Saint- Vdéry^sous-Bares.qù, comme 
nous le dirons plus loin, porte la date de sa constrnctÙNa, 3 est 
impossible de préciser l'époque exacte de l'édiScation des i^aia 
auxquelles appartiennent ces clochers. 

Toussaint Duplexais (') ne donne aucune indicatïoa k cet égaid; 
il on est de même des divers ouvrages manuscrits ou imprimée, et 
notamment du plus complet de tous, le registre des risites d'Eudes 
Rigaud, archevêque de Rouen de 1968 & taSg'*'. Les docnmenb 
d'archives font complètement défaut sur ce point spécial, et lo«t 
ce que l'on peut allirnier, c'est <|ue, d'upri-s leurs caraclèrM archi- 
tectoniques, aucun de ces clochers n'est antérieur au mitien du 



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I. ClOCREBS \ DEUX iTAORS. 

1. Le clocher le plus imposant par ses dimeasionsO, et Tun des 
pins anciens certaioemeat, puisqu'il appartient à une ^(^ise fondée 
par les Giffard vers l'an 1060 (^), est celui de Sainte-Foy, k peu de 
distance à l'Est de Longoeville. Sa base est très primitivei elle 
consiste en quatre pans de muraille, percés, ceux du Nord et da 
Sud, d'une arcade en plein cintre, les deux autres d'une vaste 
ouverture à arc brisé, refaite à une époque postérieure. Pas de 
colonnes dans cette base; pas mime à la retombée des arcades, la 
petite imposte, formée d'un méplat surmontant un chanfrein, 
que VoD rencontre dans presque tous les édifices de la pre- 
mière éjfoqoe romaoe('>. Cette imposte représente asseï exacte- 
ment le tailloir d'un chapiteau. La nudité absolue est le caractère 
de la base du clocher de Sainte-Foy. Il serait intéressant de savoir 
si elle a été couverte k l'origine par une voâte il arêtes ou par un 
berceau; bien qu'il n'en reste aucune trace, c'est infiniment pnn 
bable. Cette voflte a dîspnru et elle est actuellement remplacée par 
un plafond de bois. Nous remarquerons que , dans les clochers romans 
de l'arrondissement de Dieppe, on ne rencontre plus aucune voàte 
coDstniile k l'époque romane; il n'y a donc pas de base romane 
absolument pure, comme celles que Ton trouve encore en petit 
nombre dans le Venin français. 

Le premier étage de Sainte-Foy est ajouré sur les faces Nord, 
Est et Sud d'une baie cintrée, nue, divisée en denx par une colon- 
nette surmontée d'un chapiteau à godrons. Celle de l'Est, protégée 
par la surélévation du toit du chœur et mise ainsi à l'abri des 
intempéries, est tr^ bien conservée: les autres sont asseï abîmées; 
la bain de la face Ouest a disparu comptètenenL Le second étage a 
deux baies géminées sur chaque face; les colonnettes qui les en- 
cadrent et qui divisent chacune d'elles sont également à corbeitlea 
de godrons (pi. X, lig. 1). Cette forme omementale asseï prinû- 
live, et qui se rencontre rarement dans ces régions, est la seule 
dont se soient inspirés les maîtres d'œuvre qui ont édiSé l'église 



C> I4 baM HKwre à l'iatérîear 7 milrM dan» chaque w 

<*) GoelMt, OMTa^ eil*', utide : Sùal«-|i'oje. 

CI G. Enlwt, MmmJ fankMogU r*Ugit,ut, p. 368. 



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= 15? = 
de Sainte-Foy. Toutes ces parties du clocher sont en pierres tuf- 
feuses; c'e^t ce qui explique le mauvais état de coaaervatîoa des 
chapiteaux. La charpente de la flèche repose snr le faite des mars 
d« la loitr, et oa ne vçil en wt endroit aucune fnw dw tTPnipes 
qui aurdiept pu servir à élsver Hi)S pyramide ds pisr^. 

3. Le idodher de SaiptrValéiyraoup-Burai I'' f^PVfl de o 
un seniiMf progrès d^os le choj^ d^^s matériaut. et àm» ^$1 
Utioo; il 9st pourlapt proMiue «IRlfinpOraif) de mIoï dfl t^ï^t»- 
Foy, vtame l'indiqua rioAcriptJpn siiivanle, gni^ «ohs u#ii 4» 
ircadw da sa base, en capiwlas dmites f 

ANNO ; AB : INCARN^TIONE : DPÏÏ : M' : C* : LXX' : 
DEDICATA : EST ; MEÇ ; ECCLESIA : VJ* : CAJ, , MAM 
IN : HONOELE : 

Cette ifiseriplioD, qui n'^^t p#£ cowp|J!te car ia UPiQ du wint 
lUBoqUi Mdispwée surcipq (igaw. 

La bue du clocher mt btriaéi de quatre pilieni «pirpf, de fM)- 
connue, ctoton^és cbACua da d«)i» polonnes engagà»» qiû jcop- 
respaiident à la r^taité^ dm aivadM> he^ ehipiibwMit d&W^ da 
ruri«u>t spéciiiians die l'art roipan, et iJ^ rapp^lj^f^t )^s 4Â*4rs*K 
seurees autquâlles ii « pui*é sas iospiroli^Wr C^f>4 dw iSfdoMM 
placées au Nord-Esl ont des rinceaiu iBt u^e ddOulflii fRu^fte 4ê 
'feuilles d'Maotibe wrwMttiies d'u^ «laaqwt , i» iwt nHN^'*' f*"^ 
neuieuUtMii cUasiquei au Hw1-0(14)b1, ee foot d#s vantas 4o«t # 
dtfUdie UA fristwau de feujiJAs ja poi«te t^wp^ verp jlf m|. 



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XTi* ùëde, recouvre cette btse qui est la plus complète et la plus 
intéressante de la pr^senie série, malgré ses dimeatioDs asseï 
exiguës de quatre mëtrea sur quatre, prises à l'intérieur. 

Les deux étages du clocher sont conçus d'après le même plan 
qu'à Saîate-Foy, mais leur ornenientation et la matière sont bien diffé- 
rentes (p). X , fig. 9 ). Le tuf a fait place k U pierre de taille; mal- 
heureusement les restaurations ont été exécutées avec des Imques, 
ce qui nuit à l'aspecl par la juxtaposition des conteurs rouge et 
grise. Les godrons sont remplacée par des feuilles d'eau h légères 
volutes sur les chapiteaux des colonnettes, aux pieds-droits et an 
refend des baies. Un cordon, en forme de bandeau, joignait autre- 
fois les fenâtres du second étage à la hauteur des tailloirs des cha- 
piteaux, mais il a disparu en plusieurs endroits. Un dea chapi- 
teaux de la face Est porte un grand oisean qui , tourné rers l'Orient, 
semble saluer le lever du soleil; telle a pu être l'idée du sculpteur 
qui l'y a placé (". 

3. Le clocher d'Avremesnil, tel que nous ie voyons actuellement, 
est le seul reste d'une vaste ^jlise romane, dont il couvrait le carré 
du transept. L'église a élé reconstruite au xvi*Biède, et, de central, 
le clocher est devenu elocher-porehe. Sa base est constituée par 
quatre piliers carrés de maçonnerie , n'ayant ponr tout ornement 
que la petite imposte, formée d'un méj^t surmontant un dian- 
frein, et placée à la retombée des arcades. Seulement ces arcades 
ne sont plus en plein cintre, msb en arc brisé à deux vous- 
soirs, ce qui indique que le clocher d'Avremesnil appartient au 
premier quart du xit' siècle, époque Ji laqudle on admet que l'arc 
brisé fit son apparition en Normandie, comme sim^e forme orne* 
mentale. La voAte sur croisée d'ogives aux twes amincis qui couvre 
U base est moderne'^!. 

L'extérieur de ce clocher appelle des ^^Mervations particulières. 
(pi. XI, fig. t). Les areatuies qui décorent le premier étage sont 
des ans brisés eu ogives très accentuées; dles contrastent avec 
les baies en plein cintre de l'étage supérieur de U tour, avec le 
bandeau de bîllettes couvrant l'archivolte de ce» baies et entourant 

<■) le portail de l'ancienne ^li-ie » ëU consené; malgré les réÎKtioru nom- 
bntiM» qoe r^Ua ■ lubîei aui un* et »i' siècles , ce portail eft encore d'une 
'gracieaM âégnin. 

'" Dimenûins mléiieiiraa de U bMe •. A nilra «u 3 m. 80. 



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— 15â — 

tout la clocher, enlin ar«c la téiit de modiHona à tétn ImiiMiiHi 
qai Mpporteat ia coraiehe du toit. Ce cordon d« bBleAM est t) 
reproduclioa d« colui qui oroe les baies du croisiHaB Nord de 
BotufT-Dan, h a kilomètres d'AvremesDil. Lee tm^ntgéannéet,^ 
éelstreat ckacnne dos faces de ce Hocher, oat consenrf U forme n- 
BUtne daM toula sa psret^, mais les icDlptiiRs des dnpHeaB 
soBt mécouaiaBafatflL 

Lea deox Aages sont ma pierres de tuf; te rea-dfr-cbaUMAe • mbi 
«ne réparatiim singuti^e »u iti* siMe : en loi a doané un replie- 
ment en gris el les coaLraferts ont 4lé consid^Uemeat mforafc; 
uae hante et lonide loarelle d'esTâher, constnifte i la même 
^wque, enrckai^ le clocher et rompt llivnonie de m» tigoa; 
OB .a poartant chercha k l'accommoder en hii donnaut des amtora 
et UB cordon de billettes analogueft à c«nx dn docher romm. On 
distingue facilement, sar la pboto^phie ci-jointe, les piuiu taf- 
fcuscs de la construrtion piimitive, du grès qui aerrit k effectuer 
1<!S réparations. Un portail moderne, du genre roman, donne accès 
dam le nartim Semé par la base du clocher. 

L'égtisfr parmssiale de LoagncT^le poeeMirit hd rfodiereestnl 
dn II* SH>cle, et sa base était birbarc mais trto eorieuae, d'âpre 
l'abbé Goehet<'l; malbeurensemenl, elle a él^ «on^dète a i c a t recen- 
atmite, tt y a quetqaet aanées, dan» an style ramiD de-fiwtnsie, 
ce ffm est infiniiMnl regrettable. 

n. ClOCBERS \ UN SEUL ËtAOK. 

â. Nous alloD» examiaer des clocbers.tnt^reiMnle enuire, aais 



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— 156 — 

avec grès aux «nfjles. Les eeractires archilectoniques de ce clocher 
permettent d'en fixer la date au milieu du xii* siècle; il est homo- 
gène dans toutes ses parties, et c'est peut-Atre le moins ancien de 
toute la série. 

7. Le clocher de Saint-Mards est de la mime époque que celui 
d'Hermanville, bien que plusieurs parties de cette église appar- 
tiennent au style roroao pur. Son revêtement extérieur a été presque 
complèlemeut refait de nos jours. Le rei^e-chaussée est constitué 
par quatre murailles épaisses, sans traces d'arcades; il est soaleaa 
par des contreforts plats en pierre tuffeuse, et reçoit le jour par 
deux petites ouvertures à plein cintre nettement romanes. L'étage 
est ajouré par quatre fenêtres géminées en arc bris^, exactement 
semblables à celles d'Hermanville ; il en est de même de la série 
de modulons qui soutiennent la corniche du toit. Ce clocher pré- 
sente une particularité très rare à l'époque gothique, moins fréquente 
encore 4 l'^mque romane; il est situé h l'extrémité orienlale dn 
shœur et ne fait pour ainsi dire pas corps avec l'élise. Les moinet 
de Jumièges, qui reçurent les terrra de Saint-Mards et y fondèrent 
un prieuré, ont peut-être obéi è des considérations monastiques en 
élevant ce clocher k la place inscrite qu'il occupeC. 

Ed résumé, les deux clochers de Saint-Mards et d'Hermanville 
marquent nettement le début de l'époque dite de frwinliim. 

111. CLOCHIBS-iaCADBS. 

L'arrondistiement de Dieppe possède trois témoins de celte archi- 
tecture très primitive, assez fréquente dans la vallée de la Garonne 
et en Proveoce, mais que l'on rencontre fort peu dans le Noid et 
le centre de la France. 

8. Sainte-Geneviève, près d'Auflsy, a pour docher un pan de 
muraille, Boutann jusqu'à son faite par de» contreforts plats, en 
tuf; k l'extrémité supérif^ure s'ouvrent deux arcades en plein cintre , 
dans lesquelles pendent les doches; un pignon aigu surmonte l'en- 
semlde. Le couronaemeut a «lé refait tout nouvellement, mais sans 
rien changer k la forme ancienne du mouumeoL 

i'i Ij'erl l'apioMii il« l'attlw liMhttt, *mtr*gr tùt, L II. p. A6i. 



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— 157 — 

9. Moins beiir«i]x, te petit clocher-arcade de la chapelle d« l'an- 
cîenae malactrerie de la Magdeleine, pràe de Sainte-Foy, tombe en 
rotne». La chapelle est convertie en grange et ne présente plus 
ancnoe trace d'architeetare. 

10. Le clocher-arcade de l'éf^iae de Sauchay-le-Baa a été pro- 
fondément modifit! et coni[dëtemenl défiguré. On distingue encore 
très bien ses deux arcades, maÏB elles ont ét^ boucbérâ avec du 
nlex. Le couronnement est remplacé par une flèche d'ardoises, el 
une charpente contenant les clocbee a été adossée h U prinûtivc 
construction. Malgré cette adjooctiou et Jt cause des pierres tufièuscs 
dont il est construit, ainsi que des contreforts plats qui le sou> 
tiannent, le clocher-arcade de Sauchay-le-Bas n'est pas le moins 
intéressant de cette catégorie. 

IV. Bases kouahbs dr clocbers. 

Nous aTons terminé l'examen des dix clochers romans complets; or 
il en existe encore, dans rarrondîssemenl de Dieppe, quatre autres 
dont les étages ont été reconstruits complètement au xti' siècle, 
mais dont les infrastructures datent des if et iii° aiédes. 

1. Voici d'abord Menlers, dont les lai^s assises, formées de 
quatre énormes piles carrées, avec la petite imposte ehanfreinée, 
surmontées par des arcades en plein cintre, à un seul voussoir et 
d'une épaisseur inusitée, appartiennent au xi* aiède et donnent 
l'illusion de l'infinie durée. La voAt« est du st<^e flamboyant, ainsi 
que. la parlie supérieure de la tour. La base est de vastes dimen- 
sions; elle mesure, à l'intérieur, A m. So dans ehaqse sens. 

2, Le reule-chaussée de la tour de Bailly-en-Rivière ne le cède 
ea rien â celui de Meulers; il est même encore plus étMidu, car il 
a 7 mètres dans chaque sens '*', mais son architecture est beaucoup 
pins intéressante et dénote une époque moins reculée. Dans chacun 
des piliers carrés sont engagées deux colonnes; quatre colonnetles 
les flanquent dans les piliers de l'Est, trois seulement dans ceux de 
l'Ouest. Les qnatre grosses colonnes sont surmontées de chapiteaux 

''> Ce KOffll exademcnt 1m méiiMa ilinenaioDg que Saînle-Pojr. 



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— 158 — 

eubiqoM, Iw eolonnettw en ont à volutw. Le« bww tout toutes 
attiquM. Cw piliers, ou ^t6t raiKWi» d4 «oLoubm, mipporlMit 
dsi avQide» DIU6 à pLeio ciatr» st à double voiwioir, La voila 
sur croisée d'ogives, avec un tore entre dans laloiia tUK ^ncfaM. 
a élè restaurée à une date qui ae semble pas très éloignée. L'église 
de Bailly-^n-Rivibra Ait wceiidiM à la fin d« ivi° aiMei li baie du 
ciocber a muU résiste, maïs l'àttge a itâ remplacé par hb atàte 
d* mifonDvrifl hos Biyle ai éUganaa, 

h Snint'Ouen-4ow-BiiiUy a i^tivment une basa de olochar 
ntna», mais elle »sl de dimeiwoiia d'un tiers ptua pelîtee et un 
arobitaettire Mt iih» primitive. Usa quatre piliers nus, à un reesiul, 
oméa d'une petite imposte t^animnée, soutiennent des areadae n 
plein cintre, à deux vous&oirs faisant tris pen saiUis l'un iur 
l'autre. Notons que, dans les deux piliers de l'Ouest, une minuscule 
baguette sépare le méplat du chgnfrein dans l'imposte. La voilte 
h réseau est du xti' siècle et une flèche d'ardoises s'appuie di- 
rectement sur le ras - de - efaawsatfe , l'élaga întermédieire aymit 
diepam. 

à. A l'aotn estrëmité de l'arfOBd i sa ew ent, et non loin de Bet> 

lencombre, se dresse l'antique sanctuaire de Beaumont^le-Hareog, 
dtut le eioebap eentral diS^n totalement , quant à u bat« , de ceux 
que nous anns reneantrài jusqu'iaj, ËD effet, ow clochers, comme 
on l'a vu, ont des basea forméei gdnéraleouat de quatre pilîars 
oairii de maçennerie, eantonnëa ou non par dai oolonnas; or celui 
de iIeauniont'le>Hareog est tout autre et appartient à un type de 
basas que noua poasédoBs en aaaei grand nombre dans le Veiia 
français et le Pioeerais. 11 repase sur deux pans de muraille dirigea 
de l'Est à t'Onest et formant un étranglemeot entre le chœur et la 
nef. Cfn murailles aoqt perchas ebaoune de deux petites baies k 
fdain ciotoa suparpoaées. Une arcature en plein ointra *e détacbe 
dans la muraille Nord , une autre lui fait faoe dans la muraille Sud, 
Deui grandes arcades, abaolumant nues et toujours en plein 
ainlra, mettent oatte basa en eommunioation avee la choeur et U 
nef; ell<« ont la petite imposte ebaofreinée. Une voAte aw eroistfe 
d'ogives du iiir siMe eomplile oette base, qui ne mesure que 
3 m. 5o sur 3 mètres. L'étage supérieur est de l'époque de la 
Rrnaissnncr. 



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— 169 — 

A la iBimiiuiiMa oeoideiit^a de 1« tuf d« Beaoaaf s'èl^ une 
twu dont les p^es iiifénnlrM Mmbletit coBt«tn]^niiiMB d« 
répoqae romuie, ù l'on eoDifdère iear ^isMar, )m haots eoDti«- 
forta plats en pierres luiTeuses qui les sontienne&l, enfin lespetîtM 
baies ciatrées qui y iaisseut pénétrer un jour discret 

Le clocher de Canoehan, placé également à l'Ouest de la nef, 
est peut-être dans le même cas, mais il s'est écroulé en partie et 
n'a pas été rebâti dans sa forme primitive. Toutefois, une fenêtre 
basse, en plein cintre de la face Ouest, poorrait être un vestige 
de l'ancien clocher roman. 

Nous ne mentionnons Cannehan et Beaunay que pour mémoire , 
car nous sommes loin d'être affîrmatifs sur ce point. 

V. ClOGBBRS DB l'époque GOTBIQUa. 

Nous avons signalé à plusieurs reprises l'imposLe clianfreinée 
des piliers de la base des clochers de l'époque romane, nous y 
revenons encore une fois, car nous retrouvons ce caraclÀre archi- 
tectonique dans onze rez-de-chaussée de tours de l'arrondissement 
de Dieppe, appartenant à l'époque gothique primitive. 

D'abord , sur les piliers nus de la base du vaste dodier central de 
Notre-Dame d'Aliermont, où cette corniche est lourde et épaisse 
sur trois piliers et sensiblement plus mince sur le quatrième; puis, 
i Saint-Nicolas d'Aliermont, oii son profil est très nettement carac- 
téristique. 

Les quatre arcades brisées et très aiguës qui supportent le clocher 
de Bosay retombent sur une imposte identique; il en est de même 
i ceux de Gueuree, de Beaumais, de Martiguy, qui sont placés 
entre chœur et nef. 

Les infrasiruetures du clocher de Berneval-le-6rand , posé sur le 
croisillon Sud, ont conservé une arcade en plein cintre et une 
imposte dont le profit se rapproche beaucoup de celle que nous 
avons tant de fois décrite. 

On la rencontre enfin, dans toute sa pureté, aux bases des do- 
chers-porches d'Auhermesnil , du Gourel, de Penly et de Saint- 
Denis-d'Aclon. 

Celle ornementation très sommaire des piliers de ces onze clochers 



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— 160 — 

de l'époque gothique primitive et daos lesqaels on n'avait proba- 
blement ni le loisir, ni les moyens de sculpter des colonnes h chapi- 
teaux à croflsell«3, constitue une réniîniscettce de l'art roman qn'it 
était intéressant de signaler. 

P. COQDKLLE, 

OinT«epandsnt du Comilé. 



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LES 

TRAVAUX DES MOIS 

DANS UN MANUSCRIT 

DE LA BIBLIOTHÈQUE ROYALE DE MUNICH, 

PAR M. \HBPEE BOINET, 
Archiviste |iilMigra|ibe. 



Parmi tes sculptures de nos graudes cathédrales de Chartres, de 
Paris, d'Amiens, de Reims, il en est certaines qu'on examine tou- 
jours avec une vive curiosité : ce sont celles qui représentent les 
travaux des mois. Quoi de plus charmant, en effet, que ces petites 
scënes si délicatement traitées, qui tëmoiffnent parfois d'une obser- 
vation si profonde de la réalité et nous font revivre la vie de nos 
ancêtres (»T 

Nos artistes du commencement de l'époque gothique n'ont certes 
pas été des novateurs en cette matière. Ils n'ont fait que suivre 
use tradition depuis longtemps établie. Loin de vouloir diminuer 
leur mérite, nous voulons simplement indiquer les origines, assez 
lointaines de ces représentations. 

Les travaux des douze mois, Sgurés si souvent ou xiii° siècle, 
se rencontrent bien plus rarement à i'époque romane. On cile fi cet 
elTet, comme exemple intéressant, la mosaïque que Suger Gt exé- 
coter à la façade de l'église de Saint-Denis '^^ 

Avant le xii* siècle, nous trouvons des manuscrits 1res curieux. 
A ce point de vue, l'histoire de l'Illustration du calendrier, pour 
le haut moyeu âge, a été l'objrt d'un mémoire très détaillé de 

(>) On ne Hurait trop recommioder I» lecture de» piges ei iatérneantes ^ue 
11. Mile * consacrées à ce uijet dang sou ouvrage, 1,'Ari rttigimu: du un' êiiele 
ut Fraact, ■' ëdiL, p. 85 et «uiv. 

'*' 11 NI existe unfraf^nt au Musée de Clunjr. — Voirausà uiifût decaloonetle 
isolée qui ee trouve dans l'égUse de Souvi^py (moulage au Troeadéro). 



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— 162 — 

M, Riegl, paru en iSSg^'). Nous ne prétendons pas reTaire ici cette 
élude. Nous nous proposons uniquement d'y apporter un complément. 

M. Rie^^ a insisté tout particulièrement sur deux mannscrita du 
Vatican : le preiiiiitr est un martyrologe on vers de Wandalbert, 
abbé de Prûiu (llag. A38), de la fin du if siècle oo da commea- 
cement du x° et peut-être exécuté dans le nord de la France oa do 
cité du Hhin. Le second (Reg- 1963) est un livre de compiU da- 
tant des environs d^ t'an looo et qui a dil être écrit en FniDce'*'; 
en tout cas, d'apr<>s une mention un peu postérienre i la date de 
sa confection , il provient de Tabbaye de Saint-Mesmia au diocise 
d'Orléans. 

Les travaux des mois et les signes du zodiaque sont représentés 
ai^sez grossièrement, dans ces deux volumes, par des dessins i la 
plume rehaussés de quelques couleurs, or, rouge, vert, violet, le 
plussouvent'^l. 

Il aous a été permis d'examiner un manuscrit de la BiblioUiique 
royale de Munich (lat. 9io) que M. Riegl ne sembla pas avoir 
connu et qui est d'un grand intérêt pour le aujet qui noua «ccnpe, 
car il est antérieur à ceux qui viennent d'être cités. Il nous a donc 
paru utile d'eu publier une notice. 

Disons d'abord quelques mots de trois poèmes en dûtùiaes rda- 
lifs nu\ mois et datant de l'époque carolingienne. Le premier est 
dit au moine Wandalbert de Prûm; il est intitulé : D> iMiuîitM 
duadecim nomnibiu tignù cidtnrii aeritqiu quaUtatibuâ^^h Les deux 
autres font partie d'une série appelée QanûnaSaUMivgtniia et portent 
le titre : Idtoma iKmnum tinffulonim^^K Ces pièces de vers témoignent 
de souvenirs iinliqucs tant dans les idées que dans les eipmaiiofls 



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— IM -^ 

fiée. }Sm «6 qui a b^aueoup fim à^otérit, e'eel qmehaqm dis- 
lique de ce dernier poème correspond eKactemeat à l'une des 
figurée du manuscriL dn Muoicti. On pourra le coaetater dans la 
description qui va suivre. 

La ma. latin aïo de la BiUiothàque royal* de Munich O est 
un recueil de comput et d'cslpsuornis qui paraît avoir été copia 
à Salibourg en 8iS(^', d'après un eiemplaire exécuté dans le nord 
de la France (^'. Outre la» travaux des mois, le desRÎOBleur a repré- 
senté les signes du zodiaque'*), le Soleil, la Lune et les Vents. Les 
inoia loat figuués (ur le mdme feuillet (fol. gi v*) ea qualro re- 
gistres. Leur nom est inscrit en petites capitniea rougei. Le dstnii, 
presque toujours indiqué d'un trait roug« ou noir, est rehaussé 
le plus souvent de rouge ou de v«ft. L'as^utioa même est très 
médiocre et dénote une main fort peu habile (pi. XU). 

Voici maintenant la deaeription do chaque figura avec te dis- 
tique qui t'explique. 

Jahviir. Ud homme accroupi se chauffe les mains à uu feu 
alluma à terre l^'. 

Pone focum mensis dictas de nomioe lani 
Heret conlractus frîgore sive sedel. 

Février. Serre contre fa poitrine deux jennei oiseaux et, de la 
mnin droite, en lient un plus grand par les pattes. 

Annna qoem quondem eacrsrunt Febnia measem, 
Ova fovet quorum portât aves manibus. 

W On trouvera une notice iBsez FompUte tar i» date, li provpnancp et N 
vidwiludes de cevoluDie duia Cbroust, Denkmdter dtr Sehrfibkutut dei Mitithhfrt 
(Mjnich, in-fo)., i" série, i" livraison, iSifg). L'auteur a liuiiDÔ on fac-similé Is 
fouillet qui repréaenlo les douze inoin. 

''1 On Ul, dans VAiibrefialin chronice : iSunt aiiteni lotius sunune ab origino 
nuindi usquc ad présentent annum dccci'i" incarnationis Dominin, 

<^> D'qirà» 1« noma de* uint* du mai^robge corrlenu d«iM oe maouicrit, il 
but ftoDf^er camme lieu d'origine à Reinu, Salnt-Vaast, Paris, Autun, Coloj^, «1 
tiurlâul k Sainl-Amand ah Arnaud de Salibourg fut d'abM^l ahbé. 

'•> Cf. Thieie, Anlike IlimiiuUiiildtt; Boriin, 1S98, ia-li\ p. t68. 

<•) Ci. iiMii d« déi-«mbi« dtn> le mi. Oeg. ai» {^. 11 df Kef/l) et d» janvier 
dans le ma. Heg. i963. 



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— 164 — 
MiBB. Tient un serpent d'une main et nn petit oiseau de Tautre. 
MartiuB educit serpentes , dite gaudet , 
PondiboB atqne sais tentpora laela voeaL 

AvBiL. A Dne gerbe dans la main droite. A e6t^ est un arbre tu 
fleurs et au sommet duquel est un oiseau. 

Aprdis gerit Ijerbamin pandeule maniploa 
Se Idlnre virens arboHa et tolinm. 

Mti. Tient une branche fleurie de la main droite et de l'autre 
répand la semence d'une plante (". 

MenBÎB A^^oreuB cdamauco fundil opertn» 
Flores ac Pliadis erescere |m>dit aqua». 

Juin. Laboure avec une rharrue traînée par deux bœurs. 

luniiis incurva prorandit vomere lerrani , 

Aurea cnm caelo comua Tauràs agit. 

Juillet. Part aux champs avec la fnux sur lepaule'^. 

Quinlilis falceni collo dum veclat acutam , 

Herbida pratonim rura secare cupit. 

Août. Coupe le blé avec une faucille (^>. 

Sexiilis ft^etes, quibus liorrea repleat, uneo 
Succidit cUalibe eive metit stipulai. 

SRPTRHBaK. Jette les grains dans les sillons. 



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— 165 — 

NoTEKBiE. Fait pattre !e porc"'. 

Décidas poreos posdt quia glande Novimber, 
Horridoi eSnao nepe craore madet. 

D^mBRB. Saisit une patte do porc et s'apprête i la tranclier 
arec un large couteau. (I^e même animal sert pour les deui scènes 
de novembre et de décembre''!.) 

Glande sues reduci pastos pastore Decîinber 
Rimatnr Gbrà, sordet et obsonio '". 

Nous avons indiqui!, dans les notes, les scènes analogues, que 
l'on rencontre dans les deux mannscrits du Vatican. M. Riegl a 
donn^, dans son article, des indicalions précieuses sur d'antres 
volumes'*' oi^ se trouvent des repr^nlatîona des travaux des mois 
et qui, par snite, pourraient fournir des comparaisons intéressantes 
avec celui que nous avons étudie!. Mais ce serait faire ici toute une 
histoire de Ciilnstration du calendrier au commencement du moyen 
jge, et ce n'est point ih notre but. Nous nous sommes contenté 
d'apporter an modeste complément à la savante étude de M. Riegl. 

Amédée Boinn. 



'•) Cr. ms. i363(noypiiibre). 

''> Cf. iiiR. 1963 (déo^mbre), même sujcL 

I*' 1< jAire se temiinG par In d<>ui vers suivanls : 

Hase lora nifficïint mbilo pra tsmpore frstri . 
N«m prMMD* eûvm tan mdiora dibit. 

''' Nu(*innM>nlwir un psautier de la Cotlonicnne (du coniiiicnccmciit du \* tiièrle) 
t un martyrologe de la même eollecb'uD (du ii* ùèrlp). 



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UNE 
FRESQUE DU XV SIÈCLE 

À LA CERT08A DI PESIO, 



PAR H. lie LAKUB, 
Correspondanl du Ck>init^. 



A aS kilomètres au Sud de Ooaeo, dans b j^Utoreaque et alpestre 
\a,\Ue da Pesio, s'élève la CJurtresse de ce nom, aujourd'bul et 
depuis longtemps ié^ transformée %n un. contoftaUe hAùA devenu 
le rendez-vous dénombre de RvUl^iaotsn et où, en lut wilre temps, 
ne dédÀg»*>ent point de venir méditer, dans le câline et le jMoeil- 
lement, des hommes teis que Covonr, Massimo d'Azeglîo et, plus 
récemment, Viacoati -Venosta. 

Si noire intention n'est point de retracer ni mâme de résumer 
ici l'histoire de ce célèbre couvent, fondé en 1173, histoire qui, 
aussi bien, a fait l'objet de conscienrieuï^es recherches ''^, nous 
pensons qu'il nVst pas hors du propos de signaler un monuoienl 
d'art que nous avons eu l'occasioa d'y reacontrer et qui, si nous ne 
nous trompons, n'a paéiïÀ, jusqv'icif eaamnm par les cercles com- 
pétents, du moins en France. 

Il s'agit d'une fresque occupant une espèce de niche placée en 
avant de l'un des deux ponceaux couverts, lesquels, actuellement 
encore et comme autrefois, ainsi que l'atteste une vue cavalière 
exécutée en 1679 par Giovauui Boetto, de Fosseno, franchissaient 
le Pesio et donnaient accès à l'iolérieur du vaste édîGce. 

Le ponceau dont il s'agit est le premier que l'on rencontre en 
venant des villages de San fiartolomeo et de La Chiusa, lesqnds, 
avec celui de Beynette, sont sur la route de Cuneo. Tandis que, 
bien que très praticable encore , ce premier ponceau est à peu près 

'') Biigio Cinnlj, La Certua di Pttio, 3 vol. grand in-A*, Turin, 1900. 



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— 168 — 

zoîdale, c'esl-à-dire qu'au lîeu de former un angle droit avec a 
paroi verticale du fond, les deux parois latérales rencontrent celle- 
ci sous un augle obtus et ne sont point, dès lors, parallMes entre 
elles, tandis que la partie supérieure, arc-boutée mr «es parois 
latérales, est légèrement voûtée. Nous sommes donc en présence 
d'un léritable triptyque fixe ayant un développement approximatif 
de U mètres, dont un peu plus de a mètres pour le fond et quelque 
peu moins de t mètre pour chacun des c(tés. En dehors dn tnp- 
tyque lui-même existait un encadrement presque entièrement dévoré 
aujourd'hui par les efflorescences de salpêtre et qui représentait 
deux pilastres historiés avec leurs chapiteaux, les ornements, oi- 
seaux, rinceaux, palmetles, volutes, etc., étant exécutés en blanc 
réchampi sur jaune plus ou moins intense el semUant, d'après ce 
que l'on en peut discerner encore, inspira des meilleurs molirs de 
la Renaissance toscane. Venons au sujet lui-même. 

En avant de trois arcades d'inégal écartement et teintées en 
violet, l'nne, la plus ouverte, occupant le panneau du milieu, el lea 
deux autres, peropectivement plus étroites, inscrites anx panneaux 
latéraux et vuea en raccourci, Ggurenl la Viet^e tenant l'Enfant 
Jésus et doute chartreux, six à gauche, six à droite. Devant les 
arceaux secondaires, on voit, ii gauche, saint Jean-Baptiste debont 
(la partie inférieure du corps a presque entièrement disparu) el, 
à droite, un moine, aussi debout, alors que les douze autres sont 
agenouillés. 

Derrière la Virage, pareillement debout, ou remarque, eu haut, 
deux séraphins norantn, dont de m^adroites retouches ont gAté 
l'exécution première; tandis que sur le ciel bleu se détache une 
sorte d'étroite tenture jaune-brun à fleurons noirâtres, teataro 
placée, afin de la mieux faire ressortir, en arrière de U télé de la 
mère de Dieu. 

Celle-ci est coiffée d'une sorte de bonnet brun noirâtre sur lequel 
il convient d'j^pder spécialement l'attention , oar, eu dthora du faire 
de rceuvre,il peut servir par lui-même, et presque èini seul, pour 
doter asses exoclAmen t celle-ci , les autres parties principales ou aeces- 
stùres du vêtement étant parement conventionnées : manteau bleu 
semé d'étoiles jadis blanches et doublé d'une étofl'e verdâtre, tunique 
rouge è larges ptis, mais plaquant sur le ventre, avec rosaces t»n 
sur ton-, chaueaures blanches reposant sur un escabesu ou mieux 
un sodé heugonal. Autour du bonnet, un examen otteélif permet 



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deiMMr, OD ne saurait néaamoiDi donner nue dMcripUon précise, 

en Tétai déplorable de délabrement ou mieux de presque destnic* 
tion où il le tnmvf, la tite elle-même dtspaniisunt en partie sous 
les effloreaeencM de aalpAlre. 

n en va autrement du moine debout en qui nous pensons recon- 
ABttre un prieur, tant à raiaon de sa poiture droite que du fait 
qu'il parlage avec le saint l'insigne privil^ de porter les pans du 
manteau, vériubls ^mUhmi d'honneur dont U Vierg|e est drapée, 
ainsi qu'on l'a marqué déjà. 

En outre, dans la saignée du bras gandie de notre moine repose 
un missel fermé, autre détail évidemment significatir. 

Si les {dis de la robe blanche sont eiécutés avec aotant d'ampleur 
que de rérilé, la physionomie, tendrement ascétique, est traitée 
avec une simplicité gracieuse et magistrale qui respire un carac- 
tère de religieuse et pensive quiétude. En effet, le fieaye est , dans 
Bon ensemble, noble, calme et reposé d'expression, grâce aux mé- 
plats aeeenluée sang être heurtés , à la finesse de la bouche tox 
lèvres minces et [due encore k la camalion sensiblement moins 
pouseée en vigueur que celle des autres moines, surtout de ceux de 
droite. 

Tel est le sujet principal. Il est complété sur la partie cintrée, 
formant plafond, par un petit ange de joli dessin qui sonlîeat 
un cerdf aa centre duquel en est tracé un plus petit d'oè 
rayonnent des flammes au oomtH« de doue, réguiikremat 
espacées à 3o degrés l'une de l'autre. Cet unge est à la gauche du 
Bpeclateur et faisait pendant à un eatra dont il ne snbeiate plus 
acta^emeot qne le pied gauche et un fragment de jambe. La 
[lOTt* de oette figure, pour aocesKnre qu'elle fût, ert d'autant 
plus nf^table que celle qui aubaiste encore est d'une exquine 
exécution. 

Quoi qn'il en soit, de l'examaa que nous avons hit d'une pb>- 
togivphia eideatée en 1870 et conservée par le praptiétawe «»• 
tuelle de la Chartreuse , M'"° V" Biagio Caranti , il résulte que depoM 
lors, e'wt-i-^irfl «a 34 ans, ancun nouveau dégAt marqué ne s'est 
prodiùl. Ainsi, la partie droite de l'enduit de la voAie s'était dél»> 
chéedéjè; la tète de saint Jean-Baptiste avait, ni pl«s ai moins 
qu'aujourd'hui, été dévorde par ie salpêtre; le torse et les jaaibM 
avaient wiasî diapom. Enfin tnrii profondes onnasMe, pénétrant la 
masaa même du ainr, avaient diqoint la paroi droite, endomma- 



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géant les portraits des moines barbus et celui du prieur, car, ainsi 
qu'il a été dit déjà, nous estiartons être en présence d'uae «uvre 
iconographique nous ayant conservé les traite des treise reKgieux 
qui menaient à Pesio la vie nénobitale è l'époque 06 fnt exécutée 
notre œuvre d'art. 

Cette époque quelle est-elle T Cest le point qui nous n»lê à dé- 
gager en D0U9 aidant non seulement des «caractéristiquesn gén^ 
raies de l'ei^ulioRimais encore d'un détail très signiâcatif du cos- 
tume de la Vierge. 

En ce qui concerne oes caractéristiques générales, il convient 
tout d'abord de le remarquer, notre photographie donne une idée 
très imparfaite, très incomplète aossi de l'œuvre originale, soit en 
raison de l'impossibilité d'apprécier les tonalités ndalives des cou- 
leurs, défaut commun à toutes les photographies, soit, au cas par- 
ticulier, par suite de la déformation forcée des plans latéraui et 
dn cintre supérieur, lesquels ont dA être seerifiés pour mettre en 
valeur le sujet central qui est aussi te principal. 

L'on a dit que la Viei^ était coifii$c d'une sorte de bonnet bran 
noirâtre peut-être en fourrure, de forme abst^ument spéciale, le* 
quel, venu très vagua dans ta photographie, «st pourtant fortreoon- 
naissable sur l'original. Aotrefors, cette coiffure était omée d'oD 
diadème enrichi de perles alternant avec des feuilles d'aohe ou 
de trèfle, diadème qui, aujourd'hui «ncore, offre an léger rdiaf 
oirteon par empAtement et a été doré, mais, avoc le twnpg, est 
devenu noirâtre comme le nimba de t'Ëofant Jésus. Si ce joyau 
n'est pas ea lui-méma très significatif, car On en trouve de noa- 
breai exemptea à diverses époques et en divers pays, le plus wn»- 
Uable au ndtn éunt eelui que le Christ va plaoar sur la tête de la 
Vierge dans un Mcouronnement^ peint par Pra Angelico''>, la ooif- 
fore ette-méme est évidemment plus rare et doit marquer une date, 
car, k la différence des autres parties du coetame, callo*«i a été 
évidemment copiée sur un objet en usage i l'dpoqua où la freaqaa 
a été exécutée. 

Or, le chapeau de fentre à bords entièremoat relevés autour de 
k calotte comme le porteot «ujourd'hui encort les geno di peipio 
en Hongrie et dans certaines parties de l'Espagne, on le rencontre 
très fréquemment vers la Gu du xv* siècle. Témoin, enlre tant 

"' Lubke. ffwl»tw A PAn, «rrtotlWB g«th, t. II. f. ««,%.&««. 



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— 172 — 

d'autres, le portrait de Charles Vlli d'après Gaïgaières ") et, dam 
la Chronique de Louis XII par frire Jean d'Auton '^), une miniature 
où C6 prince et divers seigneurs de sa cour sont repr^ntéa la l^te 
ainsi couverte. Nous pouvons donc, sans beaucoup nous hasarder, 
Taire remonter notre peinturt; à la seconde moitié du iv* siècle. 
. Si maintenant noua examinons le galbe très pur de la Vierge, il 
n'est pas sans quelque analogie, à notre avis, partagé du resie par 
un peintre français qui a vu notre fresque, avec celui des ma- 
dones du Pérugio, ce malti-e de Raphaël, qui peut être regarlé 
comme ayant été dans la plénitude (je son épanouissement durant 
cette période. Quant k l'Enfant Jésus, on ne croit pas beaucoup se 
tromper en le rapprochant de celui qui, dans la nativité de Lo< 
renzo di Gredi conservée aui «gidlerie:? de Florence, se voit couché 
au premier plan. Et Loreaio di Credi, lui aussi, est du iv* siècle. 
Cest bien la même petite tête, vue de trois quarls et couverte non 
de cheveux longs et boudés, comme dans la plupart des effigies 
du xvi* siècle, mais bien de ce petit duvet court et dru, propre aux 
pargaktti. On retrouve aussi ces marnes cbeveui naissants chex les 
Gtm bambmo du Pérugin. 

H reste à parler des quatre anges ou séraphins (rorant», dtMit 
deux apparaissent aux côl^ de la Vierge et deux au-dessus d'elle 
dans le cintre. Comme on l'a dit, le galbe des deux premiers a été 
singulièrement compromis par de malencontreuses retouches qui 
en ont, tout à la fois, altéré le coloris. — Par contre', celui qui 
subsiste encore à peu près intact k la voûte, aussi remarquable 
par la ligne que par la coloration et notamment par le diapré des 
ailes, n'est point sans rappeler des figures analogues existant dans 
diverses compositions du Pémgin , notamment dans la r Vierge 
patronne de Pérouse» et dans une «Adoration des Ms^es^''» da 
même peintre. En outre, quelque altérés qu'ils soient, les deux 
antres anges, ceux qui volent derrière la Madone, s'inspirent aussi 
du même type. Nouvelle raison pour attribuer k notre firesque la 
date du xv* siècle. 

Si Ton ne croit pas devoir tirer argument des motifs omemen- 
Uui dea pilastres, parce qu'ils peuvent être d'une main antre que 

"I Bordier et ChttUm , Hût, de France, i" âdition,!. l,p. 56&. 
<') Bibliothèque Datioiule, manuscrit fr. 9701. 

(^ Cea cambre* annpoôtioni on[ élé notanunent reproduites diuu le n* XXII 
( unée t i)o3) de U Vax Orhif, joiirnal litin pmitunl i Home. 



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— 178 — 

i:elle qui a exécuté le tableau tni-niéme, qu'ils sonl, d'ailleurs, très 
délabrés et ne paraUsenl point dans notre héliogravure, on croît 
bon, pourtant, de répéter qu'ils sont de fort élégaate allure et rap- 
pellent, eu quelque sorte, ceux qui encadrent le triomplie de 
César par Maotegna, dans la célèbre compositioa conservée à 
HamploD-Courl. 

Pour terminer. Tenons aux religieux ici représentés, évidemment 
sur le vif ainsi qu'on Ta suggéré déjà. Que six soient imberbes et 
six barbus , nous sommes trop peu versés dans les règles dé Tordre 
pour altribuer un sens précis, incontestable, à cette dilFérence. 
Mais si elle nous confïrcne dans l'hypotbèse que nous sommes en 
présence de porb-aits, peut-être comporterait-elle une interprétation 
analogue à celle qui a été admise en ce qui concerne les monuments 
antiques. C'est aio«, par exemple, que sur un bas-relief du fameux 
autel dédié par les nautes parisiens, on a reconnu dans un groupe 
de trois hommes armés barbus des membres seniores du collège et 
dans un autre groupe aussi de trois hommes armés, mais imberbes, 
des membres yuntore*'''. Nous ne donnons cette interprétation que 
sous expresse réserve, parce que le moine debout, à qui, pour les 
raisons exposées plus haut, nous assignons la qualité de prieur, ce 
qui en ferait un teitior par excellence, est entièrement rasé. 

Et à propos de cette chai^ de prieur, étant donné que, nous 
croyons l'avoir prouvé, notre fresque date du xv° siècle, il se pooc- 
rail que la belle physionomie dont les traits nous ont été conservés 
par le peintre soit celle d'un des plus notables de ces prieurs, cer- 
tain Stephanni de Crtvolo ou CnWetu, qui fut longtemps à la léte 
du couvent h cette époque et mourut en i&g/i<^). 

Mais au temps de cet Etienne de Crivolo, vivait à la Chartreuse 
an simple moine, Antoiue Lecoq, plus connu sous le surnom de 
Hf Aviglimut. Or, sur le montant droit du ponceau couvert donnant 
accès actuellement encore à la Charireuse, on voit une peinture 
relativement moderne qui représente, à n'en pas douter, ce char- 
treux, puisqne, dans un cartouche placé au-dessous de l'effigie 
de ce religieux, on lit : Anioniui Lecoq de Avilia frof. A[«]i[M*[ 
c[o]tt[flfRtiu] V<^u Pûmi làSâ. 

•'> Howit, RïBMTfuct inrf»innT^(K>n«ii»(ifunif«/Wû; Vienne, i889,în-S°. 
(Voir auMi BuJblin de la Société nalionalf dn Anli^airtt dt Fmnrf, lyoS, 
p. .83.) 

M Ctranli. mw. cité, p. «SS-sgS. 



D,j.,.db,Googlc 



— 174 — 

Or, quelque mtltrailée que toit eetle médiocre pcîntan qaî nt 
& fresque, ri on Texaniinc attentivemant, l'on demeure bous rim- 
presaion qu'il existe uue grande analogie entra ce portrait et celai 
du premier moine imberi>e de notra grand tableau. En auppouDl 
cette identification fondée, die offrirait de l'intérêt, car cet AqI(hdp 
est lin des rares religieux de PpsIo dont le nom ait acquis et coa- 
serré qudque notoriété. D'après Morolio''), ileiHiipou *un Irattato 
•ni libro di Giobbe cfae dedici ad iBabella, madré dei Sereoissiffli 
Principi di Savoja Filiberto e Carlo, ai quali predisae, altreal, U 
prossima usurpaiione dfdio Stator. Sauf qu9 la mfere des princes 
Philibert el Charles fut, non une Isabelle, mais bien Yolande de 
France, sœur de Louis XI et femme d'Amédée IX, dit iril Beato»; 
cette prophétie, si tant est qu'elle n'ait pas été iuTenlfc aprèacoup, 
mérite d'être mentionnée, car la descente de Cbailes VQI en Italie 
U réalisa, au moins pour un temps. Aussi bien, sans parler des 
divers autres ouvrai;es de ce moine, tous perdus, il convient de 
noter en passant que celui dans [e<|uel il consigna sa prédiction ne 
fut guère du goAt du jeune conquérant français qui en eut oonnais- 
Bsnce. 

Quoi qu'il en soit, il est avéré que, mplgré son aumom ilalien, 
Lproq fit profession i la Grande Chartreuse de Grenoble d'oit l'on 
peut inférer, comme aussi d'après eetle appellalion patronynùque 
de Lecoq, qu'il était Français, ce qui, pour nous, rend son portrait 
particulièrement intércâsanl. Toujours est-il que, peut-Jtre ï raisoii 
de sa supériorité même, il port» de l'ombrage à ses «frères en 
Dieun au point qu'eu ittlfj les coi'ypbées de l'ordre e'étant réuni) 



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— 175 — 

rinoertilude qvi rtgne sur m point, l'imaginsticMi popvlaîre a cr^ 
une légende d'après laquelle ce saint homme serait demeuré cent 
ans endonui sur l'une dw roches abruptes qui surptombeat le 
couvent, 

A no autre point de lae, il convient de mentionner que, d'après 
nn manuscrit de Me della Chiesa, appartenant à la fiihlioth^ue 
natiooale de Turin, le dauphin Louis, plus tard Louis XI, cootiaint 
de fuir le ressentiment de Charles VII, son père, erra quelque tempt 
i l'étranger el se rendit i la «Certosa di Pesiot wua un déguise- 
menL Tandis qu'il disait la oiease, 1« P. Antoine reconnut) par 
ïniuition divine, le roj^l «errant», hiî prédit sa proobaiae réeon^ 
cilistion tiea son père et «on non moins (Hvchain avènement au 
trAne de France, £n souvenir de l'aooueil re^u, Louis devenu loi 
envoya su DOuvNt une magnifique obaaubU, laquée fit longtempt 
l'admiration de ceux qui visitèrent la chartreuse pidmootaiw, ce 
dont témoignent divers auteurs. 

On croit aussi que Lecoq était de haut parag* i maia, ne fât-ce 
là qu'une vague tradition, ee qui lemhle avéré c'est qu'il servit 
fréquemment d'inlerœédiaira politique secret entre Yolande de 
Savoie et son frère. Enfip les écrivains du temps el ceun qui vin" 
rent oprès eux affinneol que sur la Ufcab^ du P. Antoine, lequel 
fut enseveli dans l'ancien dmetière conventuel aotuellement dis- 
paru (on n'en a retrouvé «uoune trace), s'accomplirent de oombreut 
mEraolea, 

Si maintenant on se reporte k la partie de la &mtca SuplumlU 
Crmio, Priorû CarUitû, amn. Mesooxzr, chronique continuée jusqu'à 
une date très postérieure, on y trouve plusieurs mentions : «De 
fieato Aflthonio Le Coeq Aviliaaensi, mosacho profesao Gartusia 
Vallis Pisiis. La plus curieuse est la suivante, qui précisément ae 
réfère aux mîrades dont il vient d'être parlé "1 : n . , .Dobùuus de 
Ariliana cuius odore. Domino inspirante, omnes de quibus nomi- 
natim dicetu et multi alii fuerunt ad conversionem tracti. IpM) 
enim eutttit proph^ vaticinando de futuris. £t quod est aoUils 
Dei, corda bominnm aerutabaturetoonseieneias eomm eiinstinela 
eognoembat fiehantqua per eum «ngularie et adhuc non oessanl. 
quia viridis herba super eius tumulum nascens, portantes eam 
super se febrictlanles sanat; et quam multos ab ipsis febrihus 

(') Garanti, la CtrtDM di Petio, U 11, p. A5 at a^i- 



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— 176 — 
liberavit manifeslum e»l omni poputo. — Obîit 3& rèbraarii 

Enfin fut composé pour \m ce dîstiqne : 

Christo canio bymnoe IschrynianB; quasi cera lîqaeseo. 
Hinc vateB aftra pelo, poadcre neque gravor'*'. 

dans lequel irCanto. . . liquescon donne l'anagramme d'AnloDitts 
Lecocq . . . par approiimation. 

Et maintenant i'oa s'est pul-élre étonné de l'amplenr des détaik 
afCnmulës jusqu'ici soil pour fixer la date de l'œuvre, soit pour en 
déterminer le faire. En nous livrant k de tels développements, nous 
nous proposions essentiellement, comme importante et demiire 
roneluBÎon, de préparer le lecteur à la révAation inattendue qw 
l'on pourrait bien être en présence d'un jnimit^fiitnçtâi. 

En effet, si l'on pense avoir établi de façon incontestable que 
Lecoq était notre compatriote; si, ma^ré la date de i&58 indiquée 
par la Chrvmea comme pouvant être celle de sa mort, ou a été 
amené k constater qu'il y avait à l'égfard de cette date, dîveif enee 
entre les écrivains , — plusieurs d'entre eux affirmant d'accord avec 
la tradition populaire, que notre cfaartreui vécut bien après Tanoée 
en question, — les sources documentaires fournissent plus et mieux 
k noire point de vue français; car, dans les additions Jk ia chronique 
souvent cit^ de Stephanm de Crwlo, on lit textuellement, en ce qui 
concerne ce même Lecoq, dont l'auteur fait, Jk tous égards, le plus 
grand éloge : EgU era àipmtort dimto ai pie immagitù. 

Si donc ayant luî-méme exécuté la fresque de la C«rtoM di Peti», 
ainsi que c'est notre conviction , notre compatriote doit 6tre ajouté 
à la liste des primitifs français désormais tr^ justement prdnés, rien 
d'étonnant k ce que, d'après un usage alors fort général, il se soil 
représenté parmi les personnages figurant dans sa eompaition. 

Inntilc de pousser plus loin nos explications, car nous pensons 
avoir-atteint le triple but que nous nous sommes proposé : d'abord, 
signaler aux connaisseurs ane fresque trfes ancienne, tris remar^ 
quable aussi et qui, exposée comme elle l'est aai iatwnpéries, peut 
disparaître d'un jour k l'autre; ensuite, assigner â celte œuvre une 



<'l Cette date * été insorite iprès coup, dans un blinc eiUtanl a It fin du p 
taffe tramcril cî-conlre. 

"I Carmli , <nivr. eiU, p. 3o6. 



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— n? — 

date Qu moins ■pproximalive et surtout enfin indiquer que, d'npr&s 
les vraisemblances, cettre fresque aurait pour auteur un cliarireux 
français qui fait honneur à son pays d'origine et devrait être inscrit 
parmi nos primitifs nationaux. 

On se r^rve, d'ailleurs, de fournir ultérieurement certains dé- 
tails sur notre Gfaarireuse au point de vue striclement historique et 
épigraphiqne. 

L. De LiiGUE, 

Corrctpondanl du ComiU. 



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NOTES 

SUB 

QUELQUES FONDEURS DE CLOCHES 

DU XV' AU XVlir SIÈCLE. 

PAR H. CHARLES POBTAL 

Arehivitte du dëparlement du Tarn, 
Corretpondnnl du ('omité. 



Ces notes n'aulorisent aucune conclusion d'une portée générale. 
Elles ne sont qu'une faible contribution à la biographie des fon- 
deurs de cloches et h l'histoire industrielle de la fonderie. 

Les renseignements dont il s'agit concernent vingt-trois artisanB, 
dont quelques-uns furent peut-^tre des artistes. Ils ont été eitrails 
des archives départementales du Tarn (série 6 principalement) et 
étaient inédits, à une exception près. 

L'ordre chronologique a semblé convenir mieux que tout aiitre 
à cette simple énumération, suivie d'ailleurs de groupements par 
région ou lieu d'origine, ainsi que d'un index alphabétique des noms 



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10 énuet i o douMw tonmoiB , l'écu étant compté pour 97 soua 6 deniers, 
(je deroier oonlnt est daté da 16 du même vaiM '''. 



XV r ailr4.B. 

2, JoLY (Jean). — En iSSy. un bail ii besogne était paset^ entre la 
fabrique de l'église Sainle-Martianne d'Albi et te fondeur Jean Joly. de 
Villefrancbe-du-Rouergue'*), ponr la refonte d'une clocbe; il était fait divers 
achats de métal, notamment d'un mortier pesant 100 livres, au piîx de 
4 BOUS la livre'*'. 

3. Paunc (Jean). — La mâme paroisse faisait fondre plusieurs petites 
cloches, en i558 (n. st.) par Jean Pdanc, fondeur d'Albi'*'. 



ïvir SifccLK. 

h. ÛUIFU.01 (Jacques). — Le chapitre coUédûl de Snmt-Hichel de 
Gaillac''' recevait, leaS septembre 1608, u&e quittance deiscques (h«f- 
îàhe, fondeur de Sant^Pans-de-Thmnlëres ''', qui avait toucM i&o fifi-es 
pour la fonte de la grosse cloche de Soint-Micbel et pour la foumitore da 
aso livres de métal ^. 

5. BoDHET (Amand), — Le même chapitre approuvait, le 37 mai 1619, 
un narchë oondu en son nom avec Arnaud Bodret, fondeur de Toulouse. 
Us'agissait d'un lampadaire {Itmpaner) de brome nde so lantpes portant 
huile et (au centre ou en hnut) la ùgait de Saint-Michel n. On était con- 
vena du poide, qui serait de a quintaux et demi, ainsi que du prix 1 
1 3 sous ta livre. Il est dit, en mai^ de la délibération, que le lampadaire 
pesa 3a8 livres et demie <*'. 

6 et 7. Cbenevet (Aaloine) et Fatisas (Jacques). — Dans une assem- 
blée capitnlaire da 95 août 1637, les mêmes chanoines donnaient .leur 
consentemuit h un traité passé avec Antoine Chenevet et Jacques Fraisse, 

<'' Ce docameol est le Bdul qui ne soit pus îuidiL II a été snsljié dans mes 
SxMi'lf dt rtgiilrt* dt noUtirt», iir'-iri' $iietti, p. 3a, (Alht, 1901, inS', 
linge i part d'articles publUs dans h Btvn* du Tarn.) 

(•) Villcrranelie(AvaffDn). 

l*' Arcbiiea du Tarn, G 677. 

I" Archives du Tarn, G 677. 

f) GsillM (Tara). 

(•> Saûrt-Pant (Hérault). 

fi Archives du Tarn, G A79. 

W Archivée du Tarn, G A8*. 



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— 180 — 

fondeurs de TouIoom . qui «meot oBnt de foodre nue doehe de 1 8 qnin- 
taïuponr T^iae Saint Michel, inpriide 7 livres par cpiintal; lediapitre 
devait fournir manœu^TC, bois, charbon, cire, suif et chanvre^''. I« 
moulon (mue) coûta 3G livres (délibération du 6 décanbre i633)(*). D est 
à Doter que cette cloche avait été livrée dam de mauvaises conditions, 
comme le proiivenl les pièces d'un procès intoitéanx fondeoraen i6a8'^. 

8. L*i!is (Jean). — Le même chapitre colt^rtal de Gaillac ippnanjt, le 
8 f^rier 1698, une acquisition de 55o livres de métd, ainsi qae les con- 
ventions arrêtées avec Jean Laine, >rhabilant de h ville de I^molte en Lor- 
raine" *', pour la fonte d'une cloche de 9 quintaux, moyennant 8 & livres-'', 

9. QcERETan (Pierre). — Les Corddicrs de Lavaur^' passaient un 

■ bail à faire cloche' , le 7 juillet i63a, avec Pierre Qocnelret, fondenr de 
Toulouse, ù raison de 3 livres 10 sous le quintal. I^ea Capucins de la mfaiie 
ville lui commandaient, à la même époque, une cloche de 9 qainlani en- 
viron, qui Hnil payée sur le pied de 9 sous la livre'''. 

10 SiBMoisB (Pierre). ^ Le A mars t638, le ehapiire col^isl àr 
Gadlac ratiliait le contrat passé ivec Pierre Sennoise , fondeur lorrain , ponr 
la ia(ou de deux cloclies de i3 et 3 quintaux; Sermoïse devuit recevoir 
17 quintaux de métal el 5^ livres'*'. 11 fui payé par aconiptea'". 

11 et 13. Joli el Ltosass. — Autre approbation par ledit diapilre, le 

■ 5 novembre i638, d'un marché condn avec les fondeurs J(dy '"' et Lan- 
i«DB (dont le lieu d'origine on de résidence n'est pas indiqué), pour II 
refonte de denx dorhes rompues, moyennant la somme de 100 livres'"'. 

(') Archites du Tarn, G A83. 



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— 181 — 

13. Cbmad (Pierre). — Par acte du 8 juin i658, Pierre Gereaa, laa- 
<leur d'Aibi, faisait abandon au couvent des Cordelière de cette ville de 
i6 livrée que ces religieax loi devaieat encore sur les 8o slipnlëes k l'oc- 
caaioD de là reTonte d'une petite doebo; ce don était fait à chairge de service 
obiluoire '''. 

\à, JoLT (Etienoe). -— Uest dé«d^, le a a mars 1673, par le chapitre 
coil^rifd de Gaillac, qu'Etienne Joly, fondeur de Toulouse, refondra deux 
cloches en mauvais état et emploiera k la façon d'une troisième un quintal 
du méifd qui se trouve de reste et qui s'ajoutera à la matière de la cloche 
de l'horiofre de l'Oise Saint-Michel '"'. 

15. PiDTALJ. — Le syndic du même chapitre soldait, en iCya, les frais 
de visite des cloches de Saint-Michd par Pautalé, fondeur de Toulouse '''. 

16. PoiiniEi. — Suivant une délibération du chapitre cathédral de 
Castres'*', du 5 mai 167g, le fondeur Fournier prendra livraison d'une 
cloche rompue, pesant aaS livres, et c?lle qu'il livrera sera payée & raison 
de 1 â sous la livre. A la date du 3 juin suivant, il est dit que Fouruier a 
livré une doche du pwds de â&6 livres; le métal qu'il a reçu est estimé 
10 sous la livre'*'. 

XVII I* SifacLB. 

17. Caiitii (Antoine). — Nombreuses sont les dâibéralions du chapitre 
de Castres où il est question du fondeur Chené (ou Chenay ou Chesncï. En 
1711 (délibération du 7 uoât),on conBait audit Chenay, fondeur de Tou- 
kwae, la refoi^de deux cloches , pour la somme de âoo livres, payables 
en six années. Le 8 janvier 1713, le travail était achevé; Chenay avait 
roumi 6A9 livres de métal à 13 sons la livre, et il lui était dû, de ce chef, 
aoo livres, outre les &00 précédemment stipulées'*'. — En 171a (délibé- 
ration du 18 novembre), il était dû b Chené 8 livres 8 sous pour la refonte 
ïd'une métaillère '"i et autres choses r. Le 37 août 1 7 1 S , le chapitre lui fai- 
sait remise du tiers des droits de lods qu'il lui devait à l'occasion de l'ac- 

'■> Arebirai do Tarn, H si3. 

'■) Archives du Tarn, G A8A. . 

<*' Arrinies do Tarn, G 5&i. 

"J Caslres (Tarn). 

(*) Archives du Tarn, G s68. 

'*' irchivcs du Tara, G «70. Le c^enl n'est pas eiad i %h» fw 1 a aaat équi- 
valent i 3R& livres et non aoo. Il faut nqipoMr que ces soo litres luppléaMn- 
lairea ne correspondeal qu'l noe partie de la valeur du métal, le reste ayant él^ 
cmTondn dans les 4oo livres du contrat primitif, 

"' Rédiûant de métal. {Vmt Du Cinge, an mvl Mnuub) 



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— 18Î — 

qimilioii d'ans miMon à Guires, dant le quartier des Onneaiu. D'apris 
cela, il sembierail qno Cbené s'eet Aabli i Gaatm entre tel années 171a 
et 1714. Le 9 aoAl i7tS, Ip. gjmdie Asit aniorisrf k Inî payer lA Itms 
A lonn poiir avoir adapta qiialre plarpiet de cuivre jaune à un gros M- 
viaii-c et pour avoir fourni Jeux chandeliers A i'ë^ise de Mnrasaon ■''. — 
Cbené touHie, on 1719, 11 livrer 1 ^ soiib repr^ntanl le piix d'ane paire 
de chandeliers du pnids de 9 livres, destinés k l'église de Ferrièrof; 
30 livres. en 1790, pour un encensoir, une cuiller, une navfitte etden 
ehandeliera de laiton acquis pour l'église de Muranon; 33 livres, en 1791, 
pour avoir rerondn sîk chandeliers de laiton de l'église de SaTi'*'. Il livrait, 
en 1793, qiialre autres chandeliers pesant 91 livres, au pris de 35 sont 
la livi'o *'. Il fig'uraîl , celle même année 1799, parmi les tenanciers du 
cha|ii(i'n do Cu^lre?, à l'aison d'une maison située dans ladite ville, Tim- 
mcuble sans doiile qu'il avait acquis vers 1 7 1 & ^\ On ne le retrouve pliu 
qn'tin 17&1, « Gasires, appelé alors Chené père; k cette époque, lec^- 
piU« collégial de Gaillac lui achetait six chandelleiv et une grande crob 
pour le roattre-autel de Saint- Michel '*'. 

18. CiiRKTiR^HOT (Jean-ItaptiGte). — Le syndic du même chapitre de 
Uaillnc payait, en 1713 ou fjtih, £7 livres 19 sons au fondenr Jein- 
Baptistc Chrélit-nnot, pour une quantité de métal emjdoyé à la fonte JVine 
Hoche '". 

19. CovuKRi. (Joseph). — 1^ chapitre collégial de Sainl-Salvi (fAIbi 
cimiptait au nombre de ses tenaucier», en 1755, le Fondeur Joseph Con- 



30. GiLiT (Pierre). — Le même ratuei) de reeonnaissaneei mentioiue 
aussi Pierre Gilet <St Besançon. Il est à présuma- que t» fondsar ne ùk 
«pi'mi avec celui (sans prénom indiqué) qui, en 1776-1777, r 



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quea petites rommee de l'archevêché d'AIbi, pour l'eatretieD des Wnzes 
des menUes et la foumitore de loenui objets '*'. 

31. Fibre.' — En tjh^ ou 1760. un foDcleiir du nom de Pabre touchait 
ii3 livres, que lui devaitle chapitre de Gaillac; le motif de la dette n'wt 
pas donné <^. 

23. ViLiTON (Jetn-Baplkte). — Le «7 mai 1763, JeUcBaptisteValeton, 
foodeor de Hœda, dédirait avoir reçu, des Jacobins d'AIbi, i5o livres, 
prix convenu pour la fonte de lenr grosBe doche, anivant la polioe paaeëe 
le t fi du vaéme mois. Une partie de cette somme r^résentait la vdeur de 
1 83 livres de métal que le couvent avait oédë k raison de 1 6 sons la livre. 
frJe déclare en outre et m'oblige, ajoutait Valeton, à refondre k mes fi-ais et 
despens la sundile dodie par mtri fondue et mrse en son lieu et phlce, si elle 
venoit k se casser par les endroits défectueui qni se trouvent entre le troi- 
sième et le cinqnième points de compas, là où commença le renflement de 
le doche, lesquds défauts j'ai l'econnus» '''. 

i3. LiioQDB. — Ea 1788 on 1789, lecliapilrecoUé^aldeGaillacache- 
tait une docbelte au fondeur Laroque'*'. 



En réparlissant les noms <!« tous ces fondeurs suivant leurs lient 
d'origine ou de i<ésidence, on a les groupements suivant* : 

AuriioNi. 
Ctermmt-Ferrand. — Besot (Thomas). 



Sennoise (Pierre). 

Oumment-la-V^e. — Chr^tiennot (J.-B.). 

La Moihe. — Laine (Jean). 

GiVtDDUI. 

Mendt. — Vdeton (J.-B.). 

'*' Archive* du Tarn, G i5. Les Gilet sont encore aujourd'hui fomlcura i Albî. 
'■' Archîvea du Tirn, G 549. 

et AnUiM du Ttrn, H Ponk des Jicobbs d'AIbi. (Intentiire eu préparation.) 
(*' Archives du Tira, G 553. 



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LtlHEBDOC. 

AlU. — Pidane (Jeaa); Cereau (Pierre); Coodere (Joseph); Gilel 
(Pierre). 

Ùulrtt. — Ghené (AntoÎDC) [d'abord à Tonlome]. 

Saint-Pans. — Greffelhc (Jacques). 

Toulouse. — Bodret (Arnaud); ChcneTet (Antoine) et FnuMe (iiicqnra); 
Quenelret (Pierre); [Joly el Laiireaiî]; Joly (Etienne); PantaM; Ghené 
(Antoine) [cnmite k Castres]. 

floniRStri. 

y3ltfra»die. — Joly (Jean); [Joly et Laureiisî], 

Lieux rabilTEiixnés. 
Fonrnier; Fabrc; Laroqge. 



InsBX ILPUaJTIQVI DIS NOMS DES PONDlbBB UTK8. 



Basot(Thiimas},'i. 
BoDHET (Amand), &. 
Coa»D (Pierre), i3. 
Gasni (Antoine), 17. 
Crbnbvrt (Antoine), 6. 
CHnETiinrioT (Jean-Baptiste), 18. 
CouDRic (Joseph), tçf. 
Fis», 91. 
FonaiiiBB, 16. 
FiAissE (Jacques), 7. 
Gilet (Pierre), «o. 
Gbiffelhi (Jacques), h. 



Joiï, 1 1 . 

JoLv(Étteane), th. 
Joly (Jean), a. 
Liiii£(Jean),8. 
Laioqur, s3. 
LiuaBHS, 19. 
Pàunc (Jean), 3. 
PADTtU, i5. 
Qtu^BTUT (Pierre), 9. 
SEBiiiHsa (Pierre), 10. 
ViLETOH ( Jean-Baplisle) , 



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DEUXIÈME NOTE 

SDR 

LES MONUMENTS ARABES DE LA KALAA 
DES BENI HAMMAD, 

COMMUNE MIXTE DES HAIDID , PROVINCK DR GONSTANTIHE. 



Rapport de M. H. Siumk, membre de la CoromiasioD ile l'Afrique du Nord, 
•or de« croqoM CDDimunîqués par H. LhAtï m Silmci. 



LE PALAIS OU FANAL. 

Les plans que M. LhAle de Sëlaacy a communiqués à la Coni- 
missioD de l'Afrique du Nord sont ceux de deux monuroenls de 
la Kalaa, celui du château du Faual et celui d'une fontaine pu- 
blique, précédée d'un r&ervoir. 

J'ai résume dans une note publiée dans la première livraison dti 
BuiUtm de 190A, ce que nous pouvons savoir de l'histoire de la 
Kalaa. Dans ce travail, j'ai exposé en quelques mots ce qu'était le 
palais du Fanal ije reviens aujoui'd'hui avec pins de détails sur cette 
question en résumant ce que nous pouvons en dire d'après les 
dessins de l'architecle que Blancbet avail chai^ de relever pour 
lui les monuments de la Kalaa, et le plan de M. LhAte de Sélancy. 

P^ktis du Fanal ou Kau^el-Matar. — Blancfaet avait rapproché 
le plan de cet édifice des plans de la Zita et de la Couba "', sous 
prétexte que, comme ces palais, Kasr-el-Menar présente sur ses 
faces des pavillons en saillie. Mais c'est là seulement que s'arrâte 
Tanatogie ; ni le plan d'ensemble, ni les détails, comme on le verra 
plus loin, ne sont comparables; d'ailleurs, les palais de la Zita et 

'■) Pallia ùculo-arabei lilu^ prA« de Païenne. 

AaoïfeuMi. — N' 3. i3 



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de la Couba remontent, le premier à iiSo et le second 1 1180, 
tandis que le palais du Fanal remonte k 1080; par cons^oent, oa 
pent dire que le style des monuments de la Kalaa ne peut en au- 
cune façon âtre dérive de celui des seuls monuments sîcnlo-arabes 
que nous connaissons actuellement, puisque ceux-ci lui sont posté- 
rieurs; tout ce que nous pouvons dire, c'est que Uammad fit con- 
struire les monuments de la Kalaa sous la direction d'un esclave 
chrétien nommé Bouniache'''; mais nous ignorons la nationalité de 
celui-ci, et tout ce qui pourrait nous faire croire à une influence 
de la Sicile ou de l'Italie méridionale eur les monuments de la Kalaa , 
c'est que les souverains hammadites avaient des relations suivies 
avec l'Italie et qu'Ea-Nacer demanda au pape Grégoire VII des 
architectes et des ouvriers pour continuer les embellJBsements de 
sa capitale'^'. D'ailleurs, on peut dire aussi qu'il y a toujours eu, 
entre la Sicile et l'Afrique du Nord , des échanges continuels d'in- 
fluences de tout genre, qui depuis les premières expéditions pu- 
niques se sont continuées jusqu'à nos jours; mais rien de précis ne 
peut être aflirmé en ce qui concerne les monuments de la Kalaa, 
et je crois que nous pouvons assurer que, jusqu'ici, rien ne nous 
permet de penser que les analogies que Blanchet avait cm remar- 
quer entre les monuments siculo-arabes et ceux de la Kalaa puissent 
servir à nous guider en quoi que ce soit dans cette étude; les seules 
ressemblances que nous puissions y reconnaître, ce sont ces amor- 
tiseemeots en coquille des longues niches étroites du minaret, qui 
présentent en efTet une analogie frappante avec le même détail au 
palais de la Couba : mais c'est tout. Il vaudrait mieux dire que l'ar- 
chitecture musulmane de la Sicile est inspirée de l'art aMatiqoe, 
ce qui s'eiplique parce que les premiers conquérants arabes de Si- 
cile étaient des Asiatiques, comme tous les premiers conquérants 
arabes de l'Afrique, que la Sicile fut tout entière fatimite'^', qu'il 
en fut ainsi des princes hammadites, et qu'il est aisé de remar- 
quer jk quel point les arts musulmans, sous les princes fatimiles, 
s'inspirèrent plus profondément des arts de la Perse que sons les 
autres dynasties orthodoxes. 

Quoi qu'il en soit, la tour qui donnait son nom au Palais, et 

0' Féraud , /(«MMfV d* CamUMliit», 1871-1879, p. b^ et suiv. 
<*) Hu Latria ap. Fénnd, ReciuUdt Coiutanlint, igGQ, 
'') La Sidle, conqniK pir Assad-ben-ForM ea 817 »f. i^. , pcm peu Ae tanp* 
•près dw Aghlubile» au FitimitM. (U. de pMiifVf, Suai, p. 97.) 



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— 187 — 

dont nous avons le plan sous les yeux (fig. i), a été construite par 
EI-M«neour ben et-Naeer"). Comme je Tai dît dans la précédente note 
SOT les monuments de la Kàlaa, ces grandes tours à signaux de 



Fig. 1. — Kur-el-Hrnir. - IHin du Mmt-sol' 

feu disposées sur tous les points eutminants de l'empire des califes , 
avaient constitué, dès le iii' siècle de l'hégire, un réseau de postes 
de télégraphie optique qui permeltail aux gouverneurs de recevoir, 
d'une extrémité de l'empire â l'autre, les ordres du souverain et 

«) KiUli-d-IitibTU-, lb<mildt CbMimftM, 189g. 



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— 188 — 

de loi trammettre les nouvelles importantes"). J'en ai relevé pour 
ma part un certain nombre en Tunisie, Dotamment à Soasse, k 
Monastir, etc. 1^). En-Necer en avait fait ceastruire une â Bougie, le 
Chouf-er-Riad, au sommet duquel un appareil à miroirs corres- 
pondait à d'autres semblables établis sur dilTérentes directions, ■ 
r«de 4et4iiels, dît le chroniqueur arabe, on |M)u«*U eatwmfamJÊe 
avec Couatantine, Tunis, etc. Pendant la nuit, les signaux se fai- 
saient avec des feui disposés d'uue manière convenue : c'est pour 
cela que la tour de Chouf-er-Biad fut également nommée Et-Me~ 
mara (nie pharev)''). 11 faut remarquer ici que la télégraphie optique 
des aDCieoB, qui consistait en signaux de feu (par conséqaent visi- 
bles seulement la nuit), avait été perfectionnée ou par les Byian- 
tins ou parles Persans (je n'ai rien pu, jusqu'à présent, retrouver 
qui me guide sur l'origine de ces sï^uiub miroirs), k qui les Arabes 
avaient emprunté ce procédé , remis en honneur de nos jours (hélio- 
graphes des services de télégraphie optique militaire). Ce système 
de miroirs a dû être d'autant plus facile à employer que, dans ces 
pays, le soleil est très ardent. D'ailleurs, même dans nos climats, 
on peut se rendre compte de la portée considérable que peut avoir 
la lumière s<daire réfléchie par un simple verre à vitre. Quand 
on se trouve sur une montagne élevée, au déclin du jour, et que 
l'on jette les yeux sur une ville éloignée, il n'est pas rare de perce- 
voir k une grande distance le reflet du soleil dans une vitre appar- 
tenant à une fenêtre et à une maison invisibles, et dont le rayonne- 
ment arrive Ji une intensité remarquable. Cette télégraphie optique 
était d'ailleurs une ancien&e tradition dans celte région même, 
puisque les historiens arabes disent de la ville de Kiana qu'elle 
est appelée Kalaa-el-Mri par les Berbères, parce que, dans l'anti- 
quité, elle était couronnée de miroirs destinés k tmn dw w y w i » W. 
Nous pouvons encore en citer d'autres exemples. Il y avait an 
Caire, sur le Mokattam, une mosqu^ dite du Fatud, eonstrnite 
par Touloun, sur l'emplacement d'un ancien pyr^e perse; eUe est 
menUonnée par Maicrisl '■^K Le minaret de celte mosquée devait 

''* Fériud, lue. cit. 

'" Ces tours eonl appelé) nadaur. 

») Féraliil,lM!.«tl. 

'*' H Krait curieux de utoÎt «ur quel leit« ra|Ni«c ceNe Usdilioa. PéMwl, 
toc. cil., 1871-187». 

<'> Kitab, 1. Il, p. ibfi, àlé par Ciutnnde Pert«val, Notiett tt êMraùê Jtê mm. 
d*kBM.nst.,l. VII. 



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— 18* — 

assurément, étast doDitée l« poiition du Makotlam qâi domise )â 
ville do Caire et ses environs, servir de tour è stgiaaux. Les Arabes 
lenaient peut-être aussi ces traditions des Byianlins; une des plus 
eélèlnree de ces tours à signaux ^lait le pliare de Gonslantinople , 
toslatlé par Théophile et Léon le Philosophe, en face du Bouco- 
léon, et q«i, DU'inoyen de feu, transmettait les nouvelles h tout 
l'Empire. D'ailleurs, toute l'antiquité a connu ces signaux de feu, 
«De {anal en hnal , le feu , porteur de la nouvelle , nous a été renvoyé 
jaaqu'ici», ditËsefayle dans i'Agamfnmtm. La description' que je i^- 
trouvedans lacommuoicationdcP. Blanrbet, et que je me permets 
de rspporler ici es la modifiant et en la corrigeant d'aprifl l'examen 
des dessins que M™ P. Blanchet a bien voulu me confier et que 
son mari avait fait relever par un ardiitecle dont malheureuse- 
ment j'igaore le nom , résume ce que nous savons actuellement sur 
ce monument. 

Le chSteau du Fanal s'élève à l'Est do la ville sur un escar- 
pement rocheux qui domine l'Oued - Fradj ; sa base repose sur ' 
d'énormes alQeuremenl£ stratifiés qui dessinent sur les flancs de la 
colline comme de gigantesques assises; les murs sont construits, 
comme le sont d'ailleurs tous les édifices de la Kalaa, au naoyen 
de moellons grossièrement équarris, et dont la surlàce irrégulière 
devait assurément être recouverte d'un enduit destiné k en faire 
disparaître les aspérités sous une surface uniformément dressée. 
L'omplol des cnduils à la Kalaa est parfaitement prouvé par tes 
nombreux vestiges que l'on en peut remarquer, notamment sur la 
face du minaret de la mosquée qui est dirigée vers la cour de l'édifice. 

Les grandes cannelures verticales qui sont déterminées par les 
pedans éa forme de niches sur plan demi - circulaire , pratiquées 
dans lée murs et qui forment comme d'énormes contreforts, se ter- 
minaient dans tour partie supériew^e par un amortissement en co- 
quille^ suivent l'hypothèse très ingénieuse de. P. Blanebet, qui tes 
rompare très judieieus^ent à certains détails du palaia de la 
Coaba (pi. XIV). 

Je ne puis m'empécher, à l'aspect de celte façade si caractéris- 
tique, de mo souvenir des dispositiobi analogues des façades des. 
grands palais de la Mésopotamie, depuis les palais de Telle jueqn'i 
ceux de Warka"'{iig. a), et de me demander si, dans celle dispo- 

<'' Ce eonl c«* traditiors qui te sont roDliouépf dans l«* miuBoléoa de Perce 



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— 190 - 

sitîoD, il De fuit pas voir une véritable t 
de ronstniction d'orif[ine asiatique. Je crois pouvoir donner den 
raisons pour défendra celle thèse : la première, d'ordre gënérd, 
c'est que le royaume faammadite fut falîmiteet, pour cette raison, 
somnia plus que d'autres parties de l'Islam k des influences asia- 
tiques; c'est sous une autre fonnela thèse que soutient pour la Si- 
cile fatimite le major R. Murdoch Smith, dans la notice qn'il a 
consacrée i l'art persan, dans la collection des Art HmHJèooka pu- 
bliés sous les auspices du Comité directeur du South Keosingtan 
Muséum. 




fîg. a. — Fîgnre* conporalifti mtr« In ftfad«* de Kair-ri-UoBir 
et celle» du ptlii* dn Wiili el de rol)(erv4tinre de Khorathad. 



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— 19» — 

C'est d'après le plan de M. Kobert ('> et celui que j'ai retrouva dms 
les papiers de Blsnchet que j'ai tneé cciuî-ci (6g. t ). On voit que 
ces galeries dëbouchaient par une pelile poterne sur rcsrarpemeiit 
même du rocher. Blanchel supposail que cette salle basse devait 
être one prison: rien ne parait indiquer cette destinalioo; je 
croiFais plutôt qu'on doit y voir des magasins souterrains, el que 
la petite poterne devait élre desliaée à servir, en cas d'investisse- 
ment, ou à introduire les émissaires qui auraient pu échapper 
b la vigilance des assiégeants, ou bien encore h permettre à des défen* 
seurs de la ville de tenter d'en sortir par cette voie inaeessihle. 



¥\g. à. -^ K$*r-d-MeDar. - Plan Jii premier ëtogn. 

Au reinle-chaussée (lig. 3), au contraire, les dispositions qui 
ont été retrouvées sont toutes difTërcRles; un couloir de t m. 8o 
de largeur contourne le massif centrai de l'édifice qui, d'après le 
plan filanehet, aurait formé comme une grande salle reelangulairc 
dont les dimoosiona loogiludioales n'ont pas encore été détermi- 
néeit par les fouilles. Cette salle centrale n'a pas été déblayée, 
mais, suivant l'uxpresaioD de Blancfaet, ode belles colonnes de 
marbre crèvent encore les éboulis, et une grande quantité de Irag- 
nienl«.de terre cuite émaillée, ramassés duns la galerie extérieure 
et A l'entrée de la grande salle, semblent en justifier complcte- 
mrat rassimilalion à la chambre centrale des palais siciliensF. 
filancfaet ajoute : <rDes indigènes qui auraient pénétré il y a une 

. '" BêauHdi CmuUmlÎM, 1908 , p- si? etniv. 



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— 194 — 

çoRrantaiiie d'années y aaraient ra des mun de faï^iees vertw et 
rongesn ; au-dessus de cet étag«, ou remarque, dans les décroche- 
ments des façades, des chambres en niche, perc^ de meurtrières 
et qui cemplétaient le système de défense de la tour; il devait en 
être de même aux autres étages, s'il y en avait (lig. U). Cette grande 
salte devait se rattacher aux autres parties du palab dont cette 
tour, d'après Blancbet, ne devait former que U vingtième partie 
environ; car, dit-il, nsur près de aoo métrés ^écroulent les mors 
et sortent de terre lee briques émaillées; le palais devait être nne 
petite ville qui dominait la graoden. Le croquis de M. L'H6te de 
Sélancy qui indique celte tour comme ayant dA être carrée, et par 
conséqueat iwlée, ne me semble pas devoir être accepté comme 
l'expression d'une hypothèse plausible : je croirais ptalAt que cetle 
tour était reliée à droite et à gauche par des courtines aux murs 
de la ville et que, si elle n'était pas ouverte k U gorge pour se re- 
lier aux autres parties du palais , elle ne devait cependant pas avoir 
sa quatrième face ornée comme les autres de contreforts saillants, 
mais plutôt former comme une gramie arcade formant porte. La 
galerie qui entoure U grande salle centrale est percée de longues 
meurtrière^ aux angles; ces meurtrières étoieat non seulement 
destinées â éclairer ce couloir, mais eneore à permettre ie tir des 
archers. Cette galerie est voûtée en berceau ; ces voûtes sont gros- 
sièrement construites en matériaux irréguliers et se pénètrent l'une 
l'autre aux angles pour former des voûtes d'aréle (fig. 5, coupe 
verticale). Je n'ai aucun renseignement sur les fragments d'archi- 
tecture qui auraient pu être découverts pendant les fouilles de Blan- 
cbet. On n'y a trouvé que des fragments de fialenee. 

Ces fragments de faïence recueillis dans les ruines de la Kalaa et 
que Blanchet m'a autrefois montrés, sont de petite dimension; les 
anaux sont de eonleurs assez franches : le blanc, le hleu de cuivre, 
le vert , le jaune de fer sont les couleurs les plus fr^nemment 
employées par les architectes de la Kalaa; l'émail blano parait être 
8lanni(%re. Ils Mit un éclat très harmonieux et sont bien cuits et 
bien fabriqués; ce sont, k ma connaissance, les émaux de revête* 
ment les plus anciens qui aient été trouvés jusqu'ici dans les 4éi- 
fices arabes de l'Afrique du Nord, et qnr paraissent avoir été r<ri]îet 
d'une grande fabrication locale, ear les carreaux de revêlement 
du mur de Mihrab de la mosquée de Sidi-Okba à Kaironan, qui 
datent du ix* siècle de notre ère, ont été, d'après lee bisteriena 



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— 195 — 

arabes, envoyés d« Bagdad k Kairouan en même temps que le bena 
mimber delà même mosquée, sous le règne d'Ibrahim el-Aghlab <'>. 
Blancbet a retrouvé aussi de nombreux fragments émaillés dans les 
ruines des autres édi6ces de la Kalaa, dans les palais des émirs, 
dans le mosquée, etc. On est donc autorisé ik croire que ce système 
de déeontion était employé d'une façon générale dans tous les édi- 
fices de la capitale des Hammadites, et que l'aspect de ses revête- 
ments émaillés, se détachant sur la blancheur des enduits de chaux ^ 
devait avoir une richesse et une harmonie pleines de charme. 



■fl^iiXdV j 



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L 



III. il 



S„„ 1 f f î f 



Fig. Ei. — Kaw^l-Heiur. - Coltpe du rei-d«-chaussée. 

On voit, par les qudques détails qui président, de quel intérêt 
■eraît uneex[doration mélhodique des ruines du châl«HU du Fanal. Uq 
déUaiement complet, en partant des salles supérieures, ta consoli-' 
dation des murs et des vo&tee , le relevé exact des ruines , on inven- 
taire détaillé des oli^ela trouvés, leur transport dans le Musée de 
Conslantiae, tel serait le programme k suivre. Mais une mesure 

'■' et. ma mooog^raphie de la mosquée d« Sidt-Obba dam les JHonunwnti tSi- 
tan^uêê i»kt IWiin*; MmumênU arabt: Paria, Ltroni. 



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— 197 — 

1 mitre de diauiMre intérieur, était. creusée ea forme de rosace^à 
boit lobes, et ornée iatérieurcment d'autant de coloaaettes engages. 
Blanebel rappelle à ce propos que, dans la gfrande mosquée de Kai- 
Fouan, OD remarque une vasque exactement semblable. A mon 
avis, la comparaison n'est pas tout à fait juste, mais il y a seule- 
ment une lointaine analogie que les croquis ci-joints (PI. XV) 
feront, je pense, saisir aisément. 

J'ai déjik, dans une uote précédente à propos du minaret de la 
grande mosqut^e de la Kalaa, indiqué l'intérêt capital que pré- 
senleat ces ruines au point de vue de l'histoire de l'arcbitecture 
musulmane dans le Nord de l'Afrique. Cette ville, qui fut pendant 
une centaine d'années la capitale d'un puissant royaume, a été 
délaissée, pillée, détruite; mais ses ruines ont été ensuite complète- 
ment abandonnées. Si, pour embellir leur nouvelle capitale. Bougie, 
les sultans hammadites ont enlevé des monumenis de la Kalaa 
tous les matériaux précieux, ils n'en ont cependant pas détruit 
systématiquement tous les édifices; ceux-ci, quoique démolis eo 
partie ou ruinés par le temps et l'abandon, n'en sont pas moins 
encore en place; mais les recherches qui y ont été faites jusqu'ici 
ne l'ont été que d'une façon absolument superficielle. Il serait 
nécessaire, pour qu'elles pussent être utiles, qu'elles fussent 
poursuivies avec méthode, avec persévérance, avec des moyens 
sullisanis, et dirigées par des personnes compétentes et capables 
non seulement d'exécuter les fouilles avec discernement et do 
relever exactement les monuments qui sont encore enfouis sous 
les décombres, mais encore de tirer de ces découvertes tout le 
parti possible. Les découvertes de Blancbet et celles de M. A. Robert 
et de M. L'HftIe de Sélancy nous autorisent à croire que, pour 
l'épigrapbie, pour l'histoire de l'architecture et pour celle des arts 
décoratifs, les ruines de la Kalaa seront un champ d'études eices- 
sivement intéressant à exploiter; nous avons vu , par les inscriptions 
da minaret de la mosquée et du château du Fanal, combien ces 
restes diffèrent de ce que nous connabsons des monuments arabes 
d'Algérie on de Tunisie. Les tombes retrouvées par Blancbet possé- 
daient, paraît-il . de fort belles inscriptions dont les caractères et 
l'ornementation rappelaient absolument la grande description delà 
frise de la Itlaksoura d'Abou-Temmin el-Moeu, à la grande mos- 
quée lie KairoMtB; tes fragments de poterie, ou émaillée ou ver- 



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— 198 — 

nisséA, trouvés par M. Bobert, nous permettent d'espérer qn'aa 
poJnt de vue de l'épigrapbîe et des arts décoratifs ces recberdwa 
ne swoBt pas moins Iructufluses. 

H. SiuitiH, 

Membre de U CMnaÙMioD 
de l'Afrique du Nsrd. 



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NEUF NOUVELLES INSCRIPTIONS 
PHÉNICIENNES 

ÂU NOM DU ROI BODAGHTART 

CONCERNANT LE TEMPLE D'ECHMOCN À SAÎDA, 

PAR M. LB D' ROUVIBB, 
CofTCqwadaot da Conilé, 1 Bejrauth. 



La itfnM bibHqtÊB, dirigée par !« R. P. Lagrange, correspondant 
de l'Institut, contauait dans son dernier numéro (octobre 190&), il 
la snite d'nn article A tramn let nkrojfole* nàmamÊ* de Th. Macridy* 
Bey '", l'importante note suivante qui fixa aussitôt mon attention : 

(tLea fouilka de Sidon sont poursuivies, cette année encore, au 
nom dn Musée impérial de Constantinople et sous notre direction, 
arec Tappui de M. )e baron von Landau de Berlin. 

<t L'exploration continue d'abord au temple d'Ëchmouu, où ont 
^é découverts neuf exemplaires nouveaux des inscriptions phéni- 
ciennes. Ces documents modifient profondément les conjectures 
émises jusqu'à oe jour sur la construction du temple et font un peu 
plus de lumière sur la généalogie du roi connu Bodachtoret, qui a 
seulement commencé la coDstruclion de l'édiGce . . . n 

Tout en faisant quelques résenes prudentes sur la portée capi- 
tale attribuée dans ce passage aux nouveaux textes épigraphiques, 
je ci>ua utile néanmoins de procéder à leur sujet à une enquête 
approfondie. II m'a semblé, connaissant personneUeroent Maeridy-* 
Bey, archifol<^e et non ^pigrapbiste , qu'en rédigeant sa note, U 
avait dd néeessairemeot reproduire plus ou moins intégralement 
t'opinîoQ de savants plus compétents que lui en la malîérei à qui 
il s'était empressé de communiquer les nouvells inscriptioBS. Mes 
pressentiments ne m'avaient pas trompé. 

. ") fitnw kiHifu, igoA^p. 5t7 i &71, 



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— 200 — 

Trois savants me semblaient particalièremest désignés t 
devant être au courant de la découverte : 

I* Le D' Hugo Winckter, profcsseuri l'UnÎTersité de Bertin, as- 
sistant de Mocridy-Bey dans la récente campagne de fouilles; 

3* Le R. r. Lagraage, qui avait dd se renseigner en insérant 
l'annonce do la découverte auprès de son auteur; 

3' Enfin le D* Schrœder, depuis longtemps en relation avec le 
représentant du Mus^e, qui n'avait jamais manqué de recourir i 
ses connaissances d'épigraphie phénicienne lors des découvertes 
antérieures. 

A mon retour en Syrie, à la fin des vacances, le D' Winckler 
était retourné en Allemagne. Le P. Lagrange était & Jérusalem. 
C'est donc au D' Schrœder que je me suis adressé. Avec sa bien- 
veillance habituelle, ce distingué philologue me communiqua les 
renseignements les plus complets sur les nouvelles inscriptions. 
Pour répondre au désir exprimé par moi d'avoir une note k leur 
Bujet, il voulut bien rédiger la mono^pbie ei-jointe qu'il m'a au- 
torisé à transmettre au Comité des études historiqnes et scienti- 
fiques. Je crois qu'il serait bien aïse qu'un résumé en fAl commu- 
niqué |iar l'un des membres du Comité k l'Académie des inscriptions 
et belles-lettres. 

NoTK conMtNiquKK PAR M. u itocnuR P. Schrogbbk. 

vLe 9 septembre igo&, je me suis rendu de Beyronlh à Saîda 
pour voir les nouvelles fouilles exécutées par Macridy-Bey sur rem- 
placement du temple d'Erhmoan. A mon arrivée a Boelaa-ecfa- 
Cbeikh, Macridy-Bey me surprit par l'annonce que neuf nouvelles 
inscriptions phénicleiines du roi Bodaehtart avaient été décoavertes 
par 'lui, nu eoumnl du moisd'aoât, dans les fondements du t«mi^e. 
Trois des gros blors calcairos,qui portent ces inscriptions, sont en 
ton h leurs places primiiivès, eacialréee dans le mur de fondemeat 
du temple : l'un monbv an visiteur une inscription p«rrail«ment 
lisible, car il est placé de manière que son c6té écrit se trouve dans 
la façade du mur; Ips deux eutMs ne laissent pas voir leurs inscrip- 
tions, qui sont cadiées dans les joints vwtieaux de deux blocs con- 
tigus, mais dont l'existence est sàrenent indiquée par certains 
caractères phéniciens qu'on peut apercevoir dans la fente en regar- 
dant de près et qui sont les premières lettres des lignes. Les sii 



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— 201 -— 

autres pierres avsient été eitraites au mur par Mat^dy-Bey, qui 
les avait déjà fait mettre eu caisses pour les expédier au Musëe 
de GoDStaDtinople , où elles doivent se trouver à présent. Averti de 
moD arrivée, Macridy-Bey avait eu l'attention de laisser les caisses 
ouvertes pour me donner l'oecasioa d'eKamioer tes iosoriptions. Les 
sept inscriptions que j'ai pu voir sont tout à fait identiques; il n'y 
a pas entre elles la moindre divergence, quant au texte. Mais elles 
difF^rent dans la distribution des lignes, dont le nombre varie 
entre 3 et 5. Les lettres ne sont pas tr^ profondément incisées, 
leur creux est peint en rouge iivec de l'ocre. La forme des carac- 
tère» montre, sur les diverses pierres, certaines légères différences; 
ainsi Vakph, le code, le qoph, le ment ont dans une inscription une 
forme angulaire [jç.^if<H), dans une autre une forme plus ondu- 
leuse (^T^Y?)' ^^ particularités graphiques s'expliquent par le 
fait que les inscriptions sont gravées par des ouvriers différents, 
dont chacun avait dans l'écriture son (Jnehu spécial. Eu considéra- 
tion de la contemporanéité absolue de ces inscriptions (elles sont 
peut-être gravées toutes le même jour), j'insiste sur ce point, parce 
que ces petites divei^ences dans l'écriture démontrent qu'il ne fout 
pas s'appuyer trop sur la graphie pour délermiuer l'âge des textes 
épigraphiques phéniciens. 

ir Je reproduis maintenaot le texte des nouvelles inscriptions, tel 
qu'il se présente sur une des sept pierres que j'ai examinées. Cette 
pierre a une longueur du im.3i,une hauteur de om.73; l'inscrip- 
tion même, divisée eu cinq lignes, mesure o m. 90 en longueur 
et o m. &7 en hauteur. Les cinq premières lettres de la premifarc 
ligne manquent, le reste est complet*'). 



!') Lw Mpt DonveflM ùuerijrtiima ne sont pt« égaUmeot bien tanaenitt. Dans 
colle que j'ù tnnavite ci-de«m, il manque l« coauuenMmeal de U 1" ligne 
(5 lettres); dans une autre compiMée de intU lignei, ce eommeneem Bot tti^c, 



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— 30*2 ~ 

(tll wt mtintennl pnwvi i l'éiidunce qu« rinaeription phéni- 
oieniie en Iraîi lignes, déposée depuis 1901 au Musée du vAii^ 
américain à fi«yrouth et provenant également des ruines du Boatan- 
«eb^heikh, n'est pas complîtte et qu'elle ^taJl, dans son tftat pri- 
mitif, eutièrement identique aux nouveaux testes. Il y manqa* duH 
afaaque ligne le commencement, cr qni m^nvait échappé lorsqaa 
j'adreaaai à M. Philippe Berger ma lettre du 16 mars 190A, com- 
miniquée par ce asTaut i l'Académie dei inacripliou et balk»- 
lettne dana sa adance du 3 avril 190a, et nne autre lettre au 
P. Lagran^, en data du 19 moi igoS, communiqué par iai dam 
Il AiVMe MUqtm'^K J'y avais émis l'opinion qu'il manquait, i la fia de 
la 1" ligne, la lettre w et qu'il fallait lire là [aJa'jD -po «ni dei 
roias, titre honorifique apposé au pn^lendn aom propre précé- 
dent. Sadikjathon (r^ps, que je croyais alors être le nom du pèm 
durai Bodachlart. Cette lecture, quoique approuvée par MM. Berger 
et Rouvierl", était «ronée. li'inscnptioa est complète dn c6lé 
gauche, incomplète du c6té droit; il faut la lire comme suit ; 

^'JD ^^D:n' pï [31 nfinoïia "jVd] 1 
mp ^cî ]T:uvh l^]'?»'? p 1 nan {n>K] « 

H M. Chartes Torreyf') supposait avec raismi que l« pi«n« Mail 
incomplèlc du cAtè droit, mnis il. se Inttnpait en présumant que 
le morceau manquant contenait 7^8 lettres daas chaque ligne; 
il ne ronleni<it en vérilé que 3 ou ft letlrps dans l« premi^ ligo^ 



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deuiîème ligne*, rautre, porUat leslattres hti (du moH h ijijç.)^ tm 
commencamciit de ia troûiiow iîfpie. 

«Voici la traduction c«rUine d« toates ces inscriptioas ideatj- 
quet : ■ 

Le roi Bodachtart et fit Ugitime de Jathmmthk, rot de» Sidoaiau , 
pelU-fh du roi Echmoanauir, roi des Sidometit , a amttrmt ce tenait 
à ton dieu Echmoun, prince nunl. 

sLe père du roi Bodachtart s'appelait donc JatfaooioeLak ou 
Jalhoomilk, et uou pan Sadiqjathon, at il pràttfdait acai fili dans 
le royaume de Sidoa. Il faut dé£oitiv«i»eat abandouDer 1« leofune 
D37S17D croi des rois 11, qui du resle a souleva desobjectiouBJiut^ 
fiées de la part de plusiears savaats, parc* que co litre fier, appar- 
tesant aiu grands rois de Perse, ne convient pas à un petit roi de 
Sidoa, La lecture l^D^m pis p «GU %iliiBe de Jalhonmililcn*. 
suggérée d^ l'année pass^ par la sagacité de M. OermoBt- 
GanneauC), est pleinement eonfiroiée par noB nouveaux textes. Lee 
OMts pIX p ien taddSq «fils légitime» [der Rtckia, dir rtektKiiuigt 
^ofai, comme nous difions m allemaDd) ««t leur analogie dans 
l'expression pix nOS irejelûD l^timen qae nous rutcoalroos dans 
la gnuide inscription de Larnax-Lapitiios k la ouàéme ligne. Boda- 
chtart accentue donc fortement son origine légitûoiB. Danf quei 
dessein? nous l'ignorons, comme noue ignorons pour quel motif 
il passe sous silence, dans uae autre série d'inscriptions de fon- 
dation du temple d'Echmoun', le nom de son père. Il est possible 
que la légilimité de sa naissance et son droit de succession au 
Irdne de Sidon aient été contestés par certains membres de la 
famille royale. L'existence de ia lettre vDaw dans la première ligne, 
derrière le nom nnn&vis, qui a éternise en doute dans l'inscrip- 
tion dn collège américain par certains savants, est maintenant 
irréfutahlAiaent établie fwr les nouveaux l«xtea; dans cfaacUn d'eux, 
flUe apparaît très clairemeat. La eonjoncticHi ], précédant le« a*A» 
p-\1 p, sert à affirmer, à souligner ces mots; en allemand, on tra- 
dninît irKnnig BMlasehtart mi nrâr recfatmiaaiger Soka iatbon- 
meleksn, en latin : nrex Bodastartus isque lîlius legititcuB Jathon- 

(') BameH iParcIMogie oriintal*, L V, p. 366. 



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milçi» (nie roi B. et notet ]Àaa le Gis légitime de J.ii)<'\ Dans la 
Bible, noua trouvons parfois le i employé dans le même aens, par 
exemple daaa le passage Sam., 38, 3 : n^Jr^l nDt3 inisp^l net 
ils Tensevelireot (kU. le juge Samud) h Bama, sa ville natalen 
(litL : nà Rama et daus sa ville aatale" => «à Rama qui était st 
ville natale^). 

(t Le roi stdonien Jathonmelek dous était jusqu'à présent inconnu. 
Mais le même nom se rencontre dans les inscriptions carthagi- 
noises'^'. Sous une autre forme, avec transposition des deux mots 
dont il est composé, il nous est connu depuis longtemps comme 
nom du roi chypriote Melekjalhoa ou Milikjatbon (}n^3^), qui 
r^att de 893 à 36i avant J.-C. sur Citium et Idatinm, par des 
inscriptions phéniciennes provenant de ces deux villesl^'et par les 
monnaies de ce roi'*'. 

ir Le roi Jathonmelek était le fils du roi Echmonnaiar ; il s'agit de 
savoir duquel des deux rois qui portaient ce nom il était le fils. 
Si EchmounazaF II était mort sans poslërité, comme on le croit gé- 
néralement, il s'ensuivrait nécessairement que Jathonmelek était 
le fils d'Echmonnazar I" et le firère de Tabnith et qu'il avait succéd<! 
h son neveu Ëchmounazar II, qui mourut après quatorze ans de 
règne. Je suis cependant plus incliné à voir en Bodachtart non pas 
le cousin germain, mais le petit-fils d'Echmounaiar II, et Jl croire 
que les rois de la dynastie d'£chmounaiar se suivaient dans le règne 
Dar filiation directe : 

EchmouDtur I". 

Tabnitli. 

KcfauMuiuMr II. 

JtlhonDielek. 

BodachUrL 

<rCar je partage l'opinion dn D' Bouvier, que le pasaage dans 
Tépilaphe d'Echmounasar II : «j'ai été enlevé avant mon temps, fils 

<*> Hacridjp-Bej, pu contre, *eut ntUcher 1 au nom du roî , qu'il lit 

W Orrp. ùuer. ««,, n" aii, »5o, 795. 

''' Corp. iiucr. ëfm., n" id, i i, lA, 16 a, 18, 88, 89, 90, 91, 91. 
*' Babelon, Lei AehéiMiudf, p. loi'ioi. 



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de peu de jours , fils orphelin d'une veuve ... n, ne doit pas Atre 
pris dans uasens litléral, mais au figuré, et qu'il. ne signifie pas 
que ce roî soit mort enfant et sans laisser de postérité, s 

Je crois nécessaire de compléter le savant commentaire de M. le 
D' Schrœder par quelques remarques pereonnelles : 

I. Au point de vue épigraphîque : 

Le teite de Tinscription de Bodachtart, que j'ai transmis précé- 
demment au Comilé d'après un exemplaire mutilé sur les borde, 
appartenant à l'Université protestante américaine de Beyroulb, 
texte publié avec mes observations"', était sujet à contestation 
sur divers points concernant : a. le roi qui avait fait graver l'in- 
scription; b. te nom du roi son père; e. le titre de «roi des roist* 
octroyé à ce dernier; d, la présence du twv à la première ligne; 
«. en6n les conclusions bisloriques qui me semblaient logiquement 
découler de ce texte épigraphique. 

Les neuf nouvelles inscriptions de Macridy-Bey, comparées les 
unes aux autres, donnent un texte désormais indiscutable, autori- 
sant à éloyer la discussion soulevée à propos de la généalogie de la 
dynastie des Ecbmounaiar. 

L'auteur de l'inscription est bien, comme je l'ai soutenu (^), le 
roi Bodachtart. Ce ifytuuie a done grmé imiUlanimmt danë un mÂne 
é^fee, pour relater le» mhutfaita, îea iiucripàmt rfmt U texte épigra- 
jAique ron'e. Ce qui est directement k l'encoatre des conclusions 
tirées, à diverses reprises, par M. Clermont-Ganneau , h propos de 
cerlaines omissions de titres dans certaines inscriptions, conclosions 
d'ofi ce savant a déduit sa doctrine chronologique de la dynastie 
des Ecbmounaiar (^1. 

M. Clermont-Ganneau m'a reproché d'avoir fort pen tenn compte 
dans ma lecture des difficultés graves offertes entre autres par la 
présence du niifH Or celte lettre existe, quoique M. BrustonC^' 
ait estimé qu'elle ait été mal lue, ou plutAt devait manquer è 

<■) Bultam areàéolegijHÊ, igoS, p. 57{^65. 
(» Btûlttùt arekM^igià», igo3,p. 58i. 

W Voir en particulier Clcrmtnt-Ginneiu, RemeU tParehM. erieM., t. V, 
p. 917-167, et I. VI, p. i65. 

<') Clermonl-Gannetii , op. cil., L VI, p. 166. 

<'' ÉtuJi* fUnieittmtt, eitr. de li Rtmtt de tkir^gù it ii ft iii— i a» , p. t6. 



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— 906 — 

llnicriptioa, tmàh qu« le D' S(^rœder la considénit rroinne une 
simple erreor do wntplenrn. Je poamis me r^naer en feisanl 
observer qoe je D'ai jamtiB posé pour Tépigraphisle , et qn'ao 
contraire j'ai toujours insisté sur mon incompétence en cette ma- 
tïèrà. Ainaî, pour l'inscription transmise par mes soins au Comité, 
j'ai soigneusement rifpalé qae sa lectora («t, par mite, traduetion) 
avait été faite par MM. Schrœder et Porter'*'. Si adtérieDremeat 
j'avais adopté sans discussion iopinjon de M. le D' Schrœder, opi- 
flion qa'il abandonm aujourd'hui devant la présence cmutante du 
MB dans les neuf eiemplaires nonveanx, je ne cnûs pas devoir le 
snivn dans sa éarniire interprétation. Je préf?ire lire avec Macrid]^ 
Bey, à qui paralt-îl cette lecture anrait été sn^<érée par le 
D'"WioeÛer, Bodacktartou, en rattachant le vm discaté aa nom dn 
prince. A l'appui de ce sentiment, je rappelle que M. François 
LeDormant a depuis longtemps signalé (*> la présence dn mt comme 
finale das noms de Phamabate et Datame<'), noms anxqueb on 
peut ajouter celui de Tiribaze'*), écrits ra earact^s anm^ens. Li 
mfimé paiticnlaritd est relevée par eet écrivain sar un cachet de 
la eoUectionde Lnynes, portant ta l^endè hébraïque de Nathanias, 
Sis d'Obdias, cachet publié par M. Rœdiger"". H est vrai qu'il 
semble faire une restriction peu satisfaisante, quelques lignes apr^ 
avoir inaiaté sur Tes rapports étroits de la paléographie phénicienne 
d« la Cîlieîe avec l'alphabet araméen. François Leuonmaot sjoule, 
en e&t : vGw unna (de Phamabaze et de Datame) sont des noms 
étrangers, et le nw y représente la finale perse en a. Quant au 
aoms nationaux appartenant aux langues sémitiques, sur aucna 
anoiiomait phénieian on ne les trouve terminés par un mp non 
ndical>(^}. Celte affirmation trop absolue a été combattoe par W. 
H. Waddington. .Cetauteur soulieutquela terminaison par nnr n'est 
{MBréBorvAe auji toms propres d'origine persane, puisqu'on trouve 
atisaiile nom de la déesse syrieune Aterga^ écrit avec un nn final 

f) AtlbtMdreUftlop'çiu, iç|o3,]>. 5So. 

'" OAfnuMMM MIT quelque! p«inU de numirauili jn* pA*iiKi"iM« , dana Rmu 
««mioMh'fiM, 1860, p. ih. — Gr.Hill, Ctial. i>f Gntlc MÙu •fl^imimim, Juut- 
rira, mutAUeia, p. i6S-i6a, n" iiàit;p. >67<tdB,ii** *9 i 3S. 
, N BaMaD, Pif*»* Àe Um »m d »$, n" 169 i 176, 1B1 * 190, igS i 19g. 
'< Babdon.lm:. ni., a* i56. - Cf. Sill.foc. cil., p. i84.n* II. 
< Ztilrckr. ier deulMch. morgtul. Gt**B*eh., U lli, p. aiS. 
;, J«(. ml. 



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— 207 — 

Bar las mMailIeal^'. M. Fr. Lenormant a cité d'aitl«iii<i \» légftinda d'une 
pierr* gravée d'origînejuite, inr laqadle deux aoma paramut irfini> 
tiques se lennineat par un vm. Il serait facile de multiplier let 
fliemples. Au surplua, en préaeiioe du Ir^ petit nombre d'anciennes 
formea araméennea que l'on connaît, il e&t au moing téméraire d'al> 
firmer que telle ou telle inflexion gromniBlicale eit irapoKiMe, et, 
iorsqu'oD trouve mr un monument une déainenoe nouvelle et aia* 
gnlifare, du moment que la valeur des letirei eat bien établie, tl 
faut l'admettre eomme élément nouveau de 1« grammaire ara-* 
méenne, jusqu'à preuve du eoutrure» t^l. Pour rendra cètta àrgu* 
mentalion applicable À notre inaoription, il aufiît de renplaiw à la 
dernière ligne le mot iraraméennen.pareeltti de nphénieisanen. i 
Le titré da irn» des Sidonienan donné en toutea lettres au p^re 
de Itodaebtart oblige h adopter sans oentaate lia impDi*ta]iles rMti*- 
ficationa Cfue M. Clerment-Ganneau avait propoaéei le preniflf, 
aveo une merveiUeiiae sagacité, en discutant lea traductlona d^ 
publiées sur cette inHriptien ('>, soit : a. la anppresaion du titra dé 
rai diÊ roiê attribué à Sadiqjaton; b. le changement da nom da ce 
prince en eeluî de Yatanmililt (ou Iatanffl^k)i o, enfin, la lépa^ 
rationdu motVAw de iftif déflonnais aDm|dété. par HljiHt pour 
en faire l'adjeçtif d« mot '.j- 

, Cet adjectir a été traduit par Klégitimen. J'avoue que cette ir«- 
duction me parait boulever, surtout précédée du Mti, ^6Qdei dlf- 
ftcutléB. Eu effet, cette atiirmation solennelle conduirait à soupçon- 
uer avec le D' ScbrœdQr ({ue la légitimité de naiaaaace de Bodacbtart 
et son droit de succession au trdne sidonien avaient éM contesta 
par certains membres de la famille royale. Je ne rappelle cette 
hypothèse que pour l'écarter. Je n'aime pas les hypothèses invo- 
quées à l'nppui d'autres hypothèses. Cette méthode d'ârgiiln'entdtion, 
nus baie solide, éloigne Eoreément plus ou moios,'mElie oon- 
atamment de la vérité. La Mmdusion du D' Schrcedffr d^onle na* 
torellement de la traduction du mot ^^w proposée phr M. Oin^ 
mont-Ganneau; mais s'il est prouvé que pareiHa affirmation serait 

01 W. H. Widdington, Anw tHummtmiqv*; 1661, p. «t H. BsbaWn, Pirtn 
Adtéatétidn , p. A 5 , 11° 8 1 5 , n'admet pn ce vav qui lemble figurer nir la r«pro- 
AKtialdalapiiM.pl. VU.iy. 

O) W. H. WatUinglim, âtmdu de w 
p. â5o-i5i. 

(>' CkTtaoat-Ganntt/i, BieMtil ^ardiM. t 



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— 208 — 

des plus étranges dans IVtat de nos counatasaiicefl sur les mœnn 
orienUles dans l'antûjnité, on sera bien forcé de chercher an sent 
plus convenable que ceini de dûgilîme» au mot conteste. 

Deux arguments doivent évidemment peser d'un grand poids 
dans cette discussion ; a. Les inscriptions des potentats orimtani 
avaient pour l>ut unique de perpétuer leur mémoire et d'assurer 
la transmission aux peuples de l'avenir, des faits glorieux de leur 
rtgnc Elles mentionnaient donc leurs hauts faits, parfoia dénatorii 
ou exagérés, mais jamais leurs échecs ou leurs tares. Or uns justi- 
fication éveille immanquablement le souvenir d'une imputation 
calomnieuse qui, i toute époque, a trouvé des esprits malveilItnlB 
ou intéressés pour la propager. 

b. Ce serait méconiiahre le monde oriental, surtout celui des sou- 
verains dont ranlorité jalouse était absolue, de supposer que, dé- 
tenant le pouvoir de leur royaume, ils se soient jamais absistéa 
jusqu'à discuter avec des sujets dont la vie et les richesses étaient 
i leur discrétiou. Le seul fait qu'ils détenaient le sceptre était l'af- 
firmation irrécusable de leur puissance : force donc ^it an 
peuple ou de se soumettre aveuglément ou de se soulever ccuitre 
le pouvoir royal , quitte à s'exposer aux répressions les plus cruelles. 

Bodachtart n'a donc pat pu affirmer la ligitinùti de (a naiita»rr: 
eUe devait être indûetttable aux yeux de tous dont tan nyaumf ptr le 
leul/ait qu'il étaii croi de Sidon^n. 

Comment traduire alors te mot V^Y^? Jfl l'ignore; aux ^ign- 
pbistes de se prononcer"'. 



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— 209 — 

mounaiar 11 est mort jenne sans postérité repose sur un passage de 
son épîtaphe pris dans un sens littéral, et qu'à mon avis il faut 
comprendre dans un sens figuré. La mention dans notre inscrip- 
tion des noms des rob Yatho&melek et Ecbmoanaxar, comme père 
et grand-pire du roî Bodachtart , me parait venir à l'appui de mon 
interprétation. 

Ce problème mérite donc d'être soumis k une nouvelle discus- 
sion, puisque la solution adoptée conduira h déterminer d'une ma- 
nière précise le grand-père du roi Bodachtart. 

L'inlerprétalion littérale, admise par la presque unanimité des 
savants, traduit en somme le passage controversé"' par <r mort jeune, 
avant l'âge nubile et par suite sans posléritéi) comme interprétation 
équivalente du texte original :n J'ai été enlevé en peu de temps, fils 
de peu de jours . . . n Elle se concilie évidemment fort peu avec un 
règne de i U ans. Nul doute qu'Ëchmounazar II ne fût monté jeune 
sur le trAne , puisque le jour de sa mort il n'avait certainement pas 
atteint Tige mâr. Maïs son avènement remonte sûrement k une 
époque où sa première enfance était déjè terminée; dans ce cas, il 
aurait succombé en pleine adolescence et par conséquent nubile'^', 
c'est^-dire capable d'avoir laissé en mourant une postérité. Cette 
estimation me parait elle-même insuffisante. Pour avoir pu accom- 
plir des exploits capables de mériter, en récompense de son suse- 
raiu, les villes et territoires de Dora el de Joppé (lin. 18 k 90), 
Ëchmounaur II a dd succomber en moins en pleine jeunesee, soit 
enire 90 et 3& ans, c'est-À-dire longtemps après son mariage, 
puisque, en Orient, les unions conjugales ont loojonrs été contractées 
de fort bonne benre. 

Les ot^ections soulevées par l'interprétation littérale s'éva- 
noniasent donc en attribuant aux expressions un sens ligure. L'hypo- 
thèse de la mort d'Ëchmounaiar II sans postérité est, par suite, 
écartée, et à plus Torle raison faut-il ne point tenir compte des 
antres hypothèses trop ingénieuses qu'on a essayé de grelfer sur la 
première. Il est par contre très naturel d'admettre qu'en mourant fc 
jeune roi eut pour successeur direct son fils YnLbonmclek,et après 
lui , son petit^ls , Bodachtart 

(» C9rj>.ùuer,-m.,l.l, {»k. i, p. i3, lin. ti.i3. 

<'' H. Tbéodore Heiiwch {Nécnpol* rayait i SiJûa, p. 3g8) tdmel susti 
qu'Eebmouiuur II n'a pu pu réffaer quilone aiu mos étr« mwîé. tl altribiip 
méoM à M veuve le MNaptueui hjfpogée voi*ia de celui <lu rw TaboU. 



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— SiO — 

. D'autres trffaments conduisent logiquemuil sux mémei 
nions. 

La tTHDHinjgAion du pouvoir royal en Orient a'efreetaait, en 
^pnéitili pur lîlialion directe, et le plua souvent par ordre de primo- 
^nitiire. On ne peut supposer, pour le successeur d'EchmouaKurll, 
la viotatioD formelle de cet usage sans une preuve certaine. Tiatqoe 
cette preuve ne sera pas fournie, la critique est forcée d**dB«Ui<e, 
dons la dynastie des Echiuounazar, l'eiisteBce d'au moins cinq 
gi^uérations successives dons lesquelles la royauté s'est régaiière- 
Dienl transmise de père en file, dans l'ordre suivant : 

a. EcliniouiiaKai' I", 
/.. Tabuil, 
r. KfliQiounazar II, 
il, ^uthoumelek, 
r. Bodacliturt. 

D'ailleurs, si Bodachtarl n'avait pas été le petit-fils d'Ecbmonii- 
axar II, il l'aurait certainement indiqué dans sa généalo^e, soit 
en désignant le roi inconnu, pJtre d'Ecbmounatar I", soit en men- 
tionnant ses liens de ]>arpnti.> avec son oncle lo roi Taiinit et ion 
cousin germain le roi Rchmounaisr 11 ''1. 

9" Si l'on dcarte de plein droit l'identification hypothétique 
d'KclimouDaEar 11 avec le roi Télramnestos , qui régnait à Sidirn 
4>n A8o avant J.-C, et, par suite, celle de Tabnit avec son père le 
mi Anysos^), on trouve depuis lengtemps deux systèmes en pr^ 



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— 211 — 

dA3 d«ui premiers rois d'ngypte : Ptoléniée l'Soter et Ptolémëe H 
Philsd^he. Cette thise, soutenue par des arguments s^duis«ata 
iiutaDt (]u'iDg4nieux , o'a pas tardé à rejeter au second plan celte 
ifu'avaient aatérieurement défendue le duc de Luynes et Long- 
périer. Pour ces savants, les Eohmounaiar auraient vécu dans le 
eour» du vi* sifede avant notre ire. 

Le système de H. Glermont-Oanneau , le plus répandu encore 
anjoard'buj , a ét^ adopté par nombre d'historiens ou d'oriestalistes 
des plus distingués, quelquefois cependant non sans quelque ré- 
serve. Parmi eux je rappelle les noms bien connus de J.-P. Six 
et de MM. Haspero, A. filoch. Ed. Heyer, Pielsobnusn , Halévy, 
Winckier, Bouché- Leclercq, etc. Vigoureusement attaquée par 
lif. Théodore Reinach ''), dont j'ai repris, développé ou complété 
les conclusions en divers mémoires, la doctrine du savant aca- 
démicien se débat péniblement en face des découvertes épigra- 
phiques concernant le roi Bodachtart qui démentent nombre de 
ses faypothëees primitivement acceptées par la science. Elle perd 
chaquejourduterrain. Les plus modérés, comme M. Philippe Berger 
et le B. P. Lagrange, reprennent les idées de J. C. Schlottmann 
ou de Gulschmid, et rejettent les Ecbmoiinazar availt Alexandre, 
soit'au iv", soit au v' siècle avant J.-O. Mais la plupart préfèrent 
encore les placer au vi' siècle. 

Pour mettre fin, une bonne fois pour toutes, à cette oonlroverse 
chronologique, Il convient de résumer brièvement les principaiiK 
arguments apportés en faveur de chaque. système, en \es complétant 
de nouvelles remarques inspirées par les récenteâ inscriptions dii 
roi Bodachtart. 

L'argumentation de M. GlanDont4>Bnneau repose presque entiè- 
rement sur des coostalalions épigraphiques : 

i" Dans l'épitnphe d'Echmounazar ll'^> se trouve le mot «^^^ , 
traduit par Rpuissantn, que l'on trouve aussi dans l'inscription de 
Ma'soub (ligne 6) publiée et commentée par M. Glermont-Gan- 
neau'^^ui le rapproche du mol ^teyoX^^ïf de la pierre de Rosette. 
Cette analogie a été considérée comme insignifiante'*'. 



' Ntcropok rogale àSiitaa, iHga. 

'' Corp. l'njtrr. Mtmitic., p. 19. lin. <(. 

" Rec. d'archhl orient., t. J, p. 81, pi. V. 

'' Th. Reinach, N^eropaU rogalt à Sidim, p. 3fit). 



D,j.,.db,Googlc 



— 212 — 

9* Cette m^me épitaphe renferme (Inc. nt., 1. i8) une eipiea- 
sion w>f^w^A-^ "AdAn Melakimn dont M. Clermont-GanMaa i 
TbII en quelqup sorte la clef de voûte de tout son système. En effet, 
elle se retrouve dans trois Mutree inscriptions. Dans la première, dt 
Lapéllios"! elledésigaRun Ptolémée incertain; dans les deuxautrcï, 
de Ma'soub'^' et d'Idalion ''> elle concerne Plolémée 111 Éveigëte. 
M. Clermont-Ganneau considère ce titra comme eielusiTemenl 
ptolémaïque, et le donne pour e'quivalent de la formule xûpiu 
0aatXeiMi irseigneur des royaumes» '^^ dérivée d'une fonnuk 
hiéroglyphique des anciens Pharaons. 

Chacune de ces hy])Othèses a trouvé des coniradicteara. 

a. La même t-xpressioa est employée sur l'ioscription d'Ouin- 
cl-Aouamid (S) pour Ti-i-c des Séleucides confondue tardivement 
avec l'ère d'Alexandre le Grand'*'. C'cf>t comme successeurs du con- 
quérant macédonien, lui-même héritier des rois de Perse, que 
les La{r)des ont adopte ce litre. Dans l'/rpitaphe d'Echmounaur, 
il peut parfaitemeitl être appliqué au grand roi, quoique jusqu'ici 
OD n'en ait aucune autre preuve. La locution est ancienne, oonime 
le prouve le nom de nAdonmélekn adopté'^' comme celui dugrand- 
ptre de Ikhawmdiek, roi de G^bal. Elle n'est donc pas de l'époque 
ptolémaïque. 

b. M. Théodore Reinach a réfulc cctie autre hypolhèse qne, sur 
les in^rriplions phéniciennes, le roi de Perse devrait être désigné 
par ifj^l,ifful,ifj rrroi des roisn'^>. Je n'y reviens pas. 



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cel avÎ3<i>. D'après M. Reinach, celle^i esl TaD^ogue de r roi des 
rois». 

, 3° «L'inscription du sarcophage de Tabeil semble, au premier 
abord, apporter à cette théorie la confirmation qui lui manquait 
jusqu'alors. Parmi les mots encore inexpliqués de cette inscrip- 
tioa figure le groupe de lettres frAdlaim, dans lequel M. Halévy a 
cru reconnaître^' te mol grec sïSuXov^'\ Tabnit avertirait qu'il 
n'y a point de figurines ou statuettes de métal précieux dans son 
cercueil. 

Cette lecture est loin d'être certaine, d'autant plus que le sens 
qu'on lui attribue serait fort peu satisfaisant. Il n'en serait pas de 
même des traductions ntrésorr ou iramas, monceaun '^^ ou <r bijoux». 

La tb^rie historique de M. Clermont-Ganneau repose donc sur 
des bases bien fragiles ''>>. Elle soidëve, en outre , bien d'autres graves 
objections. 

J'ai signalé la principale (''.l'impossibilité d'admettre (a succes- 
sion r^ulière sur le trâne de Sidon des membres de la famille 
des Echmounazar. Comment auraient-ils pu se maintenir en faveur 
durant une période aussi longue et aussi troublée, pendant laquelle 
la Phénicie a change tant de fois de maîtres? Ils n'auraient pu 
alors conserver leur sceptre qu'au prix de trahisons honteuses qui 
leur eussent attiré de sévères châtiments et non un accroissement 
de territoire! 

JMcar te'avec le P, Lagrange <^l, mais sans m'y arrêter comme 8u£B- 
samment controuv^ par les inscriptions de Bodachtart, rassinii- 
lation faite par M. Winckter d'Ecbmounazar I" à ApoUodore, 
et de Tabnit à Philoclès. En supposant que ce dernier sott monté 
sur le trône qu'il occupait en 978 deux ou trois ans auparavant, 
et qu'Abdalonyme ait, d'autre part, dA régner au moins deux ans, 
il faudrait ddnc placer cinq générations successives entre 33o et 
980, en un demi-aiëcle. Le fait est d'autant plus embarrassant 

''' Philippe Berger, Interiplùm ât la fondation du Umple ^Eimoun, dans Mim. 
Aeai. imef. tt b»lU»-Uum, t XXXVII, p. 987. 
0) AmtdM A>idw>iitMt, t XV (1887), p. 19*. 
") Pliiiippe Berger, toc. ni., p. 987. 
<" Hajer Lambert, dan» Reinach, iee. àt., p. 877, n. 9. 
(*' RoDicli, lue. al., p- 377- 
(*> Èrt ^Altxandr* «n Pkémcie, p. 37a, n. A. 
"1 fitcwaMKfa», 190*, i^oci., p.5ii. 



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— Î14 — 

que le règac d'fidiinooDaxar, pr^ntrf comme de courte, dorée dans 

soD épitaphe, ne laisserait que 36 ans pour quatre rois, soit envinM. 
neuf ans par règne. 

M. Phitippe Berger et le R. P. Lagrange n'Lésiteal pas plus que 
moi à regarder désormais cette solution comme inacceptable. 

Je pourrais encore rapporter d'aulres objections. On les lira 
ct-aprfes sous forme d'arguments constituant tout autaotde présomp- 
tions favorables au système de l'autiquilc plus recult^e des Ech- 
monnatar, que forcément contraires à la théorie de M. Glermont- 
Gaoneau. 

1* Nul doute, après les campagnes SDccessives de dmilles exé- 
cutées parMacridy-BeyiBo8l»n-ech-Cliflikh,qaele8 raines ^tudiëes 
ne soient réellement celles du temple d'Echmoun. Elics ont foomi 
quantité de débris de style ^plien. J'ti joint i mon rapport du 
8 juillet 1900 (ïoir p. 10) un fragment de cylindre portant, wir 
deux côtés opposés, une légende hiéroglyphique. Tradntto par 
M. Haspero, elle a donné le nom d'Amasis, pharaon de la XXVI* dy- 
nastie. Cet objet trouvé lors des premièrefl recherches cland«atînes 
m'a été communiqué par le D' Ford, directeur de l'école proteBlante 
de Saîda. 11 a été publié, d'après mon rapport, par M. Matippe 
Berger"'. 

Or, dans mon mémoire sur «Les rois phéniciens de Sidmin'*'. 
j'ai montré que l'inHuence de l'Egypte sur la civilisation phéni- 
cienne s'est maintenue durant de longs Rièdes. Elle ^it' prédomi- 
nante soux la domination des Aebéménides. Elle céda temponrin- 
ment le pas h l'influence perse, comme le prouvent les monuinenls 



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— SIB — 

PhtfnioÎB €t uns pnove nouvelle dee iiaiis ancifliu qui uniiuieet 
lea deux civiiisatious; j'ajoute : araat ici vulgsrisatioD des procédés 
b^éniqvas. 

i* M. Théodore Beinach a insisté suffisamment i'» anr les 
caractères égypiisants de l'fayp(^e de Tabnit comme déterminanU 
de son ancienneté relative, pour que je me dispense d'y revenir. 

'■'Les sarcophages avec inacriplîons phéniciennes des rois 
Tabnit et Echmounazar II sont des ouvrages de la XXVI' djnaslie. 
M. Th. Reinach'^l a émis Fhypothèse très vraisemblable qu'ils arri- 
vèrent en Phénicie vers 535 avant J.-C, après la couquéte de 
rÉgypte par Cauibyse. 

5' L'élade des sarcophages grecs aujourd'hui au Musée de 
Constantinople , qui furent trouvés avec celui de Tabnit, est loin 
d'être favorable àla modernité de la dyaasde sidonieune'^). 

6° D'après l'aveu d'un juge autorisé, H. Noeldeke, rien dnas le 
style des inscriptions de Tabnit et d'Echmouuaiar ne. dénote une 
basse époque. «L'impressioa qui s'en dégage est plutôt favorable à 
uiedatn reculée» '"l 

7* Ln recherchai paiëographiqses du P. Lagrauge «ur les pre- 
mières nserîptions deBodachlaitW ranèoeotÀ les rapparier iune 
période anlérieure A AleieiKlra. 

8* «L'inscription d'Echmounenr, avec TénuiAération protixe de 
constructions de temples oà elle »e complatt, évoque une image 
de sécurité, de paix et de prospérité qui n'a certainement pas été 

la condition de la Phénicie pendant les îuttes des dîadoqnes 

Pour tout lecteur sans pr^ugé, rx texte respire un esprit jt la fois 
profondément religieux et profondéuent national, qui conrient 
aussi mal qwe possilile i h période de ftision rapide des races , des 
ntwdn, des croyances inaugurées par la conquête d'Alexandre. Le 
cumul chez les souverains de ia qualité de roi et de prêtre d'As- 
tarte, l'absence de toute allusion aux divinités helléniques, le luxe 
soleniiel dee fimBulea inprémtftites , tont ivperte k une époqne de 
solide théocratie et de sémiltsine incommipu «à fun ne sent même 

01 Lac. «i.,p. 373. 

0) PhiKppe Elergcr, (<>«. cit., p. aSS. 

(') Reinadi, loc. eit., p. Z^b. 

<*> Rtmtf Mt.tOti. 1009, p. 5i6. 



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— 216 — 

pas encore poindre l'aurore de celte civilisation syncrëtique qui 
devait élre celte de l'Orient fadl^nisén"). 

9' D'après le témoignage de Malala'^', l'introduction des mois 
macédoniens fut oiBeiellement introduite dans les villes phéni- 
ciennes par SëleucuB I". Si l'épitaphc d'Echmounazar li était de 
380, elle ne serait donc pas datée du mois de bmd. En la classant 
avant Alexandre, on comprend que ce mois phénicien soit men- 
lionnc à Sidon , comme il figure sur des inscriptions des rois de 
Citiam et d'Idalium , Melekiaton '') et Pumiaton '*'. 

10° Avant la conquête macédonienne, tous les rois de Pfaénicic 
et de Cyprc comptaient par l'ère de leur avènement au trône. A 
partir de 333, en Phénicie, un peu plus tard en Cypre, ce droit 
leur fut supprimé. Sur les monnaies phéniciennes, jusqu'à l'insti- 
tution des ères autonomes à Tyr et à Arados, et sur les inscrip- 
tions de même origine, ces ères sont remplacées suivant les villes 
et les périodes chronologiques par l'ère d'Alexandre le Grand, puis 
par l'ère des Séleucides ou par celle d'un des Lagides. 

L'autorité des roiletels phéniciens sous les premiers Buccesseurs 
d'Alexandre était tellement diminuée, qu'ils Turent privés du droit 
de monnayage et furent obligés, comme les anciens satrapes, de 
compter par l'une des ères précédentes au gré de leur snierain. 

11° La donation de Dor et de Joppé De peut être faîte à Ecb- 
mounazar 11 que par un roi de Perse, puisque le périple du Pseudo- 
Scylax, rédigé vers 3&fl avant J.-C. , mentionne Dor comme ville 
sidonienne (^>. 

Le nom de la ville de Césarée, sise entre Dor et Joppé, était, 
avaut Hérode , Tour de Straton. Il est difficile de ne pas l'altribuer 



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_ 2Î7 — 

menl avec les données archéologiques et épigraphiques recueillies 
à une époque antérieure dans les hypogées de Tabnît et d'Echmoun- 
azsr n, et établit sans contaet* possible Texisteilce de leur dyuRstie 
sous lea Acfaéméaides, au ti° siècle avant notre ère, puisque, dans 
mon ménwint «Sur les roÏB phéniciens de Sidonn, j'ai démoatré 
rimpossibilité de riascrire sur U liste de ces dynasties aux iv* ou 
v* aièeles. 

Docteur Jules Rourin, 
Corre^DdiDt du Comilé. 



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INSCRIPTIONS 

DE KHAMISSA, LAMBËSE, TÉBËSSA 

ET TIMGAD, 

PAR H. jehAne cabcopino. 
Membre de l'fieole frenfUM de Rome. 



Les înscriptionB saivantes ont ëté diScouverles eo Algérie au 
coun de ronnée 190&. Les copies ou les estampages en ont ^té 
transmis & H. Gagnât, qui h bien voulu me charger de les pu- 
blier ici. 



t. TliiibarBioiua Numidaram {Khamista). — D'aprèa un es- 
tampage de M. Joiy. Hauteur des lettres : o m. 07. 



I M P C Aeiart 
DIVI NERVae// 
NERVAE Traiano 



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fpOM (^^ 



Ce qui, à la conrroatatioii des deux copies, apparaît d'abord, 
c'est l'amorce du nom de Trajan, nEUVA TR.AtANO, et les 
lettres ERVAE. La première restitution k laquelle on songe est 
celle du nom de l'emperi'ur Trajan [dlvi\ Nervae \fili\. Mais si Ton 
prend garde, d'une pari , que sur la copte la plus soignée, et par- 
tant la plus digne de foi, la ligne de NER.VAE est surmontée d'un 
pointillé indiquant qu'elle commence l'inscription, et que, d'autre 
part, les caractères du mot NERVAE wnl de trop grande dimen- 
sion pour qu'on puisse inscrire sur la même ligne les mots imp, 
au*, dioi, cette restitution semble impossible. Nous sommes bien 
plutôt en présence d'une dédicace à miNER.VAEauy., dont on ren- 
contre en Afrique plusieuri^ exemples'''. D'ailleurs la copie n* 3 



> 0>rf. ùucr. Ut., t VilE i 



ii7«. 



.fil7. 



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— 220 — 

nous a conservé, dans son fragment 3, l'amorce de )'M de Mi- 
nervae:' 

La dédicace a été faîte sous le règne de Trajan : imp. cm*. nER.VA 
TRAiANO , par un personnage dont la pierre ne nous a gardé 
i|u'une tris petite partie des dénominations. H est à remarquer, 
i^n effet, que le cognomm B»^ précède le gentiiice ÂeSiui, ce qui 
est cDotraire aux IoÏb ^Hgraphiques , si de pareîtles interversions 
sG rencontrent parfois danB les teitAs litt^ruree. Noos sommes donc 
forcés de conclure que la ligne h du fragment i de nos deux copiée 
ne contient que deux appointions entre antres d'un nom polyony- 
mique. Ce . . . Rufus Acilius, dont la mention vient après ceUe de 
l'empereur, était probablement proconsul d'Afriqae. H est naturel, 
en elTet qu'à TktJnirncum Numidarum, ville de la Numidie pro- 
i-oDSulaire, ce soit ce b.iut fonctionnaire qui fasse les dédicace» 
aux divinité, et, selon loute vraiisemblance , nous devons lire pm- 
COS à la ligne 5 du fragment i de la première copie. Aprèi 
CVM venaient, (inuméré:^, tes différents dédicants auxiliaires dont 
les noms mis h l'ablalif étaient reliés par la conjonction ET très 
oettement marquée à la dernière ligne du fragment i de ta pre- 
mière copie. 

Est-il possible de retrouver quelqaes-ans des noms qui compo- 
■UMit la p<^yonymie du proconsuif li«t-il possible de reconstituer 
les noms de« d^dicants aecoodairee? — En ce qui concerne ces 
derniers, l'identité de l'un d'eux au moins nous est révélée par les 
fragments des copies : c'est un certain C POmPONûw; la copie i, 
fr. 8 , donne C PO , et la copie a , fr. 3 , donne C P ; les deux copies 



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— 821 — 
M i N E R V A E - V G ».cf. 

Jmp. o<r»>. «ERVA TRAiANO Amj* f erM ij«a 

opt pONTi/. MAX TB.1B POT Il «m ... p, p 

RVFVS AClLlVê mtiu ^mtu pm 

proCOS CVM C 

Jeàff. MdaU tiSiO ET C POmPONio 

M[i\neTvae [A^igiiutae) [lacr^mn) Imp{enlon) Caet(an) lf]enHi Tni[i\ano 
Â[iig{iato) G«r']m{anieo) [Dae{ieo) Opl(imo), p}iMl{^iee)] «uc^ima), Ifî- 

6(MMnc} po^aiiat») //, [oo(»)»(yU) p(«frv) p(«ffw)] 

IbiJiÊa i4«^[t Cotfiw Sparmu An pro}oM miM C 

[d—ig(iMo) wliaiû rittlo «r C(aio) Po[tn^[w] 

Tl nous a d'ailleurs ét^ impossible de savoir le véritable nom du 
proconsul dont il est question ici ; et nous n'avons pas pu davantage 
compléter le nom de C. Pomponiiu. On trouve bien àta» iea in- 
scriptions des Trères Arvales, k t'aiméa 1 3o ''I, na conuil Boflfeol du 
nom de Pomponius Marcellus qui, par conséquent, aurait pu être 
légat du proconsul d'Afrique aux environs de iio. Mais ce Pom- 
ponius MarcelluB est prénommé Q(uintUB), Le n6tru est prénomme 
C(aius} sur tous les fragments. lU fout donc deux personnages 
distincts. Et tout ce que nous pouvons tirer de noire inscription au 
point de vue historique, c'est une preuve de plus de l'importance 
du règne de Trajan dans l'histoire de Thubursicum Numidarum. 

3. ThubuTsioam Nomldanim {Khamûta). — Quatre fragments; 
d'aprës un estampage de M. Joiy; hauteur des lettres : o m. o6& 
et m. o5. 







) Corjh inter. kl-, >■ Vi, a' : 



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Nous sommes en présence d'une d^icace faite Boit k qd em- 
pereur, Boit à une divinité, bous le r^ne d'un empereor dont le 
fragment a contient vraisemblablement le prénom iM^. La pre- 
mière ligne des fragments c et d contient un nombre XV qui, sans 
doute, est celui des puiasances tribnnicienncs et la mention IMP 
des salutations impériales. Viennent ensuite les noms des dédicants, 

et entre autres le proconsul d'Afrique Rii/ui AàHui Cotim 

Sparttu Po» et C{amê) P«i^mn»]<". L'inscription a ^té gra- 
vée d(Mnto) i^eemnoHiim) pfecwtia) piiMica). Comme les personnages 
de notre inscription sont les mêmes que ceux des fragments Re- 
cèdent», l'empereur dont il est ici question est encore l'empereur 
Trajan. 



1 (Kkamùta). — D'après u 
page de M. Joly. Hauteur des lettres : o m. ob. 

DiVO GORDIANO 

aVO KVG N 
LAE"VS LF MMOM 

Divo GordiaM \a\i)f> AMg(»t£) «(ottri) L(iiew)) 
Ae[li\us [L(Krn)/>fH»)]....: 



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— 223 — 

IMP CAES ^MALERI 
VS Dl O C LESSI 
ANO PIO PELICI 
A VG 

/«^«fwton) CMt(m) [C{aio) V]<iteriM Diodeuùmo 

Le lapicide a commis deux fautes : il' a écrit Diacktiaiuu par 
SSI au lien de Tl et il a intercalé un nominatif, dALEILIVS, 
dans une dédicace au datif. La grammaire, dans les inscriptions 
d'Afrique ra llioiuieur de Diodétien, a été particolièrement mal- 
traitée ">. 



e. Tbabandotun Mnmldarnin. (jTAamiMa). — Trois iragmeats; 
d'après la copie de M^ Joly. 

1. a. 3. 

SA M« VSLIC 

AVG PIO MEDE« RlIVSSt 

C-Q. AR. AERITOi NICOS 

A TO ER-I 

Le fragment ■ renferme les débris du nom d'un empereur (nwSArî 
AVGwto PIO. La dernière ligne du fragment 9 est évidemment 
formée par la fin du mot mERITO. Peut-être faulrit lire à ta 
9* ligne du fragment 3 : fieKl IVSStî 

7. Tbobonloniii Mamidamm (Khamùia). — Lettres de h 
bonne époque. Hauteur des lettres : 1. i et 3, om. o6; I. 3 et &, 
o m. oË; I. 5 et suit., o m. 07. 

m Cf. noUmmeut Corji. mier. lai., t. VHI, o*' io«7i, ioi35. 



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— tu — 

? POSTVMio r r ju 

ROMVLO llÙmnwim- 
C V R. A N D A R (ri*, mil. 
LEG + XVI FLAVlM fumet 

PROVINCIAE' 

TR.IB 4 PLEBIS D ittgnmt* 
A4THVBVRStCl'f • m V « 
PRIMO LATOCUtoexor 
NATO . ■ 



l\Mh) AMteMW [P(«MO /a(io)]t BoÊudo UJ[l vin vi^im)] 

t<Mi). [lnJ(«M) Mit(iM)] Itgfimi^ XVI n«M[« qwai{im)] pm» 

«M , lril(«Mi) ^feiù J{mgiilÊ)], m 7MNmM[lMiù] prvw h* 

«[Zbm ftrorJiMtD 

Débat d'un carsas direct relatif i un perBonnage de l'ordre Bénft- 
toriat, PiMbUiu) /^w&nuiu Asmiliti, par aïHenrs inconnu. Parmi les 
inscriptions de Thubursienm Numidarom, il en est bien une qui 
mentionne un flamen perpetuusdu nom de L^uciiu) Poitvamu PfMa} 
Jit{iut) Pt^nr{ia tribu) FlamiuiUê et k laquelle l'indication de la tribu 
semble aasigun* une date aatMmre au ni*si^le. Malhenreusement, 
rien ne nous aisure que ce L(uctaa) Poatumiui FlamincUe, fils d'ua 
P(ublius}, soit un fib ou même un parent de P{nblius) Postumîus 
Romulus. 

L. l>. — La l^^on iTi Flavia a élé consliluée par Vespatien 
pour remplacer la légion xti Gallica que son dévouement i U 



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— M6 — 

L. 8 et g. -=— Commeot inlerfuréter tes mote frim» Jalo clmo? 
Sans doute faut-il comprendre que Postumius EtomiUiiB a ëté le 
premier des Thubursicitant à recevoir le laticlave, c'est-à-dire à 
entrer au Sénat romain. 



Nnmidarum [Khamitta). — Copie de M. Joly. 
Ly C 1. 

PAPfV 
TALi 
TIS F 

IT Vlro^B. 5. 
PERP qumq 
PR+AE 
MOC 
INCV 

IVS + Aot 10. 
MERITA 



L{Heio) C Pap{lr{ia tribu)] tal\i] tis J[Hio) 

;/ m]rofimn{i^i)\p^tm) [qHinq,^e,i„aii)\ 

La ligne 5 dont la restitution est évidente donne à peu prés la 
longueur des lignes. Le gentilice du personnage, i la ligue t, 
manque. Peut-élro était-ce un Clandîusî La lecture (^lattdin\ est 
celle dont les dimensions cadrent leminui a ter le nombre de lettres 
à restituer; et le nom n'est pas inconnu à Thubursicum Numida- 
rum'''. Les lignes 3 et fi renfermaient la lin du cognomen et la 
filiation du personnage. La ligne a prouve que celte inscription 
doit s'ajouter au nombre de celles qui inscrivent les citoyens de 
Thubursicum parmi les membres de la tribu Papirial^'. 



<» £brp- ^»^- ^'> t- Vtll, n' 49^5. 
«1 Cf. Orf. i«MfT. Ut., L VIII, o" ASt 



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page de M, Joly. 



— 3S6 — 
1 MoniMKnuB (Homùm). — D'après aD« 



SALLVSTIAE i. 
NOBlLi FLAM 

PERP 
C VRl A LES 
OB MERl 1 A 5. 
E I V S aert 
C O N lato fte 

«rVNT N 

E I S V { X>à 

Salltatiae ffobilifiam(mea») ferf^^M») ewieie* ob mm^l^ ejma 
[aert] t{onUio/eeer]imt i(«)[i(tMwnn()]. 

L. 8 et 9. — Après yëcmint et avant d(e^d^ieaoenint)], la pierre 
ne présente dislîactemeat qu'un N. 

Salhulia NobUû est inconnue par ailleurs. 

Les inscriplioDs dédiées par les curiales soat fréquentes en 
Afrique '''. 



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1 {Khamûaa). 
Copie de M. Joly. 1 3. Copie de M. Joly. 

■RI O K 

GEM E C: 

EBELC iVIA 



i (Ciiai;> de Lamiite), — Estampage 
de M. CourmoDtagne. Hauteur des lettres : m. 06 pour la ligne 1, 
et m. o36 pour les lignes suivantes. 

I • Ô • M 

CONSERVA 
T O R I A V G G 
G N N N L M 
IVS SEVERVS 
TRIB M I L I T 
LEG III A'G VS- 

J{nvï) 0[ptimo) M[aximo) eonatrvnlori (trhm) Augiuitnrmn) n(pimnm) 
L{aeitu) Mmia Sevenu lnb(Mntu) miSt(um) t^wnù) lU Aug{u$loe) v{otim) 
i{ohÙ). 

L. it et ^. — L'ex-voto a été exûcuLé Attggg. mm., sous Irais 
augustes, c'est-à-dire entre 309 et 31 1. années pendant lesquelles 
Septime Sévère et ses deux Bis étaient tous les trois associés à 
l'Empire. Il est à noter que deux G et deux N ont été martelés 
après coup. Or, oSSciellemeot, H n'y a jamuis eu qu'un seul des trois 
Augustes, Géta, dont io nom ait été prosciil des monuments. Si 
doDc on a aussi effacé celui de Caracalla , c'est qu'on a voulu Taire 
servir l'ex-voto ultérieurement, et que, dans la suite, la protection 
de Jupit«r a été appirlée sur un empereur ayant régné seul : nla- 
gabal ou plutât Alexandre Sévère. 

Celte inscription, placée dans le camp, prouve que Jupiter jouis- 
sait, dans l'armée d'Afrique, d'un culte oHiciel; elle n'est point la ■ 



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seule , du reste , et od coDOBÙsait d^ii eelle qu'avait l'ait graver, non 
loin du prœlorium, le primipile Ti. Claudius Vitalis'". 



14, Gaatra Lambaeslteuft (Camp de LanAète). — Estampage 
de M. Courmonta^c. Lettres de o m. o3&. 

deo inotctO M I Tl Et. A E 
pro Wule e 1 V L 1 V E R. 1 Ma 
«ù«>ir<MfilLlS5IMi CAES 

[Dro tnwcfjo Mithrae [pro talutt fi((«iï)] Jidt Veri M[axim ^^vatt) 
no]bUis»imi Caei{arù). 

Celte inscription gravée pour le salut de C. JuUut Venu Maximia 
AttffUtUu nobilûnmtu Caetar date donc du règne de Maxiiiiia, son 
père (935-338). tliie grossit le nombre des inscriptions consaciûps 
h Mithra par des officiers ou sous-officiers de l'armée d'Afrique '*'■ 
Elle serait très imporlaole et prouverait contrairement à l'opinloD 
de M. von Domaszewski 1^' et de M. Cumont'*', que le culte de 
Mithra a eu une place officielle dans l'armée romaiae dés la pre- 
mière moitié du iii* siècle, si elle avait été faite exprès pour un 
aulet du camp de Lambèse. Mais tout ce qu'on peut dire, c'esl 
qu'elle y a été trouvée, et la pierre a pu y être apportée comme 



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tampage de M. Courmontagne. Hauteur des lettres : o m. 06, 
oin. o£i. 

C A S T R O R«m 1. 
exlargitS 1 M I S S T 1 Pendue 

D II CAECIL VR. 

VM LEG m AVG P 

A H AB ERE ET se 5. 

VLIS iS n N DA 

La dilTërence de hauteur des lettres permet de discerner dans le 
Tni^ment les deux parties d'une inscriptioD dédieatoîre. La première 
ligne porte visibles encore les traces du mot CASTRORum. Il est 
donc naturel de penser que la dédicace s'adresse i Jidta Augwla 
mater ctutrorwn, et vraisemblablement aussi à son mari et à son 
fils Septime Sëvère et Caracalla. 

En second tien, cette inscription qui a été faîte par des mili- 
taires de la légion m* Auguste , ainsi que nous Vapprend la ligne & , 
se termine par l'indication d'une somme d'argent & verser ; 

mgVLlS fô n N DAre 

N'eat-ii pas, dès lors, évident que ce fragment appartient aux 
statuts d'un des collèges militaires qui se sont constitués à Lambèse 
Boufl le règne de Septime Sévère")? Toute la qoestion est de savoîi' 
s'il nous révèle des statuts nouveaux, ou s'il appartient à des statuts 
que des découvertes épigraphiques antérieures nous aient déjà fait 
connaître partiellement. 

Parmi tes règlements élaborés par les sociétés de secours mu- 
tuels de sous-oflSciers de la légion qui sont parvenus jusqu'à nous, 
il en est un dont nous ne possédons que la partie gaucbe et que 
les éditeurs du Corfut ont compléta par comparaison avec les rè- 
glements analogues moins mutilés. C'est celui qui figure sous le 
n* 9&53 du tome Vnietqui fut rédigé ipar ies optîonêâ vala[wiiaarii], 
les peqiuBi, le Ubrarâu tt dûemlM Ri}Hanbr[ttmj. 

W <X Cmf. mmf. bt, L ¥Ui, n" aBfii. «SU, *&&i «t a^b?. 



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— ÎS5 — 

mobile, qu'il s'agissait d'unA praportioaniliM gnido^ mr no 
seamoariain variable '''. Nons devons comprendre maintenant que si 
l'anularium des associés tilMrei, pourrait-on dire, est de 9,ooo ses- 
terces et YmmUimtm des diteeiiln Bealemenl de t,ooo sesterces, 
cette différence s'explique par la différence des colisatimis d'entrée 
et proportionnellement A elle : pn portione uam n ari. En d'autres 
termes, les versements des dùemte» étaient moitié moiodres que 
ceci des mtddtt. 



le. Ca«tr> LaBburttana ('^■"T ''* I^BX^i")- — Estampages 

do M. Courmontagne; hauteur des lettres : om. o95 jusqu'à li 
ligne 8; puis o m. oi. 

p roF E L 1 C I T ATe ET INCOLVMITATe 
fECVLl DOMIN N N N A^GGG 
*ePTlMI S E V E R. 1 Pli PER.TINA'G 
Ht M AVREL ANTON AVG 9. JU 
/*/■ A k b k ï C È k MAX I A- G G 
et IVLIAE A'G MA'R A/G fW] C A S 
iVB LEG 111 A^G PVQ_N SVB 
aNTONIVS PROCVL OP Q. GRANWS CMSPINVS 
dALERIVS FELIX PR Q.FABIVS DONAT 
ELIVS FAVSTVS 

[/V(o)] /eBeitailê] et ineoJmiùtal[e t]eenli Aatim(ortM (riiun) ii(( 



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_ 233 — 

l^lé et reBi{^c4 par un alloogement de la tihdatairq 4e GaracdU 
qui porte sur notre inscription des épithètes qui ne lui furent 
décernées qu'après la mort de Septime Sévère ': Âr(abiau) en 9 1 1 , 
Germ(aiùetu) Max{iiiuu) en 9i3. 

Granius Cnspiaus, Fabius Donatua sont inconnus & Lambbse. 
Ona découvert danslanécropoledeLRiubèse la tombe d'un tf(amM) 
Antottitu Proeutu* twl(erantu) Cl et les tombes d'autres membres de 
sa famille''); mais on ne peut affirmer qu'il ait quelque rapport 
avec notre option. Les Vaterius Félix soii^t si nombreux («nt su oaBp 
qu'à la ville, qu'il est impossible d'identifier le n6tre av«c l'un 
d'eux '^1, Un C. Aelius'*' Faastus est mentionné comme btMfieiarvu 
du tribun taticlave; sa fonction nous interdit de l'assimiler au 
nôtre. 

C'est, en effet, de tuHeinei qu'il est question dans notre inscrip- 
tion*, les lacunes de la pierre ne laissent pas de marfre & une 
autre restitution que [l]ui(Kwi«*), et celle-ci est CouGl'mée'par la 
disposition même des noms des d^dicants. Cest un opito qui 
OQvre la liste; or les chefs de musique portaient le titre d'optto^'), 
et, dans l'inscription gravée par le collège des conicùiet, c'est l'optio 
L. Clodius Seeundus qui est en tête de l'énumération des 
membres '*!. 

Si fon songe que l'inscription des rorntcwe* a été gravée égale- 
ment sous le règne des trois Augustes, qu'elle débute par I9 même 
formule, qu'elle est disposée de la'méme manière que la nôtre, il 
est vraisemblable «Tadmelire que les tvbiàne* avaient formé, eux 
aassi, on collège, et que nous sommes en présence du début de ce 
que nous pourrions appeler l'acte constitutif de la société : au^es- 
soBs dce noms des membres de la société, comme au-dës^us des 
noms des eormmet, venait sans doute le texte des statut qui la 
régissaient. 



17. Caatra IiMnb«««lt«na {Camp Ae Lambiu). — Porte orieu- 

0) Otrf. mwr. lot, t. Vtll. n* 3o36. 

(•) Cr. Û>rp.ùuer. Ut., L VIII, n~ Uih.Uta, U^l^, âoi3. 

fi et Corp. ùuer. lot., t Vlll, D°' 9&â& d, >■; «SSA, iS; 3*55, 3*57, etc. 

W Corp. >»cr. iot, t VIII, n' s55i: 

(•) Cf. Ctgiul. «p. cit., p. lift. 

« Cwy. iwer. kt, t. VIII. n* »557^ 

kmcmteuMtt. — IS' 2. i6 



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— tu — 

Ith do eumfi «^ de M. GqfiMt; bauleiir dM Istttw : on. lo. 

TIL 1. 

PATI 
F 
OaTI 
I A 5. 

Une nstitolMn est imponribte. Toat ce qae Ton peat dire, r*esl 
qM riBMriptmB conlendt ira nom marteté à la [daee da^joel on a 
ÎBBcril d'aotm lettret . 

18. Gaatr* Lainb«««it«iu (Cny (I«ZiaiiiUH).^OBiule camp, 
maïs Bsseï loin des tbermea; copia d« M. CagnaLi banteur des 
lettres : om. lo. 

IMP CAESAR. M 

THEIt.MM 

lofientar) Cavar Jf(arcHi) lWiil(a()î 

Bien que la pierre ait ^té trouvée lois de* tbermaa, il Mmble 
bien qu'il aoit question ici et d'eux at de l'empereur sois le rigae 
duqud il y Tut travaiU^. Mfdheurev&wieutt on ne sait a'il s'agit d« 
leur consbvction ou siutpUmeat de répantiois ou d'enbdlis»- 
mentsi au aurplus, le prénom ]U(arcui^ a été port iaee«saiveaieRt 



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- »ss — 

Le consulat d'£iiii]ianas et Bassus est de l'année aS 



laft ( Camp de Lmnbiit), — Dans le bastion 
Nord-Est du camp; d'après les estampages de M. Conrmontagne; 
trois fragments; hauteur des lettres : o m. 019. 

I 

«.erVLLIVS S . 1 < .-.i-v eirt 
«obRELIVS FATALIS THBV 
». «LIVS qyiNTVLVS CIRT C 
«•.ciNGONlVS VER.VS CIRT C 
•k/AVlVS VR.BANVS CAiT I i. 

cOH VII T 

1(4 cloVDIVS CASTVS CIRT C 
}. ««MMIVS AVITVa CAST 
e. UIIVS itOCATyS CAST 
j.rarELLIVS S1UV«NV5 CAST . 10. 

m. «aiTIVS F.AVSTINVS ÇIRl 
;. «rTOBllVS VICTOR. (AIT , 
a. xvNATiVS ME3SOR. CA&> 
c. iaiiVS SI.LlCiyAR.IV5 Cirl 
I. ia/iVS HO.NORATVS «>ri i5. 

». yr.NlVS Ct.EMB.N<,>»sl 
m. eaxl VS R V F V< naB 
t, a>/DIVS c* ".<;< (»•■■»! 

L — (Qlaài) JVarJaUu Slamias Cin(>)), [ll(an>a) .l>rji«a< falib Tkt- 
v(mtt), [Mlflnu») A]IfM QiMùAu Ortifl), [M(,mw»i CiH]gomu Vtnu 

Or)(o) , («(arcai) f fl™» Ifr»«i«. Galfri.) C]«l(on) W. rii(m.i) 

dajviMt Caitiu Cifî(a), [Q(Miiilai) ift»n]ffliu« Aviliu ùist(rii), [C{imu) 
Aayiu Rogatus Ca(((m], [Ô(t<vifi«) CerJeUiai âi/oânui (]iuf(m), [^(orest) 
Cajlia Auliau C[iM(<>, fl;«i') 9«)iaràa Viatr i(sn(%a<), [lf(ar- 
on) ihgMias JfafUr (^«(Hi), l}(ai») J>ii>< Ofaifi- C;it(.) , CiMi) 
^iiiîjii Hnairalai [Orli»). M(anu) Gn)^» Cln«ii[< Ca<l^), Jljàws) 
C»)iu%;i[a (fUaa).4l9!]Âiifa(ml«i<rj 

M KMa, Ask' MM., p. 100. 



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Il 

M. HBMi^lvS GEmEL/Kf eati i 

n. mARIVS FELIX ti'rl 

«. }VINTIVS SER.VIUVS B»«i 

t. GELLIVS MARTIALIS CiSo 

I. FLAVIVS SATVRNINVS C«l 5. 

l I.ATINIVS Si7>i>»< t.rl 

IL — [«{anut) JViMutjtM [Cen>«/IiM Ciu<m], tf(nrv«*) M\Mrmtf FfUx 
[Cirt{d). M(amit) Q]iiintiut SmiUut [Bulla, C{miu)\ GtlUM4 MarlntU 
qilio, T{ilia)] fiWwt Sttunùiuu C[«*<rw), l{»eiiu £]«fnuiu [^nuMt 

m 

j. ««i-eLlVS RVFVS e«.< i, 

«. BimCIVS DONATVS c«il 
c. cilALIS CAPITO >•< 
c. inliVS AH. A B V S >■{« 
t.j«i«INIVS SATVRNlNxeirr 5. 

m. ariNI VS FELIX lAsa 
;).piiMBlVS OR.ESTIN Ciutcor.rr 
i. p<lro»iVS MANCAU »ic 



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- 237 — 

de «flH« inscription; les notds du frag^ment lil, les lignes 97-3^; 
les noms du fragment U, les lignes i^tk de U seconde «donne. 
A ooBBtâter cette coïncidence, ou pouvait d'abord se demander si 
M. Coarmontagne n'avait pas déconvert une seconde fois quelques- 
uns des morceaux d'une inscription déjà eonnoe et publiée. Mais 
an eumm comparatif des deux t«xtea a vite fait de démontrer 
leur indépendance. Non sealement ils n'offient pas leurs iManee 
•ni mêmes endroits^), mais ils ont été gravés suivant deux méthodes 
diFTérentes; la liste déjà publiée a élé dressée suivant un procède- 
économique. A cAté de la eohortia et snr la même ligne, on meii- 
lionne un des st^ats de cette cohorte; on lit, par siemple : 

CoMpn) VU. Tib(triÈu) Clmidkê CuMbu'^. 

Dans nos fragments, eu contraire, le lapieide a été moins par- 
cimonieux, et la mention de Is coborte occape une ligne à elle 
seule : 

[Tii(erm*) Oa^idiu CmUi^'K 

Il Tant diMie conclure que la même liste do l^îennaires a bien 
été dressée à deux exemplaires. 

L'ancien exemplaire, précédé d'une dédicace à U famille im- 
périale est daté du gouvernement d'Anieîns Faostufe'par les vété- 
rans de la légion , libérés en 1 98 et -entrés au service sons le con- 
sulat de Cn. Qaudins Severus et de Tib. Clandius Pompeius, Ions 
dent eontuisponr U deuxième fois, e'est-à-dire eA 173. Nos fng- 
menls, gravésparles soins des soldata de la eiasse 178, comme nous 
dirions aujourd'hui, appartiennrait à In même époque^ et il est 
plie qne prtdMUe qie l'inscriplion dont css fragments font partie 
datait également de l'année de la Ubérstlen des légionnaires. Ln 
dédicace manquant cette fois tout entitre, il est impossible d'affir- 
mer d'une manière posilive que cette inscription a été ^vée aussi 

"> L« liste «KWinie Mintisnt Un» l«« gtnttàîtr» àiM le fr. I de U liite récente 
ne. renferme que quelques lettres. BMproquenieiil, dîna le fr. I de notre ïnicrip- 
Iton. à II ligne 10, eu lit Silsanu* en entier, tondis qu'à la ligne 1 1 de l'iaBU^itiaD 
publiée on lit &Ir[anuiJ. 

»> Cirp.iMcr. lat., t VIII, n* t8o68, col. 1, I. 7. 

W Cf. fr. I, l 6 et 7. 



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— 238 — 

pour 1« ulut de Septime Sévère , de CaraeiUB etds Jolît Ad^bsU; 
mais il csl vraùemblable qu'i leur départ de la UgÙB , les làHnat 
de 198, ncoDnaisMPto eave» l'empereur ofrieaia, ont fiié dem 
foig 8ur la pierre et pour deux endroit* diOéreatvdu camp deLas- 
bèie le même témoignage de g;raUUide. 

Quoi qu'il en toit, les fragmenta nouveaiu. resliluéegrAMk leur 
comparaiaoa avec raDcienoe U»te, éclairent celle-eï à leur tour. 
Non paa qu'ila noua aient révélé de* militaîreB nouveau, — il n'ett 
pas un nom qui ne ae rencontre d^à dana la liste publiée; tai 
Iragments I et III mentionnent dea soldats dea oohortea vi «t vu, 
le fragment II mentionne des sddata de ta eoborle s ; — mats la 
cohorte viii, qui n'est repr^ntée que par quatre noms dans la liste 
ancienne, est tolalement absente de nos fragments, et ce sont ces 
lacunes au mAme endroit dans les deux exemplaires qui empêchent 
de restituer les gentilices et et^omina amore^ par les prénoms 
C(atw), C(ant*), [i(vemt)], 7\àiu) et C{ma), des lignée 3-8, k Is 
partie droite du fr. I. La liste publiée ne présente pas en effet une 
série identique de prénoms groupés dans cet ordre, et c'est ani 
absents qu'il faut les attribuer. Hais, ai l'on ne peut dire que nos 
fragments complètent la liste mutilée, du moins est-il vrai qn'iU 
eoàfirnmkt presque partout lefe resUtutioni du Carfm, et qu'en 
deux au trois cas ils en introduisent de nouvelles, intéreaaantes à 
signaler. 

A la ligne tç) de la colonne I de la liste publiée, lea éditeurs do 
Cofjwi restituent (^aj^r^***]- ^^"^ reetitntion tombe demnt le 
cognomen Capito parfaitement visible aur notre fragment 10. 



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baslioo Nord-Eat du camp; d'après les estampa^ de M. Cour- 
montage; Iroia fragments. Hauteur des letties : om. oi. 

I 

VS 1. 

HlLAI....:. . . 

AVIVS GERM 
iVLIVS FELIX 

NONIVS AMPLIATtM 5. 

OMVLLIVS LVCANVS 
ANIONIVS RESTVTVS 
C ARRIVS ROGATVS 
C BADIVS SATVRNINVS THK» 

JVLIVS MAXIMVS CAST lo. 

SECVNOIVS PRIMVS TVBV 

lANNONIVS SECVNDVS CAST 
«AECILIVS ROMANVS TIPASA 
cOH Tm M AVREl SEDATVS FVRN 
lACIVS NAMPHAMO CAST i5. 

IVS PVDENS CAST 

VS RVFVS CAST 

VS VALENS . THEV 

TIVS VICTOR THEV 

XAESSOR ASSVR ao. 

FAVSTVS THEV 

VS CIRT 



. — ...u II>Iilt<w)]t....[n]anii<G<ra|aa(u)].[^a«a<F>li«, 

. . .jHmiW Amplùi[lui], . . .onui/Iiiu /.ucamu, . , .jlii{l}aH«M Henutui, 
t^tmt) Axrva Rogatu», [C{anu)] BattiuM Satumituu TA^at^citt]], .JuHtu 
MaxilMë Cut{rit), .Sfàmdmt Pnmti Tabi^nû), [T^amimiu Stauidiu 
Ci«(m), [CJaiUu A>ii«iau Tifim — [C>l<an) TÏH — «(anu) An- 
nHùu) S4detiu Ara(i). . . .innaa Xmplum Csulpa), . . .tua Pudau 
Cb><m), . . .u Aa/iù C(M(,rù). . . .» Vém n>t<ail>). ...tut ViMr 
Tlin{ttlt), ...amor Aâtm^amt), ...faiMIaa Tinltiu), ,..«tC^a). 



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II 

M FVFICIVS 

T FLAVIVS PRISCVS 
M SILIVS VR.BANVS 
M AEMILIVS FELIX 
C CERELLIVS DONATVS 
C FAIANIVS FELIX 
Q,AEMILIVS SARNIAN 
Q_GEM1NIVS CRESCENS 
M SEIVS AELIANVS 
C LVSATTVS TIRO 
C ANNIVS SATVRNU» 
C SITTIVS SATVRNIN.. 
C MOTILIVS NEGOTIAN 
C CAECILIVS CASTV. 
C ATTIVS FABVLLIAN 
T FLAVS RVSTICVS 
C SITTIVS SILVANVS 
C IVLIVS FAVSTVS 
Q_GL1CIVS FABRICiVS 



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m 

...../ELIX 1. 

. . MAXIM CAST 

ATVS THEV 
DVS CAST 

KART 5. 

KART BV 
CAST IM 

'Vie 

ni. — . . .[Fe]là:, . . .[M]axm{iu) Gi«l(m). ...atia Theo{e^e). ...Jus 
Cait(ri$) , , . . KaTt(lingiM) , ... Knr1{hagine) bu(ecmalor) , ... '^«((nt) 
Mi(fiiimi(), . . . [Cjin'e(ir/o) f 

Fr. U, ). 16. — Flausest évidemment une erreur du tapicide 
pour Flavius, 

Ces fragments, comme les pi^cédentâ, appartenaient à une liste 
de légionnaires ou anciens lé^onnaîree, jrroupés par cohorte, et 
désignés diacun par son prénom, son nom, sou surnom, le nom de 
son lieu d'origine et parfois, lorsqae le soldat était un spécialiste, 
par le nom de sa fonction spéciale. Ainsi, par exemplei fr. III, 
I. 6 el 7, le militaire est dit dans un cas (u(ccina(or) et dans l'autre 

Le Iroiaiime fragment est tellement rantiU que tonte restitution 
de nom est, déprime abord , impossible autrement ^e par pure 
conjecture. — Le premier fragment présente descc^omion presque 
toujours complets; mais, h bien des lignes, on n'a que la fin des 
genliliees. Dans quelques cas privilégiés ([/]u&'iu à la I. U, [Tjan- 
mmins à la I. ta, [C]aecitàu k la 1. i3), la restitution s'im[)Ose. 
Mais, dans la plupart des autres cas, elle est impossible, soil qu'il 
reste trop peu du gentilice pour qu'on puisse choisir entre les 
multiples hypothèses que suscite sa désinence.1'', soit qu'il en reste 
assez pour qu'on puisse constater que les lettres sobsislanles ne 

"> CL, ptr eiemf^, te» l^guM 16, 17, t8. 



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— 342 — 

concordent pas avec les gentilices qui , suivant les màicei du Cwjnu 
d'Afrique, précèdent, à Lambèse, les mêmes cognomina*'^ 

Plusieur.-i de ces Doms étaient déjà connus à Lambèse. Ainsi, 
Tannonius Secundus'"', Q. Geminîut Creecens''', C. AddIus Satar- 
Dinus(*>, C. Julius Faustus Castris'^', figuraient sur des listes de 
militaires aaténenrement découvertes au camp el remontant soit 
aux dernières années du ii* siëHe, soit h la première moitié do 
m* siècle. C'est aussi à cetto époqne qu'il faut rapporter ces trois 
fragments, et cette date ctHieorde avec le caractère purement ré- 
gional et africaiD du recrutement que le troisième fragment nous 
permet de constaler. On aurait tort, d'ailleurs, de vouloir préciser 
davantage sous prétexte qu'un C. Julius Maximus est signalé comme 
ayant fait partie de la vexillation détachée en Asie et rentrée è Lam- 
bèse en 3i8W; car, si cette date eu elle-même ne nous apprend 
guère que ce qu'on supposait d^k, rien ne nous autorise è affirmer 
que notre Julius Maximus dont nous ignorons le prénom soit le 
même que C. Julius Maximus. 

Enfin il nous est interdit de considérer ces fragments comme 
faisant partie de la même liste de vétérans qne tes trois fragments 
précédents. En eiïet, les hauteurs de lettres diffèrent, et aussi les 
disposlliona de la gravure. Dans (es fragments relatifs k la ti* et 
il la VII* cohorte, l'indication de la cohorte remplissait une ligne ï 
elle seule Cl. Dans ces fragments-ci, relatifs à la iii* et i la n* co- 
horte, l'indication de la cohorte est accompagnée d*an nom de 
militaire <*>. 



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— 848 — 

AHMA ANTESVmm 
POSTSIGNAm 

Arma anuti^giuita] . . . , poiltignâ[nà] . . . 

Il faut rapprocher de cette inficriplion les deux înscriptionB 
découvertes à Lambèse ea itjoal'', et que l'on peut maintenant 
compléter : 

1* MtESlCNANA XXX • 

"fMMIXV 

■• MiESIGNANA X 

Os trois inscriptions se rapportent évidemment à des magaûns 
d'armes où celles-ci élaient placides dans Tordre de Iftur emploi de 
rombat; ce sont les en-létes des sattes ou des armoires où chaque 
série était reofennée. 

33. Theraato (Tébesta). — Copie de M. Caf^nat^ la pierre ap- 
portée récemment au Musée. 

D M S 1. 

C CAECILIVS 
THEVESTINVS 
VIX N LU PF'f 
F B H M 5. 

D{ù) MÇanibiu) f(«mnn) | C{aùis) Caeeiliu» | Thettidmu \ tiix^it) an(nû) 
m j{aler);J{aio) 4(anMWw) | J[te^) b(oao)^ h(omk!)1 m(erenti)1 

h. D. — L'interprétation b(ono) A(omtM) est incertaine. 

24. Tbarost* [Tébetia). — A 6 kilomètres de Clairefontaine , 

<" Bk/I. arth. du Comité dti (nmiiw jUatenjUM , iQOt, p. 33i. 



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sur la rive gaoche de l'oned Mell^e {tn tien dit Xeaiouba). Copie 
de M. le lieulenant Maifrot 

TFLNVNDINA i. 
VET NEP S PET 
■ NVNDINARIAE 
FEC V ANNIS 
III M V HSE 6. 

r(fai) n{„cha) NwMi^rM)t I M(<nliu) >7(eli) •(ix) P<l(>b>) | 
XiiMiiriiii I /«(il); ^ixil] mmù \ III t^n^) Y. sifc) i(ile) <(<i|. 

L. I. — Faul'il preodre le mot JViM^nA pour le cogoomen entier 
du véLéran T{ibu) FHamu^ ou y voir une abréviation du cogoomea 
Nmàmamu trës répandu en Afrique '"et que nous retrouvons 1 la 
ligne 3 dans le nom de sa petite-fille 7 

gs. ThamnBadl ( Tintgaà). — Hauteur des lettres : o m. o85. 

NEP 1. 

iMPX 
ARM 
TON 

AVG FIL 5. 
•gl] ANT 



D,j.,.db,Googlc 



— 245 — 

tàuCIS {AVG ARAB ADIAB paRTHICl MAXimijEfio Hei 
m, oMtomm pii germât^ ï Cl «ARMotici twpolt [fi.] divi a$Uonmi pA pro- 
NEPOTl DiVI HADriwi ABNEPOTI dhi Iraiani PAR- 
THICI ET Dim fwrvae adnepoti M. aureUO AN T ONtito plO 
Di^^TO [5.] trib. fotat. lu eot \foniumo IN VlCfrwtwo qvt prmnPl | 
AVG MAflu^mitmmpiiftrM^QlS AVG FIUQpwc.^ET 
[6.] iidiae domnat AtigiutAt amtigi imp. l. teplimi ieveri pii perlmaClS 
AVgnmtKiaygVS't | N O S 1 RTrt eatirorm et mmIw el PÂTRIAE] 
ANTONINI. 

Jér&iiie Cai 



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RAPPORT 

- SOI 

LES FOUILLES DU GAPITOLE DE SEGÈRMES, 

MR H. LE COMHANDANT HANHEZO. 



INTRODUCTION 
PAR H. P. RAUCKLER , 

J'avais demandé à M. le capitaine Hanaeio de détermÏQer le 
caractère de l'ënigmatique et curieux édifice donl les sondages 
de MM. le capitaine Montaiier et le lieutenant Moanier venaient de 
nous ravier Texistence, à proximité du fragment de dédicace à la 
Triade Gapitoliae jadis relevé par Wilmanns, et de préciser les 
rapports qui pouvaient exister entre cette inscription et le monn- 
ment lui-même. 

Ce programme a été ex^té de la manière la plus satisfaisante, 
et le but visé pleinement atteint L'édifice a été déblayé dans son 
entier et dégagé des eonstraclious parasites qui l'encombraieut 
Le plan en a été soigneusement lev^, et la découverte de nombreux 
morceaux d'architecture permettra de tenter — du moins sur le 
papier — une reconstitution de toutes les parUes de la construction 
aujourd'hui démolies. Devant la porte d'entrée, et un peu pins loin 
à l'Est, ont été retrouvés deux nouveaux et importanis fragments 
de la dédicace de Wilmanns qui couronnait certainement la façade. 
Nous nous trouvons donc bien en présence du Gapitole de la ville 
antique. Enfin l'on a commencé le déblaiement de la place dallée 
qui entourait le temple de Jupiter Conservateur, Junon Reine et 
Minerve Augnale, au trois de ses cOtés, et qui n'est autre que 
le Forum. Cest ca qui résulte d'une façon indiscutable de la pré- 
sence en cet endroit de nombreux piédealavi d« statues impériales 
et bases honoriG<{ues, les uns connus depuis longten^> ayant 
été publiés jadis par Wilmanns et par MM, Babelon, Reinicb, 



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— 347 — 

Boriieret Tamis de Lespio, les aatres reeuetllts au cotm des ré- 
AenlM recherches : dédicaces à Gordien lU ' et k sa remme Tren- 
quillina'^), à AuréUea,dalées de 370^), à Prabus, datée de 978 ^>, 
et à deux autres empereurs dont les Mtms manquent (^1 ; ou inscrip- 
tions gravées «n l'hoiuteur de hauts fonctioBuaires patron» de la 
cUé, surtout des procurateurs impériaux de U région Htdmmétine 
h laqueila était rattachée Segennes^'K 

Mais s les demiëres recherches nous donnent la solution du 
problème posé, elles en soulèvent d'antres que je crois devoir indi- 
i|aar m, et qui na pourront être enUèrement élucidés qu'an prix 
de patienta et minntieiu efforts. 

Tont d'abord le Ctpitole de Segerme» se présente sons un aspect 
singulier, qui n'est, en aucune façon, celui qu'o&ent habituelle- 
ment les sanctuaires réservés au culte de la Triade Capitaine. Au 
lieu de dominer tout« ia cité et de se dresser très haut au-dessus 
dn Forum, il se trouve presque de plain-pied avec la place environ- 
nante,le sol intérieur de l'édifice ae dépassant que de trois marches 
le dallage qui l'entoure. Le Capitole de Segermet n'a ni escalier 
monumental précédant ta façade, ni pnmam, ni colonnade. 11 
ressemMe moins à un temple qu'à un arc de triomphe tétrapyle et 
quadr^roiu, comme celui de Janas k Rone, on encore la porte 
de Caracalta à Tébessa, dont on n'anrait conservé que l'buvertnPe 
principale en aveuglant les trois antres baies. L'édifico est petit, et 
à pen près carré, mesurant 13 m. 16 de largeur suri 9 m. 66 de pro- 
fondeur ( Gg. 1 ). Les quatre angles se détachent nettement ea rniHie , 
app^nt la comparaison avec les quatre piliers de V»n ftuuMfhn». 
La disposition de la façade principale est telle, qn'etfe n'a guère 
pu être arrangée autrement qu'à la manière d'une porte triomphale , 
avec entablement plat, et sans fronton de conronnecteat; quant aux 
trois autres hoes, si les baies sont avengléei, elles sont tout au 



(■) Oi^iMer. ^(.,1. VUI.n* iti6D- 

f*' FomtlM Kumeio, roir plus loin. 

C> F euflht Honl^er «( Monnia-; cf. OêudUtt, Pnek-mrimiee , tgtti, p. i»i, 
AafM eM{flill« DwUtiMireEtntodiia**!! limàê a^ 

U) G>f]i.àuer.l«l.,t.VUI,n* 11171. 

'*' €erp. wKT. toi., n" 0170 el 11 17t. 

"> Co^ tMcr. laL, a" 1117a, 11175 el feai-Hn 11176, et fooillM Han- 
Ido, voir platlma. > 



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— 248 — 

moins iadiquées par un enfoncement , 8u milieu duquel se décroche 
en saillie une surface pleine et massive répondant à une aïehe 
intérieure qu'elle annonce. 

^M Comtmelioyu prinitivm. 



Fig. 1 . — Plan du rtpîtole de Segerme». 

Les quatre façades, parfaitement symétriques, présentent doac 
chacune une surface très mouvementée avec nombreoi décroche- 
ments. L'emploi de matériaux divers pour chacune des divisions 
architecturales de l'enceinte achève d'en varier l'aspect extérieur. 
Le soulMissement est en grand appareil soigneusement assemblé, et 
d'apparence fort imposante, il mesure a m. 7& de hauteur; le ^fil 
de la mouiuration est assez mou et indécis , mais base et corniche 
so détachent nettement en très Torte saillie. 

La paroi proprement dite, décorée sur chaque cité de quatre 
pilastres, deui à chaque angle, est en simple blocage, entiëremttot 
revêtu de stuc. Tous les détails de l'ornementation étaient sculptés 
dans le plAtre, ce qui explique leur disparition à peu près totale. 
La pierre reparaissait ensuite pour le couronnement de Tédifice, 
qui comportait : une frise, gravée d'une dédicace sur la façade 
principale; une eorniehs, dont quelques débris ont été retrouvés; 
et peut-être une attique. 

A l'intérieur, l'édifice affecte la forme d'une c<Oa rectangulaire, 
large de 7 m.9&etprofondede7m. 6g, c'est-à-dire i peu près carrée. 



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La fialle, voâtée en berceau, éUit pavée de belles dalles de marbre rosé. 
Le»p«rois élaieal également revêtues de plaquettes de marbre, fixées 
par des clous de brome. Chacune d'elles se creusait en son milieu 
d'une nidie reclangulaire ( fig. g ), la plus grande dans le mur de fond 
répondant h l'ealn^, deux autres plus petite8,i droite et i gauche. 
Ces niches devaient être ornées des statues de la Triade Capitoline , 
Jupiter an milieu, Junon i sa droite et Minerve & sa gau^e. 
Chacune d'elles devait présenter l'aspect d'us édieuie à fronton 



triangulaire saillant supporte par deux colonnes. L'on a reirouvé 
divers débris de cet arrangement architectural, jias assisz cependant 
pour le reconstituer avec toute la précision et la certitude désirables. 
Ce sont : plusieurs bases et fragments de colonnes; puis deux cha- 
piteaux corinthiens avec aigle aux quatre coins''), convenant Tort bien 
i la statue de Jupiter qu'ils devaient encadrer, et un chapiteau 
corinthien plus petit, provenant d'une des niches latérales; enfin 
les quatre tympans forment le fond des quatre frontons qui surmon- 
taient la porte d'entrée et les trois niches. Ces derniers morceaux 
d'architecture présentent un aspect singulier. Ib offrent sur leur 
face principale un bouquet d'acanthe, sculpté dans un espace trian- 

'" L'un au Capjtole, l'autre i la Basilique où il atait élé remjilojd. Ea oiilre, 

quelques débris d'un troi*ième diapilcau analogue tembicnl prouver que l'arran- 

gemeni arebitectural de la oicbe du fond répondait i celui de la porie d'ealréc, 

qui devait l'onvrir entre deUi colonne» k clMpiUaui également ornée il'iiiglos. 

Aac:itoLoeiR. ^ fi* 2. 17 



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— 250 — 

gulsire qne n'encadre ancune moulure. Sur )a tranefae eontigué m 
développent d'autres rinceaux d'acauthe Tormant soflite. I) faut donc 
sappOMT que ces quatre pierres étaient encastrées dans les mars 
au-dessus de l'enlrfa et des trois niches, taudis que le fronton trien- 
gnlaire proprement dit, entièrement ajouré et soatenu par deni 
colonnes, itùl simplement appliqué contre la paroi et sa détachait 
tout entier en saillie. De jolies consoles, dont on a retrouré nn« 
pain, les reliaient sans doute l'un i l'autre, sans que je puisse dire 
exactement de quelle façon. 

Somme toute, le Gapilolc de Segamut était on édifice tris ori- 
ginal, luxueusement décoré et dont romementatîoD arcbilectarale 
très soignée et bien comprise parait indiquer une asseï bonne 
époque, la (in du second siècle au pins tard. Elle contraste étrange- 
ment avec l'aspect négligé de la dédicace qui couronnait le monu- 
ment, et qui remonte, die, i la fin du iii" siècle et au règne simul- 
l.iiié de Dioclétien et de Constantin. Aussi doil^n se demander si 
ce texte est bien contemporain du monument Ini-mémc, ou si. au 
contraire, il n'a pas ^té gravé après coup, peut-être à la place de li 
dédicace primitive, qui aurait été retaillée. L'aspect très rugueui 
de b pierre autorise cette supposition. Il manque malheureuse- 
ment dans l'inscriplion précisément le seul mot qui pourrait 
nous fixer sur ce point : le verbe. Doit-on suppléer exilmxit, comme 
le supposent les éditeurs du Curjmt, ou nsH'iiitt, comme je serais 
plutAt porté à le croire? En Afrique, au temps de Dioclétien, l'on 
ne construit plus guère de monuments publics; l'on se borne à res- 
taurer les anciens et à réparer les désastres causés par cinquante 



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— 251 — 

et Muimien; ou bien il a été ééi6é de toutw piie«e à cette ^K>que 
pour ramj^cw on sanctoiire pins ancien, détruit oa désaffecta. 
J'opte pour la premifere adution qne j'espère voir conQraiée h bref 
délai par ia découverte des fragmeotM manquant eseore à la dédicace 
le jour oà nona pourrons reprendre et terminer le déblaiement du 
Fonim devant le Capïlole de Segermes. 



Segtrmi*, rHenchir-et-Hamt des Arabes, a déjk été l'olqet 
d'études arché«l<^ques. Après Wilmanns, ce furent, «n 188&, 
M. le capitaine Bonlier secondé par M. le soufr-lieutenant Tauiia 
de Leepîn; en i885, MM. Reinach et Babelon et, en 1888, 
M. le capitaine du génie Couderc de Foulongue, qui explorèrent 
cette ville antique. En 190a, MM. le capitaine Montllter et le lieu- 
tenant Monnier, du ^1° Tirailleurs, reprirent la suite des travaux 
ébauchés; un rapport sur leurs recherches paraîtra prochytneinent. 

Cette année, M. Gauckler, directeur du service des antiquités 
et arts de Tunisie, d'accord avec l'autorité militaire, voulut bien 
nous confier ta direction de nouvelles recherches en un point oi^ 
MM. Monlalier et Monnier avaient reconnu les traces d'un monu- 
ment complètement enseveli sous une épaisse couche de terre, 
pierres de démolition et blocs énormes de maçonneries renversées. 

Nous savions, par les inscriptions décoavertes, que l'Henchir- 
el-Harrat était le Mumà^um AvreUimt Augmtum Segernu», que 
son territoire, connu du temps des Romains, était compris 
dans la région de Soosse (fait notable : la délimitation des 
deux anciens territoires et celle des deax cafdats de Sousse et 
de Zaghouan n'ont pas dA être modifiées; le pncurcOar regionù 
Baéimutiiiae a Tait place au ca!d ou au contrAIeur civil actuel de 
Sousse). Segtrvttt a eu aussi, d'après la Notice de ta Byracèue, son 
éréqae; enfin, les Anciens da pays racontent encore quflenchir- 
el'Harrat était, il y a cinquante ans, occupé par ane agglomération 
arabe et qu'il y avait, au milieu des raines, nn mardié très fré- 
qaenté. 

Segerme» a donc ét^, de tous twnps avant nos jours, un centre 
assez împorL-inf ; actuellement, quoique sur la piste de Zaghouan i 
Bou'Ficba, l'Henchir-el-Hairat est complètement abandonné. 

Un examen des ruines nous permit de reconnailre les thermes. 



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une basilique chrétienne, des restes de temples, une porte bhobo- 
inentale avec pieds-droïts enrore debout et voAte effondrée, diverset 
n^ropoles et des pierres à inscriptions prises dans des murs. 

C'esL i, proiimité de ces pierres à inscriptions découTertes, ]e 
long des magasins voûtés, que nous avons entrepris nos travaui. 

' Tout d'abord , une pierre jetée au milieu d'un champ fiu notre 
attention; elle portait une inecription déji releva, mais incom- 
plèleC'; elle Tut mise de câté dans l'attente de découverte de quelques 
entres morceaux ; deux fragments ramassés de-ci de-U et se raccor- 
dant k la pierre furent mis à jonr; ils étaient conuiis; an troisième 
nous semble inédit; enfin, un quatrième paraissant appartenir à la 
même inscription par la nature de la pierre et la Tonne des lettres, 
mais ne se raccordant pas, fut recueilli au milieu de terres de 
déblai. 
. L'inscription peut acluellement être lue comme suit : 

/■/AVIO+ FELiCI + FLAM + PER.Pn+VIR+Q_y 
/■/AVIVS + OyAriR A'^"'!AEI 
prAEFECTVSCOHMIUWI 



OR.- PfLOVINCIAE+TINGïIï'~'^TlI ^ 
'r\E + niR+SEC" 



Le monument à dég^er avait été, en partie, reconnu par deux 
tranchées creusées sur deux faces à environ i m. 80 de profondeur 
et I mètre de largeur; les ferres de ces tranchées avaient été reje' 
lées en hauleur et, par suite, cachaient i quelques pas de li toute 
IrucG du nionumcnl; seulement de la tranchée l'on poovtit voir 



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— 953 — 

noB8 mit ea présenee de mura accolés k l'édifice proprement 
dit. 

La face Sud-Est ^taot en partie d^gée des terrea, le triiTail fut 
reporté sur li face Nnrd-Est; la Iranchée est élargie, approfondie, 
et, ti encore, nous rencontrons des murs de très mauvaise con- 
struction formant des chambres rectangulaires; de nombreux dé- 
bris de lampes chrétiennes dans les déblais; la base d'un mur est 
formée d'un fragment d'entablement sculpté. 






Fi([. 3. — Capiiole de Sigrrmti, - Porte vne de l'exlMeuT. 

Un vent violent vint gêner pendant quelques joars les travailleurs 
aveuglés par la ponseière des terres remuées; l'on dut suspendra 
momentanément le tra\ail sur les faces Nord-Est et Sud-Est et 
entreprendre, h la main et à la pince, le dégagement des blocs de 
pierres et de maçonnerieâ encombrant la face Nord-Ouest; au 
milini de ces blocs fut découvert on beau chapiteau très arliste- 



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— 15A — 

ment foniUé et oracmenté, aux cp«tr« an^M, d'aides aux aîlca 
déployées; malheoreuBement , les tJtee manquaient, ayant dû Atre 
cassées lors de la cfant« du chapiteau. 

Le débUiement d'une partie de la face Nord-Oueat permit ensuite 
de se rendre à pan près compte de la forme du moaomant, donl 
les faces, sauf au Sud-Eat, deTaient être sensiblement les mAmee 
quant à la disposition et aui dimenùons. 



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— 266 — 

On découvrit t au coun de cette opératioD , des fragmeata d'iascrip- 
tions et des pierres exécul^es en forme d'augee simples ou doubles. 
ou ayant pu être utilisées comme sarcoj^ges d'eafsuta ou dépôts 
d'oesemeats; toutes portaient une saillie sur uo de leurs côtés. A 
signaler aussi de aontbreusea pierres plates provenant du dallage 
qui devait a'étendre sur tout le devant du monument, et d'autres à 
r^Kucd. 

La face Nord-Ëst et l'angle Est sont complètement dégagés , puis 
la pMTte du monument, face Sud-Est, Dans les derniers déblais de 
terres, l'on trouva de nombreux débris de poteries informes, et 
dans les murs encombrant encore l'entrée du Capitole, de nouvesui 
fragments d'inseriptions. Je rapporterai le texte de l'un d'euk ît 
cause de son intérêt : 

RON. 



TRJB * COH + AA 

RJOR. t TRiB t LEG + XIH 

PBAEF EQ_ALAE VETTOb 

EQ^ALAE II FLAVIAE MILIAK 

CVR ViAE PEDANAE PROC AVC 

TOR. PROVINC PANNONIAE SVP 

PROC AVGVSTOR REG HADRIMETK 



Sur pierre calcaire blanche. Hauteur des lettres, o m. o63. Di- 
menaions du fragment : hauteur, o m. go et o m. 5o ; largeur h la 
base, om. 70. 

Dis le dégagement de la porte du monument, nons remarquâmes 
que le sol de l'intérieur, du moins i l'entrée, était ganii de dalles 
en marbre blanc rosé et que, comme généralement dans les eapi- 
tdtts, il était élevé Sur un soubassement; & ^ermac, ce sol était k 
bauteur de la plinthe eitérieure. 

Les travaux, momenlaoément suspendus pendant quinte jours, 
furent repris le ai mars. 



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— 256 — 

H resttil k fouilter la face Snd-Onest et l'intérienr dn monti- 
meot. 

Deux équipes Iravaillèreot fimnllanément aux deux chantien; 
l'angle Sud dégagé, le quatrième soiiite fut mis k jour; nnnme aur 
les autres faces, quelques débris divers furoDt recueillis. 

Le déblaiemeot de cette face Sud-Ouest pennit de constater qw 
de ce cAté, comme sur la face Nord-Ouest, aucua mur n'avait été 
construit postérieurement i l'établissement du Capitole, peut~4tre 
perce que ces deux faces étaient très eocombr^^a de matériaux 
de fortes dimensions (blocs de maçonneries et pierres de grand 
appareil). 

Les deux faces Sud-Ouest et Nord-Ouest se rejoignent; le dernier 
objet [rouvé, à l'angle Ouest, est en cuivre et aeseï curieux, il repré- 
sente un enfaot daos une position obscène. 

L'extérieur du monument ét«nt complètement dégagé, la fouille 
intérieure est poussée très actîiement; les remarques suivantes sont 
faites: des clous de cuivre ramassés en asseï grnnd nombre ou 
encore fixés dans les mura servaient très vraisemblablement a fixer, 
contre les parois, des plaquettes de marbre de om.oi, du sot 
jusqu'à une bailleur de i m. 70; le sol n'est plus, comme i l'entrée, 
dallé uniformément de plaques de marbre; quelques traces de 
murs en argile comprimé font supposer que des habitants ont \ogf'. 
dans le monument; des cendres, des os d'animaux, fragments de 
poteries communes, monnaies frustes ou rangées par le feu soDt 
répandus un peu partout. 

Une colonne, un morceau de colonne coucbés sur le sol, on 
fragment de statue de marbre blanc, avec draperies, une pierre i 



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— 257 — 

i[ est probable qu'il y avait des colonnes de face en dehors du 
mo DU ment. 

Nod recherches sont ensuite poursuivies vers le Nord-Est tant 
pour continuer la démolition des murs de basse époque qui avaient 
déjii fourni des pierres à inscriptions que pour nous rapprocher des 
voâtes, magasins ou chambres dans les murs desquels avaient été 
mises k jour précédemment de superbes ioBcriptions. La première 
découverte fut celle d'un deuxième fragment de la dédicace du 
Capilole; nous avons déjjt mentionné un de ces fragments, plus 
haut; ianouvelle pierre mesure, comme longueur, im.5& et im.&3 
et donne maintenant comme lecture avec le premier fragment : 

lOVI CONShjKVATORI 
PRO SALVTE DD NN DIOCLETIANI 
RESPVBL 5EGERM1TANO^(Vm SVA PP 

Fuient ensuite trouvés : 

a. Un fragment de stèle, avec caractères inromplets dans un 
cartouche à queue d'ai-onde; 

b. Une pierre ronde, de om.A8 de diamètre, haute de oui. 36, 
creusée en son milieu et semblant avoir été utilisée comme moulin 
ou mortier portatif; 

c. Deux fragments de statnes de marbre; 

d. Va pied en marbre. 

Nous divisons alors nos travailleurs en chantiers pour la fouille 
de toutes les chambres de l'édifice B (Gg. t). 

La chambre a semble avoir été un magasin dont la voAte s'est 
ëcrouiëe; dans l'intérieur, rien que des blocs de maçonnerie; la 
face était ouverte, taudis que la face opposée était en partie fermée 
par un mur dans lequel avait été ouverte soit une porte avec seuil 
de om. 80 de hauteur, soit une fenêtre; le magasin était dallé. 

La chambre b n'a pas été voûtée; sa face est ouverte; la face op- 
posée est adossée à un mur de magasin voAlé d; les murs se faisant 
face sont revêtus d'un crépissage cimenté ; sur l'un , on remarque les 



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— 368 — 

traces d'une guirlande de fleurs, d'épis et d'une colonne surmontée 
d'un chopiteau, le tout en tr^B mauvais état de couBervatioo. Dans 
celte chambre lurent Ironie plusieurs Iragatents d'inscriptions ia- 
signifiants. 

Le magasin c était voAt^; rien à l'intérieur, qu'une de ces pierres 
à auge pareille à cdlea d^jâ signalées. 

L^ parties « et/ sont enaaite visitées; rien en e, que deux 
pierres à inscriptions d^i connues. 

En/, chamJire rem[die de gros cailloux roulés : ce devait être un 
magasin voûté; nous n'y trouvons que des débris de sculptures el 
Irois fragmenta d'inscriptions; une monnaie de Gordien le vieux, 
moyen bronze , est également recueillie. . 

La base du mur soutenaat la voûte du magasin d étant très peu 
solide, nous faisons, par mesure de prudence, céder la voûte en 
Bon milieu; aucune particularité ni découverte importante; seuls, 
deux fragments d'inscriptions. 

Nos travaux touchent k leur fin; le retour à Zaghouan est or- 
donné; les derniers coups de pioche sont donnés sur l'emplace- 
ment ff; une mosaïque, d'une conservation moyenne, est mise à 
jour. 

A notre avis, la partie intéressante à étudier actuellement serait 
celle qui est comprise entre le Capitole et la basilique chrélienne; 
cette lûsilique a été fbnillée en partie par MM. Montalier et Meu- 
nier; tout derniëmnent, nous sommes revenus à StgtrmM avec 
quelques travailleurs pour en poursuivre la fouille depuis l'absid» 
jusqu'à une porte, el les résultats ont été assez satisfaisants. Une 
note complémentaire a été adressée à la Direction du Serrice des 
antiquités de Tunisie; nous souhaitons vivement qu'un* suite soit 
donnée aux recherches de nos prédécesseurs et aux nfttres. 

Comm* HAHiiaio. 



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LA 

TURRIS MANÎLÎORVM ABELLIORUM 

DANS LE MASSIF DES MATMATA 
(TumsiE). 



RAPPORT DE M. LB LIEUTENA^T PERICADD. 

Dans le rapport établi par M. le lieutenant de Pontbriand, i la 
suite de recherches archéologiques faites en 1901 k Henchir-bou- 
Guerba , cet officier omettait l'hypoth^ qn'une voie militaire reliait 
Bordj-Zoumil h Maretk an temps de l'occupation romaine. 

Les gîtes d'étape indiqués dans ce travail étaient pour cette voie : 
Henehir-boa-Guerba et Henchir-el-^ueddim. 

n est nécessaire de rectifier imm^ialement le nom de ce dernier 
point : Henchir-el-Gueddim est, en effet, complètement inconnu 
des indigènes. Il faut dire Henchip-el-Gneciret. 

Ed parlant des mines que l'on y rencontre, M. le lieutonantde 
Pontbriand a'exprimait ainsi : 

nCe castellum a été vainement exploré par nous au début de 
1899, pendant que l'on travaillait à la routa de Matmata à Toujane. 
C'est une enceinte carrée d'environ 3o mètres en taxa quadrata. 
Une pierre trouvée dans les ruines (élevée aujourd'hui en colonne 
par la compagnie de discipline) parait avoir été préparée pour rece- 
voir une inscription malfaoureusament absente. Tout ce qu'on a pu 
y rencontrer est ub petit brome de Constantin le Grand").!* 

Une visite que nous fîmes à Henchir-el-Gueciret, en mai 1909 , 
nous permit de constater que la seule trace de fouilles récemment 
effectuées dans ces mines était une excavation de 1 m. âo X 
1 m. 3o X 1 ot. 80 de profondeur, pratiquée vers le centre de 

<■> ÉàU. mvk. d* OmM, igoS, p. 384. 



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— 260 — 

Hienchir. I) pouvait donc y avoir intérêt k cHVctuer en ce point des 
recherclies mélhodiques et complètes. Henchir-el-Gueciret est, on 
eflet, la seule ruine romaine de quelque importance qui eiisle, à 
notre connaissance, dans la partie élevée dg massif des Matmola. 
M. le Directour dos antiquités et des arts de Tunisie voulut 
bien reconnaître cet intérêt, et nous accorder une subvention; elle 
nous a permis de mener à bien les travaux dont Texposé cl les 
résultats font l'objet du présent rapport. 

HenchîP'-et-Gueciret n'est point porté sur la carte au 1/300,000. 
{Feuille de Kasr-Médenine.) Nous indiquerons donc remplacement 
de ces ruines par rapport à des points ou )k des lignes connus. 

Il est situé sur la piste muletière qui relie Matmata à Médenine, 
par Toujane, à i5 kilomètres du bordj des affaires indigènes de 
Malniatn. On peut encore déterminer son emplacemeot i l'aide 
de la ente 637, marquée sur la carte, et le placer sur un petit 
plateau qui s'étend entre l'Oued-el-Kef et un de ses alHumls, à 
environ 3,000 mètres à l'Ouest-Sud-Ouest de la cote 637. 

Li! pays est accidenté; son aspect génénl, vu du hautd'Hencbir- 
ol-(îuerifet, est cçlui d'un vaste cirque dont ce point occuperait 
sëosrblemant le centre. 

Les travaux de fouilles furent entrepris le 5 mai igo/i et ter- 
minés le 1 3 du même mois. Les Iravoilleurs furent répartis en deui 
cbantiers principaux, chargés, |e premier, de déblayer l'intAiear de 
l'ouvrage, le second, de dégager les murs extérieurs jusqu'au niveau 



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— Î61 — 

pub une autre pierre but Uqu^e oo distingue un personn^e 
tenant une palme; enfin, vers la Cu de la journée, on mit au jour 
une inscriplion. Le bloc sur lequel elie est gravée était brisé; les 
deux fragments ont été retrouvés. 

L'emplacement où ces pierres furent découvertes et qui est mar- 
qué sur le plan au i/ioo ayant été complètemeut dégagé, les efforts 
de tous tes travailleurs se porlèrent vers l'intérieur du castellum. 
pour terminer le déblaiemenU Les travaux prireut fin le i3 mai. 

Le castellum est ac(uellemeqt complètement déblayé tant à l'ex- 
térieur qu'à l'intérieur. 

Une seule pièce de monnaie en a été retirée; elle est en man- 
vais état 

Le castellum d'Henchir-el-Gueciret couvre une surface sensible- 
ment carrée. Les dimensions totales de l'ouvrage sout : (8 m. ao X 
i8m.o5. Son orientation est exactement S.-N.; chaque face corres- 
pond par suite à l'un des points cardinaux. La pisie muletière actudle 
de Matmata à Médenîne, par Toujane, passe à 3a mètres environ de 
la face Sud. Une partie du mur extérieur a été délruite jusqu'au 
niveau des fondations; elle est repr^otée en clair sur le plan. 
L'autre partie du mur extérieur est eoeore debout partiellement, 
ainsi <|ue tous les murs intérieurs dont la hauteur varie, dans Télat 
actuel, de o m. 80 à a mètres. 

Le mur extérieur a une largeur totale de m. 80 ; son pareuient 
extérieur est en pierres de taille de o m. do d'épaisseur moyenne; 
son parement intérieur est en maçonnerie ordinaire de o di. 3o 
d'épaiseeur, soit au total : o m. So. Les murs intérieurs ont une 
épaisseur de m. Bo. ils sont construits avec soin par couches de 
pierres de petites dimensions, mais sensiblement égales et placées 
à peu près régulièrement à pleiu sur joint. 

Après avoir franchi l'entrée coudée à angle droit, on pénitre 
dans une cour iolérienre de 8 m. 90 x 8 m. 10, oix l'on ren- 
contre sept piliers encore debout qui, vraisemblablement, suppor- 
taient un portique établi sur trois faces de cette cour inté- 
rieure. 

Quatre portes permettent l'accès des différentes pièces de la 
construction; une sur la face Est, une sur la face Nord et deux sur 
la face Ouest. 

Il y a lieu de remarquer que la petite chambre située dans 



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— ses — 

cdies du second : & m. 30 x 3 m. 70 et 3 m. &5 x 3 m. 70. La 
porte de eommunicatioD de ees deux deroières chambres est netée 
entièrement debout. 

Par la porte située au Nord, dont la largeur est do m. 60, on 
pénètre dans une écurie de 19 m. 'lo de longueur et de 3 m. 55 
de largeur. Cette écurie est divisée en trois compartiments, dont la 
longueur est respectivement : 9 m. 60; li m. 91; 3 m, 85. Les 
compartiments sont séparés par une ligne de trois mangeoires de 
o m. 80 de haiileur, Cbaque mangeoire est taillée dans une seule 
pierre, La mangeoire centrale est plus petite que les deux exirémes, 
et la longueur totale de la ligne est de 9 m. 70; sa largeur atteint 
o m. Sa , avec o m. 3a de vide. 

En résumé, l'ouvrage comporte : une cour intérieure, sept 
chambres, une écurie. 

Nous avoDfl également cherché s'il n'eiistait pas de cilame, soit 
A l'extérieur, soit à l'intérieur des mines. Nous avons découvert à 
95 mètres environ de la face Sud, près de la piste muletière de 
MatmatB à Médeniue, nne petite excavation avec traces de maçon- 
nerie circulaire. 

Nous estimons qne la cileme se trouve en ce point, mais le temps 
nous a manqua pour le vérifier. 

L'inscription trouvée au eours des fouîHeB d'Henchîr-^l-Gaeciret 
est gravée sur une seule pierre, qui a été mstheureusement brisée 
en deux. 

La longueur totale de la pierre est de 1 m. g5; sa hauteur est 
de o m. ^7 et son épaisseur atteiut m. 3o environ. 

Un estampage de cette pierre a été pris et adressa À la direction 
du Service des Affaires indigènes, à Tunis; il a été communiqué à 
M. Gauckler. (Voir plas loin.) 

Du texte même de l'inscription, il ressort que les Romains 
avaient construit è Henchir^Mîaeeiret une ferme fortifiée et non 
un poste militaire. Le domaine romain, dont eette oonsbvction 
était le cenb%, était sans donte relié par des pistes de caravanes, 
d'une part, àMareth ou à Gabès, d'autre part, soit à Tamewred, 
soit à Kaar-Tarcine ou à Bordj-Zoumit par Henchir-bau-Gnerba. 

Les mines d'Hencbir-el-Gneciret sont les seules ruines impor- 
tantes que l'on rencontre, k notre connaissance, dans fielte partie 
du massif. 



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— 264 — 

La présence de celte ferme , construite très solidement, an ceabre 
Je !a r^ion monla^ense des Matmata, indique que cette parde du 
territoire nVst pas restée totalement étrangère à la colonisation 
romaine dans l'extrême Sud Tunisien. 



11 
NOTE COMPLÉMENTAIRE DE H. P. UAUCKLER. 

Ainsi qu'on a pu le voir par le rapport de M. Péricaud, la 
ruines d'Henchir-el-Gueciret se présentent sous la forme d'une con- 
struction carr^ de 18 mètres de cblé, dont l'enceinte extérieure est 
soigneusement établie en grand appareil, les cloisons intérieures 
en moellons alignés au cordeau. La porte s'ouvre au milieu du e6\é 
Sud. L'entrée est coudée à angle droiti de manière à masquer Tin- 
térieur. Elle donne accès dans une cour centrale rectangulaire , bordée 
sur les trois cAtés Sud, Ouest et Nord par un portique couTert que 
soutenaient sept colonnes. Sur cette galerie de pourtour s'ouvraient 
trois appartements de deux pièces chacun, deux à l'Ouest, un i 
l'iîst. Le c6té Nord est réservé aux écuries , divisées en trois bos par 
deux lignes de trois maugeoireB. Chacune de ces mangeoires servait 
pour deux chevaux affrontés. L'écurie pouvait recevoir en tout douie 
chevaux, trois dans chaque box latéral, six dans le box central. 
Kntre l'écurie et l'appartement de l'Ësl, le plan de H. le lieutenant 
Pe'ricaud indique une chambre rectangulaire longue de 3 m. 70 et 
large de 9 mètres, qui n'a nî portes ni fenâtres. Je suppose que 
c'était un réservoir, recevant les eaai des terrains et pouvant servir 
à l'alimentation dos défenseurs du fortin en cas de siè^. Quant à 
l'excavation avec traces de maçonnerie circulaire signalée par M. le 
lieutenant Péncnud à aS mètres de la face Sud du moDument, 
c'était probablement un puits. 

La porte de l'édifice, projetiie en avant de l'entrée, a été 
retrouvée presque t«ut entière. Elle était cintrée, et les claveaux 
élaicnt ornés de figures en bas-relief analogues à celles qui cou- 
ronnaient les entrées des deux autdla de l'Oued-el-Gordab fouilla, 
en 1 903 , par M. le lieutenant Moreau. Ce sont des sculptures indi- 
gènes d'un art absolument barbare, et intéressant par cela niâme. 
Il y avait cinq figures en tout : au milieu un pemmiwge nu, avec 
un phallus énorme; il se tient debout sur la jambe droite, la 



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jambe gauche relevée et ramenée en arrière, comme s'il ^tait en 
marche. II dresse la main droite avec le geste habituel d'ovation, 
et présente de la main gauche une grande palme. A droite et à 
gauche se tenaient deux chevaux, puis deux Victoires portant des 
couronnes. Ces déesses du panthéon gréco-romain sont travesties 
h la mode indigène : au lieu de deux ailes, elles en ont quatre, dont 
deux éployées en arrière, et les deux autres rabattues sur les 
jambes, comme dans certaines représentations de divinités égyp- 
tiennes et assyriennes, et rappelant asseï ici Taspecl d'un pantalon 
bouffant de zouave I La coiffure, en fer à cheval, est également carac- 
téristique. 

Au-dessaa de l'arc cintra était placé un grand linteau monolithe 
long de 1 m. go, haut de o m. 67, épais de o m. 3o, qui a été 
retrouvé brisé en deux fragments se rajustant presque exactement. 
Il ne manque i chaque ligne qu'une on deux lettres faciles à res- 
tituer. Les caractères sont très nets, è l'exception de ceux de la 
dernière lignci en partie endommagés. Ils mesurent o m. o55 de 
hauteur h la première ligne, o m. 06 à la seconde, o m. oâ3 <l la 
troisième, o m. o/i à la quatrième et o m. 39 à la dernière. Les 
dernières lettres sont pressées les unes contre les autres, afin de 
pouvoir Soir la dédicace sans déborder du cadre. Celui-ci est un 
cartouche à queue d'aronde en relief, présentant à droite et à 
gauche de l'inscription, dans la queue d'aronde, deux palmes inci- 
sées au trait, et à la suite, sur les bords en saillie, les noms des 
propriétaires MamUoruin, Areliionm, en lettres verticalement super- 
posées, au lieu d'être alignées horizontalement : 



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— J66 — 




\ <afiui_,_i-OBî>ï / 




^\ -^ A^ 




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f ° f s H ? 




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^ > * H ■ & 




" ^ < u •" u 




2 " î ï " g 

- - > i > g 1 



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— 267 — 

Ml lecture d'dprèfi uô ësUiinpage et tane photographie : 

Matiiiionait. — In hU pT{a)ediit , M{areus) M(aniUus) Iitgenu[u^,v{ir)d{evih 
Uu), et Arellia Nepotilla , h(oneita) m[alrona), uxor ^ut , et jili(î) , nepotet, 
pnm«fM(M qH<,aye eorum vivant, sentseant et melittra perjlelanl; (urri» 
perfieUt dùpotitieni eorwidetn, per imlantiafm) ArtSi(Fj Vita[!î^, iet{iiCj 
aeHori») eorvm, ttutruentibus a toh Rt^ti^, . . .] e, Setueùme, qmi{m) 
j(tJiMmnai() at «^natwunl) amatom àamiu «onm. — Ar^wntm. 

L'aspect de cStlâ inseription , la fonrie des lettres, les pârticu- 
Urit^ de la rédaction me portent & la dater d'une assez basse 
époque, aa plus tdt du règne de DioelStien. 

Le linteau qui prëeenlait ta dédîeace était iai-méme Burmont^ 
d'une corniche, groBBiërêment enjolivée de traits en zigiags, qui 
«ebevaif l6 couronnement dé la façade d'entrée. 

Le texte découvert par M. le lieutenant Périèanâ est trfea inté- 
reseant. Il noua révMe l'existenêe d'un grand domaine romain dans 
une région «ù l'on n'avait relevé jusqu'ici que des traces d'occu- 
patioD militaire et non de colonisation agricole. Cette propriété 
était gérée par db intendant d'origine servile, et mise «n valeur 
par un nombreux personnel, dont les chefs portent des noms 
romains et non indigènes. QaanI aux maîtres de ces praeéia, 
M. Maniiius lagenuus et sa femme Arellia Nepotilla , ^Is ne s^onr- 
naient pas à poste tixe k l'Heacbir-el-Gneddim , ils devaient y faire 
•u moins de tréquestès visites; et c'est pour assurer leur sécurité 
et celle de leur nombreuse famille, que fut construite au centre dn 
domaitie et au tnilieU dés bStimeiits d'exploitation, trop légère- 
ment bAtis pour qu'on ait pu en retrouver la trace, cette turris m 
h^reasetuent identifiée par les récentes fotiillés. 

Cetle-fci M rttUche à un type de construction qui devait être 
firéqvemilieOt usité dans la région du hma Tripolitanut , a en juger 
par le noolbre de locHlités qui portent ce nom : Sur la cAte de Taeapa 
à Lebda et ails kUtels des Pbilènes Jurfi* ad Algam (Tadjours); aâ 
TwTon à proximité de Pretîdio; Turrù et Tahema h Teratin^ puis, 
dans l'intérieur, Turria Tiinaliem (Telmin), près de ïebili; Tim»- 
ageri JWrù au Sud du l}jebel-Tbaga. Mais de ces diverses turm, 
l'on ne connaissait jusqu'ici que les noms, et l'on se perdait en 
conjectures sur leurs caractères propres et sur ce qui pouvait les 
différencier des autres stations do Ûhn (coiK^, bur^i, ats.). 

L'opinion générale , reposant en grande partie sur de prétendues 



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constatations de Tûaot qui ont été i^cemmeot reconnues erroné O, 
était que )a turrU afTectait une Forme ronde de petit diamètre, et 
que c'était moins une enceinte fortifiée qn'ua lieu d'observation ou 
un poste optique '*'. 

Les fouilles de l'HeDchir-el-Gueciret prouvent, au coolraire, que 
la (tirrù différait beaucoup moins du hurgut et du coêlelUim par sa 
forme que par sa destination. Celle des MamUi AnHii est carrée, et 
non ronde : elle ressemble beaucoup au premier des deus eagtella 
de rOued-Gordab. Elte rappdie également, bien qu'avec de notables 
difft^nces, le bwgtu centmarùit de Tibulmci et celui de Tîtavar. 
Cest, comme ceux-ci, un ouvrage de défense, un poste forlilié, 
mais de population caik et non pasnulilatre,nn édifice privéel non 
public. Il n'a pas été construit pour recevoir une garnison, mais 
pour abriter, en temps de troubles, le personnel d'une exploitalioa 
agricole. La luirù rentrerait donc plutAt dans la cat^orîe de ces 
demeures seigneuriales fortifiées, qui annoncent déjà les châteaux 
féodaux, et dont les villas de M. Ctncùu Hiiarianut,pTèsde Tipasa, 
et surtout de Fennui, h Kaoua, dans la province d'Oran, nous 
offrent de si curieux exemples bâtis probablement k la même 
époque que la larrû des Mtotilà AreUiH^K Mais cette dernière est 
beaucoup moins grande. Ce n'est pas, à proprement parier, une de 
ces habitations oà les précautions prises pour assurer la s^urité 
des propriétaires n'excluent pas la recherche d'un certain lu\e, 
mais plutôt un refuge où tout est subordonné aux nécessité de la 
défense. 

C'est ce qui me parait ressortir avec toute évidence du soin avec 
letguel sont aménagées les écuries de la turrù. Dans cette conslnic- 



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- 269 — 

de tOQB les jours, et par suite, plus que partout ailleurs, un objet de 
convoitises. C'est lui surtout qae visent les razzias, c'est lui avant 
tout qu'il s'agit de protéger. Ce fait que nous avions déjà eu 
foccasion de mettre eu lumière eu étudiant le plan du tentenanus 
de TUmbaci ( Ksar-Tarcine) , les fouilles de rHenchir-el-Gueciret le 
confirment à nouveau d'une façoii ^clfitante. 

A quelle époque la lurrif des Manilii ArelUi a-t-elle ét^ défini- 
tivement abandonnée? Elle fut sans doute utilisée pendant tout le 
IV* siècle. Le seul objet pouvant fixer une date qu'on y ait relrouvé 
est uD petit bronze quinaire assez rare de l'empereur Constant. 
11 est malheureusement très fruste. J'ai cependant réussi à l'iden- 
tifier. 11 présente au droit l'effigie de l'empereur à droite, avec la 
lége'nde : D-NCONSTANT P-FAVG- An revers, Constaul 
en tabit militaire, debout à gauche, tenant un globe et unehaste 
renversée, avec la légende : SPES REIPVBLICAE»'. 

Cette monnaie remonte donc è la période qui s'étend entre 337 
et 35o. Il est curieux d'avoir à remarquer que la seule monnaie 
découveriR dans le déblaiement du castelltm de l'Hencbir-Guedah- 
Ceder est précisément une pièce du même type l^'. 

Dailteurs, dans tous les postes du UtMB fouillés depuis cinq ans, 
i l'exception de celui de Ttsmar, — plus ancien que les autres et 
probablement évacué plus t^t, — l'on ne trouve guère d'autres 
monnaies que celles de la période Constantin iunne. Au début du 
v* siècle de notre ère, le Umei Trytotitamu devait être à peu près 
complètement évacué; le domaine des Manila ArelUi, insuffisam- 
ment protégé par sa turrù, fut sans doute définitivement abandonné 
à la même époque. 

"1 Cohen et Feoardeot, Momtaiii impiriaUi, t. YII, p. &io, n* io6, coté 
6 Inoa. 

(*' Cf. Nota tt domnfnlt jw la mit ilraUgiiptt *t focetyoltM miliuin At Sud 
IWainm, cUiu le BulUtm arcUuIogijiM du Coitùté, tgoS, p. 3>i, 



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NOTE 

SUR 

LA NECROPOLE DE MASCLIANAE 
(HADJEB-EL-AÏOIN), 

PAR H. LB LIBUTBNAIT ROBI^. 
T. (Goupil IBNItU an FODILLKB. 

La nécropole de MateUanae est située au Sud des mines df> Tan- 
tienne ville, sur le bord mémi.' du plateau où s'élùvent maintenant 
le bordj et le village d'Hadjeb-el-Aîoun. 

L'ensi'mble des tombes du cimetière d^adjeb, ou pluUit des 
cimetières, car il y en a plusieurs juxtaposés, occupe une ^fendue 
de plus de 5oo mMres de longueur, comptés sur une ligne demi- 
circulaire. La largeur en est plus difficile à apprécier, des tombes 
isolées sont fort éloignées; uihÎs des sondages opérés en dilTifrents 
endroits nous permettent de supposer que la nécropole était plulât 
étroite et se limitait à quelques diiaines de mètres en arrière dn 
bord du plateau. 



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— 371 — 

I. Towi*4jWHmw à ùumA^ol^.^^ Toutes MuiUem«ntpBreil^^ 
dloê ooDsûfwit 9a un siinplç trou dost \% fomu fut ptoMtre cir^ 
culaire. On les trouve sous une p^nea couche da pi^mH, à 70 ofi 
80 centimètres dans le sol. Souvent la couche de pierrq^ n'existe 
q)éine pfts, et ]e« oharboQB d'inctnérKliçn , avw qu^g^oa tris rares 
04l>enieqt« caloin^, (émoigpe^t seidg de }Vxiitepce dei ti^mbea. 
Qne)qu«ft-)f9«8 él^iflfi^ mniues i'ai^ tuyau i lib^tiont. 




Dans ia plupart de ces tombes, le mobilier funéraire n'existe pas 
ou consiste en un gros fragment de poterie qoi a dfl jouer le rAle 
de plat. 

U, J/fgMJrfw. — QaaMv de cas moaniuentjj ont laissé des traces 
<Uqf U q^ri^f d'fJodje^- CVtqiflDt d^ cooslructioju carrées, 
prflbfUem^t fort simpleH, dans le genre de celles qu'on a trou- 
véea M ^«imI maàfr^ k S^di-ol-Uaiti, le^ fouilles qui y ont été 



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entreprises n'ont donné sncnn r^ltnt; et tout (faitlenrs porte h 
croire que ces mAusoIées ont ét^ violés dès l'aotiquité , car l'inténeur 
est un véritable chaos de débris de toute sorte. 
• 
m. Tombei paiennei à mAumofion. — Ces tombes sont peu Dom- 
brenses. Malgré cela , elles présentent un réel intact par les di^ 
rences constatées entre les modes d'inhumetioD , comme par la 
variété des objets que nous y avoDs trouvés. 

Nous avons ouvert, dans cette partie de la nécropole, une qua- 
rantaine de tombes. Voici les types principaux : 

A. Tout d'abord, une série de tombes parallèles, disposées join- 
tivement sur plusieurs rangs et orientées du Nord au Sud : ce sont 
celles qni, sur notre planche I, occupent le centre du village 
d'Hadjeb. EJIes se présentent comme il suit : 

a. Tombes profondes de s mètres environ, avec un lit de très 
grosses pierres è fleur de terre. Au fond, près du corps, est la 
lampe, accompagnée généralement d'un vase et d'un |diit. Parfois 
ce polit mobilier est déposé sous une dtdle qui devait le préserver; 
un tuyau à libations complète la tombe. En passant, notons qu'un 
de ces tuyaux, fait d'une seule pièce, avait la forme d'une urne 
sans anse, très allongée, qui aurait eu a mitres de hauteur sur 1 9 
ou i5 centimètres de diamètre k sa partie la plus large. 

(. Tombes un peu moins profondes que les précédentes, i m. lo 
è 1 m. 90. Immédiatement an-desans du corps est disposée une 
coucbe de larges tuiles qui, au nombre de (rois, recouvrait le 
défunt en entier. Ces tuiles ont i peu près o m. 70 au carré et 
sont épaîwes de 3 centimètres. 

Parfois la couche est double, surmontée même, dans une seule 
tombe, d'une troisième série de dalles disposées en toit. Quand les 
tuiles sont sur deux couches, elles sont séparées par un lit de 
chaux. Dans d'autres cas, au contraire, senle la tête du mort est 
abritée par une tuile ; le reste du corps est plac^ dans un lit de sable 
remarquablement fin. Quelques sépultures, enfin, étaient entière- 
ment remplies de ce sable, qu'on retrouve fort bien, en plein sol 
calcaire, entre les parois de la tombe. C'est dans ces demières 
sépuUuiw que nous avons trouvé le mfriiilier funéraire le plus ^é- 



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gant; c'ëtaienl sans tloate les sépultures d'une même famille; quatre 
d'entre elles étaient placées l'une à cAté de l'antre. 

B. Un peu à l'Eit se troDvaient, très groapés, plusieurs' caissons 
rectangulaires, en blocage, recouverts de plâtre blanc Us surmon- 
taient généralement un des types de tombes décrite plus haut, et 
se retrouveot k o m. 80 sous le sol. Les caissons de maçonnerie 
n'apparaissent qu'en cet endroit et ont toujours la fnrme indiquée 
ci-dessus. Nous en avons dégagé six ou huit en celte partie de la 
nécropole, et aucun dans les autres régions. Les sépultures de ce 
type ne contiennent pas, pour ainsi dire, de mobilier funéraire. 



/ ^ \ 


k^êaCsim 

V'A'VUMJ 


Q Q 


^ V 


@^© 



"g : 



- Nécropole d« Meielitmae. ~ Tombe itm mtaïa. 



Towihta» acte mensa. -^ Au milieu de ce» caissons a élé décou- 
vert un ibrt joli tombeau d'enfant, merveilleusement conservé. Il se 
compose de deux dalles, l'une hoiiiontale formant maua, l'autre 



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— 274 — 

verticale, formant stèle. Celle-ci, par sa partie inféneure, taillée 
eu tenon, s'engageait dans uoe inortaisa de la table borïaontate. La 
menta (o m. i^o X o m. 60) porte trois excavations hémiiipliériques 
figurant des vases funéraires, et un plateau rectangulaire qvec 
queues d'aronde. Dans la pierre est sculpta, une aorte de caweroU 
à maoclie nllongé (fig. 9). 

La stèle (hauteur, a m. 60) est oruée d'un croissanlt et PO y lit 
l'inscription suivants : 

D M 

L*CAECILI 

VS ■'SILVA 

NVS'Q_*F 

VvAvVIWHS 

IV. TonJifs chrélimaêê. — L'originalité des tombes chrétiennes 
d'Hadjeb uous a fait regretter que les circonstances n'aient pas 
permis de pousser plus h fond tes fouiUes daus celte partie de la 
nécropote. 

Nous y rencontrons tout d'abord les tombes sim pies , sans apparâl 
funéraire : un squelette dans le sol , et c'est tout. Pourtant une par- 
ticularilé se pi^senle : au milieu de ces sépultures, quelques-unes 
renferment des lampes chrétiennes. On peut s'étonner de ce fait, 
puisque les chrétiens avaient abandonné la coutume païenne de 
déposer des objets ù côté des corps; et cependant nous avons con- 
staté fréquemment ta présence de la lampe dans des tombeaux 
chrétiens. 

Cmeau chrétim. — Près des tombes simples, on a découvert un 
groupe de sarcophages fort curieux par la manière dont i) est 



A k mètres de profondeur a d'abord été trouvé un superbe 
cercueil monolithe, orienté du Nord au Sud; reclan^iaire k l'ex- 
térieur et & coins arrondis à l'intérieur, il contenait les restes d'nn 
homme d'une taille extraordinaire qui avait sensiblement pins de 
3 mètres. Près du mort, on a recueilli plus de qustre-ni^ls pièces 
de monnaie fort petites et les fragments d'une lampe cbrétienne. 
Comme ces piÀces de monnaie étaient tiès petites, qoci àt plus, 
^lee étaient décomposées entièreaient et toutes par )e vert-ds-gris, 
oD peut se demander eî c'étaient bien 14 des pifeea de 1 



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— 876 — 

non des plaquettes de cuivre provenant de quelque coljier ou 
ornement. 

Tout contre l'extrémité Sud du sarcophage et un peu sur le càté, 
deux colonnes surmontées d'un linteau formaient comme la porte 
d'un GBYeau. En arrière de cette porte , vers le Sud , les fouilleurs se 
heurtèrent d'abord à une masse d'énormes blocs éboulés et amon- 
celés, provenant sans doute du caveati dont la porte seule subsiste* 

En appuyant un peu à gauche, on dégages tout de auite un 
second sarcophage , rectangulaire k l'intérieur et à l'extérieur : il 
était orienté du Nord au Sud. Immédialemeut au-dessous apparut 
bientât un troisième sarcopliage en croix avec le second, et, en 
dessous, un quatrième tourné oomiue les deux premiers du Nord 
au Sud. Il y avait donc li trois cercueils, placés suceestivement «I 
perpendiculairement les uns par rapport aux autres. Dans ces tom- 
beaux, il n'existait aucun mobilier funéraire, à peine y a-l-on trouvé 
quelques grains de collier en verre et une bague de braûie. 

Sur le plus élevé des tombeaux sujterpDsés, qui seul était recou- 
vert de dalles, reposait un gros fragment sculpté. Ce fragment, qui 
était placé la face vers i'iqtérieur du tombeau, représente une léto 
d'un travail très grossier. 

Non loin et au Nqh] du groupe de sarcophages que nous venons 
de décrire, nous avoua trouvé k mime te sol des séries de deux oti 
trois squelettes, superposés en croix tout comme les cercueils; la 
disposition spéciale de ceux-ci parait donc indiquer une coutume 
funéraire. 

La seule inscription qutt nous ayons pu tirer de la nécropole de 
MMcUanae est celle du petit tombeau à metuû dont nous avons parlé 
tout à l'heure. 

A part la stèle en question, nous n'avons trouvé qu'un fragment 
de plaque funéraire en marbre roi^e. Ce fragment provieat de la 
tombe d'un défunt enterré à l'ùge de los ans. A en juger par les 
caractères qui Mnt d'un beau style , cette épitaphe était «ntérietire 
k la précédente. 

Les iponnaies siont rares; on n'en trouve presque jamais dans les 
tombes , et celles que l'on y rencontre par hasard ne nous apprenneul 
rieq. 11 arrive, «n «ffet, qu'on découvre dans une même sépulture 



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__ 276 — 

deux monnaies d^épotfaes très différenles : par exemple, une pièce 
de Micipsa et l'autre de Tuo des Gordien. Les Romains d'alors se 
débarrassaient de leurs vieux sous pour hs offrir en obole i Charon. 

Nous avons trouvé, empilées sur une lampe, huit monnaies dont 
les âges n'échelonnaient depuis IMpoque punique jusqu'au iv* siëcle 
de notre ère. Une autre fois nous avons recueilli, enveloppée d'une 
étoRe rude et carbonisée, une pièce de Massinissa presque entière- 
ment fruste. Cette pièce était donc bien iouttlisable déjà quand elle 
avait été placée dans la tombe romaine. 

Pourtant, au milieu de cette ronfusion , trois monnaies trouvées 
ensemble dans un tombeau ont attiré notre attention. Encore bien 
conservées aujourd'hui, elles ont été mises dans la tombe peu de 
temps après avoir été frappées. Elles peuvent indiquer, par suite, 
une ëpoque, et permettent d'assigner k une partie de la nécropole 
un Age approximatif. Deux des pièces sont conservées seulement du 
càté de la face; les revers, en contact avec te sol, ont ^té détruits 
par le vert-de-gris. Ces monnaies portent les noms de S^vèn> 
Alexandre; la troisième, ceux de Gordien. 

Ont été trouvés en outre, mais en dehors des tombes : trois 
pièces puniques, {dusieurs Constantin, deux Juslinien. 

Les spécimens de poterie découverts dans la nécropole de Mat- 
dianae sont très varié»: on y trouve un grand nombre de types, 
depuis ta poterie la plus grossière jusqu'aux vases les plus élégants, 
ornés d'applications en relief. Nous citerons les types suivants : 

Vase^mphore de terre rouge demi-fine : hauttur, 18 centimètres. 
Les deux anses sont cAtelées. Deux spécimens ont été trouvés. 

Vase-am[^ore à large col, en terre vulgaire : hauteur, 17 centi- 
mètres. Lea «nses partent exactement du bord du goulot et sont 
c6telée!>(i spécimen). 

Petit vase en terre noirâtre ; hauteur, iE> centimètres (1 spëciioeD). 

Pot en terre vulgaire, à une anse. La forme rappelle celle des 
pots è bière employés de nos jours : hauteur, 18 centimètres. 

Petit vase & col élancé, avec une anse ornementée rejoignant la 
panse du récipient. En terre fine et polie, ce vase était orné de 
deux dessins en application représentant un vîeiUard avenue et un 
homme luttant avec un tigre (7). Entre chaque sujet montant des 
branches de palmier. 

Un vaae de la même terre que te précédent, mais moins ver- 



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— 277 — 

nissé. Ce vase avait la forme d'une pojre très allongée; l'ouverture 
était très étroite. Sur la panse se voient des branches de palmier, 
ornemenlation commune à tons les récipients de ce genre trouvés & 
Hadjeb; entre les branches des figures diverses : lions, combats de 
gladiateurs, chars, etc. C'est un petit carafon de terre rouge, fine 
mais mate. L'anse est légèrement ornementée, la panse unie. 
Hauteur, 1 1 centimètres et demi. Ce type élail tout particulièrement 
original. 

Tasse à anse côtelée : ventme, peu élégante, en terre rouge 
vernie, mais pas très fine; hauteur, itt ceolimëlres ( i spécimen). 

Petit plat creux auquel on a ajouté dés rebords verticaux qui en 
augmentent la capacité. Ce plat est d'une terre rouge fine et vernie, 
mais un peu lourd et massif. Cet ustensile tire son principal intérêt 
d'une estampille qui est reproduite quatre fois aux extrémités de 
deux diamètres perpendiculaires, sur le rebord horizonlal. Elle 
repri^SËDte une divinité, évidemment Mercure, tenant d'une main 
le caducée et de l'autre une boarse. A côté du dieu se tient un 
animal; à gauche, une branche d'olivier termine le dessin. Cette 
empreinte n'est pas tout k fait aussi large qu'une pièce d'un 
franc. 

Marmites, avec couvercle, qui se retrouvent partout en Tunisie. 
Nous en avons découvert plusieurs spécimens de dimensions va- 
riables. Quelques marmites de cette forme, en terre ordinaire, ont 
été trouvées aussi : elles sont alon plus grandes que celles en terre 
rouge (diamètre, o m. $i). 

A signaler également de grands récipients de forme rectangu- 
laire oblongue , arrondis aux angles et s'évasant vers le haut comme 
une sorte de cuvetle. 

Petit bol hémisphérique k bords plal^; terre rouge Une et mate. 

Assiette de terre rouge mate, qui a la forme des assiettes mo- 
dernes. 

Avant de terminer ce qui a trait h la poterie, indiquons qu'il a 
él^ découvert encore : 

1° Sous un caisson de blocage, un masque de plâtre représen- 
tant une figure humaine grandeur naturelle (brisé); 

s" Dans les environs des tombes chrétiennes, trois briques 
plaies ornées, deux de figures géométriques en rosaces; la troi- 
sième d'nn chien très rustique et d'un dessin naïf (deux de ces 
briques sont en asseï bon état). 



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— 379 — 

Pour terminer, je veux dire un mot des eimelièras des enviroDS 
d^Hadjeb. On en trouYe p&rlouL Ceci tendrait à faire croire que 
MaseUanae 4uit le centre d'un groupe agricole et que de nombreuses 
iostaliationB s'étaient formas aux environs. Tous ces cimetières sont 
d'une pauvreté lamentable; dans dii nécropoles, peut-être, où nous 
avoDs Tait des recherches , il nous a ité impoesibio de trouver autre 
chose que des fragments de poterie. 

Étant donn^ia richesse du sol, arrose par des sources multiples, 
nous sommes amenés à supposer que ces cimetières, si pauvres en 
mobilier funéraire, malgré la présence de mausolées et de caissons 
de blocage, sont des acropoles chrétiennes, et qu'à l'époque où 
florissait MaieSanae, la plupart des habitants appartenaient à cette 
religion. Cette supposition, d'ailleurs, est confirmée par la présence 
de basiliques dont les vestiges subsistent dans les environs, alors 
que les ruines de temples font presque totalement défaut. 

GofeiH, 

Lieutenant de tirtilleurs. 



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RAPPORT ÉPIGRAPHIQUE 

SDH 

LES FOUILLES DE DOUGGA 



PAB H. CAOCKLBR, 

Membre non rémdinl du Comîh^' 



XTÏNT-PiOPOS. 



Le présent rapport a pour but de compléter le compte renda 
sommaire que j'ai préseoté k la Commission de l'Afrique du Nwd 
dans sa séance du a i mars igo5 ''', et oit j'ai exposa dans lear 
ensemble les principaux rësultats des fouilles du Scnice des Anti- 
quités de Tunisie k Dou^^a pendant l'année igo/i. 

On trouvera ici la description déUillée de toutes les sculptures 
et des inscriptions découvertes au cours de nos rechercbes. D'autre 
part, le plan annexé au rapport, et qui a été dressé par M. Sadoui 
au mois de juin tgo&, permettra, par la comparaison avec lea 
levés précédemment publiés par MM. Homa'^>, Meriinl^' «t Poins- 
sot'^', de su rendre un compte exact de l'imporlance des progrès 



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— 281 — 

maigre; en dehors de Carlhage et de Cherchel, Ton trouve bien 
rarement dans tes ruines africaines une œuvre d'art de quelque 
mérite. 

A Dongga, les statues qui ornaient le Forum semblent avoir 
été systëmatiquement réduites en miettes, et leurs débris ont été 
dispersés de telle sorte qu'il est généralement impossible de rajuster 
les morceaux de bras, de jambes, de tarses, les mains, les pieds, 
que les Fouilles nous permettent de recneillir. 

Devant le tem{de de Mercure, et k proximité de la dédicace du 
temple à la Fortune Auguste, à la Concorde, à Vénus et k Mercure , 
gisait un débris de bas-reliefbrisë en bas, haut, dans l'état actuel , de 
o m. 3^ et large de o m. &3. Il représente uu busle de femme à la 
t4te tonrelée, tenant de son bras gauche une Corne d'abondance de 
forme origînnle : Fortune ou Concorde} La sculpture peut être atbi- 
buée & l'une ou à l'autre de ces deux déesses. 

A l'extrémité méridionale de la ipùta de l'hippodrome , M. Sadoux 
a recueilli & fleur de terre , sur le chemin même de Teboursouk, un 
fragment de statue, fort usé par le passage des charrettes. C'est un 
buste acéphale de Victoire ailée, qui ornait, selon toute Apparence, 
l'extrémité de la spùta. 

Les morceaux d'architecture, corniches, frises, chapiteaux, co- 
lonnes et bases sont beaucoup pins nombreux et mieux conservés. 
A mesure que le déblaiement du Fomm avance, et que de nouveaux 
moQumenls reparaissent au jour, il devient plus facile de trier tous 
ces dléments el de les restituer aux divers édifices auxquels ils appar- 
tenaient à l'origine. Le plus curieux est une console de pierre cal- 
caire, trouvée dans les décombres au nord du Capitole : elle présente 
sur l'un des tailloirs un phallus, sur le tailloir opposé un cœur. Les 
dimensions de la base sont respectivement :o m. â& el o m. 5o; du 
sommet ; i m. 88 el i m. 5o; hauteur : o m. Ss. Je signalerai 
encore quelques débris de placages en marbre gravés de jolis rin- 
ceaux d'un bon style, puis un fragment de meiua funéraire avec un 
plat allongé à deux poignées en queue d'aronde, et deux assiettes 
rondes posées devant le plat. 

Les trouvailles épigraphiques sont beaucoup plus intéressantes 
L'une d'elles, celle de la dédicace bilingue lihyque et punique d'un 
temple élevé en l'honneur de Masinissa, a une importance capitale 
que M. Philippe Berger s'est plu à faire ressortir en présentant le 
texte à l'Académie des Inscriptions quelques jours après sa décou- 



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— 282 — 

rerte"), le 8 juillet igoi. La pierre sur laquelle Mt graré ce tnta 
mesure o m. 68 de longueur sur o m. 33 de hauteur et o m. 99 
d'épaisseur; c'est un calcaire jaunâtre fort commun, et dont l'aspect 
n'a rien de décoratif. Elle a ét^ troufée dans les d^mbree qui 
recourraient la place dall^ devant le temple de Mercure, à proii- 
mité des degr^ en hémîcyele qui la ferment, et presque i l'en- 
droit oh M. Merlin a d^uverl, en 1903, un texte libyqne encore 
inûdil'^'. Il nous a ét^ impossible jusqu'ici de déterminer d'nne 
façon précise la provenance, ni d'expliquer la présence, an-dewui 
d\in dallage et au milieu de monuments ^diii^s i la fin du second 
si^le de notre ire, de ces deux textes plus anciens do trois ceats 
SDS an moins. 

Tkhplr ds Mebcuiib. 

1° Dédicace du temple de Mercure, grav^ sur la frise d'enta- 
blement du portique qui précédait le sanctuaire et bordait an Nord 
la place dallée s'étendant à l'Est du Capîtole. Le portique se ctMBpo- 
sait de dix colonnes corinthiennes, soutenant neuflintesni mono- 
lithes, exactement juxtaposés, qui mesuraient chacun de » m. o5 
à 3 m. 08 de longueur, les deux extrêmes étant plus longs d'ane 
trentaine de centimètres parce qu'ils recourraient entièrement le 
premier et le dernier chapiteau de la colonnade. Le soffite , l'archi- 
trave et la frise étaient taillés dans un même bloc. La corniche était 
sculptée h part. Dès maintenant nous possédons nombre de frag- 
ments de la corniche, et )a majeure partie de la frîse. Voici la liste 
des linteaux, intacts ou brisés, retrouvés jusqu'ici ; 



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— 28S — 

tromper les éditeurs du Corpus qui la publient à nouveau , comme 
s'il s'agissait d'un fragment différent de celui de Guérin '", et re- 
trouvé par M. PoîoBsot dans un mur d'une maisoa arabe située à 
l'Ouest du Capitole; — le linLeau 8, que j'ai reconstitué en totalité 
au moyen des fragments <x, /S, y, trouvés dans nos dernières fouilles 
presque en place, et S, e, trouvés, il y a deux ans, par M. Merlin et 
publiés par lui dans sou Rapport'^); — enfin te commencement du 
linteau 9. Les lacunes que piésente la dédicace sont faciles à com- 
bler, et la découverte des parties manquantes que je me suis efforcé 
de restituer ici d'une manière hypothétique, sans garantir d'ailleuirs 
l'eiartiludc de mes conjectures, pourra modifier celles-ci, mais non 
changer le sens général du texte. 

L'inscription est gravée avec soin en lettres hautes de o m. 1 1 à 
la première ligne, de o m. 10 à la seconde. La haste des T dépasse 
généralement, mais non toujours, le niveau des autres lettres. La 
frise, qui porte la dédicace, est haute de om. 35. L'architrave, com- 
portant sept moulures hautes de o m. oU, m. 09, o m. 10, 
m. o3 et m. o3, mesure, au total, o m. 39. L'épaisseur des 
linteaux est de m. 35 au sommet et de o m. 6q à la base, ofk ta 
saillie des moulures de l'architrave s'ajoule à l'épaisseur de la frise. 
Sous chaque linteau se présente un soffite très simple. 



Q^- PAC VVl t.* 
OMNUui 



s fi. perp. augHT. 



\ahania tictoria, uxor ej'nt, fi. ptrp. opu 



i TEMPLl MERCVR.I QVOT M- PA 

AE EXTRVXERVNT ET EXCOLVERVNTiTEM CIVITA 



t» Corp. iutr. iat., t5&3i; BuH.areh. du ComM, : 
M JlwtiB,bc. cti., p. Ï6 et Miiv., a° ta. 



7, p. 5t, n 



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CVVIVS FELIX VICTOiLlANVSFlLIVSEOR 
TiTHVGG-HS XXV MIL Q^PACVVIVS SATVR.VS F 



VU CODIClLLIlS SVIS EX HS L MIL FIERJ 
L-PERP-DATVRVMS|E POLLICITVS EST EX CVIVS SV 



IVSSIT AMPLIVS IPSI OB HONOREM FL 
MMAE REDITV QVOTANNIS DECVRIONIBX 



.ipirp.eiHS LXX MWI P O L L I Cl T I S .«■■ 
on VLAE DAREN TVR ET OBDIEM itiiculit 

\ . I. ; 



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— 285 — 

lempU Mereuri, quoi M(areiit) Pnmm* FictorinMW, jtHtu eonm, eodi- 
eilÛa fmtexh»Lml(libu*)fUnjiunt, amplùu ^, ob honorem/[lamtm(i) 
perp{etut), w]Ai LXI mi[lilibus)] pollieitis [sum]tma, temphm Merevri ei 

celins duaa eutn tiatuû et por^ictbiu et omamenlu\ omnt[biu ]ae 

extmxerwtt et exeoluerunt ; tiem citiitali Tkuggae lu XXV mi^lia) Q. Ai- 
euvimt Sntarus fi(anun) per^petuut) daturum te pollieilug elt, ex eig'ut *um- 
mae reditu quotamùt decwûmtbt^t tportulae darentur et ob diem dedieati(m]U 
bidos teiienieos et ^ortu[ta]$ deettriombut utriutgue ordùiù et tinit>er]«o 
pt^iulo dtdit. 

Bemarquei. — Linteaux i et 9. Première ligue : Je restitue les 
noms des deux dédicants, f). Facuvius Saturas, flamine perpétuel , 
lugure de la colonie de Carthage, et sa femnie Nahauia Victoria, 
fltminîqae perpétuelle, d'après une dédicace que nous avons retirée 
en 1900 du mur byzantin en face du Capitole et que j'ai pnbtiée 
précédemment C". Celte identification avait déjà été proposée par 
conjecture, — & la suite d'une observotion de M. L. Poinssot, — 
par M. A. Merlin dans un appendice h son Rapport «ur kiJmàBe» de 
igoa '^1. Elle me parait aujoui-d'hui certaine. De plus, il me semble 
infiniment probable que la dédicace, découverte en igoo i quelques 
mètres i peine de celle du portique, faisait partie intégrante du 
temple de Mercure. Je placerais volontiers cette dernière au-dessus 
de la porte de l'un des deux sanctnaîres latéraui qui flanquent la 
eella principale *". 

La dédicace du temple de Mercure mentionne la cmta» Tkug- 
genm et les deeuriotug lOnuâgue ordmis. Elle appartient donc à l'époque 
où la cité africaine formait encore une âàtaa et un pagv* ayant 
chacun son assemblée municipale particulière. Certainement anté- 
rieure à la transformation de Tkugga en municipe bous le règne de 
Seplime Sévère, elle remonte au plus tard aux dernières années 
du second siècle'^'. 



l'I BM. orch. du Comiti, 1901, p. ciltii, n° 1. 

<» Ibid.,^. ti5 et lui*. 

I'' PsndaDt que cet article était wiu presse, H. Louis Ptùnssot, que j'avûi 
diargé, m printemps dernier, de la direclioa du chantier de fouilles de Dougg*, a 
retrouva devant le portiqne du temple de Mercure une tecoude dédicace iden- 
tique à la première, et qui semble bien avoir couronné la période l'aulre cetin 
latérale du Moctiuire. Celle nouvelle trouvaille vient aiDsi rortifier ma première 
bjrpolhise. 

'*> En ig5, date de U dédicace du temple de Satamc, Tha^ga était encore 



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— S86 — 

Le nnetuaire n'i, par eonB^qaent, pm Hé eonitmit sons Caraetlla, 
comme l'af ait fait snpposer à M. Merlin la découverte d'uo ft«gment 
de dédicace à Mercure pour le satut de l'empereur [M, AureUus 
j4fiia]iiiRU«. Nous verrons tout h l'heure qu'il date du règne de Marc 
Aurète , et qu'il est contemporain du Capilole , des principaux monu- 
ments du Forum, et du Dar-el-Acheb dont M. Merlin a fixé la date 
entre i6A et 166 (D. 

La partie la plus importante du texte est la dernière découverte, 
celle qui est gravée à la première ligne des linteaui 8 et g. Elle 
nous apprend que le temple de Mercure se composait d'uo mdc- 
luaire central accust^ de deux ctUae, et précédé d'an portique. Or, 
it l'endroit mâme où gisaient ces monolithes, nous avons découvert 
et déblayé en totalité un ddifica disposé exactement de la mÂmê 
manière '"1; d'autres trouvailles épigrapbiquen faites dans l'intérieur 
de cette constructiou , et que noua «lione énumérer, ne permettent 
plus de douter que nous ne nous trouvions en présence des restM du 
temple de Mercure, bâti bous Mare Aurèle par Q. Pacuvius Saturua 
et sa fenune Nabania Victoria, tant conune exécuteurs testament 
taires de leur fils M. Pacuvius Félix Victorianus, qu'en leur nom 
propre, en l'honneur de leur flaminat perpétuel. 

9° Morceau de frise archilravée, encastré dans le cois do mur 
byzantin à l't^t du Capitoie. Longueur, 1 m. 68; hauteur totale, 
om. 65; hauteur de l'architrave, om. 3o. La pierre eat fort endom- 
magée à gauche sur toute sa surface; les moulures de l'architrave 
et l'inscription de la frise ont entièrement disparu. A droite, il sub- 
siste quelques lettres, trèa bieo gravées, et atteignant o m. i»6 de 
hauteur k la première ligne et o m. io5 à la seconde : 



^VRELl 

IMI-KARTH 



3° Peut-être est-ce du linteau précédant celui-ci, et portant 

pagu* et ehiku I l« muaieipA Tut csiutita^ , «don tinte apparanee, trte peu de 
tamp! p)ui tard. 

"' Heriin, lee. ail., p. *i, n* t. 

'*' Cr. (iiurklcr, Proeit-rerlittHT iei téaneet ii% Cnnàti, iiian iya5, p. i et 



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te débat dé la d^dieace, qa» provient l'éeUt suivant, qui coDtieiit 
quelques lettres de même hauteur, et espacées de la mênie façon que 
les précédentes : 

n faudrait alors lire le texte ainsi : 

[Pr]» éà{bae Imp. Cmê. M.]Amli [Automiâ. . . 
[Q. Pa]a^mutSiittirvt_fi.perp,augvc.]L KarA(affPiu). 

Ce Q. Pacuvius Saturus, flamine perpétuel et augure de la colonie 
de Caribage , est connu par le fragment de dédicace auqud j'ai déjà 
fait allusion plus haut, et que nous avions découvert en 1901 de- 
vant le Capitole, encastré dans une portion du mur byzantin du 
Sud que nous avions été forcés de démolir'». M. Meriin a très 
justement identifié le personnage nommé dans ce texte avec le 
Q. Pacuvius Saturus , flamine perpétuel , qui , avec sa femme Nabania 
Victoria, et comme exécuteurs testamentaires de leur lils M. Pacu- 
vius Felii Viclorianus, firent édifier le temple de Mercure. C'est 
certaiDement au même édifice que ee rapporte la dédicace que 
je publie aujourd'hui, et qui a été retrouvée à quelques mètres à 
peine de la place qu'il devait occuper dans le sanctuaire, sans 
doute au-dessus de ta porte principale. 

â" Sur la face intérieure du montant de droite de la porte qui 
donne accès à ta ceUa ceotrale du temple de Mercure était gravée, 
à hauteur d'homme, une inscription actuellement très effaeée. Il 
n'en subsiste que les premières lignes qui se lisent sur ua fragment 
gisant sur le seuil et se rajustant presque exactement avec la partie 
du montant qui est restée en place. Hauteur des lettres, m. o3 à 
la première ligne, o m. oaù aux suivantes : 

SENATVS CON5VLT LOC DA'Ku* 

ESTXKALENDASFEBRVAria* 
S DVg-lVl- VINICIVS HE^ i~" 

Senaba cmtuho loc{at) ^n>] at X kalenda» Febnit^rim] ; Aattiri : 
M(amu) Viâitnu Hea. . . 

O fi«fi. arth. i» ConM. tgoi, p. cnni, a* 1. 



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— 288 — 

A gauche de l'iDScriplioD, à hanleur in la 3* ligne, appanlt un 
signe qui peut être un S. 

Celle lecture. Faite sur estampage, a iwsoin d'être revue sur la 
pierre. 

5' L'autre montaot de la mâme porte , celui de gauche , se dresse 
eacore en place jusqu'à i m. Uo de hauteur. Il conserve k la partie 
supérieure les deux dernières lignes d'une inscription analogue, 
mais encore plus mutilée. Je n'ai pu déchiffrer que les lettres soi- 
vantes, gravées en caractères minuscules, hauts de m. 093 ikTavaDt- 
dernière ligne et de m. 01 5 seulement à la dernière ligne; celleri 
est complète et large de o m.175. 



Rbmahqiir. — Il n'est pas impossible que les deux Fragments épi- 
graphiques, que je suppose appartenir à deux inscriptions symé- 
triques se Faisant face sur les montants opposés de la porte prin- 
cipale du sanctuaire, ne proviennent tous deux du montant de 
gauche, et ne constituent en réalité qu'un seul et même texte dont 
ils représenteraient le début et la Gn, l'espace intermédiaire ayant 
été détruit par les cassures. 

6* Petit autel ou piédestal de pierre calcaire, qui Fut ensuite 
remployé et repiqué sur ses quatre Faces pour recevoir un enduiL 
Largeur de la table, o m. 88; du dé, o m. 76; épaisseur de U 



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Une ioBcription africiiae de Thiges C est dëdiée à Sîlvs 
Mercuiius, 



7° A l'angle du bastion Nord du mur byzantin, dans les déblais, 
deai Fragments se raccordant d'un petit piédestal en pierre cal- 
caire, brisé en bas et à droite. Largeur, o m. Sg ; épaisseur totale 
de la table, m. 63; hauteur, o ni. 3i; hauteur de moulures des 
la table, o m. 1 1. Sur la table, une empreinte circulaire marque la 
place de la statue de Mercure qu'elle supportait. 

Lettres hautes de o m. ofiS à la première ligne et de o m. o& 
aux deux suivantes. 



^ 



ME B.CVRIOAVG SACR 
LOCO A CIVITATE DATO CELLa\ 
EXOR.NAV /7rTt\ MERCVRl.SlGJ 



MfTCitrio Avg(iuto) sna^iim], Loeo a e'wiîiite diito, celia[i on m? . . .] 
txaraav\it el] Mercwri iig\tmm. . , po»uil. . .]. 

8* Entablement d'un petit édicule, en trois Tragmenls se raccor- 
dant. Le premier de ces morceaux a été trouvé par M. Merlin en 
190 -i^^'; les deux autres en 190^, tous trois au même endroit, à 
r£st du Capilolc, sur l'empiacciuenL du temple de Mercure. L'enla- 
blemont se compose d'une corniche, Tnisaiit retour sur les faces 
latérales de la pierre , et surmontant un bandeau plat sur lequel est 
gravée la dédicace. La face inférieure présente, au centre, un soHilc 
à droite et à gauche, deux mortaises 
piteaux des colonnettes soutenant l'entable- 
rieure de celui-ci est à peine dégrossie; elle 
s'encastrait dans un mur. Hauteur, o m. 13; largeur du premier 
fragment, o m. 39; du second, om. 17, el du troisième, o m. 38; 
au total : o m. gti. Hauteur des lettres, o m. o'i A o m. oà5, très 
nettes et d'une jolie facture. L'entablement est trop petit pour avoir 
pu surmonter l'une des trois niches de fond du triple sanctuaire. Il 

(» â>r>i.»mr. faii.,n* B7. 

<» MoriiB, he. cit., p. 6A, a' 36. 



avec guirlandes de iauri 
qui recevaient les chapi 
menl. La partie poster! 



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— J90 — 

deTut couronner no petit Meule appliqua contre nnc paroi laté- 
rale d'une des eellae ou qui fermait peul4tre l'une des extrémités 
du portique de façade , lequel était bouché aux deux b^uts. 

PSABIDIVS-EXORATVSCVM'SVIS-VOTVM-SOLVIT» 

P. SMtàu ExentHi tmm mût mMh mWl 

9* Fragment d'une dédicace analogue, trouvée au m^me endroit 
et qui appartient peut-être à un second édicule, analogue au premier, 
lequel aurait occupé une position oymétrique k l'autre extr^nité du 
portique de Taçade. Hauteur des lettres, om. oia. 



Peut-être Q. PacuviuB Saturas, le fondateur du temple de 
Mercure. 



1 0° Grand linteau monolithe, de pierre calcaire, qui devait cou- 
ronner la partie principale d'un temple important. La pierre mesD- 
rait plus de 3 mètres de longueur. Elle a été brisée en quatre mor 
ceaux, dont trois seulement ont été retrouvés: le i", s, par M. Merlin 
qui l'a publié dans son Rapport sur ht/ouUUi de Douggn en it^oaC; 
le 3*, b, peu important, manque, et ne pourra sans doute pas être 
retrouvé, ayant dû être réduit en miettes; le 3*, c, mesure i m. o6 
de longueur-, le &', d. qui se raccorde presque exactement arec le 



DigiLizedbyGoOglc 



)aVG ■ PONT ■ MAX ■ TRIB ■ POTEST ■ COS ■ III ■ P-P ■ 
IaEDIAE ■ LENTVLAE ■ FILIAE- SVAE FLAM ■ PERPTEMPLVM QV OD EX • HS LXxl 
l>ORE EXORNAVIT ■ I D E M Q.V E » DEDICAVIT ■ CVR 



|mtl. /nCTVRVM ■ SE- PROMISERAT 
[ei-«MAGNIOPRlMOSEIANO 



Fortunae Àvg^uataej, Veneri, Concordtae, Mereurio Aiig{usto) sacnim. - Pro 
talute în^cratoru) Caesarû Trajani HaJ[riam] Avg{ysti) pontfîjicit) mKc{i- 
tm), &ib{ttniei'i) pote»t{nle) [IIF] eo{n)sulig IIl , p(atrù) p{atriaé} . Q. Maednu 
Severua, palronv» pagi et civitaUs, nomine suo et Maediae Lentuliie JiUae 
iuat, Jlnm(imeae) perp(tltiae), templum quod ex tettertiis LXX ou peut- 
4tre LXXY [mi7(fi6tu) fa\eturum te promiterat , ampliala yeeuaia afm- 
damen[lit txtlnxtl omni spknd\on exomanil, iiemque dedteavit, eur\a- 
lort . . ] Mi^M Primo Sg'ami. 

Hauteur des lettres, o m. ug5 à la première ligDe, o m. 076 à 
U seconde, o m. o55 h la troisième, m. 06 à la dernière. 

Celte dédicace oà I'od doit remarquer l'omission du nombre des 
pnissaaees tribuniciennes de l'empereur , se place en 1 1 9 ou dans 
les années suÏTantes. 

Q. Maedius Severus D'élait cnnou jusqu'ici que par son épi- 
taphel». 

0) B»tt. arcK. du Cemitt, i^sA, p. 353, n* hf,. 



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— 592 — 
1 1* Bloc calcaire, large de o m. 33, haut de o m. b&, épais 
dv o m. 9 1 . Lettres hautes de o m. o6& & la prranière ligne et de 
o 111. oSs à la seconde. 

LIBERO 

LIBERAE 

Libero, Libérât. 

19* Autel ou piédestal & table moulurée, brisé à ta base. Hau- 
teur du fragment, o m. tii; épaisseur, o m. 39; laideur totale, 
o m. r)3. Letires hautes de o m. o8. 

PLVTONI- AV« 
10Se,^TH.VGGAj 

Pltttoni Atig{ialo) . . . . f Thngga. 

Ces deux ex-voto ont ét^ décoii\erLs îi l'Est du Capîlole, à proil- 
mité du temple de Mercure. M. Merlin avait déjà trouvé, au cours 
des rouilles de 1 909 , une dédicace à Uber Pater Ai^u*ùu)^\ et en 
outre une base de statue de la Concorde Auguste, déditîe par le 
pagu* et la cioila» Thuggemit^'^K 

Ces divers monuments votifs, qui datent tous d'une très bonne 
époque, proviennent sans doute des temples de la Concorde, de 
Pluton FrugifEire, de Liber paler, t<levés dès le règne d'Hadrien, et 
probablement sur le Forum, par deux patrons delà cttiito* et dnp^^ 
de Thugga'^^K 



DigiLizedbyGoOglc 



— 293 — 

Ce fragment continue presque exactement celui qu'a découvert 
autreroiB J. Poînssot et qui figure au Corput, sous le n" i&53i. Le 
rapprochement de ces deux parties de la même dédicace nous 
permet de dater celle-ci des dernières années du règne de Gallien : 

a pro sainte imp. eaei. p. licinii gallieni an 



[gger.manici pont ■ max -trib' pot/ 
Ipap-felix-ivlianvsdirflp D' 



PPR) 



JXCOSVII-PPPRJ 
V M V 1 R. A 1 



En effet, rinscriptioD se rapportant à un empereur qui porte le 
surnom de Germanicui et qui a été' sept fois consul, ne peut être 
attribuée qu'à Commode en 193, ou à Gallieu à partir de 966. 
Mais, dans le premier cas, le surnom de Gemumicut devrait être 
suivi de ceux de Sarmaticut et de Britanmcut que Commode possédait 
tous deux en io3, tandis que si Gallien possédait aussi à cAlé du 
surnom de GettHomcus celui de Daàau, ce dernier titre appareil 
Tort rarement sur tes textes épigrapliiques. 

D'autre part, la forme des caraclëres de notre fragment convient 
mieux à la fin du 111° siècle qu'au temps des derniers Antonins. La 
seule objection que l'on puisse faire à notre choix est la mention de 
la tribu accompagnant le nom du daumvir^icitu, . . . Félix JuUantis, 
ce qui semblerait indiquer que l'inscription ne peut être postérieure 
au temps de Caracalla. Je ne crois pas cette considération suffisante 
pour l'emporter, h elle seule , snr les raisons en sens inverse qui 
ont décidé ma coovietion. l'anomalie que nous relevons ici n'étant 
pas sans exero[de sur les monuments du m* siècle, jusqu'à Dio- 
clétien. 

J'ai publie' en 1900(1) le fragment suivant, que j'avais cru 

<» fiaUfln areUologiquë du GmiU, p. loi, n* 3i. 



DigiLizedbyGoOglc 



Ces d< 
mité du I 
des fouille 
outre une 
pagui et la c 

Ces divers 
époque, prmi 
Piuton Fmgifè. 
nrobablenient si 

\ 3' Fragment i 
Nord du mur byia 
partie moulurée, o 
(les lettres, om. tgb 



DigiLizedbyGoOglc 



fapwi 



— 297 — 

calcaire, encastré dans le mur byiauliD au Nord du 

", 1 m. 55; hauteur, o m. 5^5; épaisseur, om. Ai. 

présente : à gauche, la Sn d'ude corniche en 

début d'une dédicace impériale, gravée dons 

'ilaire, long de o m. 95 et haut de m. ko, 

Te inscription qui a été soigneusement re- 

^ et proFondes , conservent quelques traces 

"" icsurent m.-ti6-de-hauteur-& la -pre-^ 

seconde et à la troisième. La suite de 

uns retrouvé que le commeacement, 

V Mix exactement juxtaposé à celui-ci, 

._ gauche : 



;<licace portant le titre de 
|ilut6t, imon avis, Sep- 



r byzantin au Nord 

■>.. Lettres soignées, 

0(j à la seconde, 

M|iie entièrement 

l'iire disparaître 






D,j.,.db,Googlc 



— 294 — 

pooTOÎr attribuer aa méoM texte qm eelni da Corpmt, «o nap- 
puyaot sur ta hauteur concordaDte des lettres à chacune daa deu 
lignes: 

/ CVR- REIPVBL- PORTi«(Pi 

"dit -INLATIS Et; ' 

L'ne nouvelle vérificatioa nie permet d'alfiruHtr aujourd'hui 
d'une manîi>re positive l'eiactitudc de ma première hvpothèse. 

De plus. M. Louis Poinssol vient de me si^aler, au moment où 
cet article était déjà fous presse, que divers autres fngments épi- 
grapliiqueâ déjà publiés soit dans \c Corpus (1. VIII, n* 10610. et 
i5-!!tC<iet 6}allribi]ésfausso[nenl» 7'A^iV<i,dansle BuOelm ardtèo- 
logique du Comité, |)ar MM. le D' Carton et le lieutenant Denis en 
1893 (p. 17^ ), appartiennent paiement i cette même dédicace à 
Gallien. i|u'tls permettent de reconstituer presque entièrement. 



lû" Trois fragmenb d'un épislyif, trouvés à l'Est du Gapitole. 
Le premier est très endommagé à ijauche. Toute la première partie 
de l'inscription s'e^it écaillée. Largeur totale de la pierre, o m. 8&; 
largeur de la partie ronservét' du leite, m. 6h; épaisseur, 
o m. &9. Les deux autres morceaux se raccordeol. Le premier est 
lai^e de o m. 5o, le second de m. ^7. mais très éeomtf i droite 
où Tioscription se»l écaillée. Le teite. de basse époque, est tracé 
en caractères de hauteur variable, les voyelles étant presque tontet 
beaucoup plus petites que les consonnes. Les premières mesurent 



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— 395 — 

Cet trois français se rapportent h une dédîence du temps du 
Tb^osa,dont M. Poinssot'') avait dé^k découvert un débri dans 
DD mar arabe à Uo mètres à l'Elet du temple de la Piété Au- 
gusle. 

if)° Fragment depistyle, trouvû en arrière du Capitole : hau- 
teur, o m. 59; longueur, 1 m. 90; épaisseur, o m. As; hauteur 
des lettres, o m. i&5. 



EPVLVM DEDIT CVR m 



16° Pierre encastrée dans le mur byzantin. Largeur, m. 80; 
hauteur, o m. 18. Hauteur des lettres, o m. t&5. Caractères pré- 
tentieux et fignolés, de basse époque. 



Un fragment analogue, dérouvert dans les fouilles de 1901, et 
actuellement déposé dans la eella du Capitole, présente les lettres 
suivantes : HYDAi 

fj' Pierre encastrée dans le mur byzantin du Capitole, au 
Nord, près du bastion du mur by/antin. Largeur, o m. &5; hau- 
teur, o m. 98; épaisseur, o m. ^5. Hauteur des lettres, o m. la. 
Formes grêles; pleins très renforces et profondément taillés. 

spermaTiX 

Les deux dernières lettres sont douteuses. 

i8' Pierre prévenant du mur byzantin. Hauteur des lettres, 
o m. 3 1 . 



") Arthnt* dn Mùiûm», (. XU, A, p. 4ig. O' l 



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— 296 — 

19' Bloc calcaire, brise de partobt, proveaaat rpeut-élre de 
l'attique d'ua arc de triomphe. Plus grande hauteur du fragment, 
1 m. 9o; plus grande largear, i in. o&; épaisseur, o m. ko. Belles 
lettres, de forme classique, et bien gravides, hautes de o m. oS. 



germ. sar^ M . FIl.DJVI COtA ^odi fratri 
<fioi flNTONINI . Pli . NEPOTi t i i t, i 
kadri A NI. PRONE PO TI .DIV: I r a i an i 
parthiC . ABNEPOT . DIVl . NER lae arfne 
pou l. ««^(iMiiO.SEVERO PIO FEU/c i perd" 
naci aug. ^ RAB .ADI AB . P^ar lA. max. 
pont.nax. trikp GT "^HWimp. XlIeùi.Ui 



M 



[Imp{eraton) Caei{an), divi M. AtUonitù Pii Germ(anieî) Sar]m(atiei) fi^ùt), 
dm Com[modijrntri, divi À]nloniin Pii nepol[i, divi Hadri^mi pivMpoti , 
diei[Tryani Parthi\ci fAnepol{i), divi NeT{vae tidnepot^x), L. S^KimiJo 
Severo pofel^à Pertùmci Aug[iuto), ,4]rnè(ieo}. Adiab{eaieo\ P{itrA{ieo) 
tmui^imo), pont(ifieî) max{inui}, lrib['uitiek) p]ol(e*Iale XVII, [iv^eraUtrî) 
Xir'K «.(»>(«(.■) Ilf. p{atn)p{atrimi) ]. 

Peutnétre Taut-il lire : trib(unicia) p]olMtate XVI, i\mptralon 
XIV. .}. Dans ce dernier cas, la dédicace, qui s'adresse & l'empereur 
Septime Sév^re, serait datée de 3o8, et non plus de aoj. La fin 
de la dédicace, aujourd'hui détruite, devait préseolcr les noms et 
les titres de l'empereur Caracalla, associé de son père, ou poul- 
4tre plutôt ceux de In femme de Septime Sévère , Julia Domna. Le 
texte serait alors presqae identique à celui qui était gravé sur la 
porte triomphale Sud-Esl, par où passait la voie dallée qui allait 
rejoindre la grande route de Carthage à Theveste'^'. 

(') Lea dédiciice* afriulnes è Septime âérère [rarlent toujoun k celte date le 
cbilTie»! pour l'tMjMnum BU lieu de ii qu'il hudrait Cf. Carp, inter. Ul, L VIII, 
n" 1317, 797s, 93S9, p]r eicmple, et Gagnai, Cavn iTéfigr^lH* latim», 3* ëdit, 
p. 195-1 96. 

''' Cr., eo dernier lieu, Merlin, LufinùlUtdt Doitgga mt tgo*,àna Arrkkn 
iitMiêiimu.L XI, a* 1903, p. 3« et «uiv. «t n" a el 3. 



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— 297 — 

90° Linteau calcaire, encastre dans le mur byiaulin au Nord du 
Capitole. Lai^ur, i m. 55; hauteur, o m. SyB; épaisseur, o m. Ai. 
Le face principale présente : à gauche, la fin d'ude comicbe en 
Baillîe; k droite, le début d'une dédicace impériale, gravée dans 
un cartouchi! rectangulaire, long de o m. g5 et haut de o m. &o, 
à la place d'une première inscription qui a été soigneusement re- 
taillée. Les lettres, larges et prorondes, conservent quelques traces 
de peinture rouge. Elles mesurent o m.-tt5-de -hauteur -à la pr^ 
miëre ligne, o m. 09& à la seconde et k la troisième. La suite de 
l'ilaseription, dont nous n'avons retrouvé que le commencement, 
était gravée sur d'autres linteaux exactement juxtaposés k celui-ci, 
qui est coapé net , à droite et à gaucbe : 

PROSALVTEl.m;.. 
A V G ■ P \ii 
B R I T I 

L'empereur auquel s'adressait cette dédicace portant le titre de 
Brùaïaiiau pourrait dire Commode, mais plutôt, k mon avis, Sep- 
time Sévère ou son fils Garacalta. 

91° Linteau calcaire, encastré dans le mur byzantin au Nord 
du Capitole. Largeur, -1 m. 9&; hauteur, o m. Bs. Lettres soignées, 
hautes de o m. 11 à la première ligne, o m. 09 à la seconde, 
o m. 08 à la troisième. La seconde ligne est presque entièreujent 
martelée, mais les noms impériaux qu'on a voulu faire disparaître 
restent encore assez lisibles : 

Fngm. .. 
1, Pn »alitte imp.eaet. diei anionini magiti pii /. divi leptimi 1 
s. M. aureli antonimi pii felieii tnvieti on... m. murtli iiteri 

alexandri pu felicit avg, f, p. pomt max. Irtb. poU,,. 

cot. . . tt ivliae mammeae matrit 
3. templumî quod nomine »uo et . . . fili 

Pragm. b. 

B VERI PII.NEPOTIS DIVl 
.\VG ET iVllAE MAESAE AVG. 
AE SVAE EXSTRVXE.RÀT VETVS 

A.MioLMii. — 14* 3. .0 



D,j.,.db,Googlc 



I. M. aMtoninî pii fronrpoti*. . . 

*. mtitie «Hg. n. matrii eastrortim et $enatui 

3. tatP eoltapsum. ., 

Fngm. f. 

1. .. .4 

%, et lotit» dipinat domuê eomn oji«* tt{mpii\ 

3. Tffubtiea muHieipU itftimi aartli liberi lAvjjfVM»* t{êfieit] 

Fragment de dédicace k l'empereur Hélagibale, on à bod cooiûi 
Sëvëre Alexandre, à sa grand'mère Julia Maeaa et sans doute aussi 
à Soaemias Augusia, mère d'Hélagabiile, si l'inscription concerne 
le premier de ces empereurs, à Julia Mainaea Au^sta, s'il s'agit 
du second. La dëdicarc, dont nuuâ ne poss^ons encore qu'uDe 
faillit) partie, devait être gravée suc la frise d'un temple jiuqn'ici 
iDdéterminé, qui fui réparti «oua le règne du souveraia auquel 
s'adresse l'inscription, au plus (6t en 3i8, an {dus lard ea tii 
de notre ère, sans que l'on puisse, en l'ëtat actuel du texte, 
préciser davantage. Ce texte est du marne genre que la dédicace 
du monument élevé aux frais de Cosinia Hermîona, sous Caracalla^ 
cette dernière, encastrée dans le mur bytantin à l'Est du Capîtole, 
a été publiée par M. Merlin dans son rapport sur tes fouilles de 
Dougga en 1903'''. 

Taî fait entrer, à la Gn de cette longue inscription d, le frag- 
meal de dédicace reirouvé par M. Merlin dans le mur byiantîn, i 



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nage, a été retaillée avec «in, dé maai^re i effacer le souvenir 
de celui-ci. Les lettres de la £a du teite sont au contraire très 
nettes, deTornie élégante; elles meaureDtde om.oA Jk om. oA5 de 
hauteur et étaieat peintes ea rouge. 

tûterdatt ttoii ttT 
AESCVLAPI-OBEXIMIAM 

EiVS LIBERALITATEM 
PAGVS ET CIVITAS AVRELIA 
THVCGA-D-D-P-P- 

. . . tacrrdoti Joeû et f Aesculapi, ob eximiàm ejat UberaUlalem, ptigv* 
et àvilat Àurelia Tiwgga, d{etrelo) ^eeurionum) p(eemia) }i(iiblica). 

Ce texte est antérieur ik la fin du ii* siècle, époque à la- 
qaelle les pagw et dmïat Aurtlia Thugga furent transformés par 
Septime Sérèra en munii^^ium Septimium Thugga; pM contre, il est 
postérieur & Tavèneaient de Marc Aurèle en 161, puisque la emtat 
porte dijà le nom de cet empereur. 

Cette Appellation de la cité africaine se retrouve sur deux autres 
testes : la dédicace de Teindre faisant face su Capitole, dont^al 
publié un fragment en igoi''', et une dédicace honorifique que 
j'ai publiée en i()0& '^', que M. Cagnnt a reproduite, en modifiant 
légèrement ma lecture, dans sa Beviie des publkationê épigrapkiqttei 
de mai-juillet 1906'^', et dont je crois pouvoir donner ici une 
nouvelle lecture, sinon définitive, du moins encore légèrement 
améliorée. J'ai, en effet, constaté sur place que, si l'un des deux 
noms lus par M. Cagnat sur l'estampage est certain {Octavio, 
ligne 3), l'autre, au contraire, nepeut être admis (5mitana, ligne 3). 



M ikUtlM trehéoL ia CémiU, iQoiip. cunit. 

W ibid., i^k, Protit^tttmi» lût tiane**, m*n igoA, p. itv al 11 

'*' Btimt arthiol., igoA, 11, p. 101, a° 79. 



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— 300 - 



-©--Q:=+^iL- ARN '~ -^ 

CAP«IN!OOCf AVIO 
FESTO SVFAMMnnO 
FLAMINIDIVIAVG-EQVO PVBUC» 
ORNATO ABIMPCAÊS-MAVRE 
LIOCOMMODOANTONINO 

pio - AV auÊmmÊÊÊKÊÊÊÊÊmÊÊÊÊÊmm 

wmÊmmmmÊmÊmÊÊÊmmÊmÊÊ^sÊÊÊm/m 

'ervitAS-AVRÉLIA-THVGGA 
d D • P ■ P 



Voici doDC deux dédicaces honorifiques, k peu pris coolempo- 
raines, qui présentent toutes deuï cette particolarité asseï rare, que 
le nom du citoyen de Tkugga, auquel elles s'adressaient, a été systé- 
matiquement martelé, il faut en rapprocher une troisième inscrip- 
tion très mutilét!, découverte en 1901 par H. Merlin dans li 
même région, à TOuest de Texèdre qui fait face au Capitole, et 
dans le voisinage immédiat du mur byiantio. Ce dernier teite 
offre une grande analogie aver les deux autres. II est aussi mar- 
telé et mutilé en deux Tnigments, retrouvés 6 un an de distance da 
premier. M. Merlin n'avait pu d'abord en déchiffrer que la der- 
nière ligne : Pagut et. puis au-dessus quelques lettres sans aucun 
sens''); il a été plus heureux depuis en le rapprochant du second 
fragment retrouvé plus tard qui complète le texte, et a bien voulu 



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— 301 — 

niaj p{iJ>liea). Il est dtmC' permis de supposer que les deux textes 
martelés, relatifs & ces prêtres d'Ësoulape étant à peu près con- 
lemporaios, ne concernent qu'ua seul et même personnagfo. Celui 
qui est nommé dans la tnHsième dédicace martelée, ce flamîbe 
du divin Auguste, devenu chevalier romain . par la faveur de 
l'empereur Commode, était peul-étre le fils du premier. Ceci 
admis, il resterait ensuite i rechercher pour quelle raison, en 
punition de quel crime, la cité de Tlugga, après avoir décerné 
les plus grands honneurs à ces deux prêtres, leur infligea la flé- 
trisâàro officielle du martelage. Sur ce point, nous sommes jus- 
qu'ici et nous serons sans doute longtemps encore réduits à de 
pures conjectures. De même, nous ne possédons encore aucun ren- 
seignement sur )e temple de Jupiter et d'Esculape, dont les textes 
que nous venons de citer laissent supposer l'existence à Dougga. 
Maïs dans le voisinage immédiat de la cité de Thugga, et sans 
doute encore dans les limites du fagvt associé à la cintiu, jk Hen- 
chir-es-Zaonïa , groupe de ruines situé V deux kilomètres environ 
au Sud, se dressait à l'époque romaine an temple d'Ësculape, 
doDlM. le D' Carton a retrouvé une partie de la dédicacel'\ et 
dont les restes sont encore très visibies aujourd'hui. 



93. Fragment de dédicace, large de o m. 38, haute de o m. 97; 
lettres hautes de o m. o4, m. o3& et m. o3, très efiacées. 

patro NO-PAGIETCIVITAT- j^weliae tkvggae 
■■MVS OMNIVM-EXIMIMX 
PRGA . PAGVM • ET ■ CIVITATEM • EX\ 



r 



CONCORDI^MPMSVA 



La ligne t se termine par une haste oblique qui ne peut avoir 
appartenu qu'à un M, ou plut6t à un A. J'ai restitue àmtatu A\u- 
reUae Tkuggaê] , par analogie arec l'inscription précédente. 

Le texte serait ainsi daté approximativement ' de la fin du 
II' siècle de notre ère. 



3b. Fragment brisé de partout, sauf en haut. Largeur, o m. 35; 
'■I CartoD, DienurrrUt, p. «00 el mk., n' Z^&. 



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hauteur, o m. 3o. Hiateur dea letlret, o m. 06 à U pftmiin 
iîgof, o m. 0&8 à U féconde, m. o&s k la troisième. 



■ODIO LlClNIA^Bol 
^ o (ST ■ MOR.TEM ■ PAG • THVGG- 
^DIVS 

mfio £icùua[no . . . po]ÊÎ mortein pagina) Tlûigg{tHM») . . . oJwt. . . 

1** ligne : la première lettre est illisible. 

On peut lire [JU]<n&; ou encore [Eiui]o<£o. 

Un fragment de dédicace, découvert par M, Homo '^ an Sud de 
la pince dallée qui s'étend devant le Capitole , et remontant coniDe 
celui-ci au temps où Thugga u'était encore qu'une at>^, est dédié 
à un certain [fn/Jnoito. . . 

«b. Bloc calcaire, brisé à droite et an bas. Hauteur, o m. 4o; 
largeur, o m. 80. Lettres bien gravëes, dans un encadremenl 
moiduré, haut(;s de o m. 06 à m. o55. Au début de chacune des 
lignes 9 , 3 , & est gravée une feuille d'eau ou de lierre : 



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— SOS — 

des principales famillM de Dongga'') ot parent de dens flani- 
oiques : Aiiàa Ktcfam^^', épouse d'uu Vibiut, peat-étre M. VMm 
F^, et sa fille Vibia Atmane^^K Une statue lui avait été éâ^ 
an théitrel'^ La forme des lettres de cette djdiaaee ne portaratt Jt 
la dater de la seconde moitié du lu' stade; par coatre, U neatùo 
de la tribu dans laquelle était ÎQwrit L. Itutênàu Cmnmoâut Àtim 
ciu». . . semblerait indiquer que le teite remonte au plus tard au 
règne de Caracalla. A cette date, Tkugga, qui n'avait été élevée 
au rang de municipe que par Septime Sérère, serait donc déjà 
devenue colonie romaine. L'ancienne civitoM africaine aurait ainsi mis 
bien peu de temps à franchir tes deux plus hauts degrés de la 
hiérarchie municipale africaine. Faudrait^tl supposer, contraire- 
ment à l'opinion émise par M. Toutain'^^ que la distinction entre le 
munie^um Hbenan et la aJonia, absolue en droit, n'était pas toujours 
aussi bien trancbée en fait, et que le munîcipium Septimûim Awdium 
libentm Thugga avait reiju parfois abusivement ce titre flatteur de 
tplendidittima colonia avant d'y avoir tout à fait droitî Ce n'est qu'à 
partir de Gailieu que l'on relève sur les inscriptions honorifiques' 
de Dougga le titre officiel de retpnUim cahmae LicfiiMt St^mm 
Awtliae Akxmdriemae Tkuggae, et l'on croyait jusqu'ici qu6 c'était 
à cet empereur qu'elle devait le titre de colonie ronainsi 

Il n'y a pas lieu, sembld-t-il, de ranonoer k cette opinion. Noaa 
verrou» plus loin que, dans une dàdicace qui ne peal s'adrMsaf qu'à 
l'empereur Commode, consul pour U vii'foiien igt, on à Gallian, 
isonsnl pour U tu* fois «n 966, mais plutôt, à mon «vis, à ae dca<- 
nier, le personnage nommé à la saoonde ligna . . .Fdim Jniknm 
est également indiqué comme appartenant i la tribn Pap{iri»). Lft 
mention de le tribu n'est pas suffisante pour faire reporter la date 
d'une inscription avant le règne de Caracalla. C'est une anomalie 
qui, assez rare au m* siècle, et disparaissant complètement à 
partir de Diodétien, n'est cependant pas sans exemple, même 
après Avrélien'*). 

") Corp. HUcr. Int., n. tSeg, ASICl. 

W JUd.,VI11,n*iAgB, CvlaQ,(i]MifL, p, 97Ct7))i«ttp!ea(,He?ttii,J(«.ei'i., 
p. g6, n* i3i. Cf. »um Cartan, op. cîL, p. io3 (177), 11° ao, iiucriptioo («r- 
rigëe et complëlée par M. Poïnifot. 

(>> HeHin, Dp. cil., Corf. inter. tal., a' ihqb. 

(•' Csrtan, he. cit., p. 97 (i7i)> n° *6' 

(') Léi dtiirtmaiitt» d»la T^tàtit, p. Z%k et iniv. at p. 3ig. 

(•} Cagnal.CMtnd'^^jiJkw JaliM,p.6o elDOtai •-■■ 



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— 304 — 

36. Fragment de plaqae cslcaire, coup^ i droite et k gauche 
par deux seetioDs droites, complète en haut et ea bas. Hiotear, 
o m. àU; largeur, o m. 3^; épaisseur, o m. 95. Hauteur des lettres: 
om. lo à la première ligne; o m, 07 à (a seconde; o m. o55 i la 
trcHsièine et à la quatrième; o m. o3 à ta dernière. Caractirts 
gravés avec aoin et de forme classique. 



■yT I - 


c 


V E R. G I 


L 


S T IC A E 


A 


R A N N V 




CORRVPTAS 


EX 



If. Meriin m'a fait observer très justement que ce fragment de 
dMicace impériale se rajuste exactement à deux autres d^k connus. 
qui le complètent k droite et s gauche et permettent de reeonstitner 
le texte dans son ensemble. Le premier de res fragmenta, a, est 
eacastré dans le mur byzantin qui entoure le Capitole, entre la 
eeBa du temple et la poterne de l'Ouest. Il a été publie avec qoelquei 
inexactitudes par M. le D'' Carlou^'l; MM. Meriin et Poinaeot ont 
revu et compléta cette lecture; l'autre, e, s été découvert par 
M. Poinssotà trente mètres à l'Est du temple de la Piété Auguste. H 



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— 305 — 

'A E S A R I ' aNu g 
!o-P'F-ARN-RVF(. 
jVIAE-M -LICINI 
iS-PATR.ONVSPA^i 
JORNAVIT ET V-SINTÇSTINVl 



Ainsi reconstitué, ce texte présente nne trës grande importance. 
Remontant au règne de Tibère, c'est la plus ancienne inscription 
latine ^dal^ de Dougga', et l'une des plus anciennes de llAfrique 
romaine. De plus, il est intéressant d'avoir à constater ici que, dès 
le début du premier siècle de notre ère, il existait k Thugga des 
temples, ornés de statues, remontant à une époque assez reculée 
pour tomber en ruiner de vétusté et avoir besoin d'être res- 
taurés. 

M. Licioiua, M. L. Tyranous, patroa du paguM de Thugga, est 
connu, d'autre part, par la dédicace d'un sanclnaire à Cérès<'>. 
Notons ausu que plusieurs autres ioscriptioas de Thttgga men- 
tionnent de» KffyiKi'*). 

37. Fragment de plaque calcaire, brisé Jk ^uche et en bas. 
Hauteur, o m.hh; largeur, o m. 3o; épaisseur, o m. 17. Hauteur 
des lettres, o m. oS&. 



\m-tr.ïb-leg-vm 
^ "^^praepositove 
ITN-C!IV3V iM 



Lecture de M. Ssdoux, que je n'ai pu encore vérifier, et qu'il 
ficmble nécessaire de revoir. Ligne 1 : Tnb{uno) le^{tom) quintae ÎHa- 
eedonicae)^ 



') Carlon, Le uUdlr* dt thugga, p. &tj, d* is. 

'I Cf. Homo, Eeolijranç. dt Romu, Milangn, 1901, p. 30, n* li; Merlin, 
., p. 71, n' 60; l'on Irouïe aiini des Virgilu k Carthige; tf. Delattrc, Revut 
M., 1898, II, p. Sg,!!** 5-(j, etc. 



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— 806 — 

98. Fragment dedi^dicace, haut de i m. ofi, large de ou. 99. 
brise k droite et à gauche et très eSaeé. Lettres hantes de o m. 06& 
à o m. 06. 

M G I N V O 
ho RT_ENSIA 
Il O-Q.PR.0V 

j N c : A E 

BETIC AE 
PATRONO 
D d p p 

[H»yu»mt{n]a , ^aaatori) prorineiM Betùae, }MMM, 

il(MrM) J(nmomm), f(tmma) f(uhiicay 

J'ignore la proTenance euetp de cette inuriptioiii je ne la 
coDnais que jur un satampage exécuté au mois de juin igoâ par 
M. Drappier au cours d'une tourna à Doug^a et sur les travatn dfl 
ohemÏQ de fer du Fahs au Kef , par la vall^ de la Sitiaaa. Je n'ai 
pas retrouve la pierre k Dongga; peuUétre a-t-alle Hi d^uverte 
pluUU à Sidi^wu^Rouis, sur les borda de l'Oued-Teuaa, les nrtim 
pages des textes ^pigraphitjueB de cette localilë ayant Hi eoofondiu 
dans un même paquet d'envoi avec cent de Dougga. 

99. Stèle calcaire, au Nord du Capitole. Hauteur, m. *$; lar- 
genr, om. 93; épaisseur, om. i65; hauteur des leUreSt oiB.o3. 

D M S 
AEMILIA 
VICTORIA 

P-V-A-XI 
H-S-E 

D(i») M(anibut) «(ocrvnt). Àemilta Vtetorùi, 

P(i,) ■<«) «(»;.) XI. H{ic) .(4.) <«). 

3o. Cippe funéraire en forme d'autel, i fronton triangulaire 
accosté de deux acrotères omëes de rosaces; trouvé k l'Onest du 
Capitole. Le sommet du fronton est bmé; la hauteur de l'autel, 
dans sou c\ai actuel, atteint o m. S7. La bnsc, carrée, est large 
de m. 3o, épaisse de m. aç). Le dé, écorné k droite, est liaut 



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— 807 ~~ 

de om./io, large de om.a3, épsia de om^io. Les lettres mat 
hautes de o m. oA. La première ligne, gravée dans le tympan, se 
compose de quatre lettres inégales formant aigles. Les autres sont 
gravées sur le dé, qui est divisé en deux compartimente par une 
ligne verticale séparant deux épitaphes, celles du mari et de sa 
femme. 

V F P B M I 



D M s 


■ACVVIA 


= EHCIS 


S I M A 


P-V-A 


LXXyilIl 


H-SE- 


OTBQ_ 



D M S 
Q_ AVRE 
LI VS-fJ 
BVLIA j 
P'V-A I 
LXXX 
H-S- E 
S T T L 



D(ù) M{ambiu) i(iKrwn). Paeupia FiHtmwia, 
p(ia) t{iat) fl((wi«) LXXXVIIII: h{ie) t(ila) ((s(); o{w) Km) bimi) q{wment). 
fl(i.) M(«iMin.) .(«m.m). QfuinM) Amlim t\i]UI{l}ta[m] 
. p(ii») i<itir) .(m.») LIXX, H«) <(iw) e(«l); .(ir) l{!t!) I{irrfil l{em). 

3i. Gippe en forme d'autel, trouvé près du mur byzanlia, à 
rEst du Capitule. La table supérieure de l'autel est ornée sur la 
face principale d'un croissant flanqué de deux acrotères qu'agi'é- 
mentent des rosaces; elle est en partie brisée. L'inscription est 
gravée sur le dé, haut de o m. 5o, lar^e de om. 36, épais de 
o m. ai. La table est épaisse de o m. 39. L'autel, dans sou état 
actuel, est haut d'un mètre. Les lettres, larges et grasses, gravées 
avec soin, décroissent de hauteur de la première ligne, oit elles 
atteignent o m. 06, à la dernière, où elles n'ont plus que om. o38. 
Les F et les T dépassent sensiblement le niveau des autres lettres. 

ID M SI 

■ C E S T R. O Ni 
IVS FORTV ' 
N AT VS • E 
G 8. I L A N V S 

p. VA-vniiv 

H ' s ■ E r 



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— 308 — 
Ligne 5. L peut âtre une letlre double : Ll. 

D(it) M{ttnibiu) t^aenm) . . . Cettroutua forUmaiM EgriHt^aut 
p{itu) t^ixk) ^niiU) Vmi. . . Mie) »(it«t) e(«f). 

33. Stèle brisée de partout, trouvée dans la c^ du Capilolei 
Epaisseur, om.og. Hauteur des lettres, om.og. La première lettre 
est douteuse. 

D-MS 
:i.INTVS 
c/aVDIVS 
• eeVNDV 
$p. VIXIT 
atutii LX X 

D(û) Mimibtii] t(amm). Q{u)i,aiu [Cla]iidm [See]mdii{t] 
[p{iu.)]vb:it[annU]lXX. 

33. Cippe funéraire en forme d'autel, encastra dans le mur 
byzantin au Nord du Cnpitole. La table, à fronton triangulaire, est 
briuie au sommet. Hauteur totale, t m. S7; hauteur de ta base, 
om.37; lai^geur, om.6o; épaisseur, cm. 55; hauteur du dé, 
om. go; largeur, o m. âo; épaisseur, o m. 38. Hauteur des lettres, 
o m. où. 

D M S 

C ■ C V T 1 i, I 

V S • P A P I R. I A 

S ATVR.N' N VS 

PIVSVIXIT- AN 

NIS LXXXII • M 

EN-IIIDIEBVS VI 

HOR.1SIII 
H • S • E 

D{ii) !lt{amht») i[aentm). C(aita) CuliUiu, Papiri» (trihu), Salurumitt, 
pm nnl aaiù LXXXII, muti'lni) Ul, iithit VI, Kic) i(ili>i) i[u). 

3&. Stèle calcaire complète sac les cAtés, écornée en haut. 



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cassée à la base. Hauteur, om. &o; largeur, om. 33; épaisseur, 
o m. t3. Haateur des lettres; o m. 33. 

D M S ' 
FELIX A B 
BONIVS Vie 
TO R P • V ■ A 
ÎÎDX-H-SE 

Le C qui termine la 3* ligne est beaucoup plus petit que les 
autres lettres. 

D(U) tf(ani£tu) ii{aerum). FtHx Abboniiu Victor, 
piftu) v{ixU) a{mit) II, d{ùinu) X; h{u) «(i'Im) «(*(). 

35. Stëte funéraire, à sommet arrondi, brisée en bas. Hauteur, 
o m. Ao; largeur, o m. 3A; épaisseur, om. la. Hauteur des lettres, 
o m. o5&. Au-dessus de l'épitaphe, un croissant montant. 

D M S 1 
l^CHERÈD 1 



Lecture doiiteuse, à revoir. 



36. Stèle Tunéraire, brisée à droite. Hauteur des lettres, om.oâ. 

DV, " • 
H O N Om./o 
R.TVNAT- u 
T-FPVA 

H • S ■ j< 

fl(>.) [«(mih») ^«™»)]. Hix^mai ro]rt»iol(ia], Tlftljfflmt), 
|i(iKi) v(ixit) Mmii*}. . . A(«t) »(i£i«) {ait)]. 

37. Gipp« Rméraire ea ferme d'autel, Inuvé k l'Oaest in Capï- 
tole. La table de l'autel estlirisée. Hautènr totale, i m. 06; hauteur 



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— SIO — 

dn dé, 0111.77; largeur, ont. 3S; épaisseur, ont. 3&; largleurdeh 
base, o m. 56; hauteur, om. 39; épaisseur, om.bb. Haotonr des 
lettres : om. où à la preioière et à la dernière ligue; om.oS 
aux quatre ligues iulermédiaires. 

DM S 
C-IVLIVS 
FORTVNA 
TVS-PIVS 
VALXXV 
H'S-E 

D(ù) M{anibiuj t(aenim). t^aiW) JuHut ForUmaliu, 
fiui t[ixU) a(juii>) LXXr, î(ic) i(il>i) >(>l). 

38. Pragmeut de stèle brisé de partout, Épaiaaeur, o m. 18. 
Lettres au trait, hautes de o m. où et m. 06 pour le 1. 

i M < 

QjIVLIVi 
N A M P Vf.m> 

[Uii)] Mifmhm) «acnii»)]. 0(«;>i»i.) /««.[.] Jï«mp»[a»». . . .]. 

39. Épitaphe très elîacéc. Hauteur des lettres, o m. o3&. 



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hb. Stèle funéraire, trouvée dans les déblais au Nord du Gapi- 
tole. Sommet arrondi. Hauteur, o m. 76 ; laideur, o m. 39 ; épaii~ 
seur, cm. i55. Hauteur des lettres, om. o3& à m. 03 5. 



D-M'S 
LICINIA-AT 
TICA-P-V-A 
LXX-H-S-E . 

Les A ne sont pas barrés. 

. . Ù(it) m[anihm) t(ttenm). Lieinia Alttea 

r{ia) ,<».) «(»■;.) ux. H(i,) .(,») «1). 

&1. Stèle. Hauteur des lettres, om. o35. Formes irrégulières. 

D • M ■ S 
Q_- NA PO T 
VSFAVSTV 
SPV-AXXI 

H ■ S • E 

D(i*) M(aiianu) s{aerttm). Q{mntus) Ifapot»u Fauttut 
p(ius) v{ixil) a{nuuj XXI; b{ie} s(ift«) «(t(). 

Le nom propre Nofoua, dont la désineafle rouaina «adie mal 
Torigine sémitique (Naboth), se retrouve sous une forme légère- 
ment dilTérente, Napotû, génitif de Napot(?), sur une autre épi- 
taphe latine de Dougga, précëdemmeat publiée par M. le docteur 
Carton : . ..[Ce(î)]ref — et non Re»[ma] — NapotU JiUa, pia. .">. 

&9. Fragment de stèle calcaire. Hauteur du fragment, om. 58; 

f'> DiemintrUi ipigraphiqaei rt értMalagiqutt tn Tuniiit, p. 1B6, n° 3&7. 



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largeur totale, o ui. 3«{' ^peieaeur, om. lo. BenUiir de* kdfait, 
<,m.oi. 

fM ' P C>qja 
NIVS FELIX ~1 
. . PIVS 
H : S ■. E 

|S(ù) «(nui»») >(am)]. «(«m) />k(fiip<>|iiiu F>£r, 
piut, A(ie) j{i(im) e(<t). 

&3. Sicle calcaini. Hauteur des teltree : o m. o65 à la pKmitre 
ligne, o m. o&5 & la seconije et k la troisièine, o m. o& li la qna- 
triëme, o m. o95 i la derniire. Formes in^guli^ree. 

DMS- 
C ■ SER.V1H 
V S O N O R 
ATVS.P-VA 

Vin» 

IX») «(mtm) ^aenm). qat») Strainu [«Jaaaratt.. 
piiu,} <<m>) a(»«i<) 17/1. 



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— 313 — 

65. Ëpitaphe écornée au sommet, àdroiUi. Hauteur des lettres, 
om. oA. 

D ■ M • , ï 
Q_- V E T T I V S 
DATVSPF-V-A 
LXXXV- HS- F 

Ligue 9. L'oD pourrait lire nussi Viltius, les lettres étant mal 
caraclérisees. — Ligne U. L'E final a très nettement la forme 
d'un F. 

D(i$) Miattihu) [«(oerwn)]. Q{uûUia) Vetliui Datai , P{td>lii)/{ititu), 

v{ixit) o(nnù) LXXXV; A{«) s{Uu») e(st). 

Ii6. Fragment de stèle brisée en haut et à droite. Hauteur des 
lettres, o m. o36. 

vavii^mm 

IS- L / 

H .,.,. 



&<;. Fragment de s\kie brisée au sommet, haut de om. 5o, lai^e 
de om. 38, ^peis de m. 16. Lettres hautes de o m. o5. 

P • V A 
XXVIl 
H- S- E- 

P. Gaucklbb, 
Menbre noa rMdtnt du Goinité. 



Aiciiuioaii. — N* 3. 



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LES TRAVAUX DES MOIS. 
IBLIOTHEQUE ROYALE DE MUNlCh 
MANUSCRIT LATIN 210, DE L'AN 8i8. 



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mncii^oLOGiDirE, 1905. Pi. XIII, p. 167. 



A^- 



i 



CERTOSA DI PESIO. 
FRESQUE DU XV" SIÈCLE 



■,:...dbvC00gIC 



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N iHciiioLOGiqvR, igoS. R XIII, p. 167. 



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CERTOSA DI PE3IO. 
FRESQUE DU XV' SIÈCLE 



■,:...dbvC00gIC 



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Mt'inoire de M. I^ii lluiiii. sur !•■ cininlièru frnnr de Crii'1 (Snnc- Inférieure) , 

Môiiioiri' di' M. Maiiri^'c: Riiveiilt iiir les cnllivtioiis niimisiiinlîqjts de Ma- 
cliaiill (rArn..iltil1.'. p. lui. 

^ÉiM e du vï> aiTÎI, matin. |>. i.i^ki à uivi. 

<:.>m|>t<' rcii'lu <hy. l'uililli-S >\o MM. I.: I>' Ciks^Iu^m: ,-l Uii^ I.etistre dans \:s 

<M'ii.'ii< du N»<lur •'! d'.- l'Otind-Prar.ili, |.. i.uiii. 
< io [III uiuiii'a lion il.' M. Dobi.«i. "iir uti" staliuii ilr jii'thi- iiii Pic lies Sin^, 

,,n.-d,.-li„i,ip... [,..., v,v. 
ilniiiiiiiiiiir^iliun •}- M. V\\-<.<: Dcvt« sur \cs lumuliis de Bcketel (<1anl), 

|.. L,MV. 

M-iiM.ir.' <l'- M. Ro,„: |.e«„lm. sur une -..-iiNllure à Jinr dûfmiv.Tlr a Chi'iloiis- 



lijs. r^ .h W. Ilt^<l^ nt Vii.u.ros'.i! . p. l\i.|[i :< xcii. 

Di..roiits ,1.- M. S[.;[,li;.ii.. G',:,.,., [.. M IT :, \ai. 

UUr "i d.: M. Li^ Mm-ivi i.k Lh-^Tni:cri.>% piu.iqi k, |>. Tat « 

I.o 'lur-- i|<'- :irri.'ti> iriiuitiUTti'l-' u'iiMniiiiil (lis ollld<'r~ Af l'ItiilLiL 
•'I .1.-4 ,.nyi.-\s d'Aind^mii'. n. cm n l'ii. 



<tWdti!.<li 






lb|.pml '!>' M. I.' D' Csmxs si>r un.' r'..j„mi.iii«'uli..u d.' M. Mvs^e lltuis r>:la- 

h>.; uiif lumoUis .k I!...hi!/Pl (G"r.l .. p. rvoi. 
!(;,pp."l de M. K.ii^>he Ufttiit-IVnMs -nr iiu.- noII.'^ d,- M, dr Siint-Ve:<im 



ir t.- r.i.iHK'S .1.. M. I.. .a]iiUiNO M.i.,iw- » 
J!n|.|..i1 d.' M. le 11' i:.i[-jTU -iiiV li d.vi»ivirt" d'un.- .aMlJ di.lis |p pmT do 



iitpi'i.inrs KT cuiiJi[;,\n;*TioNs, 

L-ér!d.|l".iii.'i]t fL-niujiq.i- .!..■ Liï-ii.- i;Mrii,ol, pr \l. !■■ H' Meimkb. p. i:!; 
;. i'.8. 

(.-■f^ rWli-T- roii.aii'i de rmTou<li5sei.i..nt .le l)iep|i.'. |.i.r M. I'. iJo.iiflll. i-ur- 
• ..'.p<.i»lnnt du <:..mih'. p. l'i.j A i6«. (/7»..r/„', A' <■> .V/.i 

Lr> tiatiiux di-s in'Ms d»>i< un nmnusrrlt d<- la (tiMiollir.pi.'^ r.>val.- .!■> Muuieli, 
pnr M. Amôd.-.' Boisi:i,.-irfliivi4l<'peli''n{;ra|>lii'. |>, i Oi à l'iô. {l'Iaiulii' XII.) 

I 11.- ri>'».|ui' du it' ni.'-i'l.' à lu lierbisa di P<<>in, par M. iie I.au.ie. ri>rr(»pon- 
danl dii Coinilé, p. iCG » 177. (HnnEk -t/H.) 



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SOMMAIRE DES MATIERES 

CONTENUES PANS LE PRÉSENT NUMÉRO. 



PBOCES'VEDBAUX DE LA SECTION D'IRCllÉOLOaiE. 
SfiHCB du i3 novembre igoS, p. giiii A ciixt. 

Rapport de M. Héaox de Villifosse sur nn mémoire de H. le D' Liilorb relatif 
i une marque de verrier romain, p. cuiit-cmit. 

SiANCE du 1 1 décembre i go5 , p. ciiiii à ciui. 
Rapport de SI. le D' Capiiis sur un mdmoire de M. Jules Beidpb£ relatif i ia 

Btalion préhislDrique do Bols-l'Abbi^ (Meur)h&«l-MoBelle), p. cuioit à cit. 
Rapport de M. Duhuiei; sur Ica ducumcnls rdalils aoi peintres de bannières i 

Périgueux, réunis et communiqués par il. Ferdinand Viuepilet, p. cil k 

Rapport de M. GuiFcnEv et communication de M. le cb 

gravure du m* siècle, p. ciiii à cilit. %^^ wf/^ tl£Ut<rT- 
Note de M. di Loisne sur un cimetière do Icpoquc DarbSnraltétnune (Pas^le- 

CalBi3).p. CILlvé CILVI. 

Rapport de M. Siglio sur une notice de M. l'abbé Anrciva d'Agnel relaU.ve à une 
cnàase deboia, décorée de peintures, provenant de l'abbaye de Lérias et 
conservée i tirtisae, p. cii.vi-cilfi]. 



PBOCfts- VERBAUX DE LA COHUISSION DE L'AFRIQUE DU ^OaD. 

StiBCE do 17 janvier igoS, p. ci à clv. 

Inventaire dressé par M. Oooïet des antiquités recueillies au cours de la con- 
struction du chemin de fer de Ga£>a et oETertos au Musée de Sooese, p. cb-CLi. 

Noie de M. Giiicei,eb mr Aeai inscriplions chrétiennes sur mosaïque découvertes 
à Vppenna, p. eu è gliii. 

Noie du R. P. DBUrrRE et rapport de M. Héhos de Villivosse sur une inseriptioD 
romaine découverte à Carlhage, p. clli-clv. 

StiNCE du là février IQO&, p. clii à cliv. 

Nol« de M. Gacckleb sur des statues découvertes dans le Ihédlrc de Carthige 
et sur les inscriptions chrétiennes trouvées k Uppeana, p. clti-cltii. 

Note de M. GiircKLEii sur une inscription bilingue, latine cl néo-puniqnc, trouvée 
■n Djebel- Mail sour, p. cm h clxii. 

Communication par M. Gsell d'une inscription romaine provenant de M'rikeb- 
Tliala,p. cwi«. 



Communication de M. Giccelee sur la découverte par H. De^iiid d'un atelier de 
poteries à Henchir-es-Srira, p. clïv: à cuii. 

( Voir la tuile à la Iroùièmt page à» la couw rliirt. 



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— cxitx 

piDse. Celte note devratl é(re publiée, avec le dessin de M. Collard, 
dans le £iiQ«ttN ttrdMogiqiu, ~ Adopté. 

M. Reidach annonce ensuite qu'il a exposé au Musée de Saint- 
Uermain, dans la chapelle, le moulage d'une inscription latine de 
très basse époque relevée par M. l'abbé Cazauran dans une ^ise de 
rarrondissement de Mirande, et dont il a été question à la séance 
de juin. La lecture et la paléographie de ce texte présentent de 
grandes difficultés; il se propose d'y revenir ultérieurement. 

M. RtiflicB rend compte d'une lettre de M. Henry Corot, relative 
aui dernières fouilles qu'il a pratiquées dans les tumulus de Miaot. 
Ces rouilles ont donné des réïullats intéressants qui feront l'objet 
d'un rapport détaillé de M. Corot. 

La note de M. Henry Corot sera déposée dans les archives du 
Comité. 

M. RkiHACB lit un rapport sur un mémoire de M. l'abbé Poulaînc 
relatif i des sépultures gallo-romaines et burgoudea découvertes jt 
Voulenay (Yonne) et exprime l'avis qa'il peut être publié dans le 
BulUtin ar^tiviogvpÊt avec les photographies qui l'accompagnent. 

M. SiOLto lit un rapport sur une notice de M. AlTred Leroux, ar- 
chiviste du département delà Hnute-Vienne , membre non résidant 
da Comité, relative au don fait par Charles Vil, en lA'ig, au 
prieuré de Saint-Léonard de Noblac, d'un reliquaire d'argent doré 
représentant la Bastille Saint-Antoine de Paris : 

"Ce rdiquaire et le don du roi n'étaient connus que par la 
mentioa faite en 1760 par l'abbé Oroux dans son HùUmt de Saml- 
Léonard. M. Leroux confirme ce témoignage en produisant une pro- 
clamation des consuls de Saint-Léonard de Noblac , du 9 1 septembre 
lAAg, extraite des archives de la Haute-Vienne, et trois mentions 
relatives k la treoslalion des reliques dans la cliisse envoyée par le 
roi, qui permettent d'en fixer la dote au aS septembre de ladite 
aanée. 

vfai l'honneur de proposer la publication intégrale de ces do- 
cumenta et de la note de M. Leroux dans le BuBetin anhéologiqtu.'o 
— Adopté. 

AKiioLMii. — N' 3. I 



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M. FiOD lit un ni|iport lur an ouvrige poor l«qiifll ane mu- 
scriptioQ a été demandée 1 H. le Miniaira de l'IiutruetioB pu- 
blique. 

La léance est levée à 5 heurea. 

LtSt(rH»ir* a^fBwl J» h Stttwi d 'm xlié ri t f ii . 

U. PlOD, 

'' Membre du Comté. 



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18 NOVEMBRE 190B. 
BÉANGK DE LA SECTION D'&HGHâOLOGIE. 

PKHilDBIOI Dl *■ flilOH Dl *lLLirOS»l. 

La e^nce eat omarte a U heures. 

Le procfes-verbat de la dernière eéniice est lu et adopta, 

M. de Saint-Arroman donne lecture d'un arrêté ministériel en 
dut» du 11 juillfli 190$, BOtnmant MM, Durrieu, JulliaDatMiehon 
membrsi de la SfcUon d'arcbàilogie du Comité. 

M. le Président adresse aux nouveaux membres des compltia«ati 
de bienvenue. 

Il communique des lettres par lesquelles MM. Jullian et Th^de- 
nat fl'eicusent de ne pouvoir assister i la sdance. 

H. le Préaident dQnne lecture d'um lettre de M, Tbierg, toq#er- 
raleur du Musée de Narbonue, correspondaat du Comité, dans 
laquelle celui-ci expose les raisons qui l'ont empécli^ de portar i 
la connaissance du Comité les dernières diScouvertes archéologiques 
fàitw Jt Nkriionaa. 

M. le Secrétaire donne lecture de la comniotidanee : 

La Société arcb^ologique du Midi de la FraoM adreiae une 
demande de subnstion en vue de lermiaer Igt recttsrebw nrçliéo- 
logiquea entreprises à Toulouse el dans les environs. — •Rmvoi i 
M. Babelon. 

Mt l'abbé Amaud d'Agnel, correspondant da Comité, enn>(« 
aoe notice aur uu diAesa de boia ornée da peinlupea, pmvpnaat 
de l'abbaye de Léring. — Renvoi à M. Saglio. 



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M. Jules Beaupré, correspondant de la Société nationale des 
antiquaires de France, k Nancy, adresse au Comité une notice sur 
une station funéraire k mobilier néolithique et Bur l'allée couverte 
de Bois-rAbbé( Meurthe-et-Moselle). — Renvoi à M. le D''C8pitan. 

M. le Préfet des Basses-Alpes écrit pour signaler au Comité la 
découverte, par MM. Coi et Leroy, d'une station préhistorique à 
Ilevest-d es-Brousses. — Renvoi à M. Salomon Reioach. 

M. CollarJ, correspondant du Comité, ji Auch, envoie une note 
sur lo mosaïque d'Oriiessan (Gers) et une planche de dessins 
d'objets recueillis sur le lerritoite de la commune d'Ordao- 
Larroque (Gers). — Renvoi â M. fléron de Villefosse. 

Le même correspondant envoie une note sur la découverte de 
trois haches de brome aux environs d'Auch. — Renvoi à M. le 
D' Capitan. 

M. Henry Corot, à Savoisy, adresse nne demande de subvention 
en vue de poursuivre ses fouilles dans les tumuius du groupe de 
Baugca, près de Minot (C6te-d'0r). — Renvoi è M. Salomon 
Reinach. 

M. Desfoi^es, instituteur public, à Fiéty (Nièvre), envoie des 
notes sur l'âge de pierre dans la vallée de l'Alêne. — Renvoi i 
M. le D^ Capitan. 

M. Destandau, correspondant du Comité, adresse la copie d'un 
acte relatif à la construction, en i583, de rh6pitat des Baux. — 
Renvoi à M. Grandjean. 

M. l'abbé Hermet, à L'Ho8pitalet(Aveyron),sollieit«nneBubv«h 
tion en vue de poursuivre les fouilles de La Graufesenque , près de 
Millau. — Renvoi i M. Héron de Villefosse. 

M. de Loisne, membre non résidant du Comité, envoie une 
note sur ta découverte d'un cimetière franc, h Béthane. — Renvoi 
k M. Prou. 

M. le commandant Pinet, bibliothécaire do l'École polytech- 
nique, adresse une note sur 1a découverte, au cours des travaux 
entrepris à l'École polytechnique, d'une sépolture gallo-romaine. 
— Renvoi à M. Jullian. 



^ 



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M. Albert Terrade, h Saint-Florentin (Yonne), demande aoe 
subvention en vue de poursuivre des fouilles sur l'empiècement du 
cimetière mérovingien du Van-Donjon. — Renvoi à M. Prou. 

M. le chanoine Urseaa, correspondant du Comité, à Angers, 
envoie une note relative à une gravure sur bois du xvi' siècle. — 
Renvoi à M. Guiffrey. 

M. de Vesly, correspondant du Comité, & Rouen, envoie des 
notes snr la découverte de tombeaux antiques à Charleval et k 
Morgny-la-Forét (Eure). — Renvoi à M. Babelon. 

M. do Ville d'Avray, conservateur des Musées de Cannes, adresse 
au Comité des notes sur Pon^oniana, et le dessin d'une inscription 
funéraire relevée à Hyëres. — Renvoi à M. Héron de Villefosse. 

M. Villepelet, correspondant du Comité, à Périgueux, envoie 
une nStice sur les peintres de bannières de P^riguenx aux xiv* et 
XV* siècles. — Renvoi à M. Durrieu. 

M. de Saint-Arroman donne communication d'une lettre de 
M. le Sous-Secrétaire d'Etat des Beaux-Arts è M. le Directeur de 
l'enseignement supérieur, lui faisant savoir que, pour répondre 
aux vœux émis par la Section d'archéologie, dans la séance du 
iU novembre igo/i, il a chargé M. Formigé, architecte en chef 
des Monuments historiques, de lui adresser un rapport sur les 
deux questions qui préoccupaient le Comité, c'est-à-dire In 
recherdie des fragments d'une inscription latine, dont un premier 
fragment avait été trouvé à Orange, et les mesures k prendre pour 
assurer la conservation des antiquités de cette ville. 

Sont déposés sur le bureau les ouvrages suivants, oITerts au 
Comité par leurs auteurs : 

Rmme prikirtonqiie iUutfrie de fEtt de la Frmux, i " année , n" i ; 

Èimwgrafkie de VigHie de Maule, par M. Coqnelle, correspondanl 
du Comité ; 

Lajaw&e du grmd tumvlvi de Lan^^{C6te-tOr), par M. Henry 
Corot, en collaboration avec M. de Virien; 

Lu biu^elù/i gailo-nmamt du Mviie ti de h calkédrtde du Pay, 
par M. Joseph Déchelette, membre non résidant du Comité; 



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Jréneie BwnfiOûe), par M. Houle; 

Qaelquti aiMûnnn (IsttiM d«» igUi»! rvrAlw i^ iIimIm éê RêkM, pu 
M. Henry Jadarl, membre oon résidant du Comité; 

Ia ffimim dês MUÈieiau ie TAcâiènùt ai RÛmi duwuM^aml tgo5, 
pir le tn^me ; 

Mvtie de Troya. AnhéoiogiemiminiunUik. SupjtUmmt a» Cakâagtu. 
par M. Louis Le Clert, membre non rendant du Comité) 

Ia tuitt ici /tMtamet dtmt Semt^t-Om, par M. PliDcouard, oor- 
respondant du Comité; 

Élude eritique nir le nom et remplaeemenl de datx opfida eebiquet 
mnaiamtéi par Cet», par H. Soyer, eortfspobdant du GomitiÇ; 

Ttm nawotuiài deeMimtt inUiU twr JtÊM Bouditr, pebare twm y ff 
{i56g'i633), par le mâme; 

Tombeau du maréckal d^Onumo, à Auhenat, monxnunt hUtorvpu de 
FArdtdte, par M. Vaschalde, Correspondant du Comité. • 

■ Ces ouvrages seront disposés à la Btblioth^ue nationale, et des 
remerciements aeroot adressés aux auteurs. 

M. \k Secrétaire donne lecture d'un rapport de M. tu Lasieirib 
sur une notice de M. Henry Vnschalde, correspondant âa Comité, 
à Vals-Ies-Bains (Ardèche), relative & une métairie sise au Grouxet 
ût ayant appartenu ik l'abbaye des Chambons, en Vivarals : 

rII y reste un bâtiment en belles pîarrea de tulU avec les 
armes de l'abbaye, dont M. Vaschalde ne donne pas la date, mais 



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Ollll 

freinent et de la tranBcriptioa de ces timbres de verricrB. Il Berait 
utile de publier cette note dans le Btdlttm du Comité avec le dessin 
qui l'accomp^ne. — Adopté. 

MM. LBFËraR-PoNTiLis et Scblumbekoes lisent des rapports sur 
des ouvrages pour lesquels une demande de souscription a été 
adressée k M. le Ministre de l'Instruction publique. 

La séance est levée k 5 heures et demie. 

U SMrkuirê «ftoiM i» la SMmh d'oathMogie, 

M. Pkoo, 

Membre du Comité. 



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11 DÉCEMBRE 1905. 



SÉANCE DE LA SECTION D'ARCHÉOLOGIE. 



PIlftSIDKIICB DE H. nfeROK DE T1LLEF0S8& 

La séance est oaverle à tt heures. 

Le prociB-Terbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Président adresse à M. Camille Jolliao des compliments de 
bienvenue. 

Il communique des lettres par lesquelles MM. Babelon et de 
Lasteyrie s'excusent de ne pouvoir assister à la séance. 

M. de Sainl-Arroman donne communication d'une lettre de M. le 
Sous>Secrétaire d'Étal des Beaux-Arts i M. le Directeur de l'Ensei- 
gnement supérieur, à laquelle est joint un rapport de M. Ponnigé, 
architecte en chef des Monuments historiques, sur la recherche 
d'une inscription et la conservatioa des antiquités de la ville 
d'Orange. Il résulte de l'enquâte ouverte par M. Formigé que, lors 
de In découverte du fragment de cadastre de l'ancienne colonie 
d'Orange, on a étendu l'excavation à droite et i gauche dans le 



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— Qxxxni — 

promesse de M. le niaîre d'Orange. Il deminde que Ig Commissiou 
des UonumentB historiques donne suite k VaSùte et prenne le plus 
tAt possible, d'accord avec la manieipalité d'Oranga, les mesures 
nécessaires tk rinstallalion d'un musée en vue de sauvegarder les 
antiquités. 

M. te Secrétaire donna lecture de la correspondance : 

M. Ulysse Dumas, correspondant du Comité, à Baron (Gard), 

envoie une note sur un fragment de statue découvert à Saint-Jean- 

de-C^T'^irgaeB (Gard). — Renvoi à M. Michon. 

Le même correspondant envoie quatre notes sur les dalles per- 
cées dans les sépultures souterraines; sur un mode nouveau de 
sépulture néolithique; sur les gisements du Gros de Peyrolles et 
de Foîssaguet; et sur l'usage du croissant à l'époque préhistorique. 
— Renvoi à M. le D' Capitan. 

M. le chanoine Métais, correspondant du Comité, à Chartres, 
demande une subvention pour exécuter des foDiltes sur l'empla- 
cement de Tancienne abbaye de Josapbat. — Renvoi & M. Eugène 
Le(%vre-Pontalis. 

M. Henry de Gérin-Ricard, correspondant du Comité, k Mar- 
seille, envoie une notice de diverses antiquités trouvées dans la 
la vallée de l'Huveaune. — Renvoi k M. Jullian. 

M. de Loisne, membre non résidant, adresse au Comité une 
note sur les fonts baptismaux de grès, dans l'arrondiseement de 
Bélhnne. — Renvoi i H. de Lasteyrie. 

M. Véran, architecte des Monuments historiques, correspondant 
du Comité, envoie une notice sur le temple de Diane à Arles. — 
Renvoi à M. Héron de Villefosse. 

MM. le D' Capitan et Perrot sont chargés de rapports sur des 
ouvrages pour lesquels une souscriplîoa a été demandée k M. le 
Ministre de rinstruction publique. 

L'ordre dn jour appelle l'examan et l'étaldissement de la liate de 
propositions des distinctions honorifiques k focrasion du prochain 
congrès dee Sociétés savantes. 



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^ 



M. le Sflfrétaîra dùaa» Uctnre d'un rapport àt M. Bibilor inr 
une demuide àa subvention form^ par li S«ei4té archéologi^Be db 
Midi de U Frani» en vue de termiaer les recharchM trchéotoffiquei 
entrBprieei à ToalbuH et dans les eavirou. 

Le Comité décide qu'il y a lieu d'accorder celte subvention. 

Lecture est donnée d'un autre rapport de M. Bibblor relatif à 
la d^uverle de tombeaux antiques k Cbarieval et à Morgny (Eure), 
et concluant à l'impression dans le BuUetîn anh^Iogîque de la note 
que M. Léon de Vesly a écrite à ce sujet, — Adopté. 

M. le D' CjkPiTAN Ut UD rapport aur un mémoire de M. JoUa 
Beaupré, de Mau^, relatif à la station funéraire à mobilier niN>- 
litbiqueetà l'alUe couverte du Bois-l'Abbë, commune de Sexey-iuv 
Forges ( Meurtbe-et-Moselle ). 

n Cette station, découverte par M. Jules Beaupré, comprend deux 
groupes de sépultures sous tumulufi, tr^ surbaissés, distants d'en- 
viron trois cents pas l'uQ de l'autre. 

trLe premier groupe était recouvert d'un tumutus haut seulement 
de 1 m. &o au centre et large de 9& et ao mètres. Presque au 
centre existait une all^e couverte formée de dalim verticalea mesu- 
rant o m. &o i 1 mitre de large reposant sur le sol naturel , allée 
longue de 10 m. 5o, lai^e de o m. go et haute de o m. 6o i 
o m. go, et recouverte de grandes dalles. Elle contenait une terre 
noire fine et, diBséminés sans ordre, quelque* fragmenta osseux 
humains, un grattoir de siiei et un os apolotA. Le sol était recou- 
vert de pierres plates. Les os reposaient en géuëral inr une mince 
couche de petits galets de quartz ou de quartzite. A l'Ouest de la 
galerie, on remarquait l'amorce de deni caissons de pierre. 

«Cinq Caissons isolés se rencontraient aussi sons le même lu- 
mulus : quatre au Sud de la galerie et nn an Nord. Ils mesaraient 
en général a mètres à 3 m. 5o de longueur, sur o m. 8o i o m. 90 
de largeur. Leur construction était la même que celle de l'allée 
couverte. Ces caissons renfermaient au milieu d'une terre noirâtre, 
le premier une pointe de lance et une pointe de flèche de silex, 
le second quelques fragments d'oi et d« poteries; de même dans le 
tntifliime, qui présentait cetifl particularité curieuse d'Aire lermé à 
une exirémité par une dalle percée d'un trou naturel quî anil élé 



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bouché par nos picm introduite dÎAi cet otified. DaiiB Im qua* 
Iriftne et ciDqaiimfl caiMon» , il n'y atait que das débrÎB d'os et d« 
ohtrboD, et les débris d'an vaae éeraeéi 

ffEatre ces calseons, M. Beaupré a découvert et rouillé buit 
amas d« pierr«0 bous lesquels il a trouvé dea fragmeats de vasai et 
d'oaa«ia«nt« fanmains; an uD point ttiénie, ua aqualctl* preaqiM 
entier, puis un oi apoioté, plusieurs silex Uillis, aoit éolalt, toit 
racloirs (a). Ces amas de pierres ne sont autre chose que les mines 
de petits caveaui sépulcraui, voâtés, construits en pierres sèches 
et dans lesquels avaient été inhumés les cadavres. LeB infiltrations, 
le tassement des terres, les anîmauE fouisseurs, ont fin! par dé- 
truire ces petits monuments et par les transformer en aoias de 
pierres informes où on ne retrouve qu'exceptionnellement quelques 
pierres plates en place, permettant de restituer hypothétiquenient 
ce qu'étaient ces constructions. 

irLe second groupe est constitué par un tumuluS plus surbaisué 
que le précédent et renfermant deux caissons, dont l'un, divisé en 
deux, de 3 m. 5o, et l'autre de i mètre seulement de longueur, 
construits tous deux en gros matériaux, et un long pierrier. Le 
premier caisson renfermait les débris de deux squelettes et un mor- 
ceau de calcaire naturel en forme de haché (hache votive î), pftr- 
licularilé d'ailleurs plusieurs fois observée déjà dans des dolmens, 
puis des fragments de poterie. Dans l'autre caisson, il y avait les 
restes d'un squelette ayant été couché sur le cAté. Au Centre du 
pierrier, il y avait cinq grandes dalles debout et trois blocs Ssseï 
vtriuminau^. Il lomble qu'elles aittit cunstitué ane d4i paroie de 
eaVeaui vofttés, (]UÎ auraiont ainsi recouvert trois eo^M, dont les 
squelettes ont été retrouvéi par M. Beaupré avec Un grand édst 
dé qaartiile, nn radoir, deux belles pointes de Sèche triangulaires 
et une hache polie, le tout de silex. On peut admettre qu'il y a eu 
là les mêmes oanaee de destruction que dans l'aotre groupe. 

irEn somme il s'agit là d'un ensemble très curieux de sépultures 
nMithiqueai un peu particulières daoi leur groupement, mais ren- 
trant néanatoios dans lee types qu'an a observés en Bretagne, par 
eumple. Lear très grand intérêt réeulte de ce que c'est U pre- 
mière fois qu'on observe dans l'Est un pareil enaeiAbU sépukral 
néolithique, les innombrables tumulus de la région ayant toujours 
donné des mobiliers de l'époque du bronze ou de t'époque hallstat- 
lienne. On peut ajouter aussi que le soin extrême apporté par 



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CIL 

M. Beaupré k ses fonHIes , joint i sa grande compétence , lui ont permii 
d'arriver à une exactitude tout h Tait remarquable dans ses obsena- 

tions et s<^ descriptions. On ne peut que l'en fêlicîier Lr&s vivement t 

H. le D' GiPiTAR fait un rapport sar les reproductions que 
M. GoIIard, correspondant k Aucfa, a adressées au Comité, de pièces 
préhistoriques recueillies dans la région qu'il habite : 

«Aujourd'hui notre correspondant envoie les figures de trois 
haches de bronze et de Iroi» haches polies. Ces planches prendront 
place dans les archives du Comité k c&té de celles qu'il nous a 
précédemment transmises, pour constituer un intéressant ïnveu- 
laire local. i — Adopté. 

M. Desforges, instituteur public à Fléty (Nièvre), avait adressé à 
M. le Ministre de l'Instruction publique une demande de subveo- 
lion en vue de poursuivre des recherches sur l'âge de pierre dans (u 
vallée de l'Alêne (Nièvre). 

M. le D' Capîtan ayant besoin de renseignements complémen- 
taires ne présentera son rapport qu'à la prochaine séance. 

M. DtiHRiBti lit le rapport suivant sur une communicatioQ de 
M. Ferdinand Vitlepelet, correspondant du Comité, relative aui; 
puinUes de bannières à Périgueux aux xiv* et iv° siècles : 

R Les archives communales de Périgueux renferment une riche 



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que les peintres et enlumineun , au ht' siècle, rormaient un petit 
monde parfois asaei turbulent. 

rDbus une pièce de procédure, ii est question, en iSag, d'an 
maître irMichael lo penheder», c'est-à-dire Michel le peintre, dont 
la femme est citée comme témoin dans un procës^'). 

(tA Périgueui, d'après les comptes, les artistes employés par la 
ville ne peignaient pas seulement des bannières; ils étaient aussi 
cbai^éa de placer les armes du maire eu exercice sar les pennons, 
qui étaient renouvelés tous les ans, des trompettes affectées aux 
sergents de la ville. 

(tEn i3a&, un contingent de sei^gents d'armes que la rille de 
Périgueux envoie rejoindre Tarniée du roi à La Béole porte une riche 
bonoière de soie violette, garnie de franges d'or, qui est l'œuvre 
du peintre (peuhedor) Moodoli. Ce même Mondott peignit aussi une 
bannière que le contingent de Pérîgueus porta à Saintes en 1 33o''). 

rA cdté de lui, apparaît un autre peintre nommé Raoul {RaÂul- 
pAui), dont la femme s'appelait Hagaette. En iSaS, ce Raoul 
peint des pennons de trompettes. En iSsy, il est poursuivi judi- 
ciairement par un certain Arnaud Texier qni, fait intéressant ik 
noter, lui réclamait douie émaux (vah impetratione duodecim 
emaaxs [w] proposita per Arn. Textoris contra dictnm Radul- 
phum»). En 1 33^, il exécute d'antres pennons de trompettes. Des 
travaux analogues lui furent encore payés en i336 et iSâoH 

rEn 137B , k propos d'une nouvelle commande de pennons, les 
comptes parlent d'un Jean Maubot. Mais, comme le conjecture 
M. Villep^et d'après le document, ce Jean Maubot parait avoir été 
plottlton doreur'^'. 

«La eontume de peindre sur les pennons les armoiries du maire 
entraînait forcément des renouvellements fréquents, et par consé- 
«guent des frais. En iSyg, les maires et consuls décidèrent que 
dorénavant on ne pendrait plua les écussons des maires sur les 
pennons des trompettes comme on le faisait «rd'antiquitati, mais 
ecnlement les armes de In ville de Périgoenx l'>. 

0' ArehivM eommniiale* ds Péngueni, FF io3, fol. lia recto et i«A veno. 
(» IM.,CC &6, p. 67, elCC 5d. 

I>1 tbid., OC l^^, anndes i395-i396; FF 3o3, M. io8; CC 53, fol. i; CG 
Se.annëej i33t)-i337; et GC 5g, innées i3&o-i34). 
IV Itid., GC 67, fol. 3. 
(» A>d.,BB i3,fol. SiP«Ht Uvrt noir de VHUA dt m\e). 



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HPoBtâriaurementi cette date, M. Villepelat o'a plua muMuM. 
avant d'arriver aux époques relativettanl modarnea dat xvi^ et 
xrui* sièelos, qu'un aaul peintre, Jean Relian ou Betiff. 

■En iU6S,te «JohinRetieuti peignait pour la viUadaa pennoni 
et des écuBsona. Il était chargé aàiii de msttre- an itat (miltiar) 
les deui vitraa d« la ehambra dn Comulat, ea qui paat dsnnar i 
penaer qu'il «'occupait da vitraux paÎBla. En 1&78, aoua la dU- 
gnation de «Jdian RetiiFn, ÎI peint dea émanow ana armai da la 
*ille i l'oecBiion d'nne grande proeeiBÎon I". 

«A propos de ces divers travanx exécutés pour la villa de féi*- 
gueux, M. Villepelet cita, dans le texta original, lea axtraîla de 
ooniples qui a'y ripporteuL L'auteur expose auaai à quellaa drctm- 
stanees historiques ae rattachent lea causes das commandas. Catta 
partie du eemmentalra est trits saigaeiuaniciit faite. Hais l'expoeé 
minutieux des détails « surtout un intdrét looal. Caat dana nne 
Remu du pays qua cas développements trouveraient la mianx leur 
place. Pour les faits dignea d^étre notés bu point da vue de This- 
toire générale de l'art en France, le rrfsumé précédant suffit k 
dégager tout ce qui mérilfi l'atlentiDo, J'ai donc l'honneur de 
vous proposer ie dépAt , dans les archivas du Comité, da la note 
envoyée par M. Villepelet.» ^^ Adopté. 

M. GcitTiRT lit on rapport sur une note da M. la ehanoine Ur^ 
seau, correspondant du Comité' i Angers, eoneemant Its débris 
d'nne vieille gravure sur bois, aoigneuaamant recueillie par lui 
dans la doublure de deux vieilles dalmatiqusa acbeléna «n igoi. 

H Disons tout de suite que notre correspondant deatioe gânénB' 



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Btw de larges bandes Bur leaquetlea lont broddsdivcMpsr«Miiiigei, 
apfVteM, marty», moioes et vierges, plaoéi Botu un dais doat U 
partie supérieure est ornée d'une coquille. Ces bandes étaient ^ipli- 
q«é« mr nn fond de coie TÏdette, complitMtent uai, qu'il ÂHut 
remplacer. L'ouvrier que je chargeai du travail enlera Migueiiu- 
ment le papier ear lequel les broderies avaient été eoiUn et m'en 
remit tons lei fragments. C'est là, parmi des msauscrits sans in- 
tërât, que je trouvai li oorieuae gravure qui fait l'objet de cette 
notice : elle avait été coupée, dans le sens de la longueur, en deux 
parles ioégales et utilisée, à défaut de bougraa, pour augmenler 
la rigidité dos baudes. Sauf quelques centimètres qui manquent, 
du haut en has, sur )e eélé ganche, aux deux tiers de la lai^^r, 
die est presque entière. Malgré son aspect peu séduisant, c'est ua 
précieux spécimen de l'art du graveur sur bois, dans le premier 
tiers du xv)< siMe. (PI. XXVIU.) 

rCette naïve image mesure, bordures comprises, o m. 117 de 
largeur sur o m. &91 de hauteur. Dans ia partie inrérieure, au- 
dessus d'un long recUngle couvert de hachures obliques, on lit 
ce nom, en lettres hautes de o m. oa t : 

AMIENS 

aOeui balustres ren&é» soutiennent une areade surbaissée et 
servent d'enudrement au reste de la composition. Sur le plan 
même où s'appuient les balustres, la salamandre entourée de 
flammes, ucbÛme cher à François I'', porte une flouronoe royale, 
d'où sort ont tige d'arbre à laquelle sont suspendue deni éeusaoBS. 
D'abwd, ealui de la vîUe d'Amiens, avec deux licames poar sup- 
ports : £^é de gueuhi, au eh/ £tumr, ttmi it JUwn d$ Ut d'er; 
mais déjà le champ de gueules commence à se ciiarger de feuil- 
lages, qui deviendront plus tard deux lierres d'ar[j[eDt, Puis, celui 
de France, entouré du collier de l'ordre de Saint-Michel et soutenu 
par deux anges, Rpour monstrer (jue les anges sont les génies et 
appuits des armes de nos roys, les tenans et gardiens de leurs cou- 
ronnes ('J«. Entre les deux éeuasons, le tronc de Tarbra donne nais- 
sance i deux branches, qui se terminent par un énorme bouquet. 

rrAu-dessus des armes royales, figure une Vierge, en buste, te- 
nant entre ses bras l'Eu fan t- Jésus. La mère et l'enfant sont nimbés 



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et eatoarës d'une aur^le de rayons et de flunmes. Deux angat 
soutiennent une l>^ conronne, qu'ils vont déposer sur la tAle de 
lenr reine. 

nDes couleurs, appliquées k la main, atténuent légèrement la 
rudesse des traits et égayent le tableau. 

«A quelle date faut-il attribuer cette plaacheî La question est 
Taeile k résoudre. IjOS procédés employés par Tartlite et qui sont 
ceux des fabneants de tarots du commencement du xti* ùècle, la 
présence de la salamandre couronnée, les broderies mus lesquelles 
on a découvert la gravure, tout rappelle l'époque de François I". 

nLe nom et les armes d'Amiens sembleraient indiquer que le 
travail y a <^té eiécalé. Mais, sous François 1', Amiens, panlt-il, 
ne possédait ni tarotiers ni imprimeur*. Bien que le premier livre 
sorti des presses de celte ville ait été imprimé peu après 1607 <'', 
il faut descendre jusqu'au dernier quart du ivi* siècle pour en re- 
trouver un antre. 

«K quelle occasion cette vieille estampe a-t-elle été faiteT A 
quel u^age a-t-elle pu servir? Je l'ignore. Les dimensions et le 
format ne permettent pas de s'arrêter Ji tliypotb&se d'un fronli- 
spice de livre. J'admettrais plus volontiers l'idée d'un en~téle d'af- 
fiche. François I" est allé plusieurs fois à Amiens, notamment eu 
i5t7; il y fut reçu avec beaucoup d'éclat : qui sait si cette véné- 
rable image n'ornaït pas le programme d'une fêle donnée en l'hon- 
neur du roiî 

itQuoi qu'il en soit de ces détails, le document parait absolu- 
ment inconnu. Je le destine & la Bibliolhëque nationâe, pour 
laquelle M. Bouchot, l'éminent conservateur du Cabinet dee es- 



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D,j.,.db,Googlc 



CXLVl — 

loaéréea ilaiu des batos; plus un anneau de cuivre et un ct^isr 
de grosses perles de Tormes diverses. Ce collier comprend un» tren- 
taine de grains d'ambre, de mastic colora i stries, de verre Meu 
ou de terre de forme aphc'rique, lenticulaire ou eylindriqtte. La 
technique en est bien connue. 

kEu résumé, nous n'avons rencontré, jusqu'à ce jour, anenn ob- 
jet particulièrement int^ssant dans le cimelière franc de Béihune, 
mais l'exploilation de la sablière se poursuit et il n'est pas doaleoi 
qu'elle n'amène d'autres découvertes. D^ maintenant noos avons 
voulu signaler au Comilâ celles qui ont été faites, regrettaol qu'il 
ne nous ait pas élé permis de diriger mélbodiqnement les fouiUee, 
de façon k obtenir des résultats plus complets.» 

M. Pnou lit un rapporteur une demande de subvention formée 
par M. Albert Terrade, agent voyer cantonal k Saint-Florenlin 
(Yonne), membre de la Société des Sciences de l'Yonne et de la 
Société d'études d'Avallon , en vue de poursuivre les fouilles qn'il 
a commencées dans un cimetière de l'époque barbare eu Vandon- 
jon, commune de Monli)lot (Yonne). 

Le Comité décide de surseoir à la décision. 



M. Saolio lit un rapport sur une châsse provenant de l'abbaye 
de Lérins, et dont M. l'abbé Arnaud d'Agnel a transmis la notice ; 

n M. l'abbé Arnaud d'Agnel , correspondant du Comité h Marseille; 



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différent du sien. La photographie ne fait pas voir certains déUilB 
que ta peinlure précise peut-être. 

vit dois dire que la data de i3Bo environ, aseignée i l'exéention 
de la ehAsse (aîllears il est dit qu'elle a pu être faite à l'oecasioa 
de fêtes qui eurent lieu en i36o), n'est pas celle que j> lui aurais 
attribuée d'après ce que je peux voir. Volontiers je la ferais des- 
cendre jusqu'au xt' sifecle, à cause de la maniëre de présenter et 
de traiter les sujels et de certains détails de costume qu'il faudrait 
pouvoir examioer de près. 

(iJe n'y trouve pas la naïveté et la prédominance des éléments 
symboliques qui, d'après notre correspondant, la ferait croire, au 
premier aspect, même antérieure àigoo. La gaucherie seule de 
l'exécution donne aux figures un aspect très ancien. Il faudrait 
voir la face postérieure de la châsse, décorée, i ce qu'il parait, de 
liges fletirîes dont le style fournirait peut-être une indication. 
L'aaleur de la notice en tire une de la forme des écnssons suspen- 
dus k la bue. Leurs cAtés sont parallèles jusqu'il la moitié au 
moine de la hauteur : c'est la forme qui prévaut k la fin du »v* 
siècle, mais qui persiste pendant presque tonl le xv* siècle. Le 
blason est de gueules & la bande d'or. Quelques recherches pour- 
raient faire connaître le donatenr qui fit faire et orner celte chftsse 
et édairciraient par suite la question posée par l'auteur de la no- 
tice.» 

Le rapporteur conclut h l'impression de la notice de M. Tabbé 
Arnaud d'Agnel dans le Bulletin archéologique. — Adopté. 

M. Hkbon di ViLLEFossE fait un rapport sur une demande de sub- 
vention formée par M. l'abbé Hermet, curé de l'Hospitalel (Avey- 
ron), pour continuer les fouilles de La Graufesenque : 

vM. Joseph Décfaeletle, dans son ouvrage sur les Vmu eSnumqua 
•mÀ de la Gaule romaine, a démontré l'importance exceptionnelle 
des aleiiers de potiers établis à La Graufesenque près de Milieu 
(Aveyron) et a constaté la diffusion extraordinaire de leurs produits. 
Les Rulènes avaient conquis la suprématie dans la fabrication des 
vases à pâte ronge; ils avalent réussi i substituer, sur les prin- 
cipaux marchés de l'empire romain, leurs propres poteries i celles 
des ateliers d'Italie. Il serait donc extrêmement intéressant de con- 
tinupr les fouilles déjA si fructueuses, entreprises par M. l'abbé 



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Hermel, afin d'établir d'une façon complète et dëSoitivc Thistoire 
d'une grande industrie nationale. C'est un devoir pour le Comité 
d'encourager encore des recherches qui ont été eolrepriaes sous 
sou patronage et qui ont donné de si précieux résultats. Les 
fouilles sont assez dispendieuses à cause de la profondeur ji la- 
quelle on est obligé d'atteindre et qui eat souvent de k mètres.* 

Le rapporteur propose d'accorder à M. l'abbé Hermet la sub- 
vcnlîon qu'il sollicite. — Adopté. 

M. Hbboh dk ViLLsrossE lit un autre rapport sur une commani- 
oïlioo de M. le colonel H. de Ville d'Avray, conservateur des Musées 
de Cannes, intitulée : Noiti sur Pomponiana et deuin ^tau iiueriptiim 
funérmre relevée à Hyiret : 

■ La statîoa de Pon^mitma itucrite sor l'Itinéraire maritime O 
entre portui Aleomê (an fond de U bâte de Cavalière) et Tebuit MêrliB 
(Toaltm) doit-elle être recherchée au nord de la presqn'tle de 
Gians, comme le veulent Bonstetten et Desjardinsî On bien oc««- 
pait-dle un point de la cAte près de Carqueiranneï 

rAu cours de travaux récemment exécutés pour ta eonstrtKtioo 
de la nouvelle voie ferrée , qui relie Hyères k Toulon en passant 
par Carqueiranne et la côte, on a découvert des vestiges romains. 
M. le colonel H. de Ville d'Avray, conservateur des Musées de 
Cannes, s'est rendu sur les lieux en août 190b. Il résulte de ses 
tib^ervatlons que le porl de Pomponiana était probablemi-nt situé 
entre la pointe Péro (village de Carqueiranne), La Martine, La 
Valéraoe et Saint-Vincent; sur tous les coteaux environnants, et en 
particulier sur ceux qui sont au nord de Carqueiranne, étaient 
placées les villas formant Pomponiana qui s'échelonnaient vers PEsl 
jusqu'à Al-Monar. Ces ruines ont été signalées dès i8&3 par Fré- 
déric VU de Danemark; on y a trouvé des subsiructions antiques 
et de nombreux débris. M. le colonel H. de Ville d'Avray y a re- 
cneilli, cette année mènae, un fragment de mosafque \ cubes 
blancs et noirs, des poteries rouges, des débris de marbre blanc, 
rouge, noir ou multicolore, un poids romain de terre cuite dure. 
percé d'un trou, un fragment de poterie grise, un autre fragmeat 
de poterie ornée d'une peinture brune. 

"' Éd. Pirtlic; <•! Pinder. n' .îo5. «. 



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— c\ux 

R Quant s l'iDscription conservée à Hyèras et dessinée par DOlrc 
correspondant, elle est connue depuis longtemps; un teite irrépro- 
chable en a é\é inséré au Corpus intcriptionutnlatinantm^^^.yi 

Le rapporteur propose de déposer cette notice aux archives du 
Comité et d'adresser des remerciementd à l'auteur. — Adopté. 

M. Héron de Viixkfosse rend compte d'un envoi de M. Collard, 
correspondant du Comité, à Auch (Gers). Cet envoi comprend : 

1° Une planche reproduisant eu couleurs divers objets, a. Une 
hache polie, -en ophite, qui, par sa matière, sa facture et sa par- 
faite conservation, constitue une pièce importante; trouvée en dé- 
cembre 1899 à Ordan-Larroque , dans la propriété d« M. Saînt- 
Pierre (Jean), elle mesure m. i55 de long sur o m. 007 de 
large au biseau, b. Un petit bronze de Trajan Dtce, au revers 
de l'Abimdanlia Aug., trouvé en aodt 190& au lieu-dit à Mézérac, 
commune d'Ordan-Larroque. c. Une clef de fer, oxydée, trouvée 
en même temps que la monnaie. 

3° Les dessins en couleur de quatre fragments d'une mosaïque 
romaine trouvée k Orbessan, qui malheureusement a été détruite 
au fur et & mesure de sa découverte. Ces dessins sont accompagnés 
d'une noie, dont le rapporteur propose l'insertion au BttUetm, — 
Adopté. 

La séance est levée à 5 heures et demie. 

Le Steritair» aijfotnt de la Stetion d'archMogie, 
Maurice Piou, 
Membre du tktmilé. 

I') CtTfiu ÎMeript. latin., L XII, n" 385. 



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17 JANVIER 1905. 



SÉANGB DK L\ COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

PBKSIDEHCB DB H. HÉRON DB VILLBFOSSK, 

La séance est ouverte à It heureH. 

Le procÈs-verbal de la dernière séance est iu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

M. Gsell a fait parvenir ta copie prise ou vérifiée par lui sur tes 
originaux de presque toutes les inscriptions d'Algérie qui ne GgU' 
rent pas au huitième volume du Corpus et de beaucoup tnénie de 
celles qui y sont insérées et dont le texte avait besoin d'être revu. 
— Renvoi k M. Cagnat. 

M. Gaucklbr envoie un inventaire dressé par H. Gouvet, tagé- 
nieur du cbemiu de fer de GafaB, relatif à une importante collec- 
tion d'antiquités diverses, que celui-ci a recueillies au cours drs 
travaux de construction de ta voie ferrée et qu'il vient de donoor 
au Musée de Sousse. Ce trtvail est accompagné de quelques dessins 
et photofp'aphivs exécutés par M. Gouvet, frère du donateur et 
conservateur du Musée de Sousse : 

irLa collection, — qui comprend des poteries, des lampes, une 
petite tête en marbre, des bulles byzantines, des pièces de mon- 
naie et divers bibelots, — renferme quelques objets de valeur, n<H 
lammeot des lampes figurant, l'une, un chariot passant devant une 
maison romaine , l'autre, un type inédit de la déesse Afrique figurée 
BOUS tes tr.iits et dans l'attitude de Pallas-Athéné; une petite 
tête de Dioscure d'un joli style ; et une veilleuse tronconique h anse, 
d'une forme ini!dite. 



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ffCette collecliou est eBsentiellemeat locale; tous les objela qui 
la Gomposeat proYieuneut du Bled-Makoassi , à une ceDtaîne de 
kilométras à l'Ouest de Sfax , r^ion aujourd'hui désertique mais où 
abondent les restes de te colouisatioD ^rieole romaine. Ces ruines, 
à peu pris ineobnues, et dont il m'était impossible d'assurer U 
surveillance d'une taçoo efficace, ont été saccagées par les entrapre- 
uenrs du ehemia de fer, que j'ai dA poursuivre et faire condamner 
en justice pour leurs actes de vandalisme. 

rM. g, Gouvet n'en a qne plus de mérite à avoir sauvegardé les 
nombreux objets qu'il vient d'offrir au Musée de Sousse; leur pré- 
sence dans un pays qui , il y a moins de dis ans , était enU^rement 
livré à l'abandon, prouve que celui-ci a pu nourrir une population 
assez denA et prospère; c'est un précieui encouragement pour les 
courageux pionniers français qui viennent de s'établir dans la r^ 
gion de Hakuaesi et tentent d'y restaurer l'œuvre de colonisation 
jadis accomplie par lesBomaina.n — Renvoi i M. Toutain. 



M. GiiTGiLRn annonce, en outre, la découverte à Vpenna de deux 
nouvelles inscriptions chrétiennes sur mosaïque : 

n C'est d'abord l'épilaphe de l'évéque Honorius, dont j'ai «tvoy^ 
une copie à M. Monceaux, qui vient de la communiquer de ma 
part à la Société des Antiquaires de France. 

rrLa mosaïque tumulaire, surmontée d'une belle croix latine, 
ansée et accostée de l'alpha et de l'oméga, le tout entouré de l'om- 
rium, est de style purement bytantin , mais de la meilleure époque 
( Justinien). L'encadrement gemmé, en losanges alternant avec des 
reclangles, est simple et très bien compris. U isole l'épilaphe du 
grand tableau pittoresque dans lequel elle a été insérée après coup. 
Ce dernier pavement, atlunant au baptiittère étoile, était divisé en 
deux rostres : en bas, dans de riches guirlandes entrelacées, des 
médaillons occupés par divers animaux; en haut , le motif typique et 
traditionnel du cerf et de la biche buvant aux quatre fleuves, li 
reste les croupes et arrière-trains des deux quadrupèdes , la base de 
la montagne sacrée et quelques-unes des plantes Qeuries qui ani- 
maient te paysage. La première mosaïque, d'un excellent travail, 
me parolt antérieure à l'époque vandale; la Seconde, postérieure, 
mais de bien peu, à la chute du royaume arien et au triomphe de 
la foi orthodoxe. Cet Honorius me semble être le seul év^ue que 



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— CLII — 

nous connaissions jusqu'ici A'Upeima, sans donte parce que ce fol 
le plus illustre et qu'il fut l'objet d'une Ténération spérjale apr^ 
sa mort. Exilé par Hua^ric, gracié par Gunthamiind, il rentra sans 
doute à Upemw après l'aniaistie définitive de à&à, et y vécut pro- 
bablement encore assez longtemps pour voir la mine de ses persé- 
euteurs, puisqu'il ne mourut qu'il l'âge très avancé de 90 ans. La 
mosaïque tumulaire est encastrée dsns le pavement le plus ancien , 
au niveau de la mosaïque des seise martyrs. Elle est antérieure aui 
remaoiemeate qui ont tnmsformé une deuxième fois et considéra- 
blemeot rétréci la basilique au vu* siècle. Je la daterais volontiers 
de 535 Jk 5&0 an plus tard. 

R Voilà doDC un évéque. Voici la mention d'un autre, trouva font 
près d'£^HMrui, dans une petite basilique k baptistère admiraUement 
conservée que vient de déblayer M. Coyetaux, directeur de l'Ënfida , 
è 9 kilomètres et demi au nord de Dar-el-Bey, sur le chemiD 
à'Upama. L'église, k trois nefs avec autel centra), est entièrement 
pavée de mosaïque. 

kAu fond de l'abside, le siège de l'évéque, un banc de pierre. 
Derrière, le baptistère, cruciforme éloilé comme celui de l'Oued- 
Ramel. A l'ouest de la cuve, de biais dans un com de la salle, la 
mosaïque tumnlaire suivante : 



■f PAVLVS 
EPISCOPVS 
PRIME SE 
DIS PROVIN 
CIE MAVRE 
TANIE IN PA 
CE REQVIE 
BIT SA XV 
KAL ■ M A R 
TIAS 



«Voici donc un primat de la province de Mauritanie qui est tenu 
mourir près à'Upewta, nous ne savons pourquoi, ni quand, ni 
comment. 



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ft Je n'ai pas encore vu la mosuquâ. Je ne puis donc me pronon- 
cer d'nne façon précise sur sa date. A priori, élanl données la sim- 
plicité de i'épilapbe et la Torme constaRtinieane du chrisme qa'en- 
toure UQ« couronne d'épines, je la daterais du v* siècle au plus 
tard. Mais alors comment expliquer la mention pr(miKi(a)e Maure- 
tam(a)e tout court, alors que les provinces ecclésiastiques de Mau- 
rétanie Césarienne et Sitifienne ne semblent s'être confondues 
en une seule que sous Justinien, après la chute de la domination 
vandale"'? 

"Les actes du concile de Latran tenu en 61iq sons le pape 
Martin I" (lettre écrite au nom des troît conciles d'Afrique) nien- 
lioanent un certain Beparatus, évéque primat de h Maurétanic. 
La mosaïque serait donc contemporaine de l'époque de Justinien, 
et Paalus serait peut-être un évéque maurétanien qui se serait 
réfugié en Byzacène au moment des (roubles qui bouleversèrent la 
Maurétanie pendant toute la fin de la domination vandale : promu 
primai au moment de la réunion des deux provinces en une seule, 
il serait mort avant d'avoir pu regagner sa province? Mais tout 
cela n'est qu'une hypothèse 1 Un fait certain et intéressant h noter 
est la confirmation par le texte de noire mosaïque de ce que nous 
savions déji du caractère tout personnel de laprimatie des provinces 
africaines, attachée à Tévéque et non à l'évéché. ¥ avait-il des 
primais sana évéché spécial ? Cest possible , mais si le mosaïste n'a 
pas mentionné le nom de l'évéché qu'administrait en propre Pau- 
lus, cette omission assez fréquente dans les textes ecclésiastiques et 
sarlout dans les actes des conciles de cette époque ne suffit pas à 
démontrer que l'évèque Paulus n'avait pas d'évéché. » 

M. BiLLu entretient la Conunission des découvertes faites i 
Timgad, an courant des fouilles de 190a. Son rapport sera im- 
primé au BuBiAi !>). 

M. GiGNAT fait connaître te résultat des recherches opérées cette 
année par MM. les officiers des brigades topographiques de l'Algé- 
rie et lit un rapport de M. le commandant Toussaint sur les décou- 
vertes effeetnées''^ 

l» Cf. MordUi-Touloat, 1. 1, p. 61. 

(>) V<nr plui loin, p. 76, le texte in txlenio de ce rapport. 

(') Voir i^n» Mn, p. 56, le texte »n e4r(«M0 dece n^Mirt. 



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M. DisHL lit le rapport suivant ; 

"U. le lieutenant Jacques envoie uae note sur plusieurs ou- 
vrages militaires situés dans la région d'Uadjeb-el-Aïoua. La plu- 
part aont de petits fortins du type connu et habituel à l'époque 
byzantine. L'ouvrags d'Aln-el-Ghorab semble plus important. De 
dimensions assex considérables (a8 mètres sur h'j mëlres), il com- 
mandait le passage de l'Oued-Merguellil , vers le pont o!k la route 
d'AUhiburut eu littoral par Atiunu, Zama, Vxappa, franchissait la 
rivière, asset proche de l'important carrefour que marquait la po- 
sition d'A^WM Begiae. La disposition de cet ouvrage avec sa double 
enceinte 6anquée de tours et son réduit central, la rareté, 
d'autre part, dans celte région, d'ouvrages de cette importance! 
l'époque romaine inclinent à attribuer cette citadelle i l'époque 
byiaotine. Je propose d'en publier le plan au Bulklin avec les noies 
transmises par le lieutenant Jacques '".n — Adopté. 

M. HéaoN DE ViLLBPOssE communique de la part du R. P. Delaltre, 
membre non résidant du Comité, une note relative à la découverte 
d'une inscription k Carthage : 

H Dana tes derniers jours d« d^embre, une découverte avait tiea 
h La Marsa dans le vignoble de l'archevêché. A i Ko mètres environ 
dn palais archiépiscopol , dans la direction du Nord et de la mon- 
tagne de Gamart, les ouvriers chargés de défoncer le mA tronvaient 
au pied d'un talus une «épulture romaine formée de deux vaaes 
funéraires, l'un, supérieur, renfermant les os calcinés, l'autre, infé- 
rieur, ne contenant que des cendres. Au^esaoufl de eea deiu réci- 
pients, on recueillit dans la terre une patère de terre rouge avec 
plusieurs dous de fer et un miroir de brome, simple disque de 
bronze de o m. ogS de diamètre, puis une lampe k annean oraée 
d'une couronne de chêne et portant au revers, imprimée en creux, 
la marque : 

LMVNSVC 
CnÛMiit. 

«A cdté de cette sépulture était encastrée, dans une Baçonnerie, 
une dalle de marbre large de o m. 3o , haute de o m. 1 7 , à revers 

''> Voir plot loin, p. 107, le texte in extmto de cette niinmunkatioit. 



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lisBe. Un espace loDg de o m. 35 et haut de o m. i35 ëtaït seul 
visible. On y lisait IVpitaphe suivante : 

FELICVLA ■ P • LVRI ■ DEXTRI 

SER-PIA- VIX- AN XXV 

H- S- E 

"Hmitetirdes lettres : o m. 096. 

FtHeula, P(«4tt') Lw^t) Dextri terea pia eixit annig XXV. H{ie) i{ila) 

<<■')• 

ir Monseigneur l'archevêque a bien voulu me montrer lui-même 
l'endroit de la découverte. On y trouve beaucoup de pierres et de 
débris de tuiles romaines qui indiquent les ruines d'une habitation. 

((Jusqu'à présent, on n'a rencontré dans ce quartier du faubotrg 
de (jarthage que des sépultures isolées ou groupées en petit nombre. 
Les premiers eolcMis de la ville romaine inhuouient leurs morlSBur 
le terrain même qu'ils occupaient. 

R L'ensemble des découvertes réalisées durant ces trente der- 
nières années cxinduit naturellement à cette conclusion. n 

M. HiaoH DB VuLirossB rappelle à ce propos une tablette de 
mariire, h peu près de mêmes dimensions, découverte en igoS, par 
le P. Delattre, dans le mur d'«oc«inle de l'amphilKéêtre de ôir- 
ihage, où elle avait M probablement employée à une basse époque, 
lors d'une réparation. Cette tablette, chargée d'une inscription vo- 
tive, mentionne un individu qui porte le même geotîlice, C». Im- 
rifu Ahataat^atau^^^. La présence du miroir de bronxe dans la sépul- 
ture est k noter. On trouve sauvent des miroirs dans les tombes 
de femmes en Afrique aussi bien que dans d'autres provinces; quel- 
quefois un miroir était représenté sur le monnmenl près de Tépî- 
tapha. 

La séance est levée à 6 heures. 

Lt SfcrAaire it la C»Min>MH«, 

R. CiGHlT, 

Mambra du Coaùlë. 

(■> ÀMUmU dm littar^iùHi tt Brllf-L»Um , Otmftti rtndut , 1903, p. 106. 



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CLTl 

ià FÉVRIER 1905. 
SIÏANCB DE LA COMMISSION DE L'APftlQUE DU HOBft. 

PRBSIDBNCE DE H. HÉnON DE VILLEFOSSB. 

La séance est ouverte à k henres. 

Le procès-verbal de la dernière séance est lu el ad<^té. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance t 

M. Gauckler lui a fait savoir, dans une lettre reçue le malin 
même, qu'il vient d'être fait dans le théâtre de Cartha^ plusieurs 
découvertes de statues : 

«Une femme drapée et voilée, tenant des épis et des pavots de la 
main droite, probablement un portrait d'impératrice romaine en 
Céris ou en Proserpine. La sculpture est intacta, sauf la létequi 
manque malheureusement. Joli travail du temps des Antonîns, du 
type dit «rpudiùtén; 

«Vae statuette d'Amour. Les pieds manquent; 

K Une petite tâte d'Amour rieur, en marbre de Ghemtou , du type 
de celles d'EI-Djem et d'Utique; 

(tUne tâte de faune, qui se raccordera peut-élre avec un des 
torses déjà recueillis ; 

trPlusieurs fragments importants de statues colossales drapées. 
rA Upama, on a trouva une vingtaine de mosaïques tumulaires 
nouvelles, toujours du même genre, notamment les suivantes : 



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OITII — 

«. (GhriHBe k croix Utinc.) 
I A l E R 1 
kV! E n (CO 
(Vf V I X I T 
À II H M mil 
» E? 0! I T V ( 
(lE fil IkC 
C T » K Ef 

6. (Chrisnie à croit Uline; 

deui colombes becquelanl 

un rameau d'olivier.) 



ce. Texte dont H. Robin me garantit la lecture, malgré les 
doutes dont je lui ai fait part ; 

IVUVf 
H K 
K 1 ï f 
ll,M-- 
P-PIM 
FACE 
I I XIT 
A HKIf 
k II • ■ 

(rA la ligne 4, M. Robin me garantit unf. Je crois plutôt, d'âpre 
80D dessin, que c'est un i : Katendal M{aiai) ou M{artiai), les deuK 
points suivants ayant une signification que j'ignore; puis peut-être 
D{e)p{ontiu). U faudra que je voie la mosaïque, n 



D,j.,.db,Googlc 



M. Roy, secrétaire général du Gouv^nenient lunieîen, écrit à 
M. le Secrétaire à propos de ]a monnaie signalée le 1 3 décembre à la 
Commission que, pour lui, les caractères du revers ne sont pascou- 
fiques, mais maughrébins. Quant à la télé du droit, ce serait celle 
du Christ ou d'un souverain espagnol; si elle est authentique, la 
monnaie daterait de l'occupation de Tlemcen par les chi^tiens. 

M. Gauckler a fait parvenir : 

t* Une note sur les fouilles d'Hadjeb-el-Aïoun rédigée par M. le 
lieutenant Godin du U' tirailleurs. — Renvoi k M. Monceaox. 

a° Un rapport de M. le lieutenant Péricaud sur ses fouilles à 
l'Henchir-el-Gueciret. — Renvoi à M. Toutain. 

3° Une nouvelle labeUa âevotionù trouvée à Sousse. — Renvoi 
à M. Audollent, professeur à la Faculté des lettres de Cleruiont. 

U" Deux notes relatives à des découvertes récentes. 

M. Gauckler annonce d'abord que M. Ghavannes, horioger à 
Tunis, vient de faire plusieurs nouveaux dons au Musée du Bardo ; 

Une lampe antique en argile brun clair, sans couverte, se ratla- 
chant k la série dite rhodienne, mais d'un type inédiL L'objet a été 
trouvé k Carthage, sans doute dans un tombeau punique; 

Huit épingles d'ai^cnt, les unes intactes, les autres endomma- 
gées, longues de om.o^ k om. 0^5, dont la tête est chaque fois 
formée d'une boule parfaitement sphérique de o m. o 1 6 de diamètre. 
Ces bijoux appartiennent à une parure féminine trouvée dans un 
tombeau romain des environs de Mateur; 

Une collection de monnaies romaines provenant d'une trouvaille 
unique faite par un ouvrier italien aux ruines de Mellaoui, entre 
Tozeur et Gafsa. Ce petit trésor se compose de huit deniers d'ar- 
gent et d'un moyen bronse, datant tous des Antonins; enfin une 
intéressante série de monnaies de bronie de la tétrarchie, trouvées 
toutes ensemble. 

M. te capitaine Ange, du ti' tirailleurs, continue-t-il , vient 
d'adresser au Musée du Bardo qudques objele recueillis par lui 
dans ses fouilles de ta nécropole punico-romaine du camp SabaltifT 
k Sousse, en igo'i : 

Deux fragments d'une isAme statuette dont nous possédons dfjk 



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■1-, t -^ 



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irUne première lecture, publiée dans le BuUttùi arehéolegiqm Ar 
Comité, 1900, p. 106, a° k6, me parait devoir être corrigée et 
complétée de la Tsçon suivante : 

Q_V ARTA- NYPTANIS- F-G 
ALESIS-VXSOR- CELERIS 
MNTIS • F • SACERDOSMAGN 
CONDITIV -S- P -F- CVRATORIB 
VSSATVRVM ROGATVBRVTl 
ONE MANIV NAMPAMO^E 
VALENTE CELERIS-FSTRV-RVFV 
IMILCONE TVLESES VIXIT ANI5 LIX 

Qmrta, NypianU J[Sia), GaUêia, uxattr Celtrii, Mantit fiiln) , taeerio* 
magH(a on vm) eonditiu[in] i{im) p{w»ùa) J{eeit), euraloribn Satitrwm, 
Rogatu, Brutione, Maniu, Nampamone, Valenle, Céleri» f[iUô) oo_/(iÏB*); 
aru[etorihus\ : Rufti, ItnStone, Tukiet. VixU an[n]M LIX. 

irRBXiRquis. — Lignes 1-9. La lecture fîale(n)«û m'a é\A sug- 
gérée par M. Clermont-Ganneau , qui n pu déchUTrer l'eUmique 
dans le texte néo-puoique. 

irLigne 3. Il en cet de même du patronymique de Celer, là. Cler- 
mont-Ganneau m'a dit Bvwr lu : QLR*HMA'NN. Ceci devait 
donner en latin : Mannu, et non MaïUit qui pourtant est cerlflin. 
D'autre part, Manlu de ta ligne 3 et Maniu de la ligne 6 neseraleol, 
d'après le texte néo-punique, qu'un seul et même nom. 

«Ligne 7. J'ai restitua : STRVclortAus par analogie avec la 
dédicace d'un temple à Mercure découverte en igoâ au Djebel- 
Mansuur, à peu de distance de la basilique et dont j'ai communi- 
qué à l'Académie des Inscriptions''', dans sa séance du 18 mars 
igoti, par l'obligeante entremise de M. Philippe Berger, la lecture 
suivante : 

Teiitplu[m] Mtrcurio J{eeerunt) eiotta» Galesit, sufetes Ari$ et Manivs, Ccfc- 
nt/{iliiu) ou_/{i7h); tcripiil Satur, Cekrig /(iliu*) , elructores C. WamoH 
tl C. Aemilium, 

"> Aeadtmi» dit Iiueriplioru , Complei i-enAu , 190&, p. 157 et tuiv. J'ai fail 
trtneporter tu Mutée du Rardo ce tcitc ginvé «ur un linteau de porte mono- 
lithc h moulu rail 00 tris DrifrinaW. 



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(tPluBi«ur» des persoaDsge» lueufioanés sur cette dédic«ce sont 
d^à nommés par le texte bilingue. 

aligne 8. 7uJ«(n)w«. Le mol, doat la lecture efl encore iaeer- 
t«ine, est un etbniqae. — vmt a[H]mt LIX. Je n'ai pu déehif- 
frer la fin de U ligue, tris efTacëe, qu'en m'aldant de l'indication 
CMunie par le texte néo-punique. Le chiffre de l'âge n'est pas abso- 
tninmt certain. 

«Voici esGn quelques corrections ou additions à faire à la descrip- 
tion que j'ai donnée du cippe lui-même dans le Bi^^ areké»- 
bgiqtie. La pierre est haute de o m. 79 et non de o m. 70 , comme 
il a été impriné par erreur. 

«La prétresse figurée sur la face latérale de gauche est debout sur 
un Boclel'l, vue de face, les pieds tournés de profil A gauche. Elle 
porte une «Maille en équilibre sur la tête, tandis que de ses deux 
mains dressées, et qui me paraissent soutenir le récipient, elle 
présente deax épit. Elle est coiffée à la mode africaine, avec les 
deux courtes nattée habituelles encadrant la tête de leurs courbes 
divergentes qui retombent à droite et k gauche du cou, sans 
atteindre les épaules. Son costume se compose d'une simple tonique, 
sorte de sac, à manches, serrée à la taille par un cordon. 

irLa corbeille renferme sans doute la nourriture des deux serpents 
sacrés, deux grands pythons, dont les têtes affrontées se rejoignent 
«tt-desBU8 du récipient, et dont Les corps ondulés descendent à 
droite et à gauche, encadrant, de leurs courbes allongées, la prê- 
tresse. 

irCelle^i reparaît sur la face latérale de droite, mais sans les 
serpents, ni les épis. Le motif est d'ailleurs fortement endommagé, 
de même que celui de la face opposée i celle de l'inscriptioD. Ce 
dernier présente à la partie inférieure un large cratère, ou plus 
exactement un axybafiwn i deux anses, posé sur une tablette à 
Irais pieds, et surmontée d'une sorte de fronton en zigtag sur 
lequel reposent en biais deux génies ailés. Ceux-ci , s'iaclînant tous 
deux vers un second oj^yiopAon placé au centre, semblent vêtus d'un 

''J L« prtence de ta aoele m'ivait d'atrard faitsupposerquaiebM-retnf r«pn'<- 
wntut, non une prétresse, mail une statue de la divinité elle-même. Dam ce 
cas, l'on t'expliquerait mieux la présence des deui motifs i peu prés identiques 
fifprésRor Im fût» ojipatées. Ce seraient les images de deux déesàrs étroitement 
aaip» l'oiM k l'autre, comme Di^métor rt ConiTlef Certm. 

AscaioLOBis. — VA, K 



D,j.,.db,Googlc 



rwttuiue Iràt légtirtdoBt onae dislingus-ptiM guère qHcIsMÎKtltre 
<|ui la fixe à la taille. 

>tSonn»tout«, oe otppe, d'at^cl'tontàrMtbu4Mk%, n ptur nous 
iDVt rintâr^td'uoA siAii^ture indigène, le lapkideqiii a gravé l¥pi- 
Inphe biiingufl et ciselé les bas-reliefs, «'ayant aubt que dane bM 
Irèa faible mesuru l'inlluenoe de l'art gréoo-roiimîn , île n 
rarcliitecte qui avait construit le monumenl funérain, 
abritant le cippe de 1» prétresse Quarta. Quant au culle officiel eL 
lutuiicipal dont ceUoHÙ ^tait «bligrie ée cél^rer k» tite*, c'était, 
& eu jug«r p«r leâ attributs «t l'atUtMdv qui lui sont domiéa tur Im 
dflui lus-reliefs, «lui de la Certi A/t'iemut, «u ptvt6t des Otrww, 
Déméter et Cora, dont le culle s'était- «onfonllu k CêttiagK^ net 
cduide U pfaéDÎmoBS Tlmit 

<tLa date de ee noBament liiiiéraire bc rapproche eertarneiBrat 
beaocoup de cdie de la dédioace du temple de Mereare, eonstnrit 
pM- lea soins de quelqueemna des memlHvs 4* la faaiHs de la pr^ 
tresse Quarla, femme de Celer, au temps où la . ritim 69ii{m)n* 
éUit encore administrée par des BufT^les, comme d'ailleurs ta pla- 
part des petites villes agricoles de la mAme région <'> : «Ion [ont« 
apparence, à la iin du premier siMe on au commeneement dn 
second siècle de notre ère.it 

M. Waille, correapeadHat du Cffintté, eemmmique ta |di«te- 
graphie d'une inscriplion 88r baee de statue qu'il vient de trouver 
àChwKfael: 

SEX CORNELIO 
EVCAER.IANO 
MVNICIPIVM 
HAOKIANVM 
DKOBETEMSE 
EX DACiA 



M. BiBBLON lit le rapport suivant : 

>rLa pièce de brome communiquée par M. Gauckler est, suivanl 
moi, une monnaie aoeientie et enthentique , mais retoucha A une 



<" Cf. Utiite que j'ai dwiD^ de cm àU* de Uréfpeacla Paiwdtwte A 
nrekMlagiiitu du Comili, ift^O, f. i63 H aaii. 



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D,j.,.db,Googlc 



ries reeherchea, afin qn'oa puisse ae rendre compte «Ltctemeot du 
mode de eonstriietton de ce radier dont les pièces de bois soat, 
panh-il, dans un état de conserralion remarquable. Une étnde 
exacte et détaillée de ce mode de fondttion donl aucun eKiai[de 
antique n'est parvenu intact jusqu'à nous, serait tiès pr^ienK an 
point de vue arcfaéidDgique , puiiqu'elle permettrait un c 
taire exact du twte de Vitruve à ce sujet 



Parmi ies ingcriptitHis dimt M. Gbxll a fait parvenir les estam- 
pages péur la préparation du supplément an CsrpM Jnt e r ip limum 
latmantm, figure la suivante qui provient de UTrikeb-Thala (Jfaca- 
matUi). Elle est gravée sur une pierre longue de i m. 06, bantede 
o m. 73 , en lettres de dimension variant entre o m. o& , o m. o3 et 
m. o*. La pierre avait été employée par les cbrétifflu dans une 
église, comme couvercle d'un co&e k reliques placé sous l'sutd. 
Elle a élé trouvée par M. de Monlille, qui en a envoyé Testampi^ 
à M. GseAi. Celui-ci a tu ce qui suit : 



D E O P L V T_0 N 
PRO SALVTE • D ■ N ■ 



i ■ A V G ■ S A C 



C ■ V ÀL EK I V'S' 'Sa L É n t'N VS 
TEM'LWI ■ MObCW A N t Q_W VHT«*iï; 
DED1\ DIL^SWl WLIATO SPATIO COLNViNS 
CATW ET REGIIS DWBVS PIC TVRS ORNATNa. 
Vl-ÏAL- PECVNIA SW EX«S kVUMlL-D N 
'AN- / fi^ SOLO COEPTVa PERFECIT ET DEO 
VICTIMIS, REDDITIS.ET POPVLABaS 
EPVLO EXHIBITO STATVTo ^tim 
PERPETVO EPVLO ANNVO SAcERDOTI 
BVS DEDlCAVITCVRAAGENliS C-LOLUO HO 
NORATO ETCtSEPTIMIO VITAL-ESAcERDOTlB- P-C- AC 



Lignes 3 et 3. I^es noms de l'empereur martelés doivent être res- 
titués : P. Lûmi EgnaH GaOtmi. 

Ligne 8. Au lieu du chiffre D après le mot MIL et avant le der- 
nier N, on avait d'abord gravé un N qui a été surchargé. 

Les consuls sont ceux de l'année 965 après J.-C. 



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OUT 

M. TouitiH dépose pour rimpression dans le BtÉllam une DOte 
de M. Gouvet sur diverses poteries et lampes romaines trouvées 
dans le Bted-Hakrassi , entre Sfax et Garsa ''). 

La séance est levée k 5 heares. 

Lf Seerilairt dt la Committùn, 

R. GlMAf, 

Kembre du Coinili. 

l'I Voir fbn loin, p. iis, le laite ta tattmo de celte cornmnniwtîon. 



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OI.XTI 



31 MARS 1905. 



SÉANCE DE U COMMISSION DE L'AFRIQUE DU HORD. 

PttÊSIPBUCB 08 H. Binon DB TILLEfOSSB. 

La séance est ouverte à & heures. 

Le proc^verbal de la dernière séance est lu et adopté. 

M. le Secrétaire donne lecture de la correspondance : 

Le Gouvernemenl général de rAlgérie a l'ait parvenir la troisième 
livraison de VAtht archéologique de FAlfférie, par M. Gsell. 

M. Gauckler fait connaître la déronverte d'un atelier de poteries 
chrétiennes à Henchir-es-Srira : 

nM. A. Denian, colon tunisien, vient de découvrir, à 17 kilo- 
mètres à l'Ouest d'Hadjeb-el-AïoiiD, sur le flanc Est du Djebel- 



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D,j.,.db,Googlc 



Amour assis à droite sur un Mbeurct, présentant de la main 
droite un objet indistinct, peut-être une odmnbe. ku vofers, M. 

AnuMir d^uti touraé k droite. 

Parseanage debeot, i droite, vêtu d'une coarte tonique et qui 
semble un «harpentîer en tmn de tailler une qnHé d'embveation. 
Ad revers, ABCT, la qualiïène lettie denteose. 



Lion gidopwt à droite; qmne pleine. 

Sujet analo(^e; queue forée. 

CerT galopant k droite. 

Lion galopant à droite. 

Cheval galopant à droite. 

Lévrier galopant k droite. 

Chien courant & gauche. - 

Monstre agresses griffes, se ramassant jMur bondir. 

Coq très grossier, à droite. 

Lièvre (î) très grossier, à gauche. 

Fragment de lampe sur laquelle était figuré un lion couché, en 
fort relief, épousant le contour de la lampe et tenant lieu de 
poignée. 

OhttmenU £ôen .- 
Chrisme de la forme constantinienne. An revers, palmette. 
KoBBce. 

Autre rosace, avec croix en relief an revers. 
Lampe pins grande que les précédentes, de la forme dite Ae 
trafuition, sujet indistinct. An revers, croix en r^ief. 

«EnfiB les pi^s les (rios curieuses de hi eolleclîoB sont dent des 
moules qui ont servi k fabriqaer ces lampes : ils sont tous deox ta 
pUtre asseï impur, de forme ovale, kmgs de o m, iS iom. i6, 
larges de o in. ta, épais de o m. oA environ. La gniriande de 
pavrtonr formée, d^nne part, de stries, et de Tantre de rinceaux, 
est eaeore très apparente; par contre, le sujet central est malheu- 
reusement plus effacé et ne petit Atre déterminé avec certitude. 

>C«B deux manies avaient été choisis par M. Deaian, au milieu 
d'une quantité d'autres, qu'il m'a promis de recueillir à notre in- 
tention k sa prochaine visite k Henehir-es-Srira. n 



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M. Gmciui iBB^Ke égil«m««t qae dm f^DÏHes «tatimeat A 
EIJ^eiDrtiHeMfaip*CUS«niia(filpp(Ma). A El~I>}eni , on a déeou- 
mrt dn nioulques. L'aafl raprésenle, dans na ettcadremeot farmi^ 
da riaectn da figae s'6cbap{MBt de qiMlre enH^res fiaeia aut 
ifoatn roUB, quatre n^ets : le priaeipal Ht un triompha de 
Bteekin sur m dur atldé de lignsses; les Ma» autres non- 
Insl dei panlhine et ua Amovr chevauchant un tigre. Une autre 
— ariqiic se cmapoM d'oM treataine de n^illoBs resfiRinant 
ehasiin une léte difilireiftâ. 

A Vpfeima, on a rantwntrtf de nombreuseB tombes dirétiennes 
avec iastriptioas fnn^irm. Celtethrâ soar reoroyées k feiamen de 
M. Mooceaux. 

Enfin M. Gavckler enroie on rapport sar les travaux exécuté»' 
parhiî à Dong^ en it^oS : 

«Xifis traraux, dont j'at oonatammaat conBerrà b Ju«te dimUon, 
ont iU coadiiiU sur pl&os, avec la eonpéteaea «t te d^vaueMieBl 
qoe l'on coBBalt, et au prix de très gnadea fatigues, par M. Sa- 
dMU) impe^ew des Aatiquit^ et Arts; U a ëlrf seoondé ditus sa 
tâche: par H. Bu^agat^o, watrauttre du Serviae des Mammeuls 
historiques d'Alg^q, dont M. A. Batln «Tait Jhies «mlii, avec sa 
bmitie grâw et bwb abligeance tiabilucUcB, nous asaarer la coHa* 
boratioii. 

ttlie pmgramtne des travauK canpwiaît trois ^rtîes : «a pre^ 
niier Uau, la eoBBolidatioa du Capilak suivant le plao qui avait 
reçu l'sppaobatloD de la ConMoissioa de l'A(nq«e du Nord ; 

«.%' Le dégagonaat des abords immidiats da temjde et de la 
place daH<e qoi a'étmdait i l'fiat; 

sS" La nùrt en état du lea^le de Cmkttà. 

«La premi^ partie de «e pragnmme a M acBoaifdie de Idle 
façon ^u'il n'y aura plus, je l'espère du aMÛss, i y pawniK Les 
mars de la £«Qa ont ^1^ reéevés d'aprbs les- diif>«Itian8 Maetes 
qu'ils. prAseiiUient eactfe au siMe dernier, et que Doaa aat fait 
coantlie Isa desniu de ptutieufs voyageurs aoglaia. La porte de la 
eeUa, solidement encadrée, ne court plus aucun risque. Le portique 
du temple, dÀonnaia agrafa i la masse inerte et compacte de la 
ceUa par de solides tenons de fer forgé qui enserrent l'eiitablemenl . 



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ae peut plus oïdillar^ aoue U piHM n é>4^ ouwgMi'''; par •lûleflef 
coloonea M fatigvut plus à U base n» ■'•S-lt«nM pku à l'anéit: 
Enfin, DOB w»D(lagH ayant .flonfinné l'cHKliiwlé Hnu |—inigiinili(iiti 
pesBimiate* coasigoés pu U. SaUdtn dans »»m Seoêàd n^^ft nr 
KM miatim tuvhielagiqme m Ttmime, en oe gui tmMra»-la mHMÎt 
état 4u aoubasBeraent, au ooia gauche dt Tescdicr ifui y r Jt M ato 
portiqufl, Bouala ooImuw <l'*o^ , qui 4tait la plui maayén . ■•■■ 
avoua eatrapria dt oMoé à tMuneJKs, aani.a«cas iwwnaati b Ikha 
difficile de reprendre en sous-œuvre tout l'aagittgBDdbt da aodN*^ 
semant «t de rem[^carlw blocs qu'avaient décam^aâ» le fan et le 
fimiu dfiB l»e«tîaQi, par de aolidM masaaa de^ piemaafiaMift par< 
faitement ajustées. ' 

irPar contre, nous avons poussé activement le déblaiement de la 
place latérale dallée qui commence dey«u^ le MpebwriA B4- pro- 
longe à sa droite en se développant, et iç. tenQÎue.à ^«Sft pip pi, 
hémicycle à trois degrés, dont les fouilles de 1909, conduites par 
M. Meriia, bous avainit révéla l'eiiiteBcei là irta(*'«He-oié^e a 
éAi presque endàrement déblayée : an Sud,' M. SadolU' ■ retremé 
toute une série de oompnliinents, dallés etlépapée ^r' dw «lei^ 
sons de pierre qui la bordaient sur tant» sa toogmér; itA- f<md; 
l'hémieyclé s'edosie à «n impomrt moaumént, plaél ^ Miis,' M 
qui semble biea antérienr à rinstaffatien du FoMnl 80M4 Mar»' 
AorUe. Il n'en reste plus ffûàrt qu'un aonbaiMnmrt k sapeHbee Imw 
sa([es, et il sera difEcile de dégager le monument lni-mâra«','doflt 
l'emplaoement est aotnellement occupé par use maisM'imhe -et la 
moiquée du tillage^ Il semble qne c'eut k eette «onlnicHoa qn^l' 



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«L'hiver que «ou» venoM de subir, le plue rigoareiu que, de 
mémoire d'homme, I'ob ait eœore ooasUté e& TunigMie'eet chargé 
de démoBlrer l'utilité et U bonne exécuiion dos travAux accomplis 
en 190Â. Le etovetage da Capilole de Tliugga peut être aujouiv 
d'hni coaiidiré comme aieiiré. 

ira* Noue ponvOu Ame ' maintwutt niws riequer, nns coin- 
fHHiiwttre le léeatilé du moaument lui-mtaie, à en dégager le» 
abonb-fin t^oA.le temple t dU^débarraseé, eur Iroied* ses ttcan, 
de l'épaÎM» oonclte de décombres, atteignent perEbis A mètre» de 
haiÉteHT, qui l'eoveleppait at masquait entibrenuot te soubewe- 
nwnt. A l'fiflt et eu Nord, le dallage eatique a été Fttr«av4 4 ea 
haee. Le porte «str^ de la ctladella byuntiae, qsi a'ouvre eacon 
iatadc eur le eM Nord*, immédiateuenl k gauche' du Capîtolfi, a 
été déeobetpuée, et permettra d'établir à travers le mur bysantin 
U Toie Deeauville qui servira eu déMaiement de ia partie du Foruu) 
qa'Muerrent le» muci de U fortaraftee. Pour le mameot, nous 
BvoDB dû renoncer à porter notre effort de ee edié, car le lerrain 
eet encore oocupé par une grande Car ma ibdîgëne qu'il faut d'aiwrd 
flxproprier; aoeai evone-aouï laiwé es place lea (erres eccitmuléef 
à ia heee dft Gapitole sur la face Ouest, pour éviter de créer à cet 
endroit an <doaque saneécoulemeot posNble, qui aurait a&uiUé U 
toi. Noua neus sommes «NDteolés de dégager t'eseaUer qui deseand 
k gHcbodu lemplei M travail a fait d^ouvrir, m Nord des degrés, 
ut tode massif qui est agacent au aoubaseement du portique, 
«lais SBS8 lui 6lre ueolé, et dapt la destineUDu n'a pu dire encore 
précisée. Ce ne peut âtre un piédntsl de atetue colossale» car U est 
évidé au centre- Ce ne peut ^tre «ne tribuon., car il faudrait up 
eeeelier pour y monter. Ce monument mystérieux préeente d'étroites 
onalo^ee ame oelui du Forum de Gigkti et devait servir «u utpu 
usage. 

v£D&o,aa Nord de la place, non» avons décoevertei dégagé dans 
aon entier UA nouveaa «aoctuaire, d'un type original et- inédit. 
Précédé d'un portique de dit «donnes, qui Irarde execliBmwt U 
place aU'dMSHS dee quatn degrés prolongeant ceu& de rbéaûcycle , 
le temple se compose d'une cella centrale, rectfogidairef ^e ffr^ 
mait une porte dont les gonds et rainures subsistent, et au fond de 
laqueli» s'ouvrait une grsuade niche, abritant eau* dont» fe statue 
de la divinité; puis, à droite et À gauche de. deux c»Uit« plu» petites 



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et de plan différent; chacune d'elles forme une dt 
trée, e'onvraat snr le pm^que par une lai^ baie, entr» deoi 
eoloDncs de superbe marbre rouge, veiné de qaarti émeniide,el 
manies Clément, ta fond, d'une niche de atatae. Le std élail 
dallé de calcaire bleuàlre; tes murs étaient |daqn^ do marfan; lei 
voAtes, stuquées, étaient ornées de rinceaui en bas-relief d'un joli 
traYail. Dans la ctUa de gaacbe, a été rotronvé an petit piédestal 
arec une dédicace k MtmtrwM jSibùu; mr le sol dn pwtîqae giaaieil 
ptnsienn débris de la friae d'entablement, portant diveiHB pniiei 
de la dédicace. Celles-ci , se mccordant pins ou moins eoiictanent, 
complètent les divers fragmeota trouvés en 1909 an même endroit 
par M. Merlin; elles m'ont permis de reconstituer le texte dans son 
ensemble et d'identifier le sanctuaire. C'est nn temple i Herenn, 
construit sous Mare-Aurèle, par Q. Pacnvin* Saturas et sa féame 
Nabanis Victoria : le premier, augure de la colonie de Carlh^, el 
flamme perpétuel; la seconde, Baminiqne, comme exécntears teila- 
mentaires de leur fils, M. Pacnvins Félix Vielorianns, et anasi en 
l'honnear de leur propre llaminat perpétuel. 

«Ije temple de Mfnmriut Sihmt fait partie intégrante des monn- 
ments du Forwn : toutes les particularités de sa ronstnictioB pron- 
vent qu'il a élé bâti k la même époque qne le Capitole et pour 
concourir au même ensemble. A-t-il été établi sur l'emplaoemeat 
d'un sanctuaire plus ancien , remontant k l'époque oi Tlu^^ élail 
la capitale d'une dynastie indigne, au second siècle arant noire 
èreï La d^uverte en cet endroit d'une dédicace bîlingae, libyqM 
et punique, relative k nn temple de Masinissa divinisé, et d'une 



DigiLizedbyGoOglc 



templ* de CMbstif, doal les iBOonibrableB morceaux d'arebitechire 
giaaient à pied d'œuire dans un lamentable ohaoe. La principale 
difficulté, avant de relever les colonnes, élait de déLerminer U 
place exacte qu'^es devaient ocouper, aoit dans le temple Ini- 
méine, soit dans le portique circulaire qui l'entoure, développant 
son vaste fer à cheval autour d'nn f^n«nM k ciel ouvert. Après de 
minutieuses et patientes recherches, M. Sadoux est arrivé à pré- 
ciser d'une façon certaine toutes les dispositions architecturales du 
sanctuaire. Le temple central était périptère hexastyle;-le portique, 
diptère, comportait trois rangées de colonnea, la première de six, 
les deux autres de quatre. Toutes les colonnes du temple, une 
grande partie des colonnes du portique de pourtour ont pu être 
remises en place sur leurs bases, et le pilier de la porte d'entrée 
de gauche a étJ entièrement reconstitué avec des éléments antiques; 
même la statue qui rornaît a pu être replacée dans sa niche. 

irLe résultat le plus important des recherches de M. Sadoux a 
été la déconrerte, à l'Est du temple de Ca riwft» , en avut de la 
porte d'entrée faisant face k la ville, et atteoente à die, d'une 
longne construction rectangulaire que bordoot des baaains i ciel., 
oarert, rangés à droite et i gauche de la voie dallée qui conduisait 
au sanctuaire. Ces bassins étaient alimentés par une caDalisation 
partant des grands réservoirs publics ^«cés un peu plus haat et en 
arrière. 11 semble bien qu'ils faisaient partie de ce itympli^, dont 
MM. Carton et Meriin ont découvert une partie de la dédicace) 
brisée en morceaux nombreux et dispersés de tous cAtés. 11 faudrait 
entreprendre on déblaiement méthodique de tout le monument 
pour s'en assurer. J'ovoae que j'hésite encore à m'y résoudra , car il 
sentit indispensable pour eda d'arracher bon nombre de ee» t^i' 
viers séculaires dont les troncs tourmentés et les frandaJBOQS totiC- 
fuca donnent tant de charme et de poétique couleur aux raines du 
temps de CaekttU qu'ils encadrent. 

irTeb sont les principaux résultats de notre activité à Dougga en 
1 goA, au point de vue monumental. Les découvertes épigrapfaiques 
que les fouilles ont amenées sont nombreuses et importantes, ainsi 
qu'on en pourra juger par le mémoire détaillé que je joins à ce 
rapport, n 

Ce mémoire sera imprimé au tiulUtut^^K 

<'> Voir pins loin, p. 380, te telle in gxUiuo da M némnn. 



DigiLizedbyGoOglc 



— «iXirr — 

M. HAiOH Di VuLiroB» MmituiBi^Ka , do la part du P. UeltUrc, 
les copies de deux inscription» Irourées r^mmeot à 1 sm[Aithd&Ue 
<le Cartb«g«: 

<r 1. Sur une des alréaùtéa d'un marbre rectan^laire faaat da 
o iD. D75, lai^e de D m. 16 et long de o m. aS, inscription 
gravée en petits caractères très réguliers, dans nn cartooche hant 
de o m. 06 et large de m. ilS. 




RHanUor dM ItiUrcs : elles atteignent » peine 1 cenUmitre à la 
piwmièn ligne et «mt plus p«d(es encore auiL autres ligne*. 

«rLfl fice sQpérieare du marbra, i moins de o m. «a de l'uAle 
antérienre, • été creusée sur une longueur de o m. i3 et une lar- 
g&m de m. 07. Cette euaTitioa est rectangulaire et pro&uade 
de m. 007. Ëfle est eo partie remplie du fJomb qai avait servi 
sans doute k j fixer une pièce qui s'élevait au-dessus du marbre, 
pent-étre une statuette. 

tr3. Sur on ÊragoieBt de plaque de marbre blano à veimes 
tdefiAtJW, 1 tranche inférieure bien dressée, épaisse de m. oh, 
à reven brut, «a lit le eoiaineneemenl des trois dernières lignes 
d'une autre ineeriptioa votive : 



STABl! 
VOTO-PonJHB 

«Lettres bien gravées, bautes de o m. oâS.n 

M. MonCKADX fait un rapport sur une communication de IL le 
Ueutenant Godin : « Cet ofiicier a envoyé une note intéressante sur 
la nécropole d'Hadjeb-el-Aïoun, dont il a fouillé plusieurs parties 
dans VéÛ de igoli. Il y a étudié avec soin les divers genres de sc- 



DigiLizedbyGoOgle 



pullures : tombes à inciaëration , restes de mausolées, tombes 
païennes à iahumalion , tombes chrétiennes. 11 y a découvert une 
épitapbe, une mmaa Tuoéraire, avec des images de plais ou d'usten- 
siles figurés en creux, une tSte seult)tëe en relief, provenant d'un 
couvercle de sarcophage, quelques monnaies, et un assez riche 
mobilier funéraire, surtout des lampes et des vases de types très 
variés. Au ipéipoire spol joiafes deui> planches trè» loimée^, où 
sont réunis des plans de tombes et divers dessins. Ces deux 
planches, comme la note de M. Godiu, nous paraissent mériter 
d'être reproduites dans le BuUetm^^lii 

M. TouTAiN lit la note suivante : 

<iLa Commission m'a renvoyé deux travaux : 

iri" Le irflpp«j:t4e U. le lieuloitant Pérkniiâ tw Iw fovflles 
faites par lui dans une ferme fortifiée du Sud Tunisien (massif des 
Matmata); 

«a° Le commentaire écrit par M. Gauckler sur les découvertes 
de M. lé lieutenant Péricaud. 

nBien ^'A y ait 4inB les detix étndw des n)nBeignem«nt« e«m- 
munft, je pewpl oc l'imprewioa des deux notes en na sml et même 
article, ' ;.* 

crUa plan tout à fait précis et clair a été dressé par M. le lîeu'- 
teoant Péiioapd. J'en propose également U publication (^. n — 
Adopté. 



La séance est levée à 5 heuree. 



Li Sicritairt dt la Cmnmiwim, 
ihabrtiuCoÊDilé. 



') Voir plus IdÎh, p. «70, le teite in ixteoto de ceUe communintioii. 
> VwjdulD^^'t^ •6g,-teleitaii( KriMMde eetle eonunmiiMlIon. 



DigiLizedbyGoOglc 



30 MAI 190S. 



séANGK DE hk COMMISSION DE L'AFRIQUE UC NORD. 

PR^SIDBNCE DE M. HÉROH DX VlLLEFOSSIi. 

La séance est ouverte à & heures. 

L» proofeg-Tflrbfll de la dernière Béanca est lu et adopta. 

M. le Secrétaire donne lecture de U correspondance : 

Les ouvrages suivants sont offerts parles auteurs au Comité; 

Bn^htm- iHmtlaUatîOMa hyA-m^iquei romMâtmmTiaiùw{ifimell, 
fascicule ui), par M. P. Gauclclcr, membre non réaîdaBtduCMiuté; 

Mégalithe tU Bougie, par M. A. Debruge, correspondant dn Mi- 
nistère, à BoDgie; 

Vhommê préhittori^ue «w In hauts ptateaux de TAtlai (Aimak), 
par le même; 

Abri tout ncke, à Bougie, par le même; 

Courte rendu tur let/ouitlet de divers abrit soui roche dn aîguaJf 
{Bougie), par le même; 

La parure daru ïexlrême sud, sur les haut» plateaux de lAûa» et no- 
ie UtUn-al algérien , i Fipoque préhistorique, par le même; 

La nécnptie de$ RiAi, prffrei el prfirettes de Cartkagt, par !•> 
R. P. Delattre, membre non résidant du Comité. 

Ces brochures seront déposées à la fiildiothèque uationale cl 
des remerciements seront adresses aux auteurs. 

M. Bertrand, conservateur dn Musée de Philippcville, annonce 
les découvertes suivantes : 

•ri" On voit dans la propriété de MM. Auguste et Lucien LaT- 



DigiLizedbyGoOglc 



fond, située h Lansoy, arroadissenieNt de Philippeville , à Ixo kilo- 
mètres de cette ville, les mars rasés pr^ do sol d'an grand édi- 
fiée de l'époque romaine. Ces mines ont servi, i une date plus 
rapprochée, mais cependant sons la domination romaine, à édifier 
dans l'enceinte de la pr^nière «>nstniction nne antre moins spa- 
cieuse et qui a dA servir an même osage, c'est-à-dire probable- 
ment eomme établissement de bains, car l'eau y était abondante. 
«rA l'issue d'nne sorte de bassin se trouve une plaqne de marbre, 
très détériorée et percée d'an trou pour écoulement d'eau; elle 
porte l'inscription suivante : 

DMS 



^vQvs 



(î) 



IANVAR.IVS 
VAXXIII MV 



rA deux ou trois mètres de ces ruines, en pleine vigne, se 
trouve un tombeau dans lequel ont été recueillis un bracelet et une 
boucle d'oreille en bronze, que MM. Laffond ont bien voulu nous 
donner pour le Musée. 

ir 9° En creusant des trous pour plantations d'arbres dans la 
propriété de M. Lesueur, qni recouvre l'ancienne nécropole chré- 
tienne de Raneade, va a mis au jour un cermeil de plonïb, conte- 
nant quelques ossements : longueur; 3 m. lo; hauteur; o m. 70. 

«Les feuilles de plomb sontasseï épaisses et rabattues au mai^ 
teau; le dessus, en forme de toit, est intact ainsi que les coins, 
aussi en plomb, dont plusieurs ont conservé les dous À tête plate 
qui fixaient le cercueil de plomb à un autre sans doute en bois. 

«rTout près, on a recueilli et j'ai fait entrer au Musée, en même 
tempsque ce cercueil : un petit vase à bec, une grande «seielte et 
un objet ayant la forme d'une gourde, te (ont de terre cuite. 

nS" J'ai aussi recueilli dans le jardin de M"' de Dumas, quar- 
tier Ouest de la ville , l'înscriptiou suivante : 

CRESCENS 

VIXIT AN XX 

XVIII 



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H. Bertraad «Dvoie, an outre, uoe note lur «u troD{oa de hm 
romaine décooTerte aui enviroiu de Pbilipperille. — Celte noie 
sen insJrt^e an BuIUtin ardMogi^i^l. 



H. GiQGKLU ■ dwiné k la Gonimiiaion de bonnes i 
de>ib)iilles de Donggi, commeacées depu» le i*' raaî mu* U dt- 
rectîcm de M. Loais Poinssot. Elles ont pour bot de d^agtv la 
milieu de la place dallée en hémicyde devant le temple de JUtrca- 

rnu 5iJnKf et de rechercher ensuite, de l'autre o6lé de ta {dnce* l'édi- 
fice qui devait faire face au temple déblajé l'tn dernier. 

La première partie de ce programme est d^s maintenant exé- 
cuta. Le dallage de la place a été retrouvé intact. Il présente, au 
centre, une grande circonférence très soigneusement pai^ de 
plus de sept mètres de diamètre. Cette circonférence est divisa 
en sections égales par de nombreux diamètres et sur le pourtour 
sont 8ymétri(|uemeul disposas les douze noms des doute vents : 
sSeptenIrio, Aquilo, Euroaquik, ....«, Eurus, Leuconottu, Amê^, 
L3>onûtiu, Africu», Fa[v]oni[ia], Argttia, Ctraw, très nets et bioi 
conservés. Dougga avait donc, k l'époque romaine, sinon sa (onr 
du vent comme Athènes, du moins sa nue dn vent» officidie. 
La découverte de M. Poinssot est curieuse et vaut la peine d'être 
citée sans retard. 

Il a été trouvé en outre divers textes intéressants, notamment : 

t" Un ex-voto à Mercure provenant du temple déji connu; 
9" Une seconde dJdicftce surmontant l'une des portu lat^rtirs, 



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— OLXXIX 

dricbïffré encore d'une manière cerlune que le membre de (^nae 
suivwit : 

artempitteru amahilù 

Puis eneore d'aulresfragmeQts, noUmmeut un nouteBU morceau 
de l'inscription à Gallien et Salonioe dont il avait déjà recueilli 
des morceaux inédib qui ont permis i M. Merlin de tenter la resti- 
tution de l'eusemble. 

Somme toutei cette première partie de la campagne d'été dé- 
bute bien, et les Irouvaiiles faites jusqu'ici ju3lifient amplement les 
dépenses engagées. 

M. GivauK a envoya, en oub«, une note très intéressante sur 
SD sanctnaire récemment découvert à Bône : 

«Je crois devoir attirer l'attenlion de la Gommissiou de l'Afrique 
du Nord sur uœ découverte récemment faite à Bône, et ddjit je 
ne me permets de l'entretenir que parce que celle-ci, demeurée 
presque inaperçue, me parait présenter beaucoup jdus d'impor- 
tance qu'on ne lui eu s accordé jusqu'ici. 

«La coUine isolée. qui parait avoir joué le rAle d'acropole de 
l'aotique Hlppone présente sur son versant Noid-Ouest des pentes 
abruptes qui dévalent brusquement vers l'Oued Boudjima, lequel 
baigne le pied du mamelon. Dans les premiers moiade cette année, 
un jardinier italien entreprit le défrichement de cee terres incultes 
et garnies débroussailles qu'il défonça pour planter de la vigne. 
Au coors de ce travail, il découvrit une quantité de pierres Bculp- 
lées dont il fit de la caillasse, et des milliers de poteries intactas 
QH brisées qu'il réduisît en tessons. 

«M. 1* duuioine Leroy, chapelain de la banliqua voisine, pc^ 
venu tardivement de ces actes de vandalisme, put cependant inter- 
venir encore k tecaps pour assurer la conservation d'un certain 
nombre de stèles, de vases, de menus objets divers, qu'il recueillit 
et déposa au secrétariat de la basilique, où il a eu l'estrâme obU- 
gaance de me les laisser étudier. 

■ La présence de nombreux tombeaux, d'ossements humains et 
d'une inscription funéraire dans le terrain défriché au bas des 
pentes avait fait croire è M. le chanoine Leroy que tous ces 
objets antiques appartenaient à une seule el même nécropole de 



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) 



l'époque nmaîne. C'est comme teb qu'il en ai^aati U éieoawtrte 
d'abord dans l'&ioifâ^ppHM, puis, ily a quelques jours i peiue, 
dans une Notùe tttr B^pone, p. $7 et suinntes, qu'il vient de faiiv 
paraître à 6&ne <'). 

irEn réalité, si bon nombre de poteries vulgaires, de monnaies 
et de menus objets proriennent réellement du mobilier funéraire 
de quelques tombes romaines de l'époqne païenne, quatorze stèles, 
sur quinze recueillies en tout, et toute une sëiie de vases de forme 
caractéristique, remplis d'ossements d'animaui incinérés, ont on 
caractère punique et non romain, votif et non funéraire. 

«Les stèles, en pierre calcaire du pays sommairement d^^;rosBie, 
sont toutes anépigrapbes, mais ornées de dessins et de figures 
symboliques, le plus souvent en relief, rarement en creux, qui 
ne laissent aucun doute sur leur destination. Il y en a jusqu'ici 
quatorze : trois sont seules de leur espèce : 1° une dalle avec 
nne couronne entourée de quatre palmes; 3* une stMe trian- 
gulaire avec le symbole dit de Twiit, flanqué du caducée; 3* une 
dalle gravée en creux d'un bélier coucbé entre deux palmes, au- 
dessous de trois rosaces disposées en triangle. 

«Les onze outres stèles forment une série très typiqne. Dît 
n'offrent de figures que sur une de leurs faces; une seule est 
sctdpt^e sur les deux faces. Toutes présentent l'image d'un dédi- 
cant.le plus souvent un homme (10), rarement une femme (a), 
généralement rétu (8) d'une tunique, parfois nu contnire entière- 
ment nu avec le sexe très accusé (A). Ce personnage, debont au 
centre du tableau, tient toujours d'une main, sauf une fois, nne 
grappe de raisin (1 1), puis de l'autre main des attributs divers : 
legâteauen croissant è extrémités croisées^B), la palme{t), la cou- 
ronne (a), le vase. A ses pieds est souvent un bélier (î) coucbé, on à 
demi tourné vers lai , ou sautant après lui pour grappiller les raisin!) 
qu'il tient dans nn pan de sa tunique. Le pins souvent, )e travail 
est très barbare. La stèle la mieux sculptée, qui dénote nn art assez 
avancé et contemporain de l'époque romaine (premier ou second 
siècle de notre ère), représente, dans nne niche arrondie, on dédi- 
cant debout et bien drapé , portant dans un pan de son vêtement , 
qu'il relève et serre contre son ventre, un amas de grappes de 
raisin. A ses pieds est figuré â droite, un gâteau en ]{ «[^yé 



DigiLizedbyGoOgle 



contre an cep; k ^uche, un MlieT{î) est kougW auprès d'un 
autre cep. 

sËn mâme temps que ces stèles, ex-voto qui devaient être fichés 
verticalement en terre dans le temtnoM k ciel ouvert qui entourait 
le sanctuaire ponico-romain occupant le sommet de la coUioe 
dllippone , ont été recueillis un grand nombre de vases présentant 
une forme caractéristique, qui n'a rien de romain, et qiii rappelle 
an contraire les poteries proto-puniques des nécropoles primitives 
de CarUia^, sans pourtant se confondre avec aucune d'elles. Ce 
sont des pots sans anse en terre rou^ bien cuite, de forme ovoïde 
et trapue sans col. L'orifice, asseï large, est cerné d'an bourretet 
^atet horizontal, qui recevait un couvercle fait d'un disque lég^ 
rement bombé , la concavité tournée vers l'extérieur. 

■ Beaucoup de ces vases ont été trouvés remplis d'ossements 
incinérés, provenant de menues victimes, principalement d'oi- 
seaui. 

«En résumé, de la présence sur un m£me point de tous ces ex- 
voto se rattachant k une mâme série très caractéristique, l'on peut 
conclure, jk ce qu'il me parait, à l'existence au sonmiet de la col- 
line d'Hippone d'un sanctuaire punico-romain; la fondation de 
ce lem[Je remonte sans doute bien avant l'occupation romaine, 
au temps oii sur les lieux hauts et bien d^gés qui dominaient les 
riches plaines à blé de l'Afrique et de la Numidie se dressaient des 
autels à cid ouvert oit les prêtres de Baal Haman égorgeaient tes 
victimes fournies par la piété des lidèlee. Mais il semble être resté 
très longtemps fréquenté et avoir servi à la célébration du culte de 
la dirinilé africaine, sans doute romanlsée sous le nom de Salome, 
mais gardant ses rites et son individualité propres, jusqu'au milieu 
du III* siècle de notre ère. 

irLes documents recueillis jusqu'ici ne nous renseignent pas da- 
vantage. Mais peut-être pourrait-on en augmenter le nombre et 
faire quelques trouvailles plus explicites, en reprenant les fouiUes 
faites à fleor de terre et sans aucune préoccupation archéologique 
par le propriétaire actuel du terrain, et en recherchant méthodi- 
quement toutes les traces de constructions qui pourraient déceler 
fexielence du temple ou de i'aulel autour duqnel devaient être 
groupés les ex-voto.» 

M. (jAucuBa a communiqué en outre les phob^raphies et estam- 



DigiLizedbyGoOglc 



pages de trois Bt«l«s paniques trotivm's à Oirtlia|;e. — Renvoi > 
M. Berjfer. 

M. le commandaal Hannuo a envoya de* nolw sur las «■fimii 
d« ZaghoaaD avee photograf^es et dssstoa. — ' Renvoi A H. Moa- 
ceaux. 

M. L. JàCQDoi, juge à ThoiiOD, a lait parvenir iiite noto avec 
plan relative k une grotte-refuge de Dar-«1-Gaïna (départomeol de 
(ktnslanUae); — Renvoi â H. Saloaion Reînacb. 

M. AuDOLLENT, profexseur à rilniversit<£ d& Clermont-Feirandi 
a achevé la lecture de deux tabellae defixionù trouvées à Sousse. Il 
y a di'-chilTré : 

I. Tabflla drjlxionit, trouvée dans les fouilles de la n^ropole. f^ 
consenée au Musée du Bardo. 

Hauteur, o m. i55; largeur, o m. og. 

Un personnage nu, représentant sans doute Arehélaos, est gra- 
vie au trait sur la plaque de plomb, dont il occupe toute la hau- 
teur; Ir tète a disparu : peut-être même n'a-t-elle jamais existé. 
L'inscription couvre le corps, depuis la poitrine jusqu'aux pieds. 

La plaque est percée de quelques trous qui semblent purement 
acndenlels. 

Les points sous les lettres indiquent une lecture douteuse ; les 
points à cflt4 des lettres existent long sur l'original. 



DigiLizedbyGoOglc 



— GLJUtXIll 



««llfl^p» 


96 HpumSi, 


■f» nMnailUdiiTo^ 


[T)..rA. 


Toic TOÎTc fmroK ht 


*• A- 


aie iiawei 


Taxi'TO- 


0afi&w- 


Xii- 



II, ToM/a (jç/trÙMi» découverte et conservée avec la précédente. 
Hauteur, o m. oSa; longueur, o m. o58. ' 

^'^ . . .aeana^tnuamaena 
'■'^[BniiyimAmorPntmits 
Projùgiu Pelopê Clariu Sabitan» 



^ -r 



M. Gaucklrr, présent & la Cqnnnissîon , annonce la découverte 
à Tunis d'ex-voto à Saturne et de stèles funëraires païennes 
ou chrétiennes, au Djebel-Djelloud, près du marabout de Sidi- 
bel-Hassen. Il se réserve de revenir ultérieurement sur cette 
question. 

M. HisoH ra ViLLsrossB communique, de la part du R. P. De- 
lettre, plusieurs inscriptions latines relevées en Tunisie : 

«I. Près de ffidi-BahlU. — losoriptioa trouvée par le capitaine 
Petitjean et communiquée par lui à un de mes confrères de Sainte 
Joseph de Tbibar, sur le bord de la Medjerda, da&a les ruines 
d'une ancienne ville, situées, selon les renseignements qui m'ont 

<" PluUt a> que «. 

'*' Mutqueat troU ou quatre lettres au plus. 

(" Je complète d'iprès mm tt^/xiattmii IsbMaa, a-ja, lo; 178, i; S7S, 3-S. 
Dana <«■ trois irucriptions, provenuit de Souate cainme cdle^î, ae retrouvent le» 
■b QOOM de ehersui couplets qu'eDe contient; il ett doue naturel d'y recbœcher 
le Hplièmei il n'j ea ■ qu'un dans loate la série qui se termine en /nu, celai 
que je propow. 



DigiLizedbyGoOglc 



&À donnés, à près d'un kilomètre de la station de Sidi-Zâlili. 
Je transcris ici celte inscription d'après la copie qui m'a été re- 



SAC 
PAGVS ET CIVI 
TAS AVENSE 
SIS- S P F 



«Gomme on le voit, le début de l'inscription manque. Il devait 
renfermer le nom d'une divinité. Ce texte nous fournit le nom ancien 
d'une localité de la vallée de la Medjerda. 

(rll. — Avec cette inscription, deux épitaphes m'ont été commu- 
niquées. Voici la principale : 

D'MS- 
C ' M A G O 
N I V S H O 
NOR.ATVS 
AELINNVS 
PVA LXXI 
MX- H S E 

(rLa lecture de la &* ligne me parait douteuse. 

r L'autre épitaphe est incomplète : 

V I X 1 T A 
NNIS XXXIII 

MENHKIDIBi 

cIaïs dimensions des pierres ne m'ont pas été données. 



D,j.,.db,Google 



flLXXX* 

- Épitapbes trouvées à Thibar ; 
D • M • S 
C N*C O R N E 
L I V S-C N ■ F 
A R N S E D A 
TVS-PIVS- VIX 
ANLXXXXVI 
H ■ S ■ E 

aV. — Sar nue autre }hwi« dont le sommet est brisé : 



PIA-VIXIT 
A N N • L X 
H • S • E 
O • T ■ B ■ Ci,- 
T • T -L-S • 

M. IUhoh bi ViLLirossi înTonne aussi la Commiuion que, deus 
les première jours de ce mois, en Iraversaat Lambèse avec H. Al- 
bert Ballu, il a pu examiner à la hlte dans un terrain appartenant 
k M. François Bac trois mosaïques nou>dlement découvertes. Ces 
mosaïques, d'une exécution fine et délicate, sont d'un dessin par- 
ticnUèrenwnt soigné. 

Dans la ^miire piëce, trois panneaux nctaogulairas attirent 
les Isards. Le premier représente une femme drapée, assise, 
t«aant uo roseau de la main droite et s'appuyant sur une 
urne du cAté gauche; elle est placée entra un édifice ManchAtre 
en forme de tour carrée et on arbre an feniHage vert. Le se- 
cond panneau est rempli par un groupe : une feoune nue, sim- 
jrienent parée d'une ceinture, et un Satyre portant on thyrse sur 
l'épaule. Le troisième est occupé par une figure d'bomme, barbu, 
aux fermes vigoureuses (Hercule?), i demi drape' et «ppnyé sur le 
coude gauche. 



DigiLizedbyGoOglc 



— OUIITI — 

La sucoodo |ii^ wl ornëe d'iu pange à deuiat fri^étriques. 
Au milieu m trouve un compartiment ovale autour duquel étaient 
disposés, en forme de croix, quatre compartiments carrés, occapét 
par les busl«s des QiMirv S ait m u . Il ne leste plus qu'un buste, celui 
de ['Été ou du Ptvttemju, sous les traita d'une femme encore jeune 
qui tient un rameau fleuri. Les autres figures ont été enlevées avec 
soin à une époque ancteone et difiieîle k préciser; les bordures sont 
demeurées intactes. 

La mosaïque qui décore ta Iroùième pièce est plac^ au-dessus 
d'un hypocanste. Par suite des iafiltratïoas d'eau venant du boI 
supérieur, plusieurs piliers dé lliypocauste ont été reaTenés, de 
sorte que le pavage, in^alement soutenu , n'a pas pu résister par- 
tout k la poussée des tenree et daa débris qui le reeowniienL Heu- 
reusement, s'il a faibli en certains endroits, il ne s'est pas effondré, 
mais offre aujourd'hui un aspect vraiment lamentable. La surface 
ressemble à celle d'une mer agit^. Une plante i larges feuilles 
sépare la mosaïque en deux parties. A gauche est représenta Silène 
couché, la jambe gauche repliée sous la jambe droite, tenant l'en- 
fant Bacchus debout sur ses genoux ât loi tendant la main. A droite 
une Néréide, nue, est assise sur un hippocampe; un Amour debout 
sur la queue du monstre tient un des coins de l'écharpe qui, sou- 
levée par la brise, passe au-dessus de la téle de la jeune femme; 
un tigre marin s'avance en face de l'hippocampe. Sous le patte du 
tigre, oa Ut la signature de l'artiste, an enbes blaïKa lor fcod 
verdltre : 

ACRACIOY KM 



DigiLizedbyGoOglc 



— (asssvit — 

M. MoHGBiux entrelieBt l« .ComBHHisB' éw inacriptionvlchré- 
tieoues qnî ont été découvertes dans l'Ënfida depuis l'automne der- 
nier : ■ 

xCea inflcriptHHU, presque toutes sur mosaïque, ont élé trouvées 
soit dans la basiKque d'Henchir^Chigaruia (Uppentia), déblayée 
aux frais de la Direction des Antiquités par M. Bobin, conducteur 
des ponts et chaussées ; soit dans la basilique voisine d'Henchir-Sidi- 
Habicb, entre En6daville et Henchir-Cfaigaruia, par M- Coeytaux, 
directeur de la Compagnie franco-Africaine. Tons ces documents ont 
été adressés à la Commission par M. Gauckler, qui les a lui-même 
copiés ou revus, et qui a dirigé les fouilles d^Ujfenna. M. Gauckler 
a montré récemment, en commentant le m^ooire de M. Robin' 
qu'il a communiqué au Congrès d'AVer, le grand intérêt que 
présentent les deux basiliques et leur décoration en mosaïque. 
Les inscriptions constituent ^aleipent nn ensemble fort important 
pour l'épigraphie chrétienne d'Afcique. Celles dont nous avons eu 
jusqu'ici cannaiwanee aont au nombre de sotxante-Hleax, y com- 
pris les cinq ou six qui ont été antérieurement publiées. Ou y 
relève deux ex-voto k Saturne , qui proviennent d^un édifice plus 
ancien; une belle liste des martyrs, absolument intacte, et sans 
doute les débris d'une autre; l'épitaphe d'un primat de Maurétanie; 
deux épitapbes d'évéques , trois de prêtres ; les épitapbet d'un leetem-, 
d'un ermite, d'une religieuse, de .deux catéchum^es enfants, etc. 
Les fonnules sont assez variées. Quelques-unes sont entièrement 
nouvelles en Afrique, comme les titres de Yepiicepuê prime tedis 
Mattritamae, du famulua Dei eremita, des audïentet, comme les for- 
mules in puce Ckristi âxit mitû A^/cMtiûM «mil N in Ckritb>,ou 
comme l'exclamation (£f)>c qtù digni twu ne œeipùmt. D'autres repro- 
duisent le formulaire des tombes trouvées dans lea cités voisines, 
ou encore le formulaire des nécropoles de Carlhage ou d'Ammaedara. 
Ces découvertes de l'Ënfida, qui font tant d'honneur k H. Gauckler 
et à ses collaborateurs, complètent en bien des points nos données 
sur l'épigraphie chrétienne d'Afrique.^ 

Les principales de celles qui sont encore' inédites sont men- 
tionnées dans les pages suivantes. 



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— oLxixna — 


Dans la btnliqmdm nuirtTrs A'Uffmu : 


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MEME; OXX- 



S' Dana la basilique de Sidi^abieh : 

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ET REttlE 
>ITÏ( X 
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lEkICKII 
MV( PR(I 
III FACE 
FOdTVI 
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V 1 T A l I ! 
f A H V k V ! 
kEl EREHITA 

V r X 1 T IN 
P À C E A H 
1,X X V S E P 
i I T V ( E< T 
fi VU I» MAK 

Dans Ifls murs de cette même basilique de Sidi-Habicb OQt èM 
découvertes deux stèles dédiées à Saturne, rentrant dans la même 
série que les trois ex-Toto trouvés précédemment au même endroit 
par M. Goeytaux,et publiés parM. Gauckler dans les /Vocèf-twr^iw 
de la séance de la Commission de l'Afrique du Nord dn 9 1 février 

1° Cippe i sommet demi-cylindrique. Dans le fronton, un 
grand croissant renversé; au-dessous, dans on registre rectangu- 
laire, la dédicace suivante, gravée sens dessus dessous : 

COCTAVl 
B A S S I 
V O T V M 
SACESOLVIT (m.) 

EoSn, dans le registre inférieur, deux pommes de pin en bas- 
relief. 

3° Cippe brisé en haut et en bas; il ue subsiste que la partie 
médiane, avec la dédicace suivante : 

LOCTAVISEVERVS (ti) 

SACERDOS SATV 

UNI SATVR.no 
A V G • V • S • 

La présence de ces ex-voto païens réemployés, dans les mors 
de la basilique cbrétienne de Sidi-Habicb, permet de supposer 



D,j.,.db,Googlc 



-*- Gxa — 
que cet édifice a été coostruit, comme le iai 
produit dans l'Afrique romaÏDe, sur l'empl- 
d'un sDcien temple k Saturne désaffecté. 

Peut-âtra en fut-il de méioe pour la 
d'Uppenna; car on y a trouvé te ffagaitent <l 
suivant : 

a. SATVR h. OB 

qui semble bien avoir fait partie, à Torigine 
païen Saturne, et non d« Tépltaphe d'un 
Satur\nina\. 

ha aéaaae est l«¥é« à &.Jie««8. 

1 



DigiLizedbyGoOglc 



-»!Il. 



•*C<I*tl 



.[^■s de canalisnlioDS; des 

ii'ssins géométriques; les 

re cuite; enfin une cu\e 

(le profondeur), à trois 

lit une cuve baptismale, 

"logonauxde la région, 

les objets découverts, 

■iris de sculpture, sur- 

')nuaie8 carihaginoises, 

i.ment de lerre culte, 

. Dans le cadre d'un 

Il dislingue une croix 

.lut être insérée au 



■7*1! ^, 



.Ï:ï:A 



^i 






le épitaphe cbr^t- 
r ^ Zagbouan. Lf 
1' méuioire. Voici 



rl[itioD, m. ifi; 
'. o3 à m. 09&- 



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IPRO SALVTEM 
DOMINl NOSTRp 
CVLTORES ■ lOVIS I 



OPTIMI MAXI M I ! 



PAGANICVMSVMSV 



APQNIA FECERVlT 
MAGISTR ■ IV. . . . ATVa 



La IroisiinM, envoyée par U. Renault, a ilé tiwiTée au ean- 
rofis de Tanis, sans doule au Djebel-Djelloul (lellres de o m. os 
a o m. 0S3). 

D M se 

Q_MAEV1VS FELIX 
ALIQVANDAS ■ VIXIT 
ANNIS- 1,V- MES'lII 
DIEBVSXVII O 



Il annonce ensuite le résultat de quelques fouilles qui se font en 
ce moment en Tooisie. A Dougga, U. L. Poinsaot a tenniné ses 
recherches. Les résultats qu'il a obtenus, et qui ont été déjl signalés 
à la dernière séance, feront Tobjet d'un rapport plus détaillé. A 
Sousse, M. l'abbé Leynaud a continué rexploralîoo des catacombes. 
Dans une des chambres, entourée d'amfa&, il a Inuvé, se détachant 
au milieu d'un de ces aixotoUa, un buste qui pantt représenter le 
défunt enseveli en cet endroit. A Hendiii^Fragha (f /jy iaa i i), en 



D,j.,.db,Googlc 



salleft de baios, avec dépendaDces et restes de eanalisntioDs ; des 
pavements de mosaïques grossières à dessins géométriques; les 
ruines d'une fabrique de carreaux de terre cnite; enfin une cu>e 
circulaire (3 m. 57 de diamètre; 1 m. 06 de profondeur), k trois 
gradins et buit alvéoles, qui est certainement une cuve baptismale, 
et qui rappelle nettement les baptistères octogonaux de la r^ion, 
naguère étudiés par M. Gauckler. Parmi les objets découverts, 
ciEons des sarcophages monolilhes; des débris de sculpture, sur- 
tout une belle tète de marbre blanc; des monnaies carthaginoises, 
romaines, byïanLines; des carreaux de revêtement de terre cuite, 
ornés de reliefs estampés (rosace, lion, cerf). Dans le cadie d'un 
de ces carreaux, qui représente une rosace, on dislingue une croix 
monogrammalique, tracée à la pointe. 

La notice de M. le commandant Hannezo peut être insérée au 
Bulletin archéohgtque. 

M. Hannezo a envoyé encore un estampage d'une épïtaphe chré- 
tienne, très mutilée, qui a été trouvée Tan dernier à Zaghouon. Le 
texte de cette inscription n'est pas transcrit dans le mémoire. Voici 
notre lecture : 

Marbre blanc brisé à gauche. Hauteur de l'inscription, o m. i(î; 

largeur maxima, m. i3. Hauteur des lettres, o m. 09 à o m. 0^5. 

^EUS 

ACEAN 

VsiTVS 

\ MV 

...... jqAK. 

[eixit l'n pjuce an- 
[nli. . depo\nlvs 
[. . .hAm ou £'iil(«miiu)j ianu(ariat) 

D'âpre les formules et la forme des lettres, celte épitaphe doit 
dater du »' ou du vi* siècle. 

La séance est levée à 5 heures 

Lt Srtr^tùirt J« la CemmiMÙa , 
B. GioniT, 
UghiIh^ du Goniilé. 
AicBÉOLoaii. — N* 3. h 



DigiLizedbyGoOglc 



11 JUILLET 190&. 
SÉANCE DE LA COMMISRIOIT DE L'AFRIQUE DD IfOIIO. 

PRËSIDE.1CE DU M. PEHBOI. 
Lu séanco est ouverte à h heures. 

Le ])roc<-s- verbal de la deruière séance, n'ayant pas été imprîiaé 
à temps, ne peut être iu. M. le Secrétaire di^gage à cet égard sa 
responsabilité. 

M. te docteur Carton, membre non n'aidant du Gomîlé, envoie 
une brochure inUtutéc : Troûthne chronique archéoli^ique Nord-Ajn- 
eaine (igo'i). 

Elle sera déposcc à ia Bibliothèque nationale et des remer- 
ciements seront adressés à l'auteur. 

M. Hiiiglais, corrcspoiidanl du Ministère, à Constantine, annonce 
des dérouverte.s survennos récemment dan» cette ville : 



DigiLizedbyGoOglc 



seid offre un T^ritable inlérél; les autres ne doanent que quelques 
lettres însaEBuntes à une ioterprélation plausible. Ce sont : 

ff 1° Un fragmeul de bandeau en calcaire blaacbâtre, h cordons 
perlé» : 

L 

«La lettre L, d'une fort belle gravure, est haute de om. t3. 
Elle faisait partie d'une inscription dont les lettres étaient éridem- 
ment 1res espacées. 

R s" Pierre très Truste, k surface non polie, de calcaire gris; elle 
porte le bas d'un I suivi des lettres MO [Maximof). Hauteur des 
lettres : o m. i o ; gravure grossière et irrégolière. 

(r 3° Fragment de calcaire bleu , surface très polie. Très belles 
lettres de l'époque antonina; hauteur, om.o&S.Lecrenidei lettres 
conserve des traces très apparentes de peinture rouge : 



nk' Pragment de ealeaire Mes, de otn.SS <fe hauteur sur 
o m. &7 de tai^ur, h sorfaeetr^ polie, cassé lui-mém« en quatre 
ntorceani se rajustant Ij^ exactement. 

«Ce fragment représente moios delà nMMtiéde ta pierre entière, 
|)eal-éb« seulement le lier» si Tinseription se terminait par trois D 
au lieu de demi. 



fOPVBLiCÔEX 



oe: 



ELJCJSAVGFl 

BLICO 

TAT V A M\CVM 

IISSILIBVSQVOS 

TER HSXVNQVAE 

EDICAVITQVE 





vDfl h première ligne ne restent que ks ttacea infArieiUM de 
quelques caracttees qu'il parait imposaibie de reconstituer d'après 
ce qu'on eavoit. 

«AU seconde Ligne, FlU est suivi d'un marteUg* sons lequel 
apparaît la marque de quelques lettres iudéchiffi-ables. 



DigiLizedbyGoOglc 



nLe commcncomeDt de la troisième ligne conserve U tncean- 
périeure de la branche droite d'un V (EQVO PVBUCO EXOR- 
NATVSÎ). 

«Il »'agit dans cette inscription de la dédicace d'une statue 
accompagnée de jeux (T) et de lai^sses. Le reste de l'in&criplion se re- 
trouvera peul-étre au cours des fouilles que l'on reprendra incessanr- 
mcnt pour creuser de nouvelles caves. Que ne peut-on espérer re- 
trouver aussi la statue elle-même dont il est question, comme il est 
arrivé pour celle de Bacchus , actuellement au Musée de Conslantinel » 

M. GiucKLBii fait connaître dilTérentes acquisitions des mnsécs 
tunisiens : 

«Le Musée du Bardo vient de recevoir en don : 



■ri" De M. Ghavanne, horloger- antiquaire À Tunis, une fort 
belle intaille sur émeraude ovale, de grande dimension, repn>sen- 
tant Mercure assis, et provenant probablement de Cartfaage. Ln 
gemme est uialheurausement brisée, la partie inFérieure n'existe 
plus. 

m' De M. le lieutenant de Kindt, du li' tirailleurs algériens, 
une iauipe romaine provenant des fouilles que cet officier a récem- 
ment pi-atiquées dans la nécropole d'Hadjeb-el-Atoun. C'est une 
lampe de forme chrétienne, mais ayant encore la queue forée; sur 
le disque sont ligui-és deux lièvres broutant une large feuille. Au 
revers, le grallile suivant, en cursive, qui semble inédit : 

EX OFI 



DigiLizedbyGoOglc 



ir 9" Un dieu barbu portant sur l'épauie gauche la hache â double 
tranchant, dont l'image se retrouve assez souvent à Carnage dans 
la nécropole des ii' et m* siècles avant notre ^re, sans qu'on soit 
encore parvenu À rideotiiîer d'une façon précise. Le dieu est figuré 
ici dans un édicule à fronton triangulaire et accosté de deux autres 
dîvinité8(T) plus petites et d'ailleurs assez mai conservées, toutes 
deux coiffées d'un bonnet conique. Un second exemplaire de ce 
même groupe a été déposé au Musée de Sousse; 

cr3° Un petit r^ipient de terre cuite, de forme hémisphérique 
avec lai^e ouverture circulaire et tubulure cylindrique à la base, 
ayant exactement l'apparence d'un foyer de pipe et ayant probable- 
ment joué un râle analogue. Ce curieux objet a été trouvé dans un 
tombeau romain. Nombre de récipients semblables ont été recueillis 
cette année par M. le commandant Dehay dans la nécropole de 
Sousse. L'origine antique de ces ipipes romainesn ne saurait pins 
être mise en doute. 

■ Le Musée de Sousse a reçu d'antre part : 

K i' Une tête de stuc presque intacte, portrait de jeune homme 
nux cheveux courts et à la barbe rase, provenant des catacombes 
d'Hadrumète (voir le procès-verbal de la dernière séance); 

ET 3° Une très intéressante dédicace romaine meotiounanl un 
ftagmwnm (voir le procès-verbal de la dernière séance); 

« 3° Une (été romaine de marbre et diverses poteries arabes re- 
cueillies par M. Gresse dans les travaux de construction du nouveau 
groupe scolaire à Kairouan ; 

R À" Un lot de trente-trois stèles votives à inscriptions dédica- 
toires latines et ligures symboliques su Irait, provenant du sanc- 
tuaire punico-romain de Battaria; presque toutes ont déjè été 
publiées , au moment de leur découverte , par M. Gauekier dans le 
BuUetia archéologique de 1S97. 

M. Gauekier ajoute : 

irLes travaux de dérasement du Djebel-Djelloud continuent à 
fouroiren abondance des épitapbes généralement païennes, rarement 
chrétiennes, très bien conservées, mais grossières de facture et banales 
de rédaction. De la centaine de textes inédits qui ont été b-eos- 
porlés au Musée du Bardo depuis la dernière séance de la Gom- 



DigiLizedbyGoOglc 



OlIOTIll — 

miwioD, il n'y a guère i citer qu'une ëpitapbe hybride où le Du 
•MMÎ&tM MowN paîeD e*t suivi de la formule dirritienoe m fma : 

D-M-S 
DECIVS 
IN PAGE 

irllne épitaplie chrétienne, gravée en grandes lettres de o m. 096 
Hur une longue dalle recouvrant on sarcophage qui ne renfennait 
aucun mobilier funéraire : 

IHHOX DECE 
idWli IH-PACE 

et le teite suivant, qui parait être une dédicace païenne égarée, ou 
paut^tre remployée comme dalle lumulaire dans la nécropole du 
Djebel-Djelloud : 

DMD 

V-RED 

CSAB 

I N V S 

D{eo) M{treuriot) D{omim)n v(otum) nd{didit) C(<imt) SMnia. 
nLettres hnules de o m. 06 » o m. 08. Estampage.!! 

M. Salomon Rrinugh r«nd compte d'une notice de M.L. Jacquot, 
juge k ThonoD, qui RÏgnale, au Sud-Bst d'Oudjel (UtaUt), un abri 
sous roche, dit Dar-rt~Gaima . eu recommandant l'exfrforation de ce 



DigiLizedbyGoOglc 



14 NOVEMBRE 1905. 



SÉANCE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQ0B DU NORD. 

Ph4siDBNGB de h. BËROn DE TILLEPOSSE. 

La s^nce est ouverte à li heurest 

Le procès-Terbal de la dernière séance est lu et adopta. 

M. GiuGKLu a remis plusieurs nol«8 ie M. le «pilaine Dooau , 
dont rexamen est renvoyé à MM. H^ron de VillefbssQ, Diebl et Tou- 
tain. Uoe note, relative à Toccupation de la rive Nord du Gholt-el- 
Fedjedj , est réservée jusqu'à plus ample information. 

Les ouvrages suivants ont éié envoyés comme hommage au 
Comité : 

i' Par le P. Detattre : Lettre à M. PL Berger; Lee OtÀoUtei i'em- 
brine dam le» eéfuUtwet puniques de Carlhage; Nécr^U panifie de 
Carthage, iérie de ^gurvtci, etc.; Marque» drami^i retunUiH mr 
la eotUne voisine de Sainte-Monique; 

9* Par M. le commandant Hanoézo : Piatee wr hi néempotee 
anciennee de Biterte; Bitmie, Uitoire et déecriplim; Nttti» lur le» rutnw 
marqua ttmégaiiAiqfUt ti lUr la oarti dei e mir ont de £û«rto,- 

3° Par M. Hinglais : Calaiogue général du Miuée de CorutanHne. 

Ces ouvrages seront déposés à la Bibliothèque nationale et des 
remerciements seront adressés aux auteurs. 

M. CiaiiAi entretient la Commission des levés qui seront ei.é- 
cul^ cette année par les brigades topographiques d'Algérie et de 
Tunisie. 

Il lit ensuite ane note envoyée par M. Hinglais sur une inscrip- 
tion nouvellement Irouvée k Constantine : 



DigiLizedbyGoOglc 



itUne uouvelle inscription, écrit notre correspondant, a éld dé- 
couverte le 9& juillet dernier, au cours des fouilles opérées dans 
le sol du marché aux légumes de Gonstantine. 

PtIVLIVSyPyF 

QVIR. 
N O R.I C V S 
E Q_V O P V B 

exornaTvs 
obhonorem 
aedilitatis 

DEDIT 

«Elle est gravée en huit lignes sur une pierre de calcaire blan- 
châtre, à grain fin, qui servait de piédestal au monumeot (une 
statue, peut-être?) offert par un certain Publias Julius Norieus, 
fils de Puhlins, de la tnhu Quirina, en reconnaissance de sa nomi- 
nation à Tédilité. 

n Elle couYre la surface antérieure du dé. Les trois autres surfaces 
sont nues, celles de cAté polies; celle de derrière simplement bou- 
chardée et sans base, ce qui montre qu'elle était appliqua contre 
un mur ou une paroi quelconque. 

«ha corniche a été mutilée k coup de masse, probablement pour 
abattre les saillies qui pouvaient gêner dans la nouvelle destina- 
tion donnéeàla pierre; il en reste une hauteur de fj centimètres 
environ au-dessus du dé. Le dé lui-même mesure 83 centimètres 
sur 60. La base est haute de a^ centimètres. 

iiLes lettres de la première ligne sont hautes de o m. o5 , edies 
des autres lignes de o m. o&5. 

«La gravure, ainsi qu'on peut le voir par l'estampage qui 
accompagne mon rapport, est de la belle époque et tr^ soignée. 

trLe nom du chevalier P. JuUiu ne se rattache, ce me semble, i 
aucun fait historique ou local de la république eirléenne, et son 
Bumom de Mrinu n'a encore été relevé qu'une fois dans Tipi- 
graphie africaine C' où il se rapporte i un Q.Anidius, mort à Thé- 
veste, k l'âge de &3 ans, s mois etai jours. n 

[■) Corp. l'nKr. lat., n* 1919. 



DigiLizedbyGoOgle 



M. Caû;(at «nalyse une communication de M. Beanier, profeB- 
seur i t'Université de Gaen, relative à une inscription latine de 
Ksar-el-Kebir (Maroc). Le travail de M. Besnier sera ins4ré au 



M. Hiion DE ViLLBPossB communique, de la part du B. P. Du- 
lattre, diverses inscriptions relevées par M. Tabbé Bonnel aui en- 
virons du Kef. 

1. A doute kilomètres au Sud-Est du Kef, M. l'abbé Bonnel, 
cui-édu Kef, a copié et estampé Tinscription suivante, gravée sur 
une pierre longue de i m. 5o et haute de o m. 5o : 

IVNONI • CAELESTI ■ AVG ■ SAC ■ WMM I 
ClUSATVRNlNVS-FAVSTVSROfWTWI 
TEMPLVM ■ EXVOTO-FECERV»( 

Beaux caractères, haut de o m. 06. 

La piwre est brisée aux deux extrémités. 

3. Au même endroit, l'abbé Bonnel a vu plusieurs pierres funé- 
raires portant toutes, au-dessus de la première ligne, divers molifs. 
En voici une dont le sommet est occupé par le croiasaot, les cornes 
en haut : 

D-M-S 
P* AEMILIVS 
GER.M ANV. 
PIVS -VIXIl 

ANNIS 

♦ N*LX 
Hauteur des lettres, o m. o5. La pierre est brisée à droite. 

3. M. Tabbé Bonnel a envoyé au R. P. Delattre les estampages 
de deux autres textes. Le premier a déjà été publié. L'autre épi- 
tapbe est gravée sur la face d'une pierre assez informe, mais dans 



DigiLizedbyGoOglc 



UD cadre tiii régulier, haut de o m. ai et \»tg» de o m. 18. La 
pierre a été trouvée par M. l'abbé Bonnel, au Kef mdme, «Uns 
un cfaamp près du cimetière catholique. 

L ♦ I V L 1 V S 
S E V E R. V S 
V 1 X* A N I S 

LXXXV*H*S*E 

Hauteur des lettres, m. o35. 

La CommiseioD prie M. Héroa de Viltefosse de rédiger une note 
sur la statue d'earant trouvée récemment h Lambèse. 

R. CisRiT, 
Msaibre do Conùlé. 



DigiLizedbyGoOglc 



13 DÉCEMBRE 1905. 
SÉ4NGE DE LA COMMISSION DE L'AFRIQUE DU NORD. 

PBftSIDKHOB DB H. HÉIIOII DE VILLEFOSSE. 



La séance est ouverte à â heures. 
Le procès-verbal de la dernière séance est lu et adopté. 
Excusés : M. le Directeur de TEnseignenient supérieur el 
M. Ballu. 

M. le Secrétaire donne lecture de la oorreepondance : 
lia reçu deux lettres de savants étrangers, relatives à des anti- 
quités africaines. La première lui a été adressée par M. le profes- 
seur Dessau, de Berlin : 

"Je crois de mon devoir de vous signaler un petit monument 
d'origine africaine qui s'est égaré à Berlin. Il s'agit d'une petite 
pierre gravée, d'une cornaline de dimensions minimes, qui existait 
jadis dans la collection de M. de Montigay, et qui, en 1667, est 
passée au musée de Berlin ; elle porte l'inscription , pnbliée par feu 
Le Blant dans son recueil de fSo intariptiont de pîerrti graréei, 
n''377, et par M. Furtwângler dans le catalogue des pierres gravées 
da musée de Berlin, n'Siofi; nous l'avons revue, M. Zahnet moi- 
même; on y lit : 

C-Cl- 
I^ARTAGI 



ce qui veut dire, sans doute : colmtit, cohniae JuUae Kartagmi,/eliei~ 
ter! C'était, sans aucun doule, un habitant de Carthage qui a fait 
graver cette acclamation sur son annrau, cl le pelll monument doit 



DigiLizedbyGoOglc 



avoir été trouvé ea Afrique. On |>eul comparer rioscriplion d'un 
anneau d'or, trouvé à Zaragoia , oà on litl": CCA PACGAL.c'esl- 
à-dire cohmae CaesarauguKat, puis un nom : 

«Je profite de cette occasion pour soumettre à votre jugement 
une observation sur une autre pierre gravée; publiée par Le Blanl. 
Le n' 593 du recueil de Le Blant porte l'inscripUon : Q_ FOL- 
NIVS I A-FROM I FVSCVS. Or c'est aussi le nom d'un habi- 
tant d'Arezzo {Arretimn, en Élrurie) dont les cendres furent déposées 
dans une urne avec double inscription étrusque et latine, copiée 
nu iT° siècle et publicn, d'après des copies anciennes, au C.I.L,, 
t. XI, n' 1870. Cet habitant d'Arezzo doit avoir vécu aux temps de 
la République , car l'usage de la langue étrusque sur les inscriptions 
funéraires ne dura plus longtemps. Or ce serait une coïncidence 
curieuse de trouver, sur une pierre gravée, le nom d'un citoyen 
d'Arezzo des temps de la République dont nous avons aussi l'urne 
funéraire, et re nom écrit au nominatif avec la désignation du 
père (Q;F-) et la tribu romaine (ROM-, ffmulta), précisément 
comme sur l'urne funéraire. Mais je crains fort que l'inseripUoD 
vue par Le Blant ne soit fausse : elle a pu être copiée par un gra- 
veur moderne d'après un dos recueils qui ont reproduit l'urne 
d'Aretzo, par exemple celui de Doni ou de A. Fabretti. Qu'est devenu 
le petit monument, un quartz améthyste, vu par Le Blant à Paris 
chez un marchand d'antiquitéstn 

1-a seconde lettre vient de M. Franz C!umont, de Bruxelles : 
irOn sail qu'au début de 1906, un colon de Lambèse découvril 



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«La fdapart de ces bronzes sont des pièces d'applique qui ont 
été fixées sur des plaques reclangulaires dont des débris sont conseil 
vés. Le creux de ces pièces, travaillées en relief, était comme il 
arrive souvent, rempli de plâtre pour leur donner plus de solidilé. 

«L'ensemble a vraisemblablement servi à décorer un édicule con- 
sacré aux divinités ^pliennes. H constitue une série d'images 
sacrées, empruntées i la religion de l'Egypte, telle qu'on n'en a 
peul-élre jamais trouvée dans un autre pays de langue latine. 

icL'édicule était supporté par : i° deux figures de Silène bar- 
bus, penchées en avant, accroupies sur des griffes de lion. Les 
angiea inrérieurs du meuble étaient insérés dans le dos de ces per- 
sonnages. Les angles supérieurs semblent avoir été ornés de : 
3' deux feuilles d'acanlhe ajourées. 3° Deux petits sphinx ont 
aussi été placés aux coins de ce tabernacle. 

Les autres pièces décoratives étaient : 

nU" Quatre fragments d'une plaque de brome coulée sur laquelle 
étaient fixées trois appliques : au milieu Harpocrale tenant une 
niassue, et, de chaque côté, un personnage anguipèdc analogue a 
des types déjà connus (". 

Rpuîs, des appliques détachées de la plaque qui les suppodail 
autrefois : 5* un bœuf Apis; 6° un Uraeus; 7° un dieu Bès; 8° 
une tât« de chaL Enfin diverses statuettes : 9" un Anuhis accroupi; 
1 o" un Oairis ; 1 t'uu Hermès-Thot; 1 9' un personDiige debout velu 
(l'une longue robe; 1 3° un Silène très oxydé; 1 4* deux petites patères. 

"h ferai observer, pour ajouter au moins une remarque à ce 
bref inventaire, que le type d'édicule ou de tabernacle, auquel 
apparteBaïentlesbronzesdeLambèse,adûse rotrou ver fréquemment 
chez les fidèles des dieux égyptiens. La collection De Clercq possède 
trois appliques de bronze trouvées ensemble en Syrie (ancienne 
collection Pérétié) et qui figurent, outre une Isis, un Uraeus et un Bès 
semblables & nos numéros 6-7, mais de dimensions plus grandes^)." 

M. HiHflUis, Conservateur du Musée de Constantine, a envoyé 
une note et un estampage. La noie est la suivante : 

cLe tome XVIII (année 1876-77) du Becu^l dei rutticet et mé- 
mmret de ta Société archéologiqwi de Constantine contient un certain 

I') Cf. H», archéal.. If. S., t XXSVII, pi. IX, -i, et Roschcr, Uxikm tHylh., 
a. V. I«is, col. 538. 

t>) Cf. De Hldd^r, Br.>«tt» dt lit co//. Df Ctnrq , n" u 3 . ^ih. 



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nombre de planches o& sont reproduites des styles néo-puniques 
découvertes à Conetanline et transporlées depuis à Pans. 

xL'ane d'elles (n° 1 1 de la planche IV) ■ échappé à rexpatri*- 
tien. On vient de la retrouver enfouie daus ou jardin et de la dépo- 
ser au Musée. 

«J'ai pu ainsi constater des inexactitudes dans la |danehe qui 
là reprodoiL Elle donne, sous l'inBcriplion , une table à troua dis- 
posés en deux séries de qaalre, tandis que la pierre n'en comporte 
qu'une, et comme elle ne parait pas avoir subi de nonvtJlcB rantils- 
tions depuis qu'elle a été dessinée, on peut croire qu'il y a là une 
erreur du dessinateur, n •— Renvoi de l'estampage à M. Ph. Ber^w. 

M. Ph. Brrobii, apr^ avoir examiné un rapportdeM. lelicnte- 
nant du Breil de Ponlbriand snr un teite épigrapfaiqne panique 
trouvé à Ziane, conclut, comme t'avait déjà fait cet oKider, à la 
présence sur l'inscriplion du nom de Dagon. 

M. DiRHL rend compte d'une communication de M. le capitaine 
Donnu : 

rAq cours de l'hiver de igoA-igoS, M. le capitaine Donau a 
déblayé au lieu dit Hencbrr-Bel-Aïd, près de ta pisie qui anJI 
Kebili & Matmata par Bou-Ghorfa, un poste fortifié carré de 
1 6 m. 85 de côté , qui ne présente aucune particularité caraeWris- 
tique et où aucune inscription n'a été relevée. Aopris des ruines 
de celte construction un tombeau offre des scolptnres qnî, malgré 
leur eitéeution grossière, semblent intéressantes. On y voit repré- 
sentes des animaux, bGPufs k bosse, ânes, ehevaui, mélim, et 
snrtont deui curieuses silbonetles d'édifices i tourdles et i cré- 
neaux, figurant peut-être te burgn» voisin. It y aurait intérêt k 
publier an BtiUelm cette partie de la note de M. le e«[ûtaine 
Donan.'n 

M. HéaoN DE ViLLBPossR fait on rapport sur une note dn capitaine 
Donau. La première partie est relative k ane sépulture sons 
tumuluB, située près de la piste romaine de Tacaptt k Tivtû Ta- 
mdian et qui parait remonter k une assez baule antiquité; dana 
la seconde partie sont signalées deux inscriptions libyques relevées, 
lune au village de Negga au Nord-Ouest de Telmine, l'autre au 
Sud-Oues[ de FHenchir-Remtia. Il est nécessaire de laire cminallre 



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— ce™ 

cea textes mêmes sans tes exjdiqaer : c'est le senl moyen de les 
sigealer à l'attention des linguistes qui auraient la volonté d'en 
tenter le déchiffrement. Le rapporteur conclàt à l'insertion an 
BuBetia . — Adopté. 

M. HfHON DE ViLLsrossK snoonce également qu'il a reçu de M. le 
Ty Carton communication de plusieurs inscriptions latines. 

Le premier monument a été découTert sur la ligne du Kef , non 
loin de Gaffour. C'est un fragment de stèle en calcaire blanc, haut 
de o m. 38, large de o m. 34, arrondi eu arrière, c'est-à-dire pré- 
seataot l'aspect d'une demi-colonne dont la face plane porterait les 
bas-reliefs et l'iascription. 11 est divisé en trois registres; les lettres 
de l'inicription mesurent o m. oiA : 

Regùtrt lupérieur : 

(tète diadtfmée 
(lÂle radiée) (léte barbue et chevelue] avec croissant) 

SOL IVPITER LVNA 

Regùtn («Irai : 

Triangle entourant un triscèle dont le centre est une figure 
humaine. Sur les c6t^s allongés dn triangle, l'espace libre est rem- 
pli par une fleur de lotus d'où s'échappent de petits disques, de 
sorte que cette fleur a l'apparence d'une corne d'abondance. 
En dehors, & gauche, est figuré un gâteau. Sous la base du tri- 
angle, un bandeau, qui semble vide dans sa moitié gauche assez 
abtmée, offre à droite le mot : 

FORTVNA 

fiegittre inférieur : 

En grande partie brisé; trois têtes dont le corps n'existe plus. 
La tête de droite porte un bonnet phrygien surmonté d'un crois- 
sant et flanqué d'un objet ovoïde surmonté d'une croii. La télc 
centrale est chev^ue; il semble qu'on distingue une main gauche 
à câté. La léte de gauche, coiflée du bonnet phrygien, est flan- 
quée d'un objet indécis qui pourrait ^Ire une léte de cheval. 



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M. Héron de Villefosse fait renoarquer que la dieposition du mo- 
nument signnlé par le docl«ur Carton rappelle beaucoup edie des 
stèles votives africaines à plusieurs registres, élevées À SaUiroe. Le 
dieu principal, — ici Jupiter remplacerait Saturne d'âpre l'inscrip- 
lion, — esl souvent représenta entre le Soleil et la Lune, notam- 
ment sur de nombreux ex-voto recueillis au Nord de l'Aurès, h 
Lamb<!se et à Timgad''). Les deux personnages du registre inférieur 
coiffés d'un bonnet (est-il sûrement phrygien?) sont probablemenl 
les Dioscures, comme on peut les voir au Louvre au bas d'une stclp 
À Saturne provenant de Sétif'^), séparés par l'image d'nn lion de 
face. Un monument trouvé & Tschennembl, dans la Pannonie supé- 
rieure, semble présenter des analogies avec le monument de OnT- 
rourCl; ane base trouvée à Mayence en 1877 présente sur ses 
quatre faces les images de Jupiter, du Soleil, de la Lune et delà 
Fortune <•'. 

Les autres inscriptions sont des fragments qui paraissent inédits 
et qui ont été relevés à In Oouletle : 

(I. Marbre blanc, formant marche devant le seuil d'une maison 
située dans une ruelle derrière la caserne Saiot-Cyprien. Ellr a 
une forme parallélépipédiqm'. Deux des longues faces seulemt'ul 
sont visibles. La supérieure présente des traces de moulures 1res 
effacées. Elle devait oppartenirà une architrave. L'antérieure, moins 
large, constituait lesoilite. 

Elle est ornée d'un faisceau de lauriers entouré d'une bande- 
lette en spirale. 

Longueur, 1 m. 3o ; largeur du soffîte , o m. ûo ; épaisseur, o m. 35 



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b. Dans une maison située à c&té de la précédente , une pierre 
formant dalle en avant du seuil a la même forme et la même orne- 
mentalion que la précédente. Ses dimensions et celles des lettres 
sont également les mêmes : 

SALVlSt 

TH ERIS 

ET CANCE 

CeBt une dédicace impériale chrétienne oyant trait Ji une con- 
fltmeUon dans laquelle il y avait des balustres : et canceKt. 

H. Mnun lit la note suivante : 

nM. le lieutenant Bouchard, du service des Affaires indigènes, 
a exécuté récemment à Ziane, près de Zarzis, diverses recherches 
au sujet desquelles il a bien voulu transmettre un rapport à la Di- 
rection des antiquités tuai»iennes. 

«En fouillant un mamelon isolé, situé à 3oo mètres environ du 
Forum, en dehors de l'enceinte de la ville, M. Bouchard a dégagé , 
un petit temple, de pinn très intéressant, de type oriental et 
phénicien, analogue au temple de Saturne k Dougga entre autres. 
Une plate-forme carrée surélevée sur trois côtés (sauf au Nord-Eat) 
de o m. 75 environ au-dessus du sol supporte l'ensemble du sanc- 
tuaire qui comprend une grande cour, large de 6 m. T,o à 7 inèlrcs; 
au fond de la cour se présentent trois chambres, de dimension 
inégale; les deux qui sont à droite et, qui s'ouvrent sur Varea qui 
les précède chacune par une porte, semblent avoir coQRtitué deux 
eeUae : l'une est carrée (2 m. 86 de côté); l'autre, à gauche de la 
première, est plus profonde que large (9 m. 86 X 1 m. gii). La 
troisième pièce qui est tout à fait â gauche ne parait avoir eu 
aucune issue directe sur l'extérieur; elle n'était peut-être pas par 
suite destinée au même usage que ses deux voisines. 

R La cour est bordée sur ses deux faces latérales par un portique 
dont les colonnes sans bases ctaicnt surmontées de chapiteaux do- 
riques. La partie antérieure, celle qui formait la façade de l'édidce, 
est jusqu'ici insuffisamment déblayée pour qu'on puisse se pronon- 
cer exactement sur son architecture; il n'est pas probable toutefois 
qu'il y ait eu un grand escalier d'accès, car on n'en a découvert 
aucun vestige; le parvis se terminait sans doute en avant par une 
terrasse surplombant le terrain euvirannant, fermée par une balus- 
trade, comme celui de Gaelestis à Dougga. 

AiofatLoaii. — M* 3. H 



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MX 

fcSuTtoutle flanc Nord-Est de la construction, à droite du péri- 
bote, règne une grande citerne-, un remblai artificiel servait 
d'implttsiam pour recueillir l'eau qui se déversait dans la citerne 
par un orifice encore aujourd'hui très net. 

irDans les décombres du mur du fond, M. le liputenant dePonl- 
briant a découvert une inscription néo-punique dont M. Pb. Bei^er 
a entretenu l'Académie des Inscriptions et dont il vient encore de 
nous parler. Une'inscription latine, signalée par M. Bouchard, élail 
gravée sur le fût de la colonne d'angle gauche de la Façade ; comme 
l'autre, elle a ^lé transportée au Bureau des AITaires indigènes à 
Zarzis, oi elle est actuellement. L'estampage permet de lire provi- 
soirement : 

R Hauteur des lettres : i" ligne : o m. o38; s* : o m. 096; 3* 
et U* : om. o3i; 5*: o m. 093. 

CAELESTIS AVG 

ANNIVS ISTR.VGI 

SACERDOS ANNiaX NEMEIO 

81B.1CO ET CARKUO GEMELLO 

MAC 

n La gravure est peu profonde ; le déchiffrement présente quelque!^ 
incertitudes, surtout à la fin de la ligne 3, pour le gentîUce du 
premier magitler, qui n'est donné ici que sous toutes réserves, 

nTels sont les résultats importants, acquis par )es travaux de 
M. Bouchard. Il reste encore certaines questions k élucider-, nouH 
essaierons de faire reprendre ta fouille et de poursuivre le déblaie- 
ment, qui fournira certainement de nouveaux éléments permettant 
de préciser l'arcbitpclure et la disposition générale du monument.^ 

Cette commnnifation donne lieu entre les différents membres de 
ta Commission h des échanges d'observations. Tous s'accordent à 
reconnallre l'importance de la découverte et la nécessité de déblayer 
complètement avec la plus sévère méthode les restes de l'édifice. 

M. ToDTiiii a examiné deux envois de M. le capitaine Donauet 
les résume ainsi : 

«Les deux étades, envoyées par M. le capitaine Donau.BODt 
consacrées à deux des voies romaines les plus importantes du Sud 



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CCXI — 

tunisien; elles complètent et rectiGent tes déconvertes déjà fiiites 
dans cette r<$gion soit par l'autenr lui-mâme, soit por les oflSciers 
des brigades lopographiques ou des postes militaires installés dans 
le pays. 

ifLa première de ces études port« sur la voie transversale qui 
reliait Capta a Tums Tamalleni. M. le capitaine Donau y a décou- 
vert, il y a trois ans, une borne milllaire, et un fragment d'in- 
acripEion, sur lequel avaitélé lu le mot NEKVAE"). Au printemps 
de igoS, il a de nouveau ex]>loré cette voie; il y a fait plusieurs 
trouvailles intéressantes-, il a mis au jour deux nouveaux fragments 
de rioscription , dont le texte aujourd'hui connu doit se lire ainsi : 

PRO SAL VTiaiMPNERVAEWMiCAES A VG ■ GER ■ DACIC 
|SVFETIBVS ATTICO |eT FRONTONE MASLAE 

« Il a déterminé avec certitude la direction de cette voie à travers 
le chott et au Sud du chotl jusqu'à Meochia. 

crLa seconde ^tude de M. le capitaine Donau concerne la voie de 
Taeapei à Turrit Tamalleni. Cette voie, qui se confondait jusqu'aux 
Aqtiae Taca^n'lonae avec la voie de Taeapetk Tkevette car Capsa, fonne, 
à partir de cette station, la première partie de la grande route, 
désignée dans l'Itinéraire d'Anlooin sous le nom : lier quod limitem 
TripoUtanum per Twrtm Tamailaà a Tacapis Lepti magna ducit. D'El 
Hamma à l'Oued-Nakla , l'étude de cette voie a été faite par M. le 
commandant Toussaint; M. le capitiine Donau l'a conliouée sur 
le terrain, avec sa précision coutumière, pendant plusieurs milles, 
jusqu'au point appelé Hencbir-Megarine ; puis, il l'a repnse depuis 
l'oasis de Limaguès jusqu'à celle de TIemine. H a découvert plu- 
sieurs bornes milliaires, dont les inscriptions, sauf deux, sont 
malheureusement fort effacées. Des deux textes, lisibles ou presque 
lisibles, l'un est du temps de Caracnlla, l'autre semble dater de la 
létrarchie. Outre les vestiges de la voie, M. le capitaine Donau a 
relevé plusieurs fragments épigraphiques à Torra même, l'ua des 
groupes les plus importants de l'oasîs de TIemine. n 

M. le Secrétaire entretient ensuite ta Commission des publica- 
tions qui paraissent sous ses auspices. Après échange d'observations 

«' BhU. amh. du CmiU, 190», p. sb3. 



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— C0XI1 — 

il BSt décidé qu'il un pablié. au cours de§ années prochuoes, m 
supplémeat au catalogue du Muaëe du Bardo et i l'iilbain du 
Musée de Carlhage, et que l'on fera graver la carte de Carthage, 
relevée après entente du Ministre de l'Instruction publique et de 
la Direction des uittqait^ de Tunis, qui s figuré à l'Exposition 
universelle de 1900. 



La séance ent levée à 5 lieures et demie. 



Lt Steritair* dt la Ctmm ù iioH, 

R. GlGHAT, 

Membre du Comité. 



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ÉPINGLES 
DE L'ÉPOQUE DU BRONZE 

DÉCOUVERTES À VERS 



PAR M. GALUN MINGAUD , 

Corrmpondant du ComiU. 



Une trouvaille, tris intéressante pour l'archéologie préhistorique 
du département du Gard, vient d'être faile k Vers, canton de Re- 
moulins, arrondÎBBement d'Uzès. 

En défonçant ua champ pour planter de la vigne, un culti- 
vateur a ramené au jour, d'un seul coup de pelle, onie fortes 
épingles de bronie. 

Ces épingles sont remarquables par la grandeur, la forme et les 
dessins variés qui les ornent. Elles sont parfaitement conservées; 
elles étaient enfouies comme iotentionnellement placées sur un lit 
de pierres, à environ o m. &o de profondeur. Il y s lieu de supposer 
que l'on a affaire à une cacheltede marchand. 

-Je me suis rendu à Vers pour voir si d'autres fouilles n'amène- 
raient pas quelque autre objet pr^îstorique. L'état des lieux (plaine) 
tout en cultures, céréales et vignes, rend toute recherche difficile. 

Uha maintenant on peut dire que cette trouvaille est très intéres- 
sante pour notre région , car, à ma connaissance , aucune découverte 
de fortes épingles du bel âge du bronze n'avait été faite dans le Gard. 

Ces onie épingles sont déposées au muséum de Filmes pour qui 
je les ai acquises. 

En voici la description (fig. i) : 

N~ 1 à 4. Épingles k Ute plate; le haut de la tige est orné do 
lignes circulaires, les unes larges, les autres fines, 
N" 1. Longueur, o m. 28; poids, 99 grammes. 
N" 2. Longueur, o m. 2i5; poids, 30 grammes. 
ARCBfoi.mil. — N° 3. !t« 



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îi" 3. Longueur, o m. 39; poids, 36 grammes. 
N° à. Longueur, o m. 3t; poids, UZ grammes. 

5. Epingle h tête plate et i bbrds ronds; le haut de ia tige est 
orné df 9y lignes circulaires très apparentes. 

;L«ngueiir, m. aS;' poids, 69 gnmnes. 

6. Épingle à t4le, plate et large, an fofme de ^wu(db , nY^àTei- 
(r^mité supérieure; le haut de la lige porte huit disques deotés, 
mobiU$, sur une longueur de o m. o& : 

Longueur, o m. &6; poids, g3 grammes. 



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— 317 — 

10. Bpii^e à tête plate; le haut de la lige est orné de lignes 
circulaires et de chevrons. 

Longueur, o m. sojfwidt, 19 grammes. 

11. Fragment d'une épingle; haut de la tige carré. 
Longueur, o m. so; poids, 1 1 grammes. 

A notre prière M. Jules Gai, proresseur tu lycée de Ntmes, • 
bien Toulu faire Tanalyse de l'uns des épingles; il a reconnu du 
brome i 10 p. 100 d'étain. 

GalienHinflAUD, 
Corre^Dduit da Cmnitë. 



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UNE . 
VILLA ROMAINE À PENCHARD 

(SE1N£-ET-MARNE}, 

PAR H. GBOfIGRS GASSIBS, 
OoTTcïpaiidanl da Comité. 



Le 8 février igoS, en labourant au lieu dit ir Terroir racsntT<,à 
quelque 1,800 mètres du village de Peuchard, dans la direction 
de Montyon, sur le flanc septentrional d'une colline dont le sominet 
est boisé et au bas de laquelle coule un ruisseau, le ru de Vîry, 
les ouvriers de M. Désiré Viard, propriéUire à Pencfaard, remar- 
quèrent de petits cubes noirs et blancs en quantité suffisante pour 
le^ intriguer et ils mirent n nu une surface ornée d'une mostfque, 
sans savoir d'ailleurs quel intérêt pouvait préaeuler leur décou- 
verte, car ils m'ont avoué depuisqu'ils n'nvaient jamais eeasé, de- 
puis des annéps, de trouver, dans ce champ, des substmctions, 
des débris de murailles euduils île coulrur, des fragments de po- 
terie, des tuiles à rebord, enlin tous les éléments d'une habitation 
de l'époque gallo-romaine, mais qu'ils n'en avaient jamais parié à 



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l'époque où les vUlm de notre région se transformèrent en villages 
ou pftroisaes''). 

Une Commission fut donc désignée et mes coiiëgues me firent 
l'honneur de me confier la direction des premières fouilles raélho-; 
diques. J'avisai alort par lettre notre éminent ami M. Héron de 
Villefo»§e,pour lui demander quelques conseils pratiques à suivre 
au cas où nouâ trouverions en bon état la mosaïque annoncée. 



- Mosaïque trouvée à Penchard (S«iiie'Ct-Mame). 



Le dimanche is février, à l'aide de trois ouvriers manis de 
truelles k main , et avec défense expresse d'employer le pic de ter- 
rassier, nous dégageâmes la surface, dont je vous adresse aujour- 
d'hui un dessin, fait d'après nature. La partie actuellement dé- 
couverte mesure environ 3 mètres sur n mètres. On se rendra 
compte assez bien des dimensions en sachant que les losanges ont 
exactement i mètre dans leur plus grande longueur (Gg. i). 

CJ Si je me pertDeU de parler ainsi, c'est que j'ai ^latdi par fiches l'histoire 
loponfiniqne de lous les lieui habiles de l'ancien diocèse de Mesui depuis les 
lemps le* ploi recuMs. 



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— S20 — 

L'easemUe me panlt d'aoe eoneeptton Muante; il est Irail^ 

avec une harmonie, une proportion, une variété, toutes Massiques. 
Les eubes noin, blanca et rouges sont réguliers et alignés avee le 
fdus grand soin. Notre dessin ne peut en donner une idée parfaite, 
mais la mosaïque étant encore en place , il nous était malérid- 
lement impossible de la photographier, sans des défonnations 
optiques pltu graves encore que les erreurs on tes maladresses de 
notre crayon. 

Maintenant, qu'il noua soit permis d'eapérer qae, comme ) 
Villelaure (Vauduae), cette mosaïque est accompagna de plnsîeurs 
autres. Nous n'avons fouillé qu'à la seule place oh se trouve la 
mosaïque. Pourquoi dans le mâme diamp ne trouverions nous pas 
des vest^es înt^ressints d'habitation T En surreillant les fouilles, 
j'ai ramassé de nombreux fragments i''inAriem et de («Ira à rehri, 
de poterie à glaçura rouge et de poterie grossière griae ou noire, 
d'enduits muraux de couleur rouge et de couleur bleue , avec des 
treiUis d'ocre i deux tons. En outre, un ouvrier m'a apporté ces 
jours derniers un fn^ment de vase rouge, avec une bordure d*uD 
usage courant chei les néramistee gallo-romains et une décoraUon 
composée d'amonra et de petits groupes dans une position obacine 
formant uue sorte de frise ou de motif répété autonr de la panse 
du vase. 

Je pense donc qu'il serait intéressant de pratiquer des fiiuilles 
plus importantes dans le champ, qui nous a fourni déjli ces ves- 
tiges inoonteslaMes. Le proprîÂaire, M. Désiré Viard, se montre 
bien disposé, mais noire Société arcbëologique n'étant pai aaseï 
riche pour supporter toute la dépense, nous osons espérer qu'un 
subside du Ministère nous permettant de poursuivre les fouilles 
viendra s'ajouter à celui qu'a bien voulu nous donner un de nos 
«Hiirères à l'efiet de procéder à l'enlivemetat de la ttoaalqne. 

Georgee Guane, 

CoTTeipandaBt du Coatt^ 



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ANTIQUITÉS ROMAINES 

DiCODVKRTES 

AU USU DIT LE tOHÂTBAU D'ALBBASTRB<, 

k SOISSONS, 

PAR H. PBRNAND BLAKCHARP , 
SacrMaire 4e la SoiiéU trtltëologîqiu, historique et racntifiqua dq Sotwpp*. 



Les travaux de nivetiement des fortiScations de Soissons, pour 
la création do boulenrd Pasteur, an Nord do la viHe , ont remiâ au 
jo«r quelques débris int^euants de l'époque romaine. 

On se trouve là, en elTet, dans le quartier de prédilection des 
Romains, où ils élevèrent d'importants édifices, dont les ruines 
furant signalées, d^ le in* siècle , par un cbrosiqaeur eoiseoniinis, 
Nicolas Berlette, sou» la dénomination g<énéni)e de Chattean d'Ale- 
baifw. 

Eb raison des ^avanx d4fensifs exécutés à plusieurs reprises 
sur ce terrain depuis la RenaissaBoe, il ^it à prévoir qn'oa ne 
déeonvriniit aucune construction oonsidénble , mais de simple» 
restes de murailles, accompagnés de débris antiques. 

Ce» prévisions se sont troavées justifiées. Voici le résultat de ces 
récentes trouvailles, faites de 1908 à 19015, classées suivant letir 
nature : 

jtfirt, piûu, ayna rfuf . —Des murs de petit appareil ont é\4 dé' 
gtgés des terres, adroite et à gauche du boulevard, dans le pro- 
longement de la rue de Guise. L'une de ces muraiUes subsiste, sur 
une banteBr de o-m. 8o et sur uue longueur de 3 mitree. L'autre 
en face, encore enfouie en partie, parait se coaltnuer à anj^e 
droit. 

Non loin de là, les terrassiers rencontrèrent un poits et t'nire 
d'une habitation, faite de ce mortier spécial, ojmi tigninum, qui se 



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— 322 — 

composait de tessons de terre cuite, piles et mélai^és avec d« la 
chaux"). 

DansleproloQgemeatde la rueFrisebois, on décourrit ptnaieurs 
fûte de colonnes doriques, en pierre tendre, de o m. &o de dia- 
mètre, ainsi qa'une metde. 

Dans la courbe intérieure du boulevard , au bas de l'escarpe de 
la demi-lune qui subsiste, ou rencontra l'extrémité d'un aqueduc, 
fermé par une muraille de i m. 80 de large, sur 1 m. Uo de 
hauteur. Il avait dâ être voAté à l'origine et ii forme encore une 
sorte de couloir en pierre, s'eufonçant dans le sol du talus, 
qui, h cette profondeur, ne fut jamais exploré. Sa largeur inté- 
rieure est d'environ 1 m. 10. Les parois et le fond sont soi- 
gneusement cimentés. Un rebord, de quelques centimètres de 
haut, est ménagé au bas des murs latéraux. Dans les cendreg et 
la ^aise qui le remplissaient, nous avons trouvé un grand nombre 
d'objets. 

Sur l'autre fiiee du talus, M. de la Prairie rencontra en i8&E> 
une portion d'aqueduc, qui devait être la continuation de cdui 
que nous venons de décrire. 

A l'angle du chemin de Pady et de la rue du Général-Pille, on 
découvrit des fondations de murs, perpendiculaires et parallties 
à la rue, qui formaient plusieurs rectangles, d'environ 3 mètres 
sur U ; ces murailles séparaient sans doute les diSerents apparte- 
ments d'une habitation. Près de là, on trouva une base de colonne 
dorique et des fragments du caniveau de pierre dure, de o m. so 
de profondeur, qui amenait, à ce qu'il semble, dans le quartier 
romnin, l'eau de la gorge des Chaudières, ou de Pîgeonville, 
située i 800 mètres et doi>t les nombreuses sources se perdent 
maintenant dans les terres. 

Peinluret à Jn$que. — Les peintures à fresque, sur enduit de 
choux et de sable on grève, qui ornaient l'intérieur des palais, 
temples et villsB d'jliifiKta iSueMtoftimi, ne bmiI parvenues qa'en frag- 
ments très réduits. 

Ces fragiles débris mutent toutefois d'être soignememaat re- 
cueillis en raison de leur rareté à Soissons. 

Les fragments que nous avons rencontrés sont en général reeoi- 

»> Mm, XXXV, 66. 



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_ 323 — 

verts d'une couleur pourpre, éclatante et tr^ solide. On trouve 
ensuite des fonds noirs, jaaneB et bleus. 

Des feniUagee vert d'eau , édairis de Uanc , sont exécutés sur le 
fond pourpre de la firesque. Des bordures trëe variées encadrent ces 
fonda rouges. L'une tai bteu foncé avec filet jaune*, l'autre saumon 
avec festons blancs; une autre encore est noire avec festons rases. 
Certain encadrement est composé de tons verts très doax, aHaot 
du vert (rfive foncé au v«^ d'eau pâle. Des fresques, i fond noir, 
sont décorées de grandes herbes rubanées vert amande et d'une 
grande fleur blanche, à quatre pétales, rappelant les mai^entes 
des prés. 

De toutes ces fresques, la plus intéressante a été Ironvée dans 
l'aqueduc Cette peinture est k fond Uanc, du ton naturel de Ven- 
duit, d'un Uanc crémeux, qui a pris, avec l'âge, des teintes de 
vieux parchemin. Sur ce fond, l'artiste a figuré un oiseau, dont 
il ne reste que la partie antérieure et qui a l'aspect et la taille d'un 
pigem. 

L'cail est tracé en amande et cerclé de vit^eti le bec est rose; le 
plum^[« de la t^te gris tourterelle ; quant au cou , il est visible que 
le peintre s'est eObrcé d'imiter les tons changeants, verts et roses, 
Uffeiès gtrge figeon; enfin; l'aile est roux dair, avec mouchetures 
brunes. 

Un autre oiseau était représenté aussi sur cette fresque, mais 
nous n'avons pu en recueillir que d'insigni&sints débris. 

Ces oiseaux étaient accompagnés d'une fleur en rosace, à 5 pé- 
tales, d'an ton ocre rouge pâli, éclairé de blanc, où les touches de 
lumiife et d'onbre sont habilement posées. 

De l'autre cAté, on remarque des herbes vert jaunâtre ayuit 
Tapparenee de roseanx et terminées par un fruit noir. Leur exécu- 
tion est moins soignée que celle des oiseaux et de la rosace. Une 
large bordure rouge brique et des fileta de même couleur entou- 
rent Mite fresque, d(»t l'eDsemble devait être, jadis, d'une tona- 
lité très daire et très douce. 

Cette peinture, troovée au CkaHMU dAUboitrt, rappdle, par son 
style, certaines fresques de Pompeî, si gradeusement décorées de 
fleurs et d'oiseaux, entre aub«s celles de la collection Campana, au 
Louvre, boavéea près du tombeau desSdpions. 

Marbnt, — Des fresques, nous pasawons aux marbres. En rai- 



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— zn — 

son du nom du lieu dît, os pouvait g'iltendre à en rencontrer de 
nombreux échantillons. Nous en sTons, en efiet, tmni plue de 
3o sortes, depuis les Uocs ^mùs de Paros et de Carrarc tlnlosire, 
jiU([D'i la pr^ense serpenlino verle, l'agate onyï, le roi^ 
d'Egypte qu'on rencoatre eo plaques; épaisses à peine de 3 mîHi- 
mWes. 

Pïès de l'eitrémilé dn bovlevard Pwtenr, vers le Mail, noue 
avons trouvé trois fragmenta de Carrare; l'uB était perforé d'un 
tron d'assemUage , où s'adaptait une duville de fer; as antre était 
pfdi , sur nne partie de u surface. Ce sont des débris d'une Btalae 
d'assez grandes dimensions. Vers cet endroit, on trouva, en iS3i,un 
bras et une jambe de marbre. Ces débris ont p«it-étre une prove- 
nance commuae. Ils démontrent, en tout cas, que le groupe du 
PéJagûgu», aetuellement au Louvre, at la déesse, jaifis ^ l'feéeh^. 
n'étaient pas les seules grandes statnes décorant Isa temples 
à'AiÉgma , et qu'il en reste peut-Atre d'antres k découvrir. 

Un de ces morceaux de marbre était enduit de ciment romain 
et avait été employé comme moellon, dans un mur gallo-romain, 
ce qui donne k croire qne cette statse fut brisée ant ér ie ur ement 
à la conquête des Francs. 

D^ l'an 386 , eo effet, l'empereur Th^odose avait interdît toet 
sacrifice païen, et l'on voil, dans \a Vie de émut Onhimt, Avéqnf 
de Soiastms, qne, peu d'années après, ce prélat extirpa les restes àe 
l'idolâlrie dans la région et que la destmetîon des temple» el 
des idoles des Soiesonnais Tut complètement achevée aons eon épi- 
scopat Cestdonoàeetévénement qu'il faut, au plw tard, reporter 
la décapitation et le morerilement dn groupe du Piiagogm et de* 
antres statues. 

Quant BOX martwea de décoratk» murale , leur deetmetkn èifA 
étrtf imputée aux Francs, lorsqu'ilB entrèrent dans la riUe remaÎM 
(&86api4sJ.-C.). 

A la mAme extrémité du boulevard , nous evont rsnoaatré un 
socle de statuette, de marbre brun rose, dit 3<upi étSiàéi, qui 
a o m. o3 d'épaisseur, o m. i â de longueur «t o m. 07 de largeur. 
Le statuette, qui le surmontait, était de bronte, ainsi qne le dé- 
montre le vert-de-gris, encore dépoaé À la sur&ea du marbre. 
Cette statuette était munie d'un pivot, qni a'embellaît dans un toiu 
d'assemblage, percé dans le marbre du socle. Aucun des brwites 
du musée do Soissousne s'y adapta. 



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— MS — 

Vii-A-nB la nie de Gnise, mnu «vou raemîUi as iinginent de 
marbre brontaHe raie, contenant un angle â'aoMdnmaBt, mou- 
ture ao crenx , et qui démit teiowrer une iiuerîptioii. A «ette mène 
place, noBB aTons trouvé aowi un ntorcaau de marbre noir, dé- 
coupé fflreulaimment et qui devait fonner, jadis, la rebord d'un 
bassin d'atrium. 

Dt la ne PriBeboîs k l'avenue de Paily, (ewl nousa nelHué, k 
pi^Mion, des moi^rea et deapiaqnei de pavage «t de vevMement. 
Ces moulures sont de fonnee et de dimenaions tr^ variées; leur» 
dimensions, de baoteur, vont de o m. oi& i o m. i&. Les plus 
hautes sont de marbre blanc. Les jdacagea sont découpés en 
bandes, losanges, triantes et damiers. On découvrit aussi, i cet 
endroit, un fragment de marbre blanc Blntuaire, sur lequel une 
feuille à trois lobes était sculptée en bas-relief. 

Gomme en Italie, les marbras étaient appliqués an meyen de 
ciment et de goujons de fer, ou de laiton. La valeur de ee dernier 
métal, aux yeux des FrancB, «[dique l'enliire disparition des 
cbevflles de bronze. 

En résumé, les principaux marbres qu'où peut dénommer 
sont : le carrare antique; le paras; l'agate oUyx; la brocatelle 
violette de Toscane; le noir grand aoliqntf; le rouge anti[|ue 
d'Egypte; deux aubvs rouges antiques; la br^be rose de Sicile; 
le vert de Gènes; la brfeche sanguine; le porjAyre rouge; le jaune 
antique de Macédoine. 

Poteriei. — Les poteriei «nlîèpes et intactes sont eu très pe- 
tit aombre. En voici la liste : 

Un plat de terre trh creux, mnni de trois petits pieds; il est 
d'un* ifgile rose grisâtre, resouvarte d^na sorte de donrfl'; 

Une carafe de terre blancbitre; 

Une soucoupe de même terre; 

Un g<ri>det tris bas, de terre rouge glacée; 

Un vase en forme de bol , paiement en poterie dite da Samat. 

'Parmi les fragments, noua citerons, d'abord, une moitié de 

poetAim, d'une terre rougeâtre, k couverte noire, sur le haut du- 

qud on a gravé, k la pointe, une inscription : 

PONE MEM 

c'est-i-dire Po«e m«[rNm]. 



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— 336 — 

Noua noterons ensuite un maoehe de poterie rose, aiee traces 
de dorures, paraissant prOTenir dunepatïre k libations. Ce n^- 
che, très oruemenlë, se termine i son extrémité pnr on annean. 

Quant ani autres fragments, ils sont tous de terre rouge dite 
de Samtt. Certains sont ùgillés; d'autres sont couverts d'omemeats. 
Voiei la description des plus remarquables. 

I. Fragment de grand bcrf. Bordure dassique de lambreqsïns 
ou d'oies; su^easouB, une double gniriande de laurier ferme des 
demi-cercles qui renferment une colombe. 

9. Soucoupe'". Feuille de laurier, sur le tnarlis. 
3. Bol. Lambrequins en bordure. Au-desseos, une cordelière 
forme des triangles entourant uiio chouette. 

&. Plat creux. Feuilles aquatiques, ît longues tiges. 

5. Vase (indéterminé). Lambrequins et feuilles d'acanthe. 

6. Vue (N)'''). Cordelière, en guise de lambrequin. Au- 
dessous, «uDulerneBls avec fleurettes rappelant les myosotis. 

7. Vase (N). Lambrequins et semis d'étoiles. 

8. Vase (N). Dans un rectangle formé par un cAUe, un homme 
nu ti«it en main une torche ou une massue, 

9. Vase (N). Athlètes combattant. Leurs poses rappellent r^ilis 
des gladiateurs du Tombeau deSraurus. 

10. Vase (N). Médaillon avec cheval ailé ou hippogriffe. 

II. Grand bol. Sons la guirlande d'oves et un mince filet en 
dents de scie, deux coqs, plumes hérissées, combatlent. Plus bus 
deux chiens ou deux renards semblent fuir. 

1 9. Bol. Même sujet que le précédent. 

t3. Grand bol. Lambrequins et sujets de chasse: lièTrea, ebe- 
vreuils et autres animaux courant en tous sens. 

I &. Vase (N). Seine de martyre dans un cirque. Un homme nu 
est élendusur le sol, aupr^ d'un lion. 

i&. Vase (N). Feuilles de palmier, en imbrications. 

16. Vase (N). Masque tragique, pareil à ceux employés sur In 
Bcèua, dans le théAtre antiqœ. 

Poteria tigilUa : 
1. Fond d'assiette. Marque : pF-A j 

<■> FngnwDl. — De tnéme pour le» «iiiviiili. 
c ( N) ngiûfie iDdétennind. 



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9. Gnnd pkt : p^^RTAT-FEGlT I 

3. Foad d'assiette : |- ■ ■ L TAR| 

4. Trfes petit bol. Cachet cercié : | 0P-AA[ 

5. Très petite paAw. Cachet cerclé : \KKV \ 

6. Petite coupe, marque cerclée : [5'F- éEVE0 | 

7. Soucoupe : | SCO • ■ -1 

8. Bol moyen : | Ïn^^r'| 

9. Très petit bol : |- ■'■■l'V | 
1 o. Soucoupe : ] DL| 

il. Bol. Marque cerclée : | LIGNV"S| 

Toutes ces marques de fabrique étaient imprimées sur des po- 
teries de Samos. Nous avons rencontré deux autres marques sur uoe 
poterie noire, que nous n'avons pu déchiffrer, et sur une sou- 
coupe de terre grise, très dure, où nous avons lu cette inscription: 
[ERJI exécutée au moyen d'nn cachet, comme sur les poteries 
rouges précédentes. 

Verrmt. — La verrerie est très rare sur l'emplacement du 
quartier romaio. Nous n'avons découvert qu'un fond de 6ole vert 
bleuâtre, le pied d'une coupe fortement irisé et un tr^ long goulot 
d'une autre fi(de de verre incolore. 

Objets dàierê et bronze. — Au cours des travaux, on rencontra 
aussi quelques objets, que nous n'avons pu classer dans les caté- 
gories précédentes. Ils consistent en de nombreuses défenses et 
michoires de sangliers; en un grain de collier ou amulette de 
quartz, une lusaïole de filet de pécheur et en une grande quan- 
tité d'annes de silex, flèches et haches. 

Nous terminerons notre nomenclature par les bronies qui sont 
en petit nombre : un fragment de fibule, deux rondelles de bronze 
argenté, de diamètre différent, soudées Tune sur l'autre au 
moyen de rivets et paraissant provenir d'un harnais; enfin, une 
dizaine de monnaies parmi lesquelles on peut en citer trois remar- 
quables par leur belle patine verte et leur conservation: une de 
Marc Aurèle, une de Calîgula, une de Néron; celle de Néron sur- 
tout semble k fleur de coin. 

On doit remarquer l'absence complète de débris mérovingiens 
parmi les objets trouvés dans les fouilles et que nous venons 



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— 888 — 

dYnumérer. En rapprochft&t cette abssnee des trMM d'ùetndie el 
des cendres visibles encore partout, on peut eo cooclun qae les 
Francs, venus i la suite de Clovîs, n'Iudutèrent jamais le ^urtîer 
romain, après ia eonquAle; mais qu'an contraire, cette partie de 
la ville fui livrée an pillage et incendiée complètement. 

L'extension prise par Soissong, de nos joars, néceseile des 
fouilles profondes pour les nouvelles constructions. Grtcs i ces 
travaux, l'état et la configuration de la ville, à fépoque romaine, 
nous seront révélés peu k peu. Cet immense terrain n'a piHnt 
encore livré tous ses secrets. 

Femand Bunciiib. 



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LE 
SARCOPHAGE DE SAINT APHRODISE, 

k BÉZIERS. 

PAU H. ^HILB BONNET. 



L'église Saial-Aphrodiw, qai «rtlapltt* aaciea édifice rdigïeux 
de Bésiera, possède un saFCopht^ aatique utilisé, depais pln- 
sieuTB siècles, comme cuve buptiamaU '''. D'après une ferl mille 
traditioa, ce monument aurait aulrefoîa renfermé les reates de 
saint Apbrodi&e, martyr et premier évéqae de Bétiers. Nous 
trouvons un écho de cette croyaue dans le procès-verbal de la 
visite de l'Oise, faîte le s 3 juillet i633, par IVvéque Clément de 
Bonai : 

itDe la, y est-il dît, visita les fonds baptismaux qui aont bien 
fermez el courerti d'un bois fort bien travaillél^); ils swit de 
marbre blanc, faicti eu formede tombeau, rehausses de figura» de 
relief. La traditioa est que dans Iceut eainet ASrodise, evesque 
deBezîere et marlîrisé en ladite ville, fust ensepvely, et il y a 
encore des marques de sang qu'on dît estre dudit martir; et sur la 
traddilion et ereanee que les enfant bapUseï en iceux sont preser- 
vflt du haolt mal, la plus part des peree et mères y font baptiser 
leurs enfans, et particulièrement les aisnés, bien qu'ils ne soient 
pas de la paroisse; et plusieurs personnes qui estaient atteintes de 

''' Sur ce Mrcophage, DU peut coDSuJter : K. Ssbilier, AToliMfHrfifltMiSiwt- 
Aphrodiu de Biàeri {BuUetimdt la SoçUU ardiMagiqiu dt B4ti»r%, I, p. i8 «t 
pi. Il, f]g. 3) et Hitloirtdt laviUt «1 d*t Mfttt Jifiàùn.p. 7&; L. Négvfap, 
La cotonii romaiiM di Béiieii {Bulletm de la S«ciM arcUelagi^m dt Bitân, 
9* sërie, 11,, p. 3«''}i tbM Coste. Saial Afturodiu, oféln dt Bénir», tl «m 
églitt à Iraviri lu dgei, p. aAo et |^; £mîle Bonnet. Anti^uitéi tt wn m wlw M dt 
FHérauk, p. a5g et pL 

'') Cei fouis baptismaiu «ont Bi^jourd'bui («««uini* pu un nwufale <U i^k 
Loui» \y,ea fomud'annoire, qui coatrute ^aogementavetleMKOfihagegaHo- 
romuD 9ur lequel il est plkcé. 



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— 330 — 

ce m^ faisoient ven de boire de t'eaa qni est dans Icsdib fonds, M 
qui lenr a esté pn-mis aatres fois^'ln 

Le plos ancien historien de iaiot AjAirodise, qui ne nona est 
connu que par les InitiideB de son nom : I. D. G., rappoite de 
mime que les prêtres et religieux attadiés à l'égliM dédïAi à ce 
saint "ne pouvant souffiîr que ses reliques précieuses fosarat en- 
fermées dans une pierre, les enchâssèrent en une caisse d'arj^tet 
les transportèrent sur le maistre autel avec de grandes solemnitei 
dont l'église de Beiiers célèbre la Teste annuelle le nngttroisieme 
du mois de marsn. Il ajout« que la pierre du tombeao * estant 
creusée en forme de bière ou de cuve oblongue, fut destinée par 
les premiers chrestiens i servir de réservoir aux eaux baptismales" 
et que <i les longues expériences oDt aprios que tous ceux qui y 
sont baptisez sont, par nu privilège particulier, préserves des 
atteintes dangereuses du haut mal, qui par ses surprises cause de 
morts soudaines à ceux qui en sont ^pei'^'n. 

Pierre Andoqne, qui s écrit l'histoire du si^^ épiscopal de 
Béziers, signale également la croyance qui s'attache i cette antique 
sépulture W. 

Notre intention n'est point de rechercher ce qu'il peut y avoir 
de vrai dans cette tradition. Cette recherche serait, du reste, tatl 
difficile, car nous sommes asset mal renseignés sur saint Aphro- 
dise et surl'époque à laquelle il vécut, bien qu'il soit généralement 
considéré comme un disciple de Jésus (*>. Sous devons toulerois 

<'' Le proc^vnbal de râjte de T^ue eoll^nle StiDl-Aphrodiw a èU pJn- 
»ieun km publié, Dolimmcnl duu le jEtaUtlm da Comité da la la»gut, d» FUt- 



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— 331 — 

reconoattK qu'il n'y a rien d'invraisemblable à ce que le monnmeat 
en question ait servi de tombeau à nu martyr vénéré par l'Elise, 
ear les aaraopht^es antiques étaient fort recherchés, au moyen 
iffe, pour y déposer les restas soît des princes, soit des saints. 

Nous OMU attachions uniquement à l'intérêt archéologique que 
pr&entece monument. (P). XVII, fîg. t.) 

Cest line cave rectangulaire qui mesure 3 m. lo de longueur 
sur o m. 59 de hauteur. Elle est de marbre gris semé de taches 
d'un roi^e vif, dans lesquelles il faut voir probablement les 
H marques de sangn du martyr, signalées dans le proc^verbd de 
risite de Clément de Bonsi. 

Ce sarcophage est décoré d'un important bas-relief qui en oc- 
cape tonte la face antérieure. Il représente une chasse aux lions. 
Au centre, le principal personnage, à cheval, vient de lancer son 
épien contre un lion de grande taille et a traversé de part en part 
le fauve, qui, rendu furieux par sa blessure, bondit vers le chas- 
seur, tandis qu'un chien le mord crnellemenL Sur le soi, un autre 
cbasseur redversé essaie de se protéger en se couvrant d'un bou- 
clier. Derrière le cavalier qui a frappé le lion, une femme coiffée 
d'un casque i cimier et vétne d'une longue tuniqae, semble le 
protéger et lui tendre une nouvdle arme. Celte figure est certai- 
nement une de ces allégories comme on en trouve souvent mêlées 
aux personnages réels, sur les oeuvres de sculpture de la déca- 
dence. Elle symbolise vraisemMablemenI la Valeur. 

A gauche de ce groupe, trois chasseurs, dont deux cavaliers, 
sont aux prises avec une lionne qui défend avec fureur ses petils 
et les couvre de son corps. Un quatrième chasseur, è demi cou- 
ché sur le sol, détourne la tète et se cache derrière un bouclier. 

oelU ville, Aait prffel d'É^pte et rendait i Hernopolifi, h répO({ue où létal, 
Uarïe et Jtw^h quîtlèrent Bethléem pour échapper à la colèro d'Hérode. Il au- 
mit logri la lùiite FanùHe dtn» ion palais et, vingt ans plus tard, aarait aban- 
Aaaaé mo paya pour a'alladier à la Boile de Séam : «Cmn JosejA et Virgo Mari* 
ChrittwM ejus Âiain Dm per an^luni in Mumiis iwelanle in Egypii temm 
Herodi non Mibditam aufngiasfnt : phanumque jidoloniin splendide conatrurtum 
enm întraMent, fundiliu roiTuisset. lllisque in medio lapidum ilteiiii remanm- - 
titwa, beaina Aflivdwua, procontnl terre ilHui, mncilatu» ilKc advenieiw, Chris- 
luin videna allonilua, prîmiis illum adonvil ; illDMjas Kptouiii» propriis lompti- 
buR edueaiu bdo eicepit honpitio.i (firanurtum fitetermu», inao i53&, 
fol. ceemru y°.) — Cf. l'Évangile apocryphe de l'Enfuiee dn Sanvear, attrifaur 
h saint Jacqnea le Uinear, th. tnv. 

AKBtnLoo». — N* 3. aS 



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— 333 — 

A droite, dsns un<« mdlé« eonfnae, une antre lionDe lutte matra 
|ilu8ieurs cavulien. 

NoiiB allioni oublier de lignder la préwnce, au centre même 
du bsH-retief, d'un lièvre qui, moa parailre trouble par cette 
tekae tumu)tiieu«e, mange tnaquillement ea fraît fiaeé derul 
lui. 

Il n'est pas rare de rencontrer des sujets de eham seolpt^ sur 
Ian lombeanx antiques"). Un de» plus remarqnablw et probable- 
ment le plus enrieii bas-relief de ce genre, est celai qui dfcore le 
titmbeau dit d'Alexandre, qui a été découvert h SidoD et qai est 
aujourd'hui ronsi-rvé au Musée d<< Constantinople"). Dana certains 
caa. rvs scènpsde chasse ont eu rraisemblablenient poar bal if 
rappeler les proueiwes cynégétiques du pertonnage pour lequel le 
sarcophage (Hait sculpté. Mais, le plus souvent, dles avaient ua 
caractère puremi-nt décoratif. Aussi a-tH>n rechercbé quelle poo- 
vaiteii (^Ire Ih Hignificalion et s'est-on demandé a'il ne contenait 
pas d'y «oir un symbolisme funéraire. I^ question a même été 
\tntei.', eu 1873, au Congrès archéologique tenn k Ghlleeun>ui,au 
sujet du tonih<-aii de saint Ludre (toHcfiif Uuor), conservé dans la 
crypte de t'uglise Saliit-Ëtieunede Déols'^' et mentionné, dès le 
VI' siècle, par Grégoire de Tours '*J. L'opinion générale est que 
jamais les icuipleurs n'ont attaché une idée symbolique i la repré- 
sentalîon des chasses sur les tombeaui. G'eot l'avis d'éminenti 
archràlogues, iiolamment de MM. Prosper Mérimée, de LtnriiTe'*) 
cl Léon Palustre l*). 

A l'époque de la décadence artistique romaine, les aculpteurs 



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_ 333 — 

une décoration appropriée. C'est ce qui explique 1« répétitioa de 
ces sujets du chasse, doni il euslail de uooibreuz modèles et qui 
se prêtaient foii bien à rornemealatiou de surfaces étendues. 

Quelquefois cepeudani, le sculpteur, tout en demeurant iid&le 
à on type banal, avait la préoccupation de rappeler, dans une cer- 
taine mastire, celui auquel étail destiné le earcophage. Un tombeau 
d'enfatit trouvé en Corse, à laBaslelicaccia, près de Bastelica,nou8 
en offre un curieux exemple. Dans la ecène de chasse aux bétes 
féroces qui y est représentée, les chasseurs sont tous de jeunes en- 
fants'". Nous verrous, d'autre part, qu'il nétait pas rare que les 
sculpteurs donnassent an principal personnage les trails du défanl. 

Ce qu'il y a de plus sin^lier, c'est que le plus grand nombre de ces 
bas-reliefs procédant d'un prototype commun, modèle banal qui a 
été plue ou moins fidèlement copié durant plusieurs siècles. Ou 
retrouve en effet, sur beaucoup d'entre eux, les mâmes groupe- 
ments de personnages et d'animaux, dans des attitudes .à peu près 
ideotiques. Cette conEtatation a été souvent faite '^). On a rapprocha 
.notamment le bas-relief du sarcophage connu sons le nom de tom- 
beau de Jovio et conservé au Musée lapidaire de Reims ('), de celui 
d'un autre sarcophage antique qui provient de la villa Borghëse et 
que possède aujourd'hui le Musée du Louvre'*). 

Sur ces deux mooumeats, on voit, au centre du bas-relief, 
comme sur le tombeau de saint Aphrodise, un cavalier qui iruppe 
ualion bondissant et qui est accompagné d'une figure allégorique, 
mais les scènes qui sont sculptées aux deux extrémités, diDèrent 
complètement. A gauche, un personnage s'apprête à monter sur un 
cheval qu'un serviteur tient par ta bride <^); à droite, plusieurs 
chasseurs prennent partà la lutte contre le lion, tandis que d'autres 
s'enfuient. 

'*> Balhlm tk l» Société da Anliquairn de Fitmee, tii^o, f. i3i. 

[>) Voir DDlammeiit Lëon Piluslre, dsnn Bulletin monumenlal, ioc. nip. cit. 

W Calalogiu du Mutée îafidapt rémoit établi dtai la CkapêlU batit de FAr- 
ehtvieU (i8V5-t8g6}, par MM. OifeM, Jaiitirt et DemafMiJ, p. St, n* 7 e( Hj;. 
— Vûr iDMi L» lomifau de Javàt, pv Loriqvet. 

'*> F. de Clarac, Muiéf dt tculfture antique et moderne, 11, p. 676, n*i8t> et 
pi. i5i. — ' Voir auMÏ SalotnoD Reinach, Fépertoire de la iladiarra grecque et 

(*' Certains archéologue» ont penié que c'était le mime personnage que celui 
qoi était roprvBentii, bu milieu du bas-reliof, en action de chaste. Ce Mriit donc 
uoe Mite de m-èneu qui teraienl eculptéfa tiir re mooiiiDenL 

■3. 



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It est inconleBlable que les ouvriers qni ont sculpté ces dent 
bas-reliefs ee sontÎDSpireg d'un même modèle, et que ce modèle, 
dont des copies devaient se trouver dons la plupart des ileUers 
de sculpture, a ^té longtemps utilisé par les praticiens. Le 
tombeau de Reims est, en effet, bien anb^rienr à celui du Louvrv. 
On attribue généralement le premier, qui est d'an très bon stvie, 
à r^oque de Trajant') ou à celle des Antoninst*', tandis que le 
second, dont le dessin est assex lourd, paraît contemporain des 
sculptures de l'arc de Constantin le Grand, h RomeW. 

Les différences que nous venons de relever, entre les sutels 
sculptés sur ces sarcophages et ceux qni décorent le tombeau de 
saint Aphrodise, prouvent qu'il y avait plusieurs variantes du mo- 
dèle en question. Chacune de ces variantes a donné naissance h de 
plus ou moins nombreuses reproductions. Nous avons , en effet, Thev- 
reusc fortune de pouvoir signaler un bas-relief qni offre avec celui de 
Héziere une telle analogie, qu'on dirait, k première vne, que c'est 
la répliqup exacte de la m^me œuvre. Ce monument se trouve eu 
Bspagne. dans l'église Saint-Félix de Giitine, oà l'on peut étudier 
plusieurs autres sarcophages iintiques, mais ceux-U d'origine cfaré- 
li<-nnc.(P). XVll,Gg. 3.) 

Nous retrouvons, sur ce lia^-relief, non seulement le groupe cen- 
tral du cavalier et du lion, mais encore, à droite et i gauche, les 
groupes de chasseurs aux prises avec des lionnes que nous avons 
signalés sur le tombeau de Béziei-s. Sauf quelques légères difK- 
rcnces, les attitudes des personnages et des animaux sont les 
nii^mes. Les détails sont également les unîmes; on y voit les deux 



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— 335 — 

Le tombeau de l'éf^tise Saiot-Félû est de bien meilleure facUirie- 
que celui de Saint-Aphrodise. C'est assurément, comme ce dernier, 
' un ouvnge de très basse époque, probablement de la fin du iv* ou 
du T* siècle, mais i'ouvrier qui l'a sculpté a fait preuve de plus 
d'habilel^ et d'une facililé de main plus grande. Le bafr-relief de 
Béziera dénote chez sou auteur une singulière inexpérience; cer~ 
lainee parties sont même tout è fait cboquantes, car elles TÎolent 
toutes les règles des proportions. On remarquera notamment les 
griffes énormes dont sont gratifiés les fauves et la petitesse des 
personnages couchés sur le soi. Ce sont des témoignages d'insigne 
maladresse qu'on ne relève point sur le bas-relief de Girone, bien 
que ce dernier ne soit pas exempt de fautes. 

On a signalé sur Les sarcophages de Reims et du Louvre une 
curieuse particularité que nous retrouvons sur celui de Girone, 
mais qui n'est pas apparente sur le bas-relief de Béliers. Les télés 
des principaux personnages, réservées dans l'œuvre primitive, ont 
ét^ sculptées après coup, vraisemblablement è l'image du défunt 
auquel le tombeau était destiné, et des membres de sa famille. 
Elles sont, en effet, d'une autre main que te reste'''. Cette con- 
statation permet de conclure que les sculpteurs conservaient dans 
leurs ateliers un certain nombre de tombeaux dëcor^ par avsDce, 
qu'ils tenaient k la disposition de leur clientèle '^l. C'est une nou- 
velle preuve de la banalité de ce type de xarcophage. 

On n'est pas d'accord sur la significalion qui s'attache aux lièvres 
que nous retrouvons tant sur les bas-reliefs de Béxiers et de Girone 
que sur celui du Louvre. Les uns y voient un symbole funéraire'^'; 
les autres, l'expression de cette idée que la poursuite des animoux 
fërocee esl seule digne des nemrods valeureux qui dédaignent le 



d'anaglyptique du chinoioe Didelot, récemnieiit RcqniK pir la Faculté de« 
Lettres de Honlpellier(VcHr Jm. Berthelé, Lm CoUmàm Didelot à Mon^llier). 
Ce*l d'tprès re moulige qu'a élé faile la photograpliie qui accompagne ce mi~ 
nMHK«t daot owM dorMii la communicalioa k l'obligMDre de M, le prafmwur 
Joubin. 

<') C€UUogHt au Miuét iofidoitt rimait, p. 33, noie i. 

d « Qttdte <|iie aait l'origine dea compoùtiona de diane qne l'on trouva en ai 
grand BOBibre en tant de lieai, dit Pretper Mérimée, die* parûnenl avoir été 
lellement i la mode dans te Ba>-Einpire, que lee ecatpleiin en hiiaiml k la 
pacotille. <• 

1^1 E. Satwtifr, HmIoiV» dt h rillt cl rff» A^e» rfe Brîitri, p. 75. 



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— 336 — 

- pacifique gibîflr^'l. fiuva ne prendrons png parti ctans la contro- 
Tene, mais nous ne doutons pas que ces fi^ores rép4téas avec in- 
sistxnee n aient au, au moins à l'origine, un aens symboliqne. 

Dans cet ordre d'idées, on pourrait avoir quelque h^tatimi en 
c« qui touche ia figure de femme que noua «Yona eonudMc 
comme ud« allégorie du Courage ou de la Valeur. Mais, si nom 
noua reportons k cdui de nos monuments qui doit ae rapprocher If 
plus du prototype, puisqu'il est le plus ancien, nom voulons par 
1er du tombeau de Jovin, nous constaterons, avec tea auteurs du 
Cautogw llu Muire lafndmrtréum^'^i, nne singuli^ analogie entre 
cette figure et lu déesse gravée au revers de certaines monnain 
d'Adrien et de Commode, qui portent la légende VIKTVTl AV- 
GVSTl ('). Ajoutons que sur plusieurs monnaies offrant la m^me 
légende, on peut voir l'empereur k cheval perçnnt un lion de m 
lance '*l L'interpn^lalion donnée de cette lignro peut donc être con- 
sidérée comme certaine, malgré les modifications résultant des 
copies succesoives, qui en ont altéré le caractère. 

I>a très grande ressemblance qui existe enire le sarcophage de 
Béliers et celui de Girone aulorii^e ù croire qu'ils proviennent sinon 
du même atelier, du moins de la même région, et Traisemblable- 
ment du bassin du Rhêne, car le type de ces monumcnls rappelle 
plutôt les produits de l'école provençale que ceux de l'école d'Aqui- 
taine'^'. On ne saurait objecter que le tombeau de tiirone se trou- 
verait assex loin de son pays d'origine, car il est aujourd'hui établi 
que ces monuments ont été souvent transportés, au moyen Age, à 
de grandes distances <*>. 

Le prototype dont procèdent ces deut bas-reliefs devait avoir 



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— 337 — 

altitades des persoDunges. II serait d'un j^rand intërét de retrouver 
l'opovpe originale et d'en suivre les dégénérescences successives, en 
recherchant et comparant les bas<r«liefs du même type qui nous 
ont été conservés. Mais ce qui offrirait plus d'intérêt encore, ce 
serait de découvrir comment ont été créées les deux variétés de 
modèle que nous avoos signalées et qui sont représentées, d'un 
cAlé, par les sarcophages de Reims et dn Loavre, de l'autre, par 
ceux de Béziers et de Girone. I^a publication prochaine du Corput 
des bas-retiets de la Gaule romaine nous permettra probablement 
d'<5)ucider ce petit problème archéologique. 

Emile Bonnet. 



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NOTES 

sua 
LK TRÉSOR DE LA CATHÉDRALE DE MARSEILLE 

PAB H. L'ABsi ARNAUD D'AGNBL 

Coffetjxnufanl du Cranité. 



Le Trésor de la cathédrale de Marseille m^rit» A'a»^ 

, "»cnMj a eifig connu 

maigre sa pauvreté relative. 

En dépit de sa haute antiquité et de sa primauté sur les autres 
paroisses de la ville, l'église de la Major n'a jamais eu un mobilier 
remarquable. Au moyen âge , la toute paissante abbaye de Saint- 
Victor recevait seule les donations importantes des seigueura pro- 
vençaux el des riches bourgeois marseillais. C'est ce qui ressort de 
In comparaison des inventaires de la Cathédrale et de ceui de U 
célèbre abbaye bénédictine. 

Trois reliquaires de valeur et d'âge très différents constituent 
les pièces pi-incipales du Trésor de la cathédrale. 

Le plus ancien est un coffret d'os qui contient des ossemenls 
attribués aux Saint&-lnnocents : o$sa S. S. /nnocentnnn. 

Cette bolle rectangulaire aux angles arrondis a o m. a8 de lon- 



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— 339 — 

Il est difficile d'asai^Der une dite, même approximative, s celte 
bolt« en os. Son aspect lourd, sa facture primitive cl bûu décor 
arobaïque, cercles poîntéa au centre, ardillons découpés en petites 
deots de scie, tout semble en reculer Torigine au moins jusqu'au 
xm* Biëde. 

Dans un acte original touchant la trandation des reliques de 
l'église de Marseille par l'évéque Raimond, il est parié entre autres 
reliques de celles des Saints Inaocents que ranfenne aujourd'hui 
le petit ct^ret de la Major, mais il n'est fait qu'une mention vague 
du reliquaire du »i* siècle, de sorte qu'il est impossible de con- 
clure de cet acte k l'existence k cette époque de ta boite en os. 

ha cathédrale de Marseille possède un superbe coffret d'ivoire 
an fonné de tombeau , dont le coùveowle est à quatre rampants et à 
dessus plat. 

Ce mwdtle précieux eat formé de ringt-tuiit plaquettes d'ivoire 
de dimensions variables, épaisses de o m. oo3 Jk o m. oo&. Ces pla- 
quettes sont collées sur une caisse de bois dur et retenues par plu- 
sieurs frettes de cuivre doré. 

Ce reliquaire a o m. 335 de longueur sur o m. 189 de largeur 
et om. 16 de hauteur; il contient des reliques attribuées à saint 
Jean Gaamen, abbé de Saint-Viclor, mm iS" Joamùt Cauiohi abb. 9' 
VietmaMajê. 

La précieuse cassette est gvnîe & l'intérieur d'une étoffe de 
colon Uane dite amJemt^; ses faces sont ornées de dessins an 
trait noir r^ausaés de domre et de touche» en couleurs, vert d'eau , 
rose pAlè, jaone canari, marron dair. 

lia planche XVIII présente nn décor qnî consiste en quatre grands 
cercles concentriques ornés dons te champ d'arabesques; ces cercles 
sont accostés de paons et de gros chiens courants. Sur ta bande 
iaférieore du oonvercle , court en caractères arabeB l'inscription sui- 
vante : R beaucoup de bonheur, une posititHi élevée et d'autres choses 
qui vooi montrent le bon chemins. 11 faut aoufl^ntendre au début 
de ces vœux de prospérité tes moto : vje vous souhaiter, comme 
t'indique le sens général de la phrase. 

La face opposée (pi. XIX) i celle que nous vemmsd'étudieraune 
ornementation un peu différente, toujours des cercles concen- 
triques; mais taudis que trois sont occupés par des arabesques, deux 
autres inscrivent des dragons ailésetunlroisièmesert de cadre ii un 
curieux personnage qui se présente de face. Sa tète énorme, dis- 



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— 340 — 

proportionna avec le corps. ropoM sur an burio tropcoart, les 
metnbm iaférieurs semblent Taire plnee i une queue de poÎMon. 
Cet homme ou cette femme, car rien n'indique md saxe, tieat de 
la main droite un nm en Forme de léoyUie et de la gauebe une 
coupe étroite et très ailongde. 

Le couvercle est orné aur u partie boriuntale de dans arbres 
dont les rameaux feuillus Ht répondent et a'inQéehiaaent sa eonrties 
|rraeieuaes et sjmétriquea. Des cervidés w détachent dans dea eavdes 
eoncentriqnes. Une jolie poignée de enivre dorrf est fixée au centre 
du couvercle. (PI. M.) 

Le petit cAté droit du coHret a son décor i demi efiaoé; on y 
dîntii^ue deux paone, un canard et un faucon aux aitea éployées 
accosté de deux oiseaux qui tieanent un rameau fleuri dans le 
l)ec. 

Le c6té fpuche oSre le même ornement, ai ce n'est dauK arbres 
sur le rampant. 

Le colTret d'ivoire de Marseille rappelle celui du Trésor de 
lY^ise d'Apt qu a public le Ballftin onAMagiqu» 1*1. 

Sur tous les deux , le décor est dessintf au trait noir rehauiaé di* 
dorures et de couleurs aux teintes douces; les motifs sont ienn 
hlnbles : paons portant un rameau fleuri, cervidés courant, eerde^ 
concentriques ornés d'nrabesques. Il n'est pas jusqu'à la bordure à 
tresse, de style si particulier, qui ne se retrouva identique que sur 
les coffrets d'Apt et de Marseille. Le reliquaire de la Major est re- 
pendant d'une exécution plus soirée el d'une plus grande riebeeae 
que lu cassette aptésienne. Ce dernier meuble est en e&t de petites 
dimensions et d'ornementation trte sobre; son couvende plat n'a 



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— 841 — 

gravés au Irail ooir et rebauBSés de coulaar verte ot da dorures. 
Les c6té8 du coffret sont ornés ^'animaux et de sujets de ehaose. On 
remarque des bouquetins guettés par des oisenux de proie ou pour- 
suivis par des guipards, un loup ou une hyène se jetant sur un 
lièvre, un faucon saississant un renard, des paons, des perruehes, 
des perrocpiets. n 

Le coJ&et dt saint Tudual est à peu près de niâmes dimansions 
que celui de Marseille. U a o m. 33 de longueur, o ni. 1 6 de pro- 
fondeur et o m. i8 de hauteur. U. de Barthélémy lui attribue une 
origine persane et le fsit remonler au siu' siècle. 

Certainement, le reliquaire de la Major est aussi ancien que 
celui de saint Tndual, mais faut-il les faire remonterrunetrautre 
au un* siècle? Leur genre de décor nous permet de lecroire , puisque 
la plupiirt des motifs traités sur ces boites d'ivoire figurent sur 
des objets du xii* et même du ti° siècle. Mail il ne faut pas oublier 
que les pièces en question sont de provenance orientale, qu'elles 
relèvent draïc d'un art essenliellement conservateur. A cause de 
leur lieu d'origine, ces coffrets peuvent aussi bîeft appartenir aui 
environs de l'an mil qu'è la 6n du xtv* siècle. Cette dernière date 
nous parait la plus probable d'après la forme de la serrure et des 
frettes de cuivre doré. 

L'inscription arabe que porte U cassette de la cathédrale de 
Marseille ne défend pas d'attribuer à cet objet une origine persaAa, 
puisqu'il s'agit d'une inscription religieuse et que l'arabe est la 
langue religieuse de la Perse comme de tous les pays de la religion 
de l'Islam. On se trouve en présence d'un de ces él^nta coffrets 
d'os, d'ivoire, de bots de senteur qui se fabriquaient à Constantt- 
Dopte et dans tout l'Orient, du xu' au sv* siècle. On sait par les 
chroniques et tes inventaires du moyen âge la vogue qu'avaient en 
Occident ces articles de prix importés de Byznnce. 

La ressemblance du cofiret de la Major avec celui de saint Tudual 
rend certaine l'origine persane que M. de Barthélémy assigne è ce 
dernier petit meuble. La ressemblance entre les deux coffrets otl 
d'autant plus significative, qu'elle porte sur certains détaib carac- 
téristiques tels que la physionomie des personnage, leur coiffure, 
leur habillement; c'est ainsi que les personnages portent un l»a- 
celet en forme de large ruban au même endroit des bras, è dis- 
lance égale du coude et de l'épaule. 



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— 3*2 — 

Oa eipose i )a calbnlrale dr Marwille une chiaeedu iti* stMe 
en fbrmr de lombeaa reponot sur an iode rerbinf|falaire"'. 

Ce magnili<iiie reliquaire a o m. !i6 de hauteur sur o m. 35 de 
longueur à la base et o m. ïx de largeur ou profondeDr; il est 
d'argent dor^ enrichi de ciselures, d'émaux et d'appliques; les plaques 
de métal sont appliquées sur une carcasse de bois qa'eUea re- 
couvrent complètement. Le reliquaire symbolise la Résorrection; il 
se compose de trois parties : un socle, un tombeau à quatre ram- 
pants et une statuette du Christ sdrtant glorieux du sépulcre. 

Le socle rectangulaire beul de o m. 09 s'appuie sur quatre gre- 
nades entr'ou vertes, dont la queue ornée de feuillage se teratJae 
en spirale; il est foruié de trois étages de hauteur égale en retrait 
les uns sur les autres et décorés de rinceaux. An deuxième étage 
se trouTent les «Mats préposés à la garde du Sépulcre, iU sont an 
nombre de m. Rien de plus réaliste que ces statuettes de guerriers 
d'un fini merveilleux, placés dans des attitudes si natun'lles: 
les uns étendus sur le dos dorment tandis que d'autres, i demi 
couchés, se ré\%illent eu sursaut avec une physionomie el des 
gestes pleins d'épouvante. Ln finesse du travail est telle qu'il n'est 
pas une des pièces de l'armure dont les rivets et les moindres res- 
sauts ne soient Gdèiemenl rendus. Nous ne savons rien de plus 
expressif et de plus délirât comme exécution que la tête d'un vieux 
guerrier à longue t>arbe. Entre les suidais est une salamandre 
dans le goAl, alors en faveur, des reptiles qnî ornent les plnls 
de Bernard Palissy. 

Le tombeau est une caisse rectangulaire i toiture inclinée de 



_ 348 — 

de la PuBÎon : cfllni de droite, J^ub en pri^ sur un monticule 
au jardin des Oliviers, tandis que Pierre, Jacques et Jean se sont 
endonnis; eelni de gauche, le Christ, les mains liées, en Ionique 
longue, comparait devant Pilate assis, tenant droit un glaiie à 
d«ui trancbanls. Ces sujets, découpures de métal, sont appliqués 
sur le fond uni des médaiHons. 

La face opposée k celle que nous venons de décrire a une orne- 
menlntioli semUable (pi. XXIf ). Sur les émaux du rampant se loienl 
saint Luc avec un bœuf auprès de lui, et saint Jean accosté d*un 
aig^e posé par terre. Les médaillons circulaires figurent tous deux 
la flagellation. L'un très curieux : deux soldats placés de chaque 
e&té do Christ enfoncent la courtMiDe d épines dans son ^ef ù 
Taide d'un lon^ Mlon sur tes extrémités duquel ils s'appuient en 
s'arc-boulant contre le corps de la victime pour avoir plus de forée. 
Ces sujets sont traités de la même manière que crax dont nous 
avons parlé plus hant. 

Les petits cftlés du reliquaire de la Major sont enrichis chacun 
d'uD médaillon ctreulairé et d'un grand émail. Les médaillons sont 
portas snr un anneau de om. oi de saillie; ils ont o m. o36 de 
diamètre. Sur l'un est représenté le mystère de l'Annonciation. 
L'ange Gabriel, debout, tes ailes étendues, tient un f^aîve nu à la 
nuiin; la Viei^e À genoux sur on prie-Dieu se retourne à ini-corps, 
Ips bras ouverts, dans l'attitude de l'étonnement (PI. XXIH.) 

Sur l'autre, est figurée l'Adoration de Bergers. Saint Joseph et 
la Vierge sont agenouillés k droite et i gauche de l'Enfant couché 
sur la paiHe, un berger salue; an fwid, l'ânoet le bœuf légendaires 
montrent leurs têtes sous une arcade surbaissée. (PI. XXIV.) 

Ces deux scènes sont faites au repoussé. 

Les grands émaux sont de forme ovale. Sur l'un , on voit le Cal- 
vaire. La croix du Sauveur est dressée entre celles des deux larrons ; 
Marie-Madeleine, les cheveux épnrs sur les épaules, appuie sa léte 
contre le bois du gibet; la Vierge tombée en pAmoison est soutenue 
par HÏnt Jeen; vis-Jk-vis de ce groupe, Longin, debout, armé de 
la lance dont il doit frapper le cAlé du Christ. Sur l'autre émail , 
on voit te Christ en Irain de laver les pieds de saint Herre qui 
est assis sur on escabeau; bu fond, six apôtres se tiennent debout 
contre le murde la salle. 

A l'horiion, se dressent les nturs d'une forteresse dont les ooor^ 



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_ Sàà — 

Unes crénelées dtcment ivee des tours semî-cireulain» à toitain 
moique. 

Le tombeau qoe Dons Tenons de (Wcriro est coDro&né d*ane sU- 
Uietle du Christ vsi&quetir de la Mort qui a'Ukve sur un petit socle 
rectangulsire. Le Christ, haut de o m. i & , est nimbé dn nimbe 
cruciforme ; if tient le bras droit élevé en signe de victoire et porte 
la croii en étendard de la maia gauche. Un manteau agrafé sur le 
devant de la poitrine flotte sur ses épaules nues. (PL KXI.) 

Le reliquaire de la Major est couvert de cisdures merveilleuses : 
têtes d'angOB aux joues pleines et aux cheveni bouclés, corbeilles 
de fruits, rinceaux délicats. 

Portés sur des appliques au profil recourbé, denx anges aus 
ailes éployées tiennent chacun un phylactère; sur l'une de ces 
banderoles est gravé le mot rrivmxit; sur l'autre se lit la date 
de l'exécution du reliquaire, l'an iSgS. Cette belle piice d'orlê* 
vrerie , de style RenaiBfiance , est donc de la fin dn xvi* siëde. Cesl 
probablement une œuvre italienne; la mani^ dont les têtes 
d'anges sont traitées nous incline a le croire. 

Signalons encore un coffret de bois peint dont la cathédrale de 
Marseille était en possession avant la Révolution, mais qui fait 
portie aujourd'hui d'une collection particulière. 

Il s'agit d'un meul^ en forme de tombeau dont le faîtage d'une 
seule pifece décrit des courbes légirement concaves. 

Grtte lourde cassette de bois massif est peinte de couleurs sombres. 
La scène que représente la peinture est la reproduction naïve d'un 
miracle cher i l'égiise de Marseille, la résnrreotion de Liiare. Le 
Christ suivi d'un groupe d'apôtres commande tu mort de sortir de 
la tombe ; Marthe et Marie-Madeleine sont à genoux devant le Maître; 
Lazare, In corps entouré de bandelettes, selon le récit évangélique, 
est sootenu par piusieurs personnages qui font des gestes de sur- 
prise, tandis qu'une femme regarde k l'intérieur du sépulcre dont 
un enfant soulève le couvercle. 

Le coffret de bt»» peint de la Major a dft servir de tronc pour 
recueillir les aumônes, ainsi que l'indique la fente longitudinale 
pratiquée sur la partie supérieure de la toiture. 

Un autre objet asseï intéressant eet un Christ d'ivoire Idgué 
au Chapitre de la cathédrale de Marseille par H'' de MoMBod. Ce 
crucifix remonte au xiv* ou iv° siècle; les membres sont dispro- 
portionnés, maia l'eiprcHsion du risnge est superbe de douleur \u- 



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— 345 — 

lonlaire et de calme béat, la tête est droite, les yeux levés au ciel 
sont ceux d'un agonUanl déjà glorifié, les bras d'une analomie 
très dtfectueose Mut I^[èlfeaieBt inflfthw au Ueu d'être parallèles 
i la traverse de la croix ainsi que dans les crucifix antérieurs au 
xiii* siècle 

Pfa gontlas à^ eang sont peintes en carmin pur U figure dv 
Christ at an Voisinage des plaies. 

En résumé, le trésor de la cathédrale de Marseille compte trois 
pièces d^nn réel intérêt : une botte d'os aux contours arrondis, 
d'une facture toute primitive; un eolfret d'ivoire du xiv' siècle im- 
porté de Gonslautinopie en Provence; un reliquaire de la lin do 
XTi* siMe, merveille de l'art italien. 

Nos recherches aux archives des BoucheK-du-Bbine dans le fonds 
de U Iftjor ne nous oui fourni aucun détail intéresiaat lur les 
quelques pièces qui constituent le modeste trésor de U cathédrale. 
EUea KHtt simplemeut mentionnées dans le livre de la sacrûtie 
eoBteoint Ions les ornementa, reliques et argenteries de l'élise 
lUjor de Marteille, de 16&9 ii i^ta^'K 

Abbé AaNiu» d'Avnil. 
CorTMpondant du Comil^ 

■ W AnhivM dw Baocbe>-du>IUi4M, Kp)tr« âi do Somia da )t Htjor. 



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LA VOIE ROMAINE 
TACAPES À AQUAE TACAPfTANAE, 



PAR H. LB CAPITAIItB LE BOBUP, 
Coirespoadaol dv Conilé. 



Dans mon flade, inaéne <Iids le r«p|Kirt de M. J. ToaUin. 
membre de la Commission de l'Arriifne du Nord, paMië *a BwOe- 
tm ttn^Mogiquf At Comité èe i9o3('l,je n'avais fait qne résnmvr. 
en ce qui coneerne la partie de la voie romaine qui reliait Tmemr* 
(Gab^) à Aquae Tacapiliaïae (E)-Hamma des Béni Zid), les Aieim- 
vertes ant^eures de MM. les capitaines Prive' et HilaireC). 

ravBÏs simplement ^mis l'opinion qne la route de Taeapeê k Twr- 
rit Tam^lem em^H^nlait jusqu'à El-Hamma la voie romaine dr 
Capta (Gafsa). 

N'ayant releva sur le tamia ancuo milliaire, je n'avais pu pré- 
ciser davantage le tracé d'une voie qui, d'après Peutinger, était 
longue de 16 milles, tandis que, selon l'itinérsire d'Antonin, elle 
avait dd être de 18 milles. 

Mais, ainsi que l'écrivait M. le capitaine Donau en 1903, dans 
ses notes sur la «Via es castris hibemis Tacapesn, il était convenu 
qu'étant mieux placé que lui pour trouver la solution de ce pro- 
blème, je rechercherais les groupes de milliaires du 16S' an 
1 83' mille de la voie stratégique inaugurée par le proconsul Ludus 
Nonius Asprenas. 

M. le commandant Toussaint, du Service géographique de 

l'année, m'apprit, au cours d'une conversation au mois de fé- 

'" Nol*! tt Joewm*m* f»r In potm $lratégijM4* «t lur Poeeufatian Mititun W> 
Sud tumitien à frfo^e romaine , dans 1p ÂkH. arck. Ju Camti, 1 go3 , p. 171 

») 0«H. ortk. dH Camiii, t8gr>. p. 8A.88, et iHgg. p. 5A3-S44. 



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vricr igo6, que des «onitlalalions i-éc«Dtes faites à l'Ouest d'El- 
HamoM des Beni-Zid, par lae officiefs de la brigade topograpfalqne, 
étaUissaient que les milles romains de cette voie correspondaient 
k nnedifitaiiGé moyenne dé i,635 mitres. 

J'entrepris aussîtAt, d'apiis ces donnéeis, de nouvelles recherefaes 
do trac^ de la Yoie romaine de Taeapn à A^aae Toeapùanaê. 
L'étendue des raines romaines de l'antique Tae(^$, éparsés depuis 
la laouïa de Sidi-Boulbaba jusqu'au bord de la mer, créait une in- 
certitude sur l'emplacement probable du milliaire d'or de Tact^, 
qui avait fait échouer jusqu'alors toutes les investigations entre- 
prises en partuit de Gabès, Renmiçant à cette base, je choisis 
comme point de départ de mes nouielles recherches te centre bean~ 
coup moins important i''Afmu TacapibmM (El-Hamma), dont Vvi- 
trémité oocideatale , le quartier de Debdaba , se trouve au 1 65* mâle 
Ae la «Via es castris hibemis Tacapesn identifiée par M. le capi- 
taine Donau. 

Je parvins à relever ainsi, sur une ligne droite de 18 milles de 
1,695 mètres, une succession de rainée romaines. (PI. XXV.) 

Cette ligne, quittant Ël-Hamma par le quartier actuel de Deb- 
daba, suit le chemin appelé rTeniet-Djedaria-es-Zeida» (col dn 
jujubier consacré). 

Au 168° mille''), elle atteint dansleDjebel-Ragouba, pris de la 
cote 177, le col oA devait se trouver la borne milliaire itIiaUe dé- 
eoaverte sur cette hauteur par le capitaine Hilaire'*) et vue encore 
en 1903 par M. le capitaine Donau 1^), qui la reconnut taaime 
étant du modèle de l'an 937. Mais je n'ai pas retrouvé ce militaire, 
qui a dû très probablement être débité par les ouvriers des car- 
rières actneilement exploitées en cet endroit. 

Laissant à droite nne pista qui conduit k Zouitinet {Avt9)^*\ 
pais celle d'El-Medoa, ou atteint, en cheminant dans la même di- 
reetion, le lit de l'Oued-el-Bâli , longé par le sentier de Debdaba à 
Bir-Chenchou jusqu'au 169* mille. 

En ee point, la ligne Debdoba-Oned-el-Bâli, prolongée, quitte 
la piate de Bir-Chenchou et traverse sans chemin l'Hencbir-Zâtria 

'-' Tout CM millei sont comptés à raisun de i,6!>5 mètrei environ. 

(■) Bull. areh. du ûmiU, 1X99, p. hia. 

<■*) Diwau, Via e* etutri* hiberna Tacapt$. 

<*' Identificalioa de l'iuleur : Bull arck. du Comîti, igo3, f. 3o3. 

AtnawtLMH — ^° 3 «A 



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■jnnda tn ît-^-S^-fin. 

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fui^n- 'it> 'À-tu-stHi t'i 3«i SB- ^ Uwwt-Kifa^a. à rOool lar 
r'>ir*i-â-d«ii 1 1 .'Eri TIW m Jip» ■i'^is JT wt .jp ii ^iii 

Ab ■•. mitv I** a rmn. .a •bpwdiiii mtnt ij-yî IMli^ 

u%i^i,'>-> I la lODiimn t— MttMfdar . 9 Ju^ » *ao ««très am Smà- 

•ii;pii>s> -ïa L7>i>t. M lira* r 4^ -^7 hn carws: c'est sa poiu dr 
cuiBH-^ .ini •"'■'■•mif . n — litur*. sa:* à -^filKe •trre. ^al h 
: I -?■■>. i: -i- :: - -. ■-■ -- ■!— j- :— :4>st^^ dp oMile» Im 
nn^mtû IL. 1' -^n'iL -^ :':ivï -i;!-)!: -'^. Li t^mpéntare de i*eiu 

U^oa-K il E'jfi-.'t-iJwnici'J.: :-4eK:i7-d<*niaa-. coEialita«farl(s 
n-Jie> l'iui^ -.-tif-.r- ierm't t-iuhI*- ^Ktili-^. itn^ IfsqaellM te 

:.. ■!:!- -j.i.-i- ";:" i" iii'luïns dr.4s[irfBis ri 

Va iTi' nd-*, 1 -H«f»s :r-S»-^« -kb»li/»-V«liMioud-, air les 

P"»»!^ go;'i>'5:« f* ■!■- t';-;«fi-M-îci»l'. *st l'onup cl« rnian d'an 



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— 8M — 

porte du maniboul de Sidi-Ourich "> ai y sert de banc; le seclion 
en est cylindrique et la surTaee a été entaillée ponr ibrmer le eadre 
de l'inscription, niaii eelle^, oompUtement martel^ei est illisible. 

Au 181* mille ae trouve, i l'entrée de Gheoini par la piste d'EI- 
Hamma, un amas de fûts de colonnee romaines qui pourrait biun 
cacher, aou» la terre qui le reooUTre en partie, un groupe de mil- 
lisiros. 

Il serait intéreesant de fouiller cet endroit; mais comme c'est 
un lieu de pnëre dee musulmans do Ghenini, la crainte de IVoimer 
leurs tentimenls rdîgioux m'an 1 empêché. 

De ce point, U ligxte droite Debdaba-Cheaini, se prolongeant jt 
travers l'oasis, oboutit eiactemenl k l'emplaoement do l'eneienne 
citadelle de Toa^ta, au marabout de Sîdi-Bonlbaba , qu'eHe atteint 
au i83' nitle de la n Via ex Gasiris hibemis Tacapesi. 

Les rechercbes que j'ai faites pour identifier, entre son i65'et 
son i83* milles, la voie stratégique qui relia dès les premières 
années de fère chrétienne Tatape» aux camps d'hiver de la Troisième 
légion d'Auguste, donnent donc les résultats suivants : 

t* Une ligM droite de l'Ouest i l'Est, de Debdaba i Sidi-Boul- 
buba, mesure exactcuat iS milles romains de 1,6^5 mèlres. 

9° Les conslatatioos fuites ik TOuesl de l'oasis d'El-Hamma éta- 
blissait que cette longueur de i,69& mètres était celle des milles 
du prolongement de la *oie de Taeofei à Âijvm Ttuapitanae mr 
T«Mfi#ai. 

3* Alors que Ton sait que les voies romaines étaient généralement 
jalonnées de postes de protection, on relfere sur la ligne droite 
^Aqmu Taeafitaittu à Tmeafn les vestiges suivants de l'occupation 
romaine ; 

168* mîHa : milliaire du Djebel-Ragouba ; 

■ 70* mille : milliaire d'Hencbir-Zdtria; 

171* mille : grand oppidum d'Henchir-Guellal; 

173' mille : métairie romaine d'Henchir-Kheroua et borne d'As- 
prenas ébauchée; 

174' mille : oppidum d^Henchir-Bas-Sidi-Khalifa-Mahmoud; 

176' mille : métairies romaines du domaine de M. Casanova; 

"1 Sidi-KlifricliP <l*'l« rorloo.! i/aoo.oooV 



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— 350 — 

l-j-j' ili'iWç : millinire numi!ro V[ éc la voie romnine deTaet^M 
k Aguae TacafitoMu et ruines d'Henckir-Tobai ; 

i8i° mille : mines romaioes importentes de Çtieoini; 

tS3° mille : à Sidi-Bonlbaba , ruines romaines de Hedina, 
quartier anililaire de Taeapf. 

h° Le milliaire d'Henchir^Tobal, portant le numéro VI, à 6 milles 
romains de Sidi-Bonlbaba et au l'y^' mille de la li^ne relevée, 
établît la coïncidence du tracé de le voie de Tattfr$ à A^uiu Taem- 
filaïuie avec celui de la «Via ex Castris bibernis Tacapesn. 

5° Cette ligne de vestiges romaina cmnûde comme distance 
milliaire avec celle du prolongement de la v<»e de Cafia (Gafu) à 
AquM Tacapilatuie par Biar-Beloufa et Bechima. 

6" Enfin ce tracé justifie la dilTéreuce entre la dislancc de 
i6 milles donnée par Peutinger et celle de i8 milles de l'Itîité- 
raire d'Antonin, dans les deux milles qui séparent le village de 
Cbeniiii du marabout de Sidi-Boulbaba : le premier a compté les 
distances à partir de la sortie de l'oasis de Taoapei, tandis que le 
second les a données de la ville même, qui est située sur la colline 
de Sidi-Boulbaba. 

Ces conslalA lions confirment l'opinion ^mise par M. le capilaine 
Donau, en établissant que la voie de 3'iicap» aux camps d'hiver 
était bien longue de i83 milles. 

En coàfiéqneuce, j'ai l'Lonncur de proposer comme identilicstîon 
du tracé de la voie romaine de Tacapei k Aqaae Taeap iu n Me la 
ligne droite qui, parlant de Sidi-Boulbaba , passe au Suddelaroate 
actuelle par Ghenini , Hendiir-Tobal , HencbirHas-Khalifa-Mahmoud , 
Hencbir-KJieroua, Henchir-Guellal, Hen«birZitria , leDjebel-RagoutM 
al atteint £1-Hamma (Aquae Taeapitanae) dans le quartier de 
Debdaba. 

Capitaine Li Beiur. 



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LE 
LIMES TRWOLITANUS EN TRIPOLITAINE, 

D'APRÈS LES BËCEMTRS D^COUVBKTES 

DE M. DE MATHUISÏEULX 

(i»oi'igo4). 

PAR H. J. lOLTAIN, 
Membre de la Gommisiiga ie l'Afrique du NunJi 



Lorsque fut publié eu iSSS le deuxième volume dugrand ouvrage 
deCh. Tissotsurla Géographie comparée de la Pronnee romaine d'Afrique , 
les seuls renseignemeots que l'on possédait sur le Uam Tripolitmif 
se trouvaient dans le routier antique connu sous le nom d'itméram 
d^Antotùn, Ce routier indique les uoms et Us distances respectives 
des stations échelonnées le long d'une voie ainsi désignée : iMr quod 
limitem Tripolitanum per Turrem Tamt^leni a Taçapiu LepU magna 
ducit. La première partie de cet iler, entre Tac^ «t U Ttarii Ta- 
nudUm, peut être considérée comme n'appartenant pas au Omet pro- 
prement dit; ou ne saurait entendre par Omet autre chose qu'une 
voie stratégique (rdétimitaat les possessions de l'État roipain, et 
marquant le commencement des terres encore indépendantes ''' >■ 
Le iimet Tripolilanus, au sens précis du mot, commençaiti la Twrii 
TamaUeni et se terminait à Lepîis Magna. Outre les noms et les 
chiffres fournis par l'Itinéraire d'Antonio , la Notilia dignitaUtm men- 
tioDue un certain nombre de limitei, dont les noms rappellent ceux 
de plusieurs stations signalées par Vltincraire : tels sont le iwiff 
BixatnUutta »> Bezereos, le hmea TalaUUeiuie = Talalati, le Ime$ TSU- 



'*> R. C*^«t, art. LiNtB dans h Dieliotutaire ifet aniiqiiitét jrrfcquei et mmaiiin 
de MM. DaremberQ, Sa^ia el PoUier. 



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_ 352 — 

barentiê'^Titlibari, le tinu» Ttnthellanm ^ Thetiltot ^*\ A l'aide de 
ces documents et des renseignements indirects qu'il avait pu se 
procurer, Ch. Tissot essaya de dëlerminer ie tracé du Hmet Trip^- 
lamu; mais, induit en erreur par ]a présence dans 17f«rdu som 
d'Àgma qui désignait aussi nue station de la route du littoral an 
sud de Tacape, il crut que !e Imeg, après avoir atteint la Turm 
Ttimalteni, reprenait la direction de l'Est et revenait loucber iAgnut 
la côte de la Méditerranée '^1. Nous avons moatrd eu i8g5 l'invrai- 
semblance de cette solution du problème et nous en avons proposé 
une autre '*'. Mais, à cette date, l'exploration du Sud tunisien était 
à peine commencée. Depuis tors , la plus grande partie de ce pays a 
été parcourue, et les vestiges de l'occupation romaine y ont été 
étudiés par de nombreux officiers et voyageurs, entre autres par 
MM. Lecoy de la Marche, P. Blanchet, Hilaire, Tribalet, Renault, 
Le Bceuf, Donau, Gombeaud, de Pontbriand, Goulon, Tardy'*'. Il 
parait aujourd'hui certain que la station dénommée TwriM Tamal- 
Uni se trouvait dans l'oasis moderne de Tetmine; d'autre part, la 
station de Tabatati ou mieux, suivant une correction unanimemenl 
adoptée, TaUlati était située au pied du Djebel-Tlalet, eu un tieu 
appelé aujourd'hui Ras-el-Aïn. Pour passer du Nefiaoua dans la 
Djeffara, le Hnus, après avoir remonté la vallée de rOued-Tlallouf. 
franchissait la crête montagneuse, au Sud du pays des Ahouaya, sur 
le territoire deOuled-Mahdi.Dans cette section daUmet, M. le lieu- 
tenant Tardy a fouillé les ruines du poste romain, appelé par les 
indigènes de la contrée ksar-Tarcine ; il y a découvert une inscription 
qui nous a révélé le nom de ce foi-t : eentmariam Tibubtià. D'antre 
part, M. le capitaine Donau a étudié en détail les vestiges du fort 
romain encore visible dans la hante vallée de l'Oued-Bel-Recheb, 
te ksar-Benia des Ouled-Bel-Reoheb; moins heureux que M. le lieu- 
tenant Tardy, il n'en a pas trouvé le nom antique. Ces deux postes 
faisaient probablement partie du Unui. 

"1 ffoM/ifN., OccXXXl. 

<•> Ch. Tlntol. Géogr. comp. Jr U Aw. i-onu it',\fiîquf, t II, p. 705-7..6: d. 
R. Gi^al, h'ormh romomp tFAfnqut, p. 55n ft iiiiv. 

^) i. TouUiu, JViXa lur fu«Jfi>M tout nmainu 4* F^ft* fim tMfà t mr, 
dnni Écott de Roiiu, Mèlangtt, t. XV (iS^b). 

'*' Bail. anh. du Cemili, 189A, p. 39^ et suii.i ii(oi, p. 95-io5; p. «MV 
ai^\ 1903, p. 391 et »uiv.; Sotictt «t mAnoirn de U SociM <i» CtmtlÊmlin: 
L XXXII 0K.)8|. 



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— 868 ~ 

Au Àsii 4e TMialali, MM. lea capitatnea Le Bceuf et Donaii se M»! 
flfforaés, bien que le pays MÎt oobbu avec moins de détail, d'in* 
diluer qoel y avtit Hé pVobat^eoieDt le traoé du Imei. D'aprfes cee 
deux oficiers, la voie stratégique remontait la vaUée de l'Oued* 
Talahouine, traversait ie Bied-Taneran, suivait la vallée de 
l'Oued-letjer, fnoithiBûil rOned-Dahraen, puis rOued-Bfega, 
atleigmitl eqfin JessourceB deB«mada, dans le voisinage desqueliel 
M. im Iteuteoenl Leooy de la Marche a. signalé les rtatesd'iia poite 
Musid^aUe, doDirencemteext^ievenieauraiteBviroasoo mj^tres 
de long sur i &o mètres de large. Le» mines de Resiada sont les 
plus Soignées vers le Sud que l'en ait encore relevées dans of M 
L'égion de la Tiuisie. 

S'il a'eit pas eneore possible d'jdentitîer avec certitude tes dtr 
venes stations du kme» mentionBées par l'Itinécaire d'AntoniUt U 
«6t du Iboias acquis que les stations de la Tmrit Tama^ni et de 
Tola^ se trouvaient dans l'oasis de Tetoune- et au ]»«d du Ujebeli- 
TUett'd autre part, il est permis de croire que les ruines- militaîreB 
du KsaD-Taraine, du KsaivBfloia des Ouled-'hel-Recheb, jftloBoaieitit 
il voie entre' In TwrU Tamailmi et Tdaldi; esfm il. est yraiflem;- 
Uabla que le «asie eamp voisin des sources de Remada représente 
la station de TUUbari. Peu à peu. lee découvertes de détail, uM 
oonnaissance plus prriase de la cMtrée, peut-^lre qMeiques dDCtt<- 
uents épigrapbiques compléteront les premières îndiDatÎMns , i^ji 
précieuses, fotirnies . par les «fficiere des postes de GabèBi Kbliillii 
Foum-Tsttahouine, Debibat. 

■ . ' H 

£n Tripolitaine, la ttebe était plua difficile. Sauf H, Dwve.]|ri«r 
et Barth, atteun Européen o'aveit, avant 1901, exfdoré les régiove 
^ar oà passait le timai .TriptlUmnu. En outre, les reweigoemeiUs 
archéologiques contenus dans les relations de ces deux voyageucs 
ne laissent pas d'âtre sujets à caution. Trop sauvent Duveytier a 
signalé, comme ruines romaines des restes de constructions bcKbèi^.; 
trop souvent aussi Btrlh s'est contenté de mentionner Iba ruipes 
qu'il reQçontreit en termes très vagues» saos les décrire ai 1^ 
caractériser. Cette lacune vient d'être heureusement comblée pap 
M. de Uethuisieuli.' .' .1 

A trois reprises différentes, en 1901, igo-^, 190^, M. dfl.Mathui- 
sieulx a parcouru l'intérieur de la Tripolitaine. Au cours de ces 



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— 554 — 

trois miBBÏons, il a fait des rechOTcbes heHreases sur k hme» Tri- 
foiiitaaa. Tout d'abord, ia connaissance «xaete qa'il eut tris file 
des conditions géographiques et topographîtpies de )■ contrée qae 
traversait le Uma, lui permit de concentrer son enquête, «n déter> 
minant la seule direction possiUe de la voie. 
, irPar où passait cette route à par^r de la frontière tunisienne? 
D'aucuns ont cru retrouver les lieux d'ëtape sur un parcours qui 
atteignait Ghadam^, ou qui suivait le Ouadi-Soffedjin. Mais, outre 
que le nom de Ghadamès, Cidamiu, n'est cité nulle part dans les 
documents de cette route (et cette ville était de beaucoup la plus 
importante de toute la r^ion) , la distance totale [entre TacâptÊ et 
Lsptii Magna] se trouverait ainsi supérieure au tiijde, et même an 
quadruple de la distance indiquée par l'Itin^ire d'Antonio. Et 
d'autre part, quel intérêt les Romains auraient^ils trouva i édifier 
Jes eoitofla et des bourgades bien au deli de la région oà Ton ne 
trouve aucune trace de leur colonisation t Quelques vestiges, il rat 
vni, se rencontrent au Sod de la bordnre septentrionale des pla- 
teaux (appelée Djebel-Nefoussa); mais ils sont échelonnés en ligne 
perpendiculaire à la c&te de Tripoli et servaient indnbitablement 
d'étapes aux voies de pénétration vers le Feuan, e'est-À-dire vers 
le pays des Garamantes. Tonte l'étendue intermédiaire, h part la 
contrée orientale dont nous aurons À parler ultérieurement (GUrta, 
Nefed, Merdoum), toute l'étendue intermédiaire mtre le Nefoussa 
et le Peztan ne porte aucune trace d'échelonnement paralMe k U 
* céte. C'est encore aujourd'hui an pays abstdument désert. 

rU est également impossible que cette route de Taa^iei k I^ftii 
passAt par la Djeflara. D'abord , on n'y rencontre aucune antre trace 
de bourgades que celle de Djoch (^rolAa intérieure). Ensuite nous 
demanderons encore iei quel intérêt les Romaios auraient trouvé à 
échelonner leurs postes et leurs fermes dans des déserts absolument 
slérilea. 

ffForce nous est de renoncer aussi à l'hypothèse qni plac«rut la 
série de ces étapes dans la lone déchiquetée qui sert de bordure 
septentrionale aux vastes plateaux du Djebet. H y a li , depuis la 
frontière tunisienne jusqu'à Ghariana, un dédale de vallées pro- 
fondes et de ravins abrupts, qui évident la bordure du plateau snr 
une largeur moyenne de i & kilomètres et qui sont dus an travail 
séculaire des eaux. Les Berbères du moyen Age y ont construit d'im- 
prenables citadelles sur des éperons tellement haals et à pic que 



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_ 355 — 

cette «me, swle de bordure vermoulue d«la grande Ubleinlérieure, 
ressemble vraiment à des moBtagnes. Ces Berbères avaient à se 
défeadre contre les envabisseurs qui tentaient, vainement d'ailleurs, 
de les surprendre ptr le Nord. La domination turque n'a pu péné- 
trer jusqu'au Djebel qse daas le milieu du m* siècle, et les Otto> 
□uns de dos jours ont bien été forcée d'établir aussi là leurs centres 
administratirs , puisque les popnlatione berbères s'y étaient groupées. 
Mais qu'avaient à faire les Romains d'une route transversale qui 
aurait affronté conslunmeBt des gorges de 3oo mètres de profon- 
deur, où les pins gigantesques travaux d'art auraient été indispen- 
satdeeî 

<r Eb présence de ces diverses ovations , il ne reste pour la roule 
de Tmapu k Ltftit Magna qu'un seul tracé logique, celui qui court 
sur ieS' hauts plateaux du Nefoussa , aU sud de la lose déchiqueta , 
en raeakt de très près cette zone, de manière k abréger le plus 
possible les distances. C'est ik que j'ai cherché cette route et que je 
crois l'avur trouvée ''^.n 

H. de Mathnisieulx a, en effet, découvert sur ta ligne ainsi déter- 
minée plusieurs ruines dont le caractère romain n'est pas cootes- 
tnUe; elles stmt situées soît à partir de Leplù Magna, soit entre 
elles, Ji des distances qui correspondent aux chiffres de ritinéi'Bire 
d'Aotosin; enfin les noms que portent tes districts dans tesqnels 
elles se trouvait ou les tribus voisines rappellent parfois tes nomb 
des stations mentionnées par le routier antique. 

El Ksouh des Trauezi^. 

Les ruines romaines les plus voisines de la ftxtntière tunisieBno 
qu'ait visitées M. de Matbaisieulx sont situées À i& Lilomètres en- 
viron au Sod de Kabao, dans le pays des Trameiin. Ces ruines 
foment deux gronpes. Sur un mamelon, de nombreuses pierres de 
tailles éparses indiquent l'emplacement d'une bourgade ou d'un 
fort. A qaelque distance, se dresse encore un beau mausolée de type 
romain. irCe mausolée est une construction de forme carrée, dont 
la base mesure k mètres sur chaque côté, et dont les faces supé- 
rieures mesurent 3 mètres de largeur. La hauteur actuelle du 



'') H. M. de MathuirieuJi, Btifpin jur >m mÛMon titalifiqtu m Tntpalàam 
(NBKvelki arehitu dtt miiiiou icimtif., U \ll), p. ii-i*. 



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— 856 — 

iDOQuin«nt atteint enTirfta li mèlres. Clia^e face «t crenaée Ae 
deux nictiee flanquées de pilagtrea. Une obunbra voùUe, dont Tao* 
v«rlure ëe trowe au ras du aol, mesure s mètna de hauteur. Cfite 
cheintHre, de forme carrée comme le monumeut, a i m. So dacAté. 
Dana obacunedea parois se tFoufentereuaéesdtsai^avatifuiBOBbîqiaes 
jnmdlea, sauf sur la paroi orientale, qui n'en owiti^ qu'une. Taal 
autour, parmi les nombreuses ]Herre> de taille écroula, on dis- 
tingue des oraemeDtations'ii.» 

Il n'est pas douteux qu'il y ait eu là un ètaMiiBement romain. Or, 
pemî les stations de l'Itinéraire, il en e^ une dont le nom se 
rapproche de celui de la tribu des Trameiin : c'est ThramutAnim. 
En outre, les dislanoes indiquées, d'une part entre TàmmwÊJaiim 
et TïUAari, d'autre part' entra ThnmwiJHRM et TkmteM, oo i re a - 
pondent eoi dislanoes actuelles qui séparant El'Ksour de Remada 
d'une part, et d'autre part ^•^sour de Zentan , dont l'ideMificatioa 
à 7Afn(sM ne parait pas douteuse. Oa compte, en «Set, de ito à 
190 kilomètres entre Ël-Ksour des Trameiin et las •ouroee de 
Hemada; er, l'Ktnà'airo indique 80 milles entre JAroanuAuiM et 
TiB^iitn. Dans l'autre direction , H. de Mathuisienlx évalûo i 87 Ua- 
nibtres la distance entre Ël-Ksour et Zentan; entre T' Ai a a i wJ i ui ia 
et Thmieoi, l'Itinéraire indique &o miUes. Ces cUfires eoncordeid 
suffisamment pour que l'on oonsidàra comMe tout à fait prdiabk 
l'identification d'i^-Ksour des Trameiin à la slatiaa de Tlmmv 
lUaim. 

Les SLAMiTiif. 

A l'Est de Tkramtudmm et â 3o milles, soit environ && kilo- 
miitres de oatta station , l'Itinéraire mentionne Thmtattaitim. II. de 
MathuÎBÎeuU croît retronver comme usa aarvifaàce de ce noa 
dans le nom de la tribu des Slamatiu, dont Id territaire «st dis- 
tant d'environ h& kiloraitraa des ruines d'Bl-Kaonr. Il y a d'ailfeuis 
dans ee pays quelques traces d'occupation antique. ToutaftHS, ea 
l'absence de données plus précises, la resanaManoa lointaine df< 
deux mots 7'AaaiaicaIiin et Slamatin est un arfument aaseï fngile. 
Il est saulemeot permis de dire, ao se servant d'uae eapreasiondéil 

Cl H. M. d« Hitliuisifuli , op. cit., p. lâ. Dana son rapport, l'iutruir pU(r 
Kl-Kiour d«n» le pays in SUniatin; mais depuis lors, en revoyant se» cinip|!> ili* 
ni]i«fte, H. dr Mttbuiutuli a comtaté cfue cette aUnbutiaa Aiit iontele; il • 
Itien voulu nous en faire part 



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— 867 — 

employée par P. Blancbet"', que ThamoKoltm devait se Irouver 
trpar ikf. 

Zrntah. 

A l'Est de TkatuOêcabin et à 3o milles de te posle, l'Itinéraire 
Romnie Thenttoê, Or, à 6 kilomùLres à l'est du kgar actuel de 
Zentan et à 16 kilomètres eavirou de remplacement présumé 
de rAwiMKabM, M. de Malhuisieulx a découvert iio gisement de 
ruines assez important 

crLes ruines se divisent en trois ^upes : Tuu d'eux se compose 
d'uB quadrilatère formé par une baate ebaussée de terre, qui re- 
couvre probaUemeot la base d'un ancien rempart. Au centre de oe 
quadrilatère irr^lier se dresse un eoëUBum en {»enes de taille, 
qui mesare 90 mètres de côté. Quelques-unes des pierres de ce cm> 
teUam mesurent 1 m. X m. 60 X o m. 60. Une porte a enoore 
see deux montants debout. Les faoes du mur à l'angle Nord-Ouest 
sont les plus élevées de cette ruine et dépassent 3 mètres. 

kA 1 Lilomètre au Sud se trouve un autre monument carré, «n 
pierres de taille de 1 m, 1 X o m. 60 X m. 60. J'y ai reconnu 
des traces de nicbes et de dalles énormes. La base d» ce mcmument, 
sans doute un mausolée, mesure 3 mètres de côté. La liatiteur 
actuelle des débris ne dépasse pas 1 m. 5o. 

nA 3oo mètres au Sud de celte dernière ruine, gisent d'autres 
débris informes. A un kilomètre et demi au Sud-Ouest du premier 
groupe de ruines est une coostruolion carrée en pierres de taille. 
La base des quatre mure est intacte jusqu'à 1 mètre de hauleurl^l.n 

D'autre part, le nom de Zentan a consorvé l'appellation «Btiqiie 
TluHteot. On sait, en effet, que souvent dans les nome africains le 
fk d'origine libyque ou punique se prononçait à la façon du & 
aa^ÙB , comme une sifflante. Si l'on tient compte de ce pliéBomèoe , 
le nom modeme Zentan est exactement identique ou nom aur 
tique Tkenleoi. Toutes les données, par conséquent : distances, pré- 
sence de ruines importantes, noms, concordent ici pour nous 
permettre de voir dans les vestiges du district de Zentan les restes 
du poste de Thenteos. 



''' Sur qaeljnn pAiOt fartifif* dt lafronliire taharirnne de l'Emfiîre rotnat'it, 

p..*. 

''< H. M. de Mnlhuisieuli , o/r. ril., p. t5-i6. 



DigiLizedbyGoOglc 



AotiiNïA Dis Aznou. 

A âa kilomèlres à l'Est des ruines que nous venons d'étudier, à 
hS kilomètres da village moderne de Kentan, M. de Malliuûieiili a 
relevé les traces d'uae importante bourgade antique. Ces tnecs 
sont m«theurengem«it înfsrmea, car les habitants du pays se asBl 
servis, pour construire leurs demeures, de toutes les pierres qw 
émergeaient au-dessus du sol. A 3 kilomètres au Sud de ce premier 
gisement de ruines, M. de Mathuineulx signale les restes «d'une 
pelite ville romaine, enserra dau une enceinte rectsagnUires. 
Auprès de cette ville est encore debout un tombeau romun, b&ti 
sur le sommet d'une ecdline, d'oA l'on découvre une contre meore 
ferUle "'. Or, à 3o milles de ThenUot, l'Itinéraire cite la station 
d'^itmi. I) est vraisemblable que l'nn ou l'autre des deux groupes de 
rutnes dont nous venima de parier correspond k cette station, ici 
encore une similitude relative de noms vient s'ajouter aux argn- 
menls tirés des distances et de l'existenee de ruines antiques. Les 
tribus qui occupent ce district s'appellent aujourd'hui les Atrou. 
Atroo, Auru (|woBoncri Aurou, peut-4lre Avrou): ce sont là deni 
«ppellatioBS bien voisines l'une de l'autre. 

A 53 kilomèlres à l'Est des ruines du pays des Atrou, M. de M«- 
tltuisieulx signale, en un lieu appelé aujourd'hui Djendouba, nn 
essemble do ruines réparties sur trois mamelons. 

nDe ces ruines, les plus importantes consistent en une basilique. 
qui a été tout récemment mise à jour par les Arabes pour è\Tt 
transformée en mosquée. Fort beureusement, la translwmatien esl 
restée inacèev^ et j'ai pn relever ces ruines sans di6Sonltrf. 

irLes bases des colonnes sont espacées de i m. 80 et leur trac' 
entoure on beau dallage auquel on accède par tnHs marches. Le 
diamètre de ces colonnes, dont aucune ne reste debout, mesure 
m. 5o. 

nJe n'ai vu aucune inscription, mais les murs sont omës de plu- 

I'' H. M. de UaUiuisieiilx , dins les Nomrlhi tarkhêi it* Kt'uMiu, L X. 
p. i^^. 



DigiLizedbyGoOt^le 



_ »S9 ~ 

sieu» croix grecques. A l'extrémité orientale, j'ai ooBstalé une 
vaste et profonde citeroe fort bien cooeervée. . . 

II Sur Tase des trtns autres coUiaee se dressent deux pierres 
drMtes, où je crois reeoanattre k bise d'un tomilar ou pressoir il 
huile 11).» 

Ce qui ajoute encore à l'importance de ces ruines, c'eal qu'elles 
se trouvent wm seulement sar le tracé probable du UmetTY^Utantu, 
mais encore sur l'une des roules principales que l'on prenait dans 
l'antiquité pour pmétrer au cœur de l'Afrique, fille est suivie au-> 
joord'faui encore par quelques caravanes qui se rendent an Feuaa 
en passant par Miula. L'établissement romain, doat les ruines se 
voient à Djendouba, occupait donc dans la série des stations du 
Omet one ^ace particulièrement importante. 

Or, à 35 milles d'yiurtt, l'Ilinératre signale la statimi de FiiM«i;ct 
35 milles romains équivalent approximativemeol à Sa kilomètres. 
Les distances coBciwdent asseï exactement pour que noss admettions 
comme tr^ vraisemblable l'identification de la station de Viiiat» 
nux ruines de Djendouba. 

A l'Est de Djendouba, le Kms) TVipofc'tantu devait s'écarter delà 
Djeffara plus qu'il ne le faisait dans la région des Djebel-Nefoussa , 
Ytlren el Gfaariana. Le massif du Dj^el-Tarhonna forme comme 
on bastion avancé oi^ pénètrent de toutes parts des vall^ pro- 
fondes. L'nne de ces vallées, celle de l'Oued^Temsiouan qui porte 
dans SOS cours inférieur le nom d'Oued-Lebda et qui se jette dans 
la Méditerranée près des ruines de Ltptig Magna, sépare presque 
complètement le Tarhouoa des plateaux sahariens. Le }imu passait 
au Snd de la dépression qui se creuse entre le Tarhouna et le Gba- 
rinna, puis s'inllécbissait vers le Nord-Nord-Ëst, et rejoignait pou- 
la oAtoyer jusqu'à la mer la vallée de TOned-Lebda. L'Ilinérarre 
signale, dans cette section du }me$, entre Vinazt et Ltptiâ Magna, 
les trois stations de TdaUti, Tkenodatta, Mttphe. 

Talakti, d'après l'Itinéraire, n'était distant de Vinaza que de 
16 milles. Or, précisément à cette distance, soit k environ 9[j kilo- 

<') H. M. de Msthuinenl* , Rapport tur un« miiiian icùwli^fuf *n TWpob'UHU, 



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— 360 — 

mètres de Djendouba, vers l'Est, M. de Msthuisienli signale t» 
ruines d'un mausolée et tes vestiges d'une iinportsnte boorgade. 

■ Le mansol^ est un snpwbe moaDment en {liems de taillr, 
dont ta base mesure i a m. 60 sur 7 n. 70 et dont k havtear 
actuelle dépasse 1 1 mëtres. La façade principale, tournée ters FOo- 
cideal, est om^ d'une porle murée, baule de 1 m. 5o et large d« 
1 m. 10. Cette façade, part^^ en deux étages paroBelai^ oor^ 
«icbe, est flanquée dans sa pai-lie sapérieure de trois pilastres. A 
l'intérieur da nutnsAiée,ondi^nguean premier étage deui nichas, 
kautea de U mètres et larges de 1 mktn. Le rez-de^auasée consiste 
en vne sorte de crypte, an fond de laquelle ^élaf]^t une belle 
abside '''. » 

Tout autour de ce mansolée, se voient destncM d« «ooativctioos 
en pierres de taiHe. 

La présence de cas raines atteste qn'en ce lieu exista jadis on 
établissement romain. Puisque les distances concordent suiEsam'- 
went, il n'est point téméraire de croire que cet établissement Aail 
la station du Urne» dénommée sur l'ittDéraire TolaJsli. 



Anssb*. 

A ùo kilométras À l'Est d'E^Edjab, dans la Wute viHée d« fOved- 
Madher, M. de Malbuisieulx a vu , pendant a mission de 1 %oh, les 
restes d'un cuBlellnm et d'une bourgade importante'^'. Le lîle portr 
aigourd'hui le nom de Anessa. Or, riUnérairfl indique, k 36 millea 
de Talalati, soit à Sg kilomètres environ, le poste de Tktiutdamt. 
M. de Mathuisiealx n'est pas éloigné de croire que l'apfwilaliM 
Bodemc Anessa est une corruption du nom antique rAwarfant, 
i^ eaiteOmm d'Aneiea était de forme carrée; on reconnaît encore à 
l'intdrieiir les tracea des murs qui séparaient les uitea des aatns les 
diverses parties du poste. 

Delabaute vallée de l'Oued-Hadher, le liawf, obliquant fers le 
Nwvd>£st, gagnait la vallée de l'Oned-Teniaiouan ou Ldtda. Cest 
dans cette vallée que se trouvait la dernière des stations du Ihms 



'*' H. M. de Malhuieieuin , Ra^orl lur la mUtion At tge/i m Tr^nb'lBM 
(encore inédit). 

C H. U. de Hathuiûeuli, Rofporl «iir i* nu'mmU it tgoi «n IViyMtifÙM 

((^neoro inédit). 



DigiLizedbyGoOgle 



_ 3€1 -^ 

mentmoJM'pirrntiiiéraire avant Leptii Mt^na. U.da'MiAhuimv.it 
n'en a point découvert l'emplaeemast. 

AinBi , grâce am déoouvertes réoenbea faiteB dass le Sud tunÎBÎeH 
par plnsieun officiers et en Tripobtaîne par M. de Mathaisiealx, il 
«st Rujtsrd^lnii poMibre d'indiquer qnel était daus ses grandes lignes 
l« tracé du Umtg TripeIkaiNu depuis U Furri* TamMmi jnsqn'i 
Ltftis maifiia. Dans la première partie de Bon dévelo^>emwit, t« 
Kfiu» a IdsBë peu de veMiges; ilest difficile de dire par où il passait 
exactemnit ealre U Turrù Tamalieni et la vallée d« rOue«l-«lr 
HaUoaf. liât vrêisemUaUe qu'il prot^gfeeil le» riches ouie dn Nef- 
taoua coBtre les incursions possibles des tribus nomades da désert, 
OéluleB et Garamafites. Par )» vallée de l'Oued-el-Halloaf et de 
rOued-Bel-Recheb , il pénétrait dan» It r^on monlegnease qui 
sépare le Sabara de la Djeiïara tunisienne; il en franchissait la 
crête, puis il longeait jusque vers Debibat ou Nalout te pied 
oriental de la falaise sabarienne. Au delà de Nalout, il montait sur 
1« plalenu' Bakarien , pour en suivre le rebord jusque danila r4fpon 
de Gkariana; puis il contournait par le Sud le bastion tdurmesté 
do Tarhouna, et d«c«ndait pour atteindre Lepti* Magna la vaUéc 
de rOned-TemaiouBa on Lebdà. Il r^ondait à la ibis aux oéeesBités 
atralégiques pour lesqueUee il avait été cmiçu et aux. conditions géo- 
graphtqties des pays qu'il traversait. Les forts on postes romains, 
dont les ruines ont été explorées à Kaar-Tarcine, à la Benia des 
Ouled-Bel-Recheb, àRas el-Aïo-Tlalet, près des sources de Remada; 
les vestiges diïcrs retrouvés par M. de Mathuisieuk à Ki-Ksour des 
TraDieiû, prha de Zentao, k Djendouba, à E^-^djab« à Auessa, 
jalonnent enivant toute apparence cette loagae voie militaire. Le 
iimti fomait one ligae conltaue de postes qui protége»t, oolre le 
Ne&aoua et la région située imm^dialefl^nt ii l'Ouest de Gabèa, 
toute la Djeflhca tuBisieDne et tripolitaioe. 



III 

Au delà du Utaes, en plein désert, les Romains avaient établi 
des forts avancés : dans le Sabara tunisien, le poste d'El-Uagueuff, 
dont une inscription, retrouvée par M. le lieutenant Gombeaud, a 
fait connaître le nom antique Tmvar; en Tripolîtaine, d'nna part 
sur le cours supérieur du Ouadi-Sofiedjln , les deux eattelln de 



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— 8«2 — 

Oaaioès et de Kalabidji, idevéïi par M. de Malhiiiai«uli peadanl 

sa mission de 190&, d'autre part, beaucoup plu» 1<md au Sud, In 
Irais forts de Ghadamès, de Gharia-el-Gharbis et de Bondjein. Des 
routes reliaient évidemment chacun de ces postes an bwi. On oa 
encore retroavé aucun vestige de la voie qui reliait TiMonir itnt au 
Centtnmmm ïïiuhin (Kasr-Tarcine), soit à TiJalad (Ras el-Aîn-Tla- 
let); ni de celle qui assurait les commani«ations de CiAiiiuu(Gba- 
damës) avec le litloral. On connaît mieui celle qui joignait Otë 
(Tripoli) au poate romain de Gharia-el-Gharfiia. Goupaat le Hmea à 
la ^lîoa de Voiaxa (Djendouba), cette route se dirigeait droit vers 
le Sud; eiib« Djendouba et Misda, M. de Mathuineulx a relevé les 
traces de dem fortins aux lieux dits Ël-M'dina-Ragda etSkiSa, mt- 
toul il a découvert k quelques kilomètres an Nord de Hiida dm 
borne miltiaire d'un grand intérêt. 

El-M'iiina-Bagda. 

B4IMina-Ragda {la vSie dotmmie) est situé à i& luIooiètRS au 
S«d de Djendouba. Ce nom d&igae les raines d'un étabUaseaieat 
aaaet important, viables au milieu d'une plaine déserte et atonie. 
Od y distingue encore, d'âpre M. de MalliuiBieuli , une eaceiatr 
carrée mesurant 4o mètres de c6té; celle eaeeiate était constraileea 
pierres de tatUe éuomea , dont subsistent enoore cinq ou six asaises"'. 

Skipfa. 

irA tSkilomètres de El-M'dîna-flagda , écrit M. de MattraifûenU, 
au sommet d'un col qui donne accèa au versant du Sofiîadjin à celui 
d'uo de ses tributaires de gauche, s'élève un eaMeUmà en pelilei 
pierres très régulières, dont toute la hauteur est encore debout 
Les faces Nord et Sud ont 10 mètres de largeur; les faces Est et 
Ouest, 5 mètres seulement. Les an^es sont arrondis. Les grandes 
faces sont percées au centre de deux portes voûtées. Ce fortin com- 
mandait un passage assez étroit de la route <^'.ii 



''' H. M. de UatbuiMeuli , Rofpm-l inr unt miuion Kttnbpqiu «h Tri^poliMnu 
(VnuB. anh. dei n»'in«u, t XII), p. 18. 
(') ir. M. de Hatbamculi, tp. ril.. p. ifl-19. 



1 



D,j.,.db,Googlc 



InSCRlPTION HILLIÀIHE. 

L'inscription, dont M. de Mathnieieulx a rapporté un tris bon 
estampage, se lit ainsi : 

IMP . CAES 
DIVI S EPTIMI SEV 
ERI PII ARABICI ADl 
ABEN I Cl HMi P A RTH i 
CI MAX BRITTANICI 
MAX FILIO DlVl AN 
TONIN I PII GERM ANI 
CI SARMATin NMIPO 
IMI DIVI ANTONINI PII 
PRONEPOTI DIVI HAD 
RIANI ABNEPOTI DIVI 
TRAIAW PARTHICI ET DIVI 
NERVE ADNEPIi^aOTI 
M. A VRELIO A NTO 
NINO PIO ELICI AVG 
I>&EtT-l-ViCO Max . brit tanieo 
tHa« 

IntfifmUon) Caei^an) Bki Septimi Severi PU Arabiei Adiabeniei Parlhtei 
lliax{iini) Brittaniei Max{mf)Jilio, Diei Antonini Pii Germaniei Sarmatiei 
ti[«]po[(]t, Diei Anionini Piiprotupoti, Dwi Hadriani ofatepalt, Dtoi Tra- 
yfl[m] Parthiei et Dïvi flero{a)e edneptAi , M. AurtUo Anlonitto Pio Fetici 
Aug(uilo) [Parthieo Max{imo) Brittanieo max(imô) ] 

C'est une inecrïption milliaire au nom de Tempereur Caracalla, 
dont la rédaction est identique à celle de plusieurs bornes mlliiaires 
qui ont été tiouvées sur )a route de Capta k Tacapei. Il est vraisem- 
blable qu'il faut restituer aux dernières lignes les mêmes chiffres 
pour les puissances Iribuniciennes , les iialutalions impériales et les 
consulats, et lire : 

. . .M. ÂurtUo Antamno Pio Ftliei Aug{vm) [ParAico Maa(imo) Brittatiteo 

Max{iiM') Gtrmmieo Max(imo) ponl(^a) mmefimo) tnb(iÈmeiat) pot(esta- 

lu)XIX,imp{mMn')in,co{nXuh)IIII,p(<Uri)p()Urim)pn^^ . .] 

AicaioLMit. — fi° 3. aS 



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-■ ; -:■- - ■■ ■•T-.i---.it ^jni-ulii, ;■■«- 



■ ■■ i . — .." .- :- ' - i- li-ji.;- Mir i]iGi:>-r w -"-r^ 
-IL. .û . '-.::: ■•.— t:";-.;--;'.— -î vîL.rn-'ii^- m d nea-t- 

-...■H - ■■' - 1,1 r •- ;•:::'' ""■ T" ■!>' ? *a ::i i.i- ..i. . ■■.- 

. .'■■- 1...1;. ■ --:.:.:;—■!:: •• Mya ! ri.- "■-.>;;v;.-« 

.1 - ■•■"._- r--3:'- •■•iT;i-i-- ti.3ï -l ^mm.— :■ .T 7|.- ^'■- 

- ■ :--:■■. ■ : .-. — : ■ a: r t.-- T~- i l? - . :--. 

-: _■-..-. "■ -.'i- „ ].■ ! r-'i ''II- a"ai>f . -n î r ■ - 
. :; ■ ..• . :.- >--aM.- :- -v^ -i:-^ i-i- •-i.j ;. 

-: : ■-. ;— ■( :■ •*,•■_-.•■; i. i.>.i> |-çr-n,; :- 

. 1 . ' ': ■- :■ -1 v- -■i!-.;i'- :.! -a ■ ■i'^.<-, i 

-. ■ ..-..■ ■■ ~-,. i -■a-i-a -.S * S-.-:^ 

. ,. ^- ..:■...■.,- ■s.^.-.icf ■^••"™''' i-av^i- ■..: 

1 -,■■-, ■ . •■ :- -.■■■T :■'- ■.-:-. *?*^ i-i ''iij.". 






DigiLizedbyGoOglc 



_ S65 — 

n a suiioat eiploré les vallées qui aboulissent à la dépression 
da Taorgha(0. Zemiem, 0. Nefed, 0. SofTedjin, 0. Merdouin, 
0. Mîmoan, 0. Sasrau], Aux alAitiurs de Ghiraa eLdana la partie 
orientale de la vallée de fOued-Merdoum , il a découvert deux 

des tombeaux, dont l'architecture et la décoration méritent une 

élude 8péeia|«,ti;_..i':i Mi'i ;:■■ '■■:' ■ a ■ ■-.t-^ . \n 

J. ToUTAIfl, 



Hwibre de la C 
de rAfnque du Nord. 



DtgiLizedbyGoOglc 



UN 
TRONÇON DE VOIE ROMAINE 

DÉCOUVERT PRÈS DE PBILIPPETILLB, 



PU H. LOUIS BIHTUlfD, 
GomeqNiBdiitt io ComiU. 



Li voie romaine de BuâeatU (Pbilippe*ills) à Grla (Gonttai^iite) 
est enctve, comme on le sait, en paifatt ^tat de conservstitm, a»- 
tunmeat à Eddia, au-dessiude le propriété Vidal-Nsqnet, eton oi 
a TU des traces prb de la route de Saint-Antoine, dans le jardin 
Nul, ainsi qne dans la propriété Taboni et snr les terrains de 
l'École d'agriculture ('I. 

Dans le courant de l'année dernière, M. ¥&h Godard, directeur 
de cette école , a mis au jour, en faisant exécuter des travatu de cul- 
ture, un nouveau troaçon de la voie romaine, k k kilom. soo de 
Philipperille; eHe est recouTerte de m. 90 i o m. 3o de terre el 
se diri^ du N.-N.-E. au S.-S.-O. 

Cotfe trmueenak ie la roula (fig. i), ~- Celle-ci est bord^ de 
pierres taillées en grës , provenant probablement de la carrière ro- 
maine située sur un aommet du versant droit de la vallée et presque 
en face. Ces pierres, d'une largeur variant de o m. Ao A o m. &o, 
sont généralement pins hantes qoe longues; leur longueur varie de 
o m. fio è o m. 80 et lenr bauteur de o m. 65 1 o m. 8&. La lai^ 
genr de la route est de 6 mètres. L'intérieur est constitué par un 
lit de moellons bmts, formant blocage; ils sonl en qnartiiles et en 
micaBcbisles, provenant de la montagne qui surplombe, sur la rive 
gancbe, le Koudist-Hessionëne. 

La route traversait une petite plaine de 90 mètres de laipur, 
séparant deux monticules. A peu près au milieu de cette plaine se 

(^ BiuiMi» J^frk Ut rmHH! pt» JuIm QnktMMrt et Loaw B w «f wi. ifo*. 



DigiLizedbyGoOglc 



— 367 — 

trouvait un caniveau qui la traTersait obliquement, suivant une 
ligne amont-aval S.-O-N.-E. Ce caniveau était b^ solidement établi 
avec des pierres plates légir4nf nt ^léea, en grès. Celles de base 
et de sommet étaient de grandes dimensions. 



Kj-t 



- Gonpe tnmcverwJe d« U voie n 



l* partie de la roule détruite sur les deux montioulea avait U 
même largeur de 6 mètres, maie ^tatt conetiïuée pu* na sii^i^ 
eailloutis de o m. o& à o. m. ta d'épaisseur, suivant la veaue des 
pierres. 

' L. Bunâss , 



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NOTE 



sm 



LA BASILIQUE MZ/lUTIKS VaPPEKNi 

PAB H. BOBfH , 

Coodoelciir Aen ponts et elmurfti k K i^di i i fla, 



Les ruine» de la basilique byuntîne d'IIffemia se trouvent sitnm 
dans rHenchir-Ch^rnîa , au droit du kîl. 91 de la roole d« T^nis 
àGabèset h Borinn 800 mètres de celte nnte. Les niinesramiiiiei. 
«a$sez nombreuses ft cet endroit, sont snrplombfes par une dtaddle 
liyunlioe, construite avec les débris des constractïoQS antMeare*. 
Au N. N. 0. de trttt citadelle el à environ aoo mètres, se tfon» 
un baptistère Aoîté signalé en 1881 par H. Cagnat, étudié et iden- 
tifié par M. Gauckler en 1900. Aux environs de ce baptislère, 
quelques blocs renversés et quelques allleurements de maçoanerie. 
L'un d'eux, qui présentait la forme d'un hémicycle, avait depuis 
longtemps frappé mon allentioo. An mois de novembre 190A, 
profitant d'un jour de loisir, j'efiecluai un sondage i l'iatérieur de 
cet hémicycle: et je rencontrai sous une couche de o m. Sodelerrf 
une première mosaïque grossière représentant des cercles entre- 



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I MO» les atiBpiees et xux fraie da Servim des Aatiquit^B. 
Aujourd'hui, te moDament est presque oomplètemeat déblayé, à 
Ven»pliM de l'entrée el ds péristyle. G« MtînteBt a fait l'objet d« 
^tmeorg rentaoîenient^ et BgmdiMemeiito mceeuilB. 

Le monumeat pHantif semble aroir été conslitaé par une basi- 
lique k trois aefs, Ui:^ de i a mitres et longfue de ad mbtree, ta 
aef «enlrtde «yast 6 mètres <A les nef» l»t4rales i mètres, l'hémi- 
cycle qai forme le chœur ayant également b mbtrm; l'hémieyole 
^tait surélevé d'environ o m. 75 sur le sol de ta nef principale. 
Cette première basilique était prieijJrée de l'Est à l'Ouest, l'entrée 
étant à t'Est. 

Au iMtrd de la Basilique 'et tonaraiiniquant avw eHev eiiete un 
baptiatène^ & in^menioil de forme carrée^ et à gradins, situé w» 
rAs du sol et entouré de mosaïques. L'me d'diea (n* &3) Api a 
& mèb^Bsur & m. 3o, représente à la partie supérieure un motif 
ornemental formé de guirlandes avec oiseaux et au-dessus le sujet 
du Cerf et de ta Biche avec les deux palmiers. Cette mosaïque se 
trouve au niveau des mosaïquett de la première époque, qui sont 
toutes d'une grande finesse d'assemblage et d'une assez bonne régu- 
larité de lettres. 

A ta enitadala dastrueliaB du premier monunaant, une seconde 
banitiqae plus grande que la première semble s'ttra édifiée sar ses 
roines. On d^oouvrit en effet, derrière le premier hémicycle, un 
deaii^a de 9 mètres de. diamètre. La largeur totale de ce nouveau 
bAtimwit aenit de ig aiMrea. H aurait compris une nef centrale de 
g mètres et deux nefs latérales de & mètres. La grande uef est par- 
faitement détermina par des al^Braaents de flkts de colonnes de 
merhie Uanc {wovcaant probablement de temples païens, ou pv 
leurs soubassements. Cette seconde baailique présoite cette parti- 
cnlarîté, (pt'une ehapdla de 10 mètres sur 6 avec colonnades 
et aialel en hémicyole et oommuoiquanl. avec elle est greffée sur 
eUa dans la partie N.'O. perpendianiaireneet k Taxe de oette der> 
nière. Un nouveau baptistère, juxtaposé au premier et surélevé dt 
1 m. 90, semble appartenir à ce second monument. Ce baptistère 
étoile est' à 8 places. 

Poitémauremaat, de nombreux ^agrandisaenMBts ou j^lulft) juxta- 
positions furent eifeclués; mais, à meatirt qlie Too s'éiotgnei^ la 



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première boBilique, l'appareilUge et le i 
grossiers. Les dilTéreDles chambres formées par o 
panissent conslitner des chapelles funëraires; en i 
euDe d'elles se rencontrcDtde nombreuses i^pultiir«i,f 
lombeaiu en tuiles et en forme de toit, sarcophages. H eat i iv> 
marquer que, tandis que les tombesux trouvés à Tint^ear des daui 
premières basiliques sont tous reconverta de moanïqaea, on n'ca 
reocootre aocooe dans ces dentiers. 




1 . Tombmnx m fmln. — Ils aont très abondaDts et c 
un peu partout; ils semblent avoir été emjdoyés depuis la premièie 
époque jusqu'à la dernière. 

2. GrM$e$ jarret. — Même observation. 

3. Sano^iage: — Les mosaïques semblent recouvrir de* sarco- 
phages; en effet, en plusieurs endroits, ceux-ci sont apparents an 
bord de la mosaïque. 

Ouant aux sarcophages sans mosaïque, ils sont de deux sortes : 
a. Les plus anciens sont formés d'une caisse eretué« dans un 
seul bloc et d'un couvercle d'un seul morceau. Pour qaelqiieft>uns, 
1g couvercle possède une ralaure de façon qu'il s'encasti* d^ns la 
caisse. .\ui deui côtés et 1 chaque extrémité se trouvent à» forts 
crampons de plomb pour maintenir le couvercle à la caisse. Las 
joints sont aoellés au plâtre. 




— S71 — 

A. Ija mMtï^a ^lu (MuaU U fin» ancwanè sA fatle qui parle 
If» aLupleB mvU /(«nitn.^iMi(if &), EUsesL, du reste, au nne*« Id 
plus bfta 4es: fiMlillfls. 

B. Les mosaïques oà le nom se trouve seulement suivi de mpac^ 
vixit onnù ou amtot sont à o m. ^o environ auMlessua de la -^réeé- 
dente. Elles sont au nombre de 16, et il est k remarquer que i3 se 
trouvent dans TeDceiale de la basilique primitive. 

Ce sont les mosaïques a" 1 i &, lo, an k Sa, 35 à Sy. Les 
trois dernières sont en dehors. . 

C. Les mosaïques où le nom est suivi de /délit in foee sont au 
BomWe de & :n'^6, 11, 17, (8, '3i. EHeseent à oaaiteaB Mpé- 
rienr. 

D. La mosdqne n" 7 porte FûMû m face et rt^âaiit. 

E. Deux mosaïques de la basse époque ne contiennent que le 
nom ou le nom suivi de in patt : 

Ce Bant:n* ili. JuUa SaotùiimA pueQa m paee; n* lË. Flormdaa, 

F. Une mosuque d'un kelor ne contient pas te mot tn paee : 
N* 8. Qitiatut leetar vixit amtot XXII et mmtei V tiù) XSI 

G. La monïqne so. contient la seule formule du même genre 
trouvée à U/mma : 

Fuomu M fate requiacat mxit omt* LXXXVX. 

H. La mosaïque n" ut, de basse époque, [brisée k la partie In- 
férienre, commencé par ces mots : Quo vtdt Unu. 

I. La mosaïque 3^, qui est du même style quêta mosaïque 3i, 
ne présente pas d'épitaphe. 

Toutes les mosaïques qui sont à un niveau supëriéûr aux mo- 
saïques A, B, C, DjF, ou comme, celle des deux évéques, encas- 
trées dan) les moauques anciennes, indiquent wlt fo jour de la 
mort, soit celui de ladéposition. 

Il est k remarquer que la formule nxit m face (an lien de Îr paee 
vixit), qui ne se trouve jamais k Carthage, se rencontre quelque- 
fois à f/;ip«iiM (moMïques n"6, 9, aS,hh). 



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— S71 — 

La noHÙhiiie U plu* int^rMunle, «t«tlk4ei Hwlyn (■■ ig). 
Elle* 3 oiMies lur * m. 5oat coDlïcDt t«a ■MMdetC p 
dont na prélre et U femmes, et indique le jonr d« iMr j 
de leur déposition. H est à remarquer que les lellres des dem 
lignes supérieures sont beaucoup plus pelites qae celtes des Kpt 
lignes ittFârieures. 

DùoDS , pour lenniner, que Ii mosaïque n* &3 ponmil être 
rdative à Nvéque Honorius, seul ^vêque conno d^Ufpnm^, qui 
assista au concile de Gartbage en &8&. 

Nout doBBoni ei-deant» le laxte def inaeriptÎMM tnaffa 

jnsqu'ici : 



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18. FAVSTINA 
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19. HECSVNTNOMINA MARTIRVM PETRVS 
PAVLVS SATVRNINV SBRESBITEK. 

IDEM SATVR.NINVS BINDEMIVS SATVRNIN 



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JO. FAONIVS 
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LES 

FOUILLES DE TABARKA 

EN 1904, 

PAR H. LB CAPITAINB BBHBT, 
Dq 3' batvIloD d'iatuterie tëgir« 4'Afiique. 



Tonl^ la colline du camp de Tabarica est oonverte de rnînes. On 
ne peut faira dii. mètres sans rencontrer ua mm- en partie dissi- 
mulé par tes haoles herbes ou cache sous d'ëaormes et nombreuses 
touffes de ronces; un quartier important de Tantique Tkêinm 
s'élageait sur cette colline J'ai!! l'on domine la mer et oik Ton jonil 
d'ane Toe aplendide. 

Après avoir souvent examiné ces ruines, mon attention (ht par- 
ticulièremeot attirée par une nécropole située entre l'église actnelle 
et le fort espagnol, fort qui figure sous le nom de Bordj-Messaondi , 
dans les-reialions «rohéologiques faites antérieurement sur Ta- 
bai^a. 

Cette ^éfnpole'ayait certainement été fouillée : un grand nombre 
de lombes étalent ouvertes. Ces tombes, faitea en maçonnerie, 
étaient superposées, et j'ai cçmptë jusqu'i huit otages. 

La nécropole se pr(dongeait sous de grosses touffes de roaceî. 
où Ton pouvait' remarquer les traces d'une voâte et d'un seuil ap- 
partenaot, à n'en pas. douter, à une abside; c'était do moins mon 
opinion et c'est ce ^ui ne d^ida à tenter des fouilles en cet endroit. 
Mes espérances ne fhreai pas déçues, car les fouilles entreprises 
m'ont psnnis d'établir la présence d'une importante basibque ro- 
maine afee eonstruetidns attenantes. Une grande partie était «nfooie 
et englobée dans la nécropole, que je n'hésite pas à reporter à 
l'époqua byiantine. Le'rerie avait été remanié par la Btiite, «I Ton 
trouve dans le sol même de la basilique une grande eïtenie et ita 
traces de'fciaisons d'habitation. 



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— 380 — 

L«nipla<'>-menl à« l'atil*-! ne >e toil plus. Toolribis une iDdiratioi 
H fié donnée par de? morreaux de marbre jaoae Haïr arant eeiUi- 
nemenl appartenu à l'autel el qui ont ^té Iroarés presque tons n 
mèDe enplacemenl, entre les preœÎHeJi coIouim après Faïc de 
l'abside. 

A l'entra, il « avait un narthei de 6 m. 80 de longenr. 

Sur la (aco Islèrale Nord et trouvait nna diapaUfl d'aniirra 
s m. 70 de largeur el de profondeur. Je ne pease pas qu'il y lit es 
là an baptiitère. Dans le rocher Twinsnt sol de la chaprile, trait 
tombes étaient creusées; de plus, les lombes avoiainamt la thapde 
étaient orientées romnie celle dernière. On ■axeraarqoeaucuiw tract 
deltaiail ['ouianl faire âU|>po^er qu'il y ail eu on baptistère; il jr a. 
d'ailleurs, lieu de remai^er que rAniniM possédait deus baptistère», 
tous deux prércdeuimenl reletéa par le Seniee des antiquités de 
Tuoifie; c'était bii>n suffisant (tour une ville. 

Il ne m*a pas été possible de retrouTer l'empUcemaBt ds U ta- 
crislie ni celui des portes d'entrée : les remaniemeots ultéiieun 
ont tn^ modilié ces parties de l'édilice. 

Autour du ch<eur. on constate presque partout deux étages de 
tombes au-des$ous du seuil de la basilique, il y a beaucoup d« cer- 
cueib de plomb. — je n'ai ouvert que qndques lombes et j'en ai 
trouvé dans ckacune des tombes à deux Plages; le cercueil de plomb 
est en géne'ral ii l'étage inrérieur. Les lombes sont maçonnées el 
couvertes de }rraodes el belles tuiles on de dalles. Parmi ces der- 
nières, j'ai recueilli pluiiîeurs stèles païennes. L'orientation est nor- 
male, sauf de très rares exceptions. Devaat la cbapella laténk, 
l'orientalion des lomiies change: elle est la même que celle de la 



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m. Ll !liCR0rOLB BIZàNTII». 

La biisiliqiiB el ses constructions adjaceotes ont été dMruitsi 
par In moin des hommes. On Toit dans Irs cassnres dca nirlmt 
de Tautel el des colonnes les traces d'ontîls de fer ayant serri k Im 
briser. Vers quelle époque a eu lieu cette destraetion? C'eit U oi 
point bien difficile k Rxer exaclement. Les obserratioiu faites sur 
iea mosaïques permettent d'aiancer que cette destmetion est fo^ 
(érieure À l'invasion vaudale. Ceci s'accorderait avec l'bypolbise d^in 
monastère en cet endroit; car on sait que, vers le milieD da Vàèele, 
le monasl^ de femmes de Tabarka était gouveroé par saiBte Ma- 
xime, martyre, patronne actuelle de la paroisse. Il est i supposer 
que la destruction eut lieu pendant Tune des périodes de pené- 
cution qui marquèrent l'occupation vandale. 

Sur les ruines s'éleva une nécropole byianline dont les tombe* 
en innçonnerie furent faites avec les matériaux de toutes sortes 
trouvés épars à portée de la main. C'est ainsi que j'ai pa voir des 
parois de tombes comprenant un mélange de pierres, de ni(Hveaui 
de mailire et de fragments de mosaïque. 

Les tombes sont couvertes de tuiles ou de dalles, soit en gris, 
soit en tuf; par-dessus, une couche de béton et qudquebis des 
mosaïques. Elles sont superposi'es et ont jusqu'à huit étages en cer- 
tains endroits. En général, elles sont orientées Ouest-Est; mais la 
règle n'a rîcn d'absolu. Oo ne laisse point de vides, et beaucoup de 
tombes ont I orientation Nord-Sud. Ceux qui les ereusireat vi- 



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— 383 — 

utilisées dans les piroia au même titre que les pierres. Quelques 
tombes ont été faites on tranformées en ossuaires, car il était facile 
ée voir qne ies ossements y avaient été déposés aprës coup. On ne 
trouve pas de sarcophages. Un seul cerooeil de {^mb arait cok* 
tonn uB corps d'enbot; il reposait sur la mosaïqne n* 99. En6n 
«■« ttmbe en relief (s" 96) placée entre l'al»îde et le cbœar de la 
basiliqae senbls ponvoir être attribuée k la nécropole byiantine, 
ew dans la maçoaneiie se trouvaient des fragmenta d'une plaque 
- dfl DHAre, avec dessins symboliques et épitapbe , ayant certaine* 
««t appartenu h la basilique. Le dessus de cette tombe était fait 
d'une grande plaque de marbre, sans inscription, encadrée dans 
nue mosaïque se continuant sur les c&tés de la tombe. L'inscription 
se troovùt sur la mosaïquflj elle avait été détruite, et la tombe 
violée avait été transformée en un ossuaire contenant les oesemeots 
de six corps, toutes les têtes placées au centre de la tombe. Par- 
dessus eelte tombe et l'englobaut complètement, une autre tombe 
avait dA abriter le corps d'un personnage important. Elle ne pré- 
sentait aoran om^nent ni aucune inscription; mais elle était laite 
d'un solide béton de m. ^o d'épaisseur, garni extérieurement, 
sur toutes les faces, de toiles plates. Le tout, d'un travail asseï 
soigné, formait un ensemble très relier et très volumineux. 

IV. Lis MOBAÏqvBS. 

Les mosaïques se rapprochent beaucoup, comme facture, de 
c^les qui ont été trouvées dans les autres cimetières de Tahariio 
et déoritet très en détail par MM. Toutain et du Goudray la Blan- 
ebère. Qles sont l'œuvre d'ouvriers de second ordre; elles ont ce* 
pendant, surtout celles de ta baeàlique, des tous plus variés et pins 
forts, dtis i, un jdns grand usage de la pAte de verre; la composi- 
tion en est également moins monotone, plus variée. 

J'ai admis en principe que toutes les mosaïques se trouvant 
exactement au niveao du sot avaient appartenu i la basilique. Ces 
mosaïques se soudent entre elles et aux bases des colonnes, for- 
mant ainsi un parement ininterrompu. 

H reste peu de mosaïques dans la nécropole byzantine : beaucoup 
ont été détruites, comme je l'ai déjà dit, au fur et è mesure de 
rédification de la nécropole. Le^ premières établies sur des lombes 
de la basilique, violées, puis utilisées par la suite, sont à quelques 



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— S84 — 

Matimëtres senlpineBt ta-deesus dea anctenafla mowïqiMB, brùéeten 
leoTB centreB, mais dont il reste las contoun. On Mt tout de uita 
fnppé par les difTéreoeeB dans le style et dans les maténani dea 
BMAîqui de» deux époques. Les mosaïqaes qui h trouTaient A k 
partie Bupérîenn de la néeropole ont été enlevées, op plutAt bii- 
siei, par lee fonUleurs avides d'iAjals aneiens pour cdleotiona per- 
sonneUas, lampes, pièces, bagnes, etc., tous objets q^'on eher^ 
en vain d'ailleurs dans les tombas cbritieanes. Si Isa actes de van- 
dalisme n'avaient 4lé commis que par les bordas de GenaéïK, qM ' 
de riétiBsses retrouverait-on encore et comlHen le travail de roeo»* 
■tiUUion serait facilité 1 

Loraqu'oD s'^ve dans la nécropole et que par suite lai moHfqnei 
■ont d'une époque |^u8 récente , on voit les eufaes augoMSter de 
dimension, les pâtes de verre disparaîtra et la variété dea tons di- 
aÙDuer, Dans les derni^s mesiiqnes, il n'y a {dus qae deai on 
tmis tons, le blanc et le roags sont presque eudusivemeat on- 
ployés. Le dessin sa réduit h qudques fibres omnnentdet ou 
simplement géométriques, on bien à de rares symboles- deat le 
principal est le monogruiue du Ghr^t simpliié. 

Sur ringt-einq mosBiques ayant ai^rlenu k la besîUqiie, je 
relève quatre fois l'orant, six lois le celioe, quatone foia la coiemba 
et la rose, neuf fois l'agneau, une fois le chandelier, une fois le 
poisson, trois fois le monogramme du Christ, deux foU le baleaa, 
trois fois le paon ; enfin quatre mosaïques ont des inscriptions d'une 
certaine loagueur. 

L'inscription est indifTëvemment placée «U'^leesas, aiHleasew, 
ou a* centre des motifs d'omementatioo. Sur la tombe de PrÎMta, 
jeune vierge martyre (n° ai), elle constitue tonte la moslT^ue. Les 
înioriplions sont en général peu longues; cependant c^es qti sa 
rédiûsenl au nom du défont, suivi de l'mpaet, sest les plM rares. 
On n'y trouve pas, comme dans beaucoup de bw^iqnes on cimt* 
tiares, des épithètee presque exclusivement adopta; caUMdejErff^ 
et d'ÙHWcmi ne figurent pas une seule fois; celle de Mtù 9fi rifUia 
tnÛB fois senlemeot. Tantàt l'âge est indique cValarius in paee 
vixit mens. Vis, tantAt il est fait mention de la qwdité.de i^ 
gieuee nVictorioa dei famuls in pases. Dans la iqoHïqim tf 9 
REcclesia mater. Valentia in pacan,la première partie de r^pilapbe 
se rapporte au sujet représenté et non au diéfunt. Duu prMqse 
toutes les longues inscriptions, des traits horisoDlaux ,ai^parcat las 



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— 385 — 

ligaes; cette r^e n'est cependant pas générale, eu-, dans une 
mAme inseriptioD , on pent «onslater qae dei hgae» sont séparées et 
que d'totres ne le sont pas. En oe qui coDcenie la forme des 
kttns, il e»t k remarqoer que le mosaïste ne s'est pas attaché à 
r^iroduH^nneméme éoritare employée pendant une mâme époque! 
Li f«nne et la gnodeur des lettret a été délerminée turlont par la 
aatore et la dimension des enbes, la fiace dont on disposait et 
la Jaeilité' dn travail. Le mosaïste - n'est pas davantage esclave de 
i'ortbi^pwphe; il écrit irpacaei» au lieu de (tpacen , «ospesn aa lieu 
de rhospes», etc. . . Les noms les plus fréquente sont oeui de 
Cresceutiuus et de Victoria ; les autres sont asses vari^ : Victoriua , 
Privait, Valestia, Marcia, Julia, Gorina, Valerius, Quodvultdeus ; 
remarqsnns e^e on nom tr&s païen, trVeneria», qui a subsisté à 
l'époque dhréllieniie et que nous retrouvons également soub la forme 
mufli^e «Veueriusn. 

Jfl n'entrerai pas dans les antres détails i dessin, position de 
l'oranl, vétemeuta , etc. . . , car je serais app^é à répéter des choses 
déjà dites par M. dn Condny la BUnebère au sujet das mosaïques 
provenant de l'autre cimetière de Tëbra», 

Qudqoes-uties de ces mosaïques punissent particuliàrement 
iatéreMautes. 

La ^UB eoirieuse eat celle qui représente la basilique (n° a). Le 
dessin en est un peu naïf; trois faeas de l'édifice sont développées 
sur un même plan; la forme semi-circulaire et la vo4te de l'alwide 
sont âgurées par une «orte de perspective. Il serait intéressant de 
savoir si l'ai-tiale a copié un plan ou si, comme dans la plupart des 
cas, il n'a eu recours qu'à son imagiDation pour donner une idée 
anssi aûete que possible de ce qu'il voyait. Les détails du monu- 
ment soQt .ass«E Qdètes : on y volt l'aro triomphal avec les cinq 
marches doanaut accîis à l'abside, la cotonnade, la toiture, l'autel, 
dont remplacement concorde avec tes constatations faites au cours 
dss fouilles. L'escalier figuré à droite de l'entrée et les' case» coule- 
Vf Dtdes oiseaux sous la colonnade laisseraient supposer la présence 
d'une crypte, qui peut s'être trouvée à l'endroit oiî l'on a ensuite 
installé une citerite, dont il sera question plus loin. L'épitapbie 
n£ccl*sia mater. Valentia in pacen semble indiquer que cette mo- 
saïque recouvrait la tombe d'une des principales donatrices lors de 
la (bndatioo de la. basilique on de son adaptation au cuUe catho- 
lique. Lji mosaïque est encadrée de pampres. 



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La mosaïque du diacre martyr Crescentinus (d" b) wL ane dn 
plus riches comme compo8ilîoD;pre8qu«taiuleaByiiib(desehfAïani 
y fignroDt. En Ute, un soleil derant lequel trois cav^en font ca- 
brer leurs ehevaui, puis trois colonibea dont doux tiennent daM 
leur bec la rose symbolique et la troidème une croix; Boït hh 
longue inscriptioD, sorte de litanie ^rifiantla nAnoire dodiaen; 
au-desaoas le poisson, pois le bateau portant sur ai ooqne Ta al 
l'ai, Buin du monogramme du Chriet, qui semUe en étiv le goant- 
naîl. Le mosaïste, dans sa foi chrétienne, a très probaUenent vonhi 
eiprimer par là que le Tiiasean de T^iae, dirigé par le Christ, 
est le commencement et la fin de tout 

Le numéro 3 recouvrait un cercueil de plomb omleunt deux 
squdettes. Efieclivemenl , la mosaïque représente une onnte «Vic- 
toria lilissn accosta de colombes, de pintades et du chandelin'. 
Au-dessus, un buste d'homme dont le nom manque, la mosaïque 
étant incomplète k cet endroit. Il est appuyé sur une SMia de 
cofire qui ressemblerait à une chaire à prêcher, mais ce ne doit 
rependant pas être cela, car nous nous trouvons évidemment an 
présence du mari de l'oranle et nm pas d'an prêtre. 

Le numéro 6 recouvrait deux tombes accolées. Une petite in- 
scription placée en dehors du cadre donne les dates de décès do 
père et de la mère; toute la famille se trouve sans doute enterrée 
au même endroit. Sur la mosaïque figure une inscription de 
sept lignes, en grandes lettres régulières ;an-des80U8, monogramme 
du Christ dnns une couronne, calice, agneaui, colombes et roM>. 
Les tonalités de celte mosaïque diffèrent complètement des antres. 



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UB. carré ay«Bt une rose à chaque aagle; au-dessous de l'inBcriptioD 
et à la partie inrérienre, un ralice, doi^ 09 voit senlenent le pied 
ealre deux colombeB. 



V. RlHAilUMINT! 



s POSTBBIBtiaS. 



La oé^n^Hrie byiautine n'a occupe qu'une moitié de la basilique, 
celle qui «at comprise «ntre Tabeide et la chap^i au d^ se sont 
élevées des habitations. On trouve une grande citerne de 7 m. ao de 
longueur, de 3 m. 3o de largeur et de 5 à 6 mètres de profondeur. 
Aiaw qufl je l'«i déjà d^, oelte citerne pouvait bien avoir été faite 
es utih'saQt tme crypte qui se serait trouvée dans U basilique. De 
la citerne partaient plusieurs caniveaux en tuile, dont l'un passait 
sons une grande mosaïque à gros cubes btencs et rongen représedlaal 
des codes avec rosaces. Cette mosaïque, dont il ne reste qu'ma 
partie, semble avoir appartenn i une maison d'habitation coe- 
■tniite au niveau du sol de la basilique, après les troisièmes ce- 
loones. 

A l'entrée même de ta basiliqm «'est élevée aMsi une maison 
d'habitation avec colonaades. On y retroave des fondations, des 
parties de murs, des seuils de portes, des bases et des fais de 
colonnes, mais aucun cba[Mtea(i. Les matAiaax provenaient évi- 
demment de la baaiiiquet il* ont éW k lear tour dispersés et pillés; 
aussi n'esl-il pins possible aujonrd'hni de reconstituer la maison. 
Une partie était assise sur les fondations du vestibule de la basi- 
lique; j'y ai reb*ou«é nn fragment de mosaïqae À gras cubes blancs 
et rouges représentant db desaîa géométrique. Ce «ont exactemnnl 
les mêmes pierres et la même facture que dans les mosaïques tom- 
bales des étages supérieurs de la nécropole byianline : demièns 
manifestations de prospérité et de civilisation avant que les inva- 
sions arabes ne fussent venues faire de la bdie cité de TTuibnca 
une bourgade et an port sans mouvement. 

VI. iRBcaimoas Hurits i Tababka9 

P<mr éviter tonte confusion , j'^ donné aux inscripUons relevées 
sur les mosdqnes les numéros' qUe Ces dernières ont sur le [dan; 
il y aura donc quelques numéros; correspondant h des fragments 
de mosalqoe sans inscription', qui ne figureront que pour mémoire 
dann la série. 



DigiLizedbyGoOglc 



1. Oau Ib IcnGfw. 



«CTORINA 

■El PAMVtA 

m PAGE 



ECCLESIA MATER 
VALENTIA IN PACA («<) 



GseidnDt une tMe (Thons». 



Ba Mj i'MIaM Uto de feoa 
VICTO R.IA 
IILIASI N FACE 



ANGELOR VM ■ OSPES 
MARTYRVM ' COMES 
VITAMQVE ■ SPIRANS 
PLACIDAMAD TE'SANC 
TEPROFECTVSSIT NOST 
RIMEMORGRATAPIE 
TATE OyA SOLETH» 
CRESCENTINVSDIAC- 



D,j.,.db,Googlc 



RED'PAT'XL »AL NOVMAT XVKÀL MAI 
H-PERPETVI TA 
TIS • ''ÏSIOR.ONA- AC 

u 1 jsmmmmmc R. e d 

T I s T ( 1 V SE T 

CRESTIWa 1 P A C E 
VICKl ^-^ANCXXX 
III 



'®^ 



Fragment dé mosaïque sans 
inscription. 



vi<:toria 

IN PAGE 



MJÉNTA-D'V ' 




Fragment de mos^lqii^ um 
inBcription. 

"Pra|^Bt de intMlqne abns 
insrriplion. '■ ■ 



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D,j.,.db,Googlc 



D,j.,.db,Googlc 



D,j.,.db,Googlc 



M s C 
fiALLVSTl 
VSIANVA 

RIVS PV^ 

AN II 

H S e 



■ SOS — 

teur des lettres, m. oC>. 

itiARCïVS 

SIMPLEX 
PPVtXIT 

ANC- 
H-S-EST 



Hauteur de Tiiucription, 
o m. 9&; bi^ur, « n. 97; hau- 
teur d«s lettres, o qi. ok. 



DIS MANIBVS 
SACR.VM 

M P0^ 

VICTOR 

vixn 



Hauteur de l'inscription , 
o m. 97 ; lar^ur, o m. 37 ; hau- 
teur dea lettres, o m. 06. 



EREL 
■U\.NVS-LI 
BER-A-V-VI 



Hauteur de Finscription , 
m. 33 ; largeur, o m. 33 ; hau- 



Hauleor d^ l'infcriptiOTi, 
oin.3T; laiigeW) ooiiT, hau- 
teur des lettres, e m. «d. 

A-BVNDAN-TIVS 

PATER 
Fl-CI'ERXX 

FIERTRESSl 

L'intérieur des lettres était 
peint en rouge et rinscription 
avait été Toilée de plâtre. Des 
traces de lettres plus petites 
prouvent que plusieurs inscrip- 
tions ont été saccessivement 
faites BUT la même pierre. 



Hauteur de rinscription , 
o m. 3oi largeur, o m. sS; hau- 
teur des lettres, o m. oA. 

MPVBLICIVS 
SATVRNINl- 
PRO C VLVS 



DigiLizedbyGoOglc 



Snr DBfl itMe trouva dins 
les fondilMos de h meinn by- 
wntine, i l'enli^ de la basilique. 
Hauteur de rinacription , o m. 3 1 ; 
laideur, o m. 3 1 ; hauteur des 
lettres, o m. o&. 

DMS' 
CANINIA 
CASTVLA- 
PIA VIXIT- 
ANNISXXV 
H • S ■ E ■ 



Sur un cippe se trouvant dans 



une tiancMe IbrailiiR an ped 
du KeM-iaiel, 1 7 kilomMni 
de Tabaita, et à enTÎraD un kilS' 
mkie au Sud-^ du col de Hs- 
loula. Hauteur de rinscrîptioa, 
o B. 16; largeur, o a. eS; hao- 
teur des lettres, o m. o3. 

D ' M ' S 
EMILIVS AN 
T V I R E V S 
PI VS VIXIT 
ANNIS N XXXX 
VIII ET MESE 
«rrvl DIESV 

Capitaine Bssir. 



D,j.,.db,Googlc 



LES 
STÈLES DE LA GHORFA, 

PAB H. LOUIS POIKSSOT, 
Elève dijridmë de l'Ecole des Haute* Elude*. 



Dans UD mémoire qui n'a paru qu'après ea mort'", M. Du Cou- 
dray la Blanchère a étudié longuement un groupe de gtèlea assez 
singulières, conservées jadis pour la plupart à la Manouba, dans 
les collections du prince Mohammed, fils du khaznadar Mustapba- 
beo-luitail. 11 nous a paru que, sans discuter ici les commeotaircs 
ploB ii^énienx que probants'^) inspirés par les figuralions de ces 
stèles ''', il y avait intérêt à rectifier ce qui a ^té dit de l'origine de 
ces iDonnments d'un culte local très élrange. 

M. Da Condray la Blanchère, ne s'arrétant pas avec raison à. 
rattribution à Carihage propost^e par le Corjnu itucnptwnam latitM- 
mm ponr quelques-unes de ces stèles'*', a supposé quelles prove- 
naient les unes et les antres de Dougga. Son hypothèse paraissait 
avoir une base solide dans la présence d'uae stèle du même groupe 
dans une maison de Dougga, le Dar-el-Acheb. Or, d'après une 
enquête qu'un r^nt séjour en Tunisie (avrilnmai ijoS) nons a 
permis de faire, cette stèle ne se trouverait qu'accidentellement 
à Dougga. Voici, en effet, te récit fait par les anciens propriélaires 
du Dar-cl-Acfaeb et divers notables du pays interroge individuol- 

<') R. du Coudray 1> Uaachère, Dottu tUltt votiva dv nuitt'e du Bardo, 
duu le fascicule I de la BibUolhique d'aivhmhgie ii/Hcodu. VtrU, Leroux, 1897, 
p. 3i-56etpl. lUiVIL 

l» Cf. P. Gtuckler, dtns le Bailui» critiqu», 1897, p. 610; et SI. Gsell, 
âkroMifu* •/ncuiM [KtiiU Jhm^ain de Rome, Mélanga tarekMogi» tt d'kùloiit. 
i898,p. iiieliulir.) 

'^I U. la Blanchère croit y retrouver des représ entaliom d'uan paallaéoii 
qui ■ ptmrliase U triade carthaginoise, plus ou moina altërëe, coarormëment uns 
doute au mythe de la grande déeaae , et qui est teinté de cahirismcn. 

(*> Carp. mter. lat., t. VIII, p. thi ft i38i. 

AacnROLMii. — N° 3. fj 



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— 396 — 

IfUifut. f( il luxis paraît difficile de mettre en doute U sincéritt 
A^ toiiu>i';udge» d^ÎDlérvssù qui n'ont pu être concertes ni inapîrét 
iMi- !.s din'« de nos prédéceâàCBn. qui tous ont cm le monument 
au;.vh:on*- 

• 11 « a «M y inliiui- d'aune enriroa, une coaiptgnte de 
^''UiiU. au LHaiaadar. anoaipagncs de deai Anglais, arrivaient 
À- Vj;'i.U7 k W:'}:^». I!^ :n3<portaieat un grand nombre de 
■«««»> -MM»^ : Tune d'elleç fui rmise à Ach<-b. On lui reconi- 
V.-.>ï.U «ie tiien la (onwrvi^r. le menannl d'amende s'il ne pouvail 
^ ;<mJiv quand elle lui serait rédam-^. De crainte qu'elle ne fùl 
■•;~!>.-if. Acheb rencastra dans sa maison au-dessus d'une porte." 

L- -Ji^moire mènie dt! Nf. la Blancbèrc permet heureusemeiil 
àf i>roposer à la place de l'origine tliuggennewte, ainsi «ooteitée 
MU- la tradition îodigène. une autre origine. H yeeldit, en eflet, 
doe -le$ Arabes qui avaient trat-aillé aui tnnqwrls pour le khu' 
uadara indiquèrent comme lien d'origine de ees stèles vb Gkmfat, 
lorable dans lequel .M. de U Blanchère cnil pouvoir reconnaître le 
nom du Gvrrà, mascif montagneux Toistn de Doogga. Ijne mention 
de l'inventaire mauuscril des arbats et dons du Musée du Louvre 
I W, V. B., S()tt et J<<t<(i liemble bien [trouver qu'à cet égard les 
dii-es de» gens du khaioadar n'avaient jamais T«né. Deui styles 
appartenant au groupe qui nous orcupe y sont enrqfistrées en 187(1 
«ver la mention rtnnoi du grmnd kkmàJàu. yraewicf JMUaae, 
U aar>-. 

1^ suspicion eiage'rèe dont on entoure d'ordinaire les témoi- 
gnages indit;ènes doit être, croyons-nous. Parlée. On aarait tari 



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an Btijet de nos stèles , qui , dans d'autres régions, serait assez bîd- 
^lîer. Dans la description des huit agglomërations antiques qui 
ont été depuis lors signalées dans la GhorfaC*', rien ne permet de 
rattacher & l'une p(ut6t qu'à foutre la série des monuments étu- 
diés ici (^). Les cullea qu y révèlent les inscriptions étaient essen- 
tiellement africains. A Henchir-Sidi-Khalifa , on Ténérait Gœtestis, 
et à Henchir-el-Oust, une inscription est dédiée en 189 par un «t- 
etrdot ptMiau dem CteUitû et MtulafiW, mention qui fait songer 
aux associations de cultes des stèles dites de la Manouba. Peut-être, 
au reste, crs slMes n'entoaraient-elles pas un temple et se trou- 
vaient-^ee dans un champ sacré IndppeDdsnt de tout édifice, 
comme les ex-voto à Baal-Satume qui , an nombre de près de trots 
cents, fut été trouvés près de la ronte d'Aïn-Tounga {Tkigtnca) k 
Teboursouk ( ThAwtiimm dire)'*). 

Quelques observations de détail viennent, du resta, eoiroborer 
dans une certaine mesure les récits des gens du kbaxnadar et des 
habitants de Dougga. La date indiquée par les Arabes parait très 
vraisemblable. Dès avant 1873, les styles se trouvaient à la Ma- 
noubs, oii Wilmanns lut les quelques ex-voto qui y sont gravés; 
itest probable qu'elles y furent apportées entre 1860 et 18731^'. 
Quant à la mentioo des deux Anglais accompagnant la siagulière 

<'' Voir, pu- eiempl», Voj)ége ardMogiqu» at TuMtU ftiMMI* m i88»-t883, 
par J. PmnBMt (BaU. Irimtttrùl 4*t ÀntijatUi «/Hmmm, t. III, tgHfi.p. 108 
et BUT.). Cf. Orf. intcr. (M., t VIII, p. )66&. 

M On a ngn^ daos des loMliUi peu éloignées de li GbM& , k Hemhir- 
Lamigs et i Hedchiit-Aîn-Chamlli par eiemjde , des monuments qu'on poorrail 
peol-Mre rapprocher de* stèles de la Huoubt; roaJbeureuseaient, tes tnenlions 
les cMKmiaid sont biea vagues (Quatrième rapport de M. Tisaot sur les mMoDs 
artbéologiquea en Ariique, Arehiim dtt Miitioiu teientiji^t , t88&, p. 167). 

») Corp. imtcr. laL, l. VtU, a" i i,6tt et 1 1,«&7. 

UI lbH..n" i&,9>«l 16,199. 

"I [Mi tB6i, le prince Hehammed, qui aviit éU ^ève A» M. E. Desjardins, 
et ton p^, Hoitapha, recueillaient des Mties puniques buavées k Gartll^. En 
lévrier el en juin t86S, H. L. Renier communiquait à l'Acadéinie de« Ineerii)' 
lions do textes iatioi de leur» edledioiu, protenant ^^ement de Garthi^ 
(CampUi rtm d ut Je fAtadimit in mëeripliiim et ttlkt-leUnt, 1866, p. Ifj-Bt 
et i6>-i63. C£ Corp. l'mcr. fol., t. VIII, n*> ton9 et 1017). En 1B67, le prince 
HoImniaKd eavo^fait 1 Parti, i l'Eiposttion universdle, divenes pike«, par 
«lenpfe dowe stilea puniques. Les catlectîons du prince Ht^amnied (nrent étu- 
diées en 1868 el en 1869 par M. H. von MalLian, et en 1879 par M. Héron 
de Villefave, qui j vil les gtdea de la GhoHâ. Ces coUeetÏDni étaient en («esque 
tolalilé ronservM dnn< k p-ilnis de In MnnotibB(pr^dn Bardo); quelque* pUees 



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— S98 — 

iiiitiâion arcliéolc^ique du prince Moliamuied , il est possiUe qu'elle 
se rapporte à NatbaD Davis, dont, du reste, le passage à MakUret 
i Doui^a e^t prouvé'", et k l'un de ses serviteurs. Enfin, si Tidea- 
lification proposée par les édileurs du Corpui tMcr^miCM latÔMnm 
entre tes numéros ii5& et i&3& du tome VllI était fondée'^', oa 
pourrait voir dans la présence parmi les collections dn prince 
Mohammed d'une inscription lue à Dougfp par V. Gnérin et par 
Wilmanna une confirmation du passage des agents dn khatnadar 
par la r^ion de Teboursouk. On ajoutera que la géologie n'inSme 
nullement les témoignages ci-dessus rapportés. La pierre des 
sièles, qui appartient au MnoHi'm mpm'nir (au (Jonmi probablement), 
est un calcaire asseï grossier qui se trouve aussi bien 1 ta Gborfa 
qu'à Dougga et à Maktai'^', d'après les renseignements qu'a bien 
voulu nous donner M. Monchicourt, qui fait une étude spéciale 
des terrains de cette région. 

Si Ton se demande maintenant la raison du dépAt à Dougp 
d'une des stèles de la Gliorfa, on pourra peut^bv la voir dans le 
fait que, celle stèle taisant double emploi avec d'autres de la même 
série, il put paraître avantageux aux agenls du kbaioadar de 

rt-pcndaiit, parmi te» ubjotii trouves i Cirihafre, étaient ratée* H Dar-Miutaptia, 
Tuisin lies riiim-s do la capitale africaiop. 

<» Corp. l'iMT. laL, t Vlll, n" i5s3 et 631, 6ii, 636, 63g, 616, 665. 

■V Qirp. imer. lot., t. VIII. a" ii5'i = i53A; et pa^ 91g <^i4 t i5ù. Drir, 
fil Thuggtniit n' IÛ3Ù-. Il y aurait lieu de vérifier cette «OiniiiilHin, ce qui i4t 
pMiûble, puitique V. GiiériD et proLalilement Wilmaniu uni pni dn ectainpag» 
<lu numi.'ro iû3i. Si la inontion <cconiu/i*ii du Corfiu est eiicte, te miméro i53& 



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— 399 — 

l'échanger contre tel ou tel fragment pris a Dougga. On ne pouvait, 
en effet, indéfiniment augmenter un chai^ement d^à bien embar- 
rassant, si l'on songe au nombre et à ta dimension des stèles de la 
Gborfa et an mauvais état des pistes, et la stèle du Dar-el-Acbeb, 
qui est très incomplète, était bien désignée pour être sacrifiée. Ce 
ne serait pas du reste le seul exemple de monument destiné aux 
eoUeclions du prince Mohammed O qui, si l'on nous permet une 
•ipression vulgaire , soit demeuré «eD panne n'^'. 

L'origine des stèles de la Maoouba fixée , — avec quelqne indéci- 
sion, il est vrai, — il y aurait lieu de voir si, dans le groupe 
élaMi par H. la Blanidière, il ne s'est pas glissé qudque monu- 
ment éh^LOger. 

Il ne semble pas qu'il y ait de doute sur l'hom(^énéité de la 
st^ dn Dar-eUAcheb et des stèles du Louvre, du Bardo et du 
Musée de Vienne. La description très minutieuse envoyée k M. la 
Blanchère par M. R. von Schneider permet de rattacher avec 
certitude aux stèles conservées en France et en Tunisie dont nous 
avons pu, par nou»-mémes, constater l'identité de matière et de 
travail i partout ce sont les mêmes procédés bien caractéristiques, 
et les mêmes conventions. On se contentera pour ces moauments 
d'ajouter quelques notes complémentaires aui descriptions de 
M. la Blanchère. 



'■' Comme conlributûm au catalogue npostiiuroeii qu'il importerait de dresier 
des edlettioM di^ieraéea dei princes M(uti]Aa et Mohammed, je neterai ià 
qurique* meatiooi coDcerauit les teitei latins «t puiîtfueB qu'eUea eanlenaîent ; 
Carf. macr. lai., t. VIII, p. i AS. 919 et i3Bt; a" 77(1, 8«8, ioog=ia,6&3, 
10*7, ii4o, ii&i, iiAi, ii&S» i&,B7a, iiili=tk,a-j3, iitS, it&6, 
11A7, tiâ8 = id,«79, iiig, it5o, ii5i, ii5i = ii,97A, 116S, itS&~ 
■ 634 (T), iiSS. ii56, 11S7, ii68 = iMBo, iigg. i,6a=. th.tji, 1161, 
ii6i, 11 63, 1161 = ii,<7$ {et. i4i86); Corp. iWr. «mn'I., para I, hHue I, 
p. 977 elluiT. el n" 177, 180, aiA, 916, aAy, «Si, a6o, 971, 17a, 98g, 
•96, 3o6, 3o8, 3*6, 3Ai, 8&7, 309, 369, 871, 375. (106, &i5, 4i6, A3», 

iJtS On n'a pat cru devoir joindre k cetle litle eerlaina telles dont le 

jMSMge par les eoUectioiu du khamadar eti incertain quoique possible (Cnrp. 
»uer.lAt.,i. Vlli. n" tâ.377, lA.a?», a,98i, <A,989, iA,983, iA,98A, 
ift.»85,«te ). 

(» Cerp-ituer. ht., t. VIII, n* tt,io6 (= 67; cf. p. gsA). Tombe trouvée k 
Heuthir SaHakla : vrjre vidi litvhm in oppidulo dietn Kiiir IM-Sej ipui tvta mniei 
Molmmnuli filii KkamadariM deitinalum l'n ruini'i tupra iWi'ralfi porfafirm rue 
yiihidixit thaii/k kttK (Wilmaona, i873->87&). 



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- AOO — 

(. Stèk Je DoMgga. — ^e est demeurée enenstm aa-dcsMt 
d'une det portes du Dai^l-Acheb, converti depuis 1901 en miuée. 
Elle mesure 1 m. ko de hauleor, o m. 87 de large, o m. 1 7 d'éptii- 
seur. La partie supérieure manque el la cassure panlt fort an- 
cienne; à la partie inférieure, caractères de ont. osS : V-S*L*M 
(nrfiMi aobi'l hhau nwnlo). La stèle a éM reproduite par M. Saladia 
dans son Rapport nr ta mmian m 7mm de 1880 (*', et par H. is 
D' Carton daos ses itDémmrrtet ^igra p li iq m i tt ankfolÊgifm m 



3 et 3. S^et du Lomrt. — Après la chute du l 
tapha, M. Pricot de Saiule-Marie obtint que deux des alèles de la 
Manouba fussent remises au gouvernement Français par le prince 
Kheireddin(Khérédine); elles entrèrent en janvier 1876 suLoune, 
où elles sont actuellement exposées sang numéro dans ta petite 
salle des antiquités phéniciennes généralement fermée au publie'*'. 
Sur l'une d'elles, haute de t m. s6, large de o m. 3a, est figura 
entre autres rcprésenlalions une niche dont l'arcade porte V*S' 
(wlitm mMi), lettres de om.oi95. Sur l'autre stèle, haute de 
I m. 3o, tarage de oui. 3&, on lit au registre inférieur, sur un car- 
louche, V' (iwfum); la partie droite du cartouche, qui portait saas 
douta a * , est usée. La petitesse des caractères ex[Jique qu'ils n'aient 



<'' Navreiltê arekirtê Att Mittiant tcînttifiifiir t El, 1891, p. A86-A88. 

'*> P. i57 elïuiv., %. ai (rï. D' C«rt«a, wFauiOtêdHLhr^AtM,, Aiuk 
RtOMil 4*1 Mili'cu it ntimmrei dt ta Sotiéli areliiaiogi^ui it ConttaMim, Sa* vol., 
•nnée 1898. Alger et Pari* 1899, p. s38. 



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_ 40i — 

jimaÏB éli signaléa. Puissent ces épitaphes latines proToqaer un 
déptaeement de ees curieux monuments, qne Ton désirerait voir 
attribuer à la grande salle de l'Afrique romainel'l 

&-i5. StUa du BmSa. — En 1873 ou en 187/1 (^)' '« ff^o^ral 
Khaîredd n fit transporter dans une salle basse dn Dar-el-Bey une 
partie des antiquités recneillîee par le prince Mohammed. Elles 
devaiflol, Jointes aux monuments que sur son ordre l'on rapportait 
da divwaea parties de la Tunisie, former un m«84e beyliea). La 
chute du ministre (187^) empâcha de mènera bonne fin ce projet. 
Lee colleotionB forent de nouveau, comme à l'époque de la tonte 
puissance du prince Mustapha, livrées au pillage. Il est probable 
que la série des stèles de la Ghorfa subit alors d'autres soustrac- 
tions que eelle dont bénéficia le Louvre. Quoi qu'il en ioit, la série 
ne se ctHupoeait plus que de doiue ooouoieDts lorsque M. Gagnât 
reseembla les délwis du musée Kheîreddin et les fit déposer dans 
le jardin d« la Résidence générale (i889)'^l Kn i685, une partie 
da palais 4lu Bardo ayant été convertie en musée (musée Alaoui), 
les an^nités ainsi recueillies y furent ptaoées'^'. Les daaie stèles 
de la Ghoifa figfurent a« catalogue du muaée (1897), non pas sous 
kg n&mAn» k'j à 58 de la secliMi G (sculpture), mais sous les 
numéim 7^11 à 769 de la mâme sedÎMi; il en est aussi fait meu- 

C Cf. Inrentaire minuBcrit des dons et icquisitians du Miuée du Louvre, 
H. N. B.. 898 et 899. 

t« R-Cigllat, A^JMMMruiia mUim» «n TWHn* (iSai-ieSi). Arekiwt du 
Umww *etMlt|ïfiif« «1 Kttiraint, 3' tént., i. Xi, iB85, p. ihk. 

I» En dehon dei douia stUos de h Ghorfa, le C»tiUgut dn muMt* Alaoui 
indiqua un ccrUin nooibre d'objets comme provenant d«e coUectiont dee princes 
MuBlapha et Mohammed. Section D, Epigrtphie, n' ii l=>Co'y. nuer. laL, 
L VIII, B- ■]^k «t p. 1160); n° &«7 (« Corp. ûwcr. lai., t VUI, 11° 846); 
n' &19 (= Corp. inicr. /al, I. VIII, n" lUS et i4,s79)i n° &>5 (~ C«rp. 
iMcr. lit., t. Vlli), n° )i4e; n* 838; n' &5« (- n* 35 df ]■ •eclion B. «I 
Cbiy. imcr. lai., t. VUI, n" iiii); n' 456 {~ Ctrp. ister. lal., t. VIII. 
n* ti63); n' ao3 (=n' 1 de U Mctioi) G). Section B, Architeelure, n" 3i et 
ââ. Seetioa C, Sculpture, n° 1. Il eel bon de faire, au wjet de la proienaiwe de 
quelqueamu de ces objet», ik's réaervea. Trouvé» dam la amutée Kheireddiim, 
ila ont iti à tort luppoaéa prit aui coileclioni du prince Huataphat ila birott eo 
réalité, «prit la chute du Lbamadar, apporté» de l'inti^iisur par les foim de 
Klieireddin. Ceat par eiempla, cra|rons-noiia, le oa» de 1* dédicace à Gordien JII 
de Thiitirbo Uapu (a* 607 de la lectioii D), apportée & Tuais eulre 1873 et 
1876 avec d'autres leiles de la même iiyalrfé (rf. Carp. inter. loi., L VIII, 



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— 102 — 

lion ■Dx nuuiénM 38i'389 de li aeclion D (épigraphie); let gn- 
vures qui, à la Sn de l'onrragr, les reproduifieiil , Mat 1m mè— 
qae relies du mémoire de M. la Blanchira, Otmu Mm wÊm 
dm muet dtt Barda. Quelques-unes de ces slUes pMient des ii- 
scriplions : n* 7^1 dnC«uilogue(C«rf). ÎNwr. lsl.,L VIII, d** ih,»-]i 
« 11&&) : ROGATVS VSLA- {RagmOu MtMi mM Um 
rn nirn e). La slUe ■ 1 m. 1 9 de haut, o m. 89 de large. — N' "jkt 
(Ctrp. kêcr. tôt., t. VUI, d- 1&.S7S = ii&3) BELUC«MAX|JF« 
V « S « L « A Q S ( ArUrw JTuàiijUu MtKM mM Uoife «iàw «M /). 
La stèle a o m. 76 de haut, o m. 35 de lai;^. — N* 7^3 {CÊtp. 
JMcr. iM.,t. \in, n- 11&9 e( p. i38&; : LL-VS (LmHm Om 

MlMMJHt). 

16-18. 5(ffo de Vifime, — Le prince Mohammed avait, ea 
1873, envoyé à l*EipositioB uniTerselle de Vienne nn eertaia 
nombre de pièces de sa colIeetioDl'', entre autres trois EtMes de li 
fîhnrfa. peut-^lre même an plus grand nombre. Pr^is^ment knltt 
époque, le Uiainadar tomba en disgi^. Ses biens ayant été con- 
fisqués, il 8'o[^>osa i ce qne le» objets prêtés par lui fussent ren- 
vorés en Tunisie. Les trois slèles furent remises an Moaée impérial 
[Antikmkabinetf, où elles Ggurant sous les n" 166, 16S et 178. 
Le 11° 168 parle l'inscription : V'S-A'L'F- (nlm aokà aanw 
libmu /ecil?). 

n" 8i3, 8^8, Sig, i3,36i el ii,363; p. 917 el ii7i «a* ii,865. Tidit 
Tunrie a. 1876 un* cuin d* 8h3 Tiiisol-. «1611 A. I- DehUre, Auer^ftoM if 
Tunii. diiu If Buli. ipigr. de Im Caul», t88i. p. *i6-iii) et de UuiM *^ 



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— 4W — 

M. la BImchère n joint aux dix-hoit stiles ^i vUDuent 
d'être décrites deax'slbles du Biiti^ Mnaensi!'). Rien ne prouve 
ponrUst qu'elles aient é\i prises dau les coUectioM du kbaiBadar, 
et d'autre part la description Ir^s sotnaïaîre de l'une est insuffisante 
pour démoBtrer l'exactitude du rapprochement, et ce que nons 
MTUis de l'autre parait rinfirmer. Tontes deux sont d^eritae au 
Cbrpuj tMer^MÎMMMi JatâunaR, t. VHI, n**iDii ctii&S, maisaver. 
un certain noEsbre d'inexaeittudes. 

SAleÀ{^ Corp. inier. lat., t. VIQ, n» itlib). Les invenlairw 
dn British Muséum doivent permettre de saroir à quelle 4ate die 
entra m Mnsfe, et si ce fut comme la (tUe B par les smns de 
Davis; c'est en tont Oas avant 1873. La stUe k est signalée depuis 
i859 par l'abbé Boarj^de, qui la donne dans sa ToU«» tOr de U 
langue pkimieiemae'''^K On remarquera l'épithète (cisniaieBOeii; elle 
e'ttppose dans l'ouvrage de l'abbé Bourgade à soirthagiaoiseB et 
s'epi^ique aux inscriptions qu'il a trouvées en Tunisie en dehors de 
Cartkage. Les anteun du Corpui meeriptùmmt lefûianim se demandent 
si la stÀie ne provieudrait pas d'Hadrumète, nais c'est parce qu'ils 
considèrent ik tort comme la concernant le membre de phrase 
suivant: «ce document (el non pas : ce noaumeot) a élé déeou- 
tert et m'a été commu&iqné par M. Espina», ([ni fet oomuI k 
Sonsse (Hadrumëte). L'inscription communiquée par M. Espina 
n'est pas la stèle qui nous intéresse, mais une tombe chrétienne de 
Thysdrusl'} que l'abbé Bourgade en rapproche. On ne pent doue 
Actadlement préciser U localité de Tunisie oft la slUe • été trouvée. 
L'ouvrage de l'abbé Bourgade, si laconiqua en ee qui coooerae les 
origines de ia stèle du Musée britannique, contient heureusement 
une asset bonne lithographie du monumeoL Au-dessus d'un cor- 
louche contenant l'inscription, un personnage drapé, qui semble 

l'I iDmui tfiJMn, eitil dit dtaa le nëmoire da M. de la Btioebén; d*ju h 
catalogue du inniée Alaouà, sim a**tz grand luimir* [de «l^ei de ee groiq>e] ■ 
Lomértt m» Bnti*h ifwMmx. Nom avotu eu pluneon foia i conslaler combien 
ca gMni le* moiipiiMBlI et document* adicain» coniervéa en Anf^elerre araient 
été iaaparfùleaHBt étndida. 

'*) 1" «dit., i85b, p. )3, planche 36', fMÙitimti a* édit., i85fi, p. A7 et 
plancke 3B T. Dans l'édition de i65s, p*r suite d'une erreur d'impresrion, il 
y a Mir ta ptanche r3o Ti, au lieu de «3fi Tu qu'impo«e la niniparii*on di>« 
plandina prk^dcnle t^l -miiante. 

''i Cf. Cmjf. ÏMaer. lai., t. VIII, n° 56, ainsi (jue le» page» 9*3 et itbi. 



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— àU — 

debout, tensat de la Bain droite une pomnte (?) ut-deams d'un 
petit autel, delà main gaacbe un ol^et arrondi difficiie k déter- 
miner. Cette fi^re et la partie sepàieure du cartooelM aont 
eooadréeg par deux eolonDea. La stMe est bria^ à la partie supé- 
rieure : la tête du permun^fl et une partie des ekapitatun des 
deux coionnea manquent. Le travail apparaît eomme eitnAawawnt 
gnwaier. La planche qu'on vient de décrire sommalremeBt prouve 
combien peu est justifiée la formule extfdoyée par le Corpmi nan»* 
glypha simîlia îis quae sunt in pnecedentibugi?, lorsqu'il rapproche 
les figurations de la atèle du Britiah Miueum(i) de celles des ittles 
du Bardots. En ce qui concerne l'inBcriplioa, la gravure delà Ttiam 
iOr et la copie du Carfut, faite d'après un estampage d'£utilig. 
doiineDt, quoique avec des interprétetii»» bien diffi^rentesl'), le 
même texte .- I-IV1-.I|| ABRV Z(tia^'] JuH Utha[m\ (d'apris U 
lecture de Wilmanne). L'inscription est écrite Efboustro^hëdcmv, 
comme un texte punique, dont il ■ du reale la forme leeeniqse. 
Il y a en Afrique bien d'antres exemples d'inscriptions latines 
gfrav^ anisi, et e'est on naage qui persista mtoe aux basses 
époques} nonsn'en lâtOTOns pour preuve qaa cette épitapbe ckré- 
lienne de Tabarlu, où les noms du persosnage et la formule «in 
pacen sont écrits en c bonstropbedon » et comme iei en camotires 
alternativement retournés et uormanxl*), 

St»eB{-'Gwf.m»er.ht., t VIII, n' ton). Elle « été donnée 
BU British Musenm par M. Davis; on y lit R*V-S*L'H, que le 
(k>rfM interprète par Roganu wMm êtieit \ibma wwNe (?), en anp- 
posant pour ta dernière lettre nne enreur du lapîeîde (f). Si elle a 



W CoTf. ùtMcr. lai., t. VIII, n° iiS5. 

<•) Ihid.,\. Vni.n- ti43 et iihh. 

''' Bourgade toÎI duu !■ première li^e des unclères sànitiqaei, dus li 
«econde I* traumptioD en urwièrM latiiu d« ces earaetère* iCinitiqiiPt. L'un ri 
r*itlr« «oadruent dire rtl» ont eonncrë*. Le Cn^. ùtter. lal. donne un rimum^ 
bien ineiacl (t. VIII, n' ti46) du eommenUire de t« T«iwM tOr. L^tbM Boor- 
l^de n'« jamm lo k li première M^k de notre stèle DVH. Ce graapti DVD ( = 
année 607 pour Boui^ade) fait partie d'une autre intcriptioa di^ii reptadmle 
au tome VIII mus te numéro 56 , qu'il rtpprwlie de notre stèle parce qu'il v»i 
} vMr d«i mntalioTn de lettres analnguei. Le Mmuantiire de la TMmk fOr 
jiréaeDle tneidenngulKrilÀHiuqueroa j'ajoute, comme Fa îmagiaj le Cmfu, 
rinveotion de tacriGces tiumaiiu k Bial, faits à Cartilage en ^07 de notre ère. 

''' Cntahgn» du rmuitÀhimi, 1697, D. H^igraphtp, n" !»M-Ei67. 



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l'origine cartliagïnoise qui lui est attribuée par le Corjm», et qui, 
à première vue, n'apparaît pns comme impossible, i) y aurait 
peut-être lieu d'en rapprocher la stèle reproduite au Corji. iiucr. 
laU, t. Vlll, sous le n" i9,6&3 (= 1009, cf. p. 939), vraisem- 
blablement consacrée à Satuifie. M. la Blunohère l'a rattachée 
cooiKte la précédente k la série des stèles dites de la Manonbe, 
mais nous n'avons point de preuves de son passage par les collec- 
tions du khainadar, et d'autre port la mention nstele ornata ana- 
glyphis mdibusn du C&rput est insuffisante pour nous permettre 
une comparaison. Saus doute sera-t-il prudent de classer provisoi- 
rement cette stèle, comme U stèle A, dans les rafricann orîginis 
incertœB. 

Nous comptons, dan« un prochain ifyja^ en Tunisie et «a An- 
gleterre, compli^ter cette brève étude des stèles dont M. U Blan- 
cbère • tenté te premier groupemenU Mata il nous a para intéressant 
au moment où s'achève le supplément de la putie du Corjmt m- 
impliomim latmanm consacrée à l'Afrique, d'attirer l'atteulian du 
Comité sur le clnssemenL de monuments importattts pour l'étude 
des cultes sémiliquea dans l'Afrique. Si nous avons cru devoir par- 
ticulièrement insister sur les conditions dans lesquelles s'est opérée 
la dispersion des collections du prince Mohammed, c'est qu'elles 
nom permettent d'espérer qu'on pourra ajouter un jour h la série 
ici étudiée d'autres documents aussi curieux et peut-être moins 
obscura. 

Louis PoinsBOT. 



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LA 
NÉCROPOLE DE HENCHIR-ZOURA, 



PAR H. LB DOCTEUR CABTOlt, 
Membre iwn rendant du Ceaiilé. 



Tous ceux qui ont suivi les fouilles etécutécs depuis de loDgne 
nnnéefl dans la région de Sousee savent quel intéresaunt mobilier 
» été trouvi! dan» ses différentes nécropoles. Tni en l'occasion d'u- 
iiisler k plusieurs d'entre elles et même de conseiller les officiers 
qui ont bien voulu recourir à mon avis. (îrice i celte coartoisr 
rollaboration , bien des objets curieux me sont ptissés dans les mains. 
et j'ai pu noter nombre de détails intéressants. 

Quatre de ces cimetières m'ont paru mériter particulièrmnnil 
l'attention: celui de Sidi-el-Hani, par la richosBe et la variété de 
son mobilier; deux autres groupesde tombes, situés au bord de li 
Sebkha de ce nom, remarquables l'on par un vaste alignement de 
caissons, l'autre par les nombreuses et belles verreries qui y ont 
été exhumée». Le quatrième ensemble, celui de Hencbir-Zoura , est 
le moins étendu etlemoinsricbe.C>8làcQupsArlepluBintéressaDl 



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— 407 — 

qadque riche villa entourée d'un petit hamenn. Les débris de ts»- 
soDB romsins y jon^nt partout la surface des champs. 

Un jour, au cours d'un eiereice, des tirailleurs assis sur le sol 
firent, d'un coup de btionnette donné en terre, sauter une lampe 
romaiDfl qu'ils s'empressèrent de porter à leur oGBcier. L'éveil était 
donné, et il suffit de surveiller les travaux de campa^e qu'on eié- 
cutait souvent i cet endroit pour y découvrir de nombreux objets. 
C'est do la sorte que j'ai pu me rendre compte des caractères 
de cette petite néeropcde, que nous appellerions plutAt un cime- 
tière de village, car l'espace qu'die occupe n'a pas plus de 3o 
à Uo mèbvs de cAté. C'est précisément ce peu d'étendue , et la pré- 
sence sur une surface aussi restreinte, de tombes d'époques ancce»- 
sives et qui se sont juxtaposées pendant cinq ou six siècles qui en 
font l'intérêt. 

Sans décrire en délail chacune des sépultures que j'ai vu ouvrir, 
je vais en eiposer les principaux caractères. 

t" Vers le Sud du cimetière au-dessous d'une tombe franchement 
romaine sous un lit de pierres sèches, grosses eomme le poing, une 
sépidtura offrait les restes non ineinéréa d'un adulte. Les os en 
étaient aaseï bouleversés et la position peu déteminaMe , mais ils 
étaient groupés dans une fosse trop petite pour que le corps ail pu 
être dtendu allonge. Il faut admettre ou ledéchamement ou la po- 
sition accroupie. A ces restes étaient mêlés des débris de poterie 
à pâte grossière et mal cuite ayant tous les caractères de la céi-n- 
mique berbère. 

Catte sépulture, antérieure aux tombes romaines, constituait 
certainement un des vestiges de U nécropole des premiers habitants 
de ce point 

Si <Hi n'a trouvé ici que peu de tombes semblables, c'est d'abord 
parce qu'on ne les cherchait pas. On ne descendait guère ao-dessoos 
des tombes romaines, au ddjt desquelles on était sâr de ne pas 
recueillir de mobilier. C'est aussi pareeqne ces antiques tombeaux 
ont été le plus souvent bouleversés par ceux qui en ont élaUi 
de pins récents au-dessus d'eux. J'ai ronconlré, è plusieurs reprises, 
dans la terre de remplissage des fosses romaines, des débris de 
poterie berbère très ancienne. 

9° Enscrutant au Sud, vers la déclivité, è quelques mètres delà 
première sépulture, on en a trouvé d'autres à un niveau inférieur 
aux tombes romaines et dans lesquelles te squatte était allongé. 



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— *08 — 

son incinéré, et accompsgDé de peliles poterÎMplitSB, en forme de 
soucoupe. Auprès d'elle , pluiieura fones ii inhoaiktioii renfermaient 
ua squelette orconipR^é des mêmes objets et reeoaTarta île dâuîs 
de grandes jarres. Le uivesn oii l'oo est ici, comme i« caroctère 
asseï peu net d'ailleurs du mobilier, doit faire admettre qit^l 
n'agisMÎt de sépnltures d'époque panique. 

3° En efiet, tout s côté d'elles , et à un nÎTeaa un peu ]das âeré 
ou luème au-dessus, étaient de nombreuses foues k incinjratiini. 
dont la forme était nettement dessinée par la couche habituelle de 
terre briUe. Elles reufennaient un éclnt de jarre très long reeooTiut 
des couches d'éclats plus petits, à concavité tournée en bis et abri- 
tant le contenu de la tombe. De chaque eAté, il y arait on Bur ea 
moellons. Un lit de pierres sèches recouvrait également le lonl. 
C'est peut-être In base d'un petit monument funéraire, en mtnvaise 
maçonnerie mtMôe d'un peu de mortier. Le mobilier funéraire, en 
dehors de l'urne à ossements, consistait en poteries, en ungneotaria 
de verre asMZ nombreux , en lampes romaines de la première époque, 
fines, sans anses, 1 sujets d'une bonne eiécntion. 

'i° Dans la partie orientale du cimetière, les lombes étaient 
comme enchevêtrées, constituées soi! par des jarres, soit par dei 
toiles disposées en chevrons. Elles élaient approximativement datées 
perdes lampes païennes, les unes à queue perforée, leeaatmà 
queue pleine. 

&" Vers le Nord, des fasses orienlées renfermaient de grandi 
éclats de jarres dans lesquels était allongé un squelette, la tête toup- 
née vers l'occident, les pieds vers l'orient, plongé dans la diaux. 



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— 409 — 

sorlODt eH Afrique, eertaines traditioss, certaines supenlitions 
païennes, que la ebrisUanisme n'est même pas arrivé à déraeiuer. 
Las sacri&œs d'aDÏmsn& sur las Uuahea desmarabouls, les haiUoiis 
accrochés aux branchea des arbres sacré» sont, au milieu de beau- 
coup d'avtree , des exemples de ces survivaDcee que les cbangemeots 
de ralîgtous et de cinlisations subie par TATrique u'oat ntAeae pas 
pu aUéoaer. 

Lee lampra trouTéas ici sont de deux types. Les unes eut la forme 
nettement chrétienne, mais l'aose perforée et les sujets y sont 
traités de la même manière que ceux des lampes païeunes. D'autre 
part, un capitaine du U' régiment de tirailleurs possède dans sa 
collection deux lampes chrétiennes typiques qu'il a trouvées à Hen- 
ebir-Zoura. 

Ilya lieu de remarquer que nombre de poteries, lampes -ou 
vases, trouvés dans cette petite nécropole, et ayant le forme de 
produits de facture romaine, sont d'une terre tendre, jaune, peu 
cuite. Les lampes, quoique non usées, présentent des sujets k demi 
effacés. Il est évident que les potiers du pays ont dA fabriquer ces 
objets sur place, à l'aide d'un moulage pHs sur les lampes ro- 



Le mobilier de toutes ces sépultures était varié. En debors des 
lampes et des petites amphores , j'en ai vu retirer une statuette 
d'ivoire, tme ecp^ de triptyque de plomb, un collier de petites 
DKwnaieB, de jolis plais de verre, un stylet de brome accompagné 
de sa {Herre k aigniser, etc. 

fl me resta i décrire un autre groupe de eépaltnres, «tué à nue 
soiiantaine de mèlresde cette petite uéoropole, au voisinage d'une 
piste. Conmie il n'y a pas, dans les environs, d'autres ruines que 
eettesquî ont été signalées |dus haut, il est oortaia que ceux dont 
les realcs ont été d^toeés iri habitaient à Henchir-Zoura. 

Cest Ha cimetière de famille. Les dimensions et l'état de conaer- 
>ationde ces nosamenlfl m'avaient frappé depuis longtemps. M. I« 
capitaine Blondeat, membre de la Société archéologique de Sousse. 
a eu l'aBabiiité d'en faire dégager quelques-uns à mon intentiou, 
pour me permettre de les étodier. [k sont au nombre de huit, dis- 
poaéa de manière à former un alignement très r^ulier. L'examen 
des lieux montre qu'ils étaient en bordure d'un chemin reliant i'éta- 
blisBemeotsituéàHenchir-Zoura.iune grande voie passant près de 



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là, au point dejoactioD dai deux. Tôt» UDt semUaUes. Ce midi 
grands eaisaons, de 3 m. so de longueur, ea Uoe^, revAUu in 
enduit de ciment et repount fur une base en forme de gtadÎM. 
Devant ebacnn d'eoi, dans leur axe et à eue faiUe diatanee, h 
trouve une petite table également en maçonnerie, de o m. 60 de 
cité enviroo. C'est une menaa. La fosse sous^acente, vidée depoii 
longtemps, a fourni cependant un assez grand nombre de dAiii 
de poteries romaines, qui permettraient, si la fwme seole in ■to- 
nnment n'était suffisante, de la dater (fig. 1). 



Fig. I. ' - Monument runér«îr« k MÎiwon, i Honcliîr-Zoan. 

Mais ce que res s«!pultures offrent de parliculièrement intéres- 
sant, c'est la présence d'un demi -cylindre applique verticalemeul 
hur la face anti^rieure du caisson , et semblant sortir du gradin uir 
lequel elle repose. On dirait une colonne engagée. Ce dispositif si 
curieux, et si net sur deux des tombeaux, existe d'ailleurs sur tous. 



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— 411 — 

pas seulement, comme on l'a écrit, dans une de ses extrémités, une 
ornementation en forme de lance, mais bien une véritable petite 
niche de forme ogîvde, aux bords soulignés de peinture, et à l'in- 
térieur de laquelle fait très nettement saillie un caillon pointu. 
Ces détails semblent avcur écbappé à eeni qui ont décrit le tom~ 
beau. Ils sont cependant tr^s nets. Un troisième roonoment doit 
être rapproché des précédents. C'est t'édioUe cubique, qui n'a 
rien d'un autel, qnoî qu'on ait écrit k ce sujet. C'est on petit mau- 
solée à deux étages dont l'inférieur seul, formant soubassement, 
subsiste. L'étage supérieur était formé par une niche abritant une 
statue dont le pied droit et le sodé sont bien reconnaissaUes. Un 
caillou a été fixé en saillie dans une des parois du soubassement. 
Le caisson appuyé contre cette paroi offre aussi un caillou cylin- 
drique. 

J'avais pensé d'abord que cet objet était le prototype d'un em- 
blème sémitique bien connu, on sait que les Musulmans mettent le 
m4me signe sur le tombeau des sujets du sexe mâle. Mais dans la 
nécropole à grands monuments de Heuchir-Zoura , toutes les sépul- 
tures ont le cylindre placé là où se trouve le caillon des caissons 
décrits plus haut. Rien ne prouve qu'an camp Sabatier les autres 
tombeaux de la nécropole romaine n'en aient présenté paiement'". 
L'idée d'une différenciation de sexe semble donc devoir être écartée. 

Notons d'abord qu'ici ce caillou a acquis une régularité, une 
ampleur de dimensions inconnues à Hadrumëte, oà il apparaît 
plutôt comme le dernier vestige d'une forme en voie de dispari- 
tion. 

I) faut donc, k mon sens, chercher ailleurs et voir en lui la per- 
sistance d'un mode peut-être d'origine africaine, en tout cas intro- 
duit depuis très longtemps en Afrique. On sait que plusieurs tom- 
beaux mégalithiques de Carthage ont offert, au-dessus de l'une de 
leurs extrémités, une pierre grossièrement équerrie, servant de mo- 
nument indicateur. On a signalé et j'ai rencontré moi-même, dans 
plusieurs monumenls mégalithiques berbères, l'existence d'une pierre 
plus élevée que les autres. Cette pierre quelquefois isolée peut former 
un monument d'une grande régularité, comme la pierre funéraire 
ù inscription libyque, de Ksar-Médoudja, que j'ai décrite'"). 

''> Toutes les lombes odI é\é rdpsrées de telle là{on qu'en Men des points lu 
fuime rMc du raoniiraettt ancien n'est plua rtcoimaMHblc. 
''' Girton, Diamvrrta épigraphi^n ta Tumiit, p. 3g&. 



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— 412 - 

Dans eert«inM r^ona d« l'Aftique, en parlicnlier aaxwinRKK 
de Ghardimeou et delà C«lle, li oit le mode m^gilithiqtM a éU si 
ItorisBant, ce type du meabir a peniaté soua la forme de alèles, 
énormes, pyramidalea DU plates, hautesde 9, 3 et ft mëtres, por^ 
tant uneinscriplinnltbyque, latine ou bilingue, et an-d««suB d'elle, 
un peraonoage gmari^rement seulpt^. A T ku b mnie a, il y arait tmte 
une avenue de ees ^tran^es monumenta. G'eat donc en augmenUat 
de proportions que oette forme a évolué, dana certainea oonlrteé>. 
Maia dana les pays romaDiaés ou qui, aitu^ au bord de la mer, ont 
subi l'infiuenoe des difers peuples riterains de la MMît«rranée, 
elles'ealtau contraire, atténuée. ASou8se,temenhir, confondu aaoa 
doute avec le bétyle, la pierre sacrée, le pballns, a été réduit k on 
simple caillou. 

Dans ce village d'Africains isolés qu'il y a eu à Henchir-Zooni Im 
rites aneîens ont ét^ moine altérés. Le cylindre primitif s gardé sa 
forme et une certaine importance, pranantaenlementaoua TtaflueMe 
romaine une forme plua régulière, adaptée 1 celle de t'édicale dont 
il ftiaait partie. 

Quoi qu'il en soit de cette explication , tm est ici en préseace d'us 
mode très parlieulier, aurvivanee dee aneiens eultea sémitiques os 
indigènes de l'Afrique, et la uécropok de HNUihir<Zoura offre «n 
exemple des i^ua remarquables de cette forme. 

On voit que cette petite nécropole présenta en quelque aorte un 
réauné de l'évolution de la sépulture en Afrique. 

Primitivement, un Tillage berbère «ut sur cette colline ton amé- 
liore oà, comme dans le gigantesque champ des morts deDar-M- 
Ouar, les défunts furent enaevelis dans la position aeeroupn, avec 
quelques vaaes groasien. Sons lat Phéniôena, le rite, tout en restant 
eaoon celui de l'inhumation . s'est modifié : le oadavi* était diaposé 
dans la position alloogée. Plus tard, sous la domination romaine. 
c'est la tombe à ioein^tioa; puis, k l'époque chrétienne, de nou- 
veau l'inhumation. An milieu de ces ebangeimnta, un aaode ae Ut 
remarquer par sa persiatanM; c'est it d^HMition dw restau t 
des jarres, qai ne semble nullement ébranlé par m <' 
coDsidénble des rites fon^ires et qui persiste en passant d« 
l'inhumation 1 l'incinération. L'emplacement choisi par les anoétrsG 
comme champ de repos et conservé comme tel pendant six à sept 
sii^cles au moins est une preuve remarquable de l'esprit conservateur 
de ces populations. 



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— il3 — 

Une seale axception à cette r^e peut témoigner de l'actitHi paû- 
Hanle, sinon profonde , qu'ent la civilisation de Rame sur i'AfrieaÎB. 
Une famille do {Mys, composée peul^ire de Homoins installés ré- 
cemment, mab [^uldt d'indigènes romanisés et vovlant imiter le 
vainqueur, se sépara des autres habitante et, renonçant à la fois A 
l'emplacement et ii la forme antique des moaumeots, vint installer, 
au bord d'une voie, son cimetière particulier. Famille opulente ii 
coup sûr, dédaigneuse de son passé, tandis que les humbles, les 
paysans devenus sans doute des colons travaillant pour elle, restent 
fidèles au coin de terre qui revut les restes des ancêtres. 

Néanmoins, — et ceci me fait penser qu'il s'agit piutAt ici d'Afri- 
cains romanisés, — on trouve daos ces monuments d'un style plus 
récent, des caractères qui dérivent des anciens rites indigènes. Sur 
les caissons d'importation phénicienne, et d'une forme qui, à 
l'époque romaine, couvrit tout le pays, on a placé le menhir des 
monuments mégalithiques. 

D'ailleurs, cette velléité d'abandon de l'antique cimetière ne dura 
pas. Dès que, la paix romaine cessant, le vieux fonds berbère revint 
a la surface donnant un regain de vigueur aux antiques traditions, 
la nouvelle nécropole aux monuments importants fut abandonnée. 
Les premiers chrétiens descendaient surtout de ces pauvres gens, 
de ces humbles qui n'avaient jamais abandonné le cimetière pri- 
mitif. Mais en raison précisément de la ténacité des traditions inhé- 
rente à la race africaine, s'ils durent en changeant de religion re- 
noncer il l'incinération pour adopter l'inhumation, ils ne purent 
aussi rapidement dépouiller certaines formes du paganisme, et ces 
paysans, qui n'y voyaient d'ailleurs aucub mal, continuèrent long- 
temps k placer auprès des restes des leurs, dans la tombe, une 
lampe et quelques grossiers bijoux. 

Il est rare de rencontrer si nettement indiquée la série des di- 
verses tombes africaines réunies dans nn espace aussi restreint et 
dans des formes aussi nettes et aussi caractéristiques qu'ici. Il est 
intéressant de voir les générations, rester pendant de nombreux 
siècles fidèles k l'emplacement choisi par leurs ancêtres comme 
champ de repos. A noter la persittance de certains rites comme l'em- 
ploi des jarres, l'usage fait par les chrétiens d'un mobilier funé- 
raire, l'application sur le caisson de l'époque romaine d'un cylindre, 
dérivant du menhir libyque, du ffioe, ou du bétyle. 

Le cas de ceshuit tombeaux monumentaux réjjiilièrementali||nés. 



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et présentant la demi-colonae engagée à leur face antérieure, offre 
un bel exemple de ce type ai particulier. J'ai pensé qn'il ponvait 
£tre utile de le décrire et d'attirer sur lui l'atteation de ceux qui 
BODt appelés par leurs recherches k rencontrer un dispositif du 
même genre ou s'en rapprochant 

D' GlRTON, 

Membre non rendant dn Comité. 



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NOTES 



LES ENVIRONS DE ZAGHOUAN 

PAR M. LE GOHHANDANT G. HANNEZO, 
CoTTCipoodaDl du Comité. 



Au coara de nos promenades et exercices militaires aux environs 
imm^iats de Zaghouan, nous avions remarqué dans la partie basse 
au Nord de ta ville, sous un bois d'oliviers très étendu, des traces 
de conslructions en bloca^, les unes asseï apparentes, d'antres à 
peine visibles et destinées & disparaître par suite des apports de 
terres qu'entraînent journellement les eaux des sources et des ^outs 
de Zaghouan. A fieur de sol, l'on poovait ramasser des fragments 
de carreaux de terre euite. analogues i eeni d'Hadjeb-el-Aîoua , de 
Kasserine el de Bou-Ficfaa. 

Quelques sondages furent entrepris & proximité d'une ferme 
appartenant à M. Bonfils, colon et n^ciaot fraoçaû k Za- 



Les découvertes peuvent se résumer ainsi ; 

1° Nombreuses chambres, de forme rectangulaire, séparées les 
unes des autres par des murs de construction défectueuse en pierres 
mal assemblées. Dans l'intérieur, débris divers : tuiles de voûtes 
s'emboutissant l'une dans l'antre, bises de coionaes en pierre dure; 
fûts de colonnes et chapiteaux non ornementés en pierre grise ou 
en marbre blanc; quelques monnaies de diverses époques (cartha- 
ginoiaei, romaines et byuntioes, dont une de Tibère-Cons- 
tantin). 

9° Plusieurs sntles de bains avec dépendances, traces de rnnnti- 
sations, tuyaux de plomb, etc. 



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3° Quelques pavemenls en mouiques grossières à dessins géo- 
métriques. Ud seul fragmeat de mosaïque , eu mauvais état de coa- 
servation, représentait des (Hseaox, fleurs et feuillages. 

&° Un morceau de colonne en marbre blanc. 

5° Un fragment d'inscription funéraire sur marbre blanc. 

6' Un certain nombre àc. morceaux de sculpture. 

7* Ua petit tertre, parmi tant d'antres qu'on rencontre dans rt 
bois d'oliviers, avait attiré notre attenlioo. Une fouille complète de 
quelques jour^ nous permît de constater que nous étions dans uae 
fabrique de carreaux de terre cuite. Des salles de cbauffe, des coa- 
loin étroits et des chambres-magasins Forent mis à jour. Un très 
grnnd nombre d<.> carreaux furent recueillis, quelques-uns cassps, 
mais aussi beaucoup intacts; ces derniers étaient empilés et séparés 
les uns des autres par uue faible coitrhe de chaui, qui empécball 
les reliefs de s emousser contre un antre carreau. C'est par paqnel» 
de t o à I & carreaux de même desain , que nos ouvriers les eitrayaicBl 
de ces magasins. Les sujets représentés étaient malheurensemoit 
peu variés et assez peu intéressants : rosace soiu deux formes 
(avec traces de peinture rouge), lion passant à gauche, ceif 
allant k droite. 

8* A proximité d'une de ces ebambres-magasins, et an milieu 
de débris informes, une tête de marbre blanc fut découverte; li 
partie supérieure était sectioanée. Les dimensions de ce marbtt 
sont : hauteur, o m. 187; largeur, o m. t36. 

9° Aux abords de la ferme Bonfils, des ouvriers, en défrichul 
le terrain pour planter de la vigne, durent extraire de terre, à peu 



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seraient marquées par la chambre à mosaïque trouvée à une ving- 
taine de pas de là et portant des dessins de fleurs el oiseaux. Nos 
fouilles ont mis à découverl, tout près de la cuve, un ensemble de 
conduites et de couloirs. 

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